La revue de la teinture et des colorations industrielles
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- REVUE DE LA TEINTURE
- ET DES
- COLORATIONS INDUSTRIELLES
- 1891
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- OFFICE TECHNIQUE ET COMMERCIAL
- Nous avons toujours considéré qu’un journal industriel devait favoriser la réalisation pratique des procédés qu’il publie, en fournissant les
- moyens de les mettre en œuvre.
- Nons pensons aussi qu’il doit mettre à la disposition de ses abonnés, ses relations et la compétence spéciale de ses rédacteurs, pour la solution des questions techniques et pour l’acquisition des produits ou machines nécessaires à leur profession.
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- Toutes ces opérations exigent non senlem^n l’habitude de la procédure spéciale, mais f n. core une connaissance pratique des industries dans lesquelles se classent les br» v<-'s
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- CALVERT (D1'). — Traité de la teinture des tissus et de l’impression des calicots, traduit de l’anglais, 1 vol. grand in-8° de 500 p. avec échantillons ............................... 35 fr.
- GHEVREUL. — Des couleurs et de leurs applications aux arts industriels, à l’aide des Cercles chromahques, 1 vol. in-folio, avec 27 planches coloriées (1864), cartonné............. 40 fr
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- CHATEAU. — Couleurs d’aniline, d’acide phén>,que et de naphtaline, le premier ouvrage complet sur cette indusirie, et relatant les travaux initiaux, 2 vol. avec fig. (Collection Roret, 18o8).................................. 7 fr.
- DEPIERRE.— Traitédu fixage des couleurs par la vapeur, 1 vol. gr. in-8°avec 10 planch“ 10 fr.
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- — Traité de la Teinture et de l’Impression par les couleurs artificielles. — 2 forts vol. in-8° avec de nombreux échantillons, cartonnés, et se vendant séparément.
- l*r volume Anilines, (1890)....... 36 fr.
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- FOL. — Guide du teinturier, ou Manuel des connaissances chimiques indispensables à la dratique de la teinture, 1 vol. in-12 de 412 p., fivec 90 tig., cartonné................ 8 fr.
- GILLET. — Traité pratique de dégraissage et nu blanchiment des tissus, fils, et du détachage des vêtements et tentures, 1 vol. in-8° de 100^p. avec tig. (1883i............................ r.
- GIRARDIN. — Chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, 5 vol. in-8°, avec nombreuses tig. (1880) ; complet.............. 50 fr.
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- GRISON. == Le teinturier au XIX° Siècle, en ce qui concerne Es tissus où la laine prédomine,
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- GUÉDRON (Maurice). — Manuel méthodique de l’art du Teinturier-Dègraisseur. — Installation des magasins et des ateliers ; matériel et produits ; Réception de l’ouvrage ; Nettoyages, teintures, apprêts ; Travaux accessoires du teinturier, etc. — 1 vol. in-12, de 650 p. avec 80 fig. (1892)............................... 7.50
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- KOEPPELIN. — Guide pratique de la fabrication des tissus imprimés, pour les étoffes de soie, 1 vol. in-18, 142 p., pl. et échantillons (1860)............................. 10 fr.
- — Blanchiment et blanchissage, apprêts, impression et teinture des tissus, 1 vol. de 164 p., 32 fig et il pl........................... 10 fr.
- LACOUTURE (Charles). — Répertoire chromatique. Solutionraisonnée et pratique des problèmes les plus usuels dans l’étude et l’emploi des couleurs. — Un volume in 4°, 144 p. de texte et 29 tableaux en chromo (1891). Broché, 25 fr.; relié, 30 fr.
- LEFEBVRE. — Teinture et apprêt des tissus de coton. (Extrait de l’Encyclopédie chimique Fremy) ; 1 vol. m-8°, de 262 pages, 58 figures et 10 pl. (1887)...................... 10 fr.
- MOYRET (Marius). — Traité de ta teinture des soies, précède de l’histoire chimique cle la soie et de la teinture. 1 vol. in-8»....... 20 fr.
- PERSOZ. — Conditionnement, titrage et décreusage de la soie, suivi de l’examen des autres textiles (laine, coton, lin, etc.), 1 vol. in-8°, avec 1 pl. et 75 g r. (1878)..................... 15 fr.
- PIÉQUET. — Chimie des Teinturiers. Nouveau traité théorique et pratique de l’art de la Teinture. — 1 vol. gr. in-8°, avec 120 échantillons (1889) relié.......................... 30 fr.
- RADDE. — Echelle des couleurs, 42 gammes avec 900 tons fixes en chromolithographie; noms en allemand et en anglais (d’après les travaux de M. Chevreuil) petit format...... 12 fr.
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- RENARD. — Traité des matières colorantes du blanchiment et de la teinture des cotons, suivi du dégommage et de la teinture du china-grass.
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- RIFFAUT, VERGNAUD, etc. — Le teinturier appréteur et dégraisseur, ou art de teindre la laine, la soie, le coton, le lin, le chanvre, ainsi que les tissus simples et mélangés, 2 vol. avec pl. (Roret).................... 7 fr.
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- ROOD. — Théorie scientifique des couleurs appliquées à l’art et à l’industrie, 1 vol. in-12 280 p. avec 130 fig. et une pl. en couleur (1881)................................. 6 fr.
- SANSONE. — L’impression des tissus de coton. Ouvrage traduit de l’anglais; 1 vol. in-8° de 500 p., et un atlas de 38 pl. suivi de 11 cartes d’échantillons (1889)................... 30 fr.
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- TSSART. — Les matières colorantes et ta chimie de la Teinture.— L’industrie de la Teinture (deux petits vol. résumant les procédés tinctoriaux et la chimie des couleurs) in-12 de 300 p. et fig., chacun séparément.............. 4 fr.
- THILLAYE et VERGNAUD. — Le fabricant d’indiennes et impression des laines, des châles et des soies, petit vol. compact, Contenant la quintessence du traité d’impression de Persoz, aujourd’hui épuisé, 1 vol. 430 p. avec pl. (1857 Roret............................... 3 fr. 50
- VILLON. — De l'emploi en teinture des couleurs artificielles (meilleures formules et procédés les plus nouveaux) ; 1 vol. 400 p. (Roret; 1890 3 f. 50
- — Traité pratique des matières colorantes déri-
- vées de la houille. Ouvrage le plus récent sur la fabrication de ces couleurs, 1 vol. in-8° avec figures (1890)...................... 20 fr.
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- 1" SÉRIE
- 1891
- 4e VOU ME
- LA
- ET DES
- REVUE DE LA TEINTURE
- COLORATIONS INDUSTRIELLES
- Blanchiment, Teinture, Epaillage, Apprêts des fils et tissus Impression des Etoffes et des Papiers Coloration de toutes matières. — Matériel et Produits tinctoriaux.
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- Amidon blanc surfin. — 40 )) 50 )>
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- Ammoniaque b'anc 22o . — 40 )> )) ))
- Benzine commerciale . — 70 » 80 ))
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- Bois de ca mpêche d’Espagne effilé 100 k. 36 )> » ))
- — d’Haïti effilé .... — 34 )) )) ))
- — de Femamhouc, no 1, effilé — 160 )) )) ))
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- — jaune effilé — 38 )) » ))
- — — fustet effilé . — 60 » )) ))
- — — de quereitron effilé. — 40 )) 45 »
- — de Santal moulu . — 35 )) 38 »
- Borax raffiné .... le k. 85 )) )) ))
- Cachou brun sur feuille. 100k. 110 )> 115 ))
- — jaune ou gambir. — 70 )) 80 »
- Carmin de cochenille. le k. 40 )) 50 »
- — a’indigo en pâte. — 4 )) 6 ))
- — — purifié . — 15 » 20 ))
- Chlorure de chaux .... 100 k. 30 »
- Ghromate jaune de potasse. . — 200 »
- — rouge(bi-chromate) . — 105 »
- Cochenille de Honduras. . . Je k. 4.50
- — zaccatile
- — en grabeaux .
- — ammoniacale .
- Colophane claire.............100 k.
- Couperose verte (s. de fer)
- — mixte.
- — bleue (suif, de cuivre). Chypre ....
- Cudbeard..................
- Crème de tartre ....
- Cristaux de soude . . .
- Curcuma bengale pulvérisé.
- Dextrine blanche no 1 .
- — jaune............
- Essence de térébenthine.
- — — dégraissée Extrait de campêchce sec .
- — jaune de Cuba, lre quai — Sainthe-Marthe. .
- — de châtaignier. .
- — de quercitron.
- — d’orseille ....
- Fécule sèche..............
- Galles le Smyrne, noires et verte
- — d’Alep.................
- Garance d’Alsace SSF .
- — — MF . .
- Garancine.................
- Gaude de Normandie. .
- le k.
- Gomme Sénégal menus Glycérine blanche . Indigo Bengale. . .
- — Java.
- — Madras. Laque-Dye D. T
- — autres marques
- — de cochenille
- — de Cuba .
- Muriate (oxyde) d’étain Orseille en pâte . .
- Panama (écorce). . Potasse d’Amérique
- — de Lille .
- — perlasse indigène. Prussiate jaune de potasse Pyrolignite de fer .
- — de plomb
- Rocou...............
- Rouille 45o Savon blanc de Marseille Safranum (carmin).
- Sel d étain
- — de soude 80o
- — d’oseille Soufre en canons.
- Sulfate d’alumine. .
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- Sulfite de soude sec .
- — — liquide
- Sumac Redon. . .
- Tannin industriel. . Tartre rouge
- — blanc
- 100 k. 145
- 90
- — 110 ),
- — 60 »
- — 70 »
- le k. 2.45
- la barrique 25 »
- 100 k. 90 >, le k. 3.50 10U k. 20 »
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- le lit. 28 » 100k. 190 »
- — 30 »
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- — 30 »
- — 20 >,
- — 2 i »
- — 32 »
- — 20 d
- — 28 »
- le k. 3.50
- 100 k. » „ (go
- — 215 , ‘J35
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- Gélatine pour apprêts
- Nota. — Les prix de l’acide acétique, de la benzine, de l’essence et autres substeesan soumises aux droits d’entrée doivent être augmentés du montant de ces droits lorsqu’elles sont destinées à Paris et autres villes imposées.
- Ces prix sont ceux des principaux droguistes de Paris, peur livraisons au comptai t avec 3 p. 0/o d’esoempte, à 30 jours avec 2 p. 0/0, ou à 90 jours sans escompte Four livraisons au détail, ces prix sont augmentés de 10 p. 0/q.
- MANUEL METHODIQUE
- DE L’ART DU
- TEINTURIER-DÉGRAISSEUiî
- Par Maurice GUÉDRON
- Installation des magasins et des ateliers. — Matériel et produits.
- Réception de l’ouvrage. — Tarif des travaux.
- Exécution du travail : Nettoyages, Teinture, Apprêts Travaux accessoires du teinturier
- Ce livre est le seul traité complet et spécial sur l’industrie du Teinturier-Dégraisseur. C’est la matière, revue et complétée, des « causeries confraternelles » publiées dans les quatre premières années de la tiecue de la Teinture, et qui ont trouvé auprès de nos lecteurs un si flatteur accueil.
- La Teinture manufacturière, elle-même, en a pu faire de très utiles applications.
- Volume in-12 de 650 pages, avec 80 figures dans le texte.
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- paraissant deux fois par an.
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- Tous autres fascicules.
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- LA
- IIe Année, l\os 1.
- OT1UM
- SCIENT»
- mm'â
- iXipCOE^]
- fcaKrar
- HCEEB
- ET DES COLORATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- REVUE DE
- TEINTURE
- INDUSTRIELLES Janvier 1893
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- INTRODUCTION
- Eclose au milieu d’un scandale public, l’année nouvelle semble devoir s’agiter dans le gâchis, que les élections législatives ne seraient pas de nature à éclaircir.
- Cependant le monde industriel, celui qui travaille et produit, est si différent des tripoteurs d’affaires, genre Panama ou autres, et se trouve si rarement dans ses victimes, que ces événements l’affectent peu matériellement, ne lui laissant qu’une légitime et patriotique tristesse. Il ne faut pas cependant exagérer cette impression et confondre parmi quelques indignités, la masse du public honnête et laborieux.
- Nous venons de faire l’expérience de notre nouveau régime économique; il a donné lieu à quelques difficultés d’application, qu’aplanissent peu à peu les instructions de l’administration ; ses résultats sur nos échanges iuternationaux ne se sont encore traduits que par des déficits, légers d’ailleurs, mais une première année ne suffit pas pour en tirer une conclusion, et il convient, avant de se prononcer, de poursuivre encore l’expérience.
- La tendance de notre époque est à la protection, et toutes les nations industrielles, sauf l’Angleterre qui est dans des conditions particulières, s’orientent vers ce régime. Pour donner satisfaction à cette tendance, très vivace, surtout chez nos populations agricoles, la Chambre a repoussé le projet de traité franco-suisse, et nous avons, de ce fait, rendu fort difficiles nos relations commerciales avec la nation voisine et amie.
- L’Amérique, qui avait poussé à l’extrême le même esprit, paraff vouloir tempérer ce que le bill Mac-Kinley avait d’excessif. L’élection du président Cleveland est un fait caractéristique de réaction contre ce système, et selon toute probabilité, cette année en verra les premiers résultats.
- A l’intérieur, l’industrie s’est trouvée aux prises avec de nouvelles législations en faveur des ouvriers, et qui, avant que la pratique en soit devenue familière, lui ont causé quelques embarras.
- La loi sur les délais de prévenance, après une année d’application, est diversement interprétée par les intéressés et par les juridictions qui ont à en connaître.
- Celle sur le travail des femmes et des enfants, à peine en exercice, donne lieu déjà à de nombreuses difficultés, et même à des grèves, venant d’ouvrières, qui en subissant une réduction de temps du travail, ne veulent pas, comme conséquence, accepter de diminution sur le prix de la journée.
- Ce serait le cas d’appliquer une autre loi nouvelle : celle qui a trait à l’arbitrage et à la conciliation ; mais elle est appelée à rester saus portée pratique, comme toutes les lois sans caractère impératif.
- D’autres de même ordre sont dans un état d’élaboration plus ou moins avancée, telles que celles sur les Accidents du travail, sur les Règlements d’ateliers, sur les Entraves apportées à l’action syndicale.
- Toutes créent de nouvelles charges aux patrons, sans leur offrir de compensation. Le projet Bovier-Lapierre a notamment des côtés vexatoires, mais qui la font repousser ré-
- A L’ANNÉE 1893
- solument par le Sénat ; elle paraît devoir y succomber.
- L’année écoulée nous a apporté, par contre, quelques heureuses réformes administratives.
- Ce sont les réductions sur les tarifs de chemins de fer, des améliorations sur le régime des valeurs déclarées à la poste et la création du service des remboursements postaux.
- 11 serait injuste de méconnaître ces avantages, quelques restreints qu’ils soient dans certaines de leurs parties.
- L’Exposition de 1889 nous a jeté ses derniers échos par l’apparition des rapports du jury, dont quelques-uns sont des oeuvres importantes ; en même temps une autre exposition universelle a été décidée pour l’an 1900 Cette date était dans tous les esprits, mais l’Allemagne, en manifestant l’intention d’organiser une exposition à la même époque, nous a obligés à nous prononcer dès maintenant.
- Si la tour de 1889 a un pendant en 1900, il est probable que ce ne sera pas M. Eiffel qui la construira.
- Nos industries n’ont pas eu, en 1892, de faits bien saillants à enregistrer.
- Le blanchiment par le per-oxyde de sodium paraît intéressant, mais il n’est pas encore possible de préjuger son avenir. Le prix de l’eau oxygénée baisse sans cesse, et cette circonstance n’est pas de nature à laisser une place importante à un autre produit, qui n’est que son succédané.
- Quant aux procédés électrolytiques de blanchiment, ils ne donnent pas de résultats avantageux sur les fils et tissus. Le per-oxyde de sodium, qui s’obtient par l’électrolyse, amenait ce rapprochement.
- L’Impression a produit un certain nombre de travaux 1 mentionnés dans notre volume de 1892 ; les enlevages et réserves semblent prendre plus d’importance aux dépens des fonds imprimés.
- Son mécanisme s’est enrichi d’un nouveau moyen : l’im-primeuse circulant sur le tissu. 11 est enfin un autre genre qui pourra aussi avoir sa place et qui produit des articles à aspect particulier, rappelant l’enluminé glacé ; il est obtenu par l’application aux tissus, des procédés de la chromolithographie, et à l’aide d’une presse continue.
- Les couleurs artificielles se multiplient constamment, surtout dans la classe des azoïques ; celle des couleurs solides d’anthracène et similaires s’enrichit de plus en plus. Les colorants basiques nous ont offert des bleus pour coton, qui se rapprochent beaucoup de l’indigo comme teinte et solidité.
- Nous avons signalé ces divers produits dans le volume que nous venons de clore.
- L’histoire, la fabrication et la chimie de ces colorants en général ont été supérieurement exposées dans le livre de MM. Girard et Pobst : « Matières colorantes, série aromatique. » C’est l’ouvrage le plus considérable qui ait éié publié sur cette matière devenue si vaste.
- L’année 1892 a bien vu aussi quelques autres publications s’adressant à nos industries, mais celle-ci est la seule importante et suffit à lui faire honneur.
- F. Gouillon.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- MORDANT DE PLOMB
- Se fixant par simple lavage
- Par M. Bonnet
- M. Bonnet, directeur de l'école professionnelle de Montbéliard vient de faire breveterun procédé de fixation d’oxyde de plomb sur tissu, qui ?j ute un élément de plus à laclasse intéressante et encore restreinte des mordants alcalins.
- Ces mordants sont, jusqu’à présent, ceux d’alumine (aluminate de soude), de chrome et de fer; ce3 deux derniers consistent en oxydes qui malgré une forte addition d'alcali caustique, ne précipitent pas, giâce à la présence d’un corps qui les rend insensibles à la réaction d’agents, cependant si énergiques : ces corps sont la glycérine, la glucose, l'acide tar-trique.
- On ne connaît pas la théorie de cette suppression de l’activité chimique.
- Le mordant plombique alcalin de M. Bonnet fonctionne aussi suivantune cause mal définie, bien qu’elle ait déjà été observée dans des applications non similaires, mais de mêmeordre, nous voulons parler de la « cuve au plomba-te » indiquée par Persoz ; ncus la décrirons plus loin.
- Mordant
- Le mordant nouvellement breveté est un plombite de soude ou de potasse que M. Bonnet prépare ainsi :
- Dans une solution de soude ou de potasse caustique à 25° B., on ajoute un excès d’oxyde de plomb, soit de la lilharge en poudre fine, et on soumet le tout à une ébullition deplusieurs heures.
- Après ce temps, on ramène le liquide à son volume primitif; on a alors une dissolution à 30° B. ; elle est évidemment formée de ploru-bite de soude ou de potasse.
- Ce mordant est appliqué chaud ou froid, après l’avoir étendu d’eau, plus ou moins, suivant ses destinations.
- On l’additionne :
- Pour mordant faible, de -0 volumes d’eau.
- — moyende 10 —
- — fort, de.. 5 —
- Lorsqu’ils ont agi sur la fibre, on lave les
- fils ou tissus ; le plombite se dissout; l’aîca-îin est enlevé, et l’oxyde de plomb se fixe sur ïe textile.
- Applications
- Le brun sulfuré s’obtient en passant les matières ainsi mordancées dans un bain de sulfure alcalin à 5 grammes par litre.
- Les jaunes de chrome, en opérant de même dans des dissolutions chaudes ou froides de chromâtes alcalins.
- On produit un dépôt d'oxyde de fer, en baignant le tissu mordancé au plomb dans la dissolution d'un sel de fer.
- Par les mêmes moyens, on fixe les oxydes de cuivre et de manganèse , dans des bains de sels correspondants au maximum ou au minimum d’oxydation. 11 en est de même de la plupart des autres oxydes métalliques.
- Le pigment des bois est énergiquement attiré par le mordant plombique, en formant des laques très fixes. Le noir au campêche est particulièrement remarquable.
- Les cachous et autres tannins sont très vivement fixés.
- Les matières colorantes artificielles qui exigent l’intervention d’un mordant métallique, telles que les couleurs d'aUzarine ou le brun de naphtol, : ont également attirées par le tissu mordancé au plomb.
- L’auteur pense que son procédé pourraren-dre des services dans la fabrication du noir d'aniline, en facilitant la production d’un tissu chromaté, suivant la méthode de M. J. Persoz, ou en fournissant un moyen de charger la fibre d’oxydes oxydants (fer, cuivre, manganèse).
- Les teintes obtenues peuvent êtres rongées en impression, par les moyens usuels, appropriés.
- Cuveau plombate
- M. Bonnet est anssi l’auteur d’un procédé spécial de fixation d’oxyde de plomb sur tissus, qui lui est propre, et qu’il a eu le mérite d’imaginer, mais nous parlions au débu t de cet article, d’une « cuve au plombate » qui peut être utilisée dans les mêmes circonstances et dont nous donnons la composition comme complément d’informations.
- On emploie pour cela l’acétate de plomb ou le sulfate restant comme résidu de la fabrication de l’acétate d’alumine, dans le cas où l’on fabrique encore ce mordant par double décomposition entre l’alun et l’acétate de plomb.
- Dans ces deux cas, les proportions sont ;
- Eau............................. 1.000 litres.
- Chaux vive........................... 2 kil.
- Acétate ou sulfate de plomb. 1 —
- Eteindre la chaux, la délayer dans l’eau et ajouter le sel de plomb ; laisser clarifier par repos.
- La fixation du plomb est si facile dans cette cuve qu’en y trempant rapidement un tissu de coton, il a immédiatement saisi une quantité d’oxyde de plomb suffisante pour produire un jaune chromique bien marqué.
- Nous avons, d’ailleurs, donné des détails sur cette cuve et sur son emploi à la formation de différents jaunes de chrome, dans la Revue de la Teinture, 1888, p. 109.
- Nous ajouterons que les mordants alcalins, et ceux dont il vient d’être question, par conséquent, n’agissent q.ue sur de3 fibres végétales.
- F. G.
- TEINTURE ET IMPRESSION
- Au moyen des sels d’Or
- Par M. Edgard Odenrheimer
- Nous publions à titre de document, cette communication faite à la Société industrielle de Mulhouse et qui ajoute un chapitre à l’histoire des cor. leurs métalliques, mais l’or, si divisé qu’il eoit, n>0f. fre qu’un intérêt théorique dans les questions de teinture.
- 1. Couleurs grises
- Ces couleurs forment la base de la prépara-tion du pourpre d’or sur la fibre.
- On imprègne la fibre, ou l’on imprime les tissus avec une solution aqueuse étendue d’un sel d’or; on peut employer aussi avantageusement les sels doubles, par exemple le chlorure d’or et de sodium. On sèche et on passe dans un bain réducteur ; l’or forme instantanément sur la fibre un précipité d’un beau gris perle, tiès adhérent et inaltérable, sous l’influence des acides et des alcalis.
- On peut produire à volonlé un gris clair ou foncé, bleuâtre ou rougeâtre.
- La fibre elle-même, en vertu de son pouvoir réducteur, provoque déjà la séparation et la fixation de for. Cependant, la précipitation par les agents réducteurs est plus complète et plus sûre.
- La réaction s’accomplit à froid, mais elle est améliorée par l’action de la chaleur et de la lumière solaire.
- Le degré de concentration de la solution aurique, ou la durée du conîact du réducteur permet d’obtenir les nuances les plus variées.
- Le choix du réducteur n'est pas ind fièrent : l’acide pyrogallique et l’hydroquinone fournissent un gris plus bleuâtre, l’acide oxalique un ruuge-violacé.
- Parmi les réducteurs, on peut encore employer, entre autres, l'hydroxylamine, l’eau oxygénée et le sulfate ferreux.
- L’extrême état de division de l’or sur la fibre et son pouvoir colorant assez considérable permettent d’obtenir une belle nuaoce grise avec de très faibles quantités de sels d’or.
- On prend, par exemple, les proportions suivantes pour teindre 200 grammes de tissu mi-soie :
- 1 • Bain d'or : 0 gr 2 de chlorure d’or et de sodium dissous dans 500 gr. d’eau.
- 2- Bain réducteur : 0 gr. 5 d’acide oxalique pour 500 gr. d’eau.
- La soie se teint facilement à froid ; il vaut mieux chauffer pour la laine, le coton, le lin, etc.
- Le mordançage préalable de la fibre avec des sels métalliques produit des nuances modifiées. Par exemple, le sulfate de enivre donne des tons plus gris-verdâtres, les sels de l’étain des tons plus foncés, plus bruns.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- IL — Fixation du pourpre d’or, du rose d'or
- et de l'or à reflet métallique sur la fibre
- Impression au moyen de rouleaux chauffés.
- Quand on chauffe les tissus teints en gris, d’après le procédé décrit, en les repassant sous une certaine pression avec un fer chaud, il se forme à l’endroit du contact, un beau rouge à reflet métallique.
- Les teintures foncées passent à un rouge foncé, les nuances claires à un rose. En réglant la température et la pression exercée par le métal chauffé, on peut varier le résultat du rose d'or le plus tendre au pourpre d'or le plus foncé.
- On peut produire par cette méthode des tissus unis teints en rouge ou des dessins rouges sur fond gris.
- Pour produire des dessin s coloriés ou de l’or a reflet métallique sur fond blanc, on imprègne les tissus blancs de la solution aurique, ou on les imprime avec cette solution et on les sèche. En mettant les tissus ainsi préparés en contact avec un corps chauffé, l’or se précipite et se fixe aux endroits touchés en conservant son éclat métallique. Comme il est dit plus haut, la concentration du sel d’or et la température appliquée conduisent à un rouge foncé ou clair, de nuance bronzée ou doué de Y éclat métallique de l’or.
- Ces méthodes ont été découvertes en premier lieu. Mais on peut obtenir le pourpre d'or sur la fibre par d’autres moyens.
- On chauffe les tissus imprégnés de sel d’or avec une dissolution d’acide oxalique ou d’un oxalate. 11 se forme des couleurs rouge pourpre ou rouge violacé.
- On peut nuancer et renforcer les teintures en chauffant ou en mordançant au préalable avec des sels d’étain.
- Toutes ces couleurs, autant les grises que les rouges pourpre, une fois fixées, sont absolument solides à la lumière et au savon et ne s’altèrent ni parles acides, ni par les alcalis.
- BLANCHIMENT
- AU PEROXYDE DE SODIUM En comparaison avec l’eau oxygénée (1) par M. B. Martinon
- La maison E. de IUër, de List, près Hanovre vient de livrer à la consommation un nouveau produit destiné à remplaeerl’eau bioxy-génée dans ses applications au blanchiment. Ce produit est du bioxyde de sodium presque pur. On savait depuis longtemps que les bioxydes de sodium et de potassium existaient,
- (1) Nous avons, en son temps, fait connaître ce procédé par un extrait du brevet, et par une note com-
- plémentaire (Reçue de la Teinture, 1892, p. 114 et 128). L’article ci dessus extrait de « l’Industrie textile » donne plus de détails sur l’emploi du nouvel oxydan t dont on ne peut prévoir encore l'arenir, et qui sera toujours limité tant qu’il restera tributaire de brevets.
- ils avaient été étudiés par Gay-Lussac et Thénard, puis par Davy, et plus tard par Ver-non Harcourt qui leur avait assigné les formules Na‘1 202 et K 20*. Ces composés prennent naissance par l’action de l’oxygène sec sur les métaux potassium et sodium légèrement chauffés. Vernon Harcourt signale même l’action de l’air sur l’hydrate de potasse fondu comme produisant du peroxyde de potassium; l’ozone dans les mêmes conditions donnerait naissance au même composé.
- Le bioxyde de sodium commercial est une poudre jaunâtre, légère, très hygrométrique, fusible au rouge sombre en un liquide brnn qui par refroidissement se prend en une masse blanc jaunâtre. Projetée dans l’eau, cette poudre fait entendre un léger sifflement : il se produit au contact de l’eau une hydratation du peroxyde avec élévation de température ; il y a en même temps décomposition d'une petite quantité du peroxyde et dégagement d’oxygène -, la masse se dissout ensuite facilement dans l’eau.
- Si, au lieu de mettre le bioxyde dans beaucoup d’eau, on ajoutait l’eau en petite quantité sur le bioxyde même, l’él-vation de température serait plus considérable et la décomposition du peroxyde plus profonde Le bioxyde de sodium de de Haen contient de 18 à 20 0[0 d’oxygène actif, soit 125 à 140 litres d’oxygène par kilogramme de peroxyde. 1 kilogramme de ce produit au point de vue de la richesse en oxygène actif équivaut donc à environ 12 litres d’eau oxygénée commerciale à 10 volumes.
- Pour le blanchiment on ne peut employer le peroxyde de sodium seul ; en effet son alcalinité est grande et sa décomposition dans le bain produirait une quantité de soude caustique telle que les matières à blanchir pourraient en souffrir.
- Aussi la maison de Haen recommande-t-elle d’ajouter aux bains le blanchiment du sulfate de magnésie : il se forme du sulfate de soude et du bioxyde de magnésium Mg O2 dont la décomposition lente donne des bains d’une stabilité suffisante.
- La maison de H-en donne les recettes suivantes pour blanchir avec son produit.
- BLANCHIMENT DU TUSSAH
- Cuire comme d’ordinaire et bien écarter le savon par des lavages répétés à l’eau douce. Faire un bain de blanchiment contenant pour cent kil. de tussah :
- 2,500 eau.
- 90 kilogrammessulfatede magnésie exempte de chlore.
- Le tussah est manœuvrédansce bain chauffé à 30-35 degrés pendant environ une demi-heure, puis on ajoute en plusieurs fois en levant chaque fois le tussah, 20 à 30 kilogrammes de peroxyde de sodium. Aussitôt la dernière addition faite, on porte, en plusieurs fois le bain à 80-95 degrés. Le blanchiment dure d’une heure et demie à deux heures ; on
- lève alors la marchandise, puis on acidulé le bain avec la quantité nécessaire d’acide sulfurique pour le clarifier entièrement ; on manœuvre un quart d’heure et enfin on lave, essore et teint s’il y a lieu. Cette même méthode est employable pour l’ivoire, la plume, l’os, la soie de porc, etc.
- BLANCHIMENT DE LA LAINE
- Entrer la iaine bien dégraissée dans un bain à 30° centigrades contenant 30 0/0 du poids de la laine de sulfate de magnésie exempt de chlore. Après quelques lises lever la laine et ajouter 10 0/0 de peroxyde de sodium du poids de la laine à blanchir. La laine est bien remuée dans ce bain qui est peu à peu porté à 60-70° centigrades, on laisse blanchir pendant trois quarts d’heure à ure heure, puis on ajoute de l’acide sulfurique en quantité suffisante pour clarifier le bain, on lire un moment, essore et sèche.
- BLANCHIMENT DE LA ECHAPPE
- Cuire la schappe comme d’ordinaire ; puis, pour 100 kilogrammes faire un bain contenant :
- 2,500 eau.
- 36 kilogrammes de sulfate de magnésie exempt de chlore.
- Lise’ la matière pendant quelque temps, puis ajouter en plusieurs fois, en remuant à chaque addition, 12 kilogrammes de peroxyde de sodium -, chauffer peu à peu, de façon à mettre trois quarts d’heure pour arriver à 95° centigrades, liser continuellement, puis porter une ou deux fois au bouillant ; après une heure à une heure et demie, lever, ajouter la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour clarifier le bain ; puis après avoir laissé traîner un moment, laver, essorer et sécher ou passer de suite à la teinture.
- BLANCHIMENT DU TISSU SOIE ET COTON OU SOIE ET LAINE
- Cuire : puis enlever toutes traces de savoa par des lavages répétés ; tombei le tissu sur un bain contenant de 30 à 36 0,0 du poids du tissu de sulfate de magnésie exempt de chlore. Le bain est d'abord chauffé à 30° centigrades, on donne quelques tours, puis on lève le tissu et l’on ajoute 10 à 12 0j0 de peroxyde de sodium; on agite et on chauffe progressivement jusqu’à 95° centigrades; pendant ce temps manœuvrer activement et enfin arriver à Pé-bu'lition. Après ce blanchimen’, aciduleravec la quantité necessaire d’acide sulfurique pour clarifier le bain, laver et sécher.
- Pour 100 mètres de tissu d’une largeur de 0 m. 60 pesant environ 5 kilog. employer 25# litres d’eau.
- ¥ *
- 11 était intéressant d’éfuiier comparativement à l’eau oxygénée ce nouveau produit Na2 O2 et de s’assurer, ce q ii était probable du reste, si à égalité de richesse en oxygène actif, un bain constitué avec du bioxyde de
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- sodium aurait un pouvoir bl; nchissant égal à celui constitué avec de l’eau oxygénée.
- On remarquera d’abord que dans l’emploi de l’eau oxygénée, il importe toujours de rendre les bains de blanchiment alcalins. On emploie, suivant les cas, de l’ammoniaque, de la soude caustique on du silicate de soude. Pour la plume et les cheveux, l’ammoniaque est préférable ; pour la laine et la soie, la soude caustique a l’avantage de donner untou-chetr plus doux. Dans l’emploi du bioxyde de sodium, il importe au contraire de rendre les bains beaucoup moins alcalins ; la quantité de soude caustique qui existe et qui augmente de plus en {.lus, par suite de la décoœposiiion du bioxyde deso liumen soude et oxygène actif, serait trop considérable et affaiblirait sérieusement les substances en traitement. On ajoutera donc au bain, comme le recommande la maison E. de Haën. du sulfate de magnésie; il se fera alors du sulfate de soude et du bioxyde de magnésium dont la décomposition subséquente donnera de la magnésie sans action nuisible sur les matières à blanchir. Une fois le blanchiment terminé, on ajoute au bain dé l’acide sulfurique en qua tité suffisante pour le rendre acide et dissoudre ainsi la totalité de la magnésie, qui pourrait rester partiellement fixée aux matières blanchies et leur communiquer des propriétés défavorables (mauvais toucher, etc.).
- Dans les essais comparatifs suivants, le mode opératoire indiqué par M. de fffën a été suivi pour l’emploi du bioxyde de sodium.
- A. Blanchiment du tissu soie et coton
- Eau oxygénée. — Le bain rendu alcalin par de la soude caustique contenait au début 310 centilitres cube oxygène actif par litre, le bain a été chauffé peu à peu à 80 degrés centigrades : après deux heures, on a retiré le tissu ; le bain contenait encore à ce moment 250 centilitres cubes oxygène actif par litre, soit une consommaticn de 60 centilitres cubes par litre et de 0 lit. 260 eau oxygénée à 10 volu- / mes par kilogramme de tissu, soit 2 lit. 600 d’oxygène actif.
- Bioxyde de sodium. — Le bain a d’abord été formé de 35 pour 100 du poid3 du tissu de sulfate de magnésie exempt de chlore: puis après avoir manœuvré le tissu pendant un quart d’heure, on a ajouté au bain 10, 5 pour 100 de bioxyde de sodium, piéalablement dissous dans l’eau et contenant 125 centimètres Gubes d’i xygè'e act f par gramme. On a obtenu de cetti façon, un bain ccn’enant 304 centimètres cubes oxygène pa r litre, on a élevé peu à peu la température jusqu’à 90 degrés centigrades. Après deux heures de contact avec le bain, le tissu a été levé, le b.-in a été additionné d acide sulfurique en quan* tité suffisante pour le rendre légèrement acide, on a donné quelques tours au tissu et on l’a enlevé. Après la sortie du tissu, le bain conte-
- nait encore 225 centimètres cubes d’oxygène par litre, soit une consommation d" 79 centimètres cubes par litre ou 3 lit. 390 oxygène actif par kilogramme de tissu.
- Dans les deux cas, ja quantité de tissu et le volume des bains étaient les mêmes. — Après blanchiment b s deux tissus étaient à peu près semblables à tous les points de vue, cependant celui blanchi au bioxyde de sodium était légèrement plus blanc, il faut remarquer que dans ce cas, la consommation de l’oxygène a été plus grande.
- B. SCHAPPE OU FANTAISIE
- Eau oxygénée. — Le bain de blanchiment a été fait à la toude caustiqne ; on a consommé par kilogramme de fantaisie 7 lit. 500 oxygène actif, le litre du bain est tombé de 650 centimètres cubes oxygène p3r litre à 300 centimètres cubes.
- Bioxyde de sodium. — On a constitué un bain avec 35 pour 100 desulfate de magnésie, on a mai œuvré la schappe dans ce bain, puis on y a ajouté 12 pour 100 du poids de la fibre de bioxyde de sodium préalablement dissous dans l’eau , le tiire du bain était alors de 700 centimètres cubes oxygène par litre. — En mar œuvrant la fantaisie dans ce bain, ori a porté peu à peu la température à 95 degrés centigrades ; au bout de deux heures, on lève la fibre, acidulé le bain, manœuvre un moment et enlève définitivement ; à ce moment lebain titre 380 centimètres cubes par litre, soit une dépense de 6 lit. 845 oxygène actif par kilogramme de fantaisie.
- Le brillant, le toucher et le bl nchiment de la fibre sont les mêmes dans les deux cas et cette fois, la dépense en oxygène a été un peu plus grande dans l’emploi de l’eau oxygénée que dans celui du bioxyde de sodium.
- C. Blanchiment du tussah
- Dans les essais conduits de la même façon, sur tussah, on a obtenu :
- Eau oxygénée. — Le bain a été rendu alcalin par addition de silicate de soude, on a chauffé peu à peu au bouillant. — Le tussah avait au préalab'e été bien décrassé.
- On a dépensé 6 lit. 500 oxygène actif par kilogramme de tussah.
- Bioxyde de sodium. — On a d’abord manœuvré le tussah sur le bain contenant seulement le sulfate de magnésie, puis le bioxyde de sodium a été ajouté en plusieurs fois -, on a ensuite monté lentement la température à 95 degrés centigrades, puis ajouté de l’acide pour aciduler le bain et dissoudre la ma enésie.
- On a consommé 11 Iities oxygène actif par kilogramme de tussah.
- Ici, le tussah blanchi avec l’eau oxygénée est sensiblement plus blanc que celui traité au bioxyde de sodium, le brillant et le toucher sont les mêmes.
- D. Blanchiment de la laine Eau oxygénée. — Le bain de blanchiment a été rendu alcalin par delà sonie caustique-on n’a pas dépassé 50 degrés de chaleur et on a laissé en c intact le bain et la mitiè'e à blanchir pendant huit heures.
- Bioxyde de sodium. — Gomme il est recommandé pour l’emploi du bioxyde de sodium, on a constitué un bain avec 30 p. loo de sulfate de magnésie, exempt de chlore. On a ajouté le bioxyde, puis chiuffé le bain pui à peu à 60-70 degrés ; on a laissé en contact pendant cinq heures, puis on s acidulé le bain comme d’ordinaire.
- Les deux laines sont également blanches; on a cor sommé, dans le cas de l’eau oxygénée, 9 1. 850 oxygène par kilogramme de laine -, dans celui du bioxyde de sodium, 11 lit, 450.
- Os, ivoire, ylumes et cheveux. — Mous avons, pour le blanchiment de ces matières, constaté des résultats semblables à ceux ci-dessus ; cependant, ponr ces substances, dans certains cas, il peut être pour l’emploi du bioxyde de sodium préférable de substituer, en tout ou partie, le sulfate d’ammoniaque au sulfate de magnésie.
- Il résulte de ces essais, qu’à peu de chose près le bioxyde de sodium peut remplacer l’eau oxygénée dans ses applications au blanchiment. Entre les deux produits, c’est une questim de prix de revient de l’oxygène actif. 11 n’est poS douteux que si l’on peut arriver, ce qui ne paraît pas impossible, à produire le bioxyde de sodium dans les 3 francs le kilogramme, ce produit se substitue en grande partie à l’eau oxygénée. Il a sur cette dernière l’avantage d’être d’un transport plus facile et il peut se conserver parfaitement à l’abri de l’air et au sec. Le bioxyde de sodium attire en effet rapidement l'humidité de l’air, s’hydrate et se décompose alors rapidement. 11 faut, bien entendu, tenir compte du coût du sulfate de magnésie employé, qui est de 3 à 4 centimes par kilogramme de matière à blanchir ; cependant, il est juste de faire remarquer que les bains de blanchiment de bioxyde de sodium peuvent se conserver, et de cette façon, on consommera une quantité beaucoup moindre de sulfate de magnésie.
- (.Industrie textile)
- ELECTRO-TEINTURE
- Les observations de M. Goppelsroeder sur la teinture électrolytique sont en partie connues des théoriciens de nos professsions; en attendant le traité de l’auteur (édition française), que nous avons depuis longtemps annoncé, nous reproduisons le résumé suivant de ses méthodes, publié par la « Revue de Chimie industrielle. »
- L’électro-teinture a été découverte et étudiée par le professeur Dr. Friedrich Goppels-rœder. Nous allons en résumer les principaux
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- traits, d’après les mémoires qu’il a publiés et auxquels nous renvoyons le lecteur pour de plus amples détails (1).
- 1‘ Fixation des couleurs sur les fibres. — En imbibant une étoffe d’une solution de chlorhydrate d’aniline, en plaçant celles-ci sur une plaque métallique reposant sur un disque isolant en caoutchouc ou en verre; en posant eusuite sur l’étoffe humide une seconde plaque métallique portant en relief le dessin ou l’inscription à reproduire, et en reliant les deux plaques métalliques, chacune à un pôle d’une dynamo, de façon à faire passer le courant, il se forme sur le tissu une copie noire du dessin. Quelques secondes (une minute au plus) suffisent pou** l’obtention d’un noir intense. Pour obtenir une reproduction parfaite, il faut donner une certaine pression à la plaque métallique supérieure, de façon que toutes les parties du dessin en relief soient en contact avec l’étoffe.
- Il se forme, dans ces conditions, du noir d’aniline inverdissable.
- On peut facilement, avec un crayon de métal non attaquable ou de charbon de cornue, formant l’une des électrodes, écrire sur un papier ou sur une étoffe imbibée d’une solution de chlorhydrate d’aniline et reposant sur une plaque métallique formant l’autre électrode. Le courant produit le trait noir en passant par les points où le crayon touche, soit l’étoffe, soit le papier, avec une légère pression. On peut ainsi écrire ou dessiner aussi vite que par le procédé ordinaire. Il se forme ainsi du noir d’aniline qui se dépose en naissant sur la fibre, s’y fixe chimiquement et d’une manière indélébile.
- Pour éviter les bavures et obtenir une écriture ou un dessin sans bavures, on épaissit la solution de chlorhydrate d’aniline avec de la gomme adragante, de la gélatine ou de la colle de poisson.
- Cette méthode électro-chimique pourrait s’appliquer à l'impression sur étoffes pour produire sur les pièces à traiter des dessins d’une franche couleur noire ou autre qui résisteraient certainement aux diverses opérations du blanchiment. On pourrait, de même, dans les établissements de douane, dans le* maisons de commerce, etc., produire très simplement des marques inaltérables.
- Pour faire servir aux expériences de reproduction une plaque de cuivre sur laquelle est gravé le dessin servant de modèle, Goppels-roeder recouvre d’un vernis isolant les parties non creusées de la plaque, puis il place sur cette plaque de cuivre l’étoffe imbibée de chlorhydrate d\ niline ; il pose alors par dessus
- (i) Centralblatt für Elecktrotechnik. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Far-belectrokemische Mitt/ieilunçjen. von prof. Dr. Goppelsroeder, Mulhouse 1889. Une édition française est en préparation chez M. Georges Carré.
- une seconde plaque de cuivre non gravée et pousse à l’aide d’un rouleau, dans des parties creuses, la solution du sel d’aniline suffisamment épaissie et enlève avec une râclette la couleur de la surface de la plaque. Les deux plaques sont reliées aux pôles d’une dynamo et on proeède comme ci-dessus.
- Pour teindre des écheveaux ou des étoffe1 en noir uni, il faut préalablement rendre conductrice la fibre, en déposant à sa surface une mince couche métallique ou un sulfure métallique et on la plonge dans une solution de chlorhydrate d’aniline, faisant fonction d’électrode positive.
- Enlevages. — On peut détruire les matières colorantes fixées sur les fibres et produii e ainsi des dessins blancs ou de couleur sur fond uni.
- Ainsi, pour détruire le rouge d’Andrinople, on trempe l’étoffe de couleur dans une dissolution de salpêtre, de sel de cuisine ou de chlorure d’alrminium, onia place entre deux plaques de cuivre, dont l’une est gravée, on fait passer le courant. 11 se forme, au pôle positif, dans le premier cas, de i’aci ’e nitrique, dans les deux autres cas, du chlore. L’un et l’autre attaquent la couleur et la blanchissent en la transformant en produits d’oxydation blancs. On obtient de la même façon des enlevages sur indigo.
- Si l’on choisit des sels dont l’électrolyse produit des bases qui jouent le rôle de mordants, on peut, au moyen d’un nouveau bain de couleur, faire apparaître d’autres colorations aux places sur lesquelles le mordant a agi. On peut produire des colorations au moyen d’oxydes provenant de sels et formés sous l’influence de l’oxygène électrolytique.
- On peut également précipiter sur les fibres, en même temps que les oxydes qui jouent le rôle de mordants, des matières colorantes qui forment des laques avec ces oxydes.
- M. Goppelsroeder a, en même temps, enlevé la couleur et produit une nouvelle coloration à la place de la couleur disparue. Une étoffe, teinte en rouge d’Andrinople ou en indigo, est imbibée de chlorhydrate d’aniline et soumise entre deux plaques de cuivre à l’action du courant : la couleur se ronge partout où le courant passe, et il se forme aussitôt, au même endroit, du noir d’aniline. On obtient ainsi des dessins noirs sur fond rouge ou bleu. A la place d’aniline, on peut employer d’autres bases qui produisent aussi facilement des couleurs variées.
- Cuves. — On peut produire, au moyen du courant électrique, des solutions de matières colorantes réduites et hydrogénées, appelées cuves. On se sert pour cela de l'hydrogène qui se dégage au pôle négatif et l’on réduit ainsi la matière colorante tout aussi bien qu’en employant des agents de réduction ordinaires, sulfate de fer, zinc, glucose, hydrosulfite de soude.
- Pour les cuves basiques, on emploie la soude et pour les cuves acides, l’acide sulfurique. On fait usage d’une cuve dans laquelle les dtux électrodes sont séparées par une cloison poreuse, la toile d’amiante par exemple.
- Pour monter la cuve d’indigo, on mettra dans le compartiment négatif ;
- Eau........................... 50 lit.
- Indigo......................... 5 kil.
- Soude à 38° B............... 2 lit.
- Lorsque la réduction est complète, on verse dans :
- E™........................... 450 lit.
- Soude à 38° B.............. 25 —
- On teint comme à l’ordinaire.
- De cette f-çon, on prépare la cuve à l’indo-phénol, la cuve mixte à l’indigo et à l’indophé-nol; les autres cuves, à la gallocyanine, à la nigrisine, à la céruleïue, au bleu d’alizarine.
- La cuve au noir d’aniline se faitavec un bain composé de :
- Eau.......................... 50 lit.
- Noir d’aniline en poudre... 5 kil.
- Acide sulfurique............. 1 —
- Après dissolution, on étend dans 200 litres d’eau et on teint. Pendant l’impression, pour empêcher l’oxydation, on fait passer un faible courant : l’hydrogène qui se dégage suffit pour maintenir le liquide des cuves dans son état normal de réduction.
- On a proposé de même d’empêcher l’oxydation, dans les baquets des couleurs pour l’impression, par l’hydrogène dégagé au pôle négatif.
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- DECREUSAGE et ASSOUPL1SSAGE
- De la Soie
- D’après le traité « la Soie » de tyl. A. Villon
- SOIES CUITES
- La cuite ou décreusage de la soie est une opération qui a pour but de priver la soie de la plus grande partie de son grès.
- La cuite pour blanc ou pour couleurs clai-rss s’elftctue en deux opérations, e dégommage et la cuite.
- La cuite pour couleurs foncées demande moins de soins et ne s’effectue qu’en une seule opération : un dégommage plus prolongé que pour la cuite en blanc.
- La cuite de la soie se fait presque exclusivement au savon. Le savon employé est du savon d’acide oléique, qui rince le mieux ; la marque Daumas est la plus est mée.
- Dégom7nage. — Dans l’opération du dédommage, on fait tomber la plus grande masse du grès de la soie. Les matteaux de soie sont mis sur des bâtons de bois dits bâtons de
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- lise de 1 mètre de longueur, à raison de deux par bâton. Ces deux bâtons reposent parleurs deuxextrémités sur les bords longitudinaux des barques renfermant le bain de savon. Les barques ontO m. 80 de largeur, 0 m. 80 de profondeur et 5 mètres de longueur; elles sont en bois doublé de cuivre et chauffées par un serpentin en cuivre dans lequel circule de la vapeur.
- I a dissolution de savon renferme 33 0/0 du poids de là soie de savon et est chauffé à 90° sans bouillir. Les soies sont dans ce bain pendant une heure et demie. Le lisage s’effectue en faisant tourner les matteaux sur des bâtons et en promenant ces derniers rapidement d'abord et lentement ensuite. Le lisage mécanique a, pendant longtemps, été reconnu comme irnpo sible, par la croyance, bien fondée, du reste, que la mécanique ne peut suffire aux p tits détails de la manipulation à la main. MM. Duchamp et Cieont imaginé un lisage mécanique imitant la main de l’homme et très ingénieusement compris. (Le traité de M. A. Villon donne le dessin et la description de cette machine).
- Les appareils de M. César Corron fonctionnent à peu près de même.
- Dans le bain de savon les soies gonflent, puis le grès tombe avec la couleur ; elles deviennent fines et soyeuses. Après le dégommage, les soies sont mi-cuites. Elles ont perdu 18 à 20 0/0.
- Cuite. — Pour cuire les soies, il faut les faire bouillir avec le bain de savon. Les soies destinées à être teintes en foncé sont cuites dans le même bain que le dégommage, soit que l’opération se fasse dans les poches ou dans les mêmes barques du dégommage. Dans ce cas, on ieponchonne le bain de 5 pour 100 de savon et on cuit deux heures. Si on continue en barques, on maintient à 100 degrés, faire bouillir, pour ne pas mêler les fils.
- Pour les soies blanches ou destinées a recevoir la teinture claire, la cuite se fait dans un bain de savon renfermant 20 pour 100 du poids de la soie. Les soies sont relevées du bain de dégommage avec les bâtons, les matteaux sont tordus à la main pour les égoutter, sont vo'tés, c’est-à-dire roulés sur eux-mêmes, et une série de matteaux sont reliés par une corde ou encordés. On les met dans un sac en toile claire ou en crin, dit poche, on coud l’ouverture et on jette cette poche dans le bain de savon bouillant contenu dans une chaudière. Cette chaudière a 2 mètres de profondeur, elle est conique et mesure 1 m. 80 à 2 mètres de diamètre à sa partie supérieure et 1 mètre de diamè re à la partie inférieure. Le bain de savon est maintenu à l’ébullition pendant deux heures au moyen d’un foyer chauffant directement la chaudière. On examine les soies, si elles présentent des plaques non cuites, dites biscuits, on leur donne une seconde cuite dans un bain de savon à 15 pour 100 pendant une heure environ.
- Le blanchiment est une seconde cuite à dix pour 100 de savon, à la température de 60° que l’on fait subir aux soies destinées à rester blanches.
- Les bains de savon provenant des cuites sont additionnés ou reponchés de 10 pour 100 de savon neuf et sont employés pour le dégommage.
- La soie cuite à fond perd 25 à 27 pour 100 de son poids
- On emploie encore un autre mode de cuite dite cuite au piano. Le piano se compose d’une caisse rectangulaire en tôle solidement construit0, dans laquelle se trouve un châssis portant des rouleaux en bois parallèles sur lesquels sont placés horizontalement les matteaux de soie. A chaque extrémité des rouleaux se trouve une roue dentée, engrenant avec les voisines. Le mouvement est donné au premier rouleau, qui le communique à tous les autres. Le châssis est mobile, on le sort du piano au moyen d’une poulie, pour le charger et le décharger. Les matteaux étant disposés sur les rouleaux, on ferme hermétiquement le piano, on met les rouleaux en mouvement et on fait arriver de la vapeur sous pression qui porte rapidement a l’ébullition le liquide savonneux. Les soies sont vite cuites. Ce système a été délaissé à la suite de quelques explosions qui se sont produites. Néanmoins, nous l’avons vu fonctionner dans plusieurs usines pour la cuite des soies fortement montées.
- Lavages. — Après la cuite, on lave la soie pour la débarrasser du savon et du grès qu’elle renferme encore en émulsion. Les lavages doivent se conduire avec beaucoup de précautions. On commence par un rinçage dans une eau alcalinisée par des cristaux, pour éviter la formation de grumeaux de savons gras acides. rinçage s’effectue dans des barques où on lise la soie ; on peut aussi employer la ma-
- I chine à User. On peut aprèslaver les matteaux à la rivière ou à l’aide de machines. Comme le§. machines à laver sont très usitées, nous allons en donner une rapide description.
- Le plus ancien système est celui de Ber-thaut, dont le principe consiste à faire tourner la soie dressée et tendue sur deux cylindres en fonte émaillée ou en porcelaine, à section polygonale, placés horizontalement au-dessous l’un de l’autre et tournant dans le même sens. Ces cylindres tournent autour d’un axe creux percé de petits trous par lesquels sort de l’eau sous pression dont les jets sont dirigés contre la soie. En 5 ou 10 minute le lavage est terminé.. Une machine est composée de 12 cylindres; 6 marchent et 6 sont arrêtés, alternativement. Pendant qu’on charge les cylindres immobiles, la soi se lave sur les 6 autres et vice versâ.
- Ce système a été simplifié dans les laveuses
- I parisiennes. Ces laveuses consistent en guindés cannelés, en porcelaine, placés horizon-
- talement et percés de pètits trous par 0ù jaillit 1’ eau qui arrive sous pression dans leur intérieur. Les matteaux de soie y sont peu-dus verticalement, par leur propre poids. Les guindres faisant 5 à 6 tours par minute, changent constamment la soie de place et en présentent toutes les parties à l’action des jets d’eau s’échappant des génératrices. Ce système donne d’excellents résultats.
- M. Henrich Berchtold, de Thahveil, a modifié cette machine en composant les guindres d’un cylindre extérieur formé par des baguettes, animé d’un mouvement de rotation entraînant les écheveaux développés pour présenter le plus de surface possible, et d’un cylindre intérieur fixe, ou manchon. Ce manchon est percé de deux rangs de trous un peu plus bas que (es génératrices du diamètre horizontal, par lequel l’eau s’échappe avec force, toujours dans le même sens et sans ê’re entraînée dans le mouvement comme dan* les machines dites prussiennes. Cette disposition offre de grands avantages au point de vue de la force de projection dans l’eau et de l’impossibilité de brousiller les écheveaux, ce qui a lieu dans le cas des prussiennes, lorsque le jet vient à s’accélérer à ja partie supérieure du cylindre. On met 10 à 12 guindres dans une grande cuve quadrangulaire en tôle ou en bois.
- Un autre genre de laveuses Lès employées est celui des machines à battre et à laver simultanément. Nous ne décrirons que la machine de MM. Boulieu et Charlieu. (L’auteur donne la figure et la description de cet appareil).
- Une autre laveuse à battre est composée d’un tambour prismatique, de 2 mètres de diamètre sur 1 mètre d’épaisseur, tournant avec rapidité sur son axe horizontal. Les écheveaux sont placés sur des barres disposées suivant les arêtes du prisme et percées de trous par lesquels l eau est dirigée contre h soie. A une certaine hauteur se trouve un p’ateau sur lequel viennent battre successivement les écheveaux. Le tout est renfermé dans une chambre pour éviter les projections d’eau. La soie cuite a un toucher doux et craquant qu’on a pris pour type sous le nom de toucher soyeux.
- Autres méthodes de décreusage. — Le dé-creusage de la soie peut se faire au moyen des alcalis caustiques faibles. Mais comme l’action prolongée de la potasse ou de la soude sur la sme la détériore, on ne l’emploie jamais pour les soies fines quoique la cuite soit plus rapide que celle au savon.
- On l’emploie pour les soies de fantaisies, et dans ce cas la cuite aux alcalis présente un avantage, celui de brûler le duvet. On lisse ces soies dans un ba n à 3 ou 4 pour 100 de potasse ou de soude caustique, maintenu à 60°. L’opération dure 30 minutes. On 'ave ensuite à la machine à battre pour bien dégorger.
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- La perte des soies de fantaisie est de 10 à 12
- p. 100.
- La cuite aux carbonates alcalins, proposée par Rigaut en 1762, se fait de même dans un bain à 10 pour 100 de carbonate de soude du poids de la soie, à la température de 80°, pendant une heure et demie. L’opération est terminée lorsque la soie fait entendre sous le frottement de l’orgie un petit cri. Les matteaux sont levés, rincés à l’eau tièie, essorés, puis lavés à la machine. Le procédé convient pour les soies fines et grosses, mais il est délaissé pour les soies fines.
- On a proposé de remplacer le carbonate de soude par le sulfure de sodium, le silicate de soude, le zincate de soude, l’aluminate de soude, etc., mais sans grand succès. De tous ces sels, le silicate donne les meilleurs résultats.
- La cuite aux acides étudiée en 1865 par MM. Lambert et Voyret n’a pas donné des résultats pratiques satisfaisants : les soies sont moins blanches et ne prennent pas autant la charge que les autres. La soie est dégommée en trois heures dans un bain à 5 pour 100 d’acide phosphorique ou arsénique maintenu à l’ébullition.
- SOIES SOUPLES
- Les soies souples sont des soies éerues auxquelles on donne les qualités de soies cuites sans leur enlever leur grès. L’avantage de ce genre est le rendement beaucoup plus considérable qne prend la soie à la charge. On es', d’ailleurs, arrivé à imiter les soies cuites avec les soies souples obtenues avec les procédés perfectionnés. La différence se fait principalement sentir après la teinture, les souples tendent toujours à se défiler et sont moins résistantes.
- L’obtention des soies souples comprend deux opérations : l’as^iiplissags et Ie chevillage.
- Assouplissage. — La soie est d’abord lisée dans une esu alcalire (0,5 à 1 pour 100) et tiède pour lui enlever les matières grasses qui l’imprègnent. On la soumet ensuite pendant deux ou trois heures à l’action de l’eau portée à la température de 90° et renfermant 0,73 pour 100 de crème de tartre. A la place de crème de tartre, on emploie aussi dans les ateliers de Veau de soufre, dissolution d’acide sulfureux obtenue en exposant des vases pleins d’eau dans la chambre à soufrer les soies. L’assouplissage demande une grande expérience de la part des ouvriers qui en sont chargés.
- A l’assouplissage, les soies perdent 5 p. 100. Elles ont un toucher doux et craquant approchant de celui des soies cuites, mais sans l’égaler.
- Chevillage. — Le chevillage est une opéra-
- 1 tion quia pour but de lustrer la soie en la tor-I dant. Depuis la fabrication des souples, on a reconnu qn’il complétait l’assouplissage.
- Le chevillage se fait à la main ou à la machine, mais depuis l’importance qu’ont pris les souples, il se fait uniquement à la machine.
- Le principe des machines est le suivant : La soie est maintenue très étendue, verticalement entre trois chevillons cylindriques, dont le supérieur fixé tourne sur lui-même autour de son axe et l’inférieur tourne également, mais sur un pivot perpendiculaire à l’axe, de manière à imiter l’action du chevillage à la cheville.
- Le cylindre inférieur, qui se relève facilement pour qu’on puisse garnir l’appareil, est soumis, dès qu’il est garni, à l’action du contre-poids, qui rend le matteau fortement tendu, 11 exécute une rotation complète sur son pivot, imitant l’action du cheviUon, puis revient à son état normal : à ce moment le chevillon supérieur exécute une demi-révolution sur son axe, qui change le matteau de place, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ouvrier trouve les matteaux assez chevillés (1).
- Le chevillage des souples s’exécute toujours sur les soies sèches et la teinture finie.
- Les soies souples ne peuvent supporter les bains de savon au-delà de 50°, sans éprouver un commencement de cuite ; alors elles sont inemployables. Au contraire, elles peuvent supporter les bains acides chauds.
- IMPRIMEUSE SAMUEL
- Cheminant sur le Tissu
- Construite par MM. Buffaud et T. Robatel
- La Revue de la Teinture a fait connaître en son temps l’invention de MM. Samuel cousins, consistant en une machine à imprimer les étoffes, basée sur une idée entièrement nouvelle.
- Dans cette disposition, ce no sont plus les tissus qui voyagent autour des rouleaux gravés, mais tout le système imprimeur qui se déplace sur l’étoffe immobile, et qui n’a plus ainsi à supporter de tractions, si dangereuses pour les articles délicats. Les gravures sont en relief, ce qui favorise, mieux que la taille-douce, la pénétration des couleurs, et évite les réapplicages.
- La nouvelle imprimeuse construite par MM. Buffaud et Robatel consiste, ainsi que le montre la figure ci-contre, en un petit chariot
- (1) Voir dessin d’une machine à cheviller dans la Revue de la Teinture 1889, p. 4.
- disposé pour se déplacer régulièrement sur une longue table parfaitement dressée, sur laquelle est étendue sans pli la pièce o’étoffeà imprimer.
- Sur ce chariot sont disposés : le rouleau imprimeur que l’on voit à gauche de la figure, la bassine à couleur placée dans le b3s, le drap fournisseur passant entre les rouleaux pres-seurs que l’on voit dans le haut de la figure, et tout le mécanisme nécessaire. La nouve'le machine fonctionne avec des rouleaux gravés en relief, dont le diamètre peut varier depuis 80 jusqu’à 500 millimètres ; on peut donc imprimer des dessins depuis 250 millimètresjus-qu’à 1,500 millimètres de rapport en exerçant une très faible pression sur l’étoffe, ce qu permet de travailler avec la même machine sur des tissus de nature très différente tels que les soieries les plus légères, les lainages, les cotons les plus épais, les tissus mélangés, les velours, les tapis, etc.
- La table sur laquelle est étendue la pièce à imprimer est munie sur toute sa longueur d'une crémaillère exactement divisée qn’on aperçoit un peu à gauche de la figure. L’imprimeuse reçoit son mouvement soit d’une dynamo réceptrice absorbant 5 à 8 kilogrammes, soit, comme dans la figure, d'une simple manivelle mue à bras -, l’arbre moteur actionne simultanément deux arbres horizontaux, l’un en haut, l’autre en bas, par les engrenages que l’on voit à droite de la gravure. L'arbre du bas porte un pignon qui s’engrène dans la crémaillère dont nous venons de parler, c’est ce q i produit le mouvement de translation de l’imprimeuse tout le long de la pièce à imprimer ; pendant ce mouvement de translation, le rouleau imprimeur roule tout le long de la pièce en y imprimant son dessin. Tous glissements pouvant détruire la netteté de ce dessin sont absolument évités.
- L’arbre du haut porte un cylindre garni de picots qui entraîne le drap fournissant la couleur dont a besoin constamment le rouleau imprimeur, de façon que la vitesse de ce drap soit exactement la même que celle de la surface des reliefs du dessin. La couleur est donc fournie par une légère pression du drap qu’on peut régler à volonté sans le moindre glissement qui serait aussi nuisible à l’impression. Ce drap fournisseur, en sortant de la bassine de couleur, passe entre les rouleaux presseurs dont on règle la tension au moyen de' vis qui se voient au sommet de la figure ; l’excès de couleur retourne à la bassine et le rouleau imprimeur ne reçoit que la quantité de couleur qu’on v< ut exactement lui répartir.
- Tous les détails de cet'e machine, dont on compte actuellement une soixantaine d’applications industrielles , sont minutieusement établis pour qu’il n’y ait aucune perte de temps pour le départ de l’imprimeuse sur l’étoffe à travailler au point précis où doit commencer
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- son dessin, afin que les diverses parties du dessin en plusieurs couleurs données par autant de rouleaux gravés se combinent exactement sans aucun blanc et sans aucun décadrage, même si l'on juge utile pour obtenir plus foncé de passer deux ou trois ou quatre fois le même rouleau gravé, ce qui arrive souvent, pour les fonds par exemple.
- La même imprimeuse peut servir pour imprimer successivement sur la pièce à travailler autant de couleurs qu’on le veut, correspondant à autant de gravures; il suffit de changer chaque fois le rouleau gravé et la couleur, ce qui se fait vite et facüoment.
- Mais, en travail industriel , l’imprimeuse étant une machine peu coûteuse, il est infini-
- ment préférable d’employer autant d’impri-meuses que le dessin comporte de rouleaux gravés et de couleurs. On obtient ainsi, les imprimeuses se suivant immédiatement sur la même pièce, l’impression complète en quelques minutes des dessins les plus compliquas et les plus délicats.
- Soit comme prix de revient, soit comme finesse d’exécution , soit comme coloris, on obtient des résultats qu'à beaucoup près, ni les machines en usage ni la main n’avaient encore réalisés.
- Un des plus grands avantages de ces machines consiste à pouvoir, après impression, repasser une ou plusieurs fois une des couleurs ou toutes les couleurs, pour arriver à
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- Imprimeuse Samuel, construite par MM. JBufîaud et Robatel,
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- pénétrer dans l’épaisseur des tissus aussi profondément qu’on le veut et rendre au besoin l’envers presque aussi beau que l’endroit, si le tissu n’est pas trop épais. On peut aussi, de cette façon, avoir les fonds parfaitement unis, ce qui n’avait pas été possible jusqu’ici, et tout cela dans l’espace de quelques minutes.
- Enfin, il n’y a ni temps ni étoffe à perdre pour la mise en route, ce qui permet d’imprimer économiquement un très petit nombre de pièces à la fois.
- Ces machines sc cor,s ruisen! couramment
- avec tous leurs accessoires pour les trois largeurs d’étoffes ci-après :
- 1° Largeur jusqu’à 0m80 ;
- 2° Largeur jusqu’à lmlO ;
- 3° Largeur jusqu’à lm30.
- Ce qui est aussi à remarquer dans ce système d’impression, c’est l’absolue justesse des raccords, la rapidité de la mise en train, et l’absence de ces accidents si désagréables : les traits de râcle, inconnus ici, puisque la râcle ou « docteur » n’existe pas pour les gravures en relief.
- PROCEDES DIVERS
- JAUNE DE QUINOLÉINE
- ou Chinoline
- La consommation de cette couleur prend une extension toujours croissante, due à des qualités de résistance assez rares chez les pro. doits de même origine -, l’air lumineux ne lui cause aucune modification, et elle supporte sans altération, les actions alcalines, notam-ment le savon.
- Contrairement aux jaunes nitrés, qui bri]. nissent sous les influences alcalines, celui-ci s’éclaircit et s’avive dans les mêmes conditions.
- C’est le plus verdâtre des jaunes, en excep. tant l’acide picrique, dont il se rapproche comme teinte, mais en possédant beaucoup pius de fixité.
- Combiné avec un bleu ou un vert brillants (acides), il fournit des teintes d’une grande fraîcheur.
- Il teint la laine en bains neutres.
- U..e légère acidité favorise le tirage, maisle rougit faiblement; si on passe ensuite les laines teintes dans une eau un peu ammoniacale, ce reflet iougeâtre tombe, et la teinte gagne en uni.
- La soie se teint sur bain de savon coupé avec avivage acide.
- Les fabricants offrent le jaune de chinoline à l’état pur ou réduit, et dans ce dernier cas, à moitié prix; il est bien plus avantageux d’employer le produit pur désigné Extra; son rendement est proportionnellement supérieur à la sorte réduite.
- Gros violets Par mêla n g e s
- Il est maintenant d’un usage courant, défaire les gros bleus par mélanges de violets et de verts ; nous en avons maintes fois donné des formules, notamment dans notre précédente livraison (décembre 1892, p. 167.)
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- On fait, suivant le même principe, des violets foncés par mélanges de rouges et de verts, que l’on n'obtiendrait pas par les colorants directs, aussi pleins et aussi couverts que par cette méthode.
- 11 en est de même des gros verts obtenus par mélange d’un orangé et d’un bleu.
- Ce sont là des effets normaux, résultant de la présence des trois couleurs primitives, dont l’une fait la bruniture du mélange des deux autres. Mais ici, les résultats pratiques sont plus favorables que si l’on employait les trois couleurs en trois produits, et c’est aussi plus simple.
- L’échantillon ci-dessus a été teint avec, pour 1 kil de drap :
- Azo-fuchsine B....................... 15 gr.
- Vert pour laine S.................... 15 —
- Acide sulfurique..................... 30 —
- Sulfate de soude.................... 100 —
- On a donc ainsi une teinte de beaucoup de-fonds avec 3 0^0 de colorants.
- En réduisant à 5 grammes (112 p. 0|0), la dose de vert, on obtient un violet-evêque très beau et très pur, et que les violets directs ne donnent pas.
- Ces mélanges de deux colorants comprenant ensemble les trois couleurs primitives, sont la voie à suivre pour toutes couleurs rabattues.
- ROUGE SOLIDE DIAMINE F
- Nous avons fait usage de ce colorant pour obtenir un Havane et un Capucine, sur coton, présentés dans notre précédente livraison.
- Nous montrons ci-dessus un échantillon de sa teinte propre, mais en faisant remarquer qu’il convient bien mieux dans les mélanges, qu’employé isolément.
- Comme élément rouge dans les teintescom-posées, il se soutient très bien, s’allie aisément à la plupart des autres couleurs diamines, et unit bien, mais seul, il produit une nuance qui a peu de tranché ; il unit tout aussi bien, du reste,
- L’échantillon ci-joint est teint avec :
- Rouge solide diamine F.......... 2 P- 01°
- Cristaux de soude............... 5 —
- Sulfate de soude................ 15 —
- Entrer à tiède, porter graduellement au bouillon.
- La teinte humide a une grande intensité, et perd beaucoup en séchant.
- Sa bonne solidité et sa facilité de mélange rend ce rouge fort utile dans les teintes composées.
- Vert Jaunâtre sur coton
- Le vert diamine, dont nous avons présenté un échantillon dans notre livraison de novembre dernier (p. 148), a complété la série chromatique de cette classe de couleurs, où le vert manquait.
- C’est un vert à léger reflet bleuâtre. Pour le jaunir, on peut employer la thioflavine, qui donne une teinte très franche, ce jaune étant .ui-même verdâtre, ou bien le jaune d’or diamine, qui le rabat très légèrement, donnant, d’ailleurs, des nuances plus courantes pour le coton, et qui monte plus uniformément dans le bain mélangé.
- C’est le procédé que nous avons suivi pour l’échantillon ci-joint qui a été teint avec :
- Vert-diamine B................. 1 p. o^0
- Jaune d’or diamine............. 1 --
- Sulfate de soude............... 15 —
- Entrer à tiède, porter peu à peu au bouillon.
- Il faut se rappeler que le vert supporte mal les alcalins ; le jaune d’or pouvant s’en passer, nous n’avons donc pas ajouté de carbonate de soude au bain et les deux colorants ont monté avec assez d’ensemble.
- Le bain ne s’épuise pas, et tire néanmoins avec facilité.
- Les bleus, rouges, noirs, bruns et le bronze diamines se prêtent à tous autres mordançages avec ce vert, et nous en avons donné des formules dans notre livraison de novembre.
- Noir napiitol 12 B
- Cette nouvelle marque se distingue par son reflet verdâtre qu’elle conserve à la lumière, au lieu de l'œil bleu virant au brun le soir, qu’ont les autres noirs moins directs pour laine.
- Son mélange avec ces derniers (noirs brillants de naphlol, de naphtylamine, etc.) opère la correction mutuelle de ces reflets et donne un noir-noir, bien mieux qu’avec les additions jusqu’alors employées, de verts et de jaunes divers, aux noirs-bleus.
- Ses propriétés générales paraissent être semblahles à celles de ces derniers, mais son rendement est supérieur.
- A 2 0[0, on a déjà un noir bien nourri; à 4 0[0 on obtient le maximum-, 3 0[0 est donc une bonne moyenne.
- La laine se teint en bain acide comme pour les autres noirs directs, soit avec :
- Acide sulfurique.............. 3 p. 0[0
- Sulfate de soude.... ;........ 12 —
- La teinte monte facilement en une heure au plus.
- Ce colorant peut aussi s’appliquer à la soie en teignant également sur bains acides.
- Sulfone-Cyànine G
- La Farbenfabriken désigne ainsi un colorant qu’elle classe dans ses Sulfone-alizarines, et qu’elle offre pour produire des bleus clairs solides sur laine.
- Ces matières possèdent 1 s propriétés des couleurs d’alizarine.
- Le procède de teinture recommandé, consiste à monter le bain de :
- Acétate d’ammoniaque........... 2 à 5 0i0
- Colorant suivant nuance.
- On entre à 50° C. et l’on monte peu à peu jusqu’à 85 à 90°, température que l’on maintient jusqu’à nuance voulue, mais sans prolonger le travail plus de deux heures.
- 11 faut éviter le bouillon, qui affaiblirait la teinte.
- Acétate d’ammoniaque Comme auxiliaire des teintures
- Le procédé ci-dessus indique l’emploi de l’acétate d’ammoniaque.
- On l’emploie maintenant pour favoriser le tirage des couleurs d’alizarine, au lieu de l’acide acétique qui servait habituellement.
- C’est un produit liquide que Ton prépare en saturant de l’acide acétique par de l’ammoniaque. On ajoute peu à peu l’alcali, jusqu’à ce que le papier de tournesol, virant au violet, indique un liquide à peu près neutre.
- Les quantités à employer sont :
- Acide acétique à 8° ... i litre.
- Ammoniaque du commerce... ... Ii2 —
- Le mélange s’échauffe, il estbon de mainte-
- nir dans de l’eau fraîche le vase tient. Mode Vept clair Sur drap Pour une pièce de 30 à 40 kil. qui le con-
- Jaune solide (Badische) . 150 gram.
- Azocarmin 60 —
- Carmin d’indigo k 100
- Acide sulfurique 50 —
- Sulfate de soude 3 kil.
- Opérer comme d’usage, en duellement au bouillon* arrivant gra-
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- Meme teinte Pour foulon
- Pour 100 kil. soit de laine en vrac, soit de tissu à fouler :
- Bi-chromate de potasse ou de soude (> ) 3 kil.
- Aide sulfurique..................... 1 kil.
- Mordancer 1 heure 1|2 au‘bouillon et rincer sur une eau.
- (Le mordant sert pour 7 ou 8 autres passes successives, en le renforçant chaque fois d un tiers seulement, de bi chromate (soit un kil.) et moins encore d’acide sulfurique (par exemple 100 grj; cette règle est générale pour les mordançages aux chrômates).
- Teindre les laines mordancées avec :
- Eau........................... 2.000 litres
- Galloflavine.................. 2 kil.
- Brun d’anthracène W........... 1 —
- Céruléine S W (pâte).......... Il2 —
- Acide acétique 8°............. 2 lit.
- Entrer à froid, après une 1(2 heure, commencer à chauffer pour arriver au bouillon en 1|2 heure, continuer à cette température jusqu’à teinte voulue.
- Vieil Or
- Pour bonneterie de soie
- Pour 10 kil. fil ou tricots, en soie ou fantai-
- sie :
- 250 litres.
- Savon 500 gram.
- Azo-orseille .... 200 —
- Jaune Thiazol .... 100 —
- Vert-Malachite .... 15 —
- Teindre en ajoutant par parties dans le bain,
- au cours de la teinture :
- Acide acétique................... 250 gr.
- Aviver ensuite sur bain léger d’acide sulfurique.
- Rouge-Bordeaux Sur laines filées
- Pour 10 kil. laines :
- GrenatV (Poirrier).................. 200 gr.
- Rocceline — 150 —
- Acide sulfurique.................... 250 —
- Sulfate de soude...................... 2 kil.
- Opérer comme d’usage.
- JAUNE GADM1UM
- Sur lames filées
- Teindre comme ci-dessus, en bain acide, avec :
- Jaune M E (Poirrier)........ 2 à 4 p- cent
- (I) Dans tous les emplois des bi-chrômates en teinture, celui de soude est plus avantageux que le sel de potasse, d’abord comme prix, puis à poids égal, il renferme plus d’acide chromique, et enfin, il est bien plus facilement soluble (il faut même prendre quelques prcéautions contre sa déliquescence, c’est-à-dire le conserver en vases fermés).
- Préparation du fiel de bœuf Pour dégraissage
- Pour répondre à une demande, nous indiquons cette vieille préparation, dont on se sert encore, paraît-il.
- Un fiel de bœuf, contenant environ un demi litre de liquide est additionné d’un égal volume d’eau ; on fait bouillir ce mélange pour l’écumer, et on y ajoute 15 gr. d’alun.
- Cette préparation se garde dans une bouteille bouchée avec du papier seulement.
- On s’en sert dans cet état pour détacher partiellement, ou pour laver en plein les lainages, en versant la quantité ainsi obtenue dans 5 à 10 litres d’eau chaude.
- i e panama a remplacé cela.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- APPLICATION
- DU NOUVEAU RÉGIME DOUANIER Cas spéciaux (1)
- LAINES RENAISSANCE
- Aux termes de la lettre commune n° 1007 i u 14 mars 1892, les laines d’effilochage dites laines Renaissance, teintes ou susceptibles d’être employées sans recevoir une nouvelle teinture, doivent être taxées comme laines en masse teintes ou comme laines cardées teintes, selon qu’elles sont en masse ou qu’elles ont été cardées.
- L’application de ce régime ayant donné lieu à des difficultés, le Comité consultatif des arts et manufactures a été appelé à examiner la question.
- Par un avis du 24 novembre dernier, le Comité a fait connaître que le° laines provenant de l’effilochage des vieux tissus ont une valeur sensiblement inférieure à celle des laines neuves. 11 a, par suite, proposé d’assimiler ces laines, qu’elles aient été teintes ou non, aux Déchets de laine (n° 23, dernier paragraphe), à la condition qu’elles n’aient subi aucune opération de cardage. Les laines de l’espèce cardée, teintes ou non, seraient passibles des droits afférents aux laines peignées ou cardées (n° 23, Tarif général, 5° paragraphe).
- Ces conclusions ont été ratifiées par les départements ministériels compétents.
- La présente décision rapporte les dispositions de la lettre commune n° 1007 en ce qui concerne les laines Renaissance.
- REMBOURSEMENT A L’EXPORTATION SUR TISSUS DE COTON EN FILS TEINTS AVANT TISSAGE
- Le remboursement partiel des droits a été demandé, à l’exportation, pour des tissus de
- (9) V oir sous le même titre plusieurs communications du même genre, dans la Reçue de la Teinture, précédente année.
- coton pur, de coloration uniforme, et qui en juger par la bordure et le liseré des pièces semblaient avoir été entièrement fabriqués avec des fils teints avant tissage.
- Saisi de cette demande, le Comité consul, tatif des Arts et Mannfactures a déclaré, dans sa séance du 28 septembre dernier, que jes tissus de couleur uniforme sont, en effet, admissibles au béatfîce de l’article 10 de la l0j du 11 janvier 1892, lorsqu’ils sont exclusivement composés de fils teints avant tissage Pour établir d’une manière certaine cette fa. brication, ces tissus doivent, aux termes de l’avis du Comité, porter sur toute la Iongueur et de chaque côté de la pièce un liséré blanc ou de couleur claire et vive d’au moins cinq millimètres de largeur et commençant à deux millimètres du bord extrême du tissu.
- Par la netteté de la nuance et le bien tranché de ses bords, un liseré de cette importance permettra de s’assurer qu’il n’a pas été obtenu au moyen de fils préparés de manière que, pour le cas de teiuture après tissage, üs ne changent pas de couleur ou en prennent une distincte de celle du tissu. En cas de doute, le service se procurerait par effilochage des fils du liseré pour les soumettre à l’analyse.
- (Circulaire imprimée, n° 2224 du 22 novembre 1892).
- TISSUS MÉLANGÉS DE CAOUTCHOUC
- La question s’est élevée de savoir si lee bandes préparées pour bretelles, ceintures, jarretières, et dont la fabrication comprend des fils de coton teints, peuvent, lorsqu’elles sont mélangées de caoutchouc, bénéficier, à l’exportation, du remboursement partiel des j droits prévus par l’article 10 de la loi du 11 janvief' 1892.
- Appelé à examiner la question, le Comité ; consultatif des Arts et Manufactures s’est prononcé pour la négative. Par un avis du H septembre dernier, il a déclaré que seules les bandes de l’espèce non mélangées de caoutchouc ont droit, à la sortie, au remboursement à forfait, à la condition, bien entendu, de contenir, comme le veut la loi, 50 0/0 au moins de coton en poids.
- D’accord avec son collègue au département I du commerce, M. le ministre des finances a I ratifié ces conclusions.
- TOILES DE JUTE GOUDRONNÉES
- Antérieurement à la loi du 11 janvier 1892, t les toiles de jute goudronnées pour emballage suivaient le régime des toiles de lin ou de chanvres cirées et acquittaient, à ce titre, ï 15 francs par kilogramme, en tarif conven- j tionnel.
- La loi précitée ayant porté le droit des | toiles cirées de lin ou de chanvre à 25 francs \ (tarif minimum), les importateurs ont fait remarquer que le maintien de l’ancien classe-
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- ment aurait pour effet de grever les toiles de jute goudronnées pour emballage d’un droit hors de proportion avec leur valeur. Ils ont, en conséquence, demandé l’assimilation de ces articles aux Toiles de coton cirées pour emballages (n° 430), avec lesquelles ils présentent une complète analogie d’emploi.
- Saisi de la question, le Comité consultatif des Arts et Manufactures a, dans sa séance du 19 octobr e dernier, exprimé un avis favorable à cette demande, sous la réserve que le régime de faveur soit st'ictement limité aux toile de jute goudronnées pour emballage, à l’exclusion des toiles du même textile cirées et du linoléum sur jute, passibles des droits inscrits au n° 385 (Toiles de lin ou de chanvre cirées et linoléum).
- D’accord avec son collègue au département du commerce et de l’industrie, M. le ministre des finances a rendu, le 22 de ce mois, une décision dans le sens des conclusions du Comité.
- Aucune modification n’est apportée au régime des toiles de jute bitumées, dans lesquelles le bitume représente au moins les quatre cinquièmes du poids total. (Lettre commune n° 1007).
- (Circulaire imprimée n° 2228 du 28 novembre 1892).
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie
- Séance du 14 décembre 1802
- M. O. Breuer a chargé M. Schaeffer de remettre au comité de chimie une application assez intéressante du mica. Ce sont des tapis de table à fond foncé avec impression d’aspect argenté obtenu au moyen d'un mastic recouvert de mica.
- Ces tapis de table sont très estimés aux Indes, vu qu’ils supportent beaucoup de fatigue. Pas un Européen ne rentre des Indes sans en rapporter.
- M. Breuer croit qu’on les fabrique en imprimant une couleur à l’huile quel’onsaupoudre, après l’impression, avec du mica broyé.
- M. Breuer désire que le comité de chimie, après l’avoir examiné, remette ce tapis àM. Schœnheupt pour le m^sée de dessin.
- M. Werner a répété et confirmé les expériences de M. Henri Schaeffer sur la préparation d’un oxyde de chrome d’un beau vert par l’action du bichromate de soude sur la glycérine.
- Le comité demande l’impression de la note de M. Schæffer et du rapport de M. Werner.
- M. le Dr Pfungsl, de Francfort, envoie deux exemplaires d’un appareil autoclave, à fermeture spéciale brevetée, destiné à remplacer dans les laboratoires les tubes de verre scellés, et demande à concourir pour un prix.
- L’examen de cette demande est renvoyé à MM. Nœlting et Frey, qui se chargeront d’expérimenter les appareils en question.
- Un certain nombre de plis cachetés ouverts aux séances générales du 26 octobre et du 30 novembre ont été renvoyés à l’examen du comité.
- Le pli n° 327, de M. Josué Heilmann, est déposé aux archives.
- N° 337, de M. Gustave Schœn, du 8 novembre 1881, traite de la préparation du chlorate de soude. Le comité en demande l’impression.
- N° 342, de M.Witt, est déposé aux'archivesj son contenu ayant été publié depuis ce temps par l’auteur.
- N° 339, de M. Albert Scheurer, déposé le 3 décembre 1881, traite de l’emploi de divers sulfoléates métalliques dans les couleurs vapeur.
- L’auteur a observé que le sulfoléate d’alumine précipité, bien neutre, mélangé à une matière colorante susceptible de donner avec l’alumine une laque, se combine avec elle et se fixe sur tissu par l’action du vaporisage. Il en est de même du sulfoléate de chrome.
- Le comité demande l’impression de ce pli.
- N° 340, de M. Albert Scheurer, traite d’un procédé de fabrication du rouge turc qui, sur la demande de l’auteur, est dépo.-é aux archives.
- N° 250, de M. Albert Scheurer, du 6 mai 1882, montre qu’un chauffage avec l’eau sous pression à 120° pendant 2 heures, suffit pour aviver les rouges turcs.
- N° 347, de M.Wilz, déposé le 25 avril 1882, décrit un noir d’aniline sur coton, n’attaquant ni le tissu, ni la râ:le, et se fixant immédiatement après l’impression par un passage au Mather et Platt, et traitement ultérieur en sel de soude.
- La couleur se fait comme suit :
- 60 litres d’eau,
- 8 kilos amidon,
- 6 kilos amidon grillé,
- 0k500 aniline,
- 4k300 chlorate de soude.
- Cuire et ajouter à froid :
- 9 kilos chlorhydrate d’aniline.
- Ajouter enfin, avant l’emploi, sur un litr
- de cette couleur :
- 0k25 chlorhydrate d’ammoniaque,
- Ok150 chromate de chrome.
- Pour préparer le chromate de chrome, on mélange les dissolutions bouillantes de 12k586 d’alun de chrome dans 70 litres d’eau et de I3k713 de chromaie jaune de p tasse (K2GrOi) dans 80 litres d’eau également. On laisse reposer jusqu'au lendemain; on lave trois fois à l’eau tiède et trois fois à l'eau froide. La pâte obtenue pèse 33 kilos.
- 11 est à noter que l’emploi du chromate de chrome avait été signalé par M. Alfred Paraf, en 1886. ’
- Deux plis cachetés, n° 639, du 27 décembre 1890, et n° 650, du 7 février 1891, ont été déposés par MM. Fourneaux et Nœlting. Les auteurs décrivent la préparation de la méta-zodiméthylaniline, ainsi que d’un certain nombre de matières colorantes dérivées de cette dernière.
- Le dérivé azoïque et la benzidine ont été, depuis ce temps, obtenus aussi par M. Ch. Laulh, qui a publié ses expériences dans le Bulletm de la Société chimique de Pans de 1802, tome VIII, page 479.
- MM. Fourneaux et Nœlting publieront prochainement leurs expériences in extenso, en tant que cette publication n’est pas devenue inutile par suite du travail de M. Lauth, et ils communiqueront aussi les résultats obtenus avec la parazo et la parazoxydimethylaniline, dérivés déjà connus, mais dont ils ont complété l’étude.
- M. F. Uizer adresse une note imprimée sur le dosage de l’indigotine dans l’indigo. Le comité lui en éxprime ses remerciements.
- M. Camille Schœn rend compte d’essais faits sur l’action du métatungstate de soude sur la laine.
- La laine traitée aubouillonpar le métatungstate n’attire en teinture plus que faiblement les matières colorantes acides, tandis qu’elle se teint avec les matières colorantes basiques en nuances bien plus foncées que la laine non traitée. 11 y a donc neutralisation des fonctions basiques de la laine et augmentation des fonctions acides.
- L’impression d’une réserve au métatungstate n’a pas réussi, peut-être par suite d’une polymérisation du composé de tungstène au vaporisage, analogue à celle observée par M. Vi-gnon avec l’acide stannique.
- La laine traitée au métatungstate et vaporisée conserve ses propriétés plus acides.
- Les autres sels acides et acides essayés dans les mêmes conditions n’ont pas donné de résultats.
- f 'action du métatungstate sur la soie est la même que sur la laine.
- M. Nœlting communique qu’en collaboration avec M. Michel, il a obtenu les azoïmides aromatiques nitrëes par l’action des dérivés nitro-diazoïques, soit sur l’hydrazine, soit sur l’acide azothydrique.
- Les réactions sont dans les deux cas extrêmement nettes.
- LA PROPOSITION DE LOI
- BOVIER - LAPIERRE
- EXTRAI'l du Rapport de M. Trarieux, au nom de la commission du Sénat.
- La Chambre des députés a voté, dans sa séance du 16 mai 1890, à une majorité de 344 voix contre 142, la proposition de loi ci-après, qui est désormais devenue inséparable du
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- nom de son auteur, l’honorable M. Bovier-Lapierre :
- « Article lor. — Quiconque, patron, contremaître, employé ou ouvrier, sera convaincu d’avoir, par menace de perte d’emploi ou de privation de travail, refus motivé d’embauchage, renvoi d’ouvriers ou employés à raison de leur qualité de syndiqués, violences ou voies de fait, dons, offres ou promesses de travail, entravé ou troublé la liberté des associations professionnelles, ou empêché l’exercice des droits déterminés par la loi du 21 mars 1884, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à trois mois et d’une amende de 100 à 2,000 fr.
- « Art. 2. — Les dispositions de l’article 463 du Code pénal pourront être appliquées aux pénalités édictées par l’article 1er de la présente loi.
- « Art. 3. — La présente loi est applicable à l’Algérie. Elle est également applicable aux colonies de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion. »
- Soumise aux délibérations du Sénat, cette proposition a été repoussée par lui, dans sa séance du 23 juin 1891, à la majorité de 184 voix contre 39.
- Ce résultat n’a pas découragé M. Bovier-Lapierre, qui s’est empressé de reproduire son même texte et en a, de nouveau, effectué le dépôt à la Chambre des députés.
- Pour la seconde fois, cette Assemblée s’y est montrée favorable ; mais, d’une part, elle en a modifié les termes en en aggravant les résultats, et, de l’autre, la disposition qu’elle a votée n’a plus recueilli qu’une majorité de 277 voix contre 215.
- Voici la nouvelle rédaction qui nous a été apportée et sur laquelle nous sommes encore appelés à émettre notre avis :
- « Article unique. — Tous patrons, entrepreneurs d’ouvrages et contremaîtres, qui seront convaincus d’avoir, par menaces de perte d’emploi ou de privation de travail, refus motivé d’embauchage, renvoi d’ouvriers ou employés à raison de leur qualité de syndiqués, violences ou voies de fait, dons, offres ou promesses de travail, contraint ou empêché de faire partie d’un syndicat et entravé ou troublé la création ou le fonctionnement des syndicats professionnels reconnus par la loi du 21 mars 1884, seront punis d’un emprisonnement de six jours à un mois et d’une amende de 100 francs à 2,000 francs, ou de l’une de ces deux pein s seulement. »
- Il n’existe, on le voit, entre la proposition primitive et ce texte amendé qu’une différence, c’est la suppression dans celui-ci des mots : « employé ou onvrier ».
- L’idée inspiratrice de cette modification a été nettement expliquée. La première formule de l’honorable M. Bovier-Lapierre pouvait laisser craindre une application des pénalités qu’elle édicte aux ouvriers aussi bien qu’aux
- patrons ; or, on a expressément voulu en limiter les effets à ces derniers.
- Il est certes très sage de ne pas vouloir indirectement rétablir contre les ouvriers les dispositions de l’ancien article 416 du Code pénal, abrogées par la loi sur les syndicats professionnels de 1884 ; mais, cependant, s’il était nécessaire d’organiser un système nouveau de répression contre les entraves apportées au libre fonctionnement des associations syndicales, il est manifeste que ces répressions ne pourraient être justes et acceptables qu’à la condition de viser l’ensemble des citoyens qui se rendraient coupables des faits à prévenir. Ce n’est pas la qualité de patron ou d’ouvrier qui peut donner ou enlever à une nature d’actes identiques le caractère délictueux. Si l’acte est en lui-même constitutif d’un délit, il est délit pour tous ceux qui le commettent, et en permettre l’accomplissement à telles personnes spécifiées pendant qu’on l’interdirait à d’autres ne serait autre chose que créer des privilèges d’impunité devant le droit criminel.
- En dehors de toutes les raisons de fond qui s’opposent à 1 idée de convertir en délits des faits ou licites en eux-mêmes, comme le refua d’embauchage par exemple, ou ne constituant que !'inexécution d’un contrat civil, comme la rupture arbitraire d’un contrat de louage d’industrie, il suffirait donc que la proposition qui nous est rapportée violât le principe fondamental de l’égalité devant la loi pour qu’il nous fût impossible d’y souscrire...
- L’un des faits prévus et punis par la nouvelle loi pénale qui nous est soumise, et sur lequel l’attention se trouve tout d’abord appelée, est relatif au refus motivé que pourrait opposer un patron aux offres de services d’un ouvrier. Nous verrions dans une telle disposition l’atteinte la plus arbitraire aux droits de la propriété et aux règles mêmes de la loi civile.
- Une des conditions essentielles à la formation des contrats, dit l’article 1103 du Code civil, est le consentement libre de la partie qui s’oblige. Or, on voudrait ici créer des conventions en se passant du consentement des intéressés. Le patron u’est plus maître chez lui ; il ne dirige plus son travail à sa guise; il est violenté dans la conduite de ses affaires; on lui impose, malgré lui, l’embauchage d’ouvriers qu’il croit contraire à ses intérêts d’employer. Voilà le résultat auquel on arrive. Sous un régime politique dont le collectivisme serait la base, cette contrainte pourrait encore se concevoir ; mais, dans une société qui repose sur le double principe de la liberté individuelle et de la propriété privée, elle est, on peut le dire, subversive du droit et de la logique. 11 n’y a plus ni liberté ni propriété pour celui dont on force la porte et auquel on enlève la faculté de gérer comme il l’entend ses biens...
- Pour nous, nous persistons à penser que,
- lorsqu’on est, en droit, libre d’accepter ou <je refuser une proposition qui vous est faite, ce n’est pas l’indication du mobile impulsif <je notre réponse qui peut être le point de départ de notre responsabilité, non pas seulement pénale, mais même simplement civile. Le mo-bile fût -il détestable, il n’appartenait qu>aiJ jugement de l’opinion.
- Une autre préoccupation du projet en dis-
- cussion serait de sévir correctionnellement contre l’industriel qui viendrait à congédier Un
- ouvrier par l’unique raison que cet ouvrier ferait partie d’un syndicat professionnel. En pareil cas, nous n’avons plus à défendre le droit d’un patron qui nous paraît, comme à M. Bovier-Lapierre, s’affranchir sans motif plausible de ses engagements contractuels-mais l’inexécution arbitraire de la convention dont il pouvait être tenu ne saurait avoir d’au, tre conséquence que celle inscrite dans la 10; générale pour tout inaccomplissement d’obligation, et ce n’egt que par voie de dommages-intérêts que doit ici se réparer le préjudice qui en est résulté pour les tiers. C’est l’hypothèse prévue par l’article 1184 du code civil, aux termes duquel « la condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas où l’une des parties ne satisfera point à son engagement, j
- Sans doute, quand la violation de l’engagement est accompagnée d’une atteinte à la loi morale, elle peut, en même temps, devenir * un délit ou un crime, mais la loi morale n’est point blessée parce qu’on a eu le tort de ne pas comprendre le grand rôle secial attaché ; par le législateur à la loi sur les syndicats • professionnels. Elle le serait bien davantage dans le cas où le patron, méconnaissant ouvertement la liberté politique ou religieuse, renverrait un ouvrier uniquement à cause de ses opinions ou de sa foi, et cependant il , ne lui est point alors demandé pénalement compte d’une aussi blâmable intolérance. Or, les lois, surtout la loi criminelle, doivent, pour s’imposer au respect des hommes, procéder des principes de la raison et de la logique, et elles perdraient tout caractère de justice, ne seraient plus que des actes d’arbitraire et d’empirisme le jour où, ne mettant aucun discernement dans les faits, aucune proportion et aucune mesure dans les répressions, elles frapperaient, dans un même ordre d’idées, les actes de moindre importance, pour laisser impunis ceux qui auraient tout d’abord dû fapper l’attention par leur gravité. Que toute rupture illégitime de convention soit transformée en délit : soit, si on veut ressusciter le régime des mesures draconiennes. Mais, si on entend, au contraire, maintenir à notre droit pénal sa haute pensée de moralité, il est im- \ possible de confondre avec l’acte criminelle simple manquement à une obligation civile, et la sanction de toute inexécution de contrat doit rester l’action en dommages-intérêts.
- On s’est demandé, sans doute, si cette sanc- &
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- tion serait, dans tous les cas, efficace -, mais nous avons déjà eu l’occasion de montrer qu’elle ne paraît plus présenter aucune lacune depuis la modification apportée à l’article 1780 du code civil par la loi du 27 décembre 1890.
- Deux situations peuvent se produire : ou l’ouvrier congédié par le patron était engagé pour un travail ou pour un temps déterminé, alors pas de difficulté pour l’évaluation du contrat. Ce préjudice, c’est t ut l'avantage que l’entière exécution de la convention eût assuré.
- Ou au contraire, cet ouvrier avait loué son travail sans déteimination de durée, et, en ce cas, pour la fixation de l’indemnité à allouer, il faut se référer, d’après la loi nouvelle, « soit aux usages, soit à la nature des services engagés, soit au temps écoulé, soit aux retenues opérées en vue d’une pension de retraite soit, en général, à l’ensemble des circonstances qui peuvent justifier l’existencs et déterminer l’étendue du préjudice causé... »
- Ce qui se trouve, en outre, dans la proposition issue de l’initiative prise par Al.B ovier-Lapierre ne soulève pas la même nature d’objections, mais ne nous a pas paru plus fondé.
- Il s’agirait de défendre la liberté des syndicats professionnels contre les menaces, violences, voies de fait, manœuvres diverses, auxquelles les patrons pourraient recourir pour y porter entrave.
- Les faits dont il est ici question ne peuvent être que l’objet d’une réprobation générale, mais ils sont déjà prévus par la loi et devront tomber sous l’application de divers articles du' code pénal toutes les fois qu’ils seront assez graves pour constituer des délits. Il n’a donc pu que nous sembler inutile de rééditer des dispositions qui ne feraient qu’un double emploi.
- Ceux qui auraient voulu que cette partie du texte voté par la chambre s’appliquât aussi aux ouvriers ont fait, il est vrai, observer qu’il était devenu nécessaire, vis-à-vis de ces derniers, de réagir contre l’abus dépréssions et de me aces qui ne pourraient plus même être corrigées par l’action en dommages-intérêts depuis la consécration du droit de coalition et de grève ; mais, outre que la question ne nous est plus posée au regard des employés et ouvriers, nous pouvons affirmer que la préoccupation qui nous a été sur ce point signalée n’est que le résultat d’une erreur.
- C’est bien ce qu’avait, nous le reconnlisT-sons, jugé la cour de Grenoble, dans un arrêt intéressant un sieur Joost, où l’on faisait résulter de l’abrogation de l’ancien article M6 du code pénal le droit pour les syndicats ouvriers d’exiger, sous menace de grève, le renvoi par leurs patrons de camarades qui auraient refusé de faire partie de ces syndicats -, mais la cour de cassation vient, ces jours derniers, de se prononcer contre la fausseté de cet e doctrine, que nous avons été
- les premiers à condamner, et elle a décidé qu’en abolissant un texte de la loi criminelle, le législateur n’avait pu porter atteinte aux principes de la réparation civile, un fait qui cesse d’être délictueux pouvant encore constituer un quasi-délit (1).
- 11 ne serait donc pas plus utile à l’égard des ouvriers qu’à l’égard d°s patrons de revenir indirectement sur l’abrogation de l’articlé h 16. Si des pressions abusives se produisent, elles ont pour les uns ainsi que pour les autres, les dommages-intérêts comme correctif.
- Telles sont, messieurs, en résumé, les considérations à raison desquelles il ne nous a pas été permis de revenir sur nos conclusions antérieures, et nous ne pouvons que vous proposer le rejet d’une loi qui ne fait, au fond, qu’empirer celle contre laquelle vous vous êtes déjà si énergiquement élevés.
- Dans la pensée de ses honorables auteurs, c tte loi serait nécessaire pour assurer la conciliation des inté êts ci u capital industriel et ceux de la classe ouvrière ; dans la nôtre, au contraire, elle ne ferait qu’accentuer les divisions, troubler les conditions du travail et fausser le sentiment du droit et de la justice.
- ANALYSE DES FÉCULES
- Commerciales
- Far M. Albert Baudry, drecteur de la Station agronomique de Pliskow-Andruzowska (Russie) (2).
- Le principe de ce procédé repose sur les faits suivants :
- 1° Les acides salicylique et benzoïque solubilisent complètement à chaud l’amidon ;
- 2° L’amidon soluble possède la propriété de dévier à droite le plan de la lumière poka risée ;
- 3° La déviation est proportionnelle à la quantité d’amidon solubilisé, pour une même quantité de liquide observé.
- Le procédé, imaginé par M. Baudry, permet de déterminer, en moins d’une heure, la teneur exacte d’une fécule en amidon anhydre.
- Pour opérer, on pèse 3 gr. 321 de ta fécule à essayer qu’on introduit avec 80 ou -90 c. c. d’eau, dans un ballon pouvant contenir 200 c. c. On ajoute environ 0 gr. 50 d’acide salicylique, et on fait bouillir pendant 20 à 25 minutes, c’est-à-dire jusqu’à dissolution complète de l’amidon; on ajoute de l’eau froide, jusqu’au volume de 190 c. c. environ, et on fait refroidir le ballon. On ajoute ensuite 1 c.
- (1) Voir Reçue cle la Teinture, livraison de juillet, p. 92.
- (2) Extrait d’un travail publié sous ce titre : « La Pomme de terre industrielle; son avenir en France par la sélection chimique.
- c. d’ammoniaque (1), et on jauge 200 c. c. ; on agite; on filtre et on examine la liqueur filtrée au polarimètre.
- Le liquide, observé dans un tube de 400 mil. donne directement la teneur en amidon anhydre de réchantillonessayé, en employant un saccharimètre dont 100 divisions saccha-rimétriques correspondent à 10 gr.de saccharose (échelle Vivien).
- Si le saccharimètre employé est celui de Laurent, dont le poids normal de sucre cris-tallisable est de 16 gr. 19, on uq devra opérer que sur un poids de fécule de 2 gr. 688.
- Dans ce cas, le nombre de degrés ou de dixièmes de degré lu sur l’échelle, multiplié par 2, indique la richesse pour 100 de la fécule en amidon.
- Pour déterminer la quantité d’impuretés contenues dans une fécule, il suffit de filtrer la liquide renfermant l’amidon solubilisé sur deux filtres tarés de même poids, contenus l’un dans l’autre, et de laver le dépôt à l’eau bouillante, afin d’entraîner complètement l’acide salicylique, ce dont on s’assure au moyen du percblorure de fer. On sèche les deux filtres ; on les sépare et on pèse.
- On peut déterminer les impuretés minérales en incinérant le résidu resté sur le filtre.
- M. Baudry propose aux commerçants d’acheter la fécule à la quantité d’amidon solution aqueuse et bouillante d’acide salicylique
- NUANÇAGE
- de la Draperie nouveauté
- Depuis fort longtemps, le veston faisait partie intégrante du complet ; mais comme les confectionneurs le font ainsi et que tout le monde le porte, cet assemblage paraît commun pour les élégants qui, afin d’éviter l’imitation, adoptent la jaquette rajeunie de forme, à pans longs et arrondis.
- L’accueil fait aux complets ainsi composés se généralisera-t-il? Nul ne le sait.
- Cependant, cette application a déjà son contre-coup sur l’étofte. La jaquette s’accommode difficilement des dessins grands et apparents, les nombreuses coutures du vêtement dénaturent les dispositions et les rendent parfois ridicules. Cela est moins sensible avec le veston qui est souvent convenable, avec de grands carreaux, par exemple. Pour les raisons qni précèdent, les étoffes qui conviennent plus particulièrement au complet avec la jaquette sont les unis, les toutes petites dispositions et celles qui, plus grandes, ne sont presque pas apparentes.
- Nous parlions récemment du marengo, on lui trouve actuellement un grand mérite pour l’emploi que nous venons de citer. 11 en est de
- (1) L’ammoniaque a la propriété de colorer légèrement en jaune clair le l’quide, défavoriser sa polarisation et d’atténuer la teinte faiblement violacée que donne l’acide salicylique avec la moidre trace d’u» sel de fer.
- T^OTHin,
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- même pour les autres gris fonces demi-ton et clairs dans le même esprit, c’est-à-dire en mélanges de noir et de blanc.
- En peigné d’apprêt rasé, on fera encore pour complets, des dessins à carreaux, très ornés de filés fins retors ou des couleurs vives, tout laine.
- Dans ces mêmes marchandises, il faut aussi noter un réveil assez sérieux des pointillés de soie. Ces étoffes seront utilisées pour le complet ou seulement pour la jaquette à laquelle elles conviennent beaucoup. On aura, pensons-nous, une idée assez exacte de ce qui est recommandé si nous disons que ces jetés de soie sont obtenus avec de l'organsin pur, au titre de 200,000 mètres au kilogramme ou avec organsin de 500,000 à 700,000 mètres retordu avec du peigné de nuance foncée. Les couleurs de soie les plus employées sont : or, cerise, bleu, vert blanc.
- La soie est amenée le plus possible à 1 endroit par la croisure qui donne au dessin les formes variées telles que : uni ou à petits cordons couverts de fins pointillés, ou carreaux très discrètement dessinés et ornés de soie aussi bien dans le fond que dans les filets. Les diagonales pas bien grandes peuvent être couvertes de mouches moins confuses, mais plus grosses. En en mot, cela reste fin, d’aspect bien net, soigné comme le sont toujours d’ailleurs les beaux peignés rasés.
- Les couleurs que le fabricant doit employer pour sa fabrication sont toujours nombreuses dans chaque spécialité. En gammes très suivies pour pardessus, et moins graduées si elles sont pour pantalon et pour complet. Des teintes claires et très claires trouveront encore leur place, mais rarement seules c )mme fonds d’étoffes, contrairement à ce qui se fait pour l’été. Les demi-teintes pures ou résultant de mélanges, sont recommandées en très grande quantité.
- Le blanc qui a, sur beaucoup de nuances claires l’avantage de s’harmoniser facilement avec presque toutes les couleurs, est souvent employé dans les articles pour completel auss' pour pantalon. Le blanc pur admis en été n’est point convenable dans la mauvaise saison-, pour l’hiver, sa crudité est toujours atténuée par des nuances foncées sinon par le noir. Si la chaîne est toute claire, la trame est toute foncée. Si c’est un façonné, les couleurs claires et foncées sont combinées de telle façon que l’ensemble, vu à distance, donne toujours une impression demi-teinte.
- C’est là, d’ailleurs, une caractéristique de la période actuelle. Si nous exceptons, àcause de leur destination courante, les noirs bleus et autres couleurs foncées souvent employées seules dans des articles spéciaux, nous pouvons dire que les nuances mode pure et franches sont rarement admises par les négociants; c’est une tonalité vague qui domine, et des assortiments parfois nombreux restent dans ce cercle.
- Pour éviter toute équivoque, nou3 devons faire remarquer qu’il s’agit là des nuances en étoffe, car prises séparément, quelques-unes peuveut être franches, combinées avec d autres, elle perdent ce cachet qui, recherché beaucoup à de certaines époques, ne se rencontre actuellement que dans une partie des articles pour pardessus. Comme on le voit, par ce qui précède, la teinture n’est pas seule en cause pour produire ces teintes mortes, sans éclat. Le mélange des couleurs au tissage et les divers apprêts recherchés, brut, demi-brut drapé et velours mélangés, à la surface du tissu, les filaments des divsrses couleurs se brouillent et dénaturent chacune d elles en donnant une teinte mixte, quelquefois très différente de ce qui entre dans le mélange.
- Les mélanges beiges dans tous les tons clairs et foncés qui ont joui d’une grande vogue et qui, depuis, paraissaient avoir perdu de leur faveur, sont de nouveau recommandés, surtout dans les articles en cheviotte.
- Les gris à tous les tons, les mélanges de noir et blanc, et les teintes, de même catégorie ont aussi une bonne place dans l’estime des négociants,mais ils peuvent être essayés dans toutes les sortes de marchandises : che-viotte, cardé, ou peigné rasé et cela avec n’importe quel cachet.
- Les mélanges bleutés se font beaucoup moins; on ne les recommande guère.
- Journal « Les Tissus, » d'Elbeuf.
- CHAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DE LA
- TEINTURE ET DU NETTOYAGE
- Assemblée générale annuelle du 5 décembre 1892
- L’assemblée générale est précédée d’une séance ordinaire pour l’expédition des affaires courantes, cù nous relevons notamment :
- Circulaire du ministre du commerce relative à l’Exposition de Chicago, section des Dames françaises, accompagnée d’un questionnaire sur les conditions du travail des femmes dans notre industrie, apprentissage, salaires, genres de travaux, hygiène, eic. M. le secrétaire est chargé de transmettre les réponses.
- Lettre de M. Muzet, président du Syndicat général, annonçant qu’il a remis au ministère, en sollicitant toute la bienveillance du gouvernement, la liste des récompenses demandées par la Chambre pour les anciens ouvriers et ouvrières.
- M. Fleury annonce la reprise des travaux de la commission nommée pour examiner les statuts de la Société d’assurances mutuelles contre les accidents,formée par l’Union nationale avec le concours des Chambres syndica-
- les. Le rapport sur cet important projet sera déposé incessamment.
- M. Rollet donne des renseignements sur un projet de loi, en préparation à la Chambre des députés, et dans lequel, sur l’initiative de notre Chambre syndicale, a été inséré un amendement fixant les délais au bout desquels les
- teinturiers-dégraisseurs et autres façonniers seraient autorisés à disposer des marchandises non réclamées par les clients.
- Comme les conditions dont le législateur entoure cette faculté sont très-compliquées et même onéreuses,M. Jolly préparera un rapport qui, sous forme de pétition, demandera une modification complète de cette partie du projet de loi, pour la rendre pratique et utile à notre industrie.
- Démission : M. Monnot.
- Admission comme membre adhérent : m, Grégoire, nettoyeur à sec.
- Assemblée générale
- Président : M. Jolly.
- Vice-présidents : MM. Mars et Fleury.
- Secrétaire : M. Babillon-Marchal.
- L’assemblée compte vingt-sept adhérents présents et deux membres correspondants.
- La délégation lyonnaise fait excuser son impossibilité d’assister à la séance ; son absence est vivement regrettée.
- M.le Président déclare ouverte l’assemblée générale ordinaire pour l’année 1893, et prononce l’allocution suivante :
- Messieurs,
- Nos travaux de l’année 1892 se terminent aujourd’hui. Je ne vous parlerai pas de ce que nous avons pu faire d’utile. Notre sympathique et très dévoué secrétaire vous le décrira avec sa clarté et sa compétence habituelles.
- Je demande seulement à vous dire quelques mots du côté agréable de nos réunions et à vous parler en égoïste de ce qui me concerne personnellement.
- La tâche que vous m’aviez confiée m’a été rendue chaque jour plus facile par l’accueil que vous m’avez fait, à moi qui, quoique déjà vieux teinturier, étais un nouveau venu dans vos réunions confraternelles.
- Dans ces conditions, le dévouement à la cause syndicale est tout naturel.
- Je n’ambitionne qu’une chose, c’est de pouvoir cimenter l’union entre les membres de notre Syndicat, et tout ce qu’il faudra faire pour atteindre ce but, je le ferai toujours avec le désintéressement le plus absolu.
- Permettez-moi maintenant ici et en votre nom de souhaiter la bienvenue aux vingt-six membres nouveaux dont nous vous apportons ce soir l’adhésion chaleureuse à -noire Syndicat.
- Nous n’avons eu qu’à faire appel à leur amour de la profession et à leurs cœurs de bons citoyens, pour qu’ils nous tendent la main sans hésitation et sans arrière-pensée, en demandant à partager nos travaux, et en
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- venant avec enthousiasme grossir les rangs de notre grande famille syndicale. ,
- Ces adhésions nouvelles doivent être pour nous un encouragement au travail et un stimulant pour continuer avec plus d’ardeur encore l’œuvre que nous n'avons fait qu’ébaucher, et qui réclame de plus en plus tous nos soins, toute notre assiduité et tout notre dévouement.
- Ces paroles sont couvertes de chaleureux applaudissements qui prouvent à notre président que non-seulement l’assemblée le remercie des preuves de dévouement déjà données et promises, mais encore que tous sont prêts à le suivre dans cette œuvre de concorde et de groupement fraternel.
- M. le président donne ensuite la parole à M. le secrétaire pour la lecture du compterendu des travaux du Comité pendant l’année 1892 (1).
- L’assemblée manifeste par ses applaudissements son approbation, et, sur la demande du président, vote l’adoption du compte-rendu.
- M. le Secrétaire explique la nécessité de créer plusieurs articles nouveaux pour régulariser l’existence des membres correspondants.
- Répondant aux questions de plusieurs membres, il fait connaître :
- 1° Que l’administration de 1 Union a été consultée sur les objections qu’elle aurait à faire à ce projet ; aucune difficulté ne s’élève de ce côté ;
- 2° Les teinturiers du département de la Seine ne pourront pas devenir membres correspondants, cela va de soi, et du reste c’est aussi le désir de l’administration;
- 3° 11 est bien entendu que cette organisation n’a pas pour but d’accroître l’influence de la Chambre syndicale parisienne. L'idéal serait que chaque grande ville créât une Chambre syndicale des teinturiers de sa région, et que tous ces groupes fussent mis en rapport entre eux, comme une fédération de tous les teinturiers de France, par un groupe central qui pourrait être le Syndicat parisien.
- C’est dans l’espoir de provoquer ce résultat que notre Chambre syndicale recueillerait d’abord toutes les bonnes volontés éparses en province, pour les engager peu à peu à former des groupes régionaux.
- Après ces explications, M. le président met aux voix le principe de la création des membres correspondants.
- Le principe est adopté à l’unanimité. L’assemblée adopte ensuite les quatre articles nouveaux destinés à organiser cette institution, et qui sont :
- 1° La Chambre syndicale admet des membres correspondants. Ces membres correspondants ne peuvent être que des teinturiers établis hors du département de la Seine.
- (I) Le procès-verbal nous parvenant alors que le ournal est entièrement composé, nous sommes obligés de renvoyer à un suivant ledit compte-rendu.
- 2» Les membres correspondants payent une cotisation annuelle de 6 fr., versée à la caisse de la Chambre.
- 3* Conditions d’admission : Les membres correspondants doivent être présentés par un membre de la Chambre, ou au moins adresser une demande écrite au président.
- h' Les membres correspondants ont droit : (a) h la réception des numéros du journal publiant les comptes-rendus des réunions de la Chambre; (b) à l’usage du bureau de placement et des renseignements confidentiels sur ouvriers et employés -, (c) ils peuvent assister aux séances du comité et aux assemblées générales, mais ils ne peuvent pas prendre part aux votes.
- 11 est donné communication des noms des teinturiers de province qui ont envoyé leur adhésion, en voici la liste :
- MM. Potier-Manceau, de Fougères ; Valet, de bouviers-, Labbé, successeur de Keller, de Montpellier -, Gautier, de Lunel ; Bertin, de Pé-rigueux ; Lignier, d’Abbeville ; Martinet, de Nîmes; Hulné, de Nancy; Lagarde, de Nancy; Barbe, de Toulouse; Vallet, de Rocbefort-, Hé-nault Morel, d’Alençon; Descotis, d’Angers; Letourneur, de Rouen ; Aubert, de Bernay ; Lardet et Lafflte, de Marseille ; Nefï, de Douai; Requiet), d’Avignon ; Lamprière de Lorient; Marchand, de Saintes ; Baudin, de Luzy ; Ber-gerat, du Havre ; Tournier, d’Arras; Benoit, de Laval ; Lorphelm, o’Alençon ; Seguin, de Bordeaux ; Balat, de Châteauroux ; Petitjean, d’Argenteuil.
- Les vifs applaudissements qui accueillent cette lecture sont en quelque sorte un salut de J bienvenue à ces nouveaux adhérents, et l’Assemblée leur envoie ainsi, jusqu’au foid de leurs provinces, l’assurance de son dévouement confraternel et de ses sympathies.
- 11 est ensuite procédé à l’élection des quatre membres du comité, qui forment le tiers sortant, composé de MM. Joly, Tupinier, Lebailly et Rollet.
- Sont nommés pour trois ans, sur 27 votants : MM. Jolly, 24 ; Rollet, 2h ; Tüpinier, 23 ; Barbin, 17,
- Viennent ensuite : M. Blondinat, 16 ; Bien-Aimé, 2.
- Vu l’augmentation de correspondances et de travaux occasionnée par l’institution des membres correspondants, il est créé un secrétaire-adjoint-, l’assemblée nomme M. Picot, à cette fonction.
- M. Barbin propose ensuite de ne pas voter pour l’élection du président, et, par acclamation, l’assemblée renomme M. Jolly, président de la Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage.
- Le banquet a suivi l’assemblée générale ; la Revue de la Teinture en a donné un compterendu sommaire dans sa précédente livraison, et y reviendra pour publier le discours de M. Jolly.
- 1F0RMATI0BSIT FAITS DIVERS
- lia loi de onze Heures. — La nouvelle loi sur la journée de travail a provoqué certaines difficultés dans son application, du reste un peu hâtive, avant même que les règlements d’administration publique qui doivent les compléter soient élaborés.
- De graves conflits entre patrons et ouvriers, et plusieurs grèves ont surgi à ce propos, notamment dans le Nord.
- Les filateurs de cette région se sont entendus pour mettre en pratique le règlement suivant, qui semblait donner satisfaction aux ouvriers :
- « Article premier. —A partir du 1er janvier 1893, la journée de travail effectif sera réduite à onze heures.
- « Art 2. — Le travail de onze heures sera réglé de la façon suivante ;
- « A la mise en marche de la machine, les ouvrières devront être en tenue de travail à leurs métiers respectifs , ils ne devront quitter cette tenue de travail qu'après l’arrêt de la machine.
- « Art. 3. — Tout ouvrier qui se sera soumis exactement aux prescriptions qui précèdent et qui n’aura pas manqué à son travail dans le co rant de la quinzaine, recevra le même salaire journalier que pour 12 heures de travail.
- Art. k. — Tout ouvrier qui ne se sera pas conformé rigoureusement au présent règlement ou qui aura manqué à son travail dans le courant de la quinzaine, ne recevra qu’un salaire calculé sur onze heures de travail. » Cette condition, de ne s’habiller qu’en dehors du temps réglementaire du travail, a surtout trouvé de la résistance, mais, en général, les grèves qui ont éclaté à ce propos dans le Nord se sont assez vite conciliées.
- Dans d’autres centres, où l’équivalence des salaires n’a pu été accordée, les conflits sont plus persistants.
- A Nascy, une grève tumultueuse s’est produite chez M. Emmanuel Lang, filateur, où le travail à la pièce a été substitué à la journée, dans des conditions que les ouvriers n’estiment pas équivalentes.
- A l’usine de M. F. Hagimont, fabricant de velours, pour demander que le nombre de mètres donnant droit à une prime soit diminué en proportion de la réduction des heures de travail.
- Nous citons seulement celles-ci, qui ont un caractère particulier, mais d’autres grèves encore se sont produites pour diminution pure et simple du salaire, en proportion du temps de travail supprimé ; dans cette catégorie figurent plusieurs etablissements de soie et do soieries de l’Ardèche.
- Dans une récente réunion de la commission permanente de la commission supérieure du travail, M. Hector Dépassé a présentéquel-ques observations au sujet des grèves et des divers incidents qui ont marqué la première application de la loi relative aux heures de travail. Cette loi et celle du 17 décembre 1892 concernant la conciliation et l’arbitrage ne paraissent pas encore assez connues. Les i juges e paix ne semblent pas s’être préoccupés jusqu’à présent, de remplir les nouvelles attributions qui leur ont été conférées en cas de grève. Le ministre du commerce et le ministre de la justice ne jugeraient-ils pas à propos de f ire mieux connaître aux intéressés la législation nouvelle au moyen d’affichages et de circu!aires.
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- M. Many, chef de cabinet du ministre, du commerce croit pouvoir répondre, en l’absence du ministre, que des circulaires sont préparées et vont être expédiées prochainement aux préfets. Quant à l’affichage le ministre regrette de n’avoir pas de fonds pour cet emploi -, mais les municipalités des villes industrielles ne pourraient-elles passenchar-
- ger?... ,
- Nous venons de voir, cependant, dans une grève de métallurgistes de Rive-de-Gier, le juge de paix proposer l’arbitrage, conform.-ment à l’art. 10 de la nouvelle loi, mais les ouvriers ont refusé d’y avoir recours.
- A Reims, c’est le chef de ^'établissement M. Dauphinot, qui récuse l’arbitrage demandé par ses ouvriers tisseurs, en grève sur une question de tarif. . ,
- « Nous nous refusons à tout arbif rage, ecrit-il ; les ouvriers qui nous ont quittés, en rompant eux-mêmes leur contrat de travail, ne faisant plus partie, à aucun litre, du personnel de nos ateliers. » _
- Il en sera le plus souvent ainsi, dans 1 application de cette loi sur la conciliation, qui n’a et ne pouvait avoir, aucune sanction effective.
- —o—
- Les rriirvsaillea en Suisse. A la
- suite du rej^tpar la Chambre des députés, du projet de Convention franco-suisse, le Conseil fédéral a décidé de ne plus admettre les marchandises françaises aux droits les plus réduits du tarif des douanes fédérales.
- De plus, le gouvernement suisse a pris, on le sait, une décision aux termes de laquelle les voyageurs de commerce français auront à payer, à partir du 1er janvier, pour prendre des commandes en Suisse, les taxes prévues à l’article 3 de la loi fédérale du 2A juin 1892. . J . ,
- €es taxes varient, suivant le C3S, de 2 a 300 fr. par semestre et de 3 à 500 fr. par an. Une carte de légitimation est délivrée contre le paiement de ces taxes.
- En conséquence de ces décisions, le président de la République a rendu un décret, d’après lequel le bénéfice de notre tarif minimum est relire a x produits suisses à leur entrée en France, à partir du 1er janvier 1893.
- Voici en ce qui concerne les industries textiles quelques-uns des droits qui sont perçus actuellement en Suisse sur les objets importés de France :
- Tissus façonnés, écrus, blanchis, teints, imprimés, tulle, broché, 150 fr. au lieu de 38 et 60; couvertures blanchies, teintes, imprimées, 80 fr. au lieu de 40 , rubannerie, passementerie, 120 fr. au lieu de 70 ; broderies, dentelles, 300 fr. au lieu de 150-, filsdelin, lOOfr. au lieu de A0 ; tissus de lin écrus fins, 120 fr» au lieu de 60 ; broderie et dentelles de lin, 300 fr. au lieu de 150 ; bourre de soie, cordonnet, écrus. teints, 130 fr. au lieu de 60.
- Les mêmes, préparés pour la vente, 300 f.; tissus de soie ou de bourre de soie pure, écrue, blanche ou teinte, 400 fr. au lieu de AO ; tissus mi-soie, 250 au lieu de 100 ; châles, 300 fr. au lieu de 150; rubannerie et passementerie de soie, 300 fr. au lieu de 150 ; bi oderie, dentell-.s de soie, 400 au lieu de 180.
- Tissus de soi -, fils d’or, 500 fr. au lieu de 200 ; fils de laine écrue, 20 fr. au lieu de 7 ; fi s retors, 25 fr. au lieu de 8 ; fils blanchis et teints, A5 fr. au lieu de 15 ; fils retors, 60 fr. au lieu de 20 ; fils sur bobines, pelotes, éche-
- vettes, vente au détail, 120f.aulieu de AO; tissus de laine cardée, laîhepeignée, 250f. aulieu de 100 et 120 ; couvertures et tapis de laine, 80 fr.au lieu de A0; confectionnés, 140 au lieu de 70.
- Châles, rubans, passementeries, 200 au lieu de 125; broderies, 300 au lieu de 150; tissus de caoutchouc, 80 et 125 fr. au lieu de AO; confections de coton et de lin, 300 au lieu de 120; soie, mi-soie, 600 fr. au lieu de 300; laine, mi-laine, 350 fr. au lieu de 180; vêtements de dentelles, 600 fr. au lieu de 300; bonneterie, coton et lin, 200 fr. au lieu de 80; de soie, mi-soie, 500 fr. au lieu de 250; de laine, mi-laine, 250 fr. au lieu de 120.
- Léglon-d’Honneur. —Parmi les nouveaux légionnaires, nous remarquons MM.
- Jourdain (Eugène), fabricant de tissus de lai'>e, à Tourcoing, rapporteur de la classe 32, à l’Exposition de 1889.
- Manchon (Ernest), fabricant de tissus de laine et de coton, à Rouen.
- Trouillier (Je^n), négociant en tissus, à Paris, et chef de plusieurs usines. Membre du jury de !a classe 30, à l’Exposition de 1889.
- .... Et comme intéressant plus spécialement les industries tinctoria es ;
- M. Dehaitre (Fernand), constructeur-mécanicien à Paris, à qui l’on doit bien réellement des perfectionnements considérables et d’importantes nouveautés d ns la mécanique de nos industries. M. Dehaitre était rapporteur de la classe 58, de l’Exposition de 1889 (matériel de la papeterie, des teintures et des impressions) .
- La distinction dont M. Dehaitre est l’objet est des plus justifiées.
- marques de fabrique internationales. — Un décret, rendu sur la proposition du ministre du comm rce et de l’industrie, renferme les dispositions suivantes :
- Article premier.— Toute personne domiciliée en France, possesseur d’une marque de fabrique et de commerce déposée conformément aux dispositions des lois des 23 juin 1857 et 3 mai 1890 et du décret parlementaire du 26 février 1891, qui désirera s’assurer dans b s autres Etats la protection de cette marque par application de l’arrangement ci-dessus visé du IA avril 1892, devra verser au Trésor une somme de 25 francs, dont elle adressera le ré cépissé au ministre du commerce et de l’industrie avec les pièces suivantes :
- 1- Une requête en vue d’obtenir l’enregistrement de la dite marque au bureau international de la propriété industrielle à Berne;
- 2 Une demande en double exemplaire,' dressée sur les formules réglementaires qui lui seront délivrées par le ministère du commerce et de l’industrie.
- 3* Un cliché typographique de la marque.
- A' Un mandat postal de 100 francs, au nom du bureau interna'ional de la propriété industrielle de Berne ;
- 5- Une procuration spéciale dûment enregistrée si la demande d’enregistrement est faite par un fondé de pouvoirs.
- —o—
- Musées commerciaux «les colonies. — On sait que le soua-secreiaire d’Etat des colonies a prescrit récemment l’ouverture d’un musée commercial dans chacune de nos colonies.
- Justement préoccupé de placer ces établis, sements daus les conditions les plus favorables pour leur développement M. Jamais a sollicité des conditions de faveur en ce qui i0u. che le transport des colis destinés à ces sées coloniaux.
- Les compagnies de transports maritimes ont accordé la gratuité absolue et les Compa. gnies de chemins de fer une réduction de 50 pour cent.
- Incendies. — Depuis notre précédente livraison, le 30 décembre, un violent incendie s’est déclaré, en plein jour, dans la teinturerie de velours de coton de MM. Motte-Bossut fiis et Mengers, à Roubaix-, le feu a pris naissance dans un séchoir.
- La température du séchoir devait être entretenue constamment à une moyenne de 69 degrés. Le contre-maître chargé de la surveillance, venait de constater que cette moyenne n’était, pas dépassée, lorsque, dix minutes plu? tard, le feu se déclarait et embrasait toute la salle avec une violence véritablement effrayante.
- L aile de bâtiment, qui a été, en moins d'une heure la proie des flammes, mesurait trente mètres de long sur vingt de large. Toutes les installations en bois et trois cents pièces environ de velours de coton, en train de sécher sur des perches ont été consumées. Les magnifiques machines en fer ou en acier, toutes neuves encore, ont été complètement détériorées par le feu et par l’eau.
- L’établissement de MM. Motte-Bossut fils et Mengers, occupe une soixantaine d’ouvriers, qui sont menacés d’un chômage assez long, le séchoir détruit étant la construction la plus importante pour ce genre d'industrie.
- Les dégâts peuvent être évalués à une centaine de mille francs, dont trente mille pour les marchandises, et soixante-di:: mille pourle matériel et le bâtiment. Ils sont couverts par quatre compagnies d’assurances.
- MM. Motte-Bossut et Mengers exploitaient depuis quelques semaines seulement cette usine, qui était précédemment occupée par M. Gustave Browaeys.
- — Un autre sinistre s’est produit dans la filature de coton de M. Djvillier-Watine, à Tourcoing ; le feu a pris dans la salle des batteurs et a causé des dégâts assez considérables. La filature était assurée.
- — Un incendie s’est aussi déclaré dans la filature Georges Rœchlin.à Bflfort. Malgré des pertes très importantes, le travail n’est pas interrompu.
- Kotre procès-Granitz — Les poursuites de Grawitz contre la Revue de la Teinture n’ont pas encore de solution définitive; la Cour d’appei ayant, sur notre demande, renvoyé l’afiaire à quinzaine.
- A.VIS
- Les tables des matières de l’année 1892 seront jointes à la prochaine livraison.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CIIARLEVILLE (ARDENNES).
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- Février 1803
- SCIENT IA • ET - N EGOT1UM
- LA REVUE DE
- (i» Année, r 2. ET DES COLOR ATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- LA TEINTUR
- INDUSTRIELLES
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Teinture des cotons bruts. — Matière colorante pour l’avenir. — Soldité des couleurs. — L’impression sur cuir. — Nuan-çage cle la draperie nouveauté.
- Procédés divers : Noir denaphtol nouveau ; Verts par mélanges ; Rouges et Violets d’alizarine.
- Chronique industrielle. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale parisienne de la teinture et du nettoyage. — Loi sur la conciliation et l’arbitrage. — Brevets d’invention (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Un nouveau régime des patentes vient d’être voté par la Chambre ; il ne peut être utilement apprécié que lorsque le Sénat l’aura confirmé.
- La réforme, quoi qu’il en soit, avait principalement pour but de frapper les grands magasins aux multiples spécialités et aux nombreux personnels.
- La première idée a quelque chose d’équitable ; la seconde, relative au personnel, est moins heureuse ; elle aura pour résultat de faire réduire le nombre des employés au strict indispensable, et de faire rechercher ceux qui pourront produire le plus de travail, aux dépens des faibles, des commençants, des moindres valeurs en général qui, payés en proportion de leurs services, pourraient encore trouver à s’occuper.
- Il y aura des victimes parmi cette intéressante catégorie.
- Un amendement a été adopté, qui a pour but d’imposer les succursales des établissements installés daus d’autres localités que la maison-mère, aux mêmes conditions que celles appliquées aux autres commerçants de cette localité.
- Cette disposition intéresse spécialement les teinturiers-dégraisseurs ; elle mettra fin aux interprétations diverses auxquelles donnait lieu le régime actuel, et qui faisaient quelquefois imposer la succursale sur les mêmes bases que la maison principale , la taxant même comme travaillant à la vapeur,
- alors qu’elle n’était qu’un simple dépôt. La nouvelle loi ne considère cette succursale que pour ce qu’elle est isolément.
- Il faut dire, toutefois, que l’incertitude peut subsister lorsque la succursale est dans la même ville que la maison-mère, mais encore l’analogie est facile à invoquer et pourra servir de base au règlement des contestations entre le fisc et les assujettis.
- * *
- L’administration de la Guerre va renouveler ses marchés pour l’importante fourniture des draps et des toiles à doublures, les adjudications devant avoir lieu en avril prochain.
- Celle de la draperie nous intéresse particulièrement, la teinture y jouant un grand rôle, et la fourniture pouvant aller jusqu’à 1,500,000 kil. de drap de soldat, et 120,000 kil. de drap de sous-officier, à livrer dans une période de 5 à 7 ans.
- Jusqu’à présent, les cahiers des charges spécifiaient très minutieusement les matières colorantes qui devaient être employées à la teinture de ces étoffes, et qui étaient toujours des colorants naturels : garance, indigo, gaude, cochenille.
- Cependant l’usage de l’alizarine artificielle était admis pour les rouges ton de garance.
- Les nouveaux cahiers reproduisent ces dispositions, mais laissent toutefois une porte ouverte à l’emploi plus étendu des couleurs artificielles.
- « L’administration, disent-ils, n’exclut pas l’emploi de matières tinctoriales nouvelles s’il est prouvé par l’expérience que ces substances donnent des couleurs aussi" solides que celles qui sont prescrites et actuellement en usage. »
- Cela n’est cependant qu’une concession de principe, et il ne faudrait pas se hasarder de substituer un colorant à celui nommément prescrit, sans entente préalable avec l’administration.
- C’est ainsi que les cahiers indiquent
- des moyens d’essais pour reconnaître, notamment, les écarlates teints autrement que par la cochenille, et spécifie que dans ce cas les draps doivent être rejetés.
- L’ecarlate de cochenille, si précieux pour les ameublements, est précisément l’une des plus mauvaises teintes pour être exposé aux intempéries du service militaire; il ternit rapidement et tourne au violacé. 11 existe des colorants artificiels donnant des teintes aussi vives et beaucoup plus stables, mais qui, d’après ce qui précède, ne pourraient être employés.
- Les bleus et noirs d’alizarine qui auraient aussi un emploi avantageux, au moins pour les draps de sous-officiers rengagés, se trouvent de même implicitement exclus.
- On voit donc que les « matières tinctoriales nouvelles » n’ont pas encore un accès bien, net dans ces fournitures militaires.
- * *
- Des réclamations ont été formulées par les producteurs de laines du midi de la France et de l’Algérie, contre la préférence qui aurait été donnée par l’administration militaire aux laines d’Australie et d’Amérique pour la confection des draps de l’armée.
- Une interpellation a même été discutée au Sénat sur ce sujet.
- Cependant, le nouveau projet continue à faire fabriquer exclusivement avec des laines indigènes ou d’Algérie, P les draps de soldats, et n’admet, comme par le passé, les laines plus fines de la République argentine, que dans les draps des sous-officiers.
- Ces réclamations n’ont donc pas de raisons d’être.
- Une autre était plus fondée et a obtenu satisfaction : c’était l’exclusion à concourir de tous les fabricants de draps et de toiles dont les usines sont situées près des frontières du Nord et de l’Est, à l’exception de busine de Pierrepont. Cela écartait Sedan pour la draperie, et
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- LA REVUE UE LA TEINTURE
- une partie du département du Nord pour les toiles.
- Cette interdiction vient d’être rapportée, et toutes les fabriques de France sont maintenant admises à concourir.
- Les industriels qui ont l’intention de soumissionner ces fournitures sont très au courant des conditions à remplir, nous n’avons donc pas à nous arrêter aux côtés commerciaux de l’adjudication, mais il intéressera les autres producteurs de connaître les prescriptions de l’administration touchant les procédés de fabrication de la draperie militaire; nous ferons connaître cette partie technique dont quelques indications pourront être utilisées par tous les fabricants ou teinturiers de draps pour administrations.
- *
- * *
- Si nous envisageons maintenant l’industrie des lainages à un point de vue plus général, nous voyons qu’elle a à lutter, en France, avec des difficultés de plusieurs natures.
- C’est ainsi que la Chambre de commerce de Reims caractérise par cette conclusion, la fin de l’année 1892 :
- « En somme, la situation de l’industrie lainière continue d’être déplorable. La rupture des relations commerciales avec la Suisse la prive d’une exportation qui pouvait se chiffrer, pour notre place, à deux millions.
- « 11 en est de même pour l’Espagne et le Portugal, avec lequel la place de Reims avait des relations suivies d’affaires qui sont interrompues par suite de la surélévation excessive des tarifs de douane de ces deux pays.
- « D’un autre côté, les lois restreignant la durée de la journée de travail des femmes et des filles mineures dans l’industrie ont amené une diminution équivalente de la journée des hommes, il en résulte une diminution de production, une augmentation de frais généraux et une augmentation du prix de revient. »
- Les hostilités de la Suisse s’accentuent : le Conseil fédéral vient de décider de demander des certificats d’origine pour toutes les marchandises françaises à partir du premier mars.
- Un accord commercial qui vient d’être conclu avec le Canada est une compensation insuffisante.
- La place d’Elbeuf est plus satisfaite, et ce sont toujours les mêmes articles
- qui sont en faveur : nouveauté, chëviot, drap de dames, avec courant régulier pour la draperie classique.
- A Reims, ce sont les flanelles unies, genres teints et à bas prix ; la flanelle à mélange de coton, la nouveauté pour robes en chaîne peignée et trame cardée, mais les articles spéciaux de la fabrication rémoise : les lainages ras et unis restent en très mauvaise situation.
- Les nouveautés d’hiver commencent à se montrer.
- Les affaires en cotonnades sont toujours satisfaisantes à Rouen; presque tons les genres donnent lieu à des affaires actives.
- * *
- Les soieries sont en faveur, sauf les rubans ; un rapport sur le marché des tissus à Zurich nous indique le sort des différents genres, et nous savons qu’il peut en général s’appliquer aux autres places à soieries : Lyon, Milan, Cré-feld, etc.
- D’après ce document, la consommation a donné la préférence aux articles de soie pure à bon marché et de prix moyen. Les ventes les plus fortes ont été faites en surah glacé et en taffetas glacé ; viennent ensuite les nouveautés, parmi lesquelles les imprimés et les rongeants occupent le premier rang.
- Les façonnés en noir, couleurs et changeants étaient également beaucoup demandés. Les armures , peu de soie et merveilleux se sont vendus en petites quantités, mais régulièrement.
- Les écossais ont eu des alternatives de vague et d’abandon.
- Les taffetas et failles noires et couleurs, ainsi que les taffetas glacés ont été régulièrement demandés pour les fonds de jupes; les étoffes noires ont été vendues en petite quantité, le stock en était, du reste, peu considérable.
- Les affaires en étoffes pour cache-nez et pour cravates n’ont pas été animées et elles n’ont repris un peu qu’en automne.
- Le gros des Indes et les taffetas glacés pour l’Orient ont suivi d’abord une marche régulière jusqu’à ce que ces marchés eussent été encombrés de manière à en souffrir aujourd’hui.
- Cette année encore, on n’a presque pas fabriqué d’articles pour parapluies et parasols, Vienne et l’Italie en pro-
- duisent des masses considérables de qualité de plus en plus inférieure.
- Les articles demi-soie tels que satin serge, rhadamès ont subi une réduction par rapport à 1891.
- La production des articles de soie pure a augmenté en 1892 de 1,500,000 fr. ; celle des articles en mi-soie a diminué d’environ un million de fr.
- A ces indications nous ajouterons qu’il existe des symptômes d’un réveil des soieries bon marché teintes en pièces, et que le velours a reconquis toutes les faveurs de la mode.
- Un mot personnel en terminant pour répondre aux questions sympathiques qui nous sont adressées à propos de notre procès Gravitz : nous informons donc nos bienveillants correspondants que nous avons laissé confirmer par défaut le jugement de première instance ; les intérêts de notre procédure consistant à gagner du temps pour faire intervenir de nouveaux éléments dans notre défense.
- F. Gouillon
- TEINTURE DES COTONS BRUTS
- Par M. Ç. L. Tassart (1).
- Le coton brut, destiné à être filé seul, notamment pour les articles bonneterie, doit être traité avec ménagement, afin d’éviter l’emmêlement (cordelage, cordage) qui, s’il étaittrop • prononcé, pourrait empêcher les cardes d’effectuer leur travail.
- Les matières colorantes dérivées de la ben-zidine et leurs analogues répondent parfaitement à cette nécessité, en ce sens que la teinture s’effectuant en un seul bain, sans débouillage préalable, et la matière colorante unissant facilement, on n’est pas obligé de faire subir au coton de nombreuses manipulations, en sorte qu’après traitement, celui-ci offre sensiblement le même aspect qu’avant teinture.
- Malheureusement, ces matières colorantes sont d’un prix élevé et r.e permettent pas d’obtenir toutes les nuances. (2).
- Pour le coton employéen draperie, mélangé à la laine, il est moins nécessaire de prendre
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- (1) Voir, du même auteur : Blanchimenl des cotons bruts dans la Reçue de la Teinture, année 1892, p. 162; ces deux articles sont extraits de son traité « l’Industrie de la Teinture. »
- (2) Il n’est guère de nuances qu’elles ne puissent fournir aujourd’hui. Leur plus grand défaut est un# insuffisance de solidité. Réd.
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- des précautions, car les machines robustes des filatures de laine trouvent toujours à tirer parti du coton brut, quel que soit son mode de teinture.
- La teinture se fait dans des barques en bois, en laissant flotter le coton dans le bain, ou dans des baquets en le comprimant dans des ' bains dont le volume est alors beaucoup plus faible.
- La teinture mécanique a été essayée et n’a donné, jusqu’ici, que des résuflats peu satisfaisants.
- Teinture au trempé
- Dans les petites teintureries, on fait le travail dans des appareils servant à la teinture des filés, mais dans des établissements mieux montés, des barques spéciales sont réservées à cet usage.
- Barques de teinture
- Elles sont constituées par des cuves paral-lélipipèdes en bois ; on leur donne une profondeur constante, un mè're environ, pour que l’on puisse facilement en atteindre le fond à l’aide des fourches qu’on emploie pour travailler le coton.
- Leur largeur, pour que l’ouvrier puisse travailler facilement le coton qui se trouve au bord opposé de la barque, ne doit pas dépasser 1 m. 50.
- Les dimensions courantes sont celles qui correspondent au traitement de 25, 100 et 200 kil.
- On compte 20 litres d’eau par kilogr. de coton et on laisse un espace libre égal à celui occupé par le bain de teinture, ce qui conduit aux dimensions suivantes, avec la profondeur uniforme de 1 mètre.
- Largeur. Longueur.
- 25 kilog............ 1 m. 1 m.
- 100 — 1 m. 50 2 m. 66
- 200 — 1 m. 50 3 m. 50
- Dansles barques de :
- 25 kilogr. on traite de 12 à 30 kilogr.
- 100 — — 50 à 150 —
- 200 — — 150 à 260 —
- 11 est inutile d’avoir des barques de dimensions plus considérables, 200 kilogr. étant une mesure déjà très élevée, car il deviendrait alors difficile de travailler également toute la masse.
- La hauteur de l’eau à mettre dans les barques pour y traiter une quantité déterminée de coton est indiquée par une échelle mobile affectée à chaque grandeur de barque.
- Afin d’éviter, lors du vidange, l’entraînement dans les caniveaux d’une quanlité trop notable de co'on, on place dans les angles où se trouvent les soupapes, des planches ou des plaques métalliques percées d’orifices de petites dimensions (passettes).
- On remplit les barques à l’aide de robinets placés au-dessus, et qui sont branchés sur une condui’e générale dont les différentes parties doivent avoir des dimensions suffisan-
- tes pour que l’emplissage ne demande pas un temps trop considérable.
- Le chauffage du bain se fait à l’aide d’un barbotteur constitué par un tuyau de cuivre perce de trous et régnant sur tout un côté de la barque vers le fond.
- Travail du coton brui
- Le coton brut sortant du batteur est amené devant les cuves d ms des sacs. Le bain devant servir au débrouillage ou contenant les substances nécessaires à la teinture (teinture au bois en un seul bain), est porté au bouillon. On y fait pénétrer le coton en l’enfonçant avec des fourches (entrer le coton).
- Ces fourches sont en fer et ont le plus souvent quatre dents -, on doit les prendre aussi légères que possible.
- Pour que le bain ait une action bien égale sur toutes les parties du coton, on donne un coup de crochet. L’opération désignée de cette façon consiste à tirer le coton sur le devant de la barque avec des crochets en fer et à l’empiler contre la face de la barque où se trouve l’ouvrier ; on le rejette ensuite dans les bains à l’aide des fourches.
- Quand le temps d’ébullition est jugé suffisant, on relève le coton en arrière, c’est-à-dire qu’on l’empile contre la face arrière de la barque, qui est souvent adossée au mur ; on dégage ensuite les passettes et les soupapes enlevées ; l’écoulement du bain se faitfa-cilemer.t. On laisse refroidir le coton, puis les ouvriers descendent dans la cuveetle placent dans des paniers.
- Le bain se trouve ainsi perdu, et, pour pouvoir le conserver lorsqu’il contient encore des parties utilisables, on place sur ia cuve une grande claie en bois sur laquelle on empile le coton, qui s’égoutte avant d’être enlevé.
- Les bains ainsi conservés peuvent servir à une nouvelle opération,après qu’on les a convenablement rechargés des ingrédients nécessaires.
- Lorsqu’on teint des nuances qu’on doit obtenir à l’aide des matières colorantes artificielles fixées sur mordant, on opère de la façon suivante :
- Le coton brut est débrouillé à l’eau pendant deux heures, puis passé dans un bain chauffé à 70- C, et contenant le tannin, puis dans un second contenant l’émétique et chauffé à la même température. On procède ensuite à la teinture.
- L’eau du bain étant chauffée à 80’ environ, on y verse une dissolution contenant à peu près un quart des quantités totales des matières jugées nécessa res pour amener à la nuance de l’échantillon ; on ne peut, en effet, mettre la totalité dans le bain, car on aurait des inégalités trop considérables de teintes dans les différentes parties de la masse, certaines portions pouvant même être complètement incolores.
- On entre les cotons dans le bain en vidant
- dans la cuve le3 paniers qui le contiennent, on le répartit aussi uniformément que possible à l’aide de fourches et on l’y laisse un quart d’heure. Au bout de ce temps, le bain est presquentièrement épuisé-, on relève le coton en avant, et dans la partie libre de h cuve, on verse une dissolution contenant lesecond quart des matières colorantes préalablement dissoutes ; on agite avec une palette afin d’uniformiser le bain (pallier), on rabat le cotcn dans le bain et on l’y laisse un nouveau quart n’heure. Oa relève en arrière et on continue ainsi jusqu’à ce qu’on soit arrivé: à la nuance désirée.
- L’échantillonnage du coton brut doit êire terminée en cinq passes au plu , afin de ne pas trop fatiguer la fibre par des manipulations nombreuses.
- Si, au bout de ce temps on n'était pas arrivé à la nuance, on ferait une seconde passe de nuance un peu différente, qui, par mélange avec la première, devrait reproduire la nuance de l’échanti Ion.
- Pour pouvoir tirer de la teinture du coton brut tous les avantages qu’eile peut donner, il faut, d’ailleurs, profiter de ce qu’on peut corriger les nuances par des mélanges f ils aux cardes et échantillonner sur la barque aussi rapidement que possible, quitte à ne pas être absolument à la nuance -, le coton est moins fatigué et se travaille mieux en filature.
- On pourrait même, étant donnés un certain nombre de types parfaitement établis et suffisamment nombreux, étudier les nuances que les combinaisons de ces types peuvent donner aux cardes et produire ainsi presque toutes les nuances demandées par le commerce, car on ne saurait croire jusqu’à quel point on peut mélanger des nuanc-s dissemblahles sans choquer l’œil outre mesure.
- En employant ce procédé et en teignant sans mordançage préalable, la fuchsine, le vert malachite, les violets, etc., pour le. articles mauvais teint, on arrive a un bon marche exiraor-dinaire.
- On reproche au procédé de teinture en cuve, pratique comme nous venons de le décrire, de donner un coton dur el assez difficile à travailler et cil leur préfère, pources raisons, le procédé de teinture par piétage.
- Teinture par piétage
- Le coton est foulé aux pieds dans des baquets, par couches successives et on verse sur chacune d’elles, la quantité du bain bouillant nécessaire pour 1 imbiber complètement. On procède ainsi jusqu’à ce que le baquetsoit plein.
- L ouvrier qui fait ce travail doit être muni de sabots très épais et doit opérer avec une certaine prudence pour éviter les brûlures.
- On emploie pour cette teinture des bains concentrés mais plus courts, et on fait au total une certaine économie de produit?. Mais il faut entre chaque bain, si la teinture en
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- compte plusieurs, passer le coton au loup afin d’ouvrir la masse fortement comprimée.
- Teinture en cuve d'indigo
- Les cotons bruts se teignent aussi en cuves d’indigo par les moyens usités pour les fils et tissus de coton.
- On met dans les cuves des paniers en tôle galvanisée, ne descendant pas jusqu’au dépôt de sulfate de chaux qui occupe toujours le fond des cuves à la couperose et on y place le coton ; entre chaque passage, le coton doit être ouvert à la main, ou pa-sé à l’essoreuse.
- Le coton brut ne peut être teint de cette façon que lorsqu’il est destiné à être filé avec la laine, les machines de filature de coton ne pouvant alors le traiter, tant il est devenu dur et cassant.
- UNE MATIÈRE COLORANTE POUR l’avenir
- ROUGE RUTHÈAE
- On sait que le ruthénium est un des métaux les plus rares, partant les plus chers ; c’est aussi de tous les éléments connus celui qui présente les propriétés les plus originales. M. Joly, professeur au laboratoire de chimie de l’Ecole noimale, avait déjà fait connaître des composés bien 'éfinis du ruthénium, principalement ceux résultant d’une association de cet élément avec le bioxyde d’azote, association qui, se comportant comme un véritable corps simple, s’unit au chlore, au brome, à l’iode et à l’oxygène.
- Poursuivant l’étnde de ce singulier métal, ce savant a soumis à l’examen de l’Académie des Sciences plusieurs échantillons d’une matière colorante rouge, résultant d’une combinaison non étudiée encore (oxychlorure de ruthène ammon.), donnant un pouvoir tinctorial comparable à celui des plus riches matières colorantes dérivées du goudron de houille, à celui de la fuschine, par exemple.
- Un cinq millionnième de cette substance est suffisant pour colorer l’eau ; elle teint la soie directement et la couleur ainsi obtenue est stable. Les réactions chimiques de cette nouvelle matière colorante sont également intéressantes.
- Les acides la font virer au jaune et les alcalins la ramènent au rouge.
- Malheureusement la rareté du métal qui entre dans la composition de cette substance s’oppose, pour le moment, à ce qu’elle soit employée industriellement. C’est, en résumé, une curiosité scientifique qui n’est pas sans présenter un grand intérêt, car on voit ici un métal jouer le rôle de carbone dans une substance complexe qui a toutes les propriétés d’une matière organique.
- SOLIDITÉ DES COULEURS
- d’après l’Industrie Textile
- La chaleur agit parfois dans le même sens que la lumière, mais avec beaucoup moins d’énergie.
- La classification suivante que nous donnons des différentes couleurs en couleurs solides, moyennes, fugaces, ou, si l’on veut, en couleurs de grand teint, de moyen teint ou de petit teint, suivant que leur résistance est grande, moyenne ou faible, cette classification n’est qu’approximative, mais elle présentera peut-être quelque intérêt à nos lecteurs. Elle ré-sulte d'expériences faites sur laine; les échantillons une fois teints sont exposés à la lumière pendant un, deux, quatre, huit et douze mois.
- COULEURS ROUGES
- Solides. — Alizarine (mordant d’alumine), Isopurpurine, Purpurine, Flavopurpurine, Ni-troalizarine (m. de cuivre), Garance.
- Moyennes. — Cochenille (m. d’alumine, d’étain), Ecarlate de Biebrich.
- Fugaces. — Un grand nombre de Rouges et d’Ecarlates azoïques, Magenta, Safranine, Aurine, Eosine. — Bois rouges : Peachwood (m. d’alumine et d’étain), Barwood (id), Santal (id.), Cochenille ammoniacale (m. d’étain).
- COULEURS JAUNES ET ORANGES
- Solides. — Oxyde de fer, Chromate jaune de plomb Canarine, Chrysamine sur coton, Nitroalizarine (m. d’alumine et d’étain), Alizarine (m. d’étain), Isopurpurine (id), Flavo-purpurine (id.).
- Moyennes. — Crocéine orange, Orange de diphénylamine, Orange de Béta Naphtol, Azo-flavine, Jaune brillant, Jaune solide, Guède (m. d’étain), Vieux Fustet (id.), Quercitron (id), Flavine (id.), Quercitron (id.), Flavine (id), Graines de Perse (id.).
- Fugaces. — Orange dM/p/m-Naphtol, Chry-soïdine, Phosphine, Fluorescéine, Curcuma, Annato, Jenne Fustet (m. d’étain).
- COULEURS VERTES ET OLIVES
- Solides. — Céruléine, Vert de Naphtol, Graines de Perse (m. de cuivre).
- COULEURS BLEUES
- Solides. — Bleu de cuve, d’alizarine, de Prusse.
- Moyennes. —Campêche (m. Je cuivre, de fer, de chrome), Indulines.
- Fugaces. — Bleus alcalins, Bleus solubles, Bleus à l’alcool, Carmin d’indigo, Bleu de méthylène, Campêche (m. d’alumine).
- COULEURS POURPRES
- Solides. — Alizarine (m. de fer, de Chrome), Isopurpurine (m. de fer), Galiéine (m. de chrome, de cuivre).
- Moyennes. — Galiéine (m. d’alumine, de fer), Cochenille (m. de chrome, de fer), QbI-locyanine.
- Fugaces. — Campêche (m. d’étain), c0. chenille ammoniacale (m.d’alumine), Orseille Bois de lima (m. de chrome, de fer), Violet méthyle, Violet Hofmsn, Violet Perkin, Violet de rosaniline.
- COULEURS BRUNES
- Solides. — Nitroalizarine (m. de chrome) Itopurpurine (id. et de cuivre), Flavopurpu. rine (id.et de fer), Prospurine(m. de chrome de fer et de cuivre), Garance (id.), Cochenille (m. de cuivre), Cachou.
- Moyennes. — Camwood (m. de cuivre).
- Fugaces. — Camwood (m. de chrome, de cuivre, d’alumine), Barwcod (m. de chrome et de cuivre), Santal (id.).Brun Bismarck, Bruns azoïques.
- Certaines matières colorantes, — l’alizarine
- — donnent des teintures solides avec tous les mordants. D’autres — le bois de Lima, le jeune Fustet, — ne semblent susceptibles que de donner des teintures très fugaces. D’autres enfin, — le campêche, — donnent des teintures solides ou fugaces, suivant que l’on emploie tel ou tel mordant. Le peu de solidité des teintures au campêche avec mordants d’étain ou d’alumine — comparé à la résistance moyenne des mêmes teintures avec mordants de cuivre, de chrome ou de fer, est un fait fort remarquable.
- Quelques couleurs présentent des propriétés anormales. La laine mordancéeà l’alumine ou à l’étain, puis teinte au Camwood, donne un brun roug*Aire, qui fonce tout d’abord à la lumière et ne s’affaiblit qu’après une exposition de deux à trois mois. A ce point de vue, le vert donné par les graines de Perse et le sulfate de cuivre est très-curieux, puisqu’il fonce et reste plus vert, même après une exposition de douze mois. De même, le jaune à l'acide picrique devient orange à la lumière et ne s’affaiblit qu’après douze mois.
- La façon de teindre exerce aussi une influence considérable sur la solidité de la teinture. Le Camwood et le Cachou donnent des couleurs plus solides avec le sulfate de cuivre, si l’on emploie ce composé comme agent de bruniture que comme mordant.
- Lorsqu’on étudie la résistance à la lumière des matières colorantes artificielles, on est frappé par le fait évident que ce.tte résistance est souvent en relation manifeste avec leur constitution chimique. Toutes celles dont la constitution se rapproche decelle du Magenta,
- — Violet méthyle, Vert de Benzaldéhyde, etc.,
- — ont également très peu de solidité; de même pour l’Aurine,la Safranine. Celles,au contraire, qui se rapprochent de l’Alizarine possèdent toutes une grande solidité. Cependant, il y a des cas oiï une petite différence dans la constitution amène cependant une
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- grande différence dans la résistance à la lu- i mière : on s’en convaincra en comparant la j Fluorescéine et la Galléine, le Carmin d’indigo et le Bleu de cuve.
- Doit-on poser en principe que toute couleur artificielle manque de solidité et qu’il n’y a de réeUement solides que les teintures fournies par les bois tinctoriaux ? Ce serait là une erreur colossale. L’origine d’une matière colorante n’a pas d’influence sur sa solidité : la valeur de l’alizarine artificielle le prouvebien. C’est la composition chimique et la constitution moléculaire.
- Des indications précédentes, dont le texte est emprunté à M. Hummel, sont données comme préambule â des tableaux extraits du Centralbl. f. Text-Ind., mais qui, peut-êsre mal interprétés, sont évidemment erronés; c’est ainsi que le noir au fer et au campêche est indiqué par un maximum de résistance, ainsi que le quercitron, alors que le noir d’a-lizarine et la cochenille sont au bas de l’échelle: nous ne reproduisons donc pas ces tableaux, sans valeur en l’état.
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- L’IMPRESSION SUR CUIR
- Par M. A.-M. VILLON
- L’impression sur cuir est une industrie toute nouvelle et très peu connue. Les résultats que l’on a déjà obtenus sont très encourageants et permettent d’espérer de nombreuses applications du cuir imprimé.
- Déjà l'ameublement,la carrosserie et la bou-rellerie ont fait des tentatives très heureuses pour appliquer le cuir imprimé en une ou plusieurs couleurs à leurs travaux, même les plus délicats.
- L’impression du cuir se fait à la planche ; il serait impossible de la faire à la machine à imprimer, car l’on n’opère que sur des surfaces très restreintes et très inégales.
- De tous les genres d’impression, c’est le procédé par réserve qui a donné les meilleurs résultats; car, comme chacun le sait, le cuir ne peut pas supporter la chaleur nécessaire pour obtenir les couleurs vapeur, ni résister à l’action des rongeants, alcalins ou acides, du procédé par enlevages.
- Cependant, grâce à l’emploi de la machine frigorifique, on peut obtenir des couleurs vapeur sur le cuir, sans lui faire subir aucune altération.
- 1° Impression par réserves
- Comme on le sait, les réservesont pour but de s’opposer, aux points qù elles sont appliquées, à la fixation des couleurs, sans altérer le tissu, sans influencer la matière colorante, et de laisser, après leur enlèvement, les parties qu’elles recouvraient dans l’état où elles étaient avant leur application.
- Voici la composition des réserves que l’on
- emploie pour le cuir :
- I
- Colophane.................... lx kil.
- Cire jaune.................. 800 gr.
- Blanc de Baleine......... 500 —
- Suif........................ 400 —
- Essence de térébenthine.. 8 lit.
- Alcool................... 1 —
- II
- Cire vierge................. 100 gr.
- Huile de ricin.............. 100 —
- Borax........................ 25 —
- Vernis copal................. 25 —
- 111
- Colophane................... 100 gr.
- Cire....................... 100 —
- Huile de ricin.............. 150 —
- Essence de téréb enthine.. 100 —
- Vernis copal................. 50 —
- La réserve est appliquée à la planche sur le cuir par les procédés connus et employés dans les fabriques d’indiennes ou de papiers peints. On fait ensuite sécher la réserve, en pendant les peaux au plafond de l’atelier.
- On procèle ensuite à la teinture. Celle-ci se fait avec des couleurs d’aniline qui donnent des nuances plus vives, plus nettes et plus chatoyantes. Elles sont d’un emploi facile et n’exigent aucun mordant.
- Aujourd’hui, le commerce livre des couleurs pour la teinture du cuir, dont les nuances sont les plus variées, et présentent, à peu près, toute la palette du teinturier. On ne doit faire usage que des couleurs solubles dans l’eau.
- Le bain colorant doit être monté avec 2 à 10 grammes de couleur par litre. Suivant les cas, on peut additionner le bain d’une petite quantité de borax, d’acide tartrique ou citrique, de crème de tartre, pour donner plus de vivacité à la couleur.
- En général, il faut monter un bain avec un seul principe colorant. Lorsque les nuances complexes, que l’on désire obtenir, comme les nuances modes, par exemple, exigent deux ou plus de matières colorantes, il est préférable de faire une solution de chaque matière séparément, et de les appliquer successivement sur la peau ou le cuir. Dans les cas où l’application successive des couleurs est impossible, on les mélange dans le même bain, mais en prenant la précaution, absolument indispensable, de ne mélanger que les couleurs acides ensemble, et les couleurs basiques ensemble et de ne jamais mélanger une couleur acide avec une couleur basique.
- La teinture s’effectue, le plus généralement, à l’auge, c est-à-dire par immersion des cuirs dans le bain colorant, maintenu à une température ne dépassant pas 35° C.O.i se sert quelquefois du foulon, tonneau dans lequel on met les peaux et le bain colorant, que l’on fait
- tourner autour de son axe, passant au milieu de ses deux fonds.
- La teinlure à la brosse est aussi assez usitée. Les peaux sont étendues sur une table, et on passe dessus une brosse à longs poils trempée dans le bain colorant.
- On se sert aussi d’un dispositif très simple et très ingénieux dont voici le principe. La peau à teindre est appliquée sur une table horizontale, animée d'un mouvement de rotation assez rapide. Au centre un tuyau amène le li-quide colorant, contenu dans un réservoir placé au-dessus ; le liquide est étalé sur la peau, en vertu de la force centrifuge, et s’écoule dans un bassin disposé pour cela. On laisse arriver le liquide tant que la peau n’a pas le teinte désirée.
- Le cuir se teint dans toutes les parties non réservées. Il suffît de démonter la réserve pour obtenir des dessins, représentés par la couleur primitive du cuir, sur un fond qui est la teinte obtenue par la teinture.
- Le démontage de la réserve se fait en frottant la peau avec un chiffon ou une brosse imbibés d’essence de térébenthine, de benzine ou d’éther de pétrole.
- On peut obtenir, de la sorte, des dessins da couleurs les plus variées, sur des fonds également très variés.
- Trois exemples, pris dans la pratique, feront bien comprendre tout le parti que l’on peut tirer de l’impression par réserves.
- lor Exemple. — Le premier exemple est le plus simple. Il s’agit d’obtenir des pois bleus sur fond noir. La peau est teinte en bleue avec du bleu au méthyle. On y imprime des réserves représentant des pois ronds, et on la teint en noir avec un bain au campêche et un sel de fer, ou avec du noir de naphtol, du noir diamant, ou tout autre noir artificiel ; on démonte la réserve et on obtient des pois bleus sur un fond noir.
- Exemple. — 11 s’agit d’obtenir des pois jaunes et verts, sur fond noir. La peau est teinte en jaune avec l’acide picrique, ou la tartrazine. On imprime les réserves qui devront être jaunes. On teint avec du bleu, de façon à avoir du vert avec le fond jaune ; on emploie pour cela le carmin d’indigo, ou le bleu de méthyle. On imprime les réserves vertes et on teint en noir. On démonte ensuite les réserves et on a le résultat voulu.
- 3e Exemple. — Pour obtenir des roses et des bluets, sur fond noir, on commence à donner un fond de bleu. On réserve le bleu destiné à former les bluets, puis on passe une solution de chlorure de chaux afin de démonter le bleu partout où il n’est pas réservé. On teint en rose, on réserve les parties roses et on démonte la rose par le chlorure de chaux. Qn teint ensuite un vert pour faire les feuilles, les tiges des fleurs, etc., on réserve le vert et on teint en noir. Finalement, on démonte les réserves.
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- Tel est le mode actuel d'impression par réserves du cuir. On peut obtenir des effets très-variés sur fonds de couleurs ; mais le coloris est bien limité, car les teintes s’ajoutant les unes aux autres, on ne peut guère obtenir que deux ou trois nuances claires sur un fond noir. Avec une ou deux couleurs, on peut très bien avoir des fonds à nuances.
- 2° Impression directe
- On a réalisé l'impression directe des couleurs d’aniline en imprimant ces couleurs préparées et épaissies, comme s’il s’agissait de l’impression sur laine ou sursoie. La peau,une fris imprimée, est placée sur un cylindre en cuivre, à double enveloppe, à l’intérieur de laquelle on fait circuler le liquide incongela-ble d’une machine frigorifique. Ce cylindre est placé dans une boîte métallique, pouvant être fermée hermétiquement ; on y fait arriver la vapeur à la température nécessaire pour fixer la couleur.
- Pendant tout le temps que dure le vaporisage, on fait circuler le liquide froid dans le cylindre. De cette façon, le cuir n’est nullement altéré, car il est maintenu à une température normale de 20° C., grâce à l’énergie de la réfrigération. 11 n’y a que la superficie qui subit l’influence du calorique. Pour éviter la détérioration de cette partie, on passe à la surface du cuir, avant le vaporisage, une éponge imbibée de g'ycérine.
- Ainsi a été résolue l’impression des couleurs vapeur, sur cuir, qui avaient été reconnues, jusqu’ici, comme inapplicables.
- Ou peut, de la même manière, teindre et imprimer le cuir en noir d’aniline.
- (Beime de Chimie Industrielle)
- NUANÇAGE
- de la Draperie nouveauté
- Indépendamment des unis en toutes nuances utilisées pour le complet, les carreaux et les damiers, y oint trop excentriques, restent toujours en plus grand nombre. C’est en variant les disposition?, les nuances et les filés qu’on les rajeunit.
- Il y aura des dessins marqués ; mais, comme par le passé, beaucoup sont peu accentués, ou tout au moins ils sont combinés pour ne pas montrer leur grandeur au premier coup d'œil. Parmi ceux ci on fait des carreaux fondus dont le cachet est obtenu par des retors façonnés et des couleurs dont on avait délaissé l’emploi et qui donnent des acc.oup'ements de teintes vraiment originaux.
- Telle est la réunion d’un vert-b’eu, rappelant un peu le vert russe que chacun connaît et d'un mélange beige (sorte de teinte fauve, gris-roux de demi ton). Le résultat s'éloigne peu du courant anuel ; en outre, c’est un essai sur les verts, car on en fait à chaque saison.
- On combine aussi du bleu vif, un peu éclatant malgré qu’il est foncé, avec le mélange beige cité plus haut ou avec un brorze demi-ton. La combinaison du dessin atténue le trop vif éclat des couleurs en les fondant un peu sans les détruire complètement.
- Un point important pour ces articles destines au complet, est la laize que les tailleurs deæanden'; toujours très large parce qu’ils y tr uvent de sérieux avantages pour la coupe des vêtement?. La laize 14.5 est la plus souvent faite, cependant on va jusqu’à 150 dans certains articles de grande consommation.
- Il faut envisager les teintes selon qu’on les destine aux tissus unis ou aux dessins façonnés, l’harmonie des nuances à réunir devant être prévue dans ce dernier cas.
- Les beaux mélanges pour tissus unis sont nombreux et forment le tiers et même davantage, dans des séries allant jusqu’à vingt nuances et plus.
- Pour pardessus, là où les couleurs sont le plus souvent remarquées pour elles-mêmes, on rencontre fréquemment les marengo et autres mélanges en noir et blanc ; peu de bleus et de gris bleutés -, teintes nombreuses dans la famille des bronzes et mélanges de bronzes ou beiges.
- On doit signaler à part, dans les qualités fines, les ti-sus faits avec poil de chameau, teintes mélangées; ceux en laine noire parsemés de poils brillants en cheviotte blanche de choix, ou en laine et matière métallique scintillante. Ces mélanges sont présentés régulièrement à chaque campagne depuis quelques années.
- Les tissus darm lesquels les retors en clair et foncé forment le fond de l'étoffe conviennent pourdifférenti emplois et sont faits dans toutes les finesses. Le blanc joue un grand rôle, et dam chaque assortiment on trouve blanc et noir, blanc et bleu, blanc et marron, blanc et brorze, blanc et noisette, blanc et gris, etc. Pour pardessus, le dessin est uni, tout en retors, ou en cordons fins marqués d’une ligne foncée (Le sillon foncé est produit par la trame que la croisure laisse entrevoir). Pour pantalon et pour complet, les dessins sont obtenus par des filets plus accentués, d’une des couleurs du retors, ou par les deux employées pures et simultanément, l’effet en est toujours agréable.
- On ne rencontre les couleurs vives que semées avec discrétion. Elles sont peu variées, et les rouges y dominent : rouge sang, feu et groseille; orange, abricot et or; bois et acajou. Puis viennent les bleus, verts et violets, etc., beaucoup moins utilisés.
- 11 y a une remarque déjà faite sur laquelle nous devons insister : c’est le nombre des genres façonnés par des fils ou des retors fantaisie.
- Les tissus mouchetés par les fils ordinaires sont imités par le bon marché, ce qui leur ôte le cachet de nouveauté qu’ils avaient il y a
- quelques saisons. A présent, les retors fantaisie dont je vous parle plus haut sont appü. qués comme accessoires ; les tissus traités d’abord pour faire un dessin nouveau parles moyens ordinaires, croisures, nuances, sont de plus agrémentés, soit par un retors chaînette multicolore, ou un retors moucheté noit ou vif; soit par un retors à petites ou à grandes boucles semées de place en place ; soir même psr de grands flammés variés de couleurs ou de grosseurs, (te.
- Les complets sont faits surtout avec des dessins unis ou à carreaux. C’est dans ces articles et dans ceux pour pantalon que la fan-taisie se montre le plus. On y trouve la soie en filets apparents, les dessins très fleuris, les effets marqués, les tissus en laine douce et cheviotte longue ou en mohair, toutes combinaisons attirant le regard. Le nuançage lui. même est plus gai, formé de couleurs naturellement éclatantes.
- Les rayures sont toujours en très grand il nombre pour pantalon, petites et grandes ; on fait aussi des carreaux très larges et hauts. Egalement les effets twinés sont utilisés dans les mêmes articles.
- De même que dans les unis noirs, on met I des bandes dans les unis de couleurs. Quelque- I fois elles sont elles-mêmes unies, de nuances plus foncées que le fond ; souvent elles sont façonnées. Dans les marchandises fines, il y en a de très belles cbtenues par quelques filets en retors fantaisie, formant quatre, cinq ou six petites rayures dont l’ensemble atteint 1 cent. I ou 1 cent. 1/2. Comme il n’y a que cet ornement dans toute l’étoffe, inutile de dire que ces filés retors sont de très belle qualité, avec I soie ou matières de choix, et affectent les for- I
- j
- mes les plus variées : mousse, ondulé, chaî- I nette et autres.
- (D'après le journal Les Tissus, d’Elbeuf.) j
- PROCEDES DIVERS
- Nom de Nahhtol 12 B
- Nous montrons un échantill on de teinture par ce produit, dont nous avons parlé dans notre précédente livraison.
- Son caractère, avons-nous dit, est d’avoir un reflet verdâtre même à la lumière, contrairement à tous les autres noirs directs pour laine, qui sont toujours roussâtres à la luœiè'e artificielle.
- L’échantillon ci-dessus est à 3 0(0 de colorant; on teint dans un bain garni de sulfaiede
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- soude, avec une pointe d’acide sulfurique (2 à 3 0l0).
- La teinte monte en bleu et arrive très rapidement au noir : une demi-heure de bouillon suffît pour obtenir le noir complet.
- Nom PAR MÉLANGE DE NAPHTOLS
- Les noirs pour laine jusqu’à présent en usage,outre leurs teintes rousses à la lumière, ne présentent pas non plus dans le jour un véritable noir ; ils conservent toujours un reflet bleu que Tou corrige par addition d’un jaune ou d’un vert.
- Le mélange du « Naphtol 12 B », grâce à son œil vert, opère beaucoup plus avantageusement cette correction. Toutefois la teinte à la lumière reste encore légèrement brunâtre, à moins de faire dominer notablement le
- s 12 B ».
- L’échantillon ci-dessus est fait avec :
- Noir brillant B................. 2 0t0
- Noir naphtol 12 B............... 2 0(0
- Sulfate de soude............... 12 0(0
- Acide sulfurique................ 3 0[0
- 11 y a donc parties égales des deux noirs.
- Ces deux colorants montent ensemble avec assez d’uniformité, et la teinture se fait vite.
- On pourrait, pour simplifier, employer le « Noir 12 B » seul, dont la tein'e n’a besoin d’aucune correction, mais quoique d’un rendement supérieur au noir brillant, son prix relatif reste encore plus élevé. Le mélange est donc basé sur une raison économique.
- Vert Russe
- Suivafl^^^fflüTpjRTnïïîqué dans notre précédente livraison, pour les grosses couleun par mélanges, ce vert a été produit à l’aide d’un bleu et d’un jaune orangé, mais il ne faudrait pas un orangé trop rouge, qui porterait la teinte au gros bleu-violet, lia été employé pour cet échantillon :
- Bleu pour laine S............... 2 0(0
- Jaune d’or diamine........... 2 0|0
- Sulfate de soude............. 8 0|0
- Acide sulfurique............. 10(0
- Pour noir, il faut arriver lentement au bouillon, et avant même qu’on y soit, tout le bain
- est tiré. Les étoffes doivent être menées ac’i-vement, surtout au début.
- Cette teinte>&tvtm Ifte^foncé, à reflet vei-dâtre, que l’on obtient encore par des colorants qui, seuls, n’arriveraient pas, même en forçant les dosages, à produire dans leurs teintes propres une intensité correspondante. Leur mélange arriverait à fournir des noirs.
- L’échantillon a été teint avec :
- Bleu pour laine S............. 3 0(0
- Orangé n° 4................... 2 0,0
- Acide sulfurique.............. 2 010
- La teinte monte facilement sans sulfate de soude. Ce produit, du reste, est employé beaucoup plus souvent qu’il n’est utile-, il aide à tirer, mais non à unir; en général, il vaut mieux traîner un peu plus sur les bains et soigner surtout l’unisson.
- Verts-Jaunes
- pour lainages et petite draperie
- Voici d’autres mélanges pour verts à reflets jaunes, mais ayant néanmoins un fonds bien plein.
- D’abord, le suivant, qui est très vif, et ac-
- tuellement très en usage :
- Thiocarmin R.................. 2 0(0
- Jaune indien G............. 11(2 0[0
- Sulfate de soude.............. k 0(0
- Acide sulfurique.............. 2 0(0
- Entrer à tiède et pousser au bouillon, comme d’usage.
- La formule suivante est également employée et donne aussi un vert brillant, quoique légè-
- rement rabattu :
- Vert acide extra BB......... 2 0[0
- Jaune de naphtol S’......... 1[2 0[0
- Sulfate de soude................ 8 0[0
- Acide sulfurique................ 3 0(0
- Opérer comme ci-dessus.
- Rouge d’Andrinople à Valuminate de soude
- Le mordant alcalin d’alumine ou âluminate de soude est préféré, avec raison, à l’acétate d’alumine pour la fabrication des rouges turcs.
- Voici le procédé :
- Huilage
- Le coton déboui li et encore humide est manœuvré dans le bain suivant, de façon à l’imprégner d’huile bien uniformément.
- Pour 50 kil. de coton :
- Eau....................... 500 lit.
- Huile pour rouge........... 25 kil.
- Quand 50 kil. de coton ont été passés, on renforce le bain avec :
- Huile pour rouge................. 6 kil.
- Et le bain, ainsi renforcé après chaque passe de 50 kil., reste en permanence.
- Le coton est exprimé sur le bain, puis séché à une température n’excédant pas 40°.
- Mordançage
- L aluminate de soude se prépare ainsi :
- Sulfate d’alumine........ 40 kil.
- Soude Solvay à 90°....... 5
- On dissout chacun de ces sels à part dans 6 à 8 fois son poids d’eau chaude -, on verse la dissolution de soude peu à peu dans celle d’alumine, puis on ajoute de l’eau pour amener la liqueur à 6° B.
- On donne 8 à 10 tours dans cette dissolution au coton huilé sec, et lorsqu’on s’est assuré qu il est bien imprégné, on l’abandonne dans le bain pendant une nuit.
- Après ce temps,il est tordu ou essoré, et séché à une température de 40° au plus.
- Le bain sera ensuite ramené à 6° B par addition d aluminate concentré, et servira pour une nouvelle passe de 50 kil.
- Fixage du mordant
- Le coton mordancé et sec est passé un quart d’heure dans un bain dans lequel on a délayé :
- Craie (blanc de Meudon).. 4 à 5 kiL
- Puis on rince et on essore.
- C’est le premier rinçage, et jusqu’à présent on a opéré sur bains froids, ou dégourdis en hiver.
- Teinture
- Dans une barque en bois se chauffant par serpentin de vapeur (de préférence au barbot-tage), on monte le bain avec :
- Eau (un peu calcaire)...... 1000 lit.
- Alizarine pour rouge à 20 0[0 5 kil.
- Huile pour rouge........... 750 gr.
- On entre à froid; on chauffe lentement pour arriver en une heure à 70°, température à laquelle on se tient, si l’on doit vaporiser ensuite.
- Si l’on ne doit pas avoir recours au vaporisage, on pousse, vers la fin, la température du bain au bouillon ; on simplifie, il est vrai, l’opération, mais les rouges sont moins vifs.
- Dans 1 un et 1 autre cas, on essore sans rincer, et on sèche, sans dépasser 40° C.
- Vaporisage
- Le vaporisage,qui est une opération toujours avantageuse dans la teinture des filés de coton lorsque la teinte peut le supporter, se fait ici à basse pression, soit de 1/2 à 1 atmosphère, pendant 2 heures, sur le coton sec, et non rincé.
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- Avivage
- Il est bon de faire cet avivage sous pression modérée, comme ci-dessus, et l’on emploie pour les 50 kil. de coton :
- Savon..................... 3 kil.
- Huile pour rouge.......... 500 gr.
- On chauffe une heure ou deux à 110° C.
- Si l’on avive en vases ouverts, on fera bouillir 4 heures.
- Enfin., on rince et on sèche.
- Rouge ordinaire et couleurs d’alizarine sans huilage
- Ce rouge n’est ni aussi brillant, ni aussi solide que ceux obtenus par huilage, mais l’opération est un peu plus simple.
- On opère ainsi, pour oO kil. de coton :
- Engallage
- Eau....................... 1000 lit.
- Sumac..................... 12 kil.
- Faire bouillir, et quand le bain est redescendu à 50 degrés, y entrer le coton -, après quelques tours, laisser tremper 12 heures.
- Sécher sans laver.
- Mordançage
- Mordancer à l’aluminate de soude à 6° B, comme il a été dit pour le rouge d’Andri-nople.
- Teinture
- Le fixage à la craie n’est pas utile, mais l'eau du bain de teinture doit être fortement calcaire (à A0° hydrotimétriques au moins); si elle n’a pas ce degré de dureté, on devra ajouter dans le bain 1 à 2 kil. de craie.
- Le bain sera, d’ailleurs, monté comme pour les Andrinople, y compris une petite quantité d’huile.
- On entre à froid le coton essoré et non rincé et on arrive lentement au bouillon.
- Avivage
- Ces teintes ne sont pas ordinairement vaporisées, quoique celte opération ne puisse qu’être favorable.
- On avive dana le bain de savon, comme il a été dit ci-dessus, en 2 à 3 heures, en vase ouvert.
- On rince et en sèche.
- Les essorages ne se font pas nécessairement à l’hydro-extracteur ; la torsion peut suffire.
- Plusieurs couleurs d’alizarine se teignent par ce moyen : telles le rouge, l’orangé, le marron d’alizarine, le brun d’anthracène et la céruléine.
- Violet d’Alizarine sur coton
- Imprégner le coton de pyrolignite de fer, de 5 à 8° B, selon l’intensité de la nuance désirée.
- Sécher et oxyder à l’étuve A8 heures.
- Fixer dans un bain contenant 5 à 10 kil. de craie par 1,000 litres, et rincer.
- Teindre avec 6 à 10 0[0 d’alizarine pour violet, et un peu d’huile pour rouge, entrer à tiède, pousser lentement au bouillon, qu’on maintient une heure.
- Savonner et rincer.
- Uu huilage comme pour rouges d’Andrino-ple avant Je pyrolignite est avantageux.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie
- Séance du 11 janvier 1893
- M. Baumann dépose son rapport sur la demande de concours pour le prix n° XXXll portant la devise: Grau ist nie die Théorie. Le gris décrit dans cette demande de prix est un produit tirant directement sur coton, ainsi que sur mordant de tannin, présentant des analogies avec la nigrisine. L’objet du prix est un gris tirant sur chrome, alumine ou autres oxydes métalliques.
- La demande ne répond donc pas aux conditions du programme. Une copie du rapport de M. Baumann sera communiquée à Fauteur. Comme le mémoire de l’auteur contient des détails intéressants, il lui sera demandé en même temps s’il consent à ce qu’un extrait de son travail soit publié au Bulletin.
- Les plis cachetés de la maison Frères Kœch-lin, ouverts h la dernière séance, seront, sur la demande des auteurs, déposés aux archives.
- M. Stœcklin entretient le comité , d’essais qu’il fait sur une méthode de dosage du tannin et de l’acide galliaue. Dans une prochaine séance, il présentera un mémoire complet.
- Un travail de M. Pokorny sur la production directe de colorants azoïques sur laine au moyen des naphtylamines est renvoyé à l’examen de Werner.
- M. Albert Scheurer lit la note suivante :
- Sulfoglycérate de chaux
- Son emploi comme sel de chaux dans le rouge alizarine vapeur
- On lit dans l’ouvrage de M. Dépierre sur la teinture et l’impression, l’application faite par M. Havraneck du sulfoglycérate de chaux en remplacement de l’acétate de chaux dans le rouge alizarine vapeur.
- Le sulfoglycérate de chaux est employé dans le même but dans la maison Scheurer-Rott et Ce depuis l’année 1879.
- La préparation de ce corps ayant offert quelques difficultés, j’eus recours, au hout d’un temps , à la glycérine concentrée, que l’on emploie pour fabriquer la dynamite.
- A l’appui de mon assertion, je mets sous les yeux du comité une facture de glycérine concentrée de la maison de Hæn à Hanovre, datée du 2 juillet 1879, et mon cahier d’essais, où l’on retrouve, antérieurement et postérieure-ment à cette date, de nombreux dosages, ainsi que le moyen d’éliminer le fer.
- D’après les renseignements que j’ai pu re_ cueillir, M. Havraneck n’a vendu ou communiqué son procédé qu’en 1880.
- Le comité demande à la Société de nommer membre correspondant, avec Bulletin, M. Vi. gnon, maître de conférences à la Faculté des Sciences de Lyon.
- CHAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DE LA
- TEINTURE ET DU NETTOYAGE?
- Discours de M. Jolly, président, au banquet de 1892. — Extrait
- Messieurs,
- Pour la première fois, j’ai l’honneur de pré-sider votre banquet annuel. Je considère com-me un devoir de vous adresser, pour exorde quelques paroles de remerciements personnels pour la confiance que vous m’avez accordée pendant le cours de nos travaux et pour les preuves souvent renouvelées de bien sincère amitié que vous m’avez données en toutes circonstances. Je suis sûr d’être aussi votre interprète en remerciant notre confrère Maurice Guédron de la façon toute bienveillante dont, dans la Revue de la Teinture, il a soutenu nos efforts et approuvé nos aspirations au progrès.
- C’est grâce à vous, mes chers confrères, que notre syndicat a pris de par le monde une place de plus en plus importante-, c’est grâce à votre assiduité aux séances du Comité, que nous avons pu mettre à exécution certains projets intéressants qui sans votre concours précieui, n’auraient jamais vu le jour. Noire œuvre n’est encore que commencée -, demain nous reprendrons nos travaux avec un programme plus complet et avec des alliés fidèles, qui viendront chaque année, en plus grand nombre, affirmer que le pacte de solidarité signé entre tous les teinturiers de France est surtout un pacte de durée et de dévouements mutuels.
- Entre teinturiers, nous devrions parler teinture, cela semblerait naturel. Mais je n’oublierai pas que le côté technique n’aurait rien de bien attrayant pour nos aimables invités, dont je serais désole de provoquer les bâillements, aussi inévitables qu’involontaires. Je parlerai donc de notre Syndicat.
- J’espère que cette question, qui fait partie de notre vie à tous, les intéressera un peu plus, étant donnés les bons rapports que nous
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- entretenons et que nous chercherons toujours à conserver avec eux.
- Qu’ils nous permettent de causer de ce qui nous a le plus préoccupé cette année, c’est-à-dire la concentration des forces patronales dans un syndicat général de la teinturerie.
- Cette fédération nous permettra d’étudier et de décider avec autorité ce que deviendront dans l’avenir nos rapports avec les ouvriers de notre partie. En effet, nous avons pensé que, si l’avènement du quatrième E^at est un fait accompli, le tiers Etat doit avoir à cœur de prouver qu’il est encore de ce monde, et que, s’il a des devoirs à remplir, il a aussi des droits a faire respecter.
- Le Syndicat doit donc être, selon nous, le moyen de nous compter et de nous connaître ; il servira de digue à l’envahissement tumultueux, irrraisonné, mais fatal, du flot socialiste révolutionnaire.
- Quelques confrères, ils sont rares, il est vrai, en recevant nos circulaires et nos invitations se sont écriés : « Qu’est-ce qu’une Chambre syndicale? Quels avantages procure-t-elle ? Quelle est son utilité? Je désirerais,pour toute réponse, que ces confrères sceptiques honorassent de leur présence quelques-unes de nos séances mensuelles et prissent connaissance de ce qui s’y dit et de ce qu’on y pense -, je voudrais qu’ils assistasses à une de ces réceptions enthousiastes de nos amis lyonnais pour être édifiés et pour comprendre enfin que le devoir, le bonheur, l’intérêt même, si l’intérêt les touche plus, ne consistent pas à se cantonner sans utilité dans leurs sentiments de méfiance, de jalousie et d’égoïsme.
- Le temps, espérons-le, fera son œuvre.
- Qu’il me suffise de penser au résultat acquis pour vous faire constater, à vous les convertis de la veille, qu’aujourd’hui, entre tous nos confrères de France, l’union est presque faite.
- Nous pouvons affirmer en même temps que nous sommes arrivés à ce résultat immense de rendre entre nous la concurrence loyale et franche, malgré la lutte et les exigences de la vie commerciale.
- On ne se connaissait pas et l’on n’était pas loin de se détester, ou a appris à sa connaître et à se respecter, et derrière le concurrent, on retrouve à chaque instant le collègue, l’ami, qui, le plus souvent, annule les pensées mesquines du concurrent pour le grand profit de la corporation tout entière...
- Demain peut-être, aurons-nous besoin de compter les uns sur les autres et de laisser bravement de côté nos jalousies et nos petites ambitions pour lutter contre ceux qui ne veulent que le bouleversement en prêchant le mépris et l’anéantissement du travail.
- Dans notre petite sphère, nous avons essayé de faire échec à ces mauvais conseillers, qui se proclament serviteurs du peuple pour mieux s’en servir, et nous avons fait appel à la rai-
- son des ouvriers de notre partie. Cet appel, après les péripéties que vous connaissez, vient enfin d’être entendu.
- N’est-ce pas déjà une récompense de nos efforts et de notre sang-froid?
- A-t-on compris, d’autre part, le peu de distance qui, dans notre métier, sépare le patron de ses collaborateurs? Ne comptons-nous pas, à Paris comme en province, de nombreux ouvriers qui, par leur ordre, leur intelligence, leur bonne conduite, se sont élevés su patronat, à qui ils font le plus grand honneur.
- Ne sont-ils pas un exemple vivant de ce que l’on peut faire avec le travail ?
- Ne prouvent ils pas ênfin, d’une façon éclatante, aux déclassés comme aux désespérés, que le travail réhabilite toutes lee défaillances de même qu’il honore l’homme, qu’il l’ennoblit et l’élève?
- C’est cela qu’il faut démontrer à nos ouvriers. ...
- Nous allons certainement passer pour des utopistes, je crois même que notre distingué et éminent historiographe et ami M. Gouillon nous assimilera aux doux rêveurs dont il parlait de nièrement dans sa très intéressante revue.
- Nous acceptons la responsabilité de nos rêves et nous pensons que toutes les questions sociales ou internationales peuvent se terminer autrement que par le sang et la ruine, il s’agit de vouloir en masse ce qu’en particulier notre bon sens et notre conscience dictent à notre cœur, c’est pourquoi nous ne nous lasserons pas de répéter à tout les Jacques Bonhomme du monde :
- « Songez que les canons que vous payez si cher serviront un jour à couvrir, de leur voix formidable le dernier râle de vos fils expirant pour des querelles qui, par votre indifférence, n’auront jamais de fin »...
- Nous pensons que l’avenir appartiendra au plus sage, et nous voulons être des sages.
- Nous voulons que l’on sache que, si nous sommes d’accord pour atténuer et pour réparer de notre mieux les injustices sociales, nous sommes aussi d’accord pour défendre et taire respecter les droits glorieusement acquis par l’intelligence et le travail.
- Le rêve d’aujourd'hui, c’est la réalité de demain. Demandez aux chimistes des colossales fabriques qui nous livrent en boîtes les rayons du soleil, s’ils n’ont pas vu se réaliser d’une façon inespérée, les rêves du laboratoire ?
- Demandez à quelques-uns de nos charmants convives s’ils n’ont pas vu en songe, pareilles à des fées bienfaisantes, des milliers de petites fioles de couleurs basiques ou acides entourant et étourdissant dans une ronde infernale les géants Campêche et Indigo qu’elles terrassaient sans pitié ?
- Demandez enfin à beaucoup de nos vieux teinturiers combien de fois ils ont créé, dans
- leur imagination de praticiens et de coloristes, des teintures à chaud, à froid et à sec ?
- Tous ces rêves, cependant, se réalisent peu à peu.
- Qu’il me soit donc permis, messieurs, de vous dire en terminant que ce que nous rêvons avant tout, c’est la concorde sans laquelle nous resterions impuissants dans le présent comme dans l’avenir....
- Messieurs, avant de donner la parole à nos artistes qui nous montreront, comme toujours, qu’à notre banquet, l’harmonie ne règne pas seulement dans les cœurs, je porte un toast à nos amis absents, et je bois à nos aimables invités ainsi qu’à nos collègues de province qui sont venus fraterniser avec leurs confrères de Paris.
- Compte-rendu des travaux du Comité PENDANT L’ANNÉE 1892
- Par M. Babillon, secrétaire. — Extrait Messieurs,
- Voici la quatrième fois, depuis la reconstitution de notre Chambre syndicale, que votre Comité a l’honne rde vous rendre compte de ses travaux de l’année. Sans doute, il e3t encore trop tôt pour jeter un regard sur le chemin parcouru.
- Mais cependant, nous pouvons vous donner la satisfaction de dire que la Chambre syndicale de la teinture est maintenant bien posée, bien assise ; sa place est maintenant marquée dans le groupe si nombreux des chambres syndicales du département de la Seine.
- Nous devons, tout d’abord, donner des félicitations aux membres adhérents qui, cette année, en plus grand nombre, ont pris part à nos travaux, au lieu de sept ou huit qui, l’année dernière, nous assistaient, près d’une vingtaine sont venus nous apporter leurs idées et étudier avec nous les questions dont plusieurs, fort importantes, amenées par les événements. ...
- Nous remercions aussi particulièrement nos membres de province, qui s’arrangent à faire coïncider leurs voyages à Paris avec nos réunions, afin de pouvoir y assister.
- Vos experts n'ont eu à examiner cette année que onze affaires litigieuses, dont cinq envoyées par le Tribunal de commerce etsix par les juges de paix.
- Il reste toujours, dans l’esprit de MM. les juges de paix, une certaine antipathie pour les arbitrages confiés aux Chambres syndicales; c’est à nous de réagir contre ces préventions toutes les fois que l’occasion s’eu présente, en réclamant fermement d’être jugés par nos pairs, par des gens compétents.
- Sous ce rapport, toutefois, nous avons la consolation de dire que le Tribunal de commerce a reconnu l’autorité et la compétence de votre Comité.
- Le président lui-même a déclaré que tous les procès se rapportant à h teinture, et por-
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- tés devant le Tribunal de commerce, seraient soumis à l’arbitrage de notre Chambre syndicale....
- Cette autorité reconnue à votre Comités’est affirmée encore par les demandes de consultations, adressées de province à notre président. Plusieurs fois, dans le cours de l'année, des parties ont sollicité son intervention amiable pour les mettre d’accord, et c’est aussi sur sa réponse que, dernièrement, le Tribunal de commerce a fixé la juri- prudence, en jugeant que les livres commerciaux d’un magasin de teinture doivent être remis avec le fonds à l’acquéreur du magasin, sentence basée sur les usages de notre corporation, n’admettant que des ventes honnêtes et loyales.
- Dans sa première séance de l’année, votre Comité a décidé que le bureau de placement serait mis à la disposition de tous les patrons, même n’appartenant pas à la Chambre syndicale. Le résultat ne s’est pas fait attendre, les offres et demandes ont presque doublé.
- Aussi avons-ncus la satisfaction de déclarer que 184 personnes, soit 32 hommes et 152 dames, ont été placés par notre intermédiaire.
- C’est un nouveau motif pour vous d’approuver cette institution, comme aussi d’approuver nos remerciements au secrétariat de l’Union qui a si bien rempli cette tâche.
- De nombreux questionnaires nous ont encore été adressés par le ministère du commerce et l’O.'fice du travail ; nous signalerons ceux relatifs aux entreprises de bureaux de placement, dont nous avons réc’amé la suppression ; aux conditions d’apprentissage et aux chances d’établissement dans notre industrie ; aux salaires et à la durée du travail.
- Tous ces questionna res ont été sérieusement étudiés et discutés en séance, et votre Comité s’est attaché à baser ses réponses sur les usages et les intérêts de notre corporation, sans oublier ce qui est légitimement dû à nos collaborateurs.
- La préoccupation constante de votre Comité étant de rechercher avant tout l’intérêt de la Chambre, nous vous avions proposé jusqu’à ce jour de rester en dehors des deux syndicats généraux dont tous nous déplori ons la rivalité. Mais cette même préoccupation nous fit prendre part à un congrès des Chambres indépendantes du département de la Seine, espérant trouver là une concentration fructueuse des forces vives du commerce et de l’industrie.....
- Toutefois, ce congrès des chambres indépendantes ne put aboutir à la formation d’un groupement discipliné et vos délégués rapportèrent de ces diverses séances l’impression qu’il était nécessaire pour notre Chambre syndicale de ne plus rester isolée.
- Après délibération, votre Comité décida de nous rattacher au Syndicat, et cette décision fut immédiatement portée à la connaisance de son président.
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- La présence de nos délégués à ce congrès eut un autre résultat, dont nous devons nous réjouir.
- M. Jolly, notre président, ayant avec autant d’à-propos que d’énergie, revendiqué le droit pour les Chambres indépendantes d’étre représentées dans le Comité qui prépare les élections consulaires, M. Jolly, dis-je, fut élu membre de ce Comité, et secrétaire de son bureau. Cet honneur, dont nous devons le féliciter, profite à notre Chambre, qui se trouve ainsi représenter ces nombreuses Chambres indépendantes, dont l’ambition serait de voir les rivalités disparaître et faire place au groupement général de tou‘es les forces syndicales.
- Une question des plus sérieuses qui a été l’objet de notre attention, dans toutes nos réunions de l'année, est celle qui avait pour but nos rapports avec nos ouvriers.
- La loi de décembre 1890 a jeté une grande perturbation dans les ateliers, et donne naissance à des prétentions et des exigences que le Conseil des prud’hommes a encouragées plutôt qu’il ne les a modérées.
- Notre devoir était donc, d’une part, de chercher à fixer, d’accord avec les ouvriers, une règle, des usages en ce qui concerne le délai congé, et d’autre part d’améliorer le plus possible les rapports avec nos collaborateurs.
- Votre comité nomma donc, dans ce but, une Commission qui eut plusieurs conférences avec une Commission ouvrière, mais, en assemblée générale, la Chambre syndicale ouvrière refusa d’examiner les propositions déjà débattues.
- Nous n’insisterons pas sur cet insuccès par-ceque, reconnaissant nos bonnes intentions, la Chambre syndicale ouvrière nous a proposé de reprendre nos pourparlers.
- Deux nouvelles Commissions, patronale et ouvrière, ont eu de nouveau des conférences, et nous espérons bientôt vous en faire connaître le résultat.
- Mais, pour l’instant, nous n’entrerons pas dans le détail de ces pourparlers, estimant qu’il vaut mieux laisser liberté entière au bon sens des délégués ouvriers, auquel vos représentants sauront faire appel.
- A notre dernière assemblée générale, nous avons eu la satisfaction de posséder les délégués de la Chambre syndicale des teinturiers de Lyon, et nous avons fondé l’union des deux Syndicats.
- Nos rapports sont devenus plus intimes à chaque réunion, et notre Comité délégua, au mois de juillet dernier, M. Jolly et M. Mars, pour aller à Lyon assister à l’assemblée générale et au banquet de nos amis.
- La réception enthousiaste qui leur fut faite vous a été communiquée par les procès-verbaux, et nous pouvous augurer d’heureux résultats de cette union confraternelle.
- Vous avez pu lire aussi les renseignements utiles que, grâce à nos confrères lyonnais,
- vos délégués ont rapportés de leurs^visites dans les usines et fabriques spéciales de la capitale de la teinture (1).
- La perspective d’augmenter encore les résultats du groupement professionnel a poussé votre Comité à mettre en pratique l’idée de confédération émise l’an passé par M. Clou, tier, de Beaune, que nous regrettons vivement de ne pas voir au milieu de nous.
- Nous avons donc décidé de vous proposer la création en province de membres correspon. dants de la Chambre syndicale.
- Nos confrères de province sont isolés les uns des autres, sans rapports entre eux, sans aucun moyen de se concerter pour défendre leurs intérêts.
- La Chambre parisienne peut devenir le trait d’union, le centre où affluent déjà, et d’où seraient communiqués les renseignements de toute nature utiles à la corporation...
- Les démarches que nous avons faites, à titre d’essai, nous ont procuré déjà vingt-huit adhésions, et beaucoup de ces lettres font voir que votre Comité a pensé juste...
- Tous sont heureux d’envoyer leur adhésion et souhaitent vivement la réussite de cette fédération .
- Nous vous proposerons donc, tout à l’heure, de modifier les statuts de la Chambre, pour vous permettre de faire place à tous ces confrères, qui ne demandent qu’à s’unir à nous.
- Situation de la caisse
- Aucune demande de secours n’ayant été adressée à votre Comité, le solde appartenant à la caisse de secours est encore de 502 fr.
- Au 30 novembre 1891, le solde de la caisse spéciale était de 433 fr. 55.
- (Suit le détail des opérations de l’année).
- Reste en caisse au 30 novembre 1892 291 fr. 10 c.
- Tel est, messieurs, le bilan des travaux de votre Comité pendant l’année qui va finir. Nous espérons que vous voudrez bien luidon-ner votre approbation pour nous encourager à faire mieux encore si c’est possible.
- Mais permettez-moi une réflexion.
- L’axiome : « l’union fait la force « devient de plus en plus la base de la vie commerciale, il s’impose comme une nécessité à laquelle on ne peut se soustraire.
- Tous le sentent, à 1 yon comme à Paris, à Bordeaux, à Toulouse comme à Lille et à Reims. Eh bien ! il ne faut pas se contenter d’être membre adhérent, il faut prendre à cœur de grossir le faisceau de nos forces syndicales.
- Considérons tous comme un devoir de faire de la propagande en faveur de cette union.
- N’arriverions-nous qu’à recruter un adhérent chacun par année, voyez combien le résultat serait beau. Vous auriez la force par le nombre, le nombre intelligent et travailleur ; vous auriez l’union fructueuse, productive,
- (1) Voir Revue de la Teinture 1892, p. 149.
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- p?.r l’entente confraternelle, et la Chambre parisienne de la teinture et du nettoyoge pourrait avec raison inscrire sous son nom les mots de Paix, Travail, Solidarité.
- LOI SUR LA CONCILIATION ET L’ARBITRAGE
- Entre Patrons et Ouvriers
- Voici le texte de loi sur la conciliation et l’arbitrage facultatif en matière de différends collec'ifs entre patrons et ouvriers ou employés :
- « Art. 1er. — Les patrons, ouvriers ou employés entre lesquels s’est produit un différend d'ordre collectif portant sur les conditions du travail, peuvent soumettre les questions qui les divisent à un comité de conciliation et, à défaut d’entente dans ce comité, à un conseil d’arbitrage, lesquels seront constitués dans les formes suivantes :
- « Art. 2. — Les patrons, ouvriers ou employés adressent, soit ensemble, soit séparément, en personne ou par mandataires, au juge de piix du canton ou de l’un des cantons où existe le différend, une déclaration écrite contenant :
- « 1° Les noms, qualités et domiciles des demandeurs ou de ceux qui les représentent;
- « 2° L’objet du différend, avec l’exposé succinct des motifs allégués par la partie;
- « 3° Les noms, qualités et domiciles des personnes auxquelles la proposition de conciliation ou d’arbitrage doit être notifiée ;
- « 4° Les noms, qualités et domiciles des délégués choisis parmi les intéressés par les demandeurs pour les assister ou les représenter, sans que le nombre des personnes désignées puisse êtie supérieur à cinq.
- « Art. 3. — Le juge de paix délivre récépissé de cette déclaration, avec indication de la date et de l’heure du dépôt, et la notifie sans frais, dans les vingt-quatre heures, à la partie adverse ou à ses représentants, par lettre recommandée ou au besoin par affiches apposées aux portes de la justice de paix des cantons et à celles de la mairie des communes sur le territoire desquelles s’est produit le différend .
- « Art. A. — Au reçu de cette notification, et au plus tard dans les trois jours, les intéressés doivent faire parvenir leur réponse au juge de paix. Passé ce délai, leur tilence est tenu pour refus.
- « S’ils acceptent, ils désignent dans leur réponse les noms, qualités et domiciles des délégués choisis pour les assister ou les représenter, saus que le nombre des personnes désignées puisse être supérieur à cinq.
- « Si l’éloignement ou l’absence des personnes auxquelles la proposition est notifiée, ou la nécessité de consulter des mandants, des associés ou un conseil d’administration, ne permettent pas de donner une réponse dans les
- trois jours, les représentants desdites personnes doivent, dans ce délai de trois jours, déclarer quel est le délai nécessaire pour don-* ner cette réponse.
- « Cette déclaration est transmise par le juge de paix aux demandeurs dans les vingt-quatre heures.
- « Art. 5. — Si la proposition est acceptée, le juge de paix invite d’urgence les parties ou les délé ués désignés par elles b se réunir en comité de conciliation.
- « Les réunions ont lieu en présence du juge de paix, qui estàda disposition du comité pour diriger les débats.
- « Art. 6. — Si l’accord s’établitdans ce comité sur les conditions de la conciliation, ces conditions sont consignées dans un procès-verbal dressé par le juge de paix et signé par les parties ou leurs délégués.
- « Art. 7. — Si l’accord ne s’établit pas, le juge de paix invite les parties à désigner, soit chacune un ou plusieurs arbitres, soit un arbitre commun.
- « Si les arbitres ne s’entendent pas sur la solution à donner au différend, ils pourront choisir un nouvel arbitre pour les départager.
- « Art. 8. — Si les arbitres n’arrivent à s’entendre ni sur la solution à donner au différend ni sur le choix de l’arbitre départiteur, ils le déclareront sur le procès-verbal, et cet arbitre sera nommé par le président du tribunal civil, sur le vu du procès-verbal qui lui sera transmis d’urgence par le juge de paix.
- « Art. 9. — La décision sur le fond, prise, rédigée et signée par les arbitres, est remise au juge de paix.
- « Art. 10. — En cas de grève, à défaut d’initiative de la part des intéressés, le juge de paix invite d’office, et par les moyens indiqués à l’article 3, les patrons, ouvriers ou employés ou leurs représentants, à lui faire connaître dans les trois jours :
- « 1° L’objet du différend avec l’exposé suc-cii et des motifs allégués ;
- « 2° Leur acceptation ou refus de recourir à la conciliation et à l’arbitrage ;
- 3° Les noms, qualités et domiciles des délégués choisis, le cas échéant, par les parties, sans que le nombre des personnes désignées de chaque côté puisse être supérieur à cinq.
- « Le délai de trois jours pourra être augmenté pour les causes et dans les conditions indiquées à l’c.rt. A.
- « Si la proposition est acceptée, il sera procédé conformément aux art. 5 et suivants.
- «Art. 11. — Les procès-verbaux et décisions mentionnés aux articles 6, 8 et 9 ci-dessus sont conservés en minutes au greffe de la justice de paix, qui en délivre gratuitement une expédition à chacune des parties et en adresse une autre au ministre du commerce et de l’industrie, par l’entremise du préfet.
- « Art. 12. — La demande de conciliation et d’arbitrage, le refus ou l’absence de réponse de la partie adverse, la décision du comité de
- conciliation ou celle des arbitres, notifiées par le juge de paix au maire de chacune des communes où s’étendait le différend, sont, par chacun de ces maires, rendus publics par affichage à la place réservée aux publications officielles.
- « L’affichage de ces décisions pourra en outre se faire par les parties intéressées. Les affiches seront dispensées du timbre.
- « Art. 13. — Les locaux nécessaires à la tenue des comités de consultation et aux réunions des arbitres sont fournis, chauffés et éclairés par les communes où ils siègent.
- « Les frais qui en résultent sont compris dans les dépenses obligatoires des communes.
- « Les dépenses des comités de conciliation et d’arbitrage seront fixées par arrêté du préfet du département et portées au budget départemental comme dépei ses c bligatoires.
- « Art. 14. — Tous actes faits en exécution de la présente loi seront dispensés du timbre et enregistrés gratis.
- « Art. 15. — Les arbitres et les délégués nommés en exécution de la présente loi devront être citoyens français.
- « Dans les professions ou industries où les femmes sont employées, elles pourront être désignées comme déléguées, à la condition d’appartenir à la nationalité française. »
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- Cousin. — 223522, Il août 1892. — Nouveau procédé d’impression sur tissus ; soies, laines et cotons ou mélangés de ces matières.
- Renard. —223530, 8 août 1892. — Nouvelle réserve de teinture, machines, moyens et procédés permettant de l’obtenir.
- Société Skene et Devallée. — 223522, 11 août 1892. — Application d’un appareil plieur automatique aux gill-box spéciaux pour l’impression de la laine peignée.
- Dore, Tapley et Parr. — 223642, 12 août 1892. — Perfectionnements aux machines à essorer et à calendrer.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- La «louaue et les envols « chargés. » — La direction générale des douanee adresse aux Chambres de commerce une circulaire les informant que, depuis quelque temps, les négociants ou fa ricanls importateurs de matières premières reçoivent de l’étranger des boîtes chargées ou recommandées à la poste, et qui renferment des objets passibles des droits de douane.
- Ce mode d’envoi constituant un acte frauduleux puni d’une amende minima de 625 fr. les commerçants intéressés devront aviser leurs correspondants des formalités qui seront dorénavant strictement exigées.
- Elles consistent dans l’obligation de joindre à chaque envoi une déclaration très exacte déposée au bureau de poste en vue de la perception des droits d’entrée, et de diriger les envois sur l’un des huit bureaux de douane
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- chargés, suivant les pays, de centraliser les opérations à l’arrivée et au départ.
- Ces huit bureaux sont établis à Nancy, Besançon, Pontailier, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes et le Havre.
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- Lettres de voiture internationales. — Un projet de loi voté par la Chambre, assimile aux récépissés de chemins de fer les lettre de voiture internationales; il spécifie notamment :
- « Les lettres de voiture internationales, créée* en vertu de la Convention approuvée par la loi du 29 décembre 1891 et signée à Berne le 14 octobre 1890, entre la France, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Be'gique, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Russie et la Suisse, relativement au transport des marchandises par chemins de fer, sont assimilées, au point de vue du timbre,'aux récépissés d < chemins de fer et aux pièces en tenant lieu pour les expé itions venant des pays étrangers.
- « Pour les expéditions de l’étranger, les lettres de voiture internationales seront établies sur des formules timbrées que les compagnies de chemins de fer tiendront à la disposition des expéditeurs moyennant le remboursement des droits. »
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- Douanes russes, fils et tissus. —
- Par ukase du 21 décembre 1892, 2 janvier 1893, sur l’avis du Conseil de l’Empire, S. M. l’empereur a ordonné, savoir :
- 1. — Le droit d’entrée à percevoir sur les articles énumérés au paragraphe 179, premier alinéa, sous la lettre A, du tarif général des douanes du 11 juin 1891 (coton brut importé par mer), est élevé a 1 rouble A kopecks or par pound et celui frappant les articles énumérés au même alinéa sous la lettre B., du même paragraphe (coton importé par voie de terre) à 1 rouble 55 kopecks or par pound.
- IL La loi du 3 février 1891 (Bulletin n° 16 du Recueil des lois de 1892, art. 191), est modifiée dans le sens qu’il sera bonifié sur les cotonnades de production russe exportées par la frontière européenne ainsi que pour la Perse, la Chine et le territoire maritime, à titre de restitution de droits, savoir :
- A. sur les tissus et filés, écrus et blanchis,
- I rouble 50 kopecks or par pound;
- B. Sur les tissus et filés, teints et imprimés (excepté ceux qui sont teints en rouge d’Andrinople), 1 rouble 70 kopecks or par pound ;
- t C- Sur les tissus et filés teints en rouge d’Andrinople, 2 roubles or par pound.
- HL — La restitution de droits stipulés sub
- II sera opérée à partir du 1er juillet 1893 ; quant aux dispositions sub 1. elles entreront en vigueur dès le jour de la promulgation du présent décret. Recueil des lois.
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- Incendie. — Un violent incendie a détruit complètement l’importante filature de coton de Neufbourg, près Mortain, appartenant à MM. Duhamé et Leneveu, fabricants de coutils a Flers-de-l’Orne.
- Tout a été détruit, les pertes se chiffrent par plusieurs centaines de mille francs et sont couvertes par des assurances.
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- Ii’ailniinigtralion des Gobelins.
- r~ ^ vient d’être nommé et solennellement installé, un nouvel administrateur de la manufacture des Gobelins qui succède à M. Gers-pach.
- C’est M. J.~J. Guiffrey, archiviste aux Archives nationales depuis 1886.
- Parmi ses ouvrages figurent une biographie ‘ d-* Van Dyck et une de Caffieri, une Histoire de la Tapisserie, et divers autres travaux d’érudition. estimés, publiés dans des revues artistiques.
- M. J.-J. Guiffrey est né à Paris en 1840. 11 est chevalier de la Légion d’honneur.
- On sait que la teinture forme aux Gobelins une branche spéciale, qui, sans être indépendante de l'administrateur, possèie une certaine autonomie.
- Son personnel comprend principalement : M. Ch.-Er. Guionet, directeur des teintures (successeur de Che/reul).
- M. David, sous-directeur des teintures (qui fut longtemps préparateur de Chevreul et a remplacé M. Decaux dans sa fonction actuelle).
- M. Courtot, chef d’atelier de teinture (un ancien aussi de la maison, et l’un des plus habiles échantillonnées que nous connaissions).
- Avec ce personnel d élite, les teintures des Gobelins justifient plus que jamais leur ancienne renommée.
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- lies grèves. — Les 150 ouvriers de l’usine d’apprêt de l’Union industrielle de Tarare (Rhône) se mettaient en grève, et les ouvriers de diverses usines, au nombre de 650, ont fait cause commune avec leurs camarades et ont quitté le travail.
- Voici quelle a été l’origine de la grève :
- Le directeur de l’usine d’apprêt, M. Gour-diat,ayantremarquéquela brigade qui apprêtait les pièces noires ne fournissait pas. assez de travail, donna l’ordre à un contre-maître de surveiller étroitement cette brigade afin d’activer le travail.
- Les ouvriers trouvèrent cette mesure blessante et cessèrent le travail. Leurs camarades des autres brigades firent cause commune avec eux.
- Une réunion eut lieu aussitôt au syndicat, où l’on s’entendit sur les réclamations à porter devant le directeur, savoir:
- 1° Suppression d’un poste de contre-maître, sans demande de renvoi du titulaire actuel ;
- 2° Deux ramasseurs de pièces sèches au lieu d’un ;
- 3° Remise à leur place, pour aider à dérailler, des leveurs de pièces aux métiers de 65 mètres ;
- Zi° Légère augmentation pour les remplaçants et les balanceurs de grands métiers.
- Un délégué porta ces propositions au directeur qui dit qu’il répondrait quand chacun aurait repris le travail.
- Les ouvriers décidèrent alors, presque à l’unanimité, de continuer la grève.
- Le directeur de l’usine fit alors des démarches auprès de ses collègues de Tarare pour leur faire exécuter une partie de ses commandes.
- Les grévistes, informés de ces démarches, convoquèrent aussitôt une réunion au siège du syndicat, au cours de laquelle on décida de faire appel à la solidarité des ouvriers des autres usines. Cet appel fut entendu, et la erève devint générale dans plusieurs usines.
- — Les ratlacheurs de la fila’ure Vermesch, de Tourcoing, ont cessé le travail à la suite de J’affichage d’un règlement qui prescrit à chaque ouvrier d’arrêter son métier lorsqu’il s’absente pour quelques instants, afin d’éviter une perte de matières premières.
- — Les ouvriers de l’usine de tissage Wad-
- dington, de Saint-Lubin-des-Joncherets
- mis en grève, au nombre de 200 nar -nt disent les journaux locaux, d’une dimwte’ de 25 0/0 sur leurs salaires. njtion
- Si l’information est exacte, on conçoit la détermination des ouvriers est justifiée qUe
- — Une autre grève avait éclaté au tL Roy, du Petit-Quevilly (près Rouen) et ÿge heureusement terminée, grâce à lu mi« Gst mouvement de la nouvelle loi sur l’arbif6 Gn et la conciliation. Pour une fois que cett P-a un résultat favorable, nous ne voudrion-6 °* le passer sous silence us Pas
- [ es conditions auxquelles le travail repris sont celles que MM. Roy avaient nr<i sées au comité de conciliation présidé naM juge de paix : une bonification provisoire Je 25 centimes par jour est accordée au persfT nel tant qu’on n’arrivera pas à uns moyen déterminée dont les ouvriers ont déclaré qn’D se satisferaient. ‘ * 113
- MM. Roy frères ont versé 500 f . erUre i mains du maire de Petit-Quevilly pour indem niser le bureau de bienfaisance des secou qu’il a eu à distribuer pendant la période de|S grève.
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- Expositton «le Lyon en 4^94 _
- Une exposition universelle, internationale et coloniale s’ouvrira à Lyon le 26 avril 1891. elle sera installée dans le magnifique narorfÀ la Tête-d’Or.
- Les travaux de terrassements sont déjà corn mencés; Ja première pierre du palais principal pourra se faire en avril prochain. v
- Ce bâtiment, d’une grande hardiesse de construction, couvrira 50,000 mètres de sur. face en une salle unique surpassant en largeur et hauteur la grande galerie des machines en 1889, et d’une véritable élégance d’aspect.
- - Un Bulletin officiel de l'Exposition de Lyon en est son organe, et donne d ns son n° 2 (du 3 février 1893), une très belle gravure représentant l’extérieur de ce remarquable monument, avec renseignements officiels et autres concernant le projet.
- Le siège de ce journal est rue Confort, 14, à Lyon.
- Le commissariat général de l’Exposition à Paris est installé 46, boulevard Haussmann. Le commissaire général est M. de Marçay.
- Dans ce centre classique de la Teinture,une telle exposition sera particulièrement intéressante pour nos lecteurs.
- Fête sympathique. — M. Fernand Debaître, dont nous avons annoncé la nomination au grade de chevalier de la Légion-d’Honneur, réunissait à cette occasion ses collaborateurs et quelques amis, le 5 février courant, au restaurant du Salon des Familles.
- Environ 280 convives prenaient part à cette fête du travail et de la science. La Revue de la Teinture n’a pu s’y faire représenter par suite d’une circonstance toute fortuite, mais n’en partage pas moins les sentiments de cordiale sympathie qui animaient tous les invités présents.
- Elle croit pouvoir affirmer à M. Dehaîtreque le personnel de nos industries approuve unanimement la distinct'on qui lui a été conférée.
- Le Gérant : F. GouillOx. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE (ARDENNES).
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- LA REVUE DE
- 3e Année, Nos 3.
- ET DES COLORATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- GOT
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- Mars 1893
- SOMMAIRE
- Chronique. — La teinture des tissus de laine et soie. — Impression avec rongeants. — Production sur fibres, do teintes solides. — Conditions de fabrication des draps de troupe. — Revue sommaire des Brevets d’invention.
- Procédés divers : Teintes d’été ; Teinture de l’étoffe Mérino ; Chlorage des laines.
- Chronique industrielle. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale parisienne de la teinture et du nettoyage. — Chambre syndicale de Lyon, et rapport sur le manuel Guédron. — Projet de loi sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs. — Jurisprudence. — Brevets récents (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Nous continuons à observer les résultats de notre nouveau régime économique, et nous constatons un fait que ses auteurs ont évidemment cherché et voulu ; c’est-à-dire une diminution considérable de l’importation qui, dans les deux premiers mois de l’année, a fléchi d’environ un tiers, comparativement à la même période de 1892, et portant principalement sur les objets d’alimentation ; les matières premières de l’industrie ont perdu à peu près un quart de leur importation.
- L’exportation a légèrement baissé : parmi ses divers chapitres, les objets fabriqués ont cependant gagné 16 millions 612,000 fr., ce qui représente une progression de 7 0/0 environ sur
- l’année précédente.
- Nous voyons ainsi que ce régime n’est pas, en se bornant à cette seule période, un obstacle à l’écoulement de nos produits industriels, alors que nous avons réduit de moitié l’importation des fabrications étrangères ; enfin l’alimentation et les matières premières d’industrie semblent porter davantage sur notre propre production, ce qui, en somme, est un résultat avantageux pour le pays, quoique certains commerces intermédiaires puissent en souffrir.
- Nous répétons, toutefois, que cette expérience n’a qu’une portée relative, car elle ne repose que sur une très courte période dont les fluctuations peuvent tenir aussi à d’autres causes que le régime économique.
- Si notre système compensateur ne réalise pas les prédictions pessimistes des libres-échangistes, la protection outrée qu’avaient adoptée les Etats-Unis d’Amérique, démontre que l’exagération d’un tel régime peut devenir funeste aux nations qui ne savent pas se tenir dans la juste mesure.
- Là, par un phénomène étrange, ce sont précisément les importations qui s’accroissent et dans des proportions considérables.
- D’après un journal de New-York, le mois de février n’a pas été très favorable pour le commerce extérieur des Etats-Unis. Déjà, en janvier de cette année, les importations ont dépassé les exportations de doll. 16,11,664; en y ajoutant l’excédent de février, on se trouve pour les deux premiers mois de 1893, en présence d’un total de doll. 35,802,926 d’excès des importations sur les exportations, alors que la période correspondante de 1892 avait donné, au contraire, un excédent des exportations sur les importations de dol. 58,673,653.
- Le tort fait par le bill Mac-Kinley au commerce extérieur des Etats-Unis se chiffre donc, rien qu’en janvier et en février de cette année, à 94,476,579 doll., ou à près de cent millions de dollars en chiffres ronds. Les six autres mois de l’exercice avaient déjà fourni de ce chef une perte del40,651,921 dol.; elle n’a donc fait que croître depuis le commencement de l’année, et cette situation défavorable ne s’est pas améliorée pendant le mois en cours (mars).
- On se souvient que pendant la campagne électorale qui a précédé sa nomination à la présidence des Etats-Unis, M. Cleveland avait formellement déclaré qu’un de ses premiers soucis, s’il arrivait au pouvoir, serait de provoquer la révision du bill Mac-Kinley.
- Afin d’arriver plus promptement à son but, le président a l’intention de convoquer le Parlement en une session
- extraordinaire, spécialement consacrée à la discussion des tarifs douaniers.
- M. Cleveland estime que la défaite des républicains en 1890, juste après le vote de la loi Mac-Kinley, a prouvé l’impraticabilité du nouveau tarif. Il serait donc sage de se réunir plus tôt que d’habitude.
- * *
- Si nous revenons en Europe, et nous limitant à nos industries, nous voyons la fin de la crise industrielle du Lan-cashire, assurée par un accord entre les patrons et les ouvriers, qui ont conclu un traité intéressant non-seulement le présent, mais encore déterminant leur mode de vie commune pour l’avenir et dans le cas où les conditions de leur industrie subiraient des modifications commerciales. Cet arrangement fait le plus grand honneur aux négociateurs des deux parties.
- En Belgique, les troubles politiques ont amené des crises ouvrières, dans lesquelles la draperie de Yerviers est fortement atteinte.
- Dans cette région de Verviers, Di-son, Ensival, des grèves se sont soudainement déclarées, et principalement dans les fabriques de drap.
- Nous avons aussi en France quelques grèves locales, mais sans caractère politique; celle d’Amiens doit le plus fixer notre attention, comme étant la plus importante, et s’étant produite particulièrement parmi les teinturiers ; nous en disons quelques mots à nos Faits-divers.
- Nous ajouterons qu’elle est devenue tumultueuse, et qu’elle a causé des collisions entre les grévistes et les gendarmes.
- Et cependant, l’accord paraissait s’établir, les patrons ayant cédé aux principales revendications des ouvriers, parmi lesquelles se trouvent les suivantes :
- Heures supplémentaires supprimées, excepté pour les turbineurs et les tondeurs ; salaire hebdomadaire adopté à partir du 1er mai; aucun ouvrier ne
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- sera renvoyé pour fait de grève ; les amendes sont, supprimées ; les patrons considèrent le 1er mai comme jour férié.
- Les ouvriers teinturiers devaient reprendre le travail, mais les négociants refusant d’accepter les conditions que les patrons ont faites à leurs ouvriers, tout se trouve remis en question, mais les événements marchent vite, et il se peut qu’au moment où paraîtront ces lignes, l’accord soit devenu général.
- Les teinturiers en peaux de ganterie à Paris sont en butte à deux sollicitations d’augmentations : d'abord de leurs ouvriers qui font grève, puis des palis-sonneurs qui leur proposent un nouveau tarif en hausse.
- L’opération du palisson consiste à ouvrir et assouplir les peaux après teinture ; elle se fait par des façonniers spéciaux, mais aux frais des teinturiers.
- * ¥
- Quant aux industries qui ne sont pas troublées dans leur production, nous voyons :
- Une certaine reprise à Roubaix, avec activité assez marquée sur les nouveautés. Les modes féminines vont adopter les jupes amples, ce qui augmentera nécessairement la consommation de l’étoffe ; dans les soieries, même, les confectionneurs demandent qu'on tisse sur plus grandes laizes pour répondre aux coupes nouvelles.
- A Reims, la demande en cachemires et mérinos est plus active et continue à porter surtout sur les basses croi-sures. Les nouveautés écrues en peigné prennent pied de plus en plus sur la place. Les commissions de la nouveauté de l’hiver se remettent dans les conditions normales ; les dernières livraisons d’été se font avec un retard préjudiciable.
- Il y a un léger ralentissement à El-beuf : les genres cheviot, toujours demandés, ont toutefois un peu moins d’activité ; les articles dames ont, au contraire, progressé sensiblement.
- La reprise des affaires s’accentue à Sedan.
- 11 existe à Rouen une grande activité chez tous les tisseurs, principalement pour la rouennerie mécanique ; il convient d’ajouter aussi la belle cretonne et les tissus pour l’impression qui sont toujours d’une vente courante.
- La vente de l’indienne ne se ralentit
- pas, mais il faut dire aussi qu’elle est entretenue par une saison tout-a-fait favorable.
- L’article pilou dont les dessins commencent à sortir a déjà donné lieu à des ordres d’une certaine importance.
- Pour les soieries, l’allure de la consommation paraît satisfaisante; la persistance du beau temps a donné à la vente au détail à Paris une impulsion inusitée : certains articles revoient un retour d’activité sur lequel on comptait peu; quelques débouchés restent cependant médiocrement satisfaits : la prolongation de l’abstention des Etats-Unis est très remarquée sur le marché de Milan.
- » *
- Depuis quelques mois, écrit-on de Calais, la situation de l’industrie s’est sensiblement améliorée, et les beaux jours qui ont précédé les fêtes de Pâques contribuent, pour leur part, à maintenir le courant d’activité qui s’était manifesté.
- Les dentelles de soie ont retrouvé de la faveur et la vente a été bonne. L’Amérique, dont les achats sont fort importants, a donné de belles commissions. C’est, en somme, un revirement et un bon.
- Mais si les dentelles et les tulles de soie font l’honneur de nos fabricants, il ne doit pas être permis de laisser de côté un revirement qui se produit, que déjà, d’ailleurs, nous avons signalé : le retour à la fabrication des tulles de cotons. Ceux qui l’ont abordée s’en sont trouvés bien, parait-il, et cette disjonction de l’industrie peut donner des bénéfices assurés.
- L’industrie de la bonneterie a commencé sa fabrication d’hiver, et elle portera largement sur cette étoffe désignée : mérino, et dont la consommation devient de plus en plus considérable ; elle convient au débitant par son apparence de lainage et son bas prix, et elle est, d’ailleurs, d’un bon usage pour le consommateur.
- A propos de sa teinture, nous rappelons dans notre chapitre « Procèdes divers », la constitution de ce tissu.
- Sous les noms de : Peau d’agneau, Toison, Tissu des Pyrénées, l’industrie du tricot a aussi donné le jour à un article ayant l’apparence d’une peau d’agneau à courte laine frisée, mais dont le prix élevé limite la consommation.
- Signalons, enfin, comme étoffes nouvelles ou originales, les tissus crêpés * on pourrait dire aussi : crispés, car leur bosselage est produit par des caustiques chimiques agissant localement-ce sont de très beaux articles, et fort estimés des gens de goût. Puis les velours arc-en-ciel, présentant dans le sens de la chaîne des bandes fondues de colorations diverses.
- L’amusement parisien à la mode a inspiré l’étoffe Confetti, où sur un fond uni on a brodé des pastilles de teintes tranchantes imitant le petit rond de papier dont on s’ést mutuellement ponctué pendant les journées du Carnaval.
- A remarquer enfin, dans un autre ordre d’idées, des tapis, foyers et chemins en velours de jute imprimé. L’effet en est encore médiocre, mais c’est une voie qui pourra être poursuivie et améliorée.
- * *
- Les échantillons insérés dans ce numéro montrent quelques genres de teintes qui seront en faveur cet été ; deux de ces types, surtout, auront une place dominante : ce sont les violets-rougeâ-tres et pâles, de la classe des lilas, et même plus rouges; puis les beiges inclinant au jaune.
- Dans les teintes foncées, on voit des verts de tous reflets et de tous genres.
- Mais tout le monde ne s’astreint pas à l’uniforme : pour ceux qui veulent élargir leur choix, l’actualité ou la fantaisie leur offre encore comme nouveautés :
- Le rose de Chine, le rose Dauphine, frais comme une chair d’enfant; des verts frais et tendres , baptisés Romaine ; d’autres, de couleur d’algue, s’appellent Dryade ; les verts Islam, les verts Cascade; des violets Anémone, très délicats; des violets Vatican, Prélatine, Bossuet ; des bleus Menton et Nice, l’Archipel plus gris, plus éteint et moins intense que le bleu Menton; des lilas de Perse, les Dahlias, le Mouflon, le Grenoble, le Saint-Benoît, couleur de bure ; le Parmentier, couleur de pomme de terre ; le Cimier, couleur de fer ; le Navaia, couleur d’acier; le Ma-tho et le Salambô ; l’Aiglon, couleur de plumes d’aigle ; les Feuilles mortes, et enfin les jaunes paille d’Italie.
- La Chambre syndicale de la passementerie , mercerie et boutons vient d’améliorer sa carte de nuances qu’elle
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- a nouvellement créée, en adaptant des noms à chaque échantillon, mais elle a peut-être le tort de faire ces échantillons en soie, plus avantageux à produire que la laine, mais aussi la distinguant insuf- ( fisamment de la carte des fleurs et plumes.
- Malgré cela, c’est celle qui se rapporte le plus aux tissus courants.
- F. Gouillon
- TEINTURE des TISSUS MÉLANGÉS
- Laine et Soie
- Communication de la « Manufacture Lyonnaise » (1)
- La teinture des tissus mélangés laine et soie a pris, depuis quelq .e temps, une entension considérable, et le teinturier doit suffire à des exigences de plus en plus grandes.
- On ne se contente plus d’exiger des teintes unies sur ces tissus mais on veut, tout en teignant en pièces, donner à la soie et à la laine des nuances diamétralement opposées. On obtient ainsi des effets nouveaux qu’on produisait autrefois par le tissage après teinture en flottes.
- Pour faciliter le choix des matières colorantes appropriées à cet emploi spécial, nous avons examiné nos produits à ce point de vue et I nous les avons classifiés en trois séries :
- A. — Ceux qui teignent en teinte uniforme la laine et la soie ;
- B. — Ceux qui ont plus d’affinité pour la laine que pour la soie, et, par conséquent, qui ne teignent presque pas la soie en présence de la laine ;
- C. — Ceux qui teignent la soie à froid sans teindre la laine.
- Nous donnons ci-après la liste des produits faisant partie de chacun de ces trois groupes et nous faisons suivre des indications pour la teinture de chaque classe. Nous donnons à la fin quelques échantillons avec l’indication détaillée des procédés employés.
- A. —Colorants teignant en nuance uniforme la laine et la soie
- Jaune Indien R.
- Jaune Indien G.
- Jaune d’or.
- Orangé EM.
- Orangé II.
- Orangé R.
- Azo Orseille.
- Crocéine brillante 3 B.
- Crocéine AZ.
- Rose Bengale extra N.
- Erythrosine D.
- ThiocarminR.
- Bleu solide R.
- (1) Voir sur le même sujet, la Revue de la Tein ture, 1892, p. 145 et 158.
- Bleu soluble pur.
- Violet Formyl S4B.
- Vert acide JJ extra concentré.
- Vert acide B extra concentré.
- Noir Naphtylamine AB.
- Noir Naphtylamine D.
- B. — Colorants ayant plus d'affinité pour la laine que pour la soie
- Chrysoïne.
- Jaune acide C.
- Jaune solide pur.
- Orangé GG.
- Ponceau S.
- Ponceau en cristaux 6 R.
- Rouge Azoïque A.
- Amarante.
- Eosine JJF.
- Ploxine.
- Thiocarmin R.
- Vert acide JJ extra concentré.
- Vert acide B extra concentré.
- Vert Naphtol B.
- Noir Naphtol 3 B.
- G. — Colorants teignant sur bain froid la soie plus que la lame
- Thioflavine T.
- Phosphine 1.
- Phosphinell.
- Safranine GGS.
- Safranine S 150.
- Safranine BS.
- Safranine RS.
- Rose Bengale extra N.
- Phloxine.
- Bleu soluble pur.
- Bleu Méthyl pour soie.
- Violet Formyl SAB.
- Violets Méthyl.
- Bleu Méthylène Nouveau N.
- Bleu solide R.
- Vert brillant cristaux extra.
- Vert solide cristaux O.
- Vert acide JJ extra concentré.
- Vert acide B extra concentré.
- Teinture de la laine et de la soie en teinte
- UNIFORME
- Colorants du groupe A
- On ajoute d’abord au bain de teinture la moitié de la solution de colorant et dix pour cent de Bisulfate de Soude — pour l’Erythro-sine et le Rose Bengale dix pour cent d’acide acétique ; — on monte lentement à l’ébullition et on arrête la vapeur. Aussitôt que la température est descendue à 60-50° C on ajoufe le restant de la solution de colorant et on teint sans chauffer davantage jusqu’à ce que la soie ait la teinte voulue.
- Pendant que le bain est très chaud, c’est surtout la laine qui absorbe la matière colorante tandis que la soie se teint surtout pendant le refroidissement du bain.
- Teinture de la laine et de la soie en nuances différentes
- (Colorants des groupes B et C).
- La teinture se fait sur deux bains. On teint d’abord la laine sur bain bouillant avec addi-tiou de dix pour cent de Bisulfate de Soude en se servant des colorants du groupe B, puis la soie sur bain froid avec addition de cinq pour cent d’acide acétique en se servant des colorants du groupe C.
- Pour obtenir des teintes franches sur la soie il est généralement indispensable d’enlever, par un nettoyage et après la teinture de la laine, la quantité plus ou moins grande de colorant qui, pendant cette opération, s’est fixée sur la soie. On peut procéder de différentes façons :
- 1° En faisant bouillir le tissu pendant un quart d’heure dans de l’eau, si possible de l’eau de condensation.
- 2° En faisant bouillir le tissu pendant un quart d’heure avec addition d’un litre et demi o’acétate d’ammoniaque par cent litres d’eau. On obtient l’acétate d'ammoniaque en mélangeant cinquante parties d’acide acétique 6° B. avec 32,5 parties d’ammoniaque du poids spécifique de 0,910.
- 3° En faisant bouillir le tissu dans un bain de savon très faible contenant environ A00 gr. de savon par 100 litres d’eau.
- Suivant le degré de blancheur de la soie exigé et suivant le colorant pour laine employé dans le premier bain, on emploie l’une ou l’autre de ces trois méthodes. Nous citons quelques exemples :
- Chrysoïne : On peut démonter la soie p3r l'eau bouillante seulement, soit avec addition d’acétate d’ammoniaque.
- Jaune acide C : laisse la soie presque intacte ; on peut la démonter complètement par le traitement à l’eau bouillante.
- Orangé GG : Idem.
- Jaune solide pur : On démonte la soie très facilement au moyen de l’acétate d’ammoniaque ou du savon.
- Ponceau S : Est particulièrement recommandable pour cet emploi. Le produit teint la laine en rouge écarlate vif et ne laisse sur la soie qu’une légère teinte rose qu’on peut enlever en faisant bouillir soit avec acétate d’ammoniaque, soit avec savon.
- Ponceau en cristaux 6 R. — On démonte la soie avec de l’eau bouillante.
- Rouge azoïque A : On démonte la soie avec l’acétate d’ammoniaque ou le savon.
- Amarante : L’eau bouillante est suffisante.
- Eosine JJF et Phloxine : L’acétate d’ammoniaque donne les meilleurs résultats.
- Thiocarmin R : On démonte la soie avec le savon.
- Vert naphtol B : Ne teint que très légèrement la soie, qu’on démonte, soit à l’eau bouillante seule, soit additionnée d’acétate d’ammoniaque.
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- Verts acides : Démonter à l’eau bouillante.
- Noir Naphtol 3 B : Pour démonter la soie, traiter le tissu, d’abord avec l’acétate d’ammoniaque, puis à l’eau bouillante. On peut aussi démonter au savon.
- IMPRESSION AVEC RONGEANTS
- sur laine
- Communication de la « Badische Anilin »
- 1° Les couleurs qui ne sont point ou guère changées en présence du sel détain et qui peuvent par conséquent être imprimées conjointement avec la pâte rongeante sont les suivantes :
- Violet acide A BN breveté, id. 6 BN breveté,
- id. 7 B.
- Bleu soluble, toutes les marques.
- Vert lumière SF jaunâtre et SF bleuâtre.
- Vert-bleu S.
- Jaune de Quinoléine breveté.
- Rhodamine B brevetée.
- Bleu solide, toutes les marques.
- 2. Des nuances oranges et écarlates se produisent par combinaison de Jaune de Quinoléine et Rhodamine B.
- 2- Les couleurs qui sont rongées en blanc ou en nuances suffisamment claires par le sel d’étain et qui peuvent servir pour la teinture des fonds, sont les suivantes :
- Jaune solide et Jaune solide extra.
- Jaune métanil et Jaune métanil extra.
- Orangés 11 et R.
- Rouges solides A, B, C, D, E et EB brevetés.
- Rouges palatin A et I.
- Rouge d’Orseille A.
- Ponceaux G, R, 2 R, 3 R.
- Ecarlates palatin A et 3 R.
- Les couleurs qui viennent d’être citées se laissent ronger en blanc pur, si l’application en a été faite correctement.
- Noir brillant B.
- Noir-bleu B.
- Ces noirs fournissent un fond couleur crème, qui est du reste suffisamment clair pour être surimprimé avec d’autres couleurs.
- 3. Les couleurs qui ne sont point ou guère altérées par la poudre de zinc et le bisulfite de soude à 38- B. et qui peuvent être imprimées conjointement avec la pâte rongeante sont les suivantes :
- Bleus méthylène B, BG, G, MD, BM, R, BRN.
- Bleu toluidine.
- Bleu marin S.
- Safranine T.
- Jaune de Quinoléine breveté.
- Azocarmins G et BX.
- Bleu solide toutesles marques.
- Induline NN.
- 4* Les couleurs qui se laissent ronger en blanc ou en nuances suffisamment claires par
- la poudre de zinc et le bisulfite de soudé â 38- B. et qui peuvent être employées pour la teinture des fonds sont les suivantes : Fuchsines S et SS brevetées.
- Bleus Victoria B et 4R brevetés.
- Jaune solide et Jaune solide extra.
- Jaune métanil.
- Tartrazine brevetée.
- Orangés R, II et G.
- Rouges solides A, B, C, D, E et EE.
- Rouges palatin A et 1.
- Rouge d’Orseille A.
- Ponceaux solides G. G G N et B.
- Ponceaux G. R. 2 R. 3 R.
- Ecarlates palatin A et 3 R.
- Rouge cochenille A.
- Ponceau cristallisé.
- Erythrine X.
- Toutes ces couleurs se laissent ronger en blanc pur si elles ont été appliquées correctement.
- Violet acide A B N breveté, do. 6 B N breveté, do. 7‘B.
- Bleu pour laine S.
- Violet au méthyle, toutes les marques.
- Bleu soluble, toutes les marques (le mieux approprié est le bleu soluble 1 N).
- Vert lumière S F bleuâtre.
- Vert-bleu S.
- Verts pour laine S et S X.
- Ces couleurs sont rongées en blanc pur, mais au contact de la lumière leur réapparition aux endroits rongés ne peut être entièrement évitée.
- Noir brillant B.
- Noir bleu B.
- Ces deux noirs fournissent un fond couleur crème.
- Si l’on veut faire des fonds mode, nous recommandons de choisir de préférence dans le groupe h les couleurs suivantes :
- Violet acide 6 B N breveté ou vert lumière S F bleuâtre.
- Tartrazine breveté ou jaune solide.
- Orangé G ou orengé H.
- Rouges solides E ou C.
- Composition typique de la pâte rongeante au sel d'étain
- 30 à 40 gr. de colorant.
- 300 » de British gum.
- 250 » de sel d’étain.
- 420 à 410 » d’eau.
- 1000 gr.
- Pour imprimer des nuances foncées, on diminue la quantité de sel d’étain.
- Vaporiser -. une demi-heure sous pression.
- Composition typique de la pâte rongeante a la poudre de zinc
- 10 à 20 gr. de colorant.
- 360 , » d’eau de gomme 1 : 1
- 460 » de poudre de zinc.
- 65 y> de bisulfite de soude à 38° &
- 105 à 95 » d’eau.
- 1000 gr.
- Vaporiser : une demi-heure avec Drp«c;„ d’une 1/2 — 1 atmosphère.
- PRODUCTION SUR FIBRES
- de Teintes solides
- Par les Farbenfabriken, vormals Fr. Bayer et O
- Pour obtenir dans l’impression des tissus des teintes solides résistant au lavage et au savonnage, on imprime ordinairement ]es matières colorantes en présence d’un mordant (tannin pour couleurs d’aniline, sels métalli. ques pour oxykétones), et l’on vaporise ; jise produit ainsi une laque solide. C’est là le pr0. cédé le plus général. Récemment, on s’est mis à former sur la fibre même des azo insolubles Pour cela, on foularde le tissu avec un phénol (ordinairement le b-naphto))-, puis on im. prime un diazo, délayé dans l’eau on mélangé avec un épaississant. Ce procédé ne donne que des rouges médiocres, car l’uni est difficile, la préparation des diazo est pénible et leur conservation impossible.
- Le procédé breveté par les Faibenfabriken d’Elberfeld dérive des de,.x précédents. Il consiste à fixer un azo tirant sur mordant métallique, mais contenant encore un groupe amido libre, qui peut être tranformé par l’acide nitreux en diazo sans que la laque métallique soit modifiée, ce diazo pouvant se co-puler avec des phénols et des amines.
- On imprime tout ensemble le mordant, l’épaississant et un amidoazo contenant d’une part un radical (CO H, OH), apte à fixer le mordant (oxyde de chrome, alumine)-, d’autre > part, un groupe amido libre. Puis on vaporise, on malte, on savonne et l’on entre en nitrite de soude faiblement acidulé et très étendu. Cette dernière condition est très importante à réaliser, si l’on veut que la laque métallique ne soit pas atteinte par l’action de l’acide. La diazotation est terminée en quinze à trente minutes; on le constate au virage de la couleur. On rince alors à l’eau froide, et l’on manipule en solution alcaline de phénol ou en solution neutre d’amine. Quand on ne constate plus d’accroissement d’intensité dans la i couleur, on lave et l’on savonne.
- En impression, l’oxyde de chrome se ronge à l’acide citrique.
- Pour la teinture, le mode opératoire est analogue.
- C’est en procédant ainsi qu’on peut obtenir I un rouge bordeaux avec l’acide 7u-amidoben- I zoylazasalicylique et le b naphtol, — un bleu | noir avec la rl-amidoaobenzoïque - azo-«* g naphtylamine et l’éthyl-b-naphtylamine, - ' un noir avec l’acide (/.-amidobenzoïque-azona' j
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- phtylamine sulfonique et la même éthyl-h-naphtylamine, etc.
- La Société revendique « le procédé pour la préparation de couleurs disazo et trisazo brunes, violettes, bleues et noires en traitant successivement par des solutions faiblement acides de nitrite de sodium et par des solutions alcalines ou acétiques de phénols, d’amines, d’amido-phénols et de leurs éthers ou de leurs acides carboxyliques ou sulfoniques les tissus ou filés imprimés avec des couleurs amidoazoïques teignant sur mordant et pouvant être rediazotées, ou ceux préalablement traités avec ces mordants métalliques et fou-lardés ou teints avec ces colorants amidoazoïques. »
- CONDITIONS DE FABRICATION
- DES DRAPS DE TROUPE
- D'après le cahier des charges pour la fourniture de ces tissus, à l'usage de l'armée de terre.
- Généralités concernant la fabrication des draps
- Le drap employé pour l’armée est un tissu à fils entrecroisés, fabriqué exclusivement avec de la laine cardée.
- Il se divise en trois catégories, savoir :
- Drap de sous-officier rengagé ;
- Drap de sous-officier ;
- Drap de soldat.
- Ces trois sortes diffèrent entre elles par la finesse de la laine, le poids au mètre carré, le nombre de fils et la résistance à la traction.
- Les différentes opérations de la fabrication du drap de troupe peuvent se résumer ainsi :
- 1° Préparation. — La laine-mère (1), convenablement choisie suivant le type et toujours de couleur blanche, est, après avoir subi le triage et l’épuration désirable, ouverte, tirée, lavée, essorée et dégraissée. On se sert, à cet effet, de loups, de laveuses, d’essoreuses, de cuves ou de léviathans. Elle est alors soumise à la teinture.
- 2° Teinture. — La teinture a pour but d’imprégner prof ndément la laine d’une substance
- (i) La laine-mère est oelle provenant de la tonte du mouton adulte vivant. Les laines pelades sont celles provenant des animaux abattus ou morts de maladie dont l’enlèvement a eu lieu après séjour de3 peaux dans l’eau de chaux ; elles sont énervées par l’action de la chaux et manquent de résistance. Les laines d’agneau sont trop courtes et trop molles. Les blousses sont les parties courtes et duveteuses provenant du peignage des laines, qui a séparé les brins longs et plus gros, c’est-à-d're le cœur de la laine, que l’on désigne sous le nom de « peigné ».
- La laine jarreuse est une laine contenant une forte
- proportion de poils jarreux, durs, cornés, sans propriété feutrante et réfractaires à la teinture.
- Les renaissances ou effilochages proviennent de la désagrégation d’étoffes en laine au moyen de loups et
- de cardes qui déchiquettent le tissu et le réduisent en
- une masse de brins très courts, agglomérés et sans
- ^résistance.
- colorante assez réfractaire aux agents extérieurs.
- La plupart des teintures, sauf l’indigo, nécessitent le secours d’un mordançage préalable pour bien se fixer sur la laine ; par suite, la teinture s’effectue de deux façons, soit en cuve, soit en chaudière.
- On remonte même souvent le teint de l’indigo au moyen de mordants végétaux, riches en tannin.
- Quelques teintures ne peuvent être appliquées que lorsque le drap a été fabriqué (jonquille, écarlate, marron foncé).
- Les laines teintes sont lavées, puis séchées, enfin débarrassées des corps étrangers adhérents qu’elles renferment par le battage, l’échardonnage et Dépaillage à la main ou par des procédés chimiques.
- 3° Cardage, filature, tissage. — Avant d’être soumises au cardage, les laines sont d’abord triées, répandues en conches, opération que l’on appelle mise en battue, de façon à les mélanger uniformément ou d’assurer la combinaison intime de diverses couleurs, puis en-simées, c’est-à-dire graissées mécaniquement au moyen de loups qui les peignent et les mélangent intimement. Les matières grasses employées sont l’huile d’olive ou l’oléine.
- Le cardage a pour but de démêler les fibres de la laine, de les disposer parallèlement entre elles de manière à former une sorte de matelas uniforme, qui est découpé en rubans roulés dits boudins de carde. L’arasement est la largeur du matelas ainsi obtenu. Trois cardes au moins, la briseuse, la repasseuse, la finisseuse, sont indispensables à cette opération. Le cardage est, en un mot, le premier degré de filage de la laine. Ces boudins de carde sont, à l’aide du métier à filer, transformés en fils possédant la solidité nécessaire pour le tissage ; enroulés sur un gros cylindre, ils sont tordus, puis étirés avec nouvelle torsion, enfin envidés sur les broches.
- On file ainsi séparément des fils pour la trame et des fils pour la chaîne. Ces derniers, d’abord bobinés, sont encollés, puis ourdis sur le gros cylindre appelé ensouple, qui alimente le métier à tisser.
- Le métier à tissser, par l’entrecroisement perpendiculaire et alternatif des fils de chaîne par le fil de trame ’âché par la navette, forme la toile du drap.
- Le drap est dit drap lisse, ou simplement droit, si l’entrecroisement des fils a lieu un à un ; il est dit croisé et prend les noms de castor, cuir-laine, satin, diagonal, sergé, etc., si plusieurs fils de chaîne sont laissés libres à la fois par le fil de trame, les fils de trame suivants intervertissant l’ordre d’entrecroisement autant de fois que le premier a sauté de fils de chaîne.
- Aussitôt que la toile a été enlevée du métier, on énope pour enlever les nœuds et les bouchons qui proviennent soit de l’inégalité de la filature, soit du rattachage des fils cassés pen-
- 3â
- dant le tissage ; on épincette pour enlever les pailles et impuretés qui ont pu échapper à toutes les opérations de nettoyage -, enfin, on rentraye pour réparer les défauts de tissage* c’est-à-dire on rapproche, au moyen de fils de soie d’une couleur assortie à celle de l’étoffe, les vides produits par le bris des fils ou l’extraction des corps étrangers. Ces trois opérations peuvent se renouveler après le foulage et même à la fin des apprêts.
- h° Foulage. — La toile du drap est alors foulée et dégraissée, ou réciproquement ; ie dégraissage en'ève la colle et l’huile végétale ou animale employée pour l’ensimage et l’encollage. On se sert, à cet effet, de carbonate de soude, d’argile sœeetique ou de savon.
- Le foulage a pour but de rapprocher les fils de chaîne et de trame et de transformer la toile de laine molle, lâche et peu serrée, en un tissu feutre qui a du corps, de la consistance et de la solidité. A cet effet, on comprime la toile en largeur et en longueur aussi vigoureusement que possible pendant plusieurs heures.
- Dans cette opération l’étoffe diminue de près de la moitié en largeur, et se rétrécit d’environ 1/5 en longueur. La réduction totale de surface varie de 30 à 50 p. 100.
- Cette réduction tient à la fois de la qualité de la laine, du nombre de fils au tissage, et du poids au mètre; aussi le foulage est-il, avec le filage, une des opérations les plus importantes et les plus délicates de la fabrication.
- 5e Apptêts. Au sortir du foulon, le drap est brut, il a 1 apparence d,un feutre carton-neux, bourru et irrégulier. Les apprêts ont pour but de modifier cette apparence en soulevant à la surface des brins de laine pour les coucher uniformément dans le sens de la chaîne, de donner au drap l’aspect lisse et soyeux qui le caractérise et de lui restituer le moelleux la souplesse et 1 élasticité qui lui ont été enlevés au foulage.
- La série des opérations constituant les apprêts se compose ;
- 1 Du garnissage ou lainage, précédé d’un mouillage et essorage du tissu ;
- 2° Du gîtage ;
- 3° Da ramage;
- h° Du brossage :
- 5° Du tondage.
- Dans le garnissage ou le lainage, on tire à la surface de l’étoffe les brins de laine. On se sert, à cet effet, des laineuses à chardons naturels ou métalliques; les brins sont ensuite rangés parallèlement, puis couchés par le gîtage avec la strickeuse de manière à former un duvet homogène qui recouvre le tissu; on essore alors le drap sur les rameuses, puis, avec la tondeuse, on coupe à une hauteur uniforme, appropriée à la nature et à la finesse du tissu, tous les filaments développés par le la(i) * * * * * 7nage; un brossage précède toujours le
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- tondage pour enlever les poussières de la surface.
- Cette période des apprêts, que Ton désigne sous le nom d’eau, parce qu’elle nécessite un mouillage de l’étoffe, se répète un nombre de fois plus ou moins grand, suivant la finesse et la qualité de l’étoffe. Le pliage, la mise en carte et le pressage terminent les apprêts en fabrique pour les apprêts de troupe. Ces dernières opérations ont pour but de plier et de comprimer énergiquement l’étoffe au moyen de la presse hydraulique afin d’en uniformiser sa surface et de la glacer, comme le ferait un fer chaud.
- Le décatissage a pour effet de faire disparaître le cati ou lustre dû au pressage,etd’em-pêcher l’eau de produire des taches à la surface du drap trop apprêté. Il atténue les défectuosités de l’essorage, fait mieux ressortir les tares et rend à la laine toute sa souplesse et son élasticité si l’on a soin de bien l’éventer ensuite. 11 permet enfin d’obtenir du drap tout le retrait dont il est susceptible. Toutes ces causes rendent indispensable, au moins pour la majorité des étoffes, l’exécution de cette opération dans les magasins administratifs.
- Les draps pour l’armée ne doivent être considérés comme finis que lorsqu’ils ont subi convenablement toutes les opérations résumées succinctement ci-dessus.
- Chaque pièce de drap est bordée par des bandes en laine tissées avec la pièce appelées lisières. Le commencement, ou tête de chaque pièce, est encadré par des bandes appelées liteaux et se désigne du nom de chef. Le premier liteau s'appelle liteau de tête.
- La pièce est terminée par un liteau appelé liteau de queue.
- Les lisières sont destinées à protéger le drap dans les diverses opérations qui suivent le lissage et dans celles exigées par le pliage sn magasin. Le chef porte les indications de catégorie et de fabrique; il recouvre la surface extérieure verticale de la pièce de drap en magasin.
- Qualités principales d'un bon drap. — En résumé, les draps doivent être conformes aux échantillons-types comme qualité de laine, fabrication et nuance.
- Ils doivent être régulièrement filés, teints, tissés, feutrés et garnis, bien dégorgés, épaillés et parfaitement dégraissés.
- Un bon drap doit offrir un tissu ayant de la main, c’est-è-dire à la fois souple, nerveux et élastique.
- Du côté de l’endroit, le poil doit être d’une égale hauteur, ni trop haut, ni trop ras, bien uniforme et bien fourni, régulièrement couché dans le sens de la chaîne -, du côté de l’envers, l’étoffe doit présenter une toile à fils serrés bien tordus et sans aspérités, bien uniforme et convenablement feutrée.
- Les lisières bien droites, serrées et convenablement garnies , ne doivent ni tirer ni flotter.
- Au toucher, la surface doit être douce et mollement élastique, Lien unie, sans laisser l’impression de corps gras. Le tissu ne doit dénoter aucune odeur de suint, d’huile ou de savon.
- On ne doit apercevoir, ni d’un côté ni de i’autre, des poils jarreux, débris de pailles ou de chardons, des défectuosités telles que gros fils, doubles duites, fausses renlrures, lardu-res, barres, rongeurs, trous ou traces, reprises, plis divers, taches et ribaudures, etc., qui puissent nuire à son aspect, à sa coupe comme à son usage.
- Vu par transparence, un drap bien fabriqué doit à peine laisser pointiller la lumière et ! présenter un ensemble bien condensé ne lais-| sant entrevoir ni clairières, ni parties plus sombres agglomérées.
- Vu de face, hors d’un faux jour, le tissu doit être régulièrement lustré, d’une couleur nette et franche, bien vive, ni chatoyante, ni jaspée, ne déchargeant pas au frottement ou dans l’eau, ne se fanant ni à la pluie, ni au soleil.
- Teintes et armures des draps de troupe
- Ces tissus comprennent les trois catégories désignées en tête de ce chapitre.
- Les teintes d’uniforme (de fonds des effets sont :
- 1° Pour le drap de sous-officier rengagé ;
- 2° Et pour celui de sous-off cier :
- Bleu de ciel,
- Bleu foncé,
- Gris de fer foncé,
- Rouge ton de garance.
- 3° Pour le drap de soldat :
- Beige bleu,
- Bleu de ciel,
- Bleu foncé,
- Gris beige, .
- Gris bleuté,
- Gris de fer foncé,
- Marron foncé,
- Rouge ton garance.
- Pour ces trois catégories, on ajoute un drap dit : de distinction, c’est-à-dire servant à confectionner les collets, parements, passepoils et bandes de pantalons qui caractérisent les différentes armes.
- 11 est aux teintes suivantes :
- Blanc blanchi,
- Ecarlate,
- Jonquille.
- Le drap de distinction de soldat est du drap de sous-officier.
- Le blanc blanchi n’est pas teint, mais décoloré.
- Le bleu foncé, le garance, l’écarlate, le jonquille et le marron foncé sont obtenus directement sans mélange de laines de diverses couleurs.
- Le beige bleu, le bleu de ciel, le gris de fer bleuté, le gris de fer foncé résultent d’un mé-
- lange avant cardage de laines bleues et blan ches naturelles en diverses proportions.
- Le gris beige est un mélange de noir et blanc naturel.
- Les draps de soldat et ceux de sous-ofticier sont des draps lisses, ainsi que les draps de distinction des sous-officiers rengagés.
- Les draps d’uniforme de sous-officier rengagé sont des draps croisés où chaque fil ^ trame passe sur un fil de chaîne et laisse libres les deux fils suivants (type Sergé 3 pas).
- Sur les conditions de la fabrication des draps
- Les draps devront réunir les conditions de fabrication suivantes :
- 1° Nature des laines. — Les laines employées sont exclusivement des laines-mères d’une finesse de qualité équivalente à celle des échantillons-types revêtus de l ’étiquette ministérielle , elles seront lavées à fond et soigneusement triées, dégraissées et épurées. ;
- L’emploi des laines d’agneau, des laines pelades, des laines jarreuses, des blousses pro-venant du peignage des laines, des renaissances provenant de l'effilochage d’étoffes, des tontisses, des laines artificielles, du coton et des déchets est rigoureusement interdit (])
- Les seuls déchets telérés sont ceux de filature ou de tissage provenant de fils de laine cassés et remplacés; ceux qui auront été encollés devront être préalablement lavés à l’eau tiède et séchés.
- L’épuration des laines pourra se faire au moyen de répaillage chimique ou par les anciens proéédés; mais, dans le premier cas, la force des bains d’épaillage ne devra pas atteindre cinq degrés d’acide, et les laines ou les draps devront être lavés immédiatement, au sortir du bain, dans une eau renfermant un léger excès d’alcali.
- 2° Teinture. — Les draps écarlate, jonquille et marron seront teints en pièce. Les draps blanc blanchi seront décolorés au moyen des bisulfites, de l’acide sulfureux ou de l’eau oxygénée.
- Tous les autres seront teints en laine:
- Les draps écarlate seront teints à la cochenille ou à la laque-dye ;
- Les draps jonquille, à la gaude;
- Les draps marron, au santal et à la garance.
- (1) Sera considére'e comme frauduleusement mélangée toute laine qui, soumise au peignage après passage aux cardes, donnera une proportion de déchets supérieurs à des taux déterminés.
- La vérification des laines sera opérée à Reims, en soumettant au peignage les produits en boudins de la carde finisseuse prélevés sur les bobines prêtes à être soumises à la filature.
- L’opération du peignage sera effectuée au moyen delà peigneuse Heilmann, réglée pour peigner une tète de 22mm de longueur, par les soins d’un peigneur assermenté désigné par le président du tribunal de commerce.
- Une dépêche spéciale fixera les taux des dcchets de peignage.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Les laines destinées à la fabrication des drap bleu de ciel, gris bleuté, gris de fer foncé, beige bleu et bleu foncé, seront teintes sur cuve à l’indigo.
- 11 est formellement interdit d’introduire dans les laines à teindre en bleu aucune espèce de laine fauve ou noir naturel.
- Les laines destinées à la fabrication des draps rouge ton garance serontteintes (1).
- Celles destinées au gris beige seront teintes en noir au moyen d’une matière tannante et d’un sel minéral.
- Toutes les matières tinctoriales seront employées pures et sans avivage ou remontage, à l’exception de celles destinées à la fabrication du drap bleu foncé pour sous-officier rengagé, qui seront légèrement remontées en laine au santal, à l’exclusion absolue du campêche.
- Le santal sera fixé au moyen d’une très faible proportion de sumac, employé comme adjuvant avec du sulfate de fer bien pur.
- L’emptoi du remontage est autorisé, non pour économiser l’indigo, qui doit être donné en quantité presque aussi considérable que s’il n’y avait pas de santal, mais seulement pour aider à la fixation de l’indigo et, en même temps, pour rehausser et uniformiser le tonde la couleur.
- Les laines destinées à la fabrication des draps bleu de ciel, gris bleuté, gris de fer foncé, beige bleu et gris beige, seront mélangées en chaîne comme en trame avant la filature, lors de l’ensimage.
- L’administration n’exclut pas l’emploi de matières tinctoriales nouvelles s’il est prouvé par l’expérience que ces substances donnent des couleurs aussi solides que celles qui sont prescrites et actuellement en usage.
- 3° Cardage, filature et tissage. — Les laines mises en filature après l’opération du lou-vetage devront être soumises au moins à trois degrés de cardage, et celles destinées au drap de sous-officier rengagé à quatre degrés d3 cardage-, les fils devront être bien ronds, bien unis, régulièrement tordus, mais sans chercher à compenser un défaut de propriété feutrante par un excès de torsion.
- Le tissage est exécuté sur des métiers mécaniques, à l’exclusion des métiers à la main.
- 4° Foulage, apprêts, décatissage. — Les draps seront dégraissés à fond avant ou après le foulage,suivant les substances employées à l'ensimage, et bien dégorgés.
- Les substances employées au foulage seront de bonne qualité et ne devront pas encrasser le tissu, quelle que soit leur nature.
- Les draps seront parfaitement foulés, c’est-à-dire bien feutrés ; ils auront le clos, le corps, la solidité et la souplesse des échantillons-types. Les reprises seront faites avec des fils de couleur tranchante.
- (1) Une dépêche ministérielle fera connaître la ou les matières tinctoriales à employer. (Actuellement on admet la garance naturelle et l’alizarine artificielle, au choix du fabricant).
- Ils seront bien apprêtés et ne devront être ni énervés, ni effondrés au lainage ; ils recevront la quantité d’eaux nécessaires pour égaler les types.
- Le poil sera régulièrement tiré et également tondu à l’endroit de l’étoffe, l’envers restera intact.
- Les draps ne devront recevoir aucune extension forcée ; ils ne seront soumis à l’action de la rame que pour obtenir un équarrissage convenable.
- Ils seront passés à froid ou à une chaleur modérée.
- Toute aspersion de glycérine, de colle ou de préparation mucilagineuse, ainsi que l’em-| ploi de procédés d’apprêt ayant pour but de dissimuler les défauts des draps, ou de leur donner un poids et une épaisseur factices, seront considérés comme des actes frauduleux.
- Les draps jonquille et écarlate seront livrés décatis, sous la condition que le décatissage en sera fait par l’exposition à la vapeur d’eau et qu’il ne sera fait emploi d’aucun procédé ayant pour objet de restreindre le retrait. Si ce décatissage ne s’opère pas d’une manière convenable dans les ateliers des fabricants l’administration peut exiger que les draps jonquille et écarlate lui soient livrés non décatis .
- Tous les autres draps sont toujours livrés non décatis.
- 5° Dimensions des pièces de drap, lisières , et chefs. — La longueur des pièces de drap après décatissage ne devra pas excéder 40 m., non compris le chef et les liteaux.
- Elle ne sera pas inférieure à 25 m.
- Leur largeur après décatissage sera de 140 centimètres avec une tolérance de 3 centimètres en plus ou en moins.
- Dans ,1e premier cas, le poids du drap devra être en rapport avec l’excédent de largeur, qui sera gratuitement acquis à l’Etat sans que l’entrepreneur puisse, en compensation, réclamer la bonification.
- L’insuffisance de largeur, au contraire, donnera lieu à une réduction proportionnelle sur la longueur, et le fabricant ne sera payé que du métrage résultant de cette réduction.
- Les lisières auront pour tous les draps 12 fils de chaîne formant après foulage une largeur de 18 à 24 millimètres.
- Elles seront formées de fils blancs, pour tous les draps teints en laine, et, pour ceux teints en pièces, de 3 fils noirs et 9 fils de la couleur du fond. Leur tissu ne devra pas être sensiblement plus épais que celui du drap.
- Chaque pièce aura un chef encadré de deux liteaux et un liteau de queue.
- Le chef avec ses deux liteaux mesurera au maximum 7 centimètres de haute ur et chacun des liteaux 1 centimètre.
- (Suit le détail des marques et inscriptions que devra porter ce chef).
- 6° Poids des draps, nombre de fils, résistance dynamométrique et allongement. —Les draps, après décatissage et au moment de leur, pesage ou de leur vérification, devront avoir les poids,nombre de fils,résistancedynamomé-.trique et allongement, indiqués au tableau ci-après.
- Le poids au mètre courant en 140 est donné à titre d’indication. C’est le poids au mètre carré qui doit servir de base. Ces poids ne comprennent pas les poids des lisières.
- Le poids normal vers lequel le fabricant doit tendre à se rapprocher est la moyenne des poids maxima et minima spécifiés ci-dessus;
- 11 a été indiqué en accolade au-dessous de ceux-ci. C'est le poids moyen réunissant les conditions normales desiccité à la température de 15» centigrades et lorsque l’état hygrométrique varie entre 60 et 80 p. 100. Ces poids correspondent à un conditionnement normal, c’est-à-dire à un taux normal d’humidité de
- 12 à 13 p. 100. Le taux moyen de 12,5 p. 100 servirait de base en cas d’expertise contradictoire au sujet de l’appréciation du poids des draps.
- 7e Surveillance des manufactures. — La surveillance exercée par les délégués du ministre, conformément à l’article 20 du cahier des charges, devant s’étendre à tous les détails de la fabrication, ceux-ci auront toute qualité non-seulement pour exercer leur contrôle sur la nature des laines, teintures, etc., employées à la fabrication, sur les procédés mis en usage et sur la puissance et le fonctionnement des appareils, mais encore pour procéder dans l’usine ijà tous les essais permettant de s’assurer que les prescriptions du cahier sont bien suivies.
- Poids normal des draps
- Sous-off. rengagé.. en 140 cm sans lisières 7i0 gr. au mètre carré sans lisières 515 gr.
- — distinction 475 — 340 —
- Sous-off. 735 — 525 —
- — distinction 675 — 480 —
- Soldat, moins le gris beige et le gris j bleuté 805 — 575 —
- Soldat beige et bleuté 855 — 610 —
- La tolérance admise, en plus ou en moins, est d’environ 5 0[0.
- Nombre de fils par centimètre
- Drap en toile
- Chaîne
- 10 à 11 10-11 10-11
- trame
- 20 à 21
- 21 -23
- 17-18
- Drap fin
- chaine trame
- 19 à 20 24 à 26 19 -20 26 - 26 19 - 20 21 - 22
- S.-off. reng.
- — dist .
- S.-off. et dist.
- Soldat....... 8- 9 13-14 15-16 16-17
- Minimum de résistance dynamométrique de\5 cm de long sur 5 cm de large
- en chaine en trame
- Sous-off. rengagé.. 30 kil. 28 kil.
- — distinction 22 — 22 —
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Sous-off.......... 30 28
- _ distinction 26 — 26 —
- Soldat (suivant sorte) 31 à 36 — 28 à 33 —
- L’allongement de rupture deî éprouvettes devra toujours dépasser A centimètres, soit un peu plus du quart.
- PROPORTIONS DES MÉLANGES
- DE LAINES DANS LES DRAPS DE TROUPES
- Les laines employées dans cette fabrication comprennent six groupes de provenances, savoir :
- Laines de France
- 1° Languedoc, Roussillon, Rouergue, Auvergne, Provence, Dauphiné, Gascogne, Guyenne, Sologne.
- 2° Poitou , Limousin , Allier , Nivernais ,
- Berry.
- 3° Touraine, Beauce, Normandie et Picardie. ii° Champagne, Brie et Gatinais, pays d’Arles.
- Laines étrangères
- 5° Maroc et Algéiie.
- 6° République Argentine.
- Drap de soldat
- Le drap de soldat, sauf le bleuté et le beige, est constitué par les mélanges suivants :
- î* Languedoc, etc. 2° Poitou, etc.... 3° Touraine, etc.. A® Champagne, etc. 5° Maroc et Algérie Le drap de solda de :
- 1° Languedoc, etc. 2<> Poitou, etc ... • 3° Touraine, etc.. 5° Maroc et Algérie
- Trame Chaine Lisière
- 20 0t0 AO 0[0 A0 0i0
- 30 — 20 — »
- 20 — 10 — »
- 10 — » »
- 20 — 30 — 60 -
- gris et bleuté est formé
- Trame Chaine Lisière
- 25 0y0 30 Ot0 30 010
- 25 - 10 — »
- 10 — » »
- A0 — » »
- rtes pour soldat, on em-
- 'étoffe à fouler :
- 62 kilÆ
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- 2 —
- Lisière
- DRAP DE SOUS-OFFICIER
- et de distinction
- Le mélange des laines est ainsi composé :
- Trame Chaine Lisière
- 1° Languedoc, etc. » » 60 0t0
- 2° Poitou, etc .... » 30 0i0 »
- 3° Touraine, etc.. 20 0L0 30 — »
- 5° Champagne, etc. 30 — 10 — »
- 5° Maroc, etc » » A0 —
- 6e Rép. Argentine. 50 — 30 — »
- DRAP DE SOUS-OFFICIER RENGAGÉ
- Trame Chaine Lisière
- i® Languedoc, etc. » » 60 0[0
- 3° Touraine, etc.. » 20 0t0 »
- A0 Champagne,etc. 23 0t0 20 — .»
- 5° Maroc, etc.... » » 40 —
- l°Rép. Argentine. 75 — 60 - »
- Ces derniers types pour sous-officier comprennent :
- Trame............. 63 kil.
- Chaîne............ 35 —
- Lisière........ 2 —
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Perfectionnements aux machines a imprimer au rouleau
- Par MM. Du Clozel et Blanc
- L’invention se rapporte aux machines à imprimer, à rouleaux gravés en relief, se substituant à ceux gravés en creux.
- La machine comprend un rouleau-presseur sur lequel circulent superposés :
- Un drap sans fin,
- Le doublier,
- L’étoffe à imprimer.
- Contre celte dernière s’appliquent les rouleaux gravés, imprimant chacun leur couleur, qu’ils reçoivent de fournisseurs, comme d'usage.
- Mais l’organe nouveau et intéressant du système est un rouleau à picots mordant sur l’étoffe imprimée, la tendant et l’appelant.
- L’impression fraîche n’étant en contact qu’avec les pointes de ce rouleau, n’est ni essuyée, ni réappliquée, quoique l’étoffe soit suffisamment étirée.
- Ces pointes sont constamment nettoyées par un autre rouleau en contact, garni de molleton mouillé, et par un second semblable mais sec.
- Cette simple modification des imprimeuses régularise le cheminement et l’extension du tissu, et permet ainsi de faire avec les rouleaux en relief des impressions très nettes et des rentrures exactes; elle perfectionne réellement ce genre de travail.
- Fabrication de tissus en couleurs Far M. H. Fréaiont
- L’invention consiste à supprimer la teinture en écheveau pour la trame et pour la chaîne, et à la remplacer, après le tissage et au moment de l’apprêt (ce dernier servant d’épais-sissant), par l’application aux textiles de toute nature des procédés d’impression et de mattage usités pour les tissus ordinaires. Ces textiles ne seront pas, comme dans l’impression actuelle, tissés en écru ; étant encore en écheveau, ils sont débouillis, blanchis et mordan-cés lorsque la nuance l’exigera, et encollés chaîne et trame, pour obtenir identiquement le même genre de tissus qu’on obtient avec des fils dont la teinture est faite en écheveau.
- —L’auteur pense ainsi qu’il est plus avantageux de débouillir et blanchir sur fils plutôt que sur tissus, alors qu’au contraire ces der-
- niers sont d’une manutention plus facR, se prêtent au travail continu. De plus ie t-sage réintroduit les matières du pareront' dans les matières blanchies et nécessiter un nouveau dégraissage.
- Application de la vapeur surchauffée au fixage du brillant sur les étoffes Par M. E. Bérenger
- On sait qu’il est fait usage de la vapeur pour le fixage du brillant, dit indestructible sur les étoffes -, ce brillant étant obtenu, soit par la presse hydraulique, soit par la presse à chaud continue, est fixé à l’aide de la vapeur Suivant les résultats que l’on a en vue, 0n emploie, pour fixer le brillant des draps, des machines très diverses qui, principalement sont : la table à décatir et les machines dites à décatir sans plis.
- La pression de la vapeur affectée au fixage du brillant, mesurée sur le générateur, ne dépasse en aucun cas 5 à 6 kil. et elle ne serait plus que de 3 à 4 kil. après son introduction dans l’intérieur des appareils.
- La présente invention a pour but d’employer de la vapeur dont la pression excède celle en usage actuellement pour le fixage du brillant dit indestructible, soit que cette vapeur soit fournie directement par le générateur, soit qu’elle soit prise du générateur et surchauffée par les moyens connus avant d’être affectée au fixage du brillant. L’emploi de la vapeur à cet état supprimerait les inconvénients du procédé, atiendu que cette vapeur, étant très sèche, ne mouillera pas l’étoffe soumise à son action et, de plus, il procurerait une économie de temps qui p;ut varier de 20 à 80 0/0 sur le système actuel, tout en donnant un brillant parfait.
- Teinture partielle directe Par M. C. Bréban
- Voici un nouveau mode de teinture des fils et tissus, consistant dans l’application directe à la surface du tissu et suivant des dessins déterminés d’une ou de plusieurs teintures liquides.
- La teinture ainsi appliquée occuperait toujours exactement l’emplacement désiré; de plus, étant liquide, pénétrerait le tissu tout entier et ressortirait à l’envers avec la même teinte qu’à l'endroit.
- Pour réaliser l’invention, le tissu étant tendu sur un cadre, on pourra appliquer la teinture au pinceau, à la plume ou avec tout autre instrument analogue ; l’inventeur préfère, toutefois, se servir dans ce but d’un petit récipient muni d’une pointe à ouverture capillaire, d’où la teinture s’échappe assez lentement pour qu’il soit possible de suivre convenablement les contours du dessin à teindre.
- — Décorer les tissus à l’aide du pinceau,delà
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- plume ou du vase à tube effilé en usage depuis des siècles chez les Indiens, cela est, en vérité, une heureuse trouvaille.
- Teinture des laines pour les matières colorantes d'alizarine
- Par la C° Parisienne des couleurs d’aniline
- Les matières colorantes d’alizarine se teignent sur laine mordancée avec des sels métalliques ; ou bien la couleur et le mordant se trouvant dans le même bain.
- Le procédé proposé par les inventeurs consiste à teindre d'abord avec la matière colorante en bain acide, et après que la couleur est fixée à la fibre,de faire intervenir les mordants métalliques (alun, chrôme, etc.), qui déterminent la formation d’une laque sur la fibre même.
- C’est donc l’inverse des procédés habituels -, la maison qui préconise cetîe méthode est assez sérieuse pour qu’on pense qu’elle ne l’a pas fait breveter à la légère.
- PROCEDES DIVERS
- TEINTES D’ÉTÉ
- Parmi les teintes claires de l’été, nous remarquons que les séries verts et violets ternes occupent une grande place ; pour les violets genre héliotrope, praline, c’est une vogue qui dure depuis plusieurs années et qui se maintient.
- Les variétés de beige conservent aussi leur faveur, et les vieux bleus ont gardé, sinon une vogue, du moins un certain courant, et se verront encore cet été parmi les teintes les plus portées.
- Nous donnons ci-dessous quelques exemples de ces types, pris parmi les nuances que nous avons le plus vues en fabrication dans les grandes teintureries de la banlieue parisienne, et que nous retrouvons dans la carte pour l’année 1893 adoptée par la Chambre syndicale de la passementerie, mercerie et boutons, qui règle sa collection sur celle des tissus.
- Nous lui empruntons ces désignations :
- Source
- C’est le n° 226 delà carte.
- On l’obtient directement au moyen du thio-
- carmin et comme suit :
- Thiocarmin R en pâte.............. 1x2 0^0
- Sulfate de soude..................... 10 —
- Acide sulfurique...................... 2 _
- Teindre au bouillon.
- On l’obtiendrait aussi avec le carmin d’in digo et une pointe de curcuma.
- \ GLYCINE-VIEUX VIOLET
- Cette teinte figure dans une gamme de divers tons sous le n° 205 de la carte.
- Un violet rouge un peu rabattu par du jaune donnera cette nuance. Voici, du reste, une
- formule :
- Azo-violet à l’acide 4 R........... 2 0/0
- Jaune solide extra................. 1/4 —
- Sulfate de soude................... 10 —
- Acide sulfurique................... 2 —
- C’est à peu près la teinte de l’orseille naturelle
- Ficelle
- La gamme des beiges n0, 20r à 212 de la carte contient cette nuance que nous retrouvons aussi au n° 294, sous la désignation : « Ficelle ».
- Un procédé pour l’obtenir est le suivant :
- Jaune solide extra.................... 1 010
- Vert solide bleuâtre en pâte........ 2 —
- Azo-cochenille.......................0,05 —
- Sulfate de soude et acide sulfurique comme ci-dessus et teinture au bouillon.
- Ce jaune brunâtre peut, d’ailleurs, se faire par de nombreux moyens et n’offre aucune difficulté.
- Horizon
- C’est aussi la nuance que l’on a baptisé électrique ou plus simplement vieux bleu ; elle figure sous le n3 269 de la carte ; celle des fleurs et plumes la dénomme bi sphore.
- On la reproduit comme suit :
- Vert solide bleuâtre................ l 0x0
- Azo-violet à l’acide 4 R........... 1/2 —
- Sulfate de soude et acide comme pour le violet plus haut, et teinture au bouillon.
- Tous mélanges de vert et de violet allant ensemble, avec prédominance du vert donnera le même résultat.
- Teinture de l’étoffe dite Mérino
- 11 s’agit de l’article pour bonneterie, fabriqué avec un fil mélangé de coton et de laine en proportions variables et sur la teinture duquel nous avons publié une note dans notre numéro de novembre 1892, p. 146.
- Nous engageons les intéressés à revoir cet article que nous complétons i :i :
- Il faut des couleurs solides, avons nous dit, et les choisir dans la classe des alizarines, que l’on teint sur mordant de chrôme.
- Or, le jaune est l’une des plus employées, et il importe de le choisir convenable au point de vue du résultat et de l'économie.
- La gallo-flivine est coûteuse et d’une teinte tirant à l’olive.
- Le Jaune pour laine de la Badische est d’un meilleur rendement, et nous savons l’une des premières teintureries de Troyes, l’employer exclusivement pour ce tissu.
- Cependant, le jaune de carbazole est, à notre connaissance, le produitleplûs avantageux pour cette destination.;
- Les teintes usitées pour le mérino peuvent toutes s obtenir par la combinaison des cinq colorants suivants :
- Jaune de carbazole W (poudre).
- Rouge d’alizarine WR (pâte;.
- Brun d’anthracène W (pâte).
- Bleu d’alizarine SW (pâte/.
- Noir d'alizarine SW (pâ*e).
- En voici des exemples :
- C’est la laine principalement qui doit se teindre, le coton du mélange se colorant à peine ; le dosage des mordants et des couleurs sera donc en rapport avec les proportions de laine du mélange -, ces proportions en usage sont de 25, de 33, de 45 et de 75 Ojo, sur le poids total de l’étoffe.
- Envisageons la proportion moyenne de 45 0[0.
- Mordançage.
- Bi-chromate de soude ou de potasse 2 0x0
- Acide sulfurique.................. \ [2 —
- Bouillon modéré de 1 h. 1[2.
- Le mordant ayant servi est renforcé avec un tiers seulement des dosages primitifs et est employé â une nouvelle passe, et cela sept ou fois de suite :
- Après le mordançage, les tissus sont rincés.
- Teinture
- Les couleurs sont dissoutes ou délayées dans une certaine quantité d’eau, et ajoutées au bain en les passant au tamis.
- Le bain doit être légèrement aiguisé à l’acide acétique; si l’eau est calcaire, on force la dose d’acide acétique, de façon à saturer tout le sel de chaux et conserver un petit excès d’acide.
- En ce moment, on recommande beaucoup l’acétate d’ammoniaque en remplacement de
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- l’acide acétique, mais le surcroît de dépense ne nous paraît pas compensé par des avantages suffisants.
- Nous supposons l’eau moyennement calcaire : de 25 à 30 degrés hydrotimétriques, et nous emploierons alors 2 litres d’acide acétique pour 1,000 litres d’eau, ce volume de bain convenant pour 40 à 50 kil. de tissus.
- On entre au bain de teinture à 40 degrés, on pousse au petit bouillon en 30 ou 45 minutes et l’on maintient ainsi la température une heure ou une heure et demie.
- Les colorants seront pour 100 kil. de tis-
- sus.
- Jaune moutarde
- Jaune de carbazole W............. 500 gr.
- Rouge d’alizarine W R............ 250 —
- Brun d’anthracène W.............. 250 —
- Brique
- Rouge d'alizarine WR................... 5 kil.
- Jaune de Carbazole W.................. 50 gr.
- Suède
- Rouge d’alizarine WR................... 5 kil.
- Brun d’anthracène W.................. 500 gr.
- Beige
- Brun d’anthracène W.............. 1 k. 500
- Jaunede carbazole W... ;......... 50 gr.
- Gris Marengo
- Bleu d’alizarine SW............... 5 kil.
- Brun d’anthracène W............... 1 kil.
- Bleu foncé '
- Bleu d’alizarine SW............... 6 kil.
- Noir d’alizarine SW............... 2 kil.
- Ces divers dosages sont augmentés d’un tiers pour le mérino à 75 pourcent de laine, et diminués d’autant pour ceux à 25 ou 33 pour cent.
- Le noir d’alizarine sera employé chaque fois qu’on voudra rabattre (brunir) une teinte.
- Chlorage des lainages destinés à l'impression.
- Cette préparation des tissus est également avantageuse pour la teinture unie.
- Pour 10 kil. de tissu il faut en moyenne :
- Bain de chlorage
- 150 litres d’eau.
- 2250 cc. d’acide chlorhydrique à 20® B. (15 cc. par litre d’eau).
- 40 litres d’hypochlorite de soude à 1- B. (4 litres par 1 kil. d’étoffe).
- Bain acide
- 150 litres d’eau.
- 2250 cc. d’acide chlorhydrique à 20° B.
- La manière de travailler est en général la suivante :
- On commence à imprégner bien h fond la marchandise dans la quantité indiquée d’eau ; on lève et ajoute 2250 cc. d’acide chlorhydrique. On passe ensuite la laine dans ce bain pendant 5 à 10 minutes, on lève de nouveau et y ajoute une quatrième partie de la solution de
- chlore, on y replonge alors la laine pendant 5 à 10 minutes, après quoi on additionne, comme il vient d’être indiqué, le deuxième quart de chlore et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le chlore soit employé. Ensuite on abandonne dans ce bain pendant trois quarts d’heure, on rince légèrement et porte, pour un quart d’heure sur un bain iroid contenant 15 cc. d’acide chlorhydrique à 20‘ B. par litre d’eau pour finir par un bon rinçage.
- Dans le bain de chlore, il faut veiller à ce que la marchandise y soit, autant que possible, entièrement plongée pour éviter que quelques endroits ne soient au contact de l’air.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie
- Séance du 8 février 1893
- L’auteur du travail envoyé sous la devise Grau ist nie die Théorie, M. Max Petzold, de Chemnitz, consent à ce qu’un extrait de son mémoire soit publié au Bulletin. M. Bau-mann est prié de le rédiger.
- Le comité passe ensuite à l’étude de divers plis cachetés déposés par M. Goppelsrœder le 22 mars 1882 et ouverts à la séance du 8 octobre 1892, traitant de nouveaux procédés de décreusage et de nettoyage des cocons et de la schappe de soie.
- Suivant le désir de l’auteur, ces documents seront soumis à M. Jules Persoz, à Paris.
- M. Albert Scheurer lit une étude sur l’action du vaporisage sur la laine considérée au point
- de vue de l’affaiblissement de la fibre_Le
- comité demande l’impression de cette note.
- Il demande ensuite à la société de vouloir bien faire l’acquisition de l’ouvrage de M. Zune sur l’analyse des beurres.
- M. Nœlting, en commun avec M. L. Bau-mann, a étudié l’action de l’acide nitrique sur la métabromaniline en solution sulfurique concentrée. Gomme dans le cas de la métatolui-dine, il se forme un dérivé nitré en para vis-à-vis de l’amide.
- CHAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DE LA
- TEINTURE ET DU NETTOYAGE
- La séance du 6 février a donné lieu, notamment, auxt avaux suivants, sous la présidence de M. A. Jolly.
- Lecture est donnée de la correspondance. Admissions :
- M. Barbé, comme membre adhérent.
- M. Prévost (d’Orléans), comme memb correspondant.
- Un secours de 20 francs est voté en faveur de M. Louis Lehingue, ouvrier.
- Sur la proposition de M.Babillon, M. p»- . sident demande au comité s’il juge Oppor, de créer une commission chargée d’étudie tout ce qui a rapport à notre industrie au point de vue techrdque. Nos relations avec les nom breuses villes de province qui ont adhéré à notre syndicat, nous imposent des obligations nouvelles auxquelles nous n’avons pas le drojt de nous soustraire. Nous sommes à Paris p]a cés pour renseigner nos confrères dans la me. sure du possible sur tout ce qu’ils pourront nous demander et sur tout ce qu’ils voudront nous soumettre.
- M. Fleury craint que la Chambre entre dans une voie qui peut devenir dangeieuse p0lir I elle. L’appréciation de tel ou tel produit peilt j engager sa responsabilité plus qu’elle ne le pense,
- Il craint aussi un surcroit d’occupation pour \
- les collègues qui prendront cette charge, et I qui ne pourront suffire à répondre à leurs correspondants, qui deviendront de plus en pius j nombreux.
- M. Rollet, tout en étant partisan de la pro. j position, redoute aus=i des difficultés pour notre comité-, mais il pense que la question est ! ass z intéressante pour qu’on l’étudie.
- M. le président explique au comité qu’il ne s’agit pas ici de créer un laboratoire de chimie ni de pontifier sur des questions de théorie.
- Il faut simplement, comme notre devoir nous f" l’impose, faire acte de bonne confraternité, et s’il surgit dans la profession une nouveauté en mécanisme ou en chimie, un produit pou- j; vanl rendre service à ceux qui cherchent à I bien faire, et qui, éloignés des grands centres, [ ne sont pas aussi vite renseignés que nous, il faut les leur signaler puremeut et simplement.
- Notre profession ne peut qu’y gagner en général. Nous n’avons peut-être pas le droit de critiquer tel ou tel produit au point de vue de la qualité, du rendement ou du prix, mais il nous sera toujours permis de dire à nos confrères :
- <r Voilà ce que nous avons fait avectelle matière colorante, nous en sommes satisfaits, voyez si cela vous intéresse. » Nous supposons que la maison qui l’aura fabriquée ne s’en plaindra pas.
- Nous estimons enfin que nos confrères de province mettront assez de discrétion dans leurs demandes et ne nous. accableront pas mal à propos de lettres interminables. Ils savent que nous serons désireux de leur être agréables, mais ils savent aussi combien notre partie est ingrate, combien aussi celui qui s’occupe de sa maison a peu de loisir, et ils n’abuseront pas, nous en sommes convaincus,
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- de la complaisance de leurs confrères de Paris.
- Reste la question délicate et que notre collègue a soulevée, en souriant, il est vrai, la question vénale : le pot-de-vin.
- Nous espérons que la commission que vous choisirez sera à l’abri detoutsoupçon, et nous souhaiterions à notre pays d’être assuré d’avoir au service de ses intérêls, en tous lieux et en toutes circonstances, des commissions aussi dévouées et aussi incorruptibles.
- M. Barbin ajoute que rien n’empêcherait notre Chambre syndicale de demander aux droguistes et aux fabricants qu’ils nous fassent des offres en nous donnant des prix courants.
- Beaucoup d’affaires se feraient ainsi, créant entre nos fournisseurs une sorte d’émulation et de concurrence.
- Plusieurs membres du comité approuvent la proposition de M. Barbin et, après un échange d’observations diverses, relativement au projet en discussion, M. le président met aux voix l’opportunité de la création d’une commission technique.
- Ls proposition est adoptée par dix voix contre une.
- Le comité procède alors à la nomination de la commission, qui se compose de MM . Jolly, Rollet, L’Huillier.
- M. le président fait ensuite la communication suivante au comité :
- « En recevant les épreuves de Y Annuaire des chambres syndicales, nous nous sommes aperçus qu’une omission grave avait été faite au chapitre qui nous concerne. Notre président d’honneur et notre vice-président n’y figuraient pas.
- « M. Rigolot, ancien président de la Chambre de la teinture et du nettoyage, qü’un vote absolument justifié a fait président d’honneur, représente ici l’ancienne Chambre dont les membres ont laissé dans nos esprits les souvenirs les plus vifs et les plus chers...
- « Nos aînés, messieurs, ont péniblement tracé sur le sol ingrat de la routine et de l’indifférence le sillon où commence à lever le bon grain, espoir de nos récoltes futures.
- « A côté de notre président d’honneur, nous plaçons notre vice-président d’honneur que notre alliée et amie, la chambre syndicale lyonnaise nous désigne en composant son bureau en assemblée générale, et à qui nous réservons toujours et d’avance, notre accueil le plus sympathique.
- « Vous savez, messieurs, quels liens nous attachent à nos confrères de province, vous savez comment Lyon et Paris ont donné l’exemple de la solidarité la plus complète.
- a Vous n’ignorez pas non plus avec quel empressement trente autres villes de France sont venues se grouper autour de leurs sœurs aînées en syndicat.
- « Forts de ces approbations et des encouragements que nous recevons tons les jours,
- poursuivons notre tâche avec ardeur et avec confiance, et inspirons-nous de ces grands sentiments qui font la force des associations comme des particuliers.
- « Le respect de nos aînés, l’amour de l’humanité et du progrès. » [Vifs applaudissements).
- M. le président fait au Comité le compterendu de la fête donnée à l’Hôtel des chambres syndicales, le 20 janvier 1893, et duquel nous citons le passage suivant :
- « Pour la première fois cette année, la Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage avait proposé desouvriers ou employés de la corporation pour les récompenses accordées par le gouvernement et par le syndicat général. Les trois collaborateurs proposés ont obtenu chacun une médaille du gouvernement et un diplôme du syndicat général.
- « Ce sont :
- « Mlle Louise Becquet, employée dans la maison Fleury depuis 36 ans.
- « Mlle Eugénie Becquet, employée dans la maison Fleury depuis 36 ans.
- a Mme Fournier, contremaîtresse dans la maison Babillon-Marchal, 32 ans de services....
- « La chambre syndicale de la teinture était représentée par six de ses membres, quiétaient heureux de venir applaudir les dévoués collaborateurs que le gouvernement a trouvé juste de récompenser, et féliciter, en même temps, leurs honorables confrères d’avoir prouvé une fois de plus, et en dépit de la médisance intéressée de certains politiciens de profession, qu’il y a beaucoup de bons patrons et beaucoup de bons ouvriers.... »
- M. le président communique une note de M. Babillon, proposant de choisir un ou deux membres du comité, qui seraient désignés au tribunal de commerce et surtout aux juges de pais comme experts attitrés du syndicat.
- Cette notification, près de MM. les juges de paix aurait pour but de les mettre à même de choisir, pour les expertises, entre l’arbitre non rétribué, mais compétent délégué par un Syndicat, auquel le président du tribunal de commerce lui-même a reconnu un grand esprit de conciliation et d’équité, et l’arbitre salarié, sans titre ni aptitude reconnue par ses pairs.
- Le comité approuve cette proposition, étant bien entendu que les affaires envoyées par les tribunaux, suivant la filière ordinaire, seraient soumises aux arbitres de service.
- Le Comité choisit M. Jolly comme expert officiel de la Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage, et charge le secrétaire d’en aviser le président du tribunal de commerce et les juges de paix.
- En conformité de la décision ci-dessus relatée, la Chambre syndicale des Teinturiers-Dégraisseurs de Paris a institué une commission chargée d’examiner les
- produits nouveaux qui lui seront soumis pour les faire connaitre aux intéressés.
- De plus, cette commission recevra, pour les présenter à chaque réunion mensuelle, les prix-courants des principaux articles de droguerie.
- Adresser correspondance, circulaires et échantillons à 1’ « Hôtel de l’Union nationale», rue de Lancry, 10, à Paris.
- CHAMBRE SYNDICALE
- DES
- MITRES TEINTURIERS-DÉGRAISSEURS
- DE LA VILLE DE LYON
- Dans son assemblée extraordinaire du 11 décembre 1892, la Chambre syndicale des maîtres leinturiers-dégraisseurs de la ville de Lyon a décidé que désormais, les membres honoraires actuels (teinturiers), prendraient le titrede membres actifs et jouiraient du droit de vote dans toutes les propositions et délibérations concernant le syndicat.
- La chambre syndicale sollicite l’adhésion de ses confrères de tous pays, qu’elle sera toujours heureuse, dit-elle, de posséder non seulement comme membres, mais comme amis dans la solidarité professionnelle.
- I es adhésions peuvent être adressées, soit :
- A M. J. Capillery, président, Grande rue de la Guillotière, 2A -, à M. F. M. Patin, secrétaire-syndic, Grande rue de la Guillotière, 12; à M. L. Abric, trésorier, place Saint-Jean, 6.
- Dans la même séance, il a été décidé que la cotisation annuelle serait portée à neuf francs.
- La chambre a, en outre, décidé de transférer son bureau de placement pour ouvriers et ouvrières à la Bouse du Travail située 39, cours Morand, 39.
- Le bureau de placement est gratuit (patrons ouvriers et ouvrières). Désormais, le siège de la société sera café Morel, 11, place Belle-cour.
- Réunion amicale des membres de la Société, tous les lundis, de A à 8 h. du soir, audit siège de la sociélé.
- MANUEL MÉTHODIQUE
- DE L’ART
- DU TEINTURIER-DEGRAISSEUR
- Par Maurice GUÉDRON
- RAPPORT de la Chambre syndicale des Maîtres Teinturiers-Dégraisseurs de la Ville de Lyon, en date du 19 janvier 1893.
- La Chambre syndicale a examiné avec le plus vif intérêt le Manuel méthodique de l'Art
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- du Teinturier - Dégraisseur, de Maurice Gué-dron, teinturier et rédacteur à la Revue de la Teinture.
- Elle a été heureuse de trouver enfin un livre consciencieux et compétent, traitant avec autant de savoir et d’expérience, des travaux de notre industrie, jusqu’à présent si négligés dans la littérature spéciale ; ses renseignements touchant à toutes les branches de nos travaux, à notre outillage, à l'installation de nos ateliers ; sa méthode simple et pratique, son style courant en feront un précieux auxiliaire des débutants, et un bon conseiller pour les vieux praticiens quelquefois embarrassés dans des cas imprévus.
- La Chambre syndicale adresse à l’auteur ses félicitations et son approbation pour ce travail intéressant, et des plus utiles à tous les travailleurs de la Teinture et du Nettoyage.
- Ont signé :
- MM. J. Capillery, président ; C. Conde-mine, vice-président ; F.-M. Patin, secrétaire-syndic; L. AbriC, trésorier.
- PROJET DE LOI
- Concernant l’hygiène et la sécurité des travailleurs
- EXTRAIT du rapport fait au nom de la Commission sénatoriale chargée d’examiner le projet de loi adopté par la Chambre des députés, parM. Morel, .sénateur.
- Au nombre des questions sociales dont l’étude s’impose au législateur, l’une des plus intéressantes e9t celle qui consiste à rendre inoffensifs, dans la mesure du possible, les travaux effectués par les machines et à assainir, par tous les moyens que la science met à notre disposition, les locaux et ateliers, le plus souvent insalubres, soit à cause de la nature du travail auquel on se livre, soit à cause de la grande agglomération d’ouvriers réunis dans un établissement insuffisant.
- Donner la sécurité à l’ouvrier, préserver sa santé contre les émanations, la poussière et les causes diverses d’insalubrité, mais en même temps ne pas imposer à l’industrie des charges qu’elle serait incapable de supporter, tel est l’important problème que soulève le projet de loi qui est soumis à vos délibérations .
- Jusqu’ici la loi française ne s’est occupée des dangers et de l’insalubrité des diverses industries qu’à deux points de vue : T en ce qui concerne les enfants (loi du 19 mai 1874), 2-en ce qui concerne la population avoisinante (décret-loi du 13 octobre 1810) qui ne parle que des dangers, des dommages ou de3 incommodités que les établissements industriels peuvent causer aux habitations et aux cultures.
- Mais depuis lougteœps déjà ces ques’ions sont à l’ordre du jour ; c’est ainsi que le 11 novembre 1882 et pour la seconde fois le 10
- décembre 1885, M. Félix Faure, député, déposait un projet de loi concernant l’hygiène et la sécurité du travail dans les manufactures, usines, mines, chantiers et ateliers. Ce projet, pris en considération n’a pas été rapporté. Il appliquait à tous les établissements industriels, de quelque nature qu’ils fussent, l’inspection des agents désignés par la loi.
- Une proposition de loi poursuivant le mê ne but était déposée par M. Rouvier, député, le 29 décembre 1885. Les pénalités qu’elle prévoyait étaient celles de la loi du 19 m i 1874 sur le travail des enfants et des filles mineures dans les établissements industriels. En plus du projet de M. Félix Faure, elle prévoyait des dispositions transitoires et fixait une période de tolérance pendant laquelle le ministre avait le droit d’accorder des sursis dont la durée serait variable selon les espèces.
- Le 13 janvier 1887, la Chambre était saisie d’un projet de loi relatif à la salubrité du travail et à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels, présenté par M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, projet que son auteur déposait à nouveau, comme député, le 19 novembre 1889.
- Ce projet prévoyait minutieusement tous les points qui devaient faire l’objet du règlement à intervenir et l’article 3, qui en faisait l’énumération, ne contenait pas moins de dix-huit paragraphes. Quant aux pénalités, elles étaient plus élevées que dans les projets précédents. Ce projet, n’ayant pu venir en discussion, fut repris avec diverses modifications indiquées par le comité consultatif des arts et manufactures, et le 15 juin 1890, M. Jules Roche, mi-nis're du commerce et de l’industrie, le déposait de nouveau, au nom du Gouvernement, sur le bureau de la Chambre qui, après une courte discussion, votait le projet de loi dans sa séance du 8 juillet 1891.
- A côté de l’historique de la question au point de vue législatif, nous croyons utile de faire connaître les efforts individuels faits pour améliorer la situation des travailleurs.
- En 1867, la société industrielle de Mul- j house, sous l’inspiration d’un homme qui | s’est toujours dévoué et passionné pour la question ouvrière, M. Engel Dolfus, eut l’idée de créer une association composée des principaux industriels qui s’engagèrent à organiser une inspection pour rechercher les moyens de prévenir les accidents de fabrique. Cette œuvre devra fonctionner sous la garantie des premiers adhérents et a pris depuis un développement tel que, à tiès peu d’exceptions près, toutes les industries de l’Alsace y ont souscrit.
- A Rouen, après une première tentative en 1869, pour imiter les Alsaciens, l’association rouennaise s’est fondée en 1879 et, après quelques hésitations, s’est peu à peu développée. Aujourd’hui, les industriels reconnaissent que
- cette institution est indispensable et les 0u vriers l’acceptent avec reconnaissance et iu- I portent un grand intérêt.
- Enfin, en 1883, l’association des industriels de France se fondait à Paris sur le modèle de ses devancières et prenait elle-même un pPan.i développement. 6 aDd ,
- Si l’on réfléchit que les statistiques ont prouvé que, dans l’industrie, la moyenne des accidents est de 47 par 1,000 ouvriers, dont 4,40 sont mortels, et qu’on arrive à diminUer de moitié la proportion des accidents par les appareils préventifs ; si l’on ajoute que par des règlements bien observés, et en appeiant l’attent:on des ouvriers sur les dangers auxquels ils sont exposés, on peut encore réduira de moitié les accidents, on voit quelle importance a cette question et combien il est intéressant de lui donner une prompte solution.
- La plupart des autres pays nous ont devancés dans cette voie et ont cherché à résoudre ce problème. Il nous a paru utile de rappeler la législation étrangère, avant de vous appor. ter ici les résolutions apportées par votre commission.
- (Suit cette revue des pays étrangers).
- Projet de la commission
- L’article premier du projet voté par la Chambre des députés était ainsi conçu : «Sont soumis aux dispositions de la présente loi les manufactures, fabriques, usines, chantiers, atelier de tout genre et leurs dépendances.
- Sont seuls exceptés, les ateliers de famille où aucun ouvrier étranger n’est employé. »
- Ainsi qu’on le voit, cet article est une définition des établissements auxquels la loi devra s’appliquer.
- Votre commission vous propo e d’en adopter le premier paragraphe ; un membre s’était bien demandé s’il était nécessaire d’ajouter les mots « et leurs dépendances » à l’énumération qui était faite, et si l’inspection p évue ne pouvait pas donner lieu à des abus lorsqu’elle s’applique aux dépendances d’une usine ou d’une fabrique. Mais il a été répondu que cette inspection aurait souvent de très grands avantages. C’est ainsi que les inspecteurs, dans leurs rapports faits en exécution de la loi du 19 mai 1874 sur le travail des enfants et des fi les mineures, signalent qu’il est d’usage, dans certaines industries, de loger les ouvrières et que les dortoirs qui leur sont affectés ne présentent souvent aucune desconditions de salubrité nécessaires à la santé du personnel. (Moulinage de la soie).
- Quant au deuxième paragraphe, nous vous proposons de le modifier en adoptant le texte qui, pour une situation analogue, a déjà été voté par les deux Chambres lors de la discussion du projet de loi sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes. L’article premier de ce projet porte en effet : « Sont exemptés les travaux effectués dans les établissements c ù ne sont employés que les menu-
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- bres de la famille sous l’autorité soit du père, soit de la mère, soit du tuteur. Néanmoins, si le travail s’y fait à l’aide de chaudière ou de moteur mécanique, ou si l’industrie exercée est au nombre des établissements dangereux ou insalubres, l’inspecteur aura le droit de prescrire les mesures de sécurité et de salubrité à prendre, conformément aux dispositions de la présente loi. »
- C’est cette rédaction que nous vous proposons d’adopter....
- Ce texte a d’ailleurs le grand avantage d’avoir eu la sanction des deux Assemblées et d’établir ainsi une parfaite concordance avec la loi qui va être votée sur le travail des nrneurs et des femmes.
- L’article 2 du projet indique d’une manière générale que les établissements industriels doivent présenter les conditions d’hygiène et de salubrité nécessaires à la santé du personnel. Ces conditions seront prévues en détail dans le règlement prescrit par l’article 3. Quant aux mesures de sécurité, l’article 2 en énumère un certain nombre des plus nécessaires, laissant au règlement le soin de les compléter s’il y a lieu. Cette distinction nous a semblé nécessaire, ainsi que nous le verrons à l’article 6, car si les travaux à faire pour couvrir un appareil de transmission, fermer un puits ou une trappe sont souvent de peu d’importance, il n’en est pas de même de ceux que nécessitera la salubrité de l’atelier et qui entraîneront souvent des réfections considérables.
- L’article 3 s’occupe des règlements d’administration publique qui seront rendus pour l’exécution de la loi. Conformément au projet voté par la Chambre, votre commission vous propose de décider que ces règlements seront rendus après avis du comité consultatif des arts et manufactures.
- En ce qui concerne les mesures de salubrité que devra exiger le règlement prévu, nous nous sommes bornés à citer, dans une courte énumération, ce qui concerne l’éclairage, l’aération, la ventilation, les eaux potables,les fosses d’aisance, l’évacuation des poussières et vapeurs, les précautions à prendre contre les incendies, etc. Nous n’avons pas voulu entrer dans plus de détails, pensant que c’était au règlement prévu qu’incombait ce soin; nous avons voulu seulement, par cette courte énumération, indiquer à l’autorité chargée de faire ce règlement l’esprit dans lequel le législateur désirait de voir faire ce travail.
- Les rapports des inspecteurs constatent trop souvent que, bien que des progrès aient été réalisés depuis quelque temps, les aneiens établissements sont généralement trop bas et mal aérés, que l’on y occupe un trop grand nombre d’ouvriers dans un espace trop restreint. Il en résulte un dangerpermarent pour les travailleurs en même temps qu’une insalubrité pernicieuse. Les eaux potables reçoivent des infiltrations malsaines qui peuvent
- occasionner un dangerpermanent pour le personnel des établissements, et les cabinetsd’ai-aQce sont, dans la plupart des cas, dans un tel état, que les émanations peuvent être la cause de véritables épidémies. Enfin, de trop nombreux exemples récents ont démontré combien les précautions prises en cas d’incendie sont insuffisantes. Le nombre des sorties et des escaliers, beaucoup trop restreint, ne permet pas l’évacuation en cas de sinistre, et chaque année on peut enregistrer la mort de nombreux ouvriers victimes de cet état de choses.
- Par des mesures équitables, sachant concilier l’intérêt de l’industrie et la santé de l’ouvrier, le règlement prévu à l’art. 3 prescrira les mesures que commandent l’humanité etno-tre civilisation moderne.
- Le paragraphe 3 prévoit le cas où de nouveaux modes de travail viendraient à être employés ; de nouveaux règlements, au fur et à mesure des nécessités, prescriraient les mesures particulières à prendre.
- L’article 4 renferme les prescriptions comprises dans les articles 4 et 5 votés par le Chambre, qu’il modifie cependant sur deux points. D’abord, il renvoie à un article spécial le paragraphe de l’art. 4 qui déclare qu’il n’est rien innové quant à la surveillance des appareils à vapeur, ensuite, il supprime dans 1 article 6 les mots : « pendant la durée du travail. #
- Cette suppression a semblé à votre commission la conséquence naturelle de l’adoption des mots « et leurs dépendances » dans l’article premier. En effet, si l’inspecteur ne peut entrer que pendant la durée du travail dans l’établissement industriel, comment se rendrait-il compte des conditions dans lesquelles les ouvriers mangent et couchent dans ces établissements ?
- 11 est évident du reste que les inspecteurs useront avec discrétion de la faculté qui leur est donnée et ne feront en dehors des heures de travail que les visites nécessaires à l’inspection qui leur incombe.
- L”article 5 n’est que la reproduction de l’article 7 du projet de la Chambre et n’a pas donné lieu à discussion ; mais lorsque la contravention aura été constatée , quelle sera la sanction ? Sur ce point, votre commission n’a pu adopter la décision proposée par l’article 10 du projet de la Chambre des députés. Cet article déclarait que les chefs d’industrie, directeurs, gérants ou préposés qui auront contrevenu aux prescriptions de la présente loi et des règlements d’administration publique relatifs à son exécution seront poursuivis devant le tribunal correctionnel et punis d’une amende de 50 à 500 fr.
- Nous n’avons pu accepter que les industriels soient toujours ainsi sous le coup d’une poursuite correctionnelle et nous avons voulu leur donner des garanties telles que, s’ils sont sou-
- mis à celte poursuite, ce soit le fait d’une désobéissance voulue à la loi.
- Voici l’économie des articles 6, 7, 8 et 9 du projet.
- La contravention constatée, procès-verbal est dressé par l’inspecteur, et l’industriel est poursuivi devant le tribunal de simp’e police et puni d’une amende de 5 à 15 francs Le jugement fixe, en outre, le délai dans lequel les travaux exigés par la loi devront être exécutés. Toutefois, l’article 6 établit une exception lorsqu il s agit de l’application des règlements d’administration publique prévus à l’art. 3, c est-à-dire de l’aération, de l'éclairage, de l’évacuation des poussières, des eaux potables, des fosses d’aisance, des précautions contre l’incendie, etc. Cette application peut nécessiter des travaux considérables, entraîner en quelque sorte la réfection de l’etablissement ; on ne saurait donner trop de garanties à 1 industriel, tout en maintenant la stricte exécution de la loi. Nous vous proposons donc la procédure suivante : avant de dresser procès-verbal, les inspecteurs mettront les industriels en demeure de se conformer aux règlements. Cette mise en demeure sera faite par écrit, sur le registre de l’usine, elle sera datée et signée, indiquera les contraventions relevées et fixera un délai à l’expiration duquel ces contraventions devront avoir disparu. Cj délai ne sera jamais inférieur à un mois. Déplus, il est nécessaire que l’industriel ait un recours contre la décision de l’inspecteur.
- Si le délai est accordé, l’inspecteur en attend l’expiration pour constater si l’industriel a fait les travaux nécessaires; s’ils ne sont pas exécutés, il dresse procès-verbal et la poursuite a lieu devant le tribunal de simple police, comme il est dit plus haut.
- La condamnation de simple police a été prononcée, le délai accordé par le jugement pour l’exécution des travaux est terminé, mais l’industriel refuse de se conformer aux prescriptions exigées : l’inspecteur rédige un nouveau procès-verbal et l’affaire est portée devant le tribunal correctionnel qui peut, après une nouvelle mise en demeure, ordonner la fermeture de l’établissement.
- Ce jugement sera susceptible d’appel; la cour statuera d’urgence.
- La fermeture de l’usine est, certes, une mesure très grave et qui se produira rarement, mais elle nous a paru s’imposer dans le cas où l’industriel se refuse à faire les travaux que la loi lui impose, alors surtout que le recours au ministre lui est ouvert dans l’article précédent.
- Le projet de la Chambre des députés prévoit ensuite le cas de récidive. L’industriel a été frappé d’un procès-verbal constatant une contravention à la présente loi ou aux réglements d’administration publique et condamné devant le tribunal de simple police. Douze mois ne se sont pas écoulés, lorsqu’un nouveau procès-Yerbal est dressé contre lui pour
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- nouvelle infraction à cette même loi : c’est alors le tribunal correctionnel qui sera appelé à statuer et l’amende sera de 50 à 500 francs. Ainsi que devant le tribunal de simple police, l’amende sera appliquée autant de fois qu’il y aura de contraventions distinctes constatées par le procès-verbal, sans que la totalité des amendes puisse excéder 200 francs pour la première contravention et 1,000 francs en cas de récidive.
- L’article 10 est la reproduction de l’article 8 du projet voté par la Chambre et a pour but de faire conm ître les résultats obtenus par la ^ loi et les améliorations qu’il serait possible d’y apporter. A cet effet, les inspecteurs devront fournir chaque année des rapports circonstanciés sur l’application de la loi, mentionner les accidents et leurs causes, et faire les propositions qu’ils croiraient de nature à mieux assurer la sécurité du travail.
- Les inspecteurs du travail se plaignent que beaucoup d’accidents aient lieu dans les établissements industriels sans qu’ils en aient connaissance et demandent que la loi oblige les directeurs à déclarer les accidents sur e-nus dans leurs ateliers. C’est le but de 1 article 11 delà loi, qui n’est d’ailleurs que la reproduction de l’article 9 du projet de la Chambre et de l’article 15 de la loi sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes, article adopté par les deux Chambses. La déclaration d’accident sera faite dans les quarante-huit heures au maire de la commune et contiendra le nom et l’adresse des témoins, ainsi que le certificat du médecin indiquant l’état du blessé. Lemaire devra donner immédiatement avis de l’accident à l’inspecteur divisionnaire ou départemental.
- Une des graves objections faites à l’inspection des fabriques consiste dans la crainte que les procédés de fabrication, souvent spéciaux ou inconnnus des concurrents, ne se trouvent ainsi divulgués.
- Nous sommes absolument convaincus de la discrétion du corps de nos inspecteurs ; mais, afin de donner toute garantie aux industriels, l’art. 12 leur impose le secret sur tout ce qui se rapporte aux installations, aux procédés techniques et à la fabrication. Cette obligation est mentionnée dans la formule du serment que les inspecteurs doivent prêter devant le tribunal civil avant d’entrer en fonctions. Au cas où ils manqueraient à ce devoir professionnel, l’article 378 du code pénal leur sera applicable.
- Après avoir donné cette garantie aux industriels, il est nécessaire d’assurer aux inspecteurs la possibilité d’accomplir la mission qui leur est confiée en obligeant les chefs d’industrie à les laisser visiter les locaux soumis à l’inspection. L’article 13 punit d’une amende de 100 à 500 fr. et, en cas de récidive, d’une amende de 500 à 1,000 fr., tous ceux qui auront mis obstacle à l’accomplissement du devoir d’un inspecteur.
- Enfin, l’article 14 maintient la législation en vigueur pour la surveillance des appareils à vapeur, qui est une matière spéciale, ayant sa législation à part, et l’article 15 permet d’appliquer aux condamnations prononcées en vertu de la présente loi l’article 463 du code pénal.
- Tel est le projet. Nous nous sommes efforcés de concilier les intérêts de l’industrie nationale. si digne de toute votre sollicitude, avec ceux de la santé et de la sécurité de la classe laborieuse, de ces ouvriers qui, souvent insouciants de l’avenir, ou pressés par les nécessités de la vie, sont à la merci d accidents continuels ou gagnent dans des établissements insalubles les germes de maladies incurables.
- JURISPRUDENCE
- Cour d’Appel die Lyon
- Audience du 23 décembre 1892
- Mauvaise odeur de l’étoffe. — Responsabilité du teinturier
- L’extrait suivant de l’arrêt rendu par la Cour indique suffisamment les circonstances de l’affaire :
- Considérant que Jarrosson et Laval ont confié successivement è Guillon et Vignet, pour les teindre, 1,400 pièces d’étoffes dites Salam-bo, destinées à être vendues en Amérique; qu’ils soutiennent qu’à la suite de l’expédition un grand nombre (600 environ), furent refusées par les acheteurs au représentant de la maison à New-York, à raison de la mauvaise odeur qui s’en dégageait; que le représentant de Jarrosson et Laval dut alors réaliser la vente des marchandises à vil prix, ce qui aurait entraîné au préjudice des appelants une perte de 21,023 fr. 50 , que c'est à raison de ce préjudice qu’ils ont actionné Guignon et Vignet, et leur demandent le paiement de ladite somme, à titre de dommages-intérêts.
- Qu’il s’agit donc d’abord de rechercher si Guignon et Vignet sont les auteurs responsables de la faute qu’on leur reproche et de déterminer ensuite que'le sera l’étendue du préjudice causé.
- 1. —Sur la responsabilité des teinturiers :
- Considérant que le contrat intervenu entre Jarrosson, Laval, Guillon et Vignet teinturiers, avait pour objet la teinture des étoffes dites Salambo qui leur était confiée ; que cette opération comportait préalablement celles du nettoyage des matières grasses du tissu, dite « décreusage » ;
- Que ce contrat imposait manifestement aux teinturiers, l’obligation de livrer à leurs clients un travail loyal et marchand, conforme aux usages du commerce; que cette obligation
- était d’autant plus étroite pour Guillon et Vj, gnet, que leurs opérations roulaient sur des chiffres plus considérables, l’ensemble des sommes payées pour la manipulation despiè. ces Salambo s’étant élévé à 15,756 francs' que les frais de teinture pour les seules pj^ ces objet du litige, étaient de 5,113 francs' 3,600 pour la matière tinctoriale et 1,513 fr' pour l’opération du « décreusage » ;
- Considérant que l’obligation de fournir \ leurs clients un travail irréprochable a été re-connue par Guillon et Vignet eux«mêmes-qu’à deux reprises différentes, ils ont accepté de soumettre à une nouvelle manipulation di. verses pièces d’où émanait une mauvaise odeur ; que dans leur correspondance même tout en protestant le 5 avril 1891 contre là demande de Jarrosson-Laval, ils n’ont pas contesté en principe la responsabilité du teinturier, mais ils ont soutenu seulement que ia mauvaise odeur ne venait pas de leurmanipu. lation, mais bien des schappes employées dans le tissu ;
- Considérant, au surplus, que l’obligation ré-sultant du contrat a été nettement spécifiée par Jarrosson-Laval, dans l’avertissement qu’ils ont donné à Guillon et Vignet, par leur lettre écrite le 17 novembre 1860, où ils leur déclarent expressément « qu’ils les rendront responsables des conséquences que pourrait avoir la mauvaise odeur s’il s’en produisait »;
- Considérant que l’on ne saurait dénier la portée de cet avertissement, si l’on considère que les pièces, objet du litige, ont été toutes manipulées à une époque postérieure à ladite lettre, c’est-à-dire du 24 novembre 1890 au 12 février 1891....
- H. _ Sur la fin de non recevoir tirée de l’acceptation de la marchandise :
- Considérant que Guillon et Vignet ne sauraient prétendre qu’au cas où leur responsabilité serait engagée, ils en auraient été déchargés soit par la livraison de la marchandise, soit par le paiement de leur travail ;
- Que Jarrosson et Laval dénient formellement que l’acceptation et le paiement de la teinture aient été faits sans réserves, et qu’ils soutiennent en outre que le vice dont la marchandise aurait été infectée du fait des teinturiers n’ayant pu être découvert qu’après l’expédition des pièces et leur déballage en Amérique, la livraison à Lyon ne saurait dégager Guillon et Vignet de toute responsabilité ;
- Considérant, en droit, que soit que l’on accepte l’opinion examinée par le tribunal en appliquant à l’espèce les principes de la garantie inscrite dans l’article 1641 du code civil, au profit de l’acheteur vis-à-vis du vendeur, soit que l’on assimile le teinturier qui a fait la manipulation de l’étoffe et a fourni la matière tinctoriale à l’ouvrier chargé d’exécuter un ouvrage avec sa propre matière, dont les obligations sont les mêmes que celles du vendeur, la livraison de la marchandise ne
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- saurait dégager Guillon et Vignet de leur responsabilité à raison du vice caché qui l’aurait dépréciée ;
- Considérant que suivant la prétention des appelants, la dépréciation de la marchandise serait la suite de la manipulation défectueuse dont elle avait été l’objet ; qu’il y a donc lieu de rechercher si réellement la mauvaise odeur s’est produite par le fait de cette manipulation -, quels en sont aussi le caractère et la cause, soit qu’on doive l’attribuer à l’insuffisance du décreusage, soit qu’elle résulte, comme on l'a également prétendu, de l’emploi d’un mauvais savon dans cette opération.
- III. — Sur les dommages-intérêts :
- Considérant que l’évaluation des dommages-intérêts doit se régler, d’une part, sur la gravité de la faute commise, et d’autre part, sur l’étendue du préjudice causé;
- Considérant qu’en premier lieu, il appartient à la compétence seule des hommes de l’art de déterminer, d'après les échantillons et autres pièces justificatives qui seraient fournies, s’il s’est produit à la suite du travail de Guillon et Vignet, nne mauvaise odeur qui a déprécié les marchandises expédiées en Amérique ; et de dire dans ce cas quelles seraient la nature et la cause de cette mauvaise préparation ; qu’en second lieu, il paraît nécessaire de rechercher soit dans les livres, soit dnns la correspondance des parties, soit encore par tout autre mode de renseignements, quelle a été la quantité des marchandises expédiées, qui ont pu être refusées par les acheteurs du New-York et revendues à vil prix par le représentant de Jarrosson et Laval, à l’effet d’établir le montant des pertes que ceux-ci ont subies ;
- Qu’il convient donc de confier la première mission à des experts chimistes et la seconde à un expert comptable.......
- (En conséquence, la Cour a prononcé l’expertise, réservant ainsi son jugement définitif).
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- Frémont. — 223665, 13 août 1892. — Nouveau procédé de fabrication des tissus en couleurs.
- Obermayer. — 223737, 17 août 1892. — Procédé pour teindre les tissus de provenance animale, la corne, les plumes, le cuir, et toutes les matières albumineuses en général.
- Guesnon. — 223740, 20 août 1892. — Système de séchage des tissus, étoffes, linges et tous autres objets, à l’aide de l’air comprimé-
- Obermayer, 222776, 19 août 1892. — Procédé pour mordancer, teindre, laver, etc., les filés de tout genre, bobinés sur cannettes, b obines croisées, etc.
- Annison. - 223838, 30 août 1892. — Procédés et appareils pour la préparation des toiles ou autres tissus destinés à recevoir, soit de la publicité, soit des motifs décoratifs quelconques.
- Faussh. — 223899, 24 août, 18 août 1892. — Système d’impression par surface en relief et composition des couleurs, applicable à l’industrie du papier peint, à celle des affiches, éventails et produits similaires.
- Société dite : The Corticine Floor Cove-ring company limited. — 223927, 25 août 1892 Perfectionnements dans la fabrication de la toile à parquet et autre destination, et dans les machines y employées.
- Compagnie parisienne de Couleurs d’aniline. — 223935, 25 août 1892. — Procédé pour la teinture des laines avec des acides sulfo-niques, des matières colorantes d’ali zarine.
- L’Huillier. — 224008, 30 août 1892. — Teinture mécanique des fibres textiles, en tout état de préparation et spécialement relatif à la teinture du coton en ruban de carde.
- Certificat d'addition
- Thies et Cleff. — 220714, 22 août 1892. — Brevet du 12 janvier 1891, pour perfectionnement apporté au procédé de teinture ou d’impression en noir d’aniline.
- INFORMATIONS BT FAITS DIVERS
- Un essai de la journée de huit Heures. — MM. Mather and Platt, propriétaires de l’importante fabrique de machines pour l’impression des tissus de Salford Iron-w ks, située à Salford, ville annexe Manchester, ont réduit les heures de travail de leurs ouvriers de 53 à AO par semaine sans aucune réduction de salaires.
- La journée commencera à 8 heures et finira à 5 heures avec un arrêt d’une heure pour le dîner.
- L'essai durera un an, MM. Mather et Platt se réservant de mettre fin, au bout de ce temps, s’il en est résulté une trop grosse perte.
- Ils espèrent toutefois que, leurs ouvriers s’appliquant à éviter toute perte de temps et à donner à leur travail tout le soin possible, le résultat final de cet essai ne devra pas leur être onéreux.
- L’usine de Salford Ironworks emploie 850 ouvriers qui reçoivent en moyenne plus de 33 fr. 75 par semaine, la somme totale annuelle des salaires dépassant 1,500,000 fr.
- Le nombre d’heures de travail étant réduit de 10 0\0, il en résulterait une perte de 150,000 fr., si les ouvriers ne produisaient pas, avec la journée de huit heures, plus de travail effectif qu’avec celle de neuf heures.
- En retour de leur initiative, MM. Mather et Platt ont obtenu de l’Association ouvrière des ouvriers mécaniciens la promesse que pendant l’année d’essai elle ne suscitera aucune difficulté aux patrons de la région et que si les résultats n’ont pas été satisfaisants, il ne sera fait aucune opposition à la reprise de la semaine de 53 heures ou à l’adoption de toute autre combinaison.
- M. William Mather, l’un des associés de la maison Mather et Platt, représente à la Chambre des communes le dittrict de Gorton, centre industriel touchant au nord de la ville de Manchester.
- 11 est l’auteur d’un projet de loi aux termes duquel l’adoption de la journée légale de huit heures pour une industrie serait subordonnée au vote des intéressés de cette industrie.
- 11 est à peu près certain que ce projet ne pourra être discuté à ia session actuelle. Il est possible que le résultat de l’essai entrepris par
- MM. Mather et Platt fournisse des arguments aux partisans de la non intervention de l’Etat dans la réglementation du travail.
- Un tel essai peut réussir dans l’industrie mécanique, où la rapidité du travail dépend de l’habileté ou du bon vouloir de l’ouvrier, mais dans la fabrication des tissus, où les métiers doivent conserver une allure déterminée ; dans celles de la teinture, où la durée des opéia-tions ne peut être abrégée, une réduction des heures de travail ne trouverait aucune compensation.
- Le blanchiment au bioxyde de godiam. — L’Office des brevets allemands vient de rejeter la demande de la maison E. de Haën, à List, près Hanovre, tendant à obtenir un brevet pour un procédé de blanchiment au moyen du bioxyde de sodium avec addition de magnésie. Cet arrêt donne gain de cause à MM. Kœnigswarter et Ebeil, propriétaires de l’importante fabrique de produits chimiques à Linden, près Hanovre, qui avaient protesté contre cette demande, en leur qualité de dépositaires généraux en Europe de l’Aluminium Company à Londres.
- La décision susdite aura pour effet certain de frayer le chemin dans la pratique au mode de blanchiment par le bioxyde de sodium, procédé auquel on prédit depuis quelque temps, dans les milieux spéciaux, le plus grand avenir, mais que bon nombre de teinturiers ne pouvaient se décider à adopter qu’après l’issue de la procédure engagée entre les deux maisons que nous venons de citer.
- Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, que le brevet français est toujours en vigueur, sa déchéance ne peut résulter que d’un jugement, si les intéressés intentent une action dans ce sens, et l’obtiennent en faisant valoir les arguments présentés à l’Office allemand.
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- Ua grève des teinturiers en peaux. — Une grève partielle s’est déclarée dans les ateliers de la grande teinturerie de peaux, boulevard Aargo, k Paris.
- Trente ouvriers ont refusé de reprendre le travail.
- Cette grève s’est bientôt généralisée, et voici dans quelles conditions elle s’est produite :
- La teinturerie des peaux pour ganterie comprend à Paris neuf maisons occupant 120 ouvriers, qui sont payés aux pièces. Les petites peaux leur sont payées 40 à 50 centimes la douzaine, les grandes 70 à 80 centimes, ce qui, d’après les ouvriers, leur fait un salaire moyen de 3 fr. 50 par jour.
- Devant les discussions journalières pour le classement dans l’une ou l’autre catégorie, des peaux moyennes, les ouvriers demandèrent un salaire uniforme de 50 centimes pour toutes-les grandeurs. Les patrons ayant refusé cette unification, la grève fut déclarée.
- Voici les explications données par le chef de la maison où les ouvriers ont d’abord cessé le travail :
- « Les ouvriers que nous nommons ouvreurs ont seuls provoqué la grève; leur départ entraîne celui de tous les autres teinturiers, dont l’ouvrage n’est plus préparé, mais qui ne demandent rien et qui ne sont nullement partisans de la grève.
- « La concurrence grenobloise ne nous permet pas de donner satisfaction aux ouvreurs. Le travail que nous faisons payer aux gantiers 3 fr. 25 est obtenu par eux au prix de 2 fr. des teinturiers de Grenoble. Nous teignons au
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- maximum 2,000 douzaines de peaux par semaine à Paris, alors que Grenoble en teint 3 a 400,000. Si nous acceptions l’augmentation, nous n’en teindrions plus que 1,000.
- « Quant aux salaires qu’indiquent les ouvriers, ils sont très diminués. Voici les bulletins de mes ouvreurs, qui constatent que leur gain hebdomadaire varie de 20 à 48 francs, soit environ 5 fr. 50 par jour comme salaire
- moyen. , .
- « L’unification des prix ne supporte pas le raisonnement. Nous teignons, par exemple, dans une semaine prise au hasard, 900 douzaines de petites peaux pour 50 douzaines de grandes. Nous ne pouvons donc accepter un tarif unique, qui porterait un gain de 36 à 48 fr.; j’aimerais mieux fermer mes ateliers que d’établir un semblable tarif. »
- Autres grève». — Les ouvriers et ouvrières des lissages de velours de coton des maisons Mouret et Hagimont, d Amiens, ail nombre de 300 environ, font grève à nouveau, ils avaient réclamé l’application de la loi fixant la journée de travail à onze heures et les nouveaux tarifs acceptés lors de la précédente grève, lesquels compensent l’heure de travail que les ouvriers ont en moins. MM. Mouret et Hagimont n’avaient voulu faire droit aux réclamations à eux présentées qu’autant que les patrons des autres tissages de velours, Coc-quel, Hubault et Cosserat, donneraient aussi à leurs ouvriers la même augmentation.
- La grève s’est propagée dans plusieurs autres établissements similaires d’Amiens, et le nombre des grévistes s'est élevé à 600.
- Cependant les patrons ont déclaré qu’ils accorderaient l’augmentation demandée si tous les fabricants de la place l’acceptaient comme eux , il est donc probable qu’à l’heuie où paraîtront ces lignes, le différend sera vidé.
- — A Saint-Quentin, une grève s’était dé-clarée parmi les brodeurs ; elle est aujourd’hui terminée. La reprise du travail a eu lieu dans toutes les urines.
- Les patrons accordent deux centimes d’augmentation sur les articles blancs, et font des concessions sur les raccommodages.
- La grève, qui a duré un mois, a été toujours calme et a donné lieu à plusieurs entrevues.
- La conciliation devant le juge de paix, conformément à la loi sur l’arbitrage, offerte par les ouvriers, avait été refusée par les patrons.
- Explosion à la fabrique de sole artificielle. — Le 18 mars, une explosion s’est produite à la soierie des Prés-de-Vaux, près Besançon, dans la salle des filtres, par suite de l’inflammation du collodion et des matières explosibles renfermées dans le malaxeur. Les extrémités en fonte de cet appareil ont été projetées à 200 mètres de la salle.
- Il n’y a eu aucun accident de personne à déplorer. Les ouvriers de la soierie n’étaient pas à leur travail.
- Les pert- s sont purement matérielles ; elles consistent dans le bris complet des vitres de la toiture du bâtiment, des murs lézardés et du bris de quelques parties de machine. Elles s’élèvent à 5,000 fr. environ.
- Un commencement d'incendie qui s était déclaré à la suite de l’explosion, a été aussitôt éteint par les ouvriers de l’usine.
- L’usine de Prés-de-Veaux est la seule fabrique de soie artificielle par le procédé Chardonnet.
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- importation des couleurs d*»*il“ line ea Serbie. — Par une circulaire au 29 décembre 1892, le gouvernement serbe rapportant, en ce qui concerne les couleurs d’aniline, l’assimilation qui en avait été faite jusqu’à ce jour aux matières vénéneuses, modifie le régime auquel étaient soumises, dans le royaume, l’importation et la vente de ces couleurs.
- Dorénavant, la tenue et la vente des couleurs d’aniline reconnues chimiquement pures seront laissées libres ; l’entrée en douane sera également laissée libre, même pour les personnes qui ne possèdent pas un permis des autorités compétentes les autorisant à servir et à vendre des matières vénéneuses pour les besoins industriels.
- Toutefois, pour qu’on n’importe pas dans le pays des couleurs d’alinine qui ne sont pas reconnues chimiquement pures de principes toxiques, chaque commerçant est tenu de présenter à la douane un certificat de la fabrique, légalisé par les autorités du lieu où se trouve la fabrique, attestant que ces couleurs sont chimiquement pures.
- Dans le cas contraire, ces couleurs, avant d’être remises au commerçant, seront officiellement analysées au laboratoire de l'Etat, aux frais de l’intéressé.
- Drapeaux fragiles. — 11 paraît qu’un certain nombre de drapeaux distribués à notre jeune armée, le 14 juillet 1880, sont arrivés d jà à un tel point d’usure qu’il serait urgent d’en renouve'er les parties flottantes.
- Le ministre de la guerre a même dù lancer une circulaire relative à ce sujet.
- Or, le service de l’artillerie, de qui relève la confection des drapeaux et étendards, se demande s’il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise, et cependant en 1880, la soie artificielle n’était pas encore connue.
- Heureusement que notre armée est plus solide que ses drapeaux!
- Au Haroc. — Importation de cotonnades imprimées. — Le ministre de la République à Tanger a constaté la possibilité qu’il y aurait actuellement à introduire au Maroc des cotonnades françaises imprimées, à bon marché, et de faire ainsi concurrence aux marchandises similaires fabriquées à Manchester, qui alimentent presque exclusivement jusqu’ici les marchés du pays.
- Les chambres de commerce et syndicales, ainsi que tout industriel français désireux de placer des cotonnades de ce genre au Maroc peuvent s’adresser verbalement ou par lettre au ministère du commerce, de l’industrie et des Colonies, qui leur fournira l’indication d’un négociant des plus honorables établi à Tanger et avec lequel nos exportateurs pourraient établir des relations directes.
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- Un musée eommerelal franco-russe à Saint-Pétersbourg. — M.
- Léon Castillon de nationalité française, établi à Saint-Pétersbourg, a conçu le projet de fonder dans cette ville un musée commercial franco-russe destiné à favoriser le développement des échanges entre la France et la Russie.
- Quoique cette institution ait un caractère » tièrement privé, les industriels et négociant* français, désireux de se renseigner sur lenuT jet rédigé par M. Castillon, peuvent s’adressl* au ministère du commerce, de l’industrie7, des colonies (direction du commerce extérien — bureau du mouvement général du com merce et des renseignements commercial™
- 80, rue de Varenne. *6
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- Ecoles supérieures de couiner»
- — Le ministre du commerce vient de fixer a 9 octobre le concours d’entrée aux écoles su périeures de commerce ; les demandes d’ins. criptiors devront être déposées avant le n septembre. Le diplôme de sortie des écoles supérieures de commerce donne droit, on S sait, à la dispense de deux années de service militaire.
- Les écoles supérieures sont au nombre de huit ; E-’ole des hautes études commerciales à Paris ; Ecole supérieure de commerce à Paris « Institut commercial de Paris ; Ecoles supérieu' res de Bordeaux, Lille, Lyon, Le Havre et Marseille.
- Les demandes devront être adressées au? directeurs desdites Ecoles.
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- Lamentable accident. — Le I6mars au soir, vers dix heures,M. Paul Qainquarlet un des directeurs de l’importante usine de Mauchauffée de Troyes, était allé lui-même remplir trois réservoirs destinés au service dj la teinturerie. Ces réservoirs sont placés dans une cour, espacés entre eux et élevés d’environ deux mètres cinquante. Au dessusdecha-cun d’eux s’ouvre une porte vitrée qui permet d’en vérifier le contenu et aussi, d’allumerdes becs de gaz placés dans le urs intervalles.
- M. Quinquarlet, en se penchant sans doute pour allumer l’un de ces becs, a perdu l’équilibre et s’est abattu sur le pavé, se fendant le crâne.
- Ce douloureux événement a produit une profonde consternation dans toute la région. M. P. Quinquarlet était âgé de 41 ans; il laisse une veuve et quatre filles, qui n’étaient pas seules à l’aimer et à l’estimer -, il avait su conquérir l’amitié de tous: patrons et ouvriers.
- Son nom reste des plus honorablementportés dans la grande industrie troyenne, en la personne de M. Henri Quinquarlet, frbricant de bonneterie.
- Prime de la « Revue de la Teinture
- AVIS
- Notre volume prime : Médecine des Familles, a été envoyé à tous nos abonnés inscrits ou renouvelés du jor janvier. Une perte en cours de route étant toujours possible, si l’un d eux ne l’a pas reçu, il voudra bien nous le réclamer.
- Les abonnés dont la souscription échoit dans le coursde l’année peuvent, s’ils nous en font la demande, recevoir dès maintenant ledit volume.
- Le Gérant : F* Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CIIARLEVILLE (ARDENNES).
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- LA
- 5e Année, Nos 4.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- I
- Avril 1893
- 3, Rue du Trésor, PARIS
- SOMMAIRE
- Chronique. — Nouvelle méthode de teinture. — Teinture mécanique du coton en ruban de Carde. — Machine à teindre les textiles en é-eheveaux. — Nouvelle machine à chiner. — Nouveaux mordants d’aluminium. — Revue sommaire des Brevets d’invention.
- Procédés divers : Jaune de Carbazol ; Bleu Gendarme; Olive clair coton; Coton chiné ; Procédés de teinture brevetés. — Machines à repasser.
- Chronique industrielle. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale parisienne de la teinture et du nettoyage. — Application du nouveau régime douanier. — La participation aux bénéfices. — Les tissus importés en Chine. — Fabrication du parchemin végétal. — Liquide extincteur. — Les fils et tissus de soie aux Indes. — Brevets d’invention (catalogue). —Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- La température exceptionnelle dont nous sommes favorisés et qui n’a pas eu de défaillance, a hâté considérablement la vente des étoffes d’été : leur stock sera certainement épuisé avant la fin de la saison.
- Les soieries légères, les petits lainages, parmi lesquels il faut compter les cachemires à bas prix, tels que ceux des échantillons de notre précédent numéro ; les mousselines de laine imprimées, les indiennes et les cotonnades à sujets tissés, sont les articles les plus vendus.
- Tous les lainages côtelés se désignent maintenant dans le commerce de détail sous le titre Whip-cord : c’est le nom en faveur appliqué à des genres très différents, et qui ne signifie pas grand’chose, car en anglais cela veut dire : petite ficelle solide; appliqué aux tissus de laine, cela n’a qu’un sens purement imaginatif.
- Parmi toutes ces étoffes, on remarque une énorme quantité d’écossais ; ce genre a toujours eu sa place dans les lainages pour robes et pour doublures de vêtements d’hommes, avec des alternatives d’eugouement et de calme, ïnais nous le retrouvons actuellement sur les cotonnades dites Oxford, Vichy, etc., et tout autant, sinon plus, dans l’indiennerie ; jusqu’alors il n’en avait été fait dans cette fabrication qu’un emploi fort restreint.
- La consommation des écossais est telle, qu’à Roubaix, ce genre arrive à manquer complètement, tant en pure laine qu’en chaîne coton. Sur cette place, la fabrication d’hiver est commencée, et l’on a lieu de penser qu’elle aura un bon courant d’affaires ; en tissus fantaisies, les commissions abondent et les fabricants sont engagés jusqu’à fin août; il s’est aussi remis des ordres en articles confection, en foulés, apprêt sublime et chaîne coton.
- Le drap de dames trouve un écoulement, petit mais suivi, pour une confection que l’on nomme : Collet, fort en vogue en ce moment, et qui consiste en une courte pèlerine avec trois collets superposés suivant le système du car-rick. Ce vêtement se fait en toutes nuances.
- La nouveauté pour dames est aussi en bonne demande à Reims ; les flanelles ont également un bon courant ; les cachemires et mérinos de qualités moyennes et communes ont eu assez de mouvement, suivi maintenant d’une accalmie ; mais le molleton est momentanément délaissé.
- A Rouen, les articles en faveur sont la flanelle de coton, les écrus, la belle cretonne, le mouchoir.
- L’indiennerie est particulièrement favorisée : l’article robe notamment, profite grandement de la température actuelle : les tissus imprimés pour chemises sont dans la même situation. Les nouveaux dessins pour pilou et flanelles ont paru et attendent les étoffes que les tisseurs fabriquent avec activité.
- La marchandise est rare surplace, et les fabricants, notamment les indien-neurs, sont fort engagés. Pour la flanelle, ils sont encombrés d’ordres.
- Il nous arrive de Rouen la regrettable nouvelle d’un incendie qui a complètement détruit la teinturerie de M. Lan-celevée, à Darnétal.
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- La température, autant que la mode, favorisent également les soieries.
- Les métiers, dans la région lyonnaise, sont spécialement alimentés par les tissus unis teints en flotte, quoique le genre teint en pièce se fasse encore couramment.
- Le côtelé chaîne grège et trame coton donne lieu à de fortes affaires ; la polonaise également grège et coton, la doublure teinte en pièce, le satin grège, sont en voie d’accroissement.
- Le tissu chinois est fabriqué en grand à l’usage des imprimeurs ; il en vient aussi de fortes quantités des Etats-Unis pour être teints et imprimés à Lyon, puis réexpédiés en Amérique.
- Le satin duchesse tout soie est en grande vogue.
- Voici quelques autres articles dont la fabrication est aussi en bonne voie :
- Batavia ; satin duchesse tramé coton, teint en pièce : étoffes légères telles que china, florentine, marceline ; faille noire et couleur ; tramé laine ; cristalline, qui est un côtelé chaîne soie cuite, trame alternative de laine eu coton et de soie ; étoffe pour parapluies teinte en flotte, tandis que celle teinte en pièce termine sa saison.
- Mais le velours est surtout dans une phase des plus prospères ; en poil uni noir et couleur, les ordres sont considérables ; en poil schappe, ils sont tels que l’on craint de manquer de schappe.
- Les étoffes qui, au contraire, sont ou en décroissance ou en continuation de calme, sont :
- Le pongée uni chaîne grège tramé schappe : le pongée tout soie a encore quelques ordres; l’écharpe fond taffetas chaîne grège, trame schappe ou coton; le crêpe de Chine; les damas de tous genres, l’étoffe du Levant ; les articles à torsion, sauf la mousseline qui a quelques commandes ; la cache-mirienne façonnée, chaîne coton, trame soie ; satin rayé pour doublure, etc.
- Parmi les articles en faveur, et pour ceux qui s’y prêtent, les genres les plus demandés sont les écossais, les rayés pékin, les motifs à fleurettes, les effets de chiné et de moiré, le glacé (à dou-
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- lie teinte) ; mais tout cela vient après Juni, qui tient la première place.
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- En Allemage, la situation de l'industrie des soieries, qui a son centre à Crefeld, paraît aussi prospérer. Les fabricants d’étoffes sont très occupés : on fait d’importantes commandes de tissus m soie pure, comme merveilleux, damassé, armure et notamment glacés, unis ou à petits dessins. Les fabricants de tissus mélangés pour doublures et garnitures reçoivent aussi beaucoup ^ordres.
- Les fabriques d’étoffes pour cravates, parapluies et ombrelles sont également Men occupées. La fabrication du velours reçoit beaucoup d’ordres, surtout pour les meilleures sortes : les peluches sont un peu négligées.
- Les ordres reçusjusqu’à aujourd’hui pour les velours comme pour la soie assurent le travail aux fabricants et aux Masseurs à la main jusqu’à la fin de l’automne.
- Les teintureries sont très actives ; les établissements d’apprêt le sont moins æi ont dû, pour se maintenir, se syndiquer.
- On s’occupe actuellement d’un nouvel établissement pour le tissage de la soie avec 600 métiers mécaniques que la maison Krahnen et Gobbes, de Cre-Jeld, fait construire à Wassemberg lŒtégence d’Aix-la-Chapelle), et pour lequel cette commune a donné le terrain et accordé pour 15 ans l’exemption de taxes.
- Pour les tissus de laine en Allemagne, une correspondance de Berlin nous dit qu’il a de la reprise, le commercé et 3â confection commençant à s’alimenter pour l’hiver.
- « Ce sont particulièrement des étoffes unies de double et de cheviot qui sont achetées ; mais, néanmoins, les manufacturiers se plaignent beaucoup des prix baissés de manufacturés tout faits. Pans les manufactures de bonneterie, lo commerce est bien satisfaisant, tandis que celui des manufactures de tapis ®st devenu plus calme. »
- Yoici, enfin, d’après la Chambre de commerce de Verviers, les articles qui donnent lieu aussi sur cette place à une certaine amélioration dans l’industrie Irapière :
- Les genres peignés de couleur, tant
- en qualité ordinaire qu’en marchandise fine, sont toujours assez délaissés et la vogue reste aux articles cardés et surtout aux cheviots : quant aux articles noirs, tant en peignés purs qu’en peignés mixtes, la vente en est toujours courante et les demandes en sont assez suivies.
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- * *
- Notre Chronique s’est tenue cette fois à la revue des tendances de la consommation dans les industries que la teinture dessert et dont elle partage la bonne ou mauvaise fortune ; il est possible d’en tirer quelques prévisions utiles, principalement pour nos lecteurs éloignés des centres, et dans des contrées où les modes d’aujourd’hui chez nous sont celles de demain chez elles.
- En dehors de ces informations, le mois écoulé a été vide d’événements intéressant plus ou moins directement nos spécialités.
- F. Gouillon
- NOUVELLE
- METHODE DE TEINTURE
- Des fils et tissus de provenance animale, de la corne, des plumes, du cuir, et de toutes les matières albumineuses en général.
- Brevet de M. le Dr Fritz Obermayer
- On sait qu’on peut obtenir des couleurs très vives sur la laine et sur la soie, en traitant ces deux matières par une dissolution acidifiée de nitrite et par une combinaison des matières diazoïques développées avec une solution alcaline de phénols, comme le ; phénol simple, la résorcine, l’acide pyrogallique, l’alpha-naphtol et le béta-naphtol.
- Mais jusqu’à présent, ce fait n’aurait donné aucun résultat pratique, par la raison que les solutions de phénol qu’il faut employer, sont par trop alcalines et détériorent beaucoup les filaments de provenance animale.
- Le docteur Obermayer, étudiant depuis longtemps les matières albumineuses, a souvent répété la réaction précitée et reconnu de la sorte que non seulement les filaments déjà mentionnés, mais aussi toutes les matières albumineuses et leurs analogues, se laissent diazoter au moyen de l’acide nitreux, et peuvent être combinés avec les phénols et leurs acides sulfoniques et carboniques employés dans l’utilisation des matières azoïques ainsi qu’avec certaines amines aromatiques, sans que leur structure et leur aspect subisse une détérioration quelconque ; lesdites combinaisons produisant des colorants d’un grand
- éclat et de grand teint, qui, par suite de 1 facilité avec laquelle ils peuvent être manip/ lés et du bon marché des amines et des phé* nols employés, offrent de grands avantages dans diverses applications industrielles.
- Le procédé en question comprend, avec ia méthode d’emploi des matières colorantes (méthode décrite en détail ci-après), lesvfaits nouveaux reconnus par l’inventeur, savoir que les colorants obtenus par les amines se laissent à nouveau diazoter et combiner avec des amines, et qu’aux matières azoïques obtenues par ce procédé ou par celui qui précède, on seut donner des nuances différentes en les soumettant à l’action des solutions de sels métalliques.
- M. le docteur Obermayer décrira donc successivement :
- I. Le procédé qu’il a trouvé le meilleurpour diazoter, mais qui n’entre que partiellement dans la présente invention.
- II. La combinaison des matières diazoïques obtenues par ce procédé (1) avec les phénols et les amines ou avec leurs acides sulfoniques et carboniques.
- III. Le procédé pour produire des matières diazoïques à l’aide des matières amidoazoï-ques obtenues par les amines.
- IV. Le traitement des matières diazoïques obtenues soit des colorants azoïques, amido-azoïques et diazoïques par des sels métalliques pour en varier les nuances.
- En décrivant chacun de cas quatre procédés, l’inventeur exposera les opérations à effectuer avec les différentes matières albumineuses, accompagnant chaque exposé d’exemples qui le feront mieux comprendre.
- I. — Manière de diazoter
- Les divers essais faits par l’inventeur lui auraient démontré que, pour diazoter, il est très important que les solutions d’acide nitreux soient très diluées, contenant ljlO à 2 0|0 de soude nitreuse du commerce à 80 0[0 environ, acidifiée par une quantité équivalente d’acide chlorhydrique ou d’acide sulfurique, qu’il faut les employer à froid pendant 12 à 24 heures et jamais ne les exposer à la lumière. Ce n’est qu’en se conformant à ces prescriptions qu’on pourrait réaliser des teintes uniformes.
- 11 y a lieu de faire remarquer que l’agitation incessante de la matière traitée, pendant toute l’opération, joue un rôle important dans la réalisation de l’uniformité des teintes.
- La manière de diazoter est à peu près la même pour la soie, la laine, le cuir, les poils, les étoffes lainées, la corne et toutes les matières albumineuses en général.
- Les solutions diluées de l’acide nitreux donnent aux matières albumineuses une couleur jaune peu vive ; par contre, celte couleur jaune deviendrait très vive avec l’emploi des . solutions concentrées et il en serait de même pour les teintures produites par la combinaison avec des phénols et des amines.
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- Procédé pour diazoter la lame et la soie
- La laine bien dégraissée ou la soie cuite est mise dans la solution de nitrite préparée comme il a été expliqué ci-dessus, et on l’y laisse pendant 12 à 24 heures, en l’agitant constamment. Le rapport entre la quantité du liquide et celle de la marchandise doit être tel que la laine, ou la soie (qu’il ne faut pas réunir en masse serrée) se trouve juste couverte par le liquide.
- Userait essentiel de soustraire l’opération à l'influence de la lumière ; par conséquent, si le bain doit agir pendant 12 heures, il serait préférable de l’employer pendant la nuit. On retire alors la matière traitée et, après l’avoir lavée à fond dans l’eau claire, on procède immédiatement à la combinaison avec des amines ou des phénols.
- Les poils, les étoffeslainées, les plumes, la corne et le cuir sont traités de la même manière, avec cette seule différence que le bain doit durer 36 heures.
- Les matières diazoïques produites sont très sensibles à la lumière. Si on les traite par des solutions de differents sels métalliques ou d’agents d’oxydation, chlorure de cuivre, chlorure de fer, acétate de zinc-, chromate de zinc, chromate de soude, en solution tartrique à l’exception du chlorure d’étain, on obtiendrait des couleurs brunes ou rouges brunes, plus ou moins vives et également très sensibles à la lumière, ce qui empêche de les employer dans la teinturerie. Mais si l’on traite des matières diazoïques sus-nommées par une solution diluée de chlorure d’étain, chlorhydrique à environ 60* G., on obtiendrait avec une réduction apparente de la matière diazoï-que, en très peu de temps, pour toutes les matières albumineuses citées et leurs analogues, une couleur crème résistant à l’action de la lumière.
- //. Combinaison des matières albumineuses diazoïques avec des phénols et des amines ou avec leurs acides sulfoniques et carboniques.
- M. le docteur Obermayer aurait trouvé que les matières albumineuses diazoïques, comme la laine, la soie, le cuir, les plumes, la corne, les poils et les étoffes lainées diazolées, peuvent être combinés avec des phénols, de la manière la plus simple et sans éprouver la moindre détérioration, lorsqu’on emploie soit des solutions neutres et aqueuses de phénols, chauffées à 80* C., soit des solutions froides de phénolates alcalins ayant une faible teneur d’ammoniaque et aucun excès d’alcali fixe libre. 11 aurait trouvé, en outre, que les sels neutres des amines et la solution faiblement acétique des amines, soit chauffée à 80* C., soit froide, peuvent servir à des combinaisons produisant des colorants. Les solutions de phénols et d’amines employées à cet effet varieraient un peu sous le rapport de la concentration, qui influe sur l’éclat de la couleur fpro-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- duite. On pourrait dire qu’en général il suffît de prendre, pour chaque litre, de 1 à 10 gr. des phénols, des phénolates alcalins, des sels alcalins, des acides sulfoniques ou carboniques du phénol, des sels d’amine et des sels alcalins, des acides amidosulfoniques. Lorsqu’on teint à froid, il y aurait lieu d’ajouter à la solution des phénolates alcalins, environ 2[100[0 d’ammoniaque.
- Procédé pour teindre la laine ou la soie
- diazotée.
- 1er Exemple.
- La laine diazotée comme il a été dit dans le procédé 1 est mise dans une solution de béta-naphtol alcalin contenant 5 0[0 de béta-naphtol et 2il0 O^O d’ammoniaque, à la température ordinaire. Après avoir laissé la laine dans le bain pendant 12 heures, en ayant soin de l’y agiter fréquemment, on la retire et on la lave à froid. La belle teinte brune tirant sur le rouge que l’on obtient, résisterait même à des solutions saponacées chaudes. Les acides retiendraient la nuance plus claire.
- 2e Exemple
- La soie diazotée d’après le procédé 1 est mise dans une solution aqueuse chauffée à 80’ C. (solution à 12 0|0 d’alpha-naphtol), préparée en dissolvant l’alpha-naphtol dans un peu d’alcool ou d’esprit de bois, que l’on verse ensuite dans de l’eau chaude. Après avoir laissé la soie dans ce bain pendant 15 à 20 minutes en l’y agitant constamment, on l’en retire pour la laver à fond. La teinte rouge écarlate ainsi obtenue serait, comme toutes les teintes, produite avec des solutions neutres, presque complètement insensible à l’influence des acides et des alcalis.
- 3° Exemple
- La laine diazotée d’après le procédé 1 est mise dans une solution de scude naphtonique de 0,5 à 5 0[0, acidifiée par quelques gouttes d’acide acétique; on l’y laisse pendant vingt-quatre heures en l’agitant souvent, ou pendant 15 à 30 minutes en chauffant la solation à 80- C, ; passé ce temps, on retire la laine du bain et on la lave à fond. La teinte obtenue est rouge écarlate et très belle *, elle résisterait aux acides et brunirait sous l’action des alcalis. Les acides régénéreraient le rouge.
- 4e Exemple
- La soie diazotée d’après le procédé (1) est mise dans une solution de paraphénylènedia-mine chlorhydrique de 0,5 à 1 0]0, additionnée de la quantité équivalente d’acétate de soude, de préférence à froid. On laisse la soie dans ce bain pendant six jours, en l’agitant fréquemment. Après ce laps de temps, la soie qui alors a une teinte noire foncée, tirant sur le bleu, est retirée du bain et lavée à fond. Les alcalis produiraient des nuances tirant sur le brun, mais la teiDte résisterait complètement aux acides faibles.
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- L’inventeur cite comme exemple les teintes obtenues par les phénols et les amines dont le détail suit :
- Table A
- Les matières albumineuses donnent, si os combine :
- N° 1.—Avec du chlorhydrate d’aniline, um teinte rouge foncée.
- N° 2.— Avec du phénol, une teine jaune ua peu rougeâtre.
- N°3.— Avec de la résorcine, une teinte orange foncée.
- N° 5. — Avec du tannin, une teinte jaune foncé un peu rougeâtre.
- Na 5.-— Avec de l’alpha-naphtol, une teinte rouge écarlate.
- N°6.—Avec du béta-naphtol, une teinte ecarlate claire un peu jaunâtre.
- N°7. —Avec du chlorhydrate d’alpha-naph-tylamine, une teinte brune claire tirant sur te rouge.
- N0 8.— Avec du chlorhydrate de bétanaph-tylamine une teinte orange.
- Ne9.— Avec du chlorhydrate de méta~ phénylènediamine, une teinte rouge violette foncée.
- N° 10. — Avec de l’acétate de benzidine une teinte brune de bois, un peu rougeâtre.
- Toutes ces teintes sont obtenues avec des solutions neutres ; elles résisteraient au savon à l’exception de celles des numéros 5 et 6 qui* traitées par du savon, deviendraient un peu plus foncées. Toutes sont destinées à la laine.
- Il faut toujours prendre assez de liquide pour que la matière diazo-albumneuse en soit couverte. Les bains utilisés peuvent être employés à nouveau, en renforçant leur teneur en phénol ou amine.
- Les plumes, poils, étoffes lainées, la corne, le cuir, sont traités de la même manière. 11. faut observer cependant que c’est seulement dans l’eau froide ou tiède qu’on peut combiner les plumes et les cuirs avec des amines ou des phénols.
- Pour les procédés qui précèdent, on peut employer les phénols et les amines, et lec acides sulfoniques et carboniques suivants ;
- Phénol, o-nitrophénol, tiophénol, crésdL, thymol, cumol, pseudo-résorcire, acide pyrogallique (acide gallique), tannin, alpha-naph-tol, béta-naphtol, dinitro-béta-naphtol, dioxy-naphtaline, acide salycilique, aniline, o et p-toluidine, xylidine, cumidine, m-phénylène-diamine, p-phénylènediamine , oluylènedia-mine , alpha-naphlylamine , béta-naphtyte-mine, napbtylènediamine, benzidine, tolidine, dianisidine, soude béta-naphtylamine sulfoni-que 2.6 (Bronner), soude alpha-naphtylamine sulfonique 1.4.
- III. Procédé pour produire des teintes disr zoïques au moyen des teintes obtenues par des amines d’après Je procédé 11.
- Les teintures obtenues par les amines dte-près le procédé 11 doivent évidemment le^sr
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- pouvoir colorant aux matières amidoazoïques. En effet, en mettant ces colorants dans des solutions diluées d’acide nitreux de la même concentration que celle indiquée dans le procédé 1, on peut les diazoter à nouveau et les combiner avec des phénols et des amines, obtenant ainsi soit des couleurs plus vives, soit des variations dans les nuances.
- Le procédé, pour les différentes matières albumineuses (soie, laine, plume, cuir, poil, corne), ainsi que pour les opérations et les concentrations des solutions, est identiquement le même que celui indiqué en détail en 1 et 11. La table B donne le détail de quelques-unes des teintes obtenues par ce procédé.
- Table B
- N° 11. — En diazotant la matière amidoazoï-que l° 7 de la table A et en la combinant avec de la méta phénylènediamine, on obtient une teinte noir tirant ;sur le rouge.
- N° 12. — En combinant la même matière n° 7 avec de la benzidine, on obtient une couleur brune très foncée, tirant sur le rouge.
- N° 13.— En diazotant la matière amidoazoï-qne n° 8 de la table A et en la combinant avec de l’alpha-naphtylamine, on obtient une couleur brune tirant sur le rouge.
- N0 14. — Combinée avec de la benzidine, ladite matière n° 8 donne une couleur brune de bois foncée.
- N° 15. — En diazotant la matière amidoa-zoïque n° 9 de la table A et en la combinant avec de l’alpha-naphtol, on obtient une cou* | leur tirant sur le brun.
- No 16. — En combinant ladite matière n° 9 avec de la benzidine, on obtient une couleur brune de bois.
- Toutes les solutions sont neutres et les teintes résisteraient au savon ; elles sont destinées à la laine.
- Les colorants spécifiés dans le procédé 1), colorants obtenus par des amines, peuvent être combinés avec les phénols et les amines indiqués dans ledit procédé 11 et produisent alors des teintes très belles, quelquefois plus foncées que les autres.
- IV. — Traitement des colorants spécifiés en II et III par des solutions métalliques ou des agents d'oxydation pour varier les nuances.
- M. le Dr Obermayer aurait trouvé, en outre, que lorsqu'on traite les colorants obtenus d’après les procédés 11 et 111, par des solutions de différents sels métalliques chauffées à 80° C. ou par des agents d’oxydation comme le chlorure de fer, le chlorure de cuivre, l’acétate de zinc, le chromate de potasse et l’acide sulfurique, on obtient, après 20 ou 30 minutes, des colorants plus foncés ou d’autres nuancesd’un fort bel aspect. La table C qui suit donne quelques exemples et indique comment s’effectue la manipulation.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Table C
- Lorsqu’on traite, pendant trois minutes environ, dans une solution contenant 0,5 à 2 0/0 de chlorure de cuivre et 0,2 0/0 d’acide chlorhydrique, à une température de 50 à 80° C., les colorants indiqués dans la table A, on obtient les résultats suivants :
- Le n0 1 devient brun de bois très clair.
- Le n° 2 » brun de bois.
- Le n° 3 » brun clair tirant sur le rouge
- Le n° h » brun de bois clair.
- Le n° 5 » rouge foncé tirant sur le
- brun.
- Le n° 6 » violet foncé tirant sur le
- rouge.
- Le n0 7 » brun tirant sur le noir.
- Le n° 8 » brun havane.
- Le n° 10 » brun de bois foncé.
- Le no 11 (de la table B) devient brun foncé tirant sur le noir (fortement).
- Le no 12 devient brun très foncé.
- Le n0 13 » brun de bois foncé.
- Le n® 14 » brun de bois foncé.
- Le n° 15 » rouge foncé tirant sur le
- brun.
- Le n° 16 » brun de bois.
- Lorsque les colorants de la table A sont traités pendant 3 minutes environ dans une solution contenant 0,5 à 2 0/0 de chlorure de fer et
- quantité équivalente d’acide sulfurin..«
- j„ en» i on. « a une
- température de 50° à 80° G., on obtient 1 sultàts suivants :
- es ré-
- solution aquèuse neutre contenant 0,5 à 2 0/0 d’acétate de zinc à une température de 100° C. donne les résultats suivants :
- Le n° 1 devient jaune.
- Le n° 2 »» brun clair.
- Le n° 3 » brun clair tirant sur le
- et nuancé de rouge.
- Le n° 4 » havane clair.
- Le n° 5 » bordeaux foncé.
- Le n0 6 » bordeaux rouge.
- Le n° 7 » brun tirant sur rouge.
- Le n0 8 » orange foncé.
- Le n° 9 » bordeaux très foncé
- Le n0 10 » brun foncé.
- En traitant les colorants de la table A pendant 3 à 5 minutes dans une solution contenant 10/0 de bichromate de potasse ayec la
- 0,2 0/0 d’acide chlorhydrique à une tempéra- :
- ture de 50 à 80o G :
- Le n0 1 devient brun tirant sur le jaune un
- peu rougeâtre.
- Le n0 2 » brun clair nuancé de rouge.
- Le n° 3 » brun clair tirant sur le jaune.
- Le n° 4 » havane clair nuancé de rouge
- Le n° 5 » rouge un peu foncé tirantsur
- le brun.
- Le n° 6 » rouge très foncé.
- Le n° 7 » brun foncé.
- Le n° 8 » brun havane nuancé de
- rouge.
- Le n0 9 » bordeaux foncé.
- Le ne 10 » brun de bois foncé nuancé
- rouge.
- Un traitement subi par les colorants de la
- table A pendant 15 minutes environ dans une
- Le n° 1 devient jaune foncé tirant sur le vert. Le n0 2 » jau ne foncé tirantsur le vert.
- jaune tirant sur le brun, jaune foncé.
- brun très foncé tirant sur le rouge.
- brun tirant sur le rouge, brun de bois foncé, brun havane clair, brun c’air.
- noir tirant sur le brun.
- Le n° 11 (de la table B) brun foncé tirant sur le rouge.
- 12 devient noir.
- brun de bois très foncé, noir légèrement nuancé de rouge. 1
- brun très foncé, noir un peu rougeâtre.
- 2
- Le n0 3 Le n° 4 Le n° 5
- Le n0 6 Le n° 7 Le n° 8 Le n° 9 Le n° 10
- Le d Le no 13 Le n° 14
- Le n° 15 Le v0 16 Toutes savon,à
- le savon rendrait un peu plus foncés. Ces eo lorants sont destinés à la laine.
- ces teintes résisteraient à l’action du l’exception des numéros 5 et 6, que
- ___j__-----------i— ' n
- Observations générales et avantages
- Tous le3 filaments et tissus de provenance animale, ainsi que toutes les matières albumineuses qui ont subi le traitement décrit ci-dessus, seraient complètement pénétrés du colorant, ce dont on pourrait se convaincre par des sections microscopiques; le traitement donnerait donc non-seulement une durée exceptionnelle à la teinte, mais aussi un très bel aspect à la matière traitée. Les teintes obtenues ne noirciraient pas en vieillissant. Une grande série de ces teintes résisteraient aux alcalis, une autre série aussi grande résisterait aux acides. Le procédé ne nuirait pas aux filaments, et comme il n’exige que des éléments de colorants azoïques, il est très facile à appliquer et revient à très bon compte.
- Le procédé pourrait être avantageusement affecté à la teinture des tissus composés de filaments de provenance animale de différentes espèces, car les opérations sont les mêmes pour tous ces filaments. Avec la même concentration, la même température et la même durée dans l’opération, on serait toujours certain d’obtenir des teintes uniformes.
- TEINTURE MÉCANIQUE
- Du Coton en ruban de carde
- On se rappelle, dit M. l’abbé Vassart, dans YIndustrie textile, que des essais de teinture du coton en ruban de carde avaient été commencés dans la filature de Mme veuve Jac-quart, à Tourcoing, avec les appareils et les procédés L’Huillier , teinturier-chimiste de Paris.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Anthoni, de Remiremont, se croyant fort de son brevet du 19 mai 1882, était venu tout arrêter, au moment de la mise en marche, et avait intenté un procès.
- Cette affaire fut jugée par le tribunal civil de Lille, à la date du 24 janvier 1892 et le brevet Anthoni fut déclaré nul.
- La Cour d’appel de Douai, ayant à rendre un jugement sur la même question, confirma en tous points le jugement du tribunal de Lille (1).
- Les appareils L’Huillier ont donc été réinstallés chez Mme veuve Jacquart. Les essais recommencent et promettent des résultats très intéressants pour les filateurs et les teinturiers.
- Nous avons suivi la teinture d’une partie de coton en noir d’aniline par oxydation : et le bain d’aniline qui précède, comme aussi le bain de bichromate qui suit l’oxydation, se comportent de la manière la plus satisfaisante pour l’imprégnation des fibres. Le noir produit était inverdissable, le coton doux, sans queue de rat, sans boutons, ne nécessitant aucun nouveau cardage ?t n’offrant aucune difficulté pour les laminages et les opérations ultérieures de la filature. On sait qu’il en est autrement avec les procédés d’Anthoni.
- Nous continuerons à rendre compte des essais qui vont se poursuivre chez Mme veuve Jacquart, sur le coton, et chez un grand industriel de la région, sur le lin, au point de vue du blanchiment et des teintures en différents noirs et en couleurs, par les appareils et procédés L’Huillier.
- A propos de cette note, nous signaler ons l’une des dispositions de la machine L’Huillier, qui contribue le plus aux bons résultats ci-dessus annoncés.
- Voyons, d’abord, les imperfections qu’il fallait éviter :
- Si nous supposons le coïler, rempli avec son ruban enroulé en spires sinueuses et placé dans un récipient à vide, il ne pourrait fonctionner d’une manière satisfaisante : le vide aspirerait le coton par les trous de perforation du coïler et déterminerait la formation de queues de rat dans le ruban. La pression dans un autoclave, d’autre part, comme aussi l’arrivée du liquide dans un récipient à vide, provoquerait le tassement de la matière à teindre dans le coïler, ce qui ménagerait des voies de filtraticn et des irrégularités dans la teinture.
- C’est en vue d’obvier à ces inconvénients que M. L’Huillier a combiné quelques dispositifs qui, à la simplicité d’organes, unissent la rapidité de préparation et la sûreté d’exécution.
- Si l’on pose dans le coLer ordinaire, non perforé, une tige à coulisse ou sans coulisse, creuse de haut en bas ou pleine, portant à son extrémité inférieure une rondelle qui recouvre
- (1) Voir Revue de la Teinture, 1892, p. 156.
- le fond du coïler, on peut remplir celui-ci comme d’habitude et alors, adaptant à la partie supérieure de la tige une rondelle semblable à la première, mais mobile et pourvue d’une poignée, exercer une pression en même temps qu’on fait un quart de tour ayec la poignée.
- On peut ensuite retirer du coïler tout le ruban de carde qui est maintenant serré entre les deux rondelles et qui conserve sa disposition en anneaux 'superposés. Ces rubans, ainsi maintenus par une tige entre deux rondelles, sont placés dans des sacs ou dans des récipients perforés, qui peuvent être soumis alors dans des chaudières, autoclaves, cuves, appareils à vide, aux opérations de décreusage et de teinture.
- Lfs rubans de carde, disposés de la même n anière, sont dans les conditions favorables pour les rinçages et les essorages.
- Pour le séchage des mêmes rubans, il est avantageux d’enfiler une tringle de part en part, en lieu et place de la tige à coulisse ou sans coulisse, et toutes ces tringles ainsi gardées sont disposées dans les séchoirs.
- MACHINE A TEINDRE LES TÉXTILES EN ÉCHEVEAUX
- Par M. Victor Bantegny
- Voici les principales dispositions de cette machine :
- Un bac à fond circulaire reçoit sur deux côtés des bâtis avec palier au sommet et dans ces paliers se monte un tambour par les tourillons de son axe central. Ce tambour est formé de deux flisques calées sur son axe, presque tout contre le tourillon de ce dernier; ces flasques sont étoilées, c’est-à-dire qu’elles portent p’usieurs rayons dont les. extrémités plongeantes sont en bois et reliées par des planchettes, facilement démontables, qui vont d’une flasque à l’autre, en travers du bac ou cuve -, c’est sur ces- planchettes que l’on range les éch veaux à teindre ou à laver. La partie de l’axe de tambour comprise entre les deux flasques est protégée par un fourreau inattaquable par les acides, et le mouvement de rotation se donne au tambour, soit à la main, soit par poulie folle et fixe.
- Après teinture ou lavage, on relève le tambour pour dégager la cuve, et cet exhaussement s’opère à l’aide d’un dispositif de crémaillère mue par volant et engrenage coniques ou bien au moyen d’un treuil fonctionnant au-dessus du bac ; avec un treuil roulant, on peut même faire passer le même tambour à écheveaux dans une série de bains différents pour arriver à la nuance voulue.
- NOUVELLE MACHINE A CHINER
- De H. Talon
- Une machine à chiner les fils par impression a récemment été brevetée par M. Talon ; elle se distingue essentiellement des appareils jusqu’à présent employés, et qui, lorsqu’on procède par impression mécanique, sont ordinairement basés sur l’emploi de rouleaux cannelés; leurs cannelures saillantes sont les surfaces imprimantes.
- Il faut nécessairement autant de rouleaux ainsi gravés, que l’on veut de types de chinage, et ces machines ne se prêtent pas à une extension assez complète des écheveaux, de sorte que l’impresssion ne pénètre pas toujours jusqu’aux fils du milieu.
- La nouvelle chineuse de M. Talon imprime à plat -, les sujets sont des règles mobiles, que l’on peut assembler, espacer et varier autant qu’on le désire, en se servant toujours des mêmes éléments.
- Nous ne saurions mieux comparer l’assemblage imprimeur, qu’à une forme typographique, qui serait constituée de filets parallèles plus ou moins gras, plus ou moins rapprochés.
- Tout l’appareil, d’ailleurs, paraît être inspiré de la presse typographique, et cette adaptation est une excellente idée, car elle se base sur une méthode industrielle arrivée aujourd’hui à une grande perfection.
- Or donc, comme dans la presse typographique, la forme étant composée avec les réglettes imprimeuses, repose sur un chariot qui la transporte au-dessous de rouleaux encreurs, puis la ramène sous le cylindre presseur, après qu’un dispositif à peigne y a interposé l’écheveau de fils, convenablement étalé.
- Un aller et retour du chariot, et l’écheveau est rendu imprimé, en même temps qu’un autre s’engage dans l’appareil ; c’est très simple et très rapide.
- De même que dans les chineuses au rouleau, une seconde couleur exige un nouveau passage; le changement de couleur se fait avec une grande simplicité.
- Cette machine fait ainsi du chinage des fils un travail courant, usuel, qui ne nécessite plus des dépenses élevées de matériel, car il n’est plus nécessaire d’avoir une collection de cylindres gravés.
- Nous ajouterons que l’impression au rouleau, si favorable au travail continu des pièces d’étoffe se déroulant sans cesse, n’est pas aussi avantageuse que l’impression à plat, dans le travail nécessairement alternatif de fils en écheveaux.
- La machine de M. Talon est donc, selon nous, ce que nous avons de plus satisfaisant pour l’impression-chinage des fils en écheveaux.
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- nouveaux mordants
- D’ALUMINIUM
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- eaux, soit dans des poches de toile, soit sur le filtre-presse, de la mettre en suspension dans trois fois son poids d’eau et de saturer le
- au moyen de la soude ; le mordant à 20a B se prépare avec les proportions suivantes :
- Sulfocyanure d’aluminium. Le
- sulfocyanure d’aluminium est très employé pour l’impression des rouges-vapeur d aliza* rine ; il donne des nuances plus brillantes que les acétates d’alumine, parce qu’il n’est décomposé que par la vapeur et qu il ne se décompose pas avant l’impression ou le vaporisage.
- Depuis que l’on est parvenu à extraire pratiquement les sulfocyanures de potassium et d’ammonium des matières épuisées ayant servi à l’épuration du gaz de l’éclairage, l’emploi des sulfocyanures ou rhodanates s’est généralisé.
- Dans les ateliers d’impression, on obtient le sulfocyanure d’aluminium, sous forme de liquide marquant 19 à 20 degrés Baumé, en décomposant une solution de sulfocyanure de baryum par du sulfate d’alumine. Dans 100 litres d’eau bouillante, on fait dissoudre 65 kilogrammes de sulfate d’alumine; la solution est filtrée et envoyée dans une cuve en bois pourvue d’un agitateur. On ajoute ensuite, peu à peu, 85 kilogrammes de sulfocyanure de baryum en poudre ; on remue jusqu à ce que la double décomposition se soit effectuée, on passe au filtre-presse pour séparer le sulfate de baryte et le liquide clair est ramené à 20* Baumé, soit avec de l’eau ou mieux avec de l’eau de lavage du sulfate de baryte.
- J. Hauff est arrivé, en 1887, à préparer les rhodanates basiques d’aluminium inconnus jusqu’à ce jour, depuis le rhodanate tribasique jusqu’au rhodanate octobasique.
- Pour préparer les solutions polybasiques, Hauff dissout la quantité calculée d’hydrate d’alumine fraîchement précipité dans une solution de fhodanate neutre, dont il élève progressivement la température.
- On emploie couramment un rhodanate basique préparé avec :
- Rhodanate d’alumine ordinaire, à 18 degrés
- Baumé................. 20 lit,
- Alumine fraîchement précipitée ................. I kil.
- Sulfite d’aluminium. — Le sulfite
- d’aluminium a été proposé récemment pour le fixage de certaines couleurs alizanques.
- On l’obtient de deux manières différentes. La plus simple de toutes consiste à mêler deux dissolutions, l’une de sulfate d’alumine dans le double de son poids d’eau avec une solution concentrée de bisulfite de soude, dans les proportions suivantes :
- Solution de sulfate d’alumine 100 lit.
- Bisulfite de soude à 38° B... 50 —
- Quelquefois, on remplace le sulfate d’alumine par l’acétate, mais sans grand avantage.
- Il est préférable, selon nous, de précipiter l’alumine du sulfate d’alumine au moyen du carbonate de soude, de la laver à plusieurs
- liquide par un courant d’acide sulfureux jusqu’à dissolution complète. On laisse reposer, pendant vingt-quatre heures, et on obtient un sulfite neutre qui peut très bien remplacer l’acétate dans beaucoup de cas.
- En faisant digérer de l’alumine fraîchement précipitée avec la solution sulfite neutre, on obtient des sulfites basiques divers.
- L’acétosulfite d’aluminium n’est qu un mélange, en différentes proportions, d’acétate et de sulfite d’aluminium.
- Voici un exemple :
- Sulfite d’aluminium.......... 1° llL
- Acétate d’aluminium à 15° B. 8 —
- Citons encore la dissolution de sulfate basique d’alumine dans l’acide sulfureux. Elle se prépare delà manière suivante : Dans 200 li-litres d’eau bouillante, on fait dissoudre 80 kilogrammes de sulfate d’alumine ; la dissolution est filtrée sur une toile et envoyée dans une cuve. D’autre part, on fait dissoudre 70 kilogrammes de carbonate de soude cristallisé dans 200 litres d’eau bouillante. Lorsque les deux liqueurs sont froides, on verse le carbonate de soude dans l’alun, en remuant constamment ; on laisse en contact deux ou trois heures, on passe au filtre-presse, on lave à plusieurs eaux et, finalement, le précipité est mis en deux ou trois fois son poids d’eau, dans laquelle on fait passer de l’acide sulfureux jusqu’à dissolution complète.
- Nitrate d’alumine. — On l'obtient en dissolvant de l’alumine en pâte dans de 1 acide nitrique jusqu’à saturation ; la liqueur est étendue d’eau jusqu’à ce qu’elle marque 12° B. A ce degré, la dissolution renferme 2 à 2,5 p. 100 d’alumine.
- Les indienneurs préparent souvent le nitrate d’alumine par double décomposition de 1 azotate de plomb et du sulfate d’alumine et de l’alun. Dans 50 litres d’eau, on fait dissoudre 50 kilogrammes d’alun ; dans 50 autres litres d’eau bouillante, on fait dissoudre 50 kilogrammes de nitrate de plomb ; on mêle les deux solutions bouillantes ; il se forme un précipité de sulfate de plomb, tandis que le nitrate d’alumine reste dans le liquide. La liqueur filtrée marque 15° B.
- D’autres praticiens préparent ce composé par double décomposition du nitrate de baryte ou de chaux avec le sulfate d’alumine.
- Ce mordant est peu employé. Il est spécialement réservé pour la préparation des rouges-vapeur d’alizarine auxquels il communique des tons plus brillants et plus jaunes.
- Aluminate de soude. — L’aluminate de soude, connu sous le nom de mordant alcalin, se rencontre dans le commerce en dissolution marquant 20° B. On le prépare aisément en dissolvant l’alumine gélatineuse dans une solution de soude caustique. L’alumine est obtenue par précipitation du sulfate d’alumine
- Solution de soude caustique à 36 deer<s Baumé................... io nt
- Alumine en pâte......... 12àl4kil.
- Après 24 heures de contact, on filtre, 0n amène à 20° B. et on enferme la solution dans des bonbonnes bien bouchées, parce qUe l’acide carbonique de l’air le décompose, avec mise en liberté d’alumine.
- Divers — Les mordants, dont nous venons de donner la préparation, sont à peu près les seuls employés. 11 convient, toutefois de citer ceux qui ont été proposés, à diverses époques, par certains praticiens, comme pou. vant s’appliquer dans des cas spéciaux.
- En première ligne viennent les fluorures d’aluminium ainsique les fluorures doubles d’aluminium. Nous avons nous-mêmps essayé le fluosilicate d’alumine. Ces mordants ne présentent aucun avantage sur les mordants à base d’acétates ou de sulfites.
- L’hyposulfite d’alumine se prépare de toutes pièces en dissolvant 3 kilogrammes d’alun et 5 kilogrammes d’hyposulfite de soude dans 100 litres d’eau. Ce sel se décompose à 1009 en présence de l’eau, en soufre, acide sulfureux et alumine hydratée. Notre avis est qu’it est préférable d’employer le sulfite d’alumine, dont nous avons donné la préparation plus haut.
- Liechti et Suida ont recommandé l’emploi d’un chloroacétate d’aluminium pour la pré-paration des rouges-vapeurs d’alizarine. Ce sel donne d’excellents résultats. On obtient ce mordant soit en mêlant deux solutions alumineuses : l’une d’acétate et l’autre de chlorure, en différentes proportions, suivant le résultat à obtenir. On peut aussi le préparer en décomposant le sulfate d’alumine par un mélange d’acétate de plomb et de chlorure de baryum. On fera dissoudre, par exemple, 10 kilogr. de sulfate d’alumine dans 70 litres d’eau bouillante, et on mêlera à cette dissolution un liquide obtenu en faisant dissoudre 50 kilogr. d’acétate de plomb et 4 kilogrammes de chlorure de baryum. Après filtration, la dissolution de chloro-acétate d’aluminium est prête pour le mordançage.
- Nous recommandons également lechloro-sulfite d’aluminium, obtenu en mêlant deux dissolutions neutres de chlorure et de sulfite d’aluminium, par exemple :
- Sulfite d’aluminium à 15° B... 10 lit.
- Chlorure d’aluminium à 15° B. 8 —
- Citons un mordant chloro-sulfite d’aluminium, employé dans un cas spécial, composé de;
- Sulfite d’aluminium à 15° B... 10 lit.
- Chlorure d’aluminium à 15° B. 5 —
- Acétate d’alumine à 14° B. r. 5 —
- L’oxalate d’aluminium s’obtient en dissolvant simplement l’alumine en gelée dans une dissolution d’acide oxalique.
- (Revue de chimie industrielle)
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Produit pour le nettoyage des étoffes Par M. J. Chàmpagnat
- Ce produit, destiné au nettoyage des vêtements, est désigné sous le nom de « Pontié-rine Champagnat. ».
- 11 se compose des éléments suivants :
- Fiel de bœuf.............. 10 lit.
- Savon blanc desséché...... 5 kil.
- Alcool à 90°................. 20 lit.
- Eau.......................... 65 —
- — Ce mélange alcoolique n’est pas plus mau -vais que du savon simple ; il est seulement un peu plus coûteux.
- Pâle détersive pour détacher toute espèce de tissu
- Par M. Billault
- Cette préparation est encore destinée aux nettoyages, et est douée de propriétés naturellement merveilleuses.
- La formule donnée par l’auteur est assez ténébreuse; nous tâcherons de l’éclairoir en mettant entre parenthèses la traduction de ses désignations, en langage usuel.
- Voici texte et traduction :
- Huiles concrètes ou animales;(Huiles de palme,
- de coco, ou suifs) Sève du Pinus larix veneta en 334 kil.
- larmes (Sève du pin de Venise) Sels chimiques (ces sels ne peuvent être que de la soude on 225 —
- de la potasse) Huile essentielle du Pinus toeda 54 —
- (Essence de térébenthine).... Essence de quillaria du Pérou (Décoction d’écorce de pa- 50 —
- nama) 77 —
- Eau 260 —
- Malaxer le tout et macérer vingt quatre heures.
- Cuire et traiter en tous points comme la fabrication d’un savon.
- Le produit se livre en tablettes.
- Cela correspond, en résumé, à un savon ordinaire, additionné d’essence de térébenthine et d’extrait de panama.
- Dégraissage des laines en suint Par M. F. Grëgnet
- L’inventeur emploie la baryte comme agent lessiveur.
- Les laines tondues ou les peaux de mouton laineuses sont immergées dans un bain de 5 OjO de protoxyde de baryum (baryte), monté à l’eau froide ou à l’eau plus ou moins chaude.
- Le dégraissage s’opérerait en cinq minutes.
- Machine à teindre les écheveaux Par M. F. Dehaitre
- Les machines à teindre les écheveaux sont ordinairement formées d’un ensemble inséparable fixé à sa cuve au bac à teinture.
- L’invention consiste en un système de guin-dres indépendant d’un mécanisme fixe et pouvant s’adapter à toute barque de teinture et être enlevé à volonté, pour être porté sur une autre.
- Les guindres sont simplement montés sur un chariot ou châssis animé d’un mouvement de déplacement longitudinal, pendant que les guindres reçoivent eux-mêmes un mouvement de rotation. Le mouvement de va-et-vient du chariot a lieu par un système de bielles et de manivelles et produit le lissage des écheveaux dans le bain. Enfin, tout ce système peut recevoir un mouvement ascendant et descendant poui plonger et lever les écheveaux du hain.
- C’est, en un mot, le travail habituel des machines à teindre, mais avec un mécanisme pour ainsi dire portatif, et n’éiant plus immobilisé à une seule cuve à teinture. Le côté pratique de cette modification est incontestable.
- Velours brillante Par M. L. Giroud
- L’auteur annonce qu’il donne aux velours (soie, coton ou tramés) un aspect nouveau, par un tour de main spécial dans l’apprêt.
- La machine sur laquelle on donne cet apprêt spécial, est composée, en généra', d’une série de rouleaux,soit métalliques, soit en bois, soit recouverts d’étoffes, et destinés, ou bien à tenir le tissu en large, ou bien à l’attirer, c’est-à-dirê à la faire avancer dans la direction voulue, et animés d’nn mouvement de rotation en sens convenable.
- Le rouleau principal est creux et chauffé intérieurement ; il tourne en sens inverse de l'avancement du tissu et appuie sur l'endroit de celui-ci, au préalable étendu par un premier rouleau chauffé appuyant & l'envers.
- Des tendeurs permettent de faire presser plus ou moins le tissu contre le rouleau principal, c’est-à-dire contre celui dont l’action sur l’endroit de l’étoffe produit le brillantage du velours, et qui se caractérise par son mouvement en sens inverse de la marche du tissu.
- Le duvet ainsi couché doit, selon nous, donner un aspect satiné aux velours, susceptible de plaire.
- Procédé de teinture du velours en ombré et en uni
- Par M. Fayard
- Ce procédé consiste à projeter sur le velours de la teinture pulvérisée, de manière à ce que le liquide tombe en pluie sur le tissu. On peut ainsi obtenir à volonté une teinte unie en projetant la teinture pulvérisée au moyen de plusieurs pulvérisateurs contigus, mais on peut également obtenir sur velours des teintes fon-
- dues d’un effet nouveau et très agréable.
- Par suite de la projection de la teinture, celle-ci n’agit que sur les poils du velours, et le fonds reste avec sa coloration naturelle.
- Machine à laver les laines Par la Société alsacienne des constructions mécaniques
- Dans les appareils connus, dans lesquels le lavage de la laine est produit par des appareils mécaniques qui tiraillent et refoulent la laine pour en séparer, par le frottement contre l’eau les matières terreuses, etc., etc., il arrive souvent que la laine se carde dans une certaine mesure et que, par suite, la carde déchire les fibres à cause de leur enchevêtrement et la peigneuse fait plus de blousse pour cause d’augmentation dans le nombre des fibres courtes.
- Pour remédier à cet inconvénient, la Société alsacienne des constructions mécaniques a imaginé un dispositif où l’eau est le seul agent mécanique.
- Il comprend :
- 1° Un jet d’eau continu sortant d’un tuyau placé en-dessous de la toile sans fin d’entrée, et dont le but est de plonger la laine dans le liquide ;
- 2° Un courant d’eau continu comme moyen de transport ;
- 3° Un grand nombre de jets d’eau intermittents , venant d’un réservoir surélevé et qui tombent sur la laine au momenf où celle-ci se trouve dans un petit volume d’eau, produisant ainsi un frottement énergique contre la laine sans la feutrer ;
- 4° Isolement des matières terreuses à l’aide d’un double fond perforé dont les ouvertures peuvent être, à des moment s donnés, ouvertes ou fermées.
- Préservation au vaporisage des nuances des soies teintes
- Par M. E. B. Truman, de Nottingham
- L’auteur, dans son brevet (anglais;, signale qu’en ajoutant aux bains de teinture 2 grammes ou 1 gramme par litre de chlorure mer-curique (sublimé corrosif), on empêche les nuances obtenues de se dégrader et de se ternir au vaporisage à température élevée. La proportion de sel de mercure peut être augmentée ou diminuée suivant la nature des colorants ou de la fibre, et suivant la qualité de l’eau employée à la teinture.
- — Ce résultat, s'il se confirme, est fort intéressant, car si le sublimé est un préservateur des teintes pendant le vaporisage, il est probable qu’il le sera aussi dans les autres causes de leurs altérations : contre l’action de l’air lumineux, par exemple.
- Imperméabilisation des tissus par imprégnation de matières cireuses ou résineuses.
- Par MM. F. Doller et R. Wolfenstein.
- Les auteurs envisagent le cas d’imprégna-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- tion des tissus par de la paraffine, de la stéa-rine, de la cire, mélangées ou non avec des résines et gommes fusibles.
- Au lieu de plonger les tissus en plein bain de ces matières fondues, ils confectionnent un bloc du mélange, de la largeur de l’étoffe qui s’appuie, à l'aide de ressorts, contre un tambour chaud.
- Entre le bloc et le tembour circule l’étoffe a imperméabiliser, et qui s’imprègne du mélange fondu au contact du cylindre chaud. Aussitôt, elle passe sous une règle qui uniformise l’enduit, puis entre deux cylindres chauffés et à pression, qui font pénétrer cet enduit dans l’épaisseur de l’étoffe.
- Produit nouveau destiné æu blanchiment Par M. Brittingham
- Le procédé est basé sur l’emploi d’un tungstate, et destiné au blanchiment des tissus, du papier, etc.
- Pour cela, on prend un demi-litre d’eau, on y ajoute 15 0[0 de tungstate sodique ; dans cette solution on trempe les objets à blanchir. On les y laisse 5, 10 et 15 minutes ou plus longtemps, en ayant soin d’agiter pendant ce temps. On additionne alors d’une solution d’hypochlorite de soude faite avec 225 grammes d’hypochlorite pour 13 litres d’eau. On agite et le blanchiment est obtenu au bout de dix minutes à une heure.
- On peut chauffer au moment de l'addition d’hypochlorite. Quand on désire prolonger l’efficacité du procédé, on ajoute à la liqueur un mélange de 60 grammes de chlorure de sodium, 68 grammes d’acide sulfurique et 50 grammes d’eau. On chauffe jusqu’à dégagement d’acide chlorhydrique,on ajoute un quart d’eau. En prenant 15 grammes de ce mélange, on l’ajoute au précédent.
- Au lieu d’hypochlorite, on peut prendre le mélange suivant : carbonate de soude, 30 grammes ; acide chlorhydrique, 50 grammes ; eau, h litres et demi que l’on ajoute au tungstate de soude.
- Une autre variante consiste à additionner l’hypochlorite de 1 gr. 77 d’acide arsénieux et d’ajouter au tungstate.
- — Tout cela n’est ni bien clair ni bien rationnel. _____
- Procédé de décoloration des extraits de bois et de jus divers
- Par M. Trillat
- Les jus sont amenés à une température voisine de 30° et à un degré de concentration de 2°, 3°, 5° B. On ajoute d’abord une petite quantité d’aniline. Pour 10,000 litres de jus à 2» B., il suffit de 800 grammes d’aniline. Après une forte agitation, on ajoute environ la moitié, soit 400 grammes d’acétone ; le précipité commence à se former immédiatement au sein de la liqueur et entraîne les parties brunes.
- Après vingt-quatre heures, l’action est ter-
- minée -, on filtre et décante, puis on concentre selon les méthodes ordinaires.
- Procédé de clarification des extraits tanniques
- Par MM. Simon et Ce
- Procédé consistant à clarifier au moyen d’une solution de sang additionnée de carbonate de soude, les sucres tanniques marquant 20® à 30o B.
- Procédé de décoloration des extraits tanniques
- Par M. David
- Procédé de décoloration des jus tanniques consistant à faire bouillir ces jus avec des bases, puis à saturer les bases pour précipiter les résines et les tannins altérés.
- Nouvelle machine à calandrer Par M. Frank Ballwin
- Les modifications aux calandres apportées par l’inventeur consistent en une courroie sans fin qui se trouve constamment engagée en contact avec les faces convexes de fers espacés fins.
- Deux ou un plus grand nombre de fers de chauffe sont alignés en sens horizonlal, mais avec des intervalles libres. La vapeur, 1 air chaud ou tout autre agent de chauffage est introduit dans l’un des fers et s’échappe ou se décharge aux extrémités opposées. Toutes les surfaces inférieures ou convexes des fers, lorsque la machine à calandrer est au repos, demeurent engagées avec le brin supérieur d’une courroie sans fin qui se développe sur deux tambours ; une poulie de tension permet de tendre cette courroie sans fin ou de détendre à volonté.
- La calandre étant mise en marche, les arti-ticles à calandrer s’introduisent entre le brin supérieur de la courroie sans fin et la surface inférieure convexe du fer adjacent à la garde ; ils se sèchent partiel! ment sur ce premier fer et passent ensuite sur le second fer et ainsi de suite avec dessiccation progressive, tout en subissant les effets du calandrage ou cylindrage.
- — Si nous comprenons bien, cette courroie serait une sorte de feutre sans fin.
- Procédé de préparation d'une colle liquide Par le Dr Lüdw Spiegelberg, à Magdebourg
- On obtient des colles liquides en évaporant les solutions de gélatine, colle de peau, d’os, de poisson, etc., en présence d’eau oxygénée. Pour 1 partie de gélatine sèche, dissoute à chaud dans 2 parties d’eau, on emploie de 3 à U parties d’eau oxygénée et l’on évapore à sec, au bain-marie. Le résidu est redissous dans 2 parties d’eau, additionné 'encore de 1 partie d’eau oxygénée et raduit à consistance sirupeuse.
- La colle ainsi préparée contient 50-55 o/o de substance sèche (100° C).
- — Ce procédé, extrait d’un brevet allemand pourrait être utilisé dans la préparation des apprêts. L’emploi de l’eau oxygénée n’offre pas les inconvénients de l'acide nitrique, quj était jusqu’à présent en usage pour liquéfier les colles fortes.
- PROCEDES DIVERS
- Jaune de Carbazol
- Nous avons parlé, dans notre . .ate « vraison, de ce colorant qui, notamment sur mordant de chrome, fournit des nuances d’une grande solidité à l’air et aux lavages et convient aussi aux articles de bonneterie devant être souvent lavés, comme aux mélanges pour draperie nouveauté.
- Nous donnons ci-dessus un échantillon de sa nuance en teinture directe, c’est-à-dire sans être modifiée par le mordant. En cet état il peut être avantageusement appliqué à la
- laine à tapisserie et jouit encore d’une bonne
- solidité.
- La teinture ci-dessus a été obtenue avec :
- Jaune de Carbazol W............... 1 O[0
- Alun............................... 3 0[0
- Acide oxalique..................... 2 0[0
- Ce jaune monte aussi à l’acide sulfurique et sulfate de soude, mais il faut éviter un excès d’acide qui le fait virer-, un lavage, toutefois en eau savonneuse ou contenant un peu d’ammoniaque rétablit sa teinte.
- Vieil or sur soie
- Le jaune de carbazol W donne également de fort bonnes teintes « viel or », sur soies mordancées au chrome. Dans tous emplois, d’ailleurs, ce mordançage au chromate est son véritable moyen d’application.
- Bleu Gendarme
- Cette teinte s’obtient avanfl^usement
- avec
- le Vert pour laine S, dont nous avons montré un échantillon dans notre numéro de décembre 1892, p. 165, et avec addition d’un bleu rougeâtre; le reflet rouge uni au vert produit
- le rabat de la teinte.
- Pour l’échantillon ci-dessus, il a été employé :
- Vert pour laine S................. 1 W
- Bleu soluble TR.................... 1 ll2 0[0
- Sulfate da soude................... 5 0[0
- Acide sulfurique.................. 1
- La teinte monte avec ensemble et unit bien. On pousse au bouillon pour trancher.
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- Vert-Palmier-Olive clair sur coton
- Cette nuan<IB"“est très employée pour les rayures en bonneterie de coton et aussi en teintes pleines ; pour ces destinations, il faut de très bons teints.
- Nous conseillons, en conséquence, un fonds de cachou de Laval, nuancé eusuite par un jaune solide.
- Le cachou de Laval donne des teintes grises brûnâtres d’une solidité absolue, et laissant aux cotons toute leur douceur ; il s’unit particulièrement bien aux fils de lin si difficiles en général à bien imprégner des colorants. Un fil teint en cachou de Laval fonctionne comme étant mordancé dans les matières colorantes qui tirent sur mordant.
- L’échantillon ci-dessus a reçu un pied de 10 0[O de cachou de Laval.
- Ce colorant s’emploie en bains courts et concentrés : on teint sans mordant à une température de 60 degrés et en vingt minutes environ.
- On rince et on fixe la teinte sur un bain chaud de bichromate léger (1).
- Le pied ayant été ainsi obtenu, la teinte a été achevée dans un bain de Jaune Carba-zol W.
- La Primuline serait aussi un jaune très convenable pour cette destination, et plus solide encore que le carbazol.
- Chinage sur coton
- Nous montrons ici des fils chinés sur la nouvelle machine Talon : appareil auquel nous avons consacré un article spécial dans le corps du journal.
- La régularité du travail ne peut guère s’apprécier que sur une certaine masse de fils ; cet échantillon a principalement pour but de démontrer que ce nouveau mode de chinage donne des résultats pratiques, comparables en tous points à ceux que l’on n’obtient, jusqu’à présent, que par des moyens plus lents et plus compliqués.
- PROCÉDÉS DE TEINTURE Brevetés
- Les fabricants de matières colorantes font breveter certains procédés d’application de leurs produits, n’exigeant en général aucun droit de licence des teinturiers et imprimeurs
- (1) Le mode d’emploi détaillé de ce produit a été exposé dans la Revue de la Teinture., année 1890, Pi97.
- qui les emploient, à la seule condition, qu’ils fassent usage des produits fournis par les brevetés.
- Voici quelques-uns de cea procédés :
- Production sur fibres De couleurs rouges
- Ce procédé, breveté par MM. F. Bayer et Cie, est une transformation sur fibre de la Primuline en rouge-bordeaux solide.
- Pour 10 kil. de coton, on teint dans le bain suivant :
- Phosphate de soude........ 1 kil.
- Savon...................... 200 gr.
- Sel marin................... 500 —
- Primuline------------------- 500 —
- Eau......................... 300 lit.
- Maintenir au bouillon une heure. Rincer et travailler dix minutes dans un bain froid de :
- Nitrite de soude.......... 400 gr.
- Acide sulfurique à 66° B.. 200 —
- Eau froide................ 300 lit.
- Développer la nouvelle couleur dans un bain monté avec :
- Chlorhydrate d’éthyle &-naph-tylamine....................... 300 gr.
- Acide chlorhydrique ou acétique Q. S.
- La teinture est absolument solide au lavage.
- Teinture de la laine par les couleurs d'alizarine
- C’est le mode de teinture breveté par la maison Meister, Lucius et Bruning (Compagnie parisienne), dont nous parlions dans notre précédent n° (p. 37), et qui intervertit l’ordre des opérations habituelles pour la teinture en alizarine : le mordançage suit la teinture au lieu de la précéder, et devient ici un fixage dans le sens propre du mot.
- Nous rappelons, par circonstance, que MM. Lecomte et Duchemin ont fait breveter en 1890 une méthode semblable, qu’ils appliquaient au coton (1).
- Voici les procédés de la Compagnie parisienne :
- Rouge solide nourri sur drap
- Pour 100 kil.:
- Rouge d’alizarine I W.... 4 kil.
- Sulfate de soude............. 20 —
- On entre la partie au bouillon après lavage et mouillage préalable, on laisse trois quarts d’heure à l’ébullition, on ajoute :
- Acide sulfurique (étendu d’eau) 4 kil.
- On maintient encore l’ébullition pendant trois quarts d’heure. On ajoute alors au bain :
- Alun..................... 10 kil.
- La laqua aluminique est formée au bout de trois quarts d’heure ou une heure d’ébullition. Le drap est alors teint jusqu’au cœur et aussi également qu’avec les couleurs qui égalisent le mieux.
- Nuance Fraise mode sur cachemire Pour 100 kil.:
- Rouge d’alizarine W. S... 1 kil.
- Sulfate de soude........... 10 —
- Acide sulfurique........... 4 —
- On teint au bouillon, comme précédemment, puis on passe le tissu sans le rincer dans un autre bain bouillant contenant :
- Bichromate de potasse... 1 kil.
- Acide sulfurique 66° B... Zj33 gr.
- Les bains de couleur et de mordant peuvent être emp’oyés plusieurs fois.
- Production d’une couleur rouge sur fibres textiles
- Ce brevet est aussi de la Compagnie parisienne. Le procédé consiste à combiner sur la fibre l’orthonitroparaphénétidine avec le b-naphtol en une azocombinaison, avec ou sans emploi simultané d’huile tournante, d’alumi-nate de soude ou autre composé métallique similaire, comme le stannate de soude.
- Pour la préparation de la couleur d’impression 1° sur fond au naphtol on prend :
- 1°—4-naphtol.................
- Lessive de soude à 22 OiOB Huile tournante à 50 0|0.
- Aluminate de soude à 25
- p. 10Û d’alumine......
- pour 10 litres de solution.
- 2°—Solution diazoïque : Orthonitroparaphénétidine Solution double normale
- de nitrite............
- Eau.....................
- On réduit en pâte fine à environ 30„.
- On y introduit lentement un mélange de :
- Acide chlorhydrique à 22
- p. 100 B................... 20 cc.
- Eau filtrée.................. 80 —
- La dissolution est portée à 400 cc., on ajoute :
- Epaississement.............. 350 cc.
- Acétate de soude......... 50 —
- L’étoffe à fond de naphtol est imprimée après dessiccation à 100 0[0 c.
- Teintes noires sur laine par développement de rouges azoïques
- D’après ce brevet de la « Société pour l’Industrie chimique », les fibres teintes en rouges azoïques sont modifiées dans un bain dâcide chromique, jusqu’à virage au noir, avec ou sans addition d’autres colorants devant modifier le reflet du noir.
- Exemple :
- Pour 10 kilog. de laine, on montera le bain avec :
- Azorubine acide_________ 400 gr.
- Bi-sulfate de soude....., 1 kil.
- Qn entre la laine lentement vers 30 40a e
- 145 gr 250 cc. 300 gr
- 100 gr.
- 52 cc. 52 —
- (1) Voir Revue de la Teit*iur& 189Û, p. 32.
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- on porte peu à peu au bouillon jusqu’à épuisement du bain.
- On ajoute alors par petites portions, en maintenant l’ébullition encore pendant une demi-heure à trois quarts d’heure :
- . Bichromate de potasse
- (dissous).......... 200 à 400 gr.
- On rince et sèche.
- On peut aussi traiter par l’acide chromique dans un bain séparé monté avec :
- Acide chromique...... 200 à 300 gr.
- ou Bichromate de potasse 200 à 400 —
- et Acide sulfurique..... 100 —
- Autre exemple :
- Teindre 10 kilogr. de laine avec :
- Azoïque rouge (azorubine acide ou autre).......... 320 gr.
- Vert acide O (bleuté).... 80 —
- Bi-sulfate de soude...... 1 kil.
- Développer le noir comme précédemment avec :
- Bichromate de potasse.... 300 gr.
- Teinfure aux alizarines en bains clairs
- Un Américain s’est fait breveter en Allemagne pour un moyen de rendre les couleurs d’alizarine solubles et de pouvoir ainsi les faire servir à des teintures en bains clairs, ce qui évidemment en régularise l’emploi.
- Son moyen consiste à broyer ces couleurs sèches avec le double de leur poids de borax.
- Un tel mélange, dit-il, se dissout instantanément dans l’eau cha.de.
- MACHINES A REPASSER
- Modèles de MM. Piet et O
- Il y a actuellement deux genres de machines à repasser :
- 10 Celles à cuvette, dans lesquelles un cylindre recouvert de flanelle tourne et frotte sur un fer chauffé en forme de cuvette enveloppant en partie le cylindre ;
- 2° Celles à toile sans fin, dans lesquelles le linge entraîné par la toile frotte sur un ou plusieurs cylindres chauffés.
- Les fers, qu’ils soient en forme de cuvette ou en forme de cylindre, sont chauffés par le gaz, ou par la vapeur, ou par un foyer.
- Les teinturiers ont généralement adopté le deuxième système : celui à feutre sans fin ; il est très connu d’eux ; aussi nous bornerons-nous à décrire les appareils à cuvette, qui sont d’un très bon emploi pour le repassage du linge.
- Repasseuses a cuvette
- Ce genre de machine se compose essentiellement d’un cylindre recouvert de feutre et de flanelle et d’un fer en fonte polie en forme de cuvette, dont l’une représente le fer à repas- f ser et l’autre la table, le linge donne la repré- *
- sentation fidèle et parfaite du travail effectué par l’ouvrier, le fer à la main.
- Les inconvénients reconnus de ces machines résidaient, surtout, dans la difficulté de maintenir le cylindre recouvert de molleton, au diamètre primitif, qui lui assure son contact avec la cuvette close; enfin l’humidité, s’imprégnant dans cette enveloppe et s’y emmagasinant jusqu’à saturation, occasionne des taches et la détérioration du molleton.
- MM. Piet et Cie les ont améliorées sant, autant pour le séchage de l’énvelX que pour l’enlèvement de la buée, la ei°ppe extérieure de la cuvette servant de f0SUrface n’était point utilisée. er‘ îpi
- Les figures ci-après, ainsi que les iégenH qui les accompagnent, feront comprendre perfectionnements et le mode général de6 C6S ruction de ces machines. Cons”
- Repasseuse-sécheuse à cuvette chauffée au gaz. Cylindres de 1 mètre et de 1 m. 10.
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- £oupe schématique montrant le fonctionnement de la repasseuse chauffée au gaz.
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- Repasseuse-sécheuse à cuvette chauffée à la vapeur. Cylindres de 1 m. 10 et de 1 m 30 c/m.
- En se reportant à la figure schématique ci-dessus, on voit que la repasseuse à cuvette est principalement composée des organes suivants :
- b Fer creux en fonte polie sur sa partie concave, chauffé par la rampe à gaz c.
- c Rouleau entouré d’une couverture puis d’une flanelle ou d’un calicot. Ce rouleau peut en se déplaçant de haut en bas, permettre l’introduction de la pièce à repasser suivant la flèche 7, et ensuite exercer une pression sur la partie concave du fer réglée par des contrepoids.
- a Paroi en tôle enveloppant le cylindre. Il se produit entre le rouleau et cette paroi un vigoureux appel d’air occasionné par une partie des gaz chauds qui s’échappent par le tuyau T et le conduit d. Cette ventilation énergique achève de sécher le tissu en entraînant la huée qui s'en dégage à la sortie du fer.
- P Levier articulé autour de l’axe o pour re-
- lever le fer et l’arrêter dans sa position de travail.
- La manœuvre de ces repasseuses-sécheuses est simplifiée par la facilité du dégagement à l’entrée sous le fer, par la suppression des tables ou des pinces, par l’addition de la pédale, qui permet à une seule personne de faire le service ; ces divers agencements, ainsi que l’ouverture rapide du fer pour le nettoyage, facilitent le travail. L’enlèvement de la buée et le séchage sont assurés par le tirage produit dans la cheminée d’évacuation, au moyen de la chaleur développée par la partie extérieure du fer en cuvette, qui ne sert pas au repassage.
- Toutes ces machines sont sécheuses-repasseuses, c’est-à-dire acceptent le linge sortant de l’essoreuse, pourvu que la nature du tissu soit telle, que la quantité d’eau à évaporer ne soit pas supérieure à 40 pour cent du poids initial.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie Séance du 8 mars 1893.
- MM. Prud’homme et Rabot envoient une. note sur les formamides de l’alizarine. Les deux amidoalizarines se transforment en formamides sous l’action de l’acide formamique. Ces formamides sont des matières colorantes tirant sur coton mordancé. Les t intes fournies par le dérivé de l’a-amido-alizarine ressemblent beaucoup à celles de la substance-mère, tandis que celles du dérivé de la p-ami doalizarine s’en distinguent sensiblement et sont beaucoup plus rougeâtres. Le comité demande l’impression de cette note.
- Le secrétaire rappelle que M. Prud’homme, qui, pendant son séjour à Mulhouse a préfenté tant de beaux travaux au comité de chimie, a continué depuis son départ à s’intéresser vivement à ses travaux et n’a cessé de lui envoyer des communications toujours pleines d’intérêt. Il propose en conséquence que le comité demande à la société industrielle de nommer M. Prud’homme membre correspondant avec Bulletin. — Adopté par acclamation.
- M. Baumann lit le résumé de la note de M. Petzol sur le gris direct, que le comité lui avait demandé de faire. — On demande l’impression au Bulletin.
- M. Rosenstiehl envoie un mémoire étendu sur la constitution des sels de la rosaniline et de ses congénères.
- M. Albert Scheurer rappelle à ses collègues qu’une note déposée par lui en 1876 à la Société industrielle, accompagnée d’une caisse d’échantillons de drogues concernant le rouge ponceau employé par les Japonais, s’étant égurée, n’a pu être livrée à la publicité. Cette note consistait principalement dans une lettre de MM. Sieber et Brennwald à Yokohama, expliquant la préparation de la laque de safran telle qu’elle est pratiquée par les Japonais. M. Albert Scheurer a récemment retrouvé une copie de cette lettre et demande au comité d’en voter l’impression, bien que les procédés des Japonais, très peu connus en 1876, aient donné lieu, depuis cette époque, à quelques publications intéressant la même matière. Le comité vote l’impression de cette lettre.
- Séance du 12 avril 1893.
- Un auteur anonyme présente au comité une râcle confectionnée avec un alliage nouveau.
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- Cet envoi est accompagné d’une lettre munie de la devise : Nec aspera terrent, dans laquelle l’auteur se porte candidat pour concourir au prix n° XXII des Arts chimiques.
- Cette râcle, qui doit remplacer avantageusement les lames en acier et en composition, devra être mise à l’essai dans un certain nombre de fabriques, après quoi il sera constitué une commission qui statuera sur les suites à donner aux prétentions de l’auteur.
- M. Petzold, l’inventeur du gris dit « Direkt-Grau » mentionne quelques propriétés nouvelles de ce produit. M. Baumann, qui a déjà examiné un travail précédent du même auteur, sera prié de faire quelques essais dans la voie nouvelle indiquée par M. Petzold. Il s’agit de fixer le gris direct à l’alumine et au chrême.
- M. Albert Scheurer a étudié l’affaiblissement du coton par l’acide tartrique sous l’action du vaporisage et de la chaleur sèche. 11 a constaté que le séjour d’un échantillon pendant 15 minutes sur un tambour chauffé aux environs de 110° affaiblit la fibre à peu près autant qu’un vaporisage de 1 3;4 heures à 98-99 • De l’ensemble des faits cités, on peut induire que le coton chargé d’acide tartrique est très sensible aux moindres changements de l’état hygrométrique de la vapeur à 100°.
- M. Albert Scheurer a examiné l’affaiblissement des tissus de coton par les mordants de 1er destinés à la teinture. II résulte des essais que l’exposition à l’étendage à 36[â0° pendant 12 heures, affaiblit de 15 oi® et que le dégommage, quelle que soit sa composition, affaiblit en moyenne de 25 OiO.
- Le comité vote l’impression des deux notes qui précèdent.
- Un mémoire concourant au prix n° XXXI : Régulateur au'omatique de température et d’humidité pour fixages, est renvoyé à l’examen de M. Albert Scheurer.
- CHAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DE LA
- TEINTURE ET DU NETTOYAGE
- Présidence de M. Jolly, assisté de MM. Mars et Fleüry, vice-présidents, et de M. Bàbillon, secrétaire.
- Avec les membres du comité, plusieurs adhérents sont présents.
- La correspondance comprend certaines pièces administratives sans grand intérêt. Quelques offres d’emplois, une proposition de cession d’établissement, etc., auxquelles il est donné la suite qu’elles comportent.
- bont admis comme membres correspondants :
- MM. Girard, à Troyes ; Jacquemin, à Nancy ; Maury, à Arles.
- Démission acceptée : M. Paillard, membre adhérent.
- M. Gouillon, directeur de la Revue de la Teinture, informe le comité qu’il se fera plaisir d’inscrire, dans chaque numéro, un avis aux fabricants et droguistes pour les engager à nous communiquer des séries de prix des articles les plus employés et des échantillons des produits nouveaux.
- M. le juge de paix de Vincennes renvoie officieusement, sans rendre de jugement, une affaire litigieuse devant M. le président de la Chambre choisi comme expert.
- Le comité exprime ses félicitations à ce magistrat pour son heureuse solution, qui évite une grande partie des frais, et souhaite que MM. les juges de paix adoptent celte méthode toute de conciliation et de pratique.
- M. Jolly prend la parole pour demander la permission de soumettre au comité des questions d’intérêt général; nos rapports assidus avec le syndicat général nous obligent à nous mêler aux discussions dont il prend si brillamment l’initiative.
- De même, dit-il, que nous désirons donner notr e avis sur les questions sociales que les circonstances mettent en lumière, de même, vos délégués auront à cœur de présenter au syndicat les idées que vous avez discutées et adoptées dans nos séances mensuelles.
- Tous, messieurs, vous avez pris, en entrant dans notre syndicat, la généreuse résolution de faire œuvre d’abnégation et de solidarité ; j’espère que vous persévérerez dans ces bons sentiments qui, peut-être critiqués par quelques-uns, recevront l’approbation du plus grand nombre.
- Soyez d’accord pour blâmer ces mesquines rivalités qui ne profitent à personne.
- Tout le monde a sa place au soleil.
- Dans notre partie surtout, l’homme intelligent et laborieux ne perdra jamais ses droits et ses qualités vis-à-vis d’une clientèle souvent difficile et marchandeuse, mais toujours capable d’apprécier la conscience et le talent du bon ouvrier.
- Depuis longtemps déjà, les petits ateliers auraient disparu dans notre corporation, s’il avait été possible d’étouffer le travailleur énergique et infatigable sous les tarifs ridicules et ruineux qui ont perdu notre métier, sans profit pour personne, même pour leurs auteurs, qui n’auront jamais la franchise de l’avouer.
- La concurrence stupide, la concurrence des bas prix, nous la blâmons, nous la dénonçons même comme une malhonnêteté ; d’abord parce qu’elle force le commerçant à mal servir ses clients et, par conséquent, à déconsidérer la profession; ensuite, parce qu’elle empêche le patron consciencieux de tirer le juste profit de son travail et ne luijpermet pas de venir en aide, comme il le doit et comme
- il le voudrait à ses collaborateurs et de réco penser largement leur mérite.
- Peut-être un jour (c’est un espoir que , bons esprits ne perdent pas), fera-t-on 68 la force majeure, ce que l’on n’ose tenter ] jourd’hui ; peut-être arrivera-t on à compren* dre que l’on déprécie, que l’on rabaisse u industrie si honorable en l’exerçant en m ^ diants et en contrebandiers.
- Nous ne craignons donc pas de le dire b' haut, pour que l’on sache que, si les bonne*1 traditions doivent se perdre à tout jamais * trouvera encore ses derniers défenseurs d°n votre Chambre syndicale.
- Le comité approuve pleinement les ses observations du président, et plusieurs me^S bres, en échangeant leurs observations, ne sent que le moment serait venu, pourlaCham' bre syndicale de prendre une initiative d i tenter un essai profitable à tous.
- Parmi les causes qui déprécient notre indus-trie il semble que la concurrence des bas prix' la concurrence des magasins tenus par des personnes ignorantes de notre métier serait celle que l’on dût tout d’abord essayer demo-dérer, sinon de réprimer. Serait-il possible1 de créer une entente sérieuse entre les teinturiers travaillant pour confrères ? Sur quels points chercherait-on à s’entendre pour obtenir un résultat appréciable?
- Ce n’est qu’en l’essayant qu’on en pourra juger, et qui sait même dans le cas où cette tentative échouerait tout d’abord, qui sait si j elle ne ferait pas naître une réaction lente mais continue dans le même sens.
- Le Comité décide donc que son bureau provoquera une réunion de tous les teinturiers travaillant pour confrères, pour arriver à une entente profitable aux intérêts de tous.
- La maison Rousseau (ancienne maison Ar-lot) a fait parvenir une liste de prix-courants établie d’une façon très pratique, pour les ; principaux articles de droguerie, prix pour le demi-gros, prix à débattre pour les grosses quantités.
- Cette liste, mise sous les yeux des membres présents, sera envoyée en copie à tout adhérent qui la demanderait.
- APPLICATION
- DU
- NOUVEAU RÉGIME DOUANIER
- Cas spéciaux (1)
- Gaze soie et coton
- Les tissus de coton mélangé de soie, genre gaze unie, avec rayures en fils retors, le coton dominant en poids, rentrent dans la classedes
- (1) Voir des communioations sur le même $"j4 numéro de janvier dernier, p, 10, et 1892, p. 22,46> 89, 123, 138.
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- * étoffes de soie et coton, coton dominant » (n°433, premier paragraphe).
- (Décision administrative du 2 février 1892)
- Déchets de coton en nappes
- On importe depuis quelque temps des déchets de coton en nappes, d’épaisseur irrégulière ayant l’apparence de feuilles cardées et renfermant une forte proportion ue poussières de coques.
- Appelé à déterminer le régime de ces déchets, le comité consultatif des Arts et Manufactures a déclaré, dans sa séance du 28 décembre dernier, qu’ils ne constituent à aucun titre des produits assimilables au « coton en feuilles cardées, » repris au dernier paragraphe du n°141. 11 a, par suite, émis l’avis qu’il y avait lieu de les admettre en franchise, par assimilation au « coton en laine. » Toutefois, pour assurer la régularité des opérations, le •Comité a proposé de subordonner l'application ue ce régime au dépôt préalable d’échantillons-types dans les principaux bureaux d’importation .
- (Circulaire imprimée n° 2264, du 27 février 1893).
- Cordes de bourrage
- (Fermetures pour conduites de vapeurs et chaudières).
- Cordages en fils retors de la catégorie la moins imposée (cordages de plus de 10 m[m écrus), 20 fr. les 100 kil. (n. 367 avant-dernier paragraphe).
- Cet article est applicable aux cardes de bourrage de compositions les plus usitées, en textiles divers imprégnés ou non de corps gras ou de poudres minérales, entourés ou non de fils de fer, etc.
- Dans la même série, mais avec un tarif différent, figurent aussi les cordes composées comme suit :
- Ouvrages en amiante, 50 fr. les 100 kil. (n° 620 bis). — En fils, tissus ou feutres d’amiante imprégnés de talc ou de paraffine, avec ou sans gaîne extérieure en coton lin ou chanvre.
- Tissus de coton unis les moins imposes 62 fr. (n* 404). — Formés d’un tissu de coton croisé revêtu d’un enduit à base d’huile et enroulé sur lui-même.
- (Décision administrative du 9 février 1893).
- Lieux de provenance Obligation du transport direct
- Aux termes de l’art. 23 de la loi du 16 mai 1863, dont les dispositions n’ont pas cessé d’être en vigueur, « les modérations de drors « établies en raison des lieux de provenance o ou d e production ne sont applicables que « lorsqu'il est justifié que les marchandises « ont été « importées en droiture », des pays
- « de provenance ou de production désignées « par la loi et qu’elles ont été prises à terre « dans lesdits pays. »
- L’application du tarif minimum aux marchandises originaires des pays ayant droit à ce tarif reste ainsi subordonnée en principe à la condition du transport direct. L’administration admet que les produits de cette origine importés par la voie d’un pays jouissent également du tarif minimum, conservent le bénéfice de leur origine, mais seulement lorsqu'il s’agit de produits autres que ceux énumérés au tableau D annexé à la loi du 11 janvier 1892, à l’égard desquels le transport direct du pays d’origine reste obligatoire.
- Lettre de l’administration du premier février 1893).
- Cet avis a été donné à propos de brais originaires de Suède, importés par la voie d’Angleterre : on conçoit qu’il s’applique à toutes autres marchandises se trouvant dans le même cas.
- LA
- PARTICIPATION AUX BENEFICES
- Est-elle possible ?
- Dans son journal, Y Economiste fiançais, M. Paul Leroy-Beaulieu examinait cette question à l’ordre du jour, de la Participation aux bénéfices, question sérieuse qu’on ne saurait trop approfondir, car si la théorie est séduisante, la mise en pratique rencontre trop souvent des difficultés presque insurmontables.
- 11 ne faudrait pas assimiler la participation aux bénéfices à certains procédés d’encouragement dans le genre des primes à la production (comme nos primes au numéro en filature), des primes sur la consommation des accessoires de l’industrie tels que charbon, huile, etc., ou enfin des remises sur le chiffre d’affa;res, tous moyens certainement recommandables, mais qui ne sont, à proprement parler, qu’une augmentation progressive des salaires.
- « Quant à la participation réelle, aioute M. Leroy-Beaulieu, celle qui s’exerce sur le bénéfice net, déduction faite des amortissements, et qui, pour n’être pas une simple «ratification arbitraire, doit supposer un contrôle chez le participant, ce qui conduit tout droit à une immixtion plus ou moins immédiate et plus ou moins influente dans la gestion, elle peut encore rendre des services dans quelques cas déterminés ; mais c’est folie que de croire qu'on puisse la rendre universelle ; c’est erreur, en outre, que de supposer qu’elle ne contienne pas dans son sein autant de germes de disputes et de discordes que de conciliation et de paix. »
- M. Leroy-Beaulieu résume dans celte phrase les objections les plus sérieuses qu’on puisse opposer à la véritable participation aux bénéfices.
- La formule de la participation ne peut d’ailleurs se faire d’une application universelle parce que bien des entreprises ne donnent pas de bénéfices ou n’en produisent que dans une proportion trop restreinte, et en second lieu parce que bien souvent les bénéfices doivent être attribués bien moins au « salarié » qu’à 1’ « entrepreneur » lui-même.
- Les entreprises agricoles, industrielles ou commerciales sont loin de rapporter toutes des bénéfices. Ainsi, sur 1,200 entreprises de mines concédées par l’Etat, 800 ont ruiné leurs actionnaires.
- Commentant une statistique assez récente sur les faillites et les liquidations judiciaires, M. Leroy-Beaulieu constate que :
- a Sur 1,600,000 patentables environ, il y en 225,000 qui sont réservés à la faillite ou à la liquidation judiciaire, 450,000 autres qui échangent leur fortune au lieu de l’accroître, soit 675,000 sur 1,600,000 ou 42 pour cent environ. Sur les 925,000 autres, il y en a un bon tiers qui ne font guère que vivre, gagnant seulement l’intérêt de leur fonds et quelque petite chose pour leur peine, un autre tiers qui réussit assez bien, et le dernier tiers de ces 925,000, soit 308,000 sur un ensemble de 1,600,000 patentés, ou guère plus du cinquième du total, qui obtient un vrai succès.
- 11 est impossible, dans ces conditions, de considérer la participation comme un régime normal.
- L’autre raison qui répugne à la formula d’application générale c’est que, dans bien des cas, les bénéfices industriels ne proviennent pas du personnel ouvrier, mais bien plutôt à la conception et à la direction de l’entreprise. Le choix d’un emplacement, l’intelligente appréciation des goûts et des besoins du public, l’adaptation de moyens ou procédés en rapport avec les progrès de la science ou de l’industrie sont tous éléments de succès qui dépendent non du personnel ouvrier, mais bien du chef même de l’entreprise ; « c'est la tête du patron qui crée les bénéfices, ce ne sont pas les mains de l’ouvrier. »
- « Ainsi conclut M. Leroy-Baaulieu, la participation aux bénéfices ne peut être universelle ; elle n’a pas de raison d’être dans l’analyse exacte des opérations industrielles ; autant les primes à la production, à l’épargne, des matières premières, des salaires progressifs, les pourcentages sur la vente sont logiques et efficaces, autant, c’est peu en soi, la participation réelle aux bénéfices -, aussi ne constitue-t-elle en général que des gratifications arbitraires qui peuvent être utiles et bien entendues, mais qui se couvrent d’un nom pompeuxne leur appartenant pas réellement. La participation réelle aux bénéfices, c’est de la fantaisie, tout aussi bien pour létaux même
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- du bénéfice qu’on allouera que pour la détermination exacte de ce bénéfice, avec toutes les complications que comportent les amortissements, les réserves et les fonds de prévoyance. »
- U y a des considérations qui méritent d’être sérieusement approfondies, c’est pourquoi nous avons cru devoir attirer l’attention de nos lecteurs sur l’article de M. Leroy-Beaulieu.
- Les TISSUS IMPORTÉS en CHINE
- Le Recueil consulaire allemand contient les indications suivantes sur le commerce d’importation des tissus en Chine :
- t Tandis que l’importation des lainages a un peu diminué, celle des cotonnades a sensiblement augmenté. C’est en particulier le cas des fils de cotons anglais et indiens : 102,647 piculs contre 66,946 piculs l’année dernière.
- a Les cotonnades imprimées viennent presque exclusivement de Manchester. L’importation de ces marchandises dans la Chine septentrionale est considérable et pourrait se développer encore. On a récemment commencé dans l’Inde, à Bombay surtout, à imiter l’article de Manchester, mais le tissage de ces imitations est si mauvais, l’impression si irrégulière, que le placement en est bien difficile et qu’elles font peu concurrence au véritable produit.
- « Les coutils et les shirtings anglais, dont les qualités inférieures sont expédiées en balles, les meilleures en caisses, les unes et les autres par 50 pièces, sont devenus des articles tout-à-fait courants. 11 en est de même des coutils et des shirtings américains.
- « L’importation des calicots anglais est également importante : ces tissus ont 30 pouces de large et 21 aunes de long, les envois se font généralement en caisses de 60 pièces. La demande porte aujourd’hui surtout sur les qualités bon teint, alors que l’importation consistait autrefois principalement en sortes inférieures à meilleur marché.
- « 11 est arrivé 113,379 pièces de lasting de coton, de 30 à 31 pouces de large, sur une longueur de 30 aunes. Un emballage solide et des pièces bien pliées avec de jolies étiquettes de couleurs voyantes sont nécessaires, car les marchands chinois tiennent beaucoup h cette présentation de la marchandise. La même observation s’applique aux autres cotonnades. Il vient aussi de9 lastings de couleur dont une partie bon teint. Les nuances doivent alors être régulières et claires. L’importation des lastings d’Italie s’est élevée à 19,684 pièces, généralement d’une longueur de 30 yards et d’une largeur de 32 pouces.
- « Les mousticaires, blancs et de couleur, bon teint et en couleurs moins durables, arrivent ainsi que les lenos qui sont aussi imprimées
- depuis quelque temps en assez fortes quantités et sont principalement, comme les autres cotonnades, d’origine anglaise.
- « Il a été importé 7,949 pièces de galons de laine d’Espagne ; il en vient aussi d’Allemagne. »
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- FABRICATION DU PARCHEMIN VÉGÉTAL
- Brevet de M. Robertson.
- Le papier est supporté, sous la forme d’un rouleau, au-dessus de l’extrémité du premier bain ou vaisseau, qui est partagé par une cloison en deux parties, dont la première contient l’acide sulfurique à un degré convenable et la seconde de l’eau. Le papier passe, en se déroulant, à travers le bain de vitriol, puis au-dessus de rouleux en verre et de racleurs, et enfin à travers de l’eau, d’où il est saisi par des rouleaux de pression qui l’acheminent vers les autres bains. Le papier passe ensuite à travers un ou plusieurs bains contenant de l’eau et munis chacun de rouleaux de pression, comme le premier bain, afin d’en exprimer toute l’humidité qu’ils peuvent.
- Après avoir enlevé toute trace d’acide, on fait passer le parchemin dans le dernier bain contenant de la glycérine de consistance convenable, puis de là sur un rouleau sur lequel il s’enroule pour passer ensuite par dessus une rangée de cylindres sécheurs d’où il se rend à la machine à couper, qui le découpe en feuilles de la dimension voulue.
- Au lieu de l’enrouler après son passag.? à travers le bain de glycérine, on peut le faire passer directement entre les cylindres sécheurs, mais la première méthode est préférable. Les rouleaux de pression sont en caoutchouc ou d’autre matière convenable et sont recouverts de feutre ; ils sont ajustés par des ressorts, des vis ou des leviers, suivant la pression dont a besoin. Le roulement sur lequel le parchemin est enroulé, après avoir passé à travers la glycérine, est actionné par une commande à frottement que l’on peut régler pour donner la tension nécessaire au papier et qui permettra d’augmenter l’épaisseur du rouleau au fur et à mesure qu’il s’enroule. On place des tiges-guides au-dessus et à l’intérieur des cuves ; elles se prolongent à travers et au-dessus de ces dernières et le papier est guidé sur elles. On emploie un certain nombre de tuyaux qui sont disposés de manière à envoyer un jet d’eau sur le papier, quaad il passe sur les tiges et rouleaux.
- LIQUIDE EXTINCTEUR
- Voici la formule donnée par le Journal de pharmacie et de chimie d’un liquide extincteur composé par M. Hunkel. II suffit d’arro-
- ser avec cette solution les substances enfl mées pour provoquer l’extinction du feu ^~ On prend :
- 1° Chlorure d’ammonium..
- Eau................
- 2° Alun calciné pulvérisé
- Eau.....................
- 3° Sulfate d’amm. pulvérisé
- Eau.....................
- 4° Chlorure de sodium....
- Eau.....................
- 5° Carbonate de soude....
- Eau.....................
- 6° Verre soluble liquide....
- 200 gr 20 li,. 350 gr.
- 10 lit’ 3 kil. 5 lit. 2 kil. 40 lit. 350 gr, 5 lit.’ 4k500
- On mélange les substances dissoutes séparé ment dans l’ordre indiqué, et quand le ijqui(J a une couleur jaune lactée, on ajoute enm 3 20 litres d’eau. 0
- C’est une formule Lien empirique et irra tionnelle, pour provenir d’un pharmacien • i( est évident, toutefois, qu’elle remplit le but
- mais elle pourrait être bien simplifiée. ’
- LES FILS ET TISSUS DE COTON
- Aux Indes
- ET LA TEINTURE EN ROUGE
- L’importation totale des fils de coton et co'. tonnades diverses subit aux Indes une diminution presque sur tous les genres, principalement sur les tissus de coton écrus et blanchis.
- Les fils de coton teints à l’alizarine et au rouge de Turquie sont moins demandés. L’Inde a, depuis peu, entrepris de teindre les fils de coton avec des principes colorants à base d’aniline, d’un prix de revient très minime. Le bon marché de la main-d’œuvre aidant, elle peut faire une concurrence redoutable au produit européen et arriver à en supprimer tout à fait l’importation. Ces fils de coton teints dans l’Inde sont, il est vrai, d’une qualité sensiblement inférieure à ceux qui proviennent d’Europe, mais répondant suffisamment à leur objet, ils sont recherchés pour leur bas prix.
- On pourrait supposer que cette nouvelle industrie a accru l’importation des fils écrus ; tel n’est point le cas, il faut donc en conclure que ces fils sont de fabrication indienne, c’est* à dire de Bombay.
- BREVETS RÉCENTS
- Intéressant les industries tinctoriales
- 224321. — Danois. — Papier de tenture peluché.
- 224324.—Baldwin. — Perfectionnements dans les machines à calandrer à vapeur.
- 224337. — Olive et Fausse. — Perfectionnements dans les procédés de gravure des papiers peints, affiches, tissus, etc.
- 224411.— Vert, — Nouvelle machine à glacer les fils.
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- 224426. — Spjvey. — Perfectionnement au procédé et appareils pour distribuer l’huile et autres liquides sur des fibres.
- 224136. — Allard et Huyet. — Application de gaufrage aux feutres et autres mérinos.
- 224488. — Marinier. — Procédé de teinture des papiers, étoffes, cuirs, etc., avec une couleur d’aniline décomposée ensuite par une réaction chimique afin de produire des dessins et des variations de tons.
- 224539. — Giroud. — Velours brillantê. 224624. — Kottgen. — Nouveau procédé d’assoupiissage des étoffes de soie pure ou mélangée à teindre en pièces.
- 224756. — Bouvier. — Perfectionnements aux garnitures dites chardon métallique des rouleaux travailleurs des machines à lainer les étoffes.
- 224774. — Herfurth. — Nouvelle méthode pour imprimer les chaînes destinées à la fabrication de la peluche.
- 224803. — Oger d’Elbosc. — Nouveau procédé de peintures sur tissus dites « Broderies artificielles ».
- 224829. — Hoffmann. — Procédé pour produire les impressions en plusieurs couleurs résistant à l’air et au lavage, au moyen de patrons en pierre ou en parchemin et aussi à l’aide de plaques en zinc ou en pierres préparées.
- 224837. — Planté. — Anti-ignifère Planté. 224875. — Société anonyme de la teinturerie Séphanoise. — Machine à teindre les matières filamenteuses mises en écheveaux avec porte-écheveaux tendeur produisant la submersion totale ou partielle des matières à teindre.
- 225036. — Reddaway. — Blanchet perfectionné pour l’impression.
- 225041. — Du Closel et Blanc. — Tissu mélangé double glacé.
- 225087. — Baugatz. — Procédés et moyens employés à régler l’élasticité des tissus, tricots, etc.
- 225139. — Eisenhardt. — Machine perfectionnée à imprimer sur toile cirée et autres tissus analogues.
- 225144. — Sulzer frères. — Machine à laver les fils.
- 225203. — Dawson. — Procédés et appareils permettant d’utiliser la chaleur des liquides employés dans les teintureries et autres manufactures.
- 225209. — Pervilhac. — Système de polissage lustrant et glaçant l’étoffe.
- 225210. — Nouin. — Nouveau système de tourniquet employé dans les teintures pour les tissus de toute nature.
- 225423. — Doller et Wolffenstein. •— Procédés et appareils pour rendre les tissus imperméables.
- 225445. — Vanhulle. — Nouvelle table à rouler les tissus.
- 225516. — Balatsch Bayer et Hèrold. — Procédé de nettoyage des laines souillées par le goudron ou des couleurs.
- 225560. — Pickles. — Perfectionnements apportés aux mordants destinés à la teinture et à l’impression des tissus et autres matières.
- 225626. — Champagnat. — Fabrication spéciale de la Pontiérine-Champagnat, produit destiné à l’industrie pour le nettoyage des étoffes.
- 225632. — Sarfert, — Appareil continu à décatir les tissus.
- 225678. — Oetzmann et Varracot. — Perfectionnements dans la fabrication des tapis pour planchers et autres surfaces et dans les appareils employés dans ce but.
- 225808. — Compagnie parisienne de couleurs d’aniline. — Procédé pour l’emploi dans l’impression des tissus des matières colorantes azoconjuguées insolubles dans l’eau non sulfo-conjuguées, comme couleurs courantes, en remplacement de couleurs minérales.
- 225849. — Grafton. — Procédé perfectionné pour la production et la fixation des couleurs conjointement avec le noir d’aniline sur les tissus.
- 225856. — Sniechowski. — Obtention, sur la fibre, de colorants azoïques teignant en nuances foncées brunes et noires.
- 225956. — Fried. Bayer et C°. — Procédé pour la préparation de matières colorantes sur la fibre.
- 225970. — Baudit. — Système de machine à dérompre et à polir les tissus, principalement les étoffes de soie.
- 226012. — Du Closel et Blanc. — Perfectionnements aux machines à imprimer sur J tissus dites machines à imprimer au rouleau.
- 226109. — Guesnon. — Machine à laver les tissus.
- 226119. — Dübosc. — Charge pour le vide des textiles en flotte, ruban de carde, can-nettes, tissus, etc.
- 226194. — Eisenhardt. — Perfectionnements apportés aux machines à imprimer les toiles cirées, etc.
- 226239. — Masurel. •— Perfectionnements aux appareils à teindre mécaniquement tous textiles de toutes nuances, par bain automatiquement réversible et dont le chauffage se produit hors du contact de la matière.
- Certificats d'addition
- 204850. — Gennari. — Brevet du 8 avril 1890, pour un nouvel apprêt dénommé Préservateur des tissus.
- 215246. — Clive frères. — Brevet du 31 juillet 1891, pour un procédé pour fixer, rendre insolubles et lavables, les papiers peints et autres surfaces peintes ou imprimées.
- 218035. — Drèze. — Brevet du 14 décembre 1891, pour un perfectionnement aux cuves de teinture.
- 216947. — Evesque et Cie. — Brevet du 26 octobre 1891, par le sieur Dejey et dont ladite Société est concessionnaire, pour un nouveau procédé pour l’établissement des rouleaux en usage pour l’impression sur étoffes et sur papiers peints.
- IIORMATIOIS ET FAITS DIVERS
- liai»oratoire à la disposition des eherelieurs. — L’Ecole municipale de
- physique et de chimie de la ville de Paris a ouvert depuis le lor avril 1893 un laboratoire de chimie de 4e année, où elle reçoit non-seulement les anciens élèves de l’Ecole désirant se perfectionner dans les manipulations, mais aussi les personnes étrangères à l’Ecole désirant faire des recherches originales dans un but scientifique ou industriel.
- —o——
- Les bourse» d’études commerciales. — Le ministre du commerce a décidé de mettre au concours des bourses commerciales de séjour à l’étranger, de deux catégories, fixées suivant l’âge des concurrents.
- Les bourses de première catégorie, 4,000fr. pour la première année, 3,000 fr. pour la seconde, sont réservées aux jeunes gens âgés de seize ans au moins et de dix-huit ans au plus.
- Les bourses de la seconde catégorie (variant de 2,500 à 4,000 fr. pour la première année et de 2,006 à 3,000 fr. pour la seconde) sont réservées aux jeunes gens âgés de vingt-et-un ans au moins et de vingt-six ans au plus.
- Les épreuves comprennent une composition de géographie commerciale, une de législation, une d’arithmétique commerciale et une de langues étrangères.
- Les concours auront lieu aux chefs-lieux de préfecture le 6 novembre 1893.
- Les demandes doivent être adressées à la préfecture du domicile du candidat du 1er au 31 juillet.
- Incendie de la grande blanchis» sérié et teinturerie de Tliaon. — Une
- des plus importantes fabriques de la région dé l’Est, la blanchisserie et teinturerie de Thaon-les-Vosges, occupant près de 1,800 ouvriers, vient d’être en partie détruite par un incendie qui a éclaté la nuit.
- Le feu s’est déclaré dans le bâtiment du petit étendage, où dix minutes auparavant les gardiens de nuit étaient passés sans rien apercevoir.
- Il s’est communiqué très promptement aux ateliers contigus de la teinturerie, des apprêts, du vaporisage et fabrique de noir, et avait commencé à prendre au blanchiment. Heureusement on a pu circonscrire le foyer, grâce au concours des pompiers de sept communes voisines, accourus dès que le tocsin sonna.
- A Epinal, le préfet avait fait commander an train spécial qui a emmené plusieurs pompes et 300 hommes d’infanterie.
- On évalue approximativement les dégâts à 2 millions.
- 600 ouvriers seront inoccupés pendant plusieurs mois à la teinturerie.
- Les dégâts sont couverts par des assurances à uue vingtaine de Compagnies.
- Grèves. — Une grève vient d’éclater à l’usine de teinturerie de peaux Combes et Au-riol, rue des Poissonniers, à Saint-Denis. Les ouvriers de cette usine avaient devant eux une ardoise sur laquelle ils étaient tenus de noter, heure par heure, leur travail de la journée ; ils ont demandé à leurs 'patrons de supprimer ce mode de contrôle auquel ils ne voulaient plus se soumettre.
- Leur requête ayant été accueillie par une fin de non-recevoir, ils se sont réunis au gymnase communal et ont décidé de ne retourner à l’atelier qu’après avoir obtenu satisfaction.
- Outre la suppression des ardoises, les ouvriers demandent la révision des prix ; ils ré-
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- clament ; lissage et piéçage, 2 fr 50 la douzaine de peaux; collage, 1 fr.ou 70 centimes de l’heur. -, ouvreur en noir, 80 cent.,formation d'une seule équipe ; ouvreur en blanc, 9 fr. les petites, 10 fr. les grandes par grosse; m^gissiers, 60 cent, de l’heure et un quart-d’heure de casse-croûte; mégissiers-machi-nistes, 65 cent, l’heure et la prime de 8 fr. par mois-, mouleurs, 50 cent, l’heure.
- La maison Combes etAuriol, qui fait spécialement le chevreau glacé, a des. marchandises en magasin pour plusieurs mois,* elle est résolue à ne pas céder.
- — A Roubaix, des ouvriers, au nombre de 700 à 800, appartenant à différents établissements de teinturerie, se sont mis en grève. Ils réclament la limitation de la durée du travail journalier à dix heures, avec le salaire de douze heures.
- Cependant la reprise du travail se fait peu à peu et à l’heure actuelle, plus de moitié des grévistes sont rentrés aux usines.
- Les établissements intéressés étaient ceux de MM. E. Roussel, Gombert, Degufïroy, Ber-naert, Dellour-Godard, Dehaës, Mullier-Mon-net, Liénart, Desplanques, Dhelin, Duforest, Hamez, Browaeys-Degeyler, Wibaux-Florin.
- — A Saint-Dié, les ouvriers teinturiers se sont mis en grève.
- Ils demandent la journée de travail à onze heures, la suppression des veillées, l’élévation à 20 fr. du salaire hebdomadaire qui n’est que de 16 fr. 50.
- — Les ouvriers apprêteurs en pelleterie, lustreurs et fourreurs, de Paris, ont mis à l’index plusieurs établissements et les ouvriers qui consentent d’y travailler, ces messieurs ayant refusé d’adhérer au tarif révisé de la Sauvagine.
- — D’après une relation de source ouvrière, une grève qui paraissait terminée à Armen-tières a repris force et vigueur, à la suite du refus par les patrons d’un établissement occupant 800 ouvriers, de tenir compte de l’arbitrage du juge de paix, qu’ils avaient cependant accepté.
- Si le fait est exact, les patrons donnent ainsi un fort mauvais exemple.
- La teinture et l’Impression aux Etats-Unis. — 11 y a actuellement aux Etats-Unis deux cent quarante-huit établissements de teinture et d’apprèt; le tiers de ces établissements se trouve dans l’Etat de Pennsylvanie (Philadelphie); mais ils ne représentent que le seizième du capital engagé dans ces industries ; trois dixièmes du capital se trouvent dans l’Etat de Massachusetts (Boston). Ces deux cent quarante-huit établissements sont des ateliers de teinture, de blanchiment et d’impression tout-à-fait indépendants de toute autre industrie textile. Ils ont absorbé en une année pour 8 millions et demi de dollars de produits chimiques et de matiè-tres colorantes.
- Les ateliers de blanchiment, de teinture et d’impression attachés à d’autres établissements de l’industrie textile en ont absorbé dans le même temps pour 11,300,000 dollars. La moitié des travaux effectués par les ateliers indépendants appartiennent è l'impression du coton et à la teinture du coton en pièces. L’impression se fait principalement dans les Etats de Massachusetts (Boston) et de Rhode-Island (Providence). Les Etats de Massachusetts et de Pensylvanie se partagent également la teinture du coton en pièces.
- Le blanchiment des tissus de coton se tait surtout dans l’Etat de Rhode-Island, et la teinture des filés de laine et de coton dans ceux de Pensylvanie (Philadelphie).
- Contrefaçons du dons». — M. Ch-
- Martius, inventeur du rouge Congo, fait saisir cette matière colorante non fabriquée par son concessionnaire, même lorsquelle n’est pas transitée en France ou autres pays soumis à ses brevets.
- Un procès avec un dépositaire à Valenciennes, M. Debiève, et des fabricants suisses ; MM. Kern et Sandoz, s’est terminé par une transaction.
- Dans un autre, une saisie ayant été opérée à Eellegarde (Ain), les produits ont été confisqués ale fabricant, M. C. Firmenich, de Genève, condamné à une amende et à des dommages-intérêts.
- Mais à propos du même produit, le tribunal civil de Lyon a décidé que le simple transit par la France, d’un produit expédié d’un pays où il n’est pas breveté dans un pays où il1 ne l’est pas davantage, ne saurait être considéré comme une introduction de ce pays en France et constitue, à ce titre, un acte de contrefaçon. 11 a débouté dans ces conditions Martius dans une demande que celui-ci avait formée contre la manufacture lyonnaise de matières colorantes.
- Il s’agissait, dans l’espèce, d’une expédition de 50 kil. de rouge congo saisis à la gare de Cerbère et qui, expédiés directement de Suisse en Espagne, ne devait que traverser la France sans s’y arrêter.
- La loi de 1844, dit le jugement, avoulu protéger les brevets, mais il ne saurait être question de contrefaçon, ni directement ni par complicité, sans une atteinte portée aux droits du breveté; or le simple transit pour aller d’un pays libre à un pays libre ne porte ni de près ni de loin aucune atteinte à ces droits.
- Société française <le secours mutuels «le Moscou. — La colonie française à Moscou est nombreuse et constituée d’éléments de valeur ; l’industrie de l'impression y a notamment amené toute une pléiade de directeurs et de chimistes co nus et estimés, qui à l’autorité de leur savoir joignent le prestige d’une situation matérielle fort enviable.
- Les industries de l’habillement et des modes y ont apporté les élégances parisiennes et leurs membres y ont trouvé la juste rémunération de leur talent.
- D’autres français, ouvriers, employés ou petits artisans font nombre parmi ces sommités et tous n’ont pas rencontré là comme ce serait ailleurs, les mêmes commodités d’existence.
- Il y a douze ans : c’était en 1881, les français de Moscou, réunis au consulat de France, dans le but de rechercher les moyens d’augmenter le bien-être de la colonie, décidèrent qu’il y avait lieu dé fonder à Moscou une « société française de secours mutuels. »
- Aujourd’hui, l’œuvre est dans son plein épanouissement, et nous voyons d’après le rapport de la dernière assemblée générale qui nous est communiqué, que ses résultats ont été des plus heureux et des plus efficaces.
- Pendant ses dix premières années, les cotisations des sociétaires ont atteint 121,400éfr., sur lesquels 86.000 francs ont été employés en secours et en quelques frais administratifs.
- Mais, aux cotisations des sociétaires se sont ajoutées celles des membres honoraires et do-
- nateurs, le produit de fêtes, etc rarw tant 135,800 francs, de sorte que K-611' de la société est de 175,200 fr. ncaisse
- Cela, certes, e3t un beau résultat snrt quand il est obtenu après avoir satWnw out indemnités de maladies, aux frais d’inlW* tions, à des rapatriements de sociétaire® ' pris part à quelques œuvres de bienfait étrangères. ,ance
- Le nombre des sociétaires est actuelinm, , de 378. ornent
- C’est avec un intérêt on pourrait dire affer> tueux, que de la métropole, nous suivons efforts de nos compatriotes qui, à l’étrantr S cherchent à refaire une image réduite de î Patrie en se groupant, s’unissant par les lie S de la solidarité et même de la prévoyance 608 qui devient vite de la fraternité, et donne îi? à des réunions où le mot : France est touioup» le premier et le dernier prononcé. urs Parmi les membres particulièrement actif de la société française de Moscou, nous cite rons son président, M. P. Lige, pun ^ plus puissants appuis, un homme de bien dans toute l’acception du mot. M. Ligé est le tailleur du high life de Moscou.
- Puis M\i. F. Neuville, A. Picard, a. etc Siou, A. Bulard... Nous regrettons de ne nas connaître le nom des vice-présidents pour leur rendre le même hommage, ainsi qu’à d’autres dévouements, non parvenus jusqu’à nous.
- Nous ne pouvons trouver de meilleure conclusion à cette communication, qu’en cita nt les passages suivants du rapport que nous résumons trop brièvement à notre gré :
- « Je vous ai énuméré plus haut, dit le rapporteur, les résultats matériels obtenus parla société depuis sa fondation. Au point de vue moral, son action n’a pas été moindre. Nous voyons aujourd’hui nos compatriotes bien plus unis qu’autrefois. Par le contact résultant de leur participation à une œuvre commune, ils ont appris à mieux se connaître; ils s’apprécient mutuellement davantage ; leurs relations sont devenues plus cordiales; l’esprit desolidarité s’est développé parmi nous et nous y avons gagné en homogénéité. L’amour de l’épargne a augmenté chez ceux qui sont venus à nous et à ce titre, on peut affirmer que notre société est un instrument de moralisation.
- « Certes, je n’ai pas la prétention d’attribuer le mérite de tout ce qui se fait de bien dans la colonie, à la société française de secours mutuels, mais je peux dire que son influence n’y est pas étrangère. C’est depuis la fondation de notre société que la colonie a pu mener à bonne fin l’œuvre des tombes militaires, en élevant, sur la place où reposent les restes de nos soldats, un monument digne de la France, qu’elle a institué pour célébrer notre fête nationale, ses banquets annuels que l’on termine généralement en venant au secours de quelque infortune ; qu’elle a, le 14 juillet, inauguré à notre église la célébration d’un service religieux avec Te Deum chanté à la gloire de la République française. Eh bien, Messieurs ! il me semble qufil est difficile de ne voir là qu’une simple coïncidence. »
- Non, tout cela n’est pas qu’une simple coïncidence ; c’est le résultat logique de l’esprit de fraternité et de patriotisme transporté hors des frontières et renforcé encore par l’éloignement de la Patrie.
- F. G.
- Le Gérant : F. GouILLOn. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE (ARDENNES).
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- Mai 1893
- LA
- 5e Année, N° 5.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- lc<U>.
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- JUGEMENT
- Pvudience publique du Tribunal correctionnel de la Seine, 8* Chambre, du Jeudi 8 décembre 1892.
- Pour le sieur Grawitz, Samuel, ingénieur Civil, demeurant à Nogent-sur-Marne, demandeur.
- Contre le sieur Gouillon, Félix-Auguste, directeur du journal La Revue de la Teinture et des colorations industrielles, demeurant à Paris, défendeur :
- Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi,
- Attendu que par exp’oit d’assignation en date du 29 novembre 1892, le sieur Grawitz a cité le sieur Gouillon devant le Tribunal de police correctionnel sous la prévention de diffamation à raison de la publication d’un article paru dans le journal « La Revue de la Teinture et des colorations industrielles » dont il est le gérant et aussi l’auteur dudit article.
- Attendu que le journal « La Revue de la Teinture et des colorations industrielles » a dans son numéro de septembre 1892, publié, distribué ou vendu à Paris au public, un article intitulé : Noir d'aniline, nouvelle formule Grawitz, commençant par ces mots : « M. Grawitz tâtonne et cherche une nouvelle mine à procès... », et finissant par ceux-ci : « ce n’est pas encore le moment de le lui faire connaître ».
- Attendu que cet article contient notamment les passages suivants : « Les fameux brevets Grawitz étant expirés, il en prend de nouveaux sur des formules qu’il a pu voir appliquer avec succès...
- En mars 1891, Grawitz a fait breveter un procédé fonctionnant dans une maison belge où il était passé quelques semaines avant (une instance en nullité de brevet est pendante $ devant les tribunaux belges), y apportant seulement quelques modifications qui ôtent précisément à ce procédé son plus grand avantage ».
- Attendu que l’article ci-dessus désigné contient à l’égard du plaignant l’imputation de faits déterminés de nature à nuire à la considération du plaignant et que Gouillon, son auteur s’est ainsi rendu coupable du délit de diffamation prévu et puni par les articles 23, 29, 32 de la loi du 29 juillet 1881.
- Faisant application de l’article précité, dont lecture a été donnée par M. le Président, et
- qui est ainsi conçu : « La diffamation envers les particuliers par l’un des moyens énoncés en l’article 23 et en l’article 29, sera punie d’un emprisonnement de 5 jours à 6 mois, et d’une amende de 25 à 2000 francs, ou de l’une de ces deux p-ines seulement.
- Condamne Gouillon à cent francs d’amende.
- Et attendu que par suite des faits ci-dessus relatés, Grawitz a éprouvé un préjudice dont il lui est dû réparation ; que le Tribunal possède les éléments nécessaires pour en déterminer l’importance.
- Condamne Gouillon par toutes voies de droit et même par corps à payer au sieur Gra-wit/. la somme de mille francs à titre de dommages-intérêts.
- Ordonne à titre de supplément de dommages-intérêts, l’insertion des motifs et dispositif du présent jugement, une fois qu’il sera devenu définitif, dans le journal « La Revue de la Teinture et des colorations industrielles », en première page et en caractères ordinaires.
- Condamne en outre Gouillon aux dépens. Fixe au minimum déterminé par la loi, la durée de la contrainte par corps, s’il y a lieu de l’exercer.
- ARRÊT
- Cour d'appel de Paris, Chambre des appels de police correctionnelle.
- L’affaire étant venue à l’audience publique de la Cour du 27 janvier 1893, le prévenu n’ayant pas comparu, la C)ur par arrêt par défaut rendu ledit jour et par les motifs y exprimés, a confirmé la sentence des premiers juges, et condamné Gouillon aux dépens liquidés audit arrêt.
- Gouillon ayant formé opposition à l’arrêt par défaut, l’affaire a de nouveau été portée à l’audience publique du 5 mai 1893, où l’arrêt suivant a été rendu :
- La Cour,
- En la forme, reçoit Gouillun opposant à l’exécution d’un arrêt rendu contre lui par défaut, le 27 janvier 1893.
- Et au fond, statuant sur ladite opposition : Persistant dans les motifs exprimés audit arrêt,
- Déboute Gouillon de son opposition, ordonne que ledit arrêt sera exécuté dans sa forme et teneur.
- Condamne Gouillon aux frais de son appel et de son opposition.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Matières colorantes nouvelles. — Sur la. teinture du coton en canettes. — Tissus de soie et mi-soie bosselés. — Préparation du coton hydrophile.
- Procédés divers : Bleus-Congo ; Faux rouge d’andrinople ; Bleus-Victoria ; Bleu-cyanol ; Noirs-diazoïques ; Gris directs : Enlevages-couleurs. — Ventilation et humidification des locaux.
- Chronique industrielle. — Epaillage chimique. — Sur la solidité des couleurs (à suivre). — Inflammation des chiffons gras. — Filature de la soie artificielle. — Les écoles pratiques de commerce et d'industrie. — Le travail des femmes et des enfants. — Brevets récents (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Le jugement qui précède nous condamne à l’insertion de,ses motifs et dispositif ; cela ne nous coûte nullement, et nous faisons tirer un nombre supplémentaire du présent numéro pour le répandre plus largement encore parmi nos lecteurs habituels.
- Nous voulons ainsi bien faire savoir que la Revue de la Teinture m'est pas un recueil de banalités anodines ; qu’elle sait parler haut et ferme quand elle le croit à propos, et nous ajouterons qu’en toutes circonstances, nul n’a pu suspecter son indépendance et son désintéressement.
- Si la condamnation qui nous frappe est sensible matériellement, elle ne nous affecte pas au moral. Elle n’est guère non plus un moyen de nous faire désarmer dans la lutte que nous avons engagée contre notre adversaire, dans l’intérêt du droit des teinturiers.
- La loi du 29 juillet 1881, visée dans lejugement, porte en son article 39 :
- « Il est interdit, de rendre compte des procès en diffamation où la preuve des faits diffamatoires n’est pas autorisée. y>
- C’est notre cas, et nous ne pouvons ainsi reproduire les débats de l’affaire, mais nos lecteurs savent fort bien ce qui peut se dire de part et d’autre en semblable circonstance.
- Ils savent aussi de quel côté porter leur sympathie. Nous remercions les notabilités de nos professions qui n’ont
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- pas hésité à nous la témoigner, en même temps que leur estime, par des attestations écrites destinées à être soumises à la cour d’appel.
- * *
- Laissons cela provisoirement et occupons-nous des intérêts généraux de nos industries.
- Le régime du travail les touche en premier lieu, et pendant le mois écoulé il a donné lieu à plusieurs dispositions législatives.
- Nous reproduisons plus loin un extrait du règlement d’administration publique qui devait compléter la loi du 2 novembre 1892 sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures.
- L’interdiction d’employer les enfants dans les travaux d’impression de tissus où l’on fait usage de produits vénéneux sera une entrave sérieuse à l’emploi des « tireurs » dans les quelques établissements où l’on imprime encore à la main.
- Une extension de cette loi est proposée en faveur des femmes, filles mineures et enfants employés dans les établissements commerciaax ; en un mot, la loi deviendrait applicable aux employés comme aux ouvriers.
- La commission dite du travail a déposé sur le bureau de la Chambre, un projet conforme, et ainsi les magasins généralement tenus par les femmes devront fermer à neuf heures du soir, et ne pas ouvrir le dimanche : cela sera bien difficile à faire accepter.
- Nous venons aussi de voir discuter à la Chambre la loi sur les accidents industriels et sur l’assurance obligatoire.
- Les journaux quotidiens nous ont suffisamment tenus au courant des débats parlementaires dont la conclusion a été le vote de la loi.
- Nous la considérions, quant à nous, comme bienfaisante, et pour l’ouvrier dont elle assure le sort, et pour le patron dont elle allège la responsabilité ; mais une étude qui a été faite en Allemagne sur les résultats d’une loi de même nature fonctionnant dans ce pays depuis plusieurs années ont singulièrement ébranlé notre opinion.
- D’après ce travail, les accidents augmentent sans cesse en nombre et en gravité depuis l’application de la loi, et en dépit des inspections minutieuses
- qui ont été imposées aux industriels en vue d’éviter les accidents.
- Ne semble-t-il pas, dit l’auteur, qu’il faille reconnaître que la loi d’assurance obligatoire, en atténuant la responsabilité du patron, et en mitigeant les conséquences de l’accident pour la victime, a ouvert la porte à un certain laisser-aller ?....
- Voilà un fait, mathématiquement constaté, qui devrait rendre perplexes les promoteurs de la loi votée par la Chambre.
- Mais elle n’est pas encore définitive, il lui faut subir l’épreuve du Sénat.
- Le Sénat, puisqu’il est question de lui, a adopté sans discussion le projet de loi concernant l’hygiène et la sécurité des travailleurs, et ajourné la proposition relative aux syndicats professionnels : cette proposition finira par connaître les ajournements.
- * *
- Nos Assemblées parlementaires ont eu aussi à s’occuper de faits touchant plus spécialement nos industries.
- Le ministre de la guerre a été interpellé au Sénat et à la Chambre sur les conditions dans lesquelles s’est opérée l’adjudication des draps de troupe.
- D’après le décret du 20 novembre 1821, le ministre de la guerre fixe, dans les adjudications de fournitures de l’Etat, un prix maximum. Dans l’adjudication du 25 mai, le ministre a, en outre, fixé un prix minimum. Quatorze soumissionnaires qui avaient offert des prix inférieurs au prix minimum ont été évincés.
- Aux explications demandées, le ministre de la guerre a répondu qu’il avait le droit de fixer un prix minimum ; que l’adjudication du 25 mai sera annulée en bloc et reportée à six mois ou un an ; enfin, que les soumissionnaires évincés seront désintéressés par de nouvelles fournitures, ou par la prorogation de marchés en cours.
- Le fait est fort désagréable pour les concurrents, car en se présentant à la nouvelle adjudication, ils se seront déjà mesurés, et leurs offres seront influencées par cette lutte à armes connues. Or, la soumission cachetée a précisément pour but d’éviter cette influence réciproque.
- Si le ministre avait le droit d’établir un minimum (et nous pensons même que
- cela est bon), au moins cette conditi
- devait-elle être explicitement posée °U
- L’article 20 du cahier des charges d cette fourniture spécifie bien, sej l’usage, qu’il y a le prix-limite ; ce « ie°U implique qu’il n’y en a pas deux, et alor! il ne s’agit que d’une limite supérieur» comme cela s’est toujours pratiqué *
- Cette fourniture éventuelle de dran de troupe donne lieu encore à un aut sujet de surprise.
- Actuellement, le drap ton de rance peut être teint soit à la garance naturelle, soit à l’alizarine artificiel} au choix des fabricants. '
- Le ministre de la guerre vient de dé cider que ces draps seront, à partir dû
- 1er janvier 1894, teints exclusivement à la garance végétale de provenance française.
- Si, toutefois, le prix de la garance arrivait à dépasser 60 fr. les 100 kil l’administration de la guerre autoriserait l’emploi d’un autre colorant.
- Quelqu’honorable que soit le mo^ qui a dicté cette décision, elle va à l’encontre des progrès de la science et semble commettre la même erreur que celle de Colbert prohibant l’emploi de l’indigo pour protéger le pastel national.
- Les garances sont condamnées à disparaître comme le pastel ; cette décision ne les sauvera pas.
- * +
- Nous ne devons pas clore cette Chronique sans mentionner l'heureuse initiative prise par la Chambre syndicale des teinturiers-dégraisseurs en vue d’arrêter l’abaissement des prix dans sa profession.
- Elle a pensé qu’il fallait d’abord s’adresser aux teinturiers pour confrères et les engager à adopter un tarif normal à l’égard des tenanciers de magasins étrangers au métier, et à ne pas favoriser ceux-ci de longs crédits ou d’autres avantages qui leur fournissent des moyens de trop facile concurrence contre les teinturiers faisant leur travail.
- Cet appel a été entendu, une assemblée spéciale a réuni quarante-cinq teinturiers pour confrères, avec six adhésions d’absents à ce qui pourra être décidé, et à l’unanimité il a été résolu que tous s’engageraient à ne taire aucun travail au-dessous d’un tarif minimum à établir.
- Une commission, composée de MM.
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- Mars, Fleury et Barriand, a été chargée d’élaborer ch tarif.
- M. Jolly, président de la Chambre, a été le principal artisan de cette convention, qui pourra arrêter l’émiettement de la profession et l’avilissement de ses prix, et permettre à l’homme du métier de gagner sa vie en livrant du bon travail.
- F. Gouillon
- MATIÈRES COLORANTES
- NOUVELLES
- et leurs applications à la Teinture
- Par M. Frédério Reverdin
- (Moniteur scientifique-Quesneville)
- Nous parlerons dans cette « Revue », des nouveautés introduites dans le domaine si intéressant et si vaste des matières coloi antes artificielles au point de vue de leurs applications à la teinture.
- Nous utiliserons pour cela les nombreux procédés de teinture et les renseignements fournis par les fabricants eux mêmes à leur clientèle en en faisant ressortir les parties essentielles. Quoique ces renseignements soient en général donnés « sans garantie » ils ont une importance réelle pour celui qui veut suivre les progrès de l’industrie des matières colorantes et ils peuvent, en tout cas, servir de base pour des essais d’application lorsqu il s’agit de produits nouveaux.
- Nous y ajouterons, lorsque la chose sera possible, quelques renseignements sur le mode de production des couleurs, dont nous parlerons, ainsi que quelques données sur leurs principales réactions.
- La société des matières colorantes de St.-Denis livre au commerce sous les noms de Gris direct (marques J et B en poudre, 4 B et R en pâte) et de Gris spécial R (en pâte) des azines obtenues par condensation de deux molécules d’amidoniméthylaniline.
- Ces matières colorantes brevetées se fixent sur coton non mordancé en nuances grises très solides à la lumière, au savon et aux acides.
- Pour teindre, on fait dissoudre le produit dans un peu d’eau chaude et on introduit cette solution dans un bain d’eau froide dans lequel on manœuvre le coton débouilli préalablement pendant 20 minutes -, on chauffe ensuite lentement jusqu’au bouillon en continuant à manœuvrer le coton ; la durée totale de l’opération dure de 1 heure à 1 heure 1/4.
- Il est recommandé de mettre la couleur en plusieurs fois ; on monte donc le bain de teinture avec la moitié du colorant; on introduit le Coton qu’on manœuvre pendant 20 minutes, on lève, puis on ajoute le reste du colorant, et on commence à chauffer, on fait bouillir ll4 d’heure, on lave, on tord et on fixe dans
- un bain de bichromate de soude à 5 pour 100 et à la température de 60’ pendant 1[4 d’heure on lave et on sèche.
- Ces gris peuvent être lessivés, en ne perdant que fort peu de de leur intensité, en faisant bouillir pendant 1 heure dans un bain renfermant, pour 10 kilogrammes de coton, 8 kilogrammes de soude Solvay et 4 kilogrammes de savon dans 400 litres d’eau.
- Les nuances obtenues avec le gris direct sont franchement grises, tandis que celles que fournit le gris spécial sont plus violacées ; la différence entre ces nuances est peu sensible à la lumière artificielle.
- L’emploi facile de ces matières colorantes et les nuances agréables qu’elles fournissent en recommandent l’emploi.
- La maison C. OEIer, à Offenbach fournit aussi, sous le nom de « Gris solide » (marques R et B) une nouvelle matière colorante basique en poudre, sous la forme d’un sel double de zinc, destinée plus spécialement à la teinture du coton mordancé à l’émétique, au tannin, ou de préférence au sumac ; les nuances obtenues sont très solides au savon et aux acides.
- On délaye le colorant avec son poids d’acide acétique ou la moitié de son poids d’acide chlorhydrique, puis on ajoute 50 parties d’eau bouillante. On introduit ce mélange dans le bain de teinture tiède, on entre le coton mordancé, en monte à 75° et on manœuvre le coton jusqu’à épuisement du bain.
- On peut nuancer avec d’autres colorants basiques, tels que le bleu éthylène, le bleu deto-luylène, les safranines, etc.
- Le gris solide teint également le colon non mordancé en présence d’acide acétique, mais le bain ne s’épuise pas complètement et doit être conservé pour une opération suivante ; le lin et la ramie se teignent comme le coton, tandis que pour le jute, la teinture directe suffit.
- La laine est teinte dans un bain additionné de 10 pour 100 de bisulfate de soude à une température voisine du bouillon. Les nuances ainsi obtenues ne sont pas solides au foulon, mais elles sont bien égalisées, surtout les nuances claires.
- Le gris solide fournit sur soie en bain de savon coupé une nuance gris d’acier et en bain de savon pur un gris d’argent. Il donne sur les fibres végétales des nuances plus claires que sur fibres animales, en sorte que, pour la teinture des tissus mélangés, on recommande de mordancer préalablement au tannin et a l’antimoine.
- Les nuances obtenues avec le gris solide diffèrent peu de celles que fournissent les gris direct et gris spécial dont nous avons parlé plus haut.
- Parmi les matières colorantes fournies par la même maison, nous trouvons un bleu-noir azoïque destiné à la teinture du coton non mordancé et qui fournit, avec 1[3 pour 100 de co-
- lorant un joli gris violacé et à 3 pour 100 un bleu noir.
- On teint avec ce produit de la manière suivante :
- Pour 100 kilogrammes de coton non mordancé on garnit le bain de teinture (2,500 litres d’eau) avec un kilogramme de savon de Marseille et l'on fait bouillir ; si l’eau est calcaire, il se produit à la surface une écume de savon calcaire qu’on enlève soigneusement ; on ajoute 5 kilogrammes de carbonate de soude, 20 kilogrammes de sel marin et la quantité nécessaire de matière colorante, on introduit le coton débouilli et on le manœuvre pendant une heure à une température voisine du bouillon ; le bain ne s’épuisant pas doit être conservé pour une opération suivante.
- Les nuances obtenues résistent assez bien au savon, aux alcalis et à la lumière, la résistance aux acides est insuffisante.
- Le bleu-noir azoïque tire aussi, quoique moins bien dans un bain contenant seulement du sel marin ou du sel de Glauber ; il peut donc être nuancé avec tous les autres colorants substantifs mployés, soit en bain alcalin, soit en bain neutre, mais ce sont surtout les orange et brun toluylène qui se prêtent le mieux à ces combinaisons à cause de leurs propriétés voisines de celles du blpu-noir.
- _ Les écheveaux teints avec cette couleur n’ont pas besoin d’être lavés s’ils sont destinés à des pièces unies, mais il est indispensable de bien laver après teinture n le coton est tissé avec du blanc. En faisant bouillir une demi-heure le coton teint dans un bain renfermant 5 pour 100 d’acétate de chrome à 16 * Baumé du poids du coton, on obtient une solidité à l’eau bien ulus grande.
- Le coton écru se teint mieux que le coton blanchi et les meilleurs résultats de teinture sont obtenus dans des barques de bois.
- On teint la la ne en nuances assez solides au foulon et à l’acide dans un bain bouillant additionné de 20 pour 100 de sel marin ou de sel de Glauber, et la soie en bain additionné de 1 pour 100 de savon, 10 pour 100 de phosphate de soude et 20 pour 100 de sel marin, ou dans un bain acidulé par l’acide acétique ou enfin en bain de savon coupé.
- Le bleu-noir azoïque ne se prête pas, par contre, à la teinture des tissus mélangés (mi-soie et mi-coton ou mi-laine et mi-coton).
- Azo-mauve (marques R et B).
- L’azo-mauve B s'emploie de la même manière pour coton non mordancé que le bleu-noir azoïque et fournit des nuances semblables.
- L’azo-mauve R, plus rouge, fournit une nuance plus vive et plus bleue lorsqu’on traite le coton teint, pendant une demi-heure, dans un bain bouillant renfermant 1 à 2 pour cent du poids du coton de fluorure de chrome -, il peut en outre être diazoté sur la fibre, puis combiné à la métatoluènediamine ; ou obtient ainsi un noir foncé résistant bien au savon-
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- nage et à la soude. Dans ce but, ou rince le coton teint avec l’azo-mauve et on le manœuvre pendant un quart d’heure dans ue bain renfermant pour cent kilogrammes de coton :
- 1,500 litres d’eau ;
- 2 k. 500 de nitrite de soude -,
- 8 kilogrammes d’acide chlorhydrique à 20’ Baumé,
- on passe à l’eau froide, on essore et on développe ensuite dans un nouveau bain froid renfermant :
- 1,500 litres d’eau;
- h kilogrammes de sulfate de métato-luylènediamine ;
- 10 à 12 kilogrammes de craie ;
- 0u 2 kil. 500 de soude Solvay.
- On manœuvre un quart d’heure, on rince, et on manœuvre encore pendant une demi-heure dans une solution à 1[2 pour cent de savon.
- Naphtazurine. — Cette matière colorante, destinée aussi à la teinture du coton non mordancé, s’emploie de la même manière que le bleu-noir-, elle fournit sur coton une jolie nuande bleue et le bain de teinture s’épuise plus à fond que celui des autres bleus substantifs.
- La laine se teint dans un bain bouillant additionné de 20 pour cent de sel marin ou de sel de Glauber. La teinture est assez solide au foulon et à l’acide-, elle vire un peu au bleu so s l’influence de la soude.
- Brun de toluylène (marques RR, RM, RB et RBB). — Cette matière colorante appartient à la série des combinaison' dans lesquelles le copulant est l’acide sulfanilique, l’acide ortho-toiuidine sulfoné, l’acide amidoazobenzène sulfoné, l’acide naphtioniqueou l’acide p-naph-tylamine sulfoné, et les bruns Bismarck sul-fonés.
- Elle s’emploie sur un coton non mordancé, en teignant en présence de sel marin, et, pour les mélanges avec d’autres colorants substantifs, en ajoutant de la soude ou de la potasse. Les bains ne s’épuisent pas à la teinture et les nuances obtenues varient suivant la marque du brun rouge au brun bistre.
- La laine se teint dans un bain contenant 20 pour cent de sel marin, et le brun obtenu résiste assez bien à l’acide et au foulon ; la laine destinée au foulon doit être bien rincée.
- Ce brun tirant aussi bien sur coton que sur laine dans un bain de teinture préparé de la même manière, offre un avantage spécial pour la teinture des tissus mi-laine.
- Le brun de toluylène G, est une couleur azoïque résultant de la combinaison d’une molécule d’acide toluylènediamine sulfoné et d’une molécule de métaphénylènediamine.
- 11 donne sur coton, laine et soie, un beau brun jaunâtre, et son mode d’emploi est le même que celui du brun précédent.
- On obtient en outre des bruns foncés très beaux, èt résistant bien au savonnage et à la
- j soude, en le diazotant sur la fibre même, puis \ en combinant avec la chrysoïdine, la p-naph-tylamine ou la métatoluyènediamine par le procédé que nous avons indiqué plus haut à l’occasion de l’azo-mauve R.
- La maison OElher a aussi introduit dans le commerce, sous le nom de Brun cuir R, une matière colorante brevetée, qui présente un certain intérêt pour la teinture du cuir.
- Ce produit de nature basique, s’obtient en faisant réagir deux molécules de para-amido-acétanilide diazotée sur une molécule de métaphénylènediamine en solution alcaline ; cette combinaison, difficilement soluble dans l’acide chlorhydrique étendu, est chauffée avec de l’acide chlorhydrique concentré à la température du bain-marie pour la désacétyler et la rendre soluble. Il est livré au commerce sous la forme de son sel double de zinc.
- La teinture du cuir au moyen de ce brun est des plus simples. On peut teindre, soit par immersion pendant 15 à 30 minutes, dans un bain renfermant la quantité nécessaire de matière colorante chauffée à 40° degrés environ, ou au moyen de la brosse.
- F. V. Callab, auquel nous empruntons ces renseignements recommande le premier procédé pour la teinture du cuir tanné au sumac, bien nettoyé, et le second pour la teinture du cuir tanné à l’écorce, et en particulier du cuir de bœuf.
- Les nuances obtenues sont foncées, bien égales et dépourvues de reflet bronzé ; elles résistent bien au frottement et conservent au cuir sa souplesse.
- Le brun cuir s’applique, par contre, moins | bien aux articles mégissés; les nuances obtenues sont plus rougeâtres, et il est difficile de teindre en brun foncé.
- Le jaune de crésotine (marques G et R), est une matière colorante azoïque dans laquelle les « copulants » sont la benzidine ou la tolui-dine et les « copulés » les acides méta ou or-thocrésotiniques.
- Pour teindre le coton non mordancé avec ce produit, on ajoute au bain (2.500 litres d’eau pour 100 kilogrammes de coton), 2 k. 1(2 de savon de Marseille et l’on fait bouillir; si l’eau est calcaire, il se forme à la surface une couche de savon calcaire qu’on enlève soigneusement, on ajoute 10 kilogrammes de phosphate de soude et la quantité voulue de colorant, on entre le coton et on manœuvre pendant une heure à une température voisine de l’ébullition. Le bain ne s’épuise pas; ce produit, livré comme les précédents par la maison OEhler, fournit, avec 1^3 pour cent de colorant du poids du coton, une fort jolie nuance jaune ; la marque R est légèrement plus rougeâtre.
- Les « Farbenfabricken vormals Bayer et C*» ont introduit dernièrement dans le commerce deux nouveaux bruns : le brun diazoïque Y et le brun au chrome R (en pâte).
- Le brun diazoïque V fournit directement sur
- coton des nuances brunes, mais il est surt destiné à être diazoté sur la fibre et °Ut soit avec le p-naphtol (développeur A) soitT'^ la phénylènediamine (développeurs (3 ou EU la première combinaison donne un brun \ ’ let foncé, la seconde un brun jaunâtre • V °'
- teintures résistent bien au lavage ain*;’ CGs
- l’action des acides et des alcalis et elles déchargent pas. ne
- On teint le coton en le manœuvrant ne dant une heure dans un bain additionné d > in pour cent de sel de Glauber ou sel marin n diazote et on copule par la méthode appiicab,” à toutes les couleurs diazotables sur la fh 6 que nous avons indiquée plus haut. re
- La laine se teint en bain légèrement acidulé par l’acide acétique ; les teintures rési^n» 6 foulon et aux acides. au
- Le brun diazoïque s’applique également soit directement, soit diazoté, b la teintur ' des tissus mi-soie: on teint pendant 6 heur î à l’ébullition, dan3 un bain additionné de 5 pour 100 de sel de Glauber et, si ron désire peu teindre la soie, on ajoute 5 pour loj de savon.
- Le brun au chrome R, destiné à l’impression du coton en présence d’acétate de chrome s’applique aussi à la teinture de laine chro raée.
- Pour teindre la laine, on mordancé pendant une heure au bouillon avec 3 à 4 pour iqo de bichromate de potasse et 1 à 1 1(2 pour 100 d’acide oxalique, on rince et on teint dans un second bain renfermant 15 à 20 pour 100 de matière colorante en entrant à 60-70° et en portant le bain en 15 à 20minutesau bouillon que l’on maintient pendant une heure.
- Les nuances obtenues possèdent une grande solidité au foulon et ne déchargent pas.
- Le brun au chrome est doué d’un grand pouvoir colorant et s’associe très bien aux autres matières colorantes qui se fixent sur chrome, telles que le jaune au chrome, l’ali-zarine-cyanine G et RRR, le rouge drap 3 G, le noir diamant, la céruléine, pour fournir les nuances modes les plus variées.
- Les Farbenfabriken vormals Bayer et C° ont aussi entrepris la fabrication de l’acétate d’ammoniaque (liquide), dont ils recommandent l'usage aux teinturiers lorsqu’il s’agit d’employer des matières colorantes qui n’égalisent pas bien et lorsqu’il faut éviter les acides énergiques ou la cuisson.
- La plupart des matières colorantes qui se fixent en bain acide ou neutre peuvent aussi être fixées au moyen de l’acétate d’ammoniaque, de sorte que l’emploi de cette substance permet de nuancer aussi bien qu’avec les autres produits.
- La maison J.-R. Geigy, à Bâle, fabrique depuis peu, sous le nom de Clématine, une sa-franine très bleuâtre qui possède la même solidité et, d’une manière générale, les caractères de la safranine.
- On teint avec ce produit le coton mordancé
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- au tannin ou à l’extrait de s^mac (en employant 5 à 10 kilogrammes de tannin pour 100 kilogrammes de coton) et au tartre émétique ; on entre à froid et l’on chauffe graduellement jusqu’à 70°.
- La clématine, qui est un colorant homogène, peut aussi être employée en mélange avec d’autres couleurs pour les nuances combinées.
- Avec 3i& pour 100 seulement de colorant du poids du coton, on obtient une nuance violet rouge fort jolie.
- La même maison a breveté un nouvel orange teignant directement le coton non mordancé : l’Orange de Chicago.
- Cet orange, qu’elle annonce comme étant le meilleur marché des colorants de même nuance, se distingue par une grande intensité ainsi que p r sa résistance à la lumière, au lavage et au chlore.
- On teint avec 1 à 2 pour 100 de colorant et
- 10 grammes de sel de cuisine par litre d’eau ; on entre à chaud et on manœuvre le coton pendant une demi-heure. Le bain à 1 p. 100 de colorant s’épuise bien.
- Celte nouvelle matière colorante s’obtient au moyen de la benzidine et de l’acide paranitro-toluène sulfoné.
- Parmi les nombreux échantillons de spécialités que la maison J.-R. Geigy et C° a mis obligeamment à notre disposition, nous remarquons une autre nouveauté, le Bleu Hel-vélie (breveté), au moyen duquel on obtient, sur soie en particulier, des nuances d’une pureté qui n’a pas été atteinte, croyons-nous, jusqu’ici.
- Ce bleu est un colora nt homogène et ciis-tallisé ; les fabricants recommandent de l’employer en dissolution étendue (1 à 200 300); les dissolutions concentrées ayant de la tendance à recristalliser en présence de l’acide,
- 11 pourrait en résulter des nuances cuivrées. 11 convient donc d’opérer de l’une des deux manières suivantes :
- Le colorant nécessaire pour la nuance voulue est introduit en dissolution dans le bain chaud de savon non coupé; on ajoute graduellement l’acide étendu et on manœuvre la soie jusqu’à épuisement complet, ou bien on prépare comme d’habitude le bain de savon coupé et l’on ajoute après chauffage, successivement et par petites doses, la dissolution étendue (1 à 300) du colorant.
- Le bleu Helvétie se fixe sur coton sans mordant pour donner une belle nuance bleu-ciel ; mais comme règle générale, il est indiqué de mordancer préalablement au tannin et de teindre en présence d’une très petite quantité d’acide acétique.
- La Manufacture Lyonnaise de matières colorantes nous a aussi envoyé une riche collection de ses spécialités, parmi lesquelles celles plus récemment introduites dans le commerce sont : le Noir diamine BH, le Bleu pur dia-mine, le Vert diamine B, le Bror ze diamine G,
- le Noir naphtol 12 B, le Bleu méthylène nouveau et le Jaune d’anlhracène C.
- Le Noir diamine BH se fixe sur coton non mordancé en présence de carbonate de soude et de sulfate de soude ou sel marin, ou pour les teintes foncées avec sulfate de soude et sel marin seuls. Avec lx pour 100 de colorant du poids de coton on obtient une nuance nourrie et bleuâtre; mais il est surtout destiné à être diazolé sur la fibre par la méthode habituelle et développé avec la phénylènediamine par exemple; on obtient ainsi un noir solide au foulon, à l’air et aux acides qui peut encore être remonté avec le bleu méthylène N pour donner un très beau noir.
- Il se prête également bien à la teinture des tissus mi-soie (coton et soie) et mi-laine (coton et laine).
- Le bleu pur diamine (1) se teint sur coton non mordancé, au bouillon, avec 20 pour 100 de sulfate de soude ou de sel marin -, en mélanges avec les couleurs « dianrne » demandant une addition de carbona'e de soude, on peut sans inconvénient teindre avec 20 p. 100 de sulfate de soude et 5 p. 100 de carbonate de soude.
- Avec 3 p. 100 de colorant du poids du coton on obtient une nuance bleu foncé fort belle comparativement à celle des bleus directs pour coton connus jusqu’ici ; elle est douée, en outre. de la propriété de rester bleu pur à la lumière artificielle au lieu de devenir grise, comme cela est fréquemment le cas.
- En teignant le satin mi-soie (coton et soie) avec le bleu diamine au bouillon en présence de 10 p. 100 de savon et 15 p. 100 de sulfate de soude, on obtient de fort jolis effets, car la soie reste complètement blanche ; si l’on veut teindre la soie en même temps, on peut le faire en y mélangeant du bleu alcalin et rinçant sur une eau légèrement acidulée ou en teignant d’abord le coton en bleu pur diamine et ensuite la soie sur un nouveau bain avec les colorants tels que les orangés, ponceaux, vert acide, éosines, etc., qui se fixent en bain acide.
- Four les tissus mi-laine, on obtient un bleu vif et uni en teignant avec un mélange de bleu diamine et de bleu alcalin au bouillon avec 2 p. 100 de carbonate de sjude et 20 p. 100 de sulfate de soude.
- Le vert diamine B (2) est intéressant en ce sens qu’il constitue le premier colorant direct pour co'on de nuance verte ; c’est un vert jau-râtre qui, à 3/4 pour 100 de colorant du poids du coton, fournit déjà une nuance assez foncée.
- Oa teint le coton par la même méthode qu’avec le bleu diamine ; pour les mélanges avec d’autres produits nécessitant une addition de carbonate de soude ou d’un alcali, cette addition doit être réduite autant que possible,
- (1) Voir Revue de la Teinture, année 1892, p. 85.
- (2; Voir échantillons dans la Revue de la Teinture, 1892, p. 148.
- car il est plus avantageux de teindre le vert diamine sur bain neutre ou très légèrement alcalin.
- Le vert diamine mélangé avec le noir diamine RO donne sur coton en un seul bain un beau noir solide.
- La laine se teint en bain renfermant 3 p. 100 de bisulfate de soude ou d’acide acétique, le tissu mi-laine à 90° avec 30 p. 100 de sulfate de soude et la soie sur bain légèrement acidulé par l’acide acétique.
- Le bronze diamine Ç (1) appartient à la même série de ma'dères colorantps, il est surtout destiné aux mélanges avec les autres couleurs diamines pour les nuances mode, les olives et surtout pour nuancer les bruns.
- On teint le coton au bouillon avec addition de ;
- 5 p. 100 de carbonate de soude et 15 p. 100 de sulfate de soude ou de sel marin;
- mais pour les mélanges avec d’autres produits ne demandant pas une addition de carbonate de soude, on peut sans inconvénient teindre seulement avec du sulfate de soude ou du sel marin.
- Ün obtient sur tissu mi-soie avec 1 1/2 p. lOOdecolorant du poids de coton, 10 p.100 de savon et 15 p. 100 de sulfate de soude, un fort joli bronze.
- Le noir naphtol 12 B (2) * stun colorant pour laine; avec 1 p. 100 de colorant, la nuance est bleu foucé ; avec 3 à A p. 100, elle est noire avec reflet bleuâtre.
- La teinture est solide à l’air, à la lumière et au lavage, elle résiste à un foulon ordinaire et aux acides.
- ^ Le noir naphtol 12 B conservant sa teinte bleu verdâtre a la lumière artificielle, peut corriger par mélange les noirs qui, au contraire, rougissent.
- On teint la laine en flottes avec addition de ;
- 10 p. 100 de bisulfate de soude, ou 10 p. 100 d’acide acétique, ou 10 p. 100 de sulfate de soude et 3 p. 100 d’acide sulfurique; on ajrute au bain de teinture d’abord l’acide, on entre la laine et on lisse pondant quelque temps, on introduit ensuite la solution colorante et on teint au bouillon jusqu’à épuisement du bain ; si au bout d'une heure le bain n’est pas épuisé, on ajoutera encore 2 à 5 0/0 de bisulfate de soude.
- Pour le tissu de laine, on fait bouillir pendant une heure avec :
- 10 p. 100 de sulfate de soude et 5 p. 100 de bisulfate de soude ; on laisse refroidir le bain à 60° et on teint une heure en montant au bouillon-, on ajoute pour
- (1) Voir échantillons dans la Revue de la Teinture, 1892, p. 148.
- (2) Voir échintillons dans lr Revue de la Teinturé, février 1893, p. 22.
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- épuiser le bain de nouveau 5 p. 100 de bisulfate de soude et on fait bouillir encore pendant une demi-heure.
- Le bleu méthylène nouveau (1) s’applique de la même manière que le bleu méthylène ordinaire sur coton mordancé au tannin et au tartre émétique.
- On commence à teindre a tiède et on monte jusqu’à 90° en ajoutant pour les nuances claires un peu de savon et pour les nuances foncées un peu d’acid: acétique.
- Les nuances obtenues sont vives et nourries; avec 1/20, 1/10 et 1/4 p. 100 de colorant, elles sont verdâtres, avec 1 à 1 1/2 p. 100, elles sont bleu violet.
- En teignant sur fond de sumac et fer, on obtient un bleu noir.
- La marque NGG donne des nuances beaucoup plus verdâtres.
- Le Jaune anthracèr.e C livré par la même maison est destiné à la teinture de la laine sur laquelle elle donne des nuances d’une grande solidité -, un des meilleurs procédés de teinture consiste à teindre sur bain acide avec addition de 3 à 5 p. 100 de bisulfate de soude en chauffant lentement au bouillon, puis à ajouter après épuisement du bain 3 p^ 100 de fluorure de chrome et à faire bouiliir encore pendant une demi-heure,
- On peut aussi teindre en ajoutant au bain de tein ure, outre la quantité nécessaire de colorant, 2 1/2 p. 100 de chromate et 1 p. 100 d’acide sulfurique en montant lentement jusqu’au bouil'on.
- Ce colorant est destiné à remplacer le bois jaune non seulement dans les cas où celui-ci i est employé en combinaison avec les couleurs dites d’alizarine, mais partout où il s’agit d’obtenir des teintes solides au foulon.
- Le jaune d’anthracène est plus solide à la lumière et à l’air que le bois jaune.
- La société pour l’industrie chimique, à Bâle, yient d’introduire dans le commerce sous le nom de Rhodamine 6 G un nouveau rose breveté qui est particulièrement destiné à la teinture du coton; elle se fixe sur coton mordancé au tannin et au tartre émétique en une belle muance rose, présentant plus de solidité à l’eau et à la lumière que les nuances analogues oblonues avec les matières colorantes connues. Elle peut en outre être combinée facilement avec d’autres colorants basiques, ce qui permet d’obtenir des nuances variées.
- Les nuances sur soie et laine sont également fort belles.
- SUR IA TEINTURE DU COTON
- En Canettes
- Les matières colorantes qui s’appliquent le mieux à la teinture du coton en canettes sont les couleurs de benzidine et les couleurs dia-
- (1) Voir Revue de lu Teinture, année 1892, p. 102. j
- mine. En efiet, elles se teignent sans mordant en un seul bain, mais malheureusement, elles ne sont pas solides, ni au lavage ni au foulage, et leur emploi ne peut être que bien restreint. Dans le cas où on les applique, il faut s’arranger de façon à ce que l’opération de teinture dure le moins possible, c’est-à-dire quelques minutes seulement, et se servir d’une solution concentrée : on peut d’ailleurs, pour arriver à la nuance demandée, faire deux ou trois opérations successives. La difficulté de reponchonner les bains et d’arriver au même degré de concentration, en ce qui regarde la matière colorante sera moindre, si l’on se sert d’un colorimètre. Enfin, le peu de résistance que ces matières colorantes ont au lavage exige que l’on ne teigne pas à une température trop élevée.
- On peut augmenter leur solidité, soit en les traitant par une dissolution de sulfate de soude ce qui altère la nuance, soit en les diazotant puis les combinant avec un phénol ou une amine par les procédés universellement connus. Mais cela complique terriblement la teinture en canettes, pusqu’au lieu d’une machine il en faudrait trois pour un même lot de coton.
- Les matières colorantes à mordants de caractère acide, par exemple les couleurs d’ali-zarine offrent de très grandes difficultés pour la teinture en canettes ; en effet, il importe avant tout que le mordançage soit bien égal, et pour cela, il faut que le bain de mordant reste tout à fait clair et qu’aucun dépôt ne se forme sur la partie extérieure des canettes qui viendrait mettre obstacle à la pénétration subséquente des liquides; de plus, la p upart des matières colorantes à mordant de nature acide sont insolubles dans l’eau, ce qui complique encore la question.
- Les mordants les plus aisés à appliquer sont ceux de chrome et principalement les chro-mites ou les sulfates basiques de chrome ou le chlorure chlorochromique.
- Les ma'ières co'orantes de nature basique qui se fixent sur coton sans mordant ne peuvent jamais fournir que des teintures peu solides : le mordançage en tannin, puis fixation en antimoine ou fer s’impose, si l’on veut avoir quelque solidité. L’acide tannique se fixe très rapidement sur les canettes, si l’on opère dans le vide, c’est le procédé que l’on doit suivre. On laisse ensuite les canettes reposer 5 à 10 heures, puis, sans les sécher, on les passe dans un bain de tartre émétique absolument limpide ; on ne peut pas se servir de fluorure d’antimoine dont l’acide exercerait des corrosions sur les parties métalliques de la machine, si l’on fixe le t.annin par un sel de fer, il faut éviter le plus possible qu’il acquière une réaction trop acide une fois le mordançage terminé, la teinture est très aisée, mais il faut toujours laver ensuite avec le plus grand soin pour éliminer toute trace de matière colorante non fixée.
- Ce même lavage très soigné se fera à y chaude, si l’on a teint les canettes avec couleurs par diazotant.
- On n’obtient que de mauvais résultats • l’on veut teindre le coton en canettes et* S1 chamois au fer, en jaune de chrome, etc • ? bleu de Prusse se forme plus aiséme m 6 les teintures minérales n’offrent que bien rj318 d’avenir pour cette industrie, à cause del difficulté d’obtenir l’unisson et de la nécessité de renouveler les bains à chaque opération cause des dépôts insolubles.
- Le même inconvénient existe pour la tein ture en indigo ; aussi ne peut-on employer nu' la cuve à l’hydrosulfite-, et si l’on veut ru nisson il est indispensable de faire circu'er le bain alternativement en sens contraire.
- Quant au noir d’aniline, il n’a pas été pro duit encore sur canettes d’une façon satisfais santé.
- (Industrie textile).
- TISSUS DE SOIE ET MI-SOIE
- Bosselés, Moutonnés et Crêpés
- Ce genre d’étoffes, qui donne lieu à très jolis effets, tend à se répandre dans la consommation.
- La Revue de lu Teinture a indiqué le prjtt. cipe de leur fabrication (année 1892, p. ioet 19) avec quelques détails d’opération, d’après le rapport de M. J. Persoz, sur l’Exposition de 1889.
- Nous venons de revoir le brevet pris par Mlle Graiseot pour ce genre de travail;il fournit quelques indications pratiques bonnes
- à reproduire.
- Pour opérer, dit le brevet, on prépare un bain froid formé de chlorure de zinc et d’eau variant de 20 à 40 degrés Baumé, suivant la nature des tissus que l’on veut traiter, les bains faibles convenant pour les tissus légers, et les forts pour les tissus réduits.
- On immerge les tissus dans ce bain et on renouvelle les surfaces de contact pendant une heure à une heure et demie pour les tissus réduits, et une demi-heure à trois quarts d’heure pour les tissus légers.
- On retire le tissu du bain, on l’essore, on le porte immédiatement dans une chambre tiède, vers 25 à 30 degrés centigrades, dans laquelle on le laisse pendant un temps variable quel’on détermine par l’observation à l’œil et au toucher des progrès du rétrécissement ou du crêpage, qui se produit peu à peu.
- Lorsque cet effet est obtenu au degré voulu, on retire aussitôt l’étoffe pour la manœuvrer sans retard dans une dissolution froide de carbonate de potasse à 10 degrés Baumé, pendant un quart-d’heure environ. On essore, on lave à grandes eaux, on essore encore et on cuit au savon.
- On peut aussi plus simplement cuire immédiatement au savon au sortir de la chambre
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- chaude, et supprimer ainsi le bain de carbonate de potasse.
- L’étoffe est ensuite soumise aux opérations habituelles de l’industrie.
- Par cette méthode, on obtient sur les étoffes de soie certains effets de rétrécissement et d’élasticité qui donnent à l’étoffe un aspect particulier, soit en forme unie, soit en bosselé, moutonné, maroquiné et crêpé, suivant la nature du tissu, suivant les variantes du procédé indiqué plus haut.
- Ce procédé s’applique à toutes les variétés de tissus de soie et notamment aux tissus destinés aux crêpes, imitation crêpe anglais, aux foulards, aux cache-nez, etc., et en particulier aux tissus destinés au gaufrage qui peut très bien succéoer aux opérations décrites ci-dessus.
- On peut faire l’application de ce procédé non-seulement aux étoffes pure soie, mais encore aux tissus mixtes, coton et soie, laine et soie, le coton et la laine n’étant pas touchés.
- Nous ajouterons que c’est même s. r les étoffes mélangées que ces effets de bosselage sont les plus prononcés, par suite de la différence d’action des réactifs sur les différentes fibres.
- 11 faut rapprocher du brevet Graissât, celui de MM. Depoully, résumé également dans le document plus haut cité.
- PRÉPARATION DU COTON
- HYDROPHILE
- Simple et médicamenteux (I)
- L’art chirurgical remplace maintenant dans ses pansements, la charpie et le vieux linge par des matières neuves, qui n’exposent plus à la transmission de germes infectieux : ces matières sont principalement le coton en bou< re et la tarlatane.
- Pour le dit usage, ces cotons doivent être « hydrophiles », c’est-à-dire décreusés bien à fond pour acquérir une spongiosité telle que, mis en contact avec des plaies séreuses ou purulentes, ils en absorbent les exsudations.
- Leur préparation est devenue une branche spéciale de l’industrie du blanchiment, et donne li ou à des affaires d’une certaine importance.
- Ce travail consiste en un blanchiment énergique, dans lequel le débouillissage à la soude et l’action du chlorure de chau< doivent être poussés jusqu'au point lù ils affaiblissent la fibre.
- Voici les moyens employés :
- Débouillissage
- Les cotons sont bouillis dix à douze heures dans une lessive contenant 5 kil. de soude caustique par 100 kil. de coton.
- (1) Voir aussi la méthode ordinaire de blanchiment, et dü travail des cotons bruts, dans la Revue de lot, Teinture, numéro de Décembre 1892, p. 162.
- Si l’on opère sous pression, le traitement sera de deux à trois heures, à trois atmos -phères.
- Le produit à employer est la soude caustique proprement dite, telle que la soude anglaise en cylindres, et non le sel de soude en partie seulement caustifié, et que le commerce désigne aussi sous le titre de soude caustique.
- Les fabricants pharmaciens font quelquefois usage de carbonate de potasse (sel de tartre, potasse perlasse), mais étant donné qu’il faut décreuser à froid et que l’altération de la fibre n’est pas un inconvénient, un agent plus énergique doit être préféré.
- Après le débouillissage, ou rince.
- Blanchiment
- Le blanchiment s’opère dans une solution claire de 6 kil. de chlorure de chaux par 100 kil. de coton, où celui-ci séjourne six heures.
- Au sortir du bain on donne, comme d’usage, un vitriolage d’une heure, dans une solution d’acide sulfurique à 2 degrés.
- Puis on rince.
- Anti-chlore
- Pour détruire les dernières traces de chlore, le coton est passé dans un bain chaud de savon de suif : 2 kiî. de savon ; température 50 à 60 degrés G. ; durée, 1 \2 heure.
- Le coton est égoutté puis, sans le rincer, on le passe dans un bain d’acide sulfurique à 1 degré au plus, et pendant seulement 10 à 15 minutes.
- On rince enfin à l’eau, on essore et on sèche.
- Le coton est ensuite soumis au cardage.
- Action de l'acide
- 11 ne faut pas perdre de vue que les textiles végétaux tirent les acides dans les bains même très dilués, et que les rinçages ont ensuite beaucoup de peine à les en débarrasser ; c’est pourquoi le dernier traitement à l’acide sulfurique ne doit pas être prolongé.
- Ce traitement a pour but de décomposer le savon retenu par le coton et de produire ainsi sur la fibre le dépôt d’une petite quantité d’acide stéarique finement divisé, lequel donne au coton du craquant lorsqu’on le presse dans les doigts, aussi faut-il, dans ce but, faire usage du savou de suif; ceux aux huiles ne fourniraient que des acides gras, mous, n’ayant pas cette propriété.
- Caractères du coton hydrophile
- Le craquant dont il vient d’être question est un des caractères adoptés de cette préparation textile.
- Déposé sur de l’eau, le coton hydrophile doit s’en imprégner immédiatement et s’y enfoncer de lui-même ; c’est là sa propriété principale et essentielle.
- Il doit être blanc, inodore, neutre au tournesol.
- Epuisé par l’eau distillée, celle-ci ne doit pas laisser de résidu à l’évaporation ; ne pas précipiter par le chlorure de baryum, l’oxalate d’ammoniaque, ni p r le nitrate d’argent.
- Sa densité est de 1,4 ; fine doit donner à l’incinération que 0,3 pour cent de cendres.
- Cotons médicamenteux
- Le coton hydrophile est souvent imprégné de dissolutions médicamenteuses qui, après dessication, le laissent enduit des principes qu’elles tiennent en dissolution, et suivant un dosage déterminé.
- Ce’a est un travail rentrant dans le monopole du pharmacien. Ne nous préoccupant pas des formules, nous nous bornerons donc à indiquer l’opération matérielle.
- Les produits médicamenteux devant imprégner un kilogr. de coton, sont dissous dans l’eau, l’alcool ou autre dissolvant volatil, de façon à faire deux litres à deux litres et demi de solution.
- Avec celle-ci, on arrose la masse du coton que l’on enferme, ensuite, dans un vase clos pendant six heures au moins, pour que l’im-bibation se répartisse uniformément.
- Après quoi, le coton est mis à sécher, puis ouvert à la main ou à la carde à main.
- Ou bien, on prend un excès de dissolution (4 à 5 litres), on en imprègne facilement 1 kil. de coton ; on soumet celui-ci à la presse jusqu’à ce que son poids soit amené à 3 kil. ; c’est ainsi deux kilo?, de liquide qu’il retient, et le dosage est alors obtenu, si deux kilogr. de liquide représentent les produits à incorporer dans un kil. de coton.
- Le liquide exprimé est supposé non modifié (ce qui n’est pas toujours exact) et sert pour de nouvelles opérations.
- Ce dernier moyen : imbibation par excès de iiqui.de et pressage est celui indi ;ué par les fabricants pharmaciens; cependantil estlemoins recommandable au point de vue de la sûreté des dosages.
- La cellulose n’est pas une matière indifférente à l’égard des agents chimiques dont on l’imprègne et qui sont le plus habituellement le phénol, l’iodoforme, le chlorure mercun-que, le ehlorure ferrique, etc., elle ne s’imbibe pas matériellement seulement de leurs dissolutions, mais pour quelques uns, les acides et les sels métalliques notamment, elle a une affinité bien connue des chimistes teinturiers, et même des simples praticiens, de sorte qu’elle « tire » ces produits de leurs solutions, s’en charge d’une plus forte quantité que celle calculée, et rend à la presse un liquide appauvri.
- La première méthode assure un dosage plus rigoureux, et lorsque le volume de la dissolution resté dans les limites indiquées, l’im-bibition se fait avec une grande uniformité, à condition qu’elle ait lieu en vases fermés, à
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- l’abri d’évaporations partielles et pendant un temps sulfisant.
- Tarlatanes ou gazes hydrophiles
- Tout ce qui précède peut, en principe, s’appliquer à ces tissus; toutefois, leur résistance doit êbe mieux ménagée, et pour cela, il faut réduire d’un tiers la force du bain de chlorure.
- Une étoffe, quel que soit son usage, doit toujours offrir une certaine résistance, et pour les bandes à pansements, cela est une condition nécessaire, mais de plus, ces tarlatanes ont à subir un apprêt, et il n’y a guère que les rames qui puissent y être employées ; il faut donc qu'elles ne se déchirent pas à la moindre traction.
- F. G.
- PROCEDES DIVERS
- Eleus SOLIDES CONGO
- Brevetés
- Ces colorants, présentés par MM. Ruch et fils, produisent des bleus moyens et des déblanchis comparables comme aspect à ceux que l’on obtient sur la cuve à froid.
- Ce sont des couleurs directes pour coton, ne possédant pas assurément la solidité exceptionnelle des bleus de cuve, mais résistant convenablement aux savonnages, à l’eau de javelle, aux acides même assez concentrés, à la lumière, et ne dégorgeant pas au frottement.
- Elles se fabriquent sous deux marques, B. 363 et R. 364 -, la seconde est à reflet rougeâtre, le premier donne la teinte ci-dessous :
- La teinture s’opère en garnissant le bain
- avec :
- Bleu solide Congo................ 3 0/0
- Savon............................ 2 —
- Cristaux de soude................. 10 —
- O i entre à tiède, on pousse peu à peu au bouillon, que l’on maintient jusqu’au ton demandé.
- La teinte unit bien et monte assez vite jusqu’au demi-bleu de notre échantillon, ma’S on arrive difficilement aux tons nourris ; c’est donc principalement pour les gris bleus et bleus moyens qu’on l’utilisera avec avantage.
- Le bain ne s’épuise pas et se recharge de moitié pour les passes suivantes : notre échantillon représente ainsi 1 Ij2 p. 0[0 environ de colorant.
- Ces bleus peuvent se diazoter par les méthodes usuelles.
- Gris pour doublures
- Cette teinte a été obtenue par un déblanchi au bleu solide Congo R, 364, à 1|2 pour cent, suivant le procédé ci-dessus, mais en supprimant le savon qui n’est pas utile pour les teintes claires et n’es*, d’ailleurs, jamais indispensable.
- Puis brunie par un passage à froid assez rapide dans un bain de gris monté ainsi :
- Eau.............................. 100 litres
- Extrait de campêche............... 50 gr.
- Pyrolignite de fer............... 100 —
- Ce bain ne tourne pas et la bruniture ne se produit qu’à l’évent 5 ce n’est donc qu’en dehors du bain que la teinte se développe.
- On obtient de cette façon, un gris à reflet bleuâtre qui se teint beaucoup mieux que ceux au campêche seul, sous l’influence acide de la transpiration.
- Faux rouge d’Andrinople
- au Congo
- Nous voyons aux étalages parisiens des tissus annoncés comme « Andrinople » mais dont le feu est bien supérieur à celui des rouges d’aüzarine.
- Nous avons examiné cette cotonnade, dont échantillon ci-dessus, et nous avons constaté qu’elle est teinte au rouge Congo B ; c’est, en effet, un colorant qui, sans présenter la résistance des rouges d’alizarine peu*, dans beaucoup de cas leur être substitué sans de grands désavantages ; il perd peu au savon, résiste au chlore tel qu’on l’emploie dans le blanchi-sage mais il est d’une extrême sensibilité aux acides dont les plus faibles le virent au bleu ; ces tissus, toutefois, ne sont guère exposés à l’action des acides.
- L’air le ternit en le portant au brun, mais le moindre lavage au savon ou en bain légèrement alcalin le ramènent au rouge vif quand il a été modifié soit par l’air soit par les acides.
- Le Congo brillant R ne vire pas ainsi par les acides, mais sa solidité générale est moindre et il n’a pas la même vigueur.
- Nous rappelons, par circonstance, ces propriétés bien connues des rouges Congo, et nous en profitons aussi pour rappeler leur mode d’application.
- turc.
- Nous indiquerons d’ailleurs une méth
- ini0I0 nniir fuira naa {uOQ6
- rouge
- spéciale pour faire ces imitations da'J'UUQe
- Le procédé ordinaire consiste, comme avec toutes ces couleurs azoïques, à teindre 8Ur bain alcalin, comme il a été dit plus haut) le bleu Congo (1)
- : pour
- 0.1 obtient, dit-on, une nuance plus vive et plus solide en passant le coton dans un bain froid de 10 0/0 de cristaux de soude, tordant
- ou essorant et séchant sans rincer
- gnant dans une simple dissolution de
- Puis tei.
- rant.
- CQlo.
- L’échantillon ci-dessus, dont à l’incinération on reconnaît la présence de l’alumine et dont l’odeur révèle l’emploi de sulforicinates, pa. raît avoir été teint par la formule suivante quj est en usage et fournit des rouges bien pleins-
- Rouge Congo B...................... 4 tyo
- Aluminate de soude................. 2 _
- Savon.............................. 2 -
- Huile pour rouge................... 5 _
- Entrer à la température moyenne et pousser au bouillon.
- Les bains non épuisés se remon’ent avec 3 0|0 de colorant et 1 0^0 des autres éléments.
- On sait que les rouges Congo donnent aussi de bons résultats sur laine, sur soie et par conséquent sur mélanges.
- Lalaine se teint avec du phosphate de soude, ou simplement du sulfate ; la laine avec phosphate et savon.
- Rappelons encore qu’il existe un Congo-Corinthe, ayant des propriétés comparables et donnant une belle teinte Corin’he.
- Bled Victoria sur laine
- Cette couleur n’est pas non plus une nouveauté, mais on ne saurait trop appeler l’attention sur ses qualités, dont la principaleest une vigueur et une fraîcheur de teinte réellement remarquables, et gardant son éclat à la lumière.
- Son prix avantageux, son rendement, sa résistance au soufrage et sa solidité au foulage la rend également recommandable, mais résiste moins à l’air lumineux.
- Elle se trouve dans le commerce sous deux marques : B., et 4 R-
- L’échantillon ci-dessus est le Bleu Victoria B.
- L’emploi de ces bleus s’est fort répandu dans la teinture des laines où ils ont remplacé, dans un grand nombre de cas, les bleus alcalins.
- fl) Voir procédés et échantillons sur fils dans 1» Renue de'la Teinture, 1888, p. 117.
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- La soie en fait aussi un grand usage, où leur résistance au savon bouillant leur réserve des emplois spéciaux, tels que pour lisières.
- Sur coton, ils sont moins employés que les bleus de méthylène, mais toutefois ils donnent des nuances plus vives et moins chères, mai9 moins solides.
- Ils sont précieux pour l’impression tant sur laine que sur coto.i et sursoie, par suite de la facilité avec laquelle ils se laissent ronger par les réducteurs, et l’enlevage ne remontant pas sous d'autres influences.
- Le BleuB, uni au jaune de quinoléine, donne des verts magnifiques.
- Dissolution
- Il faut employer de l’eau de pluie, ou de l’eau de condensation des appareils à vapeur.
- Si l’on ne dispose que d’eau calcaire, on devra imbiber préalablement le colorant d’acide acétique et le laisser ainsi infuser au moins une heure.
- Dans les deux cas, on fait dissoudre à l’eau bouillante et on passe au tamis avant l’emploi.
- Teinture de la laine
- Le bain se monte avec :
- Alun......................... 5 0/0
- Acide acétique............... 5 —
- Bleu Victoria............... 1 —
- Il faut un bain assez large et peu chaud au début, si l’on veut obtenir un bon unisson ; on termine au bouillon.
- La proportion de 1 0/0 de colorant est celle de notre échantillon.
- Teintuie de la soie
- Teindre sur savon coupé, à bonne chaleur.
- Aviver ensuite, sur acide acétique ou sulfurique chauds.
- Teinture du coton
- On teint le coton sumaqué et émétiqué ; c’est le procédé qui donne les teintes les plus solides.
- Si l’on tient principalement à l’éclat, on teindra le coton non mordancé avec :
- Alun.................. 3 0/0
- Huile pour rouge...... 8 —
- Colorant.......... 1/2 à 2 0/0
- Entrer à tiède et monter peu à peu à 80-90 degrés.
- Bleu Cyanol
- Nous restons encore dans les bleus ; c’est, d’ailleurs, la classe de colorants la plus employée, et l’actualité nous en offre un nouveau relativement ; c’est le « Bleu Cyanol ».
- Sa nouveauté n’est que relative, car le dernier volume du Traité de Teinture, de M. J. Depierre, le mentionne.
- Le Bleu Cyanol serait un nouveau substitut du carmin d’indigo (nous en avons déjà plusieurs), mais il donne plus de fraîcheur encore
- que le carmin, et offrirait une résistance très supérieure à l’air et aux savonnages ; il peut, dit-on, supporter les soufrages, et ne dégorge pas.
- C'est un bleu-lumière.
- Teinture
- Ce bleu teint la laine et la soie en bains acides.
- Pour la laine, c’est toujours avec le bi sulfate de soude, ou, ce qui est équivalent, sulfate de soude et acide sulfurique.
- On gagne encore en solidité en teignant sur mordant de chrôme, mais la teinte perd beaucoup de sa fraîcheur.
- La soie monte sur bain de savon coupé avec emploi modéré d’acide sulfurique.
- Son emploi ne paraît pas avantageux pour le coton, qu’il teint cependant sur mordant de chrôme et de sel d’antimoine.
- Impression
- Les formules ordinaires des couleurs d’aniline s’appliquent aux couleurs d’impression à base de Bleu cyanol, qui doivent être aiguisées à l’acide acétique.
- La couleur peut être rongée par les enlevages réducteurs.
- La formule suivante est proposée par les fabricants :
- Enlevage
- Eau de gomme........... h lit. 1/2
- Glycérine.............. AOO gr.
- Poudre de zinc....... 1500 gr.
- Ajouter au moment de l’emploi :
- Bi-sulfite de soude à 32°... 4 lit.
- Ammoniaque................ 1/2 —
- Les rongeants à l’étain sont insuffisants.
- Noms DIAZOÏQUES
- La fabrique « Friedr. Bajer et Ce » offre de nouveaux noirs diazos, qu’elle désigne : Diazo-noir G.
- Diazo-noir B.
- Diazo-noir R.
- Diazo-noir-bleu.
- Ces couleurs sont destinées au diazotage et développement après teinture.
- Le développeurs sont :
- Le Beta-naphtol ;
- Le chlorhydrate de méta-phénylène-diamine.
- La resorcine.
- Par ces traitements, les teintes acquièrent une grande fixité sous tous les rapports.
- Nous compléterons ces indications.
- Gris directs sur coton
- Ces teintes s’obtiennent avec les « Gris directs » marques B, R et Y de la fabrique Poir-rier et Dalsace.
- On peut teindre en bain neutre avec 2 ou
- 3 0/0 de colorant ; ce moyen convient pour des gris un peu foncés.
- Pour les gris clairs, le bain est monté avec
- Colorant.............. 1/2 à 1 0/0
- Acide sulfurique...... 1 à 2 0/0
- L’acide retarde un peu la fixation de la couleur et aide ainsi à unir.
- Dans les deux cas, la teinture se fait à froid, d’abord, puis on élève la température jusqu’au bouillon.
- Il faut éviter les eaux calcaires. Le volume du bain esr, comme d’usage, de 20 litres par kil. de coton.
- Enlevages-couleurs sur tissus de laine et de soie
- M. Guillaume, de Saint Denis, est breveté pour un procédé sur ce système d’impression.
- Four fonds s’y prêtant, il emploie les colorants ci-dessous et leurs mélanges:
- Ponceau 4 R.
- Violet 6 B.
- Jaune de naphtol.
- On imprime, dit le brevet, avec les couleurs ordinaires d’impression pour laine et pour soie, auxquelles on ajoute par litre :
- Sel d’étain.............., 100 gr.
- Après impression, on vaporise une heure et on lave.
- VENTILATION
- j ET HUMIDIFICATION DES LOCAUX
- HYDRO VENT1IATEUR SYSTÈME DULAIT
- La ventilation des habitations, des édifices, des ateliers, etc.,intéresse au plus haut point l’hygiène, elle est utilisée dans les salles de filature, dans certains ateliers d’apprêt, etplus encore dans les séchoirs.
- Fig. 1. — Ventilateur à axe horizontal.
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- Il existe deux modes de ventilation : La ventilation naturelle et la ventilation artificielle.
- Dans le premier cas on n’utilise, pour le renouvellement d’air des locaux, que le changement d’équilibre des couches atmosphériques provoquées par les différences de températures qui peuvent exister entre l’atmosphère du local et l’air extérieur.
- Pour la ventilation artificielle, on a recours à différents appareils assurant l’aspira'ion de l'air vicié, ou bien la pulsion de l’air pur dans le local, ou enfin, la pulsion et l’aspiration combinées.
- En présence des formules et des règles indiquées par le calcul, il y aurait lieu de croire à la facilité des études de ventilation, mais les éléments qui entrent en jeu sont si divers, que le calcul est impuissant à résoudre les problèmes de ventilation naturelle. Du reste, il résulte de ses origines mêmes, que la ventilation naturelle présente de grandes inégalités dans les effets produits et par conséquent est sujette à se produire alternativement dans des sens contraires. A mesure que la différence des températures diminue, la circulation de l’air décroît, il s’ensuit que si en hiver la ventilation naturelle suffit, il n’en est plus de même au piintemps et en été, où elle devient tout à fait insuffisante ; il faut alors avoir recours à la ventilation artificielle, qui permet '•'assurer, dans une proportion régulière et continue, le renouvellement de l’air.
- Dans la ventilation artificielle, le calcul nous indiquera les chiffres d’une manière absolue.
- De quelque manière que se fasse la ventilation, jamais on ne doit sentir le courant d’air. Si elle se faisait avec trop d’énergie, il serait à craindre qu’il se produise un courant direct de l’orifice d’entrée à l’orifice de sortie et que la dilution de l’air ne s’effectue plus. Cet inconvénient sera évité si on se borne à renou-ler, de trois à cinq fois par heure, l’air de la salle à ventiler.
- 11 est souvent nécessaire d’avoir recours à la ventilation artificielle dans les habitations, à la condition toutefois qu’elle n’emprunte ses moyen* d’action qu’aux forces que l’on a sous la main.
- Fig. 2. — Coupe en profil du ventilateur.
- Dans ce cas, les appareils réellement pratiques et économiques sont ceux qui font usage de l’eau comme agent moteur.
- L’eau sous pression se distribue facilement et économiquement ; elle peut activer des appareils de toutes puissances avec une grande constance de débft ; dans bien des cas, l’eau ayant servi peut être réemployée et utilisée pour les rinçages et autres opérations industrielles.
- Ces appareils ont un rendement plus grand que les ventilateurs à insufflation d’air par injection d’eau sous pression, qui n’utilisent pas aussi bien la force vive de l’eau.
- Rien n’est plus facil î que d’installer ces ventilateurs, il suffit pour cela de les raccorder par un tuyau à la distribution d’eau.
- Les hydro-ventilateurs, système Dulait, ou ventilateur à moteur hydraulique, se composent de deux parties : l’une destinée à engendrer le volume d’air, par le déplacement que sa rotation détermine dans le milieu où elle est plongée, et l’autre, qui est un moteur hydraulique, engendrant cette rotation.
- Un moyeu M, portant une ou plusieurs ailettes ployées, a, a, a, qui ont pour forme superficielle, celle d’hélices, dont les pas et les diamètres dépendent de la réaction à produire et de la vitesse disponible à leur donner, constitue la partie engendrant le volume d’air par la rotation, ainsi que le font en général les ventilateurs à réaction oblique.
- Sur l’axe x qui porte ce moyeu et ces ailettes, est fixé le moteur hydraulique M. La rotation du moteur entraînant celle de l’hélice, détermine dans l’atmosphère un déplacement d’air d’un côté du ventilateur à l'autre, dontla direction dépend du sens de rotation de la turbine pour une inclinaison déterminée de l’ailette de l’hélice.
- Par suite, ces aspirants peuvent être aspirants ou soufflants. Un unique appareil pourra remplir ces deux fonctions, en plaçant dans la même caisse du moteur deux récepteurs de fonctionnement inverse.
- Pour les variations de quantité d’air, celles-ci étant dépendantes de la vitesse du moteur, on emploie un régulateur de consommation d’eau, dont le but est de régler cette consommation proportionnellement au travail à produire, sans se servir de robinets d’admission.
- Fig. 3. — Ventilateur à axe vertical.
- ÏETE*
- Ces ventilateurs peuvent se placer dansT^ tes les positions. °u'
- L’axe du ventilateur est vertical lorsque ventilation se fait par la paroi supérieur ou plafond
- Pour donner à l’eau toute facilité d’écoul ment, le ventilateur est alors placé com l’indique la figure 3*
- L’axe de rotation est horizontal lorsque le ventilateurs sont placés dans les parois verfi8 cales des locaux à ventiler (fig. 2).
- Les arbres x à longues fusées sont mainte-nus dans une position invariable suivant leur axe, par une petite vis d’acier faisant contre, pointe à chaque extrémité de l’arbre et vissée dans la douille-coussinets.
- L’enveloppe A réunit toutes les parties du ventilateur qui y sont fixées du côté du mo. teur par trois tubes T 1, T 2, T 3.
- Le Tube T 1 amène l’eau au régulateur : [\ est relié aux tuyaux d’amenée d’eau par*un tuyau placé sur le côté ou. en toute autre place de la caisse qui conviendrait mieux.
- Lorsque les ventilateurs sont placés verticalement, l’écoulement de l’eau motrice après son action se fait par T 2 (fig. 2).
- Lorsqu’ils sont horizontaux, l’écoulement se fait par T 2 et T 3 (fig. 3).
- Les eaux réunies dans la caisse A, s’écoulent par une tubulure placée au point le pius bas de celle-ci, se i accordant aux canaux d’évacuation d’eau.
- Lorsque l’air à insuffler doit être chargé ou imprégné de vapeurs d’un liquide volatil ! telles qu’en fournissent les essences en général ou l’acide phénique, par exemple, dans les cas de désinfection ou d’assainissement, l’appareil est modifié comme suit :
- La caisse A e t divisée en deux parties :1a partie supérieure reçoit, par un bouchon fileté, le liquide volatil ; il s’écoule par un tube dont on règle le débit par un petit robinet placé à l’intérieur du moyeu conique et entre ses palettes. K
- Le cône N est aimé d’une série de palettes, d’autant moins nombreuses que la vitesse de régime est plus grande. La rotation du cône détermine celle des palettes. V
- Les gouttelettes. amenées par le tube sont rencontrées par les palettes du cône N qui les entraînent. g
- Le mouvement giratoire se joignant à 11 force centrifuge augmentée et dirigée par la cônicité de la paroi du cône, les gouttelettes sont violemment projetées dans les recoins déterminés par les palettes et cette même paroi conique.
- Le liquide trouve là de nouvelles petites issues, au travers desquelles il est de nouveau lancé avec force et pulvérisé en même temps que les gouttelettes produites conservent un mouvement rayonnant et de translation circulaire.
- La vitesse acquise cette fois par les gouttes
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- du liquide est suffisante pour les faire résister à l’entraîaement de l’air et leur permettre d’attêindre le grand cône d’enveloppe.
- La même réaction se produit encore ici, suivant la pente de cette enveloppé et sa vitesse circonférencielle est telle, que les gouttelettes la suivent en la rencontrant, et viennent se précipiter par une fente circulaire ménagée dans l’enveloppe totale qui les recueille et d’où il peut être repris.
- Par suite de la rapidité avec laquelle le travail décrit détermine la volatilisation des liquides, il n’est plus nécessaire d’en employer que de très faibles quantités.
- Lorsque l’air, avant son injection, doit être purifié, débarrassé des miasmes ou des microbes qu’il peut tenir en suspension, le ventilateur est précédé de caisses à chicanes, à l’intérieur desquelles les matières, sels propres à cet effet, sont exposés de façon à présenter à l’air le plus de points de contact possible.
- Fig. 4. — Insuffiateur d’air humide.
- Une série de panneaux superposés et forés de nombreux trous par lesquels l'air doit nécessairement passer et sur lesquels sont déposés les sels réduits en morceaux de petites dimensions atteignent ce but.
- L’aspiration venant du ventilateur par le dessous de l’appareil, l’air traverse les couches de sels en morceaux et se rend au ventilateur d’où il est insufflé dans le local.
- Lorsque la matière réagissante est liquide, on en imbibe des éponges , onia fait couler en cascades en sens inverse de la marche de l’air, et l’on fait en même temps tomber une pluie de ce liquide très divisé, toujours à l’encontre de la marche de l’air.
- Un tube différentiel en syphon empêche l’appel d’air par toute autre partie que celles ménagée à cet effet.
- Lorsque l’air qu’insuffle le ventilateur doit être chargé d’humidité, il est construit d’une façon spéciale (fig. A).
- La caisse S du moteur s'élargit dans le sens de son axe, et vient s’engager dans la base d’un cône N N formant le moyeu de l’hélice ventilateur ; sur son périmètre et intérieurement au cône, la caisse est percée d’une série de petits trous i i i, qui peuvent être ouverts de quantités variables.
- LA REVUE DE LA TEINTURE 'Il
- La rotation du moteur projette avec violence l’eau motrice contre les parois de la caisse S et l’eau tendant à s’échapper par les orifices dont elle est percée est recueillie par le cône.
- Les gouttelettes d’eau projetées radialement par les orifices sont rencontrées pa: les palettes p qui les entraînent. L’eau suit dès lors la même marche que dans l’appareil décrit ci-dessus.
- L’air en contact avec le liquide en quantité voulue et à un état de division extrême, peut donc le dissoudre à saturation ou en partie, sans le transporter et sans qu’il puisse y avoir projection à l’extérieur de l’appareil.
- Ces diverses dispositions peuvent être utilisées dans les étendages où l’on voudrait soumettre des fils ou des tissus à l’action de certains agents chimiques, oxydants ou autres, mélangés à l’air.
- D autres modèles de ventilateurs ont encore été créés, nous donnerons la description succincte d’un des derniers types construits.
- Lorsque l’on a fait la ventilation par des appareils placés dans les salles mêmes à ventiler, il arrive fréquemment que le résultat obtenu n’est pas satisfsisant par suite de la mauvaise répartition de l’air humidifié ou chargé d’antiseptiques. — Les appareils actuels envoi nt cet air par des ouvertures placées au-dessus des ventilateurs qui le dirige alors en faisceaux divergents. Les parties comprises entre ces faisceaux ne reçoivent donc pas l’air directement, mais l’humidification se fait par contact, et imparfaitement.
- Pour remédier à ce grave inconvénient, les constructeurs en ont adopté le dispositif suivant :
- Le ventilateur employé est le ventilateur à moteur hydraulique déjà décrit et placé dans un long cylindre en tô’e. Au-dessus de ce cylindre et sur le même arbre que le moteur, est placé un second ventilateur, mais à palettes verticales.Par son fonctionnement, ce ventilateur, au lieu d’opposer une ré:ûstance à l’air, » ne fait que faciliter sa sortie de l’appareil, et, de plus, cet air est répandu dans l’atmosphère en nappes continues, formant des zones concentriques parfaitement humidifiées et d’une homogénéité absolue.
- Les ventilateurs à air sec se construisent aussi à commande par courroie, refoulant ou aspirant de grandes quantités d’air sous faible pression, et fonctionnant sans bruit.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- A l’aide des Chlorures d’aluminium et de magnésium
- Les chlorures de magnésium et d’aluminium ont le grand avantage, dans l’épaillage de la laine, tout en détruisant complètement la substance végétale, de n’exercer qu’une action
- relativement faible sur les teintures. Comment ces sels agissent-ils dans l’épaillage ? Est-ce par l’acide c lorhydrique mis en liberté en chauffant (Frank)? Est-ce par la cristallisation du sel dans la fibre végétale (Delong)? Par l’action caustique du chlorure d’aluminium lui-même (Jolly)? MM. E. Breinl et C. Ha-nofsky, de Vienne, ont fait récemment des recherches sur ses composés, et ils ont étudié leur action sur du calicot blanchi, sur du cachemire de laine pure et sur un tissu mélangé formé de 60 p. 100 de coton et AO p. 100 de laine.
- Voici les résultats de leurs recherches :
- Le chlorure de magnésium en solution marquant 9 degrés Baumé détruit complètement toutes les matières végétales qui se trouvent dans la laine ; une température de 120 degrés suffit pour cela ; une température plus élevée altérerait les couleurs et attaquerait la laine : celle-ci doit être séchée à une température assez basse pour éviter que le chlorure de magnésium ne se décompose et pour éviter aussi qu’il ne se produise de la vapeur dans la chambre d’épaillage, car les gouttes de condensation de cette vapeur altèrent les couleurs.
- Le chlorure d’aluminium en solution marquant 7 degrés Baumé élimine complètement la matière végétale ; cette destruction se fait lentement à 100 degrés ; il faut dépasser cette température aussi peu que possible pour éviter de jaunir la laine ; la chambre de carbonisation doit être ventilée avec soin pour enlever toute vapeur ; et après l’épaillage, on lavera la laine, pour la débarrasser de toute trace d’acide, en grande eau, mais sans ajouter d’alcali.
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- SUR LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- par M. le professeur Hummel
- Notes extraites d’un mémoire publié par le Moniteur° scientifique.
- Jusqu’à l’année 1856, les matières colorantes naturelles étaient pour ainsi dire seules employées par les teinturiers ; mais au courant de cette année un savant étonna le monde scientifique et industriel par la découverte de sa « mauvéine », première matière colorante du goudron de houille. A partir de ce moment, un nombre toujours croissant de couleurs a paru sur le marché, provenant toutes delà même source.
- 11 y a donc à noter la découverte de l’aliza-rine artificielle en 1868, par Graebe et Lie-bermann, et celle de l’indigotine, en 1878, par Adolphe Bayer, toutes les deux identiques avec les matières colorantes retirées de plantes.
- En face de cette grande série de couleurs artificielles et de leur emploi universel, menaçant même l’emploi de matières co orantes
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- bien connues d’origine végétale, il est de la plus haute importance de comparer et d’étudier très consciencieusement ces deux genres par rapport à la solidité.
- Les termes de « solide » et « fugace » n’ont pas de signification bien définie. Les couleurs teintes sont exposées aux influences les plus diverses, suivant l’état des fibres et suivant l’emploi auquel on destine les fibres teintes.
- Le terme de « couleur solide » est donc à envisager à plusieurs points de vue. L’un demandera à une couleur solide qu’elle ne passe ni à la lumière ni aux influences atmosphériques, un autre qu’elle ne se dégrade pas par le lavage ou le savonnage, un troisième, qu’elle résiste à certaines opérations comme le frottement, le foulon, le vaporisage, etc., un quatrième peut aller jusqu’à exiger qu’elle réponde à toutes ces conditions réunies.
- Nous pouvons dire, dès à présent, qu’aucune couleur teinte n’est absolument solide. Il y en a beaucoup qui sont solides au savon et au foulon et très fugaces à la lumière ; d’autres sont solides à la lumière, mais ne résistent par au foulon ; d’autres encore peuvent être soumises à ces deux influences sans subir d’altération. Bref, chaque couleur a ses propriétés carac éristiques.
- Mais il n’est pas du tout nécessaire de demander une solidité absolue pour n’impoile quelle couleur. Une couleur qui décharge beaucoup au foulon peut néanmoins être excellente pour l’article rideaux, grâce à sa solidité à la lumière.
- De même des couleurs donnant des nuances très rich°s et tendres peuvent sans inconvénient être employées dans la teinture des soies et satins destinés aux robes dé bal et de soirées.
- Les couleurs des tapis, rideaux et papiers peints doivent être solides à la lumière, mais personne ne pense à les soumettre à un lessivage énergique ; de même nous n’exposons pas des fhnelles et des bas à la lumière pour en déterminer la solidité, mais nous demandons que les couleurs ne tombent pas au lavage.
- Une couleur est donc solide dans le c.s où elle résiste aux influence’, auxquelles elle est soumise par suite de son emploi.
- Tout ce que j i viens de dire au sujet du terme a solide » peut s’appliquer au terme « fugace ».
- La question la plus importante à traiter est la suivante :
- Action de la lumière sur les couleurs teintes Les anciens connurent déjà la propriété qu’a la lumière d’occasionner des transformations chez beaucoup de substances. Son action destructive sur Ie3 peintures et le fait que le vermillon noircit sous son influence sont mentionnés il y a déjà 2,000 ans. Depuis lors, il a été établi par de nombreuses expériences que la lumière a la propriété d’exercer des ac-
- tions chimiques, de causer, par exemple, la combinaison ou la décomposition de beaucoup de substances.
- L’expérience a montré que les rayons les plus actifs p; r leur effet chimique sont les rayons bleus et, quoique tous les rayons absorbés par un corpscoloré sensible provoquent son altération, ce sont surtout, comme l’expérience le prouve, les rayons bleus qui sont les principales causes de la dégradation des couleurs.
- Mais l’action chimique des rayons solaires n’est pas la seule cause de la dégradation des couleurs, ii y en a encore d’autres qui s’y ajoutent et toutes aussi importantes que la lumière elle-même.
- Chevrcul a montré, il y a une cinquantaine d’années, quelles sont ces autres causes en exposant à 1a lumière, sous différentes conditions, un certain nombre de couleurs teintes, dans le vide, dans l’hydrogène sec et humide, dans l’air sec et humide, dans la vapeur d’eau et dans l’atmosphère ordinaire. 11 trouva que des couleurs fugaces, telles que l’orseille, le safran et le carmin d’indigo passent très vite à l’air humide, moins vite à l’air sec et qu’elles n’éprouvent pas ou peu de changements dans une atmosphère d’hydrogène ou dans le vide. On peut donc en conclure que la lumière seule, sans l’intervention de l’air et de l’humidité, exerce une faible influence. 11 fut en ou-ire démontré que l’air et l’humidité, sans l’aide de la lumière, influent peu sur les couleurs teintes.
- Ces conclusions concordent exactement avec nos connaissances sur l’ancien procédé de blanchiment du coton et du lin, d'après lequel le tissu mouillé est exposé sur l’herbe à la lumière, en ayant soin de l’arroser fréquemment. Le résultat du blanchiment est nul ou minime si, par l’absence de rosée ou de pluie ou à défaut o’arrosage, le tissu devient sec.
- Chevreul a trouvé que le bleu de Prusse était la seule couleur se comportant d’une manière anormale. Cette couleur passe, en effet, dans le vide, et ce qui est curieux, c’est qu’en la conservant à l’obscurité et à l’air, la couleur revient. Il fut démontré que, durant l’exposition, la couleur perd du cyanogène ou de l’acide cyanhydrique et, qu’à l’obscurité et à l’air, l’oxygèie est absorbé. Chevreul en conclut que la dégradation du bleu de Prusse est due à une réduction.
- L’opiniun générale est que ce fait que les couleurs passent est dû à une oxydation par l’ozone ou l’eau oxygénée qui se forment pendant l’évaporation de l’eau, et ces deux substances sont des agents de blanchiment très énergiques. \
- Il serait très commode d’avoir une méthode permettant de déterminer rapidement la solidité à la lumière des couleurs et je crois qu'en effet quelques réacti's sont employés dans ce but.
- D’après mes propres recherches je " rivé à la conclusion que, pour je 1S ar'
- nous n’avons pas le réactif pouvant rem°Tnt’ la lumière solaire ; en outre, je crois 2 v tion de la lumière varie avec les diffé a°’ matières colorantes suivant leur ret!tes
- tion chimique et suivmt la fibre à iaanpif^ les a appliquées. 4 8 °n
- Quant à ce dernier point, Chevreul at en effet que les couleurs sont plus sol'd°UVé la lumière sur certains fibres que sur h-, 68 a
- \ i i i \ ^ ^ °U Ppq
- Comme règle générale, nous pouvons h que les matières colorantes sont le pjUs lf0 lides sur laine, le moins sur coton • la <jS0
- tient une position intermédiaire. Il v 1 , °le , ,, . j a néan.
- moins beaucoup d exceptions à cette ib\
- surtout quant à la laine et à la soie. 6 6’
- Depuis Chevreul, l’action de la lumière • pas été sérieusement étudiée.
- J'espère donner quelques résultats obtenu
- pendant les années précédentes dans la gec
- tion de teinture du « Yorkshire College » " nous avions l’habitude d’exposer à la lumière et à d’autres influences les échantillons teints par nos étudiants. En outre, je soumets à l’a pui des échantillons de coton, laine et soie exrosés pendant 3i jours et autant de nuits au bord de la mer, près Bombay, durant les mois de février et mars de cette année. Je fais remarquer que cet essai peut être regardé comme concluant, car il équivaut bien à une exposition d’une année entière dans nos contrées. Pendant toute cette période, le soleil n’était jamais caché par les nuages, il n’y avait pas de pluie, et chaque soir il y avait une abondante rosée.
- J’appellerai d’abord votre attention sur la série contenant les échantillons des matières colorantes naturelles, c’est-à-dire des matières colorantes connues avant 1856. Ces colorants sont de deux sortes : ceux qui teignent les fibres textiles directement et ceux qui ne les teignent que par l’intervention de certains sels métalliques appelés « mordants ». Ces derniers sont beaucoup plus nombreux; mais dans les deux classes nous rencontrons des solides et des fugaces.
- Parmi les colorants ne tirant que sur mordants, il y en a quelques-uns qui donnent des couleurs solides avec tous les mordants usuels, comme la garance, la cochenille, le kermès, c’est-à-dire des rouges avec l’étain et l’alumine, des bruns avec le cuivre et le chrome, des violets avec le fer.
- (A suivre).
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- INFLAMMATION SPONTANÉE
- des chiffons gras Par M. L. Vuaflart
- Les dangers d’incendie résultant de l'inflammation spontanée des chiffons gras sont bien connus, et l’on admet généralement que, dans ce cas, l'inflammation spontanée est causée par l’oxydation de la matière grasse. D’après cela, l'inflammation spontanée des chiffons imprégnés de matières grasses inoxydables, telles que les huiles minérales, ne serait pas admissible ou devrait, tout au moins, être attribuée à une autre cause que l’oxydation. Mais que se passe-t-il dans le cas des mélanges d’huile minérale avec des huiles végétales ou animales? Un auteur anglais, M. Vivian B. Lewes s’est occupé de la question pour les huiles de houille. « Des expériences précises « ont établi, dit-il, que les huiles de houille « sont au contraire des agents préservatifs, à « cause de leur peu de tendance à l’oxyda-« tion. Des chiffons imbibés d’une huile vé-« gétale contenant seulement 20 pour 100 « d’huile de houille ne s’enflamment plus à « l’air. » Il faudrait donc admettre que les huiles de houille et, par analogie, probablement aussi les huiles minérales empêchent les huiles végétales de s’oxyder. I es expé-riences que je vais rapporter ont eu pour but d’élucider cette question.
- 11 s’agissait de l’inflammation spontanée ou prétendue telle d’un amas de déchets de filature de lin. J’ai reconnu que ces étoupes renfermaient bien une matière grasse dans des pr( portions très variables fde 4 à 24 pour 100); mais cette matière grasse étant constituée en majeure partie par de l’huile minérale avec une proportion assez faible (de 5 à 28 pour 100) d’huile saponifiable. C’est dans ces conditions que j’ai été amené à rechercher l’influence sur l’oxydation des huiles végétales de la présence d’une huile non oxydable.
- J’ai opéré comparativement sur l’huile de lin, sur une huile minérale (D — 0,915) sur une huile de houille moyenne (D — 0 890) et sur des mélanges d’huile de lin avec 20, 50 et 75 pour 100 d’huile minérale, 25 et 50 pour 100 d’huile de houille. Ces diverses matières grasses étaient introduites en quantités égales dans des éprouvettes graduées de même diamètre contenant des volumes égaux d’oxygène et reposant toutes sur la même cuve à mercure. L’ensemble était maintenu jour et nuit à la température de 35-38°.
- L’huile minérale et l’huile de houille n’ont pas absorbé d’oxygène dans l’espace de 25 jours. Avec toutes les autres huiles, il y a eu absorpti n énergique.
- Avec l’huile de lin pure, le phénomène est assez long à se déclarer : l’absorption ne devient un peu énergique qu’a partir du huitième jour, mais une fois commencée, elle se
- continue très rapidement. Pour les mélanges avec l huile minérale, la marche générale du phénomène est la même, le départ est un peu retardé et il l’est d’autant plus que la proportion d’huile minérale est plus forte ; l’absorption une fois commencée, est aussi moins énergique qu’avec l’huile de lin pure et, là encore, cette diminution éaergique est d’autant plus marquée que la proportion de l’huile minérale dans le mélange est plus élevée. Avec 25 pour cent d’huile de houille, l’absorption est un peu plus lente, seulement qu’avec l’huile de lin pure, avec 50 0/0, l’absorption assez lente jusqu’au dixième jour devient ensuite très énergique, plus énergique même qu’avec l’huile de lin pure.
- Le point important qui me paraît ressortir de ces expériences est que la présence d’une quantité même considérable d’huile minérale ou d’huile de houille, n’empêche pas les huiles végétales de s’oxyder, le départ du phénomène est retardé, so < intensité est diminuée par les huiles minérales, elle paraît augmentée par les huiles de houille, mais l’absorption d’oxygène est toujours tiès sensible, Ce résultat ne me paraît pas autrement surprenant : additionner une huile oxydable d’une huile qui ne l’est pas, c’est simplement l’étendre et la dilution diminue l’énergie des réactions, mais ne détruit pas les affinités.
- 11 semble donc que si l’on admet que l’oxydation est la cause de l’inflammation spontanée des amas de chiffons et substances analogues imprégnées de matières grasses, ces inflammations spontanées sont encore admissibles lorsque la matière grasse est un mélange d’huile végétale et d’huile minérale ou d’huile de houille, même lorsque ces dernières dominent dans le mélange.
- (Mercure scientifique).
- FILATURE
- DE LA SOIE ARTIFICIELLE
- Le principal rédacteur du Petit Journalsi’est rendu à Besançon pour visiter l’établissement qui produit la soie artificielle, et en a fait un premier-Paris pompeux qui a bien l’air d’être la préparation d’une affaire financière.
- Nous ne suivrons pas le chroniqueur dans ses appréciations ni dans l’exposé, nécessairement insuffisant du principe de l’invention ; nos lecteurs le connaissent beaucoup mieux, mais il explique le fonctionnement des fileuses qu’il a vu travailler, et cette partie, jusqu’alors inédite, vaut la reproduction.
- Voici cette description ;
- Le collodion, matière gluante et visqueuse, est enfermé dans un récipient solide, muni d’un filtre à sa partie inférieure. Une pompe à air envoie de l’air comprimé dans le récipient et, sous la pression, le collodion passe à travers le filtre, ce qui le purifie complètement,
- puis toujours chassé par l’air comDrimé à 10 ou 12 atmosphères, il s’engage dans un tuyau.
- Ce tuyau, placé horizontalement, est garni de plus de 300 petits robinets dont le bec est en verre, ledit bec étant percé d’un trou dont le diamètre est égal à celui du fil au moment où il sort de la bouche du ver à soie. Les becs de verre sont donc autant de bouches de ver à soie.
- L’ouvrière fileuse tourne la clef du robinet et alors le collodion sort par le bec en verre, aussi mince qu’un fil de coton.
- Il faut six de ces fils reunis et tordus pour constituer le fil servant à tisser. Les choses se passent, on le voit, comme dans la nature lorsqu’on dévide des cocons.
- Cependant, si l’on enroulait autour d’une bobine le fil ainsi obtenu, il n’aurait pas la solidité voulue, il serait gluant comme la matière avec laquelle on l’a formé. On aurait du collodion, non de la soie.
- Avant de l’enrouler sur la bobine, il s’agit, par conséquent, de transformer le liquide en solide.
- Et c’est à ce point que l’inventeur a réalisé une très originale conception.
- Le petit tube de verre dont il est question est entouré d’un manchon également en verre, une sorte de godet contenant de l’eau incessamment renouvelée.
- Lorsque le fil apparaît, sortant du bec de verre, il se trouve en contact avec l’eau et traverse une petite couche de ce liquide. L’eau s’empare de l’alcool et de l’éther -, le petit fil de collodion, par cette simple opération, devient solide, c’est-à-dire qu’il se trouve transformé en un fil élastique, résistant, brillant, qui a, chimiquement, la plus grande analogie avec un fil de soie.
- Au moment où le fil est apparu, la fileuse l’a saisi avec un petit crochet de fer, l’a tiré et l’a conduit jusqu’à la bobine. Celle-ci étant animée d’un vif mouvement de rotation, le fil s’enroule et l’ouvrière n’a plus qu’à surveiller les tubes de verres qu’on lui a confiés pour le cas où un fil viendra t à se rompre, ce qui l’oblige simplement à repêcher le fil et à le replacer sur la bobine.
- Ai-je tout dit ? Non, encore un détail important :
- Etant données les matières employées à la fabrication de la soie ; bois nitré, éther, alcool, on conçoit que l’étoffe qui serait tissée avec les fils présenterait certains dangers d’inflammabilité.
- Il s’agit de les supprimer, et voici comment on procède :
- Lorsque la soie est en écbeveaux, on la plonge dans une solution à base d’ammoniaque, c’est ce qu’on appelle la dénitration. A partir de ce moment, elle n’est pas plus inflammable qu’un tissu quelconque et peut être livrée au teinturier, ou moulineur, puis au fabricant de tissus.
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- Ainsi parle Thomas Grimm, mais il est dans l’erreur quant à ce dernier point.
- 11 ajoute que la soie de Chardonnet, se vendant 25 francs environ, ne fera pas de iort à notre sériciculture, qui ne produit que des soies exceptionnelles qu’elle ne peut remplacer et ne pourra ruiner que les producteurs chinois et japonais, dont les soies valent ici 40 à 50 francs le kil. ; mais il ne dit pas que la soie artificielle pèse le double de la soie naturelle et que, pour une même surface ou un même volume de tissu, il faut ainsi deux fois plus de la première.
- LES ÉCOLES PRATIQUES
- De commerce et d’industrie
- Un article de la loi de finances du 26 janvier 1892, a baptisé à nouveau les écoles primaires supérieures professionnelles qui prendront le nom d'écoles pratiques de commerce et d’industrie, et relèveront dorénavant du ministre du commerce.
- Elle remet à un règlement d'administration publique le soin de déterminer les conditions de recrutement et d’avancement du personnel, le mode d’établissement des programmes, d’attribution des bourses et subventions, etc.
- Ce reglement est venu en discussion dans les dernières séances d’assemblée générale du Conseil d’Etat. Vu sa longueur, nous nous bornons à en indiquer les lignes essentielles.
- Les écoles pratiques pourront être fondées par les départements ou les communes, soit isolément soit syndiqués ; le conseil général ou municipal prendra une délibération fixant les dépenses à sa charge et les ressources qu’il entend y affecter ; il devra s’engager pour cinq ans au moins à subvenir aux dépenses de l’école, dont la création sera autorisée par arrêté ministériel, ainsi que les projets de construction, acquisition ou appropriation de I’im-meubie, des subventions, du quart au plus de la dépensé totale d’installation pourront être inscrites au budget du commerce.
- Le personnel pourra comprendre : un directeur, des professeurs, des chefs de travaux pratiques, des chefs d’atelier, des maîtres auxiliaires et adjoints, des préposés à l’apprentissage. Les cadres, sauf pour ces derniers, seront fixés par le ministre. La nationalité française et l’âge de 25 ans pour les directeurs, de 20 ans pour les autres, sont exigés ; il faut y joindre, pour les directeurs, la production d’un certificat d’aptitude à la direction, ou du diplôme d’une école technique reconnu équivalent par le ministre, après avis du conseil supérieur du commerce, accompagné du brevet supérieur de l’enseignement primaire, d’un diplôme de bachelier ou du diplôme de fin d’études secondaires selon les cas-, pour les professeurs, il suffit d’un certificat d’aptitude au professorat, pour les chefs
- de travaux pratiques ou d’atelier, ce certificat peut être remplacé par le diplôme d’une école technique.
- Le .personnel enseignant est nommé, sur avis du conseil de perfectionnement, par le ministre, à l’exception des préposés à l’apprentissage, qui sont à la nomination préfectorale ou municipale et n’acquièrent pas droit à la pension de l’Etat. L’engagement décennal contracté au titre de l’instruction publique peut être réalisé dans les écoles pratiques, pourvu que la mutation ait été autorisée par deux ministres intéressés.
- L’enseignement est gratuit, l’âge minimum d’admission est fixé à douze ans, le candidat doit produire le certificat d’études primaires ou, à son défaut, justifier de l’accomplissement de l’obligation scolaire et subir un examen d’entrée. Aucun internat ne sera annexé aux écoles qu’en vertu d’une autorisation ministérielle, qui en réglera les conditions de fonctionnement.
- L’Etat peut fonder des bourses d’internat qui sont attribuées par voie de concours. Les programmes d’enseignement comprennent d’une part, l’enseignement commercial ou industriel, théorique et pratique, de l’autre l’enseignement primaire complémentaire ; ils sont élaborés, pour chaque école, par le conseil d’enseignement et arrêtés par le ministre. Un certificat d’études est délivré à la suite d’examens de sortie.
- Le décret règle ensuite la composition des conseils de perfectionnement et le mode d’inspection des écoles.
- LE TRAVAIL DES FEMMES
- et des Enfants
- Réglement complémentaire de la loi du 2 Novembre 1892
- Le Journal Officiel a publié le réglement d’administration publique qui devait compléter la loi du 2 novembre 1892 (1). Nous en extrayons les passages suivants :
- Art. len. — Il est interdit d’employer des enfants au-dessous de 18 ans, les filles mineures et les femmes au graissage, au nettoyage, à la visite ou à la réparation des machines ou mécanismes en marche.
- Art. 2. — Il est interdit d’employer les enfants au-dessous de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes dans les ateliers où se trouvent des machines actionnées à la main ou par un moteur mécanique dont les parties dangereuses ne sontpas couvertes de couvre-engrenages, garde-mains et autres organes protecteur.
- Art. 11. — Les jeunes ouvriers ou ouvrières
- (1) Voir cette loi : Revue de la Teinture, numé-
- ro £e novembre 1892, p. 152.
- au-dessous de dix-huit ans employés d l’industrie ne peuvent porter, tant à l’intéri308 qu’a l’extérieur des manufactures, Usi6Ur ateliers et chantiers, des fardeaux d’un supérieur aux suivants : poi(ls
- Garçons au-dessous de 14 ans ... -jq kjl
- Garçons de 14 à 18 ans........... 1 * °6*
- Ouvrières au dessous de 16 ans... 5 Ouvrières de 16 à 18 ans......... jq
- Il est interdit de faire trainer ou pou^ par lesdits jeunes ouvriers et ouvrières à l’intérieur des établissements industriels (T sur la voie publique, des charges corrpSPoUe dant à des efforts plus grands que ceux dessus indiqués.
- Les conditions d’équivalence des d genres de travail seront déterminées par ^ rêté ministériel.
- Art. 12. — Il est interdit d’empl0yer ^ filles au-dessous de seize ans au travail des machines à coudre mues par des pédale*
- Le travail des; enfants, filles mineures et femmes n’est autorisé dans les ateliers dé nommés ci-après que sous les conditions spé. cifiées à un tableau annexé au décret citép]Us
- haut, et dont nous nous bornons à extraireie8
- parties concernant notre industrie :
- Blanchiment (toile, paille, papier). — Les enfants au -dessous de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes ne seront pas em-ployés dans les ateliers où se dégagent le chlore et l’acide sulfureux. (Vapeurs nuisibles).
- Teintureries. — Les enfants au-dessous de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes ne seront pas employés dans les ateliers où l’on emploie des matières toxiques. (Danger d’empoisonnement).
- Fabrique de toiles peintes. — Les enfants au-dessous de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes ne seront pas employés dans les ateliers où l’on emploie des matières toxiques. (Danger d’empoisonnement). ‘
- Grillage et gaz des tissus. —• Les enfants au-dessous de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes ne seront pas employés lorsque les produits de combustion se dégageront librement dans les ateliers. (Emanationsnuisibles )
- Dégraissage des peaux, étoffes et déchets de laine par les huiles de pétrole et autres hydrocarbures. — Les enfants au-dessous de dix huit ans ne seront pas employés dans les ateliers où l’on traite par les dissolvants, où l’on trie, coupe et manipule les déchets. (Danger d’incendie. Poussières nuisibles).
- Traitement des chiffons par la vapeur de l'acide chlorhydrique. — Les enfants au-dessous de dix-huit ans, filles mineures et femmes ne seront pas emp'oyés dans les ateliers où se dégagent les acides. (Vapeurs nuisibles).
- Blanchisserie des déchets de cotons et co.
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- tons gras. — Les enfants au-dessous de dix-huit ans et les femmes ne seront pas employés dans les ateliers où l’on manipule le sulfure de carbone. (Vapeurs nuisibles).
- Epaillage des laines et draps par la voie humide. — Les enfants au-dessous de dix-huit an«, filles mineures et femmes ne seront pas employés dans les ateliers où se dégagent des vapeurs acides. (Emanations nuisibles).
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- 226327. — Billault. — Pâte triple déter-sive inaltérable pour faire disparaître instantanément toute espèce de tache sur n’importe quel tissu, soie, laine ou coton, sans altérer les couleurs.
- 226454. — Matter et C°. — Perfectionnements aux machines à lainer les étoffes.
- 226482. — Mme Vve Just. — Procédé d’ornementation en creux pour peluches et velours.
- 226553. — Hill, Maconachie et Roper. — Perfectionnements dans les compositions pour nettoyer et remettre à neuf les étoffes, cuirs, etc.
- 226587. — Edmondson. — Procédé d’impression sur tissus de dessins ou sujets en deux ou plusieurs couleurs.
- 226628. — Mathehn, Floquet et Bonnet. — Procédé pour éviter d’une manière complète toutes poussières malsaines et incommodes lors du broyage des tissus en épaillage par acides ou autrement.
- 226716. — Monforts. — Système de machine pour assouplir et nettoyer les tissus.
- 226738. — Buzzi et Roagna. — Procédé de carbonisation des chiffons par l’acide chlorhydrique pour séparer la laine des fibres végétales.
- 226740. — Piaton. — Appareil à flammer les fils de laine ou autres.
- 226745. — Ronze. — Perfectionnements dans la fabrication de velours façonnés.
- 226756. — Dehaitre. — Système déchaîné pour rame, machines à élargir et autres machines d’apprêts quelconques.
- 225788. — Lavessière etCHAMONT. — Procédé de réserve de tous dessins sur tissus soumis à l’action du garnissage dit : lainage.
- 226829. — Stückdale. — Procédé pour produire des dessins sur peluches et velours. Certificats d'addüion
- 194033. — Teinturerie Stéphanoise. — Brevet du 6 novembre 1888, pour une machine à teindre.
- 223371. — Cornet. — Brevet du 30 juillet 1892, pour perfectionnements apportés aux machines à titrer la soie.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Enregistrement International <les marques de fabrique et de
- commerce. —Un décret du 25 avril 1893 stipule :
- Vu l’article 8 de l’arrangement concernant l’enregistremnnt international des marques de fabrique et de commerce, conclu entre la Belgique, l’Espagne, la Suisse, la Tunisie et la France, et signé à Madrid le 14 avril 1891, Toute personne domiciliée en France, propriétaire d’une marque de fabrique et de commerce déposée conformément aux dispositions des lois du 23 juin 1857 et 3 mai 1890 et du décret réglementaire du 27 février 1891, qui désirera s’assurer dans les autres Etats la protection de cette marque par application de l’arrangement ci-dessus visé du 14 avril 1891, devra verser à Paris, à la caisse du receveur central de la Seine et, dans les départements, aux caisses des trésoriers-payeurs généraux ou des receveurs particuliers des finances, une somme de 25 fr. dont elle adressera le récépissé au ministre du commerce, de l’industrie et des colonies, avec les pièces suivantes :
- 1° Une requête en vue d’obtenir l’enregistrement de ladite marque au bureau international de la propriété industrielle à Berne ;
- 2° Trois exemplaires de la marque conformes au modèle déposé conformément à l’article 3 du décret du 27 février 1891 ;
- 3° Un cliché typographique de la marque;
- 4° Un mandat postal de 100 fr. au nom du bureau international de la propriété industrielle à Berne;
- 5° Une procuration spéciale dûment enregistrée, si la demande d’enregistrement est faite par un fondé de pouvoirs.
- —o—
- S.es garnitures pour ehapeauxet la douane aux Etats-Unis. — Pour la troisième fois, la Cour suprême des Etats Unis vient de donner gain de cause aux importateurs d'articles de soie mélangés ou non de coton destinés aux garnitures de chapeaux (Hat Irimmings) que pendant sept années (de 1883 à 1889) la douane américaine a indûment taxps à 50 0[0, alors qu’ils ne devaient payer que 20 0|0 ad valorem.
- La Cour suprême des Etats-Unis vient encore de confirmer ses deux précédentes décisions, en cassant les jugpments rendus par la Cour du district de Philadelphie et par la Cour du district de Chicago. Elle a décidé que diverses étoffes et rubans destinés à la garni-t ire des chapeaux d hommes et de femmes avaient été indûment taxés à 50 0^0 et ne de-vaien1 payer que 20 0[0, condamnant le Trésor américain à rembourser aux intéressés le trop-perçu.
- C’est à la suite de refus de remboursements que MM. John Wanamakee et d’autres importateurs, d’une part, et MM. James Walker et Ce, d’autre part, ont introduit devant les Cours de circuit de Philadelphie et de Chicago des procès en restitution et ont obtenu satisfaction devant la Cour suprême, contre les collecteurs de douane de ces deux villes. 11 s’agissait dans l’espèce de rubans de marceline et de china, de doublures pour chapeaux et de quelques tulles. La dernière décision de la Cour suprême élargit encore le nombre des articles appelés a bénéficier des restitutions douanières.
- Aussi, le Trésor américain n’estime-t-il pas à moins de 30 millions de dollars (150 millions de francs) les remboursements pour trop perçus de 1883 à 1890 qu’il serait obligé de verser aux importateurs ; cette évaluation faite pour les besoins de la cause, afin, semble t-il,
- de peser sur le jugement de la Cour suprême, est considérée comme très exagérée, et les journaux américains les plus compétents réduisent à 8 millions de dollars,dont 2 millions déjà remboursés en 1891, le montant des restitutions exigibles : 40 millions de francs seraient toutefois encore une bonne aubaine pour les importateurs.
- L’erreur de la douane consistait à assimiler ces articles aux soieries.
- —o—
- Grève de §ureines, — Une grève de teinturiers, actuellement terminée, s’était produite dans les maisons Meunier et Ce et Guil-laumet fils, à Suresnes, près Paris*
- A titre anecdotique, nous rapportons les circonstances de ce mouvement.
- Les 350 ouvriers de MM. Meunier et C* ayant réclamé le repos du dimanche et la réduction de la journée de travail à douze heures maximum, les patrons accordèrent ces deux revendications et, suivant le désir des ouvriers, en prirent l’engagement par écrit. C’est par une lettre portant l’en-tête de leur maison qu’ils informèrent leurs ouvriers qu’ils leur donnaient satisfaction. Mais les ouvriers ont décidé de n’accepter les concessions que si elles étaient écrites sur du papier à en-tête du syndicat des ouvriers teinturiers.
- MM. Meunier ayant refusé de faire droit à cette nouvelle exigence, les ouvriers, très calmes jusqu’alors, se sont mis en grève.
- A l’usine Guillaumet, qui occupe également 350 ouvriers environ, les motifs de la grève étaient semblables. Toutefois, les ouvriers demandaient, en outre, que le directeur de cette usine, M. Bernadotte, ne soit pas autorisé à entrer dans les ateliers.
- Le9 ouvriers, de leur côté, exposaient comme suit leurs griefs :
- « MM. Guillaumet et MM. Meunier ont accepté les réclamations des grévistes, en partie seulement, en les restreignant pour certains ateliers. Les ouvriers ont persisté dans leurs revendications en demandant l’application à tous les ouvriers et à tous les ateliers.
- « Nous savons par expérience, que cela est absolument praticable. Devant la persistance des ouvriers de ces deux maisons, les patrons ont retiré leurs concessions et disent que les ouvriers ne reprendront le travail qu’aux an-! ciennes conditions, soit des journées de 14, 15 et même 16 heures.
- « C’est dans ces conditions que les ouvriers ont engagé la lutte, et ils laissent à l’opinion publique le soin d’apprécier si leur attitude n’a pas été correcte, et si leur cause n’est pas juste. »
- Un autre teinturier de Suresnes, M. Dessus, qui occupe une centaine d’ouvriers, a consenti à signer sur papier du syndicat les promesses qu’il a faites à ses ouvriers.
- Plus tard, M. Dessus a repris sa parole, disant qu'on l’avait fait signer par surprise, et pour prouver la vérité de ce qu’il avançait, il a mis à la porte de ses ateliers trois ouvriers appartenant au syndicat: ceux-là même qui lui avaient fait signer re fameux engagement.
- Les ouvriers ont refusé de quitter les ateliers, et M. Dessus a réquisitionné des agents pour les faire sortir.
- Traduit par ces derniers devant le conseil des prud’hommes, il a été condamné à verser une indemnité de 80 fr. aux deux premiers. Le troisième lui réclame 500 fr., comme ayant un séjour de 13 ans chez lui.
- D’autre parties délégués du syndicat ouvrier se sont présentés à l’usine Raguet, rue Collin,
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- à Puteaux. Ils ont demandé à M. Raguet de signer sur papier du syndicat l’acceptation de la journée de douze heures avec repos du dimanche.
- M. Raguet s’y est refusé.
- Une trentaine de ses ouvriers ont adhéré à la grève et ont quitté le travail. On s’attendait à un mouvement très accenté de toute la population tinctoriale du groupe Suresnes-?u-teaux, et qui aurait pu même gagner Clichy, car les ouvriers de Suresnes supposaient que les usines de MM. Cbappat et de M Maës, de Clichy, feraient le travail qu’ils abandonnaient, et ils sont allés engager leurs camarades de Clichy de refuser d’exécuter ce travail.
- Cependant le différend a fini par être concilié devant le juge de paix de Suresnes, aux conditions suivante? :
- La journée maximum de douze heures, terminée à sept heures du soir; toute heure supplémentaire payée 50 0/0 en plus du salaire ordinaire ; repos ahsolu le dimanche.
- Les questions de détail ont été également arrangées.
- Tout est bien qui finit bien !
- —o—
- Nouvelle usine cotonnière et «l'Impression aux Etats-Unis. — On
- vient d’inaugurer la grande fabrique de tissus de coton de Rio-Blanco, Tenango (canton d’Orizaba, Etat de Vera-Cruz), propriété de la Compagnie Industrielle d’Oriza, qui se compose en grande partie de commerçants français établis à Mexico. Cette fabrique, la plus importante du Mexique, possède 35,000 broches, 900 métiers à tisser (avec espace pour 100 autres métiers) et 6 machines pour l’impression des tissus. La force motrice est fournie par 5 turbines de 1,585 chevaux. Quand l’installation sera complète, l’usine occupera 1,500 personnes. Le matériel le plus perfec’ionné connu jusqu’à ce jour est de provenance anglaise.
- Les cotonnades imprimées, dont la consommation est si grande au Mexique, sont l’objet de l’attention spéciale de la Compagnie Industrielle d’Orizaba.
- Courroie» en poil «le chameau. —
- M. Drevdal, dépositaire pour la France des articles Reddaway, nous communique deux Décisions de la Haute-Cour de justice anglaise, relatives aux courroies « Poil de chameau ».
- Ces deux décisions, passées en force de chose jugée ont été rendues au profit de la maison F. Reddaway et Ce Limited contre deux maisons anglaises qui faisaient usage de la marque de fabrique de la maison Reddaway, et plus spécialement, de la désignation « Ca-melbair-Beltaing » (courroie en poil de chameau).
- D’une façon générale ces décisions, qui équivalent à ce’lles de notre cour de cassation, interdisent toute mise en vmte ou annonce sous la dénomination de « Camel-Hair » (poil de chameau) ou toute autre désignation renfermant le mot « camel >» (chameau), de courroies ne provenant pas de la maison Reddaway.
- Ces jugements ont été appuyés de sanctions pénales ou réparatrices.
- Nous croyons ces renseignements utiles à reproduire pour prévenir les industriels contre l’emploi involontaire des produits contrefaits.
- Les salariés à Tourcoing. — D’a-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- près une enquête administrative voici les sa laires actuellement en cours dans les diverses branches de l’industrie textile à Tourcoing.
- Filatures de laines : les hommes gagnent de
- 6.50 à 3 fr. ; les femmes 3,50 à 2,50-, enfants
- 1.50 à 1,70. — Filatures de coton : hommes
- 5.50 à 3 fr. ; femmes 3,50 à 1,50 ; enfants 2 à 1,75. — Filature de lin : hommes 5,50 à 3 fr. femmes 3,50 à 1,50 ; enfants 1,70 à 0,75; — Tissages : hommes 5 à 3,50 ; femmes 3,25 à 2,25 ; enfants 2,50 à 1,50. — Peignage : hommes 4,50 à 3 fr. ; femmes 3 50 à 2,50 ; enfants 2 à 1,25. — Tapis: hommes 4,50 à
- 3.50 ; enfants 1,50 à 1 fr. — Teintureries et apprêts : hommes 5 à 2,50; enfants 1,75 à
- 1.50 — Retorderies : hommes 5 à 2,50; femmes 3,25 à 2,25 ; enfants 1.75 à 1 fr. - Triages de laines : hommes 6,50 à 3,50.
- —o—
- Bibliographie. — Le Traité de la teinture et de l'impression par les couleurs artificielles de M. J. Depierre, vient de se compléter par la parution du troisième vo lume qui traite des noirs d'aniline et des indigos, ainsi que des substituts de l'indigo.
- Le prix de ce volume est de 34 fr. ce qui, en comprenant :
- Le 1er volume {anilines), 36 fr.
- Le 2e volume (alizarines), 40 fr. met l’ouvrage complet au prix total de llOfr.
- Ce livre est évidemment le formulaire le plus important qui ait été publié depuis longtemps sur nos industries, et en ce qui concerne l’emploi des nouveaux colorants.
- La teinture au Salon. — Le salon du Palais de l’industrie contient un tableau désigné sur le catalogue (n° 935) : « Une teinturerie. »
- L’artiste, M. Jack, d’origine anglaise, a en effet représenté un petit atelier de teinture de soies, d’aspect assez primitif, mais te) qu’on en trouve encore.
- Sur un sol en pavés délabrés sont trois bassines à feu nu, chacune sur leur fourneau grossièrement maçonné, puis un cassin verdegrisé, et au premier "plan, quelques cristaux de sulfate de fer.
- Des ouvriers sont occupés au chevillage, dans des attitudes bien étudiées par l’artiste, mais dont le public ne comprend pas le genre de travail auquel ils se livrent.
- Une jarre à eau de forme particulière nous montre que celte vue a été prise dans la région lyonnaise, car nous reconnaissons la poterie de ces pays.
- C’est un tableau de genre, une étude intéressante, bien vue et bien rendue, et le peintre a évidemment cherché le pittoresque en prenant son modèle dans un atelier assez pauvre, au matériel presque rustique, plutôt que dans une grande usine dont la correction et la symétrie ne prêtent pas à l’originalité.
- En somme, bonne peinture, mais qui ne peut être appréciée que des initiés de la teinture.
- Adjudications «le draps et de toiles pour l’armée. — Les adjudications des draps de troupe, prononcées le 25 ü mai, ont été annulées pour les motifs que nous indiquons dans notre chronique.
- Nous croyons intéressant de faire connaître les noms des adjudicat ires et leurs prix ; cela pourra servir de pronostic pour les résultats probables de l’adjudication définitive.
- De
- Fourniture des draps de troupe nécessair
- l'armée de terre 6s a
- lo 20 lots draps de sous-officiers. Adjudicataires :
- MM. Blin et Blin, b Elbeuf, 3 lots à 35 31 -7
- — De Boisset-Aynard et fils, à Montluel A s
- 1 lot à 37,440, 1 lot à 37,860, 1 loU 3,'»S'
- — Demachy et Seillière, à Pierrepont im0, the-et-Moselle), 1 lot à 35,895, Ilot àjfe’
- 2 lots à 38,219 50. — Donnadille à ra^* rieux (Hérault), 1 lot à 37,230, 1 lotà 39 o,T
- — Fraenkel-BIin, à Elbeuf (S.-Inf ) i ) , •
- 36,767,50. — Maistre à Villeneuvette (m rault), 1 lot à 36,510. — Soudan frères Vr dève (Hérault), 2 lots à 38,865 30. — Teis rencq-Vissecq frères, à Lodève, h 1J7: 35,883. 018 a
- 2° Draps de soldats, 89 lots.
- Adjudicataires :
- MM. Blin et Blin, 1 lot à 59,772 20. ^ n Boisset-Aynard, 1 lot à 59,261, 1 lot à 61 itl
- 1 lo» à 60,441 50, 1 lotà 60,540 50, 1 62,175 50. — Delpon, Beuguière et Boissièr^ à Lodève, 6 lots à 60,153. — Demachv et^i’ lière, 12 lots à 61,357 40.—Donnadille à r/ darieux, 1 lot à 60,880. — Fabrique de Bé h rieux, 6 lots à 59,590. — Veuve Labranchp j Ladève, 1 otà 61.969. — Lagare à Lodèw
- 2 lots à 59 861, 2 lots à 61,147. - Mai8t;J 2 lots à 57,357, 2 lots à 60,731. — Nivert et Boulet, à Elbeuf, 2 lots à 58.305. — Normand 57, rue de Rivoli, 3 lots b 59,165 90 3 \0tsà 59.795 60, 2 ots à 60,380, 2 lots à 61,845 30
- — Reynès, Michel et Bruguièt e, à Clermont^ l’Hérault, 3 lots à 59,907 20,1 lot à 61,855 70 -— De la Selle et CJ, 3 lots à 62,182. 50. J Solanet, 3 lots à 59,252 50. — Teisserencq-Vissecq, 4 lots à 59,416, 3 lots à 61,428 50,
- — Vitalis etC°, à Lodève, 11 lots à 57,612 5o!
- — Zentz, 2 lots à 62,265 50.
- Fourniture des toiles à doublures necessaires au service de l'habillement des troupes.
- Cette adjudication, du 27 mai, est mainte-nue, mais n’a pas donné de résultats complets.
- Voici ceux acquis :
- Toile à doublure en lin, 12 lots.
- MM. Magnier, Duplay, Fleury et C#, 9, rue d’Uzès, à Paris, adj. 1 lot à 0 62 de rabais.
- Les autres lots ne sont pas adjugés.
- Toiles de coton, 20 lots.
- Adjudicataires :
- M. Motte-Bossut, à Roubaix (Nord) : 1 lotà 11,43; 1 à 18 ; 1 à 8,58 ; 1 à 7.15-, 1 à5,74; à 4,29.
- M. Waddington, àSt.-Rémy (Eure-et-Loir),
- 2 lots à 9,28 ; 1 à 8,56 ; 1 à 7,85 ; 2 à 7,14.
- MM. Gaillard et G0. 24, rue Thévenot,à Paris : 6 lots à 7,15.
- Deux lots non adjugés.
- Puisque nous sommes sur ce sujet, notons encore une adjudication du 18 mai, pour la marine, à Cherbourg, où ur.e fourniture de couvertures et couvre-pieds en laine a été adjugée à MM. Vincent Vitalis, de Lodève, à 57,015 fr.
- Et à Rochefort même date, 12,000 chemises en flanelle de colon, adjugées à M. Merzeau, de Rochefort, à 2,48 l’une.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CIIARLEVILLE (ARDENNES)
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- LA
- 5e Année, W 6.
- REVUE DE
- ET DES COLOR ATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- NT I A • ET • N EGO-ffÛM'."8^
- ira
- sMBawpa
- LA TEINTURE
- 003 *
- INDUSTRIELLES Juin 1893
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Sur la solidité des couleurs (suite). — Note sur les sulfoléates métalliques.
- — Fabrication du bi-oxyde de sodium. — Utilisation et transformation chimique de la ramie. — Couleur d’alizarine sur soie. — Blanchiment et teinture des tresses de paille. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Teintes diazotèes et développées ; Bleus de Métaphénylène ; Marrons sur lainages; Violet et bleus solides sur soie; Gris directs ; Blanchiment au peroxyde de sodium. — Appareil d’extraction méthodique des matières colorantes.
- Chronique industrielle. — Lettres d’un Teinturier-Dégraisseur. — Chambre syndicale des Teinturiers-Dégraisseurs. — Drap nouveauté pour pantalons. — L’Ensimage des laines. —• Préparation de l’alumine. — Le Chlore liquide, — Commerce des Tissus avec la Perse.
- — Caractères analytique des gommes. — Jurisprudence. — Brevets récents (catalogue). — Informations et faits divers.
- en exécution d’une disposition spéciale de la loi, varient naturellement suivant les industries visées: c’est ainsi que, pour l’ameublement, l’interdiction du travail du soir est levée en décembre et janvier, pour les modes en février et mars, pour les confections pour dames et enfants en décembre et avril, etc., etc.
- Ce règlement aura aussi d’autres dispositions en faveur d’un certain nombre d’industries spéciales, mais qui n’intéressent pas les nôtres, et dont nous pouvons ainsi ne pas nous préoccuper.
- * * *
- tes variétés. Les unis, les rayés, les brocades, les grenadines et les gazes, les armures deux tons, les failles et les surahs, tout cela dans les dernières couleurs est en vogue ; il faudrait tout citer, gardons-nous d’oublier les gracieux Dresde si populaires, fonds noir avec de petites fleurettes semées en blanc ou en fleurs.
- « Parmi les couleurs les plus recherchées citons les pourpres, les violets et les verts dans toutes leurs teintes, lézard, Nil, bronze et sibérien, réséda, mousse et les deux teintes sombres dénommées ophélia. Une des dernières nouveautés comme teinte est celle appelée « punch ». c’est un violet pâle avec des reflets [a suggestion) d’or. »
- Si nous rapprochons ces informations de celles que nous donnions dans notre (( chronique » d’avril sur la fabrication de la région lyonnaise, nous y trouverons une concordance presque complète, démontrant que les modes ont vite fait de s’uniformiser sur les deux continents.
- Il faut considérer, d’ailleurs, que la fabrique lyonnaise alimentant les marchés i américains, il n’est pas étonnant que la consommation de là-bas concorde avec la fabrication d’ici.
- * ♦
- Créfeld n’est pas autant favorisé que Lyon, toutefois, il y a encore là un bon mouvement, et nous y voyons en faveur à peu près les mêmes genres.
- L’intérêt se porte sur les commandes de la saison d’automne, dit une correspondance de cette place. Les mé -* langes pour doublures, pour manteaux, les satins merveilleux teints en flottes ont fourni de grosses commissions ; mais les affaires principales ont été faites avec les articles couleurs, glacés et rayés-ombrés. Les matelassés sont actuellement en bonne demande comme étoffe de dessus.
- En étoffes pour jupons, il se produit quelques fantaisies; les satins à points et autres petits dessins, les petits façonnés, les laffetas glacés à effets sont recherchés.
- En ce qui concerne les rubans, il s’est
- CHRONIQUE
- Le Conseil d’Etat vient de mettre la dernière main à un important règlement d’administration publique sur le travail de nuit, le repos hebdomadaire et la durée du travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels, conformément à la mission qui lui était dévolue par les dispositions de la loi du 2 novembre 1892.
- Le règlement distingue avant tout les veillées, c’est-à-dire le travail qui dure jusqu’à onze heures du soir, du travail de nuit proprement dit.
- En ce qui concerne les veillées, il a énuméré un certain nombre d’industries, où les femmes et les filles âgées de plus de dix-huit ans pourront être employées jusqu’à onze heures du soir sans qu’en aucun cas, la durée du travail effectif puisse dépasser douze heures. Dans cette énumération sont rangées les in- j > dustries dites « de saison » dont les employés sont astreints à un effort spécial à certaines époques de l’année. Parmi elles figurent l’ameublement, la bijouterie, les modes, la confection, les fleurs artificielles, da reliure, le tissage des étoffes de nouveauté destinées à l’habillement, etc.
- Pour chacune de ces industries, le texte prévoit les périodes où l’interdiction est levée. Ces époques, dont la durée est uniformément de soixante jours,
- Nous reporterons donc notre attention sur la marche de nos fabrications.
- Nous voyons s’affirmer de plus en plus la bonne situation des soieries ; aussi bien de l’étranger que de l’intérieur, les nouvelles concordent à montrer leur consommation croissante, et de tous côtés les mêmes genres sont préférés, ce qui démontre que les tendances de la mode obéissent partout à une même impulsion.
- Voici, par exemple, les appréciations d’un journal spécial des Etats-Unis :
- « Les faits qui ressortent d’un examen sérieux de la situation à l’heure présente, c’est que l’article ruban est de plusenplus en faveur,et qu’aujourd’hui, il n’y a plus à craindre de défaillance pour l’industrie de la soierie ; au contraire, de quelque côté que l’on promène son regard, on la voit se développer chaque jour et prospérer davantage.
- « Toutes les branches de l’industrie de la soierie fonctionnent à plein ; teinturiers, imprimeurs, apprêteurs ont plus de travail qu’ils n’en peuvent faire. Il est si rare de voir l’activité générale comme à présent, qu’on en tire d’excellents présages pour l’avenir.
- « Comme remarque générale, on peut dire que tous les genres d’articles marchent bien pour le moment. Le lea-ding article est le satin duchesse en noir, blanc et couleurs ; puis, après lui, mais presque de front, les façonnés glacés, les bengalines et toutes leurs ravissan-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- déjà lait d’excellentes affaires pour l'automne, et il y a eu notamment de gros ordres en articles à bon marché.
- Les tissus pour cravates laissent à désirer, il en est de même des étoffes pour parapluies. La fabrique de velours est très occupée et elle a peine à satisfaire toutes ses commissions.
- A Lyon, la fabrication des tissus de soie pure est toujours très animée, mais sur commissions anciennes, et la demande en ce moment semble chercher à s’orienter. Les façonnés et l’étoffe unie teinte en pièce reprennent du mouvement.
- Les maisons de gros de Paris ont donné de beaux ordres en satin duchesse tout soie, en velours, en moires antique et française, et font tisser de nombreux essais en façonnés.
- ¥ ¥
- Ce n’est pas seulement l’exportation qui alimente la fabrique lyonnaise ; l’essor de la fabrication des soieries en France est surtout le fait de l’accroissement de notre consommation nationale. Les exportations se sont faiblement accrues, et ce que nous avons gagné du côté de l’Angleterre, de l’Allemagne et des Etats-Unis, nous l’avons presque complètement perdu du côté de la Suisse, de l’Italie, de l’Espagne et des autres pays.
- Les résultats de la rupture économique avec la Suisse et l’Espagne se sont fait sentir principalement sur nos tissus qui trouvaient dans ces deux pays un débouché considérable.
- D’après l’expérience des quatre premiers mois, nous perdons cette année à l’exportation 27 OpO en Suisse et 29 0[0 en Espagne : il faut ajouter cependant que les ventes de la Suisse à la France ont décru de 46 OpO et celles de l’Espagne de 42 0[0.
- Par contre, notre importation décroît et notre exportation augmente avec l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les Etats-Unis, de sorte que, comme résultat final, pendant les quatre premiers mois de l’année, notre importation a diminué de 440 millions et nous avons exporté pour 30 millions de plus de marchandises que durant la période correspondante de 1892.
- *
- ¥ ¥
- Dans les lainages, on peut constater,
- en général, une bonne alimentation des fabriques.
- A Roubaix-Tourcoing, on continue à travailler activement sur les commissions d’hiver.
- L’article cheviot semble prendre une place notable dans la consommation. Ce tissu doit sa vogue actuelle à une fort jolie application de broderies en soie qui le rend très seyant. Ces applications se font aussi sur les serges qui obtiendront également du succès à la vente.
- Les fabricants de ces placés se préoccupent de chercher les nouveaux genres à produire pour l’été 1894 ; le lainage sera, paraît-il, travaillé d’une manière particulière. Le crépon, qui se prête à une infinité de combinaisons, et le voile, qui nécessitera l’emploi de laines fines d’Australie, semblent devoir obtenir les faveurs de la mode pour cette saison estivale de 1894.
- 11 se prépare aussi des imitations de draperie en tout coton et en laine-coton, qui seront d’un bel effet, quoique constituant des étoffes un peu lourdes.
- A Elbeuf, comme à Sedan, on produit un peu plus que les années passées, et il y a lieu de croire que ce mouvement va continuer au moins pendant quelques saisons.
- A Reims, les fabricants en nouveautés sont très occupés et n’acceptent plus que des délais de livraison éloignés qui entravent la remise de nouveaux ordres. En flanelles, les affaires restent sans activité. Le cachemire est plus délaissé que le mérinos.
- * *
- Le Bulletin du Musée commercial de Bruxelles, dans une étude sur la fabrication de Roubaix, donne les indications suivantes :
- Depuis quelques années, la draperie en matières communes, dites « cheviot », est l’objet d’une production importante ; mais par suite d’une diminution constante des prix de vente, on en est arrivé à employer des laines peignées communes, donnant un toucher trop sec et trop dur. Certaines mesures viennent d’être prises pour éviter cet inconvénient, et ce qui se prépare en cheviot est d’un toucher plus doux, c’est-à-dire que les fils employés pour ces tissus sont composés de laines peignées de croisés Buenos-Ayres et de croisés Australie en qualités plus fines. Le cardé, dont l’emploi augmente cha-
- que année, fournit aussi des laiiiao. très doux. ^es
- En mélangés, les coloris clairs marengos et en beiges, sont encore très échantillonnés; il se fait aussi d très jolies collections avec des mouillé 6 c’est-à-dire deux fils de nuances difff5 rentes réunis en un seul par le retor ' dage.
- Les nuances pures sont toujours f0Pt employées, notamment des gris doise.
- Tout ce qui se fait depuis quelqU€ saisons comme dessins, se reproduit avec diverses modifications ; les disp^ sitions les plus fouillées sont celles du matelassé et les petites rayures p0Ur tous les articles, y compris les écrus à teindre en pièces, genre qui se fait tou. jours beaucoup au tissage mécanique Dans les fantaisies, c’est-à-dire tissus faits avec les matières teintes avant tissage, il y a de petites rayures en laine ou en soie en nuances vives.
- Les Chambres syndicales qui pU_ blient des cartes de nuances ont pu échantillonner sur les fabrications pour l’hiver prochain, et ont fait paraître leurs cartes pour ladite saison; on peut considérer celles-ci comme des documents exacts sur les teintes que nous verrons les plus portées dès la fin de cet été.
- La carte des boutons et passementerie est toujours celle que nous recommandons comme se rapportant le mieux aux étoffes courantes, puisqu’elle s’y assortir.
- Celle des fleurs et plumes est utile comme guide pour les fournitures de modiste et autres articles de haute mode.
- F. GOU1LLON
- SUR LA SOLIDITE DES COULEURS
- par M. le professeur Hummel
- Notes extraites d’un mémoire publié par le Molli- | teur scientifique.
- D’autres matières colorantes, comme le camwood, le bois du Brésil, et de même le fustel, donnent des nuances fugaces avec n’iraporte quel mordant ; d’autres encore, comme la gaude, le quercitron, la fiavine et les graines de Perse donnent des nuances solides avec certains mordants et des nuances fugaces avec d’autres mordants ; avec le chrome, le cuivre et le fer, on obtient par exemple
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- des olives solides, tandis qu’avec l’alumine et l’étain on obtient des jaunes très faux teint. Un autre exemple est le campêche, qui donne un noir bleuâtre solide avec le cuivre, tandis qu’avec l’alumine et l’étain il donne des nuances peu solides ; d’autres expériences ont montré que les noirs au chrome et au fer occupent un rang intermédiaire. Le camwood (santal) et les matières colorantes semblables ont des propriétés anormales, en ce que les nuances obtenues avec l’alumine et l’étain deviennent d’abord plus foncées et ne changent que plus tard d’une manière normale.
- En examinant les échantillons de soie, nous trouvons que pour les matières colorantes naturelles, la solidité est à peu près la même que celle des nuances sur laine ; en quelques cas, les nuances semblent même être plus solides, comme par exemple le brun au cachou et les nuances au bois de Brésil avec mordant de fer.
- Quanbaux échantillons de coton, nous sommes frappés de constater le caractère fugace de presque toutes les matières colorantes naturelles. Il j a toutefois une exception à faire pour les couleurs à la garance, surtout quand elles sont fixées sur du coton préparé en huile pour rouge, comme c’est le cas pour le rouge turc ; de même il y a une exception à faire pour les noirs au fer. 11 y a encore quelques couleurs minérales qu’il faut classer parmi les solides, c'est le chamois au fer, le bistre de manganèse, l’orange au chromate de plomb et le bleu de Prusse. La cochenille et ses congénères, qui sont d’excellentes couleurs pour la laine et pour la soie, ne donnent que des nuances fugaces sur coton. Ce qui est très re marquable, c’est l’absence totale d’une couleur végétale jaune vraiment solide, et c’est probablement pour cette raison que, dans le temps, le fil d’or entrait fréquemment dans la composition des fibres textiles. Les nuances que donne l’indigo sur coton et sur soie ne sont pas absolument solides en les comparant aux nuances extrêmement solides qu’on obtient avec a même couleur sur laine.
- Passons maintenant aux matières colorantes artificielles, dérivées à peu d’exceptions près des produits de distillation du goudron de bouille. Nous les partageons aussi en couleurs tirant sur mordants et en couleurs tirant directement sans l’intervention d’aucun fixateur. Les deux classes sont très nombreuses.
- Examinons d’abord les échantillons de laine, teints avec des couleurs teignant sur mordant.
- Nous y trouvons quelques couleurs jaunes égalant en solidité celles d’origine naturelle, les surpassant même, comme les jaunes aliza-rineRetGGW. Ces deux colorants ne sont pas de vraies couleurs alizarines, et ils ne ressemblent en rien aux matières colorantes naturelles, car ils ne teignent pas sur mordant de fer ; la galloflavine, par contre, et les jaunes alizarine A et C se rapprochent plus des
- couleurs naturelles et ont à peu près leur solidité.
- Parmi les couleurs rouges, nous avons l’a-lizarine et ses nombreux congénères : ils correspondent à la garance et ont presque entièrement remplacé cette dernière. Cette classe importante s’est enrichie récemment de quelques nouveaux représentants, ce sont les diverses alizarines Bordeaux de Bayer. Les seuls d’une moindre solidité sont la purpurine et l’alizarine marron.
- Nous avons à noter encore de3 bleus et des verts solides, pour lesquels nous n’avons pas de représentants parmi les couleurs naturelles. Ce sont le bleu d’alizarine, l’alizarine cyanine, l’alizarine indigo, le vert d’alizarine et la céruléine.
- En outre, il y a un excellent groupe de colorants donnant des bruns et des verts solides avec le cuivre et le fer ; ce groupe se compose du vert naphtol, du vert résorcine, de la gambine et de la dioxine.
- Les seules couleurs fugaces de cette classe de colorants tirant sur mordants, sont quelques jaunes, le bleu gallamine et la gallo-cyanine.
- En examinant sur soie ces mêmes colorants tirant sur mordants, nous y trouvons un bon nombre de solides ; et, comme pour le coton, il y en a un grand nombre bon teint pour lesquels nous n’avons pas de représentants parmi les couleurs naturelles.
- Autrefois, on croyait que le seul but des mordants était de mieux fixer les couleurs sur la fibre; mais nous savons à présent, et cela est pleinement démontré par l’expérience, que cette manière de voir est erronée, car le mordant ne fixe pas seulement la couleur, mais il la développe encore ; le mordant et le colorant se combinent chimiquement pour donner la laque colorée.
- Si une matière colorante se combine avec plusieurs mordants, les couleurs ainsi obtenues représentent des produits chimiques distincts, et il est naturel, par conséquent, qu’elles diffèrent quant à la nuance et quant à leur solidité à la lumière.
- Il est donc du devoir du teinturier d’essayer chaque matière colorante de cette classe avec les différents mordants, et de cbsisir la combinaison qui lui donne la nuance et la solidité voulues. Pour les nuances complexes, le teinturier a généralemeut recours à un seul mordant qu’il teint avec un mélange approprié de matières colorantes; il y a plus de difficulté à faire l’inverse, c’est-à-cire à teindre avec une seule matière colorante un mélange de mordants.
- Le bichromate de potasse, qu’on emploie sur une grande échelle pour la teinture de la laine, est un excellent mordant; il est bon marché, facile à appliquer et sans danger pour la fibre. C’est le désir du teinturier sur laine d'avoir une série de couleurs rouges, jaunes, bleues, etc., donnant des nuances solides avec
- ce mordant, et c’est donc à l'industrie des matières colorantes artificielles que le problème se pose d’en livrer le plus possible. Avec la série des couleurs d’alizarine, le teinturier a été doté d’un grand nombre de colorants répondant à ses besoins, et la plupart d’entre elles ne donnent pas seulement des nuances solides avec le bichromate de potasse, mais encore avec d'autres mordants et sur d’autres fibres que la laine.
- En examinant les échantillons exposés des Colorants dont nous avons parlé jusqu’à présent, nous n’hésitons pas à condamner l’opinion très répandus que toutes les couleurs du goudron de houille sont fugaces, tandis que les couleurs naturelles seules sont solides. C’est en effet l’inverse qui est démontré. Pour ma part, je suis persuadé qu’à présent, le teinturier a à sa disposition un plus grand nombre de couleurs solides provenant du goudron de houille que de n'importe quelle autre source, et je crois qu’i serait possible de faire avec ces seules couleurs, si c'était nécessaire, des tapis, meubles ou autres articles pouvant con courir avec succès, à tous les points de vue, avec les meilleurs produits de l’Orient.
- Mais comment se fait-il alors que ces matières colorantes aient été si longtemps et avec tant de persistance condamnés par le public? A part le fait que l’opinion publique se basait sur une connaissance imparfaite de la question, n us en avons l’explication en examinant les échantillons des colorants tirant sans l’intervention de mordant. Je les ai. partagés, suivant leur mode d’emploi, en trois groupes, à savoir : les colorants basiques, acides et les colorants se rattachant au rouge Congo. Un quatrième groupe, ne comprenant que peu de représentants, se compose des matières colorantes produites sur la fibre même.
- Le type des colorants basiques est la fus-chine. On les fixe généralement sur laine et soie en bain neutre ou légèrement alcalin • sur coton, on les fixe au moyen de tannate ou d’étain. Les colorants acides ne sont employés que sur laine et soie ; on les fixe en bain acide. Comme type, nous pouvons prendre n’importe lequel de ces nombreux ponceaux azoïques qui, dans ces dernières années ont acquis une gmdeimportance commesubs-tituts de la cochenille. Le rouge congo et ses congénères sont relativement nouveaux ; on les fixe généralement sur laine, soie et coton en bain neutre ou légèrement alcalin. Parmi les matières colorantes produites sur la fibre même, nous avons en premier lieu le noir aniline et ensuite, comme autres types, les couleurs de la primuline de Green.
- Nous r< marquons, à première vue, que ces colorants tirant sans l’intervention de mordants sont beaucoup plus nombreux et beaucoup plus vifs que ceux ne tirait que sur mordants, mais nous constatons en même temps qu’ils sont pour la plupart beaucoup plus fu-
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- gaces. Il n’y en a que quelques-uns qui fassent exception et qui donnent sur les différentes fibres des nuances égalant en solidité celles fournies par lescolorants tirant sur mordants.
- Parmi les colorants basiques nous cherchons en vain pour en trouver un vraiment solide sur n’importe quelle fibre. Le rouge Magdala, sur soie, paraît êtru plus solide que les autres et dans la série des bleus et des verts, nous trouvons quelques bleus ternes sur coton, qui sont assez solides et qui ont été recommandés comme substituts de l’indigo : ce sont le bleu de paraphénylène, la cimé-réine. le bleu de Meldona, etc. Les verts azi-nes aussi paraissent être moyennement solides sur coton et sur soie.
- Mais, par contre, dans les colorants acides,
- nous trouvons un certain nombre d’écarlates, de rouges cramoisis et de bordeaux possédant une solidité considérable sur laine tout aussi bien que sur soie. 11 y en a quelques-uns qui sont presque aussi solides que les écarlates à la cochenille : tels l’écarlate de Biebrich, la crocéine brillante, etc.
- (A suivre).
- L’alizarine nitrée donne de très bons résultats avec le suifoléate d’alumine et la couieur semble se conserver.
- La graine de Perse, le quercitron, la gaude et toutes les matières colorantes que l’on fixe à l’acétate d’alumine, donnent avec le suifoléate d’alumine un bon résultat.
- En substituant dans ces emplois le suifoléate de chrome à celui d’alumine, on obtient les laques que fournit l’acétate de chrome; elles ont généralement une grande transparence, mais sont claires.
- La céruléine donne par ce procédé une nuance très pure.
- Le suifoléate de fer est également em-ployable, mais pas pour des nuances foncées ; les claires sont très belles et donnent de très beaux unis.
- Le suifoléate d’étain fixe toutes les matières colorantes citées plus haut, mais la plupart des laques ainsi obtenues ne tiennent pas au
- savon.
- La maison Zurcher, à Cernay, a employé le suifoléate de magnésie comme addition aux
- rouges vapeur.
- [(Soc. Industr. de Mulhouse)
- UTILISATION
- ET
- IVOTE
- Sur les sulfoléates métalliques et leur emploi comme mordants dans les couleurs -vapeur
- Le suifoléate d’alumine à l’état précipité, bien lavé et neutre, mélangé à une matière colorante susceptible de donner avec l’alumine une laque, se combine avec elle et se fixe sur le tissu par l’action du vaporisage.
- Dans ces conditions, l’a izarine et ses congénères donnent une couleur qui, après uo simple levage, atteint son maximum de vivacité si l’impression a été faite sur un tissu de coton mord3n:é en suifoléate de soude ou d’AzH3.
- On obtient au moyen du suifoléate d’alumine, par son mélange avec l’aiizarine pour rose et l’eau de gomme, une couleur absolument neutre et au sein de laquelle la combinaison des éléments ne se produit qu’à la température du vaporisage.
- Avec une alizarine pour rouge et un dosage plus fort on peut arriver à un rouge.
- La maison Scheurer-Rott et G® emploie ces couleurs depuis le mois de juillet 1881.
- Une addition de suifoléate d’étain (stanni-que) dans le rouge précédent lui donne un feu considérable. La nuance est développée et déjà à son maximum d’éclat après le vaporisage.
- Par le mélange en proportions variables du suifoléate d’alumine et d’étain, on obtient toute une gamme de rouges et de roses, du bleuté au jaunâtre. Ces couleurs sont d’une Grande fraîcheur.
- FABRICATION
- Du bi-oxyde de sodium
- Le bi-oxyde de sodium, nouvel agent de blanchiment, sur lequel nous avons déjà publié plusieurs communications (1), était fabriqué par voie électrolytique.
- Le procédé de M. Castner, directeur de The Aluminium Company, est exclusivement chimique.
- On obtient ce selen oxydant le sodium dans uu courant d’air sec. L’appareil se compose d'une grande cornue cylindrique en fer, placée horizontalement dans un four et chauffée à la température de 300* G. Le sodium est chargé dans de petits wagonnets en aluminium et ceux-ci sont introduits dans la cornue dont on ferme hermétiquement les deux extrémités. A l’une d’elle débouche un tuyau amenant de l’air sec et débarrassé de son acide carbonique, en le faisant passer dans des caisses contenant de la chaux et de la soude caustique.
- L’oxydation se fait méthodiquement, c’est-à-dire que l’on place du côté de l’arrivée de l’air les wagonnets renfermant du sodium partiellement oxydé, tandis que près de la sortie de l’air pauvre en oxygène se trouvent des wagonnets contenant le sodium non encore oxydé.
- Le bi-oxyde de sodium renferme vingtpour cent d’oxygène disponible, tandis que le bioxy-gène de baryum n’en renferme que huit pour cent et l’eau oxygénée 1,5 0(0.
- 11 est très hygrométrique et doit être conservé à l’abri de l’humidité.
- (1) Voir notamment la Reçue de la Teinture :
- TRANSFORMATION CHIMIQUE
- DE LA RAMIE
- Nous reproduisons les notes suivantes que la pi des journaux industriels ont publiées, mais Rn„Upatt vre nos confrères dans leurs appréciations hyp ques sur les qualités de la ramie. C’est un textile • laisse encore à désirer comme finesse, élasticité ^ tance aux agents de blanchiment, et facilité À A'*'
- ture. 6 te'n‘
- Voici, néanmoins, ce qu’on en dit, moins renti ï siasme un peu prématuré, que nous atténuons :
- La Banque de France va mettre en circula lion les billets imprimés sur du papier de ra* mie. Ce papier, qui a de sérieux avantageas^ celai dont on se servait précédemment, ren-dra l’imitation plus difficile encore que par ie" passé.
- L’occasion est donc favorable peur signaler aux industriels les avantages qui devront ré-sulter de la manutention de la ramie.
- Les machines à décortiquer qui fonction-nent à Gennevilliers donnent des résultats suffisants pour la séparation de la matière H. gneuse de la matière fibreuse. Elles éliminent le bois, sans briser ni altérer la fibre.
- Mais la fibre de la ramie, après le travail mécanique, reste enveloppée d’une pellicule gommeuse, dont le moindre inconvénient serait le rapide et perpétuel encrassement des cardeuses et la souillure constante du produit manufacturé , dout la valeur se trouverait ainsi considérablement diminuée.
- La machine à décortiquer n’aurait donc pu atteindre absolument son but, si la chimie | n’était venue achever l’œuvre de la force mé-| canique.
- Une société technique exploite un procédé de dégommage qui permet d’utiliser le travail des décortiqueuses et qui amène la fibre à l’état voulu de sécheresse et de blancheur sans en altérer la solidité. Les lanières sortant de la machine sont soumises à un traitement de silicate de soude et de soude caustique mélangés, après lequel la fibre, entièrement dégommée se prête très bien au peignage et au filage.
- Des savants se sont livrés â des expériences fort curieuses qui ont donné des résultats inattendus et qui ouvrent un champ tout nouveau à l’industrie de la ramie.
- En soumettant la ramie au même traitement que le coton, on obtient de la ramie ni* trée qui a exactement les mêmes propriétés explosives et chimiques que le fulmi-co on. Seulement la ramie-poudre, si l’on peut ainsi dire, a un grand avantage sur le coton-poudre.
- La ténacité de sa fibre, à l’état naturel, est telle qu’elle résiste à l’action du mélange d’acide sulfurique et nitrique nécessaire pour la transformer en ramie nitrée. Aucun autre textile connu ne présente cette propriété de pré* senter encore, après le nitrage, une solidité
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- De même que la banque de France a adopté le papier de ramie pour la confection de ses billets, de même il n’est pas douteux que le génie militaire saura tirer l’usage convenable de la ramie nitrée, encore textile après avoir été nitrée.
- Les inventeurs' ont poussé plus loin leurs recherches. Une fois parvenus à la découverte de la ramie nitrée, ils ont songé à lui faire subir la dernière transformation, celle qui, en la débarrassant de l’oxygène, ne lui laisse que l’azote, de manière à la rendre semblable à la fibre animalisée qui est la soie. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à tirer de la ramie nitrée une soie artificielle supérieure, dit-on, aux autres soies chimiques.
- Le procédé de M. de Chardonnet pour la confection des soies artificielles est aussi applicable à la ramie nitrée.
- Mais cette ténacité de la fibre ramique, que nous avons signalée, lui permet de n sister, non-seulement à l’action des acides destinés à la nitrer, mais aussi à celle des corps réducteurs destinés à la désoxygéner. il arrive ainsi que le fil de ramie se transforme directement en soie artificielle, sans passer par la dissolution. Après ces traitements divers, il présente encore le maximum de la résistance connue, et, contrairement aux soies artificielles obtenues avec d’autres produits, il est capable de supporter la charge comme la soie naturelle.
- COULEURS D’ALIZARINE
- sur Soie
- Par M. H. SILBERMANN
- L’auteur a fait une étude sommaire des différents colorants applicables à la soie : un certain nombre de ces matières n’offrent plus d’intérêt ; il n’en est pas de même des couleurs d’alizarine, qui permettent d’obtenir des grands teints ; nous reproduisons donc cette partie dudit travail.
- M. Silbermann fait observer que les soieries réclament pour diverses destinations des teintes absolument solides.
- Certains ariicles, dit-il, par exemple les parapluies, les articles de confection, etc., exigent un tel degré de solidité au lavage, qu’on ne peut employer, pour les teindre, que des procédés spéciaux, qui sont souvent le secret des teinturiers. D’autres articles en soie réclament encore une plus grande solidité. Sans parler des étoffes d’ameublement, nous n’avons qu’à citer dans ce genre les tissus de laine avec bordure à dessins de soie. La scie est teinte à part, et on la tisse ensuite avec la laine ; on traite les pièces comme d’habitude au foulon; si la laine est blanche, on la passe après un fort savonnage dans le soufroir. Pour ces articles, il est évident que les teintures de la soie doivent être grand teint.
- Or, des matières avantageuses pour produire les grands teints, ce sont les couleurs d’alizarine.
- On remplace aujourd’hui la cochenille par l'alizarine artificielle rouge ; on emploie suivant la nuance les marques bleuâtres ou jaunâtres.
- Le mordançage se fait avec 6 kilogrammes d’alun pur et 600 grammes de cristaux de soude par 100 litres d’eau ; on fait bouillir ensemble et on laisse refroidir. On lisse les soies dans ce bain un quart-d’heure, et on laisse une nuit dans la barque.
- Le lendemain on essore fortement ou on lave, et on passe, pour fixer l’alumine, en bain de silicate de soude à 1 degré Baumé à peu près un quart-d’heure à froid, après quoi on lave à fond.
- Le bain de teinture se garnit avec du savon frais ou du savon de cuite à raison de 20 à 30 litres de savon de cuite pour 100 litres d’eau ; en ajoute à celle-ci de l’acide acétique du commerce, 100 à 200 centimètres cubes, suivant la nature des eaux et la teinte à obtenir.
- La quantité de savon frais varie de même suivant la nature de l’eau et la marque de la matière colorante employées ; on en met jusqu’à ce que le bain montre une écume assez forte et persistante- On ne s’accorde pas s’il est plus avantageux de prendre le savon frais ou le savon de cuite ; en tous cas, les couleurs d’alizarine sont plus brillantes avec la cuite, mais plus égales et plus unies avec le savon frais. On n’emploie le savon frais, que lorsqu’on teint à la continue, car il se perd une certaine proportion de matière colorante, qui reste dans le bain.
- Le bain de teinture est remué très soigneusement. La quantité de matière colorante employée (pâte commerciale) varie suivant la nuance de 5 à 10 pour 100 pour les tons clairs et de 40 à 50 pour 100 pour les tons foncés. On recommande d’ajouter d’avance la matière colorante et ensuite la quantité nécessaire d’acide acétique.
- On entre la soie à froid, on lisse un quart-d’heure, on chauffe un peu, on lisse encore un quart-d’heure, et ainsi de suite en ayant soin de ne pas élever la température, après quoi on chauffe en lissant en trois quarts d’heure à peu près jusqu’au bouillon et on teint trente à quarante minutes à 98, à 99 de > grés. Dans ces conditions, on n’a pas à craindre les inégalités de teinture.
- Après la teinture, on lave et on savonne dans un bain gras et bouillant; la durée varie avec la marque et l’intensité de la nuance. Pour le rouge, on donne plusieurs savons successifs; pour les nuances claires, un seul suffit d’un quart-d’heure; pour les nuances foncées, on le fait durer une demi-heure à trois quarts d’heure.
- Les teintures à l’alizarine gagnent par le savonnage en brillant et en solidité, mais en
- même temps elles deviennent plus claires qu’elles ne le sont dans la barque de teinture : c’est ce dont il faut tenir compte pour l’échantillonnage. On avive avec deux ou trois litres d’acide acétique pour 100 litres d’eau tiède.
- Les teintures à l’alizarine sur la soie, aussi bien dans les nuances moyennes et claires que dans les foncées, se distinguent par leur solidité presque absolue au foulonnage et aux agents atmosphériques, quoique les nuances claires de quelques coloran's tirant sur mordant, comme les laques d’alumine du jaune d’alizarine, de la galléine ou de la céruléine soient moins solides à la lumière.
- Quand même l’obtention de couleurs données avec les couleurs d’alizarine, comme du rouge, du jaune, du bleu ne présenterait pas de grandes difficultés, l’échantillonnage reste toujours sous la dépendance de l’expérience acquise.
- Un autre inconvénient, c’est que les teintures sont aisément rayees et striées, surtout dans les nuançages. L’addition de colorant pour nuancer doit se faire avec le plus grand soin et en abaissant la température du bain jusqu’à 60-70 degrés.
- BLANCHIMENT ET TEINTURE
- des Tresses de paille Par MM. Ch. LYE et fils
- Ces auteurs ont fait breveter la méthode qu’ils exposent ci-dessouce sont des industriels importants dans la spécialité des pailles; leurs procédés sont exposés avec des détails pratiques ur. peu confus, mais néanmoins intéressants, et que voici ;
- Le procédé de blanchiment de la paille de riz consiste à la nettoyer d’abord et à la plonger ensuite dans un bain d’eau oxygénée, de sulfate de soude et de sel de tartre (avec une petite quantité de sucrate de chaux si cela est nécessaire), à les rincer, à les sécher et à les traiter ensuite par un bain de bisulfite, puis par une solution d’acide oxalique, à laver, sécher à nouveau, et après un temps suffisant à les traiter à nouveau par de l’eau oxygénée, du sulfate de soude et du sel de tartre (avec addition, si cela est nécessaire, de sucrate de plomb) et du bisulfite de soude ; à laver et sécher les fibres finalement.
- Voici le détail de ces opérations :
- Pour blanchir la paille de riz, on commence par l’ouvrir suffisamment, puis on la lave dans une solution de savon, celui de Marseille est le meilleur pour cel?. Lorsque la paille doit être teinte, un lavage à l’eau suffît.
- Puis on la soumet à l’action de l’eau oxygénée dans laquelle est dissous du sulfate de soude, de l’ammoniaque avec addition de sucrate de plomb. On laisse immerger pendant six heures, on agite toutes les deux heures,
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- puis on retire la paille, on la rince, et on l’expose pendant une heure à l’action d’une solution de bisulfite de soude (au bout de la première demi-heure, on agite), puis on rince et on passe dans une solution d’acide oxalique pendant deux demi-heures, comme ci-dessus, et on rince de.nouveau et retire l’eau à l’by-dro-extracteur pour sécher. Au bout d’un jour, on recommence l’opération.
- Dans quelques cas, après avoir nettoyé les fibres, on laisse passer dans un bain de silicate de sodium pendant une heure, on rince à force, puis on soumet à faction de l’eau oxygénée, puis on traite par le bisulfite de magnésium au lieu de celui de sodium ; on peut négliger l’emploi de l’acide oxalique et se contenter d’un simple traitement au bisulfite.
- Pour les fibres à colorer, après lavage à l’eau chaude, on traite par l’eau de Javel pendant une neure, on rince à fond et soumet à l’action des autres réac ifs : eau oxygénée et bisulfite. 11 n’est pas nécessaire, la plupart du temps, de répéter ce traitement.
- Ainsi, par exemple, pour 4kil. 536 de paille de riz à blanchir, on prend :
- Eau oxygénée............ 11 lit. 400
- Sulfate de soude....... 1 kil. 815
- Sel de tartre............ 1 — 300
- On additionne d’ammoniaque liquide ou de sucrale de plomb 0 lit. 142 pour 400 litres de bain.
- On obtient aussi de bons résultats avec la solution suivante :
- Eau oxygénée............. 11 lit. 400
- Sulfate de soude....... 1 kil. 815
- Solution ammoniacale
- faible................. 0 lit. 416
- Pour la teinture, la quantité d’eau est diminuée d’un tiers dans les deux cas. Pour un bain de 136 litres de bisulfite, on emploie 11 lit. 4 de bisulfite ou 2 kil. 722 d’acide oxalique au d^gré ordinaire de concentration ou la moitié d’acide oxalique double. La solution de silicate peut avoir une concentration quelconque, mais en évitant un excédant pour ne pas agir comme destructeur. Le bisulfite de magnésium peut être employé dans les mêmes proportions que celui de sodium.
- Pour la teinture, les solutions sont ordinairement plus faibles.
- Comme variante, on peut, après avoir lavé au savon de Marseille, employer le chlorure de chaux additionné de sel de tartre ou l’eau de Javel. A ce bain chloruré on peut ajouter de l’eau oxygénée. Le bain dans ces conditions peut être constitué par :
- Sel de tartre................ 0,170
- Chlorure de chaux........... 0,170
- On peut remplacer par 200 grammes d’eau de Javel et eau 12 litres.
- Si on ajoute de l’eau oxygénée, la quantité eut être de 35 grammes à 70 grammes; la ncentration du bisulfite doit être de 750 à ' grammes pour 9 litres.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- A ppareil à teindre mécaniquement tous textiles
- Par M. Edmond Masurel L’appareil à teindre mécaniquement dont il est question est susceptible de variantes dans son mode de construction, mais repose, dit le brevet, sur un principe constant.
- Ce principe consiste notamment à faire circuler automatiquement un bain de teinture entre deux ou plusieurs bacs, montés ou non en série, de manière à ce que cette circulation se produise tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, pendant que le chauffage s’effectue en dehors des bacs contenant la matière textile — comme il consiste aussi à faire traverser cette dernière méthodiquement par le bain, résultat obtenu à l’aide de tuyaux coniques perforés qui divisent et répartissent ledit bain en r.appes de forme convenable.
- L’uniformité de la teinture est enfin garantie par la réversibilité du sens de la circulation. Cette reveiibilité, qui s’effectue automatiquement, au moyen d’un appareil breveté, à des périodes régulières, dispense de toute surveillance pendant la durée de l’opération, et donne une économie sérieuse de main-d’œuvre.
- Nouveau procédé de blanchiment Par MM. Siemens et Halske Ce procédé repose sur l’emploi d’ozone et de dissolutions faibles des sels de chlore. 11 consiste à traiter les fils, après qu’ils ont été préparés à la manière ordinaire par une cuisson à la lessive, par des dissolutions de chlorure de chaux et de l’ozone artificiel alternativement. Les agents blanchisseurs sont dilués à tel point et employés pendant un temps tel que, séparément, ils ne produiraient pas un blanchiment complet, de façon à ne pas altérer la solidité des fibres.
- - On sait, dit en substance l’exposé du brevet, que l’ozone est l’agent efficace du blanchiment au pré. Nous avons constaté que si l’on fait agir de l’ozone artificiel sur la matière à blanchir, après une certaine durée de cette action, la matière devient réfractaire à la subir. Mais on peut lui rendre son aptitude à être blanchie par l’ozone en la plongeant quelque temps dans des dissolutions diluées de chlorures décolorants. Cette découverte est le principe du procédé.
- Un certificat d’addition revendique, avant le blanchiment, la saturation des fils avec les corps suivants : l’ammoniaque, les émulsions d’ammoniaque et de térébenthine, la térébenthine, les savons de résine à l’ammoniaque, l’indigo ammoniacal, dans le but d’augmenter l’action bienfaisante primaire de l’ozone.
- Les matières sant soumises à cette action dans une chambre spéciale, dite chambre à ozone. Celui-ci est extrait de l’air. Le brevet
- est muet sur la façon dont on l’extrait • [\ T raît résulter de la description qu’il agit ^ son absorption au moyen des produits de ^ rébenthine ou autres matières très oxydabl ^ désignées. es>
- — Cela est encore un procédé long etdéf ; qui n’améliorera pas beaucoup les méthod actuelles de blanchiment.
- Réducteur pour cuve d'indigo dit a Indoreduct »
- Par MM. Flick frères
- Les auteurs reprochent à la cuve d’hydr J sulfite-indigo un trop grand excès d’alcafiei la nécessité de chauffer pour produire une ré duction active de l’indigo. L’alcalinité, notant ment, fait perdre à la soie son lustre et sa sou' plesse.
- Le procédé de MM. Flick pour produire 1 liqueur de réduction consiste simplement i ajouter de la glucose ou autre produit analoJ gue, à une solution d’hydrosulfite dontaupréa'. labié on a précipité le zinc à l’aide du carbo" nate de soude. Grâce à l’action combinée de ces deux réactifs, on obtient la nouvelle H queur de réduction, qui agit également à froid se conserve bien et qui permet de réaliser d’importantes économies à l’endroit de l’hy. drate d’alcali, dit le brevet.
- Préparation d'une colle animale irifermen-tescible et s ans odeur
- Par M. Ericii Brand, à Rostock
- L’addition de borax et de potasse (carbonate de potasse) aux solutions boui lantes de gélatine, donne des produits qui se conservent longtemps sans putréfaction. Nous appliquons cette propriété à la fabrication des colles de peaux ou d’os, en ajoutant une solution bouillante dans 100 litres d’eau, de :
- Borax........................... 60 kilogr.
- Potasse calcinée................ 4 —
- à 1,450 kilogr. de colle également bouillante marquant 12<> à l’aréomètre.
- — Les apprêteurs pourront sans douteutili- i ser ce procédé.
- Machine à préparer et teindre les tissus au I moyen du vide Par M. Arthur-Travis Clay
- La machine comprend une boîte munie d’un ; couvercle pouvant s’ouvrir sur des charniè- j reset qui, en raison de son poids relative- I ment considérable se soulève par un mécanisme d’arbre, de chaînes et de poulies, d’engrenage et de vis sans fin, et se tient en équilibre dans cette position par l’effet d’un contrepoids avec chaîne et galet. Lorsque ce couvercle est rabattu, on le serre sur sa boîte à l’aide de vis et d’écrous, pour obtenir l’étan- . chéité parfaite.
- Le tissu que l’on doit traiter s’enroule sur un cylindre perforé dont un des tourillons est creux et s’introduit dans un arbre tubulaire.
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- Pour le fonctionnement de l’appareil, l’arbre creux se met en communication avec une pompe aspirante qui produit le vide dans la boîte. Ce vide réalisé, on introduit dans la boîte, à l’aide d’un tuyau perforé qui règne dans le bas, sur une grande partie de sa longueur, et cette vapeur ou toute condensation en résultant est aspirée par la pompe à travers le tissu et s’échappe par le tourillon du cylindre et l’arbre creux.
- Le cylindre perforé continue de tourner pendant que s’opère la vaporisation et le temps qu’exige ce traitement dépend de la qualité du tissu.
- Pour la teinture, on introduit dans la boîte les matières tinctoriales et on les retire comme on le ferait pour de l’eau froide ou de l’eau chaude, dans le cas où le traitement du tissu l’exigerait. . • • . •
- Appareil centrifuge pour teindre et blanchir les matières textiles
- Par M. Léopold Ettl
- Cet appareil centrifuge se compose principalement d’un panier constitué d’essoreuse et par une cuve extérieure à paroi pleine, le tout recouvert d’un couvercle hermétique.
- La matière à teindre, à blanchir, etc., s’introduit dans le panier sur lequel on replace le couverc’e bien hermétiquement, et on fait le vide ; puis on laisse pénétrer, sous pression ou non, le bain colorant ou autre liquide correspondant au traitement en vue et on fait tourner ensuite le panier à la vitesse déterminée.
- Grâce à la force centrifuge développée par ce mouvement, le bain ou autre liquide se répartit à travers la matière contenue dans le panier, s’échappe du panier, remonte ensuite dans l’intervalle compris entre le panier et la Cuve et s’engage sous le couvercle qui le distribue à nouveau dans l’intérieur du panier, pour lui permettre de reprendre le même circuit.
- Le couvercle du panier est muni au-dessous d’une roue en forme de turbine, qui ramène le liquide vers’ le centre du panier et lui imprime ainsi le même parcours que celui qu’il vient d’accomplir.
- Nouveau procédé de polissage ou glaçage des étoffes
- Par M. H. Pervilhac
- Celte méthode dépolissage s’applique à tous tissus en général, mais plus spécialement aux articles soieries tramées coton, tels que le sa-hn de Chine pour parapluies.
- Cette méthode consiste à faire passer le 1lssu entre deux séries de barreaux chauffés ou non chauffés* placés transversalement au hssu et animés en commun d’un mouvement de va-et-vient dans le sens longitudinal.
- Le tissu se déroule d’un rouleau ensouple
- pour s’enrouler plus loin sur un autre avec une vitesse qui dépend du plus eu moins d’action à exercer. Il passe sur deux extenseurs, qui doivent le maintenir en largeur durant sa course ; la tension en longueur, par contre, s’obtient par un embarrage.
- Nouvelle forme de mordant Par M. R.-H. Pickles
- L’auteur a trouvé avantageux d’employer les mordants d’aluminium, de fer ou de chrome, à l’état de saccbarate ou de glucate.
- Pour réaliser cela, on produit le sucrate, saccharate ou le glucate du métal adopté, en ajoutant le sulfate de ce métal à une solution de sucrate de chaux, de strontiane ou de baryte, et de préférence à ceux de chaux. )
- Par double décomposition, il se forme du sulfate de chaux qu’on sépare, et il reste le sucrate du métal qui a formé la base du sulfate employé.
- Pour obtenir le sucrate de chaux, on se sert du sucre, de la mélasse, du glucose, etc., et, pour chaque partie en poids de ces matiè'es, on emploie un tiers de chaux sèche et bien cuite.
- Procédé de purification des extraits tannifères et tinctoriaux Par M. Edouard Roy
- Le procédé est basé sur cette idée quelesim-puretés qui colorent les extraits tannifères ou tinctoriaux étant dues à des oxydes de fer, de manganèse ou même de cuivre, il faut les éliminer ; le corps précipitant employé est le ferrocyanure de potassium.
- Le jus provenant d’une tonne de bois épuisé est additionné d’environ 200 à 600 grammes de ferrocyanure. Le titre du jus peut être quelconque, de préférence h à 5° B. froid ou chaud. Le réactif décolorant est employé soit en solution, soit en poudre, on agite fortement, puis on laisse déposer et décan'e, filtre et évapore, s’il y a lieu.
- Sechage de tissus, étoffes et fils à l'aide de l'air comprimé Par M. Yves Guesnon
- Le but que s’est proposé M. Guesnon dans son invention est de faire traverser les objets à sécher par un courant d’air rapide, dont le frottement le long des fibres enlève l’eau et les liquides à la surface, pendant que s’opère l’évaporation énergique provoquée par l’air comprimé lui-même.
- La machine se compose, comme parties principales, de un ou de plusieurs cylindres, ayant dans une partie de leur longueur un orifice très étroit, établi pour laisser échapper l’air qui a été refoulé et comprimé dans les-dits cylindres et qui s’échappe avec assez de force pour vaincre les obstacles que pourraient opposer à son passage les objets à sécher ; — de deux toiles sans fin avec rouleaux-entraîneurs, pour la translation des objets à sécher;
- — de cylindres à disques ou tous autres engins supportant l’efiort de la pression exercée sur les objets à sécher par l’air de compression, la résistance opposée par les cylindres ou autres engins étant réglée par des contrepoids.
- Tissu mélangé double glacé Par MM. F. du Closel et Blanc
- Le produit nouveau, objet de la présente invention, est essentiellement un tissu mélangé soie et laine, ou soie et coton, qui n’a pas encore été réalisé jusqu’à ce jour. Son aspect est caractéristique ; il présente, en effet, un dessin glacé quelconque, de couleurs claires ou foncées, sur un fond également glacé, de couleurs claires et foncées, quelles que soient du reste, les nuances adoptées pour réaliser ces glacés.
- Ce produit nouveau est obtenu par l’application sur le tissu mélangé écru, sans aucune préparation préalable et spéciale du fil, de moyens connus d’impression ou de teinture en pièces.
- Les inventeurs ne revendiquent pas les moyens d’obtention, qui sont du domaine public, mais le produit lui-même, vu sa nouveauté.
- PROCEDES DIVERS
- Teintes diazotées et développées
- Les procédés de teinture par diazotage et développement des couleurs azoïques fixées sur coton prennent une certaine importance dans la pratique. Plusieurs fois nous avons exposé ces méthodes ; aussi, pour le moment, nous nous bornerons à montrer quelques résultats de ce genre de teinture.
- Les teintes ainsi obtenues gagnent en solidité sur celles de tons équivalents, produites par fixation pure et simple du colorant de base; elles augmentent aussi en intensité (des bleus foncés arrivent au noir), de sorte que la dépense d’agents développeurs est en fait un achat de colorants.
- Mais cette méthode ne permet pas d’échantillonner juste, à un ton déterminé, puisque la teinte n’est définitive qu’en se modifiant dans les bains de diazotage et de développement et alors que les résultats de ces deux opérations sont invariables. 11 faut dire, toutefois, qu’avec l’habitude de travailler suivant ces procédés, on arrive bientôt à saisir le point où il faut arrêter la teinture en premier bain, pour arriver, finalement, à la nuance demandée.
- Quoi qu’il en soit, citte méthode de teinture convient principalement aux fabricants, tels que ceux* de bonneterie, qui font d’une façon continue un certain nombre de nuances pour leur usage, ou aux teinturiers qui ont un travail suivi du même genre.. },
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- Voici la marche générale de ces procédés de teinture :
- Teinture
- La teinture se fait avec les colorants de base, dans des proportions variables, et suivant la méthode ordinaire des azoïques, c’est-à-dire en bains alcalins.
- C’est la force de ce pied qui détermine l’intensité définitive de la teinte.
- Diazotage
- Pour 10 kil. de coton on emploie :
- Nitrite de soude.................. 300 gr.
- Acide chlorhydrique............... 800 —
- L’acide est allongé de deux litres d’eau, puis ajouté à la dissolution de nitrite.
- Les cotons sont passés cinq minutes dans ce bain froid (aussi froid que possible), puis rincés.
- Ces dosages restent les mêmes pour toutes teintes, et il n’y aurait que désavantage à les augmenter, ne serait-ce qu’à cause de l’odeur nitreuse que les cotons conserveraient.
- Développement
- Aussitôt rincés du diazotage, les cotons sont lissés quelques instants sur le bain de développement, également â froid.
- Lorsque l’on voit que la teinte ne monte plus (ce qui se voit très rapidement), on lève et on rince.
- Exemples d'application
- I
- ClUlUlC» - En noir-diamine R O, à 4 OiO.
- Diazotage. — Comme il est dit ci-dessus.
- Développement. — On emploie pour 10 kil. de coton :
- Développeur pour bleu AN........ 200 gr.
- (Cette désignation commerciale se rapporte à l’acideamidonaphtolsulfonique).
- La dissolution de ce produit s’opère à l’ébullition dans 2 litres d’eau, mais on la laisse refroidir pour l’emploi.
- 11 est avantageux d’en faire dissoudre plusieurs doses à la fois, qui sont ainsi prêtes pour l’usage.
- III
- Teinture. — En noir-diamine BO, à h 0^. Diazotage. — Comme ci-dessus. Développement. — Faire dissoudre au bouillon pour 10 kil. de coton :
- B.-Naphtol..................... 100 gr.
- Soude caustique, liq. à 36°.... 90 —
- Ajouter cette dissolution dans un bain d’eau simple et développer à froid, comme toujours.
- IV
- Teinture. — En noir-diamine BO, à 2 1|2 pour cent.
- Diazotage. — Comme ci-dessus.
- Développement. — Dissoudre à l’ébullition.
- Naphtylamine-éther (poudre).... 150 gr.
- Acide chlorhydrique............ 75 —
- Développer à froid, comme plus haut, ces dosages étant aussi pour 10 kil. de coton.
- Le naphtylamine-éther doit être employé quand on veut conserver aux bleus de la vivacité, mais avec moins de solidité que les développeurs précédtens.
- V
- On arrive aussi à produire des noirs en teignant sur fonds de no^rs-diamine RO ou BO, et développant, après diazotage, à l’aide de développeurs dits: diamine et phénylène-dia-mine ou avec de la résorcine.
- Ces noirs, cependant, sont généralement maigres, et ont besoin d’être remontés aux noirs d’aniline ; il y a peut-être alors plus de simplicité à faire directement un noir d’aniline par les procédés usuels de formation sur fibres.
- Si, toutefois, on trouve un avantage au point de vue de l’indégorgeabilité ou de la douceur des cotons, à remonter en noir d’aniline une teinte diazotée et développée, on peut aussi bien partir des types I, II, III 'ci-dessùs, que d’autres plus voisins du noir et faites spécialement pour cela.
- Les premiers étaient désignés : BB.
- La nouvelle marque est : R.
- Toutes deux teignent sur tannin (sumac ou galles) et émétique.
- Ainsi, suivant les tons désirés, on mordan-cera 100 kil. de coton avec *•
- Tannin................ 3 à 5 kil.
- ou Sumac de Sicile........ 15 à 25____
- ou ExtraitdeSumacà 30°B 16 à 28 —
- ou Extr. de Galles à 25» B 11 à 18___
- Avec, dans chaque cas :
- Acide sulfurique........ 1/2 à 1 kil.
- Après un séjour d’environ douze heures (soit une nuit) dans ce bain, entrant à 50 degrés et laissant refroidir, les cotons tordus sont ij’gg une demi-heure dans une dissolution froide de :
- Emétique................ 1 à 3 kil.
- On donne un rinçage, que l'on peut^ à ]a rigueur, remplacer par un essorage, puis i’0fl teint avec :
- Bleu demétaphénylène.. 2 à h kil.
- Alun.................... 2 à A kil.
- Il est bon d’ajouter le colorant par fraction et dissous à l’avance avec son propre poids d’acide acétique et vingt fois son poids d’eaa bouillante.
- En moins d’une heure de chaleur graduelle le bain est tiré à fond.
- A A 0t0 le bleu R donne une teinte foncée d’indigo cuivré.
- Les deux marques ont surtout la qualité de ne point dégorger sur les fils blancs avec lesquels les cotons teints sont tissés.
- Marrons sur lainages
- Pour 100 kil.:
- 1
- Substitut d’orseille en pâte, N 1 k. 250
- ThiocarminR................ 1 k.
- Tartrazine ................... 500 gr. ;
- Sulfate de soude.............. 15 kil.
- Acide sulfurique.............. 2 —
- U
- Carmin d’indigo.............. 1 k. 500
- Azocarmin.................... 1 k.
- Jaune solide................. 800 gr.
- Sulfate de soude............. 8 kil.
- Acide sulfurique............. k kil.
- II
- Teinture. —'En noir-diamine E, à 3 0^0.
- Diazotage. — Comme ci-dessus.
- Développement- — Au développeur AN, comme dans le procédé précédent.
- Ici, il a été employé comme base un noir diamine plus bleu, et la teinte finale est éga-ment plus bleue.
- Bleus de métaphénylène
- Nous avons produit des échantillons d’un bleu ainsi désigné (année 1892, p. 55), ce produit étant indiqué comme pouvant se substituer, dans bien des cas, à l’indigo de cuve pour les cotons.
- Les fabricants en présentent une nouvelle marque plus rougeâtre et aussi d’un plus grand rendement, destinée à la teinture des nuances foncées et bronzées, et possédant aussi une solidité de teinte qui rapproche ces bleus des indigos de cuve.
- III
- Orangé G.................... 500 gr.
- Bleu cyanine................ 250 —
- Chromotrope 2 R.............. 60 —
- Sulfate de soude............. 10 —
- Acide sulfurique.............. 2 —
- IV
- Mordancer au chrome et teindre avec:
- Brun d’anthracène W........ 1 k. 500
- Bleu d’alizarine SW........ 750 gr.
- Jaune de carbazol.......... 250 —
- Acide acétique............. 2 lit.
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- Comme d’usage, pour ces quatre formules, on entre à tièle et l’on pousse au bouillon.
- Violet et Bleu brillants et solides sur soie
- Teindre sur bain de savon coupé et additionné d’acide sulfurique, avec :
- Violet Formyl S4B............ 3 0t0
- Laver et aviver à l’acide.
- Entrer ensuite dans un bain bouillant de galles de Chine, à 5° B, et contenant par 100 litres de bain 200 grammes d’acide sulfurique. Donner quelques lisses, laisser refroidir une nuit et rincer à fond.
- Puis, baigner deux heures à froid dans la dissolution suivante :
- Eau....................... 100 lit.
- Emétique.................. 200 gr.
- On obtient ainsi le violet.
- Pour produire le bleu, le colorant sera l’in-dazine M, employée dans les mêmes proportions que le violet Formyl, et suivant le même procédé.
- Gris directs pourcoton
- MM. J. Ruch et fils présentent une nouvelle série de couleurs directes, c’est-à-dire teignant le coton sur bains alcalins, sans mordant, et qu’ils désignent :
- Gris-noir Congo B — — B N
- _ — W
- Bleu-noir Congo B
- Brun Congo G V
- Nous reparlerons de ces colorants, et aussi de deux autres de la même maison, qui verront prochainement le jour sous les titres de :
- Bleu Chicago B — — R
- Ils sont tous de la classe des couleurs dites : diamine ou benzo.
- /
- Blanchiment au peroxyde de sodium
- M. H. Castner s’est fait breveter pour une
- | préparation à base de peroxyde de sodium, j avec mélange de sels neutres, tels que le sulfate de soude ou de magnésie, préparation qu’il désigne « soda-bleach ».
- Ce mélange contient 7,5 0^0 d’oxygène libérable, soit dix fois plus que l’eau oxygénée à dix volumes.
- Il s’applique au blanchiment de tous textiles, suivant les procédés que nous avons publiés pour l’emploi du peroxyde dans notre livraison de janvier, année courante, p. 3.
- APPAREILS D’EXTRACTION
- MÉTHODIQUE
- des principes tinctoriaux ou tannants des bois
- De MM. Heftler et Bénard
- Un brevet d’invention a été récemment pris par M. Heftler, teinturier en peaux, en collaboration de M. Bénard, ingénieur, pour un appareil d’extraction de matières colorantes et tannantes, que nous estimons être imaginé
- Appareil d’extraction des jus de bois, de MM. HEFTLER et BÉNARD
- d’une façon très pratique et très rationnelle, et dont aussi la description intéresse particulièrement les industries tinctoriales, et aussi les tanneurs qui travaillent aux extraits.
- Une de ces machines fonctionnant dans l’usine de M. Heftler, nous avons pu nous rendre compte de son fonctionnement et ajouter ainsi au brevet, les éléments d’une description détaillée.
- M. Heftler s’est très obligeamment mis à notre disposition pour nous montrer l’appareil
- en fonctionnement et nous donner quelques renseignements sur l’invention en question. Nous lui laissons la parole pour un instant.
- « L’extraction de la couleur des bois, nous dit-il, se fait exactement comme elle se faisait il y a un siècle. Aucun au presque aucun progrès n’a été fait dans cette branche d’industrie, et cependant la couleur de campêche, Haïti, etc., joue un rôle considérable dans la teinture de la soie, de la laine, du coton, de la toile, des étoffes, des peaux, etc.
- « La cuisson de ces bois s’opère de deux façons, à l’air libre ou en autoclaves.
- « La cuisson à air libre se fait soit dans des marmites entourées de maçonnerie, au-dessous desquelles est pratiqué un foyer pour le combustible, soit dans des vases avec barbot-] teur à vapeur. La cuisson en autoclaves, et c’est la plus récente manière, se fait dans des espèces de poires dans lesquelles la vapeur est introduite directement par une de ses extrémités.
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- a Les trois manières de cuisson sont également défectueuses et surtout très onéreuses, car le bois, que l’on considère comme épuisé, contient encore 40 à 50 pour cent de matières colorantes.
- « Pour les marmites à feu nu, aussi bien que pour les vases à barbotteur de vapeur, la cuisson se fait en introduisant dans les récipients une certaine quantité de bois effilé ou varloppé et de l’eau. Au bout de trois à quatre heures de cuisson, on retire le liquide qui, refroidi, pèse 7[10 à 8[10° au pèse-tannin. On laisse dans les récipients le bois qui a déjà cuit une fois, on remet de l’eau et on fait de nouveau bouillir pendant trois heures . le second liquide que l’on tire en quantité égale à la première cuisson ne pèse plus que 2ii0°. Mélangés, ces deux liquides pèsent 5[10°. Il est évident que l’on peut augmenter la densité de la couleur en mettant une plus forte quantité de bois. _
- « Par la cuisson dans les poires autoclaves, on obtient un résultat encore moindre, car la vapeur agissant directement sur le bois ne permet, la plupart du temps, que de cuire une seule fois.
- « Dans lf=s trois cas, le résultat est le même en ce qui concerne la qualité de la couleur extraite. Si l’on se sert de la couleur provenant de la première cuisson, le prix en est très élevé et l’on n’est pas sûr d’avoir toujours le môme degré de densité, et si l’on mélange les deux cuissons, la couleur ainsi produite est insuffisante pour teindre certaines matières qui nécessitent autant de colorant que de tannant.
- « Dans aucun de ces cas, le bois n’est épuisé. En admettant que parla premièrecuis-son l’eau se sature d’autant de colorant qu’elle en laisse dans le bois, elle n’est toujours saturée que de 40 OiO environ;elle ne peut, par la seconde cuisson dans les mêmes conditions, prendre que 20 0[0; par conséquent, le bois garde encore au moins 40 Ot0 de matières tinctoriales. Ce calcul n’est qu’approximatif et l’expérience nous a démontré que le bois cuit deux fois avec de l’eau, contient encore 50 0t0 de colorant.
- « Notre appareil, je puis l’affirmer, épuise complètement le bois sans en retirer la matière résineuse qu’il contient.
- « Il est formé de la réunion en batterie de six ou plusieurs vases autoclaves d’une contenance variable. La décoction s’opère par le moyen d’un serpentin adapté aux parois de chaque élément dans sa partie inférieure, de sorte que la vapeur n’a aucun point de contact direct avec l’eau ou avec le bois. La vapeur introduite daus le serpentin n’y séjourne pas ; elle le parcourt en amenant l’ébullition de l’eau ou des jus, et elle en sort par un tuyau de dégagement qui permet de l’utiliser au chauffage d’une étuve ou de réservoirs d’eau.
- Sauf pour la première mise en marche de l’appareil, le bois n’est jamais décocté.avec de
- l’eau pure, mais Lien avec des jus bouillants, ce qui est la conséquence du méthodisme de l’opération. En effet, la batterie étant composée de six éléments chargés chacun d’une quantité déterminée de bois, l’élément n° 1 reçoit une première quantité d’eau pure qui s’empare d’une notable partie des principes colorants ou tannants renfermés dans le bois ; ces jus bouillants passent ensuite dans le 2e vase alors que le 1er reçoit sur le bois, partiellement épuisé déjà, une seconde quantité d’eau pure, et ainsi de suite jusqu’à ce que ce premier élément ait reçu son sixième et dernier chargement d’eau semblable. A ce moment précis où les jus faibles du sixième épuisement du bois du 1er vase passent dans le second, lesjusjorts du sixième ont été soutirés delà batterie, et le \^r vase rechargé de bois frais devient le 6e de la nouvelle tournée, l’ordre premier de la batterie étant interverti. Les opérations étant continues, elles s’effectueront désormais avec de; jus bouillants. »
- Les avantages de cet appareil d'extraction sont évidents : épuisement complet des bois sans en retirer ni même atteindre les matières résineuses ; dépense insignifiante de vapeur, attendu que les décoctions se font avec des jus encore bouillants permettant d’arriver rapidement à la température de 100° G.; main-d’œuvre à peu près nulle, toutes les opérations se faisant automatiquement et un seul homme pouvant conduire facilement une batterie produisant journellement de 2,000 à 25,000 litres de jus denses.
- Si l’on compare enfin les résultats obtenus par la cuisson des bois à l’air lihre et à feu nu dans des chaudières entourées de maçonnerie, ou dans des cuves avec barbotteurs à vapeur projetée, avec ceux que donnent les décoctions en autoclaves à vapeur maintenue, on trouvera que ce dernier système, qui est celui de MM. Heftler et Bénard, n’abandonne que des bois totalement épuisés alors que les deux autres modes d’extraciion délaissent des bois encore largement saturés de principes tinctoriaux ou tannants.
- Cet appareil, construit pour fonctionner en autoclave, ne reste en réalité tel que jusqu’à ce que le liquide ait atteint la température de 100o C.
- Les inventeurs ont pensé, à juste titre, que i e faisant jamais cuire leurs bois à une température plus élevée, ils ne couraient aucun risque d’en atteindre la matière résineuse. Ils ont, en conséquence, ménagé un vase d’expansion au-dessus de chaque élément, et cela dans le double but : 1° de permettre à l’ébullition de se continuer sans dépasser 100° C, et 2° de se mettre à l’abri de tout accident.
- L’appareil ne présente donc pas plus de danger qu’une simple marmite, car aussitôt que la température a atteint 100° C., la communication s’établit avec le vase d’expansion et la pression, au lieu de monter, ne fait plus que décroître.
- Ces appareils nous ont paru intéressants \ signaler aux teinturiers qui ont conservé pex cellente habitude de préparer eux-mêmes leurs jus colorants; le complet épuisement des bois obtenu ainsi d’une façon fort économique an ’ porte de nouveaux et sérieux avantages ' l’emploi direct des bois. Nous ne pouvons don que féliciter MM. Heftler et Bénard de leur ingénieuse invention, et la recommander avec conviction à tous les industriels soucieux de leurs intérêts.
- F. Gouillon
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LETTRES
- d’un
- TEINTURIÈR-DÉGRAISSEUR
- Sur la Régénération de la profession
- Il y a bien longtemps que je n’ai donné signe de vie, quoique toujours de ce monde et bien disposé à défendre les intérêts de notre pro. fessicn. Autrefois, nous disions notre art, mais hélas ! cet art est tombé de plus en plus en désuétude. Passons donc.
- Rentré dans la famille syndicale, je veux encore essayer d’enfoncer le clou et sonner la
- diane. Ce qui m’encourage, c’est l’ardeur de notre honorable et zélé président, essayant de relever notre art ou plus modestement noire profession.
- Toutes les idées que j’ai émises dans la Revue de la Teinture des années 1888-1889-, 1890, etc., tendaient à relever noire industrie et à lui faire reprendre le rang qu’elle n’eût jamais dû perdre.
- Dans des convocations récentes, notre président a réuni, non-seulement les membres de la Chambre syndicale, mais aussi tous les teinturiers parisiens et de la banlieue travaillant pour confrères. Un grand nombre ont répondu à cet appel confraternel.
- Dans un langage clair et serré, notre président a abordé les causes de la déchéance progressive de la profession, proposant un accord pour 1 établissement d’une série de prix minimum, accord qui fut finalement voté en ce sens.
- J’avais fait cette proposition dans le journal la Revue de la Teinture, n° du 25 mars 1889. Quoique venant quatre ans plus tard, ma proposition n’en était pas moins bonne puisqu’elle vient d’être adoptée ; reste à savoir si elle sera appliquée et si on lui prêtera main-forte. Il est permis d’en douter lorsque l’on considère l’innombrable armée de teinturiers d’occasion; néanmoins, si MM. les collègues travaillant pour confrères tenaient bon (ils y ont grand intérêt), force serait aux boutiquières de main-tenir de meilleurs prix. Somme toute, la question est là !
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- Malgré cela, ma conviction est que ce ne serait qu’un palliatif et qu’il faut de grandes mesures quant il y a péril en la demeure.
- Ce qui porte atteinte au métier, c’est le travail de confrères à confrères ; c’est donc le teinturier qui est son propre concurrent, et que vous le vouliez ou non, je vais vous le démontrer.
- S’il n’y avait pas de tunturiers travaillant pour toutes les boutiques d’occasion, celles-ci n’existeraient pas ou cessant de les servir elles tomberaient comme par enchantement. Nous sommes syndiqués, te nturiers, faisons donc nos travaux par nous-mêmes et non de confrères à confrères. Vous voyez comme c’est anormal puisqu’en réalité une partie de ces mêmes collègues fait la concurrence aux autres. En voulez-vous une preuve ?...
- Une nouvelle maison de teinture vient s’ouvrir dans le voisinage d’un teinturier ne faisant que son travail, immédiatement intervien- . nent le collègue à conlrore et le benzinier qui font le travail de la nouvelle maison. Us deviennent donc, en réalité, de vrais concurrents -, il n’y a pas à le contester, il en est ainsi !
- Tant que l’on n'aura pas mis de côté le système de confrère à confrère, il n’y aura rien de fait, car il faut aux grands maux les grands remèdes.
- Mais, me dira-t-on, c’est chose facile adiré en théorie -, que deviendraient les ateliers pour confrères ? Mais, mon Dieu, ils travailleraient pour eux-mêmes. Voilà, par exemple, telle maison travaillant pour 200 ou 300 boutiques, cette même maison aurait le choix de traiter dans d’excelUntes conditions la reprise d’une vingtaire de maisons (c’est déjà joli). Comme il faut qua le travail se fasse, chaque maison ferait un chiffre respectable d’affaires sans cette avalanche de boîtes (le mot n’est pas de trop); les maisons faisant de 20, 30 et 50,000 fr. d’affaires ne seraient pas rares, au lieu de celte nuée de bicoques variant de 3, 6,
- 8 et 10,000 fr. d’affaires que les frais généraux absorbent au grand dommage de tous. Voilà la vérité, qu’on le veuille ou non.
- Si des collègues entêtés ne veulent pas se rendre compte de cela, la force des choses les y obligera dans l’avenir ; la concurrence deviendra telle qu’il n’y aura plus moyen de marcher.
- 11 peut même arriver que nos collaborateurs, MM. les ouvriers, se rebutent à un moment donné et s’aperçoivent qu’en réalité ils travaillent sans espoir de pouvoir devenir patrons et ne font tout juste que le honheur des autres.
- Je livre à notre Chambre syndicale ces réflexions à méditer et à étudier ; quant à moi, je ne cesserai de le dire : le salut de la corporation est dans l’élévation des prix et l’abolition des fausses teintureries et du chinage -, le trop grand nombre de boutiques divisant
- les affaires, il en résulte des frais généraux relativement considérables qui absorbent tout.
- La bonne confraternité !... C’est d’une vraie et bonne confraternité que nous pourrions attendre de bons résultats. Il faut que tous les teinturiers sachent la comprendre, la mettre en pratique, comme le fait tant d’autres corps de métiers. Pour n’en citer qu’un exemple tout-à-fait d’actualité : voyez les bouchers.
- Tout le monde sait que par suite de cette longue sécheresse, l’agriculture souffrant énormément, que le bétail subissant une baisse de 40 et même 50 0/0, nous serions en droit de demander à nos fournisseurs une baisse proportionnée; mais MM. les bouchers ne sont pas si b.... naïfs, ils maintiennent leurs prix et par suite leurs bénéfices sont plus élevés.
- Voyez aussi tous les industriels avec lesquels vous êtes en rapport, soit chaudronniers, mécaniciens ou autres. Avez vous une réparation d’outillage à faire? Voulez-vous établir un prix convenu avec l’industriel, comme on le fait avec nous pour un chiffon à reteindre ?
- Pas du tout. On vous répondra après le travail fait; vous insisterez inutilement, on vous laissera aller ailleurs où on vous répondra la même chose; tandis que dans nos magasins vous voyez journellement des marchandeuses liarder des heures entières pour retaper une vieille robe ou un vieux paletot pour une affaire de cent sous comme s’il s’agissait de mille francs.
- Donc, pas de marchandage ; maintenons nos prix et travaillons a prix fixe ; si au contraire vous cédez, votre confrère voisin se verra obligé de faire comme vous et tous deux en souffrirez.
- Encore une fois, pas de gâcheurs.
- V. Barbé,
- Teinturier à Paris
- CHAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DES
- TEINTUR1ERS-DÉGRA1SSEURS
- REUNION DES TEINTURIERS CONFRÈRES
- La Revue de la Teinture a précédemment signalé ces réunions où d’importantes résolutions ont été prises ; nous publions ci-dessous quelques détails sur ces séances, d’après les procès-verbaux établis par M. Babillon-Marchal.
- Séance du 24 avril 1893
- A l’appel du comité de la Chambre syndicale une vingtaine de teinturiers pour confrères se sont réunis rue de Lancry, assistés de plusieurs autres teinturiers, membres de la Chambre.
- Sur la demande d’un grand nombre d’assistants, M. Jolly prend la présidence ou, pour mieux dire, la direction des débats, l’assemblée trouvant inutile de nommer un bureau^
- M. Jolly expose d’où est venue l’idée de cette réunion et quel est son but.
- En sa qualité de président de la chambre syndicale assistant non seulement à toutes les réunions du comité, mais aussi presque à toutes les expertises, M. Jolly est à même de voir souvent quelques-uns de nos confrères, tantôt les uns, tantôt les autres, et comme sondé-vouement à la corporation est toujours en éveil, il ne néglige aucune occasion de faire causer les confrères pour connaître ce que chacun dé.1 ire, ce dont chacun peut avoir à se plaindre.
- Le comité de la Chambre, mis au courant de ces observatio.is recueillies avec soin, put à son tour examiner la situation, que tous reconnaissent difficile, tout au moins en voie de devenir mauvaise. D’une façon générale, il sembla que le danger venait des grandes facilités données à toutes les petites maisons tenues par des personnes ignorantes du métier, soit par des prix d’un bon marché exagéré, soit par des délais prolongés pour les paiements.
- Toutefois, le comité décida que son rôle devait se borner à faire naître une réaction profitable à tous, à provoquer une réunion où les teinturiers pour confrères discuteraient entre eux leurs véritables intérêts.
- Après cet exposé, M. Jolly demande à la réunion si elle est d’avis qu’il y a utilité à faire un essai, une tentative d’entente dans le sens indiqué.
- La réunion est unanime pour approuver les idées de M. Jolly, et des observations de plusieurs assistants, il ressort une résolution d’établir un tarif minimum.
- M. Hallu fait remarquer que, en dehors des teinturiers pour confrères, il y a le flanellier, le nettoyeur à sec, le gantier, etc.
- M. Jolly répond que bien souvent le flanellier fait aussi les nettoyages ordinaires et des apprêts, qu’il peut donc être compris parmi les teinturiers pour confrères.
- M. Mars et M. Fleury sont d’avis de laisser de côté la question du nettoyage à sec, parce que ce travail est fait différemment, nettoyage et visitage, ou nettoyage seul, et aussi parce qu’il est concentré entre un petit nombre de spécialistes qui, on peut l’espérer, suivront l’impulsion donnée dans leur propre intérêt.
- L’avis général étant de laisser de côté pour l’instant du moins, le nettoyage à sec, M. Jolly demande si l’on doit établir un tarif restreint, comprenant une vingtaine des articles les plus courants, ou si le tarif minimum sera aussi complet que possible.
- L’assemblée consultée décide à la presque unanimité qu'on établira un tarif complet.
- M. Jolly signale, en dehors de la question
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- du tarif, plusieurs détails intéressants dans les rapports entre les teinturiers pour confrères et leurs clients, notamment l’escompte et les délais accordés pour les paiements.
- M. Fleury fait observer que l’escompte doit être absolument supprimé, interdit, autrement le tarif ne signifie plus rien, puisque l’escompte plus ou moins fort le diminue au gré du fournisseur.
- Quant aux paiements, Userait à désirer que l’on prît, dans la teinture, les habitudes commerciales qui fixent des époques aux paiements, ou du moins en déterminent les délais.
- M. Jolly propose de nommer une commission, qui étudierait le tarif minimum, et le présenterait à une prochaine réunion, en proposant en plus les mesures qui sembleraient les plus efficaces pour améliorer la situation de notre industrie.
- Après un échange d’observations, l’on procède au vote de la commission qui se compose de : MM. Mars, Fleury et Barriand.
- MM. les confrères sont priés d’envoyer leur tarif à M. Mars, rue St.-Charles, 9A.
- M. Jolly précise la façon pratique dont les mesures à prendre pourront produire tout leur effet utile. Quand l’assemblée aura adopté un tarif minimum, et pris à l’unanimité ses décisions, tous les teinturiers devront s’engager par écrit, sur l'honneur, à s’y conformer, et afin que, en dehors de la sanction morale qui serait, en face de tous, d’avoir forfait à l’honneur, il y ait aussi une sanc'ion palpable, matérielle, l’engagement comprendrait le paiement d’une somme à fixer à titre d’amende par tout contrevenant.
- M. Fleury ajoute qu’il est indispensable, pour ne pas faire un marché de dupes, que la grande majorité, sinon la généralité des teinturiers pour confrères, prennent cet engagement, et, par suite, il est nécessaire de les convoquer tous.
- 11 est donc décidé que tous les teinturiers seront convoqués en une assemblée plénière, qui aura lieu le lundi 8 mai, à huit heures du soir, rue de Lancry.
- Deuxième assemblée des teinturiers pour confrères
- A cette seconde réunion prennent part quarante-cinq teinturiers, ei M. Jolly, qui préside l’assemblée, donne lecture des lettres de onze confrères qui s’excusent de ne pouvoir y assister.
- M. Jolly félicite tout d’abord les teinturiers présents d’être venus en aussi grand nombre, cet empressement prouve évidemment que tous sentent le besoin de faire quelque chose pour relever notre industrie; cela est dans l’air par raison autant que par nécessité.
- La concurrence a été quelquefois si aveugle, exagérée souvent par des personnes inexpé rimentées, que les vrais travailleurs sérieux, désireux à la fois de bien faire et de voir leur
- peine honorablement rétribuée, sentent qu’une réaction s’impose, et que, pour la provoquer, il faut s’unir tous, se tendre les mains d’un atelier à l’autre sans exception.
- Celte concorde, cette union, est une garantie de succès, et plus elle sera complète, générale, plus les résultats seront satisfaisants.
- La première réunion a été unanime à reconnaître l’utilité de réagir contre l’avilissement des prix et de faire les efforts possibles pour gagner à cette idée tous les teinturiers qui travaillent, qui font eux-mêmes tout ou partie de leur ouvrage.
- L’examen des moyens pratiques pour obte nir un résultat sérieux amenait naturellement une série de questions à résoudre.
- Peut-on remédier au mal en élevant les prix ?
- Oui, évidemment; si les teinturiers pour confrères imposent à leurs clients un tarif plus élevé pour la généralité des articles, les teinturiers qui travaillent pour eux-mêmes pourront faire de même vis-à-vis de leur clientèle, ainsi tous y trouveraient leur compte.
- L’établissement d’un tarif minimum devenait nécessaire, et la précédente assemblée nomma de suite trois de ses membres pour faire ce travail important. Ce tarif, une fois établi, il faudra que tous les teinturiers s’engagent à l’appliquer, autrement il deviendrait une chaîne pour ceux, qui l’auraient accepté, laissant toute liberté à ceux qui seraient restés en dehors.
- De là, une convention qui lierait toutes les parties et devrait prévoir les pénalités nécessaires pour la faire respecter ; de là aussi, la nomination d’une commission de plusieurs contractants chargée d’examiner les infractions et de prononcer les pénalités selon l’importance de ces infractions.
- M. Jolly prie donc les assistants de donner leur avis sur ces diverses résolutions à prendre.
- MM. Fleury, Baudreux, Giraudon, Monnot et plusieurs autres prennent successivement la parole, et tous sont d'accord pour soutenir ce projet de convention, indispensable pour l’application du tarif minimum.
- M. Fleury insiste, ainsi que plusieurs assistants l’ont fait observer, sur la nécessité de faire admettre la convention et le tarif par tous les teinturiers, si c’est possible, et par suite la nécessité de connaître ceux qui refuseraient de l’adopter.
- Pour avoir de suite une base sérieuse avant d’aller plus loin, M. Jolly propose de rechercher par un vote spécial l’opinion personnelle de tous les assistants sur les principes d’une convention.
- L’assemblée approuvant cette proposition, il est procédé au vote par appel nominal et les h5 assistants répondent oui à la question.
- M. Jolly prie le secrétaire de conserver aux archives la feuille du vote, après y avoir mentionné l’adhésion des six teinturiers absents
- qui, par lettre, ont d’avance accepté les décisions de la réunion.
- M. Jolly revient de nouveau sur la nécessité de connaître l’opinion et d’obtenir l’adhésion de tous les teinturiers ; il faut donc en établir la liste aussi complète que possible, de façon à pouvoir connaître, si le projet échoue, les noms de ceux qui, pour des raisons personnel les, auront empêché la réalisation des mesu' res dont le but était le relèvement de notre industrie, l’amélioration des intérêts de toute la corporation, sans en excepter les ouvriers et ouvrières.
- En effet, les mesures proposées ont une portée plus étendue qu’elles ne paraissent et il est de notoriété que nos collaborateurs les dési rent autant que nous.
- 11 faut donner au secrétaire tous les noms des teinturiers et des spécialistes se rattachant à notre métier pour, au moment donné, pou. voir faire une consultation plénière de toute la corporation.
- Des démarches seront faites près des absents pour obtenir leur vote pour ou contre et la plus grande publicité sera donnée à ces résultats dans le domaine de notr^ industrie
- Pour compléter ce vote, M. Jolly propose de nommer une commission de trois membres dont le rôle serait de rédiger les termes de la convention à intervenir entre tous les teinturiers.
- Cette commission qui, sur la proposition de M. Babillon pourra travailler en commun avec celle du tarif, est composée de MM. Alavoine Monnot et Morel.
- - eKXSXJo-.-
- LE DRAP NOUVEAUTÉ
- pour pantalons
- Pour orner le pantalon, les bandes ne reviennent que très lentement. On en met dans dans les étoffes cependant, mais comme une partie seulement des consommateurs en fait usage, elles se présentent souvent sous un aspect modeste, étroites, unies de nuance, ou de façonné peu apparent.
- Le fabricant doit quand même mettre des bandes dans la plupart des articles pour pantalon, le tailleur étant toujours libre de les utiliser ou de les supprimer suivant le goût du consommateur.
- On porte des pantalons de ville en noir uni, et afin de les différencier du pantalon de cérémonie, on leur applique des bandes. Alors celles-ci sont faites avec des fils de demi-teintes, des retors de fils fins, noir et blanc, noir et gris demi-ton, etc.
- Les grands dessins qui atteignent jusqu’à 12 centimètres et plus, en effets adoucis il est vrai et applicables au pantalon, ne sont cependant recherchés que par un petit nombre de consommateurs. Le goût qui s’est élevé successivement jusque-là ne peut dépasser ces limites sans atteindre l’excentricité, et il tend
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- à revenir vers les dispositions petites, minuscules.
- On était porté depuis quelque temps, â donner une place importante au carreau. Pour les études actuelles on doit, au contraire, en diminuer le nombre, le petit façonné étant en augmentation, et, d’autre part, la rayure étant très recommandée pour l’avenir par les grandes maisons de vente qui espèrent un très bon accueil pour les façonnés longitudinaux.
- Les articles en peigné reprennent un peu. La finesse et la beauté de ces produits ne pouvant aisément se remplacer, bien des commerçants qui les négligeaient ont dû y revenir.
- En peigné, les petits genres pour complet dont nous parlions plus haut seront nuancés sans grande variété. On peut même dire qu’il y aura des séries ternes, monotones.
- Quelques explications vont le montrer. Dans bien des séries on emploiera un fond invariablement noir. Pour la seconde nuance on prendra des gris à tous les tons, notamment des plombs, des bleutés, des ardoises, des gris mélangés, des retors noir et perle en fils très fins et autres dans le même esprit. Les gris roux, les bronzes seront à peu près délaissés pour cet emploi.
- La finesse des fils, l’emploi uniforme du noir, la grande ressemblance entre les diverses teintes utilisées comme seconde nuance, la petitesse des dessins, tout contribuera à donner aux séries ainsi composées un aspect indécis, sans éclat. Si, pir hasard, on ajoute ça et là un filet vif, il sera peu, très peu apparent.
- (Journal des Tissus).
- L’ENSIMAGE DE LA LAINE
- Par M. l’abbé Vassart
- L’ensimage (du mot allemand Seim qui veut dire graisseux) se prend le plus souvent dans le sens de graissage des fibres textiles.
- Dans son acception plus générale, comme nous l’entendons dans cet article, il indique une opération qui consiste à lubrifier les fibres textiles pour leur permettre de glisser faci'e-iflent les unes sur les autres avec le moins ae déchets possible.
- Ainsi compris, cet ensimage peut être fait avec des préparations très différentes et sans avoir recours à l’emploi d’aucun corps gras ni acide, ni neutre, ni saponifié, ni émulsionné. Il faut, en effet, et il suffit que le produit d’ensimage soit onctueux, ce qui facilitera la parallélisation des fibres et fixera le duvet ou les filaments courts, réduisant ainsi la proportion de blousses et de déchets.
- Il est bien entendu, nous voulons le dire en commençant, que l’ensimage ne peut pas être pour nous une question de charge. Loin de nous de pousser quelque industriel dans cette "voie.
- Nous voudrions même voir les industriels réagir résolument contre cette tendance à la désapprobation publique plutôt que de se résigner à la suivre.
- Nous avons eu, dans plusieurs circonstances, à constater sur des fils étrangers des charges qui rendaient la concurrence impossible à nos filateurs. Nous pensons que les chambres de commerce, les sociétés industrielles, les conditions publiques sont ou peuvent être facilement pourvues de tous les moyens pour découvrir ces fraudes, de toutes les armes pour les repousser.
- On a bien pu, par le conditionnement hygrométrique, se mettre en garde contre une charge par l’eau -, on peut faire un pas de plus pour déjouer les autres tentatives de charges et chaque centre industriel est armé pour se défendre.
- A cette première rés.rve sur la loyauté des transactions, nous en ajouterons une autre, concernant les inconvénients au point de vue technique. Celles qui reposent sur l’emploi des corps gras, soit neutres comme les huiles, soit acides comme l’oléine, ou mieux l’acide oléique du commerce, soit saponifiés, soit émulsionnés, donnent souvent lieu à la formation Ce composés insolubles qui occasionnent des ennuis dans les opérations ultérieures.
- Ce corps gras, ce savon, cette émulsion étant mis en présence d’un sel déjà fixé sur la fibre, ou d’un sel que tel encollage vient y apporter, le composé insoluble se forme et le fabricant passe au teinturier ou à l’apprêteur cette difficulté qu’un peu de connaissances chimiques ou un peu d’entente entre les différentes branches de l’industrie textile pouvait et devait éviter.
- Ces quelques explications sont une réponse à plusieurs consultations qui nous ont été adressées par des teinturiers qui ne parvenaient pas à dégraisser convenablement des fibres plus ou moins chargées de ces savons insolubles.
- Ceci posé, nous voulons, nous voulons le dire clairement, l’ensimage non seulement sur les laines cardées, mais encore sur les laines, peignées et autres fibres peut être une opération rationnelle, pour traiter la fibre avec plus de ménagement ; c’est un pas de fa t dans le perfectionnement du travail.
- Aussi nous comprenons que des peigneurs ou des filateurs héistent à reconnaître qu’ils ont pratiqué l’ensimage. Un industriel peut être loyal et ensimer sans avoir à s’en cacher, pourvu qu’il dise s’il a ensimé à 2 ou 3 pour cent son peigné, à 15 ou 20 pour cent son cardé, si la fibre qu’il remet a été déchargée ou reste chargée de ce produit d’ensimage.
- Il y a dans ces indications toutes les conditions voulues par la justice et les avertissements nécessaires pour les opérations ultérieures.
- Nous irons plus loin, et nous dirons que l’ensimage est une opération qui doit se faire le plus économiquement possible.
- En effet, les produits employés doivent faciliter le glissement des fibres et assurer un bon rendement*, mais, après avoir rempli ce rôle, ils doivent être éliminés, et rien ne reste pour donner une plus-value à la fibre textile.
- Aussi ces produits viennent grever chaque kilogramme de matière de plusieurs centimes, dépense supplémentaire qu’il faut tendre à diminuer. Sur ce point, nous sommes dans le même courant d’idée que bon nombre d’industriels, mais nous ne pouvons omettre de faire quelques réflexions pratiques sur les conditions auxquelles doit satisfaire un produit d’ensimage.
- 11 doit être le plus soluble possible, afin de pouvoir être facilement enlevé par les lavages à l’eau ou au moins par un léger dégraissage.
- S’il contient un corps gras, soit saponifié soit émulsionné, il ne doit pas contenir en même temps un corps avec lequel il puisse former un savon insoluble, et cette remarque s’applique encore avec la même évidence à la présence de tout sel déjà fixé sur la fibre préalablement à l’ensimage ou devant être apporté sur la fibre avant la séparation du produit d’ensimage, quand ce sel peut donner lieu à un composé insoluble.
- Telle est l’origine de tant de difficultés qui ont surgi pour le teinturier qui doit d’abord faire un dégraissage dans les conditions les plus défavorables ; telle est l’origine de difficultés plus grandes encore pour l’apprêteur, qui doit traiter énergiquement le tissu en vue d'un bon apprêt et qui ne le peut, ayant à ménager le blanc, le teint ouïe vigoureux. Les principes sont clairs, mais comme on peut le comprendre, la question des conséquences de l’ensimage est bien plus complexe pour les tissus en laine peignée que pour les tissus en laine cardée.
- Le produit di it être neutre ; acide, il attaquerait les parties métalliques des machines ; alcalin ou basique, il démonterait les nuances du peigné teint ou les rendrait moins vives pour la plupart.
- Le produit ne peut contenir de l’eau que dans les proportions déterminées et très variables selon les cas : s’il s’agit d’un ensimage pour peignages, ce qu’il faut éviter avec le plus grand soin, c’est laformation de la rouille sur les aiguilles des cardes, et dans ce cas, il y aura toujours incomparablement moins d’économies à réaliser que dans l’ensimage pour filature.
- Dans ces explications, je n’ai voulu que faire la lumière au point de vue commercial pour la r loyauté des transactions sur les peignées et les filées, et au point de vue chimique pour le choix et l’emploi intelligents des produits d’ensimage et la réparation la plus régulière possible du produit d’ensimage. En principe,
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- on ensime d’autant plus que les filaments sont plus courts, plus gros et plus jarreux.
- C’est pourquoi les laines cardées sont ensi-
- mées à environ 15-20 pour 100. Le mode d’ensimage est des plus simples. Le produit, acide oléique ou oléine du commerce, huiles d’olives, mélanges d’huile et de savon, etc., est réparti avec une sorte d’arrosoir sur les différentes couches de laines qui se superposent et, après avoir ainsi arrosé tas par tas. on remue à la fourche en prenant la laine par couches verticales ; on la passe ensuite au loup, et l’ensimage paraît suffisamment régularisé.
- Mais s’il s’agit de laines peignées, alors que l’ensimage n’a de raison que dans la proportion de quelques pour cent, il faut procéder tout autrement et on a recours à des appareils
- qui sont des ensimeuses.
- (Bulletin des laines).
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- PRÉPARATION DE L’ALUMINE
- dans l’Industrie Par M. A. DITTE
- l es phénomènes que j’ai étudiés relativement à la décomposition des aluminates a câlins tant par l’alumine que par l’acide carbonique, conduisent à se rendre un compte exact de ce qui se passe dans la pratique de l’un des procédés que l’industrie met en œuvre pour la fabrication de l’alumine.
- Le minerai alumineux (bauxite), est traité par de la soude caustique, puis l’aluminate obtenu est mélangé avec une petite quantité d’alumine cristallisée, telle que celle qui se produit lorsqu’on traite à froid la solution d’aluminate par un courant d’acide carbonique ; on agite le mélange : une réaction se produit à la température ordinaire , elle donne lieu à la précipitation d’hydrate d’alumine facile à laver, et au bout de quelques heures il ne reste qu’une faible proportion d’alumine dissoute dans le liquide; celui-ci rentre dans la fabrication, et l’opération ne nécessite d’autre appareil qu’un agitateur.
- Or, j’ ai montré que les aluminates alcalins sont des sels que l’eau décompose et que, même en présence d’un excès d’alcali, l’introduction de quelques cristaux d’alumine hydratée dans leur dissolution suffît pour empêcher l’établissement d’un équilibre et pour entraîner la décomposition de l’aluminate, avec une rapidité d’autant plus grande que le mélange est mieux agité. Dans l’opération industrielle, ces cristaux, nécessaires à la réaction, sont apportés précisément par l’addition à l’aluminate d’un peu du dépôt que l’on obtient en le traitant à froid par un courant d’acide carbonique, dépôt qui, nous l’avons établi, est constitué en totalité ou en partie par de l’hydrate alumineux cristallisé. On comprend bien, une fois connu le mécanisme
- de la décomposition de l’aluminate alcalin, que rien ne puisse remplacer ces cristaux qui la provoquent, et qu’en particuler l’alumine gélatineuse n’ait aucun effet, incapable qu’elle est de déterminer la cristallisation de l’alumine simplement dissoute dans la solution alcaline et, par suite, de rompre continuellement l’équilibre qui tend à s’établir dans la liqueur; lorsqu’on se borne à faire traverser l’aluminate par un courant d’air, c’est seulement quand l’acide carbonique que cet air renferme a précipité un peu d’alumine cristallisée, que la réaction qui donne lieu à la décomposition progressive de l’aluminate alcalin s’accomplit régulièrement.
- La manière dont se forme ce précipité d’alumine explique bien qu’elle soit très pure ; en effet, les substances telles que la silice, l’acide phosphorique, etc., que la bauxite renferme et qui ont été dissoutes par l’alcali employé à l’attaque de ce minerai, n’éprouvent aucun effet de la part de l’alumine cristallisée et restent dans les eaux mères après la précipitation de celle-ci ; il n’en est plus de même lorsque, comme dans l’ancien procédé, on décompose l’aluminate par un courant d’acide carbonique capable de détruire également les silicates et certains phosphates dissociés : les matières étrangères précipitées en même temps que l’alumine restent avec elles; il ne saurait en être ainsi, comme on vient de l’expliquer, dans le dépôt qui provient de la destruction des aluminates alcalins sous l’influence de l’hydrate d’alumine cristallisé.
- (Bull, des fabr. de papier).
- LE CHLORE LIQUIDE
- Le chlore liquide vient de faire son entrée officielle dans l’industrie chimique. Cette nouvelle forme transportable du chlore, cet agent d’une importance industrielle aussi grande va faire une concurrence sérieuse au chlorure de chaux, à l’eau de Javel, etc.
- La liquéfaction du chlore est obtenue par une pompe à piston liquide. Ce piston liquide est formé d’acide sulfurique concentré, lequel est sans action sur le chlore.
- La pompe est formée par un tube en forme d’U cylindrique, en fonte et doublé, intérieurement, de plomb. Dans l’une des branches, il y a de l’acide sulfurique, dans l’autre du pétrole. Une pompe aspirante et foulante comprime le pétrole, lequel communique son mouvement à l’acide. Le chlore est comprimé dans un serpentin refroidi. La pression à obtenir est de 6 kih à la température de 15° C.
- Le chlore liquide est emmagasiné dans des récipients en tôle de fer soudée ou en acier, qui peuvent en contenir 50 kilog. Le chlore liquide n’atîaque pas, à froid, ni le fer ni le cuivre.
- Le chlore liquide a une densité 1,33 à 1,46. 1 kilogr. de chlore liquide représente 300 li-
- tres de chlore g?zeux et correspond à 3 kil0g de chlorure de chaux.
- Le maniement des bouteilles de chlore \[ quide est très facile. Ces bouteilles sont dis^ posées pour donner du chlore gazeux ou d chlore liquide.
- Le chlore liquide rendra de grands service dans les laboratoires, où il est très ennuve * de préparer ce corps pour les usages cou rants.
- [Revue de chimie industrielle).
- ---------53SJS—----------
- LE COMMERCE DES TISSUS
- avec la Perse, par Constantinople
- Une grande partie du commerce des tissu» avec la Perse ne se fait pas directement, maj seulement par l’intermédiaire de représeoj tarits persans qui résident à Constar tinople e{ qui sont les frères, parents ou associés deg négociants les plus importants de Tauris et de Téhéran-
- En général, on est d’avis qu’il est p]us de travailler avec une maison composée d» plusieurs frères ou parents qu’avec des associés non réunis par des liens de parenté. Ceci pour les difficultés pouvant survenir en cas de décès de l’un des associés. Pour le même motif, certains n’aimenl pas à traiter avec les commissionnaires persans qui achètent pour compte de maisons de la Perse n’envoyant pas de délégué à Constantinople.
- Comme tous les Orientaux, les Persans sont légèrement enclins à la chicane, et ne manquent pas de laisser pour compte ou de réclamer des rabais lorsque le fabricant commet des irrégularités Ils sont également portés à exagérer leurs ordres quand un article est demandé, sauf à se repentir ensuite d’avoir donné une commande trop importante.
- Ce que nous venons de dire démontre l’absolue nécessité, pour les fabricants de tissus français qui désirent écouler leurs produits en Perse, d’opérer par l’entremise d’un bon agent, connaissant h fond la clientèle persane, en étant connu et estimé, sachant comment on doit traiter avec elle, la manière de présentet les affaires et connaissant les précautions à prendre pour mener à bonne fin les opéra-) tions.
- Maintenant, quels sont les tissus achetés à Constantinople pour la Perse? Il y en a de nombreux genres.
- Tout d’abord, les soieries de Lyon pour les belles qualités, les sortes moyennes et secondaires étant plutôt réservées à Crefeld, puis les velours de soie supérieurs, également de Lyon, toujours avec Crefeld- en concurrence pour les qualités ordinaires.
- Les satins imprimés viennent d’Autriche, qui produit un article ayant beaucoup d’éclat, que la fabrique française n’a pas atteint.
- Les grenadines brochées, 54 centimètres, sont demandées à la Suisse.
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- la revue de la teinture
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- Les mérinos doubles proviennent exclusivement de Reims et de Roubaix, bien que l’Autriche et l’Allemagne essayent de nous faire concurrence sur cet article.
- Les doublures laines et coton, dites satin de Chine viennent d’Allemagne.
- Les velvets ou velours de coton sont fournis par l’Angleterre et l’Allemagne ; et c’est également l’AnglAterre qui vend les tissus astrakan servant à faire les bonnets dont se servent les Persans.
- En grosse draperie, les produits français ne tiennent qu’une place modeste ; ils sont remplacés pur les draos luisants d’Autriche et par les draps allemands. S^ule, Roubaix fournit les draps légers.
- L’Autriche et l'Allemagne envoient aussi les lainages imprimés, 52 centimètres, à fond de couleur et à grandes flpurs. Les lainages dits de Mulhouse et les châles viennent d’Allemagne, ainsi qse les tissus d’ameublement.
- C’est l’Autriche qui vend les tissus brochés d’or.
- L’article de Tarare trouvait jusqu’en ces derniers temps un grand écoulement chez les Persans par Constantinople. Il est en ce moment fortement concurrencé par un article inférieur venant de Saxe, mais dont la clientèle se contente, parce qu’il y a une sérieuse différence de prix. Les commandes destinées à la France diminuent beaucoup, et si l’industrie de Tarare n’y prend garde, elle perdra sans contredit une bonne partie de ses débouchés de ce côté.
- Pour les passementeries, on s’adresse à Si-Etienne et à St-Chamon 5 Barmen fournit les tresses et bordures laine.
- Enfin les Persans de Constantinople achètent aussi beaucoup de cotonnades anglaises imprimées, tissus qui, sous le nom de 0 manufactures », donnent lieu dans le Levant à un commerce considérable. L’Angleterre n’a pas encore trouvé de concurrent sérieux pour cet article.
- Comme on le voit, la France occupe une certaine place dans les relations avec les Persans de Constantinople, mais il est évident qu’elle pourrait en occuper une plus grande. Le commerce français aurait grand tort de négliger cette clientèle.
- CARACTÈRES ANALYTIQUES
- des gommes arabiques et de la dextrine
- Pur M. L. Liebermann
- Les gommes arabiques et du Sénégal se distinguent d’autres gommes, telles que la gomme du cerisier, en ce qu’elles sont parfaitement solubles.
- La gomme arabique et la dextrine, chauffées quelque temps avec une solution de soude caustique, donnent des liquides d’un jaune d’ambre, mais la gomme du Sénégal donne à peine une faible couleur jaune.
- 11 y a deux caractères qui distinguent ces gommes de la dextrine. Une solution aqueuse de la gomme arabique donne avec une solution de potasse caustique et avec quelques gouttes de sulfate d’oxydule de cuivre, run précipité bleu qui se rassemble et monte à la surface ; la gomme du Sénégal donne un précipité plus foncé qui se répand uniformément à travers le liquide en petites parcelles floconneuses.
- Pour distinguer ces gommes en présence de la dextrine, on précipite leur solution par de la potasse caustique et du sulfate d’oxydule de cuivre ; on chauffe pour dissoudre le composé formé par la dexlrine, on filtre, on lave !e précipité avec de l’eau distillée, puis on dissout dans de l’acide chlorhydrique. Oa précipite ensuite les gommes avec un grand excès d’alcool et on laisse le précipité reposer pendant 12 heures ou 2h heures ; on décante le liquide et on lave le précipité avec de l’alcool. On évapore lUlcool retenu par les gommes, on les dissout dans l’eau et on les essaye comme il a été indiqué plus haut.
- 11 faut ajouter que l’aspect des gommes donne une première indication, car les parcelles ligneuses insolubles dans l’eau sont généralement rouges pour la gomme arabique, noires pour la gomme du Sénégal.
- (Pharmaceutische Post).
- JURISPRUDENCE
- Action en justice des Syndicats professionnels
- La Cour de Cassation vient de rendre un arrêt qui intéresse au plus haut point les syndicats professionnels.
- Le IA septembre 1889, une convention est intervenue entre des industriels de Chauf-failles et la Chambre syndicale des ouvriers tisseurs pour réglementer le salaire des ouvriers et ouvrières.
- Le contrat, d’après les ouvriers, n’ayant pas été observé par les patrons, la Chambre syndicale les actionna en paiement de 3,000 fr. de dommages-intérêts.
- Elle obtint gain de cause devant le tribunal de commerce de Charolles. Mais la Cour de Dijon infirma cette sentence par un arrêt dont voici les principaux motifs :
- Attendu que, si, par son article 6, la loi du 21 mars 1884 reconnaît aux syndicats professionnels le droit d’ester en justice, c’est à la double condition : 1° que les syndicats aient tout d’abord été constitués en vue d’un intérêt général de la profession ; 2° que les actions exercées par le syndicat aient pour objet elles-mêmes la défense des intérêts inhérents à leur personnalité juridique, et non la défense des droits individuels de leurs adhérents ; c’est que, s’il est incontestable que la fixation du taux
- des salaires et la réglementation des heures de travail rentrent dans la catégorie des intérêts généraux pour la sauvegarde desquels un syndicat professionnel d’ouvriers peut se constituer; que si, par suite, les membres delà chambre syndicale de Chauffailles ont pu intervenir pour faire au nom des ouvrières syndiquées la convention du IA septembre 4888, il est certain toutefois que le syndicat ne peut, en son nom, exercer les droits et actions qni’ à la suite d’une prétendue inexécution de cette convention, appartiendraient individuellement et personnellement à une partie de ses adhérents.
- Par ces motifs,
- Déclare le syndicat non recevable.
- La Chambre syndicale s’étant pourvue en cassation, la Cour suprême vient de rejeter le pourvoi.
- De la décision de la Cour suprême se dégage ce point, c’est qua « s’il est vrai que la fixation du taux des salaires et la réglementation des heures de travail rentrent dans la catégorie des intérêts généraux dont la défense appartient aux syndicats professionnels, ceux-ci ne peuvent poursuivre en justice en leur propre nom l’exécution des conventions relatives à ces intérêts et passées entre ouvriers et patrons lorsque, dans ces conventions, ils n’ont joué que le rôle d’un intermédiaire etn’ontpas été partie au contrat. »
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- 227.009. — Siemens et Halske. — Procédé de blanchiment au moyen d’azote artificiel et de dissolution faibles de sels de chlore.
- 227.081. — Florin-Leclerc. — Nouvelle machine à chiner tout fil, en une ou plusieurs couleurs, superposées ou non.
- 227.461. — Ettl. — Appareil centrifuge pour teindre, blanchir, cuire, etc., les matières textiles.
- 227,167. Julien. — Fixage indélébile des couleurs sur tous tissus, sans immersion.
- 227.339. — Shau. —Perfectionnements aux appareils de teinture.
- 227.371. — Breuil et Karrer. — Procédé de blanchiment des fils de coton en bobines ou fuseaux.
- 227.399. — Rudolf Koch et Cie. — Procédé pour mordancer et teindre, en récipients de cuivre, à l’aide des sels fluorés de chrôme.
- 227.460. — Bonnet, Spazin et Cie. — Humidificateur d’atmosphère.
- 227.480. — Ermbler. — Appareils à imprimer les mesures sur les tissus et papiers en rouleaux.
- 227.563. »— Flick frères. — Nouvelle liqueur de réduction pour l’indigo, dite et Indo-réduct ».
- Certificats d’addition.
- 227.009. — Siemens et Halske. — Addition
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- au brevet pour blanchiment ci-dessus indiqué.
- 224.875. — Teinturerie Stéphanoise. — Brevet du 28 septembre, pour une machine à teindre les écheveaux.
- INFORMATIONS BT FAITS DIVERS
- Délai «1e transport des marchandises à petite 'vitesse. — M. le ministre des travaux publics vient d’adresser à MM. les inspecteurs du contrôle des Compagnies de chemins de fer la circulaire suivante :
- « J'ai soumis au Comité consultatif des chemins de fer les résultats des études auxquelles avait donné lieu, delà part du service du contrôle, la question de savoir s’il ne conviendrait pas d'accélérer le transport des marchandises à petite vitesse en étendant à toutes les lignes le délai de vingt-quatre heures par 200 kilomètres qui n'est actuellement applicable que sur les lignes principales.
- a Le Comité a pensé qu’à moins de modifier les conditions d’exploitation des lignes à faible trafic, qui n’ont pas de service de nuit, sur lesquelles les trains de marchandises ne circulent qu’en petit nombre, il serait peut-être difficile d’appliquer partout le délai de vingt-quatre heures par 200 kilomètres.
- « Je n’insisterai donc pas sur ce point, quant à présent.
- « Mais, en renonçant momentanément à unifier les délais, l’administration ne saurait renoncer à améliorer un état de choses qui ne répond certainement pas aux exigences de notre état social.
- « Or, si l’on considère qu’aux délais déjà excessifs du cahier des charges s’ajoutent pour la plus grande partie des transports, les délais supplémentaires stipulés par les tarifs spéciaux, on est amené à reconnaître que le commerce et l’industrie ne bénifîcient pas, en France, de tous les avantages que devrait leur procurer l’etablissement de nos voies ferrées.
- « C’est pourquoi le Comité a émis le vœu que les délais stipulés dans les tarifs spéciaux soient abrégés antant que possible, notamment en ce qui concerne le transport des animaux, et je vous prie de vouloir bien, pour préparer la réalisation de ce vœu, inviter MM. les inspecteurs de l’exploitation commerciale à passer en revue les tarifs spéciaux de la Compagnie dont le contrôle vous est corûé et ex miner si les délais supplémentaires que stipulent ces ( tarifs sont vraiment indispensables et ne pourraient être diminués, etc....»
- Douanes franco-russes. — Tous les journaux ont fait connaître, et nous enregistrons pour mémoire la convention douanière qui vient d’être conclue entre la France et la Russie, et qui repose sur les bases suivantes :
- La France accorde à la Russie le tarif minimum, avec réductions et nouveau mode de tarification sur les pétroles, qui abaissent considérablement les droits actuellement perçus.
- En échange, la Russie concède, outre son tarif minimum, des réductions sur un nombre important de produits, parmi lesquels nous citerons, comme nous intéressant spécialement :
- Tissus de laine peignée, 20 p. 100; certains ouvrages de tricot et debonneterie, 20 p. 100; chapeaux de dames, 15 p. 100; chapeaux d’hommes, 25 p. 100; plumes et fleurs artifi-
- cielles, 15 p. 100; mercerie commune, 20 p. 100 -, mercerie fine, 10 p. 100 ; peaux préparées et marocains, 15 p. 100; gants, 15 p. 100; ouvrages tricotés en soie ou demi-soie, réduction de 10 p. 100.
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- Création à Saint-Etienne «l’un bureau pour la vérification des tissus exportés. — Une décision ministérielle du 6, concertée entre les départements du commerce et des finances, autorise la création à Saint-Etienne (Loire) d’un bureau spécialement chargé de recevoir les déclarations et de procéderaux vérifications concernant les tissus de coton exportés dans les conditions prévues par l’article 10 de ls loi du 11 janvier 1892. Le nouveau bureau, qui fonc-t:onnera à dater du 1er avril prochain, est rattaché à la direction de Lyon.
- Exportation des «léchels de tissus.
- __ Le gouvernement italien a fait connaître
- par la circulaire suivante, à ses préfets, la levée de la prohibition dont étaient frappés les chiffons à leur entrée en Italie :
- « Rome,le 10 mai 1893.
- « Je vous avise que, par récente ordonnance, la prohibition d’importation a été levée pour les marchandises ci-cessous indiquées provenant de n’importe quelle localité : les chiffons comprimés au moyen de la force hydraulique et transportés en balles cerclées de fer et portant les marques et numéros des maisons qui, par les autorités du lieu de destination, sont reconnues comme en exerçant leoommerce en gros; les déchets de tissus neufs provenant directement des filatures, des maisons de couture, dos teintureries et des blanchisseries ; les laines artificielles et les rognures de papier reuf.
- « Le ministre, signé : Giolitti. »
- —o—
- Espionnage Industriel. — On écrit de Saint-Etienne qu’en vertu d’un mandat d’amener, le service de la sûreté a arrêté le nommé Vilhem von Pehez, si jet allemand, employé dans un cylindrage de cette ville, 24, rue de la Bourse. Cet allemand pratiquait ce qu’on pourrait appeler l’espionnage industriel. Il profitait de sa situation pour se procurer des modèles de rubans, non encore livrés à la fabrication, et cherchait à surprendre les procédés de notre industrie rubanière. 11 vendait ensuite ces modèles à des maisons allemandes.
- Le délit d’espionnage industriel n’est pas prévu par le Code pénal ; Vilhem von Pehez sera pour suivi pour escroquerie.
- Saint-Etienne est fort surveillé par la concurrence étrangère et nous y avons vu il n’y a pas bien longtemps un fait bien plus triste encore : celui d’un commerçant de la ville, un français, livrant à l’étranger les genres nouveaux que sa situation lui permettait de voir sur les métiers.
- —o—
- Des pirates du commerce. — On
- signale la présence à Amsterdam et à Constantinople d’indiv:dus qui tachent d’exploiter le commerce français auquel ils s’adressent sous le couvert de raisons sociales imaginaires.
- Les négociants désireux d’être renseignés à cet égard sont invités à se présenter au ministère du commerce, de l'industrie et des colonies, où les informations reçues leur seront
- communiquées par le bureau du mouvpmQ . général du commerce et des renseignent? commerciaux (direction commerce evt<sJ„ 80, rue de Varenne). neur*
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- Incendie. — Un incendie s’est décbrz chez M. Baussa-, apprêleur de châles et ï tissus jersey, rue St-Sauveur, à Paris. de
- Il a été rapidement circonscrit et lé frav n de la maison n’a pas été arrêté. Les déJâf sont peu importants.
- —o—
- Convention amiable pour le dél «1e prévenance. — Quelques chambrp! syndicales de Paris proposent à leurs adh? rents le projet de convention suivant pourrit terminer à l’avance avec les ouvriers, les cri ditions d’application du délai congé °n*
- Article premier. — La huitaine de cônes est égale à six journées de travail.
- Art. 2. — Après un délai d’essai qui ig». lement, est de dix jours de travail, le patro est tenu de prévenir huit jours à Pavanes l’ouvrier ou l’ouvrière qu’il veut remercier oi de lui donner une indemnité égale à six jour nées de travail. ur“|
- Réciproquement l’ouvrier ou l’ouvrière nui veulent quitter la maison où ils sont occupés sont tenus de prévenir huit jours à l’avance où de payer une indemnité égale à six journées de travail.
- Art. 3. — Pendant la huitaine de congé l’ouvrier a le droit de prendre deux heures par jour pour se chercher du travail, ces heures ne sont pas payées.
- A moins d’entente à l’amiable, ces heures seront celle qui précède et celle qui suit le déjeuner.
- Art. 4. — Perdront leur droit à la huitaine de congé : les ouvriers ou ouvrières qui s’absenteraient pendant deux jours (dimanches et jours fériés exceptés) et qui ne feraient pas connaître le motif de leur absence dans un délai de quarante-huit heures, partant du moment où ils ont quitté l’atelier ;
- Ceux qui s’approprieraient des fournitures ou s’occuperaient pour eux pendant les heures payées par la maison.
- Art. 5. — En cas d’injures grossières, portant atteinte à la dignité ou à l’honneur soit du patron ou de son représentant, ou au cas d’ébriété scandaleuse de la part de l’ouvrier; soit de l’ouvrier de la part du patron ou de son représentant, il peut y avoir renvoi ou départ immédiat, sans droit à la huitaine de congé.
- Art. 6. — Perdront partie delà huitaine du congé les ouvriers ou ouvrières, qui, ayant reçu avis de la huitaine de congé, commettraient des malfaçons évidentes et intentionnelles, et ce, sous réserve pour le patron de les attaquer en dommage et intérêts.
- Art. 7. — Pendant la durée d’un coup (le main, le renvoi ou le départ ne nécessite pas l’avis du délai de congé.
- La duree d’un coup de main est de quinze jours (douze journées de travail), elle peut être prolongée de huit jours. Passé ce temps, la huitaine de congé vient de rigueur.
- Art. 8. — L’acceptation par écrit de la huitaine de congé ou de l’embauchage pour un coup de main pourra être exigée.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CIIARLEVILLE (ARDENNES).
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- LA
- 5e Année, N° 7.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- ^ • SCIENTTIA
- N EGOTIUM
- Rjjgran.Tir.n <a:i
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES Juillet <893
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Sur la solidité des couleurs (suite). — Action des alcalis sur le coton. — Blanchiment des soies. — Vaporisage, son action destructive. — Cire de Carnauba. — Noir Dahomey. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Noir Dahomey; Rodhamine noire diazotée ; Teinture sur laine en boudins; Double teinte sur mélanges ; Réserve-couleur sur noir d’aniline. — Machine à chiner.
- Chronique industrielle. — Application du nouveau régime douanier. — Loi sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs. — Les rapports du capital et du travail. — Chambre syndicale de Lyon. — Bibliographie. — Brevets d'invention (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Une nouvelle fois, le projet de loi sur les syndicats professionnels a été repoussé par le Sénat ; elle avait, d’ailleurs, un caractère de partialité inacceptable.
- La grève de Suresnes, dont il est question à nos « informations » ne sera pas un fait en sa faveur; elle nous montre le despotisme de l’ouvrier dans ses rapports avec l’entreprise, quand il croit pouvoir imposer ses volontés.
- Cette grève ne réside en réalité que dans l’exigence du syndicat ouvrier, qui veut absolument être reconnu par les patrons et être accepté comme omnipotent dans les relations du travail.
- Le projet de loi déjà si partial, et qui a tant de mal à se faire adopter, ne va pas aussi loin ; il tend à protéger la liberté des syndicats mais il n’exige pas des patrons des actes de soumissions; ils devraient seulement ne pas persécuter les syndiqués ; les ouvriers de Suresnes exigent davantage : ils veulent que leur syndicat soit un chapeau de Gessler, salué par les chefs d’établissements.
- Décidément, l’éducation sociale du peuple est encore bien en retard, et le gouvernement par la classe ouvrière serait la pire des tyrannies.
- Nous l’avons bien vu, d’ailleurs, en
- 1871 ; mais peut-être ne faut-il pas confondre les meneurs et les énergumènes avec la masse des travailleurs honnêtes et sensés.
- ♦ ¥
- Nous noterons encore comme nouvelles dispositions législatives intéressant le travail, la loi qui vient d’être promulguée, concernant l’hygiêne et la sécurité des travailleurs, un projet de loi adopté par la Chambre des députés, et disposant que « toute saisie-arrêt sur salaires dus à tous ouvriers et gens de service, ou sur appointements dus à tous commis, employés et fonctionnaires publics, ne frappera que le dixième lorsque ces salaires ou appointements ne dépasseront pas annuellement 2,000 francs. »
- L’application de la loi sur le travail des femmes a donné lieu à un nouveau règlement d’administration publique, dont nous publions plus loin un extrait (aux informations).
- Un projet de loi intéresse l’industrie à un autre titre : c’est celui qui tend à remplacer l’impôt des portes et fenêtres par une taxe représentative sur la propriété bâtie.
- Nous applaudissons à cette réforme, qui supprimera le plus inique des impôts : celui qui semble nous faire payer l’air et la lumière et qui frappe dans les mêmes proportions l’échoppe du savetier et le salon du financier
- Mais, par une loi du 4 germinal an XI, les manufactures étaient exemptées de cet impôt ; or, le projet ne maintiendrait pas l’exemption, et nous voyons , ainsi que chaque remaniement des lois apporte de nouvelles charges à l’industrie.
- Le projet fixe à 0 75 pour cent la taxe de remplacement pour les usines et manufactures, indépendamment des droits additionnels des départements et des communes.
- Quand donc cessera-t-on de charger ainsi et sans relâche l’industrie nationale?.... jusqu’au moment probablement où elle y succombera !
- * *
- Elle lutte pourtant avec énergie et sa vaillance a encore besoin d’appui.
- L’exportation des produits fabriqués a baissé d’environ neuf millions et demi, pendant le mois de juin comparé à la même période de 1892, tandis que leur importation a augmenté de plus de trois millions.
- Quoique ces variations considérées sur une aussi courte période seraient peu significatives, elles nous obligent à être attentifs, et démontrent que notre nouveau régime économique n’a pas fermé nos frontières aux produits étrangers.
- Notre situation délicate vis-à-vis de la Suisse et de l’Espagne peut contribuer à la baisse de notre exportation, mais elle n’explique pas la progression de l’importation en produits manufacturés.
- L’accord commercial entre la France et la Russie est maintenant définitif et , en pratique ; il est curieux de voir se produire en même temps une guerre de tarifs entre la Russie et l’Allemagne.
- *
- ♦ *
- Les nouvelles de l’extérieur ne sont pas mauvaises et montrent cependant un arrêt dans le relèvement de la production manufacturière.
- La fabrique de Roubaix-Tourcoinga reçu quelques ordres en réassortiments d’hiver et des commissions d’essai pour l’été prochain ont été remis aux manufacturiers, principalement en cheviotte fantaisie, en articles dits « neigeux » et autres genres en fils à boutons ; il faut y joindre quelques articles nouveaux en écossais. Ce genre, sans avoir la vogue d’autrefois, pourrait bien tenir encore une place en vue la saison prochaine.
- Mais dans l’ensemble, le calme règne en fabrication.
- La fabrique elbeuvienne conserve le mouvement assez favorable que nous avons précédemment signalé, et échantillonne pour la prochaine saison d’été. La place de Louviers constate égale-
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- ment une amélioration. 11 en est de même à Vienne, à Mazamet et à la Bas-tide-Rouairoux pour les articles de grande consommation.
- A Reims, il y a un courant moyen ; quelques affaires en cachemires et mérinos ont été traitées à prix faibles. On échantillonne activement pour l’été les nouveautés en laines peignées. En flanelles, vente des plus restreintes.
- On constate une bonne activité à Rouen. Les tissages qui s’occupent tout particulièrement de flanelle et pilou reçoivent journellementde nouveaux ordres. Les indienneurs sont tous très occupés, la vente ne se ralentit pas à cause de la multiplicité des genres qu’ils offrent aux acheteurs ; cette année aura été très favorable à l’indienne.
- Une industrie jadis--très importante sur cette place, et qui souffre, en ce moment, par suite des nombreuses transformations dans la fabrication, c’est la teinture en bleu indigo.
- Dans les soies lyonnaises, la situation reste stationnaire.
- Les grosses commissions d’étoffe unie teintes en flottes remises au début de la saison soutiennent encore la fabrication, mais les demandes nouvelles se sont faites de plus en plus rares, les maisons d’achat voulant retarder leurs opérations jusqu’au moment où le cours des soies présentera plus de garanties de stabilité. La reprise du façonné s’est accentuée, surtout en faveur du damas cuit. Quant aux tissus teints en pièces, la défection de certains genres produit des lacunes difficiles à combler.
- * ♦
- En ce qui concerne les préférences de la mode, nous remarquons dans les articles de fantaisie la prédominence du blanc crème, même pour des toilettes entières, et souvent aussi du noir et blanc.
- On voit ensuite du rose et vieux rose du mauve, de l’oeillet, du vert-d’eau, du vert-bleu passé genre vert-de-gris.
- Les nuances pour l’hiver prochain seront principalementdes verts-bleus dits, en suivant l’échelle des tons : Soie-Ful-ler, Azurine, Libellule, Saphirine, des roses-grenats dénommés Bengale, Wal-kyrie, Lotus, Sigurd, etc. ; des teintes modes et marrons, allant du beige au loutre; des jaunes depuis l’Ivoire et le Crêmé jusqu’au Mandarine que l’on a décoré du nom de Cérès.
- Dans les tissus courants, ce sont surtout les bleus et gris-bleus, vifs et ternes, des marrons-rouges : Rouille, Acajou; des violets ternes : Digitale, Prunelle, Anémone, Saule, Tzarine, Cèdre, etc.
- Les cartes de nuances pour l’hiver nous montrent tous ces types.
- La belle indiennerie manifeste un retour vers les genres anciens et elle a su exhumer des sujets d’un caractère fort agréable et sans violence comme rococo.
- Ce sont des genres 1830 et des types dits : « vieux Jouy » presque toujours constitués par une double rayure ornée et espacée, au milieu de laquelle se détachent des bouquets Pompadour. Tout cela en couleurs sombres genre ga-rancé, enluminé, et imitant l’impression à la planche.
- Cette évocation du passé est fort intéressante, surtout peut-être, pour ceux qui se rappellent encore avoir vu ces dessins d’une naïveté gracieuse sur le dos de leurs aïeules.
- * *
- Puisque l’on peut faire des réserves sur noir d’aniline, nous en ferons de très expresses pour parler des procès Grawitz qui, maintenant, vont se résoudre un peu partout.
- Nous serons maintenant prudents dans l’articulation de « faits déterminés », quoique cette façon franche de parler nous plaise mieux que la cauteleuse insinuation, et sans rien abandonner de l’acuité de nos appréciations quand il y aura lieu d’en émettre.
- Or donc, il 'paraîtrait que Grawitz a perdu son procès à Laval, et après ce précédent, la cour d’Angers, jugeant sur le même rapport d’expertise défavorable à Grawitz aurait donné gain de cause à ce dernier. Devant ce résultat, les teinturiers ou fabricants de Troyes, impliqués dans la même série de procès auraient demandé une transaction, qui serait actuellement en négociation.
- Autre information : le ministre de la guerre a décidé que l’adjudication des draps de troupe, dont les opérations avaient été annulées auront lieu le 4 novembre prochain.
- F. Gouillon
- SUR LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- par M. le professeur Hummel
- — SUITE —
- Notes extraites d’un mémoire publié teur scientifique.
- par le Monii
- P armi les oranges et les jaunes acides1 nous en rencontrons aussi an bon nombre i’ solidité moyenne. 11 y en a même une dizaj J qu’on peut appeler solides, même au pojn? paraît il, de ne pouvoir concourir avec [ ’ couleurs d’alizarine. Nous avons pour la ]ajng! l’orange de crocéine, l’aurantia, l’orange ci] ’ tallisé, la tartrazine, le jaune foulon, l’oran palatin ; sur soie : le jaune acide E* le h ^ brillant, le jaune de métaline, la cui-cumines* 11 est intéressant de noter le caractère fuo de la tartrazine, de l’aurantia, dn jaune crU tallisé sur soie, sur lair.e, ces trois colorant étant d’une grande solidité. Il y a encore un particularité de l’acide picrique à remarquer sur laine cette couleur passe du jaune citron au rouge brun.
- Les verts et les bleus acides sont pour ainsi dire tous fugaces, sur laine tout aussi bienciue sur soie. Le Patent bleu (bleu breveté) semble un peu meilleur que les autres. Parmi les noir! et les violets acides, nous en trouvons un petit nombre d’une solidité moyenne sur laineet sur soie ; ce sont le noir naphtol, le naphty-lamine, le brun résorcine, le brun solide, etc. — Les couleurs ? zoï ;ues tirant directement le rouge congo et ses congénères sont généralement peu solides. 11 n’y en a que quelques uns d’une solidité satisfaisante. Le rouge diamine solide, par exemple, résiste très bien à la lumière sur laine et sur soie et peut certainement être comparé avec le rouge alizarine* mais sur coton, il est tout aus i fugace que le reste. De solidité moyenne sur laine sont le brillant-congo G et R, le congo GR sur soie l’écarlate de diamine B, la deltapurpurine 5 B et le brillan-congo R. Parmi les colorants faisant partie de cette classe, ce sont sur coton 1 es jaunes et les orangés, qui sont les plus solides, mais encore ne sont-ils que d’une solidité moyenne. Ce sont l’orange mikadok R, R, G, le jaune de Hesse, la curcumine S. Sur laine, nous en avons une demi-douzaine de solidité moyenne, comme le congo-orange, le beuzo-orange R, la chrysophénine G, la chry-lamine R, le jaune brillant. Quant à la soie, nous trouvons dans les jaunes et les oranges de ce groupe, une douzaine de colorants des plus solides que nous connaissions sur cette fibre, tels que le congo-orange R, la chryso-phenine, G, le jaune diamine, N, le jaune brillant, la curcumine N, le benzo-orange, le jaune de Hesse, les chrysamines R et G, le aune pour coton G et le jaune de carbazol. C’est là un fait très curieux et très intéressant que de trouver dans ce groupe de colorants azoïques généralement fugaces, un certain nombre d’une solidité considérable sursoie.
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- Les violets et les bleus de ce groupe ne sont pas d’une solidité particulière -, il n’y a que le violet diamine N, qui soit moyennement résistant sur laine, tandis que sur soie ce sont la sulfonazurine, le benzo bleu noir et gris qui méritent cette même distinction.
- Dans le petit groupe de colorants formés sur la fibre môme, il n’y a de remarquable que le noir d'aniline, qui est probablement la couleur la plus solide qu’on puisse fixer sur les fibres.
- Cette classification de toutes les matières colorantes en colorants directs et en colorants tirant sur mordants a été faite au point de vue du teinturier, suivant leurnuance et leur mode d’emploi. Mais le savant les classe tout différemment, c’est-à-dire suivant leur constitution chimique, suivant le groupement des atomes, et de cette façon, il les partage en colorants nitrés, phtaléines, azines, etc.
- En partant de ce point de vue et en étudiant l’action de la lumière, nous trouvons que tandis que les membres de certains groupes sont presque tous fugaces, les membres d’autres groupes sont tous solides, et de ce fait nous sommes en droit de conclure que la constitution chimique d’une matière colorante joue un grand rôle dans la manière de se comporter vis-à-vis de la lumière. Les membres du groupe de la rosaniline sont tous fugaces au même degré, tandis que ceux du groupe de l’alizarine possèdent, en général, la propriété d’être solides. Les éosines sont particulièrement fugaces, mais rien qu’en introduisant un groupe éthyle, comme c’est le cas pour l’é-thyle-éosine, on arrive à avoir une matière colorante plus solide.
- Dans le groupe des colorants azoïques une partie est fugace, une autre partie est moyennement solide ; en les examinant de plus près, nous trouvons que ce sont des colorants tétrazoïques qui sont plus solides que les colorants diazoïques ordinaires.
- (A suivre).
- ACTION DES ALCALIS
- sur le coton dans les débouillissages
- M. G.-O Weber, de Manchester, a publié les résultats d’une série d’expériences qu’il a pratiquées, en vue de reconnaître la perte que subit le coton sous l’influence des agents alcalins du débouillissage.
- Des échantillons de coton pesant chacun 100 grammes, ont été exposés pendant six heures à l’action de l’air et de l’oxygène, dans des conditions analogues à celles qui se produisent au cours de la teinture, c’est-à-dire qu’ils étaient plongés dans des solutions bouillantes de divers agents alcalins à 5 pour MO. Les résultats obtenus ont été consignés dans des ta-
- bleaux dont les chiffres conduisent à celte interprétation.
- Sous l’action des divers agents alcalins qui ont été étudiés, c’est-à-dire de la soude, de la potasse, du carbonate de soude, du carbonate de potasse, du borate et du sulfate de soude, il y a toujours eu formation d’oxycellulose et la fibre a toujours perdu sa résistance, au moins partiellement. Une différence fort notable existe entre la perte par la soude caustique et celle par la potasse caustique ; elle existe encore, bien que dans une proportion moindre, entre les pertes dues à l’action des carbonates, respectivement de soude et de potasse, et ce sont toujours les produits potassiques qui ont donné la plus forte perte.
- Pour ces deux bases, la perte a toujours été en raison de la causticité ou de degré d’alcalinité des produits employés.
- Il faut remarquer également l’augmentation de perte produite lorsqu’on fait agir la vapeur d’eau en même temps que l’air ou que l’oxygène.
- Comme conclusions pratiques, dit M. Weber, j’en ferai ressortir plusieurs qui possèdent une réelle importance :
- Les teinturiers en coton, qui emploient pour la teinture des écheveaux de coton les matières colorantes dites substantives ou directes, ont eu souvent à constater une perte de poids après la teinture en bains alcalins. Cette perte est expliquée par les expériences de M.-C.-O. Weber ; et il semble qu’elle doit être réduite au minimum, si on se sert pour alcaliniser le bain de phosphate de soude.
- La séparation de la laine et du coton dans les tissus mélangés s’effectuera d’une façon plus sûre au moyen des acides qu’au moyen des alcalis. Cet'e remarque est importante pour le conditionnement.
- La teinture du coton en canettes présente entre autres, l’avantage sur la teinture en écheveaux, qu’après les couleurs substantives la perte en poids est beaucoup moindre, l’action des liquides alcalins s’exerçant pendant moins de temps et à l’abri de l’air libre.
- Enfin, mais cette dernière conséquence est plutôt du ressort de la fabrication des produits chimiques, la préparation de l’acide oxalique à partir de la cellulose, vn fondant de la sciure de bois avec un alcali caustique donnera un meilleur rendement si l’on n’emploie de la potasse qu’avec la soude caustique.
- BLANCHIMENT DES SOIES
- D’après le traité la Soie, de M. A. M. Villon
- Les soies colorées ou blanches subissent toutes la teinture en blanc lorsqu’elles doivent rester blanches ou être teintes en couleurs claires. Nous distinguerons :
- 1° Le blanchiment de la soie écrue;
- 2° Le blanchiment de la soie cuite ;
- 3° Le blanchiment de la soie souple;
- lx° Le blanchiment des soies sauvages.
- Blanchiment de U soie écrue. — Le blanchiment de la soie écrue doit conserver à la soie son grès, son poids et sa force. L’opération comprend cinq manipulat ons différentes, à savoir le dégraissage, le blanch iment, l’azurage, l’avivage et la charge.
- 1» Dégraissage. — Cette opération s’exécute en lisant les soies dressées et embaton-néesdans un bain alcalin, renfermant 6 à 8 pour cent du poids de la soie de cristaux de soude, maintenu à ia température de 30 à 35 degrés en évitant de dépasser’40o.
- Dans ce bain, les soies se mouillent et se dépouillent des matières grasses non inhérentes à leur constitution dont elles peuvent être imprégnées. Lorsque ce résultat est atteiiî, on évacue le liquide alcalin de la barque et on le remplace par de l’eau claire dans laquelle on rince bien la soie, puis onia tord et on l’essore à la machine.
- 2° Blanchiment. — Baumé est le premier qui s’occupa en 1793 de la décoloration des soies écrues jaunes et créa l’opération appelée nankinage. Le procédé Baumé consistait : 1° à ramollir la soie à 25° et de la dessécher ensuite ; 2° à faire digérer six livres de soie dans quarante litres d’alcool à 3° additionnés de douze onces d’acide chlorhydrique pur, à 15° B., exempt d’acide nitreux. Après 24 heures de digestion, on remplace le liquide par un autre fraîchement préparé; après 24 heures, on égoutte, rincî et sè he.
- Actuellement, le blanchiment de la soie écrue se fait par les procédés suivants :
- 1° Blanchiment à l’eau régale ;
- 2° Blanchiment à l’acide nitrosulfurique ;
- 3° Blanchiment au soufre;
- 4° Blanchiment à l’hydrosu'fite de soude;
- 5° Blanchiment à l’eau oxygénée ;
- 6° Blanchiment électrolytique.
- Blanchiment a l eau régale. — Dans une cuve en grès ou en tôle émaillée, on prépare un bain d’eau régale en étendant d’eau un mélange à parties égales d’acide chlorhydrique à 22° Baumé et d’acide nitrique à 36* B. de façon à ramener le tout à marquer 3 ou 4‘ B. On y plonge les soies venant de l’essorage et on les lise jusqu’à ce que leur couleur de vert foncé quelle était passe au gris verdâtre pâle. On tord les matteaux avec des baguettes de verre et on les lave à grande eau et à la machine. Après l’essorage on donne un soufrage comme nous le verrons plus loin, pour achever l’action de l’eau régale.
- Le même bain d’eau légale sert-constamment, et on a soin de le maintenir à 3 ou 4° B. par des additions fréquentes d’çau régalé.
- Blanchiment à l'acide nitro sulfurique. — Ce mode de blanchiment remonte à 1850, et est dû à M. Marnas, de Lyon. L’acide nitrosulfurique obtenu en saturant d’acide nitreux à 66‘ B. et marquant 70• B. ou en re-
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- cueillant des cristaux des chambres de plomb, porte dans les ateliers le nom de blanchiment.
- Le bain de blanchiment doit se trouver dans une pièce séparée et surmontée d’une hotte aspiratrice des vapeurs incommodes et dangereuses pour les ouvriers. On verse 1 pour cent d’acide nitrosulfurique dans l’eau. On brasse bien le mélange et on lise les soies qui perdent rapidement leur couleur. On les lave immédiatement, on les essore et on les passe au bain de soufre.
- 11 faut avoir soin de ne pas mettre un ex:ès d’acide nitro-sulfurique, dont l’acide nitreux colorerait la soie en jaune persistant. Ce procédé ne s’est pas généralisé et tend de plus en plus à disparaître ; l’eau régale est plus em-p'oyée.
- Soufrage. — Le soufrage consiste à exposer les soies à l’action de l’acide sulfureux gazeux produit par la combustion du soufre dans une chambre spéciale appelée soufroir. Le sou-froir est construit en maçonnerie de 3 m. 50 de hauteur, A mètres de longueur et 2 mètres de largeur, avec une porte pouvant se fermer hermétiquement. Le plafond de la chambre porte à son centre une soupape qui s’ouvre dans l’intérieur d’une cheminée d’appel de l’usine. Aux quatre angles sont placés quatre mortiers ou chaudières à brûler le soufre, en fonte, et placés à 30 centimètres du sol du soufroir; vers chacune de ces chaudières, il y a une porte servant à introduire ces chaudières, lorsque le soufre est bien enflammé et que l’on ferme ensuite pendant la marche de l’opération. A deux mètres du sol de la chambre sont disposées horizontalement des perches, auxquelles on pend les matteaux dressés. On remplace quelquefois les perches par de3 barres de verre. Enfin une soupape placée à la partie inférieure delà chambre permet l’introduction de l’air à un moment donné. Voici comment se conduit une opération :
- Les soies sont portées au soufroir au sortir de l’es9oreuse, on allume le soufre, on ferme toutes les issues et on laisse toute la nuit la réaction se prolonger. On ouvre la soupape supérieure et la soupape inférieure : il s’établit un courant d’air qui chasse dans la cheminée l’acide sulfurique contenu dans la chambre et qui en rendrait l’entrée impossible aux ouvriers. Une heure après, on pénètre dans le soufroir et l’on en retire les soies que l’on dessoufre aussitôt. Pour cela, on les rince dans l’eau tiède légèrement alcalinisée par du carbonate de soude contenu dans une barque. O.i le3 lave ensuite à grande eau pour bien les priver d’acide sulfureux qu’elles retiennent avec énergie. Après le rinçage, il est bon d’exposer les soies dans une chambre chaude, à 40 ou 50 • pendant A à 5 heures et les laver ensuite.
- Lorsqu’un soufrage ne suffit pas pour obtenir le blanc désiré, on en donne deux et même fois.
- On nomme soies marinées celles qui restent jaunes parce que le grès y est fortement combiné.
- Blanchiment à ihydrosulfite de soude. — L’hydrosulfite de soude est préparé immédiatement avant l’usage en faisant digérer 7 parties poudre de zinc ou 25 parties de zinc en grenaille ou en lames, dans une solution concentrée de bisulfite de soude, renfermant 100 parties de sel supposé sec. On opère en vase clos que l’on retourne de temps en temps durant l’espace d’une heure. On siphonne la liqueur claire et on l’étend d’eau de façon à marquer 3- B. et au moment de passer la soie, on ajoute 1 pour cent d’acide acétique et on lise rapidement. On obtient des soies très blanches.
- On peut, comme l’a proposé Hallab, passer d’abord la soie dans un léger bain d’indigo et ensuite d’hydrosulfite. Dans ce casl’hydrosul-fue agit, d’une part, comme décolorant réducteur énergique et, d’autre part, en solubilisant l’indigo déposé mécaniquement à la surface des fibres et le faisant pénétrer bien également dans la fibre. Par l'oxydation ultérieure à l’air, l’indigo se reforme avec sa nuance bleue, complémentaire de la teinte jaune que possède toujours un peu la soie qui se trouve ainsi complètement éteinte.
- Blanchiment à l'eau oxygénée. — L’eau oxygénée est peu employée pour le blanchiment de la soie écrue, on la réserve ordinairement pour la soie Tussah. Comme nous avons vu ce mode de décoloration dans plusieurs manufactures, nous allons le donner i ici. On fait digérer 12 heures la soie à 25 ou 30°, dans un bain composé de 3 parties de carbonate pour 100 d’eau, on rince et on lave ensuite. La soie est ensuite manœuvrée dans de l’eau oxygénée à 3 p. 100, neutralisée par de l’ammoniaque liquide et on la laisse jusqu’à complète décoloration.
- Une a utre méthode consiste à User quelques minutes la soie dans l’eau oxygénée, à la tordre pour enlever l’excédent de liquide et à la suspendre dans une chambre à température de 20° à l’action d’un courant d’air. Le blanchiment progresse énergiquement pendant l’évaporation de l’eau et la coucentraion de la solution sur la fibre. Ou r 'commence p'u-sieurs fois la même opération jusqu’à blanchiment complet.
- On ajoute quelquefois à l’eau oxygénée des matières activant sa décomposition. Nous en parlerons pour le blanchiment de la soie Tussah.
- Blanchiment électrolytigue. — Le procédé breveté par Hermite, en 1885, est basé sur les opérations suivantes :
- Quand une solution de chlorure de magnésium contenant 5 p. 100 de chlorure de magnésium du commerce et 95 p. 100 d’eau est électrolysée dans un appareil convenable, ce sel est décomposé en même temps que l’eau.
- Le chlore provenant de chlorure de magnésium et l’oxygène provenant de l’eau, qui prennent naissance à la faveur de l’électrolyse se réunissent au pôle positif et produisent un composé oxygéné du chlore, instable, qui est doué d’un très grand pouvoir décolorant. L’hydrogène et le magnésium vont au pôle négatif; ce dernier décompose l’eau et forme de l’oxyde de magnésium, tandis que l’hydrogène est mis en liberté.
- Si on introduit dans ce liquide des fibres colorées, l’oxygène se combine avec la matière colorante qu’il oxyde pour donner naissance à de l’acide carbonique ; le chlore se combine avec l’hydrogène pour former de l’acide chlorhydrique, lequel, se trouvant en présence de la magnés’e, dans le liquide, se combine avec elle pour reformer le chlorure de magnésium primitif. C’est un cycle complet de réactions qui se reproduit aussi longtemps que le courant électrique agit en présence de la matière colorante.
- Il est nécessaire d’avoir toujours un excès de magnésie libre dans la dissolution de chlorure de magnésium pendant le blanchiment, afin de maintenir cette dissolution neutre. On obtient cet'.e msgnésie en précipitant une dissolution de chlorure de magnésium par la
- chaux.
- Ce procédé est plus spécialement employé pour blanchir la pâte à papier.
- 2° Azurage. — Tous les blanchiments donnent une soie blanche ayant un reflet jaunâtre qu’il faut abattre. On profite pour cela d’un principe d’optique basé sur l’action des couleurs complémentaires. Pour éteindre le jaune, il faut lui superposer du violet d’intensité égale. C’est le but de l’azurage.
- On donne un léger bain de carmin d’indigo mélangé avec un peu de cochenille ammonia-cale ou bien, de préférence, un bain de violet cristallisé à très faible dose, à froid, et une solution^ilcaline ou savonneuse pour éviter que la'soie ne tire^trop et prenne alors une teinte violette. On rince et on essore.
- Il y a différentes sortes de blancs : 1° les blancs blancs, appelés blancs de neige) blancs de lait ; 2° les blancs à reflets bleutés, dits blancs azurs; 3° les blancs à reflets violets, rouges ou orangés, dénommés blancs de Chine.
- 3 Avivage. — Cette opération a pour but à'aviver le toucher de la soie, c’est-à-dire de lui donner un toucher craquant. A cet effet,on la passe dans un bain faiblement acidulé par de l’acide tartrique, citrique ou acétique. On termine par un fort essorage et un séchage à la chambre chaude.
- Blanchiment des soies cuites. — Ce blanchiment comprend le soufrage, l’azurage et l’avivage.
- Le soufrage se donne comme pour les soies écrues. On donne généralement deux ou trois soufrages de 12 heures. Les soies sont aérées
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- et désoufrées comme nous l’avons dit. On donne deux eaux de cristaux de soude et trois eaux de rinçage.
- L’azurage se fait, comme nous l’avons expliqué pour les soies écrues, avec beaucoup plus de précautions, car la soie cuite tire mieux les couleurs que la soie écrue.On donne l’avivage de même.
- Le blanchiment des soies cuites demande des soins extrêmement délicats d’où dépendent la blancheur et la beauté de la soie qui doit se trouver alors dans tout son éclat.
- Blanchiment des soies souples. — Le blanchiment des soies souples se fait par plusieurs soufrages ou à l’hydrosulfite de soude ou encore à l’eau oxygénée, comme pour les soies écrues.
- On donne l’azurage au violet hexaméthylique et on les avive à l’acide tartrique.
- Les souples reçoivent une opération de plus, le collage, qui a pour but de coller les fibres qui ont toujours tendance à duveter et à se défiler. Pour cela on les passe dans un bain de gélatine blanche, façon colle de poisson, à 5 p. 100 du poids de la soie. On essore fortement et on sèche. On réunit souvent les deux opérations du collage et de l’avivage en une seule pour éviter les manipulations, en donnant un bain lartro-gélatineux.
- Blanchiment des soies sauvages. — Le blanchiment des soies Tussah s’est considérablement perfectionné ces dernières années par l’emploi de l’eau oxygénée que l’on est arrivé à produire à bon compte. Chaque teinturier a son procédé à ce sujet. Au moyen de quelques réactifs ajoutés à l’eau oxygénée, on augmente plus ou moins son pouvoir blanchissant.
- Voici quelques formules employées dans les ateliers que nous avons pu visiter :
- 1° Pour blanchir 100 kilos de soie Tussah, on les place dans un bain composé de :
- Eau oxygénée à 2 vol. 1[2. 500 lit.
- Ammoniaque à 220....... 20 —
- Soude caustique........ 3 kil.
- On laisse en contact vingt-quatre heures, on lave, puis on rince.
- 2o Pour blanchir 100 kilos de soie, le bain est composé de :
- Eau oxygénée à 3 volumes 500 lit.
- Carbonate d’ammoniaque. 6 kil.
- Carbonate de potasse.... 3 —
- Après 24 à 36 heures, on égoutte les soies et on les laisee sécher dans un courant d’air.
- 30 Pour 100 kilos de soie, un autre bain se compose de :
- Eau oxygénée à 3 volumes 500 lit.
- Chlorate de potasse..... 5 kil.
- Carbonate d’ammoniaque. 5 —
- Azotite de soude........ 3—
- Après un séjour de 12 heures, on laisse sécher dans un courant d’air, puis on replace 1rs soies 12 heures dans le bain et on fait sécher.
- 4° Quelques chimistes facilitent la décomposition de l’eau oxygénée au moyen d’un peu de tuthie (zinc en poudre impalpable) ou de l’étain en poudre, ou encore par un léger courant électrique (1).
- --—r-î'-üSSCci——---—
- VAPORISAGE
- Mesure de l’action destructive qu’il exerce sur le cotou et sur la laine
- Extrait d’une note de M. Albert Schettrer, présentée à la Société Industrielle de Mulhouse
- Coton. — On a préparé deux grands échantillons de calicot que l’cn a traité de la façon suivante :
- N°l. Tissu de coton écru passé pendant une demi-heure en eau bouillante, puis acidé en acide sulfurique 4 gr. par litre d’eau une demi-heure à 80°. Lavage, passage en eau légèrement accalisée avec de l’ammoniaque, lavage.
- N° 2. Tissu sortant de la lessive de soude du blanchiment et lavé à fond.
- Cet essai a permis de comparer les résistances en blanc et en écru.
- Les tissus ainsi préparés ont été suspendus dans une cuve de vaporisage qui sert à faire les échantillons et qui est en marche toute la journée à la température assez constante de 99°[t00°;on en détache, aux temps voulus, les quantités nécessaires aux essais dynamo-métriques.
- Résultat
- 1° Le tissu écru et le tissu blanc offrent à l’action du vaporisage la même résistance.
- 2° Les soixante premières heures produisent un affaiblissement de 20 0t0.
- 3° A partir de 60 heures, et jusqu’à 360 heures, il se détruit des quantités égales de cellulose dans des temps égaux, avec un affaiblissement total de 70 0[O.
- Au-delà de 360 heures, l’action destructive se ralentit.
- Laine. — Le tissu choisi pour ces essais était un cachemire très solide, écru, auquel on avait préalablement fait subir un dégraissage en sel de soude et savon, à tiède, un lavage et un acide faible en acide oxalique suivi d’un lavage énergique
- L’expérience a démontré, depuis, que ce passage en acide oxalique était inutile ; il s’est, en effet, montré absolument sans action.
- Le vaporisage de la laine a été opéré dans
- (lj Le procédé qui a maintenant prévalu est celui où l’on fait usage de silicate de soude, avec l’eaa oxygénée, et qui est décrit dans la Revue de la Teinture, 1891, page 27.
- Le peroxyde de sodium introduit récemment dans le blanchiment en substitution à l’eau oxygénée, paraît appelé ù un certain avenir. Voir pour son application, la Revue de la Teinture, n'de janvier 1893, p. 3.
- les mêmes conditions que celui du coton, c’est-à-dire dans la même cuve et à la même température. (99°il00°), mais avec des temps différents.
- Résultat
- L’affaiblissement, à partir de 6 heures et jusqu’à 60 heures, paraît proportionnel au temps et se montre, au total, de 75 0(0.
- Les trois premières hpures de vaporisage déterminent un affaiblissement très notable : 18 0t0. L’action se ralentit ensuite et se régularise.
- Comparaison entre la laine et le coton. — Pour la laine, comme pour le coton, les premières heures de vaporisage déterminent un affaiblissement plus considérable que ne le font les heures suivantas.
- 420 heures de vaporisage affaiblissent le coton de 75 0[0.
- 60 heures de vaporisage affaiblissent la laine de 75 0[0.
- 11 s’ensuit que la laine résiste sept fois moins à l’action de cette opération.
- CIRE DE CARNAUBA
- Applicable à l’apprêt des Tissus
- La cire de carnauba est jaunâtre, dure, très cassante, brillante, intermédiaire, pour l’aspect physique, entre la cire blanche et le soufre ; sa densité est 0,999; elle fond à 84 ou 85°. Sa composition chimique est : Carbone, 80; hydrogène, 13 ; oxygène, 7.
- Elle est soluble dans l’alcool et l’éther bouillants ; par refroidissement, la dissolution se prend en une masse cristalline.
- On ne doit pas confondre la cire de carnauba avec la cire du palmier de la Nouvelle-Grenade qui fond à 72°.
- La cire de carnauba sert pour le fabrication des bougies dures, des gélatines brillantes pour le cuir, des cires à giberne, certains vernis, et des apprêts d’étoffes.
- Pour la fabrication des bougies, et dans toutes circonstances où on la veut blanche, la cire de carnauba doit être décolorée. On se sert pour cela de noir animal, d’eau oxygénée ou de bichromate de potasse.
- La cire est chauffée à 110° dans une marmite en tôle, et, par un robinet de vidange, on la fait passer len'ement sur un filtre cylindrique contenant du noir animal. Ce filtre mesure 2 m. 50 de hauteur et 25 centimètres de diamètre : il est muni d’une double enveloppe dans laquelle circule de la vapeur. Trois passages suffisent généralement. Quelquefois, on se contente d’ajouter à la cire fondue 10 0/0 environ de noir animal lavé, en poudre fine; après une agitation de deux heures, on jette le tout sur un filtre chauffé.
- Pour le blanchiment à l’eau oxygénée, la cire est fondue dans une chaudière; par un orifice spécial, elle s’écoule sur un disque can-
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- nelé, animé d’un rapide mouvement de rotation, qui la divise en poussièrè et la projette dans de l’eau froide.
- Cette méihode divise la cire en petits grains que l’on essore et que l'on immerge dans de l’eau oxygénée, d'une concentration de 5 à 10 volumes, saturée par l’ammoniaque ou le carbonate de soude, et maintenue à 50° environ. On rend le blanchiment encore plus énergique en ajoutant au bain 0,5 0/0 de borax.
- La paraffine brillante est composée de :
- Paraffine.............. 75 parties
- Cire de carnauba....... 25 —
- L’encaustique à la cire de carnauba donne beaucoup plus de brillant que celui préparé à la cire ordinaire. Voici une formule pour le
- préparer :
- Eau.......................... 10 litres
- Carbonate de potasse.... 1 kil.
- Cire......................... 1 —
- Les gélatines brillantes se préparent en ajoutant de l’encaustique à la cire de carnauba à des solutions de gélatine. On prépare ainsi des gélatines blanches et de couleur qui sont très employées pour finir les peaux en tous genres, et qui peuvent servir aux apprêts.
- Les vernis à la cire de Carnauba sont obtenus : 1° en saponifiant la cire de carnauba par une solution de carbonate de potasse mêlée d’une petite quantité de potasse caustique ; 2° en décomposant ce savon cireux par un sel métallique comme l’alun, le sulfate de cuivre, le sulfate de fer, le chlorure de manganèse, le chlorure de zinc, etc.; 3° en dissolvant le précipité ainsi obtenu dans la benzine, l’essence de térébenthine ou l’essence de pétrole.
- Ce dernier moyen peut être utilisé pour les apprêts sans eau des étoffes de soie, en leur donnant un toucher moins gros qu’avec les cires d’abeilles.
- (Revue de chimie industrielle)
- NOIR DAHOMEY
- MM. J. Ruch et fils, 29, rue de Sévigné, à Paris, nous remettent échantillon d’un nouveau noir qu’ils appellent Noir Dahomey et qui paraît réaliser pour la teinture du coton d’importants avantages sur les noirs connus jusqu’ici.
- Ces messieurs ont soumis leur nouveau noir à l’appréciation de M. Jules Persoz, l’éminent directeur de la Condition publique des Soies, et membre du jury, rapporteur de la classe des teintures à l’Exposition de 1889. Voici textuellement le rapport qu’il en a fait :
- Paris, le 29 mars 1893.
- Messieurs J. Ruch et Fils, 29, rue de Sévigné, à Paris
- Vous m’avez fait l’honneur de me soumettre quelques échevettes de coton de même numéro,! es unes à l’état écru, les autres teintes en un noir d’aniline dit Noir Dahomey, d’a-
- près un procédé proposé par votre maison, ces derniers présentés comme absolument in-verdissables, ne déchargeant point par le frottement, enfin ayant conservé une force peu différente de celle del’écru.
- Vous m’avez demandé de contrôler par expérience ces affirmations et de vous dire si je connaissais des procédés de teinture en noir d’aniline procurant tous ces avantages réunis.
- Je répondrai d’abord sur le dernier point. Il est certain que les méthodes usitées jusqu’à présent pour ce genre de teinture ne donnent pas de semblables résultats et que même les qualités énoncées ci-dessus paraissent en quelque sorte incompatibles. En effet, avec les procédés actuellement en usage, on se trouve dans cette fâcheuse alternative ; ou de préparer des noirs en bain plein qui fatiguent peu la fibre, mais déchargent par le frottement -, ou de produire des noirs par etendage qui ne déchargent pas, il est vrai, mais fatiguent la fibre, souvent très sérieusement et jusqu’à la brûler, malgré l’addition de substances soi-disant préservatrices.
- En outre, ces deux sortes de noirs, tels qu’on les obtient directement, ont l’inconvénient de verdir par les acides et certains agents réducteurs, souvent même par une simple exposition à l’air, et on ne peut les corriger de ce défaut que par des traitements complémentaires, dits de fixage.
- Quant à mon appréciation sur votre noir, j’ai cherché à l’établir par les épreuves habituelles.
- Résistance. — Les essais au dynamomètre ont montré que tandis que le fil écru se rompait sous un poids moyen de 263 gr., le fil teint donnait un poids de rupture de 217 gr. c’est-à-dire n’avait perdu que 17,5 pour cent de sa force, résultat satisfaisant dans l’espèce.
- L’élasticité avait diminué un peu également, ce qui n’a rien de surprenant.
- Frottement. — Le coton noir, frotté fortement contre une feuille de papier blanc ne décharge point.
- Acide sulfureux. — Un échantillon de fil noir, imprégné d’eau et exprimé a été suspendu pendant dix minutes dans une éprouvette où l’on venait d’introduire du sulfate de soude délayé dans un peu d’eau, puis de l’acide sulfurique, c'est-à-dire dans une atmosphère très chargée de gaz sulfureux. L’échantillon lavé et séché n’a pas verdi d’une manière sensible.
- Acides forts.—Le noir n’a pas verdi du tout par un traitement de 1 minute de durée à l’acide chlorhydrique concentré, ni par l’acide sulfurique légèrement dilué.
- Alcalis. — Une immersion de dix minutes dans un bain de soude caustiqne à 6°5 Baumé et chauffé à 50* centig. n’a nullement modifié le noir.
- Savon. — Le noir n’a abandonné à un bain de savon à 80° qu’un peu de matière rose.
- Lumière. — Enfin, une exposition prolongée à la lumière solaire a été sans action.
- De l’ensemble de ces observations, on est •autorisé à conclure que le noir essayé est très satisfaisant et parait devoir offrir à l’indus trie de sérieux avantages.
- Veuillez agréer, messieurs, l’expression de mes sentiments distingués.
- Signé : J. Persoz. I
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Perfectionnement dans l'emploi des fluorures de chrome Par MM. Koepp et Ce
- Ce perfectionnement dans l’emploi des fluo
- rures de chrome basiques ou neutres ou des
- oxyflùoruresde chrome pour la teinture et JW
- pression, consiste dans l’addition aux bains de mordançage, dune petite proportion d’acide chromique, de chômâtes ou d’eau oxygénée
- Si dans un bac en cuivre on travaille de la laine dans un mordant monté au fluorure de chrome et additionné de cinq pour cent de chromate de potasse, on ne trouve ni sur la laine ni dans le bain de traces appréciables de cuivre-, tandis que sans l’adjonction de chromate, d’acide chromique ou d’eau oxygénée la fibre et le bain se chargent de quantités sensibles de cuivre.
- Ceci est une addition à un brevet primitif où les auteurs avaient indiqué, pour prévenir la corrosion des chaudières de cuivre par les fluorures de chrome, l’emploi de métaux plus électropositifs que le cuivre.
- On devait plonger dans le bain des plaques de plomb, de zinc ou de fer, etc. La barque de cuivre n’était pas attaquée tant qu’il restait l’un de ces métaux non dissous.
- Mais on comprend que cela introduisait dans le mordant un nouveau sel métallique, ce qui n’a pas lieu avec les nouveaux produits mentionnés.
- Production des effets de moire de tous genres Par M. Gantillon
- Au lieu de tisser des étoffes spéciales pour la moire, M. Gantillon emploie des tissus non destinés à ce genre d’apprêt et y produit les genres de moire que l’on désire, en détournant la trame par une sorte de grattage sur le tissu, soit au moyen d’un instrument, soit avec l’ongle.
- Ces grattages ou inflexions de la trame aux endroits à moirer, ne sont exécutés, sur toute la longueur de la pièce d’étoffe, que sur la moitié de la largeur de la pièce. L’étoffe est ensuite repliée en deux, la moitié grattée sur la moitié restée unie, et l’on fait passer la pièce ainsi doublée au cylindre.
- Le cylindrage produit sur les endroits grattés ou infléchis, de même que sur.les endroits
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- symétriques de la partie de l’étoffe restée lisse et en contact, les effets de moire désirée.
- On peut produire des moirages à pois ou dessins quelconques en procédant mécaniquement par des rouleaux ou planches gravées, ou à pointes saillantes qui, par une pression quelconque, détourneront la trame du tissu.
- Procédé pour teindre les tissus de laine, de coton et de soie en plusieurs couleurs
- Par MM. Zillessen et fils
- Ce procédé consiste à tisser avec des combinaisons de laine et de coton mordancés et non mordancés et éteindre ensuite en pièce.
- Soit à obtenir un lainage à filets noirs sur fond rouge. On tissera avec de la laine non mordancée et avec de la laine passée dans un bain à 3 pour cent de bichromate et 1 pour cent de crème de tartre.
- Le tissu teint en campêche prendra le noir sur les fils mordancés, tandis que le fond restera incolore et pourra être teint en rouge par un passage en fusebine ou autre matière colorante convenable.
- Des combinaisons analogues résultent de l’ourdissage ou du tissage simultané de soie grège ou décreusée, mordancée ou non et teinture subséquente, en pièces.
- Production de dessins sur tissus de coton Par la Ge Arnold Print Works
- La méthode brevetée consiste à plaquer le tissu du mordant tannique et antimonique qui doit fixer une impression aux couleurs d’aniline basiques, et d’un autre mordant destiné au fond qui sera teint aux couleurs d’aliza-rine.
- Les deux genres de mordançage sont donc donnés et superposés avant toute impression en teinture.
- Enfin la couleur d’aniline à imprimer est acidulée pour fonctionner comme réserve sur le mordant pour alizarine, lequel est à l’alumine.
- Cela donnera donc lieu aux opérations suivantes :
- 1° Traitement au sumac ou autre tan?in.
- 2° Passage en bain d’émétique.
- 3° Placage à l’acétate d’alumine ou autre sel suivant la teinte de fond désirée.
- lx° Impression d’une couleur d’aniline rongeante (à l’acide citrique).
- 5» Vaporisage, bousage et rinçage.
- 6° Teinture à l’alizarine.
- 7° Teinture et finissage, comme d’usage. C’est, en un mot, un procédé de couleur-enlevage sur mordant de fond, c’est-à-dire un moyen très usuel en impression.
- Blanchiment du coton en bobines ou fuseaux Par MM. Breinl et Karrerj
- Cé blanchiment a lieu par l’emploi du
- chlore gazeux et au moyen d’appareils appropriés.
- Les cotons sont débouillis puis introduits dans des récipients à fermeture hydraulique, construits en terre vernie ou autre matière résistant au chlore, cù l’on fait agir cet agent.
- Une série de ces récipients est disposée autour d’un appareil générateur de chlore et y sont reliés par des conduits. Un réservoir à eau surélevé communique avec les récipients de blanchiment, par des conduites pourvues d'interrupteurs, pour établir et suspendre à volonté la circulation de l’eau, et évacuer l’excédent de chlore d’un récipient de blanchiment dans les suivants, de même que le générateur de chlore peut desservir alternativement tous les récipients.
- C’est dans la construction de cet ensemble que réside principalement le brevet.
- Nouveau genre de tissus Par M. Emile Roussel
- M. Roussel a imaginé un tissu double face d’un genre nouveau.
- Si dans un tissu de laine écrue, on fait un envers coton en une ou plusieurs nuances résistant à la teinture en pièces, si on teint ensuite la laine en noir ou en une nuance quelconque, on produit de la sorte en teinture en pièces un tissu double face, c’est-à-dire avec l’envers d’une couleur et l’endroit d’une autre. On peut aussi supprimer cet envers, ou le faire avec des fils de coton chinés ou moulinés, etc.
- Extraction de la matière tinctoriale du bois de campêche
- Par M. Henry Packiiurst-Wells
- Actuellement, la matière colorante extraite du bois de campêche est produite et employée dans l’industrie, soit à l’état liquide, soit sous la consistance pâteuse.
- Le procédé ayant trait à cette invention prétend fournir une couleur plus solide et plus pure, susceptible d’être employée à l’état de poudre sèche, et de solubilité rapide dans l’eau.
- Pour appliquer ce procédé, on chauffe l’extrait liquide ordinaire de campêche et on le mélange avec des azotites de potasse ou de soude, dans la proportion d’environ 5 parties, en poids, d’azotite solide pour 100 parties, en poids, d’extrait liquide à 51° Twaddle ; on agite ensuite le mélange et on l’évapore au point qu’il devienne solide et cassant en se refroidissant.
- Dessins sur tissu pour lainage local, combiné avec l'impression
- Par MM. Laveissière et Chamont
- L’effet cherché est d’obtenir des tissus avec
- des dessins non lainés alors que le reste se présente en lainage.
- On commence par imprimer à l’aide d’un apprêt empâtant le dessin qu’il s’agit de soustraire à l’opération du tirage à poils. Ce dessin sera blanc ou coloré, en une ou plusieurs couleurs, selon que l’on aura imprimé l’apprêt blanc ou coloré préalablement. Le fond peut même être teint après l’impression de l’apprêt et avant letirage à poils, par une seconde impression.
- Inversement, des dessins peuvent être tirés à poils sur des fonds non lainés, en empâtant ceux-ci, de façon que les chardons n’aient pas de prise sur eux.
- Compositions pour nettoyei et remettre à neuf les étoffes, cuirs, etc.
- Par MM. Hill, Webb, Maconaciiie et Roper Oa prend environ 20 kil. d’argile plastique ou terre de pipe, 2 k. 500 de craie préparée. On mélange le tout, et on ajoute un peu d’eau de manière à tremper la masse complètement. On passe à travers un tamis fin. On ajoute 60 grammes d’indigo et un liant formé d’une dissolution de 200 grammes de colle de poisson dans de l’eau chaude. On additionne encore de 500 grammes d’amidon cuit, de façon à avoir une masse plus adhésive.
- Si l’on veut mettre du cuir à neuf, on remplace la craie par de la cire b'anche.
- Procédé de teinture Par MM. Marcelin
- L’invention consiste en une nouvelle combinaison de mordants, pour fixer d’une façon solide aux acides, alcalis, à l’air et à la lu-m ère, toutes les couleurs d’aniline et plus spécialemont les ponceaux, rouges Bordeaux, noirs, jaunes, etc., sur laine, coton, chanvre, jute, sole et peau.
- En suivant les données de l’invention, on emploie pour 100 kilos de matières à teindre :
- Environ 8 kilos d’acide chlorhydrique ;
- Environ A kilos de sel de soude ou carbonates;
- Environ 3 kilos d’alun et de chrome.
- Dans certains cas, laissés à l’appréciation du teinturier, on peut supprimer l’alun de chrome pour toutes les matières à teindre, sauf pour la laine. — Et d’après la combinaison de l’acide chlorhydrique et du carbonate de soude, il ne reste comme mordant que du chlorure de sodium ou sel marin.
- Tissus irisés obtenus par impression Par MM. F. Voland et C°.
- On produit des tissus irisés en tissant une chaîne â plusieurs fils de couleurs, et que l’on fait saillir par J’action de cylindres cannelés. Si, par exemple, cette rayure de chaîne se
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- compose d’un fil bleu et d’un fil rouge ou blanc, juxtaposés sur une cannelure en saillie, le tissu paraîtra bleu vu de face, et blanc ou bien rouee suivant qu’on le regardera de gauche ou de droite, ce qui constitue l’aspect irisé que prend le tissu dans ses ondulations.
- L’invention consiste à produire le même effet par l'impression de raies multicolores que l’on dispose tout comme les fils de chaîne tissés, c’est-à-dire se répétant par groupes de trois ou plus ; le tissu se passe ensuite entre deux cylindres, cannelés dans la direction des rayures et à l’écartement voulu pour que chaque cannelure comprenne un groupe semblable desdites rayures.
- Au haut de la saillie est la couleur qui doit être vue de face, et sur ses flancs, celles qui étant vues de côté donnent sur le tissu la sensation de teintes différentes.
- PROCEDES DIVERS
- Noir Dahomey
- Le noir Dahomey de MM. Ruch e^üs, dont il est question dans une autre partie du journal est un noir d’aniline par développement sur la fibre, suivant une formule que les auteurs se réservent, en fournissant les produits qui en font la particularité.
- Ce noir, avec son reflet très légèrement bleuâtre, est d’une grande douceur à l’œil et se distingue encore sous cérapport des noirs «j ordinaires beaucoup plus crus et durs ; il peut donc être considéré comme un article nouveau tant au point de vue du procédé que du produit.
- Nous aurons certainement à en reparler.
- Rhodamine 6 G
- la marque usuelle B, et appliquée au coton sur mordant gras à l’huile pour rouge et acétate d’alumine elle fournit de belles teintes corail.
- Cette nouvelle rhodamine est plu; ^iuneque
- Elle est douée d’une fluorescence très prononcée, qui est surtout remarquable sur soie et est encore apparente sur le coton.
- C’est un colorant basique pouvant encore se mélanger avec les autres couleurs de même nature.
- Teinture du coton
- Les nuances diffèrent suivant le mode de mordançage employé.
- Nous venons de dire qu’avec l’huile pour rouge et l’acétate d’alumine on obtenait un beau rouge corail ; c’est la teinte, et par conséquent le procédé le plus intéressant.
- Sur mordant de tannin et d’émétique, la nuance est plus violetéeet rappelle un peu les safranines.
- Notre échantillon a été teint en imprégnant le coton de savon d’huile, laissant sécher, décomposant le savon dans un bain froid d’alun, tordant et teignant le coton humide dans une dissolution tiède de rhodàmine.
- Nous avons employé :
- Savon blanc de Marseille............ 5 0/0
- Alun........................... 2 —
- Rhodamiqe 6G................... 1 —
- Le colorant monte presqu’instantanément à son point et s’unit bien si le mordant a été lui-même bien réparti.
- En forçant les doses du mordançage, on n’augmente pas sensiblement l’intensité du ton.
- Teinture de la soie
- On teint sur bain de savon de cuite neutre, ou faiblement aiguisé à l’acide acétique.
- On entre à chaud et on porte le bain à 80-90° C., que l’on maintient ainsi environ une demi-heure.
- Le colorant est employé aux doses de 5 à 80 gr., par kil., suivant tons désirés; à 20 gr., on a un bon rose moyen.
- Son application peut se faire sur soie chargée à l’étain.
- Toutes ces nuances possèdent une belle fluorescence.
- Impression du coton
- On obtient également des roses très frais en impression.
- La couleur peut être composée avec :
- Rhodamine 6 G...................... 10 gr.
- Epaississant d’amidon ........... 500 —
- Eau.............................. 415 —
- Tannin............................. 25 —
- Acide acétique..................... 50 —
- Vaporiser une demi-heure sans pression.
- Passer au sel d’antimoine.
- Sécher.
- Pour les articles de fantaisie ne devant pas être lavés, on peut supprimer le sel d’antimoine ; on vaporise comme ci-dessus et l’on ne rince pas.
- La Rhodamine 6 G se ronge par les réducteurs au zinc et au bi-sulfite.
- Noir diazoté et développé
- sur coton
- A propos de l’article de notre précédeut numéro sur les teintes par diazotage, il nous a
- été fait remarquer que nous n’avons pas donné d’échantillon de noir obtenu par cette méthode. Nous complétons donc cette note.
- Pour produite ledit noir, suivre les procédés généraux de la méthode, indiqués dans le précédent numéro, en employant :
- Teinture. — Noir-diamine RO, 5 0(0.
- Diazotage. — Comme il a été dit dans le précédent numéro.
- Développement.—Pour 10 kil. de coton dissoudre à l’eau bouillante :
- Diamine en poudre............... 70 gr.
- Cristaux de soude.............. 150
- Opérer comme il a été dit.
- Le développement pour noir peut aussi se faire avec :
- Résorcine....................... 70 gr.
- Soude caustique liquide à 40°.... 150
- Les noirs sont plus verdâtres.
- Ces noirs peuvent se nuancer au bleu de méthylène, soit la marque nouvelle N, qUe l’on ajoute au bain de développement dans les proportions de 1 \4 à 112 pour cent.
- — cu
- ajoutant au bain de teinture 1 pour cent de vert-diamine B.
- Nous avons parlé dans notre précédent numéro du remontage au noir d’aniline.
- —
- Teinture sur laine en boudd
- Nous prenons coWffië èxemple une teinte quelconque obtenue sur boudins de filature ; celte laine fut ensuite étirée en mèches sous la forme qu’elle est livrée au commerce pour les travaux de dames, sp écialementpour crochet tunisien.
- La teinture a été obtenue dans un appareil à bain circulant, ce qui exige des dissolutions claires, sans mordançage, et il n’y a guère que les couleurs d’aniline qui remplissent ces conditions, avec le carmin d’indigo, toutefois mais qui n’est plusemployé, surtout dans les teintes par mélanges.
- Voici des formules pour produire ainsi le beige ou havane de l’échantillon :
- Pour 10 kil. de laine :
- Vert solide bleuâtre.................. 15 gr.
- Jaune solide extra.................... 10 —
- Azo-cochenille......................... 5 —
- Acide sulfurique...................... 50 —
- Sulfate de soude..................... 250 —
- Faire circuler le bain chauffé à 00° C,ou*
- bien employer :
- Azo-orseille I .. 25 gr.
- Jaune acide C .. 15 -
- Thiocarmin R .. 6 -
- Acide et sulfate de soude comme ci-dessus.
- Même mode opératoire.
- Dans ce genre de teinture, l’important est d’employér des couleurs montant bien ensemble, formant des bains clairs ; et sans chauffer
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- beaucoup, pour que la couleur ne se fixe pas immédiatement à son premier contact avec les laines. Il faut d’ailleurs des bains circulant dans les deux sens : aller etrelour.
- Vieux rose
- Veut-on produire, sur la même laine, la teinte Vieux rose dont on fait actuellement un grand usage, on emploiera, suivant la même méthode :
- Azo orseille 1..................*.. 100 gr.
- Thiocarmin R........................ 10 —
- Jaune acide C........................ 5 —
- Acide et sulfate comme au beige.
- Mêmes opérations.
- Héliotrope
- Le violet rabattu dit Héliotrope, s’obtiendra, suivant les mêmes principes, avec :
- Violet à l’acide 6 G............... 150 gr.
- Azo-fuchsine G..................... 100 —
- Vert-solide bleuâtre............... 100 —
- Acide et sulfate de soude.
- Opérer comme ci-dessus.
- Vert-Cèdre
- Ajoutons encore un vert terne, que nous prendrons à œil jaune. La mode le désigne actuellement « Cèdre » -, c’est un vert-mousse un peu foncé.
- Nous l’obtiendron3 avec :
- Thiocarmin R....................... 400 gr.
- Jaune acide C...................... 120 —
- Azo-orseille I...................... 50 —
- Acide sulfurique................... 100 —
- Sulfate de soud i.................. 500 —
- Teindre au bain circulant à 50-60° C.
- Ces différentes formules s’appliquent aussi aux bains fixes ; en les indiquant comme convenables pour une destination, cela ne les exclut pas des autres.
- Teinture des tissus mélangés Laine et soie en doubles teintes
- Nous avons indiqué les principes généraux et le choix des colorants pour ce genre de teinture dans la Revue de la Teinture, n° de mars dernier, p. 31, et aussi pour obtenir des teintes unies sur ces mêmes tissus mélangés.
- Comme complément de cette communication, nous reproduisons quelques exemples des doubles teintes données par la « Manufacture lyonnaise ». Les détails opératoires sont dans l’article de mars précité.
- Les tissus laine-soie sont ainsi teints :
- Laine orangé, soie vert-émeraude oubleu vif.
- 1* Teindre la laine au bouillon avec :
- Orangé GG........................ 4 0i0
- Bi-sulfate de soude.............. 10 —
- 2 • Démonter la soie dans l’eau bouillante une demi-heure.
- 3* Teindre la soie avec :
- Thioflavine T.................... 1 j3 0(0
- Vert solide cristaux O........... 116 —
- Ou bien, si c’est en bleu que l’on veut teindre la soie, avec :
- Bleu méthylène nouveau N........ 1 [3 0[0
- Dans les deux cas, on teint à froid avec addition de 50[0d’acide acétique.
- Laine jaune, soie violet-bleu
- 1 • Teinture au bouillon pour la laine :
- Jaune acide C.................... 5 0i0
- Bi-sulfate de soude................. 10 —
- 2- Démontage de la soie à l’eau bouillante comme ci-dessus.
- 3* Teinture de la laine, à froid :
- Bleu-solide 6 G..................... 3 0^0
- Violet-métvl B, n- O............ 1[10 —
- Laine noire, soie gris clair
- 1* Teinture au bouillon :
- Noir naphtol 3 B.............. 3 0t0
- Vert naphtol B...................... 4 —
- Amarante....................... 1 1[2 —
- Sulfate de fer...................... 8 —
- Bi-sulfate de soude................ 10 —
- 2' Démonter la saie, d’abord au bouillon dans un bain formé de :
- Eau........................... 100 litres
- Acétate d’ammoniaque.......... 1 1. 1|2
- (A défaut d’acétate d’ammoniaque, on le remplacera par : acide acétique à 7-8 degrés, 800 gr. et ammoniaque liquide, 700 gr.)
- Puis après une demi-heure de bouillon dans ce bain, un nouveau bouillon d’égale durée dans de l’eau ordinaire.
- La soie descend au gris-bleuté clair, et n’a pas besoin d’autre teinture.
- Laine grenat, soie verte
- 1* Teinture au bouillon :
- Amarante......................... 3 0[0
- Bi-sulfate....................... 10 —
- 2° Démontage au bouillon dans l’acétate d’ammoniaque seul, comme dans le procédé précédent.
- 3* Teinture à froid, pour la soie :
- Vert solide cristaux O.............. 1 0^0
- Acide acétique...................... 5 —
- L aine ponceau, soie bleue
- 1. Teinture au bouillon : '
- Ponceau S........................... 3 0[0
- Bi-sulfate......................... 10 —
- 2- Démontage à l’acétate d’ammoniaque.
- 3- Teinture à froid :
- Bleu méthylène nouveau N........ Il6 0[0
- Acide acétique...................... 5 —
- Laine rouge, soie vert d'eau
- 1* Teinture au bouillon :
- Rouge azoïque A..................... 4 0t0
- Bi-sulfate......................... 10 —
- 2* Démontage à l’acétate d’ammoniaque.
- 3’ Teinture de la soie, à froid :
- Thioflavine T..................... 2;3 0[0
- Vert solide cristaux O......... 1110 —
- Acide acétique...................... o —
- Laine gros vert, soie rose
- 1- Teinture au bouillon:
- Vert naphtol B...................... 8 0[0
- Sulfate de fer................. .. 7 —
- Bisulfate.......................... 10 —
- 2* Démontage d’une demi-heure à l’eau bouillante.
- 3- Teinture de la soie h froid :
- Safranine S, n- 150............... 1[3 0(0
- Un court rinçage à froid termine toutes ces teintures.
- Réserve-couleur Sur noir d'aniline
- Ce procédé, breveté par un anglais, M. Graffen, a pour résultat d’obtenir des sujets imprimés en couleurs sur fonds de noir d’aniline.
- Le tissu est mordancé au tannin et au sel d’antimoine, puis imprégné des sels1 générateurs du noir. On imprime ensuite unecouleur d’aniline avec une réserve (acétate de soude ou autre), empêchant le développement du noir, et l’on développe par vaporisage le noir dans les parties non réservées.
- Pour obtenir des dessins bleus sur fond noir d’aniline, par exemple, on passe la pièce dans un premier bain contenant :
- Tannin...................... 30 gramm.
- Eau......................... 4 litres.
- On fait sécher et fixe le tannin par un passage dans une solution i’émétiquedosée comme la précédente à 30 grammes de sel pour 4litres d’eau.
- On sèche de nouveau, puis on imprègne au foulard avec une composition pour noir préparée de la façon suivante :
- Dissoudre à part :
- a) Chlorate de potasse.. 3 kilogramm.
- Eau chaude............. 24 litres.
- h) Ferrocyanure de potassium...................... 7 kilogr. 500.
- Eau chaude............. 24litres.
- Après refroidissement mélanger les deux so -lutioos et ajouter la liqueur C, préparée d’avance et refroidie :
- c) Huile d’aniline.............. 6 litres.
- Acide chlorhydrique............. 6 litres.
- Avant l’usage, on ajoute pour chaque 4 litres de cette préparation, 60 grammes d’acide chlorhydrique.
- Le tissu préparé est ensuite séché et imprimé avec la couleur réserve :
- Bleu de mé'.hylène.............. 60 gram.
- Alcool...................... 1 {4 litre.
- Eauchauie................... 1 [4 litre.
- Acétate de sodium.............. 140 gram.
- British gum à 1 : 2............. 80 gram.
- Dissous à part chacun dans eau 1 [4 litre.
- Le noir est développé au vaporisage comme d’habitude ; le bleu de méthylène se fixe en même temps.
- Ce procédé est une variante de celui de M. Maurice Prud’homme.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- MACHINE A CHINER LES FILS
- par impression
- de M. Talon, breveté s. g. d. g.
- La Revue de la Teinture a dorné, dans son numéro d’avril 1893, p. 49, la description de la machine-talon pour le chinage des fils en écheveaux, et a montré des échantillons de chinage obtenus par cet appareil.
- Nous en produisons ci-dessous le dessin :
- Nous rappelons que celte chineuse supprime
- toute gravure ; elle imprime à plat ; les reliefs sont produits par des réglettes que l’on peut espacer à volonté, de façon à composer tous les genres de chinage que l’on désire, en se servant toujours des mêmes pièces.
- La couleur se distribue automatiquement sur la forme imprimeuse. Le changement de couleurs s’opère immédiatement en remplaçant les rouleaux fournisseurs disposés en ro réquence.
- Un mouvement de va-et-vient rend le fil I imprimé et en reprend une nouvelle charge.
- I Ce travail est donc très expéditif.
- C’est, jusqu’à présent, la machine la plus satisfaisante pour ce genre d’impression.
- Machine à imprimer les chinés, de M. TALON
- pis en fils de coton teints, du genre dit <t Ma-cassar », dont la trame est généralement rehaussée d’un fil de métal, non mélangé avec le coton, peuvent être admis à bénéficier, i0rs de leur exportation, du remboursement partiel des droits par application des dispositions de l'article 10 de la loi du 11 janvier 1892.
- Par un avis du 14 décembre dernier, le co. mité consultatif des Arts et Manufactures a déclaré que les tissus de l’espèce ne répondent exactement à aucun de ceux en vue desquels est intervenu l’article précité, dont le bénéfice ne leur est dès lors pas applicable.
- Fils de bourres de soie dits « multicc
- LOREs
- UNISIES
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- APPLICATION
- DU
- NOUVEAU RÉGIME DOUANIER
- Cas spéciaux (1)
- Mousselines brochées cr faux, Tulles
- ET MOUSEEL1NES BRODÉS
- Le remboursement partiel des droits a été
- (1) Voir des communications tur le même sujet, n° de janvier, p. 10, et d’avril, p. 56, année courante, et 1892, p. 22, 46, 89, 123, 138.
- demandé, à l’exportation, pour des mousselines de coton portant des dessins brochés d’or faux et pour des tulles et mousselines de cotjn brodés.
- Appelé à se prononcer, le comité consultatif des Arts et Manufactures a déclaré, le 1er février dernier, que ces articles, n’étant pas nommément désignés parmi les tissus auxquels les disposi ions de l’article 10 de la loi du 11 janvier 1892 sont applicables, ne peuvent ê're admis à bénéficier du régime de remboursement à forfait.
- Tissus du genre dit « Macassar »
- La question s’est élevée de savoir si des ta-
- Des doutes se sont élevés au sujet du régi-me applicable aux fils de bourre de soie dé-signés commercialement sous la dénomination de « schappe multicolore unifiée ». Ces fi[s sont fabriqués avec des déchets de plusieurs nuances, soumis à une préparation dont lè résultat est de donner à ces produits une couleur uniforme tirant sur le violet.
- Appelé à examiner la question, le Comitj consultatif des Arts et Manufactures a déclaré par un avis du 5 de ce mois, que les fils dont il s’agit constituent des fils teints, rentrant dans le dernier paragraphe du n° 379.
- Tresses de chapeilerie en coton
- La lettre commune n° 1016, du 4 juin 1892’ a prescrit d’admettre au droit de la « Passementerie de coton teinte » (N° 520 ter, 3e pa. ragraphe) les tresses de chapellerie en coton pur imitant les tresses de paille et désignées habituellement dans le commerce sous le nom de « Lacets ».
- L’application de cette di position a donné lieu à des réclamations.
- Par un avis du 9 novembre dernier, le comité a déclaré que ces tresses sont formées de fils de coton préalablement teints et g'acés, et qu’elles sont, par suite, passibles du droit afférent à la « Passementerie de coton fabriquée avec des fils teints et glacés » (N° 420 fer,411 et 406).
- Gants fourrés
- Gants formés d’une face en p?au et d’une face en bonneterie de laine (sorte d’astrakan à mailles de bonneterie) avec doublure intérieure en bonneterie de coton tirée à poils. La doublure en coton peut être considérée ici comme un accessoire.
- Les articles de l’espèce suivent, par application de la rr g'e relative aux produits mélangés, le régime de la « Ganterie de laine » (N° 443, 1er paragraphe).
- I---o r ,
- (Décision administrave du 4 mars 1893). | Chanvre de l’Inde
- Le chanvre de l’Inde (cannabis indien), importé des pays d'Europe, est exempt de la surtaxe d’entrepôt sans distinction de qualité. ; (Décision administrative du 13 janvier 1893).
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- LOI SUR L’HYGIÈNE
- ET LA SÉCURITÉ DES TRAVAILLEURS dans les Etablissements industriels
- Voici le texte de la loi récemment promulguée :
- « Art. 1er. — Sont soumis aux dispositions de la présente loiles manufactures,fabriques, usines, chantiers, ateliers de tout genre et leurs dépendances.
- « Sont seuls exceptés les établissements où ne sont employés que les membres de la famille sous l’autorité soit du père, soit de la mère, soit du tuteur.
- « Néanmoins, si le travail s’y fait à l’aide de chaudière à vapeur ou de moteur mécanique, ou si l’industrie*exercée est classée au nombre des établissements dangereux ou insalubres, l’inspecteur aura le droit de prescrire les mesures de sécurité et de salubrité à prendre, conformément aux dispositions de la présente loi.
- « Art. 2. — Les établissements visés à l’article 1er doivent être tenus dans un état constant de propreté et présenter les conditions d’hygiène et de salubrité nécessaires à la santé du personnel.
- « Us doivent être aménagés de manière à garantir la sécurité des travailleurs. Dans tout établissement fonctionnant par des appareils mécaniques, les roues, les courroies, les engrenages ou tout autre organe pouvant offrir une cause de danger, seront séparés des ouvriers, de telle manière que l’approche n’en soit possible que pour les besoins du service. Les puits, trappes et ouvertures doivent être clôturés,
- « Les machines, mécanismes, appareils de transmission, outils et engins doivent être installés et tenus dans les meilleures conditions possibles de sécurité.
- « Les dispositions qui précèdent sont applicables aux théâtres, cirques, magasins et autres établissements similaires où il est fait emploi d’appareils mécaniques.
- « Art. 3. — Des. règlements d’administration publique, rendus après avis du comité consultatif des Arts et Mauufactures, détermineront :
- « 1° Dans les trois mois de la promulgation de la présente loi, les mesures générales de protection et de salubrité applicables à tous les établissements assujettis, notamment en ce qui concerne l’éclairage, l’aération ou la ventilation, les eaux potables, les fosses d’aisances, l’évacuation des poussières et vapeurs, les précautions à prendre contre les incendies, etc.
- “ 2<> Au fur et à mesure des nécessités constatées, les prescriptions particulières relatives soit à certaines industries, soit à certains modes de travail.
- « Le Comité consultatif d’hygiène publique de France sera appelé à donner son avis en
- ce qui concerne les règlements généraux prévus au paragraphe 2 du présent article.
- « Art. 4. — Les inspecteurs du travail sont chargés d’assurer l’exécution de la présente loi et des règlements qui y sont prévus ; ils ont entrée dans les établissements spécifiés à l’art. 1er et au dernier paragraphe de l’art. “2, à l’effet de procéder à la surveillance et aux enquêtes dont ils sont chargés.
- Art. 5. — Les contraventions sont constatées par les procès-verbaux des inspecteurs qui font foi jusqu’à preuve contraire.
- « Les procès-verbaux sont dressés en double exemplaire, dont l’un est envoyé au préfet du département et l’autre au parquet.
- « Les dispositions ci-dessus ne dérogent point aux règles du droit commun quant à la constatation et à la poursuite des infractions commises à la présente loi.
- « Art. 6. — Toutefois, en ce qui concerne l’application des règlements d’administration publique prévus par l’art. 3 ci-dessus, les inspecteurs, avant de dresser procès-verbal, mettront les chefs d’industrie en demeure de se conformer aux prescriptions dudit règlement.
- « Cette mise en demeure sera faite par écrit sur le registre de l’usine ; elle sera datée et signée, indiquera les contraventions relevées et fixera un délai à l’expiration duquel ces contraventions devront avoir disparu. Ce délai ne sera jamais inférieur à un mois.
- « Dans les quinze jours qui suivent cette mise en demeure, le chef d’industrie adresse, s’il le juge convenable, une réclamation au ministre du commerce et de l’industrie. Ce dernier peut, lorsque l’obéissance à la mise en demeure nécessite des transactions importantes portant sur le gros œuvre de l’usine, après avis conforme du Comité des Arts et Manufactures, accorder à l'industriel un délai dont la durée, dans tous les cas, ne dépassera jamais dix-huit mois.
- « Notification de la décision est faite à l’industriel dans la formeadministrative ; avis en est donné à l’inspecteur.
- « Art. 7. — Les chefs d’industrie, directeurs, gérants ou préposés, qui auront contrevenu aux dispositions de la présente loi et des règlements d’administration publique, seront poursuivis devant le tribunal de sim-p’e police, et punis d’une amende de 5 fr. à 15 fr. L’amende sera appliquée autant de fois qu’il y aura de contraventions distinctes constatées par le procès-verbal, sans toutefois que le chiffre total des amendes puisse excéder 200 francs.
- « Le jugement fixera, en outre, le délai dans lequel seront exécutés les travaux de sécurité et de salubrité imposés par la loi.
- « Les chefs d’industrie sont civilement responsables des condamnations prononcées contre leurs directeurs, gérants ou préposés.
- « Art. 8. — Si, après une condamnation
- prononcée en vertu de l’article précédent, les mesures de sécurité ou de salubrité imposées par la présente loi ou par des règlements d’administration publique n’ont pas été exécutés dans le délai fixé par le jugement qui a prononcé la condamnation, l'affaire est, sur un nouveau procès-verbal, portée devant le tribunal correctionnel qui peut, après une nouvelle mise en demeure restée sans résultat, ordonner la fermeture de l’établissement.
- « Le jugement sera susceptible d’appel ; la cour statuera d’urgence.
- « Art. 9. — En cas de récidive, le contrevenant sera poursuivi devant le tribunal correctionnel et puni d’une amende de 50 à 500 fr., sans que la totalité des amendes puisse excéder 2,000 fr.
- - « Il y a récidive lorsque le contrevenant a été frappé dans les douze mois qui ont précédé le fait qui est l’objet de la poursuite, d’une première condamnation pour infraction à la présente loi ou aux règlements d’administration publique relatifs à son exécution,
- « Art. 10. — Les inspecteurs devront fournir, chaque année, des rapports circonstanciés sur l’application de la présente loi dans toute l’étendue de leurs circonscriptions. Ces rapports mentionnerontles accidents dont les ouvriers auront été victimes et leurs causes. Ils contiendront les propositions relaitves aux prescriptions nouvelles, qui seraient de nature à mieux assurer la sécurité du travail.
- « Un rapport d’ensemble résumant ces communications sera publié tous les ans, par les soins du ministre du commerce et de l’industrie.
- « Art. 11. — Tout accident ayant causé une * blessure à un ou plusieurs ouvriers, survenu dans un des établissements mentionnés à l’article premier et au dernier paragraphe de l’article2, sera l’objet d’une déclaration par le chef de l’entreprise ou, à son défaut et en son absence, par le préposé.
- « Celte déclaration contiendra le nom et l’adresse des témoins de l’accident ; elle sera faite dans les quarante-huit heures au maire de la commune, qui en dressera procès-verbal dans la forme à déterminer par un règlement d’administration publique. A cette déclaration sera joint, produit par le patron, un certificat du médecin indiquant l’état du blessé, les suites probables de l’accident et l’époque à laquelle il sera possible d’en connaître le résultat définitif.
- « Récépissé de la déclaration et du certificat médical sera remis, séance tenante, au déposant. Avis de l’accident est donné immédiatement par le maire à l’inspecteur divisionnaire ou départemental.
- « Art. 12. — Seront punis d’une amende de 100 à 150 francs, tous ceux qui auront mis obstacle à l’accomplissement des devoirs d’un inspecteur.
- « Les dispositions du code pénal qui pré-
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- voient et répriment les actes de résistance, les outrages et les violences contre les officiers de la police judiciaire sont, en outre, applicables à ceux qui se rendront coupables de faits de même nature à l’égard des inspecteurs .
- « Art. 13. — Il n’est rien innové, quant à la surveillance des appareils à vapeur.
- a Art. 14. —L’article 463 du code pénal est applicable aux condamnations prononcées en vertu de la présente loi.
- « Art. 15. -T- Sont et demeurent abrogées toutes les dispositions des lois et règlements contraires à la présente loi. »
- LES RAPPORTS DU CAPITAL
- ET DU TRAVAIL
- M. A. Lalande, ancien député, ancien président de la Chambre de commerce deBordeaux, dans un récent discours qu’il a prononcé au banquet d’une société de secours mutuels, s’est élevé avec éloquence contre l’antagonisme que l’on cherche à développer entre ouvriers et patrons. 11 a fait ressortir quelles sont, en beaucoup de cas, les parts respectives du capital et du travail.
- Nous extrayons de cette allocution les passages suivants :
- « Bien des capitalistes renoncent à créer des établissements industriels qui seraient une source de prospérité pour le pays, parce qu’ils ne veulent pas s’exposer, si leur industrie réussit, à être considérés par les ouvriers qu’ils emploieraient comme de véritables ennemis. Au lieu de créer ces industries nouvelles, ils achètent des fonds publics ou d’autres valeurs de Bourse, et le pays souffre de cette abstention des capitalistes.
- « La vérité est, comme le pensent et l’enseignent les hommes les plus éminents, comme aussi le prouve l’expérience de chaque jour, que le capital et le travail sont indispensables l’un à l’autre ; et, suivant une expression de Franklin, ils sont nécessaires l’un à l’autre c comme les deux branches d'une paire de ci • seaux. » Le capital ne peut souvent fructifier sans le concours du travail, et le travail a le plus souvent aussi besoin de l’intervention et du concours du capital.
- « Je me suis livré à ces observations générales parceque nous avons tous sous les yeux un exemple éclatant, — trop éclatant — des services que le capital peut rendre au travail et aux travailleurs. — Je veux parler de ce grand et magnifique établissement : la fabrique de faïences et de porcelaines de Bacalan, que vous connaissez tous, et dans laquelle, je crois, beaucoup d’entre vous travaillent.
- « Quelle est l’histoire de cet établissement ?
- « Quelle a été, depuis l’origine, la part du capital et du travail dans les résultats de ses industries ?
- Dès l’origine, c’est-à-dire en 1872, on en jeta les premières grandes bases, en créant des moulins et des magasins, qui avaient pour objet l’alimentat on de Bordeaux. On y dépensa environ...............Fr. 1.200.000
- « 2° M. D. Johnston, ancien maire de Bordeaux, acheta cet établissement en 1838, avec la pensée purement phiknthropi-
- que d’y établir une faïencerie.
- Il y engloutit sa fortune et y dépensa plus de................... 2.000.000
- « Enfin, la société actuelle a succédé à l’ancienne en 1845, en y consacrant un nouveau capital de....................... 400.000
- « Total des capitaux engagés 3.600.000
- « Or, ie premier capital de 1,200,000 fr. (depuis 1782) n’a jamais rien rapporté.
- « Le deuxième capital de 2 millions de francs ne rapporta absolument rien de 1838 à 1845.
- « Enfin, la Société actuelle a pu distiibuer, depuis 1845, 24,000 fr. par an, c’est-à-dire 6 0t0 de son capital, soit une somme totale de 1,100,000 fr.
- « Cette somme constitue toute la rémunération des capitaux engagés, soit moins de lj2 p. 100 par an du capital total depuis quarante-sept ans, et absolument rien auparavant.
- « Voyons maintenant quelle a été la part du travail et des travailleurs dans la création et dans le fonctionnement de ces grands établissements:
- « 1° Leur création ayant coûté 3,600,000 f., on ne saurait évaluer la main-d’œuvre qui a
- été employée à moins de.. Fr. 2.000.000 « 2° Les sommes payées en salaires aux ouvriers depuis l’origine, ont été les suivantes:
- « Ouvriers du moulin jusqu’à
- sa fermeture, au moins....... 1.000.000
- « Période de 1838 à 1850 :
- 300 ouvriers par an, 1,000 fr.
- en moyenne (12 ans).............. 3.600.000
- « Période de 1850 à 1860 :
- 500 ouvriers par an, 1,000 fr.
- en moyenne (10 ans).............. 5.000.000
- « Période de 1860 à 1870 :
- 600 ouvriers par an, à 1,000 fr.
- (10 ans)......................... 6.000.000
- « Période de 1870 à 1880 :
- 800 ouvriers par an à 1,000 fr.
- (10 ans)......................... 8.000.000
- « Période de 1880 à 1891 :
- 1,100 ouvriers par an, à 1,000
- francs (11 ans)................. 12.100.000
- «Total....... Fr. 37.700.000
- « Ainsi depuis l’origine, remontant à 1782, les résultats de ces entreprises ont été les suivants :
- Part du capital... Fr. 1-100.000 Part du travail.. 37.700.000 1
- « On peut dire que le capital qui a été coq. sacré a été presque totalement perdu.
- « Mais les travailleurs y ont gagné environ 38 millions de francs !
- « C’est là un exemple — malheureusement trop éclatant — des avantages que le travail et les travailleurs peuvent retirer de l’inter-vention et du concours des capitaux. Des ré-sultats aussi ruineux ne sont pas faits p0Ur encourager des capitalistes à engager leurs fonls dans de nouvelles entreprises industrielles, s’ils ont encore à lutter contre l’hostilité du personnel ouvrier »
- (.L'Economiste Français)
- CHAMBRE SYNDICALE DES MAITRES
- TEINTUR1ERS-DÉQRA1SSEDRS
- de la ville de Lyon
- Bauquct annuel et réception de la 1 délégation parisienne
- La Chambre syndicale lyonnaise a célébré son banquet annuel le 4 juin écoulé.
- Comme chaque année, cette fête a été l’occasion de belles et bonnes paroles sur les aspirations et l’avenir de la profession, sur l’union qui s’établit de plus en plus parmi ses membres, grâce à l’action syndicale; sur l'esprit large et libéral qui règle ses rappprta avec le personnel ouvrier, et sur le rôle de chacun dans notre milieu social nouveau.
- La Chambre parisienne était représentée par son président, M. Jolly, et deux autres membres du comité : MM. Vinois et Tupi-
- NIER.
- A l’arrivée du train, la veille du banquet, les délégués parisiens étaient reçus à la gare par une députation du Syndicat lyonnais: MM. Daloz, Abric, Durand et Patin, membres du bureau, qui les ont accompagnés à l’hôtel.
- Là M. Patin leur a offert un bouquet etleur à souhaité la bienvenue au nom de la Chambre syndicale lyonnaise.
- Le lendemain, dès le matin, Parisiens et Lyonnais, la petite troupe un peu grossie,sont allés ensemble faire une promenade au parc de la Tête-d’Or, où iis ont visité les serres et les travaux de l’Exposition de 1894.
- Puis, à deux heures, tous se trouvent réunis autour de la table du banquet, au café Morel, place Bellecour, siège de la Chambre syndicale.
- Quarante convives environ sont présents, parmi lesquels il faut citer MM. Monin et Ciiampy, teinturiers de Dijon, qui ont franchi en bicyclettes les 200 kilomètres qui les séparaient de Lyon.
- La présidence d’honneur est offerte à M. Vinois, ancien président de la Chambre syndicale de Paris.
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- Le banquet est plein d’entrain, de cordialité.
- Au dessert, M. Capillery, président de la Chambre syndicale de Lyon, prend la parole en ces termes :
- Discours de 91. Capillery
- Messieurs et chers confrères lyonnais,
- Si votre président n’est pas à la hauteur de la tâche qui lui incombe aujourd’hui, il faudra vous en prendre non-seulement à lui, mais encore à vous qui l’avez maintenu à ce poste d’honneur.
- D’ailleurs, Messieurs, mon devoir est nettement défini : il consiste à vous présenter les aimables convives que nous avons la bnone fortune de posséder aujourd’hui à notre fête confraternelle.
- Tout d’abord, je vous présente nos deux confrères dijonnais, dont la présence démontre que la vigueur du jarret a été chez eux à la hauteur de leurs sentiments confraternels : ce sont de rudes champions de la pédale, en même temps que de braves et aimables collègues.
- Et maintenant j’adresse nos hommages bien cordiaux à la délégation de la Chambre syndicale de Paris.
- Nous saluons d’abord l’un de ses doyens? M. TuniNiER, et nous le remercions de sa bonne visite ; puis nous souhaitons la bienvenue à l’ancien président, M. Vinois, qui a su conquérir l’estime et la considération de nos confrères de la capitale : frappé dans ses affections les plus chères, il renonça à la présidence, qui exige toujours une grande liberté d’esprit, et cette fonction échut à M. Jolly, que nous avons le bonheur de posséder ici pour la seconde fois.
- Mon cher président,
- Mettons de côté toute flatterie puérile, et laissez-moi dire quelle est notre admiration pour la compétence, l’esprit sage, méthodique et novateur avec lequel vous résolvez les questions qui intéressent notre industrie.
- D’ailleurs, Messieurs, pour dépeindre notre hôte d’aujourd’hui, je ne puis mieux faire que rappeler le langage élevéIqu’il tenait dans un discours prononcé par lui dans une assemblée du Syndicat de Paris, et que vous avez lu dans le journal la Revue de la Teinture, numéro d’avril 1893.
- Ces paroles, mes chers confrères, suffisent à vous montrer le caractère de notre vice-président honoraire, titre que je me plais aujourd’hui à confirmer en votre nom à M. Jolly.
- M. le président, veuillez être notre interprète auprès de votre honorable secrétaire M. Babillon-Marchal, pour l’empressement qu’il a mis à réaliser l’union des deux Syndicats, tt nous prions MM. les délégués d’exprimer à nos confrères de Paris nos sentiments de bonne confraternité.
- Cependant, Messieurs, notre joie serait encore plus complète si nous avions le bonheur de posséder à cette fête notre aimable président d’honneur, M. Cloutier , il s’en excusera lui-même par une lettre dont il vous sera donné lecture ; mais je ne puis me défendre du plaisir de vous redire un sonnet qu’il
- nous avait dédié et présenté lui-même dans une de nos fêtes, qu’il a le don de rendre si attrayantes (1).
- Je reviens à vous, compatriotes lyonnais, pour remplir un devoir auquel vous applaudirez des deux mains : il s’agit d’un de nos membres les plus estimés et qui jouit de votre considération unanime, pour le zèle et le dévouement qu’il apporte dans l’accomplissement de son devoir, et pour l’aménité de son caractère d’élite.
- Sur la proposition de notre honorable secrétaire-syndic, M. Patin , il a été décidé qu’il serait offert à notre trésorier, M. Louis Abric, un diplôme d'honneur, en considération des services rendus à notre syndicat. C’est avec joie que je lui remets ce titre. (Applaudissements).
- Par une coïncidence heureuse, ce jour se tronve être celui de Saint-Claude ; c’est la fête de notre estimé vice-président, M. Conde-mine : nous lui offrons un bouquet à cette occasion ; il lui témoignera notre vive sympathie et lui exprimera nos remercîments pour les services qu’il a rendus et rendra encore à notre société.
- Messieurs, la ville de Lyon aura l’année prochaine une exposition internationale et coloniale. Je suis l’interprète de mes collègues pour vous convier de venir en grand nombre prendre part à cette fête du travail ; nous adressons cet appel à tous les teinturiers de France ; le plus grand accueil est réservé à tous. (Applaudissements).
- Et maintenant je lève mon verre en l’honneur de MM. les délégués parisiens!...
- Des applaudissement chaleureux et un bruyant choc de verres couvrent ce discours.
- Puis lecture est donnée de lettres d’excuses, de M. F. Gouillon, directeur de la Revue de la Teinture, membre d’honneur correspondant de la Chambre syndicale lyonnaise ; et de M. Ch. Cloutier, de Beaune, notre président d’honneur. Les termes sympathiques de ces lettres font regretter davantage encore l’absence de leurs auteurs.
- M. Cloutier a expliqué les motifs de son absence, en un sonnet humoristique, qui est accueilli avec une enthousiaste gaieté.
- M. Patin porte un toast à M. Cloutier et à M. Gouillon.
- M.Jolly prend ensuite la parole et prononce le remarquable discours qui suit (2) :
- Discours de M. Jolly
- Le cœur encore ému de votre fraternelle et ensoleillée réception de l’an dernier, nous venons de nouveau, laissant de côté les occupations multiples qui absorbent tout notre temps et toutes nos forces, prendre place à la table hospitalière où mes collègues et moi nous
- (1) Les lecteurs de la Revue de la Teinture reverront aussi avec plaisir ce petit poëme qui fut reproduit dans l’année 1889, p. 91.
- (2) La Revue de la Teinture, pour raison d’espace, a dû abréger un peu ce discours, et sacrifier même quelques beaux passages ; elle en a conservé, tout au moins, le fonds essentiel, c’est-à-dire ce qui concerne les intérêts corporatifs. — F. G.
- avons été si cordialement fêtés; L’écho de nos paroles de paix et d’union s’est répété jusque dans notre grande ville et tous les membres de notre famille syndicale ont été sincèrement touchés du chaleureux accueil que vous avez fait à leurs délégués.
- Animés de part et d’autre des mêmes sentiments de bonne confraternité, comment aurions-nous fait pour ne pas nous entendre sur tout ce qui touche à nos intérêts ainsi qu’à notre cœur? Combien il est précieux aujourd’hui de savoir profiter de toutes les forces dont on dispose et de ne pas les laisser s'éparpiller, alors que plus que jamais il est indispensable de les concentrer et de les diriger habilement!
- La plupart des hommes, dit notre grand moraliste La Bruyère, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d’un grand effort que d’une longue persévérance. Cette maxime s’applique admirablement à notre pays et lui indique ce qu’il doit faire pour bien faire. Mais sans essayer de parler en général, ce qui nous entraînerait très-loin, laissez-moi vous dire à ce sujet ce que je pense et ce que j’espère de notre profession ainsi que de ceux qui l’exercont.
- Nous avons en ce moment plusieurs propositions à l’étude ; ces propositions, nous y attachons tous, sans exception, la plus grande importance. Nos séances sont très fréquentées ; chacun sent qu’il est disposé à étudier et à résoudre les questions les plus ardues, et tout d’un coup, par je ne sais quel phénomène, tout s’écroule dans ces imaginations ardentes, et l’obstacle, le réactionnaire et désastreux obstacle, se présente et j’entends dire : « Mais non, cela ne se fera pas, ce serait trop beau; nous n’arriverons à rien ; nous aurons des faux-frères », et l’homme le plus confiant, le plus emballé, si vous me permettez l’expression, devient le plus timide et le plus désillusionné du monde. Que de fois j’ai été à même de constater ce grand effort et cette courte persévérance !
- Je vous en supplie, mes chers confrères, vous tous dont je connais aujourd'hui le mérite et l’intelligence, vous qui tous les jours luttez avec vaillance contre les innombrables difficultés de votre profession, vous enfin qui aimez les idées larges et généreuses avec enthousiasme, ne craignez pas d’accueillir franchement la vérité lorsqu’elle se présente à vous dans sa lumineuse et immatérielle nudité ! Conservez et défendez votre foi dans le beau, dans le vrai, dans le juste, et entraînez les épaves inertes et encombrantes dans le courant irrésistible de votre inébranlable volonté.
- L’année qui s’est écoulée depuis votre dernière réunion confraternelle a été marquée par des événements qui feront époque dans l’histoire de nos syndicats.
- Au mois de décembre, notre Chambre, à la suite d’événements qu’il serait difficile de vous énumérer ici, a été appelée à se prononcer dans le différend qui s’était élevé entre les Chambres syndicales parisiennes. Nous avons opté pour le syndicat général, groupe imposant, qui comprend 94 syndicats. Mes collègues, comme vous le savez, m’ont donné mission de les y représenter. Nous avons été
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- appelés ainsi à nous occuper de questions industrielles, commerciales, sociales même, et aujourd’hui notre syndicat a sa place parmi les plus importants de la ville Jde Paris (1).
- En même temps, poussés par je ne sais quelle sympathie, comme vos amis parisiens, vous agrandissiez aussi le champ de vos études et de vos travaux, en prenant également place dans un groupe syndical que vous avez choisi et en apportant à ce groupe le concours de vos lumières et de vos ardeurs pour la bonne cause. Ainsi, de concert avec nous, et sans nous être consultés, nous faisions une généreuse tentative pour élever notre profession au niveau des grandes industries, et nous démontrions de cette façon que, la place au soleil que l’on nous refusait encore il y a quelques années, nous étions bien dignes de l’occuper.
- Je désire à présent, mes chers confrères, vous mettre au courant de nos relations avec la Chambre syndicale ouvrière.
- Vous savez comme moi que la question ouvrière n’est pas résolue, et vous pensez bien que je ne vais pas vous annoncer que nous sommes à la veille de la résoudre à la satisfaction générale. Ces vains espoirs ne sont pas de ce monde. Mais j ai toutefois le grand plaisir de vous dire que nous avons enfin créé une commission mixte qui s’est jusqu’ici réunie tous les trois mois, et qui aura d’ici peu ses séances mensuelles ; cette commission fonctionne; les membres qui la composent sont animés de part et d autre des sentiments les plus pacifiques, et il y a lieu d’espérer que nous arriverons à un résultat appréciable pour tous les amis de la justice et du progrès.
- C’est pour l’étude de ces questions sociales si brûlantes et si intéressantes, qu’il faut surtout faire appel à cette persévérance obstinée dont je vons parlais tout-à-l’heure, et sans laquelle on n'édifie rien de vraiment durable. Faisons donc notre possible pour donner toutes les garanties de bonne foi et de sincérité à nos collaborateurs, et il nous sera facile alors de leur iuspirer à notre tour une entière confiance dans notre parfaite loyauté !
- Maintenant, je vais avoir l’honneur de vous présenter mes collègues de Paris qui peuvent se rendre compte aujourd’hui que l’hospitalité lyonnaise n’est pas un vain mot.
- (Ici M. Jolly fait très finement les portraits moraux des deux collègues qui l’accompagnent, et de façon à mettre fort mal à l’aise la modestie de ces Messieurs).
- Mes amis, nos délégués, vos hôtes, ont tous débuté dans la vie comme ouvriers ; ils ont eu peu de fortune, mais beaucoup de courage, et ils sont aujourd’hui la preuve vivante que le Travail est le grand maître et qu’en obéissant à ses lois on peut arriver à une aisance honorable. Us connaissent les ouvriers. Ils savent que si tous n’ont pas pu ou voulu
- (1) M. Jolly ne dit pas que les membres du Syndicat général reconnurent de suite l’importance de son concours et l’élurent aussitôt à l’uu des postes de secrétaires, l’une des fonctions qui exigent le plus de savoir, de tact et aussi de travail. — F, G.
- s’imposer les privations nécessaires à la réussite, ils ont tous droit quand même à notre appui loyal et désintéressé !
- Je n’abuserai pas plus longtemps de votre bienveillante attention, mais je ne puis m’empêcher de dire quelques mots sur votre vote de mars dernier lorsque, sur la proposition de notre galant confrère et ami, M. Michel, vous renonciez à inviter les dames à votre banquet annuel. Je ne veux pas ici approuver ni combattre cette décision,- nous avons, nous-mêmes, émis un vote dans le même sens.
- Que les dames ne nous en veuillent pas, car, mieux que personne, nous apprécions en connaisseurs leurs innombrables qualités et leurs invincibles charmes.
- (L’orateur se livre à d*airtiables variations sur le mérite et le charme des dames ; il faut malheureusement écourter ce passage qui fut cependant accueilli par un feu nourri de bravos).
- Je vous propose, continue M. Jolly, de porter à ces dames notre premier toast : je bois aux dames de nos confrères lyonnais !
- Je bois à notre ami commun, M. Cloutier, dont nous regrettons tous l’absence, et envers qui nous avons contracté une dette de vive reconnaissance ; car c’est grâce à lui, grâce à son initiative, que Lyon et Paris ont signé le traité d’alliance auquel nous avons juré fidélité !
- Je bois à la concorde, à laquelle il faut sacrifier toutes les mesquines passions humaines qui ne changent rien en bien à la force des choses et qui n’entraînent après elle que la réaction et la ruiue !
- Je bois à vous tous, mes chers amis, à notre prospérité par le travail et par l’union pour la gloire de la patrie française et la paix de l’humanité?
- Ce discours, aux vues si larges et à la forme si littéraire, est acclamé et salué d’applaudissements répétés.
- La fête continue, égayée de joyeux propos, de chants et récits où plusieurs amateurs remportent de francs succès. Elle s’est prolongée jusqu’à dix heures du soir.
- Le lendemain, les délégués parisiens, accompagnés d’amis lyonnais, visitent quelques curiosités de la ville, et des établissements industriels intéressant leurs travaux.
- Les présidents lyonnais et parisien ont aussi rendu visite à M. Kemler, président de l’Alliance des Chambres syndicales lyonnaises.
- Et, enfin, chacun a repris le chemin de son travail, emportant le souvenir de ces heures de franche cordialité, où s’est une nouvelle fois resserrée l’union des deux groupes corporatifs, et qui montrent la possibilité d’une alliance plus générale encore des teinturiers français.
- BIBLIOGRAPHIE
- Bibliographie de la technologie chimique des fibres textiles, par Jules Garçon. — Cet
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- ouvrage, publié sous le patronage de la § ciété industrielle de Mulhouse et primé n°~ elle, est un catalogue des plus complets & tout ce quia été écrit sur le traitement chia/ que des textiles, cest a—dire sur leurs nr ^ priétés, blanchiment, teinture, impressio^ apprêts et sur les matières colorantes.
- Toutes ces publications françaises, allemani des, anglaises, américaines, italiennes, esna" gnôles, y compris le? périodiques passés gl présen's y figurent, en même temps que j/ traités non spéciaux à ces matières mais qj lui ont consacré quelques chapitres, avec in dication des passages rentrant dans la spécial lité.
- Nous ne connaissons aucun travail si petjt soit-il, aucune plaquette en apparence insj gnifiante, publié sur nos industries, qijj n>~ soit cité.
- C’est bonc bien évidemment un catalogue complet et qui témoigne de l’érudition tinctoriale de son auteur.
- Un répertoire par noms d’auteu s et un an, tre pour sujets ou matières, ajoutent à l’utilité pratique de ce livre, en facilitant les recherches faites en vue d’un travail déterminé.
- M. J. Garçon prépare un autre ouvrage, qU{ sera le développement de celui-ci ; c’est une table générale des matières de la teinture et de l’impression des tissus.
- En attendant ce vaste travail qui rappellera un peu, mais avec plus d’abondance, celui de Dollfus-Ausset : « Matériaux pour la coloration des étoffes » la « Bibliographie » nouvellement parue rendra d’importants services aux travailleurs et chercheurs de nos professions.
- Cet ouvrage se vend 6 francs.
- Appareils et machines à teindre, source de documents, par M. Jules Garçon. — Le même auteur a présenté à la société des ingénieurs civils un mémoire sur les documents concernant la mécanique tinctoriale et qu’il a publié en brochure.
- C’est comme un chapitre détaché de la bibliographie générale, mais il est commenté et présenté avec un certain enchaînement méthodique, en donnant une idée sommaire du principe des différentes classes d’appareils.
- Cet ouvrage n’a pas la prétention de faire l’histoire complète du machinisme de nos industries, mais elle donne d’utiles indications aux ingénieurs, aux industriels qui veulent en entreprendre l’étude.
- Etude sur l'aréomètre de Baume, par M. Edouard Moride. — L’auteur, connu par ses travaux sur la savonnerie, signale dans cette brochure les confusions qui résultent quelquefois dans l’interprétation des degrés aréo-métriques, suivant qu’on les rapporte à des
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- unités densimétriques diverses, notamment aux densités françaises ou allemandes.
- Il expose les conditions normales de construction de l’aréomètre Baumé, et critique la modification proposée par MM. Berthelot, Cou-lier et d’Almeida.
- 11 est d’avis que les indications aréométri-ques devraient être rejetées des transactions commerciales où elles sont une source d’erreurs, et qu’il faudrait les remplacer par des u nités en poids spécifiques en kilogrammes ou en grammes par litre, c’est-à-dire basées sur le système métrique.
- Dans la pratique industrielle seulement, il admet l’usage de l’aréomètre Baumé, mais avec une table de concordance avec les densités.
- Les exemples donnés par l’auteur sur les difficultés commerciales résultant des interprétations aréométriques, justifient pleinement ses conclusions.
- Son mémoire, tiré à part, a été publié dans le « Bulletin de la Société scientifique industrielle de Marseille ».
- Ueber die entwickelung der theerfarben-îndu&trie, von Dr Heinrich Caro (Sur le développement de l’industrie des couleurs de goudron, par le Dr H. Caio). — C’est l'histoire scientifique et anecdotique de l’industrie devenue aujourd’hui si considérable des couleurs artificielles.
- L’auteur annonce au début qu’il n’en tracera qu’une esquisse sommaire et s’en tenant aux grandes lignes du sujet; ce sera, dit-il, comme l’introduction de l’ouvrage d’ensemble qui nous manque encore sur le mouvement scientifique de ces trente dernières années, si intimement lié au développement de l’industrie des matières colorantes.
- Cependant M. Caro a su rendre saisissante cette histoire que nous avons vécue et dans laquelle il évoque à chaque pas les enthousiasmes de notre jeuuesse, et la suite des émerveillements qu’elle nous apporte sans cesse. Nous devons renoncer à l’analyser : elle n’est elle-même qu’une condensation de matériaux immenses qu’on ne saurait comprimer davantage encore.
- Ce travail, qui comprend 150 pages grand in-12, est la reproduction d’une conférence faite par l’auteur à la Société chimique de Berlin, èt publié au profit de l’Institut Hoffmann.
- Il se vend 3 marcs 60, chez MM. Friedlaxi-der et Sohn, à Berlin, Carlstrasse, 11. (Texte allemand).
- F. G.
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- 227925 — KRALM et Gobeers. — Application nouvelle d’une impression spéciale sur tissus
- pour déterminer la coupe dans la fabrication des cravates.
- 227957 — Arnold Print werks.— Procédé de production et de fixation de dessins en couleurs sur du coton, conjointement avec des fonds de couleur contractante.
- 227664 — Francisque Voland et Ce. — Perfectionnements dans l’obtention des tissus irisés.
- 227740 — Marcelin père et fils aîné. — Procédé de teinture.
- 227887 — Ast. — Machine à imprimer les tissus.
- 237792 — Société de la teinturerie stéphanoise. — Métier à teindre les matières filamenteuses mises en écheveaux, à marche continue, et mouvementation des écheveaux dans le bain par le porte-éche veaux tendeur et plongeur.
- 227894 — Skucète et Jelen. — Nouveau procédé électrique de teinture.
- 228051 — Balland. — Nouvelle décoration des tulles et tissus analogues.
- 228652 — Balland. — Nouvelle application de perles colorées sur tulles ou tissus à jour.
- 228053 —Balland. —Procédés de décorations des tulles et tissus à jour.
- 228061 — Delbroucic. — Procédé de teinture des étoffes.
- 228156 — Pope et Williams. — Perfectionnements dans les méthodes pour nettoyer les déchets de coton et autres matières fibreuses et en extraire l’huile et la graisse.
- 227168 — Perl. — Composé liquide de bronze non oxidable.
- 228180. — Balland. —Procédé de décoration des tissus au moyen de poudres tamisées.
- 228183. — Carrel et Rosset. — Application de couleurs multiples aux perles décorant les tulles ou tissus analogues.
- 228184. — Boyeux. — Dentelles, broderies en toutes matières brodées sur tissus coton ou autres matières végétales et mises à jour.
- 228222. — Giesler. — Impression, imitation Jacquart sur tissus.
- 228289. — Bolard et G°. — Nouveau procédé d’impression par trempage des tapis de tous genres.
- 228324. — Desrues. — Procédé de teinture.
- 228357. — Alary-Ruelle. — Nouveau procédé d’impression sur celluloïd, bois, ivoire, ébonite et autres matières.
- 228378. - Bonnet. — Procédé de préparation de fibres végétales en bistre au manganèse, soit à l’état brut en mèches, en filés, en tissus ou autres formes.
- 228382. — Génard. — Perfectionnements aux appareils à teindre les bobines de laine peigûée ou autres matières semblables.
- 228395. — Manufacture lyonnaise de matières colorantes. — Procédé pour la production sur la fibre de ceuleurs solides à la lumière et au lavage à l’aide de la Pamidodi-phenylamine.
- Certificats d’dddition
- 225856.— Smechowski. — Brevet du 22 novembre 1892, pour obieution sur la fibre de colorants azoïques teignant en nuances foncées, brunes et noires.
- 218035. — Drèze. — Brevet du 14 décembre 1891, pour un perfectionnement aux caves de teinture.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Ij» travail de® femme». — Un décret du 15 juillet détermine les exceptions aux restrictions sur le travail des femmes et des filles âgées de plus de 18 ans, qui avaient été prévues, mais non spécifiées par la loi du 2 novembre 1892, en ses articles 4, 5, 6 et 7. (Voir Revue de la Teinture, novembre 1892, p. 152).
- Voici un extrait de ce décret, applicable à nos industries :
- Art. 1er. — Dans les industries et aux époques ci-ap ès déterminées, les femmes et les filles âgées de plus de dix-huit ans pourront être employées jusqu’à onze heures du soir, sans qu’en aucun cas la durée du travail effectif puisse dépasser douze heures par vingt-quatre heures.
- Papiers de tenture, mars, septembre.
- Teinture, apprêt, blanchiment, impression, gaufrage et moirage des étoffes, avril, octobre.
- Tiss ge des étoffes de nouveauté destinées à l'habillement, du 15 avril au 15 mai et du 15 octobre au 15 novembre.
- Tulles, dentelles et laizes de soie, du 1er février au 31 mars.
- Art. 5. — Les industries pour lesquelles l’obligation du repos hebdomadaire et les restrictions relatives à la durée du travail pourront être temporairement levées par l'inspecteur divisionnaire, pour les enfants âgés de moins de dix-huit ans et les femmes de tout âge, sont ’es suivantes :
- Teinture, apprêt, blanchiment, impression, gaufrage et moirage das étoffes. Tissage des étoffes de nouveauté destinées à l’habillement. (Voir aussi pour les détails d’application de cette loi, le Règlement d’administration publique, reproduit dans la Revue de la Teinture, livraison de mai, année courante, p. 74).
- Ii©g lettre® de change. — Voici le texte qui vient d’être adopté :
- Le paragraphe 1er de Tarticle 110, de l’art. 112 et le dernier paragraphe de l’article 632 du Code de commerce sont modifiés ainsi qu’il , suit :
- Art. 110, § 1er. o La lettre de change est tirée, soit d’un lieu sur un autre, soit d’un lieu sur le môme lieu ».
- Art. 112. « Sont réputées simples promesses, toutes lettres de change contenant supposition, soit du non, soit de qualité ».
- Art. 632, dernier §. « La loi réputé actes de commerce..............« entre toutes per-
- sonnes les lettres de change ».
- Ce qui revient à dire que les traites ou mandats qui, jusqu’à présent, ne pouvaient être tirés que de place en place, pourront mainte-, nant être lirés sur un debiteur de la même ville que le tireur.
- Contrôle de® timbre® mobile®. —
- L'administratioa du timbre a pris, dans l’intérêt du commerce, une mesure qui était depuia longtemps sollicitée.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- En vue de prévenir les détournements, elle vient d'autoriser la perforation des timbres mobiles par les personnes qui en font usage, pourvu que la dimension et la disposition des entailles n’empêchent pas de reconnaître les indications de l’empreinte.
- Pour prévenir les difficultés de cette interprétation, le ministre invite les négociants à présenter à l’approba'ion du service local le mode de l’instrument à opérer la perforation . Le service verra si l’altération du timbre serait considérable et il donnera au public des indications utiles pour que la mesure libérale nouvelle soit exécutée sans inconvénient.
- —o—
- Coller postaux. — Une note administrative informe les expéditeurs que les colis postaux doivent être emballés d’une manière qui réponde à la durée du transport et qui préserve assez efficacement le contenu pour qu il soit impossible d’y porter atteinte, sans laisser une trace apparente de violation.
- Le public a ainsi la plus grande latitude pour assurer la sécurité de ses colis postaux au moyen de cachets à la cire, de plombs, d’étiquettes collées sur les joints, etc.; mais, lorsque les colis ne doivent pas sortir de France, les expéditeurs négligent trop souvent cette précaution qui est cependant vivement recommandée par l’administration des postes et par les compagnies de chemins de fer.
- Dans son propre intérêt, comme dans 1 intérêt du service, le public est instamment prié d’emballer solidement et de cacheter tous ses colis postaux.
- —o—
- Convention commerciale entre la France et la Russie. — Voici, en ce qui concerne les tissus, les dispositions de cette convention :
- Indépendamment des avantages assurés en Russie à tous les produits français par le traité signé le 1er avril 1874 entre les deux pays, les produits français énumérés ci-dessous et munis de certificat d’origine bénéficieront des réductions de droits suivantes.(Tarif des douanes russe du 11 juin 1891) :
- § 199. — Etoffes tissées et tricotées non spécialement dénommées en laine ou en poil de chèvre, unies, chinées, avec ou sans mélange de coton.
- b) En tissus de laine peignée ou avec mélange de ce tissu, par livre, 11 r. 50 or : réduction 20 0/0.
- § 205 :
- 1. Ouvrages tricotés, même avec trace de couture ;
- b) En demi-soie, par livre, 3 r. or : réduction 10 0/0 ;
- c) De toute autre espèce, par livre, 1 r. or : réduction 20 0/0.
- 2. Cordons et tresses de passementerie et de bonneterie, agréments, franges, glands, garnitures et autres ouvrages tressés :
- a) En soie et demi-soie, par livre, 3 r. or : réduction 10 0/0.
- b) De toute autre espèce, par livre, 1 r. ar : réduction 20 0/0.
- Remarque. — Les ouvrages dénommés aux alinéas 1 c et 2 b, avec mélange de soie et de clinquant (or ou argent faux) en guise d’ornement, acquittent 30 0/0 en sus des droits d’entrée fixés par lesdits alinéas.
- $ 207 :
- 1° Dentelles de toutes sortes faites à la main, dentelles de soie faites à la machine (blondes),
- broderies et entre-deux de soie, par livre, 7 r. 50 or : réduction 10 0/0.
- Un arrangement ultérieur déterminera pour chaque paragraphe en francs ou en roubles, la quotité correspondante des droits spécifiques réduits sur la base indiquée ci-dersns.
- Incendies. — La filature Douine frères, l’établissement industriel le plus important de Troyes, a été complètement détruit par un incendie qui s’est déclaré la nuit. L’équipe de nuit qui travaillait a tenté, mais inutilement, d’arrêter l’incendie.
- Il ne reste que les bureaux, les habitations et deux immenses cheminées qui dominent les ruines.
- Les dégâts s’élèvent à environ un million, mais ils sont largement couverts par des assurances. On n’a pas à déplorer d’accident de personne. Quatre cents ouvriers sont sans travail.
- Au moment où paraissait notre précédent numéro, un autre incendie éclatait dans l’atelier d’apprêt de la teinturerie Coget-Lotar, à Roubaix.
- Les dégâts sont importants, mais le feu a pu être circonscrit dans l’aile droite du bâtiment.
- —o—
- Crève de Suregnes. — Il y a deux mois environ, une grève éclatait à Suresnes parmi les ouvriers des teintureries Meunier et Guillaume, à propos de la reconnaissance par les patrons de leur syndicat en voie de formation. (Voir Revue de la Teinture, nd de mai, p. 75.)
- A la suite du renvoi d’un ouvrier, nommé Besnard, qui arrivait régulièrement en retard et ne tenait aucun compte des observations qui lui étaient faites, la plupart des ouvriers de l’usine Guillaumet se sont remis en grève. Quelques-uns cependant ayant consenti à rentrer, quelques incidents s3 sont produits, au cours desquels un ouvrier, Buez, a blessé assez grièvement avec un coup-de-poing américain un contre-maître, M. Patin ; un autre ouvrier a arraché, puis fait jeter à la Seine le tableau de service, sur lequel M. Guillaumet avait inscrit un avis invitant ses ouvriers à ne pas quitter leurs ateliers. Des bagarres ont alors éclaté entre grévistes et non grévistes. Des agents ayant voulu y mettre fin ont été hués.
- Les grévistes ont tenu des réunions chez des marchands de vin et ont décidé de maintenir la grève, se basant sur l'article du règlement de leur syndicat qui dit qu’en cas de renvoi d’un ouvrier tous doivent cesser le travail.
- On faisait courir le bruit que les grévistes étaient résolus à mettre le feu à l’usine si leur camarade n’était pas réintégré ; aussi de sérieuses mesures de police ont été prises pour éviter ces excès et en même temps pour protéger les ouvriers qni sortent des ateliers contre les grévistes.
- Ceux-ci ont tenu une réunion, au cours de laquelle ils ont décidé de s’adresser au juge de paix et au maire de Suresnes pour mettre fin au conflit.
- M. Caron, maire de Suresnes, s’est alors présenté chez MM. Guillaumet, qui lui ont déclaré qu’ils n’avaient qu'une seule réponse à faire, à savoir : que leurs ateliers étaient ouverts et que les ouvriers n’avaient qu’à s’y présenter comme d’habitude.
- « Nous refusons, par contre, ont-t-ils dit, de traiter avec des délégués du syndicat, que nous
- à ne plus laisser rentrer dans notre 2S quelques-uns des meneurs, s Ublne
- Au su de cette réponse, les grévistes P«$ nis à leur permanence, ont voté la contin tion de ia grève ; cependant un certain nn bre d’entre eux, dont deux délégués du «3* cat, ont repris le travail et de nouveaux turiers ont été embauchés ; aussi la sim?' était-elle fort tendue. Uuatl°n
- Le juge de paix, qui avait présidé j] v deux mois, à l’arrangement intervenu entrP \a patrons teinturiers et leurs ouvriers, arecon 63 dans l’entrevue qu’il a eue avecM. Guillaum que celui-ci n’a nullement manqué aux en gements pris alors et que les grévistes n,ga~ aucun motif raisonnahle à invoquer. nont
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- Jurisprudence. — Ouvrier MlftJ dans un bain de euftte de g0g **
- Dans une usine lyonnaise, un ouvrier voul ' remettre en place la vergue d’une ctiaudiè?. destinée à dégommer les soies, est tombé da cette chaudière contenant du savon de ci 'T bouillant et y a trouvé la mort. CU16
- La veuve a formé contre les chefs de la m • son une action en dommages-intérêts par f1" motifs, est-il dit en son argumentation n„I l’accident a été occasionné soit par l’insuffi sance de la hauteur des parois de la chaudière soit par l’état défectueux de la vergue ce oui rendait l’opération dont il était chargé d’autant plus dangereuse que le sol était glissant ni Un expert a été commis par le tribunal b l’effet de rechercher les causes de l’accident d’après l’état de l’outillage où il s’est produit et spécialement d’indiquer si la vergue placée sur le chaudière n’aurait pas dû être fixée D’après l’avis de l’expert, adopté par le tribunal, le danger résulte de la nécessité même du travail à effectuer.
- En effet, est-il dit, la mobilité de la vergue est nécessaire pour que la cuve puisse être employée alternativement au dégommage et au lavage ou cuite en sacs; l’état glissant du sol est rendu inévitable par l’emploi du savon nécessaire aux opérations à effectuer.
- La déclivité du sol est nécessaire pour l’écoulement des eaux savonneuses, et il n’apparaît pas que cette déclivité, dans l’atelier des demandeurs, soit exagérée ; enfin la hauteur des parois de la cuve est à peu près égale à celle des chaudières de ce genre dans les autres usines, et dictée par le travail auquel elle est destinée.
- Dans l’espèce, il en résulte, d’après le jugement, que s’il existe un certain danger dans ce travail, il n’apparaît pas qu’il y ait eu, de la part des patrons, faute résultant de l’absence de précautions tendant à l’éviter.
- Le jugement, enfin, établit que i’ouvrier a commis l’imprudence de se baisser dans la chaudière pour saisir le bout de la vergue qui y était tombée, alors qu’il aurait pu pousser de l’autre côté pour relever cette perche par l'extrémité émergeant de la cuve, et que c’est par cette fausse manœuvre que sa chute dans le bain s’est produite, etc...
- En conséquence, la demande de la veuve a été déclarée mal fondée.
- (Affaire veuve Capelle contre Pierron el Bouchard. — Recueil de jurisprudence, 1892, p. 350).
- Le Gérant : F- Gouillon. ; Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CIIARLEVILLE (ARDENNES)*
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- LA
- 5e Année, N° 8.
- REVUE DE
- ET DES COLOR ATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- SCIE NT IA • ET - N EGOTiUM
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES Août mz
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Sur la solidité des couleurs (suite). — Machine à flamber au gaz. — Dégraissage des laines. — Teinture en bleu indigo. — Epreuve des teintes sur l’action de la boue. — Revue des matières colorantes nouvelles.
- Procédés divers : Teintes d’hiver ; Cachou-dia-mine ; Diazo-noirs ; Bleus divers ; Charge des soies couleur. — Machine à teindre les fils.
- Chronique industrielle. — Les étuves à désinfection. — Procédé d’analyse de l’eau au siècle dernier. — Emploi de la paraffine en bonneterie. — Réaction des naphtols. — Prix de la Société industrielle de Mulhouse. — Prix de la Société industrielle du Nord. — Jurisprudence. — Brevets dhnvention (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Nous sommes à l’époque des vacances, des eaux, des excursions, pendant laquelle on parle peu d’affaires. Notre chronique se ressent de cette absence de faits ; elle n’a rien, non seulement de saillant, mais même valant la peine d’être noté. La période électorale n’est pas non plus une époque favorable pour l’industrie, sauf pour celle des afficheurs .
- Nous nous bornerons donc à faire une courte revue de la fabrication, telle que les rares échos des places manufacturières nous les apportent.
- * *
- La fabrique de Roubaix-Tourcoing a terminé sa saison par quelques réassortiments en foulés et sublimes ; ces articles ont obtenu un certain succès dans les nouveautés d’hiver.
- Les fabricants préparent pour la saison d’été, de nouveaux genres qui, en général sont faits sur des motifs très ! petits. On espère faire revivre cet ar-[ ticle, qui avait autrefois une véritable [ vogue.
- Il se fait actuellement quelques gen-| res unis avec broderies soie et bandes | espacées qui sont accueillis favorable-• aient en articles d’hiver.
- Il y a à Reims un assez bon courant ? en nouveautés, mais toujours peu d’af-K faires en cachemires et mérinos ; les lainages ras unis sont définitivement en
- défaveur, malgré la beauté de ces étoffes et pour l’uni robes, on préfère depuis plusieurs années les genres un peu foulés.
- L’ensemble de la fabrication elbeu-vienne se ressent de l’accalmie générale des affaires, mais sans chômages néanmoins ; les articles les plus en faveur sont toujours les draps de dame et le cheviot.
- Les commandes en draperie nouveauté pour l’été 1894 arrivent nombreuses comme résultat de l’échantillonnage qui rencontre beaucoup de succès.
- *
- * *
- La soierie a aussi un petit mouvement d’arrêt.
- Dans les usines de tissage mécanique, un certain nombre de métiers sont mis en chômage, ce qui paraît ne devoir être que provisoire, car le goût de la consommation est toujours porté vers la soierie.
- A Lyon, les métiers à la main qui font des façonnés terminent leurs commissions pour l’automne et n’ont encore rien en remplacement. Les unis gardent une meilleure position.
- La fabrication a notablement baissé pour le surah, le côtelé, le damas couleur et même le satin duchesse ; elle est à peu près nulle pour ce qui touche aux articles légers .
- Ceux à torsion, tels que mousseline, soie, crêpe lisse, grenadine, subissent ce sort commun, sauf dans quelques établissements privilégiés.
- Les articles qui se maintiennent sont notamment le velours poil schappe, et aussi le poil soie, mais en qualités bon marché ; puis la polonaise chaîne cuit tramé coton pour doublure ; le damas cuit noir, alors que le même article en couleur est moins favorisé. Le mouchoir façonné au carré est également en bonne situation, mais pour la consommation intérieure : l’exportation subit un temps d’arrêt.
- Pour parapluies et surtout pour ombrelles, les goûts sont toujours très
- mobiles et les genres, par conséquent, variables. Les tissus à parapluies sont le satin de Chine et l’austria chaîne grège tramé coton ; cette fabrication est bien peu active, et peut-on s’en étonner dans une année aussi peu pluvieuse, ne laissant de place que pour l’ombrelle'?...
- Aussi on tisse pour cette destination ces mêmes étoffes : satin de Chine et austria, avec filets satin sur les bords, qui obtiennent un véritable succès. L’ombrelle façonnée se trouve, pour les mêmes raisons, beaucoup plus favorisée que le parapluie, et la saison qui va commencer pour l’été prochain laisse espérer de bonnes affaires.
- Enfin, les premières commissions d’étoffe pour parapluie, teinte en flotte, se livrent, mais sans entrain.
- * *
- A Rouen, le commerce des cotonnades a repris son animation après un petit moment de détente, et parmi les genres qui donnent lieu aux plus fortes affaires figurent en première ligne ceux qui ressortent de l’indiennerie : flanelle et pilou imprimés, l’ameublement, les articles chemise et robe.
- La vente des tissus légers est spécialement des plus actives.
- 11 y a un peu de reprise sur larouen-nerie, mais toujours du calme sur le mouchoir.
- En Angleterre, l’industrie cotonnière est aussi dans une situation des plus satisfaisantes, surtout depuis deux ou trois mois ; tous les genres, en général, bénéficient de ce mouvement, et principalement les tissus d’exportation pour l’Asie.
- Les marchés de l’Amérique du Sud sont restés calmes ; quant à ceux des Etats-Unis, on sait que l’industrie américaine les alimente à peu près complètement en tissus courants de coton.
- * *
- Et pour toutes espèces d’affaires, on éprouvera toujours de grandes difficul-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE]
- tés tant que le régime douanier dés Etats-Unis ne sera pas modifié.
- Or, dans son récent Message, le président Cleveland a insisté d’une façon particulière pour qu’aucun retard ne soit apporté à la réforme de la loi qui a résulté du malencontreux bill Mac-Kinley, dont les résultats ont été aussi nuisibles, paraît-il, au commerce des Etats-Unis qu’à celui de l’Europe importatrice.
- F. GOU1LLON
- SUR LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- par M. le professeur Hummel — SUITE —
- Notes extraites d’un mémoire publié par le Moniteur scientifique.
- Jusqu'à présent, il n’est pas possible d’établir des règles générales permettant de déduire de la constitution chimique d’un colorant des conclusions exactes sur sa solidité; il est toutefois prouvé que dans beaucoup de cas la constitution chimique peut donner des indications utiles.
- Il est à peine nécessaire de dire que la solidité à la lumière d’une matière colorante est indépendante de sa valeur commerciale, cette dernière étant déterminée uniquement par le prix de revient des matières premières, par la main-d’œuvre et le bénéfice que le fabricant désire en tirer. De même nous ne devons pas supposer que la facilité d’emploi est en rapport avec la solidité, car quelques-uns de nos colorants artificiels les plus solides sur laine, tels que le rouge diamine solide, la tartrazine, etc., sont fixées de la manière la plus simple. D’un autre côté, l’intensité d’une couleur aune influence considérable sur sa solidité , une nuance claire d un colorant solide, comme l’indigo, par exemple, passera relativement très vite à la lumière. Pour certaines matières colorantes possédant un pouvoir tinctorial très considérable, le caractère fugace est encore accentué, grâce à cette propriété même, car des quantités minimes suffisent pour teindre les fibres.
- Il est intéressant d’examiner quelle est l’action d-' la lumière sur un mélange de couleurs. Une couleur fugace devient-elle plus solide en la mélangeant avec uns couleur solide : telle est mon opinion qui, du reste, est basée sur des observations générales, et je crois que si la lumière agit sur un mélange de couleurs, c’est la couleur fugace qui passera, tandis que la couleur solide résistera à cette action. Un bleu cuvé, par exemple, est solide, relativement à l’indigo qui entre dans sa composition; des additions d’orseille et de carmin d’indigo ne peuvent que nuire à sa solidité.
- Après avoir passé en revue ces nombreuses matières colorantes artificielles, je pose en-
- core une fois la question : D’où vient il qu’elles sont généralement considérées comme fugaces ?
- En premier lieu, cela fient à ce que surtout parmi les colorants directs nous en avons un grand nombre de vraiment fugaces. En outre, toutes les matières colorantes qui furent en premier lieu retirées du goudron de houille appartenaient à une classe de colorants qui, jusqu’à présent, ne nous a fourni que des représentants fugaces ; ces matières colorantes étaient la mauvéine, la fuschine, le bleu de Nicholson, etc.
- Ces premiers représentants de la série des colorants artificiels étaient, en effet, préparés au moyen de l’aniline, et je crois que c’est précisément à cause du peu de solidité de ces premiers que tous les autres colorants artificiels ont été incriminés par l’opinion publique, pour laquelle le mot de couleur d’aniline est devenue synonyme de couleur fugace. Mais la science progresse, de nouveaux champs de recherches se sont ouverts, et quoi qu’il se prépare encore à présent artificiellement bien des couleurs fugaces, il y en a d’autres qui égalent en solidité, comme nous venons de le voir, les meilleures que nous connaissions de source naturelle.
- La troisième cause, et c’est peut être la principale, du peu de crédit que possèdent les colorants artificiels, est à chercher dans le fait que parmi les fugaces il y en a un grand nombre d’un emploi très facile et à cause de leur pouvoir colorant considérable, d’un prix de revient relativement peu élevé, ce qui fait que le teinturier, poussé par la concurrence, les emploie souvent pour des articles destinés à un usage pour lequel ils sont absolument impropres.
- En face de cette multitude de colorants nouveaux, une autre pensée se présente encore ; nous nous demandons s’il n’y a pas une surproduction de matières colorantes fugaces ? Le teiuturier n’est-il pas eonfus en face de cet embarras de richesses, de façon à ne plus savoir où choisir !
- Il y a beaucoup de vrai dans ceci. Une armée de chimistes s’occupe avec une rare adresse et beaucoup de persévérance à préparer de ces merveilleuses couleurs qui se succèdent avec une telle rapidité que le teinturier ne trouve pas le temps d’en faire une étude sérieuse, et il n’est pas étonnant, par conséquent, qu’il soit sujet à fairs des erreurs dans leur emploi.
- Mais tôt ou tard les couleurs fugaces devront céder la place à d’autres plus solides; le nombre de couleurs abandonnées pour une raison ou pour une autre est déjà maintenant considérable.
- N’y a-t-il pas un moyen de rendre solide telle ou telle couleur fugace? Connaissant l’efficacité de mordants pour certaines matières colorantes, n’y a-t-il pas moyen de trouver un mordant qu’on puisse employer généralement
- u uu ---------- Peu chimérique
- et néanmoins, chose curieuse, un certain * 1 bre d’expériences faites dans ces demT*1' années tendent à recommander à cet eff Z*68 sulfate de cuivre ordinaire. Quelques-uns H^ échantillons que vous avez pu examiner m 68 trent clairement que la solidité des laques T tenues au moyen de mordant de cuivre est néralement considérable. Cette particula des combinaisons avec le cuivre n’a ^ échappé à l'attention d’autres observât ^ Le docteur Schunck, par exemple, a obs^ dans le courant de ses recherches sur la chl rophyle, la couleur verte solide que <]0 °* cette matière colorante, autrement très fu ^ avec le cuivre. H y a, d’un autre côté jS? des teinturiers pratiques qui prétendent a* l’emploi du sulfate de cuivre dans la teint en cachou sur coton rend les couleurs b 6 coup plus solides à l’action de la lumière U'
- (à suivre). |
- MACHINE A FLAMBER AU GAZ
- De MM. SCHEURER-ROTT et Ce Extrait d'un Mémoire de MM. LÉ\y
- présenté à la Société Industrielle de Mulhouse "
- Les opérations connues sous le nom de grillage et de flambage des tissus, en raison du rôle important quelles jouent dans les fabriques d’indiennes, ont de tout temps intéressé la Société Industrielle.
- Un certain nombre de Mémoires insérés dans ses Bulletins donnent, en effet, la description des procédés employés à différentes époques dans les manufactures de toiles peintes, en vue de faire disparaître aussi parfaitement et aussi économiquement que possible, avant l’impression, le duvet qui recouvre les tissus après tissage.
- Nous y trouvons des études complètes sur le flambage à l’alccol, sur le grillage à la plaque et sur le flambage au gaz.
- Dans ce qui va suivre, nous nous occuperons surtout du flambage au gaz des tissus de coton.
- Le flambage au gaz, qui remonte au commencement du siècle et dont l’idée première est due à Molard, directeur du Conservatoire des Arls-et-Métiers, a fait l’objet d’un grand nombre de recherches, surtout en France et en Angleterre.
- Hall et Cook dans ce dernier pays, Tulpin et Blanche en France, pour ne citer que les principaux inventeurs, ont donné du problème différentes solutions plus ou moins complètes.
- Quoique d’un prix relativement élevé comme combustible, le gaz d’éclairage, grâce à sa grande puissance calorique, son transport
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- commode, sa facilité d’allumage et d’extinction, a attiré l’attention des personnes qui s’occupaient de la question du flambage et qui n’avaient à leur disposition que des moyens beaucoup plus importants.
- Les principales difficultés à surmonter consistaient à trouver, entre autres, le meilleur procédé pour produire une température élevée, une combustion complète et la marche la plus efficace, au point de vue du flambage, du tissu par rapport à la flamme du gaz.
- Tulpin ne les a surmontées qu’en partie. Blanche paraît avoir satisfait avec sa m '.chine presque tous les désidérata.
- La flambeuse dont il est question dans ce travail répond également aux exigences d’une bonne fabrication.
- Historique et description sommaire de la flambeuse
- MM. Scheurer-Rott et Cc ont employé, au commencement de l'année 1870, une machine à flamber au gaz composée de deux rangées de becs de Bunsen ayant une très grande analogie avec les brûleurs des grilles à analyse utilisées dans les laboratoires.
- Le brûleur, au lieu de former une seule pièce avec son couronnement, était composé du tube à mélange sur lequel se trouvait vissé une tête de bec en bronze, ce métal se détériorant et se déformant moins vite que le cuivre.
- Les deux rampes à gaz, de 10 becs chacune, étaient installées sur une ancienne machine à grilles à l’alcool, système Descroizilles.
- Le tissu à flamber circulait autour des flammes, comme dans la machine de Tulpin, et les produits de la combustion étaient rejetés au dehors à l’aide d’un ventilateur.
- Une bassine remplie d’eau, placée à la sortie de la machine, servait à éteindre les duvets enflammés qui pouvaient encore exister après le passage de la pièce entre deux rouleaux ayant pour but d’écraser les flammèches.
- Cette machine marchait à la vitesse d’environ 65 mètres par minute et consommait 140 à 150 litres de gaz par 100 mètres, et le flambage revenait, main-d’œuvre comprise, à 6 centimes euviron par 100 mètres.
- La pression du gaz étant généralement assez faible, les brûleurs de Bunsen produisaient des flammes peu énergiques et le gaz prenait Quelquefois feu à la sortie du petit ajutage.
- Ces faibles pressions sont d’ailleurs insuffisantes pour amener dans la colonne à mélange fa quantité d’air nécessaire à une combustion
- complète.
- Malgré ses défauts, cette machine a fonctionné pendant quelques années ; mais, vu 1 imperfection des résultats obtenus et les besoins toujours croissants de la fabrication, on a dû l’abandonner définitivement en 1876.
- ^ers cette époque, M. Albert Scheurer a eu 1 idée de remplacer les becs de Bunsen par des
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- chalumeaux, pareils à ceux à gaz oxygène et et hydrogène employés également depuis bien longtemps dan3 les laboratoires et qui produisent des températures beaucoup plus élevées.
- Ce sont ces mêmes chalumeaux qui existent sur la machine actuelle.
- Chaque rampe se compose de trente chalumeaux placés cô e à côte et formant une ligne de feu non interrompue sur le tissu.
- Le tuyau central du chalumeau reçoit de l’air comprimé et le gaz est aspiré par la par tie annulaire.
- La pièce circule aussi comme dans la flambeuse de Tulpin, avec cette différence que les roulettes en fer autour desquelles passe le tissu sont plus éloignées des fiafàmes.
- Le tissu flambé passe dans une caisse à vapeur pour éviter tout accident.
- Une botte en tô e recouvre les rampes à gaz et un ventilateur aspire les produits de la combustion et les duvets fins.
- Nous dirons, en passant, que la caisse à vapeur ne présente pas de loin autant de sécurité que la bassine à eau employée fréquemment dans le même but, et il est prudent, quand on s’en sert, de faire passer les pièces flambées directement au clapot de chaux ou à la machine à laver.
- Les chalumeaux, grâce à la haute température développée, permettent de traiter à une vitesse relativement grande les tissus les plus difficiles à flamber.
- On remarque sur le plan joint au Mémoire original deux rangées de becs basés sur le même principe que les becs primitifs de Blanche et qui ont élé construits par M. Gebauer, qni n’utilise dans sa machine qee de petits ventilateurs à force centrifuge à faible pression.
- MM. Scheurer-Rott et G0 injectent dans ces becs de l’air à haute pression fourni par le même ventilateur Roots qui alimente les deux rampes à chalumeaux, et sont parvenus de cette \ façon à en augmenter l’effet utile.
- Ces rampes, d’une intensité moindre, sont suffisantes pour flamber les tissus légers et, ajoutées aux rampes à chalumeaux, elles complètent le flambage de certains tissus.
- Elles seraient d'ailleurs avantageusement remplacées par celles de Blanche ou de préférence par celles de Descat-Leleux.
- Pour nous rendre compte de l’intensité relative des deex sortes de rampes de la flambeuse de MM. Scheurer-Rott et G0, nous avons fait flamber à la même vitèsse cinq pièces cretonnette (calicot 75 X 26} à l’aide des deux rampes chalumeaux et cinq pièces de même fabrication avec les deux rampes Gebauer, et nous avons noté le3 poids de ces pièces avant et après flambage. Les résultats obtenus, détaillés dans le Mémoire, ont donné lieu aux conclusions suivantes :
- En faisant abstraction du poids très minime du duvet disparu par le flambage et en nous
- ilî
- rappelant que la perte en poils provient surtout de l’humidité contenue dans les pièces en magasin, on peut conclure de cet essai que 1 intensité de la flamme des rampes à chalumeaux est beaucoup plus considérable que celle des autres. Aussi dénommerons-nous ces rampes, dans la suite, feux forts et feux faibles.
- On emploie, par exemple :
- 1° Deux feux forts pour le fiambs e de la cretonnette (75 X 26);
- 2° Deux feux forts et deux feux faibles pour la satinette ;
- 3° Deux feux faibles pour la mousseline de l’Inde (batiste 28 x 24), etc., etc., et en réglant convenablement les robinets de gaz et d’air, on arrive à flamber, à la vitesse moyenne d’environ 90 mètres par minute, les tissus les plus variés.
- Nous donnons ci-joint nn tableau résumant quelques essais faits pour déterminer la quantité de gaz nécessaire au flambage de différents tissus, par 100 mètres.
- Les chiffres inscrits représentent les moyennes obtenues en flambant 50 ou 100 pièces à
- la fois :
- 1° Satinettes ordinaires 87 portées
- 30 fils.......................... 500 lit.
- 2° Cretonnettes on calicot 75x26 358 »
- 3° Satins à bandes.................. 312 »
- 4° Flanelle coton façonnée........ 220 »
- 5° Popeline.......................... 217 »
- 6° Reps............................. 204 »
- 7° Calicot 21 X 23 .............. 199 »
- 8° Cretonne 18 kilogr............... 178 »
- 9° Gaze............................. 170 »
- 10° Batiste 25 X 25 .............. 154 »
- 11° Mousseline de laine ou batiste
- 28 X 24 ....................... 151 »
- 12° Mousseline à pois.............. 90 »
- 13° Organdis....................... 33 »
- Avec la diversité des tissus flambés, la consommation moyenne de gaz ne dépasse guère 250 litres par 100 mètres et le prix de revient du flambage peut se chiffrer comme suit, en admettant du gaz à 25 centimes le mètre cube :
- Gaz par 100 mètres. Fr. 0.063 Main-d’œuvre, flambage
- seul................. 0.009
- Total......Fr. 0.072 par 100 m.
- En ajoutant la main-d’œuvre relative aux couturières, le coût total du flambage est de : Fr. 0.063 X 0.017 == fr. 0.08 par 100 m.
- Dans les travaux publiés dans les Bulletins de la Société Industrielle (voir tome XXXVII, pages 533 et suivantes), le prix de revient du flambage avec la machine de Tulpin a été trouvé égal à fr. 0.052 par 100 mètres, pour les toiles et jaconas, en brûlant du gaz coûtant fr. 0.30 par mètre cube.
- En employant du gaz à fr. 0.25 (comme dans nos essais), le prix de revient aurait été :
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- Main-d’œuvre, fr. 4.55 (pour 33,000 mètres) pour 100 mètres, fr. 0.0138 Gaz, 49.600 mèt. à fr. 0.25 = 12.40 pour mètres.... 0.0376
- Total........Fr. 0.0514
- Nous ferons observer, en passant : 1° que ces derniers comptes ont été établis d’après la production d’nne journée et ceux de la maison Scheurer-Rott et C° d’après celle d’une année entière ; 2° que le flambage obtsnu à l’aide de la machine de Tulpin laissait beaucoup à désirer.
- Diminution du poids des pièces par le flambage
- Nous avons entrepris quelques essais pour nous rendre compte de la perte de poids des pièces par le flambage en employant un ou plusieurs feux. Voici les résultats trouvés :
- 1° Cinq pièces satinette
- Poids en écru, 38 k. 100 ; poids après flambage, un feu fort, 37 k. 100 -, perte en poids,
- 1 k., soit 2,62 pour cent du poids avant flambage.
- 2° Cinq pièces satinette
- Poids en écru, 36 k. 900 ; poids après flambage, deux feux forts, 34 k. 900 ; perte en poids, 2 kil. soit 5,42 pour cent.
- 3° Cinq pièces satinette
- Poids en écru, 37 k. 600 ; poids après flambage, deux feux forts et deux feux faibles, 34 k. 700 ; perte en poids, 2 k. 900, soit 771
- pour cent.
- Soit, par pièce, 1 k. 450.
- Autre essai
- 4° Dix pièces satinette
- Métrage total, 831 mètres 100, poids en écru............................. 74 k. 100
- Poids après un premier flambage, un feu fort................. 71 k. 200
- ............. 2 k. 900
- teurs ont même ajouté des tambours à sécher à l’entrée de la flambeuse. Voici les résultats de quelques essais faits en vue de déterminer l'influence de l’état de dessication des tissus sur le flambage :
- Premier essai
- Dix pièces satinette
- Poids en écru................ 74 k. »
- Poids après séchage et avant flambage........................ 68 k. 500
- Perte en poids.................. 5 k. 500
- Dix pièces satinette
- Poids en écru................. 74 k. »
- Poids après séchage et avant flambage........................... 68 k. 500
- 5 k. 500
- Première perte............
- Soit 3 91 pourcent.
- Poids après un deuxième flambage, un feu fort et deux feux faibles.......................... 68 k. »
- Deuxième perte, 3 k. 200.
- Soit 4 32 pour cent.
- Perte totale par deux feux forts et deux feux faibles, 6 k. 100 ou 8 23 pour cent.
- Soit par pièce de 83 m. 11, métrage moyen,
- 3 k. 050.
- Ainsi que nous l’avons fait remarquer plus j haut, ces diminutions de poids ne proviennent ' évidemment pas du duvet enlevé par le flambage, mais bien de l’humidité que renferment les pièces qui sont en magasin depuis quelque temps.
- lufluence de l'état hygrométrique des tissus sur l'efficacité du flambage
- On a de tout temps recommandé de sécher les pièces avant flambage. Plusieurs construc-
- Perte en poids................
- Dix pièces satinette
- Poids en écru, 74 k. N’ont pas été séchées avant flambage.
- Les premières ont été flambées avec deux feux forts, les secondes avec un feu fort et un feu faible, et les dernières, dix pièces qui n’ont pas été séchées avant flambage, ont été flambées avec deux feux forts et deux feux faibles. Malgré cela, les premières sont les meilleures.
- 11 n’y a pas de différence sensible entre les secondes et les troisièmes.
- Deuxième essai
- Nous avons comparé dix pièces satinette non séchées avant flambage et flambées avec deux feux forts et deux feux faibles, à dix autres pièces satinette séchée* à fond, mais flambées avec un feu fort et deux feux faibles. Ci-dessous le détail de ce deuxième essai :
- A) Dix pièces satinette, métrage total, 831 m. 1, poids en écru== 74 k. 100.
- Après un premier flambage avec un feu fort, poids, 71 k. 200.
- Vitesse flambage == 88 m. 250 ; gaz par 100 mètres = 240 litres.
- a) Après un deuxième flambage avec un feu fort et deux faibles, poids, 68 k. 300.
- Vitesse flambage =: 86 m.; gaz par 100 mètres— 345 litres.
- 1 Après un séchage à fond sur une machine à quinze cylindres, pression 2 k. 500, P = 67k. 600 ; petite diminution; vitesse séchage, 25 m. 90.
- B) Dix pièces satinette même fabrication ; métrage total, 833 ra. 5.
- Poids en écru, 74 k. 900.
- Après séchage à fond à une grande machine à sécher de quinze cylindres, de 600 millimètres de diamètre ; pression de la vapeur, 2 k. 500, vitesse du séchage, 27 m. 47 par minute, ces dix pièces pesaient encore = 68 k. 600 ; perte, 6 k. 300.
- b) Après flambage un feu fort et deux feux faibles, poids rr 68 k. 500 ; vitesse, 86 mètres; gaz par 100 mètres, 345 litres.
- Nota. — Les deux flambages a) et b) (un feu fort et deux feux faibles), sur les deux sé-
- ries de dix pièces chacune, ont été faits consé cutivement et sans arrêter la machine, en commençant par les pièces préalablement séchées. C’est pour cela que nous avons trouvé même vitesse et même consommation de gaz Les pièces préalablement séchées et f|aai. bées avec un feu fort et deux feux faibles sont au point de vue du flambage, beaucoup pjUg propres que les pièces non séchées et bées avec deux feux forts et deux feux fai, blés.
- Résumé
- 1° Les pièces séchées préalablement à fond et flambées du même côté (endroit) :
- 1° Avec un feu fort et deux faibles, ou 2° Avec deux feux forts, sont beaucoup mieux flambées que les pièces non séchées et flambées avec deux feux forts et deux feux faibles, c’est-à-dire que le séchage à fond remplacerait avec avantage une forte rampe à chalumeaux.
- 2° Les dix pièces satinette séchées à fond avant flambage éprouvent par le flambage une diminution de poids extrêmement faible (iqo grammes environ pour 10 pièces).
- Détermination de la surface de chauffe d'une machine à sécher pour arriver à la dessication à fond des machines à sécher.
- Nous avons détaché d’une machine à sécher à quinze cylindres un ensemble de trois cylindres de 600 millimètres de diamètre, que nous avons fait tourner à la vitesse la plus faible à laquelle nous puissions arriver avec notre ins-I tallation, soit 37 tours par minute ou 68 m. 57 | de production. A cette vitesse, nous avonsob-! tenu les résultats ci-dessous, en faisant passer dix pièces satinette sur ces trois cylindres, chauffés avec de la vapeur à 2 k. 500, à quatre reprises différentes;
- Poids des tissus en écru avant séchage, 72 k. 600.
- Poids des tissus en écru après premier séchage, 68 k. 200, première perte, 4 k. 400, soit 86 27 0/0.
- Poids des tissus en écru après deuxièmesé-chage, 67 k. 600, deuxième perte, 0 k. 600, soit 11,76 0/0.
- Poids des tissus en écru, après troisième séchage 67 k. 500, troisième perte, 0 k. 100, soit 1,96 0/0.
- Poids des tissus en écru, après quatrième séchage, 67 k. 500, quatrième perte, 0 k.
- Perte totale eu eau évaporée, 5 k. 100, soit 99,99 0/0.
- Poids d’une pièce en écru avant séchage, 7 k. 260.
- Poids d’une pièce en écru après séchage i fond = 6 k. 750 eau contenue 0 k. 510 ou 7 0t0.
- Un autre essai a donné 8 41 0|0.
- Le premier séchage avec trois cylindres de 600 ayant sur un mètre de largeur 3 X 3,11 — n 600 = 5 m2 6520 de surface de chauffe
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- brute, à la vitesse de 68 m. 57 par minute, n’a enlevé que 86 27 pour cent de l’eau hygrométrique du tissu. La vitesse de 90 mètres par minute à laquelle nous flambons, nous entraînerait donc, d’après cela, pour obtenir une dessication à fond des tissus en questi n, à une bien grande machine à sécher ; en d’autres termes pour économiser une rampe à gaz (ou 200 à 250 litres par pièce de satinette par exemple), on arriverait à une machine coûteuse, encombrante, sujette à de sérieux frais d’entretien, et l'on se demande s’i ne serait pas préférable de mettre une rampe de plus et de ne pas sécher à l’aide d’un tambour avant flambage.
- C’est en effet ce que la pratique paraît avoir consacré et l’on trouve peu de flambeuses au gaz combinées avec des machines à sécher.
- Conclusions
- Si l’on compare les flambeuses à gaz construites depuis 1860 à celle dont le principe a / été posé par Molard près de cinquante ans auparavant avec une rare lucidité dans une note extraite du Bulletin de la société d’encouragement pour l’industrie nationale, et écrite à propos d’une lampe à gaz hydrogène pour griller le duvet, etc., par Samuel Hall, 17e année, 1818, pages 315 à 318 (1), on trouve que les progrès sur ce terrain ont été bien lents, et que si les inventeurs qui se sont succédé s’étaient inspirés plus complètement des idées de Molard, ils auraient certainement résolu beaucoup plus rapidement la question du flambage à l’aide du gaz d’éclairage.
- Tous les points essentiels (2) ont, en effet, été touchés par Molard : direction de la pièce par rapport à la flamme, compression de l’air, brossage et séchage, c'est-à-dire tous les principes appliqués depuis dans les appareils les plus modernes et les plus perfectionnés ont été entrevus par lui.
- Quoi qu’il en soit, les machines à flamber au gaz, que l’on construit actuellement, donnent
- (1) « M. Mollard, ancien directeur du conservatoire des arts et métiers, nous communiqua, il y a 7 ou 8 ans l’idée qu’il avait eue d’appliquer la flamme du gaz hydrogène au tissage des tissos unis et cannelés. Il imagina et fit établir, pour cet effet, un petit appareil aussi simple qu’ingénieux, analogue a celui que nous venons de décrire, mais qui nous semble plus parfait en ce que l’étoffe, au lieu de passer directement au-dessus de la flamme, dans une position horizontale, est dirigée de haut en bas contre la flamme qui vient la lécher pour ainsi dire. La rapidité du mouvement qu’il e3t nécîssaire de donner au tissu établit un courant dlair tel, que la flamme s’incline et ne produirait que peu d’effet san3 la précaution de faire venir l’étoffe à sa rencontre. M. Molard a, de P.lus, adapté à la lampe, près des petits orifices qui laissent échapper le gaz, un courant d’air artificiel produit par un soufflet à vent continu qu’on règle à volonté; par ce moyen, la flamme est sans cesse dirigée contre le tissu, et le grillage s’opère avec beaucoup de régularité et de célérité. »
- (2) Le gaz d’éclairage à cette époque (vers 18111 était encore peu employé, et le gaz hydrogène, vu sa grande puissance calorique (30,000 environ), était indiqué par Molard pour le flambage
- d’excellents résultats, et peuvent servira produire toute la série des températures nécessaires au flambage des tissus les plus divers. Aussi les flambeuses à chdumeaux ou les machines similaires basées sur le principe du chalumeau sont-elles très répandues. On a monté, il est vrai, dans ces dernières années, des gril-leuses à plaques ou à cylindre tournant et à chauffage à feu nu pour quelques applications spéciales, mais les flambeuses au gaz paraissent être plus en faveur et les machines de l’avenir (1).
- Nous mentionnerons, pour terminer, les essais de flambage par l’électricité, qu’on a faits, il est vrai, sans grand succès.
- Sans parler de la grande force absorbée (2), difficulté qu’on avait à peu près vaincue, il en restait une autre plus difficile, relative aux tubes de grillage rougis sur lesquels passent, avec une très grande vitesse, les tissus à griller. Ces tubes en platine, rougis par le cou-rant, cèdent sous la tension exercée par les tissus soumis au grillage, et se plient de façon à empêcher un contact parfait. L’usure des tubes de platine est rapide et occasionne des frais d’entretien coûteux.
- Le grillage électrique ne ressemble d’ailleurs aucunement à celui obtenu par le gaz. Il est plutôt comparable au grillage par la plaque en ce qu’il n’a lieu qu’à la surface directement en contact avec le métal incandescent, tandis que la flamme en léchant le tissu, brûle au contraire tout le duvet apparent, aussi bien à la surface que dans le canevas du tissu.
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- LE DÉGRAISSAGE DES LAINES
- ENSIMÊES
- 11 est utile, pour que les opérations de la teinture se fassent facilement et avec régularité, de dégraisser les fibres ou les tissus, aussitôt le travail mécanique terminé. Celte opération se fait avec les cristaux de soude. Mais depuis que l’on emploie les huiles minérales, ce dégraissage présente de sérieuses difficultés.
- M.rJ. Spennrath a entrepris, sur ce sujet peu connu, une série d’expériences très intéressantes. Il a ensimé de la laine sur une superficie de 315 centimètres carrés avec 40 gr. d’huiles grasses ou minérales. 11 a ensuite essayé le dégraissage avec des solutions de soude, d’ammoniaque, des savons divers, du verre soluble, des argiles, etc.
- (1) On n’a pas employé à notre connaissance pour le flambage des tissus, le gaz à l’eau, utilisé en métallurgie notamment. On n’a pas cherché non plus à augmenter la température de combustion en chaaffan t préalablement la gaz et l’air.
- (2) Renseignements reçus de M. Fernand Dehaitre, ce dont nous le remercions beaucoup, ainsi que pour les autres documents sur le flambage qu’il a bien voulu nous remettre.
- Résultats
- Huile minérale. — La laine ensimée à l’huile minérale seule n’a pu être entièrement ni suffisamment dégraissée par ces divers agents.
- Huile minérale èt acide oléique. — Un mélange par parties égales (5 gr. de chaque) d’huile minérale et d’acide oléique, a donné lieu è un dégraissage beaucoup plus avancé, bien qu’encore incomplet. La présence de l’acide gras favorise donc singulièrement l’émulsion et l’extraction de l’huile minérale, non directement soluble.
- Huile minérale et huile d'olives. — Le mélange par parties égales de ces deux huiles s’est comporté d’une façon moins favorable que le précédent, quoique très supérieui e au cas de l’huile minérale seule.
- Mélanges en proportions variables. — Le dégraissage à la soude est le plus pratique et le plus économique. M. Spennrath a cherché à opérer le dégraissage à la soude seule, à 2 0[0 d’un tissu imprégné avec des quantités variables d’huile minérale et d’acide oléique.
- Les résultats ont démontré que la présence de 20 0[0 d’huile minérale dans l’acide oléique d’ensimage ne peut déterminer aucune difficulté au point de vue du dégraissage. Cette quantité est suffisante pour empêcher l’acide oléique de se solidifier par les grands froids.
- Un ensimage fait dans ces proportions a été dégraissé à fond dans le bain de soude sus-indiqué.
- TEINTURE EN BLEU INDIGO
- des Tissus chargés en chlorure de baryum
- Extrait d’une Note de M. André Dubosc, présentée à la Société industrielle de Rouen
- L’un de nos confrères, M. Gaston Delory, a présenté dernièrement à notre Société un Mémoire fort intéressant sur les inconvénients que présentaient, lors de la teinture en bleu indigo, les tissus chargés en chlorure de baryum.
- La réduction de l’indigo dans les cuves de teinture s’obtenant par le sulfate de fer et la chaux dans la plupart des cas, le liquide clair des cuves contient de notables quantités de sulfate de fer non décomposé par la chaux : ce sulfate, au contact du chlorure de baryum dont le tissu est chargé, donne par double décomposition du sulfate de baryte, précipité blanc qui souille et tache les pièces que l’on avait pour but de teindre en bleu parfaitement uni.
- Le chlorure de baryum, qui constitue un excellent chargeant des tissus, étant de plus ën plus em ployé dans les tissages et son usage rendant, ainsi que M. Delory l’a fait observer, la teinture en bleu des pièces qui le contiens
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- nent à peu près impossible, il nous a paru intéressant de chercher par quel moyen commode et pratique on pourrait arriver à résoudre ce problème, teindre facilement et sans augmentation de prix des tissus chargés de chlorure de baryum.
- La cuve Schützenberger à l’hydrosulfite de soude n’était point applicable, car les hydro-sulfites précipitent, tout comme les sulfates,
- par le chlorure de baryum.
- La cuve à la poudre de zinc pourrait, à la rigueur, être employée; il en serait de même de la cuve de fermentation ou de la cuve à la fécule soluble de Benoist et Collin ; mais tous ces procédés sont délicats et demandent de la part des ouvriers des soins et des précautions qu’il est difficile d’obtenir d’eux.
- Il nous a paru qu’une autre méthode de réduction de l’indigo, peu connue en Normandie, mais assez souvent pratiquée en Belgique et dans le Nord de la France, semblait beaucoup mieux répondre à la question posée -, ce procédé est basé sur la substitution du protochlorure de fer au protosulfate dans la cuve ordinaire.
- Sous l’influence de la chaux, le protochlorure de fer sera décomposé, donnant du chlorure de calcium et du protoxyde de fer.
- Ce protoxyde de fer décomposera l'eau en s’oxydant, et l’hydrogène, mis en liberté, transformera l’indigotine bleue en indigotine blanche.
- Aucun des éléments entrant dans la constitution d’une semblable cuve, chlorure de fer, chlorure de calcium, oxyde et peroxyde de fer, chaux, indigo, n’ont d’action sur le chlorure de baryum : une pièce apprêtée avec ce sel peut donc être impunément teinte dans la cuve dont nous venons d’indiquer la composition, sans craindre les accidents que détermine la cuve ordinaire.
- Les inconvéuients que peut présenter la mise en pratique d’une telle cuve sont ceux qui résultent de la difficulté où l’on se trouve de se procurer le protochlorure de fer exempt de sulfate. 11 est facile de tourner cette difficulté : si on ajoute à la solution sulfatée de protochlorure de fer une certaine quantité de chlorure de calcium ou même de baryum, il y a, par double décomposition entre le sulfate de fer et le chlorure, formation de proiochlo-rure de fer et de sulfate de baryte ou de chaux.
- Sans préparer le protochlorure de fer à l’avance, on peut teindre avec une cuve ainsi corrigée sans de grandes modifications aux marches ordinaires, il suffira de procéder comme suit :
- Dans la cuve remplie d’une quantité suffisante d’eau, on met la quantité nécessaire de sulfate de fer après sa dissolution, on ajoute la quantité de chlorure de calcium convenable pour précipiter la totalité de l’acide sulfurique contenu dans le sulfate.
- La précipitation achevée, on ajoute l’indigo
- et la chaux ; la réduction se fait aussi rapidement que dans les cuves ordinaires. >.
- Le renourrissage des cuves se fait avec du 1 protochlorure de fer préparé à l’avance par le moyen qui vient d’être indiqué.'
- On sait que la valeur du chlorure de calcium est minime, et que son emploi augmente très peu le prix de revient d’une cuve ainsi modifiée.
- L’auteur a pu teindre, par ce moyen, des tissus très fortement chargés de chlorure de baryum.
- EPREUVE DES TEINTES
- au point de vue de l’action de la boue
- La Revue de la Teinture signalait en 1890 (p. 73), que la consommation exige actuellement des teintes pour robes résistant à l’action de la boue des villes, notamment de «.elle de Paris.
- Cette condition est de plus en plus imposée aux teinturiers, qui avant d’adopter de nouvelles matières colorantes, les soumettent maintenant à l’épreuve de la boue ou de réactifs équivalents, de même que les acheteurs des grands magasins de Paris vont tremper dans les ruisseaux fangeux les échantillons des étoffes qui leur sont proposées.
- Si après dessication et brossage la teinte n’est pas altérée, elle est réputée bonne.
- Nous disions dans l’article précité que les fabricants avaient adopté comme liqueur d’épreuve correspondant à cette condition, une dissolution faite avec :
- Soude Solvay.. ................ 10 gr.
- Chaux éteinte...................... 10 —
- Ammoniaque liquide................. 10 —
- Eau................................ 1 lit.
- Mais nous ajoutions que ce liquide était trop caustique, et dépassait de beaucoup l’alcalinité des boues, même de Paris. Telle teinte ne résistant pas à cette épreuve pouvait encore supporter celle des boues.
- Plusieurs teinturiers de Roubaix, Reims, Lyon et autres villes à tissus nouveauté, ont trouvé plus simple de pratiquer l’essai sur la boue même et font venir de Paris ce nouveau réactif. C’est assurément le moyen le plus direct de se rendre compte de la qualité requise.
- Cependant ce produit est putrescible et répugnant, et il semble qu’on puisse le remplacer par un réactif moins corrosif que celui indiqué ci dessus, et qui sans reproduire exactement la composition chimique de ;a boue parisienne, contienne au moins les éléments destructeurs de certaines teintes.
- La composition suivante s’en rapprocherait sous ce rapport :
- Carbonate de potasse.............. 4 gr.
- — d’ammoniaque................. k —
- Chlorure d'aluminium.............. 6 —
- Sulfate de peroxyde de fer..... 1 —
- Sulfure de sodium.................. *
- Silicate de soude liquide.......... J
- Sulfate de chaux en poudre fine... jq
- Eau.................;;............. lfit.
- 11 y a formation de silicate d’alumine et de sulfure de fer insolubles ; le culfate de chaux est lui-même très peu soluble, mais leur pré. sence paraît produire une action, peut-être par absorption mécanique, comme dans la forma, tion des laques, qui n’est pas, dans tous les cas, à négliger. On se sert alors du liquidg trouble.
- La boue de Paris contient encore des ma. tières azotées et des sels neutres dont on n’a pas à tenir compte.
- Une étoffe trempée dans le réactif précédent puis séchée et lavée : si sa teinte a résisté à l’essai, elle peut, selon nous, braver celui des acheteurs de nouveautés, pratiqué sur la boue elle-même, et cela sans avoir exagéré l’épreuve.
- F. G.
- REVUE
- DES MATIÈRES COLORANTES
- NOUVELLES
- Au point de vue de leurs applications à la teinture
- Par M. Frédéric REVERDIN (Extrait du Moniteur scientifique)
- Depuis notre précédente « Revue » (1), nous avons reçu un grand nombre d’échantillons de matières colorantes dont quelques-unes ont été introduites tout récemment dans le commerce.
- Les Farbenfabrïken vorm.\ Friedr. Bayer et C° ont complété leur série de bleus Benzo par une nouvelle marque BX, fournissant une nuance plus rougeâtre que la marque 2 B.
- Le bleu benzo B X se fixe directement sur coton en un bleu-rouge qui résiùe bien aux alcalis et aux acides, ainsi qu’au frottement; on en recommande spécialement l’emploi lorsqu’on cherche à obtenir une nuance bleu-rouge solide aux alcalis. La matière colorante est facilement soluble, elle égalise bien et peut être mélangée a toutes les couleurs subs-tantives qui se fixent directement sur coton, soit en bain alcalin, soit en bain acide ; elle peut aussi être diazotée sur la fibre. On teint le coton dans un bain renfermant 5 p. 100 de savon et 10 p. 100 de sel de Glauber ou de phosphate de soude.
- Sous le nom de Bleu solide nouveau, marques F et H, la même maison a préparé deux nouvelles matières colorantes basiques destinées à la teinture et à l’impression du coton. Ces couleurs, facilement solubles dans l’eau, donnent des nuances genre indigo ; la marque
- (1) Voir Revue de la Teinture mai 1893, p. 63.,
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- F fournit un ton bleu verdâtre ne changeant pas-à la lumière artificielle, tandis que la marque H fournit des tons plu3 rougeâtres. Elles résistent d’une manière remarquable à l’action de l’air et de la lumière, ainsi qu’à celle du foulon ; la teinture ne décharge pas sur le coton blanc.
- On recommande de teindre le coton de la manière suivante : on mordance avec 5 p. 100 de tannin ou la quantité correspondante de sumac en entrant dans le bain à 60°, manœuvrant quelque temps et laissant passer la nuit. Après avoir égoutté le coton, on l’entre dans un bain renfermant 2 Ij2 à 3 010 d’émétique ou la quantité équivalente d’un autre sel double d’antimoine; on le manœuvre une demi-heure, on lave et on teint. Pour les nuances tout-à-fait foncées, il est bon de remplacer l'émétique par du pyrolignite de fer.
- On teint, suivant la nuance désirée, avec 1 à 6 0(0 de matière colorante en entrant dans le bain à froid, puis chauffant, jusqu’à épuisement du bain, et à 70° pour terminer.
- Lorsqu’il s’agit d’obtenir des nuances claires bien égalisées, il est avantageux d’ajouter au bain de teinture 1 à 2 0[0 d’alun.
- La dissolution de ces matières colorantes doit se faire avec de l’eau froide.
- Le bleu solide acide B de F. Bayer et C° est destiné à la teinture de la laine, sur laquelle on le fixe en bain acide par la méthode habituelle, c’est-à-dire en entrant la laine dans un bain chauffé à 40-50°, renfermant la quantité de solution colorante voulue, 10 0[0 de sel de Glauber et 2 0(0 d’acide sulfurique, et montant au bouillon.
- Les nuances obtenues avec ce procédé sont bien égalisées et supportent un léger foulonnage; on peut avantageusement mélanger le bleu solide avec l’a/.o-fuchsine, le jaune naph-tol, le jaune solide, etc., pour la teinture des draps.
- Le bleu solide acide B n’est pas précipité de ses solutions par addition d’un excès d’acide ; sa nuance n’estpas modifiée à la lumière artificielle.
- La sulfone-cyanine 3 B se fixe aussi sur laine dans un bain additionné de 3 à 5 0 [0 d’acétate d’ammoniaque; on entre à 50°, puis on monte progressivement jusqu’à 80° environ, température qu’on maintient jusqu’à épuisement du bain.
- Cette matière colorante égalise bien, et la teinture résiste à un fort foulonnage ; elle est aussi solide aux acides, à l’exception, toutefois, de l’acide sulfureux étendu, d’aprè3 les observations que nous trouvons dans la Farber-Zeitung du Dr Lehne.
- La sulfone-cyanine G n’étant pas modifiée par les sels de chrome, peut être mélangée avec toutes les matières colorantes tirant sur mordant de chrome. On recommande d’opérer la teinture dans des cuves en bois, car les teintures faites dans le cuivre, le zinc ou le
- fer prennent une nuance plus verdâtre et plus terne.
- Le bleu céleste B est une nouvelle matière colorante pour laine chromée, dont la nuance est pure-, il se fixe sur laine mordancée au chromate de potasse et à l’acide oxalique. Les teintures sont solides au foulon, elles résistent au frottement, à l’action de i’air et de la lumière, à l’ammoniaque à 20 0^0 et à l’acide sulfurique à 5 0[0.
- Le bleu céleste B employé à 1[2 0(0 fournit déjà un joli bleu de nuance moyenne. On recommande de teindre avec ce produit dans des cuves en bois.
- Parmi les nouveautés de la maison F. Bayer et C°, nous citerons encore le Rouge benzo solide, qui est aussi spécialement destiné à la teinture de la laine; on entre la laine à 50° dans un bain additionné de 2 0,0 d’acide acétique, on monte au bouillon en un quart-d’heure et on maintient cette température une demi-heure à trois quarts d’heure.
- Si l’on désire une nuance résistant absolument au foulon,on chrome dans leméme bain, au moyen du fluorure de chrome.
- On peut combiner ce rouge avec la sulfone-cyanine et le noir pour jute, en teignant dans le même bain avec addition d’acétate d’ammoniaque, puis ensuite d’acide acétique.
- L'Alitien-Gesellschaft fur AniUnfabrika-tion de Berlin fabrique depuis peu et livre, sous le nom de Ponceau 10 R B une nouvelle matière colorante azoïque, rouge cramoisi, teignant en bain acide.
- Lorsqu’on emploie cette matière colorante pourteindre dans des cuves en bois, on obtient sur laine et soie, ainsi que sur toutes les fibres animales, un rouge pourpre, brillant et nourri avec reflet rouge bleuâtre d’une grande fraîcheur, tandis que dans les cuves en cuivre, étamé ou non, les nuances sout sensiblement plus bleuatr s et plus foncées. Avec 0,75 0[0 du poids de la laine, on obtient déjà une jolie nuance violacée.
- Cette matière colorante égalise bien et résiste à l’action de l’air et du foulon ; les teintures sur soie ne dégorgent pas à l’eau froide.
- Elle se fixe également bien sur coton et jute en bain concentré additionné d’un peu d’alun..
- Pour 10 kilogrammes de laine, on teindra dans un bain d’environ 400 litres d’eau additionné de la quantité nécessaire de matière colorante et de :
- 1 kilogramme de sel de Glauber,
- 0 k. 250 acide sulfurique à 60° B.
- En ajoutant à ce bain 250 grammes de sulfate de cuivre, on obtiendra des nuances plus bleuâtres et plus foncées.
- Pour 1 kilogramme de soie, on teindra dans un baiD renfermant la quantité voulue de matière colorante :
- ISl 115
- 3 litres savon de dégomi
- 30 centimètres cubes d’acide sulfurique à 7° B.
- On entre dans le bain à 40°, on chauffe lentement jusqu’à l’ébullition, on manœuvre pendant 20 minutes, on rince, on avive à l’acide sulfurique et on sèche.
- La maison A. Leonhardt et C°, de Mülheim, qui possède une succursale à Lyon-Vaise, chez MM. A Sévoz et Boasson, nous a adressé une fort belle collection de matières colorantes, parmi lesquelles nous avons à signaler tout particulièrement les suivantes :
- Jaune d'or micado. — Ce jaune, qui est livré au commerce sous plusieurs marques, 2 G, 4 G et 6 G, est un colorant direct, bon teint, qui résiste bien à l’action de l’air, de la lumière, des acides et des alcalis; il supporte, en effet, un traitement à l’acide sulfurique chaud à 15 0[0ouun traitement à 60° au chlorure de chaux à 3 0(0 sans être altéré.
- On l’emploie en teinture de la manière suivante :
- Colon, jute, Un au ramie. — On prépare, pour 100 kilogrammes de coton filé, un bain de 1,200 litres d’eau et 2 à 6 kilogrammes de colorant, suivant la nuance désirée -, on entre le coton dans le bain chaud et on monte progressivement à l’ébullition, on ajoute 60 à 100 kilogrammes de sel marin; on maintient au bouillon pendant une demi-heure, on rince à l’eau froide et on met sécher.
- Laine. — On teint en bain légèrement acidulé par l’acide sulfurique, on entre à tiède et l’on chauffe progressivement jusqu’à l'ébullition.
- Soie. — On teint la soie sur bain coupé à l’acide acétique ou sulfurique ou simplement sur un avivage.
- Soie et coton. — Pour 10 kilogrammes d’étoffe, on prépare un bain de :
- 500 litres d’eau,
- 0 kil. 250 à 0 kil. 500 de colorant.
- 2 litres d’acide acétique à 25 0i0,
- 5 kilogrammes de sel marin.
- On entre à tiède, on manœuvre au bouillon pendant une heure, on rince à l’eau froide, puis on met sécher.
- En opérant avec du sel marin, sans acide, la soie ne se colore que très peu ; avec du sel et de la soude, elle reste blanche.
- Laine et coton. — Pour 1 kilogramme de tissu, le bain se compose de :
- 25 à 30 litres d’eau,
- 1 kilogramme de sel marin,
- 50 grammes d’hydrosulfate de soude,
- 10 à 50 grammes de colorant, selon la nuance désirée.
- On entre à tiède et on monte à l’ébullition, qu’on maintient pendant, une heure, on rince et on sèche.
- La marque 6 G donne la nuance la plus jaune.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Ces jaunes sont également destinés à l’impression des tissus.
- Orangé d’acridme (O et R). Celte matière colorante, qui est vraisemblablement fabriquée en chauffant le tétraméthyldiamidodiphényl-méthane avec les acides, de façon à éliminer de l’ammoniaque, puis en oxydant la leuco-base ainsi obtenue, est un orangé basique qui se fixe sur coton mordancé au tannin et à 1 é-métique, en ajoutant deux grammes d alun par litre de bain de teinture. La marque O résiste très bien au savon et peut être foulonnée avec du blanc sans altérer la nuance; la marque R est plus vive de nuance, mais elle n’est pas aussi solide au lavage.
- La Pyromine obtenue par condensation du
- tétraméthyldiamidodioxydiphénylméthane et
- oxydation de la leucobase formée est aussi une matière colorante basique qui s emp loie de la même manière et fournit sur coton une belle nuance rose, solide au lavage ; on peut la mélanger, cela va sans dire, avec les autres colorants basiques, pour obtenir toute une série de nuances et, en particulier, avec l’orangé d’acridine pour les nuances écarlates.
- (A suivre).
- PROCEDES DIVERS
- Teintes d’hiver
- Parmi les teintes en préparation pour l'hiver, nous remarquons les suivantes, auxquelles nous donnons les désignations de la carte de la chambre syndicale de la passementerie pour la prochaine saison 1893-94.
- C’est à peu près la nuance Aubergine qui est restée en vogue depuis deux ou trois ans, et qui paraît reprendre une recrudescence de faveur.
- Les teintes Pervenche et Camérier sont un peu plus rouges, l’Anémone légèrement plus bleue et un peu brunie.
- On l’obtient soit avec un rouge fuchsine, avec addition d’une très petite quantité de vert; l’azo-violet acide un peu avivé par un rouge la reproduit.
- La formule suivante peut être employée :
- Azo-violet à l’acide A R.............. 3 0[0
- Azo-fuchsine B........................ 1 —
- Acide sulfurique...................... 2 —
- Sulfate de soude.................... 10 —
- C’est, d’ailleurs, une teinte à peu près franche, qu’on obtient facilement.
- Cette teintSVos vert est l’une des plus courantes -, nous l\chantillonnons néanmoins, puisque nous la retrouvons un peu partout en ce moment.
- La même teinte en tons au-dessous se désigne Rameau et Tzarine ; ces mêmes teintes brunies en vieux vert ont été nommées Saule et Directoire.
- Toutes ces nuances p euvent s’obtenir par des mélanges variables des colorants ci-dessous, dont le dosage convient à l’échantillon.
- Vert solide bleuâtre................. 3 OjO
- Jaune solide extra................... 3 —
- Violet à l’aride 6B.................. 2 —
- Acide et sulfate de soude.
- Le vert pour laine S, avec un peu de violet, donnera aussi ce genre de teintes.
- Noisette et Modes
- C’est le ton moyen d’une gamme comprenant en commençant parles plus clairs : Fauvette, Noisette, Prunelle, Kangouroo; s’en rapprochent, mais avec reflet plus bleu, les Aiglon et Gyclope ; plus jaunes sont Galathée et Sable.
- Toutes ces teintes mode se font par mélange des trois couleurs fondamentales rouge, bleu et jaune, quelles que soient les matières colorantes qu’on emploie, et ce n’est guère qu’à l’échantillonnage sur le bain qu’on peut fixer des dosages.
- Employer par exemple :
- Azo-fuchsine G................. 1 0[0
- Vert solide extra.............. 1 il0 —
- Ou tous mélanges représentant les trois couleurs fondamentales.
- Serbe, Alpin
- Ces bleus très voisins de nuances se rapprochent de l’échantillon ci-dessus, lequel peut plutôt être considéré comme un simple Gendarme.
- wu umieui iouies ces nuances de bleu* t nés par des mélanges de verts et de vint T
- suivant les méthodes que nous avons mat?’
- fois données et qui sont, d’ailleurs, bien , nues. C°Q-
- Cachou -Diamine
- Le cachou-diamine, destiné à être apDiioi, par diazotage, paraît inaugurer une nouvel? série de colorants pour ce genre de teintu ^ Il teint le coton non mordancé, en nua^ violette, qui en cet état offre peu d’intérê? mais qui après diazotage et l'action de diVe * développeurs, donne une certaine variété <T marrons-rouges brillants possédant sur le 6 chou naturel quelques avantages : notamment de laisser beaucoup de douceur an* tons. X Co*
- Nous avons donné avec quelques détails le procédés de teinture par diazotage et déve! loppements, dans notre livraison de juin d? nier, p. 83 -, nous pouvons donc nous borner à indiquer sommairement les dosages appüca. blés à ce nouveau colorant, offert par la ma." nufacture lyonnaise.
- Le cachou-diamine se dissout à l’eau chaude-il est avantageux d’y ajouter son égal poids dè carbonate de soude.
- On teint au bouillon avec addition de 5 OiO de carbonate de soude et 25 0[0 de sulfate de soude.
- Les bains ne se tirent pas à fond.
- On peut alors obtenir les teintes suivantes ;
- Marrons-rouges
- Teinture. — En cachou-diamine, de 3 à 5 0[0 suivant intensité désirée.
- Diazotage. — Comme il a été dit dausle numéro de juin, p. 83-84.
- Développement. — Ce développement, qui est Diutot ua fixage s’obtient en passant les cotons dans un bain tiède (30 à 40° C), de
- Eau............................. 100 lit,
- C-iroonate ae soude............. i ^
- Rincer et sécher.
- Puce et Bistre
- Teinture Cachou-diamine, de 3 à 5 pour cent.
- Diazotage. — Comme ci-dessus. Développement. —On emploie pour 10 kil. de coton :
- Développeur AD (man. lyonnaise) 150gr. Eau (bouillante pour dissoudre).. 5 lit,
- Acide chlorhydrique.............. 75 gr,
- Cette solution refroidie est ajoutée au bain, qui peut être de 200 lit. d’eau froide.
- On y lisse le coton 15 minutes à froid; on rince et on sèche.
- Bouge genre santal
- Teinture et diazotage. — Comme ci-dessus. Développement. — Pour 10 kil. de coton:
- Phénol.......................... 200 gr,
- Eau bouillante.................
- Acide chlorhydrique.............. 75 gr.
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- Après refroidissement opérer comme il vient d’être dit pour les puce et bistre.
- Donner un bon savonnage après l’emploi du phénol.
- Havane
- Teinture. — Au bouillon avec :
- Cachou-diamine................. A 0[0
- Jaune-solide diamine A.......... 1 \2 —
- Carbonate et sulfate de soude.
- Diazotage et fixage au carbonate de soude comme ci-dessus pour les marrons-rouges*
- Paliacot
- Teinture. — Avec :
- Cachou-diamine.................. 4 0|0
- Noir diamine RO................. 2 —
- Carbonate et sulfate de soude.
- Diazotage et fixage au carbonate de soude.
- On peut nuancer, du reste, le Cachou-Dia-mine avec toutes nos couleurs diazotables : les Noirs Diamine RO, BO et BH, le Noir bleu Diamine E, le Brun Diamine V, les Bruns pour le Coton AZ et N, l’Orangé Diamine D, le Jaune solide Diamine A et la Primuline, en ajoutant ces colorants au bain de teinture. On peut aussi remonter les teintes après le développement avec des colorants basiques.
- Diazo-koirs
- Le courant est en ce moment aux teintes diazotées.
- La « Farberfabriken » présente une série de colorants de cette classe donnant des teinte s grises et noires, qu’elle désigne :
- Diazo-noir G.
- Diazo-noir B.
- 1) iazo-noir R.
- Di?zo-noir bleu.
- Les procédés généiaux d’application sont les suivants :
- Teinture
- Coton. Teindre pendant une heure au bouillon avec dix pour cent de sulfate de soude ou de sel marin. Nous recommandons d’ajouter deux pour cent de savon, surtout en présence d’eau calcaire.
- Mi-lain?. — Procéder comme pour le coton, mais sans addition de savon.
- Mi-soie (Diazo-Noir-Bleu). Teindre pendant une heure au bouillon avec dix pour cent savon et cinq pour cent sulfate de soude.
- Les teintes peuvent rester telles ou être diazotées ; elles n’offrent de réel intérêt que sous ce dernier état.
- Diazotage
- Cette opération a lieu par des moyens équivalents à ceux exposés pour le cachou-diamine.
- Développeurs
- Les développeurs recommandés sont :
- Le Béta-naphtol (Développeur A).
- Le chlorhydrate de méta-phénylène-diamine (Développeur C).
- La Résorcine (Développeur F).
- Le premier donne avec le Diazo-Noir G un noir corsé et pur ; avec le Diazo-Noir-Bleu et le Diazo-Noir B un noir à reflet bleuâtre ; avec le Diazo-Noir R un noir à reflet rougeâtre.
- Le développeur C fournit des noirs à reflet brunâtre jusqu’à des noirs purs.
- Le Développeur F produit un noir jaunâtre à verdâtre. Pour développer un noir, il peut être employé seul, mais mieuxvaut l’employer en combinaison avec le Développeur A, ce qui permet de faire avec tous les quatre noirs les nuances les plus foncées et nourries.
- Toutes les teintes ainsi obtenues jouissent d’une réelle solidité, résistant à la chaleur des tambours d’apprêt et ne bronzant pas, même dans les nuancée les plus foncées.
- , Bleus divers
- Nous signalerons encore, comme suite à nos précédentes indications sur les bleus :
- Le « Bleu-Crésyle » de la fabrique Léon-hardt et Cie, teignant le coton sumaqué et émétiqué, et n’ayant de spécial que sa facilité de produire des enlevages rets à la soude caustique avec passage à la cuve acide.
- Le « Bleu de paraphénylène (Dahl et Cie), teignant aussi sur coton émétiqué, et fixation après teinture, au bi-chrômate.
- Pour ce bleu, le procédé de teinture suivant est aussi indiqué et pourrait sans doute être aussi appliqué à d’autres colorants du même genre :
- On mordance avec k 0;0 de tann n et on passe ensuite le coton dans un bain d’acétate de chrome de lj2 à 1° B. auquel on ajoute environ 2 0^0 d’émétique. On laisse Je coton dans ce bain au moins pendant deux heures. On lave à fond, puis on teint dans la dissolution de bleu à 3 0[0 pour teintes foncées.
- Les nuances ainsi obtenues sont plus pures et plus solides que celles obtenues d’après la première méthode. On peut encore donner plus de brillant à ces nuances et augmenter leur solidité en ajoutant au bain de teinture, après épuisement, une petite quantité d’acétate de chrome. On peut usiler à cet effet une partie du bain employé pour le mordançage.^
- Le « bleu-Capri» (Léonhardt et Cie), Bleu-verdâtre un peu rabattu, teignant le coton mor-dancé, et se prêtant à l’impression par sa facile solubilité.
- Il se ronge mais imparfaitement à la soude caustique suivie d’un lavage acide.
- Charge des soies pour couleurs
- Une modification a été apportée au procédé de charge à l’étain, dont nous avons parlé en son temps.
- Au lieu de fixer l’oxyde d’étain parle carbonate de soude, il paraît plus avantageux d’employer le phosphate de soude ; la charge est constituée alors par du phosphate d’étain, qui
- se fixe plus facilement, et nécessite moins d’opérations, tout en arrivant à produire des charges plus élevées, pouvant aller à 120 0[0.
- Le produit de base est toujours le « Pink-Salt », dit « mordant X » à Lyon, et qui est un bi-chlorure d’étain.
- On le trouve dans le commerce à l’état liquide d’une concentration d’environ 50° ; les bains de charge sont amenés à 25-30°.
- Les soies y sont baignées à froid 5 à 6 heure, ; elles sont ensuite tordues sur le bain, puis passées sans rinçage, ou après un léger rinçage, sur un bain froid de carbonate de soude à 20°, qui fixe l’oxyde d’étain. Après un bon rinçage on revient sur le bain d’étain, puis à celui de soude, et ces opérations répétées jusqu’à une trentaine de fois arrivent à charger jusqu’à 80 0[0.
- Dans le procédé nouveau on emploie, au lieu de carbonate de soude, un bain de phosphate de soude à 10 *, et l’on opère absolument de même, sauf que le nombre des opérations peut se réduire d’un tiers.
- Le silicate de potasse a aussi été essayé pour la fixation de l’étain, mais avec moins d’avantages.
- On charge sur soie grège ; le décreusage et la teinture se font ensuite et n’en sont pas ordinairement gênés.
- MACHINE A TEINDRE LES FILÉS
- en écheveaux de M. E. DEGOCK
- Les machines à teindre les m atières textiles en écheveaux, représentées par les figures ci-contre, se composent essentiellement de porte-écheveaux spéciaux et de chaînes en acier, à buttoirs.
- Les porte-écheveaux sont formés de règles en bois excentrées par rapport à des tubes métalliques qui les traversent et qui se terminent à leurs extrémités par des pignons dentés, de telle sorte que la rotation de ces tubes déplace les écheveaux sur chaque règle dans un sens qui dépend de la rotation des pignons dentés.
- Les chaînes à buttoirs conduisent les écheveaux dans le bain d’un bout à l’autre du bac, puis les soulèvent successivement, les entraînent ensuite horizontalement au-dessus du bain d’arrière en avant, et les font ensuite redescendre dans le bain pour reprendre à nouveau la même série de mouvements.
- Pour l’entrée des matières dans le bain, on abaisse les tiges qui se trouvent de chaque côté du bâti vers le guide, et les axes portant les écheveaux sont placés sur ces deux tiges formant plan incliné. La chaîne verticale est composée de deux crochets dont chacun, dans le mouvement dont est animé la chaîne, saisit un axe et le porte sur le chemin supérieur de la machine. Un des buttoirs d’une autre chaîne
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- s’en empare en ce moment et le conduit sur une crémaillère engrenant avec les pignons des axes. Le mouvement ainsi communique à ces axes fait exécuter un demi-tour aux éche-veaux qu’ils portent, ce qui permet de plonger dans le bain de teinture la partie restée en dehors et d’en re i'er celle déjà b .-ignée.
- Dans le trajet horizontal au-dessus du bain, une crémaillère agissant sur les pignons dentés des porte-écheveaux détermine le renversement des écheveaux pour que,dans un nouveau passage dans le bain, la partie précédemment émergeante de l’écheveau devienne la partie immergée et réciproquement.
- Le soulèvement des écheveaux d’un seul bloc dans le cas où il faut brasser le bain ou ajouter des matières colorantes se fait à l’aide d’un ascenseur qui permet de relever instantanément hors du bain l’ensemble des écheveaux ; c’est ce qui est représenté dans la seconde figure.
- Machine à teindre de M. DEGOGK (les écheveaux étant retirés du bain).
- Quand la teinture est terminée, les écheveaux arrivent automatiquement sur deux barres formant plan incliné et amenant tous les porte-écheveaux sur un châssis placé en dehors de la machine, de façon à rendre très commodes les manipulations ultérieures.
- La charg-* est d’ordinaire de 100 kilogram-
- mes de mat ères à la fois s’il s’agit de coton ; un scu1 ouvrier suffît pour la conduite de la machine, et il a grandement le temps, pendant la durée de la passe (trois minutes), de préparer la matière pour la passa suivante et de débâtonner ensuite la matière teinte. De plus, l’ascenseur dont la machine est fournie rele-
- vant instantanément toute la charge hors du b-.in et l’y replongeant de même à volonté, on évite la perte de temps relativement considérable que demande ordinairement cette opération, lorsqu’on est obligé de la faire à la main, surtout lorsqu’elle se répète deux ou trois fois pendant la durée d’une passe.
- Machine à teindre les fils en écheveaux, de M. E. DEGOCK (Vue d’ensemble).
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LES ÉTUVES A DÉSINFECTION
- Extrait d’une communication de M. Félix Plancier à la Société industrielle d’Amiens
- But de la désinfection
- Le but de la désinfection est de détruire non seulement les exhalaisons des matières organiques désignées sous le nom de miasmes, qui rendent l’air impropre à la respiration, mais encore, les germes susceptibles de transmettre les maladies contagieuses.
- La désinfection s’effectue soit par les procédés chimiques soit par les procédés mécaniques. Au nombre de ces derniers, il convient de citer en première ligne l’emploi de la chaleur (1).
- (M. Plancier ayant tracé l'histoire de l’application de la chaleur comme moyen antiseptique continue) :
- Etuves à dés'nfeclion
- Dans l’aperçu historique qui précède, la chaleur a plutôt été considérée comme agent de stérilisation que comme agent de désinfection.
- Ici, la question estbeaucoup pluscomplexe. Les objets à soumettre à la désinfection sent parfois volumineux -, alors la chaleur les pénètre difficilement ; de plus, ils sont susceptibles de se détériorer.
- Les étuves à désinfection se divisent en trois classes;
- 1° Etuves à air chaud et vapeur sans pression ;
- 2° Etuves à vapeur surchauffée ;
- 3° Etuves à vapeur sous pression.
- (L’auteur discute ces trois modes de chauffage et conclut) :
- La désinfection au moyen de la vapeur d’eau saturée sous pression, au-dessus de 100°, est aujourd’hui la méthode la plus employée, au moyen de l’étuve.
- Dans cette étuve,la vapeur agit directement sur les objets à désinfecter.
- L’appareil consiste en un grand cylindre de 1 m. 30 de diamètre sur 2 m. 25 de long, en tôle de fer, horizontal, garni d'une enveloppe extérieure i-olante en bois. Le cylindre formant le corps de l’étuve est fermé à ses deux extrémités par des portes circulaires en tôle à fermeture hermétique, qui servent, l’une à l’introduction, l’autre à la sortie des objets à désinfecter (2).
- (1) La Revue de la Teinture, année 1892, p. 133, a publié un article sur le même sujet, où sont discutés les procédés des étuves publiques de la ville de Paris et indiqués ceux qui peuvent être conseillés aux teinturiers qui entreprennent le travail de désinfection. Ce mémoire de M. Plancier confirme sur plusieurs points ledit article.
- (2) YoirRevue de la Teinture, 1892, p. 68, le dessin d’un appareil à désinfecter établi d’après ces principes.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Ces objets sont placés sur un chariot roulant et disposés de façon à ne pas toucher les parois de l’étuve. Uu conduit d’arrivée amène la vapeur du générateur dans l’intérieur de l’étuve, un peu au-dessus de l’axe du cylindre. La vapeur s’échappe par un tuyau en cuivre rouge percé de trous et garni d’un écran dans toute sa longueur.
- A l’intérieur du corps cylindrique deux batteries chauffantes complémentaires sont disposées, l’une accolée au plafond de l’étuve, l’aulre à la partie inférieure sous la voie du chariot. Ces batteries consistent en tuyauxie-liés au générateur de vapeur par un conduit spécial. La batterie supérieure est doublée d’un écran qui garantit les objets à épurer contre les gouttes d’eau de condensation qui pourraient tomber du haut. Ces batteries servent à chauffer l’intérieur de l’étuve et son enveloppe pour éviter la condensation de la vapeur introduite dans l’étuve sur les parois du cylindre.
- Les deux conduits distincts d’arrivée de la vapeur, débouchant, l’un directement dans l’étuve et l’autre dans les batteries chauffantes sont munis chacun d’un robinet de réglage, d’une soupape de sûreté, et d’un manomètre. Un tuyau de dégagement à robinet, fait communiquer le bas de l’étuve avec l’extérieur.
- L’appareil se manœuvre de la manière suivante. On reçoit le linge, les chaussures, les draps, etc. dans une buanderie voisine où ils arrivent renfermés dans des sacs de toile. On sort le linge et les draps de ces sacs et on les met tels quels dans l’étuve qui va être chauffée à 0,7 — 0,8 (environ 115°) où on les laisse 5 minutes en laissant la pression diminuer jusqu’à O (une atmosphère) : on augmente de nouveau la pression qui remonte jusqu’à 8 hectos pour redescendre à 0 pendant cinq nouvelles minutes, et cela à trois reprises, de façon à répartir uniformément la chaleur dans la masse des objets à désinfecter.
- Après les avoir ainsi soumis vingt minutes à une température d’environ 115° (1), on les laisse sécher pendant une petite demi-heure en entrebâillant simplement la porte de sortie : on retire ensuite les objets pour les mettre tels quels dans un sac. Les objets sontalors rendus au public, aseptisés.
- Installation de l'étuve
- L’étuve installée à l’Hôtel-Dieu d’Amiens a un double but; elle doit servir à la fois aux besoins du public et 1 ceux de l’hôpital.
- Les dimensions du local doivent être, au maximum, de 8 m. 50 de longueur sur 5 m. 50 de largeur. Une hauteur de 3 mètres suffit au point bas des fermes.
- (1) On peut s’assurer de la manière suivante, que la température de l’étuye est bien voisine de 115. Il suffit d’introduire du soufre pulvérisé, dont le point de fusion est de 111* L’expérience a été faite et a parfaitement réussi. Donc, si la température a. été suffisante, ou retrouvera le soufre fondu.
- 119
- Une cloison divise le local en deux compartiments : dans cette cloison est pratiquée, à 1 m. 40 au-dessus du sol, une ouverture vitrée, pour permettre h communication rapide des avertissements nécessaires au fonctionnement général.
- Dans la chambre des objets à désinfecter, la porte de l’étuve sort de la cloison d’au moins 10 centimètres, cette chambre est munied’une voie extérieure nécessaire à la manœuvre du chariot. La chambre de sortie, ou chambre des objets épurés renferme la presque totalité du corps cylindrique de l’étuve, tous les appareils de distribution de vapeur, la chaudière et ses accessoires, ainsi que la voie supportant le chariot à sa sortie de l’étuve.
- Le sol est cimenté, de manière à pouvoir être maintenu toujours propre et en bon état.
- Dans le voisinage de l’étuve, ur. local est consacré à la désinfection dite chimique.
- C est dans cette pièce que l’on désinfecte les objets en fois, en cuir, ceux en un mot susceptibles d’être détériorés par la chaleur de l’étuve.
- Deux autres pièces servent l’une de vestiaire, l’autre de lavabo aux hommes chargés de recsvoir les objets contaminés. Leurs vêtements sont passés à l’étuve après chaque opération.
- Les portes de ces appartements sont disposées de telle façon qu’on ne peut les ouvrir simultanément.
- Désinfection chimique. Emploi des pulvérisateurs
- La désinfection chimique se pratique au moyen de pulvérisateurs remplis d’une solution antiseptique préparée de la manière sui-
- vante :
- Bichlorure de mercure................... 3
- Acide tai trique........................ 48
- Eau..................................... 12 lit.
- Les pulvérisateurs sont de petits appareils portatifs, qui ont pour but de détruire les micro-organismes pathogènes qui peuvent s’être déposés sur les murs des habitations, des salles d’hôpitaux, des casernes, des wagons et rendent dangereux le séjour de ces locaux, lis servent également à la désinfection des objets que la chaleur de l’étuve altérerait.
- L’emploi de ces appareils est justifié par ce fait que la vapeur, à l’extrémité d’un conduit, perd rapidement sa température en se détendant, à moins que, sur le trajet de la chaudière à l’extrémité du conduit, elle ait pu être surchauffée.
- Ces récipients consistent en un récipient contenant la solution antiseptique, une pompe qui aspire le liquide et le refoule dans un pulvérisateur relié à la pompe par un long tube en caoutchouc; la pompe est mise en mouvement par l’intermédiaire d’uu petit volant ou d’un levier.
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- Le liquide sort du pulvérisateur sous forme de brouillard.
- L’intérieur du récipient est recouvert d’un enduit à base de caoutchouc.
- Toutes les parties susceptibles d’être en contact avec le liquide antiseptique sont en ébo-
- nite.
- L’appareil fonctionne de la manière suivante : le récipient étant rempli avec la solution antiseptique, on ouvre le robinet qui se trouve à la base du pulvérisateur que l’on tient d’une main. On actionne de l’autre main h manivelle de la pompe et on dirige le pulvérisateur sur la partie à désinfecter.
- Cet appareil a donné, paraît-il, d’excellents
- résultats.
- Effets du traitement à l'étuve
- Dans un rapport présenté à la société Médico-Chirurgicale des hôpitaux de Lyon, M. le Dr Vinay a tiré les conclusions suivantes de nombreuses expériences faites avec l’étuve à désinfection.
- 1 • L’action de la vapeur sous pression est d’une efficacité absolue entre 412 et 115* C ; elle détruit alors les germes les plus résistants après une durée d’application de lo minutes.
- 2- L’air chaud et la vapeur surchauffée sont d’une valeur moindre, môme à 130 • C certains germes échappent à leur influence et lorsque l’application de la chaleur est prolongée pendant 30 minutes.
- 3- Les différents tissus de lin, de chanvre, de coton, de laine exposés pendant des épreuves répétées de désinfection à des températures élevées, présentent des pertes de poids graduelles et sensiblement égales par les deux formes de chaleur. L’usure qui résulte du fait seul de la désinfection est cependant minime, et ne s’élève qu’à 2 0^0 après six passages consécutifs dans l’étuve ;
- h' Le seul inconvénient sérieux est l’imprégnation du linge lorsqu’il est souillé par des matières colorées, comme le sang et les matières fécales ; cet inconvénient existe constamment, quelle que soit la forme de chaleur employée; il apparaît dès qu’on dépasse 100- C, c’est-à-dire dès qu’on approche du degré nécessaire pour la destruction des formes résistantes des micro-organismes.
- Nous admettrons les trois premières propositions.
- La quatrième et dernière proposition a une importance pratique considérable pour une administration hospitalière.
- Linge maculé
- L’imprégnation du linge était facile à prévoir, c’esl le phénomène utilisé dans l’industrie pour l’impression des étoffes. En effet, dans /'etta nnération. on enduit les tissus de ma-
- tières colorantes dissoutes dans une substance albuminoïie, puis on fait passer un courant de vapeur qui produit avec la coagulation de l’albumine, l’imprégnation des tissus par les matières colorantes dissoutes, c’est-à-dire l’impression proprement dite.
- Dans le cas présent, il est évident que le linge maculé ne peut plus être mis en service; de là une dépense considérable à laquelle il faut remédier dans h mesure du possible.
- Voici quel a été le résultat de mes recherches à ce sujet :
- A Paris, dans les hôpitaux et dans les étuves mises à la disposition du public, le linge est rendu non lavé, maculé, mais aseptisé.
- Toutefois, lorsqu’il est taché de sang, de matières fécales, de pu-, on trempe ce linge à plusieurs reprises dans une solution très faible de permanganate de potasse, renfermant 0 gr. 50 centigrammes de ce s 1 par litre, on l’essore et on le soumet ensuite à l’étuve.
- Dans ce cas, le linge est bien détaché, mais le permanganate le colore en brun, inconvénient auquel on peut remédier au moyen du bisulfate de soude.
- L’opération devient alors compliquée, elle nécessite plusieurs manipulations assez délicates ; de plus le permanganate n’a-t-il pas une action nuisible sur la fibre, et l’usure dans ce cas n’est-elle pas plus rapide ?
- Lessiver le linge avant le passage à l’étuve, n’est-ce pas perdre le bénéfice de la désinfection ? Les eaux de lavage peuvent retenir certains micro-organismes qui auront résisté a la température à laquelle on aura opéré.
- On m'avait conseillé le lavage partiel des taches avec le savon avant le passage à l’étuve. Ce lavage partiel a l’inconvénient d’être long et par suite peu pratique, surtout si les
- taches sont nombreuses.
- C’est alors que j’ai proposé l’emploi du savon vert de la manière suivante : ramollir ce savon avec une petiie quantité d’eau de façon à en faire une pâte molle que l’on étend au moyen d’un pinceau sur les parties tachées -, soumettre ensuite à l’étuve.
- Ce procédé a donné de bons résultats, le linge soumis àun simplelavage ne portait plus trace de taches.
- La dépense résultant de l’emploi du savon vert est minime, le procédé est facile à suivre, il ne néc ssite aucun dispositif spécial (un baquet en bois suffit).
- 11 possède de plus l’avantage de n’employer aucune eau de lavage dont la désinfection est toujours plus ou moins problématique,
- une conférence publique au siège de cette société sur l’histoire chimique et microgra phique de l’eau, conférence qu’il a intitulée : « Au fond d’une goutte d’eau. »
- Au cours de cette étude, présentée d’u ne façon fort attrayante pour son public mondain, le conférencier a retracé la façon dont les eaux potables étaient analysées (quand rarement elles l’étaient), il y a cent ans.
- Ces procédés sont aujourd’hui peu connus et ils sont trop curieux pour que nous résistions au plaisir de reproduire ce passage de ja conférence, qui est d'ailleurs très court et quj n’inspirera à aucun chimiste moderne l’idée d’un retour au passé.
- PROCÉDÉ D’ANALYSE DE L’EAU
- au siècle dernier
- M. Guichard, professeur du cours de teinture à la société industrielle d’Amiens, a fait
- La municipalité amiénoise, en 1780, avait chargé deux chimistes d’étudier la qUa]jté des eaux.
- Voici les titres de ees savants :
- « M. d’Hervillez, docteur en médecine membre du collège royal des médecins du roi pour l’hôpital militaire, membre de l’académie des sciences, arts et belles-lettres et professeur de chimie au jardin du roi, et M. Lapos-tole, maître en pharmacie, apothicaire du roi pour les épidémies, membre de l’académie des sciences, arts et belles-lettres, démonstrateur de chimie au jardin du roi. »
- Leur procédé, M. Guichard le résume ainsi :
- «........C’était en effet un travail pénible
- un travail d’alchimiste qu’une analyse d’eau et à plus forte raison plusieurs analyses. Voyons les à l’œuvre :
- « Us mesurent 1,200 pintes d’eau qu’ifi font évaporer avec précaution sur un feu doux, ils mettent de côté les pellicules qui se forment à la surface, puis ils continuent l’évaporation jusqu’à la formation de cristaux qu’ils ramassent avec soin, enfin, ils évaporent le résidu à siccité.
- « En s’aidant de la loupe et d’une pince ils examinent ces divers produits, séparent un à un ceux qui n’ont pas la même forme cristalline et finissent par arriver à isoler à peu près les différents éléments qui composent le résidu de l'eau, ils étudient et pèsent les divers produits obtenus, enfin à force de sagacité, fis parviennent à les caractériser et à pouvoir établir la composition de leurs eaux. Je ne veux pas insister sur les détails de l’opération, il me suffit de vous avoir fait comprendre la longueur du travail. »
- ! Les deux chimistes du jardin du roi ont mis trois ans pour déposer leur rappo t, et n’ayant pas passé, disaient-ils, un seul jour sans s’occuper de ce travail.
- Ils ont conclu à l’excellence ^des eaux d’Amiens.
- Heureusement qu’aujourd’hui on peut se prononcer sur les mêmes sujets avec plus de certitude et de rapidité, malgré même la ré
- rania innontinn rtpe mir’.mhPS et dôS bâCfile?
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- C’est ce qu’à démontré M. Guichard, à son auditoire, vivement intéressé à tout ce que le conférencier lui a fait apercevoir au fond d’une goutte d’eau.
- EMPLOI DE LA PARAFFINE
- POUR
- LE PARAGE DES FILS DE BONNETERIE
- Le « Moniteur de la Bonneterie et du Tricot » a ouvert un concours parmi ses lecteurs sur la question de l’emploi de la paraffine dans son industrie.
- Plusieurs Mémoires intéressants lui ont été adressés. Nous reproduisons l’un de ceux qui furent primés et qui nous a paru condenser le sujet en touchant tous ses points.
- L’auteur est M. Edmond DOMADILLE, de la maison Henri Bouisset et C°, à Montredon-Labessonié.
- Voici ce travail :
- La paraffine est une substance blanche, cireuse, qui a de nombreux usages ; elle est surtout employée avantageusement par les fabricants de bonneterie.
- La paraffine a la propriété d’unir les parties fibreuses d’un filament, en quelque sorte de polir, de cirer le fil en l’adoucissant sans que les couleurs les plus délicates aient à subir la moindre atteinte. On ne doit pas pourtant se servir de la paraffine avec de la laine et du coton noir, si on ne veut pas qu’à certains endroits il y ait quelques petits points blancs et que le tricot soit un peu luisant, en quelque sorte ciré, ce qui est très défectueux pour le noir.
- La paraffine laisse sur les aiguilles d’un métier une légère couche graisseuse, ce qui fait que le fil glisie mieux sur les aiguilles, la maille se forme sans risque de faire des trous au tricot, ce qni arrive souvent avec les matières ayant une trop forte torsion ou une mauvaise teinture.
- Si l’on veut obtenir des résultats satisfaisants, c’est-à-dire si l’on veut les matières à trfcoter très souples, que le tricot ne soit pas poisseux et que la couleur ne soit pas atteinte, il ne faut employer que de la paraffine de bonne qualité, qui est plus adoucissante et qui, par sa finesse, n’entre pas autant dans la matière, ne s’emploie pas si vite, et, malgré que son prix soit un peu plus élevé, est encore plus économique.
- Dans la manufacture où je suis employé, nous nous servions depuis quelques années de la paraffine, mais les meilleurs résultats ont été obtenus avec la paraffine la Moldavienne Raffinée extra, dont l’essai a été fait ces temps derniers.
- La paraffine est surtout indispensable pour les machines côtières, à cause du croisement des aiguilles.
- J’ai même remarqué que l’ouvrier ou l’ouvrière employant la paraffiae peut faire un quart de Iravail en plus par jour et un ouvrage bien supérieur à ceux n’en employant pas.
- On peut employer la paraffine de différentes manières.
- Pour les cotons moulinés qui sont en éche-veaux, on doit leur faire subir un léger frottement par la paraffine en les mettant en bobines.
- Pour les cotons non moulinés en petites bobines, le moyen qui me paraît le plus pratique est de passer de temps à autre une légère couche de paraffine sur toutes les bobines, ou bien encore d’adapter un morceau de paraffine au porte-fil, de manière à ce que les fils passent dessus.
- Les laines de belle qualité, telles que le cachemire et le mérinos, étant très douces par elles-mêmes, je considère l’emploi de la paraffine comme inutile pour ces genres-là ; mais elle est indispensable pour les autres qualités, telles que mérinos ordinaires, cardées, mixtes, etc.
- D’après les expériences que j’ai faites, l’usage de la paraffine est généralement bon pour toutes espèces de matières employées dans la bonneterie, telles que laines, cotons, soies, fils, etc.
- M. Charles ÉDOUARD, de Roanne, qui est aussi un lauréat du Concours, a traité la question spécialement au point de vue de la laine. Nous reproduisons de son travail les passages suivants :
- En résumé, appliquée à la laine, la paraffine est un précieux auxiliane -, elle ne colle ni ne feutre la matière, elle lui aide seulement à glisser, lui communiquant par cela même une force presque égale à la sienne propre; de plus, elle ne paralyse pas le nerf de la laine ; l’article fait avec de la laine paraffinée, sitôt tombé de la machine, reprend du gonflant et du soutien.
- Un autre avantage de la paraffine est celui-ci : dans les laines teintes et reteintes (par exemple, quand une teinture en couleur est manquée, il arrive que le teinturier la remet en noir), l’écheveau, souvent mal secoué par l’ouvrier, se déroule difficilement, la laine semble collée, tandis que ce n’est que l’effet de l’eau et du feutrage, si l’on ne paraffine pas cette laine, une fois en bobine, elle se recolle à nouveau et souvent, par suite du tirage, se brise ; de là des nœuds, des marques, etc. Eh bien ! si cette laine est paraffinée, ces inconvénients disparaissent; la paraffine empêche tout contact, tout collage (sur la bobine un tour de laine, est collé au précédent) -, au lieu de cela, la matière est souple et coule avec facilité.
- RÉACTION DISTINCTIVE
- DES NAPHTOLS a et b
- Par M. A Y MOX IER, pharmacien.
- On a publié, depuis deux ou trois ans, un certain nombre de réactions qui permettent de différencier plus ou moins sûrement les deux
- naph'.ols employés en médecine. Voici une réaction qui peut satisfaire complètement.
- Formule du réactif :
- Bichromate de potasse.. 1 gramme.
- Eau distillée.......... 100 —
- Acide azotique pur.... 1 —
- Si on laissa tomber quelques gouttes de ce réactif dans une solution alcoolique (ou même simplement aqueuse) de naphtol-a, on a immédiatement un précipité noir qui se fonce de plus en plus par l’addition de réactif.
- Une solution de naphtol-b traitée par ce réactif et dans les mêmes conditions, n’est pas affectée.
- Certains autres phénols ou produits de la même famille restent insensibles à l’action de ce réactif. Tels le salol, benzo-naphtol, thymol, naphtaline, etc.
- (Union pharmaceutique)
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE Travaux du comité de chimie
- Séance du 10 mai 1893.
- Le comité s’occupe de la révision du programme des prix et de leur classification.
- M. Prud’homme envoie une note sur la fixation de la dinitrosorésorcine en couleurs vapeur au moyen des prussiates. Le comité en demande l’impression.
- M. Baumann a essayé les gris de M. Pet-zold sur mordants métalliques ; il trouve qu’ils ne tirent pas mieux que sur coton non mordancé.
- Séance du 14 juin 1893
- M, Werner présente son rapport sur un mémoire de M. Pokorny relatif à la production directe de matières colorantes amidoazoïques sur fe tissu. — Le comité demande l’impression de ce travail et du rapport de M. Werner.
- M. Albert Scheurer d’une part, M. Frey, de l’autre, relatent les expériences qu’ils ont faites avec une racle en bronze d’aluminium envoyée pour coucourir au prix n° L des arts chimiques, sous la devise : Nec aspera terrent. Ils trouvent que cette racle ne remplit pas encore toutes les conditions du programme des prix, mais qu’elle constitue un perfectionnement dont l’auteur mérite une récompense.— Le comité prie ces messieurs de présénter un rapport à la prochaine séance.
- Séance du 12 juillet 1S93
- MM. Albert Scheurer et Frey remettent leurs rapports sur la nouvelle racle en bronze d’aluminium dont il a été question dans le procès-verbal du dernier comité et qui a été présentée pour le prix n° L des arts chimiques sous la devise : Nec aspera terrent. Les con-
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- Clusions de ces rapports, demandant pour l’inventeur une médaille de bronze, sont adoptées par le comité, et l’impression de ces deux rapports est demandée.
- MM. Prud’homne et Rabaut envoient une note sur la constitution des matières colorantes dérivées de la rosaniline. Les auteurs ont observé que les chlorhydrates de ces colorants sont susceptibles d’absorber une ou deux molécules de gaz ammoniac sec qu’ils laissent dégager de nouveau quand on les chauffe dans le vide sec. — Le comité demande l’impression de cette note.
- MM. Kopp, Grandmougin et Nœlting présentent leur rapport sur un mémoire portant la devise : L'Observation est une seconde balance pour le chimiste. Les rapporteurs demandent qu’il soit accordé à l’auteur une médaille de bronze et que son mémoire, résumé en quelques parties, soit publié au Bulletin suivi de leur rapport. — Le comité adhère à ces conclusions, qui seront soumises à la ratification de la Société dans sa prochaine séance.
- M. Eugène Fischer, de Biebrich, envoie une note sur le sel d'indigo et la production de l’indigo sur tissu au moyen de ce corps. Le sel d’indigo est la combinaison bisulfitique de l’orthonitrophényllactocétone; sous l’influence des alcalis caustiques la combinaison bisulfitique est décomposée et la cétone mise en liberté se transforme en indigotine. Pour effectuer cette réaction sur le tissu, on prépare celui-ci en sel d’indigo et on imprime de la soude caustique ; ou bien on imprime du sel d’indigo et l’on passe ensuite en soude. — Le comité demande l’impression de celte note.
- M. Oscar Scheurer a examiné quelques échantillons de fécule traités à l’électricité, i nvoyés par la maison Siemens et Halske au comité, avec prière de les étudier. D’autres membres du comité se proposent également d’arborer ce sujet. — Le comité demandera l’impression de la note de M. Scheurer quand les autres rapports seront déposés.
- M. Camille Schœn présente des observations sur l’action de la lumière sur le métatungstate de soude fixé sur tissu. Ce sel se réduit en donnant un composé bleu, sans doute le tungs-tate de tugnstène, formé par réduction. Les sels de cuivre retardent cette réduction. — Le comité demande l’impression de ce travail.
- Le comité décide enfin la nomination d’un second secrétaire adjoint. — M. Binder est, à l’unanimité, désigné pour ce poste.
- .. - — m —1— . i n
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- du Nord de la France
- Prix proposés se rapportant aux industries tinctoriales
- Blanchiment
- 1. Guide-memento du blanchisseur de fils et tissus de lin, de coton, etc.
- Le travail demandé devrait avoir le caractère d’un guide pratique contenant tous les renseignements techniques de nature à faciliter la mission du chef d’atelier, tels que description des méthodes et appareils employés, produits chimiques, dosages, etc., etc.
- II. — Comparer les procédés de blanchiment, d’azurage et d’apprêt des fils et tissus de lin en France, en Alsace et en Angleterre ; faire la critique raisonnée des différents modes de travail.
- III. — Même question pour les fils et tissus de coton simples et retors.
- IV. — Même question pour les fils et tissus de laine.
- V. — Etudier spécialement l’action du blanchiment sur les lins de diverses provenances.
- On ne sait à quelle cause attribuer les différences de teintes qni existent entre les lins du pays et celles des lins de Russie traités par les mêmes méthodes de blanchiment ; rechercher quelles sont les raisons qui déterminent de semblables anomalies.
- VI. — Indiquer les meilleurs procédés à employer pour blanchir les fils et tissus de jute et les amener à un blanc aussi avancé que les fils et tissus de lin. —Produire les types et indiquer le prix de revient.
- Vil. — Moyen économique de préparation de l’ozone et de l’eau oxygénée et expériences sur les applications diverses de ces produits, et en particulier au blanchiment des textiles.
- VIII. — Etude du blanchiment par l’élec-tricié.
- IX. — Etude sur la situation actuelle du blanchiment de la soie, de la laine, du coton et du lin par d’autres produits que les hy-pochlorites alcalins et l’acide sulfureux.
- Teinture
- I. —Etude chimique sur une ou plusieurs matières colorantes utilisées ou utilisables dans les teintureries du nord de la France.
- II. —Recherches sur les meilleures méthodes propres à donner plus de solidité aux couleurs organiques artificielles employées en teinture.
- III. — Indiquer les moyens à employer pour donner aux fils de lin et de chanvre, après la teinture, l’éclat que conserve le fil de juta teint.
- IV. — Même étude pour le coton et la ramie.
- V. — Etude comparative des divers procédés et matières colorantes différentes, utilisées pour la teinture des toiles bleues, de lin ou de chanvre au point de vue du prix de revient, de l’éclat et de la solidité de la couleur dans les circonstances diverses d’emploi de ces étoffes.
- VI. — Analyse des indigos et détermination de leur valeur industrielle.
- VU. — Etude sur un genre d’impression sur tissus qui pourrait recevoir dans le Nord une application pratique.
- VIII. — Indiquer un procédé de teinture 8Ur fil de lin donnant le rouge d'Andrinople aussi beau et aussi solide que ce qui se fait actuel-lement sur coton.
- On devra présenter des échantillons à l’ap. pui.
- IX. — Guide memento du teinturier de laine
- X. id. id. decoton.
- XI. id. id. de lin
- XII. id- id- de Soie.
- Apprêts
- I. — Machine à sécher permettant de donner à la toile l’apprêt que l’on obtient en l’ev posant, après le passage au foulard à gomme,, dans un étendage chauffé à 25 ou 30*
- II. — Etude sur la composition chimique de l’Outremer et sur les caractères qui différencient les variétés de diverses couleurs, ainsi que sur les causes auxquelles il faut attribuer la décoloration de l’outremer artificiel par l’alun.
- Donation de M. Kuhlmann
- Des médailles en or, de la valeur de 500 fr seront accordées pour les progrès les plus 8,, gnalés dans la région :
- Une médaille d’or pour le blanchiment.
- Une médaille d’or pour la teinture.
- Prix Roussel
- Un prix de 500 francs auquel la Société joindra une médaille, sera décerné à l’auteur du meilleur mémoire sur la détermination de la nature chimique des différents noirs d’aniline.
- JURISPRUDENCE
- Atteinte à la liberté individuelle par
- le Syndicat ouvrier des imprimeurs
- sur tissus de Bourgoin (Isère)
- Nous avons signalé cette affaire (année 1892, p. 92), et la solution que lui avait donnée la Cour de cassation.
- Dans son rapport au Sénat sur le projet de loi Bovier-Lapierre, M. Trarieux a depuis cité l’arrêt de la Cour comme doctrine juridique à l’appui de son argumentation.
- En cassant l’arrêt de la Cour de Grenoble, la Cour de cassation avait renvoyé l’affaire devant celle de Chambéry. Cette Cour a statué le IA mars 1823, et s’est ralliée à la doctrine de la Cour de cassation, qui semble dès lors devoir désormais prévaloir.
- Voici un rapide exposé des faits :
- Joost, ouvrier imprimeur sur tissus, membre du Syndicat professionnel de Jallieu-Bour-goin, usant du droit incontestable ouvert à tout syndiqué de se retirer du Syndicat (loi du 21 mars 188A, art. 7), donnait sa démission.
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- Le Syndicat, après avoir rejeté cette démission et constaté que l’intéressé refusait de rentrer dans le Syndicat aux conditions qu’on lui imposait et de « s’humilier », prononçait son exclusion et, à la suite d’une délibération spéciale, faisait connaître au patron, M. Brunet-Lecomte, que les ouvriers syndiqués employés par lui se mettraient en grève, si Joost n’était point congédié ; le patron, cédant à cette mise en demeure, se résignait à le congédier.
- Joost intenta pour ce fait au Syndicat une action en dommages-intérêts devant le Tribunal de Bourgoin, qui, par un jugement du 11 janvier 1890,1e débouta de sa demande, etc.; il ne fut pas plus heureux devant la Cour d’appel de Grenoble qui, dans un arrêté du 23 octobre 1890, considéra le Syndicat comme ayant usé d’un droit, en présence de l’abrogation de l’article 416 du Code pénal, qui punissait les plans concertés contre la liberté du travail.
- Saisie à son tour, la Cour de cassation, par arrêt du 22 juin 1893, cassa l’arrêt de la Cour de Grenoble et décida :
- 1° Que l’absence de délit n’implique pas nécessairement l’absence de faute donnant lieu à des dommages civils ;
- 2° Que les syndicats professionnels, aux termes même de la loi du 21 mars 1884, doivent restreindre exclusivement leur action à l’étude et à la défense des intérêts économiques, industriels, commerciaux ou agricoles, et qu’une mesure d’exclusion concertée par caprice ou malice, sans qu’un intérêt économique se trouve en jeu, excède leur rôle légal ;
- 3° Que la disposition de l’article 7 de la loi, aux termes duquel « tout membre d’un syndi-cücat professionnel peut se retirer à tout instant de l’association » serait, en fait, absolument violée, si le syndicat qu’on veut quitter pouvait impunément, de ce seul chef, faire perdre à l’ancien syndiqué son emploi actuel et lui rendre presque impossible toute recherche d’emploi nouveau.
- C’est dans ces conditions que la Chambre d’appel de Chambéry a eu à se prononcer en dernier ressort, et voici les points essentiels de son arrêt du 14 mars 1893 :
- a Attendu que des documents produits devant la Cour et des explications des parties, il résulte :
- « Que Joost, qui faisait partie du Syndicat de Jallieu-Bourgoin, a manifesté, dans le courant de 1889, la volonté de s’en retirer ; qu’aucun doute à cet égard n’est possible en présence de la lettre du 22 juillet 1889, par laquelle le secrétaire du Syndicat, convoquant Joost à une assemblée qui doit être tenue le ffiême jour, ajoute :
- « Dans votre intérêt personnel, nous vous
- * engageons à y assister pour nous faire con-« naître les motifs pour lesquels vous ne
- * voulez plus faire partie de la Chambre svn-« dicale »;
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- « Que, postérieurement et aux dates des 12 et 16 août 1889, le bureau du Syndicat et l’assemblée générale des syndiqués ont pris une série de délibérations pour lesquelles il est décidé :
- « 1® Que Joost est exclu de l’association ;
- « 2° Qu’il lui sera permis d’y rentrer en payant une amende de 25 fr. en sus de sa cotisation ;
- « 3° Que les ouvriers qui travaillent dans la même usine que lui se mettront en grève, s’il n’est pas immédiatement congédié ;
- « 4° Que la menace de grève sera transmise par les soins du bureau à Brunet-Lecomte, patron de Joost ;
- « Qu’en exécution de ces délibérations, deux membres du bureau les ont, en effet, communiquées à Brunet-Lecomte, en exigeant le renvoi de Joost ; que Brunet-Lecomte, redoutant une grève qui aurait été désastreuse pour lui, a dû congédier Joost et que ce dernier, par suite de la proscription dont il était l’objet de la part du Syndicat, s’est vu refuser du travail dans diverses usines ;
- « Attendu que les agissements du Syndicat constituent à l’encontre de droit une atteinte au droit naturel qu’a tout homme d’exercer librement son industrie en se conformant aux lois ; que sans doute les ouvriers syndiqués avaient de leur côté le droit de se mettre en grève, mais qu’il n’est permis à personne d’abuser de son droit ; qu’il y a abus d’un droit toutes les fois que celui qui prétend l’exercer n’agit que dans le but de nuire à autrui, sans aucun intérêt pour lui-même ; que, dans l’espèce, Joost était, comme les intimés le reconnaissent dans leurs conclusions, « un homme indifférent en soi »; que son maintien dans l’usine, pas plus que son exclusion, ne pouvait avoir une influence quelconque sur la hausse ou la baisse des salaires, les rapports des ouvriers avec le patron, ni sur aucune des conditions du travail; que Brunet-Lecomte n’avait aucun intérêt à le conserver, et que les syndiqués avaient par suite la certitude d’obtenir son renvoi, sans courir eux-mêmes les risques d’une grève ; que, dans ces circonstances, leur menace de cesser le travail n’était en réalité qu’une manœuvre injustement dirigée contre un ouvrier auquel ils ne pouvaient adresser aucun reproche sérieux ;
- « Attendu que, lors même que l’on voudrait reconnaître un caractère licite à cette manoeuvre, en tant qu’elle émanerait des ouvriers syndiqués agissant en leur nom personnel, le Syndicat n’en serait pas moins en faute pour avoir, en sa qualité, contrevenu à l’article 3 de la loi du 21 mars 1884 qui déclare que : « les syndicats professionnels ont exclu-<r sivement pour objet l’étude et la défense des « intérêts économiques, industriels, commer-« ciaux et agricoles »; — qu’aucun intérêt professionnel n’étant attaché au renvoi de Joost, le Syndicat, en l’exigeant, est sorti de
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- ses attributions ; qu’il a donc agi sans droit ;... etc., etc.
- « Par ces motifs :
- « Réformant la décision des premiers juges,
- « Condamne les intimés ès qualités qu’ils sont prisé payer à Joost la somme de 2,000 francs, à titre de dommages-intérêts, et à tous les dépens. »
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- 229014. — Crippin. — Perfectionnements dans les appareils employés pour la teinture, le blanchiment et autres traitements du coton et autres matières fibreuses, à l’état brut, manufacturé ou partiellement manufacturé.
- 229042. — Roberts, Waite et Walker. — Perfectionnements dans les machines pour couper, raser, etc., les étoffes de laine ou autres textiles.
- 229070. — Colomb (demoiselle) et The Pehz. — Machine à raser, à brosser et à cylindrer les velours en rubans en pièces.
- 229102. — Mather and Platt Limited. — Perfectionnement dans les appareils servant à vaporiser, traiter ou sécher les tissus.
- 228501. — Plantrou jeune. — Procédé de destruction instantanée, par l’électricité, des corpuscules d’origine végétale mêlés aux matières brutes textiles, tissées ou non tissées, laine, coton, soie, chanvre, etc.
- 228435. — Meyer et Boquillon. — Machine à teindre les tissus au large avec extenseurs commandés et réversibles.
- 228490 — Gauss. — Nouvelle composition métallique pour râcles cylindriques.
- 228534. — Gauthier. — Machine à dérompre les tissus en étoffes ou rubans.
- 228605. — Popp. — Carde avec machine à broyer le crêpe de laine dès qu’il est ôté par le peigne, en des bandes égales.
- 228642. — Haywark-Knig et Loveland. — Procédé et appareil perfectionnés pour appliquer sur du papier ou autres matières des couches de couleur, de gomme, d’huile, de vernis, etc.
- 228652. — Praxel père. — Machine à teindre en écheveaux la soie, la laine, le coton, le lin, le chanvre, etc., en reproduisant mécaniquement les mêmes opérations que celles employées pour la teinture à la main.
- 228655. — Jacquart. — Essorage en turbines de toutes matières textiles brutes, préparées ou filées.
- 228715. — Motte Bossut Fils etMENGERO. — Tondeuse produisant des dessins sur velours.
- 228724. — Grawitz. — Perfectionnements dans la teinture et l’impression avec les alcaloïdes.
- 228853 — Knoffer et Gebaner. — Procédé de préparation de solutions de blanchiment par électrolyse.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Certificat d'addition
- 227664. — Francisque Voland et Cie. — Brevet du 31 janvier 1893 pour perfectionnements des tissus irisés.
- INFORMATIONS IT FAITS DIVERS
- Loi relative au fëjonr de» étranger» en France et à la protection du travail national. — Une loi promulgué le 8 août prescrit ce qui suit :
- Article 1er. — Tout étranger non admis à domicile, arrivant dans une commune pour y exercer une profession, un commerce ou une industrie, devra faire à la mairie une déclaration de résidence en justifiant de son identité dans les huit jours de son arrivée. Usera tenu, à cet effet, un registre d’immatriculation des étrangers, suivant la forme déterminée par un arrêté ministériel.
- Un extrait de ce registre sera délivré au déclarant dans la forme des actes de l’état-civil, moyennant les mêmes droits.
- En cas de changement de commune,l’étranger fera viser son certificat d’immatriculation, dans les deux jours de son arrivée, à la mairie de sa nouvelle résidence.
- Art. 2. — Toute personne qui emploiera sciemment un étranger non muni du certificat d’immatriculation sera passible des peines de s-imple police.
- — Les autres articles n’ont trait qu’aux pénalités qui s’appliqueraient aux étrangers ne se conformant pas à ces prescriptions.
- Nous ne voyons pas bien comment cette loi protégera le travail national.
- —o—
- Création d’une Chambre de commerce à Villefranche (Rhône). —
- On connaît l’importance que l’industrie textile a prise depuis quelques années à Villefranche, notamment pour la branche coton, qui constitue dans la région lyonnaise une branche à part.
- Un grand nombre de commerçants el d’industriels de cette place ont pensé qu’il était nécessaire de provoquer la création d’une chambre de commerce.
- A cet effet, ils viennent d’adresser une pétition au gouvernement, où ils exposent les motifs qui rendent nécessaire cette institution.
- Nous extrayons de cette pétition les renseignements suivants :
- 1° Commerce des doublures de coton et teinture desdites. — Ce commerce est pratiqué par vingt maisons importantes, dont le chiffre d’affaires est de 25 millions de francs environ.
- La teinture et les apprêts qui se rattachent directement à ce commerce sont représentés par 10 usines, qui font 5 millions d’affaires et occupent 1,500 ouvriers,
- Ce commerce et cette industrie spéciaux, qui prennent de jour en jour une plus grande extension et pour lesquels l’exportation, peu pratiquée encore, faute de renseignements, seront une cause nouvelle de développement, l ont besoin plus que jamais d’étudier avec soin ' tout ce qui peut se rattacher à leurs opéra- ' tions : achats de matières premières, transports par eau et fer des tissus teints et écrus, changes sur toutes les places du monde, exportations, etc...
- Ces éludes ne peuvent se faire utilement qu’avec le concours officiel et bienveillant des pouvoirs publics et sous la direction d’une administration de chambre de commerce dévouée aux intérêts spéciaux de notre place, ce que négociants et industriels ne sauraient demander à leurs défenseurs actuels, messieurs les membres de la chambre de commerce de Lyon.
- 2° Industrie des cotons filés. — Cette industrie, représentée \ Villefranche par quatre usines dont deux sont de construction récente et perfectionnée, occupe un millier d’ouvriers et d’ouvrières; son chiffre d’affaires est de 5 millions environ par an. L’étude des ques-tionsde transportetexportation e.-taussi nécessaire à cette industrie susceptible de grands développements.
- Actuellement, la fabrique de Villefranche ressort de la Chambre de commerce de Lyon ; les intérêts industriels de ces deux places sont quelquefois opposés, aussi y a-t-il lieu de penser que la requête ci-dessus aura satisfaction.
- Régime de» échantillon» en Allemagne. — Le Moniteur de l'Empire publie une décision du Conseil fédéral portant que les articles assujettis à des droits de douane et servant d’échantillons, qui seraient introduits dans les limites de l’union douanière allemande par des voyageurs de commerce français ou hollandais, seront affranchis du droit d’entrée s’ils restent non vendus, s’ils sont réexportés dans un délai déterminé d’avance et si l’identité des objets importés et exportés ne fait aucun doute.
- La mesure en question restera en vigueur tant que la réciprocité accordée par le fait par la France et par les Pays-Bas continuera à être concédée.
- —o—
- Grève de Snrewnes. — La question des grévistes de Suresnes a été tranchée par les prud’hommes. Les patrons soutenaient cette thèse que les grévistes, de par le fait même de la grève, avaient quitté définitivement les ateiiers et n’avaient pas droit à une indemnité. Les ouvriers disaient qu’ils n’avaient fait grève que pour obtenir une revendication, et ne voulaient donc pas quitter l’atelier définitivement. Donc ils avaient droit, puisqu’on les renvoyait, à une indemnité. Cette indemnité a été accordée par les prud’hommes.
- Les grévistes avaient été remplacés par des ouvriers teinturiers étrangers à la localité.
- Incendie. — A Vienne (Isère), le 20 août, vers onze heures du soir, un immense incendie a éclaté dans les usines situées sur le Gauchon , petit bras de la rivière La Gère.
- Deux grands bâtiments ont été entièrement brûlés.
- Les étages supérieurs des usines, filatures voisines, chapelleries et fabriques de draps qui sont réunies en cet r ndroit, sont aussi en partie détruits.
- 11 y a environ 800,000 fr. de pertes couvertes par des assurances.
- Exposition du Progrès à Pari».
- — L’Exposition annuelle du Palais de l’Industrie, à Puis, est actuellement ouverte sous le titre : « Exposition du Progrès ».
- Comme ses devancières, elle réunit une collection de beaux ameublements, d’objets d’art et de luxe, et est un but de promenade et un passe-temps agréable fort goûté du public Une bonne musique, des comptoirs de dégustation et de lunchs sont encore des at traits de plus pour une borne partie des visiteurs.
- Ces expositions sont la distraction d’automne pour les Parisiens rentrant des villégiatures et des villes d’eaux ; aussi les exposants y réa]j_ sent quelques bonnes affaires.
- Cette année, nos industries sont représentées par un petit nombre de leurs produits et" par quelques machines à leur usage.
- La filature d’Amilly (Loiret), de MM. G. Gourdin et Ce., a de beaux spécimens de teinture sur soie, fantaisie et tussah ; eMe en confectionne des floches et des cordonnets de très belle apparence et en nuances variées par. faitement réussies.
- La section belge a une vitrine de couvertures de laine aux teintes vives exposées par la société lainière : Maison Mates=at et Duffei. ; ce sont évidemment de beaux articles.
- Dans la galerie des machines, nous remar-quons l’exposition de la maison J. Decoudun et C0 (actuellement : Delaroche et ses neveux) comprenant du matériel de blanchissage et de teinture, tels qu’essoreuses, dont un type nouveau , le mouvement étant communiqué par une corde en boyau, qui lui donne beaucoup de douceur. La nouveauté ne réside pas dans l’emploi de cette corde depuis longtemps en usage, mais par une nouvelle disposition de
- son circuit.
- La même exposition comprend une table platineuse à vapeur, des machines à laver, à repasser, etc., le tout construit suivant les principes de cette maison, c’est-à-dire confortablement, mais sans luxe coûteux et superflu.
- Une machine à teindre les écheveaux est exposée par M. Grandsire ; c’est un appareil à cuve circulaire, avec guindres rotatifs donnant aux écheveaux le mouvement de lissage.
- Celte galerie contient encore des appareils ou accessoires à l’usage de l'industrie en général, tels que chaudières à vapeur, gulies spéciales de foyers, etc., etc.
- Nous citerons notamment les chaudières dites inexplosibles (genre Belleville), de M.
- N. Roser. Ces modèles ordinairement ne se font qu’en assez grandes dimensions, mais M. Roser nous en montre n’occupant qu’ua espace de : longueur, 1 m.; largeur, 0.75; hauteur, 1.60, et dans ces proportions on obtient une surface de chauffe de 3 m. 40 c’est le n° 1 de la série, qui se continue en augmentant progressivement Parmi les accessoires, nous remarquons les excellentes courroies en poil de chameau (fabrication Reddaway), exposées par la maison Drevdal ; le « Lubnfieur automatique », delà meme maison : appareil produisant un graissage méthodique et régulier des tiroirs et cylindres de machines, et actuellement adopté par les compagnies de chemins de fer, la marine et toutes les grandes administrations fais; nt usage de la vapeur.
- Par ces quelques citations , on voit que « l’Exposition du Progrès » vaut une visite, et après la première, l’agrément du lieu invtera à en faire de nouvelles.
- Le Gérant : F- Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE (ARDENNES).
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- LÀ REVUE DE
- 5e Année, N° 9.
- ET DES COLOR ATIONS
- F. GOUILLON, Directeur,
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- Septembre i 89 3
- W '
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE'
- Chronique. — Revue des matières colorantes (fin).
- . — Sur la solidité des couleurs (fin). — Teinture en bleu d’indigo. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Teintes d’hiver ; Mordant de fluorure de chrome; Noir diamine; Solidité des colorants.
- Chronique industrielle. — Nouveau frein d’essoreuse. — Notes à propos d’appareils d’extraction des bois. — La draperie nouveauté.— Dénitration des pyroxyles. — Régime douanier des tulles et dentelles. — Prix de la Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale parisienne des temturiers-dègraisseurs. — Sur le vaporisage des tissus imprimés. — Brevets récents (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Les Chambres étant entre deux règnes, nous n’avons pas à enregistrer de nouvelles charges pour l’industrie.
- Le seul fait officiel d’ordre industriel a été, pendant ce mois, l’organisation des services généraux de l’Exposition universelle de 1900; cela, jusqu’à présent, ne concerne guère que le personnel administratif. Tout en y songeant déjà, les futurs exposants ont le temps de préparer leurs oeuvres, et ils s’intéresseront davantage aux personnages avec lesquels ils doivent avoir des rapports plus immédiats.
- Tout en ce moment est aux fêtes franco-russes; le commerce des tissus y a gagné la vente d’une quantité respectable d’étoffes à drapeaux ; l’industrie de l’impression en prend sa part ; l’étendard russe est imprimé en pièces et se vend ensuite par les détaillants, débités par carrés d’un sujet. Cette vente n’est pas sans importance dans une ville comme Paris, où l’on procède par emballements, en dépassant même la note qui donne à une manifestation sa véritable signification.
- On voit aussi des rubans et diverses fanfreluches aux couleurs adoptées comme russes, soit noir et jaune, sans compter les autres souvenirs ou attributs que l’industrie parisienne est si ingénieuse à créer, et qui, toujours, trouvent un écoulement facile.
- Pavoisons-nous donc et décorons-nous : le commerce ne s’en plaindra pas et l’intérêt patriotique, tout en souriant de certains enfantillages, n’en souffrira pas.
- Les étoffes à drapeaux ne sont pas, toutefois, des articles d’exportation, et il ne faut pas négliger les autres genres, si Ton veut entretenir le mouvement de nos affaires.
- Nos tissus vont pouvoir reprendre, dans un avenir prochain, le chemin de l’Amérique ; nous avons signalé le revirement qui se produit dans les idées prohibitives des Etats-Unis et l’on peut dès maintenant escompter non pas le retour au régime antérieur au tarif Mac-Kinley, mais une atténuation sérieuse de ses rigueurs, et ce qui n’est pas moins important, de son formalisme vexatoire.
- La nomination de M. William L. Wilson, président du comité des voies et moyens, auquel on vient de confier la haute mission de préparer les bases d’un nouveau tarif américain, et dont l’esprit est bien connu, est déjà un indice caractéristique des bonnes dispositions du gouvernement américain.
- Si actuellement nous considérons les droits qui frappent les tissus de laine, par exemple aux Etats-Unis, nous voyons qu’ils sont ainsi fixés.
- Un droit de 50 pourcent ad valorem, puis un droit fixe variable suivant les produits et qui, pour les tissus de laine est de 5 fr. par kil. ; il représente 70 à 90 pourcent de la valeur des tissus.
- Les deux droits réunis font un total de 120 à 140 0/0. Le second va être aboli ; quant au premier, les libres-échangistes américains demandent qu’il soit réduit à 25 0/0; les ultra-protectionnistes consentent à 60 0/0 ; il paraît probable que la transaction s’établira entre 25 et 50 0/0, taux qui constituerait le seul droit pour les tissus de laine.
- Telles sont les dispositions manifestées et qui donnent la mesure des ré-
- SS J
- m jt
- ductiens espérées sur le tarif Maej#^ Kinley.
- Sur nos places, c’est l’article nouveauté d’été qui manifeste les meilleures tendances. A Elbeuf, les maisons qui font ces genres ont des ordres pour plusieurs mois : l’une d’elles doublera sa production d’été. La draperie unie maintient sa situation.
- Dans cette région industrielle, à Louviers, un établissement qui fut autrefois des plus importants et qui avait cessé de travailler, va être rouvert : une nouvelle entreprise s’installe dans l’ancienne usine Mercier.
- La draperie d’été nouveauté est aussi bien favorisée à Roubaix, notamment en genres pour l’exportation demandés par l’Angleterre. Les cheviots sont particulièrement recherchés. Les articles d’hiver ont également un bon courant, et la fabrique ne chôme pas entre les deux saisons.
- Avant de sortir de Roubaix, mentionnons que le prochain congrès de l’indusfrie textile se tiendra dans cette ville, du 20 au 24 novembre.
- Le mouvement s’accentue aussi à Reims; on a des ordres importants pour l’Angleterre, en cachemires et mérinos, et de plus petits, mais suivis, en nouveautés laine peignée ; les autres genres de la place se soutiennent bien.
- Les soieries sont plus calmes ; la fabrique lyonnaise livre ses dernières commissions pour l’automne, mais n’a pas encore d’ordres sérieux pour la saison de printemps ; cette situation pèse sur le marché des soies, mais comme il n’y a pas de stock d’étoffes, la moindre reprise animera ce genre d’affaires, et l’on sent déjà cette tendance.
- L’activité est grande à Rouen pour tous les genres , mais spécialement pour la flanelle, le pilou, les imprimés et les tissus légers, qui sont commissionnés à l’avance. La cretonne même, qui avait été un peu délaissée, a retrouvé une bonne demande. Le calicot
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- et les mouchoirs sont, toutefois, moins bien placés pour le moment.
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- Nous rapportons à nos « Informations » l’état de lutte dans lequel se trouvaient les fabricants de velours d’Amiens et les teinturiers ; nous avons maintenant la satisfaction de pouvoir annoncer que le différend est aplani : les fabricants ayant accepté les nouvelles conditions de règlement, les teinturiers ont rouvert leurs usines.
- De cette façon s’est terminée une crise qui menaçait d’être funeste à l’industrie amiénoise, et sa solution moutre que les « exigences » des teinturiers étaient loin d’être déraisonnables.
- Les teinturiers-dégraisseurs de Paris font aussi de louables efforts pour arrêter leur industrie sur la pente de l’avilissement des prix où elle s’est engagée depuis longtemps déjà, et au bout de laquelle est un abîme. Il ne faut qu’un peu de bonne volonté de chacun pour enrayer ce courant désastreux. La Chambre syndicale parisienne tend la branche de salut : aveugle qui ne la saisirait pas.
- F. Gouillon
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- REVUE
- DES MATIÈRES COLORANTES
- NO UVELLES
- Au point de vue (le leurs applieatious à la teinture
- Par M. Frédéric REVERDIN (FIN)
- (Extrait du Moniteur scientifique)
- Le Gris de métamine (G et R) se fixe directement sur coton non mordancé en présence d’une petite quantité d’alun ; on entre dans le bain à froid et on chauffe progressivement au bouillon, qu’on maintient pendant une demi-heure, on laisse refroidir les filé? dans le bain, on tord san3 rincer et on met sécher.
- En employant 1[4 0[0 de gris et 1 OjO d’alun, on obtient une jolie nuance grise ; cette teinture est solide à la lumière et assez solide au lavage.
- La maison A. Leonhardt et C° livre au cora-msree, sous les noms de Bleu crésyle B B (marque verdâtre), Bleu crésyle R et R R (marques violacées) et de Violet crésyle, des matières colorantes bleues, de nature basique, qui fournissent des nuances fort belles se rapprochant de celles du bleu méthylène, mais les dépassant en vivacité.
- On peut produire, sur les étoffes teintes avec ces bleus, qui sont, du reste, très solides à la lumière, des enlevages blancs d’une grande pureté.
- Pour teindre le coton filé avec le bleu crésyle, on entre le coton mordancé au tannin et à l’émétique dans le bain froid, puis on chauffe progressivement au bouillon ; une addition d’alun au bain de teinture est avantageuse pour les nuances foncées.
- On obtient sur pièces coton, mordancées au tannin et à l’émétique, des teintes pures et égales; le bleu crésyle ne bronze pas, même dans les nuanres à 6 0(0 de colorant.
- On ajoute avantageusement au bain de teinture, du savon de Marseille pour les nuances claires et un peu d’alun ou d’acide acétique pour les nuauces moyennes et foncées.
- Les pièces de coton mordancées et teintes préalablement sont rongées en blanc de la manière suivante :
- Ou épaissit de la soude caustique à 30° B. avec de la dextrine ou du leïogomme ; on imprime, on sèche à une température de 70 à 80° sans vaporiser, ensuite on passe le3 pièces dans un bain tièie d’aèide chlorhydrique à 1[2 0[0, on rince à fond, on savonne faiblement et on apprête.
- Pour les nuances dépassant 3 0(0, il faut employer un bain d’acide chlorhydrique à 1 0(0.
- Pour teindre les peluches et le satin (soie et coton) avec le bleu crésyle, on mordancé les pièces pendant 2 heures 1|4 dans un bain de tannin à 6 0[0 du poids des pièces, en chauffant préalablement le bain à 60°; on essore, puis on manœuvre pendant 10 minutes dans une solution d’émétique à 1 [2 0[0 ; on rince à fond, puis on teint, selon nuance, avec \ à 5 0(0 de bleu crésyle avec une addition de 5 grammes d’acide acétique par litre de bain; on ajoute la matière colorante par petites doses; on commence à tiède et on chauffe progressivement, au bouillon; on avive à froid à l’acide acétique, puis on apprête.
- Dans un bain fortement acidulé, le bleu de ' crésyle B B teint le coton plus que la soie à une température de 40 à 50° en présence de savon ; à 70 ou 80°, il se fixe mieux sur soie que sur c »ton.
- Le Jute se teint sans aucun mordant ; le lin et la ramie se teignent comme le coton.
- Le Bleu capri, qui se fixe aussi sur coton mordancé au tannin, est excessivement so'ide à la lumière ; il résiste au lavage à la soude et aux acides, et possède une nuance verdâtre.
- 11 suffit de faire à ce bleu une addition minime d’orangé d’acridine ou d’auramine pour obtenir des verts ou des olives résistant à la lumière et au lavage.
- Les spécialités de la maison A. Leonhardt et C° dont nous venons de parler (bleu crésyle et bleu capri) sont probablement les produits de la réaction des dialkyl-m amidophénol oucré-
- sol avec la nitrosodiméthylaniline ou ia a • none-dichlorimide, d’après les brevets al? mands 62367 et 63232, pris par cette maisc?"
- Nous avons reçu pendant l’impresbioa? cette Revue des échantillons de nouvelles m 6 tières colorantes dont nous rendrons comm'
- dans un numéro suivant (Bleu solide B rF 6
- pour laine B X, Brun diazo, Brun-noir beiJÜ Noir brillant diazoïque de F. Bayer et O Rl°’ de métaphénylèné et cyanol extra de la iiani]U facture Lyonnaise de matières colorantes) ---------------------------------
- SUR LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- par M. le professeur Hummel
- — FIN —
- Notes extraites d’un mémoire publié par le j^JL
- leur scientifique.
- L’emploi de mordant de cuivre pour les ma-tières colorantes phénoliques semble assez naturel. Il y a quelque temps qu’il fut employé avec avantage pour rendre plus solides quel-ques colorants du groupe du rouge Congo comme Iabenzazurine, pour lesquels on croyait jusqu’à ce moment pouvoir se passer de tout sel métallique.
- M. Nœlting etlDrzberg ont observé que ja solidité à la lumière est augmentée, surtout pour les colorants basiques, tels que la fu. chisne, le violet do méthyle, le vert malachite etc., par un passage ultérieur dans une solution de sulfate de cuivr -, quoiqu’en beaucoup de cas la nuance soit considérablement ternie.
- Encore plus récemment, M. A. Scheurer a constaté qu’en imprégnant ou foulardant certains tissus teints dans une solution de sulfate de cuivre ammoniacal, on arrive à leur faire gagner beaucoup en solidité à la lumière. M. Scheurer conclut de ses expériences que l’action protectrice du cuivre sur les couleurs est un fait général, apparemment applicable à toutes les couleurs, que celte action n’est pas due à la propriété du cuivre de pouvoir former des laques avec certains colorants, de même que l’union intime du colorant et du sel de cuivre n’est pas nécessaire. Son avis est plutôt que, par le passage à travers la couche d’oxyde de cuivre, la lumière est dépouillée de ses rayons actifs. — L’action souvent fortement réductrice de la lumière étant connue, et les connaissances sur les causes de la dégradation des couleurs faisant défaut, il me semble plutôt que l’influence protectrice du eut vre est due à son pouvoir oxydant, qui contrebalance l’action réductrice de la lumière. ?
- 11 est intéressant de noter que MM. Gladstone et Wilson (1860), en proposant d’imprégner les tissus teints avec une substance incolore et fluorescente, telle que le sulfate de quinine, avaient les mêmes vues que M-Scheurer, c’est-à-dire que leur intention était de filtrer la lumière et de la priver de ses rayons ultra-violents actifs.
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- Nous ne pouvons pas dire jusqu’à quel point ces considérations sont fondées, mais nous faisons bien d’y porter notre attention dans le but d’élucider la question, car il est impossible de conserver des tissus teints dans le vide comme le faisait Ghevreul pour ses essais, et il n'est pas pratique de les imprégner d’un mastic ou d’un vernis pour empêcher l’arrivée de l’air et de l’humidité, comme le propose M. Laurie pour les peintures à l’huile.
- L'action du foulon sur les couleurs teintes
- Après l’action de la lumière, qui est la plus importante, c’est l’effet que produisent sur les couleurs certaines opérations auxquelles on doit soumettre les tissus après la teinture qui doit attirer notre attention.
- Ces opérations varient beaucoup suivant les tissus et les articles, et, sans les énumérer, je vous propose d’étudier en premier lieu l’action du foulon.
- Une pièce de laine, en quittant le métier à tisser, a souvent une apparence rude et grossière, c’est avec intention et dans le but d’obtenir une certaine qualité de texture que la chaîne et la trame n’ont pas été mises en contact intime sur le métier. Cela est fait ultérieurement par le foulon, qui consist ' à humecter les pièces avec une solution de savon et à les travailler ensuite dans des appareils déformé spéciale. Par cette opération, les fibres se mélangent intimement, se feutrent, et le tissu devient de plus en plus compact.
- Durant cette opération, il faut tenir compte de plusieurs influences. 11 y a en premier lieu à considérer faction du savon alcalin ; les couleurs ne doivent pas être dissoutes par ce dernier, elles ne doivent pas changer de nuance. En outre, si un tissu est composé de filés de couleurs variées, ces couleurs ne doivent pas décharger les unes sur les autres -, les fils blancs en particulier doivent conserver leur pureté, autrement le tissu et les dessins perdent leur netteté, ou bien la marchandise prend un aspect sali et devient invendable.
- L’action du foulon peut être déterminée au laboratoire en frottant ensemble les échantillons teints et de la flanelle blanche avec une solution concentrée de savon, ou mieux encore en cousant dans les échantillons teints des fils blancs de laine et en les soumettant ensuite à l’opération du foulon, en même temps qu’une pièce blanche. L’examen attentif d’une série d’échantillons foulonnés de cette façon montre combien les matières colorantes se comportent différemment suivant les classes auxquelles elles appartiennent. Nous voyons ffue tous les colorants phénoliques, ne se fixant que par l’intermédiaire d’un mordant, tels que l’alizarine, la céruléine, le querci-tron, le campêche sont solides au foulon. Pourquoi ces colorants ne déchargent-ils pas? C’est que dans ce cas la matière colorante se
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- trouve sur la fibre en combinaison avec le mordant à l’état d’un précipité insoluble. La portion de ce précipité qui se trouve à la surface de la fibre est sans doute enlevée par le foulon ; mais comme la matière colorante ne ' s’y trouve pas à l’état libre, mais combinée avec le mordant, elle ne peut pas se porter sur le mordant des fibres voisines ou bien teindre des fibres blanches non mordan-cées.
- Je voudrais surtout attirer voire attention sur ce fait que même ces colorants, tirant seulement sur mordant peuvent décharger au foulon et salir les blancs, s’ils sont mal ou in • complètement appliqués sur la fibre.
- Permettez-m i de répéter que, dans le cas qui nous occupe, le développement de la couleur est dû à nne combinaison chimique entre le principe colorant et le mordant ; la laque formée a donc une composition dé i nie, une certaine quantité de colorant s’est combinée avec une certaine quantité de mordant.
- Mais si la matière colorante est employée en excès, il peut arriver que la laque normale formée en premier lieu absorbe une nouvelle quantité de colorant, la combinaison normale se transforme alors en une combinaison plus acide. En outre, la laine elle-même absorbe une certaine quantité de matière colorante qui reste non combinée avec le mordant. S’il y a donc eu insuffisance de mordant ou rxcès de colorant, la partie non combinée ou mal combinée de ce dernier est enlevée par l’opération du foulon. Il est donc de la plus grande importance d’employer le mordant et le colorant dans les bonnes proportions. Le teinturier pratique pourra répondre : Ah ! nous sommes bien loin de teindre d’après les poids moléculaires. C’est bien vrai, et malgré cela je voudrais me hasarder à dire que c’est l’observation de cette règle qui distingue le teinturier de l’avenir du teinturier routinier du passé.
- Dans tous les cas, il est à recommander de fixer après la teinture encore une petite quantité de mordant, pour que la matière colorante absorbée par la laine soit aussi saturée complètement.
- Passons à présent à l’examen des matières colorantes tirant directement sur laine sans I intervention de mordants. Comment se comportent-elles vis-à-vis de l’opération du foulon ? Dans beaucoup de cas elles ne sont pas solides. La matière colorante qui tombe durant le foulon, ne serait-ce qu’en petite q antité, teindra t- ut le tissu, tachera le blanc et salira les nuances claires des fi_res voisines.
- Les matières colorantes se rapprochant, quant à leur constitution chimique, de la fuchsine, les écarlates ezcïques, les dérivés nitro-sés et quelques autres matières colorantes basiques et acides déchargent au foulon. Les nuances en elles-mêmes ne sont pas appauvries, de sorte qu’une pièce teinte en uni peut
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- être foulonnée sans inconvénient, pourvu que le savon employé soit de bonne qualité et ne soi pas trop alcalin.
- Beaucoup d'autres colorants, par contre, tirant aussi direct; ment sont solides. Parmi le groupe des colorants du triphénylméthane, qui gé éralement ne résistent pas au foulon, il y a le bleu Victoria et le bleu de nuit, qui font une fxception remarquable. Il y a encore quelques représentants du groupe de l’éosine, qui se distinguent par leur solidité au foulon, tels que ia cyanosine, le phloxyne, le rose bengale, etc. De même sont solides au foulon l’orseille, matière colorante phénolique et une autre matière colorante naturelle, le bleu indigo.
- Tout le groupe du rouge congo est caractérisé par s. solidité au foulon. Ces mêmes colorants qui, nous l’avons vu, sont généralement si fugaces à la lumière, forment une classe spéciale parmi les colorants azoïques, et c’e->t grâce à cette solidité au foulon et au fait qu ils teignent le cotnn directement sans mordan», qu’ils ont fait dans l’industrie des progrès très rapides, malgré leur peu de solidité è la lumière. 11 est toutefois à noter que cette solidité au foulon ne se rapporte qu’à la laine; vis-à-vis du coton, ces colorants n’ont pas la même propriété.
- D’cù vient que quelques uns de ces colorants tirant directement déchargent hors du foulon, tandis que d’autres ne le font pas ? On pourr.it être por é à répondre que probablement toutes les matières colorantes qui se fixent en bain alcalin déchargeront, vu que pendant le fouloD, la réaction alcaline prédomine. Jusqu’à un certain point, cette explication estsatisfaisante, vu l'instabilité générale de toutes les matières colorantes basiques à cet égard ; mais comment expliquera-t-on la solidité remarquable du rouge coDgo et de ses congénères qui se fixent en bain légèrement alcdin, et aussi le caractère fugace des colorants qui ne se fixent qu’en bain acide et qui devraient donc résister à une réaction alcaline ?
- L’explication suivante, confirmée dans beaucoup de cas, du moins, me sembie assez admissible. Toutes les matières colorantes, solides au foulon, forment avec la substance de la laine des composés insolubles; mais cette dernière agirait dans ce cas comme mordant et formerait avec] les colorants des laques à l’intérieur de la fibre.
- Beaucoup de ces colorants directs, en particulier ceux qui se fixent sur la laine en bain acide, ont le défaut de s’appauvrir durant le foulon, au point même d’être détruits comp'è-metent.
- Comme exemple, je citerai la fuchsine acide, les écarlates et les oranges azoïques, le carmin d’indigo, etc. Dans ce cas, la coul ur est entièrement rétablie par un passage en acide sulfurique dilué et en acide acétique. Larri-son de cette décoloration est évidente; l’ai-
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- cali du savon neutralise l’acide du colorant en donnant un sel alcalin peu coloré ou bien incolore.
- Quelques couleurs parmi celles qui se teignent directement, comme parmi celles qui se teignent à l’aide d’un mordant, ont l’inconvénient de changer de nuance quand elles sont soumises au foulon. L’écarlate de cochenille devient plus terne, l’orseille devient violette, le jaune au curcuma devient brun et il en est ainsi avec d’autres encore.
- Action de la lessive alcaline sur les couleurs
- La laine, qui est teinte avant d’ê re filée, est imprégnée d’huile dans le but de faciliter les opérations de la filature. Les filés ou les tissus faits avec de la laine ainsi teinte doivent être soumis à une cuisson (à 50-60° C.) avec du savon, du carbonate da soude, ou un mélange des deux pour éliminer complètement l’huile. L’alcali plus concentré et la température plus élevée font que l’action de celte opération est plus énergique que le simpie foulon. Les couleurs, dont la nuance est altérée ou appauvrie lors du foulon, sont encore beaucoup plus altérées par cette lessive. Quelques-unes, comme par exemple le bleu de Prusse, sont complètement détruites.
- Les colorants sulfonés sont généralement très susceptibles à la cuisson alcaline, pour la même raison dont nous avons fait mention en parlant du foulon. Comme règle générale, les couleurs fixées par les mordants, les éosines, les colorants faisant partie de la clisse du rouge Congo, sont solides.
- L’action destructrice de la cuisson alcaline dépend, comme je l’ai déjà dit, de la quantité d’alcali libre et de la température.
- Action de l'acide sulfureux
- Dans certains articles, les fibres blanches et les fibres teintes sont filées et tissées ensemble et on est obligé de soumettre la marchandise terminée à un blanchiment à l’acide sulfureux qui a pour but de rendre aux fibres blanches, salies par la série d’opérations, leur pureté antérieure.
- Beaucoup de colorants acides et de colorants tirant sur mordants résistent à l’action de l’acide sulfureux, mais d'autres sont plus ou moins altérés ou entièrement décolorés, soit que la matière colorante se trouve réduite, ou que la laque colorée soit décomposée par les vapeurs acides.
- Quelques colorants sont si sensibles à l’influence des vapeurs d’acide sulfureux, que les tissus qui en sont teints deviennent hors d’usage dans les villes où l’air est toujours plus ou moins chargé de ce gaz.
- Tel est, pt.r exemple, le cas pour le bistre de manganèse, dont je puis vous montrer la sensibilité en passant un échantillon dans une solution d’acide sulfureux, qui ne tarde pas à blanchir l’échantillon ; d’un autre côté, le brun ou cachou, que je passe en même
- temps, résiste très bien à cette influence ré-ductric .
- U^e couleur très remarquable pour sa solidité à la lumière, aux acides et aux alcalis, est le noir d’aniline, et c’est cett même couleur qui, grâce à sa sensibilité à l’acide sulfureux, occasionna au début de sa fabrication d’innombrables ennuis.
- Il n’étail pas rare, autrefois, que de grandes quantités de noir aniline, teint et imprimé, prenaient, par un séjour prolongé dans les magasins, nne nuance verdâtre et devenaient par là invendables ; un passage dans l’alcali rétablissait quelque peu la nuance, mais le noir gardait toujours une tendance à redevenir vert. Cet inconvénient fut empêché en soumettant les noirs à une oxydation supplémentaire, qui changeait le noir sensible en un noir beaucoup moins susceptible à l’influence réductrice de l’acide sulfureux.
- Action des acides
- La solidité aux acides est indispensable pour les colorants appliqués sur du coton destiné à être tissé avec de la laine blanche, et qui n’est qu’ultérieurement teinte avec des matières colorantes acides.
- En outre, les couleurs de tous les articles destinés à être portés sur la peau devraient être solides aux acides, car la sueur contient des acides organiques, comme l’acide acétique, l’acide butyrique et d’autres ; et quoique l’acidité de la sueur soit faible (elle est, en effet, quelquefois alcaline), elle peut avoir une influence sur les couleurs, surtout quand la sueur se concentre sur la fibre et que le frottement et la chaleur s’ajoutent pour faciliter son action.
- Beaucoup de couleurs fixées sur mordants sont solides à l’acide, de même celles qui sont teintes en bain ac.de, pourvu que l’acidité ne soit pas trop forte. Les couleurs basiques et la plupart des colorants se rapprochant du rouge Congo sont très sensibles aux acides. La sensibilité du rouge est devenue proverbiale, de sorte qu’il est même recommandé comme indicateur, une trace d’acide le faisant virer du rouge au bleu.
- La solidité au frottement
- Une de nos couleurs les plus solides à tous le.' points de vue a le grave inconvénient de décharger au frottement, je veux parler du bku cuvé. Comme colorants artificiels défectueux dans ce sens, nous avons surtout le vert malachite et le bleu Victoria; en général, toutes les matières colorantes basiques ont ce défaut plus ou moins. Les couleurs acides et les colorants du groupe du rouge Congo n’ont, en général, pas cet inconvénient. En outre, les colorants fixés par teinture sur mordants peuvent décharger quand ils sont mal teints. On doit éviter l’emploi de mordants ou de couleurs trop sensibles, qui peuvent se décomposer ou précipiter avant d’avoir pénétré com-
- plètement la fibre. C’est une règle en teinture qu’il faut employer les mordants et les colorants à l’état soluble ; en outre, le mordant doit être complètement fixé, de façon à ne pas tomber en partie lors de la teinture et de st-combiner avec le colorant au sem du bain de teiuture. La cause immédiate de ce que beaucoup de couleurs déchargent au frottement est à chercher dans la présence d’une l3qUe insoluble peu adhérente à la surface de lafibre teinte.
- Pour le cas de la laine, ce défaut est sou-vent dû à un foulon insuffisant, à l’emp|0i d’une eau dure ou 1 une cause similaire. La fibre peut être couverte d’un savon calcaire ou d’un corps gras sous une forme ou une autre qui, ou bien fixe le colorant à la surface, ou empêche la pénétration du mordant ou de la matière colorante.
- Mais à part ces causes générales, il y a ^es cas où ce défaut est intimement lié à la nature de la matière colorante et à son mode d’applj. cation. C’est le cas, en effet, pour le bleu in. digo. L’indigo du commerce est une poudre bleue insoluble. On le transforme par réduction en bleu d’indigo, qui est soluble dans l’eau, et c’est dans cette solution que les pièces sont passées, exprimées et exposées à l’air. Par cette exposition à l’air, le blanc d’indigo soluble est retransformé en bleu d’indigo insoluble. L’indigo fixé de cette façon à l’intérieur de la fibre ne peut pas décharger, mais les pièces, n'étant exprimées qu’imparfaite-ment, il y a une portion d’indigo blanc qui s’oxyde à la surface même à l’état d’une poudre bleue très peu adhérente à la fibre, et c’est cette partie qui décharge ensuite au frottement.
- D'après tout ce que je viens de dire, vous comprenez l’importance qu’il y a pour le teinturier de se rendre compte de la sensibilité de ses couleurs vis-à-vis des différentes influences. U n’est aucunement-suffisant qu’il puisse faire rapidement quelques nuances demandées. car faire des couleurs impropres à l’usage ultérieur es', à mon point de vue, plus qu’inutile et touche plus ou moins à la fraude. Pour la teinture, il en est de même que pour une œuvre d’art qui nous dévoile immédiatement le caractère de l’artiste.
- Mais je dois rendre justice au teinturier et le décharger d’une partie du blâme. Il est sans doute souvent insuffisamment familiarisé avec les propriétés des couleurs qu’il emploie, mais souvent aussi il est trompé dans ses meilleures intentions par Iss exigences du marchand qui ne veut acheter qu’à boa marché.
- Nous entendons souvent parler de la soli- » dité incomparable des couleurs de productions i d’art indiennes, de tapis, d'ornements d’église j appartenant aux temps passés où, je tiens à I le faire remarquer, on ne connaissait pas la concurrence, et le public, en général, -est I porté à croire que depuis ce temps-là nous j
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- n’avons pas fait de progrès en teinture, mais bien le contraire.
- La réflex:on à faire, dans ce cas, serait bien triste ; avec tous les avantages de la science moderne, nous nous trouverions dans une condition inférieure à celle des alchimistes des temps passés !
- Heureusement, il n’en est rien, et j’espère que j’ai pu vous montrer que nous n’avons aucunement besoin d’aller en arrière pour chercher des instructions de teinture auprès de nos aïeux, et que nous avons parmi nos couleurs modernes, faites avec les produits de distillation du goudron de houille, des représentants tout aussi solides, dans quelques cas plus solides, que celles employées par le passé.
- SUR LA
- TEINTURE AU BLEU D’INDIGO
- combiné avec d’autres colorants Par M. le D' M. POLONOVSKY et H. J. NITZBERG (Extrait du Moniteur Scientifique)
- La teinture au bleu d’indigo est cornue en Europe depuis des siècles. Avant l’introduction des matières colorantes artificielles, l’indigo était le seul colorant bleu solide, et même, de nos jours, il est encore sans conteste le premier de tous les bleus. Ses qualités sont appréciées par tout le monde.
- Avec l’indigo, on peut obtenir toute une gamme de différentes nuonces allant d’un bleu azur vif jusqu’à des bleus très foncés avec ce beau reflet violet cuivré connu sous le nom de « bleu cuivré. »
- Outre la pureté et la vivacité de ses nuances, l’indigo excelle entre tous les colorants par sa résistance absolue aux alcalis et aux acides même concentrés.Seul, l’acide nitrique l’attaque en 1 ! transformant en acide picrique, qui est un colorant jaune.
- Le bleu de cuves (cuves à la chaux]a encore l’avantage de ne pas exiger l’emploi de la vapeur d’eau pour son application, ce qui rend l’installation très facile et peu coûteuse. Mais, malgré sa place bien méritée parmi les meilleurs colorants, il ne possède pas toutes les qualités qu’on pourrait exiger d’un colorant idéal.
- Se précipitant par voie d’oxydation rapide dans l’intérieur et à la surface de la fibre, il a l’inconvénient de dégorger au moindre flottement, et plus la nuance est foncée, plus ce défaut s’accentue. Sa solidité au lessivage laisse à désirer : un morceau de tissu teint en « bleu de cuves », traité pendant 10 minutes par une solution bouillante de savon de Marseille à 10 pour 100, perd la moitié de son intensité. L’indigo ne résiste pas suffisamment à l’action des agents atmosphériques et aux rayons directs du soleil ; sur les parties de tissu longtemps exposées à l’air, le colorant
- se trouve détruit, « mangé », comme disent les teinturiers.
- Malgré ses défauts, l’indigo serait préféré par les fabricants, comme par les consommateurs, à tous les autres bleus, s’il ne revenait pas si cher, et même dans ces dernières années où l’indigo a baissé de prix, sa teinture atteint encore des prix trè3 élevés pour les hautes nuances.
- Voilà pourquoi nombre de teinturiers ont depuis longtemps cherché à combiner l’indigo avec d’autres colorants, afii d’obtenir des nuances foncées à moins de frais.
- Ayant eu l’occasion d’étudier et d’appliquer plusieurs de ces combinaisons, comme directeurs d’une teinturerie de coton en écheveaux, nous croyons intéressant de faire une revue critique des procédés les plus employés.
- On distingue ordinairement, dans ce genre de teinture mixte, deux types de procédés : la teinture au piétage et celle au remontage. Dans la première, on fixe d’abord sur le coton le colorant renforçant et l’on passe ensuite dans les cuves. Dans la seconde, la teinture en cuves précède celle de l'autre colorant. L’ordre des deux teintures dépend de la nature du colorant à employer et de son mode d’application.
- A ces deux types il faut en ajouter un troisième où les deux colorants sont mélangés ensemble, de sorte que les deux teintures n’en font qu’une en réalité.
- Dans cette catégorie, nous n’avons jusqu’à présent à enregistrer qu’un procédé réellement employé, c’est la teinture dans des cuves mixtes à indigo-indophénol. Dans ce travail, nous n’adoptons pas cette classification, qui ne repose que sur des différences d’un ordre secondaire, et nous préférons énumérer les différents procédés d’après leur valeur réelle, en commençant par les moins rationnels.
- 1) REMONTAGE A LA FUCHSINE FT AU « VIOLET DE PARIS »
- Depuis longtemps déjà, on avait recours à la fuchsine et au violet de Paris pour renforcer les nuances d’indigo. Ce procédé de remontage ne demande pas d’opérations spéciales. Le coton sorti des cuves, et avivé à l’acide sulfurique, passe tors par tors dans un baquet contenant une solution diluée de fuchsine ou de violet. Après deux ou trois tours, le coton est retiré, essoré, tordu à la cheville et séché comme d’habitude.
- Ce procédé est à rejeter. Les colorants basiques, si peu solides aux alcalis et aux acides, n’étant fixés sur la fibre par aucun mordant, s’en vont au premier lessivage à l’eau chaude et même par le seul frottement. En outre, dans les pièces tissées, les fils teints à l’aide d’autres colorants, ainsi que les fils blancs, se trouvent fréquemment tachés, surtout après l’opération de l’arrêt.
- 2) PIÉTAGE AU CACHOU
- Une autre combinaison employée par plu-
- sieurs teinturiers consiste à donner au coton un pied de cachou avant de le teindre en « bleu d’indigo », Les opérations ont lieu dans l’ordre suivant : le coton dépenté à la livre et bien débouilli, est passé pendant une heure dans un bain contenant 3 pour 100 de cachou et chauffé à 90°, après quoi le coton reste plongé dans le même bain pendant toute la nuit.
- Le lendemain, on le retire après l’avoir laissé égoutter et on le passe dans un second bain garni de 1 pour 100 de bichromate de soude. On y manœuvre trois quarts d’heure à 70 degrés. Le fixage fini, on essore le coton et on le secoue pour mieux égaliser la teinture suivante dans les cuves.
- Le pied de cachou est bien solide, résiste complètement au lessivage, aux alcalis et aux acides, mais il présente peu d’avantages au point de vue économique, il ne rehausse pas assez l’intensité de la nuance et son teint jaune a le grand inconvénient de rendre terne et verdâtre le beau bleu d’indigo.
- 3) PIÉTAGE A l’oxyde DE FER
- Parfois, on procède autrement et avec plus d’économie pour obtenir un fond jaune-brun. On passe le coton débouilli dans une solution de sulfate de fer d’une concentration convenable, et on le traite ensuite à froid par une solution très diluée de chlorure de chaux. Le sulfate de fer s’oxyde et la « rouille » produite se précipite sur la fibre.
- Ce pied, quoique moius cher que celui de cachon, ne lui est guère préférable, car, tout en ayant les mêmes inconvénients, il est beaucoup moins solide vis-à-vis des acides.
- li) PIÉTAGE AU DEMI-NOIR
- Le pied au demi-noir d’aniline a fait assez de bruit dans son temps pour mériter d’être décrit en détail. Le principe de son application est le suivant : le demi-noir, qni a un teint bronzé en sortant du bain acide, se transforme en un bleu foncé se rapprochant du bleu de cuves en passant par un bain de savon ou d’alcali. Le demi-noir employé pour piéter l’indigo n’a même pas besoin de savonnage à cause de son passage dans les cuves alcalines qui produisent le même effet.
- Voilà comment on opère pour teindre 50 kilogrammes de coton en demi-noir : on remplit une barque avec 700 litres d’eau froide et on y ajoute en une seule fois : 1 kii. 25 (2,5 pour 100) d’aniline-, 5kiIogrammes (10p.100) d’acide muriatique; 2 kil. 05(5 p. 100) de bichromate de soude et 0 kil. 75 (1,5 p. 100) de sulfate de fer. On abat le coton dans ce bain, on donne très vivement quelques tours et on manœuvre ensuite 40 minutes.
- La durée et la concentration du bain sont de la plus grande importance. On lave le coton deux fois à l’eau courante ou à la machine pour le débarrasser de toute trace d’acide ; il est ensuite essoré, secoué et apprêté pour pas-
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- ser dans les cuves où il reçoit un remontage au bleu d’indigo.
- Cétte combinaison offre sans doute un grand avantage économique. La nuance obtenue est très foncée et possède la même vivacité que le bleu d’indigo. Au lessivage, on la trouve encore plus solide que ce dernier. Mais elle présente malheureusement les inconvénients inhérents au noir d’aniline : elle verdit très sensiblement à l’air, ne résiste pas à l’action des acides dilués et l’égalité de teinte laisse à désirer.
- 5) REMONTAGE AU SUBSTITUT D’iNDIGO
- Parmi les combinaisons les plus répandues et les plus employées, surtout dans la teinture des chaînes, se trouve sans doute le substitut d’indigo. Déjà son nom si prétentieux indique suffisamment quelles espérances on mettait en ce produit. Le substitut d’indigo a pour base l’extrait de campêche oxydé par du bichromate de soude. Son mode d’emploi est le suivant : après avoir donné au coton un pied d’indigo ordinairement peu foncé, on l’acidule fortement pour le déchausser, c’est-à-dire le débarrasser de la chaux des cuves, et on le lave afin d’enlever toutes traces d’acide. On mordance alors le coton avec du chlorure d’étain et on teint à froid dans le bain de substitut. Ce bain est monté uns fois pour toutes avec 12 kilogrammes environ de colorant pour 7 à 800 litres d’eau et peut servir à un nombre indéfini de teintures -, on n’a qu’à le nourrir de temps en temps en tenant compte de ce fait que le coton sorti des cuves n’absorbe que 10 pour 100 de son poids de colorant.
- Par ce procédé, on obtient des nuances très foncées à un prix relativement minime. Le substitut possède à s’y tromper la même vivacité, la même pureté de tons et le rr ême ri flet « bleu cuivré », qui rend si précieux le bleu de cuves ; mais il a aussi des défauts non moins importants. Même quand on le teint à froid, il se précipite par places sur la surface de la fibre, d’où il résulte une teinture excessivement inégale ; le coton sort du bain plaqué. En outre, le substitut se colore en « rouge-vin », même par un acide faible et dilué, et ternit fortement au lessivage.
- 6) REMONTAGE A LA BENZOAZÜRINE R
- En Allemagne, on préfère combiner l’indigo avec des colorants bleus directs, à cause de leur solidité relative et de la simplicité des opérations. Les colorants le plus souvent employés dans ce but sont la benzoazurine R et le bleu paraphénylène. La teinture à la ben-zoazurine R se fait après la teinture à l’indigo: on lave le coton à la sortie des cuves et on le teint ensuite dans un bain garni de k pour 100 de carhonate de soude et 1,2 pour 100 de ben-zoazurine R. Pour rendre ce dernier plus solide à l’air, on passe le coton dans une solution très diluée de sulfate de cuivre.
- Nous pouvons affirmer qu’avec ce procédé on n’obtient jamais de belles nuances foncées, et il y a de plus une perte considérable en indigo lorsqu’on passe le coton dans les bains de colorant et de sulfate de cuivre.
- 7) PIÉTAGE AU BLEU PARAPHÉNYLÈNE
- La quantité de colorant à employer varie avec la nuance qu’on désire obtenir. On garnit le bain de teinture, chauffé à 60-80°, avec 1,5 à 2,5 pour 100 de bleu paraphénylène et 10 pour 100 de sel marin, et on y manœuvre le coton pendant une heure. Le bain ne s’épuise pas complètement, et, avant de traiter une nouvelle quantité de coton, on y ajoute 1/3 de colorant et 1/2 de sel marin. Le colorant est fixé ensuite par un passage dans une solution chaude (70°) de 1,5 à 2 pour 100 de bichromate de potasse et h pour 100 de sulfate de cuivre. On lave le coton, et on le fait passer dans des cuves montées à la chaux et au zinc en poudre.
- Ce pied résiste bien aux alcalis et aux acides, mais il est moins solide au lessivage que l’indigo , revient cher et donqe des nuances ternes.
- 8) CUVES A l’indigo-INDOPHÉNOL
- 11 y a quelques années, on a trouvé une autre combinaison pour rendre la teinture en indigo moins coûteuse et plus résistante au frottement. L’indophénol, découvert par MM. Horace Kœchlin et le Dr O.-N'. Witt, a été destiné à remplacer en partie l’indigo. Cette matière colorante, tout en ayant une constitution chimique différente de celle de l’indigo, doit être employée dans les mêmes conditions que ce dernier, c’est-à-dire qu’elle se fixe sur la fibre végétale ou animale, à l’état réduit, dans les cuves alcalines ; elle est ensuite oxydée à lV.ir au moyen d’un bain oxydant. Cette propriété de i’indophénol jointe à son prix moins élevé que celui de l’indigo et à sa qualité de ne pas dégorger, a engagé plusieurs teinturiers à remplacer leurs cuves montées à l'indigo seul par des cuves mixtes ( ù l’indigo et l’indophénol entrent en proportions déterminées (Tin-dophénol seul donnerait des tons trop violets). Pour ce mélange, on peut employer les cuves à hydrosulfite ou les cuves à chaux et sulfate de fer ou encore à chaux et zinc en poudre. Mais les premières contiennent des alcalis caustiques et le travail est très pénible pour l’ouvrier qui doit tremper constamment les mains dans la cuve. On a proposé de travailler avec des gants en caoutchouc, mais il a été prouvé qu’à la longue, les gants ne suffisent pas à protéger la peau.
- Les cuves mixtes à la chaux, employées déjà depuis quelques années par M. A. Vuillemin, à Colmar, sont montées de la manière sui-! vante :
- On fait moudre 50 kilogrammes d’indigo de bonne qualité (contenant 65 pour lOOd’indi-gotine), de 15 à 18 kilogrammes d’indophénol dans 200 litres d’eau. Ces proportions varient
- ----- montage
- 20 cuves de 700 litres chacune.
- Montage de la cuve mère
- Dans un tonneau de 200 litres, on met vingtième partie de la pâte, qui contient 1 conséquent : 2 kil. 5 d’indigo, 0 k. 75 ]jar phénol et 10 litres d’eau. On y ajoute enduit 12 kilogrammes de chaux éteinte préalabl 6 meut avec 50 litres d’eau chaude. On a°üe mélange un quart d’heure et on laisse reposé pendant vingt-quatre heures, jusqu’à ce que|g liquide devienne jaune.
- Montante de la cuve de teinture
- On remplit la cuve aux trois quarts avec d l’eau, on y ajoute tout le montage de la cuve mère, on remue bien et on laisse reposer pen dant six heures. La cuve est prête alors pour * teindre 25 kilogrammes de coton en éche veaux. Après six heures de repos, on peut teindre une nouvelle partie de 25 kilograj mrs de coton et ainsi de suite jusqu’à l’épui_ sement complet de la cuve.
- Pour les cuves mixtes montées à la chrux et au zinc on compose la cuve mère de la manière suivante : d^ns un tonneau de 200 lit on met 2 kil. 5 d’indigo, 0 kil. 75 d’indophénol et dix litres d’eau, c'est-à-dire la vingtième partie de la pâte, et on ajoute 5 kilogrammes de chaux éteinte avec 20 litres d’eau chaude et 2 kil. 5 de zinc en poudre mélangé avec 5 litres d’eau. On remue bien et on remplit le tonneau avec de l’eau. Quant au montage de la « cuve de teinture », ainsi qu’au mode de teinture, les conditions sont les mêmes que pour la cuve an sulfate de fer.
- 11 est difficile à l’heure actuelle de se prononcer sur la val ur économique de cette nouvelle teinture; mais il est certain que l’indo-phénol ne peut pas rivaliser en solidité avec l’indigo; il se détruit complètement par les acides minéraux, par le chlore et peut être extrait du tissu même par l’alcool froid et l’essence de térébenthine. Ces inconvénients subsistent dans la teinture mixte et, à notre avis, les avantages économiques ne sont pas assez certains pour compenser les inconvénients.
- On voit que toutes les combinaisons que nous avons passées en revue présentent des inconvénients. Celles qui seraient avantageuses au point de vue économique ne sont pas assez solides vis-à-vis des agents chimiques ou ne donnent pas de belles nuances. Les autres, relativement solides, sont plus coûteuses que l’indigo pur.
- Examinons maintenant au point de vue rationnel quelles qualités doit présenter un colorant pour former avec l’indigo une combinaison réellement avantageuse comme nuance, comme solidité et comme prix de revient. Nous verrons ensuite qu’il est possible d’obtenir une telle combinaison.
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- Tout d’abord on doit choisir parmi les colorants solides qui donnent des nuances vives et une teinture égale. Il est évident que le ton du colorant a une importance capitale, car l’indigo employé en petite quantité donne des nuances faibles, possédant un refht un peu verdâtre ; pour obtenir des tons bleus violacés foncés et vifs, il est nécessaire d’avoir recours aux culorants rouges, roses ou violets.
- Colorants rouges
- Les rouges directs, comme les benzopwpu' rine, deltapurpunne, congo, etc., doivent être éliminés à cause de leur faible solidité à l’air et du peu d’économie qu’offre leur emploi. Le rouge Saint-De.iis, si brillant et si résistant aux alcalis et aux acides, se décolore à la lumière. Il reste le rouge d’alizarine dont la solidité et la vivacité de nuances sont hors de pair. Mais son prix très élevé est un grand obstacle. En outre, pour bien couvrir le rouge, il faudrait mettre une couche épaisse d’indigo, ce qui rendrait son emploi impraticable.
- Colorants roses
- Rose primuline. — 11 est d’un emploi excessivement diffic leet donne un pied clair et non uniforme.
- Rose d’alizarine. — Dans une grande teinturerie du Calvados, on a essayé de piéter l’indigo au rose d’alizarine dans un seul bain : on entre le coton débouilli dans un bain chauffé à 60- et garni avec 2 pour cent d’un mélange pâteux, connu sous le nom de « mul-tichrome » et composé de 3 kilogrammes d’alizarine, 1 kilogramme de gelée d’alumine, 0 kil. 5 de sulfoi icinate d’ammonium, 0 kil. 5 d’acétate de chaux, 0 kil. 5 d’acide acétique et 0 kil. 2 de pyrolignite de fer. On y manœuvre le coton pendant une demi-heure, on élève la température graduellement jusqu’à 90-et on manœuvre encore jusqu’à l’épuisement du bain. O a obtient alors un rose foncé assez solide, mais son emploi comme pied n’offre aucune économie.
- Colorants violets
- Violet d’alizarine. — Parmi les colorants violets, nous nous sommes arrêtés au violet d’alizarine. Cette combinaison, qui est à coup sùrplus avantageuse que toutes les autres, n’est presque pas connue des teinturiers. Nous ne connaissons qu’une teinturerie en Normandie où l’on ait tenté en même temps que nous d’appliquer ce nouveau procédé. Cette combinaison, si simple, ne réussit bien que si toutes les opérations sont menées toujours dans les mêmes conditions bien définies pour chaque nuance. Le plus difficile était de trouver les proportions exactes des matières à employer pour cette teinture, ainsi que la durée de chaque opération, car le moindre changement dans les conditions du travail modifie la nuance. Après une longue étude, nous sommes arrivés à produire en grand, au moyen de ce procédé, une gamme de nuances absolu-
- ment identiques aux nuances correspondantes du bleu d’indigo. Nous allons décrire en détail un pied au violet d’alizarine, qui nous a servi pour obtenir une nuance foncée employée presque exclusivement dans tout le nord de la France pour tein.re la chaîne en bleu d'indigo.
- On mordance pendant une heure 100 kilo-gramm s de coton en écheveaux bien débouillis, dans un bain contenant 1,600 litres d’eau chauffée à 50* et 6 kilogrammes d’extrait de sumac. On conserve ce bain en y ajoutant pour chaque partie en suivant 3 kilogrammes d’extrait de sumac. On essore le coton et on le passe au pyrolignite de fer dans une machine àmordancer. La durée du passage pour chaque tors est de 25 à 30 secondes.
- Le mordant est composé de 11 litres de pyrolignite à 14° B. et 100 litres d’e3u, ce qui fait une concentration de 1,4° B. On met 25 à 30 litres de cette solution dans la machine comme avances et, après chaque tors, on ajoute un demi-litre de solution. O.i essore le coton tors par tors et on le laisse remonter pendant quinze heures. On dilue ensuite 4 kilogrammes de blanc d’Espagne dans une grande barque à froid. — Cette quantité de craie convient à une eau non calcaire. — On abat le coton dedans et on manœuvre pendant trois quarts d’heure. On vide la barque et on renouvelle le bain à l’eau fraîche deux fois de suite pour débarrasser le coton d’un excès de craie. Chaque lavage dur.? 15minutes.
- Le bain de teinture contient 7 pour 100 d’alizarine pour violet. On manœuvre trois quarts d’heure à froid et on élève ensuite graduellement la température pendant deux heures à 70•-75*. Le bain est alors complètement épuisé. Le coton, rincé, essoré, passe alors dans les cuves jusqu’à l’obtention de la nuance foncée q j’on désire. La quantité d’indigo fixée est le tiers de celle qu’il faudrait pour avoir la même nuance en indigo pur.
- Nous avons essayé de remplacer l’extrait de sumac par le sulforicinate d’ammonium qui fixe ainsi le mordant de fer. Dans ce but, nous avons monté une barque avec 1,600 litres d’eau et 64 litres (à pour 100) de sulforicinate. Le bain se conservait quatre mois et on n’avait qu’à y ajouter 100 litres d’eau «et 4 à 5 litres de sulforicinatepour chaque partie de 100 kilogrammes de coton à y passer. On chauffe le ba n à 50-et on y manœuvre pendant trois quarts d’heure. On essore et on sèche le coton avant de le mordancer au pyrolignite de fer.
- En employant le sulforicinate au lieu de sumac, on obtient des nuances qui dépassent en vivacité celles obtenues avec l’indigo seul; mais ce mode de traitement demande beaucoup de soin, si on veut avoir une teinture bien uniforme, et le prix de revient est un peu plus élevé.
- Le bleu piété au violet d’alizarine imite parfaitement l’indigo : il possède le même éclat,
- e min ! toi « cui/ré » et la mê me pureté de nuance. 11 est solide aux alcalis et résiste bien à l’action des acides dilués. Il se montre d’une solidité absolue au savon : il conserve, même après plusieurs lessivages successifs, son ton violacé, tandis que l’indigo pur passe au bleu clair par le même traitement. Dans cette teinture, tous les défauts de l’indigo pur sont éliminés en majeure partie : le coton dégorge très peu ; la couleur ne s’altère ni à l’air, ni à la lumière, et l’uniformité est parfaite.
- Quant à l’économie, elle est incontestable et d’autant plus importante que la nuance est plus foncée. Pour les hautes nuances, elle atteint 40 pour cent, ainsi que nous l’avons constaté à la suite d’opérations qui ont porté sur des milliers de kilogrammes de coton.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Impression sur tissus, imitant le Jacquard Par M. H. Gieslêr
- L’auteur obtient, dit-il, des effets d’impression imitant les dessins par tissage, au moyen d’enlevages n’agissant que sur une partie des fils constituant le tissu.
- Il atteint ce résultat en introduisant dans le tissu, composé de n’importe quelle matière textile, des fils teints, mélangés ou imprimés avec des colorants ne se laissant pas ronger. Il enlève ensuite, à l’aide de rongeants non colorés, la couleur à certains endroits déterminés du tissu eu traitement, et de cette façon il obtient des effets ressemblant au tissé, car les fils de nuances inaltérables qui traversent les endroits qu’il veut ronger ne subissent aucune altération.
- Procédé pour l'extraction des bois colorants et autres substances analogues Par G. Heckmann
- Le procédé pour extraire les bois colorants consiste dans l’action successive du vide et de la pression sur les substances à extraire baignant dans l’appareil d’extraction.
- Soit à extraire un bois colorant réduit en copeaux ou menus fragments. Après en avoir chargé l’appareil d’extraction, on fait le vide à 10 centimètres de mercure, puis on laisse entrer dans l’appareil une certaine quantité d’eau chauffée à 90-95° G. Il se produit aussitôt une ébullition tumultueuse et le liquide pénètre dans les pores du ligneux. On entretient l’ébullition en faisant fonctionner la pompe à vide jusqu’à ce que la quantité d’air demeurée dans la masse du bois soit pratiquement négligeable.
- Ainsi préparé, le produit s’extrait avec la plus grande facilité en un temps très conrt et avec une quantité de liquide réduite. (Brevet allemand).
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- — Le bois n’en reste pas moins abreuvé d’un jus concentré, qu’il faut perdre ou recueillir par de nouveaux traitements, et alors l’économie disparait, si tant est qu’elle existe eu faisant usage de pompes pneumatiques.
- Nouveau vernis pour cuir Par Baker
- Ce vernis est constitué de borax et de cire de Carnauba.
- Dans 100 p. d’eau, on fait dissoudre à peu près 2 p. de borax. Cette solution est portée à l’ébullition, puis on y ajoute graduellement 15 p. de cire de Carnauba, Le vernis ainsi obtenu est clair.
- — Voir pour l’emploi de la cire de Carnauba la Revue de la Teinture, livraison de juillet 1893, p. 97. Les méthodes indiquées valent, tout au mo5ns, celle de ce brevet.
- Appareil à teindre les peignés en bobines Par M. E. Génard
- La laine peignée sur bobines de filature et autres matières semblables se te:gnent dans des appareils formés de deux cylindres perforés concentriques, dans le vide annulaire desquels se place la matière -, une pompe refoule le bain de teinture dans le cylindre intérieur et le force de traverser la matière pour venir s’échapper ensuite par les trous du cylindre extérieur. Cette disposition oblige à chaque instant de démonter et remonter le couvercle de ce récipient, et ne permet pas d’examiner la matière pendant la teinture.
- L’invention de M. Génard a pour but de modifier l’appareil en question, pour le cas où l’on ne voudrait teindre que des matières enroulées, telle que la laine peignée en bobines. Pour cela, on se sert d’une broche creuse à paroi perforée sur toute, sa hauteur ou longueur, munie d’un bouchon susceptible de glisser dans son intérieur ; ce bouchon est soutenu par une barrette qui traverse la broche de part en part, dans deux rainures longitudinales et vient^opuyer de ses extrémités sur les bobines ^feindre ; de cette façon, l’intérieur de la broche se trouve toujours obstrué par le bouchon mobile juste à la hauteur des bobines, et le bain de teinture est forcé, pour passer dans l’intérieur de la broche, de traverser les bobines.
- Anti-ignifère Par M. Planté
- Il s’agit de la préparation d’une solution ignifuge destinée à rendre les tissus incombustibles.
- On prend : acide borique, 40 grammes ; sulfate d’alumine, 30 grammes ; gomme adra-gante, 17 grammes; silicate de poiasse, 9 grammes; eau, 450. On dissout à 90°. On fait ensuite une autre solution composée d’azotate de soude, 30 grammes ; borate d’ammoniaque,? grammes; phosphate d’ammoniaque,
- 17 grammes ; eau, 400. On mélange les deux solutions, on laisse déposer et décante.
- On trempe la matière à une température de 33°, on l’y laisse 40 à 45 minutes, si la matière est un tissu ou une étoffe quelconque.
- — Il est assez singulier de trouver de l’azotate de soude dans un mélange ignifuge : en le supprimant, le reste irait bien, sauf quelques précipitations mutuelles.
- Laques d'aniline pour colorer le caoutchouc ou d'autres substances analogues Par J. Frankenberg
- On transforme les couleurs d’aniline en laques d’alumine et de baryte, de calcium et d’aluminium, de calcium et de chrome, en précipitant leurs solutions aqueuses par des mélanges de sels appropriés. On a, par exemple, une solution d’une couleur acide additionnée d’un petit excès de carbonate de sodium, on ajoute la quantité nécessaire de chlorure de baryum, puis en met le précipité en digestion dans une solution d’alun.
- Ces couleurs sont particulièrement destinées à la peinture par impression ou à l’enluminure dea objets en caoutchouc, celluloïd ou autres analogues. (Brevet anglais).
- Procédé de teinture des étoffes duvetées Par M. L.Delbrouck
- Ce procédé, applicable principalement aux tissus de coton tirés à poil, consiste dans la teinture par pulvérisation, si souvent proposée.
- Un des avantages de ce procédé, et le plus important, dit l’auteur, c’est de permettre, en projetant des matières colorantes de teintes diverses, de le faire sous des angles de projection opposés. On ob'ient de la sorte des tons différents sur la même surface de tissu, dont la fixation en sens opposés a lieu à la faveur des accidents extérieurs de l’étoffe, et des aspérités qu’elle présente, alors surtout qu’elle a été préalablement chardonnée en vue de l’opération, ou qu’elle possède naturellement sur ladite surface des veloutés, des côtes ou des rayures.
- Impression des tapis par trempage Par MM. Bollard et Ce.
- Si nous comprenons bien cette invention, elle serait basée sur l’emploi d’un châssis à compartiments dont les divisions font saillie à l’extérieur et qui pressées sur le tapis font autant de capacités séparées dans lesquelles on fait arriver des couleurs ; celles-ci teignent les parties en contact du tapis.
- Ce cl Assis comprend d’abord un fond, sur lequel sont fix-es des lames constituant les parties cloisonnées, celles-ci produisant le dessin; ce fond est percé, dans les parties cloisonnées, et de distance en distance, de trous laissant pénétrer la couleur à l’intérieur
- de ces cloisons pour colorer les poils de tapis qui y sont engagés ; le même châssis comporte ensuite un plateau supérieur venant engager et presser les poils du tapis à colorer dans le cloisonnage du fond, finalement un système de presses destiné à opérer, par l’}n. termédiaire dudit plateau, le serrage du tapis contre les compartiments.
- PROCEDES DIVERS
- TBINTES D’iIIVER
- Pour faire suite à notre précédent article nous échantillonnons quelques teintes prises en fabriques, et s’appliquant en général à de^ tissus ordinaires, ceux qui intéressent la grande consommation.
- Certaines nuances, comme le Marine et le Loutre, sont, pour ainsi dire, de toutes les époques : nous devons , cependant, montrer I ce qui se fait le plus. La nouveauté en cou-• leurs n’existe pas; l’invention dans cette direction n’est pas possible, mais à chaque saison la mode manifeste des préférences faut noter sans pouvoir prétendre faire de l’inédit.
- Le marron ci-dessous offre, toutefois, un intérêt particulier!
- rron-Cronstadt
- Le nom est emprunté à Actualité, et la teinte d’un marron-feu très vif est la nuance qui marquera le plus comme mode d’hiver. On la voit dans toutes les maisons qui donnent le pas aux nouveautés et qui sont toujours suivies par la faveur du grand public.
- Pour ces teintes composées, dont le fond doit être assez soutenu, il faut donner une base d’orseille, à laquelle on ajoute alors un peu de carmin d'indigo et de terre pour porter au marron.
- Puis on donne du feu en ajoutant à la fin, et dans le même bain, du marron Bismarck. ;
- Tous ces co'orants tirent sans mordant, et leur mode d’emploi est bien connu du teinturier.
- Violet Eminence
- Cette teinte et celles cjui suivent n’ont pas, comme la précédente, d’Ôriginslité spéciale;
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- c’est un violet foncé, mais à reflet bleu, ce qui le différencie du Prusse, qui est rougeâtre.
- On emploiera encore de l’orseille à laquelle on ajoutera une petite proportion de campê-che et un peu d’alun.
- Au milieu de la teinture, mettre dans le bain un peu de craio pour aider à tirer : donner quelques tours au tissu, puis nuancer avec un violet-bleu de Ipelle teinte, par exemple le vio’et de Paris, ni
- Zibeline
- Ce nom du moment désigne tout simplement un Loutre, ou ce qu’en cotonnades on appelle un Bistre.
- On sait que cette teinte s’obtient très facilement par le mélange des trois couleurs primitives que l’on brunit par un rabat.
- Dans les teintureries en chiffonnage , on utilise pour cela tous les fonds de bains en y comprenant ceux de noir de naphtol.
- Sur pièces, on fera un bain de campêche, d’orseille et de terre, que l’on brunira à la fin avec une petite quantité de couperose verte.
- Dans ces teintes foncées et mal déterminées, l’échantillonnage se fait avec la plus grande facilité, ainsi que l’unisson.
- Amiral
- Ceci est un bleu-màri&e, quePon désigne aussi Océan : tous ces noms sont marins.
- Plusieurs couleurs d’aniline donnent directement cette teinte: tels les indolines ou bleus-noirs, et même les noirs de naphtol, noirs brillants, etc., en ajoutant cepeniant à ces derniers un œil léger de violet.
- Par les bois, on fait un bain de campêche avec un peu d’orseille et du carmin d’indigo; on teint du coup en brunissant légèrement à la fin avec de la couperose.
- MORDANT DE FLUORURE DE CFI ROME
- pour laine
- Le fluorure de chrome, dont nous avons plusieurs fois signalé les avantages comme mordant de chrême, est entré dans la pratique courante, la « Manufacture lyonnaise » en ayant vulgarisé l’emploi.
- Voici les procédés que cette maison recommande :
- Elle applique ce mordant notamment aux couleurs suivantes :
- Jaune anthracène C.
- Rouge solide diamine F.
- Ecarlate diamine B.
- Violet Formyl S lx B.
- Teinture
- Le bain est monté avec :
- Acétate de soude........... 5 0[0
- Le colorant, dissous préalablement dans de l'eau de pluie ou de condensation.
- On lisse lentement en portant peu à peu au bouillon ; lorsque le bain est en partie épuisé, on ajoute :
- Bi-sulfate de soude........ 3 0t0
- Puis, quand le bain est entièrement tiré :
- Flu^ure de chrême : quantité indiquée dans les formules.
- On fait bouillir enfin, de 20 à 30 minuies.
- Si l’on fait des nuances foncées, il faut forcer la quantité de bi-sulfate de soude, qui peut être portée jusqu’à 10 0(0.
- Les teintes peuvent être nuancées avant ou après l’adiition de fluorure de chrême. Si on ajoute les colorants avant le mordant, il faudra tenir compte que celui ci fonce les nuances ; dans le second cas, il ne sera pas utile de fixer à nouveau au fluorure de chrome.
- L’emploi de ce mordantaugmente la solidité des teintes.
- Voici quelques dosages :
- Jaune moyen
- Pour 10 kil. de laine :
- Jaune anthracène C (poudre). ... 150 gr.
- Fluorure de chrême, 2 0|0 soit... 200 —
- Rouge santal
- Rouge soliie diamine F......... 50 gr.
- Fluorure de chrome 2 0t0, ou.... 200 — _ Comme cette méthode vise surtout des teintes soli des, on la combine le plus souvent avec un fond d’indigo de cuve.
- En voici des exemples :
- Marron Cronstaclt
- C’est la nuance de notre échantillon ci-dessus :
- Pour 10 kil. de laine :
- Pied d’indigo 8° ton.
- Jaune anthracène C (poudre).... 150 gr.
- Rouge solide diamine F.......... 90 —
- Fluorure de chrome 3 0[0 ou.... 300 —
- fljpet éminence
- Echantillon violet ci-dessus.
- Pied d’indigo demi-bleu : 10e ton.
- Rouge solide diamine F.......... 25 gr.
- Violet formyl SAB............... 25 —
- Fluorure de chrême 1 0^0 ou.... 100 — Zibeline
- Cette teinte, qui n’est autre qu’un loutre, s’obtient solide avec :
- Pied d’indigo, 10e ton.
- Rouge solide diamine F.......... 150 gr.
- Jaune anthracène C (poudre).... 100 —
- Fluorure de chrome 3 0*0 ou.... 300 —
- Amiral
- Echantillon ci-dessus :
- Pied d’indigo, 10e ton.
- R auge solide diamine F......... 90 gr.
- Violet formyl SAB............... 30 —
- Fluorure de chrome, 1 0(0 ou.... 100 — Vert russe
- Nous donnons aussi un dosage pour vert foncé, afin de compléter les types principaux de grosses couleurs :
- Pied d’indigo 8° ton.
- Jaune anthracène C (ooudre) ... 100 gr.
- Rouge solide diamine F.......... 30 —
- Fluorure de chrême 2 0,0 ou.... 200 _____
- Toutes ces formules s’appliquent d’après la méthode générale exposée en tête de cet article sur le fluorure de chrome.
- Noir-Diamine B. H.
- Cette nouvelle marque de noir-diamine se recommanderait principalement par sa parfaite solubilité et sa facilité d’unisson, ce qui le ferait rechercher pour les teintes composées.
- 11 aurait aussi l’avantage de ne pas rougir sous l’ir fluence d’une forte chaleur, qualité appréciable pour la teinture des tissus de coton que l’on sèche sur cylindres. *
- 11 se prête au diazotage sur fibre, et devient alors tout à fait indégorgeable.
- Teinture
- La teinture se fait comme avec les autres couleurs diamine.
- Sur coton on emploie le sulfate et le carbonate de soude en un seul b3in.
- Les mélanges laine-coton et soie-coton s’y font bien. On teint en bains neutres. Dans les mélanges coie, il est bon cependant d’ajouter une pointe d’acide acétique.
- SUR LA SOLIDITÉ DE QUELQUES COLORANTS NOUVEAUX
- Il résulle d’essais comparatifs exécutés au laboratoire des Gobelins, les observations suivantes :
- UAzocarmin est aussi résistant à la lumière que la cochenille ammoniacale et donne la même teinte. Ce serait donc un produit avantageux à employer dans les mélanges pour modes qui sont beaucoup plus usités que sa teinte propre : l'amarante.
- Le Bleu Cyanol ne résiste pas plus que le carmin d’indigo. Les Gobelins sont toujours à la recherche d’un bleu grand teint pour ciels, ceux de cuve ou au cyanure ne sont pas des bleus purs ; le carmin d’indigo donne le normal (qu’il faut pour celte destination), mais il est d’une soliiité insuffisante.
- Dans une note que nous avons reproduite, l’auteur annonçait que le jaune de tartrazine n’était pas aussi solide sur soie que sur laine; or, une exposition prolongée au soleil n’a révélé aucune différence sous ce rapport, sur les deux textiles teints en tartrazine.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- NOUVEAU FREIN D’ESSOREUSE
- Brevet CORSOL
- Construction F. DEHAITRE
- msm
- FREIN CORSOL
- ^TiToTm : tt’ • ' i i 'TTrîTiT^lii
- Pour arrêter le mouvement des essoreuses après q ie l’impulsion du moteur a cessé, l’appareil est muni d’un frein à collier. Dans le premier temps du serrage, l’arbre du panier se trouve attiré obliquement, ce qui tend à le fausser et à déformer la douille dans laquelle il t jurne.
- Le Frein Corsol serre uniformément la poulie de frein sur toute sa périphérie, il maintient toujours l’arbre dans sa position verticale et n’ovalise pas la douille supérieure.
- Le serrage et le desserrage du Fmn Corsol s’obtiennent en faisant décrire un quart de tour à la poignée de la came qui opère la tension du frein d’arrêt : l’ouvrier n’a aucun effort à faire et est libre aussi'ôt qu’il a manœuvré la came, il n'est plus obligé de la maintenir.
- L’élastieité du ressort amène l’arrêt progressif du panier.
- L’énergie du grand ressort peut être réglée à volonté par le serrage des deux écrous qui mesurent sa tension; ces deux écrous permettent également de compenser l’usure des bois de friction.
- Celte simple modification dans un organe des essoreuses régularise l’une des fonctions de la machine; elle en assure la bonne conservation, et constitue en somme, un perfectionnement qui a son importance.
- Les essoreuses mnnies du frein à collier peuvent recevoir le nouveau frein; aussi plus de 500 appareils en sont actuellement pourvus.
- CHR010DE INDUSTRIELLE
- NOTES
- à propos des appareils d’extraction
- Heftler et Bénard (1)
- I estentré en France l’année dernière
- par le ^
- Port du Havre
- 57.365.000 kg. de bois de campêchp 9.900.000 - jaune.
- 3.410.000 — rougé.
- _______9 9- ° * 1
- 70.675.000 kg.
- Par le port de Marseille 3.510.000 kg. de Guadeloupe. 1.375.000 — Martinique.
- 1.030.000 — Lagund.
- 995.000 — Aquin.
- 290.000 — Fort-Liberté.
- Soit 77.875.000 kg. de bois tinctoriaux
- Si d’autre part, nous consultons les statisti ques allemandes, nous y trouvons que les entrées opérées en 1892 par Hambourg et por tant sur les bois tinctoriaux ont été de 49.068.700 kg. de bois de campêjhe 3.092.400 — jaune. ¥
- 3.895.200 — rouge.
- Soit 56.056.300 kg.
- En ajoutant à ces totaux le chiffre quelconque des entrées des mêmes bois en Angleterre Russie, Belgique, Hollande, Italie, Péninsule Ibérique, Suède et Norwège, on peut concevoir une idée de la consommation européenne annuelle qui est faite, malgré la concurrence envahissante faite depuis trente ans aux colorants végétaux par les produits dérivés delà houille.
- La fabrication des extraits secs, pâteux ou liquides de bois tinctoriaux s’est développée depuis dix ans d’une étonnante façon ; le chiffre des usines s’est vu triplé et actuellement l’ensemble des fabriques d’extrait est de 50 environ pour l’Europe et de 5 pour les Etats-Unis, Si celte industrie de l’extraction absorbe à elle seule une forte partie des bois colorants, l’on ne doit cependant pas en conclure que l’industrie de la teinture est entièrement sa tribuiaire.
- Comme nous l’avons vu plus haut, il est arrivé en 1892 au Havre et à Marseille près de 78 millions de kilogrammes de bois colorants, dont partie a servi à l'alimentation des usines extractives; or, l’Autriche et l’Allemagne, qui sont assurément les meilleurs débouchés pour les extraits de bois tinctoriaux et tannants n’ont importé en 1892 qu’un total de quatre millions 374,300 kg. de ces produits venant
- (1) Ypir Revue cle la teinture, numéro de juin 1893, p. 85*
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- du Hâvre à destination de Hambourg. Si nous évaluons encore au même chiffre l’ensemble des quantités d’extraits partagées entre les teinturiers français et l’exportation vers l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la Hollande, la Suisse et la Scandinavie, ce qui nous portera à 8,500,000 kg. le total do nos extraits importés et pour lesquels 35 à 40 millions de kilogrammes de bois ont é'.é manipulés, ^1 nous restera toujours un minimum de 35 millions de kilogrammes de bois colorants, qui auront été employés en nature. On peut donc, sans exagération, fixer à 80 millions de kilogrammes la quantité de bois colorants employée annuellement en Europe et n’ayant subi aucune opération extractive industrielle.
- Quoi qu’il en soit, le traitement actuel des bois tinctoriaux laisse beaucoup à désirer.
- D’une part, IVx'raction se faisant, le plus souvent sous pression on avec de la vapeur directe, donne nai sance à des produits qui, pour le campêche, par exemple, ne sont plus de l’hémat< ïne, mais bien un aggloméré d’hé-matdne et d’extractifs résineux.
- D’autre part, la décoction des bois opérée parla vapeur dans des autoclaves simples, comme l’est l’appareil en forme de poire ou la diffusion au bouillon, dans de grandes et hautes cuves ouvertes, se fait couramment à l’aide de la vapeur libre de barbotteurs, disposés généralement sous le disque métallique perforé, assis dans le bas de la cuve, sur une couronne-console, supportant toute la charge de bois, dont les principes colorants sont à extraire.
- Comme on le voit, dans les deux cas, le bois est constamment soumis à l’action pernicieuse de la vapeur s’échappant des barbotteurs, ce qui porte aussi à un degré exagéré la température de l’ébu'Iition.
- L’épuisement des bois colorants par décoction, dans des chaudières maçonnées et chauffées par la flamme directe d’un foyer est encore universellement admis, par routine, par tradition.
- L’industrie de la teinture se trouve ainsi en présence :
- 1° d’extraits secs ou liquides obtenus souvent sous presion de 3 lp2 à 5 atm., et contenant conséquemment tou’es les impuretés des bois, résines, matières extractives, cellulose entraînée et colorant. Nous ajouterons encore que ces extraits sont composés suivant leur nature, de principes colorants additionnés de mélasse, d’extrait de châtaignier, d’extrait de sumac, de quercitron, dividivi, curcuma, dextrine, fécule de pomme de terre, etc., etc., tous ingrédients qui affaiblissent d’autant la matière colorante, mais qui diminuent sensiblement le prix de revient.
- 2° De décoctions de bois obtenues dans les teintureries môme au moyen d’appareil3 autoclaves simples, dans lesquels l’eau est renouvelée deux ou trois fois, ren donnant chaque fois des jus d’un titre différent. Dans ces ap-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- pareils simples, la vapeur agissant directement sur le bois, arrive à entraîner les matières résineuses dans les jus, tout en laissant dansl s bois, considérés comme épuisés, une quantité appréciable de principes colorants.
- 3° Les mêmes observations peuvent s’appliquer aux cuves ouvertes, dans lesquelles la décoction des bois se fait au moyen de barbotteurs : exagération de température, ju9 surchargés de matières inertes et incomplet épuisement des bois.
- 4° Enfin, de décoctions obtenues dans des chaudières ouvertes, enveloppées de maçonneries et chauffées sur un foyer direct. Les bois, emmagasinés dans des sacs noués et suspendus dans l’eau de la chaudière y sont décodés purement et simplement, laissant encore dans ses cellules, après terminaison de l’opération, de 4') à 30 0^0 de matière tinctoriale pure.
- Ainsi, les industriels teinturiers utilisant le colorant des bois font actuellement usage d’extraits de ces bois, tout en ignorant la composition de ces extraits, attendu que jusqu’ici, il n’existe aucun procédé chimique pouvant fixer pour le campêche par exemp'e, la quantité exacte d’hématéïne contenue dans l’extrait.
- Si le teinturier, par contre, opère lui même la décoction de ses bois dans les extracteurs actuellement en usage, il n’arrive pas non plus au but qu’il se propose, attendu que ses jus contiennent des impuretés nuisibles à son travail et des bois < rejetés comme céchets des quantités importants de principes colorants non extraits.
- La batterie de six éléments de MM. Heftler et Bénard vient corriger les défauts des différents systèmes d’extraction ; en effet, l’ébullition modérée ( 100 • C) y est produi'e par la circulation de la vapeur dans des serpentins, et non par la puissance brutale des jets directs s’échappant des baibotteurs. Les bois colorants chargés avec mesure dans chacun des six récipients de la batterie, y sont soumis au traitement méthodique d’autant de renouvellements d’eau pure dans le premier élément qu’il a d’unités dans le groupement de la batterie. Six éléments donnent donc six épuisements consécutifs et finalement complets.
- Qu’il y ait avantage pour le consommateur de bois tinctorial à substituer la batterie dont nous venons de parler et qui a été décrite dans la Revue de la Teinture, édition de juin, au système de décoction dont il fait usage, cela n’est pas contestable ; il ne s’agit, du reste, que de le lui démontrer et cela n’est pas difficile. Nous allons entreprendre cette démonstration dans ma prochaine note.
- Maurice Heftler.
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- LA DRAPERIE NOUVEAUTÉ
- Le journal Les Tissus mentionne comme suit, les tendances actuelles de la fabrication des draps nouveauté :
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- Parmi les éléments utilisés pour façonner les étoffes, les retors fantaisie tiennent encore une grande place, et on varie autant que possible ces compositions irrégulières. Les plus employés de ces filés sont ceux qui donnent des alternances sur le tissu, faisant des traces bariolées de couleurs ou de matières différentes du fond.
- Les retors mouchetés, bouclés ou ondulés sont les principaux types que l’on combine ensemble ou que l’on modifie, tantôt par des mohairs, de la soie, tantôt par des mélanges de nuances, des combinaisons de chinés multicolores, etc.
- Les succès des étoffes à reflets changeants et autres effets à couleurs fondues, pour robes et costumes de dames, ont inspiré quelques essais dans cet esprit. A cet effet, plusieurs fabricants ont fait des dessins un peu grands dans lesquels les nuances combinées savamment donnent des effets ombré > de diverses teintes. D’autres cherchent un résultat équivalent à l’aide seulement de la teinture. Quelques faiseurs craignent que le goût mas-culins’accommodemalde ces dessins marqués, en font des adaptations plus modestes. Ils se renferment dans des ombrés moins grands, moins frappants, ou bien ils prennent des fils de chirés de nuances plus ou moins vives, dans l’esprit de ceux pour robes, et les appliquent partiellement aux étoffes, en fi's purs, en retours régu’iers ou irréguliers, dans des dispositions déjà un peu fleuries elles-mêmes.
- Quel accueil fera-t-on à ces fantaisies? Nul ne le sait. Elles n’auront de succès que si elles sont assez marquées pour former nouveau^ sans cependant atteindre le ridicule.
- DÉNITRATION DES PYROXYLES
- notamment de la soie artificielle
- Pour remédier au grave défaut de l’inflammabilité des soies artificielles, leurs auteurs cherchent les moyens de les dénitrifier ; celui qui paraît être adopté par M. de Chardonnet est le suivant :
- Le bain de dénitration se compose essentiellement d’un mélange de sulfate d’ammoniaque, de monosu'fure de calcium et d’ammoniaque en proportions variables.
- On emploie un vase assez profond pour que les écheveaux puissent y flotter librement; l’in'érieur de ce vase doi^être soustrait à tout contact métallique; on pe^t prendre le grès, le bois, le verre, mais corn&e on doit chauffer au bain-marie, il serait préférable de prendre une barrique en fer caoutchouté profonde de 70 à 80 centimètres. On y verse :
- Eau........................ 100 kilog.
- Su’fate d’ammoniaque commercial............................. 12 —
- Monosulfure de calcium brut en poudre........................ 8 à 10 —
- Ammoniaque..................... 4 —
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- LA REVUE DE LA TEINTURE]
- On agite fortement et on laisse reposer plusieurs heures ; le bain s’éclaircit, il est même inutile de le décanter.
- Pour dénitrater, on porte ce bain au moyen d’une enveloppe chauffée à l’eau ou à la vapeur, à la température de 30 à 32*
- On porte des écheveaux sur des baguettes en verre, en bois, en éboniteou autres matières très lisses et inattaquables par le soufre, et à double coude, afin que ces baguettes, reposant sur les bords du bac, les écheveaux plongent entièrement dans le liquide.
- On immerge complètement les écheveaux dans le bain en ayant soin de les lisser fréquemment.
- La réaction commence au bout de quelques minutes et le pyroxyle perd graduellement son azote. On suit la réaction au moyen d’une mèche-témoin sur laquel’eon prend des échantillons d’épreuve. Au bout de trois quarts d’heure ou une heure, la soie artificielle a perdu les deux tiers ou les trois quarts de son azote. Les écheveaux se ramollissent et le témoin rapidement séché et lavé, brûle comme du chanvre et non comme du pyroxyle. On arrête la réaction en lavant d’abord à une grande eau, puis dans une cuve acidulée de 2 à 3 pour 100 d’acide nitrique ordinaire. Enfin on les lave à fond, on les tord, et on les suspend pour les sécher dans un courant d’air non chauffé.
- Les réactions chimiques sont les suivantes :
- Le monosulfure de calcium quoique insoluble, est décomposé par le sulfate d’ammoniaque en sulfate de chaux également insoluble et en hydrogène sulfuré. Ce dernier composé est l’agent dénitratant; il est brûlé par les composés nitrés du pyroxyle, en présence d’un excès d’ammoniaque, lequel s’unit aux acides naissants. L’ammoniaque doit toujours se trouver en excès.
- Les sels ammoniacaux réagissent à leur tour sur le monosulfure de calcium et mettent en liberté une nouvelle quantité d’hydrogène sulfuré; la réaction se poursuit ainsi en consommant toujours le soufre du monosulfure de calcium qui, à son tour, constitue du 'sulfate de chaux.
- Le sulfure doit toujours se trouver en abondance dans le bain pour précipiter instantanément les acides sulfurique, carbonique, etc., au fur et à mesure qu’ils se forment.
- Ce bain serait moins sujet que tout autre à donner des dépôts de soufre sur les fils.
- Ce bain, comme on le voit, est finalement une dissolution de sulfhydrate d’ammoniaque.
- Mais il résulte d’observations qui nous ont été communiquées, que la soie artificielle perdrait par cette dénitration 40 pour cent de son poids ; on comprend alors que les conditions économiques de sa production se trouvent ainsi considérablement diminuées.
- D’après une autre information, la soie après ce traitement serait imprégnée par imbibition d’une substance ignifuge, telle que le phos-
- phate d’ammoniaque, qui ajouterait à son incombustibilité et lui restituerait une partie de son poids.
- Quoiqu’il en soit sous ce rapport, comme sous plusieurs autres (défaut Je ténacité, destruction du brillant par les manipulations, etc.) ce textile a encore besoin d’être bien perfectionné pour devenir réellement pratique.
- ment que ces tissus ont pu subir préalable-ment à l’opération finale de la teinture.
- Dans quel état les tulles et les dentelles doi vent-ils être importés pour être admis comme ecrus?
- On ne doit admettre comme écrus que ies tulles et les dentelles importés à l’état de chiffon, c’est-à-dire tels qu’ils sortent du métier.
- RÉGIME DOUANIER
- DES TI LLES ET DENTELLES DE COTON
- Surtaxe de Blanchiment et de Teinture
- L Industrie de Calais se plaignait d’une fraude des fabricants étrangers, notamment ceux de Nottingham, qui introduisaient en France des tulles ou dentelles ayant une apparence de teinture, que des lavages faisaient disparaître après importation, et dans le but de les faire passer pour écrus.
- L’administration des douanes vient de déterminer les tarifs qui devront être appliqués à l’importation des tulles et dentelles sous tous leurs états.
- Elle a aussi spécifié le régime des soies spéciales destinées à la fabrication mécanique des tulles et dentelles.
- Voici le texte de ces circulaires :
- Les tulles et les dentelles qui s’importent autrement qu’à l’état de chiffon ont toujours subi la double opération du lavage et del’ap. prêt el doivent, aux termes de la note (36^ du tarif officiel, être assimilées aux « tulles et dentelles blanchis »
- Les dispositions précitées relatives aux tulles et aux nentelles nuances « crémé »
- « blanc azuré » et teints en bleu, rouge, brui/ etc., sont applicables de tous points aux autre s tissus de coton passibles des surtaxes de blanchiment et de teinture.
- Quant aux tissus de l’espèce importés dans un état de préparation plus avancé que celui dans lequel ils se trouvent à la sortie du métier, sans cependant être blanchis oU teints c’est-à-dire ayant subi le lavage, le décreusage, l’apprèt, etc.... ils continuent à être régis par la note (365) du tarif (dernier para-graphe, alinéas 1 et 2). (Cire. du 9 août). |
- Tullei et Dentelles de coton [ L’application des surtaxes de blanchiment et de teinture aux « tulles » et aux « dentetles de coton » a donné lieu à plusieurs questions que le Comité consultatif des arts et manufactures a été appelé à résoudre, dans sa séance du 19 juillet dernier.
- Doit-on considérer comme blanchis ou comme teints les tulles et les dentelles présentant certains reflets connus sous le nom de « crémé », de « blanc d’ivoire », de « blanc azuré », etc... ?
- Les nuances « crémé », « blanc d’ivoire », etc , etc..., doivent être considérées comme des variétés du blanc, attendu que le procédé par lequel elles sont obtenues ne constitue pas une teinture proprement dite. Les tulles et les dentelles présentant ces nuances sont, dès lors, passibles de la surtaxe de blanchiment. Afin de prévenir des difficultés d’application, des échantillons types seront déporés dans les principaux bureaux d’importation.
- Les tulles et dentelles teints en bleu, brun, vert, orange, rouge, etc..., sont toujours blanchis avant de recevoir la teinture. Ce blanchiment préalable est nécessaire ’ pour que la coloration du tissu soit parfaitement uniforme. Quelle est la surtaxe applicable aux articles de l’espèce ?
- La douane ne peut que taxer les marchandises suivant l’état dans lequel elles sont importées. Par suite, les tulles et les dentelles teints en bleu, brun, rouge, etc.c’est-à-dire d’une autre nuance que le blanc ou ses variétés doivent être traités comme « tulles
- Soies moulinées teintes en écheveaux fa grande dimension, pour le tissage et la [«. brication des tulles et des dentelles mécam-ques.
- La question s’est élevée üe savoir si les soies moulinées teintes en écheveaux de grandes dimensions pour le tissage et la fabrication des tulles et des dentelles mécaniques, sont admises au régime des «soiesouvrées ou moulinées » n° 27, 4- §,, ou bien si elles doivent être soumises au droit afférent aux « fils de soie à coudre, à broder, à passementerie, mercerie et autres, teints » n° 380, 2- §). Consulté à ce sujet, le Comité consultatif des arts el manufactures a déclaré, par avis du 19 juillet dernier, que ces produits ne peuvent être assimilés aux fils spéciaux taxés sous le n° 380, et rentrent daus la classe des « soies ouvrées ou moulinées» qui comprend toutes les soies destinées au tissage et à la fabrication des tulles et des dentelles mécaniques, ayant ou non subi l’opération de la teinture. (Cire. du 4 août), i
- INDICATION SOMMAIRE des PRIX
- PROPOSÉS PAR LA
- Société industrielle de .Mulhouse
- A DÉCERNER EN 1894
- Déprogrammé détaillé des prix est adressé à toute personne qui en fait la demande au secrétariat de la société industrielle.
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- Voici l?s titres des sujets proposés, se rapportant le plus directement aux industries tinctoriales.
- Travaux théoriques
- 1 —Théorie delà fabrication du rouged’An-drinople.
- II. — Théorie de la fabrication des rouges à l’alizarine.
- III — Synthèse de la cochenille.
- IV — Carmin de cochenille.
- V — Matière colorante du coton.
- VI—Composition des noirs d’aniline.
- Vil — Transformation du coton en oxycel-lulose.
- VIII — Action du chlore sur la laine.
- IX —Constitution des matières colorantes.
- X — Synthèse d’un colorant naturel.
- XI — Synthèse de la pseudo-purpurine.
- XII — Formation d’un produit organique.
- Modelants
- XIII — Nouveau mordant ou colorant.
- XIV — Teinture ou mordançage par sels métalliques.
- XV — Préparation du coton à l’alumine.
- XVI — Etude sur les mordants de fer.
- Couleurs
- XVU— Noir d’aniline solide XV1U — Noir soluble et solide.
- XIX — Gris solide.
- XX — Bleu pour l’azurage des laines.
- XXI. — Bleu analogue au bleu d’outremer.
- XXII — lndigotine artificielle.
- XXIII — Vert solide.
- XXIV — Laque rouge.
- XXV — Rouge ou rose à l’or.
- XXVI — Pourpre bonteint.
- XXVII — Succédané au campêche.
- XX'X — Nouvelle couleur transparente.
- XXX — Réserve pour laine.
- Fixation des couleurs
- XXXI — Fixation des couleurs d’aniline. XXXII. — Couleurs azoïques.
- XXXlll — Impression de poudres métalliques.
- Aréométrie
- XXXIV — Table des dissolutions salines. Drogues
- XXXV. — Acides tartrique et citrique.
- XXXVI — Succédané de la gomme du Sénégal.
- XXXVll — Succédané de l’albumine des œufs.
- XXXVIII — Albumine du sang.
- XXXIX — Dosage de l’hématine du campêche.
- XL — Détermination delà valeur des indigos.
- XLl — Essai des drogues.
- Blanchiment
- XL1I — Encre indélébile pour tissus.
- XLIII — Emploi des résines dans le blanchiment du coton.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- XLIV — Blanchiment et coloration des diverses espèces de coton.
- XLV — Blanchiment et coloration de3 diverses espèces de laine.
- XLVI — Blanchiment et coloration des diverses espèces de soie.
- XLVI1 — Blanchiment à l’eau oxygénée.
- XLVII1 — Blanchiment de la laine et de la soie.
- XUX — Manuels pratiques sur le blanchiment.
- Impression
- L — Métal pour ràî'es de rouleaux.
- LI — Nouvelle brosse fournisseur pour rouleaux.
- LII — Suppression des doubliers.
- LUI — Nouvelle machine à imprimer au rouleau.
- Fixages et étendages
- L1V — Décomposition des mordants.
- LV — Régulateur automatique pour étendages.
- Vaporisage
- LVI— Préservation de la laine.
- LV1I — Psychromètre pour cuves de vaporisage.
- LV1II — Mémoire sur le vaporisage.
- Gravure
- L'X — Perfectionnements dans la gravure des rouleaux.
- LX — Manuels pratiques sur la gravure.
- Actinomélne
- LXI — Etude complète de Tactinométrie.
- LXIl — Nouvelle méthode actinométrique.
- Electricité
- LXlil — Application de l'électricité à l’impression.
- Généralités
- LXIV — Nouveau procédé utile. Blanchiment, impression, teintwe et apprêt.
- (Partie mécanique)
- XXIV — Nouvelle machine à imprimer au rouleau.
- XXV — Machine remplaçant l’essoreuse.
- XXVI — Régulateur automatique pour cuves.
- XXVII —Nouvelle machine à sécher.
- XXVll — Nouvelle machine à sécher.
- XXVIII — Séchage des tissus.
- XXIX — Moteur pour machines à imprimer.
- CAAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DES
- TEINTURIERS-DÉGRA1SSEDRS
- Travaux divers et projet de convention
- POUR LE RELÈVEMENT DES PRIX
- La Chambre syndicale poursuit courageusement sa campagne de régénération de la pro-
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- fession-, ne se bornant pas à des vues ou à des échanges de vues entre ses membres, elle est entrée résolument dans la voie de l’action en convoquant tous les teinturiers de la région parisienne à conclure un pacte qui déterminerait une tarification rationnelle du travail.
- Plusieurs réunions ont été organisées à cet effet, et visant principalement les travaux pour confrères. Les teinturiers réellement teinturiers. et même les non adhérents à la Chambre y ont été invités. Un certain nombre ont répondu à cet appel, et malgré quelques défections, la majorité a adopté un projet de convention qui pourra servir de base pour un accord plus général lorsque chacun se sera pénétré que l’avenir de la profession dépend actuellement de viriles résolutions prises dans ce sens.
- Ce sont ces négociations que nous nous proposons de résumer ci-dessous.
- Séance du 12 juin 1893
- Le comité réuni en séance ordinaire, prononce l’admission de M. Salomon, comme membre adhérent, et de M. Louis Roche, teinturier français ù Minnesota (Etats-Unis), en qualité de membre correspondant.
- Puis la séance est transformée en réunion libre à laquelle sont admis les teinturiers étrangers à la chambre syndicale.
- Le projet de convocation est lu et après une assez longue discussion, les teinturiers présents se mettent d’accord sur le texte à proposer h une prochaine assemblée générale.
- Apres ce résultat obtenu, M. Jolly, président, exprime le regret que MM. les benzi-niers spécialistes, seuls, se mettent volontairement en dehors de la corporation en enrayant un mouvement presque unanime des teinturiers qui ont résolu de relever les tarifs et de limiter le nombre des émietteurs de la profession.
- Il ne s’agit pas, dit-il, de réduire leur clientèle, mais peut-être de la déplacer, en la leur xendant plus sûre et souvent plus solvable.
- Malgré cette défection, la commission n’abandonne pas la lutte et n’en persiste pas moins à présenter avec confiance à tous les teinturiers, ses conventions et son tarif minimum.
- Assemblée plénière
- des teinturiers et spécialistes se rattachant à la profession, le 26 juin 1893
- A cette assemblée, 129 intéressés ont été convoqués et ont reçu en même temps le texte du projet de convention, afin qu’ils puissent l’étudier à l’avance.
- La Chambre invite l’assemblée à désigner son bureau sans se préoccuper de porter son choix sur les membres du syndicat.
- Sont désignés : MM. Jolly, président, Pe-titdidier et Barriand, assesseurs ; Babillon, secrétaire.
- Plusieurs confrères absents adressent par
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- LA. BEVUE DE LA TElNTURE
- avance leur adhésion aux résolutions qui seront prises.
- M. le président, dans une de ces allocutions qu’il sait rendre si persuasives, expose le but delà réunion et les idées de ses organisateurs-il démontre l’intérêt qu’il y aurait pour tous à adopter leurs vues.
- Nous voulons, dit-il, qu’aucun intérêt ne soit lésé, qu’il n’y ait pas de dupes parmi nous. Aussi, nous vous demandons votre adhésion en vous faisant observer que votre signature n’aura de valeur que si tous les teinturiers signent sans » xeeption.
- Si quelques-uns espèrent, en restant en dehors de la convention, récolter ce que les autres auront semé, ils se trompent.
- La situation est donc bien claire; signer la convention voudra dire :
- 1° Je m’engage d’honneur à accepter le relèvement des prix ;
- 2° Je demande la suppression des servitudes rendues inhérentes à la profession par des usages désastreux pour tous ;
- 3° Je suis assez honnête, assez sûr de ma conscience pour tenir mes engagements ,
- h' Ma signature n’aura de valeur que si tous les teinturiers sans exception signent la cenvention.
- Ne pas signer celte convention, c est accepter la situation comme bonne, c’est consentir à ce que dans l’avenir, les bas prix amènent des prix plus bas encore.
- C’est la guerre des capitaux, c’est l’écrasement des petits industriels par des entreprises que nous prévoyons et que nous voulons éviter, etc., etc.
- L’assemblée manifeste chaudement son approbation à des paroles si justes et qui présentent si bien la situation.
- M. le secrétaire lit le projet de convention qui suit :
- PROJET DE CONVENTION
- ENTRE TOUS LES TEINTURIERS SPÉCIALISTES
- SE RATTACHANT A L’INDUSTRIE DE LA TEINTURE ET DU NETTOYAGE.
- Tout teinturier ayant atelier petit ou grand peut signer la convention
- Article premier. — Tous les adhérents à la présente convention prennent l’engagement d’honneur, ratifié par leur signature, d’en observer tous les articles et toutes les conditions.
- Art. 2. — Il est créé un tarif minimum des travaux pour confrères, dont le texte sera annexé à la présente convention, et sur lequel il ne sera fait aucun escompte, aucun rabais, explicite ou implicite, sauf la bonification facultative des centimes sur les relevés. Ce tarif minimum devra être appliqué à quiconque n’aura pas adhéré à la présente convention.
- Art. 3.— Les conditions spéciales de rabais et d’escompte faites avec certains confrères antérieurement à la convention, devront être rigoureusement supprimées à partir du 31 août 1693.
- Les conditions spéciales conclues ou à conclure entre les signataires de la convention pourront toujours subsister.
- Art. 4. — Les articles dits « maison » ne seront plus faits gratuitement.
- Art. 5. — Tous les articles, même les petits coupons (faits à l’échantillon), seront augmentés de 50 centimes.
- Art. 6. — Les rosages, bleutages, crémages (sur échantillons), seront comptés au prix de la teinture.
- Art. 7. — Tous les petits échantillons (faits à l’échantillon), pour les clients, à titre d’échantillon ou d’essai, seront comptés 40 centimes.
- Art. 8. — Les délais accordés pour les règlements ne devront jamais dépasser soixante jours après chaque mois d’ouvrage arrêté.
- Art. u. — Tout teinturier usinier s'engage à établir, pour sa clientèle bourgeoise, des prix supérieurs d’au moins 30 p. liO au tarif minimum.
- Les teinturiers pour confrères s’engagent à faire observer la même augmentation pour leurs clients confrères, sous peine de ne plus travailler pour eux.
- [Cet article n’a pas été adopté par l’assemblée).
- Art. 10. — Un conseil de surveillance, nommé par tous les adhérents à la convention, sera chargé d’assurer la bonne exécution du présent contrat.
- En cas de contravention, le conseil de surveillance appellera devant lui le délinquant qui, s’il ne s'est pas justifié, sera considéré par ses confrères comme ayant forfait à l’honneur. Tous les adhérents, réunis en assemblée générale en seront officiellement avertis, et aviseront, à la majorité des membres présents, sur ce qu’ils auront à faire.
- Art. 11. — La présente convention est acceptée par les soussignés, pour un an à partir du l«r septembre 1893. Tout contractant pourra se dégager en adressant sa démission au conseil de surveillance, par lettre recommandée, un mois au moins avant l’expiration dudit engagement.
- Huit jours avant l’expiration du contrat, les contractants se réuniront en assemblée générale. Les démissions leur seront communiquées, et d’après leur nombre, les adhérents décideront, à la majorité des membres présents, s il y a lieu de rompre la convention intervenue un an auparavant, ou de la continuer.
- Une courte discussion a lieu sur ce projet ; l’attention de l’assemblée se concentre sur les articles 3 et 9.
- Plusieurs assistants voudraient que l’art. 3 fût un peu moins absolu, et autorisât, dans certains cas, un escompte de 2 à 3 OjO, sur paiements au comptant.
- L’assemblée voit un danger à ouvrir une porte à des faveurs arbitraires, et rejette la proposition.
- Quant à l’article 9, il est supprimé à l’unanimité, l’assemblée le trouvant impraticable.
- Les autres articles sont adoptés à l’unani-
- mité des 28 teinturiers présents (quel,,,, assistants se sont retirés an «, "*ueî séance). “ COUrs d« la
- Et afin d’arriver à une entente e(a&n] une lettre personnelle sera adressée à tou., ' absents, leur demandant leur adhésion. “ Séance du 10 juillet 1893 Les affaires courantes sont expédiées,
- viennent
- Puis
- Une démission de M.Hallu, Georges tée à regret. ’ cceP'
- L’examen de la proposition de M. g . relative aux serges d’enseigne pour lesquel^’ si la corporation, n’est pas disposée à la S’ pression complète, on pourrait au moins ad?' ter un attribut symbolique qui serait déposé ^
- Tribunal de commerce, et serait le
- Monopole
- exclusif delà Chambre syndicale.
- Le comité ne se montre pas partisan de 1 suppression des serges, mais l’idés de la Cré3 lion d’un attribut professionnel mérite d’èir3' étudié, et pourra être examinée à une Dr 6 chaine séance.
- Par ce moyen, en effet, en conservant l’enseigne traditionnelle et bien distinc tive des teinturiers, on pourrait lui donne"r un caractère spécial, que le public arriverait bientôt à connaître, et qui lui signalerait les véritables teinturiers de profession. Cette idée est très pratique, mais elle ne sera pasappij quée, ou moins ouvertement, par les membres de la Chambre syndicale travaillant pX confrères, craignant d’indisposer leurs clients
- Il est donné communication de circulaire: au sujet de la composition du comité des élections consulaires. En cette question, la Chambre désire se tenir au procédé suivi l’an passé et dont les résultats lui ont donné satisfaction.
- M. le président donne lecture de plusieurs communications de la Chambre syndicale de Lyon : procès-verbaux de séances, comptes-rendus du banquet annnel et discours. Ces documents feront l’objet d’une publication ultérieure (1).
- Puis avant de suspendre les réunions jusqu’au premier lundi d’octobre, M- le président souhaite la bienvenue à M. Labbé, de Montpellier, membre correspondant, présent à la séance.
- C’est une heureuse idée, dit il, qu’ont nos confrères de province, lors de leur passage à Paris, de venir assister à nos séances.
- La Chambre syndicale devient ainsile lieu de réunion de la grande famille de la teinture; chacun y rencontrera toujours l’empressement le plus confraternel, l’accueil le plus sympathique.
- La Chambre syndicale ayant adressé aux teinturiers et assimilés de la région parisienne une circulaire pour provoquer des adhésions
- (t) La Reçue de la Teinture, no de juillet dernier, p. 104, a publié une relation de la fête lyonnaise et de la visite à Lyon des délégués parisiens.
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- LA REVUE UE LA TEINTURE
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- à la convocation adoptée en l’assemblée plénière du 26 juin, a aussitôt recueilli les signatures des 49 confrères dont les noms suivent :
- MM. André, Auberlet, Aubry, BabilloD, Barbé, Barbin, Parriand, Blondinat, Bressand, Censier, Dubois, Flamand, Fleury, Gira^don, Goujaud, Guerre, Grosso, Hallu Emile, Hallu Georges, Héraut, Heurtebite, Jolly, Lallement, Lebailly, Lesport, Letouroeur (de Rouen), L’Huillier, Manoughian, Mars, Meyer, Michon, Monnat, Morel, Orliac, Paquereau, Peneau, Petitjean (d’Argenteuil), Petitdidier, Piot, Pou-lachon, ve Provot, Quillet, Rollet, Rouchon, Tabouret, Tissier, Tnpinier, Turel et, Vinois.
- D’autres adhésions sont depuis arrivées, et ce mouvement se continue peu A peu ; il n’est pas douteux que toutes les maisons importantes s’y rallieront. Il nous semble qu’il ne faudrait pas renoncer à l’application de la convention pour quelques mauvaises volontés calculées que l’on pourrait rencontrer de la part de teinturiers n’ayant pas ass°z de consistance pour que leur concurrence aux contractants ait un effet sensible.
- La Revue de la Teinture publiera le tarif élaboré par la Chambre syndicale.
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- SUR LE VAPORISAGE
- DES TISSUS IMPRIMÉS
- ET LE RAPPL1QUAGE
- Par M. E. JACQUET
- Le but de ce travail est de résumer une série d’expériences sur le vaporisage et principalement sur les causes du rappliquage et sur les moyens de l’éviter.
- Le rappliquage ne le produit pas toujours de la môme façon ; dans certains cas, il est dû à un état hygrométrique particulier de la couleur, qui décharge par simple contact; dans d’autres cas, et ce sont les plus fréquents et les plus importants, le transport de la matière colorante se produit par sublimation, la vapeur servant de véhicule de transport.
- Il résulte de cette propriété de certaines matières colorantes de graves inconvénients et surtout des accidents de fabrication regrettables.
- Les expériences que j’ai entreprises portent principalement sur les couleurs d’alizarine, qui sont de toutes les couleurs celles qui donnent les rappliquages les plus redoutés.
- Tous les essais de vaporisage ont été faits horizontalement et verticalement et les résultats ont constamment démontré que la position horizontale favorisait sensiblement le rappliquage; cette conclusion est rationnelle, la matière colorante entraînée suivant la marche de la vapeur.
- II est presque superflu de dire qne la composition des couleurs et la nature du mordant ont une influence considérable. Un rouge imprimé sur tissu non huilé rapplique infiniment plus que le même rouge sur tissu huilé ; même une couleur rouge puce ou violet alizarine, rappliquera d’autant plus que le mordant sera plus acide, surtout si l’acidité de ce dernier provient d’un acide fort, tel que l’acide sulfurique, d’un sulfate d’alumine ou de chrome incomplètement décomposé.
- On peut tirer de ces faits une déduction : c'est que la tendance au rappliquage diminue en raison de la rapidité avec laquelle la laque peut se former.
- Il ne s’ensuit pas, cependant, que l’on doive préconiser d’une façon générale les mordants neutres, car la rapidité de la fixation de certaines couleurs a lieu au détriment de leur solidité ; c’est le cas, entre autres, pour les puces alizarine au chrome.
- Ces données préliminaires étant établies, il était intéressant de connaître dans quelles conditions la matière colorante entraînée se fixait le plus facilement par appliquage et de voir comment il serait possible d’éviter cette fixation. Comme source de rappliquage, j’ai employé un rouge alizarine ordinaire imprimé avec un fond très chargé, et j’ai vaporisé en contact de ce rouge les différentes préparations suivantes :
- lo Tissu blanc;
- 2o Tissu préparé en huile pour rouge, 40 gr. par litre et acide;
- 3° Tissu mordancé en alumine ;
- 4° Tissu mordancé en alumine et préparé en huile pour rouge.
- Le rappliquage, après savonnage, était nul sur tissu blanc. 11 est à peine sensible sur tissu huilé; par contre, il est d’une intensité excessive sur tissu préparé en alumine.
- J’ai répété ce même essai en imprimant sur ces différentes préparations du rouge d’aîiza-rine avec un dessin fond blanc aussi écarté que possible, de façon à ne pas masquer le rappliquage.
- Le résultat, ainsi qu’il était facile de le prévoir, a été tout différent. Les quatre préparations étaient assez fortement rappliquées et la préparation en alumine plus que les autres.
- La déduction s’impose d’elle-môtae : c’est l’alumine, dans ce cas, qui est la source du rappliquage, et il faut, pour opérer la fixation de l’alizarine sublimée, des quantités tellement faibles de mordant que h mince couche de couleur déposée sur le tissu par le fartage du rouleau d’impression contient suffisamment d’alumine pour retenir les vapeurs d’alizarine.
- Une preuve de ce fait, c’est que de deux échantillons rouges d’alizarine imprimés sur tissu non préparé l’un au rouleau, l’autre à la planche, le premier mis en vapeur en contact d’un dessin chargé accusera un rappliquage considérable, môme après un fort savonnage,
- tandis que l’autre n’en conservera aucnne trace.
- Comme autre preuve, on peut citer le fait que le rappliquage se produit toujours à l’endroit du tissu, c’ess-à-dire du côté imprimé qui a été fardé par l’impression et jamais à l’envers, quand même c’est ce dernier côté du tissu qui s’est trouvé en contact de la couleur rappliquante.
- La cause du mal étant connue, le remè ie se présente tout naturellement : il faut empêcher le mordant déposé pas le fardage de se fixer et pour cela il suffit d’introduire dans le tissu une faible quantité d’une substance faisantré-serve-, l’acide citrique remplit particulièrement bien ce rôle et on peut l’ajouter au bain de préparation en sulfoléate.
- Les expériences faites sur le rouge ont été répétées sur les puces et violets d’alizarine et ont abouti aux mômes conclusions, en sorte que l’on peut dire d’une façon générale qu’il est possible d’éviter le rappliquage en entravant la fixation du mordant qui est déposé sur le tissu par le rou'eau d’impression.
- (Industrie textile)
- BREVETS RÉCENTS
- intéressant les industries tinctoriales
- 222145. — Camphausen, Brien et Koch.— Machine à apprêter les tissus.
- 229159. — Kurk et Lee. — Perfectionnements aux machines à presser et apprêter les tissus.
- 229215. — Cousin frères. — Métier à glacer et polir la ficelle, le fil de lin et tous autres textiles.
- 229242. — Fabmer et Storey. — Perfectionnement aux machines employées dans la fabrication du linoléum, du Ramptulicon et autres toiles cirées analogues.
- 229328. — Illingworth. — Perfectionnements aux méthodes de pressage à chaud et d’apprêtage des tissus.
- 229348. — Meyrneis. — Application de planches en papier ondulé au pliage des tissus, dentelles, passementerie.
- 229380. — Bonnet. — Papiers vitraux et procédés pour les fabriquer.
- 229401. — Gillet et fils. — Application de Pair ou de l’eau comprimés à l’essorage des tissus et écheveaux.
- 229449. — Petitjean. — Fabrication de papiers peints imitant les faïences émaillées.
- 229451. — Petitjean. — Perfectionnements dans la fabrication des papiers peints-
- 229493. — J. Wulfing et Sohn. — Nouveau genre de porte-bobine pour machines à teindre, etc.
- 229256. — Gessnet. — Tondeuse mécanique perfectionnée.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- L’Exposition universelle de 1900. —
- Le Journal officiel a publié le texte d’un décret portant organisation des services de 1 Exposition universelle de 1900.
- Ce décret est précédé d’un rapport du ministre du commerce au président de la République, dans lequel M. Terrier expose les raisons pour lesquelles il lui paraît utile de fixer dès aujourd’hui une organisation des services de l’Exposition.
- Par un second décret, M. Alfred Picard, président de section au conseil d’Etat, rapporteur général de l’Exposition universelle de 1900, est nommé commissaire général de l’Exposition universelle de 1900.
- Enfin un arrêté ministériel nomme les directeurs des services généraux comme suit:
- Le président de la chambre de commerce de Paris, M. Delaunay-Belleville, est nommé directeur général de l’exploitation, et aura auprès de lui, comme directeur général adjoint, M. Dervillé, président du tribunal de commerce de Paris, dans les attributions duquel se trouvera spécialement placée la section française.
- La direction des services de l’architecture est confiée à M. Bouvard, inspecteur général des services d’architecture de la ville de Paris ; la direction des services de la voirie à M. Huet, directeur administratif des travaux de la ville ; la direction des finances à M. Gri-son, qui occupait déjà ces fonctions à l’Exposition universelle de 1889.
- —o—
- Légion d’honneur. — Une promotion dans la Légion d’honneur, sur la proposition du ministre du commerce, de l’industrie et des colonies vient d’avoir lieu.
- La teinture et les tissus y sont à peine intéressés ; nous y relevons seulement le nom de M. Ancelot, fabricant de dentelles et de broderies à Paris.
- —o—
- Les teinturiers d’Amiens.—Une crise très grave règne dans l’industrie amiénoise des velours de coton ; elle provient d’un différend entre fabricants et teinturiers.
- En mars dernier, nous rappelions dans no -tre Chronique et nos Informations qu’une grève avait éclaté dans cette ville et que les teinturiers y étaient intéressés ; cependant les patrons teinturiers accordaieutà leurs ouvriers l’augmentation demandée si les fabricants voulaient hien supporter le supplément de prix des teintures qui en résulterait, mais les fabricants n’acceptèrent pas la combinaison. j
- Le trava:l reprit néanmoins, et depuis lès teinturiers, à défaut d'augmentation, ont voulu au moins régulariser les conditions d’application de leur tarif; les fabricants s’y refusent.
- Le Journal d’Amiens expose ainsi les arguments de ces derniers :
- « Jusqu’à présent, tous les teinturiers tei-
- gnaient au même prix nominal, mais il y avait des variations d’escompte (entre dix et vingt pour cent) et des remises au commis de deux et au-dessus.
- « 11 était tout naturel que le négociant qui donnait deux mille pièces à la teinture eût un plus fort escompte que celui qui en donnait deux cents. Puis le désir de faire des affaires poussait à des inégalités d’escompte et au grossissement des remises. On réglait à60, 90 jours, avec du papier non banquable et presque toujours avec des broches.
- « Le négociant était aussi libre de faire couper et duveter ses pièces dans une maison, teindre dans une seconde et apprêter dans une troisième.
- « Aujourd’hui tout est changé.
- « Sous le nom de Société générale des teinturiers et apprêteurs d’Amiens, les teinturiers veulent imposer un tarif uniforme payable fin de mois, en espèces, avec escompte de dix pour cent, entre les mains du direc-/ teur de la société, afin d’éviter toute dérogation au règlement. Toute pièce remise en demi-blanc dont la première préparation n’aurait pas été faite par un membre de la société, devra payer celle-ci une seconde fois.
- « Par contre, les teinturiers ne s’interdisent pas de teindre pour les maisons du dehors, qui achètent les velours écrus et les font teindre moyennant une simple commission par un intermédiaire.
- « Les teinturiers répondent aux négociants en montrant leurs prix de revient qui sont, disent-ils, ruineux. Il y a des augmentations de salaires qui avaient leur raison d’être après la grève, mais d’autres qui sont fort contestées.
- « Que va-t-on faire ? Roubaix se prépare à teindre.
- « Laissera-t-on partir nos velours comme nos lainages et nos impressions ?... »
- Les fabricants ont, enfin, déclaré qu’ils lutteraient jusqu’au bout pour résister à ce qu’ils appellent les exigences des teinturiers.
- Ils ont donc déclaré la grève contre les maîtres teinturiers et apprêteurs depuis le 9 septembre.
- Ces derniers n’ont pas reçu une seule pièce de velours à apprêter depuis cette date ; cette grave situation cause une panique générale sur la place.
- L’industrie du velours, qui n’occupe pas moins de sept mille ouvriers tisseurs, coupeurs à la main, teinturiers et apprêteurs, subit un chômage forcé.
- Si de part et d’autre on ne se montre conciliant, il est évident que l’industrie du velours de coton subira un déplacement et la prospérité d’Amiens en sera gravement atteinte.
- Nous ne pouvons, quant à nous, blâmer les teinturiers de limiter les escomptes arbitraires, et de demander des règlements moins longs, suitout avec du papier non négociable; ils pourraient sur les autres points en litige faire quelques concessions, et fabricants et teinturiers sortant de leur absolutisme intraitable, conjurer les désastres commerciaux
- qui menacent leur ville et leur propr^T" tion. v pre situa.
- —o—
- Une nouvelle loyage. — Le fisc
- industrie du «
- - 1,6 nsc vient de déconw eU singulière industrie sur laquelle ni Une s'engager, car les sommes do"5?'8
- fonrl lûcô Al *. JL il g0
- considé.
- prétend lésé s’élèvent à un^ie^ Ü Se
- rable.
- L’hiver dernier, une association était due entre M. Trébillot, étudiant en drn u?®’ Faculté de Bordeaux, et un ancien ouvr 4 la la maison Grimaud, M. Auzerie 0 • de trouvé le moyen de nettoyer lestaVait cartes et de leur donner le même 6Ules
- les neuves. Pec^qua
- Un atelier fut installé à Bordeaux Du-résultats étant satisfaisants, une *nc'S’les fut ouverte à Toulouse, et, dernièreme^?!9 maison venait s’installer à Paris A ’ a procédé de M. Auzerie, le jeu de cartes^ ‘9 vant être nettoyé quatre fois, revenait à ' rante centimes. ^Ua*
- Le fisc s’émut et une descente fut faite Charonne, chez MM. Auzerie et Trébillot ’ ^ loin de dissimuler leur industrie, donnèr^*’ au contraire, toutes les explications n^’ saires.
- Un rapport fut adressé à l’administratio et, quinze jours après, une saisie dumatén fut opérée.
- M. Trébillot, interwievé, se prétend dans son droit, et se déclare prêt k soutenir un procès envers le fisc.
- Il nettoie en moyenne 1,500 jeux par Se maine, et convient que cela peut causer au
- Trésor une perte annuelle de 2 millions en viron, sur 4 que lui rapportent les jeux de" cartes.
- Le nettoyage des cartes se fait de la ma. nière suivante :
- Elles sont trempées pendant trois minutes dans des bains d’une composition spéciale probablement de benzine, puis séchées et remises dans un nouveau bain, où elles acquièrent la souplesse et l’imperméabilité;cela doit être une dissolution de paraffine dans de la benzine. Elles passent alors par la machine à glacer et il ne reste plus qu’à dorer les coins après avoir taillé les bords de la carte usée. L’opération pour un jeune dure pas plus de dix minutes.
- Ajoutons que la direction des contributions indirectes veut poursuivre MM. Auzerie et Trébillot en vertu d’un texte de loi d’après lequel « toutes cartes relavées, recoupées ou réassorties, vendues sous bandes ou sans bandes, seront confisquées et le vendeur puni d’une amende de 1,000 fr. »
- Mais ici, il ne s’agit pas d’un commerce de vieilles cartes régénérées ; c’est un simple travail à façon, dans lequel les cartes ne sont ni achetées ni revendues, et ce cas n’a pas été prévu par la loi.
- Or, ce qui n’est pas défendu est permis.
- Le Gérant : F. Gouillon. ; Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE (ARDENNES»
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- LA REVUE DE
- LA TEINTURE
- 5e Année, N° 10.
- ET DES COLORATIONS
- INDUSTRIELLES
- <893
- F. GOUILLON, Directeur, “
- SCI Ë NTI/V • ET - N EGOTIUM
- 3, Rue du Trésor, PARIÉ
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- SOMMAIRE
- Chronique. — Revue des matières colorantes nouvelles. — Affaiblissement des cotons par les mordants de fer. — Affaiblissement des cotons par l’acide tartrique. — Production d’indigo sur la fibre. — Couleurs d’application par voie humide. — Teinture et impression par mordançage préalable. — Noir d’aniline sur coton brut. — Décoration des tulles. — Système perfectionné d’impression du calicot.
- Procédés divers : Bleu-Chicago ; Gris-Congo ; Formules diverses ; Mordant de tungstate de soude.
- Chronique industrielle. — Grilles de foyers. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale parisienne.—Lettres d’un teinturier-dégraisseur. — Désinfection des locaux. — Les anciennes réglementations des teinturiers. - — Sel d’indigo. — Brevets récents (catalogue). — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- Nous sommes dans une période politique; les discussions d’affaires sont reléguées à plus tard : peut-être n’est-ce pas un mal, car les lois nouvelles ne font qu’opprimer l’industrie et le commerce.
- Mais il nous arrive d’Amérique des nouvelles favorables aux affaires : c’est d’abord l’abrogation de la loi Sherman, qui obligeait le Trésor à des achats mensuels d’argent et qui avait été la principale cause de la crise que traversent les Etats-Unis ; ce soulagement du métal obligatoirement accumulé, va aider le marché américain à revenir à un état plus normal.
- Et comme conséquence de ces résultats espérés, le gouvernement des Etats-Unis élabore une réforme radicale de son régime douanier qui apportera de sérieux adoucissements aux clauses de Mac-Kinley ; nous donnons quelques indications à ce propos dans notre chapitre des « Informations ».
- L’Espagne aussi modifie son régime économique, et négocie en ce moment des traités avec la plupart des nations européennes, mais ce que ce pays surtout désire, c’est une bonne convention avec la France, car il sent bien que tous les autres traités réunis ne peuvent compenser pour son commerce la perturbation apportée aux relations des deux pays, par l’état de demi-hostilité dans lequel ils vivent actuellement.
- Nous devons désirer aussi de faire renaître l’accord avec cette nation voisine et amie
- Parmi nos industries, celle des soieries traverse une véritable crise, et la fabrique lyonnaise, qui s’est toujours montrée libre-échangiste, attribue en partie cette situation à nos lois écono -miques.
- Mais, ajoutent les journaux locaux, les nouvelles que l’on reçoit des marchés de consommation de l’étoffe, indiquent des velléités de retour à un état de choses plus normal.
- La place de Lyon est assez visitée en ce moment, par les représentants des maisons de Paris et d’Amérique, mais il n’a pas, pour cela, recouvré beaucoup d’animation. Ces acheteurs se renseignent longuement, hésitent et finalement opèrent par petits achats très fractionnés et portant sur de nombreux tissus sans favoriser ni mettre en relief aucun article de fond.
- Les genres qui, dans le tissage mécanique, montrent le plus de mouvement, sont les façonnés, la double teinte en pièce, le sergé, la polonaise grège tramée coton, le damas chaîne grège tramé schappe, la brocatelle chaîne grège tramée coton, l’étoffe du Levant, le velours poil schappe, le damas cuit noir, le mouchoir façonné au carré, etc.
- Les articles en défaveur sont les côtelés, le pongée tout soie, la pochette, le satin grège, le china, la florentine, la marceline, le crêpe de Chine, les petits façonnés teints en flotte, la cache-mirienne façonnée et teinte en flotte, l’armure teinte en flotte, l’étoffe pour parapluie teinte en flotte, le satin chaîne cuit, tramé coton, etc.
- Le crêpe lisse, la mousseline, la grenadine et autres articles à torsion se réveillent un peu.
- A Lyon, dans les ateliers à la main, le nombre des métiers inactifs s’est accru notablement. En façonné, l’on tisse en faible quantité, des damas noir et couleur, des nouveautés à 2 lais et de
- la gaze soie et coton ou4&ULSoie en 120 centimètres de largeur. En uni, la fabrication est réduite à la moire couleur, à quelques armures diverses et au velours uni tout soie.
- A la campagne, de même qu’à la ville, les ateliers à bras sont en partie dépourvus de travail. Cette accalmie est toutefois moins accusée dans l’Ain et le Dauphiné, où la bengaline tramé laine et la faille gros grain ont été remplacées par la petite faille couleur et le taffetas cuit.
- En résumé, c'est du calme de tous côtés.
- La température relativement élevée de la dernière quinzaine n’a pas été très favorable au commerce de détail des tissus de laine et de la bonneterie, malgré l’approche des fêtes de la Toussaint.
- La fabrique d’Elbeuf, ditLe Jacquard, paraît avoir subi le contre-coup de la déception éprouvée par le commerce, car peu d’ordres ont été reçus. Ce n’est que partie remise, sans doute ; la saison ne fait que commencer, du reste, et les besoins sont grands, mais les commissions d’été sont relativement faibles.
- A Roubaix-Tourcoing, on se plaint également de la douceur anormale de la température.
- La saison d’été cependant se dessine bien. Les articles jacquard, tant en pure laine qu’en coton, semblent être assurés des faveurs de la mode. Ce sont, pour la robe, les petites dispositions qui obtiendront surtout du succès; il se fait, d’ailleurs, des dessins de petites rayures, motifs en fleurs du meilleur goût.
- Pour la saison d’été, on croit aussi que les écossais trame laine et chaîne coton, ou trame et chaîne laine avec filets de soie auront encore du succès. Les genres confectionnés, bouclés, les petites armures jacquard, les serges, la draperie commune sont très recherchés.
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- 11 s’est fait, enfin, quelques affaires en foulés et sublimes.
- A Reims, il y a en général un bon courant régulier sur les principaux tissus de la place, notamment en nouveautés, et c’est le façonné laine peignée qui est le plus en faveur.
- Il y a un peu de calme à Rouen dans le commerce des cotonnades ; ce n’est pas le moment des grands achats, mais des petits ordres et des réassortiments alimentent les affaires. Les tissus pour l’exportation montrent une certaine activité.
- Les genres les plus recherchés sont toujours les longottes, les écrus, le calicot pour impression, le pilou, la belle rouennerie et les tissus légers.
- En indienne, il ne se fait que des réassortiments en attendant les nouveaux dessins qui doivent paraître prochainement.
- La crise du charbon en Angleterre, les grèves à Verviers causent de grands troubles dans les industries de ces pays. A Berlin, il y a peu d’affaires dans la branche des textiles, sauf sur les tapis.
- *
- * *
- En ce qui concerne le nuançage des draperies, Les Tissus nous disent :
- L’évolution maintes fois signalée à l’égard des teintes foncées se maintient. 11 est de bon ton de porter du foncé et cela tend à se propager ; pour ce motif, on conseille de faire toujours plus de couleurs sombres et de diminuer le nombre des claires qui ne seront pas délaissées brusquement à cause de l’entraînement acquis.
- Dans les étoffes d’une seule nuance que l’on présente habituellement par séries variées, il y a deux teintes qui obtiennent une vogue plus grande qu’aucune des autres. L’une est le « ma-rengo », mélange très foncé de foncé de noir et blanc dont nous annoncions le succès l’an passé.
- L’autre est née par contraste avec les bleus dont on a épuisé toutes les teintes. Parmi les couleurs présentées à chaque saison par les négociants pour un remplacement qu’ils prévoyaient prochain, se trouvaient des marrons clairs. Ceux-ci ne paraissaient point plus remarqués que les autres, quand tout-à-coup, et pour ainsi dire inopinément, les élégants leur firent un accueil
- si général que le succès devra, suivant toute apparence, être durable.
- Et pour ce qui est des étoffes de dames, nous trouvons la nomenclature suivante dans une Revue de mode assez bien renseignée :
- Les cheviottes et les serges, dit-ellê, se font surtout en bleu marine, noir et crème. Selon la côte, la souplesse ou la sécheresse du tissu, on le baptise de tous les noms qui touchent à la marine : matelot, pilote, maître-quart, enseigne, aspirant, torpilleur, vice-amiral, gulf-stream, aviso, grand-mât, etc., etc.
- Puis viennent les cheviottes de couleurs autres, telles que : le homespun, l’Alpin-Club ; la peau de Russie, brillante et souple, d’aspect très riche ; la peau de Suède, à longs poils, épaisse et souple ; le Mont-Rose, une vigogne neigeuse d’une très grande élégance ; le Strand, encore une cheviotte chinée couleur sur fond noir ; le Cromwell ; la Flamande, une fine diagonale sur fond satiné ; le Middleton, une toile de sac neigeuse, rugueuse et bourrue ; l’East-bourne, une armure craquelée d’une haute nouveauté ; le nid d’abeilles, une armure alvéolée ; l’illusion, une armure tulle sur fond changeant ; le Queen’s town, une popeline d’Irlande ; le Lalla Roukh, une popeline semée de pois de soie.
- * *
- Les cartes de nuances pour l’été viennent de paraître ; elles ne reproduisent pas absolument tous ces titres qui sont légèrement fantaisistes.
- Signalons comme autres publications et d’un tout autre caractère, les ouvra • ges suivants qui viennent de paraître :
- 1* La Pratique du Teinturier, par M. Jules Garçon ; l’ouvrage comprendra trois volumes. Le premier, qui traite des cc méthodes et des essais de teinture », est paru; les suivants, qui auront plus de développements, comprendront « le matériel de teinture », puis « les procédés spéciaux de teinture »; le volume publié fait bien augurer des suivants; nous en publierons une notice spéciale.
- 2° Le Traité des Apprêts, par M. J. Depierre. C’est une nouvelle édition du même ouvrage dont la première s’est enlevée assez rapidement, ce qui démontre la faveur avec laquelle ce livre a été accueilli.
- F. Gouillon
- JAU VUE
- DES MATIÈRES COLORANTES NOUVELLES
- AU POINT DE VUE
- DE LEURS APPLICATIONS A LA TEINTURE
- Par Frédéric ReverdiN (i)
- Les « Farbenfabriken vcrmals Frieri Bayer et C° » ont introduit, ces derniers m ^ dans le commerce un nombre considérabl °a ’ nouvelles matières colorantes, suite des' no mbrables brevets que prend’cette maison11' qui représentent une grande somme de ^ vail. lra~
- Parmi ces nouveaux produits, le Bleu acid so!ide B fournit sur laine une jolie nu ° bleue et brillante ; on teint sur bain acide^ présence d'acide sulfurique et de sel de G1 ^ ber, en entrant la laine a 30°-40° et portant^
- l’ébullition qu’on maintient pendant une heure3
- le bain s’épuise bien et les nuances obtenues sont bien égalisées. La teinture est solide au foulon et aux acides-, cependant l’acide sul[u. rique étendu la fait très légèrement verdir-cette matière colorante s’associe très bien aux autres couleurs acide3.
- Sous le nom de Fuchsine-acide solide la maison livre une nouvelle couleur rouge avec laquelle on teint de la même manière qu’avec la précédente.
- Le Brun-sulfone R et le Brun-sulfone foncé appartiennent à une série peu nombreuse jusqu’ici de matières colorantes, qui, tout en fixant sur laine sans l’emploi des mordants fournissent cependant des teintures solides au foulon ainsi qu’aux acides • quoique leur résistance à la lumière soit bonne, elle n’égale pas celle du bleu d’anthracène.
- On teint en entrant la laine à 50* dans un bain additionné de 3 à 5 pour 100 d’acétate d’ammoniaque, et on porte au bouillon qu’on maintient lj2 à 3[A d’heure.
- U est bon pour épuiser le bain, lorsqu’il s’agit de nuances foncées, d’y ajouter encore 1 à 2pour 100d’acide acétique.
- Le brun-sulfoné foncé est plus spécialement destiné à couvrir d’autres nuances.
- Ces deux matières colorantes ne sont recommandables que pour la teinture ou l’impression de la laine; il n’en est pas de même du nouveau Bleu Victoria B qui est aussi intéressant pour la teinture et l’impression du coton que pour celles de la soie et de la laine.
- Ce nouveau bleu se fixe sur laine en bain acide ou neutre ; mais tandis que le bain neutre s’épuise complètement, le bain acide ou additionné d’alun reste coloré ; on peut donc se servir de ce dernier bain lorsqu’on a l’occasion de le conserver. Cette matière colo-
- __________________________________________
- (1) Voir Reçue de la Teinture, numéro de septembre dernier, p, 126, et précédentes livraisons, les articles antérieurs de cette revue.
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- rante peut aussi être mélangée aux couleurs pour mordant de chrome, et s’applique encore au coton mordancé au tannin. Elle donne sur soie en bain de savon, des nuances fort brillantes.
- Un autre bleu livré par la même maison, le bleu brillant d’alizarine G, en pâte, est spécialement destiné à la teinture et à l’impression des tissus mordancés au chrome. La laine peut être mordancée, soit au bichromate, soit au fluorure de chrome, mais il n’est pas nécessaire, pour fixer cette matière colorante, d’une grande quantité de mordant de chrome. Lorsqu’on mordancé au bichromate, on obtient le meilleur résultat avec 1 1[2 à 2 pour cent de bichromate et 3[4 à 1 pour 100 d’acide oxalique ; avec le fluorure de chrome, il convient d’employer 2 à 3 pour cent de fluorure de chrome et 1 à Ij2 pour cent d’acide oxalique ; si l’on augmente les quantités de mordant, les nuances deviennent ternes et plus faibles. On peut teindre, soit en présence d’acide sulfurique, soit en présence d’acide acétique, en ajoutant au moins 2 à 2 0[0 d’acide.
- On peut aussi teindre dans un bain renfermant 10 0^0 de sel de Glauber et 1 0[0 d’acide sulfurique, puis, chromer dans le même bain par addition de 2 à 3 pour cent de fluorure de chrome.
- Les teintures sur laine faites avec le bleu brillant d’alizarine G, se distinguent par la beauté de la nuance, possédant un ton verdâtre qui n’est pas altéré par la lumière artificielle. Ces teintures résistent à la lumière, aux alcalis et aux acides, au même degré que celles qui sont faites avec les autres couleurs bleues d’alizarine.
- Les teintures sur soie mordancée au chlorure de chrome sont absolument solides au lavage et au savonnage.
- Parmi les matières colorantes substantives, c’est-à-dire se fixant directement sur coton non mordancé, les Farbenfabrïken vorm. F. Bayer et C°, ont introduit dernièrement diverses marques de Benzo cyanine (R, B et 3 B). Les deux premières marques s’emploient en teignant au bouillon pendant une heure dans un bain renfermant 10 pour 100 de sel de Glauber et 2 pour 100 de savon ; pour la marque 3 B, on recommande de teindre au bouillon pendant une heure en présence de 10 pour 100 de sel marin.
- La benzo-cyanique R donne une nuance bleue semblable à celle de la benzo-azurine G, tandis que les marques B et 3 B fournissent des nuances passablement plus vertes.
- Ces matières colorantes résistent mieux que d’autres couleurs bleues substantives aux alcalis, aux acides et au foulon.
- Enfin, nous trouvons encore parmi les récentes créations de la même maison une série de couleurs diazoïques qui se fixent aussi directement sur coton non mordancé, mais fournissent des nuances spécialement intéressantes, après avoir été diazotées sur la fibre
- et copulées avec divers développateurs, tels que le b-napthol, la résorcine, la diamine, la métaphénylène-diamine, etc.; tels sont les Bruns diazoïques G, V et R extra et les Noir-brillant diazoïques B et R.
- Nous ne reviendrons pas sur la méthode générale employée pour le mode de teinture dont il a déjà été question dans nos précédentes Revues. Une petite brochure de la maison F. Bayer et C° (1) donne tous les détails pratiques nécessaires pour l’emploi des couleurs diazotables sur la fibre ; disons seulement qu’en copulant le brun diazoïqueG après l’avoir diazoté sur la fibre, avec du b-naphtol, on obtient une nuance violet brun et avec la pbénylène-diamine, une nuance brune, lesquelles sont solides au savon, aux alcalis et aux acides, et que les noirs diazoïques fournissent suivant les développateurs employés, des nuances bleu-noir, vert bleuâtre, etc. En combinant ces « noirs » avec d’autres matières colorantes diazotables telles que le « Jaune de chloramine » ou la « Primuline », etc., on peut obtenir les nuances les plus variées.
- La maison Kalle et C°, à Biebrich-sur-Rhin, a introduit récemment dans le commerce, sous le nom de Jaune direct (G, 2 G et 3 G) et d’Orange direct R et 2 R, de nouvelles matières colorantes se fixant directement sur coton et destinées, soit à la teinture, soit à l’impression. Elles sont obtenues en partant de l’acide dinitrostilbène-sulfonique, qu’on prépare lui-même en traitant le paranitrotoluène-sulfonate de sodium par un grand excès de soude (Brevet français, 226635, du 24 décembre 1892. Moniteur scientifique, Brevets, juin 1893, p. 181).
- On teint le coton au bouillon pendant une heure dans un bain additionné de 8 à 10 grammes de sel marin par litre et de la qnantité vonlue de matière colorante; avec 1 pour 100, on obtient déjà des nuances très suffisamment nourries.
- Ces matières colorantes, qui peuvent aussi être employées comme mordants pour les couleurs basiques, se fixent aussi sur laine en présence de â pour 100 de sel de Glauber.
- La même maison produit depuis peu, sous le nom de « Sel d’indigo », une combinaison sul-fitique de la cétone orthonitrophényle-lacti-que, qui est elle-même un produit de condensation de l’orthonitrobenzaldéhyde et de l'acétone, découvert en 1882 par Baeyer et Drew-sen. Ce sel d’indigo, qui est soluble dans l’eau tiède, est spécialement destiné à l’impression des tissus.
- Le tissu est imprégné avec la solution de sel d’indigo, puis séché en le préservant de l’action de la lumière, on l'imprime ensuite avec un épaississant alcalin ; après impression on laisse sécher, puis on lave â l’eau pure, à
- (1) Yerfahren zum Farben, Diazotiren und Entwic-keln unsere diazotirungsfarben auf Baumwolle.
- l’eau acidulée et de nouveau à l’eau pure et on sèche.
- On peut aussi opérer inversement, c’est-à-dire imprimer avec le sel d’indigo et développer à la température ordinaire avec de la lessive de soude à 20-23- B.
- Les nuances obtenues sont plus brillantes que celles fournies par l’indigo naturel ou l’acide propriolique, elles sont aussi solides.
- La fabrication de ce « sel d’indigo » paraît réaliser un progrès dans la question de l’indigo artificiel. La cétone de l’acide orthoni-trophényle-lactique, considérée jusqu’ici comme intéressante au point de vue scientifique seulement, grâce aux recherches perspicaces des chimistes s’occupant de la fabrication des matières colorantes, trouve un emploi industriel sur lequel on fonde de grandes espérances, après avoir surmonté les difficultés de sa préparation.
- La « Manufacture lyonnaise de matières colorantes » a joint a son Bleu de métaphény-lène BB, introduit l’année dernière dans le commerce, une nouvelle marque R, spécialement destinée à la teinture du coton mordancé au tannin en nuance foncées et bronzées et possédant les mêmes qualités de solidité que la marque BB.
- La même maison vend sous le nom de Cya-nol extra, un nouveau bleu pour laine et pour soie d’une grande pureté de nuance.
- Ce nouveau produit, homogène, est destiné soit à la teinture directe en bleu, soit à la production des nuances composées en remplacement du carmin d’indigo et des autres bleus acides.
- La carte d’échantillon de la Manufacture lyonnaise montre tout le parti qu’on peut tirer de cette belle matière colorante pour les nuances mode et pour les nuances directes.
- Le cyanol extra est très facilement soluble dans l’eau chaude ; on teint la laine au bouillon avec addition de 10 pour 100 de sulfate de soude et k d’acide sulfurique.
- Les bains s’épuisent complètement en augmentant la proportion d’acide sulfurique.
- Il est avantageux, au point de vue de l’éclat des nuances de teindre dans des récipients en bois munis de serpentins en plomb et d’éviter l’emploi des récipients en cuivre.
- Les teintes les plus foncées ne déchargent pas au frottement; leur solidité aux alcalis est excellente, ainsi que la solidité à l’air et à la lumière, qui dépasse celle du carmin d’indigo.
- La laine mordancée au chrome se prête bien à la teinture avec le cyanol.
- On teint le cyanol extra sur soie au bouillon sur bain de savon coupé à l’acide sulfurique et l’on obtient des nuances bleu verdâtre d’une grande beauté.
- Le cyanol extra peut aussi être employé pour l’impression de la laine et de la soie.
- Nota. — Nous ayons reçu, pendant l’impression
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- de ces lignes, des échantillons de nouvelles matières colorantes (Noir Columbia R, Vert Columbia de l’Ak-tien-Geselscbaft fur Anilinfabrikation ; Cachou Dia-mine de la Manufacture lyonnaise et Brun Diazoï-que R extra de F. Bayer et Co), dont nous rendrons compte dans une prochaine Revue.
- (Moniteur scientifique).
- affaiblissement DES TISSUS DE COTON par Us mordants de fer destinés à la teinture Far M. Albert SCHKURER
- Communication à la « Société industrielle de Mulhouse ».
- Les essais portent sur deux couleurs . 1 une au pyrolignite de fer seul, 1 autre au pyrolignite de fer associé à l’acétate d’alumine.
- A. Couleur au fer.
- 1 kilo de couleur à l’amidon renferme 750 grammes pyrolignite de fer à 14° AB.
- B. Couleur au fer et acétate d'alumine.
- 1 kilo de couleur à l’amidon renferme 225 grammes pyrolignite de fer à 14° AB et 225 grammes acétate d’alumine à 10° AB.
- On a essayé la couleur au fer coupée de 1/2 et de 1 partie, en poids, d’épaississant.
- La couleur fer-alumine n’a pas été coupée.
- On a fait l’épreuve des résistances :
- 1° Après fixage, c’est-à-dire après suspension de douze heures dans un étendage marquant 36/40° au psychromètre d’August.
- Cette opération a été suivie d’un lavage.
- 2° Après fixage et dégommage en silicate de soude 20“ AB à 20 grammes par litre 1 1/2’ à 80®.
- 3° Après fixage et dégommage en CaO caustique à 20 grammes par litre 1 1/2’ à 50°..
- 4° Fixage et dégommage en CaO caustique à 20 grammes par litre 1 1/2’ à 96°.
- 5° Après fixage et dégommage en sel à bou-ser (phosphate de soude) à 20 grammes par litre 1 1/2’ à 80°.
- L’action alcaline du dégommage étant un peu courte (1 1/2’), if était à prévoir que des écarts de nature à fausser les résultats pourraient se produire.
- Pour parer à cette éventualité, on a préparé deux séries complètes d’échantillons et destiné la seconde à subir un vaporisage d’une heure, dans le but de faire disparaître les causes d’erreur en portant chaque échantillon uniformément à son maximum d’affaiblissement.
- Note. — Les coupures indiquées correspondent :
- 1 1/2 à 1 partie de noir -f- 1/2 partie d’épaississant.
- 2 à 1 partie de noir + 1 partie d’épaississant.
- Résultats des essais dynamométriques.
- PREMIER ESSAI
- Echantillons Après vaporisage
- non vaporisés. à une heure.
- Chaine Trame Chaine Trame
- — — — —
- Tissu blanc 100 100 100 100
- Après fixage et lavage à l'eau.
- Noir Al 85 93 82 78
- 11/2.... 81 90 83 87
- 2 85 92 86 83
- B 1 1/2.... 85 88 85 89
- Après dégommage silicate 804 ’ 1 1/2.
- Al 76 70 85 69
- 11/2.... 85 69 72 66
- 2 85 74 81 71
- B 1 1/2.... 81 75 82 69
- Après dégommage CaA caustique 50o 1 1/2.
- Al 92 73 80 68
- 1 l/2j.... 96 81 82 74
- 2 98 91 88 78
- B 1 93 78 78 66
- Apres dégommage CaO bouillante 4 '1/2.
- Al 83 68 81 63
- 1 1/2... 83 70 65 53
- 2 80 75 64 62
- B 1 1/2... 83 68 70 61
- Après dégommage en sel à bouser 800 1 112.
- A 1 103 87 93 76
- 1 1/2... 97 87 h7 66
- 2 98 88 93 74
- B 1 1/2... 07 82 96 76
- Note. — Chaque nombre est la moyenne de 10 essais.
- RÉSULTATS. — L’inspection du tableau précédent permet de se rendre compte des irrégularités produites par la trop courte durée de l’aciion alcaline du dégommage. Les échantillons vaporisés offrent des résultats qui concordent mieux. C’est de cette série qu’il convient de tirer les conclusions générales de l’essai :
- Il en résulte :
- Que l’affaiblissement du tissu n’est pas en rapport direct avec la concentration du mordant;
- Que la présence de l’acétate d’alumine ne semble pas jouer un rôle digne de remarque ;
- Que le tissu chargé des mordants de fer qui ont été employés a affaibli :
- Au fixage d’environ 15 0/0.
- Au dégommage en silicate de 20 0/0 en chaîne et de 50 0/0 en trame.
- Au dégommage en chaux à 50° de 20 0/0 en chaîne et de 30 0/0 en trame.
- Au dégommage en chaux bouillante de 30 0/0 en chaîne et de 40 0/0 en trame.
- Au dégommage en sel à bouser de 5 0/0 en chaîne et de 25 0/0 en trame.
- La différence de résistance entre la et la chaîne s’explique par la torsiL !“e grande de cette derrière, qui Ceut ,l P Us tains cas, opposer une certaine résis,, pénétration d’une couleur épaisse a
- Je ne chercherai pas à expliquer l’acli„„ . sel à bouser autrement que par une erreur ™
- deuxième essai
- Couleur A coupée d’une demi.parli d'épaississant.
- Moyenne deg essai,
- Chaine Tram,
- Tissu blanc 100 100 110
- Noir après fixage Noir après dégommage en silicate à 80° (20 gr. par 77
- litre) Noir après dégommage en 68 100
- CaO à 80° (20 g. par litre) Noir après dégommage en 75 85
- CaO à 100° (20 g. parfit.) Noir après dégommage en sel à bouser à 80® (20 gr. 76 95
- par litre) 75 93
- En effet, une deuxième série disparaître cette anomalie. d’essais a fait
- C’est à dessein que je fais figurer les résul tats de la trame. Ils sont de pure fantaisie et ne permettent aucune conclusion ; je les i^. glige. 11 n’en est pas de même de la chaîne dont les résultats concordent bien avec là moyenne du premier essai.
- Les différences produites dans le premier essai par la nature du dégommage disparaissent, et la conclusion qu’il est permis de tirer de ces deux essais, faits à près de dix ans d’intervalle, est que la fixation des mordants de Lr employés affaiblit, en moyenne, le coton de 25 0/0, quel que soit le dégommage auquel on ait recours.
- Note. — Avant l’essai dynamométrique tous les échantillons composant le deuxième essai ont été laves, passés en eau bouillante une demi-heure et vaporisés une heure.
- AFFAIBLISSEMENT
- DE LA FIBRE DU COTON
- par l’acide tartrique
- Par M. Albert SCHEURER
- Note présentée par la Société Industrielle de Mulhouse
- Dans un travail datant de 1858, Crace Cal-vert a signalé l’action destructive exercée par les acides organiques sur les fibres du coton. 11 a trouvé que ces fibres sont plus attaquées par la chaleur sèche que par le vaporisage.
- Les essais dynamométriques qui font l’objet de cette note confirment cette manière de voir dans ce sens qu’ils mettent en évidence faction énergique de la chaleur sèche.
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- Préoccupé de me rendre co mpte des causes de l’affaiblissement si variable que l’on observe dans les fabrications qui nécessitent l’emploi de couleurs à l’acide tartrique, j’ai modifié dans les limites les plus larges les conditions physiques d’un certain nombre d’échantillons avant et après le vaporisage.
- Une première série d’essais faits sur des tissus imprimés avec une couleur renfermant :
- 75 grammes acide tartrique sec ;
- 925 — eau de gomme (1),
- ne m’a pas permis d’obtenir les affaiblissements considérables que je désirais produire, et je n’ai pu en tirer qu’une indication assez vague, à savoir : que l’affaiblissement doit être en rapport ovec le degré de sécheresse de la vapeur.
- Passé
- Lavé en sel de
- Série non vaporisée Echantillon blanc non imprimé. 100 Echantillon imprimé séché à l’air
- froid........................
- Echantillon imprimé séché à
- 40/50°.......................
- Echantillon imprimé séché au
- tambour......................
- Echantillon imprimé séché au tambour avec séjour de 15’..
- Même série vaporisée 4 h. 3/4 à 98/99°
- Echantillon séché à l’air froid..
- Echantillon séché à 40/50°.....
- Echantillon séché au tambour..
- Echantillon séché au tambour
- avec séjour de 15'........
- N’ayant atteint, dans aucun de ces essais faits dans différentes cuves de vaporisage et à différents moments, le degré d’attaque que j’avais maintes fois constaté dans des tissus imprimés avec des couleurs à l’acide tartrique, j’ai dû rechercher la cause de cet accident dans les conditions qui précèdent le vaporisage.
- Dans ce but, on a fait les essais résumés sur le tableau suivant :
- Le passage en sel de soude a été fait avec :
- 10 grammes de sel de soude Solvay ,
- 1000 — eau ;
- 1/2 heure bouillant.
- Couleur : 75 grammes acide tartrique cristallisé.
- 925 grammes eau de gomme.
- Résultats. — Le séjour de l’échantillon pendant 15 minutes sur un tambour chauffé aux environs de 110° (?) a affaibli la fibre du coton à peu près autant qu’un vaporisage de 1 3/4 heure à 98.99°.
- — soude
- 100 90
- 93 92
- 87 86
- 87 80
- 75 68
- 63 65
- 63 63
- 60 62
- 48 45
- de ces essais
- Le séchage à 40/50° ne détermine pas une attaque sensiblement plus forte que le séchage à froid.
- L’affaiblissement dû au vaporisage se montre, dans ces essais, d’environ 25 0/0.
- D’autres essais de vaporisage m’ont donné des affaiblissements moindres et des résultats assez variables dans les limites comprises entre 15 et 25. Il est fort probable que le degré hygrométrique de la vapeur intervient dans cette question et que la vapeur sèche détériore la fibre plus que ne le fait la vapeur humide à la même température de 99/100°.
- PRODUCTION D’INDIGO
- Sur la Fibre
- (1) J’ai choisi la gomme Sénégal parce que les contours qui avaient produit les aocident» dont je recherche la cause, étaient épaissies au moyen de cet épaississant.
- La Société Industrielle de Mulhouse a reçu communication d’une note de M. Eugène Fischer sur la production de l’indigo sur tissu (séance du Comité de chimie du 12 juillet 1893).
- Mais nous trouvons en même temps un brevet de MM. Kalle et Ca pour ce même procédé, procédé basé de part et d’autre sur l’emploi de l’orthonitrophényllactocétone bi-sulfité.
- Le brevet expose ainsi cette méthode :
- L’orthonitrophényllactocétone, comme on sait, se transforme facilement en indigo par l’action des alcalis. Mais, par suite des difficultés de fabrication de la cétone et de son peu de solubilité dans l’eau, la propriété du composé mentionné ci-dessus ne pouvait cependant pas être utilisée dans l’industrie.
- MM. Kalle et C° ont réussi à transformer l’orthonitrophényllactocétone en combinaisons très solubles dans l’eau, en la traitant parles sulfites. Dans cette opération, les impuretés qui souillent d’ordinaire le produit brut, restent complètement insolubles. Traitées par les acides, les solutions aqueuses des nouvelles combinaisons donnent un précipité de cétone chimiquement pure ; traitées par les alcalis, elles fournissent directement de l’indigo.
- Pour préparer les nouvelles combinaisons, on procède, par exemple, de la façon suivante: On chauffe, tout en agitant bien, dix kilogrammes de cétone avec quinze kilogrammes d’une solution de bisulfite de soude à 35 0[0. A une température de 50-55®, l’émulsion d’abord formée disparaît rapidement, et il se produit une solution parfaitement claire, si la cétone employée était parfaitement pure. La combinaison avec le bisulfite de soude cristallise par le refroidissement sous forme d’aiguilles groupées concentriquement.
- Pour l’employer à la production d’indigo sur la fibre, on foularde ou on imprime la combinaison sur le tissu et on développe ensuite l’indigo au moyen d’une solution froide de soude caustique de 18 à 25 degrés Baumé, à l’aide de sels appropriés, tels que, par exemple, les carbonates, les borates ou acétates alcalins.
- COULEURS D’APPLICATION
- PAR YOIH HUMIDE Par M. Emile BLONDBL
- Communication à la Société Industrielle de Rouen
- L’oxyde stannique, convenablement combiné aux matières colorantes, telles que bois rouge, ou de Brésil (Lima, Sapan, Sainte-Marthe) ou campêche, fournit dans le premier cas des nuances rouge-cramoisi, dans le second des violets.
- Quoique l’oxyde aluminique fournisse, avec les mêmes matières colorantes, des colorations à peu près semblables, la vivacité des teintes obtenues avec l’oxyde stannique fait préférer ces dernières pour l'obtention des couleurs vives, susceptibles, toutes proportions gardées comme solidité, d’approcher le plus possible des couleurs grand teint d’aliza-rine.
- Diverses méthodes ont été employées jusqu’à ce jour à la génération des couleurs. Toutes ont pour but la fixation, par des moyens différents, de l’oxyde stannique, soit antérieurement à celle de la matière colorante, c’est-à-dire par voie de mordançage, soit simultanément , c’est-à-dire d’application par voie sèche.
- Dans le premier cas, il y a une notable perte de l’oxyde stannique, soit qu’on emploie pour mordant un stannate alcalin ultérieurement décomposé sur la fibre, soit que l’on plaque directement au chlorure stannique.
- Ces moyens sont peu productifs et nécessitent l’emploi de décoctions préalablement oxydées (décoctions rendues sirupeuses par un aérage prolongé).
- Dans la méthode, dite d’application par voie sèche, le chlorure stannique est mélangé aune décoction concentrée, ou un extrait étendu (1[2 à 3° B.) de la matière colorante avec un peu d’azotate de cuivre et une quantité suffisante de chlorure ammonique pour maintenir les oxydes métalliques en dissolution, aussi bien que pour enrayer, autant que possible, l’action destructive de ces ageets acides sur la fibre.
- Les tissus, matés dans ce bain, sont d'abord d’un rose pâle, soumis à l’étendage de 35 à 40° cent.; ils sèchent d’abord, puis s’oxydent ensuite. L’oxydation de la matière colorante s’opère lentement et progressivement, sous l’influence d’une douce chaleur et d’un peu d’humidité, si on a préalablement introduit du chlorate de potasse dans la couleur ; l’oxydation suit le séchage et en est, par conséquent, plus rapide.
- Dans l’un et dans l’autre cas, cette manière d’opérer offre de sérieuses difficultés dans la pratique.
- Le séchage doit se faire à basse température -, tout contact métallique, particulièrement
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- cuivre et fer, détermine des accidents irrémédiables. Les poches d’étendage, retours, plis, mêm? les plus simples ondulations et les parties plus éclairées, sont, après séchage, accusées par des teintes plus foncées aux arêtes de ces plis retourneurs.
- Les moyens pratiques de l’étendage aux épingles ne permettent pas d’obvier, d’une façon complète, à ces inconvénients graves. De plus, les tissus teints ainsi sont, malgré les dégorgeages ultérieurs, toujours affaiblis.
- Ce sont ces nombreuses difficultés qui m’ont fait rechercher un mode de teinture ne nécessitant pas de séchage.
- Déjà, dans l’application du noir d’aniline en uni sur coton, j’avais, en 1875, été assez heureux pour tourner la difficulté du séchage, qui affaiblissait la fibre.
- J’y étais arrivé en partant de ce principe que : suivant sa composition, un bain concentré de sel d’aniline avec du chlorate et du nitrate peut, ou se conserver liquide pendant plusieurs jours sans donner lieu à aucun dépôt, ou donne, aussitôt après le mélange des sels, un abondant précipité formé d’eméral-dine, et que toute l’aniline peut être ainsi transformée sans le concours de la chaleur ou de l’aérage.
- Si l’on prend un juste milieu, on peut arriver à préparer un bain susceptible de se conserver liquide pendant un espace de temps suffisant pour imprégner, pa^ matage, une j quantité déterminée du tissu dudit bain.
- 11 suffit d’abandonner au repos les tissus ainsi imprégnés pour que la décomposition s’opère lentement et progressivement en un temps que l’expérience détermine facilement.
- C’est le même principe qui m'a fourni la solution du problème ci-dessus énoncé.
- Le chlorure stannique (dissolution d’étain des teinturiers) a une tendance marquée à céder son oxyde stannique, qui se précipite déjà partiellement de sa dilution fortement aqueuse; moyennement concentré 6 à 10» B., il cède aux tissus qui en sont imprégnés la plus grande partie de ce même oxyde. Cette propriété a été autrefois très habilement mise à profit par M. Armand Cronier, pour la fabrication des rouges au bois de Brésil.
- La décoction des bois de Brésil ou d’autres matières colorantes végétales, fournit avec le chlorure stannique faible, convenablement saturé, une abondante laque rose que l’air ou les agents oxydants transforment en rouge cramoisi très vif. — La présence d’une acidité convenable (HCL) empêche cette précipitation de se produire et permet de maintenir le mélange limpide, pendant très longtemps.
- Le chlorate de potasse ajouté à ce mélange limpide se décompose lentement, en donnant du chlorure de potassium et les composés oxygénés du chlore, si largement utilisés aujourd’hui, dans des conditions identiques, pour l’oxydation de l’aniline.
- L’action de cet acide chlorhydrique en ex-
- cès, qui en empêchant la matière colorante de se précipiter, lui sert de véhicule, diminue progressivement, à mesure que s’opère la décomposition du chlorate. L’oxyde métallique se précipite, entraînant la matière colorante sous forme de laque légèrement colorée. Pour obtenir ce précipité avec son maximum de coloration, il suffit d’incorporer à la couleur l’agent oxydant par excellence, des matières colorantes, le cuivre que j’emploie sous forme d’azotate.
- Si, comme je l’ai fait moi-même pour l’étude préalable de ce procédé, on opère ces mélanges dans un verre à expérience, on peut se rendre un compte exact de la marche des réactions qui s’accomplissent, ou du moins, du résultat qui en découle.
- Suivant la concentration du bain, suivant son acidité, la précipitation de la laque colorée se fait plus ou moins rapidement.
- Si dans ce bain limpide récemment préparé, on introduit un fragment de tissus de coton, on voit la coloration se développer lentement à la surface du tissu, après quelque temps d’immersion, ce qui manifeste nettement une affinité de la fibre pour la matière colorante ainsi préparée. Mais l’affinité n’est pas telle, qu’elle donne lieu à une coloration immédiate du tissu, d’où résulterait un affaiblissement trop rapide du bain, et, par suite, une difficulté pour l’opération même de la teinture.
- Le minimum d’acide correspond à la quantité d’acide suffisante pour éviter toute précipitation, dès la formation du bain, et son application sur ia fibre. L’acidité doit encore être proportionnelle à la proportion du chlorate employé.
- L’acide acétique pôut, dans certains cas, quoique moins avantageusement, remplacer l’acide chlorhydrique, lorsque, suivant la matière colorante employée, l’action des acides forts est à redouter sur cette dernière.
- L’application est des plus simples; les tissus de coton matés dans ce bain, suffisamment exprimés pour éviter tout coulage, sont abandonnés au repos, pendant un temps variable de 12 à 24 heures. La coloration à peine sensible après ce matage, est alors parfaitement développée. Un lavage à grande eau élimine l'excès d’acide et de sefs solubles, produits de la réaction, et la teinture est terminée.
- Cette méthode, que j’ai appliquée à plusieurs articles rouges, violets et dérivés, m’a donné depuis une année, de très bons résultats. Elle a l’avantage d’être d’une exécution facile, rapide; elle ne nécessite pas de séchage intermé liaire et réduit la dépense des drogues au minimum ; elle ne peut en aucun cas affaiblir la fibre.
- Formule
- Nitrate de cuivre à 50°....... 0 lit a*
- Chlorate de potasse........... 50 g'r
- Ce bain, constitué dans l’ordre indiqué esl préparé au moment de l’emploi et doit être clair et froid (on fait dissoudre le chlorate dans le moins d’eau chaude possible). Qq
- passe, au moment de l’emploi, au tamis de crin fin.
- La quantité de bain à préparer est proportionnée à la quantité de tissu à traiter.
- Après 4 ou 5 heures de préparation, ce baie commence déjà à se troubler et, par suite s’affaiblit.
- 11 faut redouter toute poussière calcaire qui produit des points noirs.
- Les tissus foulardés sont abandonnés 12 j 24 heures dans un lieu frais, sur rouleaux en. veloppés de garas, imbibés de la même pré. paration, de manière à protéger absolument le tissu du contact de l’air.
- On dégage ensuite complètement les pièces au large, ou au clapot et on sèche.
- Les fonds ainsi obtenus supportent aisément sans mordançage, un avivage avec les cou-leurs basiques, ce qui permet d’obtenir une variété de tons indéfinie.
- TEINTURE ET IMPRESSION
- sur laine
- PAR MORDANÇAGE FINAL
- Extrait de campêche à 5°....
- — ou de Lima à 5°
- Eau
- Acide chlorhydrique à 20°... .. Olit. 55
- Chlorure stannique à 40°.... .. Olit. 50
- Nous avons déjà mentionné les procédés de teinture brevetés par la « Compagnie parisienne des couleurs d’aniline, et dans lesquels le mordant n’intervient que comme fixage à la fin des opérations (Revue de la Teinture numéro d’avril dernier, p. 53).
- Un nouveau brevet de la même maison vise une classe de matières colorantes sur lesquelles le mordançage préalable ri’a pas d’action.
- Ce procédé a trait à la teinture et à l’impression de colorants azoconjugés s’obtenant par la combinaison des acides sulfoconjugués de la dioxynaphialine.
- 1° Ces couleurs sont, en premier lieu, fixées par impression ou teinture, d’après les méthodes usuelles, puis nuancées sur impression des mordants correspondants par addition de ceux-ci au bain de teinture ;
- 2° Ou bien les sels métalliques sont additionnés conjointement avec les matières colorantes au bain de teinture correspondant à la couleur à imprimer, et, de cette manière, la nuance dérivée est produite dans une seule opération.
- Pour produire dans l’impression un beau bleu noir de la matière colorante à obtenir de l’acide h-naphtylamine-b-sulfoniqueet de l’acide dioxynaphtalinedisulfonique (a), laquelle matière imprimée, d’après la manière usuelle, donne un rouge semblable à la fuchsine, le procédé suivant paraît le meilleur :
- Matière colorante, 60 grammes, dissoudre
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- dans 540 centimètres cubes d’eau et la dissolution est épaissie par 400 grammes d’eau gommée ; avant l’usage on ajoute :
- Nitrate d’alumine à 19* B.. 60 c. c.
- Chromate de soude.......... 40 grammes.
- Sulfate de cuivre.......... 24 —
- L’impression se fait à la manière ordinaire.
- Pour produire avec la matière colorante s’obtenant à l’aide de l’acide naphtionique diazoté et de l’acide dioxynaphtaline disulfo-nique (a), un bleu marine, nuance qu’il n’était jusqu’à présent, pas possible de produire avec des couleurs azoconjuguées, on> procèle, par exemple, comme il suit :
- 60 grammes de la matière colorante sont dissous dans 300 centimètres cubes d'eau et la dissolution, épaissie par 700 grammes d’eau gommée. Avant l’usage, on ajoute 30 grammes de cbromate de soude. L’impression se fait comme à l’ordinaire.
- NOIR D’ANILINE
- SUR COTON BRUT Procédé de M. AUCHER
- Le procédé breveté par M. Aucher se distingue par un mode spécial de développement du noir, et sur l’emploi du mordant gras.
- Nous l’avons déjà indiqué sommairement; nous le retrouvons avec plus de détails, et c’est ainsi que nous y revenons.
- La marche des opérations est la suivante :
- 1° On commence par imprégner le coton brut, en le plongeant kilogramme par kilogramme dans un bain composé de 2 kilogrammes de sulfo-ricinate d’ammoniaque pour 50 kilogrammes d’eau; chaque kilogramme de coton ainsi imprégné est soumis aux opérations de teinture proprement cite ;
- 2° La première est une immersion du coton dans un bain composé de :
- Acide chlorhydrique.... 20 kilog.
- Bichromate de soude.... 10 —
- 3° Sortie de ce bain, où elle n’a fait que passer rapidement, chaque petite masse de coton est portée dans un bain composé de :
- Eau......................... 50 litres
- Aniline..................... 55 kilog
- Acide chlorhydrique....... 5 —
- pour 100 kilogrammes de coton à traiter additionnés facultativement de 1 kilogramme de chlorate de potasse, selon la nuance à obtenir. La masse de coton est foulée à la main, pour que le liquide pénètre bien dans les filaments ; au bout de dix minutes, l'opération est terminée, et le coton est jeté dans un récipient où se rassemblent les masses qui avaient été traitées isolément. On les y laisse vingt-quatre heures, après quoi l’oxydation est complète, et a porté la masse au vert olive ;
- 4° Le coton amené à cet état est mis en une eule masse dans une barque montée avec
- kilogrammes de bichromate de potasse pour 100 kilogrammes de coton et 1,000 litres d’eau. Le coton est agité vivement au sein du bain, et, après vingt minutes, le vert olive a fait place à un noir intense et solide. Il n’y a plus qu’â laver et sécher.
- Ce traitement possède, entre autres avantages, celui d’obtenir un noir bleu sans avoir besoin ni de savon, ni de remontage au cam-pêche, et d’obtenir une couleur uniforme et grand teint.
- DÉCORATION DES TULLES
- et autres Tissus à jour Par M. Maurice B ALLA ND
- M. Baland a pris une série de brevets pour différents moyens de produire des effets décoratifs snr les tissus à réseaux. Il y a dans ces procédés quelques tours de main très ingénieux et susceptibles d’autres applications.
- Nous séparons par des titres l’objet de chacun de ces brevets.
- EncoVage spécial
- Le tulle ou tissu analogue sur les « métiers d’application », ou cadres qui les maintiennent tendus; ils sont ainsi « cadrés », suivant le terme adopté.
- Le tissu cadré est enduit d’une dissolution de gélatine, que l’on fait sécher et qui bouche les réseaux, formant du tout une membrane uniforme.
- Le cadre est ensuite porté dans une étuve où l’on envoie de la vapeur très sèche à une température snffisante. Sous cette influence la gélatine se liquéfie et se rassemble autour des fils, en débouchant les réseaux.
- Ce genre d’imprégnation peut recevoir diverses applications :
- 1° Comme apprêt simple, et qui dans ce cas est très rigide. Il paraît évident qn’un peu de glycérine unie à la gélatine rendrait cet apprêt moins dur, et favoriserait sa fusion par la vapeur.
- Ou bien, si l’on superpose deux pièces de tulle ainsi enduites et encore humides, elles se colleront ensemble, et le retrait de la gélatine produit par le vaporisage fera paraître des eftets de moire ou autres, suivant la contexture des tissus.
- 2° Pour faire adhérer des poudres colorantes ou métalliques. En tamisant, par exemple, sur la gélatiue fraîche un bronze ou brocard or, on aura après dessication, une membrane métallisée qui se débouchera comme la gélatine seule, sous l’action de la vapeur, et recouvrira les fils du tissu Cjmme si on les avait enroulés d’une feuille dorée, et pourvu que la poudre soit en couche légère.
- En faisant usage de tontisses, de soie moulue, de paillons, ou autres brindilles décoratives, ces fragments ne subiront pas le retrait,
- meis resteront adhérents au tissu sans apparence de colle.
- 3° Si l’on imprime sur le tulle enduit de gélatine et non encore débouché, les impressions étant faites avec des couleurs épaissies à l’aide de l’albumine, de la gomme ou autre matière ne se liquéfiant pas à la vapeur, le vaporisage donnera des dessins pleins sur fonds débouché.
- Pour l’application de ces procédés, l’auteur indique une sorte de rame continue; le tissu cheminant avec ce métier passe successivement dans un biquet à foulard ou à brosses qui l’enduit de gélatine, puis au séchage et enfin au vaporisage.
- Les applications de brocarts ou de tontisse3 se font avant le séchage; l’impressiun entre le séchage et le vaporisage.
- Colorations par poudres tamisées
- Des poudres colorées, métalliques ou autres, sont contenues dans un tamis à compartiments, dont les divisions représentent le dessin à reproduire. Un léger choc au tamis détermine le dépôt des poudres sur le tissu suivant la disposition des compartiments.
- La fixation des poudres sur les tissus à jour s’opère par un mouillage avant tamisage, et par un mouillage et vaporisage après le poudrage.
- Ce procédé s’appliqnaut aussi aux tissus pleins, le fixage, dans ce cas, a lieu par un seul vaporisage après le poudrage.
- Enfin, les dessins obtenus par ce moyen peuvent constituer eux-mêmes des surfaces humides et adhésives pour fixer d’autres poudres, bronzes ou tontisses.
- Impression des rayures
- Les tulles ou autres tissus à jour élant cadrés, on y trace à l’aide de tire-lignes à réservoirs (sur le principe de ceux employés en indiennerie), des rayures continues ou interrompues, en une ou plusieurs couleurs, et suivant la direction de la chaîne du tissu.
- L’appareil imprimeur est monté sur un chariot, marchant sur des rails portés par les bandes du métier, de manière à pouvoir parcourir d’un bout à l’autre la surface du tulle tendu. Les liquides à appliquer sont contenus dans un ou plusieurs réservoirs et s’écoulent par une série de distributeurs composés chacun d’un tube en caoutchouc terminé par un tube en verre effilé à la lampe. Le tub? en caoutchouc est porté à hauteur convenable par un support et, sa pointe repose par son poids sur ie tissu, avec lequel elle doit faire un angle d’environ 30 degrés. Le débit est réglé par des robinets que l’on ouvre plus ou moins et par la hauteur variable des récipients .
- La flexibilité du caoutchouc permet à la pointe du tire-ligne de suivre l’espèce de sillon que détermine l’entre-chaîne du tissu, lors même que, par les irrégularités du tissage ou
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- du cadrage, ces lignes ne seraient parallèles ni entre elles, ni à l’axe du métier.
- Perlage léger et irisé
- Ce tour de main a pour objet de produire sur tulle une perle assez légère pour ne pas charger ce tissu et présentant les reflets irisés des perles chatoyantes, telles que les opales ou leurs imitattons.
- Le tissu étant cadré sur un métier d application, les perles sont déposées en gouttes suivant la disposition désirée, au moyen de la planche à aiguilles mobiles ou pour toute autre méthode.
- Les aiguilles sèches traversent le tissu, au-dessous et au travers lequel elles plongent dans une dissolution de gomme. En les retirant ensuite, ces aiguilles s’essuient pour ainsi dire sur le tissu, en y laissant la gomme dont elles s’étaient imprégnées et qui reste adhérente aux mailles sous forme d’une perle
- ronde. .
- On établit alors sous le tissu un courant d air chaud avec la précaution essentielle d’éviter les tourbillons ou courants transversaux. Un moyen commode d’établir le courant consiste à disposer un chauffage en-dessous du tulle.
- Dans ces conditions, la goutte se recouvre d’une pellicule sur toute la surface inférieure du tissu, tandis que la surface supérieure étant garantie par la masse même de la gomme de tout contact avec le courant ascendant reste liquide.
- Au bout d’un instant, chaque eoutte peut être assimilée à une coupe pleine de liquide, le récipient étant formé par la pellicule devenue assez consistante pour ne pss se déformer, malgré la diminution de volume du liquide qui s’évapore par l’ouverture supérieure; on obtient finalement, après dessiccation, une sorte de nid très arrondi, suspendu dans la maille du tulle.
- Pour décorer la perle ainsi obtenue, on tamise sur toute la surface du tulle une poudre brillante, telle que les bronzes, brocarts, etc., chaque perle retient à sa surface un peu de cette poudre. On fait ensuite passer sur le tissu un souffleur composé d’une rampe de becs verticaux, réunis à un appareil soufflant et portés sur an chariot qui roule le long du métier.
- La poudre retenue par les perles est alors projetée contre la surface intérieure qui en est uniformément tapissée, et comme on a ce soin d’opérer avant la dessiccation complète du liquide intérieur, la poudre se colle contre la surfa e encore humide et sa coloration sera vue par transparence à travers la pellicule, dont la dissolution gommeuse qui l’a formée aura pu être elle-même colorée, et alors que la poudre n’aura pu adhérer à sa partie extérieure desséchée.
- D’autres inventeurs, MM. Carrel et Rosset, viennent de faire breveter un procédé pour donner à ce perlage des colorations multiples
- sur un même tissu ; les perles reçoivent des poudres de couleurs différentes, en les cloisonnant pendant leur projection, suivant des bandes ou autres dispositions, de sorte que les perles se présentent en rangées de couleurs variées.
- présentent des reflets plus bleus ou Dln, r geatres. p us r°u~
- L échantillon ci-dessous est en Bleu n donne sur coton des nuances d'un bea„ m '' et d'une pureté que nous ne connaissions’ ? encore dans cette classe de colorants «i.? pour coton ; c’est un bleu-lumière. s
- SYSTÈME PERFECTIONNÉ
- d’impression des calicots de MM. Hulme et Lang^orty
- Les auteurs appellent « perfectionné » un système d’impression dans lequel les tissus passent tendus sur des rouleaux à gros reliefs et s’impriment sur ces saillies sans autre compression. Les rouleaux imprimeurs baignent en partie et directement dans l’auge à couleurs.
- Mais ce qui n’est pas moins primitif, cest la confection de ces rouleaux même. Ils sont en bois et les r eliefs imprimeurs sont formés par les têtes de larges clous qu’on y implante par des tronçons de corde, des découpures de caoutchouc qu’on y cloue, et pour motifs fermés, des sections de tubes de plomb, préalablement déformés au maillet, et ces anneaux irréguliers étant également fixés par des
- clous. .
- Le rouleau peut aussi être constitué d un grillage ou fil métallique dont on forme un cylindre, en bosselant la surface, de façon qu’elle imprime seulement les portions détachées irrégulières.
- On voit ainsi quelle est la perfection de ce système.
- Il a pour but, du reste, de produire des motifs vagues et barbouillés appropriés aux marchés indiens, japonais, chinois, africains et sauvages.
- Pour produire encore plus de confusion dans les sujets, on fait quelquefois traîner 1 étoffe sur le rouleau imprimeur en faisant marcher celui-ci plus vite ou plus lentement que le tissu ; ou bien quand l’impression est encore fraîche, on l’asperge d’eau afin de faire couler la couleur et produire ce que les auteurs appellent du « marbré » et du « nuageux ».
- L’impression se fait à l’indigo et en une seule couleur ou par enlevage sur fond indigo.
- Si les sauvages s’en ccntentent,tant pis pour eux.
- PROCEDES DIVERS
- BLEO-CHICAGO
- Nous avons annoncé dans la a Revue » de juin dernier, p. 85, ce nouveau colorant qui était en préparation chez MM. J. Ruch et fils; aujourd’hui le produit est livré au commerce, et nous pouvons ainsi en présenter un échantillon à nos lecteurs.
- Le Bleu-Chicago est offert sous deux marques : B et R, qui, suivant l’usage adopté, re-
- lUIUt. ci,
- - — F— miciessant, les mé
- langes lame-coton dont les deux textile „ sent dans le même bain. nis*
- Bleu-Chicago B, sur coton
- Nous avons teint cet échantillon comn, suit :
- Pour 10 kil. de coton :
- Colorant (2 OiO).......... 200 gr.
- Sulfate de soude............ \ j.jj
- Savon..................... 50 gr*
- Eau....................... 200 lit!
- Teinture au bouillon, en une heure environ et rinçage.
- Pour teintes foncé^^^oublerait la pro portion de sulfat'
- Bleu-Chicago B, sur laine
- Les laines et les laine-coton se teignent au bouillon, en 1 heure à 1 heure 1(2, en bains larges, qu’on peut ainsi monter pour 12 kil. de matières. *
- Colorant....................
- Sulfate de soude......... 1 à 5 kil.
- Eau...................... 500 litres
- A la fin de l’opération, on ajoute :
- Acide acétique........... 1 litre
- La proportion de sulfate de soude est d’au tant plus élevée, que l’on vise à des teintes plus foncées.
- L’échantillon ci-dessus représente 2 0|0 de colorant.
- Cette teinte sur laine est d’un bleu plus vio-leté que sur coton ; ce virage 's’est opéré sous la réaction de l’acide acétique, mais ce produit est utile pour monter sur laine.
- Nous avons essayé de teindre sur laioechlorée, suivant les méthodes que nous avons indiquées (année 1892, p. 20 et 97) ; ce moyen a, comme dans la règle générale, favorisé considérablement l’absorption et la fixation du Bleu-Chicago.
- GRIS - CONGO
- pour coton
- Nous annoncions aussi, dans notre n° de juin, que la même maison J. Ruch et fils, fabriquaient une nouvelle série de gris directs pour coton, que l’on peut classer avec les
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- tipes de cette série
- Noirs-diamine et les Benzo-bleus, et nous disions que nous aurions à y revenir.
- Ces couleurs sont désignées par les marques: Gris-noir Congo B; id. B N ; id. W, id. V; Bleu-noir Congo B • Brun Congo G. V.
- Voici
- Gris noir Congo
- On mordance la laine avec :
- Bichromate................•.... 3 0^0
- Tartre ...................... 2 —
- On rince. On teint avec :
- Extrait de bois jaune..... 2 h 8 0\0
- Couleur d’alizarine....... 1 \k à 5 —
- ajoute au bain de teinture 1 0|0 d’acide ue. On fait bouillir une heure et demie, et si l'on brunit, on lève, on ajoute l à 2 0[0 de couperose, et on rentre une demi-heure au bouillon.
- (Deuts. Farb. Zeit.)
- Cette teinte est à 4 0L0 de colorant, et s’obtient suivant la méthode générale des cou-
- leurs azoïques ; c’est-à-dire sur bain alcalin, avec du sulfate de soude, soit pour 10 kil. de co* on :
- Gris-noir Congo.............. 400 gr.
- Cristauxde soude............. 100 gr.
- Sulfate de soude............... 2 kil.
- Eau................. 200 à 250 lit.
- BRÜN SUR COTON FILÉ
- Après avoir mordance le coton à tiède en bain de cachou, puis bruni en bichromate, on le rince, on le tord et on remonte en brun diamine V. On emploiera pour le bain de cachou à 70 degrés, une heure :
- Cachou brun................ 15 0|0
- Teinture au bouillon, en une heure environ .
- Les bains, comme pour toute cette classe de couleurs, ne se tirent pas à fond, et doi-vet être utilisés pour des passes suivantes.
- mr Congo
- s’est faite aux mêmes proportions et dans les mêmes conditions que dans la précédente.
- L’échantillon montre simplement la différence de nuances des deux marques; les autres ont également leur reflet particulier, oscillant autour du bleu et du vert.
- On peut monter plus haut les tons, mais sans arriver cependant au noir.
- W
- MODE SUR LAINAGES
- Pour le bain de chrome à 70 degrés, une heure :
- Bichromate de potasse.... 0,900 0[0
- Pour le bain de remontage :
- Brun diamine V........... 6 » 0[0
- Cristaux de soude.......... 0,300 —
- Sulfate de soude......... 0,250 —
- - Savon...................... 0,100 —
- (Farber-Zeitung)
- NOIR SOLIDE SUR COTON
- On commence par teindre en brun moyen en cachou et bichromate, comme ci-dessus : on rince, on évente, puis on passe en cuve d’indigo, cuve au vitriol, une première fois en cuve faible, une seconde fois en cuve plus forte ; on essore, on évente ; on passe en bain acide, on rince.
- On finit par un bain jaune à tiède, avec un Deu d’extrait de quercitron et de couperose bleue.
- On teint une heure au bouillon, en entrant à 80 degrés centigrades, avec :
- Vert pourlaine de Geigy 0,250 p. 0^0
- Azocarmin.............. 0,200 à 1 0|0
- Jaune solide.. ....... 0,0540,400 0,0
- Sulfate de soude....... 10,00 0|0
- Acide sulfurique....... 4,00 0j0
- (Leipz. Farb. Zeitung)
- GROS ROUGE SUR JUTE
- Le jute est lavé, mais non blanchi.
- On mordance trois heures à 40 degrés, avec :
- MODE SUR LAINE-COTON
- Teindre de 70 à 90 degrés, avec :
- Bronze diamine G......... 1,000 0t0
- Noir naphtylamine D...... 0,100 —
- Sulfate de soude......... 20 » —
- Borax.................... 5 » —
- (Farber-Zeitung)
- MARRON POUR DRAPERIE
- Ces bruns ou marrons sont produits avec le bois jaune, uni à une couleur d’alizarine appropriée k la nuance demandée.
- Extrait de sumac à 30° Baumé. 3 kil.
- On tord, et on passe une demi-heure à froid en bain de :
- Pyrolignite de fer à 1 degré Baumé.
- On tord, et on laisse deux heures. On rince, et on teint avec :
- Fuschine.................... 0,000 0[0
- Auramine................... 0.100 —
- Acide acétique.............. 0,100 —
- en entrant à liède, et teignant trois quarts
- d’heure à 75°. On rince et on sèche.
- (Farb. Zeit. Von Dr Lehne)
- ROUGE VIF
- sur coton
- Teindre au bouillon avec :
- Ecarlate diamine B............ 4 0(0
- Sulfate de so 'de...... 2 p. 100 lit.
- Huile pour rouge....... 112 —
- Acide acétique pour neutraliser l’eau calcaire.
- Les bains ne s’épuisent pas. Il suffit d’ajouter pour les opérations suivantes 3 0|0 d’écarlate et la moitié du sulfate et de l’huile employés dans la première opération. La teinture dure une demi-heure à une heure.'
- MORDANÇAGE DU COTON
- au Tungstate de soude
- D’après les expériences de J. Pohl, professeur <le teinture à Mulheim, le tungstate de soude pourrait, dans certains cas. être substitué avec avantage à l’émétique et autres sels d’antimoine, dans le mordjnçage du coton pour couleurs d’aniline.
- Apre* le bain de tannin ou de sumac, on emploierait une dissolution de tungstate aux mêmes doses et dans les mêmes conditions que l’émétique.
- On obtient alors un pied jaune assez intense qui modifie favorablement, pour certaines nuances, les teintes des colorants qu’on y fixe ensuite.
- C’est ainsi que les bleus simulant l'indigo, tels que ceux de métaphénylène, d’indoïne prennent davantage le reflet de l’indigo, et que les teintes de safranine se rapprochent du rouge turc.
- Ce mordant paraît donc convenable pour les teintes foncées, et pour celles dont l’élément jaune doit faire partie.
- Enfin, le tungstate de soude est moins cher que les sels d’antimoine, et surtout qne l’émétique.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- GRILLES DE FOYERS
- Système J. WAGNER. — Breveté
- Depuis quelques années, l’attention des ingénieurs s’est portée sur le fonctionnement imparfait des anciennes grilles de foyers, soit sous les générateurs de vapeur, soit devant les fours ou fourneaux industriels.
- La perte par escarbilles, et plus encore la mauvaise répartition de l’air comburant chargeant les fumées de carbone non consumé, étaient les premiers résultats de ces dispositions vicieuses des grilles.
- D’autres inconvénients apparaîtront encore dans la suite de cette note.
- Parmi les combinaisons ingénieuses qui ont été imaginées pour établir des barreaux de
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- grilles rationnels, il convient de citer le système de M. J. Wagner, ingénieur civil à Paris.
- La fig. 1 ci-contre montre la grille « à py-
- ramides » qui est la base de ce système, et caractérisée par ce fait que le combustible repose sur de petites surfaces autour desquelles est établie une double drculation de l’air.
- Fig. 1. — Grille WAGNER à pyramides.
- Ces barreaux présentent en effet :
- 1° Des canaux verticaux écartés de 2 à 3 m/m et permettant ainsi l’accès d’un volume d’air considérable.
- 2» Des canaux horizontaux répartissent uniformément l’air dans toute la masse du combustible.
- Les avantages qui en résultent en outre sont :
- Des décrassages moins fréquents.
- L’inadhérence des scories ou mâchefers.
- L’inobstruction de la grille, les cendres tombant au fur et à mesure de leur formation.
- Tout engorgement est ainsi impossible.
- L’ouverture des portes du foyer, par conséquent, moins répétée.
- L’échauffement de l’air par rayonnement dans les canaux formés par les lames.
- Le rapprochement des barreaux évite toute perte de chaleur par rayonnement extérieur.
- 11 en résulte une combustion complète et régulière , sans déperdition de calorique , et comme conséquence, une économie importante de combustible.
- Ajoutons, enfin, que ces barreaux ont une durée très prolongée par le fait de leur contact réduit avec le charbon en ignition.
- Un second type des mêmes inventeurs limite encore ces points de contact, et multiplie les arrivées de l’air : c’est la grille « à créneaux », fig. 2.
- ji|iyjjlÿjjjy|jjÿc)
- Fig. 2.— Grille WAGNER à créneaux.
- Dans ce modèle, la base de chaque pyramide est crénelée ou divisée par un nouveau canal ; il est constitué en fait par deux séries de canaux verticaux et horizontaux ; il produit un maximum d’aération avec un minimum de poids.
- Ces barreaux conviennent donc principalement aux locomotives, bateaux à vapeur et à tous appareils mobiles et foyers de dimensions réduites. Leur poids n’excède pas celui
- des barreaux droits ordinaires, et l’on peut passer le crochet au-dessous de la grille tout aussi facilement qu’avec ces derniers.
- Ces deux types de grilles constituent ce que nous appelons des foyers rationnels ; l’évidence de leur supériorité sur les barreaux ordinaires doit nécessairement faire abandonner ceux-ci, et leur faire substituer ces nouveaux types dont l’usage se répand de plus en plus.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- de MULHOUSE
- PROCÈS-VERBAUX
- Travaux du comité de chimi
- Alb.
- le
- Séonce du 13 septembre I893 M. Schaeffer préside en l’absence de M
- Scheurer.
- La maison Siemens et Halske, p0Ur fajre suite à ses envois précédents, nous adresse un échantillon de dérivé de fécule, perfecti0a. né suivant un procédé plus récent. M. g^,
- fer se chargera de l’examiner comparative! ment aux premiers produits.
- Les dérivés de fécule que nous avons reçu» depuis le mois de ^
- juin ont été essayés L
- r hit n~\ nr, rq‘
- M. Oscar Scheurer et par M. Schæffer
- Les
- deux rapporteurs émettent un avis favorable* malheureusement les quantités qu’ils ont eues à leur disposition ne leur ont pas permis de f0». muler des conclusions définitives, surtout en ce qui concerne l’éoaississage des couleurs d’impression. M. Schaeffer, en particulier,est d’avis que la fécule soluble et la fécule raffiné présentent le plus d’intérêt pour l’apprêt des tissus.
- Le comité de chimie, désireux de pousser plus loin ses essais priera MM. Siemens et Halske de mettre à la disposition de ses mem. bres de plus grandes quantités des différents produits et d’indiquer exactement le prix de chacun d’eux.
- Séance du 10 octobre 1893
- M. Oscar Scheurer lit une note sur l’examen des dérivés de fécule communiquée par MM. Siemens et Halske. Cette note, ainsi que le résumé des essais entrepris précédemment par M. Sel æffer, seront publiés au Bulletin.
- Les conclusions présentées par M. Oscar Scheurer sont les suivantes :
- Les produits examinés portent les noms de: Roh - Stœrke, Raffinirte Stœrke, Lmlick Stœrke, Roh-Gummi, Universal-Gmmi I, Univer&al-Gummi II.
- Les seuls présentant de l’intérêt au point de vue de l’impression ou des apprêts sont le Roh-Gummi, VUniversal-Gummi I et l’Uni-versal-Gummi II. Ils se dissolvent entièrement dans l’eau bouillante, les Universal-Gummi I et II déjà dans l’eau froide. Les trois produits sont moins colorés que l’amidon et le leiocome, auxquels ils sont en partie assimilables.
- Employés comme épaississants pour les couleurs, il faut en mettre 300 ou 400 grammes par litre pour obtenir une épaisseur suffisante.
- Les couleurs ainsi épaissies s’impriment bien.
- Les Universal-Gummi / et II ne laissent
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- aucune dureté au tissu, même en présence d’acétate de chrome ; les nuances obtenues, sont aussi foncées et plus fraîches que celles à l’amidon grillé.
- Le Roh Gummi, par contre, donnant des couleurs aussi fraîches et plus foncées que les deux produits précédents, laisse un peu de raideur au tissu, dans les mêmes conditions.
- M. Steiner envoie un mémoire très étendu sur le dosage de l’indigotine dans les indigos du commerce. — Renvoyé à l’examen de M. Nœlting et de ses élèves.
- M. Alb. Scheurer propose de faire l’échange du Bulletin contre la Revue de la Teinture de M. Gouillon. — Cette proposition est adoptée.
- M. Dépierre, qui s’est souvent associé à nos travaux sans être membre titulaire du comité de chimie, est prié par l’unanimité des membres présents de se considérer dorénavant comme membre actif de notre section. — M. Dépierre accepte cette nomination.
- —-—£=5
- CAAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DSS
- TEINTURIERS-DÉGRA1SSEÜRS
- Séance du 2 octobre
- M. Jolly, président, prononce une allocution de réouverture, après les deux mois de vacances : août et septembre -, il est d’usage de ne pas tenir de séance pendant ces deux mois d’été.
- « Le Comité, dit-il, n’en a pas moins pourtant fonctionné partiellement avec la même assiduité et le même dévouement. D’abord la Commission patronale chargée d’étudier le projet de syndicat mixte a tenu séance avec la Commission ouvrière, à qui elle a proposé un texte à étudier et à faire accepter, avec ou sans modifications, par la Chambre syndicale ouvrière.
- « Ensuite la Commission d'expertise s’est réunie cinq fois pour juger les affaires à elle soumises, soit par le Tribunal 'de Commerce, soit par les Justices de paix.
- « Cette Commission a concilié de même, à l’amiable et Bans frais, des confrères qui l’ont consultée en dehors des tribunaux; elle a eu occusion de donner aussi son avis à un confrère qui le sollicitait pour une raison technique.
- « Une autre commission s’est chargée d’organiser le banquet d’été ordinaire. Rien d’officiel dans cette réunion de confrères amis qui ont fait, en pleine canicule, un petit pèlerinage aux bords de la Marne.
- * Nous avons eu le plaisir de signaler à ce banquet la présence d’un de nos estimables collègues, M. Condemine, vice-président du Syndicat lyonnais, de passage à Paris, qui a bien voulu accepter notre toute fraternelle invitation et qui nous a promis de porter à nos amis de Lyon l’expression de notre pro-
- fonde estime et de notre bien sincère amitié.....
- « Enfin, une correspondance assez active a été échangée avec nos confrères de province.
- « Qu’il me soit maintenant permis d’adresser à la Chambre syndicale de la Teinture, mes chers collègues, tous mes remerciements pour le concours qu’elle a prêté avec la plus grande loyauté à la corporation tout entière.
- « 11 était, en effet, impossible à des gens sincères de ne pas adhérer purement et simplement à des conventions dont personne n’a osé ouvertement nier la justice et l’opportunité. C’est surtout ce que nous voulions démontrer ; et nous avons tous la satisfaction d’avoir dénoncé le danger à ceux qui n’y croient pas ou font semblant de ne pas y croire.
- « Notre sympathique secrétaire, à qui nous avons donné en cette occasion un surcroît de besogne, a rempli son mandat avec la rectitude at le dévouement que vous lui connaissez.
- « 11 n’a reculé devant aucune démarche pour que tous les teinturiers de Paris fussent avisés de nos réunions.... »
- La correspondance est ensuite communiquée et les affaires courantes expédiées.
- M. le président donne lecture du discours prononcé par M. Cloutier, président du tribunal de commerce de Beaune, président d’honneur de la Chambre syndicale des teinturiers lyonnais à la distribution des prix du collège Monge, de Beaune, présidée par lui au mois de juillet dernier.
- Dans son langage simple et familier, rempli de pensées aussi élevées que justes, M. Cloutier rappelle aux jeunes élèves les sacrifices que s’imposent les pouvoirs publics pour faciliter les études supérieures aussi bien pour étenureà tous les bienfaits de l’instruction primaire ; il leur fait remarquer les devoirs qui leur incombent comme conséquence de ces sacrifices, et s’adressant aux élèves qui viennent de terminer leurs études, et à qui incombe maintenant le devoir de propager l’instruction qu’ils ont acquise.
- Le Comité adresse à M. Cloutier ses sincères félicitations.
- Pour faire suite en quelque sorte à cesidées, M. le président rend compte des réunions tenues pendant les vacances par la Commission des délégués patrons et ouvriers. Jusqu’à présent, dans ces réunions, on s’est borné à échanger des idées, discuter sans bases sérieuses des projets de propositions.
- La bonne volonté de part et d’autre étant bien reconnue, les délégués patrons, pour faire œuvre utile, pratique, ont dans la dernière séance proposé la création d’un syndicat mixte, sorte de comité ou conseil de fa-mile composé de patrons et ouvriers auxquels pourraient être soumis amiablement les différends entre collaborateurs et patrons, et qui
- pourrait, soit par des conseils, soit même par des règlements prévoir les difficultés et par là les éviter. Les délégués ouvriers, 3ssez disposés à étudier ce projet, doivent le présenter à leur Chambre syndicale, et donneront leur avis à la prochaine séance.
- A la demande du président du syndicat général, M. le président propose de choisir plusieurs membres de la corporation qui seraient présentés pour être admis sur la liste des notables commerçants.
- Le comité désigne MM. Vinois, Tupinier, Orliac.
- Sont admis comme membres correspondants, MM. Cretton, teinturier français à Rio-de-Ja-neiro, présent à la séance ; Sauviac, teinturier à Saint-Germain-en-Laye; Giraud, teinturier français à Lausanne (Suisse).
- Pour clore la séance, M. Jolly demande la permission de lire une notice de lui sur le maréchal Lannes qui, avant de porter le bâton de maréchal, manœuvra le bâton-lisoir du teinturier.
- Extrait de cette notice sur le maréchal Lannes
- Le maréchal Lannes, duc de Montebello, fut en effet ouvrier teinturier.
- Lannes, d’après une tradition locale, partit pour l’armée, fut blessé dans un duel, et revint au pays. Dégoûté du service, il voulut reprendre son état de teinturier et en fut détourné par le conseil de ses amis.
- On raconte même qu’en arrivant à Lec-toure, sa ville natale, il alla faire une visite et annoncer son intention à un des voisins de son père, un bon marchand drapier nommé | Guilhon, lequel s’écria, en levant vers le ciel l’aune qu’il tenait à la main : « Gueux ! meurt-de-faim ! Que parles-tu de te remettre teinturier ! Il n’y a pas d'eau à boire dans ce métier. C’est un marchand drapier qui te parle. Retourne à l’armée, tu y deviendras peut-être capitaine. »
- Lorsque Lannes revit plus tard M. Guilhon, il était général de division, et faisant ses visites à Lectoure, il alla le trouver à sa boutique, où le marchand drapier le reçut toujours l’aune à la main derrière son comptoir, tout constellé de monnaies fausses, clouées suivant l’antique usage, et s’écria, en le voyant entrer :
- « Eh bien ! Louiset, avoue que je t’ai donné un fier conseil; sans moi tu tirerais la savate ! » Peut-être certains d’entre nous auraient-ils été heureux de profiter du bon conseil de quelque drapier providentiel ? Je vous laisse, mes chers collègues, ajoute M. Jolly, le loisir de réfléchir à la destinée qui vous a été faite, et de vous en louer ou de vous en plaindre.
- Je n’ai pas, vous le savez, l’intention d’amoindrir ici l’importauce de notre profession, que j’aime passionnément, je me contente de mentionner ces critiques pleines de bonne
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- humeur, et justifiées dès le commencement du siècle, alors même que la benzine et les spécialistes honorables qui la travaillent étaient encore dans les brouillards de l’inconnu...
- Ici M. Jolly donne lecture de nombreux épisodes glorieux ou touchants de l’histoire du maréchal Lannes.
- J’ai pensé, en vous citant ces quelques passages fort intéressants, vous faire connaître les aspirations de cet enfant, de ce jeune homme qui, à travers les épaisses vapeurs des chaudières bouillantes du teinturier, voyait dans son imagination ardente et colorée le triomphe des couleurs nationales.
- Comme saint Maurice, notre patron, il a plusieurs fois, esclave du devoir et de la discipline, teint son manteau non seulement dans le sang des ennemis de la France, mais dans son propre sang de patriote.
- Si donc un jour la vieille légende ne suffisant plus aux générations nouvelles, devait être remplacée par l’histoire, l’on retrouverait, en fêtant l’anniversaire du maréchal Lannes, une date qui deviendrait la date de notre fête corporative ; elle rappellerait, aux jeunes comme aux vieux, un soldat brave parmi les braves, un héros au cœur ferme et sensible à la fois, un glorieux chef, un ancien confrère, qui, au jour du péril nous servira d’exemple, et dont notre grand pays pourra toujours s’enorgueillir.
- Des applaudissements accueillent cette intéressante et curieuse étude, et la séance est levée.
- LETTRES
- d’un
- TEINTUR1ER-DÉGRAISSEUR __
- SUR
- IA RÉGÉNÉRATION DE IA PROFESSION
- RELÈVEMENT DES PRIX
- Dans ses dernières séances, notre chambre syndicale a fait les plus louables efforts pour améliorer notre industrie en essayant le relèvement des prix. Malheureusement des défections se sont produites même parmi ceux dont on pouvait le moins s’y attendre : en premier lieu MM. les benziniers.
- Ceci a un bon côté et rend la situation plus nette -, c’est un signe des temps, les boutiques de teintureries passent avant les vrais teinturiers !
- Toutefois, qu’on me permette de le dire, la question de relèvement des prix a été très bien conçue, bien conduite ; la convocation de tous les teinturiers syndiqués ou non, était aussi excellente, mais au dire de quelques-uns l’affaire a un peu traîné en longueur, il y a eu trop de séances.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Ensuite certains teinturiers, et je suis de ce nombre, eussent préféré un tarif minimum spécialement établi pour les boutiquiers et non pour travaux à confrères ; en effet, la question se pose ainsi : ce qui a considérablement abâtardi notre profession, c’est le travail à confrères, c’est-à-dire pour tenanciers de magasins ; or, si les prix sont relevés, et que des conditions nouvelles assurent d’être mieux et plus régulièrement payés, MM. les collègues travaillant à confrères ont tout intérêt à rester et tenir main-forte à de si avantageuses dispositions ; cela est même encourageant pour d’au-i très, à se mettre à travailler aussi pour confrères.
- Si maintenant on envisage le contrôle des prix de chaque maison, cela devient impossible il sera toujours facile à un gâcheur de tourner la difficulté par un escompte exagéré ou par tout autre moyen.
- Si au contraire la chambre adoptait un tarif applicable aux boutiquiers, et faisait imprimer les prix sur un tableau non luxueux mais propre, ce tableau apposé dans chaque magasin aurait un avantage réel pour les dames de magasin ; elles auraient dans certains cas à le montrer aux clientes, en leur disant : voyez, voici les prix minimum pour faire un bon travail.
- Pour savoir si tous les adhérents respectent leurs engagements, ce serait bien simple : un délégué inconnu te présente dans un magasin avec un ou plusieurs articles courants, et de-. manderait les prix en marchandant outre mesure, on serait fixé de suite.
- Ce serait donc en réalité à MM. les teinturiers pour confrères à encourager tous leurs clients à bien tenir les prix du tarif, et à leur faire comprendre que si vous travaillez à moins, cela ne vous fera pas avoir un objet de plus, au contraire, votre voisin diminuerait comme vous et tous y perdraient.
- I Néanmoins, par esprit de discipline et de bonne confraternité, j’ai accepté le tarif voté, mais je ne crois pas qu’il change grand’chose à la situation.
- Il y a aussi un mal à éviter : à chaque proposition, c’est ceci, s’agit-il d’un relèvement de prix, certains diront, mais c’est à chacun de faire comme il l’entend ; on ne peut forcer personne, pour d’autres propositions c’est la même chose. 11 est bien entendu qu’à ce compte-là rien n’est possible, car par le fait, chacun est libre; mais dès l’instant qu’une profession se groupe en syndicat, c’est pourtant pour faire quelque chose.
- Serges d'enseigne
- J'ai profité d’une grande réunion de tous les teinturiers pour proposer à nouveau l’abolition des serges d’enseigne ; cette proposition n’a été abordée que plus tard, et n’a pas plus abouti que la première fois. Toujours pour les mêmes motifs, on ne peut pas forcer de ne pas mettre de serge ; eh, mon dieu non, on ne
- peut pas forcer pas plus que pour les mais la chambre, en pareith matière d prendre l’initiative et rompre avec lar^3*1 si nuisible.
- On a cependant retenu de ma proposil-l’intention d’examiner la création d’un atr* but symbolique spécial de notre chamhro* ^ dicale. Sï"‘
- Je disais dans ma proposition qu’ü s '.
- bon d’avoir cet attribut ou marque distinctive
- déposée au tribunal de commerce, ne pouvan' être employée que par des teinturiers mem. bres de la chambre syndicale. Enfin, on char gérait un artiste de trouver l'emblème enra port avec notre profession. Puis chaque meta, bre delà chambre syndicale aurait seul le droit d’arborer cette marque distinctive sur son enseigne et ses imprimés.
- En tant que marque commerciale, il me semble que cet attribut aurait absolument la même valeur que la marque de fabrique d’un industriel seul ou associé. En effet, qu’est-ce qu’une chambre syndicale ?... Une société, une personne morale composée de plusieurs i^y. vidus, par conséquent ayant la même protection en matière juridique.
- Mais trêve sur ce chapitre, je glisse sur ce terrain qui n’est pas le mien, il s’agirait, avec uu peu de bonne volonté, de consulter un jurisconsulte beaucoup plus ferré que votre modeste serviteur ; voyez M. Petit au contentieux d»!S chambres syndicales, il vous renseignera parfaitement et très obligeamment.
- Il nous resterait à trouver le sujet de notre écusson symbolique : notre rédacteur en chef, M. Gouillon nous dounerait pour cela un bon coup d’épaule.
- Une rosace chromatique des trois couleurs mères bien dégradées, agrémentée d’un personnage au milieu avec cette mention en gros caractères : membre de la chambre syndicale des teinturiers de la ville de Paris; ceci ou autre chose, et qu’il faudrait viser que l’on puisse imiter le moins possible.
- Donc, un peu de bonne volonté, chers collègues, et à l’œuvre pour terminer l’année, en nous dotant d’armoiries ; d’autres chambres nous imiteront, si ce n’est déjà fait.
- V. BArbé Teinturier à Paris.
- DÉSINFECTION DES LOCAUX
- MM. Chamberland et Fernbach ont publié i un travail sur l’activité des désinfectants appliqués à la désinfection des appartements et • sur les conditions dans lesquelles ils doivent être employés.
- Nous citons leurs conclusions :
- 1° L’eau de Javel du commerce, la solution
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- de chlorure de chaux à 1(10 (c’est-à-dire la solution de 100 grammes de chlorure de chaux dans 1,200 grammes d’eau, étendue de 10 fois son volume d’eau), l’eau oxygénée du commerce, sont plus actifs que la solution acide de sublimé au lilOOO, solution qui est appelée solution forte.
- Ces désinfectants n’agissent pas, ou n’agissent qu’après plusieurs heures sur les germes humides lorsqu’on les emploie à la température ordinaire ; mais si ces désinfectants sont portés à la température de A0° à 50° et même davantage, les germes humides sont détruits beaucoup plus rapidement. Quelques minutes suffisent.
- II résulte de là que, quel que soit le désinfectant employé, il faut le faire arriver au contact des germes à la température la plus élevée possible. Ce fait a été déjà signalé par quelques observateurs. Nous l’avons retrouvé d’une façon constante par tous les désinfectants que nous avons essayés.
- 2<> Les germes desséchés sont beaucoup plus résistants que les germes humides ; tandis que ces derniers sont tués en quelques minutes, les premiers peuvent résister pendant plusieurs heures, même à des températures de 40° à 50°. De là découle la nécessité de rendre ces germes humides avant de faire agir le désinfectant.
- Nous avons constaté qu’en mettant les termes secs au contact de l’eau, surtout de l'eau tiède, il arrive qu’au bout d’une heure environ ces germes sont attaqués par les désinfectants aussi rapidement que s’ils étaient humides. La nécessité de pulvériser de IV au sur les parois de la chambre à désinfecter avant de faire agir le désinfectant, est donc une pratique qu s’impose et que nous considérons comme absolument nécessaire.
- Un fait particulièrement digne de remarque, que nous avons observé nombre de fois, sans jamais rencontrer une exception, est que la solution concentrée de chlorure de chaux, telle que nons la préparons, est infiniment moins active que lorsque cette solution est étendue de 10 et a ême 20 fois son volume d’eau ordinaire ; et cela se produit soit que la solution agisse sur des germes humides, soit qu’elle agisse sur des germes secs, à la température ordinaire ou à la température de 50».
- Les désinfectants dont nous venons de parler et qui n’agissent que dans des conditions spéciales sur les germes du bacillus subtilis détruisent très rapidement, en quelques minutes et même à froid les spores du charbon, de l’aspergillus niger, la levure de bière et le microbe de la fièvre typhoïde.
- Nous avons fait quelques essais avec le thymol, le lysol, l’essence de térébenthine. Ce sont de mauvais désinfectants relativement aux précédents.
- Nous concluons de l’ensemble de nos recherches que la solution de chlorure de chaux au liiO, préparée comme nous l’avons dit, doit
- Sêtre substituée dans la majeure partie des cas au sublimé.
- En effet, cette solution est plus active que celle du sublimé au 1[1000 (elle possède à peu près la même activité que celle du sublimé au 1[100); elle est plus économique (10 litres de solution pour 0 fr. 05); elle peut être mise sans danger entre les mains de tout le monde; enfin elle ne laisse pas trace de poison dans les appartements désinfectés.
- (Revse de thérap. méd. chir.)
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- LES
- ANCIENNES RÉGLEMENTATIONS
- DES TEINTURIERS
- U Industrie textile, en faisant l’historique des tissus à Lille au XVIII0 siècle, nous y trouvons un exemple des règlements qui régissaient les teinturiers à cette époque et qui étaient à peu près semblables dans les autres villes à fabriques : celâ est intéressant à rappeler.
- Voici comment étaient alors les libertés de l’industrie :
- Un règlement pour la perfection de la teinture fut rendu en 1733. En voici quelques extraits textuels :
- I. — « Le Corps et Communauté des Maîtres-Teinturiers du grand et bon teint de la ville de Lille sera composé de tous les Maîtres i et des veuves et des maîtres qui y ’eignent actuellement, à condition que chacun d’eux fera dans l’espace de trois mois, à compter du jour de l’enregistrement des présents Statuts, un chef-d’œuvre, qui consistera à teindre en tou es couleurs mères de bon teint une pièce de drap ou d’au're étoffe de draperie. Il sera fait trois nuances de couleur bleue, depuis la plus brune jusqu'à la plus claire, en six jours entiers et consécutifs, et ainsi des autres couleurs, suivant le degré de perfection qu’elles doivent avoir, savoir : jaune, rouge, en garance et fauve.
- II. — « Les étoffes de draperie qui seront teintes pour le chef- d'œuvre seront représentées aux Égards des Teinturiers qui les visiteront, en feront le débouilli, et feront leur rapport à nos Commissaires préposés à la police des teintures, qui donneront des lettres de maîtrise gratuitement à ceux qui auront bien fait leur chef-d’œuvre, et leur nom et qualité de maître sera écrit sur le Registre de la Communauté des Teinturiers.
- III. — ’« Il sera conservé aux dépens du Corps des échantillons de chaque chef-d’œuvre qui sera fait, tous d’une aune de longueur
- de toutes étoffes teintes pour ce chef-d’œuvre, lesquels échantillons seront coupés par tiers, et marqués de la marque des Égards, dont l’un sera déposé au Bureau de la Communauté des Maîtres Teinturiers, l’autre au Bureau des Égards Marchands Drapiers, et le troisième au Greffe de cette Ville, pour servir de fonds ' du bon teint dans la vérification des fausses ou véritables teintures des mêmes couleurs.
- IV. — « 11 est fait défense ausdits Maîtres Teinturiers de bon teint de se servir pour la composition des teintures, et de tenir en leurs maisons, magasins ou boutiques d’autres in-grédiens que des Pastels de Lauragais, Albigeois, Languedoc, et d’autres lieux, Vouède, Couperose, Sumac, Galle à l’épine et d’Alep, Alun, Gravelle, Tartre, Garance, Gaude, Cochenille, graine d’Ecarlatte, Pastel d’Écarlatte, Arsenic, Agaric, Talmerita, Bourre de Chèvre, Cendre gravellée et Indigo; il leur est aussi fait défense d’avoir en leurs maisons, magasins ou boutiqnes, ni d’employer à la cotapo-sition de leurs teintures de faux ingrédiens, comme bois d’Inde, Brésil, bois de Campêche, bois jaune, Fustet, Tournesol Raucourt, Or-seille et Saffran bâtard, et de commencer ou parachever la teinture des étoffes avec de tels ingrédiens, qu’ils ne servent qu’à faire de fausses teintures, à peine de deux cens florins d’amende pour la première fois, et d’interdiction de la maîtrise en cas de récidive.
- V. — «11 est fait défense ausdits Teinturiers, aux Teinturiers du petit teint, et aux Manufacturiers qui teignent chez eux leurs étoffes de leurs fabriques, d’avoir dans leurs maisons, magasins ou boutiques, ni d’employer dans leurs teintures de quelque laine ou étoffe que ce soit, de la mouillée des taillandiers et émouleurs, limaille de fer ou de cuivre, viel sommail qui a servi à passer les maroquins, attendu que pareilles matières dégradent les étoffes, les endurcissent et empêchent qu’elles n’aient l’œil et la perfection nécessaires, sous peine de deux cens quarante florins d’amende et autre plus grande en cas de récidive, et même avec interdiction de la maîtrise, s’il y échet.
- VI. —« Les Teinturiers du grand et bon teint seront une seule et même Communauté et ne pourront teindre au petit teint, et les Teinturiers du petit teint ne pourront teindre au grand et bon teint, à peine de cent florins d’amende pour la première fois, et d’interdiction de la maîtrise en cas de récidive.
- Vil. — « Les teinturiers du petit teint ne pourront teindre des Draps, Ratines, Calman-des, Blanches, Camelots de poil de chèvre, ni Camelots à deux ou quatre marches, ni Qui-gnettes et Bouffis crues en pièces -, mais ils pourront teindre des Frisons, Tiretaines, petites Sergettes à doubler et autres petites
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- étoffes; ils pourront pareillement teindre en gris musc et autres couleurs semblables, et non d’autres, toutes les étoffes qui servent à faire des doublures, ensemble des filets ou fils de laine qui s’employent dans les Manufactu -res de Sayeterie et Bourgeterie.
- VIH. — « Les Drapiers drapans pourront, comme ils ont toujours fait, teindre dans leurs maisons les étoffes de leurs manufactures en telles couleurs qu’ils jugeront à propos ; et les Fabriquans de calamandes et d’autres étoffes, pourront aussi continuer de teindre les fils ou filets de laine qu’ils employent dans leurs fabriques, sans qu’ils puissent être inquiètes ni troublés par les maîtres Teinturiers du grand et bon teint, ni par ceux du petit teint, ni être tenus pour raison de ce de payer aucun frais d’année audit Corps.
- IX. — « Les Marchands Magasiniers d’étoffes et fabriques de Lille pourront aussi teindre comme ci-devant en grand et bon teint les marchandises etétoffes dont ils font commerce, à charge néanmoins qu’ils se feront recevoir maîtres Teinturiers en la forme et manière prescrite par les premier et deuxième articles du présent Règlement, et à charge aussi de par eux se servir des ingrédiens spécifiés dans l’article A. Et seront lesdits Marchands Magasiniers, qui exerceront l’art de la teinture, du Corps des Maîtres Teinturiers en grand et bon teint, et assujettis aux charges et visites dudit Corps.
- X. ___o Tous ceux qui ont le secret de la
- teinture en écarlate pourront teindre en cette Couleur, sans être tenus de se faire aggréger au Corps des Maîtres Teinturiers en grand et bon teint, et sans être {assujettis aux charges ni aux visites dudit Corps, et pourvu néanmoins qu’ils ne fassent que la seule teinture en écarlate, et à condition de faire mettre par celui qui sera préposé à cet effet a chaque pièce qu’i's auront teint un plomb contenant leur nom, et de remplir les autres formalités qui sont actuellement observées.
- XI. — « Les laines pour tapisseries seront teintes en bon teint comme les étoffes de draperies, à la réserve des laines qui seront teintes en noir, lesquelles seront seulement gué-dées et noircies. Les Maîtres Fabriquants de tapisserie jouiront comme ci-devant de la liberté de teindre eux-mêmes leurs laines.
- XII. — « Les laines noires, qui s’employe-ront à la fabrication des Draps et des Serges pour mêler avec d’autres, pourront être raci-nées de racines de Noyers ou d’écorces de Noyers avec coques de Noix en suffisante quantité comme les couleurs de musc, ensuite passées en noir et les laines de ladite couleur de Musc, de gris de Souris et Tristaine pourront être teintes par les Drapiers drapans, ou
- par les Teinturiers du petit teint, sans néanmoins qu’ils y puissent contraindre lesdits drapiers drapans, ausquels il sera libre de les teindre eux-mêmes dans leurs maisons, ou de les y faire teindre en la manière ci-dessus, et non autrement; défenses expresses d’employer ausdites teintures, de l’écorce d’aune mouillée et autres matières ci-dessus prohibées par l’article V.
- Xlll. — « Les noirs des étoffes de haut prix seront de fort guesde d’un bleu brun, nommé bleu pair, pour la bonne qualité duquel il ne sera mêlé que suffisante quantité d’indigo tout apprêté avec bon pastel lorsque la cuve sera à doux, c’est-à-dire lorsque le pastel commence à jeter une fleur bleue, et sans qu’après l’assiette de ladite cuve elle puisse être réchauffée plus de deux fois ; puis ensuite bouillie avec Alun, Tartre et Gravelle ; et après ga-rancés avec Garance commune en croûte de belle Garance et parachevés en noir avec noix de Galles d’Alep, Couperose et Sumac -, puis adoucis en les repassant sur la gaude pour leur donner la perfection du noir ; et afin que lesdites couleurs soient belles et soutenables en perfection, et empêcher que lesdits Draps ne teignent et ne noircissent dans leur usage -, il est enjoint à tous marchands de faire bien dégorger leurs Draps et blanc aux Moulins à Foulons, avant que de les donner aux Teinturiers ; défense ausdits Teinturiers de les teindre qu’ils ne soient bien dégorgés, et après être guesdés, lesdits Teinturiers les fouleront aux pieds dans l’eau, et les porteront suivant l’usage aux Égards pour la vérification du bleu, puis les garanceront, et après qu’ils seront faits noirs, leur ordonnons de les bien laver et de les battre jusqu’à ce qu’ils ne poudrent plus.
- Xiv. — « A l’égard des étoffes de prix médiocre, comme les petites Ratines, Serges, Estamettes d’Amiens, Camelots, Quinnettes, Bouffis, Calmandes, Baracans et autres de pareilles qualités, elles seront seulement gues-dées et passées en bleu, et puis gparachevées en noir avec Galles et Coupe-rose, attendu que ces sortes de marchandises ne peuvent porter les frais d’être garancées, et que nonobstant elles seront de bon teint en la matière susdite.
- XV. — « Faisons aussi défenses à tous les Teinturiers et autres sans exception de Teindre estoffes de blanc en noir, pour quelque cause que ce soit, à peine de cent florins d’amende et d’interdiction.
- XVI. — « Pour donner un témoignage évident que toutes les étoffes seront teintes en bon teint et avec de bons ingrédients, tous les Maîtres Teinturiers et autres laisseront au bout de chaque pièce d’étoffe un Rose de la grandeur d’un écu d’argent, de couleur bleue ou jaune, et de toute autre couleur qui aura
- XVII. — « Le débouilli des étoffes n • ront faites et accusées de fausses teint 1 fera par lesdits Egards et Maîtres Teint’^Se en présence de celui sur qui la saisie faite, ou lui dûement appelé, ou autre ^ commis, comme il sera dit ci-après. Parlui
- XVlll. « Premièrement pour reconnaît* •
- lendits Draps noirs auront été bien gueldé»Sl mis en bleu; suivant le présent Règlement ^ sera coupé un échantillon de la pièce d t’ 1 teinture sera en débat, et un morceau deD i,la chantillon qui aura été mis au Bureau j Marchands Drapiers ou de Teinturiers et de l’alun de Rome aussi pesant que ie ^ deux échantillons, et pareille quantité de Ta)8 tre ou Raisiné, l’un et l’autre mêlés ensemble' à proportion desquels échantillons et drogn » on mettra de l’eau dans un poêlon que y * fera chauffer, et [lorsqu’elle commencera°à bouillir (et non plustôt), lesdits échantillons et drogues seront mises dans ledit poêlon pour y bouillir pendant une demi-heare après la-quelle desdits échantillons seront tirés du poêlon pour être confrontés l’un à l’autre, le même débouilli se fera pour les autres couleurs.
- XX. — « Les Égards de Teintures seront dorénavent composés de deux Maîtres Teinturiers du bon teint et de deux autres du petit teint, qui seront par nous nommés et renouvel-lés tous les ans, ensemble de deux Egards en charge du Siège de la Draperie, lesquels Egards de Teinture iront en visite chez les Teinturiers, même chez les Maîtres en charge, chez les Drapiers, les Manufacturiers et les Marchands Magasiniers teignans en bon teint, pour examiner les ingrédiens dont ils composeront leurs Teintures et les Marchandises par eux teintes.
- XXL — « Les deux Maîtres Teinturiers de bon teint en charge pourront faire des visites chez les Teinturiers du petit teint, pour voir s’ils ne se servent point des ingrédiens exprimés ès Articles 4 et 5 ci-dessus.
- XX111. — « Toutes les amendes qui seront prononcées pour les contraventions qui seront faites au présent Règlement seront appliquées, sçavoir un tiers aux Maîtres Visiteurs ouÉgards, un tiers au Dénonciateur, et l’autre tiers à l’Hôpital des Invalides de cette Ville.
- XXIV. — « Nul ne sera reçu à faire apprentissage qu’il ne se soit fait écrire sur le Registre de la Communauté, et qu’il n’ait payé vingt-quatre patars, et il ne pourra être reçu à la maîtrise, qu’après avoir fait apprentissage chez un maître en bon teint, et demeuré au service d’icelui l’espace de quatre années entières et consécutives, à moins que, pour causes légitimes, nous ne permettions à l’Ap-
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- la revue de la teinture
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- prentis de continuer son apprentissage chez un autre maître.
- XXXV. — « Chaque maître ne pourra avoir plus d’un Apprentis, et l’Apprentis qui voudra aspirer à la maîtrise sera tenu de faire à ses dépens un chef-d’œuvre en présences des maîtres en charge en toutes couleurs de bon teint qu’il voudra teindre, sçavoir : en bleu en mettant dans une cuve de Pastel l’Indigo ou Vonède, pour le préparer et teindre un Drap brun bleu, un Drap bleu castor pour noir, un Drap ou Estamette bleu pour pourpre ou violet et ce, pendant six jours entiers et consécutifs et avant le premier réchaut, et pour les autres couleurs, un Drap rouge de Garance et un Drap noir.
- XXVI. — « 11 lui sera expédié des lettres de maîtrise, en payant cinquante florins pour tes besoins de la Communauté des Teinturiers.
- XXVII. — « Les fils de maîtres seront reçus à ladite maîtrist par devant Nous, en faisant une expérience de bonne teinture l’espace de deux jours seulement et en payant à la manière prescrite par les Articles précédens.
- XXVlli. — « Lorsque quelque maître Teinturier étranger se présentera pour s’éiablir en cette ville et y être admis à la maîtrise, Nous nous réservons d’en disposer suivant ce qu’il sera trouvé convenable.
- XXXI. — « Les maîtres Teinturiers du grand et bon teint seront tenus d’aller aux Processions annuelles de la Fête-Dieu et de la Ville, comme cela se pratique par les autres Corps d’Arts et Métiers.
- XXXU. — « Quant aux Corps des maîtres Teinturiers du petit teint, il sera composé de tous ceux qui teignent actuellement la laine ou étoffes de laine qui n’auront point été admis ni obtenu de Nous des Lettres de maîtrise du Corps des Teinturiers du grand et bon teint. »
- Telle était la réglementation étroite qui régissait le corps de teinturiers lillois en l’an de grâce 1732. J'ajouterai comme complément qu’en 1721, défense fut portée de laver ou faire laver aucune laine telle qu’elle puisse être dans les canaux de la ville, sinon à la sortie des eaux -, qu’en 1738, il fut fait défense d’employer pour les draps noirs de la laine brune naturelle, parce qu’elle est plus faible et pius délicate que la laine blanche, qu’elle ne peut supporter les fatigues de la teinture, et qu’il n’est pas possible aux Egards de reconnaître la juste hauteur du bleu desdits draps.
- Enfin, en 1740, les religieuses de l’hôpital Comtesse ayant fait ériger un moulin à dégorger les draps, draperies et perpétuannes, teintes de blanc en couleur du bon teint, un règlement fut rendu au sujet de l’envoi des draps à ce moulin, pour être bien suffisam-
- ment lavés, nettoyés et dégorgés des restes grossiers et immondices de la teinture, sauf ceux teints en écarlate, couleurs dérivantes, rouge garancé, et par-dessus les perpétuannes qui seront teintes en bleu céleste et vert gai. Un plomb était apposé pour reconnaîte que la pièce était suffisamment dégorgée. On payait pour les draps 20 jpatars par pièce de AO à 50 aunes, et 2 liards par aune pour les autres pièces.
- SEL D’INDIGO
- La maison Kalle et Cie, de Biebrich, met en vente, sous le nom de « sel d’indigo », une combinaison [de l’orthonitrophényllactocétone avec le bi-sulfite de soude, qui peut servir à la production de l’indigo sur la fibre.
- Ce produit est livré au commerce sous forme d’une pâte composée d’un amas de cristaux.
- Chauffée légèrement, cette pâte fond, devient limpide, puis se trouble en déposant du lactocétone ; celui-ci se dissout par ^le refroidissement et la masse reprend sa forme ordinaire. Dans les solutions aqueuses, le lactocétone ainsi séparé ne se redissout que par addition de bi-sulfate de soude bien exempt d’acide sulfureux libre.
- D’après une communication de M. E. Fischer à la société industrielle ; de Mulhouse, pour imprimer sur coton, on foularde avec une solution aqueuse de sel d’indigo.
- 11 est recommandable de protéger l’étoffe contre l’action trop prolongée de la lumière. Oa peut sécher à une température assez élevée ; il est bon, toutefois, de ne plus exposer l'étoffe, une fois séchée, à l’action de la chaleur.
- L’étoffe ainsi préparée, mise à l’abri de la lumière, se conserve indéfiniment.
- On l’imprime avec un épaississant alcalin renfermant 16 pour cent de soude, par exem-
- ple :
- British gum....................... 500 gr.
- Soude caustique à AO* B........... 500 —
- Après l’impression,on sèche, lave -, on passe à l’acide, lave une seconde fois, puis on sèche.
- On peut intervertir ces opérations : imprimer sur l’étoffe le sel d’indigo additionné d’un épaississant neutre, sécher et développer à la température ordinaire par un passage dans une solution de soude caustique de 20 à 28 degrés Baumé.
- BREVETS RECENTS
- Intéressant les Industries tinctoriales.
- 229567. — Leblois Piceni et Ce. — Nouveau système d’imprégnation des matières textiles prises sous toutes leurs formes.
- 229587. — Odin. — Procédé d’impression sur tissus.
- 229644.— Gessler.— Dispositifs pour traiter par des liquides et vapeurs des rubans formés de fibres textiles.
- 229663. — Sylvester. — Appareil perfectionné à sécher les tissus.
- 229671.— Bernhart. — Perfectionnements apportés aux cylindres laineurs.
- 229715.— Errani. — Procédé de teintures à reflets sur feutre, draps, velours et tous tissus poilus.
- 229821. — Gessner. — Rouleaux laineurs inclinés.
- 229853.—Boiron.— Nouveau procédé d’impression des tissus de tout genre.
- 229847.t- Gessner. — Moulin à foulon perfectionné.
- 229888.— Gaebeli.— Nouvelle broche pour teinture, blanchiment ou apprêt des fils en bobines.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- lie paiement des salaires et les règlements d’atelier. — Le commission des règlements d’atelier s’est réunie au Sénat, sous la présidence de M. Forest.
- Après avoir entendu M. Dehollain, président de l’Association syndicale du commerce et de l’industrie, elle a adopté le contre-projet de M. Maxime Lecomte, dont voici le texte :
- « Article 1er. — Les salaires des ouvriers doivent être payés au moins deux fois par mois, à seize jours au plus d’intervalle, à moins de conventions contraires.
- a Art. 2. — Les paiements ne peuvent être faits que dans l’usine ou dans l’un de ses bureaux.
- « Art. 3. — Dans le cas où un règlement d’atelier déposé depuis un mois au moins au secrétariat du conseil des prud’hommes ou, à défaut, au greffe de la justice de paix et affiché dans les ateliers, prévoirait des retenues de salaires soit sous le nom d’amendes, soit sous une autre dénomination, ces retenues pourront avoir lieu, mais le montant encouru pour une même journée ne pourra excéder le quart du montant du salaire de cette journée.
- « La réduction de salaire pour malfaçon ou tout autre cause devant entraîner la réparation d’un préjudice causé aux patrons ne tombe pas sous l’application des articles 3 et A.
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- « Art. 4. — Le produit des retenues visées dans le précédent article ne pourra être employé que directement dans l’intérêt des ouvriers, notamment pour alimenter des caisses de secours et de prévoyance au profit dea ouvriers de l’atelier ou en gratifications. »
- M. Maxime Lecomte a été nommé rapporteur.
- —o—
- /application de la loi sur le travail des femmes. — Le ministre du commerce a entretenu le conseil des difficultés pratiques considérables que soulève l’application, aujourd’hui commencée, de la loi sur le travail des femmes, des filles mineures et des enfants.
- La diversité de la durée du travail des hommes, femmes et enfants dans les usines, empêche de coordonner les diverses parties du travail.
- Pour rétablir un ordre de choses possible, il faudrait réduire la durée des heures de travail des hommes qui, eux, n’acceptent pas la réduction correspondante de salaire qui en serait la conséquence.
- Le ministre a montré la nécessité de modifier la loi en question en vue de remédier à cet inconvénient.
- —o—
- lies tarif* douaniers aux Etats-Unis. — Le nouveau tarif des douanes proposé par la commission aux Etats-Unis, modifie complètement le régime en vigueur établi par le bill Mac-Kinley.
- La commission a remplacé partout où l’on a pu les droits spécifiques par des droits ad valorem, et elle propose des exemptions trè s étendues en faveur des matières premières.
- Voici quelques-unes des modifications proposées, d’après ces principes :
- Le chanvre et le lin brut entrent en franchise. ».
- Les cotonnades subissent une forte réduction, surtout toutes les étoffes à bon marché.
- Les étoffes de laine payent 40 OjO.
- Les étoffes d’habillement 45 0[0 avec une diminution de 1 0[0 par an pendant cinq ans.
- Les tapis, moquettes français payent 35 0^0.
- Les tapis de Bruxelles 30 O[0.
- La laine entrera en franchise le lor mars.
- Les droits sur le lainage seront réduits à partir du 1er juillet.
- Les réductions sur les soieries sont moins fortes que sur les lainages et sur les cotonnades.
- Les gants sont frappés de droits spécifiques de 25 0[0 sur les qualités inférieures et 40 0(0 sur les qualités supérieures.
- La peluche pour chapeaux entre en franchise.
- Dans la catégorie des produits chimiques, les exemptions de droits portent sur un très grand nombre de produits employés dans l’industrie et notamment sur l’acide sulfurique.
- Les droits sur l’huile de ricin sont réduits de 85 à 35 cents par gallon, pour favoriser sans doute la fabrication américaine des rouges d’Andnnople.
- —o—
- Les échantillons de tissus pour l'Espagne. — u résulte d’une récente communication de l’administration des postes espagnoles que, pour être admis en franchise de douane en Espagne, les échantillons d’étoffes, de tissus, de feutres et de papiers peints expédiés sous forme de colis postaux, doivent répondre aux conditions suivantes : 1° longueur maximum : 0 m. 40 ; 2° largeur : la largeur de la pièce, si elle est bien délimitée parla bordure ; dans le cas contraire, chaque échantillon ne doit pas excéder un carré: de 0 m. 40 de côté ; 3° les échantillons de l’espèce doivent en outre être rendus inutilisables au moyen de coupures pratiquées de 20 en 20 centimètres dans le sens de la largeur. Les échantillons qui ne remplissent pas ces conditions sont frappés d'un droit de douanes à leur entrée en Espagne.
- c— — r—-viidzoïer le noir dia-mine sur la fibre et de combiner avec de' phénols ou des amines NOUS est garanti en France par le brevet n° 201770. Certifié d’addition du 6 juin 1890 et que nous avons SEULS le droit de fabriquer et de vendre le Noir Diamine en France et de donner des \\. cences pour le diazotage et le développement du Noir Diamine sur la fibre.
- « Manufacture lyonnaise de matières colorantes. »
- —o—
- Incendies. — Un incendie s’est déclaré dans l’établissement de MM. Lernaître-Lavott et Cie, au Vivier (Seine-Inférieure).
- Tout l’outillage, dans la partie du bâtiment qui servait aux apprêts et aux lustrages des marchandises a été perdu, ainsi qu’une grande quantité de calicots et d’indiennes. Les pertes sont évaluées à plus de 140,000 francs ; elles sont couvertes par des assurances.
- Un autre incendie a détruit le peignage de laines de MM. Harret, à Bradford, les pertes atteignent 750,000 fr.
- Assemblée générale et banquet de la Chambre syndicale parisienne des teinturiers - dégraisseurs. — Le lundi 11 décembre, la Chambre syndicale tiendra son assemblée générale annuelle à l’hôtel de la rue de Lancry, n° 10, à 2 heures, et célébrera son banquet dans les salons de l’Hôtel-Moderne, 8 bis, place de la République (Château-d’Eau), à 7 heures.
- L’importance des questions qui seront traitées à l’assemblée, et le charme habituel de la fête de la corporation engageront nos confrères de province à assister à l’une et à l’autre.
- —o—
- Ces brevets de diazotage des noirs - diamine. — La « Manufacture Lyonnaise deo matières colorantes » a publié l’avis suivant, en date du 11 octobre, et dont elle nous demande l’insertion :
- a Une circulaire des Farbenfabriken vor-mals Friedr. Bayer et C° à Elberfeld et Fiers, datée de septembre 1893, commence par les mots :
- « En avril 1890, nous avons obtenu un bre-« vet pour un procédé de teinture en noir,
- « donnant des nuances solides au foulon et ne « dégorgeant pas, en diazotant et développant « le noir-diamine RO sur la fibre. »
- « Cette phrase devant provoquer l’idée dans l’esprit du lecteur que les Farbenfabriken ont
- laboratoire à la disposition des chercheurs. — La ville de Paris a fondé il y a douze ans une école de physique et de chimie industrielles dont les élèves sont actuellement très recherchés.
- Cette année, dans le but de comp’éter son œuvre, le Conseil municipal vient d’ajouter aux laboratoires déjà existants un laboratoire de chimie ouvert à tous ceux qui, justifiant d’une instruction suffisante, désireraient travailler en vue de recherches scientifiques ou industrielles, ou pour compléter leur instruction.
- Ces personnes trouveront à leur disposition dans ce nouveau laboratoire, tout ce qui est nécessaire pour atteindre le but qu’elles poursuivent.
- Ce laboratoire est ouvert depuis le 1er novembre 1893.
- Pour tous les renseignements complémentaires, s’adresser au directeur de l’Ecole, 42, rue Lhomond.
- Le Gérant : F. Gouillon.
- J»
- Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE (ARDENNES)
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- LA
- 5e Année, N011.
- SCI E NT I A • ET - NEGOTIUM
- WmMm
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- Novembre 1893
- F. GOUILTON, Directeur,
- 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Les alcools dénaturés. — Blanchiment des soies tussah. — Essai des draps de troupe. — Sur une coloration jaune dans le blanchiment. — Mode d’action des chlorures dans l’épaillage. — Etoffes à double face. — Procédé d’impression de fonds sur papier. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés dîners. — Formules pour impression ; Noir diamine ML; Phosphine nouvelle; Recettes de teinture.
- Chronique industrielle. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale des teinturiers-dégraisseurs. — Les Industries textiles à l’Exposition de Chicago.— Solution des litiges avec les maisons anglaises. — La grande Industrie. — Sur la résistance aux acides des vases de plomb. ~~ Réactif graduant.— La Manufacture nationale de Tokio. — Réglement des salaires. — Teinture des soies en noir. — Brevets récents (Catalogue). — Informations et Faits divers. — Annonces.
- LES ALCOOLS DÉNATURÉS
- Nouvelles entraves à leur emploi
- L’administration des contributions indirectes vient encore de restreindre les quelques commodités qu’offt ait dans les petites industries et dans les laboratoires l’emploi de l’alcool dénaturé.
- Nous avons fait ressortir dans une publication spéciale, le « Journal de la Droguerie et des Produits chimiques » (n° du 15 octobre), l’abus administratif résultant des nouvelles prescriptions à ce sujet, mais la question n’intéresse pas moins la Teinture, qui fait usage, dans différentes circonstances, de ce dissolvant ; nous reproduirons donc ici les principaux arguments que nous avons déjà fait valoir, car il importe que tous les organes des industries intéressées fassent entendre leurs protestations.
- * *
- Les procédés de dénaturation sur place à l’usage de quelques grandes fabrications restent les mêmes, mais le produit du petit consommateur non exercé par la régie, l’alcool circulant dans le commerce n’est plus maintenant propre qu’à la combustion.
- Souillé comme il était par une forte proportion de méthylène acétoné, il était encore utilisé dans les opérations °ù la pureté des produits n’est pas obligatoirement rigoureuse ; c’était, en
- somme, un dissolvant que l’on pouvait considérer comme uniquement alcoolique, et dont on pouvait faire usage dans les opérations ne devant rien au fisc, puisque celui-ci n’impose que les préparations potables.
- Maintenant il est mélangé de benzine et teinté par du vert d’aniline ; c’est un composé hydro-carburé n’ayant plus les caractères des alcools, et que l’on achève de défigurer par une coloration en vert d’aniline.
- Il devient ainsi complètement impropre à la dissolution des couleurs, aux bains de teinture dits « à sec », aux apprêts, au détachage.
- Et il nous faut employer des produits que nous ne consommons pas au sens fiscal du mot, ayant payé les droits élevés de consommation.
- *
- * * *
- D’après l’administration, des fraudes se produisaient par l’emploi de méthylène dénaturateur parfaitement rectifié et ainsi dépourvu de son odeur caractéristique, de sorte que la dénaturation n’infectait pas assez.
- Ou bien l’on détournait de l’alcool rédimé pour dénaturation, en y substituant des résidus de distillation non imposés.
- Ainsi, une administration comme les contributions indirectes, qui possède une armée d’inquisiteurs, qui se livre aux perquisitions les plus intimes chez les citoyens qu’elle soupçonne, se déclare impuissante à réprimer des frau-1 des qui ne peuvent cependant s’accom-? plir dans une forêt, et alors que les alcools, principalement, ne peuvent se déplacer, en si faibles quantités que ce soit, sans une série d’actes de naissance, de passeports et de certificats !
- Mais contre les prétextes allégués, il suffisait d’exiger, pour la dénaturation, des méthylènes odorants à l’exclusion des rectifiés, et de déterminer le type des alcools cia Imettre ci la dénaturation ; c’est précisément ce que l’administration vient de faire, et alors les nouvelles matières à dénaturation surajoutées
- sont des superfétations inutiles, prohibitives et vexatoires.
- Sous l’empire de cette insouciance constante des administrations pour les intérêts et les nécessités des administrés, les règles suivantes ont été prescrites :
- Pour opérer la dénaturation, on mêlera à 100 litres d’alcool à 90 degrés 15 litres de méthylène défini par la circulaire, puis un demi-litre de benzine lourde, et par hectolitre du mélange un gramme de vert malachite.
- Dans les alcools destinés à la fabrication du vernis, la benzine pourra être remplacée par 2 kil. de résine ou gomme-résine (sans supprimer le vert).
- Quand la dénaturation se fait dans les usines pour des usages industriels, on pourra faire grâce de cette coloration en vert.
- Puis, la nature et la composition des spiritueux destinés à la dénaturation, ainsi que des agents dénaturateurs, sont minutieusement déterminées, avec indication des procédés analytiques pour en reconnaître l’identité ; il est prescrit de prélever des échantillons de tous ces produits séparément, à chaque opération de dénaturation faite en présence des agents de l’administration , lesquels transmettent les échantillons prélevés aux laboratoires d’essais de la régie. La disposition des cuves où s’opère le mélange est soigneusement décrite, afin d’éviter tout escamotage d’alcool pendant l’opération, etc., etc.
- Toutes les garanties de ce dernier paragraphe, nous comprenons parfaitement que le Trésor les prenne ; la fraude existe réellement ; mais elles suffisent amplement à lui donner toute sécurité.
- L’administration doit être certaine que l’alcool rédimé n’a pas été soustrait à la dénaturation, ni qu’il ne sera pas par la suite désinfecté.
- Mais ce que nous estimons abusif, c’est que l’on ne se tienne pas à des procédés suffisants pour rendre ces produits impotables et qu’on les souille
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- continuellement au point qu’ils deviennent impropres à beaucoup d’usages légitimés, et que de nombreuses industries sont profondément troublées dans leurs moyens d’action.
- * *
- La Chambre syndicale de la Teinture a mis cette question a son ordre du jour.
- Celle de la Chapellerie française l’a déjà discutée. De nombreuses plaintes lui sont parvenues de fabricants ne pouvant plus faire usage de la drogue hétérogène, surtout avec sa coloration verte.
- D’après ces communications, la couleur des chapeaux en nuances claires et délicates est altérée, et la benzine pousse l’apprêt au piquage sur toutes les teintes.
- Mais c’est surtout la Chambre des « Couleurs et vernis » qui, naturellement, a reçu le plus de protestations à ce propos.
- Au cours de la discussion il a été fait remarquer que ce vert de malachite n’est pas stable j que la coloration tend a disparaître suivant la nature de certains alcools ou méthylènes, et que cela peut, par la suite, causer de sérieuses difficultés avec la régie.
- On sait, en effet, que ce vert est précipité de ses dissolutions parles alcalis, et déteint par le chlore et d’autres oxydants. Les réducteurs employés comme rongeants dans l’impression le décolorent aussi, mais la teinte reparaît par oxydation à l’air. 11 n’est pas étonnant qu’il se rencontre quelques-unes de ces influences dans le mélange complexe prescrit par l’administration.
- Les fabricants de fleurs, de celluloïd, les vernisseurs n’en peuvent, non plus que les teinturiers et apprêteurs, tirer nul parti, et la Chambre des « Couleurs et vernis » offre de produire des fleurs en couleurs claires, des articles en celluloïd, des perles, des poignées de cannes et parapluies, ayant conservé des tons verts qui ont fait refuser les livraisons.
- Le vert est absolument impossible pour les vernis destinés aux bois blancs : érable, sycomore, pitchpin, etc.
- Le méthylène pur, qui n’est pas imposé, pourra quelquefois être employé dans ces industries, il n’est pas propre à tous les usages de l’alcool même dénaturé, et son prix est encore élevé.
- Dans ces emplois, quoique limités, le Trésor perdra les 37 fr. 50 de droits qu’il perçoit par hectolitre d’alcool dénaturé.
- * *
- Les chambres syndicales ci-dessus citées rédigent en commun une protestation qui sera adressée à MM. les ministres des finances et du commerce. Elles demandent, notamment, la suppression de la benzine et du vert, et aussi de quelques formalités nécessaires qui gênent considérablement le commerce et certaines destinations des alcools dénaturés.
- Les intéressés non syndiqués ne peuvent demeurer étrangers à ce mouvement, ils doivent, de leur côté, présenter leurs réclamations à l’administration et au besoin pétitionner au Parlement.
- Nous ne pouvons nous laisser priver de nos moyens de production pour la seule quiétude des agents du fisc, insuffisants à leur tâche s’ils ne se sentent pas assez armés pour réprimer la fraude sans les nouvelles vexations qu’ils viennent d’imaginer.
- Les industries tinctoriales ne sauraient rester indifférentes à cette situation.
- F. G0U1LL0N
- BLANCHIMENT
- DES SOIES T U S S A H
- Nous avons plusieurs fois traité la question du blanchiment des soies sauvages (1). 11 nous paraît utile de résumer l’état actuel de cette question.
- Disons d’abord que l’eau oxygénée est le seul agent décolorant à employer, ou le peroxyde de sodium qui est, on pourrait dire, de l’eau oxygénée sous un état solide.
- 11 n’y a (.lus à parler du bi-oxyde de baryum qui n’a donné que des résultats plus qu’insuffisants.
- Dégommage
- Mais avant la décoloration, il faut dégommer ces soies, qui retiennent un enduit, n’ayant pas le caractère d’un grès mais qui la colore fortement et lui donne quelquefois une odeur repoussante. On suppose qu’elle a été ajoutée dans les bassines de filature pour faciliter le dévidage du bain.
- Cette matière est très probablement les excréments du ver, si elle n’est ceux des mouli-niers. Ses proportions dans les soieries ne sont pas constantes, elles peuvent aller de 25 à 42 pour cent -, cela confirme son origine anormale ; elle est ordinairement de 25 pour cent.
- Les soies sauvages seront d’abord trem deux ou trois heures, ou davantaap A Pées bain d’eau tiède (30-40- C), auquel ’ on^ Utl ajouter par hectolitre un kilogramme d ^ bonate de soude (sel Solvay). Dans ce elles perdent de 20 à 22 p0ur cent de ^
- poids, en abandonnant au liquide la impartie de la matière infecte qui les end^ et elles se sont déjà sensiblement décoloré^’ La cuite a lieu ensuite, quoique dans ^ tains ateliers on ne fasse qu’une seule o T*' Lion en cuisant directement les soies dans ^ bain de soude carbonatée ou caustique * ^ vie cependant d’un savon.
- Ici, après le dégorgeage au bain tiède le soies seront traitées au bain de soude caus/ que (500 grammes par hectolitre), à une terni pérature de 50-60- C. pendant deux heures" La soude caustique dispense de l’ébullition* mais on peut y substituer la soude carbonatée Solvay (1 kil. par hectolitre), et alors bouillir environ une heure.
- Après l’un ou l’aulre de ces moyens on rince à l’eau tiède, on pique à l’acide chlorhydrique froid (un demi-litre par hectolitre" du bain), puis on donné un dernier rinçage Les tussah en sortent brillants, désinfectés et n’ayant conservé qu’une légère teinte fauve sur laquelle on peut teindre la plupart des nuances : celles pour lesquelles un fond un peu jaunâtre n’est pas un obstacle.
- Par ces traitements, les soies sauvages ont perdu en moyenne 25 pour cent de leur poids primitif. Cette perte est bien inférieure à celle des soies de mûrier après cuite, mais les tussah n’ont pas, à proprement parler, de grès.
- Pour les blancs, les bleus purs, les violets tendres et les nuances très claires, ils devront être ensuite blanchis à fond.
- Blanchimeut far l'eau oxygénée
- Les soies dégommées comme il vient d’être dit et encore humides, mais tordues au che-villon, ou turbinées à l’essoreuse, sont décolorées dans un bain qui contiendra, pourdix kil. de tussah :
- Eau oxygénée à 10 vol........... 20 litres
- Eau chaude...................... 60 -
- Silicate de soude............... 1 -
- Nous avons indiqué quelques formules variées pour la composition de ce bain (2); celui cl est le plus employé et marche très bien.
- Entrer les soies à une température de 50-60® C.; porter peu à peu la chaleur jusqu’au voisinage du bouillon ; laisser les soles en contact 12 à 15 heures sans maintenir continuellement cette température, mais en réchauffant le bain deux ou trois fois pendant ce temps, et changeant chaque fois lesécheveaux de place par quelques lisses.
- (1) Reçue de la Teinture, 1888, p. 170 ; 1893, p. 7 et 47 ; 1881, p. 27, et janvier et juillet année courante, p. 3 et 97.
- (2) N° de juillet deruier, p. 97.
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- Dans ce bain, la décoloration doit être complète.
- Rincer ensuite, donner un savon bouillant, de quelques minutes, et piquer à l’acide chlorhydrique (1/2 litre par hectolitre d’eau).
- Blanchiment au peroxyde de sodium
- Ce produit est monopolisé par une maison allemande, ce qui en limite provisoirement l’emploi, mais il est appelé à se substituer entièrement à l’eau oxygénée, jusqu’à ce qu’il soit lui-même détrôné par un autre. 11 est en poudre jaunâtre, attirant fortement l’humidité.
- Son action est absolument analogue à celle de l’eau oxygénée (peut-être pas aussi complète dans le cas spécial du tussah), mais elle est plus facile à régler et à conduire ; son état solide en rend l’emploi, le magasinage et surtout le transport plus commodes. Toutefois, sa facile décomposition par l’humidité de l’air en rend sa conservation précaire. Pour l’en garantir, le fabricant le livre en petites boîtes bien closes, de 5 kil.
- Nous avons publié un article sur son emploi en général dans le blanchiment (1) ; nous répéterons ici ce qui concerne spécialement les soies sauvages:
- Cuire comme d’ordinaire le tussah, et bien écarter le savon par de3 lavages répétés à l’eau do ice. (Dans le mode de dégommage indiqué plus haut, nous n’employons pas de savon).
- Faire un bain de blanchiment contenant
- pour 10 kil. de tissah :
- Eau......................... 250 lit.
- Sulfate de magnésie exempt
- de chlorure............... 9 k'1.
- La so’e est manœuvrée dane ce bain,chauffé à 30-35° C. pendant environ une demi-heure, puis on ajoute en plusieurs fois, en levant chaque fois le tussah :
- Peroxyde de sodium.... 2 à 3 kil.
- Aussitôt la dernière addition faite, on porte en plusieurs fois le bain à 90-95° C.
- Le blanchiment dure d’une heure et demie à deux heures ; on lève alors la marchandise, puis on acidulé le bain avec la quantité nécessaire d’acide sulfurique pour le clarifier entièrement ; on manœuvre un quart-d'heure, et enfin, on lave et on essore.
- Nous avons fait ressortir les avantages du peroxyde de sodium, niais il convient d’ajouter que dans le cas spécial de son application aux soies sauvages, l’auteur de la méthode qui précède, ajoutait que les tussah ainsi blanchis étaient sensiblement moins blancs que ceux traités à l’eau oxygénée, mais que le brillant et le toucher sont les mêmes.
- Sur la soie du mûrier, la schappe, le coton et la laine, les résultats du blanchiment sont équivalents avec ces deux agents décolorants.
- (1) No de janvier, année courante, p. 3.
- ESSAI ET APPRÉCIATION
- des teintes des draps de troupe ET MÉTHODE DES DÉBOUILLIS
- d'après le cahier des charges pour la fourniture de ces tissus à l'usage de l'armée de terre
- La Revue de la Teinture a indiqué dans sa livraison de mars dernier (p. 33), les conditions générales delà fabrication des draps de troupe.
- Le cahier des charges pour la fourniture de ces étoffes est un véritable manuel de marchand drapier, et il comprend des renseignements fort complets sur les méthodes de vérification de la qualité des draps; nous ne pouvons le suivre dans ces détails en ce qui concerne l’examen du tissu lui-même, mais nous reproduisons au moins la partie qui a trait à la vérification des teintes; ces indications comme les autres, d’ailleurs, sont utilisables à l’appréciation de tous draps d’administration.
- Yoici donc ce qui se rapporte aux teintes :
- Examen et essai des couleurs
- Observation générale. — La vérification des draps, en ce qui se rapporte à la couleur, doit porter sur les deux points suivants :
- A) Appréciation de la couleur au point de vue de sa similitude et de son intensité par rapport à celle d’un type pris pour terme de comparaison.
- B) Recherche des qualités d’origine et de stabilité des colorants, c’est-à-dire essai des couleurs.
- A). —Appréciation de la couleur au point de vue de sa conformité avec le type.
- L’appréciation de la couleur par comparaison avec celle d’un type donné, résulte naturellement du témoignage direct du sens de la vue. Elle a lieu lors de l’examen au rouleau.
- Cette comparaison de la couleur se fait avec celles des coupons de drap prélevés sur tous les prototypes. Ces coupons sont contenus dans un album enfermé dans un étui et placé à l’abri de la lumière.
- Les dimensions de ces coupons devront être de 0 m. 20 dans les deux sens.
- Néanmoins, et pour se mettre en garde contre les erreurs possibles, il est indispensable de tenir compte de certains phénomènes d’optique qui vont être indiqués ci-dessous.
- 11 est très important de remarquer que, d’une manière générale, les différences de ton ou de nuance qui existent d’une couleur à une autre s’exagèrent très sensiblement par la juxtaposition ou la superposition de deux étoffes. Les commissions devront prendre ce fait en considération lorsqu’elles compareront un drap avec le type.
- On ajoute encore que les draps mal décatis qui ont conservé du lustre paraissent toujours plus clairs qu’ils ne le seraient si le décatissage était complet.
- Image accidentelle. — Lorsqu’on fixe les yeux pendant un certain temps sur un objet coloré et qu’on les reporte ensuite sur une surface blanche, on voit se former sur celle-
- ci une image circulaire d’une autre couleur que celle de l’objet tt qui, sous le rapport de sa coloration, est avec elle dans un rapport déterminé et constant. On donne à cette image le nom d’image accidentelle.
- Couleur accidentelle. — On nomme couleur accidentelle celle dont est teinte l’image qui se produit dans les circonstances qui viennent d’être indiquées.
- L’impression de cette couleur persiste d’autant plus que l’objet contemplé a été plus vivement éclairé et qu’on l’a regardé plus longtemps.
- Couleurs complémentaires. -- La couleur accidentelle et celle dont elle procède sont en-tre elles dans un rapport invariable quelles que soient les circonstances dans lesquelles elles se produisent ; chacune de ces couleurs se compose de la réuni jn de tous les rayons colorés manquant à l’autre et inversement pour prouuire soit la couleur blanche si la primitive est pure, soit du gris plus ou moins foncé si cette cou’eur est impure. Aussi dit-on que ces couleurs sont complémentaires (I). Toutefois, l’intensite de la couleur acci lentille est toujours beaucoup plus faible que celle de la couleur réelle qui l’a produite.
- On doit envisager la couleur acci dentelle sous trois point* de vue différents:
- I • L’action d’une couleur sur elle-mê ne;
- 2- Le conslraste simultané c’est-à-dire les
- actions réciproques des couleurs contiguë s ou superposées ;
- 3' Le contraste sujcessif, c’est-à-dire l’in, flience exercée par une couleur sur celle qui vient après elle.
- Quelle que soit celle de ces trois circonstances qui se présente, l’effet produit est identique dans ses résultats comme il l’est dans sa cause.
- Vision d'une même couleur. — L’effd de la vision exclusive et prolongée doit être nécessairement de la rendre moins vive et moins pure, par suite de sa combinaison avec sa couleur accidentelle.
- II en résulte que ces deux couleurs mélangées sur la rétine, dans des rapports qui ne peuvent pas être ceux de la proluction du blanc, doivent donner naissance à une certaine quantité de noir. 11 en résulte que la nuance qui est propre à l’objet est nécessairement modifiée dans un sens défavorable.
- vl) La loi qui, d’a.irèî Chevreul, régit ces rapports, peut, abstraction faite des coefficients d’intensité, se résumer dans le tableau ci-dessous :
- Cramoisi......................... Vert.
- Ecarlate......................... Vert bleuâtre.
- Garance.......................... Bleu verdâtre.
- Orangé....................... Bleu bleuet.
- Jaune d’or...................... Bleu de Prusse.
- Jonquille........................ Indigo.
- Jaune verdâtre................... Violet.
- Vert jaunâtre.................... Amarante.
- Le noir est complémentaire du blanc et réciproquement, et plus une couleur est sombre, plus sa complémentaire est claire.
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- Aussi e3t-ilconvenible, lorsqu’on examine une étoffe de couleur vive, comme l’écarlate, par exemple, de porter de temps en temps les yeux sur d’autres objets, afin de rejeter sur eux l’impression de la complémentaire de cette couleur.
- Vision simultanée de deux couleurs. — Dans la vifion simultanée de deux couleurs, il y a un double effet de contra te : celui de la nuance et celui du ton, dont le résultat analogue est de tendre à les éloigner le pius possible l’une de l’autre.
- Ainsi, d’un côté, chacune de ces couleurs, rejetant sur l’autre sa complémentaire, la modifie dans le sens qui lui est le plus directement opposé, tandis que, d’un autre*côté, la couleur la plus claire enlève de la lumière blanche à la couleur la plus foncée, de manière à en enlever le ton et à s’éclaircir elle-même.
- 11 en résulte que, lorsqu’une couleur est contiguë ou superposée :
- 1° A du blanc, elle devient plus foncée et elle colore la surface blanche de sa couleur complémentaire ;
- 2° A du noir, elle s’éclaircit et elle modifie la surface noire par sa complémentaire ;
- 3° A une autre surface quelconque, les deux surfaces diversem nt colorées rejettent l’un sur l’autre leur couleur accidentelle, ce qui produit des résultats essentiellement différents selon les rapports qui existent entre les deux couleurs.
- Ainsi :
- 1* Si ces couleurs sont simples, elles tendent à devenir binaires.
- Exemple :
- Le rouge rend le jaune et le bleu verdâtres.
- Le jaune rend le rouge cramoisi et le bleu pourpré.
- Le bleu rend le jaune doré et pousse le rouge à l'orangé.
- 2° Si les couleurs des deux surfaces sont complémentaires, comme rouge et vert, orangé et bleu, jaune et violet, elles s’épurent et s’avivent mutuellement par l’échange de leurs couleurs complémentaires. j
- 3<> Si une couleur est simple et l’autre composée, sans qu’elles soient complémentaires, il se produit des effels complexes, mais dont les résultats sont toujours défavorables à la pureté ou à l’intensité de la couleur.
- Vision successive de deux couleurs. —• Tout ce qui vient d’être dit du contraste simultané des couleurs s’applique également à leur contraste successif, avec cette différence, bien entendu, que les actions ne soient pas réciproques.
- Ainsi, une couleur quelconque paraît plus foncée lorsqu’elle succède à du blanc ou à une couleur plus claire qu’elle ne l’est elle-même.
- Ainsi encore, une couleur se teinte toujours
- delà comp’ément ire de celle qui l’a précédée.
- Il convient de tenir un compte très sérieux des différents phénomènes qui viennent d’être rappelés dans la vérification des étoffes pour lesquelles la couleur intervient comme un des éléments importants de leur appréciation.
- Le drap girance, par exemple, paraît absolument brun si on le regarde sur ou après du drap écarlate (complémentaire vert); tandis qu’il est d’une belle couleur amarante sur ou après le jonquille (comp'émentaire violet).
- Ainsi encore, le drap bleu foncé paraît pâle et verdâtre après l’écarlate ou le garance, et pourpré après le jonquille. Les draps blancs augmentent l’intensité de ton de ceux qui leur succèdent.
- B). —Essai des couleurs
- Observations générales. — Les essais qui sont indiqués plus haut ne sont que des procédés sommaires, le plus habituellement pratiqués dans l’administration militaire ; mais l’administration se réserve le droit d’employer pour essayer les couleurs et leur solidité, tous autres moyens qu’elle juge convenables.
- L’essai des couleurs se fait au moyen de diverses préparations auxquelles on donne le nom de débouillis. C’est une opération délicate qui, pour être concluante, doit être considérée avec un soin minutieux, en se conformant aux indications ci après.
- On ne doit employer que des substances pures et de la meill ure qualité. A cet effet, les divers réactifs doivent être demandes autant que possible à une pharmacie miü'aireou civile.
- Pour éviter que la substance des objets employés n’agisse sur les réactifs et ne les al-ère, on fait exclusivement usage d’ustensiles en verre ou en porcelaine (capsules, éprouvettes, baguettes, etc.)
- Les échantillons de drap à essayer doivent avoir 5 centimètres de côté, soit une surface de 2 5 centimètres carrés environ ; la capsule en porcelaine aura une contenance d’environ 150 centimètres cubes. Le bain devra la remplir jusqu’à un centimètre environ du bord.
- Ce bain sera porté le plus rapidement possible à l’ébullilion, de façon à éviter sa concentration.
- Après l’immersion dans le débouilli, l’échantillon doit être rincé à l’eau pure avec un grand soin et séché, afin qu’on puisse juger avec certitude de l’effet produit sur la couleur. On accélère la dessication en pressant l’échantillon entre deux feuilles de papier buvard blanc ou de papier filtre.
- ESSAI DE COULEURS AUTRES QUE LE BLEU
- Essai de l'écarlate. — Dans 500 grammes d’eau distillée, on met 12 grammes d’alun de potasse cristallisé et incolore et on chauffe le liquide jusqu’à l’ébullition. Lorsqu’il bout, on y plonge entièrement l’échantillon de drap à
- mi.
- essayer et on laisse bouillir pendant h nutes. uncl
- Lorsque l’étoffe a été teinte à )a rn , ou à la iaque-dye, la couleur passe au °16011,6 ou au cramoisi plus ou moins foncé etT^6 prend plus ou moins la même nuance * ^ Si la couleur disparaît ou se maintient,,, qu’elle était, c’est qu’elle a été obtenu? 6 6 l’emploi de colorants autres qoe la Co h ^ ou la laque-dye, elle drap doit être rejeté"1116 Essai du rouge garance obtenu par ia ’ rance na\ureUe ou par l'alizarine artinJn' du jonquille et du marron. — Dans 50ü * mes d’eau distillée on fait dissoudre 8 er8raiï' de savon blanc de Marseille (savon blanc”10168 tre et non alcalin), on remplit la C3psuie °eU' ce bain et on chauffe jusqu’à rébulliti0n T* moment, on y plonge l’échantillon de dra ^ essayer et on laisse bouillir pendant cinq nutes. ^ Dai'
- La couleur ne doit baisser que très \è h ment et le bain prend plus ou moins de l’échantillon.
- S’il en est autrement, le drap doit étr rejeté.
- ESSAIS DU BLEU
- Dans 500 grammes d’eau distillée, on verse 50 grammes d’acide sulfurique à 660 uur et bien exempt d’acide nitrique. On remplit 1a capsule de cette solution acide et on y pionge à froid l’échantillon de drap à essayer - oq porte le liquide à l’ébullition et on laisse bouillir pendant trois minutes environ.
- Lorsque l’étoffe a été teinte à l’indigo pur la couleur ne change pas et le débouilli reste incolore. Si le débouilli est bleu ou bleu verdâtre et si la nuance de l’échantillon baisse sensiblement, on se trouve en présence d’un bleu d’aniline ou de sulfate d’indigo (carmin d’indigo). Dans ce dernier cas, le drap commence même à tacher à froid, et, s’il n’est teint qu’au carmin d’indigo seul, il sort du débouilli presque entièrement décoloré.
- Si la couleur change ou si le débouilli se colore en rouge, rose ou violet, c’est que la teinture a été obtenue par un bleu d’alizarine ou par un bleu d’indigo, avec addition de remont ge au santal ou au campêche et le drap doit être rejeté. Si le débouilli est jaune et que la nuance de l’échantillon baisse, c’est que le drap est remonté au bois jaune.
- ESSAIS DD BLEU FONCÉ REMONTÉ
- Il importe pour les bleus remontés de préciser : 1° le mode de remontage, 2° la nature du pied de bleu, 30 l’importance de ce pied de bleu.
- 1° Essai pour constater la nature dure-montage.— On opère absolument comme il a été dit plus haut pour l’essai du bleu.
- Le débouilli se colore en rouge orangé plus oumoins foncé.
- On verse quelques centimètres cubes de ce buin dans une éprouvette en verre ef l’on étend de huit à dix fois son volume d’eau. Si le re-
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- montage est fait aa santal additionné seule-lement de sumac ou de noix de galle, le débouilli ainsi étendu reste rouge et ne fait que pâlir. Si, au contraire, le remontage est fait au campêche, la couleur vire au jaune d’or.
- Si le remontage est fait avec un mélange de santal et de campêche, la réaction précédenie ne donne rien de précis. Pour déceler la présence du campêche, on versera sur un fragment de l’étoffe à examiner deux à trois gouttes d’acide chlorhydrique concentré et froid et on appuiera sur la partie ainsi mouillée une feuille de papier buvard blanc ; s’il y a du campêche, ce papier prendra une teinte rose.
- 2° Constatation de la nature du bleu. — L’échantillon débouilli une première fois, comme il est indiqué pour l’essai du bleu, devra subir la même opération une deuxième fois, dans un deuxième bain, afin de faire dis-paraî re tout le remonU ge qu’il est possible de séparer de la laine.
- Il sera ensuite lavé avec soin à l’eau distillée et placé dans une capsule contenant 50 parties de soude caustique et 30 parties d’eau distillée. On fera bouillir jusqu à comp'ète dissolution de l’échantillon, et on versera le liquide dans une éprouvette en verre afin d’examiner ce liquide par transparence :
- 1° Si le pied de bleu a été donné à l’indigo pur, la dissolution portera en suspension l’indigo nettement bleu -,
- 2° Si ce pied de bleu a été obtenu par l’aniline, la couleur est rouge légèrement violacé, quelquefois jaune ;
- 3° Si on a employé du bleu û’alizarine, la dissolution est verte.
- Il importe cependant de remarquer que la dissolution de la laine dans la soude caustique peut donner une teinte verte analogue à celle produite par le bleu d’alizarine. On devra donc, pour s’assurer si l’on a affaire à de l’indigo pur, verser goutte à goutte de l’acide sulfurique concentré, et de façon à l’y introduire en excès dans la liqueur. On aura grand soin d’agiter le liquide après chaque addition d’acide pour éviter les projections dangereuses.
- Si on est en présence d’alizarine, la nuance virera au rouge.
- Si, au contraire, l’indigo est pur, elle virera au bleu.
- 3° Co?istatation de l’importance du pied de bleu. — L’affinité de la laine pour le santal, le sumac et la noix de galle est telle que l’acide sulfurique du débouilli ne parvient pas, même après deux opérations, à enlever du drap la toialité de ces colorants.
- Il en reste sur la fibre une certaine quantité qui donne à l’indigo une coloration bien plus foncée que celle qu’il possédait avant le remontage.
- Aussi, pour apprécier la quantité d’indigo pur fixée sur l’étoffe, doit-on opérer par comparaison avec le type sur lequel on aura découpé une languette restant adhérente par un
- côté sur 0 m 05 de large. Cette languette aura 0 m. 15 de long, et, sur 0 m. 10, elle aura dû subir l’opération des deux débouillis, puis un lavage soigné à l’eau distillée et un séchage complet.
- L’échantillon traité de même devra offrir une teinte bleue, à l’envers de l’étoffe surtout, sen iblement pareille à celle du type.
- AUTRES ESSAIS APPLICABLES A TOUTES LES SORTES DE DRAPS
- La stabilité de la couleur à l’usage se reconnaît par les caractères suivants :
- 1° Le tissu frotté à sec sur du papier blanc ne doit pas abandonner sa couleur ;
- 2° Plongé dans quatre à cinq fois son poids d’eau distillée pendant vingt-quatre heures, la couleur du tissu ne doit pas varier après dessiccation; l’eau doit rester incolore et ne doit pas agir sur le papier de tournesol.
- On obtiendra plus rapidement les mêmes résultats en plongeant pendant cinq minutes le tissu dans l’eau distillée bouillante;
- 3» La couleur du tissu ne doit ni varier, ni faiblir par l’action des rayons solaires.
- Cet essai se fait en exposant au soleil pendant quinze jours un morceau de tissu placé dans un châssis de photographie.
- Cette expérience sera toujours faite dans les cas de contestation ; les essais auront lieu, comparativement avec les échantillons prélevés sur le drap type.
- SUR UNE COLORATION JAUNE
- de fibres blanchies au chlore
- Certains fabricants de papier étaient désorientés par une coloration jaune persistante se manifestant dans leurs pâtes blanchies au chlore et qui peut se présenter aussi dans le blanchiment des fils et tissus.
- Avant d’en reconnaître la cause, ils avaient expérimenté des moyens de remédier aux effets, et l’un d’eux avait fait l’observation suivante :
- La pâte jaunie peut être ramenée au blanc parfait en une demi-heure, en versant dans la raffineuse de 1 à 1 1[2 pourcent d’acide acétique dissous dans l’eau. L’action de l’acide acétique, dans ce cas, est très remarquable et rapide 11 est probable qu’ii dissout l’oxyde de fer et les matières brunes de nature gommeuse en précipitant la chaux. Les acides minéraux sont, dans ce cas, beaucoup moins efficaces et avantageux ; malheureusement, le prix élevé de l’acide acétique ne permet de l’employer que dans des cas exceptionnels.
- Mais un autre fabricant annonça depuis qu’il avait eu l’occasion d’observer le jaunissement de la pâte et qu’après de longues recherches il en avait trouvé la source dans la pollution de l’eau par les résidus du blanchiment au gaz.
- L’eau d’une source, qui était claire comme du cristal, se trouva devenir brun foncé et presque noire à la suite d’un mélange de chlore ; on s’aperçut alors que l’e3u de cette source contenait de grandes quantités de manganèse provenant d’un réservoir où l’on jetait les résidus des cornues de fabrication du chlore gazeux; le réservoir avait, au fond, une grande crevasse par laquelle les résidus s’infiltraient depuis longtemps dans le gravier et remplissaient le sol de manganèse, etc. 11 fut très diificile de supprimer ce grave inconvénient.
- 11 y avait au moins un moyen simple d’en détruire les effets, c’était d’ajouter uno très faible proportion d’acide sulfureux dans une des eaux de rinçage, ce qui aurait immédiatement ramené au blanc les pâtes, et sans être aussi coûteux que l’acide acétique.
- MODE D’ACTION
- des chlorures d'aluminium et de magnésium dans l’épaillage.
- Les chlorures de magnésium et d’aluminium ont le grand avantage, dans l’épaillage de la laine, tout en détruisant complètement la substance végétale, de n’exercer qu’une action relativement faible sur les teintures. Comment ces sels agissent-ils dans l’épaillage ? Est-ce par l’acide chlorhydrique mis en liberté en chauffant (Frank) ? Est-ce par la cristallisation du sel dans la fibre végétale (De-long) ? Par l’action caustique du chlorure d’aluminium lui-même (Jolly) ? MM. E. Breinl et C. Honobsky, de Vienne, ont fait récemment des recherches sur ces composés, et ils ont étudié leur action sur du calicot blanchi, sur du cachemire de laine pure et sur un tissu mélangé formé de 60 pouç cent de coton et AO pour cent de laine.
- Voici les résultats de leurs recherches.
- Le chlorure de magnésium en solution marquant 9° Baumé détruit complètement toutes les matières végétales qui se trouvent dans la laine. Une température de 120• suffit pour cela ; une température plus élevée altérerait les couleurs et attaquerait la laine : celle-ci doit être séchée à une température assez basse pour éviter que le chlorure de magnésium ne se décompose et pour éviter aussi qu’il ne se produise de la vapeur dans la chambre d’é-paillage, car les gouttes de condensation de cette vapeur altèrent les couleurs.
- Le chlorure d’aluminium en solution marquant 7° Baumé élimine complètement la matière végétale ; cette destruction se fait lentement à 100° ; il faut dépasser cette température aussi peu que possible pour éviter de jaunir la laine ; la chambre de carbonisation dcit être ventilée avec soin pour enlever toute vapeur ; et après l’épaillage on lavera la laine pour la débarrasser de toute trace d’acide en grande eau, mais sans ajouter d’alcali.
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- ÉTOFFES A DOUBLE FACE
- Les étoffes dont l’envers présente un façonné soigné différent de celui de l’endroit, et connues depuis longtemps sous le nom de doubles-faces, ainsi que d’autres variétés appelées récemment réversibles, sont en passe d’acquérir un nouveau cachet dans les étoffes légères en laine à l’usage des darnes.
- Un moyen très facile, pour faire des étoffes légères à deux faces différentes consiste à mettre la chaîne d’une couleur et la trame d’une autre et d’utiliser une croisure qui montre la chaîne plus d’un côté que de l’autre.
- Mais l’enlacement laisse une trace des deux côtés, et chaque nuance est altérée par celle de la face opposée. Pour atteindre un résultat passable, il faut choisir des couleurs qui s’allient harmonieusement et peuvent feutrer l’étoffe, car si elle est fortemeut foulée, les nuances transpirent davantage l’une dans l’autre et se dénaturent réciproquement.
- Pour faire mieux que ce que l’on avait fait déjà, pour obtenir des couleurs plus pures, on a cherché la perfection par la teinture. Pour cela on tisse en écru un drap bien clos, aussi léger que l’on veut ; ou dégraisse soigneusement, en un mot on dispose comme d’ordinaire puur la teinture en pièce. Cette dernière opération se fait de plusieurs façons, mais en deux parties distinctes. Par la première manière, on teint la pièce d'une couleur en la traitant comme d’habitude jusqu’au séchage.
- Puis, par une préparation chimique, on agit sur une des faces pour dénaturer la couleur primitive et en obtenir une autre. Un autre système consiste à teindre l’étoffe de l’une des couleurs qui lui sont destinées, la plus claire naturellement ; puis l’une des faces reçoit, sur une machine spécialement disposée pour cela, la couleur foncée. La grande difficulté réside dans la seconde partie de l’opération, car la préparation ou la teinture ne doivent plus baigner l’étoffe ni la traverser, elles doivent agir sur une face sans altérer l’autre. Ce problème industriel est résolu pratiquement pour les draps légers.
- Nous compléterons ces indications extraites du journal Les Tissus en signalant que le moyen employé pour répandre le rongeant ou la nouvelle teinture, est l’emploi du pulvérisateur de liquides, à l’aide duquel on projette les dissolutions snr l’une des faces du tissu, sans atteindre l’autre, ni traverser l’étoffe.
- Berlin, M. Sommer, lequel a pour objet de se servir des étoffes à dessins pour l’impression des fonds sur papier.
- Le tissu en question devra être choisi autant que possible avec des dessins soit en relief ou en creux, il sera trempé tout d’abord dans un bain composé de carmin et d’esprit-de-vin dans lequel on devra le laisser tremper pendant douze heures, puis, l’étoffe une fois retirée, on la tendra encore humide dans un cadre, toutefois après en avoir ext ait le trop de | liquide qui pourrait encore y rester au sortir du premier bain, et cela de façon à ce que les vis soient serrées au point d’en étendre régulièrement les fils; de cette manière 1 étoffe humide se trouve être entièrement tendue et les espaces souvent très petits entre les. fils sont tellement écartés qu’ils apparaissent, après impression faite, comme des endroits en blanc.
- On expose ensuite le cadre à une chaleur de 20 à 15 degrés dans un casier séchoir destiné à cet effet afin de faire sécher le tissu et éviter que l’étoffe ne se salisse ou ne prenne la poussière, où on le laissera une heure environ, après ce temps et à une température de 50 degrés -, une couche de cire d’abeille sera étandue sur le tissu en tension puis serré de nouveau pendant neuf heures dans le casier susdit à 40 degrés de chaleur jusqu’à complet sèchement.
- Le troisième et dernier traitement de l’étoffe consiste à la badigeonner d’une solution de résine de Damas dans de la térébenthine, et à la sécher ensuite pendant deux heures de la façon déjà décrite, pour la rebadigeonner encore de la môme façon et la serrer de nouveau de deux à trois heures dans son casier,
- Le tissu, après ces diverses opérations et le temps écoulé, sera alors retiré du casier d’abord, puis du cadre où il était fixé, il sera soit passé à une couche de colle-forte et collé sur un plomb, ou bien tendu sur un bloc de bois et cloué à ses côtés - c’est après tous ces préparatifs que le tissu est prêt à l’impression, et disposé en forme qui est mise sous la presse.
- Les étoffes que M. Sommer emploie de préférence sont les damassés de toile et de coton, ainsi que les piqués à dessins et toutes les étoffes dont les sujets sont en relief ou de façon à ce que le dessin se détache nettement.
- (Archives de l'Imprimerie)
- per-ant la terruL
- froid, selon la rapidité que l'on veut obt • dans l’opération • à chaud, le mordant dure 1/4 d’heure. On lave très fortement hq86 enlever l’alcali. Cette opération a pour butT faciliter la fixation rapide de la quantité ? tannin nécessaire et on passe pendant cinn 1 dix minutes dans un bain riche et chaud A tannin. On lave à l’eau froide.
- On termine par un passage dans un bain froid de permanganate de potasse à raison d 5 à 10 gr. par litre d’eau et de 100 de manganate par kilog. de coton. Suiv concentration du bain, l’opération est t née en 5 ou 10 minutes; le bistre développé on lave. Ce procédé permet d’employer avec succès la méthode Lauth pour la formation du noir d’aniline, lequel n’a été employé jusqu’ici que sur le coton en pièces.
- Tondeuse produisant des dessins sur velours
- Par MM. Motte-Bossut fils et Mengers Cette machine est basée sur le principe connu qui consiste à repousser en dehors certains endroits du tissu pour ne soumettre que ceux-ci à l’action de la tondeuse qui en raccourcit ou en enlève le poil, laissant tout le reste de la pièce intact.
- Dans la machine faisant 1 objet de la pré. sente invention, on se sert de boutons en matière dure et résistante pour refouler en dehors celles des parties du tissu qui seules doivent être tondues. Ces boutons, de la forme du dessin à reproduire, s’appliquent ou se forment sur la surface d’un cylindre que l’on substitue à l’ancienne plaque fixe de la tondeuse.
- PROCÉDÉ D’IMPRESSION
- DES FONDS SUR PAPIER Au moyen d’étoifes à dessins
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Un nouveau procédé vient d’être imaginé par un conducteur de l’imprimerie Moser, de
- Procédé de préparation des fibres végétales au bistre de manganèse, soit à l'état brut, soit en mèches, en filés, en tissus ou autres formes,
- Par Bonnet
- On passe an bain de plombite (Revue de la Teinture, janvier 1893, p. 2), à chaut} ou à
- Procédé pour enlever en blanc ou en couleurs sur fond noir d'aniline Par K. Oeiiler, à Offenbach Le procédé s’applique aux tissus foimés de fibres animales, et par enlevage en blanc ou en couleurs sur fond noir d’aniline au moyen de compositions à base de couleurs artificielles, contenant un sel qui paralyse l’action de l’oxydant au vaporisage.
- Le procédé vise les colorants suivants : Violet acide et vert acide, ponceau brillant de Cassell, bleus alcalins.
- On prépare l’enlevage blanc avec : Epaississant au leïogmme. 300 grammes
- Acétate de sodium............ 200 —
- Sulfocyanure de potassium. 200 ' —
- On ajoute pour azurer :
- Solution de violet acide au 1(100 ; 16 c. cubes.
- (Brevet allemand).
- Procédé de teinture et d'impression Par M. G. BLceoE à Baltimore Les fibres, filés ou tissus à teindre sont travaillées dans un bain contenant la matière colorante en même temps que le mordant qui doit la fixer, additionné d’une quantité d’acide libre suffisante pour maintenir couleur et mordant dissous. Après avoir essoré, on expose la partie à l’action de vapeurs alcalines
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- Mnca;7aa
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- qui, en neutralisant l’acide, provoquent la combinaison du mordant et de la matière colorante. O.i termine par un lavage et une exposition à l’air (Brevet américain).
- Obtention sur la fibre de colorants azoïques bruns et Jioirs
- Par M. Jean Snieciiowski
- D’après ce brevet, on teint le coton en violet stilbène dans les conditions ordinaires : bain de sel et bain alcalin, et on lave ; puis on passe le coton séché dans un bain froid de nitrite de soude et d’acide chlorhydrique. Pour 100 de coton on emploiera 40 d’eau, 0,6 de nitrite de soude et 2 d’acide chlorhydrique. 11 est convenable de laisser le coton longtemps en contact avec le bain de diazotation, 2 heures et jusqu’à 12 heures.
- Puis on passe le coton dans un autre bain froid composé, pour 100 de coton, de 20 d’eau d’une quantité d’ammoniaque en léger excès et de 1 0 d’acide ô-oxynaphtoïque, point de fusion 216°.
- On obtient de la sorte un très beau noir, absolument solide au frottement du savon bouillant, aux acides et aux sels métalliques.
- Si, dans ce procédé, on remplace l’acide à-oxynaphtoïque par des colorants obtenus par l’action de l’acide diazosulfanilique sur «naphtol, soit par l’action de l’acide diazo-naphtionique sur a-naphtol, les nuances obtenues seront également solides aux divers agents chimiques et seront brunes.
- — C’est un procédé de diazotagesur le mode connu et sans originalité spéciale.
- Sécheuse pour laine peignée Par M. Edmond Masurel
- Pour sécher les rubans de laine peignée après lavage ou teinture il faut un séchage méthodique donnant les mêmes résultats que l’exposition à l’air libre.
- On n’a guère trouvé jusqu’ici que la lis-seuse pour atteindre ce but, mais la b usque application des rouleaux chauffés de cette machine sur les rubans à l’état humide ne permet de résoudre qu’imparfaitement le problème. La laine perd une partie de ses propriétés de filage, et on a souvent, dans les Opérations ultérieures de la filature, un abaissement daqs le numérotage.
- M. Masurel a imaginé, pour remédier à ces inconvénients, une sécheuse pour la construction de laquelle il s’est posé ce problème : faire circuler dans une capacité fermée de laine, de telle sorte qu’ils soient constamment traversés par un courant d’air chaud de marche diverse inverse. La disposition principale de sa machine réside dans la commande des tabliers sans fin superposés, qui cheminent dans l’intérieur du séchoir, et c’est grâce à elle que l’on peut obtenir la marche industrielle de l’appareil.
- Dégraissage de la laine et des cheveux Par Carl Gunther et G®
- Il s’agit d’un procédé de dégraissage à sec, les tissus étant noyés dans un mélange de craie et de chaux vive (pas de proportions indiquées) et exposés à unetempérature de 100-110' C. Dans ces conditions, non seulement la graisse superficielle, mais encore celle qui garnit l’intérieur des tubes capillaires est entièrement absorbée par la poudre calcaire. (Brevet allemand).
- Procédé pour teindre en noir d'aniline Par O. P. Amend, à New-York Le coton est préparé par un passage en solution chromique acidulée. Après essorage, on passe en sel d’aniline, on laisse le noir se développer en partie à la température ordinaire, on donne un lavage pour enlever l’excès de sel d’amine aromatique et on achève de dé velopper et de fixer le noir par un vaporisage à température élevée.
- Les noirs ainsi obtenus sont fixés et inver-dissables. (Brevet américain).
- Liquide destiné à enlever les taches d'encre, de vin, de café, etc., dit « La Laveïne »
- Par Lavey fils aîné
- Liquide consistant en deux solutions, l’une de permanganate de potasse rendue alcaline, et l’autre d’un acide, tel que l’acide chlorhydrique, oxalique et sulfureux. 11 suffit de passer la tâche sur la solution de permanganate, puis à laver avec la solution acide.
- — Ce procédé est usuel dans les laboratoires, moins connu dans l’industrie du détachage, mais ne pput guère être employé que sur blanc, car il détruit la plupart des couleurs de fond.
- Papiers peints en faïence émaillée Par M. Petitjean
- On commence par coucher la feuille avant l’impression, soit à la planche, soit à la machine, on encolle, et enfin on applique une couche de vernis à l’alcool. Le papier est ensuite repoussé par les moyens connus, de manière à mettre les dessins en relief. On peut également mettre la couche de vernis après avoir repoussé le papier.
- Sur cî papier ainsi préparé, on applique un second vernis coloré, teinté suivant les effets à obtenir, et qui a pour effet, d’un côté, de couvrir les couleurs déjà imprimées, et d’un autre côté, de s’étaler d’après des épaisseurs différentes suivant les reliefs. 11 en résulte des teintes dégradées produisant des effets de lumière et d’ombre imitant la faïence.
- Un autre brevet du même auteur a pour ob- ' jet la fabrication des papiers peints repoussés et dans le but d’obtenir des effets d’opposition de relief plus accentués que ceux auxquels on est arrivé jusqu’à présent.
- Pour obtenir ce résulïat, il suffit de recham-
- pir les fonds au pochoir avec une couleur à l’huile reproduisant à volonté des tons mats ou brillants.
- Procédé de purification et de décoloration de bains ou d extraits contenant du tannin,
- Par E. Fontenilles et Deformeaux, à Paris.
- Ce procédé de purification et de décoloration de liqueurs contenant du tannin, consiste à traiter celles-ci par une dissolution d’acide oxalique (15 à 20 0(0 du poids du tannin), à clarifier ensuite par les blancs d’œufs ou l’albumine,à la manière usuelle et à séparer la liqueur du précipité, par le filtre-presse ou l’essoreuse. (Brevet allemand).
- Procédé d’apprêt par pression et par chauffage simultanés
- Par xM. Julius Sarfert
- L’apprêt des tissus par pression et par chauffage simultanés s’effectue actuellement en interposant des plaques chauffées à la vapeur entre les cartons de presse.
- Dans le procédé breveté, on supprime le s plaques de chauffage actuellement employées, et, à leur place, on chauffe la garniture de cartons elle-même, a l’aide d’un courant électrique.
- Cette suppression de plaques fortes et pesantes permet d’abord de metlre sous la presse-apprêteuse un • quantité de marchandises plus considérable.
- En outre, le chauffage de chaque garniture séparée permet une répartition plus régulière de la chaleur dans toute la masse des tissus et, comme conséquence, une rapidité d'opération beaucoup plusgrande(2heuresenviron), sans forcer le chauffage à l’endroit de son application.1
- En ce qui concerne la formation des garnitures, celle-ci peut s’établir de plusieurs manières ; on peut entre autres constituer ces garnitures avantageusement avec deux feuilles de c rton superposées, en interposant un fil conducteur en nikeline ou autre matière conductrice de I électricité.
- Réserve de teinture, appareil et procédé permettant de l'obtenir, et produits nouveaux qui en sont les résultats.
- Par Renard
- Il s’agit d'un procédé d’obtention de réserve consistant à entourer le tissu d’une laine métallique que Ton enroule en spirale autour de la marchandise, disposée soit en bandes, soit en écheveaux, soit en flottes.
- — Cela rentre dans la méthode indiquée dans le Manuel du Teinturier de Guédro.n,
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- Toile imperméable
- Par Mm° v° Perret, à Vilvorde (Belgique)
- Le brevet a pour objet la fabrication de toiles imperméables ne devenant pas cassantes sous l’influence du froid, et ne se ramollissant pas sous celle de la chaleur des climats les plus froids et les plus chauds, et consisiant à tremper la toile à imperméabiliser dans un mélange de bitume artificiel, de pitch et de craie.
- Les proportions des mélanges sont les suivantes :
- 1° Pour les pays chauds :
- Bitume artificiel provenant de la distillation des pétroles bruts 100 p.
- Pitch dur, c’est-à-dire résidu de l’huile de palme ayant servi à la fabrication des bougies........................ 20 »
- Craie......................... 18 »
- 2° Pour les pays froids :
- Bi'um°....................... 100 p.
- Pitch dur..................... 10 »
- Craie ........................ 16 »
- On étale ces mélanges fondus, au moyen de rouleaux, sur une table continue. On enlève l’excès d’enduit au moyen d’un râcleur fixe, et on égalise avec un couteau-règle disposé pour cela.
- jA. REVUE DE LA TEINTURE
- mes ; phosphate d’ammoniaque, 10 grammes; sulfate d’ammoniaque, 13 grammes-, eau distillée, 900 grammes. On dissout à une température de 40°à 45°.
- Mélange pour teinture de soies de nuances claires.— Laque, 100 grammes; essence, 300 ; alcool absolu, 600. On additionne de colorant. On ajoute le mélange ci-dessus à de la benzine en quantité suffisante pour obtenir les nuances voulues; >n y trempe les tissus, on sèche, et puis on plonge dans l’antiphlo-gine.
- Mélange pour soies de nuances foncées. — On prépare une solution de couleur d’aniline dans de l’eau chauffée à 60<> environ, pour obtenir la teinture voulue, et on ajoute de l’acide acétique dans la proportion de 10 0{0. On laisse refroidir à 30°, et on trempe dans ce bain la soie, puis on passe à la benzine pour développer et fixer la couleur. On sèche et trempe dans l’antiphlogine.
- PROCEDES DIVERS
- Foulard tout soie
- Imprimé au « Bl&u Victoria nouveau B
- à' '
- Ce bleu est de la maison F. Bayer et C\ La couleur d’impression a été composée
- Drap ou étoffe mixte
- Par la Société anonyme dbs feutres français de Gérardmer
- Ce tissu est composé d’un feutre et d’une étoffe tissée ne formant après fabrication qu’un seul tissu et laissant apparaître les couleurs, dessins et dispositions de l’étoffe tissée.
- La fabrication de ce drap s’effectue ainsi : On choisit un tissu présentant des dessins réalisés par les procédés ordinaires du tissage, on par la teinture préalable aux couleurs et nuances que l’on désire conserver, des fils de laine, soie, coton et autres textiles, purs ou mélangés.
- Une nappe de laine mélangée ou non à des matières végétales, est préparée séparément.
- On réunit ensuite le tissu à la nappe sur une toile sans fin servant à produire celle-ci. L’assemblage définitif est obtenu par le travail de la machine à feutrer.
- Teinture en couleurs dégradées des étoffes d’ameublement et des fourrures
- Par MM. Steuding et Goldstein
- Ce procédé de teinture est destiné à produire sur de la peluche ou d’autres étoffes analogues des dégradations de couleurs différentes en vue de leur donner l’aspect de fourrures d’animaux. On peut aussi opérer sur des pelages naturels.
- La teinture s’exécute de la manière suivante : On soumet les tissus terminés, avant toute teinture, à un apprêtage ordinaire, puis on les lie par en-dessous, en des Doints multiples, à l’aide d’un fil. Pour effectuer ce liage, on saisit la peluche en plusieurs points convenables pour en former des touffes ou des pelotes qu’on lie fortement au moyen du fil. De cette manière, les touffes prennent une forme pointue avec de nombreux plis. Le même moyen s’emploie pour les fourrures.
- Les points qui seront dirigés vers le bas seront le plus en contact avec le bain de teinture et en seront conséquemment plus fortement imprégnés, tandis que les surfaces liées les unes sur les autres en prendront moins. Il en résultera que ces différentes surfaces auront des intensités de coloration différentes et affecteront des dégradations variées.
- Cet effet de dégradation peut encore être augmenté en liant une seconde fois les touffes au-dessous du premier fil, afin de constituer une touffe double.
- comme suit :
- Bleu Victoria nouveau B..
- British-gum............
- Eau.........»..........
- 10 gr.
- 300 -620 -
- Acide acétique à 30 010(6°B) 70 _
- 1000 gr.
- Imprimer, vaporiser une heure, laver et sécher.
- Entre autres avantages, cette matière colorante présente celui d’être moins chère que les autres marques du même nom.
- Finette de coton imprimé puis foulardé au « Jaune Chloramine
- Anliphlogine Par Planté
- Ce produit est destiné à rendre inflammables et teindre les soies artificielles et tous autres produits similaires.
- Composition de l’antiphlogine : Acide bo rique, 7 grammes ; acide acétique, 10 gram-
- Le Jaune Chloramine est aussi un produit de la fabrique F. Bayer et O.
- Le bain de nettoyage a élé préparé avec :
- Jaune Chloramine............... 42 gr.
- Eau........................... 300 —
- Phosphate de soude.......... 200 —
- Employer de préférence de l’eau de condensation, l’eau calcaire iufluençant la nuance; si l’on ne dispose que de celle-ci, il est utile de précipiter la chaux au moyen du phosphate de soude, avant d’y dissoudre le colorant.
- Une pression plus ou moins forte des rouleaux matteurs, un séchage plus ou moins rapide, une addition plus ou moins forte d’apprêt (non acide) au liquide à foularder, ont également pour effet de modifier l’intensité de la nuance.
- Lorsqu’on opère en grand, le mieux est de tenir en réserve une solution du colorant, afin de pouvoir recharger immédiatement, si un essai préalable en démontre la nécessité.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Le Jaune Chloramine se distingue de tous les jaunes directs par une résistance hors ligne aux acides, à la lumière, au chlore et même aux lavages.
- Fonds Bleu d’alizarine brillant G
- sur hnpression Noir d'aniline
- sur hnpression Noir d'aniline
- Cet échantillon est un tissu de coton d’abord imprimé avec m\ordant de chrome et noir d’aniline, puis tehité à 10 0[0 de « Bleu d’alizarine brillant G ».
- Ce colorant est un nouveau Bleu d’alizarine qui vient d’être lancé par MM. F. Bayer et C®.
- Pour teindre le fonds, on entre à 20° C., et l’on porte graduellement au bouillon en l’espace d’une heure, et continuer l’ébullition encore 30 minutes.
- Ajouter un peu d’acide acétique au bain, et opérer de préférence avec l’eau de condensation d’appareils à vapeur, et dans des cuves en bois.
- Bien rincer et sécher.
- Fonds Rouge d’aaizarine S X extra sur Impression Noir d'aniline
- Cet échantillon est le pendant du précédent ; comme lui il a d’abord été imprimé au mordant de chrome et au noir d’aniline, mais le fonds et le deuxième rouge sont venus ensemble avec :
- 7 1]2 0(0 & d’alizarine rouge S X extra », également de la fabrique F. Bayer et C°, au lieu du bleu ci-dessus.
- Le procédé opératoire est le même.
- Noir-diamine M L
- Cette nouvelle marque de la Manufacture lyonnaise se distingue des autres noirs déjà connus de la même maison, par une nuance vert-bleue se maintenant bien à la lumière artificielle.
- Le Noir-diamine M L teint avec assez d’uniformité les mélanges de fibres animales et végétales.
- 11 résiste à la chaleur des appareils d’apprêt.
- Sa bonne solubilité en rend l’emploi avantageux dans les machines à teindre par bain circulant à travers les textiles. 11 peut être employé dans les appareils en cuivre.
- Ce noir peut être enlevé à blanc par impression des rongeants au sel d’étain et à la poudre de zinc.
- Le coton se teint sur bain à l’alun comme d’usage.
- La laine sur bain aiguisé d’acide acétique.
- La soie en bain neutre.
- Teinture sur laine-coton
- Teindre avec 20 pour cent de sulfate de soude ; le coton monte un peu plus que la laine; ajouter au milieu de l’opération 3 pour cent d’acide acétiqne ; c’est alors la laine qui gagnera.
- Au besoin, remonter la laine par addition de noir naphtylamine D.
- Teinture sur soie-coton
- Sur bain de sulfate de soude, les deux textiles montent uniformément.
- En ajoutant du savon à ce bain, le coton dépassera la soie.
- Laine-coton-soie
- Un tissu contenant ces trois textiles s’est teint en beau noir bien uni avec le mélange
- suivant :
- Noir-diamine M L................... 2 0/0
- — RO.......................... 1 —
- Noir-naphtylamine D............. 1/2 —
- Jaune d’or diamine............... 0,2 —
- Acide acétique..................... 2 —
- Sulfate de soude.................. 30 —
- Teinture en un seul bain, entrant à tiède, et poussant peu à peu au bouillon.
- Piiosphine nouvelle G.
- La même maison présente sous ce titre un nouveau colorant basique destiné à remplacer la Phosphine 1a, dont le prix élevé a restreint l’emploi, il est donc par conséquent moins cher.
- Son mode d’application est le même, mais sa teinte est plus verdâtre.
- La laine et la soie se teignent sur bain neutre ^ le coton après mordançage au tannin et à l’émétique.
- La Phosphine nouvelle G peut-être particulièrement utilisée dans la teinture des peaux.
- L’impression du coton se fait avec addition d’acide acétique et de tannin.
- Ce colorant peut être rongé au sel d’étain et ne peut, par conséquent, entrer dans les couleurs-enlevages.
- Violet foncé sur coton brut
- On teint d’abord une heure un quart au bouillon avec :
- Etraitde sumac.................. 6 0/0
- Campêche........................... 16 —
- puis après repos d’une nuit, on met tremper deux heures avec :
- Chlorure d’étain................. 2 0/0
- Rouille à ZtO1................... 1,6 —
- on e sore. Cela fait on teint, à 40° pendant quatre heures avec :
- Alun......................... 3 » 0/0
- Violet cristallisé.............. 1,200 —
- Safranine M..................... 0,400 —
- on met égoutter, on essore et on sèche.
- (Leipz, Farb. Zeil).
- Marron-mode sur laine à tapisserie
- Pour 10 kil. de laine filée :
- Substitut d’orseille 3 V. N
- (Poirrier).......................... 125 gram.
- Vert sulfo Y...................... 25 —
- Orangé 4........................... 1 —
- Sulfate de soude................... 1 kilog.
- Acide sulfurique................. 150 gram.
- Entrer à tiède et pousser au bouillon.
- Vert russe solide sur laine à tapisserie
- Pour 10 kil. de laine :
- Mordancer une heure avec :
- Bi-chromate..................... 300 gram.
- Acide sulfurique................ 100 —
- Teindre au bouillon dans le bain suivant :
- Céruléine (Badische)............ 300 gram.
- Bleu d’anthracène WG......... 120 —
- Jaune de carbazole W......... 100 —
- Acide acétique.................. 250 —
- Ce dernier peut être remplacé par 500 gr. d’acétate d’ammoniaque
- Enlevages blancs ou couleurs sur noir d'aniline
- Dans ce procédé indiqué par M. Oehler, on se sert de compositions à bases de couleurs artificielles contenant un sel qui paralyse l’action de l'oxydant au vaporisage.
- Ce procédé s’applique aux colorants suivants : violet acide et vert acide, ponceau brillant de Cassell, bleus alcalins.
- On prépare l’enlevage blanc avec :
- Epaississant au léiogomme.... 500 gram.
- Acétate de sodium............. 200 —
- Sulfocyanure de potassium... 200 —
- on ajoute pour azurer :
- Solution de violet acide au 1 [100 16 c. c.
- Cette méthode fait, nous croyons, l’objet d’un brevet.
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- LA RE VUE DE LA TEINTURE
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie
- Séance du 8 novembre 1893
- M. Schaeffer préside en l’absence de M. Albert Scheurer.
- M. Oscar Scheurer ajoute une rectification à sa note sur les dérivés de fécule de MM. Siemens et Halske. Il en sera tenu compte avant le tirage du Bulletin.
- Théorie de la teinture
- M. Léo Vignon adresse au comité une note <c Sur les différentes théories relatives aux phénomènes de teinture. * C’est le complément d’uu travail qui a déjà paru au Bulletin. Cette note est lue en séance et commentée par MM. Rosenstiehl et Nœlting.
- M Rosenstiehl fait remarquer que la partie qui paraît nouvelle dans la note de M. Léo Vignon, c’est le rôle que l’auteur attribue à la dissociation. Ce phénomène est en effet de nature à faciliter l’exercice de l’affinité entre la fibre textile et la matière colorante, quand celle-ci possède la constitution des sels. Dans le cas contraire, c’est par voie de doub le décomposition que se produit l'action chimique entre la matière colorante et la fibre textile. L’auteur ne mentionnant qu’en passant ce cas, il lui paraît utile d’insister sur ce point, c’est que dissociation et double décomposition jouent leur rôle et que l’une exclut l’autre.
- M. Rosenstiehl trouve en conséquence les conclusions de l’auteur trop exclusives. Dire que le caractère général des substances teintes « réside dans la formation d’une combinaison chimique plus ou moins dissociée ou dissociable par divers dissolvants » n’ajoute aucune donnée nouvelle à nos connaissances.
- En effet, si comme le dit M. Léo Vignon, la combinaison est dissociée, c’est qu’il n’y a plus combinaison, par conséquent plus de teinture.
- Mais il est d’accord avec l’auteur quand il dit que la combinaison colorée est dissociable.
- L’expérience de tous les jours n’en donne que trop de preuves.
- 11 est au-si d’accord avec M. Léo Vignon, quand il trouve fort discutable l’objection que les partisans de la théorie mécanique de la teinture opposent à la théorie savoir : que la combinaison chimique ne peut être prouvée, parceque cette combinaison n’est pas obtenue au moyen de proportions définies. Prenant par exemple une pièce d’argent colorée par sulfuration il montre qu’il y a indubitablement com-
- binaison chimique en proportions définies entre le soufre et l’argent, mais que la combinaison ne s’étend qu’à une faible épaisseur ; il fait remarquer qu’il y a en outre adhérence du sulfure d’argent au métal. Faisant ensuite le parallèle entre cet exemple et la teinture de la fibre, il conclut en montrant que la théorie chimique et la théorie mécanique ne considèrent qu’un côté de la question, tandis que l’analyse à laquelle il vient de se livrer prouve, sans faire aucune hypothèse, que la cohésion et l’affinité concourent toutes deux à produire la teinture ; et dans certains cas, où l’action chimique est douteuse la cohésion seule intervient comme force*
- L’impression de la note de M. Vignon est votée.
- Mordant de plomb
- M. Albert Schreurer signale une note « sur quelques propriétés des oxydes de plomb » publiée par M. Bonnet dans le compte-rendu de l’Académie des sciences, 16 octobre 1893. M. Scheurer fait remarquer que les plombites ont été employés dans l’indienne depuis très longtemps et qu’on a renoncé à les appliquer à la teinture parce que le mordant se sulfure trop facilement. Cette observation est confirmée'par plusieurs membres présents.
- Le Bromogallol sulfitê
- M. Horace Kœchlin prie le comité d’jnsérer au procès-verbal la note suivante : Bromogallol sulfité, sa teinture en rose sur mordant de cérium. Le bromogallol (acide dibromogalli-que) est employé en médecine contre certaines maladies des nerfs. Traité par le bisulfite de soude, ce corps donne une combinaison bi-sulfitée dont la solution aqueuse additionnée d’ammoniaque et déposée sur un tissu, donne une tache rose qui peut aller jusqu’à la nuance cuivre. Quand on teint en bromogallol sulfité, de la toile m rdancée en divers oxydes, on constate que le mordant de cérium se colore en rose assez foncé, ce rose passe, à la longue, au cuivre.
- Préservation des racles
- MM. Dépierre et Boetsch prient le comité de chimie de prendre connaissance du contenu du pli cacheté n- 373, déposé le 12 mai 1893 et ouvert en séance le 26 juillet 1893.
- Les auteurs indiquent un a procédé pour rendre les racles presque inattaquables aux couleurs acides et en général diminuer l’effet des couleurs quelconques. »
- Le procédé consiste a bien dégraisser les râcles puis à les plonger pendant une demi-heure dans une dissolution de chlorure de palladium à 1/000 11 se forme un dépôt de palladium qui protège l’acier partout, excepté sur le tranchant.
- Plusieurs membres font observer qu’un simple vernissage à la gomme laque produit le même effet.
- CAAMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DES
- TEINTDRIERS-DÉGRAlSSEüRS
- Séance du 6 novembre 1893
- La séance est ouverte sous la présidenc M. Joli,y.
- Correspondance : Invitation de la Chamb syndicale des teinturiers de Lyon à prend1,6 part à une manifestation professionnelle 6 l’honneur des officiers russes.
- Lettre de la Chambre syndicale des couleurs et vernis priant de prendre part à une discus. sion relative aux alcools dénaturés.
- MM. Jolly et Fleury ont assisté à la réunion et se sont occupés de la question.
- Lettre au sujet d’un litige entre deux confrères; le Comité décide d’attendre des ren-seignements plus complets des deux parties pour soumettie le litige à la Commission arbi-traie.
- Lettre de M. Laforge, teinturier à Caen demandant à devenir membre correspondant M. Laforge est admis à l’unanimité.
- M. Jolly communique le résultat des élec-j tions au Comité préparatoire des élections consu aires, où la presque unanimité des votants lui a conservé les fonctions si laborieuses et délicates du secrétaire.
- M. le président donne ensuite de nombreux détails sur les pourparlers de la Commission patronale et ouvrière au sujet de la création d’un conseil de famille de la teinture.
- Lecture est donnée des statuts de ce Comité, que les délégués patrons et ouvriers ont dénommé après e tente : Comi\é arbitral des patrons et ouvriers teinturiers.
- La Chambre syndicale ouvrière, dans sa dernière aesemblée, a adopté ces statuts et la création de ce Comité.
- M. Jolly pense être l’interprète du Comité et même de toute la Chambre.syndicale patronale, en félicitant la Chambre syndicale ouvrière de ce vote, prouvant qu’elle a su reconnaître l’esprit de conciliation qui règne dans toute la corporation...
- Le Comité tout entier s’associe à ces paroles de son président, et après quelques explications complémentaires, les statuts du Comité arbitral sont adoptés à l’unanimité de la réunion, au nom de la Chambre syndicale patronale.
- Un membre rappelle une affaire soumiseaux prud’hommes dans des conditions toutes particulières :
- Un ouvrier s’étant présenté pour demander du travail, il fut répondu : « Pour l’instant, nous n’avons besoin de personne. » Quelques jours après, un ancien' ouvrier de la maison s’étant présenté est embauché, parce qu’il était déjà connu. Le premier ouvrier, prévenu du fait, se présente au bout de quinze jours, et recevant la même réponse que précédemment,
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- prétend qu’cn avait besoin de quelqu’un, puisque depuis sa première visite on a embauché un ouvrier, et il réclame quinze jours de salaire, prétendant qu’il avait été retenu la première fois, et par suite n’avait pas cherché ailleurs.
- Les patrons, sur les conseils des arbitres, payèrent la moitié de ce qui était réclamé.
- Sans discuter sur le fait en lui-même, et sa solution, puisque le jugement n’a pas été rendu, il faut en tirer cet enseignement : qu’il serait très utile de se faire connaître mutuellement les difficultés que l’on éprouve dans les rapports avec nos ouvriers; chacun profiterait ainsi de l’expérience de tous.
- Le Comité décide que l’assemblée générale aura lieu le lundi 11 décembre, à trois heures, et le banquet de la corporation le même jour, à sept heures.
- M. Fleury propose de limiter les adhésions au banquet aux teinturiers seuls; après un échange d’observations, M. le président met cette proposition aux voix; elle est repoussée à l’unanimité, moins la voix de son auteur.
- (D'après le procès-verbal de M. Ba-billon, secrétaire.)
- LES INDUSTRIES TEXTILES
- à l’Exposition de Chicago
- Nous reproduisons quelques extraits du journal américain Textile Manufacturer, d’un article de généralités sur les tissus à l'Exposition de Chicago.
- Pour la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Autriche, dit l’article, l’exposition est insuffisante. Elle ne donne réellement aucnne idée du degré, de la supériorité des manufactures de tissus dans ces pays.
- Toutefois, il ne faut p s supposer de ce que je viens de dire que les fabricants anglais aient peu à apprendre dans c^tte exposition. Ils peuvent recueillir des renseignements qui seront une source de stimulant pour plusieurs années.
- L’Amérique accuse un rapide progrès dans les arts industriels, surtout dans les produits du tissage, ce qu’elle expose en fait foi.
- Quand j’étais occupé à étudier les produits manufacturés à l’Exposition de Paris en 1889, un visiteur anglais très versé dans l’art textile, remarquait que le développement des produits français devrait ouvrir les yeux à tout le monde. C’était une remarque bien juste.
- Alors la France avait à profusion exposé les meilleurs produits de ses fabriques ; et beaucoup de personnes connaissant très bien les tissus, des Anglais, des Allemands, des Américains avec lesquels j’avais alors causé à ce sujet, étaient tout étonnés de l’excellence parfaite des manufactures de soies de Lyon, de Saint-Etienne et de Paris.
- Les fabricants de tissus furent frappés de la capacité — à la fois artistique et technique —-des dessinateurs français. Peut-être est-il bien
- difficile de comparer la France et les Etats-Unis d’après leurs expositions respectives, les points de différence, quant aux produits tissés, sent bien marqués et bien nombreux ; cependant, ’e qui était vrai de la première et de ses échantillons est tout aussi vrai des industries des Etats-Unis qui ont exposé â Chicago. Elles indiquent le deeré de capacité que les fabricants de tissus ont atteint dans le Nouveau-Monde.
- Une chose est certaine : les dessinateurs américains et canadiens ont donné leur meilleur. On peut toujours considérer leurs ouvrages comme un critérium de ce qu’ils peuvent faire dans les tissus, ils ont été ardents au tra ail, beaucoup des principales maisons des Etats-Unis ou du Canada, qui travaillent la laine, la soie ou le coton, non-seulement ont exposé, mais elles n’ont épargné ni les dépenses n i le travail pour apparaître avec avantage aux yeux du monde. Un effort aussi sérieux ne peut manquer de montrer le degré d’excellence auquel ils sont arrivés dans l’art du tisserand.
- La rareté des exposants anglais et écossais est tout d’abord due à ce que les fabricants sont peu disposés à montrer leurs efforts les mieux réussis à leurs prétendus rivaux. On a dit, et avec quelque apparence de raison, que l’Angleterre était le perdant, et non le gagnant, de la grande Exposition de Londres de 1851.
- Les hommes de métier d’Allemagne et de France avaient alors eu toute opportunité pour étudier les machines anglaises, les systèmes de travail, et, ce qui est mieux, d’habiles mécaniciens donnèrent de généreux renseignements sur tous les points délicats concernant la mise en marche convenable et la conduite des machines exposées. Ainsi cette Exposition, aux yeux de quelques uns, était une vaste école professionnelle — le grand bazar — où ces bons Anglais s’amusèrent à faire l'éducation de leurs rivaux du continent.
- Nous pouvons saisir pourquoi les Etats-Unis et le Canada auraient pris une large part à l’Exposition ; ils avaient été déterminés par cette pensée que les fabricants du vieux monde les verraient dans leur mieux et en général ils ont fait grandement. Comme on peut le prévoir, il y a beaucoup de produits médiocres comme travail, et il y a, ce qui est pis, un beau déploiement d’objets dont le genre date de dix, vingt ou trente ans ; mais malgré ces articles démodés, les Etats-Unis fontpreuve, jusqu’à l’évidence, avec leurs tissus, du remarquable si ce n’est du phénoménal progrès qu’ils ont fait dans les arts textiles pendant ces dernières années.
- C’est l’ouvrage d’ouvriers bien formés et de dessinateurs entièrement familiarisés avec les principes du tissage et des arts décoratifs. Que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs, leur éducation a été méthodique. Leur ouvrage porte la marque du boa ouvrier.
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- En fait d’éducation professionnelle, on ne trouve pas qu’elle manque aux Américains. Les manufacturiers du Canada et des Etats-Unis qui vont de l’avant envoient leurs fils et leurs employés s’instruire dans des instituts anglais, français et allemands, ou dans leur propre Institut des industries textiles à Philadelphie. 11 est bien connu qu’ils suivent les cours des collèges de Leeds et de Bradford et j’en ai rencontré à Crefielt, à Reutlingen et à Roubaix. L’instruction qu’ils acquièpent à l’étranger, ils l’appliquent dans leurs proores ouvrages.
- Un jour, à Toronto, je rencontrai un ancien étudiant du collège du Yorkshirï qui avait récemment inauguré le premier matériel de teinturerie et d’apprêts qui fût entré dans la ville.
- Aumoment dema visite ses machines avaient reçu des tissus anglais et français qu’il teignait et apprêtait suivant les systèmes les plus perfectionnés.
- Il y a aux Etats-Unis, et ils sont en nombre, des dessinateurs anglais qui ont suivi les écoles professionnelles anglaises. Si les fabricants du Nouveau-Monde n’avaient pas introduit chez eux ce travatl extrêmement habile et en même temps n’avaient pas procuré cette éductiaon à leurs propres ouvriers, ils n’auraient certainement pas eu le succès que prouvent les produits qu’ils ont exposés.
- La France a de beaucoup la plus belle exposition de so’eries. Les fabricants de Crefelt offrent aussi de bons spécimens, mais les soieries allemandes ne sont ni aussi variées, ni aussi artistiques que celles que l’on trouve dans la section française.
- Les dessinateurs en soieries de Lyon sont à la fois des artistes et des hommes de métier. Le Français a combiné le technique, la couleur et toutes les autres conditions qui contribuent à la supériorité des produits tissés dans la confection de ces élégants tissus de soie.
- Les articles exposés sont moins nombreux que ceux de Paris, mais ils caractérisent ce que l’on fait de mieux à Lyon et a Saint-Etienne. Ils comprennent l’uni, le satin, le reps et le croisé, aussi bien que des étoffes d ornement et des articles ornés avec un soin particulier pour toilettes et manteaux de bal et de théâtre.
- C’est la section française qui sauve l’exposition textile d’une médiocre uniformité. Quand nous en viendrons à considérer les tissus en détail, nous nous efforcerons de noter l’enseignement que nous pourrons en tirer pour le dessin, la couleur et le tissage.
- Le Japon, patrie des excentrici.és, a quelques échantillons de soieries habilement faits. Les articles brodés sont incomparables pour la délicatesse du dessin et l’exécution. Quel adroit tisserand que le Japonais ! 11 peut développer dans son métier les modèles les plus compliqués. L’originalité du dessin et la fraîcheur du coloris, voilà les deux caractères du tissu ja-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- ponais qui attirent le regard. L’adoption de la nuance aû dessin existe presque toujours dans ces tissus.
- En général, les dispositions offreut plus d’originalité qu’en Occident. Mais c’est la perfection de la composition qui en fait une véritable œuvre d’art. A voir les soieries japonaises, il est évident qu’ils cherchent à augmenter leurs exportations qui ont pris une remarquable extension pendant la dernière décade, et s’ils continuent à produire des articles aussi brillants qne ceux qu’ils nous présentent dans cette Exposition universelle, ils pourront réussir.
- Il est bien possible que le problème de la production à bon marché n’a pas encore tourmenté le fabricant au Japon et que la société qui achète, lui achète parce que les articles sont japonais; d’ailleurs ces objets n’ont pas un débit comparable à celui des produits moins coûteux des Européens La plupart des tissus japonais se font à la main.
- En outre des soieries, les Japonais exposent plusieurs espèces de carpettes et de tapis en velours et un lot peu important d’échantillons de coton.
- La Russie, la Belgique et l’Italie ont aussi exposé dans cette section de tissus, et l’on pourra, à l’endroit convenable, faire allusion à la nature de leurs tissus.
- (Trad. Bull, des laines)
- SOLUTION DES LITIGES
- avec les maisons anglaises
- Le consul de France à Glascow donne les conseils suivants à ceux de nos compatriotes qui ont des créances à recouvrer en Angleterre. Généralement, écrit-il, ils soumettent leurs réclamations au tribunal de leur résidence en France, alors même que leurs adversaires ne se présentent pas et n’ont en France aucuns biens sur lesquels on puisse opérer une saisie exécution.
- Les cas sont assez fréquents ; car, sur environ 80 citations et autres actes judiciaires signifiés depuis deux ans et demi par l’entremise du consulat, 35 seulement ont été acceptés par les destinataires et 45 refusés ; et, bien que le refus n’implique pas forcément que le défenseur étranger fera défaut, ni l’acceptation qu’il constituera avoué, on peut croire que la proposition des défaillants hors d’atteinte n’est pas inférieure à celle indiquée par ces chiffres.
- 11 ne résulte donc trop souvent de ces procédures qu’un surcroit de frais encourus par nos plaignants, pour aboutir à des jugements par défaut qui restent inexécutés. Or, le demandeur français, dans les cas dont il s’agit, aurait tout avantage à faire résoudre le litige d’une façon pratique et efficace devani le tribunal même de son adversaire, après s’être
- Ifait indiquer par le consulat l’adresse d’un avocat. Nos compatriotes peuvent être assurés de trouver dans la justice anglaise toutes les garanties qu’ils peuvent désirer. Si leur cause est juste, ils la gagneront ici comme en France et, de plus, ils pourront exécuter la sentence contre le défendeur local.
- Parfois même, celui-ci leur donnera satisfaction au seul commencement de poursuites qu’il ne peut éluder. On peut citer un cas où, après avoir pris en France un jugement par défaut resté sans effet, un Français s’est décidé à faire recueillir sur place des informa-1 tions dont il est résulté que son débiteur s’exécuterait à la première démarche d’un avocat local. D’autres fois, les pourparlers entre les conseils des deux partis ont amené des arrangements satisfaisants.
- A ces arrangements donnés par le consul de France, et considérant qu’on est souvent em-( barrassé pour qui confier ses intérêts à l’étran-: ger, nous ajoutons l’adresse d’un officier judiciaire auq el on peut s’adresser à Londres et qui, étant d’origine française est en même temps familier avec notre langue et nos lois ; il est devenu le conseil de la colonie française en Angleterre.
- C’est M Octave de La Chapelle, solicitor près la cour suprême de justice d’Angleterre, 14, Grays Inn Square, à Londres.
- LA GRANDE INDUSTRIE
- La machine et le capital
- Le Messager de Paris a publié récemment un article dont voici les principaux passages :
- Tous les progrès qui ont amené la civilisation européenne au point où elle est parvenue sont dus à ces puissantes associations. Toutes les facilités accordées aux classes laborieuses pour leur alimentation, leurs transports, l’amélioration de leurs logements, le confortable et l’économie du vêtement procèdent des conquêtes de l’industrie fécondée par les capitaux.
- Aujourd’hui que nous avons un réseau ferré qui porte la vie et la richesse dans tous les coins du pays, il est facile de médire des compagnies qui l’ont créé, et d’attaquer les capitaux qui les soutiennent. Sans ces associations cependant, où en serait le réseau ? Où en serait le plan Freycinet que l’Etat n’avait pas les moyens pécuniaires de faire exécuter et que les Compagnies ont poursuivi avec leur crédit personnel, au milieu des plus sérieuses difficultés?
- La vérité est que la grande industrie, c’est-à-dire l’industrie qui s’appuie sur des ressources puissantes et centralisées, est l’unique source des améliorations de toute nature dont profitent les classes populaires.
- La démonstration en est facile. Quelques chiffres y suffiront.
- En 1814, l’industrie française transformait 8 millions de kilogrammes de coton, ce quir présentait à peu près vingt mètres d’étoffes de tissus de coton par personne pour Une Po pulation de trente millions d’habitants. Or ie" tissu de coton est une marchandise qui sert surtout aux pauvres.
- Aujourd’hui, combien la France produit, elle de tissus de coton? douze millions de fri. logrammes, ce qui représenterait, pour Ut)ç
- population de 45 millions d’àmes, 20 mètres de tissu par habitant.
- Ainsi, en 1814, 20 mètres de tissus par tête pour 30 millions d'habitants; et en 1890, 20
- mètres de tissus par tête pour 45 millions d’habitants.
- Et ce tissu de coton, qui valait, en pm 2 fr. ie mètre ne vaut plus aujourd’hui que centimes et il est de meilleure qualité. Cepro. grès s’est produit dans toutes les industries dans celles de luxe qui ont été démocratisées' comme dans les autres.
- Ce sont là des faits irréfutables. Il y a bie[] la une amélioration dans l’intérêt des plus pauvres.
- Ces progrès ont été accomp is sans que le travail humain ait été rendu p[us pg
- nible, on l’a au contraire singulièrement adouci.
- En effet, le nombre des chevaux-vap Ur existant en France est de 5 millions. Comme un cheval-vapeur représeute la force de 3lj hommes, nous avons actuellement en chevaux-vapeur l'équivalent du travail de cent quatre-vingt millions d’hommes et le travail qui leur est demandé est le plus pénible.
- Le même phénomène s’est produit dans l’in-dustrie agricole, dout vit plus des trois quarts de la population française.
- En agriculture, il n’y a pas sans doute d’in dustrie aussi centralisée que dans les manufactures ou dans les usines. Mais c’est toujours au principe de l’association des capitaux qu’elle doit, en dehors du travail individuel, les immenses progrès qu’elle a accomplis.
- 11 n’y a donc rien de plus faux que de dire que l’industrie n’a servi qu’aux capitalistes et qu’elle n’a pas amélioré le sort des classes laborieuses des ouvriers. C’est à elle au contraire et à elle seule, qu’ils doivent toutes les facilités d’existence que nous venons de rappeler. Ceux qui rêvent de les détruire ou de les affaiblir sont les pires ennemis des travailleurs.
- Le véritable socialisme consiste à encourager les industries françaises, à développer leur crédit pour accroître, leur production, afin qu’elles puissent tout à la fois réduire le prix des objets fabriqués et augmenter les salaires. C’est là le bon socialisme ouvrier. L’autre n’est que la révolution et le néant.
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- SUR la RÉSISTANCE aux ACIDES
- DES VASES E.Y PLOMB
- De récentes expériences ont été entreprises pnr le Dr Lunge, de Zurich, et le Dr Ernest Schraid, pour élucider la question, assez controversée, de savoir lequel, du plomb pur ou du plomb antimonié, est le plus résistant à l’acide sulfurique.
- V ici le résumé de leur travail :
- 1° A froid, l’action de l’acide sulfurique est la même sur le plomb pur que sur le plomb antimonié, quand la proportion d’antimoine ne dépasse pas 0,02 0t0.
- Le plomb à 0,10 0(0 a été plus fortement attaqué que le plomb pur, contrairement à l’opinion générale qui attribuait au plomb an-timoniéuneplus grande résistance qu’au plomb pur; à chaud, la différence en faveur du plomb pur est plus marquée.
- 2° L’action de l’acide contenant des produits nitreux est toujours plus forte en présence de l’air qu’en son absence, et elle est toujours plus énergique que celle de l’acide sulfurique pur.
- 3° L’addition d’une petite quantité de cuivre au plomb n’augmente passa résistance^ l’acide sulfurique aux températures inférieures à 200° C; au-dessus de 200° G, il ne sera pas mauvais d’ajouter 0,1 à 0,2 0[0 de cuivre, bien que cette addition ne produise pas d’effets bien marqués.
- En résumé, pour les chambres de plomb, les tours, les réservoirs, canalisations et, en général, partout où l’acide sulfurique sera maintenu à une température modérée, toujours inférieure à 200» C, on donnera la préférence au plomb mou sur toutes les autres variétés de plomb, car c’est le plus résistant à l’acide chaud, dilué ou concentré, pur ou nitreux.
- - - ' Dm *3 C* *—1 11 '
- RÉACTIF GRADUANT
- DES ACIDES ET DES ALCALIS
- L’un de nos lecteurs, M. Emile Duhem, chimiste teinturier, nous signale un réactif dont il fait usage, pour caractériser les solutions acides ou alcaliues, et pour déterminer même leur rang d’acidité ou d’alcalinité.
- 11 est très net et très sensible, et M. Duhem l’emploie avec succès, dit-il, pour tous les essais acidimétriques et alcalimétriques.
- Ce réactif est, préparé avec les fleurs de mauve.
- On emploie les pétales seules et on rejette le calice vert qui, par la chlorophylle qu’il c.ntient, fausserait les résultats.
- On fait infuser une cinquantaine de pétales violettes daus 100 centimètres cubes d’eau de pluie ou distillée ; on obtient une liqueur lé-
- gèrement colorée en violet. (Il n’est pas nécessaire de faire bouillir les fleurs dans l’eau). Cette liqueur se colore :
- 1 en rouge ponceau par les acides minéraux
- 2 en rouge vineux.. par les acides organiques
- 3 en violet rouge... par les sels acides
- h en bleu verdâtre.. par les sels alcalins
- 5 en vert.......... par les alcalis carbonatés
- 6 en vert plus ou
- moins jaune..... par les savons
- 7 en jaune.......... par la potasse, la soude
- et l’ammoniaque
- On peut donc, parla coloration seule, juger de l’alcalinité plus ou moins forte d’un savon, d’un sulforicinate, d’un sel quelconque.
- LA MANUFACTURE NATIONALE
- de drap de Tokio (Japon)
- La manufacture de drap de Senjiu, un faubourg de Tok'o, est la propriété du ministère de la guerre et fabrique le drap employé pour les uniformes militaires et h flanelle destinée aux soldats. Elle fut établie en 1879 sur le système allemand ; les machines employées sont également d’origine allemande. La laine est importée d’Australie m'a Londres, ainsi que de l’Inde et de la Chine, mais l’importation directe d’Australie ne tardera certainement pas. La consommation de laine est d’environ quatre cent cinquante mille kilogrammes par an, revenant à environ A fr. 38 le kilog. rendu à la manufacture.
- Les tissus fabriqués consistent en une sorte de drap fort pour les capotes, en drap ordinaire pour les uniformes de soldats, en une petite quantité de flanelle et en drap d’une qualité supérieure pour les uniformes des officiers. On y fabrique également des draps rouges et jaunes pour les parements ; les produits pour la teinture de ceux-ci sont importés d’Allemagne.
- Tout le drap nécessaire à l’armée est fabriqué dans rétablissentnt. La production de l’année dernière (1890) a été de 28,335 mètres environ, évaluée à 2,394,000 francs. La largeur moyenne des pièces de drap est de 1 m. 27. Le nombre des ouvriers employés est de 510, dont 300 femmes et 210 hommes; le salaire moyen des femmes est de 0 fr. 52 par jour, et celui des hommes de 1 franc environ. La manufacture est éclairée à I électricité et marche jour et nuit, les équipes changeant le service à six heures du matin et à six heures du soir. La moyenne de la durée du travail quotidien est de 22 heures.
- 11 est bon de mentionner cependant que les ouvriers ne sont engagés que pour un travail de neuf heures par jour, et qu’ils reçoivent un supplément de salaire pour les deux heures supplémentaires qu’ils font. La plus grande partie du drap est tissée avec de la laine teinte à l’avance; mais certains draps sont teints en
- pièce. Les broches de filature sont des mull-jenny. Un teinturier allemand est attaché à cet établissement.
- L’affaire étant entre les mains du gouvernement, il n’a pas été donné de chiffres • mais on assure que jusque tout récemment, les recettes dépassaient les dépenses, et qu’à présent elles se balancent à peu près.
- ---—---------------
- RÈGLEMENT DES SALAIRES
- et amendes
- La « Société industrielle de Rouen » a entendu le rapport d’un de ses membres sur le projet de loi visant les règlements des salaires. Le rapporteur ne s’est arrêté particulièrement qu’à l’art. 2, qui lui a paru le fonds du projet. Nous reproduisons ci-dessous ses appréciations :
- Art. 2. — Sont interdits d’une façon absolue tous articles de règlement instituant des retenues de salaire, soit sous le nom d’amendes, soit sous tou’e autre appellation.
- Toute l’initiative de la nouvelle loi est pour ainsi dire dans cet article : les autres ne font en somme que consacrer ce qui se fait déjà journellement dans nos établissements, mais d’ores et déjà, qu’il nous soit permis de dire que si la suppression radicale de l’amende éiait acceptée par le Sénat, ce serait créer dans certaines industries, et notamment dans l’industrie textile, un véritable désarroi, pour ne pas dire une désorganisation complète.
- Réglementer l’amende, rien de plus rationnel; obliger l’industriel à la moraliser, en l’amenant à en verser le montant dans la caisse d’une société de secours mutuels, rien de plus juste, mais la supprimer, ce serait même rendre un mauvais service à l’ouvrier.
- Que dirait-on, en effet, d’une législation qui supprimerait toutes les peines édictées par nos lois, à l’exception de la peine de mort, et quel serait alors le rôle du magistrat en semblable occurence ?
- Que deviendrait également le rôle de l’industriel, qui n’aurait plus comme sanction aux ordres qu’il donne, que de renvoyer impitoyablement l’ouvrier pour quelques fautes légères, qu’une simple observation de sa part ne suffît pas toujours à corriger.
- Renvoyant tout son personnel ou tout au moins une notable partie, il ne tarderait pas à être obligé d’-arrêter la marche de son établissement.
- Et puis enfin, a-t-on songé qu’en agissant ainsi, inévitablement dans quelques années, on verrait diminuer le nombre de ces ouvriers honnêtes et laborieux, comptant plus de trente années consécutives de bons et loyaux services passées dans la même maison et que l’Etat fait si bien de récompenser de la médaille d’honneur du Travail ?
- Ils sont légion dans le département de la Seine-Inférieure et, certes, nous avons le droit d’en être fiers. Qu’il nous soit donc permis en passant d’évoquer cette preuve — on
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- ne peut plus concluante, à notre avis, —pour prouver encore que, dans notre région, les usages établis et acceptés ou les règlemdnts d’a elier actuellement en vigueur, suffisent amplement et à la satisfaction de tous, à sauvegarder les intérêts des patrons et des ouvriers.
- Dans certaines industries, comme dans la construction mécanique, on ne connaît pas l’amende; pour réprimander sérieusement un ouvrier, on le met à pied pour un ou deux jours.
- Votr-* commission a pensé, Messieurs, que dans l’industrie textile, où le chômage des métiers est excessivement préjudiciable aux intérêts du patron, la mise à pied ne pourrait être acceptée, et que d’autre part, elle était beaucoup plus préjudiciable à l’ouvrier qu’une amende, celle-ci dût elle atteindre le chiffre de 1 e u 2 fr.
- L’ouvrier que l’on renvoie le matin pour le punir de n’être point venu la veille, neuf lois sur dix ne rentre pas chez lui et dépense dans cette journée de chômage qui ne lui est pas payée, beaucoup plus que son gain quotidien.
- Pourquoi donc ne pas revenir loul simplement au texte primitif de la loi, qui disait à ce propos :
- « Si le règlement édicte des amendes, leur produit ne pourra être employé que dans l’in térêt des ouvriers et particulièrement consacré à des institutions de secours ou de prévoyance destinées aux ouvriers de l’atelier et administrées par une commission nommée par eux. »
- « Le montant des amendes encourues dans la même journée ne pourra excéder le dixième du montant du salaire de cette journée. »
- Aussi votre commission vous propose-t-elle de demander le remplacement de l’article 2 actuel par l’article 2 primitif, tout en exprimant néanmoins le désir de voir supprimer le second paragraphe de cet article.
- Une amende qui n’atteindrait l’ouvrier que dans le dixième de son salaire, ne serait souvent pas en rapport avec l’importance de la faute commise ; ce qui est uniquement à désirer à ce propos, c’est que les amendes soient toujours les plus légères possibles et en rapport avec les ressources dont disposent les ouvrters.
- - ——————
- TEINTURE DES SOIES EN NOIR
- d’après le traité « La Soie » (i)
- de M. A.-M. VILLON
- La teinture en noir des soies doit remplir deux conditions : 1° donner un noir plus ou moins bleuté aux fibres et 2°charger celles-ci d’un poids déterminé. On y arrive à l’aide de manipulations plus ou moins compliquées
- (1) Voir une série de formules sur le même sujet, dans la Revue delà Teinture, 1888,p. 107, 115, 123, 130, et 1889, p. 151, 163, 193.
- ayant pour but de former du tannate de fer dont ou varie les nuances par le bleutage au cyanure et le campêchage.
- Comme il existe une grande variété de noirs, nous les diviserons d’abord en quatre grandes classes ••
- Les noirs sur soie écrue ;
- Les noirs sur soie cuite ;
- Les noirs sur soie fortement montée,
- Les noirs sur soie souple.
- 1° Noms sur soie écrue
- Nous diviserons les noirs sur soie écrue en :
- 1° Noir ordinaire 5
- 2° Noir bleuté ;
- 3° Noir léger ou noir anglais.
- Noir ordinaire
- Ce noir se forme simplement par engallage et pieds de fer successifs.
- L’engallage se fait en lisant les soies dans un bain de gallique, ou extrait de châtaignier titrant 3° B, maintenu à 50°, à raison de 100 parties de gallique pour 100 de soie. Après une heure, les soies sont levées, égouttées, lavées, rincées et diablées.
- Le pied de fer se donne avec un bain de pyrolignite de fer â9 ou 10° B, à la température de 50°. Après 15 minutes, on lève les soies et on les aère 30 minutes sur les vergues pour développer le noir par oxydation lente du sel de fer et sa combinaison avec le tannin.
- On recommence l’engallage après lavage à grande eau, battage et diablage ; on redonne un pied de fer et ainsi de suite suivant la charge que l’on veut obtenir.
- Un engallage et un pied de fer donne une charge de 30 p. 100.
- Deux engallages et deux pieds de fer donnent une charge de 70 p. 100.
- Trois engallages et trois pieds de fer donnent une charge de 125 p. 100.
- Quatre engallages et quatre pieds de fer donnent une charge de 180 p. 100.
- Cinq engallages et cinq pied s de fer donnent une charge de 210 p. 100.
- Après un fort rinçage et un énergique diablage, les soies sont lisées dans un bain de savon à froid, pendant 30 minutes pour les adoucir ; on les rince à grande eau, on les bat et on les passe au bain d’avivage.
- L’avivage a pour but de compléter le noir et donner du brillant et de la souplesse à la soie. Il y a deux genres d’avivage : l’avivage pour toucher mou et l’avivage pour toucher craquant. L’avivage pour toucher mou, dit avivage aux deux huiles, se prépare en faisant réagir poids égaux d’acide sulfurique à 66° B et d'huile d’olive, il se forme des acides sulfoléiques, sulfomargarique et sulfoglycéri-que, dont on prépare un bain â 1 ou 2 p. 100 avec de l’eau tiède. On y abat les soies que l’on lise pendant 5 ou 10 minutes, on les lève et on les diable. On emploie aujourd’hui l’huile de ricin soluble, sulforicinolate d’am-
- on P^re un batn à
- a 2
- °u 3
- momaque
- p. 100.
- L’avivage pour toucher croquant l’ac.de chlorhydrique. Le bain se 3 a 4 P- 100 d’acide chlorhydrique fe®1* lequel on verse 3 à 4 p. 100 d’hL H,22°dans préparée en émulsionnant 100 njt d’olive avec 100 parties d’une solm 'eS d’huile bonate de potasse ou de soude Ca ^ decar' y abat les soies qu’on lise dix minStlqUe,°A diable et on sèche ensuite. Dules eton
- U
- suivre ),
- BREVETS RECENTS
- Intéressant les Industries tinet
- oriiUe8.
- 229987. - Renard. - Réserve de teint
- I "
- machines-appareils de l’obtenir et produits nouveaux le résultat.
- 230766. — Jacob. — Procédé
- qui en
- sont
- Ma-
- Pro-
- perfeo
- cation du collodion teint ou non^urV^1'' filés cotons, lin et ramie, destinés m1®5 sage, afin de leur donner ls'
- soyeuse. PPar6nce
- 230010. - Perrin et Martinan chine à dèrompre les tissus.
- 230100. - Stending et Goldstein „ cédé pour teindre en couleurs dégrada i0' Rentes des étoffes d’ameublement on a, b tissus pour décoratio i uu autres
- 230107. — Gayle. — Composition ‘a flbre
- 230117. — Gessner. - Presse à perfectionnée.
- 230169. - Sarfeet. - Pertectionnemenis dans le procédé d'apprêt des tissus par sion et chauffage simultanés.
- 230304. - Huller. _ Perfectionne,^ dans les appareils pour enduire ou charger le papier et autres matières analogues de liquides (couleurs, vernis, colles, etc.)
- 230370. — Bulfer et ses fils. — Procédé d’impression de peintures décoratives sur toiles de coton ou autres tissus appliqués à la décoration des appartements.
- 230515. — Dehaitre. — Machine à les tissus.
- cylindres
- élargir
- 230600. — Rusconi frères. — Teinture de la soie et fibres analogues avec des couleurs absolument résistant aux acides, au savon, à la lessive, en employant du dihydrothiotolui-dinsulfonate de soude connu dans le commerce sous la dénomination de primuline, produit employé jusqu’ici pour teindre le coton.
- 230607. Pierret (dame veuve). — Toile imperméable.
- 230695. — Ligaud-Garoby. — Procédé de blanchissage et d’apprêt pour les rideaux, tulles, mousselines et autres tissus légers.
- 290697. — Linkenbach et Holzhauser. -Système d'appareil pour laver, imprégner et teindre les filés à l’état enroulé.
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- 230811. — Amenda — Teinture en noir fixe des matières fibreuses.
- 230898. — Francisque Volant et Cie. — Nouvel apprêt pour les matières textiles.
- 231009. — Claviez. — Procédé pour obtenir le lustre et l’apprêt sur des marchandises de tous genres par le courant électrique et la réfrigération par l’air comprimé.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Expédition par la poste des correspondances à prix réduit. — Une
- importante réforme vient d’être réalisée, concernant les conditions d’envoi des objets admis au transport à Drix réduit.
- Au nombre des dispositions nouvelles contenues dans l’arrêt pris par le directeur des postes, figurent les améliorations suivantes :
- Faculté d’inscrire à la main, sur les cartes de visites, imprimées ou manuscrites, toutes les mentions qui, jusqu'à présent, ne sont autorisées qu’à la condition d’être imprimées mais n’ayant pas le caractère de correspondance personnelle.
- Admission à la taxe de 5 centimes par 50 grammes des objets ci-après désignés et n’affectant pas la forme de lettres;
- Les reçus ou quittances de sommes versées ;
- Les livrets de toute nature ;
- Les notes de frais ou d’honoraires mentionnant la date et le mode de paiement;
- Les factures, relevés de comptes ou de factures, les avis et bordereaux d’expéditions indiquant le mode et le lieu de paiement, la situation tu marché, le rappel de la commande, ou portant les mentions : Remis à condition,' conservé sur condition, facture rectifiée, cadeau offert, etc., ou autres mentions équivalentes ;
- Admission au tarif de 5 centimes par 50 grammes, avec affranchissement supplémentaire de 10 cent mes, prix d’une carte postale, par paquet, des catalogues ou nomenclatures imprimées portant l’indication de la quantité et du prix des marchandises demandées.
- Voici le texte des articles concernant les papiers de commerce :
- Les factures de débit et les bordereaux ou avis d'expédition, les factures d’avoir et les relevés de comptes ou de factures peuvent contenir les indications ci-dessous mentionnées.
- 1° Factures de débit et bordereaux ou avis d'expédition
- Numéro d’ordre, marques; désignation et prix des objets, escompte, frais et débours, date d’expédition, provenance.
- Toute indication du mode d'envoi, comme par exemple : Chemin de fer (petiteou grande vitesse) tarif ordinaire ou tarif spécial. —Bateaux. — Messageries. —Par le messager X ou par M. X. Par sa voiture ou par lui-même. Joint à l’envoi de M. X. ou remis chez M. X.. — A disposition, en dépôt. — Colis postal en gare ou à domicile.
- Désignation de la date, du mode et du lieu • de payement : payable comptant, — payable à... jours ou à... mois, — payable le ... — valeur au... prochain ou valeur à... jours, ou à... mois, — payable ou valeur en ma traite au ... — contre remboursement payable en timbres poste, en papier sur telle ou
- telle ville, chez M. X.... ou autre* mentions équivalentes -,
- Rappel de l’ordre ou de la commande ;
- En disponibilité sur marché du... — Situation du marché.
- Sauf erreur ou omission (S. E. O. O.) ;
- Duplicata, conditionnelle, conditionnellement, ou remis à condition, remis conditionnellement, gardé ou conservé sur condition du...
- Facture rectificative, facture rectifiée;
- Cadeau offert ;
- Fûts, caisses, emballages, etc., à rendre, à la condition que cette indication se rapporte aux emballages des marchandises facturées et non à des emballages antérieurement fournis.
- 2’ Factures d'avoir :
- Désignation et prix des marchandises qui en font l’objet.
- 3* Relevés de comptes et de factures
- Relevé du compte par doit et avoir, relevé par totaux de9 factures antérieures, date de ces factures, date et mode de payement.
- Il est interdit d’expédier à taxe réduite :
- 1 • Des factures, bordereaux ou avis d’expédition, relevés de comptes ou relevés de facture rédigés en forme personnelle ou contenant un texte de lettre ou une formule de salutation ;
- 2- Des lettres de commande ou note de commission.
- Et en général tous les objets quelconques ayant par eux mêmes le caractère d’une correspondance ou pouvant en tenir lieu. (Arrêté ministériel du 25 novembre).
- Convention franco-russe. — Certificat (l’origine. — La formule de certificat recommandée par la Chambre de commerce et adoptée par le ministère du commerce est la suivante :
- « La Chambre de commerce de Paris certi-« fie que les marchandises ci-dessous dési-a gnées, contenues dans la caisse (marques et
- « numéros) et destinées à...... sont d’ori-
- « gine et de fabrication françaises, conformé-« ment aux factur-s qui lui ont été soumises « par l’envoyeur, M. (qualités et adresse). »
- Cette formule, appuyée de la signature de l’expéditeur et de son cachet, doit être suivie de la spécification des marchandises expédiées avec mention du nombre des caisses, de leurs numéros, de leurs marques, du poids brut et net, et du contenu de chacune d’elles.
- Les factures originales remises par le fabricant, et confirmant les déclarations de l’expéditeur doivent, eu outre, être communiquées à la Chambre de commerce pour vérification.
- Au cas où de» marchandises d’origine étrangère, se trouveraient comprises dans ces déclarations, leur provenance devrait être formellement mentionnée; et l’on ne saurait ti op recommander aux déclarants la plus complété bonne foi, sous peine de faire perdre aux certificats d’origine française leur effet, qui est d’empêcher l’introduction, en Russie, de marchandises étrangères présentées comme françaises.
- —o—
- Les enveloppes de peaux pour ganterie. — Les Chambres syndicales de la ganterie de Paris, Grenoble et Milan, se sont mises d’accord pour adopter les résolutions suivantes, à la suite, disent-elles, d’abus survenus par l’emploi des enveloppes dans les échantillons de peaux :
- « Article premier.— MM. les mégissiers et
- commissionnaires en peau pour ganterie, sont invités dès maintenant à ne soumettre à la vente que des échantillons de peaux ne comportant pas d’enveloppes.
- « Art. 2. — A partir du 1er janvier 1894, les fabricants de gants s’engagent à ne pas examiner les échantillons de peaux ayant des enveloppes. »
- Ea bonneterie en laine dltenatu» relie. — Un fabricant de bonneterie de Not-tingham a été poursuivi pour avoir marqué f Laine naturelle » des marchandises dont la matière première était pour moitié de coton. Il fit entendre comme témoins plusieurs confrères qui vinrent déclarer que la coutume du commerce était de marquer les marchan-di es de première qualité : « Tout laine, » et celles qui contenaient du coton : « Laine naturelle. » Cette dernière désignation est parfaitement comprise par le commerce comme indiquant la présence du coton dans le tissu. Le fabricant fut néanmoins condamné à 5 liv. st. d’amende et les frais en vertu de l’Acte des marques de commerce.
- Si cet usage existe en Angleterre il est mauvais et il est bien de le faire perdre.
- —o—
- Ea Caisse de retraites ouvrières.
- — MM. de Ramel et Le Gavrian, députés! viennent de déposer sur le bureau de la Chambre un projet de caisse de retraites des travailleurs et des invalides du travail.
- C’est le projet légèrement modifié qu’ils avaient présenté déjà à la dernière Chambre.
- La nouvelle proposition de loi dispose que i tout ouvrier français de l’un ou l’autre sexe sera réputé vouloir s’assurer une retraite, s’il ne fait pas une déclaration contraire devant le maire de sa commune.
- A pariir de 18 ans, tous ces ouvriers, présumés assurés, subiront pour chaque journée de travail, et jusqu’à l’âge de la retraite, un prélèvement de 5 centimes, soit 1 fr. 25 par mois ou 15 fr. par an.
- Ceux qui auront déclaré devant le maire qu’ils ne veulent pas de pension ne subiront pas ce prélèvement. La liberté du travailleur reste donc entière. L'ouvrier qui voudra verser davantage en aura le droit.
- Ce prélèvement de 5 centimes par jour ou de 15 francs par an serait absolument insuffisant. Le projet demande à tout employeur industriel ou agricole de verser la même somme que son ouvrier, sans toutefois que le versement du patron, qui sera presque toujours de 5 centimes par jour, puisse jamais dépasser 10 centimes.
- En conséquence, les versements des ouvriers assurés se trouvent doublés et atteindront 30 fr. par an au minimum.
- Or, il résulte des calculs, que tout déposant qui, depuis l’âge de 18 ans, aura versé, à capital aliéné, 0,05 centimes par jour (à 300 jours par an) av<-c contribution égale de l’employeur, s’assure à 56 ans une pension de 320 francs au moins, ou à 60 ans de 450 francs.
- Pour éviter tout arrêt dans les versements, 1 Etat prendra à sa charge la contribution complété de 30 francs par an, pendant tout le service militaire de trois ans des assurés.
- C’est la seule charge que MM. de Ramel et Le Gabrian demandent à l’Etat, différant par là de l’ancien projet de la commission du travail, lequel demande au budget un sacrifice de cent millions par an.
- Voilà donc la pension de retraite constituée
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- pour l’avenir au profit des ouvriers jeunes s’imposant un léger sacrifice dès l’âge de 18 ans.
- Mais il y en a d’autres : ce sont tous les travailleurs actuellement plus âgés, ayant, lors de la promulgation de la loi, 40 ans, 45 ans, 50 ans même. Leurs versements étant moins nombreux, leur pension viagère à 55 ou 60 ans serait faible et même insignifiante. MM. de Ramel et Le Gavrian ont paré à cet inconvénient de la manière suivante :
- Les ouvriers ou serviteurs étrangers employés en France, n’ayant pas droit à la pension de retraite, n’ont rien à payer. Mais leurs employeurs devront verser le maximum de la cotisation à laquelle ils pourraient être tenus s’ils occupaient des ouvriers français, c’est-à-dire 10 centimes par tête et par journée de travail.
- Il y a 1,126 000 étrangers en France, 700,000 au moins sont des ouvriers ou des serviteurs à gages de l’un ou de l’autre sexe. C’est donc 200 millions au moins par an que produira le versement de 10 ceutimes par jour. Ces 200 millions seront versés à un fonds de réserve qui servira à bonifier les retraites des déposants âgés, dont les pensions seraient inférieures à 360 fr. par an et à bonifier et compléter jusqu’au chiffre de 360 fr. par an les pensions des déposants qui, atteints d’infirmités prémamrées, seront admis à la retraite sans condition d’âge.
- Plus tard, quand ces déposants âgés auront disparu, le fonds de réserve servira à bonifier l’intérêt des versements de tous les déposants.
- —o—
- lies soieries suisses et leur commerce avec la France. — Le commerce de la Suisse avec la France a diminué, pour 1892, de 22 millions de francs. L’exportation de soieries et de rubans demi-soie a diminué de 10 8 millions, si l’on y ajoute la confection de 12 millions.
- Tout ce commerce a été transféré à l’Angleterre pour 7,3 millions, aux Eiats-Unis pour 3 millions, à l'Amérique du Sud et à l’Allemagne. L’importation suit, en grande partie, la même marche que l’exportation.
- \ -°-
- JL’adjudi cation des drapa de troupe. — Cette adjudication, qui eut déjà lieu le 25 mai dernier t dont les résultats furent annulés, est revenue les 5 et 13 novembre.
- Elle comprend la fourniture totale des draps nécessaires à l’habillement des armées de terre du 1er janvier 1894 au 31 décembre 1899 et éventuellemeet au 31 décembre 1902.
- Cette fourniture se compose de :
- 20 lois de draps de sous-officier (draps de sous officiers et draps de sous-officiers rengagé) ;
- 89 lots de draps de soldats.
- L’adjudication a donné les résultats suivants :
- Sous officiers
- Balsan et Ca, 9 lots -, Blin, et Blin, 3 lots ; Franckel-Blirt, 3 lots ; Demachy f t Seiilière, 4 lots; Jules Maistre, 2 lois; DeBoisset Aynard, 2 lots ; Zenlz. 1 lot ; Soudan, 1 lot.
- Soldais
- Balsan et C°, 9 lo s ; Donadille, 4 lots; Normand frères, 7 lots ; Vitalis, 9 lots ; Laval, 6 lom ; Lagare, 3 lots; Demachy et Seiilière, 8 lots; Nivert et Boulet, 2 lots ; Zentz, 6 lots; P. Solanet, 2 lots; Teisserencq-Vissecq, 6 lois ; Fabriqua de Clermont et de Lodève, 7 lots • Soudan frères, 3 lots ; Jules Maistre, 1 lot ; Fabrique de Bédarieux, 2 lots ; Reyne Michel, 1 lot ; Rachou frères, 5 lots ; Deldon-Bruguière, 3 lots-, Vve Labranche, 1 lot; De Boisset-Aynard, 1 lot ; Blin et Blin, 2 lots.
- Envol «lVeI«antilions de drap. —
- La Chambre de commerce française de Char-leroi vient d’adresser au président de la Chambre de commerce de Sedan une collection d’échantillons de drap de fabrication anglaise. Cette collection sera ensuite transmise aux Chambres de commerce de Reims, Roubaix, Tourcoing, Amiens, Elbeuf, Vienne, aux Chambres consultatives de Lisieux, Louviers, Ma-zamet, à l’Union des Chambres syndicales de Paris et au Musée industriel de Lille.
- UTILISATION DES MAUVAIS COMBUSTIBLES
- FOYER A COMBUSTION MÉTHODIQUE
- CHARGEMENT MÉTHODIQUE DU COMBUSTIBLE SUR LA GRILLE
- s’appliquant à toutes les chaudières
- BRULANT LES COMBUSTIBLES ligneux, minéraux, pauvres, ténus;
- copeaux résidus de fabriques d’extraits, etc.
- humides,
- S?-_
- RENDEMENT
- SUPÉRIEUR EN VAPEUR. ÉCONOMIE, SÉCURITÉ FUMIVORITÉ
- RÉFÉRENCES
- Fabricants d’Extraits:
- AlfF, à, Taben-sur-Saar (Allemagne) ;
- Duboscq, au Hâvre; — Gondolo Ve, à Nantes ; Gillet et fils, à Lyon ; — Huillard et C°, à Suresnes ; John D. Leure, à Providence (Etats-Unis) ;
- Lepe tit, Dolfus, Gausser et C% à Suse (Italie ) ;
- Luc et Patin, à Nancy Meurthe-etMoselle » Marchai et Courbaize, à Maurs (Cantal).
- ^MÉDAILLE D’OR Anvers 1885, Hors concours, Membre du Jury 1889 .
- —o—
- Nécrologie. — On annonce la mortdP M. Steinbacii, le doyen des industriels mU| bousiens, décédé subitement à Mulhouse •
- De M. Isay, de la maison Isay, BeehrnL Zeiler et Ce, fabricants de velours de coton à Blamont (Meurthe-et-Moselle), homme uni.
- versellemDnt estimé.
- Nous adressons à leur mémoire nos sympa. \hiques regrets.
- —o-—
- Jurisprudence. -* La charge en tei» tare. — Voici une décision qui présente un réel intérêt pour nos industries. Le syn ,ic de i faillite Catel, ancien teinturier à Tourcoing réclamait des façons de teinture à un client du failli qui prétendait défalquer de ses fac. tures des indemnités parce que tes bonifications de rendement garanties n’avaient pas été
- attentes. Or, ces bonifications ne pouvaient
- s'obtenir qu’au moyen de la charge.
- Le tribunala décidé que le tein urier ne doit à son commettant que le poids de lame à lui confié, qu on ne peut exiger de lui ure bonification anormele produite par la charge qu’en agissant autrement on encouragerait là fraude.
- Pour ces motifs, il a condamué au paiement intégral des factures de façon sans aucune défalcation d’indemnités.
- Nous croyons que s’il s’agissait de soie, la question de la charge serait autrement résolue.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- IMPRIMERIE C. COLIN, A CHARLEVILLE
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- LA REVUE DE
- 5e Année, N° 12.
- ET DES COLORATIONS
- LA TEINTURE §*»
- INDUSTRIELLES Décembre
- F. GOUILLON, Directeur, V •scI7^r?A^TT^EGo7i,ÏÏM?^ 3, Rue du Trésor, PARIS.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Sur les forces qui interviennent dans les opérations de teinture. — Teinture des soies en noir (fin). — Fabrication électrolytique du chlore. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers. — Noir rapide ; Teinte beurre ; Lilas coton ; Marron sur finette; Noir de Colombier ; Paranitraniline ; Corinthe sur laine ; Teinture à effet dégradé. — Noir rapide et sur un seul bain.
- Chronique industrielle. — Société industrielle de Mulhouse. — Chambre syndicale des teinturiers-dégraisseurs (Assemblée générale et banquet). — Bibliographie. — Brevets récents (Catalogue). — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- L’Office du travail commence à faire connaître au public les résultats de ses travaux, qui consistent, comme on le sait, en d’innocentes statistiques, et en discussions fort peu animées, suivies de voeux tout platoniques.
- L’Office a notamment établi la statistique des grèves, dans laquelle nous voyons qu’en 1892, il a été observé 261 grèves, qui ont groupé 48,000 ouvriers ; en 1891, on en avait analysé 267 avec 110,000 grévistes ; en 1890, elles étaient au nombre de 313 et 120,000 grévistes.
- Nous apprenons que dans les chiffres de 1892, les industries textiles proprement dites ont eu 79 grèves ayant entraîné 82,000 journées de travail perdu, et le travail des étoffes et nettoyage, 5 grèves avec 900 journées perdues.
- Les résultats n’ont pas été bien favorables aux ouvriers grévistes ; ils n’ont obtenu que 56 satisfactions entières et 80 transactions, contre 118 insuccès.
- Ces résultats, comparés aux causes qui ont amené les contestations, offrent un certain intérêt :
- Sur 103 grèves faites en vue d’obtenir une augmentation de salaire, 31 ont pleinement réussi ; 31 ont abouti à des transactions, et 39 ont échoué,plus 2 résultats inconnus.
- Sur 58 grèves organisées pour résister à des diminutions de salaires, 10 ont réussi, 17 ont obtenu des transactions, et 31 des échecs.
- Celles organisées par des ouvriers pour obtenir le renvoi de personnel, au nombre de 35, n’ont que 4 succès et 5 transactions pour 26 échecs.
- Un autre document de l’Office du travail a trait à l’application de la nouvelle loi sur l’arbitrage et la conciliation ; cette loi, promulguée le 27 décembre 1892, n’a donc qu’un an d’exercice, et [ses résultats sont intéressants à connaître.
- En 1893, il a été fait 104 recours à la loi sur l’arbitrage : 53 de ces recours ont été adressés au juge de paix par les ouvriers, 6 par les patrons, 2 par les patrons et ouvriers réunis. Dans 43 cas, les juges de paix sont intervenus d’office, comme la loi le leur commande.
- Les patrons ont refusé dans 41 cas de se rendre à la convocation qui leur a été adressée. A la suite de ces refus, la grève a continué ou a été déclarée dans 26 cas : ces grèves se sont terminées par 4 succès pour les ouvriers, 7 transactions et 15 échecs; dans les au-res cas, les ouvriers ont renoncé à leurs prétentions.
- Les ouvriers ont refusé 9 fois de constituer un comité de conciliation. Ces grèves se sont terminées par 2 succès pour les ouvriers, 5 transactions et 2 échecs.
- Le recours à la loi sur la conciliation et l’arbitrage a eu, pour les ouvriers, dans ces 61 différends, les résultats que voici : Fin de la grève, 40 ; transactions, 22; succès, 13; échecs, 5; continuation de la grève, 21, dont les résultats ultérieurs ont été les suivants: transactions, 12; succès, 2; échecs, 7.
- Dans les 104 cas de recours à la loi, les industries textiles figurent pour 38.
- Il est à remarquer que la loi a été, en général, favorable aux ouvriers, mais qu’elle a donné lieu surtout à de plus nombreuses transactions, proportionnellement, que les grèves livrées à
- elles-mêmes ; son intervention a donc été utile quelquefois, mais c’est peu de chose encore comparativement aux nombreux désaccords qui se sont produits entre patron? et ouvriers, et en somme, cette loi n’a eu, jusqu'à présent, qu’une portée restreinte.
- *
- ¥ ¥
- En ce qui concerne notre commerce extérieur, nous avons à enregistrer deux faits heureux : 1° l’accord entre la France et l’Espagne sur la question douanière ; 2° la réforme des tarifs qui poursuit son cours aux Etats-Unis.
- Nous connaissons la convention franco-espagnole qui, toute provisoire qu’elle soit, est le rétablissement des bonnes relations mutuelles.
- Mais nous nous trouvons devant un concurrent redoutable , l’Allemagne, auquel un traité semblable est sur le point d’être concédé ; il a été voté par le Reichstag, mais n’est pas encore ratifié par les Cortès ; le peuple espagnol y fait une vive opposition qui, notamment en Catalogne, la région industrielle, a donné lieu à des troubles. S’il est finalement accepté, notre situation vis-à-vis de l’Espagne ne se sera guère améliorée.
- Le commerce des tissus est grandement intéressé dans cette question.
- En Amérique, le dernier Message du Président a fortement insisté sur la réforme du tarif des douanes aux Etats-Unis.
- La première chose à faire, dit le Message, est de réduire les droits qui frappent actuellement les objets nécessaires à l’existence. « Ainsi la population serait mieux nourrie, mieux logée, mieux vêtue. »
- Mais la réforme du tarif doit être complétée de celle des dispositions administratives actuellement en usage.
- Elles seront modifiées aussi, et suivant les propositions de la commission Wilson, les principales améliorations seraient les suivantes :
- Abaissement de l’amende exagérée pour les déclarations jugées inférieures
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- aux valeurs réelles des marchandises.
- Abrogation de l’état spécifique et détaillé du prix des marchandises.
- Appel facultatif des décisions des experts sur les questions de droit (non sur celles de fait). Cette faculté, toute restreinte qu’elle soit, est nouvelle ; de | plus, les auditions sur les questions de | classification devant les experts seront publiques, au lieu de secrètes qu’elles
- sont actuellement.
- Modification à une protestation pourra être faite dans les dix jours avant son passage au bureau des commissaires ; actuellement, il faut qu’elle ait été enregistrée, et cette disposition a souvent causé de graves préjudices et même de véritables dénis de justice
- aux importateurs.
- Franchise de droits pour les vases et emballages de toute nature, à condition qu’ils ne soient pas des récipients ou
- emballages simulés.
- Les dispositions actuelles de la loi
- sur la rédaction des factures, des déclarations, etc., ne seront pas modifiées, non plus celles relatives à l’attestation du coût de production, aux réévaluations et aux protestations contre celles-ci.
- Le nouveau bill administratif apportera donc quelques adoucissements réels au régime compliqué et démesurément rigoureux actuellement en vigueur.
- la REVUE de la TEINTURg_
- L’industrie lainière anglaise a un assez bon courant d’affaires pour l’intérieur, mais celles d’exportation laissent beaucoup à désirer pour certains genres. Le marché de Londres est sans
- animation pour les soieries.
- Sur nos places on constate aussi du calme, dû en grande partie aux fêtes de fin d’année, mais celles-ci causent une bonne animation dans les magasins de confections des grandes villes, où, malgré la douceur de la température, il a été écoulé une grande quantité d’étoffes. La campagne, seule, est rétive
- aux achats.
- A Paris, la vente au détail atteint, comme précédemment, un beau chiffre d’affaires. Les maisons de soieries en gros ont livré leurs commissions de
- Pour l’instant, ce remaniement du tarif douanier cause un arrêt dans les transactions que nous avions conservées dans l’Amérique du Nord ; et il faut y joindre les effets de la crise financière qui se prolonge dans ce pays, aussi les affaires y ont-elles peu d’activité.
- La situation industrielle est, d’ailleurs, assez mauvaise en général, partout on se plaint de la faiblesse des cours et du ralentissement de la consommation ; l’industrie des tissus n’échappe pas à ce malaise.
- En Allemagne, les manufactures produisent peu d’articles d’été pour 1894. Un calme général règne dans les fabriques ; le commerce des laines, comme celui des filés, et sans animation ; les prix sont très bas.
- Jamais le commerce de l’Italie n’a été plus mauvais que maintenant. Des maisons anciennes quittent les affaires, et
- j. A ^
- nouveautés aux couturiers qui, en ce moment, établissent leurs modèles pour la saison de printemps ; les tendances de la mode ne s’accentuent pas beaucoup ; ses rares indications sont au profit du damas pékin moiré et de l’impression sur chaîne. Le velours uni tout
- soie est moins demandé.
- En fabrique, il y a pour les soieries,
- une certaine tendance à l’amélioration. Dans les genres unis teints en pièce, la fabrication montre un peu plus de fermeté, et dans les façonnés teints en flotte, elle a pris une allure plus décidée. Quant aux armures tout soie, les gros ordres sont toujours rares. Les moires pour garnitures ont un regain
- de faveur.
- Le commerce des cotonnades conserve à Rouen une bonne activité.
- Les genres les plus recherchés sont principalement la belle rouennerie, les tissus pour l’impression, la flanelle, et aussi le pilou, dans les belles qualités qui se fabriquent actuellement ; il se traite aussi beaucoup d’affaires en rouennerie bon marché, tissée à la main et les fabricants ont pris de nombreuses commissions. Les tissus pour l’exportation sont aussi plus demandés.
- saison d’été, principalement en Ser&
- Cet article paraît devoir être favoris'’ car, au prix actuel de la laine, on Pe l’établir dans des conditions avantagL^ ses; les nuances préférées sont bleus, les grenats, les cuirs elles grU 11 s’est remis également pour la sa^ son d’été, quelques ordres en écossais pure laine ou chaîne coton et trame laine ; certaines nuances semblent attirer plus particulièrement l’attention dans ces genres, telles que le bleu de ciel et le rose mariés avec le bleu ma-rine et coupés de nuances vives. On fait un écossais genre toile de Vichy, c’est-à-dire à petits carreaux, qui ^ raît accueilli avec faveur.
- Notons encore comme tissu pour l’été, la grisaille pour robes ; les fabricants sont arrivés, en mariant différents tons de marengo, à produire des effets très heureux.
- A Elbeuf, la fabrication de la nouveauté est en bonne situation ; la laine peignée y prend une place de plus en plus importante. Les articles cheviot sont très demandés, mais les draps de dames, comme chaque année à pareille époque, subissent un ralentissement
- marqué.
- A Reims, il y a du calme sur tous les genres de cette place.
- Louviers paraît avoir produit un peu plus en 1893 que les années précédentes. Sedan est en meilleure situation que l’an dernier. La fabrication est peu satisfaisante à Vienne. 11 y a eu une légère reprise à Mazamet.
- Et voici ainsi résumés les principaux traits de la physionomie de nos industries à cette époque peu intéressante de l’arnée.
- F. Gouillon
- *
- * *
- En lainages, les affaires sont restreintes, mais, comme nous l’avons fait remarquer, nous sommes dans une période habituelle de calme.
- Roubaix-Tourcoing a peu de stock, ce qui limite les achats d’articles fabriqués^ c’est-à-dire ceux d’hiver. Par u remis des ordres pour la
- SUR LES FORCES QUI INTERVIENNENT
- DANS LES
- OPERATIONS DE LA TEINTURE
- RAPPORT
- à la Société Industrielle de Mulhouse sur une Note de M. Léo Vignon (1)
- Par M. A. Rosenstiehl
- Dans la Note que M. Léo Vignon a adressée à la Société Industrielle, sous le titre de : Sur
- (1) La Revue dt la Teinture juge utile de reproduire la Note même de M. Léo Vignon, cette discussion du rapporteur en faisant connaître le sens, et en repro-—. i„„ nvf*nmpnts à retenir.
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- les différentes théories relatives aux phénomènes de la teinture, l’auteur se déclare partisan de la théorie chimique, adversaire de la théorie mécanique, et appelle l’attention sur le rôle que la dissociation peut jouer dans la teinture.
- Ce dernier point étant nouveau, il y a lieu de l’examiner tout particulièrement.
- Avec beauc up de raison, M. Léo Vignon cit que « tout phénomène de teinture suppose un système formé de trois éléments : la fibre, le corps colorant et le dissolvant. Entre ces trois éléments s’établit un certain état d’équilibre déterminé par les forces chimiques et les conditions de dissociation du système. »
- En effet, si nous admettons qu’en attirant à elle la matière colorante, la fibre textiie agit en vertu d’une affinité chimique, nous comprenons que la teinture sera d’autant plus parfaite que les résistances du dissolvant et de la matière colorante seront moindres. La dissociation peut faciliter cette attraction.
- Nous savons que ce n’est pas la molécule entière de la matière colorante qui va se fixer sur la fibre. Beaucoup de ces matières sont des sels. Tantôt c’est l'acide, tantôt c’est la base qui vont se combiner chimiquement avec le textile; alors c’est la base dans le premier cas, l’acide dans le second qui resteront dans le bain.
- Dans l’un et dans l’autre cas, il faudra qu’il y ait rupture des éléments du sel pour que la teinture soit possible. 11 pourrait arriver que l’affinité de la fibre pour l’un ou l’autre des composants ne fût pas assez puissante pour rompre le lien qui unit l’acide à la base.
- D^ns ces cas, l’intervention de la dissociation sera utile. C’est un point qu’il convient de mettre en relief ici : c’est que tous les sels, sans exception, se comportent comme s’ils étaient dissociés quand on les dissout dans l’eau, et cela d’autant plus complètement que la dilution est plus grande. Ce fait remarquable est déduit de la mesure de la conductibilité moléculaire pour l’électricité qne présentent les dissolutions de plus en plus étendues. 11 confirme les résultats obtenus par la mesure de la pression osmotique.
- La dissociation ayant lieu pour tous les sels, qu’ils soient colorants ou non, existerait donc avant la teinture et serait indépendante de la fibre textile.
- On conçoit qu’elle doive singulièremen faciliter l’exercice de l’affinité ; c’est un obstacle de moins à vaincre, et nous pouvons admettre avec l’auteur que la dissociation joue son rôle.
- Cependant il est bon d’ajouter qu’elle n’intervient pas dans tous les cas. Elle ne peut intervenir que quand la matière colorante est de nature saline.
- Il est des cas où la teinture a lieu par double décomposition, et l’auteur rappelle avec à-propos les expériences décisives de Knecht sur l’absorption des fuchsines par la soie.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- L’élément halogène de la matière colorante reste dans le bain sous forme d’hydracide, et la base colorante s’unit à la soie qui, nécessairement, perd de ce fait un atome d’hydrogène pour chaque molécule de fuchsine qui est entrée en réaction. Il est bon de faire observer que quand il y a double décomposition, il ne peut y avoir eu dissociation préalable. Les groupes atomiques dissociés entrent dans une combinaison nouvelle par simple addition.
- Tandis que dans le cas de double décomposition il y a échange d’atomes ou de groupes d’atomes entre deux molécules complètes.
- La double décomposition exclut la dissociation.
- Concluons donc ; 1° qu’il y a des cas où on peut admet re la dissociation préalable, c’est quand la matière colorante possède la constitution d’un sel; 2° qu’il y a des cas de double décomposition, ce qui a lieu quand la matière colorante n’est pas dissociée.
- Les deux modes d’action étant admis — et ils le sont par l’auteur, quoiqu’il n’insiste que sur la dissociation, — il reste à examiner la tendance de sa note, dans laquelle il se prononce pour la ihéorie chimique et contre la théorie mécanique de la teinture.
- Tout d’abord, je dois dire que je suis absolument de l’avis de l’auteur quand il fait observer que le*« partisans de la théorie mécanique font une objection d’une valeur fort discutable.
- Cette objection consiste à dire « que la combinaison chimique entre le textile et le colorant ne peut être prouvée, parce que cette combinaison n’est pas obtenue au moyen de proportions définies des corps composants. »
- Dans ce qui suit, je vais montrer ce que cette proposition renferme d’errcné; puis, en analysant successivement les phénomènes qui concourent à la teinture, je vais montrer quelle est la nature des forces qui entrent en action. 11 ressortira de cet examen, d’une manière indubitable, je crois, qu’en se prononçant exclusivement pour l’une ou l’autre des deux théories , on n’envisage qu’un seul côté de la question.
- Quand une pièce d’argent est exposée à des émanations sulfureuses, elle noircit.
- Elle est teinte en noir, et cette teinture ne manque pas de solidité. Dans cette circonstance, ce sont les combinaisons sulfureuses des émanations qui constituent la matière colorante ; l’argent représente la fibre textile. Or, il n’est pas douteux que l’enduit noir ne soit du sulfure d’argent, c’est-à-dire un corps dans lequel le soufre et l’argent sont combinés dans des rapports atomiques.
- 11 n’est pas moins certain que si l’on essaie de détacher mécaniquement ce sulfure pour le soumettre à l’analyse chimique, celle-ci ne pourra donner aucun résultat qui soit d’accord avec la loi des proportions définies. Le sul-
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- fure est mélangé o’un excès d’argent métallique.
- Serait-on autorisé à dire que l'on se trouve en présence d’une combinaison non définie et qu’il n’y ait pas eu d'action chimique ?
- Evidemment non.
- La seule conclusion logique que l’on puisse tirer de cette expérience, c’est que la combinaison n’a eu lieu que sur une faible épaisseur de la pièce d’argent.
- Il en t st de même dans le cas où la matière colorante agit chimiquement sur la fibre textile. Une mince pellicule de cette dernière est entrée en combinaison. Que cette couche colorée soit placée à l’extérieur, â l’intérieur ou dans les replis de la fibre, le fait reste le même. La combinaison n’a eu lieu qu’avec une partie seulement de la fibre et non avec la masse entière.
- Et il me semble que dans la plupart des cas il est utile qu’il en suit ainsi. Car la combinaison chimique de la fibre avec le colorant pourrait donner naissance à un corps qui n’eût pas les propriétés de flexibilité et de ténacité qui font la valeur de celle-là.
- La pièce d’argent qui nous a servi d’exemple perdrait sa malléabilité si elle était totalement sulfurée; elle deviendrait cassante.
- 11 est possible qu’il en serait de même de la fibre textile si elle était totalement combinée dans toute sa masse avec la matière colorante.
- L’exemple du sulfure d’argent met en relief deux circonstances particulières que nous retrouverons dans la teinture :
- 1° Il y a combinaison en rapports atomiques entre les corps en présence ;
- 2° Le nouveau corps coloré ne constitue qu’une fraction de la masse textile totale.
- 11 nous reste encore une troisième circonstance à envisager, et ce n’est pas la moins importante. C’est l’adhérence qui existe entre la mince couche de sulfure et le métal qui lui sert de support. Cette condition d’adhérence est même la condition essentielle ; c’est elle qui donne à la teinture la résistance au frottement.
- La première phase, l’exemple de la formation du sulfure d’argent, fournit un argument à la théorie chimique. La troisième phase en fournit un aux partisans de la théorie mécanique.
- La deuxième circonstance forme le lien entre les deux théories et les réunit en un seul faisceau rationnel et homogène.
- Sans faire aucune hypothèse, j’ai montré que dans le phénomène de la teinture les affinités chimiques et les attractions mécaniques interviennent toutes deux ; leurs effets s'ajoutent.
- Ils ne s’ajoutent cependant que dans le cas où il y a eu réellement combinaison chimique. Car nous pouvons très-bien concevoir des teintures où l’action chimique est nulle ou tout au moins douteuse. Le bistre au manga-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- nèse paraît être un exemple d’une teinture purement mécanique. Ici l’adhérence seule semble jouer un rôle. L’oxyde manganeux a été précipité sur la fibre par voie de double décomposition, puis transformé en peroxyde par oxydation ultérieure. Rien ici ne permet de constater une combinaison chimique. Mais nous constatons l’adhérence. Cette dernière est la condition invariable, sine quunon, de la teinture.
- Dans les cas où la matière colorante ne s’unit pas directement à la fibre, mais exije le concours d’un mordant, les diverses phases d’ordre chimique et d’ordre mécanique se succèdent de même. La fibre, mise en contact avec la dissolution aqueuse du mordant, se couvre d’une couche bien adhérente, mais incolore dans ce cas, de la partie de la molécule du mordant, qui doit utilement intervenir.
- II y a ou non combinaison avec la substance de la fibre. C’est une véritable teinture, puisqu’il y a adhérence, a u point de vue des forces qui entrent en action, mais non au point de vue de la coloration. Cette dern ère est produite plus tard par l’intervention de la matière colorante, qui entre en double décomposition avec une portion du mordant déposé sur la fibre ou combiné avec elle.
- Cette discussion, qui porte sur un exemple ne prêtant à aucun doute, nous a donc conduit au résultat suivant :
- La première condition nécessaire pour qu il y ait teinture, c’est l’adhérence, sur la fibre, d’une couche d’épaisseur uniforme de matière colorée.
- La fibre peut entrer dans la composition de cette couche colorante -, elle en fait partie surtout si la teinture a été obtenue à 1 aide de substances solubles dans l’eau.
- Le fait que la matière colorante, dissoute dans un bain, disparaît peu à peu de ce dernier, pour se localiser à l’état insoluble sur la fibre, est évidemment un fait chimique.
- Car ce qui caractérise la combinaison chimique, c’est que le nouveau corps, résultant de l’action réciproque de deux autres, se distingue de ces derniers par une ou plusieurs de ses propriétés.
- Quand il y a eu teinture, la matière colorante a fourni avec la fibre un corps insoluble dans l’eau. Cette insolubilité caractérisé la combinaison. Cette combinaison a, il est vrai, conservé toutes les autres propriétés chimiques de la matière colorante qui a servi à sa formation, mais elle s’en distingue par son insolubilité.
- Dans le cas où la substance colorante est par elle-même insoluble,on peutêtredans ledoute sur le point de savoir s’il y a eu action chimique entre ta fibre et la substance colorante insoluble. 11 peut y avoir adhérence parfaite sans qu’il y ait combinaison ; cela a été démontré plus haut. L’art du teinturier, dans ce oas, consiste à chercher expérimentalement les conditions qui font naître l’adhérence.
- Or, celle-ci a toujours lieu quand deux corps sont en contact immédiat.
- On sait que deux balles de plomb, si I on presse l’une contre l’autre leurs surfaces fraîches, se soudent entre elles ; il en est de même de deux glaces bien planes et nettes gue l’on superpose , enfin un pivot, en rotation sur son coussinet, se soude à ce dernier quand on a négligé un instant de graisser. Le contact parfait de deux corps permet à la cohésion d’exercer sa puissance.
- De même le corps coloré, en contact immédiat avec la fibre, s’y soude, c’est-à-dire qu’il teint.
- Il est clair que quand la matière colorante se combine chimiquement à la fibre, cette partie du travail est déjà faite, la portion combinée de la fibre adhéranÆ naturellement à la portion non combinée.
- Tandis que dans le cas des corps insolubles il faut des procédés spéciaux pour faire naître ce contact intime, condition essentielle de l’adhérence.
- Concluons donc :
- Que les forces qui concourent aux opérations de la teinture sont de deux sortes :
- 1° L’adhérence ou cohésion, qui est toujours en jeu ; c’est une manifestation de l’attraction de la matière par la matière.
- 2° Les forces chimiques, qui interviennent souvent, mais qui ne sont pas évidemment indispensables ; elles se placent en seconde ligue.
- La théorie chimique et la théorie mécanique, telles qu’elles sont exposées par leurs partisans, s’excluent l’une l’autre ; elles n’envisagent qu’un côté de la question.
- L’exposé qui précède assigne leur rôle à chacune des forces qui interviennent, et la teinture peut se définir ainsi :
- C’est l’opération qui consiste à couvrir la fibre textile d’une couche parfaitement adhérente d’une substance colorée, qui souvent est une combinaison d’une portion de la substance de la fibre avec une matière coloraute.
- TEINTURE DES SOIES EN NOIR
- d’après le traité « La Sole » de M. A.-M. YILLON — FIN —
- Noir bleuté
- Ce noir comprend les opérations suivantes : rouillage, bleutage, engallage, adoucissage et avivage.
- Le rouillage des soies écrues sont lisées dans un bain de rouil (sous-sulfate ferrique) à 10° B pendant une heure, elles sont ensuite relevées, égouttées, tordues, rincées à grande eau, battues, dressées et mises en bâton -, on les abat dans un bain tiède de carbonate de soude, maintenu à 50°, on les lise pendant 30
- minutes. Ce bain alcalin se nomme Sfl 4 les soies en sortent couleur jaune Üdag6> ou rouillées. O a les lave et les diahT^6 ment. e Me-
- L’ensemble de ces opérations ge donner un rouil. La soie augmente de §0lBlIle de son poids à chaque rouil. On do ^ râlement trois rouils, soit donc unP 6 gétlé' tation de 24 p. 100. au§Œten-
- Le bleutage des soies s’exécute en Üs minutes dans un bain maintenu à 30 ^30 de température et renfermant du C°U35“ jaune acidulé de l’acide chlorhydriq!^6 relève les soies, on acidulé le bain d’une ^ °Q velle qunatité d’acide chlorhydrique on ^ la température à 450 et on lise les soies^ dant 30 minutes, qui deviennent d’un hT' presque noir.
- On donne une eau, c’est-à-dire quelles soies pendant 5 minutes dans dp lse , , uei con.
- tenue dans une barque, on égoutte t0
- diable fort. ’ rdet
- On donne ensuite un engallage et un n' de fer et on recommence trois fois cette f f ration comme le noir ordinaire. Onobtiet ainsi un beau noir avec un rendement dp 9°!
- p. 100.
- On assouplit et on avive comme nous pa. vons expliqué pour le noir ordinaire.
- Noir léger
- Le noir léger se donne aux soies peu mon_ tées, il comprend quatre opérations principales : la bruniture, la teinture, l’adoucissage et l’avivage.
- La bruniture se donne avec un bain composé de 50 p. 100 de bois de campêche 25 p. 100 de bois janne, 5 p. 100 de couperose 2 p. 100 de verdet, et 3,000 d’eau p. 100 de soie mise en travail. Le liquide étant à la température de 50°, on y manœuvre les soies une demi-heure, on les relève, on chauffe le bain à 60-70°, et on y abat de nouveau les soies qu’on lise une demi-heure. On les relève, on les lise sur les vergues pour les aerer pendant une heure -, on les rince, les bat, les rince de nouveau et les diable fort.
- La teinture n’est autre qu’un lisage des soies dans un bain de campêche composé de 60 parties de bois de campêche dans 2,500 d’eau p.100 de soie, maintenu à la température de 50°, pendant une heure environ. On égoutte, rince, bat, adoucit et avive comme à l’ordinaire.
- On obtient ainsi un noir fin, mais sans charge.
- 2o Noms sur soie cuite
- Nous examinerons successivement :
- 1° Les noirs légers ou fins ;
- 2» Les noirs mi-lourds ;
- 3° L^s noirs lourds ;
- 4° Les noirs très lourds ou à plusieurs teintures.
- Noirs légers
- Les opérations nécessaires pour l’obten-
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- tion de ces noirs sont : le rouillage, le bleutage, le cachoutage, l’alunnage, la bruniture, la teinture, l’avivage et le lustrage. Nous allons examiner ces epérations.
- Rouillage. — Les soies bien rincées sur la cuite sont essorées, mises en bâtons et lisées dans un bain de rouil à 30o B. pendant trois quarts d’heure environ ; on les lève, on les tord, les rince et les essore. On fixe le rouil en abattant les soies dans un bain de savon bouillant renfermant uu peu de carbonate de soude et on lise pendant une heure environ. On emploie généralement le savon de cuite que l’on additionne de 12 p. 100 d’oléine et 2 p. 100 de carbonate de soude du poids de la soie. Les soies sont égouttées, rincées en barque avec eau tiède de carbonate de soude, rincées à grande eau, tordues et diablées. L’ensemble de ces opérations constitue un rouil sur soie cuite.
- On donne trois rouillages.
- Bleutage. — Les soies sont lisées pendant 30 minutes sur un bain de cyaaure jaune additionné d’acide chlorhydrique et d’un peu d’alun, maintenu à la température de 45°. On relève les soies, on ajoute de l’acide chlorhydrique, on chauffe le bain à 60°, et on y manœuvre les soies une demi-heure.On égoutte, rince, bat et diable fort.
- Les soies sur bleu de Prusse et trois rouils prennent 25 p. 100. On rattrape juste le poids perdu à la cuite.
- Sur le bleutage, on donne un rouillage que l’on termine par un simple rinçage qui fait prendre à la soie 3 ou 4 p. 100 encore, soit
- 28 p.100.
- Cachoutage. — Les soies rincées sur rouil de bleutage sont cachoutées dans un vieux bain de cachou à 3 ou 4° B., maintenu à la température de 50° pendant une beure; on les rince et les diable ensuite. Dans ce bain les soies prennent une surcharge de 15 pour 100.
- Alunnage. — Les soies sont mises en bâtons et lisées 10 minutes dans un bain saturé à froid d’alun, on les volte et on les laisse dans la barque d’alunnage pendant toute une nuit. Le lendemain on leur donne un léger rinçage, on les bat et on les passe à la bruniture.
- Bruniture. — Le bain de bruniture se compose de 50 parties de bois d’Inde, 50 parties de bois jaune, 5 à 6 parties de couperose et 2 parties de verdet dans 3,000 parties d’eau p. 100 de soie. Oa manœuvre une demi-heure les soies dans le bain à la température de 50o, on les relève, on chauffe le bain à 70o et on y lise les soies une demi-heure. On les laisse exposées à l’air une heure pour faire monter la bruniture, puis on les rince, les essore et les passe à la teinture.
- Teinture. — On passe les soies brunies dans un bain renfermant 50 parties de savon, 50 parties de bois de campêche dans 3,000 parties d’eau p. 100 de soie et maintenu à la température de 60°; après une demi-heure,on
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- relève les soies, on chauffe le bain à 75o et on les replonge et les laisse 2 heures. On les lave à grande eau et on les passe à l’avivage.
- Avivage. — L’avivage se fait à l’acide citrique et à l’émulsion d’huile d’olive, comme nous l’avons expliqué. Le lustrage termine enfin la préparation du noir. Les soies prennent 40 p. 100 ; si l’on en déduit 25 p. 100 de décreusage, les soies rendent donc en réalité 15
- p. 100.
- Les noirs légers sont très beaux et offrent, au toucher, un craquant et brillant qui ne sont surpassés par aucun. Cela se comprend, ces soies n’étant que peu chargées, toutes les belles propriétés de la fibroïne sont respectées.
- Noirs demi-lourds
- Ces noirs, qui datent de 1846, s’exécutent comme les noirs fins. Ils comprennent les opérations suivantes : trois rouils, un bleutage, un rouillage sur le bleu, un cachoutage à chaud, la teinture, l’avivage et le lustrage. Toutes ces opérations se donnent comme pour les noirs fins, excepté le cachoutage qui se fait à chaud. A la température de 75°, le cachou se combine fortementau bleu de Prusse, gonfle la soie et la charge.
- Les soies rendent 30 p. 100 au lieu de 15 p. 100 que rendent Iss noirs fins; mais comme beauté, ils sont inférieurs aux précédents.
- Une autre variété de noirs demi-lourds ne diffère des précédents que par une bruniture au pyrolignite de fer donnée entre deux cachous, comme nous l’expliquerons ci-après pour les noirs lourds. Ces noirs rendent 40
- p. 100.
- Noirs lourds
- Ces noirs datent de 1850 et rendent 80 à 85 pour cent.
- La suite des opérations nécessaires pour former ces noirs est la suivante : rouillages, bleutage, cachoutage avec sel d’étain, savonnage, second cachoutage, bruniture au pyrolignite de fer, troisième cachoutage sur bruniture, teinture, avivage et lustrage.
- On donne sept rouils et on bleute par dessus comme il a été dit. On gagne 25 pour 100 avec les rouils, c’est-à-dire qu’on rattrapera la perte à la cuite, et par le bleutage on gagne 30 pour 100. Les soies sont passées à la cheville et ensuite dans un bain de cachou renfermant : 2,000 litres d"eau et 100 kilos de cachou pour 100 kilos de soie; ce bain est maintenu à 50 * et les soies y sont lisées une demi-heure, puis relevées au bout de ce temps. On porte le bain à la température de 801, on y ajoute 10 kil. de sel d’étain par 100 kilos de soie, le bain se trouble et. vire au jaune clair, on y abat les soies, on les lise une heure, en évitant l’action de l’air, c’esi-à-dire en les maintenant rapprochées les unes des autres. On les débatonne et on lès plonge au fond de la cuve où on les laisse passer la nuit. Le bain
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- est jeté et les soies sont lavées avec soin ; leur nuance est alors jaune verdâtre.
- On savonne ensuite les soies dans un bain composé de 2500 litres d’eau et 50 kilos de savon pour 100 kilos de soie, pendant une demi-heure et à la température de 50'. On donne un second cachou en lisant les soies, rincées sur savonnage dans un bain de cachou à 75° renfermant 100 kiios de cachou dans 2000 litres d’eau pour 100 kilos de soie, pendant une h‘ ure. On rince, diable et dresse à la cheville.
- Les soies prennent dans ces conditions 85 pour cent de leur poids, perte au décreusage déduite.
- La bruniture au pyrolignite se donne en manœuvrant las soies une heure avant sur un bain de pyrolignite de fer à 5-B On les rince et les diable fortempnt.
- On donne après le troisième cachou, en lisant les soies une beure sur un bain de vieux cachou à 3 ou 4 degrés Baumé. Sur ce bain les soies prennent 5 pour 100, ce qui porte leur charge à 90 pour 100.
- La teinture se donne comme nous l’avons déjà vu d-ius un bain composé de 2,000 litres d’eau, 50 kilos de bois de campêche et 60 kilos de savon pour 100 de soie, à la t°mpéra-ture de 60 degrés. On relève les soies, on porte le bain à 75-80 degrés et on rabat jusqu’à ce qu’elles aient pris le ton voulu.
- Enfin les soies, après avoir été rincées et I diablées, sont passées au bain d’avivage comme nous l’avons expliqué, puis lustrées.
- Noirs très lourds
- Ces noirs sont des noirs dits à plusieurs teintures et datent de 1868. Ils ont l’avantage d’être beaux et de donner du poids. La charge peut s’élever à 100 pour ÎOO. On distingue les noirs à deux teintures et les noirs à trois teintures.
- Nous donnons ci-dessous, d’après M. Ma— rius Moyret, la suite des opérations exigées pour un noir à trois teintures :
- 1. Reconnaissance et pantinage.
- 2. Mise en bâtons, dégommage.
- 3. Etirage.
- 4. Cuite.
- 5. Rinçage et diablage.
- 6. Rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 7. Savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 8. Deuxième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 9. Deuxième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 10. Troisième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 11. Troisième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 12. Quatrième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
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- 13. Quatrième savonnage, rinçage, dia-blage, mise en bâions,
- \k. Cinquième rouill3ge, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- le. Cinquième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 16. Sixième rouillage, rinçage, diablage, mise pn bâ’ons.
- 17. Sixième savonnage, rinçage, diablage, m’se en bâtons.
- 18. Sept è ne rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 19. S ptième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâ ons.
- 20. Dressage des soies à la cheville, bleutage rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 21. Cachoutage avec sel d’étain, bleutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 22. Deuxième cachoutage, bleutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 23. Bruniture au pyrolignite, bleutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 24. Troisième cachoutage. rinçage, diablage, dressage à la cheville, mise en bâtons.
- 25. Première teinture au bois d’Inde, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 26. Quatriè ne cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâtons
- 27. Deuxième bruniture,rinçage, diablage,
- 28. Cinquième cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 29. Deuxième teinture, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 30. Sixième cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 31. Troisième bruniture, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 32. Septième cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâ ons.
- 33. Troisième teinture, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 34. Avivage, diablage.
- 35. Séchage.
- 36. Lustrage.
- 37. Reconnaissance et mise main pour être rendue en fabrication.
- En somme, 37 opérations et 130 manipulations.
- 3- Noirs sur soies fortement montées Noirs sur fantaisies
- Nous prendrons comme exemple un noir sur cordonnets qui se chargent à 250 pour 100. Les opérations successives à exécuter sont les suivantes :
- 1* Premier engallage obtenu en lisant les soies pendant 5 à 6 heures dans un bain de gallique à 8* B et maintenu à la température de 50* centigrades. On rince à grande eau et on diable fort.
- 2* Premier pied au pyrolignite de fer à 8° B, à la température de 80-. Rinçage.
- 3° Deuxième engallage donné comme le premier.
- 4° Deuxième pied donné comme le premier.
- 5° Troisième engallage donné comme le premier.
- 6° Troisième pied donné comme le premier.
- 7° Quatrième engallage donné comme le premier.
- 8° Quatrième pied donné comme le premier.
- 9° Cinquième engallage donné comme le premier.
- 10° Cinquième pied donné comme le premier.
- 11- Avivage. On avive pour toucher craquant dans un bain contenant de l’acide chlo-rhydriqne, 10 pour 100 d’huile émulsionnée et 5 pour 100 de gé atine.
- 12- Séchage.
- 13- Lorsque les soies doivent avoir un toucher doux, on leur fait subir l’opération du terrage pour un avivage à l’huile émulsionnée et sans gélatine.
- Le terrage se fait en passant les soies dans une bouillie de terre anglaise (argile très fine) pendant cinq minutes. Cette opération leur donne de la douceur.
- Voici un exemple d’un noir sur cordonnet de fantaisie chargé à 500 pour 100.
- 1- Premir rouillage.
- 2* Second rouillage.
- 3- Bleutage.
- 4- Premier engallage au seld’ét in.
- 5‘ Premier pied.
- 6' Second engallage.
- 7* Second pied.
- 8 Troisième engallage.
- 9’ Troisième pied.
- 10- Quatrième engallage.
- 11 • Quatrième pied.
- 12’ Bleutage.
- 13’ Cinquième engallage.
- 14’ Cinquième pied.
- 15- Avivage.
- 16- Terrage.
- 17- Plombage au saccharate ou à l’acétate de plomb.
- 10- Gazage (l)
- Les noirs fins sur soies fortement montées se donnent comme sur soie cuite ordinaire. Les noirs fortement chargés se donnent comme sur soies de fantaisies.
- h' Noirs sur soies souples
- Pour ne pas nous répéter, nous indiquerons simplement les opérations :
- 1‘ Premier rouil donné comme pour la soie écrue.
- 2‘ Second rouillage donné comme pour la soie écrue.
- 3* Troisième rouillage donné comme pour la soie écrue.
- la soie écrue.
- pour
- 5* Bleutage.
- 6- Assouplissement donné à la m alternant avec des lisages dans des k eQ cachou à 5- B. additionnés de sei de maintenus à la température de 70° 3ln et
- 7- Savonnage et rinçige. '
- 8 Cinquième rouillage.
- . 9' Engallage à la galle ou au dividivi
- 10- Bruniture en pyrolignite de fer ’ '
- 11* Bain de physique violette (mélan composition d’étain ou d’extrait dp g6de che). ‘ Ca^
- 12- Savonnage et rinçage.
- 13- Avivage comme pour les cuits.
- Les noirs ainsi formés renient 80 d inn 4 poids de la soie. (1) P uu du
- Lustreuse
- Le lustrage est l’opération compléta1
- de la teinture en noirs fins. Elle a p0ür Lutd
- douner du brillant et du lustre auxso'
- Cette opération s’exécute avec les machT’
- dites lustreuses, qui travaillent à froid A
- ou a
- chaud.
- (L’auteur donne, dans son traité, le dessin et la description d’une de ces machine-agit par étirage dans une chambre close!»! peur).
- Le lustrage dure de 2 à 3 minutes. Dansces conditions, les soies prennent un très grand brillant.
- r,=—..-"rm ----------
- FABRICATION ÉLECTROLYTIQfe
- DU CHLORE
- Nous n’en sommes plus au temos où oa souriait quand quelqu’un parlait de fabriquer du chlore et de la soude au mo,en de la décomposition d’une solution de chlorure de sodium par le courant électrique. L’électrolyse a fait ses preuves. Une des grandes autorités en matière de chlore, de chlorure de chaux et de chlorates, Lunge, annonçait, il y a peu de mois, que la fabrication de ces produits par les moyens chimiques allait céder le pas à l’é-jj lectrochimie. Le Dr Hurter, naguère le plus jl acharné des adversaires de l’électrolyse,prend, ! maintenant, des bre/ets pour des appareils | électrolytiques, Mond, de la Société Brunner ; et Mond, la plus puissante de tontes celles de I l’univers pour la fabrication du chlore et de la soude, en prend aussi. Tous reconnaissent que par l’électricité on fait mieux et à meilleur marché que par les procédés ordinaires, et l’Amérique est en quête d’un système qui permettra à ses fabricants de se soustraire au tribut qu’ils paient aux usines de chlorure de j chaux et de soude caustique. Elle n’hésite en-
- (1) Cette opération consiste à faire passer rapidement le fil dans une flamme de gaz afin de griller le duvet. M. Villon, dans son traité, a donné le dessin et la description d’un métier à gaz.
- (1) Voir comme complément de cet article la Reoue de La Teinture, 1888, p. 42. « Notes sur l’essai chimique des soies teintes et chargées » par M. Per-soz.
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- tre les systèmes des électro-chimistes américains et européens, que parce qu’elle n’a pas encore pu réunir tous les renseignements qu’elle devrait avoir, et que les prétentions extravagantes des sociétés qni ont des brevets à vendre, sont de nature à faire réfléchir à deux fois.
- II suffit de quelques mots pour que les avantages de l’électrolyse soient compris et appréciés. Elle permet à tout usinier qui a besoin de chlorure de chaux et de soude d’en fabriquer lui même chaque jour, la quantité dont il a besoin, en réalisant une économie de 50 p. 100 sur le prix moyen de ces produits s’il avait à les acheter sur le marché où ils sont l’objet parfois de hausse considérable.
- Le jour viendra où la grande industrie du chlore et de la soude, actuellement monopolisée, disparaîtra faute de clientèle, puisque chaque consommateur, au lieu d’acheter, peut s’approvisionner lui-rrême de ce dont il a besoin, au moyen de dynamos et de cuves dans lesquelles l’eau salée est décomposée en soude qu’on recueille et eu chlore qu’on n’a qu’à faire absorber dans un lait de chaux ou dans des chambres à chaux pour le transformer en chlorure de chaux.
- Plus l«t force électromotrice est basse dans un électrolyseur, et moins on dépense de charbon.
- Plus les anodes résistent au travail électrolytique, et plus le système est écono mique.
- Plus les diaphragmes poreux opèrent la séparation du liquide alcalin d’avec l’anolyte chloré, et plus l’opération est simple. Si, en effet, il y a diffusion des électrolytes des compartiments positifs et négatifs, il en résulte une perte d’énergie et un travail inutile, puisque le catbolyte, au lieu de ne contenir que de la sou 'e caustique, est contaminé par du chlore et que l’anolyte l’est par de la soude qui forme de l’hypochlorite et du chlorate. Ajoutez à ces trois conditions essentielles d’un bon fonctionnement un dispositif de bonne circulation du liquide et d’une alimentation régulière qui emfêche le trop-plein des cuves qui paralyserait tout, aussi réchauffement des électrolytes alcalin et chloré dans des compartiments hermétiquement fermés, et vous aurez un électrolyseur industriel qui pourra marcher jour et nuit sans qu’on ait à s’occuper de lui, et qui, à chaque heure qui s’écoulera, à chaque ampère que fournira ladynamo, produira automatiquement une certaine quantité donnée de chlore et de soude, pourvu, toutefois, que l’électrolyte soit alimenté et au lieu de s’appauvrir, soit constamment maintenu au même degré de densité qu’au départ.
- Tel est le programme que j’ai cherché à remplir d’une façon pratique et nouvelle, et la description succincte des deux cuves que montre la photographie d’une partie de mon usine dira si je suis dans le vrn et dans la bonne voie.
- Les cuves ont chacune deux mètres de longueur, leur largeur est de 60 centimètres ; elles sont en ardoise et contiennent 363 li res de liquide aie lin et autant de liquide chloré -, j’entends .par là que la solution de chlorure de sodium qui passe constamment à travers les compartiments positifs et négatifs représente un total de 725 litres d’une densité de 16 et 180 B. Je dois dire que la grandeur des électrolyseurs ne signifie rien, car si on a 500 ampères qui donnent chacun 1 gramme de soude et 1 gramme dn chlore par heure, que ce soit dans une grande ou dans une petite cuve, la quantité de chlore ou d'alcali dégagée sera toujours la même ; seulement, dans le premier cas,elle sera plus diluée ; puis, quand on a des cuves trop petites, la chaleur s'y produit plus rapidement et la surface d’électrodes étant forcement plus petite, elles fatiguent et s’usent plus rapidement. 1 m. 50, 2 mètres, c’est une bonne longueur, mais, quand on le peut, au point de vue industriel, il y a, d’après moi, avantage à avoir des cuves de 5 et 6 mètres. Du reste, ceci est uue question qui dépend des besoins du fabricant, car s’il n’a besoin que de fabriquer lj2 ou 1 tonne de chlorure de chaux et d’alcali par jour, il l’aura bien plus vite dans 20 cuves de dimensions moyennes que dans 10 grandes cuves qui prennent énormément de place et dont la liqueur alcaline ne se densifie qu’après un tra-' ail assez long. Les cuves ont peu de profondeur, ce qui facilite la construction de mes anodes, qui, étant faites de charbon de cornue d’une seule pièce, doivent être courtes, puisqu’on ne trouve guère de grands morceaux de charbon de cornue. On a construit des électrodes en morceaux raccordés, maçonnés ensemble au moyen de ciments soi-disant indestructibles; mais il n’y a rien de sérieux, ni de solide là-dedans ; il n’existe pas de ciment qui résiste au chlore, et comme, pour maintenir la conductibilité des plaqurs de charbon les morceaux en sont forcément reliés ensemble, intérieurement, par un conducteur métallique, du moment qu’un trou gros comme une aiguille se forme, c’en est fait de la plaque, attendu que le conducteur est vite corrodé.
- Pour remédier au peu de longueur des morceaux de charbon, on les a fixés à des barres de plomb ; mais du moment qu’il y a un métal dans un compartiment positif, quand même il ne touche pas le liquide, il est inévitablement attaqué par le chlore gazeux et si c’est du plomb, il est peroxydé aux dépens du rendement en chlore, et, comme chose plus grave, de tous les métaux le plomb est celui qui fait la moins bon contact, la conductibilité des charbons en souffre. Mes anodes ont à leur partie supérieure deux épaulements qui per-1 mettent à la tête des anodes d’entrer dans des f trous pratiqués dans le couvercle. Cette tête de charbon est maintenue au moyen d’une goupille en bois dur paraffiné, qui le traverse et l’empêche de glisser } en outre, elle est r n
- tourée de fil parafiné, de sorte qu’il est impossible que les gaz s’échappent ; l’extrémité du charbon est préalablement cuivrée et éta-mée,et c’est sur cette couche qu’est soudée la barre de contact.
- Comme on le voit, il n’y a pas de métal du tout à l’intérieur des compartiments positifs ; il ne s'y trouve que du charbon de cornue qui n’est pas indestructible comme d’aucuns le croient, mais qui peut travailler jour et nuit pendant 8 ou 9 mois avant d’avoir besoin de-tre renouvelés. Quant aux charbons de bonne qualité ou spéciaux dont il est question dans certains brevets d’électrolyse, je regrette d’avoir à dire que c’est une illusion profonde que de s’imaginer que les charbons artificiels peuvent remplacer le charbon de cornue; le meilleur d’entre eux, j’en parle par expérience, fond comme du sucre dans l’anolyte; il y met un peu plus de temps et voilà tout. Le liquide devient sa’e, brun et donne lieu à une formation d’acide mullique.
- Mes cathodes sont en fer ou en métal quelconque, nulle difficulté de ce côté-là.
- Entre les anodes et les cathodes se trouvent les diaphragmes ; ceux dont on se sert ordinairement sont en terre de pipe, en porcelaine dégourdie, en papier, carton, ou toile d’amiante, en nitro-cellulose, parchemin végétal, etc.; je les remplace par des cloisonnements poreux qui offrent peu de résistance et qui, sous le rapport de la durée, du bon marché et du fonctionnement, se recommandent pour les installations d’électrolyse.
- Ces diaphragmes qui constituent un septum parfait et n’offrent, pour ainsi dire, pas de résistance, sont en porcelaine d’amianie.
- Dans chaque compartiment positif se trouve une rangée d’anodes à droite, et une rangée d’anodes, à gauche, tout près de la cloison poreuse. J’ai, semblablement, deux cathodes dans chaque compartiment négatif.
- Ordinairement, on met anodes et cathodes au milieu de leurs compartiments respectifs, de sorte que le courant doit vaincre la résistance du diaphragme augmentée de celle qu’oppese l’épaisseur de la couche liquide qui sépare l’anode de la cathode.
- 11 n’y a d’actif que le côté de l’anode qui fait face à la cathode ; j’ai fait comme si je fendais en deux mes anodes, pour en transporter une moitié à droite et une autre moitié à gauche. L’arrangement d’électrodes qui se produit donc naturel'ement est celui de deux anodes et de deux cathodes dans chaque compartiment tout contre le diaphragme pGreux, derrière lequel est la cathode, et qui travaillent beaucoup mieux que ne le feraient une anode et une cathode, chacune dans son compartiment respectif et à une plus grande distance, par conséquent, de l’électrode de nom opposé; mes électrodes sont donc placés comme suit : anode, diaphragme poreux, cathode, ca hode, diaphragme poreux, anode, anode, diaphragme poreux, et ainsi de suite.
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- LA RE VUE DE LA TEINTURE
- Les qualités du diaphragme poreux en porcelaine d’amiante sont d’abord sa conductibilité, puis sa grande porosité tempérée par l’extrême divisibilité de l’amiante en poudre qui est la base unique de cette céramique. La ténuité des pores de cette porcelaine est telle qu’il n’y a pas de diffusion des liquides des compartiments positifs et négatifs ; en d’autres termes il n’y a que dt« chlore dans l’ano-lyte et que de la soud? dans la catholyte. L’importance de cette franche division n’échappera à personne.
- Une p mpe sert à la circulation du liquide chloré. Une autre pompe en ébonite sert à aspirer le chlore qui se forme au-dessus du liquide des compartiments positifs. Ce chlore est envoyé dans le lait de chaux qui est agité par des malaxeurs dans deux cuviers en bois.
- Mes cuves sont divisées par deux cloisons longitudinales l’une à droite, l’autre à gauche; dans l’espace libre, en travers des chambres, les diaphragmes poreux forment alternativement les compartiments positifs et négatifs. Chacune des chambres longitudinales est divisée dans sa hauteur par une cloison horizontale en deux chambres étanches, l’une qui n’occupe qu’un tiers de la hauteur de la cuve, l’autre qui en occupe les deux tiers. La chambre du côté gauche, en haut, est par exemple, positive et celle de droite négative , la chambre inférieure de gauche est négative, et la chambre correspondante de droite est positive ou vice-versa, c’est-à-dire que ce sera du liquide allant aux compartiments positifs qui sera dans la chambre positive, et réciproquement -, et servira à l'alimentation des compartiments positifs et négatifs. J’ai d’autres cuves d’une construction plus simple et plus économique, dont je parlerai plus tard, en revenant sur le fonctionnement industriel d’une usine électrolytique.
- A gauche, une petite machine à vapeur active une pompe qui fait circuler doucement la solution alcaline et l’envoie dans une cuve en fer qui est située à gauche, derrière l’électro-lyseur, et d’où elle repasse dans les compartiments négatifs. C’est un va-et-vient sans fin de liquides dans les deux systèmes positif et négatif ; l'électrolyte ne chauffe presque pas, il ne s’affaiblit pas non plus, parceque la colonne aboutit à un gros tuyau qui est par terre, dans une gouttière remplie d’eau pour le rafraîchir, et contient toujours une quantité de sel qui maintient la densité de la solution au même degré de concentration ; car l’électrolyte qui donne sa soude et son chlore dont est composé le chlorure de sodium, s’affaiblit au fur et à mesure qu’il fonctionne, et une solution faible électrolysée donnerait plus d’oxygène et d’hydrogène que dechloreet de soude. Tel est, dans ses grandes lignes, l’appareil dont je me sers actuellement.
- 11 serait superflu d’entrer dans le détail de la tuyauterie et de l’arrangement mécanique. Le seul intérêt que puisse avoir un nouveau
- système électrolytique comme le mien, qui peut aussi bien être adapté à la production du chlore qu’à celle des chlorates, des hypochlo-rites ou de l’oxygène et de l'hydrogène, c’est que la séparation des produits de llelectrolyse est parfaite, grâce aux diaphragmes -, que le dispositif des électrodes n’oppose qu’une faible résistance ; que la force électromotrice normale, au régime de 300 ampères que donne mon dynamo est un peu au-dessous de U volts par cuve ; que les auodes sont solides et durent longtemps sans se désagréger-, que a sont pratiquement les plus résistantes qu’on puisse trouver, puisque rien ne surpasse le charbon de cornue et que les métaux réputés les plus inaltérables, le platine, par exempte, s’usent vite et sont dissous par l’action électrolytique.
- C’est vers l’électrolyse que, dans tous les grands pays producteurs de papier, on tourne les regards, pour voir se réaliser les progrès de la qualité, du bon marché et de la simplicité de la manufacture de la soude et du chlorure de chaux.
- (Bulletin des fabricants de papier).
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Procédé d’impression sur tissus en plusieurs couleurs
- ParM. C. Edmonson. ‘
- Dans le procédé d’impression usuel à plusieurs couleurs, on emploie autant de rouleaux qu’il y avait de couleurs à imprimer, en gravant seulement sur chacun des cylindres la partie du dessin qui doit être imprégnée de la couleur particulière correspondant à C3 cylindre.
- L’invention consiste dans l’emploi d’un rouleau principal sur lequel le dessin complet est gravé, et qui imprime par conséquent Aur le tissu un dessin complet en une seule couleur.
- La seconde couleur est appliquée au moyen d’un rouleau sur lequel est gravé une répétition exacte d’une partie du dessin du rouleau principal, de sorte que la seconde couleur se trouve imprimée sur les parties correspondantes de la premièe couleur appliquée par le rouleau principal. Chaque couleur suivante est appliquée de la même manière au moyen d’un rouleau sur lequel se trouve gravée une répétition exacte d’une partie du dessin du rouleau principal, de sorte que chaque teinte ou couleur complète du dessin fini est obtenue par couches de deux ou plusieurs couleurs appliquées l’une sur l’autre au moyen de rouleaux ayant reçu chacun en gravure une répétition partielle de ce qui est gravé sur le premier.
- les,
- Traitement spécial des matières textil ou nouveau mode de vaporisage Pat William-Jules Grawitz
- O a fait agir la vapeur d’eau injectee en ex cès dans un espace limité, mais comtnunù quant librement avec l’atmosphère en le tî chauffant fortement, ainsi que l air auquel ellg se mêle, de manière à éviter toute condensa, tion et tout abaissement de température sensible, malgré la détente qui se produit.
- Dans ces conditions et suivant des expérien ces faites par l’inventeur, la vapeur d’eau ainsi réchauffée aurait une action toute spéciale pour déterminer certaines réactions chimiques et notamment le développement du noir d’aniline engendré par l’action des chlorates en présence des prussiates alcalins€Q excès.
- Cette action est différente de celle du vaporisage, et de celle de l’air chaud simplement
- saturé de vapeur d’eau.
- L’invention consiste en outre dans les dis. positifs d’appareils permettant de réaliser ce traitement.
- Nouvel apprêt Par la société Voland
- La composition de ce nouvel suivante :
- Pyroxyline (colon à collodion)
- Huile de ricin................
- Ether alcoolisé .. ..........
- Cet apprêt, dit le brevet, donne aux matières textiles beaucoup de main et de brillant • il augmente l’imperméabilité des tissus dont il peut changer totalement l’aspect et dont il augmente la valeur marchande dans de notables proportions. 11 peut s’appliquer aux textiles à tous états et teints ou non, apprêtés ou non et avant ou apres cylindrage.
- Quant à la manière d’opérer pour appliquer l’apprêt sur la matière textile, elle n’offre rien de particulier : on imprègne comme à l’ordinaire le tissu au mouilleur d’apprêt et on lèche au tendeur.
- — Cette composition est en résumé le col-lodion élastique des pharmaciens.
- Composition pour nettoyage Par M. Schicht
- Cette composition n’est. out simplement que de la benzine ou de l’essence de térébenthine émulsionnées dans un savon gras.
- Machine à glacer les fils de M. Vert
- Cette machine est à deux faces de travail; elle peut ainsi être arrêtée d’un côté, en continuant de marcher de l’autre.
- Le fil à glacer se colle en passant sur un cylindre dit cylindre colleur. Ce cylindre trempe dans une auge cylindrique pleine de
- et Ce
- t
- aPPrêt est la
- 7 à 10 parties 7 à 10 -
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- colle dont il est constamment couvert. Le fil passe ensuite sur des cylindres ou rouleaux glaceurs après être passés dans le3 barbins sur les barbinière*. Ces barbinières sont animées pendant la marche d’un mouvement latéral donné par un excentrique, ce mouvement étan* indispensable pour glacer le fil qu’il roule sur les rouleaux glaceurs.
- Le fil, après avoir passé sur les deux rou-leux glaceurs, passe dans les barbins d’une seconde barbinière pour de là aller s’enrouler autour des guindres. Cette seconde barbinière est animée d’un mouvement latéral comme les premières ; mais son mouvement est beaucoup plus lent et n’a d’autre but que celui de for mer bien également les écheveaux autour du guindre.
- PROCEDES DIVERS
- Nom RAPIDE EN UN SEUL BAIN
- sur laine et soie.
- Nous montrons ici un échantillon du noir obtenu par le procédé qui fait l’objet d’une note spéciale à la sfiite de ce chapitre.
- Ce tissu fond laine, avec sujets brochés soie a été teint dans les conditions indiquées dans cette note, en un seul bain, et en vingt minutes environ, dont quelques instants seulement au bouillon.
- L’étoffe est telle qu’elle est sortie du bain de teinture, sans javelage ni avivage quelconque.
- Teinte Beurre pour dentelles et guipures
- Cette teinte est celle à la mode pour les dentelles, et pour guipures de vêtement et d’ameublement.
- Pour les rideaux spécialement, il importe que la teinte résiste convenablement à l’air et à la lumière, et dans ce but, nous avons cherché à la constituer par des oxydes métalliques.
- WJÊÊM
- Le procédé suivant a été employé pour l’é-
- chantillon :
- Pour 1 kil. tissus :
- Permanganate de potasse... 1 gramme
- Sulfate de cuivre............ 50 —
- Eau très propre............. 20 litres
- Opérer à froid, mener les étoffes jusqu’à ce que la teinte rose du bain ait disparu en donnant un fond jaune au tissu.
- Ce jaune, qui n’est pas assez verdâtre, se modifie dans le même bain, par le sel de cuivre, qui n’est pas encore fixé ; on continue à le manœuvrer dans le bain, jusqu’à ce qu’il ait pris le reflet voulu.
- Cette faible quantité de permanganate sufùt, et elle a été déterminée par expérience.
- Nous avons indiqué plusieurs formules pour teintes de môme ge ire, dans notre année 1891, p. 68.
- Lilas sur coton
- Nous montrons cette teinte que nous avons eu à échantillonner pour un article spécial, et qui est assez usitée en lingerie.
- On l’obtient aisément avec :
- Violet-diamine N.................. 10/0
- Cristaux de soude................ 3 —
- Sulfate de soude................. 10 —
- Entrer à tiède et chauffer graduellement; il est à peine nécessaire d’arriver au bouillon, que l’on donne cependant une à deux minutes pour trancher.
- Pour ces teintes claires, le bain se tire presque complètement, cependant, il ne s’épuise pas tout à fait entièrement, et les proportions de 10/0 de colorant sont établies en conséquence de la partie non utilisée.
- Marron sur finette
- Ce tissu, qui est ordinairement blanc ou imprimé, se rencontre actuellement dans le commerce en teintes unies ; l'échantillon ci-dessus en est un exemple.
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- Les procédés de teinture n’offrent rien de particulier ; voici néanmoins comment on peut reproduire l’échantillon :
- Brun pour coton N.............. 1 0/0
- Noir diamine B 0............... 0,15 —
- Carbonate de soude............. 4 —
- Sulfate de soude............... 8 —<
- Opérer comme pour le lilas ci-dessus.
- Voir aussi, année 1892, p. 117, plusieurs formules de marrons sur coton par les dia-mines.
- Noir de Colombie R
- Ce produit, présenté par MM. Ruch et fils, teint directement le coton en noir riche, en un seul bain et sans diazotage.
- Il peut être employé pour donner un fonds aux bleus d’indigo, au noir d’aniline, au noir Dahomey, etc.
- Pour 10 kil. de coton, on monte le premier bain avec :
- Eau........................... 250 litres.
- Sulfate de soude.lii... 2 kil.
- Carbonate de soude............ 200 gram.
- Noir de Colombie R............ 600 gram.
- Entrer à 70- C., porter au bouillon, que l’on maintient une heure.
- Pour une passe suivante, employer seulement dans le même bain 450 grammes de colorant.
- Le noir se nuance ensuite :
- En bleuâtre, avec 30 à 40 gr. de bleu méthylène 2 B.
- En verdâtre, avec 30 à 40 gr. de vert malachite SSC.
- Ce noir ce mélange et teint dans le même bain avec les autres colorants directs pour coton.
- 11 se ronge en blanc avec le sel d’étain.
- Paranitraniline C
- La «. Manufacture lyonnaise » propose ce produit, dont elle a amélioré la fabrication, pour développer en très beau rouge le cotou préparé au béta-naphtol.
- Teinture
- 1° Imprégner le coton blanchi avec :
- Béta-naphtol 145 gr.
- Eau bouillante 10 lit.
- Soude caustique, 40° 140 gr.
- Sulfo-ricinate de soude... 500 —
- Sécher.
- 2° Développer avec :
- Paranitraniline C. 70 gr.
- Eau bouillante 200 —
- Acide chlorhydrique 200 —
- Dissoudre, ajouter 1 litre d’eau froide pour refroidir, puis :
- Glace.................... 500 gr.
- Ajouter lentement, en brassant :
- Nitrite de soude......... 35 gr.
- Laisser reposer et compléter par de l’eau, le volume de 10 litres.
- J
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
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- Ajouter avant l’emploi :
- Acétate de soude............ 300 gr.
- Eau pour dissoudre...... 1 lit.
- Le coton est entré sec dans ce bain ; au sortir on rince immédiatement ; on peut ensuite donner un savonnage à 40-50°.
- Impression
- Les pièces sont imprégnées de béta-naphtol en solution un peu plus concentrée que pour la teinture, suit :
- Béta-naphtol................ 215 gr.
- Eau bouillante............... 10 lit.
- Soude caustique 40°......... 210 gr.
- Huile pour rouge............ 150 —
- Après séchage, on imprime la couleur suivante :
- Paranitraniline C........... 138 gr.
- Eau bouillante............... iOO
- Acide chlorhydrique....... 400 —
- Puis :
- Eau froide.................... 1
- Glace......... • ••••..... 300 gr.
- Nitrite de soude.......... ”0 —
- Après 15 à 20 minutes de repos, ajouter : Epaississant froid....... 7,oOO gr.
- Mélanger et passer au tamis fin. L’épaississant ssra composé de :
- Amidon................-**• 5 kil.
- Eau.......................... 35 lit.
- Acide acétique 6°............. 7 ~
- British gum..........• 30 kil.
- - Acétate de ssude................ 5
- Après l’impression, laver au large, savonner à 40°, et au besoin chlorer.
- Marron-Corinthe sur laine filée
- Pour obtenir une teinte tout-à-fait solide, on commencera par teindre la laine en bleu perle en cuve d’indigo. Puis on lave avec soin. Cela fait, on teint en un bain avec :
- Rouge diamine F de la Manufacture
- lyonnaise............ 0,5 OiO
- Jaune antfcracène C....... 1 —
- Bisulfate de soude»........ 3 —
- Acétate de soude.......... 5 —
- On entre à 40 degrés centigrades; on monte au bouillon lentement. On est parfois obligé, pour épuiser le bain, d’ajouter 3 p. 100 de bisulfate de soude et de donner un dernier bouillon d’une, demi-heure. Ensuite, on lève la laine, et on ajoute au bain lui-même :
- Fluorure de chrome......... 3 0^0
- Puis on rentre la laine, et on donne un dernier bouillon d’une demi-heure.
- Des résultats, bons également en ce qui concerne la solidité au lavage et à la lumière, mais inférieurs vis-à-vis des acides, s’obtiendront, soit en teignant avec :
- Jaune d’alizarine........ 4 p. 100
- Brun d’alizarine.......... 1 —
- Orange d’alizarine....... 3;4 —
- Acétate d’ammoniaque... 1112 —
- après mordançage en bichromate et tartre-, soit en teignant en un seul bain avec '-
- Jaune Victoria........... Ip2 p. 100
- Violet acide solide R.... 0,4 —
- Cyanine B............... 0,25 —
- Sulfate de soude........ 10 —
- Acide sulfurique........ 4 —
- (.Farb. Must. Zeit.)
- Teinture des Mouchoirs à effet dégradé
- Ce tour de main, breveté par M. Desrues, a donné naissance à des articles qui ont eu quelque vogue.
- Les étoffes de soie, mouchoirs, foulards,etc.» sont teints dans une couleur unie qui forme le fond. Puis on prend les étoffes au centre, et on les dégrade dans différentes couleurs, en les plongeant avec précaution daus le bain sans y entrer la partie qu’on tient dans la main.
- NOIR RAPIDE
- ET SUR UN SEUL BAIN
- des Tissus Laine, Soie ET DES MÉLANGES COTON
- Cette teinture est basée sur l’emploi d’un mordant nouveau qui, ajouté directement au bain de campêche, donne « du coup » des noirs d’une grande beauté, sur laine, soie et sur mélanges de ces deux textiles.
- Les chaîne coton blancs ou en teintes claires s’y font également après un trempage de dix minutes en châtaignier coupé d’une égale quantité d’eau, puis rincés.
- Ces diverses opérations ont été faites en notre présence sur des morceaux et coupons ; le travail,évidemment, peut se faire aussi facilement en grand.
- Nous avons vu plonger dans le bain de teinture, monté avec campêche, un peu de bois jaune et le mordant spécial (qui est en cristaux), des mélangés laine et soie, coton et soie et laine et coton, de différentes couleurs; ces étoffes ont été éventées trois fois, peur refonctionner et lever celles qui étaient suffisamment à point.
- L’opération a duré quarante minutes, sans ébullition ; les tissus étaient tous d’un très beau noir-bleu, bien plein et bien couvert.
- Pour les soieries, il faut un bain très corsé en mordant et en colorant pour arriver à l’intensité voulue.
- Après le javelage, ces échantillons ont été
- comparés avec des soieries neuves de mêmes qualités ; leur teinte ëtaU^ près ment supérieure à celle de ces dern'n°table' noir était plus riche et dépourvu brunâtres. e reûet§
- Sur le même bain, nous avons vu • • en ajoutant très peu de colorant mordant, divers échantillons de laine îeUde
- étoffes de fantaisie de différent ^ e’ ”raPet • j , . cuies couleur,
- compris des écossais ; tous sont sortis ’y
- teinture, après vingt minutes de bouillo6 ? t-ès beau noir bleu, et tous les fonds Dûment couverts. Par'aite.
- Le détenteur du procédé, étant très
- sire vendre la composition de ce mordant’.
- à une grande teinturerie, soit à un fab *• S°il
- de produits chimiques; il tient à rester e"?01
- hors de l’exploitation, étant retiré desaff-
- aussi ne demanderait - il qu’une -l^S’
- somme si l’acquéreur, prenant le brem^6
- nom, lui Isissait une part équitable dans'T
- bénéfices. Il ne veut traiter qu’avec des ^
- sonnes offrant toutes garanties d’honorabifité'
- Il est évident pour nous que son procédé
- permet de réaliser une importante économi
- de main-d’œuvre, de temps et de combustible6
- tout en produisant des noirs d'uno n,. j’
- , .• grande
- perfection (1 ).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Travaux du comité de chimie
- Séance du 13 décembre 1893
- Un pli cacheté (n* 725) de M. Ch. Lauth,déposé le 22 mars 1893 et ouvert en séance le 29 novembre 1893, est communiqué aux membres du comité de chimie. 11 renferme un travail sur les acides diméthyle-amido-benzoî-ques, donc l’impression est votée.
- M. Lohmann, à Chemnitz, envoie un échantillon d’une encre à marquer les chefs de pièces. Cette encre devant résister aux manipulations du blanchiment et de la teinture, est soumise à l’examen de M. Scbæiïer.
- Le comité reçoit pour le concours aux prix un ouvrage comprenant la nomenclature de tous les dérivés de la naphtaline classés enune série de tableaux. — Ce travail sera soumis à l’examen de M. Wyss et de M. Binder, qui sont nommés rapporteurs.
- Le comité vote l’impression d’une note de M. Horace Kœchlin qui a trait à la solubilisa-
- ______________________________________——
- (1) S’adresser, pour renseignements, au bureau du journal, ou écrire à M. Périnaud,2, rue Saint-Lazare, à Paris.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- lion des gommes de l’Inde insolubles. En chauffant quatre heures au bain-marie à 80' :
- 400 gr. gomme concassée,
- 1 lit. eau,
- 60 cc. eau oxygénée à 12 vol. on obtient une dissolution. Quand on prend trop d’eau oxygénée, la gomme devient complètement liquide. La dissolution jaunit la laine au vaporisage; on peut remédier à cet inconvénient en y ajoutant une petite quantité de bisulfite de soude.
- On peut obtenir un bon épaississant en chauffant pendant une heure à l’ébullition :
- 500 gr. graines de lin.
- 1.000 cc. eau.
- 250 cc. acide acétique.
- 8 à 10 cc. eau oxygénée (82 vol.).
- La proportion d’eau oxygénée variant suivant les qualités de graines. Après tamisage, on peut utiliser les graines pour en extraire l’huile.
- M. Stœcklin fait observer à ce sujet que les gommes, quelque blanches qu’elles soient, brunissent quand en les chauffe à partir de 70°.
- M. Edouard Dolle envoie, au nom delà a Allgemeine-Electricitats-Gesellschaft » une série d’objets confectionnés avec une matière isolante nouvelle, la stabilité. Les membres du comité sont priés de soumettre la stabilité à différents essais, pour se rendre compte de sa stabilité à l’eau bouillante,aux acides, aux alcalis et aux agents qui altèrent généralement le caoutchouc ou l’ébonite.
- M. Nœlting propose de faire l’achat du nouvel ouvrage de Lehne : Tabellarische Ueber-sicht der künstlichen organischen, Farbs-toffe. Cet ouvrage renfrrme la nomenclature de toutes les matières colorantes qui se trouvent dans le commerce. A côté du nom de chaque produit se trouve lemode de préparation, la formule rationnelle, le nom de son auteur, les propriétés tinctoriales, les réactions et enfin un échantillon teint. C’est une table des matières raisonnée, appelée à rendre les plus grands services aux chimistes qui s’occupent des colorants et de leurs applications.
- ————
- CA AMBRE SYNDICALE PARISIENNE
- DSS
- TEINTURIERS-DÉGRA1SSEURS
- Assemblée générale et Banquet du 11 décembre 1894
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- Avant d’ouvrir la séance, M. h Président fait part à l’Assemblée du décès de l’un de ses membres, M. Auberlet, qu’une délégation de la Chambre, accompagnée d’un grand nombre de collègues, vient de conduire à sa dernière demeure, lui portant, comme hommage su-
- prême, une magnifique couronne offerte au nom de la Chambre syndicale de la Teinture.
- M. Joli,y prononce l’éloge de ce sympathique collègue, et l’Assemblée s’associe de tout cœur aux paroles de son Président.
- Puis M. Jolly souhaite la bienvenue aux délégués lyonnais : M. Capillery, président de la Chambre des teinturiers de Lyon, et M. Da-loz, un des membres ; il les remercie d’être venus prendre part à notre Assemblée générale et rendre ainsi de plus en plus intime l’union des deux Syndicats.
- M. Jolly remercie également les membres adhérents et les membres correspondants de province qui se sont déplacés pour cette réunion, et donne l’assurance aux deux collègues de Belgique présentés par M. Pingrié que nous sommes heureux de les accueillir parmi nous.
- Sont admis comme membres adhérents, MM. André, Freysch, Michou, GiRAUDON;'et comme membres correspondants, MM. Ro-gier, de Saint - Germain-en-Laye ; Cgntzen, de Bruxelles; Lagarde, d’Epinal, et André Lyon, d’Alger.
- La démission de M. Paillard est acceptée.
- M. le Président donne la parole au Secrétaire pour la lecture du compte-rendu des travaux du Comité pendant l’année 1893.
- Compte-rendu des travaux du Comité pendant l’année 1892-1893 (Entrait,
- « Messieurs,
- « En se conformant aux statuts, c’est avec empressement que votre Comité vient vous rendre compte de scs travaux, parce qu’il espère vous en voir recueillir une certaine satisfaction, qui sera pour lui une approbation, une récompense....
- « Nous étions, il y a un an, A3 membres adhérents, par suite de 2 démissions et de A adhésions nouvelles, notre Chambre compte actuellement 45 mjmbres. Mais aux 28 membres correspondants que nous avons eu le plaisir, l’an passé, d’accueillir parmi nous, sont venus se joindre IA confrères de province; ce qui fait qu’avec le chiffre de 42 membres correspondants, la Chambre syndicale parisienne forme aujourd’hui un groupe de 87 membres.
- a Ce sera bientôt le noyau de la Fédération de la Teinturerie française.
- « Voici les noms des 14 confrères de province qui ont voulu donner leur appui moral à nos efforts :
- « MM. Cazalis (de Bayonne), Prévost (d’Orléans), Deslandes (de St-Sébastien, Espagne), Jacquemin (de Nancy), Maury (d’Arles), Gérard (de Troyes), Belorgey (de Compïègne), Rochet (de Minesoto, Etats-Unis), Raisin (d’Amiens), Git aud(de Lausanne, Suisse), Gretton (de Rio-Janeiro), Sauviac (de Saint-Germain-en-Laye), Laforge (de Caen), et Lagarde (d’Epinal).
- « Vous prendrez le plaisir, en cet instant, d’adresser à ces nouveaux membres, comme à tous nos amis de province, un salut fraternel, un cordial souvenir d’amitié. (Applaudissements.)
- « En dehors de quatorze réunions tenues cette année, votre Comité a examiné dans ses commissions arbitrales un nombre relativement considérable de litiges. Et cela, sans compter les nombreuses consultations, au moins vingt-cinq, demandées par correspondance de province, et auxquelles il a toujours été donné une solution aussi juste que possible, soit sur l’appréciation de votre Président seul, soit sur l’avis de plusieurs membres consultés par lui.
- « Le Tribunal de commerce de la Seine nous a envoyé seize litiges, MM. les juges de paix dix-huit, et quatre autres nous ont été soumis directement par les parties.
- « Sur ce nombre, nous avons eu la aatis-f action d’arranger à l’amiable trente-six différends.
- t
- « Une affaire seulement a donné lieu à un rapport et une autre a été retournée au Tribunal, n’étant pas de notre compétence. Un résultat aussi heureux, que bien peu de Chambres syndicales ont atteint dans une semblable proportion, vous donne le droit, pensons-nous, de vous réjouir de l’esprit conciliateur dont notre corporation est animée....
- « Nous voulons même à l’avenir, aux séances du Comité, et aussi dans nos procès-verbaux, lorsque cela sera facile à expliquer par écrit, donner connaissance des expertises du mois précédent.
- c< Tous pourront trouver là des renseignements, tantôt sur les surprises du travail, tantôt sur les arrangemerts possibles dans les difficulfés avec les clients.
- « Le bureau de placement a, cette année, donné encore de meilleurs résultats. Le chiffre des demandes d’emploi s’est élevé à 334, celui des offres à 393, et 389 ouvriers et ouvrières ont pu trouver ainsi une occupation. ...
- « Divers projets ont été étudiés par votre Comité, sans arriver à une solution complète; par exemple, la question des assurances, si complexe et si méticuleuse en même temps.
- « Les travaux déjà faits par M. Fleury ont, du moins, amené votre Comité à rejeter certaines propositions et à retenir une institution sérieuse, sur laquelle votre dévoué confrère vous apportera bientôt une étude approfondie.
- « De même, nous n’avons pas pris de décision pour le remplacement des serges par un attribut spécial qui, déposé comme une marque de fabrique, pourrait être la propriété de la Chambre syndicale et servir à distinguer les maisons faisant elles-mêmes tout ou partie de leur ouvrage.
- « Cette idée de Ivî. Barbé mérite d’être étu-
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- diée, et comme il faut trouver là quelque chose de pratiqueet peu commode à imaginer, nous faisons appel à chacun de vous pour soumettre un projet de modèle,
- * Dans un autre ordre d’idées, nous avons adopté la création d’une commission technique, chargée d’examiner les produits et les instruments nouveaux, de se rendre compte de leurs avantages, puis d’en faire un rapport qui permît à chacun d’apprécier.
- « Ces renseignements rendraient service surtout à nos confrères de province, toujours moins vite au courant des nouveautés.
- a Au mois de janvier, dans une belle et touchante cérémonie, le syndicat général a procédé à la distribution des récompenses accordées par le gouvernement aux ouvriers et ouvrières ayant de nombreuses années de services dans la même maison.
- « Trois employées de notre corporation ont ainsi reçu une médaille et un diplôme. Nous vous rappelons cette fête du travail pour vous engager à proposer ceux de vos collaborateurs qui son» depuis de longues années à votre service. ...
- « Votre Comité n’a pas négligé non plus d’envoyer une délégation à l’Assemblée générale, et au banquet de nos amis de Lyon.
- « Leur réception enthousiaste témoigne de l’utilité de rapports suivis entre les deux Chambres syndicales, en même temps qu’elle nous crée le devoir de resserrer de plus en plus le lien qui nous unit. Nous n’y faillirons pas, et nous prions M. Capillery, le sympathique président de la Chambre lyonnaise qui honore cette réunion de sa présence, de reporter à nos amis l’expression de notre vif attachement avec l’assurance de notre dévouement confraternel. (Approbation.)
- « Une des grandes préoccupationa de votre Comité, vous le savez, est la recherche des moyens d’améliorer notre profession.
- « Assurés que ce besoin est senti par tous, nous avons provoqué plusieurs reunions, où furent appelés tous les teinturiers du département sans distinction.
- « L’avis unanime fut qu’il fallait enrayer l’avilissement des prix, et pour cela créer un tarif minimum que tous se seraient engagés d’honneur à observer. Des commissions préparèrent ce tarif, et une convention en plusieurs articles qui en était le corollaire. Mais la grande majorité de ceux qui avaient demandé ce tarif et celte convention s’abstint de les voter et les accepter.
- « On ne prit pas la peine de discuter, ni l’ensemble, ni le détail ; on ne proposa rien ; ce fut l’abstention, sans volonté, pour ou contre.
- « Votre Comité, vous vous en doutrz bien, n’a pas ressenti la moindre amertume de cet insuccès ; lui, chargé de travailler dans l'intérêt de la corporation, il avait fait son devoir. La majorité de la corporation, tout en approuvant ses efforts, ne le suivait pas : il n’en est
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- I nullement découragé, et il est toujours dis-I posé à reprendre cette question si elle se re-^ présente sous une forme nouvelle.
- « L’autre grave préoccupation de votre Comité a été l’établissement de rapports suivis et amicaux avec la Chambre syndicale ouvrière. Depuis 1 année dernière, une Commission de cinq membres se réunissait de temps en temps avec cinq délégués de la Chambre ouvrière.
- « Mais il n’était encore rien sorti de pratique de ces conférences amicales, quand la délégation patronale proposa la création d’un Conseil de famille qui serait chargé de régler, en dehors des Prud’hommes, les différends entre patrons et ouvriers. Les statuts de ce Comité arbitral furent élaborés, et dans son Assemblée générale du mois d’octobre, la Chambre syndicale ouvrière les a definitivement adoptas....
- « Vous serez tout-à-l’heure appelés à voter l’adoption des statuts de ce Comité arbitral, et vous le ferez, en félicitant la Chambre syndicale ouvrière de sa résolution.
- « Tel est, Messieurs, le résumé de nos travaux, que nous vous présentons avec une cer taine confiance en votre approbation. Vous reconnaîtrez, nous l’espérons, la constance de nos efforts sur les deux objets, qui, l’un complétant l’autre, deviennent chaque jour la nécessité, la condition inévitable de notre vie professionnelle. Union entre nous, accord avec nos collaborateurs.... »
- Des applaudissements accueillent cette lecture, et 1 Assemblée, à l’unanimité, approuve le Compte-reudu des travaux de son Comité.
- Le Secrétaire-Trésorier expose ensuite la | situation de la caisse.
- Au 30 novembre 1892, l’actif de la caisse de secours était re 502 fr.; deux secours pour 2 5 fr. ayant été délivrés en 1893, cet actif est aujourd'hui de 477 fr.
- La caisse spéciale de la Chambre avait au 30 novembre 1892, un solde actif de 290 fr.; ce solde est actuellement de 289 fr., ayant eu dans l’année un total de dépenses de 505 fr.
- Puis le Président donne la parole à M. Ca-pillery, délégué et Président de la Chambre syndicale des teinturiers de Lyon.
- M. Capillery. — « Messieurs, c’est avec un vif plaisir que la Chambre syndicale des maîtres teinturiers de Lyon a reçu votre aimable invitation. Aussitôt, une réunion extraordinaire a été provoquée, et dès le début a été votée d’enthousiasme une motion toute ami-calo, celle de l’envoi à la Chambre syndicale parisienne de l’assurance de toute la sympathie, de la profonde amitié de la Chambre lyonnaise. J’ai eu l’honneur d’être choisi pour cette agréable mission, et mon ami M. Daloz, un des actifs de là-bas, a bien voulu m’aider à la remplir. Oui, Messieurs, nous vous apportons l’assurance que nous sommes en communauté de sentiments, en communauté d’idées ; nou3 suivons avec intérêt tous vos travaux,
- qui, souvent, servent de base à nos dis^ s,ions. Cus~
- o C’est avec bonheur que nous voyons tentatives tout en faisant des vœux si V°S ponr leur réussite. Et, en admirant votre^? néreuse initiative pour tout ce qui touche intérêts de la corporation, nous vous tons vivement d’avoir à votre tête un pr-'C1' dent d’une si vraie compétence, d’un si c S'~
- plet dévouement que l’est M. Jolly ont»
- . , • > q -te mon
- âge et mon expérience me permettent d’ann
- 1er un homme supérieur. (H/s applaudissV-ments.)
- a Grâce au concours si dévoué de voire Comité, soutenu d’ailleurs par toute la Chain-bre parisienne, l’industrie de la teinture peût espérer une amélioration sérieuse dans ses travaux.
- « Aussi ferons-nous à Lyon tous nos efforts pour resserrer davantage chaque jour no liens d’amitié confraternelle ; et il ne dépendra pas de nous qne les adhésions vous ve nant de toute la province nous ne formi0ns bientôt fermement unie la grande famille de la Teinturerie française.... » {Applaudisse-
- ments)
- Une chaleureuse ovation est faite au bon et vénéré Président de la Chambre lyonnaise.
- En quelques mots émus, M. Jolly le remercie d’avoir bien voulu, malgré son âge, venir représenter nos amis lyonnais à notre Assemblée générale, et remplir avec tant de cœur l’aimable mission dont ils l’avaient chargé.
- Affaires diverses
- M. le Président communique ensuite la correspondance :
- Lettres de M. Cazalis (de Bayonne) et de M. André Lyon (d’Alger) au sujet des expertises.
- Ainsi qu’il leur a été répondu, on peut toujours , dans un différend , demander au tribunal ou au juge de paix de rechercher l’avis de la Chambre syndicale sur l’objet du j litige.
- ! Celte consultation ne sera qu’un renseignement, mais le magistrat pourra se trouver mieux éclairé et juger en connaissance de cause.
- Aussi la Chambre se fera-t elle toujours un devoir d’apprécier, au point de vue tpchnique, par l’intermédiaire de ses arbitres, les différends que lui soumettraient tous les confrères de Paris et de province, qu’ils fussent ou non membres delà Chambre.-
- Lettres de M.Desland s (de Saint-Sébastien) au sujet du tarif minimum, de M. Barbé, sur la question de la suppression des serges.
- Lettres de M. Rouchon (de Bordeaux) relative au délai pendant lequel le teinturier reste responsable des objets à lui confiés pour être teints ou nettoyés.
- Ces diverses questions, trop longues pour être étudiées en Assemblée générale, seront reprises à la prochaine réunion du Comité.
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- Lettre très intéressante de M. Aubert (de Bernay) demandant la publication dans le journal, à titre de renseignements instructifs, de comptes-rendus techniques sur les expertises faites par le Comité de la Chambre.
- Lettre d’un ouvrier teinturier, nommé Gif-fard, demandant un secours.
- La Chambre vote un secours de 30 fr. à distribuer à raison de 5 fr. par semaine.
- M. le Président fait part à l’Assemblée du résultat des réunions du Comité mixte de patrons et ouvriers; après un accord entre les membres de ce Comité, il a été décidé de proposer aux deux Chambres patronale et ouvrière la création d’un Comité arbitral de patrons et d’ouvriers chargé de concilier amiablement les différends. Les statuts de ce Comité ont été adoptés par ls Chambre syndi» cale ouvrière, et il en est donné lecture à l’Assemblée.
- Après quelques observations explicatives, le Président demande à l’Assemblée de ratifier à son tour le vote de son Comité.
- A l’unanimité, l’Assemblée générale adopte les statuts du Comité arbitral.
- M. le Président annonce que le Syndicat général va proposer encore cette année au gouvernement de distribuer des médailles aux ouvriers ayant de nombreuses années de service chez le même patron. Si quelque confrère a des collaborateurs dans les conditions voulues, vingt ans de service au moins, la demande pourrait être adressée immédiatement à M. Jolly.
- L’Assemblée vote 30 fr. comme cotisation à cette fête des récompenses.
- Suivant les statuts , l’Assemblée générale procède à l’élection d’un tiers du Comité. Les membres sortants sont : MM. Fleury, Orliac, Piot, Babillon.
- Le dépouillement du vote donne les résultats suivants ;
- Sur 30 votants, ont eu : M. Babillon, 29 voix; M. Orliac, 26 voix ; M. Fleury, 24 voix; M. Piot. 21 voix; M. Blondinat, 13 voix; M. Devillers, 1 voix.
- En conséquence, MM. Babillon, Orliac, Fleury et Piot sont réélus membres du Comité pour trois ans.
- Puis M. Jolly prend la parole :
- « Messieurs,
- « En terminant notre année syndicale, permettez à votre Président de vous adresser quelques paroles de félicitations et de remerciement. De félicitations, parce que, membres du Comité ou membres adhérents, vous avez rempli les devoirs qui nous incombent, non-seulement avec ponctualité, mais avec dévouement.. ..
- « Les affaires de plus en plus nombreuses confiées à votre jugement et a votre impartialité par le Tribunal de commerce et par les Justices de Paix ont été toutes conciliées, sauf une.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- » La seule affaire qui a nécessité la rédaction d’un rapport avait pour demandeur un maître Chicaneau du barreau de Paris qui s’est vengé de ne pas avoir trouvé en nous d’humbles admirateurs, en affectant un certain mépris pour notre tribunal modeste et peu décoratif. J’ai su depuis que M. le juge de paix du IX* arrondissement avait adopté les conclusions de notre rapport.
- « Je suis heureux et fier en même temps de faire ressortir ici le résultat vraiment remarquable obtenu par nos commissions arbitrales.
- « Ce m’est aussi un devoir bien agréable de vous remercier personnellement de toutes les preuves de sympathie et de confiance que vous m’avez données pendant le cours de nos travaux.
- « Sachant combien je puis compter sur vous, je puis vous assurer à mon tourde ma profonde gratitude et de tout mon dévouement, non-seulement à chacun des membres de notre Chambre syndicale, mais encore à ces grandes idées dont vous poursuivez la réalisation avec tant de courage et tant de persévérance. »
- De vifs applaudissements accueillent ce discours, et la séance est levée.
- Le Président, Le Secrétaire,
- Jolly Babillon-Marchal
- Banquet
- Le banquet annuel de la Cnambre syndicale a été célébré le même jour à l’Hôtel-Moderne, place de la République; il a présenté cette année un éclat particulier.
- La Chambre syndicale des Maîtres Teinturiers-Dégraisseurs de la ville de Lyon était représentée par M. Capillert, son président, et un autre de ses membres, M. Daloz, déjà présenté, comme on l’a vu, à l’Assemblée générale.
- On y remarquait aussi la piésence des deux confrères belges : M. Contzen, de Bruxelles, et Schramm, de Liège.
- Plusieurs teinturiers des départements avaient également pris place au banquet.
- Enfin, le Comité de la Chambre syndicale avait eu l’heureuse idée de convier àcette fête de la corporation deux délégués de la Chambre ouvrière, dont la présence devenait une manifestation précieuse des sentiments de cordiale union de tous les collaborateurs de la Teinturerie parisienne.
- Les délégués ouvriers étaient : MM. Ribault et Salvan.
- Des amis et fournisseurs de la Teinture avaient aussi répondu à l’invitation du Comité, qui réunit ainsi 92 convives.
- M. Jolly offre la présidenceà M. Capillery, mais celui-ci le remercie de son amabilité et l’engage à conserver la direction de cette fête, avec le talent et l’autorité morale qu’il sait si bien apporter en semblables circonstances.
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- Le festin est plein d’entrain et même d’exubérante gaieté, qui savent s’allier aux convenances les plus parfaites.
- A l’heure des toasts, M. Jolly les inaugure par un discours véritablement remarquable, aux vues larges et généreuses, à la forme littéraire et fine. La Revue de la Teinture regrette de ne pouvoir reproduire in extenso ce morceau le plus substantiel du banquet (sans médire du restaurateur), et d’être dans l’obligation de ne le présenter que sous forme d’une analyse nécessairement sèche.
- M. Jolly, après un exorde qui déjà captive l’attention, adresse de fort aimables paroles aux délégués lyonnais, à M. Capillery, le bon citoyen dont la vie a été toute de labeur et d’intégrité; le bon confrère qui a su dans les moments difficiles en imposer aux égarés par son expérience et sa sagesse, et les rallier à la cause delà concorde et de la paix (Applaudissements) ; à M. Daloz, un des jeunes et des ardents de la Chambre lyonnaise, et dont les parisiens, qui ont été ses hôtes, ont pu apprécier l’amabilité.
- L’orateur regrette l’absence de M. Cloutier, que son dévouement sans bornes à la chose publique retient d’une façon trop exclusive dans
- son paradis Beaunais......et, au nom de la
- Chambre lui envoie nos plus affectueux sou-veuirs. (Applaudissements).
- 11 regrette aussi l’absence de M. Gouillon, directeur de la Revue de la Teinture, qui est l’ami de tous les teinturiers et le prouve tous les jours de la façon la plus gracieuse et la
- plus désintéressée.....Je serai certainement
- votre interprète, ajoute-t-il, en lui disant combien nous attachons de prix à son bienveillant appui, et combien nous aurions été heureux de le remercier publiquement à notre fête de famille (Bravos répétés) (1).
- Nous avons ce soir, continue M. Jolly, le plaisir de compter parmi nous deux délégués de la Chambre syndicale ouvrière. Nous savons gré à nos collaborateurs, je dirai mieux : à nos collègues d’avoir accepté notre invitation et de nous avoir ainsi donné de» preuves de conciliation et aussi d’indépendance. Ils verront, par l’accueil qui leur est. fait qu’ils peuvent venir à nous la main franchement tendue, et que nous savons comprendre ce qu’il y a de bien fondé dans les revendications ouvrières.... Chaque pas en avant nous conduit vers un avenir meilleur, qui aura forcément raison des injustices sociales et des misères imméritées (Applaudissements).
- Sans vouloir rééditer le compte-rendu si
- (1) Ges passages et la mention de la manifestation sont extraits du procès-verbal ; nous aurions mauvaise grâce à supprimer ces marques de bienveillants sympathie dont nous faisons le plus grand cas. Si nous avons pu être agréable à la Chambre syndicale eu quelques circonstances, ces légers services nous ont valu de précieuses amitiés que nous estimons bien au-delà d’un profit matériel. F. G*
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- fidèle des travaux de l’année présenté à l’Assemblée générale par M. Babillün, le dévoué secrétaire, M. Jolly rappelle que deux résolutions importantes ont été prises pendant 1 année syndicale écoulée : soutenir les intérêts matériels de la profession, et travailler à établir d’une façon pratique et durable la concorde entre patrons et ouvriers.
- Le premier projet a échoué devant la résistance des benziniers qui yont cru leurs intérêts opposés. 11 y a eu lutte, combat courtois. Faut-il leur en vouloir de notre échec? Pourquoi donc?......Chacun est juge de ses inté-
- rêts et chacun, en résumé, couche sur ses positions.
- Les adversaires de la veille ont plaisir à se
- retrouver le lendemain......Pareils aux héros
- de Crimée, ils se donnent la main après s ê-tre combattus, parcequ’ils s’estiment au fond, et qu’ils estiment qu’un jour l’intérêt commun leur fera oublier Sébastopol pour ne penser qu’à Cronstadt et à Toulon (Bravos répétés).
- Pour nous, chers confrères, réfléchissons bien et ne comptons que sur nous-mêmes. Le phylloxéra nous envahit et nous dévore : agissons radicalement. L’insecte est invaincu, mais n’est pas invincible !...
- Notre seconde résolution avait un caractère plus large et plus humain.
- Vous aviez chargé quelques-uns de vos dévoués de se mettre en rapport avec la Chambre syndicale ouvrière et d’étudier avec elle s’il n’y aurait pas un moyen de se regarder autrement qu’en chiens de faïence.
- Quelle témérité, pensèrent les uns; méfions-
- nous, dirent les autres !...Eh bien, croyez-
- moi, la glace a été vite rompue, et je vous affirme que nos collègues ouvriers ont toujours été animés des meilleurs sentiments vis-à-vis de leurs collègues patrons. Les ouvriers ont vu que nous ne leur demandions ni abdication de leurs espérances ni abandon de leurs droits mais le moyen d’en imposer le respect à ceux qui seraient encoreréfraciaires à la marche en avant de l’humanité.
- L’œuvre n’est pas encore complète, mais il fallait un commencement. Les fondations sont terminées : nous pouvons y bâtir un édifice qui peut devenir immense....
- Rêveur par habitude, je me suis laissé entraîné dans le pays du bleu : ce bleu est grand teint, mais revenons aux réalités présentes.
- Deux élections au conseil des prud’hommes viennent d’avoir lieu.
- La première a fait sortir de l’urne un ancien conseiller ouvrier, le citoyen Deroir, qui a dû recevoir de la part de ses électeurs les félicitations qu’il mérite et que nous renouvelons ici.... 11 sera parfois notre adversaire, jamais notre ennemi ; il peut compter sur notre confiance et notre estime.
- Par la seconde élection, notre ancien président et ami, M. Vinois, a été réélu pour la cinquième fois conseiller patron.
- Depuis vingt-cinq ans, notre corporation est
- représentée par lui au conseil, et les services qu’il a rendus à tous les justiciables sans exception ne sont plus à compter.
- 11 avait l’adhésiou de tous les présidents de Chambres qui font partie de la section des produits chimiques, et qui connaissent son intégrité et sa loyauté proverbiales.
- C’est un honneur pour notre syndicat de posséder un homme aussi universellement estimé. Nous appelons de tous nos vœux la juste récompense que le gouvernement de la République ne peut manquer de lui accorder. (Applaudissements).
- Mon dernier mot sera pour nos aimables invités, qui poussent l’urbanité jusqu’à nous laisser croire qu’ils s’amusent énormément.
- Messieurs des produits chimiques, vous êtes de fameux diplomates, et vous avez joliment trompé certains des nôtres, mais personne n a de rancune, et c’est du meilleur cœur que je bois à votre santé. Si le champagne n est pas authentique, les intentions sont parfaites. Que ceux d’entre nous qui ne nous ont jamais offert des extraits sans mélange et des savons à l’huile d’olives pure, nous décochent le premier blâme.
- M. le président lève alors son verre :
- A tous les représentants des industries qui se rattachent à la teinture,
- Aux délégués de la Chambre syndicale ouvrière,
- Aux confrères syndiqués avec nous, non seulement en France et en Europe, mais encore dans les deux Amériques.... A tous les exilés de la mère-patrie, il envoie ce salut fraternel qui vient de France 1
- Aux membres correspondants de la Chambre syndicale de la teinture,
- A nos alliés, les teinturiers lyonnais.... que l’écho porte à nos absents les vigoureux applaudissements que l’Assemblée toute entière leur adresse en la personne de leur vénéré président/
- Chacun de ces toasts est motivé de la façon la plus aimable et avec le mot qui porte.
- Une triple salve d’applaudissementsaccueille cet éloquent et chaleureux discours.
- M. Capillery, en termes émus, remercie la Chambre parisienne de l’accueil affectueux dont on l’entoure, des sentiments fraternels si cordialement exprimés par la Chambre lyonnaise. Il ne sait comment dire combien il est heureux de constater la vive sympathie qui unit les teinturiers parisiens aux amis de Lyon : aussi veut-il, au nom de la Chambre lyonnaise, embrasser sa sœur, la Chambre parisienne, en la personne de M. Vinois, le président sous les auspices duquel s’est faite leur union.
- Et pendant qu’il donne l’accolade à M. Vi-nois, les applaudissements retentissent de toutes parts.
- Puis M. Ribault, secrétaire de la Chambre syndicale ouvrière, remercie la Chambre patronale de son invitation, qui a été cordiale-
- ment accueillie par ses collègues • nom, il boit à la prospérité des d ’ ** leur cats. (Applaudissements répétés) ^ Syndi"
- Pour clore la série des discours M p
- avec l’esprit humoristique qui ]e ’ ca‘ LEurL porte un toast aux doyens de ]a TraCterise> parisienne : MM. Marchal etRrootor Â’n v™ plaudit joyeusement et vigoureusement P'
- M. le Président donne alors la Darnû artistes. P role aRx
- De nombreuses romances, des chansons miques s’entremêlent aux duos d’opéras C°~ sènes de ventriloquie, qui charment et é’JUï l’assemblée. gaienl
- Cependant, ajoute malicieusement M d billon,Fauteur du consciencieux et spirit ^ procès-verbal duquel nous extrayons ces Q„ , ques citations, l’auditoire a beaucoup regretté de ne pas avoir l’audition d’un morceau à se * sation, par exemple : le Trio du phylloxerl de la Teinture, par MM. les benziniers. Cette allégorie professionnelle est en vent* chez ces messieurs, au profit de la caisse i
- secours des patrons........ trop nettoyés à
- sec !,...
- A minuit l’on se sépare, emportant une bonne impression de sympathique camaraderie, en même temps que le sentiment d’une union de plus en plus complète de la grande famille de la Teinture.
- BIBLIOGRAPHIE
- La pratique du teinturier, par Jules Garçon, Tome I. Les méthodes et les essais de teinture, vol. in-8 ; 150 p. 3 fr. 50, chez Gauthier-Villars.
- C’est l’ouvrage que nous avons annoncé dans
- notre Chronique d’octobre, et qui est le point de départ de deux autres volumes qui suivront et qui traiteront :
- Le tome 11, du Matériel de teinture.
- Le tome 111, des Recettes et procédés spéciaux de teinture.
- M. Jules Garçon a entrepris la publication de cet important ouvrage dans le but de présenter, sous une forme résumée, l’ensemble des connaissances pratiques qui peuvent le plus aider un teinturier dans son travail de chaque jour.
- L’auteur expose comme suit son plan et son programme :
- « Présenter sous une forme résumée l’ensemble des connaissances pratiques qui peuvent le plus aider un teinturier dans son travail de chaque jour, tel est l’objet de cet ouvrage.
- « Après les quelques considérations générales d’une introduction historique, je traite successivement dans le premier Volume : 1° des Méthodes de teinture et 2° des Essais de teinture ; j’étudie tout spécialement les conditions qui permettent au teinturier de bien unir, de
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- bien échantillonner; j’y étudie aussi la ques- J tion si importante de la solidité des teintures. J
- « Je donne en appendice à la fin de ce volume :
- « 1 • Quelques réflexions sur la Théorie de la Teinture ;
- « 2° Les éléments de la Science de la couleur-,
- « 3' une Bibliographie des principaux ouvrages français et étrangers.
- <c Le deuxième volume est consacré à l’étude du Matériel de Teinture, avec nombreuses figures.
- « Dans un troisième volume : Recettes et procédés spéciaux de teinture, je donne une série de recettes-types pour la teinture du coton, de la laine, de la soie, du jute, de la ramie, etc., à l’état brut, en rubans, en canettes, en bobines, en fils de chaînes, en éche-veaux, en tissus purs et en tissus mélangés. »
- Ce premier volume, qui vient de paraître, est comme l’introduction théorique des suivants, mais d’une théorie immédiatement applicable et absolument nécessaire pour suivre avec utilité les indications pratiques des deux autres volumes.
- L’ensemble constituera un tout homogène et méthodique, et assurément un oon ouvrage qui sera consulté avec fruit par les hommes de la profession, et qui plus d’une fois les tirera d’une difficulté de leur travail.
- L’auteur, très versé dans la technologie tinctoriale a publié récemment sous le patronage de la Société industrielle de Mulhouse, l’utile catalogue de la Bibliographie de la technologie des fibres textiles.
- Précis de chimie industrielle (Notation atomique), par P. Guichard, professeur à la Société industrielle d'Amiens, 1 volume in-18 jésus de h22 pages, avec 68 figures, cartonné. ( Encyclopédie de chimie industtielle), chezJ.-B. Baillière et fils. — 5 fr.
- M. Guichard, connu de nos lecteurs par plusieurs communications adressées à la Revue de la Teinture, était professeur du cours de teinture à Amiens ; il s’est vite aperçu qu’il manquait un traité élémentaire de chimie applicable à ce genre d’enseignemet, et susceptible de préparer les élèves à la lecture des grands ouvrages et mémoires de chimie industrielle.
- M. Guichard a adopté ia notation atomique. Laissant de côté la démonstration théorique des principes sur lesquels elle repose, il s’est attaché exclusivement à son application pratique. 11 a donné un grand développement aux formules de constitution, pour habituer, par un emploi progressif, les élèves à en faire usage et à les lire.
- 11 a indiqué les nom3 des corps d’après les principes de la nomenclature chimique internationale, adoptée aux congrès de Genève, de Pau et de Besançon -, ce livre est le premier qui soit entré dans cette voie.
- Embrassant à la fois la Chimie minérale et la Chimie organique, il a passé en revue les différents éléments et leurs dérivés, eu suivant méthodiquement la classification atomique.
- 11 a insisté sur les questions intéressant la chimie industrielle et ses principes fondamentaux.
- Nous savons que les traités élémentaires de chimie n’ont pas encore abandonné le vieux système des équivalents, même dans l’enseignement classique secondaire ; c’est ensuite une réelle difficulté lorsque, poussant plus loin, il faut oublier l’ancienne méthode pour adopter la seule qui devrait être enseignée aujourd’hui : celle des poids atomiques. L’ouvrage de M. Guichard met d’emblée l’élève en présence de cette notation, et lui épargne pour la suite une fatigue de l’esprit, qui ne le met pas même à l’abri des confusions.
- Les élèves n’en feront pas seuls leur profit ; plus d’un praticien sera heureux de trouver des notions claires et simples sur la théorie atomique, qui n’était pas encore usuelle lorsqu’ils étaient écoliers.
- BREVETS RECENTS
- Intéressant les Industries tinetorialcs.
- 231113. —Mathias. — Fabrication nouvelle jj de tissus changeants de deux nuances obtenues avec des tissus d’une seule nuance au moyen de l’impression en couleur.
- 231185. —Béranger. —Système d’épail-lage des étoffes au moyen de l’acide chlorhy-| drique.
- 231305. — Bordallex. — Machine servant au métrage des pièces de tissus.
- 231307. — Lyon. — Perfectionnements à la fabrication des toiles cirées et linoléum pour parquets.
- 231361. — Lepaulard. — Bain fixateur pour teinture.
- 231385. — Mattéi. — Procédé et appareil pour la teinture continue du coton et autres fibres textiles sous formes de rubans de cardes ou de mèches de bancs à broches.
- 231413. — Cook. — Système de machine pour mesurer et plier les marchandises en pièces.
- 231420. — Chatard et Rinck. — Perfectionnement apporté aux papiers de teintures servant à la décoration des appartements et aux papiers fantaisie pour leurs diverses applications dans la reliure, le cartonnage, etc.
- 231429. — Lechêne. — Elargisseuse machine pour apprêts de tissus.
- 231505. — Gessler. — Appareils pour traiter les rubans de carde par les liquides et par des vapeurs.
- 231559. — Kellner. — Appareil pour la production par voie électrolectrique d’eau à blanchir.
- 231589. — Crosmêche. — Tendeur vertical à pivot s’appliqant à la teinture de tous tissus.
- 231608. — Eckstein. — Perfectionnements dans les solutions imperméabilisantes applicables aux tissus, etc., ainsi qu’à leur mode d’application et aux appareils employés à cet effet.
- 231609.— Bell. — Perfectionnements dans la teinture et l’impression spécialement applicables aux tissus et aux fils de laine.
- 231631. — Barthels. — Dispositif pour rabattre et lustrer le poil des tissus unis ou façonnés afin d’obtenir des bandes ayant l’aspect de la fourrure naturelle.
- 231637. — Lucas. — Perfectionnements dans les planches à tissus.
- 231725.— Roche. — Préparation des tissus, fils ou papiers destinés à recevoir de la dentelle ou broderie en toutes matières et mises à jour.
- 231813. — Roumazelle. — Nouveau type de dents de peignes à tisser.
- Certificats d’addition
- 314572. — Hiller. — Certificat d’addition au brevet pris le 1er juillet 1891 pour perfectionnements dans la méthode et les appareils pour rendre les étoffes imperméables par un seul traitement ou procédé.
- 228382. — Génard. — Certificat d’addition pris le 4 mars 1893 pour perfectionnements aux appareils à teindre les bobines de laine peignée ou autres matières semblables.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- L’alrool dénaturé. — Une commission de la Chambre syndicale des couleurs et vprnis s’est rendue auprès du directeur général des contributions indirectes pour l’entretenir de la question des alcools dénaturés.
- Voici quel a été le résultat de cette démarche :
- Pour les méthylènes servant à la dénaturation, plombés comme précédemment et circulant avec l’acquit-à-caution, l’administration est décidée à ne vouloir faire de concessions. donnant comme motif les fraudes commises soit par substitution de plombs et de fausses pinces qui ont été faites au sujet de la coloration ; les délégués se sont faits les interprètes des réclamations faites par l’industrie et du peu de sécurité que donne cette teinte verte qui n’offre aucune stabilité et qui peut, par la suite, créer de graves difficultés entre le service de régie et les détenteurs d’alcools dénaturés.
- On croit que quelques concessions seront faites dans l’avenir, principalement sur les alcools destinés à l’industrie; mais que l’administration tient essentiellement à ce que les alcools destinés au chauffage circulent avec le vert malachite.
- Deux panneaux vernis au tampon et dont le vernis a été éclairci avec l’alcool teinté, ont été remis au directeur général qui s promis de les taire examiner, ainsi que les fleurs dont les couleurs cnt été préparées avec l’alcool teinté vert.
- Quant aux alcools dénaturés préparés pour la fabrication du vernis et la quantité de 15 litres de méthylène exigés,que plusieurs fabricants de vernis à l’alccool disent être trop élevée, il est à supposer que cette nouvelle mesure sera maintenue, l’administration tenant abso-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- lument à ne voir circuler que des alcools contenant le même volume de méthylène.
- Le plus impopulaire des services financiers de l’Etat n’a pas fait, comme on le voit, de larges concessions.
- lie Musée commercial de Paris.
- — La Ville de Paris vient de recevoir un important cadeau. Le musée commercial, organisé au palais des Arts-Libéraux, à la suite de l’Exposition de 1889, dont les collections ont une valeur approximative de 200,000 francs, vient de lui être offert par la Société centrale du Travail professionnel, qui l’avait fondé en vue de contribuer à accroître et à multiplier les échanges des nombreux produits qui entrent dans le commerce de la France et dans celui de la capitale en particulier.
- Pour loger ces collections, le ministre du commerce avait fait mettre, en 1889, à la disposition du musée, 600 mètres carrés en lui concédant cet emplacement dans le palais des Arts-Libéraux. Lette surface ne tarda pas à être insuffisante et la concession faite à la Société fut, plus tard, quadruplée par M. Al-phand, le jour où les palais du Champ de-Mars devinrent propriété communale.
- Aujourd’hui, le musée occupe une surface de 2,000 mètres, surface horizontale, et ses vitrines couvrent, en outre, 1,000 mètres de surface murale. L’entrée principale du musée se trouve sur la façade nord du palais des Arts-Libéraux.
- Ces collections ont été offertes à la Ville qui a accepté. On croit que M. Rouvier, organisateur, et, depuis, conservateur du musée ornithologique, acquis par la Ville, sera également nommé conservateur du musée commercial. Les collections du musée ornithologique, comme celles du musée commercial,sont conservées au Champ-de-Mars, dans le palais des Arts-Libéraux.
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- lies Musées commerciaux allemands. — La Chambre de commerce d’El-berfeld, au nom des cercles industriels de sa circonscription, a sollicité du ministre du commerce et de l’industrie, qu’à l’avenir, la douane exigeât le dépôt d un échantillon, à l’entrée de marchandises textiles étrangères; ces échantillons seraient centralisés dans un bureau rendu accessible aux industriels du pays.
- Consultée par le ministre, la Chambre de commerce de Barmen a donné un avis favorable à cette requête. Mais, en vertu d’un décret du 12 juillet, le ministère ne peut donner satisfaction pour le moment aux vœux des Chambres de commerce ; en effet, quelque utilité pratique que puisse avoir cette mesure, elle ne laisserait pas de créer à l’administration des douanes de lourdes obligations que nulle loi ne peut leur imposer.
- La Chambre de commerce de Crefeld donna, il y a quelque temps, un avis défavorable à l’adoption de la même mesure, parce quelle exige un appareil hors de proportion avec le succès pratique, et que chaque fabricant peut dans le statu quo apprendre à connaître les tissus importés de l’étranger et constater s’il peut leur faire concurrence. A cette occasion, on releva qu’on ne pouvait s- déclarer favorable à une mesure dont l’application avait provoqué des plaintes fréquentes en France et en Amérique ; son adoption susciterait bientôt des représailles et créerait des difficultés à l’exportation. La Chambre de commerce d’El-berfeld a décidé de présenter une nouvelle
- requête, estimant que l’attitude défavorable du ministère était due à une méprise.
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- Lfstlssns dUexporlatlowàla Guadeloupe. — On nous prie d’insérer la note suivante :
- « L’Exposition permanente des colonies a reçu une liste des produits d’un usage fi équent à la Guadeloupe, et qui sont demandés par le commerce local.
- « Parmi ces desiderata du commerce se trouvent :
- « Lainages, fantaisie pour vêtements hommes, largeur lm20; prix : 1 fr. 50 à 4 fr. le mètre.
- « Roubaix noir, dessin® fantaisie, largeur 1m 20, coûtant de 3 à 6 fr. le mètre.
- « Draps noirs, pour vêtements, largeur lm 20, coûtant de 2 fr. 50 à 9 fr. ie mètre. »
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- Incendie. — Un incendie a éclaté dans la filature de MM. Poiret frères et neveu, à Saint-Germain-en-Laye.
- L’usine , quoique n’étant pas entièrement détruite, est fortement endommagée.
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- Nécrologie. — Nous avons le regret d’enregistrer la mort :
- A Mulhouse, de M. Lucien Mieg, l’un des patriarches de l’industrie du Haut-Rhin, et l’un des hommes les plus justement estimés de l’Alsace ;
- A Rouen, de M. Charles Besselièvre, l’un des plus importants fabricants d’indiennes de la région rouennaî®e. M. Besselièvre est décédé à Cannes: il ébit vice-président du conseil général de Seine Inférieure, officier de la Légion-d’Honneur, etc.
- A Miribel (Ain), de M. Grobon, teinturier en soieries, bien connu dans la région lyonnaise pour son esprit ingénieux et novateur.il paraît être l’inventeur de la teinture en pièces des soieries pures ou mélangées.
- Respectueux hommage à leur mémoire !
- Jurisprudence. — Cour d’appel de Douai. —Audience du 27 décembre. — Les Procès Grawitz. — On n’avait plus, à Douai, entendu parler de la teinture en noir d’aniline inverdissable depuis le 10 juin 1890, date du dernier arrêt de la Cour. Cet arrêt ordonnait une expertise nouvelle et une enquête.
- Les teinturiers de Roubaix-Tourcoing se pourvurent en cassation. Le motif du pourvoi était que la Cour avait délégué à un magistrat de Lille, le soin de procéder seul à l’enquête prescrite sur le point de savoir s’ils avaient bien montré aux précédents experts le procédé de teinture employé par eux.
- La Cour suprême n’a cas=é l’arrêt de Douai en partie, en ce qui touche l’enquête, qu’à la date du k juillet dernier. M. Grawitz signifia, du reste, aux teinturiers qu’il renonçait à cette mesure d’ins ruction.
- Reste l’expertise. Elle n'est pascommencéu. La Cour douaisienne, en 1890, a choisi pour experts MM. Berthelot, Gernez et Villiers. Les deux premiers refusent la mission qui leur a été confiée.
- M. Graw'tz demande leur remplacement, et sur ce premier point, il ne saurait y avoir de difficulté. La Cour aura à fixer un délai pour le dépôt du rapport ; elle fera courir ce délai, par exemple, du jour où les nouveaux experts auront tous accepté.
- eu v . o s upposent \ „ .
- cusation. A cet égard, la discussion V*6 ré' gagée devant la première chambre *„? en~ Pouillet et Allart. ’ entre M**
- Sur quoi M. Grawitz se fonde-i-fi?
- On sait que les procès du noir d’an;r sont engagés en même temps qiip 1De Se tribunal de Lille et la Cour de Douai d’autres tribunaux et d’autres cours ’ devanl
- M. Villiers a été nommé expert n < \ Cour d’Angers, en juin 1891. \\ * 'jP?3 Ia opinion défavorable à M. Grawitz Dès i 6 dit celui-ci, son opinion est connue. |i PJor8, tile de la demander. Comme il s’agitde rn ' tions et de systèmes scientifiques cet p c" sera forcément porté à maintenir son avi^1 core que cet avis n’ait pas été pris en con^T ration par la Cour d’Angers. Cette cour n
- arrêt du 20 juin 1893, a donné gain de Lï
- au titulaire des brevets.
- Lps experts peuvert être récusés par i. motifs pour lesquels les témoins peuvent êt reprochés, notamment pour avoir fourni certificat sur les faits du litige. Les tribuna^ sont, du reste, souverains juges des eau*** qui leur paraissent devoir entraîner la récusa* tion.
- Les teinturiers répondent que ce nVst le cas de recourir à cette mesure. On ne sai/ rait assimiler un rapport d’expertise dressé en vertu d’un mandat de justice, à un certifie! donné à l’un des plaideurs, sur sa demande
- Les industriels de Roubaix et de Tourcoinf ne se bornent pas, d’ailleurs, à contester I# bien-fondé delà demande de M. Grawitz et l’opportunité de l’accueillir. Ils opposent à ce dernier une série de fins de non recevoir.
- C’est M. Grawitz qui a proposé à la Cour de Douai de choisir les mêmes experts que les autres cours, et par conséquent M. Villiers. Depuis des mois qu’il connaît l’opinion de celui-ci, c’est maintenant seulement qu’il le récuse. En signifiant aux teinturiers qu’il renonçait à la partie de l’arrêt de Douai relative à l’enquête, il s’est réservé de poursuivre l’exécution du surplus de crt arrêt : il a donc accepté ce qui, dans une décision judiciaire, a trait à l’expertise.
- 11 soutient qu’il est encore dans les délais de la loi pour proposer la récusation. En effet, dit-il, le délai de trois jours de l’article 309 du Code de procédure ne court que du jour où la nomination de l’expert est devenue définitive. D’autre part, cette nomination ne peut être définitive que lorsque le délai impartiaux plaideurs pour convenir d’experts (troisjours à partir de la signification de l’arrêt), est lui-même expiré.
- A cela les teinturiers répondent encore que M. Grawitz a signifié l’arrêt de nomination le 9 décembre. 11 n’a opéré sa récusation que le 18 courant, et par conséquent trop tard.
- M. Grawitz réplique que nul ne peut se for-clore lui-même. Du reste, l’arrêt n’a été signifié qu’à ! 'avoué ; il ne l’a pas été à partie. .
- La Cour a débouté Gravitz sur ce point spécial de la réusation de l’expert : le seul sur lequel elle ait eu à se prononcer pour le moment.
- Le Gérant : F • Gouillon. j Tous droits réservés
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