La locomotion automobile
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- Septième Année. — N° 1
- 4 Janvier 1Ç00
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue 'publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- ABONNEMENTS POUR 1900
- RECOUVREMENT PAR LA POSTE
- Il peut arriver que les quittances pour 1899 soient présentées à certains de nos abonnés, alors qu’ils viennent de nous adresser directement leur cotisation.
- Comme il est matériellement impossible d’éviter ce contre-temps, à l’époque où les renouvellements sont le plus nombreux, n^u: prions nos abonnés de ne pas se formaliser de cette apparence d’irrégularité, et de refuser simplement la quittance, qui fait double emploi avec le talon de mandat que nous les engageons toujours à conserver comme reçu.
- SOMMAIRE du N° 1
- Septième Année. G D.
- A propos d’une saisie. Gaston Sentier. Informations : Les autos à Nice, Parcs de New-York;
- A C. d’Italie, Belge, Dordogne, Salon; etc... Automobile Club de France . Coupe Gordon-Bennett, Réglement des courses.
- Les Transports des Automobiles.
- Les Sociétés Savantes et l’Automobile.
- Notre concours de moteurs et de voitures : Résultat des essais (Suite) : Moteur Cyclope; Voilures Amiot Péneau Panhard-Levassor, Rochet, Penelle, L’anatomie du moteur à pétrole. J. Deschamps. Vérificateur d’allumage. Gustave Herinite. Changement de vitesse par poulies extensibles. Système Lepillet.
- Bicyclette à acétylène. — Carburateur Georis. — Carburateur Eldin.
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- SEPTIÈME ANNÉE
- Chaque fois que se présente une année nouvelle, chaque fois que l’on a occasion de jeter un regard en arrière vers les étapes parcourues par la Locomotion, un même étonnement s’impose : Eh quoi, se dit-on, la « Locomotion Automobile » se vante d’être la plus ancienne revue Automobile du monde entier et elle n’a encore que sept ans, ou plutôt elle entre dans sa
- septième année ? l’automobilisme est donc bien jeune.
- Il est en effet fort jeune. En 1894, lorsque Raoul Vuillemot conçut l’idée de fonder un organe spécial de l’Industrie automobile alors embryonnaire, un petit fait montre bien combien tout était encore vague : ayant consulté quelques amis au sujet du titre à donner à la Revue, l’un d’eux, qui depuis a conquis une place importante dans notre industrie, lui répondit, alors qu’on proposait comme titre « l’Automobile » : « Mettez la « Locomotion » Automobile, mais non « l’Automobile » tout court, on ne votis comprendrait pas. »
- Et depuis... l’excès contraire est presque arrivé. Il s’est fondé toute une terminologie spéciale qui tend à se répandre de plus en plus. Souvent même la connaissance de ce vocabulaire tient lieu, pour beaucoup, de tout bagage mécanique. Les évènements ont marché avec une vitesse surprenante. La course organisée par Pierre Giffard au « Petit Journal » avait été une novation hardie. Dès l’année suivante il était possible d’acheter des voitures d’une façon courante. Puis vint le succès invraisemblable de l’Automo-bile-CIub de France, succès qui est une preuve delà puissance de l’idée automobile bien plus qu’il n’en est une explication.
- On sait le développement pris par les Expositions d’Automobiles. Il y a sept ans on vit figurer quelques voiturettes ou voitures parmi les stands du Salon du Cycle, et maintenant l’automobile seule suffît à
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- intéresser la foule et une récente exposition de cycles dut se dissimuler derrière une exposition de motocycles et de voiturettes pour attirer les visiteurs.
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- Est-ce à dire que l’industrie vélocipédi-que soit morte et que Tautornobile lui succède ? Certes non : mais l’industrie véloci-pédique est maintenant classée. Elle n’a plus besoin d’Exposition annuelle par ce fait que, la question de bonne fabrication étant mise à part, toutes les bicyclettes se ressemblent. Et même, ne se ressembleraient-elles pas, le public s’en soucierait fort peu, puisqu’elles marchent toutes également bien.
- L’automobile en est au contraire à son enfance et si les progrès réalisés depuis 7 ans sonténormes,ceuxquirestent à accomplir sont encore bien plus considérables. Nous en sommes en automobile à la période correspondant à celle du vieux bicycle en vélocipédie. L’instrument est trouvé, le moteur est devenu aussi puissant qu’on le désire mais il perd en route la moitié de sa force et nous croyons pouvoir affirmer que la voie dans laquelle se sont lancés nombre de constructeurs n’est pas la meilleure.
- Ce n’est pas en augmentant la puissance du moteur que l’on doit essayer d’aller plus vite c’est au contraire en perfectionnant les transmissions où tout est encore à trouver.
- Faire du 40 à l’heure avec le moteur le plus faible possible doit être le but poursuivi. Qu’on songe à la différence des résultats obtenus avec un même moteur, le muscle de l’homme, sur un bicycle et sur une bicyclette, par une simple modification dans la façon d’utiliser cette force. L’avenir de l’automobilisme est dans le perfectionnement des transmissions et non dans l’accroissement de puissance des moteurs.
- Quelques problèmes bien nets se posent actuellement à l’esprit de ceux que ces recherches passionnent :
- Faire un moteur dont la puissance varie dans des limites assez étendues pour pouvoir se passer de changements de vitesse.
- Ou encore imaginer un changement de vitesse continu et automatique permettant au moteur de conserver une puissance constante.
- Régler la dépense d’essence proportionnellement à la puissance produite.
- Supprimer l’inconvénient capital de la mise en marche du moteur.
- Supprimer la circulation d’eau, résultat dont la réalisation n’est peut-être pas si éloigné qu’on se le figure, si j’en crois quelques renseignements particuliers.
- Et bien d’autres points sur lesquels le perfectionnement se fera peu à peu, à tel point que nous sourirons dans 20 ans à retrouver la description des voitures actuelles.
- Mais s’il reste encore bien des progrès à accomplir il n’en est pas moins vrai que la nouvelle industrie, venant à une époque où la spécialisation mécanique a permis de faire des merveilles, a marché à pas de géant.
- Nos voitures actuelles réalisent les vitesses les plus grandes que l’on puisse obtenir, du moins sans risquer la vie des voyageurs; et ceci, non que la voiture ne soit capable de marcher plus vite, mais parce que les routes plus belles en France que partout ailleurs ne per mettent pas d’aller plus vite.
- La voiture électrique à accumulateurs a atteint déjà une perfection plus voisine de l’idéal que la voiture à pétrole. Il lui faut encore, pour la rendre pratique des améliorations qui se feront, je crois, plus lentement que celles de la voiture à pétrole. Il semble qu’il s’agisse pour la voiture électrique de perfectionner ce qui existe, et ceci peut demander plus de temps que les transformations radicales qui vont se produire dans la voiture à pétrole.
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- Chaque année amène son progrès et le siècle.nouveau — pardon, la centaine nouvelle — nous réserve encore bien des surprises.
- Sept ans, c’est l’âge de majorité pour une Revue, la Locomotion Automobile. Elle remercie tous ses lecteurs dont la fidélité lui a permis de prospérer sans jamais en être réduite à aliéner son indépendance. Elle remercie les constructeurs qui ont eu recours à elle pour leur publicité. Mais chacun sait que la franchise du texte ne fut jamais atténuée par des considérations annoncières.
- Le Concours de Moteurs organisé sous notre^Patronage a montré qu’il y avait à faire encore beaucoup de bonne besogne. Il a montré aussi qu’une entreprise utile et désintéressée réunit toujours toutes les bonnes volontés.
- D’autres concours suivront ce premier et nous pouvons déjà prendre date pour un Concours de Carburateurs que nous organiserons pour le commencement de mars, reprenant les expériences de détail après les expériences globales que nous venons de terminer.
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- Pour finir que le lecteur trouve ici les vœux de la Locomotion Automobile, ainsi que les remerciements spéciaux de M. Raoul Vuillemot pour tous ceux qui ont répondu à son appel pour le T. C. F. auquel nous souhaitons 100,000 membres en 1900.
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- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie.
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- A PROPOS D’UNE SAISIE
- Il y a eu, pour la dernière journée du Salon du Cycle, une petite émotion imprévue parmi les constructeurs. Sur le coup de trois heures des huissiers dûment autorisés ont pénétré dans le sanctuaire et ont procédé à la saisie descriptive d’un certain nombre de moteurs contenant des dispositifs dont une grande maison de construction revendique la propriété.
- Je n’ai pas à intervenir dans le débat et à donner une appréciation quelconque sur l’existence ou la non existence d’une contrefaçon en l’espèce. C’est l’affaire des experts qui seront nommés dans les procès multiples dont cette première escarmouche ne constitue que le prologue. Mais j’ai été très frappé de la connaissance imparfaite que certains des exposants saisis avaient de la teneur même de la date du brevet qu’on leur oppose.
- ( -;tte ignorance n’a rien d’étonnant, Il se prend tou j les jours un grand nombre de brevets tou chant à l’automobile. Certaines revues en publient la liste. Quelques journaux spéciaux reproduisent les plus intéressant. C’est tout. Un brave homme d’inventeur a une idée, il la croit bonne, il prend un brevet. Qui lui dira qu’il marche sur un terrain défendu? Il veut, par exemple, breveter un mode de refroidissement des cylindres des moteurs à hydrocarbure. Comment saura-t-il que, deux ou trois ans auparavant, un autre a revendiqué quelque chose d’identique dans un brevet ayant simplement pour titre : « Perfectionnement aux moteurs d’automobiles. » Il demandera, direz-vous, une consultation a son agent de brevet. Rien de mieux mais les agents de brevets, dont beaucoup sont des hommes de très haute valeur, ne peuvent pas être universels. Leurs ingénieurs non plus. Le numérotage des brevets français approche maintenant du quatre centième mille. Que de recherches il faudrait faire, même en limitant ses investigations aux brevets de moteurs à hydro-barbure, pour voir exactement si un dispositif mécanique déterminé a déjà été breveté en France. Et il faudrait fouiller aussi tous les brevets étrangers, qui mettent bien des choses dans le domaine public sans qu’on s’en doute. Il y a bien, il est vrai, un moyen connu et parfois efficace. C’est de demander un brevet américain et d’attendre les antériorités que l’Allemagne et l’Amérique ne manquent généralement pas d’opposer en pareil cas. C’est un procédé, mais il est encore bien imparfait et il a de plus l’inconvénient de n’être pas à la portée de toutes les bourses, à cause des frais qu’il occasionne. On se contente donc de consulter son agent de brevets qui vous dit, après quelques recherches s’il est consciencieux, sans recherches dans le cas contraire : — «Vous pouvez marcher.» On marche, de la meilleure foi du monde, on construit, on exploite, et un beau jour on se trouve obligé de soutenir un procès de contrefaçon qui peut durer dix ans et vous ruiner si vous n’avez pas les reins suffisamment solides.
- _Ce qui serait absolument nécessaire, pour mettre fin à ce regrettable état de choses, c’est que l’on réunit en volumes et que l’on publiât tous les brevets se rattachant à l’automobile, au moteur à gaz et au moteur à pétrole en France et à l’Etranger. C’est une publication énorme, dira-t-on. C’est vrai, mais l’industrie automobile compte déjà assez d’adeptes pour qu’un ouvrage de ce genre fut assuré d’une vente étendue. Au besoin pourquoi l’Automobile-Club, société d’encouragement ne l’oublions pas, ne s’entendrait-il pas avec un éditeur qui, moyennant une subvention diminuant ses risques, entreprendrait cette vaste compilation. Cela ne me semble pas irréalisable et il faudrait, dans l’intérêt de tout le monde, qu’on le fit sans plus tarder.
- Gaston SENCIER.
- Avis aux Abonnés
- Nos abonnés trouveront encartés dans ce numéro un titre et un faux titre devant servir à la reliure delà collection de l’année 1899 et que nous avons tait imprimer à la demande d’un grand nombre d’entre eux.
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- INFORMATIONS
- Les automobiles à Nice. — En raison de la publicité donnée dans ia presse aux dires de notre confrère Emile Beer, du Figaro, nous considérons comme de notre devoir de sortir de la réserve que nous nous ôtions imposée jusqu’ici.
- Voici le passage de l’article que M. Beer écrit à propos de la renonciation parla reine d’Angleterre à sa villégiature à Nice le printemps prochain.
- «... le séjour de Nice avait été un peu gâté pour elle, l’an dernier, par les ingénieurs et les gens de sport ; on y construit, de Cannes à Monte Carlo, un tramway, et ces travaux gênaient les promenades en voiture de la reine ; mais les automobiles surtout l’inquiétèrent... Une ou deux fois, les chevaux du landau royal prirent peur, et la souveraine revint à Cimiez effrayée du tapage que l’automobilisme déchaînait autour d’elle et incommodée par l’atroce odeur du pétrole qui couvrait les routes où elle passait.
- « Je me permets à ce propos, ajoute notre confrère Emile Berr, d’appeler l’attention des municipalités de la Riviera sur l’intérêt qu’il y aurait pour elles à réglementer d’une façon plus sévère la pratique de ce nouveau sport. Ici, comme à Paris, l’automobilisme est en train de rendre certaines promenades impraticables aux grands attelages et à l’èquitation. La puanteur que répandent les voitures, l’inutile tapage des trompes, l’inexpérience de certains chauffeurs, l’abus de» vitesses désordonnées que n’empêche aucune police, sont cause que certains hôtes étrangers, dont les attelages
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- étaient naguère la parure de ces promenades, laissent leur# chevaux chez eux. »
- Nous ne voulons pas nous occuper ici du préjudice que peuvent causer à Nice ces affirmations ; nous dous inquiéterons seulement du mal qui peut être causé à l’automobilisme.
- C’est ainsi que nous trouvons dans l'Union (de Nice) un articlo de M. Evariste Mangin qui comme remède réclame le numérotage des véhicules bien apparent.
- Toute la presse régionale ou sportive a commenté à sa façon l’article du Figaro. Aussi i’Automobile-Yélo-Club de Nice s’en est-il ému. Voici en effet ce que nous lisons dans Y Automobile-Revue (de Nice) dont nous avons dernièrement annoncé la fondation et qui est dirigée par notre aimable confrère et ami, M. Aristide Véran.
- Dans sa dernière réunion le bureaude l’A. V. C.N. a volé les décisions suivantes :
- « Le bureau de l’A. V. G. N. invite delà façon la plus pressante tous ses camarades du Club à observer frès strictement au cours de leurs promenades, le règlement sur la circulation des automobiles; il insiste pour que l’allure des voitures et motocycles dans les rues la ville de Nice soit des plus modérées. Il ne faut pas au moment où les étrangers arrivent en foule à Nice effrayer le public par des vitesses exagérées, inutiles, qui ne peuvent que nuire au développement de notre grande industrie automobile.
- « Le bureau approuve les termes de ce vœu qui sera inséré dans l’Automobile Revue. »
- Voilà une sage décision qui espérons-Ie calmera les quelques mécontents. Les sentiments de la majorité des automobilistes ne font aucun doute, ils sont synthétisés par le vœu de l’A. G. N. Est-ce une raison parce que quelques enragés cornent et font du tapage pour en rendre responsables la majorité des chauffeurs. Nous ne le pensons pas et ne comprenons pas qu’il soit nécessaire de toujours agiter le spectre du numérotage.
- Néanmoins, nous ne pouvons, pour notre part que recommander aux chauffeurs l’observation stricte du règlement sur la circulation des automobiles et espérer que nos confrères en faisant les mêmes recommandations n’auront en vue que les progrès de cette industrie vraiment nationale et partant à encourager. — Léon BARETY.
- Les Parcs de New-York. — On sait que l’Au-tomobile-Ciub do New-York a, par son attitude énergique, obligé l’administration des Parcs à lever l’interdiction faite aux automobiles de circuler dans les allées. Malgré tout, il est encore nécessaire d’obtenir une autorisation, qui n’avait été jusqu’ici accordée qu’aux voitures électriques. Nous apprenons qu’un permis vient d’être accordé à un motocycle à essence. C’est là un premier pas vers la libre circulation.
- Automobile-Club d’italie.— L’Automobile-Club d’Italie (section de Turin) a fixé la somme de 2,000 lires qui sera prélevée du budget social pour l’organisation d’une grande épreuve à disputer ce printemps et dont le programme est actuellement à l’étude.
- Automobile Club Belge. — L’assemblée générale a eu lieu lundi dernier sous la présidence du comte Vau der Straten Ponthoz qui a ouvert la séance en faisant le compte-rendu des travaux du Conseil
- d’administration. M. Closset lit un rapport détaillé sur les fêtes de Spa. Puis diverses communications intéressantes sont faites. Grâce aux démarches des dirigeants du Club, nos voisins espèrent voir ramener la limite de vitesse à 18 à l’heure au lieu de 10 actuellement imposés.
- La ville de Spa a accordé à l’A. C. B. une subvention do 10,000 francs pour organiser une course en 1900. Des démarches vont être faites pour organiser Spa-Bastogne-Spa.
- Automobile-Club delà Dordogne. — Le V. C. P.
- Automobile-Club de la Dordogne a procédé la semaine dernière au renouvellement de son bureau qui se trouve constitué comme suit : Président, M. le comte de Fayolle; secrétaire, H. Soymier ; trésorier, de Bellussières; membres: comte d’Argy, Buffeteau, L. Didon, Dudoignon-Valade, Dussaux, Dr Faure.
- Petites recettes. — Lorsque votre automobile, après une longue course, est rentrée au garage couverte de poussière ou de boue, le premier soin du chauffeur doit êlre d’essuyer soigneusement la carrosserie. Mais malgré tous les soins que l’on peut prendre, la peinture ne tarde pas à se ternir et des taches se produisent, que les nettoyages courants ne peuvent enlever. Signalons un nouveau produit qui pourra rendre de grands services. « La Lustri-cino » est un produit garanti exempt de tout acide qui, employé sur les peintures les plus fines, ainsi que sur les meubles vernis ou même laqués, enlève les taches les plus tenaces et redonne l’éclat primitif. Ce produit donne également aux métaux le plus beau brillant et empêche ensuite les corps étrangers d’y adhérer, préservant le nickel contre les rayures. C’est également un préservatif efficace contre la rouille. Nous croyons être utiles à nos lecteurs en leur signalant que ce produit se trouve à l’Intermédiaire Vélocipédque, 17, rue Montigny et au garage Ernst, 239, boulevard Pereire.
- Le Tour d’Angleterre. — La course du Tour d’Angleterre, dont nous avons annoncé la création, s’organise peu à peu. M. C. Johnson, le secrétaire de l’A. C. G. B. est parti reconnaître la route et fixer l’itinéraire.
- Sir David Salomons a offert une somme de 1,250 francs à ajouter à la liste des sommes déjà reçues pour les prix qui seront affectés à cette épreuve, et le Comité de l’Automobile Club espère que le total du montant des prix ne s’élèvera pas à moins de 25,000 fr. sans compter les 250 fr. offerts à chaque véhicule qui aura accompli avec succès le parcours entier.
- Automobile-Club de Salon. — Sous l’active direction de son président M. Bertin, l’Automobile-Club de Salon n’a pas tardé à se placer parmi les principaux club automobile de France. Grâce à l’impulsion qu’il donne au développement de l’automobilisme, la petite ville de Salon qui compte environ 12,000 habitants, compte déjà 25 véhicules automobiles dont 7 voitures et 18 motocycles.
- Dans le courant du mois d’avril prochain, aura lieu la course Salon, Aix, St-Maximin, Aix, Salon Arles et retour à Salon, soit 200 kilomètres dont les 40 derniers en ligne droite sur la fameuse route d’Arles à Salon.
- Signalons que le tourisme n’est pas négligé par ce club qui organise de temps en temps des sorties suivies par la plupart des chauffeurs de la région.
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- La prochaine sortie se fera Io 13 janvier prochain sur Aix et Roquefavour. De nombreux chauffeurs marseillais ont été invités à participer à cette agréable excursion. Souhaitons le beau temps.
- Le classement par points. — Notre confrère Georges Prade s’est livré au travail du classement par points des chauffeurs ayant participé aux principales épreuves de l’année. Ce classement dont il a publié les résultats dans le « Vélo » est fait de la façon suivante. Dans toutes les courses qualifiées, on attribue 5 points au lor, 4 points au 2% 3 points au 3e, 2 points au 4S et 1 point au 5\
- En additionnant les points de ces différentes épreuves, on obtient un classement.
- Les courses considérées sont les suivantes : la Coupe de Périgord, Nice-Castellane-Nice, la course du mille, la course de côte Nice-La Turbie, Paris-Roubaix, Pau-Bayonne-Pau, le Critérium des rao-tocycles, la Coupe des motocycles, Paris-Bordeaux, le Tour de France dont chacune des sept étapes constitue une course, Paris-Saint-Malo, Paris-Lille, Paris-Trouville, Paris-Ostende, Bordeaux-Biarritz, Paris-Boulogne-sur-Mer, le Critérium des Déchaînés, et, pour les motocycles seulement, les deux courses de côtes de Chanteloup et de Gaillon. Les épreuves sur piste sont, naturellement éliminées.
- On obtient ainsi le classement suivant :
- Voitures : Girardot, 38 ; R. de Kniff, 34 ; Le-vegh 29 ; Lemaître 23 ; Charron, 20; Antony, 14 ; Chasseloup-Laubat, 12 ; Pinson, 12 ; Giraud, 10 ; etc..,
- Motocycles : Teste, 43 ; Béconnais, 36 ; Tart, 33 ; Osmont, 30 ; Corre, 23 ; de Méaulne, 21 ; Baras, 19 ; Gleizes, 18 ; Bardin, 17 ; Rénaux, 11 ; etc...
- Course Paris-Reims - LelOjuin 1900 aura lieu une course Paris-Reims pour voitures. Deux catégories : 1° Voitures à 2 places, 2° Voitures à 4 places. Les places devront être occupées par un chauffeur et une dame pour la lere catégorie, et deux chauffeurs et doux dames pour la 2'mo catégorie.
- La course est réservée aux membres de l’A. C. F. et les prix consisteront en paniers de champagne.
- L’itinéraire est Villicrs-sur-Marne (départ), Malnoue, Coulommiers, la Ferté-Gaucher, Montmirail, Epernay, Reims.
- Les Fiacres électriques à Saint-Pétersbourg.
- Suivant le mouvement des capitales européennes, Saint-Pétersbourg vient d’inaugurer un service do voitures électriques de place. Ces voitures sont du type des fiacres parisiens à deux places.
- Union des Motocyclistes do Roubaix. — Un
- groupe de chauffeurs amateurs vient de se réunir pour former une Société, qui a pris pour titre : Union des Motocyclistes de Roubaix; son siège est dès à présent établi 16, boulevard de Paris, café Léon Le comité provisoire a été constitué comme suit : président, A. Rousstl; vice-président, M. Ga-rin ; secrétaire, A. Laureyns; trésorier, J.-B. Delys ; capitaine de route, E. Troeffaes.
- Les amateurs peuvent se faire inscrire dès à présent au siège social. Un garage permettra aux sociétaires de remiser leurs machines.
- Les automobiles de guerre en 1900. — Le Palais des Armées do Terre et de Mer à l’Exposition de 1900 abritera les automobiles de guerre, depuis la voiture ordinaire qui sert au transport des officiers, jusqu’au tracteur qui peut remorquer les canons, les ambulances, les fourgons, etc. Tous ces véhicules seront peints uniformément en gris, couleur des voitures du train des équipages.
- Les automobiles Vallée. — Nous apprenons que M. Vallée, à la suite des succès obtenus avec sa nouvelle voiture et pour donner satisfaction à toutes les demandes, va dans quelques jours constituer une socié.té anonyme avec le concours de quelques amis. Si parmi nos lecteurs il s’en trouvait quelques-uns qui désirent s’intéresser à cette affaire, ils sont priés de nous transmettre leurs propositions le plus tôt possible et avant le 10 courant
- Automobile-Club d'Odessa. — Nous apprenons la formation à Odessa d’un Club Automobile dont les fondateurs sont les suivants : Prince Serge Ouroussoff, Prince Alex. Abamelek, de Doné, Ialowiltoff, Prince Boris Argoutinsky-Dolgoroukoff, Comte Michel Folstoy, G. de Marasly, Th. de Miraskedgy, Narzewitch, W. Janoussine.
- AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- Coupe Gordon-Bennett
- La commission sportive de l’A. C. F. a reçu l’adhésion de quatre pays à ce challenge : Allemagne, Etats-Unis, Belgique, Italie.
- La date a été fixée au jeudi 14 juin 1900, jour de la Fête-Dieu. Le parcours sera décidé dans une réunion ultérieure.
- Il est probable qu’on demandera aux concu:-rents de chaque pays d’adopter une peinture uniforme pour leurs voitures. Le bleu serait, par exemple, la couleur des Français ; le rouge serait affecté à la Belgique ; le blanc à l’Allemagne ; le vert à l’Italie ; le jaune aux Etats-Unis, afin de bien différencier les équipes.
- L’Automobile-Club de Milan a demandé à être autorisé à participer au challenge. Conformément au réglement, il devra être accepté par les clubs déjà reconnus.
- Addition au règlement des courses
- La commission sportive de l’A.C.F. a arréié le texte d’un article 9 bis à ajouter à sou règlement généra!, concernant les courses c e mo o.y-cles par séries. Cet article c‘t le muv.MP :
- « Il est interdit, sou: rc'nc d J céch?«r mcr.f, de se servir eu meme véhicule peur participer à p!u-;-i urs sciies ‘d’une rr.cme cp: euve ;. tout coureur rcra teru de courir la finale sur le même vckku'e que celui sur lequel il aura couru dans sa série »
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- Scrutins de ballottage :
- MM. Marcel Lin\eler, 56, rue de la Victoire ; Louis Bardon, Ingénieur Cons., 61, boul. National, à Clichy: André de Neufli\e, 31, rue La-fayette; Paul Ruef, ingénieur civil des Mines, président du Conseil d’administration de la Société anonyme d’Automobiles (système Bardon), 15, rue Desbordes-Valmore ; Paul Bour, ingénieur E. C. P., 59, avenue Kléber ; William Tischbein, de la Sté Continentale Caout. et Gutta. Co, 54, rue de Paradis ; Marc Pasteur, 56, rue Saint-Didier ; Edouard Pasteur, 56, rue Saint-Didier ; Eugène Verdie, ingénieur, 7, rue Logelbach; Horace Binney, rentier, 83, rue de Chaillot ; Georges Da\et, avocat, 76, boulevard de La Tour Maubourg ; Havelock Symington, rentier, 51, avenue Montaigne ; Egbert Lillie, rentier, 53, avenue Montaigne ; Pierre La/ont, 4 place de la Liberté à Bayonne ; Henri Brasier, ing. de la Société Mors 17, rue Gros ; Amèdèe Varlet, ingénieur de la Société de Mécanique d’Anzin constructeur des voitures « Raouval » 132, route de Condéà Valenciennes; Charles d'Aygurande, avocat, 35, avenue Mac-Mahon ; Georges Cormier, 4, rue Victor Massé; Gustave Rester, 9, avenue de l’Opéra ; Henry Bossiêre, armateur, 15, rue de Trévise ; Jean Trouette, 51, avenue Montaigne ; T. M. Clarke, 16, avenue Friedland; Fernand Perron, ingénieur civil, 6, rue Bara ; Georges Amson, industrie1, 20, rue Le Peletier ; Paul Bichelberger, manufacturier, à Etival, Vosges ; Charles Alhmann, ingénieur, 10, rue des Tuileries, à Lyon ; Léon Chaumel du Plan-chat, docteur en médecine, 87, rue Lafayette ; J.-B. Baille-Lemaire, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, 26, rue Oberkampf ; Louis Dathis, propriétaire, 25, avenue de Marigny ; Louis Cabarrus, 73, avenue de Villiers ; Gaspar Crovoninshield délégué par intérim au Commissariat des Etats-Unis pour l’Exposition de 1900, 20, avenue Rapp ; Max Bever, commissaire général adjoint de l’Autriche, 23, rue Godot de Mauroi ; Franck Debenham, membre du Conseil de la Chambre de Commerce de Londres, 1 Fitz-Jolin’s avenue Hampstead, N. N. ; Lucien Desnues, architecte diplômé par le Gouvernement, 33, rue de Naples; Auguste Rousset, 13, rue Visconti; Gabriel Maurin, propriétaire, 71, rue de Rennes; Joseph Malesset, conseiller du Commerce extérieur de la France, 22, rue de l’Hôtel ie Ville, à Neuilly-sur-Seine ; Charles Hecrissey, industriel, 35, rue de l’Université ; Ivo Kloos, ingénieur civil, 8, Swcolinckstraat, à La Haye ; Louis Dumoulin, peintre du Ministère de la Marine, 58, rue Notre-Dame de Loretta ; Henri Sands, 48, avenue Gabriel ; Frederick Martin, 48, avenue Gabriel ; Bradley Martin, 4, Chesterfield Garde ns London W ; Harold Baring; S, A, S, le prince Prèdèric Charles de Hohenlohe Oeringen, Morva St-Johann (Hongrie); Georges Pimbert, de la Sté des Etabli-s :m:ntà Jussy de St Etienne, 8 bis, rue du Marché, NeuiHy : Maxime Cave Esgaris, 2, rue
- Chambiges ; John Mann, ingénieur, 10, rue Auber ; Louis Girard, rentier, 7 quai de l’Occi-
- dent, à Lyon ; Charles Pacquement, ingénieur E. C. P., 91, rue Jouffroy; Henri Peretmére, propriétaire, 53, avenue Montaigne ; Thomas Burke, représentant à Paris, de la Cie Chemin de fer London etNorth Western, 2 bis, avenue Casimir, à Asnières ; Thomas Barclay, avocat à la Cour de Londres, 7, boulevard Beausêjour ; Lucien Liaud, industriel, 188, rue de Rivoli ; le comte Eugène de Beaurepaire, 1, rue des Ecuyers, à Saint-Germain; Alain Chartier, rentier, 79, rue Jouffroy; Thomas Hounsfield, les Moulins, à Sèvres ; Charles Bent\ Audéoud, administraeur de la Société Etablissements G. Richard, 21, rue du Marché, à Neuilly-sur-Seine; Roger Querenet, inspecteur de la Compagnie’d’assurance l’Urbaine, 34, rue du Bac ; Marins Sorchan, rentier, 10, rue Lincoln; Georges Martin Lede, propriétaire, 33, rue de Naples ; Robert Eustache, propriétaire, 4, avenue Hoche; Robert Decauville, 15, avenue Matignon.
- TRANSPORT DES AUTOMOBILES
- M. Ballif, président du T. C. F., vient d’adresser au Ministre des Travaux Publics la lettre ci-dessous ;
- J’ai pris la liberté de vous transmettre y a quelques jours une étude parue dans le dernier numéro delà Revue sous le titre « Transports Automobiles» et la signature B. Pasquet, en appelant votre attention d’une façon toute particulière sur la disproportion choquante existant entre nos tarifs et les tarifs allemands.
- A l'instant môme, jo reçois communication de la nouvelle tarification soumise il votre homologation et concernant les voitures automobiles légères.
- Cette tarification, basée sur la notion du poids, — notion dont la simplicité m’avait séduit et m'en avait fait jadis réclamer l’adoption — présente une anomalie qui, je dois le dire, choque la logique.
- La tarification vise les voitures pesant moins do deux cents kilos emballées et moins de trois cents en caisse.
- De son application, il résulte qu’une voiture de moins de trois cents kilos en caisse qui actuellement paie 146 25 do Paris à Bordeaux, ne paierait plus que 22 05 sous l’empire de la nouvelle tarification ! Grand progrès évidemment !
- Mais si la voiture pèse trois cent un kilos, on lui applique le tarif ancien (0 40 par kilomètre et par pièce) et elle succombe immédiatement sous une augmentation terrible; elle paiera cent, vingt quatre francs vingt centimes do plus .., pour un kilogramme do plus!...II
- Il n’est pas besoin d’en diro davantage pour condamner un tel système.
- J’en suis profondément affligé, mais jo dois le reconnaître, le système allemand est infiniment préférable et beaucoup plus logique. Ce système a pour base non pas le poids, mais « la possibilité de charger le véhicule par une des portes latérales du
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- wagon » et cette notion est extrêment précise et connue, puisqüe les dimensions des wagons et leur gabarit sont arrêtées par décision du Ministre des Travaux publics.
- Avec ce système disparaissent les anomalies choquantes qui ne manqueront pas de se produire avec le système français, basé sur la notion du poids.
- Sur un second point dont l’importance ne vous échappera pas, le système français est encore inférieur au système allemand.
- Les compagnies françaises disent : « Je n’accepte aux conditions nouvelles que les voitures emballées jusque deux cents kilos, et les voitures en caisse ne pesant pas plus de trois cents kilos...
- « J’accepte tout, disent les compagnies allemandes, en caisses ou non, emballées ou à découvert, quel que soit l’emballage ou sans emballage......
- Voilà pour les véhicules légers.
- Si nous passons maintenant aux véhicules lourds, nous voyons encore éclater la supériorité des tarifications allemandes. Nos voitures restent taxées à la pièce et au kilomètre sur les réseaux français, et sur les réseaux allemands, elles sont taxées à la tonne et au kilomètre, sur un minimum de poids de mille kilos.
- Exemple : Une voiture automobile de 600 kilos paiera pour 1100 kilomètres en territoire français 275 francs, pour la môme distance en territoire allemand elle paiera 104 20.
- Je n’insiste pas davantage, Monsieur le Ministre, je vous demanderai seulement de vouloir bien mettre à l’étude un projet de réforme d’ensemble qui nous parait s’imposer dés maintenant en raison de l’essor considérable pris par l’industrie automobile et de l’intérêt primordial qu’il y a pour le Gouvernement à favoriser cette industrie bien française et à ne pas la laisser battre en brèche par la concur-rence étrangère.
- Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de mes sentiments les plus empressés et les plus cordialement dévoués.
- Le Président,
- (Signé) A. BALLIF
- Voici, d’autre part les tarifs en question.
- Art. 29 (G. V.)
- Motocycles, Tracteurs automobiles, Tricycles automobiles, Voitures automobiles, Voitures automotrices.
- Prix du barèmôs des articles de messagerie, sans que la taxe par véhicule puisse être inférieure à celle prévue ci-dessus pour les voitures à un ou deux fonds.
- « Exceptionnellement, sont taxés aux prix fixés par l’art, 14 avec la majoration prévue par l’art. 22, s’il y a lieu :
- « 1° Les voitures dont le poids, emballage compris, n’excède pas 200 kilogrammes ;
- 2° Les motocycles, tracteurs automobiles, tricycles automobiles, voitures automobiles, voitures automotrices, en caisses, dont le poids, emballage com-pri ', n’excède pas 300 kilogrammes.
- Art. 18 (P. V.)
- Motocycles, etc.
- Prix du barème do la lre sôrio sans que la taxe par véhicule puisse être inférieure à colle prévue ci-dessus pour les voitures à un ou deux fonds.
- « Exceptionnellement, sont taxés aux prix do la première série du tarif général, avec la majoration prévue à l’article 10, s’il y a lieu :
- « 1° Los voitures dont le poids, emballage compris, n’excède pas 200 kilogrammes ;
- « 2° Les motocycles, tracteurs automobiles, tri-C3?eles automobiles, voitures automotrices, en caisses, dont le poids, emballage compris, n’excède pas 300 kilogrammes. i>
- D ) plus, les Compagnies et la Direction des Chemins de fer de l’Etat viennent de se concerter pour soumettre à l’homologation ministérielle des tarifs communs G. V. et P. V. applicables sur l’ensemble des sept réseaux pour le transport des véhicules de toute nature.
- Ces tarifs comportent la suppression de la distinction des voitures à un ou deux fonds et l’application de deux barêmes à bases décroissantes, l’un pour la taxation au poids, l’autre pour la taxation à la pièce.
- Pour la taxation au poids, les barèmes appliqués sont, en grande vitesse, celui de l’article 14 et, en petite vitesse, celui de la 1" série du tarif général*
- Pour la taxation à la pièce, les barêmes sont établis comme suit :
- GRANDE VITESSE Pour chaque kit. en excédent au delà de
- Jusqu’à 100 kilomètres. . . . 0 fr. 40
- 100 kilomètres jusqu’à 200 kilomètres 0 37
- 200 — â 300 — 0 34
- 300 — à 400 — 0 30
- 400 — à 500 — 0 26
- 500 - PETITE VITESSE 0 20
- Pour chaque kü. en excédent au delà de
- Jusqu’à 100 kilomètres. . , . . . 0 fr. 25
- 100 kilomètres jusqu’à 200 kilomètres 0 23
- 200 à 300 — 0 21
- 300 — à 400 — 0 18
- 400 — à 500 — 0 15
- 500 - 0 10
- Aux termes de ces tarifs, les véhicules de toute nature ne pesant pas plus de 200 kilogrammes, emballés ou non emballés, seront taxés au poids ; ces mômes véhicules seront encore taxés au poids lorsque, remis en caisses, ils ne pèseront pa» plus de 500 kilogrammes par colis.
- En ce qui concerne la question des bagages, sont acceptés comme bagages dans les conditions admises pour les bagages ordinaires, et notamment à la condition que leurs dimensions permettent de les placer dans les fourgons, les véhicules non emballés dont le poids n’est pas supérieur à 150 kilogrammes et les véhicules en caisses ne dépassant pas 100 kilogrammes.
- UNE LETTRE
- Nous recevons la lettre suivante :
- Mon cher confrère,
- Vous seriez bien aimable d’apprendre à vos lecteurs que, pour des motifs très sérieux que jo n’ai pas à énumérer ici, j’ai dû quitter la rédaction en chef de La France Automobile, il y a quinze jours.
- Je tiens absolument à ce que l’on sache bien qne je ne fais plus partie, en quoi que ce soit, de ce journal.
- Merci et bien à vous.
- L. Baudry de Saunier.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- — Quelques lecteurs ont pu vous demander à quelle date précise paraîtrait le tome II (voi'ures) de mon ouvrage Lautomobile théorique et pratique.
- De nouveaux documents très intéressants m’ont obligé à retarder d’un mois environ l’apparition du volume. Ce sera donc pour la fin de janvier.
- B. de S.
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- LA
- RÉGIE ET LES ESSAIS D’AUTOMOBILE
- Une affaire qui intéresse le commerce des automobiles en général, vient d’être tranchée devant la 8* chambre correctionnelle.
- Voici quelles sont les origines de la poursuite : une loi du 25 mars 1817 oblige, dans ses articles 115, 116 et 117, toute personne qui loue des véhicules servant au transport des voyageurs moyennant une rémunération à faire une déclaration à la régie et à payer un droit proportionnel selon le nombre des places. Cette obligation es-applicable même s’il s’agit d’une location purement occasionnelle faite par un simple particulier. En échange de la déclaration prescrite, l’administration délivre un laissez-passer et estampille la voiture. D’autre part les articles 120 et 122 de la loi précitée punissent d’une amende de 100 à 1,000 francs ceux qui contreviennent à ces dis positions.
- Or, voici qu’un beau jour, la maison Charron, Girardot et Voigt se vit dresser procès-verbal par les agents de la régie, sous prétexte qu’en dont nant leurs voitures à Fessai a*ux personnes qui se présentent chez eux comme acheteurs, et en percevant une certaine somme correspondant au temps de l’essai effectué, ces messieurs avaient fait un acte de location et contrevenu ainsi aux prescriptions de la loi du 25 mars 1817, parce qu’ils n’avaient fait aucune déclaration.
- Et MM. Charron et Cie de protester, en alléguant qu’ils te louaient pointleurs voitures, qu’ils demandaient seulement à leurs acheteurs éventuels une indemnité pour l’usage de leur automobile, lorsque l’achat n’était pas, dans la suite, réalisé. Ils prétendent en conséquence qu’ils n’avaient à faire aucune déclaration.
- La régie réplique que la loi n’a fait aucune distinction et que la déclaration est obligatoire pour tous ceux qui, mettant en circulation un véhicule, perçoivent un prix de ceux qui en ont fait usage. Elle prétend en outre que la déclaration doit toujours être faite, avec indication du nom de l’acheteur éventuel, le droit à percevoir étant dû lorsque l’achat n’est pas réalisé et pour permettre à la régie de savoir si la vente a été effectuée.
- Après avoir, une première fois, remis son jugement à huitaine, le tribunal vient de donner tort aux accusés qui ont été condamnés chacun à 100 francs d’amende. Avis aux vendeurs qui se trouveraient dans le même cas.
- LES
- SOCIÉTÉS SAVANTES ET L’AUTOMOBILE
- L’institut Franklin, de Philadelphie, possède une section électrique où s’est engagée, dernièrement une discussion fort intéressante, mais purement scientifique, sur la locomotion nouvelle, « Quelle sera l’automobile de l’avenir? » telle est la question qui fut posée devant les honorables savants.
- M. P. Salom a prophétisé que l’automobile de l’avenir serait un véhicule électrique léger et bon marché. M. P. Salom sait que, actuellement, les batteries sont lourdes et demandent des carrosseries très fortes ; il n’ignore pas non plus la grave question des pneumatiques. Mais cela ne l’empêche pas de croire que toutes ces difficultés seront prochainement surmontées.
- M. Rudolph Hunter, qui est un pratiquant de l’automobile, s’est rendu compte des inconvé-nients des véhicules électriques. Il ne pense pas, par exemple, que le poids des batteries puisse diminué de sitôt et il prédit que, pendant dix ans encore, les moteurs à pétrole actionneront les 80 0/0 des automobiles que l’on établira d’ici-là.
- M. Henri-G. Morris se déclare enchanté des automobiles actuelles, qui accomplissent des prouesses dont les voitures à chevaux sont tout à fait incapables. C’est ainsi qu’il a pu circuler ces jours-ci dans les rues de Chicago entièrement recouvertes d’une neige épaisse.
- Le professeur Willam D. Marks communique le rapport d’un chauffeur de Philadelphie, M, Henry Bartol, qui est en train de se livrer, à Nice, à des expériences pratiques sur les automo-bi'es à pétrole. En compagnie de sa famille et de ses domestiques, M. Bartol voyage dans un pays de montagne, accomplissant des étape- journalières de 100 milles (160 kilomètres), et cela sans aucun ennui.
- En résumé, de cette discussion, il e .t résulté que les plus graves inconvénients des moteurs à pétrole, dans les villes, étaient leur bruit et leur odeur, tous deux fort désagréables ; le charme des électriques rcûie justement dans la suppression de ces inconvénients.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- La souscription à la publication des Sites et Monuments de France, en 30 volumes, entreprise par le Touring-Club de France, marche à grands pas. Le demi-mille est atteint.
- Nous rappelons, à cette occasion, que les mille premiers souscripteurs auront leurs volumes imprimés à leur nom.
- Parmi les derniers souscripteurs, à noter la ville du Vignon (Gard), inscrite par les soins du maire, M. Gay.
- Il faut espérer que cet exemple sera suivi. Une telle collection a droit à une place d’honneur dans les bibliothèques municipales.
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- En présence du développement pris par la partie technique, nous lui réservons uniformément la seconde partie de chaque numéro pour faciliter les recherches dans la collection.
- DE MOTEURS ET DE VOITURES
- (chez MM. Malicet et Blin a Aubervilliers Quatre-Chemins)
- Moteur « Cyclope »
- Système Daniel Augé
- Ce moteur, engagé par son constructeur M. Daniel Augé, 92, rue des Arts, à Leval-lois-Perret, est un moteur analogue, comme
- système, au « Cyclope » dont nous avons donné les essais antérieurement; mais il est de dimensions moindres et du type horizontal; Deux cylindres, circulation d’eau, carburateur « Cyclope », allumage électrique ; les essais ont été faits avec pot d’échappement et au frein à corde.
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- Données du moteur
- Alésage de chaque cylindre en mm. . 85
- Course des pistons en-mm. ...... 120
- Surtace de chaque piston en cm5. . . . 56,7
- Volume de chaque cylindrée en cm3 . 680
- Diam. des soupapes d’admission en mm. 28 Diam. des soup. d’échappementen mm. 35
- Données des essais
- Diam. de la poulie de freinage en mm. 400
- Diam. de la corde en mm......... 10
- Développement par tour en ro.... 1)287
- Au concours Jc ni:tours Un essai de Consommation.
- P = 34 k8- P = 9,5 kS- .
- P—p = 24,5 kg. n = 700
- Travail développé pai minute, 22 072 kgm. Puissance, en kilogrammètres par seconde :
- 368
- c’est-à-dire, en poncelets, 3,68 ou, en chevaux-vapeur, 4,91
- ESSAIS AUX JANTES D’UN
- Avant-train moteur Amiot-Péneau
- Cet avant-train moteur système Amiot-Péneau, a été particulièrement malaisé^ à freiner aux jantes par ce fait que les butées de notre appareil avaient été disposées plutôt pour des véhicules ayant les roues d’arrière motrices. La bonne position des roués
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- sur les rouleaux a été difficile à maintenir et ces essais ne sont donnés ici qu’à titre de document. Nous rappelons que le moteur est un « Cyclope » de Daniel Augé.
- Poids sur les roues motrices 750 kg.
- l*r essai. — Essai fait à la petite vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 79 (vitesse correspondante : 7 km. à l’heure.)
- ' Poids porté par le frein en kg. . 15,275
- Travail absorbé parle frein en 1 m. 12067 kgm.
- Travail absorbé par le rouleau en 1 m. 2327 kgm.
- Travail total par minute....... 14 394 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde : 240
- c’est-à-dire en poncelets 2,4 ou en chevaux-vapeurs 3,2 * *
- 2e essai. — Essai fait à la moyenne vitesse. Nombre moyen de tours par minute 159 (vitesse correspondante : 14 km. 300 à l’heure.)
- Poids porté par le frein en kg. . 6,275
- Travail absorbé par le frein en 1 m. 9 977 kgm. Travail absorbé parle rouleau en 1 m. 4 685 kgm.
- Travail total par minute....... 14 662 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde : 244
- c’est-à-dire en poncelets 2,44 ou en chevaux-vapeurs 3,2
- ESSAIS AUX JANTES D’UNE
- Voiture Panhard-Levassor
- Voiture du type 12 chevaux dit « Paris-Amsterdam », engagée par M. le baron de Zuylen; voiture ayant fourni un assez grand nombre de longues étapes; bon état d’entretien; poids sur l’arrière environ 675 kg. Signalons le résultat obtenu en moyenne vitesse, supérieur au résultat obtenu en petite vitesse.
- l,r essai. — Essai fait à la petite vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 113 (vitesse correspondante, 10 km. 200 à l’heure).
- Poids porté par le frein en kg. . 19*240
- Travail absorbé par le frein en 1 m. 22 041 kgm.
- Travail absorbé par le rouleau en 1 m. 2443 kgm.
- Travail total par minute..... 24 484 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde: 408 c’est-à-dire en poncelets, 4,08 ou chevaux-vapeur, 5,4
-
- 2* essai. — Essai fait à la moyenne vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 201 (vitesse correspondante, 20 km. à l’heure).
- Poids porté par le frein en kg. , 11,240
- Travail absorbé par le frein en 1 m. 22 59a kgm.
- Travailabsorbé parlerouleau 1 m. 4 345 kgm.
- Travail total par minute.....26 937 kgm.
- Puissance en kgm, par seconde: 450 c'est’à-dire en poncelets, 4,5 ou en chevaux-vapeur, 6
- ESSAIS AUX JANTES D’UNE
- Voiture Panhard-Levassor
- Voiture type 8 chevaux, engagée par M. le baron de Zuylen ; voiture d’usage journalier ayant fourni de longs parcours. Bon état d’entretien. Poids sur l’arrière environ 600 kg.
- 1er essai. — Essai fait à la petite vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 84 (vitesse correspondante, 7 km. 500 à l'heure).
- Poids porté par le frein en kg . . 19,240
- Travailabsorbé par le frein en 1 m. 16 162 kgm.
- Travail absorbé par le rouleau en im. 1 681 kgm.
- Travail total par minute...... 17 843 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde : 297
- c’est-à-dire en poncelets, 3 ou en chevaux-vapeur, 4
- 4 4
- 2e essai. — Essai fait à la moyenne vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 122 (vitesse correspondante, n km. à l’heure).
- Poids porté par le frein en kg. . 9,240
- Travailabsorbé par le frein en 1 m. 11 273 kgm.
- Travail absorbé par le rouleau en xm. 2 413 kgm.
- Travail total par minute. . . . . 13 686 .kgm.
- Puissance en kgm. par seconde: 228 c’est-à-dire en poncelets, 2,3 ou en chevaux-vapeur, 3
- ESSAIS AUX JANTES D’UNE
- Voiture Hochet
- Engagée par la Compagnie Générale des Cycles et Automobiles Rochet, 23, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Cette voiture est du type 6 chevaux de ce constructeur ; très bon état d’entretien ; poids sur l’arrière, 575 kg.
- 1er essai. — Essai fait à la petite vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 88 (vitesse correspondante : 8 km. à l’heure.)
- Poids porté par le frein en kg. . 18,240
- Travailabsorbé par le frein en 1 m. 16051 kgm.
- Travail absorbé par lerouleau en x m. 1 736 kgm.
- Travail total par minute.......17 787 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde : 296
- c’est-à-dire en poncelets 2,96 ou en chevaux-vapeur 3,9
- 2* essai. — Essai fait à la moyenne vitesse. Nombre moyen de tours par minute 164 (vitesse correspondante : 14 km. 800 à l’heure.) Poids porté par le frein en kg. . . 7,240
- Travail absorbé par le frein en 1 m. 11 873 kgm. Travail absorbé par le rouleau en 1 m. 3 234 kgm.
- Travail total par minute........15 107 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde : 252
- c’est-à-dire en poncelets 2,5 ou en chevaux-vapeur 3,36
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- ESSAIS AUX JANTES D’UNE
- Voiture Penelle
- Engagée par M. Penelle, constructeur à Melun ; cette voiture est munie d'un moteur « Le Touriste », système J. Bouché. Cette voiture a fait un long usage et, au moment de l’essai, les engrenages devaient se trouver dans un état défectueux, ainsi que le prouve l’écart constaté entre la petite et la moyenne vitesse.
- Poids sur les roues motrices 600 kg.
- l0r essai. — Essai fait à la petite vitesse.
- Nombre moyen de tours par minute 65 (vitesse correspondante, 6 km. à l’heure).
- Poids porté parle frein en kg. . . 14,270
- Travail absorbé parlefrein en 1 m. 9 275 kgm. Travail absorbé parle rouleau enim. 1 325 kgm.
- Travail total par minute......... 10 600 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde: 177 c’est-à-dire en poncelets, 1,77 ou en chevaux-vapeur, 2,36
- k
- 2° Essai. — Essai fait à la moyenne vitesse. Nombre moyen de tours par minute 116
- (vitesse correspondante, 10 km. 500 à l’heure). Poids porté par le frein en kg. . . 4,270
- Travail absorbé par le frefn en 1 m. 4 953 kgm. Travail absorbé par le rouleau en 1 m, 2 294 kgm
- Travail total par minute........ 7 247 kgm.
- Puissance en kgm. par seconde: 121
- c’est-à-dire en poncelets, 1,2 ou en chevaux-vapeur, 1,6
- -------------+-------------
- L’ANATOMIE DU MOTEUR A PÉTROLE
- A la suite des articles que nous avons déjà publiés sur cette question (1), nous recevons la lettre suivante adressée à Géorgia Knap par M. Jules Deschamps.
- Mon cher Collègue,
- J’avoue avoir été tout particulièrement séduit par les idées dont vous vous êtes fait le champion à ce Concours de Moteurs auquel vous n’avez ménagé ni votre temps ni votre peine. Vous les avez d’ailleurs publiées dans la Locomotion Automobile et les expériences faites ont semblé montrer, comme vous l’affirmiez avec une conviction entraînante, que les soupapes et les conduites amenant et remportant les gaz étaient en général de diamètre insuffisant.
- Evidemment dans les tuyaux les vitesses sont fort considérables et peuvent atteindre 50 et 60 mètres à la seconde, des vitesses d’ouragan. Les pressions qui s’établissent aux rétrécissements, au principal étranglement qui est encore celui
- (1) Voir la L. A. des 16 Novembre et 21 Dé-
- cembre 1899.
- que constitue la soupape d’échappement elle-même, doivent être importantes et faire obstacle a la bonne marche et au bon rendement des moteurs. Je vous entends encore.
- Dans une lettre publiée, M. Butikofer, tout en abondant dans votre sens, vient d’introduire des chiffres. Les chiffres appellent les chiffres et il faut qu’une théorie soit saine pour leur résister.
- J’ai donc cherché à évaluer la contrepression que des accroissements de vitesse semblables doivent produire. Il y a bien des moyens. J’en ai employé plusieurs dont je vous fais grâce. Le résultat a toujours été le même.
- Il existe des compte-rendus très complets d’expériences faites sur des tuyaux forts longs qui ont été parcourus par des gaz, notamment de l’air comprimé circulant à grande vitesse. J es résistances au frottement ont été mesurées et ramenées à des formules empiriques dont il résulte que la perte de charge est très faible pour un court tuyau et s’efface complètement devant la consommation de force vive que nécessite le changement de vitesse des gaz. On peut donc sans hardiesse se contenter de mesurer celle-ci.
- Prenons par exemple un moteur de Dion alésé de o m. 08 de diamètre et o m. 08 de course, tournant à 1 500 tours. Il fera toujours bien deux chevaux. La vitesse moyenne du piston sera 25 X 1 2 X 0,08, soit 4 m.
- Prenons même 6 mètres pour tenir compte de vitesse maxima. Supposons l’échappement de surface 10 fois moindre. Il y aura donc passage de vitesse de 6 m. à 60 m., augmentation de vitesse de 54 m.
- En supposant que l’admission se fasse à 1 k., la masse gazeuse admise par seconde est de 25 cylindrées, soit
- 50 x k. 3 13
- o m. 08 -------- ----- 25 = --------
- 10.000 9,81 JO.000
- L’accroissement de force vive est donc :
- 1 *3
- — -------- 542 = x kgm. 96
- 2 10.000
- Mettons 2 kgm., un par cheval. C’est bien peu de chose que ce déchet pour un moteur.
- Vous me direz peut-être que je ne tiens pas compte de l’excédant de masse dû au pétrole et aux gouttelettes qui alourdissent l’air aspiré. Ajoutons même celle de tout le pétrole. Un cheval pour un semblable moteur consomme en-
- . °k>7
- viron700grammes par heure: J’aurai ——par
- seconde, et à la vitesse de 54 m. la force vive deviendra :
- I
- s
- 1 54’ V
- ------0,7---------= 0,30 kgm,
- 9,81 3600
- Ce ne sera pas beaucoup encore, les deux réunis ne donneront pas la cinquantième partie du travail net produit. Et j’ai ici un maximum.
- Voulez-vous compter autrement. Supposons par exemple, que nous cherchions la différence de pression nécessaire pour produire dans un
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE >
- tuyau coutt cette même vitesse de 60 m. Prenons la vieille formule =V2gti bien suffisante en ce cas où l’écart permis est considérable.
- Si x est la pression cherchée en kilos, 400° la
- température des gaz, On a :
- __L. la densité,
- 772
- v3 zzï 6o* = 3.600
- -2g
- 400+273
- 273
- 772 X
- Il suffirait donc d’une pression de iküi à l’échappement pour produire cette vitesse considérable, C’est une contre-pression bien peu élevée que oki, et si elle était ainsi réduite, elle pourrait être négligée.
-
- Décidémenfiil y a peut être des moteurs dont les soupapes d'échappement sont trop petites, où on a mis coudes sur coudes, étranglements inutiles et où on a augmenté comme à plaisir un déchet qui est toujours onéreux. Mais c’est peut-être excessif que de réclamer les grandes soupapes et les larges conduits d’échappement.
- En est-il de même des soupapes et conduites d’aspiration ? Ce n’est pas aussi certain. Celles-ci sont d'abord généralement plus réduites. Le passage de l’air est contrarié par tous les moyens possibles, il traverse notamment des toiles métalliques et le passage à grande vitesse au travers de toiles peut être rendu difficile et faire une sérieuse différence de pression.
- Supposons que celle-ci soit de o k. 2. Voilà 1
- déjà --- en moins de gaz aspirés. A la com-
- pression les gaz au lieu d’atteindre 6 kil. par exemple n’en atteindront plus que 4 k. 8. Double motif pour que les pressions d’explosions soient réduites et cela ne m’étonnerait pas qu’elles le soient d’un tiers au moins.
- Au point de vue du rendement, le mal serait fort répaable. Admettez moins, comprimez plus, et vous aurez un meilleur rendement. Mais en Automobilisme on cherche surtout un moteur qui, sous un faible volume, donne une grande puissance. Pour cela il faut admettre largement, quitte à perdre les deux tiers de la marchandise.
- Aussi faut-il combattre les soupapes d’admission trop réduites et veiller sur les conduites qui amènent l’air. Ici nous voilà parfaitement d’accord. '
- Votre tout dévoué.
- Jules DESCHAMPS.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande „
- VÉRIFICATEUR D’ALLUMAGE
- Le vérificateur d’allumage, ainsi que son nom l’indique, permet de contrôler d’une façon permanente le fonctionnement de l’étincelle électrique à la bougie, en la faisant reproduire en dehors du moteur, dans l’intérieur d’un petit tube de cristal placé sous les yeux du chauffeur, généralement sur la tête de la bougie.
- Ce petit appareil se compose essentiellement de deux tiges métalliques isolées et séparées qui sont montées solidement à l’aide de douilles au centre d’un petit tube de cristal.
- Une des tiges de l’appareil s’adapte à la bougie et l’autre au fil de la bobine à l’aide
- d’un dispositif ad hoc très simple. Il n’y a aucun danger d’incendie, car l’étincelle se produit au centre du tube de verre fermé, aux extrémités mêmes des tiges métalliques qui sont filetées et vissées dans les douilles de façon à pouvoir régler leur écartement.
- Le montage et le démontage sont très faciles.
- Cet appareil restant à poste fixe sur la bougie permet au chauffeur de vérifier continuellement son allumage ep cours de route : il évite donc les démontages et les remontages si fréquents du fil de la bougie et de la bougie elle-même, il diminue ainsi la durée de la panne. Il permet aussi de vérifier la longueur de l’étincelle et supprime ainsi les secousses électriques, ou coups de torpille, qui rappellent brutalement que’-quefois aux chauffeurs distraits les effets physiologiques des courants électriques de haute tension.
- Gustave HERMITE.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 13
- CHANGEMENT DE VITESSE
- par poulies extensibles
- Système LepiUet
- M. LepiUet vient de faire breveter un nouveau changement de vitesse qui rentre dans la catégorie des changements de vitesse par poulies à diamètre variable. Cet appareil se distingue par sa simplicité et semble devoir donner de bons résultats.
- Le principe de ce changement de vitesse consiste en deux paires de plateaux coniques montées respectivement l’une sur l’arbre conducteur et l’autre* sur l’arbre conduit. Entre ces plateaux se trouve le câble de transmission et par une vis
- actionnée à la main, on rapproche, ou éloigne les plateaux l’un de l’autre.
- Le dessin ci-joint représente en coupe un axe muni de cet appareil de changement de vitesse. Sur cette figure, i représente l'arbre conducteur, 2 est un plateau calé sur cet arbre, p est un second plateau coulissant suivant l'axe de l’arbre i et tournant avec lui. Chaque plateau conique a des saillies 4 semblables aux dents des engrenages coniques, qui peuvent rentrer dans les intervalles 5 entre les saillies correspondantes d’un autre plateau.
- Entre les plateaux se trouve un câble 6 qui transmet le mouvement de rotation à l’arbre conduit par son adhérence aux surfaces coniques des deux plateaux.
- Le plateau p peut se rapprocher ou s’éloigner du plateau 2 par le mouvement de lavis sans fin 7 folle sur l’arbre /. Cette vis se termine à une
- A>\ «
- V '-/r
- extrémité par la bague 8 qui est maintenue contre le bout 9 du plateau 3 par un écrou 10. Entre la bague 8 et le bout p} on place des billes d’acier il qui diminuent le frottement. La vis 7 tourne dans un écrou fixe 12 du support 13.
- A l’autre extrémité de la vis 7 est calée une roue dentée 14 qui engrène avec un autre engrenage cylindrique 15 calé sur l’arbre 16. Cet arbre est maintenu dans les supports 13 et 17 et reçoit un mouvement de rotation à la main, par un volant ou autrement.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- En faisant tourner l’arbre 16 à droite, on transmet par la roue /_y un mouvement contraire à la roue 14 et par suite à la vis 7. Cette vis 7 s’avance donc dans l’écrou fixe 12 et pousse
- le plateau y qui se rapproche du plateau 2. Par ce fait, le câble 6 se déplace sur les deux surfaces coniques des plateaux, de manière qu’il s’éloigne de l’axe 1.
- Si l’on imagine à présent, sur l’arbre conduit par l’arbre /, un appareil semblable manœuvré simultanément et dans le sens contraire du précédent, c’est-à-dire pour l’exemple choisi, que les plateaux vont s’écarter l’un de l’autre de la même quantité que les premiers se rapprochent, le câble, ne variant pas de longueur, se rapprochera de l’un des axes et s’éloignera de l’autre produisant ainsi une variation de multiplication.
- R. D.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- BICYCLETTE A ACÉTYLÈNE
- Cette bicyclette à acétylène dont la conception est fort compliquée est un des rares appareils où bon ait songé à utiliser Explosion d’un mélange d’air et d’acétylène. Le moteur n’est pas à proprement parler, un moteur à acétylène mais bien un moteur à fluide comprimé. Il présente de plus la particularité d’avoir un dispositif permettant de donner au piston une course
- variable. Le dispositif est du à M. C. H. Offen, Lemsahl, Holstein.
- Tout l’appareil moteur se trouve logé dans le quadrilatère du cadre, auquel il est assujetti par une série de manchons. Les réservoirs i et 2, placés en avant contiennent l’un le carbure et l’autre l’eau destinée à la production de l’acétylène. La soupape d’écoulement de l’eau est commandée par la manette y qui règle son débit.
- Le petit moteur 4 fonctionne par la pression du gaz acétylène et sa bielle, prolongée vers la partie supérieure actionne en même
- temps une petite pompe à air 7. A son échappement de ce petit moteur, l’acétylène est conduit par le tube 6 dans le réservoir 7 où arrive aussi par Tinte médiaire du tube 70, l’air comprimé fourni par la pompe 5. Dans le réservoir 7 se produit la combustion continue du mélange détonnant, combustion provoquée au moment du départ, en 19. Les gaz chauds provenant delà combustion actionnent alors le principal moteur 12 dont le mouvement est transmis par l’intermédiaire de la bielle 14 au système de leviers /y, 16 actionnant la manivelle 11 calée sur le pédalier.
- On voit d’ailleurs sur la figure que les diverses positions du levier 18 correspondent à diverses positions de la tête de bielle 77 sur le levier courbé 77. L’une des extrémités de ce levier 77 est portée par la bride 77 et l’autre extrémité décrit un arc de cercle invariable. Il en résulte que plus la tête de bielle 77 se trouve près de l’articulation 77, moins la course du piston moteur est grande.
- D’ailleurs les mouvements des tiroirs et soupapes de ces différents récipients et
- moteurs sont commandés par un certain nombre de leviers représentés sur la figure et l’inventeur affirme que l’appareil ne présente aucun danger d’explosion, des soupapes de sûreté se trouvant placées partout où il en est besoin.
- -------------4------------
- CARBURATEUR GEORIS(1)
- Un avocat de Charleroi, M. Edgard Georis, vient de faire breveter un nouveau système de carburateur représenté par les figures ci-dessous, et qui est constitué par une boîte rectangulaire a, réunie par un tube b à un réservoir surélevé c, rempli d’essence de pétrole. Ce réservoir est fermé par un couvercle hermétique, de façon à établir un niveau constant y dans la boîte a.
- (1) Communication de MM. Marillier et Robelet, office international pour l’obtention des brevets d’invention en France et à l’étranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
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- Cette dernière possède près de son sommet des perforations g, par lesquelles entre l'air extérieur arrivant par x, et des perforations h à travers lesquelles sort l’air carburé pour se rendre de là au cylindre du moteur. Dans l’intérieur de la boîte a se trouvent des cadres i garnis d’une tôle perforée et pouvant être déplacés dans des cou-tisses verticales au moyen d’une crémaillère fi, fixée sur chacun d’eux, et de pignons o. Ces cadres, qui sont recouverts de mèches en coton k terminées à leur base par des fils flottants l, peu-
- ///. /
- vent ainsi être réglées en hauteur, de façon à leur permettre de carburer d’une façon plus ou moins intensive l’air qui les traverse, et cela suivant le système du moteur employé, et suivant la qualité du liquide carburant.
- Afin d’augmenter le chemin parcouru par l’air, les cadres i sont séparés les uns des autres par des cloisons verticales ?», dont les unes sont perforées à la base, et les autres au sommet. L’air suit ainsi le chemin indiqué par les flèches, et arrive complètement carburé à la chambre «, remplie de tournure métallique, pour se diriger ensuite vers le cylindre dans lequel il est aspiré par le piston.
- Le registre q, guidé dans les feuillures r du couvercle s, permet de régler la proportion d’air
- du mélange gazeux; ce registre est actionné à l’aide d’une tige t placée à portée de la main du conducteur, et le ressort u sert à assurer sa fermeture.
- Un chapeau en toile métallique w>, sert à empêcher l’introduction des poussières dans l’appareil pendant la marche.
- CARBURATEUR ELDIN
- Parmi les nombreux carburateurs à pulvérisation qui éxistent à l’heure actuelle, signalons celui que construit M. Eldin. Ce carburateur à niveau constant présente quelques particularités intéressantes.
- L’essence arrive par le tube f dans le récipient a après avoir traversé les toiles
- métalliques h qui retiennent les impuretés, que l’on enlève ensu’te lorsque le besoin s’en fait sentir, par le bouchon à vis^.
- Elle soulève le fl Iteur b qui, lorsque le niveau voulu est atteint, agit par les leviers d, sur le pointeau c qui in orrompt 1 entrée du pétrole. Par le conduit i l'essence vient affleurer à l’orifice m et le ;:é bit peut être réglé par la vis à pointeau / L air aspiré arrive par k provoque l’aspiration de 1 es-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- sence qui se pulvérise par suite de la disposition particulière du pointeau m. Lemé-lange se tamise à travers les toilesmétalliques tp et se rend au moteur par le tube q.
- Un peu au-dessus du pulvérisateur, la paroi métallique est remplacée par un tube en verre épais, o qui permet de voir ce qui se passe dans l’appareil et de régler avec précision le débit de l’essence.
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- Liste les Brevets d’invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Office International pour l’obtention des brevets en France et à l’étranger, 42, boulevard Bonne-Nou-velle, Paris.
- 286 948. — 18 mars 1899. — Société dite Pope Manufacturing Company — Perfectionnements apportés aux véhiculés automobiles.
- 286 977. — 18 mars 1899. — Guénod. — Système de frein à soulèvement plus spécialement applicable aux voitures automobiles.
- 286 980. — 18 mars 1899. — Société Rolland, Vinot et Deguingand.— Dispositif de changement de vitesses pour voitures automobiles.
- 287 039. — 21 mars 1899. — Deckert. — Changement de vitesse et multiplicateur de force applicables aux motocycles et voitures automobiles.
- 287 158. — 27 mars 1899. — Société Crépet et Ratignier. — Perfectionnements aux moteurs à gaz et à pétrole. .
- 287 i7y. _ 24 mars 1899. — Lucas et Villam. — Svstème perfectionné du moteur à explosion.
- 287 194. — 25 mars 1899 — Fricault. — Repose-pieds pour motocycles, dit le Confortable. *
- F 287 378. — 30 mars 1899.— Société Bassée et Michel. — Nouveau dispositif de contacts électriques dans les moteurs à gaz, pétrole, etc.
- 287 417. — 3* mars 1899.— Société Emringer et Marchand. — Système d’appareil permettant remploi de l’acide carbonique comme force motrice.
- P 287 533- — 4 avril 1899. — Giraud. — Moteur à
- uétrole Taureau-
- F 287 379- — 30 mars 1099. — Lavenir. — Mécanisme de liaison à bielles pour essieux brisés de voitures automobiles.
- 287 434. — 1" avril 1899- ~ Société dite : Pope Manufacturing Company. — Perfectionnements apportés aux véhicules automobiles.
- 287 476. — 5 avril 1899. — de Metz. — Disposition nouvelle appliquée aux voitures automobiles en général et aux voitures quelconques.
- 287 492- —4 avril 1899. — Société dite: Pope Manufacturing Company. — Perfectionnements nnnortés aux véhiculés automobiles.
- 287 540- — 5 avril 1899. — Mariolle. — Système perfectionné d’essieu moteur et directeur pour véhicules automobiles.
- 287 608. — 7 avril 1899. — Sevette. — Système de changement de vitesse.
- 287 687. — 10avril 1899. — Turner. — Perfectionnements aux cycles et autres voitures automobiles commandées par des moteurs à essence de pétrole, à essences différentes, ou à hydrocarbures
- 287^693. — U avril 1899. — Hoebner. — Système de véhicule automobile.
- 287 700. — 11 avrl 1899. — Lurquin. — Dispositif d’ombrayage par cônes do friction, applicable aux changements de vitesse et aux changements de marche de tous véhicules automobiles.
- 288 710. — 11 avril 1899. — Partin et Michaux.
- — Perfectionnements apportés aux moteurs à pétrole pour automobiles.
- 287 728. — 12 avril 1899. — New. — Perfectionnements apportés aux voitures automobiles.
- 287 746. — 12 avril 1899. — Rusch. — Voiture automobile.
- 287 785. — 15 avril 1899. — Rambaud. — Nouveau carburateur à niveau et dosages constants, applicable aux moteurs de voitures automobiles ou installations fixes.
- 287 791. — 13 avril 1899. — Lalasne et Gerbeaux.
- — Moteur rotatif spécial pour automobiles et industries.
- 287 806. — 13 avril 1899. — Loir. — Voiture automobiles à deux trains (essieux), moteurs (invention Jenatzy).
- 287 815. — 14 avril 1899. — Coiacy. — Système de transmission hydraulique de mouvement.
- 287 832. — 14 avril 1899. — Heilmann. — Perfectionnement aux bogies automoteurs pour voitures routières
- 287 840. — 14 avril 1899. — Wehrlé.— Système de mise en marche automatique des moteurs à gaz tonnants, spécialement appliqués aux véhicules automobiles.
- 287 852. — 14 avril 1899. - Hermet. — Poignée d’allumage électrique pour motocycles, voitures et voiturettes automobiles.
- 287 869. — 15 avril 1899. — Société. Rene Champly et Cie. — Mécanisme de transmission de mouvement à changement do vitesse.
- 287 891. — 15 avril 1899. — Malvolté. — Dispositif antidérapant pour véhicules automobiles, tricycles, bicyclettes, etc.
- 287 930. —17 avril 1399. — Lufbéry. —Système perfectionné de voiture automobile.
- 287 957. — 18 avril 1899.— Vivinus et Hecht. — Dispositif de tension de courroies de transmission pour véhicules automobiles.
- 287 996. — 19 avril 1899,— Charon et la Société Généralé des industries économiques. — Dishii-buteur de liquide spécialement applicable aux moteurs à pétrole.
- 288 131.— 22 avril 1899. — Fiévet. — Nouveau moteur rotatif fonctionnant par l’écoulement continu ou nen du fluide sous pression.
- 288 129. — 22 avril 1899. — Boivinet. — Nouveau système de mo eur rotatif à pétrole.
- 288 159. — 24 avril 1899.— Doignoo.— Nouveau moteur rotatif.
- 288 002. — 19 avril 1899. — Briest (MM. Pierre, Georges et Eugène) et M. Armand. — Sytéme de poulie extensible spécialement applicable" aux automobiles.
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- Bibliographie
- La librairie Ollendorff vient de publier le livre d’Octave Uzanne sur la Locomotion à travers les âges, avec des illustrations de Courbois. L’auteur passe en revue les véhicules qui ont servi au transport de l’antiquité à nos jours. La partie automobile est assez développée, mais la plume d’un profane s’y reconnaît à plusieurs reprises.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de la Locomotion Automobile g. DESMARIS, 151, aveaae du Roula, Ncuilly-g-Saiie
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- Septième Année.
- N» 2
- 11 J AN VIER UOO
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- .mynp—.1 . I n.i/ujror-TamÊmtmr-T^
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOU RING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR - ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DES-JACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauyeau-Lagarde, 4. — Paris
- ABONNEMENTS POUR 1900
- RECOUVREMENT PAR LA POSTE
- Il peut arriver que les quittances pour 1899 soient présentées à certains de no; abonnés, alors qu’ils viennent de nous adresser directement leur cotisation.
- Comme il est matériellement impossible d’éviter ce contre-temps, à l’cpoque où les renouvellements sont le plus nombreux, nous prions nos abonnés de ne pas se formaliser de cette apparence d’irrégularité, et de refuser simplement la quittance, qui fait double emploi avec le talon de mandat que nous les engageons toujours à conserver comme reçu.
- SOMMAIRE du N° 2
- La question de la Trompe, G. Desjacques.
- Los succédanés du pétrole, Gaston Sencicr.
- Lo dîner du Concours dos Moteurs du 5 janvier 1900.
- Autoinobile-C'ub do Franco : Coupe Gordon-BcnnetL Nouvelles d’Angleterre. Jo)in Harvey. Touring-CIub de Franco.
- Informations : A. C. Norman 1, A. C de Nice Coupe Provinnile, etc.
- La voiture Turgan-Foy Paul Scrrcy. Concours International d’Accumulateurs : Procès verbal sommaire des résul'als du Concours. B bliographic. — Sociétés.
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- LA QUESTION DE LA TME
- On mène en ce moment, dans la plupart des journaux une campagne assez soutenue contre l’emploi de la trempe ou de tout autre avertisseur bruyant. Aussi bien ne p, uvons-nous que l'apptouver puisqu’elle est née chez nous.
- Il a d’ailleurs fallu quelque temps à l'idée pour s’imposer. Elle semble fort simple maintenant : elle fut, par beaucoup traitée de paradoxe quand elle fut émise dans La
- locomotion Automobile et la Revue de Paris en Judlet 1898. Je relis cet article et je constate que ce qui était vrai à ce moment l’est encore maintenant...
- * *
- Le succès de l’exposition d’automobiles, écrivais-je alors, est arrivé fort à propos pour apporter une diversion aux polémiques fâcheuses que de récents incidents avaient soulevées (On se rappelle l’incident Hugues Leroux).
- Depuis quelques mois il se fait une campagne terrible contre les automobilistes, les chauffeurs, les chauffards ! comme on les appelle. Des voix se sont élevées, et ont jeté l’anathème sur ces écraseurs, qui jusqu’.ci n’ont, par bonheur, pas écrasé grand monde. Des représailles terribles ont été annoncées par des pictou istes farouches. (Maintenant, on commence à dire piètards). Comme toujours, il y a eu des paroles excessives prononcées de part et d’auire. Mais il est un fait certain, c’est que les chauffeurs vont trop vite à Paris, que leur passage effraie les chevaux et que la police se reconnaît jusqu’ici inhabile à' empêcher ces inconvénients.
- Quelques chauffeurs prétendent avoir lè droit d’aller trop vite ; ils oublient que la liberté de l’un s’arrête où commence la gêne de l’autre. Ils disent encore que s’il arrive des accidents, ce n’est pas, le plus souvent, parce qu’ils entrent en collision, mais parce qu’ils .effraient les chevaux ; et que ce sont donc les propriétaires dé chevaux qui ont tort d’avoir-des chevaux peureux.
- Ce n’est pas là parler sérieusement, car Je cheval le plus calme peut prendre peur soudainement
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- et, d’ailleurs, certains accidents auraient pu être évités parle conducteur s’il s’était arrêté plus vite.
- Il s’agit donc de trouver un moyen d’empêcher les chauffeurs de marcher trop vite, et de passer, au risque d’effrayer les chevaux, par un passage trop étroit. La Préfecture a demandé au ministre des travaux publics de faire apposer sur les voitures de gros numéros qui permettent de constater plus aisément la contravention. Cetîe proposition tant plaisantée a un caractère vexatoire qui en rend l’adoption difficile.
-
- Mais est-il donc si nécessaire de prendre des mesures répressives contre les chauffeurs ? Constituent-ils une race à part, une race différente de celle du piéton ou du cocher ? Les chauffeurs sont ou seront tout le monde : vos amis aujourd’hui, vous-même demain. Désirez-vous écraser votre prochain ? Dès que vous aurez le levier en mains, perdrez-vous toute prudence et tout sens moral ? Cela est invraisemblable.
- Il est vrai que quelques écervelés se laissent emporter par la griserie de la vitesse, la célérité, comme on dit pour caractériser cette nouvelle maladie, que des hommes fort raisonnables, et qui pestent volontiers contre les vitesses exagérées, s’amusent presque inconsciemment, une fois montés sur leur automobile, à frôler les voitures et à terroriser les passants, et qu’en général le chauffeur se croit trop sûr de sa direction et de ses freins. Le piéton dit: « Est-ce assez ridicule d’aller si vite, au risque de m’écraser !» Et le chauffeur riposte : « Je saurai bien l’éviter. Pourquoi s’occupe-t-il de moi ? »
- *
- Mais pourquoi, justement, le piéton s’occupe-t-il tant de l’automobile ? Parce qu’elle signale son approche par des mugissements terribles ; le chauffeur est armé d’une trompe dont les avertissements répétés effrayent les plus braves, d'autant plus que le public n’est pas eucore habitué à évaluer de loin ia vitesse d'une automobile, comme il évalue celle d’une voiture a’après l'allure du cheval.
- Ici se produit un malentendu. La Préfecture, dit le chauffeur, nous oblige à avoir une trompe qui s’entende de loin : donc nous avons le droit d’aller plu» vite q te le» autre; voitures. Si elle l’exige, ce n’est pas à cause de nos pneumatiques, puisque les autres voitures à pneumatiques ne sont astreintes qyj’au grelot ; pourquoi donc l’exige-t-elle?EUe nous force à avoir des freins puissants, à savoir nous arrêter si court qu’aucun cheval n'en pourrait faire autant. Elle impose à nos voitures et à nous des examens rigoureux dont est dispensé le jeune homme qui conduit deux chevaux fringants et qui n'est pas capable de les maîtriser s’ils s'emballent ; il peut marcher, lui, à toute allure, faire facilement du seize à l'heure, et nous, on nous réduirait au douze à l’heure.
- Pour enlever au chauffeur ses arguments, qu’on interdise aux automobiles de se servir, dans Paris de la trompe. Laissons la corne aux tramways,
- qui r.e peuvent pas se détourner de leur chemin. Le chauffeur cède au plaisir de descendre l’avenue des Champs-Elysées à toute allure, parce qu’il lui suffit de corner pour voir des files de voilures s’ouvrir devant lui, et les piétons s’arrêter au bord du trottoir, attendant qu’il ait passé. Privé de sa trompe, il ne se lancera que si la voie est libre ; s’il aperçoit des voitures, des piétons, il ralentira car il n’a nullement le désir de tout écraser et il redoutera les risques d’une allure trop rapide. Si des voitures sont devant lui, il prendra la file et attendra un passage.
- Dans l’esprit de l’auleur du règlement, la trompe était une sauvegarde pour le piéton. Dans l’esprit du chauffeur, elle est devenue un instrument destiné à déblayer le chemin. Les cochers'et les piétons l'admettent, ét le chauffeur prend peu à peu l’habitude d’aller trop vite parce qu’on lui cède le pas. A marcher aussi vite qu’on peut quand la voie est libre, on ne risque que sa propre sécurité ; à ne pas pouvoir aller vite quand la route est encombrée, on sauvegarde la sécurité des autres. Peut-être la suppression de la trompe contraindrait-elle le moins sage à plus de prudence. — Que ceux qui trouveront cette idée paradoxale proposent un meilleur moyen : ils rendront service à une industrie naissante, dont la mauvaise humeur du public risquerait de compromettre l'avenir.
- * *
- Voilà ce que nous disions et l’on voit que, a notre grande satisfaction, l’idée se répandit peu à peu. Dans ses « Fagots » du Temps, Sarcey approuva fort l’idée lancée par La Locomotion Automobile et, la reprenant écrivait à son tour :
- « Le chauffeur cède .au plaisir de descendre l’avenue des Chimps-Elysées à toute allure, parce qu’il lui suffit de corner pour voir des files de voitures s’ouvrir devant lui et les piétons s’arrêter au bord d.s t.ottoirs, attendant qu’il ait passé. Sa trompe lui crée un droit ou tout au moins un état d’esprit propice à l’écrasement des passants.
- « Laissons la corne aux conducteurs de tramways, qui, ne pouvant se détourner de leur chemin, ont absolument besoin qu’on s’écarte pour leur livrer passage.
- « Otons sa trompe au chauffeur; il ne se lancera plus eu avant que si la voie est libre; s’il aperçoit des voitures ou des piétons, il fera ce que font les cochers de maître, alors qu’ils marchent à toute vi*es-.e, il ralentira son allure; car il ne saurait avoir le désir de tout écraser; ce plaisir lui reviendrait trop cher. Si des voitures sont devant lui, il fora comme les camarades, il prendra la file et attendra un passage.
- *
- Puis ce furent des articles de Franz Rei-chel dans le Vélo, et d’autres confrères dans les Petites Annales, M. Forestier la reprit dans un rapport qu’il fit quelque temps après sur la circulation dans Paris, et que
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- ques autres encore dont l’approbation immédiate montra que l’idée avait du bon. Franz Reichel revint à la charge il y a trois mois dans ce même Vélo :
- D’où vient au chauffeur tant d’audace?
- De l’appareil avertisseur 1
- Oui, de l’appareil avertisseur, trompes, grelots ou timbres tous bibelots dont l’utilisation légale est la cause de tous les maux.
- De prime abord, cela peut' paraître paradoxal, et cependant... réfléchissez, et vous reconnaîtrez alors que l’ennemi o’est l’avertisseur, cet avertisseur que les faiseurs de lois ont prescrit pour as surer — ô ironie ! — la tranquillité d’autrui.
- Lorsque le pédard et le chauffard ont nanti bicyclette ou automobile d’une trompe ou d’un o-relot, ils sont lorts, ils se sentent aussitôt à même de se livrer aux plus écrabouillantes fantaisies.
- Articles de journaux, pétitions, réclamations, plaintes au préfet de police, au procureur de la République, poursuites judiciaires, condamnations, la prison, les dommages-intérêts, rien n’a pu mettre à la raison la gent pédarde et chauf-farde. Envers et contre tous, ceux de la première ou de la seconde espèce continuent la triste série de leurs stupides exploits. On a tout essayé, on a tout tenté; rien n’a abouti...
- Et cependant il reste encore une mesure à prendre... supprimer l’appareil avertisseur
- La suppression de l’avertisseur, voilà la solution! De prime abord, la proposition vous a une allure passablement incohérente... Ce n’est qu’une apparence.
- Je l’ai dit, je le répète, je l’affirme : les pédards et les chauffards n’ont pour toute raison d’être que le bruit et l’impunité qui pour eux résulte du premier. Supprimez la cause, vous supprimez l’effet, et devenus silencieux et responsables, pédards et chauffards disparaîtront aussitôt...
- * +
- Et maintenant, l’idée si Longue à prendre racine, n’a plus qu’à se développer. Elle a fini par s’implanter et le paradoxe est presque devenu un lieu commun. Ce n’est pas que la solution proposée supprime tous les inconvénients : rien ne peut être parfait. Il s’agit seulement de savoir si le remède est un moindre mal. Supprimer tous les inconvénients, comment le pourrait-on ?
- Quand une voiture de maître arrive sur vous, fût-elle munie de pneumatiques vous vous rendrez compte de son allure par le bruit que fait la cadence du cheval.
- Pour les automobiles, rien de pareil.
- En plein jour cela va encore ; on voit de loin si la voiture va lentement ou vite. Mais où la chose devient difficile, c’est le soir lorsque vous voyez ces 2 ou 3 yeux fulgurants, en général un vert et un ou même deux feux blancs qui représentent une automobile Les lanternes plus puissantes que celles de la majorité des voitures vous font
- illusion sur la proximité du véhicule. On s’arrête, on attend qu’il ait passé et on constate en général que l’on aurait eu largement le temps de passer soi-même. Bien heureux encore quand on ne cède pas respectueusement le passage à une automobile.... arrétéë au bord du trottoii et dont le clignotement des lanternes, provoqué par la trépidation du moteur, faisait croire qu’elle était en marche.
- Et ce feu vert de la Préfecture, le croit-on bien pratique. Son principal résultat est d’empêeher le conducteur de voir devant une de ses roues, à moins de se résigner à avoir 3 lanternes, deux pour être en règle, et une au milieu, pour y voir clair. Aussi voit-on maintenant des lanternes dont le verre porte une bande verte, ou un rond veit. Bientôt ce sera un point vert. Qui. nous dira la limite de ce que la Préfecture appelle un feu vert ?
- * *
- Je veux pour terminer, citer quelques passages d’une lettre que je reçois à propos de l’avertisseur et qui montre bien que l’on ne peut satisfaire tout le monde.
- ... Vous devez être satisfait de voir l’idée que vous avez lancée adoptée maintenant par tout le monde. Mais avez-vous bien songé aux multiples inconvénients qui résulteraient de la suppression de la trompe ?
- Permettez-moi de vous en signaler quelques-uns.
- Comment crierez-vous assez fort pour être entendu, et surtout pour que les cochers ne puissent faire semblant de ne pas vous entendre ?
- Comment obtiendrez-vous le passage des charretiers dormant sur la route ? Même sans y mettre de mauvaise volonté spéciale ils pourront ne pas entendre ?
- Comment avertirez-vous les voitures venant en travers à un croisement de rues ?
- Faire comme les autres, dites-vous, c’est-à-dire, en somme, faire comme les fiacres : est-ce là le progrès et, parce que les fiacres ont le droit de nous véhiculer à 8 à l’heure est-ce que nous devons ne jamais aspirer à marcher plus vite ?
- Et vous-même n’avez-vous pas reconnu qu’il était bon que les autres chauffeurs eussent une trompe. Quand une antomobile marchant plus 'vite que la vôtre vous rejoint n’est-ce pas sa trompe seule qui vous engage de serrer la droite pour la laisser passer et n’est-il pas vrai que sans la trompe vous ne l’eussiez nullement entendue venir ?
- Et les piétons qui semblent sourds et se feront un malin plaisir de ne pas céder au « hop » lancé par une voix féminine ou simplement peu entai-née à crier en plien air...
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- Mon interrogateur semble un peu dévier de la question. Il s’agit de la circulation dans Paris, il ne s’agit pas du tourisme.
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- Ceci répond déjà à quelques questions. De plus ce n’est pas du 8 à l’heure qu’il faudra faire dans beaucoup d’endroits. Quand on choisit les grandes voies, exception faite pour les voies à « bâton blanc », on peut facilement, et l’expérience en est aisée, faire du 14 à l’heure sans avoir à user de la trompe. Quant aux croisements de rue: il deviendra nécessaire de virer tout doucement, cela est certain, mais, après tout, je ne vois pas trop où sera le mal ; c’est là que se produisent tous les accidents. Ils seront évités, c’est ce que nous nous proposions.
- G. DESJACQUES.
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- LES SUCCÉDANÉS DU PÉTROLE
- Un des incidents Iss plus intéressants et les plus imprévus du Concours de Moteurs a été l’entrée en scène inopinée d’un hydrocarbure nouveau, non dérivé du pétrole et que l’expérience a prouvé être parfaitement apte à faire marcher les moteurs aussi bien que l’essence classique.
- La consommation n’est pas plus élevée, à puissance égale. Par contre l’odeur est différente. Rassurez-vous, elle n’est pas plus agréable que celle du pétrole mal brûlé, telle qu’on peut la savourer journellement dans la rue, en pa'sant derriêrè les autos. Elle n’est pas plus désagréable. C’est autre chose. C’est déjà un résultat.
- Le gros point, c’est que, d’après les renseignements qui nous ont été fournis, ce nouvel hydrocarbure coûterait environ moitié moins que ne coûte l’essence actuellement en usage et quhl existerait en assez grande quantité dans l’industrie pour qu’on n’ait pas à craindre, de longtemps, son renchérissement. Cela serait à considérer. Tant que l’automobile n’a été qu’un sport de millionnaires ou de professionnels, et tant que les moteurs de voitures n’ont eu que quatre ou six chevaux, la question dépense de combustible a été généralement considérée comme négligeable. L’entrée en «cène des moteurs puissants, qui dévorent des hectolitres de pétrole dans leur journée, a commencé à attirer l’attention sur la mauvaise utilisation actuelle du combustible dans les véhicules sans chevaux. Le renchérissement subit do l’essence a stimulé le zèle des chercheurs et maintenant l’on commence à se demander sérieusement s’il n’y a pas beaucoup à faire dans cette voie. Il y a d’abord de l’alcool, déjà expérimenté l’an dernier, dans des conditions climatériquos déplorable, lors de l’épreuve spécialement organisée par le Vélo. Ce n’est qu’un début et il est très probable que l’alcool, employé seul ou mélangé à des hydrocarbures, donnera bienôt des résultats intéressants.
- Ce jour là on arrivera sans doute à vaincre la routine des administrations françaises et à obtenir la possibilité de réaliser cet emploi industriel de de l’alcool. Les chinoiseries vexatoires de notre régie seront remplacées par une législation copiée sur a législation allemande et se résumant ainsi : très grande liberté tempérée par des pénalités écrasantes en cas de fraudes dûment constatées. En Allemagne il est très facile de frauder sur l’emploi de l’al-
- cool dénaturé. La dénaturation de l’alcool est per mise à tout le monde, sous réserve de formalités très simples à remplir. Par contre, comme chaque contravention entraine jusqu’à 12 500 francs d’amende, on ne fraude pas plus qu’en France. On y fraude môme beaucoup moins. C’est sans doute de l’autre côté du Rhin que nous verrons les premières alcoolautomobiles prendre possession des routes.
- En dehors de ffalcool il y a bien d’autres hydrocarbures possibles, soit dans la série des produits de distillation des goudrons de houille, soit ailleurs. Des essais, autres que ceux du Concours des Moteurs, ont été déjà tentés dans cet ordre d’idées et ont donné des résultats plus qu’encourageants. Etant donné que des recherches de ce genre sont très faciles à faire, puisqu'il suffit d’un tricycle à pétrole pour les mener à bonne fin, il est probable que les grands distillateurs de goudron de houille voudront bien se donner la peine d’étudier cette nouvelle utilisation possible de quelques-uns de leurs sous produits.
- Et alors se créera une concurrence qui aura le grand avantage de faire baisser le prix de vente et en m'mo temps de créer dos industries nouvelles. On en arrivera à faire marcher les voitures avec de l’alcool de pommes de terre ou de l’alcool de maïs, avec du toluène ou d’autres drogues analogues. Il y en aura pour tous les goûts et pour toutes les bourses.
- Vision d’avenir ou rêve? Qui sait?
- Gaston SENCIER.
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- LE DUR DU CONCOURS DE MOTEURS
- du 5 janvier 1900
- La Locomotion automobile réunissait vendredi dernier en un banquet amical, non pas tous ses amis, ils auraient été trop nombreux, mais quelques amis et quelques constructeurs pour fêter la clôture de son Concours des Moteurs.
- Soixante-dix convives avaient répohdu à notre appel. L’invitation nous parlait d’uno soirée amicale et sans cérémonie. Nous étions tous, en effet, entre amis, et c’est dire si le dîner a été joyeux. Jamais la locomotion automobile qui a pourtant la prétention d’être dans le train, n’avait eu de fête plus en train. Les salons -du restaurant Ronceray en garderont, sans nul doute, le souvenir et l’écho.
- Parmi les convives citons :
- MM. Hospitalier, Malicet, Blin, Vuillemot, Des-jacques, Emmanuel Aimé, Gaston Sencier, Knap, A. Rodanet, Pilliard, Joubert, Bourlet, Deschamps* Perrin, Delasalle, Sarrey, de Leyma, Darras, Desmares, Mas^iou, Amy, de Lafreté,Wimille, P. Rousseau, Mouillac, Reichel, Minart, M. Martin, Laîné Laveur, Chéreau, Dalifol, Pougnaud, Longuemare*, Brandon, Restorf, Vinet, Airault, Deckert, D. Augé, Hommen, Dumas, Le Maire, Lacarrière, Hautier* Chauveau, Briot, Quérey, Bezançon, Buchet, Gasté, Bouché, Ernault, Chameroy, Ernst, Favadat, Pé-tréano, Elaus, etc.
- Un grand nombre de personnalités s’étaient excusées de ne pouvoir accepter notre invitation, empêchées par leur éloignement de Paris, des obligations de familles et des invitations antérieures. Citons : MM. le baron de Zuylen, Ballif, Pierre Giffard Aimé Witz, Ringelmann, Boyer-Guillon, etc.
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- D’une table à l’autre les propos joyeux et scientifiques (n’oublions pas que nous étions des gens sérieux !) s’échaDgent.
- Puis c’est l’heure des toasts amicaux et bons enfants, de M. Vuillemot, notre directeur, de M, Hospitalier, président du Concourt de Moteurs, de notre rédacteur en chef G. Desjacques et enfin de notre collaborateur Emmanuel Aimé qu’on force à se lever, et qui boit à l’union future de la locomotion aérienne avec la locomotion automobile
- « On traite de fous ceux qui croient à l’aviation, nous dit-il, il y a sept ans quand se fondait la Locomotion automobile, on traitait de fous ceux qui y croyaient. Je bois aux fous, termine-t-il, à nous tous ! »
- Un concert improvisé —et qui n’en était que plus amusant — a joyeusement terminé la soirée. Gëor-gia Knap, qui possède les talents les plus variés, a énormément amusé son auditoire par les fantaisies les plus imprévues. Séanco d’ombres chinoises, scènes d’imitation, prestidigitation, rien n’y a manqué. A noter d’autres artistes amateurs, non moins gais, parmi lesquels M. Chameroy, magnétiseur émérite, M. Maurice Malicet, mono'.oguiste, notre aimable collaborateur Hospitalier qui a révélé une vocation absolument extraordinaire pour la panto mime, et la joyeuse soirée a fini par un punch ou l’on a bu une dernière fois à l’avenir de la locomotion automobile.
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- AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- Aux membres à venir de l’Automobile Club nous rappelons que pour les nouveaux candidats il y aura dôsorma;s double cotisation la première année, c’est-à-dire qu’à la somme actuellement annuelle de 200 francs s’ajoute désormais un droit d’entrée de pareille somme.
- Si bien que la première annéo coûte à présent 400 francs.
- * *
- Aux membres en exercice, nous rappolons qu’à dater de ce jour ’e prix du dîner au cercle est porté à 8 francs pour les invités.
- Autrefois il n’y avait personne : à présent il paraît qu’il y a trop de monde. On sélectionne.
- # #
- La Coupe Gordon-Bennett
- Suivant les termes du règlement de la Coupe Gordon-Bennett, le délai accordé aux clubs étrangers pour leur engagement dans l’épreuve expirait le 31 décembre 1899. On est donc fixé d’une façon définitive aujourd’hui sur les nations concurrentes ayant relevé le défi de l’A. C. F. dans les conditions exigées.
- Quatre pays ont manifesté l’intention de disputer la Coupe à l’Automobile-Club de France. Ces quatre pays seront représentés par une équipe de chauffeurs pris parmi les membres do l’Automobile-Club d’Amérique, l’A. C. d’Allemagne, l’A. C. de Belgique et l’A. C. d’Italie.
- Attendons-nous donc à une lutte des plus passionnantes entro les différents champions de chacune de ces nations.
- La Belgique Automobile nous apprend que les concurrents désireux de représenter la Belgique à
- la Coupe Gordon Benpett devront courir dans une course éliminatoire.
- « Le Conseil d’administration de l’A.C.B., dit notre confrère, moins intransigeant que l’A.C.F., va suivre l’excellent conseil donné par Debray et qualifiera, pour disputer la Coupe, les coureurs belges qui se classeront premiers dans la coursq Paris-Bordeaux, »
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- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- Depuis prés d’un mois il n’ÿ a eu rien d’intéressant à signaler dans notre vie Automobile en Angleterre sauf la formation do la Motor Trades Association une fôlêration commerciale dont l'exis-tenco est le résultat d’une dissension interne à l’Automobile-Club. Un grand nombre do fabricants se sont élevés contre la politique du groupe « Amateur » du cercle et ils ont fondé cette nouvelle Association pour défendro leurs intérêts professionnels. Monsieur Harry Lawson, qui a déjà lancé plusieurs sociétés automobiles en est le président. J'espère pouvoir vous envoyer les statuts la semaine prochaine.
- *
- M. E !go, l’administrateur-délégué de la Société anglaise de Dion, m’a dit l’autre jour que quoiqu’il ait vendu beaucoup do tricycles, le quadricycle ne prend pas en Angleterre et la plupart de ses clients attendent la mise en vente à Londres de la voitu-rette do la maison française. Monsieur Edge se. fait construire une Napier pour la course Paris-Bordeaux : il espère so tirer très bien d’affaire mais il n’est pas si vaniteux que de eroire qu’il remportera la victoire sur les très puissants champions de la France. C’est un ingénieur accompli et au point de vue d’athlétisme et do courage il ne laisse rien à désirer.
- M. Jarrot qui commencera ses batailles contre nos amis d’Outre-Manche dans la course Paris-Roubaix, part pour l’Amérique avec l’intention de montrer à nos cousins, sur les pistes de New-York, ce que peut fairo un tri à pétrole. Comme son voyage ne sera pai seulemost un voyage d’agrément en “busines» man ” il prend avec lui des voitures Daimler.
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- Il est très à regretter que l’A.C.G.B. n’ait pas pu trouver de représentants pour la coupe Gordon-Bennett, surtout qu’une lutte sérieuse est absolument nécessaire pour le progrès de la nouvelle industrie en Angleterre. Nous sommes trop égoïstes, trop insulaires. « Ce que les autres font », nous nous disons « nons le ferons aussi — peut-être mieux ». Il y a du vrai là-dedans : L’Angleterre ne se trouve pas souvent la dernière de la classe, mais il faut admettre que dans l’Automobilisme elle est très « mauvaise troisième » derrière la France et l’Allemagne. Les fabricants sont satisfaits des certificats ridicules des 100 milles de l’Automobile Club et en font déjà un abus sérieux. Toute voiture qui a pu faire un parcours de 150 kilomètres en 7 heures plus ou moins bien, est “ la meilleure voiture en vente en Angleterre parce qu’elle a obtenu le certificat, etc., etc., etc. ”, avec des chiffres qui effrayeraient quiconque n’est pas mathématicien.
- John HARVEY,]
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- Le Conseil d’administration a tenu séance vendredi dernier. On a procédé à l’élection du bureau pour 1900. Les membres sortants ont été réélus. On s’est occupé de la « Chambre hygiénique « du pavillon du T. C. F. à l'Exposition. Le Conseil a enfin voté deux sommes de 5.000 et 3.000 francs en faveur de la caisse des cantonniers et des bourses de voyage.
- * *
- Samedi dernier a eu lieu le bal des cantonniers avec un éclat et un succès sans pareil. Le ministre des travaux publics empêché d’y assister s’étaiifait excuser et représenter par un des attachés de son cabinet. Le dévoué président du T. C. F. M. Ballif portait au cou la croix de commandeur du Nicham Iftikar, grade auquel il vient d’être récemment promu. Parmi l’assistance, un grand nombre de personnalités connues. Le bal a été non-seulement brillant, mais fructueux, le bénéfice qui revient à la caisse des cantonniers, s’étant élevé à 4.000 francs environ.
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- INFORMATIONS
- Les accidents. — Le Vélo qui a entrepris le résumé des accidents de chaque mois vient de publier le bilan de l’année.
- En 12 mois les chevaux ont fait 628 morts et 6 556 b’essés.
- En 6 mois les automobiles ont fait 9 morts st 164 blessés Pendant la période correspondante, les chevaux ont eu à leur passif 437 morts et 4 388 blessés.
- Automobile-Club Normand. — Une réunion des chauffeurs d9 la région de Rouen avait décidé la fondation d’un Club-Automobile. Les statuts ont été élaborés et l'assemblée générale se tiendra le 19 janvier prochain à la brasserie de l’Époque à Rouen à 8 h. 1/2.
- Le? personnes qui désirent y assister sont priées de s’adresser à M. Bridoqx, 21, lue Pavée à Rouèn. Tout membre inscrit avant l’assemblée à lo titre de membre fondateur et est dispensé du droit d’entrée.
- Records de bicyclette à pétrole. — Le coureur A. Fossier s’est mis en piste samedi dernie au Parc des Piinces, pour établir sur sa bicyclette à pétrole quelques records, Il était chronométré par M. Gaudichard.
- . Les records précédents n’ont été battus qu’à par? tir de 10 kil., couyerts en 8 rp. 40 s.; les 20 kil. en 17 m. 1 s. 2/5. Malheureusement une crevaison de pneumatique a obligé Fossier à s’arrêter après avoir parcouru 21 kil. La moyenne dp marche a été de 71 kil. à l’heure ; certains tuurs ont ôté parcourus à 80 à l’heure.
- Les usines Falconnet-Pérodeaud et Cie. —
- Ponr satisfaire aux demandes de plus en plus nombreuses qui lui sont faites, la Société Falcon-
- net-Pérodeaud et Cie a considérablement agrandi ses usines de Choisy-le-Roi, afin de livrer très rapidement tous les bandages pleins, creux, pneumatiques qu’ils fabriquent et en particulier le « Com-pound ».
- La circulation des automobiles en Italie. —
- La commission nommée par M. le ministre Lacava, pour rédiger un règlement spécial sur la circulation des automobiles, a, après une longue discussion, décidé qu’avec la nouvelle année, tout chauffeur devra être possesseur d’un certificat de circulation dûment légalisé par MM. les préfets, tandis que les automobiles seront suivant leurs formes et dimensions, classées en différentes catégories.
- Voilà une nouvelle qui certes ne sera pas accueillie avec enthousiasme par les chauffeurs italiens, mais qui prouve que l’automobilisme se développe bien chez nos voisins, puisque les autorités sentent le besoin de réglementer la circulalion.
- La Coupe de l’A. V. C. N. — Nous avons déjà annoncé que M. Paul Chauchard, le zélé vice-président de l’A. V. C. N., avait offert une coupe à son club pour être disputée entre ses membres.
- Cette coupe qui portera le nom de l’A. V. C. N. se disputera daus le courant du mois, le 28 janvier ou le dimanche suivant, snr le parcours suivant (210 kilomètres) :
- Départ de Nice, Pont de la Manda, Vence,Prè-du-Lac, Villeneuve-Loubet, Cagnes, Pont-du-Var, Puget-Théniers, Entreva x et retour à Nice.
- Un arrêt d’une demi-heure sera obligatoire à ’En-trevaux pour éviter le croisement des concurrents.
- Les deux premiers engagés pour cette épreuve sont MM. le prince Drucki-Lubecki et Jellineck, la voiture de ce dernier sera conduite par M. Des-joyeaux.
- La Coupe Provinciale. — En vue de la Coupe Provinciale qui sera organisée dans la plaine de Salon à Arles, avec le concours de l’A. V. C. de Salon, une réunion des dirigeants des Clubs de la région aura lieu à Marseille vers la fin janvier au siège de l’A. C. M.
- Un Club automobile d’amateurs. — Quelques membres du Cercle de la Voile do Paris et de l’Automobile-Club de France vont fonder, sous le nom de Rallye-Auto, une Société deslinéo à grouper les amateurs d'automobilisme et à organiser des réunions et des concours intimes, ne considérant que le pur amateurisme, en laissant à l’Automobile-Club de France son rôle puissant de feociétê ci’Encouragement â l’industrie automobile.
- Au nombre des fondateurs : MM. Brault, l’agent de change, Pottier, propriétaire des Trois-Quaruers, Legru, possesseur du magnifique yacht la Susort, de Neuflize, Vallon, Doucet, etc.
- Les statuts du nouveau club sont déjà établis et nous savons que l’admission y sera des plus difficiles. Il y aura maison de ville et maison de campagne, cette dernière sur les bords de la 8eine, à Meulan, à côté mémo du Cercle de la Voile.
- Espérons que ce nouveau club ne se bornera pas à encourager l’automobilisme sur terre et se souviendra qu’il dérive d’un Corc.e Nautique pour donner à l’industrio des canots et yachts automobiles, les encouragements qu’elle mérile.
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- LA VOITURE « TURGAN-FOY »
- Les vraies nouveautés en fait de voitures à pétrole se font de plus en plus rares ; aussi les dispositifs que nous signalons au lecteur ne sont-ils en général, que des perfectionnements de détail, le moteur proprement dit restant ordinairement la copie, plus ou moins judicieusement modifié, du
- « Daimler » ou de son dérivé le « Phénix ». Nous venons signaler aujourd’hui un agencement tout particulier, une disposition originale qui fait de la voiture Turgan-Foy une vraie nouveauté dont la caractéristique est un moteur à arbre vertical, actionné par deux cylindres moteurs horizontaux opposés, placés à l’avant du véhicule.
- Pourquoi les constructeurs, MM. Turgan et Foy ont-ils disposé les arbres moteurs verticaux ?
- Fig. 1 et 2. — Demi-coupe en profil et en plan du moteur de la voiture Turgan-Foy
- Parce que le vibrations, au lieu de se faire sentir en cadence sur les ressorts, agissent dans un plan horizontal sur tout l’ensemble du châssis de la voiture : les arbres étant verticaux, le volant tourne dans un plan horizontal et l’inertie de l’ensemble (volant et châssis) absorbe les quelques trépidations qui ne sont pas annihilées par la disposition même des deux cylindres moteurs opposés, avec manivelles calées à i8o\
- Le moteur en élévation, plan et 1/2 coupe est reproduit par nos figures : il comporte deux poulies de commandes ii et un grand volant horizontal v ; le corps
- des soupapes, ainsi que la culasse des cylindres sont refroidis avec soin par des ailettes rationnellement disposées sur leur pourtour.
- Comme dans les moteurs à quatre temps ordinaires, les soupapes d’admission s’ (inférieures) sont automatiques tandis que celles d'échappement s (supérieures) sont commandées par un excentrique unique m, calé sur l’arbre du volant avec V ielles spéciales, munies chacune d’un écrou de réglage.
- L’allumage du moteur est électrique : c’est le meilleur système, le plus commode
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- et b plus ordinairement employé, comme l’on sait.'
- Les bielles motrices actionnent les vile-
- brequins de deux arbres parallèles par l’intermédiaire de deux roues dentées qui sont calées à leur extrémité supérieure ; celles-ci
- ' Il
- Fig. 3 et 4. — Châssis des Voitures Turgan-Foy : Élévation et Plan
- entraînent un troisième pignon intermédiaire d’un diamètre double calé sur l’arbre du volant ; les deux moteurs sont ainsi
- strictement conjugués.
- Le carburateur étant accolé à la face arrière des cylindres moteurs, l'ensemble occupe fort peu de place et peut être facile^-ment dissimulé dans un coffre léger placé.à
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- l’avant de la voiture. La figure 4 montre d’ailleurs la disposition très simple de l’ensemble du châssis.
- Pour 4 chevaux i[2 de force, les deux cylindres ont 80 m/m de diamètre pour [oo m/m de course : vitesse de 1,200 tours à la minute en moyenne.
- Sur l’essieu d’arrière est un carter renfermant les engrenages de changement de vitesse et le différentiel : la transmission est
- un système mixte par courroies et engre nages, participant aux avantages des systèmes sans en avoir les inconvénients. On sait, en effet, que les transmissions par engrenages ordinaires présentent l’inconvénient des ruptures de dents et produisent un bruit désagréable bien connu, lorsqu’en cours de route on passe d’une vitesse à une autre. Si on y remédie par l’emploi de simples courroies, on se trouve alors gêné par
- Fig. 5. — La Voiture Turgan-Foy.
- l’encombrement des poulies-cônes étagées et par l’impossibilité d’obtenir avec une seule courroie le renversement de la mar-
- Fig. 6. — Schéma du montage du moteur sur le châssis.
- che. On combine ici les 2 systèmes (courroies et engrenages), en transmettant de l’avant à l’arrière le mouvement des moteurs par 2 longues courroies à des systèmes de poulies (fixe et folle) de même diamètre,
- montées sur un arbre intermédiaire portant les engrenages de changement de vitesse. Chaque courroie de commande donne deux vitesses différentes, car si une paire d’engrenages étant en prise, l’une des courroies est laissée sur la poulie folle, tandis que l’autre provoque la rotation de l’ensemble, la voiture se mettra en marche à une vitesse déterminée; une seconde vitesse correspondra à la mise en action de la courroie précédemment inactive, puisque les diamètres des poulies sont inégaux deux à deux. Les mêmes manœuvres donneront encore deux autres vitesses si l’on embraye la seconde couronne dentée du différentiel. On peut donc obtenir 4 vitesses différentes par la manœuvre de 2 leviers : l’un provoque l’embrayage de l’arbre intermédiaire d’arrière et donne à volonté 2 vitesses différentes; l’autre levier commande deux fourches entre lesquelles passent les courroies et qui les font glisser alternativement des poulies folles sur les poulies fixes (de même, diamètre). Ce second levier a 2 positions différentes qui, combinées avec celles du levier d’embrayage, donnent ainsi 4 vitesses à volonté.
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- Le châssis très léger, en tubes d’acier, est monté sur des ressorts fixés à 2 essieux également en tube», qui sont portés par des roues de cycles, à pivot, avec gros pneus : il peut recevoir une caisse de forme quelconque.
- Les appareils de conduite se compose.,t du volant de direction, de 2 freins à pédale, d’un commutateur, des 2 leviers de changements de vitesse et d’un mouvement en renvoi de sonnette faisant varier l’avance à l’allumage et par suite la vitesse de rotation du moteur 5 les bobines et les accumulateurs, logés dans la caisse, sont très facilement accessibles. Le volant de la direction (irréversible) actionne une vis sans fin et une crémaillère reliée par tringles aux 2 roues d’avant directrices.
- On peut, grâce à la puissance du moteur, bien refroidi, bien disposé et équilibré, at-
- teindre facilement la vitesse de 40 kilom. en palier. Le poids total d’une voiture à 2 places varie de 225 à 250 kgs.
- Les voitures Turgan-Foy, engagées dans Paris-Ostende et dans Paris-Boulogne et conduites par M. Filtz, le distingué directeur des ateliers, sont arrivées l’une 4' à Ostende, l’autre 5* à Boulogne et ont rempo-té les 2* et y prix d’élégance.
- Nous ne mentionnerons aujourd’hui que pour mémoire les véhicules à vapenr (omnibus ou tracteurs) munis de générateurs Tur-gan à chauffage au coke ou aux huiles lourdes ; nous terminerons en disant que les mêmes ateliers construisent un tricycle à pétrole, dont le moteur est constitué par l’un des cylindres du moteur de 4 ch. 1/2, développant ainsi une puissance considérable par rapport aux modèles connus.
- Paul SARREY.
- ---------♦--------
- AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- CONCOURS INTERNATIONAL D’ACCUMULATEURS
- Procès-verbal sommaire des résultats du Concours
- Le concours de fiacres organisé en juin 1898 par l’A. C. F. a fourni des renseignements fort intéressants sur la puissance et l’énergie électriques consommées par les différentes voitures dans les conditions de vitesses, de rampes et de terrains les plus variées, mais il n’a rien appris sur la valeur relative des accumulateurs employés.
- A la suite de ce concours de fiacres, plusieurs membres de la Commission ont pensé qu’un concours d’accumulateurs était le corollaire obligé du concours de fiacres. Sur la proposition de M. Jeantaud, le Comité de l’A. C. F. a sanctionné les vœux de la Commission du concours de fiacres, en nommant une Commission spéciale chargée d’organiser le concours d'accumulateuis.
- Cette Commission est ainsi composée :
- Président : M. G. Forestier.
- Vice-Président et Rapporteur : M. E. Hospitalier.
- Secrétaire : M. le comte G. de Chasse-loup-Laubat.
- Membres : MM. Amiot,Bixio,Bouhey, Bour-dil, Brault, Broca, de Clausonne, Delattre, Deprez, Eschwège, Falconnet, Gourdon, Hérard, Jeantaud, Jenatzy, de Knyff, Krebs, Kriéger, comte de La Beaume-Pluvinel, Michel-Lévy, Mildé, Monmerqué, Monnier,
- Mors, Philippart, de Rechniewski, Sarcia, Sartiaux, Solignac, Talansier, Walckenaer.
- Et le Conseil d’administration de l’A. C. F.
- Cette Commission a confié à une Sous-Commission le soin d’élaborer un règlement qui, après discussion et approbation, a été rendu public dans les premiers jours de décembre 1898. Nous ne reproduisons de ce règlement que les articles relatifs aux conditions de l’examen des batteries.
- RÈGLEMENT DU CONCOURS
- Article premier. — Sous le patronage et la direction de Y Automobile-Club de France, Société d’encouragement pour le développement de l’industrie automobile, un concours international est organisé entre les fabricants ou inventeurs d’accumulateurs pour voitures automobiles circulant sur les chaussées ordinaires.
- Art. 3. — Le concours portera :
- a. Sur la durée des éléments.
- b. Sur le rendement industriel de la batterie, c’est-à-dire sur le rapport entre l’énergie fournie aux bornes des accumulateurs pendant la charge et l’énergie débité pendant la décharge.
- c. Sur la fréquence, l’importance et la facilité des opérations d’entretien,
- d. Sur le poids des accumulateurs comparé à leur débit et à leur capacité.
- Le tout dans des conditions de trépidations et de variations de débit aussi semblables que possible à
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- NUMÉRO
- MATRICULE
- TABLEAU A. — État des batteries mises hors circuit aux décharges à intensité constante.
- 23.
- 4-
- 9. t.
- 12.
- *3*
- 18.
- 3*'
- 2.
- 19. 11.
- 10.
- I7-
- 8.
- 22.
- 7-
- LETTRE MATRICULE lr* MISÉ HORS CIRCUIT. 2» MISE HORS CIRCUIT. ' 3e MISE HORS CIRCUIT. 4* MISE HORS CIRCUIT.
- DATE. NOMBRE DE Décharges ÉNERGIE DÉBITÉE EN HW-H. DATE. ’ NOMBRE DE Décharges. ÉNERGIE DÉBITÉE EN HW-H. DATEi NOMBRE DE Décharges. ÉNERGIE DÉBITÉE EN HW-H. DATE. NOMBRE DE Décharges. ÉNERGIE DÉBITÉE EN HW-H.
- B. 17 juin. . 7 55- i juillet. . . . 12 91 8 juillet. . . . » 95 15 juillet. . . . » »
- C. 8 juillet » 25 254 15 — .. . . 28 2 77 22 — . . . 32 3°3>5 29 — . . . » »
- E. 17 juin . . 4 3* 24 juin 9 86 1 — ... I5 00 8 — . . . 16 M5>5
- F. 12 août. . 59 644 19 août .... 61 664,5 2 septembre . 66 716 9 septembre . 71 764
- H. 7 octobre 99 1164 12 octobre. . . 102 1188,5 7 — (0- » » » » »
- I. 8 juillet . 23 255 13 juillet.... 25 275>5 29 juillet . . . 28 3°7»5 5 août . . . . 30 00
- J. 17 juin . . 10 118 15 — .... 3° 265 22 — .... 36 322 29 juillet. . . . 41 360,5
- K. 12 août. . 59 631 16 septembre . 85 882,5 23 septembre . 89 9°5>5 18 novembre . 135 i358> 5
- L. 19 — . . 63 658,5 26 août 67 697>5 2 — 73 759.5 9 septembre . 77 795.5
- M. 1 juillet . 23 261, 5 8 juillet. . . . 28 3°7»5( 15 juillet . . . . >3 341 22 juillet. . . . 39 375'
- N. 35 3 9°> 5 16 septembre . 86 921,5 23 septembre . ,92 970 30 septembre . 98 1022,5
- O. 21 octobre 118 I3I2>5 28 octobre. . . 124 I37° 4 novembre . 129 1412 11 novembre . 132 1439
- P. 15 juillet . 35 320 22 juillet. . . . 41 364 29 juillet. . . . Al 406 5 août 53 446,5
- Q- 1 — . . 2 4 265,5 8 — . . . 28 295’5 15 — . . . 31 327 22 juillet. . . . 36 363,5
- s. 18 novembre . 123 *433 25 novembre . ”129” 1495"' 2 décembre. . 135 15 55 » » »~
- T. 14 octobre 102 O 00 21 octobre. . . i 108 1138» 5 H novembre # 121 1258 18 novembre. . 127 1306
- (1) Tombée par accident du trépidateur.
- Les chiffres gras indiquent le nombre total des décharges des batteries ayant subi plus de 60 décharges.
- <1
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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-
- TABLEAU B. — Conditions de construction
- RÉSULTATS DU CONCOURS —
- CONDITIONS
- DE CONSTRUCTION ET DE FONCTIONNEMENT
- BATTERIE
- Poids, en kg :
- Avec caisse de groupement. ................................
- Sans — ..................
- llncombrement, en cm :
- Longueur...........................................
- Largeur.........................................! ! ! !
- Hauteur.........................................
- Volume, en dm3. ............................!!'.!!!
- Nombre officiel de charges-décharges pendant la oie de batterie.
- Nombre de charges réelles....................................
- Nombre de décharges réelles...............
- Nombre de décharges :
- Complètes..................................................
- Partielles. . . . . . . . . . . . . \ ’ *
- Énergies :
- Energie totale absorbée, en kw-h...........................
- restituée,
- pendant décharges complètes.
- — incomplètes.
- Energie restituée, en kw-h,
- Énergie totale absorbée
- Nombre officiel de charges Energie totale restituée
- Nombre olficiel de décharges
- en kw-h.
- > en kw-h.
- ELEMENTS
- Poids, en kg :
- Electrolyte.............................
- Bac.....................................
- Plaques.................................
- Elément prêt à fonctionner..............
- Dimensions d’encombrement du bac, en cm Longueur..................................
- Largeur...............................
- Hauteur;................................
- Volume du bac, en dm3..................
- Nombre total de plaques................
- 1
- , F
- MÉTAUX.
- 104,0
- 95,5
- 75,0
- 21,0
- 30,0
- 47.4
- 82
- 82
- 71
- 61
- 10
- 136,05
- 76.4
- 66.5 9,9
- 1,66
- 0,93
- 4,5
- 1,9
- 12,345
- 19,1
- 13,7
- 18,3
- 29,0
- 7,26
- 15
- et de fonctionnement des batteries et des éléments
- PRINCIPAUX FACTEURS SPECIFIQUES
- 2 3 7 10 11 N
- L K T 0
- POLLAK. TUDOR. PESCETTO . BLOT-FULMEN FULMEN.
- 119,5 125,7 128,0 109,8 76,5
- 110,0 107,5 106,0 98,0 67,5
- 88,0 98,0 115,0 73,0 59,0
- 24,0 19,0 22,0 23,0 20'0
- 36,0 34,0 35,0 35,0 33,5
- 76 63,3 88,5 58,7 39,0
- 82 141 141 135 100
- 82 139 141 135 100
- 76 135 128 132 98
- 61 10 68 112 56
- 15 30 60 20 42
- 133,75 226,65 228,8 210,85 154,7
- 79,55 135,85 130,6 143,9 10l'9
- 65,8 110,95 75,8 124,0 64,1
- 13,75 24,9 54,8 19,9 37,8
- 1,63 1,607 1,612 1,560 1,547
- 0,97 0,964 0,926 1,065 1,019
- 3,5 3 0 4,0 3,0 2,20
- 1,51 1,99 2,0 1,125 1,70
- 15,60 15,95 14,64 14,90 9,29
- 22,0 21,50 21,20 19,60 13;50
- 14,0 18,5 haut 20,5 bas 16,5 19,0 18,0
- 18,5 15,5 18,5 13,0 11,3
- 28.5 27.5 25,0 26,0 24^0
- 7,36 7,90 8,19 6,42 5',16
- 13 11 15 17 21
- 12
- H
- PHÉNIX.
- 102,0
- 92,0
- 64,0
- 15,0
- 60,0
- 57,6
- 103
- 103
- 102
- 99
- 3
- 180,9
- 118,85
- 116,35
- 2,5
- 1,756
- 1,154
- 4,80
- 1,20
- »
- 18,40
- 12,0
- 12,0
- 57,0
- 8,2
- 22
- S
- POPE.
- 110,0
- 100,0
- 90,0
- 26,0
- 37.5
- 87.5
- 135
- 135
- 135
- 132
- 3
- 220,75
- 155,5
- 152,55
- 2,95
- 1,635
- 1,151
- 2,5
- 1,27
- 15,765
- 20,0
- 20,7
- 13,2
- 26,5
- 7,25
- 17,0
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 1 2
- Tableau B Suite) , F MÉTAUX. L POLLAK.
- Plaques': Dimensions, en cm : Largeur Epaisseur de la plaqué positive (-}-). . . — négative (—) Poids, en kg : 20,2 12,2 0,8 0,4 1,110 0,500 18,0 17,0 0,5 0,5 1,250 . 1,150
- FACTEURS SPÉCIFIQUES
- Énergies spécifiques :
- Energie totale absorbée, en kw-h 1,42 1,216
- Poids total, en kg
- Energie totale restituée, en kw-b 0,8 0,728
- Poids total, en kg
- Energie restituée pendant }es décharges complètes, en kw-h 0,735 0,60
- Poids total, en kg
- Energie totale absorbée, en w,h Nombre olüciel. Poids total, en kg 17,3 14,8
- Energie totale restituée, en w-h 9,7 8,8
- Nombre officiel. Poids total en kg Poids spécifiques, en kg : kw-h.
- Rapporté à l’énergie moyenne disponible. Poids total, en kg 101,2 111,7
- Energie moyenne disponible, en kw-h
- Rapporté à l’énergie moyenne disponible pendant les décharges complètes. Poids total, en kg 87,4 101,8
- Enorgie moyenne disponible aux décharges complètes, en kw-h Rendements en énergie en pour 100 :
- Rendement maximum hebdomadaire 76,5 68,5
- — mensuel 73,0 65,0
- Rendement minimum hebdomadaire 18,0 42,0
- — mensuel 36,5 43,0
- Rendement moyen , 56,0 59,5
- 3 K TUDOR. 7 T PESCETTO. 10 0 BLOT-FULMEN 11 N FULMEN. 12 H PHÉNIX. 22 S POPE.
- 17,8 15,8 20,0 18,3 » 20,0
- 16,3 14,2 12,5 10,0 » 11,5
- 0,0 0,6 0,8 0,4 » 1,3
- 0,5 0,55 0,4 0,4 )) 0,5
- 1,800 0,960 1,120 0,445 » 1,120
- 1,155 0,990 0,600 0,440 » 0,600
- o 1 f*yL 2,158 1,952 2,291 1,966 2,207
- 1,263 1,232 1,332 1,509 1,291 1,555
- 0,975 0,715 1,263 0,95 1,263 1,53
- 14,9 15,3 14,4 22,9 19,0 16,3
- 8,9 8,7 9,8 15,0 12,5 11,5
- 110,6 136,3 92,2 65,0 80,0 87,0
- 100,5 94,5 89,0 59,3 75,4 86,3
- 67,0 67,5 76,0 77,0 73,0 74,0
- 66,0 60,5 74,0 76,0 70,0 73,0
- 28,0 47,0 31,0. 49,0 33,5 62,5
- 49,5 48,0 30,0 55,0 51,0 62,5
- 60,0 57,0 68,0 , 66,0 66,0 70,0
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 30 , LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- celles que les accumulateurs auraient à subir en service sur des voitures automobiles.
- Art. 7. — Les épreuves du concours dureront, e ^ principe, autant qu’il sera nécessaire pour mettre hors service toutes les batteries. Cependant ces épreuves seront closes après six mois.
- Art. 8. — Chaque batterie présentée au concours, composée d’un nombre approprié d’éléments et contenue dans une caisse de groupement, ne devra pas peser plus de 110 kg., non compris la caisse de groupement. Cette batterie devra pouvoir fournir 120 ampères heure au régime constant de 24 ampères pendant cinq heures, sans que la différence de potentiel s’abaisse au-dessous de 8,5 volts.
- Art. 9. * Les épreuves auront lieu par période de six jours séparées par un jour de repos.
- Un jour par semaine, les batteries seront déchargées en tension, sans trépidations, au régime constant de 24 ampères pendant cinq heures. Toute batterie dont la différence de potentiel aux bornes, pendant ces essais, tomberait au-dessous de 8,5 volts, sera retirée du circuit.
- Après quatre mises hors circuit, la batterie sera définitivement éliminée.
- Le septième jour (dimanche) sera un jour de repos.
- Art. 10. — La charge sera faite en huit heures au maximum sur les batteries montées en tension, avec un courant décroissant dont l’intensité initiale ne dépassera pas 50 ampères et dont l’intensité finale sera d’environ 15 ampères. La charge de chaque batterie sera arrêtée chaque jour sur l’indication du concurrent ou de son représentant dûment accrédité.
- Art. 11. — Pendant les intervalles de repos qui sépareront la décharge de la charge et qui n’excéderont jamais deux heures, les concurrents ou leurs représenlants seront autorisés à visiter leurs batteries, à maintenir la richesse de la solution électro-lytique, à nettoyer h-s éléments, mais ils ne pourront changer aucune plaque, ni rien y ajouter.
- Pendant cinq autres jours, les batteries seront soumises, pendant cinq heures, à l’aide d’un appareil automatique, à des trépidations aussi analogues que possible à celles qu’elles éprouveraient sur des véhicules automobiles circulant sur des chaussées empierrées ou pavées ordinaires.
- Pendant ces cinq heures, les batteries montées en série seront soumises à des régimes de décharge à intensité variable suivant le tableau ci-dessous.
- Ce régime de décharge, réalisé à l’aide d’un commutateur tournant en une demi-heure, sera reproduit dix fois de suite, chaque tour complet correspondant à une quantité d’électricité sensiblement égale à 12 ampères-heure.
- TABLEAU DE DÉCHARGE DES BATTERIES
- Intensités Durées
- en ampères. en minute
- 20 2
- 100 0,5
- 30 3
- 40 2,5
- 70 3
- 30 5
- 20 4
- 0 10
- Totaux. CO 0
- Quantités d’électricité en ampères-minute. 40 50 90 100 210 150 80 0
- 720
- La publication de ce programme a amené l’engagement de vingt-trois batteries présentées par dix-huit concurrents.
- Pour des raisons diverses,^Lv-Æw/Vbatteries seulement ont figuré effectivement au concours. Chacune d’elles a reçu un numéro matricule représentant son rang d’inscription, et une lettre matricule correspondant à la place qu’elle occupait sur le chariot trépidateur. Le tableau C donne la liste des engagements dans l’ordre des inscriptions ainsi que la nature des plaques, tous les accumulateurs présentés étant du type plomb-plomb.
- TABLEAU C. — Liste des Engagements
- taA
- ps 0 Ph f3
- S .5 H©
- © CS H CS
- z a ^ a
- 1. F.
- 2. L.
- 3. K.
- 4. C._
- 5. »
- 6. »
- 7. T.
- 8. Q.
- 9. E.
- 10. O.
- 11. N.
- 12. H.
- 13. L.
- 14. »
- 15. »
- 16. D.
- 17. P.
- OO J.
- 19. M.
- 20. »
- 21. »
- 22. S.
- 23. B.
- NOMS
- DES CONCURRENTS
- NATURE
- DES PLAQUES
- "b —
- Société anonyme pour le travail électrique des métaux, Paris. Planté Faure. Comp .gnie générale électrique Nancy. Plaques Pollak . . . Faure. Faure. Société Tudor.Paris.Bruxelles.
- Londres .................... Planté Faure.
- Société Tudor. Paris. Bruxelles.
- Londres....................Planté Faure.
- Société Tudor. Paris. Bruxelles.
- Londres..................... » »
- Yereinigte Accumulatoren und Elektricitats-Weike. Berlin. » »
- Societa italiana di elettricità gia à Cruto. Plaques Pes-
- cetto........................Faure.. Faure.
- hagarde. P»ris.................Faure. Faure.
- Wüste et Rapprecht. Vienne
- (Autriche)................. . Faure. Faure.
- Compagnie des accumulateurs électriques Blot. Paris. Plaques Blot-Fulmen .... . Planté Faure. S ciété de l’accumulateur Ful-
- men. Clicliy.................Faure. Faure.
- Société d’études des accumulateurs Phénix. Levallois . . Faure. Faure. Société d’études des accumulateurs Phénix. Levallois . . Faure. Faure.
- Marzi. Rome.................. » »
- Compagnie générale d’électricité. Paris. Plaques Pulvis. » »
- John Garfield Hathaway. Londres........................... Faure. Faure.
- Société des soudières électrolytiques. Gavet-clavaux(Isère). Faure. Faure. Franz Ileimel. Vienne (Autriche) .......................... Faure. Faure.
- W. Pope and Son. Slough (Angleterre). Plaques Sher-
- rin ......................... Faure. Faure.
- Pautier frères. Angoulême. . » »
- Société d’études des accumulateurs Phénix. Levallois . . » »
- W. l'ope and Son. Slough (Angleterre. Plaques Sherrin. . » »
- Franz Hcimel. Vienne (Autriche)........................... Faure. Faure.
- Après bien des retards causés par le non-achèvement des travaux de l’hôtel de l’A. C. F. et du sous-sol réservé au concours, celui-ci n’a pu commencer officiellement que le samedi 3 juin, les dispositifs de vérification étudiés par M. Hospitalier et montés par M. Mildé n’ayant été prêts qu’à cette époque.
- Toutes les opérations du concours comprenant les charges et les décharges de batterie
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-
-
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 31
- ainsi que la lecture et la vérification des appareils de mesure ont été faites avec le plus grand soin sous la direction de M. A. Bainvile par MM. H. Louvet et F. Prat qui, en outre, ont veillé strictement à l’exécution de toutes les clauses du règlement.
- La première charge officielle a été donnée le samedi soir à 14 batteries sur 23 engagées. Les décharges du lundi 3 et mardi 6 juin ont été faites à courant constant de 24 ampères, l’appareil à décharge variable étudié par M. Solignac et construit par M. Bidaut n’ayant été prêt que le mercredi 7 juin. Les décharges se sont continuées ensuite régulièrement depuis cette époque, mais les trépidations imposées par le règlement n’ont pas pu être régulièrement produites, l’appareil trépidateur étudié par M. G. de Chas-seloup-Laubat et construit par M. Jeantaud n’ayant pu être mis en marche que lè 19 juillet pour la première fois.
- L’installation de la salle d’essais a pu être faite dans des conditions économiques , grâce aux concours de certains constructeurs, qui ont mis à la disposition de l’A. C. F., à titre absolument gracieux, une bonne partie du matériel nécessaire aux opérations du concours.
- La Compagnie continentale pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines a installé et vérifié dix-huit compteurs d’énergie (15 volts 100 ampères) et deux compteurs de quantité.
- MM. Chauvin et Arnoux ont fourni le voltmètre et l’ampèremètre du tableau, un voltmètre de 15 volts pour l’étude des batteries, et un ampèremètre enregistreur pour les charges et décharges.
- Les bandages en caoutchouc du chariot de l’appareil trépidateur ont été fournis par les maisons :
- Falconnet-Pérodeaud et Cie;
- Torrilhon et Cie;
- Compagnie des bandes en caoutchouc pour véhicules (bandes Kelly).
- Pendant les 122 heures de marche du trépidateur qui correspondent à environ 1,800 kilomètres de roulage sur terrain accidenté, le bandage de la maison Falconnet-Pérodeaud et Cia n’a exigé aucun remplacement, réparation ou entretien.
- Charges et décharges. — La première charge officielle a été fournie le 3 juin et la dernière décharge otficielle le 2 décembre.
- Le nombre officiel de charges et de décharges est donc de 133 réparties sur 26 semaines.
- La durée théorique totale de ces 153 charges et 153 décharges est de 763 heures pour chaque nature d’opération.
- 23 décharges à courant constant sans
- trépidations.................130 heures.
- 127 décharges à courant constan tavec
- trépidations .... . . 635 —
- Total. . . 765 heures.
- Pour des raisons diverses, le trépidateur n’a pu fonctionner réellement que 122 heures 40 minutes ainsi réparties :
- Heures. Minutes.
- Juin . . . 0 ))
- Juillet . . . 16 30
- Août . . . 11 45
- Septembre . . . 26 40
- Octobre . . . 24 45
- Novembre . . . 43 m
- Total. . . . . . 122 40
- L’arrêt définitif a eu lieu le 14 novembre. Le rapport de la durée réelle des trépidations à la durée théorique de marche est :
- 122,66
- soit un peu moins de un cinquième.
- Décharges éliminatoires. — Par application de l’article 9 du Réglement, les batteries ont été soumises tous les samedis à des décharges constantes à 24 ampères et mises quatre fois hors circuit avant d’être définitivement éliminées par application de l’article 9 du règlement. Le tableau A (Etat des batteries mises hors circuit aux décharges à intensité constante) fournit les dates de ces mises hors circuit, le nombre de décharges officielles effectuées et l’énergie totale fournie après chacune de ces mises hors circuit.
- Ce tableau montre que, pour des raisons diverses que nous n’avons pu apprécier ici, un certain nombre de batteries n’étaient pas suffisamment préparées à subir les épreuves du concours. La Commission a décidé de ne faire état, dans ce procès-verbal sommaire et dans le rapport général, que des batteries ayant fourni au moins Soixante décharges complètes avant élimination définitive.
- Sur les dix-huit batteries expérimentées, huit ont satisfait à ces conditions. Nous en donnons la nomenclature avec le numéro matricule, la lettre matricule, et le nom abrégé sous lequel nous les désignerons à l’avenir :
- 1. F. Métaux.
- 2. L. Pollah.
- 3. K. Tudor.
- 7. T. Pescctto,
- 10. O. Blot-Fulmen.
- 11. N. Fulmen.
- 12. H. Ph énix.
- 22. S. Pope.
- Le tableau B résume les principales conditions de construction et de fonctionnement des huit batteries énumérées ci-dessus, ainsi que les principaux facteurs spécifiques qui permettent les comparaisons.
- Un seul facteur de ce tableau exige quelques explications. L’intervalle de temps écoulé entre l’époque où une batterie X a reçu sa première charge et celle où elle a fourni sa demilre décharge a reçu le nom de Vie officielle de la batterie. Pendant cette vie officiell:, l’ensemble des batteries
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- 32
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- a reçu un certain nombre de charges et un nombre égal de décharges auxquelles la batterie X considérée a ou n’a pas parli-cipé. C’est ce nombre d’opérations que nous avons désigné dans le tableau par l’expression : Nombre officiel de charges-décharges pendant la vie de la batterie. C’est une limite maxima dont les charges et décharges réelles, complètes ou partielles, se rapprochent d’autant plus que l’allure de la batterie, pendant sa vie officielle, a été plus régulière.
- .Les détails des expériences et l’appréciation des résultats feront l’objet, d’un Rapport complet actuellement en préparation, et dont la publication n’aura lieu qu’après approbation par la Commission.
- Paris, le 3 janvier 1900.
- Le Rapporteur de la Commission du Concours,
- E. HOSPITALIER. ---------+.--------
- Bibliographie
- Nous avons annoncé l’apparition du livre d’Octave Uzanne que publie la librairie Ollendorf. Justifiant son titre de La Locomotion à travers les âges, cet ouvrage passe en revue tous les modes de transports qui'ont été utilisés par les hommes depuis les temps les plus reculés, jusqu’à nos jours. Le texte très attrayant est illustré de gravures de Courboin, reconstituant les véhicules de l’antiquité. De magnifiques planches en couleurs viennent encore augmenter l’intérêt du livre par la reconstitution des différents modes de voyage suivant les époques. Naturellement, la fin de l’ouvrage est consacrée à l’automobile qui possède maintenant droit de cité dans la littérature.
- Les gravures montrent la plupart des types actuels de véhicules sans chevaux. Citons en particulier le projet que présente Courboin pour la voiture de tourisme.
-
- M. Georges Moreau vient de publier chez l’éditeur Ch. Béranger un ouvrage des plus documentés sur les Moteurs à Explosion dont il fait une étude à l’usage des constructeur! d’automobiles. Après quelques considérations générales sur le problème du transport sur routes, la classification des moteurs, lés données théoriques et les propriétés des gaz parfaits, l’auteur entreprend l’étude théorique des moteurs après avoir montré les causes théoriques des imperfections des cycles des moteurs à explosion, il étudie ensuite théoriquement la transmission de l’effort et les résistances passives.
- Puis il passe à l’étude des organes des moteurs au point de vue de leur construction. Le chapitre suivant est consacré à l’étude des différents combustibles employés dans les moteurs à explosion et l’ouvrage se termine par la détermination théorique de la puissance des moteurs et par des considérations sur les essais des véhicules automobiles et sur les courses.
- Il est dommage que l’auteur n’ait pas cru devoir développer davantage toute cette dernière partie. La moindre expérience vaudrait mieux que toutes les considérations théoriques, et, pour le mo-
- ment, la théorie doit être subordonnée à l’expérb mentation quoiqu’il en soit l’ouvrage nous présente réunies toutes les considérations sur les moteurs à gaz que l’on doit à Witz ou aux autres spécialistes.
- Il était utile de les trouver groupés d’une façon méthodique et claire . — G. D.
- Georges Moreau. Lis moteurs à explosion,chez Ch. Béranger, 15 rue des Saints Pères.
- -------—--------------
- SOCIÉTÉS
- Le Conseil d’administration de la Société l'Elec-tromotion a décidé que le siège social de la Société qui était à Levallois-Perret, quai Michelet, serait à partir du 15 décembre 1899, transféré à Paris, avenue Montaigne, 54.
- Liste les Brevets d'invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelef, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 288 004. — 19 avril 1899. — Brocq. — Mécanisme d’embrayage progressif et do changement continu de vitesse et de marche porticulierement applicable aux voitures automobiles.
- 288 227. — 26 avril 1899. — Charon et la Socié'é Générale des Industries Economiques, — Nouveau moteur à pétrole lourd.
- 288 265. — 27 avril 1899. — Mathieu. — Distribution à régulateur pour moteurs à explosion.
- 288 267. — 27 avril 1899.— Mathieu. — Dispositif de réfrigération pour moteurs à explosion.
- 288 354. — 1er mai 1899. — Lepape. — Carburateur pour moteurs à gaz de pétrole, d’essence ou d’alcool.
- 288 357. — 1er mai 1899. — Hansen. — Dispositif de réglage de la soupape et du condensateur pour moteurs à explosion.
- 288 231. — 26 avril 1899. — Merci-?.— Mécanisme de changement de vitesse pour motocycles et automobiles.
- 288 266, — 27 avril 1899. — Mathieu. — Changement de vitesse à engrenages toujours en prise plus particulièrement applicable aux voitures automobiles.
- 288 385. — 1er mai 1899. — Georis. — Dispositif d’allumage à réglage automatique pour moteurs à explosions, etc.
- 288 469. — 3 mai 1899. — Follet. — Perfectionnements aux moteurs à pétrole. -
- 288 392. — 2 mai 1899. — Société Montauban et Marchandiez — Carter d’engrenages de changement de marche et vitesse pour automobiles.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de la Locomotion Automobih Q DEMlllES, 15!, ïvs»ne da Eorl@, Nsailly-s-Sfire
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- Septième Année. — N° 3
- 18 Janvier ttOO ;
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue -publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT | DIRECTEURRÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DES J ACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveaü-Lagarde, 4 — Paris
- ABONNEMENTS POUR 1900
- RECOUVREMENT PAR LA POSTE
- Il peut arriver que les quittances pour 1899 s°ient présentées à certains de noi abonnés, alors qu’ils viennent de nous adresser directement leur cotisation.
- Comme il est matériellement impossible d’éviter ce contre-temps, à l’époque où les renouvellements sont le plus nombreux, nous prions nos abonnés de ne pas se formaliser de cette apparence d’irrégularité, et de refuser simplement la quittance, qui fait double emploi avec le talon de mandat que nous les engageons toujours à conserver comme reçu. ..
- SOMMAIRE du N- 3 PARIS'IÏOKDEAUX
- Paris-Bordeaux, les engagements.
- En attendant l’Exposition, Gaston Sencier.
- Les Courses d’Automobiles :
- La voiturette triomphatrice, J. Amy.
- La course de voiturettes du Journal des Sports.
- La Semaine de Pau.
- La Semaine de Nice.
- Le Tour d’Angleterre, épreuve de i ooo miles.
- L’aérostation en 1900.
- La Médaille du Père Lenoir, Gaston Sencier
- Informations.
- L’Amélioration des Moteurs (à propos d’un article de Pierre Giffard), G. Des)acques.
- Voiturettes de la Compagnie des Automobiles du Sud-Ouest, voiturette système André Py, Paul Sarrey.
- Direction par essieu brisé, système Ph. Ma-rot, Gardon et Ci0, R. D.
- Liste de brevets d’invention.
- La Course classique Paris Bordeaux, organisée aussi par le Vélo commue à voirgrosir le nombre de ses concurrents.
- Voici les premiers inscrits :
- Voitures
- 1. E. Giraud.
- 2. F. Charron.
- 3. Girardot,
- 4. Voigt.
- 5. René de Knyf.
- 6. Gilles Hourgières.
- 7. Decrais.
- 8. Piet-Lataudrie.
- 8. Levegh.
- 10. Guy des Aunaies.
- 11. Antony.
- 12. Lemaître.
- Motocycles
- 1. Bardin
- 2. Teste.
- 3. Marcellin.
- L’Automobile-Club Belge vient de décider que Paris-Bordeaux servira d’épreuve de classement pour choisir ceux de ses coureurs qui participeront à la coupe Gordon-Bennett. C’est là une sage décision.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILB
- EN ATTENDANT L’EXPOSITION
- On rencontre un ami sur le boulevard. Il vous demande si vous pourriez lui indiquer un bon système de voiture automobile, ayant, dit-il, l’intention d’entrer dans la grande confrérie Pétrolienne.
- On se met alors en quatre pour le renseigner, lui montrant les avantages et les inconvénients de chaque systèmes, les prix de vente, les délais dé livraison. Il écoute avec la plus grande attention, pousse des objections, discute. Quand c’est fini, il vous dit :
- — Décidément, tout cela ne fait pas mon affaire. J’attendrai l’Exposition.
- En effet la croyance générale est que les étrangers vont, dans quelques mois, nous amener des voitures extraordinaires. Dans l’imagination du gros public les fabricants étrangers préparent des véhicules magiques qui coûteront des prix fabuleux de bon marché, fonctionneront d’une façon merveilleuse sans jamais connaître la fâcheuse panne et réuniront, en un mot toutes les qualités.
- Vous verrez les Américains ! Vous verrez les Allemands! Vous verrez les Anglais! Vous verrez les deux hémisphères ! Nos pauvres constructeurs du bon pays de France ne savent pas leur métier. Et, comme ces idées fantastiques font tous les jours plus de chemin dans la classe des acheteurs, il en résulte que beaucoup de clients « attendent l’Exposition ». J’avoue que je doute fort qu’elle leur apporte les véhiculés fantastiques de leur rêve.
- Il n’y en a pas moins là une cause réelle de malaise pour l’industrie automobile et, en dehors des quelques grosses maisons qui continuent à être débordées par les commandes, beaucoup de producteurs voient les ventes se ralentir de ce fait. Ne serait-il pas à souhaiter que l’on s’efforçât de détourner un peu les acheteurs de leur marotte. Ils attendent l’Exposition. Qu’ils sachent bien que cette Exposition, comme ses devancières, leur apportera bien peu de chose. Avec les revues automobiles qui se publient maintenant dans le monde entier on sait jour par jour ce qui se passe dans les ateliers de tous les pays. Un monsieur Sutton vient de construire une voiture à pétrole en Australie, aux Antipodes. Ce n’est pas précisément la banlieue de Paris, même pour les touristes les plus intrépides. Rien ne nous serait plus facile que de publier les dessins de cette voiture avec sa description complète. Il en est de même partout. Les nouveautés ne sont pas longues à être connues partout, quelque soit l'endroit où elles prennent naissance et
- l’Exposition ne nous apprendra que bien peu de choses.
- Par contre ëlle aura le grave inconvénient d’en apprendre peut-être bien davantage à nos concurrents. Quant à révéler des merveilles inédites n’y comptez pas. Il y aura certainement beaucoup à glaner pour les spécialistes, pour les passionnés de mécanique. On y découvrira, à la condition d’être du métier, des nouveaux dispositifs d’allumage, de changements de vitesse, d’embrayages ou de freins. On y verra peut-être des trouvailles de carrosserie. Pour ce qui est du moteur vraiment inédit, de celui qui doit tout remplacer et avoir toutes les vertus que n’ont pas les autres, on pourra l’y chercher longtemps. S’il devait y figurer cela se saurait déjà.
- Notez que je ne nie pas du tout le progrès. Ce que je veux dire ce n’est pas qu’une grande découverte ne puisse se faire, en matière d’automobiles, un de ces quatre matins. Evidemment on ne continuera pas indéfiniment à mettre à toutes les sauces notre bon vieux moteur à quatre temps. On commence déjà à chercher autre chose et on le trouvera, j’en suis sûr. Je prétends seulement, et l’événement me donnera raison, que, telle qu’elle est construite actuellement, la voiture à pétrole ne recevra plus guère que des perfectionnements de détails. Il faudrait un homme de génie pour la lancer dans une voie nouvelle et aucun indice ne fait prévoir que cet homme soit né. Rien n’est impossible. On peut découvrir demain un moteur à pétrole qui ait toute la souplesse du moteur à vapeur et des facilités de variations de vitesses et de puissance. On peut découvrir de même l'accumulateur léger et sans acide que l’on cherche depuis si longtemps. On peut tout découvrir. Il est même fort possible qu’une ou l’autre de ces inventions existe déjà, soit dans le cerveau d’un chercheur, soit même sur le papier. Tout ce qu’on peut dire, et c’est l’important en l’espèce, c’est qu’elle n’est pas encore réalisée, ce qui est l’essentiel pour les gens qui veulent acheter une voiture. S’ils persistent à attendre l’Exposition ils y trouveront peut-être des nouveautés exotiques d’aspect fort séduisant pour des profanes. Ils se laisseront persuader par le boniment du vendeur et ils auront ensuite des désillusions.
- Cela se passe comme cela tous les dix ans. Nous le verrons cette année. Nous le verrons encore en 1911, si nous sommes alors encore de ce monde et si l’on s’entête à continuer ces exhibitions périodiques dont l’utilité n’est peut-être pas bien démontrée. Il n’y aura encore à ce moment des gens, et peut-être les mêmes que ceux de maintenant, — qui « attendront l’Exposition. » Grand bien leur fasse !
- Gaston SENCIER
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- LA LOCOMOHON AUTOMOBILE
- LES COURSES AUTOMOBILES
- Nous recevons d’un de nos lecteurs les intéressantes lignes suivantes, au sujet des courses d’automobiles :
- Je suis un partisan convaincu des courses d’automobiles. Les courses sont le seul moyen de se rendre compte de la supériorité d’une voiture au point de vue de la construction, de l’ajustage des différents organes, de l’utilisation de la force du moteur, de sa rusticité, de sa facilité de conduite.
- Jusqu’à présent le programme a été à peu près rempli. En sera-t-il de même pour les courses à venir? Je ne le crois pas. Le but à atteindre étant d'arriver premier, il faut aller vite, toujours plus vite. La concurrence; s’est établie sur la puissance des moteurs. De quatre chevaux on a passé par six, douze, seize, vingt et plus. On parle couramment maintenant de moteurs de cinquante chevaux et on nous fait prévoir pour l’avenir des voitures avec moteur de cent chevaux qui feront du ioo kilomètres à l’heure, peut être plus.
- Pour mon compte personnel, je ne vois pas grand mal à cela et je ne demande pas la suppression de ces courses à véhicules libres. Mais je crois qu’il y aurait quelque chose à faire en dehors de ces luttes avec le train express.
- Ces voitures spéciales de courses, ces moteurs extra puissants ne sont pas, de l’aveu même de ceux qui les emploient, d’un usage quotidien pratique. Ces vitesses fantastiques ne sont possibles que sur des routes gardées, préparées, comportant tout un système de signaux, d’affiches, de drapeaux, etc.
- D’autre part, le puoiic est incapable de se faire une opinion. Si la voiture X a battu de quelques minutes la voiture Y sur 300 ou 400 kilomètres, à quoi doit-on l’attribuer ? Est-ce à une meilleure utilisation de la force de manière à augmenter le rendement, ou bien est-ce simplement parce que la voiture X a un moteur de 20 chevaux, tandis que la voiture Y n’en a que xo? On n'en sait absolument rien et les déclarations des concurrents sont vagues. — Je ne parle pas de la question argent, secondaire pour ces performances, mais qui cesse d’être quantité négligeable pour la pratique courante. En somme, les courses, telles qu’elles se pratiquent et surtout telles qu’on peut les prévoir pour l’avenir, sont sport pur, plaisir de millionaire ou réclame de constructeur que le succès oblige et qui souvent, j’en suis sûr, aimerait mieux s’abstenir et travailler tranquillement à perfectionner ses modèles courants et pratiques plutôt que de dépenser son temps et son argent à créer des modèles spéciaux.
- Il me semble qu’il serait facile, tout en lais sant subsister si l’on veut les courses de vitesse pure, d’en organiser d’autres où ne figureraient que des voitures de pnissance limitée suivant un maximum à fixer et rentrant dans le domaine de la pratique.
- Il ne serait pas possible de limiter la puissance à 12 chevaux. La vérification serait impraticable et ce ne serait peut-être pas très rationnel. Mais
- il semble qu’il serait facile, aisé, de fixer un maximum de cylindrée totale facile à contrôler par l’alésage des cylindres et, la course des pistons. Par cylindrée totale j’entends la somme des volumes de gaz aspiré dans chaque cylindre.
- Avec cette simple fixation le constructeur travaillera à obtenir la puissance maximum et le meilleur rendement. Il modifiera à son gré le rapport de l’alésage à la course, multipliera ou non les cylindres, cherchera le meilleur régime à donner à son moteur, etc. Tant mieux pour lui s’il obtient une puissance supérieure à celle du voisin ; tant mieux pour lui si ses engrenages, courroies, chaînes, pignons d’angles, etc., etc. absorbent moins de force, si son poids mort est moindre.
- En calculant les données pour que le moteur puisse faire de 8 à 10 chevaux, il semble qu’on rte s'éloignerait pas trop de ce qui peut servir dans la pratique quotidienne, et je suis certain que les amateurs de vitesse verraient encore de belles moyennes de plus de 50 kil. à l’heure,
- Voyez ce qui s’est passé pour la bicyclette. La force du moteur humain étant limitée, on a amélioré le rendement en perfectionnant les roulements, la transmission, en construisant plus solide, plus rigide, et cependant plus léger. Limitez la puissance du moteur d’automobile et vous verrez tout l’effort des constructeurs se porter sur la perfection de la construction. Le public acheteur y trouvera son compte eîje crois bien que le constructeur vendeur n’y perdra pas.
- Il est bien entendu que plusieurs catégories s’imposeraient avec puissance proportionnée au but cherché : par exemple voiturettes avec moteur de faible puissance, 334 chevaux ;
- Voitures à deux ou quatre places avec moteur de 8 à 10 chevaux ;
- Voitures de transport en commun avec moteur plus puissant, motocycles, etc.
- Je n’ai parlé que du pétrole. Il serait facile de trouver des règlements analogues pour la vapeur, l’électricité et autres sources d’énergie de l’avenir.
- Veuillez agréer, etc.
- Vf* de Ponton d’Amécouet.
- Tout cela est fort bien pensé. C’est nn résumé très net de tout ce que disent depuis longtemps les gens sensés. Et voici que presque aussitôt nous allons probablement avoir l’occasion de voir réaliser une course de ce genre, tout au moins pour la catégorie des voiturettes.
- Nous laissons la parole à notre confrère Amy du Journal des Sports:
- LA V01TÜRETTE TRIOMPHATRICE
- On a bien souvent dit : l’année qui vient de prendre fin, l’avant-dernière du siècle, aura principalement été, au point de vue automobile, l’année de la voiturette. C’est exact, et l’évolution est très simple qui nous a valu ce véhiculet, leque procède directement du tricycle à pétrole. La concurrence dans la fabrication du tri, l’émulation
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- provoquée par les courses, les challenges, les records, ont amené les mécaniciens a construire des motturs d’uye force extrême, bons pour des engins de course, exagérés pour des tris de tou-rides. Et l’on a donc songé à utiliser cette trop grande force en lui faisant mouvoir non plus des uicycles, égoïstes dans leur place unique et relativement peu confortables , mais des tricycles transformés, d’abord, avec avant-train seulement puis avec carrosserie, ressorts, etc.
- Ainsi naquit la voiturette pour le plus grand bien de tous ceux qui aiment la promenade, la vitesse, la commodité, le bien-être.
- Et rien, en effet, n’est plus riant que cette idée d’un mignon véhicule puissant et cependant léger, presque un jouet et déjà plus un, capable de transporter vite et loin « Monsieur, Madame » et même parfois « Bébé » (pour employer la formule chère à Gustave Droz) et pouvant néanmoins se garer en quelque réduit peu important.
-
- Ç’à donc été la première préoccupation, lors du Salon de décembre, que de trouver la voiturette rêvée. Il est entendu que la voiturette est le véhicule par excellence pour toute une nombreuse catégorie de nos contemporains: mais encore parmi toutes, faut-il choisir la préférable.
- Et si la comparaison esthétique est facile dans un salon et peut aboutir à l’adoption d’un modèle donné, la comparaison mécanique l’est moins dans ce que nous appelons une exposition, et qui, effectivement, n’est qu’une exposition sans aucune sanction pratique.
- Même au cas où, sans désirer « la meilleure » on voulait acquérir une bonne voiturette, il était assez difficile d’établir un jugement sur des bases solides, réelles, sérieuses, démontrant parfaitement que le véhicule, ayant ailleurs et maintes fois fait ses preuves, pouvait jouer un rôle plus actif que celui, très décoratif, de figurant bien pomponné sur un stand de la salle Wagram !
- * *
- Et combien sont-ils qui vinrent nous trouver et qui peut-être aussi vinrent vous trouver, lecteur, pour vous questionner sur la valeur respective de ces jolies voiturettes, attirantes, mais inertes et sur la constitution interne de qui l’on n’avait que des renseignemen s assez vagues et en tous cas assez rares, trop vagues et trop rares pour que le conseil put être formel ? Et le résultat a été fâcheux pour l’industrie automobile, car, faute de certitudes, on s’est trop souvent contenté d’un examen non suivi d’acquisition. On a défilé devant les jolies carrosseries et les volants inclinés, on les a admirés ; mais dans la crainte que cette légèreté et cette élégance ne cachassent, comme chez la parisienne, quelque anémie constitutive difficilement guérissable, on a regardé mais non touché. Un gardien de musée eût été heureux.
-
- Nous ne le sommes pas. Le but que nons nous proposons n’a pas été atteint. Il le faut reconnaître. L’industrie automobile, le progrès vont pâtir de l’ignorance même du public. Les uns ne veulent
- pas faire un essai qui peut coûter deux cents louis ; les autres l’ont fait et se promettent de ne jamais le renouveler. L’abstention est donc presque générale. On attend. On attend quoi ?
- Il faut que cesse cette torpeur préjudiciable à tous. Et c’est à tous que nous nous adressons. Qu’y a-.-il à faire ? Comment mettre en évidence les bonnes et mauvaises qualités de chaque vcitu-rette ?
- A ceux qui les construisent, à ceux qui sont appelés à s’en servir, s’adressent ces interrogations. Aussi bien, le Journal des Sports reste dans son rôle en tâchant d’aider à la solution d’un problème qui intéresse à la fois les techniciens et les fabricants d’une part, le grand public d’autre part. J. Amy.
- DNE CODRSE DE VOITURETTES
- Comme suite aux questions posées dans cet article le Journal des Sports annonce l’organisation par ses soins d’une Course de voiturettes, avec la préoccupation que les véhicules soient bien les véhicules ordinaires livrés au public et non des voiturettes spécialement construites pour la course.
- Nous souhaitons que notre confrère trouve en d’aussi difficiles matières une bonne solution. La lettre que nous avons cttée donne une indication à ce sujet, bien que la limitation de la cylindrée, pour les moteurs existants, comporte une injustice provenant des différences dans la vitesse de rotation de ces moteurs.
- Mais surtout, grands Dieux, exigez le pot d’échappement, et le pot normal sans trous supplémentaires, ou sinon j’en connais plus d’un qui fuira le passage de votre artillerie.
- -------------♦--------------
- LA MÉDAILLE DD PÈRE LENOIR
- Je demandais ici-même, au commencement de l’année dernière, que l’Automobile Club de France offrît une médaille ou une -fête au père Lenoir, notre compatriote. Je rappelais que Lenoir avait été le Cugnot de de l’automobile et que, s’il n’avait pas inventé le cycle théorique du moteur à quatre ternps, cycle indiqué par Beau de Rochas, autre Français bien oublié, il avait du moins construit le premier moteur à gaz, l’ancêtre dmt dérivent tous nos moteurs actuels, Comme il avait construit bien avant Daimler, la première voiture automobile.
- Mon appel a été entendu et, à la suite d’un excellent rapport de M. Jeantaud, l’Au-tomobile-Club va offrir au père Lenoir sa grande médaille d’honneur.
- C’est parfait. Je rappellerai seulement que les moteurs Lenoir ont été construits par MM. Henri et Alexis Rouart, deux hommes du plus grand mérite et delà plus hante valeur. Alexis Rouart est membre du Cer-
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- cle. Il me semblerait tout indiqué qu’il fît partie de la délégation chargée d’aller porter au père Lenoir sa médaille. Cela ferait, j’en suis sûr, très grand plaisir à Lenoir qui éprouve la plus grande reconnaissance pour les deux hommes excellents qui lui ont permis de réaliser ses idées.
- Gaston SENCIER.
- ---------♦-------
- LA SEMAINE DE PAU
- 22-27 février
- L’Automobile-Velo-Club Béarnais organise, avec le concours du Vélo une semaine automobile du jeudi 22 au mardi 27 février.
- Cette semaine débutera par une
- Course de touristes
- La semaine s’ouvrira par une course réservée au touristes et qui se disputera sur le parcours Pau-Peyrehorade-Pau, soit 140 kilomètres.
- Cette course comprend six catégories:
- i° Voitures à 2 places, au-dessus de 400 kilos. Deux objets d’art et deux médailles sont attribués à cette catégorie. {Prix de la Presse.
- 20 Voitures à 2 places au-dessous de 400 kilos. Trois objets d’art et une médaille. (Prix du commerce palois).
- 30 Voitures à 4 places au-dessus de 4ooki-los. Deux objets d’art et deux médailles. (Prix des Cercles').
- 40 Voitures à 6 places et au-dessus. Deux objets d’art et deux médailles. (Prix de VAutomobile Club Béarnais).
- y Voiturettes à 1 ou 2 places au dessous de 400 kilos. Deux objets d’art et trois médailles. (Prix de l'Automobile Club de France).
- 6° Motocycles. Deux objets d’art et trois médailles. (Prix du Palmarium).
- Le soir, à 8 h. 1/2, la direction du Grand-Théâtre de Pau offrira une représentation de gala aux concurrents.
- Deux jours de fête
- Deux jours de fêtes suivront. Dans le premier, le vendredi 23 février, les chauffeurs seront invités à une chasse au renard par la Société le Pau Fox-Hount. Les chauffeurs pourront suivre la chasse en automobile.
- Le 24 février, Exposition de Voitures au Palais d’Hiver.
- Course de vitesse
- Le dimanche 25 février, ce sera la grande course de vitesse sur l’itinéraire Pau-Tarbes-Aire Dax-Bayonne-Pau (soit 333 kilomètres). La course porte le nom de Circuit
- du Sud-Ouest.
- Elle comprendra deux catégories : voitures et motocycles.
- Les 8 000 francs de prix sont ainsi répartis :
- Voitures
- i*r Prix........3 000 fr.
- 2e Prix.........2 000 fr.
- 3e Prix ...... 1 000 fr.
- 4e Prix ...... 500 fr.
- Le y retire son entrée 100 fr.
- Les Concurrents engagés dans le Grand Prix de Pau ne pourront prendre part à la Course de Touristes que dans le Prix de la Presse.
- Motocycles
- ier Prix..................... 800 fr.
- 2e Prix...................... 400 fr.
- 3e Prix...................... 200 fr.
- 4e Prix...................... 100 fr.
- Le y retire son entrée 50 fr.
- Les droits d’entrée sont ainsi fixés :
- Dans l’épreuve de touristes, 50 francs pour les voitures, 30 francs pour les voiturettes, 20 francs pour les motocycles.
- Pour le circuit du Sud-Ouest : Voitures, 100 francs ; motocycles 50 francs.
- Les engagements sont reçus au Vélo, 2, rue Meyerbeer, et à Pau parM. Couget, avenue de la Gare. La liste sera close le 18 février à minuit.
- Ajoutons que le lundi 26 février etle mardi 27, diverses réjouissances telles que : Gymkhana et course d’obstacles au Jardin Public (le lundi), et une fête d’autos fleuries (le mardi) termineront gaiement cette semaine où il y aura place pour tout, sport pur et sport gai.
- Les engagés
- Les chauffeurs engagés à ce jour sont :
- Voitures (vitesse)
- 1. Etienne Giraud.
- 2. René de Knyf.
- 3. Gilles Hourgières
- Voitures (touristes)
- 1. René de Knyf.
- 2. Rigby Knowles.
- Motocycles
- 1. Baron.
- 2. Prat.
- Rappelonsque les engagements sont reçus au Vélo accompagnés du droit d’entrée :
- Ces engagements donnant droit à toutes les autres épreuves du meeting.
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- LA LOC OMOTION AUTOMOBILE
- L’AÉROSTATION EN 4900 LA SEMAINE DE NICE
- La section X, elle aussi, vient de fixer les dates des concours d’aêrostatio'n. Nous en donnons ci-dessous la liste. Expliquons d’abord qu’ils sont de trois séries : la première série de ballon libres sera composée de ballons de volumes sensiblement égaux et handicapés quant au lest; la deuxième comprendra des ballons de volumes quelconque, sans condition de lest.
- Voici donc l’énumération des concours :
- 17 juin. — Concours de durée pour gallons libres montés. ..... lr* série 24 juin. — Concours d’altitude pour ballons libres montés............................lre sérié
- 1er juillet. — Concours de ballons historiques et de montgolfières. . . .
- 15 juillet. — Concours de distance mi-
- nima pour ballons libres montés. lra et 2° 22 juillet. — Concours de distance mi-
- nima pour ballons libres montés. 3° sérié 29 juillet. — Concours d’altitude pour
- ballons libres montés.............2“ série
- 12 août. — Concours de distance horizontale pour ballons libres montés. lr8 sérib Concours de diagrammes. * 1
- 19 août. — Concours de cerfs-volants. .
- 26 août. — Concours de durée pour bal-
- . Ions libres montés................3' série
- 9 septembre. — Concours de distance horizontale pour ballons libres montés.......................................29 séeie
- Concours de photographie en ballon. ..........
- 16 septembre. — Concours de durée pour
- ballons libres montés..............3« sérié
- Concours de cerfs-volants.
- 20 septembre. — Concours de distance horizontale pour billons libres
- montés.............................3e sérié
- — Départ de nuit. Concours d’éclairage pour ascensions nocturnes.
- 23 septembre — Concours de procédés de gonflement des ballons . . .
- Concours de ballons sondes.
- Concours d’altitude pour ballons libres montés.............3« sérié
- * ¥
- Chaque concours porte l'attribution d’un certain nombre de prix, comprenant pour tous les prix un diplôme et une plaquette, et pour certain prix, une prime en argent ou un objet d’art de même valeur. La plaquette est en vermeil, argent.,1 bronze argenté ou bronze suivant les concours et les prix, et les primes varient entre 1,500 et 200 francs, cette première somme étant destinée à constituer le Grand Prix de l’Aéronautique, quelque chose comme le prix d’honneur des Concours.
-
- Ici même nous avons déjà donné les points principaux du règlement des épreuves aéronautiques. Nous n’y revenons que pour prévenir les intéressés que ce règlement est adressé à qui en fait la demande à M. le commandant Renard, président du Comité Exécutif de la section X, 7, avenue de Tri-vaux, à Meudon. Le registre des inscriptions est ouvert. Qu’elles soient nombreuses.
- 26-30 Mars
- Courses organisées par l’Automobile-Club de Nice
- Les manifestations sportives organisées chaque année par l(Automobile-Vélo-Club de Nice, occuperont en 1900 la dernière semaine de mars. Le règlement adopté est celui de l’Automobile-Club de France. Nous donnons aujourd’hui la liste et l’indication des catégories auxquelles elles sont réservées. Rappelons que les poids des véhicules doivent être pris à vide, c’est-à-dire sans accessoires, outils, pièces de rechange, etc.
- *
- Course ouverte de vitesse
- (26-27 Mars (Nice-Marseille-Nice)
- Cette course se dispute en deux étapes :
- Le Lundi 26 Nice-Marseille, par Cannes, Fréjus, Le Luc, Brignoles, Saint-Maximin, Trets, et Gardanne. — 230 kilomètres.
- Le Mardi 27, Marseille-Nice par Aubagne, Ollioules, Toulon, La Garde, La Pauline, Hyères, Sainte-Maxime, Fréjus et Cannes;
- Elle est ouverte aux véhicules suivants, groupés en catégories :
- A. -- Motocyclettes, motocycles ou voiturettes pesant moins de 250 kilos.
- B. — Voitures pesant plus de 250 kilos et moins de 400 kilos et portant au moins deux voyageurs côte à côte, d’un poids moyen de 70 kilos.
- C. — Voitures pesant plus de 400 kilos et portant au moins deux voyageurs côte à côte, d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
-
- Course réservée aux 1 ouristes
- (26-27 Mars) Nice-Draguignan-Nice
- Également en deux étapes :
- Lundi 26 mars, aller. — Nice-Draguignan, par Cannes, Fréjus et le May; dis:ance : 98 kilomètres.
- Mardi 27 mars, retour. — Draguignan-Nice, par la même route qu’à l’aller.
- Cette course est réservée aux véhicules suivants, groupés en catégories :
- A. — Motocyclettes, motocycles ou voiturettes pesant moins de 250 kilos.
- B. — Voitures pesant plus de 230 kilos et moins de 400 kilos, montées par deux personnes côte à côte, d’un poids minimum moyen cje 70 jçilos.
- C. -- Voitures à 4 places, pesant plus de 400 kilos et moins de 1,000 kilos, portant au moins 4 voyageurs d’un poids minimum moyen de 70 kilos.
- D. -- Voitures pesant plus de 1,000 kilos à 4 places et au-dessus portant 6 personnes ou 5 personnes et 70 kilos, 4 personnes et 140 kilos. Les voyageurs devront être d’un poids minimum moyen de 70 kilos.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Les véhicules et voitures de la série A et B devront être conduits par un membre d’un club automobile reconnu par l’Automobile-Club de France.
- Les voitures des séries C et D devront avoir à bord au moins un membre d’un automobile-club reconnu. L’engagement devra porter le nom du membre du cercle responsable.
-
- Exposition à Nice (28 mars)
- L’Exposition des automobiles sera réservée exclusivement aux concurrents d s deux courses ci-dessus. Elle aura lieu dans le local de l’Automobile Vélo Club de Nice.
- Course du Mille (29 mars)
- Cette course, dont la première édition eut lieu en 1899, sera courue en poule sur la promenade des Anglais Cette année le départ n’en sera plus le matin mais à deux heures de l’après-midi» Elle est réservée aux concurrents de la course Nice Marseille-Nice ayant effectué le parcours en entier ; elle est obligatoire pour les voitures classées. Voici les catégories :
- A. — Véhicules, motocyclettes, motocycles ou voiturettes pesant moins de 250 kilos.
- B. — Voitures pesant plus de 250 kilos et moins de 400 et portant au moins deux voyageurs côte à côte d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
- C. — Voitures pesant plus de 400 kilos et portant au moins deux voyageurs côte à côte, d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
- Une série spéciale est réservée aux voitures à vapeur et électriques sans distinction de poids.'
- * *
- Nice-La Turbie (3* année — 30 mars)
- Cette course est réservée aux voitures ayan effectué en entier les parcours de leur catégorie, et sans distinction de classe. Voici les catégories :
- A. — Véhicules au-dessous de 250 kilos, montés par une personne d’un poids minimum de 70 kilos.
- B- — Voiture pesant plus de 250 kilos, et portant au moins deux voyageurs côte à côte d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
- C- Voitures pesant plus de 400 kilos et portant deux personnes d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
- Voitures pesant plus de 400 kilos et moins de 1 000 kilos et portant quatre personnes d’un poids moyen de 70 kilos 1
- B- Voitures pesant plus de 1 000 kilos, au moins a quatre places et au-dessus, portant : 6 personnes, ou 5 personnes et 70 kilos, ou quatre personnes et 140 kilos.
- F. - Voitures à vapeur ou électriques à une ou plusieurs places sans distinction de poids.
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- Prix et engagements
- Le total des prix s’élève à dix mille francs (espèces, objets d’art et médailles).
- Les engagements doivent être adressés avant le 22 marsà midi à l’Automobile-Vélo Club de Nice, 5, boulevard Gambetta.
- Ils doivent être accompagnés du montant de l’entrée.
- Entrées. — Véhicules au-dessous de 250 kilos:
- A, 50 francs ; véhicules au-dessus de 250 kilos :
- B, C, D, E, F, 100 francs, donnant droit iwtoutes les épreuves.
- Les membres de l’Automobile^ Vélo_ Club de Nice ne paieront que la moitié des entrées ci-dessus.
- Les engagés
- Voici la liste des engagements déjà' parvenus Vitesse (Classe C)
- 1. — M. Paul Chauchard.
- 2. — M. Et. Giraud.
- 3. — M. Charron.
- 4. — M. Girardot.
- 5. — M. A. Lemaître.
- 6. — M. Mercèdes.
- 7. — M. le baron de Turckheim.
- 8. — M. Mouter.
- 9. — M. Drucki Lubecki.
- 10. — M. le docteur Pascal.
- 11. — M. René^de Knyff.
- 12. — M. Gilles Hourgières.
- 13. — M. Degrais,
- 14. — M. Levegh.
- Touristes (Classe B)
- 1. — M. Léon Desjoyaux.
- 2. — M. Paul Chauchard.
- 3. — M. Ch. Gondouin.
- 4. — M. Stead.
- 5. — M. Valton.
- Touristes (Classe D)
- 1. — M. Drucki Lubecki, 4 places, 1 200 kil.
- 2. — M. Léon Desjoyaux, 6 places, 1 200 kil.
- Motocycles 1. — M. Marcellin.
- Automobile-Club de Grande-Bretagne et d’Irlande.
- Whitehall Cours, Londres. S. W.
- Tour d Angleterre
- ÉPREUVE DE i £
- 1000 milles pour automobiles
- (1.609 kilomètres)
- Londres à Edimbourg et retour
- y compris Expositions d’un jour dans sept .< villes principales de provin e, ot précédée de l’Exposition d'automobiles de l’Automobile Club.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- (Automobile Club Motor Exhibition)
- sous le patronage et le contrôle de l’Automobile Club de Grande-Bretagne.
- Directeurs commerciaux : MM. Cordingley and Co, 39 Shoe Lane, Londres E. C.
- à l’Agri cultural Ha 1. Londres
- du Samedi 14 au Sa o li 21 avril 1900
- et (probablement) suivie d’une Exposition des automobiles qui auront pris part à l’épreuve des 1 000 milles organisée pnr l’Automobile Club.
- au Prince’s Skating Club, Knightsbridge Londres
- ou dans un autre édifice convenable, du samedi 12 mai au samedi 19 mai 1900
- Itinéraire projeté
- (sujet à modifications ou amendement)
- Lundi 23 avriL 19JO — Londres à Bristol (300 000 habitants), 193 kil.
- Mar.Ji 24. — Exposition à Bristol.
- Mercredi 25. — Brisiol à Birmingham (500 000 habitants), 137 kil. 6'JÜ.
- Jeudi 26. — Exposition à Buminghain.
- Vendredi27.— Birmingham à Manchester (500000 habitants), 128 kil. 800.
- Samedi 28. — Exposition à Manchester.
- Luudi 30. — Manchester à Carlisle. 222 kil. 100.
- Mardi 1er mai. — Carliste à Edimbouig, 160 kilomètres 900.
- Mercredi 2 — Exposition à Edimbourg (300 000 habitants).
- Jeudi 2. — Edimbourg à Newcastle-on-Tyne, 195 kil. 500.
- Vendredi 4 — Exposition à Newcastle (220 000 habitants).
- Samedi 5. — Newcastle à Leeds, 156 kil. 100.
- Lundi 7. — Exposition à Leeds (400 000 habitants),
- Mardi 8. — Leeds à York; une heure à Yo k ; York à Mieffield, 160 kil. 800.
- Mercredi 9.— Expjsition ,1 SieffieU (350 000 habitants).
- Jeudi 10. — Shetfield à Nonhampton, 157 kilomètres 700.
- Vendredi 11. — Northampton à Londres, 108 kilomètres 500.
- Au total : 1 630 kilomètres.
- Le règlement est assez long, les intéressés pourront le demander à M. Instone, 4, rue de la Bourse, Paris, visible tous les jours de 10 h. à midi. Le Vélo l’a publié dans son numéro de dimanche dernier.
- Les engagements varient de 250 fr. à 625 francs suivant les catégories avant le 1er février. Ils sont majorés du 1er février au 1®- mars.
- Il y aura parait-il 25.000 francs de prix.
- Oest une excursion et non une course tout en étant une course, on ne voit pas au juste. Il y a un article qui dit : « Tout compétiteur qui serait poursuivi en justice pour vitesse excessive, pourra être disqualifié di le comilé !u club juge qu’il a marché à une vitesse excessive. » Comme quoi il y aura toujours moyen de classer premières les voitures anglaises. C’est le pendant ou jugement, Belge qui condamnait deux jockeys.pour-avoir cravaché leurs chevaux à l’arrivée.
- INFORMATIONS
- Un meeting automobile à Turin — L’Automobile Club de Turin a la ferme intention d’organiser pour le prochain mois d’avril un grandiose meeting automobile. La date do cette intéressante manifestation sportive, n’a pas encore été arrêtée d’une façon définitive.
- Toutefois, il est à peu près certain que le programme comprendra, pour le 21 avril, une journée exclusivement réservée aux records; le 22, un grand carro sel qui se déroulera sur la magnifique piste hippomobile de la Barrière de Stupinigi, et le 23 une course de fond sur l’itinéraire Turin P nerolo-Saluzzo-Cunéo- Savigliano-T urin.
- Un congrès automobile réunira à cette même époque, à Turin, les nombreux chauffeurs des différentes régions d’Italie.
- Les contributions Le préfet de la Seine vient de signer un avis aux contribuables qui va être affiché prochainement sur les murs de Paris.
- Cet avis rappelle qu’aux teemes des lois et règlements en vigueur, les contribuables sont tenus, sous peine d’aggravation de taxe, de taire, à la mairie, la déclaration des objets imposables aux contributions et taxes désignées ci-dessous :
- 1® Contribution sur les voitures automobiles.
- 2° Taxe sur les cycles et motocycles.
- Cet e note dit que, conformément à la loi du 13 avril 18h8 et à l’article 3 du décret du 10 décembre 1858, les possesseurs de vélocipèdes sont dans l’obligation d’être munis d’une plaque au millésime de l’exercice en cours, a partir du 1er mai de chaque année ;
- Les contribuables trouveront, sur les registres ou formules imprimées déposés à la mairie à l’effet de recevoir leurs déclarations, toutes les indications nécessaires pour les fixer exactement sur les obligations qui leur incombent.
- Ils remarqueront, notamment, que les déclarations continuent d’avoir leur effet tant qu’elles n’oru pas été rapportées ou modifiés par eux, qu’en conséquence ils ne sont tenus de faire de nouvelles déclarauons que dans le cas où il es survenu des changements susceptibles de taire augmenter ou diminuer leurs cnisations.
- Us devront, d’ailleurs, ne pas perdre de vue que les déclarations, visées par le présent avis doivent être consignes sur les registres spécialement affectés au service des contributions directes, et qu’il doit leur en être, séance tenante, délivré un récépissé .
- La piste autour de Lorgchamp. — Nos lecteurs se rappellent que sur la proposition de notre confrère G. de Lafreté, quelques conseillers municipaux avaient demandé la création autour de l’hippodrome de Longcliamp, d’une piste réservée aux cycles et automobiles. La 3® commission à laquelle avait été renvoyée la pétition, vient de prier l’administration de mettre le projet à l’étude.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- L’AMÉLIORATION DES MOTEURS
- Tel est le titre sous lequel Pierre Giffard parle des résultats de notae concours de moteurs. C’est là un bien grand honneur. Améliorer les moteurs n’est pas chose facile et il serait déjà bien suffisant de savoir pourquoi ils ne sont pas parfaits.
- Aussi nous n’eussions jamais nous-mêmes songé à un titre aussi élogieux, d’abord par simple modestie et surtout parce que tel n’a jamais été notre but — je m’expliquerai là-dessus quand on aura lu l’article de Giffard auquel je laisse maintenant la parole :
- J’ai eu le plaisir de causer assez longuement ces jouis ci avec une Grande Lumière de notre mécanique contemporaine appliquée à l’automobile. J’appelle Grande Lumière, moi profane, un homme qui me stupéfie par des chiffres et des réflexions d’aspect irréfutable. C’est mon rôle d’ignorant : Dès qu’on m’aligne des déclarations basées sur des expériences, j écoute avec respect et je suis tout aussitôt pénétré delà foi.
- Si ces déclarations, dans lesquelles je coupe tout le temps, comme on dit aujourd’hui, sont par trop hasardeuses, il n'y a jamais que demi-mal. Comme je ne les garde pas pour moi, comme au contraire je les jette aussitôt aux quatre vents de la publicité pour qu’elles produisent leur effet, quiconque en croit tenir la réfutation n’a qu’à me faire signe et aussitôt le Vélo lui est ouvert pour soutenir ses idées. C’est ainsi que se font les bons journaux.
-
- Donc ma Grande Lumière a opéré dans le récent concours des moteurs, concours savant, très long, très méticuleux, organisé sous les auspices de nos excellents confrères Vuillemot et Desjac-ques, de la Locomotion Automobile.
- — Ah! ça lui demandais-je en riant, a-t-il seulement servi à quelque chose, votre concours ? A vrai dire, il fut savant, et moi, simple esprit, peu ferré sur les x je n’y compris goutte. Mais si vous pouviez me dire en quelques mots ce que vous y avez vu, ce que vous en avez tiré, comme conclusion pratique, sans formules savantes et sans algèbre, je vous assure que vous me rendriez service, et à la masse de nos lecteurs en même temps.
- — Rien de plus facile, reprit la Grande Lumière, à ma grande stupéfaction profonde, car je croyais que pour comprendre quelque chose à ce concours il fallait avoir passé par l’Ecole polytechnique. Rien de plus simple, comme vous l’allez voir. Et la Grande Lumière s’en fut, droit devant elle... A peine si je pouvais la suivre en prenant quelques notes. Bref voici ce que j’ai retenu de son étmcellement.
- Les savants m’excuseront si je n’emploie pas bien exactement les termes. Mais le fond des
- constatations faites y est bien consigné, et il est d’une intéressante nouveauté pour nous, trop habitués évidemment à dire: amen à tout ce que la douce routine nous montre d’une année à l’autre.
- * *
- Ce qu’il faut envisager surtout dans le rendement des voitures automobiles, paraît-il, c’est non pas la force des moteurs, mais le rendement de ces moteurs à la jante de la voiture.
- C’est cela seulement qu’il est utile et pratique de connaître; néanmoins, il est aussi indispensable de connaître la force initiale du moteur, et c’est de la comparaison de ces deux données que découlent pour l’industrie automobile les renseignements les plus importants et les modifications les plus grandes. Car l’idéal, ce n’est pas d’avoir une voiture ayant un moteur très fort, mais bien une voiture ayant un moteur proportionné dont le mode de transmission, engrenages ou courroies, absorbe le moins de force possible, pour donner le meilleur effort utile aux jantes des roues.
- Il paraît établi, à la suite du concours récent, que la courroie serait en somme supérieure à la chaîne comme mode de transmission, surtout la courroie longue, large et épaisse, et qu’âvec son aide, non seulement la résistance intermédiaire se trouverait réduite, mais encore que l’élasticité serait meilleure qu’avec les engrenages.
- Certaines voitures d’une force de moteur inférieure ne devraient qu’à leur transmission par courroie les bons résultats et les vitesses qu’elles ont pu fournir.
- Et que l’on ne croie pas que la résistance des transmissions, soit quantité négligeable C’est ainsi qu'on a vu des voitures de douze chevaux ne donner à la jante que sept chevaux. D’autre part, des voitures de deux chevaux ne plus donner à la jante qu’un cheval.
- Nous ne parlerons pas des expériences initiales ayant pour but de connaître la valeur réelle en kilogrammètres des moteurs ; on a vu des moteurs annoncés pour 2 chevaux, 2 chevaux 1/4, 3 chevaux 1/2 qui faisaient un nombre de kilogrammètres bien au-dessous de celui annoncé.
-
- Revenons aux transmissions. Les experts ont constaté que dans une série de transmissions par engrenages, et avec des vitesses égales, la résistance était plus forte pour transmettre certaines vitesses qne pour en transmettre d’autres.
- C’est ainsi que des voitures de 6 chevaux ont donné 3 chevaux 1/2 à la jante lorsque l’embrayage était fait à la première vitesse, et seulement 1 cheval 1/2 à 2 chevaux lorsque l’embrayage était fait à la deuxième vitesse ; le travail utile à la jante revenait au même chiffre de 3 chevaux 1/2 alors que l’on embrayait à la troisième vitesse.
- Ces constatations ont permis de se rendre compte que, dans les voitures dont il s’agissait, les paliers supportant les engrenages de seconde vitesse travaillaient à faux et employaient une notable partie de la force du moteur.
- A des quantités de constructeurs, les organisateurs du concours ont donné ces avis et les autres sont en train maintenant de modifier, de simpli-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- fier leurs organes de transmission. Il serait bien plus intéressant, en effet, de posséder des voitures comportant un nombre de chevaux moins élevé donnant à la jante un rendement égal à celui d’un moteur plus fort.
- Si le système de la transmission est meilleur et mieux établi, on pourra voir des voitures de 8 Chevaux rendre autant, â la jante, que des voitures de î2.
- Il est donc intéressant d’appeler l’attention des constructeurs sur ce fait et de les engager à travailler, plutôt qu’à l’augmentation des moteurs, à la simplification des transmissions et à la suppression des résistances qui en résultent.
- Autre résultat du concours :
- La force des moteurs a varié dans des proportions assez fortes, notammeut pour les petits moteurs, suivant le carburateur employé.
- Tel moteur de i cheval 3/4 donnant 90 kilo-grammètres de force avec un carburateur, a donné 120 avec un carburateur d’un autre genre.
- Enfin, les tubulures sont établies, en général, pour tous les moteurs, gros ou petits, beaucoup trop étroites et d’un diamètre beaucoup trop restreint ; tous les tuyaux d’admission ou d’échappement sont d’une section trop étroite et il y a tout avantage, pour la bonne marche du moteur, et pour son rendement en force, à augmenter aussi bien les tuyaux d’admission que ceux d’échappement.
- De'même, il est nécessaire — et l’on obtiendra des résultats meilleurs — en augmentant le plus que l’on pourra le diamètre des soupapes d’admission et celles d’échappement de façon à pouvoir aspirer ou rejeter, suivant le cas, le plus de gaz possible.
- Théoriquement, il est prouvé qu’aux vitesses où marchent les moteurs, de quatorze, quinze ou seize cents tours à la minute, jamais il n’est aspiré une cylindrée complète de mélange vu le diamètre trop étroit des soupapes.
- Qu’on n’oublie pas, en effet, qu’ea tournant à des vitesses de î6oo tours, un moteur, pour chaque aspiration, n’ouvre sa soupape que pendant 1/60 de seconde.
- Idem pour l’échappement.
- Est-il réellement possible, dans ce cas, d’aspirer une cylindrée complète du mélange gazeux? Non. Et c’est pourquoi, afin de pouvoir augmenter le volume du gaz aspiré, il est de tout intérêt d’augmenter le diamètre des soupapes.
- Pour la même raison, le diamètre des chambres de compression peut être diminué dans de notables proportions, et c'est là le secret de la marche parfaite de bien des moteurs, d’avoir une chambre décompression très petite où le gaz se comprime à de très hautes tensions.
- Telles furent les réflexions que me confia cette Grande Lumière.
- Je vous les livre pour ce qu’elles sont. Je ne suppose pas qu’il y ait de parti pris. Je crois à l’entière bonne foi de mon éducateur.
- Ajouterai-je que 1.'étant pas assez callé en mécanique pour lui tenir le dé, je me suis borné à dire oui, chaque fois que mon interlocuteur m'a paru solliciter un assentiment ?
- Encore une fois, si quelque chauffeur fort en x
- avait en mains la thèse contraire, et qu’il voulu; riposter à celle-ci, je lui ouvpe bien volontiers, comme toujours, les colonnes du Vélo pour répondre à l’auteur des réflexions ci-dessus.
- Nul ici-bas n’a la prétention d’être infaillible, sauf le Pape. Nous cherchons à nous instruire pour aller toujours à mieux. Noble devise qui ne saurait être Un monopole pour le marchand de sardines dont vous connaissez l'obsédante affiche.
- Pierre GIFFARD.
- Faut-il ajouter d’abord que nous accueillerons de même toute discussion cjui nous sera adressée au sujet de nos expériences.
- Mais je tiens à faire quelques réserves au sujet des affirmations de la « Grande Lumière » dont je ne cherche pas à pénétrer l’anonymat. Tout ce qui est relatif aux moteurs, aux tubulures et aux soupapes est parfaitement exact. Mais pourquoi affirmer la supériorité de la courroie à l’engrenage ? Jamais nous n’avons émis semblable affirmation et, à moins de posséder des « lumières spéciales » il faudrait, je pense, des années d’expériences de laboratoire et d’expériences de routes pour trancher la question dans un sens ou dans l’autre.
- Ce qu’il ne, faut pas perdre de vue, et ce que nous n’avons jamais cessé de répéter, c'est que nous voulions uniquement :
- Mesurer la puissance réelle des moteurs tels qu’ils sont maintenant.
- Etudier, par la comparaison des différents moteurs qu’elles peuvent être les influences bonnes ou mauvaises.
- Enfin, étudier les voitures telles qu’on les construit actuellement.
- Mais toujours afin d’obtenir des chiffres de constatation, devant servir de bases à des expériences ultérieures.
- Nous avons voulu aussi montrer que le freinage est d’un usage utile et facile, d’une généralisation néces-aire.
- En un mot : Nous avons constaté des chiffres, ces chiffres sont-ils exacts, voilà ce que nous affirmons.
- On est venu, en réponse à l’article de Giffard, dire que lout cela était bien connu, que nous n’avions fait que constater des choses bien connues de tout le monde; que chacun savait bien l’influence des diamètres des soupapes et des tubulures, etc.
- Mais alors pourquoi les moteurs ayant des orifices suffisants, ^ont-ils l’exception ?
- Nous avons relevé les diamètrss de toutes les soupapes et de toutes les tubulures. On verra bien si dans six mois les mêmes moteurs (même alésage et même course) ne sont pas plus largement alimentés, et n’auront pas du même coup, augmenté de puissance.
- C’est alors qu’on verra si vos constatations étaient utiles et si vraiment notre statistique a provoqué une amélioration comme Pierre Giffard veut bien le dire*
- G. DESJACQUES
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- COMPAGNIE DES AUTOMOBILES DU SUD-OUEST
- Voiturette André Py
- La voiturette que construit la Compagnie des Automobiles du Sud-Ouest est un mo-tocycle à la fois élégant et commode, porté par 3 roues seulement : les 2 d’avant étant motrices et l’unique roue d’arrière directrice; disposition originale mais très rationnelle.
- Le moteur, que représente notre fig. 1, est un moteur à 4 temps dont le corps du cy-
- lindre est à ailettes, mais dont la boîte à soupapes est refroidie par une circulation d’eau qu’une pompe centrifuge, actionnée par le volant, envoie du réservoir au moteur, du moteur au radiateur à ailettes, situé à 1 avant, puis au réservoir et ainsi de suite.
- Ce moteur est remarquable par sa longue course (le double du diamètre) qui donne
- Voiturette Py, de la Compagnie des Automobiles du Sud-Ouest
- une longue détente; la bielle dont la tête est formée de 2 pièces réunies par un collier en acier (dispositif breveté) attaque l’arbre moteur par une manivelle équilibrée et un volant auquel est accolé l’embrayage à friction.
- Le carburateur, à débit constant est également représenté en coupe, fig. 1.
- L’essence arrive en a, soulève le pointeau c et son plateau b, passe par le conduit d, l’ajutage e ; l’air qui afflue par g, passe autour du plateau b, gagpe le conduit h et
- remplit la chambre i, où il se mélange à l’essence qui vient se pulvériser contre le cône renversé; : une seconde arrivée d’air, réglable à volonté par le chauffeur, peut se produire par la soupape j.
- Le mélange carburé,- ainsi dosé arrive alors à la soupape d’admission à la partie inférieure de la culasse. La soupape d’échappement est à la partie supérieure ; un fort ressort méplat k la maintient appuyée sur son siège. Une came l montée sur l’arbre du régulateur vient soulever en temps
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- opportun le levier tn (fig. i et 2), claveté sur L’arbre v qui porte à son autre extrémité un doigt o dont le déplacement fait baisser
- la soupape d’échappement au moment voul u Les gaz «l’échappement sortent par p. passent parle Ier détendeur/» et s’échappent du
- Fig. 1 et 2. — Mécanisme moteur de la Voiturette Py.
- * Fig. 3. —jVwe en plan dé^la \otturette Py.
- silencieux P par les petits trous que por- un régulateur centrifuge à boules est monté tent les‘2 tubes rr. < sur l’arbre secondaire de distribution : lors-
- Le système de régulation est très simple : que le moteur s’emballe les boules s’écar-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- tent et tirent sur une douille dans le sensi de la flèche X, de sorte que la came l qui est ainsi écartée du levier m ne fait plus osciller celui-ci ; il se produit des ratés d’ouverture de la soupape d’échappement qui font bientôt tomber la vitesse, les gaz neufs ne pouvant plus pénétrer dans le cylindre moteur ; alors les pièces reprennent leur position primitive et le fonctionnement décrit plus haut recommence régulièrement.
- Le mouvement du moteur est transmis au volant e sur l’embrayage à friction K à l’arbre intermédiaire J ; on débraye à volonté par la pédale Z, ou automatiquement en mettant en prise le frein au pied A/.
- L’arbre I porte trois engrenages de chan-ment de vitesse p, g, r que l’on peut par la manœuvre du levier de changement de vitesse T, engrener successivement avee les engrenages correspondants v, v, clave-tés sur l’arbre % dont le pignon extrême entraîne la couronne extérieure du différentiel
- Les 3 vitesses obtenues, en déplaçant le levier de changement de vitesse sur son secteur (fig. 3) sont de 8, 18 et 30 kil. k l’heure.
- La direction est obtenue par le volant A qui commande un pignon et une crémail. 1ère B solidaire de la tringle de commande
- — Détail de la mise en marche de la Voiturette Py.
- Fig. 4.
- de l’essieu d’arrière C ; celui-ci oscille d’un côté autour de l’axe F et porte à l’autre bout une sorte de pièce rectangulaire E, munie de galets et coulissant dans une rainure ménagée dans le châssis ; d’où les déplacements de cette roue arrière qui agit comme une sorte de gouvernail, servant eu outre de point d’appui à l’ensemble.
- La mise en marche du moteur est excessivement douce, grâce à la précaution prise de disposer un loquet que pousse la manivelle de mise en marche, lequel ouvre la soupape d’échappement ce qui supprime toute compression ; l’élan d’un tour de volant suffit ; en serrant la manivelle, celle-ci reste dans la main sans secousse et sans coups à rebours. La fig. 4 montre qu’à cet effet, la manivelle porte un ergot a qui suit une rainure héliçoidale b c de telle sorte que l’extrémité d de la manivelle appuie sur la tige e, en surmontant l’action du ressort à boudin ; celle-ci repousse alors l’ergot /, claveté sur l’arbre actionné par la course du régulateur ; d’où ouverture de la soupape d’échappement.
- Pour obtenir la marche arrière, le levier de changement de vitesse étant au cran
- Fig. 5, — Marche arrière de la \oiturette Py.
- d’arrêt, il suffit, à l’aide du levier 4, d’engrener les pignons b, c et dt pour que le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- sens de marche du véhicule soit renversé.
- Tout le mécanisme est bien ramassé et commodément disposé car en levant le siège qui est à charnières, on a tout sous la main pour visite, graissage, alimentation d’eau et d’essence (12 litres pour 180 kilomètres) ou même pour une menue réparation.
- Il y a 3 freins à ruban : le premier M, mû au pied, agit sur l’arbre intermédiaire et débraye.le moteur; le deuxième N, mû à la main, agit comme le précédent; le troisième W, mû à la main, agit sur un tambour claveté sur l’essieu moteur,
- Le cadre est en solides tubes d’acier bien enifetoisés dans la partie qui reçoit la transmission (fig. 3). Le moteur de la voiturette à 4 places développe plus de 3 ch. 5 au frein ; grâce au dispositif d’avant-train moteur, le rendement aux jantes est de 80 0/0 ; on monte des rampes de 10 à 12 0/0 avec 300 kilos de poids utile. L’encombrement maximum n’est que de 2m,75 X im,42 : la stabilité est bonne grâce à l’abaissement du centre de gravité, comme dans les voitu-rettes Bollée.
- Ces véhicules sont légers et pratiques comme conduite, surveillance, prix et confortable.
- Paul SARREY.
- ------------♦-------------
- DIRECTION PAR ESSIEU BRISÉ
- Système Ph. Marot-Gardon et Cie
- La facilité et la perfection des virages dans les voitures automobiles constituent une des difficultés les plus délicates à résoudre dans l’établissement de ces véhicules.
- Nos lecteurs ont d'ailleurs suivi les études de M. C. Bourlet sur la direction et ils connaissent les solutions théoriques rigoureuses proposées par lui.
- La condition essentielle pour qu’un virage soit parfait est la suivante : il faut que les quatre roues de la voiture tournent autour d’un même centre instantané de rotation. La solution la plus ancienne permettant le pivotement de la voiture consiste dans l’emploi de l’avant-train à cheville ouvrière. Le système d’essieux tournants d’Aker-man fut un perfectionnement ; mais dans le virage le centre instantané de rotation n’était pas le même pour les quatre roues. La direction Jean-taud employée presque universellement aujourd’hui remplit beaucoup mieux cette dernière condition.
- En combinant cette disposition avec son essieu brisé incliné (breveté) la maison Ph. Marot, Gardon et Cie, vient d’obtenir une solution beaucoup plus avantageuse pour la facilité des virages.
- L’essieu brisé incliné que la maison Marot,
- Gardon et Cie a employé jusqu’à ce jour sur ces avant-trains démontables a été étudié de la façon suivante :
- A l’extrémité de l’essieu à chaque AB sont articulées deux manivelles sur lesquelles se fixent les axes des moyeux à billes m et ». Une bielle intermédiaire a b rend les deux manivelles solidaires. La manivelle de droite est commandée par une bielle reliant l’essieu brisé au guidon ou au volant dé direction.
- Le plan P de l'essieu, des manivelles, des axes des moyeux et de la bielle intermédiaire, n’est pas horizontal.
- C’est en cela que réside le principale particularité de cette direction.
- L’axe x y d’articulation des chapes étant perpendiculaire au plan P est aussi oblique par rapport au <ol, de sorte que dans un virage l’axe de la fusée dont la projection verticale est m’ s’abaisse en même temps qu’il s’incline par rapport au sol.
- Le centre de gravité de la voiture s’abaisse et les roues s’inclinent, se couchent pour ainsi dire, dans le sens du virage comme les roues d’une bicyclette ou la roue avant d'un tricycle.
- Le seul inconvénient du système réside dans le glissement ou le ripement d’une des roues avant.
- Pour éviter ce dernier inconvénient, la maison Ph. Marot, Gardon et Cla a étudié à nouveau son essieu brisé en y appliquant l’épure Jeantaud, elle a ainsi obtenu un type réalisant aussi com-o^tement que possible la condition essentielle dup même centre instantané de rotation, ce dont on peut se rendre compte en examinant attentivement l’épure ci-contre.
- Le véhicule étant représenté sur deux projections, horizontale et verticale, l’essieu moteur se projette en M, M’, l’essieu directeur en D, D\
- Soit P’ la trace verticale du plan P de l’essieu des axes des moyeux et de la bielle intermédiaire, le plan P est perpendiculaire au plan vertical. La trace P doit passer par la projection verticale m des points de contact des roues arrière avec le sol. Les axes d’articulation des chapes sont perpendiculaires à ce plan. Soit A’ leur projection
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- verticale commune. Pour pouvoir étudier le déplacement des axes des roues avant obtenu par la rotation des manivelles autour des axes A A, changeons de plan horizontal et prenons le nouveau plan de projection perpendiculaire aux axes A A’ ou parallèle au plan P.
- L’essieu brisé sera ainsi projeté en vraie grandeur.
- Les axes d’articulation des chapes se projettent alors en At A’, les axes des moyeux en rt r’ et l’essieu arrière en M±.
- Pour trouver l’inclinaison des manivelles M.Jan. taud joint les axes d’articulation des chapes au milieu de l’essieu arrière. De sorte que dans les virages le lieu des points de rencontre des axes des moyeux avant est une courbe sinusoïdale se
- approchant assez de la ligne droite prolongement de l’ess.eu arrière. Pour que le point de rencontre se trouve sur le prolongement même de l’essieiï arrière dans le virage maximum nous avons joint les points At à un point nu situé sur l’axe de la voiture derrière l’essieu arrière et à une distance convenablement choisie.
- Pour trouver ce point n4 nous avons pris comme
- point de départ l’inclinaison maximum permise aux roues par le châssis et les ressorts de la voiture. Considérons le virage à droite le plus court et soit r4 la position de l’axe du moyeu de la roue de droite! Cet axe prolongé coupe la droite (projection horizontale de la ligne de contact dei roues arrières avec le sol) au point ci. Joignant la point et au point Ai on a la nouvelle position de
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- de l’axe du moyeu de la roue gauche. On a ainsi déterminé les angles i et 2 de rotation des deux roues.
- Pour trouver la position primitive des manivelles, nous avons décrit des points Ai des arcs de cercle de rayon égal aux longueurs des manivelles, et nous avons cherché une ligne at at parallèle à AiAi, ayant ses deux extrémités sur les arcS de cercle et telle que sa longueur ne change pac l’une des extrémités tourne d’un angle égal à / l’autre extrémité tournant d un angle égal à 2.
- La forme de l’essieu brisé est ainsi déterminée sans qu'il soit nécessaire de connaître le point m. Nous l’avons marqué sur l’épure pour bien montrer qu’il n’est pas pris sur le milieu de l’essieu arrière comme dans l’épure Jeantaud.
- Comme cette dernière, notre épure n’est qu’approximative, puisque le lieu des points Ct n’est pas une ligne droite.
- Mais dans notre tracé la condition nécessaire pour le non ripement des roues avant est réalisée dans le virage le plus court, c’est-à-dire dans celui qui est le plus dangereux pour la stabilité de la voiture.
- Les ellipses indiquées sur l’épure donnant les projections de la ligne milieu du boudin des roues avant dans le viiage à droite. Les ellipses du plan montrent bien que les deux roues s’inclinent sur le sol et de quantités différentes.
- Le centre instantané de rotation a ses deux projections en C et C’.
- L’élude de l’épure permet de se rendre compte aussitôt des avantages de l’essieu brisé ainsi construit.
- Dans un virage les axes des moyeux avant s’abaissent et s’inclinent vers le sol. L’avant de la voiture s’abaisse et son centre de gravité se rapproche du sol.
- Pendant le virage à droite le centre instantané de rotation des roues avant est situé sur le sol et sur le prolongement de la ligne des contacts des roues arrière est situé sur le prolongement de l’essieu arrière. Les deux centres de rotation tendent à se confondre. L’essieu arrière tend à être soulevé de façon à s’incliner vers le point C C’. La force résultant de ce mouvement compense en partie l’action de la force centrifuge qui tendrait à renverser la voiture de droite à gauche. La stabilité de la voiture est donc considérablement augmentée.
- Le conducteur de la voiture fait son effort sur un guidon ou un volant de direction. De là l’effort est transmis à l’essieu brisé soit par une manivelle et une bielle, comme dans les quadricycles ou par pignon secteur levier et bielle comme dans la voiture de la maison Ph. Marot Gardon et CIa.
- La bielle de commande porte à ses deux extrémités une articulation à rotule de façon à permettre le déplacement de la commande de la direction par rapport à l’essieu dans le sens de la flexion du ressort.
- Ce genre de direction appliqué aux quadricycles permet des virages complets sur une largeur de 7 mètres d’extérieur à extérieur du quadricycle.
- Les voitures construites par la maison Ph. Marot, Gardon et C,e peuvent virer complètement dans une largeur de 6m50.
- R. D.
- Liste des Brevets d'invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 288 433. — 2 mai 1899. — Whitley et Spenger.
- — Perfectionnements dans les appareils effectuant l’arrêt et facilitant le démarrage des automobiles sur des voies inclinées.
- 288 466. — 3 mai 1899. — Masurel. — Système perfectionné de commande mixte des véhicules automobiles par moteur électrique et moteur à pétrole combinés.
- 288 800. — 13 mai 1899. — Ste-Européenne d’Automobiles. — Changement de vitesse pour voitures automobiles.
- 288 811. — 13 mai 1899. — De Dion et Bouton.
- — Mécanisme de changement de marche pour voitures automobiles.
- 288 916. — 19 mai 1899. — Bruyes. — Embrayge et changement de vitesse pour automobile.
- 288 928. — 15 mai 1899. — Rambau l. — Nouveau moteur à pétrole, à gaz et essences diverses.
- 288 932. — 19 mai 1899. — Serullas. — Type de moteur rotatif à quatre temps simultanés, à basse ou haute compression et à explosion ou à combustion spontanée.
- 288 974. — 17 mai 1899. — Léonard. — Perfectionnements aux moteurs à explosion.
- 289 01Ü. — 18 mai 1899. — Moreau. — Perfectionnements aux moteurs à explosions et à leurs applications industrielles.
- 289 058. — 20 mai 1899. — Mme Vve Fessart — Perfectionnements aux moteurs à explosion.
- 288 959. — 17 mai 1899. — Lefebvre. — Mécanisme de transmission de mouvement et de changement de vitesse et de marche pour véhicules automobiles.
- 289 011. — 18 mai 1899. — Schen. — Perfectionnements aux automobiles.
- 289 020. — 19 mai 1899. — Ste-Besliner Motor-wagen Fabuk Gottschalk et ǰ. — Voiture automobile avec arbre flexible pour la transmission du mouvement du moteur disposé au-dessous du caisson à ressorts de la voiture à l’essieu d’arrière.
- 289 073. — 20 mai 1899. — De Dion et Bouton.
- — Dispositif de mise en marche pour voitures automobiles.
- 289 074. — 20 mai 1899. — De Dion et Bouton.
- — Dispositif de roulement pour voitures automobiles.
- 289 084. — 20 mai 1899. — Averly. — Perfectionnements aux essieux de voitures automobiles.
- 289 092. — 23 mai 1899. — Gardner. — Moteur à pétrole à détente variable par le régulateur pour voitures automobiles.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de la Locomotion Automobil-fl. DESMARKS, 151, avenue du Roule, Neuilly-B-Sn~e
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- Septième Année. — N» 4. 25 Janvier 1S00
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR-ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT - DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF ! Q.-F. DESJAOQUES " 5
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
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- Il peut arriver que les quittances pour 1899 soient, présentées .à certains de nos abonnés, alors qu’ils viennent de nous adresser directement leur cotisation.
- Comme il est matériellement impossible d’éviter ce contre-temps, à l’époque où les renouvellements sont le plus nombreux, nous prions nos abonnés de ne pas.se formaliser de cette apparence d’irrégularité, et de refuser simplement la quittance, qui fait double emploi avec le talon de mandat que nous les engageons toujours à conserver comme reçu.
- SOMMAIRE du N° 4
- Le 30 à l’heure G. D
- Calendrier des Courses pour 1900 La Coupe Gordon-Benett.
- La question des Numéros P. Lafitte.
- Exposition Universelle de 1900.
- L’automobile à l’Etranger.
- La coupe des voiturettes du Journal des Sports. Les Abonnements-Collections.
- Moteur et carburateur Aster PaulSarrey.
- Etude sur les résultats du Concours d’Ac cumulateurs del’A. C. F. A Dela^alle.
- Direction par essieu brisé Système Kendall Dispositif d’allumage électrique de la Pope Manufacturing Co L’auto-aviateur Pirmin Bousson.
- Le navire de l’air Zeppelin.
- Sociétés.
- Liste de Brevets d’invention.
- LE 30 A L’HEURE
- Depuis quelque temps la mode est aux réglementations.
- Un axiome est admis maintenant, que tout le monde croit ou fait semblant de croire : les automobiles sont plus dangereuses que les voitures à chevaux. En vain le Vélo établit-il par des statistiques rigou-
- reuses que ce n’est qu’une illusion. Rien n’y fait. ;
- « La mode du jour, dit M. Ballif, c’est d’être écrasé par un automobile » (M. Ballif écrit un automobile, à noter pour les linguistes).
- « Pour lui, toute voiture automobile va trop vite et est un danger.’
- « C’est une erreur.
- « Dites qu’elle va plus vite, ne dites pas qu’elle va trop vite. Plus vite que les voitures attelées, oui, mais elle s’arrête en un métré, et il en faut six pour arrêter une voiture attelée !
- « Il y a là une question d’optique et d’accoutumance. L’œil est habitué, aux évolutions des voitures attelées, il en sait graduer la rapidité et par suite le danger, instinctivement il applique le même mètre aux automobiles et il se trompe.
- « J’en appelle à tous les Parisiens. Cent fois par jour en traversant les boulevards, la rue Montmartre, la rue Saint-Lazare, etc., nous nous ferions écraser si nous ne faisions pas grande attention aux voitures avant de nous risquer sur la chaussée, et si nous perdions la tête devant une voiture attelée comme on la perd en ce moment devant une voiture automobile,
- « Et cependant, on ne peut le nier, la voiture automobile, avec ses freins multiples et puissants, avec sa direction qui lui permet d’évoluer sur elle-même dans un rayon d’une fois et demie sa longueur, est
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- 50 ' LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- infiniment moins dangereuse que la voiture attelée.
- Souvenez-vous des expériences du Concours de fiacres 5 on a vu des voitures automobiles’descendant la rue de Ménilmon-tant à 30 à l’heure s’arrêter en 3 mètres. . Quel est le cocher qui fera cela ?
- "<< Mais on fait un bruit énorme autour de quelques accidents qui se produisent et on organise la conspiration du silence sur ceux occasionnés constamment par les autres modes de transport.
- « Un peu de sang-froid et un peu de temps encore et nous serons faits aux voitures automobiles comme nous le sommes aux voitures attelées.
- « Quant aux expédients proposés par les «avancés» du Conseil municipal, qui se montrent en cette affaire, plus rétrogrades, plus répressifs, plus antilibéraux que les derniers des réactionnaires, ils sont tous plus nuis les uns que les autres.
- " « Le gros numéro.
- « Leur grand cheval de bataille, le tarte à là crème des « automobilophobes », ne soutient même pas l’examen.
- « Inefficace, dangereux, inutile, tels sont ses moindres défauts.
- ^«Inefficace. Mille moyens seront employés pour le rendre tel..
- « Le voituriste apercevant un agent ralentira, ' passera devant lui à petite allure, repartira de plus belle l’agent passé.
- « Il cachera le numéro et vous ne pourrez jamais l’en empêcher.
- « La poussière de la route elle-même se fera son complice, et je vous défie bien de lire un numéro quelconque sur une voiture rentrant à Paris, blanche dépoussiéré, après avoir fait cent kilomètres à bonne allure
- « Enfin la vitesse même, quand elle sera exagérée, rendra impossible la lecture du numéro et les agents sur le dos desquels retomberont finalement les erreurs commises — se désintéresseront d’une telle besogne qui ne leur vaudra que des avanies. »
- Dangereux comme toute contravention au vol, par erreur ou substitution de numéro.
- Inutile parce qu'elle ne répond pas à une nécessité vraie. C’est une mesure vexatoire qui devrait, en bonne logique, s’étendre à tous les véhicules.
- Mais tout cela est peut-être dit en vain. On va mettre des gros numéros, les uns disent à tous, d’autres disent à ceux qui font de 30 à l’heure ! Peut-être même est-ce signé à l’heure où j’écris.
- 30 à l’heure ? Qu’est cela ? tous les véhicules sans exception auront le gros numéro, tous, car tous peuvent faire plus de 30 à l’heure en palier, et les omnibus à vapeur, les trains Scotte eux-mêmes n’en seront pas exempts. De même tous les motocycles, quadricycles ou tricycles. Pour qu’un véhicule puisse monter les côtes, il lui faut en effet une force qui, sur le palier, l’emmène
- à plus de 30 à l’heure. D’ailleurs, même pratiquement, tous les véhicules automobiles font aujourd’hui plus de 30 en palier.
- S’il fut une voiture de touristes au monde, dit Georges Prade, ce fut bien la six-che-vaux Panhard-Levassor, munie de glace, pavillon, valises, outils, et de caoutchoucs pleins. Eh bien ! elle faisait en palier le kilomètre en 1 m. 52 s., soit plus de 30 à l’heure.
- Bien plus la première et la seule douze-chevaux à laquelle on ait fait passer l’examen est un omnibus de famille à douze places, qui faisait au maximum avec ses pignons « 28 à l’heure ».
- Le principe de l’examen par séries d’un même type s’oppose à toute distinction de ce genre, même en admettant que le truquage ne soit jamais employé.
- Qui nous donnera le vrai moyen de contentera la fois l’administration et les chauffeurs r1
- G. D.
- CALENDRIER DES COURSES
- Janvier
- 28. Saint-Pétersbourg.
- Février
- 4. Coupe de l’A.V.C. de Nice.
- Du 22 au 27 Semaine de Pau.
- 22. Circuit du Sud Ouest, touristes, 335 km.
- 23. Record du kil. pour bicycl entraînées par au
- tomobiles.
- 24. Course de côte.
- 25. Circuit du Sud Ouest, vitessê.
- 26. Gymkhana.
- 27. Automobiles fleuries.
- Mars
- Du 3 au 18 exposition et courses à Luxembourg.
- 11. Coupe des Voiturettes (Paris-Rouen et retour 240 km. Journal de Sports.)
- Du 26 au 30, semaine de Nice.
- 26 et 27. Nice-Mar;eille-Nice (vitesse) 230 km et Nice-Draguignan-Nice (touristes) 98 km.
- 29. Course du Mille.
- 30. Nice-La-Turbie. Concours d’élégance à Monte-Carlo.
- (Engagements à l’A.V.C. de Nice, avant le 22 mars, midi).
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- \
- A vril
- %
- 15 Paris-Roubaix motocycles 288 km.
- Avant le 9 avril à midi. — 5 fr. — Au Vélo). 26. Critérium de l’Electricité. Paris-Dijon.
- Avant le 23 avril à midi. — 100 fr. — Au Vélo.) Du 23 avril au 11 mai. Excursion des 100 Milles en Angleterre.
- (De 250 fr. à 625 fr. avant le ier février, doublés jusqu’au ier mars).
- Mai
- 3. Critérium des motocycles 100 km.
- 10. Critérium des voiturettes 100 km.
- Du 14 au 18. Exposition Universelle. Concours de voitures de Tourisme.
- 17. Critérium des motocyclettes 100 km.
- (Ces 3 courses sur le parcours Etampes à Chartres et retour, engagements 20 fr., clôtures respectives le i»r mai, le 8 mai, le 15 mai. — Au Vélo).
- 23. Paris-Bordeaux 568 km.
- Voitures 200 fr., voitures pesant moins de 400 kg. 150 fr., motocycles 100 fr.; avant le 19 mai midi au Vélo).
- Juin
- 10. Paris-Reims.
- 14. Coupe Gordon-Bennett.
- Du 18 au 23. Exposition Universelle. Concours de voitures de place.
- 24. Bade, course de côte.
- 24. Brest-Rennes-Brest. 500 km.
- Juillet
- i. Salon-Arles et retour.
- 9. Congrès de l’Automobile.
- Du 23 au 28. Exposition Universelle. Course de
- vitesse.
- 29. Paris-Dieppe A. V. A. motocycles.
- 29, Meeting de Bade (moto, et voiturettes).
- Août
- Du 13 au 18. Exposition Universelle. Concours de voiturettes.
- Septembre
- 1 et 2. Paris-Ostende 333 km.
- Vitesse : voitures 100 fr., motocycles 50 fr. — Touristes : voitures 75 fr., voiturettes 40 fr., moto. 25 fr. — Avant le 28 août au Vélo).
- 9. Bade. Course de 60 km.
- Du 17 au 22 Exposition Universelle. Concours des Poids légers.
- Octobre
- Du 8 au 13. Exposition Universelle. Concours des Poids Lourds.
- 28. Course de côte.
- Novembre
- 11. Course de côte de Gaillon.
- (Tous véhicules 10 fr. avant le 10 Nov. au
- Vélo).
- LA COUPE GORDON-BENNETT
- Elle est loin d’être réglée, 1’ «affaire» de la formation d’une équipe française de chauffeurs chargée de représenter l’A. C. F. dans l’épreuve internationale de la Coupe Bennett. Un rédacteur du Herald journal dont le donateur de la Coupe est directeur, a eu à ce sujet de piquantes interviews avec quelques-uns des intéressés.
- D’abord, M. Mors, le constructeur bien connu, s’étonne que le comité de l’Automobile-Club de France ait fait son choix sans essai préliminaire, alors que cet essai a été décidé par les Automobiles-Clubs de Belgique et d’Amérique.
- La course de Paris-Bordeaux ou même une Course de Paris-Tours-Le Mans et retour eût dû servir de critérium.
- « Certainement, dit M. Mors, les trois gentlemen choisis — MM. René de Knyff, Charron et Girar-dot — constituent un trio de première force et les voitures qu’ils monteront, appartenant toutes à la même marque, ont passé, jusqu’à présent, pour être de bonnes voitures. Mais l’Automobile-Club, en procédant à ce choix arbitraire, a semblé ignorer que d’autres fabricants sont en progrès et que d’autres conducteurs d’automobiles ont fait leurs preuves l’an dernier.
- « Les Maisons Peugeot, de Dietrich, Mors, Vallée Lefebvre (Bolide), avaient toutes préparé des voitu-tures en vue de cette course internationale.
- « Quant aux conducteurs bien connus, MM. Lemaître, Loysel, Giraud, Velghe, Antony, ils ont également le droit de protester et de demander à ce qu’il soit procédé à des essais préliminaires. »
- M. le baron de Dietrich complète le dire de M. Mors en insistant sur la bizarrerie du fait de ne voir qu’une seule marque d’automobiles admise à concourir dans cette épreuve :
- « Quel est le principe qui a pu guider l’A. C. F.-dans cette sélection ? — A-t-on envisagé la valeur des hommes ou celle des machines ? »j
- La vérité est que le choix a été guidé surtout par les sympathies que comptaient les chauffeurs désignés au comité qui a émis le vote en leur faveur.
- M. de Dietrich est de l’avis d’Antony, qui pense que le choix des trois champions n’a été basé ni sur le nombre de courses gagnées ni sur le nombre de kilomètres couverts. Qr il faudrait tout simplement inviter les champions et les constructeurs les plus heureux en ces dernières années à concourir dans une épreuve éliminatoire.
- Nous avions déjà parlé de la décision de M. Lemaître, l’excellent « chauffeur », qui, furieux de la partialité du vote de l’A. C. F., s’est inscrit à l’Automobile-Club de Belgique pour tâcher d’être compris dans le trio qui défendra les couleurs de ce Club dans la Course internationale.
- « Supposons, dit M. Lemaître, que les trois chauffeurs choisis par l’A. C. F. sortent victorieux du challenge Cup Bennett, quelle conclusion tirera-t-on de leur victoire ? Qu’eux et leurs machines sont les meilleures de France et, par conséquent, du monde. Et pourtant, une telle conclusion sera-t-elle logique, étant données les conditions de formation de cette équipe ?... »3
- En somme, tous les éliminés sont mécontents, et, franchement, on ne saurait les en blâmer.
- * *
- L’A. C. F. de Belgique, comme on le sait, a décidé de qualifier comme ses tenants les trois pre.
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- 52
- miers de ses candidats qui se seront classés dans Paris-Bordeaux.
- Voici ce que dit à ce sujet notre confrère l'Automobile belge, organe officiel de l’Automobile Club de Belgique :
- « Mardi, à 5 heures, s’est réuni le Comité sportif de l’A. C. B. sous la présidence de M. Oscar Grégoire. Etaient présents : MM. le comte J. de Liede-kerke, Fraipont et Haütvast.
- « Le Comité a examiné la question de la participation des coureurs belges à la course de la Coupe Gordon-Bennett et a décidé que les candidats devraient au préalable prendre part à la course Paris-Bordeaux. Les 3 coureurs choisis seront ceux qui seront arrivés les premiers parmi les coureurs belges, àlacondition qu’ils auront fait une moyenne kilométrique minimum de 40 à l’heure. Le Comité sportif appréciera les circonstances do fait qui auront pu influencer les résultats de la course.
- « En ce qui concerne la question de la fabrication exclusivement belge, le Comité a adressé une lettre à l’Automobile Club de France en réponse à la lettre de celui-ci, pour lui faire savoir qu’afin de dégager toute responsabilité, il.exigera de tous les fabricants un certificat affirmant que la fabrication est absolument belge.
- « La séance a été lovée vers 7 heures. »
- C’est ainsi qu’ont opéré les Américains pour conserver la Coupe América. Et le yachting est à coup sûr le sport qui se rapproche le plus de l’automobile. Pour la Coupe America, l’on construit des yachts spéciaux, on les met aux prses, et l’on qualifie le premier qui fut, l’année dernière, le « Columbia » C’est ainsi que depuis 1851, les Américains ont toujours été représentés par leur meilleur yacht. Et la course a été si souvent enlevée de si peu qu’ont peut hardiment dire que sans cette précaution de sportsmen, depuis longtemps déjà la Coupe conquise en 1851 dans les eaux de l’ile de -Wight aurait quitté les salons du Yacht Club de New-York.
- Cela ne veut pas dire que nos voisins de Belgique vont nous enlever là Coupe, mais ce qui est certain c’est qu’ils ne négligent aucun moyen pour cela et qu’ils seront représentés dans l’épreuve par les trois chauffeurs belges qui auront incontestablement les meilleurs Voitures au moment où il faudra courir.
- On annonce le prochain essai d’un nouveau système destiné à « contenter tout le monde ». Ne seraient numérotés que ceux qui ont l'intention d’écraser les gens.' Mais, lisez plutôt:
- , II.paraît que l’on a trouvé en haut heu la formule idéale qui va mettre tout le monde d’accord: piétons, chauffeurs-touristes et chauffeurs-coureurs.
- . Et voici comment :
- Les ingénieurs des mines chargés de l’examen des chauffeurs accorderaient aux voitures deux genres d’autorisations :
- A Autorisation sans numéro ;
- B Autorisation avec numéro.
- L’autorisation A serait donnée à toutes les voilures ne pduvant pas faire plus de 30 kilomètres à
- l’heure en palier. Les voitures continueraient à circuler comme elles l’ont fait jusqu’ici, c’est-à-dire qu’elles seraient soumises comme auparavant au règlement du Conseil d’Etat et à celui de la Préfecture de police.
- Quant à l’autorisation B, elle serait délivrée aux voitures faisant plus de 30 kilomètres à l’heure. Ces voitures devraient avoir à l’avant et à l’arrière un numéro haut de 18 centimètres, ce qui est res-pectablo pour un numéro.
- Comment trouvez-vous l’idée ? Personnellement elle ne me déplaît pas.'
- — Vous voulez accomplir sur les routes des prouesses de vitesses ? dira aux rois des chauffeurs l’administration prudente. Parfait ! Nous respectons trop la liberté individuelle et nous tenons trop à ne pas entraver la marche d’une industrie florissante pour vous en empêcher. Mais souffrez que nous puissions contrôler aisément les dégâts que vous pourrez causer à autrui. Vous objecterez que le port du numéro peut provoquer des confusions regrettables ; nous l’avouons. Mais si cette crainte est suffisante pour vous faire réfléchir et vous pousser à vous contenter des bienfaits de notre catégorie A, vous nous en vérrez charmés et le public au*si.
- En somme, ce règlement nouveau ne gênerait qu’une centaine de chauffeurs tout au plus. Et qu’est-ce que cent chauffeurs à côté de la population entière et comparativemeut aux touristes pour qui le trente à l’heure constitue déjà une jolie vitesse ?
- La combinaison nouvelle a le mérite de n’ôtre pas arbitraire, de laisser à chacun le soin de s’enrôler dans une des deux catégories, de ne forcer la main à personne et de donner au public les garanties de sécurité que l’Automobile Club lui-même a réclamées de ses membres à plusieurs reprises.
- Voilà donc le dernier tuyau, la nouvelle du jour. Comment mes confrères vont-ils l’accueillir demain matin ?
- Que va dire Pierre Giffard, qui s’est si souvent occupé de la question dans le Vélo ? Que vont en penser M. Ballif et le Touring-Ciub? Que va répondre le Comité de l’Automobile Club ?
- Nous saurons tout cela bientôt... si du moins la nouvelle que l’on vient de me donner n’est pas un canard iniàme.
- Le fait est que plus j’y réfléchis et plus je trouve la solution tellement raisonnable que je me demande s’il ne s’agit pas là d’un potin calomnieux pour l’administration : on va l’accuser d’avoir eu une bonne idée !
- Et on a tôt fait en France de vous démolir une réputation !...
- P. LAFITTE.
- Vous verrez que cela va devenir bien porte que d’avoir un énorme numéro. Songez donc, avoir une voiture incapable défaire plus de 30 à l’heure ! Plutôt la contravention !
- Mais tout ceci n’empêchera jamais la voiture la plus lente en palier de descendre les côtes à 50 à l’heure en tuant, non les passants car l’expérience a prouvé que ceux-ci ne sont pas souvent atteints, mais bien les passagers de la voiture même.
- Enfin, in medio veritas, la mesure en question aurait l’avantage évident, comme dit Pierre Lafitte de ne vexer que ceux qui le voudraient bien... C’est déjà quelque chose.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 53
- Exposition Universelle Je 1900
- Concours internationaux de Voitures automobiles à Vincennes organisés par l’Automobile Club de France.
- CONCOURS DE VOITURES DE TOURISME
- ir0 catégorie : Voitures à 2 places pesant plus de 400 kilos.
- 2e — Voitures à 4 places.
- 3e — . Voitures à 6 places.
- 4e — Voitures à plus de 6 places,
- journée : Lundi 14 mai.
- — Mardi 15 mai.
- — Mercredi 16 mai. *
- — Vendredi 18 mai.
- — Samedi 19 mai.
- CONCOURS DE VOITURES DE PLACE'
- ire journée : Lundi 18 juin.
- 2e — Mardi 19 juin.
- 3e — Mercredi 20 juin.
- 4e — Vendredi 22 juin.
- Y — Samedi 23 juin.
- COURSE DE VITESSE (dite de l’Etoile)
- ire catégorie : Voitures pesant plus de 400 kilos.
- 2e — Voiturettes pesant moins de
- 400 kilos
- 3e — Motocycles.
- ire journée: Lundi 23 juillet.
- 2e — Mardi 24 juillet.
- 3e — Mercredi 25 juillet.
- 4“ — Vendredi 27 juillet.
- 50 — Samedi 28 juillet.
- CONCOURS DE VOITURETTES (à 2 places, soit côte-à-côte, soif en tandem)
- iro journée : Lundi 13 août.
- 2e — Mardi 14.août.
- 3e — Mercredi 15 août. (Itiné-
- raire Rambouillet.)
- 4e — Vendredi 17 août.
- y — Samedi 18 août.
- CONCOURS DE PETITES VOITURES DE LIVRAISON, DITES POIDS LÉGERS
- iro journée : Lundi 17 septembre.
- 2e — Mardi 18 septembre.
- 3e — Mercredi 19 septembre.
- 4e — Vendredi 21 septembre.
- 5e — Samedi 22 septembre.
- CONCOURS DE*VEHICULES POUR' MARCHANDISES et VOYAGEURS DITS POIDS LOURDS
- 1” j 2e
- 3°
- 4e
- y
- ournée : Lundi 8 octobre.
- — Mardi 9 octobre.
- — Mercredi 10 octobre.
- — Vendredi 12 octobre.
- — Samedi 13 octobre.
- Ces jours-ci, les intéressés du commerce spécial ont reçu du bureau de la classe 30 (carrosserie, charronnage, « proh! pudor », automobiles et cycles), la lettre suivante :
- Monsieur,
- Nous avons l’honneur de vous informer que l’administration de l’Exposition met à la disposition de la classe 30, dans le bois de Vincennes, deux emplacements spéciaux réservés l’un aux « Cycles if l’autre aux « Automobiles et Motocycles». Ces emplacements comprennent chacun la jouissance d’une piste spéciale pour la présentation, au public, des véhicules, et cycles exposés.
- Un poste électrique pour le chargement des accumulateurs, des dépôts d’essence, d’huiles, de pneumatiques et autres produits spéciaux, établis dans l’enceinte même de l’Exposition faciliteront le ravi taillement, et des hangars seront disposés en dehors des stands pour permettre le nettoyage des véhicules sortis, avant leur rentrée dans le hall.
- Les concours, les courses, organisés sous la direction de l’Automobile Club de France, contribueront à attirer à Vincennes un public nombreux, et feront de cette partie de l’Exposition, un centre de transactions dont vous apprécierez certainement l’importance.
- Si. comme nous l’espérons, vous désirez qu’il vous soit réservé un emplacement à Vincennes, veuillez retourner, « avant ie 1er février », dernier délai, la demande ci-jointe, remplie et signée, à M. le directeur général, section française, 97, quai d’Orsay.
- Le prix de l’emplacement, comprenant la décoration générale, le bitume et le gardiennage, parait devoir s’élever à environ 35 francs le mètre.
- Les installations particulières, vitrines, kiosques, etc., seront à la charge des exposants et établies par leurs soins, le Comité se réservant, toutefois, l’acceptation des installations proposées.
- Nous insistons particulièrement pour que votre réponse nous parvienne « avant le 1er février », afin de nous permettre d’opérer dans le plus bref délai, le lotissement et l’organisation des sections.
- Veuillez agréer, etc...
- (Suivent les signatures).
- En Russie. — Nous avons parlé à diverses reprises des nouvelles formalités qui s’abattent sur les infortunés chauffeurs russes. Voici le texte officiel — traduit en français — de l’ukase automobile. Le mot ukase est ici tout à fait de situation :
- 1. Aucun véhicule automobile ne peut circuler sans la permission des autorités de la ville.
- 2. Les automobiles peuvent servir à transporter: leur propriétaire, catégorie A; des voyageurs catégorie B ; des marchandises, catégorie C.
- 3. Les deux premières catégories (A et B) ont accès dans toutes les rues ; la circulation de la troisième catégorie (C) est limitée à certaines artères indiquées.
- 4. Les voitures de la première catégorie ne pourront transporter que six personnes ; celles de
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- la deuxième, treize personnes seulement. Le poids maximum toléré est de 4 000 kilos environ.
- 5. Le propriétaire d’une automobile, pour obtenir l’autorisation de circuler, devra fournir un dessin ou une photographie de sa voiture et prouver qu’elle possède les freins nécessaires. Il devra déclarer le nom du conducteur et l’adresse de la remise.
- 6. Le conducteur devra passer un examen. Si l’examen a été satisfaisant, le propriétaire recevra un carnet spécial et une plaque portant le numéro de la voiture.
- 7. En cas de modifications au véhicule, le permis devra être renouvelé,
- 8. Les conducteurs devront être âgés d’au moins dix-sept ans et n’être atteints d’aucune infirmité nuisible au bon maniement de la voiture. (Le cas de myopie n’est pas compris dans les infirmités.)
- 9. Chaque voiture doit être munie d’un système spécial rendant impossible la marche par une autre personne que son propriétaire. Les voitures à quatre roues ne pourront être laissées seules sur les routes.
- 10. En cas de changement de propriétaire, le permis doit être renouvelé.
- 11. La vitesse des automobiles ne peut être supérieure à 12 verstes à l’heure.
- 12. Les voitures devront être munies d’une trompe et de deux lanternes à l’avant. Une seule lanterne est imposée aux tricycles et aux bicyclettes.
- 13. Les automobiles ne devront laisser échapper ni vapeur ni fumée.
- En Italie. — L’Automobile Club de Milan a tenu son assemblée pour la nomination du Comité : ont été élus: MM. le baron AlbertFranchetti, président ; comte Auguste Lurani, vice-président ; chevalier Guillaume Bressi, inspecteur ; O. Odo-rici, trésorier, et MM1 le chevalier Frédéric Johnson, le commandeur Joseph Spatz, le marquis François Dal-Pozzo, conseillers.
- Le mois prochain, les membres de l’A. C. M. se réuniront pour modifier les statuts.
-
- L’A. C. de Turin a engagé des pourparlers avec les clubs de Milan et de Venise pour établir des dépôts d’essence sur les routes principales d’Italie. Ces dépôts seront situés à 30 kilomètres l’un de l’autre.
- * *
- Les chauffeurs de Naples viennent de fonder un nouvel Automobile Club. Comme on voit le teuf-teuf fait un grand chemin et la nouvelle locomotion entre dans toutes les villes d’Italie.
- Un peu de statistique. — Le ministre des finances d’Italie vient de publier la statistique des cycles taxés dans la péninsule. Les chiffres se décomposent ainsi :
- Bicyclettes, 107 976 ; tandems et triplettes, 717.
- Les motocvcles et automobiles n’atteignent que le chiffre de 326.
- Au total, 109 019 instruments imposés, ce qui a fourni au Trésor italien une encaisse de 1 million 097 035 francs.
- Milan arrive en tète de la liste avec 18 122 bicyclettes. Viennent ensuite : Florence, 5 848 ; Rome, 5 311. Dans la province de Milan, on compte 90 automobiles.
- I 097 035 francs payés par les cyclistes et les chauffeurs italiens. C’est un chiffre auquel, j’en suis convaincu, ne correspondent pas les libertés accordées par le gouvernement qui encaisse.
- Sous ce rapport, l’Italie n’est guère mieux partagée que la France.
- En Suisse. — L’assemblée générale que l’Au-tomobile-Club suisse est fixée au 27 janvier prochain. On y parlera probablement des projets de course pour la saison, qui sont, à l’heure actuelle, les suivants :
- 40 Epreuve réservée aux membres du Club ;
- 20 Course internationale dont le parcours serait de Genève à Aix-les-Bains et retour par Saint-Julien.
- En vue de ces courses, l’A.C.S. adresse à ses membres une circulaire contenant le questionnaire suivant :
- « Comptez-vous prendre part à nos courses de vitesse en 1900? — Avec quel véhicule ? — Nom du fabricant, genre du moteur, force en chevaux, poids en ordre de marche, vitesse maxima en palier, nombre de places? — Quel système de classification préconisez-vous? »
- En Angleterre. — Les nombreux amis de sir David Salomons a su se créer en France dans le monde de l’automobile, seront pénés d’apprendre la triste nouvelle de la perte cruelle qu’il vient d’éprouver par la mort, après quelques jours de maladie, de sa seconde fille, âgée de quinze ans.
- Quelques mots au sujet du « Tour d’Angleterre » organisé par l’Automobile-Club,
- II est question maintenant de laisser les automobiles qui prendront part à l’épreuve pendant deux heures dans quelques-unes des principales villes qui n’auront pas été favorisées d’une exposition plus longue telle que celle prévue au programme Hanogate, Bradford, Lincoln seraient compris dans cet arrangement nouveau qui permettrait au public intéressé de mieux examiner les automobiles de passage.
- De plus il serait question de faire le parcours de Nottingham à Londres d’une seule traite le dernier jour (124 milles ou près de 200 kilomètres), afin de mieux montrer au public ce dont les nouveaux véhicules sont capables.
- M. Ernest Instone, 4, rue de la Bourse, à Paris, est chargé par l’Automobile-Club de fournir aux intéressés tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin et de( leur délivrer des feuilles d’engagement.
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- Le Motor Car Club a l’intention d’organiser une course de côte pour le printemps prochain ; la date et la place seront fixées sous peu.
- Au Grand-Duché de Luxembourg. — Une
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- grande exposition d’automobiles et de motocycles -sera organisée à Luxembourg, à la villa de L ou-vigny du 3 au 18 mars. Cette entreprise a été placée sous la direction de M. Jean Verhaegen, le commissaire général du deuxième Salon An-versois.
- Elle obtiendra très probablement l’appui officiel du gouvernement grand-ducal qui lui allouera un important subside.
- Une course d’automobiles et motocycles sur 100 kilomètres sera organisée pendant la durée du Show.
- A ce propos, disons que le gouvernement ^a ; décidé l’achat de plusieurs voitures automobiles destinées à divers services de transport à l’intérieur du Grand-Duché.
- En Autriche. — Dans sa dernière réunion, la section automobile du Sportplatz International de Baden (Basse-Autriche) a arrêté le programme des courses qu’elle organiserait en 1900, programme que voici :
- 24 juin. — Championnat de côte de la Basse-Autriche, pour automobiles en trois sections, sur le parcours HelenenthU-Siegenfeld.
- 29 juillet. — Course d’automobiles à l'hippodrome de Bade, près Vienne : 1. Course de motocycles ; 2. Voiturettes ; 3. Gymkhana ; 4. Concours d’élégance ; 5. Handicap pour motocycles : 6. Quadricycles ; 7. Corso.
- 9 septembre. — Course dans la forêt de Vienne, sur le parcours Helenenthal-Alland Neuhaus-Pottenstein-Gainfahrn Voslau-Baden, soit 60 kilomètres environ.
- Les engagements sont reçus par le secrétariat du Sportplatz International de Baden (Basse-Autriche) Wassergasse, 3.
- En Allemagne. — L’an prochain comme cette année, la deuxième exposition internationale d’automobiles sera organisée. On espère qu’elle aura autant de succès que la première,
- La Société automobile de l’Europe centrale a reçu les bénéfices réalisés à condition que la moitié de la somme remise — soit 10 000 marks environ — soit destinée à l’organisation de la deuxième exposition, l’autre moitié devant servir à l’encouragement de l’automobile d’une façon quelconque.
-
- Le chiffre de motocycles ou de voitures automobiles circulant* dans Munich étant de s5, la municipalité de cette ville a déclaré que c’était là le chiffre maximum que l’on puisse tolérer !
- **
- Le Frankischer Automobil Club vient de se créer et aura son siège a Nuremberg. M. Gott-fried Barth a été élu .président. La cotisation annuelle sera de 20 marks ; le droit d’entrée de 8 marks.
- La Coupe des Voiturettes.
- Du journal dès Sports n -i l a.
- Notre confrère le Journal des Sports dopt nous avons annoncé dans notre dernièï* numéro la prochaine course de voiturettes prend dite pour le K
- 11 mars prochain *
- sur un parcours qui a déjà servi l’an passé à la Coupe de Périgord. C’est
- Paris-Rouen et retour (240 k.) ? rr
- aller par Pontoise, retour par Mantes. * L> 1: uh Au prochain numéro la publication du règlement et des catégories de la Coupe des Voiturettes.
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- LES « ABONNEMENTS'COLLECTIONS »
- A la fin de chaque année nous recevons d’un grand nombre d’abonnés des demandes de numéros en réassortiment, des exemplaires de notre Revue s’étant trouvés égarés par la poste, ou perdus ou détériorés par l'abonné lui-même.
- Nous nous tenons à la disposition de nos abonnés pour réparer les erreurs de la poste, mais à la condition que les réclamations nous soient adressées dans un délai raisonnable.
- Or, il se produit ceci : c’est qu’en fin d’année les demandes deviennent tellement nombreuses, que nous ne pouvons que maudire la poste, car, malgré tout notre bon vouloir nous ne pouvons fournir ainsi jusqu’à 8 et 10 numéros manquants, au grand détriment de nos collections.
- Nous avons pensé, et ceci nous a été suggéré par plusieurs lecteurs, être utiles à tous en créant nos
- Abonnements-Collections.
- Voici ce que nous entendons par là : Le prix de l’abonnement ordinaire est de 15 fr. en France et 20 fr. pour l’étranger. Moyennant une augmentation de 10 Ir. sur ces prix nous mettrons de côté une collection complète (avec ou sans annonces, au goût du client) que l’abonné recevra vers le milieu de janvier, en un volume broché (franco de port pour la France).
- Ainsi : un numéro chaque semaine, que J’on pourra prêter, découper, ou... perdre et, en plus, à la fin de l’année, une collection complète moyennant une majoration de 10 fr. sur le prix de l’abonnement.
- Nous pensons que cette mesure sera surtout appréciée dans les ateliers et usines où jamais on ne sait ce que deviennent des numéros qui pascent dans toute une série de mains.
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- MOTEUR ET CARBURATEUR ASTER
- Nos lecteurs connaissent déjà le Moteur Aster, moteur léger à quatre temps dont le refroidissement est assuré par des ailettes ondulées, en cuivre rouge, présentant un grand développement sous un faible poids (fig. i).
- Les ailettes étant rapportées (et non'plus venues de fonte comme d’ordinaire) on a pu employer le cuivre rouge dont le coefficient de conductibilité est 3 fois plus grand
- que celui de la fonte : l’ondulation des ailettes multipliant lés surfaces de refroidissement, on peut donc pour un même encombrement diffuser beaucoup plus de chaleur dans le même temps.
- Un moteur de 30 kilos donne près de 2 chevaüx de force : deux moteurs accouplés pesant 45 kilos donnent près de 4 chevaux.
- Le Carburateur Aster, à barbotage, est muni d’un robinet doseur simple et commode, dont voici la description : .
- Un cylindre en cuivre d’une capacité de 5 litres sert de réservoir à essence, surmonté d’un' dôjme également en cuivre (fig. ):
- Fig. 1. — Moteurs Aster, à ailettes et à eau.
- on verse l’essence dans l’appareil par la tubulure A. Un flotteur en liège F repose sur , l’essence ; il porte, une plaque P surmontée d’un tube C qui débouche à l’extérieur et renferme une tige en laiton reliée au flot-;teur B. Ala partie supérieure, accolé au , dôme, on voit un robinet à double boisseau dont la manette supérieure R commande l’admission d’air pur pour doser le mélange gazeux et la manette inférieure A’règle le débit de ce mélange se rendant au moteur. .. A la partie inférieure du carburateur, par la tubulure T, entre un tube qui amène une dérivation des gaz chauds d'échappement pour le réchauffage de l’appareil en hiver.
- L’air aspiré par le fonctionnement même * du moteur entre par les ouvertures ménagées à la partie supérieure du tube C ;
- ces ouvertures sont munies de fines toiles métallique-s pour s’opposer à l’introduction des poussières. Cet air passe sous la plaque P et rencontre le flotteur B qui l’épanouit dans toutes les directions. Cet air vient lécher la surface de l’essence et sort par des fentes pratiquées dans les parois du flotteur A7; il s’élève ensuite jusqu’à un diaphragme en toile métallique, placé à la base du dôme (pour éviter tous retours de flamme) et se rend dans le robinet-doseur RR' où il se mélange à une proportion convenable d’air pur, avant de se rendre à la tubulure d’admission.
- La fig. 4 représente plusieurs coupes du robinet RR’, dont l’enveloppe extérieure porte 2 ouvertures circulaires A et B placées à des hauteurs différentes ; A comrau"
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- nique avec l’extérieur du carburateur (air carburé) et B avec l’extérieur (air pur). Le boisseau commandé par la manette R est percé de 2 ouvertures ovales, garnies de toiles métalliques, qui peuvent se déplacer en
- Fig. 2. — Carburateur Aster,
- face des ouvertures circulaires A et B de l’enveloppe.
- La fig. 4 représente 2 coupes horizontales
- l’une (1-2) passant par le milieu de l’ouverture A l’autre (3-4) passant par le milieu de l’ouverture B.
- Les coupes placées l’une au-dessus de 1 autre représentent, pour une même position de la manette R’, les positions corres-
- — Robinet doseur.
- Fig. 3.
- pondantes des trous ovales du boisseau en face des ouvertures d et B de l’enveloppe.
- Prenons la première position de la manette R\ : l’ouverture A correspondant à l’intérieur du carburateur est ouverte en
- 7?
- Co.upes aïs par 1 &àmiz\mA(carbnrafûün)
- Coupes 3.4 par l'admission B (airlibre)
- f— 1-
- (o>
- Fig. 4. — Coupes du Robinet doseur.
- grand ; l’ouverture B, correspondant à l’air atmosphérique est entièrement fermée. On admet seulement de l’air carburé venant de l’appareil.
- Dans la deuxième position R\ de la manette, les deux ouvertures A et fi sont ouvertes en grand ; on admet autant d’air pur que d’air saturé d’essence.
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- " Dans la position A*’3 de la manette, l’ouverture A est fermée, et B est ouverte en grand; on admet seulement de l’air pur.
- Le déplacement relatif des 2 boisseaux R et 7?’ permet donc de donner à chacun des orifices une ouverture pouvant varier de o au maximum.
- On peut ainsi doser commodément le mélange explosif, en agissant simultanément sur l’air pur et l’air carburé, tandis que dans nombre d’autres systèmes on n’agit que sur l’admission d’air pur. C’est là l’avantage de cet appareil.
- Paul SARREY.
- -----------+------------
- Codots OeeiiiDlat«nrs Electriques
- DE L’A. C. F.
- Dans notre avant-dernier numéro a été publié le procès-verbal remis, par M. Hospitalier, à la Commission du Concours des Accumulateurs ; la durée de ce concours a atteint le maximum fixé par le règlement, ce qui n’est pas sans avoir étonné beaucoup de personnes convaincues que le combat finirait faute de combattants, bien avan la date établie pour la clôture définitive.
- Pour l’organisation on a retrouvé là tous les dévouements et tous les complaisances qui aiment à se prodiguer aussitôt qu’il s’agit de l’intérêt technique de notre industrie, et ce n’est certes pas la faute des organisateurs si la première charge officielle n’a été donnée que bien après l’époque préalablement fixée.
- Nous ne reviendrons pas sur les. différentes clauses du règlement; dans notre article du 19 octobre dernier nous avons déjà signalé que certaines conditions étaient assez dures, en particulier au point de vue du courant maximum de décharge et de la durée de cet à-coup.
- Il est fâcheux que le trépidateur n’ait pas pu remplir exactement son travail ; son fonctionnement qui devait être de 5 heures par jour, soit 635 heures au total, n’a été que de 122 heures; il est certain que cela aurait pu singulièrement influer, sur la durée de chaque élément: les chutes de matière active auraient été de ce fait beaucoup augmentées, et par suite, les mises hors circuit avancées pour certains concurrents ; de plus les trépidations ayant eu lieu d’une façon irrégulière, toutes les batteries n’ont pas été sous ce rapport traitées de la même façon, puisqu’il en est qui ont été mises hors circuit après un certain nombre de décharges, alors que cette heure fatale aurait sonné bien plus tôt pour elle avec les secousses.
- Ayant suivi de très près les opérations du concours, nous avons pu nous rendre compte de la manière scrupuleuse avec laquelle les essais ont été conduits ; c’est une garantie que les résultats sont appréciables à tous les points de vue.
- Par l’examen du tableau A, on voit que, sur les 16 batteries présentées on n’a retenu que celles qui ont effectué plus de 60 décharges ; il est certain qu’il fallait une limite, d’autant que quelques-unes des batteries abandonnées ont donné des résultats qui indiquent qu’un accident leur est survenu ; nous l’espérons, du moins, pour le constructeur. Nous ne nous occuperons donc que des données ayant trait aux huit types d’accus qui ont dépassé ce minimum exigé ; remarquons seulement que sur les huit négligés, il en est sept qui sont avec électrodes à oxydes rapportés aux deux pôles, tandis qu’il n’y en a qu’une à positive planté sur les quatre qui ont été soumises aux essais.
- Nous ne voulons pas aujourd’hui décrire chacun des types d’accumulateurs concurrents, nous examinerons seulement les chiffres du tableau B et verrons quels renseignements on peut en tirer, au point de vue des accumulateurs pour traction électrique de voitures ; dans une série d’articles que nous publierons prochainement nous étudierons en particulier chacun des accumulateurs au sujet de sa constitution, de sa construction et de son montage.
- Le règlement avait fixé à 110 kgs., le poids maximum de chaque caisse de cinq éléments ; la première ligne du tableau indique assez à première vue, que les accumulateurs ayant fourni le plus grand nombre de kilowatts-heure pesaient tous entre 95 et no kgs :
- Pope and Son, 135 décharges, 155,5 kw.-h., 100 kgs.
- Tudor, 135 décharges, 135,85 kw.-h,. 107,5 kgs.
- Blot-Fulmen, 132 décharges, 143,90 kw.-h., 98,0 kgs.
- Les accumulateurs légers n’ont donc point, à part le Fulmen qui a donné 98 décharges réelles avec une énergie restituée de 101,9 kilowatts-heure, montré la supériorité que certains leur prêtent, bien à tort, pour ce genre d’exploitation.
- Nous croyons pour notre part, et en cela nous étions fixés bien avant le concours, que jusqu’à pré ent les accumulateurs dits à poids lourds, conviennent seuls, pour une traction relativement économique comme entretien.
- S’il est une chose intéressante au point de vue de l’esthétique et de l’élégance de la voiture, c’est certainement l’encombrement causé par la batterie ; tout en cherchant à avoir des éléments solides et ayant une capacité convenable, il est aussi utile qu’01 obtienne le plus grand nombre possible de watts-heure sous le volume le plus restreint.
- Celui ci est très variable suivant les types et change par caisse de 5 éléments, depuis 47 jusqu’à 88 dm3. Les trois batteries Pescctto, Pope et Pollak, qui occupent respectivement 88,5 ; 87,5 et 76 dm3 sont toutes trois à formation hétérogène, etdoivent leur grand volume à ce que leur pâte est probablement peu poreuse, la surface active de la positive restreinte et le rapport enlre le cadre et la matière active grand; u’où, pour obtenir la capacité voulue, on est oblige d’augmenter et le nombre des plaques et leur dimension. De plus, il est certain que les constructeurs qui pouvaient
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- le faire et n’étaient pas gênés par le poids, ont donné des éléments ayant plus des 120 ampères-heure demandés, afin que les plaques travaillent respectivement moins, et par suite aient une fatigue atténuée.
- Les batteries de la Société des Métaux, de Blot Fulmen et de Tudor qui sont toutes trois à positives Planté, occupent un volume plus faible puisqu’il est de :
- 47,4 dm3 pour la Société du travail des métaux
- 58,7 dm3 » » Blot-Fulmen
- 63,3 dm3 » » Tudor
- et cela avec un poids à peu près analogue aux trois batteries précédentes.
- La raison de ceci est fort simple : dans les plaques à formation autogène la nature même de l’âme permet de multiplier la surface active dans de très grandes limites qui sont plus ou moins longues a atteindre suivant le genre de construction ; tandis que dans le type de plaque Faure,|il serait plus difficile d’augmenter la surface active, sans encourir le danger d’enlever beaucoup de solidité à l’électrode.
- Une remarque qu’on peut faire, c’est que même entre ces trois derniers éléments à formation Planté, il existe une différence sensible, et que les plaques constituées avec des rubans de plomb comme les Blot et celles de la Société des Métaux pouvant avoir une surface active bien plus grande que les plaques à rainure, obtenues par fonderie, occupent un volume plus faible.
- Restent les éléments Fulmen et Phénix ; c’est le premier qui sous ce rapport détient actuellement le record ; par suite de la constitution intime de la plaque et grâce à la conductibilité il donne une grande capacité sons un faible volume, ce qui lui permet, du reste, la très petite épaisseur de ses plaques qui sont néanmoins assez solides par suite du mode de fabrication. Quant au Phénix, il est dans ce cas difficile à comparer aux autres, par suite de sa structure toute différente et sur laquelle nous reviendrons longuement.
- Toutes les batteries n’ont pas eu un travail absolument identique, pendant les décharges à intensité variable ; les constructeurs, qui voyaient leur différence de potentiel baisser avant la fin de la décharge, dans des proportions inquiétantes pour l’épreuve éliminatoire du samedi, par suite de la sulfatation qui se produit quand on décharge un accumulateur en dessous d’une cer taine limite, retiraient leur batterie pendant l’accomplissement d’une décharge ; c’est ce qui explique la différence qui existe pour certains, entre le nombre des décharges complètes et partielles ; à vrai dire il n’y a que les numéros 22 (Pope) et 12 (Phénix) qui n’ont eu que peu de décharges incomplètes ; quant à la batterie Pescetto elle a largement usé de l’autorisation puisque sur 141 décharges officielles, elle en a effectué 128 dont 60 incomplètes : il est vrai que la quantité d’énergie fournie par elle s’en ressent, puisque bien qu’ayant duré jusque vers la fin du concours, elle se trouve avoir donné un nombre de kilowatts-heure, pendant les décharges complètes, à peu près analogue à celui des batteries qui ont iutté franchement et
- possèdent alors un nombre total de décharges plus petit.
- Pour la majorité des éléments le nombre total de kilowatts-heure fournis pendant les décharges complètes, est notablement plus grand que celui relatif aux décharges incomplètes, en particulier, pour les n05 12 et 22, ainsi que nous le disions plus haut. Pour les numéros 1 (Métaux), 2 (Pol-lak), 3 (Tudor) et 10 (Blot-Fulmea), le rapport est d’environ 5 à 6, tandis que pour le n° 7 (Pes-
- yc jj
- cetto), il est de —L- = 1, 3 et pour le 11 (Ful-54>8 64,1
- men il est de ----- = i,6q.
- 37,8
- Le fonctionnement de ces deux derniers a donc
- été assez irrégulier.
- Laissons de côté pour l’instant les chiffres ayant trait aux nombres de kilowatts-heure absorbés et restitués, dont nous reparlerons plus loin au sujet des rendements et étudions un peu les donnée^ de chaque élément.
- Ce qui saute aux yeux d’abord, c’est le faible poids d’électrolyte, comparé au poids total pour tous les éléments; à part le Phénix dans lequel l’acide entre pour près du quart du p >ids total, tous les autres ont un rapport de 1/5 à 1/6 et même dans l’élément Pope, l’acide n’entre que pour le huitième du poids total. Peut-être est-ce un tort ; sans être partisan d’un trop grand écartement des plaques, je crois néanmoins nécessaire de posséder une quantité d’acide assez grande, pour que, par suite de la quantité de sulfate de plomb formée pendant la décharge, au pôle positif et au pôle négatif, la densité ne soit pas trop diminuée à la fin, ce qui augmente la résistai.^- intérieure et nflue beaucoup dans le; débits élevés sur la différence de potentiel aux bornes; on cherche en général à remédier à cela par l’élévation du deg. (. de l’électrolyte, qu’on ne craint pas d’amener à 30 ou 320 B® ; ce qui n'est pas un grand inconvénient pour les plaques à grille, en est un pour les plaques Planté, et même le devient pour celles-là quand le cadre occupe une partie notable de la plaque ; aussi combien de concurrents ont eu des ennuis et des pannes causés par la sulfatation.
- Un autre point à remarquer, c’est la grande différence laissée dans le montage entre la h; u-teur des plaques et celle du bac; en général, l’écart est de 9 à 10 cm ; il est à prévoir qu’une bonne place avait été réservée dans le fond du récipient pour recevoir la matière active, et en haut pour les projections ; il n’y a que les n°‘ 10, 1 et 22 dias lesquels l'écart n’est que de 16 centimètres.
- L’épaisseur des plaques positives ne présente rien de particulier quant aux plaques Planté qui sont de 8 à 10 m/m ; pour les oxydes, on a préféré prendre des cadres minces de 4,5 et 6 m/m et en multiplier le nombre ; pourtant Pope a pris 13 m/m d'épaisseur et a eu ainsi une quantité de matière active à user assez grande ; quant aux négatives, toutes avaient 4 ou 5 m/m ; il est certain que pour les éléments dont les positives
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- étaient a formation autogène, la négative a été pour beaucoup dans le cas du Blot-Fulmen, cette électrode n’avait pas une capacité suffisante pour la positive ; les chutes de potentiel étant assez brusques à la fin de la décharge prouvaient allez, que s’était dû à la négative.
- Le poids des positives, Fulmenà part, est à peu de choses près analogue.
- Examinons maintenant les facteurs spécifiques.
- L’élément qui a fourni le plus de kilowatts-heure, le n° 22 (Pope), a restitué 155,5 kw-h., sur 220,75 qu’il avait absorbé, soit un chiffre de 1,555 kilowatt-heure par kilogramme de poids total; ce chiffre est le maximum, et il semblerait actuellement qu’au point de vue de la voiture électrique, cette valeur doive être prise comme terme de la vie d’un accumulateur, auquel on n’aura pas fait subir d’autres manipulation d’entretien que de maintenir le degré de l’acide constant ; ce qui porterait à le croire encore c’est que les accumulateurs Fulmen ont été retirés du circuit après avoir fourni 1,509 kw.-h. par kg. de poids total, et cela au bout de 98 décharges, chiffre à peu près constant pour la durée d’une batterie de ce type.
- Dans la suite des facteur spécifiques, la batterie Fulmen tient assez bien son rang-, sauf pour 1 energie restituée pendant les décharges complètes, ce qui se conçoit puisque son poids est pl s fort que le nombre de décharges entièrement faites ; ce résultat est fort peu étonnant quand on songe que la batterie ne pesait même pas les 2/3 des autres. Pour prendre un exemple montrant que ce nombre est pris par kilogramme et qu’il ne faudrait pas lui donner une signification autre, supposons une batterie Blot fournissant 1044 kw.-h. avec 40 éléments analogues à ceux du concours pour produire la même quantité d’énergie avec une batterie Fulmen celle-ci devra ptser :
- 1044
- ----— = 696 kgs.
- soit 696— 340 =s 156 kgs. de plus que celle mise au concoours ; ou autrement dit si on prend une batterie Blot-Fulmen et une Fulmen de capacité semblable aux éléments étudiés, il faudra remplacer dans la dernière le poids de plaques correspondant aux 156 kgs. de poids total ; or, comme les deux batteries auraient coûté le même prix tout d’abord, la batterie à oxyde reviendra à plus cher et de beaucoup, quand elle aura restitue le même nombre de kilowatts-heure.
- Le rapport entre le poids et l’énergie moyenne disponible (c’est à-dire le nombre de kilowatts-heure restitués divisé par le nombre officiel de décharges), montre qu’il est nécessaire, quand on veut produire 1 kw.-h. dans des conditions à peu près économiques de compter sur un poids minimum de 80 kgs., pour dépasser 100 décharges, nombre correspondant à 23,5 kw. h. par élément. La batterie Fulmen s’est bien approchée des 100 décharges, mais n’a donné que 20,3 kw.-h. par élément.
- Les rendements moyens, les seuls intéressants
- au point de vue exploitation, pendant toute la
- durée d’une batterie, varient assez; la moyenne est de 62,8 0/0 en énergie, avec un maximum de 72,4 0/0, ce qui est assez normal. Il est à remarquer que les deux batteries ayant fourni le plus grand nombre de kilowatts-heure, ont aussi toutes deux les rendements moyens les plus forts : de 68 0/0 (Blot) et de 70 0/0 pour Pope.
- Les rendements en énergie ont augmente pendant les premières décharges et en particulier pour les types Planté, dont la période ascendante a duré naturellement assez longuement-
- Pour résumer : les batteries ayant fourni les meilleurs résultats aux différents essais et pour leurs constantes sont :
- Pope ayant fourni 155,5 kw.-h. avec un poids de 100 kgs. et un volume de. . . . 87,5 dm3
- Blot-Fulmen ayant fourni 143,9 kw.-n. avec un poids de 98 kgs. et un volume de . . 58,7 dm3
- Tudor ayant fourni 135,8 kw.-h. avec un poids de 107,5 kgs. et un volume de. ... 63 dm3
- Le nombre de kw.-h. restitués par kg. de poids total pour la batterie Blot est de 1,468 et non de 1,332, ce qui en fait, somme toute, à bien des points de vue, la batterie qui a répondu le mieux aux exigences, puisqu’elle est, à peu de chose près, aussi solide que la batterie Pope et qu’elle donne ce résultat sous un plus faible poids et un-volume bien plus faible.
- En somme ce concours a été trèsutile, il a montré ce que ’es fabricants d’accumulateurs étaient capables de faire; mais nous ne croyons pis qu’un nouveau concours s’impose pour l’an prochain, car ce n’est pas en six mois que les progrès accomplis seront assez grands pour donner des résultats véritablement supérieurs à ceux de cette année.
- A. DELASALLE.
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- DIRECTION PAR ESSIEU BRISÉ
- Système Kendall (1)
- En lisant le remarquable travail que vient de publier à cette place même (2) M. C. Bourîet sur les directions par essieu brisé, on aurait été en droit de srpposer que cette question, étudiée sous tou'es ses faces par les inventeurs, et étant donnée surtout la multitude de moyens proposés par eux, ne permettait plus de trouver de nouvelles combinaisons.
- fr Voici pourtant encore une autre solution du même problème, imaginée tout récem-
- (1) Communication de MM. Marillier et Bobelet. Office international pour l'obtention des Brevets d’nvention en France et à l’Etranger. 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- (2) Voir les numéros 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48 et 51 de la « Locomotion Automobile. »
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 61
- ment par un Américain, et qui ne manqué pas d’originalité ainsi qu’on va le voir :
- Dans ce système, les roues directrices W sont supportées par des leviers indépendants 47 et 45’ (fig. r, 5, 4) articulés au moyen d’axes 57, sur un essieu fixe 50, qui tait partie du châssis F du véhicule. Les leviers 45 et 45’ ne forment qu’une seule pièce avec leurs fusées respectives 56 et ils sont terminés à leurs extrémités libres par des secteurs lisses 60 guidés par des coulisses 65, lesquelles coulisses sont boulonnées sous l’essieu fixe 50.
- I ' /
- peut être déplacé longitudinalement par rapport à la voiture.
- 11 est facile de comprendre maintenant que si l’on fait osciller le balancier 70 sur son axe et qu’en même temps on fasse avancer ce même axe en déplaçant vers l’avant le coulisseau 77, deux mouvements, d’amplitudes inégales, et en sens inverse l’un de l’autre, seront transmis aux leviers 47 et 47’ comme l’indique du reste la figure 1 ci-contre. Les roues directrices W’ s’inclineront donc par conséquent sur l’essieu fixe 70, suivant des angles différents.
- Le déplacement longitudinal du coulis-
- D’autre part, le mécanisme comporte un balancier 70, qui est relié par ses extrémités aux leviers 47 et 47’ à l’aide de bielles 77 et 77’; ces dernières sont munies de joints universels à leurs extrémités pour parer aux déformations du système que produisent inévitablement les ressorts de suspension pendant la marche. Le balancier 70 est articulé en son milieu sur un coulisseau mobile 77, ajusté dans une coulisse 76, laquelle est boulonnée sous la caisse de la voiture. Ce balancier 70 peut donc, non seulement osciller sur son axe central, mais encore il
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- ^V/ 3-
- seau 77, sur lequel le balancier 70 est articulé et l'oscillation de ce même balancier sont obtenus simultanément au moyen de deux leviers fixés sur lui : i° un court levier 70’, sur lequel agit un pignon manivelle 80 claveté sur l’axe 81 de la direction ; 20 un levier plus long 70” mortaisé dans une partie de sa longueur pour recevoir le bouton de la manivelle 83 ; cette dernière est dentée sur son moyeu, de façon à s’engrener avec le pignon 80.
- En actionnant vers la droite ou vers la gauche le levier de la direction, on fera tourner dans un sens ou dans l’autre le
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- 62 . LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- pignon 80 et par suite on déplacera les deux leviers 70’ et 70”, qui feront prendre aux roues directrices, ainsi qu’il vient d’être expliqué, une position telle que les prolongements des axes de leurs fusées viendront se rencontrer en un même point du prolongement de l’axe de l’essieu d’arrière de la voiture.
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- DISPOSITIF D’ALLllAGE ÉLECTRIQUE
- de la Pope Manufacturing Co.
- Dans ce dispositif que représentent nos figures, l’arbre moteur porte claveté sur %lui un balancier G qui porte articulées à ses deux extrémités deux masses Gl qu’un ressort gi tend à rapprocher l’une de l’autre et qui forment régulateur à force centrifuge. Ces masses Gl portent deux biellettes ga qui servent à les relier a une came Ga dont on voit le détail sur la fig. 2.
- contact avec la came Ga par un ressort de rappel G5, porte à son extrémité libre une vis de contact G6, isolée et réglable à laquelle vient se rattacher l’un des fils du circuit électrique. L’autre fil est rélié à un trembleur Gy qui est maintenu constamment en vibration par une palette gy que porte le levier G4. Lorsque le bossage gj de la came soulève le levier G4, la vis g6 vient en contact avec le trembleur gy et elle est réglée de telle façon que sa pointe empiète légèrement sur la zone de vibration du trembleur, lorsque le levier g4 occupe sa position la plus élevée. Pendant toute la durée du contact, le courant est fermé et rompu un grand nombre de fois, par suite de l’oscillation du trembleur. L’allumage s’obtient ainsi par une rapide succession d’étincelles, circonstance très favorable à l’allumage du mélange détonant.
- Ce dispositif donne donc, en même temps qu’un allumage très avantageux, un régulateur très simple et robuste. On remarquera que le contact d’allumage est prolongé pendant un espace de temps qui dépend de la vitesse de rotation du moteur et de la longueur du bossage g3.
- Cette came Ga tourne en même temps que l’arbre moteur, mais sa position relative par rapport à ce dernier varie avec l’écartement des masses Gl et par suite avec la vitesse du moteur. La position du bossage g7 de la came varie donc avec la vitesse de rotation du moteur et il s’ensuit que le levier d’allumage G4 est actionné plus ou moins tôt. Ce levier d’allumage G4 est placé au-dessus de la came Ga et est articulé en un point du carter du moteur.
- Ce levier G4 qui est normalement maintenu en
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- LOCOMOTION AÉRIENNE
- L’AUTO-AVIATEIIR
- Il s’agit do l’appareil construit par M. Firmin Bousson au sujet duquel une société est en voie de constitution pour l’étude et la construction de l’invention du persévérant chercheur.
- M. Bousson, en effet, n’a pas mis moins de quinze années à terminer son appareil. Voici de quelle façon il est présenté au public par son auteur auquel nous laissons la parole :
- « C’est un appareil de locomotion, pouvant aussi bien voler dans l’air que marcher sur route, qui, par l’adjonction d'un ballon tout spécial, conservant toujours même quantité de gaz et même volume, équilibre sa densité atmosphérique, et devient par là même non un ballon dirigeable, mais le ballon dirigeable, le seul qui puisse valoir et se mouvoir.
- » Jusqu’à présent les chercheurs de navigation aérienne se partageaient en deux écoles : celle du plus léger que l’air, et celle du plus lourd que l'air. Avec l’appareil plus léger que l’air, on était à la merci de l’air, du vent des tempêtes. Avec l’appareil plus lourd que l’air, qui en théorie, apparaît comme le plus valable puisqu’il reproduit le cas de l’oiseau, touto tentative avortait pour la raison que la puissance de vol élévatoire ou locomoteur de la machine ôtait toujours inférieure à son poids , et qu’on tournait dans un cercle vicieux lorsqu’on voulait augmenter la force du moteur, parce qu’on augmentait la charge en même temps,
- » La vérilô, comme toujours, était entre les deux écoles, et le mérite de M. Firmin Bousson est d’avoir pris et trouvé le juste milieu.
- » Son ballon, en effet, comme on va le voir, n’a d’autre but que d’alléger l’appareil et d'arriver à ce que, à n’importe quelle hauteur et sans faire usage
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- la LOCOMÜ i ÏON AUTOMOBILE 63
- de lest, il soit, non pas du même poids que l’air, mais sensiblement plus pesant, afin de rester dans le principe seul valable du plus lourd que l’air. A quelque hauteur qu’on se trouve, le moteur n’a jamais que le poids de quelques kilos à soulever et à mouvoir. Il di-pose donc de toute sa force pour la seule locomotion, et peut, avec l’aisance la plus rapide, sortir d’un courant défavorable, monter au-dessus d’un orage, chercher une zone calme ou un vent propice, raser le sol, évoluer dans les p.us grandes élévations, etc.
- » Le ballon est cylindrique ; il est tiré par la quille, laquelle est de forme conique, dans le principe de la proue des vaisseaux. Le centre de traction réalise le desideratum idéal de se Trouver exactement entre le point mort et le point vif; ce qui fait que, grâce à un système d’articulation spéciale, réalisé par l’inventeur, il s’incline ou se relève selon le degré de vitesse acq lise et en conformité continuelle et immédiate avec toutes les directions prises. De sorte qu’en ôtant toujours un soutien, un allégeur et un appui, il ne devient jamais une gène.
- » En dehors de ces ingéniosités d’adaptation, voici lame de la découverte en ce qui concerne le ballon, au point de vue de son pouvoir d’équilibrer l’appareil avec toutes les pressions et densités atmosphériques. La partie inférieure et conique du ballon, au moyen d’une armature composée de cercles en métal léger, a été rendue rigide, de façon à recevoir, sans que son volume extérieur varie jamais, un ballonnet rempli d'air et communiquant avec l’atmosphère paï une ouverture libre. Quand on s élève et que le gaz du ballon se distend, en conformité avec la diminution de la pression atmosphérique, il comprime le ballonnet et celui-ci vide dans l’atmosphère une partie proportionnelle de l’air qu’il contient, Quand on descend et que le gaz du ballon se contracte sous l’influence do la pression atmosphérique, il aspire les parois du badonnet qui, se distendant proportionnellement, reprend de l’air extérieur. Ainsi donc, jamais de variation dans le poids ni le volume, maintien de la densité initiale un peu supérieure à celle de l’air, inutilité du lest, conservation indéfinie du gaz, et voyage in défini. C’est aussi simple que génial.
- » Dans l’agencement, la construction et l’économie des ailes, il s’est révélé aussi comme remarquable innovateur. Après avoir élu lié longtemps le vol des oiseaux, question s ir laquelle il abonde en saisissants aperçus, l’inventeur a observé que les oiseaux à grandes ailes ont à vaincre de grandes rôsis ances et à déployer de grands efforts pour établir le courant d’air et-réaliser la vitesse acquise qui leur permettent de s’enlever et de se mouvoir, ce qui les oblige, soit à se laisser tomber d’un lieu élevé pour prendre l’essor, soit à courir un certain temps à ras de terre en battant des ailes avant de pouvoir s’élever ; tandis que les oiseaux â petites ailes s’enlèvent tout de suite avec facilité. Il suffit de connaître le principe des leviers pour en comprendre la raison.
- » L’inventeur a tenu compte également que l’un des principaux défauts des aéroplanes construits ou projetés jusqu’ici réside dans la grande étendue et dans la trop grande largeur transversale des ailes. De nombreuses exoériences, confirmant ses observations sur les oiseaux, lui ont démontré pratiquement que de petites ailes nombreuses et convenablement réparties, donnent des résultats bien supérieurs, à égalité de superficie totale, tant au point de vue do la puissance et de l’aisance du vol qu’à celui d'une stabilité d’équilibre qu’il est impossible d’obtenir avec de grandes ailes, surtout dans les sautes de vent.
- » Sur les faces latérales de la cage ou se trouvent les aéronautes et le moteur, il a donc établi une série de petites ailes disposées en quinconces suivant des rangées verticales et qui sont en outre caractérisées par les dispositions suivantes : Un nouveau procédé de commande, en vu 3 de leur donner différents mouvements analogues à ceux du vol naturel des oiseaux, et d’obtenir à volonté le vol ascendant, horizontal ou descendant. Un arrangement en vertu duquel elles agissent sur des filets d’air différents quand l’appareil est en mouvement, afin qu’une aile quelconque ne battejanais dans le vide produit par une aile voisine.
- « Si l’on tient compte que les expériences de M. Firmin Bousson ont assigné, à chaque paire d’ailes, dès les premiers battements, une force élé-vatoire de 20 kilos, qui ne fait que croître avec la vitesse acquise, on comprendra que l’inventeur en soit arrivé à envisager la réalisation du vol pur par son système et la suppression du ballon, qu’il ne conserve dans le présent que pour ne pas violenter trup brusquement l’opinion incrédule, et, dans les applications de l’avenir, pour alléger l’appareil lorsqu’il comporterait un gros poids de voyageurs ou de colis.
- » L’appareil peut être construit pour une ou plu-sieurs personnes, jusqu’à un nombre illimité».
- Il faut bien se dire, évidemment, que c’est l’inventeur, et que ce sont ses admirateurs qui parlent ainsi. Mais, à côté des paroles, il y a un fait, et le comte de La Yaulx lui-même nous a déclaré que dans les essais rudimentaires il avait parfaitement senti cette force élévaloire sur laquelle on nous donne les chiffres.
- Mais l’exposé n’en eA pas très clair.
- (J. des S.) J. A.
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- UN NiVIRE DE L’AIR
- Le New-York Herald nous apporte de nouveaux et intéressants détails sur le navire aérien qui a été construit sur le lac de Constance et dont nous avions déjà signalé l’existence. Ces détails ont été fournis par le lieutenant Fraotz Hinterstoisser, une autorité en l’art aéronautique, à la Société autrichienne d’aérostation.
- De l’avis de M. Hinterstoisser, l’aérostat du lac de Constance est l’effort le plus sérieux qui ait été fait jusqu’à présent dans la navigation aérienne. L’idée première de ce ballon (s’il est permis de l’appeler ainsi) a été fournie au comte Zeppelin par un appareil de ce genre établi en 1897, à Schoneberg, près Berlin, par M. Schawz. un ingénieur autrichien.
- Le vaisseau aérien du comte Zeppelin est presque prêt. On peut le voir, comme nous l’avons dit, à Manzell, près de Fridrichshafen. Il est contenu dans une sorte de remise qui flotle sur le lac de Constance. Cette construction a 14 m. 50 sur 24 m. 50, et elle est portée par 54 pontons. Sa hauteur est de 24 mètres.
- L’enveloppe de l’aérostat est faite d’aluminium et d’acier ; elle a été fabriquée dans des usines de Westphalie.
- L’aérostat, est divisé en dix-sept compartiments. Dans chacun de ces derniers sont placés dix-sept ballons. Il a une longueur totale de dix-sept mètres et une hauteur de onze mètres cinquante. Sa capacité est d’environ il 000 mètres cubes.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Les ballons ont une enveloppe faite d’une sorte de tissu de coton recouvert de gomme élastique. La superficie totale de ces ballons atteint 7,200 mètres.
- La puissance motrice de l’aérostat est fournie par deux moteurs à pétrole Daimler, donnant chacun 15 chevaux de force. La force motrice est transmise à l’arbre de propulsion par des courroies. Les propulseurs sont en aluminium et ont tn diamètre de 1 m. 53.
- Le poids de chaque moteur est de 195 kilogrammes. Ils sont placés de chaque côté des deux plates-formes de l’aérostat, chacune de ces plates-formes a 6 m. 50 de long, 1 m. 80 de large et 1 mètre de hauteur. Elles sont réunies par une passerelle sur laquelle on a place un poids de 25 kilogrammes. Le poids influence également la direction du ballon, et l’atterrissement est dépendant de la position dans laquelle il est placé. Sous les plates-formes sont des tampons à ressorts destinés à amortir les chocs de l’aérostat lorsqu’il atterrit.
- Les ballonnets son gonflés avec du gaz hydrogène, lequel est emmagasiné dans des réservoirs à une pression de 150 atmosphères. Dès maintenant 2 4U0 de ces réservoirs sont prêts ; ils permettront de transporter 13 400 mètres de gaz hydrogène.
- Avant l’ascension, les réservoirs seront conduits à la remise du ballon sur cinq péniches. L’opération du gonflement des ballonnets demandera six heures.
- La direction de l’aérostat sera assurée par des cadres en bois de 4 mètres carrés. Ceux-ci seront recouverts de la même enveloppe que les ballons. Ils sont placés horizontalement et verticalement et sont mus par une hélice qui est maniée de la plateforme.
- Le capital nécessité pour la construction de l’aérostat a ôté de 1 million de marks (1,250,000
- La première ascension sera tentée fin avril ou au commencement de mai. Le eomte Zeppelin, M. Kubler, le constructeur de l’aérostat, un machiniste et un pilote y prendront part.
- D’après le lieutenant Hinterstoisser, l’ascension ne doit être faite que par un temps calme ou une brise très douce. Dans ces conditions, le comte Zeppelin serait capable de lancer son ballon sans aucune difficulté dans la direction qu’il lui conviendra.
- Mais le résultat serait autre si l’aérostat rencontrait un vent de plus de 8 mètres par seconde. L’expérience pourrait dégénérer catastrophe, car l’appareil pourrait se renverser ou briser.ses cadres.
- Cependant, il faut avoir gré à ses vaillants pionniers de la locomotion aérienne d’exposer leur argent et leur vie pour tenter d’arriver à la solution d’un problème qui changerait joliment la face des événements de ce monde.
- SOCIÉTÉS
- Il a été formé une Société anonyme au capital de 325 000 francs prenant la dénomination de «Plu-ton » Société Industrielle de Cycles et Automobiles, dont le Siège Social est à Levallois-Per-ret, 136 bis, rue Victor-Hugo, d’une durée de cinquante années.
- Sont nommés comme premiers administrateurs, MM. J.-A. Quesnel, A.-C.-C. Vérgine, II.-E. Vigneron.
- *
- . Il a été formé une Société en nom collectif et en commandite simple de raison sociale G. Gautier et
- Compagnie ayant pour objet la fabrication et la vente de pneumatiques et accessoires pour la fabrication des pneumatiques.
- Cette Société,, formée entre MM. C.-M. Gautier et V.-E Gilles, au capital de 80 000 francs, a son siège à Levallois-Perret, 130, rue du Bois.
- » *
- La Société Barthélemy et Cie pour l’achat, la vente, le remisage, la location et l’entretien de voi-tures automobiles, précédemment, 13, rue Descombes, transporte son Siège Social, 87, avenue de la Grande-Armée.
- * *
- Il a été formé une Société anonyme au capital de 1 500 000 francs ayant pour raison sociale Société française des Accumulateurs Phénix ayant son Siège Social, 27, rue Cavé, à Levallois-Perret.
- *
- La Société Monier et G. Bar.y se transforme en une Société au capital de 400 000 franco dénommée Monier LA) et G. Bary et Cie, conservant le même Siège Social que précédemment, 11, rue Réaumur.
- Liste des Brevets d’iiventioo
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 289 093. — 23 mai 1899. — Gardner. — Direction progressive sur les courbes et irréversible en ligne droite pour voitures automobiles.
- '289 094.— 23 mai 1899. — Gardner. — Dispositif tendeur de courroies dans les voitures automobiles à changement de vitesse par engrenage et courroie.
- 288 593. — 13 mai 1899. — Castay. — Moteur à pétrole.
- 288 599. — 8 mai 1899. — Soc été Crépet et Ràtignier — Perfectionnement dans les moteurs à gaz ou à pétrole.
- 288 605. — 9 mai 1899. — David. — Moteur rotatif.
- 288 644. — 8 mai 1899. — Escuyer. — Moteur rotatif.
- 288 705. — 12 mai 1899. — Daveluy. — Moteur à pétrole.
- 288 670. — 9 mai 1899. — Société anonyme de Mécanique d’Anzin. — Mécanisme de direction pour véhicules automobiles.
- 288 749. — 12 mai 1899. — Bergmann. — Cadre pour voitures automobiles, composé de tubes d’acier de section rectangulaire.
- 288 577. — 6 mai 1899. — Gevin. — Transmission de mouvement permettant de communiquer à un arbre récepteur toutes les vitesses comprises entre le corps et ure limite maximum déterminée.
- 288 670. — 9 mai 1899. — Société anonyme de mécanique industrielle d’Anzin. — Mécanisme de direction pour voitures automobiles.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de la Locomotion Automobile Q. DESMARES, 151, avtaue du Rouit, Neuilly-u-Stire
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- Septième Année.
- N» 5
- 1er Février 1Ç03
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUTLLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- ABONNEMENTS POUR 1900
- RECOUVREMENT PAR LA POSTE
- Il peut arriver que les quittances pour 1899 soient présentées à certains de nos abonnés, alors qu’ils viennent de nous adresser directement leur cotisation.
- Comme il est matériellement impossible d’éviter ce contre-temps, à l’époque où les renouvellements sont le plus nombreux, nous prions nos abonnés de ne pas se formaliser de cette apparence d’irrégularité, et de refuser simplement la quittance, qui fait double emploi avec le talon de mandat que nous les engageons toujours à conserver comme reçu.
- SOMMAIRE du N» 5
- Le “ Péril Automobile’’, à propas d’un arti-•clo de M. Hugues Le Roux. — G. D.
- Voyageurs et Bagages, à propos d’un jugement de M. Magnaud. — Albert Rodanet,
- Automobile-Club de France, Commission sporlive,elc.
- Touring-Club de France
- Le recorn|du kilom. de Céconnais; 84 kilom.à l’heure.
- Nouvelles d’Angle erre John. Haroey.
- 130.00J francs de prix. G. Prade.
- Records pour bicyclettes à pétrole.
- Correspondance.
- L’avant-train moteur à une roue, système L.
- W. Walters, — Daniel Bellet.
- Le sous marin « l’Argonaute».— Gaston Sencicr.
- Les voitures et moteurs électriques, (ystèmo Henschell et C‘9.
- Les voitures à vapeur en Angleterre, do 1833 h 1855. - P. G.
- Réducteur de vitesse système Simeon Gould. --M* et R.
- Frein à double effet système Berteau. — R. D.
- Bibliographie : Aucamus et Galine.
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- LE « PÉRIL AUTOMOBILE »
- Depuis quelques jours nous sommes victimes d’une tactique astucieuse : on semble demander au lapin à quelle sauce il désire être mangé. En forçant les chauffeurs à discuter sur le plus ou moins d’esthétique que pourraient présenter les numéros ou les noms on leur fait admettre petit à petit qu’un signe contraventionnel est nécessaire.
- Si c’est le but que se proposait l’administration, elle a fait preuve d'un certain machiavélisme et qui semble réussir. Comme le dit Pierre Laffitte : puisqu’il est sûr qu’on va nous imposer des numéros, estimons-nous heureux qu’il n’y en ait pas pour tout le monde.
- Mais pour la question même de savoir s’il faut des marques ou non, si cela sera utile, efficace ou même possible, la question enfin si bien exposée par M. Ballif, j’aimerais à voir le bureau de l’Automobile-Club combattre contre cette mesure vexatoire, insuffisante, et injuste en ce sens que les automobiles causent moins d’accidents que bien d’autres véhicules que nul ne songe à; numéroter. Avant de prendre des mesures pour combattre le « péril automobile » peut-être faudrait-il prouver qu’il y a vraiment « péril. »
- Ce serait vraiment à croire que ceux qui vont en automobile ne le font que pour embêter les cochers, que les chaufîeurs constituent je ne sais quelle caste privilégiée qui s’empare indûment des routes. On n’en dirait pas plus pour des footballers qui viendraient jouer leurs parties dans les rues.
- Quand bien même il serait vrai maintenant que beaucoup de chauffeurs sortent « pour leur plaisir » ce qui n’est pas « pour l’ennui des autres », d’ici un an ou deux l’automobile sera un moyen général de locomotion et non plus un sport, et aura droit à la route bien plus en somme que les cavaliers.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La dernière « pierre dans la mare » a été lancée par notre confrère Hugues Le Roux, dont on n’a pas oublié l’ancienne et virulente apostrophe. En toute impartialité dans la question nous publions son nouveau pamphlet :
- ENCORE LES AUTOMOBILES
- On me permettra de fermer, pour un jour, le guichet de notre confessionnal, et de revenir sur un sujet, que, depuis deux ans, je m’étais interdit. Ce sont les intéressés qui m’y invitent. En elïet, l’excellente « Revue du Touring-Club » me fait l’honneur, dans son numéro de janvier de... comment dit-on dans la langue des touleurs de route? « m’attraper » par deux fois, dans un article d’ailleurs intéressant de M. Ballif, et dans une fantaisie de M. Dufay.
- « Il faut toujours être satisfait », disait M. Renan, « quand nous voyons que les gens rient de bon cœur à nos dépens. Cela leur fait tant de plaisir et à nous si peu de mal. »
- Je partage tellement cette manière de voir que je me suis beaucoup diverti d’un article que Grosclaude, d’un dessin que Caran d’Ache consacrèrent dans le temps à mon initiative un peu brusque. J’ai même goûté, autant que le souhaitaient leurs auteurs, des plaisanteries et des caricatures moins fines, publiées un peu partout — j'entends dans la presse à deux, trois ou quatre roues — sur mon aventure.
- Quelqu’un n’eut-il pas l’idée vraiment gaie de me convier à donner le signal d’une course d automobiles, avec un pistolet chargé à blanc On voulait ainsi fournir un dérivatif innocent à ma fâcheuse manie.
- On m’avait parlé aussi d’un dîner que songeaient à m’offrir ces messieurs de l’Automobile-Club, afin de me mieux connaître, et de se mettre promptement sur la défensive quand, par la suite, ils viendraient à me rencontrer sur une route. Nulle suite n’a été donnée à ce dernier projet. Je le regrette pour ma part; elle m’aurait fourni l’occasion de me rencontrer avec des gens bien élevés. C’est un plaisir que l’on n’a pas tous les jours — même dans les milieux exclusivement cyclistes.
- J’ai voiau prouver à ces messieurs que je n’avais pas de rancune et que ma bonne humeur valait la leur. J’ai toutjustementchoisi cette occasion d’une reprise d’hostilités, de leur part, pour les prier de m’accueillir dans leurs rangs. Je leur ai demandé de m’accorder le bouton du Touring-Club, et ils me l’ont adressé, par courrier, avec beaucoup de bonne grâce.
- Pour les chauffeurs, je suis si peu leur ennemi, quand ils cherchent à nous douer d’une locomotion nouvelle et non d’un outil de destruction, qu’ils pourraient trouver mon nom sur la liste des actionnaires d’une Compagnie qui doit leur être chère, « la Société des Automobiles du Soudan », de notre ami Félix Dubois.
- Voilà les faits, et le reste est légende. L’usage
- n’est pas, en effet, quand on veut avoir un renseignement précis sur un fait ou sur un homme, de se renseigner auprès de la partie qu’il attaque avec décision.
- C’est pourtant ainsi que vient d’en user, à ma vive surprise, un homme de jugement comme M. Ballif. Il s'est renseigné, évidemment, auprès du chauffeur qui a manqué de m’écraser, moi et les les miens. Je le prie — très courtoisement — de bien vouloir enregistrer dans son journal « mon démenti formel » à la petite histoire qu’on lui a débitée.
- Et je lui demande la permission de lui en conter une autre, plus récente, qui lui donnera, — par le silence, où je l’ai enterrée jusqu’ici — une plus exacte idée de ma tolérance vis-à-vis d’une catégorie de personnes que je m’obstine décidément à « mépriser ».
- Je vous prie, cher Monsieur Ballif, d’aller jusqu’au bout de ce que j’ai à vous dire avant de vous insurger contre ce « mépris »-là.
- Au mois d’août 1898, je passais à cheval sur la terrasse de Saint Germain, où j’habite. Je montais depuis cinq années la petite jument de pur sang que j’avais dans les genoux. Nous étions donc vieilles connaissances, et j’avais essayé, pour me reposer de mes autres travaux, de la dresser en Ecole. Vous n’ignorez pas que cela ajoute à un cheval non seulement une valeur morale, mais une valeur d’argent. Nous aperçûmes une automobile qui s’enveloppait dans un feu d’artifice de pétarades et de fumée. Aussitôt le cheval commença de s’enlever. La machine était encore à une dizaine de mètres de moi. En levant le bras, je fis signe à ceux qui la conduisaient que je les priais d’interrompre une seconde leur marche ou leur bruit. J’étais tombé sur des gens très gais. Les défenses de mon cheval les divertissaient ; au lieu de consentir à l’acte de courtoisie que je sollicitais d’eux, ils trouvèrent plaisant de se mettre à corner, comme si la voie n’était pas libre, et d’ajouter ce bruit à leurs pétards.
- Le résultat fut ce qu’ils en pouvaient attendre : le cheval, affolé, s’emporta.
- A cinq heures du soir, la Terrasse était pleine de monde et je risquai fort de blesser des prome-meurs en m’écrasant moi-même, Tout ce que je pus obtenir fut d’obliger le cheval à obliquer un peu sur la droite, de façon à entrer dans la piste d’herbe, Il franchit des gens couchés, qui, heureusement, n’eurent pas le loisir de se lever. Ses bonds étaient si fous qu’il se déferra de trois pieds, sur une distance de deux cents mètres. Alors, déséquilibré par les efforts que je faisais pour lui baisser la tête, il croisa ses jambes de devant et nous roulâmes l’un par-dessus l’autre.
- J’étais tombé sur la tête, et je ne saurais vous dire combien de temps je restai à terre, sans connaissance. On me transporta au Pavillon Henri IV, où un médecin, qui est un savant se trouva, fort à propos, pour me donner les soins dont j’avais besoin.
- Faut-il vous dire, monsieur, que les suites de cette chute ont duré plus d’une année, et qu’elles m’ont imposé de longues souffrances ? Pour le
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- cheval, il était perdu ; il s’était claqué, dans son effort, les tendons des quatre pieds.
- Or, voulez-vous, monsieur, que je vous dise maintenant pourquoi je le répète, en y insistant, ce mot de « mépris » que j’écrivais tout à l’heure ?
- En voyant les résultats de leur plaisanterie, le cheval par terre, l’homme dessous, les automobilistes do.,t je vous parle n’eurent qu’une pensée : la fuite, — la fuite sous les huées des gens qui avaient assisté à la scène. Le galant homme qui m’a relevé tout d’abord, avec l’aide d’un officier de la garnison, pourra vous renseigner là-dessus. Il vous dira si ceux qui avaient risqué de me faire casser le cou pour leur plaisir, descendirent ou non de leur machine afin de se porter au secours.
- Je crains que cette histoire ne donne à rire à M. Dufay. Lui, il est plein de mépris pour les gens qui montent à cheval. Il s’éveille la nuit afin de rire tout seul de leur ridicule.
- Je persiste à croire qu’il a tort. Je sais en efLt, que nous avons déjà des bicyclistes militaires, mais je n’ai pas encore entendu dire que l’on avait trouvé le moyen de faire entrer des tricycles à pétrole dans de la terre labourée, de les enlever par-dessus les fossés, — en un mot, d’obtenir d’eux les services que la cavalerie continuera de rendre au pays, tant que l’union générale des « chauffeurs » européens n’aura pas contraint les souverains et les peuples à désarmer. A supposer que le cheval ne soit qu’un auxiliaire de guerre, il faut savoir gré à ceux qui continuent de s’intéresser à lui, sans souci du chic ou de la mode.
- Mais le cheval n’est pas seulement un auxiliaire de guerre : c’est un merveilleux instrument de conquête pacifique.
- J’ai beau être actionnaire des Automobiles du Soudan, je n’ignore pas que ces lourdes voitures ont besoin, pour rouler dans les pays neufs, de pistes entretenues aux frais de l’Etat. Pour des siècles encore, quiconque voudra chercher sa vie hors des routes battues — dans la pensée que Ion peut donner à son existence un bat plus utile que de faire du tant à l’heure » — sera obligé de recourir au cheval. C’est pour cela que loin des endroits où l’on se montre, des gens comme moi continuent de pratiquer l’équitation. On veut entretenir sa souplesse et sa résistance, afin d’être toujours prêt à partir, à supporter ces longues routes qui vous tiennent pendant des mois en selle. Cet effort-là, lui aussi, estutile, mon cher confrère. Je lui donne tant de valeur que j’y ai plié mes enfants tout petits, pour leur tremper le courage, sans aucune intention, — et sans aucun moyen — défaire d’euxpar la suite des « fils àpapa» qui iraient se montrer au Bois, avec de beaux pantalons, sur de beaux petits chevaux.
- Je comprends de reste qu’une revue qui est écrite par des automobilistes et des tricyclistes traite toutes ces questions avec quelque partialité.
- Personne ne demande à M. Josse de dire du mal de l’orfèvrerie, mais le droit que donne l’intérêt bien entendu, s’arrête là. On dessert la cause même que l’on veut défendre quand on écrit sérieusement un article avec ce titre :
- « C’est le public qui a tort. »
- Le monde des automobilistes sur trois et quatre
- roues est divisé comme toutes les sociétés de la terre en deux catégories : les gens qui sont bien élevés (cela suppose des qualités morales), et les gens qui ne le sont pas. On m’accordera encore que ces chauffeurs sont les plus nombreux de tous.
- Eh bien ! il y a un péril public à laisser ces gens-là manœuvrer à leur plaisir un outil qu’ils détournent de son but naturel, pour en faire, — je répète, — un instrument de terreur et de destruction. Tous ceux qui ont le souci de l’avenir de l’automobilisme — j’en suis — doivent faire à ces égoïstes, lâches, féroces et fuyards, une guerre acharnée. C’est trop que dans une seule quinzaine sans sortir du rayon de ma promenade, je les aie pu voir, dans la côte de Saint-Cloud, tuer un pauvre dragon qu’ils ont fait désarçonner, et, dans la côte de Saint-Germain, tirer deux coups de revolver sur un brave garçon qui, à leur gré ne se rangeait pas assez vite,
- Vous entendez, mon cher monsieur Ballif ?
- Ce n’est pas moi, cette fois, qui ai fait « parler la poudre. » ,
- HUGUES LE ROUX.
- Loin de nous la pensée que l’auteur ait voulu uniquement reprendre un coup de tam-tam avantageux. Non, sa diatribe est sincère et il croit véritablement que les chauffeurs sont des méchants.
- Mais que ne s’est il dit que son cheval était peut-être plus dangereux que l’automobile ? A-t-il donc fallu attendre l’apparition des voitures sans chevaux pour voir les chevaux s’emballer et mettre à mal leurs cavaliers?
- Les musiques militaires, les tramways, les machines à écraser les cailloux, les trains, les papiers blancs, une ombre, ou même rien du tout suffisent à effrayer un cheval, d’habitude fort calme, ce jour là mal luné.
- N’est-ce pas le cheval qui a tort?
- Et puis, le sport hippique, l’équitation sur des chevaux de pur sang, est-ce bien sa place sur les routes ? Ce cheval qui peut franchir les fossés et les haies, que ne le laisse-t-on pas dans les champs et les forêts, dans les routes cavalières ou dans les champs d’entraînement. Il s’y emballera tout aussi bien, mais au moins ne pourra-t-on dire que la faute en est aux automobiles.
- Quant aux anecdotes que l’auteur place comme trait de la fin : le dragon désarçonné et les chauffeurs qui tirent des coups de révolver sur un brave garçon ne se rangeait nas assez vite, M. Le Roux dit les avoir vus.
- Le dernier fait surtout s’est tellement peu ébruité que l’on a peine à en croire la réalité. Si M. Le Roux l’a vu ou commence à comprendre sa haine, mais, comme dit Prade « notre crédulité à des bornes, si la stupidité des chevaux n’en a pas. Vous essayez de nous glisser votre révolver en douceur sans en avoir l’air. Gardez-le donc!
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- LA LOCOMOTION AUTOMObiLE
- Vous ne sauriez croire comme il vous va bien. D’autant mieux qu'on sait que vous ne ferez de mal à personne. »
- En résumé disons, si vous voulez, que quelques chevaux ont encore peur des automobiles, parce qu’on a négligé de les habituera leur vue, ce qu'on devrait faire comme pour le passage des trains, mais ne disons pas que l’automobile est seule à leur faire peur et que les chauffeurs le font exprès.
- G. D.
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- VOYAGEURS ET BAGAGES
- Un jugement de M Magnaud
- Le récent jugement en date du 22 décembre 1899 rendu par le tribunal correctionnel de Château-Thierry, sous la [ résidence de M. Magnaud, intéresse par sa portée générale tous les voyageurs circulant sur les réseaux français et par ses déductions mêmes, plus spécialement les propriétaires de voitures automobiles.
- On sait que le système des concessions de chemins français oblige les Compagnies à transporter gratuitement trente kilos de bagages appartenant à tout voyageur, acheteur d’un billet à plein tarif. Ce système très critiquable fait entrer dans le prix du billet, le coût du transport des bagages.
- Dans la plupart des pays étrangers les règlements sont différents, chaque voyageur paie proportionnellement au poids de ses colis transportés ; en France, au contraire, le voyageur sans bagages participe aux frais du transport des malles du voisin. Il serait peut-être préférable d’abroger cette prétendue gratuité et d’abaisser les tarifs des tickets.
- La jurisprudence a dû, pour éviter de transformer ce droit aux bagages en trafic déguisé de marchandises, définir ce qu’il faut entendre par cette expression même «bagages». Le voyageur ne peut faire enregistrer avec son billet que les objets personnels, mais il n’est pas limité dans leur choix. Les agents des Compagnies ne peuvent pas établir de distinction entre les colis spéciaux nécessaires au voyageur (linge, habits, etc.), et les objets de transport par exemple, tels que bicyclette, tricycle automobile; ils sont tenus d’enregistrer gratuitement tous objets personnels ne dépassant pas 90 kilos.
- La jurisprudence a déduit par contre de ce principe de la personnalité des bagages que les règlements interdisaient le groupe ment des colis appartenant à plusieurs voyageurs pour les faire enregistrer avec l’ensemble des tickets ; les tribunaux ont
- pensé que le transport gratuit dans un maximum de 90 kilos était un droit strictement personnel, on ne peut donc présenter plusieurs billets pour additionner un enregistrement sans frais d’un poids de bagages correspondants.
- Il nous semble qu’en droit cette théorie est parfaitement justifiée ; il nous paraît par contre que, la jurisprudence en décidant que les infractions de ce genre tombaient sous l’application de l’art. 20 de la loi du
- juillet 1845 qui édicte une peine correctionnelle contre les manquements aux ordonnances sur « l’exploitation » des voies ferrées a été excessive. La plupart des auteurs font justement observer qu’il ne peut s’agir dans ce texte de loi que des mesures concernant la circulation des trains et la sécurité des chemins de fer ; les dispositions relatives au trafic commercial ne doivent pas être protégées par une peine correctionnelle.
- Leur violation peut ouvrir seulement une action un dommages-intérêts devant la juridiction civile.
- En fait la plupart des voyageurs opèrent ce groupement de bagages ; et les Cours d’appel ont fini par admettre qu’il était possible entre membres de la même famille ; ce qui est purement arbitraire.
- Le tribunal de Château-Thierry a décidé avec raison que l’amende ne pouvait être prononcée contre le voyageur qui, violant les règlements relatifs au transport des bagages, avait fait enregistrer sous ce nom des marchandises qui auraient dû être transportées en messageries. Le jugement dit qu’il n’y a dans ce fait qu’une violation de contrat et non un délit.
- Quant à nous, sans approuver la campagne excessive menée par plusieurs journaux contre les compagnies françaises qui sont souvent plus de beaucoup supérieures, pour l’exactitude et pour la rapidité aux chemins de fer étrangers et surtout en nous déclarant ennemi du rachat, nous pensons qu’il y aurait lieu de modifier les lois relatives à l’exploitation par voie ferrée. La plupart des pénalités souvent excesssive ont. été édictées à une époque où le chemin de fer, invention nouvelle, était un objet dangereux et inconnu. Le législateur sans se lancer dans des projets utopistes de transport gratuit, de trafic humanitaire, devrait ramener les compagnies au droit commun ; elles sont des commerçants et comme telles tenues aux obligations incombant aux négociants ; elles ont les mêmes devoirs que tout commerçant, elles ont aussi les mêmes droits.
- Albert RODANET.
- Docteur en droit, Avocat à la Cour.
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- CD
- AÜTOJIOBILE-CLUB DE FRANCE*
- Commission Sportive
- La Commission sportive de l’Automobile Club de France s’est réunie mercredi.
- La Commission pour le choix de l’itinéraire de la coupe Gordon Bennett s’est ralliée à l’avis exprimé dans le Vélo par Pierre Giffard, et a adopté l’itinéraire Paris-Lyon. Il joint au mérite do la simplicité celui d’agir fortement sur les imaginations. Paris-Lyon, c’est la penlant désormais annuel du Paris-Bordeaux, le Deiby du Sud-Ouest classique aujourd’hui.
- L’itinéraire do Paris-Lyon est ainsi fixé : Paris, Etampes, Pnhiviers, Montargis, Revers, Moulins, La [Palisse, Roanne, Villefrancho, Lyon, soit environ 560 kilomètres.
- Le Moto Club de Lyon s’est mis à la disposition du Comité pour l’organisation de la course à Lyon.
- * *
- La Commission a accordé le patronage du cercle à une course de voiturettes qu’organise notre confrère le Journal des Sports pour le 11 mars. L’itinéraire choisi est Paris-Rouen et retour par la rive gauche.
- # #
- On a remis à une prochaine séance le choix des itinéraires de la course de l’Etoile organisée par le cercle avec le Comité do l’Exposition, et Pierre Giffard a été chargé de présenter un rapport à ce sujet à la Commission.
- Comité, Séance du 24 janvier
- MM. Emile Mors, le commandant Krebs, le comte Boson de Périgord et Martin du Gard sont élus membres du Comité.
- * *
- Scrutin de ballottage du 24 janvier 1910.
- Nombre exact de memb-es à ce jour : 2 227.
- MM. le baron Louis d’Aymery, 18, rue Montaigne ; Georges Depres, ingénieur, Val St-Lam-bert (Belgique) ; le cmitc Robert de Vogüe, ancien officier de marine, 5, rue Fabert; Maurice Renaud, ingénieur des Ponts et Chaussées, 10, rue de Londres ; Fernand Gros, ingénieur, 33, rue du Sentier; A. W. Churehward, directeur du chemin de fer South Eastern et Chatam et Dover, à Paris, 6, rue de Cerisoles ; And' è Howatson Jils, membre de la Société Hippique Française Royal Forth Yacht Club, 88, avenue de Neuilly ; Paul Mieg, rentier, 78, rue Mozart ; Maurice Têtard, 80, rue L a Boétie; Gustave Rester, 9, avenue de l’Opéra; Léon Radot, 5, rue Brunei; Edmond Wallace, 10, avenue de l’Alma, Richard Wallace, 10, avenue de l’Alma, Albert Michon, propriétaire, 9, avenue Victor-Hugo, Saint-Mandé; André Dammann, 26, rue Brunei, Jules Morin, 14, avenue Victoria; Marcel Briand, médecin des Asiles de la Seine, asile de Villejuif ; Robert Desmarres, ingénieur civil des mines, 20, rue de Penthièvre; Charles Dufour, ingénieur civil des mines, administrateur-délégué de la Société anonyme des Usines du Pied Selle, à Fumay ; Pierre Chavanes, rentier, 43, rue de Berlin ; Emile Jaune de Lamare, explorateur, 2, rue du Chalet, Boulo-gne-sur-Seine ; Léon Massabuau, avocat, 6, rue de Vienne; Paul Guerard, propriétaire, 4, rue Miro-
- mesnil ; Paul Frachon, 19, rue Godot do Mauroi ; le comte Adalbert de Scierstor/Jf, Union Club. Berlin ; L. Eddy, propriétaire, 19, rue Treilhard ; B. Anger, chirurgien de l’hôpital Beaujon, professeur agrégé à la Faculté do médecine, 72, avenuo du Bois; le comte de Montmort, 6, rue Férou ; Nathan Gulmann, éditeur, 8, avenue de l’Opéra ; J. E. Milhollancl, rentier, 16, avenue Kléber; Paul Benasct, sous-lieutcnant au 4- régiment de chasseurs, 84, boulevard Malesherbes ; Marie Louis Denayrouse, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, boulevard Viclor-Hugo, à Neuilly-sur-Seine ; Carlos Doriga, atlachô à l’ambassade d’Espagne, 29, rue d’Artois ; le baron Auguste de Constant Rebeccjue, conseiller de Légation, 3, ruo Cambon.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- Il y a eu 852 candidats au touring Club pendant le mois de février, chiffre dépasssant les prévisions budgétaires.
- Parmi les personnalités manquantes, citons ; MM. Pasqueau, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur du contrôle de la Compagnie des Chemins de fer du Nord; A. Pelletan, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Paris, et Mme Pel-Jetan, Believille [ingénieur des ponts et chaussées à Rouen Robin, agent voyer en chcf de la Corse; Suquet, ingénieur des ponts et chaussées à Troyes; Reuss, inspecteur des eaux et foiôts à Fontainebleau H. Pellat, professeur, à la Sorbonne; Machuel,'directeur général de l’enseignement public en Tunisie; Tardu, conseiller à la Cour d’appel de Nancy; d’Ar-gencé, président du tribunal do Tananarive; Mon-lezun, président du tribunal civil à Saint-Sove ; Besse, procureur de la République; Denier, ingénieur, Briers et Ebelot, sous préfets; Carré, lieutenant-colonel do gendarmerie à Chambéry; lieutenant-colonel Lenormand, Godchot, capitaine au 1.r zouaves capitaine de Tilley de la Barre; baron et baronne P. de Tourtoulon, vicomie Le Mintier, comte de Kersaint, prince H. de Béarn, baron de Marenholtz, vicomte de Bournat, prince Serge Ga-garine, cornteG.de Serre.
- Signalons encore M. Hugues Le Roux dont nous reproduisons plus haut une curieuse diatribe.
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- LE KECOKD MJ KILOME I RE
- 84 à l'Heure
- Béconuais a tenté, jeudi dernier, le record du kilomètre, à motocycle. au parc d’Achères. Le temps affreux qu’il faisait ne l’a pas découragé et à deux heures de l’après-midi, recordman et chronométreurs étaient à leur poste sur la route classique.
- D’ailleurs, vers une heure de l’après-midi, le ciel s’est momentanément découvert et le soleil a brillé jusqu’à vers trois heures.
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- Béconnais a profité de ces instants d’éclaircie pour tenter son record qu’il a réussi à battre et de loin.
- Le kilomètre, départ lancé, a été parcouru en 42 secondes 4/5, ce qui donne du 84 kilomètres à l’heure.
- Le précédent record était déjà enlevé par Béconnais en 48 secondes.
- Encouragé par ce succès, le recordman a voulu tenter les deux kilomètres, départ arrêté. Mais ici une difficulté se présentait.
- La route du parc d’Achères était coupée en son milieu par la ligne du petit tramway destiné au transport des récoltes ; ligne qui se trouve en surélévation du sol.
- Béconnais, plutôt que de transporter le théâtre de ses exploits beaucoup plus loin, a préféré, malgré les avis des hommes prudents, passer par dessus la ligne, au risque de se rompre le cou.
- Il a eu d’ailleurs raison puisqu’il a réussi dans sa tentative.
- Les deux kilomètres ont été couverts en 1 minute 42 secondes 1/5,
- Il est juste d’ajouter qu’à son passage sur la ligne de tramway, Béconnais a fait un bond que les curieux se sont amusés à mesurer. Il a été, dit-on, de 5 mètres 50. Toutefois, je ne garantis pas cette distance.
- Les temps ont été pris par MM. Gaudichard et de Perrodil.
- Ajoutons d’ailleurs qu’il eut suffi d’attendre un peu pour éviter ce steeple, car le tramway en question, qui est destiné, comme on sait, au transport des récoltes, betteraves, carottes, navets ou autres, va être enlevé jusqu’à l’automne prochain, la récolte étant terminée.
- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- Lettre de notre Correspondant :
- La guerre actuelle a démontré qu’une grande puissance peut éprouver un échec sérieux de la part d’un peuple de second rang bien commandé et muni des dernières inventions de la science de la guerre.
- Nous apprenons maintenant que notre ennemi, que nous pensions à demi civilisé du point de vue scientifique, se sert de plusieurs wagons de transport automobiles et qu’il existe dans leurs rangs un nombre considérable d’éclaireurs montés sur tricycles de Dion. Le Veldt ne se recommande pas comme lieu de promenade et les cre vaisons ne doivent pas être trop rares, mais il est remarquable que la petite République sud-africaine ait dans son emploi des engins de guerre automobiles avant que le pouvoir exécutif de notre armée en»ait fait la première épreuve. A ce propos le « Motor-Car Journal » a publié des illustrations intéressantes d’un train de munition à vapeur et d’un tracteur pour canon de siège (système S :otte) en usage actuel dans l’armée française. Je les ai montrées à un de nos géné-
- raux qui a une position importante au ministère de la guerre et sa remarque unique fut : « Mon cher ami, les entrailles de votre automobile sont plus vulnérables que celles de mon mulet ».
- ’k T*C
- M. T. H. Parker a prononcé il y a quelques jours, à l’Automobile-Club, un discours sur la traction électrique. Il a traité son sujet au point de vue particulier d’histoire personnelle.
- Le discours fini, Sir Edgar Vincent, président d’honneur du meefing a ouvert une courte discussion sur les voitures électriques dans le compterendu de laquelle je ne trouve rien de remarquable.
-
- Nous apprenons de Philadelphie la formation d’une grande compagnie au capital de 75 000 000 d. (soit 375 000 000 francs), la Anglo-Américan Ra-pid Vehicle Company qui, dit-on, a pour but d’acheter les affaires de six sociétés d’automobiles anglaises dont la Bristish Motor Company est la plus importante. Il est vrai que M. Lawson, le lanceur de cette affaire et M. Jarrott, le secrétaire général sont partis pour New-York, ainsi que M. Pennington, associé de ces messieurs, qui a déjà ouvert des bureaux splendides dans la capitale des Etats-Unis d’où il verse des contrats de publicité sur notre presse étonnée. Le « Financial News » de Philadelphie parle de 22 000 commandes sur les livres des sociétés anglaises ; il est à craindre que le rédacteur responsable pour ce paragraphe ne soit victime de la mégalomanie qui accompagne souvent les entreprises de M. Lawson.
- V ¥
- En critiquant un des artistes du prospectus de l’épreuve de 1,000 milles de i’A. C. G. B. dans votre numéro du 18 janvier, vous dites « comme quoi il y aura moyen de classer premières les voitures anglaises ».
- Il ne faut pas croire à une telle mesquinerie sportive chez le chauffeur anglais. Le Comité de l’A. C. G. B. a été forcé d'insérer la clause malencontreuse pour éviter que cette épreuve soit rendue ridicule aux yeux du public par une série de contraventions policières et pour démontrer aux autorités que le club n’est nullement responsable des actes individuels ce ceux qui prendront part au tour.
- John HARVEY.
- *
- Ajoutons, à ce propos, que Sir David Salomons nous a également fait parvenir un mot aimable où il nons signale que l’épreuve des 1 000 Milles est une simple promenade et non une course. C’est une démonstration d’endurance des véhicules et non une épreuve de vitesse.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, iusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie;
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- Béconnais a profité de ces instants d’éclaircie pour tenter son record qu’il a réussi à battre et de loin.
- Le kilomètre, départ lancé, a été parcouru en 42 secondes 4/5, ce qui donne du 84 kilomètres à l’heure.
- Le précédent record était déjà enlevé par Béconnais en 48 secondes.
- Encouragé par ce succès, le recordman a voulu tenter les deux kilomètres, départ arrêté. Mais ici une difficulté se présentait.
- La route du parc d’Achères était coupée en son milieu par la ligne du petit tramway destiné au transport des récoltes ; ligne qui se trouve en surélévation du sol.
- Béconnais, plutôt que de transporter le théâtre de ses exploits beaucoup plus loin, a préféré, malgré les avis des hommes prudents, passer par dessus la ligne, au risque de se rompre le cou.
- Il a eu d’ailleurs raison puisqu’il a réussi dans sa tentative.
- Les deux kilomètres ont été couverts en 1 minute 42 secondes 1/5,
- Il est juste d’ajouter qu’à son passage sur la ligne de tramway, Béconnais a fait un bond que les curieux se sont amusés à mesurer. Il a été, dit-on, de 5 mètres 50. Toutefois, je ne garantis pas cette distance.
- Les temps ont été pris par MM. Gaudichard et de Perrodil.
- Ajoutons d’ailleurs qu’il eut suffi d’attendre un peu pour éviter ce steeple, car le tramway en question, qui est destiné, comme on sait, au transport des récoltes, betteraves, carottes, navets ou autres, va être enlevé jusqu’à l’automne prochain, la récolte étant terminée.
- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- Lettre de notre Correspondant ;
- La guerre actuelle a démontré qu’une grande puissance peut éprouver un échec sérieux de la part d’un peuple de second rang bien commandé et muni des dernières inventions de la science de la guerre.
- Nous apprenons maintenant que notre ennemi, que nous pensions à demi civilisé du point de vue scientifique, se sert de plusieurs wagons de transport automobiles et qu’il existe dans leurs rangs un nombre considérable d’éclaireurs montés sur tricycles de Dion. Le Veldt ne se recommande pas comme lieu de promenade et les cre vaisons ne doivent pas être trop rares, mais il est remarquable que la petite République sud-africaine ait dans son emploi des engins de guerre automobiles avant que le pouvoir exécutif de notre armée en»ait fait la première épreuve. A ce propos le « Motor-Car Journal » a publié des illustrations intéressantes d’un train de munition à vapeur et d’un tracteur pour canon de siège (système S :oite) en usage actuel dans l’armée française. Je les ai montrées à un de nos géné-
- raux qui a une position importante au ministère de la guerre et sa remarque unique fut : « Mon cher ami, les entrailles de votre automobile sont plus vulnérables que celles de mon mulet ».
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- M. T. H. Parker a prononcé il y a quelques jours, à l’Automobile-Club, un discours sur la traction électrique. Il a traité son sujet au point de vue particulier d’histoire personnelle.
- Le discours fini, Sir Edgar Vincent, président d’honneur du meefing a ouvert une courte discussion sur les voitures électriques dans le compterendu de laquelle je ne trouve rien de remarquable.
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- Nous apprenons de Philadelphie la formation d’une grande compagnie au capital de 75 000 oood. (soit 375 000 000 francs), la Anglo-Américan Ra-pid Vehicle Company qui, dit-on, a pour but d’acheter les affaires de six sociétés d’automobiles anglaises dont la Bristish Motor Company est la plus importante. Il est vrai que M. Lawson, le lanceur de cette affaire et M. Jarrott, le secrétaire général sont partis pour New-York, ainsi que M. Pennington, associé de ces messieurs, qui a déjà ouvert des bureaux splendides dans la capitale des Etats-Unis d’où il verse des contrats de publicité sur notre presse étonnée. Le « Financial News 2- de Philadelphie parle de 22 000 commandes sur les livres des sociétés anglaises ; il est à craindre que le rédacteur responsable pour ce paragraphe ne soit victime de la mégalomanie qui accompagne souvent les entreprises de M. Lawson.
- En critiquant un des artistes du prospectus de l’épreuve de 1,000 milles de l’A. C. G. B. dans votre numéro du 18 janvier, vous dites « comme quoi il y aura moyen de classer premières les voitures anglaises ».
- Il ne faut pas croire a une telle mesquinerie sportive chez le chauffeur anglais. Le Comité de l’A. C. G. B. a été forcé d'insérer la clause malencontreuse pour éviter que cette épreuve soit rendue ridicule aux yeux du public par une série de contraventions policières et pour démontrer aux autorités que le club n’est nullement responsable des actes individuels ce ceux qui prendront part au tour.
- John HARVEY.
- *
- Ajoutons, à ce propos, que Sir David Salomons nous a également fait parvenir un mot aimable où il nons signale que l’épreuve des 1 000 Milles est une simple promenade et non une course. C’est une démonstration d’endurance des véhicules et non une épreuve de vitesse.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, iusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie;
- LA LOCOMOTION AUTOxMOBLLE
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- 130 000 francs de Prix
- Georges Prade, dans le Vélo nous donne le compte de ce que peuvent gagner cette année les chauffeurs-coureurs :
- En chiffres ronds : 13c 000 francs, et pour donner un chiffre exact : 126 980 francs, tel est le joli total auquel arrivent déjà les prix affectés par avance aux courses d’automobiles qui se disputeront en 1900 :
- Ce chiffre.n’est d’ailleurs qu’un minimum.
- Novs n’avons effectivement fait entrer en ligne de compte que les épreuves dont les crédits sont déjà votés et établis par avance, à l’exception des deux grandes courses Paris-Bordeaux et Paris-Ostende dans lesquelles, on le sait, le chiffre des entrées compte pour une certaine partie dans le total des prix. De même pour le meeting de côte de Gaillon.
- Pour ces trois courses, nous avons fait figurer comme somme, la somme qui fut affectée en 1899, certains par avance de ne donner ainsi qu’un minimum.
- En revanche nous avons négligé de faire entrer dans cette liste les prix de certaines courses qui peuvent avoir lieu ou même qui auront lieu, mais sur les prix desquelles nous n’avons encore aucune donnée, même probable.
- C’est ainsique dans le tableau qui donne le décompte de la somme totale, ci-dessous, on ne trouvera nulle mention de Paris-Trouville, de Paris-Boulogne, de Paris-Saint Malo, de Bordeaux-Périgueux, de Lons-le-Saulnier-Lyon, de Bordeaux-Biarritz, du Critérium de l’Electricité et des innombrables courses de motocycles qui auront certainement lieu un peu partout,
- On peut donc dire qu’en 1900, un minimum de 130 000 francs sera assuré comme prix au sport automobile, et cela saus pari-mutuel.
- Il est évident que nous sommes encore loin des 2 ou 3 millions dont on arrose le sport hippique, mais enfin c’est un joli début pour un sport qui date de quatre ans.
- Voici d’ailleurs le décompte de ce total :
- DATES épreuves/] PRIX
- 22-28 février Meeling de Pau 8 000 fr.
- 26-30 mars.. Meeting do Nice 10 000 »
- 15 avril Paris-Roubaix 1 050 »
- 3 mai Critérium des Motocvcles. 2 000 »
- 10 mai Critérium des Voiturettes. 2 000 »
- 17 mai Critérium des Motocyclettes 1 000 ))
- 23 mai Paris-Bordeaux (en 18y9). 14 000 »
- 1er septemb. Paris Ostendo (en 1899).. Meeting de côte à Gaillon (en 1895) 15 000 ))
- Il novembre 930 )>
- Juillet Epreuves sur route de l’Exposition. Crédits des prix affectés 47 000 »
- Epreuves sur pistes de l’Exposition. Crédits des prix affectés 24 000 »
- — Objets d’arts destinés aux concours 2 000 ))
- 126 980 fr.
- Sans aller jusqu’à s’enrichir en courant, il est donc probable que les leaders de l’automobile en 1900 pourront taire une be’le petite saison;
- Il est vrai que les frais sont gros. Enfin voilà toujours 130 000 francs qui ne demandent qu’à se laisser enlever. Faites vos jeux, messieurs ! Je veux dire : Préparez vos moteurs !
- Georges PRADE
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- RECORDS
- POUR BICYCLETTES A PÉTROLE
- Fossier s’est attaqué samedi au record de l’heure pour bicyclette à pétrole sur la piste du Parc des Princes.
- Le recordman, qui marchait superbement, a malheureusement été arrêté par la pluie au 42e kilomètre, alors qu’il battait les records. Fossier a donc dû s’arrêter. Il n’en a pas moins mis à mal quelques records, entre autres de 7 à 11 kilomètres et de 35 à 42 kilomètres.
- Voici le tableau des nouveaux records :
- Distance Temps de Fossier Record précédent
- 7 kil. 6 m. 8 s. 3/5 6 m. 9 s. Béconnais
- 8 kil. 6 m. 59 s. 6 m. 59 s. id.
- 9 kil. 7 m. 48 s. 2/5 7 m. 60 s. id.
- 10 kil. 8 m. 38 s. 2/5 8 m. 40 s. Fossier
- 11 kil. 9 m. 28 s. 4/5 9 m. 29 s« Fossier
- 35 kil 30 m. 25 s. 2/5 30 m. 26 s. 4/5 Béconnais
- 36 kil. 31 rn. 16 s. 4/5 31 m. 21 s. 3/5 id.
- 37 kil. 32 m. 8 s. 2/5 32 rn. 15 s. 1/5 id.
- 38 kil. 33 m. 1 s. 2/5 33 m. 8 s. 3/5 id.
- 39 kil 33 m. 54 s. 1/5 34 m. 2 s. id.
- 40 kil. 84 rn. 47 s. 34 m. 55 s.
- 41 kil. 35 m. 38 s. 2/5 35 m. 48 s. 2/5 id.
- 42 kil. 36 m. 31 s. 2/5 36 m. 41 s. 4/5 id.
- M. Gaudichard, chronométreur officiel', prenait les temps.
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- CORRESPONDANCE
- Nous recevons la lettre suivante :
- Monsieur le Directeur de la L. A., Monsieur,
- Je viens de lire tout à fait par hasard le prospectus d’une Société Belge en formation qui doit s’occuper d’exploitation de voitures électriques ; cette brochure contient la phrase suivante :
- ... Les Grandes villes d’Angleterre et la Ville
- de Paris notamment viennent d’interdire la circiü lation des automobiles à essence, à partir du mois prochain ?
- Comme ce prospectus peut tomber sous les yeux d’acheteurs éventuels, il est de tout intérêt de prévenir le public et de le mettre en garde contre de pareils mensonges, cela pouvant causer un très grand préjudice aux fabricants et marchands d’automobiles.
- Maintenant, jusqu’à quel point des lanceurs d'affaires ont-ils le droit d’induire en erreur de cette façon leurs souscripteurs éventuels ?
- Veuillez agréer, etc.
- P. RIVIÈRE,
- Agent général des Stés Peugeot et Koch 101, avenue Marie-Henriette, Bruxelles.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- AVANT-TRAIN MOTEUR A UNE ROUE
- Système J. W. Walters
- Les avant-trains moteurs se sont beaucoup multipliés ces temps derniers, et cela se comprend, cela est légitime, parce qu’ils viennent répondre à un réel besoin : ils sont comme des chevaux mécaniques qu’on peut atteler devant des voitures déjà construites, et i! est évident qu’il y a un nombre énorme de propriétaires de voitures qui se décideraient instantanément pour la traction
- mécanique s’ils pouvaient 'utiliser néanmoins les véhicules qu’ils possèdent déjà.
- Toutefois les avant-trains moteurs que nous connaissons sont tous au moins à deux roues, quelques-uns mêmes sont à quatre roues, forment un véritable boggie : ces derniers semblent sans conteste être fort lourds, et d’aspect et en réalité. Au point de vue des autres, ce serait une question qui a fait l’objet de bien des discussions, et que nous nous garderons prudemment de trancher, que de savoir si deux roues valent mieux qu’une pour un avant train qui sert à la direction en même temps qu’à la mise en marche de la voiture. En tous cas il sem-
- Avant-train moteur â une roue, système J. W. Walters.
- ble qu’une roue n’assurera qu’une adhérence bien faible dans un avant-train qui doit traîner toute la charge. Comme ces questions fort intéressantes en elles-mêmes et par les conséquences qui en découlent ne peuvent être plus effectivement résolues que par la pratique, nous avons été enchantés devoir apparaître en Amérique (où l’on ne craint guèreles innovations), un avant-train moteur monocycle,ou une «roue motrice», comme dit son nom anglais motor-ichccl, dont notre excellent confrère Scicntific American a donné la defeription. Il est extrêmement curieux par ses dispositions, et il mérite d’être signalé avant même d’avoir pu faire ses preuves de façon effective.
- Cette invention est due à M. J. W. Walters, de New-York (i) ; son aspect isolé ou une fois mis en place, « attelé », peut-on dire, est bien rendu par cette photographie que nous reproduisons ; remarquons immédiatement un détail pratique qui montre bien l’ingéniosité de l’inventeur. Comme ce cheval, quand il n’est plus attelé, ne p-ésente aucun équilibre par lui-même, M. Walters a créé une sorte de chevalet qui lui donne toute stabilité : ce chevalet, qui eff tout uniment fabriqué d’un fer plat contourné de façon convenable, vient embras-
- (!) ?on adressa exac!e est 302, 306, West 53rd Street, New-York.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- ser la tête de fourche du moteur et prend appui sur le sol par une base droite. Le tout demeure en excellent équilibre vertical.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que par suite même de son montage sous l’avant de la voiture qu’elle est chargée de mettre en mouvement, cette roue motrice supporte une partie de la charge du véhicule, ce qui est excellent et pour l’équilibre et la fatigue de celui-ci, et aussi pour l’adhérence de la roue du moteur.
- Essentiellement l’appareil comporte d’abord une roue très solide dont l’axe tourne dans des coussinets dépendant d’une grosse fourche massive : en somme la disposition est essentiellement analogue à celle que l’on trouve dans une fourche et dans la roue directrice d’une bicyclette. Bien entendu, ici les changements de direction et la rotation de la roue ne sont pas commandés par une simple barre de guidon, mais bien par un volant de direction, un arbre et des engrenages qui sont très apparents dans la photographie ci-jointe, et force la roue à tourner dans la douille où elle se trouve passer. C’est comme de juste sur cette douille que viennent se fixer les tirants divers, boulons et écrous qui solidariseront la roue avec la caisse et surtout avecl’essieu arrière du véhicule auquel on a enlevé son avant-train normal, et qu’il s’agit de transformer en automobile. Si l’on veut bien regarder de près la photographie d’ensemble que nous reproduisons, on se rendra compte de la disposition de ces tiges doubles de traction, munies d’une espèce de contreventement, qui solidarisent l’essieu arrière et la douille de la roue motrice.
- Notons que nous avons toujours supposé jusqu’ici qu’on fixait cette roue motrice à l’avant du véhicule ; mai*, si on veut transformer en automobile une voiture à deux roues, par suite non munie d’un avant-train il serait parfaitement possible de mettre la motor-wheel à l’arrière.
- Nous n’avons pas l’intention d’insistersur des détails qui ressortent suffisamment à la simple inspection delà figure. Notons simplement qie sur une des fourches, est fixé un moteur à gazoline à deux cylindres, tandis que l’autre fourche supporte deux réservoirs où est emmagasinée la gazoline. Le mouvement du moteur est transmis à la roue par l’intermédiaire d’un pignon monté de façon lâche et q îi engrène avec une couronne den'ée fixée sur les rayons de la ioue. Le conducteur de la voiture a à sa disposition un mécanisme d’embrayage de manœuvre facile. Les deux cylindres du moteur sont disposés horizontalement, en prolongement l’un de l'autre, de part et d’autre de la même branche de la fourche; entre eux par conséquent est l’arbre des manivelles, sur lequel est calé un volant
- qui s’aperçoit fort nettement dans la photographie.
- L’inventeur fait valoir en faveur de son système, un avantage qui se retrouverait évidemment dans tous les systèmes où l’avant-train moteur est à une roue et forme un tout indépendant : il n’a pas besoin de renversement de marche. Pour assurer la marche arrière, il suffit de faire effectuer une rotation d’un demi-tour à l’avant-train, et cela au moyen de la direction : dès lors, quand on embrayera la mise en marche, le mouvement du moteur se faisant exactement en sens inverse du sens normal, la voiture reculera. La mise en pratique de cette idée, si séduisante qu’elle soit, ne serait pas très facile en cas de danger, si l’on avait à reculer d’une façon subite.
- Nous ajouterons enfin que cet avant-train moteur monocycle se fait en plusieurs tailles, avec une puissance qui peut varier de un cheval à dix chevaux, si besoin est pour des véhicules à poids lourd.
- Daniel BELLET.
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- RMoeteor le vitesse
- Système Siméon Gould (1)
- Nous donnons ci-après, à titre de curiosité mécanique, la description d’un nouveau réducteur de vitesse, récemment breveté aux Etats-Unis et qu’il nous paraît, à cause de son originalité même, intéressant de faire connaître.
- Dans les figures ci-après, ce mécanisme est représenté applique à un treuil, mais il est bien évident qu’on pourrait également l’employer pour d’autres appareils, et notamment pour les voitures automobiles.
- La fig. i est une vue en plan du treuil avec le réducteur en question.
- La fig. 2 représente une vue en élévation avec coupe dans le réducteur.
- La fig. 3 est une coupe par 3-3 de la fig. 2.
- La fig. 4 est une coupe par 4-4 de la fig. 2.
- L’arbre conducteur A, actionné par des poulies C ou par une manivelle, tourne dans des paliers B £’; il porte un plateau F percé de plusieurs trous G, dans l’un desquels est introduite l’extrémité H’ d’un arbre //, qui ne tourne pas sur lui-meme, mais qui est animé d’un mouvement giratoire, par suite de la rotation du disque F, qui agit sur lui comme un excentrique.
- (1) Communication de MM. Marillior et Robelet. Ollico international pour l'obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger. 42, boulevard lionne-Nouvelle, Paris.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- L’arbre H porte à son extrémité libre une roue d’angle K goupillée sur lui, et dont le moyeu K est hémisphérique pour s’ajuster dans le palier à genouillère du support M. Ce moyeu K est muni de dents qui s’emboîtent dans la denture de la contre-plaque fixe Z.
- D’autre part, le mécanisme comporte une seconde roue dentée N qui, contrairement à la roue K, tourne sur elle-même, ainsi que lé tambour de treuil Q, dont elle est solidaire. La position de la roue K présentant
- toujours, part rapport à celle de la roue N, un angle suffisant pour que plusieurs dents se trouvent engagées, le mouvement gyros-copique de l’arbre H oblige les dents de la roue K à attaquer successivement celles de la roue H qui tourne ainsi sur elle-même.
- Si maintenant, nous admettons que la roue N, qui doit toujours être plus petite que la roue Zi, possède 24 dents, tandis que la roue AT en a 26, on comprendra facilement que l’arbre H accomplira 12 vibrations dans l’espace, pendant que la roue N
- fera seulement un tour. Ou encore, si la roue K possède 38 dents, tandis que la roue N n’en a que 36, l’arbre ZZ devra exécuter 18 vibrations pour faire accomplir une seule révolution au tambour du treuil.
- < Tl est bien certain que ce réducteur de vitesse, construit de la façon que nous venons de décrire, a le défaut de présenter de nombreux frottements qui, cependant, pourraient dans une certaine mesure, être facilement supprimés : par exemple, la denture du moyeu K', qui a pour unique objet
- d’empêcher l’arbre H de tourner sur lui* même, pourrait être remplacée avantageusement par un joint de Cardan ou autre analogue.
- Quoi qu’il en soit, cette nouvelle combinaison mécanique, si elle ne peut encore être considérée comme étant absolument pratique, est néanmoins très intéressante, et nous ne doutons pas qu’on ne puisse parvenir, si son utilité est démontrée, à la modifier de telle sorte qu’elle soit mise à même de rendre quelques services.
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- LA LOCOMOilON AUTOMOBILE
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- LES VOITURES A VAPEUR
- EN ANGLETERRE
- (Etude datant de 1833 )
- «... Depuis 1830, la construction des voitures à vapeur destinées à parcourir les routes ordinaires, a fait en Angleterre de très grands progrès et aujourd’hui plusieurs de ces voitures circulent sur nos routes C’est à l’ingénieur Gurney que l’on doit les premiers essais de ce nouveau système de transport. En 1827, il fît fonctionner à Windsor et dans quelques jardins publics ces nouvelles voitures. Dans ces premiers modèles, la machine à vapeur était adhérente à la caisse de la voiture, qui roulait sur six roues, dont les deux de devant servaient à guider sa marche. Mais quelques vices inhérents à l’ensemble de la machine le forcèrent à ajourner la mise à exécution de son projet sur une grande échelle. En 1829, il modifia son système et produisit un système de machine qui servait de remorqueur, celle-ci fonctionna sur la route de Melksham à Cranford, et parcourut la distance de 88 milles (129 km) qui sépare ces deux villes en 10 heurês. Depuis 1829, on a tenté divers essais qui ont plus ou moins bien réussi, nous citerons les suivants : %
- M. Hancock a établi deux services : l’un entre Greenwich et Brighton, et l’autre entre Paddington et Hampstead, et M. Ogle en a établi un autre entre Londres et Southampton. Dans toutes ces entreprises, la machine à vapeur est inhérente à la caisse de la voiture. Voici la description succinte de cette voiture : le mécanisme se compose de deux cylindres de 18 pouces de diamètre et 16 de course ; la voiture ne pèse que 3 tonnes, sa force est de 12 à 15 chevaux. Les manivelles font 62 tours par minute, la vitesse peut s’élever à 14 milles (22 1/2 km) à l’heure en brûlant trois boisseaux de coke par mille. La chaudière est formée de tubes plats, perpendiculaires, séparés et maintenus par des règles en fer. Aucune apparence de cheminée ne se fait remarquer à l’extérieur ; les roues sont commandées par des chaînes ordinaires et un frein d’une espèce nouvelle sert à retarder les mouvements de la voiture dans les descentes : il se compose d’une bande de for qui s’applique sur le quart supérieur de la roue, et le conducteur peut le manoeuvrer sans abandonner le gouvernail de la voiture.
- M. Hancock a assuré, dans ses réponses au comité d'enquête, que ses voitures faisaient ordinairement 10 milles (16 km) à l’heure, et M. Ogle a dit que la vitesse de ses voitures d’essai destinées à faire le trajet de Londres à Southampton étaient par intervalles de 32 à 35 milles à l’heure. Il a ajouté qu’elles avaient rem ntô une côte dont la moyenne d’élévaüon est de 1 mille sur 6 (16,6 0[0, à raison de 16 1/4 milles (26 km) à l’heure, et que sur la route de Londres elles parcouraient alors 24 1/2 milles (33 km) par heure. En général, ces voitures, capables de recevoir de 12 à 36 personnes, peuvent transporter de trois à cinq fois leur propre poids, M. Hancock a calculé que le parcours de 3644 milles (5867 km) ne lui avait coûté en combus-tiblo que 78 livres sterling (1950 fr ), soit environ 34 centimes par kilomètre.
- Voici maintenant le résumé du rapport adressé au Parlement par le comité d’enquête chargé d’examiner ce nouveau modèle de transport.
- « Les voitures à vapeur, y est-il dit, fonctionnant sur les routes ordinaires, peuvent parcourir 10 à 12 milles (16 à 19 km) à l’heure et porter de 14 à 30 voyageurs. Ces voitures dont le poids varie de 2 à 3 tonnes ne présentent aucun danger pour le voyageur et peuvent gravir sans difficulté les côtes les plus rapides. A tous égards, elles sont préférables aux voitures traînées par les chevaux, et loin de dégrader les routes, elles concourent plutôt à leur entretien. »
- Nous ajouterons à ces renseignements quelques détails sur les expériences qui viennent d’être faites par MM. Heaton, sur la route de Bristol, avec une machine à vapeur qui servait de remorqueur à une voiture ordinaire. « En partant de notre manufacture située à Sladwellstret, disent ces constructeurs, 15 personnes se trouvaient dans la voiture i mais arrivés sur la route de Bristol, nous reçûmes un renfort de cinq autres voyageurs et, avec ce poids, nous arrivâmes en cinquante-six minutes à Bell lnn ; nous avions parcourue dans cet espace de temps sept milles (11,3 km). De là, nous franchîmes en moins de dix minutes, une petite colline assez escarpée ; dans cet endroit, le chemin était si mauvais que nos roues tracèrent une ornière de plus de trois pouces de profondeur.
- « Enfin nous retournâmes à notre manufacture, après avoir parcouru 29 milles (46,5 km) et consommé 12 boisseaux de charbon seulement. Nous avions donc dépensé pour faire ce trajet, deux schellings et six pences (3,10 fr.). Comme dans ce premier essai, nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, nous ne pouvons préciser quelle a été la moyenne de la vitesse de notre remorqueur, mais nous pouvons garantir qu’elle n’a pas été moindre de 12 milles (19 km) à l’heure.
- Ainsi, soit que l’on adopte le système des remorqueurs, soit que l’on préfère celui des voitures portant elles-mêmes leur moteur, il est évident que l’un et l’autre système peuvent remplacer avantageusement les voitures qui ne fonctionnent aujourd’hui qu’avec l’appareil très dispendieux des chemins de fer. M. Mallet ajoute à ce qui précède que dans le Bulletin de la Société d’Encouragement de 1833, se trouve décrit l’e:sai d’un remorqueur à vapeur de terre fait à Bruxelles en mars 1833, et l’auteur de l’article dit que c’est le trente-neuvième appareil de ce genre essayé â sa connaissance.
-
- M. Mallet croit devoir rappeler également que dès 1836, un mécanicien français, Dietz, a fait circuler dans les rues de Paris une machine à vapeur remorquant d’autres véhicules.
- Le 26 septembre, ce remorqueur, d’un poids de 10 t., faisait devant une commission d’essais, un voyage de Paris à Saint-Germain et retour ; la durée de chaque voyage fut d’environ 1 heure 1/2 et la côte de Saint-Germain fut gravie en 13 minutes 1/2. La machine était suspendue sur des ressorts, les jantes des roues motrices étaient garnies de bois de bout reposant sur un coussin de liège. La chaudière était tubulaire et la transmission élait à chaîne et à deux vitesses.
- La même machine fit, en 1839, un trajet de l’Observatoire à l’Arc-de-l’Etoile en présence d’une commission de l’Institut composée d’Arago, Poncelet, Savary, Gambey et Seguier, rapporteui. La commission, dans un rapport lu à la séance du 21 octobre 1839 de l’Académie royale des Sciences, constata la facilité de conduite de la machine, la souplesse et la sécurité de sa marche dans les rues de Paris;
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Dans un rapport à la Société d’ôncouragement, en décembro 1840, Th. Olivier émet des appréciations très élogieuses sur cette machine et déclare qu’il considère le problème abordé par son constructeur comme résolu au point de vue mécanique.
- Dans une brochure qui se trouve à la Bibliothèque de la Société des Ingénieurs civils et d’où M. Mallot a extrait une partio do ce qui précède sont exposées les bases de l’organisation d’un service de voyageurs et marchandises sur une routo do 100 lieues et sa comparaison avec la traction par chevaux. Les promoteurs présentaient cette organisation comme & un véritable médium entre les diligences et les chemins de fer, pouvant relier ceux-ci entre eux lorsqu’ils se trouvent à une certaine distance les uns des autres ou que leurs lignes se trouveraient interrompues en un point quelconque par des obstacles de terrain, ou par suite d’une trop forte dépense. »
- Cette idée de messageries à vapeur a été reprise bien des fois depuis. Une tentative assez sérieuse
- a ôté faite notamment, il y a environ trente-cinq ans, par une société qii portait précisément le nom de Dietz et qui avait pour directeur Serve), ancien ingénieur du matériel au chomin de fer d’Orléans. Récemment encore il existait, crovons-nons, du côté de Lyon, et il existe peut-êlro encore des services plus ou moins réguliers do transport sur routes par la vaprur.
- On peut enfin signaler, au moins à titre de curiosité, qu’à la fin do 1885, il y a lonc quarante-quatre ans, Julienne fit fonctionner sur la routo de la Révolte une voiture à air comprimé portant trois personnes.
- Cette voiture, du poids de 1 100 kg chargée, contenait 740 litres d’air à la pression de 25 atmosphères.
- (La Première partie est extraite de la Reçue Britannique de Novembre 1833, traduit par M. Mallet pour le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils )
- V. G.
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- LE SOUS-MARIN «L’ARGONAUTE»
- Ce sous-marin, inventé par M. Simon Lake, présente cette curieuse particularité qu’il constitue un véritable Iricycle à pétrole pouvant rouler sur le fond de la mer à une vitesse de 5 kilomètres à l’heure et par des
- profondeurs n’excédant pas 35 à 40 mètres. C’est donc une véritable automobile sous-marine. lia été construit, il fonctionne, il est donc intéressant d’en donner la description.
- Fig. 1. — Coupe longitudinale de l’Argonaute
- D'après notre excellent confrère le Yacht les dimensions de VArgonaute sont 10 m. 85 de longueur sure m. 75 de diamètre. Il est construit en tôles d'acier de 12 millimètres d’épaisseur. La coque du bateau est montée sur trois roues. L’une d elles, la roue d’arrière E sert en même temps de gouvernail quand le sous-marin navigue à la surface
- et de roue directrice quand il se déplace sur le fond de la mer. A 5 kilomètres à l’heure les viiages ne doivent pas être dangereux. Il y a deux roues motrices C, une de chaque côté du bateau. A est un moteur à essence de 30 chevaux de force. B et B sont deux poids d’ancrage, pesant chacun 250 kilogs, attachés à des câbles et pouvant
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- être mouillés au fond ou ramenés au flanc du bateau par un treuil actionné par un mécanisme. F est le carré de l’équipage servant aussi de chambre des machines. K, compartiment du projecteur électrique ; Z, poste-vigie d’avant ; M, réservoirs d’essence ; n réservoirs d’air comprimé ; O, water-bal-last; P, quille détachable ; R, dynamos; S, tourelle d’observation ; T, habitacle ; £/, barre servant pour la direction. .
- H est la chambre du plongeur, chambre située à l’avant et contenant une trappe de sortie à sa partie inférieure. G est une chambre écluse à air.
- Naturellement le bateau est éclairé à la himière électrique.
- Fig. 2 — Coupe Iransaersalc de l’Argo"av.te
- Ce curieux sous-marin, monté par cinq hommes aurait parcouru un millier de milles marins pendant l’été de 1898. Il reçoit l'air comprimé, de la sufface, au moyen d’un tuble flexible, qui aboutit au mât d’avant un autre tube flexible, qui aboutit au mât d’arrière sert de tube d’échappement. On ne dit pas s’il a un silencieux.
- M. Simon Lake affirme avoir trouvé en plein océan, des fonds de grès fin et sable parfaitement unis et « presque aussi durs que des routes macadamisées». Rien n’empêcherait donc, à la rigueur, d’organiser bientôt des courses de sous-marins à roulettes. Comme M. Lake construit un nouvel Argonaute ayant trente mètres de long et « muni d’un fumoir et de tout le confortable nécessaire » la commission chargée de
- suivre la course pourrait y recevoir l'hospitalité. Je vois d’ici l’ami Hérard,revêtu d’un scaphandre, donnant le départ en qualité de starter. Ce ne serait pas banal.
- Gaston SENCIER. --------+---------.
- VOITURES ET MOTEURS ÊIECTRIQUES
- de Henschel et Cu
- Voitures et canots
- Nous lisons dans le Mois Scientifique et Industriel :
- Li fabrique Henschel et Cia de Berlin, fabrique des moteurs de toutes sortes pour voitures et bateaux. C’est de chez elle que sortit la première voiture automobile de Berlin. Sa spécialité est de transformer les anciens véhicules en automobiles, ce qui réduit les frais d’établissement au minimum. Ceci est particulièrement intéressant pour les Compagnies propriétaires d’un nombreux matériel ancien.
- Fig. 1 — Voiture électrique Henschell et Cie
- Le Phaéton électrique de cette maison se distingue de toutes les constructions semblables déjà connues. Avant tout il possède une allure tout à fait régulière, sans à-coups et facile. D’une forme élégante et d’un poids léger, il peut contenir deux personnes et s’employer tout aussi bien pour un service pratique que pour le sport. La capote de la voiture peut s’enlever et par le beau temps le poids de la voilure en est diminué.
- Les accumulateurs permettent, par une charge unique, un trajet de 50 kilom.
- Le freinage offre la plus grande sécurité : 2 systèmes mécaniques et au besoin le freinage électrique.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La maison fournit aussi des moteurs de bateaux.
- Leur particularité consiste en ce que l’axe de l’hélice est flexible et placé dans un tube en .acier qui forme un axe au-dessus du bord
- ^FabnflC- Hcnschel.Ç? g« ur eiuriill»M,BtrlK
- Fig. 2. — Canot électrique Henschell et Cie
- du bateau. Ce tube en acier est mobile autour d’un axe vertical, de telle sorte que ce système est a la fois l’organe du mouve-
- ment et de la direction. Cet organe peut être mu par un moteur à benzine ou un moteur électrique.
- Enfin la maison a construit un appareil transportable pour la charge des Electromobiles.
- Un moteur à benzine est directement accouplé à une machine dynamo. Les irrégularités de marche du moteur sont atténuées par un régulateur électrique très ingénieux. Le moteur à benzine peut être refroidi soit par circulation d’eau, soit par ventilateur.
- Lorsque l’appareil n’est pas chargé, on peut le mettre en relation avec une petite batterie d’éclairage ou de mise en marche d’un petit moteur.
- Ainsi les propriétaires de grands hôtels pourraient avantageusement se servir de cet appareil pour charger les électromobiles de service, pour l’éclairage, etc..
- fREIN A DOUBLE EFfET
- Système E. Berteau
- Lorsqu’une automobile gravit une forte côte, il arrive parfois que le moteur vient à caler, laissant la voiture libre de redescendre la côte, ce qu’elle s’empresse de faire, grâce à son poids. Les freins ordinaires ne permettent pas en effet
- d’empêcher le recul et ne sont disposés que pour freiner dans le sens de la marche avant.
- Pour éviter les accidents pouvant résulter de cela, le règlement de circulation des automobiles exige dans son article 6, que « l’un des systèmes de freinage ou un dispositif spécial permette d’arrêter toute dérive en arrière. »
- La plupart des voitures actuellement en circulation sont munies d’une béquille que le conducteur songe à utiliser à temps et qui, lâchée un
- Frein Berteau
- peu trop tard, produit un choc désagréable et nuisible pour le mécanisme, si toutefois elle veut bien mordre après avoir labouré quelque temps le sol de la route.
- Le rochet qui est, comme nous avons eu l’occasion de le voir, adapté sur quelqurs types, agit lui automatiquement et par là présente un sérieux avantage sur la béquille. Mais outre qu’il produit
- lui aussi un choc sensible, il est d’une construction plus compliquée et plus coûteuse que la béquille, et les pièces en étant plus délicates, risque davantage de se détériorer.
- Quelques inventeurs se sont demandé s’il n’y aurait pas moyen de munir le véhicule de freins agissant aussi bien dans le sens de la marche avant que dans le sens de la marche arrière. Nous
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- '79
- avons déjà décrit quelques-uns des systèmes proposés. Signalons aujourd’hui le frein imaginé par M. E. Berteau (i), qui répond parfaitement à la question, agissant dans les deux sens avec un circuit unique, commande unique, pédale unique.
- Ce dispositif est représenté par le dessin schématique ci-contre. Un seul circuit de corde b s’enroule sur le tambour a et est fixé à ses deux extrémités c et d à un point fixe du châssis. Deux points g et h du circuit sont reliés entre eux par des petites bielles 1, m, n et par un ressort de rappel o.
- Le fonctionnement se comprend facilement : Dans la marche en avant, le tambour a tourne dans le sens de la flèche^». Pour freiner, il suffit de tirer sur la corde de commande i, aussitôt les points g et h sont rapprochés, la corde b est est appliquée sur la gorge du tambour et est entraînée dans le même sens.
- La partie d r du circuit subit une forte traction et se met en ligne droite, tandis que la partie es est au contraire brisée en g et ne subit qu’une légère traction lui venant par l’intermédiaire des bielles l, m, n.
- Pendant la marche arriéré le tirage de la même corde de commande i produit comme précédemment le rapprochement des points g et h et par suite le serrage de l’enroulement sur le tambour. Mais la rotation se faisant dans le sens de la flèche
- q, c’est sur le brin es qui se mettra en ligne droite que se fera la résistance et la partie d r sera brisée.
- Av ec ce dispositif composé d’un seul circuit c.s,
- r. d. sur un tambour et une seule commande i on possède donc bien deux freins agissant automatiquement suivant le sens de la rotation de !a roue ou du tambour.
- Les points d’attaches c et d peuvent d’ailleurs être pris sur le palonnier qui porte les patins de frein ordinaires le freinage aura alors pour résultat d’appliquer énergiquement les patins sur les bandages.
- Des ressorts de rappel empêchent le freinage en temps normal ; l’enroulement peut faire un ou plusieurs tours autour du tambour ; l’effort à exercer est insignifiant comme dans tous les freins à corde.
- R. DENHAM.
- ----------♦----------
- Bibliographie
- Tramways et Automobiles par MM. E. Auca-mus et L. Galine, ingénieurs des arts et manufactures, un volume in. 8 de 481 pages avec 234 figures, Yve Cii. Dunod éditeur, 49 quai des Grands Augustins Paris.
- L’ouvrage que viennent de publier MM. Aucamus et Galine est divisé en deux parties .à peu près d’égale importance. Dans la première, celle qui concerne les tramways, ne rentre dans notre cadre que par les chapitres concernant les tramways automoteurs.
- Ces chapitres sont du reste fort bien traités et les inventeurs qui désirent appliquer aux voitures les accumulateurs électriques, la vapeur, l’air comprimé, l’acide carbonique ou le gaz d’éclairage pourront les lire utilement. La seconde partie, qui traite plus spécialement des automobiles renferme également des renseignements fort intéressants.
- Il nous suffira, pour en donner une idée de citer la table des matières de cette seconde partie:
- CHAPITRE I — § 1 Résistance — Rôle des automobiles. — Classification des automobiles. — Résistances en alignement droit : Résistance au roulement. — Frottement des fusées dans leurs boîtes.
- — Moyeux à billes. —Bandages élastiques. — Résistance en rampe et en courbe. — Résistances dues au démarrage, au vent. — Résistance totale. — § 2.
- — Construction des automobiles. — Généralités. — Roues; jantes; bandages; moyeux. — Essieux; mouvement différentiel; exemples. — Transmission sans
- différentiel. — Direction. — Ressorts. — Freins.___
- Châssis. — Caisse. — § 3. — Moteurs. — Modes'de traction. — Puissance des moteurs. — Rendement organique. — Transmission de mouvement, chaînés engrenages, courroies. — Changements de vitesse.
- — Embrayages. — Installation du moteur. — Graissage : graisseurs, compte-gouttes, coups de poing, oléopompe, Hamelle. — Outillage et pièces de rechange. — Remarque.
- CHAPITRE II. — Automobiles à pétrole. — § 1. — Moteurs a pétrole. — Généralités sur les moteurs à pétrole. — Fônctionnement. -- Rendement.
- — Carburateurs. — Distribution. — Allumage. — Refroidissement. — Régularisation — Moteur Daimler. — Carburateur Daimler. — Moteur Benz; carburateur. — Moteur Kane-Penington. — Moteurs divers. — § 2. — Voitures ordinaires et voitures lourdes. — Voitures Panhard et Levassor, phaéton, etc. — Omnibus, coupé. — Voitures Peugeot. — Voiture Roger. — Voiture Tenting. — Voiture Mors. — Voiture Duryea — Voiture Dela-haye. — Diligence Cambier. — Camion de Diétrich.
- — Moteur, transmission, appareils de conduite, freinage. — § 3. — Motocycles et voiturettes. — Bicyclettes : Millet, Werner, Labitte. — Motocycles de Dion et Bouton. — Tricycle. —Voiturette.—• Motocycles Gladiator. — Voiturette Bollée. — Voiturette Decauville. —Remarque.
- CHAPITRÉ III. — Automobiles à vapeur. — Caractères généraux. — Chaudières. — Moteur. — Véhicules. — Tracteur et omnibus de Dion et Bouton. — Chaudière — Moteur. — Transmission. — Freins. — Voiture Maurice Le Blant — Chaudière.
- — Moteur. — Omnibus et tracteur Scotte. — Chaudière. — Moteur. — Transmission. — Direction. — Freinage. — Omnibus de la Compagnie générale des Automobiles. — Concours de Liverpool.
- — Voitures Serpollet. — Remarque : Concours des poids lourds de 1897 et de 1898.
- CHAPITRE IV. — Automobiles électriques. — Caractères généraux. — Fonctionnement. — Accumulateurs. — Moteur. — Voitures Jeantaud. — Voitures G. Salom et H. Morris. — Voitures électriques de Londres. — Compagnie française des Voitures automobiles. — Fiacres de Paris. — Voiture électrique Patin. — Voitures Krieger . — Voitures Jenatzy. — Voiture Mildé. — Conclusion.
- ANNEXES. — Réglement du 10 mars 1899, relatif à la circulation des automobiles. — Circulaire du Ministère des .Travaux Publics, du 10 avril 1899, commentant le précédant règlement. — Détails récents appliqués à la construction des automobiles et des tramways.
- Regrettons à notre point de vue spécial que MM. Aucamus et Galine n’aient pas donné un plus grand développement à cette partie de leur ouvrage
- Leur livre n’en aura pas moins un succès fort mérité.
- G. S.
- (1) M. E. Berteau. 2, rue Théophile-Gautier.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- (IALE]NDFtlER_DES COURSES
- Février
- 4. Coupe de l’A. V. C. de Nice.
- Du 22 au 27 Semaine de Pau
- 22. Circuit du Sud-Ouest, touristes. 335 km.
- 23. Record du kil. pour bicycl entraînées par au-
- tomobiles.
- 24. Course de côte.
- 25. Circuit du Sud-Ouest, vtiesse.
- 26. Gymkhana.
- 27. Automobiles Fleuries.
- Mars
- Du 3 au 18 exposition et et courses à Luxembourg.
- 11. Coupe des Voiturettes (Paris-Rouen et retour 240 km. Journal de Sports).
- Du 26 au 30, semaine de Nice.
- 26 et 27. Nice-Marseille-Nice (vitesse) 230 km. et Nice-Draguignan-Nice (touristes) 98 km.
- 29. Course du Mille.
- 30. Nice-La-Turbie. Concours d’élégance à Monte-, Carlo.
- (Engagement à l’A.Y.C. de Nice, avant le 22 mars, midi).
- A vril
- 15. Paris-Roubatx motocycles 288 km.
- Avant le 9 avril à midi. — 5 fr. — Au Vélo. *26. Critérium de l’Electricité. Paris-Dijon.
- , Avant le 23 avril à midi.— ioofr, —Au Vélo. Du 23 avril au 11 mai Excursion des 100 Milles en Angleterre.
- (De 250 fr. à 625 fr. avant le icr février, doublés jusqu’au ier mars).
- Ma i
- 3. Critérium des motocycles 100 km.
- 10. Critérium des voiturettes 100 km.
- Du 14 au 18. Exposition Universelle. Concours de voitures de Tourisme.
- 17. Critérium des motocyclettes 100 km.
- (Ces 3 courses sur le parcours Etampes à Chartres et retour, engagements 20 fr , clôtures aess pectives le i"r mai, le 8 mai, le 15 mai. — Au Vélo).
- 23. Paris-Bordeaux 368 km.
- Voitures 200 fr., voitures pesant moins de 400 kg. 150 fr., motocycles 100 fr ; avant le 19 mai midi au Vélo.
- Juin
- 10. Paris-Reims.
- 14, Coupe Gordon-Bennett.
- Du 18 au 23. Exposition Universelle. Concours de voitures de place.
- 24. Bade, course de côte.
- 24. Brest-Rennes-Brest. 500 km.
- Juillet
- 1. Salon-Arles et retour.
- 9. Congrès de l’Automobile.
- Du 23 au 28. Exposition Universelle. Course de vitesse.
- 29. Paris-Dieppe A. V. A. motocycles.
- 29. Meeting de Bade (moto, et voiturettes).
- Août
- Du 13 au 18. Exposition Universelle. Concours de voiturettes.
- Septembre 1 et 2. Paris-Ostende 333 km.
- Vitesse : voitures 100 fr., motocycles 50 fr. — Touristes: voitu'es 75 fr., voiturettes 40 fr., moto. 25 fr. — Avant le 28 août au Vélo.
- 9. Bade. Course de 60 km.
- Du 17 au 22 Exposi'ion Universelle. Concours des Poids légers.
- Octobre
- Du 8 au 13. Exposition Universelle. Concours des Poids Lourds.
- 28. Course de côte.
- Novembre 11. Course de côte de Gaillon.
- (Tous véhicules 10 fr. avant le 10 Novembre au Vélo).
- ----------------♦-------------------
- Liste îles Brevets d'inventioi
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Olfice international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 288 741. — 10 mai 1809. — Mécanisme de mise en marcho. — La Force.
- 288 791. — 10 mai 18C9. — Giteau. — Nouveau moteur à essence do pétrole.
- 288 795. — 13 mai 18i9. — Denat. — Perfectionnements aux moteurs à explosion.
- 288 828. — 13 mai 1899. — Ccrmery. — Moteur à pétrole à deux temps à soupape froide, système H Cormery.
- 288 865. — 15 mai 1899. — Compagnie des Moteurs Duplex. — Perfectionnements apportés aux moteurs à explosion.
- 288 867. — 16 mai 1899. — Lelandais. — Nouveau système d’allumage électrique pour moteurs à gaz, à pétrole, etc.
- 288 927. — 15 mai 1899. — Société A. Ceste, Moret et Cie. — Perfectionnement sauxmoteurs à pétrole.
- 289 134. — 23 mai 1899. — Lahaussois. — Perfectionnements dans les moteurs à explosions.
- 289 191. — 24 mai 4899. — Société Grosse et Boubault. — Système de moteur à pétrole.
- 289 211. — 25 mai 1899. — Lesage. — Système de moteur à pétrcle.
- 289 300. — 31 mai 1889. — Laporte. — Moteur mixte à gaz tonnants et h vapeur, système Laporte.
- 289 151. — 23 ruai 1899. — Fasano. — Perfectionnements aux motocycles et véhicules automobiles.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de la Locomotion Automobile |i. DESMÀBÊS, 151. »v«ue du Rocls, K*cilly-s-S«iEe
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- SettifcMB Année. — N" 8
- 8 Février 1ÏC0
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR - ADMINISTRATEUR Raoul VuILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHER O.-F. DES JACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N» 6
- Le Congrès International d.’Automobilisme du
- y au lb Juillet HI00. Programme et noms des Rapporteurs.
- L’incident Hugues Le Roux. — Réponse do M. Rallif.
- Nouvelles d'Angleterre. — John Harocy.
- La semaine de Pau Les engagements.
- Une course a Saint-Pétersbourg. -
- Touring-Chb de France. ,
- La Coupe Chauchard. — A. V. C. N. Informations. — Les clubs automobiles. — La sj-maine de Nice. — Nouveaux liacres — etc. Po:trait de M. Lerioir. '
- Tricycte Delangère à moteur Romain. — Paul Sarrey.
- Moteur Philibert Bourdiaux, Delalando constructeur. — Paul Sarrey.
- Changement de vitesse i^evasseur et Weithei-mer.
- Automotrices sur routes avec prise de courant à double trolley.
- Législation industrielle.
- L’écrou de Sûreté dit “ L’Hélicoïd ”.
- -----------+-----------
- D'A ulômobilisme
- Du 9 au 16 Juillet 1900
- La Commission d’organisation du Congrès International d’Automobilisme en 1900 s’est réunie le 2 février pour désigner les Rapporteurs chargés de résumer chaume des communications qui seront soumises aux discussions de l’Assemblée.
- Un empressement superbe a déjà répondu à l’appel de la Commission d’organisation. Depuis le 21 décembre, jour où nous avons publié les noms des Membres du Comité d’initiative jusqu’au 2 février on a déjà reçu l’adhésion de 730 membres ; on dépassera mille. Nous ne pouvons qu’être heureux de ce succès puisqu’on se rappelle que ce sont le Vélo et la Locomotion Automobile qui, par la plume de Pierre Giffard et de Gaston Sencier, avaient lancé l’idée et prié l’Au-tomobile-Club d’organiser ce Congrès.
- Moins de 5 mois, avant l’ouverture de l’Exposition, c’eût été trep tard pour organiser tout autre Congrès. Ce délai a suffi
- pDur l’Automobile tant les bonnes volontés sont surexcitées par la fièvre mécanique qui règne en France en ce moment.
- *
- Rappelons que les cotisations doivent être adressées à M. Jeantaud, 51, rue de Pontbieu, qui a bien voulu se charger de toute l’organisation matérielle du Congrès.
- * *
- Voici d’abord quelques extraits du Règlement fixant la marche du Congrès.
- EXTRAIT DU RÈGLEMENT
- Article 2. — Le Congrès international d’automobile s’ouvrira le 9 juillet 1900 dans la grande salle du Palais des Congrès.
- Les séances ultérieures, conférences et autres réunions, auront lieu dans l’hôtel de l’Automobile-Club de France, place de la Concorde, 6; Le Congrès durera une semaine.
- Article 3. —Seront membres du Congrès les personnes qui auront adressé leur adhésion au secrétaire de la Commission d’organisation avant l’ouverture de ca session, ou qui se feront inscrire pendant la durée de celle-ci et qui au/ont acquitté la cotisation.
- La cotisation des membres adhérents est fixée à 20 francs
- Une cotisation d’un minimum de 100 francs d nue droit au titre de membre donateur.
- Art. 4. — Les membres du Cohgrès recevront une carte qui leur sera déliv ce par les soins de la Commission d’organisation Ces cartes sont strictement personnelles
- Ces cartes ne donnent aucun droit à l’entrée gratuite à l’Exposition ; elles donnent droit d’entrée à' l’hôtel de l’Automobile-Club de France pour assister à toutes les réunions qui s’y tiendront pendant la durée du Congrès.
- Article 7. — Le Congrès comprendra :
- Des séances publiques ;
- Des séances générales ;
- Des séances de section ;
- Des conférences ;
- Des visites à des établissements industriels, des essais, promenades, etc.
- Article 10. — Aucun travail ne pourra être présenté en séance ni servir de point de départ à une discussion si, avant le ier mai 1900, l’auteur n’en a
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- communiqué le résumé ou les conclusions à la Commission d’organisation.
- Article 14. — Les procès-verbaux - sommaires seront imprimés et distribués aux membres du Congrès, le plus tôt possible après la session.
- Article 15. — Un compte rendu détaillé des travaux du Congrès sera publié par les soins de la Commission d’organisation. Celle-ci se réserve de fixer l’étendue des mémoires ou communications livrés à l’impression.
- Ce compte rendu sera envoyé gratuitement aux membres du Congrès.
-
- Commission d’organisation Président
- M. Michel Lévy, membre de l’Institut, ingénieur en chef des Mines, membre d’honneur de l’A. C. F.
- V ice-Prés iden ts
- MM. le comte de Dion, président de la Chambre syndicale de l’Automobile, vice-président de IA. C. F.;
- G. Forestier, inspecteur général des Ponts et Chaussées, professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Secrétaire général
- M. le comte de Chasseloup-Laubat, ingénieur civil, membre du Conseil d’administration de l’A. C. F.
- Secrétaire
- M. René Varennes, ingénieur civil.
- Membres
- MM.
- Bollée (A.), ingénieur constructeur au Mans ;
- de Claussonne, ingénieur en chef des services électriques de la Compagnie générale des Voitures de Paris ;
- Creuzan (le Dr), président de l’A. C. Bordelais ;
- Delahaye, ingénieur constructeur à Tours ;
- Hospitalier (E.), ingénieur de3 arts et manufactures, professeur à l’Ecole de Physique et Chimie de la Ville de Paris ;
- Jeantaud, ingénieur constructeur à Paris;
- Krebs (!e commandant), ingénieur constructeur à Paris.
- Kriéger, ingénieur constructeur à Paris;
- dr La Valette, ingénieur des Mines, inspecteur des Travaux publics au Ministère des Colonies, membre du Conseil d’administration de l’A. C. F. ;
- Lemoine, ingénieur constructeur à Paris;
- Michelin (A.), ingénieur des arts et manufactures, à Clermont-Ferrand ;
- Mommerqué, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, ingénieur en chef de la Compagnie des Omnibus à Paris ;
- Mors (E.), ingénieur constructeur à Paris;,
- Peugeot (A.), ingénieur constructeur à Valen-tigney;
- Pozzy, ingénieur des arts et manufactures, Paris ;
- Récopé (E.), ingénieur de la Marine, membre du Conseil d’administration de l’A. C. F. :
- Sartiaux, chef des services électriques au chemin de fer du Nord ;
- Scotte, ingénieur constructeur à Paris ;
- de“ Turckheim (le baron), ingénieur constructeur à Lunéville ;
- Walckenaer, ingénieur en chef des Mines, professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- M. G. Collin, ingénieur du matériel des lignes Nord-Belges, précédemment désigné comme secrétaire, a dû résigner ses fonctions, se trouvant pour l’année à Charleroi. Il a été remplacé par notre ami René Varennes, dont tout le monde sait la compétence et le dévouement. Nul n’était mieux qualifié pour cette lourde tâche.
- M. de Chasseloup-Laubat, actuellement convalescent, pourra reprendre bientôt ses fonctions de secrétaire général.
- PROGRAMME DU CONGRES
- Les Rapporteurs dont les noms sont suivis d’une astérisque ont d’ores et déjà envoyé leur acceptation.
- I. — QUESTIONS HISTORIQUES
- Historique de la locomotion automobile dans les différents pays. — Rapporteur M. le comte de Chasseloup-Laubat*.
- II. — QUESTIONS TECHNIQUES
- A. — LES MOTEURS
- Moteurs à vapeurs. — Rapporteur M. René Varennes*.
- Générateurs de vapeur. — Dispositions générales. — Puissance de vaporisation et poids du générateur en ordre de marche. — Eau vaporisée par unité de combustible. — Durée de la mise en pression.— Emploi de combustibles solides ou liquides. — Dispositifs d’alimentation. —• Sur-chaufle.
- Moteurs. — Dispositions générales. — Distribution, détente fixe ou variable. — Compoun-dage. — Introduction directe au grand cylindre pour le démarrage. — Enveloppes chaudes. — Rendements. — Poids du moteur par cheval en marche normale. — Graissage. — Aéro-condenseurs. — Séparateurs des matières grasses. — Dispositifs pour rendre l’échappement invisible.
- Moteurs à explosions. — Rapporteur M. G. Forestier*.
- Dispositions générales.— Carburation.—Inflam mation. — Refroidissement, pompes, radiateurs. Régulation. — Mise en marche. — Graissage. — Equilibrage. — Dispositifs pour rendre l’échappement silencieux. — Rendement. — Poids du moteur par cheval, volant compris. — Influence de la compression. — Dispositifs pour faire varier la puissance du moteur.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 83
- Moteurs à combustion progressive. —
- Rapporteur M. Banki.
- Rendement. —- Poids par cheval, etc. . ...
- Moteurs électriques. — Rapporteur M. E. Hospitalier*.
- Accumulateurs. — Poids, total par kilowattheure aux bornes de l’accumulateur à différents régimes de décharge. — Régimes de charge et de décharge. — Rendement aux régimes normaux de charge et de décharge. — Durée exprimée en nombre de charges, soit de l’ensemble de l’accumulateur, soit des plaques positives.
- Moteurs. — Dispositions générales. — Type ' de l’induit. Excitation. — Disposition des balais.
- — Vitesse normale. — Poids par cheval à puissance normale. — Rendement.
- Combinateurs. — Dispositions générales. — Procédés de démarrage. — Procédés pour faire varier la vitesse du moteur. Freinage électrique.
- — Récupération. — Appareils de mesure, de contrôle, de sécurité.— Plots et fiches de chargement.
- Emploi du trolley sur les routes.
- Moteurs divers. — Rapporteur M. Barbet.
- Moteurs à gaz comprimés ou liquéfiés. — Moteurs divers. — Rendement. — Poids par cheval, etc.
- B. — LES TRANSMISSIONS
- Rapporteur M. Gaillardet.
- Embrayages. — Dispositifs de changement de vitesse. — Dispositifs de changement de marche. ___Emploi des ergrenag s. — Emploi des courroies et cables. - — Entrai ment par friction. Autres systèmes de transmission. — Différentiels et dispositifs les remplaçant. Liaisons des roues motrices du véhicule au dernier mobile de la transmission (chaînes, arbres brises, etc.). Dispositifs de protection et graissage des transmissions.— Paliers, emploi des billes et rouleaux, emploi des métaux antifrictions. — Organes spéciaux destinés a annuler l effet de l élasticité du châssis sur la transmission (arbres bfises, accouplements élastiques, etc )
- G. — LES CHASSIS ET LEURS ORGANES
- Châssis et suspensions^ Rapporteur
- M. Jeintaud*. ri , ^
- Châssis. — Châssis en fer et bois. — Châssis en fers profi és. — Châssis en tubes,
- Suspension, ressorts, — Suspension complété de .la caisse et du moteur. Suspension delà
- caisse seule, le moteur n’etant pas suspçndu ou -n’étant que partiellement suspendu.
- Boues, essieux, bandages. —- Rapporteur M. le capitaine Fer ru?, ch collaboration avec M. A. Michelin* pour la 2e parti *
- Roues en bois. — Roues en bois à moyeux métalliques. — R mes à moy.ux métalliques, rayons , en bois et jantes métalliques.— Roues entièrement métalliques à rivo is directs ou rayons tangents.
- — Roues disque-. — Ecuanteur, carrossage. — Moyeux et fusées; — Emploi des billes-et rou-
- leaux. — Bandages métalliques. — Bandages élastiques (caoutchouc plein ou creux). '
- Bandages pneumatiques. — Dispositifs de protection des bandages élastiques ou pneumatiques.
- — Roues élastiques diverses. — Du dérapage. — Théorie du tète-à-queue, causes variées de cet accident. —1 Du patinage. —Dispositifs destinés à empêcher le patinage.
- Freins. — Rapporteur M. Bochet.
- Freins serrant sur un organedela transmission.
- — Freins serrant directement sur les roues. —
- Freins agissant directement sur le sol. — Freins servant avant et arrière. — Chambrières et dispositifs divers destinés à empêcher le recul. Emploi des moteurs comme moyen de freinage. ' 5'
- Direction. — Rapporteur M. Carlo Bourlet.
- Direction. — Direction, .à cheville ouvrière.
- — Direction à pivots. — Différentes épures donnant le braquage correct des deux roues. Solutions théoriques et solutions approchées répondant aux besoins de la pratique. — Divers systèmes de pivots. Pivots à biin d'huile. :—Emploi des billes.
- — Systèmes de directions irréversibles. — Avantages qu’il y a à avoir un grand angle de braquage. — Diamètre du plus petit cercle possible dans lequel le véhicule peut tourner. — Différence des traces suivant que les roues directrices sont placées à l’avant ou à l’arrière du véhicule, avantages et inconvénients des deux systèmes.
- Roues directrices et motrices, — Divers systèmes de transmission résolvant ce problème.
- Détails de* construction. — Rapporteur M. Amédée Bollée*. -
- Précautions à prendre pour empêcher les ruptures de la tuyauterie sur les véhicules automobiles. — Différents systèmes di joints. — Précédés pouf empêcher les écrous de se desserrer.
- — Emploi de l’aluminium et de ses alliages.
- D. — LA CARROSSERIE
- Rapporteur M. Jeantaud*. . o
- Formes‘nouvelles de caisses. — Légèreté des caisses. — Emploi de l’aluminiuiù. — Caisses interchangeables s’adaptant au même châssis.
- E. — EFFORT DE TRACTION
- Traction. — Rapporteur M. G. Forestier*.
- Coefficients de roulement sur les routes. — Rendement général des tiansmissions des véhi cules automobiles, depuis le moteur jusqu’à la jante de la roue motrice.’ —"Influence de la suspension. — Influence de la nature du bandage.
- — Influence de la résistance de J’air.- Etudes
- des formes propres ,à diminuer çette dernière-influence. ;. h, ; - . -
- Puissance à donner aux véhicules auto* mobiles. — Rapporteur M. Hirsch.
- Tendance que l’on a à augmenter cette puis-?ance de plus en plus. — Différence des modes d’actioh des moteurs mécaniques et des moteurs animées ; grande élasticité momentanée de ce& derniers. — La roue remorquée et la roue me-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- trice se comportent très différemment sur le sol. — Comptes-rendus d’expériences relatives à ces questions.
- iir. — QUESTIONS ÉCONOMIQUES
- Rapporteurs MM. Pierre Giffurd et Lucien Périsse.
- Comparaison entre le s véhicules mus par des moteur; de rature dlftérinte (vapeur, pétrole, électri.iié, etc). — Au point de \ue du poids dès moteurs et de leurs approvisionnements. — Au point de vue de la facilité de conduite, du confort, de la propreté, etc. — Comjt s-rendus de concours, d’expériences ou d'exploitations fournissant des renseignements sur les pr>x de revient du transpo’-t dés voyageurs ou des marchandises; sur les conditions économiques de ces exploitations et sur leur développement.
- En particulier :
- Importance et coût des réparations. — Prix d’entretien des roues et bandages (en fe-, él,i tique; ou pneumaû qües). Durée et prix d’entre-uéri dos-accumulateurs.
- 'Comptes-rendus des travaux de l’Automobile-Chib de France. — Concours divers.— Courses.
- IV. — QUESTIONS INTERNATIONALES
- Rapporteurs MM. Ballif et Sauvage.
- Unification des formalités internationales pour le passage des véhicules automobiles d’un territoire sur un autre. — Unification des jauges et de la boulonnerie. — Unification du type des plots et fiches de chargement des voitures électriques. —,Unification des chaînes Galle. —Unification des types des boîtes d’accumulateur?.
- * *
- Nos lecteurs ont pu remarquer parmi les membres de la Commission et des rapporteurs les noms_de plusieurs des collaborateurs de la Locomotion Automobile, MM. E. Hospitalier, de la Valette, Carlo Bourlet, Lucien Périssé dont nous sommes heureux de signaler le dévouement à la cause automobile.
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- L’INCIDENT HUGUES LE ROUX
- A sôn tour M. Ballif vient d’adresser à M. Hugues Le Roux une lettre au sujet de l’incident que nos lecteurs connaissent déjà, et que l’article du Journal a réveillé.
- . La voici ; ,
- Paris, le 29 janvier 1900.
- Cher Monsieür,
- J’ai la bonne fortune qu’une main amie me communique le n° Je dimanche du Journal, lequel contient là lettre ouverte que vous me faites l’honneur üe m’adresser.
- Oserai-je dire que vous n’avez rien prouvé ?
- Vous citez des faits particuliers, extrêmement fâcheux et qui justifient pleinement votre irritation, encore une fois, pormettez-moi do vous dire : « Qu’est ce que cela prouve ?
- Là comme ailiou s, il n’est vraiment pas permis de conclure du particulier au général et de faits dé testabLs mais «exceptionnels» à un aoathème universel .
- La locomotion no ivolle est un progrès, elle est l'avenir, personno ne peut le nier, donc nous devons l’encourager, voilà la vraie thèse, celle dont il ne faut pas sortir.
- Tous nous sommes unanimes à déplorer les quelques abus auxquels elle donne lieu en ce moment...
- Cela passera et seul rest ra le grand progrès réalisé.
- Or, on ne pout le nier, il existe en co moment une tendance dans un certain public à ne voir que les abus sans voir le bienfait.
- A entoniro cotte partie du public, il n’» a d’accidents causés « que par les automobiles », les autres n’existent plus.
- Cette tendanco est mauvaise et il serait fâcheux qu’un esprit aussi distingué que le vôtre se mit à son service. Vous avez eu, il est vrai, une malchanco extraordinaire qui vous donne à cola tous les droits, mais d’un autre côté vous avez le devoir de prêter l’appui de votre (aient à ce qui est le progrès et l’avenir.
- Entre les doux vous n’hésiterez pas, vous conr battrez cetto déplorable tendance du public qui m’autorise à dire une fois de plus :
- « Actuellement et neuf fois sur dix, C’EST LE PUBLIC QUI A TORT ».
- Très cordialement,
- < A. BALLIF.
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- LA COUPE DES VOITURETTES
- Du « Journal des Sports »
- La « Coupe d s voitiro'tcs » oiganisce par le Journal des Sports entre dans la période d’activité.
- Cette épreuve est fixée, nous l’avons dit, au dimanche il mars prochain.
- Nous n’avons pas la prétention, disent les organisateurs, de croire que de cette première course sortira la formule du véhicule idéal, mais nous sommes convaincus que les résultats fourniront un certain nombre d’enseignements qui guideront les fabricants dans la recnerche de la voiture rêvée. La yo:tur*tte est sans contredit l’automobile de 1 avenir, car c est 1 automobile du plus grand nombre. 11 est temps que l’on pense à elle.
- Les concurrents de cette épreuve ont été répartis en plusieurs categories. Mais, avant tout, une grande division.s’imposait, correspondant à deux types bien définis et bk.n distincts de moteurs : les moteurs à relroidisaement par eau, les moteurs à refroidissement sans eau. Les deux systèmes ont leurs partisans ; Run paraît plus sûr, l’autre plus simple.
- Ainsi donc deux grande^ catégories ;
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- i° Moteur à refroidissement d’eau , quel qu’en soit le système ; 2° moteur à refroidissement par ailettes, ventilateur, etc., etc. ou tîute autre combinaison n’employant que l’air eomme nfreidis-seur.
- Chaque catégorie se subdivisera à son tour en deux classes : i° voitu’ettes au-dessous de 250 kilos ; a0 voitirettes de 250 -à 400 k lus.
- Chaque yoiturette d'vra emporter deux personnes ; le poids du « voyageur » accompagnant le conducteur ne devra pas être it fJrieur à 50 kg.
- Ainsi que nous l’avons d>*, la courte se disputera sur le parcours de Paii- à Rouen et. retour. L’aller se fera par la route classique des Quaramc-Sous, par Mantes, Vernon, Punt-dc-l’Arche ; le retour par Boo?~ Fie îry-sur-Andelle, Mag^y et Pontoise, soit environ 200 kilomètres.
- L’Automobile Club Normand a promis son concours et le virage de Rouen sera a sure par les membres de cette jeune et déjà prospère société.
- Il va sans dire que la course des voiturettes sera disputée sous les règlements de l’Automc-bile Club de France.
- Les engagements sont reçus, dès à présent, au Journal des Sports, 10, faubourg Montmartre. Ils doivent ê‘.re adressés, accompagnés de la somme de n francs, à notre confrère C. Tam-pier.
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- LE TKANSPOKT
- des Motocycles et Voiturettes
- Une maison de messageries nous communique ses tarifs pour le transport des motocycles, tracteurs, voiturettes pour toutes destinations en France. C’est la maison « Les Messageries des Voyages », 2, rue Théodore-de-3anville, Paris. Ces prix comprennent le transport dtpuis le domicile, à Paris, jusqu’en gare de destination.
- Nous extrayons de ce tarif quelques chiffres qui pourront être utiles à consulter.
- Grande vitesse
- Pour un parcours de Véhicules jusqu’à ico k. 200 k. 250 k.
- 5° kilomètres. . 7^5 i3>85 20,35
- 100 — . . 9.63 18,65 27-75
- 200 — . . 14,05 28,05 41 »2 5
- 300 — 18 55 36,65 54-75
- 400 — . . 22 75 43’°5 67.15
- 500 — •. . 26,95 53,45 79,95
- 600 — . . 30,25 61,25 91,65
- 700 — * . 34*45 68,45 102,45
- 800 . . 37*75 75,°5 H2,35
- 900 *' • » 40.75 Sx, oj 86,0) iai,35
- ti»©8 * • 1 45.75
- Petite vitesse
- Pour un parcours Véhicules jusqu’à
- do 1
- 100 k. 200 k. 250-k.
- 5-0 kilomètres. . 6,15 n,5° 16,S5
- 100 ' — • 7,35 13,90 20,45
- 200 — . 9,60 18,40 27,20
- 300 — . 11,85 22.00 33 95
- 400 — • 13,95 27,10 4°, 25
- 500 — . 1.6,05 '31 3° 46.55
- 600 — . 18 35,20 52,40
- 700 , — . 19,30. 38,80 56.30
- 800 — . 21,45- 42,10 62,75
- 900 — • 22,95 45,10 67,25
- 1.000 ~ • 24,30 a ’! O 00 7U3°
- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- Il y a quelques jours, l’on discutait à l’Auto-mobi'e-C'ub, la question des ariêts pour repas pendant l'épreuve des 1,000 milles, dite Tour d’Angleterre. Le Comité avait décidé Je faire trois arrêts obligatoires dans. ;la journée, une demi-heure pour breakfast, trois quarts d’heure pour lunch et un quart d’heure pour tea.,€ Mai1"» disais-je, au lieu de faire cela, donnez-nous un « petit déjeuner » à la mode, française avant le départ, un quart-d’heure pour l’apéri'if vers 11 heures, et puis une bonne heure pour notre déjeuner et une cigarette à midi et demie. Cela me semble plus pratique et infiniment plus agréable à nos hôtes français qui ne sont pas accoutumés à manger de la viande à i«o heures du matin, et qui par conséquent mourront de faim et de fatigue avant que votre lunch de 2 heures soit prêt.
- «Ah! les Français » me répliqua un des membres «il ne faut pas nous déranger pour eux « Pourquoi donc-? ». Parce que, mon cher ami, ils auront déjà pris leur café avant que nos tortues se soient traînées à la porte de l’hôtel. Ils auront aussi ajouta-t-il tristement, les prém'c.s de la curiosité locale.
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- Ce monsieur était un peu trop pessimiste. Plusieurs amateurs se sont déjà engagés avec des voitures qui se tireraient bien d’afiaire en classe touriste n’importe où : et quoiqu’il ne faille pas attendre des choses étonnantes, il est certain que la moyenne sera bien au-dtssus de la médiocrité. Beaucoup de petits fabricants qui font du travail sérieux, trouvent que l’épreuve leur serait une trop grande dépense de temps et d’argent, car elle durera trois semaines et ne coûtera pas moins que 2.000 francs par voiture, pour laquelle dépense, il faut néanmoins dire, ils auraient une publicité extraordinaire.
- A mou avis, tout marchand d’automobiles parlant anglais qui s*y engage, pourra placer5 des comihttndds très nombreuses polir une Voilure à* bonhi marqua, la voudrai* appuÿar lur la nées**
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- LA LOCOMOTION AUTOMOB1LB
- site d’avoir une carrosserie la plus élégante pour cette épreuve, car l’anglais qui ne comprend pas la supériorité d’un moteur sur un autre, sera beaucoup influencé dans son choix par une belle silhouette. Il ne veut de rien qui lui semble compliqué ou laid.
- John HARVEY.
- LA SEMAINE DE PAC
- Quelques nouveaux engagements sont arrives pourla semaine de Pau, entre autres ceux de Charron et Girardot, les deux inséparables de l’automobile.
- Voici d’ailleurs la liste des engagements à ce jour :
- Circuit du Sud-Ouest
- (Voitures).
- - i. E. Giraud.
- '•a. René de KnyiL -y. Gille Hourgières. T 04. Bozon de Périgord.
- 5. C. Loraine Barrow.
- 0. F. Charron. y. Lv Girardot.
- . (Motocycles).
- {. Marcelin.
- 2. Gasté.
- 'ry. H. Meyer.
- 4. Béconnais.
- “5. E. Merville.
- -6. V. Rigal.
- -7. Baras.
- 8. Osmont.
- 9. Bertin.-
- ' Touristes
- PRIX DE LA PRESSE
- 1. René de Knyff.
- 2. Rigby Knowles.
- 3. C. Loraine Barrow.
- I >•
- . PRIX DU PALMARIUM (Motocycles).
- 1. E. Barro 1.
- 2. Prat. .
- 3. Barrés.
- PRIX DE L’AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- (Voiturettes).
- 1. De Segeer. aA Albert Chain.
- Les .engagements sont reçus au Vélo et chez M. Couget, avenue de la Gare, à Pau.
- ' La course annuelle de motocycles précédemment annoncée, a eu lieu le 28 janvier sur les routes'des environs de Saint-Pétersbourg. '-Le parcours 'total comportait 65 verstes. La neige n’est pas excessivement abondante cette année; cependant, comme on ne nettoie par les routes, vous pouvez vous imaginer que ce n’est pas précisément sur du ciment que les concurrents roulaient.
- Dés 8 concurrents, c’est Michailoff qui a terminé premier en 2 h. 17 m.- et qui a îeçule premier prix et la coupe offerte par une agence de motocycles français et que L. Massi avait gagnée‘en 1899. (Le gagnant de l’année . passée ne prenait pas part à l’épreuve). .
- 2e prix : Stepanow en 2 h. 50 min.; -3" prix: Jauky en 3 h. 3 minutes.
- Température, — 2° Réaumur. ’
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- Le numéro 100 000 est atteint au Touring Club. La carte do sociétaire portant ce mirifique numènp a été délivrée à M. P. Hospitalier, fils de notre savant collaborateur.
- Cela no veut pas dire cependant que le Touring Club ait 100 000 membres ; il en est encore loin, car, par suite des décès, démissions, radiations par suite de non-payement do la cotisation, le chiffre réel ne dépasse pas, à l'heure actuelle, 73 000 membres.
- La série des numéros d’admission est continuée d’année en année, et c’est ain-i qu’à partir d’aujourd’hui les six chiffres figureront sur les cartes des nouveaux sociétaires.
- *
- La souserition pour la publication des Siteè et Monuments ouverte par le Touring-Club de France marche à grands pas. Le premier mille va ttro atteint.
- Parmi les derniers souscripteurs, citons y: La Mutualité scolaire de l’arron iissement do Libourne, VAutomobile-Club de Nice, le ministre du commerce pour les écoles de son département (Arts et Métiers et l’Ecole de Clnny), Chambre de commerce française de Baltimore, la villo de Melun le syn-d.cat d’initiative d’Annecy, etc.
- La emmnission des sites, instituée par le Touring-Club s’est réunie au siège social. La maq etto du premier volume, La Corse, lui a ôté soumise ainsi que les éléments du second volume. L’un et l’autre constituent des documents de tonto beauté
- Rappelons à coite occasion que 30 000 volumes de cette suporbe collection seront offerts gratuitement aux école .
- Les annonces sont reçues au bu-eau du j^uru il, jusqu’au lundi à midi.
- Les er cartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l'impri-nu-iie
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LA COUPE CHAIICHARD
- G. N. -- ---
- Dimanche a eu lieu à Nice la première manifestation sportive de l’afinée. La course de là Coupe-Challenge de PAutomobile-Vélo-Club de Nice et la courée des voituretfes.
- Quoique le temps ne fût pas propice, une assistance des plus nombreuses se pressait au départ. Citons parmi les personnes présentes, notre directeur Raoul Vuillemot actuellement en déplacement sur la cote d’azur.
- Voici les résultats de ces deux intéressantes épreuves :
- Le challenge Chauchard a été enlevé par M. Pinson ayant effectué le parcours en 5 h. 37 m. 44 s.; 2® baron de Rothschild en 6 h. 33 m. 37 s.
- Au retour, la voiture de M. Charles Gondoin, qui à ce moment menait la course, fit panache par suite de la crevaison d’un pneumatique ; M. Gondoin et son chauffeur n’ont eu heureusement aucun mal.
- La voiture du baron de Rothschild était une 24 chevaux Daimler.
- La course de voiturettes avait réuni quatre partants, en voici les résultats :
- Ier Thiery de Ville d’Avray, en 3 h. 3 m. 54 s.; 2* Barry, en 3 h. 34 m. 28 s. ; 3® Paul Chau-
- chard, en 3 h. 51 m. 52 s.
- INFORMATIONS
- Automobile-Club d’Avignon (de notre correspondant d’Avignon) — Nous apprenons la formation à Avignon d’un Automobile-Club. Au cours de la première assemblée tenue vendredi 26 janvier, il a été procédé à l’élection d’une commission.
- Ont été nommés, MM. :
- Président : Joseph Pernod;
- Vice-Présidents : Gaston Cesari,
- :— Jules Chauvet;
- Secrétaires : Jules Pernod,
- — Henri de Montfilet,
- — Paul de Lamothe ;
- Assesseurs : Joseph Ranquet,
- — Docteur Durbesf on.
- Les statuts et les détails de l’organisation du Club seront définitivement arrê és dans une prochaine réunion.
- A. C. de Belgique. — Nous avons reçu de l’Automobile-Club ce Belgique le Règlement adopté par son Comité Sportif pour les courses d’Automobiles sur piste et sur routes. Ce Règlement est le même que celui édicté par l’Automobile-Club de France ce qui rendra d’ailleurs la tâche plus aisée pour ceux qui voudront organiser des courses empruntant des routes des deux pays.
- En Belgique. - On prétend que la suprématie de l’Automobile-Club Belge rencontre des difficultés pour se faire admettre. Les Clubs de
- Liège et de Charleroi ne voudraient pas recon?-naître son autorité.
- L’Automobile-Club Bordelais se réunissait mercredi dernier, en assemblée générale, pour procéder à l’élection de son comité pour 1900.
- Préalablement, l’assemblée a approuvé les comptes du trésorier pour 1899 et le projet de budget peur 1900.
- Elle a en outre décidé, comme principe, d’écarter de son comité, les sociétaires attachés aux maisons d’automobiles, soit comme constructeurs, carrossiers ou représentants.
- Elle vote de chaleureux remerciements à MM. Bord, Lafitte et Barbereau qui se trouvent dans ce cas et qui n’avaient accepté leurs fonctions que sur l’insistance de leurs collègues, apportant au comité leur concours éclairé autant que dévoué. Ont été nommés :
- Président : M. le Docteur Creuzan. Vice-Président : M. Maurice Lanneluc-Sanson. Membres : MM. Baron de Barry, Daugaron, Gondoin, Hanappier, Hivert, Jacmart, Mengeot, Rodel, Versein, Walton.
- Ce Comité se réunira ultérieurement pour nommer son bureau.
- Avant de se séparer, l’assemblée générale désigne comme itinéraire de sa course annuelle, fixée déjà aux 3-4 juin prochain, fêtes de la Pentecôte, la route Bordeaux-Périgueux-Bordeaux.
- L’Automobile - Club Normand dans son assemblée générale du 19 courant, a composé son bureau comme suit :
- MM. Bridoux, président; Troussel-Dumanoir et Contamine, vice-présidents ; Bonnemain, secrétaire; Ach. Lefebvre, secrétaire-adjoint; Nal-tet, trésorier; Le Marchand, Laniol, Chaudrillier, membres.
- La cotisation annuelle a été fixée à 50 francs.
- Les personnes qui désirent avoir des renseignements sur le but et les avantages de la Société sont priées de s’adresser à M. Bridoux, 21, rue Pavée, à Rouen, ou à M. Bonnemain, secrétaire, 55, rue de la République à Rouen.
- La coupe Gordon-Bennett. — Le choix tant discuté de 3 voitures Panhard pour représenter la France dans le Challenge Gordon-Bennett continue à susciter des dissertations et à provoquer des interviews.
- Dans l’une d’elles le baron de Zuylen fait remarquer que les seules courses organisées par l’A. C. F. ont été gagnées par des Panhard. Ce sont Paris-Bordeaux 1895, Pari-s-Marseille 1896, Paris-Amsterdam 1898, et Le Tour de France en 1899.
- Par contre le comte de Dion annonce que l’on a choisi les 3 meilleurs hommes et non des Panhard, si bien même que ceux-ci pourraient piloter des voitures d’autres marques.
- Voilà qui simplifierait bien les choses, si MM. de Knyff, Charron et Girardot s’entendaient pour conduire 3 marques différentes. Et encore tout le monde ne serait pas content, car il est certain que tous trois n'auraient pas la même expérience de leur voiture.
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- 88 LA LOCOMOTION AÜTÔMObiLE
- taire, M. J. Pontvianne, a été autorisée à créer des services automobiles pour le transport des voyageurs et marchandises avec omnibus et traceurs de Dion da’ns les départements de là Creuse, de l’Indre, de la Haute-Vienne, Haute-Loire, Lo-rèze, Puy-4e-Dôme, Cantal.
- Incessamment, elle doit recevoir égalemeut les autorisations préfectorales de l’Aveyron, Loire et _A.:iège.,
- La Compagnie a encore à l’étude d’autres départements pour lesquels les autorisations seront prochainement demandées.
- La Semaine de Nice (de notre correspondant) promet d’être cette année excessivement brillante. Ce résultat. sera dû à la fois et à l'activité ce l’A. V. C. N. et au nombre des automobiles qui, à Nice, augmente continuellement dans de fortes proportions.
- . Le n° 3 de la Locomotion Automobile a appris à nos lecteurs que les différentss manifestations .automobiles auraient lieu du 26 au 30. mars et leur a donné en même temps la liste des engagements déjà parrenus.
- Depuis quinze jours la liste. des engagés a encore augmenté puisque pour les différentes épreuves elle a at'eint le chiffre de 35. On peut juger par là combien ces fêtes sportives s’annoncent avec succès...
- MM. de Bary et Ziegler de Loës, :ccrétaires du Comité des fêtes, iio.it sous peu relever les profils des itinéraires de Nice-Marseille et Nice-Draguignan, coimes qui doivent se courir les 26-27 mars. é"
- Pendant la même semaine, M. Kriéger s’attaquera aux records du mille et du kilomètre avec une voiture électrique. ,
- Parle rapide aperçu que nous venons de donner, nos lecteurs pourront se convaincre de l’éclat que promet d’avoir la Semaine Automobile de Nice. Nous publ'erons du reste prochainement la liste complète des engagements.
- Rappelons pour mémoire que les engagements pour les différentes courses doivent être adressés avant le 22 mars, à midi, à l’Automobile Vélo-Club de Nice, 5, boulevard Gambetta. — Léon BARETY.
- Les Fiacres Electriques à Paris. — Les
- fiacres à Paris, nous dit la Presse, semblent jouer à cache-cache. On les voit, puis ils disparaissent puis reviennent.
- La Compagnie générale des voitures a remis, en effet, en circulation, il y a une quinzaine de jours, quelques fiacres automobiles numérotés et aux tarifs de l’heure et de la course.
- Les voitures automobiles jaunes qu’elle javalt c/abord destinées à ce service et qni, on s’en souvient, furent, après un court essai, dénùmi-rotées, le public les ayant prises d’assaut et retenues par journées, resteront affectées au service de luxe. Elles demeurent classées dans la pre* mière Catégorie, et c’est à forfait que les voyageurs traiteront avec les'chacffeurs pou$ en dis* peser»
- Les nouveaux fiacres, an contraire,'seront réservés au service courant. . - •
- Ils sont identiques aux fiacres à chevaux de la compagnie, c’est-à-dire à caisse verte, rechampie de rouge et à dessus noir. Chargés de batteries pouvant fournir un parcours de 50 kilomètres, ils marcheront hors Paris à. la vitesse maxima de 16 kilomètres à l’heure et, dans les ru<=s les plus fréquentées de Paris, à 8 kilomètres.
- Quatre sont actuellement en circulation, mais douze autres sortiront ces jours-ci des dépôts et les ateliers en ont construit encore une trentaine.
- D’ici deux mois on compte mettre en service soixante voitures automobiles jaunes de iro classe et cinquante fiacres automobiles de seconde classe à l’heure et à la course, et qui seront numérotées de 4 950 à 5 000.
- Les Canots Automobiles. —Les courses de canots à pétrole que le Club Nautique de Nice a inscrites au programme de ses régates de 1900 promettent de réunir bon nombre de concurrents, entr’autres le célèbre «Phénix » de 12 mètres qui a gagné la course de canots à Argenteuil, faisant les 30 kilomètres en 1 h. 50 s. alors que les 6 m. 50 avaient mis plus de 3 heures.
- Les courses du C. N. N. seront divisées en deux séries : au-dessouc de 6 m. 50 et de 6 m. 50 à 12 mètres.
- Une somme de 2 100 francs en espèces et plusieurs médailles seront distribuées aux vainqueurs.
- Le canot à pétrole La Pieuvre, à M. Sommier, du C. N. N. munis du moteur Fôtest à 4 cylindres, qui a subi quelques réparations, sera mis à i’êau la semaine prochaine. '
- Le canot mixte avec moteur Gaillardet de 2 ch. 1/4, à M. Surdou du C. N N. et de l’A. V. C. N. e a prêt dans quelques jours.
- La Revue du Sport Militaire avec articles consacrés à tous les sports vient de se fonder à Parme, Italie. Les souscriptions, 5 francs par an, doivent être adressées à M. Louis Battei, à Parme.
- Der Automobilist. — MM. Paul Teickner e A. J. Keil nous prient d’annoncer l’apparition d’une nouvelle Revue automobile « Der Automo-bilist » publiée d’accord avec tous les journaux de l’Union Générale des Vélocipédistes. Nos meilhurs \oeux à ce nouveau confrère.
- La Maison Fageot dont on se rappelle le luxueux catalogue de pièces détachées, accessoires et moteurs, prépare la publication d’un nouveau, catalogue de fournitures pour cycles.
- Berlin-Paris à motocycle. — Les coureurs Branda et Struck sont partis de Berlin pour établir en qua tricycle-à deux places le record Berlin-Patiî. La tentative avortera probablement paf Sttite du mauvais état de» rentes»
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- Courses à Cannes. — Le mercredi 21 février grande réunion cyclo-automobile organisée par le Comité des fêtes de la ville de Cannes.
- Nous relevons sur le programme :
- i° Une course internationale de motocycles sur 1 200 mètres, départ arrêté ; par séries ; prix 150 fr , 80 fr., 20 fr
- Droit d’engagement 2 fr , clôture le 19 février. Ad resser les inscriptions à la Côte d'A\ur Sportive à Cannes ;
- 20 Un corso automobile.
- Enfin pour le 8 avril, sous le patronage du Comité des fêtes, la Côte d'A\ur Sportive organise une course d’Automobiles et de Motocycles.
- Chez les pompiers. — Nous avons annoncé, en son temps, le départ pour Berlin du colonel Detalle, commandant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris. Le colonel, accompagné du capitaine-ingénieur Cordier et de quelques autres officiers de son régiment, était allé étudier l’organisation et l'outillage des services d'incendie chez nos voisins.
- 11 est revenu charme de l’accueil qu’il a reçp là-bas dit li Presse et féxamen qu’il a'pu faire des services allemands lui a permis de constater que les nôtres ne leur é* aient pas inférieurs.
- Nous sommes, en effet, les seuls chez qui l’automobilisme est appliqué au service d’incendie, et c'est là un progrès dont on a pu reconnaître der-nièrement les avantages, lors des incendies de Mé-nilmontant, et, tout récemment, lors de l’éboule-ment du Métropolitain. A tel point qu’Américains, Anglais et Allemands viennent étudier à leur tour, chez nous, ce point spécial de notre organisation.
- Les ateliers de fabrication des fourgons automobiles du boulevard du Palais sont aujourd’hui en pleine activité ; on y prépare, pour l’Exposition, deux nouveaux fourgons, une automobile à échelle et une pompe automobile. Avant trois mois, la moitié au moins de ces appareils sera en service, complétant ainsi le matériel qui, depuis près d’un an, n’a cessé de donner les" meilleurs résultats.
- Le coureur Baras. — Le motocycliste bien cmn.i, gignan' de Paris-Lille, Paris-Ostende et Pjris-Boulogne passait il y a qu lques jours en correc'ionnelle.
- Baras étrit inculpé d’avoir le 29 septembre dernier, renversé une fillette, tue de Reuilly, où il passait en motocycle.
- Nous avons vu dans les courses Baras traverser à 60 à 1 he tre des villes comme Amiens, Arras, Dunkerque, sans aucun accident. Sur piste nous l’avons vu virer à 70 à l’heure au milieu de cinq ou six concurrents massés dans un virage.
- Nous pouvons donc affirmer a priori que dans la collision tous les torts n’ont pas dû revenir à Baras qui a fait ses preuves d’adresse et de sang-froid. , -
- Celi ’a p-iS'.cmpjêehé les j rges da’là 9® çham» bte devant lesquel* pusaait Baras de 1* frapper
- impitoyablement et d« U ecmd»nuur à 8 jour* do
- prison et 200 francs d’amende, sans application de la loi Bérenger.
- Baras a adressé au Vélo quelques détails sur son accident
- « La petite fille, qui avait sept ans et demi, a été renversée au moment même où je rentrais chez moi, 13, rue de Reuilly. Je ne marchais pas seulement à 15 à l’heure. La petite fille est sortie d'une porte en courant de toutes ses forces et s’est littéralement mise sous ma roue avant que j’eusse le temps de la voir. Elle avait d’ailleurs la tête tournée dans le sens opposé à celui où je venais.
- « Naturellement, je fais appel de ce jugement plutôt bizarre I »
- Nous lui souhaitons bon succès en appel.
- L’automobile à Biskra. — La population indigène de Biskra a été singulièrement surprise par.l’arrivée du premier et magnifique automobile à huit places conduit par notre collègue Ernest Archdeacon, son propriétaire, qui est descendu au Royal-Hotel, où un appartement lui était retenu.
- Parti de Batna à onze heures, par une forte tourmente de neige épaisse de plus d’un pied, il est arrivé à El-Kantara à une heure pour repartir à deux heures eferriver à Biskra à quatre heures et demie, ayant franchi 121 kilomètres.
- Il a fait son entrée dans l’oasis par un beau soleil, escorté par une foule ar be qui l’empêchait d’avancer, voulant se rendre compte de ce phénomène qui parcourait les rues sans fin, ni rails, ni chevaux.
- M. Archdeacon a eu l’amabilité de nous adresser une photographie prise au moment de son arrivée à Biskra Nos lecteurs pourront voir, dans notre prochain numéro, son automobile voiturant de gros bonnets Arabes au milieu des palmiers.
- Nous apprenons avec plaisir .le prochain mariage de M. Godefroy Ballif, fils du Président du Touring-Club de France avec Mademoiselle Suzanne Laure.
- La bénédiction nuptiale leur sera donnée Le mercredi 14 février à midi en l’Eglise Saint-Augustin.
- Nous leur adressons nos meilleurs vœux.
- Notre confrère Gérard Lavergtie, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Ingénieur civil des Mines, de qui les articles dans diverses Revues ont été très remarqués, va publier à la librairie Polytechnique Baudry (Ch. Bérenger) un impoi* 'tant ouvrage de 750 pages in-i6 colombier sur l’automobilisme.
- i< Son tifCc est I ylariur! Théorique et Prit>qui d* T Automobile mr R vu te i x>ip-etrr\ fétr<hL’"\
- ïlïclrttith' ......
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- LÀ LOCOMOT^N ;AgTO?4pBILE
- M. LENOIR • si, to
- Créateur du premier moteur à gas industriel <~(1860i) no /r,.--. Créateur delà première 'voiture à pétrglfi-fJSQÎi) . .
- TRICYCLE DELA11GERE
- avec moteur Romain
- (?)
- C’est en tricycle ordinaire transformable soit en trrà 2 places, soif en léger quadricycle par 'l’addition d’un avant-train approprié. Il est mû par un engrenage directement calé sur l’arbre du moteur et'porte un frein à ruban sur le différentiel; il se distingue surtout par son- moteur, du système Romain, que reproduit notre gravure.
- Le,moteur «Romain est ^vertical à un seul cylindre, aveG refroidissement par ailettes judicieusement réparties, jusque sur la-culasse et disposées-en chicane sur le chapeau. U,n cylindre s de 82 “/m d’alésage et 80 m/ra de course développe, d’après le constructeur, plus de 2 chevaux à 1 300 tours.
- La bielle est en fer forgé matricé avec coussinets dê bronze mangano-phosphç-réux.'; elle agit sur un manneton qui relie 2'plateaux-manivellés, formant volants, dont l’axe est monté sur un carter en ‘partinium (alliage d’alüminium et de tungstène), avec barbôttage d’huile p our le graissage dé toutes les pièces en mouvement.
- La soupape d’a-dmission ested’une seule pièce forgée en acier doux; la soupape d’échappement a le corps en fonte, la tige en acier rivée ef filetée sur le corps : cette dernière -seule est commandée mécaniquement-. ' 1 . . «
- L’un des axes de volant porte un pignon "’de 13 dents, en acier doux cémenté èftïèmpé, engrenanHavec un aütie de 26 dents de même matière, dont l’axe porté, d’une part,
- (l)'Délaugère et C'“, 89,4'rue d’Illiers: h Orléans (Loiret). - î'.-n. .
- pâr le bâti, et'd’autre jpart par une douille
- d’un petit, chapeau couvre-engrenages, se
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- LA LOCOMGllON AUTOMOBILE 91
- ‘ " • ' ----- “ ,$r
- prolonge de 20 m/m au dehors pour recevoir la commande d’allumage. Une cârae en acier trempé est rendue solidaire du pignon de 26 dènts par: ifne goupille : elle àgit siur les faces- inclinées d'un poussoir trempé dont la queue actionne la soupape d’échappement. La came referme" la soupape juste à fond de course; quant *à l’avance, elle est de i/90 de la-course du piston. ’ : * •
- L’allumage est commandé comme d’ordinaire par une came à encoche et un ressort porte-contact : on peut utiliser ainsi soit l’extra-courant de rupture d’une bobine de Ruhmkorfï, soit l’étiocelle de fermeture du courant. Le socle porte-contacts, en matière isolante, est susceptible de se déplacer cir-culairement de 55 à 40°.
- En faisant varier l’avance à l’allumage et par,, suite l’allureMu moteur (de 400 à i 700 tours), on peut varier l’allure de 10 à’56 kilomètres à l’heure. ‘ "
- Le siège des soupapesmst, placé dans le. corps du cylindre, directement au-dessous du chapeau, ce qui en facilite la visité et Üe réglage. ;vi,/ M
- Le corps même du cylindre est renforcé par des entretoises réunissant les 2 brides, ce qui lui donne une grande rigidité, tout en permettant de l’alléger en gagnant sur l’épaisseur de la fonte.
- Monté sur un cadre « Perfecta » il constitue un motocycle très robuste, dont l'allure est des plus régulières grâce au mode de refroiiissement, fort bien étudié, du moteur.
- La maison Delaugère livre également ses motocycles avec modèle un peu plus fort, donnant 3 chevaux de force. " ' -
- Paul SARRE Y.
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- MOTEUR « PHIL1BERT-B0ÜRDIAÜX »
- Le moteur Bourdiaux était une des nouveautés dudernier salon du Cycle, nouveauté intéressante au double point de vue de son agencement mécanique et de son système de refroidissement paJ: ailettes rapportées.
- Deux cylindres verticaux d’un moteur à quatre temps sont juxtaposés et solidement eniretoisés sur leur cafter commun.
- Chacun d’eux porte extérieurement une rainure héliçoïdale, assez profonde et à pas très petit,.dans laquelle viennent se vissèr une série de rondelles FF’ larges et minces en métal quel conque.(cuivre, àlu minium, etc.) dont l’alésage correspond au diamètre du
- (t)’E-, Delalaodoj constructeur) 103 ''Vue Saint 1, Muuf; Paris. ' ~ '
- fond de la rainure du cylindre. Une entaille radiale ëst pratiquée en-'ùn point de .Palésage intérieur de chaque rondelle de telle sorte qu’en écartant les bords de cette entaille d’une hauteur égale au pas de l’hélice, on peut facilement visser la rondelle. pour sa mise en place'.' :
- Dans lé but de -parer à la différence de dilatation des divers métaux employés dans la construction, on donne à ces rondelles un certain serrage, faut sur le diamètre "du cylindre"que dans la rainure héliç idale.
- On obtient ainsi, entre les ailettes et le corps du cylindre qui les porte, un contact intime indispensable pour le refroidissement rapide du moteur : les ailettes peuvent être plus ou moins ondulées à volonté.
- Voyons., maintenant l’agencement mécanique : il y a 2 cylindres, 2 pistons, mais un
- seul vilebrequin à l’arbre moteur. Notre figure montre que, dans le cylindre de droue A, le piston L commande en effet directement karbre coudé par la bielle M, tandis que le piston du cylindre A’ transmet son effort moteur à la tête de la même bielle.M par un renvoi de mouvement uo®a>. pose de deux bichettes O et Q’, reliées par le balancier compensateur Py m -Les efforts moteur-s sont donc reportés tous deux^sur la même bielle motrice, 'sans pour cela* fatiguèi l’axe du»|piston Z/carals s’exercent sunune douille portée par la tête de biehe* ..r .. ' '"i ' ' '•
- O.n simplifie ainsi, au dir^ de j’inventeuh, la conxnikudê^mécaniqùe dh;ï’arbre moteur) on réduit ! encombrement/on évite' les tre-pidâitipnts, tout en employant deux cylindres,, côte-à-cote dont le(refroidîssènïet^res^ plu§"
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- facile que celui d’un cylindre unique de même force.
- ,,Ç’est ainsi que pour un alésage de 60 ,n/m et 70 “/m de course, on obtient un moteur dont le poids n’excède pas 10 kilos, et quir développe trois chevaux de force à 2 000 tours, grâce à son bon système de refroidissement.
- Les culasses mobiles DB‘ portent des ailettes mobiles venues de fonte; elles sont maintenues par des entretoises DD' que
- relie Une traverse E avec vis de pression E\
- G est la soupape d’admissicn du cylindre A et H est sa soupape d’écbappemen-, mue mécaniquement, soulevée par un taquet S et un arl re à cames, commandé par les engrenages de distribution, figurés en R
- et g-
- Les soupapes G, H, le conduit d’admission et d’évacuation des gaz A’, le conduit d’échappement K sont calculés avec larges sections et sans aucun étranglement, ce qui
- m
- assure à ce moteur une marche régulière à une très grande vitesse. ;
- L’allumage est é ectrique ; la bougie se voit en /, entre les deux soupapes G et H ; les étincelles sont produites par contacts mécaniques aux bornes V V’ V” de la boite de dLtnbuiion T. En faisant pivoter cette boîte autour de son centre, on modifie à volonté la position des trois contacts conjugués, d’où l’avance et le retard de l'allumage efpar suite les variations de vitesse.
- - Surdes* moteurs plus forts, &un r égula-t«ur agissant s^r 1* taquet S qui souîùs g la loupap* d’éehappemtm Ht peut faiîe ài\hs
- celui-ci jusqu’à ce qu’il ne rencontre plus dans son mouvement la tige de //; la soupape reste fermée ; le moteur ralentit ; d’où la régulation automatique. Ce mouvement se produit d’abord pour un cylindre, puis pour l’autre si c’est nécessaire.
- Parmi les innombrables petits moteurs à pétrole qui nai-sent de tous côtés et se ressemblent tous plus ou moins, nous avons voulu signaler tout particulièrement le moteur Ph. Boürdiaux qui a au moins le mérite d’une incontestable originalité, sans parler de sou équilibrage et d^ sagrande legerétéi
- . PaulSARKBY.
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- ' CHATOIENT DE VITESSE .
- Sans Frottement Supplémentaire
- Système A Levasseur et J. Wcrtheimer (1)
- Ce nouveau changement de vitesse se différencie de ceux déjà connus, en'ce sens qu’il ne fait intervenir aucun supplément de frottement dans la transmission.
- Il consiste tout simplement à amener ou à retirer successivement, au moment où on veut changer la vitesse, et sur la périphérie d’un premier pignon qui transmet le mouvement par une chaîne, plusieurs segments dentés qui produisent ainsi automatiquement les variations de diamètre du ditpignon.
- Ce système, dont l’application est général, est représenté à titre d’exemple par les figures ci-contre comme’étant appliqué à u.ie bicyclette.
- T'JCe-l
- 35
- :^d
- TlCq_2.
- TlCj- 3
- La fig. i représente en élévation partielle Ja partie supérieure du cadre et l'arrière de la dite bicyclette.
- La ftg. a est une coupe horizontale et à une plus grande échelle, dans l’axe du moyeu sur lequel est monté le système.
- (1.) Communication de M\l. Marinier et Robelet. Office^international pour 1 obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etrabger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- La fig. 3 montre en perspective le même moyeu détaché de la bicyclette au moment où s’effectue l’embrayagè de la chaîne avec les segments dentés auxiliaires.
- ::Toute l’inventionréside dans ces segments dentés mobiles, dont la réunion au pignon de petit diamètre constitue un second pignon de plus grand diamètre, le reste ne consistant qu’en dispositions accessoires qui
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- peuvent .yapierxravrec le genre de véhicule auquel on veut- l’appliquer.
- Dans .l’exemple représenté; le pignon ordinaire à chaîne zff.et les segments auxiliaires 21 sont montés de façon à pouvoir , tourner solidairement avec le moyeu 30 de ’, la çroue arrière yz. Ce moyeu comporte dçupc joues 32 et 33 entretoiséés par des piliers 34 sur lesquels peuvent se déplacer les _ segments 2Z, de manière à ce que ceux-ci se mettent hors de la ligne de rotation de la chaîne ij, ou se superposent au pignon 16 de grande vitesse.
- La superposition des segments 21 au pignon 16 ou le retrait de ces mêmes segments du plan de rotation de la chaîne s’effectue au moyen dé deux taquets 24 et 25, " disposés sur l’axe zy, et qui sont respectivement taillés à plans héliçoidaux en sens contraire. Ces taquets se déplacent perpendiculairement à l’axe 1y, guidés par des plaquettes fixes 26 et de telle sorté que, ; lorsque l’un sort; l’autre rentre pour venir placer son plan héliçoidal sur lé chemin de rotation de galets 23 fixés sur les segments 2/.
- Le premier segment qui se présente en contact avec le taquet sorti, bute par son galet 27 contre le plan héliçoidal de ce taquet et se déplace parallèlement à l’axe zy, soit dans un sens, soit dans l’autre, suivant que l’on actionne le taquet 24 ou bien celui 23.
- La commande de ces. taquets s’opère à l’aide d’un cordon yy agissant par une crémaillère 22, soumise à l’action d’un ressort 28, qui agit à son tour par un pignon 23 sur les dits taquets'' 24 et 23 dont lès côtés se faisant face sont aussi taillés à cet effet.
- La longueur de la chaîne ij restant constante et le diamètre du principal organe de transmission variant, la compensation de cette variation se fait dans l’exemple représenté, en constituant à l’intérieur de la fourche arrière y7 du cadre, une séconde fourche 38pouvant se déplacer longitudinalement par rapport à la première, sous l’action d’un ressort yç. La seconde fourche 38 porte, fixé sur elle, l’axe zy du moyeu'de la roue 31 ; |es extrémités du dit axe roulent par galets 40 dans les chapes 41 de la fourche du cadre. La fourche intérieure 38 est arrêtée à chaque fin de course par un système de verrouillageyy commandé simultanément avec la crémaillère 22, au moyen du levier de-manœuvre yy.auquel se rattachent: d’une part le fil 35 delà crémaillère 22, et d’autre part la tringle 43 du. système de verrouillage 43.
- Le flottement qui est nécessaire à la chaîne pour donner de la douceur à la transmission, s’obtient automatiquement aux’ deûx vitesses, après là fixation de la fourche .mobile y# par ,1e yerrô'ùiHage 43. Le réglage de cë flottement se fait 'à là manière
- ordinaire par dés tendeurs 42 portant èux-mêmes les galets dê roulement 4.0- :
- Une remarque très intéressante h faire-, sur ce système, c’est que la ..variation des vitesses s’effectue progressivement de l’ûrié à l’autre, les segments 21 n’intervenant ou ne se retirant entièrement qu’après une évolution complète de l’axe zy.
- AUTOMOTRICES SUR ROUTE
- avec prise de courant à double trolley
- L’idée d’actionner des véhicules ordinaires sur routes à l’aide de moteurs électriques alimentés par une usine centrale à f l’àide d’un double trolley roulant sur deux fils parallèlement sur le côté de la route n’est pas nouvelle, mais sa réalisation pratique présentait d’assez grandes difficultés aujourd’hui surmontées dans le système imaginé par M. Lombard-Gerin et que nous avons vu fonctionner, il y a quelques jours,, sur une longueur d’ënviron un kilomètre sur ligne d’expérience établie à Issy, aux portes de Paris, sur une route longeant la rive gauche de la Seine,
- La principale difficulté réside précisément dans la prise de courant qui doit forcément comporter defix fils et deux trolleys. Les fils doivent être disposés en accotement et le véhicule doit pouvoir s’éloigner de 5 à 6 mètres de ces fils, souvent plus, pour laisser passer d’autres véhicules venant en sens inverse, sans jamais perdre contact un instant. Pour résoudre ce problème, M. Lombard-Gerin a pensé qu’au lieu de tirer le double trolley, il était préférable de rendre ce double trolley automoteur en lui donnant automatiquement une vitesse un peu supérieure à chaque instant’ à celle du véhicule. Dans ce but, le double trolley est actionné par un petit moteur asynchrone à induit, en cage d’écureuil et'à! courants triphasés alimentés par le moteur du véhicule lui-même dont l’induit porte sur le côté opposé au collecteur trois bagues reliées a trois points distants angulairement du tiers de l’angle formé par deux pôles de même nom.
- Le double trolley avec son moteur, auquel on a donné le nom pittoresque de mouton, sans doute à cause de sa, docilité* s’arrête quand le moteur principal s’arrête, „ avance vite lorsque le moteur:' tourne vite, et suit, en un mot, toutes les variations de vitesse du véhicule qu’il tend même généralement à dépasser, mais des glissements savamment répartis calment son ardeur et le maintiennent à bonné distance.
- Nombreuses, sont les. circonstances dans lesquelles il y aurait avantage à créer et.dé-.
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- velopper ün ÿéseau d’au-tomotricés sur routes, chaque fois qu’un tramway serait trop coûteux à établir et à'entretenir. Nous appellerons jusqu’à nouvel ordre çe système de transport 'Automotrices sur routes, pour le distinguer des automobiles d’une part, puisque le véhicule n’est pas autonome, et des tramways, d’autre part, puisqu’ils ne roulent pas sur des rails.
- Projet de loi sur les brevets d’invention ?
- Le Gouvernement a déposé sur le bureau de la Chambre, au cours de la séance du 10 janvier, un projet de loi portant modification de l’article 32 de la loi du 5 juillet'1844, sur les brevets d’invention,, modifié par la loi du 3l mars 1856, qui déclare déchu de tous ses droits le breveté qui n’aura pas acquitté son annuité avant le commencement de chacune des années de la durée de son brevet.
- Cette disposition rigoureuse, et qui n’est susceptible d’aucun recours, met ''Souvent dans une situation pénible des brévetés qui, par inadvertance et môme par cas de force majeure, laissent passer l’échéance légale sans effectuer le versement des annuités de leurs brevets. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, fréquemment saisi de plaintes à ce sujet, a le regret de ne pouvoir, en présence des termes absolus de la loi, relever les intéressés de la déchéance qu’ils ont encourue. Le Gouvernement a pensé qu’il pourrait être apporté un certain tempérament aux dispositions trop dures de l’article 32 de la loLdu 5 juillet 1844, et il propose, dans ce but, : de modifier ledit article de manière à ce que les brévetés puissent se libérer, dans un certain délai, du versement de leurs annuités et que, moyennant une taxe supplémentaire, le payement de ces annuités, bien qu’il soit effectué tardivement, les maintienne dans tous les droits, que leur ont conférés leurs brevets d’invention.
- Le Comité consultatif des 'arts et manufactures, consulté à ce sujet, s’est montré favorable, en principe, au projet qui est présenté.
- La plupart des législations étrangères accordent, aux inventeurs des délais pour le payement de leurs annuités; la France est un des rares pays où ils soient privés de tout sursis. En Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Danemark, dans la Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Hongrie, en Italie, au Mexique, en Norvège, en Suède, en Suisse, les délais accordés'sont en moyenne de trois mois. Il n’est même exigé aucune taxe, supplémentaire en Autriche, en Italie et en Suisse,, lorsque le versement a lieu dans les délais fixés.
- Le premier paragraphe de l’article du projet de loi présenté à l’approbation du Parlement maintient le principe du versement de la taxe annuelle avant le commencement de chacune des années de la durée du brevet ; le deuxième paragraphe accorde un, délai pour le payement, mais dans ce cas il établit une ta‘xe supplémentaire de 30/h,-pour chaque versement tardif. L’industrie est intéressée^ à savoir quels sont les brevets en vigueur ; il paraîtra dpnc juste qu’une sorte jFamenda.. soit infligée* àj’jîtyem teur qùi, par suite de circonstances dont la respon-
- sabilité lui incombe, a laissé son brevet dans une situation douteuse.~
- La; taxe supplémentaire proposée "est, unf. peu" plus élevée que eefiê qui est exigée défis d’autres pays, mais elle se trouAo encore’moindre qiié laT1 taxe exigée par la- loi anglaise, ' laquelle réclarhe . aux brevetés retardataires une taxe de 25 frv '^pbnr;< un;-4élai d’un mois, de 75 Jr, pour deux qnois, et d©,’ 150 fr. pour trois,mois.. a.-.j
- Le troisième paragraphe de l’article dù.projeWl pour but de régler, dàris ‘riï.férèt des inventeurs, un cas qui se présente 'assez Souvent, .celui .dans ler ? quel" le breveté, qui a Versé en retard' son 'annuité^1 ne s’aperçoit- de son erreur que postéfie.ÜîèniehU audit versement. Il a paru équitable ‘de laisser' ce breveté la faculté de régulariser sa* situation ch ! versant à part la taxe supplémentaire; sans cette permission, le breveté qui aurait payé tardivement son annuité de cent francs se trouverait dans une situation plus fàehéuse que celui qpi aurait entièrement profité des délais» - ^ >
- Voici le texte du projet dé loi : . -
- ' Article unique
- L’article 32 de la loi du 5 juillet 1844, mçdifîé par la loi du 31 mai 1856, est de nouveau modifié comme il suit : - ' î
- Sera déchu de tous ses droits ri
- 1° Le breveté qui n’aura pas acquitté son annuité avant le commencement de chacune des années de la durée de son brevet.
- L’intéressé aura toutefois un délai de trois mois au plus pour effectuer valablement ïe payement de son annuité, mais dans ce cas' tl devra verser, en outre, une taxe supplémentaire de 30 fr. Vi' JL
- Celte'taxe supplémentaire pourra être acquittée en môme temps que l’annuité ou séparément, maisQ toujours dans le délai do trois mois indiqué , ci-dessus.
- 2° Le bréveté qui n’aura pas mis en exploitation sa découverte ou invention en France, dans le délai de dtux ans; à dater du jour dé la signature du brevet, ou qui aura cessé de L’exploiter pendant deux années consécutives, •& moins que, dans l’un ou' l’autre cas, il ne justifie des causes de son'inaction ;
- 3° Le breveté qui aura.introduit en France des objets- fabriqués en pays.étranger et .semblables à ceux qui sont garantis par son brevet.
- Néanmoins, le,ministre du Commerce-et de l'Industrie pourra autoriser l’introduction :
- 1° Des modélés de machines ;
- 2° Des objets fabriqués à l’étranger, destinés à des expositions publiques ou à des essais faits avec l’assentiment du Gouvérnement.
- [La Reçue Industrielle.) -------:-------+—:-------------—
- L’ÉCROU DE SÛRETÉ
- dit « l’Hélicoïd »
- L’.écrou de sûretë dit T « rielicoïd >> jyla. forme extériëure , d’un écrou ordjuairè à'-6 pans. Mais au lieu d’étre rigide,il est formé, par 2. spir.es d’une sorte de,ressort à' boudin^* Pour l’o htëriir on’ prend ‘.un mandrin, ay^ni-un diamètre inférieur a celui "du boulon
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- auquel doit correspondre l’écrou, et sur ce marîdrin on enroule à froid une petite barte d’acier de section telle que les spires ainsi obtenues se touchent exactement et forment une sorte de tube.
- On scie ce tube eu rondelles ayant la hauteur qu?on veut donner à l’écrou. Puis ces pièces, maintenues-rigides, à la façon ordinaire, on taille les 6 pans et on amène l’écrcu à la forme voulue.
- La disposition originale est la suivante : le pas que reçoit l’écrou est le même que celui du boulon auquel il doit correspondre, mais le diamètre intérieur de l'éerau est légèrement plus petit que celui du boulon.
- En sorte que lorsqu’on veut visser l'écrou celui-ci est forcé de se dilater et l’élasticité du ressort entre en jeu.
- Pour visser l’écrou sur le boulon il faut poser la clef de façon qu’elle embrasse la partie inférieure de l’enroulement. Pour dévisser il faut au contraire poser la clef de façon qu’elle embrasse principalement la partie supérieure de l’enroulement
- Cet éciou, intéressant comme fabrication, a été l’objet de nombreux essais pratiques et les résultats en ont été satisfaisants comme il semble résulter des attestations recueillies par les directeurs de 1 affaire en Angleterre.
- C’est une des nombreuses solutions imaginées pour prévenir le desserrage des écrous, accident qui présente un inconvénient capital dans les voitures automobiles. Son essai pour cette application semble intéressant à tenter.
- Les prix varient de 20 fr. à 300 fr. pour la grosse pour des diamètres de 12 m/m à 48 m/m.
- ! e représentant pour la France est M. Cha^dayre, i-génieur A. M. et E. C. P., 80, rue de Miromesnit, Paris.
- —.------4.—.——
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande
- - Liste fies Brevets d'invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Olfico international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard do Bonno-Nouvelle, Paris.
- 280 175. — 24 mai 1896. — Klaus. — Perfceüon-nements aux voitures automobiles.
- 280 186 — 24 mai 1899. — Angenaultet Menand.
- • Dispositif d’embrayage pour tension do courroie et dégagement simultai 6 du frein et inversement, dèbravage et action de frein j our automobiles.
- 289 2 4. —25 mai 1386 — Godard. — Peifection-nements à la locomotion automobile.
- 2J0 307. —29 mai 1898. — Laurent. — Sysb’mo do commande directe par deux roues à vis tans fin applicable à tous systèmes de voilures automobiles.
- 289 445. — 31 mai 1899. — Société anonyme Ateli’r de Constructions Mécaniques. — Système do motocvcle.
- 289 417. — 31 mai 1899. — Société de Gesells-chaft fur Verkehrsunternehmungen. — Système de suppoit oscillant autour de l’-es-ieu pour les moteurs des véhicules automobiles.
- 2S9 499. —l‘r juin 1899. — Heirman — Cornet avertisseur automatique pour voitures automobiles.
- 289 507. — 2 juin 1899. — Guitard et Aubry. — Essieu à la fois moteur et directeur pour automobiles.
- 289 539. — 3 juin 1899. — Hagen. — Perfect’on-nements aux voitures automobiles.
- 289 543. — 3 juin 1899. — Ehrhardt. — Nouveau système de roues dentées pour voitures automobiles.
- 289 599. — 5 juin 1899. — De Dion et Bouton. — Mécanisme de direction peur voilures automobiles.
- 289 610. — 6 juin 18,9. — Starley. — Transmission pour véhicules automobiles.
- 289 623. — 6 juin 1899. — Smith. — Mécanisme de changement do vitesse.
- 289 639. — 6 juin 1899. — Turgan et Foy. — Sys’ème pertectionnô de mécanisme de commande jour vélrculcs automobdes.
- 283 644. — 6 juin 1899. — Conrad et von Kos-chembahr — Engrenage de changement do vitesse et de sens de marche pour voilures automobiles.
- 289 699. — 6 ju n 1899. — Rumpf. — Poignée pour levier de changemcpt de marche et de changement de vitesse pour voitures aulomobiles.
- 289 788.— 10 juin 1899. — Chiron.— Embrayage progressif pour voitures autour biles.
- 289 801. — 14 juin 1899. — Armand. — Système de motocycle à pétrole.
- 289 811. — 16 juin l899. — Piton. — Appareil d’accouplement pour moteurs de Dion et Bouton.
- 284 848. — 13 juin 1899. — Blanchon. — Moyeu
- pour automobiles. , , .
- 289 909 - 14 juin 1899. — Newman. — Perfectionnements dans les dispositifs ou engrenages de changements de vitesse.
- 289 918 — 14 juin 1899. — De Dion et Bouton.
- — Voi nre automobile.
- . 289 916 — 15 juin 1899. — Vivlnus et Hecbt.— Disposition do soupapes de distribution pour mo-icurs à explosions.
- Directeur-gçrant : VUILLEMOT.
- Jtnprimerie spéciale de la Locomotion Automobile 4 DE8&IÀ.RES, 151, vivkit dp Roal*,
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- Septième Année. — N# 7. 15 Février 1?0Ô
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- directeur- administrateur Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF Q.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveaü-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N° 7 mandera dix homme-, mettons-en douze si vous voulez.
- Le pas'gymnastique.
- La condamnation de Lemaître,! Gaston Sencicr. C’est le public qui a tort, L. Béguin.
- Nouvelles d'Angleterre, John lîarvey.
- L’épreuve des 1000 Milles, les engagés. Touring-Club de France.
- Records do Bôconnais.
- La Coupa de l’A. V. C. N., Daimler Allemande. L’Automobile à Piskra, E. Arclideacm.
- La coupe des Voiturottes du Journal des Sports. Paris Brest et retour.
- Informations . — La voiture 'tWinton pour la
- Coupe Gordon-Bennett . -- Au Soudan, etc.
- Les Automobiles postales . R. D.
- Les gros Numéros en Belgique.
- Bibliographie : Agenda des Arts et Métiers. — Pocket Book de l’A. H. V. Journal. — L’Electricité à l’Exposition de 1900 Sociétés nouvelles. — Brevets d’invention.
- LE PAS GYMNASTIQUE
- Notre confrère Pierre Giffard vient encore de nous trouver une de ces idées ingénieuses et simples dontil semble avoir le monopole. Il a trouvé le moyen d’enlever aux courses d’automobiles les neuf dixièmes de leurs chances d’accidents.
- On sait combien notre confrère chérit son épreuve classique de Paris-Bordeaux qui, en fait, est la véritable course de l’année.
- Mais comment arriver à forcer les concurrents à traverser les villes à une allure raisonnable ? Neutraliser les traversées? Moyen peu pratique et peu sûr. Disqualifier ? Que voilà une fâcheuse mesure quand elle se base sur une estimation du contrôleur.
- Pierre Giffard a trouvé le vrai moyen. Et je lui laisse la parole.
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- Vous allez comprendre ;
- Nous différencierons le contrôleur d'entrée du contrôleur de sortie de la ville en ce que le second sera tout seul tandis que le premier com-
- Ces dix ou douze hommes seront choisis quelques jours’a l’avance avec le plus grand soin parmi les jeunes gens de la ville, gymnastes ou pompiers, qui seront reconnus capables de faire quelques minutes d’un bon pas gymnastique. Es seront rétribués par le Vélo.
- Chacun de ces hommes sera porteur d’un brassard blanc et d’un drapeau vert. A l’entrée en ville du premier concurrent, le coureur à pied désigné pour marcher le premier se placera devant la voiture et la précédera au pas gymnastique réglementaire, lequel sera sensiblement le même pour tous jusqu’à la sortie. v
- Je suppose que le deuxième se présente une minute après. L’homme désigné pour marcher le second se placera, dans les mêmes conditions, devant la deuxième voiture et la précédera, toujours au pas gymnastique, de telle façon que les deux concurrents ne se dépassent point avant la sortie de la ville, mais qu’ils sortent, au contraire, dans l’ordre où ils sont entrés. Défense de chercher à rejoindre le coureur précédent. Allure régimentaire pour tous.
- Grâce aux pointeurs, cet ordre d’entre e et de sortie sera contrôlé, et s’il était interverti, ce serait une cause de rigoureuse disqualification Nous y tiendrons la main, les concurrents peu»* vent en être sûrs, sûrs, sûrs.
- * *
- Ainsi de suite pour les concurrents qui se suc* céderont, et, bien entendu, pour les motocycles comme pour les voitures. Aucun concurrent ne pourra traverser les villes importantes de l’itinéraire autrement qu’à la vitesse d’un homme au pas gymnastique, précédé par ce nouveau fonctionnaire que nous appellerons, si vous voulez, le coureur-pilote, mais que nous pourrions appeler aussi bien le « sais ». Car c’est ainsi que sont précédés dans les agglomérations, en Orient, les riches personnages qui ont le moyen de rouler carrosie. Un coureur à pied, dénommé sais en arabe, les précède, trottant toujours et criant même à la foule — ce qui ne sera pas nécessaire dans Paris-Bordeaux — les louanges de son maître. Certains pachas eu ont jusqu’à la douzaine.
- Je pense que l’ingéniosité de la combinaison saute aux yeux de tous. Un homme au pas gymnastique fait 12 kilomètres à l’heure ; c’est bien là ce que demandent les maires, et la prudence la plus élémentaire ne peut exiger autre chose. Da
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- çç fait, nous n’avons mèma plus besoin de demander aux édiles une autorisation pour tra/erser leura territoires, car il ne viendra jamais à l’idée d’aucun maire —- aTsurpIus, il n’en aurait pas le pouvoir — d’empècher que la cité qu’il administre soit traversée par une voiture à la vitesse rigoureusement contrôlée, et pour caus?, d’un
- homme au pas de course. ---
- Je pense qu’on m’a bien compris, et je su'\s certain qu’à la réflexion, tout le monde tombera d’accord pour reconnaître que ce moyen donne satisfaction aux municipalités, puisqu’il leur assure la traversée des villes à une allure plus que ^-raisonnable, aux concurrents puisqu’il leur assure d’une façon matérielle et indiscutable l’égalité dans ce passage précisément épineux des grandes agglomérations, où l’homme sage qui avait une avance sur l’homme casse-cou risquait de perdre cette avance, non point par sa faute, mais par le souci de respecter un règlemeut dont son adver saire n’avait cure.
- Par la même occasion, Pierre Giffaid annonce que le parcours Paris-Bordeaux de cette année, évitera .Tours et ses tramways. "Nous publierons cet itinéraire en temps ^opportun.
- LA CONDAMNATION DE LEMAITRE
- On aime beaucoup, en France, a dauber sur la -magistrature. Pour la plupart de nos contemporains elle est encore composée comme au temps de maître François Rabelais, d’horribles chats-fourrés dont les griffes déchirent, comme une proie, les ♦ plaideurs infortunés et le juge Bridoye continue à y jouer aux des le résultat des procès.
- J’avoue ne pas partager cet état d’esprit. ««Je connais bon nombre de magistrats et la plupart sont des hommes parfaitement : distingués, d’un esprit très moderne, très -soucieux de trancher d’une manière équitable les différends qui leur sont soumis et n’épargnant nulle peine pour arriver à ce . résultat, j’en ai vu qui, dans des procès industriels de la plus haute importance, — tels que, par exemple, le procès des moteurs à -gaz engagé il y a quelques années à propos
- - des brevets Lenoir et des brevets Otto, — passèrent de longues semaines à travailler les côté techniques du litige sur lequel ils devaient statuer. A l’audience le président, les juges et le ministère public étaient tellement maîtres de leur sujet qu’ils le connaissaient aussi bien, pour ne pas dire mieux,
- - que les experts.
- Mais, pour grande que soit leur bonne volonté, les magistrats peuvent se tromper. C’était le propre de l’humanité, aux temps
- latins, et les choses n’ont pas changé. Cela leur arrive lorsqu’ils ont à se prononcer sur des questions avec lesquelles ils sont peu familiers et que les plaideurs ou leurs avocats ne les renseignent pas suffisamment. J’imagine que c’est ainsi que les choses ont dû se passer lors du procès qui vient de se dénouer, nonobstant appel, devant les juges du tribunal de Versailles et dont Albert Lemaître, notre sympathique Collègue, est provisoirement la victime.
- Est-il bien utile de rappeler les faits ? C’était le 24 mai dernier, au départ de la course Paris-Bordeaux.
- Albert Lemaître, avec la voiture n° 20, roulait sur Versailles, ayant comme compagnon de route un mécanicien nommé Flotte, appartenant à la maison Michelin. Au passage à niveau de Saint-Cloud, Lemaître est dépassé par la voiture de Gilles Hourgières qui s’engage avant lui sur les rails et ralentit alors. Lemaître fait de même, très sagement, pour éviter un accident qui eut pu être terrible. Flotte tombe de la voiture, pour une cause encore mal connue, se blesse, et assigne Lemaître en dommages-intérêts. L
- Le procès vient devant le tribunal de Versailles. Lemaître s’entend condamner-à quinze jours de prison et cent francs d’amende, avec application de la loi de sursis, la question de dommages-intérêts étarit d’ailleurs réservée, après versement d’une provision de 5 000 francs, jusqu’aux conclusions d’un médecin spécialement délègue comme expert.
- Tel est le jugement rendu par le tribunal de Versailles et actuellement frappé d’appel. Comme je le disais en commençant, je trouve que les juges qui ont si durement traité Lemaître se sont trompés, de la meilleure foi du monde......
- Je ne suis suspect d’aucune sympathie pour les fous qui font le plus grand tort à la cause de l’automobile en parcourant les rues de Paris ou les allées du bois à des vitesses folles. Quand ils causent un accident par leur faute et qu’une bonne condamnation les atteint, j’applaudis des deux mams et je ne trouve jamais alors que les juges, ont la main trop lourde. Mais ce n’est pas’ du tout le cas de Lemaître.
- D’abord l’accident s’est produit le jour de la Course Paris-Bordeaux, au début d’une épreuve de vitesse autorisée par les pouvoirs publics et pour laquelle les préfets, lés sous-préfets et les maires du parcours dûment avertis, prennent chaque année, d’aè-cord avec les organisateurs, — lesquele sont, en l’espèce, d’une compétence indiscutable et indiscutée, — toutes les précaution^ nécessaires pour que les concurrents trouvent la route libre devant eux. Ce serait déjà peut-être une raison pour absoudre Lemaître s’il avait, de son fait, causé quelques dommages à un piéton ou à un charretier rencontré sur son chemin. C’est, —j-e le trouve
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- du moins, — un motif absolu pour le dégager de toute responsabilité dans le cas actuel.
- En effet, dans l’espèce, .l’accident est survenu à son compagnon de course.
- Or, personne n’admettra que Flotte, en acceptant d’accompagner Lemaître dans Paris-Bordeaux ne savait pas, lui, qui était attaché à la maison Michelin, quels sont les aléas que comporte une course de vitesse pour les concurrents qui y prennent part.
- Il n’y a pas un ouvrier chez les constructeurs de voitures ou chez les fabricants de pneumatiques, qui ne suive dans les journaux les comptes-rendus des courses d’automobiles et qui ne sache que les lauriers de ceux qu’on appelle les «rois de la route», ne vont pas sans quelques risques. C’est un sport et tous les sports sont dangereux. A la salle d’armes un fleuret démoucheté dans un assaut peut causer la mort d’un tireur. Les prouesses de la natation tuent parfois leur homme. Les écuyers tombent de cheval et se rompent les os. Les pistolets et les fusils éclatent à certains jours dans les mains qui les manient. La glace se brise sous les pieds des patineurs. Le modeste piéton, lui-même glisse sur une peau d’orange et se tue. Et j’oublie les aéronautes et bien d’autres encore. Donc Flotte savait ce qu’il risquait. Il l’a risqué, peut-être pour un salaire modéré parce qu’il aimait les courses comme tous ceux qui en ont goûté, peut-être simplement pour obtenir une rétribution plus élevée que celle que lui allouait son patron. Nous n’avons pas à nous immiscer dans le contrat, librement consenti, qui le liait à Lemaître. L’important, c’est qu’il prenait part à une course, n’ignorant pas les risques qu’une course peut comporter Alors, de quoi se plaint-il ?
- Que diraient les juges de Versailles si, au lendemain d’une course de chevaux, un jockey venait réclamer des dommages-intérêts parce que, désarçonné dans un saut d’obstacles, il aurait été piétiné par le cheval d’un autre jockey. Voyez-vous, en cas d’accident, les mêmes jockeys actionner leurs entraîneurs ou les propriétaires? Us défendent leurs intérêts avec leurs employeurs, ils se font assurer sur la vie, — comme les journalistes anglais se rendant au Transvaal, — ils prévoient en leur faveur des indemnités s’il leur arrive un accident professionnel, mais ils ne considèrent pas ces accidents comme un dommage leur survenant du fait d’un tiers. Pour eux c’est simplement un risque de métier.
- Pour ma part, je prétends que les choses doivent se passer exactement de même dans les courses d’automobiles. Tous ceux qui y prennent part, conducteurs ou auxiliaires, sont du bâtiment. Ils savent à quoi ils s’exposent. S’ils courent pour l’amour du sport, ils n’ont rien à dire s’il leur survient un accident grave. S’ils courent pour de l’argent
- ou s’ils accompagnent, à titre de salariés, tel ou tel concurrent, ils n’ont qu’à stipuler en détail les conditions auxquelles ils veulent risquer leurs os. Mais, du moment qu’ils acceptent l’aventure, ils n’ont plus à se plaindre si elle tourne mal pour eux. Le public leur répondrait ce qu’auraient pu répondre les juges de Versailles : « Fallait pas y aller ! » C’est peut-être, au reste, ce que répondront les juges d’appel.
- Gaston SENCIER.
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- TRIBUNE LIBRE
- f/EST LE PUBLIE QU! A TORT!!
- J’ai lu, non sans étonnement, l’article de notre cher Président M. Ballif intitulé : C’est le Public qui a tort dans la Revue du Touring Club ; j’ai lu la réponse de M. Hugues Le Roux, (que je ne connais d’ailleurs que par ses écrits) enfinje viens de lire les quelques lignes qüe mon ami G. Desjacques a consacrées à l’anâlyse de cette courtoise polémique dans la « Locomotion Automobile ». Je me promets de venir, moi aussi, exprimer mon opinion sur cette question de la vitesse qui est liée plus intimement qu’on ne le pense à l’avenir de la traction mécanique.
- Il me semble pouvoir le faire sans parti pris, attendu que mon intérêt, (le même que celui de MM. Ballif et Desjacques), c’est que l’industrie automobile prospère, et que je partage beaucoup des goûts sportifs de M. H. Le Roux, notamment en fait d’équitation, et la plupart de ses idées sur l’éducation.
- — La vitesse, écrit M. Ballif, est une chose bonne en soi et non une chose nuisible.
- Dangereuse ? Non pas, affirme-t-il; cependant tout aussitôt, avec beaucoup de compétence, il recherche tous les moyens de la modérer, en indiquant de très efficaces comme l'interdiction de la trompe dans les villes et de l’explosion des moteurs à l’air libre, comme l’emploi d’agents à motocycles pour poursuivre les délinquants.
- Et l’on voit bien par là que l’auteur de l’article n’en veut qu’aux gros numéros proposés par le Conseil Municipal (je suis complètement de son avis là-dessus) et pas du tout au public à qui il donne raison entre les lignes.
- Il est hors de doute que cette vitesse, dangereuse à 500 km. de Paris sur les routes les plus désertes, l’est a fortiori sur les chemins qui conduisent de Paris à Versailles, Saint-Germain, etc. Or les aimables jeunes gens qui la pratiquent ne se gênent pas davantage au Bois ou dans l’avenue des
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- Champs-Elysées et sont un véritable fléau pour les promeneurs, que ceux-ci soient à pied, à bicyclette, à cheval ou en voiture ; tous les chauffeurs sensés l’ont proclamé sur tous les tons. Quant à arrêter sur un mètre une automobile lancée à toute vitesse, je proteste et, moi qui pratique la voiture à pétrole depuis trois ans, j’affirme qu’il est extrêmement difficile à partir du moment où Von voit le danger de s’arrêter dans un espace de 4 ou 5 mètres ; cet espace est d’ailleurs très variable suivant les circonstances — Enfin l’arrêt brusque est souvent terrible pour la personne placée à l'avant de la voiture, (surtout pour celle qui est à côté du conducteur) comme l’ont prouvé malheureusement des accidents qu’il e t inutile de rappeler.
- ' Et j'irais encore plus loin que M. Ballif, que M. René Raoul-Duval, et je demanderais la suppression complète de la trompe à Paris comme dans les campagnes. Si l’on m’objecte qu’il la faut aux tramways, je répondstout desuitequ’ils peuvent employer la cloche que certaines lignes ont adoptée et qui n’effraye ni les animaux, ni les personnes, tout en les faisant écarter aussi vite.
- — Mais enfin cette augmentation trop rapide pour être raisonnable de la vitesse des automobiles, a-t-elle donné aux industriels (car c’est eux qui doivent surtout nous intéresser, pour le moment du moins), des avantages incontestables ; leurs maisons, grâce aux perfectionnements de la fabrication, ont-elles prospéré, les capitaux ont-ils été rémunérés, des fortunes se sont-elles faites depuis 1894 ?
- Là-dessus MM; Ballif et Desjacques répondraient mieux que moi et ils nous diraient, s’ils voulaient parler, que la manie des courses s’étant emparée des promoteurs de la traction sur routes, les constructeurs ont été forcés, sous peine de ruine, de participer à ces événements sportifs (?), dépensant ainsi l’argent qui aurait servi à des études intéressantes, et ne retirant rien au contraire de cette publicité chèrement achetée et qui fit déjà des victimes !
- Ils nous diraient que, voulant à tout prix briller dans ces absurdes épreuves, et étant pressés parle temps, au lieu d’étudier patiemment et de perfectionner leur transmission, ils en sont arrivés à mettre sur leurs cadres des moteurs phénoménaux, des monstres de 24 chevaux.
- Et si vous saviez, vous qui lirez ces lignes, ce que ces véhicules de course coûtent aux malheureux qui en payentla construction !!!
- Cçmme résultat...quelquesmaisonsont eu des commandes et les autres liquident peu à peu. Est-ce vrai ?
- Je ne parle pas des maladies que peut en gendrer cet abus de la vitesse, d’autres l’ont fait mieux que je ne saurais, et l’on a donné le nom de célérité à ce déséquilibrage d’un nouveau genre, dont les victimes sont si
- nombreuses! Il vaut la peine de les voir, et surtout d’écouter leurs conversations ; elles sont simplement inouies.
- ' Et vous-mêmes, Messieurs les sages, vous ën arrivez à suivre ce courant, à citer sans blâme et peut-être sans frémissement des bonds de 6 mètres, je crois, exécutés par des tris au-dessus de rails de tramways barrant une route? Vraiment, il y a mieux que cela à faire, pour des ga'çons jeunes et vigoureux décidés à se sacrifier pour défendre une théorie !
- Et pour terminer, serait-ce trop que de vous demander, dans l’intérêt même de l’industrie automobile, de prêcher vos lecteurs dans le sens que je viens d’indiquer ? Qu’ils se méfient de la vitesse, mauvaise en soi et nuisible, n’en déplaise à M. Ballif dont l’avis avait toujours été le mien jusqu’à ce jour, qu’ils s’en méfient poûr eux, sinon pour les autres ! et, pour les mêmes raisons, qu’ils montrent un peu de complaisance pour ces pauvres cavaliers ou piétons, dont nous sommes aussi lorsque, et la chose est fréquente, nous voulons faire du véritable sport.
- L. BÉGUIN.
- Constructeur.
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- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- L’A. C. G. B. a déjà soixante inscriptions pour le tour d’Angleterre dont quarante sont dans la première classe celle des fabricants et agents. Parmi les voitures engagées il y a deux voitu-rettes de Dion, deux Renault (3 1/2 ch.) deux Decauville (3 1/2 ch.) une Déchamps et une Peugeot (8 ch.) ; et dans la classe des amateurs il y a trois Panhard de 12 ch. et deux de 6 ch. Les autres voitures dont la plupart sont de fabrication anglaise sont des systèmes Daimler, Benz, Vivi-nus, Hurtu, Ariel (un excellent tricycle), Lanches-ter, Endurance, et Stanley (vapeur). A remarquer l’absence de tricycles de Dion, Phébus Aster, Barrière et de voitures de quelques marques les plus connues dans le monde automobile — Mors, de Diétrich, Bollée Delahaye etc. si toutefois la liste s’arrête là.
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- Une ligne a été formée pour veiller sur les droits du chauffeur et pour le défendre contre les poursuites injustes. Elle commence sa carrière sous les meilleures auspices ayant comme curateurs MM. le capitaine Cecil Duncombe, Scott-Montagu et Sir David Salomons et comme président M. Roger Wallace, président de l’A, G. G. B. Plusieurs autres membres du cercle sont du Comité de la Nouvelle Association qui n’est
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- en effet qu’une succursale militante de la Société de Whitehall Court.
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- Les pauvres êtres industriels mis au monde par Lawson, sage-femme de l’automobilisme en Angleterre souffrent d’une phthisie financière, qui, il est à craindre, sera mortelle. Les médecins de la presse ont tout fait pour sauver leurs vies mais quoiqu’il r oit possible que la fin ne soit pis si proche que disent la plupart de ces Messieurs l’avenir n'a rien pour eux que l’expérience futile de la transvasion de sang américain,
- * *
- L’industrie a tellement souffert de? son origine de la cupidité des lanceut u d\. ff-dres et de l'égoïsme insensé des administrai trs qu’il n‘y a à peine ur.e société d’automobues en Angleterre qui est dans une bonne position commerciale. Il y a des agents tels que MM. tLwetson (Benz), l’Autcra Voile Association (Mors, YaH e, Barrière, etc,),la Motor Car Company(Desauville, Renault, Société Parisienne, etc.) qui ne font pas mal d’affaires ipaii le système d’agence et dans un état de chaos complet. Par exemple dans les journaux professionnels de cette semaine se trouve le paragraphe suivant : « Le De Dion Bouton British and Colonial Syndical Limited comme agents uniques sous extrait direct avec MM. de Dion et Bouton, nous prient d’indiquer à nos lecteurs que personne n’est autorisé à demander plus que 195 guinées pour la voiturette de Dion ». Parmi les annonces des mêmes journaux on lit « Voitu-rettes de Dion, Livraison immédiate. Prix 240 livres. Sur commande 195 livres. » Automobile Association etc, » Cette position est ridicule car les «agents uniques » vendent la voiturette plus chère qu’une autre maison qui l’achète par un correspondant à Paris, 195 guinées étant 195 livres plus 185 shillings — une différence de près de 250 fr.
- John HARVEY.
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- EN ANGLETERRE
- L’ÉPREUVE DIS 1009 MILLES
- tor, Peugeot, Gobron-Brillié, Renault, De-cauville, Hurtu, etc., tous leurs noms français ou sous leurs pseudonymes anglais. Voici une première liste d’engagements :
- SECTION I (véhicules engagés par les constructeurs ou agents)
- ,i. Benz Idéal, 1900 Pattern 3 ch.
- 3. Tricycle Ariel 2 ch. 1/4.
- 4. — à avant-train 2 ch. 1/4.
- 5. Voiture à vapeur The Locomobile.
- 6. Motcr Manuf. C° Char à bancs 12 ch.
- 7. — Phaëton 12 ch.
- 8. — Phaëton 6 ch.
- 9. — — « Iveagh » 6 ch. -
- 10. — « Princess » 4 ch. 1/2,
- 11. — —
- 12. — Tricycle 1 ch. 3/4.
- 13. Voiturette Aiiel-Panhard 3 ch. 1/2.
- 14. Voiturette de Dion-Bouton 3 ch. 1/2.
- is. — —
- 16. Voiturette Gladiator 3 ch. 1/4.
- 17. Voiture Napier 16 ch.
- 18. Endurance Car 2 ch. 1/4.
- 19. Voiture de l'Automobile Association
- 5 ch.
- 20. Tricycle Simms 2 ch. 3/4.
- 21. Voiture Lanchester 8 ch.
- 22. — —
- 23. Voiture de Brown Brothers.
- 24. Voiture Marshall 5 ch.
- 23. Voiture Déchamp.
- 26. Voiture Peugeot 8 ch.
- 27. Voiture New-Orléans 3 ch.
- 28. — —
- 29. Voiture Eurêka 2 ch. 1/2.
- 3°, — —
- 31. Voiturette Renault 3 ch. 1/2.
- 32. — —
- 33. Voiturelle Decauville 3 ch. 1/2.
- 34. — —
- 35. Voiture Daimler 6 ch.
- 36- . — —
- 37. Voiture Daimler « Parisian » 6 ch.
- 38. Voiture Daimler « Public Service »
- 9 ch. 1/2.
- 39. Tricycle Tandem Century.
- 40. Voiture Wolseley S. S. C°
- Le nombre des engagés pour l’Epreuve des 1 000 Milles qui se fera en Angleterre réunira un grand nombre d’engagements. Il est à remarquer que la majorité des véhicules sont engagés directement parles constructeurs eux-mêmes ou par leurs représentants. Il serait vraiment à désirer qu’en France on fît l’essai d’une classification de ce genre. Bon nombre de véhicules sont d’ailleurs de fabrication française.
- C’est ainsi qu’on relève dans la liste des voitures, voiturettes ou tricycles des Maisons : Panhard, de Dion-Bouton, Gladia-
- SECTION II (véhicules engagés par des particuliers)
- A. 1. Panhard 12 ch. (M. Huttôn).
- A. 2 Panhard 6 ch. (M. Butler).
- A. 3. Panhard 6 ch. (M. Browne).
- A. 4. Daimler 12 ch. (M. MayhewY A. 5. Voiture à vapeur (M. Gooch).
- A. 6. Daimler 12 ch. (M. Harmsworth).
- A. 8. Panhard 6 ch. (id.).
- A. 9- Napier 8 ch. (id.).
- A. 10. — (M Kennard)
- A. 11. Daimler 12 ch. (M. Scott Montagu), A* 12. Daimler 6 ch. (M. Edmunds).
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- A. 13. Daimler 6 ch (M. Estcourt),
- A. 14. Napier 8 ch. (N. Goff).
- A. 15. Phaëton 5 ch. (. Mackay Wilson).
- A. 16. Tricycle (M. J. Wilson).
- A. 17. Panhard 12 ch. (M. Rolls).
- A. 18. Daimler 4 ch. (M. Copland).
- A. 19. Daimler 12 ch (M. Hargreaves).
- A. 20. Tricycle Empress (M Ashby).
- SECTION III. (Fournitures pour Automobiles engagées par les fabricants)
- Classe A. — Un train de pneumatiques Clipper sur une Daimler 6 ch. portant 2 personnes.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- Pendant le mds de janvier, 797 candidats se sont fait inscrire au Touring-Club. Nous relevons les noms de MM. Mocquery, ingénieur en chef des Poats et Chaussées à D jon ; S cart, président du Tribunal civil de Nyons ; Monnet, procureur de- la République à Auriliac; Dr Pitres, professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux et Madame Pitres; Jacquey, .professeur à la Faculté de Droit di Lille; de Ridder, professeur à la Faculté des Lettres d’Aix ; Duval, proviseur du lycée Carnot, à Tunis ; Maret, inspecteur des Finances ; Steiner et Rives, inspecteurs des Finances; Hugues Le Roux et Victor Margueritte, homme de lettres et Madame Victor Margueritte; 'général comte d’Allen ; cheik Ben Bouzid, cheik du douar ElHassi ; l'abbé Delsor, député alsacien au Reichstag; Michast et Pu'inier. chefs d’escairon ; Lemoël, chef do bataillon ; les capitaines Cornu, Cros, Tamin, de la Motte-Rouge, comte de Noinville; Paulmier et Wagner ; prince Fr. Wittgenstein et princesse Julie, Eléonore et Anna Wittg-nstein ; comte île la Revelière, baron de Fontenay, comte de Gournay. baron de Springer, princesse E. de Ratibor, marqu s de Foucauld de Lardimalie, marquis de Jarente, baron du Blaisel, vicomte de Brimont, marquis de Penacerrada, comtesse J. de Beaumont, baron Henrion, vicomte de Listours, etc.
- Au 1er février 1900, le nombre total des sociétaires s’élève à 72,446.
- 7# A L’HËlIltE
- Béconnais tomba au premier essai et les Records tombent au second
- Béconnais l’a échappé belle 1
- L’intrépide chauffeur s’était rendu au Parc des Princes avec l’intention de donner un nouvel assaut au record de l’heuro et des 100 kil., mais un accident, qu eût pu avoi des conséquences, est venu d’abord c mtrecarrer scs projets.
- Les derniers préparatifs exécutés, Béconnais
- faisait quelques tours d’essai pour mettre son moteur au point. Sa vitesse était de 30 secondes au tour, c’est-à-dire qu’elle atteignait à peu prés 80 kil. à l’heure, lorsque le recordman, manquant l’entrée du petit virago, venait se plaquer sur le ciment pendant que le motocycle accomplissait une pirouette formidable dans les airs.
- Les assistants se précipitèrent immédiatement au secours de Béconnais que l’on croyait tué.
- L’anxiété fut heureusement de courte durée, car on vit le recordman se relever à peu près intact. Quelques petites plaies aux mains et aux genoux, de suite pansées par Alphonse, le gardien du quartier et c’est tout.
- « Béco » s’en tire à bon compte, mais son tri est en piteux état. La fourche d’avant est complètement tordue, la selle, le carburateur n’existent plus. Seules, les deux roues d’arrière sont intactes, ce qui a permis à Marcellin qui était là, de le remorquer tant bien que mal jusqu’à la Porte-Maillot.* -Le lendemain même le brave Béconnais, malgré ses contusions, s’est remis en piste. «,
- Chronométré par M- Gaudichard, Béconnais a démoli les records depuis le 36e kil. jusqu’au 10(B inclus, cette dernière distance en 1 h. 31 m. 26 s. et faisant dans l'heure près de 70 kilomètres, exactej-ment 69 kil. 369. Cela malgré le vent impitoyable et une crevaison de pneumatique an 89' kil., ce'qüi obligea le recordman à démonter les bandages et à terminer sur la jante.
- Voici les nouveaux temps :
- Dist. Temps précédents Temps nouveaux
- 10 kil. 8 m. 41 s. — 8 m 58 s. 2/5
- 20 kil. 17 in. 19 s 4/5 — 17 m. 36 s.
- 30 lui. 26 m.’ 3 s. 1/5 — 23 m. 12 s.
- 35 kil. 30 m. 26 s. 4/5 -- 30 m. 29 s! 3/5
- 40 k l. 34 m. 55 s. — 34 m. 45 s. 1/5
- 5 ) kil. 43 m. 43 s. 2/ 5 — 43 m. 23 s.
- 60 kil. 52 m. 49 s. 4 /5 — 5l m. 51 s. 3/5
- 70 lui. 1 h. 7 m 32 s. 2/5 — 1 h. »>> m. 32 s.
- 80 lui. 1 h. 16 m. 28 s. 3/5 — 1 h. 9 m. 4 s. 3/5
- 91 lui. 1 h. 25 m. 24 s. 2/ 5 — 1 h. 20 m. 52 s. 3/5
- 101 kil. 1 h. 34 rh. 26 s. — 1 h. 39 m. 5 > s 2/5
- Béconnais se promet de nous ét rnner sous peu par de nouvelles perfomances fan’astiques. Telles quelles c’est déjà suffisant.
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- LA COUPE 1IE L’A. V. C. N.
- De notre correspondant de Nice :
- Dimanche 4, avait lieu la course de la coupe de TA. V. C. N. qui a servi pour ainsi dire de lever de rideau à nos fêtes automobiles.
- Dès 8 heures 1/2, grande affluence aux abords de la villa de l’A. V. C. N. Nous reconnaissons bon nombre de personnalités sportives, notamment :
- MM.Jacques Gondoin, président de l’A V.C. N.; Vanderbilt, Albert Gautier, baron Springer, prince Lubecki, André Chauchird. Haney, Raoul Vuil-lemot, notre sympathique directeur
- A 9 h. 1/2, M. Paul Chaucharj, le donateur de la coupe, donne le départ volant aux trois voi tures qui sur hu:t engagées, s’étaient mises en ligne :
- . M. Charles Gondoin, Peugeot, 8 chevaux; /
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE 103
- Mais ce n’est qu'à 3 h. 1/2 qu’arrive le premier, M. Pinson^ ramenant M Charles Gondoin, qui a été victime d’un accident près de Lingostière. Sa voiture ayant dérapé par suite'd’une crevaison de pneu, heurta la barrière en fer de la voie et fit panache, projetant à terre son conducteur. Mais M. Gondoin en fut quitte pour quelques égrati» gnures. Quant à la voiture quoique fort endommagée, elle put être ramenée à Nice, à la remorque de la voiture de M. Jacques Gondoin.;
- Enfin, à 4 h 1/2, arrivait le baron de Rotschild. Voici les résultats officiels : ier, M. Pinson,à 3 h. 37’ 44”;temps 15 h.37 44”; 2% baron de Rotschild, à 4 h. 33’ 27”; temps : 6 h. 33’ 27”. ’
- Il est juste d’ajouter que les routes étaient couvertes de boue et. que les chauffeurs n’ont pu donner toute leur vitesse, d’autant plus que le parcours était accidenté.
- Voiture Daimler Allemande de 25 chevaux ayant vns part â la Coupe de VA.V.C.N.
- Docteur Pascal (Henri de Rotschild), Daimler, 26 chevaux ;
- M. Pinson, Panhard, 8 chevaux.
- Le parcours est :
- Nice, la Manda, Vence, Tourrettes, le Rouret, Villeneuve, Cagnes, le Plan-du-Var, le Ciaudan, Toriet de-Beuil, Puget-Théniers, Entrevaux. Page* -Théniers, Toriet-de-Beuil, le Ciaudan, Nice (soit 2x3 kilom.).
- Dès le départ, c’est le baron Henri de Rotschild qui est premier, mais au Pont-du-Var l’ordre est Pinson - Gondoin - Rotschild , et au 2e passage à Colmars, les heures :
- Pinson, 11 h. 54’; Gondoin, 12 h. 1’; baron de Rotschild, 12 h. 12’.
- L’arrivée de la course annoncée pour 2 heures avait amené dès 1 heure 1/2, un nombre très grand de curieux et de chauffeurs avec leurs autos.
- La course des voiturettes, dont le départ avait eu lieu le matin à 9 h. 35, avait réunit 4 concurrents.
- Parcours : Nice-Pont-de-la-Manda-Vence-Ma-gagnosc-Villeneuvr-Loubet-Cagnes (soit 83 km.).
- . Partent: MM. Serraire (Peugeot, à M. de Bary), Carmen (Peugeot, à Paul Chauchard), Baron de Ville-d’Avray (voiturette Chesnay), Vial (Peugeot, à MM. Serraire et Vial).
- Voici les résultats ;
- i,r, Baron de Ville-d’Avray, ia h. 38’ 54”; temps : 3 h. 03* 54”;
- 2% MM. Serraire et Vial, 1 h. 09’28”; temps ; 3' h. 34’ 28” ;
- 3% Paul Chauchard, 1 h. 26’ 52”; temps *• 3 h. 51’ 52”.
- La voiturette Peugeot est restée en panne par suite de la crevaison d’un tuyau de circulation d’eau.
- ^ Ges deux courses ont donné lieu à la première
- expérience qui ait été faite dans les courses d’automobiles du mode de répartition des prix d’après la méthode du « temps primé. »
- Ces courses n’ayant pas de prix affecté aux gagnants elles ont été courues sous forme de poule, chaque concurrent versant 10 francs.
- Voici la répartition du temps primé au sixième ; Course de la coupe : M. Pinson, 29 fr. 64 ; M. H. de Rotschild, o fr. 15;
- Course des voiturettes : Thierry de Ville-d’Avray, 30 fr. 88; Serraire, o fr. 05,
- Léon BARETY.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au. bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie. 05'
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- L’AUTOMOBILE A BISKRA
- Ernest Archdeaeon initiant à l’automobile les notabilités de Biskra
- ♦
- LA COUPE DES VOITURETTES
- ORGANISÉE PAR LE
- JOURNAL DES SPORTS
- C’est ce qu’ont fait remarquer plusieurs chauffeurs ou constructeurs, fort désireux do prendre parta )a Coupe, et qui s’en trouvaient exclus par cette limite de 400 kilogrammes. Aussi, pour ouvrir le champ plus libre à toutes les compétitions, a-t-on décidé de porter le poids maximum à 500 kilos.
- Voici donc, définitivement cette fois le classement adopté : • '
- Une petite modification a été apportée au règle ment de l’épreuve du 11 mars. Il s’agit de la limit Supérieure du poids des véhicules engagés.
- L’augmentation de la puissance du moteur, h plus grand confortable de la carrosserie, l’adjonc tion de rofroidisseurs, le plus gros diamètre de pneumatiques, tout cela a contribué à augmente le poids total. En sorte qu’il existe des modèles d vaiturèttes, et des plus récents, correspondant biei A 1 idée que l’on se fait d’une voiturette. qui attei 8 dent 425 ou 450 kilos.
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par eau
- Série A. — Voiturettes dont le poids no dépasse-pas 250 kilos;
- Séiie 13. — Voiturettes de 250 à 500 kilos.
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par air
- Série C. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos ;
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Série D. — Voiturettes de 250 à 500 kilos.
- Il est bien entendu que ce poids de 500 kilos, s’entend en ordre de route, tout compris — sauf les voyageurs naturellement.
- Quand aux petites voiturettes, elles ne se trouvent pas lésées, puisqu’elles rentrent dans les deux catégories au-dessous de 250 hilos.
- Rappelons que les engagements doivent être adressés, accompagnés de la somme de dix francs, à notre confrère Tampier, au Journal des Sports, 10, faubourg Montmartre.
-
- 23 avril. — 8 heures. — Grande course nationale de fond sur le parcours : Turin, Pignerol, Saluxzo, Busca, Cuneo, Racconigi, Turin, 200 kilom.
- 2 heures. — Exposition et attractions diverses.
- 4 heures. — Distribution des prix et clôture du meeting.
- Le programme est superbe, et il est aisé Je prévoir un gros succès pour la vaillante direction de l’Automobile Club de Turin.
- On pourra remarquer quo les catégories fixées par no re confréro no se> rapportent pas exactement à la classification adoptée par lo Règlomon.t de TAutomobile-Glub. .
- C’est ainsi que notre confrère entend par poids du véhicule celui do la voiture en ordre do route au lieu de le supposer pris sans accessoires ni approvisionnements. Or, les “ Voituretres ” de l’A. C. F. vont jusqu’à 400 kilog. seulement.
- Pour éviter toute difficulté, lo Journal des Sports vient do modifier le titre de son épreuve : Course de Voiturettes et do Voiturettes au-dessous de 500 kilos en ordre do routo.
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- PARIS-BREST ET RETOUR
- 5, 6, 7 juillet
- Notre confrère le Matin, qui avait organisé l’an dernier la course dite du Tour de France, se propose de faire courir cette année Parh-Brest et retour; 600 kilomètres en une seule étape le 5 juillet, repos le 6 à Brest et retour le 7 en une seule étape également. Cette épreuve remplace la course projetée sous le nom de Course de Trèfle, qu’il ne faut d’ailleurs pas confondre avec la Course de l’Etoile organisée par l’Automobile-Club de France pour les fêtes de l’Exposition.
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- INFORMATIONS
- Le Grand Meeting- automobile de Turin.
- — Voici le programme officiel de cette grandiose et intéressante réunion :
- 21 avril.— 8 heures du matin. — Course de côtes. — Départ: Madonna del Pilone, arrivée à à Pino Torinese. 7 kilom. Retour par Chieri, Cambiano, Moncalieri.
- 2 heures. — Inauguration de la grande exposition de voilures automobiles et exposition photographique-automobile.
- 22 avril. — 2 heures, — Exposition ; conférences.
- 5 heures. — Records sur piste; tournoi automobile; grand concours d’adresse.
- 25 millions de francs. — La commission des douanes nous a donné connaissance des chiffres d’importation et d’exportation des voitures automobiles, et des cycles et motocycles en France depuis 1897.
- I. — Voitures Automobiles
- Importation
- 1897 199.850 francs
- 1898 395.070 —
- 1899 458.000 —
- Exportation 623.690 francs ï.749.350 —
- 4.260.000 —
- II. — Motocycles et Cycles
- Import atun
- 1897 8.400.140 franc5
- 1898 8.925.320 —
- 1899 8.822.000 —
- Exportation 10,076.980 francs 10.654.000 —
- n.280.000 —
- On voit l’augmentation prodigieuse de l’automobile, augmentation sensible surtout dans l’exportation, qui a septuplé en trois ans.
- Au contraire, le cycle a pris un chiffre à peu près stationnaire. L’augmentation d’un dixième étant au moins due aux motocycles, sans lesquels il y aurait, sans nul doute, diminution.
- A partir de 1900, la commission des douanes a d’ailleurs promis d’établir une statistique à part pour les motocycles.
- L’année 1899 a donc été marquée, pour ces deux industries nées d’hier, par un échange de 24.820.600 francs, 25 millions en chiffres ronds.
- Voilà 25 millions auxquels on ne s’attendait guère il y a quelques années 1
- Pour Paris-Bordeaux. — Les Bordelais s’occupent de l’organ'sation de l’arrivée:
- Les choses se passeront à Bordeaux comme les années précédentes, avec cette différence que l’Exposition est supprimée. Voilà qui fera la joie des concurrents.
- On va, par contre, organiser au Parc bordelais une course du kilométré pour le jeudi ; mais les concurrents de Paris-Bordeaux n’y prendront part que si le cœur leur en dit. Leur engagement dans la grande course annuelle n’emportera pour eux une obligation de ce genre.
- Enfin, le vendredi, il y aura joyeuse promenade à travers le pays merveilleux, riche à miracle de vignes et de grands crus qui s’appelle le Mé-doc. On ira en excursion vers la pointe de Grave. Une aimable invitation du maire de Pauil-lac, M. Casteja, est déjà parvenue pour tous les concurrents.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La Coupe et les Américains. — Il nous semble d’après la lecture générale des journaux américains de tous pays que la Coup:; Gordon-Bennett intéresse plus particulièrement les chauffeurs américains.
- Us ont l’air de ! a considérer pour l’automobile comme un parallèle à la fameuse Coupe de 1’ « America » pour le yachting et ce qu’il y a de plus piquant en l’espèce, c’est qu’ils paraissent se targuer de leur extraordinaire série de victoires pour cette dernière Coupe contre le vieux continent pour prétendre que le même sort sera réservé à la Coupe G. B. si jamais elle passe l’Atlantique
- La voiture sur laquelle les Etats-Unis vont placer ainsi leurs espérances patriotiques dans le « contesi » du 14 juin est pour ainsi dire achevée. Elle est construite spécialement en vue de nos
- confrère le « New-York Hérald » sont vraiment curieux à lire en ce moment tu sujet de cette épreuve internationale. Nous donnons plus bas la photographie de cette voiture d’après « The Automobile 2>.
- Nouvelles de Niee. — L’excursion à la Na-poule organisée le dimanche 28 janvier par l’Automobile Yélo-Club de Nice et le Club Nautique a, comme ses devancières, été fort réussie, bien que le vent souhait assez fort. Le peloton automobile se composait d’une dizaine de véhicules qui sont partis à 10 heures ont commencé à arriver à 11 heures à la Napoule où le chemin de fer a amené d’autres membres des deux sociétés vers midi. Le retour a eu lieu à 4 h. i[2.
- En somme journée charmante et qui a réuni
- La Voiture de course Winton\qui doit venir d’Amérique disputer la Coupe Cordon-Bennett.
- routes françaises. C’est un véhicule très simple d’aspect sans aucune ornementation inutile. Il est bas, allongé, mais plutôt lourd, paraît-il, sans toutefois être massif.
- M. Winton, directeur de la maison qui a construit cette voiture s’embarquera en mai pour la France avec sa famille et M. Albert C. Bostwick. Ce dernier représentera l’Amérique au Congrès de l’Automobile.
- M. Winton à qui l’Automobile-Club de France a envoyé une copie de règie'ment de la course de la Coupe avec prière de lui donner son appréciation, considère ce règlement comme parfait.
- Les journaux américains et notamment notre
- en un même banquet fraternel les membres des 2 Sociétés.
- Nous avons déjà annoncé que le Club Nautique de Nice avait inscrit au programme de ses régates des courses de canots à pétrole aux vainqueurs desquelles une somme de 2 100 francs en espèces et plusieurs médailles seront distribuées.
- Notre confrère « La Côte d’Azur Sportive » annonce dans son dernier numéro que ces courses promettent de réunir bon nombre de concurrents, entr’autres le célèbre Phénix, de 12 mètres qui a gagné la course de canots à Argenteuil, faisant les 30 kilomètres en 1 h. 50 s. alors que les 6 m. 50 avaient mis plus de 3 heures.
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- LÀ LOÇOMO l ION AUTOMOBILE
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- Les courses du C. N. N. seront divisées en âeux séries au-dessous de 6 m. 50 et de 6 m. 50 à 12 mètres.
- - c°nfrère la Côte dôA\ur Sportive orga-
- nise une course d’automobiles sur la côte de l’Estérel pour le 8 avril prochain.
- On annonce que le comte Biscacretti di Ruffia, membre de l’A. V. C. N. président de l’Automobile Club de ritalie (section de .Tarin) organise une grande sortie de chauffeurs italiens qui viendront a Nice par la route de Cunéo-Limone et rendront aux collègues de la Côte d’Azur la visite reçue à Turin lors de la grande épreuve automobile organisée par la Gq\etta dello Sport. La date de ce voyage n’a pas encore été ariêtée définitivement; elle sera choisie de façon à permettre aux chauffeurs italiens d’assister à la grande semaine automobile de Nice. — Léon J.-J. Baréty.
- Le .Soudan traversé en automobile. —
- On se rappelle les camions automobiles qu’on baptisa les Soudanais et qui figurèrent, il y a deux ans et l’année dernière encore, au concours des Poids lourds.
- Ils devaient être, emmenés sur les rives du Sénégal par M. Félix Dubois. Ils partirent et eurent bien à subir quelques mésaventures au début. Vous vous souvenez peut-être d’une certaine panne qui fit la joie des négrillots chargés de remorquer les voitures des frères blancs dont les chevaux avaient les pieds cassés.
- Les novateurs ne perdirent pas courage. Et le succès a couronné lturs efforts. L’automobile est installée aujourd’hui au Soudan et un service de marchandises et de voyageurs vient d’être inauguré avec succès entre Bammako (sur le fleuve Niger) et Kayes, où cesse la navigation des vapeurs partis de Saint-Louis, sur le Sénégal. Voici d’ailleurs le document de l’Agence Havas :
- Une dépêche de Kayes, en date du 3 février, annonce que le gouverneur de l’Afrique occidentale, M. Chaudié, revient d’un voyage d’organisation des nouveaux territoires civils et militaires au cours duquel il a inauguré le nouveau et important service de tran ports de marchandises et de voyageurs par voitures et camions automobiles.
- Partis en automobiles de Kiti (Bammako) le 22 janvier, le gouverneur et sa suite sont arrivés en deux jours à Kita ; la vitesse moyenne des automobiles a été de 90 kilomètres pour six heures de marche quotidienne.
- De Kita, M. Chaudié a continué, toujours en automobile, jusqu’à Toukouto, terminus du rail-wuy automobile. De là il est rentré, toujours par le même véhicule, à Kayes, le 27 janvier. r En rentrant à Kayes, le gouverneur de l’Afrique occidentale a exprimé sa satisfaction de la rapidité et de la facilité du nouveau mode de transports par automobiles. Il a rappelé que, lors d’un précédent voyage au Niger, il avait dû rester quinze jours en route.
- Le fleuve Sénégal est donc relié ainsi au Niger. On sait que c’est la grande roule par laquelle ont passé d'abord l’armée puis l’influence et enfin le
- commerce français pour aboutir de Saint-Louis à ce mystérieux Niger, à Bammako, d’où l’on descend aujourd’hui en chaloupe à vapeur jusqu’à Segou et à Kabara, le port de Timbouctou.
- La seule région devant laquelle avaient échoué la navigation et le chemin de fer était précisément le haut Sénégal, coupé de rapides, et le massif montagneux dit Fouta-Djalon qui sépare le Sénégal du Niger.
- Voilà donc, grâce à l’automobile, établie d’une façon définitive la longue ligne économique transversale de Saint-Louis à la bouche du Niger, qui est, en petit, dans notre Afrique occidentale, ce que la fameuse ligne Caire-Cap est dans l’Afrique anglaise.
- Voilà, franchie en cinq jours la dernière partie, celle qu’un gouverneur mettait quinze jours à faire.
- Pour ne pas faire grand bruit, pour ne pas s’étaler en première page dans nos confrères politiques, voilà une nouvelle que je ne puis m’empêcher de trouver p'us importante, plus intéressante et destinée à laisser plus de traces dans l’histoire que la dernière parlotte du Parlement, ou que la dernière revue en vogue.
- Et pourtant on en parlera moins, soytz sans crainte !
- {Le Vélo). — Georges Prade
- Le chronométrage du mille. — En réponse à une lettre qui lui a été adressée par M. L. Desjoyaux, secrétaire de la Commission sportive de l’A.V.C.N., M. L Mors, le constructeur bien connu qui est chronométreur de l’A C F , répond en ces termes à la demande qui lui était faite pour le chronométrage des courses :
- Cher Monsieur,
- Je compte bien me rendre à Nice pour les courses de mars et je suis tout à votre disposition pour vos chronométrages si vous le désirez.
- Voici en quoi consiste le système que j’ai combiné pour la course dite du « mille ».
- Arrivée Départ
- | 1 000 mètres | 1 609 mètres |
- C B A
- Un fil télégraphique ABC de 1609 mètres de long, coupé en B, au 609e m., en A une clef, en B et en C deux électro pressant sur les boutons de deux chronomètres.
- Au moment où une couple de voitures partira au point A le starter pressera sur la clef et fera partir les trotteurs des chronomètres B et C.
- Il sera facile, surtout si le chronomètre B est à dédoublante, d’avoir le pointage des deux voitures passant au point B. Il en sera de même au point C, lieu de l’arrivée.
- On sera donc sûr d’avoir exactement les temps et, il sera tout à fait inutile d’avoir trois chronomètres bien d’accord, de plus on pourra faire partir à n’importe quel moment du point A les voitures, à condition bien entendu que l’on ?e soit assuré que la route est déblayée et que les chronomètres sont remis au zéro;
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- En résumé il faudrait, le long du parcours un fil télégraphique coupé au 609" m. ; je me chargerai de la chose du reste et nous ferions quelques répétitions avant.
- Les appareils fonctionnent très bien et j’en suis sûr.
- Agréez, etc. L. Mors.
- P.-S. — On pourrait se servir du même procédé pour La Turbie où l’on peut avoir un fil entre le haut et le bas.
- Le système proposé par M. L. Mors permettra de chronométrer très exactement les temps de l’épreuve du mille.
- Les ballons en Afrique australe, — Le ballon captif qui était à l'armée de lord Methuen, et dont la presse anglaise avait célébré les promesses, n’a pasjoui longtemps de son triomphe. Trois jours apiès, il était crevé par un vent dont la violence n’avait rien que d’ordinaire, mais la baudruche n’a point la résistance des tissus employés dans l’armée française.
- Le général Warren, qui a été battu au Spion kopje, est un des principaux membres du Conseil de la Société Aéronautique de Londies, et par conséquent un très chaui partisan de l’emploi des vigies aériennes.
- L’ascension du « Volga. » — Le temps n’a pas favorisé l’ascension que M. Jacques Faure, trésorier de l’Aéro CIud, a faite dimanche avec le « Volga », en compagnie de MM. Monnier et Girardot.
- Les aéronautes sont partis à midi (avec deux heures de retard) de l’usine à gaz du Lendit. Le vent soufflait tout d’abord, du nord-est, puis il a changé ensuite de direction, puisque le « Volga » a fait, en quelque sorte, le tour de la capitale pour aller atterrir à 6 heures, à Lagny, après avoir eu à lutter contre des trombes d’eau glacée.
- L’aérostation en 1900. — Le projet de règlement général des concours d’aérostation a été adopté par le Comité consultatif en séance plénière, à l’unanimité moins une voix. Il va être soumis à la Commission supérieure qui a déjà proposé deux modifications importantes. Elle a réduit à dix le nombre des concours et supprimé le concours de photographie.
- Mesures préventives. — On prête à M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, un tas de projets subversifs, dont un des plus originaux (?) consisterait à établir sur les routes des barrages, de cinquante en cinquante kilomètres, comme si les barrières des passages à niveau ne suffisaient pas ! De cette façon, les automobiles seraient obligées de ralentir... ou de s’écrabouiller çontre ces barrages.
- On lui prête aussi l’intention de réglementer le nombre de dents des pignons de commande de l’arbre de transmission des voitures à pétrole.
- Connaissant l’esprit progressiste de M. Baudin,
- nous ne croyons pas que le ministre ait songé une seconde à employer de tels moyens. Du reste, notre confrère Montville qui nous rapporte ces on-dit, ajoute que l’Automobile-Club de France serait, en somme, l’institution la plus désignée pour chercher et pour trouver une solution.
- Conférences. — Le 2 février, en l’hôtel des Sociétés Savantes, M. Janssen, membre de l’Institut, a présidé l’assemblée générale de la Société de Navigation Aérienne.
- Le comte Henry de La Vau'x, vice-président de l’Aéro Club, a fait à*cette occasion, une conférence sur 1' « Aérostation Sportive ».
- M. R. Soreau eu a fait une autre sur les Ballons dirigeables et les aéroplanes.
- Un© vieille querelle. — Charron écrit au Vélo :
- J’ai lu dans vot e journal que M. Winton va venir en France courir la coupe.
- Je serais très heureux de savoir si M. Winton est toujours dans les bouillantes dispositions (naturelles pour un chauffeur) qu’il montra 1 an dernier lors de son retentissant défi.
- L’occasion est belle et j’espère qu’il ne la lais» sera pas échapper.
- Bien cordialement à vous.
- CHARRON.
- M. Lehwess dont nous avions annoncé le prochain départ pour Hong-Kong d’où il devait entreprendre le voyage de Hong-Koug à Paris sur une voiture Koch à pétrole ordinaire, se voit obligé de remettre son « excursion» au printemps de 1901 l’organisation matérielle d’une, aussi vaste entreprise demandant encore quelque temps.
- * ♦
- Pour l’épreuve des i,oco Milles le duc de Port-lând a accordé l’autorisation de passer sur ses terres, sans limitation de vitesse.
- ~
- Nous recevons la lettre suivante :
- GARAGE Paris, le 1” Février 1900.
- DE
- L’AUTOMOBILE-CLUB
- 6, place de la Concorde
- Téléphone : 234.80
- Monsieur,
- Comme suite à la circulaire qui vous a été adressée j’ai l’honneur de vous informer que le garage de l’Automobile-Club sera ouvert à partir du 25 février.
- Je me tiens à votre disposition pour vous donner tous les renseignements dont vous pourriez avoir besoin à ce sujet, ainsi que les conditions do location, de vente et d’entretien-
- Veuiilez agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments distingués,
- Le Directeur du Garage, BASTIEN.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LES AUTOMOBILES POSTALES
- Nos lecteurs se souviennent des essais qui avaient ily a quelques mois été tentés à Paris à l’instigation du ministre des Postes et Té-
- légraphes, pour l’utilisation des automobiles au transport des correspondances. Bien qu’ayant donné des résultats satisfaisants, ces essais n’ont eu jusqu’à présent, tout au moins, aucune sanction pratique. Le coût des véhicules et leur prix de revient
- Automobile postale de Clcveland
- BlIlllllllllllMllnI
- Automobile Postale allemande
- est un obstacle qui ne semble pas près d’être surmonté.
- Dans d’autres pays cependant, le prix de revient n’est qu’une question accessoire qui vient en seconde ligne après la considéra-
- tion des avantages que présente l’automobile sur les véhicules actuellement employés. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, des essais comparatifs ont été faits avec grand soin et ont si bien mis ces avantages en évidence,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- que le nombre des districts postaux utilisant les voitures sans chevaux a augmenté rapidement.
- L’une de nos gravures représente d’après notre confrère Ihe Horseless Age, l’une de çes voitures postales effectuant ses essais à Üeveland. Comme on le voit le temps était plutôt mauvais. Une épaisse couche de neige recouvrait le sol et pendant toute la durée de l’essai, la neige n’a cessé de tomber à gros flocons. La voiture essayée était une Winton à moteur à pétrole à quatre temps ordinaire. Elle avait à effectuer un parcours d’environ 35 kilomètres de rues pavées ou macadamisées, ayant à faire les levées de 101 boîtes aux lettres et de 25 boîtes de messageries. Le temps nécessaire pour accomplir cette tournée avec une voiture à chevaux, dans de bonnes conditions, est de 6 heures. Dans l’essai fait avec l’automobile, dans de mauvaises conditions, le temps fut réduit à 2 h. 27 m. soit un gain de plus de 50 pour 100 sur les temps précédents.
- Il n’est pas d’ailleurs, qu’en Amérique que les pouvoirs publics se sont décidés à suivre la voie du progrès.
- L’administration postale allemande a mis à l’essai une voiture qui circule à Berlin et qui est destinée non plus aux levées de lettres des bureaux auxiliaires au bureau central. Cette voiture de forme spéciale ainsi qu’on peut le voir sur notre gravure, présente à l’arrière un siège à deux places. Tout l’avant est constitué par un grand caisson qui renferme les lettres et se trouve toujours sous la surveillance du conducteur. Ce caisson, d’une capacité de 3/4 de mètre cube environ, s’ouvre sur le côté à Laide d’une double porte. Une galerie permet de placer sur le toit, les petits colis.
- Le véhicule est actionné par un moteur spécial système Loutzky, constitué par deux moteurs accouplés verticaux, entre lesquels passe l’arbre de commande. L’allumage est électrique, refroidissement par ailettes. La vitesse du véhicule peut atteindre 23 km. à l’heure. Le poids total est de 350 kilos.
- Comme on le voit, on se trouve ici en présence de deux problèmes bien différents. On a d’un côté à effectuer la levée des boîtes aux lettres et la distribution de ces lettres, et de l’autre côté les divers transports que nécessite l’expédition de ces lettres : transports des bureaux auxiliaires au bureau central et du bureau central aux différentes gares.
- Pour le premier service qui représente des arrêts fréquents, il ne semble pas que tout au moins dans les villes, l’automobile puisse rendre de grands services; bien que dans certains cas, on puisse ainsi que nous l’avons vu plus haut, réaliser une économie de temps appréciable.
- L’usage de l’automobile est tout indique au contraire pour le second service, et il est à espérer que son emploi s’imposera rapi-
- dement. Si le prix de revient est un. peu plus élevé, cet inconvénient sera largement compensé par l’accélération que l’on pourra donner au service de distribution des lettres, avantage qui n’est certes pas à dédaiQ gner. ...
- R. D.
- LES GROS NUMÉROS EN liELGIOUE
- Alors que la question des gros numéros ou des noms des automobiles est chez nous à l’ordre du jour, — et, entre nous soit dit, l’Administration semble ne pas trop se presser, ce en quoi elle a raison -- il est curieux... et consolant de voir que nos voisins les Belges sont logés à la même enseigne. Ecoutons leurs doléances.
- LA PLAQUE
- Pour Voitures Automobiles et Motocycles
- Cette fois ça y est. Il n’y a plus à en douter. Encore quelques semaines et les automobiles seront dotées de la plaque avant et de la lanterne, a ec disque numéroté, à l’arrière.
- Le projet que nous avons signalé à nos lecteurs, dans notre numéro du mardi 9 janvier est adopté entièrement. Récapitulons les rétroactes.
- La loi du ier août 1899, portant révision de la législation et des règlements sur la police du roulage, disait aux 30 et 40 de l’article premier.
- Toute voiture automobile et tout motocycle sera pourvu do deux plaques placées en évidence, l'une à l’avant l’autre à l’arriére et portant un numéro d’ordre tiré d’un répertoire unique pour tout le royaume. Ces plaques seront délivrées contre payement de leur valeur, par les agents de l’administration à désigner par notre ministre de l’agriculture et des travaux publics ;
- 4° Tout véhicule doit être muni, depuis la chute du jour jusqu’au matin, d’au moins une lanterne bien éclairée projetant la lumière dans le sens de la marche. Les voitures automobiles et les motocycles seront pourvus, en outre, d’une lante, ne fixée à l'ai-rière du véhicule et disposée de manière à éclairer le numéro d’ordre dont il est question au paragraphe précédent.
- L’interprétation de cette ordonnance pouvait être faite diversement.
- De nombreuses infractions étaient à craindre; d’autre part, et, bien plus, le contrevenant avait toute facilité d’échapper le soir au procès-verbal, puisque la lanterne placée à l’arrière pouvait ne pas éclairer suffisamment le numéro de la plaque adjacente.
- Ce doit au moins avoir été la réflexion du gouvernement, paisqu’en date de mardi 30 janvier, le ministre des finances, M. de Smet de Nayer, a signé une circulaire dont la teneur n’apporte aucunp
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- modification avantageuse, puisque le danger de la lanterne fixée à l’arrière du véhicule continue à subsister.
- Voici le texte de cette circulaire :
- V - - -
- En vue de faciliter l’application du deuxième alinéa du § 3° et de>la deuxième phrase du § 4° de l’article premier du règlement général sur la police de roulage, en ce qui concerne le système des pla <ques numérotées pour automobiles et motocycles à combiner avec les lanternes qui doivent éclairer ces plaques, il y aura lieu de procéder comme suit :
- La plaque prescrite à l’avajrt des automobiles et motocycles ne donne lieu à aucune difficulté. Quant â la plaque d’arrière, dont il est question dans l’article précité, elle devra être combinée avec la lanterne mentionnée au môme article ; celle-ci sera placée à demeure et aura sur la face postérieure une plaque en verre opalin, sur laquelle sera reproduit le numéro de l’avant en chiffre d’au moins 10 centimètres de hauteur sur 3 1[2 centimètres de largeur : cette lanterne devra être allumée dès la chute du jour.
- Une lanterne portant une plaque du modèle exigé sera déposée à titre de renseignement au bureau du fonctionnaire qui, pour chaque province, sera préposé à la délivrance des plaques.
- La circulaire est à la signature de M. le gouverneur, qui en avisera immédiatement ses collègues •des autres provinces.
- Quelques détails d’ordre administratif s’imposent pour l’édification de nos lecteurs. La plaque sera de forme rectangulaire, surmontée d’un croissant et occupera une surface d’environ 15 à 20 centimètres de long sur 10 de hauteur. Emaillée en blâne, elle portera en peinture noire vitrifiée le numéro sur la surface du rectangle et les armes de la province dans le demi-couronnement La modification apportée à la loi ne devant probablement entrer en vigueur que le Ier mars, l’insigne se trouvera, à cette date approximative, à la disposition des intéressés dans les bureaux des receveurs des accises des villes et, à défaut de résidence de ces fonctionnaires, dans les bureaux de la douane; Elle sera délivrée contre sa valeur intrinsèque.
- Le gouvernement en signalant, à titré de renseignement, la déposition du modèle de lanterne au bureau du fonctionnaire qui, pour chaque province; sera préposé à la délivrance des plaques, n’entend pas imposer le modèle, mais bien lé disque en verre opalin, appliqué sur la face postérieure et reproduisant le numéro en chiffre; de 10 centimètres de hauteur sur 3 1/2 centimètres de largeur. Le disque seul sera donc officiel.
- Il est entendu que la question de la plaque est indépendante de la question de l’impôt, qui. on le sait, est fixé à 50 francs pour toute voiture au-dessus de 400 kilogr. et à 30 francs pour toute voi-turette oumotocycle. La déclaration de tout véhicule automobile doit être faite dans les bureaux du receveur de contributions du canton où l’on réside du 15 au 31 décembre de chaque année.
- Voilà les nouvelles dispositions légales dans leurs moindres détails arrêtées et signées. Il n’y a doue pas à y revenir. Bornons-nous à constater et à répéter une nouvelle fois que la loi a été rédi-
- gée par une commission incompétente. Cela se passe d’ailleurs régulièrement ainsi.
- En dépit des sollicitations faites par des personnes autorisées, nonobstant les objurgations, les démonstrations les plus claires, mettant en évidence le danger d’in.endie permanent que présente la fixation de ladanterne à l’arrière, en raison même de la situation-à cet endroit des réservoirs à essence, l’intention ministérielle à été immuable. Des exemples nombreux d’incendies résultant de l’approché du réservoir d’objets en igni-tion, n’ont pas convaincu les autorités. Elles attendront peut-être de nouvelles conflagrations. Notons encore que non-seulement il y a du danger pour le chauffeur, mais aussi pour le public, les remises, lieux de stationnement, etc , etc.
- Donc une réforme s’impose. Quand l’aurons-, nous ? *
- {VAutomobile Belge.) ( G. HULIN,
- BIBLIOGRAPHIE
- Vient de paraître Y Agenda. Aide-Mémoire des Arts et Métiers publié par MM. J. Loubat et O 15 Boulevard St Martin. Cet ouvrage est offert gracieusement aux Membres de la Société des Anciens Elèves des Ecoles Nationales d’Arls et Métiers. Chaque feuillet contient l’agenda pour une journée et des formules ou renseignements d’un usage courant? les annoncés industrielles qui y sont intercalées en font un .des ouvrages les plus utiles à consulter pour tous les insdustriels.
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- Nous avons reçu la 3em’ édition annuelle du Pocket Book publié par notre confrère anglais 1 ’Automotor and 'Horseless Vehicle Journal.
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- L’électricité à l’Exposition de 1900, — La librairie Vve Ch. Dunôd, 49 quai des Grands Augustins prépare la publication d’une série de 12 à 15 livraisons, réunies en 2 volumes qui formeront un ensemble de 1000 à 1200 pages format 32v22 , consacrées à l’étude de l’électricité à l’exposition de 1900.
- Cette publication est sous la Direction technique et avec la collaboration de MM E. Hospitalier et J. A. Montpellier.
- Elle comprendra :
- I. — Installations électriques de l’Exposition-
- II. _ Production de l’énergie électrique.
- III. — Transformation de l’énergie électrique.
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- IV. —Canalisations électriques.
- V. — Stations centrales de distribution et de
- transmission d’énergie.
- VI. — Moteurs électriques.
- VII. — Locomotion électrique.
- 'VIII. — Télégraphie.
- IX. — Téléphonie.
- X. — Lumière électrique.
- XI. — Electrothermie.
- XII. — Electrochimie.
- XIII. -- Instruments de mesure.
- XIV. — Applications diverses.
- XV. — Electrolhérapie.
- XVI. — Congrès international des Electriciens.
- Chiquo monographie sera rédigée par des ingénieurs spécialistes choisis à cet effet.
- Documentés aux meilleures sources et illustrés par des dessins joints au texte, les articles insérés dans l’Electricité à l’Exposition de 1900 seront lus avec intérêt et avec fruit par le nombreux public qui s’occupe des applications de l’Electricité.
- Prix do la collection complèto, pour les premiers souscripteurs : 40 fr.
- Le prix do la souscription totale sera perçu ainsi : 10 fr après l’envoi de la première livraison, 10 fr. au 5 juillet 1900, 10 fr. au 5 octobre 1900 et 10 fr. après la réception de la dernière livraison. Les éditeurs se réservent d’augmenter le prix de 40 fr. pour toutes les souscriptions qui parviendront après le 15 juillet 1903. Adresser dès maintenant les souscriptions à la librairie DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, Paris.
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- SOCIÉTÉS
- M. A -L. Cudey et un commanditaire, ont formé une Société ayant pour objet la fabrication et la vente des cardes et des bandages de roues en cardes caoutchoutées. La raison sociale est
- Cudey et Cie
- et le siège social est 84, boulevard Rochechouart, Paris.
- * *
- Il a été formé sous la dénomination Société de fabrication de Bandages démontables (système Ducasble) une Société au capital de 200.000 francs, dont le siège social est à Paris, 23, boulevard Gouvion-Saint-Cyr.
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- Il a été formé une Société dont la raison sociale
- Durey et Bernard
- ayant pour objet la fabrication des moteurs, etc., au capital de 40.000 francs. Siège social, 82, rue d’Hauteville, Paris.
- * *
- Une Société en commandite a été formée entre M. L. Talluel et un commanditaire, pour l’exploitation d’un brevet de moteur à pétrole pris par M. Martial Bergeron. La raison sociale est Société des Moteurs complets Martial-Bergeron
- la signature sociale est L. Talluel et Cie, et le siège social est 85, rue du Château, à Asnières.
- Liste des Brevets d'invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelef, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 289 946. — 15 juin 1899. — Vivinus et Hecht.— Disposition de soupapes de distribution pour moteurs à explosions.
- 289 957. — 15 juin 1899. — Noël. — Nouveau système de refroidissement pour moteurs à pétrole et autres.
- 290 057. — 19 juin 1899. — Schcedelin. — Système de moteur rotatif et rectiligne à pétrole, à gaz explosifs ou à vapeur.
- 290 087. — 20 juin 1899. — Steele. — Perfectionnements aux moteurs à explosions.
- 289 952. — 15 juin 1899. — Société Française d’Automobiles électriques. — Perfectionnements dans les véhicules automobiles-.
- . 289 958. -- 15 juin 1899. — Société Vedovelli et Priestley. — Nouveau système de direction pour voitures automobiles,
- 290 001. — 22 juin 1899. — Baudou. — Dispositif permottant d’obtenir dans les voitures automobiles trois vitesses et la marche arrière au moyen d’un seul levier.
- 290 141. — 21 juin 1899. — Terrot. — Dispositif dénommé instillateur pulvérisant pour le refroidissement des moteurs à gaz et â pétrole.
- 290 166. — 22 juin 1899. — Bourgoin. — Nouveau carburateur pour moteurs fixes et automobiles, sys-Armand Bourgoin.
- 290 191 — 22 juin 1899. — Société Anonyme d’automobilisme (Société détudes). — Carbura-leur pour moteurs à explosions.
- 290 174. — 22 juin 1399. — Heilmann. — Appareil de trammission pour voitures automobiles.
- 290 197. — 22 juin 1899. — Whitney. — Perfectionnements apportés aux véhicules automobiles.
- 293 198. — 22 juin 1899. — Whitney. — Perfectionnements apportés aux véhicules automobiles.
- 290 199. — 22 juin 1899. — Whitney. — Mécanisme de commande pour véhicules automobiles.
- 290 228. — 27 juin 1899. — Malartre. — Moteur pour automobiles, système Malartre.
- 290 293. — 26 juin 1899. —Whitney. — Appareil sécheur de vapeur pour voitures automobiles.
- 293 309. — 27 juin 1899. — Friedman. — Perfectionnements aux automobiles et aux freins applicables à ce genre de véhicules.
- 290 352. — 28 juin 1899. — Fan gère. — Perfectionnements aux véhicules automobiles.
- 290 359. — 28 juin 1899. — Molas, Lamielle et Teissier. — Système d’embrayage applicable plus particulièrement à la transmission du mouvement d’un moteur quelconque aux deux roues motrices d’un véhicule automobile.
- 290 369. — juin28 1 899. — Sauchez-Carmona, Système de différentiel à engrenages cylindriques.
- 290 400. — 29 juin 1899. — Société Gianoli et Lacoste et M. Mercier. — Dispositif de fixation des conducteurs électriques.
- Ü90 441. —5 juillet 1899. — Walton. Carburateur à surface pour pétroles de toutes densités.
- 290 444. — 1er juillet 1899. Deperraz. — Arbre moteur et directeur.
- Directeur-gérant: YUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avemie du Roule, Neuilly-s/-Seine,
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- Septième Année. — N» 8.
- 22 Février 1800
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous lé HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF Q.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau^Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N° 8
- Brevets et voitures Automobiles A. Rodanet.
- Sous l’œil des Barbares Gaston Sentier.
- Automobile-Club de Franco. — Commission spor • tive. — Coupe Gordon Bennett, Course de l’Eventail, record. — Baltotage.
- Touring-Club de France.
- Les Courses de Pau. Les engagements.
- La Coupe des voiturettes du Journal des Sports.
- La course de Côte de la Côte d’Azur Sportive.
- L’Automobile au Champ de. Mars. Liste des exposants.
- Informations. Clubs Automobiles; Courses; Cambriolage chez Kriôger; Mariage de M. G. Ballif: Palmes académiques etc.
- Automobile Colliot, de Soissons. — Moteur à deux cylindres,, — Paul Sarrey.
- Soupaped’admission et carburateur combinés, système Ch. Lemprière.
- Carburateur Parsons.
- Transmission directe à différentiel de la Whit-ney Motor Wagon Co.
- Le siège à soufflet 190!) de L. Bonneville.
- Concours de Photographie de PA. V. C. N.
- Locomotion Aérienne.
- Brevets d’invention.
- ----------4.----------
- BREVETS ET VOITURES AUTOMOBILES
- Dans un article récent (i) M. Gaston Sen-cier signalait avec raison l’extrême difficulté pour un inventeur de se renseigner sur la validité du brevet qu’il veut prendre pour assurer ses droits privatifs :
- « Comment saura-t-il, disait notre confrère, que deux ou trois ans auparavant un autre a revendiqué quelque chose d’identique dans un brevet ayant simplement pour titre : perfectionnement aux moteurs d’automobiles. » Notre inventeur n’a qu’une ressource, se confier à une agence de brevets d’invention; la plupart de ces maisons sont dirigées d’ailleurs par des hommes très compétents et renommés pour leur parfaite honorabilité, mais il leur est très difficile sinon impossible de faire des recherches complètes et de tout voir par eux-mêmes. Le temps et l’argent manquent le plus souvent aux inventeurs et ce
- (1) Locomotion Automobile,- 4 janvier 1900. A propos d’une saisie par Gaston Sencier.
- sont les deux éléments nécessaires pour tenter une recherche utile des antécédents.
- Malgré l’avis des grands spécialistes en matière de brevets, nous avouons être partisan du système de l’examen préalable. L’impossibilité de se renseigner sur la bré-vetabilité d’une invention soi-disant nouvelle, le grand nombre de brevetés déboutés de leurs demandes en contrefaçon, parce qu’il est trop aisé de prouver le défaut de nouveauté, sont des arguments dignes d’être pris en considération,
- En fait les inventeurs se soumettent volontairement à l’examen préalable et les partisans les plus ardents de la nôn intervention de l’Etat dans l’appréciation de la brévetabilité ne manquent pas en pratique de conseiller à leurs clients de demander le brevet allemand, à seule fin d’avoir, s’ils l’obtiennent, un titre, qui ait une valeur réelle et qui puisse être une arme sérieuse dans un procès en contrefaçon.
- C’est une pratique constante de s’adresser à l’Allemagne ou à l’Amérique pour apprécier le réel intérêt d’une invention.
- L’examen préalable ne signifie pas d’ailleurs l’arbitraire administratif. La loi allemande du 7 avril 1891 en confiant l’étude de la demande à un tribunal composé de juristes et de techniciens, en permettant à l’inventeur de faire valoir ses moyens de défense et en lui ouvrant l’appel devant le tribunal de l’Empire, a respecté les droits individuels.
- Il serait déplorable de confier la délivrance de titres de propriété à un chef de bureau, il est très respectable de s’en rapporter à des magistrats, chargés d’apprécier la validité d’un droit.
- Nous savons que l’examen préalable ne met pas complètement l’inventeur à l’abri d’une nullité ou d’une déchéance ; mais en fait c’est une puissante garantie et une presque certitude de la validité du brevet. C’est en arrêtant des demandes mal fondées, épargner bien des déboires et des dépenses inutiles.
- En attendant que notre système de brevets soit réformé dans le sens allemand-nous ne saurions trop conseiller aux inventeurs de moteurs pour automobiles, matière
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- où la confusion est si grande, de consulter destechnicienscompétents avant de prendre des brevets presque toujours nuis et sans valeur.
- Albert RODANET,
- Docteur en Droit,
- Avocat à la Cour d’Appel.
- SODS L’ŒIL DES BARBARES
- Tous les chauffeurs qui ont pratiqué l’automobile, sous une forme quelconque, aux temps héroïques où les motos et les autos étaient de nouveaux venus dans la circula' tion et excitaient à ce titre, dans notre pays essentiellement misonéiste, à la fois la curiosité, l’envie et la haine, se souviennent de leurs tribulations d’alors. On ne pouvait guère, a cette cette époque encore bien peu lointaine, sortir dans Paris sans risquer des aventures de toutes sortes. On était sous l’œil des barbares. Quand on roulait on avait à se défendre contre les cochers qui vous lançaient des injures et contre les voyous qui, dans certains quartiers, menaçaient de vous faire un mauvais parti. En cas de panne c’était terrible. On était immédiatement entouré par cinq cents badauds qui vous bousculaient pour mieux voir •votre véhicule et ne vous épargnaient pas les quolibets.
- Je me souviens, pour ma part, dans cet ordre d’idées, de certaines sorties qui furent plutôt mouvementées, bien que je n’eusse qu’un modeste tri. Cela ne faisait, après tout, qu’un attrait de plus pour le sport nouveau.
- Maintenant tout cela n’est guère qu’un souvenir. Si les cochers sont trop souvent encore, sauf d’heureuses exceptions, des brutes malfaisantes et hargneuses, leur antipathie s’est émoussée par l’accoutumance. L’automobile est devenue un sport plus noble pour eux depuis qu’il existe des Cochers « qui en font », De plus quelques uns de ces conducteurs de nobles bêtes ont rencontré sur leur chemin des chauffeurs bien musclés et peu endurants qui leur ont montré parfois qu’un vulgaire bourgeois peut avoir la poigne solide. Tout cela a produit la sorte de paix relative dans laquelle nous vivons aujourd’hui avec ces Messieurs du fouet. Quant aux badauds ils ont déjà tant vu d'automobiles en panne que cela ne les intéresse plus.
- Ils passent maintenant en haussant les épaules et en se bornant à dire que « c’est des sales outils ». Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et la
- France entière est maintenant à peu près habituée aux véhicules sans chevaux,
- Mais, si les choses en sont là dans notre pays ce n’est pas du tout la même chose en dehors de nos frontières.
- Je ne sais plus qui me racontait avoir fait il y a déjà longtemps, avec trois de ses amis, un voyage à motocycle dans une des provinces les plus sauvages de l’Espagne. Il n’y avait, naturellement, que des routes impossibles, avec deux grandes ornières tenant le milieu du chemin.
- De temps en temps on rencontrait de lourds chariots, attelés de mules et roulant dans les deux fameuses ornières. Les conducteurs dormaient. On donnait un coup de trompe pour les avertir. lisse réveillaient mais ne bougeaient p2s. Nouveaux coup de trompe. Ils débitaient alors une effroyable série de ces injures ignobles dont la langue Castillane a le secret mais ne livraient pas encore le passage. Encore des appels de trompe.
- Les muletiers tiraient leurs couteaux, leurs navajas classiques.
- Immédiatement les chauffeurs, qui connaissaient le cérémonial, mettaient le revolver au poing. Les Espagnols rengainaient leurs coutelas et se rangeaient en grognant. On passait alors fièrement à côté d’eux, le doigt sur la gâchette du Smith et Wesson, prêt à tirer et l’on se mettait bien vite à distance pour recommencer à la prochaine rencontre. C’était plutôt du sport gai.
- Georges Prade nous avait déjà dit, dans ses amusants articles du Vélo relatifs à son tour d’Europe en voiturette, que le revolver continue à être, dans certains pays, un indispensable compagnon de route et que le chauffeur égaré dans ces régions inhospitalières peut s’y attendre à tout. Voici aujourd’hui que, dans la Belgique Automobile un très sympathique chauffeur belge, le baron Pierre de Crawhez nous raconte, avec beaucoup d’humour, le voyage qu’il a fait de Rome à Naples avec sa voiture la Dévastation, une ancienne voiture de Charron qui n’a rien perdu de ses qualités en changeant de propriétaire. Le récit vaut d’être lu. Il est charmant.
- On s’arrête d’abord à Térésina. Toute la population accourt « criant, hurlant, infec-« tant l’air de sa puanteur de bêtes sau-« vages et cherchant à voler les valises, cou-« vertures, etc. Heureusement l’infect ca-boulot possède une remise. A peine y suis-« je entré, dit Pierre de Crawhez, que la « meute de chiens enragés se précipite à « l’intérieur. Pas moyen de la faire sortir. « A la fin, à moitié asphyxié et furieux, « j’administre coups de pied et coups de » poing au hasard. Immédiatement toute la « crapule se sauve, car elle est aussi lrche « que voleuse. Naturellement, j’ai constaté « la disparition de plusieurs objets.......
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- « Nous quittons donc cette ville au milieu « des cris et aboiements de la populace. « Ces gredins, véritables sacs à puces et à « vermine, empoisonnent vraiment l’air. Le « soleil, tapant sur ce tas d’immondices vi-« vantes, en fait sortir des émanations qui « vous donnent des nausées. Et tous sont « là, la main tendue, l’œil aux aguets, espé-« rant pouvoir vous voler quelque chose « dans un moment d’inattention. Je jette « mon cigare, complètement écœuré. Aus-« sitôt une dizaine d’individus, sortes de « brigands, se précipitent à terre et un com-« bat s’engage. Pendant ce temps-là de « vieilles femmes, dont la peau ressem-« ble plutôt au cuir d’un éléphant, me ti-« rent par les bras, fourrent leurs mains « dans mes poches et me harcèlent telle-« ment que je finis par leur allonger des « coups de poing. La voiture est heureuse-« ment prête à partir. Le bruit du moteur « les fait reculer. Elles croient sans doute « que c’est le diable. Je profite de ce mo-« ment pour démarrer pendant qu’Eugène « distribue, à gauche et à droite, avec un « bidon vide, de formidables horions. Enfin « nous voilà partis. Il était temps! on serait « littéralement déchiqueté par cette popu-« lation de brutes. »
- Mais je m’arrête. Il faudrait tout citer. Plus loin nos voyageurs traversent au pas une petite ville, un jour de marché, suivis par une bande de loups affamés, mendiants et vieilles femmes poussant des cris d’oiseaux de proie qui viennent de trouver un butin. On s’arrête une seconde. Les chauffeurs sont assaillis. « Que faire, dit le nar-« rateur, au milieu de ces brutes qui vous « arrachent presque de votre voiture? Si « on se laisse faire ils prennent jusqu’à vo-« tre chemise. Si on tape trop fort dessus, « on risque d’être écharpé. Je vous affirme « que je n’exagère pas. Il ne faudrait « pas longtemps avant qu’ils vous aient « estourbis. »
- Et le voyage continue jusqu’à Gaëte où la populace enfonce la porte de la remise dans laquelle la voiture est garée. La ville entière y passe. Tous les voyous du pays grimpent dans la pauvre voiture et la tripotent sans vergogne. Le baron de Crawhez trouve deux gendarmes à chacun desquels il donne cent sous pour qu’ils fassent évacuer le local envahi. Les gendarmes expulsent la foule, empochent l’argent mais déclarent qu’ils ont besoin d’aller ailleurs. Enfin tout finit bien grâce à un aimable colonel qui place un factionnaire devant la remise et sauve ainsi la situation.
- Je ne sais si le b ron Pierre de Crawhez exagère ou non ses tribulations de voyage. L’essentiel c’est qu’elles sont contées dans un style charmant parce qu’il est sans prétention, avec beaucoup d’esprit et de bonne humeur. Espérons que les chauffeurs ita-
- liens, dont le nombre s’accroît chaque jour, auront bientôt fait d’habituer ces populations ignorantes à la vue des automobiles et qu’ils ouvriront ainsi leur pays au grand tourisme international.
- Gaston SENCIER.
- AUTOMOBILE CLUB DE FRANCE
- Commission Sportive. — La commisssion sportive de l’Automobile Club de France a décidé qu’elle se réunirait les premiers mercredis de chaque mois.
- Coupe Gordon-Bennett. — La commission a arrêté ainsi l'itinéraire de la Coupe Gordon-Bennett, comme nous l’avions déjà indiqué :
- Bas de la côte de Suresnes (départ), Etampes, Pithiviers, Montargis, Nevers, Moulins, La Palisse, Roanne, Lyon. Soit environ 550 kil.
- Comme suite à une demande faite par l’Automobile Club d’Amérique, la commission a décidé qu’elle ne prendrait aucune responsabilité au sujet du garage des voitures étrangères prenant part à la Coupe Gordon-Bennet et que celles-ci seraient remis les au choix et au risque des intéressés.
- La Course de l’Eventail. — Ex-course de l'Etoile. — La commission Sportive de l’A. C.
- F. a adopté en principe le projet d’itinéraire proposé par Pierre Giffard pour la grande course organisée par l’Automobile Club de France et a décidé que cette course s’appellerait, par suite de la forme même du tracé géographique de l’itinéraire : la Course de l’Eventail au lieu de la course -de l’Etcile.
- Le parcours détaillé sera donné ultérieurement.
- Il sera de J900 km. environ.
- Le droit d’entrée a été fixé :
- 200 francs pour les voitures;
- 100 fr. pour les voiturettes ;
- 50 francs pour les motocycles.
- Les engagements peuvent dès maintenant être envoyés au siège social de l’Automobile Club de France, 6, place de la Concorde, et seront reçus
- jusqu’au 1er juillet.
- Du ier au ie> juillet, il sera perçu un droit double des prix indiqués ci-dessus.
- Les engagements reçus à ce jour sont :
- 1. Le chevalier René de Knyff ;
- 2. Charron;
- Girardot ;
- 4. Yoigt.
- Guy des Aunaies.
- Records homologués. — La commission sportive a aussi hom'ologué les derniers records de MM. Fossier et Béconnais que nous avons publiés dans nos deux derniers numéros, l’un pouf bicyclette à pétrole et l’autre pour motocycle.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Scrutin de Ballottage du 7 février 1900.
- Nombre exact desmembres à ce jour: 2.261. MM. Maurice Gorgeu, 114. avenue Wagram ; M. Hugues Gerstel, 87, rue Taitbout.; M. Henry Guibert, propriétaire, 133boulevard Haussmann; M. Théodore Bena\et Conseiller général de l’Indre. 84, boulevard Malesherbes ; M. Edouard Luckemeyer, rentier, 41, avenue de l’Alma ; M. Morton Mitchell, rentier, 18, rue Boissière ; M. Edme Sommier, industriel, 57, rue de Pon-thieu ; M. Emmanuel Laurens, 3, rue de Traktir.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- La nouvelle Corniche
- La Nouvelle Corniche est comme on le sait la route qui doit relier Cannes à Saint-Raphaël en suivant le rivage de la mer. C’est le Tounng-Club de France qui en a eu l’initiative, et pour cela a voté une souscription de 42.000 francs.
- Cette route, qui côtoiera sur tout son parcours les forêts, les rocs et les rivages si pittoresques de l’Estérel sera assurément, par la variété de ses aspects, leur caractère abrupt et sauvage, la plus intéressante et la plus favorable au tourisme.
- Les travaux coûteront 214.000 francs, souscrits pour la presque totalité par i’Etat, les Départements et les Communes, l’Automobile-Club et le Touring-Club. Il manque encore unô vingtaine de mille Jrancs, pour lesquels il est fait appel au concours de tous les touristes, si nombreux sur la Côte d’Azur et si intéressés à la réalisation immédiate de ce grand projet.
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- LA SEMAINE DE PAU
- LES ENGAGÉS
- La liste des engagements a été close Dimanche soih
- Voici les noms des concurrents :
- I. — Circuit du Sui-Ouest
- GRAND PRIX DE PAU
- Voitures
- L Et. Giraud, 22 chevaux;
- 2. R. de Knyff, 16 chevaux;
- 3. Gilles Hourgières, 12 chevaux;
- 4. Boson de Périgord, 12 chevaux;
- 5. C. Loraine Barrow, 12 chevaux;
- 6. F. Charron, 12 chevaux;
- 7. L. Girardot, 12 chevaux;
- 8* Pascault, 15 chevaux.
- 9. Secresfat. 12 chevaux.
- Amateurs
- 10. Guillemin.
- PRIX DU PALAIS D’HIVER
- Motocyeles
- 1. Marcelin 5 à 6 chevaux;
- 2. Gasté, 4 ch. 1/2;
- 3. Béconnais, 5 à 6 chevaux;
- 4. V. Rigal, 5 à 6 chevaux;
- 5. Bàras;
- 6. Osmont, 4 chevaux;
- 7. Bertin, 4 chevaux;
- 8. Magendie.
- 9. Géo, 3 chevaux ;
- 10. A. Martin, 4 chevaux ;
- 11. Villemain ;
- 12. Delisle ;
- 13. Labadie ;
- 14. Poujardieu, 4 chevaux.
- Motocyeles amateurs
- 15. H. Meyer, 6 chevaux ;
- 16. Cormier;
- II. — Course des Touristes
- PRIX DE LA PRESSE
- Voitures à 2 places au-dessus de 400 kg
- 1. René de Knyff ;
- 2. C. Loraine Barrow ;
- 3. Pascault ;
- 4. Secresfat ;
- 5. Bozon de Périgord.
- PRIX DU COMMERCE PALOIS
- Voitures à 2 places au-dessous de 400 kg.
- 1. J. Guillemin;
- 2. Meyer;
- 3. Duluo.
- 4. Bord Peugeot.
- PRIX DES CERCLES
- Voitures a 4 places au-dessus de 400 kg.
- 1. Rigby Knowles ;
- 2. A. Clément ;
- 3. Comte Louis de Lasbases.
- PRIX DE L’AUTOMOBILE CLUB BEARNAIS
- Voitures à 6 places et au dessus
- 1. Bergeon;
- PRIX DE l’automobile CLUbJdE FRANCE Voiturettes au-dessous de 400 kilos
- 1. De Segeer;
- 2. Albert Chain;
- 3. Cornilleau ;
- 4. Tart ;
- 5. Labadie.
- 6. Schmidt.
- 7. Roudier.
- PRIX DU PALMARIUM
- Motocyeles
- 1. Ë. Barron;
- 2. Prat d’Oloron;
- 3. Barrés ;
- 4. H. Meyer ;
- 5. Robert Dupré ;
- 6. Prat-Dumas ;
- 7. Cormier ;
- 8. Rendu.
- 0. Laurent Saint-Genis.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le Circuit du Sud-Ouest
- Voici l’itinéraire exact de la grande course de vitesse dite Circuit du Sud-Ouest :
- Pau, Tarbes, Vie, Maubourguet, Riscle, Aire, Grenade, Saint-Sever, Saint-Eulalie, Cauna, Sou-prosse, Taîtas, Pontoux, Dax, Saint-Vineent, Saint-Etienne-de-Bayonne, Pevrehorade, Orthez, Pau.
- C’est donc une espèce d’arc que l’on décrit au-dessus de Pau et dont Bayonne à Pau est la corde avec la route de la vallée du Gave.
- Les routes sont excellentes, les côtes, aseez faibles dans la première partie du parcours où l’on escalade les derniers contreforts du plateau de Lannemezan, sont nulles de Bayonne à Pau.
- C’est d’ailleurs dans cette partie qu’au début de 1899 Lemaître et Rigal firent du 61 ù l’heure, ce qui n’était pas banal pour l’époque.
- * *
- Nous avons d’autre part reçu la lettre suivante :
- Je lis dans votre numéro du 8 Février. La semaine de Pau annonçant les engagements de la course d,Automobiles qui doit avoir lieu de 22 au 27 courant.
- Je vous prie de vouloir bien annoncer que je mets à la disposition à titre gracieux de mon Garage (Manège) pouvant contenir 30 voitures environ, a tous les courreurs, agréez etc.
- N. Dubernet
- 25, Place Gramont et 25, Rue Tran.
- Pau.
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- LA COURSE DE COTE
- de la Côte d’Azur Sportive
- L’épreuve annuelle de motocycles de la Côte d’A-zur Sportive est transformée, cette année, en course de côte ouverte à trois catégories, suivant les règlements de l’Automobile-Club de France.
- 1° Les voitures pesant plus de 400 kilos et portant au moins deux voyageurs côte à côte ;
- 2° Les voiturettes pesant moins de 400 kilos ;
- 3° Les motocycles pesant moins de 250 kilos.
- Cette épreuve aura lieu le 8 avril prochain, sur la côte de l’Estérel (avec départ de Cannes).
- Le total des prix n’est pas encore arrêté.
- Parmi les prix, trois médailles vermeil, argent et bronze, de l’Automobile-Club de France.
- LA COUPE DES VOITURETTES
- DU
- JOURNAL DES SPORTS
- Voici la liste des engagements déjà reçus par notre confrère Tampier :
- Voiturette avec moteur à refroidissement par eau Série A. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos :
- 1. Hertel Pornichet-les-Pins
- g. Teste-Moret Lyon
- Série B. — Voiturettes do 250 à 500 kilos :
- 1. Stépho Paris
- 2. Hugo Paris
- 3. Teste-Moret Lyon
- Voiturettes avec moteur à refroidissement à air
- Série C. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos :
- 1. Schrader Paris
- 2. Thierry —
- Série D. — Voiturettes de 250 à 500 kilos :
- 1. Van Berendonck Paris
- Bappelons que cette course se fera le 11 mars, sur le parcours FarisRouen et retour en une seule étape. Droit d’engagement, 10 francs.
- Aller. — Saint-Germain, Ecquevilly. Flins, Mantes, Bonnières, Vernon, Gaillon, Pont-de-l’Arche, Rouen (virage), Place de l’Eglise.
- Retour. — Rouen, Boos, Fleury-snr-Andelle, Ecouis, Saint Clair-sur-Epte, Magny-la-Villeneuve, Puiseux, Ponloise, Conflans. Saint-Germain.
- Chaque voiturette doit porter 2 personnes et les poids sont comptés en ordre de marche.
- LA CLASSE 30
- au Champ de Mars
- Voici la liste des ëxposants qui ont retenu un èm placement dans le palais réservé à la carrosserie, au charronnage, aux automobiles, au Champ de Mars, telle qu’elle a été arrêtée à la date du 1er février :
- CARROSSERIE ET CHARRONNAGE
- Bail aîné, Bail jeune frères, Bedel, A. Belvallette et Cie, Binder, Henry Binder, Boulogne, Bourgeois, Buat, la Carrosserie industrielle, Chambre syndicale des. ouvriers de la voiture de Rouen, Chaumétre, Delaugère et Cie, Ducroiset, Faurax, Felber, Fieu, reau, Girard, Grimmer et Cie, Guérin, Guiet, Hu-ret, Jeantaud.
- Kellner et ses fils, Labourdotte et Cie, Lagogué, Leffroy. Lemaître, Muhlbacher, Raguin, Renault Alphonse, Rétif, Rheims Auscher et Cie. Vanvoo-ren, Cie Générale des voùures, Association des Ouvriers en voitures, Beaufils frères, Breteau, Eymin frères, Larochette. Le Chevalier, frères, Lemoine Jules, Lumet, Maleval et Vacher, Marcou, Morel, Moret-Thibaut, Rivière fils.
- AUTOMOBILES
- Ader, Baille Lemaire, Barriquand et Marc, Bidault et Froment, Bégot et Cail, Bollée Amédée Fils, Bollée Léon, Brosse et Cie, Brouhot, Brulé et Cie, Cambier et Cie, Chaboche, de Chardonnet, Chauveau, Chenard, Cohendet, Commelin-Rassi-nier, Cie des Moteurs Cote, Cie des Moteurs Hen-riod, Cie Française des moteurs à gaz, Cie Française des voitures électromobiles.
- Dalifol et Thomas, Darracq et Cie, Delahaye et Cie, de Diétrich et Cie, de Dion-Bouton, Doré et Cie, Dupont, Durey-Sohy, Faugère, Ochin et Dan-gleterre, Gaudon, Gurdner-Serpollet, Gautier Louis, Gros et Cie, Hidieu, Hugot, Labbé de Montais, Le Brun et Cie, Legros, Lepape, Lufbery, Marot Gar-cjon et Cie, Müdé et Cje, Pan!?;, Piat et FougerpJ,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Renault Frères, Ripert, Roch Brault, Rochet-Schneider.
- Sociétés l’Aster, Audibert-Lavirotte, Panhard et Levassor, des automobiles Peugeot, des automobiles Mors, des automobiles Koch, des moteurs Crouan, La Minerve, des moteurs Scotte, Européenne d’automobiles, Française d’automobiles, des moteurs Gobron et Brillié.
- Société parisienne d’automobiles, Société des voiturettes Créanche, Société des voitures B. G. S., Teste Moret, Tourey, Turgan et Foy, Vallée, Ve-dovelli et Priestley, Vermorel, Wehrlé et Godard Desmarets.
- MOTEURS
- Le Rond, Arnaud Marot.
- CYCLES ET AUTOMOBILES
- Compagnie française des cycles et automobiles (Ont ray), Compagnie générale des Cycles et Automobiles (Rochet-PetitJ, Compagnies des autos et cycles Hurtu-Dihgeon, Société dos établissements Georges Richard.
- CYCLES ET MOTOCYCLES
- Barré, Barrière et C°, Bergeron et Talluel, Bosse et Harnond, Boonen, Chavanet Gros Pichard et Ce, Chapelle (La Métropole), Clément, Couturier et C°, Daunav, Duprossoir, Fleuret, Fouillaron, Gomme-rot et fils, Goujon frères, Goyon, Guiéhard, Hanzer frères, Kreutzberger frères, Lamaudiére et Labre, Lavigne, Les fils do Peugeot frères, Minard Bla-dron.
- ÎSoé Boyer, Petitjean et Sevette, Plancq, veuve Pierre Plasson, Prunel, Richard et Ca, Raffat de Bailhac, Rossel, Société des établissements Sage, Société Gladiator, Terrot, Vergina et C6, Vincent Eugène, Werner, Société de la bicyclette pliante, Bastaert, Trepeau, Lagarde et Diard.
- DIVERS. ACCESSOIRES, [PIÈCES DÉTACHÉES
- Caron, Cohn, Désareines, Falconnet Perrodeaud et Cie, Fortin, Leloup, Loubiére, Michelin, Partin, Vauzelle, Morel et Cie, Vinet, Abramé, Aubry, Bail, Pozzi-Barlion, Bellair et Burnouf, Bertrand, Brosse et Cie, Clément-Dunlop, Coimeur, Curtil, Daban, Dard, Dardelet, Didier Lemaire, Dupont Louis, Dupont Théophile.
- Gérard, Gouverneur, Grouazel, Grouvelle et Ar-quembourg, Gueldry, Hannojmr, Hauzer, Lallement et Cie, Lehut, Lemoine, Louis, Lobin, Malicet et Blin, Marchand Bernard, Martin Maitte et Huber-land, Mathiêre, Maudière, Paulin, Monnier Seitert et Pommeret, Moreau, Paquet.
- Perry, Piat et ses fils, Pratz, Rigoult, Rossel Wetzel, Roux Debrade. Sclaverand, Société industrielle des Téléphones, Usine des Ressorts du Nord, Sohv, Thiercelin et Boissée, Tourneau, Vermot, Vital Bonhours, V. Crosse et Cie, Darracq, Givart, Chamerov, Lefrôre, Lepine, Thiéry de l’Ecluse, Chambre Syndicale des ouvriers plaqueurs, Benoit, Callot, Cheney, Devilliard, Dufour, Gandonnière, Hilbert, Lagand, Mervillo, Pigeonnet, Prudhomme Robert, Vve Roger-Durand, Rose, Simon, Tarudo.
- Association des ouvriers lantornierg, Bassée Michel, Bernard, Biômond, Billy, Blériot, Boas Ro-drigues de Boisgrollier, Boymien et Crct, Caplain Berger, Carénon, Clarence, Clément, Cousten, Conte Cosset, Delasallo, Derouge, Dinin, Ducellier, Du-plan‘ Chaligné, Gall, Henry; Laurent Collas, Lefèvre, Mme Lockert, Long, Maître Fonclause, Mercier, Muller, Noiraud,-Oury,- Prioux, Renault, Sir-coulon et Amstutz, Société Edeline, Société Hut-
- chinson, Charny, Taillandier, Teste’ Torrilhon, Trou, Lamplugh, Baudry de Saunier, Longuemarre Leroy,
- La surface demandée par tous les exposants atteint 25.000 mètres, et il n’y ena que 4,000 disponibles !
- INFORMATIONS
- Dîner d’adieu. — L’Automobile-Club Anglais a donné un dîner d’adieu au major R.-E. Cromp-ton, membre du comité du club, qui va partir pour le Sud-Africain avec un détachement de mécaniciens électriciens et quelques véhicules de petit modèle.
- Un Automobile Club à Florence. — Après Turin, les chauffeurs de Florence eux aussi ont voulu avoir leur Automobile Club. Celui-ci est constitué depuis la semaine dernière et son bureau est ainsi composé :
- Le prince Pietro Strozzi, président ; le marquis Lorenzo Ginosi, vice-président; le comte Edoardo Saint-Giorgio, secrétaire; le marquis Ernesto Cor-sini, trésorier ; le marquis Carlo Ginosi, trésorier ; le duc Leone Strozzi, le marquis Antonio délia Stuya, le marquis Ridolfi Rodolfo, M. Alfredo Ca-p ellini, membres du Comité.
- Automobile-Club Suisse. — L’assemblée générale de l’A. G. S. a eu lieu samedi soir, 27 janvier, sous la présidence de M. A. Térond, vice-président, M. Naville, présidents, étant fait excuser pour cause de maladie.
- Fondé en novembre 1898 sur l’initiative de 6 personnes, le Club comptait le jour de l’assemblée constitutive 52 membres, qui ont été nommés membres fondateurs de l’A. C. S, Le 31 décembre 1899 so^ une année après sa fondation l’A. C. S. compte 300 membres.
- L’A. C. S. a déjà installé 13 délégués dans diverses régions de la Suisse et 34 hôtels et 2 mécaniciens. Le recrutement en est encore un peu difficile, l’automobilisme étant à son enfance dans ce pays, mais nous ne doutons pas que l’année 1900 ne soit un véritable réveil pour cette industrie.
- Le point important obtenu par l’A. C. S. est le règlement de police sur la circulation des routes et rues. Le projet étudié et soumis au Département de Justice et Police a été accepté en grande partie, et l’assemblée a appris avec plaisir que les cantons de Vaud, du Valais et de Genève l’ont accepté.
- Quelques petites modifications aux statuts ont été présentées à l’assemblée et acceptées de suite, ce sont les suivantes :
- i° Acceptation des candidatures de dames, parentes d’un membre de l’A. C. S.
- 20 L’adresse définitive du siège social de l’A,
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- C. S. dont les locaux sont situés 2, rue de Hesse, à Genève.
- 30 Le remplacement du secrétaire-général, M. Edouard Monod, par M. Ferderer.
- 4° L’admission comme membres du comité de MM. Ernest Audéoud et Edouard Bruel.
- Les taxes automobiles. — En Belgique, L’Automobile-Club des Flandres vient d’adresser à la députation permanente de cette province une pétition demandant que la taxe provinciale sur les automobiles soit réglée comme suit : 25 francs pour les voitures pesant moins de 300 kilos; 50 francs pour les voitures pesant plus de 300 kilos
- Actuellement les chauffeurs belges paient 15 fr. par roue.
- D’après une récente statistique, il existait en 1899 dans la Flandre orientale, 33 automobiles, dont 12 à trois roues et 21 à quatre roues.
- En Italie, la taxe est particulièrement douce : « 20 francs pour les machines ou appareils assimilés aux vélocipèdes avec moteur mécanique ».
- Cette dernière catégorie comprend les moto-cycles et les voitures automobiles.
- Courses à Spa. — A l’occasion du meeting de Spa le Comité d’organisation a décidé une course d’Automobiles sous le patronage de l’Automobile-Club de Belgique, du 26 août au ier septembre avec 20 000 francs de prix.
- Signalons aussi une course de ballons montés avec 10 000 francs de prix.
- L’Automobile et la neige. —- Le Daily Mail rapporte que, pendant la tempête de neige et de vent qui a sévi en Angleterre, les chevaux ont beaucoup souffert ; à un certain moment la neige ayant atteint subitement l’épaisseur de 15 à 17 centimètres, les cabs et autres voitures traînées par les nobles bêtes ne purent avancer. Or, à la stupéfaction générale, quelques automobiles circulèrent sans gêne aucune, donnant ainsi la leçon du progrès qu’elles réalisent sur la traction animale.
- Eu Hollande. — L'Automobile Belge reçoit de M. W. Aertnijs, le distingué secrétaire du Nederlandsche Automobiel Club, quelques nouvelles intéressantes.
- Contrairement aux prévisions, il n’y aura qu’une seule et unique Exposition d’Automobiles et de Cycles qui se tiendra à Amsterdam vers le mois de mai.
- Le show hollandais sera organisé par la Nederlandsche Rijwiel Industrie, le cercle automobile s’étant rallié au projet de la N. R. Cette exposition aidera beaucoup à l’extension de l’automobile. On compte sur un contingent d’au moins xoo voitures exposées.
- Le comité du N. A. C. s’est réuni, il y a quelques jours, et après avoir adopté quelques propositions d’ordre intérieur, a décidé d'accepter l’offre par laquelle le comité de l’Exposition mettait un emplacement à sa disposition. En consé-
- quence l’Association Automobile sera représentée à l’Exposition.
- A l’effet d’encourager l’industrie automobile, le cercle a voté la distribution de récompenses pour le constructeur qui aura exposé le plus grand nombre de voitures, pour celui qui aura la plus belle voiture et enfin pour celui qui sera représenté par le plus grand assortiment de pièces détachées et d’accessoires.
- Un cambriolage automobile. — Une curieuse tentative de cambriolage a eu lieu ce* jours derniers à Levallois-Perret. Les circonstances dans lesquelles elle s’est produite, sont à la fois si originales et si bien dans la note du jour qu’elle vaut les honneurs d’une description détaillée. On avait déjà vu des cambrioleurs filer après avoir éventré des coffres-forts et même déménager consciencieusement des mobiliers complets, on n'avait jamais encore vu essayer d’enlever des automobiles, et qui mieux est, des automobiles électriques, non pas en les poussant ou en les attelant à de vulgaires nobles bêtes, mais en mettant le courant sur la dynamo, et en démarrant à bonne vitesse.
- C’est à la Société française d’automobiles qui exploite les brevets des voitures électriques Krié-ger, et qui occupe de vastes hangars et des bâtiments, 80, rue Danton, que s’est produite l’affaire. La Société française d’automobiles est contiguë à la Carrosserie Industrielle, et l’ensemble des bâtiments et des hangars est assez considérable, rempli de voitures en constructions, voitures de tous systèmes, mais principalement de voitures électriques.
- *
- Aussi toutes les nuits un gardien nommé Barra fait-il six rondes de 7 heures du soir à 7 heures du matin, soit une ronde toutes les deux heures. La ronde dure d’ailleurs à elle seule 45 minutes. Le gardien est muni d’une lanterne et d’un revolver.
- Cette nuit-là, c’était le 8 février. Barra avait commencé sa quatrième ronde à une heure et demie du matin, car pour plus de sûreté encore, on change l’heure des rondes chaque soir. Au moment de la commencer, Barra dut s’absenter un moment, il posa sa ceinture et son revolver et au bout de dix minutes lorsqu’il revint les prendre, un individu embusqué dans l’ombre sauta sur lui par derrière et lui porta un coup de tire-point, en criant à un petit garçon qui faisait le guet : « Saute-lui dessus aussi. »
- Par bonheur, le coup de tire-point glissa, Barra put d’un vigoureux coup de pied en arrière se débarrasser de son antagoniste et tout en criant :
- « A l’aide ! A l’assassin ! » courut rechercher son revolver.
- Il sortit ainsi dans la cour et quelle ne fut pas sa stupéfaction quand il y vit deux voitures électriques qui un moment auparavant étaient encore en charge. Quelqu’un avait coupé le courant, fait de la marche arrière, les voitures étaient sorties dans la eour et deux individus grimpés sur cha-
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- que siège s’apprêtaient à mettre en marche le courant, par le commutateur, en véritables mécaniciens, à faire marche avant, et à filer dans la rue par le portail dont les deux battants étaient déjà ouverts.
-
- Aussitôt Barra sauta, pour ainsi dire, à la tête, non pas à la tête du cheval absent, mais de la première de ces voitures qui était un coupé.
- L’autre était la voiture de service de la maison.
- En voyant le gardien, le cambrioleur-conducteur du coupé sauta lestement à terre, mais, soit à dessin, soit par hasard, accrocha la clef du commutateur placé dans le système Kriéger sous la direction...
- La voiture bondit en avant, renversa Barra, le coucha sur le sol et l’aurait infailliblement aplati, si elle n’avait heurté en même temps la porte de l’atelier d’où elle sortait, porte qui la cala, non sans un tintamarre formidable de vitres brisées
- On accourut. Des voisins descendirent et dégagèrent Barra, mais de voleurs plus l’ombre. Au coin de la rue dispara:ssaient six ombres, nos six individus qui filaient à bicyclette, et en mettaient tant que ça pouvait !
- On ne les a jamais revus. On trouva simplement dans une voiture tous les effets des veilleurs de nuit, et dans l’autre des harnais volés chez Guiet.
- En outre, les bureaux avaient littéralement été mis au pillage et sous chaque meuble avait été placée une briquette allume-feu.
- Voilà une expédition fin-de-siècle bien conduite. Le cambrioleur-chauffeur, il ne manquait plus que cela ! {Le Vélo. —Georges PRADE).
- La course de Lemaître. — Nous avons annoncé jadis que M. Lemaître se proposait d’organiser une course originale réservée aux membres de l’A.C.F. accompagnés d’une dame. En voici le curieux réglement :
- < La course aura lieu en juin, un jour de semaine. Le parcours sera Paris-Epernay ou Paris-Reims. Il n’y aura pas d’engagements. La course se fera par invitations. Les concurrents, qui devront tous piloter des voitures, seront répartis en trois catégories :
- i° Deux places (dont une dame) ;
- 2° Quatre places (dont deux dames au minimum) ;
- 3° Six places (dont trois dames et plus), le nom. bre de dames devant toujours être au moins la moitié du nombre total des voyageurs.
- « Les voitures devront être conduites par le propriétaire, qui devra être membre de l’Automobile-Club.
- « Les prix consisteront en nombreux paniers de champagne. »
- Le lendemain de la course, excursion « en voiture », dans les caves de la région. On sait que les caves de la Champagne sont souvent très vastes et que dans quelques-unes les voitures peuvent circuler,
- Le Mariage de M. G. Ballif. — Lundi a été célébré à la mairie du 70 arrondissement le mariage civil de M. Godefroy Ballif, fils du président du T. C. F. avec M"6 Suzanne Laure.
- Les témoins étaient pour le marié : MM. E. Follot et le docteur Just-Championnière, président d’honneur du T. C. F. ; pour la mariée : MM. Jeantaud et Delaherche.
- Le lendemain la cérémonie du mariage religieux avait attiré à Saint-Augustin une foule nombreuse. Remarqué dans l’église : MM. Lépine, préfet de police, le général Rebillot, Max Vincent, Quentin-Bauchart, comte de la Valette, Berthelot, comte de Dion, baron de Zuylen, Pierre Giffard, Du-fayel, de Nalèche, Clément, docteur Lucas-Championnière, Paul Champ, Jeantaud, Hospitalier, de Reinach-Foussemagne, Duchesne, Davin de Champclos, Hyérard, directeur du cabinet du préfet de la Seine, Lemaire, le général Henrion-Bertier, de Lamarre, Paul Champ, etc.
- Après la cérémonie nuptiale, très brillante réception chez Mme Henry Laure, dans ses salons du boulevard Haussmann.
- L’automobile à Viaeennes. — MM. Jeantaud et Delaunay-Belleville, les dévoués commissaires de la section automobile, sont dans la joie, en même temps que dans l’embara9. Ils disposent en effet de 2,200 mètres superficiels à distribuer aux exposants dans le hall du bois de Vincennes. Or il y en a plus de 3,000 de souscrits.
- Il va donc falloir réduire un peu les emplacements demandés, environ d'un quart, pour pouvoir loger tout le monde.
- Palmes académiques. — Parmi les nouveaux officiers d’Académie ou d’instruction publique dont les noms ont été publiés cette semaine au Journal officiel, nous avons relevé avec plaisir ceux de :
- MM. Gustave Chauveau, l’ingénieur bien connu, publiciste et conférencier distigué ; le docteur Creuzan, président de l’Automobile-Club Bordelais; Lopin, inspecteur d’architecture, un des collaborateurs de M. Rives pour l’organisation des Expositions des Tuileries; Bastien, secrétaire de la Direction gènéra'e de ces mêmes expositions; A. Giraudeau, un des organisateurs des premiers Salons du Cycle; Jane de Lamarre, membre de l’A. C. F., le hardi chauffeur qui va entreprendre en voiturette à pétrole le voyrge au Klondyke (de Bennett à Damson-City, 1,200 kilomètres sur la neige) ; enfin notre confrère Mlle Renée de Vériane, sculpteur de talent et fervente de l’automobile, qu’elle représente à La Fronde.
- A tous nos félicitations.
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- A Spa. — Il est question de supprimer la course B:uxelles-Spa, qui serait remplacée par une caravane touriste, comprenant la plupart des chauffeurs belges. Le lendemain aurait lieu une première épreuve pour voitures et la §yj'lejiçJe'B main se courrait le Critérium des Voityretteg,
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- M. Percy Maxim, dit « l’Automobile Magazine », vient de parcourir la plus longue distance qui ait été faite là-bas, au moyen d’une voiture électrique. Exactement 97 kilomètres ont été couverts en 4 h. 26 m. 35 secondes tous arrêts compris. Déduction faite de ceux-ci, le temps se chiffre par 3 h. 41 m. 4 s., soit une moyenne de 28 kilomètres à l’heure. La vitesse la plus élevée a été atteinte entre les 110 et 31' kll. Elle était de 32 kil.
- Exposition Universelle de 1900
- Groupe VI
- Un musée centennal rétrospectif des voyages et du tourisme sera installé à l’Exposition Universelle, dans le Palais du génie civil, au Champ-de-Mars.
- Dans ce musée qui promet d’être très intéressant, grâce au concours de nos grandes Compagnies de Chemins de fer, seront réunies non seulement les diligences-voitures de voyage, ainsi que les premiers wagons et vélocipèdes, mais encore tout ce qui touche à l’histoire des voyages.
- Un pressant appel est fait aux détenteurs d’objets tels que dessins, estampes et caricatures sur les moyens de transport, médailles commémoratives et documents sur les déplacements des chefs d’Etat français et étrangers depuis le premier empire, sans oublier les objets anciens de valeur ou curieux tels que malles, nécessaires, sacs, horloges de voyage, etc.
- Il va sans dire que la qualité d’exposant donne droit à certains avantages (carte d’entrée permanente, etc.) et que tous les objets prêtés sont garantis par l’Administration.
- Les personnes qui désireraient participer à cette Exposition sont priées de s'adresser à M. Manceaux Duchemin, membre du Comité d’installation, 12, rue de Hambourg.
- En Italie. — M. le comte Biscaretti di RufSa, président de l’Automobile-Club de Turin, a l’intention d’organiser pour le mois prochain une excursion de chauffeurs italiens qui viendraient à Nice rendre à leurs collègues de l’A. V. C. N. la visite que ces derniers leur firent l’année dernière.
- Ils partiront donc le 25 mars prochain, par la route de Cunéo-Limone, col de Tende, et arriveront à Nice, juste à temps pour assister et peut-être même... pour participer à la course Nice-Marseille-Nice.
- Un circuit anglais. — MM. P. Souvestre et C°, de Liverpool, organisent en ce moment un circuit de motocycles dans toute la Grande-Bre-agne, avec l’espoir de le voir obtenir un succès équivalent à celui qu’ils ont remporté l’été dernier à Liverpool, en organisant les premières courses s Internationales de motocycles qui aient été courues en Angleterre.
- Cette fois le programme comprend les principales villes du royaume : Londres, Birmingham, Liverpool, Manchester, Glasgow, Edimbourg seront tour à tour visités.
- Les çourçurs français seront représentés par les
- plus célèbres tels que Béconnais, Vasseur, De-mester, Rigal.
- Sans nul doute, les plus fameux recordmen anglais, comme Edge, Jarrott, Wridgeway, prendront part aux épreuves. Rigal nous prie même d’annoncer qu’il proposera à Wridgeway, la revanche de leur match, de l’an dernier.
- La maison P. Souvestre etCo Limited, mettra en ligne deux ou trois de ses coureurs sur motocycles de sa fabrication.
- Enfin des prix en argent et en médailles seront attribués aux gagnants de chaque épreuve.
- Pour les engagements s’adresser soit au Journal des Sports, soit directement à MM. P. Souvestre et C° Limited.
- L’exposition de Birmingham. — L’exposition de cycles et automobiles de Birmingham connue sous le nom de « Midland Cycle et Motor Car Exhibition », s’est ouverte sans cérémonie avec des stands à peine terminés et un nombre d’exposants en diminution plus que sensible sur celui des années précédentes.
- Le Motor Manufacturing Co a une belle exposition d’automobiles variant du tricycle jusqu’aux lourds véhicules de transport, C. T. Crowden a quelques voitures dont on dit beaucoup de bien et l’Automobile Supply Co, montre une voiturette Renault
- Les Cycles Enfield et les motocycles de la même marque méritent aussi une mention et la Wolseley Sheep-Shearing Machine Co, expose un quadricycle.
- La machine de Charron. — Charron s’est commandé parait-il, une voiture spécia’e pour disputer le Challenge Cup Bennett. Le prix de cette voiture a été fixé à 35.000 fr. avec un dédit de 10.000 fr. payable à Charron dans le cas où le véhicule ne serait pas prêt à temps.
- Les voitures Raouval. — Dans la course dite du Catalogue courue dimanche dernier sur 144 kilomètres, un début intéressant a passé inaperçu par suite du modeste pseudonyme sous lequel était inscrit l’ingénieur d’une de nos plus récentes maisons d’automobiles.
- M. Varlet, ingénieur de la Société anonyme de mécanique industrielle d’Auzin, inscrit sous le nom de Michon, pilotait dans la 4e catégorie (9,000 à 12,000 fr.) une voiture Raouval dont nos lecteurs connaissent la description que nous leur avons donnée l’an dernier.
- Cette voiture, simple voiture de touriste, nullement modifie’e en vue de la course, accomplit le parcours en 4 h. 49 m. avec une régularité de marche qui fait bien augurer de ce premier début.
- Nous sommes heureux de féliciter ce’.te importante Société qui, malgré des moyens d’action considérables, a sagement attendu d’avoir une" voiture parfaitement au point avant de se lancer et surtout, qui n’a pas cru utile de faire pour cettf course un véhicule spécial.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- AUTOMOBILE COLLIOT
- Voici une voiture légère, ne pesant que 320 kilos et comportant un robuste moteur de 4 chevaux et 4 changements de vitesse,
- permettant toutes les allures et montant toutes les rampes.
- Le châssis se compose d’un cadre en tubes
- Voiture système Çolliot, moteur à 2 cylindres *
- t • —r
- n---
- Fig. 1. — Moteur Colliot
- d’acier Martin étiré reposant sur 2 ressorts Le moteur à 4 temps (fig. 1) comporte sur des roues de 700 et 750 m/m de dia- 2 cylindres à ailettes, inclinés à 30° sur la mètre, verticale passant par l’axe du vilebrequin 2
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- chaque cylindre a 80 m/m d’alésage et ioo m/m de course. Vitesse : 1.000 à 1.400 tours.
- Comme d’ordinaire, les soupapes d’échappement sont commandées mécaniquement par cames.
- L’allumage est électrique. Le carburateur
- est un carburateur ordinaire à flotteur et à niveau constant. Le moteur est fixé à l’avant du châssis (fig. 2) en BB; c’est l’embrayage à cônes de friction ; D est l’arbre de commande des changements de vitesse et de la marche arrière -, F est l’arbre du différentiel. L’axe G commande les freins
- Fig. 2. — Châssis de la voiture Colliot
- Fig. 3. — Changements de vitesse
- LL sur les roues d’arrière, qui sont mis en prise par la pédale üTqui débraye en même temps. M est le pot d’échappement. A est la boîte de changements de vitesse, dont la fig. 3 donne le détail.
- Les engrenages sont enfermés dans un carter en bronze fixé sur les traverses du châssis. II y a 4 paires d’engrenages don-
- nant 4 vitesses différentes, plus la marche arrière obtenue par un engrenage E’ qui vient engrener à demi sur l’engrenage A’ et à demi sur son conjugué A, non en prise ; l’intervention de cet engrenage intermédiaire renverse le sens de rotation de A et par suite le sens de la marche.
- Les 4 vitesses sont dans la progression de
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- i, 2, 3 1/2, 5, la première étant 6 kilom. à l’heure. Elles sont données par les pignons A’B’C’D, calés sur l'arbre moteur, et pouvant entraîner respectivement les pignons ABCD calés sur un arbre intermédiaire qui, par les pignons d’angle JJ entraîne l’arbre L portant le différentiel H et un frein supplémentaire sur la poulie O (ruban d’acier, garni de cuir, agissant sur une poulie de 110 m/m). G est la came de commande des pignons de changement de vitesse ; elle est manœuvrée par un levier, se déplaçant sur un secteur et fixé à portée de la main du conducteur.
- La direction se fait, comme d’ordinaire, par essieu A’ brisé et tringles de commande KK reliées au volant de manœuvre projeté en p (fig. 2).
- Le réservoir à essence est en tôle étamée, soudée et rivée; sa capacité est de 8 litres.
- Un graisseur à 2 débits, à réglage automatique est placé à l’avant de la voiture pour le graissage des 2 cylindres du moteur. Des graisseurs à graisse consistante sont placés sur tous les paliers.
- Si on le désire, le moteur peut être muni d’une circulation d’eau qui comporte l’installation d’un réservoir d’eau, d’une pompe et d’un radiateur.,
- La voiture pèse 320 k. avec moteur à ailettes; son poids atteint 400 k. avec circulation d’eau.
- Son encombrement est de 2 m. 020 sur 1 m. 250; elle vire sur un cercle de 5 m. de diamètre à peine.
- Légère, robuste, comportant tous les organes d’une grosse voiture, l’automobile H Colliot est une bonne voiture de touriste.
- Paul SARREY.
- Cette voiture se construit à Soissons (A.isne
- POUR MOTEURS A PÉTROLE
- Système Ch. Lemprière]
- Sur le cylindre B du moteur est vissée une boîte cylindrique A, qui porte à sa base la soupape d’admission C et à son sommet l’appareil de carburation.
- Cet appareil est constitué par un entonnoir D qui sert de guide à la tige C’ de la soupape et possède des trous D' à sa partie inférieure. Il est maintenu en place par un chapeau N percé de trous V, et surmonté d’un robinet A par lequel arrive la gazoline qui traverse ensuite le petit canal J pour se rendre dans la chambre de mélange F, formée par la capacité de l’entonnoir D.
- La tige Ç’ de la soupape C est prolongée
- par une broche O, qui ferme le canal / lorsque la soupape est sur son siège, et cette même tige porte en dessous de la broche O un cône pulvérisateur Q ; ce cône est maintenu par des écrous qui servent en même temps à limiter l’ouverture de la soupape C.
- Sur le chapiteau A, se trouve un disque tournant G percé de trous G’ qui correspondent à ceux V du chapeau ; ce disque est muni d’un doigt J, qui s’engage dans la mortaise d’un levier H articulé sur le chapeau. En déplaçant ce levier on fait en même temps tourner plus ou moins le disque G, ce qui permet de régler l’admission d’air dans la chambre de mélange.
- Fl G./.
- F IG. 2.
- D’autre part la clef du robinet E est munie d’un levier dont la cheville E’ s’engage dans une autre mortaise du levier de manœuvre H de telle sorte qu’on peut simultanément régler l’admission de l’air et celle de la gazoline en déplaçant convenablement la poignée du dit levier AT.
- Le fonctionnement a lieu comme suit :
- A chaque période d’aspiration dans le cylindre B, la soupape C est ouverte et la broche O dégage le canal /parlequel arrive la gazoline qui vient se pulvériser d’abord sur le cône Ç) et ensuite sur la paroi intérieure de l’entonnoir D. Les molécules de 'iquide combustible se mélangent avec l’air
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- r
- aspiré en même temps à travers les orifices V, et la charge ainsi formée traverse ensuite les trous D’ et A’ pour se rendre au cylindre B où elle est allumée de la manière ordinaire.
- -------♦------
- CARBURATEUR PARSONS
- Cet appareil comporte deux cylindres verticaux concentriques A et B, le cylindre B étant rétréci à sa partie supérieure,
- et les deux chambres B1 et B2 qu’il forme étant séparées par une cloison b. L’espace annulaire existant entre les cylindres A et B forme la chambre de carburation A\
- Dans la chambre supérieure B1 existent des trous b’ qui lui permettent de communiquer avec la chambre de carburation A’, et dans la chambre inférieure B\ qui reçoit une partie des gaz d’échappement par la tubulure b3, se trouvent des trous bo., qui permettent la sortie des dits gaz.
- La partie supérieure du cylindre A est fermée par un couvercle tournant C, maintenu en place par un ressort D et par un chapeau fileté E, muni d’une toile métalli-
- V
- û----
- a—H
- que F. Le couvercle ainsi disposé peut se soulever seul en cas de contre-pression accidentelle.
- Dans la chambre de carburation A’ se trouvent deux tissus de coton G, supportés par des cylindres concentriques g en toile
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- métallique • ces derniers sont retenus en place par les nervures circulaires c du couvercle C.
- Sur le côté du cylindre A se trouve un second cylindre plus petit A2, servant à constituer la chambre de mélange A3, dans laquelle se trouvent plusieurs toiles métalliques K séparées par des bagues k. Le cylindre A2 communique avec le cylindre A par un orifice a, et il est muni d’une tubulure a}, qui sert à le relier à la chambre d'explosion du moteur. La tubulure a3 est continuée intérieurement par un espace annulaire #4 qui communique par les trous m avec la chambre de mélange A).
- La partie supérieure du cylindre A2, munie d’une toile métallique H, est fermée par la continuation C’ du couvercle C, de sorte que si l’on fait tourner tant soit peu ce couvercle sur lui-même, au moyen de tringles attachées aux oreilles r2,on découvre plus ou moins le sommet de ce cylindre A2 pour régler l’admission de l’air ; et comme en même temps la nervure c\ solidaire du couvercle, se déplace devant le passage a, on opère simultanément le réglage de l’admission du mélange gazeux et de l’admission d’air. Les deux organes de fermeture C’ et c’ sont du reste disposés de telle manière que lorsque le cylindre A2 / est ouvert en grand, le passage a est fermé, et réciproquement.
- A la base du cylindre A se trouve une tubulure a^, par laquelle arrive la gazoline provenant d’un réservoir dont le sommet est raccordé au même cylindre A à l’aide d’une seconde tubulure a6.
- Le robinet de vidange O permet de nettoyer l’appareil.
- L’air aspiré par le piston moteur pénètre dans le carburateur par la chambre B\ traverse d’abord les trous b’ et ensuite les tissus G où il se carbure au contact de la gazoline échauffée par les gaz de combustion arrivant dans la chambre B2 ; de là il traverse le passage a, les toiles fmétalliques AT, les trous m, et enfin se rend au moteur par la tubulure a).
- --------------*--------------
- TRANSMISSION DIRECTE A DIFFÉRENTIEL
- * PAR LA
- WHITNEY MOTOR WAGON Co(t)
- Ce nouveau dispositif est intéressant en ce sens qu’il donne la solution d’un problème assez difficile à résoudre : l’application d’un différentiel sur ai arbre à vilebrequin.
- Dans ce système, les bielles du moteur à
- (1) Communicat'on di 'M. MariLier et Robelet. Office ininrm :"“n[ p 'ir L’obtention des Brevets d’invention en .• *-rv' t à l’Etranger, 42, boulev Bonne-Nouvelle, l'—is.
- deux cylindres de la voiture, actionnent directement l’essieu d’arrière qui est en deux parties, et porte des manivelles avec tourillons pour recevoir les têtes des dites bielles.
- La fîg. 1 ci-contre est une vue en élévation de l’essieu avec ses manivelles et son différentiel.
- La fîg. 2 représente une coupe longitudinale par l’axe de la fig. 1.
- La fig. est une coupe transversal© par y t de la fig. 1.
- Les manivelles c et d, qui commandent chacune une des roues motrices du véhicule, sont disposées à 90 degrés l’une par rapport
- F,,/ /.
- à l’autre et sont reliées au moteur par les bielles i et J qui sont articulées sur les tourillons c’ et d’ des dites manivelles. Les extrémités de ces deux tourillons sont réunies par une entretoise V, de telle sorte que l’angle droit formé par les deux manivelles reste indéformable.
- Les tourillons F et d’ sont creux et contiennent chacun l’axe e d’un pignon denté e\ lequel axe porte, fixée sur lui et à son extrémité libre, une roue à chaîne 62. Les deux roues e2 sont réunies par une chaîne-galle N.
- Le pignon e’ de gauche s’engrène avec la roue dentée A, qui est fixée sur l’essieu
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- tubulaire a, tandis que le pignon e' de droite s’engrène avec une roue dentée B, laquelle roue est folle sur le moyeu de la manivelle d, et porte fixé sur elle le pignon conique g du différentiel.
- La croix G, qui porte les quatre pignons satellites K est clavetée sur le moyeu de la manivelle d, et par conséquent tourne avec cette dernière. Enfin le pignon conique h, qui termine le différentiel, est fixé sur l’essieu tubulaire de droite b.
- Lorsque la voiture marche en ligne droite, les essieux a et b tournent à l’unisson avec les manivelles c et d, tandis que les roues coniques^etZî dudifférentielsontsolidarisées par les pignons A. Si maintenant l’on fait tourner la voiture vers la gauche par exemple, la roue dentée A sc trouvera retardée et agira sur son pignon e' et sur la roue à chaîne ei du tourillon c’, la chaine N transmettra le mouvement de rotation à la roue c2 du tourillon d\ et par suite à son pignon e\ ainsi qu’à la roue jS, de telle sorte que nette dernière se trouvera retardée en même temps que la roue A *, il en résultera que la roue conique o-tournera plus lentement que la roue conique h.
- Le frein est constitué par une couronne en forme de gouttière m recouverte de bois et qui est embrassée par une bande d’acier dont on effectue le serrage comme à l’ordinaire au moyen de tringles et d’équerres.
- LE SIÈGE A SOUFFLET” 1900 ”
- Le constructeur L. Bonneville, à Toulouse vient de terminer après quatre ans d’études un nouveau siège fauteuil pour motocycle qui comblera de joie les chauffeurs qui roulent sur les mauvaises routes. La figure ci-dessous en montre le modèle. C’est le plus
- léger, le plus gracieux, en même temps que le meilleur marché des sièges à ressorts (prix 45 francs).
- Il est pourvu de 2 coussins jumeaux entre lesquels circule constamment de l’air frais ce qui supprime tout échauffement. Il permet de pédaler et s’adapte à tous tricycles ou quadricycles.
- CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE
- De TA. V. C. N.
- L’Automobile-Vélo-Club de Nice organise actuellement un concours de Photographie dont voici les conditions :
- 1° Le concours est ouvert également aux amateurs et aux professionnels.
- 2° Les seuls sujets admis sont les représentations de fêtes sportives, de courses ou d’excursions et do tout ce qui concerne l’automobile. Les épreuves sont réparties en quatre séries, savoir :
- La première, réservée aux photographies instantanées des fêtes, courses et excursions organisées dans la région par l’Automobile-Vélo-Club de Nice pendant la saison actuelle.
- La deuxième aux photographies posées, dito.
- La troisième aux photographies instantanées ou posées relatives au môme genre de sport et dans toute région.
- La quatrième aux photographies, portraits des personnes, des bicyclettes, des voitures ou machines appartenant également au même genre de sport, dans tous les pays et ne rentrant pas dans les trois première' séries.
- 3" Le classement des concurrents aura lieu au moyen de points dont le maximum sera de 20. Une avance de 5 points est accordée aux épreuves de la première série et de 3 points aux épreuves de la deuxième.
- 4° Les épreuves peuvent être de tout format ; elles devront être collées sur carton ; toutefois les épreuves au-dessous du format 13 x 18 ne pourront être acceptées isolément, mais collées plusieurs sur le même carton. Les épreuves 9 x 12 pourront être collées par deux.
- Le nombre maximum des envois est fixé à dix par concurrent, soit dix cartons par exposant.
- 5° Chaque envoi devra porter au bas :
- L’indication du sujet représenté ;
- La mention instantané ou posé désignée par les lettres I et P.
- L’inscription d’une devise, pseudonyme ou signe quelconque reproduite dans une enveloppe fermée contenant le nom et l’adresse de l’autour et la mention professionnel ou amateur : cette enveloppe devra être jointe à l’envoi.
- Les épreuves devront être adressées au Secrétariat de l’Automobile-Vélo-Club, 5, boulovard Gambetta, Nice, avant le 3 avril 1900 â midi.
- Récompenses : Les prix consistent en médailles gravées au nom de l’auteur récompensé et seront au nombre de douze soit deux médailles en vermeil, d’une valeur de 50 francs environ, deux médailles en argent d’une valeur de 25 francs, et huit en bronze.
- Le concours sera terminé par une Exposition gé • né raie, qui aura lieu dans les salons do l’Automo-bile-Vélo-Club, du 4 avril au 10 avril 1900.
- Pour plus amples renseignements s’adresser au secrétariat de l’Automobile-Vélo-Club dans la matinée ou écrire à M. Bellivet au même Club, 5, boulevard Gambetta, Nice.
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- Liste des Bmets d'inventioi
- locomotion aérienne]
- AÉRO-CLUB
- La commission d’Aérostation scientifique instituée par l’Aéro-Club avec le concours des savants qui s’intéressent aux études aériennes, s’est réunie il y a quelques jours, sous la présidence de S. A. I. le prince Roland Bonaparte. Etaient présents MM. Bouquet de la Grye, Cailletet, Mascart, Emmanuel Aimé, A. Angot, Henry Ducasse, Cte Henry de La Vaulx, Teisserenc de Bort, J.Vallot.
- S’étaient excusés le comte de Dion, le comte de La Valette et le comte de Castillon de Saint-Victor.
- La commission a nommé M. Emmanuel Aimé, secrétaire-rapporteur de ses travaux et conservateur de ses archives. Lecture a été donnée du procès-verbal du comité de l’Aéro-Club offrant au prince Rolland Bonaparte la présidence de la commission d’Aérostation scientifique. Après avoir acclamé son Président, la commission a commencé immédiatement ses travaux et décidé de les continuer en se réunissant chaque Ier lundi du mois. Sur la proposition de M. le comte Henry de La Vaulx, elle a mis à l’ordre du jour de sa prochaine séance, un programme d’aérostations en ballon et chargé M. Teisserenc de Bort de le préparer.
- * *
- L’Assemblée de l’Aéro Club
- L’Aéro Club s’est réuni en assemblée générale jeudi. Le comte de Dion, président, a ouvert la séance par une allocution dans laquelle il a remercié et ses collègues et la presse des succès de la société.
- Parmi les chiffres inscrits, au rapport de M. Emmanuel Aimé, secrétaire général, on rélève : 48 ascensions depuis 7 mois, 55,000 mètres cubes de gaz, 135 voyageurs aériens de 10,000 kilomètres parcourus en ballon (le quart du méridien terrestre !) représentant une durée de 360 heures de séjour en l’air, les records de la Coupe des Aéronautes, établis successivement par le comte delà Vaulx et Mallet (390 kil), Farman et Her-mite (626 kil.), comte de Castillon de Saint-Victor et Mallet (1,330 kil), record du monde.
- Dans son rapport, M. Jacques Faure, trésorier, a fait ressortir que les recettes de l’année (14 000 francs) ont été employées en totalité au mieux des intérêts de l’aérostation. Avec ses premières ressources l’Aéro-Club a organisé un secrétariat, 48, rue du Colisée, mis un matériel aérostatique à la disposition de ses membres ; a donné des fêtes qui ont contribué à vulgariser le sport aérien.
- A la réunion du Comité qui a précédé l’assemblée générale ont été élus membres de l’Aéro-Club ; MM. de Villepin, marquis de Puivert, Roger Legrand, comte de La Chapelle, Paul de Chamberet, comte de Puységur, Paul Genffen, Péan de Saint-Gilles, Emile Jaune de Lamare, Jean de Golstein.
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marilliér et Robelet, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 290 497. — 4 juillet 1899. — Duval et Cart. — Changement de vitesse et de direction en avant ou en arrière pour tricycles, voitures, voiturettes, etc., mus par une force.
- 290 517. — 4 juillet 1899. — Gatie. — Siège mobile à deux placés pour motocvcles, dit Siège Gatie.
- 290 550. — 4 juillet 1899. — Société de Construction de Cycles et d’Automobiles « La Marque Georges Richard — Perfectionnements aux voitures automobiles.
- 290 558. — 5 juillet 1899. — Hille. — Mécanisme de commando pour les essieux séparés des roues motrices d’automobiles.
- 29J 617. — 7 juillet 1899. — Société Mestern et C°. — Moteur à explosions avec piston rotatif.
- 290 661. — 8 juillet 1899. — Motorfahrzeug, Werke, Heinle et Wegelin. — Dispositif pour le réglage de la came de détente pour la mise en marche des moteuss à explosions.
- 292 044. — 25 août 1899. — Hautin. — Nouveau dispositif de changement de vitesse pour transmission de mouvement quelconque principalement applicable aux véhicules automobiles.
- 202 072 — 26 août 1899. — Farkas. — Système de transmission de mouvement à changements de vitesse et de marche pour véhicules automobiles.
- 292 073. — 26 août 1899. — Farkas. — Système hydraulique de commande de la direction des véhicules automobiles et autres.
- 292 128. — 29 août 1899. — Laroche. — Perfectionnements dans la construction des véhicules automobiles.
- 292 137. — 29 août 1899. — Chaudun et Faux-jour. — Nouveau dispositif de mécanisme différentiel pour transmission de mouvement avec variation de vitesse et de force dans les deux sens.
- --------------+-------------
- La Locomotion Automobile
- Numéros récents en réassortiment
- LE NUMÉRO O fr. 50
- Pour les numéros ayant plus d’un an de dale, LE NUMÉRO 1 fr.
- COLLECTION COMPLÈTE de la L. A.
- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE
- DEPUIS SON ORIGINE
- Année 1894 et 1895, 1 vol..... 4 S fr.
- Année 1896 (rare), 1 vol...........20 ir.
- Année 1897, 1 vol.............. Il 5 fr.
- Année 1898, 1 vol.............. \ £» fr.
- Année 1899, 1 vol.............. fr.
- La collection complète, 6 années (5 volumes).................... 60 fr.
- Directeur-gerant: YUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMÀÏtES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N» 9
- Mars ISOO
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- V**,
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF
- G.-F. DESJACQUES
- LE NUMÉRO
- 50 Centimes
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR
- Raoul VUILLEMOT
- ABONNEMENTS
- France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr.
- SOMMAIRE du N° 9
- La marche arrière, circulaire du Ministre des tra-vaux-Publics.
- La Semaine de Pau. La course des Touristes. Le Rallye-Papiers Automobile. Le Circuit du Sud-Ouest.
- L’Automobile à l’Exposition.
- La Coupe des Yoiturettes du Journal des Sports.
- Le meeting de Spa.
- Informations : Garages de l’A. C. F; Bordeaux-Périgueux; Nouvelles de Nice; A. C. d’Auvergne; etc.
- Voiture Peugeot de Course.
- LaMachin9 volante Danilewsky, Daniel Bellet.
- La bicyclette automobile G. de Lafreté.
- Une situation bizarre. Gaston Sencier.
- Bibliographie.
- Calendrier des Courses.
- Brevets d’invention.
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- Là MARCHE ARRIÈRE
- Circulaire du Ministre des Travaux publics
- Paris, le 12 février 1900.
- Le Ministre des Travaux publics à Monsieur le Préfet du département d
- Mon attention a été appelée sur la difficulté que rencontre l’application, à certains automobiles construits antérieurement au décret du 10 mars 1899, du deuxième alinéa de l’article 5 de ce décret, portant que les automobiles dont le poids à vide excède 250 kilogrammes seront munis de dispositifs permettant la marche en arrière. Après avoir pris l’avis de la Commission centrale des machines à vapeur, j’estime que lors-
- qu’un automobile pesant à vide plus de 250 kilogrammes n’est pas muni de marche arrière, si le propriétaire de ce véhicule fournit à l’Administration la preuve que sa construction remonte à une époque antérieure à la publication dudit décret, il serait excessif d’exiger que ledit véhicule tût l’objet d’une transformation difficile qui n’intéresse pas la sécurité d’une manière assez directe et essentielle pour justifier cette rigueur. Il n’y a pas d’inconvénient, dans ce cas, à ce que le Service des mines délivre un procès-verbal constatant (si tel est le résultat de la vérification) que le véhicule satisfait aux articles 2, 3, 4, 5 et 6 du décret du 10 mars 1899, sauf en ce qui concerne le deuxième alinéa de l’article 5, et vous voudrez bien, Monsieur le Préfet, après vous être assuré que la construction du véhicule remonte réellement à une époque antérieure à la publicalion du décret, délivrer récépissé de la déclaration concernant ce véhicule comme si la restriction relative au deuxième alinéa de l’article 5 n’existait pas.
- Je vous prie de m’accuser réception de la présente circulaire, dont j’adresse directement ampliation à MM. les Ingénieurs des mines.
- . Pierre BAUDIN.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEMAINE DE PAU
- La première journée
- La première journée du meeting de Pau a malheureusement été gâtée par une pluie atroce, interminable et fine qui, heureusement, n’était pas froide mais quia suffi pour tremper consciencieusement les braves tom ristes qui se sont mis en ligne pour Pau-Peyrehorade-Pau. La pluie a pris au réveil et n’a cessé qu’à deux heures de l’après-midi au moment où arrivait le premier.
- Cela a naturellement valu quelques abstentions, mais néanmoins il y a eu quatorze partants. A Nice, l’année dernière, il y en avait eu quinze par beau temps. La comparaison est facile.
- Toutes les expériences que l’on attendait n’ont malheureusement pas abouti. Si dans la catégorie voitures, la victoire de Pascault pilotant une quinze-chevaux et faisant du 52 à l’heure sur cette route détrempée a été une quasi révélation pour ceux qui croyaient à l’invincibilité des douze-chevaux, les mo-tocycles à forts moteurs n’ont pas encore répondu à la question qu’on leur pose. Tous sont restés plus ou moins en panne par la pluie.
- M. R. de Knyff n’est pas parti. Le comte Bozon non plus. En leur absence, M. Pascault, s’est promené à 34 minutes devant le second Loraine Barrow.
- Ainsi qu’il était facile de le prévoir, M. Clément, arrivé de Paris par la route, a gagné de loin la catégorie 4 places.
- Tart, qui fait des infidélités au motocycle pour la voiturette, a gagné la série de ces véhicules-joujoux. Barbereau-Bergeon a enlevé la catégorie 6 places. Quant aux moto-cycles, on les attend encore.
- Le départ a été donné par une pluie battante à onze heures du matin, place Gram-mont. Les photographes, que tous les rédacteurs de journaux illustrés ont retenus d’avance, manœuvrent héroïquement sous les parapluies.
- Les membres de l'Automobile Club Béarnais, avec une amabilité charmante, ont fait royalement les honneurs: H ne manque d’ailleurs pas de monde malgré le temps. Citons : MM. Thorn, président; le comte Nitot, vice-pré-ident de l’A. C. B. ; le baron Seguier ; Doux, préfet des Basses-Pyrénées ; A. de Gontaut-Biron, le comte O’Gorman, Duplan, Ai-ault, Bastellica, Fir-înin Blanc, le comte de Franqueville, le corme de Saint-Hilaire, sir Alfred Nugent, Pierre Lafitte, de Segueer, Suberbie, Meil-lor. CaHinhac, colonel Durly, Béconnais.
- MM. Corget et Dampeyrou organisaient le départ et prenaient les temps. M. Men-iou, un cousin du regretté Mayade, avait
- mis sa six-chevaux à la disposition de la presse.
- Quatorze concurrents se sont donc mis en ligne. Ce sont, avec leurs numéros un peu différents de ceux du programme :
- PRIX DE LA PRESSE (2 places, au-dessus de 400 kilos).
- Nos Noms Heures de départ
- 2 Loraine Barrow, 11 heures.
- 3 Pascault, 11 h. o m. 30 s.
- 4 Secrestat, 11 h. 1 m.
- PRIX DU PALMARIUM
- (Motocycles)
- 12 H. Meyer, 11 h. 1 m. 30 s.
- 13 Robert Dupré, 11 h. 2 m.
- PRIX DES CERCLES
- (Voitures à 4 places au-dessous de 400 kgs.)
- 17 Rigby Knowles, 11 h. 2 m. 30 s.
- 18 A. Clément, 11 h. 3 m.
- 19 Comte Louis de Lasbases, 11 h. 3 m. 30 s.
- PRIX DE l’automobile CLUB BÉARNAIS (Voitures à 6 places et au-dessus)
- 20 Barbereau-Bergeon, 11 h, 4 m.
- PRIX DE L’AUTOMOBILE CLUB DE FRANCE
- (Voiturettes à 1 ou 2 places au-dessous de 400 kilos) j
- 21 Schmidt, 11 h. 4 m. 30 s.
- 22 Labadie. 11 h. 5 m.
- 23 Cornilleau, 11 h. 5 m. 30 s.
- 24 Tart, 11 h. 6 m.
- 23 Montbel, 11 h. 6 m. 30 s.
- A Orthez
- A Orthez, les concurrents sont passés dans l’ordre suivant :
- Meyer (motocycle), à 11 h. 47 ; Pascault (voiture), à 11 h. 48 ; Clément (voiture), à
- 11 h. 53 ; Secrestat (voiture), à midi; Barrow, à 12 h. 3 ; Montbel (motocycle), à
- 12 h. 8 ; Tart (voiturette), à 12 h. 16.
- Meyer et Montbel, deux motocycles, sont
- restés en panne à Orthez par suite de la rupture du différentiel, rupture venue d’un arrêt trop brusque. Les concurrents sont arrivés couverts de boue.
- Passent : Knowles, à 12 h. 17 ; Bergeon, à 12 h. 26 ; Fernandez à 12 h. 31 ; Cornilleau (voiturette), à 12 h. 35.
- Au retour, l’ordre est, sous la pluie : Pascault, à 1 h. 2 ; Clément, à 1 h. 22 ; Secrestat, à 1 h. 26 ; Barrow, à 1 h. 27 ; Tart, à 2 h. 8 ; Barbereau-Bergeon, à 2 h. 39,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- U arrivée
- M. Pascault arrive le premier. Un long intervalle, puis arrivent trente-cinq minutes après les deux douze-chevaux de Barrow et de Secrestat dans l'ordre.
- Ce sont, paraît-il, leurs brûleurs qui les ont retardés par leurs caprices, puis avec eux, M. Clément qui sur la fin prend l’avantage sur Secrestat.
- M. Clément repart, d’ailleurs, sur la route voir où est Tart.
- LE CLASSEMENT
- Voici, d’ailleurs, le classement par catégories avec les temps compensés et déduction faite de la traversée d’Orthez :
- Voitures (deux places) : Ier Pascault, 2 heures 41 minutes 44 secondes ; 20 Barrow, 3 heures 15 minutes 16 secondes ; y Secrestat, 3 heures 18 minutes 50 secondes.
- Voitures (quatre places) : Ier Clément, 3 heures 16 minutes 10 secondes ; 2e Comte Lasbases, 3 heures 46 minutes 23 secondes.
- Ce dernier arrive en remorquant le motocycliste Dupré en panne.
- Voitures (six places) : ier Barbereau-Ber-geon, en 5 heures 4 minutes 50 secondes.
- Voiturettes : ieI Tart, 4 heures 20 minutes 20 secondes ; 2e Schmidt, 3 heures 21 minutes 40 secondes.
- * •¥
- Le rallie-papiers automobile
- Le lendemain, à trois heures, rallie-pa-piers automobile au lieu de la chasse au renard.
- M. W.-K. Thorn, le président de l’A. C. B., avait tracé lui-même la piste le matin. Grâce au temps superbe, il y avait foule au départ. Toute la colonie anglo-américaine était là, et quoiqu’elle soit très hippique, les autos ont eu grand succès.
- Voici les noms des partants : Loraine Barrow, Laurent Saint-Genis, Pollack, La-brouche, Banon, Menjou, vicomte de la Rochefoucauld, comte Nitot, Klotz, Labadie, Borrell, Meyer, Schmidt, Dupré, Baras, vicomte de Gassat, Montbel, Segeer. La piste avait environ 40 kilomètres et ramenait les concurrents à 3 kilomètres à peine du départ.
- Malheureusement, le vent avait enlevé les papiers et les concurrents n’ont pas trouvé la piste.
- Le circuit du Sud-Ouest
- L’épreuve capitale de la semaine de Pau’ le circuit du Sud-Ouest, s’est disputée par un temps magnifique.
- Disons de suite qu’elle a été couronnée de succès et que les deux favoris René de Knyfï et Marcellin ont brillamment triomphé.
- La seize chevauxwictôriëuso a couvert les 335 kilomètres du parcours, en 4 h..46 m. 37 s., ce qui, déduction faite des arrêts neutralisés, donne, une vitesse moyenne de 70 kilomètres à l’heure. Le.second,.le comte Boson de Périgord, est arrivé 30 minutés derrière , le premier, soit plus de 30 kilomètres! . ,
- Girardot, Charron, Valton, ont été victimes d’accidents heureusement peu graves pour leur personne, sinon pour leurs voitures.
- Dans les motocycles, Marcellin est par-veuu à vaincre sa déveiné de l’an dernier. Il a couvert le parcours en 3 h. 47 m. 14 s., soit à une vitesse de 60 kilomètres environ se plaçant y dans le classement général.
- Derrière lui, Delisle s’est classé honorablement. Les autres, Baras, Rigal, Bécon-nais, Joyeux, Meyer, Montbel,. Labadie, Martin sont restés en panne.
- Le .départ
- Les concurrents étaient au nombre de 29 voituristes et 12 motocyclistes. La catégorie amateurs n’a pas beaucoup rendu. Il y en a un dans .les voitures et deux dans les motocycles.,
- Fidèle aux anciens errements, l’Automobile Club Béarnais a décidé de donner les départs de 30 secondes en 30 secondes, ce qui, avec les arrêts obligatoires, les temps neutralisés, compliqua plus que de raison le classement.
- Quant aux motocycles, ils sont partis en groupes. ,
- M. Gouget donne avec son drapeau rouge le signal du départ. M. Dampeyron appuie sur son chronomètre.Le premier est parti, a bondi plutôt.
- Voici les heures des départs :
- Giraux 9 h., de Knyfï 9 h. 30 s., Gilles-Hourgières 9 h. 1 m., Bozon de Périgord 9 h. 1 m. 30 s., Loraine-Barrow 9 h. 2 m., Pascault 9 h. 2 m. 3 s., Charron 9 h. 3 m., Girardot 9 h. 3 m. 30 s., Valton 9 h. 4 m.
- Les motos partent derrière en un seul peloton rangés sur deux lignes, ce sont :
- Marcellin, Béconnais, Rigal, Baras, Os-mont. Joyeux, Martin, Villemain, Delisle, Labadie.
- Il est 9 h. 11 m. Barras prend la tête à toute allure mais on apprend rapidement qu’à deux kilomètres du départ sa soupape d’échappement a été guillotinée et qu’il est mis hors de course.
- A 9 h. 20 m. enfin partaient les deux motos amateurs Montbel et Mayer.
- Les contrôles TARBES (33 kil.)
- Temps superbe, public nombreux au contrôle. Voici l’ordre des passages :
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- R. de Knyff 9 h. 54 m., Giraud 9b. 36 m., Charron 9 h. 30 m.. Gille-Hourgières 9 h. 39 m. 30 s., Bozon de Périgord 9 h. 41 m. (da pas .'igné au contrôle). Béconnais 9 h. 44^m. Girardot et Pascault y h. 45 m., Marcellin, Joyeux et Vil.emain 9 h. 47 m,, Vallon 9 h. 49 m., Rigal 9 h. 50 m., B. Loraine-Bairow 9 h. 51 m., Del sle 9 h. m., Os-mont 9 h. 55 m. 30 s., Meyei 10 h.
- 1
- , R1SCLE (90 kil.)
- Les coureurs passent dans l’ordre suivant :
- CTarron 10 h. 31 m , Giraud 10 h. 32 m., Gilie-Hourgières 10 h. 35 m., Bozon 10 h. 35-111 , Pascault ioh.’L43 m., Girardot 10 h. 50 m., Delisle 10 h. 54 m., Loraine-Barrow et Osmond 10 h. 58 m., Rig?l et Mayer tii h. 5 m., Villemin, 10 h. 6 m., Marcellin,
- 11 6. i 5 m.
- Valton a brisé sa voilu-e à un pa sage à niveau et a dû abandonner.
- saint-sever (137 kil.)
- R de Knyff 11 h., Giraud 11 h. 9 m., Bozon 11 h. 13 m., Charron 11 h. 14 m., Lo-lai e et B iras n h. 55 m , Marcellin n h. 57 m.. Pas:ault n h. 58 m , Girardot 12 h.,
- 4 m. Villemin 12 h. 12 111.
- Charron a été victime d’un accident ; en passant un caniveau sa voiture a fait un tel bond qu’il a été projeté à plusieurs mètres avec s~n mécanicien ; tous deux sout-fi eut de contus ons ; ar s gravite, niais la voiture est complètement brisée.
- dax (182 ki'.)
- Passent au contrôle :
- R. de Knyff ti h. 39 m., Giraud 12 h.
- 1 m., B >zon 12 h. 3 m., De.isle 12 h. 34 m., Marcellin 12 h 36 m , Pascault 12 h. 44 m., Girardot 12 h. 46 m , CLmont 12 h. 48 m.
- A SAINT ÉTIENNE DE BAYONNE
- (229 kilom.)
- Le contrôle était ass 1 ré par M. Elisserry et le Vélo Cub B lyonne-Biarritz.
- Passent dans cet c rdre :
- R. de Knyff 12 h. ar m., Bozon 12 h. 47 m , Giraud 12 h 50 m., Gilles-Hourgières 1 h. 3 m . Marcellin 1 h. 14 m , Delisle 1 h. 24 in., Pascault 1 h 33 , Gi ardot 1 h 35 m.. Osmont 1 h. 45 m , Mayer 1 h. 48 m.
- peyrehorade (265 kil.)
- Vo:ci l’ordre des pa-sages : R. de Knyff
- 12 h. 55 m-, Bozon 1 h. 36 m. (ne signe pas), Marceilin 2 h 2 m., Delisle 2 h. 5 m., Giradot 2 h. 13 m , Pascault 2 h. 14 m., Osmont 2 h. 18 m.
- orthez (295 kil.).
- Passent dans cet 01 d e :
- R. de Knyff 1 h. 24 m., Bozon 2 h. 2 m., Gilles Hourgières 2 h. 24 m., Marcellin 2 h. 32 rn , Gira doL 2 h. 40 m.. Pascault 2 h. 41 m , Delisle 2 h. 42 m , Loraine Barrow 3 h. 5 m., Meyer 3 h. 12 m., Osmont 3 h. 14 m.
- Le classement
- Voici le classement :
- VOITURES
- 1. De Knyff, 4 h. 46 m. 57 s.
- 2. Comte Bozon de Périgord, 5 h. 33 m. 52 s. 215.
- 3. Gilles Hourgières, 5 b, 51 m. 52 s.
- 4. Pascault, 6 h. 2 m. 41 s.
- 5. Girardot, 6 h. 5 m. 55 s. 145.
- 6. Loraine Barrow, 7 h. 10 m. 29 s. 1 j^.
- 7. Giraud, 7 h 51 m.
- Valton n’a pas terminé.
- MOTOCYCLeS
- 1. Marcellin, 5 h. 47 m. 14 s.
- 2. Delisle, 6 h. 21 m. 5 s.
- 3. Osmont, 6 h. 52 m. 2 s.
- La glande épreuve est courue. Le succès qu’elle a remporté permet d’espérer qu’elle sera annuelle.
- L'arrivée
- L’arrivée se faisait au Parc de la Basse-Plante, sur la route de Bayonne. Dès avant 2 heurec, une fowe considérable se pressait sur le tn.t'oir. attendant les concurrents sur la marcv e desquels on était tenu au courant par les dépêches du contrôle.
- Deux heures viennent de sonner, un sourd grondement se fait entendre à l’horizon, un tourbillon de poussière s'élève du sol, une \oiture en émerge qui s’arrête frémissante comme l’étalon après une course rapide. C’est la 16 chevaux de de Knyff. Il est 2 h 4 m. 27 s.
- A 2 h 50 m 20 s 2/5 arrive le second, le comte B zon de Périgord; un quart-d’heure après Gilles Hourgières. Il est à peine là que le premier motocycliste Marcellin passe devant les contrôleurs. Les arrivées se succèdent ensuite devant la foule enthousiasmée.
- Quelques réflexions de Georges Prade, l’envoyé spécial du Vélo :
- Le roi des chauffeurs
- M. René de Knyff, dont j’avais fait mon favori, a gagné de loin son véhicule ayant une bonne classe de plus que tous les autres véhicules concurrents sans exception.
- Le roi des chauffeurs qui n’a jamais mieux mérité son titre courait donc contre la panne. N’en ayant pas eu il a battu le second de la
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- bagatelle de cinquante minutes ce qui fait plus de cinquante kilomètres sur trois cent trente-cinq. C'est plutôt quelque chose!'
- L’engin de Rene de Knyfï est une seize-chevaux, mettons vingt pour ne ræn exagérer, à double allumage électrique et incandescence, du poids de i.coo kilos environ. Le moteur à 4 cylindres naturellement entraîne quatre vitesies dont la plus grande pe-met de couvrir régulièrement le kilomètre en pa ier e ' quart,n'e cinq se ondes. R u'eme fs à b lie-, pneumn iques de cent vntt, voila qui c mpiè e la plnsioi omie du véhiculé.
- CeLe du conducteur et de son fidèle Aristide qui l’accompagnait enco'e à califourchon sur le maichepied est trou connue pour qn’it soit besoin de les esquisser.
- Derrière de Krnff la lutte s’engageait sauvage et furieuse entre les douze chevaux et Giraud prena t d’abord l’avantage et menait la course derrière de Knytf puis une série de pannes le la ssaient sur place et c’est au comte Bozon de Périgord que revenait l’honneur de finir second ctprenrerdes douze chevaux en 5 heures33 minutes ^secondes 2/5.
- Gilles Hourgières le suivait de près en moins de six heures encore, puis venaient Pasciult. dont la course est tout à fait remarquable pour un quasi novice, Girardot et Barrow.
- Des deux frères siamois de la douze-chevaux, l’un, Girardot, avait une panne terrible un écrou du moteur qui tient les tubes à incandescence fondu et perdait une heure ; l’autre, Charron, comme on le verra plus loin faisait une pirouette formidable sur un caniveau en dos d’âne, brisant sa voiture, sans se blesser, heureusement !
- * *
- Passons aux motocyclistes.
- C’est à Marcellin, dont je suis heureux de célébrer la victorieuse réapparition en course, qu’est revenue l’épreuve.
- Les forts moteurs ont un peu justifié mes appréhensions, mais ce ne sont pas les mo-tocycles qui ont cédé à leurs efforts, c’est tout bonnement eux-mêmes.
- Baras, Béconnais, Rigal, Joyeux, Martin, Labadie, Montbel, Meyer sont ainsi restés en route. Baras a cassé une soupape d’échappement ; Béconnais et Joyeux leur tige de piston.
- Marcellin pilotait un motocycle tout à fait original et dont le type est pour moi destiné à devenir un modèle. Le moteur tort, puisqu’il fait six chevaux environ est à deux cylindres ce qui équilibre merveilleusement le tricycle et ne le disloque pas peu à peu, par la répétition de ces coups de piston répétés sur un seul côté, c’est à coup sûr un pas nouveau fait dans la construction des moteurs, car si les moteurs à ailettes et à
- deux cylindres ont fait déjà quelques expériences voici la première grande expérience de faite. C’est plus qu’un succès !
- * *
- Dans la soirée, on a reçu la défêcbe suivante de Charron :
- « E t arrivant dans Saint-Sever, j'ai fait un tel 1 ord sur un dos d'âne de la route que j’ai été j rojeté contre un arbre à 40 mèires, mo:i mécanicien souffre un peu des relm. naisiim deg*ave. moi je r’ni ricn.é’at t resté dans la vo:tn: e.
- « Les 4 pneus sont arraché* de la jan‘e. la voitu e a fait t.ois 'ours sur elle même. Toute* le* vo iuircs païsies avant moi ont failli avoir le même sort. J’ai immédiatement arrêté voitures et tricycles qui arriva-'ent, à quelq tes kilomètres avant, pour les prévenir. J’étais deuxièmes ce moment-!à ap ès avoir perdu sept minutes pour une rupture de fil. J’arriverai par le train de Dax. Rassurez les amis. Tout va bien !
- L’AliTOMOÜlLE A LWO&ITION
- La commission d’organisation de l'Exposition et des Concours automobiles de Vincennes s’est réunie à l’hôtel Pistoret, sous la présidence du baron de Zuylen. Bien que le meeting de Pau ait été la cause de quelques abstentions, les présents élaient si nombreux que la grande salle du Comité était piesque trop petite.
- Aux côtés du baron de Zuylen se trouvaient le comte de Dion et M Jeantaud, grand orgmisatcur du meeting automobile de Vincennes.
- On a tout d’abord procédé à K nomination du bureau qui sera ainsi composé :
- Président d’honneur, le baron de ZuyLn; président, M. Forestier, inspecteur général des ponts et chaussée-; vices-présidents, MM. JeantauJ, le comte de D on et Rives; secrétaire, le comte de Chasseloup-Laubat.
- Pui: 011 a nommé les sous-commissions chargées d’organiser les concours et courses, qui seront au nombre de six (un par mois);
- En mai, concours de voitures de place et de livraison;
- En juillet, concours de courses de vitesse;
- En août, concours de vorurettes;
- En septembre, concours de poids legers (petits véhicules de transport de marchandises);
- En octobre, concours de poids lourds.
- * *
- Puis, sur une demande de M. Gobron, M. Jeantaud a donné quelques détails sur l’Exposition de Vincennes. Il a annoncé qu’aucune demande 11’ayant été adressée par les constructeurs de bicyclettes, le pavillon du Cycle serait mis à la dispo-
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- LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- sition des fabricants de pneumatiques et accessoires d’automobiles. Le hali réserve à ces derniers étant, nous l’avons déjà dit trop petit cette abstention des cyclistes sera la bien venue.
- Il rappelle que, comme on pouvait le prévoir, l’exposition de Vincennes ne pourrait' être prête avant le 15 mai — lisez Ier juin — c’est drôle
- pour les chauffeurs ?
- - r . - :
-
- On s’est ensuite occupé de la question du transport qui est singulièrement inréressante. Le bois de Vincennes n’est desservi que par une seule ligne’dé tramways. C’est absolument insuffisant; aussi les organisateurs se sont-ils adressés à quelques constructeurs de grands véhicules automobiles, MM. de Dion, Le Blant, Scotle, etc,, qui se sont engagés à établis un service régulier entre les gares de la Ceinture et du Métropolitain et l’Exposition de Vincennes. Plusieurs autres constructeurs mettront en circulation des véhiculés de tous modèles qui permettront aux visiteurs, moyennant un prix fixé par un tarif, de circuler en automobile dans l’enceinte de l’Exposition, c’est-à-dire autour du lac Daumesnil. Du reste, tous les exposants poui ront faire circuler, aux mêmes conditions^ les machines placées sur leurs stands, après, toutefois, un examen de la commission spécialement désignée à cet effet. Sur les recettes ainsi réalisées, il sera Prélevé des sommes nécessaires à l’organisation des réunions sportives qui seront données le jeudi.
- ----------------♦------E---:------
- du Journal des Sports
- Le préfet de la Seine-Inférieure vient de prendre un arrêté autorisant les chauffeurs qui prendront pa t à la course du 11 mars, à parcourir dans le département les routes nationales n?s 14 et -182 avec les restrictions ordinaires, c’est-à-dire que la vitesse de leur véhicule devra être réduite à 20 kilomètres à l’heure dans la traversée des agglomérations.
- La liste d’engagement continuç à s’aljonger. Voici la liste de ceux reçus à ce jour ;
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par eau
- Série A. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos ;
- 1. Hertel Pornichet-les-Pins
- 2. Teste-Moret Lyon
- Série B. — Voiturettes et voitures au-dessous de 500 kilos :
- 1. Stépho Paris
- 2. Hugot Paris
- 3. Teste-Moret Lyon
- "4 Decauville I Paris
- 5. Decauville II —
- 6. Decauville III —
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par air
- Série C. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos :
- 1. Schrader Paris
- 2. Thierry —
- Série D. — Voiturettes et voitures au-dessous de 500 kilos :
- 1. Van Berendonck Paris
- 2. Fernandez —
- 3. Ch. Caillat —
- ' 4. R. d’Arnaud —
- 5. Lepape Puteaux
- Rappelons que les engag ments doivent être adressés, accompagnés de la somme de dix francs à notre confrère Tampier, au Journal des Sports, 10, faubourg Montmartre.
- LE MEETING DE SPA
- Le comité sportif de l’A. C. B, vient d’adopter le projet suivant pour le concours qu’il organise à Spa les 2 et 3 septembre prochain, et qui est réservé aux membres de l’A. C. B., aux membres des cercles patronnés et aux membres des cercles étrangers reconnus.
- Les catégories sont au nombre de 3 :
- I. — Voiturettes de moins de 400 kilos;
- IL — Voitures de plus de 400 kilos de moins de 40 chevaux.
- III. — Voitures de plus de 400 kilos de plus de 10 chevaux.
- Les trois catégories devront porter au moins deux personnes, assises côte à côte et d’un poids moyen de 70 kilos.
- Les itinéraires sont les suivants :
- Catégories II et III. — Spa (Pouhon), La Sauve-niôre, Malchamps, Francorchamps, Havelot, Trois Ponts, Grand-Hacleux, Vielsalm, Borigny, Chérain. Houffalize, Noville, Bastogne. Flamierge, Tenne-vdle, Marche, Sommeleuze, Méan, Ocquier, Ha-moir, Comtlain, Fiairon, Cemilain-au-Pont. Ayna.il-le, Remouchamps, la Reid, Spa, ce qui fait 185 kilomètres.
- Catégorie I. — Spa (Pouhon), LaSauvemôre, Malchamps, Francorchamps, Havelot, Trois-Ponts, Grand-Halieux , Vielsalm, Barraque, Traiture, Grand- Menil, Bornai, Vieuxville, My-Aynaille, Remouchamps, la Reid, Spa, Au total 105 kilomètres.
- Catégorie I. — 1er prix, 400 fr., 2“ prix, 300 fr. ; 3° prix, 200 fr. : 4e pjix, 100 fr.
- Catégorie IL — 1er prix 700 fr.; 2'prix, 500 fr. ; 38 prix, 400 fr ; 48 prix, 200 fr. ; 5e prix, 10 ! fr.
- Catégorie .III. — Rp prix, 1,000 fr. ; 2’prix, 700 fr.; 3* prix, 500 fr. ; 4e prix, 300 fr.
- En outre, une médaille de vermeil sera décernée au. l”; une médaille d'argent au 2e, et une médaille de bronze aux suivants.
- Dans les catégories II et III, il sera alloué en outre des primes aux voitures portant au moins quatre voyageurs et gréées en touriste, Dan-> ces mômes catégories, des primes seront accordées aux voitures-touristes portant plus de quatre voyageurs.
- Pour pouvoir prendre part aux courses ci-dess js indiquées, les concurrents devront avoir fait, !• sa-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- verront chez elles par des trains qui ne s’arrêtent que peu de temps aux stations frontières.
- En pareil cas, ils peuvent faire reconnaître l’identité des machines dans une succursale d’entrepôt et la faire diriger ensuite, à règlement sur le service d’escorte.
- Le bureau de douane qui procède à la reconnaissance de l’identité des vélocipèdes restituera le cautionnement à l’intéressé. Notre confrère « Auto » nous apprend en outre que le personnel des stations desservant un entrepôt est tenu de prêter gratuitement son concours aux touristes, dans le cas de l’espèce.
- Bénédiction de pétrole. — Nous avons, en France, conservé la coutume de faire bénir un navire avant son lancement. Les Espagnols, restés plus religieux que nous, font également bénir les locomotives avant de les mettre en service.
- A Madrid, ces jours derniers, nous dit le Vélo c’est une automobile, ou plutôt son pétrole, qui, pour la première fois, a reçu la bénédiction.
- « Dans la matinée, avant que voitures et tram-wayseussentgèné la circulation, arrivait par les rues de Hortaleza et de Sainte-Brighitte une magnifique automobile qui bientôt s’arrêta devant la chapelle de las Escualas dias.
- « Quelques instants après, la porte de la chapelle s’ouvrit et un prêtre apparut, revêtu d’une étole et d’un surplis, tandis que, du véhicule, descenda't (* je vous la donne en mille », comme disent les Français) l’acteur populaire Pepe Ri-quelme, irréprochablement vêtu en chauffeur.
- — Voulez-vous, je vous prie, monsieur le curé, dit il, bénir mon pétrole ?
- La surprise du prêtre donna lieu à un échange de quelques bons mots mais tout fut bien vite arrangé, sur les explications du sportsman innovateur :
- — L’Eglise, dit-il, bénit les machines à vapeur, et les machines électriques. Le pétrole, monsieur le curé, une œuvre de Dieu, comme toutes celles que vous bénissez, constitue pour moi un élément qui remplace la force animale. Comment lui refuser la bénédiction au nom de Saint Antonin Abad, protecteur des animaux domestiques, puisqu’il est destiné à épargner des peines et des fatigues sans nombre aux pauvres bêtes?
- Le prêtre donna aussitôt 4a bénédiction au pétrole de l’automobile et Pepe Riquelme, après avoir octroyé son obole, s’éloigna triomphalement en faisant : Taf, taf, taf, par la rue de Fuencarral. »
- Tout cela e9t fort bien, mais pourquoi bénir le pétrole et non l’automobile ?
- Les Garages d’Automobiles. — Le lundi 5 mars prochain, à ii heures du matin, il sera procédé en séance publique, à Paris, quai d’Orsay, 97, par le directeur général de l’exploitation, c assisté du directeur des finances, du secrétaire
- général de l’Exposition et de l’architecte en chef des installations générales, à l’adjudication sur soumissions cachetées, du garage de véhicules automobiles et de bicyclettes qui sera établi sur des terrains dépendant de l’Exposition universelle de 1900, mais sans accès dans l’enceinte de celle ci.
- Le garage de véhicules automobiles et bicyclettes est situé à proximité de la porte de l’avenue Rapp. : Çy.-
- Voiture automobile d’ambulance. -^riL’hô-pital Saint-Vincent, de New York, vient d’être doté d’une voiture automobile d’ambulance qui a coûté à son donateur, M. Kelly, la bagatelle de 3,000 dollars (15,000 francs) C’est, croyons-nous, le premier véhicule du genre.
- La carrosserie de cette automobile est particulièrement confortable et est dotée de plusieurs perfectionnements qui assurent aux malade; un transport aussi doux que possible.
- A Metz (de notre correspondant) :
- On me dit qu’une Société Allemande aurait acheté pour 50 000 fr. de terrains à Sablon-les-Metz dans l’in ention d’y installer une fabrique de Cycles et automobiles. Cette société aurait en outre l’intention de fournir l’éclairage électrique aux communes de Montigny et Sablon.
- En attendant, les grands Moulins de Metz viennent dé faire venir de Paris un tracteur à vapeur, système Scotte. Il est conforme au modèle adopté par le Ministère de la Guerre français pour le service de l’artillerie et du génie et est à la fois tracteur et porteur. Sa puissance est de 27 chevaux et il peut enlever dix à douze tonnes de poids utile à une vitesse de 6 à 7 kil. à l’heure. Il paraîtrait qu’une commande de 4 tracteurs serait encore faite par la même maison.
- Lors des premières sorties de cet appareil on aurait cru à un accident en voyant les rassemblements qui l’entouraient sans cesse pleins de curiosité, cette machine étant la première que l’on ait jamais vue dans notre ville.
- Je crois pouvoir annoncer que l’on ne serapas|en-core longtemps sans avoir de Club automobile.
- BAUTHIER.
- •k k
- MM. Daniel Augé et Co nous informent que MM. Emile Loire et Auguste Berneval ne font plus partie de leur personnel depuis le 20 Février.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Voiture 12 cheoaux de course de la Maison Peugeot.
- ♦
- LA MACHINE VOLANTE DANILEWSKY
- En dépit des efforts acharnés qui se continuent depuis plus d’un siècle, on ne peut pas dire que la navigation aérienne se présente encore sous une forme pratique ; et c’est pour cela même qu’il est intéressant de suivre toutes les tentatives, afin d’essayer d’y trouver l’indice de nouveaux progrès amenant plus piès de l’idéal poursuivi.
- Donnons pour aujourd’hui quelques renseignements sur les nouvelles expériences exécutées par un ingénieur Russe de Char-kow, le Docteur K. Danilewsky. C’est un spécialiste des plus distingués, qui exécute ses travaux avec l’appui et sous les auspices du Gouvernement russe ; il s’agit en effet de démontrer que son navire aérien susceptible de direction, car alors on remploierait immédiatement dans le corps du service des signaux de l’armée russe. Il s’agit du reste en réalité d’un appareil qui
- tient à la fois et du ballon et de la machine volante, comme le montrent des photographies qui avaient été communiquées par l’inventeur à notre excellent confrère Sc,in-tific American, malheureusement trop peu nettes pour être reproduites.
- La machine volante eu le ballon en que -tion (comme on voudra l’appeler) comporte, non pas une nacelle, mais un simple siège, sur lequel l’inventeur n’hésite point à prendre place lui-même pour expérimenter son système. Pour *c éer son appareil, le Docteur Danilewsky est parti de cette hypothèse que. si la force que peut produire un homme, étant donné son poius, est insuffisante pour l’élever dans l’air, notre homme peut du moins suffire à s’élever quand il est, débarrassé de ce poids : son moyen pour supprimer ce d t poids : un ba!lon remp'i partiellement d hydrogène pur ayant pour but et pour résultat d’éliminer, de par sa force ascensionnelle, le poids en question. Dès lors l’aéronaute peut consacrer- tous ses efforts à la propulsion et à la direction du ballon qui le porte réellement. En somme
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- c'est une idée qui se retrouve dans beaucoup d’inventions analogues, quand il ne s’agit point de machines planantes du genre de celle du regretté Lilienthal, mais ici elle semblerait rencontrer le succès.
- Le Docteur Danilewsky, dont toutes les préoccupations semblent pour ainsi dire tourner autour du succès de son appareil, remise son ballon dans un vaste hangar construit sur sa propriété, et, quand il veut s’élever en l’air, il lui suftit du concours de trois ou quatre hommes: on doit convenir que c'e^t là une particularité fort appréciable en matière militaire, les aérostats ordinaires demandant une quinzaine d’hommes au moins pour que le lancement s’en effectue dans de bonnes conditions. Ajoutons encore que le ballon Danilewsky peut se gonfler avec une grande rapidité : il suffit, paraît-il pour cela d’une demi-heure (ce qui s’explique par ses faib'es dimensions) et, quand il est gonflé, une couple d’hommes peuvent parfaitement le transporter à n’importe quelle distance.
- Bien entendu au point de vue des résultats obtenus, comme nous n’avons pas assisté à des essais, nous ne pouvons que nous en référer au compte-rendu qu’en a donné le Dr Danilewsky lui-même. Après avoir atteint une altitude de 90 mètres, et après avoir décrit un cercle parfait, la machine s’arrêta, puis elle descendit vers la terre, afin de permettre aux officiers russes qui suivaient les estais de pouvoir observer le fonctionnement du mécanisme et constater que l’aéronaute était parfaitement à même de commander à la manoeuvre. Alors la montée fut ordonnée, et le ballon monta jusqu’à être complètement perdu de vue ; il semblait ne pas être affecté parles courants aériens et se dir:ger tout droit sans la moindre déviation. Au bout de deux heures, les observateurs demeurés à terre virent apparaître un point noir, qui n’était autre chose que le navire aérien ; un quart d’heure après il était nettement visible, et, avant qu’un nouveau quart d’heure se fut écoulé, on reconnaissait nettement l’inventeur sur le siè^e de son appareil. La descente se faisait pour ainsi dire en droite ligne, et quand la machine fut à quelque 150 mètres de terre, elle put sans peine dévier de sa route pour éviter un gros bouquet d’aibres qui se trouvait sur le terrain d’afterrissage, et passer à quelques mètres seulement du sommet de ces arbres.
- Nous n’avons pas malheureusement (et cela s’explique assez facilement) des données explicites, sur les dispositions complètes de la machine volante en question; mais au point de vue de la forme extérieure nous po ivons ajouter que le ballon en lui-mêm.* a la forme d'un cigare, ou plutôt d’un obus, dressé verticalement sa pointu en l’air. L’aéronaute, assis sur un siège sus-
- pendu sous la base de l’obus, agit sur une série d’hélices et de gouvernails, et, au-dessus de sa tête, est un jeu de lames horizontales en persienne qu’il est possible de mettre complètement à plat de façon à ce qu’elles s’embriquent les unes sur les autres ou. au contraire, de relever de façon à ce qu’elles s’effacent presque totalement en se tenant verticalement.
- Lorsaüe nous aurons des détails complémentaires sur cette curieuse machine, nous nous empresserons de les faire connaître à nos lecteurs.
- D. B. '
- LA BICYCLETTE AUTOMOBILE
- « Y a t-il de l’avenir pour la bicyclette à pétrole?»
- Telle est la question que me posait dernièrement un de mes amis, constructeur de cycles, qui est en train de se demander s’il ne va pas exploiter un moteur qu’on vient de lui présenter, lequel rendrait automobiles toutes les bicyclettes actuellement existantes : il subirait simplement de renforcer les fourches d’avant, car ce moteur se placerait à l’avant, au-dessus de la roue directrice.
- A la vérité, il existe déjà quelques modèles de ce genre, mais on n’est pas du tout d’accord sur leur fonctionnement : les uns prétendent qu’ils donnent entière satisfaction à ceux qui les montent, les autres affirment qu’ils forcent à pédaler dans les moindres côtes, d’où une dépense musculaire très grande car ces machines pèsent au minimum 28 kilos, et causent une fatigue qui au bout de 50 kilomètres, est égale à celle qu’éprouverait un cycliste montant une bicyclette ordinaire, c’est-à-dire sans moteur.
- Mais, alors même que cette dernière critique serait justifiée, cela ne répondrait pas catégoriquement à la question de mon ami : « Y a-t-il de l’avenir pour la bicyclette à pétrole? » En effet, l’impuissance actuelle des moteurs pour bicyclette n’est pas un obstacle insurmontable; on arrivera certainement à faire des moteurs beaucoup plus forts ayant le même volume et pesant le même poids que ceux qui existent présentement.
- Ce perfectionnement est déjà acquis pour les moteurs de tricycles qui font jusqu’à 4 chevaux de force sans être sensiblement plus lourds et plus volumineux que ceux d’ri y trois ans, qui faisaient 3/4 de cheval ! On m’a dit que les moteurs de bicyclettes à pétrole (modèle 1900) donneront 1 cheval 1/4 à 1 cneval 1/2, ce qui me semble très suffisant pour un instrument de ce genre.
- Mais il est temps de faire connaître 'a réponse que je fis à mon ami. Je ne la présente pas comme un article de foi et il se peut très bien que je me trompe du tout au tout et que la bicyclette automobile reste une utopie.
- — Si vous possédez, lui dis-je, un bon moteur, ayant donné ses preuves et susceptible d’être aisément posé sur toute bicyclette n’hésitez pas une seconde à l’exploiter. Vous ferez de bonnes affaires, car ce sera le moyen de rendre l’auto nobilisme accessible à la grande majorité des cyclistes. Or, ils
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- sont 500,000, si l’on en croit les rôle» d© l’impôt.
- Certes, la bicyclette aura toujours, sur le tricycle l’inconvénient de l’instabilité, mais, par contre, combien d’avantages ne possôde-t-eile pas sar ce dernier r maniement plus facile (ouiy quiconque aura piloté les deux machines conviendra que le tricycle est moins commode à diriger), garage plus aisé à trouver (peu de gens possèdent un local leur permettant de garer un tricycle), entretien moins onéreux et consommation d’essence et d’huile réduite presque de moitié. Quant au prix d’acquisition, il est déjà de 40 0/0 moins cher que celui d’un tricycle. Enfin, je me suis laissé dire qu’on pouvait en cas de « panne » grave, continuer son voyage en pédalant jusqu’à la ville voisine, et cela sans trop de fatigue. La vitesse atteinte sans le secours du rrÉotèur serait de 8 à 10 kilomètres à l’heure.
- Comme on voit, mes renseignements manquent un peu de précision, mais, si actuellement, la pratique les dément, l’avenir viendra les confirmer.
- Ajoutons que la bicyclette automobile aura en outre cet avantage de continuer à fournir un exercice musculaire à ceux qui la monteront.
- On peut il est vrai, pédaler également sur un tricycle à pétrole, mais l’effort à fournir devient tout à fait pénible.
- Enfin, la bicyclette passera dans beaucoup d’endroits où le tricycle serait arrêté. Lorsqu’on sera obligé d’emprunter la voie ferrée, l’exédent de poids de bagages sera moins considérable. Reste la question du dérapage. Une bicyclette, pourvue d’un moteur, est-elle plus susceptible de déraper qu’une machine ordinaire ? Oui, si le moteur est placé à l’arrière; non, s'il est placé dans le cadre ou sur la roue d’avant. Et puis, l’on peut employer des pneumatiques à enveloppes striées. Us ont bien l’inconvénient de donner une adhérence plus grande au sol, mais qu’importe si le moteur doit supporter seul cette augmentation de travail !
- Adoncques, je crois à l’avenir de la bicyclette automobile.
- {La Presse) G. de Lafrete.
- UNE SITUATION IUZAHUE
- C’est de la situation actuelle de l’industrie automobile que je veux parler. Elle est en effet des plus bizarres. L’engouement du public pour l’automobile ne s’est pas ralenti un seul instant, disent les uns. La preuve est que certaines maisons, dont il est inutile de citer le nom puisque tout le monde le connaît, n’arrivent pas à suffire aux commandes. Même en ne se jetant pas le moins du monde à la tête du client, — on pourrait même reprocher à quelques-unes d’entre elles le défaut contraire, — elles ont du travail assuré pour de longs mois, presque pour des années. Elles vendent pourtant leur marchandise fort cher, pour ne pas dire à des prix fabuleux.
- — Pardon, répondent les autres, mais vous citez les maisons prospères, celles qui
- tiennent la tête du marché. Combien y en a-t-il, à côté d’elles, qui n’arrivent même pas à écouler les voitures fabriquées qu’elles ont en magasin. Ces voitures marchent et le public n’en veut pas. Lisez donc les Petites Affiches, journal d’annonces légales. Tl n’y est question que de malheurs. La Société X a fait la culbute; la Société Y convoque ses actionnaires pour leur proposer une dissolution anticipée; la Société Z n’est pas en faillite, mais elle vend ses ateliers, son matériel et tout ce qu’elle peut vendre. Si vous appelez cela une situation prospère?...
- Et le singulier de la chose, c’est que tout le monde a raison. Le public achète. Il achète même beaucoup, mais seulement certaines marques, et la prospérité des uns fait ressortir encore davantage la male-chance des autres.
- Après tout, le public n’est peut-être pas bête, et il y a peut-être, dans ces anomalies apparentes, bien de la faute des constructeurs, au moins dans un certain nombre de cas.
- Combien d’entre eux, en effet, se sont mis à faire de l’automobile parce que c’était la mode, parce qu’ils étaient convaincus que, dans cette industrie nouvelle, il n’y avait qu’à se baisser pour ramasser la forte somme. Ils ne connaissaient absolument rien du moteur à pétrole et de la voiture automobile. Ils ont relevé, tant bien que mal, les principales cotes d’un moteur Phénix et ils ont pondu un dessin quelconque, un démarquage, où l’on a copié sans vouloir paraître copier et sans très bien se rendre compte du pourquoi des modifications que l’on faisait subir au modèle.
- Quelques ouvriers, quelques mauvais outils et un bout d’atelier. Voilà ce qu’on s’imaginait être suffisant pour créer une maison d’automobiles.
- Après quelques tâtonnements on obtenait un moteur qui finissait par tourner, tant bien que mal sur le banc d’essai. On bricolait une voiture en commandant une boîte de changements de vitesse d’un côté, un embrayage de l’autre, un carburateur à un troisième fournisseur. On mettait sur le tout une carrosserie quelconque et voilà le nouveau type de voiture automobile créé. Annonces dans les journaux, stand dans une exposition. Le public regarde, tourne autour. Quelques naïfs achètent. Oh ! les malheureux. C’est la panne à jet continu, la panne incessante, la panne indéfinie. Rien ne va dans cette malheureuse voiture faite de bric et de broc. On raconte ses malheurs à ses amis, lesquels s’empressent d’en colporter la nouvelle.
- Quelle horreur que cette nouvelle automobile du système Trois Etoiles ! Cela n’est ni fait ni à faire. Tout se disloque, tout se déclinque.
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- Et, en un clin d’œil, sans qu’on sache comment, par une sorte de mot d’ordre venu on ne sait d’où, la mauvaise réputation de la marque naissante se trouve faite à jamais. La voiture est rangée dans la catégorie de celles « qui ne marchent pas ». Les constructeurs peuvent, à force de travail, arriver à perfectionner leur type. Peine perdue. Le public n’en veut pas et n’en voudra plus, quoi qu’on fasse. Il n’y a qu’à attendre patiemment la fin du capital social.
- Et cela recommencera tant que les constructeurs ne voudront pas comprendre que, de tous les problèmes de mécanique, celui de la voiture automobile est, malgré son apparente simplicité, un des plus difficiles à résoudre. Même en restant dans’es types connus et usuels, il est extrêmement difficile de faire un bon moteur à pétrole, si l’on n’est pas extrêmement au courant des mœurs et de l’anatomie de cet animal capricieux et têtu. Et tout le reste est aussi peu commode à bien construire que le moteur. La meilleure pieuve est que fort peu de constructeurs, même parmi ceux qui ont un outillage perfectionné et de l’argent en abondance, arrivent à produire quelque chose de vraiment bien. Les fabricants, qui voient leurs contre-maîtres, à force d’habitude, faire fonctionner leurs voitures, trou-vent’qu’elles sont parfaites et admirent leur œuvre. Le client n’est pas du tout de cet avis et, quitte à payer trop cher, s’adresse à ceux dont les véhicules ont la réputation de marcher. Au fond, c’est assez naturel.
- Mais tout cela n’empêche pas qu’il n’y a t encore de très belles places à prendre dans l industrie automobile. Le jour où un monsieur arrivera avec une voiture bien étudiée et bien au point, si ce monsieur est un bon commerçant en même temps qu’un bon mécanicien, s’il installe un bon outillage et s’il fabrique sérieusement, vous verrez que son succès sera foudroyant. Mais que Ton finisse par comprendre que cette industrie-là ne peut pas se faire par à peu p'ès. Il faut, pour y réussir, des qualités multiples, très difficiles à trouver réunies chez un seul homme et beaucoup d’argent. Sans cela, inutile d essayer.
- Tout cela semble évident mais n’empêchera pas, du reste, bien des malheureux de se brûler encore les doigts en ce métier si malaisé. Le triste est que cela commence à se savoir et que l’actionnaire devient trop défiant pour les nouvelles affaires d’automobiles qu’ou lui présente. Il a tort et ma conviction absolue est qu’il y a énormément d’argent à gagner dans l’auto et que ce'a durera pendant nombre d’années. Mais qu’on ne crée p'us une nouvelle marque d’automobiles comme on créerait une fabrique de n’importe quoi. Il faut être un homme supérieur et avoir beaucoup d ar-
- &ent’ Gaston SENCIER.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’automobile historique et patrique
- Tome II
- par L. Baudry de Saunier.
- Nous signalons avec plaisir la prochaine apparition d’un ouvrage très attendu par les connaisseurs.
- U Automobile historique et pratique, tome II. par Baudry de Saunier.
- Ce volume traite dans leurs moindres détails de toutes nos grandes marques de voitures automobiles : Panhard et Levassor, Peugeot, Mors, de Dion Bouton (petite voiture), Georges Richard, Bolide, Rochet, Darracq, Delaha-, e, de Diétrich, Rochet-Schneider, etc, des pannes et de leurs remèdes, etc.
- Il renferme 500 pages de grand format, et plus de 300 gravures sur bois et sur zinc qui représentent à elle seule une dépense de plus de 7.000 francs.
- Nons engageons tous nos lecteurs à nous adresser au plus tôt, avec un mandat de 12 fr. 60, leur souscription à cet ouvrage afin que le succès qui accueille toujours les ouvrages de Baudry de Saunier ne leur lasse subir aucun retard dans l’expédition.
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- CALENDRIER DES COURSES
- MARS
- Du 3 au 18 exposition et courses à Luxembourg.
- ii. Coupe des Voiturettes (Paris-Rouen et retour 240 km. Journal de Sports). Eng. 10 francs.
- Du 26 au 30, semaine de Nice
- 26 et 27. Nice-Marseille-Nice (vitesse) 230 km. et Nice-Draguignan-Nice (touristes) 98 km.
- 29. Course du Mille.
- 30. Nice-La-Turbie. Concours dTélégance à Monte-Carlo.
- (Engagement à l’A.V.C. de Nice,avant le 22 mars, midi).
- AVRIL
- 1. Nice, meeting de la Côte d’Azur Sportive.
- 4. Coupe du Sud Est à Salon.
- 15. Paris-Roubaix motocycles 288. km.
- Avant le 9 avril à midi. — 5 fr. — Au Vélo.
- 16. Nice. Canots Automobiles.
- 21 au 23, Meeting Automobile de Turin.
- 26. Critérium de l’Electricité. Paris-Dijon.
- Avant le 23 avril àmidi.— loofr, —Au Vélo. Du 23 avril au 11 mai. Excursion des 1000 Milles en Angleterre.
- (De 250 fr. à 625 fr. avant le ier février, doublés jusqu’au Ier mars).
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- ‘ LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- MAI
- 3. Critérium des motocycles 100 km.
- 10. Critérium des voiturettes 100 km.
- 17. Critérium des motocyclettes 100 km.
- (Ces 3 courses sur le parcours Etampes à Chartres et retour, engagements 20 fr , clôtures respectives le i“r mai, le 8 mai, le 15 mai. — AuVélo).
- Du 14 au 18. Exposition Universelle. Concours de voitures de Tourisme.
- 23. Paris-Bordeaux 568 km.
- Voitures 200 fr., voitures pesant moins de 400 kg. 150 fr., motocycles 100 fr.; avant le 19 mai midi au Vélo.
- Courant du mois, Exposition à Amsterdam.
- JUIN
- 3. Bordeaux-Périgueux (A. C. Bordelais).
- 10. Paris-Reims.
- 14. Coupe Gordon-Bennett (Paris-Lyon 560 km.
- Du 18 au 23. Fxposition Universelle. Concours de voitures de place.
- 24. Bade, course de côte.
- 24. Brest-Rennes-Brest. 500 km.
- JUILLET
- 1. Salon-Arles et retour.
- 3, 6, 7. Paris-Brest et retour (1 200 km); engagements au Matin.
- Du 9 au 16. Congrès de l’Automobile.
- Du 23 au 28. Exposition Universelle. Course de vitesse.
- 29. Paris-Dieppe A. V. A. motocycles.
- ..29. Meeting de Bade (moto, et voiturettes).
- AOUT
- Du 13 au 18. Exposition Universelle. Concours de voiturettes.
- Du 26 août au Ier Septembre. Meeting de Spa.
- SEPTEMBRE
- 1 et 2. Paris-Ostende 333 km.
- Vitesse : voitures 100 fr., motocycles 50 fr. — Touristes: voitures 75 fr., voiturettes 40 fr., moto. 25 fr. — Avant le 28 août au Vélo.
- 1 au 5, Meeting de Spa.
- 9. Bade. Course de 60 km.
- Du 17 au 22 Exposition Universelle Concours
- des Poids légers.
- OCTOBRE
- Du 8 au 13. Exposition Universelle Concours des Poids Lourds.
- 28. Course de côte.
- NOVEMBRE
- 11. Course de côte de Gaillon.
- (Tous véhicules 10 fr. avant le 10 Novembre au Vélo).
- Liste des Brevets d'invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelef, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 292 153. — 3D août 1899. — Lent. —: Dispositif servant à conduire les automobiles.
- 292 160. — 30 août 1869. — Reulos. — Mé a-nisme d’embrayago, de changement de marche et de freinage, particulièrement applicable aux véhicules automobiles.
- 292 188 — 31 août 1899.— Bulder et Kooper. — Levier combiné de direction, d’enrayage et de vitesse pour automobiles.
- 292 225. — l°r septembre 1899.— Rochet et Met-tt-wie. — Automobiles à moteur mixte, pétrole et air comprimé.
- 292 314. — 5 septembre 1899 — Baines. — Perfectionnements dans la propulsion des véhicules automobiles.
- 292 336. — 6 septembre 1893 — Farcot. — Perfectionnements aux bandages de roues de voitures automobiles dits bandages Métallia
- 292 346. — 6 septembre 1839.— Pouzot. N luveau système de transmission de mouvement à vitesse variable.
- 292 374. — 7 septembre 1899. — Hall. — Perfectionnements aux véhicules automobile*.
- 292 395. — 8 septembre 1899. — Overman et Bullard. — Perfectionnements apportés aux véhicules automobiles.
- 292 399 — 8 septembre 1899. — Société des Etablissements Georges Richard. — Système de frein pour voitures automobiles, agissant dans les deux sens.
- 292 475. — 13 septembre 1399. — Moisson — Système de transmission de mouvement à changement progressif de vitesse
- 292 477 12 septembre 1899. — Joss. — Perfec-
- tionnements aux motocycles.
- 292 478. — 12 septembre 1899. — Maye". — Monocycle à moteur.
- 292 519. — 24 août 1899. — Société Wehrlé et Godard Desmare st — Voiturette automobile.
- 292 485 — 23 août 1899. — Société Wehrlé et Godard-Desmarest — Système de transformation des tricycles à pétrole en voiturettes légères.
- 292 539. — 14 septembre 1899. — Respaud. — Autocyclette.
- 292 549 — 14 septembre 1899. — Di&na-Gioga et Société Ravel et Homeyer. - Dispositif de roulement à billes permettant de substituer le frottement de glissement dans les parties d’un moteur à pétrole.
- 292 566. — 15 septembre 18„9. — Cottier, — Bicyclette à pétrole.
- 292 665. — 20 septembre 1899. — Société Crepet et Ratignier — Système de commande de roues directrices dans les voitures automobiles.
- 292 667. — 22 septembre 1899. — Société A. Teste, Moret et Ci0. — Changement de vitesse pour voitures automobiles.
- Directeur-gerant: YUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N” iO
- S Mars lfOÔlîâ'
- glBL
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 0\
- La seule Revue publiée tous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul V U1IXEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G .-F. DES JACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr.; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N° 10
- I a pisto de Longchamp.
- L’éclairage des deux Bois.
- Le Poids des voitures. — Gaston Seneier.
- Les Courses :
- La Semaine de Nice. — Les voitures américaines dans Paris-B mieaux. — La Coupe des Voiturettos du J. des S. — Une course à Dieppe. — Roubaix-Béthune. — Paris-Roubiix. — La Semaine de Pau, impressions Paloisos.
- Nouvelles d’Angleterre. John Harvey.
- Exposition de Bruxelles.
- Les avantages de l’automobile. E. Ouènod.
- Informations.
- Voiture électrique Créanche. — A. Dilasalle.
- La Thermosphère do Al Emmanuel Aime.
- Le refroidisseur à ailett s creuses système P. Apprin.
- Nouvesutés américaines : La roue à moyeu fixe; la voiturette bicyclette; le bandage Mungers.
- Congrès des Tramways.
- Locomotion aérieuno.
- Canots automobiles.
- Bibliographie.
- ♦
- LA PISTE DI LONGCHAMP
- Notre confrère G. de Lafreté revient de temps à autre avec une ténacité qui mérite d’aboutir sur son projet d’automobilodrome. En présence des difficultés qui semblent devoir ajourner indéfiniment la création d’une piste spéciale il a proposé de consacrer une partie de la route dite « du tour de Longchamp » aux ébats des chauffeurs.
- « Frappe fort et longtemps, le clou n’en sera que mieux planté. » (Proverbe indien et de partout ) Or, je frappe depuis tantôt six ans et le clou n’est pas encore entré dans la cervelle de nos conseillers municipaux II s’agit de mon projet de piste autour de Longchamp. On sait ce que j’entends par ce mot piste : simplement, trois à quatre mètres, e 1 largeur, de la route qui borde exté-rieurement le vaste hippodrome et qui a‘douze à quatorze mitres de large Cette piste serait dévolue aux cyclist s et aux chauffeurs. Ce serait le pendant des allées de cavaliers. Là on pourrait se livrer, en tournant toujours dans le même sens, à des vitesses plus grandes que celles autorisées par le règlement. Nul danger à craindre : les piétons les cavaliers et les voitures hippomobiles, avertis
- de lo n en loin par des pancartes, ne se risqueraient pas sur la piste, qu’aucune route ne viendrait couper du côté de l’hippodrome, car c’est le long du trottoir intérieur que les trois ou quatre mètres seraient pris, le restant de. la route demeurant à la disposition des autres modes de locomotion.
- « Ajoutons que rien ne s’oppose — excepté les jours de course — à cette concession, la circulation générale étant t ès peu active à Longchamp pendant les jours de semaine.
- « Far contre, la piste rendrait d’inappréciables services aux cyclistes et aux chauffeurs. Les pre-mfers pourraient s’y entraîner à loisir : les seconds y expérimenteraient leurs véhicules.
- « Pour les habitants du sud-est de la capitale, on pourrait aménager une piste semblable autour du lac Daumesnil. Mais ces derniers vont profiter, avec l’Exposition de Vincennes, de cet avantage, et il est possible qu’il ne leur soit pas retiré l’an prochain.
- « Tenons-nous-en donc à Longchamp et souhaitons que l’administration ne fasse pas trop attendre la réalisation d’un vœu pour lequel elle fut déjà sollicitée l’an dernier. » o
- Rien ne semble s’opposer sérieusement à la réalisation du vœu de notre confrère, si ce n’est peut-être qu’il sera dificila de savoir qui doit et peut accorder rette autorisation La route est suffisamment accidentée ; o r permettre de bien mettre en évidence les qualités d’une voiture. Elle est aussi proche de Par's qu’on peut le souhaiter. Et le « tour de Longchamp » qui fut autrefois u 1 critérium cycliste peut aussi bien que la « montée de Gaillon » scr.ir de point de comparaison entre les voitures. Ce serait pour les constru teurs une indication fort commode. Il va sans di e qu’il faudrait que cette « piste » fût un peu mieux entretenue qu’elle ne l’a été car nous avons pu constater certains jours que le sol, raviné par les pluies, laissait souvent fort à désirer, surtout le long du trottoir du champ de courses.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- L’ÉCLAIRAGE DES DEUX BOIS
- On nous avait promis l’an dernier que l’année 1900 apporterait la lumière au Bois de Boulogne. En principe la chose était décidée. La seule question était de savoir par où on allait commencer. Il semblait admis que la route conduisant de La Muette à la Porte Maillot et la route de Long-champ seraient les premières éclairées, quitte à faire attendre les autres. Chauffeurs et cyclistes s’en fussent fort bien trouvés.
- Hélas, il semble sûr maintenant que rien ne sera encore fait cette année. Le voulût-on maintenant, jamais on n’aurait le temps de poser l’installation électrique nécessaire.
- Et pourtant ne semble-il pas que serait là chose autrement utile que ne l’était l'éclairage intensif du Parc Monceau, par exemple dont la traversée peut être facilement évitée.
- On avait dit aussi que le Bois de Yincennes n'avait pas de raison à être plus mal traité que le Bois de Boulogne, et qu’il serait éclairé en même temps.
- Il y a bien là une petite différence ; le Bois de Boulogne est dans Paris ; l’essence qu’on y consomme pour s’y promener paie lej mêmes droits que dans Paris.- Pourquoi y rend-t-orua promenade presque impossible quand il ne fait pas clair de lune ?
- Quant au bois de Vincer.n:s non seulement il y fait aussi noir que dans un bois, mais les chauffeurs et principalement les motocyclistes sont à la merci des facéties des rôdeurs qui y élisent domicile. J’en sais plus d’un qui ne s’y risque plus la nuit, je ne dis pas dans les voies latérales, mais même dans les grandes routes, dans l’avenue Dau-mesnil elle-même.
- Or voici qu’onp-épare une exposition des Sports à Vincer.nes, et dans le texte des quelques « délibérations » prises à ce sujet par le Conseil municipal, il est affirmé que cette exposition sera « en même temps une fête de bienfaisance essentiellement parisienne. »
- Un de nos confrère rappelle, à ce sujet que la Compagnie de tramways électriques qui a obtenu l’autorisation d’y établir une ligne, et de disposer à intcrval es très rapprcchés des poteaux qui supportent les fils des trolleys avait accepté l’obiiga-tio 1 d'écbirer électriquement l’avenue. Des difficultés ont surgi entre l’administration et la Compagnie concessionnaire ; un procès est pendant. En attendant qu’une solution soit intervenue, l’avenue Duumesnü reste dans l’obrcurité. Quand l’exposition sera venue, e le sera sillonnée et par de nombreuses \ oitures et par des automobiles, n’y a-t-il pas à craindre de nombreux accidents ?
- Si intéressante que scit l’exposition des Sports, le public élégant, celui qui fait la recette et qui assure par sa participation le succès des « fêtes de bienfaisance essentiellement parisiennes », s’y rendra-t-il, s’il lui faut, pour assister aux séances du soir qu’on annonce, traverser dans l’obscurité une partie du Bois ?
- Le Vélo nous en contait l’autre jour une bien bonne au sujet de l’éclairage des deux Bois:
- Connaissez-vous la principale objection qui lui est faite par quelques adversaires importants dudit éclairage I Je vous la donne en mille.
- Ils disent, ces adversaires, que l’éclairage d’une partie du Bois y attirera les malandrins !
- Oui, la lumière fait de l’ombre, fait des coins d’ombre ! Dans ces coins les malfaiteurs se retireront, s’embusqueront et quand les palsib'es promeneurs passeront en pleine lumière, ils se jetteront sur eux.
- Autrement dit : Si on éclairait les Bois les rôdeurs verraient qu’il n’y a pas de gardas et redoubleraient d’audace.
- De toutes les promenades on pourrait alors en dire autant.
- Il faut que nos deux Bois aient leurs voies principales raisonnablement éclairées et, s’il est trop tard pour installer l’électricité, qu’on nous donne au moins l’acétylène.
- Bien mieux, qu’on autorise tous ceux qui exposeront cette année des lampes à acétylène au Champ-de-Mars à venir po er chacun deux ou trois lampes en fonctionnement. Ils ne demanderont pas mieux que d’exhiber leurs produits et l’administration n’aura, point capital, rien à débourser.
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- LE POIDS DES VOITURES
- La dernière course de Pau vient de nous démontrer que l’on était actuellement arrivé à faire des voitures automobiles pourvues de moteurs de vingt chevaux et ne pesant que 900 kilogs. C’est un joli résultat et l’on ne saurait trop applaudir à l’habileté des constructeurs qui ont su le réaliser. Reste à savoir si cette double tendance à augmenter indéfiniment la force des moteurs en diminuant le poids des voitures, et par conséquent leur solidité, n’est pas absolument contraire aux intérêts de l’industrie automobile. Pour ma part je pencherais volontiers pour l’affirmative.
- Il est, en effet, absolument logique d’augmenter la puissance des moteurs et de diminuer le poids des voitures lorsqu’il s’agit de machines de courses. En pareil cas la question : consommation d’essence devient absolument négligeable. De même une voiture de course peut, sans graves inconvénients, ne pas pouvoir faire un trop long usage. Il suffit qu’elle soit appropriée au service qu’on lui demande, et il faut tenir compte du fait que ses conducteurs sont des gens absolument expérimentés. Mais le malheur est que le client ordinaire, celui qui achète une voiture pour son usage personnel, a toujours une fâcheuse tendance à
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- préférer les types de course, quitte à les surpayer.
- Si vous donnez à ce client une voiture consommant bravement quinze litres d’essence à l’heure, ou même davantage, puisqu’il est question maintenant de voitures dépensant jusqu’à 50 litres à l’heure, quelle tête croyez-vous que fera notre homme, si riche soit-il, lorsqu’il aura à payer, tous les mois, de formidables notes de pétrole ? Il trouvera que c’est absolument ruineux. Pour ma part je connais des gens, fort riches, qui ont renoncé à l’automobile parce que leurs voitures leur revenaient, tous Irais faits, à une quarantaine de mille francs par an et qu’ils en avaient assez d’acquitter de semblables additions. Avez vous une idée de ce que la voiture de 50 chevaux, que nous aurons bientôt, et celle de 100 chevaux, déjà annoncée, consommeront d’essence pour une journée de travail d’une dizaine d’heures par jour ? Ce sera tout à fait effrayant.
- Voilà pour la puissance des moteurs. Quant à la réduction du poids des voitures, ne se tait-elle pas au détriment de la durée et de la solidité des véhicules? J’en ai bien peur.
- Il est, ©n effet, à noter que tous les véhicules automobiles actuellement connus ont débuté par être de plus en plus légers pour devenir ensuite de plus en plus lourds. Actuellement les wagons de chemins de fer les plus pesants sont ceux des grands rapides. De même les tramways automobiles augmentent sans cesse de poids à mesure que leur type se perfectionne. On en est revenu de la légèreté pour arriver à la solidité et l’on s’en est bien trouvé. On fera peut-être de même pour les voitures.
- On me racontait, à ce sujet, l’histoire d’un constructeur de voitures automobiles dont le véhicule marche du reste fort bien. Il a été essayé au Concours de moteurs et a donné d’excellents résultats. Or, ledit constructeur, après avoir fait une voiture légère, a construit le même type de voiture en le rendant plus solide, en l’alourdissant. Le nouveau véhicule pesait 150 kilogs de plus que l’ancien, il avait un moteur exactement de la même puissance que lui, et il marchait plus vite, à poids supérieur. Cela tendrait à prouver que la légèreté n’est pas tout et que l’alourdissement qui donne des transmissions plus indéformables, et par suite des roulements meilleurs, peut fort bien constituer un avantage au lieu d’être un inconvénient.
- Quelle sera la voie définitive vers laquelle s’orientera l’industrie automobile, en l’espèce ? Il sarait bien difficile de le préjuger. En arrivera-t-on, comme pour la bicyclette, à avoir des types pour les courses sur routes et des types pour le tourisme courant. C’est possible ?
- Je crois que l’objectif des fabricants de-
- vrait être de perfectionner les transmissions et les roulements de leurs voitures. Le jour où ces transmissions ne mangeront plus gentiment la moitié ou peu s’en faut de la puissance des moteurs il y aura déjà un grand pas de fait. Lorsque l’on aura perfectionné les carburateurs et l’allumage de façon à diminuer la consommation de pétrole, ce sera un nouveau progrès. Tout cela revient en somme absolument au même que l’augmentation de la puissance des moteurs ou que la diminution du poids des voitures et cela aurait le grand avantage de ménager la bourse du client, ce qui a bien* son intérêt ? C’est, en effet, toujours le client qui a le dernier mot, puisque c’est lui qui paye et il faudrait que les améliorations faites n’aboutissent pas à le dégoûter de cette occupation, qui n’a rien de particulièrement agréable pour lui mais qui a, pour le fabricant, des avantages sur lesquels il est inutile d’insister.
- Gaston SENCIER,
- La Semaine de Nice
- Liste des engagements à ce jour :
- 1. Paul Chauchard vitesse voiture
- 2. Etienne Giraud - — —
- 3. Albert Lemaître — —
- 4. Charron — —
- 5. Girardot — —
- 6. Mercedes —
- 7. Baron de Tuckeim — —
- 8. Mercedes — —
- 9. Mouter - —
- 10. Pr° Drucki-Lubecki touriste —
- 11. Charles Gondoin — —
- 12. Pr® Drucki-Lubecki — voiturette
- 13. Léon Desjoyaux — voiture
- 14. Léon Desjoyaux —
- 15. Docteur Pascal vitesse —
- 16. René de Knyfï — —
- 17. Paul Chauchard — voiturette
- 18. Stead touriste voiture
- 19. Gilles Hourgières vitesse —
- 20. Degrais — —
- 21. Valton touriste —
- 22. Levegh vitesse —
- 23. Marcellin — motocycle
- 24. E. Peron - —
- 25. De Méaulne — —
- 26. Bozon de Périgord — voiture
- 27. Baron de Dietrich touriste —
- 28. Gasté vitesse motocycle
- 29. C10 Brunetta d’Usseaux touriste voiture
- 30. Rusun vitesse —
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- 3r. Béconnais — motocycle
- 32. Piei Lautaudrie voiture
- 33. Tait — voiturette
- 34. Rigal — motocycle
- 35. P. Baras — —
- 36. Pierre touriste —
- 37. Gaujal — —
- 38. Gui des Aunaies vitesse —
- 39. Voigt — —
- 40. Deville touriste motocych
- 41. De Champrobert v tesse voiture
- *
- •L’A. V. C. N. marche à pas de géant, la liste des membres à fin février atteint près de 220 membres.
- Les Voilures américaines dans Paris-Bordeaux
- Le Vélo vient de recevoir peur P. ris-Boideaux, la grande épreuve automobile annuelle de mai, trois nouveaux engagcmen*s, peu ordinaires par eux-mêmes et qui vont, sans nul doute, faire un peu parler dans le monde des chaud u"«.
- Fs ont été envoyés de New-Yoïk [ ar F « American Ripid Vehicle Company », et ainsi libellés i
- NOMS Force du Poids
- véhicule
- C -G. Wridgtvuy 28 chevaux 600 ki'os
- Chas. Jarrctt — —
- Eo-J. Pennington — —
- M. E.-J. Pennington est bien connu déjà chez nous. On se rappelle même peut-être l’histoire de sa fameuse voituret'e et ses défis retentissants qui ne furent d'ailleurs suivis d’aucune rencontre. Wridgway et Jarrott passent peur les meilleurs motocyclistes d’Angleterre avec Edge. Wridgwuy est l’ancien champion cycliste, et Jarratt courut à motocycle, et sans succès d’ailleurs, Paris-Bordeaux en 1899.
- Quant aux véhicules ils sont inconnus en France, peut être même aussi en Amérique. Il est probable qu’ils doivent être prêt pour le moment même de la course et en ce cas, il serait peu sur qu’ils puissent être au point pour le jour vou'u.
- Ne soyons pas trop impatients. Dans 2 mois nous serons fixés.
- La Coupe des Voiturettes
- Du Journal des Sports
- Se courra d mir.che prochain 11 mars, engagements clos depuis mercredi soir.
- Voici la liste d s engagés sauf inscriptions du dernier moment :
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par eau
- Série A. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos ;
- 1. Hertel Pornichet-les-Pins
- 2. Camus. Lyon
- 3. Sauvage et Frick Puîeiux
- 4. Echilié Neuilly-sur-Seine.
- y Ernest Paris
- Série B. — Voiturettes et voitures au-dessous de 500 kilos :
- 1. Stépho Paris
- 2. Hugot Paris
- 3. Pulliuger Lyon
- 4. Decauville I Paris
- 5. Decauville II —
- 6. Decauville III —
- 7. Delautre Levallois
- 8. Klaus Boulogne-sur-Seine
- 9. Vehel Paris
- Voiturettes avec moteur à refroidissement par air
- Série C. — Voiturettes dont le poids ne dépasse pas 250 kilos :
- 1. Schrader Paris
- 2. Thierry —
- 3. Velain Sain'-Gratien
- 4. Jacquelin Paris
- y Domptet Neuilly
- 6’ Tard Paris
- y Le Grand —
- 8* Ajax —
- Série D. — Voiturettes et voitures au-dessous de 500 kilos :
- 1. Van Berendonck Paris
- 2. Fernandez —
- 3. Ch. Caillat —
- 4. R. d’Arnaud —
- 5. Lepape Puteaux
- 6. Laurent Paris
- Une course à Dieppe
- Encore une nouvelle course d’automobiles à l’horizon. C’est à Dieppe que ce’.le-ci se prépare, tentative de décentralisation àlaquil'e on ne peut qu’applaudir.
- Jeudi s’est tern e, en effet, k la mairie de Dieppe, sous la présidence de M. C. Coche, maire de Dieppe, assisté de ses adjoints, une réunion d’un certain nombre de notabilités de la ville, dans le but de former un comité spécial pour l’organisation d’une grande course internationale en juin 1900.
- Après un exposé sommaire de M. Brau, et quelques observations de M. I. Bloch, il a été procédé à l’élection des membres du Comité d’organisation. Ont été nommés :
- MM. C Coche, maire de Dieppe et Lee Jortin, vice-consul britannique présidents d’honneur : le corate de Sainte-Marie, président de Meur et Thomas Yeo, vie :-présidenfs ; Bénoni Ropert, secrétaire ; Legendre et Samuel Holl, secrétaires adjo:nts; Dufaye', trésorier ; Bloch, Wallis, Le-besgue, Meye’-, Ducoudert et Brau.
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- LA. locomotion automobile
- H9
- Paris-Roubaix
- 0° année. — 15 avril)
- Cinq sem.iines à peine nous séparent maintenant de la cinquième course Paris-Roubaix, fixée flu dimanche 15 avril.
- A côte de la catégorie cycliste, nous retrouvons pette année la catégorie des motocyclcs inaugurée avec tant de succès en 1898. jyPour les chauffeurs la liste des prix pera la suivante :
- Au ier, 500 francs en espèces ou objet d’art ;
- — 2*, 25O — —
- — 3% 150 —
- — 4% 100 — —
- — 5% 50 —
- Le d oit d’eptrée pour cette cajégor'e est fixé à 5 fiancs.
- Le regi§lr,e d'inscriptions est ouvert au Vélo.
- La semaine de Pau
- Après h s çourscs
- Après le sport, repos et distractions avec tqutes les réjouissmees du programme.
- G'â:e au soleil, le gymkhanaa eu un vif succès, Après le tour obligatoire et classique à I mposition irs‘allée au Palmarium, le gymkhana automobile a été particulièrement gai. C'est le rneil-Lur éloge qu’on en puisse faire, ces sortes de fêtes ayant jusqu'ici été peu animées.
- Le soir, le dîner offjrt par M. W. K. Th rn, l'aimable président de l'Automobile Club Béarnais, a été l'occasion d'une véritable manifestation de sympathie des chauffeurs au cercle Palois et à ses dirigeants dont l’amabilité est réel’ement au-dessus de tout éloge.
- Le dernier jour de la semaine de Pau 11’a été ni m fins gai, rai moins réussi que les autres.
- C’était la bataille de fleurs et le défilé des automobiles fleuries dans l’allée circulaire qui fait le tour du Palmarium.
- Enfin l’on s’est séparé, chacun emportant de cette semaine le meilleur souvenir. Déjà le numéro 1 pour la course de 1901 est r.tenu per Giraud, le numéro 2 par Charron, le numéro 3 par Brrrow.
- Impressions Paloises
- Je ne crois pas me tromper en assurant que le meeting automobile de Pau sera l’année prochaine le rival heureux de celui de Nice. Nous sommes tous revenus enthousiasmés de ce beau pays et de l’accueil véritablement inattendu qui nous y a été fait.
- L’Automobile Club Béarnais est plus qu’un grand cercle ; c’est surtout une réunion de sports-men aimables qui, en plus de leur affabilité, ont le portefeuille bien garni, ce qui n’a jamais rien gâté. Ils ont donc dépensé sans compter leur temps et leur argent pour attirer dans leur ville l’élite des chauffeurs et des coureurs,
- On sait de quelle brillante façon MM. 7bornv comte Nitot et Couget, président, vice-président et secrétaire du club, ont réussi dans- leitf entre, prise. Le circuit du Sud-Ouest marquera «lie datp dans l’histoire des courses automobiles, Car le temps de René de Ivnyff (70 kilomètres à l’heure de moyenne) ne me parait pas devoir être dépassé de quelque temps . -
- J’ai surtout remarqué, au cours de cette excursion, l’esprit d’entente cordiale qui anime les différentes notabilités paloises.
- Bien que d’opinions diamétralement opposées, les personnalités qui dirigent soit le mouvement sportif, soit le mouvement mondain, s’entendent à merveille quand il s’agit de mettre leur ville en relief. Le baron Séguier, que nous avons connu président de l’Union vélocipédique dé France, me semble réaliser le type de cette tenue si exceptionnelle. Sa politesse et sen urbanité ne sont près? que plus de notre époque et son sourire un peu narquois de Normand ne réussit pas à enlever h sa physionomie sonnante son allure çf’aristQcrati-qué bonhomie
- A ses côtés, M. Thorn a su enlever à son amé? ricanisme la raideur naturelle et cela s’est transformé en une amabilité exquise ef de tous les ins.-tants Ce millionnaire a de bien spirituelles façons de vous faire oublier ses millions, ce qui est d’une délicatesse peu commune. Quant au comte Nitot, qui possède une somptueuse villa aux environs de Pau et qui nous y a reçus à déjeuner de la façon la plus cordiale, il était tout indiqué pour vice? présider le cercle dont la courtoisie est Punique réglement.
- Ajoutez à ces traits séduisants que le pays est sillonné de routes admirables, presque uniques, et que les excursions sont plus variées et plus pittoresques que sur le littoral : la montagne à deux pas, la mer à dix, l’Espagne à vingt, et Je golf, et la charse au lenard, et l’alpinisme, et la chasse à l’isard, et le tir aux pigeons, et le tennis, et' la paume 1
- N’est-ce pas là le paradis des sportsmen?
- (La Presse) Pierre Lafitte.
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- NOUVELLES D’ANGLETERRE
- La nouvelle la plus intéres:a îte de la semaine passée est que S. A. R. le prince de Galles a commandé un phaëton D.imler (Arglais) de 6 chevaux.
- Le Prince est, comme tout le monde le sait, Un. sportsman fini et le fait qu’il s’intéresse à i’auto?. mobilisme est d’une impoitance pour l’industrie qu’il est impossible de comprendre hors d’Angleterre. C’est le commencement, à mon avis, du mouvement sportif que nouî avons attendu avec tant d’impatience et une fois que l’héritier du trône se sera montré en autoniobi'e au Hyde Paik ou sur un des champs de course tous les clubœen. se hâteront de se faire chauffeurs.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- M. John Scott Montagu a prononcé un discours très intéressant à l’Automobile Club l'autre jour «oas le titre de « L’aspect général de l’industrie automôbile eu Angleterre ».
- Ay&tft attaqué plusieurs hommes d’affaires il a donné une exposition instructive de la position actuelle finissant avec les mots suivants :
- « En conclusion, quoique je sois convaincu que les Anglais commencent à apercevoir l’utilité de l’automobile la lenteur qu’ils montrent à son adoption est en grande partie due aux actes insupportables de beaucoup d’automobilistes et à la mauvaise qualité d’un grand nombre des machines fabriquées en Angleterre. Il faut apprendre à construire des moteurs puissants quoique bon marché et il faut tout faire pour ne pas incommoder le .public. Je suis certain que la Chambre des Communes » (M. Montagu en est membre) « regarde le mouvement d'un œil bien plus favorable qu’il y a un an, et si nous ne nous pressons pas trop, à mon avis, nous n’avons rien à craindre de nos législateurs. »
- Puis quelques mots de réclame pour l’A. C. G. B. et une tempête de bravos.
- *
- La Société « Electrical Undertakings Limited » a construit un mail très élégant qu’on voit tous les jours parcourir silencieusement le West End. On m’a dit que le système est très simple et que les accumulateurs Leitner do it il est muni sont d’une perfection extraordinaire.
- John HARVEY.
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- VIIIe EXPOSITION
- de l’Automobile et du Cycl9
- Organisée parla Société Royale Union Veloce Club Bruxellois.
- Ce Show organisé au “ Pôle Nord ” fin Mars courant a réuni l’adhésion de toutes les fii mes du pays et des principales de l’étranger.
- Parmi les Automobiles nous citons;
- Ch. Belot et C'1, R. Auysschaert; Ch. Wilford et fils; Soc. An"19 Maus et Cie; Soc. Générale Belge d’Automobiles; Soc. an Le progrès industriel, Rumpf füs; Soc. an. dos Ateliers Germain; Soc. an. L’Automobile; Soc. an. de la Construction Liégeoise d’Automobiles; L. Linon, Gauthier-Welilé; Soc. an. Le Cyclodrome ; Panbard et Levassor; Fabrique nationale d’armes do guerre; Soc. Anmo. A. Wallcg-hem; Soc. an. des ateliers H. P. Deschamps; Soc-an. des automobiles Koch; Soc. an. des usines Delin; Soc an. N. Vincko; Sjc. an. des établissements Pieper; V. Guillon et Cu; G. Story Cio Syndicat pour la construction des moteurs et voitures Gob-ron-JBrillié ; Automobiles Foidart M; Soc. an. des ateliers Vivinus ; Soc. an. Try Gourny; Clément Ûemarets et Cu; Palais des chauffeurs, Voitu-rettes Eole ; Soc. an. Minerva S. de Jong et C’9; J. Alberts, automobiles Delahaye; J. et A. Materez frères; Scc. an. des usines Foidart et Rosent-halj Cls Belge de Construction d’Automobiles; Soc>
- an® des automobiles Peugeot; A. do Bassompierre et Ci9; Arthur Baut, automobiles Benz et Ci9 de Mannheim; Y. Antoine fils et C1'; Soc. An9. l’Eléc-trique; Voiturettcs électriques J. Lefert; Sté an Boty; etc. etc.
- Ensuite parmi les cycles, Ch. Belot et C»®; R. Buvsschaert; Soc. an. L. Man«; Yander Wielen et Schwiebbe;3H. J. YanMallaert; L. Linon, Gauthier-Wehlé; Vanderhondelingen; Fabrique nationale d’armes de guerre; Soc, an. A. Walleghem; Soc. an-des usines Driin; G. Paton et C'*; Cycles Stearns; Soc. an. des établissements Pieper; V. Guillon et C9; G. Story et C"'; Soc. an. des ateliers Vivinus; L. Yincart et Vellut; Soc. an. Minerva S. de Jong et C‘c; V. Antoino fils et Cie, et parmi les pneumatiques et accessoires il y a encore Cle Dunlop, E. Gugenlieim; P. Astérion; Aug. Génard; Gianoli et Lacoste; Btock et C1'; Th. Frank; Alt. Dinin; Fisch et C‘"; V. Bouhours et Duret Vital; A Destombes; et Ci0 int'9 pour la fabrication du caoutchouc et de la Gutta Percha; P. Fisch; Lust Bessire et C‘% Vervenne.Van Lint; Willocq-Bottin; A et E Van Neck; Ad. Parmentier; R. Martinez; Boyriven et Crest, Michelin, etc, etc.
- -----------4.----------
- LES AVANTAGES DE L’AUTOMOBILE
- M. Ernest Cuénod, membre de l’A. C. F., énumère dans la Reçue du.Touring Club les avantages de l’automobile. Les voici :
- Liste des avantages que procurerait aux habitants de Paris la substitution aux véhicules hippomobiles actuels des voilures automobiles électriques munies de roues caoutchoutées :
- 1® Transport deux fois plus rapide des voyageurs avec infiniment plus de confort;
- 2° Suppression dos encombrements de toutes sortes, causés par le3 chevaux, qui occupent autant do place qu’uno voiture, sont plus ou moins difficiles à conduiro, à maintenir en placo ou à retenir, qui tombent, ruent ou se mettent en travers do la rue et souvent même reculent inopinément;
- 3° Suppression des « sous-preduits » du cheval, des cruautés qu’il suscite, du bruit qu’il fait en trottant;
- 4° Suppression des innombrables écuries, de l'odeur qu’elles dégagent et do tous leurs accessoires malpropres et malsains;
- 5° Suppression des greniers à fourrages, cause do fréquents incendies;
- 6° Suppression do l’usure constante et considérable des chaussées, produite par le piétinement continuel des chevaux, qui non seulement usent mais creusent la chaussée;
- 7° Suppression de la poussière produite précisé ment par celte usuro et par le crottin;
- 8° Suppression par conséquent, des inflammations des 3’eux et voies respiratoires causées par la poussière;
- 9» Suppression presque complète do la bout;
- 10° Suppression, par conséquent, du dérapage des automobiles et cycles;
- 11° Economie considérable do l'eau d’arresngo actuellement nécessaire ù enlever la poussière et la boue;
- 12° Pour la raison ci dessus, les tu aux d'arrO-sago si encombrants do la Villo do Paris no barreront plus les chaussées durant la moitié de la jour*
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- née, et l’eau ainsi économisée ne manquera plus dans les maisons pour les ablutions quotidiennes et pour les' ascenseurs, qui ne peuvent se multiplier économiquement faute d’eau;
- 13° Suppression des accidents causés par les chevaux emportés;
- 14° Diminulion colossale dans le budget des dépenses d’entretien des chaussées, qui no s’useraient pour ainsi dire plus, puisqu’elles n’auraient plus à subir que le roulement de roues caoutchoulées sur un sol désormais uniformément pavé en bois;
- 15° Suppression du bruit insupportable occasionné aujourd'hui dans certaines rues, par les voitures attelées et bien-être général procuré aux habitants par la suppression de ce bruit;
- 16° Augmentation possible du nombre des voitures publiques, puisque la cavalerie de traction disparaît avec tout son cortège d’ennuis et d’embarras;
- 17° Secours plus prompts contre les incendies, les pompes-automobiles étant beaucoup plus rapides et maniables que les pompes hippomobiles;
- 18° Enfin, les cochers d’automobiles, en quittant leurs fouets pour le guidon ou le volant, deviennent en quelque sorte les confrères des chauffeurs et des cyclistes et ainsi disparait l’affreux Collignon, pour le plus grand bien de la population parisienne.
- INFORMATIONS
- La plaque des motocycles. — Les motocyclistes savent les ennuis qui peuvent résulter de la perte ou du vol de la plaque impose'e aux « vélocipèdes et appareils analogues ». Voici les nouvelles dispositions énumérées par le récent projet ds loi qui sera voté, du moins nous l’espérons, d’ici peu.
- Les plaques de contrôle des vélocipèdes ou appareils analogues, délivrées en vertu de l’art, 8 de la loi du 13 avril 1898, sont, à partir du i*T mai 1900, valables pour une durée de quatre années. Leur modèle est déterminé par le ministre des finances.
- Les contribuables sont tenus de faire graver, dans le cartouche réservé à cet effet sur la plaque, leurs nom, prénom et adresse. Cette disposition sera pour la première fois applicable aux plaques délivrées pour la période du Ier mai 1900 au 30 avril 1904.
- Les plaques devenues inutilisables sont remplacées gratuitement par le percepteur du lieu de l’imposition, sous la réserve que les contribuables justifient leur identité et qu’on puisse facilement reconnaître, sur les plaques hors d’urage ou sur leurs fragments qui seront retenus, le poinçon de l’Etat et les inscriptions prescrites par le paragraphe qui précède.
- Les contribuables dont la plaque de contrôle a été perdue ou soustraite peuvent en obtenir une nouvelle à titre gratuit, à la condition de déclarer, dans un délai de deux jours, les circonstances de la perte ou de la soustraction.
- Un règlement d’administration public déterminera les mesures d’exécution du présent article et
- notamment les formes de la déclaration ainsi que les justifications à produire par les intéressés.
- En cas de non déclaration dans le délai stipulé plus haut, ou d’insuffisance des justifications produites, L s contribuables doivent pour obtenir une nouveFe plaque, se conformer aux dispositions du paragraphe 2 de l’article 12 de la loi du 28 avril 1893 et acquitter une taxe supplémentaire calculée d’après le tarif légal, mais seulement pour la période comprise entre le premier du mois de la perte ou de la soustraction et à la fin de l’année.
- Les contribuables qui ont cessé de posséder un vélocipède doivent, dans les quinze jours, en faire la déclaralion au maire de la commune de leur résidence et lui remettre en même temps la plaque de contrôle qui leur avait été délivrée. Faute de s’être conformés à cette prescription, ils sont maintenus, pour l’année suivante, au rôle de la commune où ils étaient précédemment imposés.
- Une piste peu ordinaire, c’est la piste pour automobiles qui sera établie à l’exposition internationale de Glasgow en 1901.
- La couche de ciment qui la couvrira aura pour le moins 15 centimètres.
- Les virages seront relevés pour une vitesse de 35 milles à l’heure. Des tribunes pouvant contenir 25.000 spectateurs entoureront la piste.
- Trente-cinq milles à l’heure ! C’est peu ; ce n’est en effet que du 56 kilomètres 326 mètres à l’heure. Or, pour l’instant, le record de l’heure à motocycle est de 69 kilomèires 369 mètres.
- 11 n’est pas irraisonnable d’affirmer que l'an prochain le cap des 70 sera largement doublé. Les constructeurs de la piste de Glasgow feraient bien d’avicer sans retard.
- En Allemagne. — Une réunion avait été tenue il y a quelque temps à Francfort-sur-le-Mein dans le but de créer une seule et unique fédération d’automobiles en Allemagne.
- A la suite de cette réunion, un comité avait été élu. Ce dernier s’est réuni dimanche dernier à Heidelberg. Tous les clubs et toutes les sccic'tés d’automobiles allemands étaient représentés.
- Après de nombreux débats il a été décidé que les clubs garderaient momentanément tous leur liberté d’action et qu’une réunion pour la formation définitive d’une fédération se tiendrait vers la mi-mars à Berlin.
- En Amérique. — On annonce la création d’une Compagnie américaine monstre, naturellement, qui deit grouper les ateliers des principales rnaiso s d’automobiles anglaises et américaines sous une même direction.
- Il s’agit cette fois de sortir 40.000 voitures par an, de trente types différents. Le président est M. W, Gibbs, de Philadelphie et M. Plaît, est le secrétaire-trésorier.
- * *
- Une gi ande maison américaine vient de faire
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- au fameux coureur Bald, des offres assez tentantes pour le décider à pilater une nouvelle voiture destinée, d’après elle, à éclipser tout ce qui a été fait jusqu’ici, Le moteur serait assez fort pour donner une vitesse de 75 milles (130 kilom ) à l’heure,
- On coi çoit qu'il fallait pour cela un homme de sang froid. Inutile de dire que Bald viendrait a'ors en France avec sa voiture,
- Les cochers de Naples. — Une bien curieuse aventure vient d’arriver à la municipalité de Naples. Il paraîr, nous dit le Vélo, qu’à la mairie avaient été présentées Jeux ou trois demandes pour assumer le service dç voitures de place' automobiles dans tou-e la ville.
- Mais les cochers Napolitains, ces fameux co-phers Napolitains uniques au monde, se sont im* médiatement fâchés. Le client n’est déjà pas si facile à trouver et la concurrence des hippemo-Jailes entre elles suffit puur ne pas pouvoir maintenir le « plein tarif »,
- Ils se sont réunis et en sortant de la réunion, ont formulé le premier point d’un mémorandum, ainsi conçu ; 1 Que d'ici trois pas il ne puisse être accorda à personne le service public par les automobiles à Naples; et que dans ce laps çls temps la classe des cochers puissç se transformer ou qu’elle puisse obtenir d’assumer elle-même le service automobile. »
- Le plus curieux est que le maiie de Nap'es a approuvé par l’entremise de M. Cimmino leurs revendications; les cochers de fiacres ont la certitude qu’avant deux ans il ne sera pas question d’automobiles t
- Les omnibus de Berlin. — Noua avons déjà signalé l’omnibus électrique de Berlin qui contient douze places d’intérieur et six de plate-foime arrière. La batterie d’accumulateurs ne permet pas SU véhicule d’accomplir un trajet de plus de 16 à 18 kilomètres, ce qui est insuffisant pour assurer le service d’une ville comme Berlir.
- La Nature nous apprend qu’on vient d'inaugurer un ingénieux système de ravitaillement permettant de compenser cette fa.ble capacité. L’omnibus porte sur le toit quatre prises de courant à archet à l’aide desquelles on peut recharger les accumulateurs aux stationnements de l’omnibus en empruntant simplement le courant des tramways de la ville. Ou évite ainsi de dé-chaiger trop la batterie et on assure, dans une large mesure, sa conservation.
- De cette manière aussi, on est sûr d’éviter les pannes lâcheuses.
- De Stuttgard au Havre. — MM. Campbell Muir et Worsley, sont venus de Stuttgard au Havre en automobile.
- Voici les temps intermédiaires du « raid » accompli prr ces deux voyageurs, d’après leurs
- dires :
- Stuttgard à Strasbourg (170 kil.) en 7 heures ;
- Strasbourg à Nancy (155 kil.) en 5 heures, étape accomplie au milieu d’une tempête de neige ; Nancy à la Fère Champenoise à Paris (2:0 kilomètres) en 6 heures ; la Fère-Champenoise à Paris (132 ki’orr.ètres) en 5 heures, étape faite scus la pluie battante ; Paris à Rouen (136 ki’,) en 4 lûmes ; Rouen au Havre (92 kil.) en 3 heure:,
- MM» Campbell Muir et Worsley se sont embarqués, le soir même de leur arrivée au Havre, pour S^uthampton avec leur véhicule.
- Les automobiles militaires. — Le lieutenant Humbert, du J2ie régiment d’infanterie, vient de faire à Lyon une intéressante conférence sur l’automobile dans l’armée.
- Il a rapidemert passé en revue les diverses classifications de moteurs à vapeur, à pétrole et à éîccirit ité, et a montre les avantages et lqs inconvénients de chaque catégorie de voitures, Il indique quelles devraient §tre les qualités de l’automobile à employer à l’armée et pour laquelle des ctuçf-s sérieuses se poursuivent chez les principaux constructeurs. L’automobile aurait surtout d’immense3 avantages dans les colonies pour servir au ravitaillement rapide des postes et détache* mente, Un service d’automobiles militaires est prêt à fonctionner au Sénégal, entre JÇayes et Saint-Louis. On étudie également une ligne qui reliera à Jdadogiscar, Taûiatave et Taranarive. Ces voitures faciliteront énormément l’établissement de la voie ferrée et assureront le service pendant la construction.
- M. Deloger présidait la réunion organisée par l’Union Yclocipédique de France,
- * *
- O.i dit que des agents du gouvernement britannique sont à la recherche de cinq tracteurs automobiles pouvant transporter chacun 2,cod kilos. Ces tracteurs seraient destinés au service des approvisionnements de l’armée anglaise au Trans-\-2a'.
- La Corse. M. 0..é=in.e Reclus, chaigé des notices qui de i vent paraître en tète de chaque volume des « Sites et Monuments de France *, vient d’adt e scr au président du Touring-Club une m-gislrale notice sur la « Corse».
- Oa liou\cra là, jésumcc en une dizaine de page5, toute l’histoire de cette contrée encore si peu connue et si profondément originale, et une description génér. le du pays qui, venant à l’appui des 150 photographies renfermées dans 1ï volume, constitueront la préparation li ; lus complète que l’on puisse faire à un voyage en Corse.
- Les motocyclettes semblent avoir été oubliées parmi les manifestations automobiles de l'Exposition. Elles n’ont pour 111 e s que l’un des critériums du Vélo, du 17 mai. En tout cas, l’oubli est lacilj à réparer.
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- Maisons-Laffitte. — A l’occasion de la fête rJg:oaile des Arts et Métiers s’ouvrira à Maisons-Laffhte le 15 mars prochain, l’exposition de cycles d’automabiles et de; accessoires s’y rattachant.
- Les exposants n’auront aucun frais d’emplacement à payer.
- Les demandes d’admission seront reçues jusqu’au 50 mars inclus.
- Pour renseignement ; supplém?:.tairesVad"esser par lettre à M. le Commissaire Général à Maisons-Laffitte (S.-et-Oise).
- Automobile-Clùb Nantais. — Le Vélo Touriste Nantais a décidé de faire appel à tous les chauffeurs de la région pour les prier de se joindre au club et d’y former une section spéciale. Une commission de cinq membres a été nommée qui vient d’adresser à tous les possesseurs de voitures ou de motocycles une circulaire pour leur faire ressortir les avantages d’un groupement,
- A Madrid l’on compte maintenait 46 voitures au'omobiles. Le nombre de; chauffeurs augmente d’ailleurs chaque jour à Madrid et en province, notamment à Barcelone, où une compagnie, La Quadra et Co, fonctionne depuis un certain temps, pour la construction d’automo? biles,
- Automobile-Club de Padoue. — Un automo-
- bile-Ciub, doté de tout le confort nécessaire, vient da se constituer définitivement à Padoue, charmante ville où l'automobile enregistre chaque jour de nouveaux et fervents adeptes.
- MM. E. Corinaldi, chevalier R'gnagno, C. Ma-lanotti, ont été élus dernièrement à l’unanimité en commission provisoire pour l’exécution des démarches nécessaires au bon fonctionnement du club.
- En Tunisie. — M. Gaétan de Méaulne, le chauffeur bien connu, membre de l’Automobile Club, vient d’établir un record touristique peu banal.
- Il a parcouru, en effet, en automobile la distance qui sépare Tunis de Gabès, sur des routes rarement bonnes, le plus souvent mauvaises, parfois inexistantes.
- Archdeacon fut un des pionniers de l’automo-bi'e en Algérie ; Gaétan de Méaulne est, sauf erreur, le premier chauffeur de la Tunisie.
- Station de charge. — Le garage d’automobiles du Manège Petit, 23, avenue des Chan.p.-Elysies, possède maintenant une station de charge pour les voitures é!ectriques.
- Nous avons reçu de M. Instone, l’aimable représentant officiel de l’Automobile-Club de Grande
- Bretagne pour l’Epreuve des 1000 Milles, un spécimen du Programme, encore en préparation, de cette magnifique épreuve.
- On se rappelle qu’il s’agit d’un voyage de 15 jours, 1 jour de marche sur 2, le reposétant consacré à des expositions dans les principales villes. La vite se des touristes 11e doit pas dépasser 19 kilomètres à l’heure environ.
- L’A. C. G. B. a fait imprimer à cette occasion un programme original et très bien compris,
- * *
- M. Haguet, du Journal des Transports, vient de fonder un nouveau journal Le Tramway, dont le besoin se faisait sentir, vu l’importance prise spécialement par toutes les questions de traction sur rails.
- L’accident de M. C, Bruno. — De Rome
- nous arrive une mauvaise nouvelle : M, Charles Bruno, ingénieur, le dévoué correspondant de La Locomotion à Rome, passait en voiture automobile par la rue Nomentana. Les pneumatiques sont entrés dans les rails dy tramway et cet étau d’un nouveau genre a arrêté subitement la voiture# M. Bruno a été projeté au^dehors, la tète la première syr les pierres. Il a été transporté évanoui à l'hôpital Saint-Antoine, où les médecins ne se sont' pas prononcés encore sur la gravité de sa blessyre.
- La voi’yre, après quelques minutes, s'étant debarrassée d’elU-mème, a continué sa marche et après quelques mètres, a donné con‘re un mur, en sc démolissant en partie.
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- CORRESPONDANCE
- Pour la semaine de Nice
- Monsieur le Directeur de la L. A,
- Dans le but de collaborer dans une certaine mesure aux frais occasionnés par les courses de Nice, la Continental-Caoutchouc et Guttapercha-Compa-gnio a résolu d’attribuer à ces courses des prix'supplémentaires réservés, bien entendu, à ces seuls clients.
- Pour les
- Voitures, Vitesse classe C.
- La première voiture attribuée si elle est munie de pneus Conti-
- nental.....................fr. 600
- La deuxième.......................300
- La troisième......................150
- Voitures, Touristes, Classe B
- La première..................fr. 300
- La deuxième..................... 150
- La troisième......................100
- Motocycles Classe A.
- La première..................fr. 150
- La deuxième........................100
- La troisième...................... 50
- Ces prix seront délivrés en espèces ou en marchandises.
- Veuillez agréer, etc»
- J. Loeser fils.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- VOITURE ÉLECTRIQUE CRÉANCHE
- La voiture électrique Créanche a été construite par cette société avec le matériel électrique Bouquet Garcin et Schivre ; la forme de la caisse est celle d’un duc à deux places. Le châssis dont nous donnons ci-contre une vue en plan , est constitué partie en acier, partie en bois ; il est suspendu sur les essieux par quatre ressorts. Les dimensions d’encombrement sont les suivantes :
- , Longueur totale : 1,98 m.
- Distance entre les extrémités des fusées = 1,30 m.
- Largeur de la voie : A B =. 1,12 m.
- Distance d’axe en axe des roues : 1,33 m.
- Le moteur B. G. S. type T O pèse 35 kgs -, la puissance normale absorbée en est de 900 watts, soit 90 volts et 10 ampères, avec une vitesse de 1200 tours; l’excitation est prise en série et l’induit est à deux collecteur différents et à deux enroulements inégaux, toujours dans le rapport de 5 et 3, ce qui permet, ainsi que nous l’avons déjà expliqué, d’obtenir les variations de vitesse, soit en additionnant les deux enroulements, soit en les retranchant, soiten les employant isolément.
- Le mouvement est transmis aux roues par l’intermédiaire d’un différentiel, commandé
- Voiture électrique Créanche
- par le moteur, et dont l’arbre porte un pignon à chaque extrémité actionnant par l’intermédiaire d’une chaîne à rouleaux une grande roue dentée calée près de chaque roue de l’essieu moteur.
- Par suite de cette transmission par chaînes, le moteur est assez dissimulé sous la voiture et ne reçoit pas les vibrations de l’essieu ; il est fixé sur le châssis par deux supports munis de ressorts.
- Le Combinateur placé sous le siège, à droite de la voiture, est commandé par un volant.
- Il permet d’effectuer tous les changements de vitesse et le freinage électrique ; par suite de la disposition particulière du moteur, ces différentes combinaisons sont obtenues sans influence sur le couplage de la batterie qui fonctionne toujours montée en tension, ni sur la valeur du champ, ce qui
- est excellent pour les accumulateurs et pour les balais.
- Le démarrage se fait en couplant les deux induits en série avec une résistance variable en deux plots.
- Les variations de vitesse sont obtenues ainsi :
- ir8 vitesse. — Les deux induits en série.
- 2e vitesse. — L’induit donnant la force contre électromotrice proportionnelle à 5 seul en circuit.
- 30 vitesse. — L’induit proportionnel à 3 seul en cncuit. La force contre électromc-trice étant plus faible, la vitesse estforcément plus grande.
- 4° vitesse. — Les deux induits en série mais inversés l'un par rapport à l’autre, produisant ainsi une force contre électromotrice proportionnelle à 5-3 = 2»
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- Les vitesses en marche arrière sont au nombre de trois, les deux induits fonctionnant en série, d’abord sur deux résistances en tension, puis sur une seule et enfin sans résistance.
- Freins. — Le combinateur permet d’avoir le freinage électriqne, qui s’effectue en trois phases, les deux induits en série : i° Sur les deux résistances,
- 2° Sur une seule 3° En court-circuit.
- En dehors du frein électrique, la voiture est munie d’un premier frein agissant sur le différentiel et d’un second à enroulement qui freine sur les roues arrière.
- Direction. — La direction à essieu brisé est commandée par un volant placé à la partie supérieure d’une tige inclinée vers le siège ; elle est à rotules et à roulements à billes.
- Accumulateurs.— La batterie B. G S. type Vit est composée de 44 éléments pesant
- Plan de la voilure électrique Créandii
- 260 kgs, soit, 5 9 kgs, par accumulateur ; la capacité est de 80 ampères-heures au régime de 5 heures, représentant 13,56 amp.-h. par kilogrammme de poids total.
- La batterie est renfermée en sept boîtes dont trois sont à l’avant de la voiture et quatre à l’arrière.
- Une boite de distribution permet de charger la batterie sur la voiture même, le rhéostat le démarrage servant à régler l’intensité du courant. Les constructeurs recommandent de charger le plus doucement possible ; cela est évidemment moins coû-
- teux comme rendement mais nous comprenons aussi qu’avec ce type, des charges rapides par trop répétées seraient d’un effet nuisible.
- La voiture eA munie de volmètre et ampèremètre Desruelles, placés à l’avant.
- Son poids, sans la capote, est de 675 kgs; par suite de la simplicité de la construction mécanique, elle est facile à soigner et peut faire une bonr.e voiturette de tourisme, en soignant ses accumulateurs, bien en -tendu.
- A. DELASALLE.
- -0-
- de M. Emmanuel Aimé
- M Emmanuel Aimé, secrétaire général do l'Aôro-Club, vient de donner, à la réunion do la Société de Navigation aérienne présidée par lo prince Ro-1 ind Bonap irto, une conférence sur la Thermosphère dont il a étudié depuis longtemps la théoiie et les applications possiblcsi
- Après avoir rendu un juste hommage à l’immortel inventeur des ballons, en montrant que la Thermosphère n’ost qu’un perfectimnement apporté à l’antique Montgolfière, grâce aux ressources modernes de l’industrie, le conférencier, a exposé les théorèmes de 1 équilibre aérostatique qui ont pour corollaire la prolongation indéfinie des voyages aeriens au moyen d’un dispositif très simple.
- Li. Thermosphère est, en principe, un ballon incomplètement rempli d’hydrogène, fermé inférieurement par une soupape de sûreté et lesté de manière â ne pouvoir s’enlever par la seule puissance
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- ascensionnelle do ce gaz L’appoint d’une certaine quantité de vapeur fournie par un générateur disposé ad ho2 dans la nacelle et amenée par un tube vers le centre de la Thermosphèro est indis ensable pour décider le dupait tt maintenir ensuite l’équilibre automatiquement.
- La vapeur injectée élève du quelques degrés la température de l'hydrogène; elle le dilate en lui cédant une partie de sa chalour de vaporisation et en augmente encore le volume do toute la place qu’elle occupe elle-même, en vertu do sa tension finale, dans le mélange saturé.
- A mesure qu’elle se condense partiellement, elle va former un dépôt de rosée sur la surface intérieure . do la Thermosphère.
- A noter en passant quo la couche liquide bouche les pore3 capillaires de l’enveloppe vernie et lui assure une imperméabilité absolue.
- L’eau de condensation ruisselle jusqu'à la partio inférieure de la Thermosphère d’oü un tube la ramène au générateur sans déperdition. Ainsi, tantôt vapeur, tantôt liquide, l’eau dans cet appareil circulatoire parcouit un cycle fermé qui fait songer au cycle do Carnot, plie a pour fonction do transporter à la Thermosphère la chaleur dêgagôo par le brûleur à pôtrolo lampant et do taire varier le volume d’un système dont la poids (abstraction faite de la dépenso relativement faiblo du combustible) demeure constant à toute cltitude.
- L’aéroqauto peut à son gré augmenter, modérer du réglor le débit de va pour pour monter, descendre ou stationner à la hauteur qui lui convient entra certaines limites, sans aucune porte de gaz jusqu’à complet épuisement du pôtrolo dont la provision est renouvelable à torro
- L’cnveloppo souple et toujours flasque do la Thermosphère est animée d’un mouvement alternatif presque insonsiblo aux yeux, correspondant à l’expansion do la masso gazeuse pendant la montée et à sa contraction pendant la descente, mouvement qui nVst pas sans analogie avec le jou de la vessio natat ire du poisson.
- Au peint do vue môcaniquo la Thermosphère est une véritable machine à vapeur réduite à sa plus impie expression, dans laquello l’immense enve. oppo qui reçoit la vapeur se déplace sous sa pres-
- sion et la ramène à l’état liquide, jouant tout à la fois le rôlo de cylindre, do piston et do condenseur.
- Maître do son équilibre, l'aéronauto i eut choisir entre les courants aériens superposés celui qui lui paraît le plus favorable.
- Getto multitudo do courants existants sur une même verticale est attostïe par l’expérienco : on sait en effet quo des ballons en nombre quelconque, lancés en mémo temps d’un endroit, suivent toujours, si faiblo quo soit la différence do leurs altitudes, dos directions différentes, souvent très divergentes et parfois opposées. Le raisonnement d’ailleurs suffit à établir quo pour peu qu’on admette l’existence simultanée de deux nappes d’air superposées et ont aînées suivant dos directions non parallèles, phénomène, d*.nt la simple observation dos nu8ges et de la girouette dénonce la fréquence, l’aéronauto, en s’élevant do la nappe inférieure à la nappe supérieure doit traverser des couches atmosphériques qui, selon leur hauteur, participent plus ou moins au mouvement de la première ou de la seconde.
- En changeant à propos d’ult tude et de courant» le pilote aérien est à mémo do courir des bordées et do louvoyer dans l’espaco. Le vent devient ainsi, même au point do vue de la direction, son plus utile auxiliairo, et pour atteindre d’une façon précise un but fixé d’avance, le faible secours d’un propulsour mécanique peut suffire.
- Ce propulseur à bord do la Thermosphère est actionné par un léger moteur mis en dérivation par un branchement ingénieux dans l’appareil circulatoire précédemment décrit, La vapeur sert ainsi à deux fins car après échappement, (lie va achever do dépenser son ônergio sous une autre foi me, utilisant ses dernières calories au profit de l’équilibre jusqu’à liquéfaction complote, sur les parois de la Thermosphèro.
- En résumé, la môthodo nouvelle consisto à tirer adroitement du vent tout le parti possible, en marchant avec lui, au liou do marcher contre lui. M. Emmanuel Aimé s’est inspiré du principe de Bacon : « On no triomphe do la nature qu’en obéissant à ses lois.
- -4’-
- REFROIDISSEUR D’EAU
- A AILETTES CREUSES
- pour moteurs à pétrole {Système P. Apprin) (i)
- Le procédé presque universellement employé pour refroidir les moteurs de puissance élevée consiste, on le sait, à les entourer d’une chemise de circulation d’eau, et à refroidir cette eau dans des tubes disposés en serpentin et munis d’ailettes qui en augmentent la surface.
- Le plus souvent les ailettes sont rectan-
- (1) M. P. Apprin, 27, rue de l’Abondance, Lyon.
- gulaires, en fer rapporté ou soudé, ou en aluminium rapporté. Elles sont plates ou ondulées.
- On vient depuis quelque temps d’essayer un nouveau dispositif, celui des tubes à ailettes creuses de M. Apprin.
- Ces tubes sont en cuivre ; successivement étirés et emboutis ils prennent circulaire-ment une série de plis creux dont la section se voit bien sur la figure et qui présentent extérieurement l’aspect de petites boîtes rondes empilées.
- Ces tubes à ailettes creuses se prêtent d’ailleurs à toutes les combinaisons ordinaires, soit pour constituer un serpentin continu, soit pour s’adapter à deux collecteurs à chicanes. Les entretoises en acier sont soudées aux tuyaux ou entretoisées avec des lames de bois d’une façon solide et légère, faciles à fixer sur la voiture,
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- Les ailettes étant de forme extérieure Le constructeur annonce qu’il suffit de ronde et lisse la boue n’y adhère pas et i mètre par cheval, et l’appareil pèse 900 elles présentent une grande facilité pour le grammes au mètre.® nettoyage. A. P.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DES TRAMWAYS
- (Paris, 10 Septembre 1900)
- Il a étî décidé à Paris, ai cours do l’Exposition de 1900, un Congrès International do Tramways, dont l’organisati )n a ôté confiée, sous les auspices de l’Union Interna ionale Permanente do Tramways, à une commission composée comme il est indiqué plus loin.
- Ce congrès tiendra ses séances du 10 au 13 septembre 1900 au Palais des Congrès.
- L’Union internationale Permanento do Tramways a organisé, depuis 1883, dix congrès analogues, dont les travaux ont exercé une influence considérable sur les progrès réalisés dans l’Industrie des Tramways et qui se sont réunis successivement à B u’iin (1886), Vienne (1887), Bruxelles (1888), Milan (1889), Amsterdam (1890), Hambourg (1891), Budapest (1893), Cologne (1894), Stockholm (1896) et Genève (1898).
- Le programme du prochain congrès donnera lieu à des discussions du plus haut intérêt au point de vin do diverses questions importantes touchant cette iniustrio, qui a maintenant tant de points comment avec l'Industrie Automobile.
- Le président est M. Léon Janssen, administra-
- teur directeur général de la Société anonyme « les Tramways Bruxellois », Bruxelles.
- Citons parmi les membres :
- MM. Aigoin, Président duconseil d’administration do la Compagnie générale parisienne de Tramways.
- Broca, directeur delà Compagnie des Tramways do Paris et du Département de la Seine.
- Cuvinot; sénateur, directeur do la Compagnie générale des Omnibus
- Fuster, secrétaire général du Syndicat des Tramways de France.
- Guary, administrateur de la Compagnie générale française do Tramways, Paris.
- Lavalard, administrateur-délégué de la Compagnie générale des Omnibus.
- Mommerqué, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chef des services techniques de la Compagnie générale des Omnibus.
- Seront membres du Congrès :
- 1° Les membres de l'Union Permanente de Tramways.
- 2° Les personnes qui auront adressé leur adhésion au secrétaire général do la commission d’organisation, en y joignant le montant de la cotisation fixée à 20 francs et dont la demande aura été agréée par le bureau do la commission d’organisation, demande qui devra être envoyée, avec le montant de la cotisation, à M. F. Nonnenberg, secrétaire général du Congrès, 85, rue Potagère, à Bruxelles.
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- NOUVEAUTÉS AMÉRICAINES
- Le bandage Mangers; deuso variantes
- La voiture bicyclette â 4 roues
- Le moyeu flæe
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- Le moyeu fixe. Voici un curieux dispositif de roue motrice, qui nous vient d’Amérique. La figure montre suffisamment ce dont il s'agit.
- Le moyeu est fixe ainsi que toute la partie centrale de la roue. Une couronne dentée, actionnée par un pignon moteur tourne concentriquement à cette partie fixe sur laquelle elle roule au moyen de billes.
- La Voiture bicyclette à 4 roues. Ce titre peut sembler bizarre, mais c’est bien en effet une voiture, comme le montre la figure. Elle a bien 4 roues mais il y en a une à l’avant, roue directrice, et trois à l'arrière, dont les deux latéra’es sont porteuses et celle du milieu seule est motrice.
- Quand la voiture est lancée un mécanisme permet de relever les deux roues latérales et l’ensemble devient une bicyclette
- C'est un peu la vieille bicyclette de Daimler qui avait deux roulettes, une de chaque côté, pour l’empêcher de bascu’er.
- Ajoutons que les journaux américains signalent ce véhicule comme une machine d’entraînement sur piste.
- Le bandage Mungers. — Comme on le voit sur le dessin ce bandage est un pneumatique ordinaire dans lequel une saillie intérieure peut reposer sur un talon dans le cas où le pneumatique vient à être crevé
- Le bandage se transforme alors en un caou'chouc creux.
- LOCOMOTION AÉRIENNE
- De Paris à Flessingue
- 300 km en y heures
- M. Jacques Faure, le trésorier et l’un des membres les plus actifs Je l’Aéro-Club a accompli il y a quelques jours une peiformance remarquable. Parti à minuit de l’usine du Landy il a atterri 5 heures après aux environ d± Flessingue.
- Il a retracé ses impressions d’où nous extrayons quelques passages :
- «.... Dis le début la vitesse est vertigineuse : Paris disparaît rapidement dans le lointain, les lumières des villes et des villages ne font qu’apparaître un instant à mes yeux pour disparaître aussitôt.
- « Quelle plume saurait décrire les sensations étranges et exquises qu’éprouve l’aéronaute emporté par un vent violent ; f isant corps avec le courant d’air qui le mène, jartio intégrante de la brise dans laquelle il so trou\c, il no sent nulle secousse, nul mouvement. Penché sur le bord do sa nacelle, il regarde la ter:e qui somblo fuir rapidement sous se5 pieds : spectacle que la nuit rend plus fantas-tisque encore....
- «... Voici la région dos hauts-fourneaux qui semblent autant de taches d’un rouge sanglant sur l’horizon devenu très sombre, car les étoiles ont disparu, la pluie a succédé au beau temps de tout à 1 heure et je l’entends qui crépite sur le sommet du ballon. Qu’impotto la pluie : victorieux et superbe l'aérostat continue sa cours folle à travers l’espace....»
- Du GO à l’heure pendant 5 heures, sans pavés, sans caniveaux, sans règlements ! Quel rêve pour bien dos chauffeurs.
- Cette ascension était la cinquantième de l’Aéro-Club.
- L’Aérostation à l’Exposition
- Le Comité d’organùation do la section d’aérostation des concours physiques de l’Exposition vient de tenir une de ses dernières séances avant la période active d'organisation. Il a eu le regret d'enregistrer la démission de M. de Saint-Seine qui, désigné au commandement d'un torpil car ne peut continuer à prendre part aux travaux du Comité, lia ensuite examiné la question du bâtiment qui va être commencé sous pou, et permettra de garer les ballons des aéronautes concurrents et leurs agrès.
- Rappelons qu’en taisant une demande au piési-dent du Comité d’organisation, les intéressés recevront les notices, programmes et formules d’engagement dos concours. Adresser la demande à M. le commandant Renard, 7, avenue do Trévoux, à Mec-don, près Paris.
- A cotte môme séance, le Comité, à l’una limité, a décidé do se réunir pour la surveillance du ballon captif do Vincennes. 11 a informé de la façon dont les fonds accordés par l’administration seraient remis au trésorier du Comité. Cette question sera de nouveau agitée au cours de la prochaine séance.
- Est-ce Andrée ?
- Une lettre arrivée à Ottawa, de la baie d’Hudson, et qui émane de l’évêque de la région, dit le Journal des Sports, annonce que le 1er octobre dernier, deux Esquimaux se sont rendus au fort Churchill.
- Là ils ont déclaré que « deux hommes blancs qui étaient tombés du ciel, avaient été assassinés l’été dernier par des pirates esquimaux. »
- Les Esquimaux qui ont rapporté ces nouvelles affirment avoir vu les épaves d’un ballon et savoir où elles ont été enfouies.
- Ces déclarations sembleraient bien se rapporter à And.ée. Maintenant, sont-elles véridiques? Pauvre Andrée, il semble maintenant qu’Emmanuel Aimé n’avait que trop raison en signalant dès le début ce qu’il appela « l’Erreur d’Andrée. »
- Un nouveau « Santos-Dumont »
- M. Santos-Dumont entreprend en ce moment la construction d’un nouveau ballon dirigeable plus long que les précédents, et muni d’un moteur plus fort, le « Soncin » ou le « Buchet », dit-on.
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- CANOTS AUTOMOBILES
- A l’Exposition
- La section VIII de la Commission, chargée d’organiser durant l’Exposition les différents concours des sports et exercices physiques, a sous sa juridiction les sports nautiques. Elle a également dans ses attributions — à première vue il semblerait que la chose fût plutôt de la compétence de la section YII (Automobile) — un concours de bateaux à moteurs mécaniques.
- Deux courses réservées à ce genre d’embarca-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- tions seront données à Argenteuil, les samedi 23 et dimanche 21 juin 1C00.
- Les bateaux sont divisés en quatre séries , savo:r :
- lr® série : Jusqu'à 6 m. 50, inclusivement ;
- 2e série : De 6 m. 50 à 8 mètres inclusivement ;
- 3® série : De 8 mètres à 10 mètres inclusivement,
- 4e série : De 10 mètres à 15 mètres inclusivement.
- Dans chaque série, les bateaux à moteurs divers couroat ensemble; néanmoins, une primo sera accordée au premier arrivant des bateaux munis de moteurs do types différents (à vapeur, pétrole, électriques).
- Voici le programme :
- Première journée (samedi 23 juin 4900). — Course de fond sur la distance de 50 hil.) (airage tous les 6 kilomètre ) :
- Prix : lre série : 1.510, 1.100, C00 Ce.
- 2® série : l.COO, 1 200, 700 fr.
- 38 série : 2 000, 1 500, 800 fr.
- 4e série : 2.500, 1.800, 1 000 fr.
- En outre, des primes de 100, 200, 300, 400 francs seront attribuées dans les lre, 2®, 3'. 4® sort:on au premier arrivaut de chaque ca'ôgorie (vapeur, pétrole, électricité).
- Deuxième jour née (dimanche 24 juin 1900). — Course de vitesse sur 15 kilomètres (airage tous les 6 kilomètres).
- Prix : l" série : 300, 200, 100 fr. t 2® série : 400, 300, 200 fr.
- 3® série : 500, 400, 300 fr.
- 4® série : G00, 500, 400 fr.
- En outre, des primes de 50, 60, 70, 00 francs comme plus haut.
- Les primes et prix seront distribués en objets d'art.
- A titre de souvenir des courses internationales de l’Exposition, il sera attribué aux concurrents qui n’auront pas obtenu de récompenses une médaille commémorative.
- La répartition dos prix pourra être modifiée par le Comité d’organisation, si le nombre des bateaux inscrits dans une série plutôt que dans une au'ro nécessite un virement d’une série à l'autre.
- Le l'èglement applique sera celui de l’Hélico Club de Fiance. Les engagements devront cire envoyés avant lo 15 juin H 00, dernier délai, à M. le comte de Faramond, président de l’Hélice Club de France, rue Vaneau, 14, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Un important ouvrage vient de paraître chez Ch. Béranger.
- C’est le :
- Manuel théorique et pratique, de l’Aut mobile sur route, par Gérard Laacrgnc.
- Notre distingué confrère, ancien élève do l’école Polytechnique, ingénieur civil des Mines, a groupé et comp été dans cet ouvrage tous les articles si documentés qu’il a déjà fait paraître sur la question.
- Son ouvrage comble une lacune de la Bibliothèque
- Automobile. Il donne un résumé logique et clair de tout ce qui se fait en présentant cet avantage d’indiquer au lecteur où il peut, pour chaque détail énoncé sommairement trouver do plus amples explications.
- Nous avons d’ailleurs eu lo plaisir de constater que La Locomotion Automobile est souvent signalée commo source do renseignements, et nous remercions l’auteur des paroles aimables par lesquelles il apprécie notre œuvre et, en particulier lo concours do moteurs.
- Après un couri Li.-doriquo de l’automobilisme, et la présentation touto naturelle des agents auxquels les voituros mécaniques demandent l’énergie qui leur est nécessaire — vapeur, pétrole, électricité — l’ouvrage passe on rovuo les éléments qui entrent dans la composition d’une voiture automobile : moteur (avec lo calcul de la puissance à lui donner pour lui faire action cr telle voiture déterminée et les moyens de mesurer sa force, une fois qu’il a été construit), organes de transmission du mouvement du moteur aux roues du véhicule, essieux, cours, bandages, icssoris, châssis, caisse, freins, organes do graissage.
- Dms une troisiè r.c pirtie l’auteur a groupé les éléments suivant les pr neipes des voitures actuellement existantes : comme celles-ci sont déjà légion il n’en a décrit à fond que quelques-unes, se contentant, pour les autre?, de signaler les points qui les caractérisent
- Dans une quatrième et dernière partie, l’auteur a mis en relief les résultats si remarq''ablcs déjà obtenus, consacrés officiellement par les courses de vitesse, les concours des poids lourds et des fiacres, le concours de moteurs de la L. A.
- Il signale enfin les progrès à rechercher, en tè’.e desqu 1s se place l’amélioration du rendement, après avoir marqué le taux singulièrement minime de ce dernier.
- A ceux qui, en si grand nombre, se lancent dans l’industrie nouvelle, ce livre évitera peut-être, un peu de ces tâtonnements et de ces efforts, qui constituent lo lourd tribut, prélevé en pure perte sur l’activité humaine, parce qu’on pourrait appeler les réinventions.
- A l’ingénieur ce livre montrera comment sont appliqués à la locomotion nouvelle ces mécanismes, qui lui sont familiers, comment smt résolues les difficultés techniques que cette application mémo a soulevées, et ce qui reste à faire pour la rendre plus adéquate au but qu’on lui a assigne.
- Aux personnes peu versées dans les choses de la mécanique qui s’intéressent pourtant à l’automclr-lisme, ce livre donnera dos descriptions aussi claires que possible dont l’intelligence est singulièrement facilitée par le soin qu’a pris l’auteur de définir dans ses premières pages les quelques termes techniques qu’il a dû cmploj-m!.
- Bon ouvrage, simple, utile et net. Nous y reviendrons. — G. D.
- Cet important ouvrage de 700 pages se vend, relié, 17 fr. 50.
- . *
- * *
- Pour oaraltro prochainement :
- L’A utomobile théorique et pratique do Bau-dry de Saunier. Voir le numéro précédent.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT.
- Imprimerie rp’eialc de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, I\’euilly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N» 11 15 Mars 1800
- LA- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée tous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE\
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VU1LLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF Q.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N° Il
- Gottlie'b Daimer — L’histoire des voitures Daim-.ler. — G. Desjacques.
- La coupe des voiiurettes du journal dos Sports. Les Courses : Paris-Berlin: accumobiles; Paris-Brest; la Coupe do vitesse; le record de Rigal; le reglement liégeois; la Semaine de Nice.
- Automobile-Club de France.
- Touring-Club de Franco.
- L’essence pour automobiles. — Gaston Sencier.
- Les Accumulateurs électriques d’allumage. — Les accumulateurs Dinin. — A. D.
- Les voitures automobiles et l’impôt. — Albert Roda net.
- Informations. »
- GOTTLIEB DAIMLER
- Une triste nouvelle nous est parvenue cette semaine ; la mort de Gottlieb Daimler, enlevé dans sa 66® annee, succombant, alors qu’il paraissait encore plein de vigueur, aux accidents d’une maladie de cœur dont il souffrait depuis longtemps.
- Il consacra les 15 dernières années de sa vie à l’automobile. Son œuvre vaut d être retracée, et l’histoire de ses travaux est la meilleure oraison funèbre qu’on puisse faire de ce puissant travailleur.
- Gottlieb Daimler naquit en 1834 à Schœn-dorf, dans le Wurtemberg. Fils de modestes ouvriers, comme tant d’autres inventeurs, le futur père de l’automobile fut dès son enfance un passionné de la mécanique, et, précieuse indication, des explosifs. Il ne reçut qu’une instruction élémentaire qu il compléta plus tard, mais la physique et la mécanique l’absorbèrent avant tout, et tout enfant, nous dit-on, il troubla fort le voisinage par des expériences explosives qui n’a-
- vaient d’ailleurs qu’un vague rapport avec la théorie des moteurs à explosion.
- En attendant, il étudia la mécanique, non dans des livres, mais à l’atelier, dans une fabrique d’armss, puis à Graffenstadt, en Alsace, c’est-à-dire en France. Il passa ensuite en Angleterre et resta longtemps à Manchester dans une grande usine de moteurs (à vapeur naturellement) et de locomotives, aux usines de la Whitworth Company.
- Il laissait d’ailleurs partout la trace de son esprit inventif, plus disposé encore à créer quelque chose de nouveau, à chercher de l’inédit, qu’à s’en tenir au déjà vu, au déjà fait, si parfait lût-il.
- En 1872 se produisit l’aiguillage, le changement de,carrière qui dans la vie de la plupart des inventeurs les met sur la voie définitive, sur leur terrain. Daimler fit par hasard connaissance du docteur Otto qui n’était pas encore arrivé à rendre pratiques ses moteurs à gaz, actuellement fameux. Daimler entra donc comme ingénieur-directeur dans cette usine, peu importante alors. Ce fut là qu’il connut également M. Sarrazin qui était le représentant en France de la maison Otto et qui devint plus tard celui de Daimler, l’homme qui prit quelques-uns des brevets sur lesquels s’appuie l’œuvre de Daimler.
- Les fonds nécessaires furent avancés par le conseiller Langen, de Cologne ; mais ce ne fut que dix ans plus tard — lisez ceci, ô commanditaires modernes — que cette entreprise devint lucrative.
- Daimler resta directeur de l’usine Otto-Langen jusqu’en 1882 et mit au courant de sa fabrication MM. Crossley Frères, de Manchester, les aidant ainsi à réaliser leur moteur, le fameux Crossley, qui jouit actuellement d’une si grande réputation. La perfection à laquelle Daimler arriva pour le moteur à gaz, montre que les résultats fort satisfaisants auxquels il parvint pour le moteur à pétrole doivent être l’œuvre d’une méthode rigoureuse plutôt qu’un bienfait du hasard.
- Voilà donc Daimler orienté vers les mo-
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- Gottlieb Daimler 1834-1900.
- Moteur Daimler original à deuæ eylindres
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- core qu’un fabricant, et son usine sera plus un laboratoire qu’un atelier. Il vendra ses brevets plutôt que de les exploiter lui-même. Toujours est-il qu’en 1882, Daimler se sépare de ses associés de la Gas-Moto-ren Fabrik, s’enferme dans ses propriétés à Cannstatt, et un an après, moins d’un an même, le premier moteur, celui que nous vîmes au dernier Salon automobile des Tui-
- teurs à gaz. Son esprit inventif est lancé dans cette voie. La découverte va venir.
- En 1882, le démon de l’invention l’absorbe trop pour qu’il puisse continuer à produire d’une façon commerciale ses moteurs à gaz. .
- «Ce sera d’ailleurs là l’un dos traits caractéristiques de Daimler. Il sera un chercheur, nous dit G. Prade, un inventeur plus en-
- Voiture Panhard Lecassor arrivée première dans Bordeaux-Paris 1895, moteur Daimler
- Voiture Peugeot, classée première (4 places), Bordeaux-Paris 1895, moteur Daimler
- leries, est créé. Il paraît même que pendant la genèse du moteur, du glorieux ancêtre, les voisins intrigués par le bruit de ferraille, par les allées et venues de Daimler, par le ron-ron des explosions, soupçonnèrent Daimler de faire de la fausse monnaie et pénétrèrent nuitamment dans l’atelier pour s’en rendre compte. Furent-ils moins étonnés, ces bons villageois, en voyant, au lieu de fausse monnaie, l’animal étrange, et se rendirent-ils compte que le hasard, ce dieu capricieux, leur procurait un spectacle que bien des hommes auraient désiré en vain ? »
- Dans l’espace des 18 années, de 1882 à 1900, Gottlieb Daimler accomplit un travail formidable.
- Nous ne voulons pas citer tous les brevets pris par lui, d’autant qu’il en est qu’il prit seulement en Allemagne et qu’il négligea de prendre chez nous. Nous considérerons seulement ce qu’on peut appeler l’œuvre française de Daimler et nous passerons en revue les principaux des brevets qu’il y prit, soit seul, soit associé avec Mme veuve Levassor.
- Pour toute la période antérieure à 1896, on pourra consulter à ce sujet l’ouvrage,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Voiture Daimler allemandet moteur à l'arrière
- Nouvelle voiture Daimler allemande, moteur à Vacant [type 1900)
- devenu rare maintenant, de Louis Lockerr, qui s’occupa spécialement de la succession chronologique des brevets Daimler et Pan-hard-Levassor.
- Daimler avait déjà pris en France un brevet le 23 septembre 1882 pour un perfectionnement dans les embrayages à friction. C’est à cette époque qu’il se séparait d’Otto-
- Langen pour se consacrer au moteur à marche rapide.
- * *
- Le 16 janvier 1884, il dépo-a son premier brevet français, portant d’ailleurs le titre banal que l’on prend quand on ne tient pas à faciliter les recherches de ce 'x qui viendront après vous :
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Types successif-; di oiitures à moteur Daimler construites par la maison Panhard,
- de 1891 à 1896
- Voilure Daimler anglaise, moteur à Vacant
- Perfectionnements dans tes moteurs à gaz et à l’huile.
- Ce premier mcleur Daim’er mérite de fixer un instant notre attention parce qu’il montre quel fut, au début, le point de dé-
- part de l’inventeur et combien le chemin suivi varia souvent de direction.
- Le moteur était à 4temj s, à un seul cylindre horizontal, àrefroidissement par ailettes. On voit que nous sommes loin de ce qu’on
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- appelle le moteur Daimler, à 2 cylindres verticaux (ou inclinés) et à circulation d’eau. Mais déjà l’allumage se faisait par incandescence. Bien mieux, rééditant un procédé déjà utilisé dans des moteurs fixes, Daimler avait entouré la culasse d’une enveloppe en.terre réfractaire destinée à en empêcher le refroidissement Elle se portait rapidement au rouge et on pouvait dès lors éteindre lé brûleur, l’allumage se faisait tout seul.
- Bien des moteurs actuels réalisent involontairement ce même dispositif plutôt fâcheux. On. voit en tout cas que Daimler, à ses débuts, n’attachait pas grande importance au point d'allumage.
- Il a été, presque jusqu’à la fin de sa vie, protagoniste de l’allumage par tubes. Nous verrons que tout récemment il fit amende honorable à l’étincelle électrique.
- Ajoutons que ce premier moteur présentait un autre dispositif particulier : les ailettes destinées à refroidir le corps du cylindre étaient entourées par une enveloppe où se faisait par ventilation la circulation d’air.
- **
- L’année suivante, le 15 avril 1885, Daimler bréveta en France le moteur le plus connu, le fameux moteur à compression dans le carter.
- Cette fois c’est un moteur vertical, encore à un seul cylindre, allumage par tubes, l’auteur renonçant à l’explosion spontanée.
- Le dispositif le plus particulier est la compression préalable dans le carter. Celui-ci est en effet hermétiquement clos et une soupape d’admission le met en communication avec l’extérieur.
- Quand le piston remonte il aspire l’air dans le carter, et quand il descend il comprime ce mélange qui passe au-dessus du piston.
- Ce moteur, de fonctionnement assez complexe, comportait un régulateur par étranglement d’échappement et une circulation d’air autout du cylindre et de la culasse.
- Il fut surtout essayé comme moteur à gaz et donna des consommations assez faibles.
-
- Entre temps Daimler songea à app’iquer ses moteurs à des véhicules.
- En 1885, alors qu’il venait d’inaugurer son moteur à un seul cylindre comprimant dans le carter, il construisit une sorte de bicyclette, ou plutôt de draisicnne à moteur que l’on peut se rappeler avoir vue dans le vestibule d’entrée de la dernière Exposition des Tuileries.
- . Tout l’appareil moteur était placé entre les deux roues et la transmission se faisait à la roue d’arrière par une courroie avec galet moteur. La roue d’avant directrice était tenue par une fourche verticale.
- Deux roulettes placées de part et d’autre empêchaient l’appareil de chavirer.
- Il n’y avait pas de pédales et pour cause :
- Il est à remarquer, en effet, que cette « bicyclette à pétrole » était construite avant la diffusion des bicyclettes ordinaires.
- En 1886 ce fut l’application du même moteur à un canot à pétrole sur lequel nous avons peu d’indications. Il est probable que la puissance n’était guère suffisante pour obtenir quelque vitesse.
- L’année suivante, en 1887, — on voit que Daimler ne perdait pas son temps — il prit son premier brevet (27 décembre 1887) pour un véhicule à roues destiné à circuler sur des rails. On voit que l’inventeur passait successivement par tous les intermédiaires avant d’arriver à l’automobile. (Il y avait déjà 20 ans que Lenoir avait construit la première automobile à pétrole).
- Mais c’est peut-être grâce à cette sage lenteur que Daimler put résoudre une à une toutes les difficultés d’application et obtenir avec sûreté les remarquables résultats auxquels il est arrivé. Rappelons aussi que le premier véhicule breveté par Benz datait du 25 mars 1886, près de deux ans auparavant.
- Quoi qu’il en soit ce véhicule de fin 1887 était un tramway-omnibus dont le moteur était disposé au milieu et sur le côté avec essieu- d’avant moteur. Un changement de vitesse par train balladeur à 3 couples de pignons y était adapté.
-
- Ce n’est qu’en 1889, que Daimler put enfin exécuter son moteur à deux cylindres en V dont le type extérieur est bien connu et se retrouve encore sur beaucoup de voitures, surtout à l’étranger.
- Là encore, la compression de l’air dans le carter se trouvait utilisée, partie pour charger un cylindre et partie pour purger l’autre cylindre des produits de la combustion précédente.
- C’est à cette époque que la licence des brevets Daimler fut acquise par la maison Panhard-Levassor, qui commença à perfectionner ces moteurs.
- Depuis lors, Daimler s’occupa des détails de son moteur. Il imagina des dispositifs de réfi igération, des mécanisme d’encliquetage.
- A en juger par les résultats obtenus, il faut reconnaître d’ailleurs que ceux qui, en France, exploitèrent l’invention de Daimler, obtinrent rapidement des résultats bien supérieurs à ceux de l’inventeur au point de vue de l’application aux voitures.
- MM. Panhard et Levassor, d’une part, et la maison Peugeot, de l’autre, construisaient dès 1891, des véhicules fort remarquables munis du moteur Daimler.
- Le moment vint bientôt où, renonçant à la compression dans le carter, ils transfor-
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- mèrent entièrement le moteur et en firent celui que l’on connaît bien.
- A *
- Il était naturel que Daimler fît porter, ses études sur le carburateur en même temps que sur les moteurs.
- Le premier carburateur Daimler, construit en 1885, était un carburateur à barbottage véritable. L’air aspiré traversait une épaisse couche d’esence et se mélangeait ensuite à de l’air Irais dosé par un robinet à trois voies.
- Pour son moteur à deux cylindres de 1889 Daimler construisit un carburateur à niveau constant et à pulvérisation presque identi-à tous ceux de ce type qui sont employés actuellement.
- * *
- Parmi les derniers brevets pris en France par Daimler (associé avec Mme Vve Le-vassor) nous pouvons en citer quelques-uns, tout récents, qui montrent qu’elle était, ces derniers temps, la direction des efforts de l’inventeur.
- Le 21 juillet 1898 c était un dispositif de refroidissement des tambours de freins qui consiste en ce que le système de levier du frein est relié au robinet d’un réservoir à eau de telle sorte que ce robinet s’ouvre automatiquement dès que l’on agit sur le frein pour le serrer : il en résulte que Feau est amenée goutte à goutte à l’intérieur du tambour sur lequel les sabots du frein viennent exercer leur serrage et que ce tambour se trouve refroidi. On a ainsi la possibilité de maintenir pendant longtemps le bon fonctionnement du frein d’enroulement.
- L’année dernière nous trouvons encore quelques brevets.
- Un des plus curieux est celui du 7 août 1899 relatif à Vallumage électrique des moteurs.
- La bougie ne débouche pas dans la chambre d’explosion elle-même, mais bien dans une petite capacité adjacente qui est reliée à la chambre d’explosion par un canal étroit.
- « En raison de la compression », dit l’inventeur, « une partie du mélange gazeux est refoulée dans cette petite chambre d’allumage et c’est cette partie qui est enflammée en premier lieu et qui est projetée violemment comme un coup de feu par le canal étroit dans le mélange qui remplit la chambre de compression. Il se produit ainsi un ébranlement et une agitation énergiques dans toutes les parties du dit mélange et une inflammation qui embrase instantanément l’ensemble de ce mélange gazeux. »
- Nous ne connaissons pas la valeur de ce dispositif. L’auteur n’indique pas comment il s’y prend pour que cette petite cavité ne reste pas, au moment de l’expulsion, pleine
- de gaz brûlés, ce qui pourrait nuire à . l’allumage suivant.
- On voit, en tout cas, que dans ces derniers temps, Daimler se préoccupait de l’allumage électrique des moteurs. L’avenir montrera s’il y avait là une réforme utile ou si ce n’était que l’indice d’un esprit éclectique.
- Signalons encore, déposés à la même date, deux autres brevets :
- L’un est relatif à un dispositif de commande permettant de donner aux roues motrices actionnées par engrenages l’écuanteur que possèdent les roues des voitures à traction animale.
- Ce dispositif consiste en ceci que les deux portions de l’arbre moteur portent chacune un pignon conique actionné par une roue dentée conique, sans être forcément en prolongement l’un de l’autre, les positions des pignons permettant d’ailleurs la rotation dans le même sens.
- Le dernier est relatif à un petit détail des automobiles, le chauffage des voitures grâce à la chaleur enlevée au moteur par la circulation d’eau.
- Tandis que les voitures Daimler françaises ou plutôt leurs dérivées, ont leurs transmissions par engrenages, que les Daimler anglaises ne diffèrent de celles-ci que par quelques détails, les voitures Daimler allemandes sont restées fidèles à la courroie. De plus, ces dernières ont eu, jusque dans ces derniers temps le moteur placé à l’arrière. Ce n’est que depuis cette année que l’on a pu en voir avec moteur à l’avant.
- On peut dire que si l’industrie française a été redevable, pour [une grande part, à Daimler, de la réalisation pratique des voitures automobiles, l’élève avait bien vite dépassé le maître et que, petit à petit, ce maître lui-même a imité ce que faisaient ses disciples.
- Si bien que si, il y a 8 ans, nous possédions des Daimler françaises, on peut dire que nos voisins font maintenant des Pan-haid allemandes.
- 11 est juste néanmoins de saluer la mémoire de Daimler. Son œuvre est tellement modifiée que lui-même a dû être surpris du développement de ses idées, mais il tiendra toujours une place importante dans la liste des créateurs de l’automcbilisme.
- G. DESJACQUES.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
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- L:A LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA COUPE DES YOÎTURETTËS
- j,- du Journal de> Sports
- (Dimanche 11 Mars)
- Nous reproduisons en son entier la liste des enga-gagés. Aussi bien, n’en avons-nous jusqu’ici donné, donné, qu’une faible partie, la plupart des engagements ôtant arrivés au dernier moment. Celte liste comprenait 5.2 engagements.
- Voiturettes azei moteur à refroidissement par eau 'Série A.' — Voiturcltes dont le poids rte- dépasse-.
- pas 250 kilos :
- 1. HerteL
- 2. Camus
- l 3, Sauvage et Frick - 4. Echalié . 5. Ernest , 6. Oli vier
- 7. Blondlni
- 8. Boucher
- ‘ 0, Derœillard u Série BÎ — Voiturettes et
- Poruichet ksrPins,
- Lyon
- Puteaux
- Neuilly-sur-Seine-
- Paris
- Lyon
- Paris
- voiluros au-dessous de
- 500 kilos:
- 11. Stophê
- 12. - Hugot
- 13. Pullinger
- 14. Decauvillo I
- . 15. Decauville II 46. Decauville III . 17. Delautre 13. Klaus
- 19. Vehel
- 20. Decauville IV r 21. Paul Loui ;
- 22. Creux t 23. Teneau . 24. X...
- 25. J. Richard . 26... Piei i o 27. Meiqkr 2C Maison Par si’
- Paris
- Lyon
- Paris
- Levallois
- Boulogne-sur-Seina
- Paris
- Voiturelles avec moteur à refroidissement par air
- Série C. - Voiturettes dont le poids no dépasse
- pas 250 kilos : -31. Schrader ;. Paris
- t; 32. Thierry —
- . 33.- Vilain Saint-Giaticn
- 34. Jacquelin Paris
- 35. Domptet Neuilly-sur-Seine
- 36, Tart Paris
- w 37. Le Grand Paris
- J 38. Ajax —
- 5 39. G. Richard I —
- t '40. G. Richard II —
- 41. G. Riphard III —
- 42. Gallet Itasse Boulogne
- 43; Biguet Paris
- 44. Osmont —
- 45. Dupont —
- 46. Corro Levallois-Peiret
- 47. Mory Paris
- * 48. L. Loyer —
- <. 49. Boivin —
- 50. Demester —
- » 51. Delislo Boelogne-sur-Sein
- 52, Emile P.- r s
- o
- Série D. — Voiturettes et voitures au-dessous do 500 kilos ;
- 61. Van Berendonck Paris
- 62. Fernandez • —
- 63. Ch. Caillat, —
- 64. R. d’Arnaud —
- 65. Lepape Puteaux
- 63. Laurent, Paris
- 67. Fernandez —
- 68. Lefcvre * *
- Voici maintenant la li stc des partants
- Voiturettes avec moteur à ref-oi disse ment par eau
- Série A. — Voiturettes dont lo poids no dépasso pas 250 kilos:
- 2. Camus Lyon
- 4. Echalié Neuilly-sui-Seino
- 7. Blondini Paris
- 0. Dermillard —
- Série B.
- 12. Hugo
- 14. Decauville I
- 15. Decauville II Decauville III Dolautre Klauss Vehel
- 20. Dccauvdlo IV
- 21. Paul Louis
- 22. Creux
- 23. Teneau
- 24. Doriot
- 25. J. Richard 27. Mercier
- De 250 à 500 kilos
- 16.
- 17.
- 48.
- 19.
- Paris
- Levallois
- Boulogne-sur-Seina
- Paris
- Voituret'es avec moteur à refroidissement par air
- Sérié C. — Voiturettes dont lo poids ne dépasse
- pas 250 kilos :
- 31. Schradcr
- 35. Domptet
- 36. Tart
- 40. G. Richard II
- 43. B.guet
- 44. Osinont 47. Mory
- 50. Demcster
- 51. Oelislo 53. Emile
- Paris
- Neuilly-sur- Seine Paris
- Boulognc-sur-Seine Paris
- Classe D. -- De 250 à 500 kilos :
- 61. Van Bercndonck Paris
- 62. Feriandez —
- 63. Ch. Caillat ' —
- - 64. R. d’Arnaud —
- 66. Laurent —
- _ 68. Lelùvre —
- Classement Général
- Les dix premiers sont arrivés dans ce1 ordre :
- 1. Théry (classe B), 4 h. 51 m. 4 s ;
- 2. Tart (classe C), 5 h. 46 m. 55 s. ;
- 3. Ravenez (classe B) 5 h. 56 m. 47 s. ;
- 4. Doriot (classe B), 5 h. 58 m. ;
- 5. Ulhmann (classe B), 6 h. 18 m. 11 s. ;
- 6. Creux (classe B), 6 h. 22 m. 51 s. ;
- 7. D. loutre (classe B), 6 h. 26 m. 12 s. ;
- 8. Max R.ciurd (classe B), 6 h. 38 m. 55 s J
- 9. O un..ni ( îb-S.-o ( ) 7 h. 17 m. 8 s. J 10 -Camu ('-lasse A), 7 h. 36 m, 50 s.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 169
- , Classement par Catégories
- Nous classerons les catégories entre elles suivant le temps du premier de chacune d’elles :
- CLASSE B, — (moteurs à eau do 259'à 500 kilos).
- 1. Théry (Decauville IV), 4 h. 51 m. 4 s.;
- 2. Ravenez (Decâuville II), 5 h. 56 m. 47 s.;
- . 3. Doriot (Peugeot), 5 h. 08 m.;
- - 4.- Ulhmann ( Decauville I), 6 h. 18 m. Ils.;
- 5. Creux (Pougeot). 6 h. 22 m. 51 s.;
- 6. Deautre, 6 li. 20 m. 24 s.;
- 7. Richard, 6 h. 38 m. 55 s.;
- 8. Mercier, 7 h. 16 m. 25.;
- 9. Paul Louis, 7 h. 28 ;
- 10. Hugot, 7 li 43 m.;
- 11. Teneau, 8 h. 16 m ;
- 12. Klaus, 10 h. 14 m ;
- CLASSE C. — Moteurs à ailettes ou dessous de 250 kilos.
- 1. Tari, en 5 h. 46 m. 53 s.;
- 2. Osmont, on 7 h. 17 m. 8,;
- 3. Delisle, en 7 h. 49 m.;
- 4. Schrader, en 7 h. 45 m. 25 s.;
- 5. Couturier, en 8 h 3 m. 30 s ;
- 6. Demester. en 9 h, 14 s ;
- 7. R chard II, en 9 h. 56 m ;
- 8. Richard III, en 11 h. 21 m
- CLASSE A. — Moteurs à eau au-dessous de 250 kilos.
- 1. Camus, on 7 h. 36 m.50 s.
- CL.VSSE D. — Moteurs à ailettes de 250 à 500 kilos.
- 1. Lefèvre (Perfecta), en 8 h. 9 m.
- Pour les moteurs à eau, voiturettes do moins de 250 kg.
- 4 partants, 1 arrivé.
- Pour les moteurs à eau, voiturettes do plus de 259 kg.
- 14 partants, 12 arrivés.
- Pour les moteurs à ailettes, voiturettes de mo n3 de 250 kg.
- 10 partants, 8 arrivés.
- Enfin pour les moteurs à ailoltes, voiturettes de plus do 250 kg.
- 6 partants, 1 arrivé.
- Au point do vue technique, il serait peut-être exagéré de dire que cetto épreuve a donné une solution au problème si intéressant du véhicule léger. Mais ou en peut tiror des enseignements sérieux et après qmlques courses comme celle ci le p oblèmo sera bien près d’être résolu.
- Çjquo l’on a pu constater et qui était facilo à prévoir, c’est quo les deux solutions Ls plus logiques ont donné les meilleurs résultats. Si l’on veut une voiture'.to lourde, il faut absolument le refroi dissoimnt par eau, avec sa pompe et ses impedimenta, mais aussi sos avantage ; si l’on veut au moteur à ailot'os, il faut viser à faire léger. Aussi lis représentants de ce3 deux solutions ont-ils t-iomphô dans l’ensemble. Le tenant des moteurs à ailettes s’est brillamment défendu puisqu’il s’est c'issô s cond du classement général.
- Mais il no faut pas oublier que le moteur sans eau se trouve, en course, dans des conditions encore plus favorables que dans le tourisme, puis-quo la vitesso est plus grande et par suite le refroidissement plus énergique.
- D’ailleurs, la majorité des voiturettes étaient spécialement montées pour lu course, la plupart ; ans
- pot d’échappement. Tant qu’il en sera ainsi, et ce n’est pas la faute.des organisateurs, le publie fera fi de toutes les indications obtenues.
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- LES COURSES
- Une Course Paris-Berlin
- M. de Talleyi and-Périgord, président de l’Automobile Club d’Allemagne, est venu ces jours-ci à Paris s’e tendre avec l’Automobile-Cl-b de France en vue d’organiser l’année ] rochaine une grande course entre Paris et Beidin.
- Il y a de grandes chances pour que le projet aboutisse, car au cercle de la place de la Concorde l’idée a séduit un grand nombre de membres.
- Pour les accumobiles
- D-ns ses épreuves classiques le Vélo a fait entrer cette année le « Critérium de l’Elect icité » sur le parcours Paris-Dijon, course à disputer le 25 avril prochain.
- k *
- Il est question d’organiser à Berlin, au printemps probablement, un critérium de l’électricité qui s'étendrait sur quatre journées.
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- Le 14 mai prochain, le Sport Universel Illustré fera courir pour la seconde fois l’épreuve dite « Le Challenge de l’Electricité ».
- Le parcours est cette année : Paris-Meulan et retour. La course de v tesse sera le même jour suivie d’un concours de durée sans recharger, à disputer l’après midi du 14 mai, autour de Long-* champ.
- Paris-Brest et retour
- La commission sj ortive de l’Autom -bile-Club de France vient de reconnaître à la course qu’organise le Matin sur le parcours Par s-Brest-Paris. Les dates fixées sont comme nous l’avons déjà dit 5 juillet, Paris-Brest ; 6 juillet, repos ; 7 juillet, Brest-Paris.
- La Coupe des Motocycles
- La commis ion a également fixé la date de la Coupe des Motocycles qu elle est chaigee doiga-niser. L’épreuve sera disputée le 3 juin et sur la route d’Etamp.s à Chartres et retour (soit 100 kilomètres).
- Après les courses de Pau
- M. Pascault, le chauffeur bayonnais bien connu, vainqueur dans le meeting de Pau du prix de la Presse (routiers-vitesse) et quatrième dans la course du Cireuit du Sud-Ouest, a remis ces jours-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- ci, à M. Faisans, maire de la ville de Pau, les sommes que lui avaient rapportées ses triomphes sportifs.
- C’est une façon comme une autre — et qui en vaut bien d’autres — de faire aimer Tautomobilg par les déshérités.
- La Coupe de Vitesse
- Au cours d’un des derniers déjeuners de l’Au-tomobile-Club-de France, M. le baron de Dietrich, désireux de donner à M. le chevalier de Knyff une marque de son admiration pour sa remarquable performance dans la course de Pau, a proposé la création d’une Coupe challenge qui resterait la propriété de M. de Knyff tant qu’un autre chauffeur n’aurait pas dépassé la moyenne de 70 kilomètres à l’heure sur une distance au moins égale à celle sur laquelle cette moyenne à été atteinte.
- M le baron de Dietrich s’est inscrit en tête de la liste pour une somme de 500 francs. Les personnes désireuses de s’associer à cette heureuse idée sont priées de s’inscrire au secrétariat de l’Automobile-Club de France.
- Le record du kilomètre
- Le motocycliste Rigal, jaloux des lauriers de Béconnais qui avait battu le record du kilomètre le 25 janvier dernier en 42 secondes 4/5, s’est rendu au parc d’Achères.
- Rigal a fait plusieurs tentatives, et à chacune d’elles il s’est approché du temps du record, mais sans arriver à le battre, sans doute à cause du vent qui soufflait en travers de la route.
- Dans un premier essai, Rigal couvre le kilo-mètr. en 46 secondes 2/5.
- A la deuxième reprise, le kilomètre est fait en 45 ; à la troisième, en 44 ; enfin la quatrième donne 43 secondes 2/5.
- Rigal compte renouveler sa tentative dans quelques jours et il ne semble pas douteux qu’il n’arrive à abaisser le temps de 42 secondes 4/3.
- Le Règlement
- de l’Automobile-Club Liégeois
- L’Automobile Club Liégeois a institué une grande épreuve annuelle, pour laquelle, il vient d’élaborer un curieux règlement.
- Ce règlement exige seulement une vitesse dè 25 kilomètres.
- Dans la classification des résultats, il sera tenu compte : De la vitesse pour 50 points; du confort pour 10 points; des pannes pour 40 points.
- En cas de parité de points, la faveur ira à la voiture ayant fait le parcours dans les meilleures conditions de vitesse.
- Toute voiture ayant fait une moyenne de 25 kilomètres à l’heure .aura le maximum de points attribué à la vitesse. Par 200 mètres de moyenne en moins, il sera déduit 1 point.
- Toute fraction intermédiaire n'est pas comptée.
- Pour ce qui touche la régularité de la marche, on comptera les pannes ou arrêts de la façon suivante :
- 1 minute 6 fautes, 2 minutes 9 fautes, 3 minutes
- 12 fautes,'4 minutes 15 fautes, 5 minutes 18 fautes, 6 minutes 21 fautes, 7 minutes 24 fautes, 8 minutes 27 fautes, 9 minutes 30 fautes, 10 minutes 32 fautes, 11 minutes 34 fautes, 12 minutes 36 fautes,
- 13 minutes 38 fautes, 14 minutes 40 fautes, etc.
- Un point équivaut à deux fautes ; ainsi, 3 minutes d’arrêt donneront lieu à 6 points à déduire. Un arrêt d’une heure met hors concours. Toute minute commencée est comptée en entier.
- Une seule personne désignée d’avance pourra s’occuper des soins et réparations que demanderait la voiture.
- Le fait de descendre de voiture en marche est calculé de la façon suivante : Une personne 10 points ; deux personnes, 15 points; 3 personnes, 20 points.
- Semaine de Nice
- Les chauffeurs italiens viendront très nombreux aux fêtes de Nice. Ceux de Milan ont annoncé leur venue pour le 24. Le lendemain arriveront les chauffeurs turinois. Ces dates sont celles du prélude des fêtes niçoises, aussi, à leur grand regret, les membres de l’A. Y. C. N. ont-ils dû renoncer à leur projet de se rendre en caravane au col de Tende, ai-devant des chauffeurs italiens. Une délégation de l’A. Y. C. N. ira cependant à la frontière au-devant des membres du club de Milan et de ceux du Club de Turin.
- Une réception en l’honneur des chauffeurs italiens aura lieu le 25, après la bataille de fleurs, à la villa de l’A. V. C. N.
- * *
- L’Automobile-Vélo-Club de Nice rappelle aux personnes qui désirent s’engager aux courses d’automob les des 23 et 26 Mars courant que les engagements sont reçus à l’Automobile-Vélo-Club de Nice, 5, boulevard Gambetta, à Nice, et à l’au-tomobile-Club de France, à Paris.
- Ils doivent être accompagnés du montant de l’entrée. La liste sera définitivement close le 22 Mars à midi.
- * *
- Automobile Vélo-Club de Nice. — Au ballo-tage de jeudi i*r mars ont été admis :
- MM. F. Rigaud, Pierre Gautier, U. Pascalis, W. de Guerbel, S. M. Biasini, F. Spiegel, de l’A. G. Autrichien, Paul Rousseau, directeur du Vélo, Louis Andrau, directeur de la Côte d'A\ur Sportive.
- Le nombre des membres de l’A. V. C. N. dépasse deux cents.
- Lundi 5 mars a eu lieu, ainsi que nous l’avons annoncé, l’inauguration du nouveau local de TA. V. C. N. Cela donne lieu à une charmante matinée dansante lerminée par des scènes cinématographiques, dont chacun a emporté le ireil-’eur souvenir. Nous ne pouvons que féliciter une
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- .LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- fois de plus l’A. Y. C. N. et son dévoué président, M. J. Gondoin, des eftorts louables, et récompensés du reste qu’ils déploient pour conserver à l’A. Y. C. N,, la place prépondérante qu'il <occupe parmi les clubs de province.
- Comme nous l’avons promis à nos lecteurs, nous publions ci-dessous la liste des engagements pour les courtes de la semaine automobile de Nice.
- Nice- Marseille-Nice
- Motos et voiturettes au-dessus cle 250 kilos
- 23. Marcellin Perfecta 6 chevaux
- 24. E. Pern
- 25. De Méaulne
- 28. Gasté Liberator
- 31. Béconnais Perfecta
- 34. Rigal Perfecta
- 35. P. Baras —
- Voiturettes de 250 à 400 kilos (2 personnes)
- 17. Paul Chauchard Peugeot 4 chev.
- 33. Tart Clément 5 chev.
- Voitures au-dessus de 400 kilos (i 2 pers.)
- 1. Paul Chauchard Panhard 12 chev.
- 2. Etienne Giraud Diétrich 12 chev.
- 3. Albert Lemaître Diétrich 22 chev.
- 4. Charron Panhard 16 chev.
- 5. Girardot
- 6. Mercedes Daimler 24 chev.
- 7. Baron de Tuckheim Diétrich 22 chev.
- 8. Mercédès Daimler 24 chev.
- 9. Monter Diétrich 22 chev.
- 10. RenéeDrucki-Lubec ki Daimler 24 chev.
- 15. Docteur Pascal Daimler 24 chev.
- 16. René de Knyff Panhard 16 chev.
- 18. Stead Daimler 24 chev.
- 19. Gilles Hourgières
- 20. Degrais
- 21. Valton
- 22. Levegh
- 26. Boson de Périgord Diétrich 22 chev.
- 30. Pinson Panhard 12 chev.
- 32. Piet Latauderie
- 3 3. Gui des Aunaies
- 39. Voigt
- 41. de Champrobert Bolide
- Nice-D aguignan-Nice
- Motos et voiturettes au-dessus de 250 kilos 40. Aimé Deville
- 42. L. Canning Werner ichev. 1/4
- Voiturettes de 250 à 400 kilos (2 personnes) 14. Léon Desjo^yaux Peugeot 4 chev.
- Voilures au-dessus de 400 kilos (2 personnes)
- 12. Prince Drucki Lubecki Daimler 24 chev.
- 13. Léon Desjoyaux
- 27. Baron de Diitrich Diétrich 21 chev.
- 29. Cte Brunetta d’Usseau
- 36. Pierre
- 37. Gaujal
- Ainsi que nos lecteurs pourront le remarquer .se trouvent parmi les engagés les noms les plus connus des chauffeurs français et nombreux sont ceux qui ont couru à Pau. Aussi la semaine de Nice promet-elle d’être cette année encore plus brillante que les années précédentes. Nous tiendrons fidèlement nos lecteurs an courant des résultats de ces courses.
- Léon Baréty
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- AUTOMOBILE CLUB DE FRANCE
- Sur la demande de l’Automobile-Club de Grande Bretagne, la Commission a décidé que les Anglais qui n’auraient pas été admis à prendre part aux courses organisées par l’Automobile-Club de Grande-Bretagne, ne seraient pas admis non plus aux courses organisées par l’Automobile-Club de France et réciproquement, lés concurrents Français qui auraient été écartés des courses organisées par l’Automobile-Club de France ne pourront prendre part aux courses de l’Automobile-Club de Grande-Bretagne.
- kk
- M. Ch Salomon, chronométreur officiel de l’U. V. F. a été nommé chronométreur officiel de I’Àu-tomobile-Club de France.
- kk
- La Commission a reconnu les manifestations suivantes :
- Ie La course organisée p^r la Côte d’azur sportive, pour le 1er avril sur la côte de l’Esterel ;
- 2° La coupe provinciale organisée par l’Automô-bile-Club d’Avignon, sous les règlements de la coupe Gordon Bennett, et devant avoir lieu le 4 avril prochain.
- 3° La course Paris Brest organisée par le Journal Le Matin, et devant avoir lieu les 5, 6 et 7 juillet.
- La Commission a pris bonne note que la course des motoovcles, appelée la Coupe des Motocycles, aurait lieu le 3 juin prochain et que le passage d’Ably serait évité par les organisateurs.
- Dans la môme séance, la Commission a décidé que pour prendre part à la course de l’Eventail, les concurrents devront être membres de l’Automobile-Club de France ou d’une des Sociétés correspondantes.
- —--------—----------------
- TOURING-CLUB DE FRANCE
- Le président du Touring Club a été informé que des personnes se présentent sous le patronage du Touring Club de France pour offrir des obligations de la Société « La Poste Electrique Internationale».
- Il nous prie de faire savoir que le Touring Club, fidèle à son principe statuaire de se désintéresser de toute affaire financière, est complètement étranger à cette entreprise.
- ¥ v
- L’Annuaire du Touring-CIub de France pour 1900 vient de paraître.
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- LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Les indications relatives aux bureaux de postes et télégraphes et aux stations de chemins de fer ont été complètement remaniées et mises à jour.
- La liste générale des délégués, hôtels, mécaniciens, photographes, etc.... a subi de très nombreuses modifications, surtout en ce qui concerne les hôtels, en raison des nouveaux contrats passés en 1899. Pour éviter toute méprise, les noms des hô-tîls liés par un traité avec l’Association sont précédés d’un astérisque.
- A ce point de vue spécial ot qui est des plus importants, les Annuaires des années antérieures, même celui de 18.9, ne sauraient plus être utilisés.
- Enfin, des renseignements fort utiles ont été ajoutés dans un grand nombre de localités, sous la rubrique : « Excursions ».
- Nous engageons très vivement les membres du Touring-Club à se munir de l’Annuaire de 1900, qui leur sera expédié franco contre la somme de 1 franc.
- ¥ ¥
- Au cours de l’année 1899, le Touring Club de France a reçu 54.300 lettres qui toutes ont reçu réponse représentant le joli total de 22.300 francs de timbres et affranchissements divers.
- Ces petits détails en disent plus long qu’un discours en trois points.
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- L’ESSENCE POUR AUTOMOBILES
- Il paraît que le nombre des automobiles et des motocyc'es augmente d’une façon tellement rapide que nous sommes menacés de manquer bientôt d’essence ou du moins d’être obligés de payer en ore plus cher ce précieux produit. Il y a tous les jours des voitures nouvelle* qui sortent des usines et, comme on donne à cescoitures des moteurs de plus en plus puissants, la consommation grandit sans cesse. Par contre la production d’e -sence ne s’accroît pas proportionnellement, à beaucoup près. Jusqu’à présent on distillait surtout en France les huiles minérales de Pensylvanie et ces huiles commencent à manquer, parce que les gisements s’épuisent. On a été forcé de se rabattre s-r le* huiles Russes qui ont le défaut grave, à notre point de vue spécial, de ne presque pas contenir d’essence. La situation pourrait donc devenir grave à bref délai.
- Ajoutez à ce'a que, d’une part, la distillation de ioo kilogrammes d’huile brute donne 70 kilogrammes de pétrole et seulement 10 kilogrammes d’essence et que, d’autre part, le nombre des industries qui consomment l’essence, en dehors de l’automobile, grandit sans cesse. La pharmacie, les produits chimiques, les matières colorantes, la fabrication du caoutchouc et bien d’autres en absorbent des quantités sans cesse grandissantes.
- Les fabricants d’essence menacent de hausser encore une fois leur prix de vente, ce qui n’aurait rien de gai pour nous II serait donc temps de chercher et de trouver autre chose pour faire inârcher les autos. J’espère bien qu’on ne tardera guère à s’engager résolument dans cette voie.
- Les succédanés du pétrole sont en effet suffisamment nombreux pour que l’on n’ait guère que ta peine de choisir entre eux. H y a d’abord les hydrocarbures dérivés du goudron de houille, dont un, entre autres, a été essayé avec succès, tout dernièrement, au Concours de moteurs. Les hydrocarbures ont le grave inconvénient de contenir des produits sulfonés qui les rendent désagréables à respirer et même malsains avant comme après la combustion. Il est facile de les déba-rasscr de ces impuretés et les procédés chimiques ne manquent pas pour cela. Le tout est de trouver un mode opératoire suffisamment économique. On y parviendra bien vite, j’en suis sûr et alors on aura rendu un grand service à tous les chanffeurs.
- En dehors de ces hydrocarbures il y a le pétrole lampant. Les essais de Koch viennent de montrer qu’il était très possible de s’en servir dans l’industrie automobile et nul doute que l’on arrive à des résultats sérieux dans cet ordre d’idées.
- Il y a enfin l’alcool, qui a ses partisans et ses détracteurs à l'heure actuelle mais qui n’a pas dit son dernier mot. Le moteur et le carburateur spéciaux pour l’alcool sont encore à créer. Le jour où ils existeront il suffira peut être d’une réforme de la législation pour que l’alcool à hau‘e concentration et mélangé d’hydrocarbures minéraux puisse donner d’excellents résultats.
- Un autre moyen, qui serait loin d’être le plus mauvais, consisterait à étudier spécialement la marche du moteur à pétrole pour rendre cette marche aussi économique que possible. On est arrivé, lors des essais d’Aubervilliers, à des différences de consommation de près de 30 pour i<5o suivant qu’on employait tel ou tel carburateur, avec un même moteur. Cette question de la carburation mériterait qu’un homme de bonne volonté, ayant du temps de libre, s’y attachât sérieusement. Quel est le minimum de consommation d’essence auquel on peut arriver, par cheval-heure, ou par Poncelet si cela peut faire plaisir à Hospitalier? Voilà ce qu’on ne sait pas et ce qu’il serait très intéressant de savoir. Qui nous le dira?
- Reste enfin la dernière ressource, l’étude complète des causes diverses de perte de rendement dans les transmissions d’autcmobües ; chaînes, roues de chaînes, poulies et ccuroies, eng-en?ges différentiels, cto. On a tellement amélioré le rendement mécanique de la bicyclette, depuis la draisienne et le grand li, qu’il est permis d’espérer voir l’automobile recevoir bientôt de très sérieux perfectionnements à ce point de vue spécial. Voici déjà les roulements à billes qui commencent à y être employés, même pour des voitures de courses, après avoir été fortement discutés pendant des années. Il y a là un beau sujet d’études. Si un homme très fort, comme Carlo Bourlet voudrait s’atteler à faire la théorie mathématique de la voiture automobile toute entière, comme il a déjà magistralement établi celle de la direction par essieu brisé, il poserait des bases d’études sur lesquelles les praticiens pourraient faire de la bonne besogne.
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- LÀ LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Espérons que Bourlet se décidera un de ces jours à finir l’œuvre utile qu’il a si bien commencée.
- Ea résumé, en matière d’automobile, il y a du travail sur la planche pour tous ceux qui en voudront, pour les chimistes, les physiciens, les mathématiciens et les mécaniciens. Espérons que les amateurs ne seront pas trop rares, parmi les savants ayant quelques loisirs, et que leurs efforts aboutiront avant qu’il ne nous faille payer l’essence des prix 1rop exorbitants.
- Gaston SENCIER.
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- LES ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- D’ALLUMAGE
- Dans un précédent article, nous avons déjà formule notre opinion sur l’état actuel de la question de l’allumage électrique des moteurs à péirole ; les accumulateuis sont les seuls appareils qui permettent d’assurer à peu près le service qu’on leur demande, 1 insuffisance de l’étude des allumeurs-magnéto ne permettant pas de donner un avis sur leur fonctionnement, quant à présent.
- Le nombre des différents types d’accumulateurs spécialement construits pour cet usage est excessivement restreint et il n’y a que fort peu de constructeurs qui soientbien outillés pour cette fabrication un peu spéciale et puissent livrer rapidement des quantités importantes.
- Les qualités à requérir pour l'allumage sont les suivantes :
- i° Faible poids et dimensions restreintes.
- 2° Grande capacité et décharge à circuit ouvert aussi faible que possible.
- 3° Montage solide et étanche.
- Autrement dit, il faut avoir un nombre d’ampères-heures par kilogramme de poids total aussi grand que l’on peut, et obtenir une bonne conservation delà charge.
- Naturellement ces différentes exigences excluent la solidité mécanique de l’élément à des régimes de décharge élevés, et on ne devra pas exiger des accumulateurs d’allumage légers, la résistance aux trépidations qu’on est en droit d’attendre des batteries de traction de tramways par exemple qui sont les éléments de poids lourd.
- Les accumulateurs Bœse, construits par la maison Dinin, réunissent en partie les qualités requises ; ce qu’a cherché le constructeur, c’est à diminuer la décharge en circuit ouvert, en réduisant an strict nëces--saire le contact entre le support et la matière active ; dans les accumulateurs du type Faure.il y a toujours une certaine différence de potentiel entre les pastilles et le cadre
- pour les deux électrodes ; plus le poids du cadre sera faible par rapport à celui de la pâte et plus les points du contact seront éliminés, plus la charge aura des chances d’être conservée longtemps, ce qui a été obtenu dans les accumulateurs Dinin, en fabriquant des plaques à grandes pastilles ; au lieu des petites ahéoles des plaques genre Julien, les électrodes Bœse sont constituées par des plaquettes de peroxyde de plomb, ayant pour le typecourant 11 cm X 5 cm. par exemple; afin d’obtenir une solidité assez grande, la construction en est extrêmement délicate ; l’empâtage n’en est pas aussi facile que dans les autres cas.
- Le malaxage au lieu d’être fait à l'acide est fait à l’atcool, dans lequel on met en dissolution un produit quelconque, soit poix, soit tannin, ayant pour but de coller un peu la matière qui est du minium pour les positives et ui mélange de litharge et de minium pour les négatives ; une fois malaxées, les plaques sont séchées et mises à durcir dans l’acide sulfurique à 240 Bé ; l’acide sulfurique en se combinant avec l’oxyde de plomb donne naissance dans ce cas a un sous sulfate de plomb extrêmement basique ; par suite de cette combinaison, le volume du produit augmentant dans un expace limité par le cadre, la pastille, de friable qu’elle était, devient, au bout de cinq à six jours, assez dure pour qu’il soit nécessaire de prendre un marteau pour la casser; le son qu’elle rend est métallique et sa porosité est encore très grande.
- Afin de permettre le dégagement libre des gaz, les plaques sont percées, aussitôt après l’empâtage, d’un très grand nombre de trous de la grosseur d’une aiguille.
- Le durcissement de la plaque, en même temps que son manque de conductibilité et la répartition défectueuse du courant (car ce sont là deux défauts du type) rendent sa formation plus longue que celle des autres accumulateurs à oxydes, et par conséquent plus coûteuse.
- C’est surtout au point de vue du montage que les accumulateurs Bœse sont intéressants; tout a été fait en prévision de l’application spéciale du transportable.
- Les bacs sont en celluloïd transparent hermétiques ; les tiges de connexion traversent le couvercle dans un bouchon de caoutchouc; ce montage ressemble, du reste, assez à celui des Fulmen, d’où il dérive très probablement ; afin de fermer le bac complètement, tout en laissant dégager les gaz, une tubulure en celluloïd placée sur le couvercle est fermée par un bouchon de caoutchouc, au centre duquel est une ampoule de verre qui, tout en laissant libres les dégagements gazeux, empêche fort bien les projections d’acide sulfurique.
- Ce mode de construction donne d’assez bons résultats, les bacs étant très bien cons-
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- fruits. La transparence du celluloïd permet au chauffeur de voir dans quel état se trouvent ses éléments; il est en effet très facile d’apercevoir si une pastille n’est pas tom-'bée ; cet accident peut se produire et, dans ce cas, la capacité se trouve diminuée dans la proportion du nombre total des pastilles, en même temps que le court-circuit produit entre plaques met l’élément en mauvais état. Mais, hâtons-nous de dire que ces chutes de pastilles proviennent, dans la majorité des cas, de la façon défectueuse dont les éléments sont parfois traités.
- La capacité garantie des accumulateurs Bœse est au régime de 25 heures, d’environ 12,5 ampères-heures par kilogr. de poids total, et de 18, a. h. par kilogr. de plaques. La capacité est un peu moins élevée que celles de certains accumulateurs à oxydes, comme le Fulmen et le B. G. S., à cause du manque de conductibilité ; mais ainsi que nous l’avons dit, on a voulu surtout avoir les éléments gardant leur charge pendant longtemps ce qui est très appréciable pour l’automobilisme.
- ' L’électrolite est constitué par de l’acide sulfurique à 28° Bé à la fin de la charge ; pendant la décharge ce degré s’abaisse jusqu’à 26° Bé.
- Un des défauts des accus Bœse résidait dans la plaque négative ; les grandes pastilles en plomb spongieux sé prêtaient mal aux trépidations qui faisaienttasser le plomb à un degré tel que la pastille se détachait du cadre et tombait assez fréquemment ; aussi depuis un an environ, la maison Dinin a remplacé la plaque négative Bœse par une plaque à grillage, très bien comprise, qui empêche les chutes de plomb réduit, et permet aux éléments d’affronter les moto-cycles sans grand inconvénient.
- A. D.
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- LOCOMOTION AÉRIENNE
- Les Concours
- D’AÉROSTATION A L’EN POSITION
- Au nom du Comité d’organisation du Concours d’aérostation, M. le Commandant Renard, président de ce comité, vient de signer le traité par lequel l’administration charge le Comité de l’Organisation des concours. C’est dire que les travaux préliminaires sont terminés, et que dés à présent, et le plus tôt possible, les aéronautes désireux de connaître le programme dos épreuves nombreuses et diverses organisées à Vincennes par le comité feront bien de s’adresser à M. le Commandant Renard, 7, Avenue de Trévoux à Meudon.
- LES VOITURES AUTOMOBILES ET L’IMPOT
- Les lois du 25 mars 1817 et du 20 juillet 1837 qui classent les voitures attelées en services réguliers et occasionnels s’appliquent aux voitures automobiles, d’après une jurisprudence constante. L’administration et les tribunaux ont estimé, sinon que le législateur avait pensé en 1817 aux automobiles, ce qui serait excessif, du moins qu’il avait entendu taxer au profit du fisc toute espèce de voitures, même celles qui devaient se construire soixante-dix ans plus tard. 11 est de bonne administration de ne laisser échapper aucun élément imposable à une époque où le budget de l’Etat s’équilibre si péniblement.
- Nous ne nous occuperons dans cet article que des règlements concernant les voitures automobiles louées par les constructeurs ou par les intermédiaires à titre occasionnel ; par exemple pour une promenade ou pour une fête sportive. Ce sont d’ailleurs les seules règles qui puissent intéresser nos lecteurs; l’assiette de la taxe frappant les voitures à service réglier est exactement connue des Compagnies exploitant le transport des voyageurs, et le montant de l’impôt est payé par le transporteur.
- Les voitures louées occasionnellement doivent payer un impôt variable selon le nombre des places :
- I et 2 places 40 francs.
- 3 places — 60 fr.
- 4 places — 80 fr.
- 5 places — 96 fr.
- 0 places — 110 francs.
- De 6 à 50 places — un supplément de 10 francs au prix de 110 fr., pour chaque place excédant le nombre 6.
- De 50 à 150 places — le tarif est le même, mais le supplément n’est que de 5 francs, au-dessus de 50 places.
- Au-delà de 150 places — même observation — mais au-dessus de 150 places, le supplément à payer est de 2 fr. 50 par place.
- A ces taxes qui sont énoncées en principal, il convient d’ajouter les, inévitables centimes additionnels se montant à 2 décimes 1/2, ce qui augmente sensiblement la carte à payer.
- II est interdit de louer une voiture sans avoir acquitté préalablement la taxe; la contravention à cette dispostion est punie d’une amende correctionnelle.
- Toutefois l’administration des contributions indirectes par une circulaire du 30 janvier 1899 autorise les intéressés à remplacer le paiement préalable de l’impôt par une déclaration permettant aux industriels de faire sortir leurs voitures à titre d’essai. Cette déclaration doit énoncer la forme
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- tle la voiture, le numéro du moteur et la durée de l’essai qui ne peut être supérieure à un mois à moins d’une nouvelle déclaration. »
- Certains constructeurs ont cru pouvoir louer leurs voitures sans payer la taxe et alléguer que les automobiles n’avaient été mises en marche qu’à titre d’essai.
- Par un jugement récent du 23 déc. 1899 (Gazette des tribunaux, 3 janvier 1900), le tribunal correctionnel de la Seine n’a pas admis cette façon de procéder et il a condamné les délinquants chacun à cent francs d’amende. Le tribunal a estimé que la circulaire de l’administration n’avait pour but que de faciliter le commerce des voitures automobiles, elle ne pouvait s’interpréter comme une dispense tacite d’impôt; à notre avis c’est sagement jugé.
- Albert RODANET,
- Docteur en droit, avocat à la Cour de Paris.
- Les dimanches, fêtes et jours de concours internationaux d’automobiles:
- Par voiture pesant plus de 300 kilogrammes et
- par demi-journée........................ 3 francs
- Par motocycle ou voiturette ne dépassant pas 300 kilogrammes, la demi-jour-
- née..................................... 2 francs
- Les autres jours :
- Par voiture de plus de 300 kilogrammes, la demi-journée..................... 2 francs
- Par mocvcle ou voiturette de moins de
- 300 kilogrammes, lademi-journée.v.........1 fr. 50
- Pour chaque nuit passée dans le parc depuis le retour de la course du jour jusqu’au départ de la course du lendemain, les voitures en concours liront assujetties à une taxe de 3 francs ou de 2 fr., selon que leur poids sera de 300 kilogrammes et au-dessus ou de moins de 3)0 kilogrammes.
- INFORMATIONS
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- UN SYNDICAT
- des conducteurs d’automobiles
- Un groupe de mécaniciens conducteurs de voitu-tures de place automobiles, et appartenant aux diverses sociétés comme la Compagnie Générale des Petites Voitures, l’Electrique, l’Automobile, etc. . s’est réuni, 21, rue de Chazelles.
- Après une longue discussion, il a finalement été résolu en principe de fonder un syndicat de défense dont la cotisation et le droit d’entrée ont été fixés provisoirement à un franc et 50 centimes.
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- Une seconde réunion du syndicat des chauffeurs, conducteurs d’automobiles à pétrole ou électriques a été tenue samedi, à dix heures à la brasserie de l’Univers, 47, avenue de Wagram, à Paris.
- LE GARAGE
- de l’Exposition de Vincennes
- Samedi dernier avait lieu avenue Rapp l’adjudication :
- 1° Du garage d’automobiles et de bicyclettes de l’avenue du Bac, à l’annexe de Vincennes, pour l’Exposition de 1900.
- 2° Du garage de bicyclettes de l’avenue Daumes-nil, à l’annexe de Vincennes.
- 3° Des buffets, bars ou restaurants, garages de bicvclettes, cabines pour gymnastes ou coureurs, etc. annexés au nouveau vélodrome de l’Exposition au au bois de Vincennes.
- M. Claude-Marie Cottin, 34, rue Coriolis, à Paris seul soumissionnaire a été nommé adjudicataire pour la somme de 9.556 fr.
- Pour le garage d’automobiles de l’avenue du Bac, voici quels sont les tarifs:
- Quadricycles publics — Notre confrère Lé-ger-Bersœur a présenté au conseil municipal une pétition tendant à obtenir l'autorisation d’établir à Paris, pendant l’Exposition, un service de quadricycles automobiles. Il paraît que les conclusions du rapport de l’administration sont favorables à la demande de notre confrère.
- Transports automobiles à Bordeaux. —
- il se fonde actuellement, sous les auspices de la Société des Diligences, Courriers et Messageries automobiles, une société intitulée « Société Bordelaise de Transports automobiles».
- Cette société a pour objet :
- i° Le transport entre Bordeaux et Mazamet des peaux brutes de moutons venant de l’Amérique et de l'Australie.
- 20 Au retour, le transport des laines, cuirs, etc. envoyés de Mazamet à Bordeaux à destination des ports d’Anvers et de Liverpool.
- 30 Enfin les transports par chalands automobiles entre Bordeaux et Cette et « vice-versa ».
- On est certain d’avoir avec ce système un service ponctuel et régulier.
- Voici la combinaison adoptée :
- D es chalands automobiles prendront directement les peaux aux transatlantiques et les emmèneront par la Garonne (54 kilom.), le canal latéral (193.) et le canal du Midi (110 kilom.) au Pont-Rouge.
- De là, des «camions automobiles » parcourant la route nationale n° 11S sur 41 kilomètres, délivreront les peaux à la porte des négociants de Mazamet.
- Cinq chalands et cinq camions automobiles suffiront pour assurer un bon service sur la base d’un tonnage annuel de 12,000 tonnes à la montée.
- L’Exposition américaine. — L’Automobile* Clnb américain a loué Madison square Garden
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- pour la première semaine de novembre, en vue d’une exposition d’automobiles. Une piste sera établie pour les essais des véhicules. Le show sera international. Des constructeurs français et anglais ont, paraît-il, l’intention d’y figurer et les Américains espèrent bien que cette manifestation fera ressortir les progrès qu’ils ont faits dans la construction des nouveaux engins de locomotion.
- Les routes de Tunisie. — Nous avons au-noncé le raid automobile de M. Gaëtan de Méaulne, traversant à motocyck la Tunisie, de Tunis à Ga-bès. Le premier chauffeur de la Tunisie a adressé à notre confrère G. Prade, les détails ci-dessous :
- « Merci pour l’a’mable relation de mon petit voyage de Tunis à Gabes. Les routes, loin d être mauvaises ici, sont généralement bonnes, à part quelques tronçons qui ne sont pas encore terminés. Le service des ponts et chaussées mérite ici tous les éloges, sans restriction, pour sa bonne volonté, son esprit d’initiative intelligente. La Tunisie est bien le pays neuf rêvé pour les chauffeurs et les cyclistes. J’ai pris simplement note des points où il serait urgent de placer des postes de secours et des poteaux du Tôuring Club de France. Sur la route de Gabès il y a bien une centaine de kilomètres où l’on ne trouve ni maison, ni être humain, et où l’on peut se permettre toutes les folies de vitesse possibles dans cette immense et magnifique solitude. »
- Avis donc aux amateurs. Si jamais on interdisait les courses de vitesse passant à travers des villages, il y a là de quoi faire courir tous les critériums sans gêner personne. Il est vrai que c’est un peu loin.
- %
- Un prix de 80.000 marks. — L’empereur d’Allemagne vient d’instituer un prix do 80,000 marks, soit 100 000 francs, qui sera décerné à la meilleure voiture automobile de guerre, ^ celle qui réunira les meilleure qualités requises poar les services qu'elle peut être appelée à rendre
- _ C’est à la suite des expériences déjà tentées, et qui o.t fourni d’intéressants résultats, que cette décision a été prise.
- Automobile-Club d’Auvergne :
- L’assemblée générale constifuti’ e de cette Société qui était en voie de formation, et dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, a eu lieu le di-man he 4 mars au local du Syndicat d’initiatve d’Au ergne, place de Jaude, mis gracieusement à la dspo.sitton dis chauffeurs qui, presque tous, avaient répondu à l’appel du Comité d’.nitiative.
- Les statuts, après 1 cture, ont été adoptés à l’unanimité ; puis il a été procédé à l’élection du conseil d’administration pour l’année 1900.
- Il est sinsi composé :
- Président : M. le docteur Pojo’at ;
- Vice-presidents : MM. P. Guyot et Gendraud ;
- Secrétaire : M. Pestel, fils ;
- Secrétaire-adjoint-archiviste : M. d’Arcis ;
- Trésorier : M. Baisle, banquier ;
- Capitaine de route : M. Dartignat ;
- Membres : MM. A. Baratte, Guyot-Lafont et Rebois.
- La Société compte à ce jour vingt-trois membres fondateurs, tous chauffeurs ou ayant commandé des voitures Quelques adhésions qui n’ont pu arriver à temps font prévoir le total des fondateurs à une trentaine ; nous pensons que peu de Société ; ont débuté d’une façon aussi brillante ; elle pourra rendre de 1res grands services aux chauffeurs qui viendront visiter beau pays.
- U Automobile-Club d'Auvergne (ou A -C.-A .) possédera un vaste garage avec fosse spéciale-m nt aménagée pour les réparatio-s.
- La Société e met dès à présent à la di position des Clubs qui auraient à lui demander des renseignements sur l’Auvergne.
- 100 kilomètres à l’heure — Le train du Nord dont nous avons parlé dans un dernier numéro ne fera pas le trajet Paris-Ca’ais sans arrêt, mais bien avec un arrêt à Amiens, soit deux étapes de 130 et de 167 kil., parcourues respectivement en 1 h. 20 et 1 h. 50.
- 4 *
- Le maire de Joinville-le-Pont vient de prendre un arrêté prescrivant aux conducteurs de voitures attelées et d’automobi'es de prendre une allure restreinte dans les croisements des voies publiques et dans les pentes rapides de la commune telles que la route du Canal, l’Avenue Molette, la rue du Pont et la rue Chapsal.
- Les infractions à cet arrêté seront passibles de contraventions.
- * *
- On a nonce du Mans que sur un mandat d’amener émanant du parquet de la Seine, la police mancelle vient d’arrêter un sieur Alexandre César Brémord, dit de Verragaude, se disant représentant de la poste électrique internationale, qui est inculpé d’abus de confiance.
- Il devait fonder au Mans un vélodrome et un relais de la poste électrique, et aVait déjà trouvé de nombreux souscripteurs.
- # #
- De noire correspondant de Milan :
- La maison Prinetli et Stucchù déjà comme pour ses tricycles, s’est engagée à livrer au Baron AlbertFranchetti le maestro bie , connu et grand automobiliste, une voiture de course à deux plr-ces, deux cylindres horizontaux, ( allumage mixte), de 16 ch. pour le 15 mai, vitesse rn’ni-mum garantie 65 kil.; ce serait la première voiture sérieuse de course construite en Italie.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie fpéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Séino.
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- Septième Année. — N* 12
- ^ - 22 Mars t£QÔ
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR - ADMINISTRATEUR Raoul VUILLKMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DSS JACQUES
- ABONNEMENTS Franco, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N» 12
- Automobile-Club de France. — Commission de Tourisme.
- Touring-Club de Franco.
- Les Coursas. — La semaine de Nice: Paris-Roubaix; Critérium de l’Electricité; Paris-brest-Paris; Course de Côte de l'Esterel; la Course du Premier Pas; le Championnat du Sud Ouest.
- Changement de vitesse, pour motocycles, système Jules Mercié. — R. D.
- Avant-train moteur et d recteur système Hilde-brandt et Mac Mullin.
- Un peu de prudence. — Gaston Seneier.
- Le Sous-marin Holland. — D. Bellet.
- Services réguliers de voitures Automobiles.
- Informations
- Un Champion du tramway.
- Calendrier des Courses.
- Liste des brevets d’invention.
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- AIJTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- Le Tourisme à PA C F.
- f •
- La commission de tourisme de l’A.C.F. dont nous annoncions récemment la création commence à se remuer. Elle a tenu dernièrement séance à l’hôtel Pastoret, sous la présidence de M. le baron de Zuylen.
- . Tous les membres de la commission étaient présents.
- Il a été procédé à la nomination du bureau. Sont élus ;
- Président ; M. le comte de La Vaulx.
- Vice-présidents ; MM. Etienne Giraud, Emile Mors.
- Secrétaire : M. Eugène Mas.
- Elle a commencé par bien définir son but, ce qui n’est jamais mauvais, ne fût-ce que pour ne pas empiéter sur les attributions des autres commissions.
- Voici les grandes lignes de son programme : <_
- 1. Elle ne s’occupera que de promenades, rallies, etc., en un mot des distractions automobiles à l’exclusion de tout ce qui pourrait dégénérer en course et en sport.
- 2. Elle créera à l’A.C.F. un bureau où tous les membres du cercle trouveront tous les renseignements, itinéraires, etc., etc., qui leur seraient uti’es pour une excursion ou un voyage.
- 3. Elle créera des concours de tourisme et des vrais concours pratiques, capables de rendre des services aux membres de l’A. C. F.
-
- Pour les promenades officielles, la liberté la plus grande est laissée aux participants, sauf qu’il leur est expressément défendu de se « dépasser dans les descentes » et qu’il leur est recommandé « d’observer strictement » les règlements sur la circulation automobile en France.
- Viennent ensuite quelques mesures d’ordre pour la bonne organisation des sorties.
- La commission de tourisme désirant affirmer son existence dès les premiers jours décide :
- 1. Une promenade officielle pour le dimanche 25 mars.
- Départ du cercle à 9 heures.
- But : Déjeuner à Robinson. Itinéraire : Suresnes, Ville-d’Avray, Versailles, Chate-nay, Sceaux, Robinson.
- 2. Un rallie-papiers dans la forêt de Saint-Germain pour le dimanche 8 avril.
- Départ de Chatou à 8 heures et demie.
- Arrivée sur la terrasse de Saint-Germain.
- Déjeuner : rendez-vous chez Grossetête
- *
- Pour permettre à la commission de faire préparer pour les excursionnistes une table bien servie, il est expressémentrecommandé aux membres du cercle désireux de se joindre à l’excursion du 25 mars ou de courir le rallie du 8 avril, de s’inscrire à l’A.C.F. trois jours au moins avant ces dates.
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- Ïoüring-Club de France
- On se rappelle l’accident assez grave arrivé l’an dernier à M. Etienne Giraud, près de Vendôme, dans la course d’automobiles Paris-Bordeaux, accident causé par une disposition particulière de a routé."
- ">j Nous apprenons que le Touring-Glub fait, en ce- moment, les- démarches nécessaires à l’effet d'obtenir l’amélioration de ce dangereux passage et que, d’autre part, M. Giraud vient d’offrir cent francs au Tôuring-Club pour l’installation de quatre poteaux avertisseurs, dont un notamment à l’endroit qui lui a été fatal et les trois autres dans le Tarn, près de Moissac, et dans les Landes, Sur là route de Paris à Bayonne, au Caloy.
- * *
- Dans sa dernière séance, le Conseil d’administration a décidé, en principe, sur le rapport de M. Descubes, de prêter son concours au Club Alpin, pour la construction de refuges de montage é:
- Cette décision a été prise à l’occasion de l’établissement d’un refuge dans la vallée du Queyras, au pied du Mont-Viso.
- A A
- L’encaissement des cotisations s’effectue dans des conditions plus satisfaisantes que jamais.
- Le nombre de cotisations encaissées dépassera 63.000, et la perte totale, occasionnée pour l’immense majorité par les sociétaires étrangers, ne s’élèvera pas à plus de 10 0/0,
- A cette occasion, on nous prie de rappeler que lé Touring-Club n’est nullement une Société vé-locipédique comme nombre de personnes le croient encore, mais une .association de personnes s’inté-sant au tourisme, quel que soit d’ailleurs le mode de locomotion.
- La nouvelle corniche
- Le T. C. F. a reçu le mois dernier des souscriptions s’élevant à la somme de 4820 flancs pour la route dite “ La Nouvelle Corniche ”.
- Rappelons que la majeure partie des fonds est déjà trouvée et qu’il 11e reste plus à souscrire que quelques milliers de francs pour lesquels nous sollicitons tous ceux qui s’intéressent à cette région et ont à cœur la création de cette route si utile aux excursionnistes.
- La carte électrique
- Le T. C. F. annonce ta prochaine apparition de la Carte des stations Electriques. La carte comprend déjà près de 500 stations. Toutefois les renseignements reçus sont loin d’être suffisants et nous Gisons un pressant appel à nos lecteurs pour qu’ils veuillent bien faire connaître les installations électriques qui se trouvent placées à proximité de leur domicile et auiaut que possible auprès des principales voies de communication.
- Les « Sites et Monuments »
- Le nombre des souscripteurs pour la collection entreprise par le T. C. F., sous le titre Les Sites et Monuments de la France est déjà de 1300. Pour permettre de mener à bien la publication de ces 30 volumes il en faut encore autant. Rappelons que la souscription est de 100 fr. (ou 4 versements trimestriels de 25 francs).
- Le premier volume, La Corse, paraîtra vers la fin d’Avril ; le second, la Côte $A\ury suivra à bref délai.
- Les assurances pour Automobiles
- Au comité de contentieux du T. C. F., M. Mei-gnen signale certaines difficultés qui se sont élevées entre les Compagnies d’assurances ayant garanti les accidents pouvant survenir à des automobiles et les propriétaires de ces voitures, au sujet du prix du transport des voitures du lieu où avait eu l’accident à celui où la remise en état pouvait être effectuée.
- Le Comité croit utile d’appeler sur ce point l’attention des propriétaires de voitures automobiles et de les engager, pour éviter toutes difficultés possibles à cet égard, d’exiger lorsqu’ils traitent avec une Compagnie d’assurances, l’insertion dans la police d’une clause formelle relative à cette question du transport.
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- LES COURSES
- LA SEMAINE DE NICE Un lever de rideau
- Dimanche u, ont eu lieu des courses de bicyclettes et de motocycles organisées par le Vélo-Sport de Nice. Voici les résultats de la course de motocycles :
- Prix de VAutomobile Vélo-Club.— Distance 4 000 mètres. Au ier 25 fr. et une médaille de vermeil, offerte par I A. V. C. N. ; au 2* 15 fr. ; au 3e 10 fr.
- iTe série : 1. Fred. 2. Frani : non placé : Couil-libœuf; temps : 7 m. 25 s.
- 2e série : 1. Marius. 2. Deville ; temps : 6 m. 24 s.
- Finale : i„ Fred. 2. Marius ; temps : 6 m. 21 s.
- Quelques modifications
- Diverses modifications ont été apportées au programme de Nice. Voici celles qui paraissent définitives ;
- On sait qu’on hésitait, pour l’aller de la course de vitesse, entre la route de Brignolles et la route de Toulon. Après hésitation, le comité organisateur de l’Automobile Vélo Club de Nice s’est arrêté aux deux itinéraires : aller par Brignolles et retour par Toulon.
- Et par le détail :
- i° Lundi 26 mars, aller. — Etape Nice-Mar-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- SA
- ir"oi'a^ÿ
- seille, par Cannes, Fréjus, Le Luc, Flassans, Bri-gnolles, Saint-Maximin, Trets* Gardanne, Sep-tèmes et Marseille-Saint-Antoine (contrôle d’arrivée avant le passage à niveau du chemin de fer). — Distance : 230 kilomètres.
- Départ à 7 heures du matin devant le Cercle de la Méditerranée.
- 20 Mardi 27 mars, retour. — Etape Marseille-Nice, par Aubagne, Ollioules, Toulon, La Garde, La Pauline, Hyères, Cogolin, Sainte-Maxime, Saint-Aygulf, Roquebrune , le Puget, Fréjus, Cannes et Nice (Cercle de la Méditerranée).
- Départ à 10 heures du matin ; 30 minutes seront données à Marseille, au local de l’Exposition pour la mise en marche du moteur. A l’arrivée à Nice, les véhicules se rendront à l’Exposition en passant par la rue de France.
- Cannes à l’aller et Toulon et Cannes au retour seront neutialisés et l’on exigera vingt minutes pour la traversée de chacune de ces deux villes.
- Le pot d'échappement
- Le Comité des Courses d’Âutomobiles de Nice vient de prendre la décision suivante :
- «Devant l’intention de certains coureurs de supprimer le pot d’échappement de leurs véhicules dans les Courses d’Automobiles et devant la gravité des inconvénients de cette suppression qui ne ferait que nuire au développement des courses sur routes, le Comité a décidé de refuser le départ à tous véhicules (voitures, voiturettes ou tricycles) dont le pot d’échappement ou silencieux aurait été supprimé ou ne fonctionnerait pas d’une façon normale.
- « Le Comité a toute qualité pour éliminer les coureurs qui ne se conformeraient pas à cette décision ».
- Quelques coureurs ont protesté contre cette mesure, disant que du moment qu’on fait des courses c’est avec des véhicules de course n’ayant qu’une seule loi : courir le plus vite possible.
- L’un d’eux a même fait remarquer ce curieux argument, à savoir qu’en faisant du bruit on évitait les accidents en prévenant de loin de l’arrivée du coureur.
- On peut être sûr que si l’A. V. C. N. a pris cette décision c’est que le public de la région, celui qui ne court pas, trouvait que ce bruit était gênant, et, en somme il faut toujours en revenir à ceci : du moment que vmus courez sur la route de tout le monde, il faut vous arranger pour ne gêner personne.
- Les engagements
- Voici ci-dessous la liste des engagements et les derniers renseignements concernant les courses.
- Engagements à ce jour :
- Nice-Marseille-Nice
- Motos et voiturettes au-dessous de 250 kil.
- 31. Béconnais Perfecta 4 ch. 1 j2
- 32. Henry Tart Clément 2 Ch. IJ2
- 34. Rigal 35, P. Baras Perfecta 4 ch. ij2
- 47. Ducom Automoto 2 ch. 144
- 50. Reboul 51. Cavasse
- V0iturettes de 250 à 400 kilos {2pers.)
- 17. Paul Chauchard Peugeot 5 çH,
- 33. Hénrÿ’ Taift Clément 5 ch.
- 43. Dpcauville F k Decauville
- 44. Decauville II Decauville
- Voitures au-dessus de 400 kilos (2 pers.)
- 3. Albert Lemaître Peugebt 25 ch.
- 4. Charron Panhard 0 ' °I6 ch.
- 5. Girardot Panhard 16 ch.
- 6. Mercédès Daimler 24- ch.
- 7. Baron de Tuckheim Dietrich 18 ch.
- 8.' Mercédès Daimler 24 ch.
- 9. Mouter Dietrich 18 ch.
- ic. Prince Drucki-Lubecki Daimler 24 ch..
- 15. Docteur Pascal Daimler 24 ch.
- 16. René de Knytf Panhard 16 ch.
- 18. E. I. Stead Daimler 24 ch.
- 19. Gilles Hourgières Panhard 12 ch.
- 20. Degrais Mors 16 ch.
- 21. Valton Mors 12 ch.
- 22. Levegh Mors 12 ch.
- 26. Boson de Périgord Dietrich 18 ch.
- 30. Pinson Panhard 12 ch.
- 32. Piet Latauderie Mors 16 ch.
- 38. Gui des Aunaies Panhard 12 ch.
- 39. Voigt Panhard 12 ch.
- 41. De Champrobert Bolide 40 ch.
- 48. Labouré La Parisienne
-
- Nie e-Draguignan-Nice
- Motos ût Voiturettes au-dessous de 250 kil.
- 40. Aimé Deville Cottereau 2 ch. IJ4
- 42. L. Canning Werner 1 ch. 1J4
- 49. Florès 52. Cheillan De Dion 2 ch. 1J4
- Voiturettes de 250 à 400 kilos (2 pers.)
- 14. Léon Desjoyaux Peugeot 4 ch.
- 45. Decauville III Decauville
- 46. Decauville IV Decauville
- Voitures au-dessus de 400 kilos (2 pers.)
- 2. Etienne Giraud Dietrich 18 ch.
- 12. Prince Drucki-Lubecki Daimler 24 ch.
- 13. Léon Desjoyaüx Daimler 14 ch.
- 27. Baron de Dietrich Dietrich 18 ch.
- 29. Comte Brunetta d’Usseaux 36. Pierre
- 37. Gau j al Peugeot 12 ch.
- Voitures jusqu'à j.000 kil. (4 pers.)
- 23. Marcellin
- 24. E. Peron
- 25. De Méaulne 28. Gasté
- Perfecta 6 ch. î' Chauchard Gobron-Brillié 20 ch,
- On voit pas les noms des chauffeurs engagés combien seront intéressantes ces courses et encore Libérator 4 ch. i\2 faut-il attendre nombre d’autres engagements.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- i$0
- On a Vu la décision que vient de prendre le comité des coursés d’automobiles de Nice.
- - La traversée des villes de Cannes et de Toulon sont neutralisées : 20 minutes sont accordées aux concurrents pour la traversée de ces 2 villes.
- Ajoutons que le retour de la course Nice-Mar-seille-N'ce fera un crochet après Sainte-Maxime, le pont en bois sur l’Argens étant en mauvais état les coureurs passeront par St-Aygulf, Roque-bruse, le Paget et ensuite Fréjus, ce qui fait une augmentation de parcours de 10 kilomètres. La distance de Marseille à Nice est donc portée- à 223 kilomètres. — Léon BARETY.
- 50 0J0 de réduction
- La compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée a accordé la réduction de 50 0/0 demandée par l’Automobile Club de France. Cette réduction s’appliquera aux véhicules engagés dans les courses de Nice. L^urs propriétaires seront tenus, pour bénéficier de cet avantage, de présenter à la gare de départ leur quittance d’engagement. , .
- PARIS-ROUBAIX
- La course de Paris-Roubaix, on le sait, est divisée en deux catégories : i° les bicyclettes; 20 les motocycles.
- Voici la liste des premiers e-gagements reçus :
- • Motocycles, tricycles et quadricycles à ' une place jusqu'à 250 kilos inclus
- 1. H. Meyer Enghien.
- 2. H. Béconnais Paris.
- 3. V. Rigal —
- 4. Marcellin , „ —
- 5. Osmont —
- 6. Faiteau —
- 7. Lerod —
- 8. P. Baras —
- 9. P. Grandclaude —
- Ier Prix, Objet d’art ou 500 fr.
- 2e — — 230 —
- 3» — — 150 —
- 4* — —• 100 —
- .5* — ~ 5° ~
- Ajoutons que des démarches sont actuellement faites auprès des différents donateurs dont la générosité a permis, l’année dernière, de distribuer quelques prix supplémentaires. Si ces démarches réussissent, nous le ferons connaître avant peu.
- ' LES CONTROLES
- Les contrôles restent les mêmes que l’an dernier. Rappelons-en la liste :
- Sairt-Germain en-Laye
- Beauvais '
- Breteuil
- Amiens
- Doullens ;
- Arras
- Seclin
- Roubaix (arrivée),
- Tous les c i tràles sont organisés en contrôle volant. Les co ireurs ne sont donc pas tenus de signer, mais ils doivent se faire pointer en passant au contrôle et surtout s’assurer que ce poin tage a bien été fait. „ '
- LES ENGAGEMENTS :
- L^s engagements sont reçus dès à présent dans les bureaux du Vélo, 2, rue Meyerbeer, à Paris.
- Ils doivent être accompagnés d’un droit d’en-? trée de cinq francs.
- La clôture des engagements est fixée au lundi 9 avril à midi.
- LA COURSE DU « PREMIER PAS »
- Le sport automobile a pris un essor si soudain et si inattendu que déjà il a ses champions légendaires et une histoire sportive très mouvementée.
- Mais en dehors des épreuves qui, comme la Coupe des Voitu ettes, ont un intérêt technique ou commercial, nous commençons à éprouver sportivement un certain ennui à la pensée que les mêmes coureurs se trouvent toujours et fatalement en tête dans chaque course.
- Il était donc intéressant d’essayer de faire quelque chose de nouveau, de trouver une idée pour permettre aux bonnes volontés hésitantes et aux timidités outrancières de sortir de l’ombre et d’apparaître au grand jour.
- C’est ce que la Vie au Grand Air, qui semble avoir la spécialité des courses originales, va nous organiser pour le dimanche 29 avril.
- Nous aurons, en effet, ce jour-là, la Course du Premier Pas.
- Le Journal des Sports explique avec humour ce que sera ce Prem’er Pas :
- « Comme le fameux général qui prétendait que « dans les batailles ce sont toujours les mêmes qui meurent », on commence à dire que dans les courses d’automobiles ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Et, cependant, le sport de l’automobile ne date pas de bien longtemps.
- Aussi, y a-t-il nombre de chauffeurs fort désireux de prendre part à une épreuve qui s’en abstiennent, 11e voulant pas s’aligner con re des moteurs plus fort , des voitures plus rapides, par lesquels ils se savent battus d’avance.
- C’est à cette catégorie de chauffeurs, qui n’est pas la moins intéressante, qu’ont pensé nos confrères de la Vie au Grand Air quand ils ont eu l’idée de la course qu’ils viennent de décider et qui por era le nom de Course du Premier Pas.
- Cette épreuve s ra réservée à tous les chauffeurs qui n’ont jamais couru. Elle comprendra trois catégories : voitures, voiturettes, motocycles.
- La date choisie est le 29 avril, l’itinéraire sera probablement le même que celui de la Coupe des Voiturettes.
- Cette fois on ne pourra pas dire que ce sont toujours les mêmes qui gagnent ! »
- Ajoutons que mille francs de prix en'objets d’art seront distribués aux gagnants et que les engagements, accompagnés du droit d’entrée, qui est de dix francs, peuvent être adressés dès aujourd’hui à notre confrère, 370, rue Saint-Honoré.
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- IA LOCOMOTION ‘AUTOMOBILE
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- Cette idée est excellente, surtout si une course de ce genre est destinée à devenir annuelle. Les vitesses vertigineuses actuellement réalisées par les concurrents ordinaires des grandes courses d’automobiles sont, en effet, de nature à effrayer les débutants.' Ils craignent de risquer une partie qu’ils auraient trop de chances de perdre et préfèrent s’abstenir.
- . Il serait donc très possible que la course du Premier Pas permît à des chauffeurs jusqu’alors insoupçonnés et à des types de voitures n’ayant pas encore affronté les épreuves classiques de n-ous montrer des vitesses causant de réelles surprises.
- Il ne pourrait y avoir qu’un danger, ce serait celui qui résulterait de l’inexpérience des n phytes faisant, ainsi leurs débuts. La Vie au grand air a déjà organisé plus d’une épreuve sportive et l’expérience acquise par sa rédaction suffira pour diminuer beaucoup les risques de ce genie. La prudence des concurrents fera le reste.
- Espérons donc en la réusûte de la course du Premier Pas.
- LE CRITÉRIUM DE L’ÉLÉCTRICITÈ Organisé par le Vélo
- Nous rappe’ons aux constructeurs de voitures électriques que la date approche du Critérium de l’Electricité.
- C’est, en effet, le 26 avril que se disputera cette épreuve sur le parcours Paris-Dijon, par l’itinéraire suivant :
- Paris, Melun, Montereau, Sens, Laroche, Flo-gny, Tonnerre, Montbard, Plombières et Dijon.
- Nous rappelons également que cette épreuve, simple et destinée à frapper l’imagination de la foule en lui montrant ce que peuvent faire les électriques, ne comprend aucune catégorie.
- On enregistre, bien entendu, le poids des véhicules engagés et le poids de leurs accumulateurs, mais on ne prendra qu’un critérium de classement, la distance avec une seule condition : ne pas prendre d’énergie en route.
- Celui des concurrents qui sera allé ainsi le plus loin sera le vainqueur, et ainsi de suite.
- Une moyenne de 16 kilomètres à l’heure sera simplement exigée des concurrents pour être classés, et un minimum de deux places afin qu’un contrôleur puisse accompagner le conducteur,
- Le prix des entrées est fixé à 100 francs, et la liste des engagements sera close !e lundi 23 avril, à midi, yo 0/0 des entrées reviendront au vainqueur, 30 0/0 au second et 20 0/0 au troisième.
- Tous les constructeurs d’électriques que la tournure actuelle du sport met forcément un peu de côté dans les longues épreuves de vitesse, ont intérêt à profiter de cette journée où la parole leur est laissée, et à eux seuls, pour conquérir le public et retenir son attention. Les deux premiers engagés sont :
- 1. Kriéger.
- 9. Bouquet, Garciq et Sçhivfç,
- PARIS-BREST-PARIS ,.
- Notre confrère 1 z Matin no xs donne les détails suivants sur sa course d’automobiles Paris-Brest retour qui doit se disputer, nous l'avons eût, les 5, 6 et 7 ju’llet prochain.
- Les dépaits seront donnés à chaque concurrent séparément et à une minute d’intervalle au lieu de 20 secondes, comme nous l’avions précédemment indiqué. Les chances d’accident et dé collision dans les premiers seront, do la sorte, réduites pour ainsi dire à zéro.
- Il n’est fixé aucune du ée minimum pour la durée de la course dans sa première partie, c’est-à-dire entre Paris et Brest. Jusqu’au lendemain, les voilures seront chronométrée’.
- De même à Paris, ou plutôt à Versailles, où se fera l’arrivée, le contrôle restera ouvert jusqu’au lendemain 8 juillet, à neuf heures du malin. Toute voiture arrivée dans ce délai sera classée; ce qui nous permet de donner, pour chaque étape, uno vitesse moyenne minimum do 20 kilomètres 4 l’heure.
- Le « temps primé »
- On nous a demandé en quoi consistait co mode de répartition des prix suivant le « temps primé ».
- C’est une méthode employée déjà avec succès dans les régates etqui permet de répartir la somme totale des prix suivant le mérité réel des concurrents.
- Supposons, en effet, une course dont les prix ont été fixés à l’avance, 3.000 francs au premier, par exemple, 1000 francs au second. En cas de « dead heat » pour la première place, les prix seront additionnés et partagés également entre les deux concurrents, soit 2 000 francs à chacun. C’est logique et équitable. Que si, au contraire, l’un des deux arrive quelques secondes après l’autre voici deux concurrents de force à bien peu près égale, dont les récompenses sont injustement proportionnées.
- On a donc établi que tous les concurrents arrivés au but dans un temps donné se partageraient le total des prix proportionnellement à l’écart de temps entre eux.
- Ce délai a ôté baptisé du nom do « temps primé » et, pour Paris Brest, il sera le tiers du temps total du gagnant. Si la durée du parcours du gagnant est de vingt-quatro heures, par exemple, tous les concurrents arrivés pendant les huit heures qui suivront l’arrivée du premier, auront droit au prix.
- Supposons que lo prix global soit do 1 000 francs et le temps primé de 1 00) secondes. Le premier arrivant touche 1 franc par seconde aussi longtemps qu’il est seul à avoir touché au but. C’est un bon coureur et il a 300 secondes d’avance sur le deuxième arrivant ; il commence donc par toucher 300 francs. Mais au bxut de 300 secondes arrive un second. La somme do 1 franc qui est distribuée pendant chaque seconde est alors partagée entre les deux coureurs arrivés qui reçoivent chacun 50 centimes par seconde. Cela dure 200 secondes pendant lesquelles l’avoir du premier arrivant s’élève à 400 francs, tandis que le second perçoit 100 francs.
- Mais, ces 200 secondes écoulées,voici un troisième arrivant, serré de près par un quatrième ; 5 secondes à peine les séparent, pendant lesquelles la prime secondaire sera partagée entre tro;s coureurs, chacun d’eux touchant ainsi 1 fr. 65. Au moment de l’arrivée du quatrième, la prime est réduite à 0 fr. 20 par coureur. 505 secondes se sont déjà écoulées ; il pq reste à courir 495 pendant lesquelles aucqnç
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- nouvelle arrivée ne sa produit. Les quatre coureurs se partagent le reliquat de 495 francs dont chacun d’eux touche le quart, soit 123 fr. 75.
- . 'J5n totalisant les sommes perçues par chaque gagnant, on voit, que le prix global de 1000 francs sera réparti comme suit :
- ' ' Au 1er ~ 525 fr. 41
- Au 28 225 41
- Au 38 125 41
- Au 4® 123 75
- : Suivant les errements actuels, la somme de 1 000 francs eût été subdivisée tn trois prix de 600, 300 et 100 francs. Le coureur arrivé quatrième, à 5 secondes d’intervalle du troisième, n’aurait obtenu absolument rien.
- Dans Paris-Brest, les prix seront répartis de la sorte entre tous les concurrents, sans distinction de catégorie. , ^
- CHAMPIONNAT DU SUD-OUEST -• ;
- L’Autdmobile^ Club Bordelais a créé un « Cham-^ pioqnat du Sud-Ouest »'qui sera couru les y et 4 juin prochain, pendant les fêtes de la Pentecôte. Toutes les Sociétés et tous les propriétaires d’automobiles des départementsformant la région du Sud-Ouest (Ariège, Aude, Aveyron, Cantal, Charente, Charente-Inférieure, Corrèze, Deux-Sèvres, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot,'Lot-et-Garonne, Pyrénées (Basses), Pyrénées (Hautes), Pyrénées (Orientales), Tarn, Tarn-et-Garonne, Vendée, Vienne, Vienne (Haute), sont conviés à y prendre part.
- A cette occasion, et comme en 1899, un Congrès de l’Automobilisme se tiendra à Périgueux le 3 juin. Purement national, il sera le prélude intéressant du grand Congrès international qui se tiendra à Paris en juillet. Il y a donc utilité pour tous les amateurs du sport automobile à participer d’une façon quelconque au Congrès de Périgueux. Afin d’aider à établir son programme, les amis de l’automobilisme sont invités à faire connaître à l’A. C. B., d’ici le ier avril, les questions qu’ils désireraient y voir figurer et qui pourraient être discutées au Congrès.
- Pour demandes de règlements du Championnat et pour tous renseignements, s’adresser à l’Automobile Club Bordelais, 42, Allées d’Orléans, Bordeaux.
- DIMANCHE 1er AVRIL 1900
- COURSE SUR LA COTE DE L’ESTÉREL
- Organisée par
- « La Côte d’Azur Sportive »
- Distance : 13 kil. 600
- Départ à 10 heures du matin
- donné à la bifurcation de la route de la Napoule (à 7 kilomètres de Cannes)
- ‘Cette course est ouverte aux véhicules des catégories suivantes :
- 1* Motocycles pesant moins de 250 kil. ;
- 2‘ Voiturettes pesant moins de 400 kil. ;
- •3» Voitures pesant plus de 400 kilos et porlant au moins 2 voyageurs côte à côte d’un poids moyen minimum de 70 kilos.
- Prix
- Motocycles: 100 fr. en espèces, offerts par la ville de Cannes:
- 1er prix : 50 fr., une médaille offerte par l’Auto-mobile-Vêlo-Club de Nice et 50 0/0 des entrées ;
- 2e prix : 30 fr. et 30 0/0 des entrées ;
- 3- prix : 20 fr. et 20 0/0 des entrées.
- Voiturettes. — 100 fr. en espèces, offerts par un anonyme :
- 1er prix : 50 fr., une médaille argent offerte par l’Automobile-Club de France et 50 0/0 des entrées ;
- ~28 prix : 30 fr. et 30 0/0 des entrées ;
- 38 prix : 20 fr. et 20 0/0 des entrées ;
- Voitures. — 250 fr. en espèces, dont 200 fr. offerts par la Société des Bains de Mer de Monaco et^ 50 fr. par S. A. S. le Prince de Monaco.
- lcT prix : 120 fr., une médaille de vermeil de l’A. C. F. et 50 0/0 des entrées ;
- 2° prix : 80 fr. et 25 0/0 des entrées ;
- -3e prix : 50 fr. et 15 0/0 des entrées;
- 4e prix: Médaille de bronze de l’A. C. F. et 10 0/0 des entrées.
- Engagements. — Les engagements sont reçus dès à présent aux bureaux de la la Côte d’Azur Sportive et à l’Automobile-Vélo-Club, 4 Nice ; ils doivent être accompagnés du montant de l’entrée, sous peine de nullité.
- La liste sera irrévocablement close le vendredi 30 mars à midi.
- Entrées. — Motocycles, 5 fr. ; voiturettes, 10 fr.; voitures, 15 fr.
- Règlement
- Le règlement adopté est celui de l’Automobile-Club de France. Par le fait de son engagement, toute personne prenant part à la course est réputée connaître parfaitement le dit règlement et déclare se soumettre sans réserve aux conséquences qui peuvent en résulter.
- Les concurrents devront so présenter sur la place les Iles, à Cannes, le dimanche 1er avril à 8 heures du matin pour recevoir leur numéro, et signer la feuille de départ.
- Les coureurs se rendront en caravane au point de départ (4 7 kilomètres), sous la conduite d’un membre de la commission qui dirigera le groupe.
- Ce premi?r départ aura lieu vers les 9 heures.
- Le départ officiel sera donné à 10 heures du matin, à raison d’un véhicule, à 30 secondes d’intervalle; les motocycles partiront ensemble.
- Tout concurient qui ne partirait pas à son heure sera néanmoins pointé comme régulièrement parti.
- Le point d'arrivée sera à la borne de l’Avelan, (20e kilomètre) point culminant de l’Estérel (316 m. d’altitude), au lieu dit Logis de Paris.
- Aucun des concurrents ne pourra retourner sur Cannes avant 11 heures.
- Les commissaires sont seuls juges de cas non prévus par le règlement.
- Les Commissaires : Albert Gauthier.
- Paul Chauchard,
- Julien Vauquelin.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LA VOITURETTE DE DI0N-B0U10N
- Nous avons le plaisir d’annoncei la très prochaine publication dans nos colonnes, d’un guide de route sur la conduite et l’entretien des petites voitures de MM. de Dijon et Bouton, par M. J. Wolff.
- Presque tous les motocyclistes, et nos-lecteurs en particulier, connaissent le consciencieux auteur qui, le tout premier, en septembre 1897, entreprit l’épineuse tâche de guider les motocyclistes à l’aide d’un ouvrage pouvant être consulté sur route.
- Se basant sur les causes d’arrêt, l’auteur a très méthodiquement classé ces causes en tête de ses ouvrages afin qu’elles y fassent office de répertoire. Ce procédé très personnel, la faculté donnée au lecteur de trouver de suite tous renseignements, a valu à M. Wolff des encouragements dont nous sommes heureux nous-mêmes , puisqu’ils nous procurent un travail en tout semblable sur les petites voitures de la même maison.
- Le 16 mars 1899 nous nous exprimions ainsi :
- « Nous ne sommes plus au temps où l’on « pouvait nuire à l’essai de l’automobile en « dévoilant les causes le plus souvent insi-« gnifiantes qui peuvent ralentir l’allure ou « arrêter la marche; nous sommes au con-« traire, fort heureusement, au temps où « l’on doit les détailler suffisamment pour « aider à les prévoir, à les éviter.
- « Seul nous comprendra le chauffeur qui « a cherché; il nous dira si cet étalage de « tout ce qui peut un jour ou l’autre lui « arriver est ou non pratique. »
- Ce que nous disions l’an dernier, nous le répétons aujourd’hui, plus convaincus que jamais de nous rendre utiles en vulgarisant ce vrai travail de bénédictin.
- AVANT-TRAIN MOTEUR ET DIRECTEUR
- Système Hildebrandt et Mac-Mullin (1 )
- La particularité essentielle de cet avant-train est qu’il peut, tout en étant moteur et directeur, osciller suivant les aspérités de la route, indépendamment de la caisse de la voiture et sans cesser de remplir ses fonctions.
- La fig. 1 ci contre est une coupe verticale par Taxe de cet avant-train.
- La fig. 2 est une vue en plan de la fig. 1.
- La fig. 3 représente une vue de face à plus grande échelle,
- (1) Communication de MM. Marillier et Eobelet.
- Office international pour l'obtention des Brevet-
- d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard
- Bonne-Nouvelle, Paris. •
- Le mécanisme comporte une boîte cylindrique C sur laquelle sont fixées deiix douilles C‘ C2 portant à leurs extrémités des fourches C3 consolidées par des tirants D1. Sur la boîte C repose librement une grosse chape Z), sur laquelle s’appuie la caisse de la voiture. Cette chape D est évidée à ses deux bouts pour laisser passer l’essieu et elle est fixée aux longerons E du châssis du véhicule. •;
- Sfr*
- Sur les fourches C3, sont articulées en fy les chapes F1 qui portent les fusées des roues directrices, et possèdent chacune un levier F* relié à la pièce centrale F3 par une bielle F*. Lorsqu’on fait tourner l’arbre F3 au moyen du volant F7, on change la direction de la voiture.
- L’essieu divisé en deux parties : Tune pleine G qui commande Tune des roues par un joint universel G8, et l’autre tubulaire G1, qui commande l’autre roue au moyen d’un second joint analogue au premier. L’essieu tubulaire Gi porte la roue h du différentiel et l’essieu plein G porte la roue A*.; Ce différentiel est logé dans la boîte cylindrique C, laquelle boîte lorme genouillère-dans l’encastrement central de la chape I), et permet à cette dernière d’osciller comme,, indique le tracé ponctué fig. 3. ^ _ :’C
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- CHANGEMENT DE VITESSE
- ; POUR MOTOCYCLES (1)
- , Système Jules Mercié
- Le nouvel appareil de changement de vitesse que M. Jules Mercié vient de faire c >nstruire, rentre dans la catégorie des appareils à engrenages toujours en prise et
- Triet/cle muni du changement de vitesse sy tème J. Mercié.
- dans lesquels le changement de vitesse est obtenu par le déplacement d’un manchon à griffes qui vient en prise avec des griffes solidaires des pignons.
- DeSCRIPTI )N
- L’arbre moteur M traverse le pignon moteur P fou sur lui et toujours en prise avec la grande couronne G du motocycle. Il pénètre à l'intérieur de la boîte du chan-
- Coupe du changement de vitesse J. Mercié.
- gement de vitesse et transmet son mouvement à un manchon double A,B muni de griffes qui viennent en prise avec les griffes
- •(I) Construit par MM. Malicet et Blin, 103, avenue de la République, à Aubnrvilliers (Qaatre-Cfoemins^).
- correspondantes des pignons P ou Di donnant ainsi la grande ou la petite vitesse ; la position intermédiaire donne le débrayage.
- Le manchon d'embrayage comprend deux parties distinctes : Un premier manchon B prend son point d’appui § frottement doux
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- tm
- sur la boîte elle-même. Ce manchon porte à droite une gorge F, sur laquelle agit la fourchette dè commande, au milieu une denture Di et à gauche des griffes Ga. A l’intérieur de ce manchon et concentriquement,se trouve un second manchon A porté par l'arbre moteur My le long duquel il peut glisser, mais dont il est rendu solidaire, au point de vue de la rotation, par la clavette R. Ce manchon A porte à ses extrémités des griffes G, et Gd et vers son milieu une gorge circu-/aire Z. Les manchons A et B sont rendus solidaires dans le déplacement longitudinal par une clef K et sont indépendants au point de vue de la rotation sur eux-mêmes.
- Aux griffes G, et Gt du manchon A correspondent les griffes G du pignon P et G5 du pignon ZL ; aux griffes G3 du manchon B correspondent les griffes G3 du pignon P.
- La denture Zb du manchon B engrène avec Di qui est solidaire deZL qui engrène à son tour avecZL. Ces deuxpairesde pignons sont constamment en prise.
- Fonctionnement
- i° Grande vitesse. —Lorsque sous l’action de la fourchette F, on pousse le double manchon vers la gauche, les griffes G, et G viennent en prise, rendant solidaire le manchon A et le pignon P. L’arbre moteur est donc solidaire du pignon P et la transmission du mouvement se fait directement comme si l’appareil n’existait pas. C’est la position de grande vitesse. On remarque que grâce à l’indépendance des deux manchons, les engrenages secondaires restent immobiles.
- 2° Débrayage. — Si nous actionnons la fourchette de manière à ramener le manchon dans la position intermédiaire, où il est figuré sur le dessin, l’arbre moteurtourne en entraînant seulement le manchon A. C’est la position de débrayage.
- 3° Petite vitesse. — Si on pousse le manchon à droite, les griffes Ga viennent en prise avec les 'griffes G., et en mêmv temps les griffes Gu viennent en prise avec les griffes Gs.On a donc rendu solidaires d’une part l’arbre M et les pignons Z), Zh Z>3 Di d’autre part le pignon Di et le pignon moteur P. La transmission du mouvement se fait de l’arbre M au pignon P par l’intermédiaire des engrenages qui produisent la démultiplication. C’est la position de petite vitesse.
- Mise en marche par une manivelle. — L’axe E du pignon Dt est creux et, en temps ordinaire, est fermé par un bouchon. Si l’on ne veut pas mettre en marche par les pédales, on introduit par ce tube une manivelle qui entraîne l’arbre moteur par une denture en rochet Q. Ce tube sert également pour le graissage par une seringue ou burette à bec que l’on y introduit.
- *
- Un point important sur lequel il convient
- d’insister est que, dans la marche normale, les engrenages de l’appareil ne tournent pas tout se passant en somme comme si le changement de vitesse n’exhtait pas.
- Les constructeurs ont de plus disposé leur appareil de telle façon qu’il puisse se. fixer sur le moteur IuLmême sans avoir-besoin d’être relié au châssis du motocycle. C’est là un point important qui n’est pas toujours observé. Lorsque l’attache est sur le bâti du tricycle, il se produit des coincements par suite des torsions continuelles qui se produisent entre le moteur et le bâti, Cet inconvénient est évité si comme dans le cas actuel, le changement de vitesse n’est fixé qu’au moteur.
- **
- Nous avons vu que le manchon d’embrayage est en réalité composé de deux manchons A et B reliés par une clef K glissant dans une gorge Z. En premier lieu, la liaison des deux manchons était obtenue par des vis fixées au manchon B et venant s’engager dans la gorge Z. Mais par suite des trépidations, ces vis ne tardaient pas à se dévisser.
- Le problème se posait donc d’obtenir une liaison ne pouvant se défaire d’elle-même mais pouvant se démonter à volonté. M. J. Mercié a imaginé pour cela la clef dont nous donnons une vue et qui atteint parfaitement le but cherché.
- Clavette de fixation.
- Cette clef K constituée par une lame d’acier de quelques millimètres d’épaisseur porte en son milieu un renflement k qui traverse le manchon B par un trou ménagé à cet effet et pénètre dans la gorge Z du manchon A. Les deux bras de K sont courbés de façon à épouser la surface du manchon B et sontterminés par lescrochetsc, c quis’en-gagent dans les cavités r, r de la surface du manchon. Lorsque l’on introduit cette clavette à sa place, lesbrasduressort/Zsont écartés pour permettre le passage des crochets c, et grâce à leur élasticité se referment dès que les crochets viennent en face de leurs logements. Les trépidations n’ont aucun effet sur cette clavette qui est néanmoins très facile à démQnter.
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- CONSEILS DE PRUDENCE
- Nous avons vu, dès les premiers beaux jours, bien vite disparus, de cette pluvieuse année 1900, les adversaires de l’automobile recommencer leurs clameurs coutumières contre les chauffeurs. Il y a, malheureusement, un certain nombre de propriétaires de voitures automobiles et de motocycles qui sont absolument insupportables. Ils sont peu nombreux de leur espèce, grâce au ciel, mais ils s’emploient de leur mieux à déchaîner la réprobation universelle et nous finirons tous par en pâtir si l’on n’y met bon ordre. Ils vous abrutissent de leürs coups de trompe sans savoir pourquoi. Ils marchent à des vitesses folles dans les rues de Paris ou dans les allées du bois. Ils trouvent moyen de vous frôler presque, à toute allure, lorsqu’ils ont dix fois la place de passer à votre gauche. En un mot ils sont dangereux et odieux. Et, généralement, quand ils ont ainsi passé eq tempête à côté de vous, on les retrouve en panne un peu plus loin, fort embarrassés pour arriver à à repartir. Il n’y a pas à trop s’inquiéter de ces folies. Elles n’ont qu’un temps et tout cela se tassera bien vite, en peu d’années. Le même phénomène s’est produit pour la bicyclette. Il fut une époque où les cyclistes avaient, eux au;si, leurs aliénés. L’espèce s’en est perdue. Puisse-til en être de même pour notre sport.
- En attendant, ces quelques enragés exaspèrent tout le monde et nous sommes tous victimes de leurs insanités. Les tribunaux commencent à être féroces et la cour d’appel d’Orléans, pour ne citer qu’un fait récent, vient de rendre un jugement où l’on lit : « Attendu que les automobiles et les « motocycles deviennent aujourd’hui un « véritable danger pour la sécurité publi-« que... » C’est dur et sauf le respect que nous devons tous à la chose jugée, cela me semble bien injuste attendu que rien n’autorisait la Cour d’Orléans à généraliser comme elle l’a fait. Elle n’avait pas à faire le procès des automobiles et des motocycles pris en bloc. Elle était chargée de se prononcer sur le cas tout personnel d’un chauffeur seul et unique.
- Supposez qu’un monsieur en tue un autre avec un couteau, ce qui arrive du reste tous les jours, infiniment plus souvent que les accidents d’automobiles. Viendrait-il jamais à l’idée d’un tribunal quelconque, ayant à juger l’assassin, de mettre dans ses considérants : « Attendu que les couteaux de-« viennent aujourd’hui un véritable danger « pour la sécurité publique... »
- Ce serait un éclat de rire universel. Ce qui paraitrait fantastique en matière de cou-
- tellerie semble au gros public tout naturel en matière d’automobile. Là est le péril.
- Comment mettre un terme aux imprudences de quelques écervelés ? On a essayé des mesures de police. Elles portent toujours à faux et sont donc à la fois inutiles et dangereuses. On vexe tout le monde, on ne pince jamais les vrais coupables et l’on n’obtient aucun résultat. Les poursuites en cas d’accident sont plus efficaces à la double condition que le parquet ne poursuive que l’auteur réel de l’accident, après une enquête sérieuse. Lorsqu’il y a collision entre une auto et une hippomobile, un cheval ou un piéton, il faudrait que l’on comprenne bien que c’est, très souvent, le chauffeur qui est la victime et qu’on ne le considère pas a priori comme le pelé, le galeux d’où vient tout le mal.
- Poursuivez les charretiers qui tiennent leur gauche ou n’allument pas leurs lanternes, poursuivez les piétons qui viennent, dans certains pays, lorsque vous arrivez en automobile, se planter au devant de vous sur la route en faisant de grands gestes, poursuivez tous ces gens-là aussi bien que vous poursuivez les chauffeurs imprudents ou maladroits. Du moment que votre justice sera juste vous pourrez frapper aussi fort qu'il vous plaira, nous applaudirons tous.
- Le meilleur serait encore que les propriétaires de voitures automobiles et de motocycles finissent par comprendre une bonne fois qu’il y a des grandes routes superbes et peu fréquentées où l’on peut dévorer des kilomètres tout à son aise, si l’on en a envie. Qu’ils gardent leurs folles allures pour lesdites grandes routes. Il est vrai qu’il n’y aura personne pour les y voir passer et cela les gênera peut-être, mais qu’ils comprennent qu'à vouloir ainsi traverser en ouragan les rues des villes et des villages, ils excitent non l’admiration mais la haine. II n’est vraiment pas nécessaire de marcher à très grande vitesse pour faire* quelques visites dans Paris ou pour aller prendre un apéritif au Chalet du cycle ou bien à la Cascade. Les vieux chauffeurs, ceux même qui se classent toujours brillamment dans les courses de vitesse et je dirais presque : surtout ceux-là, ne circulent dans Paris qu’à une allure très modérée. Que les débutants les imitent en leur sagesse et tout ira bien mieux.
- Gaston SENCIER.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
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- LE SOUS • MARIN AMÉRICAIN HOLLAND
- Ce n’est pas d’aujourd’hui, hélas, que dans cette rage de destruction qui pousse les nations civilisées modernes à perfectionner constamment leur matériel de guerre, on cherche à résoudre le fameux problème de la navigation sous-marine appliquée à la marine militaire : nous n’avons ni l’intention ni le loisir ici de faire cet .historique, d’autant qu’il a été exposé de main de maître par notre excellent confrère M. G. L. Pesce, devant la société des Ingénieurs civils. A la vérité, on ne peut pas dire pourtant que tous ces efforts aient encore mené à des résultats effectifs : et, malgré que nos arsenaux soient en train de construire un certain nombre de petits navires sous-marins dont on dit le plus grand bien, nous avouons conserver une grande dose de septicisme à l’égard du moins de3 services qu’ils peuventrendre en temps de guerre.
- Cependant comme la navigation sous-marine est fort intéressante en elle-même, qu’elle pourrait répondre à des intéiêts tout pacifiques, et qu’enfin elle appartientcomplètement à ce champ de l’automobilisme où la Locomotion Automobile poursuit ses investigations consciencieuses, nous tenons à consacrer quelques mots au navire sous-marin dont ont dit grand bien actuellement aux E ats-Unis, et dont l’inventeur est M. Holland. Celui-ci a créé, dans le même esprit, divers types de sous-marins, dont l’un le « Plunger » est présentement en construction pour le compte da Gouvernement de la Confédération à Baltimore ; par suite de circonstances malheureuses diverses, l'achèvement de ce petit navire a été constamment repoussé, et il n’est pas encore sur le point d’être mis à l’eau : aussi ferons-nous plutôt porter nos renseignements sur le sous-marin connu sous le nom de son inventeur le « Holland » qui vient précisément de subir des essais des plus intéressants et qui est tout analogue.
- Dès 1888, une société s’était formée aux Etats-Unis pour le système Holland, et avait soumis au gouvernement un plan qui n’a pas semblé devoir donner satisfaction réelle : il s’agissait d’un petit bateau de 25 m. 50 sur 3 m. 50 de diamètre au milieu, dont l’immersion s’obtenait au moyen d’un lest d’eau et de gouvernails horizontaux réglé automatiquement. La puissance motrice en tout état de cause devait être fournie par des chaudières à vapeur chauffée au pétrole, d’une force totale de 350 chevaux, les approvisionnements étaient prévus devoir suffire pour un parcours de 360 milles à 15 nœuds et à la surface de l’eau, ou de 346 sous l’eau et à l’allure de 14 nœuds. L’éclairage électrique était également prévu, de même que l’armement au moyen de tubes lance-torpilles, des réservoirs d’air comprimé auraient à pourvoir à la respiration de l’équipage, et une protection assez efficace devait être assurée au petit navire par un cuirassement cellulaire en acier.
- A la suite de ces premières tentatives, un concours fut ouvert par le gouvernement américain
- et dans des conditions minutieusement étudiées ; comme conséquence, il fut passé en 1895 un traité avec la « John P. Holland Torpédo Boat Company », de New-York, pour la construction d’un sous-marin autonome du prix de 750.000 francs. Le premier projet dont nous avons parlé tout à l’heure avait naturellement été remanié et perfectionné. Le type qu’on peut appeler définitif est le « Plunger » dont nous avons parlé plus haut mais en même temps, et pour se livrer à des expériences concluantes, on mit sur chantier et on acheva rapidement le bateau de plus petites dimensions que nous avons désigné sous le nom de « Holland. »
- - Ce sous-marin modeste est long de 16 m. 15, et son diamètre maximum atteint 3 m. 35 ; il pèse environ 75 tonnes avec tout son équipement et, quand il est totalement immergé, sa réserve de flottabilité est de 250 kgs à peu près. Bien entendu, comme pour ainsi dire dans tous les sous-marins, la forme générale est celle d’un cigare, ou d’une torpille Whitehead ; mais, sur la partie supérieure de laquelle on aurait disposé une su? perstructure plane au milieu de laquelle s’élève; une tourelle de commandement et aussi d’observation, tourelle protégée d’ailleurs par une tôle d’acier de 100 millimètres d’épaisseur, et qui demeure au-dessus de l’eau quand le navire est immergé tout en naviguant en surface.
- En dessous de cette tour, se trouvent deux barres de gouvernail, destinées l’une à la navigation en surface, l’autre à la navigation immergée, quand il importe au premier degré de pouvoir constamment modifier la profondeur à laquelle le sous-marin navigue.
- Bien entendu le commandant, dans sou poste, a sous la main une série de tuyaux acoustiques lui permettant de donner ses ordres dans les diverses parties du petit, navire et aussi des sonne ries électriques pour commander instantanément les manœuvres convenues ; en même temps on a disposé sous ses yeux une chambre claire qui reproduit les images extérieures lui arrivant suivant le système généralement adopté, par un prisme fixé à l’extrémité d’un tube qui vient dépasser au-dessus de la surface de l’eau quand le sous-marin est immergé. Sous le poste du commandant s’allongent des réservoirs d’air comprimé dont nous allons voir le rôle tout à l’heure ; en descendant plus bas, nous rencontrons la batterie d’accumulateurs, qui comprend 66 éléments et pèse un peu plus de 22 tonnes ; elle peut débiter 350 ampères pendant 4 heures. Si nous descendions dans les fonds du bateau, nous trouverions les réservoirs d’eau, le wateT ballast» En nous dirigeant vers l’arrière nous trouverions le compresseur d'air, un moteur à gazoline, puis une machine dynamo-électrique qui se trouve enfilée sur l’arbre d’hélice dans le but que nous allons indiquer. L’espace libre au-dessus de ces machines est consacré à l’installation du tube de lancementd’un projectile à la dynamite. Si au contraire nous nous portons vers l’avant, nous trouvons, à la partie inférieure de la coque, un réservoir de lest, puis un réservoir à gazoline ; au-decsus, est le magasin aux projectiles avec un tube lance-torpille»
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- fit enfin un dernier tube de lancement qui est un vrai canon à la dynamite.
- - Une des principales caractéristiques du Holland, c’est qu’il a une double source de force motrice à sa disposition, suivant les circonstances, soit l’électricité, soit son moteur à pétrole. Ce dernier a une puissance que nous évaluerons à 50 chevaux, d’après les renseignements un peu contradictoires que nous avons pu réunir; il est susceptible, pendant la navigation en suiface, d’assurer une allure de fi à 8 nœuds, et la provision de combustible emmagasinée dans le réservoir spécial serait suffisante pour un parcours de 1500 milles marins. Mais nous avons trouvé tout à l’heure une dynamo en arrière du moteur à pétrole ; normalement, quand ce dernier fonctionne pendant la navigation en surface, peur mettre le bateau en mouvement, elle est disposée de manière à absorber une partie de la puissance disponible. Comme de juste elle produit alors du courant qui est employé à charger la batterie d’accumulateurs ; elle est à enroulement Shmit, et un rhéostat permet alors de varier son voltage de 120 à 160; elle possède du reste deux commutateurs et une armature à double enroulement. Mais supposons que le bateau s’enfonce : on ne peut plus pratiquement recourir au moteur à ga-zoline, et la dynamo change dès lors de rôle. En effet, elle devient moteur pour commander l’arbre de l’hélice : elle fonctionne grâce au courant que lui rendent les accumulateurs. Ceux-ci ont précisément la même puissance que le moteur à gazo-line à pleine marche, si bien que l’allure du sous-marin peut demeurer la même une fois qu’il a plongé.
- Mais nous avons vu tout à l’heure des réservoirs à air comprimé ; à quoi sert le fluide qu’ils contiennent, et comment est il renouvelé ? Bien entendu cet air sert surlout à la respiration des hommes, qui prennent place dans le bateau ; notons cependant que, pour tout prévoir, et pour les cas où la plongée devrait se prolonger de façon démesurée, on peur s’approvisionner d’air au moyen d’une pompe qui aspire dans une poire en caoutchouc flottant à la surface de l’eau et par suite en communication avec l’air extérieur. En tout cas, l’air sortant des réservoirs est détendu dans des appareils spéciaux et ne se trouve mis en liberté quà la pression atmosphérique. Il comble en arrivant le vide relatif créé par le jeu des ventilateurs. C’est encore lui qui en dehors du jeu des gouvernails horizontaux, assure les manœuvres de plongée et de direction du sous-marin quand il est immerg'. En effet, quant on veut faire enfoncer le petit navire ; on introduit l’eau de mer dans des réservoirs qui sont eux-mêmes reliés avec les réservoirs d’air, et quant on veut faire remonter le Holland , il suffit d’introduire l’air à haute pression dans ces réservoirs d’eau il chasse doucement cette eau. La compression de l’air est assuré par le compresseur que nous avons signalé tout à l’heure ; il est mû soit part le moteur à gazoline, soit, suivant les circonstances, par un petit moteur électrique de 10 chevaux, qui reçoit comme de juste son courait de la batterie d’accumulateurs.
- Il y a du reste des moteurs plus petits pour les ventilateurs ou les pompes. Bien entendu fin tableau de distribution permet d’opérer les différentes connections.
- Nous pourrions encore ajouter avant d’en finir avec cette question de l’air comprimé, que c’est encore lui qui assure le fonctionnement des trois tubes de lancement des projectiles ; nous avons dit déjà deux mots de cet armement. Le canon de l’avant est à même de lancer dans l’air et à une distance d’un demi-kilomètre, un projectile de 90 kgs refermant 50 kgs d’explosif puissant ; le bateau emporte avec lui six coups pour ce canon, et 5 pour celui de l’arrière. Celui-ci lance dans l’eau jusqu’à 100 mètres, un projectile contenant une cinquantaine de kilos de dynamite ; nous n’avons pas à parler spécialement du tube à torpilles. Mais nous ferons remarquer queles choses sont disposées de telle sorte que l’air comprimé en chassant les projectiles hors des tubes, permet immédiatement l’entrée d’une massse d’eau équivalente au poids du projectile qui vient de quitter brusquement le bateau, et cela assure automatiquement l’équilibre.
- On peut dire dès maintenant que l’ « Holland» a fait brillamment scs preuves, notamment dans des essais complets qui ont été exécutés ces temps derniers dans la baia de Peconic, le long de la côte nord de Long-Island : ces expériences étaient d’ailleurs suivies par une Commission de la marine militaire américaine, qui a été extrêmement bien impressionnée par les diverses manœuvres effectuées par le petit navire. C’est ainsi qu’on s’est d’abord assuré que le « Holland » peut demeurer totalement submergé durant plus de 24 heures sans danger ni inconvénients pour son équipage, celui-ci se composant de six hommes et d’un agent spécial pour le lancement des torpilles. Nous devons dire que la profondeur d’immersion n’a pas pu être de plus de 6 mètres, puisque c’est là la profondeur maxima de la baie Peconic.
- On avait tenu à faire ces essais sur une base jalonnée, afin d’imposer au navire l’obligation de se diriger absolument en ligne droite. On a pu constater par exemple que, après s’être immergé par des fonds de 3 mètres environ et avoir parcouru quelque 1.600 m., il n’avait que très faiblement dévié; en remontant à la surface il rectifia sa position, puis il s’immergea de nouveau, et cette fois parcourut 1.600 mètres sans déviation. Il tira alors sa torpille dans une cible qu’il atteignit, puis fit demi-tour et regagna son point de départ. Pour ce qui est de la plongée, il avait su du reste se tenir à une profondeur bien régulière. On ne doit pas s’étonner après cela si les attachés militaires des puissances étrangères aux Etats-Unis n’ont pas manqué de signaler ces expériences à leurs gouvernements respectifs. Ce qui n’empêche pas du reste que les opinions demeurent encore fort divisées parmi Ijs officiers de la marine américaine, certains affirmant qu’un sous-marin n’est réellement pas dangereux pour un cuirassé, d’abord parce qu’il lui serait bien malaisé d’atteindre sûrement les flancs de celui-ci, çt aussi parce que, s’il venait prendre sa; djrec?
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- tion à la surface, on aurait bien tôt fait de l’apercevoir.
- En tout ca^ les expériences exécutées avec le « Hol'and » font bien augurer des résultats que pourra donner le « Plunger », quand il sera enfin mis à l’eau.
- Daniel BELLET,
- SERVICES - RÉGULIERS
- DES VOITURES AUTOMOBILES
- Le Journal Officiel du 3 mars publie le décret suivant du 24 février : ' *
- Art. 1er. — Tout entrepreneur de service régulier de voitures automobiles, subventionné par l’Etat; constate sur un registre à-souches, coté et paraphé, la mise en marche do chaquo voiture.
- Il inscrit à cet effet, pour chaque voyage, tant sur la souche que sur le feuillet à détacher :
- 1° Le jour et l’heure du départ;
- 2° Le numéro d’ordre de la voiture et sa capacité en marchandises, voyageurs, bagages et messageries ;
- 3° Lq lieu de départ, le lieu de destination et la distance à parcourir.
- Le feuillet est remis, au départ, au conducteur qui y inscrit.l’heure d’arrivée au lieu de destination, puis l’heure de départ et d’arrivée, pour le voyage de retour. Le feuillet est ensuite rapporté à la souche. ’
- Art. 2. — Le contrôle des services d’automobiles subventionnés est confié à des sgeuts désignés par le préfet parmi les fonctionnaires des administrations des Ponts et Chaussées ou des Contributions indirectes. .
- Ce contrôle a pour but de véiifier si l’entrepreneur remplit les; conditions qui, d’après le décret approuvant son contrat, lui donnent droit aux subventions, et d’établir le montant de ces subventions.
- • Les contrôleurs cotent et paraphent sur les feuillets à détacher les registres de l’entrepreneur. Ils ont le droit de consulter ces registres et tous les documents qu’ils jugent utiles à leur mission.
- Art. 3. — L’entrepreneur adresse à l’agent du contrôle désigné à cet effet par le Préfet, pour Chaque mois, avant le 10 du mois suivant, un relevé du registre à souches dont la tenue est prescrite par l’article 1". établissant le parcours des véhicules, leur capacité en marchandises, voyageurs, bagages et messageries pendant le mois précédent, et la durée de chaque voyage.
- * U adresse au Préfet, pour les transports de chaque année, avant le 10 janvier suivant, un mémoire justifiant son droit aux subventions et un décompte établissant le montant de la somme dont il demande le payement.
- Ce mémoire et ce décompte sont communiqués pour avis aux agents du contrôle, qui les retournent au Préfet, avant la fin de janvier, avec leurs propositions.
- Art. 4. — Le dossier est ensuite soumis par le Préfet à l’examen d’une Commission nommée par lui et composée :
- ' D’un membre du Conseil général du département,
- d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, d’un fonctionnaire de l’administration des Contributions indirectes.
- Cette Commission renvoie le dossier au Préfet, avec son avis avant la fin de février.
- Si l’examen du dossier n’a pas révélé de difficultés, le Préfet arrête définitivement le montant des subventions dues par l’Etat, le département ou les communes.
- En cas de difficultés, le Préfet transmet le dossier, avçc son avis, au Ministre des Travaux publics qui arrête les comptes après avoir pris l’avis, du Ministre des Finances, conformément à l’article 86 de la loi de Finances du 13 avril 1898. 'c
- Art. 5. — Le Ministre des Travaux publics et le Ministre des Finances sont chargés ne l’exécution du présent décret.
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- INFORMATIONS
- Un Gymkhana Automobile en Belgique.
- — La fête organisée par l’Automobile Club de Belgique au Hall du Cinquantenaire sera donnée le dimanche 29 avril prochain, à deux heures. Le comité organisateur s’est réuni cette semaine pour en élaborer définitivement le programme, qui comprend, dès à présent :
- i° Un concours d’obstacles ouvert à toute espèce de véhicule automobile ;
- 20 Des mouvements d’ensemble à exécuter par douze voitures dirigées par des membres de l’Au-tomobile Belge, d’un club patronné ou d’une association étrangère reconnue:
- 30 Jeu des anneaux, concours libre dans lequel des voitures pourront être conduites par un gentleman, une dame ou un mécanicien;
- 4° Concours d’élégance comprenant trois catégories de véhicules : omnibus, voiturettes et voitures ;
- 50 Travail à volonté pour voitures et voiturettes ;
- 6° Fêtes de fleurs.
- Une musique militaire prêtera son concours à cette magistrale manifestation de la locomotion nouvelle qui sera honorée de la présence de la famille royale.
- Le Comité du huitième Sa’on du Cycle a voté une somme de 500 francs pour doter deux épreuves qui seront réservées aux exposants, et le comte J. de Hemptime, président de l'Automobile Club de Flandres, a annoncé que son cercle avait décidé de mettre à la disposition du Comité de la fête une grande médaille d’or pour l’une des épreuves.
- A. C. Biterrois. — Mardi 8 mai 1900. — Bataille de fleurs d’automobiles organisée au profit des pauvres, par « l’Automobile-Club Biterrois » dans l’enceinte du concours hippique, place du Marché-Neuf. ;
- Une somme de 1.500 francs sera distribuée,
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- sur l'appréciation du Jury, aux trois catégories : Voitures, voiturettes et motocycles. — Une bannière souvenir sera remise à chaque véhicule prenant part à la fête.
- Les engagements sont fixés à io francs pour les voitures et voiturettes et 5 francs pour les motocycles.
- Ils seront clos le 4 mai à 6 heures du soir, à l’A.-C.-B.
- Toute voiture devra être, à son entrée, agréée par la Commission. Aucune voiture-réclame ne sera admise.
- Avis paternels. — Est-ce un effet du récent accident dont a été victime le général Rebillot ou simplement ordre de la préfecture de police ?
- Toujours: est-il que-depuis deux ou trois jours les agents, les gardes du bois de Boulogne et même les agents de police suburbaine interpellent au passage les chauffeurs après les avoir invités à ralentir d’un geste impérieux.
- — Messieurs allez doucement, s’il vous plaît !
- Les chauffeurs surpris, comme bien on pense, ralentissent leur allure et s’il Dur arrive de s'emballer encore, un nouvel agent ou un autre garde les rappelle vite à plus de modération.
- La mesure a eu très bon effet et bien mieux que les affiches qu’on ne lit pas ou des écriteaux qu’on ne voit pas, les injonctions verbales des agents contribuent énormément à maintenir nos chauffeurs dans la voie de la sage allure.
- Le Rallye-Auto. — Les travaux entrepris par le Rallye-Auto pour la construction, à Meulan, de son pavillon et de son garage commencent à sortir de terre.
- Le garage mesure à l’heure actuelle 15 mètres environ de large sur 20 métrés de long; mais il est disposé de telle sorte qu’il peut très facilement être agrandi selon les besoins du cercle, en se rapprochant de la route à laquelle il accédera par un excellent chemin très large et très accessible aux automobiles.
- Quant au pavillon projeté, il est destiné à servir d’atelier pour les réparations à faire aux machines et d’abri pour le personnel domestique.
- Provisoirement, il sera détourné de sa destination et affecté à usage de salle à manger pour les membres du Cercle jusqu’au jour où le Rallye-Auto aura acheté, comme il en a l’intention, une des nombreuses maisons démontables qui figureront à l’Exposition universelle.
- Les travaux vont, paraît-il, être menés, rondement et tout porte à croire qu’ils seront terminés pour les grandes fêtes du printemps à Meulan.
- En Tunisie. — M. le comte de Chasseloup-Laubat, le chauffeur bien connu, est à Tunis depuis quelques jours.
- Nous apprenons d'autre part qu’a la fin du mois M. Lemoine va traverser la Méditerranée, pour aller visiter en voiture les ruines de Carthage et la région. Il reviendra probablement par l’Algérie.
- VIII* Exposition de l’Automobile et du Cycle à Bruxelles
- (DU 31 MARS AU 8 AVRIL)
- Le Gouvernement voulant témoigner l’intérêt qu’il porte aux Salons Belges, a accordé YExempm tion temporaire des droits d'entrée sur les produits qui seront envoyés à l’étranger.
- D’autre part, M. le Ministre des chemins de fer a fait informer le Comité exécutif que les exposants jouiront de 50 ojo de réduction sur les prix de transport sur les lignes belges pour tous les produits, tant nationaux qu’internationaux, qui figureront à la VIIIe Exposition de l’Automobile et du Cycle qui, on se le rappelle, se tiendra au « Pôle Nord » à Bruxelles, du )i mars au 8 avril prochain.
- *
- Cette très intéressante Exposition, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi, organisée par la Société royale « Union Véloce-Club Bruxellois », dont Son Altesse Royale le Prince Albert est le Président d’honneur, a constitué comme suit son comité d’honneur :
- Présidents
- MM. le baron Surmont de Volsberghe, Ministre de l’Industrie et du Travail ;
- À. Nj’essens, ancien Ministre, membre de la Chambre des Représentants, Président de la Commission supérieure de Patronage de l’Exposition de Paris de 1900 ;
- E. de Mot, Bourgmestre de Bruxelles ;
- Le comte F. Van der Straeten Ponthoz, Président de l’Automobile Club de Belgique.
- Membres
- MM. J. Helleputte, ingénieur, membre de la Chambre des Représentants, Président du Groupe VI de la participation belge à l’Exposition Universelle de Paris 1900;
- A. Vercruyssen, Commissaire Général à l’Exposition de Paris 1900;
- le baron de Zuylen de Nyevelt de Haar, Président de l’Automobile Club de France ;
- Sir David Salomons, promoteur de l’Automobilisme en Angleterre.
- La Fête de philanthropie, au bénéfice do l’Œuvre des Habitations ouvrières et de l’Œuvre du Travail pour femmes, qu’organise le 29 avril prochain, au Parc du Cinquantenaire l’Automobile-Club de Belgique, fournira en même temps l’occasion à nos constructeurs belges de déployer leurs talents de conducteurs et de fabricants.
- La VIIIe Exposition de l’Automobile et du Cycle 1900 organisée par la Société Royale « Union Véloce-Club Bruxellois » a mis, en effet, à la disposition du Comité organisateur de la Fête cinq objets d’art ou cinq cent francs en espèces à répartir entre les vainqueurs des Concours d’Adresse et d’Elé-gance, ce dernier s’appliquant au fini, à la légèreté et à la beauté de lignes des véhicules inscrits dans cette catégorie.
- Les voitures des exposants de la VIIIe Exposition jouiront seules de cette faveur, qui instituera entre nos fabricants une véritable lutte d’émulation et d’amour-propre.
- La charité s’alliera ainsi très heureusement à une
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- œuvre de propagande en faveur de la locomotion nouvelle.
- ♦ *
- De notre correspondant d’Amiens :
- Les quelques journées de printemps que nous avons eues avaient donné le signal de l’ouverture de la saison sportive; aussi les routes ont-elles été sillonnées par les autos et les motocycles.
- Au cours d’une ballade faite sur un quadricycle Marot-Gardon, piloté par M. René Devanaux, le sympathique propriétaire du grand dépôt de Cycles et d’Automobiles du boulevard d’Alsace-Lorraine, j’ai rencontré bien des nouveaux chauffeurs qui, sur des voitures ou des motocycles, s’initiaient aux joies du teuf teuf. Le public s’habitue de plus en plus à la nouvelle locomotion et grand nombre de gens se promettent déjà d'aller au contrôle de Paris-Roubaix qui aura lieu le 15 avril pour voir passer les autos.
- Cela promet pour cet été; allons, tant mieux. .— Maurice BERSON.
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- LES CONGRÈS DE 1900
- Liste par ordre de dates des principaux congrès se rattachant à l’industrie automobile.
- Juin
- Du 18 au 13. Mines et métallurgie.
- Du 25 au 30. Accidents du travail et assurances, — Aéronautique.
- Juillet
- Du 9 au 13. Automobilisme.
- id. Essai des matériaux.
- Du 16 au 18 App ireils à vapeur.
- Du 19 au 25. Mécanique appliquée.
- Du 23 au 28. Propriété industrielle.
- Du 30 au 4 août. Réglementation douanière.
- Août
- Du 18 au 25. Electricité.
- Septembre
- Du 20 au 29. Chemins de fer.
- LOCOMOTION AÉRIENNE
- L’ascension de l’« Orient »
- Le ballon 1’ « Orient », monté par Mme Jacques Faure, les comtes de Castillon et de La Yaulx et M. Jacques Faure, qui s’était élevé dimanche de l'usine à gaz du Landy à 10 h. 1/2 du matin, est heureusement descendu à 4 heures de l’après-midi à Mamnelav, petite localité du département de l’Oise située à environ 100 kilomètres au nord de Paris.
- L’atterrissage, malgré un vent assez violent, n’a donné lieu à aucun accident.
- Le voyage aérien s’est fort bien passé et MM‘
- Jacques Faure et de Castillon ont été très contents de leur nouvel instrument qui s’est très bien comporté. *
- L’Aérostation à l’Exposition
- Le nombre des Concours d’Aérostation qui seront donnés durant l’Exposition, 11’est pas inférieur à vingt-six, tous affectés de fort beaux prix en argent et de plaquettes artistiques. Le programme dont le détail est intéressant, ainsi que la formule d’engagement seront envo.; és à qui en fait la demande à M. le commandant Paul Renard, Président du Comité d’Organisation, 7 avenue de Trévoux, à Meu-don (S.-et-O.).
- UN CHAMPION DES TRAMWAYS
- Le Journal Le Tramway, nouvecu né, prend la défense du fameux Tramway de la Mort de Pierre Giffard. Le morceau est curieux et amusant à lire ;
- Voilà quatorze ans que les populations de Bezons de Houilles, de Sartrouville, de Maisons-Laffitte attendent un tramway qu’on est sur le point de leur livrer. Deux files de voies ont été établies sur le pont de Bezons et sur le pont de Maisons-Laffitte pour les facilités de la circulation d’une population nombreuse, modeste et intéressante. Et c’est là-dessus que M. Ballif s’en va-t-en guerre ! « On doit toujours laisser entre le tramway et le trottoir de quoi permettre le passage de nos automobiles.
- Nous n’avons pas la place qu’il nous faut, et il nous la faut toute ! Sus au tramway de la mort haro sur le tramway casse-cou, ! Etc., etc. »
- Vous entendez bien, lecteurs paisibles, timides piétons, les « engins de mort », les « casse-cou », ce ne sont pas — comme vous vous l’imaginez tous, comme tous vous ayez pu le constater sans y pouvoir, d’ailleurs, porter remède — ce ne sont pas les automobiles, ces obus à quatre roues, montés par des fous masqués et vêtus de peaux de bêtes; non, ce sont les tramways ! Ce ne sont pas ces baignoires ahurissantes, dirigées en tempête par ceux que le Vélo sacra — jadis — « automaboulards », qui sillonnent toutes nos routes à « soixante à l’heure » semant derrière eux les chiens écrasés, les vieillards culbutés, les gamins estropiés; non, ce sont ces fourgons mécaniques, à l’allure normale et régulière, suivant sagement leur chemin réservé.
- Eh bien ! cela, M. Ballif ne le fera croire à personne, malgré l’esprit qu’on lui connaît.
- Et puisque l’automobile a provoqué, voici ce que le tramway lni répond.
- ) — Vous vous plaignez des deux voies sur les ponts de Bezons et de Maisons-Laffitte, sous prétexte que vos « chauffeurs » s’en trouveront un peu gênés et devront forcément modérer l’allure. S’ils, sont obligés de ralentir sur le pont libre, à cause des rails, voilà déjà un excellent résultat, qui vaut à lui seul tous les arrêtés municipaux qu’on enfreint par tradition. Si les chauffeurs sont obligés de s’arrêter tout à fait sur le pont où le tramway se sera engagé, nous n’y voyons encore aucun inconvénient.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- « Le tramway eat un instrument de transport en commun, commercial et démocratique, qui véhicule à bon marché des travailleurs.se rendant au chan tier ou au magasin. L’automobile ost par essence — c’est le cas de le dire — une voiture de luxe, un appareil de snobisme — mettons tourisme — à l’usage des millionnaires qui peuvent attendre et qui regagneront vite, au demeurant, le peu de temps perdu.
- « Vraiment, en cette fin de siècle de liberté et de république, « l’auto » do quinze chevaux et de vingt mille francs peut bien, par hasard, céder le pas au tramway des petites gens à cinq sous. »
- - Il y aurait beaucoup à répondre. Le piieux est de s’en tenir aux quelques mots très justes adressés à l’auteur par M. Ballif :
- Cher Monsieur,
- En un mot beaucoup trop aimable — mais où vous tournez habilement la difficulté — vous mettez en scène l’auto à 20 003 francs, et passez sous silence la bicyclette « dos petites gens à 5 sous. »
- C’est pour ceux-là surtout que nous réclamons l’enlèvement de la double voie sur les ponts et dans la rue de la Villeneuve, et la mesure n’occa'ionnera aucune gêne, aucun retard, aucun dommage à l’exploitation, puisqu’on interdit le croisement.
- -à A. Baillif.
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- CALENDRIER DES COURSES
- MARS
- Du 26 au 30, semaine de Nice
- 26 et 27. Nice-Marseille-Nice (vitesse) 230 km. et Nice-Draguignan-Nice (touristes) 98 km.
- 29. Course du Mille.
- 30. Nice-La-Turbie. Concours d’élégance à Monte-Carlo.
- AVRIL
- ,1. Nice, meeting de la Côte d'A\ur Sportive. Course de côte de l’Estérel.
- Engagements avant le 30 Mars.
- ”4. Coupe du Sud Est à Salon.
- 15. Paris-Roubaix motocycles 288. km.
- Avant le 9 avril à midi. —• 5 fr. — Au Vélo.
- 16. Nice. Canots Automobiles.
- 21 au 23, Meeting Automobile de Turin.
- 26. Critérium de l’Electricité. Paris-Dijon.
- Avant le 23 avril à midi.— 100fr, —Au Vélo. Du 23 avril au 11 mai. Excursion des 1000 Milles en Angleterre.
- (De 250 fr. à 625 fr. avant le ier février, doublés jusqu’au Ier mars).
- 2.9. Course du Premier Pas. La Vie au Grand A ir.
- MAI
- .3. Critérium des motocycles 100 km.
- 10. Critérium des voiturettes 100 km.
- 17. Critérium des motocyclettes 100 km;.
- (Ces 3 courses sur le parcours Etampes à Chartres et retour, engagements 20 fr , clôtures respectives le i"1' mai, le 8 mai, le 13 mai. — Au Vélo).
- 14. Challeng-e de l’Electricité du Sport Universel.
- Du 14 au 18. Exposition Universelle. Concours de voitures de Tourisme.
- 23. Paris-Bordeaux 568 km.
- Voitures 200 fr., voitures pesant moins de 400 kg. 150 fr., motocycles 100 fr ; avant le 19 mai midi au Vélo.
- 23 . Canots automobiles à Argenteuil.
- Courant du mois, Exposition à Amsterdam.
- JUIN
- 3. Coupe des Motocycles. Etampes-Chartres.
- 3. Bordeaux-Périgueux (A. C, Bordelais).
- 10. Paris-Reims.
- 14. Coupe Gordon-Bennett (Paris-Lyon 560 km.
- Du 18 au 23. 1 xposition Universelle. Concours de voitures de place.
- 24. Bade, course de côte.
- 24. Brest-Rennes-Brest. 500 km.
- Courant du mois, Course de Dieppe.
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- Liste les Brevets d’inventioD
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robele’, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 292 683. — 20 septembre 1893. — Dalla-Décimas et Kécheur. — Appareil de changement de marche et de vitesse pour voitures automobiles et autres applications industrielles.
- 292 727. — 21 septembre 1899. — Créanche. — Gaine de renforcement pour essieux de motocycles, voiturettes automobiles, etc.
- 292 729. — 26 septembre 1899. — Baudot et Beaumier. — Système de réfrigérant par l’eau appliqué aux moteurs de tricycles et des quadricycles automobiles.
- ’292 769. —23 septembre 1899. — Cauzard. — Perfectionnements apportés dans les véhicules automobiles de tous systèmes.
- 292 796. — 25 septembre 1S69. — Tenting. — Appareil de transmission de mouvement à vitesse variable, applicable aux voitures automobiles et autres machi: es.
- 292 819.— 26 septembre 1869.— Rénaux. — Train moteur pour motocycles et automobiles.
- 292 883. — 28 septembre 1899. — Chaboche. — Essieu moteur pour véhicules automobiles.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Seine.
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- Septième A.nnée. — N» 13
- 29 Mars lîOÔ
- LA LOCOMOTIOtTAUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR - ADMINISTRATEUR Raoul VTJILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DES JACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N 13
- La jurisprudence et les voitures automobiles.— Albert Rodanet.
- Locomotion Aérienne. — Un prix de 100.000 francs.
- Un bon petit livre. — Gaston Sencier.
- Ceux qui no comptent pas. — G. Prade.
- Les Courses : Paris-Roubaix; Entrainement automobile; Gordon Bennett; Engbien; Records do Gaslé.
- La Semaine de Nice : Nice-Marseille et Nice-Draguignan. Le classement.
- La Voiturette de Dion-Bouton .— ensemble des principaux dessins schématiques du véhicule. — J. Wolff.
- Le Ramasse-Piétons. — Gaston Sencier.
- Informations.
- La psptoe et les ïoiteres aatomaliiles
- On a beaucoup reproché aux tribunaux français d’allouer au plaideur qui obtient gain de cause des dommages-intérêts dérisoires ; on a dit et écrit que le jugement qui reconnaissait le bien fondé d’une demande était plutôt un titre honorifique qu’un moyen de parvenir à la réparation du préjudice souflert.
- Les tribunaux se sont peut-être montrés trop modérés dans la fixation du chiffre des dommages-intérêts, mais il est certain que depuis quelques années, la jurisprudence s’est profondément modifiée en ce qui concerne l’allocation de dommages-intérêts aux victimes des accidents. 11 suffit de se reporter auxjugements prononcés à la suite des nombreuses catastrophes survenues sur la voie ferrée pour se convaincre qu’une jambe estropiée se paie couramment cinquante mille francs et qu’une vie perdue rapporte aux héritiers p'.us de cent mille francs. Nous applaudissons, d’ailleurs, à cette nouvelle tendance de la jurisprudence et nous pensons que le voyageur du railway où le locataire d’un simple fiacre préfére-
- raient toujours conserver leurs jambes où leurs bras plutôt que de les échanger contre cinquante billets de mille; la victime a payé pour son transport, elle a droit à la sécurité absolue.
- Les chauffeurs doivent cependant méditer avec fruit ces récentes décisions de justice ; le sport automobile est déjà d’un prix élevé : agrémenté de quelques condamnations pour accidents, il deviendrait ruineux pour ceux qui s’y adonnent.
- Le demandeur en dommages-intérêts doit prouver la faute du conducteur^ mais en fait, elle s’établit assez aisément par les dépositions des témoins à l’enquête. La victime doit aussi établir la relation entre la faute commise, inattention, excès de vitesse, inobservation des règlements et l’accident survenu ; il ne suffit pas de prouver qu’une voiture automobile marchait à une allure trop rapide, il faut démontrer que cette imprudence a occasionné le choc qui a blessé le demandeur. C’est ce que la Cour de Rouen, réformant un jugement de première instance, a établi avec raison le 2 avril
- 1898 : un cheval attelé avait fait un brusque écart au passage d’un automobile, projetant le cocher à terre qui s’était blessé grièvement.
- « Attendu, dit l’arrêt, que rien n’établit que la frayeur du cheval de Bonteiller ait été causée par la vitesse de l’automobile plutôt que par tout autre motif qu’il n’y a pas de rapport certain de cause à effet entre Ja vitesse de l’automobile et l’accident qui motive les poursuites dirigées contre Fis-sur» ; en conséquence la Cour déboute le demandeur. Le tribunal civil de Montbéliard par un jugement récent du 15 décembre
- 1899 semble, au contraire, présumer la faute génératrice de la responsabilité du seul fait de l’excès de vitesse. A notre avis, c’est interpréterla loi d’une façon excessive, c’est créer une sorte de présomption contre le chauffeur, que rien ne justifie ; c’est renverser la charge de la preuve au profit de la victime.
- La jurisprudence des Cours d’appel est, d’ailleurs, presque toute entière en sens contraire de ce jugement de Montbéliard ; elle veut, avec raison, que le demandeur démontre que c’est la faute du conducteur
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- 194 LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- d’automobile qui a été la cause de l’accident-.
- La conséquence pratique de ce système est que le chauffeur qui a renversé quelque véhiculeou occasionne un dommage quelconque doit s’entourer de tous les indices, faits matériels ou témoignages de nature à prouver : i° qu’il n'était pas en faute, qu’il a prévenu à temps la victime, que sa vitesse n’était pas excessive, etc: 20 que l’accident ii*esf pas la "conséquence même de sa faute.
- Si le chauffeur ne peut exciper d’un de •ces'deux modes de défense,.! devra s’efforcer de prouver que la victime a commis elle--même une faute tendant à faire admettre parle tribunal le principe de la responsabilité partagée, qui réduira de moitié le chiffre :des dommages-intérêts. Il eh sera ainsi si la voiture heurtée par l’automobile suivait la gauche de la route, si Latte.âge des chevaux en flèche était d’une longueur inusitée ou si la charge du véhicule était excessive.
- Le chauffeur imprudent sauvera'par une défense habile une partie de sa bourse, ce qui est déjà quelque chose.
- ^ Albert RODANET,
- Docteur en droit, Avocat à la Cour de Paris.
- 1 LOCOMOTION AÉRIENNE
- UN PRIX DE 100.000 FRANCS
- Une bonne nouvelle vient de remplir de joie le monde aérien. Le comité de 1 Aéro -Club, réuni samedi en l’hôtel de l’Auiomo-bile-Club, 6, place de la Concorde, a été informé de la création d’un prix de 100.000 fr. par un de ses membres, qui désirait garder l’anonyme.
- Le donateur, désireux de contribuer à la 'solution du problème de la locomotion aérienne, s’en remet à l’Aéro-Club du soin de décerner.ce prix à l’aéronaute qui, à bord d’un ballon ou d’une machine aériennequel-conque, partant du parc d’aérostation le la société ou des coteaux de Longchamp, ira doubler la tour Eiffel et reviendra au point de départ,, accomplissant ce trajet d’environ 11 kilomètres, aller et retour, sans toucher terre, dans le temps maximum d’une demi-,heure.
- Le concours est international.
- Si le grand prix de l’Aéro-Club n’est pas décerné dans un délai de cinq ans, à pa 1 tir du Ie) avril 1900, l’engagement du donateur •sera annulé. Pendant cette période, et tant "que le prix n’aura pas été attribué, ilverse-rà chaque année l’intérêt delà somme, soit -4:^000 francs, au comité de l’Aéro-Club, qui -lé distribuera au$c expérimentateurs qui lui paraîtront mériter un encouragement.
- Les engagent rts peuvent être adressés d’ores et déjà à .1. Emmanuel Aimé, secrétaire général de l’Aéro-Club, 48, rue du Colisée, Paris.
- Si nous sommes bien informés, le géné-reuxdonateurneseraitautreque M. Deutsch, dont on ne saurait trop louer l’intelligente initiative.
- Voilà un problème nettement posé et . possible à résoudre. La vitesse demandée est de 22 kilomètres à l'heure. Rappelons que dans l’ascension faite le 23 septembre 1883 par MM. Renard et Krebs dans leur ballon dirigeable La France, ce fut justement là la vitesse obtenue.
- M Deutsch a donc double mérite : il offre une forte somme et il est à peu près sûr d avoir à la donner. L’année ne se passera pas avant que M. Santos Dumont ou un autre ne se l’attribue, pour le plus grand bien de ses travaux à venir.
- UN BON PETI T
- Vous souvenez-vous de la grande guerre qui fut, à l’occasion de la course de Paris-Amsterdam, déclarée entre l’administration et les chauffeurs prenant part à la course. L’administration, mal inspirée ce jour-là, comme cela lui arrive quelquefois, avait mis tous les torts de son côté. C’est-elle qui avait commencé, sans motif et sans provocation de notre part. Ce fut une belle lutte. En l’espèce l admmistration était représentée par un aimable homme, qui nous fut alors fort désagréable par ordre. C’était M. L. Bochet, ingénieur des mines. Ce fut à lui qu’on s en prit et nous lui rendîmes fèves pour pois. C’était à qui, dans nos journaux, lui décrocherait les phrases les plus cinglantes et les entrefilets les plus désagréables. Enfin la paix fut conclue. On choisit au concours M Hommen, un charmant garçon s’il en fût, pour servir d’Etat-tampon et la concorde recommença à régner ; je suis convaincuque, parmi les rudes joûteurs qui furent alors les plus enragés à échanger des coups, c’est à peine si l’on se souvient de ses batailles épiques. On est amis maintenant et on se le prouve à l’occasion.
- Je vais le prouver à M. L. Bochet, contre lequel je fus alors un des plus enragés, et cela en disant tout simplement le très grand bien que je pense de l’excellent petit volume qu’il vient de publier à la librairie Dunod sous le titre : Les Automobiles à Pétrole, essai de description méthodique générale (f). Je ne connais pas personnelle-
- (1) les automobiles a PÉTROLE, essai de description méthodique générale par l. bociiet, Ingénieur des mines; Vve Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Granrls-Augustins, Paris.
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- fcA L0G0M0T1ON AUTOMOBILE 195
- .nrent M. Bochet et il est très possible qu’il m’ait gardé rancune de certains articles d’autrefois. Cela me met très à mon aise pour dire que son livre est admirablement fait et que ses cent pages sont plus utiles à lire et plus instructives qpe bien des gros bouquins.
- * « Essai de description méthodique générale » Jamais titre ne fut plus justifié ! L’auteur a renoncé à la pratique courante qui consiste à faire un volume en découpant et en cousant ensemble des articles empruntés ^aux journaux spéciaux II se borne à nous ^donner, en style très clair et très limpide, avec une précision absolue, la description de tousdes organes de la voiture automobile à pétrole. Des dessins purement schématiques mais aussi faciles à comprendre que le texte, donnent à son étude un très grand intérêt. Je viens de faire lire cette brochure à mon fils aîné qui a dix-huit ans. Il n’a pu s’empêcher de me dire : - « C’est joliment bien fait ! » Et il a eu raison car ce petit ouvrage est très savant, sous ses apparences modestes et il était, je crois, impossible de ; mieux réaliser le programme que s’imposait l’auteur.
- Lisez donc tous le petit volume de M. Bochet, Vous le comprendrez sans la moindre difficulté et vous ne regretterez pas le temps que vous aurez passé à cette lecture. Inutile d’être un ingénieur fort en x pour le comprendre. C’est VA- B. C. des chauffeurs, mais c’est un A. B. C. qui est, comme dit mon fils, joliment bien fait.
- Gaston SENCIER.
- CEUX fin NE COMPTENT PAS
- Notre confrère Georges Prade écrivait l’autre jour dans le Vélo d’amères — et justes — réflexions sur l’indifférence de la Presse politique envers ceux qui se consacrent, sans tapage, aux recherches industrielles. De son article, aussi bien écrit que bien pensé, nous extrayons ce qu’on va lire, qu’on ne saurait trop approuver.
- Je ne sais si vous avez eu, comme moi, la eu riosité de parcourir nos divers confrères qu’on nomme généralement de la « Gran’e Presse » pendan' la semaine qui vient de s’écouler et qui a suivi la mort de Daimler.
- Hors des rubriques, et de quelques rares rubriques sportives à la troisième ou à la quatrième page, après la bourse et les cacaos célèbres, pas une ligne, pas un mot.
- Les lecteurs de ces feuilles ignorent à volonté la mort comme ils ignorèrent la vie et l’œuvre de l’homme à qui l’on doit le moteur à pétrole et
- l'automobile, le,, chemin de fer sur route, quelque chose en un mot qui fera sensation et plus tard laissera trace dans les histoires de la civilisation. Ainsi , mourut inconnu Denis Papin, il y a deux siècles ! : ‘
- J’ai- pu lire de suggestifs . échos sur la'toilette portée au dernier Auteuil ou au- dernier Long-champ, pan telle demi-mondaine à particule eî-tra-nobiliaire. - ' L - ^ \JOÏ
- J’ai lu, avec des larmes dans les yeux, qu’un chien où un chat enragé'avait été aba tvffdans tel quartier suburbain par un agent intrépide, mais en vain, j’ai chèrché quelques 'lignes nous retraçant l’œuvre et la vie, nous annonçant la mort de l’homme auquel l’humanité doit une de ses ac. tuelles joies, auquel des milliers; d,'hommes doivent actuellement leur pain.
- Que voulez-vous? Nos journaux politiques sont -ainsi fait s. Il y a pour eux, ceux qui comptent et ce sont ceux qu’on connaît et çeux qu’on ignore, ceux qui ne comptent pas. Daimler lut unsde ceux qui ne comptent pas. Il prenait d’ailleurs.rarement l’apéritif sur'es beu'evards, on ne le voyait ni aux courses, ni aux grandesgremières^où s’établissent la réputation des toilettes des femmes et del’esprit des hommes. : r •
- Il vivait ignoré, dans on ne sait quel trou d’Allemagne, à Canttstatt(qui donc connaît Car.nstatt?) Il est vrai qu’il y inventa l’automobile, une fantaisie de tète folle qui représente actuellement en France un capital d,’au moins un ou deux milliards, mais il, eut le tort grave, impardonnable de n’être ni député chahuteur, ni cabotin, ni bou-levardier et l'on ne parla pas de lui.
- Au fond, n’est-ce pas, c’est lui qui fut dans son tort. On n’a pas idée d’avoir du génie et de le cacher comme ça 1...
- ....Lorsque nous étions âu lycée, r:os professeurs nous enseignaient avec l’histoire la façon dont on comprit l’histoire jadis. 1
- Et c’étaient des joies sans..fin àjfcuilleter, par exemple, le livre de Çangeau, cet’ échotier de Louis XIV, numérotant les purges'et les tisanes de son roi pour la postérité et oubljant’en revanche la mort de Molière et.l’invention de la machine à vapeur ou à filer.
- An restait attristé devant ce lamentable journal de Louis XVI, cù le roi note ainsi les journées de juillet 1789 : 12 juillet, réception. 13 juillet,
- chasse. 14 juillet, ri.n.
- Et l’on ajoutait toujours : « Aujourd’hui au moins, grâce aux journaux, nous aurons des documents autrement complets, des tableaux autrement vivants, des aspirations et des idées de toute une époque, de scs forces et de ses transformations, en un mot de ce qu’elle fut ».
- Voyez plus haut. Vous aurez la réponse.
- Heureusement que tout passe et que tout s^ff^ce pour renaître avec une autre perspective et un autre ordre. Les esprits d’élite, les grands créa* teurs ont peur evx le temps. Les petits enfants de l’école savent aujourcl’hui des noms de sayants qu’ignorèrent leurs princes et les rois, leurs contemporains. L’histoire a ses vengeances et la gos* térité ses mépris, comme leurs tardives reconnais*
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- LA LOCOMOTION AUTO^OBJLE
- sances pour les grands créateurs d’énergie et de vitalité. Et ce sont ceux qui comptaient qui ne comptent plus, ce sont ceux qu’on ne comptait point qu’on célèbre! Ainsi l’a déjà dit l’Evangile...
- Ajoutons aussi qu'il n’en faut que féliciter davantage lesjournaux comme la Presse, ]e Journal Y Echo de Paris, le Petit Parisien et d’autres dont la rubrique sportive est toujours si bien informée.
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- LES COURSES
- PARIS-ROUBAIX (ye année. — 75 avril)
- ‘ Le premier départ — celui des cyclistes — 'aurr lieu à « 8 heures et demie précises » de Cha-tou, de faço 1 à ce que le gros des arrivées -te produi e durant l’après-midi.
- Quart aux chauffeurs, le signal ne leur sera donné qu’à « 10 heures et demie» ; se basant sur les vitesses obtenues dans les récentes courses de motocycles, le Vélo estime ce handicap nécessaire pour permettre aux vainqueurs des deux catégories d’arrner à peu près en même temps au vélodrome.
- Acrès sept heures du soir, les arrivées à Roubaix seront constatées au Café Léon, bou’evard de Paris. v
- Voici les engagements déjà reçus *
- 1. H. Meyer ; tf
- 2. H. Béconnais ;
- 3. V. Rigal ;
- 4. Marcellin ; , :j
- 5.Osmont ;
- 6. Faiteau ; f
- 7. Lerod ;
- 8. P. Baras ;
- 9. P. Granclaude ;
- 10. Tart ;
- 11. L. Willaume ; t)
- 12. L. Bathiat ; j
- 13. A. Martin ; [
- 14. G. Rivierre ;
- 15. Champobeau ; ,1
- 16. Mlle Léa Lemoine ;
- 17. Noël. d
- On remarquera parmi les derniers noms èelui de Mlle Léa Lemoine, la « chauffeuse » parisienne qui a déjà remporté quelques succès à mo-tocycle. Ce serais première fois qu’on verra^u ie femme participer à une course d’aussi longue distance et si, comme c’est probable, la gagnante du « Championnat des Chauffeuse s » arrive jusqu’au bout, elle peut être sûre d’un joli succès auprès des populations du Nord.
- l’entrainement AUTOMOBILE
- Les records sur route avec entraînement au o-mobile ont vécu... en Angleterre. LaRoad Record Association ignorera désormais cette sorte de
- performance. La presse anglaise félicite l’association routière de son énergique décision et fait à la victime une oraison funèbre plutôt fraîche. Le record a\ ec le secours mécanique était, dit-elle, une plante de serre chau le qui nous plut d’abo'd par sa nouveauté, mais ne pouvait pas vivre en plein air. Ces folles chavauchées compromettaient le bon renom, et l’existence d’un sport déjà traqué par la police « et mal vu du public ».
- POUR LA COUPE GORDON-BENNETT
- L’Autoroobile-Club de Belgique n’a reçu encore comme inscriptions pour la Coupe Gordon-Bennett que celles de MM. P. de Caters et Jenatzy.
- COURSE A ENGHIEN
- L'Union Cycliste d’Enghien fera disputer dans le courant du mois d’avril, une course de motocycles par invitations, sur le parcours Enghien-Beauvais et retour.
- LES RECORDS A MOTOCYCLE
- Le coureur-motocycliste Gasté s’était rendu à la Ferté-Saint-Aubin, à une vingtaine de kilomètres au-delà d’Orléans, pour tenter plusieurs records à motocycle, notamment cenx du kilomètre, des dix et cent kilomètres.
- Malheureusement, les dix et cent kilomètres ne pouvaient être tentés à cause de l’é at de la route sur certains points entre la Ferté et Vierzon. De nombreux arbres, parmi ceux que le dernier ouragan a abattu% étaient encore couchés sur le bord du chemin, ce qui eût rendu toute tentative dangereuse.
- Gasté s’est alors rabattu sur les records de petite distance.
- Le temps était très beau, d’ailleurs, le vent du nord-est souffl *it faiblement ; voie en tous points magnifique.
- C’est entre les bornes 54 et 56, dft onze heures à midi et demi, que le recordman a fait divers essais sur les distances suivantes : le kilomètre, le mille et les deux kilomètres, départ lancé et arrêté ; en tout six tentatives.
- Le kilomètre départ arrêté a été couvert en $68.3(5.
- Le record a donc été battu. Il était détentrpar Béconnais, qui avait couvert à Achères le kilomètre (arrêté) en 59 s. 2/3, le 24 janvier dernier.
- Gasté a été moins heureux pour le kilomètre lancé. Cette fois, il a été fait en 46 s. 3/5 Record, Béconnais à Achères, 42 s. 4/3.
- Les troisième et quatrième tentatives ont porté sur le mille. Voici (es résultats : mille (départ arrêté) 1 m. 23 s. Ijÿ. Mille (départ lancé) 1 m. 15 s. 7/5.
- Les records sont non pas battus, mais établis, car aucun record du mille sur route n’avait encore été officiellement chronométré.
- Enfin, les cinquième et sixième tentatives ont été faites sur les deux kilomètres. Elles ont donné les résultats suivants :
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 2 kil. (départ arrêté) i m* 42 s. 2/5.
- 2 k l, (départ lancé) 1 m. 32 s.
- Le record des 2 kil. (ariêté) a été manqué d’un cinquième de seconde, ou plutôt de deux pour être battu. Béconnais les avait couverts à Achères en 1 m. 42 s. 1/5.
- Gasti montait un tricyc’e Libérator muni d’un moteur Sôncin.
- COURSE BORDEAUX-PÉRIGUEUX
- L’Automobile-Club Bordelais a décidé que le retour se ferait par Ribérac, Angoulème et Barbe-zieux pour toutes las voi‘ures de 8 chevaux et au-dessus. C’est sur ce dernier itinéraire que sera couru le Championnat du Sud-Ouest.
- * *
- M. le baron de Zuylen a accepté la présidence d’honneur du Congrès National d’automobilisme organisé à Périgueux le 3 juin prochain par l’A C B et le VéJoçe Automobile-Club de la Dordogne. Plusieurs clubs ont déjà envoyé leurs adhésioiw. Ceux de Toulouse et de Marseille se eront représenter.
- L’Automobile Vélo-Club de Nice a désigné M. Charles Gondoin comme délégué.
- * if
- Une exposition d’automobiles se tiendra à Périgueux à l’occasion du Congrès. Il y aura plusieurs attractions nouvelles, entre autres un concours -d’élégance qui sera fort apprécié du public.
- * *
- L’Automobile-Club Bordelais a créé à l’occasion des manifestations qu’il prépare pour les 3 et 4 juin un concours de Photographie; des prix consistant en médailles seront décernés aux meilleures épreuves.
- * *
- L’A V C de Nice a été nommée Société corres pondante de l’A C B et réciproquement l’A C B a obtenu la correspondance avec l’A V C N. Les membres de l’A C B peuvent être admis à l’A V “ C N sans baÜotage et sur la simple présentation de leur carte de sociétaire.
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- AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- Scrutin de Ballottage du 21 Mars 1900.
- Ont été admis MM :
- c Marcel Collin Dufresne. Ancien attaché d’Ambassade. Chateau de Rochepleine, St Egrôve (Isère).
- Céza Szarvady. Ingénieur, Répétiteur du Cours d’Electricitô à l’Ecole Centrale, 21, Rue du Mont Thabor,
- Edgard Lyon. Propriétaire, 90, Boulvards de Courcplles.
- Mariano Acosta. Rentier, à Buenos Ayres. Louis Amiard. Avocat, & la Cour d’Appel, 5, Rue Nicolas Flamel,
- le Comte Albert de Nioac. Propriétaire, 10, Rue de Vienne.
- Nathan Baer Administrateur de la S icié'é les Automobiles K-'cli, 69, Rue-de Cuuroelles.
- le Baron du Mesnil de St Fiort Propre* taire 1)1, Avenue des Chimps Elysées.
- Balsan.
- Georges Hainot. 21, Avenue Montaigne Maurice Versein. 9), Avenue do la République il Caudéran (Gironde).
- Nombre exact des Membres à. co Jour ; 2.291,
- —---------4------—-
- la mmi m; mu:
- Dimanche 25, a eu lieu la bataille d§ fleurs automobiles qui a été on ne peut mieux réussie, Public nombreux, temps ma? gnifique, automobiles fort bien décorées et en assez grand nombre, puisqu’on pouvait en compter plus d’une trentaine.
- Voici la liste des lauréats ;
- Grandes Bannières du Camiié de» fêtes ;
- MM. Woronins, Stead, Clérissv-Gondoin, locomotive Florès - Deville , Desjoyeaux-Fernandez, Frisbie.
- Grandes Bannières de /’A. V. C. N. :
- MM. Chauchard, Poppelbraun, Johnston, Abel Süe, Hancy, Mrae Bob Walter; MM. Puslowski, d’Anbreby, comte Petting, Wilson, Thiebaut, Rogues.
- Bannières : MM. Begeon, Dupré, comte Revelière de la Revelière, Venderphum Siéger, Garibaldi, Faraut, de Laire.
- Un souvenir a été donné à la voiture 33, à M. Audibert-Lavrotte.
- Nous notons encore nombre d’autres voitures occupées par des combattants et des combattantes émérites.
- Grande animation devant la tribune du Comité où nous remarquons :
- MM. le roi et la reine de Saxe, le duc Georges de Leuchtenberg, le prince et le duc d’Oldenbourg ; M. Jacques Gondoin, le sympathique président de l’A. V. C. N. MM. A. Gauthier, Xantho, J. Durandys Laffon, etc, etc.
- En somme, manifestation splendide dont tous les spectateurs et combattants ont emporté un charmant souvenir. Cette bataille de fleurs ne contribuera pas pour peu à faire entrer les automobiles de plus en plus dans nos mœurs. C’était cette année, l’A. V. C. N. qui avait pris en main l’organisation de ;cette fête. C’est pour nous, un grand plaisir que de féliciter de sa réussite le bureau de l’A. V. C. N. et son digne et distingué président, M. Jacques Gondoin. La devise du Club semble être ; Toujours en avant. Nous ne pouvons que l’en féliciter.
- Cette manifestation sportive était encore rehaussée par la présence de nombreux membres de clubs étrangers, tels que l’Auto*
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- mobile-Club de Florence avec le prinpe Strozzi, président, le marquis Lorezzo Gin'o.-ri, vice-président ; M. A. Cappellini èt M. Tognetti. — L. BARETY.
- Après le corso automobile de dimanche la journée de lundi était consacrée aux deux courses simultanées de Nice-Marseille pour les coulreuns et Nice-Draguignan pour les touristes. Le lendemain mardi devait être consacré aux retours ; malheureusement après le beau temps du lundi la pluie, ce n’est pas assez dire, de véritables cataractes s'effondraient tout le long de la côte d’Azur,‘"ravinant les routes, faisant déborder les torrents, la tempête comme elle souffle aux bords de la Méditerranée quand elle s’y met,;' "v: . - I
- ' De-ce fait, la course MarseillerNice a sorn--bré sous les rafales^et cette épreuve si bien j'commencée.slest effondrée donna uf. lieu à d'inextricables ^complications dont loi organisateurs sertiront difficilement»,. rc D’ailleurs ces.dificultés ne pejivent Surgir:'.qunpour la.répartition des prix,.\Eh ce .qui i. nous occupe _.no.iis né deVOri§. tenir -compte que de la .première jojirnée, ,tpjrt au moins pour les coureurs.-de vitesse...
- ,n: •... NICE-MARSEILLE C
- _ , Par 'Cannes,. Fréjus, Le Luc., Baignoles, Saint-Maxiriffn, Trets, Gardanne (contrôle d’arrivée). jt$6 kilomètres. Départ à 7 h., du matin devant le .Çercle de la Méditerranée. " -
- f-,-h :' • "•
- ' J‘ ' “ Prix de “Nice
- -Voitures pesant plus de 400 kil. et portant ' I ''.-i au: moins 2 voyageurs côte à côte
- Au i*r : 1 300 fr. Médaille Vérmeilde l’A.C.F. et répartition du t. primé. .
- Au 2e : Méd i!e d’Or de l’A.C.I. de Turin et répartition du t. primé. J "
- 3 000 fr. à répartir suivant les règles du temps 'primé au tiers. ' \
- Sont partis : ?
- 4». Charron Panhard 16 ch
- - y. Girardot Panhard T6 ch.
- ,6. Mercédès Daimler 24 ch.
- “ - 8. M’ercédès Daimler 24 ch.
- -;i6. René de Knytï Panhard 16 ch.
- Gilles Hourgières Panhard 12 ch.
- - 22; Levegh Mors 12 ch.
- ‘ 26. Boson de Périgord Dietrich 18 ch.
- 30. Pinson ’ * ' 'i' Panhard 12 ch.
- 38. Gui des Aunaies Panhard 12 ch.
- ' 48. Labouré _ c La Parisienne. -
- '55/ KœchlhP - ' Peugeotl . . 18 ch.
- 0 l Jns: 2 -i. ‘. C .
- Sois 6 Panhard,--3. de Dietrich,-2 Daimler, oiyPeugep|,La Parisienne* 1 ,Mors, ^ont
- icrpicfi:lf..^la,Sÿ«5%e%ÿicr iï
- 1. R. de Knyff, en 3 h. 25 m. 3Q s. ; Panhard 16 ch.
- 2. G. Hourgiôres, en 3 h. 32 m. 1 s. ; — 12 ch.
- 3 Charron, en 3 h. 33 m. ; — 16 ch.
- 4. Pinson, en 3 h. 44 m. 32 s. ; — 12 ch.
- 5. Lovegh, en' 3 h. 49 m. 37 s. ; Mors 12 ch.
- 6. B.'de Périgord, e.n 3 h, 52 m. 47 s. Dietrich 18 ch,
- 7. Girardot, en 3 h. 52 m. 53 s. ; Panhard 16 ch.
- 8. Kœchlin, en 3 h. 59 m. 35 s.; Peugeot 18 ch.
- 9. Labouré, en 4 h. 51 m. 32 s. ; La JParisïënne.
- 10. Mercedes, en 4 h. 52 m. 49 s. Daimler 24 ctf.
- Sur les 12 partants 1 Daimler de 54 ch. et 1 Panhard de 12 ch. ne sont pas classées.
- Prix de la Méditerranée 7
- . . Véhicules motocyclettes, nj.otocycles ou voi-furettes pesant moins de 250 kilos, ,
- Au ier 500 fr., Médaille d’Argent de l’A.C.F. et répartition du temps primé, . , , ,
- Au 20 : Médaille âe Bronze de l’A.C.I. de Türin et répartit ôn du temps pr nié.
- 1, oôo'" fr. à ré j artir e trè lés cpn çurrênts suivant les'régi s du temps'primé au ti.érs^; '
- ' ‘"Sont partis : •...' . •
- 23. Marcellin Perfecta. . , 6 ch.
- -25.-De Méaulne - -De Dion' ,3 ch.
- 28. Gasté .... Libérator 4 ch. i\2
- 31. Béconnais Perfecta 4 ch. ij2
- 35. P. Baras ~ ' Clément 3 ch.
- -47. Ducom ... < j' J......... Autômoto 2 chVij4
- ^O.iRebojtll..... .v •. j, >;/
- 51. Gavasse . L c :: in&d . . :
- 55. Jouan (cadet) ... . Pliébus 2 ch., 1 \2
- 57. Allègre u - Libérator 2 ch. ij2
- 55. Gleize De Dion 3 ch.
- -64. Bardiri - Phébüs 4 eh. ij2
- 65. Teste De Dion 3 ch. J
- :J66. Joyeux ’ ; ’ Perfecta
- 72. Fernandez - :: ' - --
- 84. Léonard Motocyclette
- 88. Renaux-Bonnard 1 90. Camus .... .. j
- Classement à l'arrivée :
- 1. BECONNAIS, en 3 h. 23 m. 11 s.; Perfecta.
- 2. Teste, on 3 h. 44 m. 25 s.; de Dion.
- 3. Marcellin, en 3 h. 46 m. 11 s ; . Perfecta.
- 4. Joyeux, en 3 h. 51 m. 32 s.; Perfecta.
- 5. Bardin, en 3 h. 52 m. 20 s.; Phébus.
- 6. Gasté, en 4 h. 25 fn. 5 s. ; Libérator.
- 7. De Meaulne, en 4 h. 26 m. 40 s. ; de Dion.
- , 8. Baras, en 4 h 52 m. ; ... Clément-
- s ; 9. Allègre, en 5 h. 0 ni. 7 s. ; Ç : • ' ’ Libérator.
- 10. Bertin, en 5 h. 18 m. ; i
- 11. Cavasse, en 5 h. 27 m. 15 s. ;
- 12. Ducom, en 5 h. 55 m 58 s.; ( Automoto.
- 13. Bonnard, en 5 h. 46 m. 33 s. ' Wernèr.
- Prix de la S. des Bains de Xi^r de Monaco
- Voitures pesant pltîs de 25b kil. &t moins de 400 kil. et portant au moins 2 voyageurs côte à côte. '
- Au i*r : 500 fr., Médaib d’Argent de. l’A.C.I. ' "de Turin et répartition du Lmps primé.
- Au 2* : Médai le de Bronz ; de l’A.C.F. etré-.pavtitîoh du'temps pfimé; •i'y' "’j- -
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 1.500 fr. à répartir enfre les concurrents suivant les règles du temps primé au fers.
- Classement à l'arrivée :
- ; VOITTJRETTES
- 1. Clérissy, en 6 h. 7 m. 23 s. ;
- 2. Dubois, en 6 ii. 39 m. 50 s. ;
- 3. Thérv, en 7 h. 14 m. 25 s. ;
- 4. ;Van Berendonk, en 7 h. 25 m. 17 s. Eole.
- NICE-DRAGUIGNAN
- Par Cannes, Fréjus et Le Muy. 96 kilomètres. Départ à n h. 1/2 devant le Cercle de la Méditerranée.
- Prix des Alpes-Maritimes
- Véhicules motocyclettes, motocycles ou voiturettes pesant moins de 250 kilos.
- \a
- Au Ier : Un objet çJjArt de la va'eur de 100 fr, et une Médaille dé Vermeil de l’A.V.C.
- Au 2e et au 3e : Médaille d’Argent de l’A.V.C» Sont partis :
- 40. Aimé Deville 42. L. Canning 49. Florès 52. Cheillan 67. P. Chauchard
- Cottereau 2 ch. 1J4 Werner 1 ch. i[4 De Dion 2 ch. i|4
- Renau't 4 ch.
- Prix de Turin
- Voitures pesant plus de 250 kil. et moins de 400 kil. montées par a personnes côte à côte. Au Ier : Un Objet d’Art de la va'eur de 200 fr. et une Médaille en Vernie 1 de l’A.V.C.
- Au 2° et au 3e : Médaille en Argent.
- Sont partis :
- 45. Cornilleau Decauville
- 46. Ravenez Decauville
- 87. Prénil Cottereau.
- Prix de Marseille
- Voitures à 4places pesant pins de 500 kilos et moins de 1 000 kil. portant au moins 4 voyageurs.
- Au ier : Un Objet d’Art de la Valeur de 300 fr. et une Médaille en Vermeil de l’A.V.C.
- Au 30 : Un Objet d’Art offert par la Place Cli-chy et une Médaille en Argent de l’A V.C.
- Sont partis :
- 1. Paul Chauchard Gobron-Brillié
- 14. Li big 54. Cuénod
- Prix de Draguignan
- Voitures pesant plus de 1 000 kilos, à 4 places et au-dessus, portant : 6 personnes ou y personnes et 70 kiL ou 4 personnes et 140 kil.
- Au Ier : Un Objet d’Art de la valeur de 300 fr. et une médaille en V«rmeil de l’A V.C.
- Au 2e : Un Objet d’Art offert par ia Ménagère et une Médaille en Argent de l’A.V.C.
- Au 3e : Médaille en Argent dè l’A.V.C. Sont partis :
- 21. Valton Mors 12 ch.
- 27. Baron de Turckeim Dietrich 18 ch.
- 60. Stead Daimler 24 ch-.
- 63 Bergeon 68. Audibert-Lavirotte Aud Lav.
- 74. Ducroiset Ducroiset 12 ch.
- Voici le classement :
- Motoeycles et voiturettes
- 1. Florès 5 h. 32 m. Cottereau.
- 2. G. Richard 6 h. 19 m. G. Richard.
- Voitures an-dessous de 400 kgs.
- 1. Ravenez 4 h. 54 m. Decauville.
- 2. Cornilleau 5 h. 49 m. Decauville.
- 3. Pieuil 6 h. 21 m. Cottereau.
- Voilures au-dessous de 1 000 kgs.
- 1. Chauchard 4 h. 45 m. ' Gobron-Brillié.
- 2 Liebig 5 h» 31 m.
- 3. Cuénod 6 h, 10.
- Voitures au-dessus dé 1 000 kgs
- 1. Stead 3 h. 58 m. Daimler.
- 2. Valton 5 h. 17 m. Mors.
- 3. Bergeon 5 h. 49 m.
- 4. Audibert 5 h. 52 m. ' Aüd. Lavirotte.
- Le spider n° 8, Mercédès, qui était monté par M. Portai et conduit par M. Brown s'engagea en prenant un virage dans un caniveau. Le spider parcourut une centaine de mètres ayant deux de ses roues à vide. Arrêté par une passerelle en maçonnerie jetéeau-dessusdu caniveau, le spider grimpa le talus voisin, enfonça une haie vive et fit panache. '
- M. Brown n’a rien eu ; M. Portai a été assez gravement blessé à la figure. La voiture est sérieusement abimée.
- Charron était en tête lorsqu’un accident d’électricité l’a obligé à s’en remettre à ses brûleurs.
- Levegh a perdu, lui aussi, 30 minutes en crevant alors ‘qu’il était en tcte et qu’il croyait tenir la course.
- Un curieux accident dont les conséquences auraient pu être très graves s’est produit au moment où l’animation autour des voitures était la plus grande.
- La voiture de M. de Knyfï était rangée le long de la bordure du trottoir, côté de la mér. La voiture était arrêtée, moteur arrêté, mais embrayé, les brûleurs allumés. La voiture de M. GillesHoürgières arrivant par derrière, heurta légèrement le duc de René de Knyff.- r
- Le choc provoqua la mise en marche du moteur, la voiture de de Knyff ne fit qu’un bond et franchissant la barrière des plates-bandes voisines, alla heurter un des palmiers qui jalonnent la promenade ^contre lequel elle s’arrêta.
- Heureusement, la voiture n’a rien eu et M. de Knyff a pu, peu- après, se ranger sous les ordres du starter^
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- 200 LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA VOITURETTE DE DION-BOUTON
- Comme nous l’avons annoncé dans notre dernier numéro, nous entreprenons la publication d’un travail comp'et fait par M. Wolff sur la voiturette de Dion-Bouton, L’auteur -a fait graver qnantité de figures auxque’les renvoie le texte de ses articles. Nous avons cru utile et intéressant d’en grouper ici la plus grande partie. Les figures ci'dessous sont par elles-mêmes assez claires pour suppléer à toute description pour tous ceux qui sont familiarisés avec les
- dessins de mécanique. On remarquera en particulier sur les pages qui suivent les dix figures schématiques, de 12 à 21, qui font apparaître sur un fond toujours le même, successivement les différents ensembles tels que direction, circulation, allumage, etc. marqués sur chacune d’elles en traits plus accentués que le reste. En suivant attentivement ce-: figures on se fera déjà une idée fort nette du mécanisme de cette voiture dont la description détaillée suivra.
- Fig. 2, — Ghdssis, ensemble du mécanisme,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Fig. 9. — Appareil de changement de vitesse
- cv-
- Fig. 11. — Arbre à la cardan.
- Schéma de la directions
- Fig* 13.
- Schéma de la carrosserie.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- fJ
- Fig, 18.—Schéma de l'appareil et del’embragage
- Fig. 19. — Schéma des manettes,
- Fig, 20. — Schéma des /rein»,
- Fig, 21, — Schéma de Vallumage,
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- LA LOCOMOTION » AUTOMOBILE
- 205
- LE RAMASSE-FIBTONS
- En France, dès que quelques chauffeurs trop insoucieux de la sécurité d’autrui se rendent insupportables par leurs excès de vitesse dans les endroits tiéquentés, on s’efforce, malheureusement sans beaucoup y réussir, de calmer leur excès d’ardeur. Les uns veulent qu’on fonde une Société protectrice des piétons, analogue à la Société protectrice des animaux.
- Le mot a été dit. Evidemment notre confrères Huges le Roux serait tout indiqué pour la présidence de cette nouvelle ligue. D'autres préconisent d’autres moyens plus ou moins baroques. Un de nos abonnés nous écrit très sérieusement pour émettre l’idée suivante :
- « L’ingénieur chargé de faire passer les <« examens de capacité à tous les chauffeurs « se rendrait compte personnellement de la « vitesse que leur voiture pourrait prendre « en palier. Une fois cette vitesse constatée « et notée, l’ingénieur dirait dans quelle ca-« tégorie cette voiture doit rentrer. Il y au-« rait trois catégories :
- « Les voitures ne pouvant pas dépasser « une allure raisonnable, les voitures mar-« chant vite et les voitures de très grande « vitesse. On imposerait une couleur obli-« gatoire à chaque catégorie : Bleu clair « pour la première ; jaune pour la seconde ; « rouge pour la troisième. Quand les pié-« tons verraient passer une voiture bleue «ils ne s’effrayeraient pas trop. A la vue « d’une voiture jaune on commencerait à « ouvrir l'œil. Par exemple, lorsqu’on « apercevrait une voiture rouge tout le « monde se sauverait, ce serait la grande «terreur. »
- L’idée est peu pratique mais elle est drôle, Elle est tout aussi peu réalisable que celle de la Société protectrice des piétons, mais elle possède un cachet d’originalité infiniment supérieur.
- Il y avait une solution sérieuse au problème, c’est celle qui a été proposée par un de nos sympathiques collègues de l’Auto-mobile-Club et qui consistait à donner aux voitures des nomc, comme aux yachts, lesquels noms se.aient inscrits en caractères bien lisib’es sur leur panneau d’arrière. Cette idée-là était très pratique et très attrayante. On lui a fait un succès lorsqu’elle a été lancée, puis personne n’en a plus parlé. C’est regrettable et je voudrais bien qu'on rendît obligatoire ce baptême des automobi.'es. Ce serait autrement gracieux que l’apposition d’un gros numéro.
- Il y a enfin, comme moyen de protéger les piétons, celui que vantent certains inventeurs américains. Il consiste simplement à munir l’avant des voitures d’une sorte de
- panier destiné à cueillir délicatement le piéton. C’est le « ramasse-piéton. » On en a employé sur certains tramways électriques. Pourquoi n’en mettrait-on pas sur les automobiles ?
- Je ne dis pas qu’on n’en ait pas mis sur des tramways, mais cela ne marchait pas du tout. Je me souviens encore d’une très amusante série d’expériences auxquelles j’ai assisté, il y a deux ans, à Hambourg, avec les membres de l’Union Internationale des Tramways. Les tramways de Hambourg constituent une entreprise colossale, admirablement bien menée. Le directeur de la Compagnie avait fait préparer une série de mannequins grandeur nature, rembourrés avec des copeaux. On jetait ces mannequins devant une voiture de tramway lancée à moyenne vitesse. Tous les mannequins furent broyés, malgré le ramasse-piétons. Ce n’était que bras et jambes cassés, ou ventres écrasés, têtes fendues. Ce fut un éclat de rire général.
- Je doute donc fort de l’avenir du ramasse-piétons. Il faut trouver autre chose.
- Gaston SENCIER.
- -------♦--------
- INFORMATIONS
- Automobile-Club de Liège. — Nous avons reçu la lettre suivante que nous insérons avec plaisir :
- « Je fais appel à votre obligeance pour obtenir, dans les colonnes de la Locomotion Automobile, une rectification de votre article donnant le résumé du règlement de 1’ « Automobile-Club Liégeois, »
- » Plusieurs journaux français se sont occupés de ce règlement et nous en sommes fort flattés ; mais d’autres feuilles, comme le Vélo, l’ayant trouvé d’une chinoiserie intense, je viens vous prier, dans l’intérêt de la vérité, de bien vouloir remettre fis choses au point.
- » Ce règlement n’a pas été élaboré en vue d’une
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- Là’ locomotion automobile:
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- 'épreuve annuelle ou publique, mais uniquement en vue de donner une homologation sur un parcours imposé, très du-r, aux ballades des membres de l’A. C. L., désirant une sanctionofficielleàla bonne marche de leurs voitures. : ..."
- » Le concours est ouvert du 15 avril au 1e1' août; toute voiture est accompagnée d’un contrôleur chargé d’appliquer le règlement en remplissant une feuille de route ad hoc.
- » Ce règlement est donc tout intime, établi en vue de nous distraire et n’a pas la portée que certaines feuilles ont semblé lui prêter.
- Voilà les grandes lignes.
- » Veuillez agréer, etc. Pour le Comité, Edmond DRESSE.
- Eu-Le Tréport-Mers. — Dans notre région (où pendant 4 mois de l’année, l’automobile fait fureur) calme absolu jusqu’à ce jour. — Sauf votre serviteur, qui par nécessité sillonne le pays en tous sens et par tous les temps (et surtout par quels temps !!) pas de chauffeur sur nos belles routes. •Car ici les routes sont belles ; et de Dieppe à St-Valéry-sur Somme, du Tréport-Mers à Abbeville ou à Aumale, on peut chauffer sans crainte ! notre voisinage avec Paris (183 kilomètres) devrait tenter les chauffeurs parisiens, car, grâce aux teufs teufs, nous sommes presque un faubourg de la capitale. f
- Que nos collègues parisiens viennent ici, et ils seront enchantés de leur voyage, voire même de leur séjour. Ils recevront bon accueil, et auront .à ffeur portée (ce qui ne gâte r en) une. usine, où l’on -labrique la voiturette, où l’on s’occupe également de la vente et de la location de tricycle à pétrole. Ils y trouveront garage, essence, huile, recharge d’accumulateur , et ouvriers les plus habiles.
- Que, si quelques chauffeurs de P^ris se décident ‘à tenter l’aventure, ils soient assurés d’avance, que nous serons heureux de leur faciliter leur séjour sur, nos belles plages, et que nous sommes à leur disposition pour tous renseig ements utiles.
- P. DALL.
- L’Exposition de Vérone. — L’Exposition industrielle nationale de Vérone qui ouvrira le 22 avril pour durer jusqu'en juillet, comprendra une section automobile.
- Pourront expo ter dans cette section les cons-’ tructeurs étrangers ayant un représentant italien. Le prix des stands a été fixé à vingt francs le mètre.
- Au KIondyke. — D’après un correspondant du journal américain YEvening Telegram, la tentative de voyage au KIondyke que va tenter M. de Lamarre en automobile est impossible. Un essai semblable aurait échoué en 1897. Contrairement aux prévisions du chauffeur français, il n’y a pas de chemin de g'a ce entre Bennett Island etDawson City.
- Nous espérons d’ailleurs que les événements viendront contredire les pronostics du journaliste américain.
- Les poids lourds travaillent. — L’entrepreneur chargé -par-là Villes de Paris du pavage en bois des quais de la rive gauche et de plusieurs autres grandes voies, s’est avisé de faire transporter son matériel non plus sur des charettes à la marche lente, mais sur des fourgons spéciaux, jnus; par des autcmobiles, les trains Scotte.
- - C’est la première fois qu’on voit ciiculer dans "Paris des convois automobiles de pavés. D’ici à l’ouverture de l'Exposition, vingt-deux charrettes -semblables vont assurer la rapidité des transports du matériel...
- Un chauffeur chinois. — A Washington, le ,beau temps, nous dit le Neic-York Herald, a amené une recrudescence d’automobilisme. Il y a eu hier une partie de « chacfLurs » proéminents dans les environs de la capitale américaine, mais les routes étaient en très mauvais état.
- Pourtant, la semaine dernière, une sorte de course a réuni des compétiteurs peu ordinairçsj comme on pourra en juger par la liste suivante : M. et Mrs Réginald de Koven, l’ambassadeur de France, le ministre de Chine, Mme Hengelmuller et miss Mabel Merriam. Wu-Ting-Fong, le ministre chinois, a distancé tous ses concurrents et on lui a décerné le titre de champion automobiliste de Washington.
- Miss Helen Hay, fille du secrétaire d’Etat, et miss Merriam sont des rivales parmi les chauffeurs de Washington. Elles se livreront certa'nement à un match. ;
- Les chauffeurs de Lyon. — Les mesures prises par le maire de Lyon, le docteur Gailleton, pour réglementer la circulation des automobiles sont des plus dures.
- Il a décidé que les chauffeurs ne pourraient piloter leurs véhicules dans les allées du Parc de la Tête d’Or, sans s’être au préalable pourvus d'une autorisation délivrée, après d’innombrables formalités par la mairie. .,
- < Pour entrer au Parc, le permissionnaire devra montrer son autorisation au garde de service, qui prendra note de ses nom, prénoms et domicile jet lui remettra son numéro d’ordre destiné à : être suspendu de façon très apparente au véhicule.
- « Ce numéro sera rendu au garde placé à l’une quelconque des sorties. A défaut, la pcrnvssion sera retirée. »
- Le temps de verbaliser. — Un chauffeur qui écope une contravention pour défaut de plaque de contrôle est dans son tort assurément, mais cela donne-t-il le droit à un gendarme, de l’empêcher durant plusieuis heures de continuer sa route sous prétexte de rédaction de procès-verbal?
- Or, un chauffeur parisien, M. L. Bondoux, a été retenu à Bonnières, dimanche dernier, de 11 heures du matin à 3 heures du soir, pour permettre au brigadier de gendarmerie de rédiger son procès-verbal.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- En Tunisie. — Le baron Pierre de Crawhez chauffe avec entrain en Tunisie. Il a quitté Tunis samedi. Il compte traverser toute ia province de Tunis et gagner la frontière algérienne et Biskra. Les renseignements recueillis par lui sur les routes sont déplorables.
- Le baron et son compagnon de route, M. Dauw, ont acheté une tente et ont dù embarquer des vivres, car ils seront obligés de camper dans la campagne.
- Les chauffeurs Américains n’auront bientôt rien à envier à leurs collègues français. A l’assemblée des clubs, il a été déposé, en effet, 5un amendement tendant à leur imposer le permis de circulation. Ce permis sera délivré après examen devant un fonctionnaire et coûtera deux dollars.
- En Autriche. — L’Automobile Club Autrichien a tenu le 6 mars son assemblée annuelle. Un crédit de 10.000 couronnes a été voté pour l’organisation de journées sportives.
- Quatre heures sous une voiture. — Le
- mécanicien de M. Duval, du château Marolles-Gîni'lé (In Ire-et-Loire), revenait de conduire son maître à Blois, lorsque arrivé au lieu dit les Vieilles-Arches, près de Montrichard (Loir-et-Cher) un pneu creva.
- L’automobile culbuta, resouvrant entièrement le mécanicien. Le malheureux resta ainsi emprisonné de onze heures du soir à trois heures du ma in. Ce fut le courrier venant d’Orbigny qui passant par là, le délivra, aidé de plusieurs personnes.
- Duval a un bras démis et une blessure au front. Il a é’é transporté dans un hôtel de Montrichard.
- Pompes a incendie automobiles. — M.
- Bellan viens de déposer sur la tribune du Conseil municipal une pétition de M. Steinck relative à la mise en service des pompes à incendie automobiles. Cette pétition a été renvoyée à la 2*com-mission pour étude.
- On sait qu’un fourgon électrique à accumulateurs B. G. S. fonctionne déjà depuis un certain temps pour le transport des officiers.
- L’Electrolette en correctionnelle. — Les
- affaires d’accidents d’automobiles encombrent en ce moment les rôles de nos quatre chambres de police correctionnelle, tellement elles sont nombreuses.
- Au milieu de cette pléthore de poursuites, à signaler le petit procès intenté à la requête du Parquet contre M: Krieger, le constructeur de voitures électriques, et qui a eu son épilogue devant les juges de la onzième chambre.
- Le 28 novembre dernier, à 11 h. 1/2 du soir, M. Krieger, conduisant son électrolettè avait, en
- tournant, à l’angle de l’avenue di Lowendal et de l’avenue Duquesne, culbuté un fiacre qui rentrait au dépôt. Le cocher, Louis Tony, et le cheval furent précipités à terre et le docteur Socquet, commis par le juge d’instruction, a décidé qu’il ne pourrait se prononcer que dans quelques mois sur les conséquences des blessures de l’uutomé-don.
- A l’audience, les témoins sont venus déclarer que la voiture électrique marchait à une vitesse de 35 kilomètres à l’heure, et que le conducteur n’avait pas corné au moment du virage.
- Il a bien été établi, d’autre part, que le chauffeur tenant la droite, tandis que le cocher, endormi, serrait obstinément à gauche, mais le tribunal, présidé par M. Moré, n’en a pas moins condamné M. Krieger, que défendait Me Gaston Saugrain, à une peine de 100 frauçs d’amende.
- De plus M. Krieger est condamné à servir aü cocher une provision de 1 000 francs, et le docteur Socquet est nommé expert, pour que sur son rapport une somme plus forte soit octroyée à la victime.
- Omnibus électriques à New-York. — Depuis quelques semaines deux omnibus électriques ont été mis à 1 essai à New-York, dans la cinquième avenue. Les résultats de cette expérience ont été très satisfaisants. Aussi, sous peu, le nombre de voitures va-t-il être considérablement augmenté et le service étendu à d’autres quartiers.
- Les Automobiles militaires. — La semaine dernière le capitaine Galinier du 159e d’infanterie à Briançon a fait aux officiers de la garnison une très intéiessante conférence ayant pour titre : de Vautomobilisme au point de vue militaire.
- Les points principaux développés par le capi taine Galinier ont été les suivants :
- De l’automobilisme en général, ses avantages, ses inconvénients. Cassement des automobiles au point de vue militaire : petites voitures pour le services de postes et travaux en campagne, omnibus pour le transport des états-majors, camions tracteurs pour les services de l’armée. Des moteurs (vapeur, pétrole électricité), et des condi-t'ons que doit remplir le moteur dans une automobile militaire. Expériences ayant amené l’autorité militaire à s’occuper d’automobilisme. Description du tracteur Scotte employé pour les services du génie et de l’artillerie. Description des camions de Dietrich employés au Soudan. Applications possibles de l’automobilisme dans les différents services de l’armée, ses avantages sur les autres modes de traction. L’automobilisme militaire dans les principales puissances étrangères, ses progrès. Ce que montrera l’Exposition de 1900.
- Toutes nos félicitations au conférencier.
- De notre correspondant de Lisbonne, 22 mars 1900 :
- Il est assez embarrassant de donner des indications bien précises sur l’état de l’automobilisme
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- 208 LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- L
- en Portugal, d’abord parce que le courant automobiliste n’a encore que peu pénétré dans le pays, ensuite parce que l’industrie poitugaise n’a encore rien produit.
- Donc, dans ce pays où dix m >is de l’année le soleil brille, où les sites pittoresques abondent, où les routes sont presque bonnes, très bonnes, même, dans certaines contrées, où, par conséquent, le tourisme s’imposerait dès les débuts, où, encore, les transports et services publics font totalement défaut, rien ou presque rien n’a été fait.
- Quelques voiturettes, bien rares, ont été importées par les plus intrépides, le roi Don Carlos est de ceux-là, et il semble que son exemple eût dû assurer, dès les débuts, le succès de la locomotion nouvelle dans la haute aristocratie portugaise. Il n’en a rien été, pour deux motifs, le premier est qu’on a importé trop petit et trop imparfait, le second que beaucoup ont attendu et attendent encore... l’Exposition, peut-êtie avec l’espoir des bas prix et de la perfection... Quelle désillusion pour après.
- Enfin les droits de douanes, les frais de transports, les frais de change, tous considérables, ont été aussi un des empêchements à l’importation étrangère.
- Dans cet ordre d'idées, une grande usine portugaise, une manière de « Oeusot » par l’importance et la diversité de la production industrielle, a pris l’initiative de la fabrication nationale des automobiles. Ainsi seront tournées les difficultés dont je viens de parler. En outre, elle promet des voitures très soignées, très étudiées à des prix plutôt inférieurs aux prix de nos constructeurs français.
- Mais je n’en puis dire davantage pour le moment; bientôt je donnerai aux lecteurs de la « Locomotion Automobile » des détails beaucoup plus complets, car j’estimï qu’en France où on travaille ferme, il est toujours intéressant de savoir ce qui se fait ailleurs.
- A. B.
- De notre correspondant de Montpellier :
- Le nombre des chauffeurs s’accroissant tous les jours dans de sensibles proportions à Montpellier et dans les régions voisines, la création d’un grand garage muni de toutes les rcs'ources nécessaires s’imposait.
- MM. Claparède frères, les earrossitivs bien connus de Montpellier l’ont bien compris, et nous apprenons qu’ils vont ouvrir incessamment dans la iu; Jeu-de-Paume un superbe hall pouvant abriter plus de vingt voitures, et pourvu du personnel et du matériel nécessaires pour parer à toute éventualité.
- Ajou’ons que la maison Claparède s’est mise résolument à la construction des voitures et voi-t turettes, et pour ses débuts, le succès a été com-- plet. Cinq véhicules sont déjà sortis de ses ateliers depuis moins d’un an et ont donné pleine satisfaction à leurs propriétaires.
- LOCOMOTION NAUTIQUE
- Nous apprenons avec regret la mort de M. Eugène Pèrignon, vice-président honoraire de l’Union des Yachts Français et propriétaire du steam-yacht Fauvette.
- M. Pérignon eut l’honneur de traverser le premier le canal de Suez avant qu’il fût officiellement inauguré.
- Ses obsèques ont été célébrées à Saint-Philippe-du-Roule, au milieu d’une assistance nombreuse.
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- Le Comité de l’Hélice Club de Fiance pour 1900 est composé de la manière suivante :
- Président d’honneur M Henry Menier; président : M. Gabriel Paillard; vice-président : M. Prieur; secrétaire-trésorier : M. Ledard; membres: MM. Dely, Gallice, Lamet, Lemaître, E. Paillart, Piver.
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- SOCIÉTÉS
- E. Trunde et Cie
- Société au capital de 20 000 francs pour l’exploita tion d’un brevet de torpilleur sous-marin do M. do Poli. Siège social : 9, boulevard de Sébastopol, Paris.
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- J. Damas et Ch. Benoît
- Société des moteurs et automobiles à pétr le Columbia, 49, Avenue du Maine, Paris.
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- Paillet, Caron et Cie
- Moteurs do tous systèmes pour automobiles, capital 80 C00 francs, 48, rue Saint-Ferdinand, Paris.
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- A. Sauvage et F. Frick
- Voitures automobiles à pétrole, 4, piacc de l’Eglise à Puteaux, capital 17.000 francs.
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- Compagnie f ançaise de l’accumulateur Aigle
- Société anonyme pour la construction et la vente d’accumulateurs, brevets Engl et Scheinberger, apports de la Compagnie Générale d’Accumulatours Electriques de Herstal. Fonds social, 503.000 francs. Siège social, 09, rue do la Victoire, Paris.
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- Société du Carburateur Rouleau
- 50 bis, avenue do la Grande-Armée, capital de 6 000 francs.
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- Meunier et Cie
- Société au capital do 39 C00 francs pour la fabrication et la vente des bobines, accumulateurs etc., pour automobiles et appareils médicaux. S ègo soda1, 154 faubourg Saint Martin.
- Société françaûe de véhicules électriques
- Société anonyme, au capital do 300 003 francs pour fabrication et vente de voitur s électriques, en particulier les voitures Riker. Siège soc:al, 28> avenue de l’Opéra.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT
- Imprimerie ipociale de La Locomotion Automobile G. DESMARES. 151, avenue du Roule, lSeui!ly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N* 14
- 6 Avril 180Ô
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHER O.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Laoarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N’ 14
- La voiture Winton. - Qui doit venir en France disputer la Coupe Gordon Bonnett. — G. Desjac-ques.
- La fabrication des pneus. — Ce que devient le caoutchouc depuis sa récolte jusqu’à l’achèvement du pneumatique (1” article). — G. Sentier.
- La Semaine de Nice.
- Guide de Route sur la conduite et l’entretien de la petite voiture de Dion-Bouton J. Wolff.
- De la valeur pratique du Sous-Marin comme unité de combat h. Noalhat.
- Informations.
- Locomotion Aérienne.
- Bibliographie. — Thévin-Houry. — Gëorgia Knap.
- Calendrier.
- Liste des brevets d'invention.
- L\ VOITURE WINTON
- qui doit venir en France disputer la Coupe Gordon-Bennett.
- On sait qu’après avoir lancé un défi à tous les constructeurs du monde pour un match à courir en Amérique, M. Winton se propose de venir le 14 juin prochain défendre les couleurs des Etats-Unis dans le Challenge international Gordon-Bennett qui doit se disputer sur le parcours de Paris à Lyon.
- Rappelons que, sitôt connue la nouvelle du défi, annoncé par le New-York Herald, Charron le releva et, consentant à faire au besoin tousles frais du déplacement, demanda qu’un dédit important fût stipulé. Depuis nous n’entendîmes plus parler de rien; mais peut-être la voiture n’était-elle pas alors toutà fait prête et ne faut-il pas encore désespérer de voir aboutir cette année les tentatives faites par les constructeurs Américains pour égaler les prouesses de notre industrie.
- NouSj donnerons à nos lecteurs la primeur de la description de cette voiture déjà célèbre, d’autant que comme on va pouvoir en juger, la voiture Winton présente un certain nombre de particularités très intéressantes.
- La voiture Winton est une voiture relativement légère. Elle est actionnée par un moteur horizontal à 1 seul cylindre sur la puissance duquel nous ne sommes d’ailleurs pas bien fixés. On dit qu’il fait 14 chevaux. Ce serait, je crois, le moteur à pétrole à un seul cylindre le plus puissant qu’on eût jamais mis sur une voiture.
- Ce moteur est à allumage électrique et à circulation d’eau. La figure 1 en montre une coupe.
- L’échappement ne présente rien de particulier. Le piston P du cylindre C agit par la bielle B sur le vilebrequin V qui actionne l’arbre moteur A. Au moyen des deux roues dentées / et J, dont les diamètres sont entre eux dans le rapport de 2 à 1, l’arbre auxiliaire A, qui porte la came Df vient tous les quatre temps soulever la soupape d’échappement E, comme dans tout autre moteur.
- La soupape d’admission est au contraire très spéciale : c’est elle qui commande l’arrivée de l’essence dans le carburateui.
- Ce carburateur F est formé par un simple réservoir cylindrique communiquantavec le moteur par le tube G et avec l’air extérieur par le conduit H.
- Dans ce conduit// débouche le tube d’arrivée d’essence A, dont l’orifice se trouvé bouché par un pointeau a. Or ce pointeau a est tenu par le ressort, en forme de U, que l’on voit sur la figure en b, et qui lui-mème est fixé en c à l’extrémité de la queue d de la soupape d’admission e.
- On voit qu’à chaque soulèvement de cetlê soupape e par suite de l’aspiration correspond une arrivée d’essence dans le tube H. Cette essence est projetée sur la toile métallique/contenue dans le carburateur A et se trouve vaporisée.
- D’ailleurs la vis de réglage / portée par le support^- fixé à l’extérieur du tube H permet de régler le soulèvement du pointeau a pour chaque soulèvement de la soupape. L’amplitude du déplacement de celle-ci n’en est d’ailleurs pas affectée grâce à l’élasticité du ressort/. Par ce dispositif la
- The Winton Motor Carriage Co, Cleveland, Ohio U. S. A.
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- 1' __Coupe du moteur Winton, montrant la disposition particulière de l admission
- automatique de l'essence.
- ÿCsw.YX
- — Plan du mécanisme de transmission de la voiture Winton et disposition> du changement de vitesse.
- Fig. 2.
- quantité d’essence employée varie mécani- ^ Voyons maintenant comment s opère la quement avec la vitesse du moteur. régulation du moteur.
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- sion de cet air tend à ramener à droite le piston ni et vient s’ajouter, par conséquent à la tension du ressort r pour empêcher la soupape de se soulever. Un dispositif spécial fait que la pression qui s’exerce dans cette chambre p est d’autant pins forte que la vitesse du moteur est plus grande. On voit dès lors que la régulation s’opérera par l’étranglement de l’admission, ou plus exactement par le retard de l’admission, la soupape e se soulevant plus ou moins tard^
- La voiture Winton qui doit venir en France pour disputer la Coupe Gordon-Bennett.
- La queue d de la soupape d’admission traverse la paroi du tube G et porte un petit piston m qui peut se déplacer dans une chambre cylindrique p. A chaque soulèvement de la soupape correspond par suite un déplacement de ce piston m dans son cylindre, et le rappel de cette soupape se fait parle ressort rlogé dans ce cylindre.
- D’autre part l’intérieur de ce cylindre p communique par le tube q avec un réservoir contenant de l’air comprimé. La près-
- suivant que la pression sur le petit piston m est plus ou moins faible.
- Le mouvement de la soupape d’admission est d’ailleurs visible extérieurement par le déplacement du ressort £, et il faut remarquer que la dépense d’essence est proportionnelle aux besoins du moteur.
- On règle les butées de façon que la vitesse maxima du moteur soit de i ooo tours environ.
- L’allumage du mélange se fait en F, v, dans le conduit d’aspiration. La distance de ces deux pièces peut être réglée entérieure-ment en taisant varier l’orientation de la pièce v.
- k'k
- La figure 2 nous montre la vue en plan du mécanisme d’une voiture Wintpn.
- En M se trouve le moteur horizontal,
- dirigé de l’arrière vers l’avant et fixé comme l’indique la figure sur les longerons. L’arbre du vilebrequin est en é>, portant le volant LL et l’embrayage à friction 1. Grâce à cet embrayage, commandé par la pédale N, le mouvement se transmet à l’arbre S’ qui porte un certain nombre de roues dentées : ce sont d’abord les pignons 2 et 3, calés sur lui, puis les pignons 9 et 10, fous sur cet arbre.
- Les pignons 2 et 3 engrènent respectivement avec les pignons 4 et 5 qui sont fous sur l’arbre S”. Cet arbre S” porte au manchon N, commandé par une fourchette mûe par le levier N’. Suivant que l’on pousse le manchon dans un sens ou dans l’autre. la roue 4 ou la roue 5 devient solidaire de l’arbre S” et le mouvement se transmet, soit par le couple 2,4, soit par le couple 3,5 à Tarbre S'
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- ! Ces deux couples ne correspondent d’ailleurs pas à la mêni3 multip'ication, ce qui donne 2 vitesses différentes, suivant que c’est l’un ou l’autre qui fonctionne.
- L’arbre S’’ porte à son extrémité la roue dentée 8 qui actionne à son tour la roue 9, qui, comme nous l’avons vu, est folle sur l’arbre S’. Faisant corps avec cette roue 9, se trouve le p'gnon 10 sur lequel passe ia chaîne C qui va à son tour actionner le pignon 11 porté par l’axe G qui est soutenue par la boîte D.
- Dans cette boîte D passe l’essieu moteur des deux roues arrières, essieu composé de deux parties reliées par le différentiel. C’est la boîte de ce différentiel qui reçoit le mouvement transmis par la chaîne au pignon 11 g-fce aux deux roues dentées 12 et 13 dont la dernière est une couronne fixée extérieurement à cette boîte du diffirentiel.
- Ainsi se trouve transmis le mouvement du moteur aux roues motrices, le véhicule comportant deux vitesses.
- Ajoutons encore que la boîte ZD, folle sur l’essieu moteur, est maintenue en place par la tige filetée R qui prend son point d’appui sur le côti postérieur d 1 cadre En tournant cette vis de rappel R dans un sens ou dans l’autre on peut régler la distance des pignons ioet 11 et, parsuite, la tensionde’a chaîne C.
- Sur l’arbre S'’ nous remarquons en outre un frein F actionné par la pédale n qui commande également le débrayage.
- Tels sont les principaux dispositifs de cette voiture Winton : réglage de l’essence par l’admission, régulation agissant sur le retard d’admission, essieu moteur à l’arrière.
- Nous verrons bientôt cette voiture à l’œuvre, si toutefois, pour la grande coupe internationale, son constructeur ne modifie pas son véhicule d’ici là.
- G. DESJACQUES.
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- LUmiCiTION DES PNEUS
- Ce que devient le caoutchouc, depuis sa récolte jusqu’à l’achèvement du pneumatique.
- I. La récolte et les manipulatioes préparatoires
- DU CAOUTCHOUC.
- Comment fait-on un pneumatique? Que de personnes seraient curieuses de visiter une usine. Ces visites ne sont guère aisées. Bien des parties de la fabrication font l’objet de secrets de fabrique, et les portes des usines sont rigoureusement interdites au public.
- C’est pour* répondre à ce désir que nous publions cet article oü l’on trouvera dès notions exactes et
- parfois imprévues sur le caoutchouc brut, sa nature et sa récolte, sur les manipulations successives qu’il subit et enfin sur la fabrication mémo des pneumatiques.
- NATURE DU CAOUTCHOUC
- C est un produit végétal, comme son nom indigène l’in iique (cihuchu : suc de l’arbre). Certains arbres, certaines lianes arborescentes des pays chauds laissent couler, lorsqu’on les coupe ou qu’on les entaille, un liquide, un latex blanc et sucré. Nombre d’indigènes en buvent et en sont friands. Abandonné à lui même ou traité par des procédés divers, ce latex coagule, et lo coagulum constitue le caoutchouc.
- A vrai dire ce n’est pas un produit absolument pur. Les latex de toutes les plantes à caoutchouc, arbres ou lianes, contiennent toujours d’autres gommes résines qu’on ne peut isoler d’elles. Tous les caoutchoucs du commerce sont donc mêlés de lésines diverses en diverses proportions : 2 à 50 0/3. Plus le caoutchouc est pur de résines, meilleur il e$t. Quand les résines dépassent la proportion de 15 à 20 0/0, le produit ne peut être utilisé.
- Certains caoutchoucs mêlés de résines en proportion moyenne, deviennent poisseux et so résinifient. Les caoutchoucs susceptibles de cette transforma tion sont d’une qualité très médiocre.
- SORTES DIVERSES DF. CAOUTCHOUCS
- On désigne les caoutchoucs par lo nom du piys d’origine ou du port d’exportation : Para, Manaos Soudan, Mozambique. C’est une sorte de classification et naturelle.
- Les caoutchoucs, provenant des mêmes régions, sont do qualités à pou près égales.
- Ainsi le para, le meilleur caoutchouc, se récolte dans la région du fleuve des Amazrnes.
- La qualité du para vient évidemment des plantes qui le produisent ; elle vient aussi du modo do récolte et de coagulation.
- Récolté du caoutchouc. — Diversité
- DES PROCÉDÉS
- On distingue commercialement trois sortes de para : le fin, le mi fin et le Sernamby ou Tôto de Nègre. Les deux premiers ont le môme mode de récolte.
- Les indigènes entaillent les arbros. Ces entailles obliques aboutissent à une enlaille droite, centrale, au-dessous de laquelle ils placent un petit pot dé forme spéciale, une tigelhina. Les pots s’emplissent du latex qui coule des entai les. Dès au’ils sont pleins, on les détache et on les vide dans des pots plus grands, pour opérer la coagulation. On fait à côté du pot un feu de noix d’urucuri, dont la fumée acide s échappe par 1 orifice d’un entonnoir renversé placé au-dessus du feu. L’ouvrier indigène, armé d’une palette de bois tour à tour expose la palette à la fumée et la plonge dans le latex. Après cha-quo plongeon, par l’acidité de la fumée qui l’imprègne, une couche de caoutchouc coagule autour de la palette. L’ouvrier épuise ainsi toute la partie coagulable du latex contenu dans le pot. L’opération terminée, il obtient une boule plus ou moins volumineuse, homogène, formée de couches concentriques et serrées, produites par les coagulations successives. On fend la boule pour retirer la palette.
- Le Para ini-fin se prépare exactement de la môme façon.
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- Quand les boules arrivent sur le marché, les marchands les coupent et les classent, en para fin et mi-fin. La différence de prix entre les deux ca é-gories est de 2 0/0, le para fin valant 12 francs le kilo, le mi fin 11 fr. 70 ou 11 fr. 80.
- Le Sernambv, ou Tête de Nègre prend ce dernier nom de son aspect noir et sale. Ce sont t us les déchets des précédentes récoltes recueillis, agglutinés en paquets informes plus ou moins volumi-
- neux. Il s’y môle naturellement beaucoup d’impuretés, sable, terre, débr's d’écorce, etc. la différence du prix est très sensible ; mais ce caoutchouc, comme les précédents, une fois débarrassé des impuretés, no contient que 5 0/0 de résiné. Tout sale qu’il est, il vaut encoro 9 francs le kilo.
- En Afrique (Congo, Soudan, Dahomey, Lagos)le caoutchouc provient de lianes. La récolte, par incision étant difficile, les indigènes coupent simplement
- Fig. 4. — La coagulation du Fia. 5 — Pains de Para
- latex par la fumée, auprès une vieille estampe g
- les lianes par morceaux et recueillent le latex qui s’en écoule. C’est un procédé rapide, mais destructeur. Récemment, dans le Lagos, on a trouvé des espèces d’arbres à caoutchouc ignorées.
- Les in Mgènes africains usent de trois principaux procédés de récolte.
- Ils recueillent par incision ou section le latex dans des récipients de formes diverses et le font coaguler dans ces récipients, soit en chauffant, soit en y mettant au préalable un jus de fruit acide.
- Ils entaillent les arbres, et au niveau de l’entaile versent du jus acide. Le latex, en suintant, se coagule à mesifre au contact de l’acide ; les indigènes l’étirent en fils et l’enroulent soit sur un fuseau de bois, soit sur le premier coagulum issu de l’entaille-On obtient ainsi une balle assez homogène qui pourrait être propre si le travail était fait avec soin.
- Enfin, troisième procédé plus simple. On ramasse le caoutchouc coagulé spontanément et on en agglomère les fragments en balles plus ou moins régulières. Cos produits sont toujours sales, pleins de débris d’écorce et do terre-
- Dans toute la région de l’Équateur, Pérou et Mexique îhclus, ce caoutchouc prend différents noms selon sa provenance : Carthagèno, Costa-Rica, Honduras, etc. En général, il est récolté de la façon suivante :
- L’écorce des arbres est fendue largement selon une spire qui s’enroule sur toute la hauteur du tronc; le latex qui coule en abondance est recueilli dans un trou préparé au pied de l’arbre. Le latex se coagule sous l’action des alcalins. Les indigènes versent dans le trou, soit du savon, soit une décoction de plantes alcalines.
- ASPECTS ET FORMES QUE PRESENTENT LES CAOUTCHOUCS BRUTS A LEUR ARRIVEE EN EUROPE
- Ce sont ces procédés de récolte qui donnent sa forme au caoutchouc brut.
- Le Para se présente en forme de grosse boule creuse ouverte propre, homogène, noire à l’extérieur, jaune d’un ton de vieil ivoire, à la coupe.
- La troisième qualité : Sernamby ou Tête de Négve, rappelle qn paquet déchiqueté et loqueteux,
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- Le caoutchouc du Pérou, Mexique, etc., vient en pains, en masses volumineuses brunes mêlées de sable et de terre.
- Celui d’Afrique arrive en général sous forme do .balles dont la dimension varie d'une balle de ;ou d’enfant à la grosseur d’une lête et plus.
- IMPURETÉS MÊLÉES AU CAOUTCHOUC. - CE Qu’ON PEUT
- TROUVER DANS LES ENVOIS
- Outre l’eau qu’ils contiennent, les caoutchoucs bruts sont mêlés d’impuretés. Souvent le sable, la terre, les pierres sont ajoutés volontairement. Ce
- Fig. 6. —Caoutchouc Caméta venant du- Fig. 7. — Caoutchoucs d'Afrique et de
- Süd du Cônstestë brésilien ' Madagascar
- Fig. 8. — Objets trouvés dans des caoutchoucs bruts.
- sont des essais ingénus, de la part des indigènes, de trafic à faux poids. Il y a aussi des oublis fortuits, On laisse dans le latex des vêtements, des outils, des armes; cela ménage des surprises aux industriels. On a trouvé notamment des chaussures de " caoutchouc brut. Les indigènes ont un proécdé de fabrication sommaire. Ils enduisent leurs pieds de latex et laissent coaguler. Une fois même, M. Mi-! Chelin a trouvé un vêtement complet de caoutchuoc fabriqué en recouvrant de couches de latex un vêtement de toilei . ' *
- PRIX ÉLEVÉS DE TOUS LES CAOUTCHOUCS BRUTS.
- LES CAUSES
- Le prix du Para brut est de 9 à 13 francs le kilogramme; nettoyé, pur et sec, il vaut 12 à ]6 francs. Les gommes de divers pays, qui se rapprochent du Para par la qualité, s’en rapprochent aussi par le prix. Les plus médiocres qualités, utilisables encore honnêtement, valent de 4 à 5 francs. Celles-là sont fort malpropres et une fois nettoyées coûtent de 8 A 12 francs le kilogramme.
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- Il n’y a pas à s’étonner que les pneumatiques soient chers.
- Le caoutchouc s’extrait de plantes sauvages qui pullulent et qui ne demandent pas de frais d’entretien. Cependant le caoutchouc est une matière première d’un prix très élevé. Cela semble paradoxal. L’explication est simple. D’abord la main-d’œuvre indigène est fuyante, elle peut être introuvable. Le nègre est paresseux ; fin commerçant comme tous les primitifs, le noir a compris que le blanc avait un vif besoin de caoutchouc, il n’en a pas compris le motif, mais il s’en est forgé un : « C’est du manger pour blanc, » dit-il — et il vend sa boule le plus cher qu’il peut. Il travaille uniquement pour ses besoins qui sont immédiats et modestes : ces besoins satisfaits, il se repose.
- Le repos est même son besoin principal et tou son luxe. Son travail sera en raison inversé de son salaire.
- En outre — et surtout — il y a le climat, les accidents atmosphériques, l’insalubrité. Le long du fleuve des Amazones, par exemple, les forêts sont marécageuses, pestilentielles. Le fleuve a des crues qui atteignent 18 mètres. Qu’on juge l’épaisseur des vases, des limons fermentescibles déposés sur toutes les végétations riveraines. Et c’est là que se récolte le caoutchouc, les fièvres mortelles décimant les travailleurs. <
- Il y a dans le prix de ces caoutchoucs la valeur de la gomme elle-même et aussi celle des vies humaines risqués pour la récolte.
- Fig. 9. — Déchiquetage des gommes brutes.
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- Fig. 10. — Laminoir de mise en Jeuilles.
- Iï. — MANIPULATIONS PREPARATOIRES.
- La première manipulation est un nettoyage : il faut retirer du caoutchouc les corps étrangers, terre sable, bois, mêlés au caoutchouc pendant la récolte. C’est le «déchiquetage». Cette opération comprend plusieurs temps.
- Le déchiquetage. — On jette d’abord pêle-mêle les balles brutes dans de grandes cuves remplies d’eau tiède. On les laisse tremper douze heures environ.
- Le caoutchouc ramolli esi porté successivement sur une série d’appareils formés de deux cylindres horizontaux à surface rugueuse, cannelée en spirale, tournant l’un contre l’autre à une vitesse différente.
- A 50 centimètres environ au-dessus de la ligne de contact, est suspendu un tube horizontal percé de trous> d’où coule de l’eau froido. On jette sur
- ces^deux cylindres le caoutchouc sortant de l’eau chaude : les eylindres tournent, -écrasent les boules; à mesure l’eau désagrège et entraîne les impuretés; le tout se recueille dans un baquet.
- Les morceaux informes sont repris et rejetés sur le même appareil jusqu’à ce que l’ouvrier les juge déchiquetés et lavés suffisamment pour être portés sur l’appareil suivant qui déchiquettera plus fin. L’eau s écoule du baquet par le fond dans un système de drains où elle est tamisée au passage, cai elle entraîne encore, avec toutes les saletés,.une quantité notable de caoutchouc. Le déchiquetage e; lé"lavage sont complétés par trois ou quatre appareils. Au sortir des derniers cylindres, tout le caoutchouc est réduit en morceaux menus delà grosseur maximum d’un dé à jouer. En cet état, il ne contient plus à peine, en poids, que 2 G/0, d’impuretés, sable ou bois. Qn lui fait subir alors un second bain chaud dans des cuves semblables aux premiô-
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- res ; il perd là encore de ses impuretés et surtout s’y ramollit en se réchauffant.
- La mise en feuilles. — Après un bain de douze heures, on le jette dans des appareils semblables aux premiers, sauf que les cylindres sont à surface lisse. Là s’effectue une opération inverse de la précédente,. Celle là divisait les masses de caoutchouc brut et sale ; celle-ci réamalgame ensemble les fragments de caoutchouc brut mais propre. Cette agglomération s’opère encore sous l’eau courante qui lave toujours. Le premier appareil donne déjà des lambeaux larges commo la main, le suivant réunit ces lambeaux et on obtient bientôt une sorte de ruban de caoutchouc irrégulier, fragile, mais d’épaisseur à peu près égale. On lamine ce ruban jusqu’à ce qu’il acquière une certaine consislance. Au dernier appareil, on le renforce en en présentant deux de front aux cylindres qui les éciasent et les amalgament ensemble, c’est ce que les ouvriers appellent le « Mariage ». Le Mariage donne une vraie feuille de caoutchouc brut pur, de largeur et d’épaisseur déterminées.
- Ces feuilles larges de 30 centimètres, épaisses de 1 à 2 millimètres, sont grenues à grains énormes. Elles ont de 10 à 20 mètres de long. On les porte toutes ruisselantes au séchoir, c’est-à-dire dans un vaste magasin où elles sont suspendues dans toute leur longueur du plafond jusqu’à 20 centimètres du sol. On les laisse là quinze jours à une température uniforme de 30 degrés. Puis elles sont roulées en paquets et portées dans les magasins de réserve.
- PROPRIÉTÉS DU CAOUTCHOUC EX FEUILLES
- Le caoutchouc en feuilles a uniquement les propriétés du caoutchouc brut. Ce n’est, d’ailleurs, que du caoutchouc brut débarrassé des impuretés. Il prend à l’air une teinte brune ou noirâtre. Il est souple, élastique. Cependant il conserve l’empreinte de l’ongle, et si on l’allonge, il ne revient pas intégralement à ses dimensions primitives. 11 se ramollit jusqu’à consistance pâteuse et collante à la chaleur du soleil, et devient dur et inélastique lorsqu’il gèle. Il est impossible de l’utiliser dans cet état : il faut augmenter ses propriétés utiles, souplesse, résistance ou élasticité, et lui donner une consistance permanente, échappant à l’action des températures ordinaires. C’est le but de l’opération chimique appelée la « Vulcanisation ».
- (A suiore) Gaston SENCIEFt.
- IA SEMAINE DE NICE
- (de notre correspondant particu’ier) Troisième journée Mardi 27 mars
- Phébussi complaisant les deux premières journées automobiles est devenu morose et c’est sous un ciel rempli de nu3ges peu à peu menaçants que nous assistons à l’arrivée des coureurs de Draguignan-Nice.
- pieu tôt même,. à 10 heures, il commence à pleuyoir et cette pluie ne cessera de tomber toute la journée,
- Voici les résultats de !a course Draguignan-Nice : -
- Série A. — Ier 49, M. Florès à 10 h. 15’ 22”; 2e 80, M. Richard à 10 h. 26’ 46”.
- Série B. — Ier 46, M. Raverez à 10 h. 4’ 12”; 2° 45, M. Cornilleau à 10 h. 22’ 17”; 3’ 87, M. Prenil à 10 h. 30’ 49”.
- Série C. — Ier 1, M. Paul Chauchard à 9 h. 40’ 6 ’ ; 2* 78. M. Liébig à 9 h. 52’ 4”; 3e 82. M. Cué-nod à 10 h. 22’ 29”.
- Série D. — 1" 60, M. Stead à 9 h. 21’ 8”; 2e 21, M. Valton à 10 h. 21’ 28'’; y 68, M. Audi-bert à 10 h. 29’49”; 4' 63, M. Bergeon.
- Le départ avait été donné de Draguignan à 7 h, du matin.
- Marseille-Nice
- Malgré la pluie qui tombe à torrents, de nombreux curieux se pressent à 2 heures devant le contrôle de la promenade des Anglais et se demandent avec anxiété de quels accidents ne vont pas être victimes les malheureux chauffeurs obligés de faire de la vitesse dans la boue au risque de déraper.
- C’est vraiment de la malechancel L’année passée déjà cette journée d’épreuves avait été courrue sous la pluie. Cela est d’autant plus malheureux que le lendemain mercredi le temps est splendide et nous revoyons le radieux soleil de Nice. Enfin nous apprenons que la course étant devenue, par suite du mauvais temps, trop difficile et trop dangereuse, les commissaires après un commun accord des coureurs qui tous présents ont signé au contrôle d’Aubagne à 10 h. 13 du matin, décident d’arrêter la course à Marseille et admettent comme definitif le classement fait à l’arrivée dans cette ville, suivant lequel aura lieu la distribution des prix.
- C’était malheureusement le meilleur parti à prendre. Néanmoins le soir arrivent à Nice, à une allure de ballade, la plupart des concurrents.
- QUATRIÈME JOURNEE
- Mercredi 28 mars
- L’Exposition
- Le soleil nous est rendu. Que ne s’est-il montré hier! Enfin ne récriminons pas. Cela ne servirait à rien. Ce matin a eu lieu l’ouverture de l’Exposition d’Automobiles dans le local de l’A. V. C N. Nous voyons rangées plus de 63 voitures et une vingtaine de motocycles.
- On admire les 24 et 26 chevaux des vainqueurs De Knyff, Charron, Gilles qui ont accompii de si belles prouesses sur route.
- Cependant l’atfluence ue cesse d’être fortgrande. Nous remarquons la plupart de nos hôtes étrangers et c’est durant toute la journée un défilé incessant, dont nous ne pouvons qu’être heureux car il montre l’intérêt qu’a suscité pour tous la locomotion nouvelle.
- Le Banquet
- Le soir a 7 h. 1J2, a eu lieu dans la salle des fêtes du Cercle Masséna, brillamment décorée
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- pour la circonstance, un banquet offert paa l’A. V. C. N. aux chauffeurs italiens : le comte Biscaretti di Ruffia, président de l’Automobile-Club italien et les membres de l’Automobile-Club de France.
- A la table d'honneur nous remarquons : vice-amiral Fournier, M. Grunet, préfet des Alpes-Maritimes ; M. Sautàn, maire de Nice, comte Biscaretti di Ruffia, député de Turin, généraux Joly et Carrey de Bellemare ; J. Gondoin, président de l’A. V. C. N., Cuénod, vice-président de l’A. C. Suisse ; comte Petting, président de l’A. C. autrichien ; d’Aubreby, de l’A. C. belge ; Bressi, vice-président de l’A. C. de Milan, le bureau et la plupart des membres de l’A.V. C. N., etc. etc.
- Au dessert, des discours ont été prononcés par le maire de Nice, M. J. Gondoin, le vice-amiral Fournier, le Conseil d’Italie, le préfet des Alpes-Maritimes, le comté Biscaretti di Ruffia, Petting et Cuénod,
- En somme soirée charmante et qui montre la place importante qu’a su prendre a Nice l’automobilisme, grâce il faut le reconnaître aux efforts de l’A. V. C. N. et de son président, M. Gondoin.
- * *
- Nice-Marseille
- Répartition des prix conformément aux régies du temps primé :
- R. de Knyff reçoit 779 fr. 61 ; M. Gilles Hour-gières, 472 fr. 32 ; M. Charron. 461 fr. 74 ; M. Pinson, 298 fr. 38 ; M. LevJgh 237 fr. 73 ; M. Boson de Périgord. 210 fr. 73 ; M, Girardot, 208 fr. 91 ; M. Gui des Aunaies, 171 fr. 90; M. Kœchlin. 163 fr. 42.
- Les voitures de MM. Labouré et Mercedès, arrivées après l’expiration du temps primé, n’ont droit à aucun prix.
- + *
- Cinquième journée jeudi 29 mars
- Ascension de M. Santos-Dumont : quoique fixée à 11 heures du matin, ce n’est qu’à 11 h. 40 m. que le célèbre aéronaute, M. Santos-Dumont s’est élevé dans les airs au milieu des applaudissements de la foule que ce spectacle n’était pas sans émouvoir. Après avoir plané au-dessus de Cunien, l’aérostat se dirigea brusquement vers l’ouest, mais le temps magnifique ju-qu’alors — et trop chaud — se gâta subitement et l’acronaute fut pris par une violente tempête qui le poussa vers Biot, à 2,000 mètres d’altitude.
- Après avoir traîné plus de 200 mètres et avoir arraché de nombreux arbres, l’ancre fit atterrir le ballon à 1 heure dans une forêt où des bûcherons portèrent secours à M. Santos-Dumont qui a reçu plusieurs contusions, à la tête notamment, tandis que le ballon était complètement déchiré.
- M. Santos est rentré à Nice par le train de 4 heures. Espérons que ses quelques blessures n auront pas de suites.
- Course du Mille
- Par suite de l’orage qui s’est subitement déchaîné de 12 h. 30 à 3 heures de l’après-midi, la
- course du mille a été renvoyée à samedi 31 mars. En plus du programme que nous avons publié, deux courses supplémentaires ont été crées sur le parcours du mille.
- i° Pour motocycles au-dessous de 250 kilos; i*r prix : 250 fr. 2* prix : 150 fr. 3e prix : 100 fr. 4e prix : 50 fr. < *
- 2' Pour voiturettes de 230 à 400 kilogs ; x*r prix : 250 francs. 20 prix : 150 fr. 3e prix : 100 fr.
- Sixième journée Vendredi 90 mars
- Nice. — La Turbie
- Voici le classement de la course Nice-La-Turbie ;
- Voitures à 2 place2 (vitesse) :
- Ier, Levegh, en 19 m. 2 s ; 20, Charron, en 19 m, 15 s.; 3% Girardot, en 19 m. 59s.; 4% De Knyff, en 20 m. 51 s ; 5e, Gi les-Hourgières, en 21 m. 17 s.; 6% Pinson, en 23 m. 55 s.; 7% De Périgord, en 24 m. 48. ; 8e, Kœchlin, en 37 m. 40 s.; 9e, Labouré, en 39 m. 55 s.
- Motoeycles et voiturettes légers :
- Ier, Gasté, en 20 minutes 10 secondes; 2% Marcellin (quadricycle), en 21 m. 16 s.; 3e Tart (voi-turette 2 places), en 22 m. 40 s.; 4e, Bonnard (motocyclette), en 26 m. ; 5e, Barras; 6e, Fernandez; 7°, Deville; 8°, Florès; 9e, Béconnais ; 10*, de Méaulne.
- Voiturettes 2 places :
- i*r, Therry en 34 minutes ; 2e, G. Richard, en 34 m. 12 s. ; 3e, Dubois ; 4e, Chauchard; 5% Yan Berendonck; 6e, Vial.
- Voitures 4places :
- Ier, Stead; 2% Liebig ; 3®, Cuénod.
- Cette course a malheureusement donné lieu à un accident mortel.
- A un tournant brusque du parcours, un pneu ayant été crevé, la voiture de M. Jellenick, une Daimler allemande, montée par ses deux mécaniciens MM. Brown et Bauer, se précipita sur les rochers. M. Brown eut le temps de sauter, mais M. Bauer fut précipité contre le roc et se fracassa le crâne. Transporté à l’hôpital, il ne tarda pas à y rendre le dernier soupir. Ce malheureux accident a comme on le pense bien, provoqué une grande émotion. *
- A Monte-Carlo
- Le concours d'élégance des automobiles
- Le concours annuel d’élégance des automobiles a eu lieu à Monte-Carlo au milieu d’une énorme affluence et a remporté son succès habituel. G
- Le jury, sous la présidence d’honneur deS. A.S. Mgr le Prince de Monaco, a décerné les récompenses suivantes ;
- Voitures à 4 places et au-dessous (Série A)
- icr prix, Mgr le prince d’Oldenbourg; 2e prix, M. Johnston ; 3e prix, M. Stead ; 4e prix, M. Paul Chauchard ; 5® prix, M. Paul Dupré; 6e prix, M. Duchastel; 7a prix, M. Pexters,
- Voitures au-dessus de 4 places (Série B)
- Ier prix, M. Camille Blanc; a" prix, M. Des-
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- LA! LOCOMOTION AUTOMOBILE
- oyeaux; 3e prix, M. Gobron ; 4® prix, M. Haney ; 5e prix, Société des Voitures et Accumulateurs
- B. G. S.
- Voiturettes
- 1" prix, M. Serpollet ; 2e prix, M. Siegfried.
- * *
- La fête de nuit a été parfaitement réussie. C’était un spectacle splendide, féerique, que la foule immense des spectateurs a longuement admiré.
- Voici les prix qui ont été décernés à la suite de cette fête magnifique r
- Ier prix. —.M. Camille Blanc.
- 20 prix^— M. Duchastain de Montroug.
- 3* prix. — M. Gobron.
- 4e prix. — M. Gondoin.
- Ÿ prix. — M. Stead.
- 6r prix. — M. le Président du Sport Vélocipédi-que Monégasque.
- Septième journée Samedi 31 mars
- La Course du Mille
- Samedi à 4 heures de l’après-midi a été courue sur la piste cimentée de la promenade des Anglais l’épreuve devenue classique du mille. Le chronométrage était assuré par l’appareil Mors qui marquait le départ et, par un fil électrique, mettait en mouvement le chronomètre placé au 609* mètre et au 1 609e mètres. L’arrêt de l’appareil au passage de la voiture au 609e mètre et a l’arrivée permattait de fixer le temps du kilomètre départ lancé.
- Voici les résultats de cette course :
- MM. 609 m. 1.609 m. T. du kil.
- Nottbeck 0’61” 2’30”2/5 i ’29”2/5
- Serpollet 0’55”l/5 2’00”4/5 5’5” 3/5
- Marcellin 0’46”3/5 l’34”4/5 0’48 T/5
- Levegh 0’44”2/5 l’32”3/5 0’48”l/5
- Hamilton l’14”3/5 2’è4”4/5 l’20”l/5
- Barras 0’43” l’32”l/5 0’49”l/5
- Gasté 0’40”3/5 l’27 0’46”2/5
- Béconnais 0’38”4/5 l’18” 0’39”l/5
- Tart 0’52”4/5 2’01”4/5 l’Q”
- Van Berondenck 0’52”3/5 2’00’3/5 l’8”
- Joyeux 0’41”3[5 l’27”4/5 0’46”l/5
- Guyenet l’26”4/5 3’28” 2’1” 1/5
- Duc d’Oldenbourg 0’59” 2’03”2/5 l’4” 2/5
- Clérissy IT4”2/5 2’50”3/5 l’36”l/5
- De Méaulne 0’51”4/5 l’50”4/5 0’48”4/5
- Comme nos lecteurs peuvent le remarquer, Béconnais a enlevé le mille (en moto) en i’i8” faisant le kilomètre lancé en 39 secondes 1/5 ce qui donne la vitesse stupéfiante de plus de go kilométrés à l'heure.
- Cette course a dignement clôturé la grande semaine de Nice dont nous donnerons probablement bientôt un aperçu général au point de vue des résultats pratiques qui doivent en découler.
- Léon BARETY.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie.
- GUIDE DE ROUTE Sur la conduite et l’entretien de la
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- note de l’auteur
- Encouragé tant par l’accueil toujours aimable .du journal La Locomotion Automobile que par les bienveillantes appréciations de lecteurs que je me fais un devoir de remercier ici, j’ai mis en œuvre ce guide, dont le format sera semblable à celui des ouvrages antérieurs; il est conçu de telle façon qu’il puisse, ainsi que son nom l’indique, se rendre utile sur route, c’est-à-dire là où généralement on en a le plus grand besoin.
- Afin de ne pas trop compliquer les explications, les premières pages donneront simplement les indications essentielles, laissant, à l’aide de renvois, la faculté de se reporter aux détails de chaque chose : si la lecture de l’ensemble en souffre un peu, ce sera au bénéfice des recherches partielles.
- Cette façon de procéder offre le double avantage d’éviter aux voituristes experts la lecture de détails qui leur sont connus, et. donne au contraire au débutant touto facilité de s’instruire.
- Je me suis appliqué avant tou’t à suffire, par ces explications, à qui ne pouvant se déplacer, recevrait une voiture à n’importe quelle distance du lieu de construction.
- Cet ouvrage, ainsi que les précédents, sera réédité chaque année, afin de signaler les plus récentes améliorations; son tirage, très faible de ce fait, le porte à un prix que j’eusse voulu moins élevé, mais peut-être saura-t-il, en compensation, apporter au débutant quelque lumière, cela surtout par la façon dont y sont classées les explications, lesquelles, après quelques heures de pratique, deviendront rapidement compréhensibles, à qui même n'aurait aucune notion de mécanique.
- J. WOLFF.
- Aspect de la petite voiture de Dion-Bouton
- La voiture de MM. de Dion et Bouton est petite et légère ; son aspect est gracieux, son élégante silhouette, faite de pures et belles lignes, laisse l’impression d’un rêve de simplicité mécanique.
- De la mécanique, dis-je, mais on n’en voit pas: le constructeur a visé, c’est évident, à tout simplifier : aspect, conduite et entretien; il y a pleinement réussi, mettant sa voiture, tout comme son tricycle, à la portée de tous; rien pour ainsi dire n’est en saillie, que de la carroserie. Comment cela marche-t-il ? Telle est la question qu’involontaire-ment on se pose.
- Il n’y a pas à s’y tromper cependant. L’appareil de direction, indiquant au conducteur sa place, à droite du siège, suffit à supprimer toute hésitation. C’est bien la voiture automobile avec son radiateur à l’avant et sa transmission arrière.
- Si vous avez la bonne fortune de posséder l’une de ces voitures, il vous suffira de soulever la caisse arrière pour constater que le mécanisme, quoique robuste, y semble évidemment à l’aise, c’est qu’il est simple. Telle est l’immense difficulté en matière automobile : faire simple et accessible.
- La transmission arrière à elle seule est une vraie trouvaille, tant elle rend indépendant le mécanisme et le protège contre les à-coups de la route. Nous verrons en leur temps tous ces détails.
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- C’est pour obtenir cette indépendance des organes, c’est pour les protéger, ainsi que les personnes conduites, contre les plus forts cahots, que MM. de Dion et Bouton ont employé l’arbre à la Cardan, sorte do robuste chenille, se prêtant à toutes les fantaisies des ressorts arriére et supprimant du coup deux énormes soucis en matière automobile.: la courroie et la chaîne.
- Cette importante inovation, jointe à l’application du changement de vitesse de Dion-Bouton, jointe surtout à la réputation d’expérience et d’honnêteté qu’ont su acquérir MM. de Dion et Bouton, ont ensemble fait, chose sans prôcéd<-nt, que plus de cinq cents voitures étaient achetées à cette maison avant que la première ne fût livrée.
- Quel que soit le peu de place dont nous disposons ici, signaler cette immense confiance du monde chauffeur est le plus bel hommage à rendre aux infatigables chercheurs et praticiens que sont ces doyens de l’Automobile, MM. de Dion et Bouton.
- Premiers soins
- 5. — Disons de suite que les voitures neuves sont livrées en parfait état et toujours prêtes à partir ; il pourrait en être autrement des voitures ayant déjà roulé, pour lesquelles on devra plus particulièrement procéder aux vérifications suivantes :
- 6. — S’assurer, avant de prendre livraison de sa voiture, qu’elle n’ait subi en route aucune avarie ; ne pas hésiler, pour les voitures neuves surtout, à rendre les Compagnies responsables.
- 7. Procéder soigneusement au déballage, en évitant aux bandages pneumatiques le contact de# objets pouvant les blesser, clous, etc.
- 8. — Découvrir les organes de la voiture ; pour cela relever et retirer le panneau arrière.
- '.). — Il est superflu de dire que les fumeurs doivent être rigoureusement éloignés d’une voiture dès que le réservoir à essence o-t garni et mis à découvert.
- 10 — Veiller, surtout les premiers temps, à ce que les écrous du bâti restent bien assujettis.
- 11. — Ne pas négliger de replacer les goupilles sur les écrous qui en sont pourvus.
- 12. — Voir n° 192 pour les soins à donner aux 1 iles sèches dont sont munies les voitures.
- 13. — Voir n° 196 pour les soins à donner aux ne simulateurs que croient dovoir utiliser quelques voituristes.
- 14. — Veiller, en plaçant les piles ou accumulateurs dans leur boîte, à no pas inverser les pôles.
- 15. — Pour vérifier l’état d’énergie des piles (v. 191). Pour vérifier l'état d'énergie des accumulateurs (v. 19.8).
- 16. — Résumé le serrage des bornes et contacts électriques.
- 17. — S’assurer de la provision et qualité d’essence.
- 18. — Vérifier la compression.
- 19. — S’assurer du parfait réglage des roule-lements.
- 20. — Examiner la tension de la chaîne du changement de vitesse.
- 21. — S 'assurer très soigneusement du fonctionnement des freins.
- 22. — Bien soigner le graissage comme indiqué n° 503.
- 23. - En cas de long trajet, s’assurer de l’état dos chambres à air ; il est utile d’en avoir une ou deux de rechange.
- 24. — Voir n° 585 la liste des objets à prendra avec soi,
- 85, — Voir oi-aprèa pour le plein des réservoirs.
- Plein des Réservoirs et Carters
- 28. — Emplir le réservoir à eau (v. 352).
- 29. — Amorcer l’enveloppe du moteur (v. 371).
- 30. — Emplir le réservoir à essence (v. 217).
- 31. — Ouvrir le robinet d’écoulement (v. 218).
- 32. — Amorcer le carburateur (v. 287).
- 26. — Garnir le carter du moteur (v. 509).
- 27. — Garnir le carter de l’appareil (v. 526).
- 33. — Les voitures neuves sortant de la maison même sont généralement graissées et prêtes pour la mise en marche ; il n’est pas moins prudent de s’en convaincre, surtout e-n ce qui concerne les carters nc» 26 et 27. Il suffit pour cela do les vider, quitte à y remettre l’huile en la mesurant à nouveau.
- Le plein des réservoirs étant assuré, ainsi que le graissage, procéder à la miso en marche.
- (A suivre) ' J. WOLFF.
- DE LA VALEUR PRATIQUE
- DU
- SOUS - MARIN
- Comme unité de combat
- Voilà tantôt cinquante ans que l’application de la vapeur aux navires de fort tonnage et en particulier aux navires de guerre a fait entrer la navigation et la tactique navale dans une période d’évolution incessante dont l’activité, fonction évidemment des progrès de la science mécanique, ne s’est pas ralentie un instant et n’a fait au contraire que croître de jour en jour.
- Nous ne reprendrons pas ici l’historique oiseux des transformations nécessaires par lesquelles a passé le navire pour venir de la frégate à voiles et du trois ponts à 5 mats au croiseur et au cuirassé d’escadre.
- Mais ces masses énormes et peu maniables, d’un prix exhorbitant de construction et d’entretien, bientôt apparurent insuffisantes non comme puissance défensive mais comme énergie offensive et les efforts se tournèrent vers la découverte d’un bateau de guerre ayant des éléments tout à fait contraires,— gagnant en vitesse ce qu’il perdait en résistance, gagnant en rapidité d’attaque ce qu’il perdait en étendue du rayon d’action.
- La torpille venait d’ètre inventée et on fit pour elle un bateau spécial destiné à courir rapidement sus à l’ennemi pour lui envoyer son terrible projectile et pour s’enfuir aussi vite afin d’éviter le tir meurtrier de la grosse artillerie que ne pourraient supporter un instant ses parois légères. Un nouveau mode de combat était donc nécessairement imaginé : celui du coup porté brusquement par un adversaire menu et difficile à saisir dans ses évolutions rapides et qui s’enfuit hors de portée aussitôt son attaque effectuée.
- Un instant le cuirassé trembla devant son minuscule adversaire et aujourd’hui encore, malgré tout son étroit cloisonnage, malgré sa puissante cuirasse il ne saurait résister à l’attaque succès*
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- sive de plusieurs torpilleurs qui le détruiraient peu à peu dans ses œuvres vives, cependant que ses blindages hors d’eau, son pont et ses tourelles essuieraient le feu terrible des grosses pièces dont les obus de rupture perçant les plaques d’acier, détruisent l'étanchéité des cloisons et rendent plus efficace l’œuvre destructive de la torpille.
- Mais les canons à tir rapide se développaient rapidement et atteignaient à une puissance que l’on n’aurait su augurer à l’avance, et le torpilleur devenait moins puissant en causant plus de dangers. Si, en effet, par une fuite rapide, il évitait à peu près toujours le gros projectile d’une lourde pièce à tir lent et lentement réglable surtout sur un but aussi exigu et aussi mobile qu’un torpilleur, les canons de huie le blessaient cruellement et mettaient navire et équipage dans une posture fort dangereu e Alors revint et pris corps bien vite l'idée déjà ancienne d’un bateau offensif invisible et l’étude du navire sous-marin hanta les cervaux durant de longues années pour aboutir dernièrement enfin à une solution qui, pour n’être pas parfaite, a cependant une réalité pratique indiscutable.
- Il importe cependant de ne point se laisser aller à des croyances bénévoles, de ne point s’imaginer que le sous-marin est universel et unique ; — il importe de se rendre un compte exact de ce que peut et de ce que doit faire un sous-marin; — en un mot de lui assigner parmi les unités de combat le rang et la place qui lui afférent.
- Dans une bataille ravale le cuirassé d’escadre, qui est allé au-devant de l’ennemi et l'a rencontré, mouille et combat pour ainsi dire de pied ferme, essuyant le feu de ses adversaires pendant qu’il tâche de leur faire éprouver cruellement la puissance de sa grosse artillerie. Le cuirassé est alors si nous pouvons ainsi parler un navire résistant, pourvu par conséquent outre ses moyens d’attaque d’un armement défensif dont la part active se compose de ses pièces de petit calibre et de pièces à tir rapide et la partie positive, — la plus impor tante peut-être, — de la cuirasse complétée intérieurement par le cloisonnage en petits compartiments étanches. Ce bateau pourvu d’un armement défensif puissant, sera ce que nous appellerons pour simplifier le largage, un bateau défensif, A côté de lui vient le croiseur cuirassé au revêtement plus mince, incapable de supporter longtemps un feu nourri de grosses pièces. Le croiseur cuirassé possède déjà une cuirasse moins épaisse, un moins grand nombre de petits canons de petit cafibre ou de canons-revolver?, — plus rapide en sa manœuvre il prend plus vite et plus énergiquement l’offensive; mais après avoir porté quelques coups sérieux, il évite de prolonger le combat et abandonne son adversaire, mieux défendu mais incapable de le suivre, aussitôt qu’il ne croit plus pouvoir lui faire de mal notoire sans risquer d’être atteint plus durement encore. — Défecs f encore un peu le croiseur cuirassé est offensif davantage.
- Après lui viennent les croiseurs ordinaires et les croiseurs corsaires, bâtiments à marche rapide très légèrement blindés et incapables de soutenir un feu d’artillerie. Ceux-là ne sont plus guère
- qu’offensifs mais leur offensive devient plus dangereuse de toute leur n obi 1 ité ; ils attaquent à la course le navire ennemi qu’ils peuvent facilement rejoindre, envoient quelques projectiles de leurs grosses pèces c’e chasse, puis, changeant de route, s’éloigner t tout en se couvrant, jusqu’à ce qu’ils soient hors de portée, par le feu de leurs pièces de retraite, — canons de gros ca'ibre et de longue portée placés à l’arrière.
- Nous entrevoyons déjà que les qu:li‘és défensives d’un navire ne vont qu’avec le grand poids qui a pour conséquence la lenteur de la marche, — les qualités défensives au contraire prennent le pas sur les précédentes jusqu’à les remplacer tout à fait à mesure que le bateau s’allège et s’allonge acquérant par là la vitesse qui lui permettra de frapper l’ennemi en effleurant seulement la zone dangereuse qu’il crée pour sortir aussitôt à toute vapeur de cette zine quitte à y revenir pour une attaque nouvelle.
- En un mot, le navire à mesure qu’il s’allège et gagne de vitesse tend à devenir un engin destiné à porter un nombre très restreint de coups et à se mettre à l’abri par la distance qu’il met bien vite entre lui et son ennemi; — à l’encontre du cuirassé d’escadre il frappe mais ne lutte pas et abandonne le terrain aussitôt qu’on répond à ses ( oups.
- L’arrivée du torpilleur va poiter bien plus loin encore l’extension de ce mode d’opération.
- Le torpilleur en effet, bateau extrêmement rapide et mobile, est pourvu d’un armement offensif. — la torpille automobile, — qui dépasse en puissance le projectile envoyé par le canon le plus lourd et qui de plus augmente son effet utile de ce fait qu’il frappe son but au-dessous de la ligne de flottaison, créant ainsi des voies d’eau difficiles à aveugler dans le blindage et risquant de briser le gouvernail et de rendre le navire attaqué impuissant à faire route dans une direction bien déterminée. Il faut remarquer, en effet, que l’évol. -tion à la voile déjà illusoire dans le calme d’une route que rien ne vient troubler est deux fois impossible au moment du combat.
- Mais si le torpilleur est plus offensif que tout autre bateau plus grand et plus lourd, il est bien; celui-là, offensif seulement et rien autre et s’il avait le malheur ou l’inconscience de demeurer dans la zone battue par les projectiles du navire de ligne qu’il a attaqué et de se laisser atteindre par l’un deux il serait infailliblement et immédiatement coulé bas. Le rôle du torpilleur est donc de fondre à toute vitesse sur l’ennemi, ne lui laissant pas le temps de le viser et de fuir au plus vite aussitôt son opération offensive effectuée, — de fuir au plus vite, et encore en suivant autant que possible une route irrégulièrement sinueuse rendant à peu près impossible le réglage sur lui d’un tir sur but mobile.
- Le torpilleur, il est vrai a un adversaire direct, le Destroyer ou contre-torpilleur possédant la même vitesse, le même armement, plus un canon et un tonnage un peu plus élevé qui augmente son rayon d’action»
- Mais encore que le Destroyer soit conçu dans le but de préserver par une croisière rapide le cuirassé auteur duquel il évolue, contre l’attaque
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- du torpilleur au do vaut do qui il se porterait prenant au besoin la chasse, la préservation qu’il procure n’est guère qu’illusoire en raison des attaques multiples qui peuvent se proluire en plusieurs sens et aussi,— et surtout, — en raison de ce fait que, en cas de bataille navale, le contre-torpi l.’ur cesserait souvent sa gratde garde pour a'L-r prendre l’off-nsive et agir comme un torpi'-leur de haute mer contre un navire d’escadre.
- Les torpilleurs et contre-torpilleurs en raison de leur légèreté n’ont d’ailleurs que des soutes peu profondes, — leur rayon d’acùon en devient peu étendu et ils ne doivent ni ne peuvent voyager vers le large seuls ou en flo'tille indépendante, mais seulement en compagnie de grands navires qui les i avitaillent de combustible.
- Nous allons retrouver une partie de ces conditions — toutes les conditions offensives au moins — dans les sous-marins mais d’autres considérations vont s’ajouter qui fixeront leur valeur militaire relative, leur coefficient d’efficacité si l'on peut dire, comme unité de combat.
- Léger plus que tout autre navire et compensant son infériorité di vitesse par son invisibilité qui lui permet d’attaquer presque à loisir, où et qua^d il veut, le sous-marin est essentiellement et éner-giquemeut offensif, puisqu’il use de l’arme d’attaque la plus formidable qui soit en usJgr.
- Quant au moyen de défense, nous l’avons dit déjà, — il n’y en a qu’un, — la fuite en immersion.
- C’est là la différence essentielle de tactique qui existe entre le sous-marin et le torpilleur. Celui-ci court sus à l’ennemi, envoie sa torpille et s’éloigne au plus vite dans les conditions que nous avons dites. Pendant ce tempr, naturellement, l’artillerie tire sur lui — et le manque en général parce qu’il danse sur l’eau ive: rapidité et en tous sens cependant que la cible vulnérable qu’il offre est d’une exiguité qui rend le pointage difficile. Pour le sous-marin il en est autrement, — il n’a pas besoin de couri1*, nul ne le voit venir et il approche à sa guise et s’en va de même sans que rien décèle au dehors sa position, — il ost et demeure dans toute la période de combat invulnérable puisque aucun bateau ne peut tirer sur lui. Le sous-marin n’ayant à essuyer aucun feu ne devra donc jamais répondre à l’artillerie et c’est la raison pour laquelle il n’a pas été et 11e doit p3S, sois peine de perdre sa plus précieuse qualité,— l’invi;ibilité, — être muni d’une artillerie défensive telle qu’un canon revolver dent il serait parfois peut être tenté de se servir, ce qui ne pourrait avoir pour lui d’autre ccnséquence que de courir le risque de se faire couler par un obus. Voila donc encore un bateau uniquement offensif mais qui ne risque rien à n’avoir pas de défense puisqu’on ne saurait l’attaquer.
- On pourrait objecter peut être que de même que l’on a créé des destroyers ou cort'e-torpil-leurs pour préserver les navires de rang de l’attaque des torpilleurs — il semblerait conséquent de mettre à la mer des contre sous-marins, — sous-marins eux-mêmes mais plus rapides et plus résistants à la longueur de la route. Cette proposition spécieuse a priori ne tient pas devant une atten-
- tion un peu soutenue. Quel est en effet l’écueil, de la navigation sous-naarine ?
- Nous savons qu’il n’en est d’autre que la visibilité à travers l’eau. Que ferait en effet comme sentinelle un aveugle? et il s’agit bien ici, en fait d’un aveugle puisque le contre sous-marin" dont nous parlons devrait observer des sous- marin î c’est-à-dire chercher à travers l’eau des corps submergés et non explorer au moyen d’un appareil de vision quelconque un horizon placé au-dessus du niveau.
- Le destroyer sous-marin est donc non seulement une utopie actuelle mais une impossibilité physique car les progrès de la science ne feront pas que l’eau soit plus transparente qu'elle n’est et nous lavons que le projecteur de lumière — encore que irréalisable aujourd’hui, — ne remplirait nullement son but mais aurait pour effet seulement de mettre en girde l’assaillant qui n’aurait jamais grand peine à éviter la gerbe lumineuse quand il en serait à l’extérieur ou a en sortir si par accident il y avait pénétré Le èhangement de ) rofondeur d’immersion combiné avec celui de la direction suivie ôterait d’ailleurs toute chance de succès à sa recherche. D’ailleurs, nous le répétons, ce projecteur n’est pas trouvé et nul indice ne se présente pour faire préjuger qu’il doive un jour apparaître ; au contraire.
- La qualité offensive du sous-marin, quel que soit son type, est donc bien définie ; il attaque avec sûreté et sécurité, mais ne peut attaquer que des navires d’une autre espèce qui sont impuissants à user envers lui de représailles, mais il ne peut en aucun cas attaquer un autre sous-marin ou lui barrer la route.
- L’existence du sous-marin n’a donc de raison que dans l’existence des navires de ligne; mais,— dir2-t on, — puisque le sous-marin ne peut pas attaquer le sous-marin tandis que le cuirassé ou le croiseur ou tout autre navire à superstructure offre à ces engins nouveaux une cible vulnérable pourquoi ne pas remp’acer purement et simplement toute notre marine flottante par une marine infra-pélagique n’effrant aucune prise à l’ennemi et capable de couler bas ses vaisseaux?
- A cela il faut d’abord répondre par une question ; Mais si l’ennemi aussi n’a qu’une flotte sous-marine que feront l’un contre l’autre ces deux adversaires qui ne peuvent pas s'attaquer l’un l’autre puisqu’ils r.e se voient pas?
- Des flottes absolument incapables de se livrer bataille ce serait peut-être une solution de la paix navale, -- avouons cependant qu’elle serait manifestement mauvaise. Et puis la question est autre part.
- Le stuj-marin — même autonome — a un rayon d’action excessivement restreint en comparaison des distances que franchissent les grands navires, — distances qu’il est nécessaires de franchir pour se porter d’urx port d’attache sur le terrain de la lutte, — aux antipodes peut-être. Il est donc de toute nécessité, même si le sous-marin navigue — et généralement pour un long parcours il serait emporté jusque dans le voisinage de la région d’action, — qu’il ne marche que dans l’escorte d'une escadre dont les croiseurs et les cui-
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- rassés capables de transporter des poids énormes, renouvelleraient au fur et à mesure de la consommation sa provision d’énergie potentielle emmagasinée sous forme de pétrole et d’électricité. Et il faudra que, au moment du combat, tandis que les sous-marins seraient de part et d’autre en action contre les navires ennemis ceux-ci puissent résister aussi l’un à l’autre et livrer bataille sur l’eau comme on l’a fait jusqu’ici ; — le cuirassé d’escadre demeure donc nécessaire et on conçoit même qu’il devra être de plus en plus puissant, de plus en plus gros afin d’augmenter avec son tonnage sa charge possible, sa vitesse et son rayon d’action. Et avec le cuirassé resteront les croiseurs protégés, les croiseurs légers et tous autres bateaux dont chacun est la conséquence des types à qui il aura affaire dans les différentes conditions d’un conflit maritime. Et ceux-là aussi devront agrandir et effiler leurs formes pour gagner des qualités de durée de parcours, de vitesse et de puissance offensive, fonction pour eux du poids des pièces et des projectiles dont ils peuvent user.
- Une solution philosophique cependant est à signaler. Si au lieu de faire des cuirassés, des croiseurs et autres navires de combat on faisait des transports, — des cargos, — qui escorteraient, eux, les sous-marins pour les ravitailler et seraient immobiles et passifs pendant la bataille. Il y a là plus de contradiction et d’irréalisables fantaisies que de mots.
- Indépendamment, en effet, du ridicule qu’il y aurait à mettre face à face deux lignes de gros bateaux impuissants, spectateurs impassibles de ce qui se passerait sous l’eau et sans qu'ils le voient tout autour d’eux, que feraient les sous-marins immergés dans de pareilles conditions? Attaquer l’un et l’autre leur est, nous 1d savons, impossible: ils attaqueraient donc des cargos sans défense les couleraient à pic de part comme d’autre jusqu’au dernier et ensuite, revenant à flot, n’auraient plus qu’à se joindre, — ennemis avec ennemis, sans distinction de patrie, — pour rééditer en grand l’aventure du radeau de la Méduse.
- Mais n’insistons pas sur ces fantaisies qui viennent pourtant à l’idée sous suite de déductions en apparence, — et même en réalité,- — fort logiques; de paradoxe en paradoxe nous tomberions au plus invraisemblable roman, — et la guerre c’est de l’histoire.
- Résumons donc simplement et vite les résultats acquis et concluons :
- Le bateau sous-marin, — quel que soit son type, quel que soit son rayon d’action, — ne pourrait être autre chose qu’un puissant instrument d’attaque contre les navires d’une flotte ordinaire dont il est incapable de prendre en quelque façon que ce soit la place. Il est donc l’auxiliaire précieux et fort d’une escadre ou d’une défense fixe ou mobile mais point du tout le suppléant de cette escadre ou de cette défense. Seul le torpilleur s’efface un peu devant lui sans cependant disparaître, et si le sous-marin — perfectionné encore, devenu le nombre et entré dans les mœurs et les habitudes navales aü point de ne pas sembler à un officier ou un marin plus étrange que tout autre naviré,— vient prendre place dans la
- hiérarchie des constructions entre le croiseur et le destroyer, il laissera au-dessus de lui pour le diriger et le faire vivre les grands bâtiments de premier rang.
- Ce sera l’âme damnée de l’escadre peut-être, mais à une âme, fut-elle damnée, il faut un corps pour agir.
- H. NOALHAT.
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- INFORMATIONS
- Détail intéressant. — La voiture la plus lourde ayant pris part aux courses de Nice était celle de M. Stead, le sportmen bien connu. Dans la course Nice-Draguignan-Nice, cette voiture (de 24 chevaux) charriait 4 personnes, plus 150 kilos de plomb, pesant ainsi environ 1600 kilos. Cette voiture, munie dans cette course comme dans la course de côte Nice-La Turbie, de pneumatiques Continental, est arrivée première -dans sa série.
- Les Établissements Marot-Gardon viennent, continuant leur marche ascendante et leur rapide succès, de se transformer en une Société anonyme au capital de 600.000 francs. Félicitations aux jeunes et habiles directeurs.
- Les poids lourds dans les colonies anglaises. — Le gouvernement de l’île de Ceylan vient de mettre en service un fourgon à vapeur du système de Lancashire Steam Motor Co de Ley-land destiné au service postal de Colombo.
- La maison Coulthard vient de construire un omnibus colonial à vapeur destiné à un service en l’Australie, cet omnibus est de même système que les camions du même constructeur qui ont pris part au dernier concours de Liverpool, mais des dispositions spéciales dans la construction ont été prises pour empêcher les voyageurs d’être incommodés par la chaleur (The Autocar, 18 novembre et 2 décembre 1899).
- Draguignan. — A sa dernière réunion, tenue dans le coquet salon du Grand Café du Commerce, le Comité d’organisation de l'Automobile-Vélo-Club du Var a définitivement constitué cette Société et nommé son bureau qui est ainsi composé :
- Président : M. le marquis Raymond de Ville-neuve-Bargemon, officier de la Légion d’honneur, administrateur des chemins du Sud de la France, à Bargemon; vice-président, M. Edouard Tissot, chef de section des chemins de fer, 28, avenue Carnot, à Draguignan ; secrétaire, M. Michel Dupré, pharmacien, place du Marché, à Draguignan ; trésorier, M. Marius Oustric, chirurgien-dentiste, 40, avenue Carnot, à Draguignan.
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- Nous souhaitons à l’A. V. G. Y. longue vie, et pour causes : un tramway, un chien, un ivrogne adressons aux promoteurs nos bien sincères féli- et un cheval. — Maurice Berson.
- citations.
- Essais de services postaux aux Etats-Unis. — Malgré le très mauvais état des routes américaines le département des Postes de l’Etat de New-York a procédé à un essai d’automobiles pour rechercher si un service postal était possible. Le trajet de Lincoln par Boston et New-York, soit 44 milles, a été effectué en 3 h. 40 m., soit une vitesse moyenne de 19 km. à l’heure. La voiture était une Daimler anglaise de 5 chev. 1/2 de force, elle était chargée de 450 kilos de sacs de dépêches.
- Un essai de même genre, mais avec voiture électrique a été fait avec une voiture électrique dont la batterie, bien que ne pesant que 980 livres, serait suffisante pour un trajet de 150 km. à la vitesse de 20 km. à l’heure.
- De notre correspondant d’Amiens :
- L’automobile passe en ce moment par la série noire, voici trois accidents qui viennent d’arriver dans l’espace de 15 jours. En voici les détails : i* Une voiturette montée par M. Laigle, mécanicien et autre personne débouchait de l’impasse Tappel-plomb, pour entrer dans la rue St-Leu, quand arriva un car électrique. Une collision eut lieu entre les deux véhicules. Personne ne fut blessé, seule une roue de la voiturette fut mise hors d’usage ; 2• M. A. Strock, le fils du constructeur bien connu, passait jeudi vers midi sur le boulevard du Mail, monté sur un tricycle, lorsqu’un chien vint à traverser la chaussée et se jeta dans les roues du moto ; d’où, panache formidable. M. Strockfut violemment projeté sur le sol, le docteur Moulou-guet qui passait, s’empressa autour de lui, là il constata que le blessé n’avait aucune fracture et qu’il en était quitte pour des contusions sans gravité ; y Dimanche, M. Guénin, industriel, passait sur la route d’Abbeville, quant arrivé entre Ailly-sur-Somme et Dreull, il modéra son allure pour éviter un piéton qui suivait la route en titubant, à ce moment, arriva, en sens inverse, une voiture attelée d’un cheval qui, à la vue de l’automobile prit peur et se jeta sur cette dernière. M. Guén n tenta d’éviter la collision et fit un brusque changement de direction, mais le contre-coup le jeta sur la chaussée où il resta étendu. 11 fut bientôt rejoint par M. Deleforterie fils et un autre cyéliste qui le relevèrent et le conduisirent dans une habitation où on lui donna les premiers soins ; là on vit que M. Guenin avait la cuisse brisée, un trou à la tête et des contusions un peu partout sur le corps.
- On le fit transporter avec tous les ménagements possibles à son domicile, rue de la Citadelle ; malgré ces blessures, les jours de M. Guénin ne sont pas en danger.
- Tous nos vœux de rétablissement à la victime de ce malheureux accident.
- Les détracteurs de la locomotion nouvelle — qui heureusement 'deviennent rares — ne diront pas cette fois que c’est toujours les automobiles qui occasionnent les accidents, car ceux-ci ont e,u
- De Rouen :
- Dimanche après-midi, il s’est produit un accident d’automobile dû à l’imprudence du chauffeur, heureusement cet accident n’a eu aucune suite grave. Une automobile dans laquelle se trouvaient un monsieur et une dame, débouchait à toute vitesse du pont Boieldieu, quand le conducteur voulut sans ralentir, prendre un virage à angle droit, naturellement la voiture, se renversa et les 2 voyageurs furent précipités sur le pavé ; ils ont eu plus de peur que de mal ; tant qu’à la voiture, elle demandait les soins empressés d’un mécanicien. — M. B.
- LOCOMOTION AÉRIENNE
- M. Millerand, ministre du Commerce, vient d’approuver le traité passé entre l’Administration de de l’Exposition et M. le Commandant Paul Renard, président du Comité d’Organisation des concours d’Aérostation au nom de ce comité.
- Plusieurs engagements ont déjà été reçus, les envoyer, ainsi que les demandes de règlements et de renseignements à M. le Commandant Renard, 7 avenue de Trévoux, à Meudon (S.-et-O.).
- BIBLIOGRAPHIE
- Le développement pris en ces dernières années par l’automobilisme devait faire naître, entre autres publications, un recueil spécial de toutes les adresses intéressant la construction, le commerce et la pratique des automobiles.
- C’est précisément C9 qu’on trô3 bien compris MM. Thévin et Houry en publiant chaque année Y Annuaire Général de V Automobile et des industries qui s’y rattachent. (1 volume 1 900 pages in-8° relié : 10 tr. franco.)
- Cet annuaire, dont une nouveile édition, revue et corrigée, est actuellement en préparation pour paraître en mai prochain, est divisé en quatre grands chapitres ci-après, dans lesquels les adresses sont méthodiquement classées et divisées en autant de rubriques distinctes que le comportent la diversité des articles et la facilité des recherches.
- Constructeurs d’automobiles : classés d’abord par pays (Europe et Etats-Unis) et classés ensuite par genre de véhicules et de mateurs.
- Fournitures pour automobiles : fabricants et fournisseurs spécialistes de matières premières, piècés détachées et accessoires, classés par spécialités (France et Etranger). f
- Renseignements locaux : énumération, par ville, des constructeurs, négociants et réparateurs spécialistes, garages, hôtels, dépôts d’essences, stations
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- électriques, distances routières, etc., et des propriétaires d’automobiles et de motocycles.
- Renseignements généraux : clubs, syndicats et associations d’automobilistes, avec listes de leurs membres; entreprises do transports par automobiles, règlements, tarifs douaniers, bibliographie, presse, brevets français, marques, etc.
- Ceux de nos lecteurs que cela intéresse sont priés de donner leur adresse (en indiquant leur spécialisé), à MM. Thévin et Houry, 21, rue du Louvre à Paris, qui ont pris pour règle d’insérer dans leur annuaire, sans frais et sans partialité, toutes les adresses utiles à l’automobile.
- * *
- 4
- )
- Paraîtra prochainement :
- LA 2e ÉDITION
- des Secrets de Fabrication et de bon Fonctionnement
- DES MOTEURS A ESSENCE POUR MOTOCYCLES ET AUTOMOBILES
- PAR GEORGIA KNAP
- Constructeur-Mécanicien, Secrétaire-Expérimentateur du Concours de Moteurs.
- Cette 2' élition est augmentée des résultats et découvertes scientifiques faites au concours de moteurs d’automobiles et de motocycles d’Aubervilliers Octobre-Novembre-Décembre 1899. (Grand in 8° raisin de 500 pages illustré de nombreuses gravures Prix : 18 fr. 50. )
- En vente aux bureaux du Journal.
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- CALENDRIER DES COURSES
- AVRIL
- i. Nice, meeting de la Côte d'A\ur Sportive. Course de côte de l’Estérel.
- Engagements avant le 30 Mars.
- 4, Çoupe du Sud Est à Salon
- 15. Paris-Roubaix motocycles 288. km.
- Avant le 9 avril à midi. — 5 fr. — Au Vélo.
- 16. Nice. Canots Automobiles.
- 21 au 23, Meeting Automobile de Turin.
- 26. Critérium de l’Electricité. Paris-Dijon.
- Avant le 23 avril à midi.— ioofr, —Au Vélo. Du 23 avril au 11 mai. Excursion des 1000 Milles en Angleterre.
- (De 250 fr. à 625 fr. avant le Ier février, doublés jusqu’au Ier mars).
- 29. Course du Premier Pas. La Vie au Grand
- A ir.
- MAI
- 3. Critérium des motocycles 100 km.
- 10. Critérium des voiturettes 100 km.
- 17. Critérium des motocyclettes 100 km.
- (Ces 3 courses sur le parcours Etampes à Char- très et retour, engagements 20 fr , clôtures respectives le ior mai, le 8 mai, le 15 mai. — Au Vélo).
- 14, Challenge de l’Electricité du Sport Universel.
- Du 14 au 18. Exposition Universelle. Concours de voitures de Tourisme.
- 23. Paris-Bordeaux 568 km.
- Voitures 200 fr., voitures pesant moins de 400 kg. 150 fr., motocycles 100 fr ; avant le 19 mai midi au Vélo.
- 23. Canots automobiles à Argenteuil.
- Courant du mois, Exposition à Amsterdam.
- JUIN
- 3. Coupe des Motocycles. Etampes-Chartres.
- 3. Bordeaux-Périgueux (A. C. Bordelais).
- 10. Paris-Reims.
- 14. Coupe Gordon-Bennett (Paris-Lyon 560 km.
- Du 18 au 23. Exposition Universelle. Concours de voitures de place.
- 24. Bade, course de côte.
- 24. Brest-Rennes-Brest. 300 km.
- C 'urant du mois, Course de Dieppe.
- Liste les Brevets d’inveatian
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelef, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 292 884. — 28 septembre 1899. — Chaboche. — Direct.on irréversible pour véhicules automobiles.
- 292 995. — 2 octobre 1899. - Stevens et Penney
- — Nouveau système de frein pour automobiles et autres véhicules.
- 293 062. — 4 octobre 1899.— Boyer. — Nouveau systémo d’essieu arriéro pour véhicules autcmobiles.
- 293 104. — 5 octobre 18ï>9. — Briest (les sieurs).
- — Voiture automobile.
- 293 122. — 6 octobre 1899. — Burns. — Nouveau système d’allumage électrique spécialomeut applicable aux voitures automobiles.
- 293 176. — 10 octobre 1899. — Nicodémi. — Automobile dite le Zénith.
- 293 209. — 12 octobre 1899. — Bibal. — Système de changement de vitesse pour voitures automobiles.
- 293 210. — 10 octobre 1899. — Dubrulle. — Nouveau graisseur pour moteur à gaz ou à pétrole et spécialement pour voiture automobile, à mise en marche et arrêt automatiquos, fonctionnant par los gaz à échappement.
- 293 220. — 10 octobre 1899. — Conrady. — Vélocipède à actionnement automatique.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- ’ Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile ; Gr. PESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N» 15
- 12 Avril 1F00
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée tous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF GL-F. DE S JACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N> 15
- Voitures Léon-Bollée-Darracq. —Paul Sarrey.
- Etude sur les accumulateurs ayant pris part au Concours d’accumulatouis do l’A. C. F. - Accumulateurs Blot-Fulmcn, Fulmen, Phénix' Popo and Son. — A. Delasalle
- Guide de route pour la conduite et l’entretion des voiturettes de Dion Bouton. — J. Wolff.
- Révolut:on dans les vitesses des chemins do fer. — René Varènnes.
- Gérard Lavorgne et Baudry do Saunier.
- Touring-Club de France.
- Pour remplacer le caoutchouc.
- Automobile-Club de France.
- La Semaine de Nice. — Course de Côte de l’Esté rel. — Le Meeting Provençal. — Le Premier Pas. — Critérium de l’Electricité.
- Les Services d’automobiles sur route. — Gaston Seneicr.
- Informations.
- Locomotion Aérienne.
- VOITURES DARRACQ
- AVEC MOTEUR BOLLÉE
- Fig. 1. — Coupe du moteur Léon Bollée-Darracq montrant tout Vensemble de l'arbre moteur.
- Dans une annexe de l’usine qui fabrique les pièces détachées «Perfecta », à Suresnes, M. Darracq construit en série 500 voiturettes
- à la fois d’après les derniers brevets Léon Bollée.
- Notre gravure montre que ces automo-
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- biles légères conservent l’aspect dégagé de la « voiturette », tout en étant plus stable sur ses 4 roues, donnant une impression d’élégance que ne présentait pas la voiturette primitive de Bollée, taillée plutôt pour la course et les records.
- L’usine proprement dite (qui est remarquablement agencée et outillée) fournit
- pour ce montage des pièces exactement calibrées et interchangeables dont le fini égale celui des pièces faites à la main.
- Le moteur de ces voitures est horizontal, à un seul cylindre, et porte des ailettes de refroidissement, quoique développant 5 chevaux environ : il est toujours placé à l’avant de la voiture pour que l’air déplacé
- Fig, 2. — Détail de commande de la soupape d’échappement
- hâte le refroidissement. Nos figures 1 et 2 montrent que la soupape d’admission est automatique et que la soupape d’échappement est soulevée mécaniquement par l’action d’une came agissant sur une bielle oblique et un culbuteur, avec ressort de rappel. Cette bielle spéciale est soumise également à l’action d’un régulateur à boules qui, s’écartant, lorsque le moteur s’em-
- balle, font avancer une douille qui vient appuyer sur le balancier que l’on voit disposé latéralement au carter. Ce balancier fait dévier la bielle qui n’est plus rencontrée au moment voulu par le doigt de manœuvre qui, la poussant, fait mouvoir le culbuteur à l’autre bout; cette bielle échappe donc à l’action de l’excentrique et la soupape d’échappement reste fermée tant que le mo-
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- teur n’a pas ralenti suffisamment pour que qui en assurent l’étanchéité : il attaque par les boules du régulateur soient revenues à bielle l’arbre moteur (fig. i) sur lequel
- sont
- leur position normale.
- calés, d’un côté, la poulie-cône à 5 étages
- Châssis de la voiture Darraeq.
- nag.es de marche arrière • de l’autre côté la commande de la soupape d’échappement et le dispositif de régulation.
- Une unique courroie transmet la vitesse à 1 arbre intermédiaire, placé à l’arrière du châssis et portant une poulie-cône conjuguée.
- Mais la poulie-cône de l’arbre moteur est folle sur cette arbre ; en le déplaçant vers le moteur, elle vient buter contre un toc d’entraînement, lequel est solidaire de l’arbre et entraîne la poulie dans la marche avant, en la déplaçant en sens inverse, on engrène la marche arrière que l’on
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- voit logés à gauche contre le volant ; la poulie-cône, dégagée du toc, se met alors à tourner en sens inverse.
- Ce mouvement de translation est donné par un levier spécial, dit de changement de marche.
- L’arbre intermédiaire, portant la poulie-cône conjuguée, est fixé sur un faux-châssis disposé en-dessous du châssis principal et pouvant se déplacer longitudinalement, parallèlement à celui-ci. C’est en faisant reculer ce faux-châssis par la manœuvre d’une tige filetée et d’un écrou (manœuvrés par un petit vo'ant à portée de la main) que l’on peut tendre la courroie de transmission de la quantité voulue suivant le degré hygrométrique de l’air qui, on le sait, a une action sensib’e sur le cuir des courroies.
- Sur l'arbie intermédiaire également est calé l’embrayage à friction (par cônes droits) qui permet d'arrêter la voiture, le moteur continuant à tourner.
- Le déplacement de la courroie sur les 2 poulies-cônes (étagées en sens inverse) se fait à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère déplaçant une fourchette double suivant la vitesse que l’on veut obtenir.
- Ces déplacements sont commandés par le volant à boules qui e:-t disposé au-dessous du volant de direction ; il est situé à la partie supérieure d’un tube-fourreau concentrique à la tige de direction.
- Le réservoir à essence est sous le siège ; il comporte 3 départs : l'un va au brûleur (allumage du moteur par tube de platine incandescent) l’autre alimente le carburateur à barbottage ; le troisième sert au dégommage des segments du piston.
- La direction très simple agit par pignon et crémaillère sur la bielle de direction des roues d’avant, montées à pivot comme d’ordinaire.
- A noter que la visite en cours de route est ici facilitée par la disposition même des organes qui ne sont pas entassés et cachés à plaisir comme en maint autre système
- Paul SARREY.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
- ETUDE SUR LES
- ACCUMULATEURS
- ayant pris part au Concours d’Accumulateurs de l’A. C. F.
- Accumulateurs : Blot-Fulmen — Fulmen
- — Phénix
- — Pope and Son
- N° 10. — Accumulateur Blot-Fulmen. — Cet é.ément est constitué par des plaques positives Planté, de la Cie Générale des Accumulateurs G. R. Biol, et des négatives à formation Faure de la Société des Accu-mulateuis Fu’.men.
- Les positives sont donc du type dit à navettes, déjà connu avantageusement. Les navettes constituant les plaques Blot sont formées par des rubans alternativement ondulés et striés (les rubans ondulés étant préalablement striés) et enroulés en forme de navette ; cette navette est ensuite coupée en deux par le milieu, perpendiculairement à la longueur des rubans, et chaque ensemble est soudé électriquement à un cadre en plomb antimonié, dont le montant supportant la soudure est de 4 m/m d’épaisseur, tandis que les trois autres n’ont que 1,5m/m.; entre 1 extrémité des navettes et le cadre, on laisse un espace vide, de façon à laisser les rubansfoisonner librement. Les navettes sont placées horizontalement.
- Chaque navette de 1 élément de traction est constituée par 8 rubans unis et 8 rubans gaufré;, dont la longueur moyenne totale est de 210 m/m., donnant une longueur de la navette de 105 m/m. La plaque est constituée par 6 ravettes ayant au total une surface active de 30 dm2, la largeur des rubans étant de 8 m/m.; la surface projetée est de 2,30 dm2, ce qui donne 13 dm! de surface active par dm- de surface projetée.
- La capacité est de 0.5 a. h. par dm2 de surface active et de 6,=,2 a. h. par dm2 de surface projetée.
- Le nombre de plaques par électrode positive est de six. La queue des plaques porte à sa partie supérieure une encoche rectangulaire, dans laquelle \ient s’adapter une barre de plomb servant à réunir les plaques entre elles par soudure.
- La plaque négative est semblable à celle que nous décrivons plus loin dans la monographie de l’Accumulateur Fulmen, dimensions à part.
- Il est fâcheux que la Compagnie * Blot n’ait pas pu se servir de ses négatives qui sont excellentes, et que la considération de la limite du poids l’ait obligée à prendre une négative légère qui forcément, au bout d’un certain nombre de décharges, devait être hors de service.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Les plaques sont isolées les unes des autres par des feuilles en ébonite perforées et ondulées; le fond du bac porte des cales à rainures destinées à supporter les électrodes.
- Le bac porte des nervures extérieurement; la réunion entre deux est faite par des feuilles de clinquant soudées électriquement.
- Le volume de l’acide est u.i peu faible 2,5 dm3; la densité est de 1,22 après la charge et de 1,16 après la décharge.
- * *
- N° 11. — Accumulateur Fuhnen. — Cet accumulateur est un des plus anciens parmi ceux qui tentèrent les premiers la traction de voitures automobiles ; ce que l’on cherche surtout c’est une grande légèreté, là où ses concurrents fournissent 5 à 6 ampères heures par kg. de poids total, lui fournit 13 a. h.; mais naturellement sa solidité mécanique est moins grande et les frais d’entretien seraient plus élevés avec lui qu’avec des types comme Tudor ou Blot.
- Les plaques ont 4 m/m d’épaisseur pour les deux pôles.
- Le cadre de la plaque positive est en deux parties se superposant, et présente des divisions en rectangles de 25.5X16,5 m/m; les séparations entre les différentes alvéoles sont constituées par des tiges en plomb antimo-nié comme tout le cadre du reste dont la section est en forme de trapèze ; lorsqu’on fait l’empâtage on place d’abord un des grillages avec la petite base placée en haut, et après avoir mis la pâte, on place la seconde grille, la petite base en bas de façon à former un creux emprisonnant la pastille.
- Le nombre des pastilles est de 30 par plaque ; chaque pastille est percée de 8 trous; les séparations ont 2,5 m/m de largeur à la grande base et 3 m/m pour le cadre extérieur.
- Pour la négative, la division est la même, sauf que les points de croisement de deux barrettes sont à angle droit, sans aucun renforcement, et que de plus chaque pastille est divisée en 12 parties égales, par une série de petites cloisons de 1/2 m/m d’épaisseur et placées, 4 dans le sens de la largeur, et 3 dans le sens de la longueur de la pastille ; ce quadrillage ne pénètre pas jusqu’au centre de la plaque, il forme comme un filet pour empêcher la pâte de partir. Le poids de la plaque positive est de 0,445 kg. pour les dimensions de 18 cm. en hauteur X 10 cm. de largeurs X 0,4 cm. d’épaisseur. Dans les 445 gr. que pèse la plaque positive la matière active entre pour 285 gr. de même dans la négative qui pèse 0,44 kg. dont 0,26 kg. pour la matière active.
- Les plaques îeposent par l’intermédiaire de caoutchouc souple sur des taquets en ébonite situés sur le fond du bac; elles sont maintenues en haut par deux barres de
- connexion, sur lesquelles viennent se souder des bornes qui traversent le couvercle par des bouchons de caoutchouc as urant une assez bonne é'anchéité.
- L’électrolyte qui occupe 1,8 dmn, pèse une densité de 1,26 en fin de charge et 1,16 en fin de décharge.
- Si on se reporte au'règlement, on verra que la capacité exigée était de 120 a. h; ; tous les éléments Fulmen mis en concours étaient du type B 21, dont la capacité en 5 heures est de 166 a. h. corresponâat.t à 13 a. h. par kg. de poids total, et 18,5 a. h. par kg. d’électrodes; ils étaient donc, grâce à leur faible poids, en meilleure posture que leurs concurrents, puisqu’ils possédaient une capacité plus grande que celle qui était exigée, la fatigue devait donc leur être moins grande ; cela explique une p: rne de leur succès, vu les conditionsarsez duresdu concours.
- * *
- N° 12. Accumulateur Phénix. — Cet accumulateur diffère essentiellementpar sa constitution de ceux décrits jusqu’à présent ; au lieu d’être constitué par un certain nombre de p’aques, de polarité contraire, il est formé par une série d’électrodes élémentaires très petites et de ferme cylindrique ; quelle que soit la puissance d’un élément, il est toujours composé avec les mêmes électrodes, mais celles ci sont en nombre variable et ajoutées les unes auxautres, soit en plan, soit en les soudant par leurs extrémités de façon à en augmenter la longueur.
- Les éliments soumis au Concours comportaient des cylindres ou crayons élémentaires de 7 cm. de longueur, réunies par 6 à la suite l’un de l’autre ; 90 électrodes ainsi composées formaient le pôle positif de l’accumulateur, 90 autres semblables le pôle négatif.
- Chaque crayon est constitué par une tige de plomb antimonié à 2 0/0, de 2 mm. de diamètre, portant, écartés de 7 cm., deux disques en plomb antimonié venus de fonderie avec la tige ; la tige totale à 8 cm., soit 5 m/m de chaque côté des épaulèments ; autour de cette âme on empâte l’oxyde de plomb destiné à devenir après la formation soit du peroxyde de plomb, soit du plomb réduit ; cet empâtage amène le crayon à un diamètre de 6 m/m ; afin de maintenir la matière active autour de la tige et de réduire ses chutes au minimum possible, on enfile avec le crayon une série de rondelles d’ébonite de 0,3 m/m d’épaisseur et 0,1 m/m de hauteur, ce qui donne à l’électrode terminée l’aspect d’une pile de petits disques d’ébonite, masquant absolument la vue de la matière active; grâce à ce que l’épaule-ment inférieur de la tige de plomb antimonié est un peu plus large que celui des rondelles, celles-ci ne peuvent tomber.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Chaque électrode élémentaire pèse 12 gr. dont4gr. pour lesupport et 8 gr. de matière active.
- Chaque électrode positive a une capacité spécifique de 18,46 a h. par kg. d’électrode positive et 9,23 a. h, par kg d’électrode.
- Par suite de la nature spéciale de cet accumulateur, son montage est assez particulier. L’écartement nécessaire entre les tiges positives et négatives, est assuré par deux plateaux en ébonite percés de trous disposés en quinconces ; dans un de ces plateaux s’engage la partie inférieure, des crayons, dans l’autre l’extrémité supérieure ; les crayons positifs et négatifs étant alternés, on réunit tous les négatifs par une feuille de plomb antimonié disposée parallèlement à la plaque d’ébonite supérieure, et percée d’autant de trous de 2 m/m qu’il y a d’électrodes négatives ; dans ces trous viennent passer les âmes de ces électrodes qui sont fixées à la plaque par une goutte de soudure ; cette première plaque de plomb antimonié porte en outre en-dessus de chaque crayon positif, un trou plus large que les autres dans lequel passe chaque tige ; celles-ci sont réunies ensemble de la même façon que les négatives, par une plaque placée 1 cm. en-dessus.
- Dans cet accumulateur, ainsi que nous l’avons fait remarquer dans notre article du 24 janvier, l’électrolyte est en plus grande quantité que dans les autres types ; sa densité est de 1,27 à la fin de la charge et un 1,22 à la fin de la décharge.
- Le bac est en ébonite et est clos par une couche de paraffine percée d’un trou pour le dégagement des gaz; cette partie nous paraît la moins bonne du montage.
- Le poids total de l’élément est de 18,4 kgs. D’après des essais qui ont été faits au Laboratoire central d’électricité sur un élément pesant 16,75 kgs., dont 9 kgs. d’électrodes, la capacité limite au régime de décharge en 6 heures a été de 16,65 a- h-par kg. d’électrodes et 8,9 a. h. par kg. de poids total.
- Ces estais qui ont porté sur 90 décharges à des régimes variés, dont 15 en une heure, ont été faits avec de l’acide à 310 Bé en fin de charge; après la 90“° décharge les tiges ne présentaient aucun gondolement, et la matière active positive adhérait toujours bien à l’âme; quant à la matière négative elle présentait seulement quelque.* Lntcs dont les plus importantes ont été remarquées pour les tiges qui se trouvaient à la périphérie du bloc d’électrodes.
- Le résidu trouvé au fond du bac représentait 1,02 0/0 du poids total des tiges empâtées.
- - Depuis quelque temps la Société des Accumulateurs Phénix étudie un type à positive Planté, fondé toujouis sur le même principe des électrodes élémentaires cylindriques, mais chacünê de celles-ci est coris-
- tituée par une série de disques en plomb doux de très faible épaisseur, réunis entre eux en leur centre par une tige de même métal formant l’âme de l’électrode. Quand ce type aura été en fonctionnement pendant un nombre suffisant de décharges pratiques, nous y reviendrons et étudierons en détail ses constantes et sa constitution.
- * *
- N° 22. — Accumulateur Pope and Son. — C’est cet accumulateur qui a fourni au concours le plus grand nombre de kilowatts-heures (155 kw-h.) avec un poids de 100 kgs. pour 5 éléments, soit 1,55 kw-h. par kg. de poids total.
- La constitution de l’électrode positive rappelle celle du Phénix, en ce sens que les plaques sont constituées par une série de neuf crayons ou cylindres; mais ici les électrodes élémentaires sont plus grosses, leur diamètre est de 13 m/m. Chaque cylindre est formé par une âme en plomb antimonié obtenue par fonte, sous l’aspect d’une lame perforée enroulée en spirale; cette âme est empâtée, puis ensuite entourée par un ruban en ébonite dont la spirale est en sens inverse de celui de l’âme; ce ruban pénètre dans la pâte et l’affleure, ne laissant apercevoir de la matière active que la moitié de sa surface, c’est-à dire le pas de la spirale du ruban d’ébonite qui est égal à la largeur de celui-ci.
- Les 9 cylindres ainsi constitués sontsoudés à leur partie supérieure par le prolonge-gement cylindrique de l’âme sur une barre de plomb qu'il traverse et qui porte la tige de connexion; à leur partie inférieure ils sont réunis par une bande de plomb.
- Les dimensions delà plaque positive ainsi constituée sont de 20 cm. de hauteur X 11,5 cm. de largeur et de 1,3 cm. d’épaisseur.
- Le poids est de 1,12 kg.; le nombre de plaques par élément est de 8.
- La plaque négative est simplement constituée par un quadiillage en plomb antimonié, dont les baires ont une section extrêmement faib'e ; le nombre des divisions de ce cadre est de 14 dans le sens de la largeur et de 3 dans celui de la hauteur, soit 42 rectangles ayant 50 m/m. sur 6 m/m. ; une fois l’empâtage terminé on n’aperçoit plus que le cadre et les trois barrettes divisant la plaque longitudinalement. L’épaisseur de l’électrode est de 0,5 cm. ; son poids est de 0,6 kg. dont 0,25 pour le cadre.
- Les plaques des deux pôles sont entourées dans une gaine en ébonite perforée qui assure l’écartement; le bac est en ébonite et fermé par un couvercle en bois pénétrant dans le bac, ce qui nous semble un peu insuffisant.
- La densité de l’acide varie pendant là 'décharge de 1,28 à 1,24*
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le poids total de l’élément est de 20 kgs. donnant 6 a. h. par kg. de poids total au régime de 5 heures.
- A. Delasalle.
- GUIDE DE ROUTE
- Sur la conduite et l’entretien de la
- PETITE VOITURE DE DM-liOUTON
- (Suite, voir le N° précédent)
- Mise en marche
- 34. — Pour expliquer la manœuvre des appareils de conduite, manettes, volant d’embrayage, etc., les mots visser ou dévisser reviennent assez souvent dans cet ouvrage
- Il est bien difficile, en parlant d’un volant, par exemple, de dire qu’il se manœuvre de droite à gauche ou de gaucho à droite, l’indication serait juste ou fausse, selon le point ou se pose la main pour agir sur le volant, et puisque nous savons tous, à fort peu d’exceptions près, dans quel sens on agit sur une vrille, une vis, etc., pour la visser ou la dévisser, ce sont donc ces expressions qui ont été de préférence employées {visser c’est agir dans le sens des aiguilles d’une montre).
- En outre, toutes les explications sont données en se plaçant à l’arriére de la voiture.
- La circulation de l’essence et la circulation de l’eau étant assurées, ainsi que le graissage, procéder comme suit :
- 1° Fermer le robinet de compression (v. 328).
- 2° Placer le volant au débrayage (v. 438).
- 3° Ouvrir en plein Vadin:ssion. (v. 283).
- 4° Fermer aux trois quarts l'avance à l'allumage (v. 398).
- 5° S'assurer que la poignée qui agit sur le changement de marche soit bien baissée (v. 472).
- 6° Régler la carburation par la tringle (v. 275).
- 7° Placer l’interrupteur à cheville (v. 186 )
- 8° Chasser l’interrupteur à main sur la lettre M. Marche (v. 181).
- 9° Mettre le moteur en marche par la manivelle (v. 387).
- 10° Voir 390 en cts de fonctiomeino-.t anormal de la manivcll .
- 11° Dès que le moteur c-t parti, avancer un peu l'allumage en dévissant légèrement la manette.
- 12° Réduire l'adm’ ssion en vissant un peu la manette.
- 13° Achever dérégler parfaitement lacarburation (v. 278).
- 14° Monter en voiture.
- 15° Placor le creux de la main droite sur l’une des poignées de la direction.
- Pour tourner à iroite, inanœ ivrer la direction comme pour la visser, et pour tourner à gauche comme pour la dévisser.
- 16° Pour partir, embrayer doucement, progressivement h la petite vit sse (v. 437), cela à l'aide do la main ga iche destinée à faire toutes les manœu-vroi autres que la direction.
- 35 — Si l’allumage so fait bien, si l’essence est bonne et vient bien au carburateur, le moteur doit partir au premier appel.
- 36. — L’ensemble des manœuvres 1 à 16 doit, avec l’habitude, se faire en moins de trois minutes, j
- 37. — Reste, ôtant en marche, à régler l’avance à ’ l'allumage et l’adnvssion, selon les accidents du ter-JÎ rain (v. 306 et 406)
- 38. —Se bien pénétrer entre autres de toute l'im-'l
- portance de l’article concernant la circulation dé ‘ l’eau (v. 320). " _
- 39. — Si le moteur ne part pas, laricez-le à nou- ~ veau par la manivelle; si l’hésitation pérsiste, voir les causes d’arrêt et plus particuliérement les nos 64 à 67.
- 40. — S’il se produisait, aü moment de la mise en marche, comme une sorte de ruade ou retour en^ arrière du moteur (v. 70).
- Conduite de la voiture
- 41. — Le mérite en ce qui concerne la conduite":
- des automobiles consiste moins à aller vite qu’à être : prudent. .
- Le mérite de la vitesse revient au constructeur,^ celui d’être prudent revient tout au conducteur.
- Autant que possible, descendez le dernier de votre voiture et montez-y le premier; la prudence est, dé la part du voituriste, la première preuve de politesse ; tendre la main à une dame, alors que l’on est soit même dans la voiture, n’est pas plus dis-< gracieux que la pousser dedans. .
- Seul le conducteur doit mon'er ou descendre dù côté d'oit de la voiture, où se trouvent groupés les ï appareils do conduite. t
- 42. — Fairo invariablement de la main gauche toute manœuvre autre quo la direction ; ne jamais, en aucun cas. retirer la main droite de la barre de • direction, qui doit être tenue sans raideur, non à poignée, mais plutôt par simpL appui du creux de la main au-dessus de la barre.
- 43. — Ne jamais faire les virages à grande allure,
- supprimer absolument la vitesse acquise avant de ‘ les attaquer (v. 189 et 426), ceci dit surtout pour les virages à angle droit et à plus forte raison pour les viragos à angle aigu. 1
- 44.,— Pour les virages en demi-tour, on aura soin, après avoir ralenti et embrayé en petite vitesse, de tenir le pied prêt à agir au besoin sur le frein.
- 45. — Pour le premier essai de conduite, s’interdire la marche en grande vitesse et se souvenir qu’avec l’embrayage à petite vitesse, le moteur tournant rapii ment, il faut, pour no pas chauffer inutilemant la circulation de l’eau, marcher avec la manetto admission ouverte le moins possible en palier et à plus forte raison en descente.
- 46. — Dès que l’on sera suffisamment fort, mieux vaudra au contraire éviter d’employer inutilement la petite vitesse qui fatigue davantage le moteur, puisque, pour fairo un même parcours, le moteur est contraint ù fournir un nombre d’explosions beaucoup plus grand; c’est le nombre croissant de 1 ces explosions qui procure en petite vitesse une plus ; grande force.
- 47. — Embrayer en grande vitesso n’oblige pas à marcher très vite, on peut (c^mme dit n° 396) par^ la manœuvre des manettes, modérer l’allure.
- 48. — Ne marcher à toute vitesso qu’après un long exercice et seulement on routo déserte et bonne.
- 49 — P y a dans la conduite do la voiture, des
- finesses, des délicatesses, que lo conducteur doit; pressentir et observer : c'est ainsi que le même outil peu1, entro deux mains différentes, prendro un a «poct tout a tre.ot fournir me durée absolüm,en,t.; lUJT.uenté.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 50. — Pour qui n’a jamais conduit ni voitures ni tricycles, le moyen le plus rapi lo de faire son éducation serait de consulter cet ouvrage après chacune des premières sorties; le relierait-on vingt fois, il est probable qu’à la dernière lecture on aurait encore à s’arrêter sur tel ou tel passage qui, la veille, paraissait insignifiant, faute d’avoir été compris.
- 51. — Les appareils de conduite de la voiture sont classés d’aulro part à l’article portant cette dénomination, n° 140.
- Façon d’arrêter
- 52. — Pour arrêter la voiture sans arrêter le moteur, il faut débrayer par le volant, puis agir au besoin sur le frein.
- 53. — Pour arrêter le moteur, il suffit de placer l'interrupteur sur la lettre A Arrêt.
- Si l’on descend de voiture, ne pas oublier do retirer la cheville, pour le cas par exemplo où des mains indiscrètes se permettraient de manœuvrer l’interrupteur, ce qui i.o tarderait pas à donner comme résultat la décharge de la source électrique.
- 51. — Il est dit n° 388 qu’il e&t bien avant d’arrêter d’ouvrir en plein l’admission, cela pour les deux ou trois dernières aspirations du moteur et pour faciliter le départ.
- 55. — Voir 414 pour arrêter ou repartir sur plans très inclinés.
- 56. — Voir 426 pour lo freinage.
- 57. — Soins au retour. — Un coup d’œil au retour est vite donné sur l’ensemble de la voilure; les impressions do route sur telle ou telle partie des organes sont fraîches à la mémo.ri et c’tst alors que les soins ou les ordres à donner sont les plus efficaces.
- 5S. — C’est également le me.lleur moment de vider, si mile, lis cartors, car l’huli est ufirs chaude, flui le, et son écoulement complet et rapi le.
- 59. — Voir n° 517 les avis donnés pour se préparer un bon moteur (voir également n” 527 pour l'appareil "de changement do vitesse).
- bO. — Voir l’article 138 concernant les démontages inutiles des organes moteurs.
- pA suiore). J. WOLFF.
- dans les vitesses des chemins de fer
- Depuis que le record de la vitesse sur rails est détenu par trois de nos grandes Compagnies françaises, le Nord, l’Orléans et le Midi, John Bull et Jonathan sont profondément humilliés et cherchent leur revanche.
- Une société vient de se fonder à Londres et présente au Parlement anglais un projet pour l’établissement d’un chemin de fer monorail à traction électrique entre Liver-pool et Manchester. La distance entre les deux villes, 62 kilomètres, serait franchie en 18 minutes, soit en moyenne 200 kilomètres à l’heure.
- Le projet comporte une double voie avec usine électrique disposée vers le milieu de
- la ligne. Les wagons, du poids de 40 tonnes contiendront 64 sièges et seront automobiles. Ces automobiles auront 2 essieux moteurs, 6 essieux porteurs et 16 roues latérales pour maintenir la position verticale du véhicule et empêcher toute éventualité de mouvements perturbateurs transversaux; elles circuleront isolément ; elles ne constitueront jamais de trains.
- Le grand avantage d’un système monorail analogue est que les voitures étant suspendues au rail ne peuvent dérailler, et d’autre part la traction électrique permet d’empêcher matériellement deux véhicules de cir-cu’er sur la même section.
- Conclusion : la sécurité sera absolue et très supérieure à ce qu’elle est actuellement avec des vitesses beaucoup plus faibles.
- (Le Vélo) René VARENNES.
- --------4.------
- GERARD LAVERGNE
- ET
- BAUDRY DE SAUNIER
- L’ordre des noms, dans le titre de mon article, n’est nullement un classement par rang de mé-r’te, pour les auteurs des deux excellents livres dont je vais rendre compte. C’est simplement l’ordre dans lequel leurs volumes m • sont parvenus. Quant à dire lequel est le meilleur, ce er_it bien difficile. Ils sont également bien faits l’un et l’autre et 11e font nullement double emploi, étant conçus sur des plans absolument différents, par des hommes qui diffèrent essentiellement par leur tournure d’esprit et leur tempérament d’écrivain. C’est ce qui me décide à parler d’eux dans une seule étude. Je n’aurai, -- si ce n’est dans les éloges, — aucune redite à redouter.
- Le livre de Gérard Lavergne a pour titre : Manuel théorique et pratique de Vautomobile sur route (1) Son auteur est ingénieur des mines et le public appr cie depuis longtemps les intéressants articles qu’il publie journel ement dans plusieurs d nos grandes revues techniques. La Locomotion Automobile a dé à rendu compte, en bibliographie, de sou ouvrage. Il me paraît inté-re:sant d’y revenir.
- Gérard Lavergne s’est proposé de réunir en 700 pages le résumé de tout ce que l’on sait actuellement sur l’industrie automobile. L a lu tout ce qui a été publié sur ce sujet, tout étudié, et commî c’est un ngénieur très sa ant et un travailleur extrêmement consciencieux il est arrivé à refondre tou cela en un tout homogène, absolument complet et absolument clair. Il a fait un instantané très réussi de l’automobile au début de l’année
- (1) Ma uel théorique et pratique de l'automobile sué route par Gérard Lavergne 1 voluino in 8. 17 fr. 59.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 1900. Son volume est une mine de renseignements et doit trouver place, à ce titre, dans toutes les bibliothèques. Il épargnera bien des recherches à toutes les personnes désireuses d’étudier tel ou tel point de l’industrie automobile.
- Vous avez besoin de renseignements sur les carburateurs, pour prendre un exemple. Gérard La-vergne vous indique, en un chapitre spécial, les principaux carburateurs actuellement connus, avec des dessins bien compréhensibles et une description soigneusement faite pour chaque appareil. De même pour les moteurs, pour tout en un mot, qu’il s’agisse de vapeur, de pétrole, d’électricité, ou même d’alcool. Cela représente un travail colossal et l’on se demande comment l’auteur a pu résumer aussi bien le fatras de documents épars dans les journaux spéciaux et dans les publications des constructeurs Le secret est simplement que Lavergne connaît très bien toutes les que tions dont il parle, qu’il les a sérieusement étudiées et qu’il a travaillé avec une conscience rare Le public lui fera certainement un beau succès.
- La réussite ne sera pas moindre pour l’ouvrage de Baudry de Saunier : Vautomobile théorique et pratique (1), dont le second volume, traitant spécialement des voitures à pétrole, aura au moins le même très grand retentissement que le tome 1er, — motocycles et voiturettes, — paru l’autre année. Baudry de Saunier ne procède pas du tout comme Gérard Lavergne. Lui aussi il a tout lu et tout ét dié, mais il ne veut pas s’en s uvenir. Il prend une voiture à pétrole d’un système quelconque et la démonte pièce à pièce, en pre ant des croquis et des photographies. Il faut qu’il comprenne bien b jeu et le rôle de chaque organe, sa forme, son « pourquoi » et son « comment ».
- Quand il a tout vu et tout noté il remonte la voiture et s’en sert pour courir quelque temps les grandes routes. Il inscrit alors les accidents qui surviennent aux diverses parties du mécanisme qu’il avait auparavant si soigneusement étudié, se rend bien compte du fort et du faible de chaque chose. Une fois qu’il a terminé le travail préliminaire, qui demande une grosse dépense de temps et d’argent, il se met au travail et décrit : comme c’est un maître écrivain, façonné par une longue pratique du journalisme, la tâche lui e>t facile. Ayant bien compris il expose très clairement et les lecteurs comprennent à leur tour. Le style est limpide, pittoresque, spirituel et, — ce qui est le comble de l’art, — ne laisse même pas soupçonner le colossal effort préliminai'e accompli par l’auteur. Les mécaniciens peuvent bien inventer les dispositifs les plus compliqués. Cela n’a pas d’importance pour Baudry de Saunier. Il élucide tout cela, commençant par des schémas simples pour arriver aux photographies d’après nature et ce qui semblait un fouillis inextricable devient subitement d’une excessive clarté. C’est extraordinaire comme résultat.
- (1) L Baudry du Saunier, L7Automobile théorique et pratique (coitures à pétrole), un volume in-8», 12 francs.
- Et il arrive que, en lisant le livre de Baudry de Saunier les profanes sont tout surpris de comprendre sans difficulté les questions mécaniques qui leur semblaient les plus ardues, pour peu qu’ils veu’llent prêter la moindre attention à ce qu’ils lisent.
- Quant aux gens du métier ils ne sont pas moins étonnés de découvrir, dans des voitures dont le mécanisme leur a vingt fois pa,sé sous les yeux,, des particularités qu’ils ignoraient complètement. Ils avaient vu quelque chose quelque part et, sachant à quoi cela servait, ne s’étaient pas donné la peine de pousser plus loin leur examen. Baudry de Saunier, avec sa patience d’anatomiste et son sô jci d’exactitude n’a pas eu la même paresse d’esprit. Il a vu ce qui avait échappé, et il le raconte et il le leur apprend.
- Le résultat est que le livre de Baudry de Saunier rentre absolument, comme celui de Gérard Lavergne, dans la catégorie des ouvrages qu’il faut avoir toujours sous la main, du moment qu’on s’intéresse à un titre quelconque aux questions se rapportant à l’automobile. Les techniciens le liront avec autant de profit que les gens du monde.
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- Et c’est ainsi qui, peu à peu, la bibliographie de l’auiomob.li se constiîuî. Voici trois excellents ouvrages: le Bochet, le Gérard Lavergne et le Baudry de Saunier, qui paraissent depuis le commencement de l’annee. La voie est ouverte. D’autres suivront.
- Gaston SENCIER.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- La commission d'hygiène, instituée par le Touring Club de France, s’est réunie lundi à cinq heures, au siège de l’association. Assistaient à cette séance . MM. Ballif, président du Touring Club ; Marey, membre de l’Institut; Just-Championniêre, Gariel, membres do l’Académio de médecine , docteur Briand, médecin en chef de l’hospice de Villejuif et Rives, architecte, rapporteur.
- La commission, après avoir arrêté le programme d’une notice traitant des meilleures conditions d'établissement et d’aménagement des chambres dans les hôtels, au point de vue de l’hygiène, a décidé que cette publication serait envoyée gratuitement par les soins du Touring Club à plus de trois mil.e hôtels et auberges de province.
- Elle a approuvé le plan de la « Chambre hygiénique du Touring Club » à l’Exposition de 1900, dressé par M. Rives.
- Elle s’est enfin préoccupée des meilleurs moyens à emplover pour obtenir la stérilisation et 1 innocuité des eaux servies aux tabks d’hôtels. A cet effet elle a entendu plusieurs fabricants d’appareils stérilisamts ou filtrants. Los appareils qui lui ont paru réaliser le mieux les conditions.exigées figureront dans les annexes de la « Chambre hygiénique ».
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- POUR REMPLACER LE CAOUTCHOUC
- Il paraît que nous sommes à la veille de manquer de caoutchouc. Pour peu que cela dure, la consommation surpassant la production, cette matière utile autant qu’élastique se vendra au poids de l’or. Et nous en s;rions réduits à rouler sur des roues en fer, comme aux temps préhistoriques de Maurice Martin et des frères Hamellt, si un savant chimiste anglais n’avait trouvé le moyen de fabriquer le caoutchouc artificiel.
- Juste retour des choses d’ici-bas ; la gutta-percha, après avoir servi à confectionner un tas d’objets postiches : nez ou ventres d’invalides, poitrines pour femmes maigres, etc., va se voir à son tour remplacée par un succédané artificiel devant lequel elle devra céder le pas comme le sucre devant la glucose et le raisin devant le bois de campêche.
- Ce nouveau produit, auquel son inventeur a donné le nom de « velvril» est basé sur l’association en proportions variables d’huilês nitrées et de nitrocellulose.
- L’huile employée pouf la fabrication est l’huile de graine de lin ou de préférence l’huile de castor. N’allez pas croire que cette dernière soit extraite de cet industrieux rongeur, célèbre dès la plus naute antiquité pour ses constructions lacustres et qui rendrait des points en architecture à M. Rives lüi-mème. Noi; d’ailleurs, la société que préside M. Ulrich ne permettrait pas que l’on livrât ces pacifiques animaux au supplice de la presse. L’huile de castor, comme son nom ne l’indique pas, est extraite des graines du Ricinus commu-nalis. En sorte que le produit obtenu pourrait bien avoir des vertus purgatives. Et voy^z drnc l’avantage! En route, la station prolongée en selle, la nourriture échauffinte des hôtels, etc , et vous voilà pris. Vous avalez un petit morceau de chambre à air et vous êtes de suite prêt a aller visiter les locaux objets des plus chères attentions de M. Ballif.
- Cette huile est traitée par l’acide nitrique concentré ; sous cette action, son poids spécifique s’augmente considérablement. Il passe de 0,967 à 1,127. L’huile ainsi ob'enue est un liquide visqueux, d’une couleur cerise et d’une odeur agréable. Si on mélangé l’huile ainsi traitée avec delà nitrocellulose, en présence d’un dissolvant conve* nable, le mélange des deux corps se fait en toutes proportions et l’ensemble forme, après évaporation une masse homogène. On pourrait obtenir une matière analogue avec d’autres liquides pi-trés, la nitroglycérine, la nitrobenzine par exea^ pie.
- Des expériences dans ce sens ont été faites par Nobel. Mais, si l’inventeur de la dynamite pouvait se risquer à manier do tels explosifs, leur manipu’ation ne serait pas sans danger pour tout le monde. La cel’ulose nitrique, par elle-même, est suffis amment sujette à caution.
- E le est employée à l’état de dissolution et les deux substances doivent être intimen ent mélan-
- gées. On obtient suivant les proportions respectives des deux corps, des produits de consistance diverse qui peuvent aller depuis la gomme la plus tendre jusqu’au celluloïd.
- En mélangeant deux tiers d’huile nitrée pour un tiers de coton poudre, on obtient un corps ayant sensiblement l’élasticité du para pur.
- Si le velvril entre dans la voie de l’exploita" iion industrielle, et il paraît que cela ne peut tarder, nous aurons là un excellent moyen de suppléer à l’insuffisance de production des forêts de l’Amazone, qui pourtant, ne sont pas près d’être épuisées.
- (J. des Sports) Marcel VIOLLETTE.
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- AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- Scrutin de Ballotage du 4 avril 1900 Nombre exact des Membres à ce jour : 2 301.
- Membre à vie
- M. Etienne Rochette, propriétaire, 30, rue du Luxembourg.
- Membres Sociétaires
- M.M. le baron Henri Foy, ingénieur civil des constructions navales, *5, faubourg Saint-Honoré ; Maurice Facerot de Kerbrech, 63, avenue Kléber ; Howard Johnston, ingénieur civjl, Hôtel Chatharr.; Jean-Baptiste Martin, 3, rue Cernuschi ; Marcel Baeyens, 5,rue Louis le-Grand ; Paul Goldschmidt, ingénieur délégué à l’Exposition do 1100, 19, avenuo Mac-Mahon ; brédéric Brackett. secrélaire général du Commissariat des Etats-Unis à l’Exposition de 1900, 20, avenue Rapp ; M. II. Hulbert, directeur des Groupes au Commissariat des Etats-Unis à l’Exposition de 1900, 20, avenue Rapp ; Charles Alby, 108, .boulevard do Courcel’es ; Jorge Pero, rentier, 15 rue Lord-Byron ; André Basset, Pec-queux par Mormant (S. M.) ; Eduardo Philipson, ingénieur e'vil, Commissaire Royal à l’Exposition de 1900, 35, Faubourg Saint-Honoré. ; Robert Le Roux de Villers, propriétaire, 25, Faubourg Saint-Honoré.
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- L’ANNUAIRE DE ROUTE DE L’A. C. F.
- M. G. Pierron, président de la Commission des services extérieurs de l’Automobile-Club de France Vient de publier un très remarquable annuaire de route qui aura certainement le plus grand succès.
- Après des renseignements utiles sur le régime douanier auquel sont soumis, dans les divers pays d'Europe, les automobiles et les motocycles, l’annuaire donne un petit nombre do recettes utiles et de conseils bien choisis, viennent ensuite les décrets et réglements sur la c rculation. Enfin commence l’anpuaire proprement dit.
- Chaquo localité est mentionnée à son rang alphabétique. Des signes convemionnels indiquent si c’est une préfecturo, une sous préfecture ou un chef-lieu de canton, qu’elle est la station de ch >-min do fer le .plus proche, et s'il y a un bureau do posté ou de télégraphe, ou un serviçe téléphonique
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- avec Paris. D’autres signes font voir s’il y a un médecin ou un pharmacien, une bonne table à l’hôtel, des chambres confortables. Mention est faite des dépôts d’essence, avec indications des marques d’essence que l’on trouve dans ces dépôts. Enfin, pour chaque commune, l’annuaire indique la distance de Paris et le nombre d'habitants.
- Ce petit volume de quatre cent et quelques pages représente un travail considérable. Sachons gré à notre collègue Pierron d’avoir eu le courage de l’entrepr6ndre et de s’être si bien tiré de la lourde tâche à laquelle il se dévouait. Tous les touristes lui en seront reconnaissants.
- Gaston SENCIER. -------------♦—-------------
- LA SEMAINE DE NICE
- Il convient de rectifier comme suit le classement des voitures au-dessus de 1.000 kilos ayant pris part au Prix de Draguignan :
- 1. Stead,
- 2. Valton,
- 3. Audibert-Lavirotte,
- 4. Bergeon.
- inversant ainsi la place de 3e et 4e d’après les temps officiels.
- *
- Une protestation
- A l’occasion des incidents qui ont marqué le retour de la course Nice-Marseille-Nice et de la décision prise par les organisateur.-, le Vélo a reçu de M. Labouré, la lettre suivante :
- « Je tiens à renouveler la protestation que i’ai faite au contrôle d’Aubagne.
- « J’ai signé avec tout le monde pour ne pas assumer la responsabilité morale des accidents pouvant se produire en course, mais mon opinion est demeurée invariable ;
- « Nous avions pris l’engagement d’effectuer un parcours, nous ne l’avons pas tenu, le Comité ne devait pas ratifier notre résolution.
- « J’ai insisté à Marseille pour que nous déclarions la course nulle et ce que j’estimais juste alors l’est toujours à mon avis.
- « Il importe fort peu de savoir si les retardataires du premier jour auraient ou non regagné de meilleures places le deuxième jour — ce qui d’ailleurs est probable — nous pouvions renoncer à la lutte mais nous n’avions pas le droit de considérer comme acquis le résultat de 180 kilomètres, alors qu’il en restait autant à accomplir. Ou si nous le faisions, le Comité ne devait pas le ratifier.
- « Je ne pense pas qu’aucun de nous eût été assez fou pour utiliser toute sa vitesse sur des chemins comme ceux que nous avons trouvés. Les chances eussent donc été égales pour tous et c’est ce que je me
- suis efforcé mais en vain de faire admettre à Aubagne.
- « Comment dans ces conditions le Comité a-t-il pu établir « un temps primé » puisque la moyenne obtenue par chacun de nous n’est pas celle que nous pouvions en réalité obtenir.
- « Je déplore absolument que de tels précédents soient établis, et, désormais, les courses d’automobiles ne présenteront plus qu’un intérêt bien secondaire puisque les coureurs sont reconnus comme pouvant être -
- Juges et partie.
- Veuillez agréer, etc.
- A. LABOURÉ. ;«
- * * h
- La Course de Côte de l’Esterel
- La course de l’Estérel, organisée par la «Côte d’Azur Sportive » de Cannes, s’est courue le ier avril sur la terrible butte de, l’Estérel qui fut jadis la terreur des chauffeurs de la région. La course a été très bien organisée et nous n’avons eu aucun accident à déplorer, bien que les virages soient encore plus terribles que ceux de la Turbie. Mais les organisateurs ayant eu la bonne idée de faire partir les concurrents à peu près dans leur ordre de force, il n’y a eu aucune collision, aucun doublage à craindre.
- Béconnais a fait le temps étourdissant de 14 minutes 44 sec. pour 13 kil. 600 m., ce qui fait à peu près du 55 à l’heure. C’est plus que gentil !
- Derrière Béconnais et Levegh, Baras, avec ses deux cylindres, et Gasté ont fait des temps superbes.
- Voici d’ailleurs les temps, chronométrés par M. Andrau : !
- Motocycles
- 1. Béconnais, en 14 min. 44 sec.3
- 2. Baras, en 16 m. 52 s. ; . _
- 3. Gasté, en 17 m. 5 s.
- Voitures
- 1. Levegh, en 16 m. 23 s. ;
- 2. Stead, ert 23 m. 30 s. ;
- 3. Boileau de Castelnau, en 27 m. 6 s.*,
- 4. Gondoin, en 32 m. 9 s. ;
- 5. Liégeard, en 35 m. 9 s.
- Voiiurettes
- 1. Van Berendonck, en 31 minutes.
- * *
- Béconnais a couru les deux dernières courses avec son motocycle Perfecta à moteur Soncin à un seul cylindre, dont notre confrère G. Prade a releve les dimensions ; alésage 865 course iio* dents grand pignon 98; petit pignon : dans le mille, 26 dents5 dans là côte 34 dents. y
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LE MEETING PROVENÇAL
- Première journée Mardi 3 avril
- Course record ouverte à tous les voituristes et motocycles, distance ioo kilomètres. L’itinéraire partait de Salon vers Arles jusqu’aux quatre chemins de la Samatane d’où l’on tourne sur Miramas pour venir au Merle reprendre la route vers A’les où l’on vire avant la montée du chemin de fer pour venir direc’ement à Salon.
- Le même jour, réunion du Congrès de la Fédération Automobile du Sud-Est, et le soir dîner intimé offert par l’A.C.S. aux bu eaux des clubs de la Fédération. Cette première journée fut donc des mieux remplies.
- 100 kilomètres en 1 h. 22 m. 34 s.
- Béconnais a encore battu le record de près de
- 8 minutes en couvrant la distance en i heure 22 min. 34 sec. 3/5,
- Derrière Béconnais, Marcellin et Gasté engageaient h lutte sans jamais parvenir d’ailleurs à rattraper le leader; Gasté perdait sa cheville au départ et était d’abord distancé pendant les 50 premiers kilomètres. Marcellin, avec son motocycle à deux cylindres de Pau (il n’avait pas le même à Nice) se maintenait à 600 mètres de Bétonnais puis il restait en panne au sortir d’Arles ayant une avarie de tuyautage. Gasté, finissant très fort malgré trois minutes perdues au départ, parvenait à battre lui aussi le record de Rigal. Marcellin finissait d’ailleurs le parcours. Un amateur de Lyon, M. Ménard, ne parvenait pas à se ira ntenir dans le lot, pas plus que M. X, ni une bicyclette à pétrole. Ils abandonnaient.
- Dans les voiturettes, Théry faisait une non moins belle performance. Dans sa voiîurette à deux places occupées, il couvrait en effet les 100 kilomètres en 1 h. 47 min. 47 s. 3/5, ce qui fait du 36 kil. 500 à l’heure. Le record fait par Léon Bollée avec une seule place est donc battu de
- 9 minutes. Dubois, un peu moins vite et victime sur la fin d’une crevaison, mettait 2 h. 18 min. après avoir roulé 25 kilomètres sur la jante.
- *
- Voici les temps exacts qui ont été chronométrés officiellement par M. Giraud :
- Motocycles
- Ier Béconnais, 1 h. 22 m. 34 s. 3/5 ;
- 2e Gasté, 1 h. 29 m. 32 s. 1/3.
- Voiturettes
- Ier Théry, 1 h. 47 m. 47 s. 3/5 ;
- 2e Dubois, 2 h. 18 m.
- *
- Deuxième journée Mercredi 4 avril
- Course de la Coupe Provinciale, comprenant
- deux séries, voitures et motocycles, ouverte aux coureurs des clubs de la F.A.S.E.
- • * *
- Les engagés
- Voici la liste complète des chauffeurs engagés : ire Catégorie ( Voitures)
- 1. Eparvier (Moto Club de Lyon) ; parti.
- 2. Marges (Moto Club de Lyon) ;
- 3. Joannès Rivât (Moto Club de Lyon) ;
- 4. Louis Ducroizet (A.C. Dauphinois) ;
- 3. Rozier (B et A.C. de Lyon);
- 6. Schottlaender (B. et A.C. de Lyon);
- 7. Pansu (B. et A.C. de Lyon); parti.
- 8. Jaunie (A. C. d’Avignon) ;
- 9. Mathieu (A.C. d'Avignon);
- 10. Becq (A.C. de Béziers) ; parti.
- 11. Desjoyaux (A.V.C N. Nice) ;
- 12. Chauchard (A.V.C.N. Nice); parti.
- 13. Gondoin (A.V.C.N. Nice)
- 14. Vagliano (A C. Marseille) ; parti.
- 13. De Fabrègue (A C. Marseille) ; parti.
- t6. Gras (A.C. Marseille) ;
- 17. Meyer (A.C. Salon);
- 18. Cuchelet (A C. Salon); parti.
- 19. Audibert (Moto-Club de Lyon) parti.
- 2e Catégorie (Motocycles)
- 21. Deville (A.V.C.N. Nice) ;
- 22. Florès (A.V.C.N. Nice) ;
- 23. Chauchard (A.V.C N. Nice) ;
- 24. Aiguelle (A C. Grenoble) ;
- 25. Bertoin (A.C. Grenoble) ;
- 26. Segoud (B C. Grenob e) ;
- 27. C. Dongeon (A.C. Avignon) ; parti.
- 28. Paul Gibelin (A.C. Av gnon) ; parti.
- 29. X. (A. C. Avignon) ;
- 30. Ménard (Moto-Club de Lyon) ; parti.
- 31. Lara (Moto-Club de Lyon) ;
- 32. Ollion (Moto-Club de Lyon);
- 33. Cavasse (A.C. Salon); parti.
- 34. L. Aubert (A. C. Salon) ; parti.
- 33. Gior (A.C. Salon).
- En tout, 18 voitures et 15 motocycles.
- Le Classement
- Voitures
- 1. Cuchelet (Salon), en 3 h. 40 m. 22 s. ;
- 2. Chauchard (Nice), en 3 h. 40 m. 30 s. ; 3 Audibert (Lyon), en 5 h. 50 m 30 s ;
- 4. Fabrègues (Marseille), en 6 h. 10 m.
- Motocyeles 1. Cavasse (Salon), en 7 h. 3 1.
- LES COERSES
- LE « PREMIER PAS »
- Une cour-e d’automobiles originale est sans contredit celle organisée pour le 29 avril par notre confrère la Vie au Grand Air.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Cette course, dite du « Premier Pas », est en effet, ainsi que nous l’avons déjà dit, reservee à tous les chauffeurs n’ayant jamais fris p.rt à aucune épreuve automobile; c’est donc une véritable course de débutants et à ce titre elle interesse la masse énorme des chauffeurs.
- Elle se disputera par le parcours Saint-Germain, Rouen et retour ; les concurrents seront divises en cinq catégories :
- A. — Motocycles à une place.
- B. — Quadricycles à deux places.
- C. — Voiturettes au-dessous de 250 kdos.
- D. — Voiturettes de 250 à 400 kilos.
- E. — Voitures au dessus de 400 kilos:
- Les engagements (10 fr.) sont reçus à la Vie au Grand Air, 370, rue Saint-H ré.
- CRITÉRIUM DE L’ÉLECTRICITÉ A RERLIN
- La date du critérium vient J’ètre fixée, à savoir : la semaine comprise entre le mardi 17 avril jusqu’au lundi 23. L’organisation des épreuves a été confiée aux bons soins de M. Martin Kallmann, docteur ès-sciences et électricien municipal.
- Le but visé par l’organisateur est moins l’établissement des records que la possibilité de déterminer si les électromobiles se comportent avantageusement dans la pratique.
- M. Kallmann fait partie du comité directeur de l’Automobile Club de l’Europe Centrale, dont le siège social est à Berlin Universitaetstrasse, n° 1.
- PARIS-ROUBAIX
- Voici la liste des engagés :
- 1. H. Meyer ; 27. Nielsen ;
- 2. H. Bôconnais ; 28. Gastè ;
- 3. V. Rigal ; 29. G. Lambreclits ;
- 4. Marcellin ; 30. Rolland ;
- 5. Osmont ; 31. Collignon ;
- 6. Faiteau ; 32. Bardaux ;
- 7. Leroi ; 33. Levasseur ;
- 8. P. Baras ; 34 H. Fournier ;
- 9. P. Granclaudo ; 35. Chénard ;
- 10. Tart ; 36. Labadie ;
- 11. L Williaume ; 37. H. Battaïellie ;
- 12. L. Bathiat ; 38. Villomain ;
- 13. A. Martin ; 39. Dolisle ;
- 14. G. Rivierre ; 40. Fossier ;
- 15. Champoiseau ; r 4L Joyeux ;
- 16. Mlle Léa Lemoine ; 42. Ch. Prévost ;
- 17. Noël ; 43. Cousin ;
- 18. Vasseur ; 44. Bonnard ;
- 19. Achille ; 45. Cormier ;
- 20. Brantsen ; 46. Caron ;
- 21. Demester ; 47. Nicolas ;
- 22. Bardin ; 48. Bertin ;
- 23. Léonce Giiaidot ; 49. Deneslo ;
- 24. Teste ; 50. Duboc ,
- 25. R. de Montbel ; 51. Fras ;
- 26. Didier-Nauts ; 52. Cazeaux.
- MANNHEIM-PFORZHEIM
- L’Automobile Club Rhénan organise pour le il mai prochain une course sur route sur le parcours de Mannheim-Pforzheim et retour, soit 165 kilomètres.
- La course est divisée en quatre catégories, sa-
- voir : Voitures de course; touristes; voiturettes et motocycles.
- Les organisateurs accordent un temps maximum de 8 heures; le départ sera donné à 8 h. 30 du matin.
- LE CRITÉRIUM DE L’ÉLECTRICITÉ
- Rappelons aux intéressés que c’est dans vingt jours, soit le jeudi 26 avril, que se disputera de Paris à Dijon le Critérium de l’Electricité, la première épreuve de ce genre qui soit réservée aux véhicules à moteurs électriques.
- Bien souvent, les fabricants d’électromobiles se sont plaints de ce que le système de courses actuel donnât exclusivement aux véhicules à pélrole l’avantage de se mettre en vedette et de se faire connaître du grand public.
- C’est pourquoi « Le Vélo ». a résolu la création de cette épreuve destinée uniquement aux véhicules que leurs par isans nomment la voiture de l’avenir.
- * *
- Le public est un peu persuadé à tort du reste, que les voitures électriques ne marchent pas sur la route. C’est donc avec attention, avec un peu de scepticisme au début peut-être, que les futurs convertis à l’électromobile suivront cette expérience pratique de vulgarisation.
- Quelques fabricants nous ont objecté déjà que la distance de Paris à Dijon est trop grande, que leurs véhicules sont des véhicules trop petits, trop légers, ayant trop peu d’accumulateurs pour se mettre en ligne avec succès.
- Faisons simplement observer que la course n’est point Paris-Dijon, mais de Paris vers Dijon, que chaque voiture ayant à bord un commissaire, la performance de chacune sera rigoureusement constatée, et celle du véhicule qui fera 100 kilomètres, comme plus, comme moins. Le Vélo enregistre avec les engagements le poids du véhicule et celui de ses accumulateurs. Ne sera-t-il pas intéressant desavoir, pour un acheteur, qu’un véhicule ayant 200 ou 306 kilos d’accumulateurs a pu faire tel parcours, offiçi.llement constaté ? La chose est intéressante même pour les électromobile purement destinées à des services urbains car il est impossible de savoir ce qu’un véhicule fait dans Paris.
- * -k
- Qu’on se rappelle le succès du premier concours de fiacres. Du jour où l’on sut qu’un véhicule électrique pouvait faire 60 kilomètres dans Paris, l’industrie de la voiture électrique fut créée.
- Le Critérium de l’Electricité va lui donner, c’est certain, un essor tout nouveau. Une lutte s’est engagée déjà entre notre industrie nationale et celle de l’Amérique qui a pris en automobile électrique une importance égale à la nôtre, chose rare, unique, en matière automobile. Elles vont pouvoir à l’aise régler cette question dans ce Critérium, en face d’un public international.
- Rappelons que les engagements, accompagnés du droit d’entrée de 100 francs, sont reçus au Vélo.
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- ‘238
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Le prix de revient exact des services publics d’automobi'es sur routes est encore bien peu connu. Voici quelques chiffres qui permettront aux intéressés d’é'udier en toute connaissance de cause les conditions dans lesquelles il est possible d’établir des services de ce genre.
- Longueur de la lune à desservir 40 km.
- Vo'tures de 30 places et pouvant porter 1 000 kgs de bagages.
- Pour être dans les conditions exigées par la loi - d’avril 1898 qui subventionne 1er services automobiles il faut faire deux voyages aller et retour par jour ce qui nécessite
- ^ 2 trains de voyageurs en service
- £ 1 — — en réserve et entretien
- soit un capital de 80 à 90 000 francs y compris les pièces de rechange et outillage.
- Pour assurer le transport des marchandises un tracteur de 10 à 12 tonnes suffit avec ses camions soit un capital de 25 à 28 000 francs.
- Capital de 1er Etablissement
- Matériel roulant environ.........Fr.
- Aménagement d’un dépôt et installations.
- Fonds de roulement....................
- Fr.
- Dépenses du service voyageurs 1° Personnel :
- Un chef de dépôt logé. ... Fr. 10 » Un agent commercial-comptable
- « controleur.................. 8 »
- , 3 équipes de mécaniciens a 7 fr. . 21 »
- 3 — de chauffeurs à 4 fr. . . 12 »
- 2 receveurs à 4 francs........ 8
- 1 aide-manoeuvre-laveur à 3 fr.. . 3 »
- 2" Consommation et entretien : Combustible à 3500/00 Pour 2x80 km = 160 km environ. I
- 1 tonne de coke y compris allu- I
- mage.........................35 » f
- Graissage et essuyage env. 0 fr. 10 )
- le km............................16 » l
- Entretien comprenant l’usine des 1
- pièces env. 0 fr. 30, 0 30 X 1 60 48 » ]
- 3° Patentes...................... 3 » }
- 4° Assurances :
- Incendie.......................... 0 75
- Personnel 3 0/0 du salaire........ 1 85
- Accidents 1,50 des recettes évaluées à 200 francs................. 3 »
- 5° Frais généraux divers : cor-” respondance, publicité, billets,
- éclairage, etc.............. 25 »
- 120 000 15 000 45 000
- 180 000
- 62 00
- 99 00
- 3 00
- 5 60
- 25 00 194 60
- Pour 365 jours de marche 365 X 195 =
- Amortissement 10 0/0 ma-térie'-voyageant 90 000 fr.
- Intérêt de 150 000 à 5 0/0
- Total........... 87 675 fr. par an
- Soit environ 44 000 francs par train en service 44 000
- annuel ou ——— ^ 120 francs par tram en service 365
- 120
- journalier, ou——
- OÜ
- 71 175 fr. par an
- 9 000 7 500
- = 1 fr. 50 par train kilomètre.
- Pour récupérer pareille somme, en admettant le prix de 0 fr. 08 le voyageur kilomètre il faut
- = 1 100 000 environ voyageurs-kilomètres
- 0.08
- 1 100 000
- soit ——------= 27 500 voyageurs annuels parcou-
- rant la ligne dans un sens 27 500
- ou —-— = 13 750 par trains anuuel 13 750
- ou -gg^— — 38 voyageurs par train journalier 38 „
- soit encore — = 19 voyageurs par voyage.
- Pour couvrir les frais d’exploitation voyageurs il faut donc que chaque train transporte par jour par voyage et sur toute la ligne parcourue 19 voyageurs payant 0 fr. 08 tous les kilomètres soit envi-Z
- ron les — de la capacité du matériel.
- On a admis que les bagages étaient transportés en franchise. Mais supposons que la recette messagerie s’élève à 13 000 francs par an.
- La recette voyageurs utile pour couvrir les frais d’exploitation se réduit alors à 75 000 francs soit 37 500 par train annuel 37 500
- °U 365.x 0,08 X 2 X 40 =W ™yageurs par voyage de train journalier.
- La recette messageries de 13 000 francs correspond à environ 35 colis à 0 fr. 25 par train journalier et par voyage soit 143 francs par jour.
- Ma rch and ises
- Un train à marchandises n’étant pas soumis à un horaire fixe il est toujours facile d’organiser le service pour que le train marche en charge dans ces conditions le prix de la tonne transportée à 40 km. peut s’évaluer ainsi :
- 1° Personnel : Un mécanicien.. . 7 » 7 00
- Un chauffeur. ..............4 » 4 00
- 2° Consommation : Combustible 350 k.
- à 35............................. 12 50
- Essuyage, graissage.............. 4 00
- Entretien environ 0 fr. 30 le km.. . 12 00
- 3° Patentes, assurances, personnel, incendie, divers, etc.................. 10 00
- Amortissement 10 0/0 de 30 000 3 000
- Intérêts 5 0/0 de 33 000 .... 1 500
- 4 500
- Soit par jour----- = 15 francs. ... 15 00
- F J 300
- en admettant 300 jours de marche seulement.
- Total.. ...... 6750
- Pour 10 t transportées à 40 km.
- • 64 50
- —-----— ac 0 161 la Ton. km.
- 10 X40
- Pour 12 t transportées à 40 km.
- ^ ^ = 0 134 la Ton. km.
- 12X40
- Ces diverses conditions ne sont pa*s toujours faciles à remplir. C’est ce qui explique la lenteur avec laquelle se développent en France les ser„ vices d’automobiles sur routes. Il n’y a qu’un remède : de larges subventions du Gouvernement, des départements ou des communes et, au besoin la g-arant':e d’intérêts.
- Gaston SENCIER.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LOCOMOTION AÉRIENNE INFORMATIONS
- A l’Aéro-club
- La commission d’aérostation scientifique ! s’est réunie sous la présidence du prince Roland Bonaparte.
- Etaient présents : MM. Caillefet, Mascart, Bouquet de la Grye, le comte Henry de la Vaulx, le comte de Castillon de Saint-Victor, Teisserenc de Bort, comte de la Baume-Pluvinel, J. Vallet, A. Angot, Henry Ducasse, Emmanuel Aimé.
- Sur la proposition qui lui en a été faîte par le comité de l’Aéro-Club, la commission a accepté d’organiser le concours et de décerner le Grand Prix de cent mille francs offert à la société.
- Le fondateur du Grand Prix, M. Henri Deutsch (de la Meurthe); M, Deslandres, astronome de l’Observatoire de Meudon, et M. le docteur Olivier ont été élus à l’unanimité membres de la commission d’aérostation scientifique.
- Une sous-commission, composée de MM. Caille-tet, le comte Henry de la Vaulx, le comte de Castillon de Saint-Victor, le comte de la Baume-Pluvinel, Emmanuel Aimé, a été nommée pour rédiger le réglement du concours du Grand-Prix de l’Aéro-Club.
- Le concours durera cinq années consécutives, à moins qu’un concurrent ne remplisse les conditions imposées. Les 100,000 francs, on le sait, seront attribués à l’aéronaute qui reviendra au parc d’aérostation de la société situé à Suresnes, après avoir doublé la tour Eiffel et cela dans une demi-heure.
- Les concurrents seront libres d’employer l’appareil qui leur paraîtra le plus avantageux pour agir sur l’air, des rames, des ailes, des hélices, des roues à aube, etc., etc.
- Le rapport deM. Teisserenc de Bort sur les observations en ballon a été approuvé par la commission, qui a ensuite entendu une intéressante communication du comte Henry de la Vaulx sur les résultats scientifiques de sa dernière ascension à bord de l’Aéro-Club. La température relativement élevée qu’il a rencontrée en plein soleil au-dessus des nuages a été observée également quelques semaines plus tard par le comte de Castillon de Saint-Victor et M. Jacques Faure.
- Une ascension
- MM. Jacques Faure, trésorier de l’Aéro Club, et Muron, partis samedi soir, à 9 h. 1/2, de l’usine à gaz du Landy dans le ballon Y Orient de 1,000 mètres cubes, ont heureusement atterri dimanche matin, à 5 heures, en Sologne, à cinq lieues de la station de Salbris.
- Emportés dés le début par une brise assez forte, les aéronautes ont commencé par se diriger vers Chartres. Mais là, dans les basses régions de l’atmosphère, à 250 mètres de hauteur environ, ils trouvèrent un courant d’une direction toute différente, et à quatre heure du matin ils purent se rendre compte qu’ils passaient au-dessus de la gaie des Aubrays. La descente s’est opérée sans ancun incident.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encarîages sont reçus jusqu’au mardi soir, au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie. -
- Le Salon de l’Automobile Belge. — Le
- VIIIe Salon de l’Automobile et du Cycle a ouvert ses portes samedi dernier. L’exposition comme les trois années précédentes occupe le vaste et luxueux emplacement du Pôle Nord, situé en plein centre de la capitale belge.
- Le show belge qui depuis plusieurs années a pris les proportions d’un évènement sportif était attendu par le monde des chauffeurs avec une anxiété fébrile.
- L’industrie nationale y est largement représentée par les firmes Gobron-Brillié, les ateliers Germain, les établissements Pieper, Deschamps, Wilford, Linon, Antoine, Malewez, Goumy, Fabrique Nationale, Herstal, les usines Foidant, les- sociétés le Cyclodrome, l’Automobile Vumu s, etc.
- L’industrie françai e est représentée par la Cie de Tansport Jenatzy, les établissements Peugeot, Koch, etc.
- Le Salon s’est fermé le 8 avril.
- ¥ ¥
- On s’occupe beaucoup en ce moment de l’organisation de la fête du 22 avril qui doit avoir lieu dans le Hall du Cinquantenaire, à Bruxelles.
- Tout fait prévoir une réussite complète.
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- Nous apprenons avec plaisir que le Comité Exécutif de la VIIIe Exposition a remis le jour d’inauguration un chèque de cinq cents francs à M. de Mot, Bourgmestre de Bruxelles pour être versés à la caisse de ses pauvres.
- Afin de permettre d’initier aux progrès réalisés dans le domaine de la Construction des moyens de locomotions nouvelles, l’Automobile et le Cycle, tous les ateliers de Construction mécanique sous la conduite de leurs contre-maîtres et toutes les Ecoles de l’agglomération accompagnés de leurs professeurs sur présentation d’une liste nominative au Contrôle de l’Exposition ont été invités à visiter gratuitement cet intéressant Show.
- ombreux sont ceux qui ont voulu profiter de cette occasion.
- Scission en Angleterre. — L’Angleterre si unie au point de vue de la réglementation du sport cycliste est loin d’avoir trouvé dans le sport automobile la même unité.
- L'Automobile Club de Bretagne et le Moto Car Club se disputent la suprématie, tout au moins en ce qui concerne les courses de motocycles.
- Le premier a traité avec la National Cycliste Union pour les courses qui seront données sur piste, mais l’autre ne paraît pas avoir l’intention de céder la place. Le comité vient d’être reformé. Il est composé de MM. A. J. Wilson, C. G. Wridgway, F. F. Wellington, C. Jarrott, W. H. M. Burgess, W. Mutin, Eason, Hart, Hill, Mac Cormack, Moyle, Schofield. M. F. IV. Baily a été nommé secrétaire.
- Une série decourses de motocycles sera donnée
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- sur la piste du Crystal Palace par les soins du
- M. C. C.
- Que va dire l’Automobile Club ?
- Briquettes de pétrole. — D’après ce que nous apprend YEcho des mines et de la metal-lurçie, les briquettes fabriquées par»la Société Hansen Fires Syndicate Limited sont obtenues par la combinaison des ingrédients suivants :
- 75 — 85 o|o en poids de pétrole raffiné.
- 4 — 3 °l° — soude caustique.
- Q — 8 0.0 — térébenth. épaisse.
- 5 — 2 OJO résine de sapin.
- ip — 2 OJO -- margarine.
- 112 — 115 °l° • — hui'edenoixdecoco.
- Avec la margarine, l’huile de ncix de coco et environ 1/3 de la soude caustique eu solution d’environ 38° Baumé, on forme un savon qu’on fèche et qu'on réduit en grains. La térébenthine et la résine de sapin sont fondues ensemble et mélangées aux grains de savon ; lorsque le mélange est bien intime, on y ajoute le pétrole et on le chauffe à environ 105° C. Puis on y verse le reste d’alcali en solution et le tout est agité d’une manière continue mécaniquement ou à la main, jusqu’à ce que le mélange atteigne la consistance de potage. Le mélange est maintenu à la température de ioo° C. jusqu’à ce qu’il se soit entièrement épaissi, puis on élève la température, à 105° C. environ et on la maintient pendant une heure approximativement. La composition est finalement moulée sous forme de grands blocs ou briquettes qui, refroidies pendant deux jours environ, peuvent ensuite être découpées en blocs plus petits, pour être employés comme combustibles ou pour des feux éclairants.
- Pavés d’herbe. — Nous avons eu les pavés en bois, puis en papier comprimé. Voici qu’il est question maintenant, nous dit le Vélo, des pavés d’herbe. Des expériences ont été tentées en Amérique qui ont donné un bon résultat.
- On se sert de préférence de l’herbe des prés salés, très commune le long de l’Atlantique. On imprègne cette heibe d’huile, de goudron et de résine, et l’on comprime ce mélange de façon à en former des blocs de 35 cenlimètres sur 52 centimètres d’épaisseur. On juxtapose ces blocs pour constituer la chaussée et on les réunit par des crampons en fer. Ces pavés d’herbe sont élasti-et s’usent peu ; ils résistent à la chaleur et au passage des voitures, et, tout comme une horloge, ils sont garantis cinq ans. Iis amortissent le bruit de la circulation beaucoup plus efficacement que le pavage ordinaire.
- On peut remplacer l'herbe par la paille. La fabrication demeure la même. A nous la paille sèche, un de ces matins. Voilà qui sera doux pour les pneus !
- Service public d’automobiles. — Dans peu de jours Bruxelles possédera un service public d’automobiles. Ce seront des wagonnettes à 6 places de fabrication allemande, munies d’uu moteur Phénix de 6 chevaux et de pneumatiques.
- La location de ces véhicules coûtera 5 francs par heure pour deux personnes, avec 2 fr. peur chaque passager en plus, jusqu’à concurrence de ix fr. pour une heure et peur le véhicule muni de ses 6 voyageurs. Pour plusieurs heures, la location tombera à 10 fr. par heure.
- On croit que cette exploitation sera un succès
- financier. *
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- On n’accusera pas les Américains de ne pas I rendre trop de précautions avant d’accorder à un de leurs nationaux la permission de conduire une automobile. Les autorités de Chicago ont décidé, en effet, que les candidats seraient soumis à un examen médical ayant pour but de vérifier s’ils ont une bonne vue, s’ils entendent bien et si leur système nerveux est suffisamme t stable pour leur permettre de ga der leur sang-froid en toutes circonstances.
- Les candidats auront, en outre, à répondre sur 18 questions dont la liste a été approuvée par la commission spéci le chargée de l’examen des candidats.
- Nous nous contenterons de signaler les suivantes :
- 6. Avez-vous compris la loi qui réglemente la circulation des véhicules sur les voies publiques, et avez-vous le sentiment de votre responsabilité ?
- 7. Quelle expérience avez-vous pu acquérir au po’nt de vue de la direction du véhicule que vous demandez l’autorisation de conduire ?
- 18. Consentez-vous, en cas d’accident dans lequel serait impliqué votre véhicule, à rendre compte par écrit des circonstances à la commission d’examen dans les 24 heures ?
- C’est presque un examen de conscience.
- ic
- L’Automobile Club Bordelais qui est i on seulement un groupe spertif, mais aussi une Société d’encouragement, vient dans une des dernières séances de son Comité, d’attribuer à MM. Purrey et Schaudel des médailles d’argent « pour avoir contribué dans une large part à la création et au développement de P industrie automobile à Bordeaux. >
- Dans un autre ordre d’idées, et à un point de vue plus général, des médailles de bronze ont été décernées à MM. Guédon et Cornilleau « pour le concours apporté à l’industrie automobile par la création d’un nouveau type de voiturette. »
- On voit que, fidèle à son programme, l'A. C. B. tient à encourager les progrès de cette indusrrie, notamment en ce qui concerne son développement local et régional.
- * *
- De notre correspondant d’Eu :
- L’automobile commence à faire de rapides progrès dans notre région. Dimanche prochain une excursion de chauffeurs est organisée, ayant pour but Doullens.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. bESMARES, 151, avenue du Roule, I\'euilly-s/-Seine.
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- Septième Année. — N» 16
- 19 Avril 1900 («f^uuOTVÎtÇ
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOU RING-CLUB de FRANCE
- DIRECTEUR- ADMINISTRATEUR Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF G.-F. DESJACQUES
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagardk, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N9 16
- Un Exemple ! A. Ballif.
- Etude sur les Accumulateurs ayanï pris part au concours de l’A. C. F. : Société Travail Electrique des Métaux. — Pollak. — Tudor. — Cruto. — A. Delassalle.
- Nouveau moteur de Bouilhac de Bourzac Guide de Route sur la conduite et l’entretien de la petite voiture de Dion Bouton (suite). — J. Wolff.
- Touring-Club de France.
- Les Voitures Mees.
- Un accident de Courses. — Gaston Sencier.
- Automobile-Club de France. — Commission du contentieux.
- Les Courses.
- Paris-Roubaix.
- Bibliographie.
- Informations.
- ------♦>-----
- UN EXEMPLE!
- Par un arrêté en date du 26 mars, M. le ministre des Travaux publics a constitué une Commission à l’effet d’examiner de nouveau la question de la circulation des voitures automobiles.
- Cette Commission a été composée de MM :
- Jozon, Conseiller d’Etat, directeur des routes, de la Navigation et des Mines, Président;
- Forestier, Inspecteur général des Ponts et Chaussées;
- Mourier, Maître des requêtes au Conseil d’Etat;
- Michel-Lévy, Ingénieur en chef des Mines ;
- Collomp, Chef du bureau de la Voirie urbaine, vicinale et rurale au Ministère de l’Intérieur;
- de Zuylen, Président de l’Automobile-Club ;
- A. Ballif, Président duTouring-Club ;
- Krebs, Constructeur;
- P. Giffard, Publiciste;
- R. Darzens, Publiciste;
- Walckenaer, Ingénieur en chef des Mines, Rapporteur.
- Elle s’est réunie le 5 avril et après une assez longue discussion elle a décidé fort sagement, à notre avis, et à l’unanimité, qu’avant toute chose il y avait lieu de réclamer des autorités compétentes, c’est-à-dire des préfets, l’exécution des dispositions du décret réglementaire du 19 mars 1899.
- Après de longs mois de gestation, de consultations, de discussions, on a mis au monde un règlement, bon en somme, qui tout au plus peut exiger quelques retouches, puis on en est resté là.
- D’exécution, point.
- Pour échapper aux quelques efforts qu’impose l’exécution de ce règlement, on a invoqué et on continue à invoquer l’insutfi-sance des moyens de répression.
- C’est bien plutôt cette raison qui est insuffisante.
- A Paris, du moins, la police est assez nombreuse pour qu’on ne puisse l’invoquer valablement.
- Or, c’est à Paris que sont les coupables, c’est de Paris qu’ils s’élancent répandant par toute la France les germes de leur folie. Prenez-les donc où ils sont.
- Nous l’avons dit déjà, avec trois ou quatre agents munis de motocycles, eux-mêmes munis de tachymètres, il est facile d’exercer une répression effective. La dépense sera minime, l’Automobile-Club y contribuera très volontiers — et il s’y est offert — au nom même des intérêts qu’il a charge de défendre en sa qualité de Société d’Encou-ragement, d’ailleurs l’industrie de l’automobile rapporte assez à la Ville et à l’Etat pour qu’il soit fait face aux dépenses qu’exige sa protection.
- Puis ne peut-on pas poster des agents munis de sifflets ou de drapeaux, échelonnés à intervalles suffisamment espacés le long des grandes voies dans lesquelles les voitures ou motocycles se livrent habituellement à leurs ébats et de cette façon encore, mettre la main d'une façon certaine sur les coupables ; exercer le contrôle non seulement sur la vitesse mais sur les papiers (certificat de capacité, récépissé de déclaration) ce qui n’a jamais été tait, dresser contravention à tous ceux pris en défaut et n’épargner personne.
- Nous n’avons pas à apprendre leur métier à nos édiles et ils se moqueraient de nous,
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- à juste titre, si nous semblions vouloir leur donner des conseils pour faire ce dont ils savent fort bien s’acquitter en toute autre circonstance.
- Les tribunaux pourront prononcer trois jours de prison, même pour une première contravention ; à la récidive, c’est cinq jours de prison qui seront appliqués et le retrait du permis de conduire.
- Qu’on fasse cela à dix, à vingt, à trente de nos sportsmen motocyclistes et voitu-ristes, et dans 15 jours la besogne sera terminée.
- Paris ayant donné l’exemple, Lyon suivra, puis Marseille, puis Nantes, etc... ; -avec un peu d’esprit de suite et d’énergie on peut avant trois mois avoir raison, pour toute la France des forcenés, en petit nombre d’ailleurs, qui au mépris de leur propre sécurité —dont nous-n’avons cure,—de la sécurité publique que l’autorité a le devoir étroit de protéger, compromettent gravement, parleurs excès, les intérêts de cette grande industrie l’automobile.
- Et cela sans règlements nouveaux par la seule terme application des règlements existants.
- Entasser règlement sur règlement, Pélion sur Ossa perdre son temps en discussions bizantines, chicaner sur un « mais », sur un « car » Sur du 12 ou 15, du 20 ou ^o, ajouter un règlement nouveau qu’on n’exécutera point davantage, est faire œuvre de faiblesse, œuvre puérile, c’est trahir les intérêts dont on a la garde, affaiblir encore le respect de l’autorité Dieu sait, à l’heure actuelle, ce qu’en vaut l’aune !
- Cette Commission a eu le bon sens d’en juger ainsi et le courage de le dire.
- C’est un exemple !
- (Revue du 7.C.F.) A. BALLIF.
- —..--------4-----------
- ETUDE SUR LES
- ACCUMULATEURS
- ayant pris part au Concours d’Accumulateurs de l’A. C. F.
- (2*article, voir le numéro précèdent)
- Société du Travail Electrique des Métaux.
- Compag nie Générale Electrique (système Pollak).
- Société''Française de VAccumulateur Tudor.
- - Société Cruto.
- N° 1» Accumulateurs de la Société du Tra vail Electrique des Métaux. — Les éléments -sont composés de 7 plaques positives à formation autogène et 8 plaques négatives à formation hétérogène.
- La plaque positive est constituée par des lamelles de plomb doux ondulées, de
- 0,5 m/m d’épaisseur et de 8 m/m de largeur, fermant l’épaisseur de la plaque; le nombre des rubans est de 120 superposés les uns au-dessus des autres, et réunis entre eux verticalement : i° par deux tiges de plomb qui les traversent au tiers de leur longueur ; 20- par deux soudures verticales, laites aux extrémités ; le tout forme quatre montants, les extrêmes étant plus forts que les deux autres. A l’endroit où les tiges traversent les rubans, ceux-ci sont renforcés en épaisseur, de j à 6 m/m par des cales en plomb qui assurent en même temps l’écartement des lamelles.
- La longueur de chaque ruban est de 120 m/m, produisant pour la totalité de la plaque une surface active de 25 dm5.
- La hauteur totale étant de 20.2 cm, et la largeur de 12,2 cm, donnent une surface projetée de 2,5 dm2 et une surface apparente de 5 dm1. Le rapport entre la surface active et la surface projetée est donc de 10 ; avec la surface apparente, c’est-à-dire la surface des deux côtés de la plaque, le rapport est de 5.
- Pour la décharge en 5 heures, avec une capacité de 120 amp. heures, la capacité pour cet élément, dont la surface active totale mesure 175 dm2, est de 0,68 a. h. par dm1 de surface active de plaque positive et de 6,8 a. h. par dm* de surface projetée.
- Le poids de la plaque est de 1,11 kg. dont 0,13 pour les montants.
- La plaque négative est au chlorure de plomb, procédé de fabrication qui a donné jusqu’à présent les meilleures négatives ; le chlorure de plomb est fondu en pastilles autour desquelles on coule le cadre ; ces plaques sont transformées en plomb spongieux en constituant avec des lames de zinc des couples zinc-chlorure de plomb.
- Le quadrillage est en plomb antimonié afin de rendre son attaque aussi réduite que possible ; son poids est de 250 gr., ses dimensions sont les mêmes que celles de la plaque positivesauf l’épaisseur qui n’est que de 5 m/m. ; il est divisé en deux parties égales dans le sens de la hauteur et chacun de ces compartiments est partagé en 4 cases de 56 m/m de longueur X 50 m/m de largeur.
- Pour assurer une meilleure répartition du courant, chaque pastille est divisée en trois par des tiges de plomb antimonié qui placées en regard de chaque côté de la plaque sont rivées entre elles. Afin de permettre la circulation du liquide et le dégagement des gaz, chaque pastille est percée de 9 trous. Le poids de la matière active est égal à celui du cadre.
- Le bac est en ébonite; il porte sur le fond des tasseaux de la même matière sur lesquels viennent reposer des plaques qui sont séparées entre elles par des feuilles d’ébo-nite ondulées et perforées.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- L’électrolyte est de l’acide sulfurique d’une densité de 1,32 à la fin de la charge; à la fin de la décharge cette densité tombe à 1,16; le poids de l’électrolyte est de 4,9 kgs, avec un volume de 3,7 dm.3. Ce poids représente environ le quart du poids total.
- **
- N° 2. — Accumulateurs de la Compagnie Générale Electrique {système Pollak.). — Les deux électrodes sont ici du genre Faure, tout en tendant vers un type mixte, le support étant fait en plomb doux et pouvant après la chute de la matière active, fonctionner en Planté, puisqu’il se sera préalablement formé.
- L’âme de la plaque est constituée par une feuille de plomb; sur ses deux faces, avec un outil, on trace des sillons, en soulevant des copeaux aussi bien dans le sens de la longueur que dans celui de la largeur, tout en ménageant de place en place des bandes non taillées,perpendiculairement à leur longueur, et partageant l’ensemble en 30 rectangles. La plaque est empâtée et 'aminée de façon à rabattre les pointes formées par le taillage sur la matière active, La queue déconnexion est prise à même l’âme de l’électrode.
- Le nombre des plaques est de 6 positives et 7 négatives. Leurs dimensions sont de 18 cm. de hauteur X 17 cm. largeur et 0,5 cm. d’épaisseur. Le poids de chaque plaque de 1,25 kgs. pour la positive dont 1,15 kgs. pour le support, et 1,15 kg. pour la négative dont 1 kg. 05 pour le support.
- Chaque plaque contient donc 0,1 kg. de matière active.
- Les plaques sont isolées les unes des autres par des feuilles d’ébonite perforées dont les nervures croisées maintiennent l’écartement des électrodes.
- Les bacs en ébonite présentent perpendiculairement au sens des plaques et dans les coins, des rainures intérieures dans lesquelles on fait glisser des tasseaux portant au fond du bac, et servant à supporter les plaques; ces tasseaux sont rainés de façon à assurer encore l’écartement; la hauteur des tasseaux est telle que les plaques se trouvent à 4 cm. du fond.
- L’aide sulfurique est à 1,22 correspondant à un poids de 3 kgs. 6; à la fin de la décharge il descend à 1,14.
- Le poids total de l’élément est de 22 kgs. dont 15,35 kgs. pour les plaques.
- *
- Société Française de VA ccumulateur Tudor. — La plaque positive est une plaque type Planté en plomb doux, obtenue par fonderie; elle est divisée dans le sens horizontal et sur les deux faces, par 140 rainures d’une profondeur d’environ 3,5 m/m et laissant entre elles une âme d’environ 1 mm. Les
- lamelles limitant les rainures ont comme longueur toute la largeur de la plaque, soit 16 cm.; elles sont divisées verticalement en trois parties égales par deux cloisons de 1 m/m d’épaisseur, les extrémités étant limitées par les côtés latéraux de la plaque venus de fonderie en même temps.
- Chacun des trois compartiments est sectionné par 4 cloisons de 0,5 m/m, en 5 parties ayant environ 1 cm. de longueur ; la plaque est donc en résumé constituée par une série de 140 bandes formées par la réunion de 15 lamelles de 1 cm.
- Cette plaque est d’une très grande difficulté comme fonderie. La queue de la plaque vient en même temps ainsi qu’un anneau placé de chaque côté sur le haut symétriquement à la queue, qui se trouve au milieu de la plaque ; cesanneauxreçoiventune baguette d’ébonite par laquelle les plaques positives reposent sur les négatives.
- La surface active de la plaque est de 34 dm1, soit pour les cinq plaques constituant l’élément 120 dm!, d’où une capacité de 1 a. h. par dm* de surface active de plaque positive. Si nous rapportons à la surface projetée qui est de 2,9 dm* on a 8,2 a. h. par dmcs; et une surface active de8,2 dm*par dm* de surfaceprojetée.
- La plaque positive Tudor est une de celles qui, jusqu’à présent ont donné les résultats les plus satisfaisants ; il est regrettable qu’une cause accidentelle ait occasionné la mise hors circuit d’une façon prématurée, par suite de l’insuffisance de la négative ; le seul reproche qu’on puisse faire à la positive c’est la facilité relative avec laquelle elle se voile et gauchit.
- La plaque négative est du type Faure, elle se compose de 900 cellules de 3 mm y 11 mm., disposées de façon que la plus petite dimension soit dans le sens de la hauteur de la plaque ; en haut du cadre se trouve une saillie qui est destinée à resevoir des tubes en verre en forme d’U servant à assurer l’écartement des plaques de polarité contraire ; en haut et en bas le cadre fait une saillie des deux côtés, qui reçoit la tige de connexion faisant un seul ensemble des plaques négatives.
- Le poids de la plaque posisive est de 1,8 kg., soit une capacité de 13,3 a. h. par kg. de plaque positive. La capacité par kg. de plaques est de 7,5 a. h. et de 5,58 a. h. par kg. de poids total, celui-ci étant de 21 kg. 500 réparti en
- Poids du Bac............ 1,990
- Poids de l’Electrolyte . 3,000 Poids des Positives. . . 9.000
- Poids des Négatives . , 6,960
- Connexions...............0,550
- La plaque positive a ses deux angles inférieurs enlevés sur une hauteur de 30 m/m et une longûeur de 10 m/m, afin d’éviter que
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- le; plaques positives ne viennent toucher les con-'.exions des plaques négitives.
- La densité de l’é'ectrolyte est de i, 2 à la fin de la charge et de 1,18 à la hn de la décharge .
- Les bacs au lieu d’être en ébonite unie, comme dans la plupart des ca5, portent des saillies sur les faces externes afin d éloigner les bacs les uns des autres dans les caiv-es de groupement; cela évite les ennuis qu’occasionnent les projections d'acide ; celui-ci humectant les faces opposées de deux bacs voisins peut causer des défauts d’isolement qui sont nuisibles si, l'un des bacs présente une défectuosité dans la matière, et, si la différence de potentiel existant entre ces deux bacs est grande.
- # #
- - A’" 7. Société Cruto (Plaques Pcscclto). — Les deux électrodes sont à oxydes rapportés. Les supports de la matière active sont assez complexes et entrent pour une bonne part dans le poids total des plaques.
- La plaque positive est constituée par un cadre de 27 m/m5 de section, à l’intérienr duquel se trouve une plaque pleine, dont les deux côtés présentent des saillies lotgitudi-nales ou cloisons entre lesquellessont d’autres saillies en angle mais à section horizontale rectangulaire ; line fois la dépouille de fonderie faite on rabat les saillies de façon à obterr des griffes entre les deux lamelles longitudinales dont l’écartement est de 2 m/m., sur environ 2 m/m. de profondeur.
- L’épaisseur de la plaque est de 6 m/m ; le cadre a 4 m/m de largeur; le nombre des augets est de 49 contenant chacun 42 griffes ; le côté supérieur du cadre est terminé aux deux extrémités par des oreilles débordant d’environ 12 m/m. les côtés de la plaque. L’électrode positive est formée par la réunion de 7 plaques, dont les dimensions sont :
- Hauteur 13,8 cm.
- Largeur 14 2 cm.
- Epaisseur 0,6.
- Le poids de chaque plaqueest de 8,96 kg., dans lequel le cadre entre pour 0,7 kg., le rapport entre le cadre et la matière active est donc comme dans la plaque Pollak relativement faib'e. La capacité par kg. de plaque positive est de 17, 6 a. h.
- La plaque négative a son support constitue- par un grillage rectangulaire dont les alvéoles forment des cadrés de 5 cm. X 5 cm. ; les barrettes limitant ces ouvertures ont une section en losange de façon que pénétrant dans les pastilles, elles les maintiennent encastrées; en plus, au sortir du moule les grillages sont façonnés de manière à relever à l’angle des alvéoles, une griffe en plomb suivant barète de l’intersection des barrettes verticales et horizontales. L’épaisseur de la plaque est de 5,5 m/m; lorsqu’elle est empâ-
- tée la matière active affleure au niveau du cadre du support ; les griffes sont alors rabattues sur les pastilles de sorte que celles-ci sont maintenues autant que possible.
- Le poids d’une négative est de 0,9 kg., dont o 64 pour le cadre.
- Les bacs en ébonite au lieu d’être comme la majorité des autres, sont plus larges en haut, pendant une longueur de 7 cm. à partir du bord supérieur, formant ainsi un rebord de 12315 m/m sur lequel les plaques viennent reposer par leurs oreilles; le couvercle s’emboîte dans le bac et celui-ci repose par son rebord supérieur sur des cales placées dans les boîtes de groupe et garnies de caoutchouc.
- L’électrolyte a une densité de 1,26 à la fin de la charge et de 1.21 à la fin de la décharge avec un volume de 3,3 dm5.
- A. DELASALLE.
- De M. de Bouilhac de Bourzac
- BREVETÉ S, G. D. G.
- Ce moteur de type absolument nouveau, est surtout caractérise par la suppression complète des organes délicats ou compliqués que comportent tous les moteurs à pétrole actuellement existants, tels que les soupapes et leur mécanisme de distribution, les régulateurs à déclic, etc.... Ici le moteur se compose uniquement d’un cylindre et d’un piston; ce dernier, fermant et découvrant alternativement des orifices pratiqués sur le côté du cylindre, opère lui-même la distribution.
- La bielle est remplacée par un organe aussi simple, et qui réduit l’encombrement d’une façon très notable. La boîte du mécanisme contenant l’arbre coudé est complètement indépendante des cylindres; le démontage des pistons est instantané et n’entraîne aucunement celui de l’arbre, avantage dont les praticiens apprécieront toute la portée.
- Ce moteur donne, avec deux cylindres, deux coups par tour. Le cycle est du genre dit des moteurs à chasse, modifié.
- Les pistons C sont reliés par de courtes bielles â un balancier central D. Cette disposition donne des obliquités très faibles sur les pistons et supprime presque complètement les réactions latérales de la bielle sur le piston. Ce piston travaille sur les deux faces, dn côté A comme pompe, du côté B se fait l’explosion. La capacité A communique librement avec une sorte de réservoir A, (fig. 3) situé dans le socle et
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 245
- formant un grand espace nuisible égal à 4 ou 5 fois une cylindrée. Considérons le piston arrivé au bout de course de compression en B. Celte capacité a été remplie de mélange carburé et allumé par la bougie F. Le piston revient en arrière chassé par l’explosion. En même temps la capaii é A a été remplie par les orifices d’aspirations G,
- — Coupe pur S. T.
- Fig. 1.
- d'air carburé sous pression, et le piston dans son mouvement en arrière commence par fermer ces orifices G et continuant comprime légèrement le mélange. En arrivant vers l’autre bout de course lu piston découvre d’abord les orifices et échappement II
- en faisant tomber brusquement la pression en B, puis enfin il découvre l’orifice J communiquant avec un conduit pratiqué sur l’extrémité du piston (Voir le cylindre 2 où le piston est dans cette position). Or J communique avec A et l'air carburé à ba^se pression s’échappe alors par/, puis passant â travers la plaque K percée de petits trous
- achève d’expulser les produits de la combustion et prend leur place. La pression en A est tombée à la pression atmosphérique. De sorte que le piston, revenant vers l’avant crée un léger vide en A et comprime les gaz en B à la pression nécessaire à l’explosion. Voilà pour le cycle.
- L’axe du balancier D vient déboucher dans la boîte du mécanisme située en dessus des deux cylindres. A son extrémité ;e trouve la traveise L ; ortant les touti Ions F sur lequel pivote, par un de scs diamètres une sorte d’anneau M. Cet anneau tourne sur l’arbre ccudé N par un d:anïètre Ah perpendiculaire au premier et transforme donc le mouvement d’oscifation du balancier en un mouvement de rotation de l’aibre. Ce dernier est coudé en ferme de Z au lieu de l’a bre coudé ordinaire.
- p
- l'ig. 3. — Coupe transversale
- Sur le milieu de l’arbre se trouve Lengie-n igc hélicoïdal O engrenant avec le régulateur, enfermé dans une boî'.esphérique P, sépaice du mécanisme. Ce dernier agit par frtc.L n, dès que la vitesse de régime cA a.tJnte, sur une valve disposée sur l’admission et qu’il ferme complètement. Un ressort de rappel ouvre cette valve dès que la vitesse a diminué. La valve n’est jairuvs entrebâillée mais au contraire fermée vivement ou ouverte en grand, et la régulation s’opère au mo) en de la suppression complète de l’admission. Comme détails de construction nous ferons remarquer : le montage des pistons formés de deux parties Ci et Cv Ci faisant chapeau sur C\, par rapport à l’axe Di des bielles de liaison du balancier de scrte que chaque partie s’enlève de son côté en laissant le balancier en face. La boîte du mécanisme est fermée par un couvercle/? portantles chapeaux des paliers. La visite et le démontage des organes principaux, bien que le tout soit complètement enfermé, est donc des plus faciles et des
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- plus rapides. Ces organes étantindépendants les uns des autres.
- Ce moteur, dont le poids peut être encore notablement réduit, a donné aux essais les résultats les plus satisfaisants; ces essais ont notamment montré qu’il pouvait marcher à toutes les allures de 400 à 1200 tours, rien qu’en donnant en marche un léger déplacement à l’organe de réglage du régulateur.
- Le type pour tricycles, machines à coudre, motocycles est en ce moment à l’étude. Ce sera là, croyons-nous une de ses plus brillantes applications. Son extrême rusticité, sa grande simplicité, l’exiguité de ses proportions et surtout la faculté qu’il possède d’être absolument indéréglable en font un appareil sans rival jusqu’à ce jour.
- N.-B. — L’inventeur serait disposé à traiter pour l’exploitation avec un ou plusieurs commanditaires.
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- GUIDE DE ROUTE
- Sur la conduite et l’entretien de la
- PETITE BITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les Nos précédents)
- Liste des diverses causes d’arrêt
- (A porter avec soi)
- 61. — NOTA. — Si j’ai signalé ci-après tant et tant de causes do ralentissement et causes d’arrêt — je les appelle indistinctement causes d'arrêt, — il ne faudrait pas croire que toutes vont se déchaîner ensemble sur le débutant qui serait, ma foi, fort à plaindre.
- S’il fallait, pour une montre par exemple, produiro un travail similaire, il serait autrement long et sans que la montre s’en trouve plus mal.
- De môme le voituriste sera tout surpris de voir sa voiture filer bon . train, tout comme une petite montre, sans le moindre souci d’autant de maux et remèdes.
- Mais! mais! l’un ou l’autre cas, à un moment ou l’autre, peut se présenter, c’est alors que seul, sur route, éloigné de tout aide, le voituriste commencera son éducation pratique, la seule vraie, et trouvera uti e, sinon agréable, de solliciter de cette énumération une indication, un trait do lumière; c’est à ce moment, que, de toutes ces,causes d’arrôt, se détacheront (un peu confusément d’abord) les plus vraisemblables, jusqu’à ce que l’expérience lui apprenne non-seulement à mettre immédiatement le doigt sur la vraie cause, mais à la prévoir et à l’éviter.
- Bien se pénétrer de ceci ; que la voiture ne demande, qu’à marcher, que quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent on est arrêté par sa propre faute et le plus souvent par do3 railles en croix.
- 62. — L'auteur do ce guide possède un tricycle depuis juillet 1896, lequel a à son actif les cinq cents premiers kilomètres qui se soient faits sur route et fonctionne mieux quojamais, mais il doit avouer ne pas s’en ôtro fort bion servi au début, cela faute d’instructions suffisamment détaillées; il n’en est
- pas moins vrai qu’il a souvent dit à l’outil bien des choses qu’il eut dû dire à lui-même.
- 63. — En cas d’accident grave : décharge de la pile, etc. ; la voiture ôtant fort légère, il sera toujours possible de gagner une remise, une gare, mais la voiture n’est point faite pour ce genre d’exercice, beaucoup plus dangereux pour elle que la route, et l’inexpérience seule peut conduire à cette extrémité (v. 586).
- Mauvaise mise en marche
- 64. — S’assurer que le volant soit bien placé en position intermédiaire ou débrayage.
- 65. — Ne pas oublier de mettre en place la cheville de sûreté.
- 66. — Voir si l'interrupteur à Main est bien franchement poussé à droite sur la lettre M.
- 67. — En cas d’hésitation ou faiblesse au départ, revoir :
- 1° Le réglage do la carburation (y. 275);
- 2° La position de la manette admission (v. 282);
- 3“ Agiter le pointeau du carburateur et voir si l’essence s’écoule bien par le fond du petit boisseau ;
- 4° En temps chaud, l’air froid peut faciliter le départ (v. 265);
- 5° En temps froid, tenter d’obstruer l’air pour faciliter le départ (v. 267 à 269) ;
- 6° Si le moteur souffle lors de la mise en marche, c’est que le robinot de compression sera insuffisamment fermé (v. 328).
- 68. — Si la manivelle tournait follement, sans résistance, autrement dit sans actionner le piston, cela proviendrait du rochet d’encliquetage (v. 390).
- 69. — S’il y a résistance inaccoutumée de la manette au tout premier effort, cela peut tenir à ce que les segments sont collés (v. 507).
- On s’assurera d’autre part que les freins ne donnent aucune dureté (v. 430).
- 70. — En cas d’explosion en recul, revoir la position de la manette avance à l’allumage, qu’il suffira de visser un peu pour la fermer davantage.
- Mauvais allumage
- Les lettres explicatives correspondent à la fig. 21
- 71. — Le mauvais allumage provient le plus souvent du tremb’eur; en second lieu, de la bougie, puis des contacts et plus rarement de la pile.
- Si, apres avoir parcouru ccs n03 72 à 78 on hésitait à préciser la cause d’arrêt, le mieux serait de resuivre l’allumago par élimination méthodique des causes, d’arrêt, comme l’indique le tableau n° 151.
- Lo mauvais allumage se traduit généralement à son début par des intermittences d’explosions qui produisent des à-coups dans la marche, des so-cousses, puis survient l’arrêt.
- 72. — Toutefois ces intermittences peuvent également provenir d’une mauvaise carburation (v.70).
- Si au lieu d’intermittenc*s, l’on s’apercevait que la manette avance à l'allumage perde chaque jour et progressivement son influence, cela proviendrait de ce que la compression devient mauvaise (v. 94).
- 73. — 7rembleur défectueux. — 1° Le contact entre la pastille du trembleur et la vis platinée peut être huileux, encrassé (v. 163);
- 2° Le trembleur peut être déréglé, ce cas est fréquent (v. 164 à 166);
- 3° Après 2000 ou 3000 kilomètres, le platine do la pastille ou celui de la vis peut s'être désagrégé (v. 163, 3") ;
- 4° En cas do nettoyage à fond du trembleur et de la came qui l’actionne (v. 162).
- 71. — Bougie défectueuse. — Les fils du bec in-
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- térieur de la bougie peuvent être : 1° mal distancés ; 2° suiffés ; 3° déscellés ou cassés (v-. 170 à 173).
- La porcelaine elle-même peut :
- 1° Etre sale ou humide extérieurement (v. 174);
- 2° Etre suiffée intérieurement (v. 175) ;
- 3° Etre descellée intérieurement ou extérieurement (v. 176);
- 4° Etre fêlée d’une taçon apparente ou cachée (v. 177).
- 75. — Mauvais contacts (Fig. 21). - Un seul contact mal serré, gras ou oxydé peut affaiblir ou supprimer l’allumage (v. 179).
- Un fil peut être brisé en totalité ou en partie, surtout près les bornes.
- L’enveloppe d’un fil peut être détériorée.
- On pourra resuivre les contacts dans l’ordre suivant (fig. 21), afin de n’oublier aucun d’eux :
- 1° La borne P, bougie;
- 2° La borne isolée O de la bobine;
- 3° L'état du fil O P, tenir éloigné des parties chaudes du moteur:
- 4° Les deux bornes K L du trembleur. Quant au contact M, il est soudé avec la masse;
- 5° Les deux bornes J de l’interrupteur à main;
- 6° Les deux bornes I de la cheville;
- 7° Les deux bornes H de la bobine et l’état du fil H K;
- 8° Les deux bornes E de la bobine et l’état de ce fil ;
- 9° Les deux contacts F G masse sur carburateur ;
- 10° Les deux bornes D de l’interrupteur à pédale (pour sa vérification, o. 190)',
- 11° Le contact N, près la pile, est soudé sur la masse ;
- 12° Les contacts -J- et — sur la pile sont rarement en défaut ;
- 13° Si en place de la pile on a des accumulateurs, ouvrir la boite et voir les deux bornes + et — qui peuvent, oxydées ou mal serrées.
- 76. — Pile usée, accumulateurs déchargés — V. 104 pour vérifier l’état d’énergie de la pile.
- V. 198 pour vérifier l’état d’énergie des accumulateurs.
- 77. — Bob'ne. — L’allumage pourrait enfin pécher par uno avarie de la bobine, mais ce fait (que peut occasionner un ctioc) est tellement rare, qu’il faut s’on tenir rigoureusement aux avis n° 205.
- 78. — Dans la recherche du point (aible de l’allumage, le mieux est, en cas d’nésilatioa, de procéder par élimination, comme l’indique le tableau n° 151, dont les explications correspondent à la fig. 21.
- (A suivre). J. WOLFF.
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- ANNUAIRE DE 1900
- {Section automobile)
- Les modifications importantes apportées à cette nouvelle édition ne permettent pas de fixer exactement la date de sa publication. Le travail de re-censemeut des stations électriques, actuellement en cours donne lieu à de très nombreuses corrections et adjonc'i ns et on no peut les omettre dans l’annuaire automobile qui doit être en parfaite concordance avec la carte des stations électriques.
- La liste des dépositaires d’essences est encore imparfaitement remaniée les fabricants faisant eux-mêmes attendre la liste, corrigée, de leurs dépositaires.
- De nombreux mécaniciens-voituristes ont obtenu leur inscription et les références en kilomètres mises à la suite de chaque localité dépourvue de mécanicien réparateur, se trouvent de ce fait considérablement modifiées.
- Le T. G. F. espère cependant, en activant le travail dans toute la mesure du possible, mettre cet annuaire à la disposition des sociétaires à la fin du mois prochain.
- Carte des Stations Electriques
- Ce travail, commencé le mois dernier, se poursuit activement et, dés ce moment, dix itinéraires complets sont établis ayant Paris pour centre.
- Il figurera au Pavillon du Touring-Club à l’Exposition.
- L’enquête à laquelle procède le T. C. F. est laborieuse, mais déjà les résultats obtenus assurent le succès final. On a trouvé partout l’amabilité la plus parfaite et un très grand empressement à répoudre aux demandes. Nous remercions bien sincèrement tous ceux qui en cotte occasion ont apporté leur concours.
- Comité de Contentieux
- Mars jpoo
- M. le Secrétaire donne lecture au Comité d’une lettre de M. Bizouard-Jacob, sollicitant l’appui de l’Association pour déférer à la Cour de Cassation un jugement rendu on dernier ressort par le Tribunal civil do Semur, lequel l’a débouté d’uno demande en dommages-intérêt) formée contro le propriétaire d’un chien qui était venu se jeter dans les. roues de son mot cycle et avait occasionné une chute avec avaries considérables de li machine. Après examen attentif du jugement en question, qui semble animé de l’esprit le moins bienveillant à l’égard du nouveau mode de locomotion, le Comité considérant que cette décision est uniquement motivée en fa t; qu’un pourvoi formé dans ces conditions n’aurait aucune espèce do chance d’ôtro admis par la Cour suprè ne, estime qu’il n’y a pas \ lieu de donner suite à la demanle do M. Bizouard Jacob.
- * *
- Le Comité prend connaissance d’une pétition signée d’un certain nombre de membres du Touring^ Club et de cyclistes de Nevers, sollicitant l’intervention de l’Association pour faire appel d’un jugement rendu par le Tribunal civil de Nevers contre M. Ducaffy, mécanicien dans cette ville et membre du Touring-Club, jugement qui aurait pour résultat, d’après les pétitionnaires, d’entraver considérablement la circulation automobile et d’arrêter dans la région l’essor de cette nouvelle industrie. Le jugement en question et les pièces permettant de statuer sur l’opportunité d’un appel n’étant pas encore parvenus au Comité, l’examen de cette demande est renvoyée à la prochaine réunion.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir, au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LES VOITURES MEES
- F g. 1. — Voiture Mees à 4 places, 8-9 discaux
- Nous mettons aujourd’hui sous les yeux de nos lecteurs quelques gravures représentant divers types de voitures Mees, leur moteur à deux cylindres et.leur châssis. Ces voitures sont construites par la « So-
- ciété Anonyme Suisse pour la construction d’automobiles » à Wetzikon (canton de Zurich). Ces voitures ne sont pas encore répandues en France ; leur construction présente un grand nombre de particularités
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- intéressantes et, dans notre prochain numéro nous décrirons en détail leur mécanisme.
- Pour aujourd’hui nous ne parlerons que de l’ensemble de la voiture.
- La Société Anonyme Suisse pour la construction d’automobiles emploie, dans ses grandes voitures, un moteur dit à balancier, c’est-à-dire un moteur dont les deux pistons se meuvent en sens inverse dans un
- Fig. 3. — Vis à vis à 3 places, 6-7 chevaux
- Voilure Mees, 2 ou 3 places, moteur à deux cylindres opposés de 4-5 chevaux
- commande) l’avantage principal d’un moteur à deux, ou plutôt à quatte cylindres du type ordinaire, avantage incontestable et qui est dû au fonctionnement tranquille et sans secousses relativement aux moteurs à un cylindre ordinaire, grâce à la disposition des manivelles à i8o°.
- La construction des petites voitures, qui
- cylindre commun et transmettent la iorce de l’explosion qui se produit entre lesdits pistons, au moyen de tiges de piston, de balanciers et de bielles, sur un arbre à deux manivelles disposé au-dessus du cylindre dans la cage du moteur.
- Par conséquent le moteur unit à l’avantage d’un moteur à un cylindre (une seule
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- donnent une impression très agréable, se distingue de celle des grandes voitures qui vient d’être indiquée, simplement par le moteur qui, pour gagner de la place, consiste dans un moteur à deux cylindres. Les cylin-
- dres de ce moteur sont disposés en regard et les manivelles sont calées suivant un angle de i8o° l’une par rapport à l’autre. Par ce dispositif on obtient, de même que pour le moteur à balancier, une compensa-
- it ûj. 5. — Mrteur Mees à 2 cylindres opposés
- tion absolue de l’action delà force vive des masses en mouvement et par conséquent une marche tranquille et sans secousses du moteur, fonctionnement qui est encore corroboré en ce sens que les deux cylindres fonctionnent alternativement.
- Afin de diminuer autant que jaossible la
- consommation de l’eau on ne refroidit que les chambres à explosion avec de l’eau tandis que pour les cylindres proprement dits le refroidissement a lieu au moyen de l’air, c’est-à-dire au moyen de tubes à ailettes.
- Le moteur, monté sur l’essieu d’arrière, est recouvert par une petite caisse mupiç ,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- d’un volet et dans les parois de laquelle sont rapportés, d’une part, le réservoir à benzine, qui sert en même temps de carburateur et, d’autre part, le récipient à eau. Ces deux récipients contiennent environ de 25 à 30 litres; pour des voyages d’une certaine durée on peut encore adapter un récipient à benzine de réserve sur ou sous î’avant-train de la voiture. L’eau chauffée dans l’enveloppe du cylindre du moteur est refroidie de nouveau au* moyen d'un serpentin en tubes à ailettes disposé à l’air libre, et ramenée ap moteur au moyen d’une petite pompe de circulation qui fonctionne sans soupapes et par conséquent d’une manière absolument sûre.
- Cependant la particularité la plus intéressante, sans contredit, des automobiles du système de Mees consiste incontestablement dans le mécanisme de transmission qui est breveté dans tous les Etats industriels. Ce mécanisme de transmission très ingénieux consiste dans la combinaison habile de trois engrenages dits planétaires avec un engrenage de changement de direction à roues coniques, de façon à constituer un ensemble unique ayant pour but de transmettre la force du moteur marchant toujours dans le même sens et avec un nombre de tours constamment égal sur un arbre de transmission et, de celui-c’, au moyen de chaîne^, sur les roues de la voiture.
- C’est ce mécanisme que nous décrirons dans notre prochain numéro.
- —------------♦-------------
- UN ACCIDENT DE COURSES
- La course Paris-Roubaix organisée dimanche dernier par le Vélo a eu son succès habituel. On y a réalisé des vitesses fantastiques dont un seul chiffre peut donner une idée. Si les heures officielles des passages à Beauvais (70 kilomètres 500 de Paris), et à Fréteuil(ioo kilomètres), sont exactes, nous voyons que Baras, qui a parcouru à la jolie moyenne de 69 kilomètres à l’heure, les 262 kilomètres de l’itinéraire aurait fait à certains moments, bien près de cent kilomètres à l’heure.
- Cent kilomètres à l’heure 1 11 y a quelques mois à peine, cela eut semblé fantastique. Maintenant cela paraît presque naturel.
- Je vois donc, sur les chiffres officiels :
- Beauvais, Baras 12 h. 19.
- Breteuil, Baras 12 h. 37.
- De Beauvais à Breteuil la d'stance est de 29 kilomètres et demi et de ardi 19 à midi 37 il y a dix-huit minutes.
- Cela fait donc 29 kilomètres et demi en
- dix-huit minutes, c’est-à-dire un peu plus de 98 kilomètres à l’heure.
- Nous voilà à très peu près aux cent kilomètres à l’heure rêves par un certain nombre d’affamés de vitesse. Cela semble suffisant. Si l’on s’en tenait là.
- Je sais que malheureusement, on ne s’en tiendra pas là. On voudra pouvoir aller « Toujours plus vite, toujours plus loin » suivant une formule chère à l’humanité et et qui n’a pas toujours servi les véritables intérêts du progrès. Tout cela finira par une bonne catastrophe où il y aura des morts et des blessés et cela aboubra à l’interdiction des courses sur routes. Pour ma part j’en serai désolé car je reste convaincu que ces courses ont été pour beaucoup dans les progrès incessants réalisés dans la construction des voitures automobiles et je crois que la suppression des courses serait un réel malheur pour notre industrie et arrêterait net son essor. Il n’est pas moins vrai que, du train dont ça marche, on arrivera fatalement à cette interdiction. Je désire, bien entendu, me tromper dans mes prévisions.
- Voilà ce qui s’est passé dimanche dernier : De nombreux spectateurs s étaient massés à la Croix de Noailles, au croisement des deux routes ; Saint-Germain-Achères et Poissy-Maisons-Laffitte. Il y avait là un virage pour les concurrents et la croix de pierre à laquelle le carrefour emprunte son nom se trouvait à l’extérieur du virage.
- Un grand nombre de curieux s’étaient placés-là. Une cinquantaine de bicyclettes étaient, heureusement, placés en bordure devant les spectateurs.
- Arrivent deux tris prenant part à la course. Peu importent les noms des concurrents. Un des coureurs prend son virage un peu trop largè. L’autre, qui va plus'vite que lui, veut le passer à l’intérieur du virage. Les deux tris accrochent et s’engagent dans la foule des spectateurs, heureusement arrêtés par les bicyclettes laissées à terre. Bousculade générale. Deuxpersonnes sont malheureusement grièvement blessées parmi lesquelles Mme Charles Bos, femme du sympathique député de la Seine qui est notre collègue à l’Automobile-Club, qui avait accompagné son mari et M. et Mme Darracq.
- La-dessus lesjournaux automobilophobes, le Temps en tête, partent en guerre et disent des bêtises, comme c’est leur habitude.
- J’avoue que, tout en déplorant cet accident, je n’en suis çuère surpris. Je me rappelle avoir songé bien des fois, en suivant les courses d’automobiles, et en voyant les spectateurs massés à l’extérieur d’un virage ou à l’arrivée à l’effroyable bouillie humaine qui pouvait se produire si la voiture d’un des concurrents venait à manquer le virage ou l’arrêt final.. Dans le train spécial qui
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- LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- suivit la course Paris-Amsterdam et qui longeait la ioute pendant une partie de l'itinéraire de la course nous nous taisions tous la même réflexion en apercevant Iss groupes de curieux massés aux virages. L’accident attendu s’est produit. C’est un avertissement dont on devra tenir compte pour l’avenir.
- Après tout, le plus simple serait peut-être d’étudier sérieusement et définitivement la création du fameux automobilodrome depuis si longtemps attendu. Là on pourra rialiser les vitesses les plus folles en supprimant les risques des spectateurs et en diminuant ceux des concurrents eux-mêmes. Ce sera un double avantage.
- A quand l’automobilodrome ? Que les mathématiciens ayant des loisirs calculent donc les plans de cet automobilodrome et le relèvement de ses virages en prévoyant les vitesses de 200 ou 300 kilomètres à l’heure qu’on y réalisera bien vite.
- Au point de vue financier, l’affaire sera aussi bonne, sinon meilleure, que l’exploitation des champs de courses pour chevaux. A quand le Grand Prix de Paris pour automobiles : Cinq cent mille francs, avec Charron comme gagnant probable ? à bientôt peut-être.
- Gaston SENCIER.
- ------------4.----------
- AIT0MIIB1LE-CLIB DE FRANCE
- Commission de Contentieux
- La Commission de contentieux de l’Àutomobilo-Club de France a bien voulu nous communiquer deux rapports présentés dans sa séance du 29 janvier 1900, le premier par M. Poigirard, avocat à la Cour d’appel, le second par M. Bickart-Sée, avocat à la Cour do cassation.
- Le premier de ces rapports est relatif au maintien ou à la suppression du certificat de capacité exigé pour les conducteurs d’automobiles. L’auteur examine d'a' ord la question au point do vue de la législation et conclut que le décret qui prescrit ce certificat n’a rien d’inégal et qu’il n’v a aucun moyen de se pourvoir en droit. Examinant ensuite l’opportunité de démarches quelconques à faire auprès do l’administration, le rapporteur propose de décider l’ajournement do toute discussion sur le décret du 10 mars 1899, et termine par ces sages paroles auxquelles nous ne pouvons qu’applaudir :
- « Laissons au temps et aux mœurs le soin d’accomplir leur œuvre de progrès, qui, habituant le public à la circulation quotidienne des voitures automobiles devenues peu à peu les seuls moyens de transport, délivrera lieniôt, sous la pression de l’opinion publique elle-même, les conducteurs d’automobiles de toute entrave contraire à la liberté complète de circulation. »
- Dans le seconi de ces rapports, M. Bickart-Sée étudie la question de savoir si les voitures automobiles doivent être soumises aux prestations édictées
- par la loi du 21 mai 1836, et s’il conviendrait de résister aux prétentions que l’administration émet à cet égard.
- Après avoir examiné et discuté l’opinion émise sur la même question par M. Delasalle, dans un rapport présenté le 11 février 1897 au Comité de contentieux du Touring-Club, lequel concluait à ce que les voitures automobiles échappaient à l’impôt des prestations, M. Bickart-Sée fait remarquer que cette opinion n’a pas reçu la consécration delà jurisprudence administrative, et donne les termes d’un arrêt du Conseil d’Etat, *d i 17 décembre 1898, rejetant le recouis formé par un propriétaire d’automobile qui prétendait avoir été impose à tort aux prestations pour si voiture. Lo rapporteur, après avoir indiqué à la suite de quelles études et discussions approfondies interviennent les décisions du Conseil d’Elat, rcchcrcho si l’on pourrait espérer faire 1 evenir cetlo juridiction sur sa précédente manière de voir, en la saisissant à nouveau d’un pouvoir dans le mémo sens, et conclut ainsi :
- A 'nsi, par cela seul que le Conseil d'Etat vient de statuer sur la question qui nous occupe, y a-t-il de sérieuses présomptions pour que, saisi à nouveau, il statue encore une fois dans le même sens.
- Mais si faibles que soient les chances de succès, et téméraires les efforts que l’on pourrait faire, il n'y aurait cependant pas lieu de renoncer à les tenter, si l’on pouvait du moins s’appuyer sur des arguments péremptoires non encore invoqués, ou établir d'une façon évidente l’erreur du précédent arrêt.
- Or, je crains bien que ces deux moyens ne nous fassent également défaut.
- Sans doute, des raisons très sérieuses ont pu être invoquées, elles ont ôté développées avec beaucoup do compétence et de talent dans le rapport de M. Delassallc que je vous citais précédemment; mais le Conseil d’Etat en a eu connaissance avant de rendro son arrêt, et elles ne lui ont pas paru irréfutables.
- Les automobiks, dit on, sont impropres au service en nature des prestations, base même et raison d’être de l’impôt.
- Mais en est-il autrement d’une voiture de luxe, d’un cabriolet, d’une voilure d’enfant attelée d’un âne, qui, copendant, ont toutes, en vertu de différentes décisions du Conseil d’Etat, été soumises à la taxe.
- La dégradation, plus ou moins grande des clio mins, ne saurait davantage êtro prise en considération Il a été souvent décile, en effet, que la taxe est duo même pour les attelages qui, en tait, n’empruntent jamais Jes chemins vicinaux ; tels sont, par exemple, les charrettes et les chevaux employés exclusivement à l’intérieur d’une mine.
- Resterait encore l’argument du texte; mais a-t-il toute la portée qu’on veut lui attribuer. L’expression « attelée », si elle est le plus souvent emploi éo pour désigner la traction animale, ne paraît pas l’impliquer nécessairement et exeiuro tout autre genre de moteur. Ne dit-on pas fort justement qu’une locomotive est attelée à des wagons, qu’une voiture est attelée à un tricycle. Dans ces conditions, n’est-il pas admissible, ainsi que l’a déclaré le Conseil d’Etat, que les termes do voiture attelée puissent être entendus dans le sens de voilure prête à être mise en circulation et s’appliquer ainsi aux automobiles.
- D’arlre part, je ne vois pas qu’en dehors de la discussion des textes de lois, on puisse invoquer avec avantage des raisons d’ordre général, d’intérêt pratique ou même d’équité qui pourraient être prises en considération par le Tribunal. Sans doute la taxe des prestations est onéreuse, son principe
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- est mêim discutable, mais il on est ainsi de bien des impôts, et ce sont là des griefs d’ordre purement législatif qui d’ailleurs no sont pas spèciaux aux propriétaires d’automobile, et pourraient être formulé} do la mémo façon par tons les débiteurs do l’impôt.
- Au point de vue juridique, il me semble qu’on ne saurait produire utilement aucun argument différent de ceux déjà présentés et que, selon toutes présomptions, si lo Conseil d’Etat avait à so prononcer encore une fois sur cetto question, il la résoudrait dans les termes mômes de son précédent arrêt.
- Telle a été mon impression personnelle, mais avant do vous la soumeltre, j’en ai fait part à ceux do mes confrères qui, soit pour dos Comités dont ils faisaient également partie, soit pour des annulations de jurisprudence, avaient eu déjà à s’occuper do cetto question. Leur opinion a été identique à la mienne.
- Nous estimons donc que, si rigoureuse que puisse paraître la solution adoptée par le Conseil d’Etat, il n’y a pas lieu d’espérer qu’il la modifie, et que les ctlorts qui seraient tentés en ce sons, les nouvelles réclamations qui pourraient être présentées seraient dénuées de toutes chances sérieuses,
- Signé : BICKART-SÉE.
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- LES COURSES
- LA SEMAINE DE NICE
- Rectifions une erreur typographique qui s’est glissée dans notre numéro 14 à la page 218.
- Il y est dit, à propos de la course du mille du 31 mars que la voiture Serpollet effectua les 1609 mètres en 2 m. o s. 4/5, dont les 609 premiers mètres furent faits en o m. 35 s. 1/5. La différence donne donc, pour le temps du kilomètre 1 m. 5 s. 3/5
- et non pas 3 m. 5 s. 3/5 comme il avait été imprimé par erreur.
- Nous tenons à attirer l’attention sur cette rectification car cette performance aura, au point de vue documentaire, la plus grande importance. Si nous sommes bien informée, Serpollet est arrivé enfin à triompher de toutes les difficultés pratiques de la voiture à vapeur dont le principe était bon, mais dont l'application était difficile. Un de nos amis, juge fort autorisé, nous dit que tout est maintenant parfait et qu’on fait couramment plus de 100 kilomètres sans reprendre d’eau.
- .COURSES D’AUTOMOBILES A NEW-YORK
- Samedi s’est disputée sur le parcours de New-York à Long-Island la première grande course d’automobiles organisée en Amérique. La distance était de 50 milles (80 kil. 466 m.).
- La victoire est revenue à M. Albert Riker qui avec une voiture électrique a couvert le parcouis
- en 2 h. 3 m. 30 s. Le second était M. Davis qui sur une voiture à vapeur a fini 15 minutes derrière, le troisième était M. Fischer, voiture à pétrole.
- Le vainqueur, M. Riker partira sous peu pour Paris avec sa voiture.
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- Les voitures Riker sont d’ailleurs bien connues de n~s lecteurs. Ce sont celles qu’exploite à Paris la Société « L’Automobile ».
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- PARIS-ROUBAIX
- Les Motocycles
- Victoire de B aras
- Le départ de la catégorie des motocycles devait être donné à 10 h. 43, mais, renseignements pris, le passage à niveau d’Achêres devant être fermé jusqu’à 11 h. 13, les organisateurs avaient décidé au dernier moment, très justement d’ailleurs, de reculer le départ jusqu’à 11 b. 10. Etant donné la vitesse toujours croissante, il n’était pas mauvais d’autre part de retarder le départ.
- Le public qui était venu nombreux pour le départ des bicyclettes s’éclaircit un peu; la perspective d’attendre plus de deux heures n’est pas du goût de tout le monde.
- Les concurrents arrivent peu à peu et signent la feuille. Quelques abstentions, parmi lesquelles celles de Teste, Gasté, Rivierre. R’gal qui a signé s’aperçoit au moment de partir que son piston est cassé.
- Les partants
- A 11 heures, notre confrère Georges Prade fait ranger les 29 concurrents, trois par trois, sur la route.
- Voici les noms des partants :
- H. Béconnais, Marcellin, Osmont, Lerod, P. Baras, Tart, L. Bathiat, A. Martin, Mlle Léa Lemoine, Vasseur, Damester, BardÎD, Léonce Girardot, R. de Montbel, Didier-Nauts, Nielsan, Rolland, Collignon, Bardaux, H. Fournier, Ché-rard, Labadie, H. Battaïellie, Villemain, Delisle, Ch. Prévost, Cousin, Bonnard, Bertin.
- U accident de la Croix-de-Noailles
- Peu après le départ, le bruit se répandait à Saint-Germain qu’un terrible accident venait de se produire à la Croix-de-Noailles. On exagérait naturellement les choses, et de suite l’evènement prenait des proportions terribles.
- On connaît la route de Saint-Germaii à Achè-res, à l’endroit où elle croise la route de Maisons-Laffitte à Poissy. C’est le lieu dit la Croix-de-Noailles, et tous les cyclistes parisiens connaissent la grande croix de pierre qui marque le carrefour.
- La foule s’était massée principalement à cet endroit, et surtout au pied de la croix qui est à
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- l’extérieur de la courbe légère décrite par la route
- Il y avait là environ deux cents ou trois cents personnes assises ou debout avec une cinquantaine de bicyclettes couchées devant elles sur le sol. Parmi elles M. et Mme Bos venus en automobile avec M. et Mme-Darracq.
- Les premiers motocycles passèrent sans encombre à toute allure. Puis soudain arrivèrent presque ensemble le n° 13 Martin qui prit le virage un peu à l’extérieur et le n° 7 Lerod (alias Dorel). qui, marchant un peu plus vite que lui, eut la funeste idée de s’engager à la corde, idée que seule la poussière peut excuser.
- L’abordage eut lieu juste un peu avant la croix et les deux motocycles accrochés l’un à l’autre roulèrent dans la foule massée à l’extérieur du virage, c’est-à-dire, au pied même de la Croix.
- Les imprudents spectateurs essayèrent en vain de s’enfuir. Tassés les uns sur les autres, ils ne le purent, les deux motocycles fauchèrent littéralement les bicyclettes qui amortirent heureusement un peu le choc et entrèrent ainsi dans- la foule. Bousculade effrénée, tout un rang de spectateurs par terre et quand on relève les blessés, on constate avec douleur que deux d’entre eux le sont grièvement.
- Mme Bos, femme du député de la Seine a une double fracture à la jambe et M. Biehler également.
- Quant aux deux motocyclistes, Martin a la clavicule cassée et de fortes contusions, et Lerod presque rien.
- Mme Bos, la plus grièvement atteinte, fut transportée par MM. Darracq et Collet à l’hôpital de Saint-Germain après qu’elle eut reçu les premiers soins du docteur Henri de Rothschild qui s’efforça mais en vain de la prendre même à bord de sa voiture. Mme Bos a été transportée à l’hôpital Tenon.
- C’est le premier accident de cette sorte arrivé en course. Il montre quelle prudence il faut observer désormais, surtout dans les virages où l’on a la mauvaise habitude de se masser à l’extérieur d’où l’on voit de loin venir et s’en aller les coureurs.
- V arrivée
- Voici les classements des motocyclistes à Roubaix :
- 1. Baras. en 3 h. 48 m.
- 2. Tart, en 4 h. 28 m.
- 3. Vasseur, en 4 h. 40 m.
- 4. Battaïellie, en 5 h. 2 m.
- 5. Collignon, en 5 h. 16 m.
- 6. Delisle, en 5 h. 50 m.
- 7. Chenard, en 6 h. 19 m.
- 8. Bathiat, en 6 h. 29 m.
- Baras montait un tricycle Perfecta muni d’un moteur Buchet à 2 cylindres, analogue à celui qu’avait Marcellin à Pau.
- LOCOMOTION AÉRIENNE
- Le contrôle dans les concours de Ballons de l’Exposition
- Afin d’assurer aussi rigoureusement que possible le contrôle des parcours des aéronautes concurrents, il sera remis à ceux-ci des feuilles rédigées en un grand nombre de langues étrangères et de patois divers. Ces feuilles jetées par dessus bord, seront renvoyées par les personnes qui les trouveront, et à l’obligeance de qui on fera appel, à la commission du contrôle. Le voyage de l’aéronaute pourra ainsi être reconstituée de bout en bout.
- Rappelons que les demandes de renseignements et engagements doivent être adressées à M. le commandant Paul Renard, 7, avenue de Trivaux, Meudon (Seine-et-Oise).
- BIBLIOGRAPHIE
- L’automobile théorique et pratique
- Tome II
- par L. Baudry de Saunier
- Nous recommandons tout spécialement à nos lecteurs L'Automobile théorique et pratique, tome II. par Baudry de Saunier.
- Ce volume traite dans leurs moindres détails de toutes nos grandes marques] de voitures automobiles : Panhard et Levassor, Peugeoi, Mors, de Dion Bouton (petite voiture), Georges Richard, Bolide, Rochet, Darracq, Delahaye, de Diétrich, Rochet-Sohneider, etc., des pannes et de leurs remèdes, etc.
- Il renferme 500 pages de grand format, et plus de 300 gravures sur bois et sur zinc qui représentent à elles seules une dépense de plus de 7 000 francs.
- Nous engageons tous nos lecteurs à nous adresser au plus tôt, avec un mandat de 12/r. 75, leur souscription à cet ouvrage afin que le succès qui accueille toujours les ouvrages de Baudry de Saunier ne leur fasse subir aucun retard dans l’expédition.
- * *
- Vient de paraître l’édition 1900 de Y Annuaire général de la Véloeipédie et des Industries qui s'y rattachent. — Comme les précédentes éditions, ce gros volume in-16 (950), richement relié avec couverture souple, comprend trois grands chapitres qui se subdivisent, pour la facilité des recherches, en de nombreux sous chapitres. ,
- 1° Fabricants, Marchands, Agents de Jabri-ques, Réparateurs de Cycles (France et Etranger) comme sous-chapitres principaux, nous signalerons ceux de : cycles en aluminium; cycles en bois, cycles pliants, cycles accouplés, cycles sans chaîne, cycles pouf enlants, cycles et appareils d’entraînement, les chefs armuriers régimentaires chargés de la réparation des machines en service à l’armée, etc.
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- Fabricants, Marchands et Réparateurs de Mo-tocycles (France et étranger) de voiturettes-remor-ques et avant-train», de fournitures pour motocycles
- Ce dernier chapitre, motocycles et fournitures est l’un des plus intéressants car il montre bien le développement consi lérable pris par ce mode do locomotion qui tient du cycle par la construction et de l’automobile par le moteur.
- 2° Fournitures Générales pour la fabrication et la vente des cycles, comprenant plus de cent rubriques, telles que : Accessoires en tous genres, Caoutchoucs, Machines-outils, Pièces détachées, Pneumatiques, etc., etc.
- 3° Renseignements généraux, parmi lesquels nous signalerons les Marques de fabrique et de commerce, les Chambres syndicales et grandes associations, les Tarifs douaniers et de transports par voie ferrée, les Journaux, Revues, Cartes, Plans, Ouvrages cyclistes, etc.
- Parmi les renseignements fournis, signalons la liste complète et très facile à consulter des Abonnés au réseau téléphonique de Raris et Seine, ne contenant que les abonnés s’occupant de l’industrie et du commerce des cycles et automobiles.
- L’exemplaire est en vente à nos bureaux au prix de 10 fr. franco
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- Paraîtra prochainement :
- LA 2* ÉDITION
- des Secrets de Fabrication et de bon Fonctionnement
- DES MOTEURS A ESSENCE POUR MOTOCYCLES ET AUTOMOBILES
- PAR GEORGIA KNAP
- Constructeur-Mécanicien, Secrétaire-Expérimentateur du Concours de Moteurs.
- Cette 2e édition est augmentée des résultats et découvertes scientiliques faites au concours de moteurs d’automobiles et de motocycles d’Aubervilliers Octobre-Novembre-Dêcembre 1899. ( Grand in 8° raisin de 500 pages illustré de nombreuses gravures Prix : 18 fr. 50. )
- En vente aux bureaux du Journal.
- INFORMATIONS
- Automobile Club d’Auvergne. — L’Automobile-Club d’Auvergne, 4, place de Jaude, à Clermont-Ferrand prie Messieurs les constructeurs d’automobiles et fabricants d’accessoires de vouloir bien lui envoyer leurs catalogues et prix courants afin de constituer ses archives.
- Chauffeurs Tunisiens. — Encore un chauffeur de plus sur les routes d’Algérie. Le prince de Tarante vient d’arriver à Tunis, venant du Kef en automobile.
- De notre correspondant de Nice :
- Les courses d’automobiles n’ont à notre avis d’utilité — nous dirons plus, de légitimité et de raison d’être — que si elles ont des résultats pratiques. Nous devons avouer que les courses de la Semaine 4e Nice n’ont pas eu tous les résultats qu’on aurait pu en espérer. Nous ajouterons cependant que cela tient à des causes indépendantes et de la bonne volonté des organisateurs et de la qualité des voitures engagées. Le temps et les accidents ont empêché de juger avec autant de sûreté qu’on l’espérait des progrès accomplis par l’automob'lisme. La course Nice-Marseille-Nice en effet n’a pu avoir lieu qu’à l’aller à cause du mauvais temps. Aussi cette course étant réputée porter la « guigne » — voilà la deuxième année qu’elle se court sous la pluie — il est sérieusement question d’en changer le parcours l’année pro chaine.
- D’autre part on se proposait de faire la comparaison entre les voitures de fabrication allemande, comme les Daimler et nos voitures françaises. Cet espoir a également été déçu. Des deux Daimler engagées, l’une a été victime d’un accident dans Nice-Marseille et l’autre dans Nice-la Turbie est allée se précipiter sur le rocher, occasionnant la mort de son mécanicien. Ainsi, lesjcourses de Nice n’ont pas causé par leurs résultats autant d’intérêt qu’elles l’auraient pu, mais il ne faut pas croire pour cela qu’elles aient été inutiles.
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- La Semaine de Nice a donné lieu à un pari qui intéressera sûrement nos lecteurs par suite des deux chauffeurs renommés qui l’ont engagé.
- Le baron Henri de Rotschild (docteur Pascal) ayant prétendu qu’il gravirait en 20 minutes la côte de Nice à la Turbie, Charron le défia d’accomplir celte performance. On engagea un pari de 500 francs. Le jeudi, le baron de Rotschild se mit en devoir de prouver ce qu’il avait avancé, ce en quoi il ne réussit pas, car il mit exactement 24’ 13” pour effectuer le trajet Nice-la-Turbie, perdant ainsi son pari avec Charron qui a effectué le même parcours en 23’ 3”.
- * *
- A l’heure où ce journal paraîtra, aujourd’hui 19 avril, un groupe YAcèvènistes (lançons le mot), autrement dit de membres de l’A.Y.C.N. se dirige à toute vitesse vers Turin, à l’occasion des courses qui y ont lieu. Nous ne pouvons que nous réjouir des relations fraternelles que l’automobilisme a créé de plus en plus entre la France et l’Italie.
- On pourra un jour parodier des paroles aujourd’hui célèbres — quoiqne sujettes à controverses — et dire que grâce à l’automobilisme : Les Alpes n’existent plus.
- Léon BARETY’
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- Ü3 notre correspondant de Montpellier :
- Accident mortel. — Un de nos plus distingués sportsmen M. André Haguenot, vient de trouver la mort dans des circonstances navrartes :
- Samedi dernier, il se rendait sur son automobile, en compagnie de Mme Anduze, amie de la famille, et de son groom âgé de 15 ans, à une propriété située à 15 kil. environ de Montpellier, sur la route de Ganges. Tout se passa bien à 1 aller, mais au retour, à l’entrée de Saint-Gély, au cours d’une longue descente où la voiture avait pris une allure des plus rapides,'un coup de guidon trop brusque, pour éviter un obstacle, suivi d’un autre non moins brusque pour ratrap-per la ligne droite, firent chavirer le lourd véhicule qui s2 renversa sur notre malheureux ami, tandis que la dame qui l’accompagnait, ainsi que le groom, étaient projetés avec violence sur la route. Des paysans qui travaillaient dans les champs voisins accoururent au secours des voyageurs et dégagèrent avec beaucoup de peine M. H.guenot, qui avait la tête fendue et la poitrine défonce'e.
- Transporté au village, il reçut les soins du docteur de la localité, mais les lésions étaient trop graves, et le blessé succomba pendant son transdort à la ville.
- Les autres voyageurs, en dehors de quelques contusions et d’une violente émotion sont aujourd’hui hors de danger.
- M. André Haguenot, était âgé de 32 ans, marié et père d’un enfant de 2 ans. Avocat et poète distingué, il était très apprécié dans le monde littéraire et ne comptait que des amis ; aussi, est-ce avec une bien douloureuse émotion que l’on a appris en ville ce terrible événement.
- M.
- P'-S, — Afin de ne pas laisser ce funeste événement servir de nouvel argument à ceux qui croient et soutiennent que l’automobile est un outil des plus dangereux, nous devons ajouter que, pendant la semaine qui a précédé le terrible accident, il s’est produit à Montpellier quatre autres accidents, dus à des chevaux emportés ou effrayés, qui ont coûté la vie à deux personnes et fortement ébranlé celle de trois autres ! !... Ces faits valent la peine d’ètre signalés.
- M.
- * *
- De notre correspondant de Cambrai :
- Tous ceux qui s’occupent de cycle et d’automobile connaissent la mauvaise réputation faite aux rou es du Nord et le peu de pittoresque que présente cette contrée de la France. Bien que presque toutes nos routes soient pavées, le nombre des cyclistes est cependant très considérable et je ne doute pas que dans un temps plus ou moins éloigné les chauff urs ne deviennent nombreux comme le sont actuellement les premiers.
- * Passionné de l’automobile et ami du progrès, j’ai pensé que le moment était arrivé de prendre
- l’initiative pour grouper les adeptes de la locomotion nouvelle. C’est dans ce but q:e j’ai fait appel à tous les chauffeurs de la région qui presque tous se sont rendus à mon invitation. 11 a été décidé que notre groupe prendrait le titre de : « Cercle des Chauffeurs Cambrésiens », sans toutefois être formée en société constituée. Le but est de se réunir fréquemm.nt pour se tenir au courant de tout ce qui touche à l’automobilisme et de faire ensemble des promenades, des excursions, des rallies, etc. J’espère que des groupes semblables au nôtre se formeront dans les villes voisines et que nous aurons avec eux de fréquents rapports et des relations d’amitié qu’on ne peut trouver qu’entre chauffeurs.
- L. LEFEBVRE.
- * *
- De notre correspondant de Milan :
- Pas grand chose de nouveau à l’actif de l'automobilisme ici.
- Dimanche passé nous avons eu des courses (en formes non officielles) de membres de l’automobile Club d’Italie .
- Le» courses n’ont donné aucun résultat remarquable. Seule la voiture d’essai de la maison Pri-netti et Stucchi (la voiture définitive serait celle dont je vous parlais qui devrait faire 65 k. minimum) n’adonnée que 35 k.
- En revanche cette maison construit de très jolis tricycles à deux cylindres verticaux de la force nominale de 5 ch. qui donnent facilement 60k. sur route.
- Enfin la municipalité vient d'accorder une licence à la Société Turinelli et Cie pour voitures de places à traction électrique par accumulateurs, le service va commencer par 6 voitures de places en différents endroits de la ville.
- Aussitôt que cela me sera possible, je m'empresserai de vous en envoyer une description avec photographies.
- P. A. T.
- k *
- Le Congrès National d’Automobilisme qui doit se tenir le 3 juin à Périgueux sera des plus intéressants. Nous apprenons que l’Automobile-Club Dauphinois, de Grenoble, et i’Automoblile-Club d’Avignon, doivent se faire représenter.
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
- Directeur-gerant : VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuil 1 y-s/-Seine
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- Septième Année. — N” 17
- 26 Avril$1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Là seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- directeur- administrateur Raoul VUILLEMOT DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF a.-F. DES JACQUES
- abonnements Franco, Un An, 15 Fr. ; Etranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Laoàrdk, 4. — Paris
- SOMMAIRE du N' 17
- Concours de Tourisme organisé par l’Automobile-Club de France du 14 au 19 mai 1900.
- L’interdiction des Courses. — Gaston Sencier.
- L’automobile idéale. — D. Bellet.
- Les types définitifs des carburateurs Longue-mare à pulvérisation et à niveau-constant pour moteurs à explosion.
- La fabrication des pneus. Ce que devient le caoutchouc depuis sa récolte jusqu’à l'achèvement du pneumatique (Suite). — Gaston Sencier
- llapport sur les essais au frein d’un moteur à pétrole. — Lagneau.
- Les propriétés explosives de l’acétylène. Touring-Club de France.
- Guide de Route sur la conduite et l’entretien de la petite voiture de Dion-Bouton (Suite). — J' Wolff.
- Informations. — Nouvelles de Nice etc.
- Bibliographie.
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- CONCOURS DE TOURISME
- DU 14 AU 19 MAI 1900
- Automobile-Club de France
- Société d'encouragement pour le développement de l’industrie automobile en France.
- COMMISSION GÉNÉRALE D’ORGANISATION DES CONCOURS ET COURSES A VINCENNES
- EXPOSITION DE 1900
- BUREAU :
- Président d’honneur, M. Zuylen (Baron de); président, M. G. Forestier, inspecteur principal des Ponts' et Chaussées; vice-présidents, MM. Dion (Comte Albert de), Rives (Gustave), Jeantaud (Charles); secrétaire, M. Chasseloup-Laubat vComte de); trésorier, M. Lehideux-Vernimmen (André).
- SECTION VII
- AUTOMOBILISME
- COMMISSION D’ORGANISATION DES CONCOURS DE VOITURES DE TOURISME
- MM Archdeacon (Ernest); Avigdor (Arthur); Rallif (Abel) ; Coliendet (Alexandre) ; Chauveau (Gustave); Deutscli (Henri); Diligeon (Emile); Du-
- fayel (Georges) ; Edeline (Léon) ; Giffard (Pierre) ; Gobron (Gustave) ; Houry (Charles) ; Kellner (Georges); Lafitte (Pierre); Lafreté (Gustave de); Laloge (Philippe); La Valette (Comte de); Lehideux-Vernimmen (André) ; Menier (Henri) ; Mill (Louis) ; Mors (Louis); Mouter (Pierre); Panhard (Hippolyte); Petit (Hippolyte); Ravenez ; Rueff (Jules); Thévin (Fernand) ; Vinet (Gaston) ; Vuillemot (Raoul).
- Programme du Concours des Voitures du de Tourisme du 14 au 19 mai
- Article premier. — A l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900 il est organisé, sous la direction de l’A. C. F., un concours international entre les véhicules à moteurs mécaniques, établis en vue du tourisme.
- Art. 2. — Le concours aura lieu à Vincennes les 14, 15, 16, 18 et 19 mai 1900.
- Art. 3. — Le concours portera :
- a) Sur la consommation du combustible ou l’agent d’énergie quelconque employé ;
- b) Sur le fonctionnement du moteur;
- c) Sur la facilité de direction ;
- d) Sur les freins ;
- e) Sur le confort de la voiture.
- Art. 4. — Seront admis au concours tous les véhicules munis d’un moteur mécanique, quel qu’en soit le système; ils comprendront 4 catégories :
- a) Voitures à 2 places pesant plus de 400 kilogr.;
- b) Voitures à 4 places;
- e) Voitures à 6 places ;
- d) Voitures à plus de 6 places.
- Art. 5. — Les véhicules devront être construits de façon que les voyageurs au nombre indiqué puissent y être confortablement installés; ils devront être munis des freins prévus par les règlements.
- Ils auront une marche arrière.
- Art. 6. — Pour chaque véhicule engagé, il sera payé une entrée de cent francs jusqu’au 30 avril et une entrée double à partir de cette date.
- Les engagements seront reçus à l’Automobile-Club de France ; toute demande d’inscription devra être accompagnée du droit d’entrée qui, en cas de forfait ne sera pas remboursé.
- La liste des engagements sera close le samedi 12 mai, à minuit.
- Art. 7. — Au moins 3 jours avant le concours, chaque constructeur fera parvenir à la Commission une note accompagnée :
- 1° D'une photographie et d’un schéma du véhicule et de son moteur;
- 2° Du prix de vente;
- 3° De la répartition des poids sur les essieux ;
- 4° D’une spécification de l’agent d’énergie actionnant le moteur et de la quantité nécessaire pour lâ marche pendant une journée; indiqu er en outr
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- si l’approvisionnement de la voiture devra être renouvelé pendant le parcours.
- Faute d’avoir rempli les 2 premières prescriptions la voiture ne sera pas autorisée à prendre part au concours.
- Art. 8. — L’épreuve du concours se composera d’un service de 5 jours.
- Deux itinéraires différents seront établis et chacun des véhicules engagés devra accomplir 2 ou 3 fois ces itinéraires dans l’ordre qui lui sera indiqué par la Commission.
- Les itinéraires seront de cent cinquante kilomètres : 50 kilomètres seront effectués dans la matinée avec retour à Vincennes pour déjeuner, 100 dans l’après-midi.
- La vitesse ne pourra dépasser 20 kilomètres dans les lieux habités et 30 kilomètres sur les routes ; elle sera chronométrée sur certains parcours indiqués.
- Art. 9. — Des commissaires à qui il sera remis une feuille de service journalier accompagneront chacune des voitures pendant le temps de ces expériences.
- Art. 10. — Les concurrents feront parvenir, en temps utile, dans les locaux désignés par la Commission, les approvisionnements nécessaires pour effectuer la totalité des épreuves du Concours.
- Ces approvisionnements seront ensuite repris par les conducteurs des véhicules sous le contrôle d’agents commissionnés.
- Si les approvisionnements devaient être renouvelés en cours de route, le commissaire à bord du véhicule en notera exactement la nature et la quantité sur sa feuille de service.
- Art. 11. — Dans les garages spéciaux, où toutes les voitures devront être remisées, il sera également établi un contrôle par des agents commissionnés.
- Ces agents surveilleront et noteront les répartitions qui pourraiant être faites aux voitures et aux moteurs ; ils en indiqueront l’importance. Toutes devront être exécutées au remisage.
- Art. 12. — Il sera perçu pour chaque véhicule et pour chaque journée du Concours, y compris le jour de repos, une somme de trois francs pour frais de garage. Ces taxes seront perçues à l’entrée au garage.
- Art. 13. — La recharge des accumulateurs des voitures électriques se fera sous la surveillance des agents du contrôle, mais sous !a responsabilité du représentant du concurrent qui devra y assister.
- Un compteur élactrique spécial fourni par la Commission pour chaque voiture, indiquera la quantité d’énergie absorbée à chaque recharge, le conducteur en donnera un reçu à l’agent du contrôle.
- Les concurrents sont autorisés soit à changer de batterie, soit à recharger, pendant l’étape qu’ils doivent faire à Vincennes pour le déjeuner, la batterie qui leur aura servi le matin.
- Les concurrents auront à payer en plus de l’installation et de la location du tableau de charge l’énergie consommée par eux.
- Art. 14. — Le Jury du Concours, nommé par M. le Commissaire général, sera chargé de dresser un rapport indiquant le prix de revient journalier de la traction de chaque voiture et la régularité de la marche.
- Il devra donner son appréciation sur l’élégance d’aspect, le bruit du véhicule, et la commodité des voyageurs.
- Ce rapport sera communiqué à la Société des Ingénieurs Civils de France et aux divers Automobile-Clubs éttrangers.
- Art. 15. — Les récompenses accordées par le Jury aux véhicules qui auront le mieux satisfait
- aux conditions et épreuves ônposées sont les suivantes :
- 4 objets d’art ; 1 i our chaque catégorie
- 4 médailles de vermeil —
- 4 — d’argent —
- 4 — de bronze —
- Art. 16. — Les concurrents devront se conformer
- aux décisions ultérieures de la Commission du Concours, particulièrement en ce qui concerne les
- détails de l’organisation de l’épreuve.
- Art. 17. — Les responsabilités civiles et pénales resteront à la charge des concurrents à qui elles incombent, étant bien entendu que l’A. C. F. décline toute responsabilité de quelque nature qu’elle soit.
- Les concurrents devront se conformer à tous les arrêtés et règlements de police qui régissent la circulation des voitures automobiles.
- CONCOURS DE TOURISME
- ITINÉRAIRES :
- Lundi. . . 14 Mai
- Mecredi. . 16 »
- Samedi . . 19 »
- MATINÉE
- Départ de Vineennes, à 9 heures
- Joinville 6 kil.
- Champigny 3 kil.
- Ozouer-la-Ferrière .... 13 kil.
- Croissy 7 kil.
- Malnoue 5 kil.
- Villiers-sur-Marne . . , . 4 kil.
- Bry-sur-Marne 2 kil.
- Nogent-sur-Marne .... 3 kil.
- Fontenay 2 kil.
- Vincennes 2 kil.
- 48 kil. 5
- APRÈS-MIDI
- Départ de Vincennes, à 1 heure
- Joinville................ 6 kil. 5
- Créteil.................. 2 kil.
- Choisy-le-Roi............ 6 kil.
- Croix-de Berny........... 8 kil.
- Petit-Bicêtre............ 7 kil.
- Versailles............... 4 kil.
- Bue ........ 4 kil. 7
- Toussus.................. 4 kil. 2
- Châteaufort.............. 1 kil. 5
- Saint-Remy-les-Chevreuse . 5 kil.
- Orsay ...................... 8 kil.
- Palaiseau................ 5 kil.
- Wissous.................. 8 kil.
- Villeneuve-Saint-Georges. . 9 kil.
- Valenton................. 3 kil.
- Créteil.................. 5 kil.
- Joinville ....... 5 kil.
- Vincennes .................. 6 kil. 5
- 99 kil. 4
- CONCOURS DE TOURISME
- ITINERAIRES :
- Mardi . . 15 Mai
- Vendredi . 18 »
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE V/„ Æ 259 ____________________
- MATINÉE
- Départ de Vincennes, à 9 heures
- Fontenay-sous-Bois .... 2 kil.
- Neuilly-sur-Marne .... 5 kil.
- Chelles............... 6 kil.
- Pomponne.............. 7 kil.
- Thorigny.............. 2 kil.
- Carnetin.............. 2 kil.
- Fort-de-Vaujours......10 kil.
- Clichy-sous-Bois...... 4 kil.
- Gagny................. 3 kil.
- Rosny................. 4 kil.
- Fontenay-sous Bois .... 3 kil.
- Vincennes............. 2 kil.
- 50 kil.
- APKÈS-MIDl
- Départ de Vincennes., à 1 heure
- Joinville-le-Pont ..... 6 kil. 5
- Créteil....................... 4 kil.
- Villeneuve-Saint-Georges . . 8 kil.
- Montgeron ........ 3 kil.
- Lieusaint.....................11 kil.
- Melun....................... 13 kil.
- Savigny-le-Temple .... 7 kil.
- Corbeil....................... 9 kil.
- Champrosay.................... 9 kil.
- Villeneuve-Saint-Georges . . 8 kil.
- Vincennes.....................18 kil. 5
- 97 kil.
- Note sur les transports
- Les voitures de province ou de l’étranger qui seront engagées aux courses et concours de l’Exposition de 1900 jouiront pour leur transport à Paris sur les réseaux français, d’une réduction de 50 0/0 dans les conditions suivantes :
- Les voitures seront transportées, à l’aller, aux prix pleins des tarifs et seront ramenées gratuitement à leur point de départ, dans le délai de 15 jours après la course à laquelle elles auront pris part, sous la condition que les expéditeurs présenteront au moment du retour :
- 1* Le récépissé constatant que les voitures à réexpédier ont été transportées aux prix pleins des tarifs à l’aller et que la Compagnie a néanmoins été déchargée de toute responsabilité.
- 2° Le bulletin d’admission aux courses et concours des objets à réexpédier au retour; la Compagnie devra également être exonérée de toute responsabilité.
- ------------4.-----—-----
- A nos Abonnés
- Toute demande de changement d’adresse comporte cinquante centimes de frais. Prière de toujours. joindre cette petite somme en timbres-poste à toute demande de changement d’adresse, accompagnée d’une ancienne bande.
- L'INTERDICTION DES COURSES
- Ça y est. Provisoiiement du moins les courses d’automobiles sont interdites en France. Parcequ’une poignée d’hurluberlus s’amusaient à abrutir les piétons de leurs coups de trompe et à parcourir les rues encombrées et les allées du bois à grande allure, l’administration, toujours intelligente, a saisi le premier prétexte venu pour interdire les courses d’automobiles. Il lui suffisait d’appliquer les règlements pour mettre fin à des abus que tout le monde déplorait, et alors nous eussions tous applaudi. Au lieu de cela, elle a profité d’un accident de course, accident très malheureux mais en somme isolé, et elle a tapé dans le tas. Les courses sont mortes. L’industrie automobile française, qui avait une supériorité incontestée dans le monde entier, est frappée d’un coup. Elle s’apercevra plus tard du mal qu’on vient de lui faire. On courait l’autre jour en Italie, on courra demain dans d’autres pays. Les constructeurs étrangers peuvent maintenant perfectionner à loisir leurs modèles. Ce ne seront plus nos compatriotes qui les gêneront.
- Pour ma part, je reste convaincu que les courses étaient très utiles. Elles avaient l’immense avantage de permettre aux constructeurs encore peu connus de montrer leur savoir-faire et de prouver la qualité de leurs produits. Elles tenaient, de plus, toujours en haleine, les constructeurs arrivés et les obligeaient à ne pas s’endormir sur leurs lauriers. C’est à elles que notre industrie a dû ses progrès incessants. On s’est fait, en France, une règle de tuer toute industrie qui commence à prospérer. L’automobile ne pouvait échapper à la loi commune. Je n’y puis rien malheureusement.
- Mais ce que je ne comprends pas c’est que les chauffeurs, qui représentent maintenant une force, qui seraient une puissance s’ils voulaient s’en donner la peine, se laissant ainsi molester sans protester. Il y en a deux : Pierre Laffitte et Léon Auscher, qui se sont donné la peine de protester, en excellents termes, contre les décisions prises. Bien entendu je ne parle pas des journaux spéciaux qui, le Vélo en tête, ont défendu de leur mieux les intérêts de la corporation. Mais ceux que le public considère, à tort ou à raison, comme les dirigeants du mouvement automobile m’ont surpris par leür indifférence.
- A quoi sert donc d’avoir formé une association de plus de deux mille membres si cette association n’ose même pas élever la voix chaque fois que l’on touche à nos intérêts? A quoi sert d’avoir mis dans le Comité de cette association des directeurs de tous les grands journaux de Paris si ces messieurs,
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- 260 LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- qui ne viennent jamais aux séances, doivent nous faire traiter en ennemis par leurs rédacteurs? A quoi, en un mot, servent toutes ces choses qui ne servent à rien ? J’en sais plus d’un qui se le demande à l’heure actuelle.
- Ce serait pourtant le moment d’aviser. Alors que les conducteurs d’omnibus, les vidangeurs, et toutes les corporations ouvrières sont puis-amment syndiquées et ont des mandataires qui savent les faire respecter des pouvoirs publics, los propriétaires et les constructeurs de voitures automobiles, qui ont pour eux le nombre, l’argent et la situation soc’ale ne sont nullement défendu-.
- Quand le Conseil d’Etat décide gravement qu’une automobile est, au point de vue légal, la même chose qu’une voiture attelée, personne ne proteste.
- Le Conseil d’Etat l’a dit ! Inclinons-nous. Et pauis après. N’y a-t-il pas au-dessus du Conseil d’Etat, qui applique les lois, bien ou ma', le pouvoir législatif et n’avons-nous pas parmi-nous des députés et des sénateurs. dont quelques-uns agiraient pour peu qu’on les priât. On préfère ne pas bouger. C’est la politique des coups de pied.. .. occultes. Ne nous étonnons pas alors que les fonctionnaires nous traitent en quantité négligeable et qu’ils lancent contre nous leurs ukases administratifs. Nous l’avons bien voulu.
- Quant à moi j’avoue que je ne veux pas être plus royaliste que le toi. J’ai toujours frit ce que j’ai pu pour stimuler les courages endormis et ranimer les ardeurs hésitantes. C’est peine perdue. Personne ne vous en sait aucun gré. Au contraire, on vous considère comme un gêneur. Je n’élèverai donc plus la voix pour protester contre des mesures que je considère comme inopportunes et souverainement injustes.
- Mais, je le répète une dernière fois, il suffisait d’appliquer les règlements pour nous débarrasser des Messieurs qui font du cinquante à l’heure en pleinboulevard. il n’était nullement nécessaire d’interdire les courses à la suiie d’un accident isolé. Il aurait suffi de ne 'es autoriser qu’à bon escient. On a préféré prendre des mesures radicales. On en verra vite le résultat. Les constructeurs français qui vont de l’avant seront obligés d’aller courir à l'étranger, ce qui leur sera très utile mais sera non moins utile à leurs concurrents d’outre-frontières.
- Les autres s’endormiront sur leurs lauriers. Ils auront certainement à brève échéance, en face de la concurrence allemande, américaine ou anglaise, un réveil qui manquera de gaîté.
- Gaston SENCIER.
- L'AUTOMOBILE IDÉALE
- A une époque où il s’en faut de beaucoup que, même à un point de vue généra1, l’on ait trouvé un type d’automobile qui réponde aux différents désiderata, il est bon pour Ls constructeurs de se livrer à une sorte d’examen de conscience (si le mot n’est pas trop fort); ou, si l’on veut, de chercher à voir si les efforts d; jà faits se sont bien poursuivis dans la bonne voie, dans la direction où ou est en droit d’espérer un type de voiture mécanique approprié aux diverses nécessités auxquelles doiven. satisfaire les véhicules de ce genre. Il est donc utile de se poser la question que résume notre titre : précisément un journal américain qui est réellement de premier ordre, et que nous aroas souvent l’occasion de citer, le Scien-tific American, publiait tout dernièrement en première page, dans ce que nous pourrions appe 1er un « Premier Paris » s’il n’était pas rédigé à New-York, une étude fort intéressante dont l’auteur se demandait quelles qualités primordiales doit avoir une automobile. Il est assez curieux du reste de constater que l’on se préoccupe de cette question éminemment pratique aux Etats-Unis ; cela montre que l’automobilisme y a pris une importance qui peut légitimement faire redouter une concurrence pour nos constructeurs français.
- L’auteur, se basant plus spécialement sur l’expérience que l’on commencé d’avoir de l’autre côié de l’Atlantique, énumérait comme suit, et dans leur ordre de priorité, les qualités de l’automobile idéale. Il faut qu’elle ne coûte pas cher, qu’elle soit de construction solide, qu’elle ait une grande endurance, puisse faire un parcours de longue durée en forte provision de combustible, qu’elle soit capable de monter les côtes sans difficultés, enfin qu’elle donne une bonne vitesse.
- On voit que le coût du véhicule est considéré comme de première importance pour notre confrère américain, et le fait est que le prix actuel d’une automobile en met l’achat hors de la poitée des bourses moyennes, et n’en fait qu’un instrument de luxe (ce qui a d’ailleurs des inconvénients multiples sur lesquels nous ne pouvons insister ici). Par un phénomène d’action et de réaction qui se reproduit en bien des madères, si l’on réussit à abaisser le prix de ces voitures, la demande va en augmenter dans des proportions énormes, et par suite le prix pourra encore s’en abaisser : c’est en somme ce qui s’est manifesté pour les cycles, et nous ne croyons point que les fabricants aieut lieu de rien regretter en l’espèce.
- Comme de juste, il importe que la diminution du prix ne soit pas obtenue aux dépens de la solidité et de la bonne confection du mécanisme, il est nécessaire de continuer d’y employer les meilleurs matériaux possibles, et de ne confier le travail de la fabrication qu’à des ouvriers habiles, car toujours le mécanisme de ces véhicules sera exposé à des efforts considérables ; et si la façon dont la fabrication en est menée est telle que les voitures soient promptement mises hors de service,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE 261
- l’effet sera déplorable sur la clientèle, les achats s’arrêteront brusquement, et il faudra bien du temps et bien des efforts pour que l’on revienne sur l’impression qui aura été causée.
- Nous avons tout à l’heure indiqué d’un mot ce que nous entendons par l’enlurance: c’est essentiellement la possibilité de faire un parcours prolongé sans être obligé de renouveler l’approvisionnement du combustible. La chose est absolument nécessaire, on le sent, car autrement c’est une préoccupation constante pour le voyageur ou l’excursionniste de préparer ce qu’on pourrait appeler ses lignes de ravitaillement et de se demander constamment s’il sera à même de franchir l’étape qui le sépare encore du point cù il trouvera à renouveler ses approvisionnements s’il n’est pas exposé à demeurer en panne sur la route.
- Dans tous les concours auxquels les automobiles ont été soumises du fait de l’Aulomobile-Club de France, on se rappelle évidemment que l’épreuve de la montée des côtes n’a pas été omise et il ert certain que c’est une nécessité pour l’automobilisme s’il veut voir venit à lui la foule des gens pratiques, de donner le moyen de monter les rampss les plus ardues tout comme on le fait avec une voiture traînée par un cheval. Et quand nous parlons de côtes, nous n’avons pas seulement en vue les rues plus au moins rapides de certaines de nos grandes villes, nous voulons aussi parler des routes de pays de montagne. Jusqu’à présent il semble bien que l’automobile à vapeur a une supériorité marquée à ce point de vue, mais il n’est nullement improbable qu’on arrive rapidement aux mêmes résultats avec les autres types de traction automobile ; et, en tout cas, il nous semble que c’est une question de premier ordre pour le succès des véhicules mécaniques : aux constructeurs d’y aviser.
- Notre excellent confrère américain aplacé la vitesse à la fin de son énumération des qualités requises d’une bonne automobile : il nous parait être dans la vérité, et on sait que c’est là une opinion savamment et vaillamment défendue ici par d’autres qui ont pris bien souvent à partie les purs concours de vitesse. Nous savons bien qü’en cela nous nous mettons en opposition avec ce qui paraît être le sentiment du public, c’est-à-d re, pourrait-on penser, de l’acheteur : mais le public qui recherche passionnément la vitesse n’est qu’une faible exception, c’est justement cet ensemble de gens plus ou moins riches qui prennent l’automobile comme un luxe et comme une mode. Ce n’est pas là ce qui peut constituer le fond d’une clientèle importante tel'e qu’il en faut pour faire vivre l’industrie automobile, quand elle aura pris son plein et entier développement, et pour ce que nous nous permettrons d’appeler la clientèle sérieuse (en ne dornant aucun mauvais s ns à ce mot), les grandes vitesses ne sont nullement utiles. Bien plus on peut dire que, en fournissant à leur clientèle des véhicules qui sont susceptibles de prendré des allures fantastique' de boulet de canon, les constructeurs tentent les néophytes, qui veulent profiter de la possibilité qu’ils ont de Li e <mr foute concurrence aux chemins de fer, c; IL »g
- lancent dans ces courses folles qui étaient entrain de causer le plus gra- d tort à l’automobilisme, en soulevant contre lui des protestations dont on a pu trouver des traces non équivoques dans ce journal même.
- Au reste, si les automobiles se multipliaient beaucoup, comme nous en avons l’espoir/il serait impossible que chacun s’amusât « à faire du 60 à l’heure » comme on dit, sous peine de passer son temps en collisions et en rencontres avec ses voisins de route. Donc, ce qu’il faut, c’est une bonne allure moyenne, et quand celte qualité se rencontrera dans les automobiles de l’aven’r prochain avec celles que nous venons d’énumérer, il y a toutes chances de ; enser que le triomphe complet de l’automobilisme sera alors bien proche.
- Daniel Bellet.
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- Les types définitifs
- des
- llAltlIf I1ATHII6 LOAGIMAKE
- à puivén'saticn et niveau-constant pour Moteurs à explosion
- Le Carburateur Longuemare modèle 1900 est composé de deux parties distinctes : i° Le Niveau-Constant.
- 20 Le Carburateur à pulvérisation.
- Le Niveau-Constant est obtenu au moyen du fonctionnement du flotteur B, du pointeau F et des leviers-bascules GG, le tout renfermé dans une boî.e métallique A, fermée par un couvercle G.
- Le Niveau-Constant communique avec le réservoir d’essence I.
- Le Carburateur à pulvérisation se compose d’un chalumeau-pulvérisateur Z. d’un tube étrangleur A, d’une.clef de carburation Q, d’un robinet de quantité de gaz et d’un réchauffeur, le tout renfermé dans une boîte métallique fermée par un couvercle Co.
- Le Carburateur est relié au Niveau-Constant par une attache vissée et soudée.
- Le Carburateur communique avec l’air extérieur par la bride X et avec le moteur par la bride V.
- Les Carburateurs pour Motocycles sont construits en 2 grandeurs de 18 et de 22 m/m de sortie de gaz, et les Carburateurs pour Moteurs de Voitures sont construits en y grandeurs de 26, 34, 41, 48 et 36.m/m de sortie de gaz.
- Ils sont tous munis de réchauffeurs destinés à compenser le refroidissement produit par le passage de l’air et l’évaporation d’essence, en utilisant une partie des gaz d’é-, chappement. ;
- Cette série]d’appareils permet d’alimenter
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- 26g
- LA LOCOMOJÎON AUTOMOBILE
- tous les moteurs à explosion d’usage courant.
- Ces carburateurs sont établis pour employer l’essence minérale à 700 grammes le litre.
- Le Numéro du carburateur qui convient à un moteur est celui dont le diamètre de sortie de gaz est égal ou légèrement supérieur au diamètre de l’orifice d’introduction du mélange sur le moteur.
- Ainsi un moteur dont l’orifice d’introduction est de 39 ou 40 m/m, doit être muni d’un carburateur de 41 m/m de sortie de
- Coupe
- du carburateur Longuemare
- turettes légères, etc., sans être protégé par une enveloppe ou carrosserie quelconque, comme dans les voitures, par exemple. Dans ce dernier cas, il est surtout bon de s’attacher à n’aspirer que de l’air pur à l’extérieur de la carrosserie et à l’abri de la poussière, autant que possible.
- Le tuyau qui relie le carburateur au moteur par la bride ou raccord Y, peut avoir de 0,10 à 0,50 cm. de longueur. Il est bon d’éviter les coudes brusques,
- Le refroidissement produit par l’évaporation de l’essence est compensé en utilisant une partie des gaz d’échappement.
- A cet effet, un tube métallique est fixé à un des raccords du réchauffeur d’un côté et à la boîte d’échappement ou mieux encore au tube d’échappement lui même, de l’autre côté. Un robinet est placé sur cette conduite pour en admettre une quantité plus ou moins grande selon la température et le re-
- gaz; un moteur de 20, 21 ou 22 m/m d’introduction doit être relié à un carburateur de 22 m/m.
- Les tuyauteries doivent être d’un diamètre intérieur égal ou même supérieur de quel-ues millimètres au diamètre d’introduction u mélange sur le moteur.
- Le tube qui conduit l’air dans le carburateur doit aboutir contre une partie chaude du moteur : ailettes, tube d’échappement ou brûleur, toutes les fois que le carburateur est exposé directement dans un courant d’air violent comme sur les motocycles, voi-
- LÉGENDE
- A. — Corps du Niveau-Constant.
- [B. — Flotteur.
- C. — Couvercle du Niveau-Constant.
- D. — Bouchon du Niveau-Constant.
- E. — Piston à ressort.
- F. — Pointeau d’arrivée d’essence.
- GG. — Leviers-Bascules.
- H. — Raccord conique Filtreur.
- I. — Raccord conique conduite d’essence.
- J. — Bouchon de purge.
- K. — Chambre d’air.
- [L. — Chalumeau-pulvérisateur.
- MM’ — Chambrei d’essence.
- N. — Tube d’étranglement.
- O. — Disque perforé.
- PP. - Echa^ crures.
- Q. — Clef de carburation.
- R. — Chambre de gaz.
- Co. — Couvercle du carburateur.
- S. — Manette de carburation.
- |T. — Manette du robinet de quant'té.
- U, — Raccord en communication avec l’échappement.
- VV. — Chambre du réchauffeur.
- X. — Entrée d’air pur.
- Y. — Sortie du mélange explosif.
- Z. — Bouchon-Support.
- froidissement produit et de manière à maintenir le Corps du Carburateur à une température régulière de 15 à 30 degrés centigrades.
- Les gaz d’échappement utilisés s’échappent par l’autre raccord.
- Fonctionnement
- Niveau-Constant. — Le Niveau-Constant est mis en communication avec le réservoir d’alimentation au moyen du rapport conique /. L’essence pénètre dans le raccord-filtreur //, où les impuretés sont arrêtées par une toile métallique fixée à la partie supérieure et peuvent être ensuite expulsées par le bouchon de purge ./.
- Le corps du Niveau-Constant A étant supposé vide, le flotteur B appuie sur l’extrémité de chacun des leviers-bascules GG qui, oscillant sur leurs pivots soulèvent la masse F et en même temps la tige du poin-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 263
- teau. Un petit orifice se trouve alors découvert et l’essence pénètre librement dans le corps A du Niveau-Constant.
- Lorsque l’essence est arrivée en quantité suffisante, le flotteur B est soulevé à son tour et cesse d’appuyer sur les leviers-bas-bascules GG. La tige du pointeau, agissant par son poids et celui de la masse F entraîne à ce moment les leviers-bascules GG et vient fermer hermétiquement l’arrivée du liquide. L’essence minérale pénètre ensuite par un petit canal dans la chambre M puis dans la chambre M*.
- Le poids du flotteur et l’ensemble de l’appareil sont construits de telle sorte que le niveau du liquide s’établit dans la chambre M\ à quelques millimètres au-dessous de sa partie supérieure. Lorsque par suite du fonctionnement du moteur le niveau vient à baisser dans la chambre M\ il baisse égale-
- ment dans le corps A, le flotteur suiti
- Carburateur Longuemare B 18 pour moteurs de 1 ch. 3/4.
- 1 'J 'I i
- Essence.
- Carburateur Longuemare B 56 pour forts moteurs.
- mouvement du liquide et vient à nouveau appuyer sur ses leviers-bascule pour rétablir un niveau convenable et ainsi de suite.
- Carburateur à pulvérisation. -— La chambre M’ est fermée à sa partie supérieure par un chalumeau-pulvérisateur L dont la tête de forme tronconique est entaillée par des rainures destinées à laisser jaillir l’essence en jets pulvérisés.
- Les rainures sont toujours assez fines pour pulvériser le liquide, leur nombre varie suivant la quantité de gaz à fournir.
- La clef de carburation Q est maintenue par la pression d’un ressort à boudin contre un épaulement circulaire ménagé à l’intérieur du corps du Carburateur. Le mouve-5 ment de rotation imprimé à la clef Q par la manette S et la tige qui les relie permet de couvrir ou de découvrir à volonté tes échan-J crures PP. La clef de carburation maintient en même temps le tube d’étranglement À dont le diamètre intérieur est variable suivant les besoins et dans chaque grandeur de carburateur.
- I.a manet:e 7 commande, une, „clef dont
- ... .*i1 jja.u .:is
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- la partie pleine peut obstruer plus ou moins Torifice de sortie Y. La course de chacune des manettes est marquée sur le couvercle Co par les lettres O et F,
- Mtse en marche. — Les tuyauteries étant disposées comme il vient d’être dit, placer la manette S marqué AIR sur la lettre F et la manette ^marquée GAZ sur la lettre O.
- Imprimer au moteur quelques mouvements de rotation en agissant sur les pédales pour les motocycles et sur la manivelle de mise en marche pour les voiturettes et les voitures.
- Le déplacement du piston produit derrière lui un vide partiel qui se fait également sentir dans la chambre R du carburateur par l’intermédiaire de la tuyauterie et de l’orifice Y. L’équilibre de pression atmosphérique étant rompu, l’air arrive brusquement par la bride X afin de le rétablir. Cet air ne trouve d’autre issue que l’espace annulaire compris entre le tube d’étranglement N et le chalumeau L.
- Il acquiert à ce moment une grande vitesse qui détermine la projection d’essence
- en pluie par chacune des rainures du chalumeau L. L’air aspiré et la pluie d’essence se lient intimement et le brassage est complété lorsque le mélange traverse les orifices du disque perforé O. La chambre R se trouve alors remplie de gaz explosif qui est conduit au moteur par l’orifice et le raccord ou bride Y. Dès que le moteur est en marche on doit chercher le meilleur mélange en agissant sur la manette S. La quantité de gaz ou mélange explosif est réglée en agissant sur la manette T. On obtient ainsi une plus ou moins grande puissance du moteur.
- Pour s’assurer que l’essence pénètre bien dans le corps du Niveau-Constant, on peut sentir le contact du flotteur en appuyant légèrement sur la lige du piston à ressort F.
- Pour faciliter la mise en marche du mo-4 teur, on peut également appuyer pendant quelques secondes sur la tige du même piston F. Cette manoeuvre a pour effet de faire remonter le niveau de l’essence dans la chambre M\
- Ce que devient .le caoutchouc, depuis sa récolte jusqu’à l’achèvement du pneumatique.
- (Suite, voir le N° I4.)
- II. — Vulcanisation
- La vulcanisation, découverte en 1840 par l’Américain Goodyear, consiste à exposer à des températures de 120 à 150 degrés centigrades le mélange
- intime du caoutchouc avec du soufre, pour donner naissance à un produit nouveau : le caoutchouc vulcanisé. Celui-ci non seulement a consoivé toutes les propriétés intéressantes du caoutchouc naturel mais il a des propriétés nouvelles. Le caoutchouc vulcanisé reste souple et élastique aux plus basses températures ; il ne gé e plus; il est aussi devenu plus insensible à l’action de la chaleur et des rayons lumineux. Il garde avec fidélité toutes les empreintes, toutes les formes qu’on lui a imposées pendant la vulcanisation. Il résiste mieux aux efforts mécaniques, au choc, à la friction, etc.
- La proportion do soufro qu’il convient de mélan-
- ' ' Fig. 11. '— Mélange riche. — 1, caoutchouc para. — 2, souf re. "
- ger au caoutchouc pour obtenir une bonne vulca- ou ne peut tirer bon parti du caoutchouc qu en nisation varie de 4 à 10 p. 100. modifiant ses propriétés par addition, de diverses
- La soufre n’est pas la seule matière qu’on mé- substances. . ^ , . .
- linge au caoutchouc. Pour certaines applications* Il y a dea mélanges maladroits qui déprécient
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 265
- le produit final au lieu d’augmenter ses qualités.
- Il en est enfin d’injustifiables, presque frauduleux, où le but est uniquement de diminuer le prix de revient de l’objet sans souci de ses qualités et de sa durée.
- Cette dernière catégorie de mélanges n’est malheureusement plus l’exception.
- Nous donnons les photographies de deux mélanges.
- L’un, mélange riche, contient deux matières :
- 1* Caoutchouc Para..............24 kil. 250
- 2° Soufra pur...................» 750
- Le second, qui pèse 25 kilos comme le premier,
- comporte six matières :
- 1° Caoutchouc d’Afrique.. . . 4 kil. 750
- 2° Fleur de soufre...............» 750
- 3° Factice brun..................7 »
- 4° Craie lavée...................7 »
- 5° Blanc de zinc.................5 »
- 6° Déchets de vieux caoutchouc. » 500
- Le second n'a plus guère de caoutchouc quo le nom. Et pourtant le poids de gomme pourrait encore être réduit do moitié si l’on introduisait un peu de régénéré américain.
- P tg 12. — Mélange pauvre. — 1, caouic'.mic d’AJrique. — 2, fleur dejsoufrc. — 3, Jactioc brun 4, craie lavée. — 5, blanc de sine. — 0, dcchcts^de v:eux caoutchouc.
- Fig. 13. — Mélangcage.
- Parmi les produits qu’on ajoute Je plus communément au caoutchouc, il faut citer la litharge, le minium, la craie, la baryte, le blanc de zinc, le noir de fumée, puis en dehors de ces poudres, le « factice » et surtout les déchets broyés de vieux caoutchoucs dits « régénérés ».
- Le factice est une combinaison de soufre et d’huile de lin qui se présente sous l’aspect d'un corps solide, très souple, rappelant la gélatine. Il peut s’incorporer au caoutchouc en quantités con-
- sidérables sans modifier son aspect extérieur et «a souplesse ; mais il donne des mélanges détestables à l’usage lorsqu’il s’agit d’objets devant résister à des frottements.
- De même les déchets de caoutchouc permeltent do donner au public des produits d’un fort bel aspect mais n’ayant ni la nervosité, ni la résistance à l’usure du neuf. Malgré les efforts de la chimie, le caoutchouc une fois vulcanisé ne peut plus être ramené à l’état naturel.
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- De là vient la faible valeur du déchet de caoutchouc. Alors que la rognure de bronze ou de cuivre vaut presque le prix du métal neuf, la rognure de caoutchouc vaut 3 francs quand le caoutchouc en vaut 15.
- Pour’employer le déchet, pour utiliser les vieux caoutchoucs hors de service, on les broie, on les assouplit par addition de diverses huiles. Cette * poudrette » rentre dans un mélange comme une substance souple, se liant assez bien avec la pâte
- du caoutchouc neuf, à peu prés comme le factice.
- Beaucoup d’industriels usent et abusent dans leurs mélanges du factice et des déchets de caoutchouc.
- 1° Le dosage. — Ces mélanges se préparent dans un atelier spécial. On pèse les quantités relatives de caoutchouc en feuilles et des poudres qui doivent être incorporées.
- 2° Les pains mélangés. — L’ouvrier chargé d’opérer le mélange et d’obtenir le « pain mélangé »
- [Fig. 14. — Table à gommer.
- Fig. 15. — Fabrication des Jeuilles de caoutchouc ou calandrage.
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- dirige un appareil appelé « mélangeur » et qui se compose de deux cylindres horizontaux à surface lisse, très puissants et tournant^l’un contre l’autre avec des vitesses différentes.
- Le premiea temps de l’opération consiste à broyer et à malaxer la feuille de caoutchouc pur. On l’appuie eh tampon entre les deux cylindres qui l’écrasent et la roulent. Ce n’est pas sans résistance énergique du caoutchouc dont l’élasticité vigoureuse entre en jeu peu à peu le frottement écnaulle la gomme qui se ramollit et prend l’apparence a’une pâte consistante, plastique et homogène, ta A ce moment, on commence,, l’incorporation des poudres. L’ouvrier coupe la feuille à mesure qu’elle
- s’enroule] sur le cylindre antérieur, la reploie et la rejette en^tampon entre les deux cylindres; en même temps, il verse par doses successives jusqu’à épuisement le souffre et les poudres à incorporer.
- L’appareil pétrit pêle-mêle la gomme élastique, échauffée et amollie avec le soufre et les autres substances.
- Le caoutchouc, ainsi chargé, s’étale en belle nappe lisse, régulière, teintée d’abord par plaques par les poudres inégalement répandues ; puis peu a peu par opérations successives, le mélange intime se parachève.
- On coupe une dernière fois la ieuille roulée sur son cylindre pour la retirer de l’appareil. On la plie en
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- Fabrication
- Un pneumatiuque se compose de
- 1° De l’enveloppe
- 2° De la chambre à air ;
- 3° De la jante.
- Gommage des joiles
- Les pneus sont faits de toiles caoutchoutées et do feuilles de coutchouc. Les toiles employées sont des tissus choisis de coton écru. Le gommage de ces toiles s’opère, soit par application directe de caoutchouc laminé, soit au moyen d’une dissolution de caoutchouc dans la benzine.
- Cette dernière opération se fait à l’aide de machi-
- big. 16. — Découpage des toiles gommées servant à faire les enveloppes des pneumatiques.
- paquets et on la porte dans un magasin spécial. Ces paquets constituents les « pains mélangés ».
- Propriétés du caoutchouc a l’état de pain mélangé
- Le caoutchouc en cet état a à peu près les mômes propriétés qu’à l’état brut, son élasticité est très diminuée.
- Seulement, différence capitale, lorsqu’on le soumet à une chaleur supérieure à 110 degrés, il se vulcanire.
- Mais, avant de vulcaniser le caoutchouc, il faut lui donner sa forme définitive.
- Nous arrivons donc à la labrication proprement dite et spécialement à la fabrication d’un pneu.
- nés composées d’un cylindre, d’une règle et d’une table métallique chauffée, dont la disposition varier selon les modèles. En général, la toile bien tendue dans ses deux sens se déroule et passe lentement sur le cylindre au-dessous de la règle, derrière laquelle on verse sur toute la largeur une quantité de caoutchouc dissous. La règle retient l’excès de dissolution et la toile se charge au passage d’une couche uniforme et bien régulière de caoutchouc liquide. La table chaude, au-dessus de laquelle la toile vient passer en cet état, fait évaporer la benzine et opère le séchage. Pour gommer les toiles sur les deux faces, il faut les faire passer deux fois sur le métier.
- Le CALANDRAGE
- La calandre est un appareil composé de plusieurs cylindres horizontaux, disposés l’un au-dessous de l’autre. Les cylindres sont creux et chauffés à la
- vapeur.
- C’est à cet appareil qu’on porte au sortir du magasin où il a séché le caoutchouc à l’état de «pains mélangés ». On le réchauffe et, sous l’influence de la chaleur, il devient très malléable et facile à travailler. La calandre le lamine et l’étale en plaques et en feuilles d’épaisseur et de' dimensions exacte-
- ment déterminées. Cette fabrication des feuilles do caoutchouc est très analogue à celle des feuilles de tôle'.
- Nous avons donc :
- 1° Des toiles gommées à la dissolution;
- 2° Des feuilles de caoutchouc, calandrées à l’épaisseur et à la largeur déterminées.
- Découpage des bandes et fabrication des
- ENVELOPPES.
- C’est dans ces toiles et dans ces feuilles qu’on découpe, à la mesure donnée, les morceaux nécessaires à la fabrication des pneumatiques. Ce découpage, en bandes de longueur et de largeur variées, est fait par des ouvrières dans un atelier spécial. Ces bandes, roulées dans des toiles isolantes, pour éviter qu’elles ne se collent entre elles, sont remises aux ouvriers qui fabriquent les enveloppes pneumatiques.-
- (A suivre) Gaston SENCIER.
- Les annonces sont reçues au bureau du journal, jusqu’au lundi à midi.
- Les encartages sont reçus jusqu’au mardi soir, au bureau, ou jusqu’au mercredi midi, à l’imprimerie.
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- RAPPORT
- sur les essais au frein d’un moteur à pétrole
- Le 17 mars 1900, dans les ateliers de MM. Eldin et Lagier à Lyon, j’ai procédé à l’essai au frein du moteur à pétrole appartenant à M. Grevin d'Avize (Marne), que ces Messieurs ont transformé.
- Le frein ayant été installé sur le volant du moteur, et l’effort sur le trein étant mesuré par un peson, le moteur fut mis facilement en marche. L’effort <ur le peson se maintint à 7.0 kilcgr. à charge maximum, le moteur marchant à sa v itesse normale. Cette vitesse normale en change mesurée au compteur de tours fut trouvée de 805 tours par minute. Le peson étaloné avec des poids marquait un nombre un peu faible ce qui est au désavantage du constructeur, mais la correction eût été insignifiante.
- Le frein étant équilibré et son bras de levier ayant 716 millimètres, la constatée du
- t . .1 27rXo,7i6
- frein est donc —7-------—- = 0,001.
- 60 X 75
- La puissance effective en chevaux pendant l’essai fut de 0,001 X 805 X 7,0 = 5,6 chevaux.
- MM. Eldin et Lagier s’étaient engagés à fournir un moteur ayant une puissance effective de 5.5 chevaux, la puissance mesurée ayant été de 5,6 chevaux, on voit que les garanties MM. Eldin et Lagier ont été largement tenues et que l’essai doit être considéré comme très satisfaisant.
- Signé : LAGNEAU
- Ingénieur,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- de l’acétylène
- L’extension très rapide de l’emploi de l’acétylène ainsi que l’accroissement non moins rapide du nombre de ses applications, ce qui a pour résultat de le mettre entre des mains peu expertes, rendent de grande actualité l’étude des propriétés explosives de ce gaz.
- Au tout commencement, dit le Scientific Americanle nouveau mode d’éclairage eut à souffrir de sa réputation de gaz explosif; durant un moment l’on aurait pu craindre de voir le champ de ses applications limité par la crainte qu’il inspirait, crainte évidemment exagérée.
- Grâce cependant aux’nombreuxffravaux dont il
- a été l’objet, on est parvenu a dét rminer d’une faç m précise les circonstances dans lesquelles il pourrait y avoir danger d’explosion ; de sorte qu’il est maintenant possible de fabriquer, de transporter et d’employer l’acétylène avec la même sécurité que s’il s’agissait de gaz d’éclairage ordinaire.
- L’acétylène pur n’est pas eX[ losif à la pressio 1 atmosphérique comme l’ont prouvé Berthelot et Vieille avant que l’on songeât à employer ce gaz industriellement; et dès que ce dernier caractère de produit commercial commença à se dessiner, ils reprirent la question et confirmèrent leurs premières expériences : « A la pression atmosphérique et constante, l’acétylène ne propage pas à une distance appréciable la décomposilion provoquée en un point quiconque Ni l’étincelle électrique, ni un fil métallique incandescent, ni même l’explosion d’un fulminate n’exercent aucune action au-delà de la sphère d’influence immédiate au point où est produit réchauffement ou le choc »
- Au fur et à mesure que la pression du gaz monte au-dessus de celle de l’atmosphère, il devient sujet à exploser ; mais il est impossible de déterminer le point critique, c’est-à-dire la pression au-dessus de laquelle une action donnée provoque ait l’explosion de l’acét)lène, et au-dessous de laquelle il resterait inerte
- Ce point critique est beaucoup plus bas, si l’on emploie une capsule de fulminate pour provoquer l’explosion, au lieu d’un fil porté à l’incandescence. Ces deux causes d’explosion ont été choisies et étudiées par Berthelot et Vieille comme correspondant à des conditions que l’on rencontre dans la fabrication et manutention de l’acétylène, en supposant réunies les conditions les plus défa o-rables : l’emploi expérimental d’un fil incandescen', représentant réchauffement local, intense, du carbure attaqué par une petite quantité d’eau, ou produit par le frottement énergique du gaz qui s’échappe à travers une soupape ; l’emploi d’une capsule de fulminate, correspondant au cas dans lequel il se forme ait des acétylides détonants, cas qui ne peut sa présenter en pratique dans la production industriel e de l’acétylène, mais seulement au laboratoire, dans des conditions expérimentales déterminées.
- L’acétylène liquide est, par conséquent, et grâce à son état condet sé, susceptible d’exploser, explosion que peuvent déterminer de hautes températures, une étincelle, un choc violent. Berthelot fit exploser une boîte d’acier remplie d'acétylène liquide au moyen d’un fil porté à l’incandescence, la pression atteignant 5 383 atmosphères. Mais dans les mèrqes conditions, le gaz liquéfié résisté aux chocs les plus violents : un tube d’acier con tenant 300 gr. de gaz liquéfié fut lâché plusieuis fois, d’une hauteur de 6 mètres, sur un bloc d’acier, s-rns provoquer d’explosion.
- Un coup direct sur le liquide peut en enlever une petite portion à une température dangereusêj tandis que le même toup sur le cylindre n’est transmis qu’en partie et uniformément à toute la masse du liquide.
- (Chronique Industrielle).
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- TOURING-CLUB DE FRANCE
- 934 candidats pour le mois de mars parmi lesquels
- MM. Cauvin, député de la Somme; Laloge, député de la Seine; Tournier, préfet de la Somme; llenrv, contrôleur général au Ministère de l’Intérieur ; Leclerc, agent-vover en chef des De'ux-Sè-vres’, Laumond 4s, sous-préfet; David, inspecteur des eaux et forêts; A Descubes, ingénieur en chef adjoint de la voirie à la Compagnie de l’Est; Boca, ingénieur, directeur du chemin de fer de Caen à la mer; Fabrv, président du tribunal do Tunis; de Bouchai hier, président du tribunal civil à Issin-geaux ; Lemoine, président du tribunal civil à Provins; Blume, moine, juge d’instruction à Besançon; H. do Varigny, publiciste; Louis Varney, compositeur do musique; Hermandez, commissaire du Pérou à l’Exposition de 1910; Bulabois, directeur au Ministère des affaires étrangères du gouvernement égyptien; Jacobée, contrôleur de l’armée; lieutenant-colonel Valette; commandants Pichot, Fargin Fayolle, Daras, Arnaud; les capitaines Ya-noz, Binet, Dechizelle, Pierart, Iienot, Laugau lin; Souligoux de Faugère, lieutenant de vaisseau; Viancin, médecin de lr* classe de la marine; comte do Peretti de la Rocca, consul de France; baron do Saussure, lieutenant de vaisseau, et baronne de Saussure; comte G. de la Marque, vicomte de Ginestct, baron de Guénifïey, vicomte A. de Merles, marquis do Bérenger, baron de la Tour du Pin, comte Ribert de Vogiie, etc.
- Au 1er avril 1900, le nombre total des sociétaires s’élève à 70,145.
- GUIDE DE ROUTE
- Sur la conduite et l’entretien de la
- PETITE VOITURE K DION-UOIUM
- (Suite, voir les Nos précédents)
- Mauvaise carburation
- 79. — Une mauvaise carburation se traduit généralement par un ou deux ratés, puis trois ou quatre et progressivement jusqu’à arrêt complet des explosions.
- 80. — Vérifier la provision d’essence, et s’assurer de sa qualité (v. 211).
- 81. — fjes trépidations peuvent avoir fait devier la clé du réservoir de sa position verticale (v. 218).
- 82. — Les trépidations peuvent également dérégler la tringle de carburation si le ressort n’appuie pas correctement dessus (278).
- 83 — La moindre poussière cbarroyée par l’essence peut faire coincer le pointeau (v. 240).
- 84. — S’assurer que l’essence arrive régulièrement, cela en agissant sur le pointeau comme dit n° 287. Si l’essence no s’écoule pas, voir ci-après :
- 1° L’ajustage peut être encombré (v. 257), tel est le cas le plus fréquent.
- 2° Les orifices du fonds du boisseau peuvent s’être bouchées (v. 263), le cas est plutôt rare.
- 3° Le conduit de communication du boisseau peut se boucher, mais ce cas est plus rare encore.
- 4° Si l’essence coulait abondamment par le fond du boisseau, fermer la clé du réservoir et voir m>291 noyade du carburateur.
- 85. — Le fond du réservoir à essence doit être très propre. Eviter de poser à terre le bouchon de ce réservoir, afin de ne pas y transporter intérieurement dos poussières.
- " Mauvaise circulation de l’eau
- 86. — Autant que possible, remplir le réservoir dès qu’il est à moitié.
- 87. — Voir en cas d’excès de vapeur n° 320.
- 88. — S’assurer que l’eau ne s’écoule par aucun joint.
- 89. — Voir 359 pour serrer la presse étoupe.
- 90. — En cas de doute sur la bonne circulation (v. 374).
- 9t. — S’assuror que la sortie du réservoir n’est pas bouchée (v. 350).
- 92. — Voir 377 en cas de noyade du cylindre. '
- 93. — En cas de congélation, voir 382 à 385.
- Mauvaise compression
- 94. — La compression est mauvaise lorsque cette clé étant fermée, la manivelle de mise en marche n’offre que peu de résistance à franchir le point de compression (v. 329).
- Un manque de compression peut provenir des causes suivan'es :
- 1° Robinet de compression mal fermé (v. 328);
- 2° Soupape d’admission incorrectement serrée par la vis, ou serrée en porte à faux (v. 33i);
- 3° La soupape d’admission peut être encrassée et mal se fermer (v. 332);
- 4° La soupape d’échappement peut être encrassée et mal se fermer (v. 332);
- 5° La tige du clapet d’échappement peut coincer dans sa gaine, par suite d’encrassement (v. 334) ou encore à la suite d’un manque d’eau ayant pu produire un échauffement excessif (v. 329);
- 6° Un clapet d’échappement tout neuf, ou trop vieux, peut manquer de jeu entre le bas de sa tige et l’enchâssement qui l’actionne (v. 338);
- 7° Le ressort du clapet d’admission peut être affaibli par une année d’usage environ;
- 8° Le ressort d’échappement peut être affaibli par un échauffement excessif (v. 340);
- 9° L’un des trois joints peut être détérioré ou être encombré par des résidus qui gênent leur bonté portée (v. 341);
- 10° Après une année de marche et à défaut de graissage, les segments du piston peuvent avoir besoin d’être vérifiés (v. 314).
- Accidents divers
- 95. — Dans cet ouvrage, les causes d'arrêt servent pour ainsi dire de répertoire; tout ce qui précède. do même que ce qui suit, est uniquement indiqué pour éveiller l’attention sur tous points,
- La plupart des cas suivants n’ont donc aucune raison de surgir en marche normale; il est bien rare par exemple, sauf heurt de la voiture, d’avoir des accidents de bâti.
- On entend par bâti généralement parlant, les pièces aidant à supporter ou enfermer le mécanisme de la voiture. C’est ainsi qu’en parlant du bâti du moteur on entend désigner son carter qui sert de base à son montage.
- Les liens qui relient le moteur au châssis, enfin tous accessoires, voire même boulons, vis de vidan*
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- ge, etc., se rattachant aux parties inertes du moteur, peuvent être comprises dans le bâti.
- 96. —Ecrous divers. — Sur les voi ures neuves, les écrous sont soigneusement serrés ; on veillera particulièrement au parfait serrage de ceux que l’on pourrait, pour une raison quelconque, avoir à démonter : tels que ceux du tuyautage, circulation d’eau, carburateur, attaches du moteur, changement de vitesse, roue dentée, manivelle, changement de marche, manchon d’accouplement, etc. ,
- 97. — Il faut enfin que toute pièce soit assujettie sur le châssis sans balottage, lequel ne ferait que s’accentuer, au graad détriment de ces organes.
- 98. — Ecrous de la direction. — Ne pas oublier surtout de remettre en place les goupilles qui arrêtent les écrous de la direction ; ces écrous, s’ils étaient mal assujettis, pourraient occasionner le plus grave des accidents, la perte de la direction.
- 99. — Soin des earters. — Veiller en graissant les carters à ce qu’il ne s’y introduise aucun corps étranger.
- Du graissage très rigoureux des carters dépend la bonne marche et la conservation en parfait état des organes qu’ils renferment.
- Si l’on graisse soigneusement le carter du moteur et si l’on veille à la parfaite circulation de l’eau, aucun ennui ne surgira du fait du moteur, pour ainsi dire impeccable ; différemment, il peut surgir un grippage (v. 325).
- 100. — Etat de la crémaillère. — 11 peut arriver qu’après un certain temps, le tassement des organes neufs nécessite un réglage de la crémaillère. Cette opération, assez délicate, sera tout au long clairement expliquée dans la Notice de démontage, qui fait suite à cet ouvrage (v. 458 et 459).
- 101. — A défaut de graissage du changement de vitesse, le même accident peut arriver (v. 529).
- 102. — Etat des chaînes. — S’assurer de la tension régulière de la chaîne d’embrayage (v. 436) et veiller à son entretien.
- 103. — L’état de la chaîne de manivelle est de beaucoup moins important (v. 386).
- 104. — Etat du changement de marche. — Veiller au parfait entretien de cet appareil, afin qu’au premier appel il fonctionne régulièrement (v. 462).
- 105. — Etat de pignons, roue dentée et différentiel. — Le pignon de commande se trouve sur cette voiture beaucoup plus robuste que sur les tricycles; la rupture de l’une de ses dents ne saurait donc être qu’un fait exceptionnel.
- 106. — La roue dentée doit être graissée très régulièrement, comme indiqué n° 505 ; différemment, il en résulterait une usure rapide de sa denture.
- 107. — Les pignons satellites, que renferme le différentiel, nécessitent également un graissage très régulier (v. 533 et 534).
- Il est bien rare d’avoir à constater une avarie des pignons satellites; on veillera néanmoins à éviter le plus possible des à-coups au différentiel (v. 483).
- Si, après deux ou trois années de marche, le différentiel prenait un jeu trop grand, cela généralement faute de graissage, on ferait procéder à son réglage (v. 481 et 482).
- 108. — Rupture des billes. — Les ruptures des billes sont des accidents rares pour ce type de voiture.
- 109. — Les roulements les plus exposés sont ceux des roues arrière et celui de la crémaillère.
- 110. — On peut percevoir la rupture d’une bille soit par le mauvais roulement, soit par le grincement qui généralement en résulte.
- 111. — Aucune bille ne doit rester cassée ou simplement égrenée, sous peine de désordre grave dans le roulement (v. 501).
- 112. — Graissage accidentel des freins. — L’ennui le plus fréquent pouvant survenir aux freins est leur graissage accidentel, dü au voisinage des autres organes.
- 113. — Bien lire l’article 430, auquel on n’ettri-buera jamais assez d’importance.
- 114. — Veiller à ce que les lames de freins ne frottent aucune part sur leur poulie
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- INFORMATIONS
- Nouvelles de Nice
- De notre correspondant particulier :
- La Coupe Bartol. — Lundi 15 a eu lieu la course handicap organisée par l’A.C.N. sur l’initiative de M. Bartol qui avait pour but d’appliquer la formule pour aider au développement du tourisme : maximum de poids et de vitesse avec un minimum de dépense.
- Le parcours comprenait Nice, Colomars, Gat-tières, Vence, Cagnes (2 fois) et Nice, fuit x00 kilomètres 600, avec une côte de g kilom.
- A 8 heures du matin, 9 concurrents se sont rangés sous les ordres du starter : MM. P. Chau-chard, J. et Ch. Gondoin, Pinson, Johnston, Vogel, Clérissy, Stead, Desjoyeaux.
- MM Gondoin, Stead est Desjoyeaux ont abandonné par suite de crevaisons.
- Voici les noms des deux premiers :
- Ier M. Pinson, 2 h. 22’ 59”; essence, 14 1. 75; vitesse, 42 kilom; coefficient obtenu par la vitesse à l’heure multipliée par le poids et divisée par l’essenee consommée : 9329.
- 2e M. P. Chauchard, 3 h. 42; essence 12 litres; moyenne à l’heure 27 kilom. ; coefficient : 6705.
- Assemblée de VAmC.M. — Lundi a également eu lieu l’assemblée générale extraordinaire de l’A.C.N. Soixante-quatre membre s avaient répondu à la convocation.
- Avaient pris place au bureau : MM Gondoin, président ; P. Chauchard et E Sardou, vice-présidents; P. Clérissy, secrétaire; F. Crossa, L. Desjoyaux et J. Fernandez, administrateurs. L’ordre du jour de la réunion comprenait des modifications à appo.ter aux statuts.
- A l’article j, il est retranché le mot Vélo du titre du Club,, ce qui donne « Automobile-Club de Nice », la partie cycliste étant exclue.
- Al’aiticle 12 : le bureau du Conseil d’administration sera formé de 12 membres au lieu de 7 et prendra le nom de Comité de Direction.
- A l’article 14:4 membres au lieu de 3 suffiront ; pour constituer la séance du Comité de Direction.
- . A l’article 20 : Pour constituer une assemblée .générale, il faudra le cinquième des membres inscrits,chaque membre présent pourra représenter 4 de ses collègues par pouvoir écrit.
- Les 5 membres supplémentaires prévus par l'article 12, ont été nommés au scrutin secret. Ont obtenu la majorité : MM. H. Huet, Jean Nicot de Villemain, Ed. Siegfried et Dudillieu. A l’issue de
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- l’assemblée, M. J. Gondoin s’est fait en termes aimables, soulignés d’applaudissements unanimes l’interprète de tous les membres de l’A.C.N. en remerciant tous les généreux donateurs de coupes : MM. Paul Qhauchard, Bartol, de Bary, Brunetta d’Usseaux.
- Le nombre des membres de l’A. C N. augmente continuellement. Au dernier ballotage ont été admis : MM. Paul Journoudet Auguste Yogel.
- Canots automobiles. — Lundi 16 a eu lieu la course des canots automobiles à pétrole ou électriques. Dans la première course, canots n’excédant pas 6 m. 50 entre perpendiculaires, Berthe-Hèlène a M. Galice, a seul couru.
- Deux concurrents se sont présentés dans la 2® course, canots excédant 6 m. 50 et n’excédant pas 12 mètres entre perpendiculaires : Pieuvre à M. Sommier s’est classé premier; et N. B. à à M. Léger, second.
- La vitesse des automobiles. — Nous sommes obligés de revenir sur cette question de la vitesse des automobiles afin de recommander plus que jamais la prudence et la modération dans la vitesse de leurs véhicules à nos chauffeurs, dont quelques-uns (nous disons quelques-uns et non pas tous; nos lecteurs vont savoir pourquoi) abusent par trop de la facilité qui leur est accordée de faire des 30 ou 40 kilomètres à l’heure. Nous revenons particulièrement sur cette question à cause d’un article de M. Gaston Salvat paru dans le Petit Niçois du 19 avril, article que nous ne pouvons laisser passer sans protester contre la la tendance qui y e^t nettement accusée d’englober dans une même réprobation tous les chauffeurs ainsi rendus coupables de la folie ou de la maladresse de quelques-uns.
- Les chauffeurs consciencieux sont les premiers à réclamer des mesures énergiques contre leurs faux-frères qui parcourent à des allures vertigineuses nos rues et nos boulevards.
- Mais M. Salvat dans un article précité, ne se livre à aucune restriction et parle des chauffeurs sans même laisser à entendre que tous ne se conduisent pas avec autant de désinvolture.
- Au surplus nous conseillerons à M. Salvat de lire l’article de notre dévoué président du Touring-Club, M. A. Ballif inséré page 146 de la revue d'avril 1900 du Touring. Nous espérons que la lecture de cet article qui demande comme lui des mesures sévères mais seulement pour les « chauffards» convaincra M. Salvat de l’innocence des « chauffeurs » en général et empêchera ainsi ces derniers d'ètre voués à la haine du public déjà suffisamment hostile à tout ce qui est innovation.. Aussi recommandons-nous de nouveau à nos chauffeurs beaucoup de prudence et sommes-nous certains que M. Salvat que nous voulons bien croire favorable à l’automobilisme, ne nous en voudra pas d’avoir remis les choses au point. Nous sommes nous aussi les premiers à réclamer des mesures sévères et justes contre ceux qui en portant atteinte à la sécurité publique font rejaillir sur tous leurs confrères les lamentations du public.
- Léon Baréty.
- Le Jeu de Pelote n’a rien d’automobile, direz-vous et n'a pas encore été admis parmi les sports pratiqués à l’A. C. F. Aussi n’en parlons-nous que pour signaler le Concours de Pelota Basque organisé parmi les concours internationaux d’Exercices de l’Exposition Universelle. Son promoteur est M. Charles Béguin, parent de notre ancien Directeur et qui, à ce titre, se fera un plaisir de donner tous renseignements aux chauffeurs désireux d’assister — ou de participer —- aux tournois de Neuilly.
- Ecrire à M. Charles Béguin, 85, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine.
- M. Vinet nous prie d'informer sa nombreuse clientèle que M. Maingaud, ancien contremaître de ses ateliers, ne fait plus partie de sa maison.
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- De notre correspondant de Tulle :
- On commence à voir circuler quelques automobiles, mais encore peu nombreuses.
- L’usine à gaz installe une staffon électrique avec de puissants moteurs. Il y en a une à Péii-gueux ; Brive en installera également une et bientôt cela formera de petites statians où les automobiles pourront repuiser l’électricité nécessaire à leur marche.
- Je crois, pourtant, si je ne me trompe, à l’émulation que l’on rencontre chez nous il y aura assez de gens qui voudront posséder une automobile ou un motocycle et je crois bien que cela arrivera d’ici à deux ans au plus tard.
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- De notre correspondant d’Amiens :
- Les beaux jours actuels amènent une recrudescence d’adeptes à l’automobile et la région compte maintenant une quantité très respectable de chauffeurs. Parmi les nouveaux je citerai : MM. Dufrenoy (omnibus Panhard) Lequen (break Panhard) Gainaud, Sellier, Mollien, Victor (quadricycles) Carnois, Guilbert (motocyclettes) Blondel (voiture électrique), etc., etc.,
- De passage ces jours derniers une voiture de course Mors, 22 chevaux.
- Dans cette voiture pilotée par M. Joint de la maison Mors et en compagnie de M. Devanaux j’ai eu le plaisir de connaître la sensation du 85 à l’heure.
- Inutile de dire que cette voiture a vivement intéressé le public qui n’était pas habitué à voir de près ces formidables engins. M. B.
- *
- Nous avons reçu la circulaire suivante :
- « Monsieur,
- « Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance, que nous venons de créer dans les Hallles spéciales, très vastes et très bien situées, au centre de la ville, près de la gare centrale, un établissement, qui portera le nom
- Exposition permanente d’Automobiles
- « Cette exposition facilitera à notre avis les relations entre les fabricants et le public, et don-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- nera une nouvelle impulsion à l’industrie ruto-mobiliste.
- « L’exposition comportera des voitures de tout genre, voilures de sport et de Poids Lourds, et toutes les pièces appartenant à l'automobile.
- « Les prix des places par mètre carré, que Messieurs 'es exposants voudraient avoir, seront fixé d’après un prix d’ensemble et dépendant de li durée de l’expcsition des différents objets. Cependant la durée minitna d’exposition est de six mois.
- « Les halles d’exposition seront très bien éclairées et élégamment soignées.
- « Notre Société a été fondée par M. le comte A. de Talleyrand Périgord, elle comporte en outre les noms les plus connus et appréciés dans l’industrie et le sport du pays.
- « La direction de l’expédition en elle-rrème, a été confiée à M. l’ingénieur en ch:f, M. Freund, qui était membre technique à la direction de l’expédition internationale d’automobiles de Berlin en 1899.
- « Les places à louer étant déjà très demandées, il est dans l’intérêt de Messieurs les exposants de faire le plus tôt possible les démarches nécessaires pour s’assurer d’avance des places d’ensemble pour leurs produits.
- « Nous ne manquerons pas de vous faire part prochainement des conditions d’exposition. Le plan d’exposition est du reste à vue dans notre bureau à Berlin, Dorotheenstrasse, 6.
- « Recevez, Monsieur, l’assurance de nos sentiments distingués.
-
- Notre collaborateur Gaston Sencier a dit du nouvel ouvrage de M. Baudry de Saunier, VAutomobile théorique et pratique, tome II (voitures à pétrole), tout le bien qu’il mérite
- Le succès de cet ouvrage est d’ailleurs considérable. Il est impossible de mettre à nu avec plus de clarté et de logique tous les organes des voitures réputées. La netteté des figures et du texte est tout à fait remarquable.
- Nous donnons bien sincèrement à tous nos le> teurs le conseil de se procurer cet ouvrage qui ne leur laissera — ce qui est rare — aucune désillusion, bien au contraire.
- Notre librairie se charge d’ailleurs de procurer l’ouvrage de M. Baudry de Saunier à ceux qui le lui demandent en accompagnant leur lettre d’un mandat postal de 12 francs (franco ofr. 75 en plus).
- BIBLIOGRAPHIE
- Nous avons reçu pour notro Bibliothèque et nous tenons à la disposition de nos lecteurs :
- La Traction Mécanique et les Voitures automobiles par MM. G Leroux, ingénieur do la traction mécanique C. G. O. répétiteur à l’Ecole Centrale et A. Revel, ingénieur des Arts et Manufactures, ingénieur à la C. G O.
- Cet ouvrage est consacré surtout aux omnibus et tramways a moteur mécanique. Il étudie la traction à vapeur (Rowan, Serpollet, Purrey, etc ) à air comprimé, à gaz d’éclairage et fait une revue fort
- complète de tous les systèmes de traction électrique par accumulateurs ou par contacts.
- Les voitures automobiles proprement dites viennent ensuite. Leur étude est faite spécialement au point de vue de l’organisation possible de transports de voyageurs.
- Nous y trouvons les véhicules suivants :
- Véhicules lourds : Scotle. de Dion-Bouton, Piaf, Panhard-Levassor, de Die!rich,«B. G. S.
- Véhicules légers: Peugeot, Delahaye, Panlz, Jeantaud, Kriéger, B. G. S., Jenatzy,
- Cet ouvrage, spécialement consacré raux transports par traction mécanique est sérieusement documenté et l’on y voit la saine appréciation de deux ingénieurs compétents.
- ( Voir à notre Bibliothèque).
- ♦
- Liste fies Brevets d’invention
- RELATIFS A LA
- LOCOMOTION AUTOMOBILE
- FRANCE
- Communication de MM. Marillier et Robelet, Office international pour l’obtention des Brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris.
- 293 337. — 14 octobre 1899. — Rot court. — Interrupteur à surexcitation magnétique compensateur, pour bobines d’induction, destinées à l’allumage des moteurs à gaz ou à pétrole et à tous autres emplois.
- 293 347. — 14 octobre 1899. — Mercier. — Perfectionnements aux moteurs à explosions à quatre temps.
- 293 436. —17 octobre 1899.— Audouin. — Produit pouvant être substitué à l’essence do pétrole pour les moteurs automobiles et autres.
- 293 475. — 19 octobre 1899. — Seraine.— Moteur à gaz ou à pétrole à détente complète et à pression atmosphérique.
- 293 441. — 18 octobre 1899. — Becher et Papp. — Automobile à vapeur.
- 293 230. — 10 octobre 1899. — Murphy. — Perfectionnements dans les mécanismes de transmission de force.
- 293 232. — 10 octobre 1899. — Murphy. — Perfectionnements aux voitures automobiles.
- 293 270. — 17 octobre 1899. — Martineau. — Patin à automobiles.
- 293 322. — 13 octobre 1899 — Lagoutte. — Perfectionnement aux moteurs à explosions.
- 293 326. — 13 octobre 1899. — Mercier. — Perfectionnements aux moteurs à explosions à quatre temps.
- 293 529. — 21 octobre 1899. — Lange. — Système pour effectuer automatiqueme-1 la charge des accumulateurs des véhicules automobiles électriques.
- 293 501. — 19 octobre 1899. — Potting und Ppr-sing, Schmal et Kainz. — Dispositif de rafraîchissement pour cylindre do moteurs à explosions.
- 293 562. — 26 octobre 1899. — Bergasse, — Réfrigérant de moteurs à gaz ou à pétrole.
- 293 602. — 23 octobre 1899. — Coard. — Perfectionnements aux moteurs.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile 6. DESMARES, loi, avenue du Roule, Neuilly-e>/-Seine.
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- Septième Année. — N° 18
- 32Mai 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- ABONNEMENTS
- France, Un An, 15 Fr. ; Étranger, 20 Fr.
- LE NUMÉRO
- 50 Centimes
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde 4 — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur-Administrateur
- SOMMAIRE du N* 18
- Les Poursuites contre les chauffeurs. Albert Ro-danet.
- Les fiacres à pétrole.
- La guerre aux automobiles :
- Echos et nouvelles.
- La bicyclette automobile du marquis de Carnano.
- La direction Griffisch.
- Le critérium des Electriques.
- Le Tour d’Ang eterre.
- Le Monome automobile.
- Courses diverses.
- Le Concours de bateaux automobiles de l’Exposition.
- A travers la Presse.
- Tribune libre.
- La fabrication des pneumatiques. Gaston Seneier. Courrier Industriel.
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- POURSUITES CONTRE LES CHAUFFEURS
- Les journaux enregistrent presque chaque jour des accidents provenant de l’imprudence des chauffeurs ; la presse et le public s’émeuvent du grand nombre de blessés et de tués, réclament des mesures de protection. On oublie peut-être que la première sauvegarde doit venir de soi-même et non de l’autorité, qu’il est imprudent de se masser à l’angle des routes où doit se faire le virage des coureurs et qu’il est plus absurde encore pour un bicycliste de «coller»à une automobile qui peut stopper à tout instant et renverser la victime.
- Quoi qu’il en soit certains chauffeurs commettent des excès de vitesse regrettables, ils s’imaginent être les maîtres de la route, les rois du sport ; ils se refusent à obéir aux injonctions des agents de la force publique et sommés de s’arrêter, ils peuvent éviter la contravention en filant au plus vite. I! est juste de dire que ce système n’a pas été inventé par les conducteurs d’automobiles mais par les cochers de fiacre, leurs ennemis déclarés, qui « fouettent cocote » après avoir écrasé quelque infortuné piéton. Les chauffeurs feront bien cependant de se souvenir que dans la co-
- médie italienne,.si Guignol rosse les agents, il est pris et pendu à la fin ; l’autorité est toujours la plus forte et on aurait mauvaise grâce à lutter contre elle.
- Et l’autorité devient terrible contre les propriétaires de véhicules automobiles; il suffit de fréquenter le prétoire de la justice pour s’en rendre compte.
- Un fait très symptomatique pour les gens du métier à cet égard est la fréquence des poursuites exercées directement par le Parquet contre les auteurs d’accidents.
- En pratique, quand un accident survient sur la voie publique, l’agent de service (quand il y en a un de présent) fait un rapport au commissaire de police du quartier, lequel ouvre une sorte d’enquête, qui est adressée avec un avis aux bureaux du Parquet.
- Une fiche portant un numéro est placée dans un casier et les avocats peuvent consulter le dossier qui est remis au substitut compétent ; c’est l’instant le plus favorable pour arrêter les poursuites soit en faisant observer combien les preuves de la faute sont faibles, soit en transigeant avec la victime. Bien que l’arrangement survenu entre l’accidenté et le chauffeur n’enlève pas au Parquet le droit de poursuivre, en fait le substitut classera presque toujours l’affaire « sans suite « selon l’expression consacrée au Palais.
- Dans un grand nombre de cas le Parquet ne poursuit pas directement, il fait avertir l’intéressé par le commissaire de son quartier qui est libre de se pourvoir devant les tribunaux, comme il l’entendra.
- La victime conservera le droit d’actionner l’auteur de l’accident devant le tribunal correctionnel, mais elle le fait à ses risques et périls et sans la garantie d’une instruction qui lui assure presque toujours le succès définitif quand le juge-commis a ordonné le renvoi à l’audience. En outre si la partie civile qui a cité directement devant la police correctionnelle échoue dans sa demande, elle peut être condamnée à des dommages-intérêts pour abus de citation directe, sa situation est donc bien moins favorable que dans le cas de poursuite directe par le Parquet.
- Si l’accidenté redoute les périls toujours
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- très grands de la voie de citation directe, i^ conservera son droit de demander des dommages-intérêts au tribunal civil, où les conditions de succès sont toutes différentes ; mais le chauffeur imprudent n’a qu’à discuter un chiffre d’indemnité. Il n’a plus à craindre une condamnation pénale à l’amende et parfois même à l’emprisonnement sans application de la loi de sursis, ce qui n’a rien de gai pour un gentleman accompli.
- Depuis quelques temps en matière d’accidents causés par les automobiles, le Parquet poursuit presque toujours directement Iq prévenu ; il obéit à une tendance d’ailleurs bien justifiée : vouloir arrêter, quand même, ces excès de vitesse redoutés du public ; il facilite ainsi aux victimes le moyen d’obtenir des dommages-intérêts en se portant partie civile à l’audience correctionnelle; c’est la tendance symptomatique dont nous parlons plus haut de la plus grande sévérité delà justice à l’égard des chauffeurs imprudents.
- Devant cette menace d’une condamnation pénale qui peut parfois être grave, les chauffeurs agiront donc sagement en cessant d’exaspérer contre eux l’opinion publique. Ils se souviendront que l’art. 321 du Code pénal punit l’homicide involontaire d’un .emprisonnement de trois, mois à deyx ans et d’une amende de cinquante francs à six cents francs, et que l’article 322 du même code édicte contre l’auteur de blessures involontaires un emprisonnement de six jours à deux mois et d’une amende de seize francs à cent francs. Les conducteurs d’automobiles en lisant pes textes de lois verront qu’il suffit pour encourir une condamnation pénale d’une imprudence ou d’une contravention aux règlements, causes de l’homicide ou des blessures. Ils agiront donc utilement en ne violant pas constamment un règlement qui prescrit une vitesse maximum presque toujours dépassée.
- Albert RODANET, Docreur en Droit, Avocat à la Cour de Paris.
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- IA GUERRE AU GIIAUFFEIIRS
- La date du lundi ier mai 1900 marquera dans l’histoire de l’automobile.
- (Ce jour là, tant à Paris qu’à Saint-Germain, quarante chauffeurs ont passé devant la justice de leur pays pour de soi-disant excès de vitesse.
- Des hommes absolument honorables ont été condamnés à un et même à deux jours de prison et à l’amende, pour avoir commis lè crime d’avoir une automobile et d’oser s’en servir.
- On verra bientôt les résultats.
- LES FIACRES A PÉTROLE
- Us sont déjà quelques-uns, mélancoliquement rangés contre l’Opéra, à côté des lamentables carrosses électriques dont ne veulent même plus les provinciaux et les étrangers venqs à Paris pour visiter l’Exposition, et ils attendent le client qui reste rare.
- Us sont pourtant très gentils, ces chars automobiles non numérotés, — car ce sont des voitures de grande remise, — coquets d’aspect et tout battant neuf. Leurs conducteurs ont bonne tenue. Pourquoi sont-ils ainsi négligés.
- Je m’approche d’un conducteuret j’engage ’a conversation.
- — Pour Je compte de qui êtes-vous là?
- — Pour le compte du garage X, qui a l’intention de mettre bientôt en circulation, si l’expérience réussit une centaine de voitures du même type, construites par la maison Y.
- — Et l’expérience réussit-elle ?
- — Peuh !
- — Pourquoi?
- — Nous sommes obligés de demander trop cher au bourgeois, quatre ou cinq francs l’heure, suivant sa tête. Alors, vous comprenez bien, les clients se sauvent. Us aiment mieux prendre des fiacres à chevaux à quarante sous l’heure.
- — Je comprends leur préférence. Cela ne va pas.
- — Cela ne va guère.
- — A combien estimez-vous les frais quotidiens de chaque voiture, conducteur compris?
- - - A une quarantaine de francs par jour. Alors, comme chaque voiture a son conducteur non interchangeable et que l’on est abrutj lorsqu’on a conduit une automobile pendant une journée de dix heures dans les rues de Paris, nous ne pouvons guère réaliser ce chiffre de recettes en dix heures, sans demander trop cher au client.
- — Et les électriques ?
- — Us font encore moins que nous.
- Je m’éloignai alors, après avoir remercié mon obligeant interlocuteur. On devrait pourtant bien nous donner la formule d’exploitation définitive du fiacre automobile. Les dirigeants des concours de fiacres de l’Autornobile-Club prétendent que le problème est résolu et donnent des chiffres d’exploitation acceptables. Les conducteurs sont bien plus pessimistes. Qui donc a raison ? Je croirais volontiers que ce sont les conducteurs.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE S75
- ÉCHOS
- Lundi dernier M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, a entretenu le conseil des ministres des délibérations de la commission supérieure chargée de la réglementation des automobiles, qu'il avait convoquée d’urgence à la suite de l’accident de Saint-Germain.
- Cette commission a reconnu la nécessité de modifier le décret de 1899 en vue d’y introduire des dispositions de nature à donner des garanties de sécurité plus sérieuses.
- Le ministre de l’intérieur et le ministre des travaux publics vont rendre à bref délai un décret conforme aux conclusions de la commission.
- La vitesse des automobiles dans les centres urbains ne pourra pas dépasser 8 kilomètres à l’heure.
- Les voitures automobiles capables d’une vitesse de plus de 30 kilomètres devront être munies d’un numéro d’ordre en gros chiffres de manière à le rendre très apparent.
- Les courses d’automobiles devront être autorisées préalablement, comme par le passé, par l’administration préfectorale.
- Vous avez bieu lu : huit kilomètres, c’est-à-dire beaucoup plus lentement que les tramways à traction mécanique qui sillonnent Paris.
- C’est de la folie pure. Espérons que M. Pierre Baudin, qui passe pour un homme intelligent, réfléchira sérieusement avant de prendre une mesure aussi absurde.
- * *
- Le Comité de l’Automobile Club de France a procédé mercredi à l’admission de quatorze candidats, dont voici les noms : MM. Arnold Dentz, Arthur de Boschan, Edmond Guillemot, Mark Mayhew, O. de Rangabé, Edouard Lattes, Stephen Thorn, Paudia Petrocokino, HenryCachard, Gustave Cattaui, Edouard Cattaui, Chevalier Eugène de Freystadtler, David Bishop, Frédéric Manaut. L’effectif du club s’élève actuellement à 2 359 membres.
- * *
- L’Assemblée Générale annuelle de l’Automobile Club de France aura lieu le mardi 29 mai à 4 heures 1/2 du soir dans les salons du Cercle, 6, place de la Concorde.
- *
- * *
- Profitant du temps merveilleux de dimanche, le Rallye-Auto a inauguré son chalet de Meulan.
- Provisoire, mais très coquet et déjà très confortable, ce chalet abritait à déjeuner une cinquantaine de convives, venus en automobile.
- C’est un premier succès pour le Rallye-Auto.
- ¥ ¥
- Dans un excellent article qu’il publie dans le Vélo et dont nous donnons des extraits plus loin. M. Ernest Archdéacon propose au préfet de police le double pari suivant : 1. Qu’avec sa voiture automobile, lancée à 35 kilomètres à l’heure, il s’arrêtera en moins d’espace qu’un cheval attelé, lancé à 20 kilomètres.
- 2. Qu'il prendra un tournant beaucoup plus court à 35 kilomètres, qu'une voiture à 20 kilomètres.
- M. Archdéacon, offre de verser 10000 francs pour être distribués en primes aux agents cyclistes, s’il perd son pari.
- Gageons que M. Lépine n’acceptera pas.
- L'expérience se fera pourtant.
- ¥ ¥
- La Commission de Circulation instituée il y a un an par le Préfet de Police s’est réunie la semaine dernière.
- Il parait qu’on n’y a même pas parlé des soi-disant méfaits des Automobiles qui ont servi ces jours derniers à remplir les colonnes des journaux quotidiens.
- Est-ce que, par hasard, la Commission de Circulation, composés de gens compétents, penserait que tout cela n’est que beaucoup de bruit pour rien et qu’elle a de meilleurs sujets pour occuper son activité.
- C’est, du reste, absolument notre avis.
- *
- ¥ ¥
- Il y avait déjà treize mille fiacres en maraude dans les rues de Paris. On vient d’en mettre en circulation quatre mille nouveaux. Cela fait dix-sept mille.
- Le Vélo appelle cela, en termes très pittores ques : un lâcher de Collignons.
- Bons piétons, prenez garde à vous.
- *
- ¥ ¥
- Les chauffeurs, terrifiés par les stupides mesures administratives prises contre eux, renoncent momentanément à l’automobile. Ils y renonceront définitivement pour peu que l’administration persiste dans sa maladroite façon de procéder et alors nos fabricants songeront peut-être à réclamer.
- Quelques uns, parmi lesquels notre excellent collègue Archdéacon se remettent bravement à la bicyclette.
- Il serait drôle que ce retour en arrière leur procure encore des contraventions.
- * ¥
- Plus ça change, plus c’est la même chose.
- La « Presse Internationale », la revue professionnelle du journalisme que dirige Maxime Ser-peille, le très aimable secrétaire de la rédaction du Vélo, publie en ce moment une très intéressante étude de M. Yan Schoor, avocat général à Bruxelles, sur la presse scus le Consulat et sous l’Empire. Nous y lisons que, dans son numéro du 27 ventôse an VIII, le journal Y Ami des Lois engageait les sociétés savantes à proposer pour sujet de leurs prix cette question d’un vif intérêt à ses yeux ; « Quel est le meilleur moyen d’empêcher les cabriolets d’écraser les gens ? »
- Le problème est encore d’actualité pour les voitures à chevaux. Le cyclisme et l’automobilisme sont venu» le compliquer, et pourtant il n’est pas encore résolu.
- *
- * *
- A la foire aux pains d’épices qui bat son plein
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 2îô
- en ce m'ment sur la place de la Nutior. le suc-cé'- va à un superbe ma~cgâ où 1 .-s am Uns trG-icaix sent remplacés par des \oi urlt‘cs avic pneuma'.ique?. Rien n’a été oub ié ; un disposit t’ alapléà li machine à vapeur qui ac'io.ne tout le eyseme imite à s’y mép-enlre 1: teu -reuf de> moteurs, üa peut ainsi, pour die centimes, s’ol-frir l’illusion de Taire la pige aux chauffeurs les plus en vue.
- * *
- Dimanche dernier, une pompe à vapeur a effrayé un cheval, avenue de Suffren.
- Le cheval a jeté la vo titre qu’il traînait dans une carriole de blanchisseur, dont le conducteur a été blessé.
- L’Administration se demande si, puisque les pompes sont des véhicules à vapeu , il ne conviendrait pas de Leur imposer, comme on va le faire pour les automobiles, une vitesse maximum de 8 kilomètres à l’heure.
- * »
- Tuas les riverains du parcours de la courte d’automob l s Paris-B irdea ix sont, parait-il, dé>-solés de la suppressh n de ccite épreu/e.
- Ils s’apetçoivent maintenant que les chauffeurs ont laissé, les années precedentes, p?s mal d’argent sur leur ptssage et ils sont très mécontents ue se xoir prix és de cette aubaine annv.vLc.
- Le gouvernement forcé de rétablir les courses d’automobiles pour obé.r à 1 i volonté de si s é'ecteurs. C’est cela qui serait original.
- * *
- Le Figaro écrP, dans un article sur la grève dec b'unchisseuses :
- «Tandis que M. Lapine, venu en automobile avec M. Gaicheteau, offi.ier de paix du dix-septième arrondissement, parcourait avec M. Beau-rin, commissaire de police, les rues de Boulogne-sur-Seine à un train d’enfer — sans souci d’une contraventio a à l’abri d; laquelle h mettait sa qualité de préfet de police — j’allai visiter quelques-uns des principaux blanchisseurs,.. > '
- Vous donnez de bien mauvais exemples, Monsieur le Préfet.
- F *
- Le Préfet de la S.-ine vient d’autoriser M. Descroix, entrepreneur de travaux public?, à faire stationner sur la voix publique, avenue de Lcxvèn-dal, le long du trottoir bordant le dépôt de la Compagnie générale des voitures, des automobiles pour le transport en commun des voyageurs entre la gare de Lyon et l’avenue de LoxvendaL
- * * 1
- Rappelons à nos lecteurs, possesseurs de nao-
- torycles que, depuis le Ier mai, ils ne peuvent circuler'qu’à la condition de munir leurs véhicules des nouvelles plaques de contrôle modèle 1900, et que ces plaques, valables pour quatre ans, doivent porter gravés leur nom et leur adresse. Sans cela, gare aux pro.ès-verbaux 1
- * ¥
- L’année dernière, les conseils généraux d’une
- douzaine de départements avaient protesté contre les automobiles Cette année, le nombre des assemblées départemeVa'es qui s’insurgent contre la locomotion nouvelle n’a pas augmenté, au contraire.
- Les conseil- gjué;a.x de Seine-et-Oise, du Var, de la Marne, du Loiret et du Pas-de-Calais, et de la Loire-Inférieure, ce dernier sur l’initiative de M. le Comte de Dion, ont été seuls à gémir sur les inconvénients de la locomotion nouvelle.
- Il y a donc un réel progrès.
- *
- v *
- Les j urnaux quotidiens annonçaient la semaine dernière que M. Loubet est maintenir précédé, lrr qu i' s art en voi’ure, d’un agent de police à m atocycle.
- Notre présidei t de la République déviait bien s’ache'er une aut- m >bi!e. 11 pourrait ainsi faire la course avec son mot acycliste.
- * ¥•
- Notre confrère A. de Baronolli vient de pu-b! e-, sous le titre : Les Pyrénées, un nouveau guide toutier à l’usage des cyclistes et des chauffeurs.
- Ttès bien fa:t, comme les autres guides du même auteur, ce volume est en xente, chez Fir-min Didof, 56, rue Jacob, à Paris, au prix de 2 francs.
- + *
- MM. Janne de Lamarre, Raphaël Merxille et Crom, qui ont formé le hardi projet d’aller au Klondyke en automobile, sur la glace, viennent de commencer leur a\entureuse expédition.
- Ils sont en ce moment à Atlin-City, dans la Colombie Britannique et continuent bravement leur route sur Daxvson-City.
- * *
- Les vingt-neuf concurrents de la course Paris-Roubaix sont poursuivis devant le tribunal de simple police.
- Les uns sont cités à Pari?, les autres à Courbevoie, d’autres à Saint Germain.
- *
- v *
- MM. Huguet et Minart, éditeurs, 122, rue Réau-mur, viennent de publier le grand album illustré de VIndustrie Automobile pour 1900.
- Cette publication de grand luxe, très bien illustrée, débute par une partie historique très bien rédigée par notre sympathique confrère J. Amy.
- Elle passe ensuite en revue toutes les grandes maisons de construction d’automobiles.
- Le Ministre des Affaires étrangères a bien voulu se charger de transmettre gratuitement ce bel ouvrage à tous les postes diplomatiques et consulaires de France à l’étranger.
- * 4
- Une nouvelle société d’automobile vient de se fonder à Béziers, sous le nom de Moto Club Biterrois.
- Le bureau se compose de MM. Georges Prêt,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- président ;• Alexandre Terrai et Bartnier, vice-présidents ; F. Rieusset, secrétaire; Fourcade, secrétaire adjoint ; Izard, trésorier.
- 4 4
- Une nouvelle socié é vient de se fonder à Brest sous le nom d’Automob:le-C!ub Brestois. Ce club, qui est plutôt un cercle, ne s’occupera pas de courses. Le but pr.ncipal des membres de l’A-C. B. est de se réunir pour défendre et faire valoir au besoin le; droits des automobilistes dans le département et dans la localité.
- M. CarolT, président honoraire du Véloce-Club Brestois, a été nommé président de l’A. C. B.
- ¥ *
- M. Henri Vert, ingénieur-électri ien, 52, rue Beauhauban, à Tarbes, nous prie d’annoncer qu’il installe à St-Pé, dans les Hautes-Pyrénées, une usine électrique de 300 chevaux, dont la moitié seraient disponibles pour la création d’un relai à l’usage des accumobiles.
- Ce relai pourrait permettre des excursions à Biarritz, Cauterets, Luz St-Sauveur, Barèges, Ba-gnères-de-Bigorre, Bagnères-de - Luchon, Pau, Tarbes et Lourdes.
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- * *
- Un jeune amateur, M. Caron, vient d’essayer de battre, au parc d’Achères, le record du kilomètre, à motocycle.
- Ce record appartient à Béconnais qui a fait, le 31 mars dernier, dans la course du mille, à Nice, le kilomètre en 39 secondes 1/3.
- Gène par le vent, M. Caron n’a pu qu’égaler le temps de Béconnais. C’est déjà joli.
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- * ¥
- Le Président des Etats-Unis a fait récemment sa première promenade en automobile avec Mme Mac Kinley, à l’occasion d’une visite à Mme Gar-ret A, Hobart, veuve de l’ancien président.
- Il a d’ailleurs été enchanté de cette première expérience et il s’est bien promis de favoriser autant que possible l’extension de la nouvelle industrie aux Etats-Unis.
- Nos gouvernants devraient bien en faire autant.
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- Notre confrère anglais Wheeling, rendant compte de la course Paris-Roubaix, cite comme chauffeurs ayant du s’ariêter à la suite d’accidents survenus à leurs moteurs, Béconnais et Alésage. Le chauffeur AUsage n’est pas mal trouvé.
- *
- ¥ * ' '
- Les champions cyclistes se mettent de plus en plus à faire du motocycle.
- Frank Waller, le vétéran des courses de six jojrs, Charles Miller, le triomphateur de Mudi-son Square et d’Auteuil et enfin Champion lui-même deviennent chauffeurs.
- +
- * ¥
- Les journaux niçois, toujours hostiles à l’auto-
- mobile attaquent très souvent les chauffeurs qu’ils qualifient d’ « engeance funeste. » Un d’eux, surexcité par l’arcident de Soint-G.rmain, vient d’inventer un nouveau qualificatif. Il nous appelle des « assassins errants ».
- Assassins errants est gentil te ut plein.
- M. L. Desjoyeaux, de Nice, vient d’acq térir le mono, oie pour la Fia ce des nouveaux brevets Daimler.
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- L Automc bilc-Club autrichien organise à Vienne une exposition d’automobiles qui sera ouverte du 31 mai au 10 juin 19-0.
- 0.1 peut consulter le programme de cette exposition au ministère du commerce ou bien a l’office natior a1 de commerce ex,crieur, 3, rue Feydeau.
- Espérons que l’industrie automobile française y sera largement représentée.
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- M. le chevalier Bressi, de Milan, a eu un accident d’automobile au moment où il ramenait sa voiture, à Turin, au garage de l’Automobilc-Club.
- Projeté sur le soi il s’est grièvement blessé à la tète.
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- Le ministre de la guetre italien a décidé d’introduire dans l’armée l’usage de l’automobile, qui doit autant que possible remplacer la traction animale. Plusieurs officiers du génie ont é-é envoyés à Paris pour étuiier les divers systèmes d’automobiles.
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- C’est à Padoue, ii y a quelques années, que M. le comte Bernardi a construit la première automobile en Italie ; depuis, les chauffeurs se sont augmentés, et à présent au nombre de trente-sept ils ont constitué l’Union Automobile Vénitienne.
- Le comité est ainsi composé : président, M. Albert Rignano ; conseillers, MM. le comte Edouard Corinaldi, Victor Moschini, ingénieur ; docteur Bruno Barzilai, Hector Graziani, comte Carlo Malaaotti, Pierre Pavan ; ingénieur Jules Ortfice, docteur Edmond Tatti ; régisseurs, Alceste Mion, Charle Negrisoli, ingénieur César Cassis.
- Dans sa première séance, ce comiié a décidé de nommer le comte Henri Bernardi, piofesseur de l’Université, membre d’honneur ; une tomme de 100 fr. est destinée pour le challenge de la Coupe nationale et pour participer au meetirg international des touristes à Vérone.
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- Le champion amé icain Garrott lance un défi à tous les enauffeurs du monde sur route ou sur piste
- Enjeu : vingt-cinq mille francs.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- BICYCLETTE AUTOMOBILE
- A MOTEUR A PÉTROLE
- Système du Marquis Carcano (1)
- Bicyclette Carcano.
- Moteur Carcano.
- Parmi les nombreuses bicyclettes à pétrole qui ont été tentées, fort peu ont répondu à l’attente de leurs constructeurs ; nous signalerons une disposition nouvelle qui nous vient d’Italie.
- La photographie que nous donnons de l’ensemble de la bicyclette dispense de toute longue description.
- Comme on le voit le moteur est placé parallèlement au tube de selle et dans le cadre. Il est fixé par deux brides, en N et en E. Son volant est à gauche, du côté représenté sur la figure et, à droite se trouve la poulie agissant par l’intermédiaire d’une courroie P sur la grande poulie à gorge M concentrique à la roue arrière.
- Tout l’ensemble du moteuravec le volant, le carburateur, la bobine, les piles, les poulies et la courroie pèse environ 14 kilos.
- L’allumage est fourni par des piles sèches A de Saporiti et Blardoni de Milan. Le carburateur B est un barbotage ordinaire contenant 2 litres d’essence. Le reste du moteur ne présente aucune particularité à signaler.
- Les constructeurs ont eu pour but la véritable transformation de la bicyclette ordinaire en motocyclette. L’emplacement du moteur semble, au point de vue des réactions assez habilement choisi.
- (1) Via Metastasio, Milan,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LA DIRECTION GRIFFISCH(1)
- Nous savons que dans un virage, pour qu’aucune roue ne ripe, il est nécessaire que les positions des fusées de l’essieu directeur convergent vers le centre de rotation, lequel se trouve lui-même placé sur une ligne droite prolongeant l’essieu moteur arrière.
- De plus, pour avoir une épure rigoureuse, il faut que les leviers de direction des fusées prolongés fonnent entre eux un triangle quelconque dont la base est égale à la longueur de la partie de l’essieu, située entre les pivots et la hauteur égale à l’écartement des essieux (figure i).
- Ceci admis nous allons décrire notre dispositif nouveau, lequel nous a permis d’obtenir au moyen de bielles et leviers un résultat sensiblement approché de l’épure théorique rigoureuse.
- Pour la facilité de la lecture, traçons (fig. 2) avec des dimensions exagérées, la partie de la figure 1 spéciale à l’essieu brisé.
- Comme à l’ordinaire l’essieu porte en A B les points de pivotement des leviers Cet/) prolongeant les fusées des roues directrices.
- Les extrémités des leviers C et D sont attelées par des bielles d’accouplement, à
- (1) M. G. J. Griffisch, ingénieur civil, 27, rue Descombes, à Paris.
- d’autres leviers doubles C’ et /)’ et C” Z)” pivotant en E. F. Les angles Z et B se rapportent respectivement au déplacement des roues pour les virages des plus faibles rayons.
- Les leviers C D et C’ D’ ont les mêmes dimensions et la même obliquité de manière que dans leurs diverses positions pour les virages ils forment constamment deux parallélogrammes avec l’essieu A B) il est bien évident (fig. 2 tracé plein) que les parallélogrammes formés, ne sont égaux et symétriques que dans le cas où les roues sont placées normalement pour marcher dans un alignement droit.
- Les branches C” Z>” des leviers doubles de mêmes dimensions que celles C’ et D, sont placés symétriquement par îapport à l’essieu et il s’ensuit que la distance entre leurs extrémités est une longueur constante, tant que le trapèze ne se trouve point transformé en triangle, c’est-à-dire jusqu’au moment où les trois points C” D” F” ou C” D" E” se trouvent sur une même droite.
- La particularité de cette longueur constante permet de relier entre eux les points C” et D” aü moyen d’une petite bielle que l’on pourra déplacer elle-même par son milieu dans une coulisse ou glissière qu’il suffira de manœuvrer par 1 intermédiaire d’ün volant ou d’ùn levier poür Obtenir les inclinaisons rationnelles des füsëes des rôties dans un virage.
- Mais nous pouvons rametier le dispositif de la figure 2 à un ensemble moins com-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- pliqué; en effet, les leviers de direction des roues (fxg. 4) au lieu d’être placés en avant de l’essieu, peuvent être dirigés vers le milieu de l’essieu arrière, dans leur position normale et former un triangle symétrique quelconque dont le sommet se déplacerait précisément sur l’axe de cet essieu arrière.
- Fig. 5
- Dans ce cas, figure 4, les angles L et B d’inclinaison des fusées resteront pour toutes les positions réciproquement les mêmes que précédemment et comme le déplacement des léviers C D ainsi renversés coïncident justement avec ceux des bras C” et D” (fig. 2) nous pourrons atteler directement les bielles sur ces leviers C C” et D D
- La petite bielle entretoisant l’extrémité des bras C” et D” restant la même nous aurons un autre dispositif donnant l’avantage de supprimer les deux articulations C’ et D\ nous amenant ainsi à un ensemble simple et robuste nous permettant de résoudre le problème d’une direction rationnelle avec avant-train par essieux brisés à fusées convergentes.
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- LE CRITÉRIUM DE L’ELECTRICITE
- Malgré le très grand intérêt que présentait cette épreuve, organisée par le Vélo les constructeurs électriciens ont montré peu d’empressement à y prendre part. Cela tendrait à prouver qu’ils ne sont pas encore bien certains de la force de résistance de leurs véhicules. Il y avaitseulement trois concurrents ; MM. Kriéger, Bouquet, Garcin et
- Schivre et Cuvelier. Quant aux voitures électriques américaines, pour lesquelles, — à ce que prétendent leurs constructeurs, — la légèreté n’exclut pas la solidité, elles n’ont pas osé affronter le parcours Paris-Dijon, ou même une partie de ce parcours, à la vitesse moyenne d’au moins seize kilomètres à l’heure.
- Il n’était question que d’aller le plus loin possible sur la route Paris-Dijon, et non pas de faire les 321 kilomètres du parcours total.
- Pratiquement en effet, il y a plus de dix stations de charge entre Paris et Dijon, et jamais voiture de touriste n’aura besoin d’y aller en une seule journée, c’est-à-dire sans recharge, parce qu’il n’y a pas de vrais touristes qui fassent 321 kilom. par étape.
- L’ordre d’inscription était le suivant
- 1. Kriéger.
- 2. — B. G. S.
- 3. — Cuvelier.
- Quant à l’itinéraire, c’était : Paris(porte Dorée), Joinville, Champigny, La Queue en Brie, Ozoir, Goubert, Soignolles, Melun, Le Châtelet, Mon-tereau, Champigny, Pont-sur-Yonne, Sens. Ville-neuve-sur-Yonne, Joigny, Brienon, Saint-Florentin, Flogny, Cheney, Tonnerre, Lésime, Ancy le Franc, Nuits, Aisy, Buffon, Montbard (altitude 200 m.). Les Laumes (altitude 248 m.), Pouille-nay. Yitteaux (altitude 320 m.), Uncey, Grosbois, Aubigny, (altitude 400 m.), Sombernon (altitude 540 m.), Pont-de-Pany (altitude 220 m.), Velars-sur-Ouche, Plombières (altitude 250 m.)et fina’e-ment Dijon.
- Il y a eu trois départs jeudi dernier : un à 8 heures du matin pour la petite voiture n° 3 de M. Cuvelier, un à 10 heures du soir pour la voiture B. G. S. et le dernier à minuit quinze pour la voiture Kriéger.
- La voiture n° 3, voiture de tourisme ayant à peine plus de 400 kilos d’accumulateurs était conduite par M. Cuvelier et avait à son bord notre confrère Steinès, rédacteur au Vélo.
- Elle a réussi à aller jusqu’à St-Aubin, entre Villeneuve-sur-Yonne et Joigny, couvrant 140 kilomètres. C’est un remarquable résultat.
- La voiture n° 2, B. G. S. ayant à son bord MM. Carcin et Bouquet et notre confrère Georges Prade est allée jusqu’à Villeneuve-la-Guyard (127 kilomètres et s’y est trouvée arrêtée par un court circuit dans le combinateur.
- Enfin la voiture n° 1, que montait Kiiéger, accompagné de Paul Rousseau, a parcouru 152 kilomètres, s’arrêtant à 8 kilomètres au delà de Joigny. C’est à elle que revient la victoire.
- C’est un duc du système Kriéger portant à l’avant ses accumulateurs. Cette voiture est âc-
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- tionnée par ses roues directrices qui sont motrices en même temps, mais indépendamment l’une de l’autre.
- Le poids de la voiture sans les voyageurs était de 1.980 kilos dont 1.032 kilos d’accumulateurs. Avec les voyageurs, le poids total était de 2 140 ki* logrammes.
- La consommation totale a été de 81 watts-heure par tonne kilométrique.
- Le temps total du parcours a été de 9 h. 27 ce qui représente une vitesse moyenne d’un peu plus de 16 kilomètres à l’heure.
- Voulant prendre leur revanche MM. Bouquet et Garcin, en compagnie de noire confrère Georges Prade, sont partis mardi, à deux heures du matin, de la porte Dorée sur la voiture n° 2 qui était restée en panne jeudi dernier, voulaient essayer, sur la même route de Dijon, de battre le record établi par Kriéger.
- Tout a bien marché jusqu’à Villeneuve - la-Guyard, mais là une charrette a barré la route et un essieu a été faussé. C’était la panne finale.
- La tentative est donc à recommencer.
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- LE TOUR D’ANGLETERRE
- La course du Tour d’Angleterre, organisée par l’Automobile-Club de Grande Bretagne obtient le plus grand succès. 11 ne s’agit pas, dans cette épreuve, — dite épreuve des mille milles, — d’une course de vitesse, mais d’une course de résistance. L’itinéraire, qui touche un grand nombre de villes importantes, a été étudié fort intelligemment. Il ne comporte pas moins de 1.700 kilomètres, et passe par Bristol, Gloucester, Wor-cester, Birmingham, Manchester, Bolton, Lancaster, Carliste, Edimbourg, Newcastle, York, Leeds, Bradford, Lincoln, Nottingham, Leicester, Northampton et nombre d’autres villes.
- Parmi les concurrents deux voitures de Georges Richard, s’y sont fort bien comportées.
- On s’est réuni le 23 avril, à Hyde Park Corner, à 7 heures du matin et de là on s’est rendu à Hounslcw où le départ a été donné aux concurrents à trente secondes d’intervalle.
- La première journée de route s’est terminée à Bristol (190 kilomètres), passant par Colnbro ?k, Slough, Maidenhead, Reading, Calcott Park (résidence de M. Alfred Harmswoith qui prend part à l’épreuve et a invité tous ses compagnons de route à déjeuner) : Newbury, Hungerford, Malboroug, Chippenham et Bath.
- 38 véhicules ont accompli le parcours à la vitesse de 12 milles par heure autorisée par la loi. Ces 38 véhicules comprennent : 3 tricycles, 1 quadricycle, 8 voiturettes, 25 voitures à pét'ole et 1 voiturette à vapeur.
- Les voitures arrivées ont été exposées, pendant la journée du 24 avril, au Drill Hall de Bristol.
- Le mercredi 25 avril à 7 heures on est parti pour Birmingham, dans l’ordre d’arrivée à Bristol,
- les véhicules étant expédiés à trente secondes d’intervalle, La distance complète pour cette journée de marche est de 149 kilomètres, passant par Gloucester, Cheltenham (où une exposition de quelques heures a eu li.=u sous le patronage du maire de la ville), Worcester et Bromsgrove.
- Cinquante-cinq véhicules continuaient alors l’épreuve.
- A Cheltenham, la courte exposition de deux heures a été un succès et dans les principales villes du parcours, Gloucester, Worcester, Tewkesbury, les habitants étaient accourus en foule sur le passage des automobiles.
- Les cinquante-cinq véhicules étaient tous arrivés à Birmingham avant huit heures du soir.
- Le 26 avril, exposition au Bingley-Hall, de Birmingham.
- Le 27, départ de Birmingham à sept heures pour Manchester, par Burton-on-Trent, Derby, Matlock Batch et Buxton, en tout 164 kilomètres.
- Avant d’arriver à Buxton se trouve une côte longue de 4 500 mètres avec une pente moyenne de 47 millimètres par mètre qui atteint à certaines places 76 millimètres par mètre. Cette côte connue sous le nom de « Taddington Hill » était spécialement contrôlée pour connaître la AÛtesse de chaque véhicule de la base au sommet et formait le premier concours de côtes qui entrera en ligne de compte dans le classement final.
- La journée a été marquée par deux accidents matériels : une des voiturettes a cassé son axe de devant perdant ainsi sa chance pour cette épreuve dans laquelle elle avait si bien figuré jusqu’ici et une autre voiture a eu son volant de direction brisé près de Lichtfield.
- Dimanche dernier, repos. Le lendemain lundi départ pour Kendal, 118 kilomètres, et après l’arrivée, les concurrents se sont rendus à la côte de Shap Fell pour un second concours de côte non obligatoire.
- Ce concours est beaucoup plus dur que celui de la côte de Taddington, le parcours total est, en effet, de 13 kilomètres 800 avec une pente moyenne de 5 centimètres par mètre, mais atteignant à plusieurs endroits 10 centimètres par mètre.
- Le temps total de la base au sommet était chronométré, mais on en déduisait le temps mis à couvrir une descente longue de 500 mètres qui se trouve aux deux tiers du parcours et que les concurrents devaient descendre aussi doucement que possible afin de constituer un genre d’épreuve différent destiné à juger de l’efficacité des freins, la pente de cette descente est de 10 centimètres par mètre.
- (A suivre.)
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- LË HOMME AUTOMOBILE
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- Notre excellent confrère G. de Lafreté vient d’avoir une très bonne idée. Il est du reste coutumier du fait.
- Imitant la course anglaise des mille milles il
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- propose, dans le Vélo, d’organiser en France une épreuve du même genre. Ce serait un circuit de touristes qui passerait par Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Tours, retour à Paris, et dont le chef de file ferait régulièrement du 12 à l’heure dans les villes et du 30 à l’heure sur les grands chemins. Car il faudrait user — mais non abuser — du règlement actuellement en usage en France.
- Une aussi belle promenade, organisée avec soin ne manquerait pas d’attirer de nombreux adhérents. Ce serait une partie de plaisir et une occasion unique de visiter en détail notre beau pays.
- Des arrêts d’un ou plusieurs jours auraient lieu dans les grandes villes ; ils seraient employés à des expositions et à des excursions aux environs.
- Si le Vélo veut se charger de l’organisation ce seira certainement un grand succès.
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- LES COURSES
- Là nouvelle Société l’« Automobile-Club Bi-terrois » qui vient de se fonder à Béziers, fera courir le 4 juin, lendemain de la Pentecôte, trois coupes ;
- i# Une coupe pour voitures.
- 2°Unècoupe pour voiturettes.
- 30 Une coupe pour motocycles.
- Ces coupes prendront le nom de Coupes du Languedoc ; y pourront prendre part les coureurs de la province, propriétaires de machines
- Le Moto Club Biterrois prendra part à la bataille de fleurs qui doit se donner le 8 mai prochain, au profit des pauvres de Béziers.
- * *
- L’Automobile Club Bordelais et l’Automobile Club Périgourdin, les deux sociétés qui organisent Bordeaux-Périgueux n’ont pas abandonné l’idée de leur course. Ils continuent leurs préparatifs.
- Si l’autorisation leur est refusée, ils se rendront néanmoins à Périgueux, où ils tiendront un congrès de protestation où tous les amis du sport devront se donner rendez-vous.
- * *
- L’entraînement automobile a fait merveille, dimande dernier, au Vélodrome du parc des Princes. Grâce à lui Taylor a pu faire 62 kilomètres 313 mètres dans l’heure et Bouhours a fait les 100 kilomètres en 1 heure 39 minutes 13 s. 3/5.
- Cela a été une belle dégringolade de records.
- A propos de Béconnais. signalons une amusante faute d’impression, dans une réclame, qui nous informe que, dans la course Paris-Roubaix, Baras a fait du 98 à l’heure « entre Béconnais et Breteuil. »
- Evidemment Béconnais est mis là pour Beauvais, mais c’est drôle tout de même.
- * +
- Rien de décidé encore pour les trois critériums du Vélo qui sont provisoirement fixés aux dates suivantes :
- Critérium des motocycles : Jeudi, 10 mai.
- Critérium des voiturettes : Jeudi, 17 mai.
- Critérium des motocyclettes: Jeudi 31 mai.
- Le sort de ces trois épreuves est, dès à présent, dans les mains de MM. les préfets de Seine-et-Oise et d’Eure-et-Loir, avec référence au ministère de l’intérieur.
- Espérons que ces trois intéressantes épreuves seront autorisées.
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- *
- Au Vélodrome de Lille, dimanche dernier, succès pour la course de 100 kilomètres à motocycles, première du genre.
- Temps très beau. Six motocyclistes au départ : Béconnais, Rigal, Osmont, Baras, Fossier et ï>a-thiat. Béconnais, victime d’un accident dans les dix derniers kilomètres du parcours, a été battu par Bathiat, bien que ce dernier n’eût qu’un moteur de deux chevaux trois quarts. Fossier a tenu la tète jusqu’au 45e kilomètre. A partir de ce moment, il a roulé presque sur la jante.
- Les temps sont : Bathiat, 1 h. 53 m. 44 s. et Béconnais, 1 h. 58 m. 22 s.
- *
- * *
- L’automobile-Club Anversois organise, pour le dimanche 6 mai, une course du kilomètre.
- Cette épreuve comprendra six catégories :
- 1. Tricycles; 2. Voiturettes au-dessous de 230 kilos; 3. Voiturettes pesant moins de 400 kilos et plus de 250 kilos ; 4. Voitures de plus de 400 kilos, munies d’un moteur de moins de 10 chevaux : 5. Voitures de plus de 400 kilos, munies d’un moteur de plus de 10 chevaux : 6. Voiturettes et voitures électriques ; 7. Voiturettes e* voitures à vapeur.
- Adresser les engagements, pour le Ier mai, à minuit, à M. R. Geelhand de la Bistrade, 99, rue de la Province (Sud), Anvers.
- * •¥•
- Un temps superbe a favorisé samedi dernier la course d’automobiles Turin-Asti dont le départ a été donné à Moncalieri. La course comprenait 30 kilomètres de route passable. Gasté a enlevé l’épreuve couvrant les 50 kilomètres en 51 minutes, battant le record de six minutes.
- Voici le classement par catégories :
- Motocycles. — 1. Gasté, en 51 m. 12 s. ; 2. Caf-farati, en 57 m. 49 s. : 3. Biscaretti, en 58 m. 19 s.
- Quadricycles. — 1. Marnier, en 1 h. 30 m. 22 s. ; 2 Quini, en 1 h. 53 m. 31 s.
- Voiturettes. — 1. Vercellone, en 1 h. 35 m. 39 s. ; 2. Poggio, en 1 h. 9 m. 41 s.; 3. Siegfried, en 1 h. 59 m. 28 s.
- Voitures à deux places. — 1. Castore, en 1 h. 37 s. ; 2. Chauchard, 1 h. 2 m. 17 s.; 3 Brunetta, 1 h. 19 m. 2 s.
- Organisation parfaite. Grand succès le dimanche, pour le corso et l’exposition.
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- Exposition Universelle de 1900
- Concours internationaux de bateaux automobiles
- Parmi les concours de sport qui ont été institués par le Ministère du commerce à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, l’un des plus intéressants sera celui qui a été réservé aux bateaux de petite dimension à moteurs mécaniques, assimilés avec raison à l’automobilisme terrestre ; les grands progrès récemment faits dans la construction des machines puissantes sous un faible volume, progrès dus incontestablement à l’industrie des automobiles, ont leur application toute naturelle dans les embarcations, et il n’est pas étonnant dès lors que l’administration de l’Exposition ait songé à faire à celles-ci une large place dans les programmes qu’elle a élaborés avec le concours des personnalités les plus autorisées dans chaque genre de sport.
- Pour le concours international de bateaux à moteurs mécaniques, c’est l’Hélice Club de France qui s’est chargé de l’organiser et de le diriger. Ce concours aura lieu le 23 et le 24 juin, sur la Seine, dans le bassin d’Argenteuil, l’un des plus profonds, des p us larges, et des mieux appropriés à une course de ce genre, et que sa proximité de Paris a fait choisir avec raison par le comité de l’Hélice-C!ub.
- Les prix à distribuer comportent une somme de 25 000 francs et des objets d’art à répartir entre quatre séries de bateaux classés suivant leur longueur, jusqu’au maximum de 15 mètres.
- Tous les modes de propulsion mécanique seront admis, ce qui permettra de juger les mérites respectifs des divers systèmes antagonistes, voile, pétrole, vapeur, et les concurrents de toutes les nations pourront prendre part à ce concours, qui aura ainsi, à tous égards, un caractère exceptionnel.
- Déjà, plusieurs compétiteurs étrangers se sont fait inscrire, et les deux journées promettent d’être particulièrement intéressantes et instructives.
- Voici un aperçu du programme :
- Le seul facteur de classement des bateaux sera la longueur mesurée de bout en bout entre perpendiculaires, non compris le gouvernail, à moins qu’il ne soit propulseur; ils seront divisés en quatre séries, savoir :
- Première série. — Jusqu’à 6m50 inclusivement.
- Deuxieme série. — De 6m50 à 8 mètres inclusivement.
- Troisième série. — De 8 mètres à 10 mètres inclusivement.
- Quatrième série. — De 10 mètres à 15 mètres inclusivement.
- Dans chaque série, les bateaux à moteurs divers courent ensemble, néanmoins, une prime est accordée au premier arrivant des bateaux munis de moteurs de types différents (à vapeur, essence, pétrole, électriques, etc.).
- Il ne sei’a accordé aucune allégeance ni rendement de temps, les bateaux courant à égalité, cha-
- cun dans la série à laquelle il appartient par son classement :
- Première journée, samedi 23 juin 1900, course de fond ;
- Première série (50 kilomètres environ), — 1er, 1.500 fr.; 2®, 1.100 fr.; 3®, 600 fr. — Prime au T'arrivé, de chaque type de moteur :
- Deuxième série (50 kilomètres). — l"', 1.600 fr ; 2% 1.200 fr.; 3®, 700 fr: — Prime pour chaque type de moteur, 300 fr.
- Troisième série (60 kilomètres). — 1er, 2.000 fr.; 2e, 1.500 fr.; 3a 700 fr. — Prime pour chaque type de moteur, 300 fr.
- Quatrième série (72 kilomètres). — 1er, 2.500 fr.; 2’. 1.800 fr., 3®, 1.000 fr. — Prime pour chaque type de moteur, 400 fr.
- Deuxième journée, dimanche 24 juin 1900, course de vitesse.
- Première série (15 kilomètres environ), - l*r, 300 fr.; 2e 200 fr.; 3®, 100 fr. — Prime à chaque type de moteur, 50 fr.
- Deuxième série (15 kilomètres). — lor,; 400 fr. 2®, 300 fr.; 3® 200 fr. — Prime, 60 fr.
- Troisième série (20 kilomètres). — l®r, 500 fr.; 2®, 400 fr.; 3% 300 fr. — Prime, 70 fr.
- Quatrième série (24 kilomètres). — 1er, 600 fr.; 2e, 500 fr.; 3% 400 fr. — Prime, 90 fr.
- Entrées pour chaque bateau : lre série, 10 fr.; 2° et 3® séries, 15 fr.; 4e série, 20 fr.
- Les prix de la première journée sont en espèces : Les lauréats pourront néanmoins obtenir la plaquette des sports de l’Exposition en déduction de leurs prix en espèces pour la valeur suivante : plaquette or, 500 fr. ; vermeil, 30 fr.; argent, 20 fr. ; bronze argenté, 5 fr. ; bronze, 3 fr.
- Les prix de la deuxième journée consistent en médailles (plaquettes de l’Exposition et objets d’art.
- A titre de souvenir des courses internationales de l’Exposition, il sera attribué aux concurrents qui n’auront pas obtenu de récompense une médaille commémorative.
- La répartition des prix pourra être modifiée par le Comité d’organisation, si le nombre des bateaux inscrits dans une série plutôt que dans une autre nécessite un virement d’une série à l’autre.
- Le règlement appliqué sera celui de l’Hélice-Club de France.
- Les engagements devront être envoyés avant le 15 juin 1900, dernier délai, à M. G. Paillard, président de l’Hélice-Club de France, rue Charles-Laffitte, 75, à Neuilly-sur-Seine.
- Le jury du concours sera composé de membres français et étrangers. Il sera nommé par le Com missaire général de l’Exposition universelle de 1900 sur la proposition du Directeur général de l’Exploitation, après avis du Comité d’organisation. Les décisions du jury seront sans appel.
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- Nous avons reçu de M. Cerisier, et de son associé M. Raymond, membre-fondateur de l’Automobile-Club une invitation à assister à l’ouverture du restaurant dont ils sont concessionnaires, dans l’annexe de Vincennes, au bord du Lac Daumesnil, en face du Palais de l’Automobile et qu’ils ont dénommé Café-
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- Restaurant de l’Automobile et des Sports.
- L’inauguration doit avoir lieu dimanche 6 mai’. Une salle spéciale sera journellement réservée aux Membres de l’Automobile-Club ; prix et menu du Cercle ; grand confortable ; terrasse splendide ; consommations de premier choix.
- Nous ne doutons pas de l’empressement de nos collègues à profiter de cette facilité qui leur est offerte, de retrouver à Vincennes, le service auquel ils sont habitués place de la Concorde, après avoir traité tout à leur aise leur affaires d’automobile ou de sport.
- Pour le public, repas à partir de 3 fr. 50 et à la carte.
- R. V.
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- Les voitures-automobiles de province ou de l’étranger qui seront engagées aux cou ses et concours de l’Exposition de 1900 jouiront, pour leur transport à Paris sur les réseaux français, d’une réduction de 50 0/0 dans les conditions suivantes :
- Les voitures seront transportées, à l’aller, aux prix pleins des tarifs et seront ramenées gratuitement à leur point de départ dans le délai de quinze jours après la course à laquelle elles auront pris part, sous la condition que les expéditeurs présenteront au moment du retour :
- i° Le récépissé constatant que les voitures à réexpédier ont été transportées aux prix pleins des tarifs à l’aller et que la Compagnie a néanmoins été déchargée de toute responsabilité.
- 2° Le bulletin d’admission aux courses et concours des objets à réexpédier au retour; la Compagnie devra également être exonérée de toute responsabilité.
- Y *
- Les Exposants sont informés qu’ils peuvent se faire délivrer par le préfet de la Seine, conformément aux dispositions de la loi du 23 mai 1868, ' des certificats descriptifs des objets déposés.
- Ces certificats assurent à ceux qui les obtiennent les mêmes droits que leur conférerait un brevet d’invention ou un dépôt légal de dessin de fabrique, à dater du jour de l’admission jusqu’à la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’Exposition, sans préjudice, du brevet qu’ils peuvent prendre ou du dépôt qu’ils peuvent opérer avant l’expiration de ce terme.
- Chaque demande doit être accompagnée d’une description exacte de l’objet et, s’il y a lieu, d’un plan ou d’un dessin; les intéressés doivent, en outre, justifier que l’objet pour lequel ils demandent un certificat a été admis dans l’enceinte de l’Exposition.
- Les demandes doivent être faites au plus tard dans le premier mois de l’ouverture de l’Exposition, c’est-à-dire avant le 15 mai 1900, l’ouverture de l’Exposition devant avoir lieu le 15 avril.
- La délivrance des certificats est gratuite.
- * *
- Nous avons donné le programme du concours de tourisme dont le centre sera dans l’Exposition de Yineennesi
- Ce concours qui se déroulera du 14 au 19 mai, sera clôturé le dimanche 20 mai par une grande fête sportive, donnée par le Conseil municipal, et qui sera la première fête doivée à Vincennes.
- La fête comprendra la distribut on des récompenses aux voitures du concours de tourisme, et une grande fête spor ive, ave- courses, sur la piste du tour du lac Daumesnil.
- C’est par la fête sportive qu’on commencera, puis viendront des attractions diverses, ’e défilé des voitures du concours, un défilé de voitures fleuries, etc...
- Le programme complet de la fête sera définitivement arrêté mercredi.
- Les inscriptions pour le concours de tourisme sont reçues à l’Automobile-Club accompagnées du droit d’enrrée fixé à 100 francs jusqu’à mardi.
- Passé cette date le droit d’entrée sera porté à 200 francs. Le concours est ouvert à tous les chauffeurs sans distinction.
- Le concours portera sur les points suivants : élégance, confortable, facilité de direction, consommât'on; en un mot, toutes les qualités de la voiture de tourisme.
- A travers la Presse
- Paul de Cassagnac fulmine contre lhutomobile dans VAutorité. Voici un extrait de son virulent article :
- Los véhicules nouveaux, rendent les routes de France plus périlleuses aux voyageurs qui s’y risquent encore, que les gorges célèbres jadis, des Abruzzes ou les sommets inhospitaliers de la Slerra-Morena.
- L’automobile a remplacé avantageusement le tromblon de Fra Diavolo.
- Et si les <? chauffards », comme on les appelle, ne vont pas jusqu’à vous prendre votre montre ou votre bourse, — ce à quoi se bornaient le? bi igand t bien élevés à qui l’on a fait les honneurs de l’opéra-comique, — ils sont infiniment plus impitoyable ; et vous abandonnent froidement, sans secours, au coin d’une borne kilométrique, adossé au las co cailloux, api’ès vous avoir mis en marmelade.
- De telle façon que les grands chemins, connus et entretenus par les contribuables sous le vocable ^sonore de « routes nationales », peuvent rivaliser avec les anciennes sentes de la forêt de Bondy, pour les surprises désagréables.
- Avoir échappé, comme piéton, aux automobiles en délire de charbon ou en ivresso de pétrole, « constituera, plus tard, un droit à une pension et équivaudra à avoir fait « campagne ».
- Chaque jour amène sa demi-douzaine d’accidents et voit diminuer la sécurité de la voie publique.
- Un de plus à la collection.
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- Le Petit Journal continue à taper tous les matins sur l’industrie automobile.
- Le Vélo qui contait bien la maison, et peur cause, prétend que c’est parce que les constructeurs d’automobiles seraient sceptiques sur i’uti-
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- lié qu’il y aurait pour eux à f_iiro de la publicité d ans le Petit Journ.il.
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- Dans le Vélo, dimanche dernier, excellent article d Ernest Archiéacon qui, avec l'a et mté que lai do me sa longue pratique des chevaux, dit des chose; t ort senne; au sujet des mesure; administratives maladroi es prises co.treles chauffeurs.
- La véritable persécution que M Lépine vient d’organiser contre les chauffeurs avec ses agents cyclistes omble maintenant la mesure et montre que cet éminent préfet de police possède le même doigté pour gouverner les Parisiens que celui qu’il eut jadis comme gouverneur généial do l’Algérie, et qui lui valut dans ce beau pays un si joli succès.
- Les mesures prises par une administration igno-ran'octbôte n’ont été nullement inspirées par lo souci justifié do la sécurité des citoyens, mais par les cria llerics imbéciles de quelques plumitifs en mal de copie.
- Pour que vos cris d’orfraie eussent quelque raison d’être, il faudrait que vous établissiez netto-m mt ce faic que pour le pourcentage des accidents pur voitures automobiles et par voitures hiopo-laobilcs circulant enFrancc soit beaucoup plus fort dans le premier cas que dans le second.
- Tant que vous n’aurez pas démontré cela, toutes vos persécution; spéciales aux chauffeurs seront aussi iniques que stupides.
- Si vous voulez dresser, sur ce point intéressant uno statistique sérieuse, je parie ma tête qu’elle sera entièrement au détriment du cheval, malgré la vitesse plus grande réellement réalisée par les automobiles.
- Avant de légiférer, il fallait vous renseigner, il ‘allait expérimenter : mais vous étiez bien trop arriérés ou trop nonchalantspour lo faire.
- Vous aviez deux questions capitales à résoudre qui étaient absolument enfantines, vous ne vous les êtes seulement jamais posées :
- 1» — Sur quelle distance minimum uno automobile lancée à une vitesse x peut-elle être arrêtée ?
- 2° — Quel angle do route maximum une voiture automobde peut-elle faire, toujours à une vitesse déterminée ?
- La France est aujourd'hui, c’est incontestable, la première nation du monde au point de vueautomo-bile. Elle doit cette supériorité à deux choses avant tout.
- 1° Au libéralisme et à la tolérance que l'administration avait tout d’abord montrés à l’égard de ces nouveaux véhicules.
- 2° Aux courses sur routes extraordinaires qui ont été réa'isées.
- Ces deux facteurs ont excité chez les constructeurs une émulation prodigieuse, et ont fait voir au grand public l’avenir prodigieux «le cette nouvelle in-duslrie.
- Une fois « par hasard » l’administration s’était montrée intelligente : un tel état de choses ne pouvait pas durer; il fallait qu’elle se mît à rétrograder et à devenir aussi vexatoire qu’elle avait été d’abord libérale.
- L’industrie automobile, même avant de naître en France, était déjà effroyablement handicapée vis-à-vis de l’étranger à cause des droits absurdes qui grèvent le pétrole dans notre beau pays. Grâce à
- cos droits, en effet la « nourriture» des automobiles à pétrole est infiniment plus chère que celle des chevaux, ce qui condamne d’avance à la déconfiture toute entreprise publique qui voudrait employer ce mode de traction.
- Malgré cela, jusqu’à nouvel ordre nons tenons toujours de 1res loin la tête.
- Mais les nouvelles persécutions organisées contre nous sont le dernier coup, et malgré l’avance considérable par nous prise, je ne doute pas que d’ici trois ans l’Amérique et l’Allemagne nous auront dépassés sur tous les points.
- Là, comme dans beaucoup d’autres cas, l’activité et l’intelligence des citoyens auront été entièrement paraly éss parla stupidité de l’administration française.
- Paver des milliers do gratte-papier à des besognes inutiles dans le seul but de dilapider l’argent des contribuables, mobiliser des milliers d’agents dans Paris pour y empêcher complètement la circu-laiion au lieu de la facililer, voilà tout ce que notre belle administration sait faire.
- Je l’ai dit et je le répète: si ces vexations et ces prohibitions injustifiables continuent en France, notre industrie automobile est fichue... au profit de l’étranger.
- Il est impossible de mieux dire et nous regrettons de re pouvoir faute de place, reproduire en entier l’intéressant article de notre collègue Archdéacon.
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- Dans le Chauffeur M. R. Sainton apprécie très justement les inconvénients de la suppression des courses,
- Si on persiste à interdire les courses, nous aurons de belles expositions, des exhibitions où il viendra quand môme du monde mais d’où le public sortira en disant, avec juste raison : « Tout cela est très joli, mais qui sait si ça marche ? »
- Non, nous voulons espérer qu’il n’y a eu là qu’une crise favorisée, ceut être, par certaines exagérations, par beaucoup d’imprudences. Mais en réfléchissant un peu en verra que des courses sérieusement réglementées, faites d vant un public prévenu et prudent, ne sont peut être pas aussi dangereuses que cela, et je serais volontiers de l’avis de Béconnais, disant à ce propos : « J’ai fait du 80 à l’heure sur routes, en motocycle, et j’ai fait de la bicyclette, tranquillement, dans Paris, et j’ai conscience d’ètre beaucoup plus dangereux dans le second cas que dans le premier.
- C’est la sagesse même. C’est peut-être pour cela que l’administration met si longtemps à le comprendre.
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- Tribune Libre
- Paris, 24 avril 1900.
- Messieurs les Directeurs de la Locomo!' m Automobile.
- L’interdiction des courses dans Seine-et-Oise fait jeter des cris de désespoirdans le monde des courses et dos journaux de sport nous annoncent que c’esf purement et simplement la mort de l’industrie hou-
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- velle que le préfet vient de décréter d’un trait de plume — d’autre part, la presse, en général, est déchaînée contre les abus de vitesse qui se pratiquent un peu partout.
- Il est indéniable qne les courses ont fait à l’automobile une grosse réclame et qu’elles ont prouvé, grâce au sang-froid et à l’habileté de quelques chauffeurs qu’un véhicule automobile était incomparablement plus vile et plus maniable qu’un cheval. Mais tous ces records ont abouti à la création de véhicules de courses, bien spéciaux, sur lesquels on augmente constamment la force des moteurs, sans se préoccuper de leur prix ni de leur consommation et q' i ne sont par cela même accessibles qu’à un petit nombre d’individus. Et les vitesses sont devenues telles dans ces derniers temps que de terribles catastrophes étaient imminentes et que la suppression des courses sur routes sera un véritable soulagement pour tout le monde. L’avis de Charron est à retenir, qui avoue franchement dans une interview du Vélo que cela lui sauve la vie.
- Donc, tout est bien qui finit bien et on va être forçé de s’occuper de la question à un tout autre point de vue — on ne fera plus de courses mais des concours, des critériums - dont les enseignements seront autrement profitables : on s’occupera enfin de consommation et on fixera un maximum de vitesse. On s’apercevra alors du gaspillage fantastique d’essence du moteur actuel. Il faudra faire immédiatement l’inverse de ce qui se fait actuellement. On réduira le nombre des poncelets, on perfectionnera les changements de vitesse, les carburateurs et surtout les moteurs eux-mèmes.
- Les formules d’allégeance n’ayant pu être appliquées à cause de leur complication, on fera sans l’emploi d’aucune formule, d^s concours de consommation d’essence mais avec certaines conditions de vitesse et de catégories qui les ramèneront très simplement à l’équivalent d’une formule d’allégeance .
- Exemple :
- Entre Paris et la ville de X distante de 50 kilomètres est institué un concours de consommation d’essence :
- lre catégorie. — Véhicules d’un poids au-dessous de A kilos ;
- 2e catégorie. — Véhicules d’un poids au-dessous de A à B kilos;
- 3* catégorie. — Véhicules d’un poids au-dessous de B à G kilos.
- Le minimum de vitesse moyenne est fixée à 25 kilomètres à l’heure.
- Les voitures devront donc être arrivées à X 6 heures après où le contrôle consistera à constater la consommation d’essence de chaque voiture pendant le parcours. Cela n’est pas plus compliqué ni plus impossible que de faire d^s déductions de traversées de villes ou des temps périmés ou de passer à l’octroi.
- La voiture qui dans sa catégorie a consommé le moins d’essence est classée lre et ainsi de suite.
- Les résistances augmentant avec la vitesse, il est évident que les chauffeurs auront intérêt à ne pas faire de vitesse supérieure à celle nécessaire pour arriver dans le temps fixé — le 98 à l’heure ne sera plus de saison — mais l’habileté du guidon qui prime tout avec les 24 chevaux deviendra insignifiante et il faudra savoir surtout se servir du carburateur du changement de vitesse et profiter des descentes à bon escient. C’est donc tout autre chose et qui profitera à un bien plus grand nombre d’intéressés.
- Le chauffeur sera donc pris entre un minimum -de vitesse et un minimum de consommation d’es-
- sence qui mieux que tout empêchera la célérité. — Le concours ressemblera davantage à une promenade de gens raisonnables qu’à une échappée dé monstres apocalyptiques semant la terreur dans les campagnes. On aura mieux le temps de voir les voitures et de les estimer.
- La vitesse moyenne de 25 kilomètres, qui est prise comme exemple est entre le 20 à l’heure autorisé pour les villes et le 30 autorisé pour les campagnes ce qui implique que des différentes vitesses resteraient vraisemblablement dans les limites maximum de la loi du 10 avril 1899.
- Tous les gens qui veulent faire de l’automobile d’une façon pratique n’en demandent pas plus et grâce aux courses de vitesses ils attendent encore le véhicule d’un prix abordable de faible poids et de faible consommation qui pourrait leur être réellement utile.
- Veuillez excuser, Monsieur, la longueur de cetfe lettre, mais j’ai pensé que la « Locomotion Automobile » qui a toujours combattu les courses de vitesse et qui a réussi à faire le concours de moteurs pourrait bien s’intéresser à un genre de concours qu’on *pourrait appeler (des deux minimums) et en faire l’essai.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- E. BERTEAU,
- 2, rue Théophile-Gautier.
- LA FABRICATION DES PNEUS
- (Suite, voir les nm‘ 14 et 17)
- Les moules. — Ces enveloppes sont fabriquées et cuites dans des moules particuliers. Chaque pneumatique est fait à part dans un moule. Ces moules sont en fonte et se composent de deux pièces :
- 1° Une sorte de moule à gaufre creux ;
- 2° Une seconde pièce dite « noyau », pleine, indépendante et qu’on peut loger dans la première.
- Fig. 17. — Moule pour enveloppes.
- Le noyau est une sorte de roue à trois ou quatre rayons, toute en fonte, le centre est percé, comme un moyeu plat, d’un trou qui permet de l’emmancher sur un pivot, et de faire tourner la roue dans un plan vertical. Le cercle de cette roue est arrondi, à coupe oblongue et à surface lisse
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- Fig. 18. — Fabrication au bandage.
- C’est sur ce noyau qu’on assemble les pièces de 'enveloppe, et c’est dans le moule à gaufre et sur ce noyau qu’on la cuit.
- Fig. 20. — Cuisson en autoclaves.
- L’ouvrier articule d’abord le noyau sur un côté de son établi. Il pose directement sur la surface lisse et arrondie une première bande de toile
- gommée qui enveloppe toute l’épaisseur du cercle de fonte et le dépasse même un peu. U confectionne ensuite les bourrelets. L’enveloppe pneumatique s’assujettit solidement à la jante par deux bourrelets circulaires latéraux, saillants et résistants, qui s’engagent dans des cannelures correspondantes que porte la jante. Sur la première toile, l’ouvrier applique donc de chaque côté un gros cordon de caoutchouc spécial, dur et peu élastique, cordon lo-sangique à faces de 8 à 12 millimètres, et il le recouvre en repliant sur lui le bord de la bande qui dépasse l’épaisseur du noyau.
- Une fois 1 bourrelets étalés, l’ouvrier applique successivement l’une sur l’autre des bandes de caoutchouc et de toile gommée.
- Dans les grands pneus de voitures, il y a quatre épaisseurs de to les unies par des bandes de caoutchouc. Le tout est recouvert de larges bandes de caoutchouc. L’enveloppe du pneumatique est ainsi achevée. Il ne reste plus qu’à la vulcaniser, c’est-à-dire à la cuire.
- La vulcanisation suppose, bien entendu, le mélange préalable du soufre au caoutchouc. L’exposition à la chaleur, la cuisson, ne f$.jt qu’achever cette opération, mais en langage usuel vp.jq^fliser signifie me tre et laisser au four.
- Sur une table, une moitié du moule à gaufre est couchée horizontalement. On y place le noyau garni de l’enveloppe pneumatique. Si celle-ci a été bien fabriquée, elle doit s’insérer exactement aux moulures intérieures du moule creux. On recouvre ay€$ la moitié supérieure du moule formant couyepelé-, dans laquelle la moitié supérieure de l'enveloppe
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- doit également s’adapter avec exactitude ; puis on serre avec des écrous.
- Cuisson. — Le caoutchouc doit être vulcanisé sous pression ; il faut donc que les moules soient fermés par force.
- On les comprime et on les cuit à la fois avec des presses hydrauliques spéciales.
- Ces presses reçoivent à la fois plusieurs moules séparés par des plaques creuses chauffées à la vapeur, qui leur communiqueront leur température par contact.
- Fig. 19. — Presse à cuire les bandages.
- La pile constituée par les plateaux et les moules superposés est comprimée d’un seul effort par le piston R, qui s’élève et se rapproche du plateau supérieur de la presse hydraulique.
- Ou bien encore, on obtient le serrage à l’aide d’écrous, et on enfourne les moules bien fermés. Les fours ou autoclaves sont de grands cylindres métalliques munis d’une porte, isolés de tout contact, semblables à d’énormes tuyaux. Des courants de vapeur circulent dans leurs doubles parois et les chauffent.
- Les moules restent en cuisson, soit sous presse, soit dans les fours pendant une durée et à une température que nous vous demanderons la permission de ne pas dire, car on les tient secrètes.
- {A suivre) Gaston SENCIER.
- Notre exc'dbmt confrère la Nature nous apprend que le représentant des Etats-Unis en Suède signa e l'intérêt qu’il y aurait pour les fabricants de voitures automobiles, à chercher à pénétrer le marché suédois : il est ' convaincu qu’on y trouverait
- une nombreuse et importante clientèle. Des loueurs de voitures ont été récemment à Berlin pour juger des automobiles qu’on y pouvait acheter, mais il faut dire qu’ils n’ont été nullement satisfaits, reprochant notamment aux électromobiles leur inaptitude à tourner dans un faible rayon et aussi leur manque de force motrice pour sortir d’une route où les roues enfonceraient quelque peu dans du sable. D’ailleurs les entrepreneurs de transport du pays veulent, avant tout, des voitures à deux places, et ils tiennent à les essayer gratuitement. Actuellement on peut citer, comme représentant l’automobilisme en Suède, un motoeycle et une automobile à pétrole de fabrication française à Gothenbourg, ot une automobile américaine à Stockholm.
- — Le sous-marin le Morse, construit à Cherbourg sous la surveillance de l’ingénieur de la marine, Romazotti, vient d’étre admis définitivement. Les essais ont donné une vitesse maxima à la surface de 12 nœuds 3. Le Morse a, à la surface, un rayon d’aclion de 150 milles à une vitesse de 5 nœuds 5 et de 174 milles à 4 nœuds 9. La rapidité de plongée est de 4 minutes; la stabilité en position do plongée est parfaite, la vision au moyen de l’appareil optique est très satisfante; la rapidité d’évolution, 14 minutes, et la longueur du rayon de giration de 250 mètres ne donnent pas toute satisfaction.
- Le Morse est entré en armement définitif le 17 avril, sous le commandement de MV le lieutenant de vaisseau Terrin.
- — En dépit des avantages considérables que donne le nickelage, il ne faut pas croire que les surfaces traitées suivant ce procédé demeurent immaculées, et ne se laissent pas attaquer plus ou moins par une foule d’agents qui les salissent et les ternissent. Il est donc bon de posséder une recette pour nettoyer les objets nickelés : nous supposons du reste qu’il s’agit d’objets ou d’ustensiles d’assez faibles dimensions pour qu’on puisse les immerger aisément dans le bain que nous allons indiquer.
- Pendant une nuit on les laisse tremper dans une solution de chlorure d’étain ou de chlorure de zinc, solution qui doit être préparée avec de l’eau distillée. Il suffit ensuite de les laver à l’eau courante et de les essuyer, pour les frotter finalement, énergiquement, avec une peau de chamois.
- SOCIÉTÉS
- — Assemblée générale ordinaire annuelle des actionnaires de la Compagnie Internationale des Transports automobiles au siège social, 56, rue de la Victoire, le samedi 26 mai 1900.
- Ordre du jour : Rapport du Conseil, démission d’un administrateur, nomination de commissaires.
- — Adjudication le lundi 14 mai 1900, à 1 heure, en l’étude de M° Edouard Lefebvre, notaire à Paris 69, boulevard Haussmann, des brevets dépendant de la liquidation de la Société de Traction Electrique, système J. J. Heilmann.
- — Formation de la Société A. Vilain frères capital 160.000, siège à Paris, 23, rue de l’Atlas, pour la fabrication et la vente des voitures automobiles.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. RESMAREiS, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Scine,
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- Septième Année. — N° 19.
- 10 Mai 1800
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- ABONNEMENTS
- LE NUMÉRO
- France, Un An, 15 Fr.; Étranger, 20 Fr. ' 50 Centimes
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde 4 — Paris
- Raoul VUILEEMOT, Directeur-Administrateur
- SOMMAIRE du NJ 13
- Assemblée générale.
- La guerre aux chauffeurs. — Gaston Seneier. Echos
- La voiture Mees. — G. D.
- Les voitures américaines.
- Le Tour d’Angleterre.
- La Fête de Bruxelles.
- La Critérium Liégeois.
- Les Courses.
- Touring-Club.
- Exposition.
- Les Tribunaux : En cour martiale.
- Les Sociétés: La Finance aulomobile.
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- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- L’assemblée générale annuelle de l'Auto-mobile-Club de France — Société d’Encou-ragement, — aura lieu, comme nous l’avons annoncé dans notre dernier numéro, le 29 mai prochain, à 4 h. Ij2 du soir.
- De quoi s’agit-il au juste ? Est-ce de l’Automobile-Club, est-ce de la Société d’En-couragement V c’est ce que la lettre d’avis oublie de mentionner. Que l’Automobile-Club et la Société d’Encouragement tiennent leur assemblée générale l’un après l’autre le même jour ou à des jours différents, peu importe. L’essentiel est qu’ils aient chacun leur assemblée générale. Ils y sont en effet formellement obligés par leurs statuts puisque l’Automobile-Club et la Société d’Encouragement sont des êtres distincts au point de vue légal, qu’ils ont des statuts distincts et que ces statuts prévoient une assemblée générale annuelle pour chacune des deux associations.
- Quoi qu’il en soit l’assemblée générale de l’Automobile-club de France, — Société d’Encouragement, — telle qu'elle est annoncée pour le 29 Mai, prévoit l'ordre du jour suivant :
- 1° Allocution du Président :
- 2° Rapport du Trésorier sur les comptes de l’Exercice 1899;
- 3° Adoption des comptes 1899;
- 4° Budget de 1900 ;
- 5° Ratification de la nomination des nouveaux Membres du Comité.
- C’est tout et on n’en sortira pas, parce qu’il est impossible d'en sortir.
- Les gens malins qui ont rédigé les statuts des deux sociétés ont en effet prévu le cas où quelques gêneurs, — recrutés parmi ces esprits étroits qui ne comprennent pas que le seul rôle des membres d’un cercle ou d’une association est de payer leur cotisation, — voudraient prendre la parole à l’assemblée générale et ils ont pris leurs précautions en conséquence.
- L’article 20 des statuts de la Société d’Encouragement dit, en effet, que « les « membres de la Société qui désireraient « faire porter une proposition à l’ordre du « jour de l’assemblée générale doivent en « envoyer le texte et les motifs à l’appui,
- « signés par le vingtième au moins des « membres de la Société, trente jours à « l'avance, au Président qui en donne com-« munication au Comité pour la porter à « l’ordre du jour. »
- Le même article 20 des statuts stipule, du reste, un peu plus haut, qu’aucune question autre que celles portées â l’ordre du jour ne peut être discutée par l’assemblée générale.
- Cela étant, les choses, cette année du moins, se passent d’une façon bien simple: les lettres et avis de convocation à rassemblée générale sont datés du 1er Mai et la convocation est faite pour le 29 du même mois.
- Ces lettres n’arrivent du reste aux sociétaires que le 4 Mai. Enfoncés les gêneurs.
- S’ils veulent prendre la parole à l’assemblée générale on leur fermera la bouche. Il fallait s’y prendre trente jours à l’avance.
- — Mais, on ne nous a prévenus qu’il y a vingt cinq jours.
- — Tant pis pour vous.
- Il est vrai qu’il reste aux mécontents, — s’il y en a, ce que nous ignorons, — une ressource qui semble à première vue pouvoir leur être d’un certain secours, mais qui est en réalité plus qu’illusoire.
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- L’article 21 des statuts de l’Automobile-Club, dit que le Comité est tenu de convoquer une assemblée générale extraordinaire sur une demande motivée adressée au Président, trente jours au moins à l’avance et portant les signaturés du vingtième au moins des membres du Club. Le même article 21 ajoute, il est vrai, qu’aucune question en dehors de celles portées à l’ordre du jour ne peut être introduite devant les assemblées générales extraordinaires et que, pour la validité d’une assemblée générale extraordinaire, la présence du dixième au moins des membres du Club est nécessaire. Autant dire que toute assemblée générale extraordinaire est impossible.
- On voit qu’en pratique les grincheux sont complètement désarmés, aussi bien dans les assemblées extraordinaires, aussi bien à l’Automobile-Club qu’à la Société d’Encou-ragement.
- Pauvrés grincheux ! Ils ne connaissent pas leur bonheur.
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- LA GUERRE AUX CHAUFFEURS
- La guerre aux chauffeurs continue, toujours aussi maladroite. Certes notre journal n’a jamais approuvé les excès de vitesse commis dans les rues de Paris par un certain nombre d’écervelés, mais nous ne pouvons que blâmer les mesures brutales et arbitraires que l’Administration prend maintenant à tort et à travers. On verra plus loin, à notre rubrique : tribunaux, que les condamnations à la prison et à l’amende pleuvent comme grêle sur d’infortunés propriétaires de voitures automobiles dont beaucoup n’étaient aucunement en contravention avec les règlements qui nous régissent.
- Les tribunaux de simple police condamnent les concurrents de Paris-Roubaix qui n’ont commis d’autre crime que de participer à une course d’automobiles autorisée par les autorités compétentes. Ils condamnent les chauffeurs paisibles qu’un agent déclare avoir vu marcher trop vite sans pouvoir, et pour cause, spécifier quelle était leur vitesse.
- Or le déret du io mars 1899, — décret qu’il eût suffi d’appliquer avec modération, — est d’une excessive clarté. Rappelons-en les principaux articles.
- Art. 11. — Nul ne pourra conduire une automobile s’il n’est porteur d’un certificat de capacité délivré par le préfet du département de sa
- résidence, sur l’avis favorable du service des mines.
- Un certificat de capacité spéciale sera institué pour les conducteurs de motocycles d’un poids inférieur à 150 kilogs.
- Art. 12. — Le conducteur d’une automobile sera tenu de présenter à toute réquisition de l’autorité compétente ;
- i° Son certificat de capacité;
- 20 Le récépissé de déclara'ion du véhicule.
- Art. 14. — Le conducteur de l’automobile devra rester constamment maître de sa vitesse. Il ralentira ou même .arrêtera le mouvement toutes les lois que le véhicule pourrait être une cause d’accident, de désordre ou de gène pour la circulation,
- La vitesse devra être ramenée, à celle d’un homme au pas dans les passages étroits ou encombrés.
- En aucun cas, la vitesse n'excèdera celle de 30 kilomètres à l’heure en rase campagne et de 20 kilomètres à l’heure dans les agglomérations, sauf l'exception prévue par l’article 31.
- Art. 31. — Les courses de voitures automobiles ne pourront avoir lieu sur la voie publiqüe sans une autorisation spéciale délivrée par chacun des préfets des départements intéressés, sur l’avis des chefs des services de voirie.
- Cette autorisation ne dispensera pas les organisateurs des courses de demander, au moins huit jours à l’avance pour chacune des communes intéressées, l’agrément du maire. La vitesse pourra excéder celle de 30 kilomètres à l’heure en rase campagne ; elle ne pourra, en aucun cas, dépasser celle de 20 kilomètres à l'heure dans les agglomérations.
- Cela se résume en cinq lignes. La vitesse permise est :
- Dans les agglomérations : 20 kilomètres à l’heure en tout temps;
- En rase campagne : 30 kilomètres à l’heure en temps ordinaire; plus de 30 kilomètres en course autorisée.
- Voilà la loi qui nous régit, la loi que juges et agents devraient connaître et appliquer et que nous devrions les forcer à respecter, par tous les moyens légaux en notre pouvoir.
- Or, cette loi, tout le monde semble l’ignorer. N’a-t-on pas vu, mardi dernier, en plein Paris, un agent dresser une contravention au tramway automobile Auteuil-Madeleine n° 516, parce que ce tramway « lui semblait » monter l’avenue Friedland à une vitesse de 35 kilomètres à l’heure.
- On aurait bien surpris ce pauvre agent en lui apprenant que la vitesse des tramways est régie par des décrets spéciaux et que la précision de leurs horaires leur interdit les allures fantaisistes.
- Heureusement qu’aux élections municipales le gouvernement a vu ce que cela lui rapportait d’ennuyer ainsi les contribuables. Espérons que la leçon lui profitera.
- Gaston SENCIER,
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- ÉCHOS
- Les événements actuels ont soulevé, dans le monde des chauffeurs, un assez fort mécontentement contre les dirigeants de l’Automobile-Club. On accuse ceux-ci d’avoir absolument manqué d’énergie et de n’avoir rien fait pour la défense des intérêts qui leur sont confiés. Un certain nombre de membres du Cercle, assez surexcités, parlent même de donner leur démission.
- * *
- Le Comité de l’Automobile Club s’est réuni mercredi dernier, notre tirage se faisant le mercredi après-midi, il nous est impossible de rendre compte de la séance. Notons seulement que l’ordre du jour comprend, en dehors du scrutin de ballotage, la discussion des mesures à prendre au sujet de l’interprétation excessive du règlement du io mars 1899.
- Enfin ! ce n’est pas trop tôt.
- On voit que l’exemple de la Chambre Syndicale du cycle et de l’automobile n’a pas été perdu. L’Automobile club se décide à sortir de sa torpeur.
- *
- * *
- MM. Etienne Giraud, Georges Huillier et Loysel viennent d’être nommés membres de la Commission Sportive de l'Automobile-Club. Tous les trois sont également compétents en matière de sport. 11 était donc impossible de faire un meilleur choix.
- + *
- Nous disions dans notre dernier numéro que M. Pierre Baudin, ministre du Commerce était un homme intelligent et que nous espérions qu’il comprendrait enfin que ses subordonnés lui faisaient commettre de lourdes sottises.
- Nos espérances se sont réalisées et le gouvernement affirme maintenant qu’il n’a jamais eu l’intention de limiter à huit kilomètres la vitesse des automobiles dans les villes. Leur vitesse autorisée restera de vingt kilomètres, comme par le passé.
- Il ne reste donc plus qu’une seule sottise en projet, — celle des gros numéros pour les voitures faisant plus de 30 en palier, — à l’actif de nos ministres. Espérons qu’ils finiront par y renoncer ou du moins qu’on pourra remplacer ce gros numéro, qui évoque des idées contraires aux bonnes mœurs, par un nom écrit en caractères bien apparents. Ce sera plus gracieux et tout aussi utile.
- * *
- Il paraît que notre administration, si dure en ce moment pour le commun des chauffeurs, sait adoucir ses rigueurs a l’occasion.
- Est-il vrai, comme on l’affirme, que les agents cyclistes, après avoir voulu dresser une contravention à un chauffeur coupable, suivant eux, de marcher trop vite, se soient empressés de lui faire de plates excuses lorsqu’ils se sont aperçus que c’était au prince Orloff qu’ils avaient affaire.
- Est-il vrai qu’ils aient agi de même à l’égard d’un député : M. Edmond Blanc.
- C’est beau, lajustxe.
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- La porte Dorée est depuis quelques jours très surveillée par les agents cyclistes chargés de dresser, à tort et à travers, des contraventions aux chauffeurs.
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- Le docteur Henri de Rothschild, — le « docteur Pascal » des courses d’automobiles, — vient de se vmr dresser à Evreux une contravention pour excès de vitesse, par un adjudant de gendarmerie nommé Hubert.
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- Les bêtises continuent. Voici maintenant que le parc d’Achères est interdit aux chauffeurs désireux d’établir des records.
- Le 4 mai dans l’après midi M. Caron s’était rendu au parc d’Achères pour essayer d’abaisser son record du kilomètre. MM. de Perrodil et Gau-dichard l’accompagnaient pour le chronométrer officiellement. Mais, au moment où il allait commencer sa tentative, le gardien chef l’en empêcha.
- Ce fut en vain que M. Gardon, qui accompagnait le recordman, alla solliciter l’autorisation de l’ingénieur, qui réside à Confions, en vain qu’il téléphona à l'ingénieur en chef à Paris, tout fut inutile.
- Recordman et officiels durent rentrer à Paris.
- Le parc d’Achères serait-il une agglomération, comme la croix de Noailles?
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- Parmi les conseillers municipaux Parisiens qui se sont repré.entés dimanche dernier devant leurs électeurs, il en est cinq, — ce qui n’est guère du reste, qui se sont toujours montrés prêts à défendre les sports à l’Hôtel de Ville.
- Ce sont MM. Quentin-Bauchart, Max Vincent, Escudier, Vaudet et Colly.
- Ils n’ont pas tous été réélus, hélas !
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- Un certain nombre de motocyclistes de proViîlce sont bien ennuyés en ce moment. Il leur faut avoir, depuis le Ier mai, sur leurs motocyc’es, la plaque de l’année avec leur nom et leur adresse gravés dessus. Or il y a des villes où il n’existe qu’un seul graveur qui se trouve ainsi chargé de graver plusieurs milliers de plaques. Il ne peut y arriv.r naturellement. D’où une multitude de contraventions.
- Espérons que le fisc donnera des instructions à ses agents pour qu’ils la’ssent à ces infortunés chauffeurs le temps de pouvoir se mettre en règle avec la loi.
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- On se plaint que le bureau du percepteur de Levallois-Perret reste fermé le dimanche, ce qui empêche les motocyclistes de Levallois qui ne sont libres que le dimanche de pouvoir retirer leurs plaques.
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- La commission permanente de circulation s’est rénnie le 2 mai à la Préfecture de police.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Elle a décidé qu’en présence des modifications proposées par le ministre des travaux publics au décret de 1899 sur la circulation des automobiles, il y avait lieu de surseoir à tout examen de la question jusqu’à ce qu’une décision ait été prise par l’administration supérieure.
- Elle a décidé, d’autre part, que toutes les voitures à deux roues servant au transport des marchandises (voitures de laitiers, de bouchers, de marchands de charbons, etc..,), seraient tenues d’aller au pas. Ne pourront prendre l’allure du trot que les voitures munies d’un grand numéro d’ordre placé sur le cô’.é et à l’arrière de la voiture.
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- La guerre aux chauffeurs, si bêtement déclarée par l’administration, a remis sur le tapis l’idée de la création d’un automobilodrome qui ferait certainement de superbes recettes. Il faudrait dénicher près de Paris un terrain clos sur lequel on pourrait établir une piste d’au moins une douzaine de kilomètres de longueur. Ce n’est pas introuvable, mais c’est au moins difficile à trouver. Il serait nécessaire ensuite de réaliser des ressources financières suffisantes pour l’acquisition du terrain. Tout cela est compliqué mais non pas irréalisable.
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- M. Albert Gautier, délégué de l’Automobile-Club à Nice, est à Paris depuis quelques jours pour prendre part aux concours d'escrime qui commenceront le 14 courant.
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- Dan; une lettre adressée au Vélo M. Labouré signale un fait très intéressant :
- Les tilburys à chevaux faisant le service de la poste dans Paris ont les moyennes de vitesses suivantes, imposées par le ministère des Postes et Télégraphes :
- Quartiers de Belleville, Montmartie et autres quartiers accidentés : 16 kilomètres à l’heure.
- Quartiers de Passy et d’Auteuil : 20 kilomètres à l’heure.
- Il nous semble que voilà des véhicules hippomobiles et gouvernementaux qui tombent sous le coup des justes lois si l’on adopte l’interprétation qu’en donne le tribunal de simple police.
- Si l’on condamnait les cochers de la poste et M. Mougeot, leur grand patron, à l’amende et à deux jours de prison, comme de simples chauffeurs, ne serait-ce pas justice?
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- Le Ministère de la Guerre publie les résultats du recensement des chevaux susceptibles d’être réquisitionnés, à Paris, en cas de mobilisation.
- L’an dernier, on comptait 93,652 chevaux mobilisables.
- Cette année, le chiffre s’est élevé à 98,284, soit une augmentation de 4,632 nobles bêtes.
- Les 98,284 unités de 1900 se répartissent comme suit entre les différents arrondissements de la capitale.
- icr arrondissement, 30,833 chevaux; 2e 182 : 3*323 ; 4e 897 ; 5*836; 6e 1,823 î 7e U845 5 8*4,315;
- 9*1,586; 10*4,086; 11*3,298; 12*4,579 ; 13*3,569; 14*2,641 ; 15® 8,605 ; 16*3,141; 17* 6,118; 18® 10,018 ; i907Q8o; 20*2,136.
- On le voit, la race chevaline n’est pas encore éteinte, et le livre humoristique de Pierre Giffard et Robida n’a jamais été qu’un amusant paradoxe pour les étrennes !
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- On signale à chaque instant des accidents graves dus à des ruptures des écrous d’attache qui relient les voiturettes remorques anx tricycles à pétrole.
- Il serait temps que les fabricants de ces pièces d’attelage aient un peu souci de la sécurité de leurs clients.
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- L’Association Polymathique, œuvre gratuite d’enseignement technique et professionnel dont le siège social est à Paris, 7, rue Edmond-Guil-lout, vient de créer à côté de ses cours préparatoires aux divers examens des grandes administrations, une section consacrée spécialement à l’enseignement de tout ce qui touche au cyclisme et à l'automobile.
- Les cours, théorique et pratique, porteront le montage et le démontage des bicyclettes et automobiles.
- Ces cours et conférences sont placés sous la direction de M. Robert, ingénieur des arts et manufactures.
- La section est installée à l'école communale, 5, rue de Florence, quartier de l’Europe. O11 peut se procurer le programme des cours en s’adressant au concierge de l’école.
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- On a célébré aujourd’hui jeudi, à l’église No-tre-Dame-des-Victoires, le mariage de notre excellent collègue Louis Krieger avec Mlle Benet de Montcarville.
- Tous nos meilleurs souhaits de bonheur.
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- On s’occupe à TAutomobile-CIub de Nice d'organiser une nouvelle série d’excursions dans le genre de celles qui obtinrent tant de succès et furent comme autant de parties de plaisir, au début de la saison.
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- Notre aimable correspondant particulier de Nice, M. Léon Baréty a commis un oubli involontaire dans son compte rendu de l’assemblée de l’Atomobile-Club Niçois. Le nom d'une personnalité sympathique à tous, celui de M. le comte de Courcelles ne figurait pas sur la liste des membres du conseil d’administration.
- Il faut de même ajouter à la liste des généreux donateurs de coupes, en plus de MM. Paul Chau-chard, Barthol de Bary et Brunetta d’Usseaux, les noms de MM. le colonel de JLinsky et Robert Lebaudy.
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- Une pétition signée par une cinquantaine de membres.de l’Automobile-Club Niçois a été adressée au maire de Nice, pour le prier de modifier
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- le service d'arrosage, dans des conditions plus favorables aux chauffeurs.
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- Mme Bauer, la veuve de l’inforlunée victime de la course de côte Nice-La Turbie, a écrit à M. J. Gondoin, président de l’Automobile-Club de Nice, une lettre de remerciements pour le pieux hommage que l’association niçoise a rendu à scn regretté mari.
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- Beaucoup de chauffeurs ont déserté le littoral pour Paris ; au nombre des partis, citons : M. et Mme Achille Larrey avec leur phaëton Panhard 6 ch. ; M. Charles Mico1, avec son phaëton Panhard8 ch. ; M. Pinson, avec sa 12 ch. Panhard ; Le duc Georges de Lf uchtenberg. président d’honneur de l’A. C. N.
- D’ici quelques semaines tous les chauffeurs auront filé vers Paris ou les stations estivales.
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- S. A. I. le grand duc Boris de Russie vient d’être admis comme me mbre d’honneur de l’Automobile Club de Nice, qui a reçu en même temps comme membre M. Louis Bertier, présenté par MM. de Chapuiset et de Ville-d’Avray.
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- Parmi les membres de la commission administrative du comité des fêtes de Nice, qui vient d’être renouvelée, figurent plusieurs chauffeurs, tels que MM. Randon vice-président, Ziégler de Loës, secrétaire général, comte Rohosinsky et F. Thiel, secrétaires.
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- Pendant que l’administration frança’se est en train de supprimer l’industrie automobile dans notre pays, les Allemands, qui ont la bonne chance d’être gouvernés par des gens intelligents, font de l’excellente besogne.
- Sur l’initiative du comte de Talleyrand-Péri-gord, une Société vient de se constituer à Berlin pour l'établissement d’une exposition, dans le lut détenir le fabricantet le client en contact direct et d’activer ainsi le chiffre d’affaires commerciales. Les objets exposés comprendront non seulement les véhicules (motos, autos), accessoires et pièces détachées, mais encore des plans et dessins techniques, modèles, etc.
- Les personnalités les plus connues dans le monde de la haute finance, de l’industrie spéciale et du sport sont à la tête de l’entreprise.
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- L’exposition d’Automobiles de Francfort-sur-le-Mein se tiendra du 14 juillet au 12 août.
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- La course de côtes pour motocycles organisée à Exelberg, (Autriche), qui devait être donnée dimanche dernier est remise à dimanche prochain.
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- En Allemagne les automobiles à alcool vont être essayées pour les transports des fourrages et des munitions de l’armée.
- L’Empereur aurait déjà donné l’ordre de construire quatre voitures à essence de pétrole, à titre d’expérience. A la suite des essais de l’automobile
- à alcool, pour la livraison des bières de l’Institut des fermentafons de Berlin, il vient de donner la commande de deux voitures pour l’armée, avec moteurs à alcool, à la maison Daimler.
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- La « Motorwagen Gesellschaft » de Berlin a mis en service, pour être loués à l’heure au prix de 4 marks, une série de fiacres automobiles de provenance fort variée : il y en a cinq électriques et vingt à pétrole. Les marques sont : Marien-felde, Daimler, Panhard-Levassor, Decauville, Columbia et Gesellschaft Fuer Verkehrsunterr.eh-mungcn.
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- Dans son discours d’ouverture de 1 Exposition de Manchester le lord-maire a recommandé une extrême prudence aux chauffeurs afin d’amener graduellement l’opinion publique à accepter les vitesses des automobilbs sur route ; selon lui une vitesse de 32 kilomètres à l’heure « sur route» devrait êtro t, I ée maintenant à la condition que les voitures fussent munies de freins puissants : mais dans les villes et villages, on se saurait ustr de trop de circonspection. Voilà qui est parler sagement, et ce lord-msire nous parait autrement intelligent que les fonctionnaires de notre deux
- pays-
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- Notre excellent confrère Motor-car journal signale une idée curieuse que Cent-d’avoir une maison de Norwich.
- MM. Hayes, Thompson et Kahler ont fait annoncer dans le journal local du pays qu’ils ont l’intention d’employer chaque matin une de leurs voitures uniquement à habituer les chevaux à ne plus s’effrayer des automobiLs. L’automobile restera d’abord au repos et les chevaux seront promenés tout autour puis on mettra le moteur en mouvement, et enfin l’automobile sera mise en marche. L’accoutumance se fera sans doute rapidement au grand avantage de tout le monde. On devrait bien en faire autmt chez nos loueurs de fiacres par.-siens.
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- L’Automobile Club ^d’Amérique demande la création d’une voie spéciale aux automobiles qui serait établie à travers le continent américain.
- Il a décidé de demander au congrès de faire dresser le projet de cette route, qui devait être exécutée en quatre années. El'e passerait par Boston, Chicago, Omaka, et réunirait San-Francisco à New-York, un embranchement comp’étant le trajet direct. On tient à ce qu’elle soit large et présente peu de courbes.
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- Une décision vient d’être prise à Boston, aux Etats-Unis, pour interdire l’entrée du cimetière de Forest Hills à toutes les automobiles ; les chauf-fleurs doivent mettre pied à terre et laisser leur voiture à la porte. Nous ne comprenons guère le motif de cette décision, mais nous ne savions pas qu’en Amérique les automobiles fréquentent ainsi les cimetières.
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- LES VOITURES MEES
- Nous avons déjà parlé dans un précédent néméro des voitures Mees et de leur moteur équilibré à deux pistons et à balan-
- ciers. Il nous reste à donner quelques détails sur le mécanisme de transmission. Toute la variation de vitesse est basée sur
- Fig. 1. — Moteur à ailettes Mees, sa fixa ion au châssis
- l’emploi du mouvement différentiel par pignons satellites.
- Dans les engrenages de ce genre, qui sont connus et qu’on emploie souvent, deux roues dentées engrènent d’une façon constante, d’une part avec une roue dentée,
- montée sur l’arbre de transmission et, d’autre part, avec une couronne dentée, munie d’une denture intérieure, de sorte que pendant la marche à vide elles tournent, entra înées par la couronne dentée ou par la roue, à la manière des planètes, autour de
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- cette dernière; de là le nom de roues planétaires. Mais, lorsque les roues planétaires sont empêchées de tourner, — ce qui a lieu par l’arrêt des disques sur lesquels sont
- montés les axes des roues planétaires, au moyen de dispositifs convenables d’enrayage, — il y transmission de force et, selon que la roue motrice est formée par la
- Fig. 3.— Châssis de la voiture Mees, autre vue
- Fig. 4. — Le moteur équilibré à un seul cyl!ndre
- couronne dentée ou par la roue, le mouvement est accéléré ou ralenti.
- Les engrenages de ce genre permettent, grâce à l’engrenure constante des roues aussi bien pendant la marche à vide que pendant le fonctionnement, un embrayage
- absolument sans secousse, d’une autre vitesse ou multiplication, sans désembrayage préalable du moteur, à l’encontre de l’engrenage de transmission qu’on emploie souvent pour les automobiles et avec lequel, pour changer la vitesse, une autre paire de
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- roues dentées doit être mise en engrenage par déplacement, ce qui, naturellement, faute d’un organe intermédiaire é'astique, n’est pas possible sans le débrayage préalable du moteur et ce qui a toujours lieu avec une secousse plus ou moins violente sans compter que les arêtes des dents qui entrent les premières en engrenage s’usent évidemment en très peu de temps.
- Le dispositif de transmission de Mees, permet, non seulement le passage d’une vitesse à l’autre sans débrayage préalable du moteur et sans secousse, mais encore l’arrêt subit de la voiture et le changement de marche en arrière par un seul maniment du levier de changement de marche. En effet, ce levier et le levier de commande pour varier la vitesse pendant la marche en avant
- Fig. 5. — Appareil de changement de'vitesse
- sont disposés de telle façon qu’en renversant le premier de ces leviers, l’engrenage qui se trouve justement en fonction pour la marche en avant se trouve débrayé tandis qu’immédiatement après l’engrenage pour la marche en arrière se trouve embrayé.
- Par conséquent l’embrayage de l’engrenage pour la marche en arrière a lieu d’une manière absolument analogue au changement de marche d’une machine à vapeur, tandis que naturellement le volant puissant joue un rôle principal.
- Au moyen du mécanisme de transmission décrit, on est absolument maître de la voiture. Ce mécanisme est essentiellement pratique pour tourner et pour faire manœuvrer la voiture dans un espace restreint parce que, par un seul mouvement du levier de changement de marche on peut le faire passer du mouvement de la marche en avant au mouvement de la marche en arrière, et, inversement, de la marche en arrière à la marche en avant, ce qui, avec les mécanismes de transmission employés ordinairement, offre certanes difficultés que connaissent bien les chauffeurs.
- D’après ce qui précède, le mécanisme donne deux vitesses de multiplications en avant et une en arrière. Mais il est facile de
- Fig. — Un groupe de pignons satellites
- doubler le nombre des vitesses par un engrenage de roues dentées très simples, intercalé entre le moteur et le mécanisme de transmission. Lorsque, par exemple, les
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- vitesses obtenues par l’engrenage sont de io et 35 km. en avant et de io km. en arrière on peut, par l’embrayage du dispositif dit multiplicateur, dans la proportion de transmission de 6 : io, ajouter deux autres vitesses — 6 et 21 km. — en avant et une — 6 km. — en arrière. Cela n’empêche pas que les avantages mentionnés plus haut, du dispositif de transmission, restent entiers.
- Mais il faut remarquer que pour qu’un tel système puisse être utilisé avec quelque succès il est nécessaire que les roues dentées soit excessivement bien faites. Sinon il en résulterait une perte de puissance considérable par tous les frottements mis en jeu.
- G. D.
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- LES VOITURES ÉLECTRIQUES AMÉRICAINES
- Nul n’ast mieux placé que noire excellent collègue Jeantaud pour apprécier la valeur rée'le des voiture? électriques actuellement sur le marché. C’est en effet lui qui a créé cette industrie en France, il y a déjà bien des années.
- Or voici ce qu’il écrivait en réponse à une demande de renseignements sur les voitures électriques américaines :
- Ce que je puis vous dire en deux mots, c’est que les rendements des moteurs américains sont inférieurs à ceux des nôtres et que Fulmen a vendu ses brevets en Amérique.
- Quant à la carrosserie, elle est de goût américain. Les carrossiers en France ne copient pas ; les carrossiers américains quand ils ont des voitures de luxe à construire copient les formes Françaises.
- Inutile de dire que nous serons heureux d’ouvrir nos colonnes aux défenseurs des voitures électriques américaines.
- ---------------+----------------
- LE TOUR D’ANGLETERRE
- (Suite)
- Dans la course de la côte de Taddington, entre Birmingham et Manchester, longue de 4 000 mètres avec pente continue variant de 77 millimètres par mètre à 47 millimètres par mètre. Le tricycle Ariel, monté par M. A. J. Wilson, a fourni le meilleur temps. Il a réalisé, dans la montée de la côte, la vitesse moyenne de 30 kilomètres 250 mètres à l’heure, tandis que la voiture Panliard de 12 chevaux de M. C. S. Rolls, classée seconde, n’a fait qu’une vitesse moyenne de 28 kilomètres 350 mètres,
- battant du reste elle-même une Daimler de 12 chevaux.
- Les voitures concurrentes ont été exposées à Kendal le 30 avril. Elles- en sont parties le 1er mai au matin pour Carlisle (distance : 98 kil. 500), passant par Windermere, Keswick, Bothel. Sur le parcours se trouve une forte côte nommée Dunmail Raise longue de 2.800 mètres, dont la pente atteint 11 centimètres par mètre à certaines places, et l’Automobile-Club en a profité pour faire une troisième épreuve de côte dont les résultats compteront comme les précédentes au classement final.
- Le tricycle de M. Wilson a fait le meilleur temps. Dans la catégorie voitures, M. Rolls a fait le meilleur lemps, gravissant la côte entière à une allure moyenne de 27 kilomètres et demi à l’heure, le quadricycle de M. Iliffe a atteint à peu près la même vitesse.
- Après avoir été exposés à Carlisle, les véhicules concurrents en sont partis le 2 mai, à 9 h. 30 du matin, pour Edimbourg, passant par Kingstown, Gretna, Green, Kirkpatrick, Loc-terbie, Moffat, Peebles, Eddleston et Straiton. La distance totale est de 157 kilomètres et cette fois encore une côte appelée Birkhill, quelques kilomètres après Moffat, a servi de prétexte à une quatrième course de côte (la troisième obligatoire). Les temps ont été pris sur 2 milles de cette côte (3.218 mètres) dont la pente, qui commence doucement, devient de plus en plus dure jusqu’au sommet où elle atteint 10 centimètres par mètre.
- Ici encore, les 12 chevaux de M. Rolls ont montré leur supériorité sur les 8 et 6 chevaux, les plus nombreux dans l’épreuve, montant la côte à une vitesse moyenne de 20 kilomètres à l’heure. Deux tricycles venaient ensuite.
- La voiturette à vapeur de la Locomobile Steam Carriage C° d’Amérique a gravi la côte à une vitesse de 17 kilomètres à l’heure.
- Il y a eu, le 3 mai, exposition au Waverley Market, à Edimbourg. Quarante-cinq véhicules étaient encore en ligne à ce moment.
- Le 4 mai on est parti d’Edimbourg pour Newcastle-en-Tyne où une exposition d’un jour, sous le patronage du maire, a eu lieu au Cambridge Drill Hall, la journée de dimanche a été consacrée au repos que les excursionnistes et surtout les organisateurs avaient bien gagné après cette semaine si remplie.
- (A su tare).
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- A LA CHAMBRE SYNDICALE
- DU CYCLE ET DE L’AUTOMOBILE
- La Chambre Syndicale du Cycle et de l’Automobile, — qu’il ne faut pas confondre avec la Chambre Syndicale de l’Automobile, — s’est réunie le 3 mai pour aviser aux mesures à prendre
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- pour défendre l’industrie automobile contre les mesures vexatoires des pouvoirs publics.
- Les membres présents ont pris, à l’unanimité, la résolution suivante :
- Les membres de la Chambre Syndicale du Cycle et de l'Automobile présents à l’assemblée du 3 mai considérant ;
- 1° Que le décret en cours de préparation n’autorisant la marche des automobiles qu’à raison de 8 kilomètres à l’heure, joint à l’interdiction absolue de toutes les courses sur route serait un désastre irréparable pour l’industrie automobile si prospère à laquelle ils prennent tous plus ou moins part ;
- 2° Qu’il n’est point possible que l’on veuille ainsi supprimer d’un trait de plume par une réglementation prohibitive l’essor de l’une des trop rares industries florissantes en France, industrie qui occupe à elle seule des milliers d’ouvriers ;
- S° Que l’excès même de la campagne actuelle dirigée contre l’automobile sous toutes ses formes doit amener dans l’esprit des pouvoirs publics une réaction salutaire qu’il est urgent de provoquer sans retard ;
- 4° Estimant toutefois qu’avant de réagir directement contre les attaques injustifiées et grossies dont ils sont si péniblement affectés, il convient de rendre visite à M. le ministre des travaux publics et de lui exposer combien injuste serait le préjudice causé aux constructeurs français, et par contrecoup à la pléiade des collaborateurs de tout ordre qui prennent part à leurs travaux si le décret dont nous parlons était promulgué ;
- 5° Convaincus enfin que, mieux rensugnê, le ministre reviendra à une plus juste appréciation de la question ;
- Décide qu’il y a lieu de nommer une délégation qui sollicitera du ministre des travaux publics une visite au cours de laquelle elle lui exposera la situation sous son jour véritable et lui suggérera les limites dans lesquelles la sécurité générale publique pourrait être sauvegardée sans causer la ruine d’une industrie florissante et de tous ceux qu’elle fait vivre.
- Voilà une excellente décision qui eût du être prise, depuis longtemps par d’autres associations dont les chauffeurs ont déploré l’inaction fâcheuse et trop prolougée.
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- LA FÊTE DE BRUXELLES
- La fête donnée à Bruxelles, le 29 avril, par l’Automobile-Club de Belgique a obtenu le plus vif succès. ^Voitures et voiturettes, omnibus et tricycles ont évolué avec une égale aisance, une égale sûreté de direction, une égale souplesse.
- Liège, Charleroi, Anvers, Gand, Louvain, Ma-l'nes, toutes les villes possédant des constructeurs d’automobiles, se trouvaient représentées à cette intéressante manifestation, dans laquelle les chauffeurs belges ont rivalisé d’adresse et d’habileté.
- Voici la liste des prix du concours d’adresse :
- Catégorie des Voitures. — 1. M. le baron Pierre de Crawhez; 2. M. Blacke ; 3. M. Rumpf; 4. M. Closset ; 5. M. Vandersjreck.
- Catégorie des Voiturettes. — 1. M. Del'n; 2. M. Guders; 3. M, Heirman.
- Le concours d’élégance obtient non moins de succès. Evoluent d’abord un omnibus et une voiture de livraison. C’est celle-ci qui remporte la médaille d’or et celui-là la médaille de vermeil.
- Catégories des voitures. — j. M. Hamoir ; 2. M. Jenatzy; 3. Mlle Muller; 4. M. le baron Lambert.
- Catégories des Voiturettes. — J. M. de Cosmo ; 2. M, Guders; 3. M. Heirman.
- Ensuite M. le baron Pierre de Crawhez, se lance à la quatrième vitesse du fond de l’immense hall et s’arrête net, à quelques centimètres d’un man-nrquin Cet exploit intéresse tout particulièrement le chef de la police bruxelloise, M. Bourgeois qui aurait bien dû inviter notre préfet de police à cette expérience.
- Après cet intermède, commencent les mouvements d’ensemble. Ceux-ci sont d’abord exécutés par douze voitures, sous la direction de M. Léon Closset. A différentes reprises le public applaudit.
- A peine les voituristes ont-ils évacué la piste, qu’entre l’équipe de motocycles de l’Union vélo-cipédique Louvaniste. Les huit motocycles de Louvain ont évolué avec leur brio habituel. L assistance les a longuement acclamés.
- La fête s’est terminée par une bataille de fleurs entre le public et les chauffeurs.
- Félicitations à nos aimables voisins.
- Organisé par l’automobile-club Liégeois avec le concours de l’automobile*club de Belgique et des clubs automobiles d’Anvers, de Charleroi et des Flandres, ce critérium sera réserve exclusivement aux véhicules automobiles de touristes fa* briqués en Belgique.
- Trois catégories ;
- i° Motocycles ou véhicules de moins de 400 kilogrammes n’ayant pas 2 places cote à côte.
- 20 Voiturettes de moins de 400 kilogs et d au moins 2 places côte à côte:
- A. De moins de 3,500 francs.
- B. De 3,500 francs à 5,500 francs.
- 30 Voitures pesant 400 kilogs minimum et d au moins 2 places côte à côte :
- A. Déclarées moins de 10 chevaux.
- B. Déclarées 10 chevaux et plus.
- Les voitures devront réunir toutes les conditions de confort et élégance exigées par les touristes; une échelle de points sera établie à cette fin. Pour les classes 2 et 3 portant au moins deux voyageurs côte à côte d’un poids moyen minimum de 700 kilogs par voyageur, il est entendu que dans le cas où le poids moyen ne serait pas atteint le surplus sera complété par du lest.
- L’épreuve consistera à effectuer le trajet suivant : Départ de Chênée, Embourg, Beaufays, Hornay, Sprimont, Florzée, Aywaille, Remou-champs, Nonceveux, Quarreux, Stoumont, La
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- Gleize, Borgoumont, Cours, La Geronstère, La Sauvenière, Spa (Arrêt de i heure). Spa, Marteau (route vers Theux), Hestromont, La Reid, Belvaux, Remouchamps, Aywaille, Martinrive, Comblain- au-Pont, Poulseur , Bsneux, Tilfï , Liège. Cet itinéraire de 115 kilomètres environ sera effectué daDs le meilleur temps possible, en se conformant au règlement adopté. La vitesse moyenne ne pourra être supérieure à 30 kilomètres à l’heure et toute vitesse moyenne de plus de 30 kilomètres sera réduire à cette dernière sans aucun avantage pour le concurrent. Dans une côte à déterminer chaque véhicule sera tenu de s’ar;êtîr pendant une minute et de repartir ce laps de tempe écoulé. Pour les motocycîes il ne sera tenu compte que du temps mis pour effectuer le trajet en entier. Des prix consistant en médailles or, vermeil et argent seront attribues aux vainqueurs.
- Les véh:c îles seront conduits par un membre d’un club-automobile de Belgique reconnu. Les moteurs des véhicules devront être de fabrication Belge en ce sens que les pièces du moteur auront été usinées en Be’gique, Chaque véhicule te a accompagné par un contrôleur tiré au sort sur una 1 s!e établie par la Commission sportive de l’A. C. L. Le contrôleur aura pour mission de constater et de noter chaque arrêt du véhicule ainsi que le temps et la cause de l’arrêt. Le conducteur du véhicule ne pourra recevoir aucun aide du contrôleur ou des personnes l’accompagnant ou de toute autre. Il pourra cependant transporter un mécanicien lui prêtant aide sans que celui-ci toutefois puisse bénéficier des points attribués aux charges supplémentaires. Lors du classement définitif il sera tenu compte dans la proportion suivante des points attribués aux différentes qualités des véhicules :
- A. Régularité de marche 75 points
- B. Vitesse 45 *
- C. Confort et élégance 8 »
- D. Consommation d’essence 20 »
- E. Poids supplémentaires 32 »
- F. Prix catalogue 20 »
- 200 »
- N’est pas considéré comme faute la crevaisorr d’un pneu par un corps étranger. L’éclatement d’un pneu est considéré comme faute dans la régularité de marche.
- A. Régularité de marche. — Chaque arrêt du véhicule sera compté à raison de 2 points par minute. Toute minute commencée comptera entièrement en défaveur du concurrent. Le temps pendant lequel une ou des personnes occupant le véhicule seront descendues de celui-ci en marche pour en alléger le poids et aider, par conséquent le moteur sera compté comme suit :
- Une personne pendant une minute, perte d’un point, pendant 2 minutes 2 points, etc.; 2 personnes pendant 1 minute 2 points; 2 personnes pendant 2 minutes 4 points, etc,
- B. Vitesse. — Dans le calcul du temps de marche chaque kilomètre au-dessous de la moyenne exigée de 30 kilomètres à l’heure don-
- nera lieu à un décompte de 1 point par 1/3 de kilomètre. Les fractions inférieures au 1/3 du kilom. ne comptent pas.
- C. Confort et élégance. — Tout véhicule entièrement gréé en touriste aura droit au maximum des points.
- D. Consommation d'essence. — La consommation d’essence sera calculée en donnant le maximum des points au véhicule en ayant consommé le moins et le minimum des points au véhicule en ayant consommé le plus. Les consommations intermédiaires donnent droit à une répartition des 20 points proportionnellement à ces consommations sans qu’une différence de un litre entre 2 concurrents puisse occasionner une perte de plus de 3 points par litre. — Il ne sera tenu compte que de la quantité d’essence consommée dans la première partie de la course. Un contrôle sera établi à l’étape de Spa dans ce but, L’essence consommée par les brûleurs n’entrera pas en ligne de compte.
- E. Poids supplémentaires. — Chaque véhicule (voiture ou voiturette) bénéficiera de 8 points par personne supplémentaire transportée au delà des deux personnes réglementaires sauf dans le cas prévu par l’article 5.
- F. Prix catalogué. — On entend par là le prix auquel l’usine aura par lettre, déclaré à la Commission organisatrice accepter les commandes d’un certain nombre de châssis semblables à ceux qui auront pris part à la course. Ces commandes devront arriver pendant la huitaine suivant la course à l’usine qui pourra se réserver un délai maximum d’exécution de 18 mois. Les concurrents dont les véhicules n’auront fait l'objet d’aucune déclaration de prix de la part de l’usine subiront un décompte fixé de iq points, à moins qu’ils ne puissent produire une facture de bonne foi constatant le prix auquel ils ont payé leur yéhicule. — Le prix payé remplacera dans ce cas le prix du catalogue
- 1* Les vpiturettes bénéficieront de 1 point par somme de 100 lrancs cataloguée au dessous du maximum de chacune des classes.
- 20 Pour les voitures le prix catalogué le moins élevé donnera lieu à l’attribution du maximum soit 20 points; le prix le plus élevé entraînant la perte totale des 20 points.
- Le jury répartira les points entre les autres au prorata des prix intermédiaires sans que cependant une différence de mille francs puisse entraîner une perte de plus de cinq points.
- 8° Les motocycîes pour être classés devront effectuer le trajet à une allure moyenne minimum de 25 kilomètres.
- 90 Dans l’hypothèse où ne figurerait qn’un seul concurrent dans une catégorie, le prix ne sera décerné que s’il a obtenu 60 0/0 des points.
- io° Les engagements devront indiquer : Nom, prénoms, adresse du conducteur, club auquel il est affilié, le nom du moteur, du constructeur et le genre de véhicule, la force en chevaux cataloguée du moteur, le nombre de personnes transportées, pour les voitures le prix du châssis, pour
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- les voiturettes le prix de la voiturette achevée et son poids.
- Le poids des véhicules s’entend à vide. Par poids à vide, on entend sans voyageurs ni approvisionnement (charbon, pétrole, eau, accumulateurs), ni outils ou pièces de rechange, ni bagages, vêtements ou provisions. Seules seront pesées les voitures classées en cas de doute ou de réclamation au sujet du poids.
- Les inscriptions seront reçues par le trésorier M. Edmond Dresse, rue Forgeur, 34, Liège, à •partir du i*r mai jusqu’au 5 juin. Elles devront être accompagnées d’un droit d’entrée de 10 francs par motocycle, de 20 francs par voiturette, de 40 francs par voiture.
- Tout véhicule partant recevra la moitié de son inscription.
- Les engagements se feront : Par écrit ou par télégramme confirmé par lettre de même date. Tout engagement non accompagné du montant de l’entrée ou parvenu tardivement sera nul de plein droit.
- Les départs seront donnés dans chaque catégorie à trente secondes d’intervalle et d’après l'ordre d’inscription des voitures. Les coureurs n’auront droit à un prix que file parcours a été effectué en entier.
- (A suivre.)
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- LES COURSES
- Les Critériums du Vélo
- Ces critériums sont définitivement autorisés par le Ministère de l’Intérieur pour les 10, 17 et 31 mai, sur le parcours Etampeï-Chartres et retour.
- Voici le programme de ces trois épreuves dont il nous est impossible de'rendre compte dans ce numéro, le départ de la première d’entre elles étant donné à l’heure même où nous mettons sous presse.
- I. — LES M OTOCYCLES
- Date 10 mai. Départ d'Etampes ài heure de Vaprès-midi.
- Cette épreuve qui va se courir pour la quatrième fois est reservee aux « motocycles ». On entend par motocycle un véhicule automobile à trois ou à quatre roues, n’ayant qu’une place, ou tout au moins qu’une place de front, et dont le moteur est mis en marche uniquement par le secours de pédales qui servent en cours de route d’adjuvant. En d’autres termes : tricycles et quadricycles du modèle courant. La limite de poids est fixée à 250 kilos. Les moteurs peuvent être du type dit à ailettes, ou à eau.
- Les prix sont ainsi fixés :
- Au ier : 1.000 francs.
- Au 2e : 500 francs.
- Au ÿ : 300 francs.
- Au 4e : 200 francs.
- Sont engagés :
- 1. H. Meyer ;
- 2. H. Béconnais;
- 3. V. Rigal ;
- 4. Marcellin;
- 5. Osmont;
- 6. Tart.
- 7. Teste ;
- 8. Bardin;
- 9. P. Baras.
- 10. Vasseur;
- 11. Romain;
- 12. P. Huguet;
- 13. Cai’lois;
- 14. Rénaux ;
- 15. Joyeux;
- 16. Delisle;
- 17. Henri Loste ;
- 18. H. Battaiellie ;
- 19. Bertin ;
- 20. Rolland ;
- 21. Didier Nauts.
- Concurrents rangés au poteau dans leur ordre d’inscription. Délai maximum pour se classer • quatre heures.
- II. — Les Voiturettes
- Date 17 mai. Départ d'Etampes à 1 heure de Vaprès-midi.
- Droit d’entrée 20 francs. Engagements reçus au Vélo, jusqu’au mardi 15 mai, midi. Cette épreuve qui se court cette année pour la deuxième fois est réservée aux « voiturettes ». On entend par voiturette un véhicule automobile comportant au moins deux places côte à côte, et deux places assis — non à califourchon Les types dits « en tandem » ne sont donc pas qualifiés. Une seule place sur deux pourra être occupée, mais le véhicule devra comporter les deux places « côte à côte ». La limite de poids est fixée à quatre cents kilos. Tous les véhicules répondant aux conditions ci-dessus sont donc qualifiés quelle que soit la nature du moteur.
- Les prix sont ainsi fixés :
- Au Ier : 1.000 francs.
- Au 2e : 500 francs.
- Au Ÿ 300 francs.
- Au 4e : 200 francs.
- Sont engagés jusqu’à ce jour :
- 1. Tart ;
- 2. Mercier;
- 3. Van Berendonck.
- Concurrents seront rangés au poteau dans leur ordre d’inscription. Délai maximum pour se classer : quatre heures.
- III. — les Motocyclettes
- Date 31 mai. Départ d'Etampes à 1 heure de Vaprès-midi.
- Droit d’entrée : 20 francs. Engagements reçus au Vélo, jusqu’au mardi 29 mai. Cette épreuve qui se court cette année pour la deuxième fois est réservée aux « motocyclettes » ou bicyclettes à pétrole. On entend par ce mot une bicyclette du type ordinaire pourvue en outre d’un moteur ac-
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- tionnant par n’importe quelle transmissicm n’importe laque'le des deux roues de la bicyclette. La limite de poids est ramenée cette année à 4o kilos.
- * *
- Nombreuse assistance dimanche dernier, au Vélodrome du Parc des Princes, pour la course d’une heure à motocycle.
- La réunion a été très intéressante bien que les vitesses réalisées n’aient pu être, à la suite d’incidents divers, ce qu’on espérait.
- Dès le départ Béconnais prend la têts et la conserve jusqu’au 35e battant les records, à ce moment un accident de machine lui survient et Osmont passe en tête mais il ne tarde pas à être dépassé par Fossier qui marche superbement, mais à son tour ce dernier a une panne et Osmont reprend la tète qu’il conserve du reste jusqu’à la fin. Voici le classement général : 1. Osmont, couvrant 61 kilomètres 720; 2. Fossier avec 60 kilomètres 666|m.; 3. Joyeux avec 57 kilomètres 333 m.; 4. Béconnais avec 55 kilomètres 333 m.; 5. Ba-thiat; 6. Jallu.
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- * *
- Pour la Coupe Gordon-Bennett, les voitures de chaque nation concurrente seront peintes d’une seule et uniforme couleur; les françaises en bleu, les allemandes en blanc, les américaines en touge et les belges en jaune.
- Un appel sera adressé à tous les clubs concurrents pour les prier de mettre leurs délégués en rapport avec M. le comte de Chasseloup-Laubat, délégué de l’Automobile-Club. Sous la présidence de M. Gordon-Bennett, cette réunion des délégués formera le comité de la course chargé de trancher toutes les questions relatives à cette épreuve.
- * *
- On prèle à quelques membres de l’Automobile-Club de Belgique, l’inteDtion de demander au Comité organisateur de la coupe Gordon-Bennett, de faire courir l’épreuve en Belgique.
- * *
- Pour la course de l’Eventail, en juillet, le parcours durant les cinq jours de la course se fera sur trois itinéraires à déterminer ultérieurement.
- Les voitures qui prendront part à cette course de l’Eventail devront être conduites ou accompagnées par un membre de l’Automobile-Club.
- Cette disposition ne s’applique pas aux voitu-rettes et aux motocycles.
- * *
- La Commission Sportive de l’Automobile-Club a repoussé la réclamation adressée par M. Rave-nez, de la Société Decauville, au sujet du non classement de ses voiturettes dans la course Mar-seille-Niee.
- A ce propos disons que M. Ravenez s’est justement étonné d’avoir appris par les journaux la décision prise à son sujet au lieu d’en avoir été avisé par lettre personnelle comme cela eût été de simple convenance.
- *
- * *
- Gn se rappelle que les commissaires de la
- course Nice-Marseille-Nice avaient eu la singulière idée d’arrêter, vu le mauvais temps, la course à Marseille. La Commission Sportive de l’Automobile-Club a déclaré que cette décision est en contradiction avec le règlement des courses de l’Automobile-Club. Il est donc probable que ces fantaisies ne se reproduiront plus.
- ¥ *
- Les organisateurs de la course annuelle de Bordeaux-Paris (cycliste) ont interdit l’entrainement automobile dans cette épreuve. C’est la conséquence de l’interdiction des courses d’automobiles, l’ukase préfectoral de Seine-ei Oise ne faisant aucune distinction entre les automobiles entraînant des cyclistes et les automobiles courant pour leur propre compte.
- + *
- Intercaler des épreuves automobiles dans des épreuves hippiques n’est pas banal. C’est pourtant ce que vient de faire, avec beaucoup d’intelligence et beaucoup de succès lundi, le Club Hippique de Roubaix.
- La première journée les motocycles et voiturettes d’un poids inférieur à 400 kilogs. Après la présentation des véhicules qui défilent un à un, ceux-ci se livrent à des évolutions en s’efforçant de suivre un itinéraire capricieux tracé sur la piste. Les concurrents : MM. Dutrieux, Delvoye, Ségard, Léman, Siven et Césure. Des prix égaux sans classement leur ont été attribués.
- Le lundi le concours avait lieu entre les voitures dépassant 400 kilos. Les voitures ont d’abord défilé. Puis les chauffeurs se sont livrés à une course aux œufs qui n’a pas manqué d’intérêt ni d’originalité. Les voitures primées ont été celles de MM. Bériot, Fraignac, Claessens, Cam-bier (électrique), Huet et Dulieux; chaque chauffeur conducteur a reçu, en outre, une médaille et une prime de dix francs.
- Le public a paru vivement intéressé et a chaleureusement applaudi. L’honneur de cette innovation revient à la Commission spéciale composée de membres de la Société Roubaix-Touriste, parmi lesquels les meilleurs chauffeurs : MM. Boulangé, Wibaux, Plouy, etc., qui se promettent de faire mieux encore l’année prochaine.
- ¥* *
- Les courses de motocycles ont remporté un éclatant succès à Birmingham. Il n’y en a eu que pour le pétrole pendant deux jours. Edge, Stocks et Dunn ont été les héros de la fête.
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- TOURING-CLUB
- Dans sa séanc* du 2 mai dernier le Conseil d’ad-missien du Touring-Çlub a voté les allocations suivantes :
- 1. — 500 francs pour amélioration de deux chemins de grande communication entre Dinan et Di-nard (9 kilomètres), et entre Saint-Jacut-de-la-Mer et Beausset (4 kilomètres).
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- 2. — 270 francs pour améliorations à des pistes cyclabes aux environs de Dammartin (4 kil. 500 m.)
- 3. — 500 francs pour améliorations des pistes cyclabes existant entre Alfort et Villeneuve-Saint-Georges (route nationale n. 5) et entre Maisons-Alfort, Créteil et la limite du département de Seine-et-Oise.
- Le conseil a décidé, en outre, qu’une allocation de 1.000 francs sera accordée pour participation dans les travaux de raccourcissement d’un chemin permettant la communication d’un côté à l’autre du massif de I’Argonne, lorsque l’Etat et le département auront eux-mêmes voté les crédits nécessaires .
- Sur la proposition du président, le conseil a nommé Membre du comité technique M. G. Rives, architecte du pavillon du Touring-Club à l’Exposition.
- A travers la Pressa
- Notre confrère Paul Puy raconte, dans ajournai des Sports une amusante aventure dont le héros aurait été un des agents cyclistes qu'on a déjà baptisés : les pédards de la Préfecture.
- L’autre jour un chauffeur de l’avenue de la Grande-Armée pilotait dans le bois une douze chevaux de course et son allure ne dépassait pas quinze kilomètres.
- Un agent cycliste s’élança à sa suite. Intrigué, le chauffeur demanda :
- — Est-ce à moi que vous en avez ?
- — Non, répondit l’agent. Mais je viens de poursuivre un chauffeur que je n’ai pas pu rejoindre, et je suis « vanné ». Voulez-vous me « tirer » jusqu’à la porte Maillot ?
- — Volontiers.
- — Alors, vous pouvez aller plus vite, car j’ai un camarade qui m’attend.
- Le chauffeur, mit à la 3e vitesse, et le « pêdard de la préfecture » colla à l’automobile.
- Sur le parcours les promeneurs intrigués mais favorables aux chauffeurs, faisaient des gestes pour prévenir le chauffeur de la poursuite dont ils le croyaient l’objet.
- En arrivant à la parte Maillot, le camarade de l’agent-stayer croyant à une chasse réelle, sauta en selle et s’élança aussi derrière le chauffeur qui imperturbable continua sa route jusqu’à son garage, avenue de la Grande-Armée.
- Heureusement pour lui le premier agent calma l’ardeur belliqueuse du second et il put rentrer tranquillement tandis que les pédards officiels allaient chez le « troquet » le plus voisin, avaler du cordial réparateur.
- Et dire que c’est pour arriver à ces beaux résultats que l’on gaspille l’argent des contribuables. C’est triste.
- * *
- Le Petit Journal, qui a été un des plus enragés dans la stupide campagne menée par une partie de la presse quotidienne contre les chauffeurs, s’aperçoit maintenant qu’il a fait fausse route. Lisez plutôt :
- Nous n’avons pas craint de protester hautement contre les abus de vitesse qui menaçaient de com-
- promettre la sécurité des piétons et des voitures attelées. Mais après avoir été les premiers à jeter le cri d’alarme et à dénoncer le péril, nous ne voulons pas qu’on transforme en persécution une réglementation nécessaire, car il n’est pas juste de faire retomber sur tous les fautes de quelques uns.
- Aujourd’hui, en effet, les pouvoirs publics semblent disposés à dépasser la limite en imposant des règlements oppressifs qui frapperont non seulement toute personne se servant d’une automobile, mais encore une industrie qui nourrit directement ou indirectement des milliers d’ouvriers ou employés.
- Cette industrie a pris naissance en France ; c’est en France qu’elle s’est développée au point de devenir une industrie vraiment nationale.
- Nous ne voulons pas que la persécution la force à émigrer vers des pays tout disposés à profiter des travaux de nos constructeurs, pour s’enrichir en les ruinant.
- Nous estimons donc que les vitesses de 20 kilomètres dans les villes et 30 kilomètres dans les campagnes sont des vitesses raisonnables.
- Car il est impossible d’admettre que des automobiles munies de freins puissants ne puissent marcher qu’à 8 kilomètres, alors que les voitures attelées de bons chevaux marchent dans Paris à 15 ou 16 kilomètres sans frein ni moyen d’arrêt rapide. Les accidents causés par les chevaux emballés sont quotidiens, et pourtant nulle administration ne s’en émeut.
- Qui est l’auteur de cet article ? Pourquoi le Petit Journal l’a-t-il publié ? Nous le savons, mais nous ne le dirons pas. L’essentiel est que le Petit Journal a dit, pour la première fois depuis longtemps, sur cette question des automobiles, quelque chose qui a le sens commun.
- *
- * *
- Albert Guillaume a donné au Matin une page de dessins bien amusante.
- Une voiture automobile passe sur l’avenue des Champs-Elysées et écrase un chien dont l’identité n’a pu être établie.
- Aussitôt quatre pédards assermentés de la Préfecture de police s’élancent à toute pédale à la poursuite de l’auto. Ils écrasent en route une demi-douzaine de piétons et la légende dit qu’à l’heure où le Matin met sous presse « la poursuite continue. »
- *
- * *
- Les décisions extraordinaires prises par nos gouvernants au sujet des Automobiles sont appréciées en ces termes par notre excellent confrère VAutomobile Belge :
- Paris-Lille a été courue sur piste ayant été interdite sur route. Nos bons voisins, « les p’tits Français » que le moindre accident affole, ont interdit toute course automobile sur route. Notre vive sympathie pour cette grande et belle nation nous empêche d’apprécier cet acte.
- Le jugement est sévère mais il n’est malheureusement que trop juste.
- Appelons l’attention de nos lecteurs sur la nouvelle rubrique : la Finance Automobile, qu’ils trouveront plus loin. Nous y signalerons les opérations financières intéressant l’industrie automobile.
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- Exposition ünMIo ne 1900
- Nous recevons de M. Cottenet, président de la classe 30, la lettre suivante :
- J’ai l’honneur de vous informer que la section des automobiles à Vincennes est prête depuis le 1" mai. Les exposants sont invités à y envoyer leurs produits.
- Pour les voitures et objets exposés en surface plane, la classe fournit seulement le parquet en sapin, surélevé de cinq centimètres. Chaque exposant organisera à ses frais son installation : colon-nettes, cordons, tapis, linoléum, enseigne», etc.
- Pour les surfaces dites murales, qui comportent un mètre de largeur en plan sur le sol les exposants devront autant que possible s’entendre avec leurs voisins de façon à obtenir un ensemble qui ne soit pas trop disparate.
- Je vous rappelle que la piste qui entoure le lac Daumesnil sera ouverte aux véhicules oxposés dont les roues seront munies de bandages en caoutchouc. Toutefois, l’administration se réservo le droit de fermer la piste à certains jours et heures qu’un règlement ultérieur fera connaître.
- Les véhicules condnits par les exposants et leurs mécaniciens circuleront sans frais sur la piste, à certains jours et heures qu’un règlement ultérieur fera connaître.
- Les véhicules conduits par les exposants et leurs mécaniciens circuleront sans frais sur la piste, mais toute personne étrangère fera l’obj t d’une perception de O fr. 50 à 1 franc par tour de piste, conformément au règlement spécial adopté par l’administration, et cette perception so-a opérée à l’aide de tickets à souche mis à la disposition des conducteurs. La moitié des sommes ainsi perçues sera versée à la Caisse des fêtes sportives qui doivent être organisées sur la piste Daumesnil, l’autre moitié fera retour aux transporteurs.
- Un dépôt d’essence, de graisse consistante et d’huile sera organisé par les soins du comité, aux frais de la classe. Les bénéfices résultant de la vente, de même que ceux résultant de la fourniture du courant aux voitures électriques seront, à la liquidation, répartis entre les exposants au prorata des sommes versées.
- Veuillez agréer, etc.
- Le président de la Classe 30, COTTENET.
- *
- * *
- Le concours de tourisme fixé au 14 mai, a réuni les 34 engagements suivants:
- Farkas, Société des Voitures Automobiles De-cauvill , Compagnie des Cycles et Automobiles Rochet, Baille-Lemaire, Société des Moteurs Go-bron et Brillié, Société des Automobiles H. de Riancey, Société des Automobiles Koch, Renault Frères, Chaboche, Société des Etablissements Georges Richard, Klaus et Cie, Société des Automobiles Peugeot, Brouhot et Cie à Vierzon, de Diétrich et Ci8, à Lunéville, Compagnie des Automobiles et Cycles Hurtu, Société d’Automobiles et de Traction (système Bardon), Yane à Leval-lois, Société générale des Voitures Automobiles, Société des anciens établissements Panhard et Levassor, de Diétrich et O à Niederbron, De-lahaye et C** à Tours, Turgan et Foy, Perrelle à Melun.
- Le concours comporte 50 kilomètres le matin, et 100 le soir. Il se terminera le dimanche 20 mai par une grande fête sportive et fleurie autour du Lac Daumesnil.
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- La classe 30, au champ de mars compte quelques exposants déjà prêts. Ce sont ; la Compagnie générale, Darracq, Jeantaud, Panhard et Levassor, Peugeot, Serpollet, Scotte, Diétrich, Georges Richard, Durey-Sohy, Decauville, la Minerve, Bastaert, Goujon, Glad ator, etc ..
- A Vincennes, dans le désert où M. Picard a su reléguer l’automobile, une seule voiture : celle de MM. Tourand et Cis, du Havre.
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- * *
- Le commissariat général de l’Exposition vient de faire placarder une affiche relative aux concours nationaux et internationaux de pompiers organisés à l’occasion de l’Exposition, dans l’annexe de Vincennes, du 13 au 19 août.
- La pompe à incendie figurée sur cette affiche est automobile.
- + *
- La Vie au Grand Air que dirige notre coü frère Pierre Laffitte, vient de publier un très intéressant numéro exceptionnel sur les sports à l’Exposition.
- Naturellement l’automobile y a sa large part.
- *
- * *
- Il vient d’être déridé que tout aëronaute participant aux concours de Vincennes aura droit à un laissez-passer pour lui personnellement et à un pour chacun de ses aides.
- La demande doit en être faite à M. le commandant Paul Renard, 7, avenue deTrivaux, àMeudon (Seine-et-Oise), à qui également doivent être adressées les demandes de renseignements et les engagements aux concours.
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- TRIBUNAUX
- Comme nous l’annoncions dans notre dernier numéro, la journée du premier mai a vu défiler devant les tribunaux de simple police de Paris et de Saint-Germain, une première fournée de chauffeurs.
- A Saint-Germain, tous les concurrents de la course Paris Roubaix ont comparu devant M. Mi-chaud, juge de paix.
- Un seul, Chenard, a été acquitté.
- Les autres ont été renvoyés au 16 mai, à part 0«mont et Nielsen, qui ne se présentaient pas et contre lesquels défaut a été prononcé.
- M6S Comby et Quêrenet défendaient les inculpés.
- A Paris, le juge de paix du IXe arrondissement, qui présidait l’audience, s’est montré inflexible.
- Toutes les peines demandées par le commissaire de police, organe du ministère public, ont été accordées. Le docteur Cladot a été condamné à deux jours de prison. MM. Baudot et Cohen à un jour; tous trois à l’amende. MM. Vasse, Petit, Landois, Lalbe, Tordeux et quelques autres, renvoyé» au 20 mai.
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- * *
- Le seul acquitté a été M. Chenard, le distingué constructeur d’Asnières qui, après l’audience, nous explique lui-même son cas.
- — « J’ai pris part à la course Paris-Roubaix, comme les années précédentes, avec un tricycle muni de mon avant-train. Cette fois la machine était actionnée par mon nouveau moteur de 4 chevaux, à circulation d’eau; c’est vous dire que les vitesses chères aux Baras et Béconnais m’étaient parfaitement accessibles, bien que mon associé M. Walcker, du poids respectable de 78 kilogs, eût pris place sur l’avant-train.
- » Seulement, chez moi, le tempérament du père de famille ne perd jamais ses droits et constitue souvent un frein puissant. J’ai donc pu prouver au juge que je n’avais abordé le virage de la Croix-de-Noailles qu’à dix kilomètres à l’heure maximum, et que j’ai ainsi ralenti, dans toutes les [agglomérations.
- » Eh bien, conclut M. Chenard, croiriez vous que contraint en mains endroits à cette allure de diligence, — car on en trouve des agglomérations entre Paris et Roubaix, —j’ai pu réaliser dans l’ensemble une vitesse moyenne officiellement constatée de 42 kilomètres à l’heure ! »
- Le défilé des chauffeurs devant le tribunal de simple police a continué mercredi dernier M. Mule, juge de paix du VI® arrondissement qui présidait. Ne voulant pas faire mentir son nom, il a distribué les condamnations à tort et à travers.
- Une trentaine d’accusés se sont partagé 44 jours de prison, et une vingtaine de louis d’amende.
- Parmi les condamnés, Jalabert, qui a eu 24 heures de prison.
- . Deux des comparants seulement sont sortis sains et saufs. M. Mule s’est déclaré incompétent à leur égard parce que la contravention avait été dressée dans l’allée de Longchamps au bois de Boulogne, et il a renvoyé les deux chauffeurs devant son collègue de Neuilly.
- * *
- En Cour Martiale! à Courteline...
- Scène I
- Le juge, M. Noblebéte, est sourd.
- Le Ministère public. — Je demande un jour de prison.
- Le juge, — J’entends bien, deux jours.
- Le Ministère public (bas). — Non, un jour suffit.
- Le juge. —.............Condamne M. X à trois
- jours de prison.
- Scène II
- Le Ministère public. —L’incùlpé n’avait pas d’autorisation de circuler, ni de permis de conduire.
- L’inculpé. — Mais j’avais dans ma poche la lettre de convocation pour le lendemain chez l’ingénieur chargé des examens, je ne puis présenter une voiture qui n’a jamais roulé et un conducteur qui n’a jamais conduit!
- Du reste voici mon permis daté du jour de la contravention...
- Le juge. — Mais il n’est que provisoire ! Deux jours de clou.
- (pour sténographie conforme)
- Un TEMOIN
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-e/-Seine.
- Tribune Libre
- Paris, 6 mai 1900,
- Monsieur le Directeur,
- Quelques fautes d’impression, sans doute rectifiées par le lecteur, se sont glissées dans la lettre que vous avez bien voulu insérer dans votre dernier numéro. J’avais écrit :
- Exemple :
- Entre Paris et la ville de X distante de 150 kilomètres, etc...
- lr° Catégorie. — Véhicules d’un poids au-dessous de A kilos.
- 2“ Catégorie. — Véhicules d’un poids de A à B kilos.
- 3e Catégorie. — Véhicules d’un poids de B à G kilos.
- Et huit lignes plus loin j’ai écrit temps primés et non périmés.
- Et à ce propos voulez-vous me permettre de faiie remarquer que tout ce qui a été dit au sujet du temps primé pourrait s’appliquer à des consommations primées à la condition de remplacer les temps par des capacités convenablement choisies. Le décalitre de pétrole par exemple remplaçant les records du temps.
- Recevez, etc...
- E. Berteau.
- ----------------4-----------------
- SOCIÉTÉS
- — Prorogation jusqu’au 31 décembre 1925 de la Société Guiet et Cie, 124 bis avenue de Villiers et création pour cette Société, de deux branches ayant pour objet :
- La lrJ, l’exploitation de la carrosserie, la fabrication de voituies et d’automobiles et la fabrication d’articles de sellerie, et la 2m®, les industries annexes à la carrosserie et l’automobilisme, l’achat et la vente tant à Paris qu’à l’Etranger de toutes matières premières et fabriquées qui sont employées dans l’industrie de la carrosserie et de l’automobilisme, telles que bois, cuirs, draps, quincailleries.
- — Les actionnaires de la Société Commerciale d’Automobiles sont convoqués en assemblée générale extraordinaire pour le samedi 12 mai 1900, à trois heures de relevée, au siège social à Paris, 77 bis, avenue de la Grande-Armée.
- Ordre du jour: Approbation des apports en nature et modifications aux statuts.
- LA FINANCE AUTOMOBILE
- Inutile de dire à nos lecteurs ce qu’est la maison Michelin et les services qu’elle a déjà rendus à l’industrie automobile.
- Cette maison met au pair, avec intérêt à 4 1/2 0/0, 3000 obligations de 500 francs.
- Le tableau des dividendes versés aux actionnaires depuis la fondation de la maison Michelin peimet d’apprécier la valeur des titres à émettre
- Exercices Capital Dividendes versé
- 1893 900.000 6 0i0
- 1894 900.000 10 0|0
- 1895 900.000 16 0i0
- 1896 900.000 18 0(0
- 1897 1.600.000 17 0[0 mal gré l’augmentat. du capital
- 1898 1.600.000 17 0|0 — — _
- 1899 1.700.000 20 0i0 — — —
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- Septième Année. — N# G
- 17 Mai 1800
- LA LOCOMOTIO
- UTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- ABONNEMENTS
- France, Un An, 15 Fr.; Étranger, 20 Fr.
- LE NUMÉRO
- 50 Centimes
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde 4 — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur-Administrateur
- SOMMAIRE DU N» 20
- Les Chauffeurs en simple police. —Echos. — La voiture Georges Richard. - La voiturette Dupressoir. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton. — Les Courses. — Le tour d’Angleterre. — Exposition Universelle de 1900. — A travers la Presse, etc., etc.
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- LES CHAUFFEURS EN SIMPLE POLICE
- Une tempête facile à prévoir pour tin esprit réfléchi s’est déchaînée depuis une quinzaine de jours contre les infortunés chauffeurs dans l’atmosphère si calme des tribunaux de simple police. La vitesse exagérée des automobiles, le grand nombre d’accidents, le ton belliqueux de la plupart des quotidiens ont amené l’administration à prendre des mesures qui, grâce à notre tempérament national, ont immédiatement dépassé ce que prescrivait le simple bon sens. On a entendu condamner à l’emprisonnement des hommes très honorables, dont la faute bien vague serait, d’après le dire des agents, un « excès de vitesse ».
- Les dipositions de l’administration se sont révélées tout d’abord dans la formule même des citations en simple police. Les contrevenants sont en général poursuivis pour violation de l’article 23 de l’ordonnance de 1893 et ce conformément aux articles 475 et 476 du code pénal. L’article475 prévoit la pénalité de 1 amende de six à dix francs; l’article 476 dit que « suivant les circonstances » le juge pourra appliquer une peine d’emprisonnement de trois jours au plus. Viser dans la situation l’article 476, c’était se référer à ces circonstances aggravantes ; était-ce bien le cas? Il est bien rare dans la pratique qu’il en soit fait mention pour ce genre de contraventions. L’administration montrait ainsi ses préparatifs de combat.
- Nous faisons dans cette revue plus oeuvre d’avocat que de journaliste, aussi indiquerons-nous simplement à nos lecteurs ce qu’il convient de faire en la circonstance.
- A notre avis le premier devoir du conseil du prévenu est de gagner du temps ; il est bien rare que les dispositions restent les mêmes et le ministère public lui-même devient dans la suite plus indulgent.
- Dans l’espèce faire remettre l’affaire est
- facile, il suffit de demander à çiter un témoin, d’élever, s’il y a lieu, l’exception d’incompétence ou à défaut de demander la nullité de la citation. Il est à remarquer, en effet, que les contrevenants sont tous cités en vertu de l’article 23 de l’ordonnance de 1893, actuellement abrogée par le décret de 1899. On se garde bien d’invoquer l’article 6 de l’ordonnance de 1893 qui détermine le maximum de vitesse ou le § 2 de l’article 14 du décret de 1899 qui reproduit, sauf la question de chiffres, la même disposition ; on cite en vertu de l’article 23 de l’ordonnance de 1893 qui dit que « le mouvement devra être ralenti ou arrêté » dans les rues étroites, à l’intersection des routes, sur les pentes rapides, etc. Grâce à cette ingénieuse citation l’agent est dispensé de préciser une vitesse qu’il ignore absolument.
- L’ordonnance de 1893 étant abrogée par le décret de 1899 on peut demander la nullité de l’assignation ; le ministère public est obligé de citer à nouveau et l’affaire ne revient que beaucoup plus tard. Comme en France les mouvements d’opinion sont peu stables, il y a de grandes chances d’échapper à une condamnation sévère. La bicyclette en est un exemple éclatant; il est curieux d’observer combien ce mode de locomotion jadis redouté et traqué par l’autorité, est accueilli favorablement par la justice ; il semble tout-à-fait innocent.
- Si le contrevenant n’a pu éviter une condamnation, il peut faire appel devant le tribunal correctionnel ; l’appel est recevable toutes les fois que la condamnation en simple police excède cinq francs, dommages-intérêts compris ou qu’elle comporte une peine d’emprisonnement.
- L’appel se fait dans les dix jours de la signification du jugement soit par une déclaration au greffe, soit par exploit d’huissier.
- Les jugements en dernier ressort sont enfin susceptibles de cassation pour excès de pouvoir ou pour violation de la loi.
- A notre avis les associations formées pour la défense des intérêts sportifs devraient de leurs propres deniers épuiser tous les degrés de juridiction pour fixer la jurisprudence sur ce qu’il faut entendre pour le prétendu j« excès de vitesse ». C’est une question de principe du plus haut intérêt, Albert RODANET
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- ÉCHOS
- Scrutin de ballottage le 9 mai à l’Automobile-Club de France.
- Ont été admis : MM. Waerndorfer, Coster, de Arozarena, Blanchy, duc de Sesto, Jules Armen-g'aud et Albert Bostwick.
- Une discussion assez confuse s’est engagée ensuite au sujet du local dans lequel se tiendra la prochaine assemblée générale.
- En somme, toujours la même situation.
- *
- * *
- ' La Commission du Contentieux de l’Automobile-Club de France vient de s’apercevoir que l’on dresse depuis quinze jours des contraventions aux chauffeurs et qu’on les condamne à la prison et à l’amende. Elle a décidé « qu’elle examinera avec « le plus grand soin les décisions administratives «'ou judiciaires qui pourraient être rendues con-« tre les chauffeurs et la suite qu’elles comporte tent. »
- »
- * *
- Conformément à l’article 3 de ses statuts, l’Automobile Club de France met, depuis le 9 courant, — vingt jours avant l’assemblée générale,— ses comptes de recettes et de dépenses de l’année écoulée à la disposiiion des membres du Cercle qui désirent en prendre connaissance au secrétariat.
- Même communication est faite en ce qui concerne les domptes de dépenses et de recettes de la Société d’encouragement. .
- rj.Les projets de budgets de 1900, pour les deux
- Sociétés, sont également communiqués, en vertu
- du même article des statuts, aux membres qui
- veulent les examiner.
- .
- * *
- La villa de l’Automobile Club, au bois de Boulogne, 4, routa du Champ d’entraînemsnt, est ouverte depuis mardi dernier.
- -
- * *
- 11 paraît que M. Pierre Baudin, ministre des Travaux Publics, vient d’acheter une automobile de 12 chevaux.
- C’est très sage et cela permettra à notre ministre”' de se rendre compte, après coup malheureusement, de la folie de certaines mesures que lui soufflent ses conseil! rs habituels.
- Il eût peut-être mieux valu que M. Pierre Baudin se décidât plus tôt à faire cet excellent placement de ses économies et qu’il n’eùt pas tant tardé à apprendre ce qu’il était chargé de réglementer.
- *
- La commission permanente de circulation s’est réunie le 10 mai à la Préfecture de Police. Elle a décidé de supprimer la trompe des tramways et de la remplacer par la cloche. Il est probable que la trompe sera de même bientôt interdite aux cyclistes. La Commission ne s’est pas occupée, cette fois, des motocyclistes et des chauffeurs.
- A Saint-Philippe-du-Roule, on a célébré le mariage de M. Ernest Boulogne, fils de M. Eugène Boulogne, le carrossier bien connu dans le monde de l’automobile.
- Nos meilleurs complimems au marié, cousin germain de notre excellent confrère Albert-Petit.
- *
- * *
- Nous apprenons avec chagrin la mort de M. Colibert, l’architecte bien connu. Cette mort met en deuil une charmante famille qui n’a que des amis dans le monde automobile, celle de M. André Vignat, le sympathique directeur de la Société des Huiles minérales de Colombes.
- * *
- M. René de Knyff vient de vendre soixante mille francs l’automobile qu’il a menée à la victoire à Pau et à Nice cet hiver.
- L’acheteur est un membre de l’Automobile-Club américain, M. Albert Bostwick.
- Soixante-mille francs, c’est cher, mais on a fait mieux puisque Charron a vendu sa voiture 66.000 francs et que Lemaître a vendu la sienne 69.000 francs.
- * *
- L’EI) . 0 i’alace Hôtel vient d’organiser un service public d’automobiles pour les courses de Long-champs, d’Auteuil et de Chantilly et les excursions aux environs de Paris : Saint-Germain, Versailles, Chantilly, Rambouillet, etc.
- Il y aura, également, un service direct pour l’Exposition de'Vincennes, dès qu’elle sera prêts.
- On retient ses places à l’Elysée Palace Hôtel.
- * *
- Notre réponse à un article hostile dfi Petit Niçois, n’a pas passé inaperçue sur le littoral. Notre excellent confrère Pierre Bermond la reproduit en partie dans le Midi Sportif, de M arseille.
- * *
- A Nice les départs se font de plus en plus nombreux, nous écrit notre excellent correspondant Léon Baréty. Léo chauffeurs se rendent les uns à Paris, pour l’Exposition, d’autres dans les stations estivales ou balnéaires, non sans se promettre de revenir- à Nice. On signale tous les jours de nouvelles conversions à l’automobile. Cela est d’un bon augure, malgré les vexations sans nombre de l’administration locale.
- * *
- A Brest, le dimanche de la Pentecôte, il y aura un défilé fleuri dé bicyclettes et d’automobiles. Le concours de l’Automobile Club Brestois sera demandé.
- * *
- La bataille de fleurs en automobiles du 10 mai, organisée par l’Automobile Club Biterrois, a parfaitement réussi.
- Le jury a remis à toutes les voitures une bannière.
- Ier prix, ex-æquo : MM. Charles Viennet et Antoine Gaujal ;
- 2e prix ex-æquo : MM. Ludovic Gaujal et Jules Lautrec.
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- 3e prix, ex-æquo : MM. Alban de Crozals, Louis Texier, Becq et Thurc.
- Ier prix, voiturettes : M. Louis Arnaud de Cro-zais.
- * *
- Les fêtes automobiles dues à l’initative de l’Automobile-Club de Draguignan, d’abord fixées aux 29 au 30 avril, ont dû être renvoyées à la Pentecôte.
- * *
- L’Automobile de Marseille ayant fait des démarches pressantes par la voie de son Comité, l’arrêté que la municipalité de cette ville allait prendre pour réglementer la circulation des automobiles est provisoirement suspendu.
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- * +
- Le Bulletin de l’Automobile-Club Bordelais affirme que les automobiles peintes en blanc effrayent plus les chevaux que celles d’une autre couleur.
- Le fait est intéressant et serait à vérifier.
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- La direction des fêtes de Spa craignant l’interdiction des courses d’automobiles veut remplacer Spa-Bastogne-Spa par des courses sur l’hippodrome de Sauvenière.
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- * *
- M. le baron Pierre de Crawhez, à peine rentré de sa longue randonnée automobile à travers la Suisse, l’Italie, le nord de l’Afrique et la France, projette à nouveau un voyage au long cours. Le sympathique chauffeur, qui aura M. Guders comme compagnon de route, compte rayonner en , Suisse et au Tyrol.
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- Extrait d-es Annales parlementaires belges :
- M. de Limburg-Stirum. —On demande, dans bien des parties du Luxembourg, un service de malles-postes.
- M. Smeets. — Automobiles alors?
- M. de Limburg-Stirum. — Parfaitement ! Il serait à souhaiter qu’on appliquât l’automobilisme aux voitures publiques. La chose est certainement praticable. Déjà les localités frontières de Dunkerque, Bourbourg, Saint-Omer, Poperinghe et Cassel sont desservies ainsi. Les automobiles gravissent même les parties raides qui entourent la ville de Cassel.
- Le gouvernement devrait étudier l’application de ce système partout où un chemin de fer vicinal n’est pas possible.
- Il suffirait, à mon sens, que l’intervention gouvernementale se manifestât sous forme d’encouragement ou de subside pour le cas où les entrepreneurs voudraient se charger du service.
- Proposer à la Chambre des Députés de faire des services publics d’automobiles partout où un chemin de fer n’est pas possible 1 Ce n’est pas en France qu’un député émettrait des propositions aussi sensées.
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- Anvers sera doté prochainement d’un service automobile pour desservir les principaux hôtels de la ville.
- Le Grand Restaurant de la Monnaie, à Bruxelles, possédera bientôt un s:rvice-analogue pour chercher et ramener ses c'ionts du haut de la ville.
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- La création d’un Autom b le Club à Barcelone est maintenant décidée. U c Commission préparatoire s’est réunie. Elle é ic composée de MM. Ricardo Fradera, Federico Fa -ge, José M. Rusinol et Luis de Bouffard. A D suite de cette réunion on a nommé une Commission d’organisation composée de MM. Luis Bos.h, Luis de Bouffard, Luis Lopez, Juan Antonio Rosillo, Emilio de la Guadra, et Manuel Garcia Rivero.
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- Il paraîtrait que le Sultan est dans la joie de l’automobile que lui a fournie une fabrique d’Allemagne, et que son enthousiasme s’èst manifesté par une décoration accordée au directeur de la maison de construction.
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- Un certain nombre de chauffeurs genevois : MM. Georges Picard, Georges Rœch, J. Hedmann, F. Masi, E. Mégroz, G. Dunand, Raoul Bultaud, Maurice Didier, Jean Benzoni, Ph. Vieux, Eugène Perret, Jules Dégallier, viennent de décider la constitution d’un Automobile-Club génevois.
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- Notre excellent confrère 7he Automobile Rev.iew annonce que les chauffeurs russes sont obligés de faire enregistrer leurs véhicules auprès de l’administration locale en fournissant des dessins de la voiture ; ils doivent également indiquer où est leur garage.
- Les automobiles sont divisées en 3 classes : voitures publiques, privées, et de messagerie; les deux premières peuvent circuler sur n’importe quelle route, alors que les conditions de circulation sont limitées pour les autres. Tous les véhicules sont forcés de porter un numéro.
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- Pendant la récente course anglaise de 1.000 milles, il paraît que, dans une bonne partie des écoles des comtés de Derby et de Lancastre, les classes ont été suspendues un certain temps pour permettre aux enfants d’aller voir passer les automobiles.
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- On annonce que, à la suite d’une enquête faite par le Département de l’hygiène publique de l’Administration Municipale de Londres, le Comité de la voirie de cette ville fait savoir qu’il serait disposé à recevoir les offres des constructeurs d’automobiles pour la location d’un de ces véhicules. Il s’agirait d’un tombereau électrique qui aurait pour mission de recueillir et transporter aux dépôts des poussières et balayures des rues de la Cité.
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- Lors de l’exposition d’automobiles qui vient de se tenir à Londres dans l’e Agricultural Hall » M. E. J. Coles s’est livré, dans une voiture Benz, à une série de fantaisies quelque peu acrobatiques*
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- LA LOCOMOTION AÜTOMOBILÈ
- qui ont été fort appréciées du public. Ncn seulement il a conduit son véhicule, sur la piste ordi-nire en ne se servant que de ses pieds, ses bras éant attachés ; mais encore il a monté ut plan incliné à 25 c/o, et formé tout uniment de pjutres creusées en gouttières dans lesquelles roulèrent les roues de la voiture. Arrivé sur la plateforme qui couronnait cette rampe, il est redescendu par un escalier.
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- L’Administration des Postes de Ceylan a acheté à li « Lincashire Stesm Motor Co » une auto-mobi'e deslinée à subir des essais préliminaires, en vue de substituer parte u la traction mécanique à la traction animale dans Iss tiausports postaux. Les expérience . sc poursuiv nt et elles donnent pleine satisùc ion.
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- Les douanes austra'ien^es de la colonie do Victoria modèrent leur séveiité à l’égard des automobiles : au lit u de leur faire payer 40 livres par yoiiure plus 30 0/0 de la valeur du moteur, ou p'us exactement de la force mo‘ri e, elles ont placé les -véhicules mécaniques sous une c'assifi-cation dite « autos-véhicules », et leur font payer simplement 25 0/0 ad valorem.
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- L'automobre-club allemand a inauguré samedi le magnifique hôtel où il vient de s installer par un gr. ni banquet. Le duc de Ratibor présidait cette solennité sportive et mondaine.
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- Le consul d’Autriche à Varsovie informe son gouvernement qu’on demande des automobiles de touristes et de livraison dans diverses villes de Russie.
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- Il vient de 9c former aux Etats-Unis un club qui est sans doute le.premier de son espèce : c’est un aitomobile-club dépendant de la fameuse universelle dite : Columbia University. Les membres se proposent spécialement d’explorer le pays environnant, et peut être même ultérieurement d’organiser des courses.
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- L’automobilisme recrute des adhérents dans les corps de pompiers de tous les pays : on nous annonce en effet que le Conseil Municipal de Mil-waukee aux Etats-Unis se propose d’acheter deux automobiles, pour le chef et le chef-adjoint de son service de pompier?.
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- Philadelphie va avoir son automobile-club, comme tant d’autres villes américaines ; un comité provisoire vient d’être nommé à l’effet de pré parer la fondation définitive et le reglement du dit club.
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- Le pays idéal pour les automobiles serait l'ils de Java, s’il faut en croire le consul des Etats-Unis à Batavia. Les routes y sont excellentes et le climat très pernicieux pour les chevaux. Il n’existe pour-
- tant encore à Java que deux voitures automobiles.
- A noter que, dans les Indes Néerlandaises, la force motrice est bon marché, l’eau abonde et combustible et main d’œuvre sont à bas prix,
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- Il paraît que l’automobilisme trouve des adeptes aux î es Hawaï, car une compagnie de Cleveland vient d’embarquer, à destination d’Honolulu, tout un chargement d’accumu'ateurs, pour 80 automobiles expédiées d’autre part sur ce port.
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- Il vient de se fonder à Chicago une maison spéciale, la Wilkesaed Everett Co, qui a pour but unique la réparation des bandages et de leurs perforation?. C’est une spécialité curieuse vraiment.
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- La vulgarisation des motocycles et bicyclettes automobiles asx Etats-Unis ne peut être qu’une question de peu de temps; ce qui contribue à le faire présager, c’est que des capitalistes de Ntw-York viennent de former, sous le titre de « Motor Cycle Co », une puissante entreprise qui a pour but la fabrication des cycles (bicyclettes ou tricycles) mécaniques. Le capital primitif en est seulement pour débuter de 750.000 dollars, ce qui représente 3 millions et demi enviion; mais on opérera les augmentations possibles dudit capital jusqu’à 15 millions de dollars, autrement dit plus de 75 millions de francs I
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- On vient d’installer à New-York, sous le nom de « Manhattan automobile station », une nouvelle station de chargement pour les automobiles électriques ; pour donner une idée de l’importance de cet établissement, nous dirons qu’il comporte un bâtiment de 5 étages et que la surface disp nible y est de plus de 500 mètres carrés. Le courant de eba-gement est emprunté à des distributions à 3 fils du système Edison. Les postes de chargement sont d’autre part fixés au mur, et ils comprennent chacun un rhéostat, un compteur Thomson, et enfin des fils flexibles D’ailleurs, la station comporta également un atelier où l’on fait toutes les réparations.
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- Les cowboys américains sont sur le point de laiser là l’antique cheval j et de prendre comme monture... l’automobile
- Notre confrère Mail and Express de New-York dans une récente interview, donne en effet l’avis très favorable d’un habitant du Texas, M. Kennedy, qui estime que l’automobile sera pour les cowboys d’une économie énorme, et d’un usage bien meilleur que les chevaux.
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- Une automobile « de guerre » nouvellement construite a été essayée aux envirovs de Brooklyn.
- Sa vitesse inusitée a attiré l’attention d’un agent cycliste qui a couru après, est parvenu à la rejoin-d e grâce à un encombrement ét a dressé contravention aux conducteurs, tout comme en France.
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- Là VOITURE GEORGES RICHARD
- Moteur. — Les moteurs des voitures Georges Richard, fonctionnant suivant le cycle à quatre temps, sont à deux cylindres, avec manivelles calées à 180 degrés. Us
- sont placés horizontalement à l’avant de h voiture.
- L’admission de l’air carburé par barbotage se fait par des soupapes verticales à marche
- Cab > x>ètrol-i Georges lluhard
- Voiturette Georges Richard 3 chevaux 112
- automatique et l’échappement des gaz brûlés par des soupapes placées horizontalement et commandées par des cames montées sur un axe qui porte également le régulateur de vitesse à force centrifuge.
- Le régulateur agit donc sur l’échappement de telle façon qu’il élimine automatiquement d’abord le cylindre de droite (i)
- (1) Les indications de droite et gauche sont prises par rapport aux places occupées par les voyageurs.
- lorsque la vitesse augmente (ce qui se produit dès qu’on demande moins d’énergie au moteur), puis le cylindre de gauche en tout ou en partie.
- Pour le cylindro de droite, l’élimination se produit par le fait même que la came correspondante calée sur l’axe du régulateur et déplacée parla force centrifuge ne soulève pas la soupape d’échappement. Il n’y a donc pas expulsion des gaz brûlés, et au coup suivant il n’y a pas admission de gaz
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- combustible. Si la demande d’énergie est encore moindre, c’est-à-dire si le conducteur veut ralentir la voiture ou même l’arrêter, la vitesse du moteur tend à aug-
- menter et le régulateur agit sur le deuxième cylindre.
- A cet effet, la came qui commande l’échappement a un profil tel qu’elle n’agit sur
- )
- Châssis Georges Richard avec moteur de T chenaux
- Tonneau-Wdgonnette Georges Richard
- l’échappement que pendant un temps variable de la course du piston, soit pendant la, moitié, soit pendant le quart de cette course. Au moment de l’attaque.de la sou^ pape par la came, la pression dans le cylindre
- tombe d’abord à la pression atmosphérique, puis le piston pousse devant lui les gaz brûlés pour les rejeter au dehors. Si la came agit par le profil qui ferme à moitié de la course, il reste dans le cylindre une
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- demi-cylindrée de gaz brûlés et, à l’admission suivante, il ne rentrera dans le cylindre qu’une ^wz’-cylindrée de gaz combustible frais, d’où production moindre de force. II en est de même pour la commande par la partie de la came fermant au quart de la course.
- Par suite du calage à 180 degrés des manivelles, les pistons sont parfaitement équilibrés comme masse et la voiture est exempte de trépidation.
- On peut faire varier à volonté la vitesse de régime du moteur en agissant sur le ré' gulateur par une petite manette dite accélérateur placée à la direction; suivant la position de cette manette, le moteur prend une vitesse de 400, 500, 600 jusqu’à 1.200 tours.
- L’allumage est produit par l’électricité.
- Transmission. — L’énergie produite par le moteur est transmise aux roues par une courroie, un débrayage à friction d’un type spécial, une série d’engrenages, des pignons et des chaînes.
- La série des engrenages qui fournit quatre vitesses (8, 16, 24, 32 kilomètres à l’heure à la vitesse de 700 tours du moteur) est enfermée dans un carter étanche rempli d’huile. Tous les paliers sont du type des paliers de dynamos, c’est-à-dire à larges godets avec des bagues remontant l’huile sur les arbres.
- La courroie mue par la poulie volant du moteur marche à grande vitesse (15 mètres par seconde). Elle est très large (80 millimètres) et attaque sans croisement une poulie formant débrayage au pied, de telle façon que, n’étant pas déplacée par une fourchette, elle n’a pas à subir de traction transversale
- Châssis Georges Richard avec si'ege de conducteur-mécanicien placé à l’avant
- affaiblissante. Sa tension est assurée par un tendeur dont le réglage est très facile.
- La poulie formant le débrayage est calée sur l’arbre portant le train mobile des engrenages de changement de vitesse et ce train est commandé transversalement par une manette qui se déplace sur un cadran situé horizontalement devant le conducteur.
- Freins. — Les freins sont au nombre de deux, l’un agit sur le différentiel par une pédale au pied qui débraye en même temps qu’elle freine, et l’autre agit sur les deux roues par deux colliers puissants commandés par un levier à main.
- Réfrigérant. — Le moteur est refroidi par une certaine quantité d’eau circulant autour des cylindres et dans un serpentin à ailettes de 11 mètres de longueur. La circulation est assurée par une pompe genre Greindl commandéepar un engrenage calé sur un des mobiles du moteur.
- Les divers organes que nous venons de décrire sont montés sur un châssis un acier. Les essieux sont à fusées de 45 millimètres,
- avec voie de 1 m. 35. Les roues sont à moyeu acier, à rayons en bois d’acacia fendu et non scié, jantes en bc-is en deux pièces.
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- LA VOITURETTE MPRESSOIR (1)
- M. Dupressoir fait pour la voiturette ce que font pour la bicyclette toutes nos grandes usines de production. Il construit des pièces détachées, par séries, pièces bien calibrées et interchangeables, qu’on lui achète par parties, ou assemblées, à volonté.
- Comme pour les bicyclettes, il fabrique toutes les pièces qui composent une voiturette légère, à châssis en tubes renforcés, mais il ne livre ni moteur, ni carrosserie ; il ne vend donc pas la voiturette complète et
- (1) La Manufacture, à Maubeuge (Nord).
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- fournit principalement aux innombrables moteur Dupressoir, un avant-train Dupres-
- petits constructeurs que l’on voit s’installer soir, mettez des roues et des pneus Y ; por-
- ‘ maintenant danstoutes les grandes villes. tez chez le carrossier Z qui vous habillera
- - Achetez un moteur Z, de Dion, Aster, le tout et vous aurez une voiturette com-
- Gaillardet, etc.) un pont arrière ou appareil plète, qui sera même votre voiturette si
- Fig. ï* — La voiturette Dupressoir
- M |
- Fig. 2. — La voiturette Dupressoir, schéma du châssis
- vous installez, par exemple, un petit moteur de votre invention.
- Cette ingénieuse combinaison vient maintenant bien à son heure et son inventeur s’en trouve fort bien ; un changement de vitesse breveté, une pompe idem, un diffé-
- rentiel robuste et une construction irréprochable, voilà tout son secret.
- Son changement donne 3 vitesses: io, 20, 32 kil. à l’heure avec un régime de 1 800 tours au moteur : celui-ci doit faire 2 ou 3 chevaux de force, avec ailettes ou circula-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- tion d’eau, au choix : dans ce dernier cas, une pompe rotative très robuste est montée sur un support spécial avec renvoi de mouvement faisant seulement 150 tours.
- L’accouplement du moteur au changement de vitesse se fait au moyen d’un embrayage à friction commandé par une pédale qui, à volonté, suspend l’action du moteur sans l’arrêter, et, à fond de course, agit en même temps sur le frein à bande du différentiel, soit qu’on veuille ralentir ou arrêter complètement la voiturette.
- Le changement de vitesse est commandé, de la colonne de direction par un petit volant, (avec poignées et encoches) placé immédiatement au-dessous du volant de direction (fig. 1 et a).
- C’est un changement par engrenages, fous.sur leurs axes et toujours en prise, et rendus successivement fixes par le déplacement d’une clavette longue manœuvrée par le mouvement de rotation du petit volant spécial : les engrenages sont enfermés dans un carter étanche où ils barbottent dans l’huile.
- Fig. 3. — Le changement de vitesse
- Pour les motocycles légers, M. Dupres-snir a combiné un très ingénieux changement à a vitesses seulement, que représente notre fig. 3.
- Le levier de commande D de cet appareil peut prendre 3 positions différentes sur son secteur E. A la position 1, il est à la grande vitesse; au cran a, le moteur est débrayé; au cran 3, obtient la petite vitesse. L’appareil se compose essentiellement de a embrayages par cônes de friction : un grand PS et un petit RP’. Au cran 1, R est éloigné de P\ mais P et S sont en prise ; l’ensemble des pignons satellites démultiplicateurs n’entre pas en jeu ;
- le tout forme bloc solidaire de P et de l’arbre A ; c’est la grande vitesse, sans frottement supplémentaire. Au cran 2, les 2 cônes P et S d’une part, et R P’ de l’autre sont séparés; rien ne tourne; c’est le débrayage complet. Quand on passe du cran 2 au cran 3, la came C continuant à agir sur le levier B, le cône P continue à s’éloigner de son conjugué 5, mais R et P’ viennent en prise ; or P’ est solidaire de la pièce O qui porte les pignons satellites démultiplicateurs V, G qui font tourner le pignon H, clavetésurle fou reau K, lequel porte à son autre extrémité le pignon L qui engrène directement avec le pignon moteur : d:où la démultiplication.
- Revenons aux diverses pièces de la voiturette :
- Tout l’avant-train est articulé sur le châssis ; les roues sont absolument indépendantes du train arrière; les voiturettes peuvent avoir à volonté une caisse suspendue ou non. La direction se fait sans choc, par volant et crémaillère, agissant sur roues, à pivot, à billes et à recouvrement à chapeau ; elles sont reliées par une bielle extensible permettant d’en régler le parallélisme.
- Sur la demande de direction, les commandes de tous les mouvements sont réunies à portée de la main (V. fig. 2).
- 11 y a 2 freins; un sur le différentiel, commandé simultanément par la pédale de droite et par le levier de débrayage du moteur sur la colonne de direction ; plus un frein, à bande sur chaque moyeu, commandé par une pédale à encliquetage; il peut rester serré à fond à volonté et se desserrer en appuyant avec le pied sur un bouton qui le rend libre.
- La pompe rotative est d’un très petit diamètre ; elle se compose d’un corps en bronze dans lequel tournent un noyau excentré muni de 2 petites palettes opposées et séparées par 2 petits ressorts qui les écartent l’une de l’autre, les presse contre les parois du corps de pompe pour assurer l’étanchéité.
- Paul SARREY.
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- GUIDE DE ROUTE
- de la l
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les Nos précédents)
- Carrosserie de la voiture
- 115. — Les caisses sur lesquelles reposent les sièges servent en même temps à abriter les organes de la voiture; leur forme et la distance relativement grande qui les sépare contribuent à donner à la voiture un aspect élégant et confortable (v. fig. 12 pour leur emplacement sur le châssis; voir n° 560 pour l’entretien de la car: osserie).
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 116. '— Caisse avant. — Pour découvrir cette caisse, il suffit de soulever le siège, ce’la après avoir desserré les boulons à oreilles qui le retiennent ; une très robuste charnière permet de rabattre le siège sur la voiture, en quel cas on aperçoit :
- 1° Le réservoir à eau, N forme le panneau avant de la. voiture.
- 2° En face du réservoir se trouve la boite O dans laquelle est enfermée la pile formée de quatre élément.
- 3° Au milieu, le coffre à outils.
- 117. — Pour le cas où l’on aurait à découvrir les deux caisses, c’est le siège avant qui doit être rabattu le premier.
- 118. — Siège avant. — Le coussin de ce siège est plutôt spacieux pour une personne ; il mesure environ 0 m. 70 de long sur 0 m. 40 de large.
- Schéma de la carosserie
- Fig. 12
- 119. — La voiture serait tout aussi bien, pour ne pas dire mieux, si ce siège était remplacé par un simple panier en osier, mesurant 0m30 de hauteur environ. Ce panier peut être verni de la couleur dominante de la voiture et sera très gracieux si la partie supérieure est légèrement arrondie ; l’intérieur du panier peut être garni de toile imperméable. En cas de long voyage, la place d’une malle est enfin toute indiquée.
- 120. — Caisse arrière. — C’est en rabattant le siège arrière sur le volant que l’on découvre les organes les plus fréquemment visitables; il suffit préalablement :
- 1° De desserrer les boulons à oreilles qui fixent la caisse au châssis;
- 2° De placer parallèlement aux sièges la barre de
- direction, afin de ne pas la fausser.
- 121. — La caisse arrière porte elle-même :
- Le réservoir à essence, les fils de l’allumage et la bobine, puis la manivelle de mise en marche et a tige qui règle la carburation.
- 122. — Panneau arrière. — Le panneau arrière se retire en soulevant simplement les deux loque-taux qui le retiennent.
- 123. — Siège arriére. — Le coussin de ce siège mesure environ 105 cm.de long sur 0 m. 45 de large ce qui permet à deux personnes de s’y installer très confortablement.
- 124. — Ce coussin pouvant se détériorer par son appuie fréquent sur le volant, rien ne sera plus facile que faire coudre sous la courroie (qui protège insuffisamment le coussin) un morceau de cuir en croix, et de la couleur du coussin de préférence.
- 125. — Démontage des caistés. — Tous les organes qui nécessitent un entretien régulier étant suffisamment accessibles par le simple renversement des sièges, il en résulte que le démontage des caisses est une mesure à laquelle l’on n’a pour ainsi dire jamais recours;
- 126. — Chacune des deux caisses se trouve liée à là partie du plancher la plus rapprochée d’elle (». flg. 12) ; l’intersection de ces deux parties E et B du plancher laisse une place ouverte à la colonne de la direction.
- 127. — Chaque caisse se détache de la voiture à l’aide de quatre écrous AB CD et H IJ K qu’il suffit de serrer fortement au montage.
- 128. — On devra préalablement dégager la caisse
- de devant du tuyautage, de la circulation et des fils de la pile.
- 129. — La caisse arriére doit être dégagés des fils de l’allumage, de la chaîne de manivelle des tringles de commande, du changement de marche et de la carburation, du réservoir à essence, des pédales de freins, des fils de l’interrupteur à pédale, etc.
- (A suivre). J. WOLFF.
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- LES COURSES
- Le Critérium des Motocycles
- Ainsi que nous l’avons annoncé, le Critérium des motocycles a été disputé le xo mai aprè«-midi, sur la route d’Etampes à Chartres et retour, soit la distance de ioo kilomètres. Cette épreuve, favorisée par un temps superbe, a obtenu un légitime succès. Quinze concurrents se sont présentés au départ et quatorze ont terminé le parcours. Onze d’entre eux ont même battu le record local, qui était détenu par Teste en i h. 56’ 36” 25. Cette épreuve avait attiré à Etampes une assez nombreuse assistance.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Nous remarquons au départ : MM. Pierre Gif-fard, Paul Rousseau, Victor Mathieu, Georges Richard, Gardon, R. Darzens, Georges Prade, Fr. Reichel, etc...
- Afin d’éviter lis accidents, le départ a été donné aux concurrents de minute en minute.
- Voici les poids et les types de moteurs des divers motocycles qui ont pris part à l’épreuve. On remarquera le poids du ‘ricycle de Rénaux :
- Nos 2. Béconnais, 144 kilos, un cylindre ;
- 3. Rigal, 134 kilos, un cylindre ;
- 4. Marcellin, 159 kilos, deux cylindres;
- 5. Osmont, 192 kilos, deux moteurs;
- 6. Tart, 142 kilos, un cylindre ;
- 9. Baras, 169 kilos, deux cylindres;
- 10. Vasseur, 182 kilos, deux moteurs;
- 11. Romain, 139 kilos, un cylindre;
- 14. Rénaux, 248 kilos, un cylindre horiz;
- 15. Joyeux, 137 kilos, un cylindre;
- 16. Delisle, 130 kilos, un cylindre;
- 17. H. Loste, 156 kilos, deux cylindres;
- 18. H. Battaiellie, 128 kilos, un cylindre;
- 19. Bertin, 197 kilos, deux moteurs ;
- 21. Didier-Nauts, 124 kilos, un cylindre.
- A noter que le moins lourd Didier-Nauts (124 kilos), pèse exactement la moitié du plus lourd-, Rénaux (248 kilos). Le vainqueur de 1899, Teste, qui a déclaré forfait, cette année, pesait 105 kilos. Nous en sommes loin.
- Voici les temps que les concurrents ont mis pour aller d’Etampes au virage de Chartres, — cinquante kilomètres :
- 1. Béconnais, en 38 m. 24 s. ;
- 2. Baras, en 38 m. 29 s.;
- * 3. Marcellin, en 38 m. 42 s. ;
- 4. Osmont, en 39 m. 26 s. ;
- 5. Tart, en.39 m. 52 s. ;
- 6. Joyeux, en 41 m. 4 s. ;
- 7. Delisle, en 41 m. 22 s. ;
- 8. Didier-Nauts, en 42 m. 22 s. ;
- 9. Bertin, en 43 m. 28 s. ;
- 10. Vasseur, en 44 m. 21 s. ;
- 11. Rigal, en 45 m. 8 s. ;
- 12. Rénaux, en 46 m. 28 s. ;
- 13. Romain, en 52 m. ;
- 14. Bataiellie, en 52 m. 27 s. ;
- 15. H. Loste, en 54 m. 57 s.
- L’année dernière, Teste vira premier en 54 m» 50 s., soit donc 16 m. 26 s. de plus que Béconnais.
- Voici maintenant le temps des 100 kilomètres du parcours total.
- le‘- Marcellin, en 1 h. 24 m. 58 s. 4]5.
- 2” Baras, en 1 h. 25 rq. 8 s. 2[5.
- 3e Béconnais, en 1 h. 27 m. 25 s. 2|5.
- 4e Tart, en 1 h. 28 m. 38 s. 2[5.
- 5e Delisle, en 1 h. 31 m. 54 s.. Ii5.
- 6e Bertin, en 1 h. 34 m. 5 s.'
- 7e Vasseur, en 1 h. 35 m. 29 s.
- 88 Rénaux, en 1 h. 41 m. 22 s.
- 9’ Romain, en 1 h. 49 m. 22 s. 3j5.
- 10° Rigal, en 1 h. 50 m. 27 s. 2[5.
- 11e Joyeux, en 1 h. 51 m. 59 s. 2[5.
- 12° Didier-Nauts, en 2 h. 5 m. 8 s. 2[5.
- 13e H. Loste, en 2 h. 8 m. 57 s.
- 14’ Battaiellie, en 2 h. 9 m. 41 s. 4|5.
- Marcellin a mis 1 heure 24 minutes 38 secon-
- des 4/5, ce qui reste inférieur de deux minutes au record de Béconnais sur la route d’Arles à Salon— 1 heure 22 minutes 34 secondes 3/5,''mais bat de loin tous les temps qui ont été faits sur cetta route. La vitesse moyenne est de 71 kilomètres à l’heure.
- Le record de la course, qui appartenait à Teste, absent cette année, avec 1 heurt 56 minutes 32 secondes 3/5, est non seulement battu de 32 minutes par Marcellin, mais encore par les 11 premiers — sur quatorze arrivants! Mieux que toute phrase, voilà qui montre le progrès fait en un an.
- Les temps successifs réalisés depuis 4 ans, par les gagnants du Critérium des motocycles sont d’ailleurs intéressants à comparer.
- 1897 Viet, 3 h. 9 m. 5 s. 4i5 ;
- 1898 Bardin, 2 h. 21 m. 47 s. g|5 ;
- 1899 Teste, 1 h. 56 m. 32 s. 3i5 ;
- 1900 Marcellin, 1 h. 24 m. 58 s. 4[5.
- On remarque que, pendant que les concurrents du Critérium faisaient sur les routes, sans causer le moindre accident, des vitesses moyennes de 60 kilomètres à l’heure, une automobile qui parcourait le boulevard Maillot à une allure très modérée, a écrasé une pauvre femme.
- * *
- Le Critérium des Voiturettes
- Voici la liste des engagements du Critérium des Voiturettes qui a été disputé jeudi sur les 100 kilomètres d’Etampes à Chartres et retour :
- 1. Tart,
- 2. Mercier,
- 3. Van Berendonck,
- 4. M, Echalié,
- 5. Fernandez,
- 6. de la Roère,
- 7. P. Huguet,
- 8. L. Cottereau, \
- 9. Léonce Girardot. i
- 10. L. Ravenez,
- 11. Théry,
- 12. Ghabrière,
- 13. Ullmann.
- 14. Gorre.
- 15. Gallois. '
- 16. Hix.
- 17. Igrec.
- 18. Ballot.
- 19. Hertel.
- ,20. Wissembach.
- 21. Valk.
- . 22. Fram.
- 23. G. I.
- 24. Marcel Renault.
- 25. Louis Renault.
- 26. Demester,.
- 27. Rouxel.
- 28. Delautre.
- 29. Marcellin.
- * *
- MM. Bouquet et Garcin, dont nous contâmes les infortunes et les péripéties, ont fait un essai Te 10 mai, sur le parcours Paris-Evreux et retour. Aller en 3 heures 45 min., retour en 5 heu*
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- res 30 min., ce'qui fait un peu plus de 16 à l’heure.
- Ces Messieurs ont renouvelé dimanche leur tentative pour battre le record établi par M. Krié-ger dans le Critérium des Electriques.
- Les recordmen, accompagnés de notre confrère Georges Prade, étaient à Tonnerre (200 kil.) à 3 heures. A partir de là, le terrain est terriblement accidé et ces dernières côtes ont opéré dans le voltage de désastreuses saignées.
- Finalement la voiture s’est arrêtée à l’Epineuze, 3 kilomètres plus loin que les Laumes, ju^te en face d’Alise-Sainte-Reine, à 262 kilomètres de Paris. — Le record est donc battu de 110 ki o-mètres 1
- Les recordmen sont ensuite revenus à petite vitesse, profitant de la descente, à Montbard où ils ont pu se faire recharger.
- *
- + *
- Voici la première liste des engagements reçus à l’Automobile-Club Bordelais pour la course des 3 et 4 juin : Bordeaux-Périgueux-Bordeaux.
- 1. Léveilley, 8 chevaux, Panhard.
- 2. Versein, 12 chevaux, Schaudel.
- 3. Barbereau, 10 chevaux, de Dietrich.
- 4. Barrow, 12 chevaux, Panhard.
- 5. Hannapier, 12 chevaux, Peugeot,
- 6. Duluc, 12 chevaux, Lefebvre.
- 7. Versein Schaudel, 6 chevaux, Schaudel.
- . 8. Mauzan, 6 chevaux, Panhard
- 9. N..., 8 chevaux, Peugeot.
- 10. Fourcade, 6 chevaux, de Dietrich.
- 11. Hivert, 4 chevaux, Panhard.
- 12. Walton, 5 chevaux, Roger.
- L’Automobile-Club Bordelais demande aux futurs concurrents de hâter l’envoi de leurs engagements, afin qu’il ait le temps d’informer les coureurs des modifications qui pourraient nous être imposées dans l’it néraire. Il rappelle également qu', dans le cas peu probable où la course serait interdite au dernier moment, le programme de la manifestation de Périgueux s’exécuterait quand même dans toutes ses parties, sauf pour le trajet Bordeaux-Périgueux et retour, qui s’accomplirait en excursion au lieu de se faire en course.
- *
- ¥ ¥
- Voici les lésultats des épreuves du kilomètre automobile organisées par l’Automobile Club Anversois sous le» règlements de l’Automobile Club Belge sur la route de Putte à Calmpthout. TRICYCLES
- 1. Le baron Tserclaes {6 chevaux); le kilomètre arrêté en 1 m. 15 s. 3j5; lancé, en 1 m. 6 s. 3[5. Total : les deux kilomètres en 2 m. 23 s. R5.
- 2. Geelhand de Bistrate (2 chevaux 3j4) ; arrêté 1 m. 28 s. 2[5; lancé, 1 m. 13 s. Total : 2 minutes 41 sec 2(5.
- 3. De la Faille (3 chevaux li3); lancé, 1 minute 8 sec. 4]5.
- VOITURETTES (moins de 250 kilos)
- 1. Lucien Hautvast; arrêté, 2 m. 11 s. 1[5; lancé,
- 1 m. 57 s. 3j5. Total : 4 m. 8 s. 4[5.
- 2. Dratz : arrêté, 2 m. 37 s. 4j5. ; lancé, 2 m. 13 s. 4j5. Total : 4 m. 5l s. 3|5.
- 3. Spelten : arrêté, 3 m. 55 s. 3p5; lancé, 3 m. 17 s. 4[5. Total : 7 m. 13 s. 2i5.
- 4. Comte Depret : arrêté, 4 m. 17 s. 4[5; lancé, 3 m. 10 s. Total: 7 m. 27 s. 4i5.
- 5 Emile de Beukelaer, kilomètre lancé :2 m. 31 s. 4j5.
- VOITURES (jusque 400 kilos)
- 1. Dratz ; arrêté, 1 m. 45 s. 4[5; lancé, 1 m. 29 s. 2\5. Total : 3 m. 16 s. 1]5.
- 2. Marcel Gevers ; arrêté, 2 m. 5 s. 3(5; lancé,
- 1 m. 54 s. Total :3 m. 59 s. 3;5.
- 3. Montens; arrêté, 2 m. 16 s. 1j5; lancé, 1 min. 54 s. Total ; 4 m. 10 s. 1x5.
- 4. Pierre de Crahwez; arrêté, 2 m. 12 s. ; lancé,
- 2 m. 3 s. 1}5. Total : 4 m. 15 s. Ij5.
- VOITURES (au-dessous de 400 kilos)
- 1. De Terwagne (8 chevaux); arrêté, 1 m. 49 s. 3j5; lancé, 1 m. 25 s. 1(5. Tolal : 3 m. 14 s. 4[5.
- 2. Rivierre (7 chevaux); arrêté, 1 m. 53 s. R5; lancé, 1 m. 36 s. Total ; 2 m. 29 s. 1\5.
- 3. Demeester (8 chevaux); arrêté, 2 m. 5 s. 2[5 ; lancé, 1 m. 49 s. 2[5. Total : 3 m. 48 s. 4[5.
- 4. Vanderspeck (6 chevaux); arrêté, 1 m. 59 s. 2j5; lancé, 1 m. 49 s. 2[5 Total : 3 m. 48 s. 4j5.
- 5. De Crahwez (8 chevaux); arrêté, 1 m. 54 sec. ; lancé, 1 m. 59 s. 2[5. Total :3 m. 53 s. 2(5.
- 6. Grégoire (6 chevaux), arrêté, 1 m. 58 s.; lancé, 2 m. 0 s. 3[5.
- 7. Mans (9chevaux); arrêté, 2 m. 25 s. 1[5; lancé, 1 m. 50 s. 4[5. Total :4 m. 16.
- 8. Decauwer(8 chevaux); lancé, 1 m. 36 s. 4;5,
- VOITURES (au-delà de 400 kilos)
- 1. Pierre de Crahwez (12 chevaux) ; arrêté, I m. 39 s. 3[5 ; lancé, 1 m. 15 s. 2;5. Total :2m 55 s.
- 2. Chevalier Melotte (12 chevaux); arrêté, 1 m, 36 s.; lancé, 1 m. 44 s. 2[5. Total :3 m. 20 s. 2[5.
- De Bottary sur voiture à vapeur couvre le kilomètre lancé en 3 m. 16 s. 4[5.
- Un grand banquet a terminé la fête, réussit e 1 tous points.
- + *
- Nous avons publié, dans notre dernier numéro, le règlement du Critérium Liégeois. Voici la liste des prix affectés à cette intéressante épreuve :
- 11* Catégorie
- Motocycles ou véhicules de moins de 400 kilogr. n'ayant pas 2 places côte à côte.
- iw Prix : 1 médaille d’or offerte par l’A. C. L.
- 2e — 1 médaille vermeil offerte par l’A. C. L.
- y — 1 médaille d’argent offerte par l’A. C. L.
- a" Catégorie
- Voiturettes de moins de400 kilog et d'au moins 2 places côte à côte.
- Catégorie A : de moins de 3.500 francs
- i«r Prix : 1 médaille d’or offerte par l’A. C. L.
- 2* — I médaille vermeil offerte par l’A. C. L.
- y — 1 médaille d’argent offerte par l’A. C. L.
- Categorie B : de moins de y y 00 francs
- i*r Prix : 1 méda lie d’or offerte par l’A. C. L.
- 2® — 1 médaille vermeil offerte par l’A. C. L. y — 1 médaille en argent offerte par l’A.C.L.
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- y Catégorie
- Toitures pesait 1400 k ilog m in tnt utn et d'au moins 2 places côte à côte.
- Catégorie A : déclarées moins de 10 chevaux
- i*T Prix : 2 médailles d’or, une offerte par P A. C.
- Liégeois, l’autre offerte par l’A. C. de Belgique. 2* Prix : a médailles en vermeil, une offerte par l’A. C. Liégeois, l’autre offerte par l’A. C. de Be'gique.
- 3* Prix : 2 médailles d’argent, line offerte par l’A.C.
- Liégeois, l’autre offerte par l’A. C.de Belgique. 4' Prix : 1 médail’e en argent offerte par l’A. C. de Belgique.
- Catégorie B : déclarées plus de 10 chevaux
- i'r Prix : 2 médailles d’or offertes par l’A. C. de Belgique et par l’A. C. L.
- 3* Prix : 2 médailles en vermeil, une offerte par l’A. C de Charleroi, l’autre offerte par l’A. C. des Flandres.
- 3* Prix : 2 médailles en argent offertes l’une par l’A. C. L., l’autre par l’A. C. B.
- PRIX SPÉCIAUX
- A) Une médaille d’or offerte par Liège-Attraction au véhicule, voiture ou voiturette de la classe 2 et 3 ayant effectué le trajet dans le meilleur temps.
- B) Une médaille d’or offerte par le Touring Club de Belgique au véhicule le mieux approprié au tourisme et transportant le plus de voyageurs.
- C) Une médaille d’or offerte par l’A. C. L. à la voiture ou voiturette de fabrication liégeoise ayant obtenu le plus grand nombre de points.
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- Nous lisons dans le Petit Bleu, de Bruxelles : On nous annonce, mais nous donnons la nouvelle sous toutes réserves, que le gouvernement aurait recommanlé aux bourgmestres d’être très sévères pour l'octroi des autorisations de courses automobilistes.
- Il se pourrait très bien que la course Spa-Bas-togne soit interdite par plusieurs administrations communales, ce qui rendrait l’organisation impossible.
- Les journaux belges qui reproduisent cette note ne peuvent pas croire que leur gouvernement pousse à ce point, à l’égard du nôtre, l’esprit d’imitation.
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- L’Automobile Club de Belgique vient de décider de faire courir le 10 j jin, une épreuve d : kilomètre sur la route de Dieghem et le 17 juin une course de côte à Spa.
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- La course de montagnes organisée par l’Automobile Club de l’Allemagne Centrale sur un parcours de 140 kil. 600, très accidenté, a obtenu un très grand succès.
- Le Ier M. W. Tischbein de Hanovre en 4 h. 23 m. (voiture de course). 2. Le Baron Scaris-bru:k (voiture de course). 3. M. Oesterreich (touriste).
- *
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- Dimanche dernier a été disputée près de Vienne
- la course de côte pour motocycles organisée par l’Auto Club d’Autriche et dotée d’objets d’art et de médailles dus à la générosité du grand journal politique, quotidien, le Neues Wiener Tagblatt.
- Le parcours était Neuwaldegg-Exelberg, soit 4 kilomètres 200 mètres.
- Résultats : ,V
- Professionnels. — 1. Gasté, en 6 m. 24 s. 1/5 ; 2. Dietrich.
- Amateurs.— 1. Stead, en 7 m. 3 s. 1/5 ; 2. Spitz, 3.1e comte Schœnborn, 4. le comte Gyulai, 5. le comte Darskovich. ' ' -
- L’assistance était nombreuse ; remarqué : les comtes Poeiing, Kolowrat, Wilczek ; les barons Springer, Prochaska.
- Des ovations ont été faites au vainqueur, le Français Gasté.
- L’après-midi des courses ont été données sur la piste du Prater. Résultats :
- 10.000 mètres. — 1. Gasté, en 10 m. 18 s. 1/5. 2. Dietrich, à un tour et quart.
- Belle lutte : des ovations sont faites aux leux premiers.
- Tentative de record de l’heure. — Gasté couvre 59 kil. 886 mètres, ce qui constitue le record pour l’Autriche.
- La journée a été un remarquable triomphe pour le chauffeur et pour les motocycles français.
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- Une grande course d’automobiles est en prépa» rat:on en Italie pour le 8 juin, sur le parcours Milan-Alexandrie.
- Le 9 juin, course internationale automobile Turin-Alexandrie.
- Le 10, inauguration de l’Exposition d’automobiles.
- Le 13 juin course automobile sur le parcours Alexandrie, Tortona, Serravalle, Novi, Alexandrie (175 kiîon.). Cette épreuve est réservée aux vainqueurs des différentes catégories des courses de Milan et Turin à Alexandrie.
- Le 14 juin, grande réunion automobile sur pis*e.
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- Le 21 avril dernier, il s’est couru un match intéressant entre tricycles automobiles, sur la piste de Woodside Parke, à Philadelphie, et entre Charles G Wridgway, de Londres, et Kemeth Skinnier. de Boston. Chaque concurrent avait parié une somme de 150 dollars, la course devait durer une heure. Au bout du premier mille, Wridgway tenait la tête en 1 minute 36 secondes ; Skinner prit ensuite les devants et conserva cette place jusqu’à la fin du 8* mille, ayant couvert l’espace total en 12 minutes 36 secondes 315. Il perdit ensuite sa place pour être finalement mis hors de combat, par une avarie de soupape au 29e mille. Wridgway fit 20 raille en 31 minutesi 20 secondes, et 38 mille 2J3 en une heure. Nous rappelons que la valeur du mille anglais ou américain est de 1609 mètres.
- Le concours Henry Dentsch
- Voici le programme élaboré par l’Aéro-Club pour les concours annuels de ba’lons dirigeables
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- LA LOCOMOTION. AUTOMOBILE
- auxquels M. Henry Deutsch (de la Meurthe) a généreusement affecté un prix de 100.000 francs.
- Article premier. — Le Concours du Grand-Prix de l’Aéro-Club sera ouvert tous les ans du 1er au 15 juin et du 15 au 30 septembre, en 1900, 1901,1902, 1903, 1904, jusqu’à ce que le Prix ait été gagné. S’il y a lieu, la dernière période du Concours s’ouvrira le 1er avril 1905 pour finir à la dernière limite des délais fixés par le fondateur, le 15 avril 1905.
- Art. 2. — Pour prendre part aux épreuves les concurrents doivent s’inscrire au Secrétariat général de l’Aéro-Club, 48, rue du Colisée, au moins quinze jours avant l’ouverture de chaque période.
- Art. 3. — L’inscription n’est valable qu’après acceptation de la Commission qui pourra faire examiner par ses délégués, les appareils présentés au concours, sans engager d’ailleurs en rien sa responsabilité, ainsi qu’il est dit à l’article 11. L’inscription doit être accompagnée du versement d’un droit de cinquante francs renouvelable à chaque période du Concours pendant laquelle l’expérimentateur est admis à faire ses essais.
- Art. 4. — Les départs, sauf dispositions contraires, se feront du Parc d’Aérostation de l’Aéro-Club, situé à Saint-Cloud (côteaux de Longchamps, sur la rive gauche de la Seine, à proximité de l’Aqueduc des eaux de l’Avre). Ils auront lieu entre 6 heures du matin et 6 heures du soir. Le trajet aller et retour est d’environ 11 kilomètres.
- Art. 5. — Chaque expérimentateur pendant chaque période peut procéder à autant d’essais qu’il le désire. Toutefois, il doit s’assurer par lui-mème le contrôle officiel en prévenant par télégramme chacun des membres de la Commission d’Aérostation scientifique, au moins 24 heures availt son départ du Parc. Une instruction lui est donnée, à cet effet, en même temps que le reçu de son inscription.
- Art.6. — Les conditions de l’épreuve 'ont été exac tement définies par la Commission, ainsi qu’il suit Partir du Parc d’Aérostation de l’Aéro-Club (où, à défaut de ce Parc, d’un autre embarcadère désigné dans le voisinage) ; décrire sans toucher terre, et par les seuls moyens du bord, une courbe fermée de façon que l’axe de la Tour Eiffel soit à l’intérieur du circuit; revenir au point de départ dans de temps maximum d’une demi-heure Art. 7. — A la fin d’une période quelconque du Concours, si les conditions du programme ont été remplies, le Prix di cent mille francs sera immédiatement décerné par le Jury et payé par la Caisse de l’Aéro-Club, 48, rue du Colisée.
- Art. 8. — Si au cours d’une période plusieurs concurrents ont rempli les conditions imposées, le Prix sera partagé entre eux par fractions inversement proportionnelles aux temps employés à effectuer le trajet, conformément aux formules suivantes Soient deux concurrents accomplissant le parcours respectivement en a, b minutes, les parts Xa, Yb revenant à chacun sont ainsi exprimés :
- v 100.000 b Xa =---------— 7
- v 100.000 a Ys = - •
- a -f- b
- Soient trois concurrents accomplissant le par. cours en a, b, c minutes, les parts Xa, Yb, Zc revenant à chacun sont ainsi exprimées :
- Xa = Yb =3 Zc =
- 100.060 be ab + ac -J- be 100.000 ae ab -f- ac -}- be 100.000 ab àb -p ae -f- be
- La loi évidente de ces formules conduit à l’énoncé général suivant :
- Soient n concurents, satisfaisant aux conditions du programme dans le temps maximum de 30 minutes, la part revenant à l’un quelconque d’entre eux est exprimée par une fraction ayant pour numérateur le nombre 100.000 multiplié par le produit des temps des n — 1 autres concurrents, et pour dénominateur une somme formée de n parties résultant chacune du produit de n — 1 facteurs fournis par les combinaisons distinctes des n temps pris n — 1 à n — 1. '
- Art. 9. — Au 15 avril de chaque année, si le Prix de 100.000 francs n’a pas été gagné, la Commission pourra attribuer, en totalité ou en partie, les 4.000 francs d’intérêt aux expérimentateurs dont les essais lui paraîtront dignes d’encouragement.
- Art. 10. — Les décisions de la Commission sont sans appel. Les concurrents, par le fait même de leur inscription, s’engagent à les accepter comme aussi à se conformer au présent règlement et aux modifications ultérieures que la Commission pourrait y apporter, notamment en ce qui concerne les détails de l’organisation du Concours.
- Art. 11. — Les responsabilités civiles et pénales restent à la charge des concurrents à qui elles incombent. L’Aéro-Club décline toutes responsabilités de quelque nature qu’elles soient.
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- On espère qu’un certain nombre de mfembres des bureaux des Longitudes, voudront bien prêter leur concours à l’Aéro-Club, lorsqu’il s’agira d’établir les laborieux calculs que nécessitera l’application de ce savant programme.
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- LE TOUR D’ANGLETERRE
- Après un jour de repos bien mérité, les concurrents du Tour d’Angleterre ont repris lundi leur piomenade quotidienne. Dans la matinée, ils se sont rendus de Newcastlc-on-Tyne à York. Là, les véhicules ont été exposés pendant une heure dans les jardins du Railway Hôtel. Puis la caravane s’est remise en route pour Leeds où les voitures ont été remisées à l’Artillery Drill Hall. Elles y sont restées exposées toute la journée d’hier.
- Le mardi 8 mai on est allé de Leeds à Sheffield sous une pluie torrentielle. Les cinquante véhicules en présence n’ont pas été arrêtés pour si peu, mais quelques-uns ont dû s’al'éger d’une partie de leurs voyageurs.
- A Sheffield brillante réception.
- Le mercredi, 9, étape de Sheffield à Nottingham, avec arrêt de quelques heures à Lincoln pour une exposition de véhicules ; la distance totale est de 133. kilomètres. Les véhicules ont été exposés à Nottingham à leur arrivée et sont repartis jeudi matin à 7 heures pour Londres, où le point terminus était le siège de TAutomobile-Club.
- En somme, grand succès pour l’Automobile-Club d’Angleterre.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 31Q
- Exposition Universelle Ae 1900
- Le concours de tourisme organisé par l’Automobile-Club de France a bien failli ne pas se faire. M. Forestier, président du concours, désireux en sa qualité de fonctionnaire de ne pas froisser l’administration avait cru devoir aviser M. Lépine du concours, alors que cet avis n’était nullement nécessaire, le concours n’ayant pas à être autorisé et qu’une simple carte d’invitation envoyée par courtoisie au préfet et à son chef de cabinet eût suffi. Alors la Préfecture de police avait interdit le concours. Enfin, après de multiples démarches, les organisateurs sont parvenus à faire lever cette interdiction, ce concours n’étant pas une course.
- A une heure de l’après-midi le départ était enfin donné à une quarantaine de concurrents.
- Dans l’assistance remarqué : MM. Paul Rousseau, Georges Richard, Victor Mathieu, Gardon, Raoul Vuillemot, Auguste Wimille, Darzens, Georges Prade, Reichel, etc.
- Parmi les commissaires qui prennent place dans les voitures prenant part à l’épreuve nous remarquons de nombreux officiers.
- Le chssement se faisant par les notes recueillies en route par les commissaires à bord, les résultats ne seront connus qu’une fois le travail fait par la commissiondel’Automobile-Club de France. Espérons que cette commission mettra un peu de rapidité à nous donner les résultats.
- A
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- Le dimanche 20 mai, première fête automobile. Deux parties : l’une sportive, l’autre fleurie. Ce jour-là toutes les automobiles auront leurs grandes entrées à Vincennes.
- MM. Ravenez et Max Richard ont été chargés d’élaborer le programme que voici :
- i° Gymkahna pour voiturettes et tricycles.
- Ce gymkahna comprendra de nombreuses figures parmi lesquelles les courses aux œufs, aux aiguilles, au seau, aux foulards, aux tabliers, au baquet, aux mannequins, aux bagues, au ballon, etc,, etc,
- 2° Courses d’élégance.
- 30 Concours de confortable.
- 40 Défilé général de toutes les voitures, voitu-rtttes et motocycles.
- Notre excellent collègue Jeantaud, qui n’épargne ni son temps ni sa peine pour l’exposition de Vincennes, sera récompensé de ses efforts par le succès de cette première fête.
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- Le ministre du Commerce vient de désigner les membres du jury des concours internationaux d’automobiles.
- Ce sont MM. Forestier, Henri Menier, Pierre Giffard, Gustave Rives, Gobron, Jules Rueff, Louis Mill, baron de Zuylen, Sir David Salo-mons, comte de Talleyrand-Périgord, Thur-nauer et Quesnay.
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- Il est très regrettable que le pavillon de l’Au-
- tomobile-Club de France, qui figure sur tous les plans de l’Exposition en très bonne place, tout à côté de la tour Eiffel, n’ait pas pu être construit.
- On nous donne .de sa non-construction une explication très curieuse. On se serait aperçu que, malgré ses vastes proportions, le pavillon projeté serait beaucoup trop petit pour permettre d’exposer les travaux effectués par l’Automobile-Club, ses nombreuses combinaisons et ses innombrables sous-commissions depuis la fondation du Cercle. Les travaux du Secrétariat technique, à eux seuls, eussent suffi à remplir le local.
- Alors, oii a préféré s’abstenir.
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- * *
- Au palais des Armées de Terre et de Mer l’exposition automobile n’est guère avancée.
- On y voit une voiture Scotte, — type dit du génie, — une voiture Georges Richard et une voiturelle Decauville... pour capitaine d’Etat-Major.
- Chacun en prend suivant son grade. Les généraux de division ont sans doute droit à une Panhard tandis que les vulgaires lieutenants en sont réduits à la motocyclette.
- * *
- A la demande de plusieurs aéronautes à qui le temps manquait, pour réunir dans les délais fixés les documents exigés pour leur inscription au premier concours aérostatique de Vincennes, la date de clôture des inscriptions vient d’être reculée au 27 mai. Les concurrents disposent donc encore d’une quinzaine de jours pour adresser leur adhésion à M. le Commandant Paul Renard, 17, Avenue de Trivaux à Meudon (S.-et-O.).
- A travers la Presse
- Pierre Lafitte nous parle, dans Y Echo de Paris, des trains automobiles pour le transport des subsistances, qui vont être expérimentés par le ministère de la Guerre, dans la vallée du Loir, aux prochaines grandes manœuvres.
- De véritables trains automobiles circuleront sur les routes; ils seront composés de petits véhicules qui, pourvus d’un timon, pourront être attelés à des chevaux, lorsque le besoin s’en fera sentir.
- Si nous annonçons cette nouvelle dans cette rubrique, c’est pour prouver que le sport a quelquefois du bon.
- Sans les courses tant décriées par quelques esprits chagrins, il est bien certain que la locomotion nouvelle serait encore dans l’enfance. Elles ont fait accomplir à cette dernière des progrès extraordinairement rapides. Songez donc que la première épreuve sérieuse Paris-Bordeaux et retour; date à peine de cinq ans 1
- C’est évident, mais allez donc faire comprendre cela à nos gouvernants. L’industrie automobile était une des rares industries où notre pays avait une supériorité indiscutée. Ces messieurs se sont empresés d’y mettre bon ordre.
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- . M. C.-E. SchwJzkoff \ient de publier dans notre confrèie Automobile Magazine, ce que l’on peut appeler ses prévisions et desiderata sur l’automobile de l’avenir : il estime que, pour entrer dans la période réellement pratique, l'automobile doit subir encore bien des changements. Et d’abord la traction du véhicule devrait se faire par l’avant et non point par les roues d’arrière; de plus il ne faudrait plus employer des roues tournant sur un axe fixe. Le moteur à gaz avec son cycle à quatre temps sera abandonné, comme beaucoup trop lourd. Pour lui, une des meilleures combinaisons actuelles est l’avant-train Vollmer.
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- Une réflexion amusante de rotre confrère The Autocar : « L’autre jour, à Henley-on-Thames, un cheval attelé à une voiture a eu peur d’une locomotive qui passait sur une voie ferrée voisine, et il s’élança dans la rivière qui barrait la route où il se trouvait. Il s’est noyé ! Pareil malheur ne serait point arrivé à une automobile. »
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- Tribune Libre
- Nous recevons les deux lettres suivantes : Monsieur le Rédacteur,
- A la suite de l’article paru dans le dernier numéro de votre journal au sujet des Assemblées générales de l’Automobile-Club de France et de la Société d’encouragement j’ai lu les Statuts de ces deux associations, dont je suis membre. J’ai été étonné de voir que ces Statuts sont constamment violés. Pour ne prendre qu’un seul exemple il est dit formellement qu’il existe une commission technique (art. 2) et une commission de contentieux, (art. 4) et que ces deux commissions auront chacune diæ-huit membres, nombre obligatoire. Or la commission technique n’a nominalement que dix-sept membres et n’en compte réellement que seize, un d’eux étant mort. Par contre la commission de contentieux a dix-neuf membres, un de trop.
- Recevez, etc..
- Un membre de l’A.G.F.
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- Monsieur le Rédacteur,
- A propos de l’Assemblée générale de l’Automobile Club, permettez-moi de vous soumettre quelques réflexions.
- Le Comité de l’Automobile-Club est nommé pour cinq ans, disent les Statuts. Or l’Automobi’e-Club a été fondé en 1895.
- Le Comité devrait donc être renouvelé, au moins pour un tiers, cette année, les nouveaux membres prenant leurs fonctions au moment où les cinq années statutaires seront révolues. Sans cela les membres renouvelables auront siégé cinq ans et demi, ce qui est antistatutaire.
- D’autre part les Statuts de la Société d’encouragement disent, en leur article 3, que la Société est administrée par un Comité de cinquante membres nommés par l’Assemblée générale, et renouvelables par tiers au bout de cinq ans.
- Pourriez-vous nous dire s’il y a eu une Assemblée générale de la Société d’encouragement, laquelle est de création récente, pour nommer le Comité que les Statuts lui attirbuent ?
- Si cette Assemblée n’a pas eu lieu on est en pleine illégalité.
- Si cette Assemblée a eu lieu, et si le Comité nommé est le môme que celui de l’Automobile-Club on verra, lorsque les membres du Comité de l’Automobile-Club seront soumis au renouvellement partiel, une partie de ces membres n’être pas réélus. On arrivera donc fatalement à avoir deux Comités absolument distincts.
- Il me semble que nous sommes en plein gâchis.
- Un acéflsie.
- Renvoyé à qui de droit.
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- TRIBUNAUX
- M. Morize, juge d’instruction du parquet de Versailles, poursuit son enquête sur l’accident de la Croix-de-Noailles. M. Morize a entendu quelques témoins : MM. Darracq, Col lot et Ph. Rei-chel présents au moment de l’accident.
- *
- Tous les jours la cour de Mai voit défiler quel" ques nouveaux chauffeurs. Toujours même accusation et toujours mêmes condamnations.
- M. Ravenez, président du conseil d’administration de la Société Decauvilie a comparu comme civilement responsable d’un de ses mécaniciens : Page. Il a éclairé le tribunal sur la façon singulière dont les agents faisaient leur service, et sur les conséquences déplorables que risquait d’avoir pour notre indstrie la persécution automobile.
- Résultat : 10 francs d’amende.
- Notre confrère Coulier, défendu par M* Pierre Roy, s’en est également tiré avec 10 francs d’amende.
- Après un calme relatif d8 quelques jours le tribunal de simple police a recommencé ses exercices à la fin de la semaine dernière.
- A signaler le cas de M. Diligeon qui a pu produire des témoins attestant qu’il marchait à une vitesse très modérée et qui a vu renvoyer le jugement le concernant au 8 Juillet prochain et celui d’un chauffeur qui a été condamné à un jour de prison. Une mention est également due à M. Mac-quart, l’illustre équarisseur, qui s’en est tiré avec deux amendes. Voir M. Macquart faire de l'automobile, c’est amusant. Car, enfin, s’il n’y avait plus de chevaux, M. Macquart serait évidemment bien ennuyé, à moins qu’il ne songe à s’installer équarisseur d’automobiles. Une profession à créer.
- A noter que pour la séance de samedi dernier, le tribunal de simple police était présidé par M. Pijon, juge de paix du XII8 arrondissement, qui a bien mieux présidé que ses devanciers et qui a prononcé des condamnations modérées. Il a même acquitté l’ami Maurice Farman, à la bonne heure. *
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- La 3e chambre du Tribunal civil de la Seine vient de décider que l’article 1641 du Code Civil est applicable aux ventes d’automobiles.
- Aux termes de cet article « le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou bien qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise s’il avait connu ces défauts. »
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMÂREs, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-Seine.
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- Septième Année.
- N» 21.
- 24 Mai 1SOO
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- ABONNEMENTS
- France, Un An, 15 Fr.; Étranger, 20 Fr.
- LE NUMÉRO
- 50 Centimes
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde 4. — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur-Administrateur
- SOMMAIRE du N* 21
- Une Préface de Pierre Giffard.
- 240 kilomètres à l’heure.
- Echos et Nouvelles.
- La roue King, Daniel Bellet.
- Allumage électrique Chavanet, Gros et Pichard.
- La voiturette Sirène, Paul Sarrey.
- Les voitures électriques américaines, A. Delasalle. Le Motocycle Steffey.
- Les Courses.
- L’Exposition de 1900.
- A travers la Presse.
- Tribune Libre.
- Les Tribunaux.
- Les Chemins de Fer.
- Courrier Industriel.
- UNE PRÉFACE DE GIFFARD
- Pierre Giffard publie en tête du Vélo l’aimable et spirituelle préface qu’il vient d’écrire pour le petit livre de Gaston Sencier sur le Concours de Moteurs de la Locomotion Automobile, livre édité par la Librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustin s.
- Voici un trop court extrait de ces propos alertes :
- __ Soit, je ferai votre préface. Mais que
- diable voulez-vous que j’y mette ?
- Ce que vous voudrez. Vous commencerez par parler de Futilité du concours?
- __A quoi bon, puisque je vous ai ouvert
- à tous battants les portes du Vélo quand cette utilité était discutée. Vous y avez bataillé tantôt sous votre nom, tantôt en empruntant la plume de votre ami Gazolin, comme vous l’avez voulu. La démonstration est complète maintenant et le concours a eu un grand succès. Pourquoi faire des redites ?
- __Alors, parlez des progrès qui pourront
- en résulter pour l’industrie automobile.
- __C’est bien difficile. Ces progrès ne sont
- pas tangibles à l’heure présente, parce qu’ils ne peuvent pas être immédiats. Les savants expérimentateurs d’Aubervilliers ont beau-
- coup travaillé pour montrer aux constructeurs qu’il était grand temps de sortir de l’empirisme actuel. La théorie complète de la locomotive est faite et bien faite. Quand on construit une locomotive, on sait absolument ce qu’on crée. Il n’en est pas encore de même, malheureusement, en fait de moteurs à pétrole ou en fait de voitures. Cette industrie a marché si vite que Fon a pu à peine étudier superficiellement ce qu’on fabriquait. C’est maintenant qu’on va entrer dans la période vraiment technique. Le concours de moteurs a fait voir nettement l’étendue du programme d’études à effectuer ultérieurement, mais il n’a pu qu’effleurer ce programme.
- — C’est absolument vrai, mais nous ne pouvions faire mieux. Voilà des ingénieurs qui ont travaillé gratuitement pendant près de quatre mois, tous les jours, pour faire des expériences. On vous donne le résultat de ces travaux, et il suffit de lire ma brochure pour voir l’énorme labeur que ces savants ont accompli, gratuitement je le répète, par pur dévouement à la cause de l’automobile. Tout le monde a travaillé gratis dans ce concours. Malicet et Blin nous ont offert gratis leur usine et ils ont fait gratis les coûteuses installations qu’on leur a demandées. Les appareils de mesure, l’essence, tout a été donné gratis. Ne trouvez-vous pas que c’est beau et qu’il y a encore bien des braves gens dans notre pays.
- — Je n’en disconviens pas mais, lorsque j’aurai dit cela, que dirai-je encore?
- — Vous direz qu’il serait profondément désirable que cette tentative ne restât pas isolée. Si nous étions citoyens de la libre Amérique, il suffirait peut-être d’un concours de ce genre pour qu’un milliardaire enclin à jouer les Mécènes offrît la somme nécessaire pour créer et faire vivre un laboratoire d’essais, où de jeunes ingénieurs étudieraient, d’un bout de l’année à l’autre, tous les problèmes techniques intéressant l’automobile. On a trouvé à Paris l’argent nécessaire pour fonder un laboratoire d'essais électriques. On ne le trouvera pas, je le crains, pour un laboratoire « automobile », si j’ose m’exprimer ainsi. Demandez donc un Mécène. Cela ne vous compromettra nullement car il ne viendra pas.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- £|‘— Mais l’automobile Club ne pourrait-il pas?...
- ;ü — Il pourrait certainement, mais cela lui sera bien difficile. Un laboratoire de ce genre, pour être utile à tous les fabricants, de1* 1 ait être fait et dirigé en dehors des fabricants. C’est déjà une condition que le ceiclc de la place de la Concorde aura bien de la peine à réaliser. Il faudrait de plus troi ver, pour les mettre à sa tête, des savants abs lument indépendants, ne faisant pas par ic du cercle, n’épousant aucune de ses querelles et aucun de ses partis pris. Tout cela n’est pas commode. Un laboratoire de ce genre ne doit être ni un piédestal pour des ambitieux, ni une chapelle servant les intérêts d’une coterie. Ce doit être une oeuvre d’intérêt général absolument ouverte à tous.
- — Chimère!
- — Je le sais, malheureusement. Mais les chimères d’aujourd’hui sont les vérités de demain. Notre rôle n’est-il pas de les présenter à la foule? On ne nous en sait d’ailleurs aucun gré, mais qu’importe?
- Pierre GIFFARD.
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- 240 KILOMÈTRES A L’HEURE
- Une Compagnie de chemins de fer a déposé à la Chambre des Communes d’Angleterre, une pétition pour demander l’autorisation de construire une ligne sur laquelle les voitures marcheront à une vitesse de 240 kilomètres à l’heure ! Le Moniteur Industriel, qui nous en donne la nouvelle, nous apprend que c’est à l’aide de l’électricité que cette vitesse prodigieuse, qui représente un peu moins de 70 mètres par seconde, sera réalisée.
- Une ligne analogue à celle que l’on propose d’établir, a fonctionné pendant toute la durée de l'exposition de Bruxelles, dans la section coloniale. On avait construit une voie elliptique dont les deux sommets avaient une courbure de 465 mètres de rayon, et dont le développement était de 5 kilomètres.
- La vitesse atteinte était un peu moindre que celle qu’on se propose de réaliser. Mais l’expérience à constaté qu’elle était de lio kilomètres au sommet du petit axe, et de 135 au sommet du grand.
- Par une bizarre coïncidence, la ligne que l’on se propose d’établir est celle de Liver-pool à Manchester sur laquelle Stephenson a fait constiuire, il y a 70 ans à peine, le premier chemin de fer. Les frais de premier
- établissement de la ligne sont évalués à trente-cinq millions. On fera en 18 à 20 minutes ^es 33 kilomètres du parcours.
- Cette ligne modèle n’aura pas de station ni d’embranchement. Les trains ne se composeront que d’un seul wagon ayant son moteur électrique. On les lancera les uns après les autres à quelques minutes de distance. Inutile d’ajouter que sur la ligne il n’y aura ni passage à niveau, ni encombrement quelconque.
- La voie est à trois rails. Le rail central est surélevé et c’est sur lui que glisse la voiture, dont la coupe transversale est celle d’un bât placé sur le dos d’un mulet. Elle est soutenue par des roues portant sur le premier et troisième rail.
- La voiture sera dix ou douze fois plus longue que large. Dans chaque angle së tiendra un employé de la Compagnie Quatre rangées de 25 sièges. Deux de ces rangées reposeront sur le rail central, et une sur chaque rail latéral. Le conducteur est porté par des isolateurs en poicelaine entretenus avec le plus grand soin. La prise de courant est assurée par un petit wagon courant sous la voiture.
- Afin de diminuer autant que possible la perte de courant employée à vaincre les résistances électriques, la Compagnie de la ligne Manchester-Liverpool demande à établir son usine de production de courant à Warrington, qui est juste à égale distance des deux villes, et où se trouve en outre une mine de houille.
- Les conditions de l’exploitation d’une ligne aussi exceptionnelle par le principe de sa construction, ne peuvent être que profondément anormales. Il faut, en effet, un trafic d’une activité prodigieuse pour que la Compagnie puisse faire des recettes suffisantes avec des voyageurs parcourant tous toute la ligne. Le projet n’aurait pu se tenir debout, sans la construction récente du canal maritime. En effet, grâce à cet immense travail, qui est en pleine exploitation, les relations entre Manchester et Liverpool sont plus actives qu’entre deux points de Paris tels que la Madeleine et la Bastille, par exemple. On peut considérer ces deux routes comme faisant partie de la plus puissante agglomération urbaine du monde entier et la plus gigantesque, car elle a une rue ayant un développement de 30 kilomètres, 13 fois plus que la plus longue de Paris. Parcourir cette ligne immense en moins de 20 minutes serait un miracle industriel.
- Il est vrai qu’à notre époque il est bien difficile de douter de la possibilité de réaliser un miracle de ce genre. C’est égal, 240 kilomètres à l’heure! voilà des traits comme il nous en faudrait en cette saison pour aller au bord de la mer.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- ÉCHOS
- Mercredi dernier, réunion du Comité à l’Auto-mobile-Club de France
- Ordre du jour : Scrutin de ballottage pour trois candidats seulement, communication de lettres reçues par le Président au sujet de la prochaine assemblée générale et questions diverses;
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- Que se passe-t-il donc à l’Automobile-Club de France ? Les journaux sont, à son sujet, pleins d’insinuations et de réticences. On parle de « demander « des explications au sujet des rapports existant « entre l'Automobile-Club et la Société Civile « propriétaire de l’immeuble de la place de la « Concorde » Qu’est-ce que cela veut dire?
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- L’Automobile-Club va perdre une de ses figures les plus sympathiques. Sa charmante secrétaire-adjointe, Mlle Jeanne Masson, qui encaissait les cotisations depuis la fondation du Cercle et qui avait su ne s’attirer que des sympathies dans ses délicates fonctions, quitte le Cercle à la fin du mois. Le motif, un petit conflit d’ordre intérieur avec une des puissances du club, conflit dans lequel les torts n’étaient peut-être pas tous du côté de l’employée modè’c que tout le monde regrettera et qu’il 3era cerl.i teinent difficile de remplacer.
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- Faisant ce que l’Automobile-Club aurait dû faire le Rallye-Auto a envoyé une délégation à M. Lé-pin e pour le prier de vouloir bien lui communiquer les règlements en préparation, sur la circulation des automobiles.
- Très obligeamment, le préfet de police a discuté avec les délégués du Club certaines mesures projetées et les a priés de lui faire parvenir un rapport contenant les objections des membres du. Rallye-Auto.
- Cela prouve qu’il n’est rien de tel que de discuter pour s’entendre.
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- Tous nos ministres vont-ils se mettre à faire de l’automobile.
- Cela a commencé par M. Jean Dupuy. Ensuite cela a été le tour de M. Pierre Baudin. Maintenant voici qu’on annonce que M. Waldeck-Rous-seau s’y met, comme les camarades.
- Espérons que tout le cabinet va en tâter. Cela empêchera peut-être ces messieurs de prendre des mesures vexatoires qui ne servent qu’à augmenter le nombre, déjà suffisant, de leurs adversaires.
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- Le préfet de police a fait lever les contraventions dressées aux concurrents du concours de tourisme à Vincennes.
- Il a compris qu’il était au moins singulier de prier des braves gens de venir contribuer à l’éclat de l'exposition de Vincennes et de les met-tre-en prison pour les remercier.
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- Les contraventions dressées par les agents cyclistes ont eu des conséquences inattendues.
- Un grand nombre de chauffeurs qui ne s'étaient pas fait délivrer par la préfecture de police le certificat de capacité indispensable sont venus demander à passer leur examen. Le nombre de ces demandes est actuellement si considérable que la préfecture de police se trouve dans l’impocsibi-lité de donner satisfaction immédiate aux intéressés.
- Du i" au 5 mai, le chiffre de ces demandes s’est élevé à 250, et du 5 mai à aujourd’hui le nombre des demandes s'est maintenu dans les mêmes proportions.
- On demande des examinateurs.
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- Il semble que les rapports "entre les chauffeurs et la police commencent à être moins tendus.
- M. Lépine qui est un homme intelligent, se serait rendu compte que les excès de zèle de ses subordonnés dépassaient beaucoup la mesure et les agents cyclistes auraient été invités à modérer un peu leur zèle et à ne dresser des contraventions qu’à bon escient.
- C’est par là qu’on aurait dû commencer. Il y avait une douzaine d’hurluberlus qui étaient un véritable danger public et que tout le monde connaissait. Si la Préfectura de Police se fût bornée à sévir contre les plus malfaisants, pour l’exemple, nous eussions été les premiers à applaudir. Au lieu de cela on a trouvé moyen de frapper à tort et à travers, sur des innocents. C’était une sottise et il est heureux qu’on le reconnaisse en haut lieu.
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- Il est bon d’être propriétaire d’une automobile lorsqu’on est obligé de faire ses vingt-huit jours ou ses treize jours.
- Demandez plutôt l’avis de M. Georges Prat, le chauffeur bien connu, qui vient de « tirer » son temps de réserviste avec une voiture de huit chevaux et qui a été chargé de piloter dans l’Hérault et le Gard le général Quincy chargé de rechercher un terrain pouvant convenir aux grandes manœuvres.
- Le brave général a été enchanté et trouve que l’automobile a du bon.
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- Les motpcyclistes n’ayant pas encore reçu l’avis les invitant à payer la taxe doivent se rendre à la mairie de leur résidence pour y retirer un récépissé de déclaration au moyen duquel ils pourront aller retirer leur plaque chez le percepteur.
- Ceux qui ont perdu ou détérioré leur plaque peuvent s’en faire délivrer une nouvelle, au bureau où ils ont acquitté la taxe en fournissant le bulletin d’avertissement émanant du percepteur et leur récépissé de payement.
- Y joindre les morceaux de l’ancienne plaque contenant le millésime et l’adresse en cas de détérioration.
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- Pouf rajeunir la féerie un peu usée : La Pou*
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- 3*31 LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- dre de Perlinpinpin qu’il vient de remonter, le théâtre du Châtelet y a introduit une automobile.
- Après tout, pourquoi pas ?
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- Le Touring Club vient de faire procéder au réapprovisionnement des postes de secours établis dans tou e la France par ses soins.
- 11 nous prie de faire savoir, à cettte occasion, qu’il sera tenu compte avec le plus.grand empressement des c\is signalant ce q îi pou; mit encore manquer dans certains poste;.
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- N>tie e>.c lient collaborateur Aibcrt Rodanet vjentdore nommé avocat du ministère de la Mar n
- Nas lecteurs ont pu appiévier le talent et la .proton e sc'eiice du droit d’Albert Rodanet. Il était impossible de faire un meilleur choix.
- T utes l:s professions oit m.intenaht hur pe;s spéciale. L’ho orab!c corporation des c:n-lonnicrs faisait scu’e exception à la lègle. Cvs braves gens : e i on e liaient jusqu’à présent
- De casser des tas d’cailloux des tas d’cailloux
- Pour mett’ sous l’passage des roues
- comme le dit la chanson célèbre.
- Evidemment cela ne pouvait pas durer et les can onniers vont avoir un journal à eux. Il s’ap-pel cra : le Cantonnier, comme c’était tout in-d.qué. Bonne chance et longue vie au nouveau confrère.
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- Deux fonctionnaires à signaler à la reconnaissance des chauffeurs.
- Le premier est M. Elysée Becq, préfet de la Corrèze, lequel est délégué da Touring-Club à Tulle et va faire rnet're à la disposition du’ Public, dans sa Préfecture, une cane d’etat-major du département portant les i dicaiioas uiiles aux touristes, notamment l’état d„s route;, la nature du rcvét.nie L 1 s dé.liviié , 'es-tournants, etc...
- Le second est M. Ail.ard, le conducteur des ponts et chaussées qvi a dans s.s attiib itions la route où se courent les ir'.teiiums du Vélo et qui a prêté à noue confrère un concours précieux.
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- L’hippodrome du concourn Hippique et les vastes constructions élevées à la place de Breteuil pour le Concours Hippique et la Société des ar-t stes français s nt à louer à partir du 15 juin jusqu’au 15 novembre.
- Si on y faisait une exposition d’automobiles.
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- Notre a nii'ble c» n rère R. Moaillac, ingénieur de la maison R chat Petit et rédacteur en chef des Petites Annales vient d'ètre victime d'un accident, —- d'automobile naturellement, — sans gr:-\ it *. fia été forcé de gai der le lit pendant quel-qir- j uri.
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- N'-U.- avons déjà annoncé la publication par
- MM. Huguet et Minart, éditeurs, 122, rue Réau-mur, de leur grand album illustré de VIndustrie automobile pour i9oo.
- L’envoi de cette publication aux consuls de France à l’étranger a valu aux éditeurs beaucoup de lettres intéressantes. Citons celle du consul de France à Breslau qui regrette que nos fabricants d’automobiles ne se décident pas à envoyer des muchiues au grand marché international qui se tient à Breslau chaque année.
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- Un groupe de fabricants d’automobiles et de cycles aurait décidé la création d’un grand journal quotidien s’occupant de vélocij édie, d’automobilisme et peut-être un peu de politique.
- Si ce prr jet se réalise nous pourrions bien assister à de belles luttes. Il y aura du sport.
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- La Chambre Syndicale de l’Automobile vient enfin de se décider à envoyer une délégation à M. Millerrnd, ministre du Commerce, pour lui expliquer le tort que causent à notre industrie les mesures vexatoires si maladroitement prises à l’égard des chauffeurs.
- Mieux vaut tard que jamais.
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- On ne connaît que trop l’aimable habitant de Cabourg qui s’est rendu célèbre par l’invention de la machine à tuer les chauffeurs : un arbre monté à charnières qu’il abattait en travers de la route bordant sa villa pour démolir les automobiles et leurs conducteurs.
- Ce sympathique personnage vient d’avoir une nouvelle idée. 11 transforme sa villa en un sanatorium pour maladies contagieuses. Espérons, du moins, qu’il continuera à l’habiter.
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- Dans sa réunion de jeudi dernier, le Conseil d’Administration du Moto-Club Lyonnais à arrêté définitivement le programme sportif de la saison. Nous le publierons dans notre prochain numéro.
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- Les élections municipales ont fait rentrer dans les conseils plusieurs chauffeurs du littoral.
- M. Camille Blanc, président de la Société des Bains de Mer de Monaco, a été élu en tête de liste à la Turbie.
- A Nice, parmi les élus, nous remarquons : M. Pierre Clérissy, secrétaire de l’A.-C.N., Pado-vani, Gassin, P. Gautier, membres du même Club.
- A Cannes, nous voyons : MM. Serrailler, Capron, Denrole, Einesy, Warnery, Giaume.
- A Marseille, notre confrère Louis Milhau, directeur du Midi Sportif a été élu. Nous allons avoir là-bas des défenseurs.
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- L’Ailistique de Nice, composé en partie de chauffeurs, vient de renouveler son bureau : ont été élus :
- Commission administrative : président, M. Jean Sauva»; vice-président',MM. J. Mattiet J. Saqui;
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- t-ésorier, M. F. Jauberl; secrétaire, M. Emi'e Dernay; membres, MM. Padovani, Dominique Durandy, docteur Schmid et Brossé.
- Commission des fêtes : MM. d'Ambiosio, Didiée, duc d'Elchingen, Santino Costa, E. Guey-raud, F. Odero, Rondololti, Dunditlieu, P. Clé-rissy, Pierre Gautier.
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- On parle beaucoup en ce moment à Nice de la création d’un automobilodrome. La piste aurait io kilomètres avec deux virages re'evés.
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- L’A. C. N., désireux de participe” pour sa part à la réalisation de la Corniche d’Or, qui ira de Cannes à Saint-Raphaël, a voté m faveur de ce projet la somme de 500 francs.
- Ajoutons que n.>us croyons savoir que ce beau projet, dont la réaFsa'ion intéresse à un si haut point le monde de » sports, et en général "ous ncs hôtes d’hiver, sera achevé avant un an.
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- Décidément notre article sur la vitesse des automobiles fait le tour du littoral. Le Midi Sportif l’avait déjà reproduit. Notre distingué confrère Léon Sarty le donne à son tour dans l’Union de Nice.
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- Les automobiles commencent à paraître dans le Vaucluse. On n’y voyait l’an passé que quelques tricycles, cette année leur nombre s’est augmenté de deux ou trois quadricycles en plus, auxquels se sont jointes deux voiturettes.
- Sous peu ce nombre sera encore augmenté dans Orange. De nouveaux chauffeurs se révèlent. •
- Notre correspondant spécial nous fait espérer la prochaine fondation de l'Automobile C ub d’O-range-Vaucluse.
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- On nous signale le passage à Alris du premier omnibus à vapeur de Dion-Bouton de la Société Méridionale de transports automobiles.
- Cette société doit desservir les lignes d’Alais à Nîmes, à Sonnières, à Barjac, à St-Jean-du-Gard et autres localités.
- La population déjà habituée aux automobiles a fait le meilleur accueil à ce véhicule et attend avec impatience l’ouverture prochaine dt s div ;rs s r-vi ces.
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- Les chauffeurs Bruxellois sont en ce moment traqués par les agents cyclistes, comme les chauffeurs Parisiens l’étaient naguère.
- Un de ces agens se signale surtout par sa férocité. Les Belges ont trouvé une originale façon de se venger de leur persécuteur. Vous pouvez chercher vous ne trouverez pas. Ils l’ont surnommé : Ravachol.
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- Le vélodrome Bruxellois vient de décider d’établir une piste réservée aux automobiles.
- Cent auto-vélodrome sera choisi comme piste
- d’essai et d’apprentissage par les constructeurs d’automobiles A la tête de l’entreprise se trouvent MM. le comte de Raczynski et Richard, deux personnalités sportives bien connues dans le monde du cycle et de l’automobile.
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- Une importante firme américaine de denrées coloniales se dû pose à envoyer à fa succursale de Bruxelles cinq automobiles-réclame, qui rep; ésen-teront resp< et:vc ment :,un pot de moutarde, une boîte de sardines, un flacon de pickles, une btique de savon et une boîte de cirage.
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- Brands, qu’en considérait comme le roi des mo‘ot yc'istes allemat ds vient de se fixer à Paris. Il ouvre une maison de cycles et d’au'omobiles.
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- Il vient de se créer à Budapest, V Fürdo uteza 10, une Société anonyme d’automobiles dont le but est d’introduire et de développer en Hongrie l’usage des automobiles.
- Avis aux constructeurs frança's cherchant des débouchés à l’étranger.
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- Les pavsans de Salonijue sont, paraît-il, aussi ennemis de 1’au‘omobile que les fonctionnaires rétrogrades du doux pays de France.
- Il existe là-bas une seule voiturette — à quand la création dr 1 Automob le-Club de Salcnique — et, comme el’e fait peur aux chevaux, qui sont eux aussi non moins bêtes que ceux de chez nous, les indigènes l’appellent : Sheitan araba, la vo ture du Diable.
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- Un chauffeur anglais, Lord Carnarvon s’est vu tra.'uii devant le tribunal correctionnel de New-bury pour excès c’e vitesse.
- Après une heure et demie de discussion, les magistrats ont rendu un arrêt d’acquittement,
- Les juges Parisiens 11’y mettent pas tant de formes, malheureusement.
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- Un chauffeur américain, M. James Ward Thorn vient de partir de Princeton pour faire le tour du continent américain dans une roulotte automobile.
- Divisée en plusieurs compartiments, cette voiture, de forms allongée, sera munie d’ustensiles de cuisine, de lits pour trois personnes, d’un magasin d’armes, d’engins de pêche et d’appareils photographiques.
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- Une compagnie d’automobi es américaines, la New Jersey Electric vehicle Transportation Company, vient d’avoir une idée originale pour la saison de villégiature qui s’ouvrira prochainement pour les habitants de New-York sur la cote du N ew Jersey. Elle installe des stations à la fois de vente et de location sur differents points, notamment à Sea Bright, We;t End, Allenhuist etc.; dans ces sortes de magasins d’un genre tout spécial, on pourra acheter, ou louer des véhicules
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- Columbia à propulsion électrique ou à essence, les propriétaires de voitures de cette marque pourront également y garer leurs voitures ou recharger leurs batteries. On y annexera même des pistes d’apprentissage.
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- On s’est occupé naturellement d’automobile au dernier congrès des Compagnons maréchaux ferrants des Etats-Unis ; le président, Fred Ba-zelez s’est exprimé en cesdermes: « Il faudra sans doute que tout le système des routes de notre pays soit modifié avant que les automobiles puissent être employées sur une grande échelle, je ne doute pas que les véhicules mécaniques ne progressent avec le temps, mais il faudra bien des années pour qu’ils chassent les chevaux ».
- Cet homme est un sage.
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- Le Conseil Municipal de Chicago est sur le point de prendre un arrêté obligeant les voitures automobiles, tout comme les tramways, à porter à l’avant un fender, c’est-à-dire un filet destiné à recevoir, soi-disant sans qu’il leur arrive aucun mal, les infortunés piétons avec lesquels on prend contact.
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- La Compagnie automobile américaine appelée New-York Electric vehicle Transportation Company vient de s’assurer les concessions et autorisations nécessaires pour mettre en circulaticn et en stationnement des voitures publiques automobiles à la fois à Mexico, à Boston et enfin à Philadelphie.
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- On vient d’essayer, sur les berges du Delaware and Raritan Canal, dans l’Etat de New-Jersey un nouveau moteur automobile Dehalaye qu’on espère voir prendre la place des mules employées exclusivement jusqu’ici. Il a remorqué un chaland de ioo tonnes à une vitesse de 3 milles à l’heure (près de 5 kilomètres).
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- Le Ministre de Chine aux Etats-Unis, qui va du reste prochainement quitter son pays pour aller en Russie, a causé une grande émotion dans le monde automobiliste américain, à la fois par l’ardeur qu’il montre pour l'automobilisme et par ses idées sur la coloration des voitures mécaniques. Il se fait construire une automobile à New-York, mais sur ses propres plans : elle sera du type phaéion à 4 places, avec une caisse peinte en jaune éclatant «t une décoration intérieure de même nuance. Pour l’instant, M. Wu Ting Fang, car c’est son nom, consacre une grande partie de son temps à apprendre à fond le métier de chauffeur, et il a lancé déjà des défis à un certain nombre de chauffeurs yankees.
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- La première femme de Baltimore qui ait obtenu un permis de conduire une automobile, d.s commissaires du Parc, est Miss Mildred Gill; elle n’en est point du reste à ses débuts de chauffeuse, car
- elle a déjà couvert des centaines et des centaines de kilomètres.
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- La Compagnie de Chemin de fer Baltimore and Ohio Railroad vient d’établir à Washington un service d’automobiles électriques pour relier sa gare avec le centre de la ville. Ce sont en somme des voitures analogues à celles que nos grandes compagnies ont mises en circulation, mais elles ont les avantages précieux de la propulsion électrique. Elles sortent des ateliers de la Electric Vehicle Co, de New-York; roulant sans bruit, elles sont luxueusement capitonnées à l’intérieur, munies de lampes électriques Par derrière on peut charger deux petites malles, et de plus elles sont munies d’une galerie pour les bagages.
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- M. G. E. Allen, un américain de Painesville, est en train de se fabriquer lui-même une automobile qui sera au moins originale : ses différentes parties sont pour ainsi dire toutes tirées de machines achetées d’occasion Plusieurs notamment viennent de faucheuses et de voitures de toutes sortes qui étaient en service depuis des années. Cette automobile de bric-à-brac est mue par la vapeur, et ses premiers essais ont été assez satisfaisants.
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- M. F. S. Pusey, président de la Société américaine General Electric Automobile Company, vient de faire une tentative intéressante avec une automobile électrique ; sans recharger ses accumulateurs, il a fait le voyage de Philadelphie à Atlantic City, ce qui représente une distance de près de 100 kilomètres. La batterie qu’il avait emportée était du reste d’un type commercial courant et fa t pour un service quotidien prolongé.
- Cela ne bat pas le record de Bouquet, Garcin, S.hivre et Georges Prade.
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- Le major R. P. Davidson de Highland Park, dans l’état d’Illinois, a fait construire récemment une automobile militaire du système Duryea. Elle est à 3 roues, avec une longue base et un centre de gravité fort bas; elle peut porter quatre hommes et un petit canon-mitrailleuse susceptible de tirer 480 coups à la minute, en s’inclinant dans toutes les directions horizontales ou verticales Le réservoir à combustible et le réservoir à eau sont faits pour permettre un parcours de 150 à 300 kilomètres, ces réservoirs étant autant que possible préservés des projectiles par le châssis du véhicule. Les pneumatiques son* remplis partiellement par une solution gommeuse et visqueuse qui peut boucher les perforations. Un homme suffit à la manœuvre de la voiture et même au besoin aussi du canon; le poids total de la voiture ne dépasse point 450 kilogrammes.
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- Avis aux industriels un peu hardis. Il paraît qu’actuellement la demande est intense aux Etats-Unis pour les quadricycles, si bien que les manufacturiers yankees sont dans l’impossibilité absolue de suffire aux commandes)
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- NOUVEAU SYSTEME DE MONTAGE
- DES RAYONS DE ROUES
- Un constructeur de Chicago M. W. King, vient d’imaginer un nouveau système de montage des roues d’automobiles, système dont nous donnons une description d’après notre confrère The Motor Age. Il permet de démonter un rayon sans toucher à l’ensemble de la roue, et aussi de resserrer les rayons qui ont pris du jeu. Si nous nous reportons à la figure i qui représente le moyeu de roue vu de face et sorti de son axe et la figure 2 qui le représente de profil nous apercevons d’abord une sorte de disque A sur la face interne duquel sont ménagés sept épaulements triangulaires B percés d’un trou fileté et laissant entre eux un espace libre dans lequel nous allons voir les bouts des rayons venir se claveter en F.
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- Le nombre des épaulements peut varier suivant celui des rayons. Le clavetage se fait au moyen de la pièce C, qui est analogue de forme aux épaulements B et que nous donnons séparément en fig. 3 II est percé d’un trou où se fixe un boulon D dont le bout viendra se visser dans le trou fileté ménagé d’autre part dans l’anneau E que nous donnons séparément en fig. 4.
- On comprend aisément comment les rayons seront maintenus par les coins et par l’anneau, le moyeu muni de ses rayons venant ensuite s’enfiler sur l’axe creux Z, le disque A s’appliquant sur le disque correspondant H. Les boulons À, passent par les irous J et par ceux qui sont ménagés en G dans le disque H et solidarisent le tout ;
- et il ne reste plus qu’à serrer à fond les boulons des coins C. *
- Nous n’insistons pas sur les détails com; plémentaires que saisiront certainement nos lecteurs.
- Daniel BELLET.
- ALLUMAGE ÉLECTRIQUE
- Cùavanet Gros et Pichard (1)
- Cet al’umage est monté sur l’arbre à came h et comprend une plaque a en matière isolante pouvant tourner autour de ce dernier et être retenue en position convenable par des boulons de serrage de façon à péri-mettre de varier à volonté l’avance ou le retard de l’allumage. Sur l’arbre h est montée une came c dont la saillie est constituée par un galet fou c’; en tournant avec la came ce galet c agit sur l’extrémité d’d’une lame élastique en acier d fixée à l’une de
- Allumage électrique Chavanet Gros et Pichard
- ses extrémités sur un support e par une vis e’, cette lame porte en un point de sa longueur un contact /qui lorsque la came est soulevée par le galet c’ vient s’appuyer contre un contact g monté sur un support fixé sur la plaque a.
- La lame d ou mieux son support e est en communication électrique avec l’une des bornes p d’une bobine de Ruhmkorfï, tandis que le contact g est en communication avec
- (1) Communiqué par D. C. Bacri 64, boulevard de Belleville.
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- l’autre borne n de cette bobine de telle façon que lorsque le contact /vient à toucher le contact g, le circuit induit de la bobine soit fermé et que l’étincelle jaillisse entre les pointes de la bougie d’allumage.
- On voit que, par ce dispositif, le fonctionnement de l’allumage est toujours assuré quelle que soit la vitesse de rotation du moteur et par suite celle de l’arbre b car à chaque tour, le galet c’ agit immanquablement
- sur l’extrémité d’de la lame d pour soulever celle-ci; de plus le conctact n’a lieu qu’au moment précis où doit se faire l’allumage et il est interrompu aussitôt afin d’éviter toute dépense inutile de courant. D’autre part la forme recourbée donnée à cette lame élastique d atténue les vibrations, donne à cette lame plus d’élasticité et il y a moins de chances de rupture de cet organe que dans ceux dans lesquels la lame est droite.
- VOITURETTE SIRÈNE
- La voiturette «Sirène» légère et coquette est munie du moteur C. Schmidt, moteur à ailettes, placé tout à l’avant pour meilleur refroidissement
- C’est un moteur à 2 cylindres également, -nclinés sur la verticale ; chaque cylindre a
- 77 d’alésage et 95 “/«• de course ; l’ensemble donne 3 chx 1/2. Notre fig 2 montre que les soupapes sont superposées : celle d’admission automatique est placée en dessus ; celle d’échappement commandée par cames.
- Fig. 1. — La voiturette Sirène
- La particularité vraiment originale de ce moteur est l’agencement des 2 têtes de bielles motrices qui sont attelées sur le même manneton de l’arbre moteur, l’une terminée par une tête droite, l’autre par une fourche enserrant la première. L’avantage est de supprimer pour ce moteur le point mort absolu, car l’inclinaison même des deui bielles, donne forcément, à fond de
- course, un certain retard à l’un des pistons par rapport à l’autre. Bien entendu, chacun des cylindres fonctionne à 4 temps et les temps sont croisés, c’est à-dire que l’un des cylindres, par exemple, est à l’aspiration, tandis que l’autre est en pleine période motrice.
- Le manneton moteur unique est logé dans un carter en aluminium, à barbotage
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- d’huile. L’axe moteur commande (par pignons réducteurs) une rame agissant sur 2 pièces articulées, dénommées poussettes, qui viennent frapper au moment voulu sur les tiges des soupapes d'échappement. Dans le même carter est logé l’allumage électrique qui est produit par rotation d’une came en forme de coin qui, abandonnant successivement le contact de 2 lames à ressort, donne les étincelles de rupture du courant d’allumage. La monture-support des 2 lames est mobile sur son axe ; leur déplacement donne par suite l’avance à l’allumage.
- Le châssis très léger est en tubes (fag 3) étirés à froid sans soudure, solidement entretoisés et reposant sur les roues par l’intermédiaire de ressorts à pincettes A l’avant, nous avons-dit, est le moteur N, muni d’ailettes en fonte douce spéciale des Ardennes : le carter C est en avant. Au-dessous est l’axe de mise en marche, avec désengageur automatique à ressort
- Immédiatement* derrière le moteur est l’embrayage E, embrayage à friction avec lame de cuir sur métal, logée à l’intérieur d’un cône sur lequel elle vient serrer par suite de l’action d’un coin qui l’écarte ; ce
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- lig. 3. — La voitureite Sirène, vue en plan
- coin est manœuvré par la pédale spéciale de débrayage. A la sui'e est la boîte à chargements de vitesse A; ceux-ci se font simplement à l’aide de paires d’engrenages qu’un train baladeur met successivement en prise ; il y a 3 vitesses : 10, 18 et 32 kil. à l’heure : les autres variations étant obtenues par l’avance à l’allumage, ce qui permet d'aller à plus de 40 kil. à l’heure, en terrain favorable.
- L’intercalation du 30 pignon entre les 2 engrenages de petite vitesse, renverse le sens de rotation de l’axe moteur et donne, par suite, la marche à la vitesse réduite de 8 kil. à l’heure au maximum La boîte de changement de vitesse contient tous ces engrenages graissés automatiquement à la graisse consistante, avec pattes d’araignée
- d’amenée aux coussinets-supports, de telle sorte que l’on n’ait jamais à s’en préoccuper en marche.
- Derrière la boîte F, (fixée dans l’axe longitudinal sur supports spéciaux) se trouve un frein à bande G, très énergique agissant sur l’arbre moteur longitudinal et mis en prise par une pédale spéciale Le moteur communique donc son mouvement par l’embrayage E aux axes de la boîte de vitesses F et de là, par l’arbre H, muni en J et J’ de 2 joints à la cardan, F à une couronne dentée L fixée directement sur le différentiel K qui entraîne l’esAeu d’arrière moteur N de la voiturette.
- Sur les moyeux des roues motrices se trouvent 2 freins à lames (serrant dans les 2 sens)
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- actionnés par un levier spécial à encoches? pour maintenir le véhicule arrêté.
- Sous la banquette sont la caisse à outils et le réservoir, contenant 14 litres d’essence, provision suffisante pour un parcours de près de 200 kilomètres.
- La direction se fait par volant incliné agissant sur une tringle à crémaillère et
- 2 genouillères Au-dessous du volant, sont
- 3 manettes : la ir* donne ou suspend l’allumage et en modifie l'avance ; la 2e règle la carburation du mélange ; la 3* règle la quantité de gaz envoyé au moteur
- Fig. 2. — La voiturette Sirène, moteur Schmidt
- A côté des manettes, se trouve le levier de changement de vitesse avec secteur muni d’encoches correspondantes et crans de repos intermédiaires.
- Cette voiturette pèse 310 kilos à vide, elle est donc vraiment légère, et cependant robuste, puisque son moteur puissant enlève toutes les côtes.
- La transmission centrale, très simple, avec joints à la cardan, offre l’avantage de supprimer chaînes et courroies. Les roues sont montées sur jantes acier avec rayons tangents, avec pneus de 63 ®/“. Le siège n’est qu’à 1 mètre du sol ; la voie est de imi5 ; l’encombrement de 2”o4. Prix raisonnable et prompte livraison (1).
- Paul SARREY.
- (]) Fütendez et C1^ 35, rue Vivienne* Paris.
- LES VOITURES ÉLECTRIQUES AMÉRICAINES
- Dans notre dernier numéro, nous avons publié un extrait d’une lettre de M. Jean-taud affirmant la supériorité de nos voitures électriques sur les américaines. M. Jeantaud a pleinement raison. Si les voitures américaines présentent une légèreté d’aspect plus grande que certaines des nôtres, du moins il est certain que nous ne connaissons en France que des voitures étrangères de prix très élevé. Leur fonctionnement n’est pas bien supérieur à celui des nôtres, et au point de vue des variations de vitesse il est à notre avis bien moins bon puisqu’il a pour base toujours l’action sur les batteries, chose extrêmement mauvaise. Que ce soit une voiture Riker, Wawerley, Cleveland ou Columbia à un seul moteur, toutes influent sur les accumulateurs, rarement sur les moteurs, sauf pour la vitesse maximum. On dira à cela qu’en influant sur le champ, on abîme le collecteur puisque la distorsion de celui-là varie par suite de l’augmentation de proportion de la réaction d’induit ; à cela nous répondrons que la batterie est d’un entretien plus coûteux que le collecteur, et que si le moteur est bien étudié, on peut avoir une réaction d’autant plus faible et par suite un décalage du champ très restreint.
- Les américains devraient chercher dans cette voie, et nul doute qu’ils n’y parviennent, puisqu’en France pour n’en citer qu’un seul les voitures B. G. S. ne font aucun couplage sur les batteries et même sur le champ.
- Les châssis des voitures électriques américaines sont très compliqués et cela se conçoit pour leurs routes, mais cela est inutile, coûteux et ne sert qu’à augmenter le prix. Nous laissons la carosserie de côté. Pour cela la France sert de modèle quand on veut une voiture de goût.
- Quant aux accumulateurs ce n’est pas en Amérique qu’il faut aller chercher des modèles et au point de vue de la traction automobile la France n’est pas encore trop en retard, même sur l’Allemagne qui nous a devancés dans cette industrie, relativement aux batteries stationnaires et de tramway. Avec les éléments Blot-Fulmen, de la Société des Métaux et de Tudor, on peut encore aller un moment; le tout à notre avis est de ne pas chercher la légèreté qui actuellement exclut la solidité.
- Quant aux moteurs, le rendement des nôtres est meilleur, et cela nous semble extraordinaire, puisque les moteurs de tramways construits en Amérique ou d’après les brevets américains, sont d’un rendement excellent.
- Actuellement la France est encore la première au point de vue des automobiles élee-
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- triques, mais nos voisins d’Outre-Rhin s’y mettent et damé au point de vue industriel quand ils veulent, ils veulent bien et grandement et du jour où ils construiront des voitures électriques, nous n’aurons qu’à nous tenir: les moteurs, les châssis et les accumulateurs seront bien construits. I) n’y aura toujours quela carrosserie qu’on viendra nous demander, ou nous prendre.
- A. DELAS ALLE.
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- LE MOTOCYCLE STEFFEY
- Ce système américain, qui ne diffère naturellement pas beaucoup des types généraux imaginés un peu dans tous les pays, et cela parce que, en matière de bicycle, on est forcé de faire pour ainsi dire constamment tenir le moteur et ses différents organes mécaniques dans un même espace, repré-
- sentant un même cube, et identique comme profil. Le moteur de cycle en question ici est dû à un ingénieur de San Diego, dans l’Etat de Californie, M. Steffey, et le créateur de ce dispositif a voulu donner à un cycliste le moyen de transformer presque immédiatement sa machine en motocycle, en réduisant du reste tellement le volume de tout le mouvement inséré dans la partie libre du cadre, que l’épaisseur du paquet parallélipipédique que l’on accroche en-dessous du tube supérieur du cadre ne dépasse point celle de la fourche.
- Si nous nous reportons à la gravure détaillée que nous donnons d’une bicyclette munie du moteur en question, nous allons pouvotr en faire comprendre rapidement les dispositions. En ^ nous apercevons le petit moteur proprement dit entouré de son enveloppe d’eau, et comportant sur un de ses côtés le volant (//) à l’opposé, ej symétriquement par rapport à ce volant, voici, calée sur le même axe naturellement que ce dernier, une roue à dent sur laquelle passe une chaîne qui lui permet de commander une autre roue à dents, mais de grand diamètre, et qui est
- Lejnotocycle_Steffey
- des poignées de la direction. En 10 on aperçoit le récipient qut assure l’huilage du mécanisme, enÿ est un réservoir d’eau placé sous la selle et qui a charge de refroidir le cylindre, au moyen detube’s de distribution qui amènent l’eau dans l’enveloppe, et l’emportent ensuite quand elle s’y est échauffée. Quand au tube p, il est tait pour jouer le rôle de pot d’échappement et éteindre aussi complètement que possible le bruit de cet échappement, et on assure qu’il remplit fort bien cette mission.
- Au moment de se mettre en route, le cycliste
- comme une roue de commande auxiliaire fixée sur la roue motrice en arrière de la machine. D’ailleurs la chaîne qui transmet ainsi le mouvement du moteur passe sur une petite roue qui lui sert de guide et qui est disposée sur un petit bras dépendant du cadre de la bicyclette. Le réservoir l contient la gazoline, tandis que la batterie d’inflammation est placée dans la boîte allongée s, un fil souple relie cette batterie au dispositif d’allumage du moteur, en passant bien entendu par un bouton qui joue le rôle de commutateur pour les mises «n marche, et qui est posé en 6 sous une
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- commence par rendre libre le levier de compression 4, puis il saute sur sa machine et imprime une première impulsion en donnant quelques coups de pédale (deux ou trois suffisent) à la façon ordinaire : immédiatement alors il abaisse le levier 4, et presse le bouton commutateur 6, ce qui met le moteur en mouvement et donne une bonne allure à la machine. Cette allure peut du reste être réglée par des déplacements du ciochet en fil de fer y, qui modifie diversement la proportion du mélange d’air et de gszoline ; d’autre part le moteur et par suite le cycle peuvent être rapidement arrêtés, lorsqu’on cesse de presser sur le commutateur qui commande le circuit d’iuflam-mation : cela montre que pour assurer la marche continue du moteur il faut maintenir constamment ce bouton abaissé. Il n’y a rien de plus simple, puisqu’il se trouve précisément placé de telle sorte que la main qui tient la poignée de gauche du guidon peut le comprimer sans modifier pour ainsi dire sa position naturelle, et aussi sans que cela nécessite pour elle un effort anormal.
- Quand au contraire elle cesse cette compression le blocage immédiat et le freinage de la machine résultent de ce que, dans le cylindre, il se trouve comprimé une charge de mélange explosif : l’effet est immédiat, mais cette compression assure une certaine élasticité dans l’ariêt.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer, ce qui est assez évident, que le cycliste garde toute possibilité d'agir sur la roue motrice de la bicyclette par l’intermédiaire de3 pédales et de la chaîne classique, qui passe comme d’ordinaire sur le pignon arrière.
- Une fois enveloppé dans son enveloppe générale, ce moteur est particulièrement compact, et il a l’avantage de r.e peser que 11,33 kilos, et avec un approvisionnement de gazoline qui lui permet d’effectuer un parcours de plus de 30 kilomètres.
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- LES COURSES
- Le Critérium des Voiturettes
- Le critérium des voiturettes, organisée par le Vélo s’est disputé le 17 mai.
- Une modification avait été apportée à l’itinéraire. Pour supprimer la traversée des agglomérations et enlever aux protestations possibles jusqu’à l’apparence de prétexte, les organisateurs ont fait courir l’épreuve sur une distance de 25 kilomètres parcourue 4 fois. 11 y avait donc 3 virages au lieu d’un.
- Le départ a été donné, comme pour le critérium des motocycles, en haut de la côte d’Etampes à la borne 37.500. Le virage se faisait un peu avant Ablis à la borne 62.500.
- Au départ : Pierre Giffard, Paul Rousseau, Georges Prade, Franz Reichel, Loisel, Ravenez, Gardon, Victor Mathieu, Degrais, Maurice Far-man, Pierre Lafitte, Rodolphe Darzens, etc.
- Dix-neuf concurrents ont pris part au critérium.
- Voici les poids de leurs voiturettes et leurs heures de départ:
- 1. Tart, 195 kilos, 1 h. 18.
- 2. Mercier 370 kilos, à 1 h. 19.
- 3. Van Berendonck, 284 kilos, à 1 h. 20.
- 4. M. Echalié, 260 kilos, à 1 h. 21.
- 5. Fernandez, 309 kilos, à 1 h. 22.
- 6. de la Roëre, 293 kilos, à 1 h. 23.
- 7. Huguet, 270 kilos, à 1 h. 24.
- 8. L. Cottereau, 399 kilos à 1 h. 25.
- 10. L. Ravenez, 380 kilos à 1 h. 26.
- 11. Théry, 392 kilos à 1 h. 27.
- 42. Chabrière, 398 kilos, à 1 h. 28.
- 13. UllmaDn, 316 kilos à 1 h. 29.
- 14. G. Richard, 237 kilos, à 1 h. 30.
- 45. Maudiquet, 246 kilos, àl h. 31.
- 22. Gallet-ltasse, 249 kilos, à 1 h. 32.
- 23' Fram, 333 kilos à 1 h. 33.
- 24. Marcel Renault, 250 kilos, à 1 h. 34.
- 25. Louis Renault, 250 kilos à 1 h. 35.
- 26. Demestér, 248 kilos, à 4 h. 36.
- Soit au total dix-neuf partants, dont sept dans la catégorie poids légers et douze d«ns les poids lourds.
- Voici ma ntenant les temps des concurrents :
- I. — Voiturettes de 250 à 400 kilos
- 1. Cottereau, en 1 h. 34 m. 57 s. 3/5 ;
- 2. Théry, en 4 h. 50 m. 18 s. 3/5 ,
- 3. Chabrière, en 2 h. 9 m. 32 s. ;
- 4. Mercier en 2 b. 21 m. 3/5 ;
- 5. Echalié, en 2 h. 27 m 14 s. 3/5.
- 6. L. Ravenez, en 2 h, 28 m. 41.
- 7. Fernandez, en 2 h. 34 m. 20 ", ;
- 8. Ullmann, en 2 h. 41 m. 24 s. 1/5 ;
- 9. Van Berendonck, en 2 h. 41 m. 33 s. ;
- 10. de la Roëre, en 3 h. 6 m.
- Il. — Voiturettes au-dessous de 250 kilos
- 1. Tart, en 2 h. 12 m. 31 s. ;
- 2. Marcel Renault, en 2 h. 16 m. 36 s 1/5 ;
- 3. Demester, en 2 h. 20 m. 52 s. 3,5 ;
- 4. L. Renault, en 2 h. 24 m. 47 s. ;
- 5. Georges Richard, en3 h. 27 rn. ;
- 6 Maudiquet, en 4 h. G m.
- Seize concurrents sur dix-neuf ont donc fait les 100 kilomètres. Le déchet a été le même dans les deux catégories, un sur six environ.
- Le temps de Cottereau constitue le record du monde pour voiturette.Le précédent record appartenait à Théry avec 1 h. 47 m. 43 s. et avait été fait sur la route d’Arles à Salor, avec deux personnes à bord il est vrai, tandis que Cottereau courait seul.
- Pendant que se courait le critérium des voiturettes, Béconnais s’attaquait au record des 100 kilomètres, couvrant la distance en 1 h. 18 m. 57 s. battant de 3 m. 37 s, son propre record de Salon.
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- Le Critérium des Motocycles
- Après les huit jours réglementaires et aucune réclamation n’ayant été formulée contre les vainqueurs du Critérium des Motocycles, les résultats sont homologués et la répartition des prix se fait ainsi :
- 1.000 francs au premier Marcellin ;
- 500 francs au second Baras ;
- 300 francs au troisième Béconnais ;
- 200 francs au quatrième Tart.
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- Soit au total 2 ooo francs de prix offerts par le
- Vélo.
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- La coupe Gordon-Bennett, un moment compromise par le mauvais vouloir de certains fonctionnaires, obtiendra, si aucun incident nouveau ne survient, l’autorisation ministérielle.
- Jusqu’à présent, trois automobiles belges sont engag ées pour la course. Il y a un seul engagement allemand.
- L’Amérique aussi n’est représentée que par un seul automobiliste, M. Winton, qui vient d’arriver à Paris et fait ses préparatifs pour la course.
- Les trois automobiles qui représenteront l’Automobile-Club de France dans la course sont également prêtes.
- Du reste, si les autorités françaises n’autorisaient pas la course, elle serait donnée tout de même à l’étranger. Plusieurs itinéraires ont été proposés, entre autre celui de : Brescia-Piadena-Parme-Bologne-Ferrart- Rogivo - Padoue Vicenza-Vérone, soit au total 414 kilomètres, sur lequel les routes sont excellentes.
- Enfin les chauffeurs Belges désireraient vivement, paraît-il, que la coupe fût courue à Spa, dans un automobilodrome spécial, construit pour la circonstance. Ce dernier projet ne serait pas banal, assurément.
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- Dimanche dernier, au Parc des Princes, intéressante course de 20 kilomètres à motocycles.
- Béconnais est arrivé premier en 16 m. 47 s. (ancien record 17 m. 19 s. 4/5. Second : Demes-ter, à deux tours de retard, troisième et quatrième Vasseur et Fostier à quatre tours.
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- On annonce au vélodrome du Parc des Princes une séance de sport gai pour le 24 mai, jour de l’ascension.
- Au programme une course de quadricycles à pétrole montés par un chauffeur et une chauffeuse en costumes de tourisme.
- Les engagements sont reçus au Parc des Princes.
- * *
- Récemment l’administration avait eu la singulière idée d’interdire aux chauffeurs de tenter des records sur la route du Parc agricole d’Achères.
- MM. Marot et Gardon ayant écrit à M. Launay, ingénieur en chef du service de l’assainissement a l’Hôtel de Ville, pour lui demander l’autorisation de fiire tenter un îecord, voici la réponse qui leur a été faite :
- En réponse à votre lettro du 7 mai dernier, j’ai l'honneur de vous informer que je vous accorde volontiers l’autorisation de faire sur la route centrale du Parc agricole d’Achères une tentative de records des 1 et 2 kilomètres, à motocycle, sous réserve que la course n’aura lieu que l’après-midi du jour que vous aurez choisi et que vous préviendrez, le matin de ce même jour, avant dix heures. M. Diébold, sous.-inspcc.teur, à Conflans, afin qu’il puisse prendre les mesures nécessaires pour assu-
- rer le gardiennage de la route pendant la tentative de record.
- Veuillez, etc. ,
- F. Launay.
- Les amateurs de records sont donc avertis, il leur suffira de faire une demande en temps utile.
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- Les courses ds D.aguignan restent fixées aux 5 et 4 juin, les orgrnxsateurs ont adressé aux préfets du Var et des Bouches-du-Rhône les demandes d’autorisatio.1 pour la cours.5 Draguignan-Aix. Les engagements seront reçus du 20 mai au 2 juin. Les clubs de Nice, Marseille, Salon, ont écrit pour envoyer leur adhésion. Il ne reste plus qu’à obtenir l’autorisation ministérielle.
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- Le dimanche 17 juin, à 10 heures du matin, course de côte sur la route de la Sauvenière, à Spa, entre le Pouhon et Malchamps.
- Les concurrents doivent faire partie de l’Automobile-Club de Belgique ou des clubs patronnés par lui. Règlement sportif de l’A. C. B. Droit d’inscription : 5 fr. par véhicule engagé, remboursable à tout concurrent ayant rempli son engagement.
- Catégories: 1. Tricycles; 2. Voiturettes (moins de 400 kilos); 3. Voitures (plus de 400 kilos), ayant un moteur de moins de 10 chevaux ; 4. Voitures (id.) avec moteur de plus de 10 chevaux; 5. Véhicules électriques ; 6. Véhicules à vapeur.
- Prix : ire catégorie. — x. 1 insigne bronze.
- 2° catégorie. — 1. 75 fr. ; 2. 50 fr. ; 3. 25 fr.
- 3e catégorie. — 1. 125 fr.; 2. 100 fr.: 3.80 fr.; 4. 60 fr. ; 5. 50 fr. ; 6. 40 .fr.
- 40 catégorie. — 1. 125 fr. ; 2. 75 fr. ; 3. 50 fr.
- 50 et 6* catégorie. — 1. 1 insigne vermeil ; 2. 1 insigne argent; 3. 1 insigne bronze.
- Le 3e prix sera décerné seulement s’il y a au moins 4 partants; le 4% s’il y a au moins 5 partants; le 5e, s’il y a au moins le 6% s’il y a au moins 8 partants.
- La liste des engagements sera close le 13 juin ; ceux-ci devront être envoyés avant cette date, accompagnés du droit d’entrée, à M. Michant, attaché au Secrétariat de l’A. C. B., taverne du Globe, place Royale, Bruxelles.
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- Les épreuves du record kilométrique que l’Automobile-Club Belge organise à Bruxelles, se feront le dimanche 24 juin prochain.
- Voici le règlement :
- Les concurrents doivent faire partie de VAutomobile Club de Belgique ou de tout cercle affilié ou adhérent. Réglement sporlif de l’A. C. B.
- Droit d’inscription : 5 francs par véhicule engagé, remboursable à tout concurrent ayant exécuté son engagement.
- Les catégories sont les suivantes : I
- 1° Tricycles ; 2° Voiturettes en dessous de 400 kilos ayant un moteur de moins de 4 chevaux ; 3° Voiturettes à partir de 4 chevaux ; 4° Voitures de 400 kilos munies d’un moteur de moins de 8 chevaux ; 5° Voitures de plus de 400 kilos munies d’un moteur à partir de 8 chevaux jusqu’à 12 chevaux exclusivement ; 6° Voitures de plus de 400 kilos
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- munies d’un moteur à partir de 12 chevaux ; 7° Yoi-tufettes et voitures électriques ; 8° Voiturettes et voitures à vapeur.
- Les prix, pour chaque catégorie, consisteront en insignes et souvenirs pour les trois premiers de chaque catégorie.
- Les différentes épreuves se courront sur la chaussée de Haecht, entre les kilomètres 8 et 11. Départs à partir de 1 heure 1$ espacés de deux en deux minutes.
- La liste des engagements sera close le 18 juin. Ceux-ci devront être envoyés avant cette date à M. Michant, attaché au secrétariat de l’A. C. B., 5, place Royale, à Bruxelles. Tout engagement non accompagné du montant de l’entrée ou parvenu tardivement sera nul de plein droit.
- Départ 500 mètres avant le commencement du kilomètre lancé.
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- On essaie en ce moment à Londres une tri-plette automobile pour l’entraînement sur piste.
- Nous verrons ce que cela donnera.
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- Voici bs résultats de la course d’automobiles Mannheim-Pforzheim-Mannheim qui s’est donnée le 13 mai, sur un itinéraire de 170 kilomètres.
- Classe I vitesse
- 1er Fritz Held de Mannheim, Benz, 3 h. 54 ;
- 2e Baron Scarisbrik de Hanau, Benz, 4 h. 41 ;
- 3" Willy Turbein de Hanovre, de Dietrich, 4h,43.-
- Classe II touristes
- Ie' Anders de Nuremberg, Benz, 5 h. 28 m. 45 s.;
- 2? Hans Thum de Mannheim, Benz, 5 h. 35 ;
- 3e Dr Jobert de Francfort, de Dietrich, 6 h. 55 m. 30 s. ;
- 4e Clouth de Cologne, Daimler, 7 h. 56.
- Classe III voiturettes
- 1er Richard Benz de Mannheim, Benz, 5 h. 25 ;
- 2® Frey de Ludwishafen, voiture Lux, 5 h. 57 m. 15 s.;
- 3® Kircheim d’Eisenach, fabrique d’Eisenach, 6 h. 4.
- Ce succès des voitures Benz met naturellement dans la joie M. Labouré, le sympathique administrateur délégué de la maison Parisienne qui est leur agent exclusif pour la France.
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- A Vienne, sur la piste du Prater,dimanche dernier, assistance nombreuse pour la course de motocycles. Voici le résultat du match :
- ire manche (1,000 m.) : 1. Gasté. T. : 56 s. 3/5 ; 2. Marcellin, 3. Delisle.
- 26 manche (5,000 m.) : 1, Marcellin. T. : 4 m. 34 s. 4/5; 2. Gasté; 3. Dietrich. Course menée par Delisle. Au dernier virage Delisle tombe ; chute heureuse d’ailleurs sur le gazon et Delisle n’a que des égratignures insignifiantes.
- * 3e manche (10,000 m.) : 1. Marcellin. T. : 9 m. 8 s. 3/5; 2. Gasté; 3. Dietrich.
- Le record de Gasté de dimanche dernier est battu par les trois premiers. Des ovations chaleureuses ont éfé faites aux Français. La réunion est un nouveau succès pour l'automobile.
- Parmi l’assistance il y ayait un grand nombre de membres de l’Automobile-Club Viennois.
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- Cet automne il doit se tenir à Atlanta, aux Etats-Unis, une exposition entre Etats-Américains à propos de laquelle on fait grand bruit. Or il paraît qu’on y organisera un grand nombre de courses d’automobiles; c’est M. Albert Howell qui est à la tête de cette organisation, et il prépare de vastes plans. Cela aurait pour but, et évidemment pour résultat, de bien faire connaître les fabricants à l’ensemble de. la population américaine.
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- On nous annonce des Etats-Unis qjie l’on vient de soumettre à des premiers essais la voiture de course à moteur torpiile dont C.-G. Wridgway devait faire usage dans la course de motocycles de-Paris-Bordeaux, et dans les autres courses analogues ; ces essais auraient pleinement réussi. Les plans du motocycle eu question ont été tracés, rappelons-le, par E .-J. Pennington, qui est associé avec la « Anglo-Amérjcan Rapid Vehicle C° ». Les constructeurs ont été MM. Garrin frères, des fabricants de machines de New-York. Dans des parcours effectués sur le boulevard dit Hudson County Boulevard, le véhicule en quest on, portant MM. Pennington et Wrtdgiway a parcouru 5 milles à une allure de plus de 50 milles à l’heure en pilier, la vitesse atteignant 30 milles sur une rampe assez accusée dont nous n'avons pas l’indication exacte: pendant un mille même il marchait à raison d’un mille (1609 m.) à la minute. D’ailleurs les autorités ont interdit la continuation de ces essais de vitesse sur les routes de New-Jersey, et il va falloir, ou plutôt à l’heure actuelle il a fallu les reprendre à Long-Island.
- Le véhicule est lourd en apparence comme en réslité, son moteur est de forte taille et développe 30 chevaux, à ce que dit le Motor Vehicle Review. Deux autres machines analogues sont en construction et viendront en France par MM. Pennington et Charles Jarrott.
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- Un de nos abonnés nous demande fort aimablement pourquoi, dans nos compte-rendus de courses nous ne donnons pas le nom des constructeurs des voitures ou des motocycles prenant part aux épreuves.
- Faisons-lui remarquer que c'est maintenant un usage général dans la presse et que nous sommes bien forcés de nous y conformer.
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- Exposition Unimile de 1900
- Si le concours de Tourisme s’était déroulé au milieu de l’indifférence générale et n’avait obtenu, qu’une réussite médiocre, il n’en pas été de même pour la fête automobile organisée dimanche dernier à Vincennes par les soins de MM. Jeantaud* et Ravenez qui s’étaient donné beaucoup de mal
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- et qui ont été récompensés par un très grand succès.
- Les jeux d’adresse ont été très réussis et très applaudis. La course aux œufs, pour motocycies, la course à l’aiguille, la course au baquet, la course aux têtes, la course de bagues pour voitu-rettes ont beaucoup amusé l’assistance pendant une bonne heure. Cela continua par la course aux quilles, la course aux mouchoirs, pour se terminer par une gigantesque farandole des plus élégantes.
- M. Lépine, présent à la fête, avait l’air de beaucoup s’amuser et il a pu constater de ses propres yeux l’habileté des concurrents et la facilité de manœuvre de leurs voitures.
- Les récompenses suivantes ont été accordées aux concurrents du concours de tourisme :
- Plaquettes d'or : Peugeot, voiture n° 15 ; De-lahaye, 30 ; de Dietrich, 20 et 21 ; Panhard, 42.
- Médailles de vermeil : Delahaye, n° 29 ; Brou-hot, 17; Hurtu, 22; Panhard, 43: Brouhot, 18.
- Médailles d'argent: Rochet, n° 13 ; Serpollet, 38; Bardon, 44 ; Georges Richard, 11; Serpollet, 39 ; Delahaye, 31.
- Médailles de bron\e : de Riancey, n° 6; Pe-nelle, 34; Raouval, 37.
- Trois voitures ont été déclassées pour avoir enfreint les prescriptions concernant la vitesse; la voiture n° 5 n’a pas été examinée comme appartenant à un membre du jury ; enfin, trois voitu-rettes n’ont pu participer au classement, parce qu’elles rentraient dans la catégorie des petits véhicules pour lesquels un concours spécial sera organisé en août.
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- Dans le Vélo, Georges Prade fait remarquer avec juste raison que la fête automobile de Vin-cenr.es a donné lieu à 25.202 entrées payantes à l’Exposition de Vincennas où personne ne met les pieds en temps ordinaire.
- 25.202 entrées payantes ! Cela est d’un meilleur rapport pour le gouvernement que les amendes décernées par le tribunal de simple police. Finira-t-il par comprendre qu’il a tout intérêt à nous laisser la paix.
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- Le Journal Officiel a publié la liste des membres du jury des récompenses à l’Exposition de 1900.
- Voici ceux de la classe 30 : carrosserie et charronnage, qui comprend l’automobile et la véloci-pédie :
- Membres titulaires. — Bollée père, Clément, Cottenet, Darracq, Forestier, Lemoine et Onfray. Suppléants : MM. Bovets-Japy, comte de Chasse-loup-Laubat, Ducellier, Quénay et Rodrigue-Ely.
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- L’instaiUtion de la classe 30 au Champ-de-, Mars est maintenant terminée. La décoration en est un peu triste, dans son uniformité, et cela manque pas mal de visiteurs. On cherche le moyen d’y faire venir le public. Espérons qu’on le trouvera. En attendant ce n’est plus la joyeuse
- animation et la jolie mise en scène des salons des Tuileries dont la baguette magique de l’ami Rives assurait le succès.
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- A travers la Presse
- S’il faut en croire le Soir l’Automobile-Club va être le théâtre d’une lutte terrible. Voici les paroles que notre confrère prête à un membre du Cercle :
- — Vous comprenez que nous ne pouvons plus ad* mettre que l’A. C, F. soit la chose de quelques-uns. Nos intérêts avant tout, et si nous payons 200 francs par an de cotisation, ce n’est certes pas pour être les invités soi -disant d’un généreux donateur qui se croit chez lui parce qu’il a largement ouvert les cor* dons de sa bourse aux débuts, aux premiers jours pénibles de la place de l’Opéra, parce qu’il à, pour faire l’acquisition de l’hôtel Pastoret, notre domicile actuel, versé les deux tiers des fonds. « Ici, c’est chez moi, prétend-il ; j’y suis; j’y reste ». Oh le verra bien, le 29 mai. Nous sommes un clap nombreux de mécontents, et ce que nous voulons nous le voulons bien. Notre plan de campagne a été arrêté. Nous allons donner l’assaut à ceux qui ont si mal défendu notre cause, soit par intérêt, soit par incapacité. Notre première mesure sera d^ demander que l’Automobile Club de France ait à sa tête un président français, ayant ainsi qualité pouf se faire entendre, au nom de l’industrie française, des pouvoirs français. Le baron de Zuylen de Nyé* velt est un galâ' t homme, il ne compte que des sympathies... mais il est Hollandais. Cette anomalie — un cercle français comptant plus de 2 000 membres présidé par un étranger — ne peut durer, et pour faire cesser, nous allons demander l’application dè la loi du 10 avril 1834, modifiée par la loi du 21 mars 1884 sur les associations qui dit :
- « Pour faire partie du bureau, il faut être Fràn-« çais et jouir de ses droits civils et politiques. »
- Sur ce point nous ne pouvons être battus.
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- Tribune Libre
- Monsieur le Rédacteur,
- Puisque vous ouvrez vos colonnes à vos lecteurs, voulez-vous permettre à un membre de l’Automobile-Club de poser quelques questions aux dirigeants du Cercle.
- 1™ Question. — L’article 25 des statuts édicte les règles qui doivent être observées en cas de radiation d’un membre du Cercle : convocation spéciale dü Comité, audition de l’accusé, présence d’au moins les deux tiers des membres du Comité, majorité des^ cinq sixièmes au moins des votants.
- Est-il vrai que cet article ait été absolument violé et que des membres aient été exclus purement et. simplement du Cercle sans que les règles çi-dessus aient été observées ?
- 2a Question. — Est-il vrai que des membres du Cercle, rapporteurs de Commissions, aient eu deà Secrétaires payés par le Cercle, et que ces Seeré-
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- LÀ. LÔCOMOTtÔN AUTOMOBILE
- taires aient été, dans certains cas, des membres du Cercle?
- 3‘ Question. — .
- Mais je craindrais d’abuser de votre hospitalité et je m’arrête ici, au moins pour cette fois.
- Un Grincheux
- Membre de l’Automobile-Club de France.
- TRIBUNAUX
- Le mercredi 16 mai, à Saint-Germain, grande séance de la justice de paix. Les coureurs de Paris-Roubaix étaient sur la sellette pour avoir commis' le crime de prendre part à une course autorisée par les Pouvoirs Publics.
- Deux acquittements : celui de l’aimable chauffeuse Léa Lemoine et de Didier-Nauts. Ils étaient accusés d’avo r passé à la Croix-de-Noailles à une vitesse exagérée alors qu’ils n’y avaient pas passé du tout. Heureusement que M. André Berthelot, a pu venir témoigner de leur innocence et les tirer des griffes du juge. Ces griffes n’ont du reste pas égratigné trop cruellement les autres accusés. Bé-connais, Marcellin et Baras sont condamnés à 2 francs d’amende. L’audience se corse un peu avec Vasseur, au nom duquel Me Paul Gomby, suivant la procédure si bien indiquée par notre excellent collaborateur Albert ^Rodanet, dépose les conclusions suivantes :
- « Attendu que Vasseur a été assigné devant ce tribunal le 25 avril :
- « Attendu qu’il lui est reproché d’avoir contrevenu, le 15 avril 1900, au decret du 10 mars 1899 ;
- « Attendu que s’il ést interdit, par ce décret, de dépasser une vitesse de 20 à l’heure dans les agglomérations, il faudrait préciser et désigner ce qu’on entend par agglomérations ;
- « Attendu qu’il vient d’être fait application, dans les jugements rendus précédemment de l’article 471, alors qu’il n’a pas été question dudit article dans l’assignation reçue par Vasseur ;
- Pour ce motif, déclarons nulle l’assignation. »
- M8 Comby développe ces conclusions avec son talent habituel et le juge rend le jugement suivant :
- « Attendu que s’il est en effet de règle, en vertu de l’article 182 du Code d’instruction criminelle, que la citation qui touche le prévenu l’avertisse de la loi qui lui sera appliquée, il y a exception en ce qui concerne le tribunal de simple police ;
- « Que, en effet, en vertu de l’article 145 du même Gode, un simple avertissement suffit; que d’ailleurs la citation ayant visé l’arrêté, le prévenu savait la contravention dont il s’est rendu coupable ;
- « Que sur ce premier moyen de droit il n’y a lieu de s’y arrêter ;
- « Qu’en fait le mot agglomération du décret a été mis dans un but de protéger les hommes ; que le sens général est « êtres animés » ; que dans ces conditions la Croix-ie-Noailles était une agglomération ;
- « Dit qu’il n'y a lieu d’avoir égard à la nullité soulevée en la circonstance ;
- « Condamne à 2 francs d’amende Vasseur, B;r-tin, de Monbel et Noô Boyer civilement responsable. »
- Espérons que les honorables victimes de cette condamnation et leur éminent avocat auront à cœur de continuer la lutte sur le terrain légal, dans l’intérêt de tous les chauffeurs.
- Bathiat, Prévost, Cousin, Bennard, Nielsen,
- Battaiellie, Villemain, Bardin, Rolland, Collignon. Bardaux, Labadie, Tart et Osmont sont aussi condamnés à deux francs d’amende.
- Le juge, habitant Saint-Germain, pensait évidemment à la route de quarante sous.
- Comm i la plupart des jugements ci-dessus sont rendus par défaut ils seront probablement frappés d’appel.
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- Le 17 mai, nouvelle fournée à la Cour de mai, au tribunal de simple police de Paris. L’ami Archdea-con en a eu les honneurs. Il a été condamné à un franc d’amende pour n’avoir pas son certificat de Capacité, qu’il réclame d’ailleurs vainement à la Préfecture de Police.
- Ensuite condamnations diverses dont deux par défaut à l’amende et à trois jours de prison.
- D’autres fournées se sont succédé, sans grand intérêt pour le public. Signalons toutefois le cas de M. Charles Benoit, défendu par M* 6 Paul Comby qui fait remarquer que les articles 475 et 476 ne sont pas applicables aux automobiles, M. Benoit a été condamné à 6 francs d’amende. On ira en appel.
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- Les Chemins de Fer
- Les sept grands réseaux et les Ceintures de Paris se sont, mis d’accord pour fixer comme suit les conditions auxquelles peuvent être acceptés comme bagages, les motocycles tracteurs automobiles, tricycles automobiles, voitures automobiles et voitures automotrices.
- « Seront acceptés comme bagages, dans les « conditions admises pour les bagages ordinaires « et notamment à la condition que leurs dimen-€ sions permettent de les placer dans les fourgons :
- «Les véhicules de toute nature, y compris les « motocycles, tracteurs automobiles, tiicycles au-« tomobiles, voitures automobiles et voitures au-« tomotrices. »
- « a) « Non emballés », dont le poids n’est pas supérieur à 150 kilogrammes.
- «b) « En caisses » dont le poids ne dépasse
- « pas 100 kilogrammes »
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- COURRIER INDUSTRIEL
- Dans les machines qui sont exposées à la chaleur et à l’air humide, dit le Monde Industriel les vis, quand bien même on los a imprégnées d’huile, se rouillent assez promptement : le démontage ultérieur devient difficile, on est obligé de retirer les vis violemment, ce qui les détériore.
- Or, en trempant les vis, avant leur emploi, dans une bouillie claire de graphite et d’huile, on peut les retirer aisément au bout de bien des années.
- En dehors de cet avantage, presque toute la force employée au vissage profite à l’assemblage, le frottement étant considérablement diminué.
- Directeur-gerant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile
- 6. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuill-y-s/-Seine.
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- Septième Année. — N# 22.
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- M 31 MaiçISOO
- LA LOGOMOTIOf^AJJTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du TOURING-CLUB de FRANCE
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 Fr.; Étranger, 20 Fr. LE NUMÉRO 50 Centimes ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde 4, — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur -Administrateur
- SOMMAIRE du N° 22
- L’Assemblée de l’A. C. F. — Echos. — Voitu-rette E. J. Brierre, système Morisse, Paul Sarrey. — Les Electriques du Critérium, A Delassalle. — Bandage Schnepp, D. B. — Moteur Haffner, Paul Sarrey. — L’essieu-moteur Chaboche, — L’indicateur de pentes de Holt, D. B. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Douton, J. Wolff. — Un nouveau boulon indesserrable, D. B. — L’avenir des camions à vapeur, Daniel Bellet. —Les Courses, etc.
- L’Automobile-Club de France a tenu mardi dernier son assemblée générale. On s’attendait à ce qu’elle fût houleuse. Une campagne de presse, menée surtout par notre confrère le Soir, — pas toujours habilement, du reste, — avait fait pressentir des orages. Il y en eut, moins bénins qu’on pourrait le croire à première vue, et les vrais amis de l’Automobile-Club, — amis parmi lesquels nous nous rangeons puisque nous avons eu l’honneur d’être au nombre de ses fondateurs, — auront raison d’être justement inquietspour l’avenir. L’assemblée générale de mardi marquera une date néfaste dans l’histoire de notre association. On y a vu, pour la première fois, les membres du Cercle divisés en deux camps ennemis. Manquant de programme, manquant d’organisation, manquant surtout de chefs ayant une surface suffisante, l’opposition y a été impuissante,* en fait. Elle s’y est pourtant comptée et elle a senti sa force. Une assemblée générale extraordinaire convoquée par une poignée de mécontents, choisissant son local, nommant elle-même son président et son bureau et entraînée par quelques hommes de talent sachant bien ce qu’ils voulaient, aurait certainement réussi sans peine àculbu-ter le Conseil d’administration et le Comité de l’Automobile-Club, anéantissant une œuvre de cinq années, œuvre qui est un peu la nôtre.
- Mais le danger est grand et les dirigeants du Cercle feront bien ne ne pas s’endormir sur leur victoire incertaine de mardi et de réformer bien des choses s’ils veulent éviter de sérieux périls.
- Pour en revenir à l’assemblée générale,
- elle s’est bien passée, en apparence, comme nous le disions. Un discours très habile du baron de Zuylen, discours où le président de l’Automobile-Club a eu tort de s’émouvoir des attaques personnelles absolument injustes dirigées contre lui, a ouvert la séance. C’est le baron de Zuylen et le comte de Dion qui ont créé l’Automobile-Club et, à ce titre, ils ont droit à notre reconnaissance. On a mis cinq ans à s’apercevoir que le baron de Zuylen est hollandais. C’est un peu long. Pendant ce temps, il a aidé le Cercle et l’industrie automobile de son mieux, en brave homme qu’il est et il faut une forte dose d’ingratitude pour le lui reprocher. S’ensuit-il que tout soit pour le mieux dans le meilleur des Cercles. Peut-être que non et notre président aurait certainement été mieux inspiré en n’adressant pas à la presse une mercuriale bien peu méritée. Les journaux n’ont qu’un rôle : renseigner leurs lecteurs et transmettre au public les informations du moment. Il y a un très grand mécontentement à l’Automo-bile-Club. La réunion d’hier l’a prouvé. Nous le disons, impartialement, sans parti pris. Est-ce bien une raison pour nous le reprocher ?
- Le discours du baron de Zuylen avait conquis tous les suffrages. La suite a failli tout gâter. Les deux moitiés de l’assemblée avaient leur siège fait et il n’eut pas fallu pousser beaucoup les événements pour que lee choses finissent par tourner à l’aigre. On a su l’éviter. On est parvenu à faire voter, pas toujours sans difficultés, l’ordre du jour de l’assemblée. C’est, comme nous le disions, une victoire apparente, mais ces victoires là coûtent cher parfois. Que les dirigeants de l’Automobile-Club le comprennent. Qu’ils ramènent la concorde et la paix d’antan parmi nous. Nous sommes trop de leurs amis pour ne pas le leur conseiller et pour ne pas désirer que la crise actuelle ne soit qu’un nuage passager. On a vécu cinq ans ensemble, une brouille légère est survenue. Il n’y a rien d’irréparable, et si l’on y mettait, des deux côtés, un peu de bonne volonté, la confiance et l’affection réciproques pourraient peut-être bien vite renaître.
- C’est à souhaiter. Peut-on l’espérer? Et n’est-il pas déjà trop tard?
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- ÉCHOS
- Le moto-club de France
- A l’issue de l’Assemblée générale annuelle de F Automobile-Club de France un certain nombre de membres du comité ont décidé d’envoyer leur démission au président du Cercle.
- Ensuite ils ont fondé une société nouvelle d’encouragement à l’industrie automobile, qui ne sera pas un cercle mais une association amicale et professionnelle sous la désignation de « Moto-Club de France, société d’encouragement pour le développement de l’industrie automobile ».
- La cotisation sera de 50 francs par an pour les membres habitant Paris et le département de Seine-et-Oise.
- Pour les membres habitant les au'res départements, elle sera réduite à 20 francs.
- Les adhésions sont reçues au Vélo, 2, rue Meyerbeer.
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- ! ornière séance du Comité de l’Automobile ^ ~b il s’est passé un lait assez amusant. Le Comité a eu à délibérer sur une proposition de M. Alfred Riguelle, membre du Cercle, qui de-ru indait tout uniment que l’on proposât à l’as-s mblée générale la destitution du président : le baron de Zuyien, coupable d’être Hollandais. Inutile de dire que la proposition de M. Alfred Riguelle n’a obtenu qu’un succès d’estime. Il en a été de même d’une proposition de M. Hé-rard, le sympathique starter de toutes les courses d’automobiles qui voulait, — en sa qualité de starter, — donner le départ immédiat au tiers du Com té renouvelable cette année. Ces messieurs ont décidé qu’ils ne s’en iraient que le plus tard possible. Les démissions de certains membres du Comité modifieront peut être leur décision.
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- Le comte de La Valette repart pour Madagascar où il accompagne le général Galliéni et six voitures automobiles démontables qui vont être essayées là-bas.
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- On va établir un service quotidien d’automobiles entre les bureaux du New York-Herald, avenue de l’Opéra et Fontainebleau.
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- Plusieurs tracteurs à vapeur, des trains Scotte, des motocyclcs et des voitures automobiles dites d’état-major, prendront part cette année aux grandes manœuvres de l’Est. L’état-major a l’intention d’essayer en grand ce que l’automobile peut faire eu campagne. M. Joseph Journu a été chargé de l’organisation officieuse de ce service. Le ministère de la Guerre ne pouvait faire un meilleur choix.
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- Les chauffeurs de la région de Montbéliard, émus de la peine infligée à l’un de leurs collègues, M. Roze, à propos d’un accident survenu à
- Audincourt, accident dont la responsabilité ne pouvait lui être attribuée, se sont réunis au nombre de quarante à l’effet de former une section pour la défense de leurs droits.
- Bravo ! Messieurs.
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- Sur les réclamations du président de l’automobile-club de Belgique les autorités belges viennent de recommander aux agents de n’appliquer aux chauffeurs qu’avec modération le nouveau règlement applicable, chez nos voisins, à la police de roulage.
- L’automobile-club de Belgique a, du reste, pris une excellente décision. Tout en invitant chauffeurs et constructeurs à se conformer aux règlements, il est résolu à faire défendre devant les diverses juridictions ceux de ses membres qui seraient victimes de contraventions mal fondées.
- A la bonne heure. Nos voisins ne sont pas comme nous. Iis savent se défendre.
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- On annonce, en Belgique, de curieuses expériences de transport des pigeons voyageurs en automobile. Le ministre de la Guerre a commandé, pour ce service, à la Société des Automobiles Koch des voitures d’une disposition spéciale.
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- Il y a encore des pays d’Europe où l’on ne connaît pas l’automobile. Ce serait le cas de Bu-charest, s’il faut en croire le comte L. Van den Steen de Jehay, qui y excursionne en ce moment.
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- Il vient de se former en Espagne, sous le nom de « Sociedad Automovil de Burgo de Osma », une compagnie qui a l’intention d’établir un service de voitures automobiles pour le transport des voyageurs et des marchandises entre Logrono, Soria et Osma.
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- Dernièrement, dans la petite ville anglaise de Leatherhead, on avait organisé une soirée au profit des blessés de la guerre du Transvaal, et une des attractions de la soirée devait être une représentation cinématographique; mais il fallait pour cela disposer de courant électrique, environ 25 ampères à 60 volts, et l’on allait être obligé de faire venir des accumulateurs de la ville la plus voisine. Celà devait coûter cher et compliquer considérablement la représentation. M. M. Allan, possesseur d’une voiture électrique offrit de prêter sa voiture pour fournir le courant, et on accepta son offre d’enthousiasme. Le véhicule fut introduit dans la salle de conférence, les connexions furent ainsi établies et tout marcha à souhait.
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- Toujours dans l’esprit auquel nous avons fait allusion l’autre jour, et pour faire l’éducation spéciale des chevaux, ce qui est autant dans l’intérêt des propriétaires de chevaux que des chauffeurs, l’administrateur _ de la « Cycle and Motor Company » de Dublin fait annoncer qu’il est tout dis-
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- posé à envoyer un tricycle automobile à toute personne de Dublin qui possède des chevaux peureux, de manière à ce qu’ils puissent être accoutumés au voisinage d’une automobile.
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- Un certain nombre de riches habitants d’Aberdeen, en Grande Bretagne, viennent de former une société pour établir, dans la ville et entre la ville et ses environs, des services d’automobiles, ce sera la compagnie « Aberdeen District Motor-car Services Co. Quatre voitures ont déjà été commandées : elles seront construites par la compagnie Daimler suivant le type wagonnette, et pourront prendre 9 personnes, y compris le conducteur. Ce qui est caractéristique à signaler, c’est qu’une seconde compagnie du même genre s’est fondée également à Aberdeen sous le nom de Aberdeen Motor-car Co, parce que la municipalité n’avait pu réussir à créer deux lignes de tramways;
- elle vient du reste de se fondre avec la première.
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- Dans une intéressante communication devant la « Society of Arts », M. Moresby White a fait une vrai campagne pour l’amélioration des routes en Grande-Bretagne au profit du cyclisme et de l’automobilisme ; il a montré l’économie dans les frais de traction qu’assure un bon macadam, mais il a aussi monté sur l’influence que peut avoir un bon type de roue sur la conservation des routes.
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- Dans un discours à la Chambre des Communes M. Balfour a signalé le rôle social que pourront remplir bientôt les services publies d’automobiles en permettant de conduire facilement et économiquement les ouvriers du lieu de leur travail à leur maison d’habitation qui pourra ainsi se trouver éloigner des grands centres.
- L’orateur a même ajouté qu’il rêvait parfois de routes spéciales aux automobiles. Décidément l’idée est dans l'air.
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- Il vient de se former à Heildelberg, en Allemagne un club nommé du titre caractéristique de « Alldeutscher Automobile Club », dont le but est de réunir dans une fédération tous les clubs du même genre existant en Allemagne, il se chargera de toutes les questions d’intérêt général et il prendra notamment en main la règlementation des courses.
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- Les usines de Canistatt vont mettre en veute des moteurs d'autos de la force de 32 chevaux qui, d'après ce que nous annonce le Vélo, ne pèseraient que 135 kilos, soit 4 kilos par cheval.
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- La Brigade allemande de chemin de Dr est en train de soumettre à des ecsais une automobile à 6 places, en la faisant circuler notamment sur les terrains d’exercsces de Tempelhofer Feld, à Berlin. Un officier la conduit et 5 hommes y prennent place.
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- •Une nouvelle assez curieuse nous arrive de New-York qui montre dans une étrange frater-
- nité les mondes des chauffeurs et des amateurs de courses de chevaux. En effet la « New-York Electric Vehicle Transportation Company » va mettre en service un omnibus automobile entre New-York et Morris au moment et à l’occasion des courses de chevaux qui fait courir le Wetchester Jockey-Club.
- Elle en fera de même pour les diverses saisons de courses qui se suivent à des époques différentes dans la banlieue de la grande cité américaine.
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- La fameuse Université dite Columbia Univer-sily, vient de créer, dans son Ecole d’ingénieurs un «ours nouveau relatif exclusivement aux locomotives roulières et aux véhicules mécaniques, autant dire à l’automobilisme.
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- Miss Gould, la fille du milliardaire américain, se fait faire une automobile électrique du prix de 73.000 francs.
- C’est un peu cher.
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- Il est intéressant de rappeler, que, à la date du 5 mars 1875, dans l'Etat de Wisconsin, il a été voté par les Chambres une loi offrant un prix de 10.000 dollars, au citoyen du Visconsin qui inventera et qui, à la suite de 5 ans d’essais continus, pourra montrer une machine mue par la vapeur ou autrement, et pouvant remplacer à bon marché et de façon pratique les chevaux et les animaux analogues, sur les routes et dans les fermes. » Pour concourir au prix, la machine en question devait effectuer un parcours d’au moins 320 milles sur les routes de l’Etat, à une allure de 8 kilomètres à l’heure, tourner et reculer aisément sans gêner les autres véhicules, enfin monter ou descendre une rampe de 40 mètres au kilomètre. Que les constructeurs d’automobiles voient s’ils sont dans les conditions du programme.
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- La question des bonnes routes prend une telle importance pour l’automobilisme et aussi pour le cyclisme, que la Ligue dite des American Wheel-men est décidée à demander qu’elle entre dans le programme des partis en présence pour l'élection présidentielle.
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- L’Union des Employés de Tramways de Cleve-land, dans l’Etat d’Ohio, se propose de faire un© concurrence curieuse aux dits tramways : elle est en tra n de se faire construire le premier d’une série d’omnibus automobiles qui vont bientôt commencer à fonctionner.
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- Pendant un récent ouragan de neige, deux au* tomobilistes d’Albany ont voulu soumettre une automobile à vapeur à une rude épreuve ; et pour celà ils se contentèrent d’entourer de corde chacun des bandages. Ils purent poursuivre leur route durant deux heures, mais, quand ils rentrèrent au garage, le véhicule ressemblait assez à une boule de neige en mouvement.
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- VOITURETTE E. J. BRIERRE
- SYSTÈME MÛRISSE
- Voici une voiturette robuste, élégante à nable. Elle est caractérisée par son moteur souhait, et cependant d’un prix très raison- « Morisse » de 3 chevaux 1/2 garantis, que
- Fig. i. — La voiturette Brière, vue d’ensemble.
- I
- Fig. 2. — La voiture Brierre, coupe horizontale du moteur Morisse.
- représente notre fig. 2. C’est un moteur ho- régime) et comportant un double système rizontal, tournant à 830 tours (vitesse de de refroidissement : par ailettes venues de
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- fonte avec le corps du cylindre et par cir- pièces étant absolument indépendantes et culation "d’eau dans la culasse, ces deux sans aucun joint d’eau, b a ; : t H:.:; I
- Fig, 4. — La voitureite Brierre, élévation du châssis.
- Le cylindre a 90 m/m d’alésage et la course La bielle et 1 arbre-manivelle équilibré est de 120 m/m. tournent dans un carter et baignent dans
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- l’huile : les portées de l’arbre tournent dans des bagues en acier trempé.
- Le volant est extérieur et maintenu par un écrou, fileté dans le sens de la marche.
- Les soupapes d’admission et d’échappement sont placées l’une au-dessus de l’autre et peuvent se visiter très facilement, point capital. La soupape d’échappement est mue mécaniquement par came et engrenages réducteurs dans le rapport 1/2 comme d’ordinaire : ils baignent dans l’huile d’un petit carter boulonné sur le grand (V. fig. 2) et commandent la soupape par l’intermédiaire de biélettes réglables à volonté.
- La circulation de l’eau dans la culasse se fait par thermosiphon : le réservoir à eau est sous le siège. Le réservoir d’essence placé à l’avant de la voiturette est d’une contenance de 12 litres qui , en terrain moyen, suffisent pour 100 kilomètres environ.
- Le graissage du cylindre se fait à l’aide d’un graisseur automatique alimenté à l’huile minérale pure (oléonaphte, etc.). Le carburateur est un Longuemarre. L’allumage est électrique avec accumulateurs Invicta : la bougie se trouve entre les deux soupapes, parallèlement à l’axe du cylindre.
- Les changements de vitesse se font par engrenages, à l’aide d’un train baladeur; 3 engrenages sont calés sur une douille qui peut coulisser le long de l’arbre du plateau de friction (embrayage) mais est lendue solidaire de son mouvement de rotation pai une clavette prisonnière : ces 3 engrenages peuvent engrener successivement avec 4 autres calés sur un arbre secondaire qui transmet le mouvement au différentiel et aux roues motrices arrière (fig. 3). On obtient ainsi les vitesses de 8, 15 et 25 kil. à l’heure •t même plus avec l’avance à l’allumage.
- Le moteur est placé à l’arrière (fig. 3 et 4) d’un solide châssis en tube d’acier, avec roues de cycles munies de pneus Michelin.
- La carrosserie, très légère, est en bois et aluminium.
- Il y a 2 freins à pédale : l’un sur le différentiel, l’autre sur les roues motrices : une béquille évite le recul.
- La direction est à volant incliné (fig. 4). Le levier de changement de vitesse actionne le train baladeur par une tringle et une fourche articulée à l’extrémité d’un levier d’équerre horizontal. Ce levier porte un verrou à ressort qui s’engage dans l’un ou l’autre des 4 crans d’un secteur (débrayage, petite, moyenne et grande vitesse).
- L’encombrement de cette voiturette n’est que de 2 m. 50 -f- 1 m. 50 et son poids de 230 kgs environ. Elle est simple, confortable, robuste ; c’est en un mot un bon instrument de tourisme.
- LES ÉLECTRIQUES Ml CRITÉRIUM
- Nous avons rendu compte, au jour le jour, du Critérium des voitures électriques organisé par le Vélo et des diverses tentatives qui ont suivi cette épreuve II n’est peut-être pas trop tard pour donner quelques détails techniques sur les deux voitures qui ont pris la plus grande part à cette lutte intéressante.
- l-gfo
- La voiture Krieger
- La voiture Kriéger dont nous donnons ici un dessin, pesait avec ses deux voyageurs 2140 kgs. Le poids des accumulateurs était de 1057 kgs, soit 49 0/0 du poids total en charge et 55 0/0 du poids de la voiture sans voyageurs, qui est de 1920 kgs
- Les batteries se composaient de :
- 21 éléments B 27 Fulmen placés en avant.
- 21 éléments B 27 Fulmen placés dans le coffre arrière, ayant une capacité de 220 ampères heures en 5 heures et 36 éléments B 13, d’une capacité de 102 a. h., destinés à servir de batterie supplémentaire, et placés dans une caisse suspendue sous la voiture.
- Les moteurs du type ordinaire des Kriéger avaient une puissance de 3,75 pon-celets avec une vitesse de 2600 tours par minute.
- Après le 152e kilomètre, la voiture a pu revenir jusqu’à la gare de Laroche sans recharger, soit 3 km., et faire le chemin de la gare de Lyon à Courbevoie, soit 15 km., après le repos du voyage en chemin de fer.
- La voiture a donc effectué un parcours total de 170 km.
- La consommation moyenne a été de 81 watts heure par tonne kilomètre de poids total, d’après les chiffres qui nous ont été communiqués et que nous ne faisons qu’enregistrer.
- La voiture B. G. S. pesait 2300 kg. sans les voyageurs; ses dimensions sont de i,D9o entre les deux essieux, avec des roues de 1 mètre à l’arrière et de ora9o à l’avant. La batterie se composait de deux batteries de 44 éléments couplées en quantité; le poids de chaque élément était de 14,4 kgs., dont 9.625 kgs. pour les plaques. En comp-’
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- tant sur une vitesse moyenne de 20 km. à l’heure, il fallait 16 heures pour faire le parcours; or, au régime de 2 ampères par kg. d’électrodes, la capacité des éléments est de 33 a. h. par kg., soit 320 a. h. ; il serait donc possible d’effectuer un trajetde32okm. si la route était bonne, comme roulement, comme pente, etc.; mais hélas, en fait de traction il y a loin de la théorie à la pratique et bien des coefficients entrent enjeu.
- La voiture B. G. S.
- M. Bouquet nous dit que, à la vitesse de 20 km. à l’heure, sa voiture consomme 37 ampères sous 90 volts, soit 65 watts heure par tonne kilomètre ; c’est très beau, seulement nous sommes sur ce point devenu très sceptique et nous attendrons avant de l’affirmer de l’avoir vérifié; ainsi que nous l'a du reste proposé l’éminent constructeur, en la capacité* technique duquel nous avons pleine confiance.
- Avec une telle consommation il serait en effet possible à la voiture de 'couvrir ses 300 km. en palier, nous verrons sur route ce qu’elle accomplira.
- Les accumulateurs n’étaient pas les B. G. S. ordinaires, il paraît même qu’ils en étaient à leur première sortie; mais quant à dire ce qu’ils sont, il est impossible de le savoir : la Société B. G. S. ne donne aucun renseignement.
- Le moteur est toujours du type différentiel à deux collecteurs, mais à proportions spécialement étudiées ; sa puissance normale est de 5.400 watts, avec un poids de 170 kgs ; sa vitesse est de 1.194 T* Par minute à la vitesse de 20 km. à l’heure, avec une résistance totale de 0.09 dhm.
- Le combinateur donne :
- 2 vitesses de démarrage sur résistance.
- 5 vitesses obtenues par les différents couplages entre les enroulements de l’armature.
- 2 freinages électriques.
- 2 vitesses arrière.
- La troisième vitesse franche donne l’allure de 20 km. en palier.
- La proportion d’accumulateurs est encore ici de 54 0/0. En plus des résistances servant au démarrage, une résistance est ajoutée à l’équipement, afin de permettre d’égaliser
- la décharge des deux batteries mises en parallèle; il est certain que ce fait n’est dû qu’à la mise en service de deux groupes au lieu d’un seul composé d’éléments de capacité double.
- Le poids d’accumulateurs emporté par la voiture Krieger et la voiture B. G. S. n’a rien qui soit anormal avec le poids des voitures vides, et l’énergie spécifique des accumulateurs actuels, puisque théoriquement avec une vitesse de 20 km. à l’heure, une voiture pesant 1.200 kgs sans la batterie devrait contenir 1.150 kgs d’accumulateurs pour couvrir 300 km. en palier, en admettant un effort de traction de 12 kgs par tonne.
- Seulement la proportion entre les accus et le poids de la voiture est trop grande, le chiffre de 30 0/0 habituellement admis est largement dépassé, et on arrive ainsi à construire des voitures qui sont de véritables poids, sans que vraiment le résultat acquis en ait valu la peine, jusqu’à présent.
- D’abord, nous croyons, et avec raison, que en France une voiture électrique, fera rarement 150 km. sans trouver un poste d’alimentation.
- Si on compare la B. G. S. et la Krieger, la première à notre avis a été comprise au point de vue de la batteri?, étant donné qu’elle en a, en somme, emporté une seule sans rechange, alors que la seconde avait pris avec elle un groupe d’éléments qu’elle a ajoutés aux premiers en cas d’épuisement, dans des conditions peu bonnes pour les éléments.
- A. DELASALLE.
- BANDAGE SCHNEPP
- Cette invention, qui n’a pas été encore soumise à l’épreuve de la pratique, est due e M. Hans Schnepp, d’Augsbourg, en Allemagne. La gravure que nous en donnons parle d’elle-même. Le bandage comprend un tube extérieur de section assez bizarre ;
- Le bandage Schnepp
- à l’intérieur sont deux bandes annulaires de métal, l’une qui est disposée et taillée de manière à venir se rapprocher très sensiblement de la pariie interne mais extrême du tube, l’autre qui vient au contraire s’appuyer
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- sur la portion du tube qui s'applique dans la jante de la roue. Ces bandes annulaires sont maintenues en position par un certain nombre de ligaments en caoutchouc, comme
- le montre la gravure, qui ont tous pour but de solidariser les deux cames métalliques. Cela nous semble bien compliqué !
- D. B.
- MOTEUR HAFFNER
- Ce moteur à quatre temps comporte deux cylindres; il est à double réglage, à com^ pression et par suite à vitesse variables : toutes les soupapes en sont automatiques. Sur la fig. /, le piston est représenté schématiquement dans sa position moyenne, correspondant à la période d’aspiration. Le mélange explosif pénètre par la soupape e (qui se referme automatiquement à fond de course) puis est comprimé dans la chambre
- spéciale F d’où il passe dans la chambre de déflagration G, où l’étincelle électrique produit la déflagration : le piston projeté en avant aspire une nouvelle charge pendant la période motrice et ainsi de suite, les gazs brûlés s’échappant à travers les orifices M et M’ lorsque le piston les a découverts.
- Pour diminuer la compression, il suffit de déplacer le levier Z qui manœuvre un boisseau en forme de robinet (fig. ^j), comportant
- les ouvertures r r’ r”, de section différente et en rapport avec la compression à obtenir. En déplaçant ce levier Z, on découvre l’une ou l’autre des ouvertures r r V” : les gaz s’échappent (avant l’allumage) par le tube p, passent par la soupape K et traversent l’une des ouvertures r’ r” r”, puis le tube p’ pour se rendre sur la face opposée du piston du second cylindre, lequel est au même moment à la période d’aspiration. Du passage à travers l’une des ouvertures r r’ ou r”, il résulte donc une diminution de compression dans la chambre de déflagra-
- tion et par suite une diminution dans la vitesse du moteur, sans qu’il y ait aucune perte de gaz. Car en produisant l’ouverture de la soupape ATpar la came H, commandée elle-même par la couronne dentée J, on distrait une certaine quantité du mélange explosif, qui se rend dans l’autre cylindre.
- Telle est la particularité assez curieuse de ce nouveau moteur, dont nons ne connaissons malheureusement pas encore le; essais pratiques pour en tirer une conclusion.
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- L'ESSIEU-MOTEUR CHÂBOCBE(1)
- La fig. i est une coupe verticale de l’essieu moteur.
- La fig. 2 montre une vue de profil de la boîte renfermant le différentiel.
- L’essieu est essentiellement constitué par 2 manchons a et a’ qui en b b’ supportent les ressorts de la voiture.
- Ces deux manchons sont filetés et sur ces parties filetées viennent se fixer les moitiés c et c’ de la boîte qui renferme le différentiel.
- Ces deux parties sont rendues solidaires l’une de l’autre par des boulons d comme le montre la fig. 2.
- Essieu moteur Chaboehe
- Pour consolider la boîte on dispose sur ses faces des nervures e.
- A l’intérieur des manchons a a’ est disposé l’essieu proprement dit divisé en deux parties qui ne diffèrent l’une de l’autre que par ce fait que l’une est munie d’une partie cylindrique qui n’existe pas sur l’autre.
- Chacune des parties de l’essieu est constituée par une fusée /, un renflement £•, une partie renforcée h, une partie cylindrique 7, une partie de plus petit diamètre y, une partie h du même diamètre que la partie 7, un renflement l, une nouvelle partie cylindrique m et une partie carrée n.
- L’une des moitiés est destinée à supporter l’engrenage moteur p actionnée par la chaîne q.
- L’engrenage p porte trois pignons r mettant en mouvement les roues coniques s qui sont calées sur les parties carrées n de chacune des moitiés de l’essieu.
- Autour de ce différentiel se trouve une boîte en deux parties t et f qui tourne autour de l'essieu.
- Entre chacune des parties t et f et les manchons a et a se trouve un cuir u et u'.
- Entre les parties de l’essieu l et k, k’ i\ Ji,
- F (1) Communiqué [par D. C. Bacri, 64, boulevard de Éelleville.
- se trouvent des réservoirs à huile v xy. De part et d’autre du renflement g se trouvent également deux cuirs w ces cuirs et le, renflement h sont serrés sur le manchon a] par l’intermédiaire d’un chapeau al qui se visse sur lh manchon a.
- La fusée /porte le moyeu d delà roue, ce moyeu est solidaire d’un tambour/’sur lequel vient s’enrouler une lame de frein. T ,
- Le moyeu e’ est fixé sur l’essieu par un* écrou c’ et un contre-écrou //’, ces 2 écrous sont recouverts par un chapeau i’ qui se visse à l’intérieur du moyen e’ enfin une couronne ;’ se visse à l’extérieur de ce moyeu e\
- Comme on le comprend aisément pour retirer l’essieu, il suffit de supporter la voiture par l’intermédiaire des manchons a a' de dévisser les organes qui maintiennent le moyeu de la roue ainsi que le chapeau d’. Ces opérations terminées, les 2 parties de l’essieu peuvent être retirées; de l’intérieur des manchons a et a\
- On peut même sortir l’essieu de sa boîte sans décaler la roue en dévissant simplement l’écrou u’.
- Le différentiel n’étant plus soutenu tombe à l’intérieur de la boîte c c’ et peut être facilement retiré par l’ouverture que présente cette boîte, sur l’une de ses faces, ainsi que le montre la figure 2.
- D’autre part, le remontage de l’essieu peut être effectué très facilement en effectuant dans l’ordre inverse, les opérations que nous venons d’indiquer.
- Grâce à ce dispositif, tous les organes essentiels de l’essieu peuvent être facilement examinés et réparés si c’est nécessaire.
- De HOLT
- La Compagnie Daimler, de Londres, vient de lancer un appareil dû à M. Holt, et appelé « Viamètre », qui a pour but d’indiquer sur un même cadran, et la pente de la route où l’on se trouve, et la distance totale couverte par le véhicule.
- Le mouvement en est commandé par un arbre flexible se reliant à un des arbres de transmission du moteur. Les distances sont marquées en unités, dizaines et centaines par trois cadrans. Quant au bras indicateur de pente, il est lumineux et visible la nuit. Dans un autre type d’appareil, un autre cadran marque la vitesse de marche, enfin un dispositif plus compliqué encore fournit un graphique où sont marqués la distance des rampes et les temps respectifs - D B. , À. , !
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- GUIDE DE ROUTE
- de la
- PETITE VOITURE BE DION-BOUTON
- (Suite, voir les Nos précédents)
- Châssis
- 130. — Le châssis, fait de tubes robustes et légers, est destiné à recevoir les organes divers de la voiture, il se compose de deux longerons reliés entre
- eux par quatre entretoises perpendiculaires, plus deux entretoises en sens des longerons.
- 131. — La fig. 2 indique l’emplacement qu’occupe le mécanisme sur le châssis.
- 132. — La fig. 3 aidera aux explications qui sui vent.
- 133. — Explications succinctes sur l'ensemble du mécanisme. — La fig. 2 et sa légende faciliteront la compréhension du mécanisme qui opère dans l’ordre suivant :
- Le manchon d’accouplement k relie l’axe du mo-
- Fig. 2 — Châssis — Ensemble du mécanisme.
- teur P à l’axe n du changement de vitesse; ce der- gnons, actionne lui-même l’axe n’ et le changement nier par l’intermédiaire d’un jeu intérieur de pi- de marche q.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le changement de marche q agit sur le pignon r, qui actionne le différentiel X, par l’intermédiaire d’une roue dentée s.
- Le différentiel X agit «ur les boites x et x' de l’arbre à la Cardan, lesquelles actionnent les boîtes y y’ et les roues arrière.
- 134. — La fig. 3 et sa légende n*4 expliquent que l’entretoise u u’ se trouve sur la partie haute des ressorts et porte les roulements à billes v v’ dans lesquels travaillent les axes des boîtes d’entrainement x et x'.
- 135. — Les boîtes x x’. actionnés, nous l’avons dit déjà, par le différentiel X, entraînent les boîtes y et y’, qui entraînent elles-mêmes les roues, cela par les procédés détaillés n° 486.
- 136. — L’essieu coudé z est fixé sur la partie basse des ressorts ; il pare à la flexibilité de l’arbre à la Cardan et maintient l’écartement des roues.
- A
- h / v
- big. 3. — Vue arrière de l’arbre a la Card an
- Entre les boites y y’ et les moyeux, l’essieu * porte en outre les fusées dans lesquelles l’arbre à la Cardan.
- Les extrémités x x' de cet arbre suivent donc les mouvements de u u’, tandis que ies extrémités y y’ suivent les mouvements de z.
- 137. — Le graisseur du moteur se trouve au-dessus de la lettre P’. Le graisseur de l’appareil est la petite pièce qui dépasse le châssis et se trouve au-dessus de la lettre n’.
- 138. — Démontages inutiles. — Il ne faut jamais, par simple curiosité, toucher ou laisser toucher aux pièces enfermées dans les cartres P’ et n n’; ces pièces ont peu besoin d’être démontées, on court, de plus, le risque d’en dérégler les organes et d’être obligé de les envoyer à la Maison ; le très grand tort de la plupart des automobilistes est de faire des démontages inutiles de l’un ou l’autre des organes fixés sur le châssis.
- 139. — Toutes les pièces sont repérées; on voilera donc rigoureusement à observer ces repères en cas de démontage.
- A suivre). J. WOLFF.
- UN NOUVEAU BOULON INDESSERRABLE
- Ce boulon indesserrable dit « à rondelle et à coin », a été imaginé par un ingénieur américain, M. L. Bargelt, de Woodstoek, dans l’Etat de Virginie. Notre excellent confrère Scientifîc American, nous montre tout à la fois le boulon serré avec son écrou en place, et la partie spécialement originale de l’invention, la rondelle avec le coin qui en est solidaire. Comme on peut le voir aisément, le boulon en lui-même n’offre rien de particulier dans son ensemble, sauf pourtant, chose de première importance en l’espèce, qu’il est fendu suivant son axe dans sa partie filetée, cette fente étant faite pour recevoir le fameux coin dont nous venons de parler à plusieurs reprises. Si l’on veut bien maintenant examiner d’un peu près les détails de la figure qui représente la rondelle avec le coin qui en est solidaire, on verra que cette solidarité n’est pas absolue : en effet, dans ce qu’on serait en droit d’appeler sa face inférieure, c’ect-à-dire celle qui vient en contact avec les objets à boulonner, on a ménagé deux évidements où peuvent se loger des prolongements des sortes d’ailes du coin destiné à entrer dans la fente du boulon.
- Boulon indesserrable
- Quand on veut effectuer la mise en place d’un de ces boulons indesserrables, après que le boulon lui-même a été glissé dans le trou à lui ménagé, on enfile sur son extrémité filetée la rondelle, et par suite en même temps on entraîne le coin, de telle sorte qu’il vient pénétrer dans la fente ad hoc. Si maintenant on place également l’écrou et qu’on commence à le serrer, ï\ repousse devant lui la rondelle et entraîne dans le même mouvement le coin qui, en s’enfonçant, fait écarter les deux moitiés di| boulon, en coupant pour ainsi dire la retraite à l’écrou au cas où, pour une raison
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- quelconque, il aurait tendance à revenir sur ses pas. On voit que finalement .l’ensemble du boulon et de l’écrou sont solidarisés tout aussi bien que si l’on avait procédé â un vrai rivetage.
- En principe cela n’empêche pas qu’on ne puisse dévisser l’écrou, et cela tout simplement en frappant latéralement et énergiquement un coup sec sur la tête du coin. Il est vrai aussi que ce procédé ne pourrait réussir si la rouille était venue ronger quelque peu tout cet ensemble, et alors il faudrait se résoudre à couper l’écrou.
- - D. B.
- .. v. - ♦---------------
- f L’AVENIR DES CAMIONS A VAPEUR
- M. Burls, membre de Y Institution o* civil En-gineérs a lait une communication sur ce sujet devant la Société des « Civil and Mechanical En-gineers ».
- On sait en fait ce qu’il faut entendre par poids lourd dans les limites du Royaume-Uni : c’est qu’én effet les termes de la loi, de YActt de 1896, sur les « Locomotives sur les grandes routes », sont assez limitatifs pour gêner considérablement la circulation des grosses voitures automobiles de transport. Notre auteur ne pouvait négliger ce côté de la question. Il a donc tenu à faire remarquer que, au moment de la préparation de cette loi, les ingénieurs étaient du moins absolument unanimes sur la nécessité de ne point fixer, pour ces véhicules mécaniques, un poids maximum quelconque, ce furent les agents de l’Administration qui tinrent à imposer une clause limitant le poids mort permis au chiffre bien réduit de 3 tonnes (anglaises de 10x6 kgs) et cela tout simplement parce que, à leurs avis, il se rencontrait, sur bien des routes de campagne, des petits ponts qui ne seraient point en état de supporter de lourdes charges.
- Notre auteur s’est naturellement préoccupé de la question importante des dépenses de fonctionnement. Pour lui, on peut estimer que, tout compris, et en faisant des prévisions très larges pour les différents chapitres de dépenses, les frais ne dépassent pas 16 centimes par tonne-kilomètre.
- L’Act de 1896 est entré en vigueur depuis un temps assez long pour qu’on ait pu en juger les effets. L’expérience acquise est venue montrer que, avec la fixation de ce qu’on peut appeler une taxe limite de 3 tonnes ; il est impossible en pratique de charger plus de 4 tonnes utiles sur un même véhicule. Il est bien vrai que la loi permettait de faire remorquer par l’automobile un autre véhicule, et dans ces conditions telles que le poids mort de la voiture remorqueuse et de la voiture remorquée tout ensemble n’excédait point 4 tonnes.
- * Avec une pareille combinaison, il eût alors été posssble de transporter une charge utile de 6 ton-
- nes. Mais malheureusement on se heurtait aux plus grandes difficultés pour arriver à construire des automobiles à vapeur ne pesant pas plus de 3 tonnes, et pouvant pourtant agir comme remorqueuses dans les conditions que nous venons d’indiquer.
- Après la question du poids, il y a celle de la vitesse. La limite légale de l’allure que peuvent prendre les « poids lourds » en Angleterre est de 5 milles, autrement dit 8 kilomètres. Et il faut bien reconnaître que, du moins en ce qui concerne le transport des marchandises ou des matériaux, il ne semble pas qu’on ait un pressant besoin d’une vitesse supérieure.
- Pour les types plus légers d’automobiles, camions de peu de poids, tapissières, etc., où les bandages pneumatiques sont réellement possibles, il ne semble pas qu’il y ait par contre le moindre inconvénient à perme*tre des vitesses de 34 à 33 kilomètres à l’heure ; mais pour les camions et voitures de transport où les bandages d’acier paraissent nécessaires, l’obtention d’une plus grande vitesse soutenue entraînerait une augment tation considérable des frais. Bien entendu, quand on parle à ce sujet de grande vitesse, il faut se placer au point de vue commercial, d’un service à effectuer régulièrement et pendant longtemps J car il est bien certain qu’un poids lourd qu’on ferait circuler à raison de 16 kilomètres à l’heure ne supporterait pas de longs mois d’un semblable traitement ; alors que, marchant paisiblement à une huitaine de kilomètres, il devrait durer pendant 6 à 7 années. C’est là l’opinion émise par M. Burls, et nous avouons la partager à peu près entièrement.
- Daniel BELLET.
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- LES COURSES
- C’est maintenant chose faite. Le Gouvernement a compris l’étendue des sottises qu’on lui faisait commettre et toutes les courses d’automobile prévues pour l’année courante sont autorisées. Nous aurons la coupe Gordon-Bennett, Paris-Brest, la course de l’Eventail, Draguignan à Aix, etc.
- Nous avons donc eu absolument raison de réclamer énergiquement contre les mesures vexa-toires qu’on avait prises. Nos réclamations ont été entendues et nous sommes victorieux sur toute la ligne.
- Félicitations à nos ministres et souhaitons n’avoir plus que des compliments et des remerci-ments à leur adresser.
- * *
- Dans sa séance du 35 mai la Commission Sportive de l’Automobile-Club a décidé la suppression de la Coupe des Motocycles.
- Elle a nommé chronométreurs officiels MM. Giraud et Horace Huet.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- A la réunion de dimanche, au Parc des Princes, Demester qui entraînait Bouhours avec son moto-cycle, a été projeté, à la suite d’un accident de pneumatique, sur le tricycle de Cabaillot. L’accident aurait pu être grave. Il se réduit heureusement à une coupure au pied.
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- Réussite complète au Parc des Princes, malgré le mauvais temp?, pour la fête de sport gai organisée le jeudi de l’Ascension par notre excellent confrère G. de Lafreté. Des voitures électriques ont amené sur la piste un élégant jury féminin. Dans la partie automobile des épreuves, la seule qui puisse trouver place ici, signalons la course de motocycles où ont figuré Cabaillot, Bertin et Nicolas, une coursa mixte ou un âne, monté magistralement par notre confrère Robert Coquelle, a battu un motocycle, et la course de motocycles mixtes montés chacun par un chauffeur et une dame.
- Inutile de dire qu’on n’a battu aucun record, mais on s’est bien amusé tout de même.
- *
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- Les résultats du Critérium des voiturettes ont été homologués, aucune réclamation n’ayant été portée contre les vainqueurs.
- Ils sont donc ainsi attribués :
- 1.000 francs au ieir, Cottereau.
- 500 francs au 2% Théry,
- 300 francs au 3*, Chabrière.
- 200 francs au 4', Tart. soit 2.000 francs de prix offerts par le Vélo.
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- La course Bordeaux-Périgueux-Bordeaux, annoncée pour les 3 et 4 juin, vient de recevoir l’autorisation ministérielle.
- Il est juste de dire que l’on s’est remué à Bordeaux comme à Périgueux. L’Automobile-Club de Bordeaux, tout comme l'Automobile-C!ub de la Dordogne, n’a pas imité l’Automobile-Club de France.
- Voici la liste des engagements reçus jusqu’à ce jour :
- 1 Léveilley, 8 ch. ; 2 Versein, 12 ch" ; 3 Bar-bereau, 10 ch. ; 4 Barrow, 12 ch. ; 5. Hannapier, 12 ch. ; 6 Duluc, 12 ch. ; 7 Versein-Schaudel, 6 ch. 8 Mauzan, 6 ch. ; 9 N..., 8 ch.; 10 Fourcade, 6 ch.; 11 Hivert, 4 ch. ; 12 Walton, 5 ch.; 13 Bord, voi-turette, 3 ch ; 14 Laroze, 6 ch. ; 15 de St-Genis, tricycle, 1 ch. 3/4 ; 16 Henri Lafitte, 6 ch. ; 17 Gaétan Picon, 7 ch.; 18 Barbereau Bergecn, 9 ch.; 19 Daniel Maurel, 12 ch. ; 20 Lanneluc Sanson; 8 ch. ; 21 Gateuil-Lafitte, 4 ch. 22 Wettervald, 5 ch.; 23 Lacour, 5 ch.; 24 Wettervald, quadricycle, 2 ch. 1/4 de Bostwick, 20 ch.; 26 Levegh, 16 ch.; 27 Legendre, 3 ch ; 28 Brio), 3 ch.; 29 Joyeux, tricycle, 4 ch., 30 Roudier, voiturette, 6 ch. v Le 3 juin première étape, Bordeaux, Mussidan, Périgueux, 116 kilomètres. Congrès et Exposition à Périgueux.
- . Le 4 juin, deuxième étape Périgueux, Ribérac, La Roche-Beaueourt, Angoulême, Barbezieux,
- Montlieu, Saint-André et Bordeaux-4-Pavillons, 202 kilomètres pour toutes les voitures de 8 chevaux et au-dessus.
- Périgueux, Ribérac, Mussidan, Libourne et Bordeaux-4-Pavillons, 144 kilomètres pour toutes les catégories; voitures et motos, au-dessous de 8 chevaux.
- Arrivée commune aux 4 Pavillons à l’intersection des routes de Libourne et de Saint-André.
- En outre, le propriétaire membre d’un Automobile-Club reconnu, du Sud-Ouest, conduisant sa voiture ou la faisaut conduire par un membre de son club (lui étant à bord du véhicule) et qui aura fait le meilleur temps sur la seconde étape seulement, Périgueux-Angoulême-Bordeaux, 202 kilomètres. sera proclamé champion du Sud-Ouest conformément au règlement ékboré à ce sujet. Il reste entendu que le championnat n’est ouvert qu’aux voitures.
- L’autorisation ministérielle comporte l’obligation absolue pour les coureurs, de traverser les agglomérations à 10 kilomètres à l’heure.
- Les principales, Libourne, Saint-Médard, Mon-pont, Mussidan, à l’aller et Ribérac, Angoulême, Barbezieux, Saint-André, au retour, ont été d'ailleurs neutralisées.
- Pour les autres d’une traversée trop courte pour organiser un contrôle de neutralisation, les concurrents devront se conformer à l’allure imposée par l’arrêté d’autorisation.
- La vitesse dans les agglomérations ne pourra, en aucun cas, dépasser celle de 10 kilomètres à l’heure.
- Le lundi 4, se tiendra à Périgueux un congrès automobile, auquel tous les chauffeurs sont convoqués.
- Voici le programme des sorties d’été organisées par le Moto-Club de Lyon :
- y et 4 juin, Genève. — 34 juin, Voiron. — 32 juillet, Lamure-d’Azergues. — 26 août, Grottes de la Balme. — 16 septembre, championnats Lissieu-Mâcon. — 14 octobre, Pont-d’Ain.
- Le programme détaillé des sorties sera affiché au siège du Club 10 jours à l’avance.
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- A Dijon, M. Louis Cottereau a donné un grand banquet pour fêter sa victoire dans le Critérium des Voiturettes.
- En outre des ingénieurs et des ouvriers de son usine, M. Cottereau avait invité beaucoup de notabilités locales, parmi lesquelles M. Liégeard, président de l’Automobile-Club Bourguignon.
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- Pour éviter une coïncidence de date avec les courses de chevaux de Bruxelles et de Spa, la course de côte organisée à Spa par l’Automobile-Club de Belgique, est reculée du 17 au 24 juin.
- Par contre la course du kilométré de Bruxelles, primitivement fixée au 24 juin, est avancée au 17 du même mois.
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- Le Longchamps Fleuri organisé par la société Bruxelles-Attractions reste fixé au lundi njuin.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Une médaille sera décernée aux propriétaires des voitures les mieux fleuries après celles qui auront été primées.
- *
- • *
- Les membres de l’Automobile-Club Suisse ont fait leur première promenade de l’année. Six voitures, celles de MM. Naville, président, Louis Binet, Bruel, Panchaud, Ansermier, Comanos, sont parties à io heures du matin pour La Roche, via Findrol. Le dîner à la Croix Blanche a été plein d’entrain. Malheureusement la pluie a précipité le départ. Retour par Veyrier. Aucun accident, aucun incident, aucune panue.
- Une seconde promenade, un peu plus longue, aura lieu dans le courant de juin.
- * *
- L'Automobile-Club Suisse va essayer de remplacer la course qu’il devait organiser par une sorte de concours qui emprunterait l'itinéraire de Genève à Romanshorn et retour où l’on ne dépasserait pas la vitesse de 30 kilomètres à l’heure.
- Chaque conducteur, désirant effectuer ce parcours, s’inscrira à l’A.C.S. qui désignera un délégué pour suivre la course. Ce dernier devra noter soigneusement les vitesses obtenues en rampes, les accidents survenus, le rendement du moteur au point de vue de la consommation, sur-ve’ller les contrôles établis, etc., en un mot fournir un rapport détaillé de la course. Il sera alors délivré au propriétaire de la voiture un diplôme et un extrait du rapport du délégué. Ce rapport sera signalé dans le journal officiel du Club, et inscrit sur un registre spécial, qui sera déposé dans ses but eaux. Si le résultat est absolument bon, le propriétaire aura, en outre, droit à une médaille de l’A.C.S. Les départs seront espacés à au moins 24 heures de distance, et le délégué de l’A.C.S. devra faire observer strictement au chauffeur les vitesses à tenir soit en rase campagne, soit dans les traversées des villes, villages ou agglomérations.
- * *
- A Vienne, le 24 mai, course de motocycles au Prater sur 50 kilomètres.
- 1. Marcellin en 46 m. 36 s. 4/5, 2. Gasté à six tours, 3. Diétrich à neuf tours, 4. Delisle.
- Marcellin couvre dans l’heure 63 kil. 391 m. (Record autrichien).
- *
- *. *
- Un détail rétrospectif assez amusant de la fameuse course anglaise des 1.000 milles. L’hono-»able C.-S. Rolls, se trouvait marcher à bonne vitesse le long d’une tranquille route champêtre, quand il s’aperçut, entre Otley ei Cuiseley, qu’il se présentait une voie ferrée exactement parallèle à la route pendant une certaine longueur : il vint à y passer un train de la Compagnie North-Eas-tern. L’automobile commença la lutte, et pendant trois ou quatre milles elle se poursuivit. L’automobile fut victorieuse. Il est vraie que la voie faisait un léger détour que ne faisait point la route de terre.
- * *
- Une épreuve de vitesse s’est courue tout récem-
- ment à Welbeck-Abbey, sur un mille mesuré qui offre une rampe assez sensible avec un alignement et deux tournants successifs ; les concurrents avaient à faire deux fois le parcours, en se suivant à une demi-minute d’intervalle. Le meilleur temps a été réalisé par une Panhard de 12 chevaux, en 1 minute 85 secondes 1/5 (pour la moyenne calculée sur les deux parcours) ; nous citerons ensuite un véhicule Napier faisant le même parcours moyen en 2 minutes x seconde 3/5, docilement comme une autre Panhard de 8 chevaux ; c’est ensuite 2 min. 2 sec. 1/5 pour un tricycle Ariel traînant une voiturette, puis 2 min. 17 sec. 1/5 pour une Daimler de 12 chevaux, 2 min. 18 sec. pour une autre voiture identique, a min. 29 s. 2/5 pour un autre tricycle-tandem Century ; etc.
- *
- # #
- La façon dont les journaux qui ne sont pas au courant des choses de l’automobilisme ont écorché les noms des voilures et de leurs constructeurs durant la course des 1.000 milles qui vient de faire évènement en Grande Bretagne, dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Un de nos graves confrères de la presse anglaise, les « Leeds Mercury », qui est fort bien rédigé à d’autres points de vue, a annoncé l’arrivée à Sbeffield du véhicule « Die Don Vatinvette », ce qui a une allure allemande assez réjouissante, et où nos lecteurs reconnaîtront sans doute, quoique avec peine une « voiturette de Dion ».
- *
- * +
- Un détail bien amusant qui montre le calme et la présence d’esprit de Bobby, comme on appelle l’agent de police, le policeman en Angleterre : pendant la course des 1.000 milles, alors que les voitures passaient à grande vitesse, un policeman n’oublia pas d’avertir les concurrents qu’ils n’eussent point à fumer dans la traverse du bourg.
- *
- * *
- Nous avons dit que la course des 1.000 milles anglaise avait été l’occasion d’un congé exceptionnel pour une foule d’écoles primaires : il en a été de même pour certaines usines : en effet, les Forges de Darlington notamment ont accordé à leur personnel une sortie d’une heure pour aller voir passer les concurrents.
- * *
- Il ne faut jamais désespérer d’une automobile, il suffit de savoir la prendre. Dernièrement, pendant une course qui se courait aux Etats-Unis, un concurrent se trouva devant une côte que sa voiture refusait de monter, parce que sa vitesse était trop grande. Que fit notre homme pour obtenir une vitesse moindre et un effort plus considérable? il fit tourner bout pour bout sa voiture, et il lui fit monter la côte avec la marche arrière dont l’allure répondait à la lenteur voulue, et tout finit bien.
- Il y a là une idée très originale à utiliser paf les grands grimpeurs, ceux qui rêvent d’alpinisme automobile, mais ils feront bien de prévoir une béquille spéciale pour les ascensions à reculons.
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- AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Notre correspondant particulier nous informe que le Directeur de la Société générale des transports publics automobiles (trains Scotte), avait écrit, le 20 décembre 1899, au préfet de l’Aube, que les résultats de l’exploitation que cette Société avait entreprise entre Arcis-sur-Aube et Brienne-le-Château étaient tellement inférieurs à ses prévisions qu’elle perdait plus de cent francs par jour et il lui demandatt l’autorisation de cesser le service à dater de février 1900.
- Il offrait en échange de ne réclamer de subventions ni au département ni aux communes et de désintéresser la commune de Pougy de la dépense de 2000 francs qu’elle a faite pour l’achat du terrain sur lequel est édifié le dépôt de la Société.
- Les communes intéressées ont été consultées au sujet de la cessation du service. Il y a eu des divergences dans les opinions manifestées. Le Conseil général de l’Aube appelé à trancher la question a, sur le rapport de M. Thierry-Delanoue député, accepté la cessation du service aux conditions ci-dessus énoncés.
- -------------+-------------
- CHAMBRE SYNDICALE
- DU CYCLE ET DE L’AUTOMOBILE
- La Chambre Syndicalesdu Cycle et de l’Automobile, que préside M. Darracq, a envoyé une délégation auprès de M. Pierre Baudin, pour lui exprimer les doléances du commerce de l’automobile.
- Cette délégation, composée de MM, Darracq, Vauzelle, Lelong, Créanche, Malicet, Andrieu et Leducq, a été reçue par M. Dejean, chef de cabinet du ministre des travaux publics. Elle lui a remis une longue letïre à laquelle était jointe la note suivante qui contient les desiderata de la Chambre.
- La Chambre Syndicale du Cycle et de l’Automobile demande aux pouvoirs publics de réglementer comme suit l’usage sur route des voitures automobiles et des motocycles de tous systèmes :
- 1. En aucun cas la vitesse des automobiles ou motocycles de tous système n’excédera celle de
- 30 kilomètres à l’heure en rase campagne et de 20 kilomètres à l’heure dans les agglomérations, et la conduite de cés appareil restera soumise aux différents articles du titre III du règlement établi à cet effet.
- 2. Les courses d’automobiles et de motocycles sont autorisées sur route, conformément à l’article
- 31 du même réglement sur la circulation des automobiles, section III, titre VII.
- 3. Ne prendront part aux courses que des conducteurs soigneusement sélectionnés : 1° par les maisons prenant part aux courses lorsqu’elles confieront leurs appareils à des professionnels, maisons qui seront responsables des accidents occasionnés par leurs coureurs ; 2° soit par le service des mines qui délivrera des certificats spéciaux aux coureurs amateurs.
- 4. Numérotage spécial apparent de toute voiture susceptible d’excéder en palier la vitesse de 30 kilo-mèti’es à l’heure.
- 5. Répression sévère de tous les conducteurs non diplômés.
- 6. Etude d’un projet de routes dites « Automobiles » réservées à ce seul genre de véhicules, routes parallèles à celles reliant les grands centres urbains.
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- Exposition Universelle de 1900
- Inauguration, le 25 mai, du joli pavillon du Touring-Club construit par le maître architecte Gustave Rives lequel a été, du reste, nommé en cette occasion Chevalier du Mérite agricole. M. Pierre Baudin s’était dérangé pour la circonstance et a été reçu par M. Abel Ballif.
- Le charmant petit édifice construit par l’ami Rives fait regretter encore plus vivement l’absence prolongée du fameux pavillon de l’Automobile-Club.
- ¥ *
- La carte électrique du Touring Club qui figurera à l’Exposition présente déjà neuf itinéraires complets ayant Paris pour centre et comportant un développement de 2 500 kilomètres et rayonnant sur plus de 5 000 kilomètres.
- L’enquête continue et le Touring compte que le travail sera terminé en 1901.
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- TRIBUNAUX
- Il y a eu, le 26 mai, une intéressante séance aü tribunal do simple police de Paris, sous la présidence de M. Martin, un magistrat éclairé qui avait déjà décidé, il y a quelques semaines, qu’il suffisait d’avoir un permis de circuler et qu’il n’était nullement nécessaire d’en être porteur, décision qui finira par faire loi, espérons le.
- Après avoir condamné M. Michel-Lévv, pas l’ingénieur des mines — M. WaltherMuhr et M. Tournier à dix francs d’amende, pour soi disant excès de vitesse, le tribunal s’est occupé de l’ami Arch-deacon qui a énergiquement tenu tète aux agents cyclistes qui l’accusaient d’excès de vitesse. Il a protesté vigoureusement contre les persécutions dont les chauffeurs sont l’objet. II a contesté absolument les affirmations des agents, produit des témoins parmi lesquels Mademoiselle Adrienne R. . et finalement s’est fait acquitter par le jugement suivant :
- « Attendu que les dépositions des différents témoins entendus sont contradictoires ;
- « Que la contravention n’est donc pas suffisamment établie, et que le doute doit profiter à l’accusé î « Par ces motifs :
- « Renvoie Archdeacon des fins de la poursuite en ce qui concerne le second chef (celui d’excès de vitesse) ».
- Bravo Archdeacon 1 Cela prouve que, comme
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- nous l’avons toujours dit il n’est rien de tel que de se défendre. Si nous avions été unanimes à entamer énergiquement la lutte sur le terrain légal, dès le premier jour, les persécutions n’auraient pas duré vingt-quatre heures. On s’est laissé faire et on a eu tort.
- * *
- La sixième chambre du Tribunal de la Seine vient de statuer sur un petit différend survenu entre M. Michel Ephrussi et son chauffeur-mécanicien Martinet.
- Martinet, de service à Melun, s’étant montré quelque peu inexact et étant môme venu un beau jour à Paris sans autorisation, son patron lui avait donné ses huit jours en ne lui offrant que le montant de ses services écoulés, soit une centaine de francs. L’autre se considérant comme un véritable employé et prétendant avoir été renvoyé injustement, réclamait le salaire de tout son mois, soit 250 francs, plus 100 francs à titre d’indemnité ' Lë jugement, favorable à M. Ephrussi, condamne celui-ci à payer seulement la somme de 100 francs, montant de ses offres, d’ailleurs non encore réalisées, et déboute le malheureux mécanicien du surplus de ses prétentions.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Les Américains se proposent d’ouvrir tout de suite après l’Exposition universelle de Paris, une exposition de produits métallurgiques de toute sorte, soit à Saint-Pétersbourg soit à Moscou. De leur côté, les Anglais ont projeté de faire à la même époque, à Moscou, une exposition de machines. Informée de leurs intentions, la société russo-allemande à Berlin, avec l’appui du gouvernement, a envoyé à toutes les Chambres de Commerce de l’empire une circulaire leur demandant d’examiner «’il no convient pas que les Allemands aient, en môme temps que les Anglais et les Américains, leur propre exposition. Cinquante-cinq Chambres de Commerce ont déjà répondu favorablement et le •uccès de l’exposition allemande ne paraît pas douteux. C’est. Moscou qui sera sans doute choisi pour cette manifestation industrielle.
- Les machines et produits métallurgiques qu,ij s’agit d’exposer alimentent en Piussie un commerce d’exportation déjà considérable et qui prend encore une énorme extension. Il se chiffrait, en 1898, par 123.500.000 roubles et dépassait déjà 94 millions de roubles pour les 8 premiers mois de 1890.
- — La marine militaire française, suivant en cela l’exemple donné par plusieurs nations, va mettre en service à titre d’essai deux navires de petit tonnage müs par des turbines à vapeur. L’un sera un torpilleur ordinaire portant le numéro 243 ; l’autre un aviso-vedette — La Libellule — qui sera livré à la commission de réception dans le courant de mai 1900.
- , La Libellule déplacera 40 tonneaux et aura 36 m.40 de long, 3 m. 30 de large au maître couple etO m. 60 de creux. Le bateau assis sur une fausse quille très développé aura 1 m. 60 de tirant d’eau. Une turbine système Rateau tournant à 1.800 tours par minute et puisant sa puissance à une chaudière nouvelle chauffée au pétrole, mettra en mouvement
- Un arbre de couche porteur de trois hélices. On compte obtenir avec ces bateaux une augmentation de 25 à 30 0/0 de la vitesse normale des navires du même type portant une machine à vapeur.
- — La Revue de chimie analytique appliquée résume une importante communication faite par M. Œttel dans la Chemiker Zeitung, au sujet de l’opération toujours si délicate du dosage du phosphore, dans les bronze phosporés. La méthode proposée par l’auteur consiste à faire digérer de 3 à 10 grammes de bronze phosphoreux réduit en copeaux avec de l’acide azotique. L’oxyde d’étain produit est recueilli sur un filtre, lavé et séché, introduit dans un creuset de porcelaine avec trois fois son poids de cyanure de potassium pur, puis chauffé de manière à amener la masse en fusion que l’on maintient pendant quelque minutes. L’oxyde d’étain est réduit à l’état métallique &t la masse saline renferme, à côté du cyanate de potasse et du cyanure de potassium en excès, tout le phosphore à l’état de phosphate de potasse. On fait bouillir avec de l’eau, on filtre. La liqueur filtrée est saturée par l’acide cyanhydrique par l’ébullition (en prenant des précautions pour ne pas respirer les vapeurs). Après refroidissement , on fait passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré pour précipiter un peu de cuivre et d’étain maintenus en dissolution à la faveur du cyanuie de potassium. On se débarrasse ensuite de l’hydrogène sulfuré au moyen de quelques gouttes d’eau de brome, puis on sature par un excès d’ammoniaque et on précipite l’acide pho»phorique par la mixture magnésienne.
- — Pour éviter les dangers d’incendie qui sont à craindre quand on raffine, suivant l’usage courant, le pétrole dans les chaudières de grande capacité chauffées par un foyer à houille ou à coke, on imagine maintenant un tout autre procédé. On projette l’hydrocarbure contre les parois d’un cylindre en tôle chauffé par les flammes d’un four, à mesure qu’il vient en contact avec cette tôle chaude, il se vaporise. Les vapeurs sont recueillies dans des condenseurs où elles se liquéfient, et des tuyaux amènent finalement le liquide raffiné dans des réservoirs spéciaux. Le pulvérisateur est, du reste, formé d’un arbre creux qui tourne dans le cylindre même de vaporisation, et où une pompe refoule le pétrole brut. Les matières solides qui ont tendance à former croûte dure sur les parois de tôle sont détachées par des raclettes hélicoïdales qui sont entraînées par le mouvement de rotation dé ce même arbre.
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- SOCIÉTÉS
- M. Imbert, administrateur judiciaire au Tribunal civil de la Seine, demeurant à Paris 17 R. Bonaparte, administrateur de la succession do M. E. Roger, en son vivant ingénieur, demeurant à Paris 52 R. des Dames, informe MM. les souscripteurs des actions de la Société anonyme française des Fiacres automobiles qu’il va procéder à une répartition entre les créanciers de la succession Roger.
- Il prie les souscripteurs qui n’auraient pas reçu de bordereaux de production de vouloir bien lui faire parvenir leurs déclarations.
- Directeur-gérant: VUILLEMOT.
- Imprimerie spéciale de La Locomotion Automobile G. DESMARES, 151, avenue du Roule, Neuilly-s/-S'eine.
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- Septième Année. — N° 23.
- 7 Juin 1900X
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE f“™4
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS LE NUMÉRO ADMINISTRATION ET RÉDACTION
- France, Un An, 15 IV.; Étranger, 20 i'r. 50 Centimes. Rue Chauveau-Lagardf, 4 — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 23.
- La dislocation, Gaston Sencier. — Le budget de l’A. C. F. - Les tenants de la Coupe. — Un nouvel impôt. — Echos et' nouvelles. — La voiture Tourand. — Les courses. — Tribunaux. — Les automobiles sur routes. — Exposition universelle de 1900. — Courrier industriel.
- LA DISLOCATION
- C’en est fait. Un groupe nombreux de chauffeurs et de constructeurs s’est séparé de FAutomobile-Club de France pour créer le Moto-Club. Un autre groupe de mécontents, faisant bande à part, songe à former Une troisième association. Notre sport et notre industrie vivaient unis, jusqu’à présent, sons une autorité unique. Nous allons maintenant y voir des puissances rivales entrer en lutte et chercher à s’entre-détruire sans se préoccuper des ruines qui pourront en résulter. Il va falloir se brouiller avec ses meilleurs amis parce qu’on n’épousera pas leurs querelles et leurs adversaires vous en voudront autant qu’eux. C’est le recommencement de ce qui s’est passé pour la vélocipédie, il y quelques années. Je trouve cela profondément triste et je regrette que l’aveuglement des uns et "l’impatience des autres aient à ce point précipité les événements que la brouille survenue semble maintenant irréparable.
- J’ai déjà dit bien des fois ici môme que, tout en rendant pleine et entière justice aux hommes qui ont créé F Automobile-Club, je ne pouvais approuver l’inertie apparente ou réelle qui semblait prévaloir depuis quelque temps dans notre association. J’ai dit combien je trouvais malheureux que l’on n’ait pas su, des I(‘"début des
- persécutions dirigées contre les chauffeurs , protester vigoureusement auprès des pouvoirs publics et prendre énergiquement en main, — comme l’ont fait en pareil cas, à l’étranger, des associations similaires à la nôtre, — la cause des persécutés. J’ai dit enfin que j’étais surpris de la façon singulière dont étaient réparties les dépenses de F Automobile-Club et qu’il semblait anormal de prévoir à son budget 53.000 francs pour la cuisine et 5000 francs seulement pour les courses et les concours destinés à développer notre industrie. Il ne résulte pas de ces critiques (pie je désire le moins du monde F anéantissement du Cercle de la place de la Concorde et je crois qu’on aurait pu remédier au mal sans détruire ou du moins sans compromettre une œuvre qui a rendu de très grands services à notre cause et pouvait en rendre encore.
- Il eût suffi pour cela de patienter un peu et d’attendre la fin de l’année. A ce moment nous aurons à réélire un tiers du Comité, et ces élections d’un tiers de nos dirigeants recommenceront tous les ans. Qui empêchait les mécontents, puisqu'ils étaient aussi nombreux que l’assemblée générale nous Fa montré, de préparer tranquillement ces élections. Ils avaient devant eux tout le temps nécessaire. Ils eussent pu, avec un peu d’habileté, faire entrer peu à peu dans le Comité des éléments nouveaux. On eût, dans tous les cas, pu apprécier à ce moment les programmes culinaires et sportifs en présence et juger du nombre de voix que réunissait chacun d eux. La majorité prononçait et la minorité n’avait qu’à s’incliner jusqu’aux élections suivantes. C’était la vraie marche à suivre parce que c’était la logique et le bon sens. Il est donc tout naturel que personne n’v ait songé.
- Mais, à quoi sort de philosopher et de récriminer? Nous n’avons qu’a subir une situation que nous n'avons pas laite.
- Il ne semble pas qu'une réconciliation
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- soit actuellement possible entre ces frères ennemis. Espérons qu’elle le deviendra et ce qui s’est passé pour le yachting se renouvellera pour le sport automobile. Là aussi, on a débuté par une association unique. Là aussi, on s’est chamaillé et l’on s’est séparé. Finalement, un beau matin, on s’est aperçu des deux côtés que l’on ne faisait que de la mauvaise besogne et l’on s’en est repenti. La situation n’est pas neuve. Ce sont les surprises du divorce. Et il y a des cas où l’on a bien du plaisir, de part et d’autre, après s’être beaucoup aimé, puis après s’être beaucoup haï, à recommencer à s’aimer encore.
- Gaston Sencier.'
- -----------♦--------------
- LE BUDGET DE L A. C. F.
- Voici le budget de dépenses pour 1900 de l’Automobile-Club et de la Société d’En-couragement, tel qu’il a été soumis à l’Assemblée générale du 29 mai :
- fr.
- Loyer........................... 65.000
- Loyer de la villa................13.000
- Intérêts des emprunts au Foncier. 35.000
- Taxe au Trésor.................. 20.900
- Impôts et assurances...............5.000
- Frais divers de la villa.........15.000
- Secrétariat. ........ 27.900
- Fournitures de bureau..............5.000
- Timbres et correspondances. . . 1.000
- Journaux...........................1.500
- Bibliothèques. . ... . . . 3.000
- Chauffage et éclairage...........31.400
- Diplômes et médailles. .... 5.000
- Téléphones.........................1.500
- Fêtes et soirées. ...............12.000
- Déplacements. ....... 500
- Concours et courses................5,000
- Personnel. . ........ 29.600
- Livrée...........................10.000
- Ménage.............................4.000
- Frais divers. ........ 16.500
- Mobilier.................... . 22.600
- Cuisine, blanchissage, matériel. . 53.000 Exposition de Vincennes. . . . 7.000
- Subvention au Touring-Club pour
- routes. .......................6.000
- Total. . . 402.400
- Les chiffres ont leur éloquence.
- LES TENANTS DE LA COUPE
- Lorsque T Automobile-Club de France désigna les champions destinés à défendre les couleurs françaises dans la Coupe Gordon-Bennett il y eut de vives réclamations. Personne ne discutait la valeur individuelle de pesrsonnalités choisies, lesquelles étaient sympathiques à tous, mais on fit remarquer avec juste raison qu’il n’y avait qu’une seule façon vraiment équitable de procéder en pareille matière, c’était de recourir à une épreuve éliminatoire, à une course préliminaire largement ouverte.
- L’Automobile-Club ne voulut rien en-' tendre, en quoi il eut tort.
- Aujourd’hui voici que, dans Bordeaux-Périgueux-Bordeaux, une des voitures devant courir la Coupe vient d’être battue facilement, deux jours de suite et sur des terrains différents, la première fois sur une route-piste et la seconde sur des côtes et du pavé, par une voiture non désignée pour prendre part à la course de la Coupe.
- Il y a là uue anomalie qui choque absolument. Il est bien évident que la voiture qui vient de réaliser une vitesse moyenne de 82 km 500 le premier jour et de 57 km 600 le second a toute qualité pour participer à la coupe. Si l’on ajoute que son conducteur a été premier à la Turbic, premier dans la course du mille, premier à l’Es-térel, on voit qu’il est impossible de l’éliminer sans injustice flagrante.
- Il n’y a donc qu’une solution : faire ce qu’on aurait du faire dès le début, instituer une épreuve éliminatoire préliminaire à la Coupe. On a encore le temps, en se pressant un peu.
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- UN NOUVEL IMPOT
- Les voitures automobiles payaient déjà par elles-mêmes un impôt très lourd, sans compter l’impôt excessif dont l’essence qu’elles consomment est frappé.
- On trouve que ce n’est pas assez pour tuer notre industrie et le projet de budget que le ministre des finances vient de déposer contient un nouvel impôt sur les chauffeurs. Ils devront payer tant par cheval-vapeur.
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- ECHOS
- Le Moto-Club de France, dont nous annoncions la naissance dans notre dernier numéro, est maintenant définitivement constitué. Une première assemblée s’est réunie le 30 mai dernier, dans les bureaux du Vélo. Elle a décidé que le comité directeur se composerait de vingt-cinq membres et qu’il serait renouvcnable par cinquième chaque année. Quinze membres du comité ont été élus. Les dix autres seront nommés par une assemblée dont la date est fixée au 27 juin.
- Le comité s’est réuni mercredi dernier pour procéder à son premier scrutin de ballottage.
- Les personnes désirant adhérer au Moto-Club, —• 50 francs de cotisation annuelle pour Paris et le département de Seiue-et-Oise, et 20 francs pour la province, — sont priées de s’adresser à notre confrère Pierre Giffard, rédacteur en chef du Vélo.
- * *
- Scrutin ae ballotage, le G juin, à l’Automobile-Club, six candidats.
- * *
- M. Edouard Trouette, un chauffeur pratiquant qui ne compte que des amis à F Automobile-Club et au Moto-Club, vient d’avoir la douleur de perdre sa femme.
- Nous nous associons au deuil qui l’atteint.
- * *
- Le 4 juin est arrivé à Iiombourg le baron Arthur de Rothschild, venu de Paris en automobile par Strasbourg, Stuttgart, Heidelberg et Francfort en 16 heures.
- Le trajet de Francfort à Hombourg s’est effectué en 18 minutes, soit 7 minutes de moins que l’express faisant le service entre ces deux villes.
- * *
- Noô Boyer, le directeur de la marque Phébus, vient de résilier son contrat avec cette maison et de s’associer avec M. Dupont, constructeur au Plessis-Trévise, pour fonder une nouvelle marque de cycles et d’automobiles : la marque Imperator.
- M. Viennet, ancien secrétaire de M. Clément, prend, dès à présent, la direction de la marque Phébus.
- * *
- Le prince d’Oldenbourg, oncle du tsar et chauffeur émérite bien connu à Paris, vient de faire, en automobile, le voyage de Novorossik à_ Louklioum, soit 500 kilomètres, dans le Caucase.
- Le prince était accompagné du ministre des travaux publics de Russie.
- Le voyage n’a pas manqué de pittoresque. Une partie des routes étaient inachevées et il a fallu passer certains fleuves à gué ou sur des radeaux.
- * -¥•
- Nous avons eu à signaler ici même la préoccupation des Anglais et des Américains d’habi-
- tuer leurs chevaux à la vue et au bruit des automobiles.
- On commence à en faire autant eu France et à Clermont-sur-Oise le lieutenant de gendarmerie fait évoluer un tri à pétrole dans la cour de la caserne pour familiariser les montures de ses braves gendarmes avec la locomotion méca-’ nique. ! '
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- * *
- Un journal, parlant d’une jeune milliardaire’ américaine, fervente chauffeuse, lui consacre un article des plus élogieux où on lit textuellement : — « ... Elle sait par cœur tous les ouvrages sur l’automobile, ceux de Baudry de Saunier notamment... »
- Elle a bon goût, la petite milliardaire. Espérons que cela finira par un mariage.
- *
- * *
- Un jeune Berlinois, M. Arthur Reuter, employé dans une grande maison de nouveautés de la capitale allemande, est arrivé lundi matin, lendemain de la Pentecôte, à Paris, en automobile, après avoir quitté Berlin le dimanche 27 mai, à cinq heures du soir. Son itinéraire passait par Magdebourg, Brunswick, Hanovre, Cologne, Aix-la-Chapelle, Liège, Namur, Givet, Reims. Ce voyage de 1.145 kilomètres a été interrompu par deux jours de repos à Aix-la-Chapelle et à Liège. De Liège à Paris, le trajet a été fait en vingt et une heures.
- * *
- Le journal le Torero, de Nîmes, lance un défi au nom d’un « cavalier en place » bicycliste, qui offre 200 francs à tout amateur pouvant exécuter le même travail que lui.
- A quand les courses de taureaux automobiles, avec les nobles bêtes classiques remplacées par des motocyclettes et des tris à pétrole?
- Franz Reicliel devrait bien s’en servir pour corser le programme de sa prochaine corrida de toros de Paris-Enghien.
- * *
- Notre confrère le Sportif algérien écrit bravement, dans sa rubrique automobile : « M. René de Knyff, l’un des « chauffards » les plus renommés, vient de vendre... »
- C’est égal, chauffard est un peu dur.
- •k
- * *
- A la première réunion des courses de chevaux de Mamers, présidée par M. Caillaux, ministre des finances, la Société locale des courses a bien voulu autoriser, sur la demande du délégué du Touring-club, l’entrée gratuite des voitures automobiles sur le champs de courses.
- Les chauffeurs de la région : MM. Léon Bollée, Jamin, Pellier, Toublanc, etc., ont profité de cette gracieuseté, et l’on a vu les propriétaires de chevaux et les propriétaires d’automobiles fraterniser joyeusement.
- Bravo pour la Société des courses de Mamers et pour M. Caillaux son président. Cela fait, dans
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- le cabinet actuel, un ministre de plus qui s’intéresse à l’automobile.
- Le philosophe RogerBacon et l’automobilisme ! Nos lecteurs ne se doutaient sans doute pas que ce savant du quatorzième siècle avait parlé de la reine du dix-neuvième : rien pourtant n’est plus réel. Voici en effet comment il s’exprimait : « Un jour nous serons capables de construire des machines qui assureront aux navires un plus rapide déplacement que s’ils portaient toute une armée de rameurs... de mettre en mouvement des voitures avec une vélocité incroyable sans l’assistance d’aucun animal... »
- V *
- M. Jaune de Lamarre, qui était parti de Ska-guay avec une automobile pour atteindre Dawson, a dû retourner le '4 mai sur le steamer Amur, après avoir à peu près complètement achevé. Il était parvenu à Atlin assez bien, mais il a rencontré les plus grandes difficultés pour descendre le Yukou; les glaces du fleuve commençaient à se rompre pour la débâcle. Il a constaté d’ailleurs que son automobile ne répondait point à ce qu’il voulait lui demander. Elle manquait de puissance, le coffre était trop bas et touchait parfois le sol. Il a l’intention de s’en faire construire une spécialement étudiée pour un semblable voyage. M. Jaune de Lamarre est de retour à Paris.
- * *
- Le directeur d’un cirque de province vient d’avoir une idée admirable : il envoie, un jour à l’avance, dans les villes où il doit passer, un agent qui fait annoncer que ceux qui veulent faire gratuitement une promenade en automobile n’ont qu’à se présenter à tel endroit, tel jour. Et il en profite pour faire, préalablement à la promenade dans l’automobile qu’il amène, un boniment bien senti au profit de son cirque.
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- On sait que les autorités belges, ne voulant rien avoir à envier aux autorités françaises, avaient commencé à persécuter les chauffeurs. Le résultat de ces vexations ayant été aussi déplorable eu Belgique qu’en Erance, on a compris, chez nos voisins, qu’on faisait fausse route, et l’on a mis une sourdine au zèle des agents.
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- Notre excellent confrère VAutomobile belge donne un chiffre qui donne une haute idée du zèle des agents belges. Il a constaté, place de Broukère, à Bruxelles, en vingt minutes, treize contraventions à la police du roulage commises par... des voitures à chevaux, sous les yeux complaisants de quatre agents dont il a pris les numéros et qui ne sont pas intervenus.
- Ces bons agents, comme leurs confrères de Paris, ne verbalisent, parait-il, que contre les chauffeurs.
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- Tout dernièrement a eu lieu, à Florence, l’inauguration de l’hôtel de T Automobile-Club de cette ville, ou plutôt d’Italie, car il se nomme officiellement « club Automobilisti d’Italia ». Le comte de Turin y était présent, et la cérémonie réunissait toute l’élite des automobilistes. Il faut dire, du reste, que le comte de Turin est le président honoraire du club; le président effectif est le prince Piero Strossi, et le vice-président le marquis L. Ginori-Lisa. Pendant la réunion, il a été beaucoup question de la prochaine course de Bologne.
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- Ce qui prouve que les automobiles font des progrès en Espagne, c’est que le Conseil municipal de Barcelone vient de faire dresser un projet de règlement sur la circulation de ces voitures. Il est notamment entendu que les automobiles doivent circuler sans remorquer, que toutes précautions seront prises contre les dangers d’incendies, les émissions d’odeurs ; notons l’obligation des bandages en caoutchouc ou pneumatiques, des deux lanternes colorées, du numéro; vitesse de 8 à 12 kilomètres, examen et permis de circuler, avis des changements de garages et ventes, etc.
- Une bien bonne histoire qui pourrait s'intituler « le passeur et l’automobile ». Le rédacteur eu chef d’un grand journal quotidien de Vienne voulait traverser le Danube à Melk, sur un bac, avec une auto de 6 chevaux; mais le passeur ne savait combien lui faire payer, le tarif ne prévoyant pas encore les véhicules de cette sorte. Finalement, ne sachant que faire, il lui demanda seulement 5 sous « pour une voiture à bras, chargée et poussée à bras ».
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- La Compagnie d’automobiles d’Innsbruck a l’intention, à ce qu’on nous affirme, de mettre en circulation cet été des omnibus mécaniques sur les routes les plus fréquentées des Alpes. Ce seraient des véhicules à quatorze personnes aussi confortables que les voitures postales bien connues ; on commencerait par les faire circuler sur la route d’Innsbruck à Partenkirchen, dans l’Oberammergau.
- Stockholm possède sa première chauffeuse : c’est, d’ailleurs, une Américaine, originaire de Chicago, Mmc Edward D. Winslow, femme du consul général des Etats-Unis. Sa voiture est une électromobile de fabrication américaine; Mme Winslow est en train de faire du prosélytisme dans la haute société, et notamment parmi les dames de Stockholm. Cette capitale ne possède du reste, pour l’instant, que trois ou quatre automobiles.
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- La police anglaise, dans les comtés de Norfolk et de Cambridge, a sans doute l’ordre de sur-
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- voilier de très près les chauffeurs. Sur beaucoup de points des routes, les policemen marquent des distances à l’avance, et ils se tiennent à l’affût, des automobiles. Us ont à leur disposition une montre à chronographe et chronomètrent le temps mis par la voiture pour parcourir la distance connue. Us dressent des procès-verbaux en cas de vitesse exagérée.
- A l’occasion de la délivrance de Mafeking, une procession patriotique a été organisée à Windsor, sous les fenêtres de la reine, et à la tète du cortège des manifestants, des porteurs de torches, etc., était une automobile Daimler, où avait pris place le maire de la ville, qui pénétra ainsi dans la cour du château. La procession était du reste fermée par une autre automobile.
- La Compagnie « Star Motor Car Co » de Wol-verhampton suit maintenant une pratique qui nous semble excellente pour un constructeur consciencieux : c’est d’envoyer par voie de terre et par leurs propres moyens tous les véhicules qu’elle livre à sa clientèle. De la sorte la voiture fait, ses preuves, et le client peut même y prendre place pour retourner chez lui et commencer de faire son apprentissage.
- L’Autocar vient de recevoir d’un correspondant de Melbourne une intéressante lettre qui donne des détails sur la situation de l’automobilisme en Australie. U indique notamment les motocycles ou automobiles qui existent déjà dans la colonie, et dans cette liste, qui est déjà relativement fournie, nous trouvons nombre démarqués françaises : de Dion, Peugeot, etc.
- L’Kleclriccil Review demande qu'on se hâte de trouver quelque chose de mieux comme dessin général et aspect des automobiles, quelque chose qui ne rappelle pas le cheval absent. U voudrait une porte donnant l’entrée par dou ant, une caisse bien plus basse et des marchepieds aussi commodes que possible ; enfin, de larges ouvertures vitrées en avant. (Cette dernière transformation commence à se réaliser.)
- M. George Isham Scott, membre de l’Automobile Club des Etats-Unis, vient de faire un voyage intéressant de plus de 950 kilomètres de long pendant le mois d’avril. U a pu étudier de la sorte uu ensemble considérable de routes. De New-York à Philadelphie, il les a trouvées mi excellent état et la voiture marchait au mieux ; de là au Havre-de-Grâce sur la Susque-hannah; les chemins étaient mauvais et fort difficiles, ce qui n’empècha point que tout s’est passé au mieux. Au bout de trois jours, il était à Washington où il resta trois jours, en profilant de cet arrêt pour faire réparer la garniture
- de la tête du cylindre et de l’enveloppe de vapeur. De Washington à Baltimore et au Havre-de-Grâce, c’étaient des fleuves de boue que les chemins, les roues y enfonçaient parfois jusqu’au moyeu. Le retour à Philadelphie, et en lin à New-York s’est accompli au mieux, sauf une petite avarie à des rayons de roues au tournant d’un trottoir.
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- Un des grands boulangers d’Australie, M. A. Shadler, qui est universellement connu dans la nouvelle Galles du Sud, a l’intention de ne plus distribuer à l’avenir le pain à ses clients qu’au moyen de véhicules électriques. Il est en train de demander les autorisations nécessaires aux conseils compétents de Sydney et il semble qu’il est bien accueilli partout. U n’a pas manqué de faire remarquer que ces véhicules nouveaux useront moins les rues et auront aussi une excellente influence au point de vue sanitaire. II faut dire que cette boulangerie . ne fait pas circuler moins de 50 voitures à chevaux.
- Les automobiles font des progrès à Porto-Rico la nouvelle possession américaine, qui a la chance, de posséder de bonnes routes, chose si rare aux Etats-Unis mêmes : l’administrateur de 1 a Compagnie qui a créé des services d’automobiles à Porto-Rico' vient de faire une importante, commande de voitures à pétrole.
- Les propriétaires d’automobiles de Columbus, dans l’Etat d’Ohio, viennent de former une association afin de protéger leurs intérêts, à propos de la réglementation qu’on veut leur imposer au sujet de la vitesse. Il faut dire que plusieurs des fonctionnaires de la ville voudraient que cette vitesse fût, limitée à 9,5 kilomètres comme pour les voitures à chevaux, tandis que les chauffeurs en tiennent pour 30 kilomètres environ, étant donnée la facilité avec laquelle obéit une automobile.
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- Alors (jue les automobilistes ont si peu de facilités pour circuler en France sur les chemins de halage, on se prépare aux Etats-Unis (du moins les Associations intéressées de Chicago y donnent leurs efforts) à créer une voie sportive le long du nouveau et immense canal de drainage que l’on vient de creuser pour évacuer, sur le bassin du Mississipi, les eaux d’égouts de Chicago.
- La ville de Pittsburg vient de commander une pompe à incendie automobile aux ateliers dits « Manchester Locomotive work » (dans 1 Etat de New Haven), et cela pour la somme assez ronde de 47,000 francs.
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- voiture mnm
- Le moteur est basé sur un principe breveté par M. F. Crozet. Voici en quoi consiste ce principe :
- Si l’on étudie les réactions produites par les organes d'un moteur à cylindre, dont la base du piston est équilibrée, on voit qu’elles se résument à un couple de forces, couple essentiellement variable, et agissant en sens inverse de la rotation du volant. Supposons que nous placions sur la voilure un moteur pareil au premier,
- ayant son axe parallèle, mais tournant en sens inverse. Si son mouvement est identique au premier, il engendrera pour ses réactions un couple égal et de sens inverse ; ces deux couples s’annuleront mathématiquement, puisqu’ils sont, quoique variables, inverses et égaux à chaque instant de leur variation.
- Il en résulte que le moteur ainsi constitué, sera équilibré d'une façon rigoureuse.
- La réalisation pratique de ce principe se fait de la façon suivante ; (fig. 2) : deux cylindres parallèles A, A' ont chacun une chambre d’explosion commune. Les pis-
- Fif/. -/. — La voiture Tourand.
- tons agissent par des bielles sur des arbres B, B' reliés par des engrenages CG' qui assurent leur solidarité. Des contrepoids DD' assurent l’équilibre de la masse des pistons.
- Le moteur donne 7 dix 1/2 au frein. Il se présente sous l’aspect de la figure 3. Il est à quatre temps.
- Sur le devant de la culasse se trouve la chambre des soupapes H, échappement en bas appliquée sur son siège par le ressort,!; aspiration en liant surmontée de sa chapelle de prise de gaz K. En L se trouve la bougie d’allumage.
- Une boîte fait saillie sur le devant du moteur et contient la distribution. Sur l’arbre B se trouve claveté un petit pignon de commande, actionnant le pignon distributeur, de diamètre double, qui est soli-
- daire de .a came de distribution de l’échappement. Cette came soulève à chaque passage une lige à galet, guidée par le canon M, qui se présente dans le prolongement de la soupape d’écliappcmeut, et peut la soulever.
- L’arbre B traverse la boîte de distribution, et fait saillie au dehors. Une goupille N sert à accoupler le moteur avec la mise en marche. Sur barrière du moteur, les arbres sortent aussi du carter, et portent les deux volants, dont l’un sert pour l’embrayage.
- Un robinet communique avec la chambre d’explosion, et permet de diminuer la compression au moment de la mise en marche du moteur.
- Le carburateur (fig. 3) est à pulvérisation. L’essence arrive par le pointeau À
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- dans la chambre B. Une tige mobile G, nique et ferme le canal E. A chaque aspi-portant un champignon 1) strié, est co- ration du moteur, l’air légèrement échauffe
- Fig, 2. — Coupe du moteur Tourand.
- Fig. 3. — Vue extérieure du moteur Tourand.
- Fig. 4. —Le moteur Tourand. Vue du régulateur.
- aux parois des cylindres, arrive par la conique H, soulève le champignon I), ce tubulure G et passant dans la chambre qui donne passage à l’essence, celle-ci
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- aspirée par la dépression de l’ajutage jaillit avec force contre les parois du champignon et se Brasse avec l’air entrant.
- Une vis à papillon permet de régler la levée du pointeau et le débit de l’essence, l’orifice de passage étant d’autant plus grand que ce pointeau est plus soulevé. Une prise d’air supplémentaire sur la chapelle du moteur permet de parfaire la carburation, et est réglée par une tringle aboutissant devant le conducteur.
- L’allumage du moteur est électrique.
- Sur le grand pignon de distribution, se trouve une touche en acier. Sur l’axe de ce pignon oscille une palette isolante en libre qui porte un petit piston en acier dont
- Fif/. 5. — Le carburateur Tourand.
- le réglage est tel, qu’à chaque passage de la touche il est soulevé et donne un contact.
- Le piston est relié par un fil électrique à l’une des bornes de la bobine d’allumage, et la touche est en relation métallique avec le fil de masse.
- Une tringle fixée à la palette de fibre permet de lui donner deux positions : Lune, normale donnant une certaine avancé à rallumage fixe, puisque le moteur possède un régulateur et a par suite un nombre de tours constant, l’autre supprime cette avance pour le moment de la mise en train. La régulation est représentée figure 4.
- . Entre le moteur et le volant d’embrayage, un plateau porte les boules du régulateur, toujours ramenées vers le centre par deux ressorts.
- Ces boules, en s’écartant sous l’action
- de la force centrifuge, poussent un manchon qui, par l’intermédiaire d’une fourchette, déplace un renvoi de mouvement.
- Le deuxième levier de ce mouvement de sonnette tire par l’intermédiaire d’un ressort amortisseur une pièce dénommée taquet de régulation. Ce taquet s’interpose entre la tige de la soupape d’échappement et la tige de distribution que nous avons décrite précédemment.
- En raison des gradins dont ce taquet est pourvu, suivant qu’il est dans une position ou l'autre de sa course, la soupape d’échappement est soulevée parla came, soit complètement, soit partiellement, soit pas du tout. Dans ce cas extrême, le moteur n’ayant pas d’impulsion motrice (puisque le défaut d’évacuation des gaz brfdés a
- Fi;/. 0. — L’embrat/at/e à friction de la voiture Tourand.
- empêché une aspiration des gaz neufs de se produire), ralentit son allure, les boules se ferment et ramènent en prise un cran du taquet qui permettra l’évacuation des gaz brûlés, et par suite une action motrice.
- Comme on le voit, les différents crans du taquet amènent une levée variable de la soupape d’échappement, ce qui donne à notre régulateur une action progressive qui ménage le moteur bien plus que lorsque le régulateur agit par tout ou rien. De plus, un accélérateur manœuvré par une pédale permet de faire varier la vitesse du moteur de 300 à 900 tours.
- Le refroidissement se fait par une circulation d’eau (fig. 8) de la façon suivante :
- L’eau contenue dans le réservoir A est en charge sur la pompe centrifuge H qui la chasse dans le radiateur I placé à l’avant de la voiture dans les meilleures conditions de refroidissement, et la fait circuler avec rapidité dans la double enveloppe du mo-
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- leur. A la sortie de celui-ci, elle est reçue dans un entonnoir J dont la partie supérieure, toujours visible, permet de vérifier le débit de la pompe.
- l)e là, l’eau retourne par son propre poids dans le réservoir. La pompe est mue par une courroie passant sur le plateau-poulie h qui porte les boules du régulateur.
- En raison de la rapidité de sa circulation, cette eau n’arrive jamais à l’ébullition, et la consommation en est insignifiante.
- Mise en marche. — La manivelle de mise on marche est à demeure sur le châssis, elle est portée par un palier spécial, et un ressort la maintient automatiquement débrayée. L’extrémité de l’arbre de la manivelle forme emboîtement à baïonnette qui s’cuclanche dans la goupille placée sur l’arbre du moteur. Lorsque le moteur tourne- de son propre mouvement, la goupille glissant sur la rampe héliçoïdale de la baïonnette, pousse la manivelle en avant, et celle-ci poussée à fond par le ressort ne peut s’enclancher seule.
- Le lien élastique, entre le moteur et l’appareil de changement de vitesse, est constitué par uu embrayage à friction (lig. (*>'). Sur un des volants, est venue de fonte une couronne circulaire A lisse à l’intérieur.
- Dans celte cuvette est maintenu un ressort d’acier B, garni de cuir, dont l’une des extrémités est lixée à une poulie G, clavetée sur l’arbre I) qui commande la boîte à engrenages. L’autre extrémité est mobile et commandée par un levier d’équerre HL garni d’un galet.
- Le ressort est normalement bandé dans la cuvette A, et son adhérence donne l’entraînement de l’arbre D. Quand, à l’aide d’une pédale manœuvrée par le pied gauche, on pousse en avant le manchon E, une clavette G, taillée en biseau glisse sous le galet, du levier H, et soulève celui-ci; il en résulte que son extrémité ferme le ressort, et la pression n’étant pins aussi forte l’adhérence diminue, et l’embrayage ne se fait plus. En appuyant lentement sur la pédale, on diminue l’adhérence avec la même lenteur, et cela donne la progressivité de l’embrayage, nécessaire pour avoir un démarrage très doux.
- Les changements de vitesses se font par engrenages donnant A vitesses et marche arrière (fig. 7). La commande arrive par le pignon conique B. Celui-ci engrène avec deux autres pignons coniques C G', fous sur un arbre intermédiaire I). Un manchon E coulisse sur une partie carrée de
- l’arbre, et par deux tocs (e) qui viennent appuyer sur des parties correspondantes des cônes C, provoque l’entraînement de l’un ou de l’autre, eu marche avant ou marche arrière.
- Sur l’arbre I), sont clavetés quatre pignons de diamètres différents, auxquels correspondent quatre autres roues dentées toujours en prise, qui sont folles sur l’arbre G différentiel.
- Sur des carrés de cet arbre, coulissent deux autres manchons à toc H, semblables au précédent qui, suivant qu’ils sont poussés à droite ou à gauche, donnent entraînement à l’une des roues dentées de vitesses. Dans leur position de repos, les manchons à toc sont entre les engrenages et n’enclanchent ni à droite, ni à gauche.
- La manœuvre de ces manchons se fait
- a 0 Icd jNla)
- M o
- Fig. 7. — Les changements de vitesse de la voilure Tourand.
- par des fourchettes L, commandées par des leviers à galet M, ces galets sont engagés dans des rampes sinusoïdales, fixées sur un tambour 0.
- Ces rampes ont un profil tel qu'à chaque position un seul pignon peut s’enclancher, et qu’en marche arrière la petite vitesse seule peut être mise en prise.
- Sur l’axe du tambour, un pignon reçoit la commande du levier des changements de vitesses.
- Un carter A enferme tout le mécanisme.
- En K se trouve le différentiel.
- La direction est à volant incliné. Elle est représentée en K sur la fig. 8. Le tube de direction est terminé par une vis à double filet engrenant avec un secteur denté, dont l’axe porte un levier et une bielle de liaison avec l’essieu directeur.
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- L’inclinaison des filets de la vis a été choisie de telle sorte qu’elle soit à la limite de la réversibilité, ce qui évite pratiquement la répercussion des chocs de la route et fatigue beaucoup moins les organes de
- direction qu’un mécanisme absolument irréversible.
- Le volant de manœuvre fait environ un tour et demi pour les deux positions extrêmes de braquage des roues.
- Fig. 8. — La voiture Tourand. Vue en plan du châssis.
- Fig. 9. — La v&iture Tourand. Vue de profil.
- Freins. — Ces voitures possèdent deux freins très puissants. *
- L’un, à pédale, manœuvré par le pied droit, agit sur des bandes d’acier garnies de cuir, qui font serrage sur deux roues arrière. La pédale, avant de produire le
- serrage, débraye automatiquement le moteur.
- Le deuxième frein agit directement sur les jantes, il est actionné par un levier à portée de la main droite.
- Enfin un rochet se trouve calé surkl’arbre
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- différentiel et un cliquet que l’on manœuvre par une chaînette empêche la marche en arrière de la voiture et prévient son recul dans les côtes.
- Les châssis ont lm,25 de voie et lm;G0 d’empattement, le dessus du châssis se trouvant àOm,G5 du sol.
- Les caisses à essence et à eau sont d’une capacité permettant de faire 100 km sans renouvellement.
- Le poids total de ces voitures, en ordre de marche, varie de 700 à 750 kilos, suivant les types.
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- COURSES
- Bordeaux-Périgueux-Bordeaux.
- 3 ET 4 JUIN
- Admirablement organisée par l’Automobile-Club bordelais, qui prend décidément une place prépondérante parmi nos associations sportives, et favorisée par le temps, la course Bordeaux-Férigueux-Bordeaux a remporté un très grand succès.
- La première journée comprenait les 116 kilomètres de Bordeaux-Mussidan-Périgueux. Les partants ont été nombreux. En voici la liste :
- Voilures. — Versein, Dulnc, Bostwick, Levegh, Antony, Karman, Secrestat, Champrobcrt, Duanip, Giraud, Jamin.
- Tricycles. — Saint-Genis, Joyeux, de Lurcy, Rey, •lourde, Chrétien, Cormier, Béconnais.
- Amateurs. — Maurel, Barbereau, Gondoin, Hoo-glandt, Net, Mauzan, Schaudel, Balherbe, Gateuil, Chapon, .louasset, Gintrac, Walton, Wetterwald, Laf-ütte, Lefèvre.
- Voiturettes. — Bord, Legendre, Briol, Roudier, Garceau, Fernandez, Chrétien, Camus, Cornilleau, Théry, Marcellin.
- Voitureltes et quadricycles (au-dessous de 250 kilos). — Lafargue, Barreau, Bob, Domàret.
- Voici le classement de la première journée, classement stupéfiant au point de vue des vitesses réalisées :
- 1. Voitures de plus de 10 chevaux.
- 1° Deux places :
- 1. Levegli, 1 h. 24 m. 35 sec.
- 2. Giraud, 1 h. 27 m. 11 sec.
- 3. Bostwick, 1 h. 31 m. 43 sec.
- 4. Farman, 1 h. 42 m. 5 sec.
- 5. Lorraine-Barrow, 1 h. 44 m. 36 sec.
- o. Secrestat, 1 h. 57 m. 50 sec.
- 7. Duluc, 2 h. 4 m. 12 sec.
- 8. Jamin, 2 h. 13 m. 19 sec.
- 9. De Champrobert, 3 h. 6 m. 36 sec.
- 10. Versein, 3 h. 19 m. 52 sec.
- 2° Quatre places :
- 1. Maurel, 2 h. 10 m. 20 sec.
- IL Voitures de 8 à 10 chevaux.
- 1° Deux places :
- 1. Barbereau, 2 h. 8 m. 36 sec.
- 2. Gondoin, 2 h.)9 m. 5 sec.
- 2° Quatre places :
- 1. Josset-Gintrac, 4 h. 40 m. 9 sec.
- III. Voitures de 6 chevaux.
- Deux places :
- 1. Mauzan, 2 h. 41 m. 5'sec.
- 2. H. Laffitte, 2 h. 42 m. 30 sec.
- 3. Gateuil, 2 h. 58 m. 51 sec.
- IV. Voilures de moins de 6 chevaux. l° Deux places :
- 1. Wetterwald, 4 h. 21 m.
- 2. Walton, 4 h. 30 m.
- 2° Plus de six places :
- 1. Lefebvre, 2 h. 59 min.
- 2. Lafitte, 4 h. 41 min.
- Voiturettes.
- 1. Théry, 2 h. 3 m. 22 sec.
- 2. Camus, 2 h. 37 m. 1 sec.
- 3. Schmidt, 2 h. 40 m. 49 sec.
- 4. Cornilleau, 3 li. 5 m. 19 sec. . „
- 5. Roudier, 3 h. 20 m. 50 sec. < • -
- 6. Bord, 3 h. 46 m.
- 7. Briol, 4 h. 4 m.
- 8. P. Chrétien, 4 h. 29 m.
- 9. Legendre, 4 h. 35 m. 5 sec.
- Tricycles.
- 1. Cormier, 1 h. kl m. 49 sec.
- 2. Chrétien, 1 h. 55 m. 23 sec.
- 3. Jourde, 2 h. 5 m. 36 sec.
- 4. Joyeux, 2 h. 14 m. 37 sec.
- 5. Saint-Genis, 2 h. 31 m. 30 sec.
- 6. De Lurcy, 2 h. 58 m. il sec.
- Quadricycles.
- Deux places :
- 1. Lafargue, 2 h. 45 m, 46 sec.
- 2. Barreau, 3 h. 7 m. 9 sec.
- 3. Bob, 5 h. 18 m.
- A noter que Levegh a réalisé, dans cette première journée, la jolie vitesse moyenne de 82 km 500 m à l’heure, battant Bostwick qui a pourtant très bien mené l’ancienne voiture de René de Ivnyff.
- Le congrès a eu un très grand succès. Nous y reviendrons.
- L’Exposition sur les allées de Tourny a été gâtée par la pluie et le concours d’élégance a été arrosé. Voici la liste des prix :
- Voitures ayant couru : 1er prix : omnibus Laf-iite, 2. Maurel, 3. Valton. Flots de rubans : Gondoin.
- Voitures n'ayant pas couru : 1er prix : comte de Fayolles, 2. Schroder,
- Voiturettes : 1er prix : Legendre, 2. Briol,
- 3. Chrétien.
- M. Hivert, membre du jury, a refusé un premier prix.
- Après le classique Gymkhana, banquet et punch final.
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- La seconde journée de course s’est donnée par un soleil radieux. Il y avait, deux itinéraires : Périgueux, Ribérac, La Roche, Beaucourt, An-goulème, Barbézieux, Montlieu, Saint-André et Bordeaux-Quatre-Pavillons soit 202 km pour les voitures de 8 chevaux et au-dessus et Périgueux, Ribérac, Mussidan, Libourneet Bordeaux-Quatre-Pavillons, soit 104 km pour toutes les catégories voitures et motos au-dessous de 8 chevaux.
- Voici le classement de la seconde journée :
- I. Voitures de plus de 10 cheeau.r. •
- 1° Deux places :
- 1. Levegh, 2 h. 40 m. 10 s.
- 2. Giraud, 2 h. 45 m. 25 s.
- 3. de Bostwick, 2 h. 48 m. 23 s.
- 4. Farman, 3 h. 2 ni. 2 s,
- 5. Yersein, 3 h. 19 m. 3 s.
- 6. Secrestat, 3 h. 25 m. 44 s.
- 7. Barrow, 4 h. 24 m. 18 s.
- 8. Champrobert, 5 h. 24 m. 47 s.
- 2° Quatre places :
- 1. Maurel, 4 b. 12 m.
- II. Voitures de 8 à 10 chevaux.
- 1° Deux places :
- 1. Gondoin, 5 b. 17 ni.
- III. Voitures de 6 chevau.r.
- 1° Deux places :
- 1. Lafitte, 3 h. 26 ni. 47 s.
- 2. Mauzan, 3 b. 29 ni. 7 s.
- 3. Gateuil, 3 b. 52 m.
- Plus de six places :
- 1. Lefebvre. 3 h. 7 m.
- IV. Voilurelles.
- 1. Théry, 2 h. 35 ni.
- 2. Ganius, 3 h. 32 m.
- 3. Schmidt. 4 11. 25 s.
- 4. Cornilleau, 4 h. 14 ni. 10 s.
- 5. Bord, 4 b. 51 m.
- Y. Tricycles.
- 1. Joyeux, 2 h. 18 m. 23 s.
- 2. lourde, 2 h. 26 m. 12 s.
- 3. Cormier, 2 il. 39 m.
- 4. Chrétien, 2 b. 39 m.
- 5. Bey, 4 h. 21 m. 15 s.
- YI. Quadricycles.
- 1° Deux places :
- 1. Lafargue, 2 h. 59 m.
- 2. Barreau, 3 h. 7 m. 5 s.
- Voici maintenant le classement général Yll. Voilures déplus de 10 chevaux.
- Deux places 1318 kil.) :
- 1. Levegh, 4 b. 9 ni. 45 s.
- 2. Giraud, 4 b. 12 m. 36 s.
- 3. de Bostwick, 4 b. 20 m. 6 s.
- 4- Farman, 4 b. 44 m. 7 s.
- 5. Secrestat, 5 h. 23 m. 34 s.
- 6. Barrow, 5 h. 36 m. 54 s.
- 7. Champrobert, 6 h. 31 m. 23 s.
- 8. Yersein, 6 h. 38 m. 52 s.
- 2° Quatre places (318 kil.)
- 1. Maurel, 6 b. 22 m. 22 s.
- Voitures de huit chevaux.
- 1° Deux places.
- 1. Gondoin, 7 h. 23 m.
- Voitures de six chevaux {260 kil.)
- 1. Lafitte, 6 b. 9 m. 17 s.
- 2. Mauzan, 6 b. 10 ni. 12 s.
- 3. Gateuil. 6li. 50 m. 51 s.
- 2° Six places (260 kil.)
- 1. Lefebvre, 6 b. 6 m.
- Voiturefles (260 kil.)
- 1. Théry, 4 h. 40 m. 17 s.
- 2. Camus, 6 h. 16 ni.
- 3. Schmitt, 7 b. 5 m. 49 s.
- 4. Cornilleau, 7 h. 19 m. 29 s.
- 5. Bord, 8 b. 37 m.
- Tricycles (260 kil.)
- l! Cormier, 4 b. 26 m. 39 s.
- 2. .lourde, 4 b. 31 m. 48 s.
- 3. Joyeux, 4 b. 33 m.
- 4- Chrétien, 4 b. 34 ni. 36 s.
- Quadricycles.
- 1° Deux places (260 kil.)
- 1. Lafargue, 5 h. 44 m. 46 s.
- 2. Barreau, 6 h. 14 m. 14 s.
- Gomme conséquence, on remarque que la voiture-type de la coupe Gordon-Bennett et celle de René de Knyff sont battues, ce qui montre que rAutomobile-Club de France a commis une faute en ne laissant pas à une épreuve éliminatoire le soin de désigner les champions de la coupe.
- X
- Le critérium des motocyclettes.
- Le second critérium des motocyclettes organisé par le Vélo a été disputé, le jeudi 21 mai, sur le parcours Etampes-Ablis et retour, soif 100 km. Le gagnant a été Auguste Buquet, qui a fait le parcours en 137 minutes, ce qui donne plus de 44 km à l’heure, jolie vitesse pour une bicyclette automobile pesant 43 kg.
- Voici le classement :
- 1. A. Buquet, en 2 h. 17 m. 11 s.
- 2. Bonnard, en 2 h. 18 m. 38 s. 1/5.
- 3. Cousin, en 2 b. 21 m. 19 s.
- 4. Léonard, en 2 b. 22 m. 3/5.
- 5. Garreau, en 2 h. 33 m. 51 s. 1/5.
- 6. Rivierre, en 2 h. 54 ni. 44 s.
- 7. Lesaint, en 2 h. 55 m. 3/5.
- 8. E. Buquet, en 3 b. 19 m.
- Ont abandonné : G. Labitte, Rémy, Robin, Durey et, Fournier; Léa Lemoine, trahie par ses accumulateurs, n’a pas pu partir.
- X
- Trois concurrents sont en ce moment inscrits pour représenter la Belgique dans la Coupe
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Gordon Bennett, ce sont : MM. le baron de Oaters, Jenatzy et Lefebvre. Si d’autres inscriptions venaient s’adjoindre à celles-là, le Comité sportif de l’Automobile Club de Belgique, ferait courir une épreuve en Belgique,
- X
- M. Alexander Win ton qui participera à la Coupe Gordon Bennett vient d’arriver à Paris, venant d’Ecosse. Sa voiture est prête à marcher.
- MM. Collingo et Le Pontois, associés de M. Wiuton, qui viennent de faire le trajet Paris-Lyon sur une voiture semblable à celle qui se mettra en ligne dans l’épreuve internationale, sont très satisfaits de leurs essais.
- X
- La fête des Artistes, qui obtient chaque année nn si grand succès à Longchamp, sera donnée le 29 juin.
- Le programme comprend, outre sa partie cycliste, un gymkhana cycliste et automobile et un défilé automobile et fleuri des théâtres de Paris.
- On a supprimé cette année le championnat des chauffeuses par crainte d’accidents.
- Le centre de la fête sera reporté derrière le pesage de Longchamps.
- X
- Dimanche dernier, la première journée de la course des deux jours, au Vélodrome du Parc des princes, a été l’occasion d’un accident de tricycle, heureusement sans gravité. L’axe du tri de Vasseur, qui entraînait Taylor, a cassé, d’où une pelle. Vasseur n’a rien eu. Taylor a été assez sérieusement touché aux jambes et à la main gauche.
- Les constructeurs de tris d’entrainement feront bien de consolider un peu leurs machines. Elles semblent manquer de solidité pour les vitesses qu’on leur fait réaliser.
- X
- On se souvient des nombreuses discussions que souleva la question de la Coupe de la Fédération du Sud-Est, disputée, il y a deux mois environ, sur la route de Salon. MM. Cuchelet, vainqueur, et Chauchart, arrivé derrière lui, se disputaient la possession de cette Coupe pour laquelle, disait ce dernier, M. Cuchelet n’était pas qualifié. Habitant Marseille et non pas Salon, il ne pouvait représenter l’Automobile-Club de Salon.
- L’affaire s’est terminée à l’amiable. L’A. C. de Salon a abandonné la Coupe qui vient de reprendre le chemin de l’A. C. de Nice, dont M. Chauchart était le tenant.
- La Fédération du Sud-Est se disloque, du reste. M. Bertin, son secrétaire, vient de donner sa démission. L’Automobile-Club de Salon annonce qu’il donnera des courses exclusivement provençales.
- X
- Les l'êtes annuelles de la Fédération vélocipé-dique des Charentes seront données à Cognac les 9 et 10 juin prochain.
- Au programme, une course de motocycles sur piste, 10 kilomètres. 1er prix : 200 francs; 2e prix : 100 francs; 8e prix : 70 francs.
- X
- Une grande. manifestation automobile se fera à Bruxelles le lundi 11 juin, au Bois de la Cambre, à l’occasion du Longchamps Fleuri.
- X
- Les excursions en corps deviennent de plus en plus nombreuses à l’Automobile-Club belge.
- Le 29 mai, quatorze voitures se sont rendues sur la route de Louvain et ont fait une charmante excursion avec déjeuner à Tervueren.
- Le lendemain, une autre caravane de voitures est partie pour Boitsfort et Groenendael.
- X
- Le meeting automobile de Bologne a commencé le 1er juin, et plus de cinquante chauffeurs sont arrivés de toutes les villes d’Italie.
- Dans le jardin du palais Giordani, à 10 heures, étaient présents : MM. Caravaggi, préfet; Dallo-glio, maire; on a fait l’inauguration du Salon automobile. Un public nombreux a visité l’exposition.
- Courses d’adresse : Tricycles. — 1. Gugglari, de Brescia; 2. Comte Charles Biscaretti, de Turin; 3. Comte Lecchi, de Brescia.
- Quadricycles. — 1. Comte Gulinelli, de Ferrure’; 2. Bonardi, de Brescia.
- Voiturettes. — 1. Sanguinetti, de Bologne; 2. Castel-franco, de Modane; 3. Laporte, de Piucenza.
- Voitures. — 1. Bossati, de Bologne: 2. Lanza, de Turin; 3. Colteletti, de Gènes.
- Course de vitesse sur 1609 mètres. Résultats :
- Tricycles. — 1. Comte Charles Biscaretti de Ruflia, de Turin, en 1 m. 50 s. 2/5 ; 2. Hector Bugatti, de Milan
- Quadricycles. — 1. Louis Storero, de Turin, en 2 m. 1 s.; 2. Comte Gulinelli, de Ferrare.
- Voiturettes. — 1. Laporte, de Piacenza, en 2 m. 25 s.; 2. Louis Storero, de Turin.
- Voitures. — 1. Marquis Ginori, de Florence, en 2 m. 18 s.; 2. Fonjetti, de Florence.
- Les courses étaient réservées aux amateurs ; les prix étaient des médailles d’or et des objets d’art.
- X
- Les juges du grand concours des 1000 milles de l’A. G. G. B. n’ont pas encore rendu leur décision pour le classement des véhicules qui y ont pris part. Plusieurs réclamations ont été faites contre quelques-uns des véhicules; la voiture « Napier », engagée dans la section amateurs, a été conduite d’un bout à l’autre du parcours par son fabricant et forme le sujet de la première réclamation: la seconde est formulée contre la Motor Manufacturing C°, qui, ayant fait partir un tricycle dûment engagé, le remplaça en cours de route par un second tricycle à la suite d’un accident arrivé au premier.
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- La puissante association « Liverpool Belf-Propelled Association » annonce l’apparition prochaine des conditions du concours des Poids lourds de 1901.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- L’entrainement par automobiles gagne l’Australie.
- Une épreuve de 3 milles avec moteurs a remporté un succès colossal à Sydney. Après toutes sortes de péripéties, Jackson a gagné en 5 m. 12 s. 4/5. Le second mille avait été couvert en 1 m. 40 s. 2/5.
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- Il y a enfin un concurrent pour le prix Deutscli. C’est M. Sautos-Dumont qui va essayer de se l’approprier avec un nouveau ballon dirigeable ou du moins que son constructeur espère tel. Ce ballon n’aura pas de- nacelle. L’aérouaute est assis sur une selle de bicyclette, pédales aux pieds, un volant dans les mains. Un moteur à deux cylindres de la force de six chevaux environ fait tourner les hélices, qui sont grandes et de forme très spéciale.
- TRIBUNAUX
- M. Fafiotte, frère de notre confrère du Vélo, a comparu devant la 9e chambre pour avoir renversé, il y a un mois, à Asnières, un nommé Boyer, chiffonnier.
- La route était encombrée par suite du marché. M. Fafiotte, marchant à une allure très modérée, n’avait pu éviter la victime. Celle-ci, d’ailleurs, n’a eu que quelques écorchures insignifiantes.
- M. Fafiotte n’en a pas moins été condamné à 15 jours de prison sans sursis.
- A l’étage au-dessus, M. Gedda, contremaître dans une maison d’automobiles, était prévenu d’avoir renversé, le 7 avril, une dame Gilbert, avenue Marceau.
- M. Gedda reconnaît qu’il marchait avec son tricycle à une vitesse de 40 à 50 kilom. à l’heure et, pour sa défense, il invoque une bouche d’égout qu’il voulait éviter.
- M. Gedda, en outre, n’avait pas de permis de circuler et portait derrière lui, lorsque l’accident est arrivé, l’un de ses camarades d’atelier.
- Le tribunal, présidé par M. l?abre, l’a condamné à deux mois de prison sans sursis, 100 fr. d’amende et 2000 fr. de dommages-intérêts. Ses patrons ont été déclarés civilement responsables.
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- Récemment un de nos collègues anglais, Mi Estcourt, était poursuivi devant le tribunal de Coventry pour avoir marché à une allure exagérée; mais tout se passa en famille, bien qu’il ait été condamné à une amende de 25 francs. Il reconnut en effet qu’il marchait à plus de 14 milles à l’heure, et qu’il serait bien capable de. recommencer avant une demi-heure. Le fait est qu’il invita les magistrats à faire une promenade qu’ils acceptèrent, et il les promena dans la ville à un peu plus de 18 milles à l’heure.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- (de notre correspondant particulier) Montpellier, o juin 1900.
- Une société de transports automobiles vient de se créer à Montpellier, pour l’exploitation des services publics dans les départements de l’Aude, Hérault, Gard et Bouches-du-Rhône. L’ensemble des lignes desservies ne sera pas inférieur à 35, et le nouveau mode de locomotion est appelé à remplacer dans peu de temps les ignobles pa-taches, véritables monuments antiques tout au plus dignes de figurer dans les expositions rétrospectives en compagnie de leurs tracteurs étiques.
- Depuis quelques jours la première voiture a inauguré le service régulier entre Montpellier et la plage de Carnonville, à la grande satisfaction des habitants des localités desservies, ainsi que des baigneurs qui, pour un prix très minime, voient abréger leur trajet dans des conditions de rapidité et de confortable que l’on était en droit •d’attendre depuis longtemps.
- La compagnie va incessamment recevoir de nouvelles voitures ainsi que des camions pour mettre successivement eu exploitation toutes les lignes projetées. Les omnibus très bien aménagés sont du types de Dion-Bouton, pouvant contenir une trentaines de voyageurs et de nombreux bagages.
- Dr Montseret.
- La première ligne d’automobiles qui fonctionnera en Espagne sera sans doute celle de Palari-quinos, à Yalcncia, dont le service sera assuré par des voitures Scott. Le parcours sera de deux heures, et il y aura trois départs par jour dans chaque sens; le prix sera de 1,80 peseta (1 fr. 80) pour le voyage total et simple.
- Un syndicat est en cours de formation pour introduire dans la Péninsule malaise les transports des voyageurs et des marchandises au moyen d’automobiles. Il faut dire que les bonnes routes sont assez nombreuses et que, pour l’instant, les transports ne se font que fort lentement au moyen de charrettes à buffles.
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- On annonce de Kidderminster, près de Birmingham, que l’on s’apprête, avec des automobiles, à faire concurrence au chemin de fer Great-Western, dont le service mécontente fort les habitants : et cela en réunissant Kidderminster à Browsgrove, où les habitants auront tout loisir de prendre les trains du Midland Raihvay.
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- Le chemin dit d’Eaglesmere, qui forme une sorte d’embranchement du réseau de Reading (aux Etats-Unis), et qui est un chemin de fer à
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- LÀ LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- voie étroite du reste réunissant Stonestown à Eaglesmere, vient de faire l’acquisition d’une automobile pour assurer son trafic pendant la saison d’hiver. Il faut dire qu’elle ne fonctionne qu’exceptionnellement en dehors de l’été, et que les quelques voyageurs qui se présentent alors ne valent pas les frais d’allumage d’une locomotive. L’automobile en question est à essence.
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- On annonce la mise en service, avant six mois, à Chicago, de toute une série de lignes d’omnibus électriques : les voitures qui assureront lesdits services seront d’abord essayées
- pratiquement à New-Haven, dans le Connecticut; elles seront d’un type très large, assez hautes de plafond pour qu’on s’y puisse tenir debout. On veut faire ainsi concurrence aux voies ferrées installées au niveau du sol dans le centre de la ville.
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- On a créé à Bournemouth un service d’omnibus automobiles desservant Pokesdown : il paraîtrait que, craignant la concurrence, les compagnies d’omnibus à chevaux ont ohtenu que le Conseil municipal imposât aux dites automobiles un lieu de stationnement absolument à l’écart des quartiers fréquentés.
- Exposition universelle fie 1900
- Les voitures électriques et les accumulateurs au Champ-de-Mars.
- L’impression générale qu’on retire d’une visite à la classe 30, est que les Expositions spéciales d’automobiles des deux dernières années étaient beaucoup mieux. Au point de vue électrique, rien ou à peu près rien de nouveau, les modèles exposés sont, en général, à peu près les mêmes que ceux des stands des Tuileries.
- La Société française pour l’industrie et les mines (section des voitures Krieger) expose le coupé à moteur suspendu placé horizontalement et la voiture ayant pris part au critérium qui a été décrite précédemment.
- La Compagnie internationale de transports automobiles présente différents types de voitures Jenatzy, et la Société B. G-. S., outre les modèles variés qu’elle montre, orne son stand des photographies de toutes les classes de véhicules qu’elle a construits; la seule nouveauté pour cette dernière .société est devoir enfin mis une batterie au grand jour; quand nous disons batterie, nous voulons dire les bacs, car contrairement à leurs concurrents de la classe 24, MM. Bouquet Larcin et Schivre ne veulent pas faire voir leurs plaques,
- et se contentent d’exposer leurs connexions et leur montage qui n’ont rien de particulier.
- M. Durey-Sohi, comme l’an dernier, expose son cab électrique. La place de la voiture Vedo-velli et Prestley est encore vide ; nos lecteurs se rappellent sans doute l’originalité du dispositif de direction de ce modèle.
- M. Ch. Mildé a cette année un peu de nouveau ; c’est une voiture à avant-train moteur et directeur, système Greffe, avec des accumulateurs Heinz ; nous décrirons prochainement d’une façon détaillée cette voiture qui présente un certain intérêt, ainsi que la batterie qui est, elle aussi, une nouvelle venue.
- Dans la section allemande, M. H. Scheele, de Cologne, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs l’année dernière, expose un milord à caisse interchangeable, avec essieu-moteur arrière, sans différentiel et commandant les roues par un pignon.
- Dans la section belge, la voiture petro-élec-trique Pieper excite toujours une certaine curiosité ; elle est accompagnée cette année d'une voiture électrique. '
- La section américaine comprend l’Electromo-tion et la Cleveland, qui nous donnent toujours les mêmes modèles.
- Avant de quitter la classe 30, on remarque, dans la section française, l’exposition des accu- ; mulateurs électriques d’allumage de M. Alfred
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- Dinin, dont le montage est toujours irréprochable de soin.
- Dans la classe 24, l’Exposition au moins présente plus d’intérêt; depuis les accumulateurs stationnaires jusqu’aux transportables, tous ont rivalisé de luxe et d’intéressant; tout est en vue, les éléments, le montage, les plaques.
- La Société Tudor donne une juste idée de sa puissance de fabrication et affirme' sa longue expérience ; la Compagnie des Accumulateurs Uuion, outre ses différents modèles de plaques, nous donne un aperçu de son montage de batterie de tramway, qui est particulièrement remarquable, ainsi que sa machine à fabriquer les positives, qui a un vif succès de curiosité de la part des techniciens; la Compagnie Blot, l’Accumulateur Pulvis, M. Al. Dinin qui expose, dans cette classe, ses modèles pour éclairage des trains, les Accumulateurs Eulmen, Philippart, Exeelsior et des Métaux donnent l’impression que cette industrie d’origine française prend une extension de plus en plus grande.
- A Vincennes, la classe 30 se meuble peu à peu, mais bien lentement. Au Champ-de-Mars, les choses vont un peu mieux. Les fameuses voitures étrangères, celles qui devaient ne rien coûter et marcher toutes seules et dans l’attente desquelles les bons gogos se pâmaient d’avance, ne sont pas encore arrivées, Elles n’arriveront jamais. L’Etranger est représenté jusqu’à présent par les Pieper, les Cleveland et les Columbia, types trop connus. Pour la Erance, une soixantaine d’exposants ont pris possession de leurs emplacements. Il en reste une vingtaine à venir.
- Au palais des armées de terre et de mer, de Dion-Bouton, Decauville, Mors, Georges Richard et Scotte ont terminé leurs installations.
- Le 3e concours de fiacres automobiles et de voitures de livraison organisé par l’Automobile-Club est remis aux 6, 7, 8, 10 et Tl août.
- Un concours de motocycles se fera également à Vincennes du 18 au 23 juin.
- Par une lettre en date du 2 juin, M. le général Bailloud, secrétaire général de la présidence, a fait connaître à M. Ballif que le Président de la République accepte l’invitation que celui-ci lui avait adressée de visiter le pavillon du Touring-Club à l’Exposition de 1900.
- Le président du Touring-Club sera avisé en temps utile du jour et de l’heure qui auront été choisis.
- Rappelons qu’une exposition générale d’automobilisme se tiendra à Nuremberg du 1er juin au 1er jaillet 1900; elle n’occupera du reste qu’une surface de moins d’un hectare, et ne donnera pas lieu à distribution de récompenses. Des courses sont organisées pour montrer les véhicules
- en mouvement. Un vaste espace est consacré à l’importante maison d’électricité Schuckert, qui est une des principales fabriques d’automobiles d’Allemagne.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — La Nature signale un nouvel interrupteur pour bobines d’induction imaginé par M. L. Lampetaz, de Lyon, et qui aurait donné de très bons résultats. Cet interrupteur, quoique aussi simple que l’interrupteur ordinaire, double le nombre des interruptions, ce qui peut être utile dans quelques cas; il donne des effets plus puissants que l’interrupteur à ressort vibrant. Il est composé d’un ressort plat en acier muni à une de ses extrémités d’une armature légère et fixé en un point, qui vibre horizontalement entre deux vis; au repos, le ressort touche légèrement l’une des vis. Si on envoie le courant, l’armature est vivement attirée et tend à se placer dans l’axe du noyau de la bobine, mais la vitesse acquise la porte bien au-delà, le ressort vient alors toucher la seconde vis, d’où une nouvelle attraction en sens inverse s’ajoutant à la force élastique du ressort qui la rejette; il en résulte des vibrations très énergiques. Le noyau de la bobine est taillé en biseau de chaque côté de façon à former une arête, qui concentre le champ magnétique au milieu et facilite les attractions. On peut éloigner l’une des vis, l’interrupteur fonctionne alors comme un interrupteur ordinaire.
- — On commence à se préoccuper, aux Ltats-Unis d’appliquer l’acétylène à l’automobilisme. Le Scientific American décrit deux types d’automobiles à acétylène : un truck pour véhicule lourd et une Victoria.
- Le truck pour véhicule lourd pèse environ 500 kilos; il porte un moteur double à quatre cylindres avec deux chambres d’explosion. Ce moteur fonctionne, sans volant, à raison de 1000 tours par minute, et peut, communiquer au véhicule une vitesse maximum de 19 k. 300 à l’heure. La transmission intermédiaire permet de réduire la vitesse à 2 k. 800. Le moteur n’est pas réversible, mais il y a un mécanisme île changement de marche que l’on actionne avec le pied; la vitesse arrière est égale à la vitesse minimum avant de 2 k. 800. Le moteur a été étudié spécialement pour fonctionner à l’acétylène : L’approvisionnement de carbure permet de faire parcourir au truck 113 kilomètres, à une vitesse de 19 k. 300 à l’heure, la puissance développée étant de 10 chevaux. Au lieu d’acétylène, on peut employer l’essence en cas de besoin.
- La Victoria, construite également par TAuto-Acé-tylène C°, peut recevoir deux ou trois personnes. Le moteur est installé à l’avant. Le mélange explosif agit sur deux pistons marchant en sens inverse, et les vibrations se trouvent nentralisôes. Le moteur a une puissance de 8 chevaux et la vitesse de la voiture peut varier de 2 k. 800 à 77 k. 300 par heure, le moteur fonctionnant en proportion de la puissance requise, et la consommation de gaz étant en raison directe de la puissance produite. On peut, comme pour le truck, substituer en cas de besoin l’essence à l’acétylène.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS.— L. DE SOYE ET FILS, 1MPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES,
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- Septième Année. — N° 24.
- 14 Juin 1900.
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS LE NUMÉRO ADMINISTRATION ET RÉDACTION
- France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr. 50 Centimes. Bue Chauveau-Laoarde, 4 — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 24.
- La conquête de l’air, Gaston Sencier. — L’automobile-club de Berlin. — Echos et nouvelles. — Les roues Strong. — A propos de la voiture Tourand. — Le graisseur Tucker. — L’air liquide. — La fabrication des pneumatiques (suite et fin), Gaston Sencier. — Le sous-marin le Holland. — Les courses. — A travers la presse. — La situation de la carrosserie française. — Les automobiles sur routes. — Exposition universelle de 1900. — Courrier industriel.
- LA CONQUÊTE DE L’AIR
- L’événement de la semaine n’est pas la course Gordon-Bennett. Des voitures automobiles vont faire le parcours de Paris-Lyon à des vitesses sûrement très grandes. Gela n’intéressera plus que médiocrement le public, on a déj à dépassé la vitesse moyenne
- Fit/. I. — Santés-Dumont et son ballon dirigeable.
- de 80 km à l’heure sur route. On atteindra 100 km. Et puis après? Nous savons maintenant (fixe, contrairement à toutes les prévisions, — et cette constatation suffirait à prouver l’utilité des courses, — un bon conducteur d’automobiles peut marcher, en course, à 100 km à l’heure, à la condition que ce soit dans une épreuve organisée avec soin par des gens sachant leur métier, et que toutes les mesures de prudence soient prises. La course Gordon-Bennett, pas plus que les courses à venir, ne prouvera rien. Les courses amèneront certainement de nouveaux perfectionnements dans la construction des voitures. 11 faut donc faire ce que nous pourrons pour obtenir leur maintien. Il n’en est pas moins vrai que les temps héroïques sont passés, et que nous avons mieux à faire maintenant.
- Ce mieux, c'est tout simplement la locomotion aérienne, la conquête de l’air.
- La création de l’Àéro-Glub a commencé le mouvement. La généreuse initiative d’Henry Dentsch offrant un prix de 100.000 francs à l’heureux mortel qui réussira à faire, en ballon dirigeable, le petit voyage d’agrément : Longchamps-Tour Eiffel et retour, a tourné tous les yeux vers le problème à résoudre. Depuis des milliers d’années, l’homme qui parcourt maintenant à des vitesses déjà satisfaisantes les mers et les continents, restait impuissant devant une tâche bien facile en apparence. Les espaces aériens, où se jouent les oiseaux et les insectes, lui demeuraient interdits. On se préoccupe de les parcourir, à la remorque d'un moteur, comme on parcourt les routes, et le mon-
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- sieur qui aura, le premier, fait seulement 8 ou 10 km en l’air, en se dirigeant à sa volonté, peut être tranquille au point de vue du jugement que la postérité portera siu’ son compte. Il aura sa place parmi les plus grands noms de l'humanité. Il aura bouleversé les conditions de vie de toute
- une planète. U aura modifié, d'un seul coup, des civilisations vieilles de milliers d’années.
- La solution du problème est « dans l'air ». — C’est le cas de le dire.
- Nous enregistrerons avec empressement les travaux des hommes courageux qui
- Fkj. 2. — Le ballon dirigeable de Sunlos-D union /.
- vont tâcher de le résoudre, convaincus d'avance, hélas! que quelques-uns d'entre eux payeront de leur vie, — comme certains de leurs devanciers, — la conquête du ciel.
- Notre éminent collaborateur Emmanuel Aimé, secrétaire général de l’Aéro-Club, a eu l’amabilité de nous communiquer la photographie et le dessin du dirigeable avec lequel Santos-Dumont va essayer de s'approprier le prix Henri Deutsch.
- Dans notre dernier numéro nous avons publié les principales données techniques du moteur employé par Santos-Dumont. Nos dessins donnent, à son sujet, assez de détails pour que toute description supplémentaire soit superflue.
- Faisons seulement remarquer, non sans regret, la façon dont Santos-Dumont' néglige toutes les mesures de prudence que commanderait une entreprise de ce genre. L’Aéro-Club a dû lui imposer certaines précautions de sécurité complètement oubliées par lui. Souhaitons que cela suffise. La témérité ne sert à rien dans des tentatives comme celles-là. Les gens qui les font n’en sont plus à prouver leur hardiesse. L’essentiel est, — dans l'intérêt même de la cause à laquelle ils se dévouent, — qu’ils n’aillent pas grossir le nombre des martyrs de l’aérostation. Santos-Dumont, vivant, peut faire beaucoup pour résoudre le problème de la direction des ballons. Mort, il ne servirait plus qu’à décourager, pendant de longues années, ses émules et ses continuateurs. Qu’il écoute donc les conseils de ses amis et qu’il prenne quelques précautions élémentaires, en prévision d’un traînage ou d’un atterrissage difficile.
- Cela ne poltron tous.
- le fera nullement passer pour un et cela nous fera bien plaisir à
- Gaston Sencier.
- L’AUTOMOBILE-CLUB DE BERLIN
- Le « Deutsche Automobil-Klub » vient de se mettre dans scs meubles. Son local actuel est assez simple, mais ou compte en compléter la décoration. Quand on pénètre par l’entrée principale. ou se trouve dans un vestibule spacieux;
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- U Automobile-Club de Berlin.
- sur la droite s’ouvrent les pièces qui serviront à l’installation des bureaux, tandis que celles de gauche, dont la décoration et les aménagements ne sont encore qu’imparfaits, seront loués à un restaurateur, qui devra y réunir tout le confort le mieux entendu. Un large escalier nous conduit à l’étage supérieur, où se trouvent les salons et salles de réunion. Le second étage, loué à diverses personnes, est desservi par une porte spéciale qui donne également accès aux remises à voitures du club, groupées dans une cour intérieure.
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- ECHOS
- Le Comité du Moto-Club de France a tenu le 7 juin sa première séance.
- Après un scrutin de ballottage au cours duquel 155 candidats ont reçu l’investiture, il a été décidé qu’aucune cotisation ne serait exigée pour l’année courante et que les dames seraient admises à faire partie du Club à la condition d’être présentées par deux parrains.
- On a également décidé de faire défendre gratuitement par l’association tous ceux de ses membres ayant injustement maille à partir avec la justice pour délit d’automobile.
- Une section des services extérieurs a été constituée.
- Enfin on a voté en principe l’organisation, pour le printemps de l’année prochaine d’un « Tour de France » qui serait, non plus une course de vitesse, mais une épreuve dans le genre de la course des mille milles qui vient d’être réalisée en Angleterre.
- Seconde réunion du Comité le 14 juin.
- Les adhésions au Moto-Club de France sont toujours centralisées par Pierre Giffard, au Vélo.
- L’Automobile-Club de France donnera les 9 et 10 juillet une grande fête en l'honneur des commissaires généraux de l’Exposition qui se sont tous fait inscrire sur la liste des membres du cercle.
- 11 y aura deux soirées. La première sera réservée aux membres du club et aux invités oi'li-ciels. A la, seconde, les dames seront admises sous les réserves d'usage.
- A l’occasion de cette fête, on inaugurera la salle de théâtre aménagée dans l’hôtel de la place de la Concorde. Une revue de circonstance y sera jouée.
- La nouvelle taxe dont le fisc voudrait frapper l’automobile est de 5 fr par cheval-vapeur.
- Le ministre des finances prévoit de ce chef, dans son projet de budget, une augmentation de 194,000 fr, supposant donc que la puissance totale des moteurs d’automobiles actuellement en fonctionnement atteindrait près de 40.000 chevaux-vapeur.
- Espérons que cet impôt malfaisant ne sera pas voté par les Chambres et qu’on saura faire comprendre à nos gouvernants que celte nouvelle taxe écraserait notre industrie.
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- * *
- On se figure généralement que les demandes de permis de conduire les motocycles peuvent être faites sur papier libre, le règlement ne spécifiant pas pour elles l’emploi du papier timbré.
- A la préfecture de Police, on n’entend pas de cette oreille-là et l’on exige la feuille de timbre.
- Mais ce n’est pas nécessaire,
- — Absolument nécessaire, répond l’employé. Il y a la loi de frimaire qui l’impose.
- Mais la loi de frimaire ne s’applique pas aux automobiles. Gugnot lui-même...
- — La loi de frimaire, Monsieur, s’applique à tout.
- Et, comme il y a une loi de frimaire on est bien forcé de s’incliner.
- ¥ *
- Nous apprenons avec le plus grand plaisir la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur de Léon Bollée, père de la voiturette qui porte son nom et de la petite voiture que construit la maison Darracq.
- Léon Bollée a fait bien d’autres inventions et la distinction qui lui est accordée est absolument méritée.
- Toutes nos félicitations au nouveau chevalier. *
- S. M. Oscar II, roi de Suède et de Norvège, vient, à son insu, de rendre aux chauffeurs parisiens un signalé service.
- On a, en effet, mobilisé pour lui servir d’escorte tous les agents cyclistes, si bien qu’il n’en reste plus, momentanément du moins, pour traquer les conducteurs d’automobiles.
- Le roi a été tout d’abord légèrement surpris en apercevant ces hommes de mine inquiétante, coiffés de casquettes qui les font ressembler à des domestiques de mauvaise maison. Il a demandé à quoi servaient ces gens-là. On le lui a expliqué. Un des messieurs du cortège officiel s’est même risqué à demander « s’il y en avait à Stockholm ». Le roi a souri sans répondre. Il est trop intelligent pour nous imiter dans nos sottises.
- Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Georges Masson, l’éditeur bien connu.
- M. Masson était membre de l’Automobile-Club de France depuis plusieurs années.
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- * ¥•
- M. Gëorgia Knap, qui fut pour nous un collaborateur précieux dans les essafs du concours de moteurs de la Locomotion automobile, vient de publier, chez Victor Martelet, éditeur à Troyes, une nouvelle édition de son ouvrage intitulé : Les Secrets de fabrication des moteurs à essence.
- C’est un succès assuré.
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- * *
- Aux dernières élections municipales, dans le quartier d’Auteuil, un candidat radical socialiste, s’est présenté aux électeurs avec un programme entièrement sportif dont nous détachons les derniers articles :
- Art. /|, — Tolérance rationnelle clans la circulation des voitures à moteurs, dans l’intérêt de l’industrie bien française de l’automobile ;
- Art. 5. — Etablissement d’une piste permanente
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- autour de l’hippodrome de Longchamp, réservée aux cycles, motocycles et automobiles ;
- Art. 6. — Etude des voies et moyens de faciliter dans la plus large mesure la circulation tant des piétons que des cyclistes et des voituristes.
- Art, 7. — Patronage ou organisation de grandes fêtes sportives municipales.
- Ce candidat a réuni seulement 350 suffrages. C’est malheureux, car son programme électoral, entièrement consacré aux sports, à la bicyclette et à l’automobile, valait certainement mieux que les balivernes avec lesquelles la plupart des politiciens arrivent à récolter des voix.
- •¥• *
- Les statuts de l’Automobile-Club d’Auvergne viennent d’être approuvés par arrêté préfectoral en date du 31 mai.
- Dès son début, cette jeune Société a su grouper presque tous les chauffeurs de sa région. Elle possède, place Chapelle-de-Jaude, un vaste garage avec une fosse très bien établie pour la visite ou les réparations de ses voitures ou de celles des chauffeurs de passage.
- Siège social : Place de Jaude, dans le local du Syndicat d’initiative d’Auvergne, mis gracieusement à la disposition de la nouvelle Société par le Comité du Syndicat.
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- On a utilisé les automobiles aux dernières élections belges.
- A Anvers les socialistes ont eu deux voitures à leur disposition pour faire leur propagande dans la banlieue.
- * *
- Les fêtes de la Pentecôte avaient provoqué en Belgique un bel exode de chauffeurs principalement du côté de Namur et de l’Ardenne belge.
- A Spa, beaucoup d’autoiiiobiles. Aperçu sur la route de Spa à Malchamp, MM. Vander Spek, Jenatzy, etc., marchant à belle allure.
- * *
- Notre confrère VAutomobile belge raconte un joli mot, bien nature, d’un agent de police bruxellois dressant contravention à un chauffeur.
- — Vous alliez 3 plus de 10 kilomètres à l’heure.
- — Comment le savez-vous?
- — Votre voiture faisait de la poussière!
- -¥ *
- On nous annonce d’Italie que, pendant les manœuvres de campagne de l’été prochain, le ministère de la guerre doit faire commencer des essais, qui auront pour but de constater s’il est possible et pratique d’adopter des automobiles pour le service des troupes en campagne.
- Les journaux italiens sont dans l’enthousiasme de la réunion automobile qui s’est tenue à Bologne, et qui a donné des résultats assez remarquables sur lesquels nous aurons à revenir. Cette course a, de l’aveu de tous, parfai-
- tement réussi. Le concours de direction, celui de vitesse, sur piste, et enfin la course sur route, se sont passés sans le moindre incident fâcheux. Le public s’est du reste intéressé tivement à cette manifestation.
- Une nouvelle preuve des précautions qu’il faut prendre dans la manipulation de l’essence au moment où on la verse dans les récipients des automobiles. Tout l’avant de la voiture du baron Franchetti, chauffeur italien, vient d’ètre détruit par un incendie.
- * •¥•
- Le congrès des chauffeurs suisses qui vient de se tenir à Berne s’est occupé des règlements de circulation qui diffèrent pour chaque canton. On a émis le vœu d’une entente à ce sujet, et une pétition a été envoyée au conseil fédéral pour obtenir un règlement unique.
- Notre confrère Molor-Car Journal donne de bons conseils aux chauffeurs anglais qui désireraient venir en France à l’occasion de l’Exposition. Il insiste sur tous les papiers nécessaires pour répondre, comme il dit, aux exigences du sergent de ville. Dans le même numéro, du reste, il signale comme promenade délicieuse pour un chauffeur le voyage de Londres à Monte-Carlo par Dieppe, Paris, Auxerre, Dijon, Mâcon, Genève, Grenoble et Digne.
- L’Automobile-Club de Grande-Bretagne a organisé dernièrement une promenade de 60 milles, où l’on a mis en pratique une idée fort bien comprise; un certain nombre d’automobiles avaient été louées pour les membres qui ne possèdent pas encore de voiture. On admettait les dames, et enfin on avait recommandé aux membres du club d’amener tous les chauffeurs de leur connaissance.
- •¥• *
- On s’occupe en ce moment à Londres d’arriver à la création d’un automobilodrome, et cela surtout pour calmer les craintes d’une partie de la population, qui redoute les courses sur routes. On voudrait une piste de 772 kilomètres de développement avec une largeur de 15 à 18 mètres; l’emplacement en serait choisi à une distance de quelque 50 kilomètres de la métropole.
- *
- + *
- Le journal écossais d’Aberdeen, la Free Press, vient d’acquérir une automobile de livraison Daimler, afin de distribuer aussi vite que possible, matin et soir, les deux éditions du journal aux marchands de journaux de la ville et des faubourgs.
- * *
- L’automobilisme prend tellement d’importance en Grande-Bretagne que plusieurs maisons de
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- voilures ou d’accessoires annoncent qu’elles ne ferment point pendant les jours de vacances où la Banque elle-même reste fermée. D’autres ont décidé de ne fermer qu’à dix heures du soir.
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- Les remarques des paysans sur les automobiles sont souvent bien amusantes. Dernièrement, dans une petite ville d’Angleterre, M. Heresford était arrêté devant une fontaine avec une voiture Benz pour refaire son plein d’eau. Arrive un paysan qui examine curieusement le véhicule. Au bout d’un instant, il sort de son mutisme et il donne cours tout haut à ses pensées. « — Oui, mais ces moty-cars ne sont pas commodes ! vous ne pourriez pas les conduire si vous étiez saoûl. » Le brave homme se rappelait sans doute certains retours de foire où c’était, son cheval qui le ramenait à la maison.
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- Le journal anglais Carriage Builder's journal, qui est comme le Moniteur de la carrosserie, annonce que la construction des automobiles prend aux Etats-Unis une importance vraiment unique! Tout ingénieur, tout atelier de fabrication de voitures, toute usine mécanique a en étude ou en exécution au moins un type de véhicule mécanique. On a publié dernièrement une liste de 81 maisons créées en vue de l’automobile avec un capital d’au moins 2 milliards (chiffre qui nous semble invraisemblable). Bien entendu il doit y avoir là dedans beaucoup de spéculation prise au mauvais sens du mot, mais ce mouvement n’est pas moins caractéristique.
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- L’Automobile-Club des Etats-Unis a décidé d’admettre 100 nouveaux membres qui seraient dispensés des droits d’entrée habituels. Le jour où la décision a été connue, il n’a pas reçu moins de 25 demandes.
- Les propriétaires d’automobiles à pétrole ou à vapeur de Baltimore sont sur le point d’entamer une campagne contre les commissaires du parc fie cette ville, qui leur interdisent l’entrée de cette promenade, tout en admettant des électromobiles. Us ont même formé un fond pour soutenir un procès contre lesdits commissaires. Nous n’avons pas besoin d’exposer les arguments que fait valoir la Commission pour expliquer l’admission des seuls véhicules électriques.
- On prépare à Cleveland, aux Etats-Unis, un règlement sur la circulation des automobiles : on avait d’abord parlé d’autoriser une vitesse de 12 milles (19 kilomètres à peu près), mais on veut maintenant la limiter à 10 milles, tout comme pour les cycles. Tout véhicule devra être muni de deux lampes et d’une cloche ou d’un gong, qui aura à être sonné à au moins 30 mètres de tous les croisements. Il est probable aussi
- qu’on imposera un examen et un diplôme à chaque conducteur.
- Le gong comme signal avertisseur! Si on en essayait un peu à Paris, pour voir.
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- Il parait qu’un assez grand nombre d’hommes d’affaires de Nexv-York prennent l’habitude de se servir d’automobiles à vapeur pour se rendre de leur domicile à leur bureau.
- M. Apgar vient de présenter à la Chambre de New-Yorkun projet de loi tendant à réglementer le fonctionnement des automobiles. D’après ce texte, personne ne pourrait manœuvrer une voiture mécanique sans un diplôme accordé par une commission locale d’examen, ce diplôme devant, du reste, être payé 1 dollar pour l’examen lui-même, et donnant ensuite lieu au payement complémentaire de 2 dollars pour chaque véhicule examiné, et que le candidat sera reconnu comme apte à conduire. Le diplôme ou le certificat, comme on voudra, donnera au diplômé le droit de circuler dans les rues, parcs, routes, etc., mais seulement pour une année. Et, en cas d’ivresse du conducteur, de maladresse, d’accident, la même commission aurait droit de suspendre pendant six mois le certificat en question, ou même de le révoquer. Dans ce dernier cas, un nouveau certificat ne pourrait être accordé pendant les trois mois qui suivraient. C’est le règne de l’Administration.
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- Il vient de se créer à New-York une maison spéciale sous le nom de Du Bois’Automobile Agency, qui s’occupe spécialement de la vente de garages mobiles et transportables pour automobiles; ces garages sont tout simplement des remises démontables faites de poutres et de planches de sapin qui peuvent s’assembler presque instantanément à l’aide de boulons. Les diverses sections sont combinées de telle sorte qu’on peut en acheter un plus ou moins grand nombre pour se construire un garage de proportions plus ou moins importantes. L’idée est originale et peut rendre des services à ceux qui vont s’installer temporairement à la campagne au bord de la mer.
- Trois chauffeurs des États-Unis ont fait le projet, quelque peu audacieux de traverser tout le continent américain, de l’est à l’ouest. Le point de départ serait New-York, et le point d’arrivée Seattle ou San-Francisco. Us comptent employer les voitures de course Pennington. M. Charles G. Wridgway dirigerait l’expédition. II n’y aurait pas de temps fixés pour ce parcours énorme, on se contenterait d’aller aussi vite que possible en dehors des agglomérations. En tout cas on espère que, en dehors des pays de montagnes, on ferait au moins 300 milles par jour.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LES ROUES SillllM,
- Notre excellent confrère Cycle et Automobile industriels publie une curieuse description de ces roues en tôle d’acier embouties :
- La figure 1 en représente une coupe verticale ; la figure 2 une demi-vue en élévation ; la figure 3 une coupe transversale dans un rayon ; la figure 4 présente, vu de profil, un disque circulaire en tôle d’acier, c’est-à-dire un flan destiné à la fabrication d’une roue ; la figure 5 nous montre la première ébauche produite par le premier emboutissage ; la figure 6 est la seconde ébauche et la figure 7 représente l’emboutissage terminé ; quant à la figure 8, qui est la plus petite échelle, elle représente une vue en plan du dispositif de jrection de la roue.
- L’essieu A se termine à chacune de ses extrémités par une fourche A A'portant deux tourillons verticaux B, sur lesquels est articulée la boite cylindrique C, dont le centre O est disposé en fusée.
- Le moyeu de la roue est constitué par une première douille extérieure G, évasée à l’une de ses extrémités, pour s’adapter au centre de la roue auquel elle est fixée par des boulons g; par une seconde douille F, également retenue par les boulons y, et sur laquelle, est vissé le chapeau du moyeu, et enfin par deux autres douilles intérieures E et E' entre lesquelles sont logés des rouleaux de friction D.
- H est une garniture en chanvre retenue par une bague filetée H’ et destinée à éviter l'introduction de la poussière.
- Le corps I de la roue est formé au moyen d’un simple disque en tôle d’acier (fig. 4), dont le bord 1’ est rabattu entre deux matrices pour former la jante et le bourrelet i. La gouttière K se trouve formée en même temps, ainsi que le centre conique M et la perforation m,
- La seconde opération d’emboutissage consiste : 1° à former avec le centre M une série de cane-lures radiales R (fig. b), qui indiquent les rayons, laissant entre elles des parties pleines triangulaires L; 2° à rabattre intérieurement des bords de la perforation centrale m pour en former la partie N sur laquelle doit être boulonné ultérieurement le moyeu.
- Enfin, la troisième et dernière opération d’emboutissage consiste à déboucher les triangles L, pour alléger le corps de la roue et lui donner la forme définitive représentée par la figure 7.
- La jante de cette roue est garnie de trois bandages pleins P, lixés au moyen de fils métalliques intérieurs p. Ces bandages sont retenus d’un
- ricc.5 jridô jria?
- côté de la jante par le bourrelet ?, et de l’autre côté par une couronne démontable T.
- Ainsi que le représente la figure 8. la boîte extérieure G est venue de fonte avec un bras .T qui permet de la faire pivoter en même temps que la roue, lorsqu’on veut opérer un changement de direction, au moyen d’un levier de manœuvre e| de tringles de renvoi.
- A PROPOS DE LA VOITURE TOURAND
- Dans la description de la voiture Tourand, publiée dans notre dernier numéro, nous avons omis d’indiquer que le changement de vitesse de cette voiture était du système breveté et construit par MM. Montauban et Marchander, ingénieurs-constructeurs, 33, avenue Faidherbe, à Saint-Quentin (Aisne) et appelé par eux : « Bloc-transmission M et M. »
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- LE GRAISSEUR TECKER
- Dans une automobile, plus que dans tout autre mécanisme, il faut disposer des godets à huile où ne puisse pénétrer la poussière : c’est à ce but que veut répondre le petit appareil dont nous présentons une élévation, et deux coupes correspondant respectivement à deux types quelque peu différents. Ils sont fabriqués par la Tucker C° de Hartford (Etat de Connecticut).
- Chaque graisseur est formé essentiellement de deux pièces lobulaires; toutes
- deux percées d’un trou par lequel on peut introduire l’huile; l’une, celle de l’intérieur, est fixe et se met en place là où il le faut au moyen d’un raccord à double pas de vis (c’est, du moins, ainsi pour le plus grand modèle, car, pour l’autre, le tube intérieur peut se visser directement en place par sa partie filetée). Le second tube, ou tube extérieur, forme manchou glissant à frottement dur sur le premier, si bien que son déplacement permet de fermer immédiatement et hermétiquement l'orifice de communication du godet avec l'extérieur.
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- L’AIR LIQUIDE
- Les personnes qui croient (pie l’air liquide va révolutionner T automobile liront avec intérêt les chiffres suivants que nous donne M. Emile Dieu-donné sur le prix de revient de l’air liquide qui est très coûteux. Pour le fabriquer avec de petites machines, on dépense une énergie de 3 à 4 clie-vaux-lieure par kilogramme d’air liquide produit, tandis que les grandes machines jusqu’à présent construites fournissent 50 kg d’air liquéfié par heure et absorbent environ 100 ch.
- Ce résultat correspond à un rendement de 15 0/0 comparé avec ce qui serait accompli par
- une machine thermo-dynamique parfaite. De petites quantités d’air liquide (environ 1 litre) dans des récipients à double paroi argentés sont perdues en quatorze jours à peu près par évaporation. Dans de grands récipients de 50 litres enveloppés de feutre, la perte par évaporation est d’environ 2 litres à l’heure.
- D’autre part, YEngineering News annonce que l’on vient de créer à New-York une importante usine pouvant produire 0000 litres d’air liquide par jour.
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- IA FABRICATION DES PNEUMATIQUES
- (Huile et fin) (1).
- Défournage el (ténnoutage. — A l’heure précise on détourne el on opère le démoulage. On desserre les écrous en lui te, on ouvre les moules creux, on enlève le noyau qu’on isole, et à l’aide d’un morceau de bois formant levier ou dégage facilement l’enveloppe pneumatique lisse, noire et fumante. Le noyau nu est jeté dans une cuve d’eau froide. La vulcanisation est achevée.
- L’enveloppe pneumatique est maintenant un objet sans trace de raccords et d’assemblages et qui semble d’une seule coulée. Le caoutchouc en cet état n’est plus étirable, il ne garde plus l’empreinte de l’ongle, et il revient exactement sur lui-même. En outre, il ne gèle plus, ne se ramollit plus aux températures ordinaires, il ne peut plus se souder à iui-mèino ou aux objets environnants. En somme, il a tous les avantages dus à cette belle invention de Goodyear, la vulcanisation.
- A la sortie du four il reste encore :
- 1° A nettoyer les enveloppes, à les ébarber et a effacer certaines traces laissées par la pression des moules.
- 2" A garnir ces enveloppes d’un croissant épais de caoutchouc.
- Les croissants protecteurs. — Le premier travail qui est facile est fait rapidement par des femmes. Le deuxième est plus important.
- Les croissants protecteurs ont la forme que. leur nom indique. Ce sont des gouttières circulaires dont le fond très épais va en s'amincissant sur les bords. Cette gouttière est faite de bandes de caoutchouc vulcanisé, de largeurs inégales, superposées et soudées les unes aux autres; elle est vulcanisée ensuite et fixée sur l’enveloppe par collage. Ce croissant forme une seconde enveloppe protectrice de l’enveloppe pneumatique. Le fond épais correspond à la partie qui repose sur le sol ; les bords amincis recouvrent les côtés de l’enveloppe jusqu’à 1 ou 2 centimètres de la jante. On surajoute ce croissant et on le colle simplement à l’enveloppe après le montage complet du pneu.
- (1) Voir les numéros 14, 17 et 18.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Les chambres à air. — La fabrication des chambres à air est différente.
- Le caoutchouc mélangé, réchauffé et laminé .à la calandre, est mis dans un appareil spécial, dont la partie active principale est une vis d’Archimède. Le caoutchouc en feuille plane, épaisse,
- entre verticalement, est pris par la vis qui le repétrit, l’étale et le roule, et sort horizontalement, par un trou rond dont le milieu est plein, à l’état de tuyau parfait de dimensions données, sans collage et sans suture.
- Cet instrument a reçu des ouvriers un nom
- Fif/. 21. — E/iarhtir/e des enveloppes.
- grossier mais pittoresque et cher à Rabelais... L’image est si juste que, malgré les convenances, elle s’impose.
- Au sortir de la tréiileuse, les tuyaux de caoutchouc sont enfilés sur des tringles métalliques d’un calibre approprié. Une couche de talc isole
- le caoutchouc du métal. Une toile l’enveloppe et le maintient. C’est sur ces moules que les tuyaux seront vulcanisés. On les cuit dans des autoclaves chauffés à la vapeur et analogues à ceux déjà décrits mais plus longs.
- Après la vulcanisation, il faut faire de ces
- tuyaux des cercles. Pour cela on joint et on suture les deux bouts. Cette suture se fait par emboîtage d’une extrémité dans l’autre et collage avec une dissolution de caoutchouc dans la benzine.
- Chacun de ces cercles creux de caoutchouc porte sur sa circonférence intérieure un trou rond très étroit. C’est là qu’on assujettit la valve.
- Celle-ci se compose d’un petit appareil tubulaire en métal entouré à sa base d’une plaque métallique perpendiculaire à son axe et cachée entre deux épaisseurs de toiles gommées. Cette plaque est introduite de force dans l’intérieur de la chambre à air par la petite ouverture, comme un bouton de chemise dans une boutonnière ronde, trop petite, mais élastique. Extérieurement on
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- maintient et on assujettit le tube de façon que le gonilement de la chambre à air ne puisse, en élargissant le trou de passage, ébranler et déplacer la valve.
- Notons la diiférence des caoutchoucs de l’enveloppe et de la chambre à air. D’abord la chambre à air est rouge, l’enveloppe est noire. La première est très élastique, comme son rôle
- Fig. 23. — Enroulage des chambres à air.
- l’exige, la seconde souple, mais à la fois très peu extensible et, très résistante. La chambre à air se distend de dix fois sa longueur. L’enveloppe, au contraire, a un rôle avant tout protecteur. Elle est constituée essentiellement de plusieurs toiles tissées très solides. Le caoutchouc dans les couches profondes ne sert qu'à réunir et coller intimement ces toiles entre elles, dans les couches périphériques à les protéger elles-mêmes contre
- Fig. 24. — Tréfleuse.
- es chocs extérieurs, les frottements et l’humidité. La consistance et la résistance sont donc les qualités nécessaires à ce caoutchouc.
- Conclusion. — Toute industrie en dehors de la partie purement industrielle, c’est-à-dire de la fabrication elle-même, comporte une partie commerciale d’égale importance. L’industriel a une double surveillance à exercer à l’entrée et à la sortie de son établissement, aussi bien sur la qualité de ce qu’il achète que de ce qu’il vend.
- Vérification à l’entrée. — Le caoutchouc brut
- est, à l’arrivée, examiné soigneusement par des laboratoires spéciaux qui font partie de l’usine. Les toiles qui entrent dans les enveloppes
- Fig. 2b. — Essai au dynamomètre de la qualité des fis du caoutchouc.
- pneumatiques sont l’objet, de vérifications minutieuses.
- Vérification à la sortie. —Au fur et à mesure
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- de la fabrication, les objets ou les diverses pièces qui les composent sont soigneusement vérifiés. Les enveloppes pneumatiques subissent un
- premier examen avant la cuisson au four. Une fois vulcanisées et parachevées, on les examine une à une sur toute leur surface.
- Fit/, 26. — Essaya r/e r/es chambres à air.
- Les chambres à air subissent une épreuve décisive : avant leur suture, on les soumet à une forte pression intérieure. Un jet d’air comprimé dilate en ballon une petite portion du
- tuyau. C'est une sorte de hernie volumineuse et artificielle qu’on provoque en un point. En ce point, le tuyau de caoutchouc est élargi et arrondi de quatre à cinq fois son diamètre. Cette
- Fig. 27. — La mise en magasin des pneumatiques.
- « hernie » est promenée de proche en proche successivement sur toute la longueur du tuyau. La moindre faiblesse, et à fortiori la moindre fissure, est immédiatement révélée.
- Enfin, lorsque toutes ces vérifications de détail sont terminées, on monte les pneus complets
- sur les jantes, on les gonfle et on les garde en magasin pendant deux mois tout gonflés. Ce stage est la dernière opération qu’ils ont à subir.
- . Gaston Sçncter.
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- LE SOUS-MARIN LE HOLLAND
- Nous avons eu déjà l’occasion do parler du sous-marin américain le Holland. Ce sous-marin vient de faire de nouveaux essais devant l’amiral Dervey et le secrétaire d’Etat de la marine américaine. Il a plongé, est ressorti de l’eau, a torpillé un vieux remorqueur et a replongé immédiatement.
- Il a pu recommencer cinq fois de suite le même manège et a réussi chaque fois à lancer sa torpille eu n’émergeant, que durant 25 ou 30 secondes seulement.
- Deux des torpilles ont touché le hut.
- COURSES
- La Coupe Gordon-Bennett.
- Les exigences de notre tirage nous empêchent de rendre compte dans ce numéro de la coupe Gordon-Bennett, dont le départ a été donné jeudi, à 3 heures du matin, sur la route de Versailles, après le passage à niveau de Montretout-
- Le parcours choisi est Paris-Lyon (566kilom.), par Chartres, Bonneval, Orléans, Gien, Ncvers, Moulins, la Palisse, l’Arbresle et Lyon, toutes routes superbes et propices aux grandes vitesses.
- Voici les noms des concurrents avec la couleur des équipes. On sait que les voitures sont peintes d’une façon uniforme par équipes, c’est-à-dire par nationalités.
- Equipe bleue, France. — R. de Knyff, Charron et Girardot.
- Equipe jaune, Belgique. — P. de, Caters, Jenatzy et Léon Lefebvre.
- Equipe rouge, Amérique. — A. Winton.
- Equipe blanche, Allemagne. —Eugen.
- Les voitures porteront en outre des numéros suivant lesquels elles seront, rangées au départ. M. R. de Knyff a tiré au sort le n° 1 pour la France, numéro qui lui a été attribué, car il avait, le même dans l’équipe française. Voici donc les numéros des concurrents :
- 1. R. de Knyff (France).
- 2. de Caters (Belgique).
- 3. Eugen (Allemagne).
- 4. Winton (Amérique).
- 5. Charron (France).
- 0. Jenatzy (Belgique).
- 7. Girardot (France).
- 8. Lefebvre (Belgique).
- Il est à peu près certain que l’équipe belge ne sera pas au complet. Elle a d’ailleurs protesté contre la date, alléguant que celle-ci n’avait pas été discutée entre les délégués, comme le comportait le règlement. M. de Caters est à Baden-Baden. Jenatzy devait arriver à Paris mercredi. M. Lefebvre était mardi encore en Belgique.
- Il y aura en tous cas un partant belge, c’est certain. Sera-ce M. Lefebvre, sera-ce Jenatzy? Peut-être les deux. En tous cas, ne comptons point sur M. de Caters. Mais les autres concurrents seront tous là.
- Rappelons que la coupe appartiendra à la nation dont une voiture arrivera première.
- X
- Le Critérium de Provence.
- lpr JUILLET
- L’Automobile-Club de Salon organise, pour le Ie'-juillet prochain, une course de 100 kilomètres qui portera le nom de Critérium de Provence et sera courue sous le règlement de l’Automobile-Club de France.
- L’itinéraire est : Salon, borne 42.300, la Sama-taue, Calamau, Mi ramas, le Merle, Saint-Martin de Crau, Raphèle, Arles (virage à la borne 79.391). Raphèle. Saint,-Martin de Crau, Le Merle, Salon (arrivée à la borne 42.300).
- Les véhicules concurrents seront divisés en trois catégories : 1° voitures, c’est-à-dire tout véhicule pesant 400 kilogs et au-dessus et portant deux personnes côte à côte; 2° motocycles, c’est-à-dire tout véhicule pesant moins de 250 kilogs.; 3° voilurettes, c’est-à-dire tout véhicule pesant moins de 250 kilogs. Dans le cas où le poids moyen des voyageurs des voitures (lrc catégorie) n’atteindrait pas 70 kilogs, ce poids serait complété par des saumons de plomb à fournir par les concurrents, mais non par des outils ou ustensiles divers. Le poids des voiturettes et motocycles sera pris à vide, sans accessoires, outils et pièces de rechange.
- Le départ, sera donné sur la route d’Arles, à la borne 42.300.
- Le pesage et le plombage se feront le 1er juillet, à 7 heures du matin, place de la Liberté, pour les voiturettes, et au même endroit à 10 heures pour les motocycles. Le pesage, des voitures au départ se fera le 1er juillet, à 1 heure, de l’après-midi, à la savonnerie Garcin, en face le poteau du départ,. Les voitures seront, pesées à l’arrivée, au même endroit.
- Le départ sera donné aux voiturettes, à 30 secondes d’intervalles à partir de 8 heures et demie du matin, aux voitures à 30 secondes d’intervalle à partir de 2 heures après-midi et aux motocycles par séries de quatre, à 30 secondes d’intervalle, le premier départ des motocycles s’effectuant une minute après le départ de la dernière voiture.
- Le contrôle de virage, à Arles, à la borne 79.391, sera fermé à 11 heures du matin pour les voiturettes et à 5 heures de l’après-midi pour les voitures et motocycles. A l’arrivée, le contrôle sera fermé à midi et demi pour les voiturettes et à 6 heures et demie du soir pour les voitures et motocycles. Il ne sera plus fait de classement après la fermeture du contrôle.
- Le Critérium de Provence est doté des prix suivants :
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- PRIX DU CONSEIL GÉNÉRAL
- Voitures.
- 1er prix : 500 francs en espèces offerts par le Conseil général.
- 2° prix : 250 francs en espèces offerts par l’A. C. de Salon.
- 3° prix : 100 francs en espèces offerts par l’A. C. de Salon.
- 4° prix : 50 francs en espèces offerts par l’A. C. de Salon.
- 5° prix : Médaille en argent offerte par le .journal le Vélo.
- PRIX DE LA VILLE DE SALON
- Motocycles.
- 1er prix: : 350 francs offerts par la ville de Salon.
- 2° prix : 150 francs offerts par la ville de Salon.
- 3e prix : 75 francs offerts par la ville de Salon.
- 4° prix : 25 francs offerts par la ville de Salon.
- 5° prix : Médaille en bronze offerte par le journal le Vélo.
- PRIX DU CERCLE DES ARTS ET MÉTIERS
- Voiturettes.
- 1CI> prix : un objet d’art d’une valeur de 200 francs, offert par le Cercle des Arts ou 200 francs en espèces»
- 2° prix : Un objet d'art d’une valeur de 100 francs, offert par l’A. C. de Salon.
- 3° prix : Une médaille offerte par l’A. C. de Salon.
- 4e prix : Une médaille offerte par l’A. C. de Salon.
- 5° prix : Une médaille offerte par l’A. C. de Salon.
- Le conducteur devra être muni de son permis de circulation. L’engagement devra mentionner : 1° Les nom et prénoms du propriétaire du Véhicule; 2° les nom, prénoms et pseudonyme, s’il y a lieu, de celui qui doit conduire ; 3° le poids et le type du véhicule; 4° le nom du constructeur; 5° le numéro du permis de circulation.
- Les droits d’entrée, non remboursables si le véhicule ne prend pas part à la course, sont de 25 francs pour les voitures, 15 francs pour les motocyles et 10 francs pour les voiturettes. Les engagements, accompagnés du droit d’entrée, doivent être adressés à M. E. Bertin, président de T Automobile-Club de Salon, avant le 28 juin, à 7 heures du soir.
- Les commissaires de la course sont MM. F. Ber-tin, F. Carbonnel et L. Julien.
- Le virage sera signalé par un drapeau tricolore; le ralentissement et l’attention par un drapeau jaune. Les passages à niveau par un drapeau jaune; en cas de fermeture, par un drapeau rouge. Des flèches indiqueront aux chauffeurs la direction à suivre. Quand une voiture devra en dépasser une autre, celle-ci devra se ranger à droite, à première réquisition, et ne faire aucune manoeuvre pour l’empêcher de passer. En aucun cas, le conducteur dépassant un véhicule, ne devra couper la ligne de marche de celui qu’il dépasse, sans être certain d’avoir gagné trois longueurs franches. La vitesse ne pourra, en aucun cas, dépasser 20 kilomètres à l’heure dans les agglomérations; elle pourra dépasser celle de 39 kilomètres à l’heure en rase campagne.
- Les réclamations devront être faites par écrit et adressées aux commissaires des courses dans la journée du 2 juillet au plus tard. En cas de
- mauvais temps, la course pourra être renvoyée par simple décision de la Commission.
- X
- Des expériences ont été faites pour savoir si les tricycles à pétrole pourraient non seulement évoluer sur la nouvelle piste de Vincennes, mais encore si les coureurs pourront lutter derrière eux. L’expérience n’a pas été concluante. Les tricycles évoluent bien, mais de l’avis de Demester, le coureur qui aura pris la tête derrière son moto-cycle ne pourra pas être remonté par les suivants. La commission de l’U. V. F, va prendre une décision que nous ferons connaître.
- X
- Notre confrère le Matin renonce définitivement à la course d’automobiles Paris-Brest qu’il voulait donner cette année.
- X
- Vérifications et pointage faits, quelques modifications se sont introduites dans le classement des vainqueurs de la course Bordeaux-Périgueux-Bordeaux.
- Affiici les chiffres officiels. Rappelons que dans les trois premières séries les concurrents couvraient 318 kilomètres et dans les autres 2G0 seulement.
- lrc série (deux places). — 1. Levegli, en 4 fi. 1 m. 45 s.; 2. Giraud, en 4 h. 12 m. 36 s.; 3. Bostwick, en
- 4 h. 18 m. 6 s.; 4- Farman, en 4 fi. 36 m. 37 s.; 5. Secrestat, en 5 h. 22 m. 34 s.; 6. Barroxv, en 5 h. 36 m. 54 s.; 7. Versein, en 6 h. 39 m. 10 s.; 8. Cham-robert, en 6 h. 51 m. 13 s.
- 2° série (quatre places). — Maurel, en 6 h. 19 m. 40 s.
- 3° série (fiuit à dix chevaux). — 1. Gondoin, en 7 h.
- 5 m.
- 5° série (six à huit chevaux). — 1. Laffitte, en 6 fi. 8 m. 17 s.; 2. Mauzan, en 6 fi. 9 m. 12 s.; 3. Gateuil, en 6 h. 47 m. 5 s.
- 6° série (quatre places, huit à dix chevaux). — 1. Jouasset-Gintrac, en 10 h. 56 m.
- 7e série (quatre places, huit à dix chevaux). — 1. Wetterwald, en 9 h. 32 m. 50 s.; 2. Watton, en 9 fi. 45 m.
- 9e série (six places). — 1. Lefebvre, en 5 b. 20 ni. 29 s.; 2. Lafitte (omnibus), en 10 h. 36 m.
- 10* série (voiturettes). — 1. Théry, en 4 h. 40 m. 12 s.; 2. Camus, en 6fi. 15 m. 20 s.; 3. Fernandez, en
- 6 h. 31 m. 14 s.; 4. Cornilleau, en 7 h. 17 m. 29 s.; 5. Bord, en 8 b. 35 m. 12 s.; 6. Legendre, en 10 b. 1 s.
- 11° série (motocycles). — 1. Cormier, en 4 h. 27 m. 19 s.; 2. Chrétien, en 4 h. 28 m. 41 s. ; 3. .lourde, en 4 h. 31 m. 48 s.; 4. Joyeux, en 4 h. 33 m. 6 s.
- 12e série (quadricycles). — 1. Lal’argue, en 5 h. 52 m. 46 s.; 2. Barreau, en 7 h. 12 m. 14 s.; 3. Briol, en 8 h. 37 m.
- Le championnat du Sud-Ouest revient à Levegh (A. C. B.), couvrant 202 kilomètres en 2 h. 40 m. 10 s.
- La moyenne de Levegh, vainqueur de toutes les catégories, est donc de 79 à l’heure.
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- Le Rallye-Auto a donné, le 4 juin, un rallie-papiers automobile entre Saint-Uermain et Les Mureaux.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Après un déjeuner réunissant les membres du cercle et leurs invités, le départ a été donné à une heure à la porte d’Hennemont. La piste avait été tracée le matin par M. René Ledard, M. le comte H. d’Andigné et M. Brault.
- L’arrivée s’est faite aux Mureaux, où un punch attendait les concurrents.
- 1er prix « ex æquo » :
- M. Lefèvre, ayant dans sa voiture M. et M me Vulliet.
- La voiture de M. le comte d’Aubigny et M. le comte de Montalembert.
- 2 e prix :
- Comte H. de Saint-Genys, ayant dans sa voiture Mmc la comtesse de Saint-Genys et Mlle de Saint-Genys.
- 3e prix :
- M. Paul Chauchard, ayant dans sa voiture M. Ch. d’Estainville.
- A six heures, retour à Paris.
- Le Rallye-Auto se propose d’offrir à ses membres une série d’excursions qui offriront le plus grand intérêt.
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- La commission du Grand Prix de Paris vient de décider, après un examen de la question, que les tricycles à pétrole seraient autorisés dans la course de demi-fond inscrite au programme du meeting municipal.
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- Le critérium des électriques.
- Lundi prochain 18 juin sera disputé le « Deuxième Critérium des Electriques », créé et organisé par le Sport universel illustré.
- Ce Critérium comprendra deux épreuves : 1° Epreuve de vitesse; 2° Épreuve de durée de marche sans recharge.
- Epreuve de vitesse. — Le parcours est ainsi arrêté : Départ de la Porte Maillot, au restaurant Gillet, à 9 heures du matin, l’avenue de Neuilly, le quai de la Jatte, le pont Bineau, la Garenne-Charlebourg, route nationale n° 100, Bezons, Houilles, Maisons-Laffite, la Croix-de-Noailles, Poissy, Triel, Meulan (virage), Poissy, Saint-Germain, le pont du Pecq, le Vésinet, Chatou, Rueil, le haras de Suresnes, Saint-Cloud, le pont de Saint-Cloud, tourner à gauche, prendre le quai, arrivée aux châlets du Cycle.
- Les concurrents seront en plus du classement général, classés selon trois catégories de poids : 1° Voitures de 1200 kilos et au-dessus; 2° Voitures de 800 à 1200 kilos; 3° Voitures au-dessous de 800 kilos.
- Le pesage des voitures se fera sur la bascule de l’octroi de la Porte Maillot. L’opération du pesage commencera à 8 heures du matin pour cesser à 8 h. 1/2.
- Au 1er de chaque catégorie, une médaille de vermeil. A tout concurrent terminant le parcours, un diplôme.
- Épreuve de durée. — Un prix spécial est créé pour la voiture qui, ayant terminé la course,
- couvrira la plus grande distance autour de Long-champ jusqu’à décharge complète des accumulateurs.
- A midi et demi, un banquet au cliâlet du Cycle réunira les concurrents et les invités.
- Prix de l’engagement : 100 fr. par voiture engagée.
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- Draguignan-Aix-Draguignan.
- La course d’automobile Draguignan-Aix et retour (182 kilom.) organisée par l’Automobile-Club dracénois s’est disputée le 4 juin.
- Voici les résultats :
- Motocycles. — 1. Vitalis, 5 h. l\ m. 25 s.; 2. Allègre, 6 h. 34. Ce dernier a été obligé de finir en pédalant pendant 2 kilomètres.. Rimbaud et Deville ont abandonné par suite d’avaries.
- Voitures. — lre série : 1. Gondoin, 7 b. 30 m. 15 s.; 2° série : 1. Stead, 5 h. 20 m. 37 s.
- La pluie n’a pa,s cessé de tomber pendant la course.
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- L’Automobile-Club de Belgique a décidé de 11e prendre aucune part au Longchamps fleuri de Bruxelles donné le 11 juin.
- Cette décision a été motivée par les maladroites exigences de l’administration locale, qui imposait un ridicule maximum de vitesse de 10 kilomètres à l’heure, bien que la manifestation automobile dût se faire sur la piste spéciale formée par le petit tour du lac.
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- Le comte de Raczynski stupéfie en ce moment les habitués du vélodrome de Bruxelles par l’audace avec laquelle il aborde les virages très relevés avec sa voiturette. On prépare, du reste, à ce vélodrome, une grande fête automobile internationale pour le 15 juillet.
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- On annonce la participation d’une voiture à vapeur de construction belge, à l’épreuve du kilomètre que l’Automobile-Club de Belgique fera courir le 17 juin prochain sur la routé de Dieghem.
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- Tout dernièrement, sur la piste du Veloc-e Club de Voghera; M. Masseratli Carlo, montant une bicylette munie du moteur de course Carcano, a couvert une distance de 10 kilomètres en 9 minutes 22 secondes ; les journaux italiens sont dans l’enthousiasme.
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- Le Club Londonnien, dit « Catford Gycling Club », va organiser un concours de motocycles et automobiles. Ce concours aura uniquement pour but l’ascension des plus fortes côtes de la banlieue de Londres.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- A TRAVERS LA PRESSE
- Les Archives générales d'hydrologie publient dans leur numéro de mai une très intéressante chronique de l’automobilisme par le docteur Paul Rodet.
- Aroici ce qu'écrit le docteur Paul Rodet au sujet de l'accident de la Croix de. Noailles :
- .le coudrais à cet égard me borner à faire un simple rapprochement. Il y a quinze ou vingt ans, un jour de Grand Prix à Longchamps, la foule avait envahi la piste où on ne croyait pas que les chevaux dussent passer. Tout d’un coup on vit déboucher au tournant le peloton de tète et les quelques chevaux qui le composaient allèrent piétiner la foule qui n’eut pas le temps de s’écarter pour laisser passer le reste du peloton. Plusieurs personnes furent blessées et intentèrent une action civile aux propriétaires des chevaux. Ceux-ci furent condamnés.
- Jamais personne ne pensa à incriminer la Société d’encouragement et jamais le ministre n’eut un seul instant la pensée d’interdire les courses de chevaux.
- 11 n'en est pas moins vrai que les choses se sont passées exactement comme dans la course Paris-Roubaix.
- Alors pourquoi réserver toutes les foudres administratives pour l’automobilisme qui emploie actuellement des milliers d’ouvriers, tandis que le Sport hip pique n'a guère d'autre résultat que de contribuer à la ruine de milliers de gens qui vont naïvement engraisser le pari mutuel.
- Il serait cependant si simple de laisser cette industrie arriver à son complet épanouissement, grâce aux courses sur route qui donnent la mesure précise de la valeur de chaque marque et qui éliminent du marché, par ce fait même, tous les industriels dont la fabrication est inférieure, ce qui est une garantie pour le public. Avec les progrès incessants qui s’accomplissent chaque année, il arrivera certainement un moment qui n’est pas très éloigné où la formule définitive de l’Automobile sera trouvée et où alors les courses deviendront inutiles. Sinon il arrivera ceci, c’est que tous ceux qui ont déjà acquis une notoriété et qui, par ce fait, sont assurés de la vente de leurs produits, au lieu de chercher toujours à faire mieux s’en tiendront au type qu’ils vendent, si imparfait qu’il soit.
- Bravo! docteur, il est impossible de mieux dire.
- la situation de la carrosserie française.
- M. Maurice Cottenet, ingénieur des Aids et Manufactures et président de la chambre syndicale des carrossiers, vient de publier un très intéressant rapport dont nous extrayons quelques chiffres, Rs concernent la carrosserie hippomobile mais ils montrent, par cela même, l’importance que l’industrie automobile est appelée a prendre dans un avenir très prochain.
- Il existe en France plus de 3.000 ateliers où l’on fabrique la voiture et le harnachement, sans compter les maisons qui ne s’occupent que de l’échange et em-
- ploient néanmoins un certain personnel pour les travaux de réfection.
- On peut estimer à plus de 200.000 le nombre des ouvriers auxquels, tant directement qu’indirectement, la fabrique des voitures et des harnais et l’entretien des chevaux procurent du travail.
- La carrosserie produit annuellement 36,000 véhicules de tous genres affectés au transport des personnes et représentant une valeur d’environ 35 millions.
- D’autre part, l'entretien du matériel roulant, qui comprend aujourd’hui 1.500.000 voitures, donne à la carrosserie, bon an mal an, de 20 à 25 millions d’affaires.
- La voiture française est universellement estimée dans le monde entier. Malgré les barrières qu’opposent à son exportation les frais de transport, les tarifs douaniers et l'élévation du change en certains pays, il en est sorti, en 1897, pour plus de 3 millions.
- En 1889, année de l’Exposition, l'exportation à dépassé 5 millions.
- C’est cette industrie si intéressante, qui ne distribue pas moins de 20 millions de salaires annuels à ses ouvriers, que l’on ruinerait à coup sûr par l’ad'op. tion des mesures fiscales qui vous sont proposées !
- Voilà donc établi, 'par l’ami Cottenet. qui est mieux placé que personne pour le savoir, qu’il y a 1.500.000 voitures à chevaux en France.
- Il y a donc encore de beaux jours pour les constructeurs d’automobiles, s’ils ne s’endorment pas sur leurs lauriers.
- LES AUTOMOBILES SLR ROUTES
- On vient de demander les autorisations nécessaires pour établir un service public d’automobiles entre les stations du Midi et du Luxembourg, à Bruxelles ; on se propose aussi d’en créer d’autres pour desservir le parc et certains faubourgs.
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- En attendant que le chemin de fer du Tessin construise un embranchement de ATgevano à Mortara et de ce point à Cassolo, on a arrêté la mise en service d’une automobile à poids lourds, qui fera ce parcours pour les transports publics et postaux.
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- Il ne semble pas que, au moins pour l’instant, les automobiles aient de belles chances d’avenir en Pologne. Des services au moyen de véhicules mécaniques avaient été créés entre Piotrokoff et Kalisch, entre Vlsclawsk et Lipno; mais ils ont dû être rapidement interrompus par suite du mauvais état des routes.
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- Il parait qu’un ingénieur américain parcourt en ce moment la Grande-Bretagne pour se procurer un certain nombre d’omnibus automobiles destinés à assurer des services à Buenos-Ayres. Il serait regrettable que nos constructeurs lais^ sent échapper cette affaire,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le développement de l’automobilisme eu Angleterre va avoir une influence curieuse et précieuse sur l’entretien des routes. Voici, par exemple, M. G. J. Bell, l’inspecteur des routes du comité de Cumberland qui vient de publier un rapport que nous ne pouvons évidemment reproduire, mais (qui aflirme que la locomotion par voitures mécaniques va se généraliser rapidement, et qu’il faut prendre des mesures en conséquence. « Les conseils de comité, dit-il, doivent consacrer d’importantes sommes à mettre les routes en état. »
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- Les propriétaires d’omnibus de Torry, dans le district d’Aberdeen, sont en ébullition, et ils viennent de former un comité de défense pour empêcher la création de lignes d’automobiles dans leur région.
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- On vient d’organiser un service d’omnibus automobiles à Lincoln, et immédiatement la Compagnie de tramways a réduit de moitié les larifs de ses voitures, alors qu’on lui avait demandé en vain cette réduction depuis des années.
- ~°-
- On va mettre en service une ligne d’omnibus automobiles dans l’Etat de New-York entre Le-jons et Sodus Point, qui sont séparés par une distance de 22 km. Cela tout simplement parce qu’on avait eu l’intention de construire un tramway électrique,'mais que les fermiers voulaient vendre trop cher les terrains nécessaires.
- Exposition universelle de 1900
- Kappelons à nos lecteurs que le concours international de motocycles organisé par F Automobile-Club de France et figurant au programme des épreuves de l’Exposition commencera le 18 juin pour terminer le 23.
- Le concours portera :
- () Sur la consommation du combustible ou l’agent d’énergie quelconque employé;
- () Sur le fonctionnement du moteur;
- (c) Sur l’endurance du inotocvcle.
- Seront admis au concours fous les motocycles, quel qu’en soit le système.
- Pour chaque motocycle engagé, il sera payé une entrée de 50 francs jusqu’au 10 juin et une entrée double à partir de cette date.
- La liste des engagements sera close le samedi 10 juin, à minuit.
- Les adresser à M. Jeantaud, 51, rue de Pontbieu, accompagnés du droit d’entrée de 50 francs.
- Le garage ufliriei des cycles et voiturettes sifué au coin du pont des Invalides et du boulevard de Latour-Maubourg est enfin ouvert aux visiteurs. Sans être complètement terminé, il reçoit les machines.
- L’Administration vient d’accorder, non sans peine, aux automobiles l’autorisation de circuler dans les allées de l’Exposition de Vincennes.
- L’entrée des voitures doit se faire par l’une des quatre portes ainsi dénommées : Les Tribunes; Le Bac; Les Glacières; Le Château.
- Il est recommandé instamment de ne pas dépasser la vitesse de 12 kilomètres dans l’enceinte de l’Exposition.
- Les conducteurs et voyageurs sont, bien entendu, soumis aux conditions ordinaires des entrées.
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- La maison de I)ion-Bouton et la Société Scotte ont mis gracieusement à la disposition du groupe de Paris des anciens élèves de Fecom Centrale une pauline avec son tracteur et deux trains à vapeur.
- Ces véhicules automobiles serviront à mener a l’Exposition de Vincennes, le 21 juin, les membres du groupe et leurs invitées auxquels on fera faire ensuite la promenade classique du tour de Marne par Joinville-le-Pont, Ghampiguv, Ghennevières, Ormesson, Sucy-en-Brie, Boissy-Saint-Léger, Valenton, Créteil.
- La Société des Ingénieurs civils vient de décider de donner à l’Exposition des conférences-visites pour les membres de la société et pour leurs collègues étrangers.
- Parmi celles qui sont annoncées, trois intéressent l’automobile. En voici les dates :
- Mardi 26 juin : Automobiles et moteurs (MM. de Nansouty, de Chasseloup-Laubat, Ma-glin et L. Périsse), à Vincennes, porte Dorée.
- Mercredi 27 juin : Tramway et cycles (MM. Go-dfernaux, Maglin et L. Périssé), à Vincennes, porte Dorée.
- Samedi 30 juin : Cycles, automobiles et tramways (MM. de Chasseloup-Laubat et L. Périssé), au Ghamp-de-Mars, porte 17.
- Toutes ces conférences auront lieu le matin à dix heures. Les adresses que nous donnons sont les lieux de rendez-vous indiqués.
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- TJn congrès international de la Propriété industrielle se tiendra à Paris du 23 au 28 juillet prochain. Le président est M. Pouillet, l’avocat bien connu. Le secrétaire général estM. Ch. Thi-rion fils, ingénieur-conseil. La cotisation est de 20 francs.
- Rappelons aux personnes désirant prendre part aux concours internationaux de bateaux à moteurs mécaniques, fixés aux 23 et 24 juin à Argenteuil qu’elles doivent envoyer leur engagement avant le 15 juin, dernier délai, àM. Gabriel Paillard, président de l’Hélice-Club de France, 75, rue Gharles-Laflite, à Neuilly-sur-Seine.
- Passé cette date, aucun engagement rte sera admis.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- COURRIER INDUSTRIEL
- — La population de Cagliari, en Sardaigne, est d’au moins 40,000 habitants. Avec les communes environnantes, elle forme 60,000 âmes environ.
- 11 y existe déjà une ligne de tramways à vapeur avec un matériel assez important, qui dessert sur une étendue d’environ 10 kilomètres, une partie de la ville de Cagliari et quelques communes voisines à l’Est.
- En dehors du tramway un service d’automobiles, faisant la poste et parcourant des communes un peu plus éloignées, de l’autre côté de la ville, aurait des chances de réussite.
- — La Vie scientifique publie une curieuse description d’un vieux bicycle à vapeur américain qui mérite de figurer parmi les ancêtres des motocycles actuels.
- Ce bicycle, inventé par C. G. Copeland, de Phoenix (Arizona), fut présenté au Pavillon des Machines en décembre 1885, à San-Francisco, et y fit sensation. Une petite machine à vapeur était fixée à l’avant du bicycle et la transmission s’opérait par courroie qui reliait l’axe moteur à la grande roue du bicycle.
- Il fallait remplacer l’eau toutes les heures et le combustible employé était la benzine : ce précurseur faisait son mille en cinq minutes, soit environ 18 à 20 km à l’heure, ce qui est loin des vitesses qu’atteignent actuellement les motocy cles.
- En cas d’avarie, le bicycle pouvait être mû par les pédales; le moteur, qui était démontable, pouvait produire une force d’un quart de cheval.
- Enfin, l’inventeur, qui était un homme pratique, recommandait de démonter le moteur en hiver et de s’en servir industriellement.
- — Pour coller de l’étoffe sur du métal, on peut employer une des formules suivantes indiquées par le Papier-Zeitung.
- 1) Mélanger 100 parties de colle forte bouillante avec 1 partie de térébenthine, faire bouillir le mélange un quart d’heure en remuant, laisser un peu refroidir avant d’employer.
- 2) Un mélange de 2 parties de laque en écailles avec 3 parties d’alcool camphré et 4 parties de fort alcool donne également de bons résultats.
- 3) Mélanger 100 gr de poudre de caséine avec 600 gr d’eau, ajouter 10 gr.d’esprit de sel ammoniac; faire dissoudre à chaud sans laisser bouillir. On obtient ainsi une colle tenace convenant parfaitement. La face de l’étoffe devant s’appliquer sur le métal doit être enduite de cette colle et séchée. On chauffe légèrement le métal, puis on enduit celui-ci de colle de caséine, et enfin on y applique la surface préparée de l’étoffe. Le séchage doit se faire à température modérée. On peut se servir aussi de laque en écailles dans les mêmes proportions.
- — Voici un procédé fort simple de soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux que nous trouvons mentionné dans Y Industrie progressive.
- On recouvre d’abord la portion du tube à souder d’une mince couche de platine. Pour obtenir ce dépôt, il suffit d’enduire le verre légèrement chauffé au moyen d’un pinceau imbibé de chlorure de platine bien neutre mélangé à l’huile essentielle de camomille. On fait évaporer lentement l’essence, et quand les vapeurs blanches et odorantes ont cessé de se produire, on élève la température jusqu’au rouge sombre : le platine se réduit alors en recouvrant le tube de verre d’un enduit métallique et brillant. En fixant au pôle, négatif d’une pile convenable le tube ainsi métallisé et placé dans un bain de sulfate de
- cuivre, on dépose sur le platine un anneau de cuivre qui est malléable et très adhérent si l’opération a été bien conduite.
- Le tube de verre recouvert de cuivre peut alors être traité comme un véritable tube métallique et soudé, au moyen de l’étain, au fer, au cuivre, au platine, et, en général, à tous les métaux que l’on soude avec l’étain.
- La résistance et la solidité de cette soudure sont considérables. M. Cailletet a constaté qu’un tube de son appareil à liquéfier les gaz, dont l’extrémité supérieure avait été fermée au moyen d’un ajutage, ainsi soudé, résiste à des pressions intérieures de plus dé 300 atmosphères.
- — Lorsque les surfaces peintes, de bois ou de métal, doivent être exposées aux intempéries, il est bon de les laver à fond tout d'abord, puis de les garnir d’une couche d’huile de lin bouillante qui constitue une sorte de vernis préparatoire. De la sorte, la peinture ne s’écaille jamais; le procédé est à recommander principalement pour les objets en fer; si ceux-ci sont de petites dimensions et peuvent être convenablement chauffés, il est préférable de les chauffer au préalable et de les plonger ensuite dans l’huile de lin. L’huile bouillante, en pénétrant dans les pores du métal, en chasse toute l'humidité, et la couche de couleur que l"on applique ensuite adhère si fortement que ni le froid, ni la pluie, ni le vent ne peuvent l’entamer.
- — Les pièces de fer, que Ton ne peut pas chauffer pour les souder, peuvent être assemblées à froid de la manière suivante; les extrémités à réunir sont recouvertes d’un mastic formée de :
- Soufre................................60 parties
- Céruse................................60 —
- Borax.................................10 —
- Acide sulfurique à 60° B.............100 —
- On presse fortement les deux pièces l’une contre
- l’autre et on laisse en repos, pendant cinq à sept
- jours. Les deux pièces sont soudées et ne peuvent plus, si l’on a bien opéré, se séparer au marteau.
- —.On obtient un bon vernis pour le cuivre poli en prenant :
- Alcool.................................. l litre
- Sandaraque.............................110 grammes
- Bésine..................................30 —
- Glycérine............................... 5 —
- On fait dissoudre la sandaraque et la résine dans l’alcool, puis on ajoute la glycérine.
- — Un procédé indiqué par Ylndustrie électro-chimique., et breveté par M. H. Becker, consiste à traiter dans un four électrique de distillation, soit à arc, soit à résistance, un mélange de carbone ou de carbure avec un oxyde ou carbonate d’un métal facilement volatil. En remplaçant l’oxvde ou le carbonate parmi chromate, tungstate, manganate de soude ou de potasse, le métal alcalin distille, tandis quë'l’autre métal reste dans le four et peut être coulé.
- — Voici une méthode facile pour remédier à l’in-convenient si réel du desserrage des boulons, ou plutôt des écrous des boulons. Enlever écrou et boulon, les nettoyer soigneusement, puis répandre un peu de résine en poudre à l’intérieur de l’écrou et sur le pas de vice du boulon, au besoin même entourer un fil de coton autour de ce dernier, et serrer.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année.
- LA I
- N° 25.
- 21 Juin 1900.
- AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr. LE NUMÉRO 50 Centimes. administration et rédaction Rue Chauveau-Lagardf, k — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 25.
- La loi sur les accidents et les automobiles, Albert Roda net. —À propos d'une'voiture, Gaston Sencier. — Fchos et nouvelles. — Voiture de course autrichienne. — Canot à pétrole à moteur de Dion-P.oulon. — Moteur Monnier-May. — Frein réversible Ilenriod. — La voiture électrique de Ferlin. — Cuide de route de la petite voiture de Dion-Douton, ./. Wol/f. - Courses. — Exposition universelle de 1900. — A tra vers la presse. — Les automobiles sur routes. — Tribunaux.
- LA LOI SUR, LES ACCIDENTS
- ,ET JdIS AUTOMOBILES
- Nos lecteurs savent tous qu’il a été promulgué, le 9 avril 1898, une loi qui a aggravé considérablement les charges pesant sur ceux qui emploient des ouvriers. L’ancienne législation des art. 1382 et 1381 du Code civil, qui rendait responsable des conséquences d’un accident celui par la faute duquel il était survenu, a été remplacée par de nouvelles dispositions qui dispensent l’ouvrier de prouver la faute de l’industriel et qui fixent à forfait le taux des indemnités à allouer à la victime ou à ses ayants-droit. La responsabilité pécuniaire de l’employeur est des plus graves. Il est tenu, en cas d’incapacité permanente et partielle, do fournir à l’accidenté une rente égale à la moitié de la réduction du salaire. En cas d’incapacité permanente le taux de cette rente est élevé aux deux tiers du salaire. En cas de mort, des rentes sont dues à l’épouse et aux enfants mineurs.
- La loi de 1898 étant une loi d’exception qui ne s’applique qu’aux exploitations où il est mis en usage une machine « mue par une force autre que celle de l’homme ou des animaux », tous ceux qui emploient des ouvriers ou employés en dehors de ce cas bénéficient des anciennes dispositions du Code civil; ils ont donc le plus grand intérêt à faire juger qu’il n’y a pas lieu à appliquer l’art. 1er délimitant le champ d’action de la loi de 1898.
- Les fabricants de moteurs à pétrole* à essence, électriques, etc., tombent évidemment sous les dispositions nouvelles ; ils usent tous de machines mécaniques et, en cas d’accident, ils sont tenus de payer les rentes prévues en 1898.
- Ils bénéficient d’ailleurs de la nouvelle jurisprudence qui offre au moins cette compensation aux patrons de refuser à la victime toute autre voie de droit que la procédure spéciale de la nouvelle loi. C’est ainsi que le tribunal correctionnel vient très sagement de décider que, d’office, l’ouvrier doit être déclaré non recevable,-s’il assigne son employeur devant cette juridiction pour blessures par imprudence. Les dispositions du Code d’instruction criminelle qui permettent la citation directe à la partie civile sont supprimées en ce qui concerne les accidents du travail.
- Mais les simples chauffeurs qui emploient un mécanicien pour conduire leuf voiture et qui, par suite, usent d’un moteur mécanique, sont-ils tenus, en cas d’accident, de payer les indemnités si lourdes de la loi de 1898?
- Le Comité consultatif des assurances contre les accidents du travail, saisi d’une communication du ministre du commerce sur l’interprétation de l’art. 1er, est partisan de la négative. Il a rendu l’avis suivant le 13 décembre 1879 :
- « Est d’avis. — Que l’usage des voitures automobiles comporte assujettissement à la loi, lorsque ces voitures font partie d’une entreprise de transport ou d’une exploitation industrielle, ou bien lorsqu’elles sont employées par une exploitation commerciale ou agricole. »
- C’est dire implicitement que le propriétaire d’une voiture d’agrément n’est pas responsable selon les prescriptions de la loi de 1898; môme avis avait déjà été donné pour la navigation de plaisance.
- Cette décision est d'ailleurs conforme à l’art. 1er qui parle « d'exploitation ou de partie d'exploitation », admettant que le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- particulier non commerçant est étranger à ces dispositions. Le chauffeur ne pourra donc être condamné que si son ouvrier démontre que l’accident est survenu par
- sa faute. Albert Rodanet,
- Docteur en droit, avocat à la Cour.
- A PROPOS D’UNE VOITURE
- Nous publions un peu plus loin, dans la partie technique de ce journal, deux gravures représentant, d’après des photographies, une automobile de course construite par nue maison autrichienne. Je ne sais pas encore ce que vaut exactement, au double point de vue de la vitesse et de la résistance à la roule, celle voiture nouvelle. Les constructeurs qui sont des gens très sérieux et très bien posés dans leur pays parlent d’une vitesse de 90 kilomètres à l'heure en palier et sur lionne route. 90 kilomètres de moyenne à l'heure! Ce n’est plus une vitesse qui fera maintenant retourner les badauds. C’est presque une chose courante et il faut cire préfet de Seine-et-Oise, préfet de police ou juge de paix siégeant à la Cour de mai pour que ce chiffre, prestigieux naguère, vous cause encore quelque étonnement.
- Aussi ce n’est pas du tout sur les 90 kilomètres à l’heure de la voiture autrichienne que j’insisterai, c’est sur sa forme. Lorsque les constructeurs de cette automobile ont eu l’amabilité de m’envoyer les photographies et la description de leur nouvel engin de course ils ont, dans leur lettre, insisté sur ce point qu’ils n’avaient pas voulu faire une voiture mais bien « une machine pouvant aller à grande vitesse sur une route ». A vrai dire il y paraît, — beaucoup moins, du reste, qu’on n’eût pn le croire a priori, — lorsqu’on regarde leur voiture. Cela n’empêche pas qu’ils ont, peut-être les premiers dans notre industrie, le mérite d’avoir compris qu’une automobile n’est pas une voiture, que c’est même une chose absolument différente d’une voiture et que cela n’a pas plus de raisons de ressembler à un carrosse qu’une locomotive n’en a d’être pareille à un percheron ou qu’un wagon-lit n’en a d’imiter l’apparence des vieilles diligences du temps passé.
- Je sais très bien qu’en parlant ainsi je heurte bien des idées préconçues. Que ceux qui professent ces opinions rétro-gades veulent bien me donner un seul argument sérieux en faveur de leurs
- théories routinières et je m’inclinerai. Us n’en ont qu’un seul : les habitudes du public, c’est-à-dire la routine elle-même.
- Donc voilà enfin des constructeurs autrichiens qui raisonnent comme des hommes de bon sens. Ils se donnent un programme. Nous voulons, disent-ils, un véhicule ayant tant d’honnnes à bord, pouvant parcourir tant de kilomètres sans se réapprovisionner d’essence et d’eau, pouvant faire sans danger une vitesse moyenne de tant de kilomètres à l’heure. Un point c’est tout.
- C’est un problème de mécanique à résoudre. Ils s’y attellent et ils en donnent une première solution approximative.
- C’est de cela que je tiens à les féliciter. L’industrie automobile a suivi jusqu’à présent la loi commune à toutes les industries naissantes. On y est resté l’esclave de beaucoup de préjugés et de non moins d'erreurs. Cela ne lui est pas particulier. Regardez les vieilles estampes qui représentent les trains des premiers chemins de fer construits en Angleterre et en France. Les wagons sont presque pareils à des diligences et l’on pousse même l’esprit d’imitation jusqu’à installer, dans chacun d’eux, sur un siège spécial, un conducteur. Aujourd’hui, le wagon de chemin de fer tend vers sa forme définitive, visible sur les trains de la Compagnie des wagons-lits et sur les grands express de la Compagnie du Nord. Au diable la diligence! Les wagons ne s’occupent plus de satisfaire à des exigences de prétendue esthétique et à des procédés de construction surannés. Il en résulte qu’ils ont maintenant leur beauté propre. Quant aux locomotives, on ne se préoccupe plus de leur donner une jolie forme, mais uniquement do calculer tous leurs organes en vue du travail à accomplir. Elles ont pourtant acquis, elles aussi, une beauté qu’elles n’avaient jamais eue jusqu’à ce jour. Ce sont des machines de course merveilleuse, sur les grands rapides du Nord et de l’Est, des pur-sang d’acier. J’espère que nos automobiles le deviendront bientôt, elles aussi.
- Pour cela, l’essentiel est de faire table rase des préjugés et de comprendre enfin qu’une automobile est une machine.
- On le comprend peu à peu et l’on rira bientôt des quelques entêtés qui veulent encore construire des automobiles qui ressemblent à des voitures à chevaux. La routine ne peut prévaloir longtemps contre le bon sens. Gaston Sencier.
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- ECHOS
- Le comité du Moto-Club de France s’est réuni le 13 courant dans les bureaux du Vélo. Scrutin de ballottage pour 56 admissions de membres nouveaux. Le nombre des adhérents est actuellement de 302, dont 14 dames.
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- Dans sa dernière assemblée générale, la Chambre syndicale de l’Automobile a procédé au renouvellement des membres du Comité. Tous les membres sortants ont été réélus, et deux nouveaux membres ont été admis ; ce sont MM. Gobron et Serpollet.
- Le Comité ainsi constitué a procédé à l’élection de son bureau pour l’exercice 1900-1901; il a été composé de la façon suivante :
- MM. de Dion, président; Jeantaudet Clément, viee-présidents ; H. Petit, secrétaire ; Richard, trésorier; Diligeon, archiviste.
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- Scrutin de ballottage le 21 mai à l’Automobile-Club de France. Cinq candidats.
- Le Rallye-Auto a inauguré dimanche dernier, dans la forêt de Marly, une très amusante variété de promenades à la campagne. C’est le pique-nique automobile où chaque voiture apporte les éléments d’un déjeuner confortable en forêt. On s’est, beaucoup amusé.
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- Qui donc disait que M. Picard, grand maître de l’Exposition, était un ennemi de l’automobile et qu’il avait obéi à une antipathie personnelle en reléguant à Vincennes nos exposants? M. Picard fait au contraire de l’automobile et nous avons pu le voir arriver, mercredi dernier, au ministère des travaux publics, dans une voiture dernier cri que, du reste, il ne conduisait pas lui-même.
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- La maison de Dion-Bouton vient d’éditer une superbe carte routière de France, exécutée avec le plus grand soin.
- Cette carte, dont le prix est très modéré, rendra certainement les plus grands services aux chauffeurs.
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- La maison Darracq vient de terminer les études d’un nouveau type de voiturette à moteur puissant qui doit être lancé à la fin de l’année.
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- La Société Gaillardet, entièrement reconstituée sous le nom de Société française d’automobiles, va mettre en circulation un type très intéressant de voiture légère à courroie.
- MM. Schrader et Oury, qui avaient entrepris de faire, pour leurs affaires, le tour de la France en voiturette, viennent de rentrer à Paris après avoir parfaitement réussi leur voyage, à tous les points de vue.
- Ce simple fait montre les services que l’automobile peut rendre aux voyageurs de commerce.
- Un ingénieux industriel a imaginé de remplacer à la fête de Neuilly les manèges classiques de lapins, de cochons et de homards par un manège de voiturettes automobiles.
- Ces voiturettes ont tout d’une automobile véritable, sauf le moteur à pétrole bien entendu, et elles doivent à cette simplification de ne pas connaître les hoçreurs de la panne.
- M. Gondoin, président de l’Automobile-Club de Nice, vient d’écrire au maire de Nice pour le prier de prendre un arrêté interdisant la circulation dans les rues des véhicules automobiles dépourvus de silencieux. Cette interdiction rentre dans la série des mesures de police contre laquelle personne ne réclamera, du moins parmi les gens sérieux, et nous ne verrions aucun inconvénient à ce qu’elle fut prise à Paris.
- L’Automobile-Vélo-Glub du Var organise une excursion à Salon le 1er juillet à l’occasion du Critérium de Provence.
- Départ de Draguignan le samedi 30 juin et retour le lundi 2 juillet.
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- La suppression des courses sur route avait fait naître des projets d’automobilodrome un peu partout, notamment à Nice et à Cannes.
- Dans cette dernière ville, les chemins existant dans la plaine de Laval permettraient, après réfections, de donner une piste de 10 km environ.
- Diverses personnes s’occupent de cette affaire.
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- Notre excellent confrère la Côte d'Azur sportive signale l’augmentation rapide du nombre des canots à pétrole existant en Méditerranée.
- Il y existait déjà plusieurs embarcations de ce genre, entre autres celles de MM. Sommier et Sardou, de Nice ; C. Gallice, de Juan-les-Pins.
- M. Vincent, directeur des chantiers de construction Lemarchand-Vincent, vient de mettre à l’eau, à Cannes, une très jolie chaloupe de 12m,80 de longueur sur 2ra,50 de bau, munie d’un moteur Phénix-Panhard de 12 chx, construite pour le compte de M. Fernand Parry, propriétaire du yacht Tzigane. Cette embarcation, qui prend le nom de Caprice, a reçu une voilure de cotre avec installation de mât à bascule.
- La même maison a reçu commande d’un bateau mixte à pétrole de 8m,50 de longueur et
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- 2m,30 de bau, pour le compte de M. Georges Gallice.
- D’autre part, le 20 tx Stéphanie va être transformé en canot à pétrole après l’enlèvement du doublage et de la quille de plomb.
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- On vient de créer à Bruxelles une nouvelle Société : le Moto-Club de Belgique, conçue dans le même esprit que le Moto-Club de France.
- La première assemblée constitutive s’est tenue jeudi dernier 21 juin, à 2 heures et demie de l’après-midi, à l’hôtel Métropole,» de Bruxelles.
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- Un aimable correspondant d'Italie nous fait remarquer que l’Automobile-Club de Florence, dont nous avons annoncé la fondation, n'est, comme tous les Automobile-Clubs de la Péninsule, qu’une section locale de l’Automobile-Club d’Italie.
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- On attend toujours avec impatience, à Milan, l’apparition des fiacres électriques. M. Turinolli, le distingué directeur de la Société qui les exploite, désire qu’on n’en parle pas avant leur mise en exploitation. Un de nos abonnés, qui a vu ces véhicules mystérieux, nous écrit qu’ils ont fort bonne apparence et sont très jolis d’aspect.
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- L’Union automobile de Venise, ou « Unioue Automobilista Veneta » va instituer à Padoue une foire annuelle des automobiles analogue aux foires de chevaux renommées de Vérone. Padoue est d’autant mieux choisie qu’on y trouve une admirable promenade, le Prato délia Valle, qui fera un motodrome tout trouvé et excellent. La première foire va avoir lieu avant peu.
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- Une Société d’assurances contre les accidents, Y Assicuralrice italiana, est en train de lancer en Italie un genre d’assurance tout nouveau poulie pays ; celui des voitures, autant pour les dommages causés que pour les dommages subis; et cela par suite du développement que prend l’automobilisme au-delà des Alpes.
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- • Les Records de l’automobile en Italie sont encore modestes. Notre confrère d’au-delà des Alpes Y Automobile cite celui qui a été accompli par M. Aguelli pour aller de Turin aux fêtes automobiles de Bologne dans une voiture de 6 ch : il partit le soir de Turin et arriva à Bologne le 27 au matin, en passant par Plaisance et Parme. Il prit part au concours, puis repartit le 29 au matin et rentra à Turin en 10 heures en faisant un parcours de 400 km.
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- Les propriétaires d'automobiles de Valence Viennent d’organiser la première des promenades
- en corps qu’ils ont l’intention de faire durant cette saison.
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- Le bibelot à la mode à Berlin est, paraît-il, une petite automobile Benz en miniature qui sert comme décoration de table, étui à cigarettes ou bonbonnière. C’est un petit modèle nickelé d’une exactitude minutieuse, avec bandages, freins, lanternes.
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- Une nouvelle Compagnie vient d’être fondée à Berlin sous le nom de « Automobil Ausstellung » (Exposition automobile), en vue de prendre des mesures pour attirer l’intérêt du public sur les questions automobiles, au moyen d’expositions continues de voitures, de moteurs et d’accessoires, dans la Dorotlieeslrasse, un dos quartiers les plus fréquentés.
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- On continue les essais d’automobiles dans l’armée allemande; on voit s’y consacrer actuellement un lieutenant général, 9 olïiciers de l’état-major, 11 capitaines, 2 olïiciers du génie,
- 9 mécaniciens de ce corps, 15 sous-officiers et
- 10 soldats.
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- Le gouvernement norvégien vient de commander à une maison allemande une automobile destinée à transporter en temps de guerre une mitrailleuse, des munitions et deux soldats.
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- Le Touring-Clul) d’Autriche vient de publier son Annuaire pour 1900 : Handbuch des Oester-reichischen Toiiring-Cliib, qui contient, pour l’Autriche-Hongrie, le Tyrol, la Bohème, le Danemark, l’Italie, etc., une foule de renseignements utiles sur les consulats, les ateliers de réparations, les droits et règlements de douanes, etc.
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- Les autorités do Grunenwald, petit faubourg de Berlin, viennent d’imposer l’obligation, poulies conducteurs de motocycles et automobiles, de descendre et de conduire leur machine à la main pendant toute la montée d’une côte, si forte qu’il est impossible d’y faire monter une automobile à force de bras.
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- La course de côtes et de longue distance, organisée récemment par le Mitteldeutsehe Automobile Club, d’Eisenach à Eisenach, par Walters-hausen, Meiningen et Gic, a pleinement réussi. La distance de 140 km. 600 m. a été couverte en 4 heures 23 minutes 45 secondes par Willy Tischbein, ancien champion du tricycle en Angleterre ; un enfant de onze ans, IL Ehrhardt, a effectué, le parcours en conduisant seul son automobile et sans aucun aide.
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- Dernièrement, à Buffalo, aux Etats-Unis, pendant une grève des cochers de fiacres, il a fallu
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- recourir uniquement à des automobiles pour lé transport des personnes assistant à un enterrement. Il n’y avait pas moins de 15 électromobiles en ligne, et le corbillard lui-même était une voiture mécanique. Nous n’inventons rien, il s’agissait des obsèques de M. Auguste Catlin, mort à Sault-Sainte-Marie.
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- La ville do Columbus (aux Etats-Unis) vient de voir se former un club automobile, qui a surgi pour ainsi dire tout simplement parce que les autorités de la ville veulent imposer une vitesse extrêmement réduite aux véhicules mécaniques. Il va commencer par promener toute une série de membres du Conseil municipal pour leur montrer la facilite de conduite des automobiles.
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- Un élève de l’Université de Princeton, M. James Ward Thorne, vient de partir pour une longue excursion dans une roulotte automobile qu’il s’ost fait construire dans ce but, et qui comprend des aménagements pour trois personnes, une cuisine, un cabinet photographique, etc.
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- Le I> Savage, un pasteur américain de New-York, est parti récemment des Etats-Unis pour faire, avec un grand industriel du pays, M- Con-lelin, sa femme, sa fille et une domestique, une excursion dans toute l’Europe abord d’une automobile à pétrole, spécialement construite pour ce voyage qui durera sans doute deux mois.
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- Savez-vous comment aux États-Unis, dans l’argot familier, on appelle maintenant aller eu automobile? Tout simplement « to go bubbling ». « To go », cela signifie simplement aller, quant au mot bubbling, il s’explique, à ce qu’on affirme, par ce fait que les jeunes Américaines s’essayaient en vain à prononcer ce mot un peu long pour leurs habitudes de hâte, automobiling. El, l’on a tout simplement adopté l’abréviation de bubbling, qui est un peu une anomatopée, et signifie par à peu près « en faisant de l’automobile ».
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- On peut être à la fois millionnaire et chauffard dangereux. A Newport, aux Etats-Unis, il paraît que M. W.-K. Vanderbiit terrifie les populations par la vitesse avec laquelle il parcourt les rues dans son automobile. Une plainte a été déposée contre lui, et le Conseil municipal du pays va réglementer la circulation des autos.
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- Il y a peu de temps, on a fait subir un nouvel essai à l’automobile Pennington dans la banlieue de New-York, et au point du jour, par crainte de la police. On nous affirme que le véhicule aurait parcouru 10 milles à une allure
- de 72 milles (U G km) à l'heure. Malheureusement, il n’y avait pas de témoins désintéressés pour assister à ce haut fait, et M. Pennington est un peu blagueur.
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- La police de Chicago fait la guerre aux chauffeurs qui n’ont pas de permis. Elle les attend au coin.des mes, là où ils sont obligés de ralentir, et les force alors à s’arrêter, et quand ils n’ont point leurs papiers, on leur adresse un sévère avertissement- Si, au bout d’une semaine de ce régime, on les trouve encore en faute, on les arrête cette fois bel et bien.
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- Un journal américain d’automobile cherche à faire prendre un nouveau nom pour les chauffeurs qui ne cherchent que la vitesse ; il les appelle des « auto fans », autrement dit «meux qui se ventilent eux-mêmes »! i
- A rapprocher du mot « autogo », littéralement « qui va tout seul » que l’on commence également à employer de l’autre côté de l’Atjàiitique.
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- L’ex-reine des Hawai, Liluokalani, aujourd’hui tristement déchue, veut se mettre à la" hauteur de la civilisation qui l’a chassée de^ son trône, et elle vient d’acheter une automobile.
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- L’Automobile-Club des Etats-Unis se préoccupe. de préparer toute une série de concours et d’épreuves, sous la haute direction de. son comité technique. On soumettra les voitures aux épreuves les plus variées, virages, arrêts, évltemsnt d’obstacles, ascension de côtes ; et ce qu’il y aura de particulièrement curieux, c’est que l’on fera des concours de toute nature entre automobiles et voitures ordinaires tirées par des chevaux.
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- A la fameuse Université américaine dite « Ha-ward University », U n’y a pas moins de sept propriétaires d’automohiles ; ils organisent, un garage en commun pour leurs voitures.
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- Une décision récente des magistrats de New-York vient de décider que, en l’absence de textes spéciaux, les automobiles et autres appareils analogues doivent être assimilés aux cycles au point de vue de la circulation, et notamment de la vitesse. Défense donc de circuler à plus de 8 milles (13 kilom.) à l’heure.
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- Une puissance société qui monte actuellement aux Etats-Unis une usine de sucre de betteraves des plus importantes vient de commander 10 automobiles d’une capacité de 5 tonnes pour ses transports de betteraves. J’
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- Toiture de course autrichieone.
- La « Nesselsdorfer Wagenbaufabriks-Gesells-chaft », une maison de construction autrichienne
- qui fabrique des automobiles depuis trois ans, nous a montré, en France, ses voitures pour la première fois cette année. Aux courses de Nice, la voiture de touriste de cette Société a obtenu le second prix à la course de Nice-Draguignan-Nice et le premier prix sur la Turbie. — Cette
- Voilure de course de la fabrique autrichienne J de Nesselsdorf.
- voiture était faite spécialement en vue des che- lement, c’est-à-dire beaucoup moins large que mins autrichiens et avait une voie de lni,15 seu- celle des voitures françaises.
- La voiture de course de la fabrique autrichienne de Nesselsdorf, vue de profil.
- Les vitesses que doivent réaliser les voitures de course ne permettant pas une si faible voie, cette société a résolu de créer un nouveau type de voiture de course.
- Cette voiture, comme nos photographies permettent d’en juger, n’a plus l’aspect d’une voiture, mais celui d’une machine de course. Elle est à deux places ; le siège du conducteur est élevé,
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- tandis que le siège du mécanicien se trouve aux pieds du chauffeur, pour réduire la surface exposée au vent le plus possible. Devant les sièges se trouve le volant de direction, à tige inclinée et, devant celui-ci, le réservoir à essence. Le radiateur est monté en avant de l’automobile, pour être exposé au vent autant que possible. Derrière le siège du chauffeur est placé le réservoir d’eau qui ressemble à une cheminée de locomotive.
- Le moteur est à deux cylindres horizontaux, qui sont placés l’un vis-à-vis de l’autre. Les cylindres ont un diamètre de 120 mm et une course de 110 mm. Le nombre de tours maximum de la machine est de 1300 par minute, mais peut être réduit jusqu’à 100. L’allumage est électromagnétique. Le moteur est complètement découvert, de sorte que chaque partie en est facilement accessible.
- En palier, cette voiture doit, d’après ses
- constructeurs, atteindre nne vitesse de 92 kilomètres à l’heure et sur des rampes de 12 0,0 elle doit faire 25 kilomètres. Les pneumatiques des roues d’arrière ont 120 mm, ceux des roues d’avant 90 mm. Le poids de la voiture complète, équipement inclus, s’élève à 970 kilogr,
- CANOT A PÉTROLE
- A MOTEUR DE DION-BOUTON
- Ce canot a été construit dans les ateliers de M. Pitre, le constructeur bien connu de Maisons-Laiïite. Ses dimensions sont : longueur 6m,45; largeur lm,35 et lm,25 à la flottaison. Son tirant d’eau est de 0m,250. Il est actionné par
- Canot à pétrole à moteur de Dion-Bouton.
- un moteur de Dion-Bouton de 3 chevaux 8, à circulation d’eau.
- Cette circulation se fait au moyen d’une pompe commandée par un renvoi pris sur l’arbre du moteur. Le régime du moteur est 1600 tours environ. La mise en marche se fait au moyen d’une chaîne qui commande l’arbre moteur et qui en est rendue indépendante par une boîte à rochet (du genre de celle du pédalier des tricycles à pétrole), dès que le moteur est en marche-
- Le levier placé entre les deux paliers représentés sur la figure permet de passer aux trois positions : débrayage, marche avant et marche arrière.
- Le réservoir d’essence est placé à l’avant, invisible de l’extérieur et assez haut, cependant, pour être en charge sur le carburateur.
- Ce canot peut atteindre une vitesse de 15 à 16 kilomètres à l’heure avec le moteur de 3 chevaux 8.
- MOTEUR IMIER-1IAY
- Ce moteur est susceptible d’affecter deux variantes :
- La figure 1 est une coupe verticale du moteur. La figure 2 est une vue de côté.
- La figure 3 est une coupe verticale de la variante du moteur.
- Le cylindre A a une forme toute particulière ; il est établi d’une seule pièce, son fond n’étant pas rapporté. La distribution est également spéciale ainsi que nous allons l’expliquer, l’échappement se fait en B à la partie supérieure du moteur ce qui facilite l’évacuation des gaz brûlés en même temps que la chaleur de ces gaz ne se transmet qu’au fond C du cylindre, ce qui a peu d’inconvénients.
- Il est préférable, en effet, que la chaleur des gaz d’échappement ne se transmette pas au cylindre A où se meut le piston. Il convient, en effet, comme on le sait, de refroidir le plus possible le coi'ps du cylindre et c’est dans ce but que le cylindre est pourvu extérieurement des ailettes a.
- La soupape d’aspiration D se trouve immédia-,, tement en dessous de la soupape d’échappement, elle est facilement démontable comme on le voit sur la figure 1 du dessin.
- L’ouverture de la soupape d’échappement B se fait au moyen d’une canne E montée sur un arbre E entraîné par l’arbre moteur G par l’intermédiaire d’un engrenage H dont le pignon et la roue sont dans le rapport de 1 à 2.
- La canne E soulève la bielle I qui agit sur un balancier J pivotant en b et dont l’autre extrémité vient appuyer sur la tige G de la soupape d’échappement B. Lorsque la soupape^
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- d’échappement est ainsi abaissée, il y a compression d’un ressort d lequel réagit et soulève la soupape pour l'appliquer, sur son siège lorsque le talon inférieur de la tige I est abandonné par la saillie de la canne E.
- Les soupapes d’admission et d’échappement ne sont pas, comme on le voit, au-dessus du piston. La disposition des soupapes, immédiatement au-dessus des pistons, présente de nombreux inconvénients lorsque l’une d’elles vient à se détacher soit parce que la goupille s’est coupée, soit parce que les écrous viennent à se deserrér, soit encore parce que le piston lui-même se rompt à la jonction de sa tige, le clapet tombe sur le piston qui, dans son mouvement
- rétrograde, repousse le dit clapet, ce qui produit une détérioration, le fond du cylindre est dé,-foncé, ou encore la bielle est faussée, les sièges des clapets sont détériorés.
- Ce système évite tous ces inconvénients.
- La bougie d’allumage se place en K, ce qui assure la régularité d’allumage.
- La figure 3 montre une variante dans laquelle la soupape d’admission I) est à la partie supérieure, tandis que la soupape d’échappemeut B se trouve en face, mais en contre-bas.
- La tige C de cette soupape d’échappement entourée par le ressort D est actionnée par la canne E disposée comme sur les figures 1 et 2. La bougie d’allumage est comme précédemment
- Fir/. a.
- fixée en K, sur le prolongement du piston.
- Le cylindre est également d’une seule pièce, ce qui supprime la culasse, le joint et les goujons ou colonnes qui servent d’ordinaire à fixer la culasse.
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- FREIN RÉVERSIBLE HENRIOD 1
- Ce frein réversible permet, au moyen d’une seule commande, l’arrêt de la voiture, quel que soit le sens de sa marche, en avant ou en arrière.
- Suivant le type de la voiture à laquelle le frein doit être appliqué et aussi suivant l’emplacement
- (1) Communiqué par D. C. Bacri, 64, boulevard de Bejleville, Paris.
- disponible, notre frein peut affecter des dispositions un peu différentes en apparence mais qui cependant présentent une disposition fondamentale commune qui est la suivante :
- Les deux extrémités de la bande du câble ou de la corde qui passe autour de la poulie de frein sont toutes deux reliées à des leviers à sonnette dont les axes de pivotement sont fixes, les autres bras de leviers étant reliés entre eux par l’intermédiaire d'un lien flexible qui passe sur une petite poulie de renvoi que porte un des leviers à sonnette, lequel ben flexible vient aboutir au bras du 2e levier.
- Si on se reporte à la disposition représentée en diagramme (fig. 1), on voit que la poulie de frein P est entourée par la bande de frein, ou une corde, ou un câble z et que les extrémités D et E de cette bande de frein aboutissent à deux leviers coudés dont les axes de pivotement fixes sont en A et en B.
- L’un des leviers à sonnette DAG porte à l’e£-
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- trémité de son bras AC une poulie sur laquelle passe le lien flexible b a c, lequel aboutit jusqu’en N d et est attaché à l’extrémité libre du 2e levier à sonnette F B E.
- Si la voiture marche en avant, la poulie de frein avance dans le sens de la flèche f (lig. 2), si on exerce une traction sur le brin b a c d dans le sens de 1a, flèche x, il en résulte un rapprochement des bras A C B F, le levier F B E dont le déplacement offre dans ce cas le moins de résistance, pivote autour du point commun AB. Le
- point E venant en E' et le point D constituant un point fixe ; il se produit un serrage de la bande de frein sur la poulie.
- Si la voiture marche dans le sens de la flèche f' (fig. 3) une traction exercée suivant x sur le lien flexible a b c d rapproche également les leviers ACE F, mais, par suite du sens de rotation de la poulie P, c’est le levier CAD qui, dans ce cas, offrant le moins de résistance au déplacement, obéit à la commande et pivote autour de l’axe commun A B, le levier A B vient en A D et
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- le point E constitue un point fixe ; il y a serrage de la bande.
- La figure 4 montre une variante de disposition qui peut trouver son application dans certains emplacements disponibles dans ce cas, les deux leviers coudés ou à sonnette C A D ou E B F sont articulés sur des axes A B qui sont séparés l’un de l’autre.
- Dans la variante (fig. 5), les deux leviers à sonnette CAD, E B F pivotent autour d’un point commun AB, les extrémités D et E' de ces deux leviers articulés étant attachées aux deux extrémités de la bande de frein z.
- Le fonctionnement est absolument le même que précédemment.
- LA VOITURE ÉLECTRIQUE DE BERLIN
- La « Gesellschaft fur Verkehrsunternehmun-(jen » (Cie des voitures) de Berlin emploie depuis quelque temps pour le Kaiser Hôtel de cette ville une voiture d’hôtel électrique qui plaît beaucoup. La voiture contient, en dehors du conducteur et d’un domestique, neuf personnes et peut faire, étant chargée, 30 kilomètres. Sur l’impériale peuvent être placés 150 kilos de bagages. Le décor est élégant, l’entrée ainsi que les places sont commodes ; l’éclairage électrique, fourni par quatre bras à l’intérieur et deux lanternes de voiture pareilles, est d’un grand effet. La voiture
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- est remarquable par sa marche sans bruit et par sur des bandages en fer. Sa marche sans bruit est ses ressorts, permettant à la voiture de rouler obtenue principalement du fait, que le train de
- L’omnibus électrique du Kaiser llotel.
- dessous est tout à fait séparé de la partie supérieure de la voiture, mode de construction que la Compagnie a adopté avec beaucoup de succès pour toutes ses voitures. Les accumulateurs sont placés sous le siège du conducteur et sont très faciles à manier. Le conducteur est protégé par un avant-toit contre le mauvais temps. La voiture a fait jusqu’à présent le service à toutes les gares à la plus grande satisfaction, et bien qu’elle circule dans le centre le plus fréquenté de Berlin, il n’y a pas encore eu d’accident dans le service.
- GUIDE DE ROUTE
- DE LA
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- [Suite, voir les numéros précédents).
- Appareils destinés à la conduite.
- 140. — Les appareils principaux, destinés à la conduite de la voiture, sont montés sur une sorte de colonne conique, qui offre l’avantage de les mettre tout à fait à portée du conducteur. La figure 22 et sa légende détaillent la partie inférieure de la colonne; la figure 13 détaille les autres parties.
- 141. — La figure 1 permet en outre de voir :
- 1° La barre de direction, tenue par la main droite du conducteur;
- 2° Le volant d’embrayage, tenu par la main gauclie (v. 440);
- 3° Immédiatement en dessous du volant se voit, à l’avant, la manette avance à l’allumage (v. 396);
- Fig. i3. — Schéma de la direction.
- 4° A l’arrière et à hauteur de la précédente se voit la manette admission (v. 406) ;
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- 5° La corne d’appel se place à volonté, comme il est indiqué sur cette figure ;
- 6° La poignée qui actionne le changement de marche est indiquée par la silhouette (un peu floue) que l’on aperçoit derrière la jambe gauche du conducteur (y. 472);
- 7° Le frein du différentiel se trouve à portée du pied gauche (v. 426);
- 8° Le frein du changement de vitesse est placé à portée du pied droit (v. 427);
- 9° L’interrupteur à main est recouvert par le tablier; son emplacement est indiqué figure 21, lettre J.
- 10° Cette même figure indique l’emplacement de l’Interrupteur à cheville, lettre 1, ainsi que l’emplacement de l'interrupteur à pédale, lettre D;
- 11° Ce dernier est placé sur le plancher de la voiture, entre les deux pédales des freins (v. 189).
- 142. — Barre de direction (fig. 22). — La barre de direction, qui domine tous les appareils de conduite, est fixée à l’extrémité d’un axe robuste, en acier plein, qui manœuvre au centre même de la colonne.
- 143. — Cet ave traverse le plancher de la voiture et
- ltoujours une tendance à descendre l’accotement, il suffit, pour marcher très droit, de lutter contre cette tendance par une très faible résistance sur la barre de direction.
- Fig. 21. — Schéma de l’allumage.
- Fig. 1. — Aspect de la voiture.
- se termine à 15 c/m en dessous de ce dernier par un petit pignon que représente la figure 22.
- 144- — Ce pignon agit sur une tige à crémaillière B laquelle, au gré de la barre de direction, actionne un levier lié à une double fourche C, visible sous l’avant de la voiture.
- 145. — Cette fourche est articulée en double, c’est-à-dire fourche dessus, fourche dessous, de façon à se prêter à tous les mouvements des ressorts. La fourche de dessus est liée au châssis, c’est-à-dire à la partie haute des ressorts; tandis que la fourche du dessous est liée à la partie basse des ressorts.
- 146. — La fourche elle-même actionne deux bras horizontaux D, qui, par l’intermédiaire des leviers E, font pivoter les essieux brisés en F, point sur lequel il a été placé un graisseur.
- 147. — Il résulte de ce dispositif, qu’en vissant la barre de direction, la crémaillière B est ramenée en arrière, et la voiture dirigée à droite, tandis qu’en dévissant la direction, la crémaillère se trouve chassée en avant et la voiture dirigée à gauche.
- 148. — En cas de démontage, on veillera avec le plus grand soin à ce que tous les écrous de la direction restent parfaitement goupillés.
- 149. — Il sera facile de constater que la voiture se dirige aussi bien (sinon mieux) sur l’un des accotements de la route que dans le milieu même de cette dernière; cela parce que les roues directrices ayant
- Après les vingt premières minutes de tàtonnementse rien ne sera plus facile que suivre sans dévier 1, milieu même de la route; la tendance générale au début est de donner trop largement le coup de barre,
- ___A
- _____G
- ____D
- Fig. 22. — Coupe inférieure de la colonne.
- alors que cette dernière, étant en bonne direction, devrait n’ètre déplacée qu’imperceptiblement.
- Manœuvrer la barre comme dit n° 42 et tenir le pied prêt à agir sur le frein gauche en cas utile (v. 427).
- J. WOLFF.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- COURSES
- La coupe Gordon Bennett.
- 14 juin 1900
- Cette course, qui eût pu avoir un très grand intérêt si on avait su lui conserver son caractère de lutte internationale, n’a donné que des résultats médiocres. Il n’y avait plus, à l’arrivée à Lyon, que deux concurrents : Charron et Girar-dot. Charron était premier en 9 heures 9 minutes 49 secondes et Girardot second en 10 heures 36 minutes 23 secondes. Cela fait une vitesse moyenne de 61 kilomètres 857 mètres à l’heure.
- En fait d’équipes étrangères il n’y avait, en tout et pour tout, que Jenatzy représentant la Belgique et Winton représentant l’Amérique. Les autres s’étaient abstenus, en protestant, pour la plupart, contre le délai beaucoup trop court qu’on leur avait laissé pour se préparer. Et encore Jenatzy n’avait même pas pu faire venir sa voiture construite en vue de la course. Il partait sur un véhicule quelconque pour la forme.
- Le départ a été donné à 3 heures 14 du matin aux cinq concurrents :
- 1. — R. de Knyff (France).
- 2-. — Jenatzy (Belgique).
- 4; — Winton (Amérique).
- 5. Charron (France).
- 7. — Girardot (France).
- Winton reste en panne à Orléans (173 kilomètres); René de Knyff abandonne à Gien (236 kilomètres); quant à Jenatzy, il s’était arrêté à Moulins (376 kilomètres).
- Malgré le manque presque complet d’organisation, il n’y a pas eu d’accident.
- Levegh n’a pris aucune part, même officieuse, à la course.
- A noter que le préfet de Seine-et-Oise a fait dresser deux contraventions, une pour excès de vitesse, une pour retard sur l’heure indiquée par les organisateurs pour la traversée de Versailles.
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- La fête des artistes.
- VENIJHEDI 6 JUILLET
- La fête des artistes est reportée au vendredi 6 juillet.
- La fête aura lieu comme les années précédentes autour de Longchamp, de 2 heures à 5 heures de l’après-midi. Mais les tribunes seront déplacées; le public payant sera placé le long de la route qui part de la Cascade pour aboutir au rond-point qui se trouve derrière les tribunes : on aura ainsi de l’ombre et de la fraîcheur.
- Le comité de patronage est composé de Mmes Sarah Bernhardt, Réjane, Jeanne Granier et du baron de Zuylen, de Coquelin aîné et de Georges Boyer.
- Voici le programme détaillé :
- 1° A 2 heures : Championnat de Longchamp, course de professionnels par invitation (6 coureurs), 3 tours de piste, avec motocycles pour
- entraîneurs. Prix : au Ie1', une médaille d’or, valeur, 100 francs; au 2e, une médaille de vermeil, valeur 50 francs; au 3e, une médaille d’argent, valeur 25 francs.
- 2° Handicap d’artistes (hommes) à bicyclette, distance 4,000 mètres. Cette épreuve est rigoureusement réservée aux membres de l’Association des artistes dramatiques. 1er prix, un tricycle à pétrole.
- 3° Handicap d’artistes (dames) à bicyclette, distance 4,000 mètres. Cette épreuve est ouverte à toutes les artistes des théâtres et concerts de Paris. Prix divers.
- 4° Gymkhana automobile et cycliste : course à la cuiller à motocycle, course au sceau pour voiturettes, polo à motocycle, course de bicyclettes avec cerceaux, course de bicyclettes avec voiturettes-remorques.
- 5° Défilé automobile fleuri des théâtres et concerts de Paris.
- 6° Bataille de fleurs automobile.
- 7° Kermesse dans une des annexes des Chalets du Cycle; tziganes, concert, bal champêtre.
- La bataille de fleurs automobile sera, comme l'an passé, ouverte à tous les chauffeurs, et les voitures fleuries n’auront'pas à payer de droits d’entrée.
- X
- La coupe des électriques.
- La coupe des électriques, organisée par nos excellents confrères du Sport universel illustré devait se disputer lundi dernier sur le parcours Paris-Meulan et retour. Elle a été interdite, au dernier moment, par le préfet de Seine-et-Oise, fonctionnaire personnellement très aimable, mais que le prochain ministère fera joliment bien d’envoyer dans quelque trou de province où il sera beaucoup mieux à sa place que dans la ville du Roi-Soleil.
- Le motif de l’interdiction est absolument délicieux. On interdit la coupe des électriques, épreuve où la vitesse ne joue qu’un rôle secondaire parce que les concurrents de la coupe Gordon-Bennett auraient traversé trop vite certains villages, au milieu de la nuit, sans causer du reste le moindre accident.
- C’est d’une logique écrasante et toute préfectorale. Il est vrai que le préfet de Seine-et-Oise ignore probablement, entre autres choses, les différences qui peuvent exister entre, des voitures électriques et des voitures de course. Ce n’est pas de sa faute, à cet homme, et nous aurions bien tort de lui en vouloir.
- X
- Le concours de l’Hélice-Glub.
- 23 et 24 juin
- Le concours de bateaux automobiles organisé par l’Hélice-Glub pour les 23 et 24 juin s’annonce comme un très grand succès.
- H y a déjà près de cinquante engagements et c’est une véritable flottille qui sillonnera samedi et dimanche le bassin d’Argenteuil.
- Tous les types seront représentés et la lutte
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- LA locomotion automobile
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- s’engagera entre la vapeur, l’électricité, et le pétrole.
- Les courses du 23 juin commenceront à 11 heures et celles du 24 à 1 heure au lieu de 2 heures comme cela a été indiqué par erreur sur certaines ailiches.
- X
- Le critérium liégeois.
- Le critérium liégeois a été un succès pour l’Automobile-Cluh liégeois. Il y avait foule au départ et à l’arrivée. Une vingtaine de concurrents ont pris part à la course qui comportait environ 58 km pour l’aller et 52 pour le retour. Le parcours était le suivant : Val Benoit (Liège), Einbourg, Beaufays, Sprimont, Iloizée, Avwaille, Rcmoucliamps, Nonceveux, Quarcux, Stoumonf, la Gleize, Cour, la Géronstèrc, la Sauvenière et Spa (58e km).
- Spa, Marteau, Ilustromont, la Reid, Remou-champs, Aywaille, Combliain-au-Pont, Poulseur, Esneux, Tilff et Ltège (52e km).
- Voici les résultats :
- lrc catégorie : Voiture de plus de 10 dix, 1. chevalier O. de Melotte.
- 2e catégorie : Voiture de moins de 10 chx, 1. Roland, 2. De Laminne, 3. Linon, 4. Croquet, 5. Ivoeh, 6. De Tenvangne.
- Voiturettes, 1. Orban, 2. De Cosmo, 3. Van Marck, 4. N. Pieper, 5. Guders.
- Motocycles : 1. Iloua, 2. Antoine.
- C’est un succès pour nos compatriotes Gobron et Brillié. C’est, en effet, une voiture de 8 chx de leur système qui, conduite par M. Rolland, a remporté le premier prix, couvrant le parcours de Liège à Spa, trajet très accidenté, de 58 km à l’aller en 1 minute 18, sans aucun arrêt, et de 53 km nu retour en 1 minute 13.
- Comme nous l’avions annoncé, le Comité n’a pas tenu, dans ce classement, uniquement compte de la vitesse, mais aussi de la régularité de marche, du nombre des places et du prix d’achat.
- L’usine Germain-Panhard était représentée par 2 voitures; la firme Gobron-Nagant, par
- 2 voitures; la Métallurgique, Sambre, par 1 voiture et 1 voiturette; la Durvea, par 1 voiture et
- 3 voiturettes; la firme Linon, par 1 voiture; la fabrique Pieper, par 2 voiturettes ; la Fabrique nationale de Herstal, par 2 voiturettes ; le Dasse-Météor, par 2 voiturettes, et la marque Knapp, par 1 voiturette.
- Il y avait aussi trois motocycles Kelecom et deux voiturettes Vivinus.
- Les prix spéciaux ont été distribués comme suit :
- A) La médaille d’or offerte par Liège-Attraction au véhicule, voiture ou voiturette de la classe 2 et 3 ayant effectué le trajet dans le meilleur temps, à M. Roland.
- B) La médaille d’or offerte, par le Touring-Cluh de Belgique au véhicule le mieux approprié au tourisme et transportant le plus de voyageurs à M. de Laminne.
- C) La médaille d’or offerte par l’À. C. I. à la voiture ou voituretto de fabrication liégeoise
- ayant obtenu le plus grand nombre de points, à M. E. Orban.
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- Le kilomètre lancé en Belgique.
- Deux records du monde pour la vapeur et le pétrole ont été battus dans l’épreuve du kilomètre lancé organisée par T Automobile-Club de Belgique.
- 1° Pétrole. — La voiture belge de Jenatzy a fait 38 sec. 1/5, soit 94 kilomètres à l’heure. 2° La voiturette belge à vapeur de Perette a fait 48 sec. 4/5, soit 74 kilomètres à l’heure.
- Voici les temps par catégories :
- I. Moloci/cles.
- 1. P. Dnitz, 3 ch. 1/2 : 57 s. 3/5. 62 à l’heure.
- 2. De Ridder, 2 ch. 3/q : 1 m. 16 s. 1/5. 47 à l’heure.
- Le record du monde appartient à Béconnais par 39 s. 1/5 à Nice sur ciment, et par 42 secondes à Achères.
- II. Voiturettes au-dessous de 4 chevaux.
- 1. De Ridder, 3 ch. : 1 m. 13 s. 2/5. 49 à l'heure.
- 2. Madoux, 3 ch; : 1 m. 13 s. 3/5. 49 à l’heure.
- 3. Dnitz, 3 ch. 1/2:1 m. 24 s. 4/5. 42 à l’heure.
- 4. J. de Liedekerke, 3 ch. 1/2 : 1 m. 35 s. 1/5. 37 à l’heure.
- 5. Delhi, 3 ch. : 1 ni. 48 s. 3/5. 33 à l’heure.
- 6. Moutens, 3 ch. 1/2:1 m. 59 s. 1/5. 30 à l’heure.
- A Nice, Tart avait fait 1 m. 9 s., deux personnes ôtant à bord.
- III. Voiturettes au-dessus de 4 chevaux.
- 1. Guders, 6 ch. : 1 m. 8 s. 2/5. 53 à l’heure.
- 2. J. de Liedekerke, 6 cli. : 1 m. 32 s. 1/5. 30 à
- l’heure.
- A Nice, Van Berendonck a fait 1 m. 8 s. deux personnes à bord.
- IV. Voi/u res de moins de 8 chevaux.
- 1. Rivière, 7 ch. : 1 m. 13 s. 49 à l'heure;
- 2. Vanderspeck, 6 ch. : 1 m. 18 s. 1/5. 46 à l’heure;
- 3. D’Aubreby, 6 ch. : 1 m. 25 s. 4/5. 42 à l’heure;
- 4- Grégoire, 6 ch. : 1 m. 29 s. 1/5. 40 à l’heure.
- Aucune voiture de ce type ne courut à Nice, à Achères. Girardot, avec la six-chevaux de Bala-ceano, avait fait J m. 2 s.
- V. Voilures de 8 à 12 chevaux.
- 1. .1. de Crawliez, 8 ch. : 1 m. 7 s. 3/5. 53 à l’heure;
- 2. Albert Mans, 8 ch. : 1 m. 41 s. 35 à l'heure.
- Dans la course du kilomètre, à Achères, Loysel, avec sa dix-clievaux, avait fait I m. 3 s.
- A la fin de la réunion, une voiture de 8 chevaux Gobron-Brillié, pilotée par M. Roland, voiture non engagée, a couvert, chronométrée officiellement, le kilomètre lancé en 58 s. 4/5, ce qui est le record pour cette catégorie, et fait du 62 à l’heure.
- VII. Voitures de plus de 12 chevaux.
- 1. Jenatzy, 30 ch. : 38 s. 1/5. 94 à l’heure;
- 2. Lefebvre, 30 ch. : 39 s. 4/5. 92 à l’heure;
- 3. Wilford, 15 ch. : 56 s. 1/5. 64 à l’heure;
- 4. Wève, 30 ch. : 58 s. 2/5. 62 h l’heure.
- 5. P. de Crawliez, 12 ch. : 1 m. 3 s. 2/5. 57 à l’heure.
- Jenatzy détient donc actuellement le record du monde pour tous les véhicules à pétrole. Le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- record appartenait jusqu’ici à Lemaître par 47 s. 4/5. Il est juste de dire que ce record peut être battu de loin aujourd’hui, Levegh ayant, dans Bordeaux-Périgueux, fait 116 kilomètres en 81 minutes, soit un temps moyen de 42 secondes au kilomètre.
- VII. Véhicules à vapeur.
- 1. Miette, en 48 s. 4/5. 74 à l’heure;
- 2. Blacke, en 1 m. 26 s. 2/5. 41 à l’heure.
- Le record appartenait à Serpollet en 1 m. 5 s. 3/5, temps fait à Nice.
- Un autre record a été battu dans cette épreuve. C’est celui de l’organisation sportive et les membres du Comité sportif de l’Automobile-Club belge ont droit à toutes les félicitations.
- X
- Tous ceux qui ont assisté à la grande fête automobile du 29 avril donnée à Bruxelles au parc du Cinquantenaire se souviennent de son succès.
- L’Auto-Vélodrome bruxellois vient de décider, pour le 15 juillet, une réédition de la manifestation automobile du 29 avril, mais cette fois avec des courses d’automobiles.
- La fête se composera de concours d’adresse, d’élégance, de mouvements d’ensemble et de courses.
- Le programme comprend un critérium de motocyclettes, des courses de motocycles, de voiturettes, de quadricycles et enfin un handicap monstre pour automobiles de toute nature.
- X
- L’Union commerciale de Louvain organise, pour le dimanche 1er juillet, à 2 heures, une grande Pète des Fleurs, comprenant des concours entre cycles, motocycles et automobiles, avec, pour prix, des bannières, Ilots de rubans et médailles.
- X
- A la suite de la décision prise par l’Automo-bile-Club de Belgique de ne pas participer au Longchamp fleuri, les automobiles y ont été peu nombreuses. Il y en a eu quatre qui bravement se sont soumises au règlement n’autorisant pas de vitesse supérieure à 10 km à l’heure.
- On a surtout admiré la voiture de M. Wau-thier garnie de roses, celle de M. Vanderspécht, très jolie avec sa garniture de bluets; celle de M. Guillon et la voiturette de M. Piret, charmante avec sa moisson de fleurs de champs.
- X
- Un de nos correspondants italiens nous signale certains résultats obtenus aux courses de Bologne, dont nous avons eu déjà l’occasion de parler.
- Pour un parcours de 76 km, la maison Prinelti-Stucelti, avec une machine dont nous ignorons le type, aurait fait 75 km en 74 minutes. Son coureur, Bugalti, a fait, en tricycle, 60 km à l’heure; le comte Gulinelli, en quadricycle,
- 50 km à l’heure ; Storero, avec voiturette, 44 km ; le marquis Ginori, avec une voiture, 43 km.
- Félicitations à nos aimables voisins.
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- A l’occasion des fêtes d’inauguration du monument élevé à Cairoli, la Société de gymnastique et de sports de Paris a organisé une course de motocycles.
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- On a calculé récemment, et de façon tout à fait exacte, l'inclinaison de la côte de Bunnv Bill, une des rampes les plus considérables qu’aient eu à escalader les voitures qui ont pris part en Angleterre à la course des 1000 milles. L’inclinaison y est de 8 pour 100.
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- Becords du Canada! L’autre jour, nous écrit-on de Montréal, une automobile à vapeur, sur une route en assez mauvais état, et sous la conduite d’un spécialiste, M. Evans, président de la « National cycle and automobile Company », a été de Toronto à Hamilton en 3 heures 20 minutes. U y a seulement 72 kilomètres!
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- Un ingénieur électricien de New-York, M. Wal-ter-K. Freemann, offre de s’engager dans un match, avec un véhicule à vapeur de son invention, contre le fameux torpilleur de M. Penning-ton, dont on parle toujours sans jamais le voir.
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- On est en train d’organiser, au « Parc de Washington », à Chicago, une exposition et des concours d’automobiles. Les emplacements sont énormes, on trouvera des pistes naturelles magnifiques pour les épreuves. Les courses se feront dans les termes du règlement de l’Automobile-Club de France; il y aura 50,000 francs de prix. Les engagements pour l’exposikion sont clos le 30 juin.
- Exposition universelle de 1900
- Le Concours de Motocycles.
- Lundi a commencé, à l’annexe de Yincennes, le second concours de motocycles, classés non sur la vitesse mais sur la résistance et la consommation.
- Les motocycles ont à couvrir, le matin, 30 tours de la piste autour du lac Daumesnil, et le soir 40 tours, soit au total 160 kilomètres environ tous les jours, pendant huit jours.
- La vitesse moyenne devra être de 30 à l’heure environ.
- Bien que les prix soient nombreux il n’y a eu qu’un très petit nombre d’engagements. La raison en est que ces épreuves à formuler n’intéressent ni les professionnels ni le public.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Un service de trains Scotte, avec départs d’heure en heure, relie actuellement la gare du Nord au pont de l’Alma.
- L’idée est excellente et obtient un réel succès.
- Le TouringClub fait distribuer, à l’Exposition, une notice ornée d’une photogravure de son pavillon et retraçant l’œuvre du Touring Club depuis dix ans.
- Cette notice fort bien faite sera lue avec intérêt par tous les membres et tous les amis de notre grande association.
- L’installation de l’annexe de Vincennes commence à se terminer, non sans peine.
- Dans quelques jours des omnibus automobiles Le Blant viendront prendre les visiteurs à la porte Dorée pour les conduire au centre de la classe 30.
- Les voitures à pétrole commencent à circuler sur la piste du tour du lac.
- La première épreuve du concours d’aérostation de Vincennes a été donnée dimanche dernier. Cette épreuve, dite : coupe des aéronautes, portait sur la distance parcourue par chacun des concurrents qui emportaient un lest proportionnel au cube des ballons qu’ils montaient. Onze aérostats ont pris part, sur quatorze inscrits à l’épreuve qui avait pour starter le commandant Renard, directeur du parc aérostatique militaire de Meudon. Les départs ont été donnés successivement de quatre heures et demie à six heures. Voici, dans l’ordre, les noms des concurrents : Jacques Balzan, Justin Balzan, Georges Juchmès, Jacques Fort, Corot, Castillon de Saint-Victor, Dupont-Delsault, Georges Blan-chet, Henri de La Yaulx, Revertegeat.
- Voici maintenant les résultats des descentes connues à l’heure de notre mise en pages.
- MM. Revertijat et Jichmès sont descendus dimanche vers 8 heures du soir.
- MM. de La Vaulx, de Castillon de Saint-Victor et Balsan sont descendus entre minuit et 2 heures du matin lundi.
- M. Jacques Balsan est descendu entre 10 heures et 11 heures du matin lundi.
- M. Jacques Balsan est donc jusqu’ici le vainqueur de la première épreuve de durée.
- Il est vrai que nous n’avons pas encore de nouvelles de M. Jacques Faure.
- L’Exposition d’automobiles installée à Vienne, au Prater, par l’Automobile-Club d’Autriche s’annonce comme un réel succès.
- On compte dans l’Exposition quarante-trois maisons autrichiennes. Dans l’enceinte, les visiteurs sont admis à faire des promenades en automobile. Les propriétaires des voitures exposées, membres de TAutomohile-Cluh de Vienne con-
- duisent, en personne ; ce moyem de propagande est des mieux trouvés.
- Plusieurs membres de la famille impériale, le gouverneur comte Kielmannsegg et sa charmante femme sont venus visiter l’Exposition la première journée. Le président de l’Exposition : le prince Max Egon de Furstenberg; les vice-présidents : comte Jean Wilcnek, fils, M. Paul de Schœller; le comité : comte Gustave de Pœtting-Persing, président del’Automobile-Gluh, comte Léopold de Koloxvrat, comte Siegfried Wimpffen, comte Charles Schoenborn, le professeur George Goebel, consul général, Alexandre Singer, MM. Theobald Harmsen, Sehnar Greiger, A. H. Schramm, Antoine Armbruster et Arnold Spitz, ont accompli de véritables tours de force en établissant en deux jours cette Exposition. Dans le comité d’honneur il y a les noms les plus brillants de l’aristocratie, du monde officiel, de la bourgeoisie, de la haute finance et de l’industrie. Le comité des études techniques militaires est représenté par le capitaine Robert Wolf.
- Une Exposition d’automobiles sera tenue, sous les auspices de T Automobile-Club des Etats-Unis, à Madson Square, à New-York, du 3 au 10 novembre 1900. Le secrétaire général en est M. Frank, W. Sanger, Madison Square Gar-den Co., New-York.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre excellent confrère l'Automobile Belge n’est pas content de la façon dont a été organisée la coupe Gordon Bennett et, sous le titre de : « La coupe Fantôme », il dit nettement leur fait aux organisateurs :
- Eh bien, elle est jolie l’épreuve sensationnelle du sport automobile international! Jamais, nous n’avons assisté à mystification semblable.
- Après avoir établi solennellement un règlement, auquel on ne pouvait toucher sous aucun prétexte, l’Automobile-Club de France a foulé cette arche sacro-sainte à ses pieds, sans s’inquiéter le moins du monde du droit acquis des tenants des autres pays. Les articles 5, 10 et 11 de cette charte sportive ont été violés et nous attendons encore à ce jour l’explication du fait incroyable et sans précédent qui vient de se passer.
- Jenatzy part pour la forme sur une voiture quelconque. Ce qui n’empêche une réclamation de se produire contre ses pneus de fabrication française.
- M. Eugen, le représentant de l'Allemagne s’abstient.
- Au demeurant, nous assistons, ou peu s’en faut, à un walk-over des tenants français.
- Bref, la Coupe Gordon-Bennett, le retentissant challenge international, a eu pour première épreuve un insuccès tout aussi retentissant.
- Nous avouons comprendre très bien le mécontentement de nos voisins auxquels il eût été bien facile de donner satisfaction.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Le journal Motor Age a eu une idée originale (comme si souvent nos confrères de la presse américaine) pour montrer qu’on ne sait pas encore ce que sera l’automobile de l’avenir. Il a posé, sous la forme d’un dessin, une équation curieuse et qui montre d’abord un des wagons de chemins de fer si primitifs du début des voies ferrées, puis un des grands wagons Püllmann de l’époque actuelle, le troisième terme est la voiture mécanique présente, et l’inconnu, un X monumental, est l’automobile perfectionnée correspondant, devant correspondre au magnifique matériel de nos chemins de fer modernes.
- Notro confrère Automobile Magazine chante un couplet d’enthousiasme sur le rôle considérable de l’automobile; se plaçant spécialement au point de vue américain, il montre que de bonnes routes sont une nécessité pour un pays, nt que sans doute un mouvement en faveur de l’automobile va enfin en faire créer aux États-Unis.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Une concession est demandée depuis plusieurs mois, en Belgique, à la commune de Saint-Gilles pour l’établissement d’un service public d’omnibus automobiles.
- —o—
- Le Conseil municipal de Southampton (la Corporation, comme on dit) s’occupe en ce moment d’établir des services d’automobiles à la fois pour remplacer les omnibus actuels, qui coûtent cher, et pour servir de rabatteuses aux tramways électriques. Les membres du Conseil ont récemment fait un voyage en automobile à Bourne-mouth, pour y voir fonctionner ces services d’omnibus mécaniques.
- —o—
- Un correspondant du Times annonce que les machines de traction à vapeur ont rendu et rendent les plus grands services à l’armée du général Roberts. Il y en a 7 en service qui transportent quotidiennement 5000 tonnes-milles, ce qui revient pour chacune à 35 tonnes (de 1016 kg) à 20 milles (32 km) chaque jour. On estime que l’économie est énorme sur les charrois à bœufs, et que, en 15 jours, elle paye le prix du tracteur et de son train.
- —o—
- Nous avons dit qu’on s’occupe beaucoup en Amérique d’améliorer les routes pour rendre possible l’emploi des automobiles. La « National Highway commission » vient d’arrêter le plan et le tracé d’une route automobile du Pacifique à l’Atlantique, entre le 4Ue et le 42e parallèle de latitude. La République, les Etats, les villes et
- comtés, et enfin les propriétaires intéressés, se réuniraient pour en faire les frais.
- —o—
- On se décide enfin à ouvrir largement aux automobiles les allées diverses du Parti de Philadelphie ; la chose n’est pas encore faite, mais elle est sur le point de se réaliser. On s’est aperçu que l’automobile n’est point dangereuse; divers membres de la Commission du Park ont montré que l’automobiliste paye ses impositions et les mêmes droits que les autres contribuables.
- —o—
- La Compagnie de tramways électriques de New-York dite « Brooklyn Rapid Transit Go », vient d’essayer avec plein succès l’emploi d'automobiles électriques pour assurer le service îles réparations de ses voies et de son exploitation générale.
- —o—
- Une nouvelle compagnie, au capital de 1,500,000 fr., vient de se fonder pour créer un service public d’automobiles à Boston.
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- TRIBUNAUX
- Gela va tantôt mal, tantôt bien pour les chauffeurs au tribunal de simple police. Le 13 juin, un juge de paix nommé Becker, du XIIIe arrondissement, a encore enchéri sur ses prédécesseurs. Ce magistrat décerne libéralement des peines de trois jours de prison. Pour peu que le tribunal correctionnel continue à confirmer en appel, purement et simplement, les jugements de simple police, cela deviendra intolérable.
- -o©o-
- Le 16 juin, le tribunal de simple police était présidé par un magistrat intelligent : M. Noble, juge de paix du XVIIIe arrondissement. Il n’a condamné qu’à une très légère amende les chauffeurs qui ont défilé devant lui.
- -oS>o-
- La semaine dernière ont commencé au correctionnel, — onzième chambre, — les jugements sur appels interjetés par les chauffeurs déjà condamnés par le tribunal de simple police.
- Les juges correctionnels se sont montres aussi durs que possible contre toutes les espérances. Us ont maintenu, — sauf de très légers adoucissements, — les peines précédemment prononcées, prison comprise.
- Le Direcleur-Géranl : YUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 19, R. DES FOSSES S.-JACQUESv
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- Septième Année. — N° 2l>.
- 28 Juin-1900V'
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS LE NUMÉRO ADMINISTRATION ET RÉDACTION
- France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr. 50 Centimes. Bue Chauveau-Lagardf, k — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 26.
- Les automobiles électriques eu service public, J. Dela-salle. — Le congrès de l’Automobile, Gaston Sencier. — Echos et nouvelles. — Le collecteur de poussière Dauvin. — Changement de vitesse Waché et Kriéger, Paul Sarre y. — Le canot à pétrole Y Aiglon. — Automobile postale. — Voiture électrique américaine. — Le piston Bickerton. — Allumage électrique Cotton et Kunze. — L’alcool moteur. — Chambre syndicale du cycle et de l’Automobile. — Courses. — Exposition universelle de 1900. — Les automobiles sur routes. — A travers la presse. — Le nouveau règlement douanier en Belgique. — Tribune libre. — Courrier industriel.
- LES AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES
- EN SERVICE PUBLIC
- Les progrès des voitures électriques semblent subir maintenant une longue période de repos. Après l’engouement de ces trois dernières années, engouement provoqué par les différentes courses de fiacres de Y A. C. F. et les expositions des Tuileries, tout paraît s’arrêter; un simple coup d’œil jeté sur la classe 30 à l’Exposition universelle suffit pour s’en assurer.
- Depuis le tricycle de Magnus Volk jusqu’au dernier critérium des Electriques, bien des progrès ont été accomplis. Nous sommes arrivés à posséder des voitures électriques fonctionnant. Des prouesses ont été accomplies, de nombreux kilomètres parcourus sans recharger. Mais est-ce bien ce dernier point, justement, qui est le but de la traction électrique automobile? A notre avis, non. Laissant de côté la question considérée au point de vue plaisance et tourisme, et ne nous occupant que des services publics, tant qu’il n’aura pas été trouvé un autre réservoir d’énergie que l’accumulateur au plomb, il ne faudra pas chercher les très grands parcours. Si le moteur électrique est celui qui possède la plus grande puissance par rapport à son poids et à son volume, on
- sait qu’il est loin d’en être de même avec les piles secondaires.
- En admettant qu’au lieu d’être lourds, les accumulateurs soient légers, à combien reviennent les frais d’entretien de ces appareils? A des sommes élevées par voiture-kilomètre; le concours des accumulateurs a montré que la batterie la plus solide était hors de service quand elle avait donné 1,5 kilowat-lieure par kilogramme de poids total; le coût d’entretien est tellement fort que les Compagnies qui essayent de se livrer à un service d’exploitation sont obligées de prendre très cher pour se rémunérer d’une partie de leurs dépenses, qui sont cependant réduites, si on ne considère que la charge. Cela tient à ce qu’on a trop cherché la légèreté de la batterie. Or il est certain qu’en matière d’accumulateurs le poids faible, obtenu par des plaques à formation hétérogène et de l’acide à grande densité comme électrolyte, a toujours exclu la solidité mécanique et la sûreté électrique. Dire qu’on ne pourra y arriver serait téméraire, mais aujourd’hui, il est utile de le reconnaître, le poids lourd est le seul qui puisse convenir à un service normal.
- Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à examiner ce qui se passe au point de vue des tramways électriques. Sur les lignes existant à Paris, celles qui fonctionnent le mieux ont des accumulateurs à formation Planté. S’il reste encore quelques lignes avec des éléments type Faure ce n’est que pour un temps très court, et d’ici quelques mois toutes ces batteries seront remplacées par du type Planté.
- En laissant de côté tout autre entretien que celui de la batterie, que nous admettons comme réduit par un choix convenable du type, il serait indispensable d’établir sur la voie publique des postes de charge, d’où une dépense très grande répartie dans le capital engagé aux canalisations venant des usines génératrices, et dans les pertes d’énergies dues aux
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- conducteurs. Ces perles pourraient être diminuées par une étude sérieuse du projet qui permettrait de voir si on n’aurail pas interet à installer un transport de force à haute tension avec des sous-stations.
- Tout ceci nécessiterait de gros capitaux, des sociétés puissantes, dont les actionnaires accepteraient de ne pas recevoir des dividendes importants dès le début, le capital à amortir étant assez grand.
- Le plus simple serait encore, pour les Compagnies, d’acheter le courant aux secteurs actuels. Des concours ont été ouverts pour chercher le meilleur dispositif à donner aux coffrets de charge, afin d’y disposer tout l’appareillage nécessaire ;* le syndicat des industries électriques s’est occupé d’étudier l’abaissement du prix de l’énergie pour la charge des batteries d’accumulateurs; tout cela est resté lettre morte ; tout nouveau, tout beau!
- Quel que soit le producteur du courant, qui naturellement doit être utilisé sous la forme de courant continu, avec des batteries robustes il serait possible de charger sous potentiel constant ; le rendement en énergie est moins lion, c’est certain, mais en quinze à vingt minutes, il est possible de récupérer le courant dépensé ; la perle de temps est donc très petite au cas où Ton est pressé.
- A l’étranger, des services d’omnibus fonctionnent et se rechargent sur les lignes de tramway pendant les arrêts à l’aide d’une perche à trolley; à Berlin, par exemple, ce système est employé avec des accumulateurs Majert, et les Berlinois s’en trouvent fort bien.
- N’examinant cette question qu’au point de vue des voitures de place, avec une installation faite sur un champ assez vaste, un nombre suffisant de voitures pour que la quantité de courses puisse assurer un bon rapport journalier, il serait possible de donner à Paris un service d’accumo-biles marchant convenablement, et dans des conditions meilleures que celles où fonctionnent les quelques fiacres électriques actuels qui, nous en sommes sûrs, sont loin d’être une source de gros bénéfices pour la Compagnie générale des Voitures, en supposant même qu’elle ne perde pas d’argent avec eux.
- En résumé, l’automobilisme électrique, qui est le rêve pour une ville comme bruit, comme propreté et comme conduite, n’aura des chances de fournir une bonne exploitation et de détrôner le moteur à avoine, comme l'appelle notre éminent collabora-
- teur Hospitalier, que le jour où on lui donnera une grande extension et où le service organisé sur une base sérieuse, prendra comme point d’appui un entretien très réduit des batteries qui, dans l’état actuel de l'industrie, doivent être de construction robuste et à formation autogène.
- A. Delasalle.
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- LE CONGRÈS DE L’AUTOMOBILE
- Je ne sais plus quand, je ne sais plus où
- Maître Yan soufflait dans son biniou.
- Ce sont deux vers de Victor Hugo. Ils me reviennent à la mémoire à propos du Congrès de T Automobile. Car il y a un Congrès de l’Automobile. H doit se tenir quelque part, ces jours-ci, je 11c sais plus quand, je ne sais plus où, et il ne passionne nullement les populations.
- 11 y avait pourtant quelque chose à faire. Ce quelque chose, je l’avais esquissé, au temps jadis. J’aurais voulu que ce Congrès, entouré d’une mise en scène savante, fut aux yeux de l’univers l’apothéose de l’industrie automobile française. Je rêvais T Automobile-Club conviant solennellement chez lui tous ceux qui s’occupent d’automobiles, à un titre quelconque, dans le monde entier, à discuter les problèqies que soulève la locomotion nouvelle. On eut invité tous les Automobile-Clubs étrangers, tous les constructeurs, tous les ingénieurs, toute la presse spéciale des deux hémisphères. Tous les journaux auraient annoncé le Congrès qui eut servi de prétexte à de grandes fêtes. C’était un succès certain.
- Au lieu d’adopter ce programme, on a préféré faire un bon petit congrès officiel, taillé sur le modèle de celui de la charcuterie française et de celui des pêcheurs à la ligne. On a fait preuve du plus regrettable exclusivisme dans le choix des promoteurs de l’affaire. Résultat : le Congrès de l’Automobile s’annonce comme un foqr noir. Ce four viendra s’ajouter à l,a liste sans cesse grandissante et déjà longue des divers fours que T Automobile-Club de France collectionne en ce moment par les mêmes procédés.
- Je ne sais plus quand, je ne sais plus où
- Maître Van soufflait dans son biniou.
- * Gaston Sencier.
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- ECHOS
- Le comité du Moto-Club de Rrance s’est réuni le mercredi 20 juim
- Au scrutin de ballottage quarante membres nouveaux, — dont une duchesse, — ont été admis, ce qui porte le nombre des membres à 345.
- On a adopté, au cours de pettp réunion, le modèle de l’insigne de l’Association. C’est une roue bleu-turquoise avec un engrenage en yieil argent.
- On à également décidé d’organiser, pour le 8 juillet prochain, une grande promenade en automobiles et motocycles à Trye-Château, près de Gisors. Les membres du Moto-Club désirant prendre part à cette promenade sont priés d’en donner avis à notre confrère Pierre Oilfard, au Vélo.
- L’Automobile-Club vient d'offrir, le 21 juin, un grand déjeuner à quelques amis, à l’occasion de la coupe Gordon-Bennett.
- Les gazettes nous apprennent que ce déjeuner a été » savoureux et plein de cordiale gaîté ».
- Comme pendant à ce banquet, la maison de construction dont Levegh monte les voitures a donné un dîner, chez Ledoyen, à Levegh et aux amis de la maison.
- Res gazettes ne nous renseigpej.it pas, pptte fqjs, sur la valeur du menu. C’est regrettable.
- A propos des fêtes que l’Automobile-Club de France doit donner les ü et 10 juillet, une de nos lectrices nous demande en quoi consistera exactement la seconde de pes fêtes, pejlp g laquelle les dames seront admises, et si la tpileRp décolletée y sera de rigueur.
- Espérons que l’Automobile-Club nous mettra en mesure de renseigner notre aimable abonnée.
- -¥*/
- La pourse des bateaux-aufomobilps g Argen-teuil a été, dimanche dernier, pour le Rallye Auto, l’occasion d’une sortie en masse.
- A
- M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, fait dresser en ce moment un tableau de toutes les routes pavées impraticables à la vélo-cipédie et à l’automobile, dans un rayon de 60 kilomètres autour de Paris. D’après ce tableau, qu?il se réserve de contrôler lui-même sur place, il fera exécuter peu à peu tous les travaux d’amélioration désirables, en commençant par les plus urgents, c’est-à-dire par ceux qui offrent le plus d’intérêt au point de vue circulation et tourisme.
- Tout cela est parfait, mais le malheur est que M. Pierre Baudin aura probablement cessé d’être ministre avant que ce tableau soit achevé et que
- tout cela risque fort de rester à l’état de ces bonnes intentions dont l’enfer ministériel est, dit-on, pavé depuis qu’il y a des ministres en France.
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- * ¥•
- Nous avons annoncé la décoration de Léon Bollée. L’Union vélocipédique de la Sarthe vient d’ouvrir une souscription pour offrir au nouveau légionnaire, le 12 juillet prochain, un banquet et un objet d’art.
- Les souscriptions sont reçues par le trésorier de l’Union vélocipédique de la Sarthe, 22, place de la République, au Mans.
- Notre éminent collaborateur Carlo Bourlet, dont on n’a pas oublié la magistrale étude sur la direction par essieu brisé publiée ici-môme, vient d’ètre chargé de faire la Revue des inventions nouvelles dans la Revue mensuelle du Tourintj-Club.
- Il était difficile de faire un meilleur choix.
- * *
- On s’occupe toujours de la création du grand journal quotidien cycliste et automobile, dont nous avons annoncé la création prochaine, par un groupe de constructeurs d’automobiles assistés d’actionnaires de bonne volonté.
- Le futur journal doit, en dehors du cycle et dp l’automobile, s’occuper de tous les sports sans exception.
- • Desgrange serait dans la combinaison et assumerait la lourde tâche de la création d’un grand quotidien sportif. Toutes nos félicitations au sympathique directeur du vélodrome du Parc des Princes.
- * ¥
- Le comte de Lg Valette, qui devait accompagner à Madagascar le général Galljéui et une demi-douzaine de voitures automobiles, n’est pas parti.
- Le motif? Comment voulez-vous que nous vous le disions? Ce sont des secrets d’Etat.
- * •¥•
- La maison Rochet-Petit prépare en ce moment une voiturette à trois ou quatre places et à moteur de cinq chevaux, qui sera une réduction de sa grande voiture et coûtera 4500 francs.
- Moteur vertical à un seul cylindre à l avaut avec refroidissement par eau, quatre vitesses, marche arrière.
- On en mettra cinq cents en vente pour les premiers mois de l’année prochaine. Avis aux amateurs.
- + ¥•
- La maison de Dion-Bouton vient de terminer sa première voiture électrique qui a, parait-il, donné aux essais des résultats très satisfaisants.
- La meme maison achève les essais d’un quadricycle de course, très léger quoique possédant un moteur d’une dizaine de chevaux, lequel permet de réaliser de folios vitesses;
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- Ajoutez à cela les bateaux à pétrole, les omnibus à vapeur, les tricycles, etc., et vous verrez qu’on ne doit pas avoir, à Puteaux, le temps de s’ennuyer.
- * *
- Petit instantané pris vendredi dernier sur le. pont de Neuillv.
- La voiture de livraison de Michelin arrive toute fringante avec son inscription flamboyante :
- « Le pneu Michelin boit l’obstacle ».
- Subitement ladite voiture heurte un peu rudement le tramway électrique de la Madeleine au pont de Neuilly et ramasse une bûche sérieuse.
- Le public fait cercle et un gavroche s’écrie :
- « Ah ! ben alors, si y boit l’obstacle, y boit * toujours pas les tramways. »
- * *
- Nous apprenons avec plaisir le rétablissement complet de notre sympathique confrère R. Moul-lac, rédacteur en chef des Petites Annales illustrées du Cycle et de l'Automobile, dont nous avons annoncé l’accident de voiture automobile il y a quelques semaines.
- L’aventure se résume ainsi : une pelle formidable ramassée, dans une descente de la vallée de Chevreuse à la suite du mauvais fonctionnement d’un frein. Résultats : fortes contusions à la tète et aux jambes et plusieurs semaines de ht.
- Heureusement qu’il n’y parait plus maintenant. Tout est bien qui finit bien.
- * *
- Un incendie considérable a dévoré dimanche soir, vers cinq heures, une partie des usines de la Société générale de construction de voitures et d’automobiles situées à Levallois-Perret.
- Ces usines, qui comprennent cinq grands ateliers et occupent plus de 150 ouvriers, forment un vaste quadrilatère que bornent les rues Danton, Kléber, des Arts et Baudin.
- Le feu y trouva un aliment facile dans les matériaux accumulés, voitures, charpentes, bois, plâtras, etc., et en moins d’un quart d’heure il prit des proportions effrayantes. Les dégâts sont évalués à une cinquantaine de mille francs. Le sinistre est attribué à la malveillance.
- * *
- On nous demande souvent un moyen pratique de faire essayer la puissance d’un moteur d’automobile.
- Il suffit, pour cela, de s’adresser à M. Max Ringelmann, le directeur de la station d’essais du ministère de l’agriculture, 47, rue Jenner, à Paris.
- Les prix de ces essais sont modérés.
- * *
- Maintenant que le permis de conduire devient obligatoire pour les chauffeurs dans tous les pays du monde, il serait utile que tous les journaux s’occupant de notre sport prennent l'initiative d’un mouvement tendant à obtenir l'internationalité des permis délivrés dans chaque pays.
- Il ne nous semblerait nullement impossible que, puisque les permis sont maintenant délivrés partout à la suite d’un sérieux examen, ces permis devinssent, à la suite d’un accord international, valables dans le monde entier.
- Cette mesure aurait des avantages sur lesquels il nous semble inutile d’insister.
- On annonce, pour fin juin, la mise en vente, au prix de 1 franc, franco domicile, de VAnnuaire automobile du Touring-Club.
- Cet Annuaire contient :
- 1° La liste des mécaniciens-voituristes ayant justifié de leurs capacités par la production de certificats légalisés. Des signes conventionnels résument la teneur des certificats produits.
- L’Annuaire indique la distance kilométrique de chaque localité dépourvue de mécaniciens aux villes les plus rapprochées qui en possèdent.
- 2° La liste des dépositaires des cinq marques principales d’essence.
- 3° Les stations électriques pour recharge d’accumulateurs.
- 4° Les noms des propriétaires de voitures automobiles qui offrent gracieusement leur aide et leur outillage aux camarades en détresse.
- Des renseignements sur les fournisseurs du Touring-Club, les Douanes, la Circulation, la Taxe, les Transports, complètent le volume.
- Notre excellent confrère, Y Avenir de l'aulo-mobile et du cycle, cite une chanson faite en 1830, et où il est déjà question d’automobiles à vapeur.
- En voici un couplet :
- Pur la vapeur, à Paris,
- On ira tous les samedis :
- A la Courtiir je boirons,
- Et le lundi j’ reviendrons.
- Des voitures, des chariots,
- Galoperont sans chevaux.
- G’est tout profit, nous dit-on;
- On n’ payera pas de postillon.
- Il est regrettable que le nom de l’auteur de ce chef-d’œuvre poétique ne soit pas passé à la postérité.
- * *
- Charron vient de parier 100 louis que Loysel, sur sa nouvelle voiture forte de 24 chevaux, ne couvrirait pas le kilomètre en 42 secondes.
- Loysel tient le pari.
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- Le Moto-Club de Belgique, définitivement constitué, a élu un comité de cinq membres chargés de proposer à la prochaine assemblée les membres du bureau définitif de la Société et de se mettre en rapport avec le Moto-Club de France pour l’adoption de règlements communs aux deux Sociétés, du moins en leurs points essentiels.
- Les personnes désirant faire partie du Moto-Club de Belgique sont priées de s’adresser à
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- M. G. Jacobs, Hôtel Métropole, place cle Brouc-kère, à Bruxelles.
- A propos de la création du Moto-Club de Belgique, disons qu’il existe déjà à Bruxelles, depuis le 12 décembre 1898, une société portant ce nom et ayant son siège n° 152, boulevard du Nord. Son secrétaire est M. Joseph Buelens, qui réclame pour sa Société la propriété du nom de Moto-Club de Belgique.
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- Parallèlement au Moto-Club de Belgique, on prépare, à Bruxelles, la création de la Ligue automobile belge, qui serait surtout une association de tourisme ayant pour but d’obtenir des réformes douanières, de faire améliorer les routes, de faire créer des dépôts d’essence et des postes de rechargement pour les voitures électriques, d’organiser des concours et une école pratique de chauffeurs, bref, de faire •tout ce qu’eût dû faire l’Automobile-Club de France.
- La cotisation est de 10 francs par an.
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- Appelons l’attention de nos lecteurs touristes sur le nouveau règlement douanier belge qu’ils trouveront plus loin.
- Us y verront que les automobiles françaises vont pouvoir pénétrer en franchise en Belgique et que le dépôt de 12 0/0 ad valorem est supprimé.
- Il serait très désireux que les mêmes facilités de circulation soient bientôt données aux automobiles dans l’Europe entière.
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- Beaucoup de chauffeurs belges partent pour l’étranger avec leur voiture. M. Ruys-Orban se rend à Lucerne, le comte d’Ursel va dans le Poitou et le baron Jean de Crawliez se dirige vers le grand-duché de Luxembourg.
- On voit que l’automobile ne connaît plus de frontières.
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- Un terrible accident a failli arriver à M. Albert Madoux, le sympathique membre de T Automobile-Club de Belgique. Il arrivait sur un passage à niveau, dont les barrières étaient ouvertes, et allait s’engager sur la voie lorsque l’appel d’un gamin lui fit jeter un regard de côté. Il était temps. Un train arrivait à toute vapeur, et ce n’est que grâce à sa présence d’esprit que M. Albert Madoux a pu s’arrêter à un mètre à peine des rails, par un freinage énergique.
- L’Automobile-Club des Flandres prépare une excursion à Renaix pour le mardi 3 juillet.
- D’autre part, l’Automobile-Club de Charleroi organise pour le dimanche 8 juillet une excursion pique-nique en automobile.
- Voici l’itinéraire : Gerpinnes-Hanzinelle-Oret-
- Denée-La Molignée-Yvoir-Le Bocq-Crupet-As-sesse-Le Samson-Namêche. — Retour par Namur-Floreffe-Fosses.
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- L’automobile se développe en Suisse. Depuis que le permis est obligatoire à Genève, on y a déjà délivré 84 permis de circulation, ce qui est loin de représenter la totalité des chauffeurs genevois que l’on croit être au nombre de 120 environ.
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- Un journal allemand nous déclare qu’une automobile aurait gravi une pente de 25 0/0. Si invraisemblable que cela paraisse, enregistrons la nouvelle, sauf à découvrir plus tard que la pente a été mal mesurée.
- Voici l’histoire :
- Le dimanche de la Pentecôte, quatre personnes, parmi lesquelles se trouvait une dame, ont entrepris l’ascension en automobile du Bacli-tel, du haut duquel se déroule un des plus merveilleux panoramas des Alpes suisses embrassant vallées, villages, etc., contemplé du sommet d’un observatoire établi par le Club alpin. Sur la première partie du parcours, la route est en bon état, mais présente des rampes de 12 et 15 0/0. A partir d’un certain niveau, le chemin se rétrécit notablement, les difficultés augmentent, et la déclivité atteint 25 0/0 pour arriver au faîte. Les touristes abandonnent généralement leur voiture pour faire à pied cette portion du trajet. Nos quatre courageux excursionnistes, au contraire, seraient arrivés en automobile à l’auberge qui couronne la montagne, accueillis par les acclamations des amis qui les y attendaient. C’est évidemment une belle prouesse, mais ces 2(5 0/0 nous laissent rêveurs.
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- On signale le passage à Londres de M. Fiehh président de l’Automobile-Club d’Amérique. M. Field, qui s’occupe beaucoup de questions industrielles a, paraît-il, pris la représentation aux Etats-Unis d’une voiturette de construction française.
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- L’Automobile-Club de la Grande-Bretagne est en ce moment dans une période d’activité qui contraste quelque peu avec le calme qui règne à l’Automobile-Club de France.
- Nous donnerons, dans notre prochain numéro, le programme de la présente semaine et de la quinzaine qui suivra. Nos voisins ont trouvé moyen de grouper, en ce court espace de temps, une promenade de 100 milles avec courses de côte, des courses de motocvcles, une garden-party automobile, un meeting automobile, un gymkhana automobile et une fête de charité.
- Applaudissons aux efforts de l’Automobile-Club de la Grandé-Bretagne, tout en en redoutant les conséquences pour notre industrie nationale.
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- Lo collecteur tie poussière Dauviu(1>
- Ce collecteur de poussière pourrait peut-être trouver son emploi dans la construction des automobiles à l’aspiration des moteurs.
- _ Ce système de collecteur est un diviseur qui a .pour but d’obtenir, suivant des dois physiques déterminées, la séparation des poussières et matières denses en suspension dans l’air ou les gaz que l’on insufle dans l’appareil.
- Il dérive du type des cyclones connus, mais présente cette particularité, qui le. caractérisé et
- A
- Fig. 1. — Le collecteur Danvin, vue extérieure.
- ëh constitue la nouveauté,. que le manchon cylindrique dü cyclone comporte un couloir en Spiralé, ouvert à sa partie inférieure, permettant d’augmenter considérablement l’efficacité de l’appareil.
- L’air, chargé de poussières, entre dans ce col lecteur par l’oriûce tangentiel A : les poussières se recueillent en B, et l’air s’échappe, épuré, par lé manchon de dégagement C.
- La grande efficacité de ce collecteur, eu égard à son volume très restreint, est due précisément
- (1) Communiqué par D. A. Casalonga, 15, rue des Halles, Paris.'
- à l’adjonction du coulait eh spirale* visible sur. la ligure 2, et au tracé héliçoïdal de la partie inférieure de sës parois.
- Dans les appareils déjà connus* les » cyclones » par exemple* il se produit un double phénomène dû :
- 1° A l’action de la force centrifuge qüi tend à projeter les matières plus denses que l’air à la périphérie des parois de l’appareil* eh lès y abandonnant ;
- 2° Au frottement de l’air sur les parois circulaires de l’appareil, et surtout au frottement des matières denses qu’il entraîne, et dont l’âëtion est plus énergique que celui de l’air.
- \ B
- Fig.\2. — Le collecteur Danvin, vue intérieure.
- C’est la résultante de ces deux phénomènes combinés qui amène la séparation des matières contenues en suspension dans l’air introduit dans l’appareil avec une vitesse convenablement réglée.
- Si donc l’une des deux composantes produisant cet effet, celle de la force centrifuge subsiste toujours, on augmente l’action de la seconde composante, celle du frottement de l’air contre les parois, en augmentant, pour un même appareil, le développement de ces parois, on augmentera, conséquemment, la valeur de la résultante qüi a pour but d’amënëf la séparation des matières denses que l’air y entraîne.
- C’est l’observation de eës phénomènes ffiii a
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- amené M. Danvin à imaginer la disposition du couloir en spirale, caractérisant son système de cyclone, afin d’utiliser tous les effets de la force centrifuge, tout en augmentant, dans un forte proportion, le chemin parcouru par les gaz, et par suite le frottement contre les parois du couloir.
- L’expérience est, en effet, venue confirmer ces prévisions, et a parfaitement démontré, que sous un volume très réduit, ce collecteur à couloir à spirale donnait des résultats très efficaces.
- Au point de vue spécial qui nous occupe, il faudrait voir si l’emploi d’un collecteur de ce
- genre ne donnerait pas lieu à une diminution appréciable de la puissance du moteur. C’est ce que l’expérience seule pourra montrer.
- Changement de vitesse Vaehé et Kriégerl
- Nos lecteurs connaissent déjà divers systèmes de changement de vitesse par courroie et poulies extensibles, décrites dans ce journal, et appli-
- Fig. 1. — Changement dé vitesse \Vaché et Kriéger. Élévation.
- cables aux transmissions d’automobiles, dé machines-outils, etc.
- En voici un nouvel exemple dont le pHlitipé assez ingénieux repose sur l’applicatiob rtitx jantes des poulies de lames articulées et pliàfites
- bien connues pour être en usagé dans le commerce pour divers systèmes de fermoirs, ronds de serviettes, cache-pots extensibles, etff. (V. fig. 1.)
- Si V est la vitesse de l’arbre de commande, et si lés poulies peuvent sé distendre dans le
- Fig. 2. — Changement de vitesse Waché et Kriéger. Vue en plan.
- rapport de 2 à 1, en les supposant l’une fermée sur l’arbre de commande et l’autre ouverte sur l’arbre conduit, celui-ci tournera à la vitesse N
- v — Si, au contraire, la poulie de commande
- est ouverte au maximum, la poulie conduite sera fermée et la vitesse de l’grbre intermédiaire sera alors v = 2 Y. Les vitesses extrêmes étant ainsi dans le rapport de 1 à 4 et l’arbre principal tournant à 100 tours par minute, on pourra obtenir sur l’arbre intermédiaire toute la gamme des vitesses intermédiaires comprises entre 50 et 200 tours.
- Reste à expliquer le dispositif de manœuvre des lames ainsi que la commande par la simple manœuvre d’un volant ou d’un levier; c’est ce qu’indique la figure 2.
- La jante articulée est montée sur 6 chapes munies chacune d’un axe, qui coulisse dans une rainure que porte un guide en forme de came. Ges cames, au nombre de 6, sont munies à leur base d’une denture engrenant, avec une crémaillère circulaire G, concentrique à l’arbre et folle sur celui-ci.
- Les 6 chapes portant la jante sont guidées dans les rainures radiales d’un plateau circu-
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- laire, lequel porte, en outre, les supports d’articulation des cames.
- Il en résulte que le déplacement longitudinal de la douille porte-crémaillère G agissant sur la denture des cames, fait écarter ou rapprocher les chapes-supports des jantes articulées et produit par suite l’ouverture ou la fermeture de la jante de chacune des poulies extensibles. Pour que le mouvement des deux poulies soit conjugué, en sens contraire, il suffît, que le mouvement d’avance d'une douille circulaire porte-crémaillère corresponde au mouvement de recul de l’autre, ce qu’on obtient de la façon suivante :
- Un léger arbre porte à ses deux extrémités des pignons dentés qui attaquent des crémaillères solidaires des douilles mobiles ; mais de telle sorte que si le premier l’attaque en dessus de l'arbre, le second l’attaque en dessous. Le mouvement de rotation de l’arbre et dos pi-
- gnons transmet donc aux deux crémaillères un déplacement égal, mais en sens inverse, et les poulies correspondantes sont exactement conjuguées.
- Sur l'arbre, on vient monter le levier de manœuvre ou une roue dentée qui, sur une automobile, peut être commandée par une chaîne et un pignon manœuvrés d’une façon quelconque à l’aide d’une poignée placée sous la main du conducteur.
- Paul Sarrey.
- LE CANOT A PÉTROLE VAIGLON
- Le canot à pétrole Y Aiglon, qui vient de remporter un si brillant succès dans le concours in-
- r
- Le Canal à pétrole Z’Aiglon.
- ternational de l’Hélice-Club, a été construit dans les ateliers de M. Pitre, à Maisons-Lallite, comme l’autre petit canot à pétrole que nous avons décrit dans notre dernier numéro. Tout son appareil moteur a été monté par les soins de la maison de Dion-Bouton. •
- Le moteur, d’une force de 8 chevaux 2 effectifs, est à 2 cylindres et à circulation d’eau. Il est pourvu d’un régulateur. Ce moteur commande l'arbre de l’hélice par l’intermédiaire d’un appareil du type semblable à ceux des voiturettes de I)ion-Bouton, augmenté d’un changement de marche qui lui est adapté.
- Toutes les commandes : marche avant, stop, marche arrière, allumage électrique, régulateur, sont ramenées «à l’avant, à la portée de la main
- du mécanicien. La conduite de ce moteur est des plus simples.
- L'Aiglon a enlevé sans peine la première place dans les deux courses de fond et de vitesse qui consistaient le samedi en une soixantaine de kilomètres et en une quinzaine le dimanche. Il fait, une fois de plus, honneur à la maison française de Dion-Bouton et à sa fabrication irréprochable. Ses dimensions sont : longueur, 6"',45, largeur, P11,35; à la flottaison, lm,25. Son tirant d’eau est 0,n,250.
- Il peut fournir une vitesse de 20 km à l’heure; a cette vitesse, l’hélice tourne à 1000 tours environ à la minute. Le régime du moteur est de 1600 à 1800 tours.
- Il convient d’associer au succès de la maison
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- de Dion-Bouton l’équipage de VAiglon. Il se composait de MM. Pitre, le constructeur de la coque, qui a si bien mené son enfant à la victoire, et Teste, le champion motocycliste bien connu, qui lui servait de mécanicien. Avec de tels conducteurs était-il possible de ne pas arriver premier?
- L'Aiglon est la propriété de M. Maurice Ou-thenin-Clialandre, le distingué sportman, agent
- exclusif de la maison de Dion-Bouton pour les canots de ce genre. „ r___
- AUTOMOBILE POSTALE
- Pour prouver par un document photographique que les automobiles rendent des services
- L’Automobile postule de Lincoln.
- aux transports postaux, nous reproduisons une photographie prise pendant la période si chargée de Noël, dans la ville de 'Lincoln, aux Etats-Unis. On peut reconnaître dans la voiture les paniers et les sacs postaux empilés en une vraie montagne; la voiture est sur le point de partir pour New-York et les facteurs et employés de la poste assistent au départ. Nous devons dire qu’il ne s’agissait là que d’une expérience, mais qui a parfaitement réussi. A l’aller, l’automobile postale a fait ses GO kilomètres et le retour a été à peu près aussi long, sans le moindre incident, et à la grande satisfaction du haut fonctionnaire des postes qui avait pris place sur le siège du véhicule.
- VOITURE ÉLECTRIQUE AMÉRICAINE
- Pour les yeux accoutumés aux véhicules yankees, sa forme générale dit assez son origine : il est lancé sur le marché par la « Century motor véhiculé company », qui construit aussi des automobiles à pétrole et à vapeur. Le châssis est fait de tubes d’acier sans soudure et les jonctions des différentes parties en sont assurées par des pièces de forge ; d’ailleurs, ce châssis est suffisamment flexible et articulé pour
- s'accommoder aux inégalités de la roule.
- Tout le mécanisme moteur et les transmissions sont absolument enfermés à l'abri de la poussière. La commande des roues arrières se fait par des engrenages coni-
- ques’ montés [sur l'essieu de cette roue, avec intercalation d'un système réducteur de vitesse à l’extrémité de l’arbre moteur. Quant au moteur meme, qui est suspendu sous l’avant-train, il reçoit son courant d’une batterie faite de 42 éléments disposés en 6 rangées; les connexions de la batterie au contrôleur permettent de dis-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- poser de 3 vitesses pour la marche en avant, et de 3 pour la marche en arrière; bien entendu, on peut mettre le contrôleur à l’arrêt; qui correspond aussi à la position de chargement.
- La direction est assurée par une 1 jarre directe sur laquelle est placé le levier du contrôleur de marche; le frein est à lame et commandé par un levier placé sous le pied.
- LE PISTON BICKERTON
- C’est, un tout petit détail de construction qui nous engage A publier tin dessin de ce piston.
- müMMi/m/mmminuimnn.
- Ce détail est assez visible dans la figure pour nous dispenser d’une longue description. Le tourillon b porte'simplement un bloc c, ajustable au moyen de vis dd et permettant par suite, en cas d’usure, le rattrapage de jeu.
- Le tourillon se sort d’un seul morceau par son bout h'.
- ALLUMAGE ÉLECTRIQUE
- COTTON ET KUNZE
- Cet allumage électrique que l’on donne comme pouvant être adapté à n’importe quel moteur, est fabriqué par MM. Cotton et Kunze, 185 Dear-born Street, à Chicago.
- Comme le montre la figure que nous en donnons, il est fort simple, massif, et par conséquent doit être peu sujet à des dérangements. Sa caractéristique consiste en ce que, pour produire une étincelle ou une succession d’étincelles de longueur et de température voulues, il a recours au phénomène bien connu de l’induction au moyen d’électro-aimants. Les électrodes y sont normalement en contact, et se séparent seulement au moment où il faut qu’éclate l’étincelle ; alors il se produit une succession d’étincelles d’une longueur et d’une température déterminées à l’avance, et cela jusqu’à ce qu’ils soient ramenés au contact. Ce dispositif porte une bougie qui sé visse dans la chaitibre d’inflammation, en haut de cette tige sont montés des électro-aimants réunis à une tige isolée terminée par du platine. Les âmes des électro-aimants se prolongent et ont pour rôle d’attirer une armature à l’extrémité d’un liras oscillant qui s’étend lui aussi à travers le cylindre et qui porte la seconde pointe de platine. Qüe les
- électro-aimants soient excités, l’armature viendra se coller et les deux pointes de platine se sépareront ce qui fera jaillir une étincelle directe du courant normal, l’étincelle d’induction des électro-aimants suivra presque immédiatement. Quand ensuite le courant est rompu, l’armature est ramenée par un ressort et les deux pointes de platine reviennent en contact.
- Ajoutons que bien entendu une came est disposée sur le moteur pour établir ou rompre le courant. D’ailleurs, le courant lui-même est fourni, non par une batterie, mais par une dynamo, commandée par le moteur. Un commutateur permet de commander l’allumage à la main quand le moteur n’est pas en marche.
- D. IL
- L’ALCOOL MOTEUR
- La commission du ministère de l’agriculture, réunie au grand complet, sous la présidence de M. Vassilière, directeur de l’agriculture, pour terminer son rapport sur les emplois industriels de l’alcool, les mélanges d’alcool et d’hydrocarbures, et les modifications à apporter à la formule du dénaturant général de la régie, a décidé de réclamer la suppression du vert malachite, qui, selon la promesse formulée par M, Delatour à la
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- séance de lâ Chambre du 12 mars, devait être supprimé.
- Les membres de la commission ont paru se ranger à l’avis que la définition légale de la benzine lourde utilisée était trop élastique, puisque dans la benzine lourde admise par la régie, certains échantillons ne sont pas encore complètement volatilisés à des températures atteignant à 250°.
- La commission a également étudié la question des applications de l’alcool à la force motrice et principalement à l’automobilisme. La question est d’autant plus intéressante que l’essence de pétrole se raréfie de plus en plus, et que, naturellement, son prix augmente dans une grande proportion. La commission a été très intéressée par M. Lecomte, qui a développé les conditions de carburation à remplir pour communiquer à l’alcool les propriétés calorifiques nécessaires pour son emploi dans tous les moteurs, aux lieu et place de l’essence, sans aucun changement dans le mécanisme.
- Dans les essais qu’il a cités, M. Lecomte déclare que l’alcool produisait la même force que l’essence de pétrole et pour le même prix, et que l’emploi de l’alcool carburé deviendrait plus économique que celui de l’essence, le jour où la quantité de méthylène sera abaissée, et le prix de dénaturation diminuée.
- CHAMBRE SYNDICALE, -
- DU CYCLE ET DE L’AUTOMOBILE.
- La Chambre syndicale du Cycle et dé l’Automobile s’est réunie le 20 juin en assemblée générale extraordinaire.
- Après lecture du compte-rendu des derniers travaux de la Chambre et des démarches nécessitées par les actes de répression excessive dirigés contre les chauffeurs, la Chambre a procédé à l’admission des nouveaux sociétaires. Enfin, M. Darracq, président, a communiqué à l’assemblée un projet de modifications aux statuts adressé par un groupe de treize membres.
- Il a été décidé que, conformément à l’article 35 des statuts, le Comité examinerait ce projet et présenterait un rapport à la prochaine séance de l’assemblée générale suivante.
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- COURSES
- L’épreuve de cote Spa-Malchamps.
- (24 juin)
- La course de cote de Spa à Malchamps, organisée dimanche dernier par l’Automobile-Club de Belgique, a merveilleusement réussi.
- - La longueur du parcours était exactement de 5 km 700 m. ‘
- Les vainqueurs de la journée sont, pour les tricycles : le baron Pierre de Cfawhez, faisant 7 m. 21 s. 4/5; pour les voitures à vapeur^ K. M. Blacke avec 11 m. 59 s. 4/5; pour les touristes, Albert Roland, sur voiture Gobron-Brillié, en 16 m. 27 s. 3/5 ; pour les voitures avec moteurs de plus de 10 chevaux, Jenatzy* en 8 m. 14 s. 4/5, et le baron Pierre de Caters, en 9 m. 0 s. 3/5.
- Ces temps, quoique ne constituant pas dés records, sont très satisfaisants, si l’on considère que le sol était complètement détrempé par une semaine de pluies.
- Voici, au surplus, les résultats complets :
- •P0 catégorie. Tricycles : 1er baron P. de Crawliez, 7 m. 21 s. 4/5; 2e Y. Dratz, 14 m. 0 s. 4/5; 3° Alphonse de Ridder, 16 m. 21 s. 1/5.
- 2e- catégorie. Voiturettes en dessous de 400 kilogs : 1er E. Orban-Viot, 16 m. 28 s. 0; 2e Guders, 16 m. 47 s. 0; 3e baron L. Lunden, 17 ni. 2 s. 1/5; 4° Y. Dratz, 23 m. 56 s. 4/5.
- 3a catégorie. Voitures de plus de 400 kilogs et de moins de 10 ch. : 1e1' Albert Roland, 11 m. 27 s. 3/5; 3e baron Jean de Crawliez, 16 m. 47 s. 0; 3° Rivière, 20 m. 6 s. 3/5; 4° O. Grégoire, 22 m. 23 s. 0; 5e M. Cus-tor, 27 m. 39 s. 0.
- •4e catégorie. Voitures de plus de 400 kilogs et de plus de 10 chx. : lor C. Jenatzy, 8 m. 14 s. 4/5; 2° baron Pierre de Caters, 9 m. 0 s. 3/5; 3e Lefebvre, 10 m. 22 s. 0.
- 5e catégorie. Voiturettes et voitures vapeur : K. M. Blacke, 11 m. 59 s. 4/5.
- • i .k ?{ x,e tour de Belgique; ;
- ’ "L"!Aùtomobile-Club de Belgique organise une grande caravane automobile à travers toute la Belgique. Cette grande épreuve, analogue au tour d’Angleterre, sera très intéressante, car l’épreuve durera dix à douze jours, pendant lesquels on visitera tous les points importants de la Belgique en y donnant «les expositions de quelques heures. .
- Ce tour de Belgique sera certainement un grand succès.
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- Critérium de Provence.
- 1er JUILLET
- Nous avons publié le programme complet du Critérium de Provence si bien organisé par F Automobile-Club de Salon et son dévoué président M. Bertin.
- Attendons-nous à voir des prodiges de vitesse sur la merveilleuse route de 100 kilomètres sur laquelle se courra cette épreuve.
- On annonce les engagements de Levegh, d’Antony, de Béconnais, de Marcellin et des motocyclettistes Bonnard et Cousin. Il y en aura probablement beaucoup d’autres, et tout fait prévoir, si le beau temps veut bien être de' la partie, une réussite complète.
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- L’Automobile-Club de Suisse organise pour le dimanche 1er juillet, à deux heures, après-midi,
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- dans le parc des Eaux-Vives, à Genève, un concours d’adresse et de conduite.
- Les concurrents auront trois minutes pour mettre en marche leur moteur, ils devront ne pas toucher le gazon des allées à parcourir et ne pas mettre plus de dix minutes à faire le parcours.
- Il leur faudra faire un huit autour de drapeaux et éviter des obstacles volants.
- Trois catégories : motocycles et motocyclettes, voitures au-dessous de 400 kilogs ; voitures au-dessus de 400 kiiogs.
- Prix en argent et objet d’art offert par l’Auto-mobile-Club de Suisse.
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- Le Concours de bateaux automobiles.
- (23 et 24 jui.x)
- Le concours de bateaux automobiles organisé par l’Hélice-Club de France, dans le bassin d’Ar-genteuil, a obtenu un succès absolument imprévu.
- Le samedi 23 juin, première journée du concours, c’était en quelque sorte la course de fond, le parcours étant de 00 kilomètres environ en montant et en descendant le courant.
- Ce jour-là, la vapeur s'est, assez bien défendue. Sur quatre séries, deux, la première et la quatrième, sont revenues au pétrole. La vapeur a remporté les deux catégories intermédiaires. Le vainqueur de la première catégorie est l'Aiglon, dont la coque a été construite par les chantiers Pitre, tandis que le moteur soit des ateliers de Dion-Bouton, et dont le mécanicien est Teste, le motocycliste bien connu. Le vainqueur de la quatrième série est le Phœnix.
- Les deux représentants heureux de la vapeur sont Olifant, un vapeur à moteur anglais, et Lisette, un vapeur à moteur français.
- L’électricité n’était représentée que par Riqui-qui, avec, comme mécanicien, M. Garcin. Ri-quiqui marchait avec une grande aisance, tenant la tète. Mais, au quatrième tour, croyant la course finie, Riquiqui s’arrêta.
- Voici les résultats des épreuves de la première journée :
- l1 2 3 * 5 6'0 série tau-dessous de 6m,50).
- 50 kilomètres.
- 1. L'Aiglon, pétrole.
- 2. Souris Blanche, pétrole.
- 3. Surpris°, pétrole.
- k- Mandarin.
- 5. Sirène, pétrole.
- 6. Nenetle, pétrole.
- 7. Le Brution, pétrole.
- Temps du vainqueur : 2 h. 10 m.
- 2e série (de 6m,50 à 8 mètres).
- 50 kilomètres.
- 1. Olifant, vapeur.
- 2. Bainette, pétrole.
- 3. Isabelle, vapeur.
- k- Centaure, pétrole.
- 5. Petit Poucet, vapeur.
- 6. U Abeille, pétrole.
- Temps du vainqueur : 3 h. 21 m,
- 3e série (de 8 à 10 mètres).
- 65 kilomètres.
- 1. Lisette, vapeur.
- 2. Suzette, vapeur.
- 3. Ellen, pétrole.
- 4. Iris, vapeur.
- 5. Sport nautique, pétrole.
- Temps du vainqueur : 4 h. 40 m.
- 4e série (de 10 à 15 mètres).
- 1. Phœnix, pétrole.
- 2. Suzanne, vapeur.
- 3. Favorite, vapeur.
- Temps du vainqneur : 3 h. 49 m.
- Le second jour, le dimanche, les parcours étaient moins longs. Cette fois-ci la vapeur a été battue.
- Voici les résultats par séries :
- l1'* série (jusqu’à G™,50).
- 13 kilomètres.
- 1. IJ Aiglon, pétrole.
- 2. Souris Blanche., pétrole
- 3. La Surprise, pétrole.
- 4. Surprise, pétrole.
- 5. Sirène, pétrole.
- G. Mandarin, pétrole.
- 7. Le Brution, pétrole.
- 2e SÉRIE (de G111,50).
- 13 kilomètres.
- 1. Centaure, pétrole.
- 2. Bainette, pétrole.
- 3. Marie, pétrole.
- 3” série (de 8 mètres à 10 mètres).
- 20 kilomètres.
- 1. Riquiqui, électrique.
- 2. Ellen, pétrole.
- 4. Iris, vapeur.
- 5. Pggmée, pétrole.
- 4e série (de 10 mètres à 13 moires).
- 26 kilomètres.
- 1. Phœnix, pétrole.
- 2. Suzanne, vapeur.
- 3. Favorite, vapeur.
- Dans la seconde série Renée a été disqualifiée pour s’être trompée de parcours.
- Attendons-nous à voir les courses de ce genre se multiplier à bref délai.
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- La fête des artistes.
- (vendredi G juillet)
- Le clou de la Fête des Artistes -du 6 juillet sera certainement la bataille de lleurs automobile.
- L’accès de la fête sera, ainsi que nous l’avons dit, gratuit pour chacune des automobiles fleuries : entrée gratuite également pour leur conducteur et pour les personnes qui occuperont l’automobile fleurie.
- Les personnes qui, désirant prendre part à la bataille de fleurs, ne possèdent pas d’automobiles, n’auront pas de peine à s’en procurer une maintenant qu’on peut louer des voitures électriques à pétrole à l’heure ou à la journée, Il est
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- donc probable que la bataille de fleurs sera très animée.
- Le comité prie MM. les constructeurs d’automobiles , ainsi que les autres personnes qui voudraient bien mettre des voitures à sa disposition, de s’adresser à M. Pierre Lafitte, directeur de la Vie au grand air, 370, rue Saint-Honoré, en mentionnant le nombre de places et le genre des voitures dont ils pourraient disposer.
- X
- L’Union automobile de Vénétie organise une exposition d’automobiles et d’accessoires à Pa-doue. A cette occasion, une série de fêtes seront données, dont voici le programme :
- Vendredi 29 juin, défilé fleuri, bataille de fleurs, concours de direction, etc. Cette dernière épreuve est obligatoire pour les concurrents des courses.
- Samedi 30 juin, course de vitesse, Bovolenta-Padoue (10 kilomètres), divisée en quatre catégories : motocyclettes, tricycles, voiturettes au-dessous de 400 kilog. et voiturettes au-dessus de 400 kilog. Prix de 100 francs au premier de chaque catégorie, prix de 500 francs et un objet d’art au meilleur temps.
- Dimanche et lundi : 30 juin et 1er juillet, course de fond sur le parcours Padoue, Merano, Mestre, Trévise, Castelfranco, Padoue, Thiène, Vicence, Padoue (220 kilomètres).
- Prix de 250 à 400 francs et une médaille aux premiers de chaque catégorie.
- Grande coupe nationale pour les voiturettes et motocycles de fabrication italienne sur le parcours Padoue, Merano né Vaterogo, Boryericco, San Georgio, delle Pestiche et Padoue (55 kilomètres).
- Un total de 0000 francs de prix sera distribué aux concurrents. A la suite des courses se tiendra un congrès de représentants des sociétés italiennes.
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- Le Congrès spécial réuni pour l’élaboration d’un nouveau règlement applicable aux courses de bateaux automobiles a tenu deux séances, les lundi 18 et mercredi 20 courant, sous la présidence de l’amiral Duperré.
- La méthode do classement adoptée a été le classement par la longueur seule :
- Première série, jusqu’à 6m,50 indus.
- Deuxième série, de 6m,50 à 8m.
- Troisième série, de 8m à tom.
- Quatrième série, de 10m à I5m.
- Cinquième série, de 15m à 25m.
- Sixième série, au-dessus de 25'“.
- Le Congrès a décidé que vu l’urgence le premier règlement serait appliqué à partir de ce jour. Néanmoins, les Sociétés seront invitées à présenter leurs observations jusqu’au 31 octobre.
- Si, à cette date, aucune modification n’a été demandée, le règlement restera en vigueur jusqu’au 1er janvier 1903.
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- Exposition universelle de 1900
- Le concours de motocycles organisé à Vin-cennes s’est terminé samedi dernier.
- Les concurrents avaient, dans leur semaine, parcouru 801 kilomètres et demi. Ils étaient seulement treize au début. Il n’en restait que sept à la fin de l’épreuve.
- Les prix, donnés d’après la régularité de marche, le bon fonctionnement et la consommation d’essence, ont été répartis de la façon suivante :
- Premiers prix. — Médailles d'or.
- N° il. Motocyclette Werner.
- Nos 1, 2 et 3. Tricycles et quadricycles Rochet-Petit.
- Deuxième prix. — Médaille de vermeil.
- N° 4. Tricycle Créanelie.
- Médailles d’argent.
- N° 8. Tricycle L’Energie.
- Nos 6 et 7. Quadricycles Luc.
- Voici la consommation et la vitesse moyenne des concurrents qui ont terminé le parcours :
- N° 1. Tricycle, moteur de 74-76, 120 kilos. 20 litres 579, 38 kil. 400 de moyenne.
- N° 2. Tricycle, moteur de 71-80, 130 kilos. 20 litres 890, 39 kil. 600 de moyenne.
- N° 3. Quadricycle, moteur de 75-80, 180 kilos. 29 litres 700. 33 kil. 600 de moyenne.
- 4. Tricycle, moteur de 74-75, 130 kilos. 24 litres 230. 39 kil. 500 de moyenne.
- N° 6. Finit le parcours aujourd’hui.
- N° 7. Quadricycle, moteur de 90-90, 218 kilos. 31 litres 770. 41 kil. 600 de moyenne.
- N° 8. Tricycle, moteur de 76-90, 136 kilos. 37 litres 360. 43 kil. 200 de moyenne.
- N° il. Motocyclette, moteur de 62-72, 40 kilos. 23 litres 870. 40 kil. 300 de moyenne.
- Les autres concurrents n’ont pas terminé le parcours dans les conditions voulues.
- Parmi les éliminés, il y a trois motocycles et trois motocyclettes.
- On remarquera, aux médailles d’or, le triple succès remporté par l’usine des cycles Rochet.
- Le jury de la classe 30, sous la conduite de son président, M. Gottenet, a commencé, le 21 juin, ses visites à l'annexe de la classe à Vincennes.
- Le jury a inauguré ses opérations par la section des cycles qui, malheureusement, est à peine à moitié occupée, puis il est entré dans la section étrangère de l’automobile où deux pays seuls, les États-Unis et l’Allemagne, ont jusqu’à présent garni leurs stands.
- Le 22 juin, le jury a visité la section automobile française. Il a fait défiler autour du lac les véhicules exposés pour bien s’assurer qu’ils étaient susceptibles de marcher.
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- Il est vraiment déplorable que les tracasseries policières aient arrêté l’essor de l’exposition de Vincennes pour laquelle on s’arrachait les places.
- Notre excellent collègue Jeantaud, qui s’est donné tant de niai pour assurer le sucpès de cette exposition, méritait vraiment un meilleur succès.
- Espérons que, maintenant que l’apaisement se fait peu à peu, les exposants comprendront enfin qu’ils ont tout intérêt à envoyer des véhicules à Yincennes. Les concours de toute sorte qui s’y tiennent amènent beaucoup de riches provinciaux amateurs d’automobiles.
- Les quelques exposants qui ont envoyé des voitures ont traité quelques affaires.
- La faculté d’essayer les voitures enlève les hésitations des clients, de plus, les constructeurs, sans passer par des intermédiaires coûteux, sont directement en relation avec les acquéreurs.
- Les exposants de la classe 30, section des cycles et motocycles, au Champ-de-Mars, viennent d’avoir l’idée originale de demander l’autorisation d’installer au centre de leur exposition un orchestre de tsiganes, de l’un ou de l’autre sexe, afin de pouvoir attirer et retenir le public autour de leurs stands.
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- Une exposition d’automobiles se tiendra cette année à Leipsig du 19 au 24 octobre inclusivement. Les maisons allemandes se préparent activement à montrer au public les nouvelles créations de son industrie, spécialement en ce qui-concerne les véhicules pour des services de transport en commun.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Le 21 juin, dans l’après-midi, on a transporté, au moyen d’un tracteur Scotte à vapeur, un canon de côte de 24 de la gare des matelots, à Versailles, au camp de Satory.
- L’opération était intéressante à cause de l’importance du poids total transporté, — 24 000 kilogs — et des rampes à gravir, rampes dont quelques-unes atteignaient 9 0/0. Elle a parfaitement réussi.
- —o—
- Les autorités municipales de Riegelsberg, près de Saarbruck (en Alsace), se proposent d’établir un service d’automobiles entre la ville même et le centre de Saint-Jean Saarbruck, à 9 kilomètres de là, et elles sollicitait des offres pour des voitures mécaniques à huit places. Elles les loueraient d’abord pour six mois, et préféreraient alors, s’il y aurgit lieu de les acheter. Il faut
- pour les renseignements et les offres s’adresser au bourgmestre.
- —o—
- A Charlottenbourg, circule en ce moment un omnibus électrique, qui peut transporter dix-sept personnes, dont neuf sont assises sur l’inqpériale de la voiture, et les huit autres à rinfépipuy. L’énergie électrique est emmagasinée dans deux batteries d’accumulateurs pesant 500 kilogs.
- L’omnibus parcourt 50 kilomètres sans qu’un rechargement soit nécessaire. Les roues ont des bandages en fer.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Le Vélo illustré, dont les numéros sont de plus en plus réussis, publie sous le titre de « la guerre aux chauffeurs « un humoristique dessin de Rapin.
- Nous sommes dans la salle d’audience du juge de paix de Saint-Germain, où défilent les concurrents de Paris-Roubaix. L’air grave, un peu sévère derrière son lorgnon et sa barbe blanche, le juge de paix questionne Béconnais. Au fond est tapi un énorme greffier. Au premier plan, le commissaire de police, d’aspect assez rébarbatif pour que le doute ne soit pas permis sur son identité. Puis, dans la salle, Marcellin qui attend son tour, et le fameux gendarme témoin de la Croix-de-Noailles, et les avocats, les curieux.
- Béconnais, avec un air charmant de candeur et d’innocence, déclare qu’il est passé à la Croix-de-Noailles très doucement.
- « Quelle vitesse » faisiez-vous? demande le juge.
- Et Béconnais :
- « Douze à l’heure, monsieur le juge, pas davantage. » (Sourires dans l’auditoire.)
- Cette légende dispense d’ailleurs de tout commentaire.
- -M-X-Ls-
- Le Sport Universel illustré n’est, et c’est tout naturel, nullement satisfait de l’interdiction, par décision administrative, du Critérium des Electriques, épreuve organisée par lui.
- Voici comment il s’expriipe, par la plume de son rédacteur en chef Erantz Reichel :
- La mauvaise organisation de la Loupe Gordon-Bennett a malheureusement eu des résultats fâcheux, et, pour une fois que E Automobile-Club se mêle d’organiser une course, il rend à la cause du sport un bien mauvais service.
- L’insuccès, la débandade de la Coupe Gordon-Bennett, les excès des concurrents traversant les villes à 80 kilomètres l’heure, ont occasionné de telles protestations que, revenant sur ses intentions, le Pouvoir a d.e nouveau frappé d’interdiction les courses d’automobiles.
- Et c’est pourquoi l’épreuve du Sport Universel illustré, le Critérium des Electriques, qui devait être disputée lundi sur le parcours Paris-Meulan et retour, a été interdite. La mesure est ridicule; nous la devons
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- à cet excellent M. Poirson, préfet de Seine-et-Oise, que haute, dans le besoin de manifester une autorité vexatoire et arbitraire, la monomanie de l’interdiction. Le rêve de M. Poirson serait de s’interdire lui-même.
- M. Poirson ignore ce qui distingue une voiture électrique d’une voiture à pétrole. Nous n’essaierons pas de lui signaler la différence, nous perdrions notre temps. On ne discute pas avec ce fonctionnaire désagréable, cassant et tardigrade.
- Les efforts, les dépenses faits par les constructeurs en vue du Critérium, sont perdus pour l’instant. Nous étudions en ce moment le moyen d’offrir à l’électricité une manifestation qui servira à démontrer les progrès accomplis depuis l’an dernier et consolera les fabricants.
- La Belgique Automobile exprime à son tour son mécontentement à propos de la Coupe Cordon-Bennett.
- La Coupe Gordon-Bennett, dont on attendait tant, est tombée au rang des plus insignifiantes courses, grâce à l’intransigeance des délégués français, qui ont voulu la faire courir deux jours apres l’arrêté d'autorisation, alors que personne n’était prêt et que seuls les Français voulaient se mettre en ligne dans des conditions normales.
- Il en est résulté que la course s’est réduite à une lutte entre deux voitures françaises.
- La victoire n’en est pas une, les voitures allemandes et belges, seules sur lesquelles on pouvait établir quelque espérance n’étant point de la partie : la voilure allemande n’était pas en état et .lenatzv n’a pu dédouaner.
- Bien plus il paraîtrait que des conventions formelles stipulaient que les inscrits seraient avertis quinze jours à l'avance et qu'il leur serait remis un itinéraire bien établi. Aucune de ces deux conventions n’a été observée. Dans ces conditions on se demande pourquoi la course ne serait pas recourue.
- LE NOUVEAU RÈGLEMENT DOUANIER
- EN BELGIQUE
- Les voitures automobiles, motocycles et tous autres véhicules de l’espèce pourvus d’un système de propulsion à l’électricité, au pétrole, à la gazo-line, etc., importés par les membres des Sociétés d’automobilisme étrangères, pourront être admis à la libre circulation internationale sous le couvert de permis, conforme au modèle 4 ci-joint, délivrés par les Présidents desdites Sociétés moyennant l’observation des conditions et formalités ci-après :
- § 1er. — Les Sociétés étrangères d’automobilisme qui désirent obtenir la faveur du régime spécial, adressent à cet effet une demande écrite au Directeur général des contributions directes, douanes et accises, à Bruxelles. Dette demande est faite par le président de la Société qui y indique le nom et la demeure du délégué changé de le représenter en Belgique pour les relations avec la douane : elle contient rengagement de verser, au bureau des douanes à désigner par l’Administration, la somme qui sera tixée pour garantir la redevabilité des droits d’entrée éventuellement dus. Eu vue de la fixation de cette somme, la demande doit, en outre, être accompagnée d’une liste
- indiquant les noms des membres, le nombre des voitures automobiles, motocycles, etc., qu’ils possèdent, et la valeur de chacun de ces véhicules.
- § 2. — Après avoir reçu du Directeur général des contributions avis de l’accueil de sa demande, le président de la Société intéressée,, ou son délégué, verse le cautionnement exigé et il est, dès lors, autorisé à délivrer aux affiliés des permis de libre circulation, valables jusqu’au 31 décembre de l’année de leur délivrance.
- § 3. — Par dérogation aux dispositions des §g 1 et 2 qui précèdent, dispense de cautionnement peut être accordée aux Sociétés étrangères à l’égard desquelles une Société d’automobilisme ou de tourisme belge, agréée à cette fin par le ministre des finances et des travaux publics, s’est portée garante de la reproduction régulière de leurs permis de libre circulation.
- § 4- — L’importation et l’exportation des voitures automobiles, motocycles, etc., peuvent avoir lieu par tous les bureaux des douanes du pays.
- g 5. — Les cautionnements versés par les sociétés sont immédiatement portés en recette au registre modèle n° 264, contre quittance à détacher du registre n° 261, et dont le libellé est approprié en conséquence.
- g 6. — Lors de l’importation, le receveur du bureau d’entrée contrôle l’identité du véhicule avec les énonciations du permis. Il complète ensuite la souche et le volant n° 1 du permis d’après les indications du modèle, estampille la souche au moyen du cachet à tampon du bureau et en détache le volant n° 1. Inscription de l'importation est faite dans un registre spécial, — tracé à la main conformément au modèle B ci-annexé, — à l’appui duquel le volant est conservé.
- g 7. — Lors de la réexportation, le receveur, après avoir contrôlé l’identité du véhicule, remplit les indications nécessaires à la souche, ainsi qu'au volant n° 1 du permis, et estampille la souche au moyeu du cachet administratif. Le volant n° 2 est ensuite détaché du permis, inscrit au registre de décharge des documents n° 156 et renvoyé sans retard au bureau par où l’importation a eu lieu.
- g 8. — La souche des permis de libre circulation est laissée entre les mains du titulaire pour lui servir éventuellement de justification.
- § 9. — A l’expiration du délai de validité des permis, si le volant n° 2, justifiant de la réexportation du véhicule, n’est pas parvenu, dûment déchargé, au bureau d’importation, le receveur des douanes intéressé en informe le délégué en Belgique de la Société signataire du permis lorsque la caution est fournie en numéraire, et il lui réclame le montant des droits d’entrée exigibles. Quinze jours plus tard, à défaut de la production éventuelle de la souche du permis, revêtue de la décharge stipulée au g 7, ou du paiement des droits d’entrée par ledit délégué, le receveur • réclame le montant de ceux-ci à son collègue du bureau où le cautionnement a été déposé.
- Dans le cas où une Société d’automobilisme ou de .tourisme belge s’est portée garante, l’avis de la non .rentrée du permis est adressé au Président de cette Société; celui-ci fait les diligences nécessaires pour que le permis soit reproduit dûment déchargé, ou que les droits soient acquittés, 411 plus tard dans les quinze jours; passé ce délai, l’irrégularité est signalée à l’administra tion centrale.
- § 10. — Le paiement visé au premier alinéa du paragraphe précédent est effectué le plus tôt possible par le comptable dépositaire du cautionnement, au moyen d’un récépissé de versement en échange duquel son collègue lui transmet le volant de l’acquit, d’entréo
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- n0 136 délivre ; celui-ci est conservé à l’appui du registre n°26/j, pour valoir en compte lors de la liquidation du cautionnement.
- Avis de chaque prélèvement est donné au délégué du Président de la Société intéressée par le receveur dépositaire du cautionnement.
- § 11. — Lorsque, par suite d’imputations successives, le cautionnement se trouve réduit de plus du tiers, le receveur des douanes invite le délégué de la Société à le compléter. S’il n’est pas satisfait à cette demande dans les quinze jours, le comptable en informe l'Administration centrale qui statue.
- § 12. — Les dispositions en vigueur en ce qui concerne l’ouverture des bureaux des douanes les dimanches et jours fériés à l’importation des vélocipèdes, sont également applicables à l’entrée des voitures automobiles, motocycles, etc.
- Le Ministre,
- P. DE SVIET DE A.VEYEIî.
- TRIBUNE LIBRE
- M. R. Delevoye, ingénieur de la maison Bu-chet, nous adresse la lettre suivante. Nous croyons devoir la publier, bien qu’elle prenne à partie un de nos confrères, à cause de l’intérêt de la question qu’elle soulève. Nous ouvrirons de même nos colonnes à M. H. de G-raffigny s’il croit utile de répondre à M. R. Delevoye.
- Monsieur le Rédacteur,
- Dans son ouvrage récemment paru, le Guide manuel pratique du motocycliste, M. H. de Graffigny, semble méconnaître complètement les avantages indéniables de la culasse Buchet. Partant de ce fait que la compression n’est pas modifiée, il déclare « moins que probable, et en tout cas fort exagérée » l’affirmation que l’application de la culasse Buchet augmente de 30 pour 100 la force d'un moteur. Les résultats obtenus au concours de moteurs, organisé à la fin de l’année dernière par la Locomotion Automobile, ont cependant donné à cet égard des résultats que l’on ne saurait révoquer en doute ; mais peut-être M. de Graf-ligny n'en a-t-il pas eu connaissance. D’ailleurs il lui eût suffit d'un examen quelque peu attentif de la disposition de la culasse Buchet, comparativement avec les culasses des autres systèmes, pour se convaincre de cette vérité.
- Que l’on prenne une culasse de Dion, Gaillardet, Aster, etc., on sera frappé de l’étroitesse, on dirait voulue, du conduit d’arrivée et d’expulsion des gaz, par lequel aussi doit se propager l’explosion jusqu’à la masse gazeuse contenue dans le cylindre. De là résultent une perte de charge considérable à l’admission, une contre-pression assez forte à l’échappement avec réchauffement qui résulte du plus long contact des gaz avec la paroi), et un retard appréciable dans l’allumage, qui n’est en quelque sorte que de second ordre, l’étincelle allumant d’abord la petite partie de mélange gazeux contenue dans la chambre d’admission, qui jaillit ensuite en un dard dans la chambre de compression.
- Au contraire, dans la culasse Buchet, l’admission se fait directement dans le cylindre, donc sans perte de charge, ce que M. de Graffigny veut bien reconnaître;
- dont la cylindrée plus complète procure une compression réelle plus proche de la compression théorique, d’où une force beaucoup plus grande de l’explosion. A l’échappement les gaz ne trouvent aucun obstacle, aucun coude s’opposant à leur sortie; donc contre-pression à peu près nulle, et échauffement très réduit, la détente dans le tuyau d’échappement s’effectuant d’une manière absolument libre. Enfin la bougie d’allumage placée au centre du mélange gazeux permet une déflagration instantanée beaucoup plus voisine de ce qu’indique la théorie.
- 11 est donc naturel qu’un tel dispositif améliore dans la proportion indiquée le rendement des moteurs à pétrole. La publicité donnée par leurs auteurs aux affirmations au moins erronées que nous réfutons ici, nous a engagés à demander à la Locomotion Automobile sa généreuse hospitalité, pour rétablir l’exactitude des faits et relever certaines assertions dénuées de tout fondement.
- Recevez, etc.
- R. Delevoye,
- inyénieur île la maison Buchet.
- COURRIER INDUSTRIEL
- Nous ne décrirons pas le bandage Gompound, dont tout le monde connaît les précieuses qualités au point de vue du confortable et de la sécurité.
- On ne reprochait au Gompound que son prix élevé et la difficulté de le monter et démonter sans outillage spécial.
- L’objection relative au prix n’existe plus, l’expérience a, en effet, démontré que l’élévation du prix de revient était seulement apparente, car si le Gompound est un peu plus cher que les autres bandages, en revanche il dure bien plus longtemps.
- Quant à la difficulté de montage et de démontage, elle a été supprimée par la nouvelle jante démontable que les fabricants de Gompound, MM. Falconnet, Pero-deand et Gic, ont adoptée.
- Cette jante est composée de trois parties : un fer plat ordinaire est battu à chaud sur la roue avec un serrage aussi fort que l’on «veut, puisque le fer n’est pas profilé, deux joues latérales mobiles profilées serrées contre la jante en bois au moyen de boulons et écrous fixés d’une manière invariable.
- Ge système a été appliqué avec succès sur différents types de voitures pesant jusqu’à 5,000 kg; les seize roues des automobiles à trolley de Vincennes sont munies de ces nouveaux Gompound avec jantes démontables, les automobiles militaires de Madagascar en sont également pourvues.
- — Voici la formule d’un fondant pour braser qui peut être utile à ceux qui se livrent par eux-mêmes à quelques petites réparations sur leurs automobiles. On se procure un peu d’acide borique cristallisé, qu’on moud tout simplement dans un moulin à café, et qu’on fait cuire au feu jusqu’à ce qu’il forme une croûte qui ne puisse se briser qu’au marteau. On broie de nouveau et la soudure se fera ensuite merveilleusement partout où ce fondant aura touché le métal.
- Le Directeur-Ge'rant : VUILLEMOT.
- TARIS.— L, DE SOVE ET FILS, IMTR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 27.
- LA LOCOMOTION
- 5 Juillet; 1900.
- AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS L E N U M É R 0 administration et rédaction
- France, Un An, 15 fr.; Étranger, 0 fr. 50 Centimes. Rue Cuaüvëau-Lagardp, k —
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 27.
- Les chauffeurs en police correctionnelle, Albert Ro-dunet. — Les bateaux automobiles, Gaston Sencier. — Echos. — Voitures automobiles Hochet. — Le graisseur Friedmann. — L’automobile du prince de Galles, ü. IL — Courses. — La carte électrique du Touring-Club. — A travers la presse. — Les automobiles sur route. — L’Exposition.
- LES CHAUFFEURS
- EN POLICE CORRECTIONNELLE
- Depuis une semaine environ figurent, sur la feuille d’audience des chamlrres correctionnelles du tribunal de la Seine, les appels interjetés par les chauffeurs contre les jugements des tribunaux de simple police les condamnant pour excès de vitesse. On sait que l'appel est recevable quand la condamnation atteint la somme de 5 francs, en comprenant les réparations civiles, ou quand il a été prononcé‘par le juge du premier degré une peine de un jour d’emprisonnement. Autrefois, les appels des jugements de simple police étaient rares, la contravention étant réprimée par une légère amende, payée sans difficultés par le prévenu. Actuellement, les choses ont changé.
- Punis de peines d’emprisonnement de un, de deux, et même de trois jours, pour violation des règlements, les chauffeurs ont usé du droit que leur donne la loi. Ils ont déféré le litige au juge supérieur. Malheureusement, le tribunal semble enclin à confirmer la sentence des juges de paix et à maintenir la peine d’emprisonnement.
- Nous avouons avoir été profondément surpris de d’attitude des contrevenants devant le tribunal correctionnel. En France, oii
- le public est souvent frondeur si mal à propos, l’infortuné chauffeur semble anéanti, accablé sous la main de la justice. Il n’essaie même pas de résister dans une cause pourtant éminemment défendable. La plupart des prévenus se défendent mollement; plusieurs préfèrent se désister purement et simplement.
- 11 nous semble que c’est pourtant l’occasion de s’enfoncer hardiment dans le célèbre « maquis » de la procédure, de discuter la compétence, de soulever des incidents, de serrer de près le témoignage des agents de police, de demander des expertises pour démontrer l’impossibilité d’atteindre la vitesse prétendue. Pourquoi ne pas déposer des conclusions pour obliger le tribunal à préciser la nature et la réalité de la contravention? C’est en même temps ouvrir les portes de la cassation au pourvoi dirigé contre le jugement mal motivé. Les chauffeurs ont, en générai, de l’argent et du temps; ils ne doivent pas oublier qu’ils combattent pour la liberté. Il leur faut détacher nettement leur cause de celle des exagérés qui ne voient dans les automobiles qu’un moyen de faire concurrence aux locomotives; il leur faut ramener le public de leur côté. Devant un tribunal, il est toujours possible d’être profondément respectueux à l’égard des magistrats, délégués de la loi, et en môme temps très ferme dans la lutte contre la prévention. Les peuples les plus habitués au respect dû à la loi sont aussi les plus chauds défenseurs des droits des citoyens. Les Anglais en sont un brillant exemple.
- N’est-il pas préférable d’avoir le sérieux du caractère britannique, et aussi son indépendance, plutôt que de chansonner et de fronder sans cesse l’autorité, sauf à être la nation la plus maniable du monde?
- Si les individus, en France, se montrent fatigués de la lutte, c’est aux sociétés créées dans le but de défendre les intérêts
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- communs de savoir la continuer, sinon elles sont sans objet, elles n’ont plus qu’à disparaître.
- xXlBERT RODANET,
- Docteur en droit,
- ÂA'Ocat à la Cour de Paris.
- LES BATEAUX AUTOMOBILES
- L’autre jour je disais que l’automobile, sans délaisser la route, se préparait à faire la conquête de l’air. J’étais bien loin de me douter que le succès un peu imprévu du concours de bateaux automobiles de l’Hé-lice-Club viendrait nous prouver, huit jours après, que nos moteurs à pétrole et nos moteurs électriques étaient également en train de faire la conquête de l’eau.
- L’Automobile-Club était en sommeil et le Moto-Club poussait à peine ses premiers vagissements. Profitant de cette situation malheureuse les pouvoirs publics, ces maudits pouvoirs publics qui font plus de mal à la France que ne lui en feraient ses pires ennemis, s’appliquaient de leur mieux, — qui est l’ennemi du bien, — à détruire notre industrie automobile au profit de ses concurrents étrangers. Chassée de la route, momentanément, par la maladroite malveillance de nos gouvernants, l’automobile se réfugie sur les eaux. Nos moteurs y naviguent, le plus allègrement du monde, en attendant qu’ils planent autour de la tour Eiffel avec Santos-Dumont et ses imitateurs. Le vieux bassin d’Argenteuil, dont les eaux étaient peu habituées aux relents du pétrole, a été sillonné par un nombre plus que respectable de canots automobiles. Ils sont déjà légion, ces jolis yachts. Ils seront une armée demain. Et voilà, pour peu que la mode s’en mêle comme elle semble vouloir le faire, un nouveau débouché pour nos constructeurs.
- Les canots à vapeur n’excitaient plus aucune curiosité. Ils avaient toute une hiérarchie, commençant au rafiot du constructeur de second ordre pour finir aux beaux canots-vedettes de la marine, mais tout cela était connu, vieillot et semblait destiné à toujours évoluer dans le même ordre d’idées. Il y a quelques années un petit nombre de précurseurs comprirent que le moteur à pétrole à grande vitesse, qui faisait merveille sur les voilures, s’adapterait on ne peut mieux à la loco-
- motion aquatique. Il avait sur la vapeur le double avantage de la simplicité et de la légèreté. On fit quelques timides essais dans ce sens. Arclnleacon, de Dion et quelques autres montrèrent la voie. Qui ne se souvient de la flottille d’Archdeacon, flottille dont tous les bateaux avaient de si drôles de noms? Quel parrain ou quelle marraine, à l’esprit gavroche, les avait tenus sur les fonts baptismaux? Ils s’appelaient : Ecope, Ripalon..., j’ai oublié le nom des autres. Ce furent des précurseurs. Pourtant c’est à peine si, sur les berges peu fleuries que la Seine arrose entre Su-resnes et Levallois, on se retournait pour les regarder.
- Aujourd’hui la moisson a levé. Le concours de rRélicc-Glub est venu au bon moment et, très habilement organisé du reste, il a donné l’élan. Nous allons voir les régates de bateaux automobiles se multiplier, devenir de vraies courses de vitesse et de distance, comparables aux courses d’automobiles, et tout aussi intéressantes pour le public.
- J’avoue que, passionné de la mer, je verrai avec le plus grand plaisir nos moteurs, à pétrole ou électriques, en prendre possession comme ils ont déjà pris possession de la route. Nous serons peut-être bientôt appelés à suivre la course de bateaux automobiles Bordeaux-Dunkerque.
- Ce sera évidemment très amusant, mais surtout ce sera très utile.
- On vivait, en effet, depuis de longues années déjà, en matière de canots à vapeur, sur des idées que l’on croyait définitives. Il est très possible, et c’est même plus que probable, que l’effort de nos constructeurs de moteurs à pétrole et de nos électriciens va bouleverser tout cela. Formes d’hélices et formes de coques, tout va y passer. On expérimentera des théories nouvelles ou des conceptions empiriques, et on fera des progrès rapides. L’application de la turbine à vapeur à la navigation a permis de donner aux torpilleurs des vitesses inespérées. Le chauffage au pétrole lourd s’expérimente sur nos sous-marins. Le canotage avec moteurs d’autos nous réserve de même bien des surprises.
- C’est égal, s’il nous faut aller maintenant, tour à tour, pour suivre les diverses manifestations de notre sport, sur la route, dans l’air ou sur l’eau, nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer.
- Gaston Sencier. ----------^----------
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- ÉCHOS
- Le Moto-Glul) de France compte maintenant 405 adhérents. Il a tenu le 27 juin une assemblée générale au cours de laquelle neuf nouveaux membres du Comité ont été élus. Il en reste six a élire ultérieurement.
- Le Comité a ensuite constitué son bureau et a élu président M. Léon Serpollet, et vice-présidents MM. Pierre Giffard, docteur Cadié et Gobron. Le quatrième vice-président sera nommé à la fin de l’année. On a également nommé un trésorier : M. André Vignat, et un secrétaire général.
- ' On a constitué cinq sections : administration, section technique, section sportive, tourisme, défense judiciaire.
- •¥ *
- L’excursion organisée à Méru, dimanche prochain, par le Moto-Club de France aura, si le beau temps s’en mêle, un succès certain.
- L’itinéraire, pour se rendre à Méru, est facultatif. On signale toutefois à l’attention des excursionnistes les deux itinéraires suivants, tous deux agréables :
- 1° Enghien, Epinay, Soisy-Eaubonne, Saint-Leu-Taverny, Méry, Auvers, Hérouville, Yal-langoujard et Amblainville ;
- 2° Maisons-Laffitte, La Croix-de-Noailles, Con-flans, Pontoise, Emery et Yallangoujard.
- Pour le retour, on se formera probablement en groupe et Ton choisira après le déjeuner un itinéraire commun pour rentrer à Paris.
- * *
- Le Comité de T Automobile-Club de France s’est réuni le mercredi 4 juillet.
- L’ordre du jour était le suivant :
- Scrutin de ballottage pour six candidats ; proposition d’élection de quatre nouveaux membres du Comité; fêtes des 18 et 19 juillet, question dé la Villa.
- A l’heure où nous mettons sous presse, nous ne pouvons donner les décisions prises, mais nous espérons bien que la Villa du bois de Boulogne, qui est une des rares choses vraiment agréables du Cercle, trouvera grâce devant le Comité.
- * *
- Les membres de T Automobile-Club de France sont priés de retirer au Secrétariat, avant le 17 juillet, les cartes d’invitation qui leur sont allouées à raison de une par membre, pour une dame de leur famille, à l’occasion de la fête du 19 juillet prochain.
- En vertu d’une décision qui provoquera de nouveaux mécontentements, au lieu de s’en rapporter à la bonne éducation des membres du Cercle pour n’amener à la fête que des dames « de leur famille », on leur impose une demande écrite indiquant le degré de parenté de la dame à laquelle la carte est destinée. Le communiqué
- officiel ajoute que les dames « seront annoncées à leur entrée dans les salons ».
- •¥ *
- Un -député socialiste, M. Benezech, vient de faire ce qu’il est regrettable que n’aient pas fait ceux de ses collègues qui sont membres de T Automobile-Club de France. Il a déposé un amendement à la loi sur l’amnistie pour que les effets de cette loi soient étendus aux condamnations résultant de contraventions à la police de roulage.
- Ce serait la suppression des condamnations trop dures prononcées depuis trois mois contre les chauffeurs par des magistrats dont nous regrettons que le respect dù à la chose jugée nous empêche de qualifier les arrêts.
- * *
- Nous avons déjà annoncé que les automobiles participeraient largement aux grandes manœuvres de cette année, du 10 au 20 septembre, dans la région de Chartres, où opéreront le corps d'armée du général Lucas et celui du général Brugère.
- C’est M. Journu, le chauffeur bien connu, que le ministère de la guerre a chargé de diriger ces expériences qui porteront à la fois sur l’emploi des voitures automobiles, sur celui des camions automobiles et sur celui des motocycles.
- Huit camions, quatre à vapeur et quatre à pétrole seront utilisés pour le service des transports de seconde ligne.
- Les voitures seront affectées au service d’état-major et les motocycles au service des dépêches.
- Le général Jamont aura à sa disposition la voiture de M. Brisson (12 chevaux), le général Delanne, celle de M. Ilénauit (12 chevaux); Antouy avec ses 24 chevaux pilotera le général Lucas ; Girardot avec ses 24 chevaux pilotera le général Brugère.
- M. Journu (18 chevaux) attaché à l’état-major, remplira en quelque sorte les fonctions d’inspecteur.
- Ces expériences seront certainement du plus haut intérêt.
- * *
- Nous apprenons avec le plus grand plaisir le rétablissement de notre excellent collègue Krié-ger, qu’une indisposition vient de retenir au lit pendant plusieurs semaines.
- *
- + *
- Le Touring-Club met en vente le premier fascicule de son superbe ouvrage sur les sites et monuments de la France.
- Comme la confection de cette publication colossale nécessitera le transport d’un photographe et d’une ou deux autres personnes dans tous les coins du pays, partout où il y aura quelque chose de remarquable à décrire ou à photographier, M. Abel Ballif est à la recherche d'une automobile pouvant servir à transporter ce personnel.
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- Ce sera une telle réclame pour le constructeur qu'il n’aura que l’embarras du choix.
- Une nouvelle voiturette est annoncée. Elle est lancée par la maison Yinet, qui a fait tous ses efforts pour unir une construction irréprochable aux qualités d’élégance et de stabilité auxquelles le public tient de plus en plus.
- •¥• *
- La Société anonyme d’éditions sportives, dirigée par notre excellent confrère Pierre Lafitte, met en vente la quatrième édition du Carnet du chauffeur, du comte de La Valette et de Lucien Périsse.
- Cet utile petit volume comprend d’abord un aide-mémoire technique fort bien fait et des plus utiles. On y trouve ensuite des conseils aux chauffeurs, des renseignements de toute nature et l’indispensable liste des mécaniciens et des fabricants d’essence.
- Des feuilles réservées aux visas d’octroi et une carte routière complètent l’ouvrage.
- * *
- M.vBianco, l’artiste bien connu, avait eu l’originale idée de représenter, l’an dernier, en une série de chromos, tous les souverains de l’Europe conduisant chacun une automobile.
- Cette année, il met en vente sous le titre : Le Clou-rêve de l’Exposition de 1900 à Paris, une carte postale qui réunit tous les chefs d’Etat dans la même auto. C’est M. Loubet qui les conduit. La .jeune reine de Hollande n’a sans doute pas confiance dans ses talents de conducteur, car elle roule à distance respectueuse sur un tri à pétrole.
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- Notre confrère la Belgique Automobile fait appel à ses lecteurs pour offrir au prince Albert de Belgique, président d’honneur de l’Automo-bile-Club de Belgique, à l’occasion de son mariage, un album luxueux contenant l’histoire de l’industrie automobile belge avec des gravures représentant toutes les voitures automobiles belges montées par leurs constructeurs.
- * *
- Un chauffeur bruxellois revenait de Spa, lorsque, à quelques kilomètres de Namur, il se vit tout à coup interpellé par un garde-champêtre qui lui enjoignit de s’arrêter, parce que sa voiture n’était pas munie d’une lanterne arrière.
- A ce moment passait trois lourds chariots à chevaux, naturellement dépourvus de tout luminaire. Le chauffeur en fit l’observation au garde-champêtre.
- Que fit ce dernier, croyez-vous?
- Il tourna les talons et s’en alla.
- * *
- A Bruxelles un chauffeur, poursuivi pour excès de vitesse, a été acquitté ces jours derniers par
- le tribunal de simple police, l’agent de police ayant verbalisé sans avoir au préalable prévenu le conducteur qu’il dépassait la vitesse permise.
- Et nos voisins se plaignent.
- * *
- Notre excellent confrère l'Automobile belge annonce'gravement que M. Gobiet, un ingénieur belge, vient d’inventer « un nouvel engin de locomotion pouvant emprunter indifféremment l’eau, la terre et l’air pour s’y mouvoir. »
- Ce serait évidemment une superbe découverte, mais nous voudrions bien voir ce merveilleux engin.
- *
- * *
- Le gouvernement italien a acheté quelques automobiles à vapeur d’une puissance de 50 chevaux, chacune capable de traîner un poids de 4 tonnes et de remorquer une deuxième voiture de 8 tonnes.
- * *
- C’est décidément une épidémie. Un nouveau club automobile vient d’être créé en Angleterre sous le titre de « The English motor-car Club ». Les noms des fondateurs semblent indiquer qu’il s’agit d’une association sérieuse. Ce sont MM. A.-J. Wilson, S.-F. Edge, G. Jarrott, F.-W. Baily,
- F. -F. Wellington, W. Munn, E.-W. Hart et
- G. -H. Smith. La cotisation est d’une guinée (26 fr. 25) par an pour les membres actifs et d’une demi-guinée pour les membres honoraires ; les dames sont admises. Quelques-uns des membres ont versé d’avance cinq années de cotisations, afin de procurer à la nouvelle Société les fonds nécessaires aux débuts.
- La première manifestation de vitalité de V « English motor-car Club » sera une course de côte à Tilburstow Hill, près de Godstone Green (Surrey) le premier samedi de juillet. Le dernieF samedi de juillet aura lieu un concours au Grystal Palace, et le club promet d’autres épreuves pour cet été.
- * *
- Presque toutes les cavalcades qui se sont faites en grand nombre, ces temps derniers, en Angleterre, comprenaient des défilés d’automobiles. Une vente de charité va s’organiser à Londres, au profit des blessés de la guerre du Transvaal, et on espère y voir tous les membres de l’Automobile-Club anglais.
- -¥• *
- Le chirurgien-major Stevenson, qui commande en Angleterre la 3e division du corps médical volontaire, a l’intention de se procurer une automobile légère pour l’essayer cette année aux manœuvres en l’appliquant notamment au transport des blessés.
- * *
- Dans les environs de Worcester, en Grande-Bretagne, il existe un pont cà péages : dernièrement, un lecteur A Autocar y passa et dut payer 0 fr. 90 de droit, alors que les piétons ne payent que 0 fr. 05 ; mais, la dernière fois qu’il s’y pré-
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- senta, on lui refusa tout net le passage. Il a demandé des explications aux autorités du comté qui ont l’administration du pont et on lui a répondu que l’acte du Parlement qui le régit et qui remonte à la nuit des temps, « ne prévoit pas les automobiles ».
- * ¥
- De toutes les villes d’Angleterre, Manchester est celle qui est favorisée du plus grand nombre d’automobiles en circulation, environ 464 moteurs d’une puissance totale de 1691 chevaux. Après elle voit Edimbourg avec 385 moteurs.
- * *
- Rien de nouveau sous le soleil. Notre confrère The Wheel, mentionne un brevet qui date du 12 août 1794, accordé à un certain Yaughan Philip, et où l’on trouve réellement l’invention des premiers roulements à billes. Ce Vaughan Philip creusait dans chaque essieu une double cannelure circulaire qui servait de logement à des billes dont l’autre moitié s'engageait dans une cannelure correspondante ménagée dans le moyeu.
- * *
- Hvde-Park, la fameuse promenade de Londres, qui est un peu comme notre Bois de Boulogne, est de plus en plus fréquentée par les automobiles. On y voit même des dames conduire leur véhicule.
- * *
- Le journal illustré le Sanht Georg a été officiellement promu au titre d’organe officiel de l’Automobile-Cluh allemand.
- Toutes les communications doivent être adressées à l’administration du journal, Albrecht-strasse 11, à Berlin N. W.
- Mentionnons, à ce propos, qu’il est permis à tout membre de l’A. C. A. d'y introduire des hôtes qui, munis d’une carte qui leur est remise, jouissent du droit d’entrée pendant dix jours consécutifs.
- Tout membre de club, société ou cercle avec lesquels l’Automobile-Cluh allemand a pris des arrangements de réciprocité de traitement peut être présenté par un membre du comité et fréquenter les salons du club pendan t une période de dix jours ininterrompue. Le nom de l’hôte est inscrit dans le livre des étrangers.
- * *
- L’Automobile-Club d’Alsace-Lorraine s’est définitivement constitué par la nomination à la présidence du comité directeur de M. Schützenberger qui a pour adjoint M. Schulze, directeur des ateliers d’électricité alsaciens.
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- A Friednau, près de Berlin, on a organisé récemment une véritable course au clocher entre une automobile et un ballon : et nos lecteurs ne seront pas étonnés si nous leur disons que c’est l’automobile qui a gagné. Elle s’était bien embarrassée un instant dans un marais, mais enfin
- elle est arrivée au but, tandis que son concurrent aérien n’a pas même pu s’en approcher.
- *
- * *
- La compagnie anonyme de construction des moteurs et automobiles de Berlin, société au capital de 2 millions de marcs, a réalisé, en 1899, un gain brut de 245,378 marcs qui cependant ne suffit pas pour couvrir les dépenses (152,795 marcs), les frais d’amortissement du capital (30,234 marcs), les intérêts, etc., etc. Le bilan, au contraire, en raison de l’exposé des pertes de l’année précédente, se clôt par un déficit de 37,038 marcs.
- * *
- Le bourgmestre de Cologne, qui est pourtant, lui-mème, paraît-il, un chauffeur pratiquant, vient d’imposer aux conducteurs d’automobiles le gros numéro, le permis de conduire et la vitesse maximum de 12 kilomètres à l’heure.
- L’amusant est que M. le bourgmestre parcourt lui-même en auto les rues de la ville à une vitesse bien supérieure à celle qu’il prescrit à ses concitoyens.
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- L’Automobile-Cluh autrichien a tenu son assemblée générale annuelle. Nous apprenons par le rapport qui y a été lu qu’à la fin de février le nombre des membres était de 479.
- Il organise une excursion en automobile de Tienne à Paris à l’occasion de l’Exposition.
- Le prince Jaime, fils de don Carlos, et lieutenant au régiment des hussards de la garde, à Varsovie, vient d’entreprendre en automobile, le voyage de Varsovie à Paris.
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- Le gouvernement norvégien a passé commande, il y a environ deux mois, à la fabrique d’automobile d’Aachen, d’un tricycle de guerre. La livraison de cet engin est imminente, attendu que les essais en ont été suffisants. Ce tricycle, muni d’un moteur à pétrole d’une puissance de 2 1,2 chevaux, remorque une rallonge portant un canon, l’équipe est de deux hommes adossés sur le siège sous lequel se trouve une boîte contenant les munitions.
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- M. Ch.-F. Schaeffer, de Philadelphie, dit qu’on cherche beaucoup dans une île du Pacifique qu’il ne nomme pas, mais qui est sans doute Hawaï, à se procurer des automobiles où l’alcool serait employé, soit pour carburer l’air, soit pour chauffer des chaudières à vapeur. Le charbon et les chevaux y sont en effet hors de prix.
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- L’Automobile-Club de Philadelphie installe un garage au centre de la ville. Actuellement, il n’y a pas encore dans ce grand centre 60 personnes possédant une voiture mécanique.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- VOITURES AUTOMOBILES ROCHET
- La maison Roehet est une des plus anciennes dans l’histoire de la locomotion nouvelle et aussi
- une des plus réputées. Tout le monde connaît les cycles Rocliet. On voit passer sur toutes les routes leurs jantes blanches caractéristiques. Les motocycles Roehet viennent d’obtenir le 1er prix au concours international de motocycles de l’Exposition universelle.
- C’est avec des moyens de production qui ont déjà donné de tels résultats que sont construites, dans les mêmes ateliers, les automobiles Roehet,. La figure 1 représente une de ces automobiles
- avec carrosserie de Duc-tonneau; ceci n’est qu’une forme particulière, la disposition des châssis permettant de placer des caisses d’aspect très différent.
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- Le châssis représenté en élévation dans la figure 2, et vu par dessus et par dessous dans les figures 5 et 4. est fait en tubes d’acier étiré à
- froid réunis par des douilles brasées. Il repose sur l’essieu d’arrière à l’aide de deux ressorts à lame, et il est suspendu par une genouillère et
- un long ressort transversal à l’essieu d’avant; grâce à cette disposition de suspension à l’avant, une dénivellation très importante des roues
- n’influence nullement l’horizontalité du châssis,.
- En avant du châssis en A est monté le moteur représenté plus en détail dans les figures 5 et 6.
- h'ia. >t. — La voilure Rocket. Le châssis vu en dessous.
- C’est un moteur à essence de pétrole dérivé du moteur Daimler; il est vertical, à deux cylindres, les manivelles sont calées à 180 degrés, et
- sa puissance varie de 6 à 8 chevaux suivant l’alésage et la course du piston.
- Tous les organes de la distribution sont en-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- fermés dans le carter qui est garni d’huile jusqu’à un certain niveau; les bielles, dans leur mouvement, projettent cette huile méthodiquement sur les différents organes à lubrifier. Un trait de repère tracé sur une glace transparente S permet de vérifier le niveau d’huile dans le carter.
- Un régulateur à force centrifuge placé à l’avant du moteur en J limite la vitesse à 750 tours à la minute environ, en agissant sur la commande des soupapes d’échappement, dont il paralyse l’action lorsque l’allure s’accélère.
- Des cames FE (fig. 6), montées sur un arbre secondaire c, soulèvent périodiquement les tiges
- Fig. X. — Le moteur Rocket.
- des commandes d’échappement U. Une fourchette actionnée par le régulateur place le galet I devant la came G lorsque la vitesse augmente ; la came repousse le galet I, et les culbuteurs f s’inclinant successivement évitent les tiges des soupapes d’échappement. Les soupapes d’admission s’ouvrent automatiquement.
- Le carburateur est du type à niveau constant et à pulvérisation ; l’inflammation du mélange carburé est obtenue par une étincelle électrique d’induction.
- Le refroidissement des cylindres est obtenu
- par une circulation d’eau. Sur la canalisation, une pompe et un radiateur à ailettes.
- Le moteur transmet son mouvement à un système d’embruyage à cône Y Y', et, par son intermédiaire, à un arbre de couche qui court tout le long de la voiture jusqu’à l’appareil à changements de vitesse contenu dans un carter F.
- Le mouvement se transmet enfin par l’intermédiaire de deux pignons coniques renfermés en G- à un autre différentiel portant à chacune de ses extrémités un pignon J actionnant les chaînes qui mettent en marche les roues motrices.
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- C’est l’appareil à changements de vitesse qui constitue surtout la personnalité de ces voitures.
- L’arbre de couche est terminé par une roue dentée (fig. 7) qui engrène avec 4 pignons. Ces 4 pignons sont posés sur les axes que supportent deux plateaux. Tous sur les mêmes axes, mais solidaires des premiers pignons, sont quatre au-
- tres pignons, dont les diamètres sont tels que leurs circonférences primitives sont tangentes intérieurement à la même circonférence ayant comme centre la proportion de l’axe de l’arbre de couche. Une autre roue dentée est tangente extérieurement à la même circonférence.
- Cette disposition permet, en déplaçant les
- plateaux qui supportent les arcs des pignons, de mettre l’un quelconque de ces quatre pignons en prise avec la dernière roue dentée. Comme ces
- Fig. 7. — La voiture Rochet. Le changement de vitesse.
- pignons tournent à des vitesses différentes, on obtient ainsi les changements de vitesse du véhicule.
- La marche arrière est obtenue par le même principe.
- Cet appareil offre le très grand avantage suivant : c’est que les engrenages, au lieu de venir en prise chaque fois qu’on change de vitesse, par un rapprochement latéral qui les fait buter l’un contre l’autre, et par conséquent coincer, jusqu’à ce que les dents aient pu se pénétrer, les engrenages roulent les uns sur les autres, et s’attaquent, par conséquent, par leur circonférence et non pas par leur liane.
- Aucun grincement, aucun arrêt dans les manœuvres n’est donc possible, puisqu’une dent donnée de tel engrenage, qu’on approche d’une autre pour la mettre en prise avec lui, touche forcément du premier coup dans le creux correspondant de cet autre engrenage.
- Tous les arbres de transmission sont montés sur billes. Ces roulements donnent des rendements remarquables. Au concours de moteurs organisés à Aubervilliers par la Locomotion automobile, on se souvient que la prise de puissance dans les transmissions des voitures Rochet s’éleva à 30 0/0 environ seulement, accusant ainsi un rendement de 20 0,0 supérieur à celui des meilleures voitures alors en service.
- Dans le concours de voitures de tourisme, de l’Exposition universelle de 1900, les voitures automobiles Rochet ont obtenu la médaille d’argent.
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- LE GRAISSEUR FRIEDMANN w
- Ce graisseur, décrit par l'Engineering, est à commande par rochet. Le mouvement du rocliet est transmis par une vis sans fin à un arbre
- vertical, dont l’excentrique a commande une pompe b et dont le haut entraîne par griffes un tiroir tournant d percé d’une seule lumière radiale et appuyé par un ressort sur un siège à cinq lumières dont la plus grande sert à l’aspiration de l’huile dans la coupe du graisseur, avec une enveloppe de réchauffage. Les quatre autres lumières, de dimensions variables, donnent pas-
- sage à l’huile refoulée, quand la lumière de d les franchit. L’huile se rend alors aux pièces à graisser avec un débit proportionnel aux longueurs des lumières.
- L’aDtoiobile du prince ûe Galles.
- On a dit souvent que l’automobile ne serait vraiment lancée en Angleterre que quand le prince de Galles se livrerait au nouveau sport. La chose est aujourd’hui accomplie. La première automobile de l’héritier de la couronne britannique est un phaéton Daimler, mais de construction anglaise, car, à ce qu’on nous affirme,
- (1) Construit par la maison Klinger, 66, Fenchurch Street, Londres.
- le prince a voulu attendre pour acheter une voiture mécanique que l’industrie britannique pût lui en fournir une présentant un type réellement satisfaisant.
- Le moteur de cette voiture est du type ordinaire à 2 cylindres et d’une puissance de 6 chevaux avec allumage électrique et brûleurs, quatre vitesses et une marche arrière; l’allure maxima est de 39 kilomètres. La carrosserie a naturellement été particulièrement soignée ; on a prévu quatre places; les couleurs sont chocolat et noir, avec des filets rouges. La capote est du type américain, sa partie arrière pouvant se relever pour donner de l’air, les roues sont en bois.
- La direction est normalement oblique, mais peut se relever verticalement pour les nettoyages.
- Le prince de Galles conduit maintenant lui-même.
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- COURSES
- Le critérium de Provence.
- (1er juillet)
- L’Automobile-Club de Salon a parfaitement réussi sa course du critérium de Provence, d’ailleurs admirablement organisée.
- L’épreuve des voiturettes a été enlevée par Camus, qui a couvert les 100 kilomètres en 1 lu 58 m. 3 s. 1/5, sur une voiturette de construction lyonnaise. Voici les résultats :
- 1. Camus, 320 kilog., en 1 h. 58 m. 3 sec. 1/5;
- 2. Hachel, 328 kilog., en 2 h. 43 m. 9 sec. 3/5;
- 3. Chevallier, 400 kilog., en 2 h. 64 m. 21 sec. 1/5;
- 4. Montel, 260 kilog., 2 h. 59 m. 5 sec;
- 5. Henri Félix, 355 kilog., 3 h. 15 m. 5 sec. 1/5.
- La course de voitures a été pour Jenatzy, qui a maintenant le record pour la route de Salon, mais n’a pas battu le record de Béconnais à Etampes.
- Voici les temps :
- 1. Jenatzy, en 1 h. 20 m. 15 s. 1/5;
- 2. Cuchelet, en 1 h. 33 m. 15 s. 4/5;
- 3. Yagliano, en lli. 39 m. 15 s. 3/5.
- La moyenne de Jenatzy est de 75 à l’heure.
- Pour l’épreuve de motocycles, les forts moteurs n’ont pas brillé.
- Voici les temps :
- 1. Yitalis, en 1 h. 41 m. 28 s. 3/5;
- 2. De Sylvabelle, en 1 h. 44 m. 18 s. 3/5;
- 3. Donjon, en 1 h. 59 m. 16 s. 3/5;
- 4. Bonnard, en 2 h. 18 m. 24 s. 2/5.
- Béconnais et Marcellin sont restés en panne, l’un par un accident d’électricité, l’autre par un accident de soupape.
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- La course d’automobiles (touristes) Nuremberg-Kitzingen et retour (150 kilomètres) a donné les résultats suivants :
- 1. Erhard, voiture à 2 personnes, en 4 h. 45 m.;
- 2. Schutte, voiture à 4 personnes, en 5 h. 28 m.;
- 3. Beissbartli, voiture à 2 personnes, en 5 h. 51 m. ;
- 4. Kurz, voiture à 2 personnes, en 6 h. 25 m.
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- Une course de voitures automobiles sur un vélodrome sera donnée, le 29 juillet prochain, à Francfort-sur-Mein. Le Francfurter Renn Club a mis sa piste à la disposition des organisateurs. Les meilleurs chauffeurs allemands : Held, Tisclibein et Skarisbrick sont engagés. Le comité enverra des invitations officielles aux principaux chauffeurs français.
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- Paris-Toulouse et retour.
- (25 juillet-2 août)
- La course dite de l’Eventail, qui devait être organisée à l’occasion de l’Exposition par l’Auto-mobile-Glub de France est définitivement supprimée.
- Elle sera remplacée par une course Paris-Tou louse avec départ à Montgeron.
- L’itinéraire adopté en principe serait de Montgeron à Toulouse et retour en trois étapes ainsi réparties : 1° Paris-Toulouse, 2° Toulouse-Limoges, 3° Limoges-Montgeron.
- Le parcours total étant de 1376 kilomètres et le montant total étant de 47,000 francs de prix, dont 30,000 francs réservés à la vitesse, ce sera certainement l’événement sportif de l’année si l’Automobile-Club, se réveillant de son indolence, se décide à l’organiser avec le même soin que ses grandes courses d’autrefois.
- Le départ se donnera le 25 juillet à trois heures du matin. Ce jour-là, on fera Montgeron-Tou-louse (688 kilomètres). Le 26, exposition de voitures à Toulouse. Le 27, étape Toulouse-Limoges (306 kilomètres). Le 28, étape de Limoges à Montgeron (382 kilomètres). Les 29, 30, 31 juillet, 1er et 2 août, les voitures ayant pris part à la course seront exposées à Vincennes.
- Il y aura trois catégories : voitures, voiturettes et motocycles.
- Les droits d’entrée sont de : 200 francs pour les voitures, 100 francs pour les voiturettes, 50 francs pour les motocycles.
- Ces droits d’entrée seront doublés du 20 au 24 juillet à six heures du soir.
- Les catégories sont les suivantes : 1° les motocyclettes ou motocycles pesant moins de 250 kilogrammes, 2° les voiturettes pesant moins de 400 kilogrammes, 3° les voitures pesant plus de 400 kilogrammes et portant au moins deux voyageurs côte à côte d’un poids moyen minimum de 70 kilogrammes par voyageur, étant entendu que dans le cas ou le poids moyen des voyageurs n’atteindrait pas 70 kilogrammes, le surplus pourrait être complété par du lest.
- Indépendamment des 47,000 francs de prix, l’Automobile-Club de France décernera une médaille de bronze à tous ceux des véhicules ayant fait le parcours à une vitesse moyenne de 40 kilomètres à l’heure, et une médaille d’argent à tous ceux l’ayant fait à une moyenne de 60 kilomètres.
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- Un certain nombre d’amis de Béconnais, le coureur motocycliste, viennent de faire une souscription pour lui offrir un souvenir à l’occasion de ses dernières performances à motocycle.
- La souscription a produit 400 francs. Béconnais, interrogé sur l’objet d’art le plus à son goût, a choisi une chaîne de montre. Le Vélo a joint une breloque à la chaîne et le brave Béconnais est enchanté.
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- Le baron Pierre de Crawhez a fait à Bruxelles, au Vélodrome de la Cambre, des essais sur 1 kilomètre avec un nouveau tricycle de la force de 6 chevaux. Quoique le moteur ne fût pas entièrement au point, l’allure a été de 81 kilomètres à l’heure sur bonne route, il peut atteindre la jolie vitesse de 100 kilomètres à l’heure.
- Assistaient aux expériences, MM. Alfred et Albert Madoux, Hautvast, Van der Spek, etc.
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- Le 17 juin a eu lieu à Ravenne une réunion automobile dont le programme était très intéressant, et comprenait notamment une course de vitesse pour tricycles d’une part et pour quadricycles de l’autre.
- On y a donné également une parade automobile fleurie; les voitures ont été accueillies avec enthousiasme et les fleurs qu’on se lançait jonchaient la piste.
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- A l’occasion de la foire de Saint-Jean, à Monza, on a organisé une fête sportive ou l’automobilisme a eu une large part : une course de voitures a été organisée par les soins de l’Automobile-Club d’Italie (de Milan).
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- A l’occasion des fêtes automobiles de Padoue, on a créé une coupe automobile pour des automobiles de fabrication italienne, et cela grâce à la collaboration active et pécuniaire des clubs de Milan, Turin, Venise et Florence, du Cercle Automobile Emilien, de l’Union de Venise, et aussi de notre confrère italien, Y Automobile. Elle sera dorénavant disputée dans les concours par les voitures entièrement de fabrication italienne, pesant plus de 300 kilogrammes et portant deux personnes.
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- On se propose d’organiser, pour l’an prochain, un Tour d’Italie en automobile, sous l’inspiration de l’Automobile-Club d’Italie et avec le concours des différents autres clubs. La réunion générale aurait lieu à Plaisance ou à Parme, mais l’itinéraire, qui serait de 700 à 1000 kilomètres, passerait par Rome.
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- L’Automobile-Club de la Grande-Bretagne avait organisé, le 27 juin, une promenade de 100 milles avec course de côtes.
- Samedi 30 juin, réunion motocycliste au Crystal Palace. Quatre coupes ont été disputées. On a donné d’abord une course scratch d’une heure, pour la coupe de YAutocar, un handicap de 10 milles ouvert pour la coupe de YAutomotor, une course de 5 milles pour la coupe du Motor Car Journal, et un handicap réservé aux membres du club.
- Le même jour, mais assez tard dans la soirée pour que les compétiteurs du Crystal Palace puissent être présents, le Catford C. C., qui donne annuellement, depuis nombre d’années, une course de côtes pour cycles, a fait aussi courir une épreuve pour automobiles, c’est la fameuse côte appelée Westerham Hill qui a été choisie, et l’épreuve s’est faite sous les règlements de l’Automobile-Club de la Grande-Bretagne.
- Le 10 juillet, garden party au manoir de M. Herbert de Stern, Strawberg Hill, dont l’aimable propriétaire offrira une coupe pour une course de motocycles.
- Le 12 juillet, meeting automobile au bénéfice des blessés du Transvaal.
- Le 14 juillet, gymkhana automobile au Rane-lagh Club.
- L’Automobile-Club prendra part, les 6 et 7 juillet, à la grande fête de charité qui sera donnée, au Sheen Hôwo Club, au bénéfice des orphelins de la guerre sud-africaine.
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- Le concours de poids lourds de la Liverpool self-propelled Traffic Association.
- La puissante et déjà célèbre association de Liverpool prépare un concours qui sera certainement intéressant pour le mois de juin 1901. Bien qu’elle nous ait envoyé un programme complet de l’épreuve en question, nous ne pouvons le reproduire dans son entier, d’autant que ceux qui voudraient prendre part aux essais auront évidemment à recevoir une collection complète des imprimés préparés par l’association. Mais nous allons en résumer les dispositions principales.
- Le but de l’essai est du reste assez spécial : il s’agit d’essayer préalablement différents types de chariots et camions à poids lourd susceptibles d’ètre employés au transport dans le Lancashire, avant que des commandes définitives soient faites par un syndicat qui se formera pour assurer les transports sur routes entre Liverpool et les villes manufacturières de la région. Une première journée sera consacrée à la montée des côtes et aux épreuves de maniabilité ; dans une deuxième, on ira de Liverpool à Manchester ; la troisième, on reviendra par une route différente, et en deux jours, on fera le voyage de Blackburn et retour. On transportera effectivement des marchandises, qui seront recueillies et livrées chez des manufacturiers et des armateurs, tout comme pour un service régulier et réel. Disons tout de suite que nous trouvons parmi les noms des juges celui de Sir David Salomons ; des récompenses seront accordées dans les trois classes, et les juges signaleront au syndicat dont nous avons parlé les meilleurs véhicules.
- Les véhicules seront à propulsion mécanique quelconque ; ils devront passer partout où passerait un camion à cheval ordinaire, reculer notamment entre d’autres camions pour venir prendre charge, tourner dans une fois et demie leur longueur. Ils monteront des côtes de 1/5 en partant du repos; ils auront des approvisionnements d’eau pour faire des parcours de 23 kilomètres. Le plancher de chargement sera à une hauteur comprise entre lm,06 et lm,29 au-dessus du sol. La première classe, pesant au plus 2 tonnes, portera 7 tonnes 1/2 et marchera à 8 milles (13 kil.) à l’heure; pour la deuxième classe, les chiffres respectifs seront de 3 et 5 tonnes et de 5 milles; enfin, pour la troisième, même vitesse, 5 tonnes de charge et aucune limite de poids mort. Les engagements,, avec un droit de 10 guinées, devront parvenir au secrétaire de l’association (Royal Institution, Golquitt Street) avant fin avril ; les véhicules devront être à Liverpool le 31 mai.
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- L’Irlande se lance clans le mouvement automobile et il va se tenir, en juillet de cette année, une réunion de véhicules automobiles à Killaloe, où s’organisera une course de 170 kilomètres.
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- Dans le courant de juillet, le Ranelagh-Club et l’Automobile-Club de Grande-Bretagne tiendront un Gymkhana où, entre autres choses, on imposera aux concurrents dans une course, de se tenir à une certaine distance de leurs véhicules : au signal du départ, ils devront s’y rendre en hâte pour allumer leurs lanternes, mettre leurs moteurs en marche et enfin partir. On fera aussi des courses d’obstacles : passages dans des portes dont certaines devront être ouvertes par les conducteurs, circulation au milieu de pseudo-passants, traversée d’écrans de papier. Il y aura aussi une course de dames.
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- L’Automobile-Club d’Amérique vient d’organiser au commencement, de juin une course dite « du Siècle » à laquelle ont pris part dix-sept automobiles entre New-York et Philadelphie. Le premier arrivé a été M. Ghamberlin, vice-président du club ; parti à 8 h. 20 le matin, il arrivait à Philadelphie à 7 h. 20 le soir. Quatre autres le suivaient, du reste, à quelques minutes seulement d’intervalle. Le temps était extrêmement pluvieux et les routes fort mauvaises. Le premier montait une voiture à pétrole.
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- A Rochester, aux Etats-Unis, où l’automobilisme a des fervents, on vient d’établir un record local du mille anglais, sur la piste du Parc; le temps du parcours a été, pendant une récente fête, de 1 m. 27 s. 2/5.
- La earte électrique du Touring-Cluli
- Nous avons déjà parlé de la carte électrique du Touring-Club qui rendra les plus grands services aux propriétaires de voitures électriques.
- C’est une œuvre utile de plus à ajouter à toutes celles qu’ont déjà accomplies le Touring-Club de France et son dévoué président, M. Abel Ballif.
- Nous nous faisons un plaisir de publier les itinéraires déjà tracés sur ce'tte carte électrique. Ils sont suffisamment nombreux pour que les touristes électriciens aient de quoi occuper leurs vacances.
- Paris à Brest, 632 km. — Versailles, 19 km. — Dreux, 70 km. — Evreux, 4D km. — Lisieux, 75 km. — Falaise, 50 km. — Vire, 57 km. — Ducey, 46 km. — Dinan, 68 km. — Lamballe, 40 km. — Saint-Brieuc, 20 km. — Belle-Isle-en-Terre, 51 km. — Morlaix, 35 km. — Brest, 61 km.
- Paris à Granville, 367 km. — Versailles, 19 km.— Dreux, 70 km. — Evreux, 40 km. — Lisieux, 75 km.
- — Falaise, 50 km. — Vire, 57 km. — Granville, 56 km. Paris à Ploermel, 441 km. — Versailles, 19 km. —
- Epernon, 69 km. — Maintenon, 6 km. — Chartres, 19 km. — Connerré, 97 km. — Le Mans, 24 km. — Laval, 76 km. — Vitré, 36 km. — Rennes, 36 km. — Ploermel, 59 km.
- Paris au Havre, 212 km. — Boisserie-L’Aillerie, 40 km. — Bordeaux-Saint-Clair, 35 km. — Rouen, 54 km. — Rarentin, 13 km. — Saint-Romain de Col-bosc, 50 km. — Le Havre, 20 km.
- Paris à Dieppe, 186 km. — Boisserie-L’Aillerie, 40 km. — Bordeaux-Saint-Clair, 35 km. — Rouen, 54 km. — Arques, 51 km. — Dieppe, 6 km.
- Paris à Caen, 255 km. — Versailles, 19 km. — Dreux, 70 km. — Evreux, 40 km. — Lisieux, 75 km. — Mézi-don, 25 km. — Caen, 26 km.
- Paris à Trouville, 234 km. — Versailles, 19 km. — Dreux, 70 km. — Evreux, 40 km. — Lisieux, 75 km.
- — Trouville, 30 km.
- Paris à Saint-Nazaire (Escoublac), 493 km. — Etampes, 50 km. — Orléans, 66 km. — Meung-sur-Loire, 20 km. — Blois, 40 km. — Tours, 53 km. — Saumur, 65 km. — Angers, 46 km. — Nantes, 92 km.
- — Escoublac, 61 km.
- Paris à Nevers, 273 km. — Melun, 40 km. — Sens, 65 km. — Auxerre, 58 km. — Clamecy, 42 km. — Nevers, 68 km.
- Paris à Autan par Melun-Auxerre, 295 km. —Melun, 40 km. — Sens, 65 km. — Auxerre, 58 km. — Avallon, 52 km. — Saulieu, 39 km. — Autun, 41 km.
- Paris à Autun par Sens-Saint-Florentim, 267 km. — Melun, 40 km. — Sens, 65 km. — Saint-Florentin, 42 km. — Tonnerre, 28 km. — Fulvy, 16 km. — Semur, 47 km. — Saulieu, 28 km. — Autun, 41 km.
- Paris à Lille, 238 km. — Senlis, 43 km. — Com-piègne, 32 km. — Novon, 24 km. — Muille, 18 km. — Saint-Quentin, 22 km. — Masnière, 33 km. — Cambrai, 6 km. — Douai, 26 km. — Lille, 34 km.
- Paris à Charleville, 238 km. — Nanteuil-le-Hau-douin, 44 km. — Soissons, 49 km. — Braisne, 19 km.
- — Reims, 42 km. — Isle-sur-Suippe, 17 km. — Re-thel, 19 km. — Charleville, 48 km.
- Paris à Maubeuge, 214 km. — Nanteuil-le-Haudouin, 44 km. — Soissons, 49 km. — Laon, 31 km. — Ver-vins, 39 km. — Avesnes, 33 km. — Maubeuge, 18 km.
- Paris à Bar-sur-Aube, 221 km. — Provins, 88 km.
- — Nogent-sur-Seine, 18 km. — Romilly, 19 km. — Troyes, 35 km. — Vendeuvre, 33 km. — Bar-sur-Aube, 28 km.
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- TRIBUNAUX
- C’est toujours le même défilé, en simple police ou en police correctionnelle, ce sont toujours les mêmes condamnations exagérées. Nous n’en parlons donc plus. Faisons pourtant une exception pour un cas particulier, celui de M. Georges Richard, le constructeur bien connu. Son aventure est, en effet, plus qu’originale. M. Georges Richard expédiait, le 14 mai, des voitures à l’Exposition de Vincennes. L’administration venait de le supplier, à grands coups de téléphone, d’envoyer ces voitures pour garnir l’Exposition
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- à l’occasion de la visite du Président de la République et on le poursuivait, à cette occasion, comme responsable d’un de ses employés, pour manque de plaque et excès de vitesse, après avoir condamné son employé à un jour de prison et à l’amende.
- M. Georges Richard s’est énergiquement défendu et la poursuite qu’on lui intentait était tellement absurde que le président a bien été forcé de l’acquitter.
- L’instruction judiciaire ouverte à l’occasion du malheureux accident survenu à la Croix de Noailles, à l’occasion de la course Paris-Roubaix, suit son cours.
- L’affaire est du ressort du tribunal de Versailles. Le juge d’instruction, M. Morise, vient de rendre une ordonnance nommant arbitre M. Périssé, ingénieur, et convoquant, pour une sorte de reconstitution sur les lieux, les témoins déjà entendus par le juge, les inculpés et les avocats.
- C’est Me Paul Comby, devenu un spécialiste en matière d’automobiles, qui prêtera aux coureurs poursuivis le concours de son éloquente parole.
- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre confrère américain Motor Vehicle Review vient d’avoir une excellente idée : celle de publier dans ses colonnes les différents règlements locaux que les municipalités des diverses villes de la confédération imposent aux automobiles. On y trouve les divergences les plus caractérisées : ici, comme à Allegheny, on n’impose ni la sonnerie ni les lanternes, on ne limite pas la vitesse ; là au contraire, il faut et la sonnerie et les lanternes, une vitesse limite est spécialement imposée aux automobiles. Les comparaisons sont très édifiantes et montrent que le régime de liberté avec responsabilité est toujours le meilleur.
- Notre confrère The Wheel publie une conversation entre un de ses rédacteurs et le représentant de la Société qui construit les fameuses automobiles Pennington; mais on n’y trouve rien de précis, sinon des affirmations sur les succès à venir de ce véhicule.
- L’illustre journal anglais Punch consacre des illustrations (et naturellement des caricatures) de plus en plus nombreuses à l’automobilisme. C’est beaucoup d’honneur qu’il nous fait.
- Notre grave confrère Electrical Review, qui n’est pas une revue spéciale d’automobilisme (nous n’avons pas besoin de le dire), consacre
- plusieurs des premières colonnes d’un de ses derniers numéros à étudier les questions d’automobilisme. Il fait remarquer l’excellent effet produit sur le public par la récente course de Philadelphie à Nevv-\rork; mais il déclare qu’il ne faut pas trop se livrer aux courses, qui pen-vent discréditer les voitures mécaniques auprès des gens qui ne raisonnent pas et qui voient quelques accrocs se produire dans ces parcours à toute vitesse.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Dans leur ouvrage sur la traction mécanique sur rails et sur routes pour les transports en commun (1), qui vient de paraître, MM. L. Périssé et R. Godfernaux donnent la liste des services publics d’automobiles existant ou en voie d’organisation en France et à l’étranger. En voici le résumé :
- Alpes-Maritimes. — Réseau projeté autour d'Antibes, Nice et Menton. Service d'essai de Monte-Carlo à Menton (de Dion-Bouton).
- Ardèche. — Réseau projeté : 1° Pont de Labeaume, Vais, Aubenas, Largentière, Saint-Paul-le-Jeune (35 km); 2° Bellevue, Barjac, Bessèges (28 km); 3° Montélimar, Le Teil, Viviers (8 km).
- Aube. — Service projeté d’Arcis-sur-Aube à Brienne (35 km) (Scotte).
- Calvados. — Service de Condé-sur-Noireau à Vire, par Vassy (27 km) (de Dion-Bouton), et service d’été Trouville-Villers (9 km) (Scotte).
- Charente. — 15 lignes en projet.
- Drôme. — Service de Valence à Crest (30 km) (Scotte) avec lignes projetées de Montélimar à Crest (20 km) et à Nyons (25 km).
- Doubs. — Service projeté de Salins à Besançon avec prolongement à Marcliaux (58 km) (de Dion-Bouton).
- Eure. — Service projeté entre Gaillon et Vernon.
- Gironde. — Service de Libourne à Saint-André de Cubzac (20 km) et de Libourne à Guitres (15 km).
- Hautes-Alpes. — Service projeté de Prunières à la Condamine-Cliatelard, par Barcelonnette (53 km) (de Dion-Bouton).
- Haute-Marne et Marne. — Service projeté de Vitry-le-François à Saint-Rémy-en-Bougemont (Marne) et Eclaron (Haute-Marne).
- Haute-Saône. — Service de Port d’Atelier à Passavant (32 km) (Scotte).
- Loire. — Réseau autour de Saint-Etienne. Saint-Etienne à Saint-Genest Lerpt, Saint-Etienne à la Ta-laudière. Société stépbanaise de traction automobile, 5 omnibus à vapeur (de Dion-Bouton).
- Meuse. — Service de Stenay à Montmédy (19 km) (de Dion-Bouton).
- Morbihan. — Service de Vannes à Sarzeau (23 km) de Dion-Bouton).
- Saône-et-Loire. — Service de Clialon-sur-Saône à Couches-les-Mines (Scotte).
- Seine-el-Marne. — Service d’été entre Fontainebleau et Barbizon (13 km) et entre Fontainebleau et Mar-lotte (H km) (Scotte).
- (1) L. Périsse et R. Godfernaux, Traction mécanique sur rails el sur roules pour les transports en commun. — 1 vol. in-8°, 5 francs. Vve Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
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- Var. — Services entre Toulon et le cap Brun, Hyères, Saluce et Draguignan (de Dion-Bouton). Service de Draguignan au Muy (13 km) et de Draguignan à Vi-dauban (18 km) (Scotte).
- Yonne. — Service entre Sens, Nogent-sur-Seine (Aube) et Yillenoxe (Scotte).
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- La chambre de commerce d’Oran vient d’être saisie d’un projet d’organisation de services d’automobiles pour le transport des voyageurs et des marchandises entre Oran et Bel-Abbés et entre Oran, Mostaganem, Mascara, Témouchent, Tlem-cen et Nemours. Les voitures pour voyageurs comporteraient 24 places et auraient des moteurs de 25 à 30 chevaux.
- La chambre de commerce a émis un avis favorable.
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- Des industriels et des propriétaires fonciers d'Espagne ont l’intention d’entrer en arrangement avec l’administration du nouveau chemin de fer funiculaire de Tibi-Dabo, afin de prolonger cette voie ou du moins son trafic sur Rapiolat-Itubi, au moyen de voitures automobiles électriques.
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- Dans le but de faciliter aux touristes la visite des montagnes bavaroises et du Tyrol, la Société des voitures automobiles d’Innsbruck se propose d’établir un service permanent par automobiles d’abord entre Innsbruck, Seefeld, Mittenwald et Potenkischen de la région de l’Oberarnmergau où se joue le drame de la Passion; ensuite, la ligne parcourrait la première section de la grande route plantée d’arbres de Munich à Mailand comprenant les célèbres localités de Garmisch, Leermoos, Eernpass, Leermoos-Beuth. Ces districts, on le sait, sont des plus pittoresques.
- Les omnibus automobiles, confortablement aménagés ont une capacité de 14 places offertes.
- On vient de mettre en circulation, en Autriche, un omnibus d’une capacité totale de 19 places offertes réparties en 12 places assises, 4 places debout à l’arrière et 3 places de strapontin, y compris celle du conducteur. De plus, il comporte un compartiment à bagages et une galerie qui permet d’emporter des colis de messageries sur le toit du véhicule.
- Sur l’essieu d’avant est disposé un moteur Daimler; deux cylindres d’une puissance de 12 chevaux.
- Le poids de la voiture à vide est de 3800 kg se répartissant en 2100 k sur l’essieu moteur d’arrière et 1700 sur l’essieu d’avant. Le poids total avec chargement complet atteint 5600 kg.
- Cette information se sauve de la banalité par un caractère de restriction d’emploi du matériel susmentionné qui provoque la méditation. Les promoteurs de l’entreprise ont, en effet, reconnu que leur véhicule s’adapte à souhait aux circonstances de traction rencontrées dans un pays plat
- et dans un service de navette entre les faubourgs d’une ville, mais ne répond pas du tout aux exigences d’un service de ville.
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- On vient de reconnaître d’utilité publique en Angleterre « l’Association pour l’amélioration des routes », qui s'y est récemment fondée par des contributions volontaires. Elle fera connaître les meilleurs procédés d’entretien et de construction aux intéressés; elle défendra les intérêts du public, s’efforcera d’obtenir l’amélioration des règlements, s’occupera des poteaux indicateurs.
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- Les services d’automobiles sur route commencent de se multiplier en Ecosse; on vient de mettre en service une nouvelle voiture entre Sawmill et la gare de Banchory; une autre dessert la banlieue d’Aberdeen. On parle d’autres créations analogues à Montrose, etc.
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- Le grand journal commercial de Liverpool, le Liverpool journal of commerce, vient d’ouvrir une rubrique nouvelle; ce sont des renseignements périodiques sur les transports de marchandises par automobiles.
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- Nous avons annoncé que le conseil du Comité de Londres, qui a le droit d’exploiter des tramways dans cette ville, a mis récemment en service une ligne d’ommbus. Les Compagnies d’omnibus existantes ont protesté contre cette entreprise et porté l’affaire devant les tribunaux qui ont décidé que le conseil n’avait pas le droit d’exploiter des omnibus.
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- Une société coopérative de Newcastle, la « Coopérative Wholesale Society », vient d’acheter un camion automobile Thornycroft pour faire les livraisons à sa clientèle ; et d’ailleurs nombre de commerçants de la même ville, brasseurs, épiciers, etc., vont acheter de même des automobiles pour remplacer leurs équipages ordinaires.
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- Les gens de Milwankee (aux Etats-Unis pourtant, où l’on s’étonne de peu de chose] sont dans l’admiration devant les deux premières voitures automobiles de livraison qui circulent dans la ville.
- Divers savants et hauts fonctionnaires de l’État de New Hampshire ont pris en main la création d’une route de 750 kilom. de développement, à l’usage exclusif des automobiles et des voitures d’excursions dans les parties les plus pittoresques du New Hampshire. L’Association automobile d’Amérique s’intéresse à l’idée et voudrait des prolongements de la route sur New-York et Philadelphie,
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- On vient de recevoir à Mexico la première série des voitures automobiles envoyées par la Compagnie qui a obtenu la concession de voitures et d’omnibus mécaniques dans cette ville. Les concessionnaires se sont chargés également du pavage en asphalte d’un grand nombre de rues, pour faciliter le service de leurs véhicules.
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- Ou annonce de New-York l’apparition et le le fonctionnement heureux du premier véhicule automobile pour poids lourd; il sert aux transports du représentant de la maison Moët et Chandon ; il est électrique, a une puissance de 10 chevaux et peut porter 4 tonnes.
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- La Fischer Equipment C°, de Chicago, essaye en ce moment des camions du système Cutton basées sur le principe des voitures Pieper, c’est-à-dire comprenant un moteur à pétrole, une dynamo, des accumulateurs et un moteur électrique.
- Ces camions pèsent 4,500 kilogrammes à vide, charge utile : 5,000 kilogrammes, poids de la dynamo : 500 kilogrammes, pouls de la batterie : 600 kilogrammes.
- Exposition universelle de 1900
- Le 30 juin M. Millerand, ministre du commerce, accompagné de son chef de cabinet, a visité officiellement la classe 30, au Champ-de-Mars. Il a été reçu par M. Cottenet, président de la classe, assisté des deux vice-présidents et du jury présenté par M. Jeantaud.
- La visite a commencé par l’exposition rétrospective et s’est continuée à travers les stands. Elle a duré deux heures et s’est terminée par les coupes de champagne traditionnelles.
- «a»
- M. Jeantaud vient d’avoir l’excellente idée d’autoriser les canots automobiles, qui viennent de remporter à Argenteuil un si brillant succès, à prendre part à l’Exposition de Vincennes.
- Le lac n’ayant que 0m,70 de profondeur, on n’y verra que des bateaux à faible tirant d’eau, mais comme ce sont ceux-là qui sont les plus nombreux, il n’y aura que demi mal.
- On s’inscrit chez M. Jeantaud, 51, rue dé Ponthieu, Paris.
- Dès que les inscriptions seront assez nombreuses, on organisera une épreuve, qui sera certainement un succès.
- On annonce l’ouverture à Hanoï (Indo-Chine française), le 1er décembre 1901, d’une exposition comprenant les sections suivantes :
- 1° France et colonies françaises ;
- 2° Indo-Chine française : Tonhin, Annam, Cochinchine, Cambodge et Laos;
- 3° Pays d’Extrême-Orient-, de Singapore au Japon : Chine, Corée, Japon, Philippines, Siam, Indes néerlandaises et Straits Setlle-menls.
- Elle sera, par suite, essentiellement française et asiatique.
- Les automobiles et les motocyeles y seront les bienvenus.
- Pour tous renseignements et demandes d’admission, s’adresser au directeur de l’Office colonial, Palais-Royal, Paris.
- I)u 26 juin au 1er juillet s’est tenue à Padoue une grande réunion et une foire internationale d’automobiles et d’accessoires. On a eu une série fort bien comprise d’attractions variées. D’abord une exposition pour la vente, puis un défilé des véhicules; puis des courses de résistance et de vitesse sur un parcours de 10 kilomètres; une course réservée aux voitures de fabrication italienne, et dite de la grande coupe nationale. Nous en passons, et des meilleures, notamment la course pour motocyeles, la fête automobile. Des prix représentant une valeur de 6000 francs ont été distribués, des objets d’art, des diplômes, des médailles, etc.
- Cette foire internationale est due à la Unione automobilislica Venela qui mérite bien d’ètre félicitée pour son intelligente initiative. Elle n’a été fondée officiellement qu’en janvier de l’année courante. Elle organise des dépôts de ravitaillement pour les automobiles, elle procure à ses membres le personnel dont ils ont besoin pour leurs voitures, leur facilite les réparations, ainsi que l’acquisition, l'usage, l’échange de voitures; elle organise des réunions, des championnats, des expositions, des excursions; elle établit des relations avec les autres sociétés ou clubs analogues; elle encourage enfin l’automobilisme sous toutes ses formes.
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- L’Exposition internationale permanente d’automobiles que nous avons déjà annoncée va être inaugurée à Berlin. Une Ecole de chauffeurs est en voie d’organisation et ouvrira ses portes en même temps que l’Exposition elle-même. L’Ecole sera à la disposition des amateurs aussi bien que des professionnels.
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- La Société royale d’agriculture anglaise vient d’organiser son exposition annuelle, nous pouvons dire son concours agricole, et nous avons vu avec plaisir qu’on n’a point laissé échapper cette occasion d’attirer l’attention du public sur les services que peut rendre l’automobilisme en agriculture. On y voit exposés des chariots mécaniques et des tombereaux automobiles.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS.— L. DE SOYE ET FILS, I.MPR., 18, R. DES FOSSES S.-JAC<ÎUES.
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- Septième Année. — N° 28.
- 12 .Juillet 1900.
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr. LE NUMÉRO 50 Centimes. ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, i — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Dibecteur
- SOMMAIRE DU N» 28. En France, nous sommes très en retard
- L'automobile éloetricfue de tourisme et de luxe, A. Delasalle. — Les fêtes de l'Automobile-Club, Gaston Sencier. — Echos. — La voiture Meynier et Legros. — La roue Estv. — La batterie d’accumulateurs pour automobiles, Emile Dieudonné. — Le moteur Aigle. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton, ./. Wol/f. — Le ballon dirigeable du comte Zeppelin. — Courses. — A travers la presse. — Exposition. — Courrier industriel.
- L’AUTOMOBILE ÉLECTRIQUE
- DE TOURISME ET DE LUXE
- Si notre avis est que, jusqu’à présent, l’automobile électrique doit être réservée pour les courses à l’intérieur des villes, il n’est pas superflu cependant d’étudier un peu son fonctionnement comme voiture de tourisme.
- Un essai récent a montré qu’il n'était pas impossible de faire de longs parcours avec une accumobile, mais ce n’est là qu’une prouesse de constructeurs. Nous ne voyons pas très bien des particuliers se servant d’une voiture analogue avec 1200 kilos de batterie. Si le service public demande des accumulateurs très robustes, on peut ne pas se montrer aussi exigeant quand on se place au point de vue où nous sommes en ce moment. Le prix actuel des voitures électriques indique, de la part d’un sportman qui en possède seulement une, un état de fortune suffisant pour qu’il puisse se permettre des frais d’entretien que ne saurait supporter celui qui en fait une exploitation. Il est donc possible ici de prendre des accumulateurs de poids moyen, sans vouloir aller jusqu’à l’extra-léger, à moins d’être Crésus lui-même, et de ne se servir de sa voiture que sur des belles routes sans côtes et sans accidents trop fréquents de terrain.
- sur l’extension des réseaux de distribution d’énergie électrique. Il y a encore beaucoup de villes dans lesquelles les usines produisant de l’électricité sont inconnues. Cela est regrettable. Le jour où nous serons certains de trouver en route du courant comme on trouve de l’essence sera une date dans l’histoire de la traction électrique sur route.
- Déjà le T. C. F. s’occupe de dresser une carte indiquant les points où il est possible de trouver de l’énergie, mais ce qui serait à souhaiter c’est d’arriver à abaisser le prix auquel les usines consentent à fournir leur courant. Cela serait facile. Il suffirait de s’en donner la peine. Evidemment la difficulté est que, dans beaucoup de villes, l’éclairage est cédé à des concessionnaires qui ont le monopole des canalisations destinées à l’éclairage, et qui ayant pour la plupart une installation d’usine à gaz, se soucient peu de tout transformer. Reste l’industrie privée. Dans presque toutes les usines maintenant on trouve des dynamos servant à l’éclairage, et même à produire de la force motrice. Peu de centres industriels existent, si petits soient-ils, qui ne comptent pas au moins une installation électrogène. C’est là seulement aujourd’hui que peut être l’avenir du tourisme électrique.
- On a bien parlé un moment de la Poste Electrique Internationale, vaste entreprise très financière, croyons-nous, mais dont les résultats se font beaucoup attendre. Evidemment l’idée est belle. Sur toutes les routes établir de distance en distance des relais où l’accumobile trouverait à reprendre l’énergie qui lui est nécessaire, pendant que son propriétaire se reposerait, cela est très bien, mais il est certain que, pour commencer, les stations auraient fort peu à faire. Les nouvelles les plus pessimistes circulent. On dit que l’électromo-bilisme se repose trop. Cela tient à bien des causes. D’abord le prix beaucoup trop
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- élevé des voitures ; on veut trop gagner et on ne vend rien. Les constructeurs devraient faire leur possible pour se contenter d’un gain un peu plus failde afin de vendre beaucoup, et surtout être patients. Ensuite ce sont les accumulateurs qui sont trop fragiles. Il serait curieux de connaître combien de fois telle voiture engagée au Critérium des Electriques ferait avec la même batterie le voyage quelle fit alors.
- Mais ce n’est pas du premier coup qu'on atteint le progrès, et le jour où il sera possible de trouver partout tacitement de l’électricité, où les éléments pourront se charger assez vite sans trop se détériorer, et où on pourra ne pas changée de batterie tous les deux mois, ce qui coûte plutôt cher, le tourisme électrique pourra marcher, sinon courir. Reste maintenant à savoir s’il ne se découvrira pas quelque jour des accumulateurs très lion marché et d’un remplacement par suite facile. L’avenir seul le dira.
- A. Dglasalle.
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- Les létes de f Automobile-Club.
- L’Automobile-Club va donner deux grandes fêtes pour inaugurer sa nouvelle salle de théâtre. L’idée est excellente et je ne puis que l’approuver.
- Je ne connais pas encore le programme artistique adopté par les organisateurs. Espérons qu’il sera composé par des mains expertes, avec le concours de véritables artistes et de jolies femmes, pour le régal de nos yeux et de nos oreilles, et qu’on s’amusera.
- Je ne suis pas de ceux qui trouvent que notre Association doit être embêtante par définition et que sa seule vitalité doive se manifester par des concours techniques et par des épreuves sportives. Encourager l’automobile, rien de mieux. Faire des concours et des courses, c’est parfait. Je trouve, — et je ne me suis pas privé de le dire, — que cette forme de l’activité du Club est, au contraire, beaucoup trop négligée et qu’il serait indispensable de faire plus et mieux. En matière sportive et technique le Club a les moyens de faire beaucoup, de faire bien et de faire grand. Qu’il le fasse. Mais ce n’est pas une raison pour que le Cercle continue à être une succursale du monde où l’on s’ennuie.
- Pour faire de la science et du sport, il
- faut de l’argent, c’est-à-dire une augmentation constante du nombre des cotisations et, pour arriver à ce dernier résultat, il faut dés fêtes presque incessantes. Ces fêtes seraient relativement peu coûteuses si on utilisait toutes les bonnes volontés et toutes les relations artistiques des membres du Cercle. Elles donneraient à l’bôtcl Pastoret l’animation qui lui manque et produiraient les meilleurs effets.
- Pour ma part je voudrais aussi que l’on n’oubliât pas, dans le programme de ces fêtes, — pour lesquelles nous avons en la personne de Gustave Rives le plus habile et le plus sympathique des metteurs en scène, — la villa du Rois de Boulogne. Nous avons là un délicieux coin de verdure où l’on pourrait donner des réunions charmantes. Il faudrait que, tous les ans, dans la belle saison, on multipliât les occasions d’y faire venir les membres du Cercle et leurs familles. Quel cadre admirable pour des garden-partv, des fêtes de nuit et autres divertissements de même nature. Cela ne serait pas bien onéreux et amuserait tout le monde. Pour peu que ces réunions fussent largement ouvertes à nos familles et que le montant des additions, à la tin des repas, ne rappelle pas trop le temps où le bois de Boulogne était célèbre par la facilité avec laquelle ou y détroussait les voyageurs, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. On avait, au début, semblé vouloir entrer dans cette voie. Pourquoi s’est-on arrêté? Aujourd’hui la villa est trop souvent déserte. On n’en tire aucun profit. Dès que l’on commence à vouloir y aller on vous en chasse par des augmentations maladroites du prix des repas ou par d’autres mesures analogues. Que l’on crée, au contraire, incessamment, des prétextes pour attirer les membres du Cercle à la villa et pour les y retenir. Cela vaudra bien mieux que de supprimer ce luxe que le Cercle est assez riche pour s’offrir. Il y a, parmi nous, des ingénieurs, des industriels et des mondains. Rien ne serait plus aisé que de satisfaire ces éléments divers et alors, pour peu que les dirigeants du Club abandonnent l’esprit de regrettable exclusivisme auquel ils ont trop sacrifié, pour peu qu’ils évitent certains froissements bien faciles à supprimer avec un peu de tact, ils verraient bientôt renaître autour d’eux la confiance et la sympathie.
- ♦
- Gaston Sencier.
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- ÉCHOS
- Le Comité du Moto-Club de France s’est réuni le 4 juillet et a procédé à l’admission de 54 nouveaux membres, ce qui porte à 459 le nombre actuel de ses sociétaires.
- On a nommé 2 nouveaux membres du Comité, arrêté le choix d’un local et accepté le texte définitif des statuts du Cercle, statuts rédigés par Me du Laurens de la Barre, l’éminent avocat qui a déjà rendu tant de services aux chauffeurs en mal de procédure, assisté de Mc Delaunay, avoué.
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- A la dernière séance du Comité de l’Automo-bile-Club de France, MM. Chenu, F.-M. Richard, Georges Huillier, Etienne Giraud et Delasalle ont été élus membres du Comité.
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- A la sollicitation d’une aimable lectrice nous demandions, dans notre avant-dernier numéro, si le décolletage serait de rigueur pour la fête du 19 juillet, donnée par l’Automobile-Club de France, fête à laquelle les dames seront admises.
- M. de Morlhon, l’aimable secrétaire du Cercle, nous écrit que les dames devront être en toilette de soirée.
- Notre gracieuse abonnée ayant sûrement les plus belles épaules du monde, cette nouvelle lui fera certainement plaisir.
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- Citons quelques lignes amusantes du procès-verbal de la séance que la Commission de contentieux de l’Automobile-Club de France a tenue le 21 juin dernier :
- MM. Poignard et Seligmnnn font ensuite connaître à la Commission l’état des affaires dont ils sont chargés devant le tribunal correctionnel : ils exposent qu’elles ont été jugées par la onzième chambre qui a adopté au regard de tous les chauffeurs une jurisprudence uniforme suivant laquelle ils ont été condamnés à une peine invariable de un jour d’emprisonnement, alors qu’aucun témoin ne pouvait venir infirmer les déclarations des agents affirmant un excès de vitesse.
- Pour un succès, c’est un succès. En l’enregistrant on ne peut s’empêcher de se rappeler les paroles prononcées le 29 mai, à l’Assemblée générale de l’Automobile-Club, par le baron de Zuylen, qui disait alors textuellement :
- Justement ému des condamnations prononcées Contre quelques-uns de nos collègues, notre Comité a voulu mettre sa Commission du contentieux à leur disposition pour les soutenir en appel, aux frais du Club, et nous avons voté, à cet effet, les crédits nécessaires.
- On frémit en pensant à ce qui serait arrivé si la Commission de contentieux de l’Automobile-Club de France n’était pas intervenue en faveur de ses infortunés clients.
- * *
- Un journal mensuel qui publie officiellement, souvent avec quelques semaines de retard sur ses confrères, les communiqués de l’Automobile-Club de France a reçu, pour son dernier numéro, un communiqué concernant les formalités à remplir pour les touristes désirant circuler en auto sur les routes de Hollande.
- Les rédacteurs de ce journal commencent leur article par : « M. le président de l’Automobile-Club de France nous communique... etc. ». Puis, pour finir, oubliant que le baron de Zuylen est hollandais et que c’est lui qui leur « communique », ils terminent gentiment par les mots : « Doux pays! » adressés à la Hollande.
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- La Chambre syndicale du Cycle et de l’Automobile a tenu une assemblée générale extraordinaire le 4 juillet, sous la présidence de M. A. Darracq.
- L’ordre du jour ne comportait que l’étude d’un projet de modification aux statuts. Ce projet a été repoussé par 46 voix contre 4, sur 52 votants.
- * *
- Paris va probablement être bientôt doté d’un premier poste pour le rechargement des voitures électriques. Ce poste sera établi place de la Concorde. Espérons qu’il sera suivi de plusieurs autres.
- * *
- Les membres du Congrès de l’agriculture, qui se tient en ce moment, ayant à se rendre en excursion à Verrières et à Juvisv et à Grignon étaient fort embarrassés. Ils se sont décidés à faire la route dans quatre grands omnibus à vapeur mis aimablement à leur disposition par la société Scotte.
- * *
- Un journal subventionné pour être envoyé gratuitement à tous les membres de T Automobile-Club de France a-t-il le droit d’attaquer certains membres du Club au bénéfice de certains autres?
- Telle est la question que nous pose un de nos abonnés. Nos lecteurs n’auront pas de peine à la résoudre.
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- Nos lecteurs n’ont pas oublié certainement la magistrale étude sur la direction par essieu brisé que Carlo Bourlet a publiée l’an dernier dans ce journal. Ils apprendront donc avec plaisir que notre savant collaborateur publiera prochainement, chez les éditeurs Carré et Naud, un volume sur le môme sujet.
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- Parmi les voitures les plus remarquées à k fête des artistes citons celle de la maison Bégot et Cad, très jolie de forme et ayant à son bord la toute charmante Jeanne Bernoux, du Vaudeville.
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- Nous recevons le premier volume du superbe ouvrage en 30 volumes : Sites et monuments de France, dont nous avons déjà annoncé la publication par le Touring-Club de France, sur l’heu-reuse initiative de M. Abel Ballif, son aimable président. *
- Ce premier volume, qui est un triple chef-d’œuvre de rédaction, d’illustrations et d’exécution typographique, donne la meilleure opinion de ce que sera cette publication colossale qui demandera plus de trois ans de travail et exigera une dépense de plus de 300,000 francs. Grâce à elle nous allons avoir une véritable photographie instantanée de notre « tant belle et douce France », bien propre à la faire aimer, et l'on ne peut, à ce point de vue, qu’applaudir à l’heureuse idée qu’ont eue les dirigeants du Touring-Club de faire don de l’ouvrage complet à toutes les écoles normales d’instituteurs et d’institutrices, et à toutes les grandes écoles, pour qu’il soit remis en prix aux élèves.
- Le prix de l’ouvrage entier est de 100 francs, pouvant être payés en quatre mensualités. Il y a déjà plus de 1600 souscripteurs. Il en faut 2500. Nous sommes sans inquiétude. Il y en aura bien davantage.
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- On annonce la prochaine apparition d’un volume ayant pour titre « Comment elles se perdent », et dont l’auteur serait la charmante femme d’un chauffeur connu, membre du Comité du Moto-Club.
- Le livre sera signé du pseudonyme d’Enida.
- Ne lisez pas ce nom à l’envers. Vous trouveriez un joli prénom qui vous mettrait trop facilement sur la voie.
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- Extrait d’une lettre adressée par le maire de Saint-Symphorien (Eure-et-Loir) au président de l’Automobile-Club de France, à propos de la Coupe Gordon-Bennett.
- Du reste, nous n’avons pas eu besoin d’avoir recours à ce moyen pour nous entendre avec vos organisateurs; leur urbanité, leur savoir-vivre, leur offrande pour nos pauvres, leur ont immédiatement levé l’embargo, comme dit le Vélo.
- Il semble ressortir de ces lignes que certains maires de village se permettent de subordonner leur autorisation de laisser passer une course d’automobiles sur le territoire de leur commune au versement préalable d’une certaine somme d’argent « pour les pauvres ».
- Nous serions curieux de savoir ce que M. AValdeck-Rousseau, ministre de l’intérieur, pense de cette maniera de procéder.
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- La mode est, par ce temps d’Exposition universelle, aux cartes postales illustrées.
- Nos excellents confrères du Vélo : Maxime Serpeille et Maurice Martin viennent d’en profiter pour créer très heureusement une nouveauté : la carte postale sportive.
- Deux séries de dix cartes postales sont illustrées des portraits des célébrités actuelles du Cycle et de l’Automobile. La série automobile donne les portraits de dix chauffeurs qui sont : Charron. Girardot, Gilles Hourgières, René de Knyff, Levegh, Baras, Béconnais, Marcellin, Osmont et Teste.
- Chacune des séries de dix cartes se vend, aux bureaux du Vélo, au prix de 1 franc pour la France et de 1 fr. 25 pour l’étranger.
- M. J. W. Perrv, l’aimable directeur de la Compagnie des bandes Kelly, bien connues des chauffeurs, quitte ses fonctions. Il est remplacé par M. E. Bertault.
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- Amusant extrait d’une lettre adressée par le baron de Mauni à notre aimable confrère les Petites Annales illustrées du Cycle et de l’Automobile, à propos des persécutions dirigées actuellement contre les chauffeurs :
- Il n’y a pas à dire : la situation actuelle est plus qu’incohérente, elle est absurde et intolérable. 11 y a. quelques semaines, on amène à je ne sais plus quel bureau de police, un chauffeur qu’on accuse d’avoir roulé trop vite et on lui dresse son petit procès-verbal. « Mais, Monsieur le commissaire, s’écrie-t-il indigné, comment n’inflige-t-on pas plutôt d’amende à un tel, mon ami d’ailleurs, qui venait justement de me dépasser, faisant du 35 à l’heure, alors que moi j’allais à peine à 18? ». Réponse de l’agent: « Monsieur, l’autre allait par trop vite, je n’aurais pas pu l’attraper. Alors je vous ai pris vous, comme n’allant pas assez lentement ».
- Et voilà !
- Le drôle de l’histoire, c’est que ces réflexions très sensées accompagnent une réclame à un appareil destiné à être mis entre les mains des agents de police pour leur permettre de crever les pneumatiques des chauffeurs commettant des excès de vitesse.
- L’ami Michelin doit avoir un intérêt dans l’affaire !
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- Pour faciliter le plus possible le tourisme automobile sur le littoral, M. J. Gondoin, président de l’Automobile-Glub de Nice, a fait créer des dépôts d’essence dans la plupart des localités de la montagne. Il a sur nombre de points réussi à faire remédier, grâce à l’obligeance de M. Aubé, ingénieur des Ponts et Chaussées, à l’état déplorable des routes. Enfin, il a obtenu un surcroît d’éclairage pour le tunnel de Saint-Jean-la-Ri-vière, où l’on passait à tâtons, pour aller à Saint-Martin-Vésubie.
- * *
- L’Automobile-Club de Nice vient de commencer les travaux de sa nouvelle salle d’escrime.
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- Le président du Comité sportif de l’Automo-bile-Club de Belgique vient d’avoir l’excellente idée de provoquer la communication au Club
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- vitesse," est obligatoire pour tous les concurrents classés.
- Vendredi 29 mars, course annuelle Nice-La Turbie, réservée aux coureurs engagés dans les courses de vitesse et réservée. Elle est obligatoire pour tous les concurrents classés de chaque course.
- L’après-midi, concours d’élégance à Monte-Carlo. Les engagements sont reçus dès maintenant au secrétariat de l’Automobile-Club de Nice.
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- Les concours de Spa.
- (25-29 août).
- Voici l’ordre définitif des concours de Spa organisés par l’Automobile-Club de Belgique :
- Samedi 25 août: Caravane automobile Bruxelles-Spa; dimanche 26 : Course de voitures de plus de 400 kilos sur l’itinéraire Spa, Bastogne, Marche, Aywaille, Spa, 185 kilomètres Bastogne-Spa; lundi 27 : Course de voiturettes de moins de 400 kilos, Spa, Vielsalm, Fraiture, Bornai, Aywaille, Spa, 105 kilomètres; mardi 28 : Course de tricycles, Spa, Bastogne, Marche, Aywaille, Spa, 185 kilomètres; mercredi 29 : Distribution des prix, banquet.
- Les courses se donnent sous le règlement sportif de l’Automobile-Club de Belgique et sont réservées à ses membres, aux membres des cercles belges patronnés par lui et à ceux des Automobile-Clubs étrangers reconnus par lui.
- Les catégories sont au nombre de 6 :
- 1. Voiturettes, de moins de 400 kilos, et d'un moteur
- de moins de 4 chevaux.
- 2. Voiturettes, de moins de 400 kilos, et d’un moteur
- à partir de 4 chevaux.
- 3. Voitures de plus de 400 kilos et d’un moteur de
- moins de 8 chevaux.
- 4. Voitures de plus de 400 kilos et d’un moteur de
- moins de 12 chevaux.
- 5. Voitures de plus de 400 kilos et d’un moteur de
- moins de 15 chevaux.
- 6. Voitures de plus de 400 kilos et d’un moteur à partir
- de 15 chevaux.
- Les voitures des 6 catégories devront porter au moins 2 personnes, assises cùte à côte et d’un poids moyen de 70 kilos.
- Pour le nombre de chevaux on se basera sur les déclarations, annonces, etc., des fabricants; toute déclaration mensongère pourra amener la disqualification.
- Le montant de l’entrée est de 50 francs, remboursables aux membres de l’Automobile-Club de Belgique et des cercles belges patronnés, à la condition d’effectuer la course dans un temps qui donne au moins une moyenne de 15 kilomètres. Les prix sont les suivants :
- |sc catégorie 250 fr .; 100 ; 75 ; 50 ;
- 2° — 300 ; 150 , 75 ;
- 3e — 400 ; 250 200; 100; 50;
- 4° — 500 ; 300 ; 200; 100;
- 5° — 600 ; 300 ; 200;
- 6° — 700 ; 350 200;
- 7e — Amateurs : médailles or, v
- et bronze professionnels, loo fr.; 80; 60; 40.
- Des primes diverses seront en outre allouées à certaines catégories de concurrents.
- Le trajet Bruxelles-Spa par la caravane automobile du premier jour est obligatoire pour les concurrents sur l’itinéraire Bruxelles-Wavre-Perwez-Bierwaert-IIuy-Longsthiers-Stree-Seny-Warzée-Ouffet-Hamoir-Comblain-Aywaille-Re-mouchamps-La Reid Spa.
- Pour cette caravane aucun minimum de vitesse n’est exigé; il suffira que les concurrents partent du local de l’Automobile-Club de Bruxelles, place Royale, à Bruxelles, le samedi 26 août, à 8 h. 1/2 du matin. Deux arrêts obligatoires auront lieu à Huy et à Aywaille ; les véhicules ne pourront pas repartir de Huy avant 2 heures, ni de Aywaille avant 4 heures.
- Ces stipulations sont absolument obligatoires et leur non-observation donnera lieu à l’interdiction de se mettre en ligne pour les deux courses du 26 et du 27 août.
- Afin d’encourager les touristes amateurs à se joindre à la dite promenade automobile, même sans être inscrits pour l’une des deux courses des 26 et 27 août, l'Automobile-Club de Belgique décernera une médaille à tous les véhicules qui auront accompli le trajet et qui auront à cet cifet notifié leur intention à l’Automobile-Club de Belgique avant le 15 août.
- Pour tous renseignements s’adresser à M. Mi-chaut, au secrétariat de l’Automobile-Club de Belgique, 5, place Royale, à Bruxelles.
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- Corrigeons une faute d’impression qui s’est glissée dans le compte-rendu de la course de côtes Spa-Malchamps.
- Le temps de la voiture G-obron-Brillié, conduite par Rolland, est de 11 minutes 27 secondes 3/5.
- On a imprimé 16 minutes au lieu de U. Ce n’est pas précisément la même chose.
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- Le meeting automobile de Padoue.
- Toutes les fabriques d’automobiles d’Italie et quelques marques françaises avaient exposé à Padoue. Il y avait 11 motocyclettes, 20 tricycles, 11 quadricycles, 23 voiturettes, 8 voitures à deux places, 21 voitures à quatre places. Les autorités locales assistaient à l’ouverture du Salon, ainsi que les comités des divers Automobile-Clubs d’Italie. Le public est nombreux, il fait beaucoup d’achat, et la réunion est un succès à tous les points de vue.
- Les courses d'automobiles, à l’hippodrome du Prado délia Yalle, ont été également très réussies.
- Voici les résultats du concours de direction et d’adresse :
- Motocyclettes. — 1. Iris, 2. Polli, 3. Masserati.
- Tricycles. — 1. Laureati, 2. Straca, 3. Gulinelli.
- Quadricycles.----1. Bugatti, 2. Bonardi.
- Voiturettes. — 1. Comte Bernardi, 2. marquis Ginori-Lisci, — 3. Fraschini.
- Voitures à deux places. — 1. Fiat, 2. Masetti.
- Voitures à quatre places. — 1. Coati, 2. Rossati, 3. Ottolini.
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- Courses de vitesse : Motocyclettes. — 1. Masserati,
- 2. Iris, 3. Polli.
- Tricycles. — 1. Guggiani, 2. de Lazzara, 3. comte Gulinelli.
- Quadricycles. — 1. Bugatti, 2. Bonardi.
- Voiturettes. — 1. Isotta, 2. marquis Ginovi-Lisci,
- 3. comte Biscaretti.
- Voitures à deux places. — 1. Fiat, 2. Ricordi. Voitures à quatre places. — Coltelletti, 2. Ottolini.
- La course de 220 kilomètres sur la route Padoue, Mirano, Mestre, Trévise, Castelfranco, Padoue, Tliiène, Yicenza, Padoue, a donné les résultats suivants :
- Tricycles. — 1. Gasté, en 4 h. 52 m.; 2. Stracca, 3. comte Gulinelli, 4 comte de Lazzara, 5. Laureati.
- Quadricycles. — 1. Bugatti, en 4 h. 44 m. 34 s.; 2. baron Monti.
- Voiturettes. — 1. Padovani, en 8 h. 13 m. 31 s.;
- 2. Bernardi, 3. Menon.
- Voitures au-dessous de 400 kilogs. — 1. Fiat, en 4 h. 39 m. ; 2. Fiat II, 3. J. Ricordi, 4- M. Ricordi, 5. Adami.
- Voitures au-dessus de 400 kilogs. — 1. Colteletti, en 4 h. 5 2 m. 10 s.
- La course de motocyclettes s’est donnée sur la route Padoue, Mirano, Yeterino, Borgoricco, San Giorgio. Padoue, soit 55 kilomètres.
- Les résultats ont été les suivants :
- 1. Masseratti, en 1 h. 23 m.; 2. marquis Carcano,
- 3. Polli.
- A'oici enfin les résultats de la course de vitesse en palier sur route droite, qui s’est donnée avec un parcours de 10 kilomètres., sur la route classique Bovolenta-Padoue :
- Motocyclettes. — Masserati, en 12 m. 2 s ; 2. Carcano. Tricycles. — 1. Gasté, en 8 m. 2 s.; 2. Monti, 3. Gulinelli; 4^ Laureati; 5. Stracca.
- Quadricycles. — 1. Bugatti, en 10 m. 3 s. ; 2. Bonardi; 3. Monti.
- Voiturettes. — 1. Frascliini-Isotta, en 15 m. 14 s.; 2. Menon; 3. comte Biscaretti; 4. marquis Ginori-Lisci; 5. Marchand.
- Voitures au-dessous de 400 kilogs. — 1. Fiat, en 10 m. 12 s. 4/5; 2. Ricordi I; 3. Adami; 4. Ricordi 11.
- Voitures au-dessus de 400 kilogs. — Colteletti, en 13 m. 46 s. 1/5.
- Le temps de Gasté constitue un record du monde pour les 10 kilomètres sur route.
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- Le congrès automobile qui vient de se tenir à Padoue a obtenu le plus vif succès.
- Les Automobile-Clubs de Turin, de Milan, de Plorence, de Yenise, de Ferrare, de Bologne et de Padoue étaient représentés et ont nommé président M. Rignano.
- Le comte Biscaretti de Rulïia a parlé des prix très variés de l’essence en Italie, prix qui, de 0 fr. 80 passent à 1 fr. 50 ; on a décidé de faire demander au gouvernement, par l’Automobile-Club de Turin, la décharge des droits de douane sur l’essence, en associant le Touring-Club d’Italie à cette demande.
- L’Union Automobile de Padoue entre dans la Fédération Automobile d’Italie.
- On a adopté deux ordres du jour • le premier
- pour obtenir une réduction de tarif dans le transport des automobiles en chemin de fer; le second pour l’introduction des voitures des touristes étrangers à la frontière avec libre passage.
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- Voici l’itinéraire définitivement adopté pour le Tour d’Italie, que nous avons déjà annoncé à nos lecteurs :
- Turin, Alexandrie, Gênes, Spezia, Pise, Livourne, Grosseto, Civitavechia, Rome, Foligno, Perouge, Arezzo, Florence, Bologne, Ferrare, Padoue, Yicenza, Vérone, Brescia, Milan. Au total : 1,516 kilomètres.
- Le Tour d’Italie viendra après le meeting de Turin, dans le courant d’avril 1901. Les chauffeurs de Nice se sont engagés à participer à ce voyage à travers l’Italie. ,
- La caravane, qui passera par Florence, s’y arrêtera pour participer au congrès automobile.
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- Les « Manchester Wheelers » ont introduit deux courses de motocycles au programme de la réunion qu’ils donnent le 14 courant sur la piste de Fallowfield à Manchester, et parmi les engagés figurent déjà C. Jarrott, F. Wellington, B. F. Edge et J. W. Stocks.
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- La course de cote du Gatford Cycling Club donnée à Westernam Hill le 30 juin a été gagnée par F. W. Wells du Dover Road Club, A. Simpson du Kettering A. C., prenait la seconde place avec quinze secondes de plus que Wells et A. G. Gray du London G. G. ; la troisième place une seconde seulement derrière Simpson. Sur dix-neuf compétiteurs, dix-sept sont arrivés au sommet de la côte.
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- La parade des automobiles fleuries de Francfort sur le Mein aura lieu le 22 juillet courant. L’Automobile-Club a déjà reçu l’annonce de 23 voitures devant y prendre part.
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- Le Club des courses de Francfort sur le Mein a institué un prix en argent d’une très grande valeur qui sera décerné à l’occasion de la course d’automobiles du 29 juillet. Dès maintenant, avant que les conditions du concours ne soient publiées, M tricycles, 26 voiturettes, 4 tricycles de course, 7 voitures de touriste et 3 voitures de course se présentent.
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- Le comité de l’Automobile-Club d’Autriche a décidé, au cours de sa plus récente séance, de donner deux courses d’automobiles, l’une, celle du Semmering, aurait lieu en septembre, et l’autre, celle du Salzkammergut, un mois avant.
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- Dans la course d’automobiles Salzbourg-Vienne (324 km.), le vainqueur a été le docteur Von Stern (Daimler) dans la catégorie A des voitures de
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- course et, en même temps, parmi tous les concurrents il courut la distance dans le meilleur temps (7 h. 44 m. 30 s.); après vint Freilierr von Liebig (Nesselsdorf) en 8 h. 16 m. 27 s. ; successivement. Vonvaerts (Daimler) en 11 h. 50 m. 21 s. 2/5 ; Léopold Liechtenstein (Bollée-Leesdorf) en 12 h. 19 m. 43 s. 2/5; Aslan von Zumpart (Bollée-Leesdorf) en 12 h. 40 m. 47 s. 37 2/5; Max Laufer (Bollée-Leesdorf) en 13 h. 31 m. 26 s. 2/5.
- Dans la catégorie B des voitures de touristes d’un poids dépassant 400 kilogs et n’excédant, pas 1100 kilogs, les coureurs se rangent dans l’ordre suivant :
- Ludwig Freilierr v. Rosorfeld (Bollée-Leesdorf) Il h. 50 m. 24 4/5 ; Rudolph Struhatschak (Nesselsdorf) 12 h. 3 m. 5 s. 2 5. Dans la catégorie G des voitures de touriste dont le poids surpasse 1100 kilogs arrive Freilierr v. Codelli (Daimler) en 9 h. 18 m. 36 s. I 5.
- Dans la catégorie E des voiturettes d’un poids compris entre 250 kilogs limite inférieure et 400 kilogs limite supérieure, nous relevons dans l’ordre d'arrivée : Wilhelm (Eisetiach) en 8 h. 46 m. 30 s. 2/5; Meyer (Eisenach) en 14 h. 34 m. 55 s. ; Katzung (Eisenach) 15 h. 7 m. 39 s. 3/5.
- A TRAVERS LA PRESSE
- Le Vélo trouve qu’on a loué beaucoup trop le nouveau règlement douanier, relatif aux automobiles, que la Belgique vient de mettre en vigueur.
- V oici ce que dit à ce sujet notre confrère :
- Le régime qui nous serait offert n’est autre que celui imposé il y a trois ou quatre ans aux bicyclettes et dont le Touring-Club de France a pu, à force de démarches, obtenir la suppression.
- Ce régime, basé sur la garantie effective et pécuniaire des sociétés garantes pour leurs membres et cpii ne fonctionne qu’à l’aide d’une paperasserie multiple et compliquée ferait courir en ce qui concerne les automobiles de tels risques aux sociétés garantes, engagerait leur responsabilité pour des sommes si considérables qu’il doit être regardé comme dénué de toute utilité pratique.
- Notre excellent confrère VAutomobile belge se demande à quoi servent les folles vitesses réalisées dans les courses d’automobiles et il n’hésite pas à déclarer, comme nous le pensons nous-mème, que ces épreuves en apparence purement sportives ont des résultats extrêmement précieux pour le développement de notre industrie.
- Mais laissons la parole à notre confrère dont l’article serait à citer tout entier :
- Les étapes s’échelonnent, marquées tordes de perfectionnements nouveaux. Tantôt lions avons desfreins plus forts, des pistons mieux Unis, des ressorts plus solides. Enfin l’automobile est dotée des moteurs de douze, seize, vingt-quatre et même trente chevaux.
- Mais en vue de quels effets, ces moteurs géants,
- nous répète-t-on encore? Où en arrive-t-on avec ces vitesses de 80 à l’heure, de 94 sur la distance du kilomètre, allure tenue à Dieghem?
- Ici se pose la règle du problème. Les grandes causes produisent de grands effets. Les moteurs qui parcourent 500 et 1000 kilomètres à des moyennes de 60, 70 et 80 à l’heure, pourront supporter un châssis plus robuste, des roues assises avec plus de résistance sur des essieux plus stables, véhiculer des masses plus lourdes et ne produire que des vitesses avoisinant les 40 à l’heure.
- Le but du constructeur est donc parfaitement atteint et les organisateurs de courses voient leurs efforts, leur appel à l’encouragement, à l’amélioration de l’industrie nouvelle, absolument rémunérés.
- Exposition îroimselle de 1900
- Le congrès international de l’automobile s’est tenu cette semaine. V'oici son programme :
- Lundi 9 juillet, au palais des Congrès, place de l'Alma. — 10 heures : Séance d'ouverture. Constitution du bureau, formation des sections et de leurs bureaux.
- A rhôtel de l’Automobile-Club de France, place de la Concorde. — 2 h. 1/2 : Séance de la lrc section. Moteurs à vapeur, à explosion, divers.
- Mardi 10 juillet, à l’hôtel de l’Automobile-Club de France. — 10 heures : Séance de la 2e section. Moteurs électriques.
- 2 h. 1/2 : Séance de la 3° section. Transmissions, châssis, carrosserie.
- Mercredi 11 juillet, à l’hôtel de l'Automobile-Club de France. — 10 heures : Séance de la 4° section. Efforts de traction.
- 2 h. 1/2 : Séance de la 5e section. Questions historiques, économiques et internationales.
- Jeudi 12 juillet, à l'hôtel de l’Automobile-Club de France (rendez-vous) à 9 heures. — Visite de l’usine de M. Lemoine, essieux et ressorts, à Ivry. Visite de l’usine de la Société Panhard et Levassor, 19, avenue d’fvry. Retour place de la Concorde vers midi.
- Rendez-vous au même endroit, 2 h. 1/2 : Visite de l'usine Clément, à Levallois. Visite de l’usine de Dion-Bouton et Ci0, à Puteaux. Retour place de la Concorde vers 6 h. 1/2.
- Vendredi 13 juillet, à l’hôtel de F Automobile-Club de France (rendez-à-vous à 9 heures). — Visite à l'Exposition de Vincennes. Retour place de la Concorde vers midi.
- 2 h. 1/2 : Séance générale du Congrès, à Fliôtel de l’Automobile-Club.
- Samedi 14 juillet : Rendez-vous à 9 h. 1/2 au salon du jury de la classe 30 (automobilisme), au palais du Génie civil, au Champ-de-Mars. — En entrant par la porte Rapp, traverser tout droit le palais des Fils et Tissus et le jardin du Champ-de-Mars, et entrer en face au palais du Génie civil. — Visite de l’exposition d'automobile.
- Dimanche 15 juillet, à 7 h. 1/2 du soir : banquet à 20 francs par tête.
- Le préfet de police avait momentanément suspendu le service gare du Nord-pont de l’Alma que faisait le train Scotte. Il vient d’autoriser le même train à faire un nouveau service entre la place Pigalle et le Trocadéro, par les boulevards extérieurs.
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- L’exposition d’automobiles de Vienne a été ouverte par le comte Potting, président île l’Automobile-Club d’Autricbe. L’automobilisme, en Autriche, paraissait être en retard sur les autres pays. Les intéressés semblent vouloir regagner le temps perdu. La démonstration en est faite à cette réunion. Plus de cent voitures automobiles sont exposées.
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- L’exposition générale d’automobiles qui s’est ouverte le 31 mai dernier à Nuremberg a eu d’un très grand succès. Plus de cent maisons de construction y ont exposé leurs appareils.
- L’exposition rétrospective suscite un intérêt particulier. Elle fournit une revue historique curieuse d’où se dégage l'effort tendu constamment vers la substitution de la puissance mécanique à celle qu’on tire de l’être animé. Les objets proviennent du musée germanique, des archives de l’Etat et des collections particulières.
- En dehors des Allemands, il n’y a guère que l’Autriche et la Suisse qui aient participé à cette exposition.
- Le catalogue, édité par les soins du comité d’organisation, contient une étude scientifique sur « les essais d’automobiles dans les siècles antérieurs », par Hans Bœsch, le directeur du musée germanique de Nuremberg, et, comme contraste, une dissertation sur « l’état actuel de l’automobilisme et ses usages », par l’ingénieur Bitter von Palier, le directeur technique de l’exposition.
- Une exposition internationale de voitures automobiles aura lieu à Francfort du 12 juillet au 12 août 1900.
- Le président de cette exposition, M. Miiller-Herfurth, demeurant 27, Bethmann Strass, à Francfort, s’offre à fournir obligeamment aux industriels français qui seraient désireux de se faire connaître toutes les informations qu’ils voudraient obtenir relativement à l’expédition et à l’admission de leurs voitures.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — La Belgique automobile annonce qu’un bateau d'un nouveau genre, pour les transports sur canaux, vient d’être construit par une maison de Bruxelles sur les indications de M. Loerner, ingénieur, directeur commercial des mines de Sarrebruck.
- Ce bateau, entièrement en fer, est muni d’un moteur à benzine à deux cylindres d'une force de 12 chevaux. Le moteur actionne deux hélices qui donnent aux navires une vitesse double au moins de celle des bateaux traînés par des chevaux.
- L’emplacement occupé par le moteur est restreint, et le bateau 265 tonnes avec un enfoncement de lm,80.
- — La Nature reçoit, de New-York, une lettre l’informant que M. Raoul Pictet a fait connaître, dans diverses conférences, un nouveau procédé de prépara-
- tion de l’air liquide avec séparation fractionnée de ses éléments constitutifs, à la pression ordinaire. Le procédé consiste à employer comme point de départ une certaine quantité d’air liquéfié à la pression de 186 atmosphères, et à faire passer dans un serpentin plongé dans la masse un courant d’air envoyé par une pompe sous la pression de 1 atmosphère. L'air est refoulé dans un tube qui aboutit à un récipient. L’air de passage est refroidi, subit une sorte de liquation et ses éléments se séparent par ordre de densité et sont recueillis à des niveaux différents. L’oxygène le plus dense descend par un tube inférieur et l’azote plus léger par un tube supérieur. L’acide carbonique, s’il en existe, se liquéfie et est recueilli aussi à part. M. Pictet avance que, avec 500 chevaux-vapeur, on pourrait produire par jour 1 q00 mètres cubes d’oxygène d’une pureté de 50 à 90 pour 100 et 2800 mètres cubes d’azote. En outre, on recueillerait 700 kg d'acide carbonique liquide. En sorte que l’on pourrait fabriquer l'oxygène à un prix de revient inconnu jusqu’ici. On parle de 0 fr. 35 les 100 mètres cubes. Nous reviendrons, s’il y a lieu, sur ce nouveau procédé, quand il aura franchi l’Atlantique.
- — D’après ce que nous apprend la Revue de chimie industrielle au sujet du brevet récent de M. Paul Baumert, un des mélanges explosifs les plus puissants est un mélange d’une partie de gaz acétylène pour 8 parties d’air. Si l’on remplit la chambre d’une cartouche de fusil, qu’on charge généralement de poudre, d’un mélange d’acétylène et d’air et qu’on provoque par allumage l'explosion de ce mélange, on obtient un effet qui est identique à l’explosion de la poudre. Les charges explosives des grenades, des torpilles, des mines marines et les cartouches des mineurs peuvent être remplacées avantageusement par un mélange d’acétylène et d’air. Avec certaines modifications, on peut, d'après M. Baumert, sans organe moteur intermédiaire, déplacer, au moyen de la force réactive de mélanges explosifs de gaz acétylène et d’air, des véhicules sur terre, sur l’eau ou dans l'air. Selon les diverses applications, on doit employer le mélange explosible de gaz acétylène et d’air sous pression normale de l’atmosphère ou bien à l’état comprimé. L’allumage du mélange peut se faire de la manière ordinaire par percussion sur une matière fulminante, ou bien par une étincelle électrique.
- — Un décret du président de la République bolivienne, en date du 14 février dernier, a modifié le régime d’exportation du caoutchouc.
- Le droit à percevoir sera désormais ad valorem, à savoir :
- 8 pour 100 pour les gommes exportées par les douanes de Villa Relia (voie du Madeira et de l’Amazone'', de Gaiba et de Puerto Suarez (voie du Paraguay) et du département de La Paz (voie deMollendo).
- Les anciennes taxes de 10 et 16 centavos par kilogramme, suivant qualités, représentaient, en 1896, un droit ad valorem de 7 pour 100 sur la gomme fine et de 6. 67 pour 100 sur le « sernamby ».
- — On a essayé déjà de remplacer le charbon comme combustible à bord des navires.
- Une compagnie de Hambourg est sur le point d’introduire un nouveau combustible pour les chaudières des navires marchands.
- Il s’agit d’un pétrole semi-fluide importé de Bornéo en grandes quantités. Ce pétrole ne s’enflamme pas spontanément aux hautes températures, il permet en outre une diminution du nombre de chauffeurs, ainsi qu’une notable économie de place.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSÉS S.-JACQÜES.
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- Septième Année. — N° 29.
- 19 Juillet 1900.
- BiB'JOTBE
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS LE NUMÉRO ADMINISTRATION ET RÉDACTION
- France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 l'r. 50 Centimes. Rue Chauveau -Lagardf, 4 — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 29.
- Chauffeurs. Chauffeurs de quoi? L. Buudry de Sau-nier. — L’organisation d’une course. — Echos. — L’automobile en Allemagne, par Emile Dieudonné. — Le graisseur Freeman et Armstrong. — La voiture Vehel. — Radiateur à nettoyage facile. — Exposition universelle de 1900. — Les courses. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Courrier industriel.
- Chaulfears. Chauffeurs de poi?
- L’ignorance du public en matière automobile n’a d’égale que celle des juges de paix de Paris qui quotidiennement assassinent à coups de « jours de prison » la nouvelle industrie qui est née à la France, il est amusant d’entendre l’hôtelier ou le facteur du pays vous demander s’il faut beaucoup de pression pour monter les côtes et si on les monte aussi vite qu’on court les plaines. Il est tristement gai d’entendre un juge condamner à la prison un professeur d’automobile dont l’élève a causé un accident, attendu que le professeur aurait dû « être aux freins ! » Il n’y aurait pas plus de grotesque à demander à un professeur de piano d’être « aux touches » pour empêcher son élève de faire de fausses notes !
- L’ignorance du public si joviale, l’ignorance si pédante des juges ne peuvent évidemment être abolies du jour aq lendemain. Chacun de nous doit, dans son petit ou dans son grand milieu, faire communément la démonstration de l’innocuité réelle de l’automobile, à telle allure qu’on voudra, mais montée par un sage; des éléments de son mécanisme ; enfin des richesses que. notre pays retirera de ce progrès par la vente de ses voitures, par la renaissance que l’éparpillement de ces
- voitures donnera aux routes et aux moindres communes, par la fortune que l’emploi prochain de l’alcool pour ces mêmes voitures amènera aux moindres bouts de champs.
- Ceux d’entre nous qui pourront faire comprendre à un juge qu’on ne doit pas, sur le simple rapport d’un agent souvent obtus, ruiner peu à peu par des condamnations excessives une si bienfaisante révolution, auront rendu certes un bon service à leur pays.
- Mais, si le public est si copieusement inexpert de nous et de nos choses, il faut avouer que notre langage et l’apparence même de nos machines renforcent à plaisir son ignorance. Un récent voyage en France m’a démontré à la fois que l’intérêt pour l’automobilisme y a crû beaucoup depuis un an, et que l’obstacle le plus redoutable à la compréhension du moteur à pétrole pour le commun est ce petit mot, d’aspect graisseux, mais inoffensif semble-t-il : chauffeurs.
- « — Vous vous dénommez vous-mêmes des chauffeurs. Donc vous chauffez quelque chose. Quoi? Evidemment de l’eau pour la convertir en vapeur. La preuve en est que vous allumez des brûleurs, que vous demandez de l’eau à tous les échos, et qu’on voit souvent de la vapeur sortir de l’arrière de vos voitures. Donc vous montez des « voitures à vapeur ».
- Le public ne voit, ne peut voir et ne veut rien voir autre chose. Quand on lui parle explosions, il commence par se reculer d’un mètre et vous répond qu’en effet les chaudières à vapeur font souvent explosion. Vous confirmez son jugement.
- Le mot chauffeur a donc très certainement un pouvoir obstructionniste. Si vous ne chauffez rien, ne vous appelez pas chauffeurs, que diable ! Les cordonniers ne s’appellent pas musiciens !
- Que répondre aujourd’hui? Que répondre demain quand toutes les voitures seront allumées par l’électricité? Et que
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- répondre après-demain quand toutes les voitures seront mues par l’électricité?
- Nous répondrons que nous nous appelons chauffeurs par antiphrase, chauffeurs parce que nous n'avons rien à chauffer, chauffeurs parce que notre crainte suprême est précisément que quelque chose ne chauffe dans notre mécanique, un palier, le moteur, la caisse, que sais-je? Et si le hasard des inventions nous amenait, comme il est possible, à un moteur dont la détente produisît un froid intense, nous expliquerions que nous sommes des chauffeurs parce que nous produisons de la glace ! Bref, plus l'industrie automobile fera du progrès, plus grosse sera l’absurdité de notre réponse pour expliquer notre nom! Allez donc, avec de tels coq-à-l'âne, entreprendre l’éducation populaire !
- Je demande que, pour cause de démence, le mot « chauffeur », mot aux mains noires et au vêtement crasseux, soit désormais mis à la porte de nos conversations.
- Je sais l’objection. Gros malin, par quel mot le remplacerez-vous?
- L’objection est grave, mais elle n’est peut-être pas invincible. Le mérite unique de « chauffeur » est sa simplicité, son adoption facile par le populaire. Mais cette adoption ne se fait qu'à la condition expresse que le mot garde son sens vrai : homme qui chauffe, et non celui si bizarre que notre argot lui donne : homme qui se sert d’une voiture mécanique! Noire argot mondain dénature ainsi le sens du substantif chauffeur comme l’argot des barrières dénature, par exemple, celui de l’adjectif lourde en lui faisant signifier fenêtre ! Si l’homme des salons saisit mal le second, l’homme des carrefours ne comprend pas exactement le premier.
- Chauffeur étant démoli, que mettre à sa place? J’avoue n’avoir pas en poche le mot digne du piédestal.
- Automobiliste écorche les lèvres. Voitu-riste n’a pas une grâce exquise, mais il fait bien pendant de cheminée à cycliste et, s’il ne sent pas la mécanique, il est toutefois assez vaste pour admettre tous les systèmes de moteurs, et assez net pour être compris par tout le monde.
- Vous me direz que les motocyclistes ne sont pas des voituristes. D’accord. Mais êtes-vous bien certain que le motocycle, tel que nous le connaissons, empalant son homme et lui recroquevillant les jambes, sera de mode encore l’année prochaine ?
- Je ne me fais d’ailleurs pas le parrain de voituriste. Je demande seulement un terme
- moins sot, moins laid, moins étroit et moins nuisible à notre expression « chauffeur ». — Qui en connaît un?
- L. Baudry de Saunier.
- L'ORGANISATION D’UNE COURSE
- Le Bulletin de l'Automobile-Club Bordelais contient un remarquable rapport du docteur Greuzan, président de T Automobile-Club Bordelais, sur la course Bordeaux-Périgueux-Angou-lème-Bordeaux, qui fut admirablement organisée et obtint un vif succès. Détachons-en un passage qui pourra être lu avec profit par certains organisateurs de courses :
- Les détails d’organisation d une course d'automobiles ne laissent pas aujourd’hui, en raison des vitesses fantastiques qui sont pratiquées, que d’èlre très difficiles, si on tient à ne rien laisser à l’imprévu et à enter toutes chances d’accidents qui deviendraient extrêmement graves. Il ne suffit plus de noter sur un itinéraire le profil du terrain, les courbées, les altitudes et les passages dangereux,
- A 90 kilomètres à l'heure, on ne lit plus les bornes kilométriques; il faut que la route soit faite au coureur, comme la voie au mécanicien conduisant son train rapide, par des signaux lui indiquant les ralentissements, les courbes, les points dangereux, les passages à niveau et les arrêts imposés.
- C’est ce que nous avons rigoureusement fait dans notre course, et c’est cette organisation parfaite de la route qui a permis, sur le parcours assez dangereux de Périguenx à Augoulême, de n’avoir aucun accident, tout en conservant les plus grandes vitesses.
- Il a fallu, outre l’adhésion des maires, établir un horaire de marche pour la traversée de toutes les agglomérations, quelle que soit leur importance; faire imprimer et afficher cet horaire à l’entrée et à la sortie de toutes les agglomérations, ainsi que les arrêtés préfectoraux des trois départements traversés. Si on considère qu’il y avait deux journées de course, aller et retour, et deux itinéraires différents, on jugera du travail nécessité par cet affichage auquel nous nous sommes strictement conformés.
- Nous avons même cru devoir faire afficher en même temps, dans toutes les localités, un avis invitant les habitants à nous facilite]1 le passage, en évitant les encombrements, en éloignant les animaux, les chiens et les chevaux peureux; enfin, quelques conseils aux" cyclistes imprudents, et sur le danger qu'il y avait pour Je public à se tenir dans les virages. Et voilà comment on est arrivé à faire du 82 kilom. 500 de moyenne à l’heure sur le parcours Bordeaux-Périgueux, sur cette route idéale bien qu’accidentée et possédant quelques virages difficiles. Personne n’a été gêné dans sa marche : la route était absolument libre comme une piste.
- Et voilà. Ce n’est pas plus difficile que cela, mais encore faut-il savoir le faire. Nous allons voir comment s’en tireront les organisateurs de la course Paris-Toulouse et retour.
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- ÉCHOS
- Le Comité du Moto-Club de France a tenu le 11 juillet sa séance hebdomadaire.
- Cinquante-neuf membres nouveaux ont été admis, ce qui porte à cinq cent, dix-huit membres l'effectif actuel de l’association.
- Encouragé par le succès de son excursion automobile à Méru, le Moto-Club a décidé de faire une nouvelle excursion à Montargis, les U4 et 25 juillet, pour y voir passer les concurrents de la course Paris-Toulouse et retour.
- Le banquet donné à l'Automobile-Club de France à l'occasion de la clôture du Congrès de l'Automobile avait réuni une cinquantaine de convives. On y a applaudi un discours de M. P ierre Baudin et l’on y a fait un succès à Mmc Brénrontier, rédactrice à la Fronde, qui a eu le courage, rare pour une femme, d’assister à toutes les séances de ce Congrès.
- * *
- L’Automobile-Club de France est forcé d’ajourner au samedi 21 juillet la fête qu’il comptait offrir le 19 aux commissaires généraux de l’Exposition.
- Le motif? Les commissaires généraux sont invités à la revue navale de Cherbourg.
- •k
- * -f
- La Commission de tourisme de l'Automobile-Club entreprend, avec le concours de. M. le vicomte Gaétan de Meaulne, l’organisation d’une excursion en Tunisie pour la tin du mois d’octobre.
- Tous les détails d’organisation, en ce qui concerne les ravitaillements d’essence, les logements, garages, transports par mer des voitures automobiles, etc., seront assurés par les soins de la Commission de tourisme de l’Automobile-Club de France.
- Voici le devis approximatif des frais :
- Passage aller et retour Marseille.............. 200 IV.
- Fret de la voilure (prix fort).................200
- Frais d'hôtel, 12 IV. par jour, pour 30 jours. 360 Huile et essence à 0 fr. 70 le litre, suivant moteurs.
- Expéditions différentes, chevaux, voitures,
- etc:........................................... /,o
- Total............. 800 fr.
- L’itinéraire est le suivant :
- Rilomètr.s.
- I01' jour. Départ de) Marseille à midi ....
- 2° —r Arrivée à Tunis vers six heures du
- t soir. . . ........................
- 3° — Débarquement des voitures.—jpisite ,
- de la ville.................
- 4* —r- Débarquement des voitures. — Envi-
- rons dé Tunis, le Baedo, Carthage, la Gouiette, Jardin d’Essai, etc. .
- 8e
- 9 e 10e
- 12e
- 92
- 200
- 180
- jour. La Mabomedia, l’Aqueduc d'Hadrien, Zaghouan. - Déjeuner au Nym-phœum. — Retour à Tunis . . .
- — Tunis. Kairouan.—Déjeuner àSousse.
- — Kairouan. — Visite de la ville. — Les
- mosquées.......................
- — Kairouan, Sfax. — Déjeuner dans l’amphithéâtre d’Et-Üj em . . .
- — Slax, Gabès. . ......................13
- , 11° Expédition auxMatmatas.—(loucher
- au Bordj.......................
- Oasis de Gabès, Menzel, Gheniris,
- El-IIamma......................
- 13“ — Gabès-Tunis (en une étape, l10 çalé-
- gorie). — Déjeune]' à Sfax. — Coucher à Sousse (2e catégorie). . .
- 14e — Tunis (repos pour la 1““ catégorie).
- — Tunis Sousse (145 kilomètres)
- pour ta 2° catégorie..........
- 15e — Excursion à Kourhès (par mer). —
- Déjeuner près des sources tlicr-
- 40 à
- 16° ... Tunis-Bizerte (le lac de Bizerle
- Fem ville)
- 17° — Bizerte-Mateur. — Chasse aux bnf-
- lies du Djebel-Ackel. — Battue de
- sangliers. — Retour à Bizerte. . 6f)
- 18° — Id. — Retour à Tunis " 65
- J 9° — Tunis. — Repos
- 20e — Tunis-le-Kef. — Déjeuner dans les
- ruines de Thugga 180
- 21° — Le Kef-la-Calle (Algérie). — Déjeuner
- à Souk-el-Arba. — Sortie du ter-
- ritoire tunisien 120
- kilomètres en Tunisie. . 1545
- 92“ La Calle-Bôae 87
- 23° — Bûne-Constantine 182
- 24° —. Constantine-Batna. — Visite des
- ruines de Timgad 178
- 25“ — Ralna-B'iskra 122
- 26° — Biskra. — Repos. — Visite des oasis.
- 27° — Biskra-Consiantine 240
- 28e' — Constantine-Bougic (par Sétif, 120
- kilomètres de Constantine). . . 239
- 29“ — Bougie-Alger (par Beni-Hansour,
- 89 kilomètres de Bougie) . . . 260
- 2,0“ — Alger ‘ •
- Kilomètres. — Total général. . 2853
- 31“ — Départ pour Marseille. .....
- E mérous que cette excursion réunira un
- nombre sullisant d’adhérents, car l’idée est
- excellente et mérite de réussir.
- •k
- * *
- Le Bulletin de l'Automobile-Club bordelais nous apprend l'existence d’uue lettre-circulaire de l’Automobile-Club de France portant la date du 1er mai 1900 et « recommandant certaines marques d’essence au détriment d’autres, non moins connues et non moins appréciées ».
- Bizarre !
- -¥• ¥
- Le maire de Bordeaux a invité le président de l’Automobile-Club bordelais à composer une commission chargée d’élaborer un règlement pour la circulation des automobiles et des cycles dans Bordeaux. Cette commission s’e&t'déjà réunie deux fois et elle enverra très prochaine-
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- ment son rapport qui, en principe, conclura probablement à l’inutilité de créer de nouveaux règlements et à l’application de ceux qui existent déjà pour la circulation des automobiles.
- * -*
- La voiture de 100 chevaux d’Albert Lemaître va bientôt sortir.
- Avec ses deux vitesses de 40 et de 140 kilomètres à l’heure, cette extraordinaire machine de courses serait bien intéressante à voir sur la route. Il serait à désirer que son propriétaire se décidât à lui faire affronter l’itinéraire de la course Paris-Toulouse.
- * *
- L’Académie française, en même temps qu’elle terminait la lettre C de son dictionnaire, vient de faire un retour en arrière pour déterminer le sexe du mot : « automobile ».
- On sait comment les choses se passent : chaque mot est distribué à un Immortel, qui fait un rapport. La docte assemblée discute ce rapport et statue.
- Cela ne va pas bien vite, car il y a tout juste vingt-deux ans que l’Académie a commencé sa nouvelle édition et elle n’a encore terminé que trois lettres.
- Pour en revenir à notre sujet, disons que l’Académie a décidé que le mot « automobile » serait désormais masculin. :
- Tout le monde le mettant au féminin, reste à savoir si l’usage ne prévaudra pas sur la décision de l’Académie. Cela s’est déjà vu, notamment pour le mot « consonnance » que le dictionnaire de l’Académie, édition de 1878, écrit avec un seul n, tandis que Littré, Larousse et tout le monde ont continué à l’écrire avec deux n.
- Ne nous préoccupons donc pas trop de cette décision de l’Académie.
- Nous avons annoncé en son temps la fondation du groupement professionnel des conducteurs d’automobiles.
- Sous le titre de Société amicale des mécaniciens-conducteurs d’automobiles, l’association est aujourd’hui très prospère. Elle a reçu toutes les autorisations nécessaires et fonctionne maintenant dans des conditions très satisfaisantes.
- Le Comité adresse un appel à tous les intéressés à qui le meilleur accueil est réservé. S’adresser au siège social : café du Guidon d'or, 70, avenue de la Grande-Armée, pour tous renseignements.
- * *
- L’Automobile-Club normand vient d’entrer dans sa période d’action; la première manifestation de ce club aura lieu le 24 courant ; elle sera formée par l’inauguration du garage que la société vient de faire édifier, 4, boulevard d’Orléans. A l’occasion de cette fête, un banquet aura lieu à sept heures du soir, dans le garage même, sous la présidence de M. Ballif, président du T. C. F., qui a accepté la présidence d’honneur
- de l’A. C. N. Sans nul doute ce banquet réunira tout le ban et l’arrière-ban des chauffeurs de la région normande.
- •k
- La belle saison amène à Aix-les-Bains de nombreux chauffeurs.
- Mme Bertier et son fils sont rentrés de Nice par la route avec leur 8 chevaux Panhard. A. Fernandez a fait aussi la route classique Nice-Aix-les-Bains par les Alpes en compagnie de M. et Mmc Laumaillé, tous les trois en moto-cycle ; Fernandez montant sur 5 chevaux, style Béconnais, M. Laumaillé un 3 chevaux 1/2 et Mme Laumaillé un 2 1/4.
- Après un repos de trois jours à Aix-les-Bains, le temps de faire exécuter quelques réparations au garage Domenge, M. et Mme Laumaillé sont repartis courir les grandes routes. De passage aussi la famille Rouff, de Cannes, en leur phaëton Peugeot se rendant à Plombières en passant par la Suisse. Us sont venus par les Alpes, Gap, Briançon, la Grande-Chartreuse, et sont ravis de leur voyage.
- On nous signale l’arrivée de l’électrique B. G. S. de M. Roussy.
- En villégiature, M. et Mmc Ravenez qui excur-sionnent ferme chaque jour en compagnie du brave Hulman.
- A Aix, également, M. de Rotschild excursion-nant avec une Daimler de 30 chevaux, le comte et la comtesse Hamilton de Robiglio venant de Nice avec leur voiturette de Dion; M. Warnery, de Tenay, possesseur d’une Peugeot. Le capitaine du 1er zouave à Alger, et Madame arrivés de Marseille par le Lautaret avec une voiturette de Dion, le docteur Hâte, de Romans, possesseur d’une Panhard; M. Fenaille, de Paris, qui excursionne ferme avec un duc tonneau Panhard.
- * *
- Le Moto-Club1 de Belgique a opéré sa fusion avec la Ligue Automobile belge, la nouvelle société en formation, et, d’un commun accord, les deux sociétés ont adopté le titre de Moto-Club de Belgique. Le nombre des adhérents va chaque jour grossissant.
- * *
- L’ « Annuaire 1900 du Touring Club de Belgique » vient de paraître. Cet opuscule, de 225 pages de texte compact est distribué gratuitement à tous les sociétaires. Il comprend des renseignements de tout genre : liste d’hôtels de Belgique et de l’étranger, indications précieuses sur les régimes douaniers de tous les pays, articles pour les voyageurs en chemin de fer, règlements sur la police du roulage, y compris celui de Bruxelles, étude très compétente sur l’automobilisme, longue liste de guides et de cartes du touriste, indications sur les excellents itinéraires du T.C.B. avec profils des routes sur la nouvelle carte vélocipédique de Belgique au 250,000e, documents qui, tous deux, se trouvent entre les mains de quiconque voyage en automobile chez nos voisins.
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- Le Touring Club de Belgique a fait une œuvre de réelle utilité.
- * *
- D’une statistique qui vient d’être établie, il résulterait que du 1er janvier au 30 juin 1900, il aurait été délivré en Belgique 2000 plaques pour automobiles.
- ¥ *
- Le projet présenté par l’Automobile-Club Suisse pour la suppression des formalités douanières pour les touristes entrant en Suisse en automobile est accepté. M. le conseiller fédéral Comtesse, chef du département des douanes, approuve ce projet moyennant quelques légères modifications.
- -¥• *
- Il est fortement question de fonder un Automobile-Club à Hambourg. L’assemblée constitutive aurait lieu dans quelque temps.
- * *
- Les fabriques d’automobiles se multiplient en Allemagne. Nous relevons, entre autres, la naissance, à Stuttgard, de la Société Raudeck et Cie, à responsabilité limitée, constituée pour une durée de trois ans. Son objet est de construire et de mettre en circulation des automobiles. Son capital initial est de 93,750 francs, et ses directeurs sont MM. Adolphe Haaga, fabricant, et M. William Beudeck, ingénieur, à Stuttgard.
- * ¥•
- La Grosse Berliner Motorwagen-Gesellschaft inaugurera un cours de conduite d’automobile dans son école d’apprentissage de Charlotten-bourg le 15 juillet prochain. Cet enseignement comportera dix conférences qui sont organisées de telle façon que la première moitié de la leçon sera consacrée à une instruction théorique et l’autre moitié à des exercices pratiques.
- Il ne sera pas admis plus de six auditeurs à chaque cours pour qu’une suffisante attention soit dévolue à chacun. Les exercices se feront avec le tricycle, la voiturette et la voiture à strapontin.
- La Compagnie reçoit les inscriptions en son bureau de Friedrichstrasse, 103 (Savoy-Hôtel) où est donnée communication des conditions.
- * *
- H paraît que l’état-major des pompiers de Francfort-sur-le-Mein va se livrer à divers essais sur différents types de voitures automobiles.
- * *
- Il paraît que la grande maison Benz de Mannheim, qui emploie déjà plus de huit cents personnes, va agrandir considérablement ses établissements et par suite multiplier son personnel.
- -¥ *
- Les poursuites contre les chauffeurs devien-vent presque aussi nombreuses en Angleterre qu’en France.
- Dernièrement pendant des manœuvres de volontaires aux environs de Swindon, des manufacturiers de la région ont, prêté une automobile de poids lourd qui a rendu les plus grands services en remplissant le rôle d’équipage régimentaire.
- Une maison de vente anglaise se met à pratiquer la vente-location pour les automobiles, comme cela se fait couramment pour les maisons de campagne et les pianos : cela prouve combien il y a de gens de l’autre côté de la Manche qui tiennent à devenir possesseurs d’une voiture mécanique.
- ¥ *
- Un détail qui prouve bien que les tribunaux ont constamment tendance à donner tort aux automobilistes même quand ils prouvent qu’ils ne sont pas coupables. L’autre jour, M. Boughton était poursuivi pour avoir blessé deux personnes qui, en réalité, s’étaient entêtées à passer devant sa voiture : il a été acquitté par le juge anglais, mais il a été condamné aux dépens, alors que l’on reconnaissait que tous les torts étaient de l’autre côté !
- * *
- Les automobiles ont eu les honneurs d’une question l’autre jour au Parlement britannique, où l’on a demandé au Président du Board of Trade comment il se faisait que l’on ne prît pas de mesures contre les innombrables voitures mécaniques allant à une allure trop rapide.
- ¥ *
- Les employés de la caisse municipale de Pittsburgh ont résolu de façon bien amusante la question de savoir comment faire payer aux propriétaires d’automobiles la taxe imposée sur quiconque circule avec un véhicule dans les rues de la ville (et cela suivant la capacité du véhicule).
- Généralement on paye suivant que la voiture est à un, à deux, à trois chevaux, etc. Or, on a assimilé les automobiles à une place aux voitures à un cheval, celles à deux places aux voitures classiques à deux chevaux; et ainsi de suite.
- * *
- Pour fêter le 108e anniversaire d’une vieille dame de Philadelphie, Mme Sarah Terry, une compagnie locale de voitures électriques lui a offert une petite promenade dans un de ses véhicules.
- La bonne vieille a été enchantée et cela a fait une excellente réclame pour la Compagnie.
- * *
- Un journal illustré américain consacre un dessin à la coupe Cordon-Bennett.
- On y voit Charron sur sa voiture avec, comme légende : « Charrong arriving at Caniveau. »
- L’arrivée dans la ville de Caniveau n’est pas mal trouvée.
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- L’AUTOMOBILE EN ALLEMAGNE
- L Automobile-Club allemand s’est chargé, ce Me année, d’instituer un concours d'automobiles pour voyageurs et pour poids lourds. La réparti-
- tion des concurrents étant faite de la manière suivante :
- Classe A. — Automobile à pétrole et à vapeur.
- 1. Petits véhicules pour le transport des personnes, dont le poids ne dépassait, pas 400 kilogrammes.
- Voilure de lu Grosse Berliner Meduriraf/en-Gesellsc/iafi, Voilure de Gollschalk et C'Y Berlin,
- 2. Véhicules du poids de 400 kilogrammes et au delà par personne.
- 3. Toitures de livraison et camions de toute espèce.
- Classe B. — Automobiles électriques.
- 1. Pour le transport de personnes.
- 2. Voitures de livraisons de marchandises de tous genres.
- Les appréciations du jury du concours étaient basées sur les considérations suivantes :
- a) Motilité du système : démarrage, arrêt, changement de vitesse, conduite, marche arrière.
- b) Mode de fonctionnement : bruit, odeur, vapeur visible ou autre inconvénient pendant le voyage ; nombre de manœuvres qui requièrent l'intention du conducteur; el'licacité du freinage;
- temps nécessaire pour mettre la voiture en ordre de marche, habileté du conducteur.
- c) Genre de construction : solidité du châssis et des parties actives; simplicité de montage; élégance de la forme pour les automobiles destinées aux personnes. Rapport de remplacement
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- disponible à l'encombrement, total dans la voiture de poids lourd.
- Le jury se composait du général Becker, du
- général Budde/du Dr Kallmann et du capitaine Kübel.
- Sur 37 concurrents inscrits, 34 figurèrent réel-
- Vuilure A. lîejach, de Berlin.
- lement au concours. C’est.une proportion considérable, 8, furent placés dans la classe Al; 10, dans la classe A2; 3, dans la classe A3; 11 étaient à la classe B1 et 2, à la classe B2.
- Les concurrents de la première catégorie étaient :
- Dr A. Sternberg, de Berlin; O. Ivrüger, de Berlin ; Heinle et Wegelin d’Augsbonrg-Oberhau-
- Voilure Fiedler et C°, de Berlin. Voiture de lu Kühlslein-Wagenbau, Berlin.
- sen ; Grosse Berliner Wagen Gesellschaft ; Gotts-chalk et Cie, de Berlin et enfin J. Schwartz, de Berlin.
- Pans la classe A2 étaient représentés :
- La fabrique de cyclesKoudor deBrandenbourg; A. Loeffller, de Berlin ; Motonvagen-Gesells-cliaft, de Berlin; la fabrique d’automobiles et de moteurs, de-Marienfelde ; Moritz Loeb, de Berlin;
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- Motorwagen-Gesellschaft, de Berlin; l’atelier de de Berlin; la fabrique d’automobiles de Marien-eonstruction de voiture Ivühlstein, de Berlin. felde.
- Dans la classe A3 on relève les noms sui- Les concurrents de la classe B1 étaient : vants : fitoewes frères, de Stattier; A. Bejach, de Berlin;
- Ileinle et Wegelin, Motorwagen-Gesellschaft, Kiihlstein, de Berlin; Henschel et Gie, de Char-
- Yoiture de Dion-Boulon de la Grosse Berliner Motorwagen-Gesellschaft, Berlin.
- Voilure de Dion-Bouton de la Grosse Betliner Motorwagen-Gesellschaft, Berlin.
- lottenbourg ; Motorwagen-Gesellschaft, de Berlin, M. le conseiller du commerce Friedlinder. de Berlin; la fabrique d’automobiles, de Marien-felde; Eiedler et Cie, de Berlin.
- Dans la classe B2 se trouvaient représentés la Motorwagen-Gesellschaft, de Berlin et la Grosse Berliner Motorwagen-Gesellschaft.
- Le prix d’honneur de la première catégorie fut attribuée à une voiture de Dion construite par la Grosse Berliner Motorwagen-Gesellschal't ; le second prix échut à une voitures de la fabrique d’automobiles d’Eisenach représentée par O. Krüger; le troisième prix à la voiture « Esculape » présentée par J. Schwartz.
- Voiture de la Molorfahrzeagfabrik de Marienfelde.
- Le prix d’honneur de la deuxième division fut remportée par une voiture de la maison Kühlstein ;le second prix par un véhicule de la fabrique d’automobile de Marienfelde,et un troisième prix fut conféré, ex aiquo, à la Motorwagen-Gesellschaft de Berlin et à Moritz Leob.
- Dans la classe A3, le premier prix des poids
- lourds fut obtenu par la fabrique d’automobiles de Marienfelde pour une voiture à transporter la-bière, le deuxième prix fut accordé a MM, Ileinle et Wegelin pour un tricycle avec voiture attelée, et le troisième à la Motorwagen Gesellschaft de Berlin pour un camion.
- La classe Bl des automobiles électriques était
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- particulièrement intéressantes. La Motorwagen-Gesellschaft de Berlin obtint le prix d’honneur avec sa voiture « Columbia ». La maison Kiïhls-tein obtint le second avec une voiture d’une forme distinguée et qui fonctionne sans reproche; un autre deuxième, prix fut donné à la maison llenschel et Cie pour sa voiture du genre Columbia, enlin le troisième prix échut à la fabrique d’automobiles de Marienfelde.
- Aucune récompense ne fut allouée aux produits de la classe B2.
- Grâce à l’extrême obligeance de notre confrère Sanki Georg, qui a mis ses clichés à notre disposition, nous pouvons faire passer sous les yeux de nos lecteurs quelques types de voitures du concours.
- Dans la classe des automobiles à pétrole à l’usage des personnes, ce fut la voiturette de Dion, présentée par la Grosse Berliner Motor-wagen-Gesellschaft qui remporta le prix d’honneur. Ce véhicule s’adapte aussi bien à la circulation sur route qu’au service de la ville. Il gravit facilement toutes les côtes praticables. La caisse disposée à la Milord est d’un aspect agréable et est recouverte d’un tendelet amovible. De l’extérieur, rien ne se découvre du mécanisme, la conduite en est simple et d’une manœuvre facile. Elle ne comporte ni chaîne, ni courroie de transmission de l’effort, ni autre intermédiaire, d’où il résulte une élévation de l’effet utile.
- L’application de l’assemblage des arbres à la Cardan qui se prête à tous les mouvements du ressort d’arrière et favorise l’électricité de tout le châssis de la voiture constitue un gage de bonne conservation et de longévité de l’appareil.
- La fabrique d’automobiles et de moteurs de Marienfelde était largement représentée par sept voitures, parmi lesquelles l’automobile désignée sous l’appellation de « Taxameter », mérite une mention spéciale. Elle est munie d’un moteur Daimler avec une provision d’essence suffisante pour une durée de voyage de dix heures, sans avoir à remplir le réservoir. Le camion pour transport de bière de la même maison avait déjà été vu à l’exposition de l’année précédente a Berlin.
- lleinle et Wegelin avaient exhibé deux véhicules : l’un était un tricycle avec remorque pour voyageurs ; l’autre, également un tricycle, avec voiture attelée destinés à un service de messa-géries. Aux pédales ordinaires du tricycle était substituée une manivelle pour la mise en mouvement du moteur.
- Nos illustrations permettront aux intéressés d’apprécier les divers modèles de voitures réunis à ce concours.
- Emile Dieudonné.
- Le graisseur Freeman et Armstrong
- On remplit le réservoir A en appuyant le bec d’une burette sur le bouchon à soupape /ri, équi-
- libré par un ressort à boudin. Le graisseur n donc une fermeture automatique. L’huile qui le remplit tombe goutte à goutte autour de la sphère g'. Pour régler le débit, on tourne la mollette /ri, solidaire de'la pièce h-, terminée à sa partie inférieure par la vis e. Le mouvement donné a cette vis fait varier la tension du ressort g, qui ramène la sphère g sur son siège.
- Pour faire cesser le graissage, on soulève h
- dans la position marquée en pointillé, où l’appareil se maintient par l’appui du piston a sorti en a2 de son joint à baïonnette.
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- LA VOITURE VEHEL 1
- La voiture Vehel, construite par MM. Dulac, ingénieurs-constructeurs, à Montreuil (Seine), est un véhicule élégant, léger, robuste, facile à conduire et à entretenir, d’un mécanisme absolument simple.
- D’une longueur de 2m,40 et munie d’un moteur de 6 chevaux, elle ne pèse que 450 kilos et constitue l’intermédiaire entre la grosse voi-
- (1) Automobiles Vehej, 174» boulevard Péreire, Paris.
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- ture et, la voituretf.e. De plus, son prix est peu élevé.
- La carrosserie, confortable et soignée, peut se prêter à toutes les combinaisons possibles pour deux et quatre places et se coiffe par une capote ou un toit.
- Le moteur est vertical à un seul cylindre, à refroidissement par eau, avec allumage électrique et régulateur. Il donne 6 chevaux, ce qui permet de monter toutes les côtes à bonne allure. Il est placé à l’avant de la voiture et disposé de telle sorte que, en soulevant simplement la capote à charnière, on en a tous les organes sous la main.
- Au point de vue de la conduite et de l’entre-
- tien, le moteur de la voiture Veliel ne présente pas plus de difficultés que les moteurs de tricycles; l’allumage est conçu d’après le même principe. Les accumulateurs qui produisent le courant sont spécialement étudiés pour donner le maximum de rendement.. En résumé, le moteur de 6 chevaux Veliel est, aussi simple à conduire qu’un moteur de motocvcle.
- Les changements de vitesse sont au nombre de trois, avec une petite vitesse de 8 kilomètres et un maximum de 35 ou 50 kilomètres à l’heure suivant la multiplication, modifiable à volonté. Us sont contenus dans un carter accessible par une trappe ménagée dans le plancher de la voiture; les engrenages peuvent ainsi être examinés
- La Voiture Veliel.
- sans rien démonter avec la plus grande commodité.
- Tous les appareils de graissage sont placés devant le conducteur qui peut ainsi s’assurer que rien n’a été oublié sans avoir à regarder tout le mécanisme, et un niveau d’eau permet de constater à tout instant le fonctionnement de la pompe de circulation d’eau. Le graisseur du moteur a un débit visible et mesuré, ce qui évite les engorgements d’huile.
- Deux freins, l’un à main, l’autre à pédale, assurent l’arrêt instantané de la voiture. La vitesse est facilement ralentie ou accélérée sans manœuvre, par l’avance à l’allumage ou par la pédale du régulateur.
- La voiture Vehel a fait le trajet Paris-Orléans en quatre heures en montant toutes les côtes avec quatre personnes à bord.
- Radiateur à nettoyage facile.
- S’inspirant de la disposition de maintes chaudières tubulaires à petits éléments dont on peut aisément visiter et, au besoin, enlever les tubes, M. Charles T. Growden, de Liwington, a imaginé un radiateur à nettoyage et à détartrage facile. Bien entendu, il consiste essentiellement en une série de tubes à ailettes, ce qui n’a rien de bien particulier. Mais tous ces tubes sont montés dans une sorte de plateau venu de fonte et percé de chapeaux vissés. En dévissant ces divers chapeaux, on peut aisément gratter et nettoyer l’intérieur de chaque élément du refroidisseur. De la sorte, leur surface interne est toujours bien nette et cède mieux sa chaleur à l’air extérieur.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Exposition universelle de 1900
- Les voitures Turgan et Foy.
- Nous avons déjà décrit longuement la voiture Turgan et Foy. Bornons-nous donc à signaler, dans leur intéressante exposition, leur nouveau type de voiture à quatre places avec transmission par chaîne et moteur à 2 cylindres de 6 chevaux.
- Dans cette voiture légère, destinée aux personnes qui préfèrent les chaînes aux courroies, un carter renferme les changements de vitesses qui se font uniquement par engrenages et permettent d'obtenir quatre vitesses et la marche arrière.
- Des dispositifs très ingénieux «assurent des embrayages et débrayages très doux et des modes de -freinages très puissants; dans les deux voitures les appareils de conduite se composent d’un volant de direction, de deux freins, d’un commutateur, de deux leviers de changement de vitesses et de marche, et enfin de petits mouvements faisant varier l’avance à l’allumage et, par suite, la vitesse de rotation du moteur.
- Daus la première voiture, le volant de la direction irréversible est disposé sur le côté, tandis que, dans le second cas, la direction est donnée par un grand volant placé devant le conducteur à la manière ordinaire.
- Grâce à la puissance du moteur qui, bien refroidi, bien disposé et équilibré, atteint 6 chx, la voiture Turgan et Foy peut facilement dépasser 45 kilomètres en palier.
- Le châssis de la première voiture avait été spécialement étudié pour recevoir des caisses de voitures à deux places, tandis que les modèles suivants peuvent être montés par trois et même quatre personnes.
- MM. Turgan et Foy, indépendamment de la' perfection mécanique avec laquelle sont établies leurs voitures, se sont toujours préoccupés de donner à leurs véhicules un aspect des plus élégants.
- Les ateliers Turgan et Foy construisent également des tricycles à pétrole ou plus exactement des moteurs de motocycles qui se sont nettement classés parmi les plus puissants et les plus réguliers.
- En dehors du type courant de 2 chevaux 1/4 il a même été établi un modèle de course de 100 millimètres d’alésage et 100 millimètres de course qui peut atteindre et même dépasser 4 chevaux.
- Ce moteur se trouve ainsi tout désigné pour être appliqué aux voiturettes très légères dont l’usage s’est si fort répandu. Nous mentionnerons seulement cette année les grandes voitures à pétrole à six places dont les établissements qui nous occupent poursuivent également la construction et enfin les omnibus ou tracteurs à vapeur, munis des générateurs à vapeur Turgan bien connus, qui vaudraient à eux seuls une longue description. Mais nous avons déjà trop développé les détails techniques, et nous vou-
- drions encore une fois insister en terminant, non plus sur la régularité de marche des voitures que nous venons de décrire, mais sur leur grande élégance, leur facilité de conduite qui en font, en même temps que de confortables voitures de luxe, des véhicules des plus pratiques pour la route.
- La voiture Marot-Gardon.
- Le stand Marot-Gardon nous montre le nouveau type de la voiture de ces constructeurs, type intermédiaire entre la voiturette et la voiture et possédant la robustesse, la puissance et le confortable qui manquent à la première, tout en coûtant beaucoup moins cher que la seconde d’achat et d’entretien.
- La voiture est à deux ou trois places, actionnée par un moteur de 4 chevaux 1/2 à refroidissement d’eau et allumage électrique. Les trois vitesses sont calculées sur 8,15 et 35 kilomètres à l’heure. Les freins sont au nombre de deux, l’un sur le différentiel, l’autre sur les roues, avec débrayage automatique dans les deux cas. La voiture est munie d’une marche arrière.
- Le châssis est construit en acier U étiré et assemblé de façon que l’âme des longerons se prolonge en s’emboîtant exactement dans la traverse, le tout rivé avec goussets en tôle d’acier.
- L’essieu directeur est du type patent avec manivelles de commande inclinées vers l’arrière. On peut virer en vitesse dans un diamètre de 7m,50.
- Le moteur est à deux cylindres à circulation d’eau, il est muni d’un régulateur et d’un ralen-tisseur de vitesse, l’allumage électrique avec avance est d’un système spécial fonctionnant dans la graisse, n’exigeant aucun réglage, avec interrupteur à poussette placé dans la couronne du guidon.
- L’alésage des cylindres est de 85 millimètres.
- La course, 120 millimètres.
- Sa vitesse de régime, 700 tours.
- Chaque moteur est essayé au frein de Prony, et sa force effective réellement établie par une moyenne obtenue sur vingt essais au moins.
- Ces moyennes dépassent toujours 4,5 chevaux et oscillent entre 4,7 et 4,9 chevaux.
- Le client est donc sûr de la puissance du moteur qu’il achète.
- Le carburateur est à niveau constant.
- La commande d’avance à l’allumage est à la portée de la main, sous le levier de commande des vitesses ainsi que celles de la carburation. Ces commandes se font toutes par des crémaillères et secteurs soigneusement taillés.
- La pompe de circulation est en bronze et construite avec la plus grande précision, elle n’exige aucun graissage, les axes tournent dans des bagues en bronze phosphoreux dur calibrées au tampon. Cette petite pompe, dont l’encombrement est 100 X 80 X 35 millimètres, est commandée par chaîne et, à la vitesse de 800 tours, peut aspirer à 600 millimètres de hauteur; elle donne à plein tuyau un jet de 4m,50 de longueur
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
- LA CLASSE 30 AU CHAMP DE MARS
- LA CLASSE 30 A VINGENNES
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La voiturette Renault frères.
- La voiturette Renault frères est célèbre par la remarquable performauce qu’elle a permis à Schrader et Oury d’accomplir. C'est en effet sur une voiturette de ce système qu’ils ont fait leur voyage de 700 kilomètres à travers la France.
- Son principe est de fonctionner avec un moteur de Dion-Bouton de 1 cheval 3/4, dont le rendement est amélioré par un carburateur Longue-mare à niveau constant; cet appareil, de réglage facile, ne peut se dérégler par suite des cabots et du mauvais état de la route. Le moteur étant suspendu à l’avant se trouve dans les meilleures conditions de refroidissement et ne donne aucune
- trépidation à l’arrêt. L’allumage est électrique La mise en ma relie est donnée pa-r une manivelle placée à l’avant de la voiture.
- Mais pour obtenir dans ces conditions une lionne vitesse, il importait de réduire au minimum les frottements et les transmissions intermédiaires. C’est de ce coté que se sont portés les, efforts des constructeurs. La voiture n’a ni chaîne, ni courroie, la transmission se fait directement par engrenages.
- Elle est suspendue sur quatre, ressorts à pincettes fixés au cadre en tubes qui reçoit le moteur, le changement de vitesse et la caisse. Celle-ci, complètement, indépendante du châssis, peut être démontée en quelques instants par le des-
- l.a mili/relte lierai/!/ frères.
- serrage de quatre boulons. Tous les organes se trouvent alors en vue, ce qui facilite la vérifica--tion et le démontage.
- La particularité de cette voiture est dans son changement de vitesse à trois vitesses se conr-i mandant par l’embrayage à friction. Les changements de vitesse se font au moyen d’une poignée qui se trouve à gauche du conducteur et très à portée de la main. Aucun engrenage de changements de vitesse n’étant en prise en grande vitesse il n’y a aucune déperdition de force et la voiture roule sans bruit.
- La marche arrière s’obtient en agissant sur un levier placé au-dessous de la poignée de changement de vitesse.
- La direction se fait à l’aide d’un guidon ou d’une roue; sur la tige se trouvent placées les deux manettes du carburateur et celle de l’avance à l’allumage. Cette direction est très douce et très pratique.
- Tous les organes de commande sont groupé autour du conducteur.
- Tous ceux de transmission sont 'placés au centre de la voiture à l’abri de la boue et de la poussière. Le bain d’huile dans lequel ils plongent entièrement empêche réchauffement, ralentit l’usure et supprime le bruit.
- Les avantages principaux de la voiturette Renault sont les suivants :
- Tous les organes de la voiture sont fixés sur un cadre qui reçoit le moteur, l’arbre de transmission, les essieux, les ressorts, l’embrayage et la caisse.
- La caisse, très légère, est complètement indépendante du châssis; elle peut être démontée facilement, n’étant, fixée au châssis que par six boulons. La caisse retirée, tous les organes sont, en vue et peuvent être vérifiés et nettoyés aisément.
- Toutes les pièces en mouvement, baignent en-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- fièrement dans l’huile, elles ne risquent pas de s’échauffer ou de s’user rapidement.
- Cette disposition présente en outre l’avantage de supprimer complètement le hruit.
- Aucun autre engrenage que celui du grand pignon d’arrière n’étant en prise en grande vitesse, la voiture se trouve dans les conditions •d’un motocycle.
- Peu de trépidation à l’arrêt, le moteur étant suspendu et placé à l’avant, de la voiture ainsi que les radiateurs qui, par cette disposition, se trouvent dans les meilleures conditions de refroidissement.
- Les organes de transmission, placés au centre de la voiture, suppriment les chaînes ou les courroies et sont complètement à l’abri de la poussière et de la houe. Us sont accessibles sans démonter la caisse, en soulevant le plancher placé sous les pieds du conducteur.
- Le bandage Chameroy.
- L’exposition de bandages de la maison Chameroy ne comporte que deux roues munies de ce bandage et diverses coupes, afin d’en démontrer plus clairement la construction.
- L’une des roues a fait un parcours de 12,000 kilomètres sur le phaéton « Peugeot » dont la phototypie est jointe au prospectus de la maison Chameroy.
- Les qualités de ce bandage sont bien connues.
- Il ne dérape pas, même sur le pavé le plus gras ; et, ne dérapant pas, il nécessite une construction très robuste, sans quoi il s’arracherait, et, par ce fait, occasionnerait des accidents encore plus graves que ceux causés par le dérapage.
- Il est d’une élasticité constante : le caoutchouc restant toujours de la même épaisseur, et, par sa bonne qualité, conserve toujours la même souplesse.
- Il est économique? car, quoique coûteux à acheter, il dure trois ou quatre fois plus longtemps que les bandages actuels, et, après un parcours de 14,000 à 18,000 kilomètres, le remplacement des segments seulement permet à ce bandage de faire à nouveau le même parcours (le remplacement des segments coûte environ de 400 à 500 francs suivant modèle et diamètre).
- Il ne fait pas ou presque pas de poussière? par suite du contact avec le sol; au lieu d’aspirer et de lever la poussière comme le font les caoutchoucs pleins et surtout pneumatiques, il roule simplement comme le fait une roue ferrée ordinaire.
- Il permet le freinage extérieur, les sabots de frein n’ayant aucun effet destructif sur les segments qui sont en acier cimenté.
- Enfin il est le seul pouvant rouler sur n’importe quelle route sans détérioration aucune, ce qui le rend d’une sécurité absolue ne donnant pas de préoccupation au conducteur.
- Certaines objections ont été faites au sujet du poids; or voici ce que répond l’inventeur :
- Avec le phaéton « Peugeot » de 7 chevaux 3/4 monté de 4 personnes, ce qui fait un poids total
- de 1300 kilogrammes, on fait une vitesse moyenne de 30 à 32 kilomètres à l’heure, ce qui porte à 50 à 55 kilomètres la vitesse maximum en palier, et sur la voiturette « Peugeot » 4 chevaux montée de deux personnes, on fait une vitesse moyenne de 26 à 27 kilomètres à l’heure, ce qui porte de 43 (à 45 kilomètres la vitesse maximum en palier.
- Ces résultats sont suffisamment édifiants ; et voici pourquoi, même avec un excès de poids en roues on peut arriver à faire de pareilles vitesses.
- C’est que : 1° le poids en roues n’est pas à comparer au poids en charge.
- 2° Les bandages ayant toujours la même portée sur le sol offrent toujours la même adhérence, ce qui existe pour les pleins et non pour les pneus; car ces derniers ont toujours tendance à se dégonfler un tant soit peu, soit par fuite infime, soit par différence, de température, et parce fait, leur portée sur le. sol étant plus grande, l’adhérence augmente et donne ainsi du tirage à la voiture.
- Les voitures Hurtu.
- Les établissements Hurtu exposent 4 voitures.
- 1° Un dog-cart de 5 chevaux fort élégant, d’une extrême simplicité de mécanisme et d’une grande facilité de conduite ;
- 2° Une limousine qui présente les mêmes caractères généraux;
- 3° Une voiturette genre Duc 3 places avec strapontin devant ;
- 4° Une voiturette genre Duc 3 places avec spider.
- La voiturette Hurtu se distingue par un mécanisme des plus simples très résistant, d’une exécution très soignée, d’une grande facilité de conduite, la suppression des vibrations du moteur, une suspension très douce, une carrosserie élégante et confortable.
- Elle comporte trois vitesses avant et une vitesse arrière, un mode de transmission de la puissance, et ces deux roues motrices n’exigeant ni courroies, ni chaînes, ni cardan, ni essieu tournant.
- Elle possède un freinage très puissant et d’une sécurité absolue, des appareils de manœuvre extrêmement pratiques et d’un maniement commode.
- En somme, exposition des plus intéressantes à visiter pour tous ceux, ingénieurs- et amateurs, qu’intéresse l’automobilisme.
- Les radiateurs Grouvelle et Arquembourg.
- Parmi les stands les plus remarqués, aussi bien au Champ-de-Mars qu’à Vincennes, est celui de MM. J. Grouvelle et H. Arquembourg, qui exposent des radiateurs de toutes formes et de toutes puissances, depuis ceux des voiturettes de 3 chevaux jusqu’à ceux des voitures de 20 chevaux et au delà. On y remarque les radiateurs-condensateurs des voiturettes de Dietrich pour avant droit et pour avant en torpilleur,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- dont MM. J. G-rouvelle et H. Arquembourg se sont fait une spécialité.
- L’éloge de leurs radiateurs n’est plus, du reste, .à faire; il suffit de dire qu’ils en ont livré depuis trois ans plus de neuf mille, tant en France qu’à l’étranger.
- Nous remarquons également, dans leur stand, une pompe de circulation d’eau établie d’après un principe nouveau; elle est en même temps à force centrifuge et à entrainement. Très soignée de construction, elle donne une pression et un débit beaucoup plus grands que les autres pompes centrifuges actuellement en usage, quoique ses dimensions soient moindres. Un modèle à dimensions très réduites a été établi spécialement pour les voiturettes, si nombreuses maintenant.
- On peut, du reste, se rendre compte, au stand du Champ-de-Mars, du bon fonctionnement de ces pompes; une dynamo en fait tourner deux qui déversent l’eau dans des tubes de verre: leur débit est véritablement considérable.
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- Les bandes Kelly.
- Au Champ-de-Mars, parmi les fabricants de bandages en caoutchouc, une des expositions les plus remarquées est, sans contredit, celle de The Consolidated Rubber Tire Company.
- Cette puissante compagnie américaine expose, dans une coquette vitrine, une série d’échantillons de ses célèbres « bandes Kelly », dont la réputation est universelle. Nous y voyons des profils de bandes, depuis le 41 millimètres jusqu’au 75 millimètres, cette dernière dimension, dont la Compagnie générale des voitures fait un usage exclusif sur ses landaulets électriques, qui suffirait à en consacrer la valeur, étant destinée aux voitures lourdes.
- Malheureusement, l'exiguïté de l’emplacement, parcimonieusement mesuré par l’administration de l’Exposition, n’a pas permis à la Compagnie de faire mieux, mais nous retrouverons de nombreuses roues munies de Bandes Kelly dans différents stands, aux expositions Hannoyer, Raguin, etc.
- A Vincennes, l’emplacement, concédé étant plus vaste, la Compagnie a exposé plusieurs roues munies de bandages de différentes dimensions, et le public s’arrête, fortement intéressé, devant la roue sur laquelle une coupe du caoutchouc permet de voir de quelle façon impeccable est faite la soudure électrique (procédé absolument spécial à la Compagnie) qui réunit les fils d’acier servant à maintenir le caoutchouc, sans l’adjonction d’aucune espèce de colle.
- La voiturette « La Minerve ».
- La Société « la Minerve » expose au stand n° 247.
- Vue d’ensemble, avec sa carrosserie élégante, légère, et cependant robuste, la voiturette à deux
- places de la Société La Minerve répond aux goûts et aux exigences de la mode.
- De ce que son mécanisme est peu apparent, il ne faut pas conclure qu’il n’existe point ou qu’on a voulu le dissimuler avec le plus grand soin. Un examen plus sérieux nous fait constater qu’il est très heureusement réduit aux organes rigoureusement essentiels d'une voiturette automobile, tous les autres organes inutiles et encombrants ayant été supprimés.
- Son moteur de 3 ch. 1/2 et son changement de vitesse (deux vitesses) lui permettent de monter toutes les rampes, tandis que son système d’embrayage et de débrayage par cône de friction lui assure un départ régulier sans le plus petit à-coup.
- De cadre allongé et bas, elle est d’une grande stabilité, et, d’une direction simple et exempte de tout danger.
- La voiture à quatre places, que les dimensions trop réduites du stand n’ont, pas permis d’exposer à côté de celte voiturette, n’est, pas moins remarquable.
- Actionnée par un moteur de 5 chevaux, munie de trois vitesses principales, d’une marche arrière et de deux freins puissants et sûrs, elle est la petite voiture de promenade en même temps que la voiture des grandes excursions.
- Gomme la petite voiturette, elle est remarquable par la simplicité de ses organes moteurs, de ses commandes, toutes bien placées à portée de la main, et surtout par la grande facilité de sa conduite.
- La forme, de, sa carrosserie, qui est, des plus soignées, est choisie par le client et est changée à volonté sur le châssis, sans modifier l’équilibre de la voiture et nuire à sa marche.
- En résumé, la voiturette et la voiture de la Société La Minerve sont parfaitement réussies et méritent la faveur marquée, avec laquelle elles ont, été accueillies par le public dès leur apparition.
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- La voiture Wehrlé et Godard-Desmarets.
- La maison Wehrlé et Godard-Desmarets, dont les usines modèles sont situés 114, boulevard Bineau, à Neuilly (île de la Jatte), expose dans la classe 30, un . ravissant modèle de petite voiture.
- Ce type tout nouveau est muni des derniers perfectionnements avec moteur à l’avant, d’une force pouvant varier, selon le moteur qu’on désire, employer, de 3 à 5 chevaux, avec refroidissement, à ailettes, changements de vitesse. C’est un véhicule réellement pratique, capable de rendre au touriste tous les services qu’il peut attendre d’une voiture légère.
- Mais la maison Wehrlé et Godard-Desmarets s’est spécialisée dans la construction des caisses de voitures en partinium et en aluminium ; les directeurs de cette maison, qui sont d’une compétence égale en matière d’automobile et en matière de carrosserie,, sont donc à même de faire profiter les chauffeurs qui s’adresseront à
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- eux de leurs connaissances spéciales et d’une longue expérience dans la matière, qui leur permet de livrer, dans un délai rapide, tous les modèles qu’on peut leur commander, exécutés avec un (ini incomparable et dans des conditions de prix très abordables.
- La maison Welirlé et Godard-Desmarets fournit aujourd'hui les plus grandes marques d’automobiles, qui toutes, s’adressent à elle en confiance.
- MM. Wehrlé et Godard-Desmarets exécutent aussi à forfait tous plans et devis au gré de l’acheteur : en un mot, ils sont à même d’exé-
- cuter tous travaux qu’on veut bien leur commander.
- La caisse qu’ils exposent à la classe 30 est un échantillon de leur savoir-faire, et les connaisseurs s’arrêtent devant ce beau travail sorti de leurs ateliers.
- La voiture Lepape.
- L'intéressante exposition de la maison Lépape attire de nombreux visiteurs.
- Le moteur Lepape est à 4 temps, force environ 5 chevaux, à 750 tonnes, diamètre 100 mm,
- La voilure Lepape.
- course 1:20 mm. Un seul cylindre. Allumage électrique. Sa particularité réside dans le mode de refroidissement. C’est un moteur sans eau et sans ailettes.
- Le refroidissement est obtenu par la masse même du cylindre qui est fondu avec la culasse et dont les parois et la partie formant culasse sont d’une épaisseur telle que la chaleur dégagée par la marche du moteur n’arrive pas à porter cette masse de fonte à une température plus elevée que 200° c’est-à-dire largement en-dessous de la combustion des huiles de graissage.
- De plus, pour assurer cette radiation complète, M~ Lepape ajoute : soit un ventilateur, soit l’em-
- ploi des gaz de l'échappement faisant éjectèur pour évacuer l’air chaud qui se produit autour des parois du cylindre et qui, par suite du capot qui cache à la vue le moteur), empêche cette radiation.
- La transmission a lieu par courroies du moteur à l’arbre intermédiaire. Et par chaîne de cet arbre à la roue motrice.
- Il n’y a pas de différentiel et la traction ne se fait que d’un côté.
- Par expérience, les virages se font exactement dans les mêmes conditions qu’avec un différentiel il n’y a pas de force perdue d’une façon appréciable.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- D’un autre côté, on évite les tète à queue dans les changements de direction sur chaussée mouillée.
- Pour ce qui est de la transmission par courroies, M. Lepape emploie pour chaque vitesse et pour la marche arrière la disposition suivante :
- Sur l’arbre même du moteur un tambour de diamètres différents correspondant aux différentes vitesses.
- Chaque tambour correspondant . sur l’arbre récepteur à l’extrémité duquel se trouve le pignon de chaîne à une poulie fixe et une poulie folle.
- De plus le montage des poulies folles est tel, que la courroie sur ces poulies n’a aucune tension.
- La manoeuvre des changements de vitesse des débrayages entre chaque changement de vitesse et celle de la marche arrière se font par un seul volant placé en dessous du volant de direction.
- Tous ces mouvements consistent dans les déplacements de la courroie que l’on veut attaquer. Par conséquent chaque courroie étant mue par une fourchette fixée sur une barre, il suffit de déplacer la barre pour attaquer la courroie.
- A cet effet., M. Lepape a employé des cames circulaires avec un angle rentrant. Ces cames sont fixées l’une au-dessus de l’autre sur le tube qui reçoit le volant de changement de vitesse et de plus ces cames sont calées à 90° Fune.de l’autre par rapport à leur angle rentrant. Or chaque barre de fourchette est terminée par un galet; et un ressort antagoniste fait appuyer la barre sur la came. Par conséquent pour chaque quart de tour de l’arbre came on aura une barre de fourchette de débrayage de courroie qui fera passer cette dernière de sa poulie folle à sa poulie fixe, les autres restant dans leur position de débrayage.
- Ce mouvement est absolument certain sans cause d’accident ni d’erreur. Les pièces étant montées à frottement acier sur bronze il n’y a ni graissage ni entretien.
- La direction est à crémaillère et pignon enfermés dans un carter libre ce qui évite une rotule et un jeu toujours nuisible dans les directions.
- Le carburateur est celui que la maison Lepape emploie depuis plus d’un an dans ses voitures et motocycles. Il est à dosage exact mû par aspiration, faisant fonctionner une pompe sans joints et à doubles soupapes étanches tel qu’il est indiqué au prospectus ci-joint.
- Le montage de la voiture est fait indépendamment de tout le châssis par 4 ressorts en C ce qui assure une extrême douceur dans la suspension de la caisse et évite toute transmission de vibration du moteur.
- En résumé les manœuvres du conducteur sont des plus simplifiées. La transmission est réduite absolument à ses éléments les plus rudimentaires.
- La place nous manque pour étudier dans ce numéro les remarquables voitures exposées par
- la maison Gardner-Serpollet. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
- La petite voiture Vinet.
- La maison Vinet a cherché à allier la solidité et le confortable d’une grande voiture à la simplicité, la régularité de marche et l’économie du tricycle.
- Le cadre est en tubes. Le moteur est du type de Dion-Bouton à circulation d’eau, 3 chevaux et demi, avec allumage électrique. Trois vitesses : 10, 20 et 38 kilomètres à l’heure. Une poulie calée sur l’arbre du moteur actionne, par courroie, une autre poulie calée à l’arrière sur un arbre intermédiaire. On embraye et on débraye en tendant ou en détendant la courroie, à la main ou à la pédale. Les vitesses intermédiaires s’obtiennent en détendant la courroie. Pneus de 60 millimètres. Ressorts très souples à l’avant et à l’arrière suspendant la caisse, le moteur et tous les organes. Ni chaînes, ni cardans, ni pignons d’angles; transmission souple par courroie à tension variable. Transmissions réduites au maximum de simplicité; donnant un rendement économique. Grand empattement, voie large, abaissement considérable du centre de gravité rendant la voiturette absolument inversable. Tous les organes sont à portée de la main.
- La direction est à vis irréversible, 2 freins à enroulement, marche arrière.
- Le prix de cette petite voiture, qui ne pèse que 300 kilogs, est de 4500 francs.
- COURSES
- Paris-Toulouse et retour.
- 25-28 JUILLET
- La grande épreuve de l’Exposition a déjà réuni les douze inscriptions que voici :
- 1. R. de Knyff; 2. Charron; 3. Girardot; 4. Gilles Hourgières; 5. Levegh; 6. Degrais; 7. Et. Giraud; 8. De Caters; 9. Jenatzy; 10. Lefebvre; 11. Champrobert; 12. Pinson.
- Les engagements sont ainsi fixés : voitures, 200 francs; voiturettes, 100 francs; motocycles, 50 francs. Us doivent être adressés à M. Jean-taud, 51, rue de Ponthieu.
- Voici l’itinéraire adopté, qui a 688 kil. 600, ce qui fait 1377 kilomètres pour l’aller et le retour.
- Montgeron (sortie), Pyramide de Brunoy, Lieusaint, Melun, La Rochette, la Table-du-Roi, Fontainebleau, P. N. de Bourron, Hulay, Nemours, Glandelles, Souppes, Dordives, Les Aulnois, Fontenay, Chalette, Montargis, Mormant, Nogent-sur-Vernisson, Les Be-zards, Bifurcation (à D.), Gien, Les Alliots (Auberge neuve), Argent-sur-Sauldre, Aubigny-Ville, La Chapelle -d’Angillon, ’Saint-Georges-sur-Moulon, Fussy, Bourges, Saint-Florent-sur-Cher, Charost, Issoudun, Neuvy-Pailloux, Déols, Châteauroux, Lhotiers, Tendu,
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- Argenton-sur-Creuse, Celon, Chimbault, L’Aumône, L’Allée de Rhode, Bois-Mandé, la Villeaubrun, le Do-gnon, le Gros-Dognon, Morterolles, Bessines, Chan-teloube, Grosséreix, Limoges, Crochat, Boisseuil, Pierre-Bufûère, Pont-Roi, Magnac-Bourg, Fombelaud, Masseret, la Courie, le Claux-Moulin, Uzerche, la Borie, Puy de-Grassas, la Ribe, les Quatre-Routes, Donzenac, Saint-Antoine, la Pigeonie, Les Aubalèdes, Brive, Noailles, le Devès, la Fontaine-Trouvée, Nes-pouls, Cressensac, Bellevue, le Maure, Souillac, Lanzac, Grezelade, la Toulousie, Payrac, la Séguinie, Pey-rebrune, Pont-de-Rode, Frayssinet, Moulin-à-Vent, Courty, Moncontie, Saint-Pierre-la-Feuillade, la Gar-rissade, Saint-Henry, Envergees, Cahors, Ventaillae, la Magdeleine-d’Hugues, la Baraque, Caussade, Réal-ville, Albias, Fontneuvc, Montauban, Mqulis, Canals, Grisolles, Pompignan, Bordeneuve, Castelnau-d’Estre-téfort, Saint-Jory, Vignerie, Lacourtensourt, la Lande, Toulouse.
- Nous avons déjà donné, dans notre numéro du 5 juillet, beaucoup de renseignements sur cette course.
- Les prix accordés aux différentes catégories sont les suivants :
- I. — Voitures (9 prix argent).
- 1er Prix. 8,000 francs
- 2° — 6,000 —
- 3° — 5,000 —
- 4° — 4,000 —
- 5° — 3,000 —
- 6e — 2,000 —
- 7e — 1,000 —
- 8° — 500 —
- 9e — . 500 —
- Total 30,000 francs
- II. - - Voiturettes (7 prix argent).
- |cr Prix. 4,000 francs
- 2° — 2,000 —
- 3° — 1,000 —
- et 4 prix de 500 francs. . . 2,000 —
- Total 9,000 francs
- III. - - Molocycles (13 prix argent).
- jor Prix. 2,000 francs
- 2° — 1,500 —
- 3° — 1,000 —
- 4 prix de 500 francs. . . . 2,000 —
- 6 prix de 250 francs. . . . 1,500 —
- Total 8,000 francs
- Il est accordé en plus :
- 1 médaille de vermeil au premier de chacune des trois catégories.
- 1 médaille d’argent à ceux qui auront fait du 60 de moyenne.
- 1 médaille de bronze à ceux qui auront fait du /iü de moyenne.
- Pour tous renseignements, s’adresser au secrétariat de T Automobile-Club de France. Espérons que, cette fois, l’organisation ne laissera rien à désirer et que nous n’aurons pas une seconde édition de l’organisation de la course Gordon-Bennett.
- X
- La coupe Gordon-Bennett sera bientôt disputée de nouveau. L’Automobile-Club de Belgique a adressé, le 12 juillet, un défi à l’Automobile-
- Club de France, détenteur du Challenge. Un jury spécial fonctionnerait, sur l’itinéraire Mont-geron-Toulouse, à hauteur du 550e kilomètre, distance prévue pour la coupe, et ainsi la course Paris-Toulouse servirait aussi d’épreuve Gordon-Bennett.
- Souhaitons-le.
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- Le Bulletin de VAutomobile-Club Bordelais est plutôt dur pour les organisateurs de la Coupe Gordon-Bennett. Lisez plutôt :
- La Coupe Gordon-Bennett, qui avait tant fait parler d’elle, s’est terminée d’une façon plutôt peu brillante, tant par les incidents qui ont motivé l’abstention des étrangers que par l’arrivée de deux voitures seulement ayant subi plusieurs avaries graves en route.
- Précipitation et manque d’organisation.
- C’est sévère.
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- La course Bordeaux-Biarritz, qui obtient tant de succès chaque année, est en voie d’organisation. Elle aurait lieu le premier dimanche de septembre, en une étape. Le Comité de Biarritz s’occupera des fêtes et réceptions; quant à la partie technique de la course, elle sera exclusivement confiée à l’Automobile-Club Bordelais.
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- La Société le « Cyclophile lyonnais » organise, pour le 22 juillet, un championnat de chauffeurs.
- Itinéraire : Champagne, La Chicotière, Lo-zanne, L’Arbresle; virage de contrôle. Retour par Lentilly, La Tour-de-Salvagny ; arrivée au Méridien, en face de la route conduisant à Charbonnières. Parcours approximatif : 35 kilomètres.
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- A Nantes, le 14 juillet, match sur piste à motocycle, sur 50 kilomètres, contre Fossier et - Yasseur.
- Yoici les résultats : 1. Demester; 2. Fossier; 3. Vasseur.
- Demester a fait les 50 kilomètres en 51 m. 59 s. 4/5.
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- Le classement du tour d’Angleterre.
- Le jury chargé d’effectuer le classement des concurrents de la course des 1000 milles, organisée par l’Automobile-Club de la Grande-Bretagne, vient enfin de prononcer son jugement.
- Voici les résultats :
- Dans la classe Amateurs la médaille d’or du Club et la coupe offerte par M. Owers au véhicule s’étant le mieux comporté, sans considération de sections ni de classe, sont décernées à la Panhard de 12 chevaux montée par C. S. Rolls. La médaille de vermeil offerte, dans les mêmes conditions, par l’Automobile-Club de France est décernée à la voiture Napier de 8 chevaux, montée par Kennard. L’Automobile-Club de France avait également offert une médaille d’argent et une médaille de bronze qui
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- sont échues, l'une à la voiture Wolseley, l’autre à la voiture New-Orléans.
- Pour la classe Amateurs, le jury n accorde aucune récompense dans la section A (voitures au-dessous de 5,000 fr.). Dans la section B (au-dessous de 7,500 fr.), le premier prix voiture Mors montée par Robert Phillips. Section C (au-dessous de 12,500 fr.), 1er prix voiture Napier Kennard, 2e prix, voiture Panhard et Levassor montée par T. B. Browne et voiture Daimler 6 chevaux montée par Siddeley. Section D (plus de 12,500 fr.), 1er prix, voiture Panhard 12 chevaux montée par C. S. Rolls, 2e prix, voiture Daimler 12 chevaux, montée par Hôlder. Section E a (motocycles pour une personne), pas de premier prix, 2e prix, tricycle Empress monté par Ashbv. Section E b (motocycles pour deux personnes), 1er prix, quadricycle. Enfield monté par IlitTe.
- En outre, dix médailles d'arpent, et quatre médailles de bronze sont accordées aux propriétaires de véhicules qui ont accompli avec succès le parcours entier.
- Dans la classe des fabricants et agents, les prix sont attribués comme suit :
- Section A (véhicules au-dessous de 5,000.fr.). — 1er prix, voiture Benz Idéal, 2e prix, Locomo-bile Steam Car et voiturette New-Orléans.
- Section B (au-dessous de 7,500 fr.). — 1er prix, voiturette Wolseley, 2e prix, voiturette Triumph tMotor Car Co), 3e prix, voiturette de Dion-Bouton.
- Section C (au-dessous de 12,500 fr.).— 1er prix, trois voitures de la Cie Daimler, 2e prix, deux voitures de la Motor Manufacturing Go.
- Section 1) (au-dessus de 12,500 fr.). — Pas de prix.
- Section E a (motocycles pour une personne). Pas de prix.
- Section E b (motocycles pour deux personnes), 1er prix, quadricycle Ariel, 2e prix ex-æquo, tandem Century et tricycle Ariel.
- De plus vingt véhicules qui ont accompli avec succès tout le parcours sont recommandés pour les prix offerts par le Daily Mail (250 fr. à chaque véhicule).
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- Les courses du parc des Eaux-Vives.
- A Genève, les courses du parc des Eaux-Vives, organisées sous le patronage de l'Automobile-Club Suisse, ont obtenu le plus vif succès.
- Nous avons déjà publié lé programme de cette curieuse épreuve, à la fois concours d’adresse et concours d’habileté professionnelle. En voici les résultats :
- . il'° Catégorie, motocycles et molocyctet tes.
- 1. Vibert, en 3' 37" 2/5.
- 2. Seguin, en G 05" 1/5.
- 2e .Catégorie, voilurettes au-dessous de MH) kitogs.
- 1. Prince G. V. Bibesco, en 3'44" 3/5.
- 2. Seguin, en 3' 53".
- 3. G. Obvet, en 4' 21" 1/5.
- Sa Catégorie, voitures au-dessous de MH) kitogs.
- 1. E. Olivet, en 4' 191' 1/5.
- 2. Baebni, en 4' 24" 3/5.
- 3. Despland, en 5' 00" J/5.
- 4. Mercier, en 5’ 31" 4/5.
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- Notre correspondant d’Italie nous écrit que Gasté, le vainqueur de la course de résistance de Padoue (1er juillet), 220 kilomètres en 4 h. 32 m. 46 s., avec tri de 4 chevaux, poids 200 ki-logs, moleur Soucin, aurait franchi la rampe dol Pino (environs de Turin) avec un tri perfecta Soncin de la maison Rendu et Marting, en 6 m. 49 s. 3,5, pour couvrir 4850 méfies, pente 9 0,0, ce qui serait un joli résultat.
- Il paraît également qu’après cette épreuve, Gasté a parcouru le -chemin de la Reine (viale délia Régi 11a), où la pente atteint 17 0/0, et qu’il a parfaitement réussi.
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- Une fête sportive vient de se donner récemment à Rome, qui a rencontré un plein succès et était suivie par tout le monde élégant de la Ville éternelle. Il y avait notamment concours de motocycles, concours de dirigeabilité pour automobiles, etc.
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- La course de Nuremberg-Bamberg s’est effectuée dans les meilleures conditions.
- La voiture de la maison Benz et Cie pourvue d’un moteur d’une puissance de 31 chevaux a été très remarquée. Cependant .elle n’est arrivée à rien dans la lutte en raison d’une défectuosité survenue à un bandage pneumatique’presque au début de l’engagement. Dans la journée précédente, elle avait parcouru 10 kilomètres en 8,5 minutes.
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- Dans la course qui a eu lieu récemment ou Autriche, entre Salzburg et Vienne par Lin/, (sur une longueur de 324 kilomètres), 18 véhicules se sont engagés, mais 12 seulement ont pu aller jusqu’à Vienne. Dans la catégorie des voitures pesant plus de 401 kilogs, le docteur Ritter von Stern est arrivé en 7 h. 44 m. 30 s. Le baron Codolli a gagné le prix des voitures de tourisme de plus de 1100 kilogs en 9 h. 18 m. et 36 1/5,
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- L’Allgemeine Radfahrer-Union (Touring-Glub allemand) et l’Automobile-Club d’Alsace-Lorraine organisent pour le 22 juillet une course sur l’itinéraire : Strasbourg, Kehl, Ichenheim, Din-glingen, Rheinan, Boofzheirn, Plobsheim, Strasbourg.
- La course est ouverte à tous les propriétaires d’automobiles.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Uu de nos confrères de la presse spéciale apprécie en ces termes, fort justement d’ailleurs, la façon dont a été organisé le congrès de l’automobile.
- Nous rencontrions «avant-hier dans l’Exposition l’un des secrétaires de la 4° section, et comme nous le félicitions de sa nomination, il nous répondit :
- — Un congrès? Quel congrès? Il y a donc un congrès d’automobilisme? «le l’ignorais entièrement, ,1e suis à Paris de passage, pour mes affaires personnelles, et c’est la première nouvelle que j’ai d’un congrès de l’automobilisme.
- Ce secrétaire malgré lui, habile Lyon, et le hasard l’a amené à Paris au moment de la réunion du congrès auquel il n’assistera pas étant reparti le lendemain.
- Si toutes les nominations que nous publions plus haut ont été faites dans les mêmes conditions, on nous avouera que tout cela n’est pas très sérieux.
- Un industriel nous écrit, d’autre part, pour nous dire qu’une lettre de lui, demandant à faire une communication au congrès, est restée sans réponse. Alors?
- Dans un de ses récents numéros où il nous a môme fait l’honneur de reproduire un article de la Locomotion Automobile sur la matière, notre confrère Horseless Age a donné une étude assez complète sur les emplois possibles de l’acétylène et notamment une notice de Al. Oliver sur l'application possible de ce gaz à l’automobilisme. Ses conclusions sont que l’on passera certainement un temps assez long avant que de faire sortir des études préliminaires le moteur à acétylène, mais qu’il est absolument vraisemblable que avec la connaissance que l’on a des moteurs à explosions en général, on arrivera à un résultat excellent en la matière.
- Notre confrère The Automobile publie cette réflexion profonde : « A quoi sert de voler dans l’air quand nous avons le moyen de voler sur la lerre ferme? »
- Notre confrère de la presse électrique, le London Electrical Engineer, se plaint après beaucoup d’autres que l’on s’en tienne encore pour les véhicules mécaniques à des formes qui ont leur raison d’être avec les voitures «à cheval, mais qui, ici, font seulement regretter l’ahsence de la bète. Le fait est qu’une trouvaille commence à s'imposer en la matière.
- Le journal anglais Autocar insiste, comme nous l’avons fait bien des fois, sur la parfaite inutilité de règlement spécial pour la surveillance de la marche des automobiles : il faut traiter un automobiliste qui va trop vite tout comme le conducteur d’une voiture ordinaire, et rien de plus ni de moins.
- Dans un récent numéro de Y Autocar, notre confrère. AI. Sturmey, donne d’excellents conseils sur les soins qu’il faut prendre pour une automobile, et tout d’abord au point de vue du garage sous lequel on rangera la machine chaque soir, et où l’on doit particulièrement éviter l’humidité. Il insiste sur l’importance qu’il y a à éviter le voisinage des fosses à fumier, la nécessité du nettoyage le plus minutieux, etc.
- -5>»C-L4-
- Un de nos confrères de la presse américaine, M. Elmer A. Sperry, attire l’attention sur ce fait que les voitures automobiles peuvent être une ressource précieuse pour les stations centrales d’électricité. On sait, en effet, que, durant le jour, leur matériel demeure presque inutilisé, et qu’il serait fort utile pour elles de trouver une importante clientèle dans les automobiles électriques ayant besoin de se charger. Il est à désirer que les stations, comprenant bien leur intérêt, vendent bon marché le courant qu’on leur demandera pour cet usage.
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- TRIBUNAUX
- Nos lecteurs nous excuseront de ne pas leur donner chaque semaine le détail des condamnations prononcées par le tribunal de simple police contre les chauffeurs. Nos colonnes n’y suffiraient pas. C’est, du reste, toujours la même chose, avec cette seule différence que les condamnations varient de gravité suivant que c’est tel ou tel juge de paix qui siège au tribunal. La semaine dernière, le tarif était de 10 francs d’amende et trois jours de prison. Trois jours de prison parce qu’un agent prétend vous avoir vu passer trop vite n’importe où. C’est odieux.
- Signalons toutefois la thèse juridique soutenue mercredi dernier par Me du Laurens de la Barre. L’éminent avocat a développé des conclusions tendant à faire admettre que les agents ont peut-être le droit de constater qu’il existe sur le passage d’une automobile tel encombrement, telle cause précise de danger ; mais il ne leur appartient pas de décider si l’on doit ralentir ici ou là. Le décret lui-même n’a pas déterminé les endroits, carrefours ou autres, où doivent ralentir les chauffeurs; cette détermination ne doit pas être laissée-au gré de l’agent, et le juge lui-mème commet une usurpation de pouvoirs quand il décide qu’en tel ou tel lieu le conducteur devait ralentir. 11 faut qu’il y ait un encombrement et que cet encombrement soit indiqué au procès-verbal. C’est l'interprétation saine et libérale à la fois .de l'art. 14.
- Le tribunal a remis au 8 août son jugement.
- Le même jour, à la cour d’appel (7e chambre), comparaissait Jenatzy. Jugé une première fois en mars dernier par la 7e chambre correctionnelle, à la suite d’un accident malheureusement
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- suivi de mort, il avait été acquitté, le tribunal ayant estimé que l’accident était dû uniquement à l’imprudence de la victime. Sur appel de la partie civile, T affaire est revenue devant la Cour qui a, cette fois, condamné Jenatzy à trois mois de prison avec sursis, 500 francs d’amende sans sursis, plus des dommages-intérêts à la partie civile et une pension à chacun des enfants de la victime jusqu a leur majorité.
- La Cour d’appel s’est montrée non moins sévère pour un autre chauffeur qui avait été condamné par la 10e chambre du tribunal civil de la Seine à un mois de prison, 100 francs d’amende et 4000 francs de dommages-intérêts pour avoir contusionné une dame à la suite d’une rencontre entre son automobile et le petit tramway du jardin d’acclimatation.
- La Cour a confirmé la condamnation, mais en accordant le bénéfice de la loi de sursis en ce qui concerne la prison.
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- 11 est certain qu’un peu partout les tribunaux cèdent par trop aux inquiétudes exagérées que donne la vitesse apparente des automobiles. Dernièrement M. Wilson, à Warwich (Angleterre), était poursuivi sur la déposition d’un policeman qui affirmait l’avoir vu passer à une allure de 20 à 25 milles. L’accusé put localiser exactement l’endroit où il s’était livré à cette prétendue débauche de vitesse, et comme c’était une montée de côte, il fut aisé de prouver que son véhicule était incapable d’un pareil haut fait sur une telle rampe. Mais le tribunal fut d’avis qu’alors le policeman l’avait vu faire des excès de vitesse en un autre endroit et il a été condamné.
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- TRIBUNE LIBRE
- La Schweiz-Motorwagenfabrik A. G. de Wet-zikon, près de Zurich, nous adresse la lettre suivante, à la date du 12 juillet :
- Monsieur le Rédacteur,
- Nous avons sous nos yeux le n° 26 du 28 juin de votre estimable revue et nous y voyons à la page 405 le compte-rendu de l’ascension en automobile du Bachtel f 1119 au-dessus du niveau de la mer). Vous y exprimiez des doutes au sujet de la pente de 25 pour 100 gravie par l’automobile. Veuillez nous permettre de confirmer cette nouvelle invraisemblance en nous déclarant prêts à vous envoyer un certificat légalisé par-devant notaire ou à vous donner toute preuve que vous pourriez désirer sur la réalité de cette assertion.
- Veuillez agréer, etc.
- P. Pa. Schweiz-Motorwagenfabrik. A. G.
- F. Rüdiger.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Des pourparlers sont actuellement en train pour l’organisation d’un service d’automobiles électriques entre Spinea, .Mirano, Noale, Scorze et Mestre, dans la province de Venise.
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- On va installer à Milan un service provisoire de voitures de place électriques, à titre d’essai.
- —o—
- Les transports sur routes au moyen d’automobiles se multiplient de plus en plus en Grande-Bretagne : voici qu’on vient d'organiser un service au moyen de deux voitures entre Hastings et Bulverhyte.
- —o—
- Les recettes du service d’automobiles sur routes installé récemment entre Beach et Torry (en Grande-Bretagne), aux environs d’Aberdeen, ont dès le début excédé de façon considérable l’attente de ceux qui ont pris l’affaire en mains.
- —o—
- La voiture de livraison à vapeur que la maison Harvey a fournie au journal Daily Mail circule actuellement avec plein succès dans le district de Manchester.
- —o—
- Gomme nous l’avions annoncé, la Compagnie des omnibus de Bournemouth, en Angleterre, a commencé de fonctionner, mais ses débuts se sont faits un dimanche, et c’est ce jour-là que ses voitures sont particulièrement fréquentées. Par une conséquence au moins bizarre, le Conseil de la Ville vient de décider que dorénavant toutes les concessions seraient faites avec interdiction de circulation le dimanche.
- —o—
- Les locomotives routières sont en train de rendre les plus grands services à la section d’électricien que l’armée anglaise possède maintenant au Transvaal. Non seulement elles traînent les convois, qui comportent des projecteurs, des chariots de lampes, etc., mais aussi elles commandent à l’arrêt des dynamos qui fournissent le courant aux projecteurs et aux appareils ordinaires d’éclairage.
- —o—
- Les omnibus automobiles de Lincoln, en Angleterre, rencontrent, sauf peut-être à certaines heures spéciales, un succès véritablement extraordinaire : bien plus, la Compagnie trouve à en louer constamment pour des excursions.
- Le Directeur-Gérant : "VUILLEMOT.
- PARIS.— L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 30.
- LA LOCOMOTION
- 20 Juillet 1900
- AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS
- France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr.
- LE NUMÉRO
- 50 Centimes.
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau-Lagarde, U — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 30.
- Transport des voitures automobiles, Albert Roda net.
- — Les fêtes de F Automobile-Club, Gaston Sencier.
- — Echos. — La voiture électrique Cleveland, A. De-lasalle. — L’allumage Le Goaziou. — Convoi automobile blindé pour-l'Afrique du Sud, Daniel Belle/.
- — L’allumage Kitto. — Courses. — Exposition universelle de 1900. — Les automobiles sur routes.
- — A travers la presse. — Tribunaux. — Tribune libre. — Courrier industriel.
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- Transport des toitures automobiles.
- Il est de principe que l’expéditeur qui remet au transporteur un colis renfermant une: matière dangereuse doit en faire la déclaration au moment de l’enregistrement des bagages ou des marchandises. La jurisprudence de la Cour suprême décide qu’à cet égard les règlements qui ont déterminé les matières dites « dangereuses » ne sont pas limitatifs. Même si la marchandise contenue dans le colis n’est pas classée comme telle dans les tarifs, l’expéditeur doit cependant avertir la Compagnie faisant le transport que la manipulation peut causer des accidents. C’est ainsi qu’un arrêt de la Cour de cassation du 4 juillet 1894 a décidé que « la non-inscription d’un liquide parmi ceux qui doivent être déclarés ne saurait affranchir l’expéditeur de toute responsabilité dans les accidents qui peuvent survenir par suite du silence gardé sur la nature de ce liquide et de l’absence de précautions qui en auraient été la conséquence. »
- Faisant application de ces principes au transport des automobiles, la Cour de Lyon a déclaré, le 3 juillet 1899, que le fait de placer aux bagages un tricycle contenant encore du pétrole constituait « une
- infraction aux prescriptions formelles de l’art. 21 de l’ordonnance du 15 novembre 1840 sùr la police des chemins de fer, qui défend expressément d’admettre dans les convois qui portent des voyageurs aucune matière pouvant donner lieu à des explosions ou à des incendies. » Dans l’espèce, au cours du voyage, le fourgon aux bagages avait pris feu et avait été complètement brûlé avec toutes les marchandises y contenues.
- Le conducteur du train attribuait la cause de cet incendie à l’explosion du tricycle qui s’était produite dans le wagon pendant le trajet. L’expéditeur, qui ne manquait pas d’une certaine assurance, a cru devoir demander des dommages-intérêts à la Compagnie P.-L.-M. pour perte de sa machine;, il fut débouté de sa demande pour violation des règlements des chemins de fer. De son côté, la Compagnie forma une demande reconventionnelle pour réparation du préjudice à elle causé par la destruction de son wagon et des bagages des autres voyageurs; elle fut également déboutée par la Cour, mais sur le seul motif du défaut de preuve que « l’explosion du tricycle ait précédé l’incendie ou qu’elle en ait été la cause directe ».
- Il ressort de cet arrêt que la Compagnie P.-L.-M. eût été bien fondée dans sa demande reconventionnollc si elle avait pu établir l’un de ces deux faits; c’est une simple question de preuve matérielle.
- Le rapide examen de cette jurisprudence démontre aux chauffeurs qu’ils ne doivent jamais laisser séjourner du pétrole dans les voitures qu’ils font enregistrer aux gares de chemins de fer; et qu'en tout cas, ils doivent en faire la déclaration formelle, s’ils se trouvent obligés d’expédier du pétrole avec leur appareil. Faute par eux de se soumettre à ces règlements, non seulement ils ne peuvent rien réclamer à la Compagnie si leur voiture est détruite ou abîmée, mais ils peuvent être
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- actionnés on réparation du préjudice causé par les accidents résultant du transport de leurs bagages.
- Albert Rodanet,
- Docteur en droit, avocat à la Cour de Paris.
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- Les têtes de l'Automobile-M.
- L’Automubile-Club a définitivement inauguré, par deux fêtes, la jolie salle du théâtre que vient de lui construire notre aimable collègue Gustave Rives. La salle est charmante et fait le plus grand honneur au goût de son habile architecte. La scène n’a qu’un petit défaut. Son plancher n’a pas la pente d’usage, du lointain au proscenium, si bien que la rampe cache les pieds des danseuses. Il sera très facile de corriger cette petite imperfection et en même temps d’installer le trou du souffleur, oublié dans le projet primitif.
- Passons rapidement sur la première soirée, celle du 19 juillet, signalée par des péripéties sans nombre. Au dernier moment, alors qu’arrivaient les invités, l’électricité refusa absolument son service. Obscurité complète. Que faire? On décida très sagement que l’on jouerait tout de même, on apporta des bougies, des lanternes d’auto, des phares à acétylène et Ton parvint à exécuter une partie du programme. Le surlendemain les choses allèrent tout à fait bien.
- La soirée commençait par une Averse coûteuse, un joli petit acte de MM. Eugène Maas et Paul Delay, très gentiment joué par Mracs Mylo d’Arcylle et Grimault et par M. André Royer. Après un morceau de Mendelsohn, exécuté par Mm Picot, venait la partie : Danses, qui fut incontestablement la plus intéressante, grâce à la collaboration de Pedro Gailhard et de Georges Boyer. Mnes Christine Booss et Automne Meunier, de l’Opéra, nous ont fait grand plaisir avec ieurs danses anciennes, toujours charmantes. Vint ensuite le pas espagnol, dansé avec un entrain endiablé par Mnc Christine Kerf et M. Vis-cusi. Ce pas espagnol fut le succès des deux soirées. L’enthousiasme du public pourra servir d’utile indication pour les prochains spectacles du Cercle. Il faut surtout chercher les numéros courts et les artistes qui brûlent les planches.
- Noir et Blanc, la jolie pantomime de Capoul, admirablement bien dansée par Mlles Zambelli, Louise Mante et Torri, n’a pas moins bien réussi. Il n’en fut pas de même, hélas ! des danses phosphorescentes, qui furent un insuccès complet.
- On a joué, dans les deux soirées, une revue en un acte de M. Jacques Redelsperger ayant pour titre : le Jeu de l’auto. Le premier jour, cela sembla interminable. Malgré le talent des interprètes : Mmes Germaine Gallois, Paulette Filliaux, Mylo d’Arcylle, G. Médal, Louise Bignon, Grimault et Rollys, assistées de MM.'Hirsch et Fordyce, on trouva que cela manquait vrai-
- ment trop de pièce. Les pauvres artistes n’avaient pas de rôle. Et puis, on les entendait ressasser les éternelles plaisanteries, usées jusqu’à la corde, sur les pneus, les carburateurs, les pannes, etc. On s’ennuyait. Certaines choses choquèrent carrément. Bon nombre de membres du Cercle trouvèrent qu’on eût pu s’abstenir, dans une fête où il y avait des invités, de revenir sur les regrettables incidents de la dernière assemblée générale, de louer tel journal ou d’en attaquer un peu lourdement tel autre. Ces grincheux pensent qu’il faut laver son linge sale en famille. Ils n’ont peut-être pas tout à fait tort. De plus l’auteur, M. Jacques Redelsperger, qui a infiniment d’esprit et beaucoup de talent, lorsqu’il veut s’en donner la peine, aurait pu supprimer certains passages de nature à choquer les délicats. Je n’ai aucune prétention à la bégueulerie. Je trouve que les costumes de la revue étaient insuffisamment écourtés. Des maillots n’eussent choqué personne. J’ai de même entendu avec plaisir et applaudi très sincèrement, dans la piécette de M. Redelsperger, cinq ou six couplets très lestes, mais absolument charmants. On petit tout risquer, quand on sait le faire passer, mais il ne faut pas confondre la grivoiserie et la grossièreté. Quand on fait dire à un acteur, à la suite du nom de notre préfet de police : « A votre service, madame! », on va peut-être un peu loin pour un spectacle auquel les « femmes, filles, sœurs, nièces, etc., » sont invitées.
- Le second jour, la revue, allégée par de fortes coupures, a mieux marché. Ces coupures avaient été, malheureusement, faites à la hâte. On avait laissé des longueurs. On avait, par contre, un peu trop raccourci certains jolis couplets très applaudis le premier jour, entre autres ceux où Mlle Grimault, qui dit avec infiniment d’intelligence et de tact, avait eu un vrai succès. Ces coupes sombres ont paru un peu dépayser les interprètes.
- Pour en finir avec les critiques, disons un mot du buffet, déplorablcment organisé la. première fois, mais mieux tenu la seconde. Les « extras » auxquels il était confié semblaient, au début, tout étonnés de ce que le public élégant du Cercle ne voulut pas boire dans des verres ayant déjà servi. Pourquoi ne pas confier le buffet, ou du moins sa direction, aux valets de pied de la maison?
- En résumé, n’oublions pas qu’il s’agissait d’essuyer des plâtres, et soyons indulgents pour les incertitudes d’un premier début. Tout le monde a été enchanté de ces deux premières soirées dont le baron de Zuylen, notre dévoué président, faisait les honneurs avec sa lionne grâce coutumière, trouvant un mot aimable pour chacun. Espérons qu’on multipliera, Tan prochain, les fêtes à l’hôtel Pastoret, et que la jolie salle construite par Gustave Rives y sera souvent pleine de spectateurs... et d’applaudissements.
- Gaston Sencier,
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- ÉCHOS
- Ont etc regus membres de l’Automobile-Club de France, au dernier scrutin de ballottage, MM. L. Bâtes, F. Strakosch, E. Pelletier, E. Tho-zet, L. Wattinne, comte R. Avogli Trotti, II. Boulange, T. Walsh, Botter Palmer, comte Greffulhe, J. Lambert.
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- Le Comité de l’Automobile-Club de France semble avoir pris la décision, assez fâcheuse suivant nous, d’abandonner la villa du bois de Boulogne. Les partisans de cet abandon se basent sur ce que la villa nécessite de gros frais et qu’elle est fort peu fréquentée. Il nous semble que rien ne serait plus facile que de rendre à la villa l’animation qui lui manque. Il suffirait de ne pas y mettre les repas à des prix prohibitifs et d’y multiplier les prétextes à réunions. En dehors des poules à l’épée, des concours de tennis et autres moyens d’attirer des déjeuneurs et des dîneurs sous les beaux arbres de la villa, on pourrait très facilement y donner, sans grands frais, des fêtes de nuit pendant une partie de l’été. Avec une scène improvisée, un peu de musique pas ennuyeuses et quelques danses en costumes on arriverait bien vite à nous en rapprendre le chemin. Bon nombre de sociétaires déclarent, du reste, que, si on supprime la villa, ils donneront leur démission. Il y a là un danger à éviter. Si la villa est déserte c’est qu’on a fait tout ce qu’on a pu pour y créer la solitude. Que l’on sache l’utiliser et tout le monde y viendra.
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- Le Comité du Moto-Club de France a tenu séance le 18 juillet. Trente-huit nouvelles adhésions ont porté à 556 le nombre des sociétaires. Parmi les nouveaux adhérents figurait le baron Arthur de Rothschild qu’on a nommé séance tenante vice-président du Comité.
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- Parmi les nouveaux membres du Moto-Club citons-en deux : Léon Bollée et Albert Lemaître.
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- Nous disions, dans notre dernier numéro, — et nous l’avions déjà dit bien des fois, — qu’il était absolument odieux de condamner à trois jours de prison des chauffeurs coupables de prétendus excès de vitesse. Le garde des Sceaux est de notre avis car il vient d’inviter ses subordonnés à appliquer aux contrevenants l’article 475 du Code pénal, c’est-à-dire l’amende de 6 à 10 francs, au lieu de l’article 476 qui est le fameux article aux trois jours de prison.
- Naturellement les « ministère public » ont immédiatement commencé à rentrer leurs griffes.
- Applaudissons à l’heureuse intervention de M. Monis, en regrettant seulement quelle ait été si tardive,
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- Il paraît que la décision par laquelle l’Académie française prétend, contrairement à l’usage, que le mot « automobile » est masculin n’aurait été prise que par sept académiciens seulement. Trois ont voté pour le féminin. Le reste de la docte assemblée se trouvait en villégiature.
- Continuons donc paisiblement à dire « une automobile », au risque de ne jamais devenir académiciens.
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- La revue Paris-Pétrole^ qui fut commandée, il y a quelques mois, à notre excellent confrère Pierre Giffard, par le comité de l’Automobile-Club de France, sera jouée l’hiver prochain, pas à l’hôtel Pastoret mais simplement à la Bodi-nière.
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- Il se passe en ce moment une chose assez amusante. Peu à peu bon nombre de maisons qui construisaient des voitures à pétrole, comme par exemple de Dion-Bouton, Georges Richard, etc., se mettent à construire également des voitures électriques. En même temps, surtout à l’étranger, les maisons qui avaient commencé par ne faire que des voitures électriques entreprennent à leur tour la construction des voitures à pétrole.
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- 11 semble que la construction des voitures automobiles soit sur le point de se modifier bientôt, sous la poussée incessante des constructeurs étrangers. On adopte sans hésiter, hors de France, des solutions qui feraient bondir les maisons françaises. C/est, ainsi qu’on nous montrait l’autre jour une voiture pétroléo-électrique, du type connu dans lequel un moteur à pétrole actionne une dynamo qui charge des accumulateurs, lesquels actionnent un moteur électrique. Jusque-là, rien de nouveau. L’innovation réside en ce que la voiture a, sur l’avant, un siège à deux places réservé au conducteur et à une autre personne et que le conducteur n’a à s’occuper que de son volant de direction, de son débrayage et de ses freins. Le mécanicien, assis sur un siège à l’arrière, a devant lui, sous son nez, bien en vue, le moteur à pétrole, la dynamo et le carburateur. Tout cela est à portée de sa main. En cas d’avarie au moteur, il peut, en stoppant le moteur, laisser la voiture continuer sa route comme une électrique ordinaire et faire bien tranquillement toutes ses réparations sans quitter son siège.
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- Un but, de promenade pour les chauffeurs mélomanes.- M. Léon Simon, premier violon des bals de la Présidence et auteur d'Automobile-Galop qui fut jadis édité par la Locomotion Automobile, vient d’inaugurer un concert en plein vent à la Groix-de-Noailles. On y jouera de dix heures à midi et de trois à six.
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- MM. Picot et Rouxel sont partis, le 19 juillet, avec une voiture de huit chevaux, pour aller de Paris à Vienne par Yalentigney, le duché de Bade, Munich et la vallée du Rhin, en revenant ensuite de Vienne à Paris par la Bohême, Dresde et Berlin.
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- Nous apprenons que deux canots à moteur à pétrole Abeille, du système qui a obtenu un 3e prix au concours international de l’Exposition d’Argenteuil, ont été commandés par l’administration des Ponts et Chaussées à leur constructeur, M. A. de Mesmay, à Saint-Quentin.
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- Un signe des temps. Voici que les grands cafés de province se mettent à installer des garages pour automobiles avec fosse de visite, forge et outillage complet. Citons, comme étant dans ce cas, le café Courtonne, 27, rue de Paris, à Lisieux,
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- A Dieppe la grande fête des fleurs du 29 juillet sera ouverte aux automobiles. De nombreux prix consistant en objets d’art, espèces, médailles, bannières, seront offerts aux concurrents.
- La fête et la bataille de fleurs seront données sur la plage.
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- M. Gondoin, président de l’Automobile-Club de Nice, a reçu la dépêche suivante de la caravane niçoise qui excursionne en ce moment dans les gorges du Tarn et dont font partie le comte Biscaretti di Ruffia, président de l’Automobile-Club Italien, MM. Paul Chauchard, Huet, de Laire, Gibert, Siegfried :
- « Les camarades du Club réunis dans les gorges du Tarn envoient aux amis de Nice mille bonnes amitiés ».
- On annonce la mise en vente en Belgique de voitures automobiles de construction française, allemande ou anglaise munies de moteurs Daimler-Phénix et d’applications des brevets Levassor.
- La Société anonyme des ateliers Germaine, à Monceau-sur-Sambre, déclare qu’elle est propriétaire en Belgique des brevets Daimler et Levassor, et que personne autre qu’elle ne peut fabriquer ou vendre en Belgique ces voitures automobiles et les moteurs Daimler-Phénix.
- Cette Société se déclare décidée à faire saisir et confisquer les voitures et moteurs faisant application de ces brevets et qui seraient vendus en Belgique sans avoir été fabriqués par elle, et elle annonce qu'elle fera poursuivre les vendeurs et les détenteurs de ces voitures.
- Bornons-nous à donner cette nouvelle sans avoir la prétention de trancher le point de droit qu’elle soulève.
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- Le Moto-Club de Belgique a admis, dans sa dernière séance, 17 nouveaux membres, ce
- qui porte à 102 le nombre de ses adhérents.
- Le Moto-Club de Belgique a deux garages à la disposition de ses membres. Un de ces garages est à Bruxelles et l’autre à Liège. *
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- Dans notre avant-dernier numéro nous avons donné la liste des Automobile-Club étrangers. Une faute d’impression nous a fait dire que le siège de l’Automobile-Club suisse était 2, rue de Hesse, à Berne, c’est à Genève et non à Berne que se trouve l’Automobile-Club suisse. Que ceux de nos lecteurs désireux de voyager cet été sur les routes suisses fassent leur profit de cette petite rectification.
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- A signaler la fondation d’un nouvel Automobile-Club en Italie : c’est à Stresa, sur le lac Majeur, grâce à l’initiative de chevalier Nigra. Ce club Verbano, comme il se nomme, veut, entre autres choses, obtenir la multiplication de dépôts de benzine dans toute la région Alpine. L’idée est certainement excellente.
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- L’automobile fait partout des progrès en Italie, et il vient de se former un nouveau noyau de chauffeurs dans la ville de Pérouse. Ce n’est pas encore un cercle, pas de président, de secrétaire, mais d’aimables relations et des excursions en corps.
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- Les journaux italiens citent un tour de force accompli par le marquis Ginori : avec sa voiture de Dion, il a monté à Montenero la route tortueuse, longue de 2 kilomètres environ avec une pente de 20 0(0 à peu près, jusqu’à la place du Sanctuaire.
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- Le gouvernement espagnol vient, lui aussi, d’établir un impôt sur les automobiles, en se fondant pour cela surtout sur ce que ces véhicules ne sont guère que des véhicules de luxe. Il les soumet donc à l’impôt des voitures de ce genre, en n’imposant, du reste, que comme véhicules de transport en commun ceux.qui servent effectivement au transport des voyageurs.
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- Le Comité d’hygiène de Liverpool a, déjà depuis un certain temps, mis en service une sorte de camion-tombereau automobile qui a rendu de grands services. On a pu, pendant plus d’un an et demi, relever les transports qu’il a effectués et les dépenses entraînées ; de plus on l’a essayé comparativement avec des véhicules attelés de chevaux. Il entraîne une . dépense de 6 1/4 pence par tonne-mille, alors que, avec des chevaux, des frais correspondants sont de 10 pences.
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- Le nouveau Club Automobile anglais « The English Motor-Club » est ouvert tout aussi bien
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- aux dames qu’aux représentants du sexe fort et laid. Ce club semble manifester ardemment son existence, et par l’enthousiasme de ses membres et par les divers concours qu’il organise.
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- A la fin du mois derpier, des Londoniens ont vu, eux aussi, la première vente d’automobiles aux enchères; le commissaire était, du reste, un chauffeur. On se propose de renouveler cette vente chaque mois.
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- Une annonce bien curieuse dans un journal anglais : « Aux propriétaires d’automobiles, une dame offre le vivre et le couvert, dans une jolie localité du bord de la mer et pendant une semaine, à qui amènera son automobile avec lui et lui permettra de s’en servir. Endroit très bien fréquenté, etc. »
- Si la dame est jolie...
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- Le 0 juillet dernier s’est tenu encore en Angleterre, dans le parc de la marquise de Lansdowne, et l’on avait eu l’idée originale d’utiliser les chauffeurs de l’Automobile-Club de Grande-Bretagne à augmenter les recettes, destinées aux familles des officiers tués dans la guerre du Transvaal. Les dits chauffeurs promenaient moyennant finance, dans le parc, les personnes désireuses de connaître la locomotion en automobile.
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- Le Conseil de district rural d’Ashbourne, en Angleterre, poursuit une campagne contre les cycles, motocycles et automobiles; et il fait des prosélytes parmi d’autres conseils. Ils demandent une taxe sur les voitures mécaniques, alors qu’il en existe déjà une!
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- Avis aux chauffeurs qui ne craignent pas le tourisme en pays étranger : il parait, d’après M. Stocks, qui vient de parcourir le pays, que les routes d’Irlande ne sont pas si mauvaises qu’on veut bien le dire.
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- Lors de l’anniversaire de la naissance de la Reine au Cap, on a organisé une procession de locomotives routières tirant chacune un gros canon de siège. C’est une manifestation automobile militaire qui montre que l’on commence d’apprécier dans l’armée anglaise le nouveau mode de traction.
- Tout le monde des constructeurs d’automobiles en Amérique est actuellement en ébullition à propos de la prétention qu’émet la Colombia and Electric vehicle C°. Elle affirme que, en vertu d’une certaine patente d’un brevet Selden, elle aurait le droit d’interdire à quiconque le droit de fabriquer des voitures automobiles à essence. Nous n’en avons encore rien dit parce que cela n’intéresse que secondairement nos lecteurs.
- A Schenctadÿ, dans l’État de New-York, un gardien de barrière à péage a fort logiquement appliqué le tarif des droits de perception à la première automobile qu’il a vue franchir sa barrière. Son règlement dit pour les attelages :
- « 0 fr. 10 pour un attelage de 2 chevaux et 0 fr. 05 pour chaque cheval en plus »; comme la voiture, avait un moteur de 3 chevaux, il lui a fait payer 0 fr. 15.
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- La Métropolitan Railway C° de Chicago vient de se faire construire un fourgon automobile pour l’entretien de ses lignes de tramways, et les réparations extraordinaires en cas d’accident. Il peut transporter de 15 à 20 hommes avec leurs outils, plus une échelle double, puis un treuil de traction pour remorquer les voitures, sortir de la voie un véhicule en détresse, etc. La force motrice est fournie par une batterie d’accumulateurs pouvant assurer un parcours de 40 km. à 22 km à l’heure.
- Il vient de se former à Chicago une association de protection et d’assistance mutuelle entre les conducteurs d’automobiles publiques : elle a pour but de distribuer au besoin des secours, de créer un club, avec tous les avantages spéciaux de ces sortes de créatious, de répandre les informations utiles de toute espèce, etc.
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- Un riche Américain de Saint-Paul se fait construire une résidence princière où l’architecte a prévu, dans le sous-sol, un vaste garage pour automobiles et pour cycles, communiquant avec la rue par un plan incliné asphalté. Le garage comportera un petit atelier de réparations, et le plancher en ciment sera à double pente et à rigole centrale, pour assurer l’écoulement de l’eau de lavage des véhicules.
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- Il parait que la casquette plate de l’automobiliste commence d’être tout à fait de mode aux États-Unis : cela vaut aux chauffeurs une charge à fond d’un de nos confrères yankee, qui ne pense pas qu’il soit très nécessaire de se distinguer par sa coiffure sous prétexte qu’on fait de l’automobile.
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- La plupart des fabricants de cycles américains semblent assez disposés à se lancer dans la manufacture des automobiles ou plus exactement des motocycles, ce qui répond mieux à leur outillage. Et à ce propos un confrère américain conseille à ceux qui voudront se lancer dans cette industrie nouvelle d’aller faire un pèlerinage en France pour y apprendre beaucoup de choses en la matière.
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- La voiture électrique Mil.
- Là voiture électrique Cleveland est un phaéton dont la carrosserie est identique à celle de tous les autres d’origine américaine, restriction faite pour le caisson de l’arrière qui est beaucoup moins long qu’à l’ordinaire, et pour les roues qui sont à rayons en bois au lieu d’ètre en acier.
- Le cadre du châssis est constitué par des tubes en acier; comme dans toutes les voitures étrangères destinées à aller sur des routes assez mauvaises, il est articulé de façon à permettre une
- déformation dans un sens vertical, tout en restant fixe dans le sens horizontal. La caisse de la voiture est supportée sur le châssis : à l’arrière, par deux ressorts appuyés sur les essieux à l’aide de coussinets avec billes; à l’avant, par un ressort transversal.
- Le moteur du type Hperry est bipolaire et à enroulement série; il donne une puissance de 2 chevaux avec une vitesse de 1,800 tours par minute. L’essieu arrière le maintient par des attaches placées de part et d’autre du différentiel; d’autre part, il est suspendu au châssis par un ressort.
- L’arbre de l’induit est muni d’un pignon qui
- La Voilure électrique Cleveland.
- attaque un engrenage à deux réductions, dont la première est variable et analogue au démultiplicateur de vitesse d’un tour; ce dispositif permet de pouvoir attaquer l’engrenage commandant les roues, par des pignons qui étant de diamètre différent, mais mus par la même force, ont un couple moteur non identique; la formule générale de ce couple étant
- Le pignon ayant le plus grand rayon donne donc le plus grand couple moteur ou torque, mais n’augmente pas la force.
- dette modification du changement de vitesse mécanique est très utile surtout pour les côtes un peu dures, qu.'on gravit ainsi beaucoup plus facilement; l’union des changements de vitesse
- mécanique et électrique ne peut être qu’excellente et mérite d’être étudiée.
- Une particularité très intéressante de cette voiture, c’est son système de conduite. En général le conducteur a au moins un appareil de direction et un autre commandant le combinateur. Ici, on produit ces deux mouvements par un seul levier, actionné par une poignée et placé sur le devant de la voiture. Quand on déplace ce levier dans un plan horizontal, on dirige le véhicule, et en le levant ou l’aliaissant on obtient les changements de vitesse, la direction est donnée à l’essieu avant par des figes articulées.
- Ainsi que le montre notre dessin, l’extrémité supérieure de la tige de conduite porte une sorte do chapeau qui peut se déplacer verticalement, autour d’un axe fixé presqu’à l’extrémité; les différents mouvements donnés à cette partie se
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- transmettent au combinateur placé sous le plancher de la voiture; ce combinateur est constitué par un segment de cylindre, sur les deux parties courbes duquel sont fixées trois rangées de touches, où viennent frotter les balais, et qui se meut verticalement sous un angle maximum assez restreint, correspondant au plus grand déplacement vertical du levier de commande. Le nombre des variations de vitesse que l’on peut obtenir est de six, dont trois par le combinateur et trois par une résistance variable intercalée dans le circuit des inducteurs qui. diminuant le champ, augmente la vitesse du moteur. Cette résistance est commandée par une petite aiguille placée sur le garde-crotte et se déplaçant sur un cadran portant des chiffres indicateurs des vitesses obtenues.
- En résumé on a :
- lrc vitesse. — La batterie de 40 éléments est divisée en quatre boîtes de 10, montées en quantité.
- 2° vitesse. — Les quatre boites sont divisées en deux groupes montés en tension et réunis en (j nanti té.
- 3e vitesse. — Les quatre groupes rpontés en tension.
- 4e, 5e et 6e vitesse. — Shuntage des inducteurs.
- Ces différents couplages sont les mêmes pour la marche ainsi que pour la marche arrière ; c’est par un inverseur de courant commandé par une clé placée sur le levier qu’on obtient l’une des deux marches.
- Lorsque le levier est levé au plus haut point de sa course verticale, ou produit un freinage électrique précédé.par l’interruption du courant, c’est en abaissant le levier que se font les couplages donnant les variations de vitesse ; la troisième vitesse étant obtenue au point le plus bas,
- En outre du frein électrique, la voiture est munie :
- 1° D’un frein à ruban commandé par le combinateur en même temps que le frein électrique;
- 2° D’un frein à sabot agissant sur les roues arrière ; ce frein est mis en action par une pédale et coupe le courant quand il est complètement serré.
- Les accumulateurs peuvent être naturellement de n’importe quel type ; en Amérique, on emploie pour ces voitures des accumulateurs spéciaux, à oxyde rapporté; ces éléments, paraît-il, donnent une capacité de 180 ampères-heure, au régime de 40 ampères avec 375 kgs de poids total pour une batterie de 40 éléments ; tels sont les chiffres qui nous ont été communiqués; nous ne les donnons qu’avec toutes les réserves d’usage, la capacité de 180 ampères-heure étant absolument en dehors de ce que nous sommes habitués avoir pour 9, 3 kgs de poids total par élément.
- La voiture pèse 900 kgs, les accumulateurs entrant dans ce poids pour 40 pour 100. A la vitesse de 13 kms à l’heure, la dépense est de 14 ampères sous 80 volts, soit 77 watts par tonne et par kilomètre de poids total, personnes comprises.
- Le phaéton est muni d’un ampèremètre et voltmètre Wcston combinés, placés sur le garde-
- crotte qui porte en même temps les interrupteurs commandant les lampes servant à l’éclairage extérieur et intérieur. Cette voiture est en résumé fort intéressante par la simplicité de sa conduite, qu’on a cherché à réduire à sa plus simple expression, contrairement à d’autres où les appareils de direction, de réglage et de freinage nécessitent une attention soutenue.
- A. Delasalle.
- L'ALLUMAGE LE GOAZIOU
- Le système d’allumage électrique le plus connu est celui qui est appliqué au tricycle de Dion et de Bouton. Il est représenté schématiquement par la figure 1.
- V v \r
- Fig. {. — Vallumage de Dion-Bouton.
- P désigne une source d’électricité, I est l’inducteur d’une bobine Ruhmkorff dont I' est l’induit. B est la bougie d’allumage reliée aux bornes de l’induit. R est un ressort-lame de contact, et Y sa vis de butée. G est une came interruptrice fixée sur l’axe de la came d’échappement du cylindre moteur; elle porte en E une échancrure où la pointe saillante du ressort R, appelé trembleur, tombe à chaque rotation de la came G, ce qui détermine une. courte fermeture du courant primaire (1). Ce courant part du
- ('Il Par suite de la rapide rotation de la came C, qui fait souvent plus de 000 tours par minute, le
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- pôle + de la pile P; il circule à travers l’inducteur I dans le sens de la flèche ascendante h1, traverse la vis V alors au contact du ressort R et revient au pôle —. Dès l’instant de la fermeture du Courant primaire à travers l’inducteur I, il se développe dans l’induit I' et dans son circuit, on vertu de la loi de Lènz, un courant induit inverse, figuré par la flèche descendante f de sens contraire à E. Ce courant induit pénètre par la tige axiale de la hougie B, passe entre ses deux pointes sous forme d’étincelle de fermeture plus ou moins brillante ou même d’effluve obscure suivant l’intensité du courant primaire, et revient à son point de départ. Au moment où
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- Fig. 3. — L’al'umage Le Gonziou.
- éclate cette étincelle du courant induit inverse, l’hydrocarbure est fortement comprimé dans le cylindre moteur; le supplément de chaleur qu’elle apporte suffit, la plupart du temps, à déterminer l’explosion du mélange tonnant.
- Aussitôt que le circuit primaire est rompu
- ressort R, au moment de sa chute sur sa vis-butoir Y, n’établit qu'une seule fermeture du courant primaire, car le contact est rompu presque aussitôt par l'autre pointe de l'échancrure E, sans qu’il ait le temps d’ouvrir et de fermer plusieurs fois le circuit. Il n’y a donc aucune raison d’appeler trembleur ce simple, ressort de contact. Dans la variante la came inter-ruptrice imaginée par M. Georges Richard, l’échancrure E de la figure 1 est remplacée par une saillie excentrique qui porte le ressort R au contact de la vis V placée du côté opposé du ressort. Le fonctionnement est le même et aussi bon dans l’un que dans l’autre dispositif : il n’y a jamais qu’une seule fermeture de courant par tour de came.
- par la came C, l’hélice I' est parcourue par un courant induit de rupture, direct cette fois, c’est-à-dire de môme sens que le courant inducteur, ce qu’exprime la llèc-hc ascendante f dont la direction est maintenant la môme que celle de la flèche E. Ce courant induit pénètre dans la hougie B par sa pointe latérale, éclate en une forte étincelle entre ses deux pointes et revient par sa tige axiale à son point de départ. Le piston est déjà rendu presque à la fin de sa course active au moment de cette deuxième étincelle qui n’a donc aucune utilité si la première étincelle produit l’inflammation de l’hydrocarbure ; dans le cas contraire, elle survient trop tard pour agir ellicacement, puisque le mélange tonnant n’est plus comprimé et que le piston est près de la fin de sa course.
- La production de deux étincelles, l’une inverse et l’autre, directe, se succédant à deux moments (jui représentent des positions fort différentes du piston moteur, donne donc une solution vicieuse pour l’inflammation du mélange tonnant et contrarie fortement, l’emploi de l’avance à l’allumage dans toute son eJTIcacité. Si l’étincelle de fermeture jointe à l’effet de la compression et de la chaleur de la culasse produit par moments l’allumage suivant les à-coups de la source d’électricité, on ne peut avoir une avance sûre de l’allumage au delà d’un degré très limité, car en basant l’allumage seulement sur l’étincelle de rupture, la deuxième, il serait fréquemment produit par l’étincelle de fermeture, la première, à contre-marche, à un moment où le piston serait encore trop loin de son point mort. Par suite de ces deux effets bien distincts, l’avance à l’allumage n’a donc lieu, en réalité, que dans des limites plus restreintes qu’on ne croit généralement, ce qui prive du plus grand avantage de l’inflammation électrique.
- Cet inconvénient des deux étincelles a été envisagé nettement par un inventeur, M. Le Goaziou, qui expose, à la classe 27 du Groupe de l’Electricité à l’Exposition universelle, un nouveau système d’allumage électrique dans lequel les étincelles induites de fermeture sont supprimées, afin de fonctionner exclusivement avec les étincelles induites de rupture, qui ont d’ailleurs une plus forte tension que les autres étincelles. Ce résultat est obtenu simplement en mettant en court circuit les bornes de l’induit au moment de la production de chaque courant induit de fermeture.
- Ce système est représenté schématiquement par la ligure 2. Pi est la pile, I l’inducteur, l'l’induit, B la hougie d’allumage, P le ressort-lame du circuit primaire, et S le ressort-lame fermant, le court-circuit de l’induit. C est la came d’allumage formée d’un cylindre isolant à deux diamètres comme deux poulies étagées. Il porte à sa surface un secteur secondaire B', et un secteur primaire P' reliés mécaniquement -à l’axe du cylindre C, comme l’expriment les fils pointillés. Cet axe communique avec la niasse métallique M du cylindre mo.teur; le pôle négatif de la pile, la sortie de l’induit E et la pointe latérale d’explosion de la hougie communiquent également
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- avec la masse M, ce qui réduit au strict nécessaire le nombre des conducteurs employés.
- La came G tourne dans le sens de la üèche J. Le secteur secondaire S' est disposé sur le cylindre G en avance par rapport au secteur primaire P', de manière à rencontrer son ressort S avant que le secteur primaire P' rencontre son ressort P. Quand le cylindre G tourne, voici ce qui se produit : d’abord les deux bornes de l’induit 1' sont reliées en court circuit par la masse commune dès que le secteur S’ rencontre son ressort S : en effet la borne supérieure communique en permanence avec la masse M, et la borne inférieure reliée au ressort S est alors également à la masse par l’axe du cylindre G. Au moment où peu après le secteur P rencontre son ressort primaire P, le circuit de la pile Pi est fermé et circule à travers l’inducteur I dans le sens de la ilèclic descendante E. Un courant induit inverse de fermeture, dont le sens est marqué par la flèche ascendante f, naît dans l’induit I', mais il s’écoule entièrement par le court circuit sans résistance qui réunit ses deux bornes sans passer par la bougie B qui offre, à cause de l’écartement de ses deux pointes, une résistance de plus d’un million d’ohms. La rotation du cylindre G continuant, le court circuit des bornes de l’induit s’ouvre sans produire aucun effet électrique; un moment après, le circuit primaire lui-mème est rompu : aussitôt un courant induit direct se développe dans le circuit induit suivant le sens de la flèche descendante f’, passe seulement dans le lil de la bougie, puisque la dérivation par le ressort S est alors isolée, éclate en une forte étincelle entre les pointes d’explosion, d’où il revient enfin à l’induit par la masse commune (1).
- Pour augmenter tla puissance de l’étincelle de
- rupture, on peut placer un condensateur en dérivation sur le circuit primaire aux points d et d', comme on le fait d’habitude dans les bobines d’induction Ruhmkorff.
- Ainsi qu’on le voit, ce système est très simple; il ne nécessite sur le cylindre G qu’un secteur supplémentaire S’ avec un ressort frotteur S. Si l’on supprime ce secteur et son ressort, le fonctionnement du ressort P et de son secteur P' est exactement le même que celui du ressort R et de la came G de la figure I.
- Ce dispositif permet, d’après l’inventeur, d’éliminer complètement l’étincelle induite de fermeture en produisant l’allumage de l’hydrocarbure exclusivement par l’étincelle induite de rupture dont chacun sait que la tension est très forte. L’inflammation est donc très sûre, et l’explosion a toujours lieu, avec une précision mathématique, à l’instant où le secteur P' échappe brusquement au contact de son ressort P. De plus, l’avance à l’allumage peut être poussée à une limite beaucoup plus grande en faisant varier, comme d’habitude, le calage des ressorts frotteurs, ce qui permet de retirer de chaque charge d’hydrocarbure le maximum, de travail avec le maximum d’économie.
- CONVOI AUTOMOBILE BLINDÉ
- POUR L’AFRIQUE DU SUD
- Après les tentatives plus ou moins sérieuses d’automobiles blindées, faites par M. Pennington,
- Convoi, automobile blindé pour l'Afrique du Sud,
- voici un train blindé remorqué par une locomotive routière, que les grands constructeurs anglais, MM. J. Fowler, de Leeds, viennent de fournir au gouvernement anglais. Ce premier train doit être suivi d’autres, et en tout cas il est
- (1) Le secteur primaire P' doit occuper sur le cylindre un espace assez grand afin de prolonger la durée de l’émission du courant primaire. Avec un contact trop bref, le courant inducteur n’a pas le temps d’atteindre son état stable, et le courant induit eu est affaibli. C’est ce qui explique qu’une étincelle unique mais puissante est plus efficace qu’une série de petites étincelles de moindre tension.
- intéressant de donner quelques détails sur cette première réalisation pratique de l’automobile militaire.
- La traction est faite par une machine routière classique. Le train a subi, en Angleterre même, des essais fort satisfaisants ; il monte une côte de 1/11 à pleine charge, et d’ailleurs, comme la machine comporte un treuil, elle peut, au besoin, monter seule, peut remorquer ensuite le train du haut de la pente, en agissant comme un treuil.
- Le train comprend, en outre de la locomotive, trois ou quatre wagons, tous protégés par des plaques spéciales susceptibles de résister aux
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- halles ou aux éclats d'obus. Chacun de ces véhicules peut porter un canon howitzer ou un canon de marine de 7 à 8 centimètres de calibre; mais ils peuvent servir également au transport des
- hommes, des munitions ou des approvisionnements. Le train peut marcher à une allure variant de 3 kil. 2 à 9 kil. 6. Bien entendu, la routière est aussi protégée dans ses parties vitales.
- Wagon du convoi automobile blindé,\fermé.
- Le blindage de cette machine peut s’enlever aisément pour les visites, les réparations, l’entretien.
- Enfin la chaudière est faite pour fonctionner à 12 kil. GO par centimètre carré; le mouve-
- Wagon du convoi automobile blindé, ouvert.
- ment est transmis de l’arbre principal à l’essieu arrière par un train d’engrenages en acier fondu, et bien entendu on a prévu un différentiel. On peut disposer de trois vitesses. Les réservoirs d’eau peuvent suffire à un parcours de 16 à 26 kilométrés. Tous les leviers de manœuvre, robinets, etc., sont pour ainsi dire sous la main du mécanicien, sur le plancher de son abri. La
- suspension sur ressorts à lames et leviers de suspension est telle que la machine peut marcher à bonne vitesse sur des routes particulièrement difficiles.
- Daniel Bellet.
- 1/ALLUMAGE K1TT0
- Cet allumage est d’invention américaine. Il en existe doux variantes.
- Dans sa première forme (lig. 1), l’arbre de distribution D porte une lame isolée E qui ferme le circuit lorsqu’elle passe entre les contact f f des
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- lames flexibles A et A', produisant ainsi l’étincelle d’allumage. '
- Dans la seconde variante (fig. 2), l’arbre de distribution 1) porte une came isolante E2 qui
- sépare au contraire l’une de l’autre les deux lames flexibles A et A' et ne leur permet de se toucher que lorsque leurs contacts a et a' arrivent en face d’une encoche e ménagée dans la came.
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- COURSES
- Paris-Toulouse et retour.
- 25-28 JUILLET
- La course Paris-Toulouse et retour a réuni 76 engagements dont 27 dans la catégorie : voitures, 14 dans la catégorie : voiturettes et 35 dans la catégorie : motocycles. Parmi ces derniers signalons la présence d’une motocyclette.
- Voici la liste des engagements. Les concurrents dont le nom est suivi d’un astérisque sont ceux qui montent des voitures de construction étrangère.
- Voitures. — 1. R. de Knyff, 2. Charron-Yoigt, 3. Gi-rardot, /|. Giraud, 5. Hourgières, 6. Levegb, 7. Degrais, 8. Bosonde Périgord, 9. de Caters*, 10. Jenatzy *, U. Lefebvre *, 12. de ChamproberP, 13. Pinson, lit. Edge *, 13. de Turckheim, 16. de Dietrich, 27. Rrillié, 3^. de Lorys*, 40. Koechlin, 41- Knapp. 42. Guchelet, 62. Ravel, 67. Delahaye, 68. X..., 73. Gaveau, 74- Huguet, 73. An-tony.
- Voiturettes. — 17. Gallois-Renaux, 18. Théry, 19, Fernandez, 20. M. Renault, 21. L. Renault, 22. Grus. 38. Mercier, 39. H. Popp, 50. Ridiez, 51. Gorre, 66. Bayard, 69. Cottereau, 70. Gamus, 72. Schrader et Oury.
- Motocycles. — 23. Osmont, 24. Tart, 25. Gasté, 26. Ronnard (motocyclette), 28. Rardin, 29. Teste, 30. Gleizes, 31. Gollignon, 32. Rardeau, 33. Levasseur, 35. Joyeux, 36. Laurens, 37. üemester, 43. Marcellin, 44. Réconnais, 45. H. Lostc, 46. Goindet, 47. Roulord, 48. Cognac, 49. Yillemain, 52. Denesle, 53. Perrault, 54.
- Rattaïellie, 55. Relisle, 56. F. Clément, 57. Williams, 58. Durand, 59. Cormier, 60. Bourbault, 61. Géo, 63. Caillé, 64. Yial, 65. Fournier, 71. Deckert, 76. Loppard.
- Il est très probable que Charron ne courra pas et sera remplacé par Voigt. Quant à pronostiquer le nom du gagnant, c’est plus que difficile. On dit que les voitures de quelques-uns des concurrents, par exemple celles de Levegh et Gilles Hourgières font du 90 à l’heure. Dans tous les cas, si l’organisation a été bien faite ce sera sûrement une belle course et il est dès à présent plus que probable que le temps du rapide Paris-Toulouse sera battu.
- Au dernier moment, on a dû donner le départ au passage à niveau de Lieusaint au lieu de le donner à Montgeron. On s’est, en effet, aperçu que le passage à niveau était fermé toute la nuit, ce qui eut plutôt gêné les concurrents.
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- Rappelons qu’un concours de voitures de place automobiles et de voitures de livraison doit se faire à Yincennes, les 6, 7, 8, 10 et 11 août 1900.
- Le concours comportera des parcours journaliers de 60 kilomètres à faire en deux fois.
- Seront admis au concours, tous les véhicules munis d’un moteur mécanique, quel qu’en soit le système ; ils comprendront deux classes :
- A. — Xroitures pour service urbain de voyageurs ;
- B. — Voitures de livraison pouvant porter jusqu’à 1.200 kilogr. de charge utile;
- La classe A sera divisée suivant les catégories ci-après :
- I. — a) Les voitures à deux places fermées;
- b) Les voitures à 2 places, découvertes avec capote;
- c) Les voitures mixtes à 2 places pouvant se fermer ou se découvrir instantanément;
- II. — a) Les voitures à 4 places fermées avec galerie pour bagages (30 kilogr. par voyageurs) ;
- b) Les voitures à 4 places découvertes avec capote ;
- III. — Les voitures à 6 places fermées, avec galerie pour bagages (30 kil. par voyageur).
- Pour .tous renseignements s’adresser à l’Automobile-Club de France. 6, place de la Concorde, à Paris.
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- Le motocycliste Joyeux vient de faire en onze jours les 4000 kilomètres du tour de France.
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- Nous avons annoncé que l’Automobile-Club de Belgique désirait voir se recourir la Coupe Gordon-Bennett, et l’intercaler dans la course Paris-Toulouse. Les temps auraient été pris officiellement à hauteur du 550e kilomètre.
- L’Automobile-Club de France se refuse à faire disputer à nouveau le challenge international, mais fera néanmoins constater officiellement les lieures de passage des concurrents au 550e kilomètre. Comme cela, si les gagnants de la Coupe Gordon-Bennett sont battus, leur défaite ne sera
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- pas officielle, et ils ne seront pas forcés de rendre la Coupe.
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- Il est question d’établir le record de la traversée de la Belgique en automobile, d’Arlon à Ostende.
- Si la tentative a lieu, et ce point sera élucidé à brève échéance, elle se fera sous les auspices du Moto-Club de Belgique. Le recordman sera chronométré officiellement.
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- A Brescia, au cours d’une réunion amicale, plusieurs chauffeurs enthousiasmés des succès de la réunion de Padoue, ont décidé â l’unanimité d’organiser un grand meeting automobile pour la première quinzaine de septembre. Par acclamations, on a nommé membres du comité directeur M. le comte Fé d’Ostiani, président, et MM. le comte F. Bettoni Cassago, L. Verrante, A. Guindani et Terenzi, qui travaillent à la rédaction d’un programme qui comprendra plusieurs courses de vitesse, motocycles et voitures, sur piste et sur route, une épreuve de fond et une exposition automobile. Toutes ces épreuves seront dotées de magnifiques allocations.
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- L’Automobile-Club de Grande-Bretagne organise, pour le commencement d’octobre, une épreuve de trois jours pour voitures électriques. On ferait en même temps des épreuves sur la puissance des moteurs et la puissance développée notamment aux côtes.
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- Les essais de montée de côtes se multiplient en Grande-Bretagne ! Un concours avait été organisé par l’English Motor Club, et s’est donné le 7 juillet sur la côte de Tilburstowe, à une trentaine de kilomètres de Londres.
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- Le Mitteldeutscher Automobile Club organise une fête d’été à Eisenach pour les 4 et 5 août, à l’occasion du premier anniversaire de sa fondation.
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- Le concours de poids lourds de la Liverpool
- Self propelled traffic Association.
- Nous avons déjà donné des détails sur l’intéressant concours de poids lourds que la fameuse Association de Liverpool prépare pour le mois de juin de 1901. Ajoutons quelques détails, non point sur les conditions des engagements au concours, ce qui n’a qu’un intérêt un peu étroit, mais sur les points que devront plus spécialement examiner les juges du concours pour baser leur jugement. On va voir qu’un esprit éminemment pratique préside à l’organisation de ce concours.
- Il faut d’abord examiner les frais d’achat du véhicule, puis ses conditions pécuniaires d’ex-
- ploitation, en tenant compte des aides nécessaires pour la conduite. Au point de vue des conditions mécaniques de la marche, on devra examiner l’adhérence des roues sur les surfaces glissantes, en charge ou à vide ; l’odeur, le bruit, les vapeurs visibles, la poussière ou les autres inconvénients possibles. Puis le nombre des mouvements mécaniques qui réclameront l’attention du conducteur, l’efficacité des freins, le temps que demande le véhicule pour être mis en ordre de service. On constatera la vitesse (en se tenant dans les limites légales imposées), la facilité que présente la voiture à se passer de renouveler ses approvisionnements de toute sorte tant qu’elle n’est pas rentrée à son dépôt; on éprouvera de même la faculté qu’elle peut avoir de ne point réclamer des réparations, des graissages, etc., en cours de route.
- Toute une série d’observations devront être faites sur les questions relatives à la construction même du véhicule : rapport du poids mort au poids utile, poids portant sur les roues motrices, nature des roues, des engrenages de commande, efficacité des ressorts, résistance des châssis et des différents organes mécaniques, contenance des réservoirs divers.
- Pour les automobiles à vapeur, on vérifiera les dispositifs imaginés pour assurer un échappement invisible, la productivité de vapeur, l’action des injecteurs, le fonctionnement des niveaux d’eau, les consommations, les fuites, la facilité d’alimentation, etc. Bien entendu, la question de la consommation sera un facteur de preqaière importance pour tous les véhicules. Pour ceux à pétrole, on étudiera spécialement les changements de vitesse, leur douceur, l’inflammation, la carburation, la circulation de l’eau de refroidissement. Enfin, pour les électro-mobiles, on s’assurera que les accumulateurs permettent un parcours de 65 kilomètres sans rechargement, les juges se rendront aussi compte des moyens employés pour varier la décharge, pour déplacer la batterie, de la simplicité du contrôleur.
- Le programme nous semble bien étudié, mais naturellement les organisateurs ont pu profiter de l'expérience acquise en France.
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- Voici les résultats de la course de côte donnée par l’English Motor Club, à Godstone, samedi dernier.
- Motocycles. — 1. C. .larrott, en 1 m. 36 s. 1/5; 2. S. F. Edge, en 1 m. 37 s. q/5 ; 3. G. H. Smith, en 2 m. 12 s. 4/5.
- Voitures. — 1. S. F. Eege (16 ch.) en 2 ni. 15 s. 3/5; 2. Weguelin (12 ch.) en 2 m. 19 s.
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- La course annuelle de 100 milles, donnée par l’Anerley Bicycle Club pour la coupe « Carwa-dine », d’une valeur de 300 guinées (7875 francs), réservée aux amateurs, s’est courue le samedi 21 juillet sur la piste du Crystal Palace. Cette course est avec entraîneurs, mais les motocycles ne sont pas admis à entraîner!
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- Lors de la fête nationale du 4 juillet, à Brid-geport, dans le Connecticut, on n’a pas manqué d’organiser une parade d’automobiles avec trophée de récompense à la voiture la mieux présentée.
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- Tout dernièrement, une course d’automobiles a été tentée de bon matin à Boston, entre un Français Albert Champion et un élève du Harvard College. Mais les policemen veillaient et ils arrêtèrent les deux coureurs, qui durent passer devant le juge et se voir condamner à une amende.
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- Nous avons déjà dit qu’une grande exposition d’automobiles se tiendrait au Washington Park, à Chicago, du 31 juillet au 4 août. Elle sera accompagnée d’importants concours, entre véhicule de même nature. Chaque concurrent pourra faire admettre 3 voitures, dont un poids lourd. Les courses et essais de manœuvres se feront au milieu d’obstacles de toute sorte, de mannequins figurant des passants. Des épreuves spéciales seront faites au point de vue de la levée des boites aux lettres par des automobiles.
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- Exposition universelle do 1900
- Il arrive une désagréable aventure aux .organisateurs du concours de fiacres de l’Automobile-Club. Ce concours passionne tellement les masses qu’on ne peut pas arriver à trouver un nombre suffisant de commissaires. On est obligé de chercher des braves gens qui voudront bien avaler une conférence ou deux pour apprendre à lire les instruments de mesure. Cela présage peut-être bien des erreurs de lecture. Aussi s’empresse-t-on de prévenir les personnes compétentes qui voudraient bien se déranger qu’on pourra leur offrir des honoraires. Où sont donc les enthousiastes du début?
- A Vincennes, la classe 30 commence à rece-vior de nombreux visiteurs. La section française est complètement terminée, ainsi que la très intéressante section allemande. Ce sont, du reste, les seules, la section anglaise commençant à peine à déballer ses caisses.
- C’est égal, on y aura mis le temps.
- Parmi les exposants de la réunion Automobile de Padoue, nous citerons la société italienne Bernardi, la société Prinetti et Stucchi, la maison Beuder et Martiny, la société Alberti de Flo-
- rence, puis des voitures Benz et Panhard Levas-sor sont exposées par des particuliers. Nous aurions encore à signaler la société milanaise Fraschini et Isotta, l’Agence automobile de Milan, avec les marques les plus diverses.
- L’exposition permanente de Berlin.
- Les plus marquantes personnalités de la finance et du monde industriel se sont concertées à Berlin pour créer dans cette ville une exposition permanente d’automobiles, dont le. but immédiat est de mettre en contact direct le producteur et l’acheteur. Dans ce dernier, une société au capital restreint a été formée. Elle embrasse, dans son ensemble, les automobiles destinées au transport des personnes, les automobiles pour poids lourds, les cycles avec voiturettes de remorque, comme aussi les pièces détachées de matériel, des modèles, des dessins, etc.
- L’emplacement de cette exposition permanente ayant un caractère international puisque les fabricants de tous pays sont invités à y envoyer leurs produits se trouve dans le voisinage de la gare de Friedrichstrasse, dans une situation centrale facilement accessible pour tous les moyens de transport en commerce. Les bureaux de la 1 firection se trouve Dorotheenstrasse n° 6 à Berlin où l’on peut s’adresser pour tous renseignements.
- Exposons, à ce propos, la nouveauté sensationnelle introduite par M. Fréund, directeur de l’entreprise. La difficulté d’ordre financier qu’entraînerait pour les exposants d’avoir un représentant permanent à leurs stands jointe au peu d’attention que le public accorde aux prospectus, tandis qu’au contraire, il s’empresse aux explications verbales sur la construction, la puissance, la manutention, les délais de fourniture des appareils exposés, a fait surgir l’application d’un système original de communication aux intéressés.
- Pour résoudre à la fois tous les problèmes sortis de cette difficulté" fondamentale, on a recours à l’intervention du phonographe. La Direction s’est procuré quelques instruments de ce genre ainsi qu’un certain nombre de rouleaux de cire correspondant environ au nombre des exposants. A chaque objet exposé est ajoutée une notice contenant ses principales données descriptives qui sont confiées seulement au pho-, nographe pour préparer un enregistrement de la parole sur le rouleau affecté à chaque exposant.
- Un visiteur désire-t-il quelques explications, îl s’adresse à l’employé désigné à cet effet, qui établit le rouleau sur le phonographe et met celui-ci à la disposition du questionneur. L’appareil ne reproduit pas le texte inscrit sur le cylindre avec hâte et précipitation, mais il est entièrement placé sous la volonté de l’intéressé qui est maître d’interrompre ou de reprendre facultativement la communication phonographique. L’instrument est pourvu d’un commutateur qui donne à l’auditeur le moyen de conduire la conversation dont il est protagoniste passif suivant l’intérêt particulier qui s’en dégage person-
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- nellement pour lui; il peut, pour prendre des notes, arrêter le deroulement de l’instrument, puis de nouveau le remettre en fonctionnement.
- Il est bon de douter que ce système d’informations appliqué dans une galerie d’exposition comporte des avantages appréciables.
- Le 8 septembre, doit se tenir à Breslau une exposition sanitaire d’hygiène et de premier secours où une place sera faite aux automobiles, même au point de vue. international.
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- A l’occasion de l’Exposition internationale d’automobiles qui doit avoir lieu en 1901, à Glasgow, on construit un automobilodrome dont la piste en ciment aura une épaisseur de 15 cm. Les courbes seront tracées pour une vitesse de 56 km à l’heure. Les tribunes seront érigées pour contenir 25 000 spectateurs.
- Un concours sera organisé entre automobiles munies de moteurs d’une puissance de 30 ou de 50 chevaux.
- Mais, d’ici là, on est autorisé à croire que la vitesse de 56 km à l’heure sera largement dépassée et il sera bon de prévoir et de construire les virages pour des vitesses doubles.
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé en quelques mots, il doit se tenir en septembre, à Tren-ton, dans l’Etat de New-Jersey, une foire entre Etats qui se fera remarquer par une exposition d’automobiles et par des courses de voitures mécaniques. Chose à noter, on ne payera rien pour les emplacements occupés. Quant aux courses, il y en aura pour les trois types connus de force motrice : vapeur, pétrole et électricité, sur une distance de 5 milles, puis un championnat de l’Omilles et, enfin, une course pour les seuls membres des clubs d’Amérique. Les concours n’auront lieu que s’ils réunissent au moins trois partants.
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- LES AUTOMOBILES SUR BOUTES
- On essaye actuellement d’organiser à Barcelone un service d’omnibus automobiles.
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- On constitue activement en Andalousie une société de transports automobiles de Séville à Villamanrique, Santa Alalla, Aracena, Puebla, Utrera, Castilbianco, avec des voitures électriques pour le transport des voyageurs et des automobiles à vapeur pour les marchandises. Ce serait des véhicules du poids de 1,500 kilogs en moyenne.
- La Société Pereira, Mesa y Cia, autrement dit 1’ « Automobile Galicienne », réussit dans son service de voyageurs entre la Corogne et Santiago.
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- On voit circuler en ce moment dans les rues de Grenade des automobiles qui vont assurer le service public sur Motril. Les essais ont pleinement réussi.
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- La société espagnole d’Automobiles, de Yalla-dolid, se prépare à inaugurer ses services de Yalladolid à Zamora, de Médina à Puebla, de Segovie à la Granja.
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- M. Nisbot Blair, ingénieur de la Commission municipale de Saint-Pancras, en Angleterre, est convaincu qu’on ne pourra pas obtenir des rues en bon état de propreté tant que subsistera partiellement la traction au moyen des chevaux.
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- A ajouter au nombre de plus en plus grand de voitures automobiles sur routes en Angleterre : deux omnibus mécaniques viennent d’être autorisés à circuler entre Ilastings et Bulverhythe.
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- On parle d’établir un vrai réseau d’automobiles sur routes pour desservir les diverses localités de Staten Island notamment, qui servent de villégiature aux habitants de New-York.
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- Notre confrère The Automobile vient d’avoir l’excellente idée d’ouvrir une nouvelle rubrique intitulée : « Les bonnes routes », où il relève tout ce qui se rapporte à cette question importante partout, mais spécialement en Amérique.
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- La ville de Montclair, aux Etats-Unis, cherche à remplacer les tramways par des voitures automobiles dans ses rues.
- La ville d’Elizabeth, dans l’Etat de New-Jersey, se propose d’établir une ligne d’automobiles qui desservirait sa banlieue en allant jusqu’à Mor-ristown, c’est-à-dire à une distance de plus de 27 kilomètres.
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- Les petites villes américaines comme Wil-mington, dans l’état de Delawarc, commencent à se doter de services d’omnibus automobiles.
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- La Compagnie de transports sur routes dite « xùberdeen Motor Service C° », va mettre en service des automobiles entre Ballater et Brae-mar, pour transporter les touristes débarquant à la gare terminus de Ballater.
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- Au commencement do ce mois s’est tenu à Port Huron. dans l’Etat de Michigan, un « congrès des Bonnes routes ». La question préoccupe de plus en plus les Américains, et les fermiers devront de bonnes voies de terre à l’initiative des chauffeurs.
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- La Columbia and Electric Vehicle C° achève d’organiser à Hartford un service de messageries et transport de petits paqüets au moyen de m otocycles.
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- La ville de Puehlo, dans le Colorado, va sous peu posséder un service d’automobiles publiques, au lieu d’une ligne de tramways à trolley dont le projet n’a pu aboutir.
- Une Compagnie, dite « Compania de Transportes de Matagapa », vient de se fonder au Nicaragua, avec l’appui du gouvernement, pour créer des services de transports sur routes au moyen de trains automobiles, entre les villes non desservies par les voies ferrées et les stations les plus voisines.
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- A-TRAVERS LA PRESSE
- Remercions notre excellent confrère Horseless Age pour la note aimable qu’il consacre à la Locomotion Automobile. Nous sommes heureux de voir que les efforts incessants que nous faisons pour que notre journal soit absolument bien fait, à tous les points de vue, ne passent pas inaperçus de nos lecteurs de la France et de l’étranger.
- M. E. Higgins vient de publier dans Horseless Age une série de graphiques ou plutôt d’abaques permettant de résoudre rapidement la plupart des calculs qui s’imposent dans la construction des automobiles. L’un donne le rapport de la vitesse du véhicule en milles par heure et du diamètre et du nombre de révolutions des roues par minute, puis le rapport des vitesses des arbres auxiliaires ou de l’arbre du moteur et des roues. Un autre montre le pourcentage des rampes et la puissance demandée dans les conditions les plus diverses.
- L’Automobile Magazine vient de consacrer un article bien fait et bien illustré à la tentative peu heureuse de M. de Lamare, en Alaska.
- Notre excellent confrère Motor Age a consacré une partie de son dernier numéro de juin à une curieuse revue illustrée de l’histoire de l’automo-
- bile, où il donne notamment une photographie de la première voiture à vapeur de Serpollet.
- Un journal américain, le New-York Times, conseille de munir toute automobile d’un régulateur qui couperait automatiquement la commande de force motrice et ferait fonctionner les freins chaque fois qu’une vitesse maxima à déterminer serait atteinte !
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- TRIBUNAUX
- Appelé récidiviste en pleine audience du tribunal de simple police, par le juge Becker, M. Ernest Archdeacon vient d’adresser à ce juge de paix la lettre suivante :
- Neuilly, 18 juillet,
- 118, boulevard Bineau.
- Monsieur,
- .l’apprends que vous m’avez fait l’insigne honneur, à l’appel de ma cause, et en pleine audience du 11 juillet dernier, de me traiter de récidiviste.
- Il me semble qu’un magistrat soucieux avant tout de prouver son impartialité, devrait mesurer un peu mieux la portée et vérifier l’exactitude d’un qualificatif outrageant employé par lui dans la solennité d’une audience publique.
- Quel qu’en soit votre désir, non seulement je ne suis pas récidiviste, mais je n’ai jamais été condamné pour excès de vitesse.
- La seule fois que j’ai comparu en justice pour ce fait était le 26 mai dernier, et ayant eu la chance de prouver l'inanité de l’accusation à un magistrat impartial, j'ai été acquitté haut la main.
- Je veux espérer que j’aurai les mêmes chances à la prochaine audience.
- Recevez, monsieur, mes salutations empressées.
- Ernest Archdeacon.
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- TRIBUNE LIBRE
- Nous recevons la lettre suivante :
- Monsieur,
- La lecture de votre intéressant article du 5 juillet sur les bateaux automobile» me suggère certaines réflexions que je me décide à vous communiquer.
- En 1891, le professeur Langley, de Washington, publia, sous le titre « Experiments in Aerodynamics, « un mémoire des plus importants sur le fonctionnement des plans se déplaçant horizontalement dans l’air.
- Le principe des aéroplanes était déjà connu, mais c’est la première fois, à ma connaissance, que des relations numériques sérieuses étaient établies entre les divers facteurs de leur fonctionnement : vitesse, inclinaison sur l’horizon, puissance de sustentation par unité de surface, travail de déplacement, etc.
- Les conclusions de ce beau travail expérimental étaient des plus encourageantes pour l’avenir des aéroplanes.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Pourquoi cet espoir ne fut-il pas réalisé?
- Parce que la stabilité constitue un problème additionnel de première importance, inaccessible aux recherches de laboratoire et d’autant plus difficile à étudier in anima vili que la surface et la vitesse de l’aéroplane sont considérables, par principe.
- Je me suis toujours étonné que la question n’ait pas été transportée sur l’eau où les lois générales formulées par Langley pour l’air conservent certaine-, ment leur valeur.
- La masse spécifique de l’eau est incomparablement plus grande que celle de l'air, d’où la possibilité d’opérer avec un appareil de dimensions réduites et d’étudier à vitesse réduite les conditions de la stabilité.
- Notez, en effet, qu’en modifiant l’inclinaison des plans sur l'horizontale, on peut avec un môme travail moteur réaliser, à volonté, des vitesses très différentes et théoriquement quelconques.
- Le problème ne fût-il résolu que sur l’eau, nous serions en possession d’un appareil, — bien spécial, il est vrai, — mais se déplaçant à des vitesses inconnues jusqu’ici.
- Je me garderai bien de préjuger les détails de construction d’un appareil « hydroplane », mais j’ai la conviction que nos moyens industriels vaincraient aisément la difficulté.
- Des occupations d’un ordre différent, quoique scientifique, ne m’ont jamais permis de poursuivre la mise en pratique de cette idée.
- Mais ne la croyez-vous pas digne d’intéresser un de ces constructeurs ou de ces amateurs éclairés auxquels nous devons les beaux et récents progrès de la locomotion automobile?
- En me tenant à votre disposition pour tout éclaircissement complémentaire, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée.
- II. Copaux,
- Chef de travaux pratiques à l’École de physique et chimie.
- 2, rue Cassini, Paris.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — On vient d’introduire en Angleterre une nouvelle réglementation sur l’emmagasinage du pétrole, ou du moins à l’essence, plus spécialement et tout particulièrement à celui que l’on détient pour la consommation des automobiles. Il faut des récipients solides et sans fuite; avec une inscription Caractéristique sauf quand l’essence se trouve dans un réservoir formant partie intégrante de la voiture. La capacité des récipients ne devra pas dépasser 9 litres ; le total d’un approvisionnement n’excédera point 270 litres, et il ne pourra se trouver que dans un bâtiment isolé des lieux d’habitation, suffisamment ventilé. Il y a encore d’autres clauses minutieuses que nous passons sous silence.
- — Quand une de nos lanternes fume, cela peut provenir de la mèche ou de l’huile. Dans le premier cas, prenez une nouvelle mèche que vous aurez trempée dans le vinaigre et fait sécher ensuite; dans le second cas, jetez un petit morceau de camphre dans votre huile
- — La Nature signale la mise en exploitation régulière d’une mine naturelle de savon. Cette mine d’un nouveau genre se trouve à Ashcroft, dans la Colombie
- britannique, et produit du savon composé de borax et de soude, utilisable tel que pour l’industrie et l’économie domestique. Au lieu d’avoir à incorporer de l’huile ou de la graine avec une quantité donnée de soude caustique en faisant bouillir le mélange dans des cuves en bois, ainsi que cela se pratique habituellement dans les fabriques de savon, il suffit de laisser se solidifier à l’air libre une sorte d’argile très fluide que l’on l’encontre en couches assez épaisses près d’un lac situé aux environs de la ville. Cette espèce de glaise prend bientôt la consistance du savon, tout en consentant sa couleur un peu grise, et peut se découper en briques ou en pains pour être livrés immédiatement et sans autre préparation au commerce. La môme revue annonce qu’on a découvert depuis quelques années trois mines de savon naturel aux Etats-Unis, l’une dans le Névada, la deuxième dans le Dakota, la troisième en Californie, mais qu’elles n’ont point encore été mises en exploitation.
- — L'Electrical Review signale la disparition de plus en plus complète des écuries qui renfermaient autrefois l'innombrable cavalerie des tramways de New-York. La traction mécanique a supplanté les chevaux et a forcé de chercher une autre utilisation aux écuries ; beaucoup sont devenues des halls où l’on a installé dès usines génératrices du courant électrique.
- — D’après un rapport fait au gouvernement français par un géologue, M. Neuburgher, il y aurait dans la province d’Oran, en Algérie, un gisement d’environ 100 km de long extrêmement riche en pétrole, rivalisant avec les riches districts de Bakou et de Galicie.
- — Un Allemand vient de faire breveter des bandages qui conservent toute leur élasticité, et ne peuvent cependant se vider, comme ceux qui sont gonflés d’air, quand ils viennent à être percés. Il les remplit d’une matière plastique faite de gélatine et de glycérine, introduite à chaud, qui prend en formant une masse spongieuse. Il y a toute une préparation antiseptique pour l’empêcher de fermenter.
- — Nous trouvons dans VElektrochemische Zeitschrift l’indication d’un procédé d’amalgamation des zincs des piles électriques qui donne, parait-il, de très bons résultats. Voici en quoi il consiste. On prépare une solution presque saturée de sulfate mercurique neutre dans l’eau et on y ajoute la quantité d'acide sulfurique nécessaire pour opérer complètement la dissolution. Cela fait, on mélange cette solution avec de l’acide oxalique, jusqu’à ce qu'on obtienne une masse grisâtre ayant la consistance d’une crème; on y ajoute encore un peu de sel ammoniac. Il suffit alors d’enduire les zincs de cette mixture, après quoi on les frotte fortement.. Les zincs ainsi amalgamés résistent bien mieux aux acides et aux sels que ceux qui sont amalgamés par le procédé ordinaire. Si on ne les utilise pas immédiatement, il convient de les laisser bien sécher.
- — Si vous employez une lampe à acétylène, tâchez qu’on ne vous trompe pas sur la qualité du carbure de calcium que vous emploierez, et pour cela essayez-le, tout simplement en regardant le résidu qu’il laisse. S’il est impur et de mauvaise qualité, le résidu qu’il laissera sera d’une coloration ardoisée sombre; au contraire, sa pureté s’accusera par la coloration particulièrement blanche du résidu en question.
- Le Directeur-Gérant : YUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 31.
- 2 Août 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de France
- ABONNEMENTS France, Un An, 15 fr.; Étranger, 20 fr. LE NUMÉRO 50 Centimes. ADMINISTRATION ET RÉDACTION Rue Chauveau -Lagarde, ft — Paris
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 31.
- L'avenir de l’automobile, Gérard Laver g ne. — Echos.
- — La voiture électrique Joël, Daniel Bellet. — Le moteur kainz. — La direction électrique de Heatli.
- — La voiturette « la plus simple ». — Automobile de police. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton, J. Wol/f. — Courses : Paris-Toulouse et retour. — A travers la presse. — Exposition universelle de 1900. — Courrier industriel.
- L’AVENIR DE L’AUTOMOBILE
- L’automobile traverse une mauvaise passe : de tous côtés on récrimine contre elle !
- Il n’est pas jusqu’à l’Académie qui ne semble avoir cédé au désir de contrarier les chauffeurs, en infligeant, — ou essayant d’infliger, — au mot un genre que se sont jusqu’ici, et en bonne logique, croyons-nous, refusés à lui reconnaître presque tous ceux qui s’occupent de la chose.
- Nous voyons dans cette levée de boucliers deux éléments : l’une des manifestations ordinaires de ce déplorable travers de l’esprit humain, que M. Ch. Richet a si bien stigmatisé sous le nom de néophobie (la peur du nouveau), et aussi, il faut bien le dire, la réaction que devaient forcément amener contre tous les chauffeurs les excès de quelques-uns.
- Nous aurions tort, pourtant, non pas de nous émouvoir, — nous devons tenir un juste compte des préventions que nous avons soulevées, — mais de croire la partie compromise : l’automobile est bien partie, partie pour ne plus s’arrêter. Et c’est d’elle, assurément, qu’on peut dire : Vires acquirit eundo. Il n’est pas une personne sensée qui en doute.
- Erreur! nous dira-t-on. Vous oubliez
- que l'automobile n’en est pas à son premier départ.
- Déjà, en Angleterre, vers 1830, elle avait pris un essor remarquable : Hancock, avec des voitures munies de son ingénieuse chaudière, le docteur Cburcb, Scott Russe!, bien d’autres, exécutaient, dans la banlieue de Londres, des services automobiles publics à des vitesses qui atteignaient 24 kilomètres à l’heure... Et il a suffi du fameux Locomotive act de 1830 pour arrêter ce bel élan! Qui vous dit que nous n’assistons pas encore, en 1900, à un faux départ de l’automobile?
- Qui nous le dit? Un raisonnement bien simple.
- La tentative automobile, née du fardier de Cugnot, en 1769, et dont le plus bel épanouissement a eu lieu vers 1830, en Angleterre, n’était pas viable : à tous les points de vue, elle arrivait avant son heure.
- Assurément, le Locomotive act, ce règlement insensé qui imposait aux voitures mécaniques, dont la raison est d’être rapides, l’obligation de se faire précéder par un homme marchant au pas et armé, — ô ironie des couleurs ! — d’un drapeau rouge, n’était pas fait pour lui prêter longue vie. Mais, en admettant que pareil règlement n’eût pas été arraché à la complaisance du Parlement par la coalition des intérêts qui se croyaient menacés : compagnies de chemins de fer et de roulage, usagers ordinaires de la voie publique, nous croyons fort que les nouvelles entreprises, à défaut de la mort violente qui les supprime, seraient bien mortes d’elles-mêmes, de langueur et d’épuisement.
- Nous en trouvons une preuve dans ce témoignage de l’époque, qu’a exhumé M. Forestier, et qui attribue l’insuccès des transports automobiles anglais à l’imperfection du mécanisme, à la fréquence et à la gravité des dérangements, à la grande consommation des chaudières, aux taxes qu’assez légitimement leur réclamaient les
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- corporations chargées de l’entretien des routes.
- Et nous n'avons pas le droit de nous étonner qu’avec les moyens de construction dont on disposait alors, avec des pièces moulées en fonte toujours cassante ou péniblement amenées par le forgeage à leur profil plus ou moins tourmenté, les voitures ne fussent lourdes, chères, peu solides, et ne donnassent lieu à de fréquentes avaries.
- Et puis, les mœurs ne réclamaient pas de moyens de locomotion rapides : les chemins de fer n’avaient pas encore créé ce besoin de communications et de déplacements, qui forment, pour les êtres et pour les choses, le fond de la vie moderne.
- L’enfant, vous dis-je, n’était pas viable!
- Mais aujourd'hui il en va tout autrement.
- En 1830, on ne disposait que du seul moteur à vapeur. Les difficultés qu’on éprouve encore, avec les générateurs pourtant si perfectionnés qu’on sait réaliser, à faire adopter cc moteur pour les voitures légères, les détériorations qu’occasionnent aux routes les véhicules lourds montrent que son emploi n’est pas sans offrir de sérieux inconvénients.
- Aujourd’hui on a le moteur électrique qui est, à certains points de vue, le moteur de traction idéal, qui le sera complètement lorsque l’accumulateur sera devenu économique et durable.
- On a surtout le moteur à pétrole, qui, né d’hier, et malgré le peu d’élasticité qu’on lui reproche, a des qualités de légèreté, de puissance et de ravitaillement facile, qui le rendent éminemment précieux pour l'usage automobile.
- Pour la construction de ce moteur et des autres organes de la voiture, qui doivent être d’une solidité à toute épreuve, on a des matériaux de premier choix, dont on ne disposait pas il y a vingt ans, et au premier rang desquels il faut placer l’acier moderne. Pur ou additionné de quelques substances, comme le nickel, le chrome, l’aluminium, il a des qualités d’homogénité, de résistance, de ténacité, de trempe, de soudabilité, qui font de lui la hase de la construction actuelle : le moulage qui, il y a quinze ans, ne se pratiquait pour ainsi dire pas avec lui. et dont l’Exposition montre le magnifique développement (la consommation d’acier moulé, qui n’était que de 30,000 tonnes en 1889, est passée à 200,000 en 1900), permet de faire, à des prix modérés, les pièces les plus compliquées et les plus solides. Il
- faut encore citer l’aluminium, si précieux pour les carters, les caisses et autres pièces qui n’ont pas besoin d’être très résistantes, et dont on a intérêt à diminuer le poids. Le bronze, les métaux anti-friction ont été aussi fort perfectionnés.
- Et, pour travailler ces métaux de choix, on dispose, grâce surtout au génie pratique des Américains, de tout un ensemble de machines-outils, plus ingénieuses et plus économiques les unes que les autres, qui travaillent l’acier dur, rectifient les pièces après la trempe et livrent dans des conditions de vitesse, d’uniformité et de fini irréprochables les organes les plus compliqués de nos voitures. M. de Chasse-loup-Laubat avait bien raison de le dire aux membres du Congrès de l’Automobile, qui, dans leurs visites d’usines, étaient surtout émerveillés par l’outillage de ces grands ateliers : l’automobile est fille de la machine-outil.
- Pour les transmissions, qui sont pourtant dans l’automobile actuelle la partie la plus défectueuse, on a des engrenages parfaitement taillés, qui, tournant dans un bain d’huile, ne s’usent pas trop et ne consomment pour ainsi dire pas de force ; des chaînes qui ne se cassent plus que rarement; des courroies bien supérieures à celles qu’on faisait il y a dix ans. Les ressorts, les essieux, les roues sont aussi d'une solidité remarquable.
- Nous ne voulons pas dire que tout cela ne sera pas beaucoup perfectionné. Nous sommes, au contraire, certain que des améliorations énormes seront apportées au moteur, qui sera rendu plus élastique; aux transmissions, (fui n’absorberont plus en pure perte 50 0/0 de la force quelles sont chargées de porter jusqu’à la jante des roues motrices; à tous les organes, enfin, qui restent encore défectueux.
- Mais tels quels, et pour les raisons que nous venons de donner, qui ne datent d’ailleurs que d’hier, ces mécanismes permettent un sûr et bon service. Et, dès à présent, l’automobile est mûre pour la route.
- La route, je veux dire les mœurs sont-elles mûres pour l'automobile? Notre vie compliquée et fiévreuse, assoiffée de mouvement et de vitesse, me dispense de répondre.
- Voilà pourquoi l’automobile, qui n’était pas viable en 1830, est sûre aujourd’hui de son lendemain.
- G-éhahd Lavekgne.
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- ÉCHOS
- Le bureau du Moto-Club de France a admis, le 27 juillet, 28 nouveaux membres, ce qui porte à 584 le nombre des sociétaires.
- Le siège social du Moto-Club est définitivement choisi. C’est un entresol de la rue Meyer-beer, au n° 4, à coté du Vélo, mais la jeune association n’y transportera ses pénates qu’au mois d’octobre. En attendant elle conserve son siège provisoire dans les bureaux du Vélo.
- Dès le second jour de son arrivée S. M. I. Mouzaffer-ed-Dine, shah de Perse, a voulu s’initier aux joies de l’Automobile. On avait amené une voiture dans le jardin du palais des souverains. Le shah s’en est fait longuement expliquer le mécanisme. Espérons pour lui qu’il aura compris. Il est ensuite monté dans la voiture avec S. E. Yézir-é-Derbar et deux autres personnes de sa suite et il a fallu que, sortant du palais, on lui fasse monter et descendre à toute vitesse l’avenue Malakoff, de la place d’Evlau à l'avenue du Bois-de-Boulogne.
- Les agents. cyclistes étaient navrés de ne .pas pouvoir lui dresser un bon procès-verbal.
- Comme conclusion le shah a déclaré qu'il espérait trouver mieux à l'Exposition.
- Il est, du reste, allé visiter la classe 30 mercredi dernier.
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- Billes Ilourgières a essayé, dans la course Paris-Toulouse, qui s’est si mal terminée pour lui puisqu’il a été victime d'un accident dû à un charretier maladroit, un filet destiné à cueillir au passage les clous entrant dans les pneumatiques.
- La théorie est que le clou se pique seulement au premier contact avec la roue, et qu’il ne s’enfonce définitivement dans le pneu que lorsque, la roue ayant tourné, il revient en contact avec le sol. En faisant toucher très légèrement le pneumatique par un filet métallique, on pourrait donc cueillir les clous avant qu’ils ne soient entrés profondément dans l'enveloppe.
- Signalons l’idée. Elle est peut-être lionne.
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- Cette année, à la distribution des prix du lycée Janson de Sailly, le discours d’usage a été prononcé par notre excellent confrère, Albert Petit, professeur d’histoire audit lycée en même temps que rédacteur saiVélo.
- Albert Petit a eu autant de succès comme orateur qu’il en a comme écrivain sportif.
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- Nous mentionnons plus haut l’accident sans gravité survenu à Gilles Hourgières dans la course Paris-Toulouse.
- Signalons l’amabilité avec laquelle M. Adam, sous-préfet de Bien, a fait transporter Billes
- Hourgières à la sous-préfecture, où il a reçu les premiers soins.
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- La maison' Darracq vient de terminer la construction d’une voiture de course avec moteur de cinquante chevaux.
- Ce serait tout à fait le moment de lancer un défi à Levegh, le vainqueur de Paris-Toulouse, ou à la cent-chevaux d’Albert Lemaître, pour un petit match sensationnel.
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- A propos d’un concours de fiacres qui va se faire à Yincennes et pour lequel on n’arrive, chose bizarre, à trouver ni concurrents ni commissaires, le Figaro annonce que les engagements sont reçus « 0, place de la Concorde, chez M. Forestier. »
- Nous nous imaginions naïvement que le seul locataire de l’hotel Pastoret, sis à cette adresse, était l’Automobile-Club de France.
- Puisque le Figaro affirme que M. Forestier est, au contraire, le seul maître de la maison, nous n’avons qu’à le croire sur parole.
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- Au Congrès international d’hygiène et de démographie, qui tiendra ses séances du 10 au 17 août, on traitera de « l’hygiène de l’automobiliste ». Rapporteur : M. le LF Briand, membre du Conseil d’administration du Touring-Club, et de « la Chambre d’hôtel au point de vue de l’hygiène ». Rapporteur : M. Gustave Rives, membre du Comité de FAutomobile-Club de France.
- On devient membre du Congrès en envoyant 25 francs à M. le IP A. Martin, secrétaire général, 21, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
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- Notre excellent confrère Georges Prade, qui traite avec beaucoup de talent les questions d’automobile dans le Vélo, a été atteint d’une insolation en suivant la course Paris-Toulouse.
- Rien de grave heureusement.
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- Aix-les-Bains est de plus en plus envahi par les chauffeurs. Dilférents accidents d’automobiles se sont produits cette semaine; au col de la Dent du Chat, M. Lëwengard a dù interrompre son excursion ainsi que M. Harold Mello, de Lausanne, les voitures n’ont été que peu endommagées et ont été réparées à Aix.
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- M. de Farconnot, président de F Automobile-Club de Marseille, est arrivé à Vichy, avec sa nouvelle voiture.
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- Les travaux de la route de la Nouvelle-Corniche sont poussés activement dans le département du Var. On s’y met dans les Alpes-Maritimes et il y a lieu d’espérer que tout marchera
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- cotte fois saus les lenteurs administratives habituelles.
- Le total des souscriptions recueillies à Saint-Raphaël et à Cannes atteint déjà une dizaine de mille francs.
- * *
- Parmi les nouveaux adeptes de l’automobile sur la Côte d’Azur, nous devons signaler M. Le Moël, de Cannes, qui vient de recevoir une superbe voiturette de 3 chevaux; M. Schmalzer, hôte du Golfe Juan, propriétaire de plusieurs chaloupes à vapeur, vient d’acquérir une voiture de 7 chevaux.
- * *
- Une médaille d’honneur a été décernée à M. Nivière, dépositaire du poste de secours du T. G. F., à Mandelieu, près de Cannes, pour son dévouement et son extrême complaisance envers les cyclistes et chauffeurs.
- Le maire de Cabourg a pris un arrêté pour interdire la circulation des automobiles et des motocycles sur le chemin vicinal ordinaire de la Divette.
- ¥ *
- M. Maurice Berson, notre correspondant de Rouen, propose un mot nouveau pour remplacer le vocable : « chauffeur », honni de notre éminent collaborateur Baudry de Sannier.
- Ce mot est : « autoïste. »
- Nous ne pouvons que lancer le mot. Reste à savoir quel accueil lui fera le public.
- Eu nous envoyant son mot, M. Maurice Berson, nous écrit que l’Automobile-Club Normand a inauguré son garage, 4, boulevard d’Orléans, le 24 juillet. Son installation est très soignée. Ce garage a 200 mètres de superficie, il contient une cour de lavage, une fosse pour les réparations, un lavabo et une salle de lecture. Un gardien y est, jour et nuit, à la disposition des intéressés.
- Le banquet, des mieux réussis, avait réuni une cinquantaine de convives sous la présidence de Ballif, président du Touring-Club de France.
- Citons parmi eux MM. Bridoux, président de la Société; docteur Bellencontre, Mouy, A. Le-marchand, Bonnemain, R. Dieusy, Ch. Boni-face, Chaudrillier, Ridiez, Feugère, Marical, Dionot, Millevove, Raine, Ménage, Yertracte, G. Dieuzy, etc. Au champagne M. Bridoux a, dans une petite allocution très humoristique, rappelé que le Club a créé ce garage sans la moindre idée d’en faire une affaire commerciale car les bénéfices seront intégralement versés dans la .caisse du Club. Il a également bien démontré que ce ne sera pas une concurrence au commerce local, car les sociétaires devront toujours pour les grosses avaries de route, recourir aux praticiens. Il a terminé en rappelant que l’Automobile-Club Normand n’est pas une société de sport, mais un Club ne s’occupant que du
- tourisme. M. Ballif a porté un toast à la prospérité de l’Automobile-Club Normand et a offert au président une médaille de vermeil qui sera donnée comme prix dans le prochain concours de tourisme que va organiser la nouvelle association.
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- M. Paul JDeschanel, président de la Chambre des députés, a profité d’un voyage à Nantes pour faire de nombreuses excursions en auto.
- Une seule chose le gène : la trompe. Il préfère la sonnette.
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- Le comité du Moto-Club de Belgique tient séance tous les vendredis, et chaque fois fait de la bonne besogne. Le comité de défense judiciaire sera présidé par l’avocat Ch. de Reine, le sportsman très connu; il suivra de près la jurisprudence en matière automobile et défendra gratuitement les membres poursuivis indûment. Des délégués ont été nommés un peu partout. A Louvain, M. Delin; à Tirlemont, M. Struynen; à Binant, le marquis de Rosée; à Rocliefort, M. N. Pigeon; à Liège, M. Hua; à Virton, M. Capon; à Nivelles, M. Henriot. A chaque séance, on admet de nouveaux membres. Le M. C. B. compte déjà 125 adeptes. C’est un joli résultat, car il y a à peine un mois qu’on s’-en occupe.
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- Parmi les sportmens qui assistaient aux courses de chevaux de Spa, pendant la semaine dernière, la grande semaine, se trouvaient plusieurs fervents de l’automobile : MM. les barons Pierre, Jean et Joseph de Crawliez, comte de Liedekerke, baron Luden, chevalier de Bauer, etc.
- Parmi les chauffeurs au long cours de la Belgique, signalons M. le baron Pierre de Crawliez, parti pour excursionner aux environs de Cologne, Coblentz, Bonn, etc. Yoici l’itinéraire que l’on se proposait de suivre jusque Diekircli : Namur, Yvoir, Spontin, Ciney, Ciergnon, Yillers, Lesse, Lomprez, Recogne, Neufchateaux, Florenville, Yillers devant Luxembourg, Diekirch. De là les touristes gagneront les bords du Rhin.
- M. Guders manie le volant en ce moment du côté de la Jungfrau, et autres sites alpestres.
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- L’Automobile-Club rhénan a fixé son siège Alter Fritz Str. U. 6, à Mannheim. Son président est M. Eug. Benz et le secrétaire, M. F. Wal-lack.
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- La ville bavaroise de Munich possède un cercle automobile. Ce nouveau groupement qui rassemble la plupart des automobilistes les plus anciens et les plus renommés de Munich et de la Bavière entièrp se propose, outre l’attention à prêter aux plus importantes questions relatives aux courses, d’être en même temps un conseil indépendant et impartial par l’institution d’une
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- commission de jurisprudence et technique à la fois. Les personnes qui n’en sont que membres peuvent même en obtenir les renseignements les plus scrupuleux et cela à titre gratuit.
- Le comité de direction est composé de MM. Outel, fabricant; D1' Ernst Speer, médecin; Georges Büttner, industriel; M Ostenrieder, architecte; Fréd. Reiner, industriel; Paul Schad, négociant; H. Both, commerçant; H. Helldoïfer, ingénieur.
- * *
- La fabrique d’automobiles de Dietrich de Nie-derbronn (Alsace) dont le stand à l’Exposition de Francfort occupe une superficie de 100 mètres carrés a assuré ses produits exposés contre l’incendie pour une valeur de 100,000 francs.
- * *
- L’Automobile-Club de Styrie a acquis une première automobile qu’il met, sans frais, à la disposition de ses membres pour les leçons de conduite. Au café « Kaiserhof » il a placé une boîte aux lettres où tous, même les personnes qui n’appartiennent pas au cercle, peuvent déposer des demandes auxquelles répond avec empressement le comité.
- Aux dernières .courses de chevaux d’Ascot, le nombre des voitures automobiles était vraiment extraordinaire, l’entrée de ces voitures mécaniques étant absolument libre en Angleterre sur les champs de courses, et nous devons ajouter que parmi les marques représentées on voyait une Panhard et Levassor et une Delahaye.
- *•
- * *
- Deux chauffeurs bien connus à Paris, MM. Si-cot et Iiouxel, viennent d’arriver à Vienne, venant de Paris en automobile. Sur une voiture de huit chevaux, ils ont dévoré le ruban de 1,400 kilomètres en moins de cinq jours.
- MM. Sicot et Rouxel étaient en excellent état, ainsi du reste que leur véhicule qui a été pour les Viennois l’objet d’une curiosité bien compréhensible.
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- Les propriétaires d’omnibus et. dé fiacres d’Aberdeen viennent de faire une levée de boucliers contre l’introduction des automobiles dans leur ville. Dans une réunion récente, ils ont alïirmé que les moto-cars ne sont qu’un fiasco monstrueux. Alors qu’ils ne s’inquiètent pas.
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- Un constructeur américain se plaignait tout récemment, et avec quelque peu de raison, que bon nombre de chauffeurs ne connaissent pas le maniement de leur machine : ils se lamentent au premier accroc et font appel au constructeur alors que le plus souvent ils pourraient tout réparer en sachant quelques principes élémentaires.
- * V
- Dans une conférence faite récemment par M. A. Herschmann devant l’American Sociely of Mechanical Engineers, l’auteur a exprimé l’opinion un peu bizarre que, actuellement, aucun type de bandages en caoutchouc ne peut donner satisfaction pour les roues d’une automobile de livraison devant porter au moins une tonne.
- * *
- Il paraît qu’à Washington il n’existe pas encore de texte permettant de punir quiconque fait usage d’une automobile ne lui appartenant pas, en y montant quand elle est à l’arrêt, et en la mettant en mouvement pour une petite promenade. Un mauvais plaisant qui s’était livré à ce petit jeu a été acquitté et l’on va prendre une ordonnance sur la matière.
- Les chauffeurs qui circulent dans les rues de New-York ne se doutent pas qu’ils sont passibles d’une amende de 500 dollars comme « faisant circuler des animaux sauvages, etc. », du moins quand leur voiture est à vapeur. C’est pourtant le texte de la section 640 du Gode pénal. « Sera puni d’une amende de 500 dollars au plus et d’un emprisonnement d’un an au plus, quiconque fera circuler sur les routes des animaux sauvages ou dangereux, ou des véhicules ou machines mues par la vapeur, sauf sur une voie ferrée ! »
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- M. Maxim de la « Columbia Electric Vehicle G° » a fait dernièrement le voyage de Philadelphie à New-York sans recharger son automobile électrique ; il faut dire qu’à la fin du voyage le voltage avait baissé de façon fort inquiétante.
- Les compagnies de voitures électriques de Chicago viennent de disposer trois de leurs véhicules pour en faire des voitures d’ambulances qu’on peut demander d’un point quelconque de la ville en cas d’accident.
- L’automobilisme fait de rapides progrès à Philadelphie, les magasins de vente, les ateliers de réparations se multiplient en même temps que les propriétaires de véhicules mécaniques.
- Le club des cyclistes est même sur le point de se faire installer des remises pour automobiles.
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- Une voiture automobile à vapeur Thomson vient d’effectuer heureusement un parcours de près de 800 kilomètres en Australie, de Bathurst à Melbourne; et cela malgré le mauvais état des chemins.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La voiture en question est assez élégante de forme et intéressante de dispositions mécaniques et autres, pour que nous fassious profiter nos lecteurs des indications que donne à son sujet le Motor-Car Journal. Disons tout de suite qu’elle sort des ateliers du « National Motor Carriage Syndicale » de Londres.
- Nous ne dirons que peu de choses de son châssis et de sa caisse, en renvoyant le lecteur à
- notre dessin. Les roues ont 0m,91 de diamètre; la largeur de 1a. voie est de J111,37 et l’empattement de ces roues atteint Im,67. La force motrice est fournie par deux petits moteurs électriques commandant les deux roues arrière par l’intermédiaire d’une chaîne à maillons ordinaire qui passe d'une part sur un pignon prolongeant l’axe du moteur et de l’autre sur une couronne dentée lixée sur les rais de la roue. Ces moteurs sont montés sur un châssis indépendant et à ressorts. Us reçoivent leur courant de deux batteries placées de façon invisible sous le siège d’avant, et sous le siège d’arrière.
- La commande et 1a. direction se font fort sim-
- La Voiture électrique Joël.
- plement. Les moteurs, qui sont de l’invention de M. Joël, permettent une marche rapide sans vibrations ni bruit à une bonne allure ; ils sont, chacun d’une puissance de deux chevaux indiqués ; ils travaillent sous 40 volts et tournent à 600 ou 700 révolutions par minute, leur poids est seulement de 51 kilos. Ajoutons d’ailleurs qu’ils peuvent aisément donner trois chevaux. Les armatures, au lieu de ce qui se passe normalement, tournent autour du champ magnétique, si bien qu’elles jouent le rôle de volant régulateur. Sans insister autrement, nous dirons que ces aimants ont douze pôles, par paires opposées, qu’ils sont disposés suivant un cercle; l’enroulement, de l’armature est extrêmement simple, et combiné de telle sorte_qu’elle assure an moteur
- un faible poids et une efficacité très grande. Cette armature n’est, paraît-il, pas du tout sensible, elle est susceptible de supporter impunément des surcharges de J 00 0/0
- Ces moteurs sont entièrement enfermés quand ils fonctionnent, et ils tournent dans les deux sens sans aucune difficulté, sans laisser échapper des étincelles. Nous ne parlerons pas à nouveau du châssis secondaire supportant les moteurs, d’autant que la ligure ci-jointe fait saisir fort bien cette disposition, qui a l’avantage de permettre de monter ces moteurs pour ainsi dire sous la première automobile venue. Ses batteries sont du type Rosenthal, elles comprennent 40 éléments, et elles pèsent ensemble 430 kilos à peu près ; elles donnentjme décharge
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- de 20 ampères pendant 7 heures, et peuvent même donner 40 ampères sans inconvénient.
- Un contrôleur commutateur électrique permet de prendre 5 vitesses, respectivement de 3, 6, 8,
- 10 et 42 milles à l’heure, et une marche arrière à 3 milles ; ce contrôleur se manœuvre en avant pour la marche avant et en arrière pour le recul.
- 11 permet aussi de coupler les éléments pour ce chargement. Enfin, grâce à l’excitation séparée du champ magnétique, les moteurs peuvent être employés comme freins, et l’on peut d’autre part atteindre une vitesse de 20 milles. La charge
- permet un parcours de 50 milles (80 kilomètr es sans arrêt.
- Daniel Bellet.
- LE MOTEUR KAINZ
- Le moteur Kainz est monocylindrique vertical et à quatre temps. Il tourne à 1800 tours par
- minute, alésage 86 mm sur 96 mm de course. Il fait 4 1/2 chevaux, l’allumage est électrique ou magnéto-électrique. Son caractère spécifique est l'absence de refroidissement par eau. Avec des ailettes bien étudiées et sur un motocycle un moteur de mêmes dimensions ne chaufferait pas. Mais le moteur Kainz est spécialement construit pour être appliqué à des voiturettes où le refroidissement par ailettes est plus difficile. Il produit donc lui-môme le courant d’air nécessaire à son refroidissement, et cela à mesure que l’on fait travailler le moteur. Le courant d’air est moins fort en palier que sur une côte où le moteur tourne à pleine vitesse. Deux ventilateurs entourent entièrement le cylindre. Celui de dessous aspire de l’air frais et le refoule contre les parois du cylindre vers la culasse, le second ventilateur aspire cet air les refoule au dehors. Dans la ligure 2 on voit le ventilateur du haut.
- Le moteur est ainsi toujours enveloppé dans un tourbillon d’air froid. Ce refroidissement par l’air est, d’après l’inventeur, plus efficace que le refroidissement à l’eau, car l’air servant au
- refroidissement a une température invariable, tandis que l’eau, malgré l’emploi d’un radiateur, prend vite la température d’ébullition.
- Les avantages du moteur Kainz sont : l’absence d’un refroidissement par eau et par suite la suppression de tous les organes accessoires, tuyauterie, réservoirs, radiateurs, pompes, etc., une simplicité plus grande de la construction et une économie de poids. Le refroidissement est d’autre part, plus régulier.
- Les ventilateurs sont construits en aluminium et montés sur des roulements à billes.
- Il serait intéressant que l’on expérimentât cet appareil d’une façon sérieuse.
- DIRECTION ÉLECTRIQUE DE HEATH
- L’invention qui est due à M. Ilarry E. Heath, de Windsor, dans l’Etat de Connecticut, n’a be-
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- soin que d’une bieu courte description, étant données les figures que nous en reproduisons. La commande de l’avant-train est assurée par une vis sans fin engrenant dans un secteur denté (ce qui est fort ordinaire), mais cette vis est mue par un petit, moteur électrique que l’on aperçoit, sur la figure, et qui est absolument indépendant des moteurs ou du moteur assurant le déplacement du véhicule. Les mouvements du moteur et, par suite, les inclinaisons de l’avant-train sont donc sous la dépendance étroite des mouvements que l’on donne au contrôleur.
- Les extrémités des fils du controleur viennent se terminer sur la table de l’avant-train, le bras de contact est porté par la caisse du véhicule et oscille autour d’un pont coïncidant avec la che-
- ville ouvrière. Il est maintenu normalement hors de contact par des ressorts, comme le montre la figure 3. Mais quand le levier montré dans 1a. figure 4 est mis en mouvement, le bras de contact vient prendre une des positions analogues à celle qui est. indiquée, dans la figure 3. Le courant arrive alors au moteur pour faire tourner l’armature dans l'une ou l’autre, direction, et bien entendu l’avant-train suit. Mais les extrémités des fils du contrôleur sont obligées de se mouvoir avec la table de l’avant-train et que le bras de contact demeure, au contraire, immobile, les fils du contrôleur se trouvent séparés, le courant, est coupé, et, les roues motrices ne reçoivent plus aucune impulsion de rotation. L’angle donné à l’avant-train dépendra du reste du point ex-
- Direction électrique de llealli.
- trème auquel on aura porté le bras de contact en agissant sur le levier.
- Un mouvement inverse de celui-ci ramènera l’avant-train en ligne droite.
- La combinaison est. ingénieuse et, semble pratique.
- I). B.
- La voiturette “ la plus simple
- En attendant que nous puissions présenter à nos lecteurs la description complète de l’intéressante voiturette, justement dénommée « la plus simple » construite dans les ateliers de René Legros à Fécamp (Seine-Inférieure), signalons ce modèle parmi les nouveautés figurant au Cliamp-(le-Mars.
- Cette voiturette se distingue par l’extrême
- simplicité du mécanisme qui est réduit, à sa plus simple expression. D’une robustesse, remarquable, les organes bien étudiés et logiquement disposés nécessitent donc le minimum d’entretien.
- Grâce à la puissance du moteur, très efficacement refroidi par la place qu’il occupe à l’avant, tout à fait à l'air libre (il développe 4 chevaux d’une façon constante), la voiturette gravit aisément. à la petite vitesse avec ‘250 ou 260 Uilo^ grammes de voyageurs ou bagages et à bonne allure des côtes d’au moins 12 0 0. En palier on atteint 30 à 35 kilomètres à l’heure.
- Il y a deux freins : le premier, doué d’une 'grande énergie, agit par une pédale sur l’axe intermédiaire du différentiel; le second, actionné par un levier, fait friction sur les moyeux des roues arrière-motrices.
- L’allumage est électrique avec avance variable et réglable ; le circuit se rompt par la pression du pied sur une pédale.
- La voiturette ne pèse en ordre de marche que 230 à 240 kilogrammes.
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- Le seul engrenage d’entrainement de l’essieu arrière tourne toujours ainsi que ce dernier, dans un bain d’huile qu’on ne renouvelle que tous les 800 kilomètres environ. Il en est, de même des engrenages du démultiplicateur. En grande vi-
- tesse ces engrenages ne tournent pas, par conséquent il n’y a aucun bruit, ni mesure, ni déperdition de force.
- Le prix de cette voiturette à trois places n’est que de 1,000 francs.
- La-Voilurette “ la plus simple”.
- Avec cette voiturette M. K. Legros a exposé aussi au Champ-de-Mars l’intéressante voiture électrique (système R. Legros et A. Meynier) que nous avons décrite dans un précédent numéro.
- AUTOMOBILE DE POLICE
- On commence de plus en plus à recourir aux voitures automobiles pour les services munici-
- paux de sécurité. La municipalité d’Akron, dans l’Ohio, vient de se faire construire une automobile dite « de patrouille », qui est fort bien comprise. La puissance motrice est fournie par des batteries qui commandent deux moteurs électriques de 4 ch; le contrôleur est en avant le long du tablier, la direction se fait au moyen d’un volant actionnant un segment denté et une couronne dépendant de l’avant-train. Tout cela se voit assez bien dans la gravure que nous reproduisons d’après notre confrère The Automobile. Le véhicule comporte une lanterne, un gong d’avertissement, deux freins, dont un à
- Automobile de police.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- main, agit sur une poulie clavetée sur l’essieu arrière, tandis que le frein à pédale agit sur les bandages des roues (ce qui n’est pas très heureux).
- La voiture a une longueur de 3 m sur 1,20 m de large ; son poids n’est que de 2500 kg en ordre de marche. Les batteries sont chargées sur les circuits de la ville.
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- GUIDE DE ROUTE
- DE LA
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les numéros précédents.)
- Détails concernant l’allumage.
- 161. Entretien du trembleur. — La came du trem-bleur est montée sur l’arbre du moteur et se trouve graissée par l'huile du carter.
- Lorsque l’on démonte le trembleur, il est utile de le replacer très d'aplomb, afin qu’il vibre normalement.
- Si l’on démontait la came d’allumage, le montage doit se faire avec plus de soin encore. Si, par exemple, la goupille qui arrête la plaque se trouve trop longue ou insuffisamment fixée, il peut en résulter un faux contact en pleine avance à rallumage; cela par Je rapprochement du trembleur et de la goupille.
- 162. — Il n’est pas moins utile de signaler qu’après un nettoyage, un séchage trop complet de la came d'allumage, si l’on n’a pas soin de la graisser avec un peu d’huile, il se produit un grincement et comme des soubresauts du trembleur sur la came qui gênent l’allumage, au point, parfois, d’empêcher la voiture de partir.
- Après avoir graissé la came comme on amorcerait une plume neuve, il n’y aura plus jamais à s’en occuper, son graissage se poursuivant par l'huile du carter.
- 163. — L’huile répandue sur la came favorise donc le glissement du trembleur, mais il est bien, lorsqu’il y a excès, de sécher les surfaces latérales de la came, à défaut de quoi l'huile peut gagner le contact platiné, voire même l’attache du trembleur et provoquer de ce fait des intermittences de l’étincelle, en quel cas, on devra nettoyer :
- 1° Le contact platiné qui se trouve au milieu même, du trembleur; il suffira, s’il est simplement gras, de le sécher par interpositions répétées d’un linge sec ou à défaut d’une simple feuille de papier.
- 2° Si le contact platiné est plus que gras, s’il y a encrassement, on démontera le trembleur afin de vérifier également son attache dont l’encrassement peut diminuer l’intensité de l’étincelle ou la supprimer entièrement.
- Nettoyer, en ce cas, avec la toile émeri n° o, ou gratter avec un canif, un tournevis, etc.
- 3° Après un long usage, soit 2 ou 3000 kilomètres, on s’assurera que le platine fixé à la pastille du trembleur ou celui de la vis de contact, ne soit pas désagrégé, en quel cas, on remplacerait celle de ces deux pièces qui serait défectueuse.
- 164. — Si l’on ne veut être arrêté en route, vérifier de temps à autre, — avant une longue course, par exemple, — la vibration du trembleur. C’est là où doit se porter toute l’attention. Voici pourquoi :
- A chaque évolution de la came, la pastille chutant
- avec une certaine force sur la vis platinée, il en résulte forcément, après un nombre considérable de vibrations, soit une usure du platine, qui fait que le contact s’affaiblit progressivement, jusqu’au moment où il devient insuffisant et occasionne des ratés d’étincelles, qui se traduisent par des secousses à chaque reprise intermittente de rallumage.
- 165. — Vérification du trembleur par l’étincelle sur la masse. — En route, si la marche devenait irrégulière, s’il se produisait des à-coups, quoique l’avance à l’allumage et la carburation semblent bien réglées, vérifier de suite le trembleur comme suit :
- 1° Retirer la boite protectrice du trembleur, en dévissant les deux écrous à queue qui la retiennent;
- 2° Déplacer la voiture, en l’avançant ou la reculant, jusqu’à ce que la partie extrême et massive du trembleur, entre dans l’encoche de la came, sans qu’elle touche cette dernière (caler au besoin la voiture pour l’immobiliser).
- Si le volant est au débrayage, il suffit d’agir sur le manchon d’accouplement.
- 3° Dévisser le fil vers la bougie;
- 4° La cheville étant en place, mettre l'interrupteur sur l’indice marche (mais durant le moins de temps possible, la dépense d’électricité devenant continue, tant que le trembleur est dans l’encoche).
- 5° Avec la main droite, rapprocher l’extrémité du fil dévissé à 4 ou 5 millimètres d’un point quelconque du moteur.
- 6° De l’autre main, faire vibrer le trembleur, soit avec, le doigt, ou mieux encore avec une allumette, qui imprimera au trembleur des vibrations plus légères, plus normales; l’allumette protégera entre autres des très inoffensives secousses électriques (que l’on ne ressent d’ailleurs que dans Je cas où l’on rapproche trop le fil de la masse, ou la main même, pendant que l’on touche au trembleur).
- 7° A la moindre vibration, si rallumage est bon, si le trembleur se trouve en état comme indiqué n° 161, l’étincelle doit se produire franchement entre le fil et la masse.
- Si les vibrations du trembleur sont mauvaises, remettre l’interrupteur à l’indice arrêt et procéder comme suit au réglage.
- 166. — Réc/laç/e du trembleur. — Pour que le trembleur soit bien réglé, il faut, son extrémité étant dans l’encoche de la came, que la pastille appuie sur la vis platinée, juste assez pour y maintenir prisonnière une feuille de papier; si le trembleur appuie trop, ou s’il n’appuie pas assez — ce qui souvent est le cas — dévisser ou visser la vis platinée, après avoir préalablement desserré la vis de serrage, que l’on aura soin finalement de bien resserrer afin qu’elle pince fermement la vis platinée.
- 11 est à remarquer que lorsque la pastille n’appuie pas assez, autrement dit, lorsque le trembleur est réglé trop mollement, il arrive qu’en arrêtant finalement la vis de serrage, cette dernière rend plus mou encore le réglage.
- Si, d’autre part, après avoir placé le couvercle de l’allumeur, l’on serre trop son ecrou supérieur, il en résulte un fléchissement de la plaque d’ivorine qui achève le déréglage du trembleur, alors que l’on se figure au contraire l’avoir réglé.
- Il n’y a aucun inconvénient à serrer un peu plus fortement l’écrou à queue du bas, mais celui du haut (vers la partie aiguë de la boîte) sera donc peu serré.
- 167. — En résumé, la marche produisant des vibrations légères du trembleur, co dernier sera bien réglé lorsque l’étincelle se produira nettement par des vibrations d’essai de même force; à cet effet, visser ou dévisser la vis platinée jusqu’à ce qu’elle repousse égèrement le trembleur.
- Ceci fait, on remettra l’interrupteur à marche;
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- l’allumage alors, s’il péchait par le réglage du trem-bleur, doit se bien produire.
- (Voir 163 pour l’entretien des parties platinées.)
- .1. Wolff.
- COURSES
- Paris-Toulouse et retour.
- Qui dira que les courses de vitesse n’intéressent plus personne. Il y avait, le 25 juillet, à trois heures du matin, au passage à niveau de Lieu-saint, près de six cents spectateurs qui n’avaient pas craint de passer une nuit blanche pour assister au départ des concurrents pour leur première étape de Paris-Toulouse, 721 kilomètres 500 mètres.
- Ce départ a été donné, de deux en deux minutes, à partir le 3 h. 55 du matin.
- 1. R. de Knytr,
- 2. Yoigt,
- 3. Girardot,
- 4. E. Giraud,
- 5. G. Hourgières,
- 6. Levegh,
- 8. Roson de Périgord,
- 13. Pinson,
- 15. De Turckheini,
- 20. Renault aîné,
- 21. Renault jeune,
- 22. Grus,
- 23. Osmont.
- 24. Tart,
- 25. Gasté,
- 26. Bonnard,
- 27. Brillié,
- 28. Bardin,
- 29. Teste,
- 30. Gleize,
- 31. Gollignon,
- 32. Bardeau,
- 33. Levasseur,
- 11. Lefebvre,
- 34. De Lorys,
- 35. Joyeux,
- 36. Laurens,
- 37. Demester,
- 38. Mercier,
- 43. Marcellin,
- 14. Edge,
- 44. Béconnais,
- 42. Cuclielet,
- 45. Loste,
- 46. Coindet,
- 49. Villemain, bl*. Corre,
- 53. Perrault,
- 55. Delisle,
- 56. Clément,
- 58. Durand,
- 61. Geo,
- 62. Ravel,
- 63. Caillé,
- 64. Vial,
- 65. Fournier,
- 69. Cottereau,
- voiture. , . . 3 h. 55
- — 3 57
- — 3 59
- — 4 . 1
- — 4 3
- — 4 5
- — 4 7
- — 4 9
- — 4 11
- voilurette . . 4 13
- — 4 15
- — 4 17
- motocycle . . 4 19
- — 4 21
- — 4 23
- motocyclette. 4 25
- voiture. . . . 4 27
- motocycle . . 4 29
- — 4 31
- — 4 33
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- — 4 37
- — 4 39
- voiture. . . . 4 41
- — 4 43
- motocycle . . 4 45
- — 4 47
- — 4 49
- voiturette . . 4 51
- motocycle . . 4 53
- voiture. . . . 4 55
- motocycle . . 4 57
- voiture. . . . 4 59
- motocycle . . 5 1
- — 5 3
- — 5 5
- voiturette . . 5 7
- motocycle . . 5 9
- — 5 11
- ' — 5 13
- — 5 15
- — 5 17
- voiture.-. . . 5 19
- motocycle. . 5 21
- — 5 23
- — 5 25
- voiturette . . 5 27
- 70. Camus,
- 72. Schrader et Oury,
- 73. Gaveau,
- 75. Antonv,
- 77. Ollier,"
- 74. Huguet,
- — 5 h. 29 m.
- — 5 31
- voiture. ... 5 33
- — 5 35
- — 5 37
- — 5 42
- Les numéros 11 (Lefebvre), 14 (Edge), 42 (Cu-chelet) et 74 (Huguet) ne sont pas partis à leur rang.
- Cuchelet n’était pas en faute, mais les trois autres se sont présentés en retard sans motif valable.
- A Fontainebleau, un incident malencontreux. La route a été barrée de 6 h. 21 à 7 h. 13 à cause des écoles à feu.
- Pendant toute cette première journée, la chaleur a été torride. Les pneus fondaient littéralement. Les crevaisons se multipliaient. Hourgières a cassé son différentiel, Girardot a un accident de bielle, Bardin casse son carter, Renault et Cottereau ont cassé leurs voiturettes.
- Voici le classement de la première journée, traversée de villes non déduites :
- Voitures.
- Levegli, 13 h. 13 m. 25 s.; Giraud, 14 h. 58 m. 34 s.; Yoigt, 15 h. 54 m.;
- Pinson, 15 h. 16 m. 21 s. Antonv, 17 h. 19 m. 24 s.; Turckheini, 21 h. 10 m. 17 s.. Brillié, 26 h. 42 m. 5 s.; Ravel, 29 h. 53 m.
- Voiture! les. L. Renault, 21 h. 34 m. 55 s.; Schrader et Oury, 30 h. 7 m.
- Motocycles.
- Teste, 14 h. 40 m. 32 s.; Gollignon, 17 h. 11 m. 45 s.; Bardin, 17 h. 13 m.
- Gasté, 18 h. 44 m. 52 s.; Gleizes, 24 h. 32 m. 19 s.; Demester, 24 h. 42 m. 10 s.; Fournier, 29 h. 53 m.;
- Vial, 32 h. 44 s.
- Le 26 juillet, les voitures ont été exposées au Pré Catelan, où elles ont obtenu un succès de curiosité. Le soir, l’Automobile-Club toulousain a offert aux concurrents un punch plein de cordialité.
- Le 27 juillet comportait le parcours Toulouse-Limoges, 351 kilomètres. Yroici les heures de départ :
- Levegh . . . 6 h 20 m.
- Giraud. . . . 6 35
- Voigt. . . . 6 39
- Teste.... 6 55
- Pinson . . . 7 5
- Bardin . . . 7 17
- Gollignon . . 7 23
- Antony . . . 7 29
- Gasté. . . . 7 32
- De Turckeim . 7 35
- Renault. . . 7 35
- Gleizes . . . 7 37
- Demester . . 7 39
- Brillié . . < 7 Al
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Gilles Hourgières . . . . 7 h. 43
- Ravel . . 7 [\j
- Fournier , . 7 46
- Vial , . 7 48
- Schrader et Oury. . . . . 7 49
- A 200 mètres du départ, Levegli a crevé ses deux pneumatiques d’arrière. Il en est résulté pour lui un retard d’nn quart d’heure.
- Les accidents de pneus ont, du reste, continué ce second jour, Pinson, Antony; Hourgières. Yial culbute sur un chien et se blesse. Deckert tombe dans un fossé par suite de la maladresse d’un charretier.
- Voici le classement de la seconde journée, traversées de villes non déduites.
- Voitures.
- Voigt, 5 b. 43 ni. 49 s.;
- Pinson, 6 h. 1 m. 48 s.;
- Levegh, 6 b. il m. 1. s.;
- Hourgières, 6 b. 14 m. 15 s.:
- Giraud, 6 h. 14 ni. 40 s.
- Antony, 6 b. 37 m. 46 s.;
- Ravel, 6 b. 47 m. 27 s.:
- Brillié, 8 b. 54 ni. 2 s.
- Motocycles.
- Teste, 6 h. 45 m. 55 s.;
- Demester, 7 h. 28 m. 29 s.;
- Collignon, 7 b. 29 m. 14 s.:
- Gleizes, 8 h. 5 m. 13 s.;
- Bnrdin, 8 h. 20 ni. 32 s.
- Gasté, 8 b. 59 m. 4 s.
- Voituretles.
- D. Renault, 8 b. 47 m. 1 s.
- Le classement des deux premières journées, traversées de villes non déduites, est le suivant :
- Voitures.
- Levegh, 19 b. 24 ni. 26 s.;
- Voigt, 20 h. 45 ni. 43 s.;
- Giraud, 21 b. 13 m. 24 s.;
- Pinson, 21 h. 18 m. 9 s.;
- Antony, 22 h. 57 m. 10 s.;
- Hourgières. 36 b. 32 ni. 4 s.;
- Rrillié, 35 g. 32 m. 4 s.;
- Ravel, 36 b. 40 m. 27 s.
- Teste, 21 b. 26 ni. 20 s.;
- Collignon, 24 h. 42 m.;
- Bardin, 25 h. 45 ni.;
- Gasté, 27 11. 43 m. 4 s.;
- Beiucster, 32 h. 10 m. 39 s.;
- Gleizes, 32 h. 37 m. 13 s.
- Y oit ure lies.
- L. Renault, 30 1T. 21 m. 56 s.
- L’étape Limoges-Lieusaint (370 kilomètres) a été signalée par un accident survenu à Gilles Hourgières par l’imprudence d’un charretier. Rien de grave, heureusement, pour le sympathique chauffeur.
- Le classement de Limoges-Lieusaint, traversées de villes non .déduites, est le suivant :
- Voitures.
- 1. Pinson, en 6 b. 44 m. 18 s.;
- 2. Voigt, en 7 h. 16 m, 20 s^
- 3. Levegh, en 7 h. 19 ni. 27 s.;
- 4. Giraud, en 7 li. 32 m. 44 s.;
- 5. Antony, en 9 h. 41 ni.;
- 6. Ravel, én 9 h. 50 ni.;
- 7. De Turckeini, en 9 b. 5 ni.;
- 8. Brillié, en 14 In 17 ni.
- Motocycles.
- 1. Fournier, en 8 h. 13 ni. 43 s.:
- 2. Bardin, en 8 b. 13 ni. 51 s.;
- 3. Teste, en 8 h. 25 m. 56 s.;
- 4. Gasté, en 8 h. 35 m. 47 s.;
- 5. Collignon, en 8 h. 39 ni. 10 s.:
- 6. Gleizes, en 9 h. 32 ni. 48 s.
- Voituretles.
- 1. Renault, en 10 h. 4 m. 50 s.
- Quant au classement final, pour les 1456 kilomètres du parcours total, il est, traversées de villes non déduites, établi de la façon suivante :
- Voitures.
- 1. Levegh, en 26 h. 43 m. 53 s.;
- 2. Voigt, en 28 h. 2 ni. 7 s.;
- 3. Pinson, en 28 b. 3 m, 16 s.:
- 4- Giraud, en 28 b. 46 m. 6 s.;
- 5. Antony, en 32 b. 38 m.;
- 6. De Turckeini, en 43 h.;
- 7. Ravel, en 46 h. 30 ni.
- 8. Brillié, en 49 h. 49 m.
- Voituretles.
- 1. Renault, en 40 b. 27 m. 40 s.
- 2. Schrader et Oury, en 50 h. 36 m. 1 s.
- 3. Grus, en 51 h. 53 m.
- Motocycles.
- 1. Teste, en 29 h. 51 111. 53 s.;
- 2. Collignon, en 33 h. 21 m. 16 s.;
- 3. Bardin, en 33 b. 48 m. 51 s.;
- 4. Gasté, en 36 b. 18 m. 51 s.;
- 5. Gleizes, en 42 h.*9 ni.
- L’exposition à A'incennes des voitures ayant pris part à la course aobtenuun très grand succès.
- Remarqué sir David Salomons et le comte de Talleyrand-Périgord.'
- La voiture de Levegh, quatre cylindres, 55 chevaux, poids 1100 kilos, était toute fleurie. Elle était très entourée.
- Nous ne pouvons donner encore les temps réels, la Commission sportive de l’Automobile-Club de France n’ayant, pu terminer tous ses calculs de vérification. Il paraît que le second et le troisième sont si près l’un de l’autre, en temps réels, que l’on hésite encore à les classer et que l’on va, dans tous les cas, demander pour eux des prix de valeur égale.
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- On s’est étonné de ne pas Voir figurer au départ de la course Paris-Toulouse les deux voitures Delahaye qui étaient engagées pour prendre part à cette épreuve.
- Ces deux voitures du style nouveau de course et de construction toute récente étaient pourvues respectivement de moteurs de 14 et 20 chevaux, et aux essais, il y a un ou deux mois, avaient atteint aisément des vitesses de 70 et 80 kilomètres à l’heure.
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- Seulement ce n’est pas tout d’avoir le véhicule, il faut avoir aussi le conducteur, et si les ouvriers mécaniciens se risquaient bien à réaliser ces vitesses sur des parcours connus et assez courts, ils se tâtaient un peu avant d’affirmer qu’ils les piloteraient à cette allure moyenne par monts et par vaux sur 1500 kilomètres, qu’ils escaladeraient le Plateau Central et le dévaleraient ensuite « tant que cela pourrait ».
- Les braves gens se sont si bien tâtés que les voitures n’ont pas pu partir.
- Heureusement qu’il n’en sera pas de même aux prochaines courses, car la maison Delahave prend dès maintenant ses précautions pour y être dignement représentée.
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- L’Automobile-Club de la Dordogne vient de faire un vrai tour de force à l’occasion de la course Paris-Toulouse.
- Par suite des modifications apportées à la dernière heure à l’itinéraire de la course, Péri-gueux s’est trouvé compris dans le parcours. L’Automobile-Club de la Dordogne avisé seulement trois ou quatre jours auparavant, a rapidement pris ses dispositions pour organiser les contrôles d’arrivée et de départ, la ville étant neutralisée, et aussi pour aviser les communes traversées, signaler les points dangereux et jalonner les bifurcations.
- Heureusement que le bureau de l’A. C. D. n’en est pas à ses débuts et tout a été vite fait et bien fait.
- Le contrôle d’arrivée était tenu par MM. Didon et de Bellumières, et celui du départ, où les coureurs ont trouvé tout ce qu’ils désiraient pour ravitailler leurs machines et aussi pour se rafraîchir eux-mêmes, était tenu par MM. le comte de Fayolle, président de l’A. G. D., et le comte d’Orgy.
- Les coureurs sont arrivés pour la plupart très fatigués et beaucoup d’entre eux ont eu grand besoin de la coupe de champagne qui leur était offerte pour se remonter le moral et remonter à leur tour sur leurs machines.
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- Nous avons déjà donne le programme détaillé des courses de vitesse organisées à Spa par l’Automobile-Club de Belgique. Rappelons que ces courses sont les suivantes :
- 26 août. — Voitures de plus de 400 kilos : Spa-Bastogne-Marehe-Aywaille-Spa, 185 kilomètres.
- 2" août. — Voilurettes de moins de 400 kilos : Spa-Vielsalm-Fraiture-Bomal-Aywaille-Spa, 105 kilomètres.
- 28 août. Tricycles : Spa-Bastogne-Marche-Ayvvaille-Spa, 185 kilomètres.
- Les inscriptions seront reçues jusqu’au 15 août (à midi) 1900. Elles devront être adressées, accompagnées du droit d’entrée, à M. Michant, attaché au secrétariat de l’Automobile-Club de Belgique, 5, place Royale, à Bruxelles. Ce droit d’entrée est de 50 francs pour les voitures, 30 francs pour les voiturettes et 20 francs poulies tricycles.
- Il est question d’organiser des courses d’automobiles à Ostende, le 30 août, sur l’hippodrome Wellington qui possède une piste de 2700 mètres avec une longue ligne droite de 900 mètres et deux virages de 600 mètres au moins de développement réunis par une courbe très douce. Il sera donc facile d’y réaliser de grandes vitesses sans aucun danger.
- Le public pourra ainsi assister à une véritable course d’automobiles.
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- Le concours d’automobiles fleuries de Francfort-sur-le-Mein.
- (De noire correspondant particulier.)
- Les habitants de Francfort-sur-le-Mein ont eu, le 22 juillet, une parade d’automobiles fleuries.
- Un très nombreux public s’était rendu sur le lieu de la fête pour assister à ce spectacle nouveau pour lui.
- Environ trente voitures ont défilé durant l’après-midi; les moteurs de toute espèce étaient représentés. Nous avons notamment vu un omnibus de très grande dimension, des breaks élégants, suivis de tricycles et de voiturettes fort bien ornées.
- Les véhicules se sont rangés, à trois heures, dans la cour du palais de l’agriculture pour être examinés par le jury, dont la tâche était bien difficile à accomplir, car nombreuses étaient les voitures dignes d’être primées.
- Nous avons notamment remarqué la voiture de M. Guillaume Opel, fort élégante avec sa garniture de lilas blancs ; celles de M. Müller-Herfurt et de M. Auguste Ulrich; l’automobile de M. Charles May. qui semblait traînée par des pigeons, l’auto-navire du docteur Isbert qui don-î’illusion complète d’un vaisseau. On comprendra que nous ne puissions citer toutes les voitures dignes de l’être.
- A quatre heures, le défilé commença; précédé de deux musiques, il partit du hall à travers les principales rues et de Ostendstrasse revint à son point de départ.
- Le soir, le jury a rendu sa décision :
- 1er prix : une coupe d’or, M. Guillaume Opel ; 2° prix, M. Charles May; 3° prix, M. Mathes; 4e prix, Maison Hess, de Offenbach; 5° prix, M. Sclhissler; 6e prix, M. Yoss.
- En outre, deux prix particuliers consistant en coupes d’argent ont été décernés à MM. le docteur Isbert et Auguste Ulrich.
- En somme, journée très intéressante et qui montre bien la faveur croissante dont jouit l’automobile en Allemagne.
- Léon Baréty.
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- Le club des courses de Francfort, MM. Georg. Melek, Robert Hatzenstein, J.-B. Miiller-Her-furth et l’Automobile-Club de Francfort sont donateurs du prix d’honnenr à décerner comme récompense à l’exposition d’automobiles de cette ville.
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- Les courses d’automobiles de Nuremberg-Bamberg et retour ont été couronnées d’un très vif succès. Les résultats sent les suivants, distance 110 kilomètres :
- Tricycles. — 1. Jassmann (moteur Kayser) en 3 h. 0 m. 10 s.; 2. Bœkli (moteur Aster) en 3 b. 31 m.
- Voilures de touristes. — Enders (voiture Benz) en 2 b. 4 1 m. 47 s.; 2. Barth (de Dietricb) en 2 h. 50 m. 5 s.; 3. Kurz (Bergmann-Gazgenau) en 3 h. 18 m. 12 s.; A Beissbarth (de Dietricb) en 3 b. 37 m. 39 s.
- Yoiturettes. — 1. Wegelin (Augsbouvg) en 2 b. 37 m.; 2. Freund (Heinle et Wegelin) en 3 b. 6 m.; 3. Plnm Kondor (Cndell) en 3 h. 11 m. 59 s.; 4- OEsternicb (Eisenach; 5. Luck (Kondor); 6. Harry Elirard (Eise-nach).
- Voitures de course. — 1. Schmidt (Benz) en 2 b. 9 m.;
- 2. baron Scarisbrick (Benz) en 2 b. 9 m. 45 s.;
- 3. Bender (Benz).
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- La course de Berlin-Aaelien qui devait avoir lieu au mois de juillet est ajournée en septembre parce que les préparatifs n’en sont pas terminés. En raison des circonstances cette decision sera bien accueillie des nombreux intéressés.
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- Les courses de Strasbourg.
- A l'occasion du 15e congrès de l’Allgemeine Radfahrer Union des courses d’automobiles ont été données à Strasbourg le 22 juillet.
- Voici les résultats de la grande épreuve d’automobiles sur la distance Strasbourg-Kohl, Kappel, Rhinau, Boofzheim, Plobsheim, Strasbourg (90 kilomètres).
- 1° Automobiles de course. — 1. Baron A. de Tur-klieim, de Lunéville, en 1 h. 28 m.; 2. Benz, de Mannheim; 3. J. Koechlin.
- 20 Automobiles de route. — 1. Max Schutzcnberger, de Strasbourg, en 2 h. 12 m.; 2. Th. Bergmann, de Gaggenau, 2 h. 38 m.; 3. Nicolas Kieffer, de Munster (Alsace), en 2 b. 42 m.
- 3° Automobiles déroutés légères. — 1. E. Kraenker, d’Audincourt, en 1 h. 44; 2. E. Benz, de Mannheim, en 2 h. 3 m. 30 s.; 3. E. Frey, de Hambourg; 4• Bousquet, de Strasbourg, en 2 b. 31 m.; 5. W. Baumann-Fischer, de Strasbourg, 3 b. 3 m.; 6. G. Kramcr, de Strasbourg, 3 h. 4 m. ; 7. Emile Jeannin, 3 h. 34 m; 8. M. Fetzer, 3 b. 55 m.
- 4° Motocycles. — 1. Dublon, de Mannheim, 2 b. 9 m.; 2. baron Hirsch, Paris, 2 b. 20 m.; 3. Emile Matliis, Strasbourg, 2 h. 25 m.
- Il y avait à Strasbourg, dimanche, plus de 200 automobiles. Les chauffeurs ont été chaleureusement acclamés par la population.
- La fête a été bien organisée et a fait honneur aux organisateurs qui sont MM. Becker, le comte de Zeppelin-Aschliausen, Schulfz, Antoine Kochler, Max Schutzenberger, etc.
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- Un membre de l’Automobile-Club de (Grande-Bretagne a eu une bonne idée que nous signalons à titre d’exemple : il a offert une série de
- primes aux meilleures photographies prises durant la fameuse course des 1000 milles.
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- A l’occasion de la réunion et du gymkhana dont nous avons parlé et qui a été organisé par le Club duRanelagh, nous ferons remarquer une idée des plus originales : on avait invité les membres du Club propriétaires de chevaux à envoyer leurs équipages sur les terrains de la réunion pour qu’on pût leur donner de vraies leçons les apprenant à ne plus avoir peur des voitures mécaniques.
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- Rochester a été, à l’occasion d’une récente fête publique, le théâtre de courses d’automobiles qui ont eu lieu concurremment avec des courses de chevaux.
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- Un chauffeur d’Edimbourg, M. T. E. Outhwaite, a l’intention d’essayer d’aller de cette ville à Londres, sans un seul arrêt, et si possible en vingt-quatre heures ; nous rappelons que la distance est de 640 kilomètres. Il se servira d’une Daimler de 6 chevaux avec de grands réservoirs, inflammation électrique et double série de re-froidisseurs radiateurs.
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- Une course d’automobiles ouverte à tous les chauffeurs a été courue à New-Haven (Connecticut). le 25 juillet.
- On comptait voir cette manifestation automobile remporter un gros succès car plus de cent engagements avaient été reçus. Mais 25 véhicules seulement se sont présentés et il n’y en a eu que 7 capables de fournir le parcours.
- Les nombreux spectateurs qui s’étaient dérangés pour assister à la course ont été très désappointés par ce complet insuccès.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Signalons un excellent article du Journal sur la course Paris-Toulouse. Il n’est pas surprenant qu’un quotidien aussi au courant des choses de l’automobile, — puisque c’est Rodolphe Darzens qui y fait la rubrique sportive, — parle aussi sagement des courses de vitesse :
- La course automobile de Paris-Toulouse et retour s’est terminée hier soir.
- Ce qu’il sied de constater ici, c’est le peu de danger réel que les courses d’automobiles engendrent puisqu’il n’y a pas eu un seul accident sur ce long ruban de route, occasionné par les cinquante-cinq véhicules qui y ont pris part. Et cependant la lutte a été chaude. Songez que « dix-huit secondes » seulement les chauffeurs classés second et troisième ?
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- Espérons que la constatation de pareils faits fera diminuer la rigueur dont on lise en ce moment en liant lieu contre les conducteurs de véhicules à moteurs, rigueur dont souffre indéniablement l'industrie automobile, dont la France qui l’a vue naître peut s’enorgueillir cependant ajuste titre.
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- Les Automobiles postales.
- Nous avons eu déjà bien souvent l’occasion de .parler des tentatives faites en divers pays pour appliquer les voitures automobiles à la levée des boites aux lettres. L'Automobile belge résume l’état de la question :
- M. Perry, S. Heath, adjoint au directeur delà poste de New-York, étudie constamment de nouvelles inventions et méthodes, pour accroître l’efficacité du service et en diminuer le coût.
- Le premier point qu’il étudia était de perfectionner le service des levées des boites aux lettres en augmentant leur nombre; puis le moyen de conduire plus rapidement les correspondances aux bureaux de poste et aux gares de chemins de fer. Ce service, accompli actuellement à New-York, par des facteurs-cochers, coûte au gouvernement plus de 2,000,000 par an pour le seul service des chevaux, camions, etc., sans compter les appointements des facteurs.
- Des expériences récentes ont démontré lumineusement que le service fait au moyen d’automobiles a donné des résultats concluants, de préférence au service fait par des camions à chevaux, non seulement pour ce qui concerne la rapidité mais aussi la sûreté et cela sur n’importe quelles routes et par n'importe quel temps.
- Avec ce service, non seulement les personnes habitant la ville, mais aussi celles des faubourgs et des environs suburbains pourront compter sur un service prompt et sûr, dont on peut approcher avec les moyens actuels.
- A Berlin les expériences ont été faites au moyen de la voiture électrique Loutzki et les résultats ont été si satisfaisants qu’un grand nombre de ces voitures ont été commandées au fabricant.
- En France les expériences ont également donné des résultats décisifs et le gouvernement vient de commander cinquante camions, avec moteurs de 9 elle" vaux de force, pour le service de la poste au Soudan.
- A Buffalo N. Y., avec une « Locomobile à vapeur Stanley », on a vidé 22 boites aux lettres et huit casiers d’imprimés, du poids total de 100 kilos, en 33 minutes. Une autre expérience a été faite sur une distance de 36 kilomètres. La correspondance sortie de 120 boites a été transportée à l’aide d’un camion attelé d’un cheval, en 6 heures, tandis qu’avec la Locomobile Stanley on fit ce travail en 2 heures 27 minutes malgré îles conditions atmosphériques détestables, telles que la neige, la grêle, etc.
- Partout, et dans tous les services, la traction mécanique bat la traction animale. Comment se fait-il que certaines administrations feignent encore de l’ignorer?
- Notre confrère Aulomotor Journal se plaint de ce que le journal technique anglais Engineer déprécie autant qu’il le peut les services dont est susceptible l’automobilisme, et affecte de ne point croire à son avenir. A coup sûr ce n’est pas une note générale dans la presse anglaise, car notamment le puissant organe Engineering a été des premiers à étudier l’automobilisme français.
- Le Motor Vehicle Review insiste sur ce fait que le vrai motocycle est encore la bicyclette à moteur. Elle ne coûte pas cher en elle-même, est d’un magasinage facile, enfin elle entraîne bien moins de frottements que le tricycle.
- Exposition universelle de 1900
- Les délégués du groupement des exposants et concessionnaires de Vincennes ont été reçus avenue Rapp et ils ont remporté d’excellentes promesses de la part de M. Delaunay-Belleville.
- Pour répondre au désir exprimé par les délégués d’exposants et de concessionnaires de l’annexe de Vincennes dans l’audience qu’il leur a accordée récemment, le ministre du commerce s’est concerté avec le commissaire général pour adopter les mesures suivantes :
- Des affiches en nombre suffisant vont être placardées dans toute l’étendue de l’Exposition (Champ de Mars et Invalides) rappelant les moyens de transport les plus faciles pour se rendre à l’annexe de Vincennes. Des poteaux indicateurs seront également placés, aux fortifications, près des portes voisines de l’Exposition de Vincennes.
- Le commissariat général va demander aux compagnies de tramways de la Seine, des omnibus, des bateaux parisiens et des chemins de fer de l’Ouest de faire afficher sur les tramways, omnibus, bateaux, wagons, des avis indiquant qu’ils conduisent à l’annexe de Affncennes.
- Au palais des Armées de terre et de mer les stands sont maintenant au complet.
- On y voit une automobile postale de la marque Georges Richard; un camion-tracteur de la maison de Dion-Bouton ; un omnibus Panhard ; une voiture télégraphique de la maison Koch; une voiture médicale de Dietrich ; une voiturette Decauville pour service d’état-major; une voiture postale et télégraphique de la maison Mors qui expose en même temps une voiture de vitesse pour le service d’état-major; une voiture-bureau pour général commandant de corps d’armée de la maison Peugeot et un tracteur Scotte.
- Un de nos lecteurs, qui a visité l’Exposition rétrospective de la carrosserie au Champ-de-Mars, nous fait remarquer que l’on y voit une voiture à vapeur d’Amédée Bollée datant de 1877 et dont le mécanicien, —un mannequin superbe, — porte à sa casquette l’insigne du Touring-Club.
- L’insigne du Touring-Club en 1879, alors que le T. C. E. a été fondé le 26 janvier 1890, c’est un peu prématuré.
- L’ouverture du Congrès de l’acétylène est fixé au samedi 22 septembre 1900; il tiendra ses
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- séances dans les salles de la Société d'encouragement de l'Industrie nationale et durera jusqu’au vendredi 28 septembre inclus.
- Toutes les communications relatives au Congrès doivent être adressées à M. V. Daix, secrétaire général de la Commission d'organisation, 72, rue Louis-Blanc, à Paris.
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- L’exposition d’automobiles de Nuremberg.
- Cette exposition obtient un grand succès. Toutes les catégories de véhicules y sont représentées par de nombreux spécimens, l’industrie allemande s’y révèle avoir fait un grand effort au cours des deux dernières années écoulées. Des perfectionnements considérables dans les procédés de construction se remarquent; moyens de réfrigération par l’air et l’eau des cylindres des moteurs, dispositifs de graissage conduisant directement l’huile aux cylindres, allumage électro-magnétique, etc. Une maison expose une voiture dont le moteur, le mécanisme de réglage et de transmission de l'effort sont complètement enclos dans une enveloppe dans laquelle il fonctionne sans bruit sous la garantie d’une lubrification parfaite.
- La Sacbsisclien Akkumulatoren Werke de Dresde exposait un omnibus électrique, système Dr Andréas, qu’elle ne se bornait pas à exposer, mais qui circulait tous les soirs dans les rues de Nuremberg. La capacité de cette voiture est de 38 places, à pleine charge, elle obéit à la simple pression du doigt du conducteur dans toutes circonstances, même sur terrain le plus difficile. Le camion couvert de la même maison est capable de porter 2 tonnes sur un parcours de 30 kilom. et avec une vitesse de 14 kilom. h l’heure.
- Les fabriques d’accumulateurs, les constructeurs de dynamos et d’électromoteurs avaient envoyé les modèles variés de leur fabrication. La nomenclature des produits exposés dégénérerait en une fatigante et sèche énumération de systèmes de voitures et d’appareils, aussi nous abstiendrons-nous. Le succès de cette exposition est dû à la bonne organisation qui a présidé à sa préparation et il convient d’en féliciter le comité d’initiative.
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- LA FINANCE AUTOMOBILE
- La Compagnie générale des Cycles et automobiles (Rochet-Petit) va procéder à l’émission de 2000 obligations. Ces obligations sont émises à 485 francs, remboursables à 500, et rapporteront 25 francs par an, net d’impôt.
- Ces capitaux sont destinés à monter en grand la fabrication du nouveau type de voiturette de cette maison, type qui semble appelé à un très grand succès.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Une Société de capitalistes mexicains, formée dernièrement, vient d’adresser au ministère de Eo-mento, par l’intermédiaire de son fondé de pouvoirs, une demande tendant à obtenir l’autorisation nécessaire pour créer une fabrique qui élaborera des articles de toutes sortes en caoutchouc.
- Un capital assez considérable a été souscrit pour rétablissement de cette industrie avec tous les perfectionnements de l’art moderne.
- Cette fabrique, la première de et; genre qui sera fondée au Mexique, tirera la matière première des Etats du Sud de la République, où la culture du caoutchouc a pris une certaine extension et un développement assez marqué dans ces dernières années.
- On y emploiera, pour le moment, des contremaîtres et des ouvriers allemands et américains fort expérimentés dans ce- genre de travail et dans le fonctionnement des puissantes machines, spéciales à cette fabrication.
- Ces contremaîtres et ouvriers étrangers auront l’obligation d'instruire et de former un personnel de bons ouvriers du pays.
- Cette nouvelle fabrique sera construite sur des terrains proches du centre de Mexico.
- — Le molybdène a attiré dans ces derniers temps fortement l’attention, parce qu’on a reconnu qu’il peut être employé avec avantage, de même que d’autres métaux relativement rares, en alliages avec le fer ou l’acier, auxquels il communique une dureté et une élasticité plus grandes qu’avec aucun autre métal.
- C’est du moins ce qu’ont semblé prouver les essais; attendons-en la confirmation.
- — Les chantiers de la Méditerranée, au Havre, ont procédé, le lundi 16 juillet, à la mise à l’eau du torpilleur n° 243 qui sera actionné par une machine à turbines système Rateau, d’une puissance de 1800 chevaux, et qui aura une vitesse prévue de 2k mruds.
- Extérieurement, il rappelle les torpilleurs ordinaires, mais, par suite de l’emploi d’hélices spéciales qui doivent fournir un nombre considérable de tours, lanière de la coque a été quelque peu moditié.
- Ce torpilleur mesure 37 mètres entre perpendiculaires, tim,20 de largeur et a 90 tx de déplacement.
- Si ce premier essai donne des résultals satisfaisants, un autre torpilleur, la Libellule, en cours de construction aux chantiers de Graville, sera également muni de turbines.
- — Il est souvent nécessaire, dans la construction des pièces de machine, de rendre plus doux le fer forgé. Voici un moyen simple : le fer est chauffé jusqu’au rouge sombre et ensuite plongé dans la graisse à lu-brilice, après quoi on le ramène encore une fois à la précédente température pour le coucher aussitôt dans de la chaux pulvérisée au sein de laquelle on le laisse refroidir lentement. Le fer acquiert, par ce traitement, des qualités de ductilité et de malléabilité.
- Le Direcleur-Ge'ranl : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, I.lfPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES,
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- Septième Année. — N° 32.
- Le Numéro : KO centimes
- i
- 9 Août W00
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La seule Revue publiée sous le HAUT PATRONAGE du Touring-Club de. France
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FRANCS. — ÉTRANGER, 20 FRANCS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-La g ai de, k, PARIS ON SOUSCRFT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- el à la Librairie V',c DUNOD, quai des Grands-Auguslins, 49, PARIS
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MO’.S
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 32.
- La mort d’Etienne Lenoir, Gaston Sencier. — La morale de Paris-Toulouse. — Le centenaire du moteur à pétrole. — Echos et nouvelles. — La voiture Burns. — L’interrupteur .Iules Guenet. — Le carburateur Crossley et Hulley. — Camion automobile Hagen. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton, J. Wolff. — Courses. — A travers la presse. — Les automobiles sur routes. — Exposition universelle de 1900. — Courrier industriel.
- LA MORT D ÉTIENNE LENOIR
- Etienne Lenoir vient de mourir à lu Varenne-Chennevières, près de Paris, à l'àge de soixante-dix-huit ans. Cet homme qui, s’il n’a pas inventé le moteur à hydrocarbures, l’a du moins réalisé le premier et a construit la première voiture automobile à hydrocarbures, n’a pas été enrichi par le mouvement industriel créé par ses inventions. Il n’a même pas eu la célébrité à laquelle il avait droit. Réalisant une idée que je m’honore d’avoir le premier lancé dans la presse, l’Automobile-Club de France avait décidé de lui offrir une plaquette. J’aurais voulu que cette plaquette fût au moins en vermeil. On se contenta du bronze, plus économique, et la plaquette traîna sur une cheminée du cercle, en attendant qu’on trouvât le temps de la porter au destinataire. Le père Lenoir est mort avant de l’avoir reçue.
- J’ai beaucoup connu Lenoir lorsque j’étais ingénieur de la maison Rouart frères, qui construisait ses moteurs. Lenoir avait des idées très intéressantes au point de vue mécanique. Il a été admirablement aidé par ses constructeurs.
- Henri Rouart est, en même temps qu’un ingénieur très habile, une nature exquise à tous les points de vue. Il fut mon « patron » et je suis heureux de pouvoir dire tout le bien que je pense de lui et la profonde affection que je lui ai vouée. D’autres constructeurs auraient, peut-être, exploité le père Lenoir, qui se bornait à apporter une idée et n’était pas toujours, faute d’instruction prerfiière, capable de la rendre pratique. On l’eût dépouillé et mis dehors, suivant l’usage. Henri Rouart, au contraire, respecta toujours plus que scrupuleusement les droits de Lenoir. Les moteurs apportés par lui furent successivement améliorés par la maison Rouart, au point de ne plus ressembler aux moteurs primitifs. Des brevets de perfectionnement étaient pris journellement, au nom de Lenoir, pour des idées auxquelles Lenoir était complètement étranger. Et Lenoir touchait des droits sur des inventions qu’il ne connaissait même pas. Voilà, n’est-ce pas, d’étranges constructeurs, et Henri Rouart risque fort de ne pas faire école. Malheureusement le moteur Lenoir resta toujours à l’état de moteur fixe et l’application industrielle du moteur à quatre temps à l’Automobile fut faite par d’autres, qui y trouvèrent la fortune. Lenoir put, du moins, grâce à ses constructeurs, vivre et mourir à l’abri du besoin. Les frères Rouart firent décorer ce modeste travailleur, qui avait à cette distinction plus de titres que bien d’autres, et le père Lenoir était fier de son bout de ruban rouge.
- Pauvre père Lenoir, qu’il repose en paix dans son modeste cimetière de village. Levassor, Daimler et d’autres ouvriers de la dernière heure, metteurs en œuvre de scs idées, auront leur statue. Lenoir n’aura même pas son buste sur un carrefour de village. La plaquette de bronze qu’on lui destinait continuera à traîner dans un coin,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- et le nom du véritable inventeur de l'automobile à pétrole, connu seulement de quelques spécialistes, demeurera ignoré de la foule.
- Gaston Senciek.
- LA MORALE DE PARIS-TOULOUSE
- La course de Paris-Toulouse et retour s’est heureusement terminée, à part l’accident survenu à ce pauvre Yial, qui n’a jamais eu la prétention d’être un foudre de vitesse et qui a été Victime de l’éternel chien fatal aux motocyclistes, tout s’est bien passé. Reconnaissons, d’ailleurs, avec notre impartialité habituelle, que la course avait été bien mieux organisée que celle de la coupe Gordon-Bennett. Ce n’était pas encore la perfection, mais il y avait une amélioration très sensible. Les organisateurs ont donc droit, cette fois-ci, à des félicitations.
- Que prouve maintenant cette course? Quels sont les éléments nouveaux qui s’en dégagent?
- Tout d’abord, c’est le triomphe de la maison Mors, battant avec Levegh, d’un bon nombre de longueurs, les voitures de la coupe Gordon-Bennett. La maison Panliard et Levassor, jusqu’à pi’ésent invaincue dans les grandes courses sur routes, vient de montrer qu’elle n’était pas invincible. On dira que cela ne prouve rien et que le gagnant de Paris-Toulouse est celui qui a eu la chance de crever le moins souvent scs pneumatiques. Peu importe. Le public est simpliste et, pour lui, la course Paris-Toulouse a été gagnée par une voiture Mors. C’est surtout cela qu’il en retiendra.
- Autre constatation. La maison de Dion-Bouton, qui s’était, dans ces derniers temps, trop désintéressée des courses et qui laissait trop ses concurrents la battre sur ce terrain, vient de reprendre d’un seul coup sa vieille supériorité. Ses champions habituels ont réalisé des vitesses presque comparables à celle des voitures. Tous les motocyclistes apprécieront l’énergie de ces hommes qui peuvent avaler, à pareille allure, d’aussi longs parcours sur la selle d’un tri à pétrole. Pour moi, Teste faisant la course, traversées de villes non déduites, en 29 heures 51 minutes 53 secondes, a au moins autant de mérite que Levegh, bien que ce dernier n’ait mis que 26 heures 43 minutes 53 secondes. Il en est de même des autres motocyclistes classés. J’admire, pour ma part, leur endurance et leur habileté.
- Paris-Toulouse a montré, une fois de plus, que les courses sur routes ne sont dangereuses que lorsqu’elles sont mal organisées. Nous avons vu, une fois de plus, les voitures automobiles battre le train rapide accomplissant le même parcours qu’elle. Par contre, cette course aura, comme les précédentes, donné aux constructeurs d’utiles renseignements, en leur montrant que leurs voitures et leurs voiturettes ne son! pas
- encore toutes au point pour pouvoir entreprendre utilement d’aussi longs parcours à d’aussi grandes vitesses. Ce sont des enseignements qui ne sont jamais perdus, et nous pouvons être tranquilles, il en résultera des améliorations sérieuses pour les voitures de l’an prochain. C’est à cela que servent les courses, et c’est déjà quelque chose.
- Disons enfin la dernière conséquence à tirer de la course Paris-Toulouse. C’est que les voitures étrangères, dont on disait tant de merveilles, ne sont pas encore au niveau des nôtres pour de pareilles épreuves. Inutile de recourir, pour cette année du moins, — la coupe Gordon-Bennett. Elle reste à la Erance. Par contre la course Paris-Toulouse, gagnée par Levegh qui ne fut pas admis à courir la coupe, montre une fois de plus combien les organisateurs de la Coupe ont eu tort de ne pas consentir à une épreuve éliminatoire pour le choix de leurs champions. Ils n’ont pas voulu de Levegh et Levegh bat haut la main les gagnants de la Coupe. Il serait cruel d'insister.
- Le centenaire du moteur à pétrole.
- Il y aura, le 25 août de l’année prochaine, cent ans que le moteur à air carburé est inventé.
- On a, en effet, déjà rappelé bien souvent, —-et notre regretté confrère Louis Lockert aimait à le redire, — que le premier brevet décrivant nettement un moteur à air carburé a été pris le 25 août 1801, par Lebon d’Humbersin, l’inventeur du gaz d’éclairage. Lebon d’Humbersin, qui n’a même pas une rue de Paris qui porte son nom, devait mourir assassiné, le 3 décembre 1804, dans les Champs-Elysées, alors assez mal fréquentés. Il n’avait que trente-sept ans. Avec le gaz d’éclairage et le moteur à hydrocarbures, il avait fait deux jolis cadeaux à l’humanité.
- Le moteur de Lebon d’Humbersin était à double effet. Prévu pour fonctionner au gaz d’éclairage, il marchait par l’allumage électrique d’un mélange d’air atmosphérique et de gaz d’éclairage comprimés séparément et mélangés après compression au moment de leur admission dans le cylindre moteur.
- Lebon d’Humbersin étant mort depuis près d’un siècle, il est dilïicile de lui décerner une plaquette de bronze comme celle que l’Automo-bile-Club de France avait si libéralement voulu offrir au père Lenoir.
- On pourrait peut-être lui rendre un hommage d’un autre genre et placer, par exemple, dans les salons de F Automobile-Club de France un portrait ou un buste rappelant les traits de ce malheureux homme de génie.
- Si l’on veut faire cette folle dépense, c’est le moment d’y songer; on a un an devant soi.
- G. S.
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- ÉCHOS
- II est question de créer au Moto-Club de France une section médicale composée des médecins faisant partie du Club.
- Ceux-ci se mettraient en rapport avec leurs confrères de province, qui font déjà de l’automobilisme et se tiendraient à la disposition de ceux qui désirent en faire pour leur donner les renseignements qui pourraient leur être utiles.
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- Un journal de médecine : les Archives générales d'Hydrologie prétend savoir pourquoi l’Académie française a décidé que le mot : automobile serait désormais mascidin.
- A la séance où cette grave décision a été prise, il n’y avait que dix membres présents. C’étaient bien entendu les plus jeunes, car les autres n’osent pas aborder les séances où l’on discute sur le féminin, cela leur rappelle des souvenirs!... et l’état de leur vessie s’accommode généralement fort mal de ces souvenirs de jeunesse
- Et dire que c’est peut-être grâce à ces considérations vésicales que nous devrons dire « un » Automobile !
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- Le shah de Perse semble décidément converti à l’automobile. Il aurait acheté deux voitures à vapeur, une pelisse de chauffeur et se préoccuperait très vivement de l’organisation du service de transports publics par automobiles dans ses Etats.
- Il n’y aura bientôt plus, parmi les chefs d’Etat, que le Président de la République française qui reste indiffèrent aux charmes de l’Auto.
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- Gilles-IIourgières, Deckert et Yial, les trois sympathiques blessés de la course Paris-Toulouse, — victimes tous trois d’accidents qui n’étaient pas de leur fait, — vont maintenant aussi bien que possible.
- En somme, il n’y a rien eu de grave, ni pour l’un ni pour l’autre.
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- Un de nos confrères rappelle aux chauffeurs une amusante recette pour éviter les insolations.
- On place au fond de sa casquette une feuille de chou, — pas un journal, une feuille de vrai chou, — et il parait qu’on peut ainsi affronter impunément un soleil torride.
- L’ennuyeux, c’est qu’il arrive que, en saluant une dame on fait tomber la feuille de chou. On est alors légèrement ridicule.
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- L’Automobile-Club de Nice vient de recevoir la Coupe provinciale, gagnée, le 4 avril dernier, par M. Paul Ghauchard, sur la route de Salon,
- et l’a exposée dans le salon du Club. Cette coupe qui est un challenge sera disputée l’année prochaine entre les clubs du sud-est dû la France sur un parcours que la Commission sportive de l’Automobile-Club de Nice arrêtera en octobre.
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- L’Automobile-Club d’Avignon vient de faire informer par son aimable président, M. J. Pernod, T Automobile-Club de Nice qu’il se met à sa disposition pour organiser, l’an prochain, le passage à Avignon des concurrents de la course Nice-Avignon de l’an prochain.
- Cette course a déjà réuni les engagements de MM. : I. Paul Ghauchard, voiture; 2. Paul Ghauchard, voiturette; 3. Mercedes, voiture; 4. Mercédès. voiture; 5. docteur Pascal, voiture; G. Stead, voiture; 7. Etienne Giraud, voiture.
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- La caravane de chauffeurs niçois, composée de MM. P. Ghauchard, Biscaretti di Ruffia, Huet, Ch. Gondoin, Gibert, Siegfried, qui excur-sionnent dans les gorges du Tarn, va se rendre à Toulouse et à Bordeaux.
- Le Comité de F Automobile-Club de Nice a décidé de créer des certificats de capacité et de bonne conduite, qu’il décernera aux mécaniciens d’un mérite éprouvé par cinq ans ou trois ans de service dans la même maison.
- L’idée est excellente et il faut espérer que l’Automobile-Club de France et tous les Auto-mobile-Glub de province se décideront à faire de même.
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- Un a décidé d’organiser à Nice, en février prochain, une semaine automobile spécialement réservée aux touristes et au cours de laquelle on disputera les coupes de Nice : coupes Lebaudy, de Barry, de Linsky et Brunetta d’Usseaux.
- Ce sera la petite semaine de Nice.
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- M. Léon Desjoyaux, de Nice, prépare un canot automobile à marche rapide pour les régates niçoises de l’an prochain.
- M. île Baroncelli, l’auteur des guides bien connus, vient de faire un voyage de trois mois dans les Ardennes belges et françaises et le Luxembourg.
- Le « Guide des Ardennes », qui a été le motif de cette consciencieuse exploration, sera publié dans quelques mois,
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- Le Moto-Club de Belgique a fait, le 5 août, sa première sortie officielle. Le but de la promenade élail Malines.
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- A son entrée en ville, la petite caravane, composée de voitures, tricycles et motocyclettes, a provoqué partout un vif mouvement de curiosité.
- Parmi les excursionnistes, au nombre d’une vingtaine, se trouvaient MM. Leener, Van Lau-gendonck, Bruylant, Kuling, Dratz, Carroen, etc. Plusieurs dames faisaient également partie du groupe.
- Un dîner des mieux servis a réuni chauffeurs et chauffeuses.
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- Un chauffeur belge, M. Webel, vient d’entreprendre en automobile le voyage : Namur, Givet, Charleville, Mézières, le Jura, la vallée du Doubs, Besançon et Genève. Durée du voyage ; 15 jours.
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- Le Moto-Club de Belgique fait des démarches pour que les routes Bruxelles-Anvers et Bruxelles-Gemhloux soient macadamisées.
- Le M. C. B. sera représenté au Congrès des douanes de Paris.
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- L’automobilisme entre définitivement dans les mœurs en Belgique. A Spa, les années précédentes, le passage d’une voiture était considéré comme un fait extraordinaire. Aujourd’hui, c’est par dizaines qu’on les voit passer.
- Notre confrère VAutomobile belge signale une jolie bévue de la douane française de Givet qui a fait consigner 330 francs au propriétaire d’un tricycle à pétrole.
- Voici le raisonnement du douanier dans toute sa beauté :
- « Le tri est considéré comme vélocipède, or le vélo paye 2 fr. 20 au kilo, votre machine pèse 150 kilos, cela nous fait 330 francs. »
- Le comique de la chose, c’est que les voitures automobiles sont considérées comme voitures ordinaires, payant 0 fr. 50 au kilo, de sorte qu’une grosse voiture paye, au maximum, 150 fr. de droits.
- C’est admirable !
- Le Touring-Club de Belgique convoque tous les touristes à une grande réunion qui se tiendra à Paris, le 13 août, dans une des salles du palais de la Belgique à l’Exposition.
- Le but de cette réunion est de simplifier les formalités douanières pour les automobiles passant les frontières pour un simple voyage et non pour une importation.
- Espérons que les promoteurs de cette réunion réussiront à faire de la bonne besogne.
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- Les 10, 11 et 12 août, il se tiendra à Rimini, grâce à l’initiative du Sport-Club, un congrès automobile, avec fête, bal, vin d’honneur, etc.
- Il parait que la « Fabrique d’Automobiles » de Turin s’apprête à prendre une importance toute nouvelle, ce qui fait bien augurer du développement de l’automobilisme chez nos voisins.
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- Il vient de se constituer à Milan, sous la raison sociale de Trotta, Fraschini et Cie, une société nouvelle pour la construction, la vente et la réparation des automobiles.
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- La Direction générale des douanes italiennes vient enfin, par une circulaire, de trancher la question de savoir si l’on peut appliquer aux mo-tocycles les facilités douanières accordées à la sortie ou à l’entrée temporaires des cycles. La Direction s’est prononcée pour l’affirmative en ce qui concerne des bicyclettes ou tricycles munis de moteur; mais l’exclusion est formelle pour toutes les autres espèces de véhicules automobiles, auxquels on appliquera le même traitement qu’aux voitures ordinaires.
- L’arrivée à San Sébastien du banquier espagnol bien connu, le marquis Urquijo, dans une automobile a été un vrai événement. Il venait de Biarritz et de Saint-Jean-de-Luz dans un élégant dos-à-dos que la colonie madrilène a examiné de fort près.
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- Au théâtre Métropole de Berlin, on joue actuellement une pièce intitulée le Magicien du Nil, dans laquelle on voit apparaître sur la scène une automobile qui, par un raffinement d’anachronisme, transporte une princesse du temps des Pharaons.
- Les Expositions successives annuelles d’automobiles dans des villes d’Allemagne variées révèlent l’accroissement notable pris par la nouvelle industrie chez nos voisins. Cette année à Francfort-sur-le-Mein, le catalogue montre la participation de 72 maisons parmi lesquelles il y a 69 maisons allemandes, 2 autrichiennes et une seule française.
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- Le ministère bavarois a refusé son consentement à l’établisement projeté d’un service régulier d’automobiles entre Garmisch, Partenkireken et Scharnitz. Nous ne savons par sur quels motifs est basée cette décision qui, assurément, ne peut être irrévocable.
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- Le gouvernement bavarois vient enfin de supprimer l’ordonnance interdisant la circulation des
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- automobiles dans les rues de Munich. Il faut dire que les bicyclettes sont extrêmement nombreuses dans cette ville.
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- Sur le conseil de son médecin, le sanatorium d’Allaud, en Autriche, vient de commander une automobile de 9 chevaux pour le transport de ses malades.
- Nous sommes heureux de voir notre aimable confrère Autocar signalant avec éloges le volume de Gaston Sencier sur le concours de moteurs de la locomotion automobile. Le grand journal anglais en donne une analyse complète en plusieurs articles très bien faits.
- L’intéressante revue allemande Der Motorwa-gen publie, au sujet du même ouvrage, un article des plus louangeurs dont nous remercions bien sincèrement nos sympathiques confrères d’outre-Rhin.
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- Lors d’un récent accident de chemin de fer qui a eu lieu à Slough, en Grande-Bretagne, deux docteurs se sont rendus sur les lieux pour secourir les blessés, et l’on a pu constater que le premier arrivé a été le docteur Bruce Porter, qui vint dans son automobile, et qui parvint auprès des blessés bien avant son collègue, pour lequel pourtant on avait lancé un train spécial.
- Nous avons annoncé il y a un certain temps que le Conseil d’hygiène de Londres se préoccupait d’acheter un tombereau électrique pour le ramassage des boues et poussières et qu’il avait sollicité les offres des constructeurs : par une bizarrerie réellement extraordinaire aucune offre ne lui a été faite et il se voit obligé d’en solliciter maintenant pour un véhicule analogue mù par la vapeur.
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- Les brasseurs se préoccupent grandement en Angleterre de l’emploi des transports automobiles pour leur industrie : on sait en effet que celle-ci réclame une propreté absolue, et que les écuries dans l’intérieur d’une brasserie sont une occasion de mauvaises odeurs et de propagation de germes nuisibles à la fabrication.
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- Le chef de la police du Comté dit Hampshire, en Angleterre, vient de publier un avis invitant tous les conducteurs de camions et charrettes à ne point laisser sur la route, quand ils n’en ont plus que faire, les grosses pierres dont ils se servent, aux arrêts, pour caler les roue& de leurs véhicules. Et cela tout simplement parce que cela peut constituer un grave danger en particulier pour les cyclistes et les automobilistes. Sollicitude à laquelle nous ne sommes pas habitués en France !
- Les facteurs des bagages aux États-Unis viennent de commencer un mouvement afin que les motocycles ne soient plus acceptés par les compagnies comme excédent de bagages : ils trouvent que ces petits véhicules représentent un poids trop lourd à manipuler avec la caisse dans laquelle on les enferme. Ils voudraient que le transport ne se fasse que par « express », ce qui revient à peu près à nos messageries et coûte beaucoup plus cher
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- Un des grands établissements d’élevage de Texas, où les fameux cowboys régnaient jusqu’ici sans partage, se met à employer régulièrement une automobile. Les premières fois que la voiture s’est trouvée en présence des bestiaux, ceux-ci ont fui éperdus; mais on les a habitués peu à peu à la présence du monstre en le promenant précédé d’un groupe de chevaux.
- Miss Gould, la sœur du milliardaire américain, se fait fabriquer une électromobile qui coûtera la bagatelle de 75,000 francs.
- On prétend que les accumulateurs seront dorés sur tranche.
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- Aux Etats-Unis on voit éclore coup sur coup les nouvelles sociétés d’automobiles.
- L’Automobile patente Exploration C° de Tren-ton se fonde au capital de 5,000,000 de francs; la Boston Automobile C° de Bar Harbour au capital de 500,000 francs; la Hub Motor G° au capital de 7,500,000 francs ; et l’Empire State Automobile C° au capital plus modeste de 100,000 francs.
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- Notre confrère The Motor-Car Journal vient de reproduire dans ses colonnes une petite photographie laissant deviner une automobile venant sur une large route en laissant derrière elle un nuage de poussière. Il paraît que cela représente « MM. E. J. Pennington et C. G. Wridgway essayant le dernier moteur Pennington, en Amérique. Us descendent une cote à environ 60 milles à l’heure. » Nous voudrions bien les voir autrement qu’en photographie !
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- Deux américains : MM. Charles-H. Sawyer et Andrews Anderson viennent de faire breveter un système de propulseur pour un bateau serpent, qui, au dire de ses inventeurs, devrait réaliser environ 150 kilomètres à l’heure. La traversée de l’Atlantique serait effectuée en trois jours.
- Un constructeur compte entreprendre prochainement la carène du bateau qui aura 15 mètres de long et 4 mètres de diamètre. Le tonnage sera de 11 tonnes et demie. Ce serpent de mer ne serait-il pas un simple canard?
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- r ~ l'TfTD'T' I)FTD1YTC lent ensern^e mécanique. Le moteur est de
- LA VOlTLllL HL' ILNo grande dimension, les courroies de commande
- _________ sont larges, les diverses pièces sont facilement
- accessibles, on n’a prévu que deux vitesses de Cette voilure anglaise, n’offre pas de particule- marche avant. Les ligures que nous donnons
- rités bien marquantes mais constitue un excel- d’après YAntnmotor Journal sont assez com-
- La voilure Burns.
- plètes pour nous dispenser presque de toute explication.
- Le moteur est en A, son volant est en B,
- les soupapes d’aspiration en E, celles d’échappement. en D; il y a deux cylindres de 10 centimètres d’alésage et de 12.5 de course; la puis-
- La voilure Burns. Vue en élévation.
- sance développée est de 8 chevaux. L’inflammation est à haute tension qt'à temps variable sous l’action du levier à main Y. Le moteur est solidement fixé au châssis. Le carburateur est du système Longuemare, le levier W permet de
- modifier le mélange. L’eau de circulation est refroidie par un radiateur Glarkson disposé immédiatement au-dessous du moteur; la circulation se fait, du reste, naturellement et bien, paraît-il, Le moteur peut être mis en marche pa^ la
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- manivelle C, qui engrène avec l’arbre du moteur au moyen de roues d’angle quand elle est soumise à l’action d’un ressort. La transmission du mouvement se fait par trois courroies fonctionnant alternativement entre l’arbre du moteur et l’arbre à came R, puis par une chaîne centrale allant de R au différentiel placé sur l’essieu moteur. En F et en (f sont deux larges poulies lixées aux deux- bouts de l’arbre du moteur; F comporte deux courroies II et K, la première passant normalement sur la poulie folle L, l’autre passe de même sur une poulie folle N disposée
- La voiture Burns. V
- K. Le contre-arbre R est monté dans des coussinets qui s’alignent automatiquement et, il porte en son centre la roue de chaîne R. La roue de chaîne arrière et le différentiel sont enfermés dans une boite R2.
- La commande de la direction u se fait par une manivelle ; et elle actionne les roues d’avant par un pignon et un secteur uu qui sont dans le rapport de 1 à 4. On a disposé deux freins, un, Q, sur le, contre-arbre, commandé par la pédale Q1( et le double frein SS sous l’action du levier à main S,.
- Ajoutons enfin que cette petite voiture ne pèse pas 670 kilos; elle peut marcher à.8 ou à 24 milles, et semble donner satisfaction à tous points de vue.
- I). B.
- L’Interrupteur Jules Guenet.
- Sur les motocycles et les automobiles à allumage électrique la fiche est un appareil de sûreté qui permet d’obtenir très simplement une solu-
- tion de continuité dansgle circuit primaire. Dès que la fiche est enlevée le courant ne peut plus passer ; le motocycle ou l’autompbile ne peut plus être mis en marche, dans ces conditions; il est en sûreté.
- Mais rien n’est, plus simple"que de remplacer une fiche quand elle a été perdue ou qu’on n’a aucune qualité pour en posséder une. Une pièce de métal quelconque prise entre les deux lames des ressorts qui maintiennent la fiche suffit fort bien à la remplacer et rend exactement les mêmes services.
- La fiche de sûreté ne justifie donc son titre que d’une façon fort relative.
- L’appareil Guenet est au contraire un appareil de sûreté dans toute l’acception du mot, c’est-à-dire qu’il est absolument impossible de mettre le tricycle ou l’automobile en marche si on ne possède pas une petite clé spéciale, à moins bien entendu de couper les fils et de changer les connexions.
- On voit sur la gauche de la gravure l’appareil fermé et sur la droite l'appareil ouvert et démonté pour en figurer les parties essentielles.
- Les fils d’amenée et de départ de courant G sont reliés à deux lames métalliques F F isolées
- sur le contre-arbre R. La courroie II n’est pas croisée, K l’est. La poulie M est fixée invariablement au centre-arbre, et comme elle se trouve entre les deux autres L'et N qui sont de même taille, on peut déplacer une des deux courroies sur elle. La poulie G est munie d’une courroie J qui peut commander la poulie clavetée O et la poulie folle P ; J donne la grande vitesse, H la petite et K la marche arrière. L’une des vitesses avant peut être obtenue grâce, à la série des leviers T^, T2, T3, par le levier à main T; la marche arrière se réalise au moyen de la pédale
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- entre elles. Ces deux lames métalliques F F passent sous la plaque métallique E, mais sans la toucher.
- Pour que le courant puisse passer, il faut que ces deux lames FF communiquent entre elles métalliquement. Or elles sont complètement cachées dans la boîte d’ébonite LK.
- Une clé A de forme spéciale permet seule de les atteindre; cette clé présente deux petits ergots D qui, lorsqu’elle est en place, passent dans les ouvertures E et vont en dessous presser les deux lames à ressort FF. Le courant peut alors passer d’une lame à l’autre par l’intermédiaire de la clé.
- Cette clé remplace donc absolument la fiche de sûreté, mais nulle autre pièce métallique ne
- L'interrupteur
- peut la suppléer, puisqu’elle doit avoir une forme spéciale et bien déterminée.
- Il faut en effet que la distance entre les ergots I) soit la même qui existe entre les deux ouvertures D; il faut encore que la longueur totale de la clé soit bien déterminée et qu’elle présente à son extrémité une ouverture de longueur suffisante pour laisser passer le petit guide métallique autour duquel est enroulé le ressort G.
- En H sur le couvercle K a été placée une plaque de fibre qui sert de guide à la clé et permet à l’extrémité de passêr entre le petit guide C sans tâtonnements.
- Lorsqu’on veut se servir du motocycle ou de l’automobile on introduit la clé A dans l’ouverture de la plaque B qui la laisse juste passer, on
- Jules Gu eue!.
- appuie un peu sur elle pour vaincre le ressort et faire entrer le guide C jusqu’au fond du trou percé suivant son axe, et on tourne la clé pour appuyer les ergots D sur les lames F à travers les ouvertures E.
- Pour rendre le motocycle ou l’automobile inutilisable on opère en sens inverse.
- Nos lecteurs apprécieront, nous en sommes certains, les avantages considérables de cet appareil de sûreté.
- Grâce à lui on peut abandonner son motocycle ou son automobile dans un garage d’hôtel ou ailleurs sans craindre qu’un touche-à-tout ne le détériore en l’essayant ou qu’un amateur ne le vole.
- CARBURATEUR CROSSLEY ET HULLEY
- Comme le montre la figure que nous en donnons, ce n’est pas exactement un carburateur, mais plutôt une soupape combinée pour admettre simultanément air et hydrocarbure. Naturellement le but poursuivi est le même que dans un carburateur. Il suffit de se reporter au dessin ci-joint. En S est la soupape d’admission qui
- mène dans le cylindre et qui est normalement formée par le ressort T; la tige de la soupape S glisse dans un guide V, et elle porte une gorge circulaire V. Quand la soupape est fermée, la
- /.e carburateur Grossie// et Huile;/.
- gorge V est en communication libre avec l’alimentation de pétrole par le tuyau W, la communication se faisant sous la vis Z et par le conduit oblique X. Quand la soupape est ouverte, par l’aspiration du piston, la gorge V vient juste en face des petits trous Y dans le guide U, et cela
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- permet au pétrole de s’écouler par ces trous jusque dans le passage où circule l’air, qui peut ainsi se carburer. L’air peut venir dans le massif de la soupape par le passage a, qui peut être plus ou moins obturé par la vis que montre le dessin, et naturellement, en venant passer le long des trous Y, il emporte violemment le pétrole dans le cylindre. L’essence est pulvérisée et intimement mélangée avec lui.
- CAMION AUTOMOBILE HAGEN
- M. Rudolf Hagen, ingénieur allemand, demeurant à Cologne, vient de faire breveter un camion
- automobile, intéressant par son système tout particulier de changement de vitesse.
- Dans cette voiture, l’excentrique 1, actionné par un moteur à pétrole situé sous le siège du conducteur, transmet le mouvement par sa bielle 2 à la base d’un levier 3, articulé par son sommet au châssis du véhicule. Ce levier est à coulisse et porte un double coulisseau 5, qui peut se déplacer longitudinalement, non seulement sur lui, mais encore sur le sommet d’un balancier 6, articulé sur le point fixe 9.
- A la base et au sommet de ce balancier sont articulées des bielles 7 et 8, dont les autres extrémités sont reliées à des leviers 10 et 11 oscillant sur le tourillon 12. La bielle 7 commande, par labiellette 14, un levier oscillant 16, tandis que la bielle 8 commande de la même manière, et à' l’aide de la biellette 13, un second
- Le camion a. ilomohile Hagen.
- levier 15, analogue au levier 16, et situé du côté opposé du volant 17, qui est calé sur l’essieu d’arrière.
- Le levier 15, de même que le levier 16, possède quatre pinces à friction munies de ressorts de rappel et qui entraînent le volant 17 dans le sens de marche, tout en se débrayant d’elles-mèmes dès qu’elles sont poussées en sens inverse.
- Lorsque le moteur fonctionne, l’excentrique 1 fait osciller le levier 3 et, par suite, le balancier 6, puisque ces derniers sont reliés par le double coulisseau 5. Le balancier 6 tire alternativement sur les deux bielles 7 et 8 et, par suite, sur les leviers 15 et 16, qui actionnent l’un après l’autre le volant 17, c’est-à-dire les roues motrices R.
- Bien que, lorsque les pinces à friction d’un des leviers 16 et 17 ont terminé leur action, les pinces de l’autre levier les remplacent aussitôt pour continuel’ le mouvement; il existe néanmoins un instant fort court pendant lequel le volant 17 n’est pas actionné et reste complète-
- (1) Communiqué par Marillier et Robelet, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- ment libre. jPour supprimer ce point mort, l’inventeur a muni les bielles 7 et 8 de ressorts de traction 29 et 30 qui se trouvent comprimés au moment où la bielle termine son action et continuent à agir sur le levier correspondant pendant que le balancier 6 change de direction.
- Le changement de vitesse est constitué par une bielle 38 articulée sur l’axe 20 du double coulisseau 5, et qui permet, au moyen d’un volant à main 4, de déplacer ce coulisseau sur le levier 3, et en même temps sur le sommet du balancier 6. Lorsqu’on fait remonter ce coulisseau, on diminue d’autant l’amplitude d’oscillation du balancier 6 et par conséquent on réduit la vitesse. Cette vitesse peut être de la sorte augmentée jusqu’à son maximum ou réduite jusqu’à zéro, en faisant remonter le double coulisseau 5 jusqu’au point d’articulation du levier 3. Dans ces conditions, la voiture s’arrête, bien que le moteur continue à tourner et à faire osciller le levier 3, qui ne peut plus, à ce moment, agir sur le balancier.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- GUIDE DE ROUTE
- DE LA
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les numéros précédents.)
- Bougie.
- 1 (58. — Le tableau méthodique 151, après examen succinct de l'interrupteur à pédale et, du tremhleur, fait rechercher en premier Heu l'étincelle à la bougie, parce que cette dernière est le point terminus de rallumage. Mais comme tous les chemins mènent à Rome, rien n'empèche de vérifier, par exemple, en premier lieu la masse, puis revenir à la bougie.
- 169. Vérification de la bougie par l’étincelle. — Disons de suite qu’en cours de route, lorsque les doutes se portent sur la bougie, le mieux est de la changer de suite, quitte à procéder en remise à sa vérification; si ce changement fait, la voiture repart, c’est que les doutes étaient vraiment fondés.
- Avant, toutefois, de procéder au changement de la bougie, rien n’est plus facile que s'assurer préalablement si oui ou non le mal provient de l’allumage, pour cela :
- 1° Démonter la cloche d’admission, comme dit n° 330;
- 2° Retirer la soupape, afin de découvrir la bougie;
- 3° Rétablir le courant par l’interrupteur à main et par la cheville;
- 4° Actionner la manivelle.
- Si l’allumage est bon, une étincelle bleue et forte devra se produire régulièrement tous les deux tours de manivelle; s’il en était autrement, procéder aux vérifications indiquées par le tableau.
- On peut encore procéder à la vérification de la bougie, comme suit :
- 1° Retirer la boite du tremhleur, si ce n’est- déjà fait;
- 2° Pousser la voiture jusqu'à ce que la partie extrême et massive du tremhleur entre dans l’encoche de la came, sans toucher cette dernière (caler au besoin l’une des roues de la voiture); il suffira, si le volant est au débrayage, d’agir sur le manchon d’accouplement.
- 3° Séparer le fil de la bougie en retirant la vis;
- 4° Dévisser la bougie à l’aide de la clé spéciale;
- 5° Replacer le fil à la bougie et serrer à nouveau la vis (en faisant aigre sur l’extrémité du fil, afin de ne pas desceller la porcelaine);
- 6° Poser la bougie sur la masse du moteur, en un point quelconque, mais sûr, afin qu’elle ne glisse à terre et se casse;
- 7° S’assurer que la partie extrême de la bougie (cuivre et fil) soit bien isolée de la masse;
- 8° Mettre la cheville en place;
- 9° Placer l'interrupteur à main sur l’indice marche ;
- 10° Finalement, faire vibrer légèrement le trem-hleur; l'étincelle devra alors se produire régulière, bleue et forte, au bec de la bougie;
- 11° Si l’étincelle est faible ou nulle, si, d’autre part, elle se produit correctement entre le fil P et la masse, c’est que le mal évidemment sera tout dans la bougie, faute de l’une des exigences ci-aprèsi détaillées :
- 170. Bec de la bougie. — Les fils doivent être très en face l’un de l’autre et distants environ de 1 milli-’ mètre 1/4 si la pile est en pleine charge, et 1 millimètre si la pile (ou accumulateur) est en perte.
- 171. — Les fils peuvent être suiffës par l’emploi
- d’une essence trop lourde ou par un excès d’huile dans le moteur; l’allumage, en ce cas, devient de plus en plus faible, et parfois nul, il suffit de nettoyer avec la toile émeri ou gratter avec la pointe d’un canif les extrémités, surtout, qui fournissent l’étincelle, mais il faut nettoyer la porcelaine aussi.
- 172. — L'un de ces fils peut être cassé ou simplement descellé, en quel cas il faut changer la bougie, quitte, à procéder en remise à la réparation •v. 176).
- 173. — Les fils sont en platine, ils doivent èlro manipulés avec soin et disposés de façon à ce qu’en vissant la bougie, ils ne frottent, pas contre le pas de vis femelle du moteur.
- 174. Porcelaine. — La porcelaine, comme les fils, doit être propre; si elle est sale ou humide extérieurement, l'eau servant de conducteur, il peut s’établir un courant entre l’extrémité cuivre de la bougie et la masse, au détriment de l'étincelle intérieure.
- 175. — Si la porcelaine est suitfée intérieurement, près le bec de la bougie, il s’établit également un courant à la base des fils, au détriment de leur extrémité où devrait se concentrer loute la force du courant; qui, au contraire, s’égare.
- 176. — Si la porcelaine est descellée, soit intérieurement, soit extérieurement, changer immédiatement la bougie. On pourra soi-même tenter en remise de refaire le scellement. Il suffit, après avoir bien nettoyé tontes pièces, de les humecter et faire couler du plâtre de Paris, ou plâtre des marbriers, à. l'intérieur de la bougie, dans laquelle on enfile de suite après le fil et le godet enduit également de plâtre; gâcher un peu clair et laisser sécher. Le Kaolin bien pulvérisé et mélangé avec du silicate de soude est bien meilleur pour refaire un scellement.
- 177. — La porcelaine peut être cassée, en quel cas il faut changer la bougie; elle peut être simplement félée, ce qui peut faire chercher beaucoup, surtout si la fêlure est intérieure; en ce cas, la voiture marche bien au départ, mais dilatée bientôt par réchauffement, la fêlure laisse établir un court circuit entre le fil intérieur et la masse et arrête l’allumage; après refroidissement de la bougie, la voiture repart, mais pour peu de temps; le cas est d’autant jjlris complexe qu'à la vérification de l'allumage, on ne peut voir le défaut qu’autant que la bougie reste échauffée par le moteur.
- 178. Joints de la bougie. — Il existe deux joints : le grand joint extérieur favorise la bonne fermeture de la chambre, à explosion. On devra, avant de revisser la bougie :
- 1° Surveiller la propreté, du joint ainsi que la netteté de sa portée, afin qu'il plaque correctement;
- 2° Verser une goutte ou deux de pétrole sur le pas de vis pour qu'il ne se ronge pas en le vissant;
- 3° Visser la bougie un peu fortement à l’aide de la clé, mais jamais autrement que par le grand écrou.
- Le petit joint de la bougie est caché par l’écrou du milieu; on doit éviter de toucher à ce petit écrou. On pourrait, en le serrant imprudemment, fêler ou casser la porcelaine qu’il cache; de plus, on dérègle forcément l’écart des fils qu’il faut alors revoir. Pour ces raisons, ce joint et cet écrou (en cas de réparation de la bougie) se règlent avant de remettre la bougie en place, cela simplement à l’aide de la clé à bougie.et de la clé anglaise.
- Les joints métalliques peuvent se réparer à l’aide d’un fil d'amiante, mais ce genre de réparation a besoin d’être bien fait; le mieux est certainement d’avoir des joints de rechange.
- J. WOLFF.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- COURSES
- Le concours <le iiacres, qui se donne en ce moment à l’annexe de Vincennes, a pu réunir non sans peine quatorze concurrents : sept voitures h pétrole, six voitures électriques et une voiture à vapeur.
- Les véhicules sont rangés en deux classes :
- Classe A. — Voilures pour services urbains de voyageurs :
- N° 1. Milord 4 pinces, électrique. Compagnie industrielle de transports automobiles.
- N° 2. Coupé 2 places, électrique. Compagnie industrielle de transports automobiles.
- N° 5. Victoria 2 places, pétrole. Société Peugeot.
- N° 6. Phaéton 2 places, pétrole. Société Peugeot.
- N° 7. Victoria 2 places, électrique. Krieger.
- A0 8. Victoria 4 places, électrique. Krieger.
- N° 13. Cab 2 places, électrique, Jeantaud.
- N° 14 Coupé 2 places, électrique. Jeantaud.
- N° 16. Voiture à pétrole de Riancev.
- Classe B. — Voitures de livraison portant de 500 à 'i WO kilos.
- N° 3. Voiture de livraison portant 500 kilos, électrique. Compagnie internationale de transports automobiles.
- N° k Voiture pétrole, Brouhot et Cip.
- N° 9. Voiture portant 600 kilos, électrique. Krieger.
- N° 15. Voiture à pétrole de Diétrich.
- N° 17. Voiture à vapeur de Chahoche.
- Le concours a commencé lundi dernier. Il a, du reste, mal commencé puisque l’on n’a pu avoir l’électricité nécessaire au chargement des voitures électriques qui ont dû se borner à faire quelques kilomètres autour du lac. Il a donc été impossible de les faire circuler dans Paris.
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- Le concours de voiturettes faisant partie du concours de l’Exposition, à Vincennes, se fera du 13 au 18 août.
- L’épreuve du concours se composera d’un service de 5 jours.
- Deux itinéraires différents ont été établis et chacun des véhicules engagés devra accomplir 2 ou trois fois ces itinéraires dans l’ordre qui lui sera indiqué par la Commission.
- Les itinéraires sont de 150 kilomètres : 60 kilomètres environ seront effectués dans la matinée avec retour à Vincennes pour déjeuner, 100 dans l’après-midi.
- La vitesse’ ne pourra dépasser 30 kilomètres surdes routes.-TOans les lieux habités les conduc-tures devront observer une allure prudente.
- Voici quels sèpont ces itinéraires :
- Itinéraire A. — Matinée. — Départ de Vincennes à
- *d> " tj ë heures.
- ' >t . . ,,
- Joifffale, y km. ,— Champigny, 3 km. 750. — Ozouer-Ja-Ferrière, 13 km. 20û.-^Croissy, 11 km. 060.
- — Malnoue, 5’km. 600.*— Villiers-sur-Mame, 4 kpi. — Bry-siir-Marne,°3 km. 8PU — Nogent-sur-Marne, 3 km.
- — Fontenay, 7 km. 1^0. —; Vincennes, 4 km. 750. —
- Totyl : 63 km. 350. , h . h. .
- Itinéraire B. — Après-midi. — Départ de Vincennes, à 1 heure.
- Joinville, 7 km. 200. — Créteil, 3 km. 250. — Choisy-le-Roi, 5 km. 450. — Croix-de-Berny, 7 km. 900.
- — Petit-Bicètre, 5 km. 650. — Versailles, 7 km. 400.
- — Bue, 2 km. 700. — Toussus, 3 km. 550. - Château-fort, 2 km. 650. — Saint-Remy-les-Chevreuse,3km. 700.
- — Orsay, 8 kip. 975. — Palaiseau, 4 km. 450. — Wissous, 8 km. 500. — Villeneuve-Saint-Georges, 9 km. 650.— Valenton, 2 km. 450. — Créteil, 5 km. 1Q0.
- — Joinville, 3 km. 250. —Vincennes, 7 km. — Total: 98 km. 625.
- Itinéraire C. — Matinée. — Départ de Vincennes, à 9 heures.
- Fontenay-sous-Rois, 5 km. 950. — Neuilly-sur-Marne, 4 km. 700. — Chelles, 6 km. 675. — Pomponne, 7 km. — Thorigny, 1 km. 800. — Fort-de-Vaujours, 13 km. 250. — Clichy-sou-Bois, 6 km. 600,
- — Gagny, 3 km. 800. — Rosnv, 5 km. 250. — Fontenay-sousûkcs, 5 km. 400. — Vincennes, 3 km. 650.
- — Total, 64 km. 075.
- Itinéraire D. — Après-midi. — Départ de Vincennes, à 1 heure.
- Joinville-le-Pont, 7 km. — Créteil, 3 km. 250. — Villeneuve-Saint-Georges, 8 km. 175. — Montgeron, 2 km. 500. — Lieusaint, 11 km. 200. — Melun, 11 km. 100. — Savigny-le-Temple, 4 km. 650. — Corbeil, 9 km. 800 — Champrosay, 9 km. — Ville-neuve Saint-Georges, 6 km. 750. — Vincennes, 18 km.
- — Total : 91 km. 425.
- Les voitures de province ou de l’étranger qui seront engagées aux courses et concours de l’Exposition de 1900 jouiront, pour leur transport à Paris sur les réseaux français, d’une réduction de 50 pour 100 dans les conditions suivantes :
- Les voitures seront transportées, à l’aller, aux prix pleins des tarifs et seront ramenées gratuitement à leur point de départ, dans le délai de quinze jours après la course à laquelle elles , auront pris part, sous la condition que les expéditeurs présenteront au moment du retour :
- X
- Une course de motocycles s’est donnée le 2 août au vélodrome municipal, à Vincennes La course était de 20 kilomètres. Il n’v a eu que deux concurrents.
- 1er Michelet-Boudin (tandem); 11 m. 38 s. 3/5.
- 2° Bonnard (motocyclette).
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- A Lille, dimanche dernier, Béconnais a, dans le championnat des motocycles, battu facilement ses concurrents.
- Couvrant, à une allure mathématique de 27 à 28 secondes, les tours du vélodrome de Lambre-sart, Béconnais a parcouru dans l’heure 75 kil.
- • 500 mètres.
- Le classement s’opère comme suit pour les suivants :
- 2. Loste, 54 kil. 600.
- 3. De Mester, 54 kil. 500.
- 4. Cabaillot, 53 kil. 300 et 5. Fossier.
- Voici quelques temps intermédiaires : 10 kil. en ÎO'SO"; 20 kil., 20'30" 2/5; 40 kil, 4-1'45'; 50 kil. 52'36" 3/5.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Les courses de Spa.
- Rappelons que tous les chauffeurs, tant coureurs qu’excursionnistes, qui assisteront au meeting de Spa, organisé par l’Automobile-CIub de Belgique, quitteront Bruxelles le samedi 25 août, à 8 h. 1 2 du matin, et se rendront en caravane à Spa, avec arrêts obligatoires à Huy et à Aywaiîle. Les conducteurs de voiture qui auront participé à cette promenade, après en avoir avisé F Automobile-Club de Belgique avant le 15 août, recevront en souvenir une médaille artistique.
- • Les courses qui auront lieu à Spa sont dotées d’une dizaine de mille francs de prix.
- Dimanche 26 août. Course de voitures : Spa-Baslogne-Spa. Lundi 27 août. Course de voitu-rettes : Spa-Fraiture-Bomal-Spa. Mardi 28 août. Course de tricycles : Spa-Baslogne-Spa. Mercredi 29 août. Concours d’adresse. Jeudi 30 août. Distribution des prix et banquet.
- Pour être admis à participer à ces fêtes, il suffit de faire partie de l’Automobiie-Cluh de Belgique, de l’un de ses clubs patronnés ou de l'une des fédérations étrangères reconnues.
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- "Voici le programme de la fête qui sera donnée le 30 août sur la piste de 2700 mètres de l’hippodrome Wellington, à Ostende.
- I. — Grand gymkhana automobile pour voiturettes de 400 kilogr. et au-dessous et pour motocycles. — 6 prix objets d’art.
- II. — Championnat du monde de motocycles (50 kilomètres). — 4 prix : 1,000, 400, 250, 150 fr.
- Engagement : 10 fr.
- III. — Prix Wellington, course de voiturettes pour véhicules de 400 kilogr. et au-dessous (50 kilomètres). — 4 prix : 1,500, 600, 300, 200 fr.
- Engagement : 25 fr.
- IV. — Grand prix automobile d’Ostende, ouvert à tous véhicules automobiles au-dessus de 400 kilogr. (100 kilomètres. — 4 prix : 3,000, 2,000, 1,000, 600 fr.
- Engagement : 50 fr.
- On tolérera une seule personne dans chaque voiturette ou voiture :
- Les engagements seront reçus au secrétariat de l’hippodrome Wellington, à Ostende, et au Vélo, qui est chargé de les centraliser.
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- Pendant la seconde quinzaine de juillet se sont tenues, à Brescia, les séances du Comité spécial chargé d’arrêter les conditions du programme de la réunion automobile, qui aura lieu du 6 au 10 septembre prochain. Du 6 au 10, il y aura exposition ; le 8, course sur piste pour motocyclettes, tricycles, quadricycles, voiturettes et voitures; le 9, course de vitesse sur pente; le 10, course de résistance sur route et clôture du Congrès.
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- Les courses de Francfort-sur-le-Mein.
- (De notre correspondant spécial.)
- On a donné le 30 juillet, à Francfort-sur-le-Mein, une série de courses très intéressantes.
- Les courses se sont faites sur automobilo-drome; le public a répondu avec empressement aux efforts des organisateurs, et c’est devant une foule très compacte que les automobiles ont évolué.
- Voici les résultats :
- Tricycles de touriste. — 10 tours, 16 kil., temps de parcours : 30 minutes.
- 1. Niesen (de Munieh-Gladdach) avec la « Fnlcke », 24 m. 5 2/5 s.;
- 2. Encke (Eisenach), « Wartbourg » 24 m. 48 s.;
- 3. Hasemann, « Kaiser », 26 m. 27 s.
- Voiturettes ù 2 places. — 10 tours, 16 kil.; temps : 40 minutes.
- 1. Benz (Mannheim), « Benz », 25 m. 43 s.;
- 2. Hen (Mannheim), « Kayser », 25 m. 43 1/5 s.;
- 3. May (Francfort) « Endell », 28 m. 26 s.
- Voitures de touriste. — 10 tours, 16 kil., temps : 48 minutes.
- 1. Gœbel (Mayence), « Bergmann », 31 m. 4 s.;
- 2. Dr Isbert (Francfor), « de Dietrieh », 33 m. 14 s.;
- 3. Mayer (Mannheim), « Benz », 36 m. 15 s.
- Tricycles de course. — 10 tours, 24 kil., temps : 30 minutes
- 1. Fritz Kirscheim (Eisenach), « Marttbourg », 25 m. 23 s.;
- 2. Vasseroth (Francfort) », Adler », 33 m. 30 s,;
- 3. May (Francfort), « Endell », 35 m. 1 s.
- Voitures de course. — 30 tours, 48 kil., temps : 60 m.
- 1. Benz (Mannheim), « Benz », 60 m. 42 s.;
- 2. Scarisbrick-Hanau, « Benz », 62 m. 42 s.;
- 3. Baron de Liebig (Reichenberg), « Nesselsdorf », 73 m. 14 2/6 s.
- En somme, journée très réussie et qui comptera dans les annales de l’automobilisme en Allemagne.
- Léon Baréty.
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- Lors des jeux athlétiques d’Harrogate, qui se sont donnés tout récemment en Angleterre pendant les fameux jours de congé dits Bank Ho-liday, on a organisé une course de motocycles pour machines à deux voyageurs au maximum.
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- La ville d’Aachen, sur le point d’arrivée de la course d’automobiles qui aura lieu à la fin du mois d’août, organisée par l’Automobile-Club allemand et Ouest-Allemand entre Berlin et Aachen, comportant un parcours de 700 kilomètres. C’est la première lutte de cette importance instituée en Allemagne à laquelle prendront part les plus réputés amateurs. Elle éveille l’intérêt de tous les hommes de science, des industriels et du monde sportique. Elle promet de devenir une brillante manifestation au moment oû l’attention, dans ce pays, est dirigée vers les nouveaux-modes de transport appliqués aux usages de l’activité commerciale et des services de guerre. Elle est placée sous la haute protection des personnalités les plus en vue du sport, telles que le duc von Uyest, le duc von Ratibor, le comte von Talleyrand et d’autres encore. L’empereur d’Allemagne, qui vient de demander une auto-
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- mobile pour son usage personnel, parait s’intéresser tout particulièrement à cette épreuve de Berlin-Aachen qui, dit-on, sera suivie de beaucoup d’autres.
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- Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de l’Exposition et des concours qui doivent se tenir à Chicago en septembre et des épreuves plus ou moins bizarres auxquelles seront soumis les véhicules y figurant. On adoptera aussi une échelle de coefficients variables pour l’appréciation des mérites des voitures; c’est ainsique l’on donne 20 points pour la vitesse, autant pour l’élégance du dessin et ses dispositions pratiques, 20 également pour l’arrangement du frein et le contrôle de la vitesse, le même coefficient pour la montée des côtes; c’est ensuite 10 points pour les dispositifs les plus sûrs pour la conduite des véhicules en palier ou en rampe, et enfin 10 points pour la disposition des parties mécaniques en rendant l’accès le plus aisé.
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- L’Automobile-Club of America se propose d’organiser une nouvelle course dans le courant d’octobre prochain : il s’agira cette, fois d’aller de New-York à Boston, ce qui représente une distance triple de celle qui a été parcourue dans la dernière sortie.
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- L’Automobile-Club de Cleveland prépare une Exposition et des courses, afin surtout de familiariser le public avec les véhicules mécaniques. L’Exposition sera gratuite et les concours des genres les plus variés.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- La conquête de la Chine par l’Europe, si jamais elle s’effectue, aura peut-être des conséquences imprévues pour l’automobile en permettant l’exploitation d’importantes mines de pétrole, dont quelques-unes sont déjà, du reste, au mains des Anglais.
- Dans un intéressant article publié dans la Revue générale clés sciences, Jean Hess nous parle de ces mines que décrivent curieusement les vieux livres chinois.
- On en trouve la mention dans les poésies du célèbre Tou-Eou, qui vivait sous les Tchang, dans le milieu du huitième siècle de notre ère.
- Le P. Semedo en a fait mention dans son Histoire universelle de la Chine, où il dit :
- Comme nous avons des puits d’eau en Europe, ils en ont de feu à la Chine, pour les services de la maison ; pour ce qui ayant au-dessous des mines de soufre, qui déjà sont allumées, ils n’ont qu’à faire une petite ouverture, d’où il sort assez de chaleur pour faire cuire tout ce qu’ils veulent.
- Au lieu de bois, ils se servent d’une espèce de
- pierres qui ne sont pas petites, comme en quelques-unes de nos provinces, mais d’une grandeur considérable...
- Les mines d’où l’on tire cette matière qui brûle si aisément sont presque inépuisables. »
- Dans les Annales de l’Association de la Foi, en janvier 1829, M. Imbert parle des puits de feu de Ou-Tong-Kiao, près de Kiating, dans le Sze-Schouan.
- L’air qui sort de ces puits est très inllammable. Si l’on présentait une torche à la bouche d’un puits, il s’enllam nierait...
- 11 est de ces puits dont on retire simplement du feu.
- Les descriptions récentes de M. Marcel Mon-nier na diffèrent point de celles des anciens auteui's.
- Le journal anglais bien connu Spectalor vante les charmes de l’automobilisme : il donne l’automobilisme comme uu puissant facteur d’individualisme, à l’opposé du collectivisme obligatoire que l’on subit dans les transports en commun par chemin de fer. Avec le véhicule mécanique on reprend sa liberté d’action et on va presque aussi vite.
- M. R. Thurston, dans The Automobile, s’occupe particulièrement des moyens divers par lesquels il faut poursuivre l’allégement des automobiles, et il expose les diverses qualités qu’il faut demander aux matériaux employés.
- Notre confrère Motor vehicle review insiste avec raison sur l’intérêt qu'il y a, en matière de véhicules automobiles, à ne pas s’efforcer de masquer les parties principales du mécanisme; il est logique qu’elles demeurent apparentes, bien entendu en prenant des précautions pour éviter les méfaits de la poussière. La chose a d’autant plus d’importance que le constructeur soigne particulièrement les choses qui restent visibles.
- Notre confrère Motor Car Journal demande que l’on colle sur les chevaux qui sont vicieux des étiquettes et des numéros bien visibles, tout comme on veut le faire pour l’ensemble des automobiles, et cela d’autant que la marche et les ruades d’un cheval sont tout à fait fantaisistes et faites pour surprendre tout le monde, alors que l’allure d’une automobile est régulière et laisse toujours préjuger de sa direction.
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- LES AUTOMOBILES SUR BOUTES
- Le collège des bourgmestres et échevins de Charleroi a ouvert une enquête sur les demandes
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- LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- tendant à organiser deux services publics et réguliers de transport par omnibus automobiles à vapeur, l’un entre Charleroi et Trazegnies en passant par'Souvret, et l’autre entre Cbarleroi et Binche en passant par Anderlues.
- —o—
- Un service d’automobiles va être organisé en Italie entre Novarre et Robia, et cela au moyen d’automobiles à vapeur : d’ailleurs, ou parle d’étendre ce service sur beaucoup d’autres villes de la région.
- —o—
- L’automobile de la société espagnole Horga Maurines et Cie vient de subir avec plein succès ses épreuves préliminaires dans les Asturies. On va en faire venir et en mettre en service toute une série pour des services multiples sur routes.
- —o—
- Il vient d’arriver à Saint-Jacques de Composte 1, en Espagne, les omnibus automobiles destinés à assurer le service entre cette ville et la Corogne. Il parait que cette arrivée était attendue avec grande impatience.
- —o—
- La direction des travaux publics d’Espagne vient d’approuver l’installation d’un service d’automobiles entre Chantada et Lugo, on espère prolonger.ee service jusqu’à Burgos, et assurer ainsi des communications plus rapides que par les voies ferrées existantes.
- Il faut croire que les fiacres électriques de Londres n’ont point fait de brillantes affaires, car les obligataires ont fait vendre tout le matériel, les usines, les machines, etc., et que pourtant ils n’ont pu rentrer dans leurs fonds. Les directeurs de cette malheureuse entreprise ont publié dernièrement une sorte de bilan final, où ils expliquent que les fiacres ont été rapidement mis hors de service partout pendant les temps humides ; leur poids était trop lourd pour les bandages en caoutchouc, les vibrations détruisaient les accumulateurs. Les dépenses d’exploitation et d’entretien étaient énormes, enfin on ne pouvait trouver de conducteurs.
- —o—
- L’enthousiasme des habitants de Lincoln est à son comble pour leurs nouveaux omnibus mécaniques et même pour les conducteurs des dits omnibus. Le fait est que les voyageurs hommes les fournissent de cigares et les dames leur font cadeau de bonbons!
- —-o—
- La Compagnie dite « Illinois Electric Vehicle Transportation » a déjà mis en circulation 72 voitures automobiles de louage, mues électriquement, et qui marchent à raison de 25 cents {à peu près 1 fr. 25) par mille pour celles qui
- sont à deux places, mais avec un minimum de perception de 50 cents. Le tarif est double pour les véhicules à quatre places; cela nous semble élevé pour la France, mais il faut songer que les fiacres, aux Etats-Unis, coûtent encore plus cher.
- —o—
- On va créer un service public, d’automobiles entre Manslield et Sheeby, dans l’Ecat d’Ontario, et un autre entre Elizabeth et Morristown, dans New-Jersey.
- —o—
- Un certain nombre de commerçants de Philadelphie étudient en ce moment un projet ayant pour but d’établir une ligne d’omnibus qui transporterait chaque matin les marchands, boutiquiers, négociants, de leur maison à la campagne jusqu’à la porte de leurs boutiques, de leurs bureaux, et il y aurait plusieurs lignes desservant les diverses villes de la banlieue.
- —o—
- On est sur le point d’établir un service d’omnibus automobiles dans les rues d’Aheville, dans la Caroline du Sud. On autoriserait la vitesse qui nous semble considérable, de 20 milles, et ces voitures transporteraient les messageries comme les voyageurs.
- —o—
- Un nouvel hôtel, l’hôtel Stein, à Meyersdale, en Pensylvanie, vient d’établir un service d’automobiles pour mettre son établissement en relations avec le gare la plus voisine, qui se trouve à une distance de plus de 3 kilomètres.
- Exposition universelle .de 1900
- Encouragé par le succès obtenu par les conférences-visites à l’Exposition, qu’il avait organisées durant les mois de juin et de juillet, le bureau de la Société des ingénieurs civils de France a décidé de donner une nouvelle série de promenades pendant les mois d’août, de septembre et d’octobre.
- Tout comme les réunions de la première série, celles de la seconde se feront le matin à 9 h. 45; elles seront suivies d’un déjeuner quand elles auront lieu dans Paris ; les membres de la Société et les ingénieurs etrangers sont invités à y assister.
- Dans quelques jours, le programme de ces conférences-visites sera définitivement arrêté.
- Les constructeurs d’automobiles anglais corn* prennent qu’il y a pour eux le plus grand intérêt à se faire connaître dans les milieux agricoles, et
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- une bonne partie d’entre eux ont déjà retenu leurs emplacements pour le concours agricole qui se tiendra en 1901, àlslington.
- Au commencement de novembre, il se tiendra à New-York, à Madison Square, une exposition d’automobiles, sous les auspices de T Automobile-Club of America.
- A la fin du mois de juillet s’est tenu à Bran-ford, aux Etats-Unis, une exposition et un concours d’automobiles; Branford est dans le New-Haven et proche de New-York.
- TRIBUNAUX
- Le transport des tris à pétrole.
- La Revue du Touriruj-Club traite à son tour de la question de la tarilication des tris à pétrole par les Compagnies de chemins de fer et en donne d’intéressants renseignements sur l’état actuel de la question au point de vue de la jurisprudence.
- Sous le régime de la tarification réglementée par la nomenclature du 8 septembre 1866, et qui a subsisté jusqu’au 1er février 1899, les Compagnies ont engagé au moins trois procès — je n’en connais pas plus. — Elles ont gagné les deux premiers devant le tribunal de commerce de la Seine; elles ont perdu le troisième devant le tribunal de commerce de Bordeaux.
- Devant le tribunal de la Seine, l’un des plaideurs soutint qu’un tricycle automobile est une voiture et que, s’il est démonté, il loit bénéficier des prix applicables aux voitures démontées. (Tarif commun E. 16. Le Havre à Périgueux.)
- La Compagnie d’Orléans oppose à cette thèse que les tarifs spéciaux sont de droit étroit; qu’ils ne s’appliquent qu’aux marchandises expressément désignées dans leur nomenclature; que les assimilations, dans les tarifs spéciaux, sont proscrites par la jurisprudence; qu’un automobile dont le moteur est mécanique ne peut, par conséquent, être assimilé à une voiture à traction animale. C’est sa thèse qui prévalut.
- Un autre plaideur prétendit devant le même tribunal qu’un tricycle automobile « est une machine non dénomnunée ». 11 ne fut pas plus heureux que le précédent.
- Un troisième vint et dit, cette fois devant le tribunal de Bordeaux : « Un tricyle est un véhicule monté sur trois roues. Il est repris dans la nomenclature générale qui suffit à la taxe de tout ce qu’elle reprend. Il ne doit donc être assimilé ni aux voitures, ni aux machines, ni... à quoi que ce soit, puisque, aux termes du cahier des charges, il n’y a lieu à assimilation que pour les marchandises qui ne sont pas dénommées dans la nomenclature générale.
- Tous les systèmes de tricycles : de Dion, Bollée, etc... à moteur ou sans moteur, ne sont que les variétés, les espèces d’un genre qui les englobe tous. Or, le genre se taxant au poids, les espèces doivent se taxer de même.
- Au sens et à la lettre du tarif, un tricycle, quel que soit son aménagement, n’est pas une voiture, puisque le tarif ne connaît que les voitures à deux et à quatre roues, et que le tarif se prend à la lettre, sans possibilité pour le juge de l’interpréter, de le restreindre, ni de l’étendre. (Cour de cassation; jurisprudence constante.)
- A cette argumentation, la Compagnie d’Orléans ne trouva rien à répondre. Elle fut déboutée de sa demande et condamnée, elle demanda que le jugement ne lui fut pas signifié, et en offrit l’exécution immédiate, alors que le jugement était susceptible d’appel.
- Etonnerai-je quelqu’un en disant ici que la Compa-pagnie d'Orléans a recommencé le même procès devant le tribunal de commerce de la Seine? Non, sans doute. Peu ou prou tout le monde a éprouvé l’esprit de chicane qui anime les oligarchies que sont les grandes Compagnies de chemins de fer de notre pays.
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- Décision importante et caractéristique des magistrats de Worthing- en Angleterre. On poursuivait un M. Hickman, sur l’affirmation qu’il marchait à une allure de 25 milles à l’heure; la défense lit remarquer qu’il était bien reconnu, même par l’agent de police, qu’il ne se trouvait personne dans les environs qui prit être mis en danger par la vitesse la plus extravagante et le prévenu a été renvoyé des fins de la plainte.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — Ou sait que le nickelage de l’acier donne de bien meilleurs résultats quand les objets à traiter ont été cuivrés au préalable. C’est ce qui nous suscite à indiquer deux procédés de cuivrage qui, suivant un de nos confrères américains, donnent d’excellents résultats.
- On peut tout d'abord tremper les pièces dans une solution composée d’une partie de vitriol vert dissoute dans ti’ois parties d’eau de pluie; mais ce procédé a l’inconvénient de laisser très facilement s’enlever par le frottement la couche de cuivre ainsi déposée. Un autre procédé permet d’obtenir une couche de cuivre très adhérente. Après avoir parfaitement nettoyé les objets, on les recouvre dame solution de protochlorure d’étain, et, immédiatement après, d’une solution ammoniacale de sulfate de cuivre. La couche de cuivre ainsi obtenue adhère tellement bien à l’acier, qu’on peut, sans crainte de l’endommager, frotter et polir les objets avec de la craie en fine poudre. On prépare la solution d’étain avec une partie de chlorure d’étain cristallé, deux parties d’acide chlorhydrique; on forme la solution de cuivre avec une partie de sulfate de cuivre, seize parties d’eau et en ajoutant de l’ammoniaque en quantité suffisante pour précipiter et dissoudre de nouveau.
- — Méthode de trempe de l’acier pour obtenir le plus grand degré de densité :
- Après avoir chauffé la pièce comme à l'ordinaire, on l’immerge dans un bain formé par un liquide bon conducteur de l’électricité, de l’eau acidulée, par exemple, dans lequel on fait passer un courant électrique intense.
- On perce, au moyen de mèches trempées par ce procédé, des trous- avec une vitesse deux fois plus
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- grande que celle qu’on peut réaliser avec les meilleurs outils trempés par la méthode courante. Les scies circulaires, ainsi préparées, sont très supérieures aux autres.
- — 11 est question d’introduire dans le service de navigation de la Tamise à Londres, un certain nombre d’embarcations électriques pour remplacer une partie du vieux matériel démodé des bateaux à vapeur qui parcourent la rivière de ponton en ponton. Cette question est prise en considération par le Conseil de comté de Londres qui a nommé des ingénieurs experts.
- L’installation comporterait des stations génératrices en certains points qui serviraient de stations de charge aux batteries d’accumulateurs des bateaux. Si le Conseil accepte le projet et l’exécute, on peut être sûr qu’il recevra entière approbation de la part du public, puisque l’on créera ainsi un service de bateaux beaucoup plus fréquent et plus rapide que les précédents.
- Dans un rapport fait sur ce service, M. Eck déclare que l’expérience qu'il a faite avec les bateaux électriques construits d'après le système Callow-Eck ou Vril, l’a surpris au plus haut point par les résultats satisfaisants et économiques qu’il a obtenus à l'aide des batteries d’accumulateurs. 11 affirme que le rapport entre la distance parcourue et le coût d'entretien des batteries est un excellent rendement, et qu’il n’existe pour ainsi dire plus de problème à résoudre dans la construction des bateaux électriques.
- — On a comparé dernièrement le coût du travail produit par la vapeur et par le gaz. Le professeur Krone, qui a donné ces chiffres à la Société Electro-chimique de Hanovre, a calculé la dépense du moteur à vapeur, soit avec, soit sans condensation, en y comprenant 1 intérêt, l’amortissement et le service. Il a ajouté le prix de l’installation d’un matériel d’électricité pour 100 chevaux. D’après lui, le coût d’un cheval-heure électrique au réseau de distribution est de 0 fr. 13 avec une machine sans condensation, et de 0 fr. 12 avec une machine à condensation.
- Si Ton emploie un moteur à gaz, le coût ressort à 0 fr. 10, pour la même unité dans les mêmes conditions, l’économie serait donc de 16 pour 100 par rapport au moteur à vapeur le plus avantageux.
- Dans une petite station installée à Clausthalet pendant l’année qui s’est terminée avec le mois de mars 1899, on a produit en moyenne 707 watts-heure par kilogramme de combustible, anthracite et coke mélangés, ce qui correspond à 1,05 de combustible par cheval-électrique-lieure utile.
- — Dans un discours récent à l’Association municipale électrique de Huddersfield, 31. B. Montain a tenu à affirmer que dès maintenant les voitures électriques sont aptes à rendre de grands services; et cela bien qu’elles ne puissent faire plus de 40 milles sans rechargement. Pour les transports commerciaux, on ne leur demande généralement pas de faire plus de 20 milles quotidiennement; on pourrait aisément multiplier les stations de charge, et le courant s’y vendrait forcément à prix réduit si les rechargements se faisaient la nuit ou le matin.
- — La Société Anspaeh Foerderreuther et C°, Eisen-giessereiund Eisenbauanstalt, a fait breveter un procédé d’émaillage consistant à enduire les objets en fer ou autres métaux d’un émail brillant réfractaire qui, contrairement aux autres enduits et émaux, est extraordinairement liquide et peut-être facilement appliqué par immersion, sans qu’il soit nécessaire d’employer un enduit préalable ou de fond, et ne nécessite qu’un faible chauffage au rouge sombre.
- a) 12 parties de minium, 4 parties borax, 4 parties silice : émail relativement liquide.
- b) 10 parties minium, 6 parties sable, 5 parties borax, 4 parties verre pilé; l'enduit est étendu et séché à 20° C., puis chauffé dans un four à recuire; émail plus résistant et plus dur.
- Ces différentes masses d’émaillage sont fondues, puis coulées dans de l’eau et broyées finement au mouillé de manière à obtenir une bouillie bien liquide.
- — D’après ce que nous indique le Moniteur du Dr Quesnerille, i\I. Fielder a fait récemment breveter un procédé mécanique d’argenture à froid des objets en métal. Il consiste à frotter les objets avec un chiffon imprégné d’un mélange fait avec le chlorure d'argent provenait de 15 grammes de nitrate, 450 grammes de chlorure de sodium, 90 grammes d’acide tartriquc et 400 grammes de tripoli.
- — Pour rendre plus chaude l’étincelle qui jaillit entre les deux pointes des fils de platine d'une bougie d’allumage et, par suite, de mieux enflammer le mélange, signalons le procédé suivant qui se recommande par sa simplicité :
- Il suffit d’arrondir délicatement, avec un couteau bien aiguisé, la section des deux fils de platine : l’étincelle jaillira ainsi entre les deux surfaces rondes au lieu de jaillir entre deux surfaces plates. Les expériences faites sur un motocycle avec deux bougies, l’une portant des lils de section plate, l'autre des lils arrondis, ont accusé, s'il faut en croire la Vie scientifique, un rendement meilleur avec la dernière.
- Il n'en coûte rien d’essayer et nous serions heureux de savoir si, dans la pratique, quelques chauffeurs se sont bien trouvés de cette petite modification.
- — D’une excellente étude sur le graissage des automobiles et des cycles, étude due à M. Weitch-Wilson. nous extrayons ces quelques renseignements sur les qualités que doit présenter une huile servant au graissage d’un moteur sans enveloppe.
- Elle ne doit pas être susceptible de se décomposer en produisant des acides ou de la poix aux températures normales de fonctionnement. Si elle est d’origine minérale, il importe qu’elle ne se volatilise de façon sensible, ni qu’elle émette des vapeurs nuisibles, ni enfin qu’elle laisse des dépôts dans les cylindres ou les valves (toujours à ces mêmes températures). Elle doit enfin rester suffisamment fluide pour que son introduction, là où il en est besoin, se fasse toujours aisément.
- — Lorsqu'un pneumatique est monté sur roues, il doit être tenu constamment gonflé et à l’abri de l’air et de l'influence atmosphérique. La chaleur et les courants d’air font gercer le caoutchouc, et il n’est pas rare de voir, dans certains magasins, des enveloppes entièrement neuves se fendiller complètement du côté le mieux éclairé et le plus aéré, tandis que l’autre partie de la même enveloppe est intacte et en excellent état.
- 11 peut arriver, en outre, qu’à la longue, les enveloppes se fendillent sur tout le pourtour; il n’y a pas à s’en préoccuper outre mesure. Ce phénomène, qui se produit surtout avec les caoutchoucs vulcanisés, provient de ce que le soufre qui est à l’intérieur ressort insensiblement et forme, à la surface, une croûte qui duicit sous l’influence de l’air. Si, à ce moment-là, on exerce une pression sur le pneumatique, la croûte de soufre se brise, entraînant avec elle la feuille de caoutchouc qui se trouve en-dessous.
- Pour éviter cet inconvénient, on peut brosser fortement de temps à autre l’extérieur des enveloppes.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPE., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 33.
- Le Numéro
- SO CENTIMES
- 16 Août 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIEE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Laç/arde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie Vve DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 33.
- Les idées de M. Yiilcaiius, Emile Dieudonné. — Chiens et chauffeurs, Albert Rodanet. — Echos et nouvelles.
- — Le tricycle Lawson, Daniel Belle!. — La voitur rette Marnmse. — Le changement de vitesse Mas-signon. — La direction Frantz. — Les courses. — L’Exposition de 1900. — Les voitures Henriod. — La maison de Dion. — Le bracelet pour pneumatiques « l'indispensable ». — Automobiles sur routes. —
- — A travers la presse. —Tribunaux.
- LES IDÉES DE M. VULCANUS
- Un nouveau procédé de calcul des résultats d’une course d’automobiles est proposé par M. Vulcanns, ingénieur, qui a été frappé des inconvénients de toutes sortes résultant de la division des concours en classes et tend à les éliminer. Actuellement, la pratique générale suivie dans les concours consiste à répartir les automobiles en quatre classes : motocycles, voiturettes, voitures de courses et voitures de touristes. Chacune des quatre classes forme le contingent d’une seule et meme course dans laquelle les concurrents se disputent les prix. Si pour chacune d’elles on institue quatre prix, il y aura en totalité seize récompenses à décerner. Il s’ensuit ou bien que leur valeur ne pourra être que très faible, ou, si elle est individuellement importante, elle expose le comité d’organisation à de grandes chances de déficit.
- Avec des prix modiques, l’intérêt disparaît à chaque concours. De même, des droits d’entrée trop élevés restreignent les participations à la lutte. Il semble donc qu’il soit nécessaire de rechercher une autre méthode exempte de semblables reproches.
- M. Vulcanus, dont nous résumons les idées, supprime la classification, et, dans son système, les voitures, quel qu’en soit le genre luttent toutes entre elles.
- Il rétablit comme suit les points les plus importants de sa méthode dans un article de notre excellent confrère le Sankt Georg.
- 1. — Tous les véhicules partant devront produire une attestation de la puissance de leurs moteurs qui ne remonte pas au delà de trois mois de date. Cette attestation sera délivrée par une école de hautes études techniques ou par un corps reconnu des ingénieurs de l’état.
- °2. — Le moteur devra porter un scellé de cette attestation d’une façon ostensible.
- 3. — Avant le départ, on constatera le poids brut du véhicule ainsi que celui des personnes qui y prendront place.
- 4 — Du poids brut de la voiture et de la puissance du moteur se déduit d’après une formule établie la vitesse en kilomètres par heure qu’elle sera capable d’atteindre théoriquement.
- 5. — On donne le signal du départ des voitures, et celle-là sera classée première dont la vitesse réelle s’approchera le plus des conditions de la vitesse théorique.
- Il n’est pas contestable que cette façon d'opérer possède de nombreux avantages sur les anciennes. Si on l'adopte, il est très probable que le véhicule qui sortira vainqueur de la lutte sera celui dont le poids mort sera le moindre, le moteur le plus puissant, et qui offrira le moins de résistance due aux frottements dans son mécanisme de transmission. Comme auparavant interviennent toujours absolument l'habileté du conducteur à mener son moteur et son adresse dans la conduite de la voiture. Ce sont précisément tous ces facteurs qu'il s’agira de traduire sous la forme de chiffres dans une méthode idéale d'estimation. Ils sont maintenant ^de règle dans la pratique.
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- Un homme compétent n’éprouvera pas de difficulté à mesurer au frein la puissance d'un.moteur à essence. Cette opération exécutée dans la section mécanique d'un institut technique ou par une réunion d’ingénieurs indépendants devra faire autorité. Il faut également appliquer un plomh au moteur. La détermination du poids total de la voiture, conducteur compris, n'est pas non plus une chose difficile.
- En raison des développements auxquels cela l'aurait conduit, l’auteur ne pose pas la formule qui permettrait de calculer la vitesse théorique en kilomètres à l’heure de la voiture d’après son poids hrut et la puissance du moteur. C’est regrettable.
- La durée vraie de chaque course est enregistrée.
- Supposons, pour fixer les idées, que les voitures A, B et C entrent en lice. En vertu du calcul, leurs, vitesses théoriques ont été définies être respectivement de (>2, '>7 1/2 et 48 kilomètres par l’heure. L'épreuve donne maintenant pour À 3(> k m : h, pour B 38 km : h, et enfin pour C 35 12 km : h; la voiture victorieuse sera C, bien qu’elle n’ait pas fourni la plus grande vitesse apparente, mais parce qu’elle s'est affirmée au cours de l’expérience être celle qui, par suite de sa constitution plus rationnelle, de sa construction la plus précise et de la plus habile manutention de la part de son conducteur, s’est approchée le plus des conditions théoriques de vitesse. Si, par un grand hasard, deux voitures se trouvaient dans le môme cas, le jugement serait dicté par l’évaluation de la quantité d’essence consommée ; des deux véhicules ex æquo, le meilleur est assurément celui dont le moteur absorbe le moins d’essence par force de cheval.
- L’application de la méthode proposée procurerait la faculté d’attacher des prix notablement plus considérables à la course. Elle entraînerait encore un autre avantage pour le propriétaire de la voiture ; les fabricants se verraient contraints d'apporter une attention plus judicieuse aux détails de construction de leur matériel, ils devraient tendre à éviter et à réduire le poids mort du véhicule et s’efforcer de construire des organes de transmission de l’effort qui ramènent au coefficient le plus bas les pertes d'énergie provenant des frottements. Lanouvelle méthode se fonde moins sur l’emploi de très forts moteurs et des lourdes voitures que sur un calcul plus juste de leurs dimensions et des conditions de fonctionnement économique. Elle ne s'ef-
- force pas d’atteindre aux vitesses vertigineuses, elle prétend seulement obliger les fabricants à un travail de précision à l'avantage et à la satisfaction des acheteurs du matériel.
- L’innovation présentée par M. Vulcanus contient en germe beaucoup d’éléments de perfectionnement. Elle n’est pas affranchie de toute critique. Nous aurions quelques objections à élever qui viendront sans doute à l’esprit des lecteurs. Mais nous ajournons nos observations. Au surplus, la discussion est ouverte, chacun peut fournir son avis. Nous convions les per-sonns s'intéressant plus particulièrement à ces questions à formuler leurs opinions motivées de telle façon qu’une sorte de referendum s’établisse au sujet de la méthode de jugement proposée.
- Ce que M. Vulcanus remet en discussion, c'est l’éternelle question, toujours non résolue pour les automobiles, de la formule d’allégeance. On sait toute la difficulté (pie l’on éprouve à établir une formule de ce genre. On sait aussi les dangers que présente une formule mal établie. Elle amènerait les constructeurs à établir des machines de courses aussi peu pratiques pour les usages courants que le sont certains types de bateaux de régates.
- Ce n’est pas une raison pour renoncer à chercher une solution, s’il en existe une.
- Emile Dieudonné.
- CHIENS ET CHAUFFEURS
- Le fait, par le propriétaire d’un chien, de laisser errer l’animal qui vient se jeter sous un véhicule et en cause la chute, est de nature à engager sa responsabilité, — surtout si la voiture automobile ne dépassait pas une vitesse de 15 kilomètres à l’heure, et si le conducteur a fait le nécessaire pour écarter le chien (trompe, cris, etc.)
- C’est l’application pure et simple de l’art. 1380, C. civ. On est responsable des animaux que l’on a sous sa garde.
- Des arrêts ont admis la responsabilité de propriétaires de chiens dans des cas analogues (chevaux effrayés, voiture versée, etc.).
- Aluekt Rodanet,
- Docteur en droit,
- Aiocat à lu Cour de Paris.
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- ÉCHOS
- Le bureau du Comité du Moto-Club de France a tenu, le 7 août, une séance, la dernière avant les vacances,
- Cette séance n’a duré que quelques minutes, pour constater que le dépôt des statuts a été effectué dans les formes légales au ministère de l’Intérieur, et admettre 31 nouveaux adhérents. Ce qui porte à 615 le nombre des sociétaires.
- MM. Sicot et Rouxel viennent de rentrer à Paris, par l’orient-express, après avoir fait en voiturette le joli parcours : Paris-Vienne-Budapest.
- •* *
- Nous apprenons avec le plus grand plaisir la nomination de M. Bochet, l’ingénieur des mines bien connu des chauffeurs, au grade de chevalier de la Légion d’honneur.
- -¥ *
- M. Ballif, président du Touring-Gliib, vient d'adresser à M. Caillaux, ministre des linanees, une demande tendant à obtenir que le passage en douanes des m otocycles, tricycles, quadricycles, soit soumis aux mômes mesures de faveur que celui des bicyclettes et tricycles ordinaires.
- On sait, en effet, qu’à la suite des démarches faites par le Touring-Club et d’accords intervenus diplomatiquement entre les douanes do France et des pays limitrophes, les cycles sont admis à l’étranger et en France en toute franchise, ici sur la présentation de la carte du Touring-Club, de France, là sur la présentation des cartes des fédérations voisines.
- C’est ce régime que M. Ballif demande à M. Caillaux d’obtenir pour les motocycles.
- Le président du Touring-Club a déjà soumis son projet nu directeur des douanes qui l’a accueilli favorablement; il est certain que le même accueil lui sera réservé par le ministre des finances qui, dès lors, fera les démarches diplomatiques nécessaires pour que l’accord soit fait entre les diverses administrations.
- Le Vélo signale la présence, aux courses hippiques de Dinard, de onze grandes automobiles et de vingt-huit voiturettes ou tricycles.
- Il paraît que notre confrère, Albert Bourdas, rédacteur en chef du Vieux corsaire et moto-pliobe endurci, n’en revenait pas.
- Les bateaux qui font le service entre Dinard et Saint-Malo en arrivent à charger les autos comme des colis ordinaires et en ont souvent plusieurs à bord.
- * *
- Certains propriétaires de yachts commencent à emmener avec eux leur voiture automobile.
- Il suffit d’une installation bien faite pour mettre le véhicule à l’abri de tout accident de naviga^ tion et, une fois à quai, on débarque l’auto pour aller explorer les environs.
- * *
- La maison Richard Fernandez, qui construit la voiturette « Sirène », nous prie d’informer nos lecteurs que son magasin de vente vient d’être transféré, pour cause d’agrandissement, 10 bis, avenue de la Grande-Armée.
- * *
- Le nouvel hydrocarbure, essayé au concours de moteurs de la Locomotion aulo)nobile par la Société des huiles minérales de Colombes, vient de faire son apparition sur le marché.
- On l’a baptisé du nom de « Stellano », et il donne jusqu'à présent toute satisfaction aux chauffeurs qui eu ont essayé.
- Le Touring Club a été saisi de l'arrêté du maire de Lyon, prescrivant les gros numéros pour les automobiles.
- Col arrêté constitue un abus de pouvoir sur lequel le président du Touring Club vient d’attirer l’attention du ministre de l’intérieur.
- Le Congrès international d’automobiles après avoir réclamé l’abolition, en principe, de toute formalité en douane pour le touriste voyageant avec sa voiture, avait, sur le rapport de M. Abel Ballif, émis des vœux tendant :
- 1. A l’ouverture, les dimanches et jours fériés, d’un certain nombre de bureaux situés sur les voies les plus importantes au point de vue de la circulation automobile, aux frontières belge, suisse et italienne ;
- 2. A l’existence dans lesdits bureaux d’une provision suffisante pour assurer le remboursement immédiat de la caution versée à l’entrée.
- Ces mesures seraient prises à titre de réciprocité et à l’égard seulement des pays qui nous accorderaient pareil traitement.
- En conformité de ces vœux, M. Abel Ballif vient d’adresser à M. Bousquet, directeur général des douanes, une note spécifiant les bureaux auxquels ces mesures devraient être appliquées, en attendant qu'une décision ait été prise en ce qui concerne le libre passage du touriste voyageant avec sa voiture.
- * +
- On ne saura jamais où s'arrête la bêtise de l’administration française. Elle est infinie.
- L’autre jour, Gifardot rencontre, un chauffeur de ses amis, victime d’une panne et en détresse dans un coin de Paris. On sait comment les choses se liassent en pareil cas. On trouve un bout de corde, le valide remorque l’invalide et le
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- traîne à petite allure jusqu’au garage. C’est ce que fit Girardot, homme aimable et bienfaisant. Survient un agent, le bon agent classique, qui dresse procès-verbal « parce que deux voitures forment un train et que la circulation des trains automobiles est interdite dans Paris ».
- C’est, tellement idiot que cela semble invraisemblable, mais c’est pourtant réel, bêlas !
- La Préfecture de police vient de publier son édition annuelle du règlement sur la circulation des voitures dans Paris.
- Il n'y a rien de nouveau concernant la circulation des automobiles.
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- Au risque de nous répéter, mais par un sentiment d’amour-propre assez compréhensible, nous sommes heureux de voir notre excellent confrère Molor-Car Journal signaler, lui aussi, la publication du volume de Gaston Sencier, sur le Concours de moteurs de la « Locomotion automobile. »
- Adressons également tous nos remerciements au journal espagnol VAutomovilismo illustrado. qui consacre au même ouvrage un article très étudié.
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- * *
- M. Philippe Marot quitte la direction des usines Marot-Gardon à Corbie. Il est remplacé par M. Paul Caron.
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- Le comte Brunetta d’Usseaux, un chauffeur bien connu à Nice, a donné ces jours derniers à Paris, à la villa de l’Automobile-Club, au Bois de Boulogne, un grand dîner, auquel assistaient : MM. le comte de Ailiers, vice-président del’U.P. des Sports; Gondinet, président du Racing-Club de France ; de Saint-Clair, Emmanuel Aimé, secrétaire de l’Aéro-Club.
- Des toasts ont été portés par plusieurs des convives.
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- Les membres de l’Automobile-Club de Nice et de « l’Artistique » de Nice, en ce moment à Paris, se sont réunis, il y a quelques jours, au restaurant Royal du Bois de Boulogne en un banquet plein d’entrain.
- Parmi l.es convives : MM. Laroze, Padovani, prince Rotchoubey, Thaon, duc d’Elchingen, Dr Casimir, J. Saqui, Dr Mossé, Dr Schmidt, prince Demidoff, Pierre Clérissy, J. Didiée, Brossé, Desmonceaux de Givray, Rondolotti, Mortier, Dernay, A. Astraudo, Cajecchi, Chery, Dupuy, Mati.
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- Le gouverneur du Hainaut a fait connaître dernièrement à l’Administration des ponts et chaussées tous les ennuis dont sont victimes les chauffeurs étrangers à leur entrée en Belgique. Autant de voitures non munies du signe distinctif, autant de motifs de contravention. Et cependant, le pseudo-contrevenant, après justification
- de sa qualité d’étranger, remet le moteur en marche, non sans faire une moue très significative, tandis que l’agent, parfois très marri, s’en va de son côté.
- Le joint vient d’être trouvé, d’après ce que nous apprend notre excellent confrère VAutomobile belge, et les motoristes étrangers auront à leur tour et peut-être prochainement leurs autos décorés de l’écusson émaillé au chiffre rouge, à fixer à l’avant.
- L’insigne serait déposé à tous les bureaux de douane des frontières et pourrait s’obtenir au prix de 1 franc.
- C’est pour rien.
- La proposition a été soumise au Ministre des finances de Belgique qui doit se prononcer sur son sort.
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- L Automobile belge publie la récapitulation exacte, pour chaque province, des automobiles qui circulent en Belgique.
- Il existe en Brabant 321 automobiles et 108 mo-tocycles. Puis viennent la province de Liège, avec 148 autos et 94 motocycles; Anvers avec 55 et 34 ; le Hainaut avec 42 et 39 ; la Flandre Occidentale avec 8 et 7 ; la Flandre Orientale avec 25 et 3; la province de Namur avec 14 et 9; le Luxembourg avec 7 et 3 et le Limbourg avec 4 voitures, soit un total de I I 19 voitures et 297 motocycles.
- C’est déjà fort coquet.
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- Nous réunissons avec empressement et satisfaction toutes les preuves d’endurance des voitures automobiles, tous les records spéciaux qui prouvent que l’on peut demander de longs parcours aux accumulateurs. Dernièrement, pour se rendre à Brighton, une voiture électrique Joël, du type dont nous avons parlé ici, a effectué sans rechargement un voyage de 53 milles mesurés au cyclomètre.
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- Il s’est formé depuis déjà un certain temps, à Reading, en Angleterre, un Automobile-Club qui fait preuve d’une activité rare, qui organise à chaque instant des réunions intéressantes et très suivies et qui a une bibliothèque des mieux fournies.
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- M. Ernest Estcourt, qui a la grande habitude de la conduite des automobiles, et qui s’enorgueillit à juste titre d’avoir parcouru quelque 30,000 milles sans avoir causé le moindre accident même à un chien, estime que la meilleure façon de dépasser une voiture traînée par un cheval, nous entendons une voiture marchant dans la même direction que l’automobile que l’on conduit, est de le faire à une bonne allure. On a d’abord la ressource précieuse de pouvoir débrayer tout en laissant le véhicule continuer avec sa vitesse acquise, et on supprime ainsi pour un instant le bruit du moteur. Les chevaux font ainsi moins attention à la machine et, en tout cas, elle est plus rapidement loin d’eux.
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- M. Skinner vient de raconter ses impressions de voyage et d’automobilisme en Fi ance, et il n’a pas manqué de remarquer les façons rogues avec lesquelles les agents de police traitent les chauffeurs.
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- La charité n’est pas toujours récompensée. L’autre jour, un jeune homme rencontra sur une route, près de Greenwich, un monsieur monté sur un tricycle, et qui ne paraissait pas pouvoir arriver à faire marcher son moteur. Notre bon jeune homme descendit et se mit à lancer le moteur et le tricycle à bonne allure pour indiquer au propriétaire comment il fallait s’y prendre. Malheureusement, un policeman survint, qui trouva l’allure exagérée et dressa une contravention au chauffeur charitable.
- Nous trouvons dans un journal anglais une annonce ou plutôt une communication bien curieuse : un conducteur d’automobile qui a effrayé un cheval en passant, et qui était lui-même suivi d’une autre automobile, demande au conducteur inconnu de cette dernière voiture ce qui est advenu de la frayeur du cheval, une fois qu’il s’est éloigné.
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- Une compagnie anglaise de construction d’automobiles de Coventry vient de mettre en pratique une nouvelle habitude qui lui amènera certainement beaucoup d’acheteurs : elle laisse les amateurs faire des courses de longueur avec ses voitures, en leur procurant un mécanicien, et elle ne leur demande pour cela que la plus stricte rémunération des dépenses faites. Encore si la personne qui a de la sorte essayé une voiture achète un véhicule, ce quelle a eu à payer lui est entièrement remboursé.
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- L’aristocratie irlandaise commence à se livrer avec enthousiasme aux joies de l’automobilisme : c’est, ainsi que lord et lady Iveagh viennent de partir pour faire un tour en auto dans la verte Erin. Us sont, accompagnés dans leur excursion par deux amis montant une deuxième voiture, et, les bagages et les domestiques sont expédiés, suivant l’itinéraire convenu, par le train.
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- L’introduction des automobiles dans le service des postes de Toronto a permis d’accélérer grandement certaines distributions de courriers : les malles peuvent être emportées en toute hâte à l’arrivée du train qui vient de Montréal, et tout le monde est satisfait.
- L’Automobile-Glub des Etats-Unis poursuit en ce moment une enquête, notamment par la voie de la Presse, pour connaître tous les points où
- l’on peut compter trouver des stations de char gements pour voitures électriques : il publiera ensuite ce renseignement dans son annuaire.
- •k
- 4 4
- M. Whithney-Lyon, un des fondateurs de l’Automobile-Club des Etats-Unis, qui rentre en ce moment de France, se plaint que les constructeurs français se préoccupent fort peu de l’aspect esthétique de leurs véhicules, il estime d’autre part que les Anglais font plus de progrès que n’importe quels fabricants étrangers.
- Les autorités de Newark, dans l’Etat de New-York, ont décidé de soumettre les automobiles à la même réglementation que les locomotives routières autrement dit elles devront être précédées d’un aide marchant en avant à une distance de 200 mètres.
- M. Roland Conklin, ‘de la Compagnie dite North American Trust, a résolu de faire un voyage avec une automobile à pétrole en France, en Espagne, en Autriche, en Bavière et enfin en G rande-B retagne.
- -* 4
- Un certain nombre de chauffeurs de Buffalo viennent de tenir des réunions préliminaires pour fonder un Club automobile.
- *
- 4
- Diverses compagnies américaines d’assurance contre l’incendie considèrent l’automobile comme un risque nouveau dans des bâtiments où elle est garée ; et cela en dépit des règlements imposés sur l’emmagasinage du pétrole.
- 4 4
- Les architectes de New-York prévoient maintenant un certain nombre de remises à automobiles même dans les maisons divisées en appartements.
- Le fameux Wridgwav possède une nouvelle voiture ou motocyle qui vient d’ètre construite pour lui par la maison Stearns, de Syracuse aux Etats-Unis. Il affirme que c’est le plus rapide qu’il existe et il lance en conséquence un défi à tous les motocyclistes des Etats-Unis pour une course d’une heure.
- Wridgwav aurait bien mieux fait, de prendre part à la course Paris-Toulouse, on aurait vu comment il se serait classé.
- 4 4
- On signale des États-Unis comme un haut fait le parcours que viennent d’effectuer le professeur Woood et M. Jastrow7, de l’Université de Wisconsin, qui ont été en cinq heures et demie de Milwaukee à Madison. La distance est de 85 milles.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LE TRICYCLE LAWSON
- Nous avons déjà donné un exemple d’un véhicule à une seule roue motrice avant ; celui dont il s’agit aujourd’hui est le tricycle Lawson, dont l’inventeur à surtout poursuivi le bon marché. Ses caractéristiques vont apparaître aisément aux veux du lecteur accoutumé aux dessins tech-
- niques, grâce aux illustrations que nous publions et que nous avons empruntées à l’Autumotor-Journal.
- Toute la machinerie est reportée sur la roue avant, qui joue le rôle de tracteur vis-à-vis des deux roues arrière. Dans cette roue, et comme on peut le voir, le moteur est sur la gauche, le volant sur la droite, et l’engrenage épicycloïdal de réduction de vitesse entre le volant et la fourche. Le cadre est bien entendu en tubes d’acier; le moteur à refroidissement d’air.
- Bi nous examinons de plus près l’élévation de face et. l’élévation latérale de la partie intéressante de la voiture, nous voyons en A le moteur; il est muni d’un tube d’inflammation avec, en G-, une disposition à came pour la compression au départ, en E est le pot d’échappement. L’arbre du moteur passe par le centre du moyeu de la roue avant, et nous retrouvons en C à son extrémité l’arbre dont nous avons parlé. Fixé à cet arbre, près du volant, est un hérisson qui engrène avec les roues planétaires du train épicycloïdal ; les axes supportant les roues planétaires sont attachées à un manchon qui tourne en dehors de l’arbre et à l’intérieur de roulements à billes dans chacune des fourchus ; ce manchon porte le moyeu de la roue motrice.
- Pour éclairer ces indications, nous renvoyons le lecteur à la coupe que nous donnons de cette roue, précisément par ce moyeu. Une roue dentée intérieurement engrène avec les roues planétaires, et elle enferme complètement tout le train d’engrenages; elle est, comme on le voit, montée librement sur ses coussinets. Cette roue est munie extérieurement d’une poulie de frein D qui peut être alternativement desserrée ou serrée par l’intermédiaire du levier I, qui se trouve sur la direction J. On connaît l'action d'un train épicycloïdal ; le moteur ne tend pas à entraîner la roue motrice quand la poulie D est libre de tourner, mais en cas d’immobilisation de celle-ci, la commande se fait alors.
- Un réservoir combiné pour le pétrole et le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- graissage est fixé en avant au-dessus de la roue motrice; le tuyau conduisant du carburateur à la soupape d’admission se montre en F; en II est un réservoir contenant l’huile de graissage du moteur, en Q un graisseur qu’on peut instanta-
- né tricycle Lawson. Vue de ci)té.
- néinont remplir avec l’huile de H, où l’huile est sous pression. En K est le régulateur de l’air carburé, en L le régulateur d’air; R est l’ouverture permettant de remplir le réservoir qui ali-
- Le tricycle Lawson Vue de face.
- mente le brûleur du tube d'inflammation, S est une pompe à main pour maintenir une pression suffisante dans le réservoir; T est le tube du ilotteur du carburateur ; V est un robinet pour alimenter le brûleur de la lampe.
- Tout cela forme un ensemble rigide solidaire de la roue avant. La voiture est, faite pour donner une vitesse de 10 milles, son moteur ne développant qu’un cheval et demi; elle présente, parait-il, une grande stabilité. En tout cas, la disposition est, fort originale.
- Daniel Bellet.
- LA VOITURETTE MARMUSE (IJ
- M- Maurice Marmuse prend une voiturette Planés et y attelle une bicyclette automobile dont il supprime la partie avant, et dont il relie la roue arrière d’une façon suffisamment solide à la voiturette. Il ajoute quelques organes nécessaires au fonctionnement du nouvel engin ainsi créé, et il obtient ainsi un charmant véhicule à une place, léger, confortable, élégant, peu coûteux, et consommant peu; en un mot, presque l’idéal. On peut se faire une idée de la forme générale de l’appareil en juxtaposant la gravure représentant la voiturette Planés, et celle représentant l’arrière d’une bicyclette Pernoo .à moteur Labitte, qui a été décrite ici même (3 août 1899). On peut voir, d'ailleurs, par la photographie ci-jointe, que l’ensemble ne manque pas d’élégance.
- Voici quelques détails de construction utiles à faire connaître :
- L’essieu arrière de la voiturette est entouré à ses extrémités, de deux manchons qui peuvent tourner librement autour de lui. De ces manchons partent en suivant à peu près le contour inférieur de la voiturette, deux tubes entrelacés formant châssis et venant se fixer au tube de direction qui est une direction de bicyclette â fourche verticale renforcée. Aux abords de la roue directrice, ces tubes sont encore suffisamment écartés pour permettre entre eux le déplacement angulaire de cette roue. A côté des manchons susdits, et de manière à ne pas les gêner, sont fixés, sur l’essieu, les ressorts supportant le fauteuil, et l’avant de celui-ci est suspendu à l’avant du châssis par un ou deux ressorts à bondin. Donc, excellente suspension quoique très simple, puisque les oscillations de l’avant, qui contient le moteur, ne peuvent se transmettre au fauteuil que par les ressorts à boudin (2). A la rigueur, pourtant, afin de simplifier, on pourrait se passer de cette suspension, et relier la direction immédiatement au châssis du fauteuil, soit d’une manière rigide, soit par des organes élastiques plus simples.
- Le moteur est relié à la fourche de direction
- ( 1) M. Maurice Marmuse, 26, rue Notre-Dame, à Mons (Belgique).
- (2) M. Marmuse nous fait remarquer que ce système de suspension parait applicable à. un autre type de voiturette analogue : la Victoria Combination et attire sur ce point l'attention des constructeurs de cette voiturettCi
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- de la même manière qu’il l’est à l’arrière de la bicyclette Pernoo, et participe à tous ses mouvements. Il porte deux poulies de diamètre différent, donnant deux vitesses. Pour éviter le porte-à-faux, ces poulies sont creuses et viennent recouvrir le coussinet du moteur que l’on a prolongé. Une courroie transmet le mouvement à un moyeu à billes portant également deux poulies légères et fixé par les deux extrémités de son axe, de la même façon que le moteur. Ce moyeu commande la roue directrice soit à l’aide d’une chaîne, soit par pignon et couronne dentée. Pour ces dispositions, les poulies peuvent facilement et sans inconvénient faire saillie en dehors du plan de la roue, ce qui permet l’usage de courroies plates et minces, toujours plus souples et
- plus adhérentes. Un galet tendeur donne l’em-broyage progressif.
- Le carburateur, à distribution, mais simplifié, est placé également sur la roue avant, et le réservoir d’essence, placé sur la voiturette, y est relevé par un tube fin contourné en hélice autour du tube de direction pour lie pas gêner celle-ci. La direction est à barre sans rien de spécial. Pour conserver un stabilité assez grande dans les virages, la roue avant n’est pas trop chargée, son centre de gravité est abaissé le plus possible, et la voie assez large.
- Quoi qu’on fasse, on n’aura jamais la stabilité d’un tricycle. Donc, toujours de la prudence dans les courbes.
- Pour les pays tout à fait plats, le changement
- La voiture!te Marmuse.
- de vitesse est inutile : la commande se fera alors directement comme dans la bicyclette Pernoo avec galet tendeur. Pour plus d’élégance on peut d’ailleurs placer un changement de vitesse par engrenages dans le moyeu de la roue motrice.
- Enfin, il y a une foule de détails qu’il est, inutile de mentionner ici.
- Le changement de vitesse Massignon
- Ce dispositif a pour but d’obtenir toutes les variations de vitesse aussi faibles que l’on voudra et la marche arrière par un seul organe.
- Par suite, on pourra toujours approprier l’effort de traction aux résistances résultant, soit de la déclivité de la route, soit du mauvais état de la chaussée, en marchant cependant à la vitesse maxima permettant d’utiliser toujours la pleine force du moteur. Ce dispositif permet aussi les démarrages et changements de vitesse sans secousses.
- (1) M. Maurice Massignon, ingénieur, 24, rue de l’Epinette, Saint-Mandé.
- Il consiste à commander l’arbre auxiliaire attaquant les roues motrices par l’intermédiaire d’un train épicycloidal conduit à la fois : 1° par un arbre tournant à vitesse constante commandé par le moteur ; 2° par un autre arbre recevant le mouvement du moteur par un système dont on puisse faire varier la vitesse dans de faibles limites.
- Les figures I et 2 indiquent une application pour une voiture où la transmission du moteur à l’arbre auxiliaire attaquant les roues motrices a lieu par courroies.
- Le moteur M, par un embrayage à friction E, commande un arbre B sur lequel sont calés une poulie P et un tambour cône T.
- Les deux courroies croisées II et K commandent respectivement : la poulie P', calée sur l’arbre creux DM, et le tambour cône T', calé sur l’arbre creux DA. Les deux arbres creux, DM et I)A, sont enfilés sur l’arbre à commander I), qui attaque les roues motrices.
- Un carter U renferme le train épicycloidal, conststant en :
- Un engrenage à denture interne M, calé à l’extrémité de l’arbre DM et tournant à vitesse, constante comme le moteur, par l’intermédiaire des poulies P et P' et de la courroie K;
- Un plateau A, calé à l’extrémité de l’arbre DA
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- et pouvant tourner à des vitesses variables par l’intermédiaire des tambours cône T et T', et de la courroie H, en déplaçant cette courroie sur les cônes à l’aide des fourchettes F et F', solidaires d’un mouvement à la main du conducteur.
- Le plateau A porte un certain nombre d’axes, trois, par exemple, sur lesquels tournent tous les pignons doubles (c et m) engrenant : m, avec l’engrenage à denture M, et c, avec le pignon à commandé C calé sur l’arbre D.
- Fig. 2. Fig. •/.
- En choisissant convenablement les rapports des divers engrenages, on pourra obtenir de très grandes variations de vitesse et le renversement du sens de rotation de l’arbre D, en n’ayant besoin de faire varier le nombre de tours de l’arbre DA que dans de faibles limites.
- Ainsi, par exemple, si l’arbre DM, tournant à vitesse constante, comme le moteur, fait 600 tours à la minute, que le rapport des engrenages
- — X soit égal à et que l’on désire obtenir
- les vitesses ci-dessous pour l’arbre commandé D :
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- vitesse maxima, 1200 tours à la minute, le tambour T' et l’arbre DA devront tourner à 655 tours.
- Vitesse maxima, 600 tours, — 600 tours.
- 120 — — 557 —
- 60 — —. 551 —
- 0 — —. 545 —
- Marche arrière, 60 — — 540 —
- 120 — — 534 —
- On voit, par cet exemple, qu’il suffira d’obtenir, par le déplacement de la courroie H sur les cônes T et T', une variation de vitesse de 655 à 534 tours à la minute, sans changer le sens de rotation, pour obtenir sur l'arbre commandant les roues une variation de vitesse de 1200 tours en avant à 120 tours en arrière, correspondant, par exemple, à une vitesse maxima de 60 kilomètres à l’heure, et à une vitesse de 6 kilomètres pour la marche arrière.
- Au lieu de poulies cônes pour obtenir la petite
- variation de vitesse, on peut du reste employer tous autres organes pouvant donner de faibles variations de vitesse.
- Ce dispositif s’applique particulièrement aux moteurs à pétrole ou essence, dont il rend le fonctionnement bien plus économique, en utilisant toujours la pleine force, pour laquelle le moteur a été construit, tout en permettant de faire varier à volonté, et dans toutes limites, la vitesse de la voiture en sens inverse des efforts à transmettre.
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- LA DIRECTION FRANTZ 1
- La figure 1 ci-contre représente une coupe verticale par l’essieu d’avant de la voiture. La
- Ft 'jr.
- figure 2 est à plus petite échelle une vue en plan du môme essieu avec sa direction.
- Dans ce système, chaque roue L possède un moyeu K, monté sur rouleaux et tournant sur une partie fixe 13 relice à la direction. Cette partie 13 pivote suivant un axe vertical sur l’extrémité évasée du manchon D qui sert d’enveloppe à l’essieu F. La pièce I), qui est reliée à la direction par le levier A, porte la fusée C qui sert à maintenir la roue L en position, et qui est reliée à l’extrémité de l’essieu F par un joint universel. Deux cliquets M obligent la roue L à
- tourner avec l’essieu F, tout en permettant les virages.
- La direction s’opère au moyen d’un levier N, claveté sur un arbre vertical E, au sommet duquel se trouve fixé le guidon. Ce bras N est articulé sur le milieu d’une tringle O, dont les extrémités sont reliées à des équerres P articulées sur le manchon D; ces dernières sont, raccordées aux leviers A par des bielles IL
- ! 1) Communiqué par Mariilier et Robelet, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris,
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- Ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte par l’examen de la figure 2, la rotation de l’arbre E détermine un déplacement angulaire inégal des plans des deux roues L, la roue qui se trouve à l’intérieur de la courbe décrite par le véhicule se déplaçant d’une plus grande quantité que celle qui se trouve à l’extérieur.
- Le différentiel se trouve logé dans une boîte sphérique D', qui fait partie du manchon D, et le mouvement est donné à l’essieu. F par l'intermé-
- diaire d’une chaîne galle I qui passe sur la couronne dentée J du différentiel.
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- COURSES
- Voici enfin les temps réels, de la course Paris-Toulouse :
- Voitures.
- Conducteurs Constructeurs Chevx. Kilos. Temps réels.
- 1. Levegh. Mors. 24 1200 20 h. 50 m. 9 s.
- 2. Pinson. Panhard et Levassor. 24 1150 22 h. 11 m. 1 s.
- 3. Voigt. id. 20 1100 22 h. il m. 50 s.
- 4- Giraud. id. 24 1150 22 h. 55 m. 32 S.
- 5. Antony. Mors. 24 1150 26 h. 46 m. 27 S.
- 6. de Turklieim. De Dietrich. 18 1200 37 h. 35 m. 36 S.
- 7. Ravel. Peugeot. 15 1200 41 h. m. 29 S.
- 8. Brillié. Gobron-Brillé. 18 1400 43 h. 30 m. 8 S.
- Motocycles.
- 1. Teste. de Dion. 7 23 h. 54 m. 1 S.
- 2. Collignon. id. 7 27 h. 28 m. 34 s.
- 3. Bardin. id. 7 30 h. m. 26 S.
- 4- Gasté. Soncin. à L /2 30 h. 32 m. 32 S.
- 5. Gleizes. de Dion. 6 36 h. 19 m. 14 S.
- 6. Fournier. id. 7 39 h. 59 m. 19 S.
- 7. Durand. 70 h. 31 m. 40 S.
- Voituretles.
- 1. Renault. Renault frères, moteur de Dion. 4 270 34 h. 33 m. 38 S.
- 2. Schrader et (Jury. id. — Aster. 45 h. 49 m. 35 s.
- 3. Grus. id. de Dion. 57 h. 24 m. 43 S.
- L’Automobile-Club de Nice, d’accord avec T Automobile-Club Italien, vient d’arrêter le programme des courses de Turin qui auront lieu les 15, 16, 17, 18 et 19 avril prochain.
- Les chauffeurs niçois se rendront, comme les années précédentes, en caravane au meeting turinois. Us participeront, en outre, au tour d’Italie, qui s’étendra- du 21 avril au 9 mai et dont voici l’itinéraire :
- Samedi 21 avril. — Turin, Miian;
- Dimanche 22. — Milan (séjour);
- Lundi 23. — Milan, Padoue;
- Mardi 24. — Padoue (séjour), courses;
- Mercredi 25.— Padoue, Venise;
- Jeudi 26. — Venise (séjour);
- Vendredi 27. — Venise (séjour);
- Samedi 28. — Venise, Bologne;
- Dimanche 29. — Boiogne (séjour);
- Lundi 30. — Bologne, Florence;
- Mardi 1er mai. — Florence (séjour);
- Mercredi 2. — Florence (courses);
- Jeudi 3. — Florence, Pérouse;
- Vendredi 4- — Pérouse, Borne;
- Samedi 5. — Borne (séjour);
- Dimanche 6. — Borne (séjour) ;
- Lundi 7. — Rome, Pise;
- Mardi 8. — Pise, Gènes;
- Mercredi 9. — Gènes (banquet). — Dislocation.
- X
- Broca. On a déjà recueilli plusieurs engagements pour cette course qui sera certainement un succès.
- Les engagements pour le rallie-automobiles, sont reçus jusqu’au 15 août, dernière limite, à la mairie de Saint-Aignan, ou à Nantes, au siège social du Sport-Vélocipédique Nantais, café de Paris, rue du Couëdic.
- X
- Les chauffeurs belges sont tous mis en émoi par le grand Meeting Automobile organisé par F Automobile-Club de Belgique et dont la date ou plutôt les dates, puisqu’il embrasse les journées du 25 au 30 août, approchent a la satisfaction générale.
- X
- On est en train d’arrêter à Brescia les derniers préparatifs pour les fêtes automobiles et 1 exposition qui doivent s’y tenir au mois de septembre, les 6, 7, 8, 9 et 10 de ce mois.
- Il y aura des courses sur piste, des courses de vitesse sur routes et une grande course de résistance de 220 kilomètres de Brescia à Brescia par Crémone, Mantoue et Vérone. Un tour automobile en province viendra clôturer dignement la réunion.
- X
- A Nantes, dimanche prochain 19 août, rallie-papors pour motocycles et voituretles automobiles dont le 1C1‘ prix sera une très belle aquarelle offerte, par son autour, le peintre nantais de
- Le comité sportif de l’Aufomobile-Club de Belgique a l’honneur de porter a la connaissance des membres des clubs belges alliliés et des
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- clubs étrangers reconnus, qu’ils ne peuvent,
- ' sous peine de disqualification, prendre part à des épreuves sportives automobiles dont le programme n’a pas été approuvé par l’Automobile-Club de Belgique.
- Mention de cette .approbation doit être faite sur les programmes.
- Le comité sportif rappelle, à ce propos, que des épreuves autorisées en Belgique jusqu’à ce jour, les concours de Spa du 25 au 30 août 1900, se trouvent seuls dans ces conditions.
- X
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, le classement des concours de Francfort-sur-le-Mein.
- Le jury a disqualifié un des concurrents dont la voiturette avait un moteur de 6 chevaux, si bien que le classement final est établi comme suit :
- Ier Kaiser; 2e Cudell ; 3e Falke.
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- Exposition universelle de 1900
- Les voitures Henriod..
- Une voiture Henriod de 25 chevaux est exposée au Champ-de-Mars et y excite la curiosité. M. C. E. Henriod a été, en automobile, un des
- La nouvelle voilure Henriod.
- ouvriers de la première heure : Depuis plus de dix ans, il s’occupe exclusivement d’automobile et nous pouvons voir chaque année les progrès qu’il a réalisés dans cette industrie. C’est un de ces ingénieurs mécaniciens qui ne s’arrêtent que lorsqu’ils trouvent leur invention parfaite. Il a pris plusieurs brevets de machines à travailler les métaux qui sont exploités dans divers pays depuis plus de huit ans. En fait d’automobile, en 1896, il exposait au Salon du cycle un projet d’omnibus destiné à la Compagnie générale des omnibus pour transformer tous les omnibus à chevaux en omnibus automobiles, en utilisant les mêmes voitures. Ce projet fut très remarqué. En 1897, il rendit ses brevets français et vint à Pai'is avec une voiture qu’il avait fabriquée en Suisse. En juin 1898, il prend la direction de l’usine de la Compagnie qui lui avait acheté ses
- brevets français, six mois après, au Salon du cycle, la Compagnie des automobiles et moteurs Henriod exposait six types de voitures avec des voitures à la porte de l’Exposition pour conduire des clients; les débuts de cette marque furent brillants. En 1899, la maison Henriot prit part à la course Paris-Bordeaux avec une voiture de 8 chevaux sans eau, la seule dans ces conditions, et fait alors les 565 km du parcours en 15 heures de marche. Dans la même semaine, cette voiture a fait une course d’essai pour connaître la route, ce qui fait 2260 km de parcours total. Au mois de janvier de la même année, les voitures C. E. Henriod furent les premières à marcher à l’alcool sans aucun changement dans leur mécanisme. En juillet 1900, une de ces voitures faisait la course Paris-Genève. En somme, ces voitures se font particulièrement remarquer par leur régula-
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- rite de marche et leur endurance, toutes les voitures que cette Compagnie a livrées en 1899 en sont une preuve.
- En 1900, M. C. E. Ilenriod construit pour son propre compte plusieurs voitures de 25 chevaux d’après ses nouveaux brevets, et pour la course Paris-Bordeaux du 13 mai 1900.
- La course ayant été interdite, malheureusement pour les constructeurs qui avaient fait de grands frais pour cette épreuve, M. Ilenriod, qui avait ses voitures prêtes, s’est retourné d’un autre
- côté et est parti le jour de la course avec une 25 chevaux pour le Congrès des chauffeurs suisses à Berne, et a prolongé son voyage sur Genève, avec retour par Bienne, Zurich, Bâle, Colmar, Strasbourg, Nancy, Paris. Dans ce voyage, la voiture a fait, par tous les temps, plus de 3800 kilomètres. Cette voiture est de retour à Paris et peut être essayée et examinée par tous les amateurs. C’est ce type de voiture qui est exposé au Champ-de-Mars. Ce qu’il faut remarquer particulièrement, c est l’uniformité, la con-
- Éig. 1 et 2. — La voilure Ilenriod. Élévation el plan.
- confiance de tous les types de ces voitures. Qui connaît les grandes connaît les petites, et vice versa, cela indique de longues et sérieuses études patiemment poursuivies.
- M. C. E. Ilenriod, qui avait quitté la société en mars 1899, vient d être rappelé pour reprendre la direction de ses usines.
- La figure 4 représente une vue en élévation du châssis de la voiture de 25 chevaux avec moteur à 4 cylindres. Le châssis est construit pour recevoir une caisse d’omnibus à 20 places.
- Les châssis de G et 12 chevaux sont les memes, mais en réduction.
- Le moteur horizontal posé à l’avant est fixé en
- dessous du cadre, ce qui abaisse le centre de gravité et permet de placer sur le châssis n’importe quelle forme de caisse. La disposition des cylindres nous indique qu’ils sont parfaitement équilibrés. Les traverses F'F" M'M" auxquelles sont fixés moteur et changement de vitesse servent en même temps d’entretoises au châssis et en empêchent toute déformation. A représente les 2 longerons formant le châssis avec lesdites traverses. Le châssis est assemblé de toutes pièces par des boulons à double écrou et goupillés de toutes parts, a de grands avantages sur les châssis assemblés par des rivets.
- Le châssis est supporté par des ressorts sim-
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- pies qui sont fixés au- châssis par des supports f. E. d. et G.
- F représente le changement de vitesse, B l'arbre différentiel. Les supports d de l’arbre différentiel sont en même temps supports des ressorts.
- L, poulie de frein sur le différentiel, serre en avant et en arrière. G- est le levier de changement de vitesse. Y est le volant du moteur dans lequel est renfermé un embrayage cylindrique qui est manœuvré par la pédale F qui, elle,
- Fig. .9, L ô, 6. — Le moteur Henriod.
- manœuvre un cône P" fou sur l’arbre moteur.
- Il" est un arbre aux extrémités duquel sont fixés des leviers où sont attachés les tirants K des freins agissant, sur les moyeux des roues.
- Fig, 7, 8, 9, — Le changement de vitesse de la voiture Henriod.
- Cet arbre est, manœuvré par le levier IF qui, lui aussi, peut débrayer le moteur en freinant, indépendamment de la pédale P qui est sur un canon fou sur l’arbre H". A ce canon est fixé le tirant C' agissant sur le frein du différentiel, de telle sorte que la voiture se commande aussi bien avec
- le levier M qu’avec la pédale P. I) représente la direction à vis sans fin irréversible; f, P tuyau d’échappement; S pot d’échappemenf ; R réservoir à eau ; p pompe actionnée par friction au volant du moteur; p' tuyau d’arrivée d’eau du réservoir à la pompe.
- La figure 7 représente une vue en plan en détail du changement de vitesse. Les arbres 50, 50 et paliers 55, 5fi, 57, 58, 74, 75 sont fixés entièrement à la partie inférieure du carter, de telle sorte que la partie supérieure 70, ne sert que comme couvert et empêche les projections d’huile. La visite des engrenages est donc des plus simples. Dans cette nouvelle disposition, il est à remarquer que les 2 pignons d’angles 7G, 77 restent toujours engrenés, la marche en arrière s’opère simplement par un pignon droit (15 qu’on engrène dans le pignon 54 et l’engrenage, (Fi, de petite vitesse lorsqu’ils sont dégre-nés, cette disposition a permis de supprimer la butée mobile qui baladait le train d’engrenage d’angle, pour la marche avant ou arrière.'L’expérience a prouvé plus d’uue fois que ce déclanchement de pignons d’angle était défectueux. Les 2 écrous 80 permettent de régler l’écart des pignons 77, 76. Il est à remarquer encore que par ce système d’embrayage les efforts latéraux sont supprimés dans l’arbre 50 qui porte l’embrayage. Le puissant ressort, qui est nécessaire dans les embrayages à cône est donc supprimé et
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- supprima avec lui les ôchauffements qu’il occasionnait dans les butées de retenue.
- La figure 8 représente une vue en bout du changement de vitesse, côté embrayage, qui indique le fonctionnement de la marche arrière par le levier 67 qui fait osciller le pignon 65 fixé à un pivot exceutré.
- La figure 0 représente une vue en élévation longitudinale, dans laquelle on remarque la fourche qui commande le train d’engrenages 61, 62, 63, 64 sur l’arbre carré 59. Le conducteur commande cette fourche par le levier 62.
- La symétrie, l’assemblage, les dispositions régulières de tous les mouvements ou organes mécaniques de ce châssis en font certainement le châssis le plus perfectionné, étant dépourvu
- de tous ces mouvements bâtards qui ont maintenant prouvé leurs inconvénients.
- é’
- La maison de Dion-Bouton et Cie.
- La maison de Dion-Bouton et Cie, 24, quai National, à Puteaux, a fait très largement les choses, puisqu’elle n’a pas moins de trois expositions distinctes.
- Au Champ-de-Mars, à la classe 30, elle expose des voiturettes, des châssis de voiturette, des tricycles et des quadricycles.
- Avec la classe 116, au palais des armées de terre et de mer, elle expose des tricycles et des camions à vapeur.
- La voiturette de Dion-Bouton.
- Enfin elle a envoyé à Vincennes des moteurs, des tricycles, des quadricycles; la petite voiture ordinaire, la petite voiture avec dais; une nouvelle création de la maison; un camion de trois tonnes, un omnibus à vingt places avec six places de coupé.
- L’exposition rétrospective de la maison n’est pas moins intéressante. Elle nous montre deux vieilles voitures à vapeur de Dion-Bouton datant de 1885-1886, dont l’une est remarquable par ses roues motrices à l’avant et ses roues directrices à l’arrière.
- Le tout est exposé dans un modèle spécial de garage démontable et extensible, d’une superficie de 400 mètres environ.
- Les différents types de véhicules fabriqués par la maison de Dion-Bouton, sont tellement connus dans le monde entier, qu’il est bien difficile d’en parler sans s’exposer à des redites. Inutile de
- parler du tricycle, existant à des dizaines de milliers d’exemplaires répandus dans le monde entier, roitelet de la route et capable de lutter en course, — comme Paris-Toulouse et retour vient de le montrer une fois de plus, —^ contre les plus puissantes voitures, dès qu'il veut s’en donner la peine. Si parfait qu’il soit déjà le tricycle se perfectionne sans cesse et le dessin que nous donnons représente le modèle le plus récent.
- U est également superflu de parler longuement de la petite voiture de Dion-Bouton. La monographie que J. Wolff lui consacre dans nos colonnes, sous forme de guide de route, a familiarisé depuis longtemps nos lecteurs avec ce coquet véhicule, que son prix modéré met à la portée de bien des gens pour qui les automobiles à 30 000 francs la pièce sont et resteront du fruit défendu.
- Le moteur, d’une force de 3 chevaux effectifs,
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- est construit d’après les mêmes principes que le moteur du tricycle. Il est à un cylindre et à refroidissement d’eau. Cette eau, dont une très faible quantité suffit (un demi-litre environ par 100 kilomètres) est contenue dans un réservoir dissimulé dans le coffre. Un radiateur, placé à l’avant, en provoque le refroidissement.
- Le châssis construit en tubes porte :
- 1° Le moteur et ses accessoires, carburateur à niveau constant, piles sèches, bobines, etc.;
- 2° Le changement de vitesse, obtenu par simple friction, comprenant un débrayage et deux vitesses, dissimulés dans le coffre de la voiture;
- 3° La caisse, qui comporte à barrière un siège
- pour deux personnes, à l’avant un coffre sur lequel peut s’appliquer un autre siège pour un troisième voyageur.
- La mise en route se fait au moyen d’une manivelle placée sur le coté de la voiture et à portée de la main du conducteur. L'embrayage par friction assure un démarrage d’une douceur exceptionnelle et sans le moindre à-coup. Un dispositif d’avance à l’allumage, analogue à celui du tricycle, permet de varier progressivement la vitesse, laquelle peut atteindre 30 kilomètres à l’heure en palier. La voiture gravit sans ralentissement les pentes faibles et monte à la petite vitesse, — 10 à 12 kilomètres à l’heure, — les
- Le nouveau tricycle de Dion-Bouton.
- côtes les plus raides. Elle est munie d’une marche arrière. Deux freins à pédale et à enroulement agissant l’un sur le différentiel, l’autre sur les moyeux des roues motrices, assurent l’arrêt, même instantané, s’il est nécessaire. Toutes les commandes de direction, d’embrayage et de changement de vitesse, d’admission et d’avance à l’allumage ont été groupées sur une même colonne à portée de la main du conducteur.
- En somme, cette voiture est remarquable par son élégance, — aucun organe moteur ne peut être vu ni même deviné, — par sa facilité de conduite, par la simplicité des organes moteurs et des commandes. Elle est enfin la plus silencieuse des voitures existant actuellement. Elle réunit à la solidité, à la légèreté, au fini absolu de construction, toutes les qualités de confortable et de douceur qu’assure une suspension sur ressorts à l’avant et à l’arrière. Elle est
- montée sur pneus de 65 à l’avant et de 90 a l’arrière. La transmission est obtenue par un mouvement à la « cardan » qui supprime la chaîne et dont l’application donne de si heureux résultats dans les grandes voitures à vapeur construites par la même maison.
- Nous voudrions pouvoir dire un mot des voitures à pétrole de grande puissance, des voitures électriques, des canots à pétrole et de toutes les autres nouveautés qui sont en train d’éclore dans cette colossale usine de Puteaux, qui semble partie pour constituer bientôt un petit Creusot aux portes de Paris. Gela nous mènerait malheureusement hors de notre sujet et nous devons nous borner à parler des produits déjà exposés et d’une vente courante.
- La maison de Dion-Bouton a, sur ses divers concurrents, l’avantage d’une longue expérience, puisqu'elle a commencé à faire des automobiles à vapeur en 1882, et que son premier tricycle à pé-
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- trole date de 1895. Elle possède également un outillage extrêmement perfectionné, très considérable et qui s’augmente sans cesse. Disposant d’immenses ateliers, elle peut entreprendre en série la fabrication des véhicules les plus gros. Elle est donc dans d’excellentes conditions pour fabriquer bon et à bon marché.
- Nos lecteurs savent quelle importance prend maintenant, surtout à l’étranger, la question des automobiles sur routes. La fabrication des omnibus à vapeur a déjà pris, dans les usines de Dion-
- Le moteur de Dion-Boulon.
- Bouton, une importance considérable. Le moment n’est pas loin où ces véhicules géants y seront confectionnés par séries de cent, comme les tris à pétrole.
- Et comme ce succès a été acheté par quinze ans d’efforts incessants, par quinze ans de luttes, de dépenses et de déboires, il est bien gagné et n’excitera la jalousie de personne.
- Le bracelet pour pneumatiques « l’indispensable ».
- L’emploi des pneumatiques se généralise de plus en plus. Ils ne sont pas uniquement réservés
- au cyclisme et à l’automobilisme où l’usage tend à en devenir à peu près exclusif; ils sont utilisés encore pour les roues des voitures à traction animale.
- Mais un pneu déchiré ou éclaté, c’est la <( panne » si redoutée; perspective fort ennuyeuse quand elle se produit au milieu d’une promenade ou en pleine course, dans un endroit où la réparation est impossible ou ne peut s’effectuer que par des procédés excessivement sommaires.
- Un industriel, M. Edmond François, 3, rue Turgot, à Paris, a inventé un système qui pare à tous les accidents de pneus, permet d’opérer instantanément une réparation, provisoire, mais 1res solide, et met le voyageur, bicycliste ou automobiliste, en état de continuer sa route avec une entière sécurité et sans perte de temps appréciable.
- L’appareil, que son inventeur a très justement baptisé « l'indispensable. Bracelet universel », consiste en un bracelet de cuir caoutchouté, muni de boucles ou d’agrafes.
- Huit genres différents ont été brevetés en France et à l’étranger.
- L’ « Indispensable » s’applique aux bicyclettes, aux motocycles et voiturettes à rayons en acier, et aux voitures à rayon en bois; ce qui constitue trois systèmes distincts.
- Le système pour bicyclettes est à boucles; ceux pour motocycles et automobiles sont à agrafes.
- Le cuir caoutchouté, fabriqué spécialement à la tannerie de Nouvion-en-Thiérache (Aisne), est absolument inusable. 11 peut donc servir indéii-niment. Ses dimensions très réduites et sou poids minime permettent de l’emporter constamment avec soi, sans encombrement ni surcharge.
- Le prix de cet appareil est des plus modiques.
- L’ « Indispensable, Bracelet universel » est dès à présent en faveur auprès des bicyclistes et automobilistes. Tous sont d’accord pour reconnaître les services signalés qu’est appelé à leur rendre cet appareil d’une simplicité sans égale et que son mode d’attache rapide rend des plus pratiques.
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- Le congrès international d’aéronautique, qui se tiendra à Meudon du 15 au 20 septembre prochain, prévoit à son programme l’étude des ballons dirigeables et celle de l’aviation.
- Voici commentées deux questions sont prévues au programme :
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- Râlions dirigeables.
- Formes à donner aux ballons dirigeables. — Gouvernail, sa forme, son emplacement. — Propulseurs, hélices, roues, ailes battantes, propulseurs à réaction, divers. — Moteurs, moteurs à vapeur, moteurs à gaz comprimés ou liquéfiés, moteurs à gaz tonnant ou à pétrole, moteurs électriques, moteurs animés, divers.
- Ariation.
- A. — Aéroplanes : 1° Sans moteurs : Ressources dans un plan vertical. — Planement spiral. — Utilisation des courants ascendants — 2° Avec moteurs, d'une action : Continue (hélices). - Alternative (ailes). — Périodique (plans inclinés). — 3° Avec dériveurs : Sur mer. — Sur le sol. — 4° Captifs (cerfs-volants) : Simples. — Conjugués.
- B. — Hélicoptères à mouvements : 1° Continus. — A hélice simple. — A hélices multiples. — A hélice à pas variable.
- C. — Volateurs : Beux ailes indépendantes. — Ailes extensibles. — Quatre ailes indépendantes. — Quatre ailes battant au trot. — Qnatre ailes en deux paires rigides. — Ailes multiples. — Ailes battantes et hélices eonjugées.
- B. — Aviation naturelle : 1° Forte vitesse de l’aile (oiseaux, guêpes, etc.). —• Moyenne vitesse (chauves-souris). — Faible vitesse (papillons). — 2° Vol plané des oiseaux. — Ressources des poissons, de quelques mammifères et des graines armées d’ailes.
- E. — Questions générales : l° Stabilité. — Organes de direction. — Compensateurs. — 2° Courbure des surfaces : Rigides. — Flexibles. — Extensibles. — 3° Résistance de l’air. — Formes des proues et des poupes. — Formes des propulseurs. — 4° Moteurs et étude les matériaux. — 5° Organes pour l’aviation : Pour le départ. — Pour atterrir. — 6° Analyse chrono-photographique du fonctionnement des appareils.
- F. — Historique de l’aviation. — Théories. — Appareils essayés.
- Le congrès sera donc très intéressant pour les constructeurs de moteurs à pétrole et pour les chauffeurs.
- Adresser la cotisation : 10 francs à M. L. Tri-boulet, 10, rue de la Pépinière, à Paris.
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- Le concours de fiacres continue à avoir des malheurs. Il a été impossible, certains jours, de trouver à l'Exposition de Vincennes de quoi recharger les accumulateurs. Les concurrents ont dû aller se recharger à Paris, rue Cardinet, à la station de charge des fiacres électriques, si bien que les concurrents n’ont pu terminer leur parcours qu’à une heure très avancée de la nuit.
- La conférence internationale douanière, convoquée par le Touring-club de Belgique, s’est réunie le 13 août au palais de la Belgique, à l’Exposition.
- Cette conférence, qui a obtenu un énorme •succès, était bien, en réalité, un congrès où l’on a dit des choses justes et sensées. La réunion s’est terminée par le vote d’un vœu que toutes les associations représentées se sont engagées à transmettre et à soutenir auprès de leurs gouvernements et administrations douanières respectifs.
- Ce vœu, présenté par notre excellent confrère Paul Rousseau, est ainsi conçu :
- La Conférence internationale douanière automobile, réunie le 13 août 1900 dans le palais de la Belgique, à l’Exposition, émet le vœu suivant :
- En attendant que les administrations douanières de divers pays se soient rendu compte comme elles l’ont déjà fait pour la circulation cycliste, que celle des automobiles, soumise au même contrôle, ne présenterait aucun danger pour les recettes du lise en y accordant le libre passage de diminution aux frontières :
- Demande aux diverses administrations douanières qu’à titre de transition, le système dit « triptyque » soit adopté par elles et permette ainsi un régime de faveur et une circulation plus aisée à tous ceux qui voyagent en automobile, facilitant ainsi les relations internationales entre les divers pays.
- Le concours de voiturettes.
- Voici la liste des concurrents engagés pour le concours de voiturettes, qui sc tient à Vincennes.
- J. L. Renault.
- 2. M. Renault.
- 3. Hanzer.
- à. G. Richard.
- 5. G. Richard.
- 6. Outhenin-Ghalandre.
- 7. Outhenin-Ghalandre.
- 8. Outhenin-Ghalandre.
- 9. Yinet.
- 10. Peugeot.
- 11. Peugeot.
- 12. Gladiator.
- 13. Gladiator.
- 14. Gladiator.
- 12. Créanche.
- 16. Ghameroy.
- 17. Regot et Gail.
- 18. Fernandez.
- 19. Be Riancev.
- On signale la présence d’un certain nombre de pompes à incendie automobiles au concours de pompes qui se tient actuellement à Vincennes.
- Paris possède déjà une pompe de secours automobile, que le chah de Perse a fort admirée lors de sa visite à la caserne de pompiers de la Cité.
- Cette pompe, étudiée par le commandant Cor-dier et MM. Bouquet, Garcin et Schivre, est destinée à envoyer de l’eau sur un foyer d’incendie en attendant que les pompiers aient pu raccorder leurs tuyaux sur les bouches d’alimentation.
- C’est une automobile électrique portant une pompe et un réservoir d’eau contenant 6 mètres cubes. La voiture peut faire du 30 à l’heure et^ pomper ensuite pendant trois ou quatre heures.
- L’Exposition de Francfort-sur-le-Mein.
- (De noire correspondant particulier.)
- Nous avons eu déjà plusieurs fois l’occasion de parler de l’intéressante exposition d’automobiles ouverte depuis le 14 juillet à Franefort-sur-le-Mein, «huis le hall de l’agriculture, situé àüstend-strasse.
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- Celle exposition a fermé ses portes le 12 août. Elle avait pour luit de montrer les progrès accomplis par les constructeurs allemands.
- Ces progrès sont réels, mais nous somtries heureusement encore en France, de beaucoup, plus avancés.
- Néanmoins, et nous ne saurions trop y insister, que nos constructeurs ne s’endorment pas.
- Les Allemands, déjà si bien outillés au point de vue mécanique, ne cachent pas leurs efforts pour arriver en mieux dans la branche qui intéresse plus spécialement l'automobilisme.
- Les marques de nos principaux cous!recteurs sont maintenant connues du monde entier. Il importe que ces derniers soutiennent leur réputation par des améliorations constantes et gardent ainsi à notre pays la suprématie qui lui est déjà si dispu+ée.
- Il nous a été notamment donné de rencontrer un ingénieur allemand qui a établi un nouveau moteur, déjà breveté en France et dans plusieurs pays, et qu’il croit destiné à obtenir un grand succès. Nous verrons s’il y adieu d’en reparler.
- Nous a vons pu dans les stands, passer en revue les principaux types de voitures de fabrication allemande.
- Voici des « lieu/ » de Mannheim, avec, places pour 4 personnes, avec moteur de 0 chevaux à 2 cylindres.
- Plus loin des « Dietrich », de Niederbronn, dont nous avons pu cet hiver, voir deux modèles aux courses de Nice et qui, on se le rappelle, curent si peu de chance.
- Ce sont ensuite des voitures Eisenach (de Eisenach), des autos de Cari May (de Francfort). Ces voitures sont de la marque « Cudell » qui a été primée dans les courses de Francfort du 2!) juillet.
- C’est ensuite une motocyclette « Republie » de Laurin et Elément, ' puis différents modèles de voitures « Kayser » qui se sont également comportées avec succès durant les courses du 21) juillet.
- Sont aussi exposés : des pneus Uunlop, des chaînes à engrenages, etc., etc.
- En somme, cette exposition, qui a eu la visite de personnalités marquantes, a permis aux constructeurs allemands de montrer au public ce dont, ils étaient capables.
- Bien des efforts sont encore à faire, mais il ne faut pas croire qu’il soit impossible de les tenter et de les voir un jour couronnés de succès.
- Le 10 août, le président, M. Muller-llerfurth, a procédé à la distribution des récompenses. En voici la liste :
- Grandes médailles d’or. — lieu/ et Cic, de Mannheim ; de Dietrich et Ci0 (qui obtiennent aussi un prix d'honneur ainsi que Je représentant, M. le docteur Isbert, de Francfort, qui reçoit une médaille d’or avec diplôme pour sa très jolie décoration); Diirkopp et Ci0, de bielefeld; maison Eisenach; Fichtel et Sachs, de Schweinfurlh ; maison fôatrik, de Francfort; maison Lux, de Ludiwigshafen ; Charles May. de Francfort (qui reçoit aussi un prix d’honneur en argent); maison Kayser; Oberrheinisehe. Metallwerke, de Mannheim; Opel, de Riisselsheim; Hermann Rieimum, de Chemnitz; Henri Scheele, de Cologne: Fritz Scheilder.
- de Aix-la-Chapelle (qui reçoit aussi un prix d’honneur en argent) ; aciéries Mannheim, de Mannheim.
- Médailles d’or. — Maison « Adler » de Francfort 2 F « Automobile-Journal », de Berlin; Biissittger et Schiifer, de Francfort; Braunbek, de Stuttgart; Pneus Continental, de Hanovre; fabrique d’essieux et de ressorts Dorllinger, de Mannheim ; institut électrotechnique, de Francfort; Albert Faber, de Munich; fabrique de produits en caoutchouc Stœkicht, de Francfort; fabrique de voitures Gorig: Hartmann et Braun (de Bockenheim) ; Henze et Ci0, de Salzkotten; fabrique Kübler, de Altenbourg; fabrique de voitures Krug (de Francfort); Laurin et Elément; maison Spicharz, d’Offenbach; maison Max, de Cologne; fabrique de produits en caoutchouc, de FAllemagne cen trale ; maison SNassorra ; maison d’accumulateurs de Saxe, de Dresde; pneumatiques üunlop, de Hanau ; Voigt et HœfTner, de Bockenheim ; Veith, de Offetibach.
- Diplômes. — Richard Appel, de Bockenheim; Paul Begas, de Francfort; fabrique d’accumulateurs Beh-rendt; fabrique de Tillmanns et Cie de Francfort; Irmer et Cic, de Francfort; Christian Leux, de Francfort; le Molonvagen, de Berlin; Opel de Francfort; le Radwett, de Berlin; Louis Ravenstein, de Francfort; Jean Rosenberg, de Francfort; Pierre Schlesinger, de Offenbach; Schmidt et Wichmann,de Francfort; Alfred Scholler, de Francfort; Seiffermann, de Francfort; Walthes et Wagner, de Francfort; fabrique d’accumulateurs Watt, de Zehdenik ; Victor Widmann, de Offenbach; Wiedmann, de Francfort; Jorgum et Trefz, de Francfort; Gustave Cisèle, de Griesheim.
- Cette exposition doit engager nos constructeurs à toujours aller en avant dans la voie des améliorations et du progrès.
- Les fabriques d’automobiles augmentent en Allemagne très rapidement. De là naîtra une concurrence qui sera salutaire pour tous, mais que les constructeurs français ne doivent pas craindre, nous entendons ne doivent pas laisser devenir dangereuse pour eux. Pour cela, il est nécessaire qu’ils travaillent avec ardeur et sans se rebuter à chercher des améliorations à leurs véhicules, améliorations très possibles et qu’on doit espérer.
- Léon Baretÿ.
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- LES AUTOMOBILES SUR R0UTE8
- Il est. question de créer un service d’omnibus-automobile entre Spa et Stayelot. Une enquête vient d’être entamée auprès des différentes bourgmestres des communes empruntées par le trajet. Le départ aurait lieu au parc de Spa, pour gagner, par les Fontaines, le point terminus qui serait Malmédy, près de la frontière allemande, en passant par Francorchamps, Roanne-Coo (La Gleize) et Stavelot, soit un parcours de 30 kilo-1 mètres. Il y aurait des points d’arrêt à toutes les localités traversées par le nouveau service. Les voitures pourraient véhiculer vingt voyageurs et porter une charge de 500 kilos de bagages. Le coût de transport serait calculé à raison de 0 fr. 10 le kilomètre.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- La quatrième brigade d’infanterie volontaire anglaise, qui vient de camper et de se livrer à des exercices pendant un certain nombre de jours au camp de Loclicote, a fait usage tout le temps d’un véhicule automobile pour maintenir ses relations postales entre la gare voisine et le camp ; on a été parfaitement satisfait des services rendus par ce véhicule.
- —o—
- Les routes sont si mauvaises dans certaines parties du pays de Galles, que quelques municipalités prennent prétexte de cela pour refuser la permission d’établir des services d’automobiles sur routes; il nous semble qu’il serait meilleur, à tous les points de vue, d’améliorer l’état des voies de communication.
- —o—
- Il vient de se former a Minneapolis, comme dans beaucoup d’autres cités américaines, une société ayant pour but de créer un service de fiacres automobiles.
- A TRAVERS LA PRESSE
- Il parait que l’on a souffert des grandes chaleurs à Turin tout comme à Paris, et que cela a provoqué un véritable exode des chauffeurs; notre confrère, la Gazetta dello Sport, donne à ce sujet des détails qui montrent bien combien de facilités l’automobilisme a apporté aux déplacements, notamment dans les contrées montagneuses où l’on rencontre la fraîcheur, mais où l’on ne trouve pas toujours des moyens de transport confortables et même suffisants.
- ->V?Sv4-
- Un lecteur du journal anglais Autocar cite un exemple du peu de soin que, d’après lui, les manufacturiers français mettent à satisfaire leur clientèle dans des détails qui ne semblent pas avoir d’importance, mais qui en ont beaucoup en réalité. Il avait été convenu qu’on lui enverrait une voiture franc de port, et elle lui a été expédiée en port dù; le délai avait été formidablement majoré, on n’avait pas mis des bandages anglais comme il l’avait demandé, on n’avait pas non plus fixé au moteur les indications voulues et, de ce chef, il a été forcé de payer des redevances qui ont majoré le prix du véhicule. Nous voulons croire que c’est là un fait exceptionnel, mais il est certain que nos fabricants ne sauraient prendre trop de précautions pour tout ce qui est destiné à l’exportation.
- Nous ne pouvons que répéter les conseils fort sages que l'Autocar donne aux chauffeurs pour la circulation en général, et notamment pour le respect des ordonnances qui ordonnent de
- prendre toujours sa droite ou sa gauche suivant les pays, quand on va franchir un refuge. Il est évident que la chose s’impose, même quand les deux côtés du refuge sont libres, car les piétons ont le droit de compter que la voiture qui arrive prendra le coté réglementaire dudit refuge, et c’est une sécurité pour eux. Les chauffeurs ont tout intérêt à montrer qu’ils respectent les règlements, surtout quand ils sont aussi logiques et légitimes que celui dont il est question.
- Notre confrère Motor Vehicle Review’ insiste sur l’avantage qu'il y aurait à substituer pour ainsi dire d’une façon absolue le métal émaillé, sous forme de tôles ou autrement, au bois, dans la construction de la carrosserie des automobiles. Il est certain que le métal est d’un entretien plus facile et qu’il a l’énorme avantage de peser beaucoup moins en donnant une rigidité bien supérieure.
- Il y a beau temps qu’on le fait on Europe.
- Notre confrère Motor-Car Journal insiste avec raison sur la transformation, nous pourrions presque dire la révolution que l’automobile va causer sur les routes de province. Il signale la création d’un hôtel dans un coin tout à fait isolé de la Grande-Bretagne, tout simplement parce que le passage, abandonné pour ainsi dire depuis la création des chemins de fer, commence d’être fréquenté par les chauffeurs.
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- TRIBUNAUX
- Le tribunal de simple police vient de condamner à 10 francs d’amende et trois jours de prison, pour excès de vitesse, le « récidiviste » Ernest Archdeacon; nous avons publié dernièrement la lettre que le sympathique chauffeur avait adressée à son bon juge. Bette lettre n’a pas été étrangère à la condamnation. Voici, en effet, les considérants du jugement :
- Le tribunal,
- Attendu que la contravention est établie;
- Attendu qu’Archdeacon est récidiviste;
- Qu’il est, en outre, l'auteur d’une lettre qui restera jointe au dossier;
- Par ces motifs :
- Le condamne à 10 francs d’amende et trois jours de prison.
- Nous continuerons à trouver qu’il est absolument odieux qu’un honnête homme puisse être condamné à trois jours de prison pour un soi-disant excès de vitesse, sur le seul témoignage d’agents plus ou moins sujets à caution, quand il n’a causé aucun accident.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSÉS «--JACQUES.
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- Septième Année. — N° 34.
- Le Numéro : £80 centimes
- 23 Août 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOURING-CLUR RE FRANCE
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- et à la Librairie VÏC DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul YUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE pu N° 34,
- Les récompt-Rses de l'Exposition, QmI»h Sentier, lieux façons de procéder, — Echos, — Lu voiture Napier, Daniel (iellet, — Oulils pour rainer les pistons. — Moteur et roin|dnateur de la voiture Meynier et Legros, A. Delasalle. — Héponso à M. Yulcauns. Courses, -r- Exposition- Les décorations et les récoiupeuses, ™ A travers la presse. —Tribunaux.
- ------
- Nouveau mode d’encaissement de nos annonces.
- Nous avons l’honneur d’informer les annonciers de la Locomotion automobile (jue le service d’encaissement du montant de nos annonces sera fait désormais par le Comptoir national d’escompte.
- Nous prions donc nos client* de vouloir bien réserver à nos quittances ainsi présentées le même bon accueil que par le passé.
- Les réeompBQSBS ie l’Exposition.
- Samedi dernier, M. Loubet, président de la République, a procédé à la distribution des récompenses de l’Exposition.
- Rien qui nous intéresse particuliérement dans son discours. Notre Président ignore encore l'Automobile. U y en a pourtant à Montélimar, comme partout. Il n’en est heureusement pas de môme de ses ministres, et Millerand, qui a répliqué au Chef de l’Etat, a eu un mot pour nous. Il a-dit, dans son discours : « L’automo-« bile qui -s'affirme-, non sans intompé-« rance parfois, comme le roi des sports, « a soutenu avec éclat une renommée que <. justifient le génie de ses inventeurs, l’art « de ses constructeurs et les services qu’il « est appedé à rendre. »
- C’est d’un français discutable, mais l’idée est juste et du moment que le ministre déclare que notre sport est le « roi des sports », nous n’avons qu’à applaudir.
- Nous pouvons de même approuver, en regrettant simplement qu’elles soient si peu nombreuses, les nominations faites dans la Légion d’honneur, parmi les nôtres par le gouvernement. Acclamons tout d’abord l’ami Giffard, nommé officier et fayant bien mérité. Celui-là est l’incarnation de la presse sportive. Sa rosette nous fera plaisir à tous. C’est sûrement la charmante préface qu’il a écrite pour mon petit volume : le Concourt de moteur.s de la Locomotion automobile qui lui a porté bonheur. Si après cela, Giffard ne croit pas aux mascottes, c’est qu’il est atteint d’un scepticisme inguérissable.
- Autre mention spéciale pour un autre journaliste, mon vieux camarade Max de Nansouty, également nommé officier de la Légion d’honneur.
- Encore un qui l’a bien gagné. Viennent ensuite un autre vieil ami, mon bien cher Maurice Cottenet, président de la Chambre Syndicale de la Carrosserie, et beaucoup de personnalités sympathiques ou connues dans notre industrie, telles que celles de Lemoine, Deutsoh, Jeantaud, Hamelle, Henry Menier, le commandant Krebs, C h as s elo u p-L au h a t.
- J’avoue que je trouve la liste incomplète et qu’il est certains noms que je regrette de n’y pas voir figurer. Pour n’en citer qu’un seul j'aurais voulu, puisque la politique, l'ignoble politique, empêchait sottement le ministère actuel de décorer de Dion, que l’on accrochât un bout de ruban rouge à la blouse blanche du petit père Bouton. Il n’est pas ambitieux, il s'en moque et il a bien raison, mais c’eût été tout de même une décoration très bien placée. Ainsi pour bien d’autres.
- On trouvera plus loin, à notre rubrique : Exposition, la liste complète <lys réeom-
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- penses diverses : rubans et médailles, décernés aux exposants. Le lecteur remarquera que beaucoup, parmi ceux qui n’ont que des récompenses de second ordre, méritaient mieux. Il y aura sûrement des mécontents.
- En ce qui nous concerne personnellement, nous n'avons aucunement lieu de nous plaindre de la médaille d’argent attribuée à la Locomotion automobile. Notre Exposition, reléguée à Vincennes, était bien mince : un simple cadre avec quelques gravures. Il est vrai que ce simple cadre synthétisait quelque chose : sept années de lutte incessante et désintéressée pour le développement de l’industrie automobile en France et pour sa glorification dans le monde entier. Je dis avec intention « dans le monde entier », non pas seulement parce que la Locomotion automobile a maintenant des abonnés et des lecteurs dans tous les coins de l’univers, mais aussi et surtout parce que grâce au talent de ses collaborateurs, ses articles sont à l’heure actuelle traduits et reproduits dans toutes les langues. Nous lisons, pour renseigner nos lecteurs, tous les journaux automobiles et scientifiques qui se publient sur la surface du globe. Nos excellents confrères de l’étranger, rendant justice à cet énorme travail de chaque semaine, nous lisent et nous traduisent à leur tour. Nous faisons ainsi de la bonne besogne, pour la grandeur de notre industrie nationale et nous en sommes justement fiers. Le jury de l’Exposition le savait et c’est cela qu’il a voulu récompenser. Nous en remercions bien sincèrement les hommes éminents qui le composent.
- Et maintenant, supplions nos constructeurs de ne pas se laisser hypnotiser par leurs décorations, leurs diplômes d'honneur/leurs grands prix et leurs médailles.
- L’industrie automobile se développe en ce moment avec une prodigieuse activité à l’étranger, partout.
- Il s’agit de conserver notre avance acquise sur nos concurrents. Ce n’est pas le moment de s’endormir en contemplant des rubans et des parchemins.
- Gaston Sengieu.
- DEUX FAÇONS DE PROCÉDER
- Parlant, dans notre dernier numéro, des courses d’automobiles organisées entre
- Berlin et Aachen par l’Automobile-Club Allemand, notre distingué collaborateur Emile Dieudonné nous apprenait, au cours d’un article non signé, que l’empereur d’Allemagne vient de commander une automobile pour son usage personnel et paraît s’intéresser très vivement à la course d’Aachen.
- J'avoue que cette simple phrase m’a un peu attristé.
- Voilà une industrie qui est née en France, qui a, pendant cinq ans, pris chez nous un développement qui a surpris tout le monde, et nous semblons maintenant frappés d’un engourdissement subit. Nous nous endormons au moment précis où nos voisins s’éveillent et où ils prennent leur élan pour nous dépasser. Nos lecteurs doivent être frappés de l’importance toujours croissante que prend l’automobile dans tous les coins du monde civilisé. Des concurrences redoutables pour nos fabricants vont surgir aux quatre coins de l’horizon.
- Tous les chefs d’État encouragent l’automobile. Le Kaiser Allemand, toujours à l’affût de tout ce qui peut contribuer au développement économique de son pays et à sa grandeur, va se faire chauffeur pour ouvrir aux automobiles allemandes les routes du monde.
- Voilà ce qu’on fait de l’autre côté du Rhin.
- De ce côté-ci, dans notre beau pays de France, on cherche, pendant ce temps, à écraser notre industrie.
- L’empereur Guillaume achète une automobile et suit les courses de vitesse, en attendant qu’il y prenne part comme il prend déjà part aux régates.
- En France, on décourage tout le monde et les seuls encouragements que récoltent les chauffeurs se résument en des condamnations à 10 francs d’amende et à trois jours de prison.
- Il ne faudrait pourtant pas que la partie automobile de l’Exposition de Vincennes devienne l’image exacte de notre situation vis-à-vis de nos concurrents. Dans celte malheureuse Exposition, nous voyons une section allemande encore peu importante, mais soignée, tirée à quatre épingles, engageante pour le client. A côté d’elle, la section française semble abandonnée. Il semble que tout le monde s’en désintéresse, meme les exposants.
- C’est douloureux à constater.
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- G. S.
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- ÉCHOS
- M. Gaëtan de Meaulne, qui s’était chargé d’organiser l’excursion automobile en Tunisie projetée pour l’hiver prochain par l’Automobile-Club de France, excursion dont nous avons donné, il y a déjà longtemps, le programme complet, vient de rentrer à Paris.
- Le plus difficile était d’organiser le ravitaillement en essence de la caravane automobile. C’est maintenant chose faite. On peut, paraît-il, compter sur au moins dix mille litres d’essence.
- On a également obtenu des autorités tunisiennes toutes les autorisations nécessaires. On n’est plus sur les domaines de M. Lépine ou sur ceux du préfet de Seine-et-Oise. Cela a donc été tout seul.
- Il n’y a plus qu’à partir.
- Rencontré Vial, à peine remis de sa mémorable bûche de la course Paris-Toulouse.
- Il nous raconte son histoire. Elle est bien simple et nous la publions parce qu’elle peut servir d’enseignement aux concurrents des courses à venir.
- Ce brave Vial avait eu une idée luminense. Comme il faisait très chaud au moment de la course, il avait imaginé de faire emplette d’un de ces chapeaux en étoffe et en fil de fer que l’on vend treize sous dans les bazars. Autant aurait valu se mettre sur la tète une toile d’araignée pour affronter les rayons d’un soleil de feu.
- Ainsi coiffé, mon Vial, ayant déjà fait un millier de kilomètres et trouvant que le soleil tapait dur, eut la malencontreuse idée de s’ingurgiter, à un contrôle, deux verres de champagne.
- Résultat : 30 kilomètres plus loin, on le trouvait étendu sur la route, sans connaissance, à côté de son tricycle démoli. Il ne revenait à lui que quarante-huit heures plus tard, fort étonné de se réveiller blessé, entouré de bandelettes et dans un état fort précaire, entre un médecin et une sœur de charité.
- * *
- Entendu à l'Exposition de Vincennes.
- Une famille de provinciaux sortant de la section française de l’Exposition d’automobiles, — section malheureusement aussi mal tenue que possible en ce moment, •— arrive devant la section allemande qui brille par l’ordre et la propreté qui y régnent.
- Les visiteurs aperçoivent le grand portrait de l’empereur Guillaume et demandent naïvement « qui cela représente ».
- Un chauffeur, qui passait par là, leur déclare alors avec bonhomie que cela représente M. Schwartz, en français : Lenoir, qui a construit la première automobile à pétrole.
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- A signaler dans le numéro d’août de la Revue du Touring-Club une liste dressée pour la pre-
- mière fois des hôtels d’altitude et de cure d’air, avec des indications sur les chemins pour s’v rendre, les distances, les excursions et promenades à faire autour de chacun d’eux, etc.
- Très curieux et très intéressant travail, qui sera consulté avec fruit par tous les amis de la montagne, amateurs d’air pur.
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- Grâce à la bienveillance du Ministre des finances de Belgique et à une entente avec l’Automobile-Club de Belgique, les membres de l’Au-tomobile-Club de France pourront désormais passer en automobile à la douane belge sans avoir d’autres formalités à remplir que celle du triptyque.
- Cette pièce pourra être retirée au Secrétariat du Cercle, 6, place de la Concorde, contre versement du dépôt exigé par les douanes belges, soit 12 0/0 de la valeur du véhicule, et les fonds seront remboursés au même endroit à la rentrée, sur la production d’un des volets du triptyque dûment paraphé par le bureau de sortie.
- Des négociations entreprises dans le même ordre d'idées avec les douanes fédérales sont sur le point d’aboutir et l’Automobile-Club de France espère pouvoir bientôt étendre l’application de ce système à tous les États limitrophes.
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- Les maires de plusieurs villes de France commencent à prendre des arrêtés plus ou moins fantaisistes, mais toujours draconiens, pour réglementer la circulation des automobiles dans leurs villes.
- Il en résulte qu’il va être impossible de traverser une ville sans risquer une contravention.
- Espérons que l’Automobile-Club et le Moto-Club de France vont agir énergiquement contre ces tyranneaux de province et déférer à l’autorité supérieure tous ceux de ces, arrêtés qui ne seraient pas strictement légaux.
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- Nous avons constaté avec plaisir la cessation presque totale de la guerre que les agents cyclistes faisaient aux chauffeurs. Il est regrettable que les enragés dont les courses folles à travers Paris ont été la cause première de ces persécutions, si fatales à notre industrie, recommencent dès maintenant leurs exploits. Un peu plus de sagesse ne messiérait pas, surtout en ce moment où nos voies sont encombrées de provinciaux et d’étrangers peu familiarisés avec l’art de ne pas se faire écraser.
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- Le dessinateur Bianco, qui s’est fait une spécialité des portraits de tous les souverains en auto, vient d’exécuter celui du shah de Perse en voitu-rette.fleurie.
- Gela fait une jolie carte postale.
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- Dans un de nos derniers numéros, Gaston Sencier rappelait qu’il y aura, l’année prochaine.
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- cent ans que le moteur à hydrocarbure a été inventé par Lebon d’Humbersin, et il proposait qu’une fête fût donnée à cette occasion.
- Si nous en croyons le Vélo, le Moto-Club pourrait bien célébrer ce glorieux centenaire.
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- Parmi les nominations faites dans la Légion d’honneur, signalons celle du docteur Léon Petit, membre du conseil d’administration du Touring-Club et membre du Moto-Club.
- Le docteur Léon Petit est décoré pour la part active qu’il a prise à la création de l’œuvre des enfants tuberculeux et des hôpitaux de Milliers et d’Ormesson.
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- Le second volume des Sites et Monuments de ta France, publié par le Touring-Glub, paraîtra dans une huitaine. Il a pour titre : la Côtp d’azur et décrit les Alpes-Maritimes et le Yar.
- En raison de la saison de villégiature et du nombre très considérable de souscripteurs qui sont en ce moment absents de chez eux, l’expédition de ce volume, afin d’en assurer la remise aux destinataires, sera retardée d’une dizaine de jours et reportée au 10 septembre.
- Nous en reparlerons quand nous l’aurons reçu.
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- On a essayé, ces jours-ci, un tricycle avec moteur de 11 chevaux.
- Il n’y a aucune raison pour que cela finisse et pour que les amateurs de folles vitesses sur pistes s’en tiennent là.
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- Notre éminent collaborateur le comte IL de la Valette., ingénieur-inspecteur des travaux publics des colonies, vient de publier, en une petite brochure, la communication sur les automobiles dans les colonies qu’il a faite l’année dernière au congrès de Boulogne-sur-Mer.
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- Un nouveau procédé, inédit, pour la fabrication du pétrole. Les dépêches de Chine annoncent que l’on a affiché à Ou-Tchang un placard allumant que « les étrangers fabriquent de l’essence de pétrole avec des os humains ».
- Comment expliquer, alors, le renchérissement incessant de l’essence.
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- Nous apprenons avec peine la mort à Périgueux de Mmc Marie Bidon.
- Cette mort met en deuil la famille de notre excellent correspondant de Périgueux, M. Louis Bidon.
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- Le 14 août, nous écrit notre correspondant de Vendôme, un accident d’automobile survenait sur la côte de Fontaine, entre Ghateaudun et Vendôme. La voiture, d’origine américaine, ver-
- sait et il y avait des blessés parmi ses passagers. Une dame avait la jambe cassée. Tout le monde s’empresse. Des moissonneurs viennent relever les blessés. Le médecin-major du 20e chasseurs à cheval, de Vendôme, a l’extrême amabilité de mettre à leur disposition sa voiture. Bref, chacun fait de son mieux. Il ne restait plus qu’à transporter l’auto démolie à la gare de Prélevai, à 4 kilomètres de distance.
- Savez-vous combien un paysan a exigé pour prix de ce transport, effectué dans sa charrette?
- IBOOfrancs!
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- L’Automobile-Club normand prie les constructeurs d’automobiles et d’accessoires d’envoyer leurs catalogues, albums et prospectus, à sou siège social, 4, boulevard d’Orléans, à Rouen.
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- Le shah de Perse est décidément en train de devenir un enragé chauffeur. Après avoir acheté un certain nombre d’automobiles à Paris, il continue ses emplettes à Ostende où, après avoir fait promener sous ses yeux son ministre des finances dans la voiturette à vapeur de Mmc G-roen, conduite par sa gracieuse propriétaire, il a commandé un landau et une voiture, à trois places, tous deux à vapeur.
- Pendant que le shah se faisait expliquer le mécanisme de la voiturette, la princesse Clémentine s’amusait à le photographier.
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- L’Automobile-Club anversois dément la nouvelle d’une séparation entre l’Automobile-Club de Belgique et lui.
- Ses membres se proposent, au contraire, d’assister tous aux fêtes automobiles de Spa.
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- Nous apprenons avec une vive satisfaction que la firme anversoise bien connue : Minerva, S. de Jough et Cie, vient de s’attacher le distingué ingénieur liégeois, Charles Brade, si sympathiquement connu dans le monde de nos industries spéciales.
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- L’ingénieur Vittorio Croizat, de Turin, vient de réussir, avec un motoeycle de son invention, à faire l’ascension de Balme, ce qui représente un hauteur de 1550 mètres au-dessus du niveau de la mer. En quatre heures seulement, et en emmenant un compagnon, il a parcouru une distance de 05 kilomètres et effectué une montée de 1250 mètres.
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- Réalisant un projet que nous avions annoncé l’Auto-Club Verbano d’Italie a déjà réussi à installer ou à suggérer l'installation de dépôts d’essence et de graisses et huiles pour automobiles dans un certain nombre de centres de la .région alpine vers la Suisse, Domodossola, Chia-vaz^a, Gannobio, et bien d’autres.
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- On est en train de former à Hambourg un automobile-club. Comme dit VAutocar, plus il y en aura, mieux cela vaudra.
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- L’empereur d’Allemagne vient d’accepter des constructeurs d’automobiles trois voitures : son intention est de les essayer durant les grandes manœuvres, afin de constater personnellement les services qu’elles peuvent rendre.
- Une promenade automobile a été organisée récemment par un des grands hôtels de Berlin pour les étrangers qu’il logeait. On avait pour cela réquisitionné treize voitures, qui étaient un peu de tous les types, et la promenade n’a pas duré moins de trois heures et demie : les soixante-dix personnes qui y ont pris part se sont montrées tout à fait satisfaites du parcours effectué à Berlin même et dans les environs.
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- L’automobile joue un rôle important dans les grandes manœuvres de l’armée autrichienne, qui ont commencé ces joürs-ci.
- Douze automobiles sont employées par le service sanitaire et un grand nombre de motocycles sont mis à là disposition des officiers d’état-major.
- L’expérience sera d’autatlt plus intéressante que le terrain des manœuvres est situé dans la chaîne des Kàrpathes, région montagneuse et aux routes dures.
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- L’Automobile-Club de la Grande-Bretagne se préoccupe en'ce moment de la question si importante des hôtels. Il fait une sorte d’enquête auprès des maîtres d’hôtel, par l’intermédiaire de ses membres, afin de pouvoir dresser une liste des maisons qui seront les hôtels du Club et qui, par conséquent, s’engageront à posséder tous les ustensiles et aménagements nécessaires à un véhicule automobile, approvisionnement de pétrole, etc.
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- M. Marston vient de faire paraître en anglais la traduction de l’ouvrage allemand du lieutenant-colonel Otfried Layritz : la Traction mécanique en temps de guerre. C’est un ouvrage qui vient évidemment à point nommé.
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- Le journal Motor Age vient de forpner une association de tous les intéressés pour lutter contre le fameux brevet Selden, dont nous avons parlé antérieurement, et qui aurait pour ambition de faire tomber les prétentions fantastiques de la compagnie concessionnaire de ce brevet.
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- Le major général anglais Maurice a suivi et observé tout dernièrement les manœuvres cy-
- clistes qui ont eu lieu en Grande-Bretagne en se faisant transporter par un quadricycle de Dion et Bouton. Le Times a rendu compte de la façon dont ce véhicule avait effectué son service, et ses conclusions sont tout à fait favorables, du moins pour ce qui est du transport du général et des officiers supérieurs, alors que le combat n’est pas' encore engagé.
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- Les compagnies de chemins de fer semblent commencer à pressentir que les automobiles peuvent constituer comme des lignes affluentes à leurs réseaux propres. Le fait est que la Compagnie anglaise du Midland Railway essaye en ce moment une automobile à vapeur pour desservir une petite ville assez éloignée d’une de ses stations.
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- L’hôpital de Saint-Vincent de Paul de New-York emploie depuis quelque temps comme voiture d’ambulance une automobile électrique construite chez Wood et Soin Les deux roues d’arrière sont mues par deux moteurs de la force de deux chevaux chacun suspendus sur l’essieu; la batterie d’accUmülateurs, placée dans une caisse située au-dessous de la voiture,- comprend 44 éléments ; le combinateur permet d’obtenir trois vitesses pour la marche avant et deux pour la marche arrière; la vitesse maximum est de 24 kilomètres à l’heure; les roues sont garnies de caoutchouc plein. L’intérieur est éclairé par une lampe à incandescence.
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- Il parait (car en la matière on est toujours aux on-dit) qu’on vient de soumettre à un nouvel essai, dans les environs de Hamiltôn (dans le nouveau Brunswick) la fameuse voiture automobile militaire de M. Pennington. Avec ses deux canons à tir rapide, il aurait fait 50 milles à l’heure. Nous n’y étions point.
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- Üne des Boïhpà^niëS de’ Da'èk à! vâ'peur de New-York, la Jaift'èsfôwn’ Perry Crt, reftïse d'e prendré les autômoBilês à jiétrol'é sur ses bateaux; et les chauffeurs Sé1 beurfeht à une disposition législative interdisant le transport des naphtes, pétrole, ètc., sur l!es vapeurs à passagers ou â marchandises. La législation nous semble en retard.
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- Voici que les chauffeurs se mettent à suivre les réunions de chasse : c’est ce qui s’est produit l’autre jour ^.u Club américain de Long Island, dit Meadow Brook Hunt Club.
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- On. vient de mettre en service la nouvelle voiture ambulance .électrique de l’hôpital Saint-Vin*-cent à New-York : elle a été donnée par 1? iü# d’un grand banquier, M. E. Kelly. mÀ
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- LA VOITURE NAPIER
- Il se fait grand bruit à l’heure actuelle autour de la voiture anglaise Napier, d’abord évidemment parce qu’elle comporte un moteur que l’on considère encore comme d’une forte puissance en Angleterre, et ensuite parce que c’est bien une voiture de course, dont l’aspect répond bien au rôle qu’elle est destinée à jouer d’après ses constructeurs. Ce véhicule avait subi un petit contretemps durant la course des 100 milles,
- mais depuis il a fait ses preuves dans de bonnes conditions, et c’est une raison de plus pour en parler maintenant.
- Comme on peut le voir d’après l’excellente photographie que nous reproduisons, l’aspect extérieur de cette voiture semble bien répondre aux besoins de la vitesse, et en tout cas on y reconnaît une automobile qui ne rappelle en rien une voiture à chevaux. D’ailleurs nos lecteurs n’auront pas de peine à reconnaître également que les lignes principales de cette automobile sont assurément inspirées de celles des véhicules Panhard. Sa largeur de voie est de
- La voilure Napier,
- lm,32, l’empattement de ses roues atteint 2m,06. Les roues ont des diamètres assez peu différents, 79 et 86 centimètres respectivement, et elles sont munies de pneumatiques de 120 et de 90 millimètres.
- Une des caractéristiques du moteur est qu’il se trouve extrêmement bas, puisque le point le plus bas de son volant est tout au.plus à 30 centimètres de terre. Ce moteur a quatre cylindres entandem, chacun de 101 millimètres de diamètre, la course étant de 152. L’inflammation est assurée électriquement. Nous rappelons, car on a eu occasion de voir plusieurs fois mentionnée cotte puissance, que le moteur en question est de 16 chevaux. Le corps en est fondu dans un alliage d’aluminium dont on dit grand bien.
- L’eau de circulation est distincte suivant qu’elle assure le refroidissement des cylindres ou celui de l’enveloppe qui entoure les chambres d’explosion. La quantité totale d’eau transportée dans la voiture pour les besoins de refroidissement
- est de 45 litres, et d’ailleurs on a disposé deux radiateurs Loyal, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière : le radiateur arrière se trouve immédiatement sous le réservoir d’eau. Pour éviter des efforts anormaux s’exerçant sur le métal du moteur, on a des boulons qui rattachent les coussinets de l’arbre à la chambre de combustion. Les principaux roulements se font sur paliers à rouleaux, et de plus des frottements à billes sont ménagés à la direction et à l’arbre intermédiaire. Il en est de même pour les diverses parties des roues et des renvois de direction. Le châssis est fait en profilés d’acier. Les roues d’engrenage sur le changement de vitesse et sur l’arbre de transmission sont de diamètre à peu près double de celles des voitures Panhard. Le graissage est très soigné, il est assuré par deux pompes Duhrulle qui sont disposées sur l’avant et sont commandés par des engrenages dépendant du moteur. Une de ces pompes prend l’huile dans le réservoir spécial et l’envoie aux cylindres par l’inter-
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- médiaire de la seconde pompe. On a ménagé également deux pompes à main dont l’une a pour but d’envoyer du pétrole dans les cylindres afin de les nettoyer, tandis que l’autre pousse de l’huile dans la chambre des manivelles. D’autres appareils de graissage sont répartis un peu partout.
- On aperçoit dans la photographie le réservoir à pétrole, qui a à peu près la forme d’un L et qui peut contenir une quantité d’au moins 180 litres. On lui a donné cette forme un peu bizarre parce qu’on s’est réservé la possibilité d’enlever un des deux sièges pour les grands concours. Le carburateur est du type Phénix à enveloppe d’air chaud. Le levier d’allumage est placé sur la colonne de la roue de direction et en dessous. Le commutateur qui est disposé en avant est relié à la pédale d’embrayage de telle manière que quand le débrayage a lieu le commutateur est repoussé automatiquement et la production de l’étincelle retardée au maximum. Quand on embraye de nouveau, les choses sont remises en état. Une disposition originale permet, au moyen d’une tige glissante et d’une transmission qui peut se commander au pied ou à la main, de supprimer le fonctionnement d’un, de deux ou même de trois cylindres.
- Des freins puissants à lame sont installés pour agir sur des tambours dépendant des roues motrices ou de l’arbre intermédiaire.
- La voiture en question est assurément intéressante, mais nous attendons pour la juger complètement qu’elle ait subi des épreuves complètes.
- Daniel Bellet.
- Outils pour rainer les pistous.
- fabrication des rainures de pistons destinées à recevoir les segments.
- Le premier outil, que représente la figure 1, finit les joues des rainures à segments à 0 mm. 025 près. L’outil de la figure 2 finit les faces de ces rainures. On obtient ainsi, par le travail d’une série d’arêtes coupantes, un ajustage exact et, paraît-il, un travail économique.
- a 11 1
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- F if/. 2.
- Dans le cas où des constructeurs français voudraient expérimenter ces outils et qui donnent, paraît-il, de bons résultats, ils pourront s’adresser aux fabricants américains : MM. Pearce et Jackson à Swissgate, Pennsylvanie.
- La Railroad Gazette a publié la description de ces deux outils, destinés spécialement à la
- MOTEUR ELECTRIQUE
- ET
- Fig. U
- COMBLYATEÜR MEYNIER ET LEGROS
- Dans notre numéro du 12 juillet dernier, nous avons donné une courte description de la voiture de MM. Meynier et Legros; le moteur qui est d’un type tout nouveau mérite une description spéciale ainsi que le combinateur.
- Le moteur est du type différentiel à deux induits indépendants se déplaçant dans un champ magnétique unique; chaque induit est constitué par un anneau de grand diamètre supporté par un croisillon en forme d’étoile. Dans tous les moteurs et dynamos actuels, le collecteur est constitué par un cylindre de plus petit diamètre que l’induit, placé dans son prolongement, ou bien encore, est constitué par l’induit lui-même, les fils de la périphérie étant dénudés. Ici le collecteur est constitué par une série de touches disposées en forme de disque formant une des
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- hases de chaque anneau. C’est un collecteur radial, son refroidissement est meilleur. Les halais qui frottent sur ce collecteur 11e sont pas décalahles. La forme des induits leur donne une surface de refroidissement assez grande et une vitesse périphérique énorme bien que la vitesse angulaire soit faible. Par suite du grand nombre
- Fig. 1. — Coupe h
- quor 1ns roues qu’avec une seule réduction.
- L’inducteur intérieur à l’induit est du type bipolaire et excité en série. L’entrefer, vu l’absence des frettes à la partie interne de l’induit est extrêmement faible. Les pièces polaires qui sont d’une forme très simple, sont obtenues de forge et permettent l’emploi de fer de grande perméabilité magnétique, ce qui éloigne beau-
- de mètres à la seconde, parcourus par un point placé à la périphérie de l’induit, les frettages doivent être particulièrement soignés, mais cette augmentation permet une bonne ventilation qui permet d’atteindre de forts régimes sans un échauffement par trop considérable.
- La faible vitesse angulaire permet de n’atta-
- rizontale par l’axe.
- coup l'état- de saturation des inducteurs qui n’est même pas atteint pour le régime maximum ; or, c'est ce qu’on doit toujours chercher afin d’obtenir une plus grande variation du couple par rapport au courant.
- Par suite du champ intense obtenu la vitesse angulaire est très faible. Le métal constituant l’inducteur étant le même que celui de la car-
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- casse de l’induit, l’accroissement du champ magnétique produit par l’induit est contrebalancé. La réaction d’induit est donc très faible, ce qui évite le crachement des balais, qui ne peut être atteint que si les conducteurs étaient saturés, et encore ce point est atteint en même temps par l’induit.
- L’emploi des deux induits supprime le différentiel. Le poids du moteur carter compris est de 102 kilogrammes.
- La consommation de la voiture en palier à 24 kilomètres à l’heure est de 2600 watts environ sous 90 volts; à ce régime la surface de refroidissement' est de 25 cm2 par watt dépensé en effet Joule (RI2) dans le fil induit, sa résistance étant de 0,3 ohm et 7 cm2 par watt dépensé dans le 111 inducteur dont la résistance est de 0,11 ohm.
- Voici quelques chiffres qui peuvent donner une idée sur les caractéristiques du moteur :
- Fig. 2. — Vue en bout d'un induit avec son collecteur.
- [Puissance absorbée. Vitesse angulaire.
- 2600 watts 1100 tours par minute
- 4500 — 790 —
- Différence de potentiel. Rendement.
- 93 volts 80 0/0
- 90 — 76 0/0
- M. Meynier assure qu’il est possible de demander à son moteur de résister à un régime de 8000 watts pendant un certain temps sans crainte de détériorations.
- Tout l’ensemble du moteur est renfermé dans un carter en aluminium; les trois paliers des deux arbres induits, placés dans le prolongement
- l’un de l’autre, sont soutenus, l'un par l’inducteur, l’autre par deux ponts en aluminium, boulonnés entre eux avec des prolongements de l’inducteur. Ces ponts en aluminium sont munis à leurs extrémités de douilles s’enlilant d’une part sur l’essieu arrière, d’autre part sur un tube d’acier suspendu par un ressort à une traverse du truck.
- Combinateur. — Get appareil diffère essentiellement de ceux employés jusqu’à présent; ceux-ci sont en général constitués par un cylindre en matière isolante portant des touches de cuivre sur lesquelles des balais de laiton ou de feuilles de cuivre frottent et établissent les con-
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- tacts en se déplaçant parallèlement avec les touches. L’inconvénient qui peut se produire dans ce cas est que, sous l’influence d’une rupture lente, avec une intensité de courant grande, l’énergie dépensée dans l’extra-courant, qui est
- proportionnelle au carré de l’intensité multiplié par le coefficient de self-induction du circuit (W = 1/2 LP), peut produire une légère fusion du métal, qui, par la suite, s’oppose au mouvement de rotation.
- F if/. 3. — Vue en bout d'un induit et porte balai.
- MM. Meynier et Legros font alors effectuer le mouvement dans un plan perpendiculaire au plan de contact.
- L’appareil est constitué par un arbre A portant un certain nombre de cames B, qui peuvent appuyer, soit à gauche, soit à droite, sur des galets mobiles g, fixés à des leviers L et L';
- ceux-ci sont poussés vers la came par des ressorts R, et portent à leur extrémité, au moyen d’une biellette isolée, des plots P en bronze portant des balais m, m, et coulissant sur un guide pour venir appuyer sur d’autres touches montées sur des socles isolants v et q. Ces pièces sont, en outre, munies de pare-étincelles fixés au bout du
- ressort s. C’est entre les galets a et 5 que se produit la fermeture et la rupture définitive du circuit, ce qui protège les balais ra.
- Ce combinat.eur, bien que plus compliqué que les autres, ne donne, parait-il, aucun ennui d’entretien; en tous les cas, l’idée en est très originale et très ingénieuse, et de plus dénote un électricien sérieux.
- Le mouvement des cames est commandé par une transmission appropriée.
- Les combinaisons qu’on peut effectuer sont comme on va le voir assez nombreuses pour tous les besoins, ce sont les suivantes :
- Position 0. — Arrêt, toutes les connexions sont ouvertes, sauf sur le circuit des lampes.
- Position 1. — Première vitesse : 2 batteries de 22 éléments en quantité, les deux induits en tension avec l’inducteur; c’est seulement pour cette vitesse que M. Meynier se sert du coupleur défectueux des batteries en quantité, l’inconvé-
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- nient, est ici un peu atténué, cette vitesse étant peu couramment employée.
- Position 2. — Deuxième vitesse : Les accus en tension, induits en tension avec l’inducteur.
- Position 3. — Troisième vitesse : Accus en tension, induits en quantité en tension avec l’inducteur.
- Position 4. — Quatrième vitesse : Comme la troisième, moins l’inducteur shunté.
- 1° Petit freinage (à droite du zéro) : Deux éléments en circuit avec l’inducteur, les deux induits en quantité sur deux résistances en tension.
- 2° Moyen freinage : Comme 1°, les deux induits en tension.
- 3° Grand freinage : Comme 2°, les deux résistances en quantité.
- Le dispositif de freinage permet cette opération dans les deux sens de marche.
- La direction arrière s’obtient par un commutateur placé en dehors du combinateur et qui renverse le sens du courant dans l’inducteur par rapport aux induits. Afin de ne pas avoir des variations brusques, des résistances sont intercalées entre chaque vitesse, et on peut même les laisser en service pour avoir des vitesses intermédiaires.
- Le moteur et le combinateur Meynier et Legros sont, en résumé, très intéressants et surtout nouveaux; ils présentent de réelles particularités qui les distinguent grandement des autres.
- A. Delasalle.
- RÉPONSE A M. VULCANUS
- Je vois beaucoup d’objections an projet de M. Vulcanus dont parle le dernier numéro de la Locomotion automobile. Je n’en signalerai qu’une grosse.
- La puissance d’un moteur a pétrole n’est pas une caractéristique. Elle ne peut être déterminée. Elle dépend du pétrole, du carburateur, dans le même ordre d’idées que celle de la machine à vapeur dépend de l’admission. Ceci serait cor-rectiblo, non sans difficulté; car tel moteur marche à l’huile lourde, tel autre à l’essence et il est impossible de les comparer dans les mêmes conditions.
- La puissance varie avec la charge. Ceci est une objection plus grave. Si tous les moteurs étaient semblablement construits on pourrait déterminer leur vitesse rationnelle et mesurer la puissance de cette vitesse. C’est un sujet du plus haut intérêt sur lequel je reviendrai avec plaisir. Malheureusement il n’en est pas ainsi. Peut-être pourrait-on choisir la puissance maxima?
- La puissance enfin est influencée par la température de l’eau de circulation. Pour les moteurs à ailettes par la température et le courant de l’air, comment choisira-t-on les conditions d’expérience, car on ne peut donner comme chiffre que la puissance qu’un moteur peut
- soutenir, marchant en régime, pendant au moins une heure.
- Cela a l’air tout simple d’évaluer la puissance d’un moteur, un frein de Prony, un compteur détours, etc., on se trompe du simple au double toujours et forcément au détriment du moteur bien réglé.
- Le seul remède, il me semble, serait d’exiger que tous les essais soient faits au même laboratoire. Il n’en manque pas de bien organisé et le Conservatoire des Arts et Métiers serait tout désigné. Les essais faits dans le même esprit, avec le même personnel, seraient comparables.
- Rien n’empêcherait en pratique d’y ajouter les correctifs qui sembleraient convenables et de handicaper en quelque sorte certaines puissances ou certains types.
- Jules Deschamps.
- COURSES
- Paris-Toulouse et retour.
- Les chiffres officiels des temps de la course de Paris-Toulouse, tels que nous les avons publiés dans notre dernier numéro, contenaient une erreur. Le temps de Bardin, dans la catégorie des motocvcles, est de 28 h. 0 m. 26.
- Les distances réelles étant, déduction faite des traversées de villes, de 673 kil. 500 pour l’aller, en une étape, et de 675 kil. 250 pour le retour, en deux étapes, on arrive pour l’itinéraire entier à une longueur totale de 1348 kil. 750.
- On a donc comme vitesses moyennes sur l’ensemble de la course :
- Voitures.
- Levegii, 64 kil. 700.
- Pinson. 60 kil. 815.
- Voigt, 60 kil. 754.
- Giraud, 58 kil. 800.
- Àntony, 50 kil. 300.
- De Turckeim, 35 kil. 800.
- Ravel, 32 kil. 800.
- Motocycles.
- Teste, 56 kil. 400.
- Gollignon, 49 kil. 100.
- Bardin, 46 kil. 900.
- Gasté, 44 kil. 100.
- Gleizes, 37 kil. 100.
- Tournier, 33 kil. 700.
- Durand, 19 kil. 100.
- Voiluretfes.
- M. Renault, 44 kil. 100.
- Schrader et Oury, 29 kil. 400.
- Grux, 23 kil. 400.
- Voici enfin la liste des prix et médailles attribués, les prix d’après la place, les médailles d’après la vitesse :
- Voitures.
- Levegh, 8000 fr., médaille de vermeil.
- Pinson, 6000 fr., médaille d’argent.
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- Voigt, 6000 fr., médaille d'argent.
- Giraud, 4000 fr., médaille de bronze.
- Antony, 3000 fr., médaille de bronze.
- De Turckeim, 2000 fr.
- Ravel, 1000 fr.
- Motocycles.
- Teste, 2000 fr., médaille de vermeil.
- Gollignon, 1500 fr., médaille de bronze.
- Bardin, 1000 fr. médaille de bronze.
- Gasté, 500 fr.
- Gleizes, 500 fr.
- Fournier, 500 fr.
- Durand, 500 fr.
- Voiturettes.
- M. Renault, 4000 fr., médaille de vermeil.
- Schrader et Oury, 2000 fr.
- Grux, 1000 fr.
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- Le concours de fiacres.
- Voici la liste des prix du concours de fiacres qui vient de se tenir à Vincennes :
- 1. — Voitures de place à essence. Médailles d'or. N° 6, Victoria Peugeot.
- Médaille d’argent. N° 15, voiture de Riancey.
- 2. — Voitures de place électriques. Médailles d’or. nos 7 et 9, vic-torias Kriéger.
- Médaille de vermeil. N° 14, cab Jeantaml.
- 3. — Voitures de livraison à essence. Médaille d’or, Nô 4, voiture Brouhot.
- Médaille de vermeil. N° 17, voiture de Dietricli.
- 4. — Voiture s de livraison électriques. — Médaille d’or. N° 8, voiture Krieger.
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- Le concours de voiturettes.
- Les prix du concours de voiturettes, tenus également à Vincennes, ont été répartis de la façon suivante :
- 1. — Voiturettes de moins de 250 kilos à vide. Médaille d’or : nos 12, 13, 14, Gladiator.
- Médaille de vermeil : nos 4 et 5, Georges Richard.
- 2. — Voiturettes de 250 à 400 kilos à vide. Marche arrière obligatoire.
- Médaille d’or : nos 1 et 2, Renault frères.
- Médaille de vermeil : nos 6, 7 et 8, M. Outhenin-Cha-landre.
- Médaille d’argent : n° 3, Hanzer; n° 18, Fernandez.
- Médaille de bronze : n° 15, Créanrhc.
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- Rappelons le programme de la fête automobile qui sera donnée le 1er septembre sur la piste de 2700 mètres de l’iiippodrome Wellington, à Ostende :
- I. — Grand gymkhana automobile pour voiturettes de 400 kilos et au dessous et pour motocyclcs. — G prix, objets d’art.
- II. — Championnat du monde de motocycles (50 kilomètres). — 4 prix : 1000, 400, 250, 150 fr.
- Engagement : 10 fr.
- III. — Prix Wellington, course de voiturettes pour véhicules de 400 kilos et au dessous (50 kilomètres). — 4 prix : 1500, 500, 250, 150 fr.
- Engagement : 25 fr.
- IV. — Grand Prix automobile d’Ostende, ouvert à
- tous véhiculés automobiles au-dessus de 400 kilos (100 kilomètres). — 4 prix : 3000, 1200, 700, 400 fr.
- Engagement : 50 fr.
- Los engagements sont reçus, soit à l’hippodrome Wellington, à Ostende, soit au Vélo, rue Meyerbeer, 2.
- Les concurrents déjà engagés sont :
- Voilures.
- l.Levegb. — 2. G. Jenntzy. — 3. Huguet. — 4. Caillois-Renaux.
- Voiturettes.
- 1. H. Meyer. — 2. Osmont. — 3. Marcellin. —4. Fernandez. — 5. Rigal.
- Motocycles.
- 1. II. Meyer. — 2. Gasté. — 3. Marcellin. — 4. Réconnais. — 5. Fournier. — 6. Rigal.
- On le voit, le lot commence à être nombreux et surtout il comprend des spécialistes de grande valeur.
- Ces épreuves automobiles se donneront sous le patronage del’Automobile-Club de Belgique, dont le règlement sportif sera scrupuleusement suivi.
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- M. Vivinus offre aux chauffeurs se qualifiant sur voiturette Vivinus dans les concours de Spa :
- Au 1er arrivant, 150 francs;
- Au 2e — 100 —
- Au 3e — 50 —
- Gomme parmi le grand nombre, d’inscrits il se trouve quantité de chauffeurs pilotant des voiturettes Vivinus, la lutte sera chaude.
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- Exposition universelle de 1900
- Les croix de l’automobile.
- Voici les croix attribuées à l’occasion de l’Exposition à des personnalités faisant partie, à un titre quelconque, ne fût-ce que comme constructeurs de machines-outils, du monde de l’automobile :
- Commandeurs. — Bariqiumd; — Carie) ; Henry Menier.
- Officiers. — Max de Nansouty; — Pierre Giffard; — Commandant Krebs; — Lemoine; — Gaston Peugeot.
- Chevaliers. — Armand Caillavet; — Besse; — Comte Chasseloup-Laubat; — Maurice Cottenet; — Despeaux ;
- — Hamelle; — Jeantaud; — Larochette; — Lombard-Gérin; — Onfray; — Poidatz; — Rodriguez El y ; — Street; — Max Vincent; — Deutsrh.
- Les récompenses de la classe 30.
- Voici la liste complète des exposants de la classe 30 qui ont obtenu des récompenses :
- HORS CONCOURS
- Cycles. — Bosse et Hamond; — Noé, Boyer et Cio;
- — Clément; — Compagnie Française des Cycles et Automobiles; — les Fils de Peugeot Frères; Roxen-dorf; — Société des Etablissements Pieper; — Société
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- des Cycles Gladiator; Société Nationale de la bicyclette « La Pliante »; — Compagnie des Automobiles et des Cycles Hurtu.
- Automobiles. — Ader (Société Industrielle des Téléphones); — Automobile-Club de France; — Baille-Lemaire; — Bollée Léon; — lirulé et Cic; — Cohendet et Cl(1; — Columbia and Electric VehicleCo; — Compagnie Française des Moteurs à gaz ; — Darracq et Ci0;
- — Société Anonyme des anciens établissements Panhard et Levassor; — Société des Chaudières et voitures à Tapeur, système Scotte; — Société des Moteurs et Automobiles Crouan.
- Indus!ries annexes. — Bessand, Stasse et Cio; — Boas, Bodrigues et Ci0; — Compagnie Dunlop; — Bucellier; — Falconnet, Pérodeaud et Cic; —Lemoine;
- — Société « le Carbone »; — Société Anonyme « La Galba » ; Torrilhon et Cie.
- Carrosserie. — Belvalette et Ci0; — Henri Blinder;
- — Faurax; — Mulilbacher.
- Charronnage. — Breteau; — Morel-Thibaut.
- GRANDS PRIX
- Cycles. — Columbia Factory ; — Fabrique de Vélocipèdes Wanderer; — Fabrique Nationale d’armes de guerre de Liège.
- Automobiles. — Jeantaud; — De Diétrich et Cio; — Société des Automobiles Peugeot; — De Dion-Bouton et Ci0.
- Industries annexes. — Michelin et Gio.
- Carrosserie. — Grummer et Cic; — Guiet et Cio; — Kellner et ses fils; — Binder; — Kuehlstein Wagen-bau ; — Van den Plas.
- Charronnage. — Laroehette.
- MÉDAILLES D’OR
- Cycles. — Société des Etablissements Georges Ri" chard ; — Société Générale des cycles et automobiles Rochet-Petit ; — Acatène; — Vauzelle, Morel et Ci0; Cleveland Factory ; — Monarcli Factory ; — Chain Factory; — Adler Fahrradwerke ; — Société de la Fabrique d’armes Husqvarna; — Durkopp et Cic; — Opel; — Seidel et Nauman ; — Crescent Factory.
- Automobiles. — Scheele ; — Société des Moteurs Gobion et Brillié; — Société Anonyme d’électricité et d’automobiles Mors; — Benz et Ciu; — Compagnie Internationale des transports automobiles (Jenatzy) ;
- — Delahaye et Cic; — Compagnie Française pour l’industrie et les mines (Kriéger); — Gardner-Serpollet;
- — Société des Voitures Automobiles des établissements Decauvilie aîné; — Compagnie de traction pour trolley automoteur Lombard-Gérin; — Société anonyme des ateliers Germain; — American Electric Vehicle Co.
- Industries annexes. — Boyriven Dis et Cret; —Billy;
- — Bail-Pozzi et C>°; — Hannoyer ; — Société des établissements Edeline; — Société anonyme des établissements Hntcliinson; —Laurent Colas; — Société de l’accumulateur Fulmen; — Compagnie Continentale de caoutchouc et gutta-percha ; — le Vélo; — American Steel and Wire Co.
- Carrosserie. — Bail jeune, frères; — Labourdette et Cie; — Compagnie générale des voitures à Paris; — Huret; — Rétif frères; — Bail aîné; — Dick et Kir-sehten; — Lolnier; — Boulogne; — RReims, Auscher et Cic; — Diéteren; — Lamarka frères; — Colombus Bruggy Co ; — Ledoux; — Chobçrt; — Kolber; — Norseng; — Arbatsky; — .lankovsky.
- Charronnage. — Rivière lils; — Le Chevalier frères;
- — MOrel; — Beauiils frères.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Cycles. — Terrot; — Couturier et Ci0; Werner frères; — Rambler Factory; — Sterling Factory; — Reischtein Cycles Brennabor; — Fabrique de cycles Neckarsulm ; — Fabrique de cycles Rernh, Stoever;
- — Prinetti et Stucchi ; — Ljungstrom Rirger; — Canada Cycle and Motor C'°; — Brown; — Fabrique de cycles Cosmos ; — Fabrique de cycles de Copenhague ; — Société Anonyme Eerte Nederlansche Rijwiel fabrick; — Barrière et Ci0; — Mimard, Blachon et Ci0.
- Automobiles. — Société d’automobiles et de traction Bardou ; — Motor Fahrzenge (système Loutzky Vallem);
- — Brouliot etCic; — Société lyonnaise de construction d’automobiles Rochet et Schneider; — Société des Automobiles Koch ; — Société des Voitures Créanclie;
- — Teste, Moret et Ci0; — Société de mécanique industrielle d’Anzin; — Compagnie française des voitures électromobiles; — Société Anonyme des anciens établissements Audibert et Lavirotte; — Société des voitures électriques et accumulateurs B. G. S.; — Mildé fils et Cie; — Société française d’automobiles Gaillardet; — Société anonyme de construction mécanique « l’Aster »; — Yulkan Auto Gesselschaît; — Cleveland Machine Screw Co; — Cambier et Cio; — Renault frères; — Riker Electric Vehicle Co.
- Industries annexes. — Bassée et Michel; — Curtit et O; — Malicet et Blin; — Lamplugh et Ci0; — brosse et Cic; — Moser; — Vermot; — Vital, Bou-hours et Duret;— Baudry de Saunier; — Grouvelle et Arquembourg; — Establie frères ; — La Locomotion automobile; — Keszey (Hongrie); —Monnier, Seitter et Pommeret; — Sclaverand; — Rubber, Tire Wheel Cy of American; — Chavanet, Gros, Richard etCie; — Bail and Pedal Factory; — Plymouth Factory; — Smith Parts Factory; — Franz Cloutli Ithemische gummy Vaarenfabrick ; — Riemann ; — Prioux; —• Louis Dupont; — Dard; — Lefrère; — Loubière; — Lagard; — Tiercelin et Roissié : — Biémopt; — Gall;
- — Delasalle; — Pigeonnet; — Dufour; — Cahot; — Henry; — Hanzer frères; — Bellair et Burnouf; — Gircoulon et Armstutz; — Longuemare; — Dur y.
- Carrosserie. — Girard ; — La Carrosserie industrielle; — Felber; — Lemaître; — Lagogué; — Kou-raneff; — Windorer Curril and sons; — Bedel; — Male val et Vacher; — Delaugère et Cio; — Leffroy; — Raguin ; Mac Lauglilhi Carriage Co ; — Armbruster ; — Linder; — Kuhe ; — Barbier frères; — Michel et fils (Belgique); — Van Roosbreeck (Belgique); — Closset (Belgique); — Chaumètre; — Bourgeois et fils; — Gabnel et Bergenthal; — Renault Alphonse; — Mars-chah; — Keibl; — Forder et Ci0; — Solano frères; — Œrtigue; — Rossi frères; — Vent; — Comité loyal du Cambodge; — Vincent Eugène; — Vincent Ris; — Wilson et Stoçkah.
- Charronnage. — Eymin frères.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Cycles. — Barré; — Dupressoir; — Kreutberger frères; —- Daunay ; — Chenard et Walcker; — Veuve Plasson; — Prunel; — Vergine et Cic; — Ventiu'ino et. Tartaglia; — Featherstone Factory; — Ce ne va Factory; — Syracusse Factory; — Société des établissements Sage; — Lamb Factory; — Despont etGodefroy;
- — Gautier, à Lyon; — National Cycle and Automobile Co.
- Automobiles. — Société de Riancey; — Ripert; — Ouzou et Cio; — Fernandez et Ci0; — Société F « Energie »; — Usines industrielles Lux; — Chaboche.; — Turgan et Foy ; — Société anonyme des voitures automobiles « La Parisienne »; — Penelle; — Dalifol et Thomas; — Rossel. — Gillot, Foyest et Çw; — Le-
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- gros ; — Lufbery ; — Yermorel ; — Compagnie des Automobiles et moteurs Cote; — Rocli Brault; — Begot et Cail; — Henriod ; — Hidien; — Socié é des moteurs Ardent; — Heller, auto Helvetia; — Locomo-bile Co of American; — Vallée; — Le Blant; — Tou-rant et Cio; — Etablissements Marot-Gardon.
- Industries annexes. Didier-Lemaire; — Soly; — Martin, Mette et Huberland; — Bernard; — Lefebvre ;
- — Loyal; — Société anonyme des usines de Mazières;
- — Leloue; — Veuve Roger Durand; — Ernest Benoît;
- — Leroy; — Yinet; — Weder MgCo; — Wippermann;
- — Le Chauffeur; — Société des usines de Gravigny ;
- — Ernest Lehut; — Caplain, Berger et O ; — Conte ; — Alfred Dinin; — Duplan Chaligné; — Noiraud frères;
- — Taillandier frères; — Association coopérative des ouvriers lanterniers; — Paulin Maudière; — Barbou;
- — Lafon; — Consten; — Hilbert et ses fils; — Robert;
- — Krautschnelder )Hongrie) ; — Clarkburg Wood Rim Co; — American Saddle Co; — Rleriot; — Henri Partin; — Blute.
- Carrosserie. Vanvooren et Firmin; — Fleureau; — Yindover et Cie ; — Canada Carnage Cie ; — de Bruvn fils; — Verschueren et sœur; — Fengel; — Rogosine;
- — Armstrong Mg Co; — Semenoff; — Fabrique de voitures de Cliidlovetzk; — Rousseau et Cie; — No-vach; — Misura; — Rieber; — Duplan; — Praxelle;
- — Bonniclion-Fontaine.
- Charronnage. Association coopérative des ouvriers en voitures réunis; — Delorme; — Lumet.
- MENTIONS HONOKAB1.es.
- Cycles. Carloni; — Constantin; — Bastaert; — Chapelle frères et Chevallier; — Lamaudière et Labre; — Petitjean et Sevette; — Planés; — Trépreau, Lagarde, et Diard; — Plancq Betry ; — Chanudet; Le Belin et Cie; — Lavigne; — Goyon; — Fay Factory ; — Cfaw-ford Factory; — Grand Rapide Cycle Co; — Tribune Factory; — Sol ni.
- Automobiles. Mauger; — Guerraz; — Deschamps;
- — Société Européenne d’Automobiles; — Doré et Cie;
- — Gaudon; — Lepape; — Pantz; — Duret-Soliy; — Piat et Faugerol; — Touret; — Hugot; — Werhlé et Godard-Desmarest; — Baudier; — Goujon frères; — Compagnie des Automobiles du Sud-Ouest ; — Martlia;
- — Klauss et Ci0; — Brissart et fils; — Jeanperrin frères; — Mendoza; — Varrail; — Audin; — Société d'entreprise de transports à Berlin; — Industrie allemande des Automobiles Hering.
- Industries annexes. Globeck; —Lavancliy; — Thomas; — Manufactuie de coussins et sièges à ressorts;
- — Compin; — Thompson Parts factory ; — Ofvestrom ;
- — Gouverneur; — Devonge; — Cornon; — Lépine;
- — Demont; — Carenoud; — Devillard; — Prud-homme ; — Searles ; — Compagnie des bandes Kelly ;
- — Usines des ressorts du Nord; — Clarenc ; — Chary;
- — Liais et Laurent; — Chaix; — Association générale des ouvriers en instruments de musique (appareils avertisseurs); — Teste; — Desavènes; — Chameroy;
- — Bloch et Cie ; — Guenet; — Gianoli et Lacoste; — Oulanovky; — Cleveland Axle Mg Co; — Cosset; — Mercier; — Muller; — Rossel-Wetzel et fils; — Marchand Bernard ; — Gleizes; — Talluel et Cie; — Roux;
- — Scott et Sons; — Long fils.
- Carrosserie. Ruât ; — Bain-Wagon C° ; — Elcoro ;
- — Veret et L» ; — Klovvstadt et Son ; — Press pres-tage; — Slingsby ; — Exposition collective des petites industries de la carrosserie russe;— Edouard; — Yeuve Duhotoy et fils.
- Charronnage. Chauvet;— Staulschutz.
- Les récompenses des collaborateurs.
- Voici maintenant la liste des récompenses accordées aux collaborateurs des exposants. Ce ne sont certes pas les moins méritées, à beaucoup près :
- Grands prix. — Bonüglietti (Aurel); — Kriéger (Louis) ; — Jenatzy ; — Bourgeois ; — Gleize ; — Frenay.
- Médailles d'or. —- Spies; — Beaufrand; — Devilliard;
- — Larochette (Jean-Marie); — André; — Rigoulot; — Gelibert; — Breteau; — Turkheim (baron Adrien de);
- — Ginies; — Schulze (A.); — Yan Yynck; — Jans-sens; — Profit ; — Speitel; — Lablache; — Desjardins; — Desnoyers; — Clausonne de); — Legentil;
- — Griver ; — Brasier; — Cornilleau; — Guiet; — Wef-ferbach; — Richard (Georges); — Richard (Max); — Lelong; — Laussueq; Bobet; — Worms; — Janillou;
- — Hubert; — Wayenberg; — Leroy; — Steinmetz:
- — Ehans; — Delcourt; — Fohs; — Fétry ; — Pime noff (Théodore); — Büngens (Mme); — Starzinski (Clément); — Longuemare (Fernand); — Longuemare (Georges); — Varlet; — Rameau; — Evensen ; — OIsen; — Christiensen ; — Engstreten; — Créanche (Louis); — Lagerman, — Lonegren; — Ader; — Au-brun; — Monayron; — Colomb; - Breteau (Ch.); — Dolain; — Boussuges; — Clarisse; — Compérat; — Gebert: — Tordet; — Joyet; — Cazes; — Grimaud;
- — Wiliocq; — Lefebvre; — Joly; — Liévin ; — Faur;
- — Roche; — Lesage; — Yeragen ; — Petit; — Subra;
- — Crouan (Alb.); — Valentin; — Cézard; — Perton;
- — Comos de Gaëtan (de); — Malezieux; — Roques;
- — Peau; — Amstoutz; — Goux; — Cramotte; — Go-bert; Scotte fils; — Viet; — Pivot; — Liot; — Lé-niau; — Maxim (H. P.); — Davis (S.-T.); — Riker; — Corrigan (C. E.).
- Médailles d'argent. — Carlen; — Triloff; — Petit-.jean; — Meunier; — Barthélemy; — Dubrule; Bu rte;
- — Alexandre; — Piget; — Mouth; — Parvé; — Vallet te; — Vollmer; — Brenrs, Didelez; — Ahst; — Labourdette (Lcuis); — Prévost; — Pommier; — Hubbe; — Budin; — Bailly ; — Zabelolf; — Regond; — Ravenez (Louis); — Périn; — Estève; — Perrenoud;
- — Feutrel; — Delacroix; — Barrault; — Stoeckel ; -Chatelut; — Rigoli; — Brossier; — Rutishauser ; — Lhuillier; — Guillot; — Cunin; — Yan der Anvvera;
- — Thienpont; — Joaquin del Rio; — Van Aubel; — Breiner; — Bruetschy: — Rey; — Colzy; — Pen-zelin; — Felber ^Victor); — Gaillard; — Maréchal; — Thareau; — Pegout; — Arrensdorfl'; — Gurtler; — Romain; — Ruef; — Bour; — Bardou; — Demai-zière; — Maday, — Greffe; — Buyck; — Moule-maere (de); — Serive; Latines; — Bruel (Charles); — Steven; — Gandrin; — Hochgesand; — Bourgeois; — Lambert; — Charpentier; — Filtz; — Meynier; — Bergeron (Martial); — Loisel; — Degeorge; — Fabert;
- — Pillet; — Barrière; — Lunot; — Peyson ; — Paquier;
- — Soulé; — Delarue; — Seigneuret; — Milliasson; — Hérigny; — Roudier; — Dolain; — Munsberger; — Charles; — Collas; — Tliiébault; — Hardy; — Berdin;
- — Lafaye; — Pinçon; — Lacroix; — Lesage; — Heurteaux; — Pornin; — Ribeyrolles; — Nanet; — Chang Baab-Plirdthinang; — Cliang Baab-Rajayan; — Widmayer; — Kléber; — Caillaud; — Loriot; — Ruedi; — Delabrière; — Hénault; — Berthauld; — Geoffroy; — Delery; — Convers; — Van Cauvelaers;
- — Chastel ; — Sabatier; — Bureau; — Bougard; — Palita; — Variiez; — Olivier; — Luzoir; — Cognard;
- — Herras; — Nisson; — Schœffer; — Mertz; — Hos-tingue (d’); — Lacaze; — Gercst; — Vautier; — Ga mard; — Laurent; — Metceller; — Gobosky; — Parcheininey ; — Flamain; — Hemery; — Chapuis,
- — Rollin; — Lebrun; — Breteau; — Guillet; —
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- Harispe; — Morizet; — Hadley (C.-E.); — Condict (C.-H.); — Genres. — Grewey.
- Médailles de bronze. — Prunier; — Hunziker; — Pogu; — Musslé; — Stoll; — Folliot; — Van Olmen;
- — Delelle; — Drevet; — Mercier; — Valraevens; — Macé; — Plumai]; — Françoise; — Levrard; — Janin;
- — Goicoechea ; —Woit; — Schonneweld. — Degueldre .Antoine); — Degueldre (Ferdinand); — Mohon; — Borheau; — Havaert; — Bonnasse; — Dauchine; — Franckson; — Blosson; — Gliafe; — Babut; — Raison (Alphonse); — Suzanne; — Vérard; — Felher (Ch.);
- — Barbe; — Jourdan; — Hennoré; — Martin; — Melot; — Charbonnier; — Lebrun; — Golodin; — Bellu; — Mondon; — Vincent; — Humbert;— Poirier;
- — Chevallier; — Michel; — Poussin; — Raguin (Georges); — Boo (Théophile de); — Denolf; — Edebo (Emile); — Lavinfosse; — Leclerc; — Pethibon; — Pullinger; — Hustache; — Gevin; — Bouché; — Gré-terin; — Fortin; — Hardy; — Godbert; — Prune! (Joseph); — Mollier-Billiet ; — Decoster (Emile); — Cuypers; — Duffiat; — Plasson (Jules) fils; — Ripert (Marins) ; — Grieu ; — Pilain ; — Henriod !F.j; — Rosse;
- — Legarrois; — Boyer; — Raison; — Parigot; — Hu-guenin; — Wild; — Pasquet; — Papier; — Rossi (Antoine); — Cordier; — Pvre; — Borot; — Ray; — Pelletier; — Massardier; — üiéner; — Léger; — Cordon; — Giraudet; — Vaissier; — Lamy père; — Jacquet; — Von; — Lhuguenot; — Roger; — Closset;
- — Ploeul; —Leyrat; — Guérin; — Guérin; — David;
- — Dudragne; — Berthaut; — Boutillier; — Pierre; — Gousguen; — Robert; — Platerrier;— Scbaub; — Bouzard; — Lecoq; — Lavoisier; — Cret; — Bottier;
- — Morice; — Devaux; — Mollet; — Discher; — Collin; — Morel; — Clément; — Savary; — Rossignol; — Merekel; — Breugnon; — Gross; — Simon;
- — Lassus; — Dehalle; — Parfron; — Eunès; — Guei-rier; — Jovelet; — Gaury; — Remy; —Yan-Heen; — Teysseire; — Boucher; — Gérard; — Fauvel; — Bor-dier; — Ladrev; — Amiaux; — Francart; — Carli-Basset; — Lemarchand; — Poinçonnât; — Pélipon; — Péter; — Rospert; — Billiard; — Deschamps; — Rémond; — Simoi; — Fayard; — Roubeyrol.
- Mentions honorables. — Chapoulet; — Perrier; — Pautet; — Favier; — Vinot; —Geeroms; — Colachot;
- — Bodias; — Gall (Stanislas); — Besson; — Renault;
- — Vranau ; — Voders; —Villems; Rothstein; — Des-grez ; — Schley ; — Rousseau; — Kaltenbach; — Hardies; — Bimbenet; — Lagarde; — Gidel; — Oblet;
- — Gandon.père; — Gervais ; — Collin; — Bigler; — Bernard; — Cothier; — Milhot ; — Candelot; — Geliez;
- — Delannoy; — Petit; — Gurly ; — Jahan ; —Balden-vech ; — Michel ; — Aiffouard ; — Bustier ; — Detche-mendy ; — Contsoucous; — Valentin; — Sirazin; — Collinet; — Guyot; — Cotedesoux; — Vial; — Guiet Joseph; — Guiet (A.); — Feigler; — Martz ; — Gri-mhasz; — Schmidt; — Rousseaux; — Carmaux ; — Charles; — Perlot; — Melin; — Jarnet; — Cros; — Neige; — Brunie; — Bertrand; — Millet; — Ma ire t ;
- — MontfeuiJIard ; — Orset; — Lebreton ; — Véron;
- — Monillier; — Morain; — Contant; — Triboulat; — Frichet ; — Bletzacher; — Gérard; — Thévenot; — Vallet; — Lel'ait; — Millet; — Rock; — Martha (Alfred); — Lefebvre (Carlos); — Lefebvre (Martin).
- Voici maintenant dans les autres classes quelques noms déjà particulièrement connus dans les industries du cycle, de l’automobile et de leurs annexes :
- Coasse 15 (Instruments de précision, monnaies et médailles).
- Hors concours. — Baille-Lemaire ; — Léon Rollée.
- Classe 19 (Machines à vapeur).
- Mentions honorables. — Plasson (Mmc veuve).
- Classe 20 (Machines motrices diverses).
- //ors concours. — Société Anonyme des anciens établissements Panhard et Levassor.
- Grands prix. — Japy frères.
- Médailles d’or. — Société des moteurs et automobiles Gobron et Brillié; — Chavanet, Gros et Pichard. Médailles d’argent. — Delahaye.
- Médailles de bronze. — Werner frères.
- Classe 21 (Appareils divers de la mécanique générale). Grands prix. — Bollée Ernest.
- Médailles d’argent. — Durey-Sohy.
- Mentions honorables. — Diligeon et C'°.
- Classe 22 (Machines-outils).
- Hors concours. — Bariquand et Marre; — Cohendet et Cie; — Darracq et Cic; — Panhard et Levassor. Grands prix. — Kreutzberger.
- Médailles de bronze. — Longuemarre (veuve); — Besse Louis.
- Classe 23 (Production et utilisation mécaniques de l’électricité).
- Hors concours. — Société Anonyme « le Carbone » ;
- — Société nouvelle des établissements Decauville. Grands prix. — Grammont Alexandre; — India
- Rubber et telegraph Work Co.
- Médailles d'argent. — Bisson, Bergès et Cio.
- Classe 25 (Electro-chimie).
- Hors concours. — Société « le Carbone ».
- Médailles d’or. — Société d’Accumulateurs Fulmen;
- — Leclanché et Cie; — Société Anonyme de la pile Bloc; — Société Française des accumulateurs Phénix.
- Médailles d’argent. — Mors et C'°.
- Médailles de bronze. — Société Electrique « Hydra ».
- Classe 99 (Industrie du caoutchouc et de la gutta-percha. — Objets de voyage et de campement). Hors concours. — Falconnet, Perodeaud et C^; — Torillhon et C'e.
- Médailles d’or. — India Rubber gutta-percha and telegraph Works Co; — Edeline.
- Médailles d’argent. — Allez frèrres.
- Classe 1U (Matériel colonial).
- Hors concours. — Besse et Hammond; — Remaria frères.
- Médailles d'or. — De Diétrieh et C".
- Médailles d’argent. — Société Anonyme d’automobiles et de traction (système Rardon).
- Mentions honorables. — Sclaverand.
- Classe Il6 (Armement et matériel de l'artillerie). Hors concours. — Panhard et Levassor ; — Société des chaudières et voitures à vapeur système Scotte ;
- — Société Nouvelle des établissements Decauville. Grands prix. — Société Anonyme de la fabrique
- nationale d’armes de guerre à Herstal-les-Liège.
- Médailles d’or. — De Dion-Bouton et C1' ; — Kellner et ses fils; — Société Anonyme des Etablissements Pieper (Belgique).
- Médailles d’argent. — Société des Etablissements Georges Richard ; — De Diétrieh et C1' ; — Société Anonyme des automobiles Peugeot ; — Société des automobiles Koch; — Société Anonyme d’électricité et d’automobiles Mors; —Teste, Moret et C1'.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Médailles de bronze. — Rheims, Auscher et Cie ; — Société des Voitures Automobiles des établissements Decauville aîné.
- Coasse 117 (Génie militaire et services y ressortissant). Grands prix. — Lec-lanclié et C‘\
- Coasse 118 (Service maritime. — Travaux hydrauliques. Torpilles).
- Médailles d’or. — Grouvelle et Aquembourg; — Leclanché et C*.
- Le congrès international du pétrole.
- Le congrès international du pétrole, le premier de ce genre qui ait été organisé, s’est ouvert le 16 août, par une soirée donnée à l’hôtel Continental. Le congrès se poursuivra jusqu’au 28 et tient ses séances au pavillon des Eaux, à l’Exposition Universelle. L’organisateur du congrès est M. Paul Dvorkovitz, ancien professeur de chimie à Moscou, aujourd’hui directeur de la Petroleum Review.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Les routes de France.
- La Revue Vicinale, organe spécial des agents-voyers étudie, dans un intéressant article, la part respective des ingénieurs des ponts et chaussées et des agents-voyers dans la construction des routes de France.
- D’un coté, nous voyons un corps à la hiérarchie puissante, composé d’hommes soigneusement triés par des concours successifs, préparés par une longue et uniforme éducation, forts de la faveur gouvernementale, appuyés sur le long passé de leur institution. Qu'ont-ils produit?
- En deux siècles (le corps des ingénieurs fut créé en 1676): ils sont arrivés, péniblement, à construire 37 000 kilomètres de routes... et quelles routes ! Tout y est sacrifié, d’une manière insensée, à la superstition de la ligne droite. De clocher en clocher, leur tracé fonce droit devant lui, pendant des lieues et des lieues d'une écœurante mono tonte, pourfendant les propriétés, escaladant furieusement les hauteurs pour, l’instant d’après, pris de vertige, se précipiter dans les ravins, par des pentes impraticables. Tel un sanglier blessé court, en aveugle, et sans souci de ses ravages, au travers d’obstacles que contournerait toute créature intelligente. Sauvage, la route nationale redoute de passer près des villages; elle craint d’ètre utile; elle est indifférente aux vœux de la civilisation; c’est au milieu de la lande déserte qu’elle se rue de préférence et le paisible chemin vicinal a dû, bien des fois, suppléer à l’utilité de sa rivale qui, pourtant, n’a j>as eu comme lui, à tenir compte de difficulté^financières et autres..., même politiques... irréductibles.
- Laissons, si vous le voulez, les routes nationales, trop anciennes, dont les ingénieurs actuels peuvent, malgré leur esprit de corps, décliner la responsabilité. Mais combien de routes départementales, contemporaines des chemins vicinaux, tombent dans la rage rectiligne de leurs devancières et s’entêtent à l’assaut -héroïque de pentes inaccessibles. En ingénieur en chef, d’ailleurs devenu célèbre depuis, par ses démêlés avec
- un pont rebelle aux formules, disait en 18.., que le tracé des routes du département de..., avait été fait par des ânes. Sans imiter son manque de modération envers ses collègues) nous reconnaîtrons facilement qu’un ageut-voyer en eût désavoué la paternité, tant il semble qu’on y eût, à plaisir, sacrifié les sens commun à l’autel géométrique du plus court chemin.
- Nés plus de cent ans après les ingénieurs, recrutés de toutes parts ayant souvent fait eux-mêmes, leur propre éducation, sans passer toujours par l’étamine de multiples examens, les agents-voyers, aux yeux d’un observateur superficiel, peuvent paraître bien au-dessous de ceux qui dédaignent de s’appeler leurs rivaux. Ils ont contre eux l’hostilité plus ou moins déguisée du pouvoir central, leur existence est perpétuellement en question, Au milieu de préoccupations si poignantes, ont-ils, pour se défendre, délaissé leur œuvre? Non! Ils comprennent que c’est elles, surtout qui les protège; ils restent muets devant toutes les attaques; ils poussent l’oubli d’eux-mêmes jusqu'à négliger de se grouper pour la défense commune, devant la puissante association qui les harcèle.
- liais aussi, voyez quel travail! Que paraissent les 37 000 kilomètres de routes natiouales a côté de nos 500 ooo kilomètres de chemins construits et entretenus qui, bout about, feraient plus de douze fois le tour de la terre. Et cela, exécutée — avec un personnel réduit dix fois moins nombreux, à longueur de voies égales, que celui des ponts et chaussées; — avec des ressources aussi peu maniables que celle de la prestation. Voyez aussi quel souci de l’économie, quel respect des vœux des populations, quelle minutieuse comparaison des tracés possibles, a présidé à la création de cet immense réseau, dont la construction n’a pas. de mandé beaucoup plus d’un demi-siècle !
- Notre confrère la Gazetla dello Sport annonce que l’illustre artiste Ernesto Zacconi est devenu un fervent de l’automohile et se délasse ainsi des fatigues de la scène. On ne le voit plus que sur sa machine.
- Un correspondant de l’Autocar se plaint que, dans le dessin et la construction des voiturettes, on ne réserve absolument aucune place pour le moindre bagage, alors que cela serait si commode pour ceux qui veulent entreprendre un petit voyage dans un de ces véhicules.
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- TRIBUNAUX
- Alors que les condamnations pleuvent dru et ferme sur les chauffeurs de France, il est bon de signaler le cas du magistrat de Spilsby, en Amérique qui vient de renvoyer des fins de la plainte, en le condamnant toutefois aux dépens, un chauffeur américain qui ôtait poursuivi pour excès de vitesse. Le magistrat a fait remarquer que c’était le premier cas de cette nature qu’il avait à juger, et qu’il devait se montrer plein de prudence pour trancher une difficulté aussi grande que celle de de l’appréciation de la vitesse.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — h. DE SOYE ET FILS, IMPB., 18, R. DES FOSSES S.-JACQDES.
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- Septième Année. — N° 35.
- Le Numéro : £50 centimes
- 30 Août 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU T0UR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTC DUNOD, quai des Grands-Augustins, k9, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 35.
- Chauffeurs ou motovoituristes, Gérard Lavergne. — Les automobiles et les récompenses industrielles, Albert Rodanet. — Echos. — Poulies à diamètre variable, Daniel Bellet. — Le moteur Stickney. — Le presse-étoupe Tessier. — La voiturette C. E. Henriod. — La bicyclette « Compact ». — Le calcul des batteries d’accumobiles, A. Delasalle. — Courses. — Les fêtes de Spa, F. P. — La course du Semme-ring. — Exposition. — Automobiles sur routes. — A travers la presse. — Tribunaux. — Boîte aux lettres.
- CHAUFFEURS OU MOTOVOITURISTES?
- Dans un article récent, paru ici même, M. Baudry de Saunier s'élevait avec autant d'humour que de raison contre la déplorable habitude qu’on a prise de désigner les conducteurs d’automobiles par le nom de chauffeurs. Chauffeurs! Chauffeurs de quoi? demande, railleur, notre spirituel collaborateur; et il n’a pas de peine à montrer que cette appellation est absurde, d’autant plus absurde, nous permettrons-nous d’ajouter, qu’elle ment à la seule origine qu’on lui puisse découvrir.
- Effectivement, ce n’est que par extension de son sens habituel, visant celui qui, sur une locomotive, entretient le feu et aide le mécanicien, que le mot chauffeur a pu être appliqué au conducteur d’une automobile. Or, une voiture légère n’a ordinairement pas de chaudière, en tout cas, jamais de chauffeur; seul, le conducteur, le mécanicien, subsiste à son bord; et on va, ô logique! l’affubler du nom que portait le chauffeur disparu !
- D’ailleurs, celui de mécanicien aurait lui-même offert un gros inconvénient : il n’a rien de spécial.
- Mais quel vocable adopter? Le plus naturel serait, croyons-nous, celui d'auto-
- mobiliste; mais il est inélégant et long, sans être pourtant adéquat à son objet, car un homme marchant à pied est au fond un automobiliste.
- M. Baudry de Saunier propose le terme de voituriste, mais si mollement qu'il ne saurait nous en vouloir de ne pas l’adopter. Evidemment, ce mot évoque l'idée de voiture, mais il le fait de si générale façon qu’il pourrait aussi bien s’appliquer à quiconque conduit une voiture.
- Et nous comprenons que ceux de nos collègues qui professent tant de mépris pour le moteur à avoine ne veuillent pas être confondus avec de vulgaires cochers.
- Il faut donc leur trouver un nom qui rappelle et le véhicule et le caractère mécanique de ce dernier.
- La chose assurément n'est pas facile; et on ne peut s'y essayer qu'en réclamant l'indulgence. Veuillez vous rappeler, cher lecteur, que nous sommes, vous et moi, en vacances... Et dites-moi ce que vous penseriez du nom de motovoifuriste.
- Avouez qu'il répondrait bien à ses deux destinations principales, car, incontestablement, il évoque l’idée de la voiture et celle du moteur, qui en est l'âme. Il s’appliquerait aussi également aux trois grandes classes de nos véhicules qu’actionnent la vapeur, le pétrole, l’électricité, agents divers, mais qui tous ont besoin d’un moteur pour transformer leur énergie potentielle en travail de propulsion de la voiture. Et vous ne voyez vraiment pas avec quel autre personnage un motovoituriste pourrait être confondu.
- A mon tour, je vous avouerai que je trouve à ce vocable plus d’un défaut. Il manque d’élégance autant que celui d’automobiliste qu’écarte M. Baudry de Saunier. Il est tout aussi long, pourtant pas beaucoup plus que celui de motocycliste, qui est passé dans le langage courant, mais enfin si long qu’on serait tenté de le raccourcir et de lui substituer celui de moto-
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- ris te ^ qui est parfois employé, notamment par les Belges. La chose serait aimable pour nos voisins.
- Mais à cette contraction le mot perdrait la moitié de son caractère ; il n’évoquerait plus l’idée de voiture; il redeviendrait insipide.
- La question, vous le voyez, est complexe ; mais peut-être manque-t-elle de gravité. Et cette pensée m’aidera à supporter l'insuccès qui, j’en ai peur, attend mon néologisme; il n’aura été, pauvre enfant mort-né, appelé à la vie que pour voir sa place usurpée par un insolent prédécesseur!
- Motovoituristes ou chauffeurs, peu importe !
- Qu’il y en ait beaucoup, et de bons, c’est l’essentiel. Sans compter que le nom de chauffeur est susceptible de prendre, par le seul changement de sa dernière syllabe, un sens bien spécial, que tout le monde comprend. Chauffeur! chauffard! Quel abîme entre ces deux qualificatifs presque identiques !
- Et puis nous n’allons pas verser, —nous qui avons tant d’autres manières de le faire, — dans le travers si cher aux académiciens, et épiloguer sur les mots. Notre jeune activité peut recevoir emploi meilleur. Plus tard, quand nos voitures seront au point et nous laisseront des loisirs, nous nous mettrons à notre dictionnaire !
- Gérard Layerone.
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- LES AUTOMOBILES
- ET LES RÉCOMPENSES INDUSTRIELLES
- Au lendemain de la distribution des récompenses aux fabricants de voitures automobiles exposants de 1900, il nous a paru utile d’attirer l’attention de nos lecteurs sur les prescriptions de la loi du 30 avili 1886.
- Les distinctions conférées par le jury n’ont pas seulement un caractère honorifique, elles sont moins données à l’homme qu’aux produits, et, par là-môme, elles acquièrent nettement un caractère de propriété industrielle. Contrairement aux titres personnels, décorations ou diplômes, les médailles industrielles peuvent devenir un mode de réclame pour leur propriétaire; le commerçant peut en disposer librement, il peut vendre son fonds avec les récom-
- penses y attachées ; c’est même la convention tacite des parties en l’absence de toute stipulation expresse.
- U découle de ces principes que celui qui s’attribue une médaille imaginaire, et le fait est malheureusement très fréquent, commet un véritable vol industriel au préjudice de scs concurrents.
- Avant la promulgation de la loi de 1886, l’usurpation de récompenses ne faisait naître qu’une action civile en dommages-intérêts de la part de tout intéressé contre le délinquant. Le trop grand nombre de décisions de justice en la matière prouve l’insuffisance de la répression. Aussi le législateur a-t-il pensé qu’il convenait de créer un nouveau délit justiciable des tribunaux correctionnels et comportant des peines d’amende et d’emprisonnement, sans préjudice bien entendu de la réparation duc à la partie civile.
- L’article premier spécifie que l’usage des récompenses et diplômes industriels obtenus en France ou à l’étranger « n’est permis qu’à ceux qui les ont obtenus personnellement, et à la maison de commerce en considération de laquelle ils ont été décernés. Celui qui s’en sert doit faire connaître leur date et leur nature, l’exposition ou le concours où ils ont été obtenus et l’objet récompensé ».
- L’article 2 punit l’usurpation de médailles imaginaires d’une amende de 50 à 6000 fr. et d’un emprisonnement de trois mois à deux ans ou de l’une de ces deux peines seulement. L’omission de la date ou de la nature de la récompense n’est punie que d’une amende de 23 à 3000 francs.
- A notre avis, l’indication de la nature de la médaille apposée sur un produit, ou sur un prospectus, doit être complète ; elle doit comprendre, non seulement la qualification : or, argent, bronze, etc., mais le genre : collaborateur, prix collectif, etc. Beaucoup d’exposants négligent d’ajouter cette seconde désignation, surtout pour les grands prix collectifs.
- Les tribunaux peuvent toujours à titre de supplément de peine prononcer la confiscation au profit des parties lésées des objets sur lesquels les fausses indications auront été appliquées ; ils peuvent aussi, ajoute l’article 5, prononcer raffichage et l’insertion des jugements. En fait, ils usent assez rarement de ces facultés,
- Albert Rodanét,
- Avocat à la Cour de Paris, Docteur en droit.
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- ÉCHOS
- Comme nous avons une rédaction très nombreuse et que nous lisons les journaux scientifiques et automobiles du monde entier, nous sommes très bien informés. Nos confrères s’en sont vite aperçus et s’empressent de nous faire de nombreux emprunts. Tant qu’il s’est agi d’échos et de nouvelles et que nos emprunteurs se sont conformés à l’usage qui veut qu’en pareil cas on trouve moyen de glisser quelque part, avec un mot aimable, le nom du journal auquel on emprunte, nous n’avons rien dit, étant toujours très bons camarades lorsqu’on nous rend la pareille. Maintenant certaines publications sont devenues moins scrupuleuses. Elles nous prennent purement et simplement des articles entiers y compris la signature de leurs auteurs, sans se donner la peine d’indiquer que ce sont des extraits textuels de la Locomotion Automobile. Nous sommes donc obligés à partir d’aujourd’hui, de mettre à notre première feuille d’annonces un avis indiquant que la reproduction sans indication de source des articles de la Locomotion Automobile est absolument interdite et que la reproduction de nos clichés est également interdite, à moins d’entente avec nous. Nous sauvegardons ainsi nos droits et nous serions désolés qu’on nous obligeât à les faire respecter.
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- Alors que le Bois est chaque soir plein de mouvement et que les tables de Madrid, d’Arme-nonville et de la Cascade sont envahies par les dîneurs, la villa de T Automobile-Club, — villa que Ton veut décidément tuer, — a fermé ses cuisines.
- Et dire qu’il aurait suffi d’une ou deux fêtes de nuit, de quelques notes communiquées à la presse, et d’une tarification raisonnable des repas pour que cette pauvre villa retrouve son animation d’autrefois.
- On a, du reste, suivant l’usage, complètement oublié de prévenir les membres du Cercle de cette demi-fermeture de la villa.
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- Voici l'état d’avancement actuel du magnifique ouvrage Sites et monuments de la France, édité par le Touring-Club de France.
- On a réuni d’ores et déjà les matériaux des volumes : la Corse (paru), la Côte d’Azur (à l’impression), Autour de Paris et la Provence (à la gravure), l’Auvergne et la Savoie (en préparation), soit en tout six volumes comprenant treize départements. On compte finir d’ici la fin de Tannée l’Armorique (Côtes-du-Nord, Finistère et Morbihan), la Bretagne Orientale et la Maine (Ille-et-Vilaine, Mayenne et Sarthe).
- L’automobile ne pouvait manquer d’apporter à cette grande œuvre son concours le plus empressé, Les propriétaires et constructeurs de voi-
- tures se sont disputé l’honneur de piloter les auteurs du texte et des illustrations dans les régions à décrire.
- C’est ainsi que pour les Alpes-Maritimes on a eu le précieux concours de MM. Gauthier, Gon-doin et Clérissy ; pour les environs de Paris, celui de MM. Ravenez, directeur de la Société Decauville, Duchesne, Archdeacon; pour l’Auvergne, celui de MM. Michelin, Pestel et Gréaud, de l’Automobile-Club d’Auvergne. En ce moment, le photographe du Touring-Club parcourt la Savoie et la Haute-Savoie, véhiculé par M. Louis Mors. M. Abel Ballif a trouvé le même aide pour la Bretagne. M. Peugeot lui a promis le sien pour le Doubs. Avis à tous nos amis de province pour les départements dont la description reste à faire.
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- La si intéressante Revue mensuelle du Tou-ring-Club nous consacre un fort aimable article, plein d’éloges à notre- adresse. Malgré la grande habitude, ça fait toujours plaisir.
- Notre confrère s’exprime ainsi :
- De nouveau, la Locomotion Automobile est en grand progrès. Le critérium de la prospérité et l’on peut dire — l’un est la conséquence de l’autre — de la qualité d’un journal, ce sont les annonces.
- Beaucoup d'annonces signifie fort tirage, par conséquent publication bien faite et intéressante.
- Or, la Locomotion Automobile a doublé ses annonces. Fort bien placées, d’ailleurs, en feuillets intercalaires, elles ne nuisent nullement au texte.
- Signalons dans le n° du 19 juillet un article de M. Baudry de Saunier, intitulé : Chauffeurs; Chauffeurs de quoi? écrit dans la forme incisive et saisissante qui caractérise le style de notre distingué collègue.
- Cela prouvera à l’ami Baudry de Saunier que nous avons raison de trouver ses articles trop rares et que tous nos lecteurs sont de son avis.
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- La confraternité entre journaux sportifs n’est pas un vain mot... en Allemagne.
- Notre aimable confrère de Berlin, le Sanhl Georg, organe officiel de l’Automobile-Club allemand, nous écrit une lettre charmante pour nous féliciter de notre médaille à l’Exposition.
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- Il est fort possible que les fabriques d’accumulateurs électriques soient avant peu rangées dans la catégorie des établissements dangereux, insalubres ou incommodes, sur lesquels s’exerce la surveillance des commissions d’hygiène et de la Préfecture de police ou des préfets. Ce classement serait justifié par l’intoxication saturnine dont sont victimes les ouvriers et ouvrières, occupés à la préparation des pastilles et des mélanges d’oxyde de plomb.
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- Le ballon dirigeable de Santos-Dumont a commencé scs essais en vue du grand prix de
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- 100,000 francs, — le prix Henry Deutsch, — qu’il a l’intention de conquérir du 15 au 30 septembre prochain.
- Les promeneurs du bois de Boulogne peuvent voir en l’air ce ballon de 30 mètres de longueur au-dessus des coteaux de Longchamps, sur la rive gauche de la Seine entre les ponts de Saint-Cloud et de Suresnes. Les membres de l’Aéro-Glub sont admis à visiter tous les jours l’aérodrome Santos-Dumont, où remise le dirigeable de 10 chevaux.
- * *
- Un de nos lecteurs nous prie de demander la création d’agents motocyclistes. Son raisonnement est assez amusant. « On a remarqué, nous écrit-il, que, depuis qu’il y a des agents cyclistes, ces agents sont perpétuellement en contravention. Ils font des vitesses folles, circulent la nuit sans lanterne, n’ont pas de grelot, etc. Il en résulte qu’ils n’osent plus dresser des contraventions aux cyclistes. Il en sera sûrement de même si l’on crée des agents motocyclistes. Ils seront beaucoup plus occupés à violer les règlements qu’à les faire respecter, et nous aurons la tranquillité. »
- * *
- La maison Michelin vient de publier un intéressant petit guide, — appelé guide Michelin, — qu’elle distribue gratuitement et qui pourra rendre service aux chauffeurs.
- Ce petit guide contient, en dehors des renseignements sur l’emploi et la réparation des pneumatiques, la liste des dépôts d’essences, les hôtels, des plans de ville, la liste des mécaniciens, et beaucoup d'autres indications utiles.
- * *
- Nous venons de recevoir la grande routière de France, au 800,000e, éditée par la maison de I)ion-Bouton à Puteaux.
- Cette carte, tirée en quatre couleurs, indique les routes nationales et départementales, les chemins de grande communication et d’intérêt, commun.
- Elle donne les distances en kilomètres des principales localités entre elles et les pentes les plus fortes des principales routes.
- L’Automobile-Club Normand se propose d’instituer un concours de tourisme dans lequel le mérite du voyage sera établi par des facteurs tels que sa durée, la difficulté du parcours, le pittoresque des régions traversées, l’intérêt de l’itinéraire, etc. Une note comprenant l’itinéraire, des renseignements pratiques, des indications précises et utilisables sera remise à la Commission qui déterminera le voyage le plus méritant.
- * *
- L’Automobile-Glub bourguignon semble se réveiller un peu. Son comité vient de louer un
- magnifique local, place Darcy et boulevard Sé-vigné. Une grande réunion aura lieu le mercredi 12 septembre, dans laquelle des questions importantes seront discutées.
- Ce jour-là l’inauguration officielle sera décidée pour le mois de novembre.
- C’est au dévouement de M. Gaston Liégeard, son sympathique président, que l’Automobile-Club bourguignon devra cette belle installation.
- * *
- Le département de l’Ain est en ce moment sillonné par un grand nombre d’automobiles qui se rendent en Suisse ou en Italie. D’autres se dirigent sur les beaux sites de la Savoie ou de l’Isère.
- La route qui conduit en Suisse par Bellegarde est la plus courte. Elle est très pittoresque et ne présente pas de rampes trop dures.
- Celle qui passe par Ambérieu, Culoz n’est pas moins belle.
- Partout, à Nantua, Bellegarde, Ambérieu, Tenay, Saint-Rambert, les chauffeurs trouveront à se ravitailler.
- Nous engageons les chauffeurs, amateurs de tourisme à ne pas négliger cette partie est du département de l’Ain, une les régions les plus historiques de la France.
- M. A. Oulion, notre aimable correspondant de Bourg, vient de parcourir, accompagné de sa femme, sur un quadricycle à moteur de Dion-Bouton sans changement de vitesse, l’Ain, le Rhône, la Saône-et-Loire, la Loire, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire en faisant des étapes de 300 kilomètres par jour.
- Etant donné que les côtes de 20 ou 30 kilomètres de long ne manquent pas sur ce parcours on peut admirer la résistance du petit moteur qui permet de faire sans avaries de semblables voyages.
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- Un de nos abonnés, M. Paul Mahérault, 2, rue de Bretagne, à Laval, nous écrit qu’il vient d’inventer un moteur à pétrole à puissance variable et un changement de vitesse et de marche par simple levier.
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- Signalons l’apparition des Alpes françaises, revue bi-mensuelle qui se propose d’attirer l’attention sur les sites des Alpes si peu connus.
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- Le Sport de Vichy et d'Aix-les-Bains demande que l’on organise à Aix-les-Bains des courses d’automobiles avec grand prix de 10,000 francs.
- * *
- Nous avons annoncé récemment que l’Auto-mobile-Club de Nice avait créé des dépôts d’essence un peu partout à la montagne et que le tunnel de Saint-Jean-la-Rivière était mieux éclairé. Il paraît qu’il n’en est rien si nous en.
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- jugeons par la lettre suivante que publie notre confrère la Côte d’azur sportive :
- Monsieur le Directeur,
- En excursionnant vers les quelques localités de la montagne des Alpes-Maritimes, j’ai cru trouver en général les routes à peu près potables et, chose indispensable, des dépôts d’essence assez bien bien fournis, c’est-à-dire tenant des marques demandées et en divers bidons. J’ai été bien désillusionné en ne trouvant aucun changement sur l’année précédente.
- Ce qui n’est pas identique, c’est l’éclairage du tunnel de Saint-.lean-la-ltivière qui est diminué au lieu d’être augmenté, et qui ne possède maintenant que deux seules lanternes très faibles. De là une difficulté inouïe pour se diriger si on a la malchance de s’y rencontrer avec des voitures ou charrettes non munies de lanternes.
- C’est donc le contraire de l’amélioration promise en tout et pour tout et je le regrette sincèrement, ces routes étant très très fréquentées pendant la saison estivale; je souhaite que ceux à qui cela incombe sachent y remédier dans l’intérêt de tous.
- Itien à vous et amicales salutations.
- Un fervent qui y passe souvent.
- l^ue sont donc devenues les améliorations promises? Espérons qu’on finira par les réaliser.
- M. Ziegler de Loës, le sympathique secrétaire général du Comité des fêtes de Nice, dirige en ce moment, en qualité de capitaine de génie, les travaux de routes militaires entrepris autour du Tournaïret.
- * 4
- Un correspondant du Vélo, qui signe Saint-Enogat, — et dont nous ne dirons pas le vrai nom, — nous apprend que le maire de Saint-Malo impose aux chauffeurs de conduire à la main leurs voitures et voiturettes dans les rues de la ville.
- M. le maire a tort. L’odeur du pétrole ne pourrait que masquer l’odeur sui generis propre à la vieille cité malouine, odeur qui n’est nullement à la louange de sa municipalité rétrograde.
- Le préfet d’Alger vient de prendre un arrêté réglementant la circulation des automobiles dans son département. En voici les principaux passages :
- Le conducteur d’une automobile devra rester constamment maître de sa vitesse. Il ralentira ou arrêtera même le mouvement toutes les fois que le véhicule pourrait être une cause d’accident, de désordre ou de gêne pour la circulation.
- La vitesse devra être ramenée à celle d’un homme au pas, dans les passages étroits ou encombrés. En aucun cas, la vitesse n’excédera celle de 15 kilomètres à l’heure en rase campagne. Une trompe devra signaler l’approche du véhicule.
- Toute automobile portera, de chaque côté, un numéro, celui donné par le constructeur, en blanc sur fond bleu, chiffre de 12 centimètres de hauteur.
- Les courses d’automobiles sont interdites sur voie publique sans autorisation spéciale.
- 4 4
- On télégraphie de Madagascar, à la date du 24 août, que le général Galliéni vient d’arriver à Beforona avec sa suite, sur deux automobiles, par la nouvelle route de Tamatave à Tananarive.
- Il a effectué le trajet de 80 kilomètres en 5 heures.
- On signale le retour à Bruxelles du baron Pierre de Crawhez qui revient d’un voyage de trois semaines passées en majeure partie dans le Luxembourg, les Ardennes françaises, la Normandie et le Pas-de-Calais.
- 4 4
- Le Comité de l’Automobile-Glub de Charleroi organise, pendant la période des manœuvres en terrains variés de l’armée belge, plusieurs excursions dans l’Entre-Sambre et Meuse.
- Le départ aura lieu chaque matin, au grand hôtel Siebertz, 18, quai de Brabant, à partir du jour où les troupes entreront en contact.
- Le Comité invite les membres de l’Automo-bile-Club belge et des clubs affiliés à se joindre aux excursionnistes et prie ceux d’entre eux qui accepteraient l’invitation d’en informer le secrétaire, afin que des instructions spéciales puissent leur être adressées.
- 4- 4
- Signalons aux chauffeurs qui voudraient faire un séjour en Suisse un petit guide cycliste et. automobiliste dont l’auteur est M. Ch. Bastard, président de la commission technique du Tou-ring-Club suisse.
- 7U itinéraires sous un petit volume, et dans la colonne d’observations des notes brèves, mais suffisantes, indiquant : rampes, pentes, points de vues, etc. Prix : 2 francs.
- On commence à voir des automobiles à Lisbonne, nous écrit notre correspondant. M. Manuel Moreira Rato vient de recevoir sa voiture, de construction française. M. Grandella attend la sienne et d’autres Lisbonniens se préparent à suivre leur exemple.
- Encore un pays qui entre dans le mouvement.
- 4 4
- Le jour même où le comte de Waldersée, partant pour la Chine, prenait congé de l’empereur Guillaume, à Cassel, une voiture automobile à quatre places, très élégante, faisait son entrée en ville. C’était la voiture qui sert aux officiers de la garnison de Magdehourg à faire le trajet entre cette ville et le champ d’exercices voisin de Libourg, et qui avait été amenée à Cassel sur la demande expresse de l’empereur.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- POULIES A DIAMÈTRE VARIABLE
- POUR CHANGEMENTS DE VITESSE
- On sait les services que peuvent rendre les poulies à diamètre, et par conséquent à circon-
- férence variable pour les changements de vitesse. En voici une que nous pouvons signaler brièvement, grâce aux excellentes photographies que nous en reproduisons d’après le Motor-car-journnl. 11 s’agit de la poulie extensible Rotten-burg, de Paisley.
- La poulie en question, qui joue le rôle de poulie motrice dans une commande de chan-
- Poulies à diamètre variable.
- gement de vitesse, est munie de rayons qui peuvent s’allonger ou se raccourcir, arrangés de telle façon que l’effort tangent de la courroie de commande tend à faire diminuer le diamètre de la poulie, tandis qu’un ressort intérieur à cette poulie tend, au contraire, à lui faire prendre son plus grand diamètre. La périphérie de la poulie, sa jante, est formée de quatre segments en tôle d’acier mince présentent une courbure convenable, et qui viennent à recouvrement les uns sur les autres. La tension du ressort peut être réglée de telle sorte que la poulie se repliant sur elle-même (si l’on peut employer ce terme) fera un effort maximum déterminé sur la courroie. La poulie commandée est disposée d’une façon analogue à celle de la poulie motrice, mais avec cette différence que, par suite de l’arrangement des rayons, l’effort exercé sur la courroie tendra, au contraire, à faire augmenter le diamètre de cette poulie. On comprend l’effet qui se produira pour chacune des poulies dans la montée d’une côte.
- j
- Ces deux poulies sont dans le rapport de
- 0)0
- On peut pressentir, d’ailleurs, les avantages de cette disposition, si elle fonctionne bien.
- D. R.
- LE MOTEUR STICKNEY
- M. Henry Stickney, de Portland aux Etats-Unis, est en train de soumettre à des essais assez
- complets un moteur à pétrole de son invention qui est disposé sur le même principe qu’un mo-
- teur à vapeur qu’il a mis en service depuis quelque temps, et dont il est satisfait. Comme le montre
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 563
- le dessin que nous en donnons, ce moteur qui est du cycle à deux temps, a la partie inférieure de son cylindre enfermée de telle sorte qu’elle fonctionne comme pompe, de plus les manivelles ne sont pas enfermées. Le résultat ainsi poursuivi est obtenu de la façon la plus curieuse, puisque l’inventeur n’a pas recours à une tète de bielle du type courant. Le manchon CD fonctionne dans une sorte de glissière F qui clôt l’extrémité du cylindre, et se trouve maintenue sur son siège par les pièces EE qui sont ajustées au moyen do vis. D’autre part un collier C qui est maintenu par une vis B empeclie le manchon de suivre le mouvement de la tige du piston dans son mouvement de remontée.
- La combinaison est assez curieuse et nous
- Fig. i.
- échauffements; 3° des ruptures de tige; 4° l’ava-lisation de la garniture qui cesse d’être étanche.
- Cela provient de ce que, dans le presse-étoupe existant actuellement, on s’est surtout préoccupé de faire guider la tige par le presse-étoupe.
- M. Tessier, au contraire, d’après ce que nous apprend la Revue technique, a créé un presse-étoupe guidé par la tige qu’il suit automatiquement dans ses moindres déplacements et a obvié ainsi aux inconvénients que nous avons énumérés ci-dessus.
- Ce presse-étoupe, représenté figures 1 et 2, est basé en principe sur l’utilisation du fluide (vapeur, air, gaz, ou autre) emmagasiné dans le cylindre pour produire l’étanchéité.
- Il se compose d’une boîte mobile G munie d’un collier circulaire à face sphérique reposant par cette face sur une face mobile B, sphérique en sens inverse, et reposant sur une bride A fixée sur le fond du cylindre.
- Il faut qu’il y ait toujours un contact parfait entre la boîte mobile C et la bague mobile B afin qu’il n’y ait pas de fuite do vapeur ou de tout autre fluide sous pression.
- Aussi, M. Tessier a-t-il prévu, pour le cas où la pression à l’intérieur du cylindre serait moindre qu’à l’extérieur, l’emploi de ressorts logés dans la bride A, s’appuyant sur la bride D, visée
- chercherons ultérieurement à réunir des renseignements sur les résultats que pourra donner ce moteur.
- LE PRESSE-ÉTOUPE TESSIER
- Il arrive parfois que, dans les moteurs à vapeur, le montage de la tige du piston dans le presse-étoupe n’est pas parfait, d’où usure et par suite déplacement de l’axe de l’arbre. Il en résulte que les mouvements de va-et-vient de la tige ne sont plus rectilignes. Il se produit des frottements qui occasionnent : 1° une perte de force; 2° des
- Fig. 2.
- sur la boîte C et servant à fixer les prisonniers de serrage du grain de presse-étoupe E.
- Nous avons dit plus haut que contrairement à ce qui a lieu avec le presse-étoupe ordinaire, le presse-étoupe Tessier suit dans tous ses déplacements et oscillations la tige, au lieu de la guider. L’avantage est par lui-même suffisamment éclatant pour qu’il soit utile de l’expliquer, et on comprend sans peine que les échauffements, les ruptures de tige aussi bien que leur usure sont devenus nuis.
- Mais à cela il convient d’ajouter et de faire ressortir cet autre avantage tout aussi appréciable, surtout pour les autos où les boîtes de presse-étoupe absorbent une place énorme et si précieuse, qui consiste à réduire à la fois : la profondeur des boîtes à garnitures d’environ 50 p. 100. et la section des garnitures elle-même d'environ
- 60 p. 100.
- En effet, alors qu’une garniture de boîte ordinaire de moyennes dimensions exige des garnitures d’une section de 35 millimètres, le presse-étoupe oscillant n’en demandera qu’une de 10 millimètres, et pour des boîtes plus’petites 4 et même 3 millimètres suffiront. Cette différence s’explique par la mobilité de la boîte qui, se déplaçant elle-
- (1) Egrot, constructeur à Suresnes.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- même et suivant les oscillations de la tige, permet à la garniture de toujours l’embrasser complètement. L’élasticité résultant de ce fait n’a plus à être cherchée dans la superposition d’un grand nombre de bagues de garniture ayant une grande section.
- Le trou circulaire qui existe dans le fond du cylindre et qui a toujours un diamètre plus grand que celui de la tige du piston, laisse sur tout le pourtour de cette tige un jeu assez important pour permettre la libre circulation et son déplacement.
- Ce presse-étoupe peut s’appliquer facilement, dans tous les cas, à des logements de presse-étoupe existant ; les dimensions de l’appareil sont alors déterminées par celles de la boîte à remplacer. Si au contraire il s’agit d’une application sur une machine en construction, l’appareil supprime la boîte à bourrage ordinaire et le fond du cylindre devient plan comme l’indique la figure 2.
- En résumé : par la description qui précède, on comprend aisément que le presse-étoupe oscillant Tessier olfre bien les nombreux avantages susmentionnés d’une sécurité absolue dans le fonctionnement des machines et, par suite de sa durée illimitée, permet de réaliser d’importantes économies résultant de la suppression des charges d’entretien inhérentes au système de presse-étoupe actuellement en usage.
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- La Yoiturette C. E. MM '
- Les figures 1, 2 et 3 sont des vues en plan et élévation de la voiturette Ilenriod.
- La Compagnie des automobiles Ilenriod a déjà
- Fi<j. /. — La VoilureUe Ilenriod, vue en élévation.
- fait voir avec beaucoup de succès une voiturette à l’Exposition des Tuileries 1899. Depuis, l’inventeur M. C. E. Ilenriod a tellement travaillé, perfectionné et simplifié la voiturette qu’il en a fait un moyen de locomotion pour toutes les intelligences et pour toutes les bourses.
- Nous en donnons ici la description. Le châssis est étudié de façon à pouvoir en faire un fiacre fermé ou ouvert, petite voiture de livraison et toute forme de voiturette.
- Le châssis avec tous les organes est supporté par des ressorts à pincettes, ce qui assure la même souplesse que dans les grandes voitures.
- La figure 1 nous donne une vue en élévation longitudinale. Le siège d’avant se retourne et la direction pouvant se placer indifféremment à l’avant en font un fiacre des plus aisés.
- Lé moteur Ilenriod que nous connaissons déjà
- a 1 cylindre vertical 5 1/2 chevaux sans eau avec attache concentrique du cylindre, ce qui évite toute fausse dilation ; nous ne reviendrons plus sur le refroidissement du moteur Ilenriod qui est connu et a prouvé avec succès.
- Le moteur commande l’essieu tournant g par un arbre longitudinal o avec joints à la cardan q sur lequel se trouve le changement de vitesse c. E et G représentent les essieux auxquels sont fixés les ressorts E et I) qui supportent le châssis A.
- De la direction II s’opère la commande de la voiture, tout y est réussi. I est le levier de changement de vitesse, L pédale d’embrayage et de freinage sur les 2 freins E et sur les freins serrant avant et arrière P.
- (1) M. C, E. Henriod, 17, rue Perronet, à Neuilly,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le changement de vitesse a 3 vitesses et nous l’avons déjà dit dans la description de la marche arrière commandée par le même levier I. voiture Henriod de 25 chevaux, les principes du Les vitesses varient de 10 kil à 45 kil. Comme moteur, du changement de vitesse et du châssis
- Fig. 2. — La Voituretle Henriod, vue en plan.
- sont les mêmes dans les petites et dans les formes et les dimensions, ce qui est un immense grandes voitures qui ne varient que dans les avantage tant au point de vue de la construction
- que parce que cela fournit au conducteur de ces voitures une grande commodité. Il ne se trouve pas en effet dépaysé, comme cela arrive trop souvent, lorsqu’il remplace sa voiture par une autre du même constructeur.
- «— -------------------—
- LA BICYCLETTE « COMPACT »
- Le motocycle dont nous donnons aujourd’hui une photographie sort des ateliers de la maison Perks et Birch, de Coventry, et il va sans doute
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- être lancé sous le nom peu élégant mais assez éloquent de motocycle « Compact ». Au point de vue de la conduite, les dispositions sont fort simples : sur un des côtés de la barre de direction est un levier de frein ordinaire commandant effectivement un puissant frein à lame sur la roue avant (ce qui ne nous plaît guère), à l’opposé et à gauche est un levier semblable qui peut être placé dans trois positions diverses. Dans l’une il ouvre la compression, dans la deuxième il admet la quantité nécessaire de mélange explosif, mais cette dernière position n’est pas étroitement fixée, elle peut être modifiée suivant les exigences du moteur. Dans la dernière position, le levier met le moteur dans une situation telle
- qu’il peut fonctionner comme un frein supplémentaire.
- La machine en elle-même ne présente pas de grandes particularités dans sa construction, mais il en est tout différemment de la roue arrière, qui forme réellement une roue motrice en comportant et le moteur lui-même et le mécanisme de commande : elle est susceptible d’être enlevée d’une bicyclette pour être mise en place sur une autre bicyclette. On comprend que dans ces conditions la disposition de la fourche arrière doit être toute spéciale. Bien entendu des mesures sont prises pour que le moteur conserve constamment sa position verticale. Les joues de la roue sont en aluminium, elles présentent de
- - ... ..........................
- La bicyclette “ Compact
- ouvertures qui agissent comme ventilateur et refroidissent le moteur tout en donnant facile accès jusqu’à lui. Ces deux joues viennent se boulonner sous la jante, mais le démontage s’en fait en un tour de main et l’on peut retirer le moteur. Ce dernier, qui est de construction spéciale, développe deux chevaux, il est muni de frottement à rouleaux, le pignon qui est sur son arbre engrène avec une roue à engrenage, intérieure qui se trouve logée dans un évidement ménagé dans une des joues de la roue motrice. Les renvois sont donc réduits à leur plus simple expression. Le carburateur automatique se trouve fixé sur une console venue de fonte sur l’avant de la boîte des marivelles, l’inflammation est assurée par une petite machine magnéto, qui se trouve disposée de façon analogue. On a naturellement prévu un embrayage de roue libre sur un des côtés de la roue arrière. Le carburateur forme lui-même réservoir de pétrole, il en peut contenir cinq litres, et cela peut suffire pour un prtrcours de 50 milles, à ce qu’on nous dit. La machine serait susceptible de se déplacer à une
- allure de 20 milles en palier et monter des côtes de 1,6 sans le secours des pédales.
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- Le ealeul des batteries ùccmnoles.
- Si l’on désigne par :
- P le poids de la voiture en kilogrammes,
- Iy le poids de la batterie en kilogrammes, n le nombre d’éléments,
- W la consommation spécifique en watts-heures par kilogramme-kilomètre de poids total,
- V la vitesse de la voiture en kilomètres,
- U la différence de potentiel moyenne des éléments, on a comme valeur de la puissance nécessaire au déplacement de la voiture, exprimée en watts
- n = P X V X W.
- En posant
- P =? mP'
- r. — m ly X V X W.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 56T
- L’intensité correspondante est
- mP'.V.M 1— ^
- puisque n — UI.
- En représentant par t le temps en heures que devra durer le parcours, la capacité de la batterie devra être
- _ mF. V. W , U— lT -î
- (U
- Connaissant pour un type donné d’accumulateurs, la capacité spécifique en ampères-heures par kilogramme de poids total : c, on a
- C n C nm P’. Y. W. t C~U ~ P' ~ U. P' n
- nmVW t
- (2)
- formule donnant la capacité qu’il sera nécessaire d’avoir.
- Connaissant celle-ci, on tirera de (2), la distance qu’on pourra couvrir avec une batterie donnée, en palier ;
- rü
- Vf en kilomètres = -----= k
- W. m. n.
- essieu plombé pour participer à la caravane Bruxelles-Spa, caravane qui a eu le succès le plus complet que l’on puisse imaginer, environ deux cents excursionnistes en une centaine de véhicules.
- A la descente de Walirmé, il y a bien eu une collision fortuite entre la Bolide du baron de Caters et une voiturette Duryea; vers YVarzée, la Pipe du constructeur Mulders de Bagenrieux a, il est vrai, dérapé violemment, provoquant un léger froissement du poignet gauche du sympathique vice-président de la Chambre syndicale belge de l’Automobile ; puis encore quelques incidents minimes et une couple d’heures de pluie, Mais cela n’empêche que l’on ait roulé à bonne allure et que l’on ne se soit amusé ferme aux étapes. Aussi certains d’entre nous ne sont-ils parvenus à Spa qu’à 4 h. 1/2 du matin, et ce, sans avoir subi la moindre panne. Ce qui ne nous empêcha pas, à 8 h. 1/2 du matin, dimanche, de nous trouver tous, comme dans la chanson :
- ... gais et contents,
- et le moteur ronronnant avec vaillance, au contrôle de départ, pour l’épreuve des voitures qui se courait en quatre catégories et dont voici les résultats :
- Ou bien encore le rapport m entre le poids de la voiture et celui de la batterie
- cU
- m = v-T r-vr-----
- V f. W. n.
- M. Loppé, dans Y Electricien, prenant pour valeur de U 85 volts et pour consommation spécifique par tonne kilomètre 85 watts-heure, arrive à la formule
- c
- 0,001 nm. V t. 85
- ““ g5
- 0,001 nm Y t
- Si n = 44 éléments
- C = 0,001 m V'h —
- 44
- puisque k = Y t.
- A. Delasalle.
- -------
- COURSES
- Le meeting de Spa.
- (De notre correspondant particulier.)
- Le Meeting de Spa, organisé en la coquette cité ardennaise par l’Automobile-Club de Belgique, est l’une des manifestations automobiles les plus importantes de la saison 1900.
- Samedi dernier, dès huit heures du matin, la Place Royale de Bruxelles ôtait encombrée de véhicules de tout genre. Depuis les puissantes Bolide, aux vitesses vertigineuses, jusqu’à la modeste motocyclette au cheval un quart, toutes les espèces de la locomotion nouvelle se trouvaient représentées, et c’était à qui aurait eu son
- Catégorie A. Voilures de plus de 400 kilos et de moins dé 8 chevaux. — 1. Grégoire, sur Germain 6 çhx. en 5 h. 45 m. 53 s. 3/5; 2. Francotte, sur Duryea
- 5 chx, en 6 h. 32 m. 50 s. 1/5; 3. Mulders, sur Pipe
- 6 chx, en 7 h. 21 m. 59 s. 3/5; h. Rivière, sur Peugeot
- 7 chx, en 7 h. 2k m. 43 3. 2/5.
- Catégorie B. Voitures de plus de 400 kilos et de moins de !2 chevaux. — 1. Roland, sur Gobron-Brillié de 8 chx, en 4 h. 25 m. 12 s. 1/5; 2. Léon Dernier, sur Gobron-Brillié d6 8 chx, en 5 h. 6 m. 28 s. 2/5; 3. Comte Saléta-Ricord, sur Dietric-h de 9 elix, en 5 h. 35 m. 47 s. 1/5.
- Catégorie C. Moins de 15 chevaux. — L Paul De-xvtmdre, sur Germain 12 chx, eh 4 h. 54 m< 52 8. 4/5.
- Catégorie D. A partir de 15 chevaux. — 1. HllgUet, sur Peugeot de 20 chx, en 4 h. 42 m. 1 s. 4/5.
- Do nombreuses abstentions se sont produites dans les catégories C et D par suite de légers accidents.
- Quant aux vitesses, elles ne paraîtront pas des plus fortes. Mais il est à remarquer que les 185 kilomètres de l’itinéraire des voitures constituent une véritable course de côtes et que la pluie de ces jours derniers avait rendu les routes, qui sont presque toutes empierrées, des plus boueuses, donc des plus glissantes au premier chef. Dans ces conditions, nous estimons que les moyennes des vainqueurs sont très satisfaisantes, à savoir pour M. Boland du 41,855; pour M. Hu-guet du 39,357 ; pour M. Dewandre, du 37,642; et pour M. Grégoire, du 32,091.
- Une foule select et nombreuse n’a cessé de la journée à s’intéresser aux péripéties de la première épreuve du Meeting. Le soir, chauffeurs et chauffeuses, ou pour mieux dire : motoristes de tout sexe, assistaient à la fête de la Presse qui se donnait au parc de Spa.
- La deuxième journée a été tout aussi brillante comme résultats sportifs, vu l’état des routes qui
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- étaient encore plus mauvaises que la veille, par suite de la pluie qui est tombée abondamment durant la majeure partie de la course.
- Les voiturettes, divisées en deux catégories, avaient 105 kilomètres à couvrir. En voici les résultats :
- Catégorie A. Moins de 400 kilos et moins de 4 chevaux. — 1. Albert Madoux, sur Mathys 3 3/4 chx, en
- 4 h. 3 m. 46 s. 3/5; 2. Van Marck, sur F. N. d’Herstal 3 1/2 chx, en 4 h. 23 m. 44 s. 4/5; 3. Vervier, sur Vi-vinus 3 chx, en 4 h. 25 m. 2 s. 3/5; 4. Linon, sur Linon 3 chx, en 4 h. 43 m. 40 s. 1/5.
- Catégorie B, moins de 400 kil et plus de 4 chx. — 1. Lucien Hautvast, sur Vivinus 6 chx, en 3 h. 20 m. 17 s.; 2. Orban-Viot, sur Durgea 5 chx, en 3 h. 23 m. 52 s.; 3. Herman sur Vivinus 6 chx, en 3 h. 47 ni. 24 s. 4/5.
- MM. Albert Madoux et Lucien Hautvast ont donc réussi à faire respectivement une moyenne, le premier de 25 kil 835, le second de 31 kil 455.
- Quant à l’épreuve pour tricycles, divisée également en deux catégories, nous en rendrons compte dans notre prochain courrier.
- F. P.
- X
- La course de côte du Semmering.
- Article premier. — L’ascension du Semme-ring organisée par l’Autornobile-Glub d’Autriche se fera le samedi 8 septembre 1900, par la route Schottwien-Semmering.
- Art. 2. — L’ascension est soumise au règlement des courses de l’Automobile-Club d’Autriche et le chronométrage est fait d’après le temps de l’Europe centrale.
- Art. 3. — La course est répétée suivant les
- 5 catégories ci-après :
- l1'6 catégorie : motocycles.
- 2e catégorie : voitures de touriste d’un poids dépassant 400 kilos, occupées par quatre personnes pesant ensemble 200 kilos. Deux personnes peuvent être remplacées par un poids correspondant de sacs plombés-
- 3e catégorie : électromobiles.
- 4° — : voiturettes à deux personnes ;
- 5° — : motocycles avec avant-train, l’avant-train occupé par une personne ayant au moins seize ans.
- Art. 4. — Route : la chaussée de Schottwien sur le Semmering.
- Parcours : 10 kilomètres.
- Répart : au kilomètre 79 à Schottwien.
- Tous les véhicules devront se trouver réunis une demi-heure avant le départ, le samedi 8 septembre 1900, au restaurant Müllner’s, à Schottwien.
- Toute voiture qui ne se trouvera pas au lieu du départ en temps déterminé ou qui ne démarrera pas au signal donné par le Starter, sera considérée comme étant partie à l’heure fixée, même si son départ a lieu ultérieurement.
- Les concurrents de chaque catégorie partiront isolément à des intervalles de 2 minutes.
- Une pause de 5 minutes séparera le commencement des courses de deux catégories successives.
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- Jm Greiss\
- Les diverses catégories seront appelées dans l’ordre 1, 2, 3, 4, 5. Les véhicules de chacune d’elles sont pourvus d’une note qui donne le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- jour, l’heure, la minute et la seconde de leur entrée.
- Moment du départ : 11 1/2 h. du matin.
- But : la borne kilométrique 89 sur le Semme-ring, voisine de l’hôtel Erzherzog Johann.
- Art. 5. — Les prix consistent pour toutes les catégories en un premier prix d’honneur, une médaille d’argent pour le second et une médaille de bronze pour le troisième.
- Pour le record du temps, qui égalera celui qui a été atteint au moins en 1899, est institué un prix de voyage. Le vainqueur aura à le disputer chaque fois au cours de trois années successives dans une catégorie déterminée librement par lui.
- Le prix ne deviendra la propriété du concurrent en question que s’il a fourni le meilleur temps dans les épreuves des trois années pour l’ascension du Semmering.
- Le prix de voyage, aussi longtemps que court la période d’épreuve, est conservé dans le local de l’Automobile-Club d’Autriche avec le nom du concurrent vainqueur qui le dispute.
- Art. 6. — Les inscriptions sont reçues au secrétariat général de l’Automobile-Cluh autrichien, à Vienne, I, Kærtnerring, 10. La liste en sera close le 4 septembre, à 9 heures du soir.
- Les demandes d’inscriptions imprimées sont délivrées par le secrétariat.
- Toute inscription transmise par voie télégraphique doit être confirmée par lettre recommandée au plus tard le jour de la clôture de la liste (art. 2 du règlement des courses).
- Au moment des inscriptions sont payées les taxes d’entrée :
- JT O catégorie : : 10 couronnes
- 2e — 20 —
- 3e f.o — 20 —
- 1 5° J U — 10 —
- Chaque catégorie réunira au moins trois inscriptions pour que la course qui la concerne ait lieu.
- Art. 7. — Le placement s’effectuera d’après le temps nécessaire pour le voyage.
- Art. 8. — Tous les véhicules, à l’exception des motocycles, devront être pourvus d’une chambrière fonctionnant bien.
- Art. 9. —• Lettres et envois d'argent devront être adressés au secrétariat général de l'Automo-hile-Club d’Autriche, Vienne, I, Kærtnerring, 10.
- Pour VAutomobile-Club autrichien :
- Comte Potting.
- Pour le Comité des courses :
- Th. Harmsen.
- Le Secrétaire général :
- Karl Fasbenden.
- X
- La fête de Vincennes.
- Jeudi dernier, 23 août, ou a donné à \ in-cennes une réunion de sport pur et sport gai. Le sport gai était d’ailleurs la note dominante.
- Le programme avait été arrêté ainsi :
- 1° Défilé de voitures, voiturettes, motocycles, bicyclettes et fauteuils roulants fleuris.
- Au 1er des voitures, voiturettes, fauteuils roulants, un objet d’art.
- Au 1er des motocycles, un objet d’art.
- Au 1er des motocyclettes, ou bicyclettes, un objet d’art.
- 2° Motocycles. — Course à l’aiguille (500 mètres). Faire un demi-tour de piste, enfiler une aiguille et repartir. Prix : 50, 30, 20 francs.
- 3° Voiturettes. — Course en arrière (200 mètres), en ligne droite. Faire 200 mètres marche en arrière. Par séries de deux. Prix : 100, 50, 30, 20 francs.
- 4° Motocycles. — Course de vitesse sur deux tours du lac (4 400 mètres). Prix : 200, 75, 25 fr.
- 5° G-rand défilé de tous les concurrents du Handicap-Omnium, un tour de piste dans l’ordre suivant : ânes, fauteuils roulants, patins-bicyclette, coureurs à pied, motocyclettes, voiturettes, bicyclettes, motocycles.
- 6° Les huit séries du grand Handicap-omnium sur 250 mètres, départ arrêté. Chacun des modes de locomotion court sa série en ligne. Le vainqueur est qualifié pour le handicap final. Au huit seconds noms qualifiés : 10 francs.
- 7° Course aux mannequins, pour les trois premiers de la course à l’aiguille.
- 8° Finale du grand handicap-omnium. Les handicaps étaient établis selon le temps fait dans les séries. Distance : 250 mètres.'Huit prix aux partants : 120, 90, 80, 70, 60, 40, 30, 20 francs.
- Le défilé fleuri a été mené par l’automobile de M. Amédée Bollée père, la « Mancelle », la vieille voiture à vapeur qui obtint le prix, médaille d’argent, à l’Exposition de 1878. Cette ancêtre fait presque du 30 à l’heure. Citons quelques jolies voitures, entre autres la Victoria électrique de M. Demény, la Victoria fleurie de M. Longuemare, quelques voiturettes.
- Assez originale la course à l’aiguille pour motocycles. Quatre concurrents partent. On leur remet à chacun une aiguille et du fil. Il faut revenir avec son aiguille enfilée. Naturellement, il faut s’arrêter en route et le moteur ne veut plus repartir.
- Les trois prix sont ainsi répartis : Fossier, 50 fr; Laborde, 80 fr; Denesle, 20 fr.
- Pour la course de vitesse des motocycles, il y avait huit partants. Deux séries sur un tour du lac, la finale sur deux tours.
- lro série (2264 m) : 1. Béconnais, en 2 m. 1 s.;
- 2. Fossier.
- 2e série (2264 m) : 1. Rigal, 2. Marcellin. T. 2 m. H s.
- La finale (4528 m) donne comme classement :
- I. Béconnais, en 3 m. 43 s. 1/5, 2. Fossier,
- 3. Marcellin.
- La course en arrière pour voiturettes a donné les résultats suivants, dans les séries :
- 1° Marcellin bat WTard; 2° Ricard bat Schmitt; 3° Oury bat Wrard; 4° Marcellin bat Ricard (disqualifié); 5° Oury bat Marcellin.
- Les prix s’établissent ainsi :
- Oury, 100 fr; Marcellin, 50 fr; Wrard, 30 fr; Ricard, 20 fr.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Voici enfin les résultats des voiturettes :
- 1. Schmitt; 2. Oury ; 3, Ricard. T. 31 s. 2/5. Vitesse moyenne : 30 à l’heure.
- Les motocycles ont donné :
- 1. Laborde, en 21 s. 3/5 ; 2. Béconnais, 3. Denesle, 4. Le Bon. Vitesse moyenne : 45 à l’heure.
- On a eu enfin, pour les motocyclettes :
- ]. Lesaint; 2. Quitte. N. P. : Bonnard, Jules et Bernard. T. 28 s. Vitesse moyenne : 33 à l’heure.
- X
- Dernièrement s’est courue à Bradfort aux Etats-Unis la première course ou plutôt le premier ensemble de courses sur routes qui ait jamais eu lieu sur le territoire de l’Union. Les épreuves ont été fort gênées par la pluie, mais enfin il y a eu notamment deux courses réussies de tandems à pétrole sur une distance de 5 milles, qui a été couverte en 9 minutes 10 secondes 4/5, puis en 8 minutes 31 secondes, ensuite deux courses de voitures mécaniques à quatre roues et sur cette même distance. Le temps minimum a été de 10 minutes 37 secondes.
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- Exposition onMIe de 1900
- Le Congrès international du pétrole.
- Le premier Congrès international du pétrole s’est ouvert le 46 août par une brillante réception à l’Hôtel Continental.
- Le Comité de réception, constitué à Paris par M. Henry Neuburger, est composé de : MM. Le-sueur, ingénieur, ancien sénateur. — Lippmann, ancien président de la Société des ingénieurs civils de France. — Henri Deustch (de la Meur-the), ingénieur. — Bebré (N. C.), conseiller du Commerce extérieur. — Paul Lanoe, ingénieur.
- — M. Braun, représentant de la Société des naphtes de Bakou. — A. Marichal, ingénieur de la Société Worthington. — Louis, C. Sands, de la Oil Well Supply Company. — Jules Fribourg, ingénieur-chimiste. — Henri Noalhat, ingénieur.
- — A. Wilzin, directeur de la Compagnie E. W, Bliss. — Paul Dvorkovitz, ingénieur-chimiste, directeur de la Petroleum Review. — N. Coucou, ingénieur, commissaire spécial de la Roumanie à l’Exposition universelle de 1900. — Hébert, ingénieur, directeur en France de la Société de sondage Raky. — Henry Neuburger, ingénieur. — Paul Weiss, ingénieur des mines.
- — Samson, ingénieur.
- Voici la liste des mémoires présentés à eet intéressant Congrès :
- 1) . Opportunité d’établir un relevé des profondeurs des sources par rapport an niveau de la mer.
- 2) . Origine du pétrole, par le professeur Engler, de l’Université de Carlsruhe.
- 3) . Géologie du pétrole, par le professeur H. Hœffer, de l’Université de Leoben.
- 4). Variations dans le caractère des huiles brutes de Pensylvanie et de l’Ohio et ses causes, par le docteur David, T. Day, chef de la division des ressources minérales au Geological Survey des Etats-Unis.
- 5.) Examen des pétroles américains, par le professeur Mabery, de Cleveland (Ohio).
- 6) . Champs de pétrole transcaspiens; classification des produits du pétrole et méthodes principales de recherche du pétrole, par M. Charitschkoff, de Crosny.
- 7) . Pétroles russes, par le professeur Markovnikoff.
- 8) . Hydrocarbures solides des résidus de pétrole, par le professeur Zaloziecki, de Lemberg.
- 9) . Différentes méthodes de sondage à grandes profondeurs, par M. Albert Fauck, de Vienne.
- 10) . Industrie du pétrole au Canada, par M. Noble, d’Ontario.
- 11) . Préparation des huiles de graissage par voie de concentration, par M. Berg, d’Alsace.
- 12) . Pétroles de Roumanie, par M. Coucou. Contribution à l’étude des pétroles de Roumanie, par M. C. Alimanestianu, directeur de l’industrie et du commerce, et le docteur L. Edeleano, chimiste du ministère.
- 13) . Pétroles de Bornéo, par Paul Dvorkovitz.
- 14) . Chimie des pétroles du Japon, par le professeur S. Takano, de Tokio.
- 15) . Quelques mots sur ma mission en Algérie, par Henry Neuburger, ingénieur.
- 16) . Opportunité de l’introduction d’une méthode-étalon pour l’examen du pétrole et de ses produits, aux points de vue technique et commercial, par M. Boverton Redwood.
- 17) . Le moteur à pétrole dans la navigation aérienne, par M. Henry Deutsch (de la Meurthe).
- 18) . Emploi du pétrole avec la lignite, comme combustible, en Roumanie, par M. Sorge, ingénieur des sondages de la maison Nobel.
- 19) . Utilisation des produits du pétrole pour la conservation du bois, par M. A. Adiassevich.
- 20) . Types divers de bateaux-citernes à vapeur, servant au transport de l’huile en masse et meilleurs moyens de ventilation de ces bateaux, par sir For-tesc-ue Flannery, membre du Parlement anglais.
- Ces travaux ont, pour la plupart, un haut caractère scientifique.
- Le concours de poids légers.
- Les concours donnés à Vincennes à l’occasion de l’Exposition se continueront, du 17 au 22 septembre, par un concours de voitures de livraison de poids légers auquel seront admis tous les véhicules automobiles pouvant transporter au moins 100 kilogs de marchandises.
- Le concours portera sur le prix de revient, la maniabilité, la fréquence du ravitaillement, l’importance et la facilité des réparations.
- Les engagements sont reçus jusqu’au 15 septembre à midi.
- Les prix consistent en objets d’art et médailles. Pour tous renseignements s’adresser à l’Auto-mobile-Club de France, 6, place de la Concorde, Paris.
- &
- Un journal du matin a annoncé que le ministère du commerce et le commissariat général s’étaient mis d’accord pour proroger la date de
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- fermeture de l’Exposition, primitivement fixée au 5 novembre, à la fin du mois de novembre.
- La nouvelle est inexacte, au moins pour le moment. En effet, la date de la fermeture de l’Exposition a été fixée par une loi; une autre loi serait nécessaire pour en décider la prolongation.
- La maison Daniel Augé et C,ie, 92, rue des Arts, à Levallois, a obtenu un beau succès à l’Exposition, où elle avait envoyé plusieurs moteurs « Cyclope ». Le jury lui a décerné une médaille d’argent en môme temps qu’il lui attribuait une médaille de bronze de collaborateur pour son contre-maître.
- Ce résultat, obtenu par une maison qui n’a guère plus de deux ans d’existence, est assez llatteur.
- Nous venons de recevoir, présentée sous la forme d’une élégante petite plaquette, une invitation aux fêtes automobiles, exposition, courses, etc., qui auront lieu à Brescia du 6 au 10 septembre et dont nous avons déjà parlé, le comité de ces fêtes se trouve à Brescia Crocera di Santa Lucia. *
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Dans un de leurs ouvrages, les docteurs Mul-lender et Kubel insistent avec raison sur l’influence que les automobiles et leur usage de plus en plus considérable peuvent avoir sur les routes. Il est certain qu’une voiture mécanique use bien moins la surface du chemin qu’une voiture traînée par un cheval dont les sabots défoncent constamment le macadam. A un autre point de vue, il est évident qu’un ensemble de voitures automobiles tient bien moins de place que le même nombre de véhicules à chevaux, en même temps que leur direction est bien plus sûre et que, par suite, les encombrements sont moins à craindre. Continuant leur examen des avantages de l’automobile en général, ils montrent combien il y aurait avantage à remplacer par des automobiles une bonne partie des tramways que l’on a multipliés un peu au hasard et dont les rails gênent tant la circulation ordinaire.
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- On préparait, depuis quelque temps, la constitution d’un service d’automobiles entre Cardiff et la ville voisine de Whitchureh, qui n’est desservie que par une station de chemin de fer assez lointaine; mais le Conseil municipal de Cardiff s’oppose à l’établissement du service en question sur son territoire, sous prétexte qu’une partie de la route à suivre serait peu sûre, et que les automobiles contribueraient encore à la défoncer.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Dans un excellent article de Henry Defert, la Revue mensuelle du Touring Club de France définit les limites légales dans lesquelles les maires peuvent réglementer la circulation des automobiles dans leurs communes.
- "Voici les conclusions de, ce remarquable travail :
- Droit des maires de réduire la vitesse des automobiles, d’interdire même leur passage sur certaines voies déterminées soit temporairement, soit d’une manière permanente; mais excès de pouvoirs de leur part, s’ils vont au delà, s’il leur prend fantaisie de fermer aux voitures à moteurs mécaniques l’accès de toutes les voies situées dans le périmètre de la voirie urbaine ou, plus exactement, de l’agglomération.
- Quand il y a excès de pouvoirs, la marche à suivre est toute tracée : c’est le recours contentieux devant le Conseil d’Etat. Il y a bien le recours au supérieur hiérarchique ; mais il est souvent illusoire, et mieux vaut commencer par où il faut presque toujours finir.
- Quand il n’y a pas excès de pouvoirs, quand les maires ne font qu’user de leur droit, il peut arriver, il arrive même souvent, qu’ils en font un mauvais usage, un usage abusif et non justifié. Dans ce cas, leurs arrêtés ne sont pas tout à fait sans appel.
- Comme ils n’agissent que sous la surveillance et le contrôle de l’autorité supérieure, les intéressés peuvent s’adresser à cette autorité, préfet et ministre de l’intérieur, pour signaler les abus dont ils se plaignent, et obtenir, si possible, l’annulation d’arrêtés entachés d’une rigueur inutile.
- Signalons un article d’un vieux rédacteur du Figaro, M. de Saint-Albin, qui maudit l’automobile, comme il le fait tous les ans en termes presque identiques. Cette rengaine est datée de Deauville :
- Les automobiles sont légion. Jamais on n’en avait tant vu, jamais on n’avait été plus aveuglé, plus enfumé par des nuages de poussière parfumés au pétrole. Autrefois, ils se contentaient d’écraser des chiens et des poules ; l’une de ces voitures meurtrières a écrasé un enfant, ces jours derniers, à Cabourg. Il ne serait que temps, je crois, de ralentir le zèle et la vitesse des conducteurs de ces locomotives déraillées.
- Le Figaro rédaction.
- devrait bien rajeunir un peu sa
- -Srî»4K-
- La Revue du Cercle militaire publie, sous le titre de : Traction mécanique et transjiorts militaires, une série d’intéressants articles signés : Commandant F.
- Voici la conclusion d’un de ces articles, paru dans le n° du 25 août :
- Il semble que les opérations de la mobilisation pourraient être sensiblement modifiées par la réquisition des automobiles. Chacun de ceux-ci devrait, en effet, venir avec son chauffeur; à l’inverse du cheval, c’est un élément qui vient tout seul, et déjà sont supprimées les légions d’hommes et de gradés chargés de la conduite des chevaux requis, en même temps que les transports par voie ferrée de ces constructeurs et de leurs cadres.
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- Eu outre, dans les régions voisines des frontières, les convois d’automobiles, franchissant 70 à 80 kilomètres par jour (et même 100, car les routes sont peu chargées), pourraient arriver à temps; ils libéreraient les voies ferrées et faciliteraient ainsi la concentration des corps d’armée de l’intérieur. Ce serait, évidemment, une transformation radicale.
- Le journal le Sport Italiano se plaint avec raison, tout comme nous et comme d’autres publications, que l’on ne parvienne point à donner aux automobiles une forme plus gracieuse et qu’on persiste à en faire des voitures « sans chevaux » qui semblent avoir perdu le noble animal qui devait normalement les tirer. Il faudrait évidemment ne pas craindre d’accuser la présence d’un moteur au lieu de chercher à le masquer.
- Notre confrère Berlin Automobile vient de publier la reproduction d’une vieille gravure qui représente un omnibus à vapeur fait en 1800 à Birmingham par W. H. James. Il pesait 2 tonnes et pouvait développer une puissance de 15 à 20 chevaux. Il comportait deux vitesses respectivement de 8 et de 12 milles et il pouvait porter 6 voyageurs d’intérieur et 12 d’extérieur.
- TRIBUNAUX
- Le tribunal de tirasse vient de condamner à quinze jours de prison une Italienne qui avait imaginé de prétendre qu’elle avait été « écrasée » par un motocycliste, M. Aimé Deville, après avoir fait, du reste, tout son possible pour se faire heurter par lui.
- M. Deville, sachant bien qu’il n’avait pas écrasé cette femme, qu’il l’avait, au contraire, évitée, au risque de se tuer lui-même, envoya un médecin auprès de la prétendue blessée, qui avait pris le lit et prétendait non seulement avoir diverses contusions, mais ressentir de violentes douleurs internes qui la faisaient atrocement souffrir et l’empêchaient d’absorber aucun aliment.
- L’homme de l’art, constata que la prétendue victime ne portait aucune blessure et qu’elle jouait une misérable comédie en paraissant ne même pas pouvoir ingurgiter un verre d’eau.
- Pour établir la supercherie, on usa d’un ingénieux stratagème. On lui donna une garde-malade et on la mit à la diète. Cette surveillance ne plut qu’à demi à la malade imaginaire qui, le lendemain, ayant réussi à éloigner la garde-malade, s’empressa d’aller se préparer un plat énorme de pommes de terre. Elle s’apprêtait à dévorer le plat..., lorsque la garde-malade, qui l’avait épiée, revint, et avec elle le médecin, le maire et un gendarme de l’endroit.
- Affolée, la prétendue victime avoua qu’elle n’avait, pas, en effet, été touchée par le moto-
- cycle, mais qu’elle espérait que M. Deville qui, peu de temps auparavant, pour un léger accident, avait payé 700 francs d’indemnité, lui donnerait les 200 francs qui lui étaient nécessaires pour rentrer en Italie !
- Les quinze jours de prison l'empêcheront de recommencer et feront réfléchir ceux qui seraient tentés de choisir la carrière d’écrasé fictif.
- BOITE AUX LETTRES
- Monsieur le Rédacteur,
- Dans le numéro de la Locomotion Automobile paru le 23 août, vous donnez la liste des récompenses obtenues par les exposants de la classe 30.
- Pour faciliter la lecture de cette liste, vous avez classé les récompenses par catégories : Cycles, Automobiles, Industries annexes, classement qui n’avait pas été fait sur la liste officielle.
- L’intention était fort louable, mais ce classement peut être préjudiciable à divers constructeurs.
- Certaines maisons construisent en effet à la fois des cycles et des automobiles ou des cycles et des accessoires, et la récompense qu’elles ont obtenue leur a été décernée pour l’ensemble de leur fabrication, et n’a pas été attribuée à telle partie plutôt qu’à telle autre.
- C’est ainsi que la Compagnie générale des cycles et automobiles Rochet-Petit, a obtenu la médaille d’or pour l’ensemble de sa fabrication : cycles, motocycles et automobiles « Hochet ».
- Votre liste laisserait au contraire supposer, en la classant aux cycles, qu’elle a eu seulement la médaille d’or pour les cycles Rochet.
- Nous vous serions fort obligés, s’il vous était possible, de faire une rectification dans votre prochain numéro.
- A cette occasion, nous vous rappellerons que les motocycles et automobiles Rochet ont déjà obtenu dans les concours internationaux de Vin-cennes diverses récompenses parmi lesquelles un premier prix. La médaille d’or leur était donc bien due.
- Veuillez agréer, etc.
- Compagnie générale des cycles et automobiles, Anciens établissements Rochet-Petit.
- J. Haiîert.
- Nous recevons une lettre analogue de MM. Jacob Lohner et Gic, les constructeurs viennois bien connus, à propos de leur médaille d’or. Cette lettre nous arrive trop tard pour pouvoir être insérée dans ce numéro, nous la publierons la semaine prochaine.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 36.
- Le Numéro ; 30 centimes
- 6 Septembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS FARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, k9, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N° 36.
- L'iiistoire de la voiture électrique, A. Delasalle. — Un vœu du Conseil général de la Seine-Inférieure, Albert Rodanel. — Echos. — Les fiacres électriques de Washington. — L’allumage Boudexille. — Appareil à gonfler les pneus. — La bicyclette à pétrole « Republie ». — Un brevet de Daimler. — La direction Heath. — L’unification des filetages. — La construction des moteurs à pétrole, G. Paillet. — Les courses. — Le meeting de Spa, F. R. — Le meeting d’Ostende. — La course Berlin-Aachen. — Exposition. — Automobiles sur routes. — A travers la presse. — Boite aux lettres. — Tribunaux. — Courrier industriel. — Bibliographie.
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- L’histoire 4e la voiture Oleotripe.
- L’histoire de la voiture électrique, bien que plus récente que celle de la voiture à pétrole, est moins connue du public. La raison en est que les ouvrages sur l’automobile à pétrole sont déjà très nombreux et se trouvent dans toutes les mains. Bau-dry de Saunier et Gérard Lavergne ont appris à l’univers entier l’iiistoire du moteur à essence. Les livres sur l’automobile électrique sont, au contraire, en bien plus petit nombre.
- C’est en 1834 qu’un Américain, Thomas Davenpoort, appliqua à la traction la réversibilité des machines magnéto-électriques en visant spécialement les voitures sur rails. Après les essais du bateau de Jacobi sur la Néva, de Davidson, en 1838, et d’autres chercheurs qui ne visaient tous que les chemins de fer il faut, laissant de côté, comme purement anecdotiques, les essais de Trouvé en 1881 et de Ayrton en 1882, arriver en 1887 pour découvrir la trace de la première automobile électrique ayant réellement fonctionné sur route.
- C’est à un Anglais, Magnus Volk, déjà connu par ses essais de chemin de fer électrique (1883), que revient ce mérite. Sa voiture était constituée par un truck à
- trois roues, avec caisse de dog-cart à quatre places, actionné par un moteur donnant 50 kilogrammètres au maximum et empruntant son courant à une petite batterie de six accumulateurs.
- En 1888, la maison Immisch construisit une voiture d’un poids total de 1000 kilogr., pouvant marcher à une vitesse moyenne de 12 kilomètres à l’heure. L’énergie était fournie par des accumulateurs.
- En 1891, H. de Graffigny, trouvant que l’emploi des accumulateurs augmentait outre mesure le poids mort du véhicule, eut l’idée de se servir de piles primaires sur un tricycle à deux roues motrices montées sur caoutchoucs pleins. Il employait une batterie de 24 piles zinc-char-bon plongeant dans une solution sulfurique d’acide chromique. Le poids de la batterie était de 32 kilogr. pour une puissance de 350 watts pendant deux heures et demie, ou une énergie de 875 watts-heure, soit 26 kilogr. par cheval-heure. Le prix de revient du cheval-heure était de 8 fr. soit 0 fr. 48 par kilomètre.
- Le même inventeur continua ses essais sur une voiture à quatre roues mue par un moteur Trouvé dont le mouvement était transmis aux roues motrices par chaînes. Les piles étaient des Bunsen à siphonage. Le prix de revient indiqué pour le cheval-heure était de 2 francs.
- Vinrent ensuite le tricycle de Blanche où l’on employait des accumulateurs plomb-zinc, puis les essais de Sarcia et Moussette.
- Les premiers résultats satisfaisants ont été obtenus en 1893 par Pouchain avec un phaélon à six places. Le moteur Rccli-niewski était excité en série et avait une puissance de 3500 watts environ à 1650 tours par minute avec un rendement de 84 pour 100 à pleine charge.
- Transmission par engrenage sur un arbre intermédiaire et par chaîne entre cet arbre et le différentiel.
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- La batterie d'accumulateurs était composée de 54 éléments à trois plaques (une positive Fulmcn et deux négatives Dujardin), à électrolyte immobilisé par addition de silicate de soude à l'acide sulfurique. La capacité totale était de 70 ampères-heure en 5 heures. On faisait varier la vitesse en couplant les quatre groupes de la batterie en parallèle, en tension, ou en quantité par deux en tension. C’est la voiture Pouchain qui fit usage la première du freinage électrique par mise cil court-circuit de l'induit. La voiture pesait 1270 kilogs dont 500 kilogs pour la batterie et 4-10 kilogs pour le moteur.
- La môme année, la Société du travail électrique des métaux faisait aussi des essais, et l’Amérique mettait en service le fiacre Cummings.
- C’est en 1894 qu’on passe à la période pratique, par la course du Petit Journal à laquelle devait prendre part le tricycle Carli, qui resta en douane; puis, en 1895, vient Paris-Bordeaux, à laquelle prend part la voiture Jeantaud. Ensuite, c’est, en Amérique, la course du Times Herald où sont engagées les voitures Sturgis, Morris et Salom. Dans Paris-Bordeaux, Jeantaud couvrait 000 kilomètres en changeant plusieurs fois de batterie, et Jeantaud peut être considéré comme le véritable père de la voiture électrique en France.
- Dans la course du Times Herakl, la voiture Morris et Salom était munie d’un moteur Lundell, et la voiture Sturgis supprimait le différentiel en employant deux moteurs.
- A partir de ce moment, la voiture électrique avait passé la période des débuts, et l’histoire contemporaine commençait pour elle.
- A. Delà salle.
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- UN VŒU
- DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SEINE-INFÉRIEURE
- Au cours de la dernière session d’août des conseils généraux, le Conseil général du département de la Seine-Inférieure a émis un vœu qui ferait l’objet d’une loi aussi utile que juste et d'un grand intérêt pour les conducteurs de voitures automobiles* Il a demandé que les agents des
- chemins de fer condamnés par les tribunaux correctionnels à la peine d’emprisonnement ne fussent pas assimilés, pour l’application de cette peine, aux condamnés de droit commun. Il paraît vraisemblable que si le Parlement était saisi d’un projet de loi en ce sens, il étendrait le bénéfice de cette disposition à tous les auteurs de blessures par imprudence.
- Autant la condamnation à de forts dommages-intérêts nous semble équitable, n'étant pour la victime que la réparation du préjudice causé, autant les peines d’amende et surtout d’emprisonnement nous paraissent excessives à l’égard des délinquants. L’article 319 du Code pénal punit l’auteur d’un homicide par imprudence d'une amende de 50 fr. à 600 fr. et d’un emprisonnement de trois mois à deux ans. C’est assimiler l'imprudent ou le maladroit à un voleur de droit commun. L’auteur d’un abus de confiance n’est puni, en effet, que d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende variable selon le dommage. Celte disposition de l’article 319 n’est-elle pas excessive? N'y aurait-il pas lieu de la modifier dans un sens plus modéré ? Il est vrai que les juges peuvent user des circonstances atténuantes pour n'infliger qu'une simple amende, et ils le font souvent avec bienveillance ; mais une telle loi n’est-ctle pas par elle-même d'une portée exagérée?
- S’il est impossible, dans l’état actuel des esprits, d’abaisser la pénalité des articles 319 et. 320, il nous semble au moins juste que le condamné pour imprudence ne soit pas soumis au même régime d’emprisonnement que le délinquant ordinaire, et nous nous rallions pleinement au votu du Conseil général de la Seine-Inférieure. On pourrait, soit établir un quartier spécial dans les prisons, avec un régime très distinct, soit assimiler les imprudents aux anciens condamnés pour dettes, soit procéder de toute autre manière et, en tout cas, ne faire aucune inscription du jugement au casier judiciaire.
- Ces modifications à la loi nous sembleraient heureuses; elles tendraient à faire de l’action pénale pour blessures par imprudence un mode de répression plus voisin de la simple action civile, qui devrait toujours suffire quand il n’y a ni mauvaise foi ni intention criminelle de la part du prévenu.
- Albert Rodanet,
- Docteur en droit, Avocat à la Cour de Paris.
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- ÉCHOS
- Notre ministre des travaux publics, M. Pierre Baudin, est maintenant un fervent de l’automobile. Il excursioune, avec son tri de Dion-Bouton, dans les environs de Paris, et a même ramassé, l’autre jour, une superbe bûche.
- * ¥
- Le shah de Perse vient de choisir un mécanicien eu chef pour les nombreuses automobiles qu’il aura achetées pendant son voyage en Europe.
- Traitement : 6000 francs par an, tous frais payés.
- * •¥
- Notre confrère, VAvenir de l'automobile et du cycle, ouvre une souscription pour offrir un objet d’art au comte de Dion et au petit père Bouton, en reconnaissance des services qu’ils ont rendu à l’automobile.
- Nous apprenons avec plaisir le complet rétablissement de MI,1C Charles Bos, femme du sympathique député de la Seine, qui fut. blessée à la jambe, à la Croix de Noailles, à la suite d’un accident survenu dans la course Paris-Roubaix.
- * 4
- Une lettre publiée par le Matin et signée : « Un groupe de gardiens de la paix cyclistes » cherche à expliquer pourquoi ces bons agents circulent sans lanterne, au mépris des règlements. C’est, parait-il, pour mieux
- ... Protéger le repos des villes,
- Clou ri r sus aux mauvais garçons,
- comme on le chantait dans Geneviève de Brabant. S’ils avaient des lanternes ils né pourraient pas, disent-ils, lorsqu’un paisible bourgeois est victime d’une attaque nocturne, « surgi]-, revolver au poing, appréhender les malfaiteurs, etc. »
- Très joli, mais si cela pourrait excuser les agents cyclistes de circuler la nuit sans lanterne dans les quartiers déserts, en supposant qu’ils y circulent, cela n’explique nullement pourquoi ils violent les règlements à neuf heures du soir, aux Champs-Elysées ou sur les boulevards.
- * *
- Oit fait depuis quelque temps, entre Vincenncs et le Champ-de-Mars, des essais d’automobile pour le transport des pigeons voyageurs.
- Ces essais sont faits pour le ministère de la guerre.
- * •¥•
- Le Vélo nous apprend que l’habitant de Cabourg i{ui s’était rendu célèbre par l’invention de la
- machine à tuer les chauffeurs se serait converti à l’automobile et aurait pris part à un défilé d’automobiles fleuries.
- Pourvu qu’il n’aille pas maintenant essayer sur lui-même sa fameuse machine.
- * * '
- On va donner au village de Corneville, que l’opérette guettait et a rendu célèbre, une superbe collection de cloches.
- Le jour de l’inauguration des cloches de Corneville, des places d’honneur seront réservées aux chauffeurs qui viendront en auto assister à cette fête de famille.,
- * *
- L’Automobile-Glub lorrain, siège social, place Stanislas, 12, Nancy, nous prie de faire savoir qu’il organise actuellement sa bibliothèque et accepterait avec plaisir les dons que voudront bien lui faire les auteurs d’ouvrages traitant de l’automobilisme et du tourisme, ainsi que les guides, cartes, plans, et, en général, tout ce qui a trait au sport automobile.
- * *
- Nous avons annoncé la mort de Miue Didon, mère de notre excellent correspondant de Péri-gueux. Disons aujourd’hui que Mrae Didon fut une des premières femmes qui pratiquèrent l’automobile.
- Au lendemain de l’article de Giffard dans le Petit Journal concernant la voiturette Bollée, c’est-à-dire en 1895, elle fut au Mans et acheta à Léon Bollée une de ses premières voiturettes. C’est donc elle qui, la première, introduisit l’automobile en Périgord, et cela en 1895. Elle conduisait très bien elle-même, mais, hélas! depuis dix-huit mois, la cruelle maladie qui Ta emportée lui interdisait ce mode de locomotion qu’elle aimait passionnément, t , ,,
- * *
- Il est question d’installer un automobilodrome — ou un motodrome, si l’on préfère ce dernier vocable, — à Salon, sur 10 kilomètres de la nouvelle route de la Grau.
- Aux deux extrémités de ces 10 kilomètres de route, on prend un vaste carré de terrain sur lequel on construit des virages assez élevés pour y virer en vitesse, virages qui appartiendront à l’Aulomobile-Club de Salon et seront propriété privée.
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- La première automobile est arrivée le 31 août a Tananarive, au grand étonnement des indigènes.
- Le trajet de Moramanga à Tananarive, soit 108 kilomètres, a été exécuté sans incident.
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- Notre confrère italien la Gazetla delio Sport signale la grande augmentation du nombre dés
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- chauffeurs à Turin et dans la région, et cite une foule de noms qui montrent que tous les mondes commencent à s’adonner, en Italie, à l'automobile.
- Le gouvernement italien vient, d’après le Sport Italiano, d’acheter, sans doute pour des usages militaires, un certain nombre de tracteurs automobiles susceptibles de porter une charge de 4 tonnes tout en remorquant une voiture de 8 tonnes.
- * *
- Un journal technique espagnol fort sérieux estime qu’il faudrait un minimum de 4,500 automobiles pour suffire à tous les besoins dans la la capitale de la péninsule.
- •¥ *
- La députation provinciale du Guipuzcoa vient de mettre la dernière main à un nouveau règlement sur la circulation des automobiles. La vitesse des voitures mécaniques ne devra point excéder 20 kilomètres, les voitures auront des freins puissants qui soient à môme de toujours arrêter leur marche, aux traversées d’autres routes on devra marcher à l’allure d’un homme au pas. Enfin le chauffeur aura à sa disposition des signaux d’avertissement dont il fera usage aux traversées des rues et dans tous les cas où cela sera utile pour avertir les gens.
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- Le gouvernement portugais vient de fixer par un décret les droits de douane à appliquer dorénavant aux voitures automobiles.
- Les voitures complètes paieront 120 000 reis (600 fr), les châssis sans la carrosserie 70 000 reis (350 fr.).
- Ces droits sont de beaucoup inférieurs a ceux exigés précédemment.
- Il n'est pas parlé des motocycles.
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- Guillaume II chauffeur.
- L’automobile que l’empereur d’Allemagne s’était commandé à Stuttgard il y a quelque temps a fait son entrée au nouveau palais de Potsdâm, d’après ce qu’annonce Y Automobile belge. Le véhicule a été livré par la « Berliner Morgenpost ». Il est de construction plus que moderne et doit, d’après ses fabricants, donner une vitesse de 95 kilomètres à l’heure en terrain plat. Le prix en est de 30,000 francs.
- Le moteur est à essence. L’ensemble de la .voiture est très élégant. Quatre personnes peuvent y trouver aisément place.
- L’autre jour, le Kaiser est allé chercher en auto son oncle le prince de Galles à la gare de "Wilhemshohe.
- La marine allemande vient d’emporter une voilure automobile pour l’expédition de Chine,
- afin de transporter un matériel complet de télégraphie sans fil ; ce matériel est, du reste, en double, mais le second équipage est installé dans un fourgon ordinaire traîné par des chevaux, parce que les constructeurs n’ont pas eu le temps de fabriquer une seconde automobile militaire. Le moteur de l’auto est à pétrole, de 6 chevaux, type Maricnfclder, et non seulement il est chargé de mouvoir la voiture, mais encore de commander la dynamo qui fournira l’électricité nécessaire à la télégraphie sans fil. C’est un nouveau pas, et des plus importants, dans la voie de l’automobile militaire.
- •k
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- Carbnrinc Uesellschafl. Sous ce titre s’est formée à Berlin une société au capital de 625,000 francs, ayant pour objet l’application d’une essence désignée sous le nom de « carbu-rine » à la production de la lumière et de la force motrice. Le nouveau produit s’annonce comme un succédané avantageux de l’essence de pétrole pour automobile.
- + *
- En connexité avec l’exposition générale allemande d’hygiène et de sauvetage qui se tiendra du 8 au 30 septembre 1900 à Breslau, sont projetés une série de concours spéciaux, entre autres un concours international d’automobiles. S’adresser pour les détails particuliers au Comité .de patronage de l’Exposition.
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- Avec la coopération de la Motorwagen Gesells-chaft de Berlin, l’administration de l’hôtel de Rome de cette ville organise, à l’usage des visiteurs étrangers, des excursions automobiles dans la banlieue et des visites aux principaux monuments de la capitale. Plus de 70 personnes ont pris part à la première excursion, emportées par 13 automobiles de toutes catégories, breaks d’une capacité de 5 à 10 personnes, phaétons, victorias, élégants véhicules électriques, Victoria et omnibus mus électriquement. La durée du voyage fut de
- 3 heures 1/2 et la taxe perçue par personne de
- 4 fr. 15.
- -¥• *
- Notre confrère Schmal, du N eue Wiener Tag-blall, venu de Vienne à Paris en automobile par la route, est reparti par le même chemin.
- Et dire que l’Automobile-Club a reculé devant l’organisation de la course Paris-Vienne.
- * *
- L’union des conducteurs d’automobiles autrichiens recommande auprès des propriétaires de voitures, des mécaniciens éprouvés ayant des connaissances à la fois théoriques et pratiques. Dans l’intérêt d’une prompte satisfaction à donner aux demandes, toutes les lettres doivent être
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- adressées au secrétaire J. Trexlar à Vienne, Schrœttergasse, n° 3.
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- L'Association anglaise bien connue sous le nom de « Motor Trades Association », vient de sonder les différents constructeurs d’automobiles pour leur demander s’ils seraient d’avis d’organiser une exposition spéciale à leur industrie, et la majorité s’est prononcée contre cette idée estimant sans doute qu’elle n’a pas besoin de fournir à des concurrents ce moyen de se faire connaître du public.
- Le prince de Galles est tellement satisfait de l’automobile qu’il possède depuis peu et dont nous avons parlé, qu’il vient de commander deux autres voitures. L’une d’elles aura 12 chevaux et 8 places et sera employée à transporter une partie du personnel des chasses à tir du prince.
- Le Conseil du comté de Surrey vient de voter un règlement que tous les chauffeurs, en même temps que tous les gens de bon sens, ne pourront qu’approuver pleinement. On devra condamner à une amende de 40 shillings toute personne plaçant volontairement sur un chemin des morceaux de verre on d’autres substances coupantes fatales aux pneumatiques.
- Nos aimables confrères le Horseless Age et le Motor-Car Journal reproduisent en grande partie l’article que Gaston Sencier a dernièrement consacré dans nos colonnes à la voiture-autrichienne de course sortie des ateliers de la fabrique de Nesselsdorf.
- Les deux grands journaux anglais discutent et approuvent les idées formulées par Gaston Sencier à ce sujet.
- *
- 4 4
- Pendant la réunion que va tenir tout prochainement l’Association britannique à Bradford, il y aura au moins deux communications sur l’automobile. Dans l’une, M. Aldrige étudiera la question de l’emploi des automobiles électriques pour les transports urbains; d’autre part, le professeur Hele Sliaw exposera les données qu’il aura pu recueillir sur la résistance des routes au roulement et demandera sans doute la nomination d’une commission pour étudier de plus près la question.
- 4 4
- Des entrepreneurs entreprenants viennent de créer des services de chars à bancs automobiles pour organiser des promenades dans tous les environs d’Eastbourne, en Angleterre, et leurs efforts semblent couronnés de succès. Us ne demandent que des prix fort raisonnables pour louer leurs voitures à des sociétés de promeneurs,
- ou bien pour prendre des voyageurs isolés qu’ils conduisent suivant des parcours déterminés d’avance.
- La police anglaise commence à apprécier les services que l’automobile peut rendre. L’autre jour, de l’autre côté du détroit, M. Goodwin se promenait dans son automobile, quand il vit passer à toute vitesse un cavalier qui semblait peu maître de sa monture : presque aussitôt un policemen se précipita vers lui et lui demanda de vouloir bien poursuivre à toute allure le coursier fougueux, pour lui permettre de le rejoindre et de l’arrêter. Le chauffeur hésita une minute, se défiant d’une contravention, mais enfin il se rendit au désir qu’on lui exprimait, et au bout d’une course folle de 1 mille, chauffeurs et policemen rejoignaient le cheval et son cavalier et réussissaient à les arrêter.
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- Il faut croire que les casquettes automobiles et, en général, les coiffures ne donnant pas de prise au vent ont du bon en matière d’automobilisme. En effet, le maire de Pompton, dans le New Jersey, vient de subir un grave accident d’automobile, qui est dû simplement à ce qu’il portait un chapeau mou à larges hords, et que les bords du dit chapeau, en se rabattant partiellement sur ses yeux, lui ont caché la route et masqué un obstacle inattendu.
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- M. Adams, de Webster, aux États-Unis, annonce triomphalement qu’il vient de faire pour ses affaires, et pendant une durée de cinq semaines, un parcours total de plus de 1,800 milles sur un motocycle, et que cela ne lui a pas coûté 15 dollars. Il est convaincu que de la sorte, tout en prenant une bien plus grande liberté de mouvements, il a économisé assurément au moins 100 dollars, sur ce que lui auraient coûté ses déplacements par chemin de fer.
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- Un M. Sadler vient, paraît-il, d’inventer une barre de direction antivibratrice pour voiturettes légères et motocycles. La barre est réunie à la tige verticale par l'intermédiaire de ressorts destinés à absorber tous les chocs.
- Gela ne doit pas être trop mauvais pour se casser la figure.
- A •
- LTn des lecteurs de Y Autocar lui écrit qu’il a emporté avec lui un motocycle dans le centre de l’Afrique à Blantyre, et qu’il s’en trouve très bien. Il a emporté un approvisionnement de pétrole, et la volatisation s’en fait d’autant mieux que l’on est sous un climat fort chaud. Les nègres appellent sa machine un « steamer qui va sur terre ».
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- Les fiacres eiectripes Se Washington.
- Le mot fiacre n’est pas tout à fait exact, ce sont des voitures de remise. Cette création était
- tout indiquée dans cette belle ville aux magnifiques avenues. Elle est due à la Electric Vehicle Transportation Company. La station centrale des voitures, de leur remisage, de leur chargement est au Panorama Brulling, et, par une de ces idées originales familières aux Amé-
- Le.s fiacres électriques île W'as/iiuq/uu.
- ricains, le public peut entrer dans la station, surveiller le chargement des accumulateurs, leur manipulation, etc. Les conducteurs sont, du
- reste, surveillés de très près et soumis à une inspection bi-quotidienne.
- Les véhicules de la Compagnie sont un peu
- Les fiacres électriques île Washiui/tou.
- de toutes les formes pour répondre aux besoins L’ALLUMAGE BOUDEVILLE
- divers du public, y compris l’équivalent du cabriolet à deux places qui fit jadis fortune à Paris. Ces voitures semblent fort appréciées du public.
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- Dans ce système d’allumage électrique breveté par M. Poudeville, à .A.net (Eure-et-Loir), le courant est forme par une petite machine ma-
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- gnéto logée dans le volant A du moteur. La magnéto a ses deux inducteurs constitués par deux aimants demi-circulaires B: L’induit est formé par les deux bobines G.
- L’allumage proprement dit se produit sans bougie, l’étincelle jaillissant entre la lame mo-
- bile E et le contact fixe E', à côté de la lumière d’aspiration. La lame E et son contact E' sont ainsi constamment refroidis par l’aspiration.
- Une porte I permet de visiter facilement les contacts.
- Notons, en passant, la façon dont s’opère le
- L’a/ltmuif/e lioudeville.
- refroidissement du cylindre dans le moteur Bou-deville. Le cylindre porte des ablettes disposées suivant une hélice et entourées d’une enveloppe. Le refroidissement est effectué par circulation de l’air entrant dans le carter ou en sortant, par l’ouverture I', suivant que le mouvement du piston comprime ou raréfie l’air dans ce carter.
- APPAREIL A GONFLER LES PNEUS
- Tl s’agit d’un appareil automatique qui évite le travail qu’entraîne le gonflement des pneumatiques de voitures automobiles, et qui est lancé par la Bishop and Babcock Company de Üleve-land. Ainsi que le montre l’illustration ci-jointe, il se présente simplement extérieurement sous l’apparonce d’une petite armoire de bois. La pression que l’on va employer au remplissage du bandage est fournie par de l’acide carbonique liquide emmagasiné à haute pression dans un réservoir en acier. En sortant de celui-ci le gaz passe dans un régulateur qui le ramène à la pression voulue, et de là il se rend au pneumatique par une tubulure ou un tuyau.
- Nous n’avons naturellement pas besoin d’insister sur le fonctionnement ni sur les dispositions secondaires de cet appareil, qui peut évidemment rendre de sérieux services, le tout serait de savoir si la présence de l’acide carbonique dans les bandages ne peut avoir de mauvais effets. En fous cas on pourrait aisément employer indirectement la pression de l’acidé
- carbonique à agir sur une petite pompe à air, qui a son tour comprimerait directement de l’air
- dans le pneumatique": il y a là quelque chose qui mériterait: d’ètre étudié de très près.
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- La bicyclette à pétrole « Republie ».
- Cette bicyclette sort des ateliers de MM. Laurin et Elément, de Jungbunzlau, en Bohème. Comme
- on le voit au premier coup d’œil en examinant le dessin ci-joint, son cadre est d’un type tout particulier, étudié pour permettre de placer plus aisément les diverses parties du mécanisme. Le moteur est monté dans l’intérieur du cadre, tout à fait vers l’avant et immédiatement au-dessus
- La bicycle!le à pétrole “ Répvblic
- du carburateur. Quant au réservoir à pétrole, on le voit en 2, dans le bas et à barrière du cadre, dont il épouse la forme pour être moins gênant. Si l’on examine le moteur et la roue arrière on verra facilement que la force motrice est transmise de l’un à l’autre par le moyen d’une courroie de cuir qui passe sur une couronne solidaire de la roue arrière, une poulie folle permet de pédaler en cas d’avarie au moteur. Le moteur est à refroidissement d’air, il est à inflammation électrique, et se fait pour 1 cheval 1,4 ou 1 cheval 3 1/4. Un frein à lame puissant est disposé sur le
- moyeu avant, il paraît que cette machine peut donner une vitesse de 35 milles en route horizontale.
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- UN BREVET DE DAIMLER
- Un de nos lecteurs nous demande des renseignements sur le mode de chauffage et de ventilation des automobiles breveté par Daimler. Yoici
- ce mode de refroidissement tel qu’il est décrit dans le brevet anglais portant le n° 9026 et puis par l’inventeur en 1899.
- A l’avant de la voiture est placé un réservoir d’eau d, traversé par une série de tubes d’air e horizontaux communiquant avec l’atmosphère par leur extrémité antérieure.
- Ce réservoir d’eau sert au refroidissement des cylindres du moteur à pétrole.
- Un ventilateur n, actionné par le moteur à pétrole, aspire l’air par les tubes e. Cet. air s’échauffe, tout en refroidissant l’eau et le refoulement du ventilateur, s’effectuant par la tuyauterie h envoie cet air dans la voiture où l’on peut s’en servir pour le chauffage et la ventilation.
- Bien entendu, l’été, ce chauffage est facultatif,
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- LA DIRECTION 1IE VIT! ”
- Ce nouveau mécanisme de direction est disposé de telle sorte que, pendant les virages, l’essieu directeur tourne sur un point qui se trouve plus rapproché de la roue intérieure que de la roue extérieure, ledit essieu se redressant ensuite de lui-même dès que le conducteur abandonne le guidon.
- La caisse I de la voiture repose sur un ressort 2, dont la base est boulonnée sur une traverse 5. L’essieu directeur 6 possède deux arcs de cercle ou secteurs en acier 7, qui font corps avec lui et dont les centres se trouvent être sur les points occupés par les boulons 9. Ges derniers sont fixés sur des oreilles 10 appartenant à la traverse 5, et
- pénètrent dans des coulisses 8, qui sont pratiquées dans les secteurs 7.
- Sur les oreilles 10 de la traverse 5 (qui fait corps avec la caisse du véhicule) sont articulés les bras des deux genouillères 11. Ces dernières, articulées également sur le point de rencontre des deux secteurs 7, peuvent fléchir seulement vers l’intérieur, et elles sont reliées par des bielles 13 à des leviers coudés 12, munis chacun d’une fourche 14.
- D’autre part, sur la base du guidon 15, est goupillé un levier horizontal 17, dont l’extrémité se relève sous la forme d’un doigt 18 qui se trouve ainsi logé entre les coudes des deux leviers 12. Lorsque le guidon est déplacé dans une direction, le levier 17 et le doigt 18 poussent un des leviers coudés 12 en faisant fléchir la genouillère attachée à ce même levier, tandis que l’autre genouillère reste droite (voir le tracé
- La direction Heafh.
- ponctué, fig. 2). Le fléchissement d’une des genouillères permet au secteur 7 qui se trouve de son côté, de tourner sur le boulon t) du côté opposé, pris comme point de centre, ce boulon remplissant ainsi l’oflice de cheville ouvrière.
- Il est à remarquer que, dès que le levier 17 commence à agir sur l’un des leviers coudés 12, il s’engage dans la fourche 11 dudit levier, ce qui permet au conducteur de ramener tous les organes à leur place au moyen de son guidon, dès qu’il veut reprendre la ligne droite.
- D’ailleurs, il n’est pas indispensable de ramener le guidon à sa position normale ; il suffit de l’abandonner à lui-même aussitôt après le virage, la résistance du sol obligeant alors la roue extérieure à revenir d’elle-mème se remettre en ligne.
- (1) MM. Marillier et Robelet, brevets d’invention, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
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- L'UNIFICATION DES FILETAGES
- Il y a bien longtemps que l'on se plaint, en automobile, de la difficulté qu’on éprouve à remplacer un écrou ou un boulon sans s’adresser au constructeur qui l’a fourni.
- On apprendra donc avec plaisir que le système des filetages proposé par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale et adopté par la marine française et la presque totalité des compagnies de chemins de fer vient, nous dit le Journal des inventeurs, d’être sanctionné en bloc, sauf une très légère modification par le congrès international de mécanique réuni à Zurich le mois dernier.
- La Société d’encouragement avait cru, pour simplifier les choses, devoir n’accepter que des pas exprimés par millimètres ou demi-millimètres. Mais un grand nombre de mécaniciens ayant désiré le fractionnement en quart de millimètres, afin d’obtenir une progression mieux ménagée dans les vis de faible diamètre, le
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- m
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- système définitivement recommandé par le congrès se résume dans le tableau suivant :
- Diamètres T’as Diamètres Pas
- en mm. en mm. en mm. en mm.
- 6 et 7 1.— 36 et 39 k
- 8 et 9 1.23 42 et 43 /|.5
- 10 et U J .50 48 et 32 5
- 12 1.73 38 et 60 5.5
- 14 et te 2 64 et 68 0
- 18, 20 et 22 2.3 72 et 76 6.5
- 24 et 27 00 et 33 3 3.3 80 7
- La forme du filet est celle d’un triangle équi-
- latéral avec une troncature de 1/8. Le fond du
- filet est arrondi au gré du constructeur , mais le
- jeu ne doit pas cafure. dépasser la moitié de la tron-
- Les pas sont strictement limités à ce u x du
- tableau.
- Pour les diamètres, on recommande de ne s’en écarter qu’en cas de besoin et d’adopter toujours le pas correspondant au diamètre immédiatement inférieur.
- Grâce à cette décision, les diamètres très usités de 25, 35, 40 et 45 mm pourront être conservés avec les pas de 3, 3,5, 4 et 5 mm.
- L’Association des mécaniciens allemands ayant renoncé à son système en faveur de celui de la Société d’encouragement, ce dernier est actuellement le seul, parmi ceux qui reposent sur les unités métriques, qui ait reçu une sanction officielle.
- On peut donc espérer voir son emploi se généraliser, et on ne saurait trop féliciter le vaillant comité de la Société d’encouragement d’avoir réalisé une réforme depuis longtemps réclamée comme l’une des plus importantes.
- La Construction des moteurs à pétrole.
- Le développement rapide de l'automobilisme et la faveur dont il jouit dans le public auront eu cet avantage, indépendamment du grand mouvement d’affaires qu’ils occasionnent, de permettre des études comparatives fructueuses entre les différents types de moteurs à pétrole.
- Il y a quelques mois, une ou deux maisons à peine, après plusieurs années d’essais, arrivaient à construire le moteur à pétrole d’automobiles. Eblouis par leur succès, les imitateurs ne, tardèrent pas à surgir, plagiant à qui mieux mieux et transformant empiriquement le premier moteur, issu lui-même presque complètement de l’empirisme. On pouvait aller loin ainsi, et, de fait, on pourrait citer cinquante ou soixante marques de moteurs légers, épliémèrees d’ailleurs, sans trouver une amélioration vraiment rationnelle dans la construction.
- Au point de vue du rendement, de la puissance spécifique, de la régularitrnde fonctionnement, le progrès étail nul. C’était un lieu commun que le
- moteur à pétrole n’avait pas de théorie. Combien de fois n’avons-nous pas entendu déclarer d’un ton d’oracle par des constructeurs que la chance avait favorisés : « Quand on construit un moteur à pétrole, jamais on n'est sûr d’obtenir un résultat; il faut opérer à tâtons, ne rien attendre que de la pratique. Il semble que les règles et les lois de la physique soient rendues inapplicables par la grande vitesse à laquelle tournent les moteurs à pétrole d’automobiles! »
- La vérité, c’est que si un constructeur un peu hardi s’avisait d’un perfectionnement suggéré par le raisonnement, la plupart du temps il obtenait un résultat contraire, à son attente, pour ne s’être point aperçu qu’une loi physique, qu’il ignorait, ou qu’une condition importante qu’il jugeait négligeable, étaient en contradiction absolue avec les moyens qu’il employait. Et c’en était fait de ses illusions ; la théorie avait un ennemi de plus.
- Ce que nous voudrions montrer ici et faire comprendre à beaucoup de petits constructeurs qui s’épuisent à marcher à l’aveuglette, c’est qu’on peut faire un bon; un excellent moteur à pétrole, sans puiser dans les formes ou les dimensions de la maison X ou la maison Y: qu’en raisonnant sérieusement, en conciliant les exigences de la construction avec les conditions absolument inéluctables des lois mécaniques, on obtiendra une machine qui sera supérieure, à telle ou telle marque en renom parce qu’elle tiendra sa valeur de son principe même, et non de l’assemblage heureux de certaines dispositions empiriques qui perdront toutes leurs vertus si, par exemple, on en change les cotés.
- Pour cela, il nous faut étudier chaque partie du moteur en détail, et comme presque tous les défauts des moteurs actuels proviennent de la culasse, c’est par elle que nous commencerons.
- G. Paillet.
- Ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- (A suivre.)
- COURSES
- Le meeting de Spa.
- De notre correspondant particulier.)
- Le réel et grand succès du Meeting de Spa n’a cessé de s’affirmer durant les derniers jours de son programme. Cependant l’épreuve pour tricycles, qui devait comprendre1 deux catégories, professionnels et amateurs, et se courir le mardi 27 août sur 185 kilomètres, l’itinéraire, de la course pour voitures Spa-Bastogne-Spa, a été transformée, par le Comité, sportif de l’Aufomo-hile-Club de Belgique en course ouverte1, sur 82 kilomètres, ]>ar suite de la pluie ele la veille.
- Le baron Pierre de Crawliez a couvert la distance1 en 1 b. 59 m. 9 s. 4/5; 2° Deprez-Joassart,
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- en 3 h. 27 m. 34 s. 1/3; 3e Dratz, en 3 h. 40 m.
- Le lendemain, mercredi 28 août, le soleil, ce moteur indispensable de toutes les réunions de plein air, se mit enfin de la fête et permit aux concours d’adresse de se dérouler au "Vélodrome de Spa devant une assemblée des plus nombreuses et des plus select, qui ne cessa ds témoigner un vif intérêt aux péripéties des épreuves, toujours élégantes en leurs évolutions rapides et souples, mais aussi, parfois, joyeuses.
- MM. le baron Pierre de Crawliez, Roland, Prancotte, Rivière, Orban-Yiot et lluguet se sont classés dans l’ordre pour la catégorie des voitures.
- MM. Francotte, Van Marck, Vasseur, Orban, comte do Liedekerke, ont été les vainqueurs de celle pour voiturettes.
- Après quoi, le baron P. de Crawhez a couvert le kilomètre, à inotocycle, à raison de 54 à l'heure, et M. Vasseur, en voiturette, à raison de 37 1/2.
- MM. Oscar Grégoire donnait les départs, le comte de Villegas chronométrait les temps, et Ruys-Orban jugeait les épreuves.
- Ht comme l’on était tout heureux du bienfaisant retour du soleil, les Acébistes décidèrent d’un commun accord d’avancer le banquet de vingt-quatre heures, et l’on dîna joyeusement le soir même, ne se séparant qu’aux premières lueurs de l’aurore qui, dit-on, a les doigts roses et non d’un motoriste. Et le jeudi 30 août, à 11 h. 1/2 du matin, eut lieu, au Casino de Spa, la distribution des prix.
- L’Automobile-Club de Belgique ayant décidé d’allouer le prix spécial offert par sir David Sa-lomons au vainqueur de la catégorie III des voitures qui avait réuni le plus de participants, M. Grégoire, l’heureux favorisé, décida immédiatement de remettre ce prix à la disposition de l’A. C. B., pour que celui-ci en fasse usage à l’occasion d’un prochain concours qu’organisera la grande association belge.
- Puis on déjeuna et l’on s’éparpilla par les riantes routes ardennaises, qui vers Liège, qui vers Bruxelles, mais très peu... vers Ostende. Se produire sur des motodromes ne parait'guère être du goût de nos motoristes, aussi, samedi, jour primitivement fixé pour les courses, avons-nous rencontré fort peu des nôtres à Ostende. Les fortes allocations des épreuves n’avaient guère alléché que les professionnels du sport automobile. Amateurs et constructeurs s’étaient, pour la plupart, abstenus. Un malaise régnait, du reste, sur cet embryon de meeting d’Ostende, soutenu ici par le fondateur ou par les fondateurs du Moto-Club de Belgique.
- La pluie tombant drue, les organisateurs décidèrent, vers midi, d’ajourner les courses à lundi, ce qui mécontenta tout le monde et provoqua, de la part des motoristes inscrits pour les courses, de vives réclamations. MM. Armand Pieper et Huguet demandèrent même, vis-à-vis de nous, aux membres du Comité sportif de l’A. C. B. présents en cette ville, la disqualification du motodrome d’Ostende.
- F. P.
- Nos lecteurs ont pu remarquer avec étonnement qu’une des voitures ayant pris part au meeting de Spa s’appelle la voiture « Pipe » et se sont sans doute demandé la raison de cette dénomination bizarre.
- La voiture s’appelle ainsi tout simplement -parce que la culasse de son moteur a très sensiblement la forme d’une pipe.
- Voilà l’explication.
- X
- Le meeting d’Ostende.
- [De noire correspondant particulier.)
- Le meeting d’Ostende a débuté, dimanche dernier, par l’exposition des voitures, voiturettes et motocycles au Kursaal.
- Les courses avaient été remises, à cause du mauvais temps, au lendemain lundi, ce qui a provoqué de nombreuses protestations.
- Voici les résultats :
- Voiturettes belles au-dessous de 500 kilos, 5 tours, 13,500 mètres. — 1. Martiny, on 23 m. 30 s.; 2. Vasseur; 3. de Reukelaer; l\. Peschanl.
- Motocycles, 8 tours, 21 kilomètres 600. — 1. Marcellin, en 21 m. 8 s. 1/5; 2. Demester; 3. Fournier;
- /(. (iilStI'.
- Voiturettes, au-dessous de 400 kilos, 5 tours, 13 kilomètres 500. — 1. Oury, en 19 m. 27 s.; 2. Van Lan-gendonck; 3. Martiny; k- Marcellin.
- Voilures. 12 tours, 32 kilomètres 400. — 1. Levegb, en 38 m. 48 s. 2/5; 2. Philippe, à 5 tours; 3. broc, à 8 tours: l\. Crawliez, à 10 tours.
- Les concurrents se plaignaient vivement de la mauvaise qualité de la piste, peu favorable à la vitesse, et les pannes ont été nombreuses.
- X
- La course Berlin-Aachen.
- (De notre correspondant particulier.)
- Une nombreuse assistance parmi laquelle ou remarquait le duc Victor von Ratibor, président de l’Automobile-Club allemand, et le prince Maximilien Taxis, se trouvait au départ, qui a été donné devant le jardin zoologique de Berlin à partir de 9 heures, le 30 août. Cette course de 700 kilomètres, organisée parTAutomobile-Cluh allemand de l’ouest, était un événement sensationnel, car aucune course de pareille longueur n’avait encore été faite en Allemagne. Trente-quatre véhicules y ont pris part.
- L’itinéraire comprenait quatre étapes : Berlin, Postdam, Magdebourg, 142 kilomètres; — Mag-debourg, Brunswig, Moritzbourg, Hanovre, 151 kilomètres;—-Hanovre, Minden, Osnabrück, Munster, 188 kilomètres, — et Munster, Glad-bach, Aix-la-Chapelle, 206 kil. 200 m.
- Les catégories étaient les suivantes :
- I. — Motocycles : somme des prix affectés, 600 marks.
- II. — Voilures de course au-dessus de 250 Milos ; 1,900 marks.
- III. — Voiturettes avec moteur de 4 chevaux au maximum : 950 marks.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- IV. — Voitures touristes : 1,500 marks,
- A. Moteur de moins de 9 chevaux.
- B. Moteur de plus de 9 chevaux.
- Voici les noms des partants :
- Coureurs de vitesse. — Bereis et Krantler.
- Motocyc-les. — Encke, Yogel, Gleizes, Kittsteiner et Joyeux de Castillonnès.
- Voiturettes. — Le docteur Herfeldt, Jeannin, Paul Schleicher, Basse, Johannes Reuter, Otto Kru-ger, Hewald, Langen, Meyer, Barthelmess, Jean Mon-cet, Dupont, Emile Jeannin, B. Jager, Ch. Schaller, Mertes et Cari. May.
- Touristes avec voitures à deux places. — Ernst Neuss, H. Gel, docteur Isbert, Christian Barth, Fritz Kichheim et Ehrhardt.
- Touristes avec voitures à quatre places. — Buchner et Mundner.
- Pour couvrir la distance totale entre les deux villes extrêmes, le temps maximum est fixé à 28 heures pour la course de vitesse; à 45 heures pour les voiturettes et pour les véhicules de la catégorie 3 (A); à 35 heures aux touristes de la catégorie 3 (B); enfin à 28 heures également pour les motocycles.
- 1™ journée. Berlin-Magdebourg, 142 kilom. — Les départs espacés de minute en minute ont été donnés le mercredi matin, à 9 heures.
- Voici les résultats :
- 1. Gleizes (motocycle), midi 26 m.;
- 2. E. Kraeutler (vitesse), midi 29 m.;
- 3. Kittsteiner (motocycle), midi 50 m.;
- 4 E. Jeannin (voiturette), 1 h. 9 m.;
- 5. Christian Barth (touriste), 1 h. 24 m.;
- 6. Fritz Kircheim (touriste), 1 h. 25 m. ;
- 7. Ernst Neuss (touriste), 1 h. 42 m.
- E. Kraentler, de la catégorie des voitures (vitesse), a couvert les 142 kilom. en 2 h. 47 m., soit du 52 à l’heure; Gleizes a mis 3 h. 5 m.; Kittsteiner, 3 h. 25 m.; Jeannin, 3 h. 38 m.; Barth, 3 h. 50 m.; Kirchheim, 4 h. 1 m. ; Neuss, 4 h. 8 m.
- 2e journée. Magdebourg-IIanovre, 151 kilom.
- La seconde étape a été aussi favorisée par le temps que celle de la première journée. Vingt-cinq concurrents sur trente-quatre étaient parvenus à Magdebourg. Les routes et l’organisation étaient excellentes.
- Les résultats sont les suivants :
- 1. Gleizes (motocycle), 3 h. 24 m. 1 s.
- 2. Kittsteiner {id.), 3 h. 44 m. 3 s.
- 4. Christian Barth (touriste en voiture), 4 h. 14 m. 1 s.
- 4. Ernst Neuss [ül.], 4 h. 23 m. 1 s.
- 5. Fritz Kirchheim (id.), 5 h. 1 m. 57 s.
- 6. Armand Dasse (voiturette), 4 h. 37 m. 3 s.
- 7. Jean Moncet {id.), 4 h. 44 m. 56 s.
- 8. Dir. G. Ehrard (touriste en voit.), 4 h. 49 m. 55 s.
- 9. Em. Jeannin (voiturette), 5 h. 10 m. 5 s,
- 10. Dupont {id.), 5 h. 15.
- 11. Kraeutler (vitesse-voiture), 5 h. 24 m. 2 s.
- Un accident survenu à ce dernier coureur lui a fait per'dre deux heures à Kœnigsliütter.
- La’voiture de Cari May subit également une panne à quelques kilomètres de Hanovre, et il abandonna.
- Au fur et à mesure que l’on approche du dénouement final, les épreuves provoquent de plus en plus l’intérêt en Allemagne.
- Les lettres par lesquelles nos aimables correspondants d’Allemagne devaient nous envoyer les résultats des deux dernières étapes ne nous sont pas parvenues mercredi matin, à l’heure où nous mettons sous presse.
- Bornons-nous donc à donner le temps du parcours total.
- Motocycles.
- 1. Gleizes, 14 h. 46 m. 22 s.
- 2. Kittsteiner, il h. 49 m. 36 s. 3/5.
- 3. Yogel, 33 h. 28 m. 39 s.
- Voiturettes.
- 1. Marozeau, 23 h. 28 m. 19 s. 4 5.
- 2. Jager, 27 h. 49 m. 46 s.
- 3. Barthelems, 28 h. 30 m. 41 s. 3 5.
- 4. Schaller, 28 h. 38 m. 33 s.
- 5. Langen, 29 h. 17 m. 47 s.
- 6. Kroger, 29 h. 41 m. 50 s. 15.
- 7. Hervold, 32 h. 7 m. 26 s.
- Voitures de touristes de moins de 400 kilos.
- 1. Kirchheim, 18 h. 18 m. 8 s.
- 2. Barth, 25 h. 19 m. 56's.
- 3. Isbert, 31 h. 21 m. 46 s.
- Voitures de touristes au-dessus de 400 kilos.
- 1. Durckopp, 24 h. 56 m. 58 s.
- Voitures (vitesse).
- 1. Kraeutler, 16 h. 56 m. 24 s.
- Remarquons que le vainqueur de la course est Gleizes, sur tricycle de Dion-Bouton. Sa victoire est donc double au point de vue de notre amour-propre national. Gleizes a mis 14 h. 46 m. 22 s. pour couvrir les 700 kilomètres du parcours total et il a battu les voitures de vitesses, dont la première, celle de Kraentler, avait eu, il faut le dire, une panne de 2 heures.
- Malgré tout, les 46 kilomètres de vitesse moyenne de Gleizes sont très beaux, étant donné que les routes 11’étaient pas toujours excellentes.
- Sur 33 concurrents il y a eu 15 arrivées classées.
- En résumé, c’est un grand succès pour l’Automobile-Club allemand et pour T Automobile-Club de l’ouest allemand.
- Notre correspondant spécial Léon Baréty nous écrit que nombre de journaux allemands et notamment le Rad-Welt se plaignent de ce que le Deutscher Sport ait le monopole des nouvelles et informations concernant la course. Us ajoutent qu’il est à espérer qu’on ne commettra plus une pareille faute, nuisible au développement de la nouvelle industrie.
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- Exposition nniverselle de 1900
- Les voyages avant la Révolution.
- Le ministère des Travaux publics expose, à la classe 29, une carte historique très curieuse,
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- d’après l’Indicateur fidèle ou Guide des voyageurs, dressé par le sieur Michel, Ingénieur géographe du roy à l’Observatoire, en 1765.
- Cette carte permet de reconstituer, dans quelques-uns de ses détails, un voyage en France à la veille de la Révolution. Ainsi, par exemple, le trajet en diligence de Paris à Lyon (101 lieues), le plus rapide de l’époque, s’ctleetuait en cinq journées, dont voici le graphique :
- T'° journée. — Départ de l’hôtel de Sens à 2 heures du matin; déjeuner à Chailly (12 lieues); coucher à Pont (12 lieues).
- 2° journée. — Déjeuner à Joigny (9 lieues); coucher à Vennanton (10 lieues).
- 3° journée. — Déjeuner à Rouvray (9 lieues); coucher à Arnay-le-Duc (11 lieues).
- 4° journée. — Déjeuner à Chalon-sur-Saône (12 lieues); coucher à Mâcon (10 lieues).
- 5° journée. — Déjeuner à Villefranche (10 lieues); arrivée à Lyon à 6 heures du soir (6 lieues).
- A l’heure actuelle, le train de luxe Méditerranée-Express effectue ce même trajet, de Paris à Lyon, en sept heures trente-quatre minutes, et Charron l’a fait, dans la course de la coupe Gordon-Bennett, en 9 heures 9 minutes 49 secondes.
- Deux diagrammes font ressortir l’accélération des vitesses et les variations des prix des voyages en France.
- Le premier figure par une couleur distincte le chemin parcouru par chacun des principaux services de transport public reliant Paris aux villes frontières au moment précis où le train le plus rapide de 1900, supposé parti de Paris en même • temps que ses concurrents, arrive à destination. Si l’on prend comme exemple le trajet de Paris à Calais, on constate que, au moment où l’expi’ess de 1900 entre actuellement en gare de Calais, ayant parcouru 295 kilomètres en trois heures quinze minutes (soit une vitesse de 90km,8 à l’heure), les anciens modes de transport, en supposant le départ simultané de Paris, s’échelonneraient sur la route de la manière suivante :
- Carrosse de 1692. — A 5 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne, à l’heure, de lkm,6.
- Diligence de 1786. —A 12 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne de 3km,6.
- Malle-poste de 1814. — A 22 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne de 6km,8.
- Malle-poste de 1834. — A 32 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne de 9kin,7.
- Train de chemin de fer de 1867. — A 193 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne de 59km,5.
- Train de chemin de fer de 1887. — À 212 kilomètres de Paris, soit une vitesse moyenne de 65km,3.
- Un tableau exprime, pour chacun des trajets, d’une part, la durée totale du voyage et, d’autre part, la vitesse moyenne à l’heure. Ainsi, pour reprendre le même exemple, le voyage de Paris à Calais, qui s’effectue aujourd’hui en trois heures quinze minutes, demandait sept jours en 1692, trois jours en 1786, quarante heures en 1814, vingt-huit heures en 1834.
- Le deuxième diagramme indique, pour chacune des principales villes de France, les prix des voyages au départ de Paris aux diverses époques
- indiquées ci-dessus. Un tracé figure, pour chacun des modes de transport, le tarif payé par kilomètre, abstraction faite des variations de la valeur représentative de l’argent aux diverses époques.
- On payait : en carrosse (1692), 0 fr. 1076; en diligence (1786), 0 fr. 1952 ; en malle-poste (1814), 0 fr. 1301 ; en malle-poste (1834), 0 fr. 1862; enfin, on pave en chemin de fer, impôt compris, en 1900 To fr. 112 en P'« classe, 0 fr. 0756 en 2e classe et 0 fr. 0493 en 3e classe.
- Ce rapprochement montre que le prix moyen du transport, ramené au kilomètre, ne diffère pas sensiblement, en 1900, de ce qu’il était en 1692, du temps des carrosses. Mais, si l’on fait entrer en ligne de compte l’écart existant entre les deux époques dans la valeur du numéraire et l’économie considérable de temps et, par conséquent, d’argent que la rapidité du transport en chemin de fer permet de réaliser de nos jours dans les voyages, on voit quels immenses progrès ont été faits depuis vingt ans. •
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- L’arrivée des automobiles qui vont commencer leur service à Ségovie a été un vrai événement (jui avait réuni une foule accueillant les nouveaux véhicules avec enthousiasme.
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- Le directeur de la compagnie espagnole d’automobiles, dite Compania espanola general de coches automobiles, vient de faire avec plein succès le parcours de Barcelone à Segré monté dans une voiture à essence de sa société. Il s’est arrêté fréquemment le long de la route, non seulement pour prendre ses repas (car il était parti à quatre heures du matin et il est arrivé à sept heures du soir), mais aussi pour montrer un peu partout le véhicule. Pour effectuer le parcours total de 150 kilomètres, il s’est contenté de marcher à l’allure de 20 kilomètres à l’heure.
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- L’entreprise de voitures à chevaux, dite la Ferrocarrillana, vient de suspendre son service entre Saint-Jacques et la Corogne, à cause de la concurrence que lui faisaient les automobiles. II faut donc croire que les voitures mécaniques rencontrent un plein succès, et le fait est quelles se préparent à multiplier les lignes qu’elles desservent.
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- On est en train d’organiser un service d’automobile publique dans le cœur du pays de Galles, au moyen d’une xvagonnette Daimler, qui vient, d’être soumise aux essais préalables. Elle aura à franchir un peu partout des rampes fort raides dont elle semble bien s’accommoder.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Il parait que l’on compte déjà une quinzaine d’automobiles en service public dans la ville d’eaux de Bournemouth, en Angleterre. Elles sont honorées de la clientèle des plus riches personnages visitant la localité.
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- Un fermier écossais, retiré des affaires, et qui habite le district de Skene, est en train de préparer la constitution d’un service public d’automobiles pour desservir ce district et la région environnante en le reliant à Aberdeen. Il a déjà fait des essais avec une voiture Sterlings, et il semble devoir réussir dans sa tentative.
- —o—
- Il vient de se former à Geylan une compagnie de transports automobiles sous le nom de Cevlon Rapid Transit Company, qui constitue une sorte de syndicat de propriétaires du pays intéressés à ce que la locomotion mécanique se développe, et notamment à ce que le gouvernement remplace par des véhicules mécaniques les voitures postales actuelles. On se propose de commander à divers constructeurs anglais des voitures contenant huit places de première classe et six de seconde, sans parler des bagages et des malles postales. Le service se ferait seulement à une allure tranquille de 8 milles à l’heure, les routes sont du reste fort bonnes. La compagnie peut prendre à son compte tous les frais de l’expérience, convaincue qu’elle est qu’elle amènera le gouvernement à apprécier les voitures automobiles.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre excellent confrère la Revue du cercle militaire vient de terminer la publication de l’intéressante étude du commandant F. sur la traction mécanique et les transports militaires.
- Après avoir montré les avantages que l’Etat trouverait à se constituer, dès le temps de paix, un important matériel d’automobiles que les transports dans les grandes villes de garnison subiraient largement à occuper, l’auteur continue en ces termes :
- En cas d’insuffisance du nombre détracteurs appartenant à l’Etat, pour pousser à la construction des automobiles de toutes sortes, nous proposons l'alto-cation d'une prime au constructeur et au propriétaire. Une fois les types convenables bien déterminés, toute construction nouvelle d’automobile tracteur ou porteur utilisable pour les besoins de l'armée donnerait lieu à une prime à verser au constructeur; quant au propriétaire, la forme la plus pratique en ce qui le concerne, consiste dans une réduction de l’impôt sur le véhicule. Cette manière de procéder n’offre rien de plus extraordinaire que la prime aux constructeurs de bateaux et aux exportateurs, ou l’élévation du prix budgétaire du cheval de guerre.
- Les concours avec primes organisés sous la direc-
- tion de l’Etat sont également un procédé à recommander. 11 n’est aucun constructeur un peu sérieux qui ne consente à mettre à la disposition de l’Etat une ou deux machines. Mais, pour être probants, les concours devraient avoir lieu pendant les manœuvres. Quels que soient les soins apportés à la préparation des concours, tels qu’ils se poursuivent [généralement, on ne saurait y rencontrer l’imprévu que peuvent produire les événements militaires auxquels les transports sont subordonnés. L’Etat réaliserait de grosses économies sur les locations de chevaux, car celles-ci, en cas de manœuvres d’armée, se chiffrent au moins par une centaine de mille francs. Il pourrait donc, sans crainte d’exagérer ses dépenses, organiser aux manœuvres des concours susceptibles de donner des résultats vraiment pratiques et concluants.
- Notre confrère la Revisla Minera se désole des difficultés que rencontre à Madrid le développement de l’automobilisme et cela par suite de l’état déplorable du pavage.
- -té-bC-R-
- Le Conseil des ministres en Espagne se préoccupe, en ce moment, de préparer un règlement général sur la circulation des automobiles, ce qui prouve, d’ailleurs, que ces voitures commencent à se multiplier sur la terre de Cervantes. Notre confrère la Revista Minera, qui n’est pourtant pas uu organe, tout à fait spécial, mais qui consacre dans chaque numéro une rubrique à l’automobile, en profite pour insister intelligemment sur les errements que l’on fera bien de suivre en la matière; ne point permettre des vitesses fantastiques, et cela dans l’intérêt des automobilistes, qui soulèveraient une opposition considérable contre eux, mais, par contre, ne point avoir recours à des règlements étroitement restrictifs qui étrangleraient la nouvelle industrie à sa naissance.
- A propos d’un voyage uu pou accidenté effectué récemment par une automobile entre, La Corogne et Saint-Jacques de Compostelle, certaines publications espagnoles attaquent vivement les voitures mécaniques de construction française.
- -bs-X-R-
- M. II. Sturmey continue de donner, dans l’Autocar, d’excellents conseils sur les soins à prendre d’une automobile; il insiste notamment sur la propreté des bandages, la nécessite qu’il y a de ne point les laisser s’encrasser.
- Notre confrère Motor Vehicle Review fait remarquer que les constructeurs d’automobiles se, divisent actuellement en deux classes qui ne sont pas également à même de satisfaire la clientèle : les uns sont absolument disposés et effectivement prêts à fournir les voitures qu’on leur commande, mais ce sont eux qui ont précisément tout le faix de ces commandes. Les autres ne sont pas encore sûrs, il s’en faut, de la
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- LA locomotion automobile
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- valeur des types qu’ils construisent et c’est en grande partie pour cela qu’ils ne tiennent pas outre mesure à contenter les clients qui pourraient leur commander des véhicules. Aussi l’acheteur doit-il s’entourer de renseignements avant que de s’adresser à telle ou telle maison.
- ->r'c «H4-
- L'Electrical Review, qui ne peut pourtant pas passer pour un organe spécial, mais qui a une haute autorité dans le monde savant des Etats-Unis et même de l’étranger, s’occupe de plus en plus d’autoniobilisme. Dans un de ses derniers numéros, notre confrère s’élève avec raison contre le sentiment de minoséisme qui fait que les constructeurs sont fidèles à la forme antique des voitures à chevaux dans le dessin des voitures automobiles, et il fait remarquer que cette horreur du nouveau n’est pas plus étrange que celle que nous critiquons si fort chez les Chinois.
- Si nous nous en rapportons à une étude de M. Ilele Sliaw sur la locomotion sur routes, publiée par l’Institution of méchanica.1 Engineers, ce transport serait plus économique que celui exécuté sur les voies ferrées.
- Voici en quelques mots comment M. Shaw établit son compte. L’amortissement annuel à 15 (I/o, l’intérêt à 5 0/o, les impositions et assurances relatives à un moteur-wagon remorquant en outre un camion et transportant en tout 8 tonnes utiles, est de 3 450 francs (le prix d’achat de ce matériel est de 15 000 francs); si l’on ajoute les frais de combustible et d’eau s’élevant à 2 000 francs (00 tonnes de charbon à 20 francs), puis les salaires à raison de 2 750 francs et enfin l’entretien à raison de 3 425 francs, on arrive à une dépense annuelle de 11 625 francs pour les frais de ce petit convoi. Ce qui fait pour 390 kilomètres parcourus par semaine, soit 60 et quelques kilomètres parcourus par jour, et pour
- -n • 11 625 fr. , .
- u0 semaines par an : ,-;v.,------= 0 ir. 60, soit
- 1 19 aOO km.
- 0 fr. 60 par véhicule et par kilomètre, et—
- = 0 fr. 075 par tonne-kilomètre utile transportée.
- Tout comme nous, en enregistrant des on-dit sur le compte des voitures fameuses de M. Pen-nington, 1 ’Automotor Journal dit qu’il serait tout disposé à admirer ces véhicules s’il était possible de les voir.
- Le Motor Car World publie une notice sur la conduite du tricycle « Ariel », notice fort analogue à celle de notre collaborateur J. Wolff sur le moteur et le tricycle de Dion-Bouton,
- Notre confrère IJorseless Age conseille, et avec raison, aux chauffeurs de s’aider les uns
- les autres en se signalant, par l’intermédiaire des publications auxquelles ils sont abonnés ou dont ils sont lecteurs, les routes et les parcours intéressants, et les routes mauvaises ou dangereuses.
- Le Graphie de Londres signale avec inquiétude la multiplication des camions automobiles dans les rues de la grande ville et il estime qu’il faudrait attirer l’attention des autorités compétentes sur les dangers qui en peuvent résulter.
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- BOITE AUX LETTRES
- Voici la lettre, annoncée dans notre dernier numéro, que nous adresse la maison Jacob Lohner, de Vienne (Autriche).
- Monsieur le Rédacteur,
- Venant de recevoir le n° 34 de votre journal, nous remarquons que nous y figurons dans la catégorie des carrossiers pour les médailles d’or de la classe 30.
- Il est pour nous de la plus haute importance de faire constater que nous avons obtenu cette récompense tout spécialement pour la voiture électrique du système Lohner-Porsche, avec les moteurs faisant corps avec les roues d'avant, les rendant à la fois motrices et directrices; voiture qui représente un système radicalement nouveau, la première voiture existante sans transmission.
- La voiture exposée au Champ-de-Mars étant dépourvue d’une batterie pour ne pas abimer cette dernière, et une autre voiture n’étant pas faite pour être présentée en fonctionnement, le jury international nous a demandé par lettres des renseignements sur notre système et nous lui avons envoyé les dessins et photos de nos différents types des voitures finies et en construction soit : une voiture de ville avec caisses interchangeables de mylord et coupé; une voiture d’essai de système mixte, c'est-à-dire électrique mais avec deux moteurs à essence de 3,5 chevaux et dynamos de charges accouplés et un break pour 15 voyageurs muni de 2 moteurs électriques de 5 chevaux pouvant donner temporairement jusqu’à 15 chevaux chacun.
- En outre, nous avons prouvé que nos voitures sont entièrement fabriquées, y compris les moteurs électriques et sauf les seuls accumulateurs dans nos Ateliers, et nous savons par une lettre officielle du Jury, qu’il a été satisfait de nos renseignements, et que nous devons la médaille d'or particulièrement à notre voiture électrique.
- Etant de vos plus anciens abonnés étrangers, noils espérons ne pas trop abuser, en vous priant de bien vouloir constater ce fait dans votre prochain numéro.
- En vous remerciant d'avance de votre amabilité, nous vous prions d’agréer, etc.
- J A G OU LoilNKIl ET Ci,!*
- TRIBUNAUX
- L’ancien coureur cycliste Champion, mainte^ nant fixé aux Etats-Unis, s’y adonne aux joie.s
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- LA. LOCOMOTION AUTOMOBILE
- de l’automobile et récolte de ce fait d’innombrables condamnations pour excès de vitesse.
- C’est ainsi qu’en une seule semaine, le mallieu-.reux n’a. pas « ramassé » moins de quatre contraventions qui lui ont valu en tout 50 dollars (250 francs) d’amende. A sa quatrième comparution, le juge ayant fait remarquer qu’on ne voyait plus que lui au tribunal, Champion a répondu que les « polieemen » exagéraient sa vitesse sur leurs rapports et, avec une belle audace, il a conclu en invitant le magistrat à se rendre compte par lui-même en venant le lendemain matin même faire un tour en voiturette.
- Le plus drôle de l’histoire, c’est que le juge, tout en condamnant le délinquant à 10 dollars d’amende, a accepté sa proposition. Le lendemain matin donc, promenade en automobile au cours de laquelle Champion a réussi k convaincre le néophyte qu’il ne dépassait jamais l’allure des trains électriques qui sillonnent les environs de Boston. De plus, il lui a montré, le maniement facile du nouveau véhicule, tant et si bien que le juge enthousiasmé... a fini par en commander un, devenant ainsi le client de son « client » de la veille !
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Notre confrère Eleclricul World and Engineera fait dernièrement des comparaisons intéressantes entre l’énergie emmagasinée dans diverses substances. 1 kg de pétrole contient une quantité d’énergie suffisante pour élever son propre poids à il ooo km en hauteur verticale. 1 kg de houille élèvera son poids à 7000 km; 1 kg de poudre à 700 km et 1 kg d’accumulateurs (en comptant 13,3 wats-heure par kilogramme d’éléments) seulement à 11 km. Une batterie d’accumulateurs est donc mille fois plus faible à poids égal que le pétrole et il faut ajouter que ce dernier diminue de poids à mesure qu’il se consume tandis que la batterie ne change pas de poids en se déchargeant. L’emploi des accumulateurs, malgré cette infériorité écrasante, est du à la simplicité des moteurs électriques comparativement aux moteurs à pétrole et à l'absence de bruit, d'odeur.
- — American Machinist indique un moyen simple pour nettoyer les toiles à calquer et les dessins qu’elles portent, et pour enlever les traces de crayons qui peuvent s’y trouver, tout simplement au moyen de la benzine. On applique cette benzine à l’aide d’un linge de coton, et on peut frotter sans crainte sur les dessins, cela ne détériorera pas plus les applications de couleurs que les tracés à l’encre. D’ailleurs, la benzine s’évapore très rapidement; mais il faut avoir bien soin ensuite de remettre la surface de la toile en état de recevoir d’autres traits ën la frottant avec de la poudre de talc.
- — U vient de se former à Berlin une société pour l’étude des trains rapides mus par l’électricité. Cette société a été créée sous les auspices des banques et des usines les plus connues de cette ville, et s’est assuré le concours actif de personnalités techniques éminentes attachées au gouvernement et à l’armée. Son.capital de 1 million et demi de marks sera consacré entièrement à l’étude théorique et pratique de ce nouveau système de traction.
- A cet effet, la construction d’une ligne d’essai vient d’ètre décidée, et l’étude de l’installation à Berlin de grandes stations centrales devant fournir l’énergie nécessaire à la traction des trains de grands parcours dont la vitesse maxima a été fixée à 200 kilomètres à l’heure, va se faire par la mise en adjudication des travaux qui exigent la solution de nombreuses questions relatives aux différentes branches de la construction et de l’exploitation.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les moteurs à pétrole, par Jules Gobi et, 1 vol. in-8°, orné de nombreuses gravures. En vente à Bruxelles chez E.-M. et F. Ramlot, 17, rue Grétry, et à Paris, chez YveCh.Dunod, 40, quai des Grands-Augustins.
- Ge petit volume qui n’a guère plus de 200 pages, contient une quantité de renseignements intéressants et sera consulté avec intérêt par toutes les personnes qui s’occupent d’automobile. Il débute par un historique très bien fait du moteur à pétrole. Vient ensuite une monographie du pétrole très complète. Après ces préambules, qui ne sont nullement des hors d’œuvre, l’auteur aborde l’étude détaillée des moteurs à pétrole pour terminer par une monographie des principaux types de moteurs actuellement connus.
- Cette étude détaillée des moteurs est faite avec le plus grand soin et exempte des erreurs qui se glissent trop souvent dans les publications de ce genre. Les figures, faites spécialement pour le texte, sont très claires et très faciles à comprendre.
- En résumé, le livre de Jules Gobiet aura certainement un succès mérité.
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- Les secrets de fabrication et de bon fonctionnement des moteurs à essence pour molocycles et automobiles., par Georgia Knap, 2° édition. Prix : 18 fr. 50, franco 0 fr. 60 en sus. En vente aux bureaux du journal.
- Les ingénieurs qui avec Georgia Knap ont prêté leur bienveillante collaboration au concours de moteurs de la Locomotion Automobile ont appris là une foule de choses que beaucoup de constructeurs sont les premiers à ignorer. Ils ont pu comparer la puissance des différents moteurs amenés aux essais et se rendre compte de visu du pourquoi de la supériorité de certains engins qui, bien que dotés d’alésage et de courses inférieurs à ceux de certains autres moteurs, révélaient une puissance sur l’arbre de beaucoup supérieure.
- Ce sont ces découvertes intéressantes à tous les points de vue que Georgia Knap vient de relater dans la 2e édition de son étude sur les moteurs qui vient de paraître le mois dernier.
- La lrc édition de cet ouvrage spécial et unique fut enlevée en six mois et valut à Fauteur des quantités de lettres de félicitation de la part d’une foule de chauffeurs qui trouvèrent dans ce travail des rensei-ments précieux pour la bonne marche de leurs véhicules. La 2e édition aura le même succès, nous n’en doutons pas.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEM0T.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 37.
- Le Numéro : 80 centimes
- 3 Septembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1" DE CHAQUE MOIS
- att.v Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, k9, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N» 37.
- Si Simtos-Dumont réussit... Gaston Sencier. — L’automobile aux manœuvres, G. S. — Echos. — La voiture à vapeur Chaboclie. — Le moteur Fleury.
- — L’allumage Collin-Dufresne. — La construction des moteurs à pétrole {suite), G. Paillet. — Les courses. — Le meeting de Brescia. — Exposition.
- — Automobiles sur routes. — A travers la presse.
- — Tribunaux. — Boite aux lettres. — Courrier industriel.
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- Si Santos-Dnont réussit...
- Comme nous l’avons annoncé le ballon dirigeable de Santos-Dumont a commencé ses essais préliminaires, et il est permis d’espérer que nous le verrons bientôt, non seulement décrocher les cent mille francs du prix Henry Deutsch, mais aussi, ce qui est bien plus important, faire faire au problème de la navigation aérienne un pas décisif.
- Si Santos-Dumont réussit... Ce sera tout simplement magnifique.
- Jules Verne et Robida, ces rêveurs qui sont des prophètes, ont déjà montré, dans des romans qui seront la réalité de demain, la prodigieuse révolution qui se fera dans les conditions d’existence de l’humanité le jour où l’homme aura pu, après tant d’essais infructueux, faire la conquête de l’air. Ce sera un bouleversement complet de la vie des peuples. A quoi serviront les frontières et les fortifications établies à grands frais pour séparer les nations les unes des autres puisque l’on pourra sauter pardessus ces barrières en. méprisant les artilleurs et les douaniers qui les gardent. Les octrois ne seront plus efficaces pour défendre les villes contre les contreban-
- diers de l’air. Les dirigeables auront devant eux l’immensité du ciel et, si l’on veut conserver l’organisation sociale actuelle c’est cette immensité même que devront garder les pouvoirs publics. Ce sera un problème difficile à résoudre. Que de bouleversements de tonte nature dans nos idées et dans nos mœurs. La tactique navale et l’art de la guerre seront forcés de se transformer profondément. On pourra détruire les villes fortifiées et incendier les arsenaux du haut du ciel, et le dirigeable arrivant la nuit du bout de l’horizon à soixante-dix ou quatre-vingts kilomètres à l’heure viendra la nuit, ennemi presque invisible et à peine vulnérable, laisser tomber sa torpille sur le pont des cuirassés géants dont les projecteurs n’auront pas réussi à l’apercevoir et dont les canons n’auront pu l’atteindre.
- Le ballon dirigeable deviendra bien vite, le jour où il existera définitivement, le plus effroyable engin de destruction qu’ait pu rêver l’humanité et il détruira tant d’hommes et tant de choses qu’il tuera peut-être la guerre elle-même, dans les civilisations futures.
- A bien d’autres points de vue, les conséquences de la conquête de l’air seraient incalculables. Tout, dans nos habitations, dans nos villes, dans nos routes, est fait seulement en vue des moyens de locomotion actuellement connus. Rien n’est préparé pour d’autres moyens de transport. A quoi serviront les hautes murailles et les baies entourant les propriétés d’une barrière protectrice le jour où n’importe qui pourra franchir sans effort ces haies et ces murailles. Nous serons tous, dans nos appartements de Paris, pareils aux infortunés riverains du trottoir roulant de l’Exposition, à ces malheureux qui sont obligés de fermer constamment leurs rideaux et leurs persiennes pour se soustraire à la curiosité indiscrète des passa-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- gers du trottoir aérien. A quoi servira la vigilance des concierges, le jour où les cambrioleurs pourront entrer chez nous par le toit de nos maisons et où les locataires pourront déménager tranquillement à la cloche de bois par la fenêtre, la nuit, grâce à un dirigeable complaisant? On verra décidément de drôles de choses, si Santos-Dumont réussit.
- Ce qu'on verra surtout, et c’est cela qui me fait le plus vivement souhaiter qu’il réussisse, c’est un débouché absolument inespéré et d'une prodigieuse importance pour nos constructeurs de moteurs d'automobiles. Les choses se passeront suivant l’usage. On commencera par voir dans le dirigeable uniquement un outil de sport. On organisera des courses, on cherchera la vitesse et, de perfectionnement en perfectionnement, on obtiendra le ballon de service, le ballon de transport, sans presque s'être donné la peine cl’y songer.
- Si Santos-Dumont réussit... Pourvu qu’il réussisse, et que tout cela ne reste pas dans le domaine du rêve.
- Caston Sencier.
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- L’AUTOMOBILE AUX MANŒUVRES
- Les voitures automobiles jouent un rôle important dans les grandes manœuvres qui se déroulent en ce moment dans la Beauce. Elles les ont même, en quelque sorte, inaugurées, puisque c’est une automobile qui a reçu samedi dernier, à la gare de Chartres, le généralissime Bru-gère, directeur des manœuvres, et l'a conduit à son quartier général. Une commission spéciale a été nommée par le ministre de la guerre pour enregistrer et apprécier leurs exploits. Espérons que cette Commission fera de la bonne besogne, contrairement à l’usage qui veut qu’une Commission qui se respecte ne serve qu’à enterrer les questions qu’elle est chargée d’examiner.
- Le général Brugère, en sa qualité de grand chef, s’est bien servi. Trois voitures de douze chevaux, deux voiturettes, trois motocycles. Le général Pendezec, chef d’état-major, a une voiture de seize chevaux et deux motocycles. Le général Lucas, commandant en chef l’armée du Sud, s’est attribué la vingt-deux chevaux d’An-tony et trois motocycles. Quant au général
- de Négrier, il a une douze chevaux et trois motos.
- Les chauffeurs qui, à côté du chauffeu-rissime Journu, piloteront ces voitures, sont tous des « vingt-huit jours ».
- A côté des voitures de vitesse, on verra aux manœuvres deux camions de Dion-Bouton et deux trains Scotte. Les deux de Dion ont P un trente-cinq et l’autre vingt-cinq chevaux. Us ont comme port d’attache, s’il est permis de s’exprimer ainsi, l’un Vendôme et l'autre Maintenon. Un des deux trains Scotte est déjà militaire, puisqu’il appartient à la chefferie du génie de Versailles. Le second se compose d’un tracteur et de six fourgons. Le père Scotte, bien qu’il soit de la classe, conduira lui-mcme un de ses véhicules.
- Quant aux attachés militaires étrangers, ils ne sont pas les moins favorisés, puisqu’ils ont à leur service un omnibus de Dion-Bouton de vingt-cinq chevaux, monté sur pneumatiques, malgré son poids de deux tonnes, — Michelin a promis que cela ne crèverait pas trop souvent, — et pouvant faire du trente-cinq à l’heure.
- Cette fois-ci les essais paraissent devoir être faits sérieusement. Nous ne doutons pas qu’ils ne soient une révélation pour les généraux prenant part aux manœuvres. Ceux-ci une fois convaincus tout ira bien et notre industrie automobile, si maladroitement sacrifiée par les organisateurs de l’Exposition universelle, pourra trouver un fructueux débouché. Usera bon, toutefois, que les conducteurs pilotant les grands chefs en automobile s’abstiennent le plus possible de leur faire ramasser des bûches. Ce n'est pas le moyen de les convertir et nous douions que le pauvre général Marchai, qui vient d’être victime d’un accident d’auto, en compagnie de son officier d’ordonnance, le capitaine de la Guigncraye, devienne jamais un chauffeur bien fanatique. Cela s’est passé lundi dernier, aux environs de Bordeaux, en allant visiter les cantonnements du 104e d’infanterie, au cours des manœuvres. On a pris une descente à trop grande vitesse, un pneu a crevé, on s’est jeté sur un talus et le général, son officier d’ordonnance et le réserviste qui les conduisait sont tous les trois très fortement contusionnés. Espérons qu’ils ne tarderont pas à se remettre sur pied, mais l’accident n’en est pas moins aussi regrettable qu’inopportun.
- G. S.
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- ÉCHOS
- Mercredi dernier, scrutin de ballottage à l'Automobile-Club de France. Neuf candidats.
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- Le père Lenoir n’a pas seulement construit la .première automobile à pétrole. Il a également des droits à revendiquer l’invention d’un « mal qui répand la terreur », de cette délicieuse appendicite qui se multiplie! à Paris et dont on meurt le plus gentiment du monde.
- C’est en effet Lenoir qui a, dit-on, trouvé l’émaillage des casseroles de fer. Or, cet émaillage n’est jamais suffisamment solide. L’émail craque, on en avale des morceaux sans s’en douter, et ces morceaux sont une cause très fréquente d’appendicite. Ce qui le prouve, c’est qu’on en trouve très souvent dans l’appendice, lorsqu’on fait l’opération.
- •k
- * +
- Grand rendez-vous de pliasse automobile aux Roches, dans l’Ailier.
- Parmi les chauffeurs présents : MM. Paul Chaucbard, de Laire, Giberf, Lafon, Mercadé et Huet.
- * *
- Le général de division Grasset est arrivé à Pau à bord de l’automobile de M. Gondoin, et est reparti le lendemain, toujours en auto, dans la plaine de Nay où doivënt se faire les manœuvres du 18e régiment d’infanterie.
- * *
- Une petite feuille mensuelle que l’on subventionne pour qu’elle soit envoyée gratuitement à tous les membres de l’Automobile-Club de France, — c’est, du reste, de l’argent qui pourrait être mieux employé, — a de biens singuliers procédés.
- La dite feuille en publiant, bien après tout le monde suivant son habitude, la liste des récompenses de l’Exposition, a purement et simplement supprimé de cette liste les noms qui lui déplaisaient, entre autres ceux de la Locomotion Automobile et du Chauffeur,
- Personne ne lisant ce papier, rédigé à coups de ciseaux par des courtiers d’annonces, la chose n’aurait aucune importance si, venue après d’autres incorrections, elle ne montrait pas la nécessité de supprimer une subvention qui ne sert qu’à faire des ennemis à l’Automobile-Club de France et à ses dirigeants.
- *
- * *
- Les voitures que le général Gallieni a emmenées à Madagascar, et dont nous avons signalé l’arrivée, sont munies des nouveaux bandages compound à jantes démontables de la maison
- Falconnet, Pérodeaud et Cic, qui a égalemen appliqué ce système aux omnibus automobiles à trolley de l’annexe de Yincenues, lesquels omnibus pèsent 5000 kilogs.
- A *
- M. le comte Brunet ta d’Usseaux vient d’offrir à l’Automobile-Club de Nice une nouvelle coupe qui servira de prix à une course à disputer en février prochain.
- Cette coupe, délicatement ciselée, est une œuvre d’art. Un aigle aux ailes éployées, juché sur le médaillon de l’Automobile-Club de France, supporte la coupe. L’inscription suivante est gravée sur le socle : « Coupe offerte par le comte Brunetta d’Usseaux à l’Automobile-Club de Nice. »
- Le règlement de la course relative à cette coupe sera établi sous peu par la Commission sportive de l’Automobile-Club de Nice.
- Selon le désir du généreux donateur de la coupe, cette course comprendra un parcours d’au* moins 300 kilomètres. Elle sera exclusivement réservée aux touristes, avec voiture à 4 places conduite par un membre de l’Automobile-Club de Nice.
- La coupe demeurera la propriété du membre de l’Automobile-Club de Nice qui se sera classé trois fois premier dans la course.
- * *
- Il est question d’installer un bureau auxiliaire, de poste et de télégraphe dans le jardin de la villa de T Automobile-Club de Nice.
- Des dépôts d’essence ont été établis par les soins de l’Automobile-Club de Nice à Puget-Théniers, hôtel Laugier; Breil, chez M. Toselli (quincaillier); Roquesteron, hôtel Eugène Passe-ron; Saint-Martin-Vesubie, hôtel Regina; Tho-renc, établissement Climatérique.
- ¥ -f
- Un constructeur belge, M. Stanislas Gournv vient de partir de Bruxelles pour Paris, par la route, avec un tricycle à pétrole portant une cinquantaine de kilos de bagages.
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- * *
- Les chauffeurs belges, en général grands chasseurs devant l’Eternel, emploient volontiers F automobile pour leurs déplacements cynégétiques.
- On signale notamment, dans cet ordre d’idées, les exploits du baron Pierre de Crawliez et de MM. Albert Madoux, Poncelet et Hautvast.
- * *
- On vient, d’ouvrir, à Bruxelles, un concours pour un modèle de plaque numérotée à lixer à l’arrière des automobiles.
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- Pourvu que nos aimables voisins, qui sont très artistes, ne fassent pas quelque chose de trop joli. Nous n’aurions plus de prétexte pour nous opposer à ce numérotage odieux.
- 4 *
- Notre excellent confrère Y Automobile belge signale un acte, de sauvagerie commis près de Spa. Une automobile montée par son propriétaire et son mécanicien, revenant de Spa vers Liège, a éprouvé un choc terrible entre Pepinster et Nes-sonvaux et a culbuté dans un fossé. Les chauffeurs ont examiné la route et ont vu que l’on avait placé en travers une vingtaine de gros moellons soigneusement dissimulés sous une épaisse couche de poussière.
- Le chevalier Bargogni, de Rome, vient d’effectuer dans son automobile le voyage de Rome à Vienne, en passant par Pérouse, Florence, Bologne, Trieste, Adelsberg, Oberlaibacli, Lubiana, Marburg, Wilsdor et Gratz.
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- Il faut croire que l’on a enfin entendu les plaintes sur l’état du pavage de Madrid, plaintes dont nous nous sommes fait l’écho l’autre jour : on vient de décider d’asphalter la fameuse Puerta del Sol et on parle aussi d’améliorer le pavage de plusieurs rues.
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- Ce qui prouve bien l’importance de plus en plus grande que l’automobile prend en Espagne, comme ailleurs, c’est qu’on vient de créer à Madrid un garage dû à l’initiative de la Sociedad general de Coches automobiles y Traccion elec-trica. Ce garage, non seulement peut abriter les voitures des chauffeurs qui n’ont pas une remise, mais aussi il loue des véhicules, fait des réparations, vend des pièces de machines, etc. La nouvelle sera certainement bien accueillie des chauffeurs français qui fréquentent l’Espagne. Cette création est l’occasion pour un de nos confrères de la presse espagnole de faire remarquer que le mot garage est un néologisme dans la langue de Cervantès.
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- La maison Henze et Cie, de Salzkotten en Wesphalie, construit des récipients métalliques et des burettes dont l’emploi permet de manipuler sans danger, les liquides inflammables tels que la benzine.
- 4 4 t
- L’union des automobilistes bavarois a organisé, le 3 août, une excursion au monastère d’An-decks ; cet exode avait heu sous les auspices de la première société bavaroise d’entreprises commerciales de transport par automobiles, qui a établi un service permanent entre Feldafing et
- Andecks. La distance séparant ces deux endroits est franchie en 47 minutes. Ces petites manifestations d’ordre industriel sont évidemment les dignes précurseurs de l’essor prochain que vont prendre en Allemagne les services réguliers d’automobiles qui s’établiront là où les tramways et les chemins de fer vicinaux ne trouvent pas encore une population suffisante pour une exploitation rémunérative.
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- Les chauffeurs français sont informés que,/ pendant leur séjour à Oberkof, ils pourront se procurer, pour leurs autos, de l’eau de lavage à un prix à forfait de 12 fr. 50 par semaine. Pour ce prix, on a le droit de prendre de l’eau à discrétion. C’est pour rien.
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- L’automobile qui a servi à l’empereur Guillaume pour son voyage de Wilhemshohe à Cas-sel avait été essayée par le maréchal de la cour et des aides de camp. Son moteur Daimler à quatre cylindres développant une puissance de 26 chevaux avait été soumis à des épreuves de réception par les soins du ministère de la guerre. Le véhicule pesant 1600 kilogrammes, roule sur quatre roues basses munies de pneumatiques. Il a deux places à l’avant et deux places derrière protégées par un tendelet. Il a l’aspect un peu lourd, mais il vire dans des courbes de petit rayon en pleine vitesse avec une surprenante sécurité. Sur bonne route, il est capable de franchir 95 kilomètres à l’heure, il a coûté 40,000 francs.
- Cette voiture fait le trajet entre le château de Wilhemshœhe et Cassel en 8 minutes; les hippomobiles impériales mettent 20 minutes, en fatigant beaucoup les chevaux, à faire le même parcours.
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- Une vive émotion a été provoquée récemment dans les milieux sportifs allemands, par la saisie de deux automobiles, saisie ordonnée par l'administration royale du canton de Garmish, sous prétexte que la circulation des automobiles était interdite dans ce district. Quelque temps après, M. Heinle, propriétaire des deux véhicules, fut informé qu’on les lui restituerait, mais qu’il devait les faire conduire sur camions jusqu’aux limites de la circonscription sans les faire fonctionner. Appel fut fait de cette décision baroque, et enfin l’automobilisme a triomphé.
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- La publication faite par notre excellent confrère 8ankt-Georg, et consacrée aux membres de l’Union automobile allemande, à l’occasion de la première journée de la réunion à Berlin, a été accueillie en Allemagne par d’unanimes suffrages. C’est un succès de plus à l’actif de l’organe officiel de l’Automobile-Club allemand.
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- Il n’y a pas qu’en France que les compagnies
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- de chemins de fer font payer cher le transport des automobiles par voie de fer : un tricycle automobile a été récemment envoyé en petite vitesse de Budapest à Gratz, en Autriche, et, à l’arrivée, la compagnie a demandé comme port une somme de 230 couronnes, à peu près 500 fr., sous prétexte que des véhicules aussi dangereux ne pouvaient être voiturés que dans des wagons spéciaux. Et il n’y avait pas une goutte de pétrole dans le réservoir.
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- Le ministère de la guerre autrichien poursuit ses essais de transport par automobiles. Le 22 août dernier, une voiture automobile à moteur Daimler d’une puissance de 10 chevaux, chargée d’un poids de 5,500 kilogrammes consistant en obus, partit de Felindorf sous la conduite d’un capitaine et de deux servants d’artillerie pour Neukirchen sur la côte de Semmering, franchissant cette distance avec sa charge entière, malgré une pluie torrentielle. Le retour s’effectua en 8 heures. L’épreuve démontre qu’on pouvait parcourir 100 kilomètres en dépensant 21 chevaux-heure.
- Une seconde expérience a été faite par le régiment des chemins de fer, à Kornenberg, en employant une automobile Daimler à la traction d’un train militaire sur route. Cet essai a fourni des résultats satisfaisants.
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- La voiture Napier, de 16 chevaux, dont nous avons parlé dans un de nos derniers numéros, est en train de se livrer à des essais variés dans le nord de l’Angleterre. Elle vient notamment de monter la côte de Porlock Hill, près de Minehead : les 3 milles de cette montée représentent une différence de niveau de 400 mètres. L’ascension s’est effectuée avec trois personnes dans la voiture, à une bonne allure de 7 milles à l’heure.
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- Le capitaine Langrishe, pour se moquer des précautions que les grandes chaleurs de ces temps derniers imposaient dans l’emploi des chevaux, se promenait l’autre jour dans Londres avec un chapeau pour cheval soigneusement attaché à l’avant de sa voiture Peugeot.
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- Le professeur Hele-Shaw, qui s’occupe beaucoup d’automobile, vient de partir en auto de Liverpool pour un assez long tour en Irlande.
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- M. R.-J. Mecredy, commentant les invitations que l’on adresse aux chauffeurs d’aller explorer l’Irlande, fait remarquer que certainement il y a beaucoup de bonnes routes que l’on peut fréquenter, mais qu’il y en a un nombre encore plus considérable de mauvaises, et que, avant de
- partir en excursion dans ce pays, il faut s’entourer de renseignements et tracer son itinéraire.
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- Tout dernièrement à Lincoln une automobile de location à pétrole a pris feu en pleine rue : ce qui prouve que, sans que les voitures dont il s’agit présentent un réel danger, il faut du moins prendre des précautions pour les manier.
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- Avant de commencer l’exécution de son programme d’hiver, l’Automobile-Club de la Grande-Bretagne va organiser une promenade de plusieurs jours dans le pays de Galles.
- Le comité de l’Automobile-Club de la Grande-Bretagne est en train de préparer son programme pour l’hiver. Durant la dernière semaine d’octobre il y aura une course de 100 milles, et un di-ner comprenant tous ceux qui ont pris part à la fameuse épreuve des 1000 milles. Ce diner sera l’occasion de la distribution des récompenses de ce concours. Dans la première semaine de novembre ce sera une épreuve pour les voitures électriques. 11 est propable que, du 10 au 12 novembre les membres du Club se réuniront pour un tour au bord de la mer et cela pour célébrer d’une manière originale l’anniversaire de la loi nouvelle sur la circulation des voitures mécaniques. Il faut ajouter que l’on compte autoriser tout propriétaire du véhicule non membre du Club à suivre cette promenade et pour décourager les chauffeurs qui ont la manie des trop grandes vitesses, le Club donnerait des diplômes à celles des voitures qui feraient toute la route à une allure n’excédant pas 12 milles à l’heure, et en ne faisant d’autres arrêts que ceux qui seraient entraînés par les nécessités du parcours.
- ün signale le plus long parcours en automobile qui ait encore été accompli sur la côte ouest des Etats-Unis : il vient d’être fait, de Los Angeles à San Francisco, par M. et Mmc Harry Coburn Turner, qui ont effectué ce petit voyage de 450 milles en six jours. Tout s’est bien passé et les voyageurs ont été enchantés.
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- M. Albert Bostwick vient d’arriver aux Etats-Unis avec la voiture de course qu’il a achetée au chevalier René de Knyff, et il semble vouloir lancer des défis à tous ceux qui voudront s’essayer contre lui.
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- On fait en ce moment des efforts qui vont être certainement couronnés de succès pour organiser à Boston une première association de motocyclistes.
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- La Toiture à vapeur Moche(I>
- C’est une voiture de livraison à vapeur. En voici les données principales :
- Poids utile transporté : 600 à 1000 kilogs.
- Dépense, tonne kilométrique : 600 grammes à 1 ki-logr. de houille demi-grasse flambanse.
- Vaporisation : 5 kil. 500 à 6 Kilos par kilogramme de combustible.
- Vitesse commerciale : 15 à 20 kilomètres à l'heure dans Paris; 30 kilomètres à l’heure sur belle route.
- Capacité kilométrique : 100 kilomètres par .jour, sans rechargement de combustible.
- Approvisionnement d’eau : 230 litres.
- Renouvellement de ['approvisionnement d’eau tous les 40 kilomètres.
- Dépense d’huile. : 2 litres par 100 kilomètres.
- Puissance du moteur : 10 chevaux.
- Poids mort en ordre de marche : 2430 kilos.
- Poids total : 3050 à 3450 kilos.
- Poids, mort moyen : 2885 à 3285 kilos.
- Poids total moyen par cheval-vapeur : 288 kil. 500.
- Poids adhérent à pleine charge : 2100 kilos.
- Rapport-du poids adhérent au poids total : 0,62.
- Rapport de la charge utile au poids total moyen : 0,44.
- AToici maintenant, d’après M. Chaboche, le prix de revient kilométrique du transport de 1 tonne au moyen d’une voiture de ce type coûtant 18 1)00 francs.
- La voilure à vapeur Chaboche dans l’atelier.
- Intérêt et amortissement : 1800 francs, soit,
- pour 1 journée........................ 6
- Entretien et réparation : 1800 francs, soit pour
- 1 journée-............................ 6
- Conducteur-mécanicien : 200 francs par mois. 8
- Chauffeur : 50 francs par mois........... 2
- Allumage. ................................... 1
- Graissage et chiffon pour 100 kilomètres. . 3
- 20
- Frais générau\ 10 o/o. ...................... 2 00
- Fr. 28 60
- La consommation par 100 kilomètres s'établirait de la façon suivante :
- 1 E. Chaboche, 33, rue. Rodicr, Paris.
- 80 kilogr., moyenne à 50 francs............... 4
- Eau : 440 litres. ............................ 1 32
- 5 32
- Enfin, le prix de revient par tonne kilométrique 33 fr 92
- utile par jour serait de : —--—-, on aurait donc :
- Par 100 kilomètres, le kilomètre..............0,34
- Par 150 — — ...........0,24
- Par 200 — — ........... 0,196
- sur belles routes.
- La voiture se compose d’un châssis en acier. En avant, la chaudière et les soutes à charbon; Au milieu, à droite fl à gauche, les moteurs; lui caisse, à l'arrière :
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- La voiture est suspendue à l’avant sur deux ressorts à pincette supportés par un essieu brisé. La direction est irréversible; les roues d’avant ont 0m,92 de diamètre, bandage caoutchouc plein Compound.
- A l’arrière, le châssis est suspendu par deux ressorts à rouleau avec tirants de réglage de chaîne. Les roues ont lm,02 de diamètre caoutchoutées comme à l’avant. L’essieu est brisé et tourne dans des boîtes longues à frottement de régule.
- Au milieu de la boîte de l’essieu tourne le différentiel, actionné par une seule chaîne.
- La disposition de l’essieu permet d’en retirer les deux parties indépendamment l’une de l’autre. En retirant les deux arbres d’essieu, le différentiel devient indépendant et peut être visité facilement.
- La chaudière est du type dit à vaporisation instantanée. Elle se compose d’un foyer intérieur, dans les parois duquel circule la vapeur; tout le reste de la surface de chauffe est composé de serpentins en acier, à section circulaire.
- Les joints sont très peu nombreux et tous placés en dehors de la circulation de fumée. De plus, ils sont absolument étanches, et garantis à la pression de 50 atmosphères.
- Par le moyen d’une bouteille alimentaire spéciale, et qui constitue l’originalité du système, la pression est invariable, ou du moins peut être réglée à volonté entre les limites de 15 et 80 kilogrammes, ce qui permet de demander au moteur des efforts très variables suivant la nature du terrain.
- Mais, je le répète, en supposant qu’il n’y ait pas de raison de changer la pression, le conducteur n’a pas à s’occuper des variations de pression, préoccupation très grande dans les anciens systèmes.
- Ce système d’alimentation se compose d’une bouteille contenant environ 20 litres, à moitié pleine d’eau.
- Au-dessus de l’eau, de l’air comprimé à la pression à laquelle on désire marcher.
- Cette bouteille est en communication avec la pompe alimentaire, la chaudière et un régulateur automatique de pression dont l’action est variable par la main du conducteur.
- Ce système a encore trois avantages, le premier est d’être toujours assuré de partir sans le secours d’une pompe à bras, le deuxième est de ne laisser aucune pression dans la chaudière au moment des arrêts ; enfin le troisième de ne faire travailler la pompe que lorsque l’alimentation l’exige.
- De sorte que la voiture peut être abandonnée pendant plusieurs heures, si on a soin de l’entretenir de combustible toutes les heures, et être prête à partir en cinq minutes. On peut même avec certaines précautions l’abandonner à elle-même toute la nuit, le lendemain matin le feu n’est pas éteint bien que l’on ne consomme que 10 kilogrammes de houille. Après un quart d’heure, la voiture est prête à partir.
- Le combustible est préparé dans des sacs en papier contenant environ 5 kilogrammes.
- On jette le contenu du sac dans le chargeur,
- de sorte qu’on évite l’ennui et la malpropreté du maniement du combustible.
- Le moteur est à deux cylindres à double effet de même diamètre. Tout le mouvement est enfermé dans des carters, remplis à moitié d’huile.
- La voiture à vapeur Chaboche. Vue en plan.
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- 1ÉGENDE
- 1. Chaudière.
- 2 Coffre à charbon.
- 3. Tirage il l’arrêt.
- 4. Chargeur.
- 5. Registre du chargeur.
- 6. Soupapes de sûreté.
- 7. Régulateur
- 8. Robinet du souffleur.
- 9. Bouteille d’alimentation.
- 10. Pompe d’alimentation.
- 11. Essieu Arrière.
- 12. Différentiel.
- 13. Cylindres.
- 14. Carter.
- 15. Arbre de couche.
- IG. Volant.
- 17. Débrayage.
- 18. Palonnier du frein.
- 19. Frein.
- 20. Tendeurs de chaîne.
- 21. Graisseur des cylindres.
- 22. Changement de marche.
- L’arbre de transmission porte un débrayage très solide qui permet de faire tourner le moteur sans déplacer la voiture, manœuvre très utile pour se mettre en pression en actionnant la pompe mécanique et commode pour vérifier le serrage convenable des parties frottantes.
- Les freins d’un système spécial agissent en
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- avant et en arrière par la même pédale, ce qui supprime l’emploi de la béquille ou du cliquet reconnus défectueux par tout le monde.
- On admet généralement que la manœuvre d’une automobile à vapeur est difficile et compliquée. Dans ce système, le conducteur a très peu d’organes de manœuvre à surveiller. Je vais les énumérer et je suis certain d’apprendre la manœuvre en deux heures à un conducteur d’automobile d’un système quelconque. A sa main gauche la direction; à sa main droite le robinet régulateur d’introduction au cylindre et le, changement de marche. Les arrêts se font généralement par la fermeture du régulateur. Au pied droit, le frein; au pied gauche, les purgeurs.
- Ce sont les seuls organes qui doivent être manœuvres pendant la mise en marche, les arrêts, les ralentissements ou accélérations. Cependant, eu cours de route, alors qu’il n’est nécessaire de toucher à aucun de ces organes (sauf la barre de direction), il peut sembler utile de diminuer ou augmenter la pression dans la chaudière, soit qu’on aborde un palier, soit qu’on attaque une
- rampe. C’est alors qu’on peut obtenir ce résultat par la manœuvre d’un volant, placé à la portée de la main droite, sous le siège.
- En résumé, ce système d’automobile présente des avantages nombreux. Faible consommation,
- 3 à 4 centimes par kilomètre, ravitaillement facile, conduite très simple, marche silencieuse sans fumée ni panache, aucune chance de panne, puissance très variable permettant de gravir à grande vitesse les pentes de 14 à 15 0/0.
- Une voiture vient de prendre part au concours de fiacres et voitures de livraison, et montait en
- 4 à 5 minutes les rues du Mont-Genis, Lamark, Saint-Eleuthère (1500 mètres) et faisait dans Paris le parcours de 33 kilomètres en deux heures.
- -----------------------
- LE MOTEUR FLEURY (1)
- Ce moteur est original par sa complication. Le piston a se meut dans un cylindre b, lequel
- Le moteur Fleury.
- cylindre est lui-mème mobile dans un second cylindre e guidé par les tiges f. Ce second cylindre est commandé par la tige g et les cames h et i de l’arbre de distribution l. Au commencement de la course d’aspiration le cylindre b est au bas de sa course et son fond touche le piston a. Pendant cette course le cylindre a descend et la came h soulève le cylindre b aspirant l’air carburé par la soupage s.
- Au retour, pendant la compression et la course motrice, le cylindre b reste fixe, soulevé par la compression même.
- Pendant l’échappement, qui se fait par la soupape q, le cylindre b redescend, commandé par la came i.
- Comme on le voit, l’inventeur s’est proposé
- (l)t:M. Fleury, 75, rue Chardon-Lagache, Paris.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- avant et en arrière par la même pédale, ce qui supprime l’emploi de la béquille ou du cliquet reconnus défectueux par tout le monde.
- On admet généralement que la manœuvre d’une automobile à vapeur est difficile et compliquée. Dans ce système, le conducteur a très peu d’organes de manœuvre à surveiller. Je vais les énumérer et je suis certain d’apprendre la manœuvre en deux heures à un conducteur d’automobile d’un système quelconque. A sa main gauche la direction; à sa main droite le robinet régulateur d’introduction au cylindre et le. changement de marche. Les arrêts se font généralement par la fermeture du régulateur. Au pied droit, le frein; au pied gauche, les purgeurs.
- Ce sont les seuls organes qui doivent être manœuvres pendant la mise en marche, les arrêts, les ralentissements ou accélérations. Cependant, en cours de route, alors qu’il n’est nécessaire de toucher à aucun de ces organes (sauf la barre de direction), il peut sembler utile de diminuer ou augmenter la pression dans la chaudière, soit qu’on aborde un palier, soit qu’on attaque une
- rampe. C’est alors qu’on peut obtenir ce résultat par la manœuvre d’un volant, placé à la portée de la main droite, sous le siège.
- En résumé, ce système d’automobile présente des avantages nombreux. Faible consommation,
- 3 à 4 centimes par kilomètre, ravitaillement facile, conduite très simple, marche silencieuse sans fumée ni panache, aucune chance de panne, puissance très variable permettant de gravir à grande vitesse les pentes de 14 à 15 0/0.
- Une voiture vient de prendre part au concours de fiacres et voitures de livraison, et montait en
- 4 à 5 minutes les rues du Mont-Cenis, Lamark, Saint-Eleuthère (1500 mètres) et faisait dans Paris le parcours de 33 kilomètres en deux heures.
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- LE MOTEUR FLEURY (,)
- Ce moteur est original par sa complication. Le piston a se meut dans un cylindre />, lequel
- Le moteur Fleury.
- cylindre est lui-mème mobile dans un second cylindre e guidé par les tiges f. Ce second cylindre est commandé par la fige g et les cames h et i de l’arbre de distribution l. Au commencement de la course d’aspiration le cylindre b est au bas de sa course et son fond touche le piston a, Pendant cette course le cylindre a descend et la came h soulève le cylindre b aspirant l’air carburé par la soupage s.
- Au retour, pendant la compression et la course motrice, le cylindre b reste fixe, soulevé par la compression même.
- Pendant l’échappement, qui se fait par la soupape q, le cylindre b redescend, commandé par la came i.
- Comme on le voit, l’inventeur s’est proposé
- (l)(ÇVf. Fleury, 75, rue Chardon-Lagache, Paris.
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- d’obtenir l’expulsion complète des gaz brûlés, mais ces deux cylindres plus ou moins chauds et télescopant ainsi l’un dans l’autre ne laissent pas d’inspirer une certaine inquiétude. Il est absurde de dire a priori qu’une chose ne peut pas marcher parce qu’elle n’est pas conforme à nos habitudes mais on peut douter que le meilleur moyen de rendre pratique le moteur à pétrole soit de le compliquer comme le fait M. Fleury.
- L’allumage électrique, figuré sur notre dessin, n’a rien de bien spécial. La soupape d’échappement q est commandée par le levier Imno.
- L'ALLUMAGE COLLIN-DUFRESNE
- Cet allumage, que son inventeur appelle « l’auto incandescent », repose sur la propriété qu’a la mousse de platine d’être maintenue incandescente par le simple contact de l’air carburé.
- Le dé de platine ordinaire d’allumage est entouré de mousse de platine ou d’un fil mince de platine et, sur cette mousse ou ce fil on fait passer un courant d’air qui s’est auparavant carburé en traversant le récipient à pétrole.
- Fig. /.
- Voici le dispositif adopté dans la pratique. Le dé de platine D qui constitue l’allumeur ordinaire que tout le monde connaît est entouré d’un second tube mince de platine T; l’espace entre les deux tubes est remplie par du fil ou de la mousse de platine.
- L’air carburé est amené par le canal G en contact avec la mousse de platine ; sur ce canal, se trouve un robinet R qui, suivant qu’on le tourne dans un sens ou dans l’autre, laisse passer l’air carburé dans le tube G ou dans le canal N.
- Au moment de la mise en marche, on tourne le robinet R de façon à ce que l’air carburé passe par le canal N ; on l’enflamme au moyen d’une allumette à sa sortie du tube en U. En 30 secondes le tube de platine T est porté au rouge, à ce moment on tourne dans l’autre sens le robinet R, l’air carburé passe par le tube G, la flamme s’eteint en U et l’allumeur fonctionne.
- Le retard et l’avance à l’allumage s’obtiennent en ouvrant plus ou moins le robinet r' qui est sur la canalisation (voir fig. 2); la propagation de l’incandescence sur le tube de platine varie instantanément suivant la quantité de gaz admise :
- (1) Collin-Dufresne, à Voiron (Isère), G. Petit, directeur.
- Le gaz brûle en atteignant la mousse de platiné; si on en admet une petite quantité, elle sera donc brûlée à la partie du dé la plus éloignée du moteur ; la partie la plus rapprochée ne sera pas incandescente, d’où retard à l’allumage.
- Le retard et l’avance s’obtiennent aussi rapide-
- Fig. S.
- ment et dans la même proportion qu’avec l’allumage électrique.
- Pour obtenir l’air carburé qui alimente l’allumeur, il suffit de faire passer le courant d’air obtenu par le déplacement des pistons dans le carter, sur de l’essence de pétrole; on peut se servir du récipient à pétrole de la voiture ou du tricycle; mais pour simplifier l’installation, nous livrons un récipient spécial ayant le volume des piles du tricycle et qu’il est facile de fixer sur n’importe quel véhicule.
- Dans ce récipient, l’air du carter arrive en A, pousse le clapet E et, après avoir barboté dans l’essence en passant par le tube I sort du réservoir en F après avoir passé dans la cloche K destinée à empêcher l’entrainement de l’essence. Le clapet E’ sert à l’aspiration de l’air dans le carter du moteur au moment de la montée du piston ;
- Fig. 3.
- Le robinet r permet de régler la nature du mélange en introduisant plus ou moins d’air pur qui passe directement dans la cloche par le canal D. Le trou Y qui fait communiquer le réservoir à la cloche est garni d’une toile métallique afin d’éviter les projections d’essence; le robinet r dont nous avons déjà parlé sert à régler la quan-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- tifcé de mélange introduite, et à faire par conséquent le retard et l’avance à l’allumage.
- Pour plus de clarté, nous donnons ci-dessus le schéma du montage complet de l’appareil sur un moteur à un cylindre. Pour un moteur à deux cylindres, le montage est exactement le même, seulement le tube de sortie de l’air carburé se partage en deux branches qui vont aux deux allumeurs. La pompe à main ligurée dans ce schéma sert à la mise en marche de l’appareil en attendant que le moteur en marche fournisse l’air nécessaire.
- La Construction des moteurs à pétrole
- (Suite) (1).
- O11 peut dire sans exagération que la culasse et les volants font le moteur.
- Dans la culasse s’élabore en quelque sorte la puissance, reçue sous forme d’explosions de percussions, diminuée par des contrepressions d’échappement, de compression, etc.
- Par l’intermédiaire du piston et de la bielle, tout ce chaos est transmis aux volants qui sont chargés d’en tirer une force tangontielle à peu près constante et une vitesse aussi uniforme que possible. Leur rôle est donc loin d’être négligeable.
- Voyons maintenant sur quelles hases ces organes doivent être construits.
- Les principales conditions à envisager dans l’établissement d’une culasse de moteur à ailettes sont :
- 1° Possibilité d’obtenir la plus grande puissance avec des dimensions et un poids de matière déterminée, afin de diminuer l’encombrement et le prix de revient;
- 2° Obtenir la puissance la plus grande pour une consommation d’essence donnée, c’est-à-dire avoir un rendement thermique maximum;
- 3° Eviter que les qualités précédentes ne disparaissent, comme cela arrive trop souvent, quand on demande au moteur un effort sérieux, dans les côtes, par suite de son échaüffement.
- En résumé, il faut : grande puissance, grand rendement, pas d’échauffement anormal.
- On augmentera la puissance en augmentant la pression presque instantanée qui s’exerce sur le fond du piston au moment de l’explosion et en rendant possible un plus grand nombre de coups de piston dans le même temps. La puissance du moteur sera en effet proportionnelle au nombre de tours par minute dans un régime donné, puisque les cycles de deux tours sont identiques.
- D’autre part, la pression produite par l’explosion sera augmentée par l’emploi d'une forte compression et ceci pour trois raisons :
- 1° La combustion instantanée d’une masse déterminée de mélange donnera des gaz qui
- devront se créer en même quantité dans un espace beaucoup plus restreint.
- 2° La température produite par cette combustion sera plus haute, ce qui ajoutera encore l’influence de la dilatation des gaz à celle de l’explosion.
- 3° Enfin la compression aura pour effet de brasser énergiquement les gaz aspirés, de les forcer à se pénétrer, pour ainsi dire, à se mélanger plus intimement et, de ce fait, la pression provoquée par l’explosion pour une même quantité de gaz froids pourra être presque doublée et l’inflammation sera rendue beaucoup plus rapide.
- Nous aurons donc, en employant une grande compression, augmenté le rendement thermique, puisque nous aurous plus de puissance avec une même consommation d’essence.
- Il est facile de se rendre compte, d’ailleurs, que cette circonstance d’avoir une petite chambre de compression entraînera, lors de la course d’aspiration, une dépression plus grande dans la culasse.
- Si nous donnons une compression de 3, cela signifie que le volume de la chambre de compression, soit v, est le tiers du volume total formé par la chambre de compression et le volume déplacé par le piston, soit Y cette cylindrée. On a donc
- V
- V
- V + ü
- o
- O
- V —£v.
- Si la compression devient G on aura
- v —
- V + u 6
- V = 575.
- Au moment de l’aspiration, la pression sera sensiblement le tiers de la pression atmosphérique dans le premier cas, le sixième seulement dans le second. Une dépression double se produira donc. La vitesse d’écoulement par le clapet d’aspiration des gaz admis, vitesse qui est pro-portionnelle à la racine carrée de 1a. différence de pression entre le tube d’admission et la chambre, sera donc fortement augmentée et dans le temps de la course d’admission il entrera une plus grande quantité de gaz dans le cylindre. Par conséquent, de ce chef, pression plus grande au moment de l’explosion.
- En résumé, au double point de vue de la puissance spécifique et du rendement, une forte compression offre de grands avantages. Beaucoup de constructeurs ont essayé de réaliser ces avantages, mais la majorité a été rebutée par cette difficulté, qui était pourtant facile à prévoir : leur moteur chauffait d’une façon inadmissible. Nous arrivons ici à une autre face du problème et nous devrons concilier des conditions qui paraissent, au premier abord, plutôt contradictoires.
- G. Paillet,
- Ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- (A suivre.)
- (1) Voir le numéro précédent.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- COURSES
- Le meeting automobile de Brescia.
- {De notre correspondant spécial).
- En dehors de l’Exposition, le meeting de Brescia comporte une importante série le courses.
- Les fêtes ont commencé, le samedi 8 septembre, par un défilé général des automobiles.
- Le dimanche 9, record de vitesse de 5 kilomètres sur le parcours rectiligne : Bagnolo, Mella, San Zeno, Naviglio. Cette course record a obtenu un beau succès. Yoici les résultats de cette première journée.
- Motocyclettes. — 1. Mazzoleni, en 5 m. 36 s.; Monti, en 6 m. 3 s.; 3. Massarati, en 6 m. 5 s.
- Tricycles. — l. Soncin, en 3 ni. 35 s.; 2. Gasté, en
- 3 in. 39 s; 3. Ihigatti, en 3 m. 43 s.
- Quadricycles. — 1. Monti, en 4 m. 6 s.; 2. Benedetti,
- en 5 m. 4 s.; 3. Catf'nrati, en 5 ni. 41 s.
- 1 oilurelles. — 1. Frascliini, en 5 m. 59 s. ; 2. Noury, en 6 in. 5 s.; 3. Storero, en 6 ni. 30 s.
- Voilures. — 1. Franclietti (Panhard et Levassor) en
- 4 m. 40 s.; 2. Lancia, en 5 m. 14 s.; 3. Tonietti, en
- 5 ni. 41 s.
- Le 10 septembre, grande course sur route sur les 223 kilomètres du parcours : Brescia, Crémone, Mantoue, Vérone, Brescia. Cette journée a été attristée par un accident mortel survenu à un motocycliste qui a manqué un virage, sur une route détrempée par la pluie, et s’est, jeté sur un arbre. Presque l’accident de Yiet dans Paris-Trouville, avec cette différence que Yiet n’y pense plus et que le malheureux coureur italien, nommé Attilio Caffarati est mort presque sur le coup.
- Les prix étaient les suivants :
- Motocyclettes. — Médailles d'or, 100 francs. Mo/ocycles à une place. — Objets de valeur, 300, 150 francs, médailles d’or.
- Motocycles à deux places. — Objets d’art, 300,150 fr., médailles d’or.
- Voiturettes ne dépassant pas 400 kilos. — Objets d’art, 400, 200, 100 francs médailles d’or.
- Voitures au-dessus de 400 kilos. — Grande coupe Johnson, objets d’art, 500, 300, 200, 100 francs.
- Yoici les résultats :
- Motocyclettes (9 partants). — 1. Masserati, en 7 h. 20 m.
- Motocycles (24 partants). — 1. Soncin, en 3 h. 52 m. ; 2. Noutry, en 4 h. 23 m.; 3. Gasté, en 4 h. 55 m. ; 4. Sanguinetti, en 7 h. 49 m.
- Quadricycles (6 partants). — 1. Monti, en 6 h. 15 m. ; 2. Benedetti, en 6 h. 57 m.
- Voiturettes (15 partants). — 1. Nagliati, en 4 h. 9 m.; 2. Frascliini, en 5 h. 52 m.; 3. Isalta, en 5 h. 55 m.
- Voilures à deux places (4 partants). — 1. Franclietti, en 4 b. 9 m. ; 2. Lancia, en 5 h. 7 m.; 3. Tometti, en
- 6 h. 12 m.; 4- Marchand, en 6 h. 33 m.
- On a clôturé les fêles par une réunion des
- membres du Touring-Club d’Italie et par une représentation extraordinaire au Grand-Théâtre.
- X
- Dimanche dernier, au championnat de la Seine, organisé par le Rowing-Club, une course était réservée aux bateaux automobiles de 6m,50 au maximum avec moteur à pétrole de 2 chevaux 1 /2 au maximum.
- Voici les résultats :
- 1. Mandarin, à M. Dammann, en 30 ni. 35 s. 1/5; 2. Yvonne, à M. A. Tellier, en 33 m. 51 1.; 3. Le Brution, à M. A. Albert, à 20 centimètres; 4. Saint-Georges, k M. Cornil, à 20 mètres.
- Mandarin qui n’a que deux personnes à bord, tandis que tous les autres concurrents ont embarqué leur'famille, tient la tête du départ à l’arrivée et gagne avec une avance considérable. Belle lutte pour la deuxième place. Cosaque, à M. Lein, dont le moteur fait 2 chevaux 3/4 n’a pas été autorisé à se mettre en ligne.
- X
- Le G septembre, dans la série des jeudis populaires à Vincennes, une part avait été réservée à l’automobile.
- Course aux rubans pour voiturettes.
- lrc série : 1. Wrard; — 2. Picard; — -3. Elime. Temps : 3 m. 23 s. 1/5.
- 2e série : 1. Denesle; — 2. Sancho; — 3. Yinet. Temps : 3 m. 39 s. 4/5-
- Finale : 1. Ricard; — 2. Denesle; — 3. Wrard.
- Le meilleur second est qualifié pour la finale.
- Temps : 4 m. 37 s. 1/5.
- Voiturettes (2400 mètres).
- l10 catégorie (3 chevaux) : 1. Wrard; — 2. Montier; — 3. Yinet. Temps : 35 s. 4/5.
- 2e catégorie (plus de 3 chevaux) : 1. Denesle ; — 2. Ricard; — 3, Marcel. Temps : 3 m. 34 s. 1/5.
- Finale (4800 mètres) : 1. Denesle (scratch); — 2. Wrard (300 mètres); — 3. Mouticr (300 mètres). Temps : 6 m. 1 s. 3/5.
- X
- L’excursion à Erensham organisée par le Motor Club Anglais a été un succès. Quatorze véhicules prenaient part à la sortie qui s’est d’ailleurs passée sans incident notoire.
- X
- Les Anglais se préparent déjà à nous disputer l’an prochain la coupe Gordon-Bennett. Pour le moment nos voisins auraient l’intention de faire défendre leurs couleurs par des voitures Napier, du genre de celle que nous avons décrite dans un de nos précédents numéros mais munies de moteurs de cinquante chevaux.
- X
- A l'occasion de l’Exposition qui se prépare sous les auspices de l’Automobile-Club d’Amérique
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- GOO
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- pour le mois de novembre prochain, on offre une coupe de 5000 francs pour être disputée entre voitures mécaniques. Il s’agit d’une course d’endurance, puisque la coupe en question sera donnée à celui des véhicules qui aura subi le moins d’arrêts durant un parcours de 600 milles. Il n’y a point de limite de temps, et les voitures n’ont point à fournir un minimum de vitesse. Le parcours sera constitué par le triple voyage aller et retour de New-York à Hudson, d’ailleurs, et nous regrettons vivement cette restriction, la course ne sera ouverte qu’aux seules voitures américaines. Naturellement les voitures électriques ne pourront pas prendre part à la course, vu l’impossibilité de recharger leurs accumulateurs. On se livrera à des essais variés sur la conduite des véhicules, leur facilité de conduite, etc.
- X
- On prend en ce moment des mesures à Hartford, aux Etats-Unis, pour organiser en septembre une course d’automobiles de 300 milles, sous les auspices de l’Automobile-Cdub d’Amérique. Elle servira à essayer les qualités diverses des véhicules, mais ce ne sera pas une course de vitesse.
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- Exposition immrselle de 1900
- Le concours des poids légers.
- La série, en général peu intéressante, des concours de l’Exposition se continuera, du 17 au 22 septembre, par un concours de poids légers qui ne semble pas devoir passionner le public et les constructeurs, plus que les précédents concours.
- Le programme est assez bizarrement rédigé. Il dit, à son article 4 : « Seront admis au concours, tous les véhicules munis d’un moteur mécanique capables de transporter au minimum 100 kilogr. de marchandises », d’où il faudrait conclure que les gros camions à vapeur sont des véhicules de poids légers.
- Le concours portera sur le prix de revient de la journée pour un parcours de 50 kilomètres, la maniabilité de la voiture et la fréquence du ravitaillement.
- Tous les contrôles sont installés dans des cafés. Chaque véhicule ayant à effectuer dans Paris un certain parcours, conformément au programme, devra déposer un paquet de 10 kilogr. à chacun des contrôles suivants :
- Porte Maillot : Café des Sports;
- Avenue des Ternes, 84 : Café des Omnibus.
- Boulevard des Italiens;
- Place de la République ; Café Balthazard;
- Place de la Nation : Brasserie Nicolas ;
- Place de la Bastille : Café du Canon de la Bastille;
- Exposition de Yincennes : Restaurant de l’Automobile ;
- Place de la Bastille : Café du Canon de la Bastille ;
- Place Maubert : Café Marchai ;
- Rue de Solférino : Café-restaurant de la Légion d’honneur.
- Pour peu que les concurrents prennent un bock à chaque contrôle, ils seront dans un joli état à la fin de la journée.
- Les engagements reçus jusqu’à ce jour sont les suivants :
- 1. Peugeot; — 2. Peugeot; — 3. de Dion; — 4- Le-pape; — 5. Fernandez; — 6. Jeantaud; — 7. Perrault.
- Les engagements sont reçus au secrétariat de l’Automobile-Club de France, 6, place de la Concorde, jusqu’au 15 septembre inclus.
- Courses de canots automobiles.
- Jeudi 20 septembre, nous aurons à Yincennes, sur le lac Daumesnil, de nouvelles épreuves de course de canots automobiles.
- 500 francs de prix ont été attribués à cette réunion par M. Jeantaud, président de la classe 30 et de la section de l’Automobile, et 300 francs par le comité des exposants de Yincennes.
- Les courses seront les suivantes :
- 1° Série des bateaux au-dessous de 6m,50 (deux tours du lac). Prix : 150, 75 et 25 francs; 2° Série des bateaux de 6m,50 à 8 mètres (deux tours du lac). Prix : 150, 75 et 25 francs; 3° Course Omnium (trois tours du lac). Prix : 150, 75, 50 et 25 francs.
- On a déjà une quarantaine d’engagements.
- Notre collaborateur Pierre Guédon a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition, dans la classe 19, — machines à vapeur, — pour un système de distribution de son invention dont il exposait un modèle.
- Il a obtenu en même temps une mention honorable pour un second système de distribution, un peu cousin du premier, exposé classe 32 et applicable aux machines à vapeur ou à air comprimé : fixes, marines, locomotives et automobiles.
- Bizarrerie des choses et des gens, cette seconde invention vaut mieux que la première, qui a été récompensée d’une médaille d’argent.
- L’Exposition de Brescia.
- (De notre correspondant, spécial).
- Le Meeting-Automobile de Brescia a commencé le 7 septembre par l’ouverture de l’Exposition qui a été inaugurée dans le grand hall de la Crocera Saint-Lucas.
- L’Exposition restera ouverte jusqu’au 10 septembre. Elle est très importante : tous les constructeurs italiens ont tenu à y participer.
- Citons notamment : la fabrique italienne d’automobiles de Turin, avec un phaéton à 4 places, une voiture, 4 voiturettes ; la fabrique des frères Marchand, à Plaisance, avec 2 tonneaux de 12 et 6 chevaux, une voiturette, une
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Victoria ; la maison Bender et Martiny, de Turin, avec un tricycle avec avant-train, un tricycle Perfecta moteur de Dion-Bouton, un tricycle avec arrière-train, un quadricycle-perfecta Son-cin, une voiture à 3 places, 2 moteurs ; la fabrique de MM. Prinetti et Stucchi, de Milan, avec 3 voitures de leur fabrication, plusieurs tricycles et quadricycles, des moteurs et une voiturette Bollée ; Joseph Ricordi, de Milan, avec une grande voiture de Dietrich de 9 chevaux et
- 3 voitures Benz; Louis Storero, de Turin, avec
- 4 voitures Phénix, un tricycle et un quadricycle; E. Magliati, de Florence, avec 2 tricycles de Dion-Bouton et une voiturette de Dion-Bouton; la Société italienne Bernardi, de Padoue, avec une voiturette à 4 roues et 3 voiturettes-tricycles; la Société Isotta, Fraschini et Cie, de Milan, avec 4 voiturettes Renault, une voiturette Pieper, une voiture Panhard etLevassor, 2 tricycles de Dion-Bouton; la Société Franchini, de Como, avec une motocyclette Werner; le marquis Carcano, de Milan, avec ses bicyclettes à moteur; la Société anonyme de Bologne, avec une voiturette Dechamps; l’ingénieur Rosselli, de Turin, avec 3 voiturettes à 3 roues, 3 motocyclettes, divers moteurs, etc.
- On attend encore d’autres exposants.
- 11 y a également plusieurs maisons d’accessoires.
- Beaucoup de chauffeurs, tous en auto, sont arrivés à Brescia. Il en est venu de Milan, de Gênes, de Nice, de Padoue, de Florence, de Turin. On en attend encore. Parmi les marquants, je citerai seulement le baron Franchetti, les comtes Biscaretti, M. Gondoin, président de F Automobile-Club de Nice, et divers autres présidents d’Automobile-Club.
- &
- L’Union des Automobilistes de Bavière a décidé de provoquer à Munich, en 1901, une exposition permanente d’automobiles analogue à celle de Berlin.
- Pour célébrer la vingtième année de son existence, YElehtrotechnische Verein de Vienne a résolu de tenir une grande exposition électrique, au mois de mai 1903, et naturellement on y prévoit déjà une importante exposition d’automobiles. De plus, on prépare des courses de voitures électriques pour cette époque.
- L’exposition internationale d’automobiles dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, et qui doit se tenir à la mi-septembre à Chicago, dans le parc Washington, s’annonçait aux dernières nouvelles comme rencontrant un très grand succès. L’Automobile-Club de Chicago patronne très ardemment cette exposition, et les journaux américains sont enchantés de voir que l’Auto-mobile-Club de France y sera représenté.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- On va faire les premiers essais du service public d’automobiles entre Gênes et Plaisance par Terriglia, Ottone et Bobbio. La voiture qui va commencer les voyages est une de Dion et Bouton pour 25 personnes. On annonce que des services analogues vont être créés entre Porto-Maurizio d’une part et Garessio, puis entre Albenga et Pieve di Teco.
- —o—
- Berlin est la première ville du continent qui ait établi un service public de lignes d’omnibus mus électriquement. La première ligne en exploitation depuis le mois de mars de la présente année, sera bientôt suivie d’autres lignes traversant divers quartiers de la capitale. Le succès de l’entreprise s’est affirmé. Les premières voitures n’offraient que dix-sept places. La faveur que le public a accordée à ce mode de transport a obligé la compagnie exploitante à mettre à sa disposition des véhicules d’une capacité plus grande allant jusqu’à trente-deux personnes. Les deux premières, mises en service entre les gares de Stettin et d’Anhalt, font journellement douze voyages. Elles ont parcouru jusqu’à présent 25,000 kilomètres. Le public a réservé un accueil tout spécial aux élégantes voitures d’été dont la construction s’éloigne des types connus.
- —o—
- La compagnie qui a installé les transports par omnibus électriques à Berlin a également fait construire un omnibus automobile, combiné pour le transport des personnes et le service des postes.
- Cet omnibus est destiné à la ville de Baden. Eventuellement, on se propose de s’en servir pour le transport des bagages aux gares, et réciproquement, sur tous les points du parcours. Ces omnibus mixtes contiennent encore quinze à dix-huit places offertes. Dans le même esprit, bien des services de transport logiquement organisés et répondant aux besoins multiples des grandes villes seraient accueillis avec enthousiasme par le public, qui compenserait les sacrifices consentis par une entreprise prévoyante par un supplément de recettes.
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- Au commencement de septembre, les autorités autrichiennes ont' procédé aux essais d’une automobile pourvue d’un moteur d’une puissance de 12 chevaux, sous la direction de M. Hermann, directeur de la Société d’exploitation d’automobile austro-hongroise Hermann et Ge à Vienne. L’expérience eut lieu sur la route de Méran à Trafoi, en passant par Vintschgau. Le véhicule, du poids de 2000 kilos, peut couvrir 26 kilomètres à l’heure et gravir des rampes de 16 0/0. L’expérience a bien marché, en dépit du mauvais état des routes, dû à une pluie ininterrompue. La
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- marche de la voiture a été ralentie, de temps à autre, par le passage de corps de troupes manœuvrant dans la région. Le succès de cette épreuve fait bien augurer du sort de la concession d’un service d’automobiles dans ce district pour l’été prochain. La Société Hermann et Ce met en exploitation l’hiver prochain vingt-six lignes semblables en Autriche.
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- Les excursions en automobile sont en ce moment tout à fait à la mode à Hastings, des véhicules partent à intervalles assez courts pour Bulverhythe avec leur plein chargement de voyageurs.
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- On se préoccupe même en Irlande d’établir des services d’automobiles sur routes. Le fait est que les habitants de la petite ville d’Enniskileu se proposent de créer un de ces services, au moins pendant les mois d’été, entre leur centre et Bundoran. Pendant Thiver, les voitures serviraient également, mais surtout pour l'alimentation des marchés.
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- On signale les heureux débuts du service d'automobiles entre Aberdeen et Eclit, dans l'état du New-Brunswick. Il paraît que les voyageurs se pressaient pour prendre place dans les premières voitures.
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- Le service des postes de Washington est en train d’étudier la possibilité et les avantages de l’adoption des automobiles pour la levée et le transport des correspondances dans tous les pays de l’Union américaine; ce serait une révolution dans l’organisation des postes américaines, et surtout on voit d’ici quelle aubaine ce serait pour l’industrie automobile yankee qui aurait à suffire à une semblable commande !
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- Avant peu, on va mettre en . service à Washington deux lignes d’automobiles qui desserviront un parcours considérable et qui feront une concurrence redoutable aux tramways classiques. Une des lignes sera desservie par des véhicules à accumulateurs électriques, et l’autre par des voitures à essence.
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- On s’occupe fort activement, en ce moment, dans la ville américaine de Des Moines, dans l’Etat d’Indiana, d’établir un service d’automobiles publiques jouant le rôle dévolu jusqu’ici exclusivement aux omnibus à traction de chevaux.
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- Un nouvel hôtel américain vient de recourir aux services de l’automobilisme pour assurer le ransport dès voyageurs qui le fréquentent aux
- gares de chemins de fer : il s’agit de l’hôtel Raleigh, de Washington, qui a demande pour cela des véhicules à la Washington Electric Vehicle Transportation Company.
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- Les négociants de Chicago qui demeurent dans la banlieue et qui arrivent tous les matins par les trains du Nord-Ouest ont été agréablement surpris l’autre jour en trouvant à la gare des omnibus électriques au nombre de dix qui s’ollVaient à eux pour les conduire dans le centre du quartier des affaires.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- L’Automobile belge ne semble pas avoir beaucoup d’enthousiasme pour les motodromes et autres automobilodromes. Voici comment s’exprime à ce sujet notre confrère :
- Le moment est-il déjà venu de livrer au public expérimentateur, massé dans les arènes, les produits de l'industrie automobile? Est-il bien nécessaire, à moins que l'on ne veuille enrayer et établir d’insurmontables entraves à l’essor de l’automobilisme naissant, est-il bien nécessaire de donner en spectacle devant quelques centaines, quelques milliers de spectateurs, la jouissance hilarante des pannes trop nombreuses, des caprices mystérieux des moteurs, ou encore des chauffeurs qui abandonnent volants et directions pour pousser leurs véhicules, la force humaine venant au secours de la, puissance mécanique?
- Il est prudent, il est impérieux d'attendre encore deux ou trois ans, avant de pouvoir commander aux moteurs de façon décisive.
- Et alors?
- Le moment de « faire tourner en rond » ne sera pas plus opportun. Les trafics, les actions moralement répréhensibles auxquelles se livrèrent directeurs, coureurs et entraîneurs de vélodromes renaîtront, et, à coup sûr, un nouveau souffle de malpropreté éloignera les spectateurs. Déjà de nos jours du reste l’on voit quelques « échappés » des courses vélocipé-diques ronronner sur le ciment.
- Rien d’anormal ne s’est encore passé. Mais l'on ne perdra pas pour attendre, comme il se dit communément. Laissons donc la route aux chauffeurs, au lieu de les convier en champs-clos, en dedans de quelques barrières où s’échelonne un monde payant.
- Le journal médical anglais Sanüary Record est franchement et entièrement favorable aux progrès de l’automobile : dans un de ses numéros récents, son directeur insiste sur les avantages hygiéniques précieux que donnera l’emploi exclusif des automobiles dans les rues des villes, et il est convaincu que cette transformation se produira avant qu’il soit bien longtemps, quoique le cheval ne soit pas sur le point de disparaître à la campagne.
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- Un correspondant An Motor Car Journal habitant Colchester en Angleterre, annonce en se réjouissant que l’on voit déjà circuler dans cette ville, chargés de marchandises de toutes sortes, des automobiles de poids lourd.
- Une publication spéciale anglaise qui est l’organe du jardinage, le Gardener’s Magazine, insiste en ce moment sur les services signalés que pourrait rendre l’automobile pour le transport dans les villes et notamment vers Londres, des produits maraîchers dont les producteurs se trouvent à une certaine distance d’une gare de chemin de fer. Il conseille à quelqu’un de tenter l’aventure dans le comté de Kent.
- Le Cycle Age indique un curieux moyen de réparer les pneumatiques. Laissons-lui-en la responsabilité et bornons-nous à reproduire son récit :
- Dernièrement, je faisais une excursion à la campagne, et, au bout de 80 kilomètres, j’eus le déplaisir de constater une perforation de mon pneu. Je mis pied à terre et je me rendis, ma machine à la main, à un atelier de serrurier situé à peu de distance. L’enseigne énumérait les divers travaux que pouvait exécuter le propriétaire de l’atelier, et portait, entre autres : « Réparation de bicyclettes. »
- L’homme de « l’art universel », après avoir essayé de coller trois ou quatre pastilles sur le pneu, dut s’avouer incapable de boucher la perforation. 11 se précipita chez lui, à deux pas de là, et revint avec une boite de lait condensé ordinaire; il enleva la valve et injecta le lait condensé dans le pneu.
- 11 remit la valve et se mit à gonfler le pneu, qui se trouva parfaitement étanche. J'ai laissé ce lait condensé dans le pneu, et il agit toujours pour empêcher les fuites. Il peut avec avantage remplacer tous les antipcrforants mis en vente jusqu’ici et il a l’avantage de coûter moins cher.
- Le lait condensé ne contient aucun principe de nature à abîmer le caoutchouc, et la température n’a aucune influence sur sa consistance.
- Du moment, dit The Automobile, que l’on interdit l’entrée des promenades publiques aux automobiles, pourquoi n’en fait-on pas autant pour les chevaux? Ils sont extrêmement dangereux ; ils prennent peur, souvent pour un rien, et jamais pareille chose n’arrivera à une automobile, si mal conduite qu’elle soit.
- Le célèbre journal de Londres le Spectator, en. vient lui aussi à célébrer les charmes de l’automobile : il fait remarquer que ce sport exerce une attraction quelque peu fascinante sur ceux qui commencent de s’y livrer, et que l’enthousiasme que l’on montre pour lui n’est point une question de mode, comme le disent tant de mauvaises langues. La possession d’une automobile augmente votre liberté d’action et supprime
- une grande partie des gênes de l’existence. Elle vous rend à l’individualisme complet.
- M. Shauxv, dans la Pall Mail Gazette, insiste sur les services que peut rendre l’automobile pour la traction des pièces d’artillerie; il reconnaît naturellement que l’emploi des chevaux est nécessaire dans bien des circonstances, mais par contre ils seront avantageusement remplacés le plus souvent par véhicules de traction mécaniques qu’il sera facile de protéger par un léger cuirassement.
- Notre confrère The Automobile insiste avec raison sur l’importance et le développement que prend de jour en jour l’industrie automobile : non seulement elle a donné lieu à la création d’usines et de manufactures fort nombreuses où d’énormes capitaux sont engagés, mais encore de simple véhicule de plaisir, l’automobile devient un mode de transport industriel, et l’expansion va être bien autre que celle que nous avons vue jusqu’ici.
- Le même journal donnait récemment une sorte de petit manuel de la dernière heure au chauffeur qui va partir en route : avoir en abondance tous les approvisionnements nécessaires, visiter tous les écrous et les boulons et s’assurer qu’ils sont serrés à bloc, ne pas oublier les outils et ustensiles de réparations, voir si les freins fonctionnent bien, en faire de même pour les connexions électriques, faire le plein de son réservoir avec de l’essence fraîche, inspecter les appareils de graissage, enfin visiter la chaîne et lui mettre du graphite, qui est un excellent lubréfiant. C’est du nouveau de l’autre côté de la Manche.
- TRIBUNAUX
- Nous ne parlons plus des condamnations du tribunal de simple police, maintenant que ce tribunal semble avoir renoncé à infliger aux chauffeurs en défaut, mais n’ayant pas causé d’accidents, la peine de la prison.
- Les tribunaux belges sont, en ce moment, plus impitoyables que les nôtres. Un chauffeur de Watermael, récidiviste, il est vrai, vient de se voir octroyer huit jours de prison et deux amendes de 30 francs chacune.
- Sous le coup d’une double contravention, l’une pour vitesse excessive, l’autre pour 1 absence de disque à la lanterne arrière, le chauffeur avait négligé de se faire représenter et s’est, laissé condamner par défaut.
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- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettre suivante :
- Nice, le 4 septembre 1900.
- Monsieur le Rédacteur,
- Je lis dans le numéro du 30 août de votre journal, une lettre signée « un fervent qui y passe souvent », dans laquelle notre Club semble être rendu responsable des lenteurs administratives pour ce qui est de l’éclairage du tunnel de Saint-Jean-la-Rivière ainsi que des difficultés qu’il a à combattre pour la création des dépôts d’essence annoncés comme devant être organisés. Je tiens à remettre les choses au point et vous serais obligé de publier cette rectification dans votre prochain numéro.
- Le tunnel de Saint-Jean-la-Rivière a été, à la suite de notre réclamation, augmenté comme éclairage de deux lampes de plus, qui, à mon avis, suffisent lorsqu’elles sont allumées, pour la direction des véhicules dans ce souterrain. Si l’administration des ponts et chaussées ne peut d’autre part entretenir toutes les routes, comme elle le désirerait, il faut en chercher la raison dans les faibles ressources budgétaires dont elle dispose pour le département. Nous avons eu la promesse de la part de l’aimable ingénieur en chef M. Aubé, de voir réaliser sous peu toutes les améliorations de routes que notre Club n’a cessé de réclamer.
- Pour ce qui est des dépôts d’essence, notre Club a réalisé l'installation des dépôts de Saint-Martin Vésubie, Roquesteron, Puget-Theniers et Rreil pour cette année-ci. II n’est pas facile en effet de décider les petits commerçants de nos montagnes à tenir à notre disposition une marchandise qui leur parait d’abord très dangereuse et dont l’écoulement, assez modeste en été, ne leur permet pas de trouver une grosse rémunération. Avec de la patience et de la persévérance on arrive à tout. Que votre correspondant s’inspire de cette pensée et n’incrimine pas ceux qui luttent contre la routine qui règne en maîtresse dans nos régions alpestres. Il les découragerait.
- Veuillez agréer, etc.
- Le président,
- J. G-oxdoin.
- Nous publions très volontiers la lettre du sympathique président de l’Automobile-Club de Nice. Qu’il nous permette seulement de lui faire remarquer que la lettre à laquelle il répond était adressée à notre confrère la Côte d’azur sportive et que nous avions mentionné son origine en la reproduisant.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — Nous recevons de MM. lalconnet, Pérodeaud et Cie une note très intéressante sur le choix et l'entretien des bandages de voitures-, l’importance de ces deux questions est indiscutable. Malheureusement jusqu’ici la plupart des intéressés n’ont d’opinions sur ce sujet que celles des prospectus des différents fabricants. Or, a quelques exceptions près, ces prospectus se bornent à affirmer que le système qui y est préconisé
- est la panacée universelle et que le meilleur parmi les autres ne vaut rien.
- Un grand nombre de systèmes présentent des avantages sérieux sanctionnés par la pratique. Toute la question est de choisir parmi tous les systèmes ayant fait leurs preuves ceux qui réalisent le mieux les conditions spéciales à satisfaire dans chaque cas particulier.
- MM. Falconnet, Pérodeaud et O qui fabriquent indistinctement tous les systèmes de bandages, pleins, creux, pneus, étaient particulièrement désignés comme compétence et absence de parti pris, pour exécuter ce travail.
- — lin important Congrès international de météorologie se tient à Paris du 10 au 16 septembre 1900. Le Comité international à Saint-Pétersbourg, en septembre 1899, a émis l’avis qu’il était utile de convoquer à Paris, à l’occasion de ce Congrès, les différentes commissions météorologiques instituées par la Conférence de Paris en 1896. En conséquence de cette résolution, les membres de la Commission d’aréostation scientifique se sont réunis à Paris, le 11 septembre, à l’hôtel de la Société d'encouragement pour l’industrie nationale, rue de Rennes. Cette conférence avait pour mission de discuter les résultats des expériences déjà exécutées et de fixer l’organisation ainsi que l’exécution des travaux futurs. Un programme provisoire a été communiqué préalablement aux membres de la commission dont le secrétaire est M. W. de Fonvielle, et dont le président est le professeur de Her-gesell, de l’Université de Strasbourg.
- — Un journal anglais indique le procédé suivant pour donner une grande mollesse au fer forgé :
- On chauffe le fer jusqu’à ce qu’il devienne rouge foncé et on le trempe ensuite dans un bain de savon ; on le porte de nouveau à la température ci-dessus et on le laisse ensuite se refroidir dans de la chaux en poudre. Le fer acquiert ainsi une extraordinaire mollesse et malléabilité.
- — D'après YOrgan für Oel und Felhandel, on peut préparer un bon enduit protecteur pour le cuir en opérant de la façon suivante : on broie d’abord quatre parties de litharge dans 200 parties d’huile de lin, puis on ajoute 1 partie de sulfate de zinc pour déshydrater, et l’on chauffe le tout pendant deux heures à la température de 100 degrés centigrades. Finalement on laisse refroidir, on ajoute 32 parties de benzine et la mixture est prête à être employée.
- — Nous recommandons aux chauffeurs quelques moyens pratiques de dégraissage des courroies en cuir :
- Placer la courroie dans un panier avec de la sciure de bois non résineuse et mettre le tout dans une pièce chauffée. La sciure pompe complètement l’huile d’imprégnation. Avec des courroies très huileuses, on renouvelle l’opération. On peut aussi plonger la courroie durant à à 5 minutes dans de l’eau à la température de 85 degrés et frotter ensuite le cuir. On décantera tout d’abord l’eau. Cette manipulation se répète tout au plus deux fois afin que le cuir ne devienne pas spongieux.
- Un troisième procédé consiste à porter la courroie dans une chambre chauffée à 40 degrés et, après libération de ses vésicules d’huile, à la frotter avec de la sciure de bois sèche.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 38.
- Le Numéro : 550 centimes
- 20 Septembre 1900
- LA LOCOMOTION
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- LA SEULE REVUE PUBLIEE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
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- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : OU SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, k9, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 38.
- Les automobiles de fabrication étrangère en Angleterre, Daniel Bellet. — Le rechargement des accu-mobiles, Emile Dieudonné. — Lclios. — Les voitures électriques Mildé, A Delasalle. — La transmission Valentine. — Le moteur Hansen. — Les courses. — Les courses de Brescia, la course de Semmering. — L’automobile aux manœuvres. — Exposition. — Les récompenses de l’Exposition de Brescia. — Automobiles sur routes. — A travers la presse. — Bibliographie. — Courrier industriel.
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- Les automobiles de fabrication étrangère
- EN ANGLETERRE
- L’industrie automobile prend une telle importance à l’heure actuelle qu’elle ne se contente plus de ses marchés nationaux et que, comme toute manifestation industrielle douée d’une vitalité réelle, elle a besoin des marchés étrangers. Il lui faut travailler pour l’exportation. Chaque fois que nous en avons eu l’occasion, nous sommes revenus sur cette question, ou plutôt sur ce côté de la question. Alors que nos voisins d’Angleterre ne possédaient pas une fabrique d’automobiles, et que pourtant ils s’intéressaient à ce moyen de locomotion, alors que le directeur du principal des organes de la presse technique anglaise Y Engineering nous demandait d’étudier dans ses colonnes les diverses voitures automobiles déjà construites en France et que, dans son désir de voir les industriels français se faire connaître dans tout le marché anglais, il nous donnait la possibilité de les représenter et de leur faciliter leur participation dans la première exposition d’automobilisme tenue au Cristal Palace, nous avions
- fait tous nos efforts pour secouer un peu l’apathie qui régnait dans le monde des constructeurs de notre pays, et pour leur montrer que l’occasion était magnifique pour habituer les Anglais à se fournir chez nous, autrement dit pour s’assurer un marché qui prendrait certainement un jour une importance de premier ordre.
- Malheureusement, et notre amour-propre n’est nullement en jeu, qu’on veuille bien le croire, nous avons un peu prêché dans le désert, et on a laissé les Anglais se mettre à fabriquer personnellement, pour répondre aux besoins de la clientèle qui se formait rapidement. Et pourtant nous devons nous empresser d’ajouter que les constructeurs anglais ne suffisent point à alimenter la demande du marché intérieur, puisque l’importation des voitures automobiles est réellement considérable sur le sol britannique, ainsi que nous allons le montrer par quelques chiffres : il en résulte que nos fabricants ont le plus grand intérêt à se tenir en relation avec ce marché qui a cet avantage tout particulier qu’il est libre de droits protecteurs.
- Nous prenons comme exemple un relevé donné récemment et qui représente le total des automobiles importées dans les divers ports de la Grande-Bretagne durant le mois de juillet dernier. Le seul port de Londres en a reçu soixante-dix, dont qua-rante-et-une venaient de New-York, cinq d’Ostende, treize d’Anvers, trois de Rotterdam, quatre de Paris, deux de Bruxelles et deux de Hambourg. Les lieux d’origine que nous mentionnons ainsi sont naturellement les ports d’expédition, et ne correspondent pas du tout forcément au lieu de fabrication. Le port de Liverpool de son côté a reçu une automobile de New-àork et une autre de Hambourg. Pour les autres ports anglais nous ne ferons pas de répartition et nous dirons seulement que dans l’ensemble il en est arrivé une de Calais,
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- une de Boulogne, une d’Anvers, cinquante de Dieppe, deux du Havre, autant de Hambourg et enfin une de New-York.
- Il serait facile de faire la totalisation générale, mais nous laissons ce soin au lecteur. Il verra que, si la France a une part prédominante, ce n’est pas de beaucoup et que la jeune industrie américaine a su prendre une place déjà considérable dans les ventes de machines étrangères sur le territoire anglais.
- Il est intéressant de savoir la valeur que représente ce mouvement considérable d’affaires entre les divers pays producteurs et le consommateur de Grande-Bretagne. Les cent trente-cinq automobiles qui sont entrées en Angleterre durant le mois que nous considérons sont évaluées à une somme totale de 20,337 livres sterling, ce qui correspond à plus de 650,000 francs. C’est là un chiffre vraiment énorme qui donne bien idée de l’importance du marché britannique, et encore les autorités les mieux placées pour juger de la question estiment-elles que le chiffre en question ne comprend pas les voitures achetées directement par leur propriétaire sur le continent et venues avec lui jusqu’au port de débarquement. On n’y comprend pas non plus les moteurs et les pièces détachées destinées à prendre place sur une automobile, et qui représentent assurément une valeur très élevée. Si on se base sur ces données et aussi sur les évaluations des organes qui connaissent le mieux ce commerce, comme notre confrère Autocar, on arrive à cette conclusion que, annuellement, l’Angleterre doit déjà acheter pour plus de six millions de francs de voitures mécaniques, moteurs pour véhicules, etc. Pourtant dès maintenant les constructeurs anglais fabriquent dans de bonnes conditions, comme nous en pouvons juger par les diverses voitures qu’ils lancent sur le marché, mais ils ne suffisent pas à la demande, et surtout ils ont encore négligé de commencer la production de modèles qui sont très demandés comme les voiturettes, et de ce chef l’étranger trouve encore ouvert devant lui un marché d’une grande importance, que nous ne pouvons nous dispenser de signaler de nouveau à l’attention de nos compatriotes, du reste sans le moindre espoir d’en être entendus plus que nous ne l’avons été précédemment.
- Daniel Bellet.
- Le rechargement des aecumobiles.
- De la possibilité offerte de ravitailler en cours de route les batteries d’accumulateurs résultera, par voie de conséquence, une expansion plus considérable et plus rapide de l’électromobilisme. Il faudrait, au préalable, dresser une liste aussi complète que possible de tous les postes où pourraient se recharger les accumulateurs, c’est-à-dire de ceux où un courant continu de 100 à 200 volts serait mis à la disposition des voyageurs. Cette pensée est venue à l’esprit de tout le monde.
- Nous avons notamment déjà parlé, ici meme, des intéressants itinéraires électriques que le Touring-Club de France est en train d’établir, itinéraires dont nous avons déjà donné quelques-uns. On s’en préoccupe également en Allemagne où l’on désire que l’association automobile allemande adresse une circulaire à chacun des propriétaires d’usines électriques pouvant servir de centre de ravitaillement, leur demandant :
- 1° S’il serait permis aux membres de l’Association de charger leurs accumobilcs avec leurs installations ;
- 2° A quel prix serait fourni le courant de charge ;
- 3° A quelle heure de jour ou de nuit a lieu la marche normale de l’exploitation, et si, en dehors du temps de fonctionnement, on pourrait disposer d’un courant de charge éventuellement fourni par des batteries d’accumulateurs fixes.
- Il n’v a pas de doute que, au bout de quelques années, notamment si une bonne organisation est créée dans cet ordre d’idées, l’électromobilisme électrique sera beaucoup plus pratiqué sur les routes de campagne, et qu’il constituera pour le propriétaire prévoyant d’installations électriques, une source de revenus non négligeables.
- Une initiative prise avec l’autorité dont jouit un club puissant d’automobiles, atteindra plus promptement le but et réalisera plus facilement l’accord entre les propriétaires d’installations électriques que des tentatives isolées.
- Tout le monde y trouvera son compte, les usiniers aussi bien que les touristes propriétaires de voitures électriques.
- Emile Dieudonné,
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- ÉCHOS
- La sous-location de la villa de F Automobile-Club de France est décidée en principe.
- Nous avions fait pressentir cette décision, qui mécontentera un grand nombre de membres du cercle.
- * *
- Le banquet des maires, qui va réunir aux Tuileries 22,000 convives, sous les hangars ayant déjà servi à l’ami Rives pour ses expositions d'automobiles servira d’occasion à une nouvelle application, gastronomique celle-là, des voitures à pétrole.
- Le maître d’hôtel en chef aura, en effet, deux voiturettes à sa disposition pour la surveillance de ce pantagruélique repas.
- ¥ ¥•
- Los membres du Congrès international d’Aéronautique ont été invités, mercredi dernier, par l’Aéro-CUub, à assister à un bal dans les salons de F Automobile-Club de France.
- •¥-. *
- Nous recevons la nouvelle édition de la petite brochure le Littoral sportif, guide de tous les sports, publié par notre excellent confrère la Côte d’azur sportive.
- Ce petit volume utile aux chauffeurs excur-sionnant dans la région comprise entre Marseille et San-Remo, retrouvera certainement cette année son succès accoutumé.
- t
- * -¥•
- Les Etablissements de Crédit auraient-ils l’intention de faire faire leurs services de voitures pour leurs agences parisiennes par des automo-’ biles?
- Nous avons rencontré jeudi dernier M. G-. B., chef de division de l’un de ces établissements, faisant gaiement sa tournée dans une automobile Gillet-Forest, que pilotait l’ingénieur de cette maison.
- * *
- On annonce, pour le 14 octobre prochain, l’apparition de F Auto-Vélo, le nouveau journal automobile et cycliste quotidien dont Desgrange sera le directeur.
- L’Auto-Vélo a confié sa partie automobile à Georges Prade.
- Le nouveau journal est plein de bonnes intentions. Il se propose de stimuler l’ardeur, un peu éteinte, de F Automobile-Club de France. Il compte également organiser beaucoup d’épreuves automobiles parmi lesquelles une grande course qui serait presque le tour d’Europe puisqu’on parle de lui donner comme itinéraire Paris-Berlin-Vienne et retour. Ce ne serait, du reste, que la
- réalisation d’un projet que F Automobile-Club de France n’a pas su mener à bonne fin.
- V- *
- Nous avons le plaisir d’apprendre le mariage de M. Désiré Korda, ingénieur, chef du service électrique de la Cie de Fives-Lille, avec Mllc Jeanne Léoboldti.
- M. Désiré Korda a été, en 1895, membre du Comité de la course Paris-Bordeaux.
- * •¥•
- Une nouvelle roulotte à pétrole vient d’être construite par un constructeur de Vierzon.
- * *
- L’édition de 1900 de l’Ann uaire général de l’Automobile vient de paraître chez Thévin et IToury, 21, rue du Louvre, Paris.
- L’ouvrage contient la liste complète des constructeurs de la France et de l’étranger, la liste des fabricants et marchands de matières premières, accessoires, pièces détachées, etc., et tous les autres renseignements utiles à quiconque s’occupe d’automobile à quelque titre que ce soit.
- * *
- Un curé dans le mouvement. G’êst celui de Rochefort, en Belgique. Le digne desservant conduit lui-même son automobile en passant une casaque de cuir par-dessus sa soutane.
- Cela ne l’empêche pas de s’acquitter très bien de ses fonctions, bien au contraire, et d’être très aimé de ses paroissiens. .
- *
- * *
- La Belgique commence à se préoccuper sérieusement d’améliorer ses routes. Deux grandes voies de communication vont relier Ostende et la Flandre à la France. »
- Le tronçon d’Ostende à Snaeskerke (Ç kilom, 600 m.) communiquant par Nieuport à Dunkerque, parle canal, va être converti en macadam.
- D’autre part, la route de Snaeskerke a Menin (45 kilomètres par Thourout et Roulers aboutissant à Lille, va être également empierrée.
- Un crédit de 1,200,000 francs sera demandé aux Chambres pour ces travaux importants.
- La route d’Ostende à Blankenberghe (16 kilomètres) par l’avenue du Congo, Den Haan et Wenduyne est sur le point d’être terminée.
- Le tronçon reliant Ostende à Snaeskerke sera' terminé avant l’été prochain et la section de1 Snaeskerke à Menin sera commencée cet hiver.
- * ? " * - ' ' , f
- Au cours des manœuvres de l’armée bélge qui se déroulent actuellement en Sambre-èt-Meuse,' on a remarqué deux officiers suivant les opérations en voiturette, l’un d’eux avait fait installer un pupitre dans son véhiculet ' " !
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- Cet essai a fort intéressé l’état-major, qui a demandé aux officiers en question un rapport détaillé sur les services que peuvent rendre les automobiles en campagne.
- Des véhicules de poids lourds ont également pris part aux manœuvres avec le plus grand succès.
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- . Une société médicale automobile est en formation en Belgique. Elle a pour objet de décider les médecins belges à se servir de voitures automobiles en les leur procurant par série et par conséquent à des prix spéciaux.
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- Notre excellent confrère belge VAutomobile illustré, fondé en 1896 par Ch. Craninckx, entre dans sa cinquième année existence.
- Profitons de l’occasion pour remercier ce journal de 1a. très aimable note qu’il consacre au petit volume de Gaston Sencier : Le concours de moteurs de la Locomotion Automobile.
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- Le canton de Graunbunden, en Suisse, vient de prendre une ordonnance défendant la circulation des automobiles sur son territoire.
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- La fabrique Benz, de Manheim, vient de distribuer cette année un dividende de 10 pour 100, ce qui prouve l’importance de la construction automobile en Allemagne.
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- Le champ de manœuvres de Schœneberg, en Saxe, est utilisé pour un certain temps comme terrain d’exercices militaires automobiles. Huit véhicules y sont employés au transport des matériaux de construction. Officiers et sous-officiers se familiarisent avec les appareils automoteurs.
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- Ce n’est pas seulement en France que les automobiles essayées aux grandes manœuvres font ramasser des bûches aux généraux.
- Aux manœuvres autrichiennes, l’automobile où se trouvaient les généraux directeurs des manœuvres a tamponné l’automobile des arbitres. Trois officiers ont été grièvement blessés. Ce sont les généraux Bihar etStoffar et le major-général Kobra. Le général Bihar a plusieurs côtes cassées et de graves lésions internes.
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- Le ministère de la guerre autrichien a fait subir à une automobile Bollée, destinée au service de l’armée, une marche forcée sur la route de Vienne à Przemysl eu Galicie. Dans ce parcours, les chaînes montagneuses du Tatra et des Car-pathes ont été franchies deux fois. Les rampes
- sont très accusées. Sur une longueur de 1500mètres existe une différence de niveau de 250 mètres, soit une inclinaison de 16,5 pour 100. La déclivité atteint par endroit 19 pour 100. Le voyage a été fait en trente-deux heures, sans aucun autre retard que celui causé par la réparation d’un pneumatique. Le poids de l’automobile en ordre de marche, y compris celui de trois personnes, s’élevait à 1600 kilogrammes. Les routes, en Hongrie, étaient très bonnes, en Galicie, au contraire, elles étaient pour la plupart en fort mauvais état. Dans cette dernière province, les conducteurs de la voiture ont éprouvé quelques difficultés dans leurs rencontres avec les chevaux et les indigènes. L’épreuve a complètement satisfait les membres du comité chargé, par le ministre de la guerre, de suivre ces essais.
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- M. Nicolas Orlowsky est parti le 12 juillet à motocycle de Saint-Pétersbourg pour Paris. M. Orlowsky ne tient pas à créer un nouveau record; il a tout simplement pour but de faire tout ce voyage à motocycle sans se servir du chemin de fer. Le départ a eu lieu à 11 heures du matin.
- Le temps est très pluvieux à Saint-Pétersbourg.
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- On nous annonce que l’on prépare actuellement la formation d’un Automobile-Club sur les rives de la Tyne.
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- Ce qui prouve l’intérêt et la curiosité que les automobiles excitent en Angleterre, c’est qu’il n’y a, pour ainsi dire, pas une fête de charité où quelque chauffeur ne trouve moyen de faire une ample recette pour l’œuvre charitable, en promenant, contre rémunération, les visiteurs dans sa voiture. C’est encore ce qui vient de se produire à Littlestone-on-Sea, près Eolkestone, oùM. Butler a pu recueillir de la sorte une somme de plus de 70 francs en une soirée.
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- La société anglaise formée en Angleterre pour la vente des voitures de Dion et Bouton, pour pousser à la vente de ces véhicules, prépare une liste de toutes les maisons susceptibles de réparer ces voitures et de vendre leurs pièces détachées.
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- L’automobile vient de faire une nouvelle recrue d’importance en Angleterre, en la personne de M. A. J. Balfour, l’homme politique bien connu.
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- Nous avons dit que le prince de Galles est devenu un chauffeur pratiquant. Il y a déjà plusieurs années qu’il s’intéresse au mouvement automobile, puisque dès 1896 il avait fait une
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- promenade dans une auto lors de l’exposition qui se tenait à l’Imperial Institute.
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- On ne saurait trop recommander aux chauffeurs de ne pas se livrer sur les routes à des excès de vitesse regrettables : sans cela, ce sont les sages qui payent pour les fous. C’est ce qui se passe en Angleterre, dans le district de Morpeth, où le conseil municipal est en train d’étudier un règlement assez strict, tout simplement parce que quelques chauffeurs, passant dans la région, ont parcouru les routes comme des enragés.
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- M. Mecredy et le docteur Colohan viennent d’accomplir un haut fait : ils ont, avec une voiture Daimler d’une tonne exécuté l’ascension de la rampe de Garntual, dans le comté de Kerrv, en Irlande, rampe quia une inclinaison d’un pied par cinq pieds, autrement dit un cinquième. Il faut ajouter que la route qu’il suivait est large de 3 mètres et demi, quelle est bordée d’un précipice et qu’il n’y a pas à songer à s’y retourner si on ne réussit pas à la monter.
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- Confirmant ce que nous avons dit de l’automobile en Italie, un consul de la Grande-Bretagne vient de conseiller à ses compatriotes de suivre ce mouvement, en leur affirmant qu’il y aurait un marché de première importance à prendre dans la Péninsule. Avis à nos fabricants qui n’ont pas écouté, jadis, ce que nous leur disions à propos de l’Angleterre.
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- La Lancashire Steam Motor Company de Ley-land vient de modifier assez sensiblement son type bien connu et décrit ici de camion automobile. Le moteur est horizontal au lieu d’ètre vertical et le combustible employé est maintenant du coke au lieu de pétrole. Toutefois, les autres caractéristiques des camions construits actuellement ne sont pas assez différentes des anciennes pour que nous renouvelions une description déjà faite.
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- Une annonce caractéristique vient de paraître dans un journal commercial anglais. « Le chef d’une maison qui désire envoyer ses représentants parcourir le pays, voudrait trouver un propriétaire d'automobile avec lequel il pourrait s’entendre pour un voyage de trois mois. »
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- M. Charles Hensaw vient de se livrer à une expérience intéressante : il est allé avec un tricycle de Dion-Bouton de Boston à Manchester dans l’Etat de New-Haven, et il a effectué ce parcours de 56 milles en un peu moins de trois heures et demie ; il faut dire que les routes étaient
- fort mauvaises dans certaines parties et que parfois ses roues enfonçaient dans une épaisseur de 10 centimètres au moins de sable. Ses dépenses ont été en tout de 26 cents, autrement dit à peu près 1 fr. 30, alors que le tarif par chemin de fer pour franchir cette même distance est de 1 dollar 25 !
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- L' Aulomotor Journal, à propos du volume de Gaston Sencier sur le Concours de moteurs de la Locomotion Automobile, dit que ce concours a été une œuvre utile et se plaçant à un point de vue général, insiste sur l’intérêt qu’il y aurait à multiplier les concours de ce genre.
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- L’honorable Léopold Canning, membre du Parlement anglais, est un enthousiaste d’automobile, et il chante sur un mode bien amusant ses impressions de chauffeur faisant de la vitesse : « On a la sensation de l’oiseau qui vole, dit-il, on se sent tout changé, on n’est plus le même homme, l’appétit vous vient au fur et à mesure que vous volez et, le lendemain matin, vous vous réveillez refait de toutes les fatigues qu’a pu vous imposer la vie quotidienne. »
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- Le conseil ou comité des travaux qui a la surveillance de la rue de la Cité de Londres, bien connu sous le nom de Strand, vient de recourir aux services d’un tonneau d’arrosage automobile qui excite l’enthousiasme des gamins et l’étonnement des passants.
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- La promenade automobile faite récemment en Irlande par lord et lady Iveagh est tout un événement; les journaux du pays sont pleins de détails sur l’excursion et le passage des voyageurs dans les diverses parties de l’ile sœur, et ils font du reste remarquer que la voiture, dans cette contrée où on connaît si peu les autos, n’a pas causé le moindre accident.
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- On signale avec beaucoup d’éloges aux Etats-Unis le nouveau moteur Cowdrey. Il paraît qu’il a tout particulièrement cet avantage de présenter une grande élasticité, et si, par exemple, un moteur donne normalement 2 chevaux, il pourra au besoin en développer rapidement 8, en forçant un peu.
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- La ville de Bridgeport aux États-Unis va sous peu posséder un nouveau règlement sur la vitesse des automobiles ; ce règlement spécifie que cette vitesse ne pourra pas dépasser 7 milles à l’heure (M kilomètres environ) dans un rayon de 1 mille autour de la gare.
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- VOITURES ÉLECTRIQUES MILDÉ
- La caractéristique essentielle des nouvelles voitures JVlildé est un avant-train moteur et
- directeur, portant en même temps les accumulateurs. Chaque type de châssis est étudié afin de permettre un facile changement des caisses; il est constitué par un cadre entretoisé en hois et en acier; suivant la nature du type de voiture, il n’v a de modification que dans l’appareil de
- Duc vis à vis Mildé.
- commande qui ne se trouve pas directement au- Le châssis se rattache à la caisse par une dessus de l’avant-train, quand la caisse est sans flèche coudée ou droite, fixée sous le fond de la siège de conducteur en avant. voiture d’une façon très solide, et terminée par
- Milord Mildé.
- un œil articulé dans lequel s’engage une cheville ouvrière démontable, et maintenue de telle sorte que l’arrière de la voiture peut se placer facile-
- ment dans un autre plan que l’avant, et suivre sans secousses les accidents du terrain.
- L’essieu de l’avant-train est coudé et supporte
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- le mécanisme par deux ressorts à rouleaux; droit, par l’intermédiaire de deux mentonnets, l’arrière-train, au contraire, repose sur un essieu deux mains et deux ressorts en forme de c.
- Voiture Mildé. Vue en élévation.
- Les trois types différents de voiture à avant- place qu’occupe le siège du conducteur, qui est
- train moto-directeur sont caractérisés par la rattaché à la caisse et se trouve en porte à faux
- S
- Châssis d’avant-train Mildé pour coupé, cab, milord, voilure de livraison. Vue en plan.
- au-dessus de T avant-train (type n° 2), ou fait (type n° 3), ou Lien se trouve au-dessus de
- partie intégrante de celui-ci et tourne avec lui l’arrière-train (type n° 4).
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Moteur. — Le moteur est du type'différentiel à deux induits dont les arbres indépendants sont placés dans le prolongement lTin de l’autre, et qui se déplacent dans un champ magnétique unique. L’excitation des inducteurs se rattache au genre compound, c’est-à-dire, comprend un enroulement série et un enroulement shunt, le premier étant pourvu d’un shunt, qui, placé en parallèle, a pour but d’augmenter, pour un couplage donné, la vitesse du moteur.
- Le dispositif des deux induits indépendants supprime tout différentiel, ainsi que nous l’avons déjà exposé maintes fois, la répartition du couple moteur entre les deux roues motrices se faisant, automatiquement.
- Les moteurs ont des puissances variant de 1700 à 3800 watts; ils fonctionnent sous 76 volts et ont les constantes ci-dessous :
- Moteur D' 1200 tours 3800 watts poids 170 ldi.
- — I)2 1600 tours 2400 watts poids 120 ki],
- — D3 1750 tours 1700 watts poids 80 kik
- La transmission du mouvement des roues de l’avant-train se fait par l’intermédiaire de deux pignons calés à l’extrémité de l’arbre de chaque induit et attaquant directement la couronne
- dentée placée sur le moyeu de chaque roue.
- Pour le type 1 (voiture de poids lourds), avec moteur P', le rapport de réduction est de 1/15, donnant 80 tours par minute à la roue ; ce type est à arrière-train moteur et avant-train directeur.
- Pour le type 2 (voitures à conducteur sur siège séparé), moteur D2, le rapport est de 1/17 donnant 95 tours à la roue.
- Pour le type 3 (voitures légères), moteur D3, le rapport est de 1/18, donnant 106 tours par minute à la roue ; le même moteur, dans le type 4, a sa vitesse transmise avec une réduction de 1/16,5.
- Combinateur. — Quel que soit le type, le combinateur est unique; son axe est concentrique à celui de la tige de direction. Il est renfermé dans un carter en aluminium et constitué par un cylindre avec plots sur lesquels frottent des balais, disposés de telle sorte que les étincelles dues aux extra-courants de rupture causent des détériorations très faibles.
- Les combinaisons qu’il permet d’effectuer sont indiquées ci-dessous, les chiffres indiquant les numéros du coupleur, la batterie étant toujours en tension et une résistance étant intercalée dans le circuit principales pour certaines vitesses.
- POSITION DD COUPLEUR ROLE BATTERIE 2 INDUITS EXCITATION SHUNT EXCITATION SÉRIE RHÉOSTAT SHUNT DE L'EXCITATION SÉRIE
- — 2 1° Vitesse arrière en tension en tension inversés en dérivation aux bornes de la batterie en circuit en court-circuit hors circuit
- — 1 Démarrage arrière » » “ » en circuit »
- 0 Arrêt circuit ouvert circuit ouvert » circuit ouvert circuit ouvert »)
- 000 2° Frein » en tension ” en circuit fermé sur les deux induits et inversé en court-circuit »
- l par rapport
- 00 1° Frein )) )) » à leur sens de marche avant en circuit )>
- 0 Arrêt » circuit ouvert » circuit ouvert circuit ouvert »
- 1 Démarrage avant en tension en tension » en circuit en circuit »
- 2 Petite vitesse » » » » en court-circuit »
- 3 Vitesse moyenne » » » » )) en circuit
- 4 -> en parallèle -* » en circuit hors circuit
- 5 Vitesse normale » ,, » » en court-circuit »
- 6 Grande vitesse » )) » » » en circuit
- 7 Récupération » en tension » en court-circuit » hors circuit
- On est obligé dans le cas du freinage d’inverser le sens du courant dans l’enroulement série, les dynamos série fonctionnant comme moteur, en sens inverse de leur marche en génératrice.
- Freins. — Outre le frein électrique et la récupération qui forme frein à l’avant-train, un frein mécanique à lame agit sur les moyeux de l’arrière-train ; il est commandé par une pédale qui
- coupe le courant et opère le freinage progressivement avec un .encliquetage qui maintient la voiture bloquée.
- Accumulateurs. — Les accumulateurs sont d’un type nouveau, système Heinz; nous attendrons pour les décrire des renseignements précis ; ils sont disposés dans une caisse unique, assujettie sous le châssis de l’avant-train par des
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- tiges qui soulagent les câbles de tirage, actionnés par un double treuil commandé par un rochet à déclic.
- Direction. — Pour les voitures dans lesquelles le siège du conducteur fait partie de la caisse, la direction est obtenue par une tige verticale, un volant et une roue dentée qui, par une chaîne et un double pignon disposé en dessus et en dessous de la flèche, actionne une crémaillère entraînant l’avant-train dans sa rotation autour de la cheville ouvrière dont nous avons parlé précédemment.
- Dans les types n° 3, la seule différence est que le conducteur ayant son siège solidaire de l’avant-train fait toujours face à la direction du mouvement.
- Dans le type n° 4, où les appareils de commande sont à l’intérieur de la voiture au-dessus de l’avant-train. le double pignon est en dessous de la flèche droite et engrène avec la crémaillère dont la denture est tracée en dessous du plan inférieur du châssis.
- A part ces quelques variantes, le principe reste le même et permet d’obtenir des virages de 45° dans chaque sens; la présence du moteur différentiel aide au mouvement et diminue les chances de dérâpage, l’adhérence étant très bonne pour le train directeur.
- La présence de la batterie abaisse en outre le centre de gravité qui se trouve en dessous du plan médian de la roue.
- Poids. — Les voitures de service public (type 2) pèsent entre 1450 et 1550 kilogr. à vide; elles permettent le transport de quatre voyageurs.
- Leur consommation annoncée est de 60 watts-heure par tonne-kilomètre de poids total en
- palier. La répartition de la charge est de 66 0/0 à l’avant, 33 0/0 à l’arrière.
- Type n° 3. (Voitures légères de service urbain.) — Poids en charge 1200 kilogr., dont 250 kilogr. pour deux voyageurs et le conducteur. Consommation spécifique, 67 watts-heure par tonne-kilomètre de poids total en palier.
- Type n° 4. (Voitures de promenade, duc vis-à-vis, phaéton). — Poids en charge, 1100 kilogr., dont 200 à 230 kilogr. pour les voyageurs. Consommation spécifique, 67 watts-heure.
- Quel que soit le type, les consommations restent voisines d’une valeur faible ; une voiture du type n° 3 devant prendre part au concours des fiacres, il nous sera possible de vérifier cette valeur et de s’assurer des bonnes conditions de fonctionnement en service public, puisque c’est beaucoup à cette application que la maison Mildé destine ses voitures qui, par leur montage spécial, semblent être d’un entretien et d’une visite facile, en même temps que les frais de main-d’œuvre paraissent devoir être excessivement bas.
- A. D.
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- LA TRANSMISSION VALENTINE
- Au premier coup d’œil, sans doute, nos lecteurs vont en comprendre la disposition essen-
- tielle et caractéristique : pas d’engrenages, pas de chaînes; c’est simplement le frottement qui commande les quatre roues du véhicule et les rend toutes les quatre motrices. Le brevet en appartient à M. Waldow-Valentine, de Washington.
- Bien entendu, et il le fallait, les quatre roues sont articulées au bout de leurs essieux respectifs, à la façon des roues d’avant-train. On peut voir facilement que la force motrice développée par le moteur est transmise à un arbre auxiliaire qui se trouve exactement^ entre (lesfcdeux essieux et
- parallèlement à eux ; à chacune de ses extrémités est une roue de frottement qui se trouve en contact avec le bandage d’une roue avant et d’une roue arrière. Près de chaque roue, intérieurement, et sur l’arbre auxiliaire, entre un collier fixe et la roue de friction, est un collier mobile sur lequel sont articulées les tiges des leviers de commande des essieux brisés. Pour diriger le véhicule, on fait mouvoir le contre-arbre d’un côté ou de l’autre, et l’on saisit aisément ce qui se passe sans que nous insistions. Comme le montre sommairement le dessin que
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- nous avons reproduit, des ressorts forcent constamment les roues à s’appliquer sur les disques de frottement.
- Bien entendu, il peut y avoir des inconvénients réels à cette disposition; il faudrait aussi une amélioration secondaire de l’invention pour donner aux roues des angles l’inclinaison un peu variable. Mais, assurément, l’idée est curieuse.
- D. Bellet.
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- LE MOTEUR HANSEN
- La petite pompe n2, visible à droite de la figure 2, refoule le pétrole au pulvérisateur
- visible en haut de la figure 1. L’aspiration d’air atmosphérique se fait par la tubulure G. Le moteur est à quatre temps. L’air carburé descendant par la tubulure H reçoit, au moment de son arrivé à la soupape d’aspiration I, une addition d’air frais par l’orifice J. L’échappement se fait par K, dont la tige h est commandée, de b, par le doigt d (fig. 3), et commande par nn' la pompe à pétrole, et b est commandé, de l’arbre moteur, par un excentrique à 90° en avant de la manivelle motrice. Pendant la compression d, engagé,
- Fig. 2.
- comme le montre la figure 3 en i', par le levier I', pivote en i sur h, est rappelé par l sur m et ne
- Fig. 3.
- soulève pas h ; au bas de la course motrice, d lâche i' et le ressort e le ramène (fig. 4) dans
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- l’encoche g' de h, de sorte que, au retour de b, d soulève h et ouvre l’échappement, en même temps qu’il soulève m par m3, de manière à déclencher de m' en P, le levier I' qui, rappelé par l, reprend après l’aspiration la position (fig. 3) pour la prochaine compression. Quand la machine s’accélère, le régulateur-pendule O'o, articulé en o sur le levier p'P, reste en arrière, de sorte que son doigt o2, enclenchant R en r' à la montée de b, appuie sur g le taquet élastique S,
- Fig. 4.
- qui, à la descente, retient g par g2 et empêche ainsi la fermeture de l’échappement.
- C’est évidemment ingénieux mais cela nous semble bien compliqué.
- COURSES
- La course de Brescia.
- (De notre correspondant particulier.)
- Les prix de la course de Brescia ont été donnés sans fête, à cause de la mort de Caffarati.
- En voici la liste complète :
- Soncin : tricycle, lr0 catégorie, 100 fr. et don des demoiselles de Brescia pour vitesse. — 300 fr. Médaille de l’Àutomobile-Club de Turin. Médaille de l’Aiito-mobile-Club de France, résistance.
- Baron Albert Franchetti : voiture, 5° catégorie, vitesse, 100 fr. — Voiture, résistance, 500 fr. Grande médaille de l’Automobile-Club de France. Grande coupe en argent de Frédéric Johnson, président du Touring-Club italien.
- Hector Nagliati : 2e catégorie, voiturette, vitesse, médaille d’or. — Le 9 : résistance, tricycle, 15 fr. — Le 10 : résistance, voiturette, 200 fr. Médaille de F Automobile-Club de France. Médaille d’or de l’Automobile-Club de Padoue.
- L. Gasté : 2° catégorie, tricycle, médaille d’or et don du baron Franchetti. — Résistance, tricycle, médaille d’or.
- G. Lancia : 2° catégorie, voiture, médaille. — 2“ catégorie, résistance, voiture, 300 fr.
- Soncin, H. Nagliati, A. Franchetti, L. Gasté, G. Lancia (temps minimum employé dans toutes les courses) gagnent les cinq coupes du Carrière délia Sera, grand journal de Milan.
- H. Nagliati : lro catégorie, voiturettes, coupe du Carrière délia Sera.
- L. Mazzoleni : irô catégorie, motocyclette, vitesse, grande médaille or.
- G. Masserati : 2° catégorie, motocycle, vitesse, médaille or. — lr0 catégorie, résistance, motocycle, 100 fr. et médaille d’or donnée par la Société « force et constance » de Brescia.
- L. Montu : 3e catégorie, tricycle, vitesse, médaille d’argent.
- Hector Bugatti : vitesse, tricycle, médaille d’argent.
- E. Languinetti : 4e catégorie, résistance, tricycle, médaille d’or de la fabrique L. Storero. Turin.
- Baron A. Monti : lro catégorie, quadricycle, vitesse, 100 fr. — lre catégorie, résistance, quadricycle, 300 fr. et médaille de T Automobile-Club de France. Médaille d’or du Club automobile de Milan. Médaille or de la fabrique Prinetti Stucchi, de Milan.
- V. Benedetti : 2° catégorie, vitesse, quadricycle, médaille d’or. — 2° catégorie, résistance, quadricycle. 150 fr.
- Isotta et Frascliini : lr0 catégorie, voiturette, 100 fr. — 3° catégorie, résistance, voiturette, 100 fr.
- Joseph Fraschini : 2e catégorie, résistance, voiturette, 200 fr.
- Chevalier Tonietti : 3e catégorie, vitesse, médaille d’argent. — 3° catégorie, résistance, voiture, 200 fr.
- Les frères Marchand : 4° catégorie, résistance, voiture, médaille d’or.
- L. Storero : 3° catégorie, voiturette, vitesse, médaille d’argent.
- La fabrique Pernetti et Stucchi, de Milan : coupe en argent et diplôme du journal la Gazzetta dello Sport, Milan, pour le moteur ayant obtenu le plus grand nombre de prix dans les lro et 2° catégories.
- A. T. . ,
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- Notre correspondant d’Italie nous envoie le récit d’un amusent incident survenu dans la course de Brescia.
- C’est l’histoire de l’avocat François Carpani qui, parti en tri à pétrole, rencontre, à 3 kilomètres de Brescia, un bœuf conduit à la main. Le bœuf prend peur. Le motocycliste a plus peur que lui, plante son tri au milieu de la route et se réfugie derrière un poteau télégraphique auquel il se cramponne pour se laisser doucement glisser dans le fossé. Pendant ce temps, le bœuf est devenu furieux. Deux gendarmes, le sabre à la main, exécutent contre lui une charge de cavalerie sans résultat. Heureusement que deux paysans, arrivant avec des cordes, maîtrisent l’animal et mettent fin à l’incident. L’avocat Carpani peut alors reprendre possession de son tricycle et regagner Brescia.
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- La course du Semmering'.
- Le dimanche 7 septembre a été donnée à Vienne, par l’Automobile-Club Autrichien, la grande course de côte du Semmering qui obtient chaque année en Autriche un succès énorme et dont nous avons donné le programme complet.
- Les engagements avaient réuni 28 concurrents répartis en cinq catégories.
- Motocycles, touristes, électriques, voiturettes, motocycles avec avant-train.
- Parmi les engagés, nous relevons le nom de Marcellin, qui défendait dans la catégorie moty-cycles les couleurs françaises contre toute une pléiade de chauffeurs autrichiens, parmi lesquels le champion motocycliste autrichien Jacob Die-trich qui, lors de la dernière course de côte à Exelberg, avait vivement inquiété Gasté. Cette fois-ci, Jacob Dietrieh a battu Marcellin qui n’a pu que se classer second. Dans la catégorie touristes, figurait le docteur Stem, le vainqueur de la course Salzbourg-Vienne, qui s’est classé premier de sa catégorie, et dans les voiturettes se trouvait M. Arnold Spitz, gagnant de plusieurs courses de motocycles, arrivé seulement.
- La course de côte se faisait dans la montée du Semmering, près de Vienne. Nous avons publié le plan de son itinéraire. Le départ a été donné à dix heures et demie à Schottwien.
- Le parcours est de 10 kilomètres d’une rampe de 4 à 7 0/0.
- Voici les résultats :
- Motocycles : 1. Jacob Dietrieh, en 14 m. 38 s. 4/5; 2. Marcellin, en 15 m. 54 s. 3/5; 3. Mandl, en 16 m. 43 s. 3 5; 4. Warchalowsky, en 22 m. 14 s.
- Voitures {touristes) : 1. Dr. V. Stern, en 16 m. 57 s.; 2. Dr. Suchanek, en 21 m. 1 s. 1,5; 3. Lucolf, en 24 m. 24 S. 4/5.
- Electriques : l. Langlais, en 22 m. 27 s. 1/5 ; 2. Hans Theyer, abandonné; 3. Ferdinand Porsche crève ses pneumatiques et abandonne.
- Voiturettes : 1. Rudolph Stary, en 22 m. 49 s. 2/5; 2. Arnold Spitz, en 22 m. 53 s.; 3. John E. Kirsch, en 28 m. 5.; 4. Joseph Jellinek, en 29 m. 40 s. 4/5; 5. Weiser, en 49 ni. 1 s. 4/5.
- Les concurrents par catégories partaient séparément à des intervalles de deux minutes. Entre deux catégories successives, le départ avait lieu après une pause de cinq minutes.
- Dans chaque catégorie, les prix consistaient en un prix d’honneur pour le premier arrivant, une médaille d’argent pour le deuxième et une de bronze pour le troisième.
- Pour le meilleur temps, attribution était faite d’un prix de voyage dont nous avons extérieurement indiqué les conditions d’obtention.
- L’épreuve des électromobiles suscitait un intérêt particulier, parce qu’une voiture française se trouvait en concurrence avec quelques représentants de la fabrication autrichienne. Elle a amené quelque désillusion. La wagonnette Jena-tzy est seule arrivée au but, les deux autres voitures autrichiennes ont éprouvé des accidents qui les ont malheureusement obligées à abandonner la course*
- Jeudi dernier, course de canots automobiles à Vincennes, sur le lac Daumesnil.
- U y a eu trois courses :
- lre catégorie, bateaux au-dessous de 6m,50 de long, sans distinction de moteur, 2 tours (3800m). Prix : 150, 75 et 25 francs.
- 2e catégorie, bateaux de 6m,50 à 8 mètres,
- 2 tours (3800m). Prix : 150, 75 et 25 francs.
- Omnium pour bateaux de toutes dimensions,
- 3 tours (5700m). 4 prix : 150, 75, 50 et 25 francs.
- Voici les engagements :
- lrc catégorie, au-dessous de 6m,50 :
- Abeille I (Dalifol), X. (Lein), Tempête (Vasseur), Surprise (Dumas), Marie-Louise (Baum-garten), Denise (Seyler), Richard (Vallet).
- 2e catégorie, de 6m,50 à 8 mètres :
- Abeille II (Blondeau), Lionne (Denouille), X. (Pérignon).
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- Dernièrement, en Italie, comme complément de la première journée de courses de chevaux de Livourne, on a organisé et fait courir deux courses de voitures automobiles : la chose est assez amusante à noter.
- X
- L’assemblée générale de l’Union automobile de l’Europe centrale qui doit se tenir à Dresde est fixée au dimanche 30 septembre. Les propriétaires d’automobiles qui, à cette occasion, viendront à Dresde avec leurs véhicules seront reçus par leurs confrères de l’Association des propriétaires d’automobiles de Saxe qui leur offrent le gîte pour eux et leurs voitures, leur fournissent les éléments d’alimentation de leurs moteurs, soit benzine, soit énergie électrique, etc. Le comité des réjouissances de l’Exposition allemande de construction a promis de procéder aux préparatifs d’une fête spéciale et a l’intention, en outre, d’organiser une parade fleurie et éventuellement une excursion dans les environs de Dresde. L’action de la réunion aura pour principal objectif le développement scientifique, sportif et collectif de l’automobilisme. Dans ce but, le club se propose de fonder une commission d’examen qui aurait des représentants dans les divers principaux cercles qui délivreraient des certificats d’épreuves relatifs à la sécurité d’exploitation des véhicules et à l’aptitude des conducteurs à se servir de leurs appareils. L’association s’efforce aussi d’obtenir l’agrément des autorités en faveur de cette commission autant pour instituer les essais dans des conditions favorables que pour passer des contrats en vue des accidents et des pertes. Les statuts stipulent encore que, dans le cas, où une course n’aurait pas été organisée avec toutes les précautions nécessaires, les promoteurs de cette course seraient exclus du club si la transgression de l’ordre adopté entraîne des désagréments. En un mot, l’association prétend organiser méthodiquement tout ce qui se
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- rapporte au développement progressif de l’industrie automobile.
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- Le duc Victor von Ratibor a offert quatre médailles d’or aux quatre premiers de la course Berlin-Aachen. La création de ces prix témoigne une fois de plus le vif intérêt que le prince prend aux choses de l’automobile. Ces médailles ont été attribuées aux maisons Cudell, de Dietrich, Diirkopp et Eisenach.
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- Lors de la course Berlin-Aachen, le comte de Talleyrand-Périgord a parcouru la distance de 558 kilomètres qui sépare Hanovre d’Aachen en douze heures, sur une automobile mise à sa disposition par la Compagnie continentale de Hanovre.
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- On a compté les cas de mort survenus pendant la course de Berlin-Aachen. Rassurons tout de suite les âmes sensibles, il ne s’agit pas d’hommes, de malheureux animaux ont seuls été victimes de la course : 1 vache, 2 cochons, 3 moutons, 16 chiens, 23 poules. Quel massacre !
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- L'automobile aui maDœuïïes.
- Le grand succès des manœuvres de cette année, c’est la voiturette Renault avec son projecteur électrique, actionné par une dynamo que commande le moteur à pétrole de la voiturette, lorsque celle-ci est à l’arrêt.
- Le projecteur électrique envoie son faisceau lumineux à 3 kilomètres de distance. Le général Brugère dirige lui-même les expériences. L’autre jour il l’a conduite la nuit, sans rien dire, sur une petite hauteur qui dominait la plaine. Ténèbres noires. Tout à coup le phare s’allume et commence à fouiller les emplacements où les corps de troupes étaient cantonnés. Là des sentinelles dormaient. Ailleurs des soldats, profitant de l’absence de leurs officiers, se livraient à des acrobaties. Plus loin c’était autre chose. Le général notait tout sur son carnet et le lendemain les punitions pleuvaient comme grêle sur les malheureux que l’automobile électrique avait permis de surprendre en faute, et sur leurs officiers.
- Dans un ordre d’idées plus gai, le projecteur électrique a servi à éclairer de loin les monuments de Chartres et la baraque de La Goulue.
- Grand succès aussi, nous écrit M. Aimé Richard, notre aimable correspondant de Veniôme pour le train Scotte arrivé le 8 septembre après-midi et traînant, sous la direction du père Scotte, ses six voitures régimentaires munies du nouveau système de giration qui permet de mettre n’importe quelle voiture à n’importe quelle place du train. Les évolutions se font d’une façon
- vraiment merveilleuse. Le 10 septembre sont arrivés, un camion de Dion à vapeur piloté par deux ouvriers faisant leur vingt-huit jours ; un camion Panhard monté par deux ouvriers et enfin un camion Diétrich, conduit par le caporal réserviste des chasseurs à pied de Turckein, assisté d’un mécanicien de la maison.
- Ces différents véhicules ont fait ici des expériences très intéressantes et très concluantes.
- Le train Scotte, en particulier, dont la difficulté de conduite consiste, en raison du nombre de voitures, dans la descente des côtes, a fait des expériences de nuit avec signaux lumineux qui ont parfaitement réussi.
- Le 15, ces véhicules ont quitté définitivement Vendôme, pour Châteaudun.
- Les voitures de poids légers continuent à transporter en grande vitesse les généraux et les officiers d’état-major, sans panne et sans accident, Ce n’est pourtant pas faute de les emmener à belle allure, et par des chemins plus que mauvais. Une des plus belles randonnées a été celle du général Brugère : de Chartres à Rambouillet, où il allait saluer le Président de la République. Sa « seize chevaux » lui a fait faire du 60 à l’heure, alors que le train ne fait que du 50. Le généralissime maintenant monte plus volontiers en auto qu’à cheval. H n’a qu’un défaut : c’est une affection démesurée pour les mauvais terrains.
- Le général Lucas est moins exigeant; il se contente plus souvent de la route.
- Il est question de faire participer les automobiles à la charge finale devant le Président de la République.
- Exposition onMle le 1900
- Le concours de voiturettes de livraison, dont nous avons publié le programme, a commencé lundi dernier.
- Les récompenses offertes aux concurrents étaient trois objets d’art, trois médailles de vermeil, trois médailles d’argent et trois médailles de bronze, soit douze récompenses, et il n’y a eu que huit concurrents le premier jour : deux Peugeot à pétrole, une de Dion-Bouton à pétrole, une Jeantaud électrique, une Corre à pétrole, une Gillet-Forest à pétrole très intéressante et une voiturette la Parisienne, également à pétrole.
- Les récompenses de l’Exposition de Brescia.
- (De notre correspondant particulier).
- Voici la liste des récompenses décernées à l’occasion de l’Exposition de Brescia :
- La médaille du Ministère de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, à la fabrique des frères Marchand, de Plaisance.
- 3 grandes médailles d’or : à M. Joseph Ricordi, de Milan, représentant à la F. I. A. T. (fabrica Italiana Automobile, Torino), lsotta, Fraschini et Clc de Milan, représentants, garage, etc.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 5 petites médailles d’or : au marquis Cesare Car-cano pour ses motocyclettes, au Stand E. Magliati de Turin, à la voiturette Renault de lsotta Fraschini et Cio de Milan, au Stand Storero de Turin, à la voitu-rette Benz de Joseph Ricordi de Milan.
- 4 grandes médailles d’argent : au Stand de la Société italienne Bernardi, de Padoue, au Stand de l’ingénieur Roselli de Turin, au Stand S. Bruni, de Brescia.
- Petite médaille d’argent à la fabrique Rejana, de Milan, pour ses lanternes.
- Le baron Albert Franchetti a exprimé le désir que les 600 francs de prix gagnés par lui soient attribués par le Comité à des œuvres de bienfaisance.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- D’après notre confrère belge, VAutomobile illustré, plusieurs nouvelles concessions viennent d’ètre demandées pour des services publics d’automobiles à établir en Belgique. Les lignes projetées sont : Visé et Battice; Cliarleroi et Ransart par G-illy; Ghênée à Sprimont; Anvers à Hoogstraeten; Sivry à Solre-le-Château, etc. Malheureusement, il n’y a pas assez de véhicules disponibles pour mettre ces lignes en exploitation immédiate : au fur et à mesure de la construction des omnibus, les lignes concédées seront exploitées.
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- Notre excellent confrère El Automovilisrno ilustrado vient de consacrer une intéressante étude aux services que les automobiles sont susceptibles de rendre pour remplacer les chemins de fer secondaires. Il insiste avec raison sur les avantages que la voiture automobile peut donner en pareil cas.
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- Une importante maison de construction de Barcelone, les ateliers Escuder, qui se sont fait une spécialité du matériel électrique, sont sur le point de se lancer dans la fabrication des automobiles : ils étudient en ce moment des véhicules de poids lourds pour les transports sur routes dans la province de Murcie.
- La ville de Douglas, dans l’ile de Man, a maintenant son service d’automobiles, sur un parcours de deux milles environ, le long de la promenade publique. Ce service fait une concurrence victorieuse aux services de tramways et d’omnibus, et ses véhicules sont constamment pleins.
- Uu habitant de l’Afrique du Sud, M. Robinson, vient de donner des détails intéressants à notre confrère Autocar sur l’avenir réservé à l’automobile dans cette région et notamment dans le Transvaal. Pour lui la circulation peut s’y faire dans d’excellentes conditions, même sur les routes naturelles, où le sol forme une surface suffisam-
- ment dure pour le passage des voitures. Pour son compte personnel, il va emmener trois automobiles à son retour dans l’Afrique du Sud.
- Une maison de denrées coloniales de Chicago vient d’installer une ligne d’omnibus automobiles pour conduire les voyageurs de la gare la plus voisine à son magasin.
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- On vient de mettre en circulation dans le parc central de New-York quatre automobiles électriques de louage qui font un parcours régulier et semblent obtenir un certain succès. On parle dès maintenant de créer un deuxième service analogue.
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- On parle d’organiser aux environs de Détroit, dans l’État de Michigan, un service d’automobile qui desservirait le pont et tout le pourtour de Belle-Ile, et cela moyennant uu tarif extrêmement réduit.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Dans la Revue générale des s'ciences pures et appliquées, M. Victor Tatin publie un intéressant article sur la locomotion aérienne. Donnons-en seulement la conclusion :
- C'est par des moyens très simples qu’on amènera les machines aériennes dans la voie du progrès, puisque ces moyens consistent surtout à les réduire uniquement à l’indispensable; c’est, d’ailleurs, beaucoup plus facile que de les compliquer.
- La vitesse des ballons sera évidemment assez limitée à cause de la déformation à laquelle ils seraient sujets si l’air exerçait sur leur enveloppe une trop grande pression ; mais il est probable que cette vitesse pourra être portée à 15 ou 20 mètres sans grand inconvénient, surtout lorsqu’il s’agira de constructions un peu importantes.
- Quant aux machines volantes, leur vitesse ne pourra probablement pas descendre au-dessous de 20 mètres, afin d’éviter l’emploi de surfaces trop grandes dont la forme et la position seraient alors difficiles à maintenir; on ne saurait prévoir quel pourra être un jour le maximum de cette vitesse, puisque cela ne peut dépendre que du progrès dans la légèreté des moteurs; mais, dans l’état actuel de notre industrie, on aurait, croyons-nous, de grandes difficultés à dépasser ou même à atteindre 25 mètres.
- Enfin, constatons, en terminant, que le ballon dirigeable, plus facile à réaliser, est, dès à présent, assez au point pour donner des résultats immédiats, c’est-à-dire une vitesse d’environ 10 à 12 mètres, alors que les machines volantes, malgré quelques expériences encourageantes, n’en sont encore qu'aux tâtonnements et nécessitent encore quelques études.
- La publication anglaise Mechanical Engineer vient de donner le compte-rendu des essais d’une
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- voiturette électrique du National Motor Carriage Syndicate, qui a effectué le parcours entre Londres et Brighton, ce qui représente une distance de 53 milles. La puissance motrice lui est fournie par deux moteurs Joël de 2 chevaux chacun à 600 tours par minute avec une force électromotrice de 30 volts. Le courant est fourni par 31 accumulateurs Rosenthal. Le parcours a été effectué à une vitesse moyenne de J 0 milles à l’heure, mais en oscillant effectivement entre 15 et 6 milles.
- Le journal anglais Observer fait remarquer, avec raison, que la « Motor-phobie », comme il dit, s’empare surtout des gens qui ne comprennent pas les avantages dont est susceptible l’automobile, et principalement des fonctionnaires et agents de police, qui sont opposés par tempérament à tout ce qui est nouveau ; le reproche de notre confrère peut s’adresser en particulier à l’administration française.
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- Le journal anglais de carrosserie Coach Buil-ders Journal fait remarquer que l’on ne s’est pas encore lancé dans la vraie voie avec les automobiles, puisqu’on s’entête à en faire des véhicules de luxe, alors qu’il serait si utile de trouver un type vraiment pratique de véhicule commercial et industriel. C’est dans cette voie que les constructeurs gagneront réellement de l’argent.
- Le journal technique anglais Public Health Engineer qui s’occupe surtout, comme le dit son titre, des questions d’hygiène, est tout à fait d’avis, lui aussi, que l’automobilisme ne pourra qu’avoir une excellente influence au point de vue de la santé. La Medical Press est du même avis et fait remarquer que l’emploi des automobiles permettra de remplacer le pavé de pierre ou de bois par l’asphalte, déplorablement glissant pour les chevaux, mais bien plus hygiénique.
- Notre confrère Ilorseless Age fait remarquer que les sociétés protectrices des animaux devraient bien créer un mouvement en faveur des automobiles, car lorsque ces véhicules se seront suffisamment multipliés, les chevaux seront complètement délivrés de tant de besognes pénibles qu’on leur impose.
- Un correspondant de VAutomobile Review se plaint de la mauvaise formation étymologique du mot automobile, qui vient effectivement d’un mot grec et d’un mot latin. Nous avouons ne pas partager son purisme, et d’ailleurs il propose d’autres noms comme tachydrome, calidrome, qui ne nous semblent pas destines à un bel avenir.
- M. J. Kingman, qui est directeur de la Loco-mobile C° of America, vient de se plaindre, avec
- raison, dans un journal, de ce que les accidents que l’on impute à tort au mécanisme même des véhicules mécaniques, sont dus, en réalité, à la maladresse des conducteurs improvisés qui ne savent pas les conduire. Le plus souvent, dit-il, on se ligure savoir bien mener une machine parce qu’on l’a achetée et qu’on sait comment la mettre en marche ou la faire reculer, mais un bon chauffeur devrait être absolument familier avec son véhicule, pouvoir le démonter et le remonter comme un bon tireur fait avec son fusil. Il devrait s’habituer à reconnaître au son seul le bon ou le mauvais fonctionnement du mécanisme, et alors il se produirait certainement bien moins d’accidents.
- Notre confrère Ambrose Bierce part en guerre dans le New York Journal contre la forme réellement bien laide que l’on continue de donner aux automobiles américaines. On suit, dit-il, la tradition comme on l’a fait en matière de navires, de wagons de chemins de fer inspirés des antiques diligences, et il est évident qu’il n’est pas aisé à un profane de fournir une idée en l’espèce, mais il est certain qu’il faut absolument trouver mieux.
- Le Carriage Builder's Journal nous donne les chiffres des importations d’automobiles dans quelques ports du continent, durant le mois de juillet. Les voici : On a introduit à Londres 41 autos venant de New-York, 5 d’Ostende, 13 d’Anvers, 3 de Rotterdam, 4 de Paris, 2 de Bruxelles et 2 de Hambourg.
- En rade de Liverpool, on a débarqué 2 voitures arrivant de New-York et de Hambourg, etc. 135 voitures ont été envoyées dans les stations maritimes d’Angleterre.
- Comme on le voit, le commerce des automobiles se fait déjà sur une vaste échelle en Angleterre. Il est regrettable que les constructeurs français aient ainsi laissé leurs concurrents prendre possession du marché anglais.
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- M. Robert Thurston, le célèbre professeur de l’Université américaine Gornell, a publié récemment une étude où, insistant tout particulièrement sur l’importance qu’il y a d’alléger autant que possible les automobiles tout en leur laissant une grande solidité, il conseille l’emploi du bois dans la fabrication du corps de la voiture, parce que cette substance présente légèreté, force et élasticité.
- Le journal le Herald de Boston annonce que, aux États-Unis, les hôteliers, qui sont gens entreprenants, commencent à comprendre qu’ils auraient grand intérêt à remplacer par des automobiles les voitures et les attelages qu’ils doivent normalement avoir pour mettre à la disposition des visiteurs qui leur viennent durant la belle saison et seulement à cette époque, au
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- moins pour les villes de plaisir. Le fait est que les chevaux ne servent que pendant une bien faible partie de l’année, et que l’on est obligé' de les entretenir le plus souvent à ne rien faire.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le Sankt Georg, organe officiel de l’Automobile-Club allemand, a publié, à l’occasion de ce que nos voisins désignent sous la dénomination de la première journée automobile du 29 août 1900, une élégante brochure, dédiée aux membres de l’Union automobile d’Allemagne.
- Elle contient un aperçu du développement des associations automobiles de l’Allemagne, émanant des divers clubs eux-mêmes. L’éditeur s’est imposé comme tâche d’offrir, aux adhérents de l’Union réunis pour délibérer sur les importantes questions se rattachant à l’industrie automobile, un souvenir de leur séjour dans la capitale de l’empire, s’inspirant de la devise inscrite sur l’écusson de la constitution belge : L'Union fait la force, toutes les associations se sont fédérées pour défendre et faire apprécier les avantages qui doivent résulter pour la collectivité de l’expansion d’une industrie qui ouvre pour l’humanité une ère nouvelle.
- L’opuscule renferme les monographies très condensées, et en même temps très rigoureuses des divers clubs d’Automobiles d’Alsace-Lorraine, de Bavière, de l’Automobile-Club allemand de Berlin, de Francfort, de F Automobile-Club franconien de Nuremberg, de Cologne, de l’Allemagne centrale, Rhénan à Mannheim, de l’Ouest-Allemand à Aix-la-Chapelle, Wiirtembergeois. Les pages du texte sont rehaussées des portraits en simili-gravure des présidents ou vice-présidents de ces sociétés. Les professionnels et les amateurs trouveront dans ces notices des renseignements très précieux.
- Après avoir succinctement indiqué le caractère spécial de l’œuvre, il nous reste à féliciter l’éditeur des soins qu’il a apportés à sa réalisation artistique.
- On peut s’en procurer des exemplaires au prix modeste de 50 pfennings (0 fr. 65), en s’adressant au journal le Sankt Georg, Albrecht Strasse n° il, Berlin.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — Le docteur K. Arvid Enlind vient d’inventer un bandage anti-glissant, « non-slipping auto-tire », qui a été soumis à des essais à Bridgeport. Il s’agit d’une invention qui a pour but de permettre à une automobile de monter une rampe glacée et dont la pente est susceptible d’atteindre une inclinaison de 26 0/0. Les bandages en question sont essentiellement faits comme des bandages ordinaires, mais entre les deux enveloppes constituant le dit bandage on insère une série de plaques articulées qui comportent toutes une sorte d’embase munie d’un pas de vis : dans ce pas de vis on peut visser des ergots en acier dont la longueur variable oscille entre 3 et 25 millimètres. On comprend que l’enveloppe extérieure est percée au droit de ces embases et de ces pas de vis pour donner passage aux ergots. Naturellement ces derniers sont
- capables d’assurer une prise parfaite de la roue sur les surfaces les plus glissantes, et on en a prévu de faibles dimensions pour la circulation sur les simples routes boueuses. Des obturateurs sont vissés à la place des ergots quand le terrain ne nécessite pas l’emploi de ceux-ci. Nous avouons toutefois ne pas avoir grande confiance.
- — Rien au monde ne se régénère comme le caoutchouc. Sa régénération consiste, après de longs services, à sortir du rebut pour rentrer dans la fabrication, principalement dans celle des tissus caoutchoutés. Ce n’est pas de la falsification, c’est de l’utilisation bien comprise, à la condition, bien entendu, que l’on n’abuse pas de la proportion de rebuts dans les étoffes à base de régénérés. Deux procédés, entre autres, qu’il n’est pas inutile de rèlater, sont usités, à ce sujet, dans les usines américaines vouées à l’élaboration du régénéré. L’un de ces procédés consiste â broyer les différents objets et à les réduire en poudre la plus menue possible, à en séparer par le tamisage les fibres textiles qui s’y trouvent mélangés. Le résidu est soumis à l’action de la vapeur d’eau à la pression de six atmosphères, puis on le passe entre deux cylindres pour en faire des bandes ou feuilles de peu d’épaisseur. Dans le second système, on passe les objets de rebut entre deux cylindres cannelés pour les réduire en morceau de 1 centimètre carré environ, puis on carbonise le tissu végétal en faisant bouillir le tout avec de l’acide sulfurique dilué. On lave à l’eau pure, puis avec une solution légèrement alcaline; enfin, l’on sèche entre deux cylindres. Dans ces deux heures d’opérations, ii est à remarquer que l’action de la vapeur est la plus importante, puisque la gomme ne devient susceptible d’être travaillée qu’après avoir été soumise soit à la vapeur d’eau, soit à l’ébullition.
- — On peut donner aux petits objets en acier un aspect plus avantageux en les recouvrant d’une légère couche de cuivre, en les cuivrant, en un mot. Voici ce qu'indique, dans ce but, Y American Machinist. On peut tout d’abord les tremper dans une solution composée d’une partie de vitriol vert dissoute dans trois parties d’eau de pluie; mais ce procédé a l’inconvénient de laisser très facilement s’enlever par le frottement la couche de cuivre ainsi déposée. Un autre procédé permet d’obtenir une couche de cuivre très adhérente. Après avoir parfaitement nettoyé les objets, on les recouvre d’une solution de protochlorure d’étain, et immédiatement apres, d’une solution am-monicale de sulfate de cuivre. La couche de cuivre ainsi obtenue adhère tellement bien à l’acier, qu’on peut, sans crainte de l’endommager, frotter et polir les objets avec de la craie en fine poudre. On prépare la solution d’étain avec une partie de chlorure d’étain cristallisé, deux parties d’eau et deux parties d’acide chlorhydrique; on forme la solution de cuivre avec une paatie de sulfate de cuivre, seize parties d’eau et en ajoutant de l’ammoniaque en quantité suffisante pour précipiter et dissoudre de nouveau.
- — D’après le Rousskii Invalid, un ingénieur des mines allemand est en route de Khabarovsk à Saint-Pétersbourg, pour obtenir l’autorisation de créer une Société par actions, en vue d’exploiter les mines de pétrole de l’ile Saghalien. Ces mines seraient très riches, paraît-il; le pétrole, en sortant des sources, se fige et s’étale sur de grandes surfaces ; il y a aussi du pétrole qui reste à l’état liquide. Ces sources se trouvent sur les rives orientales de l’ile.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L, DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSÉS-S.-JACqÜES.
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- Le Numéro : îîO centimes VC, .
- ' W
- Septième Année. — N° 3(J.
- 27 Septembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOURlNG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FB.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU Ie1' DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ouSANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie V" DUNOD, quai des Grands-Auguslins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N° 39.
- Pensées d'automne, Gaston Sencier. — Le nombre des automobiles en France. — Les essais de Santos-Dumont. — Echos. — Le canot « Abeille 1 ». — L’équilibrage des moteurs à pétrole à grande vitesse. — La direction de Nesselsdorf. — La construction des moteurs à pétrole, G. Paillet. — Les courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Boite aux lettres. — Courrier industriel.
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- PENSÉES D’AUTOMNE
- Les vacances tirent à leur fin. On rentre. On est rentré. Une année nouvelle va commencer pour notre industrie automobile. Est-ce l’influence de la tristesse automnale, des feuilles jaunies qui se détachent une à une des arbres et tombent lentement devant ma fenêtre, au moment où j’écris? Peut-être. Mais il me semble que l’an qui va finir ne sera pas à marquer d’une pierre blanche, — comme le faisaient les Latins pour les années heureuses, — dans les annales de notre sport.
- On l’avait pourtant bien escomptée, cette malheureuse année 1900. Elle commençait bien. L’Àutomobile-Glub de France représentait, en janvier dernier, le groupement de tous les hommes de valeur et de bonne volonté s’intéressant à un titre quelconque aux choses de l’automobile. C’était une association puissante et respectée dont le passé semblait répondre de l’avenir. Tous les journaux, thuriféraires bénévoles, chantaient ses louanges. C’était encore l’âge d’or.
- Les fabricants gagnaient de l'argent. Tous admettaient, comme une indiscutable vérité, que l’Exposition allait les enrichir. Les expositions que Rives avait organisées aux Tuileries avaient obtenu
- un tel succès que l’on ne pouvait douter des résultats qu’allait donner l’Exposition universelle de 1900. On n’aurait qu’à s’asseoir dans son stand pour laisser venir à soi les commandes de l’univers entier. Ce serait trop beau.
- Que reste-t-il de ces choses au bout de quelques mois à peine? L’Àutomobile-Club de France a vu, à la suite d’incidents malheureux, que nous n’avons pas à rappeler, se détacher de lui bien des hommes ayant une valeur technique ou sportive. Il a été durement discuté et il le sera peut-être plus cruellement encore dans l’avenir. Le voici qui entre dans la voie des économies forcées après avoir paru trop riche. C’est aujourd'hui la villa du bois de Boulogne. que l’on sousdouc pour économiser un loyer, au risque de provoquer bien des mécontentements. On sera peut-être acculé, dans l’avenir, à des solutions pires encore. Pendant ce temps les dissidents ont créé le Moto-Club de France, en concurrence avec l’Automobile-Club. Le Moto-Club est jeune, plein d’ardeur et de vitalité. Il va peut-être, dans quelques mois, devenir une puissance, organiser des courses et des concours sous ses propres règlements. La guerre entre les deux associations semble inévitable. On échangera des disqualifications et des mises en interdit et l’une des deux associations pourrait bien en mourir. Tout cela manque de gaieté.
- De même, qu’a donc donné cette fameuse Exposition? On s’est laissé reléguer à Vin-cennes, annexe du Sahara, et les clients tant attendus ne se sont pas donné la peine d'aller si loin. Adieu les fructueuses commandes. Il a suffi de quelques mesures de police maladroites et de quelques condamnations à la cour de mai ou en correctionnelle pour briser tout à fait l'élan prodigieux qui emportait vers l'automobile un peuple entier. Allez donc acheter des
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- voitures quand le seul crime de conduire une automobile dans les rues de Paris peut vous valoir trois jours de prison. C’est, pour trop d'industriels, le découragement et le désarroi au lieu des succès attendus.
- Et la situation va s'aggraver encore par des luttes de journaux. A côté du Vélo et contre lui va se créer un autre journal : XAuto-Vélo. Je sais bien que ce dernier a des intentions très pacifiques. Il ne veut, tout d’abord pas faire de politique, ce qui est le commencement de la sagesse, en matière sportive. Il a également la ferme intention d’éviter ces stupides polémiques de journal à journal, qui n’ont d’autre résultat que de faire rire la galerie aux dépens des combattants. Tout cela est parfait. Malheureusement il y a bien peu de chances pour que ces rêves de modération restent autre chose que des rêves. Là encore nous allons avoir des luttes de personnes et des luttes d'intérêts et tout cela aux dépens de notre sport et de notre industrie.
- Le plus triste est que, pendant que nous sommes en proie à ces dissensions et à ces querelles, les étrangers travaillent et vont de l’avant. L’Allemagne fait des progrès rapides dans la construction des automobiles. La Belgique progresse constamment. De même pour les Etats-Unis et l’Angleterre.
- En résumé, comme je le disais en commençant, c’est peut-être l'effet de l’automne qui assombrit les jours et les idées, mais l’année qui va commencer ne me semble pas débuter sous de bien heureux auspices. Il y a des coups dans l'air, au figuré bien entendu. Verrons-nous, dans ces conditions, la fortune sourire à nos fabricants?
- Gaston Senciek.
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- Le nombre des automobiles eu France.
- Maurice Martin vient de dresser, dans le Vélo, d'après des documents officiels, la statistique du nombre des voitures automobiles existant en France à la fin de l’année 1899. Ces chiffres sont tellement surprenants par leur faiblesse que, si nous ne savions pas que Maurice Martin est la conscience même, nous croirions à une erreur de sa part.
- Voici les chiffres, établis d’après les rôles primitifs et les rôles supplémentaires
- des contributions, et comprenant aussi bien des voitures payant la demi-taxe que celles payant la taxe entière :
- Voit ; à plus Voit. »
- de 2 places. 2 places.
- Communes de 5,000 habitants
- et au-dessous 313 256
- 5,001 à 10,000 habitants. . . 104 92
- 10,001 à 20,000 habitants. . . 87 96
- 20,001 à 40,000 habitants. . . 75 60
- Au delà de 40,000 habitants
- (Paris excepté) 163 138
- Ville de Paris 204 84
- Totaux. . . 946 726
- Soit un total de 1,67.2 automobiles à deux places et à plus de deux places.
- Bien entendu il ne s’agit là que des voitures et non des motocycles, qui sont classés en bloc dans la catégorie des vélos.
- C’est égal, 1,672 automobiles seulement à la fin de 1899, pour toute la France, ce n’est guère. Il faut croire que, cette année-là, beaucoup de chauffeurs avaient oublié de se faire inscrire chez le percepteur.
- LES ESSAIS DE SANTOS-DUMONT
- Ces jours-ci, Santos-Dumont a continué les essais de son dirigeable. Le moteur Buchet à 2 cylindres, d’une force de 8 chevaux, imprimait à l’hélice une vitesse de 120 tours à la minute. Le fonctionnement de la partie mécanique a été satisfaisant.
- Le ballon a été élevé captif et l’on a constaté que le vent quoique faible faisait tourner l’hélice débrayée à la vitesse de 18 à 20 tours à la minute, soit 1,6 de la vitesse de régime.
- Quant à la force ascensionnelle, elle a été reconnue entièrement insuffisante. Le ballon a été calculé pour 500 kilos et sa force ascensionnelle ne dépasse pas 400 kilos qui est le poids strictement indispensable à soulever; cette différence tient surtout à la mauvaise qualité de l’hydrogène employée qui, fabriquée avec de la tournure de fonte et non de fer, contient une notable proportion d’hydrocarbure et môjne d’acide carbonique qui élève sa densité.
- Santos-Dumont a décidé d’augmenter le cube de son ballon et il est certain maintenant que l’essai sera reporté en mai prochain.
- 11 est regrettable que tant d!argent et tant d’efforts dépensés n’aient pu amener la solution du problème. On annonce, d’autre part, comme prochains de nouveaux essais du dirigeable du comte Zeppelin. Attendons-les.
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- ÉCHOS
- La Locomotion Automobile est obligée, par sa prospérité croissante, d’augmenter ses services! Cet agrandissement ne gênera en rien les habitudes de nos abonnés, car nous restons dans le même immeuble et toujours au rez-de-chaussée du n° 4 de la rue Chauveau-Lagarde. La seule différence est que nos bureaux seront beaucoup plus vastes et qu’au lieu de se trouver à gauche de la porte cochère, ils seront à droite, à partir du 15 octobre.
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- Autre déménagement, celui de la maison Michelin. Le « père des démontables » est maintenant installé dans un superbe hôtel, au n° 105 du boulevard Pereire, à deux pas de la gare de Courcelles. C’est en quelque sorte le « palais des pneus » et cela vaut une visite.
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- Le Touring-Glub de France, pour l’établissement de sa carte des stations électriques, adresse aux industriels possesseurs d’installations d’électricité le questionnaire suivant :
- 1° Quelle est la nature du courant? (Continu ou alternatif).
- 2° Si le courant est alternatif, l’établissement pos-sède-t-il des sous-stations transformatrices en courant continu?
- 3° Si le courant est continu, quel en est le voltage?
- 4° Disposeriez-vous éventuellement de ce courant pour la recharge d’accumulateurs de voitures électromobiles?
- 5° De combien d’ampères pouvez-vous disposer et à quelles heures?
- 6» Avez-vous des instruments de mesure? (voltmètre et ampèremètre).
- 7° Quelle est la distance du lieu de stationnement aux bornes de prise de courant?
- 8° Avez-vous du câble de 10 â 15 millirn. carrés? De quelle longueur pouvez-vous disposer?
- 9° Avez-vous un ou plusieurs rhéostats pouvant être réglés de 0,5 ohm à 3 ohms pour des courants de 15 à 30 ampères? A défaut, avez-vous des rhéostats liquides?
- -¥• +
- Signalons aux chauffeurs allant quitter leur villégiature pour rentrer à Paris, le Grand Garage de l’Avenue du Bois, 56, rue Pergolèse. Installation parfaite et ateliers pour toutes réparations. Téléphone n° 548-42.
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- Dans la Revue Industrielle notre éminent collaborateur Gérard-Lavergne publie une série d’articles très intéressants sur le concours de moteurs de la Locomotion Automobile.
- *
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- Les automobiles-réclame commencent à faire leur apparition dans les rues de Paris. Citons
- parmi elles une voiture à l’arrière de laquelle est juchée une immense bouteille d’un breuvage quelconque et un tri à pétrole remorquant une théière énorme.
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- On a pendu la crémaillère à l’Automohile-Club bourguignon qui a brillamment inauguré ses nouveaux salons de la place Darcy, à Dijon. Des fenêtres du cercle on domine les routes de Paris et de Lyon. M. Gaston Liégeard, président, a fait généreusement les frais de la décoration et de l’ameublement du local.
- Le bureau est composé de la façon suivante :
- Président : M. Gaston Liégeard ; vice-présidents : MM. Bidault, ingénieur, et Lucien Richard; trésorier : M. de Falletans; secrétaire : M. E. La-chat; membres du comité : MM. Georges Jobard, Gosmu, docteur Morlot.
- A la séance d’inauguration assistaient, en plus du bureau, au complet à l’exception de M. Bidault qui s’était fait excuser, MM. Henri et Louis Gottereau, Mansiot, Gallimard, Py-Laroche, constructeur; Gaudot, Pausiot, receveur d’enregistrement; Chesnay, constructeur; Perreau, architecte; Balot, Chaumond, etc., etc.
- M. Liégeard a souhaité la bienvenue à tous les membres du cercle qui avaient bien voulu venir assister à l’ouverture. Il lésa remerciés chaleureusement et a invité tous les sociétaires à fréquenter le club chaque jour si c’est possible. En insistant pour que chacun d’eux multiplie ses efforts et amène de nouveaux membres qui feront aimer le sport automobile.
- « Nous 'ferons, a-t-il ajouté, des excursions aussi souvent que le temps le permettra. Une fois l’an, nous organiserons une grande course.
- M. L. Hichard, vice-président, s’est fait l’interprète des sentiments d’unanime reconnaissance et a proposé d’acclamer M. G. Liégeard qui s’est tant dévoué pour le club. Tous les membres ont applaudi cet hommage au président.
- On a décidé à l’unanimité, sur la proposition de M. H. Gottereau, la création dans toute la Bourgogne de sections de propagande automobile.
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- Le sport automobile fait chaque jour de nouveaux progrès à Toulon. On y compte actuellement une vingtaine de voitures parmi lesquelles celles de MM. Reverdi, Aube, Décugis, Jolidon, Paul Jean, Roux, etc.
- M. Rebout, un débutant, a fait le voyage de Toulon-Marseille en Bollée en trois heures et demie.
- La création d’un Automobile-Club toulonnais est proposée.
- M. J. Goudoin, qui a quitté Nice le mardi H) septembre matin en automobile, est arrivé l’après-midi, après six heures de route à Sisteron par Puget-Théniers, Castellane et Digne. Le lendemain le président de l’Automohile-Club de Nice se dirigeait sur Seyssel (Ain), par Gap,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Corps, La Mure, G-renoble et Chambéry; il accomplissait ce long et dilïicile parcours en neuf heures.
- Une dernière étape de quatre heures et demie a amené M. Gondoin, de Seyssel à Saxon (Suisse), par Genève et Lausanne. Cela fait moins de vingt heures de route pour parcourir près de 700 kilomètres.
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- Notre excellent confrère niçois la Côte d’Azur sportive vient d’installer ses services 11, avenue de la Gare, à Nice.
- M. Léopold Coren, de Salon, accompagné de M. de Barthez, vient de réaliser un véritable tour de force sportif. Sur sa Pauhard de 6 chevaux, après avoir atteint Peira-Cava, il a gravi le premier, malgré un brouillard intense, les côtes abrutes de l’Authion (2.606 m.) accessible seulement par une route stratégique dont les cotes atteignent sur la grande partie du trajet de 16 à 17 pour 100.
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- M. N. Maurer, ex-représentant général pour la Belgique de la maison Cudell, actuellement delà maison Schannemayer, d’Aaelien. vient de faire en automobile un long voyage à travers les sites pittoresques de l’Eiffel montagneux, de la riante vallée de la Moselle, pour échouer à Baden-Baden, après avoir successivement brûlé Aix-la-Chapelle, Elsenhorn, Priim. Remich, Luxembourg, Metz, Sarrebrück, Niederbronn, Strasbourg, Mulhouse, Bâle et Baden-Baden, où s’est, effectuée la dernière étape, comportant 6 kilomètres échelonnés sur une rampe très dure, dite la côte des chutes d’eau de Persau, évaluée à 15 pour 100.
- M. Bourgeois, commissaire en chef de la police de Bruxelles, a tenu à se faire initier au maniement des automobiles. C’est à Ostende qu’il a fait ses débuts. MM. Ernest Goethals et Rivière l’ont piloté dans une sept chevaux. L’un, embrayant successivement aux trois vitesses et abordant les tournants avec habileté, exécutait des voltes, des demi-voltes, pour partir ensuite à la troisième vitesse et arrêter net l’auto en l’espace de 2 mètres; l’autre faisait valoir les progrès de la locomotion nouvelle. M. Bourgeois a, paraît-il, été émerveillé.
- *•
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- L’Automobile-Club de Hollande s’est réuni en assemblée générale, il y a quelques jours.
- La fédération compte en ce moment soixante-deux membres effectifs et treize membres fondateurs. Il a ôté établi soixante et un dépôts d’essence et cinquante-huit hôtels ont reçu en dépôt le panonceau du club. Quelques motoristes ont décidé de mettre leurs autos à la disposition des personnalités du monde ofïiciel du royaume, à*
- l'effet d’activer la diffusion et la pénétration de la locomotion nouvelle dans les masses.
- ¥ ¥
- M. Joseph Pennell a accompli heureusement le trajet de Paris à Andermatt, en traversant les passages de la Furka et du Saint-Gothard sur bicyclette à pétrole.
- ¥ ¥
- Les sportsmen de Dresde viennent d’inviter les chauffeurs à une excursion automobile en Italie, qui doit partir de Munich en octobre et durer un mois. On descendra jusqu’à Naples.
- ¥ ¥
- La circulation des automobiles en SSuisse vient à nouveau d’être réglée légalement. D’après une communication émanant du bureau technique de Richard Lüders à Gœrlitz, aucune voiture automobile ne doit être mise en service sans qu’elle soit, au préalable, soumise à l’examen détaillé d’une commission technique qui se prononcera, en se basant sur les qualités du véhicule au point de vue de la sécurité d’exploitation. De plus, le conducteur doit être en possession d’une autorisation de circulation. En troisième lieu, chaque voiture doit être munie de deux lampes, dont l’une pourvue d’un verre blanc, l’autre d’un verre vert. Enfin chaque voiture doit porter une plaque décelant clairement à distance le nom et l’adresse du propriétaire. Il est étonnant que ce nouveau code de prescriptions réglementaires reste muet sur la question de la vitesse.
- * ¥
- La direction de la police de Munich a édicté un règlement complet des mesures de police relatif à la circulation des voitures automobiles en cette ville, qui est entré en vigueur depuis le 1er septembre dernier.
- ¥ ¥
- L’Automobile-Club saxon, ayant son siège à Dresde, se propose de donner une vive impulsion à l’industrie automobile dans le royaume de Saxe en même temps que de procurer aux adeptes de ce genre de sport, qu’ils soient conducteurs ou non de machines, un centre de réunion scientifique apte à traiter avec compétence les questions y ressortissant. Les adhérents, hommes et femmes, qui enverront leur adhésion avant le 30 septembre courant, recevront le titre de membres fondateurs et seront dispensés de payer le droit d’entrée et ne seront astreints qu’à verser la cotisation annuelle de 100 marcs (125 francs). Les inscriptions sont reçues par M. Gérard Wauer, Altmarkt3, à Dresde.
- ¥ ¥
- Les autorités de police de Crimmitschau punissent d’une amende de 60 marcs, ou même de la prison, les contrevenants aux règlements ré-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- gissant la circulation des automobiles dans cette ville. Ces mesures visent la conduite des automobiles, la vitesse, les signaux acoustiques, l’éclairage et le stationnement des véhicules.
- ir
- ¥ ¥
- La fabrique berlinoise de machines Henschel et Cie s’est fusionnée avec une société en formation à Paris, la Compagnie française des transmissions flexibles, au capital de 1 million de francs.
- Dans le but de réglementer la circulation des automobiles dans les rues de la ville de Bielefeld, l’inspecteur de police Rose s’est rendu récemment dans diverses grandes villes, afin de s’entourer de tous les éléments d’information que résumera son enquête.
- *
- ¥ ¥
- Au ministère des finances d’Allemagne on veut employer des autos à la remise des actes entre les différents employés et fonctionnaires de l’Administration des finances ; on a choisi comme modèle les voitures de l’Administration de la justice qui en a quatre en service. Les essais commenceront prochainement.
- ¥ *
- L’empereur allemand a emmené avec lui à Cadienen son automobile pour entreprendre des excursions dans la contrée pendant le séjour d’une durée de huit jours qu’il fera dans cet endroit.
- ¥ ¥
- Il résulte d’un rapport du consul des Etats-Unis à Munich, que le gouvernement bavarois a abrogé récemment l’ordonnance municipale qui interdisait la circulation des automobiles dans les rues de Munich. Munich est la troisième ville de l’empire; ses rues sont bien pavées, les bicyclettes sont populaires et les chevaux y coûtent cher. Il pourra donc se créer à Munich un excellent débouché que les fabricants d’automobiles feront bien de ne pas négliger.
- ¥ ¥
- Nous avons relaté la formidable bûche ramassée en automobile par trois généraux au cours des grandes manœuvres autrichiennes.
- Ému par cet accident, l’empereur d’Autriche, d’après ce qu’annonce le Vélo, interdit l’emploi des automobiles dans l’armée.
- Il est probable que si, un de ces jours, trois généraux sont victimes d’accidents de cheval, le même empereur interdira l’emploi des chevaux dans ses régiments de cavalerie.
- ¥ ¥
- On sait que la campagne électorale est ouverte on Angleterre ; plusieurs candidats ont l’intention
- d’y employer des voitures mécaniques. M. A. Williamson vient même d’effectuer déjà une première tournée électorale de 350 milles en six jours seulement.
- ¥ ¥
- M. Ilugh Molfat, de Bournbrook, près de Birmingham, vient de rédiger une instruction dite de « premier secours » pour les chauffeurs qui emploient les motocycles. Elle contient une série de conseils, d’indications pratiques, la liste des petits ustensiles ou objets de rechange qu’on fait bien de toujours emporter avec soi. M. Moffat est le Wolff de l’Angleterre.
- ¥ ¥
- Lord Carnavon, qui est un assidu de toutes les courses de chevaux d’Angleterre, s’apprête à s’y rendre uniquement maintenant en automobile.
- k
- ¥ ¥
- Il s’est tenu récemment à Salford une conférence annuelle des ingénieurs du nettoyage et de l’assainissement dans les différentes villes de Grande-Bretagne : elle a voté une résolution, insistant sur les services que peuvent rendre les véhicules mécaniques pour l’arrosage et l’enlèvement des boues et invitant toutes les municipalités à recourir à ces appareils perfectionnés.
- ¥ ¥
- L’honorable lord Justice Clerk d’Ecosse, autrement dit un des plus hauts fonctionnaires judiciaires d’Ecosse, M. J. H. A. Macdonald, est en train de préparer en France une excursion de chauffeurs écossais. Cette réunion aura pour but principal de venir visiter l’exposition d’automobiles,
- ¥ ¥
- Los autorités locales d’Edimbourg viennent de traiter avec la Société Malvedic Motor Carriage C° pour le transport des lettres entre Edimbourg et Leith. Les véhicules à employer sont électriques.
- Les journaux américains annoncent que si beaucoup de leurs compatriotes sont venus dans l’intention d’acheter en France des voitures automobiles, la plupart n’en ont rien fait : ils ont trouvé ces véhicules bien trop français, pour employer l’expression du journal que nous citons. On reproche à nos voitures de faire trop de bruit-, de montrer trop leur mécanisme et de ne pas être assez simples.
- ¥ ¥
- Un mot nouveau lancé par notre confrère anglais l’Autocar. C’est le mot « Automobipho-bism » dont il est superflu de donner, la traduction.
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- Le canot (( Abeille I )).
- Nous mentionnons plus loin le succès obtenu par le canot Abeille I aux courses de canots automobiles organisées la semaine dernière sur le lac Daumesnil. La partie mécanique de ce canot a été exécutée par M. A. de Mesmay, constructeur à Saint-Quentin, dont le représentant
- et concessionnaire est M. Dalifol, 183 bis, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Le moteur de ce canot est à 4 temps, cylindre vertical et volant extérieur, le carter ne servant q-u’à renfermer l’arbre coudé et la bielle qui, barbottant dans l’huile, assure un graissage complet de tous les organes.
- Le cylindre et la culasse sont parcourus par un courant d’eau venant d’une petite pompe centrifuge montée directement sur le carter et
- Le moteur du canot « Abeille I ».
- actionnée par l’arbre du moteur au moyen d’une petite courroie.
- L’allumage est électrique et l’étincelle d’induction est distribuée par un interrupteur mécanique dont la position variable permet de régler l’allure du moteur.
- La vitesse de rotation du volant dans le sens indiqué par la flèche peut varier de 600 à 1100 tours par minute, le maximum de force correspond à une vitesse de 1050 à 1100 tours.
- Le graissage de tous les organes est assuré soit par barbottage dans des bains d’huile, soit par des graisseurs automatiques à débit visible et réglable.
- Le palier de butée recevant la réaction propulsive de l’hélice est monté à grosses billes de 20 millimètres.
- La coque est du type à clin en bois de teck avec membrures en acacia, ce qui lui donne de
- la résistance en même temps que de la légèreté. Elle est pontée à l’avant et à l’arrière laissant- au milieu la place nécessaire au mécanisme et’aux voyageurs.
- La partie pontée avant sert de coffre pouvant contenir soit des provisions, soit tout autre clu>se; la partie arrière renferme le réservoir d’essence (25 litres), le silencieux pour l’échappement-, la batterie d'accumulateurs et la bobine, il renferme également les tringles transmettant les mouvements de la barre au gouvernail.
- Ce dernier a été établi de façon à rendre des plus facile la direction du canot qui obéit aux moindres mouvements de la barre, le virage complet s’effectue également dans le minimum d’espace.
- Les ^dimensions principales pour' transporter six à huit personnes sont 6 m. 50 en longueur et 1 m. 20 à 1 m. 40 de largeur.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Le canot « Abeille I ».
- ^foTÆC/I^1 PSEILLL„. pour Canot
- Le moteur dit canot « Abeille I ». — Vu en coupe.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Sur la demande spéciale des clients, la direction peut se faire de l’avant au moyen d’une roue de gouvernail.
- Le canot, Abeille se construit également en 0 mètres de longueur avec roof à l’avant et moteur de 8 dix. Ce type peut tenir la mer.
- L’Efpiilrage des moteurs à pétrole
- A GRANDE VITESSE
- L’emploi fait par l'industrie de l’automobile des, moteurs à essence de pétrole et le souci d’éviter les trépidations ont remis à l’ordre du jour la question d’équilibrage de ces moteurs.
- Il est inutile d’insister sur les inconvénients des trépidations dans les voitures automobiles. Non seulement, amplifiées par le mode de suspension à ressorts, elles nuisent au confortable, mais elles fatiguent les assemblages, favorisent les déformations des châssis et par suite diminuent considérablement la durée des voitures.
- Presque tous les moteurs, actuellement appliqués ou destinés à la traction automobile, revendiquent la propriété d’ètre équilibrés, bien que peu le soient en réalité.
- Je me suis proposé, en écrivant cette note, qui a été publiée dans le Bulletin technologique de la Société des anciens Elèves des Ecoles d’arts et métiers, d’étudier et d’indiquer les conditions d’équilibre des moteurs les plus ordinairement employés seulement, c’est-à-dire les moteurs à essence à quatre temps, à un. ou plusieurs pistons, quoiqu’il existe de nombreux brevets de moteurs rotatifs, mais peu d’applications ayant donné un résultat satisfaisant.
- Les inventeurs ont été amenés à l’étude des moteurs rotatifs en partant de l’idée fausse qu’il est nécessaire d’avoir un couple moteur constant pour supprimer les trépidations. Pratiquement un moteur ordinaire à pistons et à bielles, tout en produisant un effort moteur très variable, peut être suffisamment équilibré pour ne donner lieu à aucune vibration, de même que certains moteurs rotatifs, possédant un couple moteur constant ou à peu près, peuvent très bien ne pas être équili-librés et produire de très fortes trépidations.
- Les trépidations d’un moteur proviennent de ce que celui-ci est soumis à des forces variables, soit en grandeur, soit en direction. Ces forces peuvent être classées en trois catégories :
- 1° Les forces centrifuges dues aux masses animées de mouvements circulaires ou curvilignes.
- 2° Les forces d’inertie provenant des masses animées de mouvements alternatifs.
- 3° Les réactions des efforts moteurs et résistants.
- En fait, je ne considérerai comme organes en mouvement que les organes principaux : pistons, bielles, traverses de bielles, arbres manivelles et volants. Les autres organes constituant les mécanismes auxiliaires étant généralement légers ne donnent naissance qu’à des forces peu considé-
- rables, dont il est inutile de tenir compte dans la pratique, du moins en ce qui concerne la question d’équilibrage.
- 1° Forces cextrifuc.es.
- Considérons d’abord le cas d’un moteur à un seul piston agissant sur une manivelle oa par l’intermédiaire d’une bielle ab (fig. I).
- F
- Fig. 1.
- La résultante F des forces centrifuges dues à la soie et aux bras de la manivelle, passe par le centre o de l’arbre; elle peut donc être équilibrée par des contrepoids P, tournant également autour du centre o, et disposés de telle sorte que le centre de gravité de l’ensemble des masses à équilibrer soient dans uû même plan normal à l’axe de rotation et diamétralement opposés.
- Si M est la somme des masses à équilibrer;
- M., celle des masses des contrepoids ; r et les rayons des cercles décrits respectivement par les centres de gravité de ces masses; on doit avoir :
- ou
- Mw-r = Mj rc2?q.
- _M =7q
- M, r •
- Chacun des points de la bielle décrit une courbe ovale plus ou moins allongée suivant que
- le point considéré est plus ou moins rapproché du pied de bielle.
- Considérons (fig. 2) la masse dm située en un point m, La normale me à la courbe décrite par
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- ce point passera par le point de rencontre des normales aux trajections élémentaires des points a et b.
- Si R est le rayon de courbure et Y la vitesse tangentielle au point m, la force centrifuge sera
- y 2
- df = dm -pj-
- et dirigée suivant la normale me.
- Chacun des autres points de la bielle donnera une force semblable et la résultante de toutes ces forces sera une force passant par le point c. Cette force ne passant pas par le centre de l’arbre, il est aisé de constater qu’on ne peut pas l’équilibrer complètement par des contrepoids tournant concentriquement à l’arbre, car ces contrepoids ne donneraient qu’une force centrifuge constante et passant par cet axe.
- Mais on peut l’équilibrer partiellement. En effet, si on décompose cette force en deux direction F , et F"|, l’une suivant bc, l’autre suivant
- oc, on peut opposer à la force F',, qui passe par le centre de l’arbre la force centrifuge d’un contrepoids P.
- Dans la pratique, pour compenser l’effet centrifuge de la bielle, on suppose que la masse M, du tiers de sa longueur du côté de la tête, est reportée au centre de la manivelle de rayon r et on calcule un contrepoids MH, dont le centre de gravité décrit un cercle de rayon r{ tel que l’on ait
- M__ rq r
- Cette méthode donne un résultat suffisamment approximatif pour de petits moteurs.
- Par des calculs assez longs, on pourrait déterminer la valeur de la force centrifuge lorsque la manivelle et la bielle sont dans une position quelconque. Ces calculs sont plus simples lorsque l’axe de la manivelle se trouve suivant la ligne des points morts ou perpendiculaire à cette ligne.
- Prenons ce dernier cas (fig. 3).
- Fig. 3.
- Soient :
- oa = r, la manivelle ; ab = L, la bielle ; w, la vitesse angulaire du moteur; m, un point de la bielle situé à une distance l du pied.
- Pour un déplacement infiniment petit du point a, on a
- aa( = bb{ = = rda.
- Menons mm2, parallèle ob ; l’angle mm2 sera l’angle de contingence dep de la courbe décrite par le point m et si R est le rayon de courbure
- Une masse dm située en m donnera une force centrifuge
- ya i
- dF = dm -jY = (lmu,2r j-.
- La composante d F., sera
- dF. = dF ^- = dmw3r ~
- L IR
- (L — l) , , l(h — l
- et db o = dF —?—- = dmw^r —^—
- 1 L IR
- ou
- mais
- donc
- mm) = Rpo
- „ mmK R = —j—
- do
- mm2 dep l
- a2a | d a L
- R
- l
- rT:
- Ce rayon est d’ailleurs parallèle à oa,
- Les forces totales seront
- 1^ = J dmwb* j-
- F2 = J dmwir^Y~'-
- Expressions dans lesquelles il faut remplacer dm par sa valeur en fonction de l.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Si la bielle était cylindrique d’un bout à l’autre, telle que la représente la-figure 5, on aurait
- dp s X dix 5
- dm — — —-------------
- U U
- s étant la section de la bielle, o la densité du métal.
- F, =
- ?r A — dl = \ Mw’r L- g 3
- ü!p2îî«ll-ÎMW*r.
- Ls g b
- Dans ce cas, la méthode pratique consistant à considérer le tiers do la masse de la bielle reporté au centre de la manivelle se trouve théoriquement justifiée.
- Pour une bielle conique de section s2 à la tète, le sommet du cône étant en G et les hauteurs respectives étant h{, h.2 et h, on a (fig. 6) :
- (h — /t,)3 /G o
- \ih-iu),s'2ïïl ü
- dh
- *
- s ;>
- p, = u’ • r - s.-,--------------------
- (J ‘
- ïWt + -h*h*--h*.
- (/n
- tL '
- x.
- Fig. 4.
- Si le corps de bielle est de forme irrégulière, ou si la loi qui relie cette forme à la longueur est trop complexe, on peut procéder de la façon suivante, pour trouver la force centrifuge.
- On divise la bielle en un certain nombre de parties égales ou non (fig. 4). On calcule les poids et les forces centrifuges 1, 2. 3... dues à chacune de ces parties, par la formule
- f = mm-R = rmv-r y.
- On construit le polygone des forces et le polygone funiculaire qui donnent la résultante F et les deux composantes F^ et F2.
- La courbe des centres de courbure des points m se détermine d’ailleurs facilement en partant de
- qui donne pour équation par rapport aux axes o X et o Y, et en posant
- K — ob — \JL: — r\
- x (2K — x) y=rK(K-x)
- (A suivre). C. Favuon.
- LA DIRECTION DE NESSELSDORF
- La Nesselsdorfer 'Wagenbau-Fabriks-Gesells-chaft, société autrichienne de construction dont nous avons déjà décrit une intéressante voiture automobile, nous communique les dessins d’un
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- nouveau système de direction qu’elle vient de Ce système de direction présente les avantages réaliser. suivants :
- Fig. 4.
- 1° Le braquage des roues dans les virages est “2° Les secousses de la route ne sont pas trans-tonjours théoriquement exact. mises à la main du conducteur.
- Fig. 2.
- L’agencement et le fonctionnement de cette le dessin. Les fusées a et b sont attaquées, par
- direction sont faciles à comprendre en regardant l’intermédiaire des bras AA et BB, par les tiges
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- C. Les autres extrémités de ces deux tiges portent des rouleaux glissants dans les deux rainures du disque E, dont l’une se trouve à la face supérieure du disque et l’autre à sa face inférieure. Il est dès lors extrêmement simple de tracer les rainures du disque de façon qu’il y a déplacement des rouleaux, si l’on imprime au disque un mouvement de rotation. Les formes des rainures dans notre dispositif sont choisies de façon à ce que les angles de braquage pour n’importe quel angle de virage correspondent toujours à la position théoriquement exacte des roues. Les rainures du disque ayant la forme d’une spirale à pas assez faible ressemblent bien, quant à l’effet, à une vis, de sorte que ce mécanisme partage avec la vis sans fin l’avantage de l’irréversibilité.
- La Construction des moteurs à pétrole
- (Suite) (1).
- Comme nous l’avons dit, la quantité de chaleur dégagée au moment de l’explosion par la combustion des gaz est beaucoup plus grande dans le cas d’une forte compression, Si l’on se contente de diminuer la chambre de compression sans en changer les formes, la quantité de chaleur absorbée par les parois qui, d’après la loi de Newton, est directement proportionnelle à la différence de température entre les gaz et la fonte, devient énorme, et on amène avec la plus grande facilité la culasse au rouge sombre. Il est indispensable de faire une étude raisonnée des formes de la chambre au point de vue de réchauffement.
- Il ne suffit pas de chercher à augmenter le refroidissement extérieur, en agrandissant les ailettes ou par tout autre procédé. L’échauffe-ment du moteur est une maladie qu’il vaut beaucoup mieux prévenir que guérir. Pour avoir un moteur qui ne chauffe pas, n’attendons pas qu’il ait absorbé des calories pour les lui retirer ensuite ; empêchons les gaz chauds de lui céder ces calories et pour cela il n’y a qu’un moyen : avoir de larges conduites d’évacuation et éviter les tourbillons de ces gaz. Il faut que les formes intérieures de la chambre d’explosion ne présentent ni angles, ni étranglements obligeant les gaz brûlés à faire queue pour ainsi dire avant de sortir, et les laissant en contact avec la paroi.
- Qu’au moment de l’ouverture du clapet d’échappement, la pression tombe brusquement à sa valeur atmosphérique et par ce fait même nous refroidissons déjà les gaz brûlés d’une façon très notable. La formule bien connue qu’employa Cailletet dans ses expériences de liquéfaction des gaz par la détente
- montre que la chute de température T0 — rl\ est loin d’être négligeable. En effet, bien qu’il ne soit
- (1) Voir les n03 36 et 37.
- pas possible pratiquement de faire tomber la pression instantanément à celle de l’atmosphère, comme cette pression se chiffre couramment par 14 et 15 kilogrammes par centimètre carré, le
- p
- rapport ^ est cependant assez faible. La rapidité I o
- de la détente implique d’ailleurs les mêmes dispositions dans les formes intérieures et dans les orifices d’évacuation que la condition de moindre cession de chaleur aux parois. Il résulte de tout ceci que l’on devra employer des clapets d’échappement. de grand diamètre, et leur donner une grande course ; que le clapet une fois levé, les gaz ne devront rencontrer aucun obstacle, aucun coude, pour s’écouler librement dans l’atmosphère.
- Quant au clapet d’aspiration, doit-il être le plus grand possible, doit-il être plutôt étroit? On peut trouver de bonnes raisons pour préconiser l’une ou l’autre des deux solutions. Des deux côtés, il y a des avantages, il faut savoir quels sont ceux qu’il est le plus utile de sacrifier.
- Il est de toute évidence qu’un clapet d’aspiration de grand diamètre avec de larges conduites permet une admission facile et abondante. Les gaz entrent librement dans le cylindre et l’emplissent à une pression peu inférieure à la pression ambiante. Grande masse de gaz admise, donc explosion puissante. Ces qualités seront accentuées par l’emploi d’un ressort très doux et d’une grande levée de clapet. Mais tout cela ne va pas sans inconvénients. Un clapet large exige un poids assez considérable d’acier; au moment de l’ouverture il acquiert une certaine force vive et le ressort faible n’arrive pas à annuler cette force vive et à refermer le clapet aussitôt que le piston arrive à fond de course. I)e telle sorte que le moteur tournant à grande vitesse, le clapet est encore ouvert lorsque le piston commence sa course de compression et il refoule dans le conduit d’aspiration une partie des gaz déjà aspirés. On perd en partie ce qu’on avait gagné à l’admission. Ce fait s’observe facilement dans le cas où l’on a deux cylindres aspirant à très peu d’intervalle dans le même carburateur. Le premier contrarie l’aspiration du second par cette espèce de souffle très faible dans la tubulure, presque impossible à éviter avec un clapet automatique, et qui fait qu’on éprouve de grandes difficultés à faire donner en plein les deux cylindres.
- Une tubulure d’aspiration étroite gêne un peu le passage du gaz, c’est certain, mais par le fait même qu’elle les oblige à prendre une grande vitesse elle opère un brassage très favorable à un bon rendement de l’explosion. De plus, il est utile pour une carburation de l’air que cet air ait une grande vitesse dans le carburateur, surtout dans les carburateurs à pulvérisation qui, avec un courant d’air trop lent, ne fonctionnent plus du tout. Même remarque relative à une faible levée d’aspiration, qui provoque des tourbillons de gaz frais favorables à un mélange intime. D’ailleurs, il est bon d’insister sur ce point que si l’on admet une cylindrée complète de mélange, sans que ce mélange soit brassé de façon parfaite,
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- les gaz ne seront jamais brûlés complètement. La combustion, qui est alors loin d’ètre instantanée, n’a pas le temps de se parfaire pendant une course du piston qui dure à peine 1/60 de seconde, et des gaz mal brûlés sont rejetés en dehors. D’où perte d’essence, mauvais rendement par conséquent et aussi mauvaise odeur, ce qui est à considérer.
- Cf. Paillet,
- Ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- (A suivre.)
- COURSES
- La course Lissieu-Mâcon et retour.
- La course Lissieu-Màcon et retour (100 kilomètres), organisée par le Moto-Club de Lyon a eu un vif succès. Voici les résultats :
- i° Voitures \ 1°' Allion; 2e Pansu; 3e Audibcrt.
- 2° Voiturettes : l01'Archinard; 2e Collin; 3e Roux.
- 3° Tricycles : 1C1‘ Berthet; 2° Jacob.
- Un banquet a été donné à Lozanne à l’occasion de la course, sous la présidence de M. Bertrand, secrétaire du Moto-Club de Lyon, qui remplaçait son président, M. Collin, empêché.
- Parmi les assistants : MM. Archinard, secrétaire-adjoint; Brun, vice-président du Bicycle Club ; Gallois, du Lyon Sport ; Sigrist, du Lyon Républicain ; J. Rivât, Audibert, Roux, Marge, Mme et M. Ollion, Berthet, Berger, Cleyet, Manière, Bernard, Pansu, Jacob, Pullinger, Dr Durand, Charpentier, Thival, Bouchard, Lara, Col-lomb, Rochet, Joannès Leux.
- On ne s’est pas ennuyé un seul instant.
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- Une course de motocvcles. a été organisée le 10 septembre, à Juan-les-Pins, à l’occasion de la fête locale.
- Voici les résultats :
- lor Bensa; 2* Portai; 3“ AngeJien.
- Bensa gagne par 300 mètres. Frank, jeune, a eu un accident de machine, ce qui l’a obligé d’abandonner.
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- M. Edge vient de continuer le bruit qui avait couru déjà de la construction de plusieurs automobiles Napier de 50 chevaux pour prendre part à la course de la coupe Gordon-Bennett de l’an prochain.
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- Notre sympathique confrère le Sport Universel Illustré, qui organisa avec une si complète réussite le Critérium des Electriques et qui créa les gymkhanas automobiles, organise pour le 25 octobre, à Longchamps, au prolit des pauvres de Paris, une grande fête réservée aux voiturettes et petites voitures à pétrole, à vapeur et électriques.
- En ce temps d’Exposition, une fête automobile
- au Bois de Boulogne, organisée comme sait les organiser le Sport Universel Illustré, aura certainement un très grand succès.
- A bientôt le programme.
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- La caravane automobile de Tunis à Gabès
- La caravane automobile de Tunis à Gabès, dont nous avons annoncé l’organisation pour le mois d’octobre par l’Automobile-Club de France s’annonce comme un succès.
- Bien que le départ doive se faire du 20 au 28 octobre il y a, en effet, déjà huit engagements qui sont les suivants :
- Le comte Brunetta d’Usseaux et un invité (voiture à pétrole); M. Raffin (voiture à pétrole); M. Emile Mors (voiture à pétrole); M. A. Poi-datz (voiture à pétrole) ; M. et Mrae Laumaillé, (tricycles) ; M. Turgan (voiture à vapeur) ; M. Gustave d’Ervau (voiturette) ; M. Laurent Bougère et Mme Bougère (voiture à pétrole).
- Rappelons que le nombre des passagers sur le paquebot qui emportera les véhicules est limité à trente-cinq. Les inscriptions sont reçues, jusqu’au 10 octobre, à l’Automobile-Club de France.
- L’inscription devra mentionner la force exacte des moteurs et leur dépense d’essence par 100 kilomètres, afin de permettre aux organisateurs de fournir approximativement la quantité d’essence à répartir dans les différentes localités où doit passer la caravane. Elle devra être accompagnée de la somme de 100 francs, lesquels seront intégralement employés au transport du véhicule automobile, de Marseille à Tunis, et au passage d’un conducteur ; le transport et le passage sont faits par les soins de la Compagnie franco-tunisienne de la navigation, laquelle a accordé un tarif spécial de 50 francs pour un motocycle ou une voiture pesant moins de 200 kilos, et 50 francs pour une personne.
- Toutes adhésions multiples de touristes partant sur un même véhicule devront être accompagnées d’autant de fois 50 francs qu’il y aura de voyageurs supplémentaires au conducteur.
- Les approvisionnements d’essence seront assurés à Tunis. Le litre d’essence reviendra à 0 fr. 75 et les frais d’hôtel sont estimés à 10 ou 12 francs par jour.
- Les véhicules prenant part à la caravane, à l’exception des concurrents de la course Gabès-Tunis, marcheront de conserve. Il y aura trois catégories :
- A. Les touristes (motocycles, voiturettes et voitures) ;
- B. Les véhicules à plusieurs places aptes à faire un service public ;
- G. Les voitures de courses.
- Des médailles, des diplômes et des prix donnés par le gouvernement tunisien, l’Automobile-Club de France et le Journal seront attribués a ces différentes catégories.
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- Notre excellent confrère Motor Car Journal a offert une fort jolie coupe en argent massif à
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- l’Automobile-Club de Grande-Bretagne, comme trophée d’une course de 5 milles pour les moto-cycles de tourisme; elle a été gagnée pour la première fois au Crystal Palace en juillet dernier ; nous en avons la photographie sous les yeux ; c’est un véritable objet d’art.
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- A New-York, sur la piste d’un mille de Gutenberg-, Bostwick, le chauffeur bien connu, avec l'ancienne voiture de René de Knyff, a gagné le championnat des 10 milles en 15 m. 9 s. Le meilleur mille a été fait en 1 m. 27 s. 1/5. Bostwick a couvert les 5 milles en 7 m. 43 s. 1/5, descendant le record de Vanderbilt qui était de 8 m. 48 s.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Les courses de canots automobiles organisées à l'annexe de Vincennes, sur le lac Daumesnil, le 20 septembre, ont obtenu le plus vif succès.
- On y a beaucoup remarqué un propulseur automobile transportable qui peut s’installer à l’arrière de n’importe quel bateau.
- Ce nouveau propulseur, qui est appelé à rendre de très grands services et dont l’inventeur est M. Levavasseur, ingénieur, est actionné par un moteur à pétrole de la force de trois chevaux effectifs, dépensant un litre et demi d’essence à l’heure, et imprimant à une embarcation pouvant porter huit personnes, une- vitesse de 14 à 15 kilomètres à l’heure.
- L’appareil est monté sur aluminium ; les organes sont en acier et en bronze durci; le graissage est automatique.
- Le propulseur se démonte en trois parties, dont voici les poids ; moteur à pétrole, 40 kilos; bâti horizontal.et accessoires du moteur, 20 kilos; bras plongeur vertical avec hélice, servant en même temps de gouvernail, 15 kilos; soit un poids total de 75 kilogrammes.
- Gros succès également pour le bateau Abeille I construit par M.A. de Mesmay, de Saint-Quentin, engagé par MM. Dalifol et Gossot et conduit par M. Blondeau.
- Ce bateau, fin comme un skiff, a donné dans un tirant d’eau insuffisant une vitesse de 22 kilomètres à l’heure. Il doit pouvoir donner en Seine ou en Marne du 25 et plus. U est regrettable qu’un accident d’hélice ait gêné Abeille I dans la course omnium.
- Voici les résultats :
- /r0 Catégorie, bateaux au-dessous de 6 m. 50 de long, sans distinction de moteur, 2 tours, (3,800 m.). Prix : 150, 175 et 25 francs. 1. Marie-Denise, à M. Itaumgar-ten, en 15 m. 20 sec.; 2. Abeille II, à M. Gossot, à 2 longueurs; 3. Tempête, àM. Vasseur. N. P. : Cosaque, à M. Lein, arrêté par une panne.
- i° Catégorie, bateaux de 6 m. 50 à 8 mètres, 2 tours (3,800 m.). Prix : 150, 75 et 25 lianes. 1. Abeille I, à M. Gossot, en 9 m. /|9 sec.; 2. Brochet, à M. G. Sey-ler; 3. Surprise, à M. Dumas fils; k- Lionne, à M. De-nouelle; 5. Joujou, à M. Vallet.
- Abeille I avait une telle avance qu’elle réussit en
- couvrant un 3e tour à finir à quelques longueurs du second : Brochet.
- Omnium, pour bateaux de toutes dimensions, 3 tours (5,700 m.). k prix : 150, 75, 50 et 25 francs. 1. Brochet, en 22 m. 30 sec.; 2. Marie-Denise; 3. Abeille I; k-Abeille II.
- Consolation. — 1. Lionne (propulseur), à M. De-nouelle; 2. Surprise, à M. Dumas fils; 3. Tempête (propulseur), à M. Vasseur; Joujou.
- Le concours de voiturettes de livraisons est terminé. Les neuf concurrents ont résisté jusqu’au bout. Huit avaient des moteurs à pétrole. Un seul était électrique.
- Les numéros 1 et 2, voiturettes Peugeot, ont un moteur horizontal à deux cylindres à circulation d’eau de la force de 3 chevaux 1/2. Le numéro 3, voiturette de Dion-Bouton, est muni d’un moteur vertical à un cylindre à circulation d’eau de la force de 3 chevaux 1/2. Le numéro 4, voiturette La Sirène, est la seule voiturette du concours dont le moteur, à deux cylindres refroidis par des ailettes, développe la force de 5 chevaux. Il supprime ainsi les ennuis de la circulation de l’eau, d’où simplicité plus grande de l’organisme et moindre perte de temps. Cette voiturette de livraison a d’ailleurs fait les meilleurs temps du concours avec le minimum de dépense en essence et en huile. Le numéro 7, voiturette système Renault, construction Lorre, est muni d’un moteur de Dion-Bouton à circulation d’eau. Le numéro 9, voiturette Gillet-Eorest et Cio-, est muni d’un moteur vertical à deux cylindres à circulation d’eau de la force de 4 chevaux. Le numéro 10, de la Maison Parisienne, est muni d’un moteur horizontal à un cylindre. Enfin le numéro 11 est la seule voiturette électrique qui ait continué les épreuves et accompli très correctement ses parcours quotidiens.
- Après l’essai de cinq jours, à 100 kilomètres par jour, on a procédé à des essais de consommation.
- L’exposition d’automobiles qui doit se tenir à Leipzig du 19 au 23 octobre 1900 s’annonce comme un succès.
- Un grand nombre d’établissements importants ont envoyé leur adhésion. Cette exposition promet de donner aux visiteurs l’image la plus complète de tout ce qui concerne le mouvement automobile en Allemagne. Il ne s’agit, en effet, nullement d’une exposition locale de peu d’importance, c’est une organisation de grand style, qui va provoquer une grande curiosité dans toute l’Allemagne et non seulement pour les spécialistes mais surtout pour les amateurs. Il importe donc que les exposants adressent leur déclaration d’adhésion le plus promptement possible. Espérons que nos compatriotes seront nombreux. Il est établi dans les salles môme de l’exposition une poste avec le cachet spécial ; Exposition d’automobiles à Leipzig 1900.
- Une exposition permanente de machines est ouverte à Christiania. Les fabricants de tous les
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- pays peuvent y exposer leurs machines. Renseignements à la Compagnie Alfheim, vSt-Olafsgade, 22, Christiania.
- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre confrère Photo-Revue indique un procédé destiné à permettre aux agents cyclistes de vérifier, par la photographie, la vitesse des automobiles.
- Voici, nous dit-il, comment on opérerait dans la pratique :
- Une voiture, passant à une vitesse quelconque, à la portée de l'agent photographe, celui-ci l'ait fonc-
- tionner son appareil qu’il tient braqué dans une direction sensiblement perpendiculaire à celle suivie par le véhicule.
- L’appareil enregistre sur la bande pelliculaire un certain nombre d’images successives A, B, G, etc.
- Les manipulations terminées, on superpose par transparence deux phases séparées par un certain nombre de périodes, par exemple, les termes A et G de la série, en s’attachant à faire coïncider exactement les images des objets non mouvants servant de repères.
- La superposition conduit à une construction analogue à celle que représente notre deuxième croquis; on obtient, en définitive, un triangle dont les trois sommets sont respectivement : La projection sur le sol du centre optique de l’appareil, puis la projection des deux points homologues choisis dans les deux images comme termes de comparaison — par exemple, le moyeu du train antérieur.
- Le problème est donc nettement posé : 11 s’agit de trouver, par une opération de calcul élémentaire, la
- mesure de la petite hase d’un triangle isocèle, étant donné : que l’on peut évaluer l’angle a (puisque l’on connaît l’angle correspondant à la largeur totale de l’image, et que la perpendiculaire o x est égale à la distance de l’appareil au mobile).
- La mesure de cette perpendiculaire est la seule inconnue du problème et, ainsi que nous le disions, l’opérateur devrait, faute de mieux, la déterminer et la contrôler par tous les moyens en son pouvoir : points
- Appapcu
- Repérage.
- de repère bien définis sur le sol; mesure effective au décamètre, etc.
- L’application pratique sera un fait accompli dès que l’on pourra éliminer toute chance d’erreur dans l’évaluation de cette distance, et il est permis de dire que c’est sur son exactitude que repose la valeur du système.
- 11 l’esterait donc à trouver un dispositif remplaçant automatiquement toute intervention des facultés d’appréciation ou de jugement de l’opérateur, en ce qui concerne cette mensuration.
- Or, nous avons connaissance de résultats très en-
- courageants, obtenus dans cette voie par un jeune ingénieur qui nous honore de sa collaboration assidue, et que nous ne voulons pas désigner plus clairement aujourd'hui.
- Bar l’emploi d’une combinaison optique spécialement étudiée, il obtiendrait une indication mathématiquement exacte de la distance du mobile; le rôle de l’opérateur se bornerait à déclencher l’appareil sans autre préoccupation que de le pointer dans la direction convenable.
- Tout cela nous semble très bien, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une vitesse et par conséquent qu’il faudra mesurer très exactement le temps extrêmement court, une fraction de seconde dans certains cas, qui se sera écoulé entre la prise des deux photographies. Gomment mesurera-t-on ce temps d’une façon assez précise et assez sûre pour qu’aucun doute ne puisse s’élever sur son évaluation?
- Dans la Revue mensuelle du Touring-Cluh de France, M. Benjamin Pasquet signale avec talent la fantaisie qui préside à rétablissement des frais de transport des automobiles par voies ferrées.
- Vous connaissez cc joujou qui s’appelle le tricycle de Dion. Un homme là-dessus vous donne l’illusion d’un moutard sur un cheval de bois. Ce doit être une tàéhe énorme, comme l'on pense bien, de mettre l’objet dans un wagon! Eh bien, pour transporter le monstre à 300 kilomètres, les Compagnies consentent à ne prendre que 77 francs, le timbre et l’enregistrement non compris! C’est pour rien..
- Voici maintenant les prix demandés par la Compagnie de Lyon pour transporter un omnibus à vapeur de Paris à Milan :
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- Bercy à Modane. — Tarif général, lre série................................96 fr. 60
- De Modane à 3Iodane-Front. — Tarif général, lr« série.......................' 2 fr. 90
- Prix par tonne............99 fr. 50
- jusqu’à la frontière, soit, pour 4800 kilos (99 fr. 50 X 4800 = 477 fr. 60).
- Le prix de Modane-Frontière à Milan étant de 86 fr. 85 tous frais compris, le constructeur avait à payer 564 fr. 45.
- La note lui parut plutôt salée. Il vint me trouver. En dehors de la combinaison donnée par la gare de Bercy, on peut en faire au moins trois autres, plus avantageuses, lui dis-je, et je vais vous donner, des trois, la plus économique. Voici en quoi consiste cette combinaison :
- De Paris-la-Yillette à Petit-Croix. ... 36 fr. 70
- De Petit-Croix à Bàle....................... 4 fr. 45
- De Bàle à Chiasso...........................19 fr. 40
- Prix par 1000 kilos...............60 fr. 55
- 60,55 X 5000 kilos.................... 302 fr. 75
- De Chiasso à Milan..........................37 fr. 52
- Prix total............. 340 fr. 27
- Le constructeur trouva le prix de son goût et la Compagnie de Lyon, qui pouvait assurer le transport de Bercy à Milan pour 374 fr. 25, transporte dans un songe.
- M. C. E. Henriod donne, dans le Bulletin des Halles, quelques renseignements sur son procédé de dénaturation de l’alcool destiné à être employé à la production de la force motrice.
- Après avoir rappelé les inconvénients du vert malachite, employé comme dénaturant par la régie française, M. Henriod dit qu’avec son dénaturant, qui ne coûte que 45 francs l’hectolitre, la consommation par cheval-heure est à peu de chose près égale à celle de pétrole, soit de 350 à 450 grammes avec du pétrole à 700 grammes et de 450 à 500 grammes pour l’acool carbure à 820 grammes. L’avantage de l'alcool est donc très appréciable.
- Le Bulletin des Halles appelle M. G. E. Ilen-riod, son « nouveau collaborateur ». Félicitons notre confrère d’avoir enfin trouvé un rédacteur capable de bien présenter cette question de l’emploi industriel de l’alcool. Gela lui manquait jusqu’à présent.
- ♦
- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettre suivante :
- 17 septembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Lecteur assidu de votre excellente Revue, je suis persuadé que vous voudrez bien accueillir dans vos colonnes les quelques lignes suivantes :
- Je m’occupe théoriquement et pratiquement d’automobilisme et je crois utile de faire connaître un nouveau mode de refroidissement des moteurs à pétrole. Mon but aussi, en ayant recours à la grande, publicité de votre journal, est d’empêcher que mon
- idée ne soit accaparée au moyen d’un brevet au détriment du public.
- On connaît les nombreux inconvénients de la circulation d’eau, inconvénients dus, en grande partie, à la nature du liquide employé.
- Si à la place de l’eau on utilisait l’huile minérale qui n’entre en ébullition qu’à une très haute température, on obtiendrait un mode de refroidissement bien supérieur à l’ancien.
- En effet, l’huile ne donnerait pas de dépôts calcaires si nuisibles au bon refroidissement des cylindres, elle ne s’évaporerait pas comme l’eau, son point d’ébullition étant bien supérieur, elle ne gèlerait pas l’hiver lorsque le moteur reste longtemps arrêté, enfin la présence de l’huile autour des cylindres ne rouillerait pas les parois comme cela arrive avec l’eau. J’ajoute que l’huile pouvant être maintenue, grâce au radiateur, à une température où elle n’émet pas de vapeur, servirait indéfiniment.
- Pour adapter cette modification à des moteurs possédant une circulation d’eau, il faudrait augmenter le diamètre des tubes de circulation, car il serait indispensable de tenir compte de la viscosité du liquide. La pompe devra être aussi modifiée dans le même sens. En dernier lieu, on déterminera expérimentalement la surface à donner au radiateur pour que l’on puisse maintenir l’huile à une température la plus favorable au bon fonctionnement du moteur.
- On pourrait utiliser d’autres liquides ayant leur point d’ébullition élevé, mais à mon avis, l'huile minérale est désignée comme étant le meilleur produit à employer pour cet usage.
- J’espère, Monsieur le Directeur, que ces quelques renseignements pourront intéresser certains de vos nombreux lecteurs et en vous remerciant à l’avance, veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués.
- Emmanuel Legrand,
- Ingénieur,
- Docteur ès sciences physiques. --------------------------
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Aux Etats-Unis les commissions de la Chambre et du Sénat sont d’accord pour autoriser la commande de cinq bateaux sous-marins du type Holland à 170.000 dollars chacun.
- On va mettre à l’étude les plans et devis de bâtiments destinés à transporter deux, quatre ou six bateaux sous-marins du type Holland; on emploiera peut-être, à cet effet, des bâtiments auxiliaires transformés en conséquence.
- — Les applications de ce qu’on peut appeler la traction automobile sur les voies ferrées vont sans doute prendre du développement par suite des travaux de la commission gouvernementale chargée en Italie d’étudier l’emploi de l’électricité comme force motrice sur les voies ferrées (particulièrement d’intérêt local). Elle vient, en effet, de décider qu’on procéderait à des essais pratiques sur diverses lignes italiennes, les unes avec accumulateurs du type Planté, les autres avec accumulateurs Pescetto ; de jdus, sur certaines lignes, des voitures recevront par trolley au troisième rail du courant continu ou alternatif.
- Le Directeur-Gérant : YUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOVE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 40.
- Le Numéro : 2*0 centimes
- 4 Octobre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB I)E FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS I FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 Fil.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauueau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie Vve DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 40.
- Les progrès des accumulatours, Emile Dieudonné. — — Le dirigeable Zeppelin. — Echos. — La voiturette Underberg, S. P. — Le changement de vitesse Le-pillet. — Une roue motrice américaine. — L'équilibrage des moteurs à pétrole à grande vitesse, G. Fuvron. — La construction des moteurs à pétrole, G. Paille/. — (aride de route de la petite voiture de Dion-llouton, .1. Wol//'. — bourses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Courrier industriel.
- LES PROGRÈS DES ACCUMULATEURS
- Parmi les questions soumises à ia discussion lors des réunions du congrès international des tramways, nous voyons figurer celle-ci :
- Quels sont les progrès qui ont été réalisés en ce qui concerne la traction par accumulateurs?
- L’enquête à laquelle avait, au préalable, donné lieu cette question, a établi qu’au triple point de vue de la construction, de la capacité et de la réduction du poids des accumulateurs, aucun avancement marquant n’avait à être signalé au cours de ces quelques dernières années. En ce qui a trait à la durée et aux dépenses d’entretien de ces appareils, les orateurs, venus des quatre points cardinaux du monde industriel, ont généralement accusé un abaissement du premier de ces deux éléments, du prix de revient, et un relèvement graduel du taux des tarifs d’entretien. Au point de vue de leur application économique et pratique à la traction des tramways, les accumulateurs ont été considérés comme une solution de pis-aller.
- L’automobilisme sur routes 11e dispose,
- jusqu’à présent du moins, que de cette source d’énergie. Tons les problèmes qui s’y rattachent sont déterminés par la longévité et la capacité d’une batterie, et on ne peut guère se prononcer sur les mérites d’un accumulateur que d’après l’état d’une batterie en service continu pendant six ou huit mois. Une batterie d’accumulateurs dans ces conditions est fréquemment soumise à des décharges soudaines et intenses qui ont pour effet de dilater les grilles et de libérer la pâte de peroxyde rapportée. Celle-ci subit un lavage continuel dû au mouvement du liquide électrolytique, se détache et provoque la formation de court-circuits en restant en suspension entre les plaques. S’il arrive qu'une ou plusieurs plaques ne soient pas complètement immergées dans la liqueur acide, la chaleur excessive qu’elles éprouvent dans les parties non baignées pendant le passage du courant occasionne un mouvement d’expansion des grillages tel que, jamais plus, les phénomènes de contraction ultérieure ne rétablissent un bon contact avec la pâte de peroxyde restante. Et cependant, les éclaboussures d’acide causent beaucoup plus de perte d’énergie qu’on ne s’en doute communément.
- Le couplage des éléments en parallèle entraîne des inconvénients graves résultant du fait que si un élément, d’un côté, devient inactif, ou si sa polarité est inversée, ceux situés de l'autre côté du groupement interviennent en dépensant de l’énergie pour rétablir l’équilibre. M. le professeur H. S. Hele Shaw a affirmé devant les membres de l’Institut des ingénieurs mécaniciens que dans des essais faits en France, en Angleterre et en Amérique après six mois de fonctionnement, même avec la plus soigneuse attention, il a pratiquement fallu enduire les plaques positives de pâte nouvelle ou les renouveler, opération dé-
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- terminant une dépense quiu’était pas inférieure au cinquième de la dépense primitive d’établissement. Dans beaucoup de cas même, les éléments en service ordinaire étaient sans valeur à la fin de cette période ou plus tôt encore.
- L'électricité est capable d’entrer en lice avec l’emploi de la vapeur ou du pétrole aussi longtemps qu’on ne lui demande pas de parcourir une distance de plus de 64 kilomètres avec une seule charge, et qu’on n’exige pas une vitesse supérieure à 16 kilomètres à l'heure. Au delà de ces limites, l’accroissement du poids mort devient trop considérable et comporte des régimes de décharge excessifs. Le poids des batteries d’accumulateurs et la difficulté de leur rechargement, constituent une inquiétante pierre d'achoppement sur la route de l’automobilisme électrique.
- Bien que la situation de ces intéressants appareils, si décriés à leur aurore par ceux qui en sont actuellement de chauds partisans, se soit notablement améliorée, il est indéniable que leur existence dans l'industrie des transports est soumise à des traitements plus douloureux que ceux qu’ils subissent à poste fixe dans les usines centrales d’électricité, exerçant une répercussion compromettante sur la longévité des plaques qui, malheureusement, poussent l’impertinence jusqu’à ne pas tenir les engagements pris par les fabricants.
- L’emploi des accumulateurs semble plutôt devoir se confiner dans un domaine très limité, l’enceinte des villes, où il existe des distributions de courant pour opérer le rechargement des éléments, jusqu’au moment où les installations électriques isolées, réparties sur divers points du territoire, trouveront, en se constituant postes de rechargement, l’occasion avantageuse d’augmenter le rendement spécifique de leur matériel.
- On se prend à regretter qu’une bonne voiture électrique n’ait pas encore fourni un stage pratique. Ce n’est pas que la solution technique soit plus difficile, au contraire. L’aisance avec laquelle peuvent être disposées en roues motrices quatre roues d’une voiture, application d’une si haute importance sous le rapport de l'utilisation de l’effort de propulsion, est un élément favorable du problème à résoudre, joint à la faible vitesse de locomotion. Mais, le facteur qui domine toujours dans l’ordre pratique, c’est l’entretien et l’amortissement du matériel.
- Dans la traction, mécanique sur routes de
- campagnes les secousses, cahots et trépidations augmentent en violence à peu près dans la mesure du cube de la vitesse et si à cela, on ajoute les efforts dus au mécanisme moteur, on s’apercevra' que toutes ces conditions réunies sont des plus défavorables à la durée et à la bonne conservation du matériel.
- Les automobiles à vapeur gravissent des côtes raides à une vitesse que n’atteignent pas les autres systèmes d’automoteurs. Un approvisionnement en combustible et en eau pour un long voyage ne comporte pas un énorme volume. La condensation de la vapeur d’échappement, tout en introduisant une source d’économie, épargnera la consommation d’eau fraîche.
- Le mécanisme moteur qui est celui de toute machine à vapeur ordinaire est connu de tous, du plus modeste serrurier de village qui souvent a à réparer des moteurs agricoles. A puissance égale, leur prix d’acquisition est plus bas, plus grande facilité de surveillance, entretien moins coûteux, moins de chance de rupture d’organes que dans les moteurs à pétrole.
- Voilà bien des raisons tirées de la sanction expérimentale qui militent en faveur de la traction des poids lourds par la vapeur, dans l’état actuel de l’industrie.
- Emile Dieudonné.
- LE DIRIGEABLE ZEPPELIN
- Les nouveaux essais du ballon dirigeable du comte de Zeppelin, sur le lac de Constance, ne semblent pas aller tout seuls. La semaine dernière, au moment où l’on allait commencer le gonflement, l’énorme carcasse, qui ne pèse pas moins de 4,000 kilos, s’est détachée du plafond du hangar. Une des chaînes qui retenaient le ballon suspendu s’était rompue, et toute la masse est tombée sur le plancher. La carcasse en aluminium, construite avec un soin si minutieux, s’est fortement cabossée. On n’a eu qu’un seul accident de personne à déplorer : un des aéro-nautes du premier voyage, le comte de Bassas, s’est brisé le genou.
- On espère que quinze jours de travail suffiront pour remettre les choses en état, mais la mauvaise saison approche, de sorte qu’il restera peu de temps pour exécuter les diverses expériences auxquelles le dirigeable devait être soumis avant l’hivernage.
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- ÉCHOS
- Scrutin de ballottage mercredi dernier à T Automobile-Club de France.
- Cinq candidats, parmi lesquels Desgrange et Georges Prade.
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- Le comité du Moto-Club de France a tenu sa séance dernière, le mercredi 26 septembre. Le baron Arthur de Rothschild, un des vice-présidents, assistait à la séance pour la première fois.
- On a décidé l’organisation du critérium de l’alcool pour le dimanche 28 octobre, sur le parcours Paris-Rouen. On trouvera, à notre rubri-brique : Courses, tout ce qui concerne cette épreuve.
- On a également admis en principe l’organisation, pour l’année prochaine, de deux concours : celui des antidérapants et celui de la roue élastique. Nous craignons que ces deux concours, très utiles, du reste, ne soient, en pratique, d’une organisation plutôt difficile.
- D’autres questions de détails ont été réglées, entre autres la création d’un album photographique du Moto-Club.
- La séance a fini par un scrutin de ballottage, à la suite duquel 43 nouveaux membres ont été admis. Cela porte à 658 membres l’effectif actuel de l’association.
- 4 *
- Les membres de l’Automobile-Club de France sont invités par le marquis de la Rochetulon à assister dimanche prochain aux fêtes données à Corneville.
- La fête comprendra une représentation de l’opéra-comique des Cloches de Corneville, une kermesse avec bal champêtre, feu d’artifice, etc. (Places réservées : 10 francs.)
- La Compagnie de l’Ouest met à la disposition du Comité d’organisation quelques wagons-restaurants qui séjourneront à Corneville et serviront des déjeuners à 6 francs et des dîners à 8 francs tout compris.
- De Paris, l’itinéraire passe à Mantes, Bon-nières, Evreux, Neubourg, Glos-Montfort, Gor-meilles, Pont-Audemer (170 km).
- Nous savons qu’un grand nombre de membres ont l’intention de s’y rendre en caravane.
- 4 4
- Le Touring-Club de France vient de verser 30,000 francs à la caisse du receveur municipal de Mandelieu (Alpes-Maritimes) et 15,000 francs à la recette municipale de Saint-Raphaël (Var), soit au total 45,000 francs votés par cette association pour l’exécution de la route de la « Nouvelle-Corniche » dont elle a pris l’initiative.
- Grâce aux concours très actifs et très efficaces que le Touring-Club a rencontrés tout à la fois près de la municipalité de Saint-Raphaël et près de notables habitants, grâce aux subventions
- très larges qu’il a pu obtenir de l’Etat et que les conseils généraux, sur ses instances, ont affectées à cette opération, il est permis de prévoir que cette route, qui reliera directement Saint-Rapliaël à Cannes et à Nice et constituera non seulement une promenade admirable, mais encore une voie de communication du plus haut intérêt, pourra être achevée au commencement de 1902.
- 4 4
- La Revue générale des sciences rend compte a son tour, par la plume de notre savant collaborateur Gérard Lavergne, du concours de moteurs de la Locomotion Automobile.
- Voilà décidément un concours qui pourra se vanter d’avoir fait un certain bruit dans le monde.
- 4 *
- Rappelons aux auteurs et aux éditeurs qui ont l’amabilité de nous envoyer des ouvrages pour que nous en donnions le compte-rendu, qu’il est absolument nécessaire que les volumes qu’ils nous adressent nous soient remis en double exemplaire.
- Dans le cas d’envoi d’un seul exemplaire il nous est, à notre grand regret, absolument impossible de rien publier et c’est une règle absolue qui ne souffre aucune exception.
- 4 4
- Le comte de Dion doit faire ces jours-ci en son nom personnel, mais en s’autorisant toutefois de sa qualité de président de la chambre syndicale, une démarche auprès des pouvoirs publics afin d’obtenir que la question si importante des dénaturants de l’alcool soit immédiatement mise à l’étude.
- Souliaitons-lui un heureux succès.
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- Le Journal va prochainement organiser pour son reportage de la dernière heure dans Paris ua service d’automobiles. C’est notre excellent confrère Darzens qui est chargé de le mettre au point.
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- Cinq chauffeurs marseillais viennent de faire l’ascension du mont Ventoux.
- Us ont gravi en deux heures, à une vitesse de I l kilomètres à l’heure, ce pic dont l’altitude dépasse 1900 mètres, sans accident ni avarie. Il faut dire que, au point de vue alpiniste, le Ventoux est devenu une montagne débonnaire, grâce à l’Observatoire météorologique établi à sa cime et qu’une route praticable aux voitures légères relie à la petite cité vauclusienne de Bédoin.
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- Le baron Pierre de Crawliez, président du comité sportif de l’Automobile-Club de Belgique, accompagné probablement de MM. t’Serstevens et du chevalier A. de Thier, ira dès les premiers
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- jours de décembre, embarquer sa 12 chevaux à Marseille, pour la diriger sur Biskra et les sables du Sahara. Le réservoir de l’auto, qui peut contenir 100 litres, permettra d’effectuer une randonnée de 500 kilomètres.
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- Notre excellent confrère Y Automobile belge nous annonce que l’on va faire le 21 octobre à Berlin, sur un vélodrome, une expérience de « motodromisation ».
- Motodromisation va faire le bonheur de nos collaborateurs Gérard Lavergne et Baudry de Saunier.
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- On vient de découvrir que les comptes de la ville d’Anvers témoignent qu’en 1479, le receveur communal était autorisé par le magistrat, à payer une gratification de 24 livres d’Artois à un certain Gilles de Boni, pour le remercier du don qu’il avait fait à la ville d’une voiture mise en mouvement uniquement, par des moyens mécaniques.
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- Les Bruxellois demandent que l’on emploie des arroseuses automobiles pour arroser d’une façon modérée le Bois, l’avenue Louise et les autres voies macadamisées de Bruxelles.
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- Sait-on combien il y a d’automobiles en Hollande? Exactement 257 à la date du 1er octobre. Donnons quelques détails au sujet des firmes représentées. Il y a 58 Benz, 16 Peugeot, 10 Mors, 9 Vivinus, 8 Decauville, 8 de Dion, 7 Daimler, 6 Darracq, 6 voitures de construction hollandaise et quelques autres dont des Richard, de Dietrich, Hurtu, Bollée, Audibert, Vallée, Cot-tereau, etc. On n’y compte que 3 voitures électriques.
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- On nous annonce que le comte Gaston di Mirafiori vient de faire, en automobile, et avec trois autres personnes, le voyage de Turin à Florence, par Assi, Alexandrie, Plaisance, Mo-dène, Bologne, Pistoia, etc. Il ne faut pas oublier qu’il y avait à franchir la chaîne des Apennins, et que, d’ailleurs, la température était particulièrement inclémente.
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- L’alpinisme en automobile fait des progrès en Italie : en deux heures et demie de marche effective, M. Enrico Golombini vient de monter de Pignerole au col de Sestrières, qui se trouve à 2035 mètres au-dessus du niveau de la mer; il était monté sur un motocycle dont il n’a pas quitté la selle un instant. Il est redescendu par le versant opposé, du côté de Dora. Son moteur n’était que de 1 cheval 3/4.
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- Un soi-disant ingénieur français fait circuler, en ce moment, dans la colonie étrangère, à
- Madrid, des prospectus annonçant qu’on peut trouver à acquérir des véhicules automobiles pour un prix approximatif de 500 francs. Gomme notre confrère YAutomobilismo ilustrado, nous trouvons que ce n’est pas cher, et nous demandons à voir un de ces véhicules.
- La reine régente d'Espagne vient de signer un nouveau règlement de la circulation des automobiles sur les routes du royaume. Nous comptons en reparler prochainement.
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- M. J. Pennell vient de faire, à motocycle, un long voyage en Suisse et en France. Il est parti de Paris via Dijon-Ponfarlier, puis a gagné Lausanne, Brieg, puis Andermatt en passant par la Furka; de là, il est descendu sur Fluelen et Lucerne ; et il est revenu de cette ville à Paris en chemin de fer; du moins, il a repris ensuite sa bicyclette à moteur pour gagner Mantes, Rouen et Dieppe. Finalement, de Newhaven, c’est encore sa machine qui l’a amené à Londres.
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- Sur une voiture Wartbourg comportant un moteur de cinq chevaux, M. H. I). Beissbarth, de Munich, a parcouru une distance de 620 kilomètres en 26 heures. Dans les premières vingt-quatre heures, il a couvert 570 kilomètres.
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- L’Automobile-Club de l’Allemagne centrale s’est occupée dans sa dernière réunion mensuelle du 15 septembre d’une série d’affaires courantes et a procédé ensuite à l’admission d’un certain nombre de membres. Le délégué à l’organisation des courses, M. Hammler, a été chargé d’organiser une grande excursion en commun pour tous les sociétaires propriétaires d’une automo-1 bile. Nous en publierons ultérieurement les détails. Dans la prochaine séance mensuelle, le président G. Ehrhard lira un rapport circonstancié sur la première journée des courses d’automobiles de Berlin.
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- Notre confrère Orlovsky, directeur du journal russe le Samokat, est arrivé lundi dernier à Paris venant de Saint-Pétersbourg à motocycle, ce qui représente le joli parcours- de ‘3000 kilomètres en quinze jours. ' -
- Son itinéraire a été le suivant : -r ' 1
- Saint-Pétersbourg, Louga, Pskov,: Ostroffj Riejidsa, Dvinsk, Kowno, Varsovie (arrêt d’un jour et demi) Sloupszi (frontière russo-aile-1 mande), Posen, Schwerin, Kustrin, Berlin, Postdam, Magdebourg, Braunsweig, Hanovre, Mindon, Ilagen, Sollingen, Berglieim, Cologne, Eupen (frontière belge), Verviers, Liège, Namur, Binant, (frontière française), Givet, Retbel,
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- Reims, Château-Thierry, Meaux, Lagny et Vin* cennes.
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- Dernièrement, une scène bien drôle a eu lieu à Weiler-Altenfurth, dans la banlieue de Nuremberg. Un jeune élégant conduisant une automobile se voit bloqué par un de ces accidents qui arrivent particulièrement aux néophytes, et il demanda à un cycliste d’aller lui chercher un attelage pour ramener à la ville la voiture dont le moteur s’entêtait à ne plus vouloir fonctionner. On lui envoya pour le remorquer une vache avec joug, et le bizarre convoi ht la joie de tous les villages traversés.
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- Les habitants de Southampton (Long Island) demandent à leur municipalité de prendre une ordonnance soumettant les automobiles aux restrictions les plus féroces. Notamment, il leur sera interdit d’entrer dans la cour de la gare aux heures des trains, sans doute pour qu’elles n’offraient pas les locomotives.
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- Une des grandes maisons d’édition de Londres, pour aider au lancement d’une nouvelle publication nommée le Tvaveller (le Voyageur), vient d’envoyer un de ses représentants faire en automobile un long voyage en France et en Espagne, voyage dont le compte-rendu paraîtra hebdomadairement dans le recueil en question.
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- La municipalité de Maidenhead qui imposait jusqu’ici des tarifs prohibitifs pour le passage des automobiles sur le pont de Maidenhead, vient de les abaisser à 6 pences pour les voitures et à 3 pour les tricycles, et encore cela leur permet de passer autant de fois qu’ils le voudront le même jour. Les chauffeurs anglais sont dans la joie.
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- Une spacieuse station de charge des accumulateurs d’automobiles a été établie à Boston par la compagnie des véhicules électriques de la New England, qui débuta, en mai 1899, avec trois cabs.
- En ce moment, il y a 150 voitures qui s’alimentent à cette usine de charge comprenant coupés, phaétons, voitures de livraison, tilburys, etc. La station consiste en un bâtiment circulaire ayant environ 38 mètres de diamètre.
- L’énergie électrique y est distribuée par un circuit à trois fils du réseau de la Boston Edison G°. Des survolteurs procurent le complément de force électromotrice nécessaire. Le courant de chaque batterie des voitures est réglé au moyen de rhéostats.
- Indépendamment de ce service, l’usine possède des compartiments affectés à l’inspection, au nettoyage et à la réparation des véhicules.
- Cette entreprise est constituée au capital de
- 25 millions de francs, ce qui prouve que, de l’autre côté de l’Océan, le service des transports par automobiles électriques jouit d’une appréciable vitalité.
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- On vient d’expédier de Pittsburg un véhicule automatique qui est destiné à avoir l’honneur de promener le Président de la République des Etats-Unis. A la vérité, ce n’est pas M. Mac Kinley lui-même qui l’a acheté, mais son voisin et ami, M, Pennock, qui a promis de faire faire au Président des promenades du plus haut intérêt dans sa nouvelle voiture automobile.
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- M. Fischer, qui a fondé récemment une Compagnie d’automobiles à Chicago, vient de mettre en circulation dans les rues de cette ville un camion à vapeur qui fait événement. Il est du reste entièrement construit de métal, et son poids est de quatre tonnes et demie environ. Le moteur développe 30 chevaux, et l’on attend beaucoup de cette invention que nous ne pouvons juger.
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- Voici une preuve indirecte que les routes des Etats-Unis sont d’ordinaire dans un état d’entretien absolument déplorable : c’est qu’on cite comme un record surprenant un parcours fait par une voiture du type dib « Locomobile » sur une distance de 92 milles à une allure moyenne de 13 milles à l’heure.
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- On doit savoir que les plus millionnaires des Américains ne veulent jamais perdre du temps, parce que c’est de l’argent; c’est ainsi que M. Fiske vient de se faire construire une sorte de bureau automobile pour ne pas perdre son temps quand il se rend de la ville à sa campagne. Il peut travailler pendant la route, ou encore se livrer aux soins de sa toilette, dans un cabinet de toilette également installé dans le véhicule.
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- A Concord, dans l’Etat de New Hampshire, aux Etats-Unis, on organise un service d’automobiles pour la levée des boites aux lettres,
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- Le New-York Herald a organisé dernièrement des essais dans lesquels des cowboys, montés à motocycles, se sont exercés à lancer le lasso sur des bœufs et des vaches, comme ils le font sur leurs fameux petits chevaux. Il paraît que l’expérience a pleinement réussi, et que les cowboys sont particulièrement satisfaits en ce que leurs nouvelles montures ne se cabrent jamais.
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- LA VOITURETTE UNDERBERG
- U La voiturette Underberg, qui sort des ateliers Phœbus de Nantes, a subi d’importantes et d’intéressantes modifications depuis que nous en
- avons présenté le premier type, il y a quelques mois.
- Suivant en cela le goût général du public, les constructeurs ont renoncé à la transmission par courroie et ont définitivement adopté la transmission rigide par arbres et engrenages.
- Le châssis tubulaire, articulé sur l’essieu d’ar-
- La voiluretle Underberg. Vue en plan.
- rière-moteur, est supporté à l’avant par de longs ressorts pincettes, de sorte que le moteur placé au-dessus de ceux-ci ne reçoit que peu les réactions de la route. Le moteur adopté est, en général, le moteur G-aillardet, avec ou sans circulation d’eau, sa force variant avec_ le type de çarrosserie du véhicule,
- ! Quant à la transmission, elle comporte deux arbres longitudinaux parallèles dont le premier est relié au moteur par un cône d’embrayage et le second actionne la couronne du différentiel par un pignon d’angle. Le changement de vitesse se fait par train balladeur et la marche arrière par en Imposition d’un pignon jjui^ renverse la
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- rotation du train. Aucun joint à la Cardan n’a été jugé utile dans les arbres de transmission.
- Les organes de manœuvres sont très bien étudiés : la pédale unique produit successivement le débrayage, le serrage des colliers des roues arrière, puis le serrage d’un collier placé sur le mécanisme, de sorte que cette pédale permet d’arrêter instantanément la voiture quand elle est poussée à fond,
- On remarquera sur la figure 1 la direction inclinée par volant, le levier de changement de vitesse qui agit directement sur le train d’engrenages, le levier de changement de marche qui, sous l’action d’un ressort, revient de lui-même à la position de marche avant.
- Le graissage se fait par une série de graisseurs indépendants qu’on peut surveiller plus facilement qu’un graisseur à départs multiples, un graisseur coup de poing sert à lubréfier le cylindre du moteur.
- La suspension a été particulièrement soignée; outre la suspension d’avant du châssis, comme nous l’avons vu, la caisse repose sur le châssis par quatre ressorts, deux demi-ressorts à l’avant et deux ressorts en C à l’arrière.
- Grande stabilité et grand confortable, peu de pertes par les frottements et les résistances passives de la transmission, en raison de la simplicité des mécanismes, telles sont les caractéristiques de la voiturette Underberg. Grâce aux conditions
- La voiturette Underberg.
- particulières Jde‘ l’industrie dans la Loire-Inférieure, ce petit véhicule est appelé à lutter peut-être avantageusement avec nos grandes marques parisiennes.
- L. P.
- Le changement de vitesse Lepillet (<'
- Ce changement de vitesse est constitué de la façon suivante :
- Sur l’arbre conducteur 1 est calé un double plateau conique 18 et les autres plateaux 2, 3, coulissent suivant l’axe de cet arbre et tournent avec lui. Ces plateaux ont des intervalles 4 et des saillies 5 semblables aux dents des engrenages coniques.
- (1) M. Louis Lepillet, 2 bould de la Yillette, Paris.
- Les saillies d’un plateau peuvent rentrer dans les intervalles correspondants d’un autre plateau.
- Entre les plateaux se trouvent des câbles 6, qui transmettent le mouvement de rotation à l’arbre conduit par leur adhérence aux surfaces coniques formant des gorges en Y.
- Les plateaux 2 et 3 peuvent s’approcher et s’éloigner du plateau double 18 par le déplacement des vis sans fin 7 le long de l’arbre i. Ces vis se terminent à une extrémité par les bagues 8, qui sont maintenues contre les bouts 9 des plateaux 2 et 3 par des écrous 10. La vis 7 est maintenue dans les rainures 19 des coussinets 12 par des clavettes, de façon qu’elle puisse sans tourner se déplacer le long de l’arbre 1.
- Sur la vis 7 se trouve une roue dentée 14 qui fait fonction d’un écrou et qui est mise en mouvement par une roue 15, calée sur l’arbre 16, maintenu dans les supports 13 et 17.
- Le fonctionnement de l'appareil est le suivant :
- En faisant tourner l’arbre 16, on transmet, par la roue 15, le mouvement de rotation à l’écrou 14
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- et on donne, par conséquent, à la vis 7 un déplacement longitudinal. Les vis 7 s’avançant dans les écrous 14 font tirer les plateaux 2 et 3, qui s’éloignent du plateau 18 et, par ce fait, déplacent les cables 6 entre les surfaces coniques des plateaux et de manière que ces câbles s’approchent de l’axe 1.
- Si l’on imagine à présent sur l’arbre conduit par l’arbre 1 un autre appareil manmuvré simul-
- tanément et disposé dans le sens contraire du précédent, c’est-à-dire que. les plateaux extrêmes ôtant fixes, les plateaux du milieu vont s’éloigner l’un de l’autre par un mécanisme analogue à la même distance que les autres s'approchent, on comprend facilement que les câbles, ne variant pas de longueur, s’approcheront de l’arbre dans un appareil et s’en éloigneront dans l’autre, tout en restant dans le même plan, ce qui va
- Le changement de vitesse Lepillet.
- produire, dans des conditions voulues, le changement do vitesse pour l’arbre conduit.
- UNE ROUE MOTRICE AMÉRICAINE
- Il s’agit d’une invention qui vient de voir le jour et dont nous ne pouvons préjuger la valeur
- pratique : elle est due à la Société llub Motor G°, de Chicago. En réalité, dans cette combinaison,
- le moteur*électrique faiUpartie intégrante de la roue, puisque, à la portion interne du moyeu, est attaché le champ magnétique du moteur, qui tourne par conséquent avec la roue même. L’intérieur de ce moyeu comporte également un engrenage qui vient engrener avec un autre engrenage intermédiaire tournant sur un tourillon fixé à l’essieu, qui, lui, est immuable. L’armature est montée sur un arbre creux et commande le moyeu par l’engrenage intermédiaire au moyen d’un pignon disposé à l’extrémité de son arbre. L’armature, tout comme le champ, sont libres de tourner, et la vitesse relative de l’une par rapport à l’autre peut être fort grande.
- Naturellement, le courant doit être amené par des contacts glissants, et les fils arrivent par des cannelures ménagées dans l’essieu fixe. Tout le moteur se trouve enfermé à l’abri de la poussière.
- L’Equilibrage des moteurs à pétrole
- A GRANDE VITESSE (Suite) (1).
- Prenons un exemple numérique dans le but de se rendre compte de la grandeur de la force centrifuge.
- (1) Voir le numéro précédent.
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- Soient la bielle et la manivelle ci-dessus (fig. 7), tournant à 720 tours par minute.
- 1° Poids de la soie lks,500; rayon du centre de gravité, 0m,09, force centrifuge, 77Kg',400;
- 2° Poids de la tète de bielle et de ses boulons, 2k«',500; rayon du centre de gravité 0m,09, force centrifuge, 129k<h
- 3° Poids des flasques, 8k£; rayon du centre de gravité, 0m,045; force centrifuge, 206ks,4;
- 4° Poids du tiers (ab) de la bielle du côté de la
- tête, 0k@:,975; rayon, 0ra,09; force centrifuge, 50
- Force centrifuge totale, 463ks.
- On voit, par cet exemple, que la force centrifuge est considérable et qu’il est nécessaire de l’équilibrer autant qu’il est possible, pour éviter une oscillation circulaire du moteur.
- Si cette force n’était pas compensée; il faudrait en tenir compte dans la détermination des coussinets, sous peine de s’exposer à une trop grande
- Fig. 9.
- pression par unité de surface et, par suite, à des chances d’échauffement et de grippage.
- Voyons maintenant comment est compensée la force centrifuge dans quelques moteurs des plus employés.
- Dans le cas du moteur représenté schématiquement par la figure 8 et comprenant deux pistons placés dans un meme cylindre et deux arbres tournant en sens inverse, on peut arriver à un équilibre parfait, car, F2 et étant les composantes de la force centrifuge due à la bielle, on peut déterminer les contrepoids P de telle sorte que la résultante de leurs forces centrifuges F3
- Fig. 10.
- soit égale et directement opposée à la résultante des quatre forces F2 F^.
- Dans le moteur (fig. 9) à deux cylindres convergents, placés dans un même plan normal à l’arbre, et à deux manivelles à 180°, les forces centrifuges s’équilibrent à peu près. La résultante variable qu’on ne peut compenser est très petite, d’autant plus petite que les axes des cylindres sont moins inclinés l’un par rapport à l’autre, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’inspection des figures 9 et 10.
- Le moteur figure 11, à deux cylindres parallèles et deux manivelles à 180°, n’est pas équili-
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- bré; les forces F2 provenant des bieilles et des manivelles ne sont pas situées dans le même plan; elles forment un couple qui tend à faire osciller le moteur autour du point a, l’axe de
- l’arbre décrivant un cône dont le sommet est en ce point.
- Les forces F, tendent à produire un mouvement analogue.
- La figure 12 représente un moteur à deux pistons dans le même cylindre,l'un attaquant direc-
- Fig. i2.
- rectement l’arbre par une bieille située au milieu, l’autre par l’intermediaire d’une traverse et de deux bieilles en retour, placées de chaque côté du cylindre. Les manivelles étant diamétralement opposées, les composantes principales F1 et F2 des forces centrifuges dues aux bielles peuvent s’équilibrer, à la condition que les masses M ef
- agissant sur la manivelle et les rayons r et ?q satisfassent à la rotation
- Mie3 r = M( w3
- c’est-à-dire
- M ___r,
- M, r '
- Les composantes F’., et F2restent inéquilibrées, mais leur résultante est relativement faible.
- Ainsi qu’on le verra plus loin, on est conduit à des manivelles inégales dans le but d’équilibrer les forces d'inertie.
- Je crois inutile de citer d’autres exemples, le raisonnement appliqué aux moteurs ci-dessus pouvant s’applique]’ à tout autre type.
- (A suivre). C. Favron,
- La Construction fies moteurs à pétrole
- (Suite) (I).
- En ce qui concerne le refroidissement extérieur de la culasse et du cylindre par les ailettes, il n’v a qu’un moyen de l’obtenir suffisamment énergique. C’est de faire des ailettes de grande surface et de s’arranger de façon à ce qu’elles soient léchées par l’air frais. Cela paraît tout simple, presque une naïveté! Il n’en est pas moins vrai que pour ne pas avoir tenu compte de celte chose si simple, la plupart des constructeurs et non des moindres, se sont vus obligés de recourir à la circulation d’eau dès qu'ils abordaient des puissances supérieures à 2 dix.
- Si l’on observe à ce point de vue les types de moteurs les plus connus, il semble que les ailettes n’ont été mises là que pour la forme tant on a accumulé les dispositifs ingénieux pour les empêcher de refroidir.
- Dans l’un nous trouvons des ailettes ridiculement exiguës; dans un autre (et ce défaut se rencontre dans presque toutes les culasses), la disposition des ailettes est telle que leur surface tapisse une multitude de renfoncements et de cavités où il faudrait introduire le bec d’une tuyère pour obliger l’air à y circuler.
- S'il s’agit d’un moteur à colonnettes nous en voyons où l’on a pris soin d’en employer deux, disposées diamétralement sur une ligne parallèle au déplacement du moteur : c’est à peu près la seule façon de ne pas les rendre nuisibles.
- Dans d’autres, au contraire, on en emploie quatre et on forme ainsi autour du cylindre une série, de petites boîtes fermées en haut et en bas par deux ailettes successives, dans le fond, par le paroi du cylindre, sur les côtés par les colon-nettes en question. Or, tout le monde sait, et les expériences ont été souvent répétées, que dans un train en marche, la masse d’air comprise entre deux voitures consécutives se déplace
- (l) Voir les nos 36 et 37,
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- comme si elle faisait partie du convoi. Dès que la vitesse du train est devenue supérieure à celle des courants atmosphériques qu’il rencontre, cette masse d’air ne marque aucune tendance à s’échapper, ni à se renouveler.
- Revenant au moteur, on voit, par analogie, de quelle tranquillité doit jouir cet air, que l’on enferme au départ dans les petites boîtes dont il s’agit, pour le retrouver quelque temps après, mais à une température combien différente!
- Un autre système connu consiste à rapporter des ailettes sur un cylindre de fonte lisse. Il n’est pas besoin d’insister beaucoup pour montrer que ce système est également défectueux; l’expérience d’ailleurs le prouve. En effet, avec de telles ailettes emmanchées sur le cylindre, il est matériellement impossible d’éviter qu’il n’existe entre la fonte et les douilles rapportées une lame d’air plus ou moins continue et qui constitue un excellent calorifuge. On a des ailettes dont la conductibilité est deux ou trois fois plus grande que celle de la fonte, mais en définitive on constitue un ensemble dont la conductibilité totale est inférieure à ce qu’elle serait avec un seul bloc de métal, parce que précisément la lame emprisonnée est très mauvaise conductrice.
- La méthode logique, qui donne seule de bons résultats, est de faire des ailettes venues de fonte, de telle sorte qu’entre la surface intérieure où la chaleur est communiquée par les gaz; et la surface extérieure où elle doit être cédée à l’air ambiant, il n’y ait aucune solution de continuité. Naturellement, il y aura avantage à ce que la conductibilité du métal soit la plus grande possible, et sous ce rapport la fonte ordinaire laisse un peu à désirer.
- Aussi on a employé avec succès des culasses en bronze. Mais, d’un autre coté, indépendamment du prix du métal, la construction en est un peu compliquée. Il faut faire des sièges de clapets rapportés, si l’on veut faire un moteur soigné et durable.
- Sur la culasse, il va de soi qu’il faut des ailettes de grande dimension, puisque c’est la partie la plus chaude du moteur et que la quantité de chaleur cédée à l’air est proportionnelle à la surface que cet air vient frapper.
- C’est encore une naïveté, dont on ne se douterait pas en regardant certains moteurs auxquels il ne manquerait pourtant que des détails de ce genre pour être presque parfaits.
- La surface des ailettes qui, comme nous l’avons dit, doivent être disposées parallèlement à la marche du véhicule, gagnera à être lisse, mais non polie, et noire. On sait, en effet, que le pouvoir émissif des surfaces polies est extrêmement faible et que de toutes les couleurs, le noir est celle qui possède le plus grand pouvoir absorbant et émissif. D’autre part, les ailettes trop rugueuses offrent une multitude de petits creux, de petites cavités dans lesquelles viennent se loger des bulles d’air et il se présente le phénomène dont nous parlions tout à l’heure, cet air reste adhérent et s’échauffe.
- Ainsi donc, principe général, augmenter la surface des ailettes. Il n’y a aucun inconvénient
- à rapprocher les ailettes, pourvu qu’il reste un écartement de 3 ou 4 millimètres entre elles et pourvu, surtout, qu’il s’établisse dans cet intervalle une circulation d’air réelle, que l’air entre par l’avant et sorte normalement par l’arrière lorsque le véhicule se déplace.
- On a fait des objections à un rapprochement exagéré des ailettes en remarquant que ces ailettes s’échaufferaient les unes et les autres par rayonnement, que la chaleur perdue par l’une serait absorbée par l’autre. Ceci n’est à considérer qu’à l’arrêt, mais aussitôt que la vitesse devient notable, le refroidissement par rayonnement est presque négligeable par rapport au refroidissement par conviction et on n’a plus qu’à profiter des avantages d’une augmentation de surface.
- J. Paillet.
- GUIDE DE ROUTE
- DE LA
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les numéros précédents.)
- 179. — Contacts. — Maintenir les vis et écrous des contacts électriques b:en serrés. Un seul contact gras ou oxydé peut supprimer l'allumage, tout comme un fil cassé.
- Les contacts s’entretiennent avec de la toile émeri n° zéro; il est urgent d’en avoir toujours avec soi, dans la trousse, une petite feuille de la largeur de la main environ.
- Le mauvais état d’un fil, la détérioration de son enveloppe protectrice, peut produire un faux contact avec le point du bâti, le plus rapproché de l’avarie, c’est-à-dire avec la masse, en quel cas le courant ne se donne pas la peine d’aller jusqu’à la bougie; il survient alors, par suite d'un allumage imparfait, soit une simple faiblesse dans l’allure, soit l’arrêt complet de la machine.
- 180. — Voir 75 la nomenclature des contacts, ainsi détaillée pour faciliter leur vérification.
- 181. — 11 se vend des fils de rechange entourés de leur enveloppe, comme il se vend du ruban chatter-toné, sorte de bandes en toile adhérente et imperméable bonne pour les réparations imprévues (v. 585-34,).
- 182. — Les bornes EH de la bobine doivent être manipulées le moins possible et fort prudemment, la matière sur laquelle elles sont fixées étant fragile; ces bornes, d’ailleurs, sont serrées et protégées de telle façon qu’il est bien rare de les voir s'oxyder, se briser ou même se desserrer.
- 183. — Les bornes qui ont des tendances à se desserrer sont celles auxquelles on touche le plus souvent, celle de la bougie par exemple.
- En serrant cette vis, on fera appui de l’autre main sur le ûl près la bougie, de façon à faire aigre, c’est-à-dire à parer à l’effort du tournevis, afin que cet effort ne dégrade pas les scellements de la bougie.
- 184. — Interrupteur à main — L’interrupteur à main J (lîg. 21) est placé à l’avant du siège, à main gauche du conducteur; on veillera à la propreté et au parfait serrage de ses deux fils et bornes. Quelques Yoituristes font découvrir cet interrupteur par
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- une sorte de lucarne pratiquée sur le tablier qui le recouvre, mais comme l’on se sert peu en marche de cet interrupteur, le mieux est de le laisser couvert afin d’éviter que la poussière de la route y pénètre; c’est dire que le tablier lui-même doit toujours rester baissé.
- 185. — L’interrupteur à main est fermé sur la lettre A (arrêt'! inscrite sur l’interrupteur même, il est ouvert sur sa lettre M (marelie).
- 186. — Cheville de sûreté. — La cheville de sûreté I se trouve également sous le tablier avant, à côté de l’interrupteur à main; on aura soin à chaque arrêt du moteur, à chaque absence, si courte soit elle, de retirer la cheville; de cette façon, n’importe quelle manœuvre peut être tentée sur l’allumage, le courant ne saurait se rétablir à l’insu du conducteur.
- 187. — Ne pas oublier en tout cas de placer la che-
- Fig. 21.
- ville avant de mettre le moteur en marche, ce naïf oubli a fait chercher plus d’une fois.
- 188. — Veiller à la propreté et au serrage de ces deux fils et bornes.
- 189. — Interrupteur à pédale. — L’interrupteur à pédale, placé en ü, remplace en quelque sorte la poignée connue des motocyclistes.
- Cet interrupteur semble avoir ses partisans et ses détracteurs; il permet de supprimer l’allumage sans manœuvre apparente, laissant ainsi en temps voulu la voiture livrée à sa vitesse acquise ou au pouvoir des freins, jusqu’à ce que l’allumage soit rendu au moteur.
- Par l’interrupteur à pédale, la manœuvre est rendue plus gracieuse, plus discrète.
- 190. — Evidemment, c’est un organe de plus à surveiller et ma foi, on peut, de son fait, être exposé un moment ou l’autre à un défaut d’allumage; en ce cas, il suffit de jeter de suite les yeux de ce côté et lui donner deux ou trois coups légers, mais un peu secs, soit avec la pointe du pied, soit avec le poing,
- à seule fin de le dégager des poussières qui peuvent l’encombrer et l’empêcher de jouer. On veillera, en marche, à ne pas placer de façon inopportune le pied sur cet interrupteur.
- 191. — L'interrupteur à pédale est adapté sur toutes les voitures, mais pour qui préférerait le supprimer, rien n’est plus facile; il suffit, en effet, de détacher simplement les fils retenus sur l'interrupteur par l’écrou de serrage, puis relier les deux connexions par un fil et entourer la ligature avec du ruban chattertoné (v. 585-34).
- Empressons-nous d’ajouter que l’interrupteur à pédale, tel qu’il existe à ce jour, est pour ainsi dire impeccable.
- 192. — Piles sèches. — Les voitures sont munies d’une batterie de piles sèches composée de cpiatre éléments. Les piles sèches sont données comme pouvant fournir sans aucun souci un trajet de 3,000 kilomètres environ, après quoi, étant usées, on les remplace par des piles neuves.
- En plaçant des piles neuves dans la case qui leur est réservée (v. 116), veiller à ce que le pôle positif (marqué d’une croix ou cacheté en rouge) reçoive le fil D, différemment il ne se produirait que des ratés dans l’allumage.
- A l’arrêt, ne pas laisser l’interrupteur à main sur l’indice marche et retirer la chevilie, différemment, les piles, tout comme les accumulateurs, seraient en quelques heures mises hors d'usage.
- 193. — 11 arrive que sans apparence de raison, le moteur au départ semble perdre de sa puissance; cela peut provenir d’une faiblesse de compression (v. 94), mais aussi d’une paresse dans l’allumage.
- On vérifiera l’ampérage; s’il semblait normal, on procédera à la vérification de l'allumage, et particulièrement des contacts et bornes (v. 75).
- 194- — Ampérage. — L’état d’énergie des piles se constate à l’aide d’un ampèremètre; les batteries neuves à quatre éléments donnent 10 ampères environ; elles fonctionnent normalement de 10 à 3 1/2 ampères. On peut encore marcher avec 3 ampères, mais il est plus prudent de ne pas s’y fier, le débit devenant très faible.
- 195. — Pour constater l’ampérage, fixer à chacune des deux bornes de l’ampèremètre un fil de cuivre (de 0m,75 de long et 1 millimètre de diamètre par exemple), puis opérer comme suit :
- 1° Retirer la boîte du trembleur et s’assurer que ce dernier ne soit par dans l’encoche de la came, différemment l’ampérage serait imparfait, faible, la résistance étant diminuée par le circuit formé;
- 2° Découvrir les bornes de la batterie en relevant simplement chaque extrémité de l’enveloppe.
- 3° Mettre la cheville en place et l’interrupteur à main sur l’indice marche.
- 4° Bien appuyer les fils sur les bornes (après avoir nettoyé fils et bornes), et constater l’ampérage; si l’ampèremètre démarque, inverser simplement la pose des fils.
- L’on peut également procéder à l’ampérage par les bornes de la bobine ou celle du trembleur, mais la façon la plus rapide consiste à enfoncer deux épingles dans les fils de la batterie, en dehors même de l’enveloppe, pour éviter de la découvrir, et à 2 ou 3 centimètres de cette dernière.
- Il suffit d’enfoncer l’épingle sur chaque pôle, bien au milieu du fil, puis prendre l’ampérage sur ces épingles, que l’on maintiendra il va sans dire absolument isolées de la masse.
- Retirer ensuite les épingles, et autant que possible faire disparaître toute trace de perforations.
- J. WüLFF.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- COURSES
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- Le critérium de l’alcool.
- (PARIS-ROUEN, 28 OCTOBRE 1900.)
- Dans sa séance du 26 septembre le Comité du Moto-Club de France a décidé de se charger cette année de l’organisation du Critérium de l’alcool, créé l’an dernier par le Vélo. Ce critérium sera disputé le 28 octobre.
- L’itinéraire sera : Paris-Rouen (St-Paul), par Saint-Germain, Mantes et Gaillon, soit environ 136 kilomètres.
- Il n’y aura pas de course, à proprement parler, et les véhicules ne devront pas dépasser l’allure maxima autorisée par le décret de 1899, soit 30 kilomètres à l’heure. Un commissaire accompagnera chaque conducteur et vérifiera les capacités de chaque voiture, suivant le programme rédigé par la commission directrice de l’épreuve, commission composée de MM. René Varennes, Collin, J. Scotte, Hérard, de la section technique; et la section sportive composée de MM. Paul Rousseau, Riguelle et Archdeacon.
- Les prix seront de 1000 francs pour le gagnant, 300 francs pour le second et 200 francs pour le troisième.
- Les engagements seront reçus au Vélo, siège provisoire du Moto-Cluh de France, 2, rue Meyer-heer, jusqu’au 20 octobre à midi.
- X
- Rigal, avec un tricycle à pétrole à moteur de 12 chevaux, a battu, le 26 septembre, au parc des Princes, tous les records sur piste.
- Voici les résultats :
- Kiloin. Min. Sec. Cinq s Rilom. Mia. Sec. Cinq
- 1 1 4 2 16 13 3 4
- 2 1 52 17 13 52 4
- 3 2 40 18 14 42 1
- 4 3 28 3 19 15 31 3
- 5 4 16 1 20 16 21 1
- (3 5 3 4 21 17 10 3
- 7 5 51 22 18 0 3
- 8 6 38 4 23 18 50
- 9 7 26 2 24 19 39 4
- 10 8 14 2 25 20 . 30
- 11 9 2 26 21 20 .4
- 12 9 50 27 22 10 4
- 13 10 . 38 . 1 28 23 1 1
- 14 11 26 4 29 24 4 1
- 15 12 15
- Rigal s’est arrêté entre le 29e et 30e kilomètre. Entre temps, il a fait le kilomètre lancé en 47 s. 1/5 ; le mille ( 1.609 m) lancé en 1 m. 16 s. 1/5; les 10 kilomètres lancé en-7 m. 58 s. 1/5; les 20 kilomètres lancé en 16 m. 11 s. 1/5.
- Ces vitesses représentent : la première : 70 kilomètres 500 mètres à l’heure ; la seconde : 75 kilomètres 600 mètres à l’heure ; la troisième et la quatrième : 75 kilomètres à l’heure environ.
- Les 29 kilomètres en 24 m. 4 s. 1/5 donnent du 72 kilomètres à l'heure.
- Quand on pense que Rigal était obligé de ralentir aux virages on se demande à quelles vi-
- tesses il serait arrivé sur une piste lui permettant de laisser son moteur donner toute sa puissance.
- X
- La Commission sportive et la Commission de tourisme de l’Automobile-Club de France ont décidé de remettre le meeting automobile Tunisien à la fin du mois de mars 1901, c’est-à-dire immédiatement après les courses de Nice, ce qui leur permettra de donner à cet intéressant projet toute l’ampleur qu’il mérite.
- Néanmoins, un certain nombre de touristes ont décidé d’accomplir quand même, ces jours-ci, le parcours de Tunis à Gabès et retour, en promenade. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de cette excursion.
- X
- On commence à s’occuper, à l’Automobile-Club de Belgique, du tour de Belgique, l’épreuve de l’an prochain, qui sillonnera la Belgique en tous sens. L’objet du concours sera surtout le tourisme et des primes spéciales seront accordées aux voitures donnant le meilleur rendement, la dépense la plus minime de combustible, comme à celles qui présenteront le plus de confortable.
- X
- Un certain nombre de chauffeurs belges se proposent de participer en avril prochain au Tour d’Italie organisé par l’Automobile-Club d’Italie, sur un parcours d’environ 3,000 kilomètres avec Turin pour centre.
- X
- On prépare pour l’an prochain une course d’automobiles entre Kœnigsberg et Aix-la-Gha-pelle. Cette entreprise sera favorablement accueillie par tous les cercles d’automobilistes. L’Automobile-Club ouest allemand qui s’est si bien acquitté de l’organisation de la course Berlin-Aix-la-Chapelle sera également chargé de celle qui est en projet.
- X
- A Londres, le 25 septembre après-midi, sur la piste de Canning Town, C. Jarrott a battu les records de 5 et de 10 milles sur tricycle automobile dans les temps respectifs de 7 m, 26 s. et 14 m. 47 s. Ce n’est là qu’un galop d’essai, car C. Jarrott a l’intention de s’attaquer tout prochainement au record de l’heure.
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- Il paraît que M. Vanderbilt, le richissime Américain que nous avons déjà signalé comme un chauffeur endiablé, a donné une série de prix pour une course qui a dû se courir au moment ou nous écrivions ces lignes, dans le parc d’Aquidnek.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le concours des poids lourds.
- DU 8 AU 13 OCTOBRE
- Le concours des poids lourds commencera undi prochain à Yincennes.
- Sont admis au concours les véhicules pouvant porter, en sus de leurs conducteurs, au moins dix voyageurs avec 30 kilos de hagage, les véhicules à marchandises transportant au minimum une tonne et les voitures de livraison pouvant transporter au minimum 1250 kilos de charge utile.
- L’épreuve du concours se compose d’un service de cinq jours constituant un parcours total d’environ 250 kilomètres.
- Il y a deux itinéraires :
- Itinéraire A.
- 1° Boucle du matin ; 25 kilomètres. — Lac Dau-mesnil. Descente dans Saint-Maurice, en longeant à gauche l’asile de Yincennes. En bas, tourner à gauche et suivre le tramway jusqu’à la Gendarmerie. Rampe de 100 millimètres, sol excellent. Rue des. Corbeaux (à gauche). Chemin de Presles (à droite). Chemin Vert (à gauche). Pont de la rue des Réservoirs (à droite). Rue des Réservoirs. Rue Hippolyte-Pinson (à gauche), traverser la rue de Paris. Rue du Canal, presque en face de la rue Hippolyte-Pinson. Restaurant de la Tête-Noire. Pavé. Quai Beaubourg [à gauche). Pavé. Pont de Joinville (à droite). Pavé. Fourche de Champigny. Rampe de 55 millimètres, sol excellent. Champigny. Fort de Champigny. Chemin de Champigny à Villiers (à gauche). Rampe de 70 millimètres, sol très bon. Station de Villiers. Villiers. Route de Villiers à Joinville (à gauche). Route de Champigny à Bry (à droite). Bry. Pont de Bry [à gauche). Pavé. Viaduc de Nogent et Nogent. Pavé. Station de Nogent {Tramway). Pavé. Lac des Minimes {Porte Jaune). Vieux Fort. Pavé. Avenue de Paris. Donjon de Vin-cennes. Avenue du Polygone (à gauche). Lac Daumesnil.
- 2° Boucle du soir : 37 kilomètres. — Lac Daumesnil. Route du plateau de Gravelle. Passage à niveau de Joinville, descendre tout droit au pont. Pont de Joinville. Fourche de Champigny. Villiers. La Malnoue. Emerainville. Combault. La Queue. Ormesson. Ravitaillement; halte au point de vue des Ecoles de Ciien-nevières. Chennevières. Fort de Champigny ((tourner à gauche). Champigny. Joinville. Passage à niveau de Joinville. Retour au lac Daumesnil par la route des Tribunes.
- Itinéraire B.
- 1° Boucle du matin : 22 kilomètres. — Lac Daumes-nil. Route du plateau de Gravelle. Rue des Réservoirs {à droite). Pont du chemin de fer au sud du passage à niveau de Joinville. Rue des Réservoirs. Rue Hippolyte-Pinson. Rue de Paris (à Joinville) (« droite). Rue des Marronniers {à droite). Route du Viaduc, longeant le chemin de fer {à gauche). Rue Saint-Honoré (dans Saint-Maur) suivre le tramway. Rue du Pont de Créteil (tramway) {à droite). Passage sous le Viaduc (variante parla rue Chevreul {à droite), et la berge de la Marne). Arrivée au pont de Créteil qu’on ne traverse pas. Chemin du port au Fouarre {à gauche), conduisant au chemin de lialage. Chemin de halage de la rive droite de la Marne. Halte et ravitaillement au Pont de Chennevières; point de vue.
- Traverser la Marne {à droite), au pont de Chenne-
- vières. Route de Chennevières à Champigny, par l’Ecu-de-France. Traverser la Marne au pont de Champigny (« gauche). Tourner à droite avant le passage à niveau. Rejoindre le chemin de halage de la rive droite de la Marne par les avenues de La Fontaine, de la Terrasse et du Port. Avenue de Condé, à Saint-Maur. Eglise de Saint-Maur. Rue de Paris, à Joinville. Passage à niveau de Joinville {à gauche). Route de la Pyramide {à droite). Esplanade du Vieux-Fort. Lac Daumesnil.
- 2° Boucle du soir : 35 kilomètres. — Lac Daumesnil. Descente {à droite), dans Saint-Maurice, le long de l’asile de Yincennes. Pavé. En bas, suivre à gauche le tramway jusqu’à la gendarmerie. Rampe de 100 mm., sol excellent. Rue des Corbeaux {à gauche). Passaôe à niveau de Joinville, aller tout droit au pont. Pont de Joinville. Fourche de Champigny. Rry. Noisy {tourner à gauche à la sortie de Noisy). Gournay. Petit-Chelles. Gagny (église). Station du Raincy. Yillemonble (église). Rampe de 100 mm., sol très bon. Cimetière. Avron. Rosny. Fort de Rosny. Pavé Route stratégique {à gauche). Pavé. Gorge de la redoute de Fontenay {tourner à droite). Pavé. Fontenay (église). Pavé. Lac des Minimes (Porte Jaune). Pavé; tramway. Route de Nogent à Paris {à droite). Donjon de Yincennes. Avenue du Polygone (« gauche). Lac Daumesnil.
- Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser au secrétariat de l'Automobile-Club de France.
- Aujourd’hui jeudi, à Yincennes, seconde course de canots automobiles.
- Abeille I, Abeille II, Surprise, Joujou, Cosaque et les bateaux à propulseur amovible sont engagés. Il y aura probablement de belles luttes.
- <ê>
- La fête organisée à Longchamp pour le 20 octobre prochain, par notre excellent confrère le Sport Universel Illustré, comporte un programme des plus intéressants.
- Yoici ses principaux numéros :
- 1° Un concours de direction qui consistera, pour les concurrents, à évoluer sur une piste semée d’obstacles divers : animaux, hippomobiles, cavaliers, cyclistes, bornes, mannequins taillés dans le zinc. Une faute sera comptée à qui heurtera — tel au concours hippique — l’un quelconque de ces obstacles.
- Le parcours devra être effectué à une vitesse moyenne de 12 kilomètres à l’heure. Des diplômes attestant le bon fonctionnement des véhicules seront décernés aux propriétaires des voiturettes ayant satisfait aux conditions du concours.
- Des médailles seront distribuées aux dames et aux enfants qui auront conduit une voiturette.
- 2° Un concours d’esthétique. Prix : Médailles de vermeil, d’argent et de bronze.
- 3° Des gymkhanas automobiles de la plus haute fantaisie.
- La fête se terminera par un concours aérostatique de distance... dont nous reparlerons sous peu.
- Le droit d’engagement est fixé à 50 francs par voiturette, à 15 francs pour les quadricycles, à
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 10 francs pour les tricycles et les bicyclettes. Les engagements doivent être adressés au Sport Universel Illustré, 13, rue de Londres.
- La fête est organisée au bénéfice des pauvres de Paris.
- &
- Une erreur d’impression nous a fait inscrire la
- voiture la Sirène avec le n° 4, dans notre compterendu du concours de poids légers. Ce numéro appartenait au tri-porteur de M. Lepape, lequel a fait dans de très bonnes conditions le parcours complet pendant les 5 jours et les 15 tours de piste de la dernière journée.
- Voici, du reste, les résultats définitifs de ce concours.
- Numéros. Engagements. Moteur. Consommation totale. Parcours total. Temps total. Charge utile moyenne.
- lilr. cent. kilom. h. m. kilos.
- 1 Peugeot Peugeot. . . . 40 650 320 23 53 270
- 2 Peugeot Peugeot . . . . 40 630 » 19 58 270
- 3 De Dion-Bouton . . . . . . De Dion-Bouton . 34 450 ï) 24 03 258
- 4 Lepape Gaillardet. . . . 35 530 » 34 12 100
- 5 Fernandez Sirène 19 550 » 18 44 100
- 6 Jeantaud Electrique . . . » 36 09 100
- 7 Corre , . . De Dion-Bouton . 39 750 )> 19 23 120
- 8 Gillet-For est GilleUForest. . . 42 550 » 21 03 290
- 9 Maison Parisienne Benz 43 080 )) 27 25 100
- 10 Société franç. des véhic. électr. Elect. (Riker) . . 21 51 160
- Il parait que les adhésions d’exposants affluent à l’exposition qui doit s’ouvrir en novembre dans le grand central Palace de New-York.
- Pendant l’exposition d’automobiles de Chicago, dont nous avons à plusieurs reprises entretenu nos lecteurs, on compte soumettre les voitures à une série d’épreuves pratiques. On a résolu notamment de les faire circuler sur une section de route qui rappellera d’aussi près que possible une route de la campagne aux États-Unis, avec ses trous, ses amas de boue et ses rondins formant un pavage aussi difficile que possible.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Le Cri de Paris signale à son tour l’abandon fait par l'Automobile-Club de France de ses deux villas du bois de Boulogne :
- « Villas meublées à louer », c’est l’enseigne qui se balance dans le bois de Boulogne, à l’entrée de la route du champ d’entraînement.
- Les fastueuses villas de l’Automobile-Club sont, en effet, abandonnées par ce dernier, pour raisons budgétaires.
- Ainsi en a décidé un dernier conseil d’administration.
- Donc, finis les diners a vec tziganes et les déjeuners tranquilles à l’ombre des grands platanes. Finies aussi les poules à l’épée, le lavvn-tennis et les parties de volant! Le maître escrimeur Ayat en tombera malade.
- Et dire pourtant qu’on aurait pu faire de ces villas un lieu de rendez-vous des plus joyeux, si les dirigeants de la place de la Concorde avaient été un peu plus tolérants et un peu plus libéraux !
- On n’admettait, en effet, aux villas, que les « femmes, filles, mères ou sœurs » des membres, et dame, ça n’était pas très folichon. Jamais la moindre artiste, jamais « aucune bonne amie d’un de ces messieurs », comme disait Henri, le valet de pied du Cercle.
- Et voilà pourquoi sont fermées les somptueuses villas de l’Automobile-Club de France !
- Le Ve7o donne, d’après un de ses correspondants, d’intéressants renseignements sur les essais d’automobiles que le général Galliéni fait à Madagascar.
- Le général Galliéni, qui avait emmené en France plusieurs automobiles, vient de parcourir, avec le lieutenant-colonel Roques, le trajet de Mahatsara à Beforna avec deux automobiles.
- La distance entre ces deux points extrêmes du tronçon terminé de la route est de 80 kilomètres; c’est ce parcours que le gouverneur a effectué, avec deux phaétons à six places dont l’un servait au transport des bagages des deux officiers et de leur suite.
- Cet essai, qui prenait tout à fait le caractère officiel d’une étude pratique, n’avait pas été le moins du monde annoncé, et personne ne savait qu’un voyage en automobile allait être effectué. Ce n’est qu’au lendemain de la réussite que le Journal officiel de la colonie en a parlé, mais jusque-là, tout le monde, — ou presque, — ignorait même la présence sur notre territoire d’automobiles autres que les tricycles en léthargie à l’ancienne poste du /ama, et ceux sur lesquels MM. Bigot et Frapart, les deux pionniers du cyclisme, ont fait depuis peu quelques essais couronnés de succès.
- Les deux autos du gouverneur se sont très bien comportées, et que le temps quelles ont mis pour couvrir la distance de 80 kilomètres, — 5 heures 50, dont deux arrêts de 15 minutes, — n’est pas mauvais du tout, pour un premier début.
- J’augure moins bien, toutefois, du second parcours que le général Galliéni doit effectuer, — en voiturette, cette fois, me dit-on, — de Moramanga à Tananarive. car un tronçon de la route, les 50 derniers kilomètres,
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- LA LOCOMOTION AUtOMOBILË
- entre Tananarive et Ambatoloana, n’est pas fameux, et je me demande si ce n’est, pas bien se hasarder que d’y essayer une automobile en ce moment. Ce tronçon est en effet le plus mauvais, et n’a de la route que le nom : il n’est pas, à proprement parler, une route carrossable, mais un sentier muletier élargi, et l’on reproche à juste titre au capitaine du génie chargé de la direction des travaux de ne l’avoir pas assez bien soigné. Du reste, le tracé n’est que provisoire, car il a été remanié depuis le commencement des travaux, et la route définitive passera par la vallée de Manambola.
- Opinion de notre confrère VAutomobile belge sur le ballon dirigeable de Santos-Dumont :
- Son appareil me parait défectueux, comme dans le système Krebs et Renard ainsi que dans tous les autres, c’est toujours la nacelle, suspendue par des cordes qui doit remorquer la masse, d’où énorme déperdition de force. A part que le ballon de M. Santos est moins lourd et plus mince, qu'il a le gouvernail attaché à son arrière et qu’il possède un moteur de 10 chevaux à essence, c’est identiquement le système Krebs et Renard qui, en 1884 et 1885, obtient 6m,50. M. Santos rencontrera donc des difficultés identiques et restera au seuil de la solution définitive si ardemment convoitée.
- LE8 AUTOMOBILES SUR ROUTES
- On vient de soumettre aux premiers essais la voiture automobile qui doit assurer le service public entre Gênes et Plaisance : c’est un véhicule à 20 places, auquel on demandera seulement de parcourir 35 kilomètres en deux heures environ, mais en franchissant des rampes assez raides. Les expériences ont pleinement réussi.
- *—o—
- Le Conseil municipal de Madrid vient de recevoir une demande d’autorisation pour des services d’automobiles dans plusieurs rues de la capitale. Les voitures seraient à 40 places et du type ouvert sur les côtés; le tarif serait de 5, de 10 ou de 15 centimes, suivant la longueur du parcours. Nous ne pouvons indiquer les sujets divers qui ne diraient rien à nos lecteurs, mais nous avons constaté avec plaisir qu’ils représentent au total un grand développement. Toutefois, nous remarquons que les gares ne sont pas desservies, alors que cela rendrait tant de services.
- —o—
- A Nottingham, deux automobiles font le service d’omnibus à la satisfaction générale; les chevaux y semblent d’ailleurs parfaitement habitués.
- —o—
- Nous avons parlé du service d’automobiles, d’omnibus mécaniques, créé à Lincoln, en Angleterre : il rencontre un tel succès et prend un
- si grand développement, que la Société se voit forcée d’augmenter son dépôt pour répondre à la demande du public.
- —o—
- Coventry a maintenant une automobile en service public : son premier parcours a été sur Leanmigton, Shatforcl-sur-Avon et Birmingham, et le succès a été immédiat. La voiture est à huit places, elle a un moteur de 9 chevaux et appartient à un petit syndicat local.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Les essais qui ont été faits depuis plus d’un an, par les grands constructeurs d’automobiles sur les poids lourds, avec les « Bandes Kelly », ont donné des résultats réellement inattendus.
- En effet, pour des véhicules pesant jusqu’à 5000 kilos, le pneumatique n’étant pas pratique, il a fallu rechercher le bandage plein le mieux approprié à ce genre de voitures.
- C’est ainsi que nos deux grands constructeurs ont équipé des omnibus faisant le service de l’Exposition de Vinc-ennes, ainsi que 6 camions de la section technique d’artillerie, lesquels viennent de prendre part aux grandes manœuvres, et ont fait un service journalier, avec une moyenne de 4000 kilos de poids, et par des chemins plus ou moins propices, sans le moindre accident.
- Du reste, les bandages aujourd’hui sont intacts et absolument comme neufs.
- — Dans la Natut e, le D1' A. Cartaz parle des « coliques de plomb » dont souffrent souvent les ouvriers employés à la fabrication des accumulateurs électriques.
- Chez ces ouvriers, — dans les ateliers mal surveillés, — l'empoisonnement par le plomb se déclare très rapidement chez les ouvriers qui mettent la matière active sur les plaques. Il est caractérisé par des coliques violentes, une constipation opiniâtre, des vomissements, troubles de la secrétion urinaire, etc.
- Les ouvriers qui, toujours dans la fabrication des accumulateurs, manient le plomb métallique au lieu de manier le minium ou le litharge s’empoisonnent aussi, mais plus lentement.
- Le remède : travailler avec des gants, grands soins de propreté, bains sulfureux, emploi de masques quand on doit manipuler des oxydes de plomb pulvérulents.
- — Un correspondant de notre confrère Autocar vient de donner une recette pour graisser les chaines et les rendre silencieuses. On commence par les enlever puis par les rincer dans la paraffine pour en enlever la poussière. On les plonge ensuite dans une mixture composée de 1 partie de cire de paraffine et de 2 de vaseline. On met ensuite sur le feu pour faire pénétrer la mixture dans les intervalles des maillons. On laisse refroidir jusqu’à ce que le tout prenne presque complètement, et en chauffant légèrement extérieurement le récipient, on fait tomber la masse d’un seul bloc : il n’y a plus qu’à débarrasser les chaînes du lubré-liant qui les entoure. Il en reste en réalité une très grande quantité qui sort peu à peu des interstices au fur et à mesure de l'usage.
- Le Directeur-Gérant : YU1LLEM0T.
- Paris. — l. de soye et fils, impr., 18, R. des fossés s.-Jacques.
- Septième Année. — N° 41.
- Le Numéro' : KO centimes
- 11 Octobre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOURING-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
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- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS ^ ^
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N° 41.
- Entretien et réparations, Lucien Périsse. — Les moyens de transport à travers les âges. — Echos. — Une automobile aux manœuvres austro-hongroises, Emile Dieudonné. — La construction des automobiles en Australie. — La résistance des routes à la traction. — Le motocycle Strickland. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton, J. Wol/f. — Carrosserie d’une charrette Georges Richard. — Les décharges spontanées dans l’accumulateur au plomb, — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Les automobiles sur routes. — Courrier industriel.
- ENTRETIEN ET RÉPARATIONS
- A-t-on jamais accordé une importance suffisante à la question de l’entretien et des réparations des automobiles? Nous ne le pensons pas. Ceci tient peut-être à ce que la clientèle de luxe qui, jusqu’ici, n’a fait de l’automobile qu’un agrément, n’attache pas toujours une importance suffisante aux détails instructifs, quand il y en a, des notes de réparation.
- Faut-il rappeler la facture tristement célèbre ainsi libellée :
- « Avoir démonté le moteur. . 100 fr.
- « L’avoir visité et avoir reconnu son parfait état....................100 fr.
- Un riche sportman, qui possède plusieurs voitures, se plaignait amèrement du montant des réparations de celles-ci, qui, disait-il, s’élevaient à plus de 2,000 francs par mois; il est probable, du reste; que le mécanicien qui « chauffait » ces voitures, n’était pas étranger à l’exagération des factures, et que l’anse du... réservoir devait terriblement danser.
- Quoi qu’il en soit, il faut que le public et les constructeurs se préoccupent de la question, car l’automobile bourgeoise (si j’ose m’exprimer ainsi), ne se développera que si son prix de revient, toutes choses
- égales, d’ailleurs, est inférieur au prix de revient d’une voiture attelée.
- Or, celui-ci, ne l’oublions pas, est grevé de peu de Irais : la nourriture, la ferrure, l’entretien des harnais et de la voiture, môme les maladies des nobles bêtes, ne forment pas, en général, un gros total. Pour l’automobile, il faut considérer que, en attendant l’alcool à bas prix, l’essence coûte de plus en plus cher, qu’il ne faut pas négliger les dépenses de graissage, et l’usure des bandages; enfin, que l’amortissement est plus considérable qu’avec la voiture attelée, parce que le prix d’achat est plus élevé et que le véhicule se démode et s’use bien plus vite. A ce sujet, les prix de la dernière vente Chéri sont un rude enseignement, en môme temps qu’ils montrent le désastreux effet des mesures « ad-Lninistratives » de notre bonne ville de Paris.
- Il faut donc que le chapitre Entretien et Réparation soit aussi peu élevé que possible pour qu’il y ait économie véritable. Nous avons donné au Congrès de l’Automobilisme quelques chiffres à ce sujet, tant sur les voitures de promenade et de tourisme que sur les « Poids Lourds ».
- Pour les premières, les renseignements recueillis montrent que la petite voiture bien étudiée et surtout bien construite peut apporter une heureuse solution aux personnes qui peuvent se passer d’un grand confortable, parce qu’il est évident que le montant des dépenses d’entretien et de réparation et, dans une certaine mesure, fonction du poids de la voiture, de la force de moteur et du perfectionnement des mécanismes.
- Pour les « Poids Lourds » il faut, sans exagérer le poids mort qui est déjà très considérable et abaisse d’autant le coefficient d’utilisation, que les dimensions et la nature des pièces soient étudiées de très près, pour être sûr que ce chef de dépenses se
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- Septième Année. — N° 41.
- Le Numéro' : KO centimes
- 11 Octobre 1900
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- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : OU SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 41.
- Entretien et réparations, Lucien Périsse. — Les moyens de transport à travers les âges. — Echos. — Ene automobile aux manœuvres austro-hongroises, Emile Dieudonné. — La construction des automobiles en Australie. — La résistance des routes à la traction. — Le motoeycle Strickland. — Guide de route de la petite voiture de Dion-Bouton, Wol/f. — Carrosserie d’une charrette Georges Richard. — Les décharges spontanées dans l'accumulateur au plomb, — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Les automobiles sur routes. — Courrier industriel.
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- ENTRETIEN ET RÉPARATIONS
- À-t-on jamais accordé une importance suffisante à la question de l’entretien et des réparations des automobiles? Nous ne le pensons pas. Ceci tient peut-être à ce que la clientèle de luxe qui, jusqu’ici, n’a fait de l’automobile qu’un agrément, n’attaclie pas toujours une importance suffisante aux détails instructifs, quand il y en a, des notes de réparation.
- Faut-il rappeler la facture tristement célèbre ainsi libellée :
- « Avoir démonté le moteur. . 100 fr.
- « L’avoir visité et avoir reconnu son parfait état....................100 fr.
- Un riche sportman, qui possède plusieurs voitures, se plaignait amèrement du montant des réparations de celles-ci, qui, disait-il, s’élevaient à plus de 2,000 francs par mois; il est probable, du reste; ([lie le mécanicien qui « chauffait » ces voitures, n’était pas étranger à l’exagération des factures, et que l’anse du... réservoir devait terriblement danser.
- Quoi qu’il en soit, il faut que le public et les constructeurs se préoccupent de la question, car l’automobile bourgeoise (si j’ose m’exprimer ainsi), ne se développera que si son prix de revient, toutes choses
- égales, d’ailleurs, est inférieur au prix de revient d’une voiture attelée.
- Or, celui-ci, ne l’oublions pas, est grevé de peu de trais : la nourriture, la ferrure, l’entretien des harnais et de la voiture, même les maladies des nobles bêtes, ne forment pas, en général, un gros total. Pour l’automobile, il faut considérer que, en attendant l’alcool à bas prix, l’essence coûte de plus en plus cher, qu’il ne faut pas négliger les dépenses de graissage, et l’usure des bandages; enfin, que l’amortissement est plus considérable qu’avec la voiture attelée, parce que le prix d’achat est plus élevé et que le véhicule se démode et s’use bien plus vite. A ce sujet, les prix de la dernière vente Chéri sont un rude enseignement, en même temps qu’ils montrent le désastreux effet des mesures « ad-iqinistratives » (le notre bonne ville de Paris.
- 11 faut donc que le chapitre Entretien et Réparation soit aussi peu élevé que possible pour qu’il y ait économie véritable. Nous avons donné au Congrès de l’Automobilisme quelques chiffres à ce sujet, tant sur les voitures de promenade et de tourisme que sur les « Poids Lourds ».
- Pour les premières, les renseignements recueillis montrent que la petite voiture bien étudiée et surtout bien construite peut apporter une heureuse solution aux personnes qui peuvent se passer d’un grand confortable, parce qu’il est évident que le montant des dépenses d’entretien et de réparation et, dans une certaine mesure, fonction du poids de la voiture, de la force de moteur et du perfectionnement des mécanismes.
- Pour les « Poids Lourds » il faut, sans exagérer le poids mort qui est déjà très considérable et abaisse d’autant le coefficient d’utilisation, que les dimensions et la nature des pièces soient étudiées de très près, pour être sûr que ce chef de dépenses se
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- limitera à ce qui est vraiment de l’entretien ou de la réparation c’est-à-dire an remplacement des usures normales des pièces en mouvement. Pour cela il faut s’adresser aux constructeurs avant la plus longue expérience possible, car seule cette expérience peut être un sûr garant du succès.
- D’une façon générale, il ne faut pas que le public laisse, comme il a tendance à le faire, la bride sur le cou à des réparateurs souvent incompétents, il faudrait qu’il sache dire à ces réparateurs, constructeurs ou garages, « changez telle ou telle pièce » et non « réparez » en général, afin que celui qui paie sache pour quoi il paie. Il faut que les praticiens chargés d'une réparation appliquent le prix exact, qu’il est facile d’établir suivant les séries de prix des travaux mécaniques, mais il faut d’autre part que le client ne conteste pas à tort des prix équitablement établis. C’est une éducation de public qui, en partie, reste à faire.
- D’autre part, pour que la réparation se fasse vite et bien et à bas prix, il faut que tous les constructeurs aient une organisation industrielle et commerciale complète par laquelle les pièces rigoureusement interchangeables soient d’avance en magasin, afin que la substitution d’une pièce à l’autpe puisse se faire sur l’heure au dépôt ou à l’usine, ou bien puisse avoir lieu au loin sans avoir un coup de lime à donner. La construction des voitures ep série est la seule qui donne une sécurité au client au point de vue des réparations parce qu’elle oblige le constructeur à livrer un assez grand nombre de véhicules du même type avant de passer au type suivant dont l’apparition déprécie immédiatement le prépédent.
- L’unification des filetages, l’adoption d’un petit nombre de types usuels d’écrous, de boulons, de vis, de brides de tuyauterie et d’autres mesures analogues sont également désirables à ce point de vue spécial. On s’en occupe sérieusement. Espérons que les fabricants se décideront à ces petites réformes.
- On ne saurait trop appeler l’attention du public et des constructeurs sur cette question de l’enfretien et des réparations qui donne naissance déjà à de nombreux litiges au grand détriment du développement rapide de l’industrie automobile.
- Lucien Périssé,
- Ingénieur P. (’. P., arbitre-rapporteur près le trib. de eom. de la Seine.
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- Les moyens de transport à travers les âges.
- La Direction des chemins de fer a fait figurer à l’Exposition, dans la plqsse 30, une intéressante série d’aquarelles représentant les divers moyens de transport usités en France depuis la Renaissance jpsqu'à nos jours.
- On y voit la litière portée par des chevaux, des mules ou des hommes. La litière a vécu jusqu’à la fin du règne de Louis XV.
- Plus loin le char ou chariot qui ne furent suspendus, par des chaînes, que vers le quinzième siècle; le coche, contemporain de François Ier, Henri II et Henri IV, et devenant coche public, dès la fin du quinzième siècle, pour relier Paris à Orléans, Troyes, Rouen, Beauvais, Amiens, ce qui est maintenant, pour les chauffeurs, la grande banlieue. Chaque service ne comportait qu’une seule voiture et n’effectuait le trajet qu’une fois par semaine. Un règlement du Parlement, du 26 juillet 1623, dispose que les fermiers des coches ne pourront être obligés de faire plus de 8 à 10 lieues par jour en hiver, du 1er novembre au 15 mars, et plus de 14 lieues pendant le reste de l’année.
- Après le coche, voici le carrosse, contemporain de Sully et de Colbert, la galiote de Paris à Saint-Cloud et le coche d’ean de Paris à Auxerre, sorte d’arche de Noé tantôt remorquée par des chevaux, tantôt descendant au fil de l’eau, et mettant bravement quatre jours pour aller de Paris à Auxerre ou de Paris à Rouen, moyennant 6 livres 7 sols 5 deniers pour Auxerre et 6 livres pour Rouen.
- Viennent ensuite la chaise de poste, datant de Louis XIV, le cabriolet, la berline et la dormeuse conduits à la même époque, en service public, par des postillons changeant de chevaux tous les 8 kilomètres et faisant 10 à 12 kilomètres à l’heure.
- La diligence naît au milieu du dix-huitièrrm siècle. Elle transporte huit personnes et leurs bagages et effectue le trajet de Paris à Lyon, vers 1750, en cinq jours l’ét,é et en six jours l’hiver; le prix est de 100 francs par personne, nourriture comprise ; le poids réel des bagages est taxé à raison de 6 sols par livre de « hardes et paquets».-
- Sous la Restauration, les diligences subissent une transformation complète; elles sont à trois compartiments : coupé, intérieur, rotonde, surmontés d’une impériale pour les bagages, avec banquettes. L’attelage se compose de cinq chevaux conduits par un seul postillon.
- Nous trouvons maintenant la malle-poste de la Convention, du premier Empire, de la Restauration, et la malle-estafette qui disparaissent en 1857.
- Tous ces véhicules d’un autre âge nous font sourire. Nos petits-neveux souriront de même en retrouvant aux expositions du siècle prochain les automobiles contemporaines.
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- ÉCHOS
- Le délai accordé par le règlement de l’Aéro-Club à Santos-Dumont, pour effectuer sa tentative relative au Grand-Prix de 100 mille francs, offert par M. Deutsch, expirait le 30 septembre.
- Ce délai a été prorogé jusqu’à fin octobre, Santos-Dumont a remplacé son moteur à deux cylindres qui faisait 8 chevaux par un moteur à quatre cylindres, construit par la maison Buchet, qui donnera 16 chevaux. Ce moteur ne pèse avec ses volants et sa tuyauterie que 02 kilogr., soit un peu plus de 5 kil. 1/2 par cheval. Ce changement de moteur a obligé Santos-Dumont à allonger son aérostat des deux bouts pour augmenter sa force ascensionnelle.
- Il est regrettable que Santos-Dumont persiste à préparer son hydrogène avec des appareils préhistoriques qui lui donnent forcément un gaz impur n’ayant qu’une force ascensionnelle absolument insuffisante. En employant les appareils plus perfectionnés qui servent aux ballons militaires et se trouvent dans le commerce, le sympathique aéronaute pourrait emporter plus de lest et augmenterait ses chances de succès.
- On espère pouvoir renouveler bientôt les expériences, si le temps est favorable.
- D’autre part, les expériences préliminaires de l’auto-aviateur, système Firmin-Bousson, se font aujourd’hui à Rosny-sous-Bois. L’auto-aviateur concourt lui aussi pour le prix Henry Deutsch.
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- Les touriste^ qui ont traversé en automobile la France, l’Allemagne et l’Autriche sont assez satisfaits de l’état des routes dans les deux premiers pays, mais, par contre, ils se plaignent amèrement de celles d’Autriche. Des voitures qui font communément 40 et 50 kilomètres à l’heure n’en peuvent guère parcourir que 20 dans cette dernière région caractérisée par des chemins mal entretenus et coupés de fondrières terribles.
- Qui a inventé les premières voitures à chevaux? Maître François Rabelais nous l’apprend au chapitre xxxvm de Pantagruel, lequel chapitre a, du reste, pour titre : « Comment an-douilles ne sont à mépriser entre les humains. » \rérité étemelle, s’il en fut jamais.
- Rabelais s’exprime en ces termes : « Quelle fut la cause pourquoi Erichtonius, premier inventa les coches, litières et chariots? C’était parce que Vulcain l’avait engendré avec jambes d’andouilles. Pour lesquelles cacher, mieux aima aller en litières qu’à cheval. Car encore de son temps n’étaient andouilles en réputation. »
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- L’autopotame ! Connaissez-vous l’autopotame ? Dans un article, d’ailleurs banal, sur l’alcool, après avoir parlé de « l’alcool sportif », de Noé et d’autres choses bizarres ou imprévues, un
- nouveau rédacteur .du Vélo, sans doute plein dp son sujet, propose triomphalement d’appeler
- Les bateaux à moteur du nom d’autopotames. '
- C’est un bol alexandrin, mais le maître jourr naliste Giffard, expert en étymologies, a dp frémir en lisant son journal.
- Autopotame, autopotamisme, autopotamer, quelle jolie famille de néologismes!
- A quand le critérium des autopotames?
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- M. Thierry, de Ville-d’Avray, le sportsm.an niçois, met la dernière main à une voiturette avec moteur de 9 chevaux, qu’il a lui-mème dessinée et montée de toutes pièces dans les ateliers de la maison Bergon.
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- Les réunions de l'Automobile-Vélo-Club du Var viennent de reprendre leurs cours.
- Dans la dernière séance ont été admis membres à l’unanimité :
- MM. J. Gondoin, président de l’Automobile-Glub de Nice; E. Siegfried, de Saint-Raphaël; Méry, vice-président de F Automobile-Club de Marseille; Emile Béraud, avocat,.et Mrac la comtesse de Savigny de Moncorps, <le Seillans.
- M. Maurel, propriétaire au Luc, a été présenté dans la même séance.
- Après discussion de différentes questions d’administration, plusieurs excursions ont été projetées dans les sites si pittoresques du département.
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- L’Automobile-Club de Marseille vient de ramener à 50 francs le montant de la cotisation annuelle de ses membres qui payaient 100 francs auparavant.
- Le cercle aura dorénavant son local dans une salle de la Société d’escrime.
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- La Côte d’Azur sportive nous apprend que Y Auto-Vélo, le nouveau grand quotidien dont nous avons annoncé la naissance pour le 15 octobre, sera « en quelque sorte le journal patronné par l’Automobile-Club de France ».
- Il est, en effet, permis de le supposer, étant donné que le baron de Zuylen, le comte de Dion, le comte de Gliasseloup-Laubat et d’autres membres du comité de l’Automobile-Club font partie du conseil d’administration du nouveau journal.
- ¥ ¥
- Cinq personnes sur une automobile revenaient d’une partie de chasse à Nurenberg par Schvca-bacli. En un certain endroit de la route, la pente était fort rapide. La voiture versa et les voyageurs furent lancés dans le fossé. Une explosion se produisit soudain, l’essence s’enflamma et la voiture chavirée ressemblait à une colonne de feu. Les flammes s’élevaient à la hauteur d’une maison. Tout ce qui était combustible devint la
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- proie du feu; sur ces entrefaites, des cartouches de chasse qui se trouvaient sous la voiture firent explosion. Si les voyageurs étaient tombés sous la voiture, ils auraient probablement été perdus. Le squelette calciné du véhicule fut transporté dans une cour voisine.
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- Une exposition d’art culinaire se tiendra à Bruxelles, dans le pavillon nord des Halles centrales, du 8 au 16 décembre prochain.
- M. Pierre Cordemans, président de cette exposition, accorde un emplacement gratuit pour les voiturettes automobiles de livraison.
- Il ne s’est présenté qu’un seul constructeur belge pour profiter de cette offre gracieuse.
- ' 4 *
- L’Automobile-Club des Flandres a organisé lundi dernier une excursion à Assenede.
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- Dans sa séance du 11 octobre, l’Automobile-Club belge a discuté la question douanière et la question des routes et nommé une Commission chargé des démarches à faire pour l’amélioration de la route Bruxelles-G-embloux.
- 4 *
- En Suisse, les autorités de Nidwald ont édicté un règlement sur la circulation automobile qui se distingue par une sévérité plus ou moins draconienne. Outre le frein, l’appareil avertisseur et les feux prescrits par tous les règlements, celui de Nidwald exige la traversée des agglomérations à l’allure d’un piéton ! Autant interdire purement et simplement la circulation automobile.
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- Dans sa dernière séance l’Automobile-Club de Suisse a admis M. Ernest Mottier, de Genève, comme membre actif, et M. de Clermont, de Nogent-sur-Vernisson, comme membre étranger.
- M. Fritz Wahl, ingénieur, a été nommé membre du comité, pour le canton de Bâle, en remplacement de M. Breuckmann-Lender, démissionnaire.
- Le comité s’est également préoccupé de l’incroyable décision par laquelle le conseil d’Etat des Grisons interdit sur son territoire la circulation des automobiles. L’Automobile-Club de Suisse, ayant à sa tête des gens énergiques, est bien décidé à ne pas laisser les gouvernements cantonaux prendre des mesures de ce genre. Comme le dit très justement le compte rendu officiel de la séance du comité : « Les routes sont créées pour faciliter la circulation, tous les modes de circulation, depuis la simple brouette jusqu’à l’automobile, et non pour interdire la circulation. Que cette dernière soit réglementée, c’est juste, mais la prohiber est digne d’un conseil de grands chefs Sioux et non d’un conseil d’Etat cantonal suisse. »
- On voit que, s’il y a des Français qui approuvent des décisions de ce genre, les Suisses, bien meilleurs juges qu’eux puisqu’ils sont sur place, ne partagent pas du tout leur manière de voir.
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- Les touristes et les chauffeurs, qui choisissent si volontiers la route du Semmering pour leurs excursions, apprendront avec satisfaction que l’hôtel situé au pied de la montagne restera ouvert durant tout l’hiver. On y trouve un excellent garage, un magasin d’essence et bon gîte.
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- L’assemblée générale de l’Automobile-Club d’Alsace-Lorraine s’est tenue le samedi 6 octobre. Son ordre du jour comportait la série de sujets suivants : 1. Admission de nouveaux membres. — 2. Rapport sur la situation active du club. — 3. Rapport sur la course du 22 juillet. — 4. Rapport sur son affiliation à l’union automobile allemande. — 5. Résolution à prendre relative aux revues spéciales. — 6. Délibérations ayant trait à l’organisation d’une course pour l’année 1901. — 7. Etablissement, en Alsace-Lorraine, de postes de ravitaillement en essence et autres matières. — 8. Préparation d’un manuel traitant des conditions de circulation, des hôtels, des magasins de matières, etc., sur le territoire de l’Alsace-Lorraine. — 9. Divers.
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- Une société commerciale s’est fondée à Mett-mann, près de Dusseldorf, la fabrique rhénane d’automobiles Burberg et Cic. Le nombre de ces formations s’accroît continuellement en Allemagne, phénomène qui devient un symbole de l’activité déployée par nos voisins dans cette nouvelle branche d’industrie.
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- Le 24 septembre dernier, a été fondé à Dresde un Automobile-Club. Le comité de direction n’est pas encore constitué.
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- La laiterie si renommée des frères Pfund, de Dresde, a, depuis quelque temps, mis en service un grand nombre d’automobiles.
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- Une automobile, occupée par trois personnes, a fait en trois heures le parcours de Fribourg à Titisee. Cette dernière localité se trouve à 1279 mètres d’altitude. C’est la première fois,' paraît-il, qu’une voiture automobile atteint en Suisse un point aussi élevé.
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- Pour satisfaire promptement les besoins de leur clientèle, les grands magasins Hermann
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- Tietz, récemment ouverts à Berlin, ont établi un service de douze grandes automobiles et de quarante bicyclettes.
- * *
- L’Automobile-Club franconien a ouvert sa saison d’hiver le 13 septembre dernier par une soirée donnée à ses membres dans son local de l’hôtel Victoria. Le directeur, M. Schütte, a fait un rapport sur la réunion automobile tenue à Berlin par l’Automobile-Club allemand. Le club a décidé de se rendre à une assemblée à laquelle l’a invité l’Automobile-Club de Bavière, et laisse à ce dernier le soin de déterminer l’endroit de la réunion. Un télégramme de félicitations a été transmis au président d’honneur de l’exposition générale d’automobiles de Nuremberg et premier bourgmestre de la ville à l’occasion de ses noces d’argent. Les assistants ont suivi avec la plus grande attention une communication faite par M. Justus Kaiser sur une pompe à incendie automobile construite par lui et prête à être soumise à l’expérience. Elle est actionnée par l’électricité.
- * *
- Les commissions de l’Union automobile allemande sont ainsi composées :
- Arbitrage. — Membres : M. le général Budde, le conseiller'de commerce Friedlander, professeur Hartman, baron von Liebig, général von Babe, comte Ad. von Sierstorpff, le notaire Wagner.
- Membres suppléants : Docteur Caro, A. Frie-dlieim, général von Hollenffer, Küpper, Müller-Herfurth, conseiller d’Etat Schrey.
- Courses. — Membres : général Becker, Barth-Niirnberg, F. Held, Hirt, docteur Kallmann, capitaine Kiibel, von Kuhlmann, conseiller de commerce Lœuve, comte Ad. von Sierstorpff, Karisbuck.
- Membres suppléants : Barth-Nainz, Opel, Pi-nagel, major Roland, F. Simon, comte Talley-rand, docteur Tiktin, W. Tischbein, Topf, L. Bavené.
- Essai des moteurs. — Ingénieur Altmann, Ehrhardt, Ikering, Kienle, Kiibel, Maybach, Schütte, W. Seck.
- Création d’un organe de l'Union. — Général Beeker, Kiibel, docteur Levin, Müller, Kerfurth, Pfautsch, Schütte.
- Assurance contre la prison et les accidents. Borght, docteur Titkin, Vischer, Wagner.
- Finances. — Becker, Friedlander, docteur Levin, Pringshe.im.
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- Le duc Adolphe-Frédéric de Mecklembourg a entrepris le voyage de Berlin au château de Friedrichsmoor, rendez-vous de chasse près de Ludwigslent dans le Mecklembourg, situé à 200 kilomètres environ du point de départ, au moyen d’un automobile de 7 1/2 chevaux. Il était accompagné de M. Henri Beutter, directeur de la Société des automobiles de Berlin.
- Bien que les chemins fussent détrempés par la pluie, l’excursion s’est heureusement effectuée.
- De Ludwigslent à Friedrichsmoor, on traverse à peu près 14 kilomètres de terrain sablonneux ou marécageux, dont l’impraticabilité naturelle était encore aggravée par la pluie. Le duc Frédéric a l’intention de se servir de cette voiture qui lui a donné toute satisfaction dans un grand voyage circulaire d’une durée de quinze jours à travers le Mecklembourg et la Poméranie.
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- La grande-duchesse de Mecklembourg-Sche-werin, la haute protectrice de l’Automobile-Club allemand, le grand-duc de Mecklembourg et la duchesse Cécile de Mecklembourg, ont longuement visité, et en détail, les locaux du club, et y ont déjeuné.
- ¥ *
- Le voyage à Kadissen, que l’empereur d’Allemagne avait l’intention d’effectuer en automobile, ne s’accomplira pas. Le véhicule était heureusement arrivé à Elbing samedi soir par chemin de fer, et l’excursion d’essai vers Kadine s’était bien passée. Lundi, la voiture voulut franchir la montagne, mais elle versa, et les avaries furent si considérables, que, pour la réparer, il fallut la renvoyer à Stuttgard.
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- L’Automobile-Club de Vienne mûrit un projet de voyage à travers l’Autriche, dont le parcours ne mesurerait pas moins de 1200 kilomètres, et qui aurait pour principal objectif de soumettre conducteurs et automobiles à des épreuves de rendement.
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- Les essais que l’on fait des automobiles pendant les manœuvres en Autriche ont été tout particulièrement favorables. Douze automobiles, chacun d’une puissance de 32 chevaux furent expédiées de Vienne à Taslo, en Gallicie, ces deux localités sont éloignées de 192 kilomètres l’une de l’autre. La route suivie traverse les monts Carpathes, et souvent par des rampes très accusées, atteint une altitude de 1000 mètres. En outre, les chemins, en Gallicie, étaient dans des conditions épouvantables. En dépit de ces circonstances adverses, les voitures arrivèrent à Taslo en 32 heures, couvrant moyennement 6 kil., 500 à l’heure.
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- Dans les promenades qu’il organise, l’Auto-mobile-Club de la Grande-Bretagne a l’excellente habitude de prendre des mesures pour assurer des places aux membres qui n’auraient pas de voitures ou aux amis qui voudraient les accompagner; on admet, du reste, les dames, à condition qu’elles soient parentes des membres du Cercle.
- * ¥•
- On parle, en Angleterre, de la création d’un corps de volontaires chauffeurs.
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- LA LOCOMOTION AÜTOMOÉILE
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- UNE AUTOMOBILE
- AUX MANŒUVRES AUSTRO-HONGROISES
- Dans un précédent numéro, nous avons mentionné l’excursion qui avait pour objet de déterminer le degré d’endurance d’une automobile en vue d’un service d’armée en Campagne. Ce vovage a été effectué par M. Aügüstè Warndorfer, directeur des ateliers de cobstrüCtion d’automobilë de Leésdorfër. sous lë contrôle du capitaine autrichien Wolf, membre du comité militaire.
- L’excursion avait pour point de départ Êadéii, près de Vienne, pour se terminer à Przemysl en Galicie, sur une distance de 920 kilomètres, en suivant la route de Presbourg, Trenesin-Teplitz, Sillein, Rosenberg, Poprad, Eperies, Sander, Jaszlo, couverte en trente-deux heures. Nous avons intentionnellement indiqué les principaux jalons du trajet, car, aux yeux des personnes qui connaissent cette région ou qui ont à leur disposition une bonne carte topographique, il apparaîtra comme un itinéraire en terrains difficiles. En effet, il a fallu franchir deux fois les monts Carpathes et une fois la chaîne de montagnes du Tatra. Des rampes fort accusées furent rencontrées atteignant jusque 10 0/0 qui requirent un
- Une diUomobil'é aux manœuvres austro-hongroises.
- effort considérable d’une voiture chargée de trois personnes et de 400 kilos de bagage. Elle a parfaitement répondu aux exigences qu’on attendait d’elle.
- Nous reproduisons le dessin général de ce véhicule, nous le représentant dans son aspect d’ensemble au moment du départ, monté par le directeur des ateliers comme conducteur, le capitaine Wolf comme contrôleur et un riionteur mécanicien.
- A l’exclusioil d’un accident survenu à ùn baii-dâge pneumatique qui occasionna un retard d’une demi-heure, aucilne perturbation ne se produisit au cours de l’épreuve.
- Le mécanisme de transmission de la nouvelle voiture de Leesdorfer est une combinaison de la courroie et de la chaîne, spécialement étudiée par M . Adolphe Ilerz, chef de la division des essais des ateliers. Sür Ctis données sont cons-
- truites une série nouvelle de voiturës qui sont ën ce moment bien près d’achèvement.
- Em. Dieudonné.
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- La construction des automobiles
- EN AUSTRALIE
- Ainsi que nous l’avons montré dans taie note récente, il semblé que l’autdihoiiilë commencé â prendre un réél développement en Australie; mais comme les fensëignëffiëhts sont rares sür la matière, ils sont tous iës.bienvenus, et nous sommes encliànte dë fournir qüëlqüës détails
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- 659
- sur là construction des automobiles telle que la Nous reproduisons les tracés fort sommaires pratiqué là-bas M. Sutton, de Melbourne, un cor- des châssis de la voiture de ce constructeur : ils respondant de Y Autocar. sont faits pour isoler la caisse à la fois des chocs
- des routes et aussi des vibrations du moteur. puis un autre pour le moteur. On doit remarquer Comme on peut le voir dans ces dessins tout que les roues restent constamment en prise sur schématiques, il y a un châssis pour la voiture, le sol en dépit des oscillations du corps même
- Ftn. 2.
- le rôle est aisé à comprendre. Us viennent, comme le montre la figure 3, porter sur les pivots correspondants du châssis inférieur. Dans
- la ligure 2, qui représente le châssis du moteur, • M. Sutton en est encore aux expériences, M est le moteur et C l’arbre intermédiaire, D est mais il sera intéressant de suivre de près ses l’arbre du différentiel, en lin en E sont les roues travaux.
- do chaînes, -------——— ---------
- de la voiture. Nous n’avons pas à insister sur le châssis de la voiture représenté figure 1, nous noterons seulement en PI et P2 des pivots dont
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA RÉSISTANCE DES ROUTES
- A LA TRACTION
- Dans une communication intéressante à l’institution MechauicalofEngineers, le professeur Ilele-Shaxv a donné, sous une forme très simple que nous permet de reproduire la simple typographie, une sorte de graphique de la résistance à la traction qu’une voiture mécanique (ou un véhicule quelconque) est exposée à rencontrer suivant les diverses natures de terrains où elle est appelée à circuler. La résistance comparative est figurée par une ligne droite dont la longueur est d’autant plus grande que la résistance est plus élevée : c’est là un procédé figuratif que l’on connaît bien et sur lequel les explications sont inutiles.
- Voici donc le tableau, si cela peut s’appeler ainsi :
- Xature de la voie. Résistance.
- Voie ferrée do tramway..........................
- Asphalte......................................._
- Voie de fer...................................
- Pierre bien posée..............................
- M ; 11 ; 11 ; ; i i ! ; de première qualité..
- 1 ii;de Paris................................__
- Macadam de qualité moyenne...................._
- Macadam de qualité inférieure .... _____
- Gazon sec..................................____
- Argile dure et sèche......................_____
- Cailloux ronds............................_____
- Route ordinaire avec sable. . . __________
- Pierre cassée de qualité rmlin
- Terre molle............___________
- Sable sec et flimnt
- Ces indications n’ont, besoin d’aucun commentaire et elles montrent l’importance qu’a l’état des routes pour la circulation des voitures.
- LE M0T0CYCLE STRICKLAND
- Ce nouveau motocycle anglais a été tout nouvellement mis en vente et sort des ateliers de MM. Simpson et Strickland, de Plymouth. M. Strickland a tenu surtout à donner à son moteur des orifices de grandes dimensions pour l’introduction du mélange gazeux et aussi pour l’échappement. Le cylindre a seulement 76 mil-mètres de diamètre et autant de course, mais l’ouverture de son échappement est de 32 millim. et celle de l’admission a encore 25 millim. Nous ajouterons, du reste, que la soupape d’admission et la bougie sont montées sur la couronne de la chambre de combustion.
- Un carburateur à flotteur F (fig. 2) règle par C l’admission du pétrole au récipient E, d’où il passe, par l’orifice annulaire i, en nappe autour de la tige h, qui dirige et règle l’admission de
- l’air par /fi; le mélange de gazoline et d’air est aspiré par IIH' à la soupape d’admission B ; l’échappement se fait par G au silencieux L, à cloisons Z, percés de trous l'. Allumage électrique par douilles ou triples contacts pp2, sur la borne R, que l’on peut déplacer pour avancer ou reculer l’allumage.
- D’après l’inventeur, un des torts principaux des moteurs courants est qu’on les munit d’ailettes insuffisantes pour le refroidissement, c’est pour cela qu’il a adopté la disposition que l’on voit nettement sur nos dessins. Ses ailettes sont
- Le Molocycle Strickland.
- à la fois très minces et très profondes. Celles qui se trouvent en bas et autour du corps même du cylindre ont une profondeur de 16 millimètres, tandis que celles qui entourent la chambre de combustion et l’échappement ont une profondeur de 38 millim., enfin celles qui garnissent la chambre de la soupape d’admission ont 44 millim. C’est là ce qui fait prendre au moteur une apparence toute particulière qui frappe les yeux.
- Gomme particularité, nous ferons également remarquer que les volants sont de plus grandes dimensions que ceux des motocycles français, et on a tenu à les faire équilibrés. Le cylindre est rattaché au carter par des boulons et tous les écrous sont fixés par des goupilles. Le dispositif d’allumage a été particulièrement soigné, le
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- /f p'
- O O O
- Fig. 2.
- contact est assuré à chaque révolution de la came par une lame d’acier venant presser sur une vis à pointe de platine.
- Les constructeurs se disent fort contents des résultats déjà obtenus avec cette machine.
- I). B.
- GUIDE DE ROUTE
- DE LA
- PETITE VOITURE DE DION-BOUTON
- (Suite, voir les numéros précédents.)
- 196. — Accumulateurs. — Les art. 197 à 204 ne sont destinés qu’aux voituristes qui croient devoir remplacer les piles par des accumulateurs.
- 197. — En plaçant les accumulateurs dans la case à piles, il faut veiller avant tout à ce que le pôle positif marqué d’une croix ou cacheté à la cire rouge, reçoive le fil D; les accumulateurs tournés dans le sens inverse ne donneraient que des ratés.
- Ne pas oublier à chaque arrêt, si court soit-il, de supprimer l’allumage par l’un des trois interrupteurs. Si l’on ne descend pas de la voiture, on pourra le supprimer par l’interrupteur à pédale par exemple.
- 198. — Voltage. — Les accumulateurs, en aucun cas, ne doivent rester déchargés à moins d’un certain nombre de volts, sous risque d’être mis hors d’usage, jusqu’à leur régénération. 11 est donc urgent de temps à autre de vériiier à l’aide d’un voltmètre ce qui leur reste d’énergie, opération aussi simple que rapide; il suffit de fixer à chacune des vis du voltmètre un
- petit fil de cuivre, de la grosseur d’un gros fil à coudre, pas plus gros, puis, avec les deux autres extrémités des fils, de toucher les pôles extrêmes des accumulateurs, qu’il faut préalablement nettoyer ainsi que l’extrémité des fils.
- Chaque maison, selon le système d’accumulateurs qu’elle fournit, donne des instructions spéciales.
- 199. — Les accumulateurs peuvent fournir, chargés à point, 2000 kilomètres de marche environ : néanmoins, ils se rechargent en moyenne tous les deux ou trois mois, lorsqu’ils restent en inaction, et surtout en lieu humide.
- 200. — Eau acidulée. — Les plaques des accumulateurs, il y a peu de temps encore, baignaient dans de l’eau acidulée à 1/10 d’acide sulfurique Commercial. Ces accumulateurs voyageaient de ce fait très difficilement; ce grand défaut a été pour beaucoup la cause de leur disgrâce; les plaques des accumulateurs devant de toute rigueur baigner entièrement dans l’eau, ajouter au fur et à mesure que le niveau baisse une quantité d’eau distillée suffisante pour les recouvrir de 3 ou k millimètres.
- 201. — Liquide immobilisé. — Il se fait aujourd’hui des accumulateurs à liquide immobilisé qui supportent les voyages et sont d’un entretien relativement facile.
- Tenir constamment en dessus du liquide immobilisé (d’un aspect pâteux) une couche de 3 ou k millimètres d’eau distillée, à défaut de quoi cette pâte se dessécherait et les plaques se sulfateraient ; il se forme, en ce cas, des cristallisations qui, par leur contact, mettent les accumulateurs en court-circuit, c’est-à-dire hors d’usage jusqu’à génération.
- Les piles sont évidemment d’un emploi plus simple, les débutants surtout les préfèrent.
- Les accumulateurs, pour qui ne craint pas de les surveiller un peu, sont d’un emploi assurément économique.
- 202. — Pour le cas où l’on placerait des accumula-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- leurs clans une hoîte à piles, il est urgent : 1° de veiller à ce que les bornes ne touchent aucune partie métallique de la case qui les renferme, quitte à réduire ces bornes ; 2° bien caler les accumulateurs en tous sens avec des boites en bois qui serviront au besqin de nécessaires à accessoires, afin de profiter de cette place et leur éviter le moindre choc.
- J. Womm
- Carrosserie Cane cüarrette Georges Richarda>
- Nous commençons, par cet article, la publication d’une série de notices et de dessins de pure
- carrosserie automobile destinés à fournir des renseignements fort utiles non seulement aux acheteurs de voitures, mais aussi aux carrossiers qui ne sont pas encore familiarisés avec la construction des autos.
- Ceux de nos lecteurs qui désireraient des dessins d’exécution pour des carrosseries de voitures analogues à celles que nous décrirons n’auront qu’à s’adresser à l’auteur de ces dessins et de ces articles, un spécialiste en la matière : M. Louis Dupont, 78, rue Boissière, à Paris.
- Le dessin que nous donnons aujourd’hui représente la carrosserie d’une charrette automobile envoyée par la maison Georges Richard à l’Exposition de 1900.
- C’est un des types d’automobiles ayant eu le plus de succès. On peut même dire qu’avant
- Charrelle “Georges Richard.
- l’apparition du tonneau, c’est la charrette à deux banquettes face en avant que préféraient les chauffeurs.
- Le châssis de la voiture étant droit il va de soi qu’à cette caisse peut s’appliquer n’importe quel moteur,
- Le lecteur devine que le siège de devant est coupé en deux et que la partie gauche se replie poür livrer passage aux personnes qui prennent place en arrière.
- La garniture entièrement en velours gris côtelé avec jonc de même matière. Le galon large est remplacé par la piqûre à la mécanique et le
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Boissière, à Paris.
- galon rabattu par de la baguette demi-ronde enveloppée de velours.
- Les côtés sont symétriquement garnis de deux petits matelas capitonnés séparés, entre les deux banquettes, par une poche avec pattelette recouvrant l’entrée.
- L’arrière de la caisse est garni d’un dossier à côtes surmontées de deux rangs de piqûres en demi-losanges. En avant de la banquette se trouve une pente plissée à cinq plis dont celui du milieu beaucoup plus large que les autres est muni d’une poche avec pattelette. Cette pente est fixée en haut par une large baguette enveloppée de velours et dépassant le dessus de ia banquette, de manière à emboîter un grand coussin dont le dessus est capitonné à petits losanges.
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- La banquette de devant, divisée en deux comiïie nous venons de le dire, est pourvue de deux petits faux-dossiers capitonnés à deux rangs de piqûres. Deux petits coussins capitonnés à la manière de celui de l’autre banquette et pareillement montés sur sommier élastique recouvrent cette banquette dont l’avant est garni de deux petites pentes tendues.
- Les galeries portent chacune deux petits acco-toifs (ils ne figurent pas sur le dessin) qui sont capitonnés.
- En avant, le plancher est recouvert de caoutchouc diamanté et en arrière d’un tapis en moquette grise unie.
- Le pavillon est entouré d’une bavette en cuir jaune de 0ta,70 environ de hauteur.
- Les rideaux sont en toile blanche imperméable et sé placent roulés sous la bavette où ils sdnt maintenus par de petites courroies en cuir jaune.
- La caisse est en bois verni. Train jaune, réchampi de deux bandes noires.
- LÈS DÉCHARGÉS SPONTANÉES
- DANS L’AOÛUM ULATEUR AU PLOMB
- Dans un article de VElel-itroléchnischer Neni-gheils Anzeiger, analysé par le Mois scientifique et industriel, l’auteur pense que la mauvaise capacité de tous les accumulateurs doit être attribuée à une décharge spontanée ou silencieuse. On croyait que ces décharges se produisent lorsque l’accumulateur est en repos et qu’il y a production de gaz aux deux électrodes; c’est une erreur. Les études au docteur Kugel (Elehlrotechnische Zeilung, 1892) ont apporté quelques éclaircissements sur cette question. Il a trouvé qu’une minime quantité de métaux rares, comme le palladium et le platine* des métaux non nobles, tels que cuivre, arsenic, fer, etc., suffisent pour provoquer cette décharge silencieuse. Plus la différence de potentiel d’une matière avec le plomb sera grande, plus la réaction nuisible se produira.
- D’après les observations de l’auteur, des décharges silencieuses peuvent se produire :
- 1° S’il y a présence de métaux étrangers dans la masse active ou dans les supports (grilles ou âmes) ;
- 2° S’il y a présence de métaux étrangers dans l’électrolyte (surtout du groupe de H'2S).
- 3° S’il y a des différences de tension dans les électrodes dont la constitution est hétérogène ;
- 4° Les décharges sont dues aussi aux influences, difficiles souvent à contrôler, comme :
- a) A l’addition des matières actives (graphite-collodion).
- b) Présence de chlore provenant de la formation Planté.
- c) Contacts provoqués par des chocs (automobiles).
- d) Décomposition des matières isolantes, sur-
- tout du celluloïd, qui nuit par l’ozone qu’il produit.
- e) Mauvais partage du courant sur les électrodes.
- Tous ces cas ne peuvent pas, d’ailleurs, être mis en évidence. ‘
- On peut facilement disposer l’expérience suivante : on prend deux petits accumulateurs, l’un formé avec de la poudre fine de plomb pur (Kothinsky), l’autre avec de la litharge ou du minium du commerce ; après leur formation achevée, on les charge et décharge plusieurs fois et on les laisse, on observe la formation des. gaz. On constate que l’élément avec la poudre fine de plomb donne des gaz seulement aux positives, le deuxième élément donne des gaz aux deux sortes de plaques. Cela provient des impuretés de la litharge et du minium du commerce, qui contiennent des chlorures, des sulfates. Les flammes qui sont utilisées dans la fabrication de la litharge peuvent apporter des cendres. L’auteur reçoit les gaz qui se produisent dans un petit eudiomètre, les enflamme et les analyse ensuite ; il préconise un degré de pureté à exiger dans les fournitures d’accumulateurs.
- Pour la pureté de l’acide, il y a lieu, selon lui, de suivre lés contrats d une grande fabrique allemande :
- L'acide de remplissage doit contenir moins de 0,01 0/0 de métaux du groupe des sulfures. Le contenu- en chlore calculé sur l’acide monohy-drâté ne doit pas dépasser 0,002 0/0. L’acide iie doit pas contenir plus de 0,1 0 0 d’Az soit sous fo'rmé d’Az H3, AzO"\ etc., et doit être pur de matières organiques. La maison d’accumulateurs Hagen donne aux acheteurs des boites à réactifs, qui leur permettent d’effectuer eux-mêmes les déterminations précédentes.
- L’auteur reconnaît une bonne plaque d'une mauvaise en faisant agir sur la plaque, examinée à l’air libre et sèche, la flammé d'un chalumeau à hydrogène ; une plaque à faible capacité donne de grosses perles de plomb et se ratatine ; au contraire, une bonne plaque « sue » également partout. Le ratatinement de la matière est en raison inverse de la capacité. Dans un accumulateur chargé se trouvent les métaux ou oxydes métalliques suivants : 1° du plomb métallique chimiquement pur (relativement au plomb avec addition d’antimoine); 2° du plomb pur en état très fin (transformation allotropique du plomb métallique); 3° du peroxyde de plomb. M. Sclioop trouva que la différence de potentiel entre l’éponge de plomb et une grille en plomb dur était de 0,225 volt (pour du plomb à 12 0/0 d’antimoine) et 0,055 volt pour une grille en plomb mou, il cite les expériences de Darrieus parues sür ce sujet dans Y Electricien de 1894, et en comparant des accumulateurs à grilles dures avec des accumulateurs de même genre à grilles molles* il constata que les premiers donnaient un dégagement de gaz bien plus prononcé de gaz par décharge spontanée ; ce fait est provoqué par la formation de l’ozone ; il y a pour le cas des grilles dures attaque de l’antimoine cdhtenu dans le plomb, Une bonne plaqtle négative chargée
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- doit, un quart d’heure après l’interruption du courant de charge, être en état de repos, et, après la décharge, donner encore naissance à des gaz. L’auteur proscrit les grilles dures à plomb antimonié, et dit que la capacité d’un accumulateur n’est pas la meme, pour les raisons données plus liant, si on effectue les essais immédiatement après une charge qu’après une pause. Les chocs subis par les accumulateurs diminuent leur capacité parce qu’ils favorisent le départ des gaz occlus et causent une perte d’énergie. L’auteur parle rapidement de la question de l’acide pour élever la capacité, de l’addition de matières pour donner la porosité, de la répartition du courant dans les plaques, questions qui sont sans beaucoup d’intérêt; il dit que le celluloïd employé est funeste, il se décompose par l’ozone; on tend à le rejeter de plus en plus.
- COURSES
- Le critérium de l’alcool
- 28 OCTOBRE 1900
- Voici le règlement du critérium de l’alcool, organisé par le Moto-Club de France.
- Art. 1er. — Un concours international est organisé en vue de l’emploi de l’alcool dans les véhicules à moteur mécanique sous le patronage et la direction du Moto-Club de France.
- Art. 2. — Le concours aura lieu le dimanche 28 octobre, de Paris à Rouen par Saint-Germain, Mantes et Gaillon (136 kil. environ). Le départ se fera à la Porte-Maillot, boulevard Maillot, à 8 h. 1/2 précises du matin. Le contrôle d’arrivée à Rouen sera fermé dix heures après le départ.
- Art. 3. — Le concours portera :
- a) Sur la consommation de l’alcool employé comme force motrice;
- b) Sur la consommation de l’alcool utilisé autrement que pour la force motrice (brûleurs, etc.);
- c) Sur la composition chimique de l’alcool employé dont il sera prélevé des échantillons;
- il) Sur le fonctionnement du moteur et sur la régularité de la marche.
- Toute vitesse supérieure à 30 kilomètres en rase campagne et à 20 kilomètres à l’heure dans les agglomérations n’entrera pas en ligne de compte.
- Art. /|. — Tous les véhicules (voitures, voiturettes ou motocycles à deux places) munis d’un moteur mécanique sont admis à ce concours qui ne comprendra qu’une catégorie.
- Art. 5. — Les véhicules devront avoir au moins deux places, dont l'une sera réservée au commissaire. Ils seront pesés à l’arrivée et leurs réservoirs seront jaugés au départ, de façon que les commissaires puissent contrôler les consommations.
- Art. 6. — Pour chaque véhicule, il sera payé un droit d’entrée de 10 francs. Les engagements seront reçus au siège provisoire du Moto-Club de France, 2, rue Meyerbeer, jusqu’au mardi 23 octobre, à midi.
- Art. 7. — Les concurrents devront se conformer à tous les arrêtés et règlements de police qui régissent la circulation des voitures automobiles. Ils devront en outre se mettre en règle avec la régie pour toutes les
- autorisations qui leur seront nécessaires et feront leur affaire personnelle des ravitaillements.
- Art. 8. — 11 sera remis à chaque commissaire un livret qu'il devra remplir et remettre au contrôle au plus tard une heure après l’arrivée du >éhicule qu’il avait à contrôler.
- Art. 9. — Les prix seront décernés par le comité du Moto-Club sur le rapport de la Commission technique.
- Art. 10. — Les concurrents devront se conformer à toutes les instructions des commissaires.
- Art. 11. — Les prix se composent d’au moins 1,500 francs, qui seront ainsi répartis :
- 1CI> prix : 1000 francs.
- 2° — 300 —
- 3° — 200 —
- Art. 12. — Un diplôme sera décerné à chaque concurrent ayant accompli le parcours dans le délai maximum.
- Art. 13. — Toute réclamation devra être déposée par écrit dès l’arrivée au contrôle de Rouen.
- Art. l/i. — Le Moto-Club de France décline toutes responsabilités civiles ou pénales qui resteront toujours à la charge des concurrents.
- Voici, d'autre part, l’itinéraire que devront suivre les concurrents de Paris à Rouen :
- Porte-Maillot (départ)...........0kil,000
- Pont de Neuilly..................... 2 300
- Rond-point de la Défense. ... 1 000
- Nanterre. ‘........................ 2 Z|50
- Chaton............................. k 000
- Le Vésinet...........................l 300
- Le Pccq...............; . . . 2 zp)o
- Saint-Germain........................1 500
- — place Yauban. . . 1 800
- — Grille d’Hennemont. 1 600
- Chambourcy.......................... 2 000
- Ecquevilly.......................... 9 750
- Flins...................., . . k 000
- Mantes................- .... 12 500
- Ronnières..........................l/i 000
- Yernon............................. 10 750
- Gaillon..............................H 200
- Yieux-Villez........................ 3 500
- Heudebouville........................k 200
- Notre-Dame du Yaudreuil. , . . 8 ooo
- Pont-de-l’Arche..................... 7 900
- Igoville............................ 2 500
- Port-Saint-Ouen..................... 5 250
- Amfreville-la-Mie-Yoie.............. 5 000
- Rouen................................5 500
- 127kilA00
- L’Automobile-Club Normand vient d’offrir son concours au Moto-Club de France et au Vélo, organisateurs du critérium et accorde aux coureurs l’accès et l’usage gratuits de son garage,
- 4 bis, boulevard d’Orléans, à Rouen.
- Le départ du critérium de l’alcool sera donné le dimanche 28 octobre, à huit heures et demie du matin, devant le restaurant Gillet.
- Les engagements, reçus aux bureaux du Vélo, 2, rue Meyerbeer, à Paris, sont déjà très nombreux.
- X
- La course de canots automobiles, qui faisait partie du programme de la réunion sportive du
- 5 octobre à Vincennes (annexe de l’Exposition), avait attiré de nombreux spectateurs autour du lac Daumesnil.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- On escomptait, en effet, la rencontre de deux canots qui, l’un et l’autre, avaient fait leurs preuves de vitesse : Abeille I, à MM. Dalifol et Gossot, et Cosaque, à M. Lein. Il n’y a malheureusement pas eu de lutte. En effet, le moteur de Cosaque a mal fonctionné et le canot n’a pour ainsi dire pas figuré. Abeille I a gagné facilement devant le propulseur Lionne, qui a cependant prouvé l’excellence de son système, puisqu’il battait Abeille II, Surprise et Joujou.
- La pluie a malheureusement gâté la lin de la journée.
- X
- On attendait avec une certaine impatience dimanche dernier, au vélodrome du Parc-des-Princes, la course de motocycles de 20 kilomètres à laquelle devaient prendre part Rigal et Bécon-nais.
- Ils sont bien partis tous les deux à de folles vitesses mais au huitième kilomètre Rigal a dû s’arrêter par suite d’un accident de moteur. Bé-connais a fait de même au quatorzième kilomètre, un de ses pneus ayant crevé. Bertin était également resté en panne, si bien que Demester est premier, gagnant de 2 mètres sur Loste. Fossier s’est classé troisième et dernier.
- X
- La course de côte de Gaillon sera organisée, cette année, par le Moto-Club de France, assisté du Vélo.
- Cette intéressante épreuve se fera le dimanche 11 novembre prochain.
- X
- On annonce des courses automobiles prochaines à Pise.
- X
- On a donné à Berlin, le 7 octobre, une grande fête sportive sur la place de Friedenau. Un corso fleuri fut organisé par l’exposition permanente d’automobiles au jeu du sport pour rehausser l’éclat de la journée de fête.
- X
- Une course d’automobiles établie sur de nouvelles données doit avoir lieu à Berlin le 21 octobre prochain sur le champ de courses de l’Union des courses au trot. La catégorisation des véhicules ne s’effectuera pas suivant la manière ordinaire, d’après l’importance des voitures de touristes, grandes ou petites et ainsi de suite, mais, avant la course, chaque voiture sera soumise à un essai qui déterminera la puissance du moteur rapportée à l’effort de traction exercé sur l’essieu.
- S’adresser provisoirement pour renseignements à M. Otto lvrüger, Charlottenburg, Westeisbahn.
- X
- Le succès de la dernière' course Berlin-Aix-la-Chapelle a fait surgir de nouveaux projets de sem-
- blables épreuves. La première aura liee untre Ins-terburg et Aix-la-Chapelle sur une distance double de celle de Berlin-Aix-la-Chapelle. L’automobile-Club ouest allemand sera chargé de l’organisation.
- X
- La course de Berlin-Dresde que l’Union automobiliste de l’Europe centrale a organisée à l’occasion de son assemblée générale à Dresde n’était aucunement une épreuve de course, il ne s’agissait pas de décerner des prix ni d’établir des records de temps. Elle offrait simplement aux membres de l’Union l’occasion de se renseigner eux-mêmes sur le rendement de leurs appareils pendant une durée d’utilisation normale, d’établir des comparaisons entre les différents spécimens de vitesse, d’échanger des observations et des résultats d’expérience. Les dépenses des préparatifs ont été assumées par l’Union, ainsi que les frais de remisage des véhicules à Meissen et à Dresde. Le kilowat-heure d’énergie pour le rechargement des électomobiles était compté à raison de 0 fr. 375.
- X
- L’Union automobile allemande, après la course de Berlin-Aix-la-Chapelle, a arrêté son attention sur les enseignements qu’ont pu en tirer les participants à l’épreuve. Elle se propose de les assembler dans un ordre coordonné afin de les rendre accessibles à la généralité. Dans ce but, un questionnaire a été dressé et envoyé à toutes les personnes qui ont pris une part quelconque à la préparation, à l’organisation et à l’exécution des courses, en les priant de vouloir répondre aux questions posées.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le concours des poids lourds a commencé lundi dernier à Yincennes. Le départ a été donné à onze véhicules qui ont effectué deux parcours d’une trentaine de kilomètres aux environs.
- Voici la désignation des concurrents :
- Le Blant, tracteur à vapeur remorquant un omnibus; Panhard et Levassor, 1 omnibus et 1 camion; Turgan, roulotte à vapeur; de Dion-Bouton, omnibus à 12 places, 1 omnibus à 20 places, 1 camion; Pantz, 1 camion, de Die-trich, 1 camion ; Say, 1 voiture de livraison électrique ; Riker, 1 voiture de livraison électrique.
- Accompagnés de commissaires, — des officiers pour la plupart, — les véhicules sont rentrés à midi aux hangars de la classe 30 et sont repartis l’après-midi. Ils ont recommencé les jours suivants et continueront leurs expériences jusqu’à samedi.
- Parmi les officiers qui suivent les opérations, il faut citer le colonel Lambert, le commandant
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- Mangin, le sous-intendant militaire Josserand, le commandant Ferrai, de l’artillerie, le capitaine d’état-major de Jansac, le capitaine de Lavit, du génie ; le capitaine Nayvel, de l’infanterie ; le capitaine Barenois, du génie; le capitaine Sautereau, de l’artillerie, etc.
- La quatrième livraison de l’intéressante publication : La mécanique à l’Exposition de 1900, éditée par la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, vient de paraître.
- Signalons cette livraison d’une façon toute spéciale parce qu’elle est entièrement consacrée à la description des moteurs à gaz, à pétrole et à air comprimé qui figurent à l’Exposition et qu’elle a été entièrement rédigée par notre éminent collaborateur Jules Descbamps, ancien élève de l'Ecole polytechnique.
- L’exposition permanente d’automobiles de Berlin jouit d’un très grand succès. Chaque jour enregistre des adhésions nouvelles et l’arrivage de nouveaux appareils.
- Quelques-unes des voitures qui ont participé aux manœuvres d’armée de cette année y figurent en ce moment. Le public y est. admis gratuitement, et a sous les yeux un thème ininterrompu de leçons de choses.
- A l’occasion de l’exposition d’automobiles qui se tiendra à Leipzig du 19 au 20 octobre courant, sera organisée une course d’automobiles entre Dresde et Leipzig, qui comprendra un concours de poids lourds. Cette épreuve est attendue de tous les côtés avec le plus vif intérêt.
- Pin outre, le soir du jour de l’inauguration, M. Mockel, de Ilombourg, fera une conférence publique sur les systèmes de construction des automobiles.
- I/automobile-Club de la Grande-Bretagne prépare un concours de véhicules électriques pour le commencement du mois de novembre : ce concours comprendra un parcours illimité, le conducteur seul ayant le droit de considérer sa charge comme épuisée, puis une course de 30 milles avec fortes rampes, une autre de même longueur sur route normale, et enfin une course de 30 milles en plat.
- Le président de l’exposition d’automobiles de Maison-Square, exposition dont nous avons parlé antérieurement, cherche en ce moment à se procurer un assez grand nombre de voitures de constructions étrangères, afin de les exposer à côté de celles qui sortent des usines américaines.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Dans le Vélo, Maurice Martin nous apprend que M. Duboys, le concessionnaire des voitures postales de Paris, serait tout disposé à essayer l’emploi de véhicules automobiles répondant au programme suivant :
- Un tilbury de forme élevée comportant un caisson à correspondance cubant exactement \ m. 25 et pouvant poi'ter un poids de 700 kilos en plus du sien, y compris le poids des deux hommes affectés, Lun au moteur, l’autre à la poste. Le concessionnaire est disposé à affecter à chaque véhicule une somme de 8000 francs.
- Il est plutôt malheureux de penser que notre industrie française est si lente à profiter d’une telle occasion, alors que l’industrie allemande a fait des offres-pressantes à M. Duboys à 7500 francs, port et douane compris, et même des offres de location à raison de 750 francs par mois, y compris le mécanicien !
- Notez qu’il s’agit ici du type de tilburys existant déjà à Berlin pour ce même service et qui, lui, a déjà donné d’appréciables résultats.
- En résumé, un seul constructeur français de voitures électriques a vraiment mis au point un véhicule postal, une voiturette et non une voiture ; niais il n'a pas cru devoir, paraît-il, le présenter encore à qui de droit. Espérons que ces explications Uinciteront peut-être à assurer à notre industrie française une aussi importante fourniture.
- Maurice Martin nous apprend, dans le môme article, que les voitures postales de Paris vont être au nombre de 150 et qu’elles font ensemble un parcours quotidien de 7000 kilomètres.
- Dans la Vie scientifique, M. P. Crépy énumère les emplois possibles des automobiles dans l’année française.
- a) Les colonnes de vivres et de munitions, les services des étapes et les armées en campagne. Sur ce dernier point, nous avons dit quelles réserves il y a lieu de faire.
- b) Le service d’estafettes du haut commandement. Ici la bicyclette ou le simple tricycle à pétrole suffisent.
- c) Les services des hôpitaux, des postes et de l’intendance. C’est, croyons-nous, surtout pour ces services à l’arrière qu’on pourra utiliser les automobiles.
- d) Les parcs de siège d’artillerie et du génie.
- e) Le transport des bagages des troupes. Ceci sera difficile, les troupes ne suivant pas toujours les bonnes routes.
- f) Le service du génie des divisions de cavalerie pour les travaux d’avant-garde.
- (f) Le transport de l’artillerie lourde.
- h) Le transport des batteries blindées dans la guerre de siège. Ici on n’est plus dans le cas des automobiles proprement dits et il s’agit simplement de faire circuler les trains blindés sur rails.
- Dans la Revue industrielle, notre confrère Ph. Delahaye donne d’intéressants détails sur
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- une application récente de l’automobile, qui ne paraît pas mériter d’être encouragée, jusqu’à nouvel ordre, par les contribuables de la ville de Chiswick (Angleterre) : nous voulons parler des tombereaux automobiles pour l’enlèyement des balayures des rues.
- La municipalité, désireuse d’encourager le progrès, n’a rien trouvé de mieux que d'acheter quelques tombereaux automobiles au prix de 8,750 francs l’un, en se figurant qu’elle pourrait ainsi réaliser une économie annuelle de 20,000 francs sur les dépenses de voirie. Au début, ce fut un concert d'éloges pour les novateurs : les municipalités voisines ne manquèrent pas de venir constater par elles-mêmes la supériorité du nouveau système et de se faire offrir, par la môme occasion, le traditionnel vin d’honneur; l’inspecteur de la salubrité délivra un beau certificat aux termes duquel le tombereau automobile travaillait autant que trois tombereaux ordinaires. Tout alla bien, tant qu’il ne fallut pas examiner les comptes; on apprit alors que progrès et économie ne sont pas synonymes.
- Il s’est trouvé que, pendant l’exercice clos au lor mai dernier, le service de la voirie a employé, pour ramasser les balayures, deux tombereaux automobiles, deux charrettes à chevaux et deux tombereaux à ordures également à chevaux. La comparaison des dépenses était ainsi facilitée en même temps que celle des quantités enlevées. Les premières ont recueilli 2,261 tonnes, les seconds 2,084 tonnes et les troisièmes 1,950 tonnes de matières, et le prix de la tonne s’est élevé à 8 fr. 10 pour les automobiles, à 5 fr. 25 pour les charrettes et les tombereaux à chevaux. Dans le calcul présenté à la municipalité, on avait oublié de faire figurer les dépenses d’entretien des automobiles, et elles 11e sont pas négligeables : 2,500 francs par an pour réparations et petites fournitures; on avait également oublié que le mécanicien de l’automobile ne peut pas, comme le charretier ordinaire, collaborer à l’enlèvement des balayures; sa machine le retient sur sa plate-forme, tandis que le cheval se garde tout seul.
- Avec de pareils oublis, il est aisé d’annoncer des économies suffisantes pour justifier toutes les innovations municipales, et c’est ainsi que Chiswick possède un escadron d’automobiles et Shoreditch une station d’électricité.
- Notre excellent confrère, Y Automobile beUje, critique le ministère de la guerre de Belgique, qu’il accuse de faire ses essais d’automobiles militaires dans des conditions de nature à ne pas donner de bien brillants résultats :
- Au lieu des grosses voitures aux actions puissantes de leurs 12, 16 et 20 chevaux, qui amenaient les généraux français à vive allure à travers les chemins tortueux, au haut des côtes les plus abruptes, nous n’aurons et à bref délai, parait-il, qu’une vulgaire automobile née d’une hippomobile préhistorique. 11 nous a, en effet, été parlé au dit ministère, où nous nous sommes rendu, de la transformation en automobile d’une yoiture-fourgon qui sert au ravitaillement. L’agencement serait fait d’après des données anciennes ef pour préciser qui tiennent de l'époque de 1830, ce bon temps du père Lenoir pour ne pas dire des Cu-gnot. Il nous a été dit que l’auto à vivres aurait trois vitesses. La troisième serait de 15 à l’heure. Gare le potin de la première! Ce n’est pas avec des engins aussi vieillots que les essais peuvent être heureux et décider l’état-major à apporter une rénovation totale
- dans les moyens de transport existants. Elle s’impose cependant et fera l’objet des études prochaines des armées étrangères.
- Il est urgent, si les premières transformations ne sont pas commencées, que l’on renonce au projet et que l’on fasse l’acquisition d’une bonne 12 chevaux pour un premier essai qui ne peut être que concluant.
- Le journal politique Daily Express, qui s’intéresse beaucoup à l’automobilisme, reprend l’idée d’une piste automobile à créer en Grande-Bretagne. U se base surtout sur les difficultés qu’on oppose à chaque instant aux courses sur routes.
- Unc dame anglaise habitant Chartres, qui a souffert comme nous des chaleurs formidables du mois de juillet, écrit à un journal de Grande-Bretagne qu’elle n’a pu se rafraîchir un peu que par de longues courses en automobiles.
- Notre confrère llorseless Age fait remarquer avec raison que les inventeurs perdent, en général, leur temps à inventer des directions, alors qu’ils ignorent les principes auxquels doivent répondre un bon avant-train. Pour lui, les dispositifs inventés par Akerman et Jeantaud, sans être la perfection théorique, répondent parfaitement aux besoins.
- Le journal technique Engineering Magazine a fait récemment l’éloge des services que peut rendre l’automobile. Il insiste sur le rôle précieux que peuvent jouer les nouveaux véhicules entre les transports par voie ferrée et le roulage proprement dit, qui se fera à petite distance et dans certaines conditions. Il considère aussi que ce mode de traction diminuera beaucoup sur l’entretien des routes.
- Un des collaborateurs de la publication bien connue Colliers Weehly vient de faire l’éloge de l’automobile et de montrer sa supériorité sur le cheval, en montrant qu’elle est toujours prête à partir, qu’elle n’a pas besoin de cocher, pas besoin d’écurie ni de palefrenier, -qu’elle se guide plus aisément, s’arrête instantanément, qu’elle ne souffre ni de la chaleur ni du froid, n’a jamais peur, etc.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Le conseil communal de Mon s a été saisi d’une demande de concession d’omnihus automobiles, devant relier Mons à Beaumont en passant par Nyon, Mesvin, Ilarmignies, Rouveroy, Montigny-Saint-Ghristophe et Solre-sur-Sambre. Le coût serait de 20 centimes par kilomètre. Un accueil
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- favorable a été fait à cette proposition par l’una-nimité des conseillers.
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- Le Vélo donne d'intéressants renseignements sur les services d’automobiles sur routes existant actuellement en Espagne :
- Province de la Corogne. — Deux compagnies existent qui font, l’une le service de la Corogne à Santiago, et l'autre de la Corogne à Betanzos et Ortigneira.
- Province d’Asturias. — Deux lignes, une d’Oviédo à Luarca, et l’autre d’Avilès à Gijon, toutes deux exploitées par ia « Compania Asturiana de Automoviles ».
- Province de Léon. — Une ligne de Palanquinos à Yalencia de Don Juan.
- Valladolid. — Trois services : Valladolid à Puebla de Sanalvia; Valladolid à Zamora, et Valladolid à Fuente Sanco.
- Ségovie. — Deux lignes : Ségovie à la Granja, et Ségovie à Valladolid et Arévalo.
- Guipuzcoa. — Une ligne de Zumaga à Zarauz.
- Logrono. — Service de Logrono à Soria y Burgo de Osma.
- Lérida. — De Lérida à Balaguer, Artesa y Pons.
- Terragone. — Deux lignes : Terragone à Reus y Valls.
- Barcelone. — Deux lignes : Ripoll à Puigcerda et Papiol à Rubi et Tarrasa.
- D’autres lignes existent, à Lugo, Tuy, Burgos, de Grenade à Motril, de Malaga à Nerja, et dans les provinces de Séville, Cadix, Huesca, Badajoz et aux iles Baléares.
- Notre confrère ajoute que, d’après un journal financier espagnol, les bénéfices réalisés par les compagnies exploitant ces diverses lignes varient entre 30 et 36 pour 100. Ce serait assez coquet.
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- L’administration des tramways électriques d’Ulm a l’intention d’élargir son exploitation par l’adjonction de lignes d’automobiles mues par accumulateurs. Comme le développement des lignes de tramways de la Société est actuellement entravé sur la région nord-ouest de la ville, elle a résolu, pour satisfaire les besoins de la population qui réclame des moyens de communication, de construire un service d’automobiles électriques qui, partant du terminus des différentes lignes de tramways, irradieraient vers les territoires non traversés.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Une maison allemande vient de mettre dans le commerce des clous en caoutchouc durci, assez solides pour être employés comme ceux en métal et présentant sur ceux-ci l’avantage d’être inattaquables aux agents chimiques, d’être mauvais conducteurs de l’électricité et de ne pas être soumis à l’influence magnétique. Ils peuvent être utilisés dans les automobiles pour tenir les conducteurs électriques qu’ils isolent quand même ils seraient dénudés.
- — M. J. Anderson de Manchester, dans la Revue générale de chimie pure el appliquée, montre com-
- ment on peut utiliser, en dehors d’autres formules usuelles analogues, les résidus de caoutchouc \ulca-nisé. On les pulvérise et on les mélange avec du sulfure de calcium et du goudron de naphte. Le mélange est chauffé en vase clos de 12 à 60 heures à une température à laquelle le sulfure de calcium se combine avec le soufre du caoutchouc, abandonnant ce dernier en solution. On distille sous pression réduite pour éliminer le plus possible du goudron. Le produit extrait est malaxé entre des cylindres chauds et traité par l’eau bouillante qui enlève le reste du goudron. On dissout ensuite le caoutchouc dans un de ses solvants ordinaires. On peut employer d’autres composés alcalins que le sulfure de calcium et d’autres solvants bouillant vers 150 degrés centigrades.
- — Au dernier Congrès des Sociétés savantes, la section de chimie et minéralogie, présidée par M. Troost, a entendu un rapport de M. Paul Sabatier sur certains phénomènes relatifs à la formation des pétroles. M. Paul Sabatier, professeur de chimie à l'Université de Toulouse, dans un travail poursuivi depuis l’année dernière avec M. Senderens, a trouvé que divers métaux réduits, fer, nickel cobalt, cuivre, réalisent très aisément à température basse la combinaison de l’acétylène et de l’hydrogène, et fournissent ainsi à côté de produits gazeux, des quantités importantes de liquides, qui sont, par leur odeur et par leur composition chimique, très analogues à certains pétroles naturels. Cette synthèse permet d’édifier une théorie qui n’est en réalité qu’une généralisation expérimentale de celle proposée en 1866 par M. Berthelet : dans les parties profondes du soi, il se trouve des métaux alcalins ou alcalino-ferreux (sodium, calcium), ainsi que leurs carbures; l’eau, arrivant au contact, dégage de l’hydrogène et de l'acétylène, dont le mélange rencontrant. des métaux communs, fer, nickel, cobalt, cuivre, donne lieu à une formation de pétroles.
- M. Paul Sabatier a exposé les principaux résultats qu’il a obtenus avec M. Senderens en faisant agir l’acétylène seul sur divers métaux. Le cuivre donne à 180 degrés un produit nouveau fort curieux, le cuprène, hydrocarbure solide très condensé, dont la consistance et l’aspect rappellent l'amadou. Avec le fer, le cobalt, le nickel réduits, l'auteur a pu éviter l’incandescence destructive immédiate observée par MM. Moissan et Moureu; on y arrive, soit en diluant l’acétylène dans l'azote, soit même en appliquant au début au courant très lent du gaz pur. Dans ces conditions, il se forme une certaine quantité d’hydrocarbures solides analogues au cuprène : l’élévation de température finit toujours par amener l’incandescence avec foisonnement charbonneux.
- — MM. Ernst et Philips ont fait breveter un procédé de purification de l’acétylène que résume le Moniteur du Dr Quesneville. 11 repose sur l’emploi d’un mélange de chlorure de chaux, de chlorure de calcium et de chaux hydratée dont l’ensemble constitue un corps poreux. Voici un exemple d’application de cette méthode : 1° 20 kilogrammes de chlorure de chaux sont transformés en pâte avec de l’eau, on ajoute une bouillie formée avec 5 kilogrammes de chaux et 5 kilogrammes de chlorure de calcium. On travaille la matière, on sèche dans le vide à 100 degrés centigrades environ ; on laisse sécher, on concasse en morceaux; 2° 50 kilogrammes de chlorure de chaux et 130 kilogrammes d’eau ; on transforme en bouillie, on ajoute 40 kilogrammes de carbonate de sodium, on additionne de 10 kilogrammes de chlorure de calcium et on sèche à 90 degrés dans le vide.
- Le Directeur-Gérant : YU1LLK.M0T.
- PARIS.— L. DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 42.
- Le Numéro : SO centimes
- 18 Octobre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Auguslins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 42.
- Les yachts automobiles, Albert Rodanet. — Les au--tomobiles agricoles, Raymond Périsse. — Un nouveau ballon dirigeable. — Echos. — La voiturette Aquila. — Le moteur du nouveau dirigeable de Santos-Dumont. —- Le camion électrique Scheele.
- — Le camiQn à vapeur White. — L’équilibrage des moteurs à pétrole à grande vitesse, G. Favron.
- — La construction des moteurs à pétrole, G. Paillet.
- — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Boite aux lettres. — Courrier industriel.
- LES YACHTS AUTOMOBILES
- Le charmant sport du yachting* reçoit un nouvel et sérieux appoint par l’application des principes du moteur à pétrole à la navigation. Ceux qui s’intéressent aux choses de l’eau voient avec un réel plaisir les efforts des constructeurs pour obtenir d’utiles résultats dans l’adaptation du moteur à pétrole aux yachts. Les avantages du pétrole dans la navigation sont multiples et bien connus des amateurs de ce sport : suppression du mécanicien dont la présence est une réelle gêne à bord des embarcations de faible tonnage, économie du combustible, facilité dans la manœuvre de la machine. Il ne reste plus qu’à corriger les trop fréquentes causes de panne, moins fâcheuses d’ailleurs dans le yachting que dans l’automobilisme sur route (on manœuvre si aisément avec des avirons un canot à pétrole) pour populariser la navigation à pétrole.
- Il nous a paru intéressant en présence du développement de ce mode de yachting de faire connaître à nos lecteurs les règles essentielles de la navigation fluviale à propulsion mécanique.
- Il n’existe sur la matière que le règle-
- ment de police, type applicable à toute la France et deux ordonnances; l’une du 30 avril 1893 concernant le ressort de la préfecture de police, l’autre du 20 août 1889 sur la Haute-Seine entre Montereau et Paris. Ces ordonnances ne sont que l’adaptation du règlement, type aux besoins de la région; les préfets des départements ont été invités à prendre des arrêtés sur les cours d’eau de leur territoire, mais à notre connaissance il n’en a pas été promulgué jusqu'à présent.
- L’art. 13 de l’ordonnance de 1893 décide que « les bateaux munis de propulseurs mécaniques autres que les appareils à vapeur seront assimilés aux bateaux à vapeur.
- « Toute demande de permis de navigation devra être accompagnée d’une description détaillée de l’appareil moteur, avec les dessins nécessaires à l’appui. »
- C’est dire que le propriétaire d’un bateau à pétrole doit demander au préfet du département où se trouve le port d’attache le permis spécial de navigation, exigé par le décret du 9 avril 1883, concernant la navigation fluviale à vapeur. Le propriétaire doit faire connaître le nom du bateau, ses principales dimensions, son tirant d’eau à vide et à charge complète, le nom du vendeur du moteur, la pression effective du moteur, la puissance des machines, le nombre des passagers qui peuvent être admis à bord.
- S’il s’agit d’un yacht, le propriétaire doit faire connaître la qualité de bateau de plaisance qui lui assure des droits spéciaux.
- Le yacht est visité par la commission de surveillance, qui s’assure si les prescriptions légales ont été observées; le préfet délivre le permis sur le vu du procès-verbal de visite.
- La demande de permis doit être renouvelée en cas de changement ou de modifications importantes du moteur.
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- Si le propriétaire fait conduire son yacht par un mécanicien, il n’est pas tenu d’engager un ouvrier ayant obtenu le certificat de capacité, mais il doit lui faire subir un examen devant la commission de surveillance des bateaux à vapeur, qui est juge de ses capacités. Le yachtman qui conduit lui-même son bateau est tenu de passer lui-même cet examen devant la commission.
- Albert Rodanet,
- Docteur en droit,
- Avocat à la Cour de Paris.
- LES AUTOMOBILES AGRICOLES
- Parmi les nouveautés automobiles de l’Exposition, il en est une qui attire la curiosité des visiteurs de la section française des machines agricoles. Il s’agit d’une application utilitaire au premier chef de l’automobilisme. C’est, en effet, une voiture automobile à pétrole qui, outre les usages ordinaires de toute automobile, est construite de telle façon qu’elle peut, grâce à un dispositif spécial, circuler dans les champs et y servir de tracteur à des charrues, des herses, des faucheuses ou moissonneuses ; à tout instrument de culture, en un mot. C’est là un moyen facile et commode de faire de la culture mécanique, de la culture rapide et intensive, à la portée de toutes les moyennes et grandes exploitations rurales. Inutile d’insister sur les autres applications économiques de l’instrument qui, ramené à la ferme ou au château, peut servir de loco-mobile, c’est-à-dire fournir de la force motrice et actionner des batteuses, des pompes, des dynamos, etc. On a donc ainsi à la fois une automobile pour la promenade ou les courses et une véritable machine d’utilité comptant dans le capital productif de l’exploitation.
- Le modèle de voiture exposé à la classe 35 par la Société des tracteurs agricoles est un type à moteur à quatre temps de 8 chevaux effectifs, à deux cylindres, et circulation d’eau avec régulateur. La transmission de mouvement permet trois vitesses : deux vitesses de travail de 1 km 9 et 3 km 2 à l’heure et une vitesse de route qui permet de transporter quatre Voyageurs à environ 10 kilomètres à l’heure. Le mouvement est donné à Pes-sieu moteur d’arrière par une grosse chaîne
- unique actionnant un pignon de grand diamètre placé dans l'axe du véhicule. Celui-ci, en ordre de marche, pèse environ 1200 kilogs.
- Pour le travail des champs, les roues motrices sont munies de crampons ou griffes de prise qui assurent l’adhérence ; les roues d’avant, dont la voie est plus large que celle des roues d’arrière, sont garnies de jantes larges amovibles qu’on ajoute pour le travail des champs pour éviter renfoncement dans les sols meubles.
- Les constructeurs annoncent que cette machine peut remorquer dans les champs quatre à six corps de charrue selon la profondeur du travail et traîner sur route une charge d’environ 2 tonnes.
- . Nous tiendrons les lecteurs de la Locomotion automobile au courant des essais qui seront faits pendant les travaux agricoles du prochain hiver.
- R. Périsse, Ingénieur agronome.
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- Un nouveau ballon dirigeable.
- Décidément le problème de la direction des ballons commence à passionner les inventeurs et les constructeurs, si bien que Santos-Dumont fera bien de se dépêcher de décrocher le prix Henry Deutsch. Sans cela il trouvera la route aérienne Longchamp-Tour-Eiffel et retour tellement encombrée par ses concurrents que la circulation y deviendra fort difficile.
- Pour le moment on annonce qu’un nouveau venu, M. Roze, vient de construire un nouvel aérostat à Colombes, dans un vaste hangar. Ce ballon, qui aura la forme d’un cigare, a ses membrures en aluminium; il cube 1,500 mètres, est gonflé au gaz hydrogène et peut transporter huit personnes. Sa nacelle comporte un salon et un promenoir. Un moteur à pétrole de 20 chevaux l’actionne, et, d’après son inventeur, il pourra marcher aune vitesse de 50 kilomètres à l’heure. M. Roze compte être prêt dans un mois.
- Evidemment le salon ne doit pas être bien grand, et le promenoir non plus, mais ce souci du confortable des aéronautes est très louable de la part de M. Roze. Santos-Dumont se contente, pour son usage personnel, d’une selle de bicyclette. Evidemment c’est un peu insuffisant, surtout à quelques centaines de mètres de hauteur, et le salon aérien doit être bien préférable.
- L’essentiel est que M. Henri Deutsch ait le plaisir de verser bientôt ses 100,000 francs à Santos-Dumont, à M. Roze ou à quelque autre.
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- ÉCHOS
- Nos lecteurs auront lu avec intérêt l’article d’Albert Rodanet, placé en tête de ce. numéro. Notre éminent collaborateur, qui prépare en ce moment un ouvrage sur le yachting, a l’intention de nous donner une série d’études sur ce sujet.
- * *
- Scrutin de ballottage, mercredi dernier, à l’Automobile-Club de France : cinq candidats.
- On a discuté, à cette séauce du Comité le programme des concours de 1901, une proposition de M. F. M. Richard, relative aux récompenses à accorder aux mécaniciens et une proposition relative au journal VAuto-Vélo qu’une circulaire du Conseil d’administration a recommandé àux membres du cercle qui le reçoivent tous gratuitement.
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- La Compagnie des Automobiles et Cycles Hurtu vient de porter son capital à 1,700,000 fr.
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- L’Automobile-Club de Nice songe sérieusement à créer un cours pratique de conduite des automobiles réservé aux jeunes mécaniciens originaires du département des Alpes-Maritimes.
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- Dans sa dernière séapçe le bureau de l’Auto-mobile-Club de Nice a nommé membres de sa commission sportive MM. Bartol, Brunetta d’Us-seaux, de Bary, colonel de Linsky, de Nottbeck, Escoffier Deodato, Jellineck P., Lacour René, Laumaillé, Letainturier Jules, Robert Lebaudy, docteur Pilatte, Pinson, Arthur de Rothschild, Henri de Rothschild, Santos-Dumont, Ziégler de Loës.
- Les commissaires des courses seront, l’année prochaine, les mêmes que cette année.
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- + *
- La municipalité de Nice, sur la demande de M. Honoré Sauvau, maire, a renouvelé, pour l’an prochain, à l’Automobile-Club de Nice sa subvention de 5000 francs.
- ¥ *
- La villa de l’Automobile-Club de Nice va subir plusieurs heureuses transformations dans le vestibule et la salle de lecture. On installe actuellement l’éclairage électrique.
- Cinq prises de charge pour voitures seront établies également dans l’intérieur du garage qui va recevoir bientôt les voitures électriques de MM. de Notbeck, Gliauchard, De Laire, Brunetta d’Usseaux et Santos-Dumont. Ces voi-
- tures fourniront une série intéressante dans les prochaines courses.
- * *
- M. L. Bonneville, 52, boulevard Carnot, à Toulouse, fondateur en 1895 et propriétaire de la Société générale automobile, 4, rue Castellane, a l’honneur d’informer les intéressés qu’il n’a rien de commun avec la Société générale des cycles et automobiles (1899), 24, boulevard Carnot, actuellement en liquidation.
- * *
- L’Automobile-Club bordelais a organisé, le 7 octobre, une promenade automobile sur le parcours Bordeaux-Arcachon et retour.
- Y ont pris part MM. Creuzan, Marly, Hivert, Walton, Bijon, Jiel-Laval, Barbereau, Legendre, Laffargue, Blanchard, Garceau, Iguzquiza, Farge, Sartré, etc. De nombreuses dames les accompagnaient. Après un déjeuner fort gai et une visite à Monteau, les excursionistes sont revenus enchantés de leur journée malgré le mauvais état de la route.
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- M. Vincenzo Fraschini, de la maison connue en Italie et à l’étranger Fraschini et Isotta, accompagné de son père, vient d’accomplir dans d’excellentes conditions le parcours Milan-Mon-tevecchia sur une voiturette Renault. Partis à 9 h. 40, ils arrivaient à 11 heures.
- *
- -* *
- Notre correspondant de Milan nous écrit que, de retour dans cette ville, il a vainement cherché les fiacres automobiles électriques dont la ville devait être pourvue à bref délai. Voilà pourtant dix mois qu’on en parle.
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- Le comité de l’Automobile-Club de Hollande a prié ses membres de s’offrir en toute occasion pour piloter dans leurs autos les hauts fonctionnaires du royaume qu’il importe d’initier à la locomotion nouvelle.
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- * *
- Le secrétariat de l’Association des propriétaires d’automobiles de Saxe est situé Canalettostrasse 13, à Dresde. Les locaux du Club constamment ouverts se trouvent au jardin zoologique Thier-gartenstrasse, réunissant garage, magasin de benzine et station de charge des accumulateurs. Dans son assemblée du mois dernier, l'associa* tion a élu des commissions pour les villes de Chennitz, Bautzen, Leipzig et Zwickau, qui ont pour objet de reserrer les liens fédératifs.
- * *
- Un grand nombre de candidats aux dernières élections anglaises avaient eu soin de se mettre on rel^tinn avec l’Automobile-Club de la Grande-
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- Bretagne pour connaître les noms des chauffeurs consentant à les aider dans leur campagne en mettant leurs véhicules à leur disposition.
- * ¥
- 11 existe déjà en Angleterre au moins deux véritables écoles pour la conduite des automobiles.
- L’Automobile-Club de la Grande-Bretagne a ouvert une liste de souscription, en faveur à la fois des conducteurs d’omnibus ou de voitures ordinaires, qui voient les automobiles leur faire concurrence, et des policemen, dont le travail est considérablement augmenté durant les courses et concours.
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- Tout dernièrement, M. Jarrott a promené en automobile un mécanicien d’une des grandes compagnies de chemins de fer de Grande-Bretagne, et notre homme a été charmé de se sentir emporté à cette vitesse sans avoir la préoccupation constante de surveiller les signaux qui peuvent vous arrêter brusquement, sans non plus se sentir conduit dans une direction invariable par le rail continu.
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- On va mettre en service une automobile postale dans l’Etat de New-York, entre Ontura Park et Tannersville.
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- La ville de Newport, dans l’Etat de Rhode-Stland, possède maintenant une nouvelle ordonnance limitant la vitesse des automobiles à 6 milles dans les quartiers des affaires et à 10 milles ailleurs.
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- Il vient de se fonder, à New-York, une compagnie dite « de Dion-Bouton-Motorette Company » dont nous n’avons pas besoin d’expliquer le but.
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- M. F. R. Simms vient d’entrer en possession de l’automobile de guerre qu’il a fait construire par la Compagnie Daimler; il la fait actuellement munir de sa cuirasse et de ses mitrailleuses par la maison Yickers.
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- Le Conseil de la ville de Middletown, dans l’Etat de Rhode-Stland, vient de prendre une ordonnance limitant à 10 milles la vitesse des automobiles.
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- Avis aux fabricants qui ne craignent pas de passer sous les Fourches Caudines de la Douane américaine. Un certain M. Ellis First, de Clare-mont (dans l’Etat de New Haven-110 Pleasant Street), demande l’adresse de fabricants produi-
- sant des voitures à essence pouvant transporter une douzaine de personnes.
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- Une procession monstre d’automobiles a eu lieu récemment à New-York à l’occasion de la réunion des délégués des associations de constructions électriques.
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- Le corps de police de Hartford, dans le Connecticut, va acheter une voiture automobile pour ses patrouilles.
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- Les habitants de New-Port, dans l’état de Rhode Island, et les nombreux résidents qui s'y installent durant la saison d’été, sont effrayés de la vitesse exagérée que prennent ou qu’ils attribuent à certains chauffeurs, et ils font un vaste pétitionnement pour imposer non seulement la restriction de la vitesse, mais encore le permis de circuler.
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- Une maison du centre de Java commence de se livrer à l’importation des automobiles en même temps que des cycles, et aurait môme l’intention de pratiquer également la fabrication.
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- Le chef du service des incendies de la ville de Pittsburg vient de commander une pompe à incendie automobile qui ne coûtera pas moins de 46,000 francs.
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- Un journal de Philadelphie offre en prime une automobile pour un concours de jeux d’esprit.
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- Un Club de yachting américain, le Eastern Yacht-Club de Massachusetts, vient de faire construire un garage pour les automobiles de ses membres.
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- La fabrique bien connue de la Lancashire Steam Motor Co, de Leyland, vient d’introduire une modification assez importante dans ses véhicules : elle chauffe maintenant ses chaudières au coke, au lieu de recourir au combustible liquide.
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- Certains cyclistes non seulement se font couper le vent par les automobiles qui les précèdent, mais encore se tiennent si près qu’ils peuvent surprendre les conversations des personnes qui se trouvent dans la voiture. La chose est souvent fort désagréable pouf les chauffeurs, et un journal américain recommande divers moyens originaux pour se débarrasser de ces suiveurs gênants. On pourrait, par exemple, dit-il, installer à l’arrière un tuyau d’échappement spécial, ou encore un
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- petit appareil servant à projeter du poivre ou du gros sel avec une violence suffisante.
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- L’autre jour, à Orange, dans le New-Jersey, une automobile a été employée à poursuivre un cheval emporté et attelé, du reste, aune voiture : on rattrapa le fier coursier au bout de 800 mètres.
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- Le journal le World de New-York vient de se procurer une automobile pour le transport des numéros dans New-York même et la banlieue : le succès a répondu à son espoir, il va supprimer les voitures à chevaux.
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- Il paraît que l’Automobile-CIub de l’Université de Columbia a élu comme membre M. Masury, parce que, depuis seulement deux semaines qu’il possédait une automobile, il avait pris part à quatre accidents et avait été arrêté deux fois pour excès de vitesse.
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- Une fabrique d'automobiles va se fonder en Amérique qui émettra ses actions par groupe de dix indivisibleinent, mais qui donnera à chaque souscripteur une sorte de ticket portant un numéro, et qui lui permettra de recevoir gratuitement une automobile construite dans les ateliers, quand la voiture portant le même numéro aura été parachevée.
- 4 4
- On dit toujours que le grand défaut des automobiles électriques est de ne pouvoir franchir des distances un peu considérables sans renouveler le chargement de leurs accumulateurs : il semble que de plus en plus on en arrive à une époque où pareil reproche n’aura plus de raison d’ètre, et en voici une nouvelle preuve sous la forme d’un parcours réellement important qui a été accompli par une des voitures la « Electric Yehicle Company ». Elle a effectué avec une seule charge de ses batteries, la route de Boston à New-York, ce qui représente une distance de 72 1/2 milles, autrement dit un peu plus de 115 kilomètres. Le temps total employé a été de cinq heures dix-huit minutes, mais nous devons noter qu’il ne s’agissait nullement d’une voiture faite pour donner des vitesses considérables.
- 4 4
- Depuis qu’il a acheté en France une automobile dont il est enthousiasmé, M. Vanderbilt, se livre à des courses vertigineuses dont nous avons dit un mot l’autre jour, et qui l’ont môme fait arrêter tout dernièrement. Il vient d’accomplir un record qui rend jaloux les autres chauffeurs américains : en deux heures et quarante-sept minutes, il s’ést rendu de Belvoir, sa résidence
- d’été, à Boston, ce qui représente une distance de 75 milles. C’est à peu près aussi vite que le chemin de fer qui réunit les deux villes, et le record précédemment établi sur cette même route n’était pas de moins de quatre heures cinq minutes, ce qui suppose une allure assez tranquille.
- 4 4
- Le Journal de la ville de Providence, aux Etats-Unis, est en trâin, lui aussi, comme tant d’autres, d’essayer une automobile pour porter ses numéros à ses marchands de la ville et des faubourgs.
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- Le conseil municipal de la ville d’Urbana, dans l’Etat d’Ohio se prépare à voter un règlement limitant à 4 milles à l’heure la vitesse des automobiles, et leur imposant une sonnette oxi un gong qu’il faudra sonner au moins 15 mètres avant tout croisement.
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- Nous avons décrit dernièrement la voiturette Lawson à roue d’avant motrice. Le même constructeur vient de fabriquer une voiture de course sur le même principe, mais ayant les roues de devant toutes deux motrices. Elles travaillent indépendamment et donnent ensemble une puissance de 5 chevaux.
- Le directeur de la Sûreté publique de Pittsburg vient de commander une automobile électrique pour le service d’incendie. Cette voiture portera une pompe, des tuyaux, un réservoir d’eau, une échelle de sauvetage et une provision d’extincteurs pour les feux sans importance.
- 4 4
- L’association de défense des constructeurs d’automobiles aux Etats-Unis contre les prétentions émises par les détenteurs du brevet Selden, est définitivement formée et la campagne va commencer. Elle se nomme dorénavant lTIydro-carbon Motor- VehicleManufacturer Association.
- 4 4
- Il vient de se fonder à Akron, aux États-Unis, une société de construction d’automobiles, qui a exclusivement pour objet de fabriquer des voitures pour le service de la police et pour le transport du matériel d’incendie.
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- On prépare en ce moment la formation d’un Automobile-Club dans le comté de YVestchester, tout près de New-York. Son but principal est de créer des stations de ravitaillement le long des quelques bonnes routes fréquentées dans la région par les chauffeurs.
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- LA VOITURETTE « AQUILA »
- 11 s’agit d’une voiture légère qui a été imaginée par les frères Maiocehi de Milan pour répondre tout spécialement aux besoins des voyageurs de commerce, des médecins, et de tous ceux qui ont à se transporter fréquemment et à bon marché. La voiturette « Aquila » est à trois roues : c’est presque un tricycle. Nous en donnons une photographie, d’après notre confrère italien Y Automobile.
- La roue unique de devant joue à la fois le rôle de directrice et de motrice. Au reste, à cette roue
- motrice, on peut appliquer suivant son désir et l’effort qu’on veut demander au véhicule, soit un soit deux moteurs à quatre temps de la force de 1 cheval 1/2 chacun et on obtient ainsi respectivement une vitesse maxima de 20 ou de 30 kilomètres à l’heure. En réalité le mécanisme de ce moteur est assez peu différent de celui du moteur de Dion et Bouton, le cylindre est vertical, la bielle est enfermée dans un carter, ce sont des ailettes qui assurent le refroidissement. Le carburateur est du type Longuemare et l’inflamma-<tion est électrique.
- On voit que la roue motrice avant forme un de ces avant-trains moteurs dont nous avons eu -occasion de parler à plusieurs reprises ces temps
- La voiturette « Aquila .».
- derniers : elle comporte avec elle non seulement le moteur proprement dit mais le carburateur, l’appareil d’avance à l’allumage, le trembleur, une batterie de quatre piles, le pot d’échappement, le réservoir d’essence, le frein, et on peut munir de cet avant-train tout véhicule possédant deux roues arrière. On nous assure que la voiturette « Aquila » dans son ensemble présente à la fois grande légèreté et grande solidité.
- Daniel Bellet.
- LE MOTEUR BUCHET
- DU NOUVEAU DIRIGEABLE DE SANTOS-DUMIINT
- Au moment où tous ceux qui s’intéressent à l’aéronautique, — et ils sont nombreux, — portent toute leur attention sur les expériences de Santos-Dumont, il n’est pas inutile de leur faire
- connaître le nouveau moteur qui vient d’être construit par la maison Buchet pour donner à son dirigeable une vitesse de 20 kilomètres à l’heure.
- Santos-Dumont, en même temps qu’il faisait allonger son ballon, a remplacé son moteur de 8 chevaux, pesant 52 kilogrammes, par un moteur de 16 chevaux qui, tout compris, ne pèse que 92 kilogrammes. Ainsi donc, avec une augmentation de force ascensionnelle d’environ 100 kilogrammes, il n’augmente le poids de son moteur que de 40 kilogrammes, ce qui augmente de 60 kilogrammes le poids du lest disponible.
- Ce moteur est dû à M. Buchet, le constructeur bien connu.
- Le moteur, construit comme tous les moteurs de inotocycles et de voiturettes sortis de la même maison, comprend quatre cylindres à refroidissement par ailettes, monté sur un bâti en aluminium qui renferme les volants, les paliers des axes et les engrenages de distribution. Il y a huit volants, reliés par des axes en acier cémenté tournant dans des portées en bronze phosplio-
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- veux, d’une longneur calculée, pour n’avoir à craindre aucun porte-à-faux, aucun grippage. L’échappement est commandé, pour chaque paire de cylindres, par une came double, d’une seule pièce, absolument indéréglable. Grâce à ce système, breveté en mars 1900, on a pu, par l’emploi de deux cames semblables, commander les quatre cylindres avec la certitude absolue de produire pour chacun d’eux l’échappement à l’instant mathématiquement précis où il doit avoirlieu. D’autre part, l’application delà culasse
- Buchet, déjà décrite dans notre revue, a permis d’obtenir le maximum de rendement compatible avec les dimensions des cylindres (85 millimètres d’alésage et 80 millimètres de course), en même temps qu’elle rendait possible la construction du moteur avec le minimum d’encombrement, et par conséquent de poids.
- L’allumage, basé sur le principe de l’allumage des moteurs de motocycles, a été ingénieusement combiné, de façon à assurer l’explosion dans les quatre cylindres à des intervalles rigoureusement
- Le moteur du nouveau dirigeable de Santos-Dumoni.
- égaux, de sorte qu’on peut faire varier l’avance à l’allumage de quantités mathématiquement égales pour les quatre cylindres. Notons en passant que la commande de l’échappement par une came double indéréglable pouvait seule permettre un synchronisme aussi parfait.
- Les cylindres sont placés sur le bâti à la fde les uns des autres; les explosions se produisent dans l’ordre 1, 3, 2, 4, de telle sorte que le moteur est à très peu de chose près équilibré; d’ailleurs, la régularité de sa marche prouve le soin et l’habileté qui ont présidé à sa construction; aucun délail n’y a ôté laissé au hasard.
- Gomme dans tous les moteurs de ce genre, le graissage est assuré par le barbotage des volants dans le carter; l’huile est projetée dans le cylindre, sur les bielles, axes, etc., et assure un graissage parfait.
- Quatre cylindres, avec leurs culasses, quatre pistons, quatre bielles, huit volants, un seul bâti ; ajoutez à cela les quelques organes accessoires, axes, clapets, cames, tiges de commande : voilà donc tout ce dont se compose ce moteur de 16 chevaux, d’une légèreté inconnue jusqu’alors, qui arrive à ne peser que 92 kilog., moins de 5 kilog. 500 par cheval; ce moteur n’a pas été construit spécialement, n’est composé que des pièces qui servent couramment à la construction des moteurs de motocycles. On peut donc espérer donner bientôt le cheval-vapeur à 3 kg. 500 pour des forces de 35 à 50 chevaux.
- M. Buchet a, du reste, récemment livré à des constructeurs de voitures un moteur de 24 chevaux à ailettes qui ne pèse que 108 kilog. et qui, croyons-nous, ne tardera pas à faire parler de lui,
- On voit que l’industrie française tient toujours
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- la tête du progrès automobile; bientôt, sans doute, elle aura à ajouter un premier succès aérien à tant d’autres lauriers cueillis sur les routes dt la France et de l’étranger.
- LE CAMION ÉLECTRIQUE SCHEELE
- La fabrique Henricli Scheele, de Cologne, vient de terminer et de mettre en circulation un camion automobile de poids lourd qui a cette particularité rare d’être mû électriquement.
- Nous en donnons une gravure qui fournit déjà
- une idée assez nette de ses proportions. Il est fait pour porter une charge de 5 tonnes à une vitesse de 4 à 5 milles à l’heure, et il ne se refuse point à monter des rampes de 8 à 9 0/0. Il est mû par deux moteurs électriques de G chevaux et à commande directe, qui actionnent chacun une dos roues arrière. L’énergie électrique est fournie par une batterie de 44 accumulateurs, et on affirme que la charge de cette batterie peut réussir à faire effectuer au camion chargé un parcours de 20 à 25 milles. Le contrôleur-manipulateur est disposé de manière à pouvoir imprimer deux vitesses de. marche en avant et aussi assurer la marche en arrière à une vitesse unique, il commande également le fonctionnement du frein. On nous dit que certains
- Le camion électrique Scheele.
- camions de ce type sont déjà employés dans des établissements industriels, qui en seraient tout à fait satisfaits et y trouveraient même une économie.
- LE CAMION A VAPEUR WHITE
- Nous n’avons pas souvent l’occasion d’étudier un camion automobile sortant d’ateliers américains. C’est pourquoi nous attirerons tout particulièrement l’attention du lecteur sur celui-ci, qui présente bien des dispositions originales et dont l’installation générale surtout diffère totalement des errements suivis par nos constructeurs, à commencer d’abord par cette espèce de cabine qui est disposée à l’avant et qui fournit un excellent abri au mécanicien conducteur et aussi au moteur.
- Ce véhicule, qui peut porter de 1800 à 2600 kilogrammes au moins, sort des ateliers dits Paul White Engineering Works. Il est fait pour marcher à une vitesse normale de 5 milles à l’heure. Le châssis de la voiture est fait
- d’acier cornière ou en U, et les roues qui sont en acier et avec un diamètre de lm,01, sont munies de bandages en acier. La chaudière est simplement du type marine (ce qui ne donnera peut-être pas de bien bons résultats) elle est chauffée au coke, le niveau d’eau dudit générateur est maintenu automatiquement et il est seulement nécessaire de maintenir l’approvisionnement d’eau dans le réservoir, ce qui est assuré au moyen d’un injecteur. La caisse que l’on voit en avant de la cabine est celle qui contient le combustible. Le moteur et les engrenages de commande sont placés sous le plancher, le moteur est à simple action, mais compound, et il est muni, soit de trois, soit de quatre cylindres. Bien entendu, les. manivelles sont enfermées dans un bain d’huile, comme cela se pratique presque constamment. Bien que la machine soit compound, on peut la faire travailler avec de la vapeur à haute pression dans tous les cylindres, et, en fait, c’est ainsi qu’on la met en marche, la manœuvre de la soupape de compouudage ne pouvant meme être manœuvrée que quand l’engin est en mouvement. La mise en marche et la commande du moteur se fait par un levier de contrôle qui, 'dans sa position centrale, coupe
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- la vapeur aux cylindres. C’est par conséquent la position de repos, si on le pousse en avant, il assure le drainage des cylindres, et, par suite, il admet la vapeur, l’admission étant du reste proportionnelle à son déplacement même. Pour faire reculer le véhicule, on repousse le levier en arrière, ce qui assure le drainage des cylindres pour une convenable admission de la vapeur, et en même temps commande automatiquement l’embrayage de renversement. En outre dé l’em-
- brayage pour les vitesses ordinaires, le camion dont il s’agit est doté d’un embrayage pour la montée des côtes, qui assure la démultiplication dans la proportion de 1 à 3. Comme on le voit, la force du moteur est transmise par des chaînes aux roues arrière, chaînes qui relient naturellement ces roues au différentiel.
- Nous terminerons en disant que la conduite de ce véhicule n’est pas malaisée, le conducteur peut sans difficulté pourvoir à l'alimentation de
- Le camion à vapeur Wltite.
- la chaudière. Les dimensions du camion en question sont de 5m,20 sur 2m,02. Sa hauteur est assez considérable au-dessus du sol, 2m,75.
- L'Equilibrage les moteurs a pétrole
- A GRANDE VITESSE (Suite) (1).
- 2° Forces d’inertie.
- Considérons le moteur à un seul piston (fig. 13) tournant dans le sens de la flèche. Lorsque la manivelle est dans les positions oai oa3 correspondant aux points morts, la vitesse du piston est
- R) Voir les numéros précédente
- nulle. Dans les positions oa2, oa^, la vitesse du piston est égale à la vitesse tangentielle V = m R du centre de la manivelle.
- Par conséquent, le mouvement du piston'est
- accéléré pendant les quarts de cercle a,a2 et a3a4 et retardé pendant les quarts a2a3. a^a^. La vitesse des différents points de la bièlle varie également, la variation étant d’autant plus grande que les
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- points considérés sont plus rapprochés du piston. Par suite, il se développe sur le piston et la bielle des forces dites d’inertie, qui sont les réactions des forces nécessaires à produire les accélérations positives ou négatives des masses en mouvement. Ces forces sont proportionnelles aux produits des masses par leurs accélérations.
- En se reportant à la figure 13, si E1 est la force nécessaire à accélérer le mouvement du piston p, cette force produit une réaction F2 qui se transmet par l’intermédiaire de la bielle à l’arbre, et, par suite, à l’ensemble rigide formé par le bâti et le moteur et qui tend à déplacer cet ensemble vers la gauche.
- Pendant le quart de tour a2a3, au contraire, le mouvement du piston étant retardé, cette réaction est dirigée en sens inverse et tend à déplacer le moteur vers la droite. La réaction est dirigée vers la droite pendant le quart de tour a3a;,, et vers la gauche pendant le quart aAa{ ; c’est-à-dire que, sous l’influence des forces d’inertie, le mo-
- teur tend à se déplacer vers la gauche pendant le demi-tour a^a^ao, et vers la droite pendant le demi-tour a2a3a/f.
- Le mouvement du piston étant rectiligne, il est très facile de déterminer la force d’inertie due à cet organe. Il n’en est pas ainsi pour la bielle, chacun de ces points décrivant une courbe avec une vitesse et une accélération différentes en grandeur et en direction. On peut cependant, par des calculs assez longs, déterminer la résultante des forces provenant de la bielle. Dans la pratique, on se contente de considérer la masse des deux tiers de la longueur de la bielle à partir du pied reportée sur l’axe du piston en se déplaçant comme celui-ci.
- Evaluons pratiquement la valeur de l’inertie en fonction des masses du piston et des deux tiers de la bielle, pour une vitesse angulaire, un rayon de manivelle, une bielle donnés, dans une position quelconque.
- Soient (fig. 14 et 15) :
- Fig. i5.
- M_L
- r, rayon de la manivelle;
- L, longueur de la bielle ; w, vitesse angulaire du moteur ; a, l’angle formé par la manivelle et la ligne des points morts.
- 1° Si l’on néglige l’obliquité de la bielle, la vitesse du piston sera
- La force est minimum en valeur absolue et égale à 0 pour
- 71 , 077
- a = -eta= y c’est-à-dire aux points e et f.
- = Y sin a = wr sin a = wr sin wt, son accélération :
- j - - = w‘r cos a,
- la force d’inertie :
- E = Mj = Mve2r cos a.
- Exemple numérique. Poids du piston et des deux tiers de la
- bielle....................................... 31<s
- Nombre de tours par minute. . . . 720
- Vitesse angulaire............................ 75m
- Rayon de manivelle..........................0m,090
- Force d’inertie maximum.....................154k&,8
- Elle sera maximum et minimum pour les valeurs de a annulant sa dérivée, c’est-à-dire pour
- dF ,, . .
- — = — Mwr sm a => 0. a a
- 2° En tenant compte de l’obliquité de la bielle, on a (fig. 15) :
- cb
- V, =• wr —. 1 ca
- Les maximums ont lieu pour a = 0 et a = tï et on a, en valeur absolue,
- Em«w = Mwa r
- En exprimant cb et ca en fonction du rayon r, de la longueur de la bielle L et de l’angle a, il vient, après simplification :
- V| = wr sin a ^1 +
- r cos a
- y/L‘J — r2 sm2 a
- 77/ ’
- aux points c et d,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- en dérivant Y, par rapport à t, on obtient pour valeur de l’accélération :
- d\ t ç,
- J •= -t— = wir cos a dt
- / L2 cos2 a . \
- l/La — î**sin»aV-<3 — T*3 smJa . )
- Le maximum a encore lieu pour a = 0 et a = t, et on a :
- Y = Mj = Mw*r(\ + Q.
- Pour les données numériques de l’exemple précédent, la force d’inertie maximum est :
- F = 188 ks.
- On voit par ces exemples numériques que les forces d’inertie sont considérables; suivant qu’elles
- sont dirigées dans un sens ou dans l’autre, elles s’ajoutent ou se retranchent à l’effort moteur transmis par le piston à la manivelle. Il en résulte que le diagramme réel des efforts sur la manivelle est très différent du diagramme des pressions dans le cylindre. Pendant la première moitié de la course correspondant à une explosion, une partie seulement de l’effort des gaz sur le piston est transmise à la manivelle, l’autre partie étant employée à accélérer le mouvement du piston et de la bielle. Pendant la deuxième moitié de la course, au contraire, l’effort sur la manivelle est égal à la somme de l’effort des gaz et de la force d’inertie.
- Si abcd (fig. 16) est un diagramme des pressions sur le piston, ef le diagramme des forces d’inertie, le diagramme des efforts sur la manivelle sera a{b^c{d{.
- Si on développe (fig. 17) les diagrammes de la figure 16 en portant au-dessus de la ligne XX^,
- li M
- les efforts tendant à produire la rotation de la manivelle dans le sens de la marche du moteur, et au-dessous les efforts agissant en sens contraire, c’est-à-dire s’opposant à la marche, la courbe M sera le diagramme des efforts apparents et la courbe M,, celui des efforts réels. A l'inspection de cette dernière, on voit que la bielle travaille à la compression de b à c et de d à a, et à la traction de a à b et de c à d. Il se produit donc des changements de portage pour les coussinets de la bielle, aux points a, b, c et d.
- Je n’insisterai pas davantage sur l’influence des forces d’inertie sur le travail des moteurs, afin de ne pas sortir du sujet de cette note. Cette question, d’ailleurs, a été traitée d’une façon complète dans plusieurs ouvrages, entre autres dans le Traité des Machines marines, deM. Bienaymé.
- (A suivre).
- La Construction des moteurs à pétrole
- (Suite) (1).
- Avant de terminer ce qui a rapport à la culasse, il nous reste un mot à dire sur les clapets, leurs ressorts et la bougie.
- On peut se faire une idée de la puissance destructive des vibrations en voyant la facilité avec laquelle, au bout de quelques semaines de marche, cassent les clapets d’échappement. La rupture se produit toujours près de la tête, un peu au-dessus de l’endroit où les gaz brûlés viennent frapper la tige du clapet au moment de l’échappement. Telle tige qui résistait à un effort de traction de plus de 4000 kilogrammes au moment de sa mise en place, se rompt subitement sous la seule
- C. Favron.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- action du ressort dont la session est à peine de 5 à 6 kilogrammes.
- La cassure est parfaitement nette, occupe la section complète de la tige; il n’y a pas, comme cela se produit souvent dans d’autres cas, une crique ou une fente qui s’étende et finisse par amener la rupture. L’accident se produit d’un seul coup, ce qui indique qu’au moment où il se produit, la résistance du métal à la traction avait diminué dans des proportions invraisemblables, sans que pour cela l’allongement ait varié de façon sensible, puisqu’au point de rupture on ne remarque pas d’allongement de striction.
- On est amené à conclure que ces modifications profondes dans les propriétés physiques du métal sont dues aux vibrations et aux chocs qui se produisent chaque fois que le clapet se soulève et retombe sur son siège sous l’action de son ressort. On pourrait supposer que la cause principale est la température, mais c’est bien difficile à admettre, car au moment de la rupture, la température dans la majorité des cas n’atteint même pas le rouge sombre, et ce qui le prouve, c’est : 1° l’absence de striction, qui se produirait inévitablement si le métal subissait un commencement de ramollissement dû à la chaleur; 2° chaque fois que nous avons vu un clapet rompu de cette façon, la cassure était blanche et brillante. Or, il est évident que si elle s’était produite au rouge, le métal, aussitôt mis à nu, se serait oxydé et présenterait une teinte noire ou tout au moins bleue foncée. Le fait vient donc bien des vibrations et des chocs, et pour éviter cet accident, l’un des plus désagréables qui puissent se produire dans un moteur, le mieux est de diminuer la brutalité du ressort d’échappement.
- Aussi avons-nous vu souvent des moteurs où le ressort unique et puissant agissant par compression était remplacé par deux petits ressorts plus doux et travaillant à l’extension, conserver beaucoup plus longtemps leurs clapets. La retombée de la soupape sur son siège était plus moelleuse et ménageait le métal.
- L’emploi des clapets à tête rapportée est à rejeter complètement. Si bien rivée ou vissée que soit cette tête elle finit toujours par s’ébranler; et l’on ne peut employer rationnellement qu’un clapet d’une seule pièce en acier mi-dur soigneusement forgé, ou encore, ce qui donne d’excellents résultats, en acier au nickel, au titre de 15 à 30 ou 35 pour 100 de nickel : La difficulté de fabrication occasionnée par la dureté de ce métal est largement compensée par la durée et la solidité des clapets ainsi construits.
- Pour le clapet d’aspiration, une condition s’impose, la légèreté. En effet, nous avons vu qu’une des difficultés de son bon fonctionnement était d’annuler subitement la force vive qu’il acquiert pendant l’aspiration, afin qu’il puisse se refermer au moment précis où le piston arrive à fond de course.
- Or, si le poids du clapet est trop fort, cette condition exige un ressort puissant et ce ressort créera un obstacle très sensible à l’aspiration qui ne pourra se faire que lorsque le piston aura fait
- un vide assez grand dans le cylindre, d’où comme on l’a vu, diminution de la masse de gaz, aspiré et perte de force. La construction du clapet d’aspiration est beaucoup moins délicate que celle du clapet d’échappement, car il ne subit que des efforts assez faibles et surtout n’a pas à subir les effets destructeurs du passage des gaz à haute température entre le clapet et son siège. Aussi se conserve-t-il très longtemps en bon état sans demander un rodage frequent.
- Quant à la bougie, il y a peu de choses à en dire. La meilleure est encore la plus simple, sa valeur consistant surtout dans la durée que lui assure un scellement soigné, car, à la vérité, les types en nombre incalculable qui existent aujourd’hui sur le marché se valent à peu près au point de vue électrique. Toutes « allument ».
- Une remarque seulement : c’est que si l’on emploie des piles, lorsque la polarisation en est assez avancée pour qu’elles ne fournissent plus que 1 1/2 ou 2 ampères, une bougie ordinaire dont les électrodes sont coupées suivant une section droite ne donnera plus une étincelle suffisante pour enflammer le mélange, tandis que si l’on arrondit les extrémités des fils en forme de pointe très émoussée, on pourra encore marcher.
- Ce fait, parfaitement d’accord d’ailleurs avec la théorie du potentiel, se vérifie régulièrement en pratique.
- J. Paillet.
- COURSES
- Le critérium de l’alcool.
- (Paris-Rouen, 28 octobre 1900.)
- Le prince Pierre d’Aremberg a mis une somme de 1000 francs à la disposition du Moto-Club de France pour l’organisation du critérium de l’alcool. Quatre médailles d’or sont offertes par la Société coopérative agricole de la région du Nord, à Amiens; par le Progrès agricole, d’Amiens; par la Société des agriculteurs du Nord, à Lille et par la Société d’agriculture de Melun.
- La Société des agriculteurs du Nord, à Lille, offre en outre une médaille de vermeil.
- La Société d’agriculture de l’arrondissement de Béthune offre aussi une médaille de vermeil.
- Les organisateurs du critérium, en présence de ce succès, ont maintenant l’intention de ne pas se borner à récompenser les concurrents qui auront effectué le parcours Paris-Rouen, mais de décerner également des récompenses aux inventeurs de carburateurs, brûleurs, etc., dont les appareils auront donné de bons résultats.
- Il a été décidé que les concurrents pourraient ajouter à l’alcool employé par un telle quantité d’hydrocarbures qu’ils le jugeraient nécessaire.
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- Dans VAuto-Vélo, Georges Prade annonce que ce journal va organiser cette année ;
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- 1° Une course à l’essence, où tous les concurrents recevront le même nombre de litres d’essence. Celui qui ira le plus loin sera le gagnant ;
- 2° Une course de côtes ;
- 3° Un concours de « G-audissardes », autrement dit de voiturettes pour voyageurs de commerce. Cette course sera organisée sous le patronage de la Chambre syndicale des voyageurs de commerce;
- 4° Une caravane Paris-Nice avec médailles commémoratives aux participants.
- L’an prochain, on organiserait trois grandes épreuves classiqnes avec coupes-challenge, une pour les motocycles, une pour les voiturettes et une pour les voitures ; une grande course ; une épreuve réservée aux électriques; une course avec coupe-challenge pour yachts automobiles, et enlin un concours entre le pétrole et ses succédanés divers.
- Ce programme, déjà copieux, sera complété par une grande course monstre qui se fera probablement sur l’itinéraire Paris-Berlin-Vienne et retour, comme nous l’avons déjà annoncé.
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- La course de côte de Chanteloup.
- 4 NOVEMBRE 1900
- Nous avons déjà dit que la course de côte de Chanteloup se ferait cette année le 4 novembre et qu'elle serait organisée par le Moto-Club de France.
- Les conditions de la course ont été modifiées cette année. On n’admettra que deux catégories de véhicules. La première comprendra les voitures au-dessus de 400 kilos, portant au moins quatre personnes assises dans une carrosserie suffisante.
- Une seconde catégorie sera ouverte pour voiturettes au-dessous de 400 kilos et portant deux places.
- Ne seront acceptées que les voitures portant une carrosserie complète et capable de porter le nombre de voyageurs indiqué. C’est ainsi qu’on n’acceptera pas les châssis de course où les voyageurs sont plus ou moins assis sur des traverses ou des sièges quelconques. Il faudra être bien assis, dans une vraie carrosserie.
- Les engagements, accompagnés du droit d'inscription de 10 francs, sont reçus au siège du Moto-Club, 4, rue Meyerbeer, à Paris.
- Le montant du produit des engagements servira à l’achat d’objets d’art qui seront remis aux gagnants de chacune des deux catégories.
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- Le colonel de Linsky a fait don à l’Automobile-Club de Nice d’un superbe service russe d’un goût exquis qui, sous le nom de « Prix de Linsky », sera réservé aux véhicules à quatre roues, de moins de 300 kilos, portant deux personnes, dont l’une doit être membre d’un Club automobile reconnu.
- La course aura lieu sur un parcours de montagne de 30 à 50 kilomètres.
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- Voici la liste exacte des engagements reçus à ce jour pour les courses de Nice de l’an prochain :
- 1. Paul Chauchard.
- 2. »
- 3. Mercedes. . .
- /i. » ...
- 5. Dr Pascal. . .
- 6. Stead . . . .
- 7. Etienne Giraud.
- 8. Knapp. . . .
- 9. Turner. . . .
- 10. Marge Pierre. .
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- L’Automobile-Club Rhénan organise, pour dimanche prochain 21 octobre, une épreuve challenge de 540 kilomètres sur le parcours : Mannheim — Karlsruhe — Rastatt — Strasbourg — Schlestadt— Colmar — Napoléonsinsel — Bâle.
- L’épreuve consistera en tentatives de record faites individuellement. Le premier recordman inscrit est le baron de Sckarisbrick.
- Les aspirants-détenteurs à ce record ne pourront piloter que des voitures allemandes. Une des conditions expresses du challenge consiste à effectuer tout le parcours avec la même voiture sans avoir à faire de réparations autres que celles possibles au cours de route avec l’outillage qui se trouve à bord de la voiture.
- Les voitures seront plombées au départ et les plombs vérifiés et retirés à l’arrivée.
- Fin 1901, le chauffeur-détenteur du meilleur temps recevra une grande médaille d’or d’une valeur de 200 marks.
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- A l’occasion de l’exposition d’automobiles qui se tient actuellement à Leipzig et à laquelle participent nombre de constructeurs français, les promoteurs de cette exposition organisent une course d’automobiles de Dresde à Leipzig pour le 19 octobre.
- La course sera placée sous le patronage de l’Automobile-Club d’Allemagne. Le secrétaire général de l’exposition, M. de Molitor, donnera le départ; les arrivées seront jugées par MM. le général Becker et le comte de Talleyrand. Les règlements de l’Automobile-Club d’Allemagne seront en vigueur.
- Voici comment seront répartis les engagés :
- lre catégorie : motocycles;
- 2me catégorie : voiturettes ;
- 3me catégorie : touristes.
- Ces trois catégories seront réservées aux exposants.
- La quatrième catégorie (poids lourds) est, par contre, ouverte à tout possesseur d’une grosse voiture de transport.
- Les préparatifs faits en l’honneur des concurrents sur tout le parcours.sont activement pous-
- (voiturette)
- (voiture)
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- sés, et tous, à quelque nationalité qu’ils appartiennent, peuvent-être assurés d’une enthousiaste réception. La ville de Leipzig offre un prix de 300 marks.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le comité des exposants de l’annexe de Yin-cennes, d’accord avec M. Jeantaud, organise, pour les derniers jours du mois courant, une grande fête automobile fleurie, qui comportera, en outre, plusieurs numéros sportifs, qui ne manqueront d’attirer, à Yincennes, l’élite du public sportif, qui n’a pas manqué de se rendre à toutes les réunions organisées par le comité des exposants.
- Elle se fera sur la piste du lac Daumesnil, à une heure et demie de l’après-midi. En voici le programme :
- 1. Course de motocycles, pnr séries, sur un tour du lac, finale deux tours. Prix : 150, 75, 50 fr. ou objets d’art.
- 2. Jeux pour voiturettes, rubans, obstacles, marche-arrière, Prix : 65, 50, 25 fr. ou objets d'art.
- 3. Course de voiturettes par séries sur un tour, finale deux tours. Prix : 150, 75, 50 fr. ou objets d’art.
- k. Jeux pour motocycles, course aux mannequins, anneaux, etc, Prix : 75, 50, 25 fr. ou objets d’art.
- 5. Exercices pour voitures et voiturettes, arrêts, obstacles, etc. Prix : 125, 75, 50, 28 fr. su objets d’art
- 6. Course de voitures sur deux tours du lac. Prix : 200, 100, 75, 50 fr. ou objets d’art.
- 7. Grand défilé de tous les véhicules automobiles. Il sera remis à chaque participant une plaquette commémorative en argent.
- Après le déûlé, à cinq heures, sur le lac Daumesnil :
- 8. Course de canots automobiles pour bateaux de 6 m, 50, moteurs 2 ch. 1/2 (un tour du lac). Prix : 100, 50, 25 fr.
- 9. Course de canots, bateau de 6 m. 50, moteurs de h chevaux et plus (deux tours du lac). Prix : 150, 75, 50 fr.
- On organise à l’Exposition, pour le 31 octobre, une fête des transports où doivent figurer tous les véhicules successivement inventés depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours.
- L’automobile y aura, naturellement, sa bonne place.
- Dans sa dernière séance, Ja chambre syndicale de l’Automobile a envisagé les avantages ou les inconvénients qu’il y aurait à faire cette année une exposition comme les années précédentes au mois de juin ou à la reporter au mois de décembre en même temps que l’exposition des cycles.
- Le comte de Dion pense que le mois de décembre conviendrait mieux, parce que les fabricants d’automobiles, qui sont en même temps
- fabricants de cycles, et ils sont nombreux, pourraient y trouver l’avantage de ne faire qu’une seule exposition ; il en serait de môme pour la majeure partie des maisons d’accessoires qui sont obligées d’exposer aux cycles et aux automobiles; il fait remarquer, en outre, que c’est vers cette époque que les agents de province viennent à Paris passer leurs marchés.
- M. Petit est aussi partisan d une exposition au mois de décembre. Il ajoute aux raisons déjà données, qu’on éviterait ainsi la perturbation que peut apporter dans la fabrication une exposition faite au milieu de la saison. II rappelle que les expositions de cycles qui ont lieu tous les ans, en novembre ou décembre, à Londres et à Paris, ont toujours eu un très gros succès, qu’il y a toujours eu de nombreux visiteurs et qu’il s'y est toujours traité de nombreuses affaires.
- Einalement, il a été décidé que le salon annuel de 1900 se ferait du samedi 15 décembre au mardi 25 décembre inclusivement.
- Le Comité d’organisation, sous la présidence de M. Gustave Rives, est composé :
- 1° Des membres du Conseil d’administration de l’Automobile-Club de France et de quelques membres du Comité.
- 2° Des membres du bureau et des délégués de la chambre syndicale de l’Automobile.
- 3° Des membres du bureau et des délégués de la chambre syndicale des fabricants de cycles.
- Les inscriptions sont reçues dès maintenant au secrétariat de l’Automobile-Club de France, 6, place de la Concorde.
- À TRAVERS LA PRESSE
- Notre confrère Georges Prade formule une opinion intéressante à reproduire à propos du critérium de l’alcool.
- Le succès de l'alcool dans Paris-Rouen ne prouvera qu’une chose, qu’il est l’équivalent de l’essence. Or il faudrait qu'il lut quelque chose de mieux.
- Car, enfin, supposez que tout aille bien. Que peut-il arriver de plus beau, c’est qu’on dise : Cela va aussi bien que l’essence.
- Dès lors pourquoi changer? On voit bien ce qu’on y peut perdre, on ne voit pas trop ce qu’on y peut gagner.
- On ne peut pas demander au client, sous prétexte que l’alcool serait national et que l'essence est étrangère, de faire une perpétuelle expérience, on est naturellement conservateur quand il y va de ses intérêts.
- Tout en souhaitant au Critérium de l’alcool une entière réussite, nous avouons que nous ne la croyons pas possible. Je parle d’une réussite qui aurait des résultats pratiques futurs. Je vais plus loin. En partant sur cette voie, en commençant le parallèle entre l’alcool et l’essence sur ce terrain, on condamne l’alcool à jamais. L’essence disposera de tous les moteurs, des meilleurs. L'alcool aura quelques novateurs, des moteurs plus ou moins bons. L’essence triomphera sans lutte.
- Tant qu’on n’aura pas mis ces deux éléments aux prises sur le même terrain, qu’on n’aura pas comparé
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- exactement leur rendement et leur dépense pour les mêmes moteurs, on n’aura rien fait que du tort à la cause qu’on veut soutenir.
- Une voiture est partie pour Chantilly et en est revenue. Que feront de plus celles de Rouen? Fdles en laisseront quelques-unes en route, c’est tout. Et supposez même qu’elles n’en laissent point, il n’y aura pas le lendemain un acheteur de voiture à l’alcool.
- Si les automobiles n’avaient jamais mieux fait que les chevaux, jamais elles n’auraient triomphé. De même l’alcool.
- On se souvient de la note relative à l’alcool dénaturé employé dans les automobiles, note signée de M. Henriod, et dont nous avons publié récemment un extrait emprunté au Bulletin des Halles. En réponse à cette note notre confrère Rodolphe Darzens a reçu une communication de deux ingénieurs, MM. A. Sœber et Guffroy. Au moment où va se courir le Critérium de l’Alcool cette lettre intéressera certainement les constructeurs, aussi croyons-nous devoir la reproduire :
- Monsieur,
- Nous vous demandons l'hospitalité de vos colonnes pour rectifier une erreur déjà trop répandue au sujet de l’alcool dénaturé. M. Henriod, ingénieur, dans son article du Bulletin des Halles, donne, dans un style plus pittoresque que scientifique, tous les torts au « vert malachite » dans l’emploi de l’alcool dénaturé servant aux moteurs.
- Or, il existe deux sortes de vert malachite : l’un est un hydrocarbonate de cuivre insoluble dans l’eau et l’alcool, soluble seulement dans les acides. L’autre est un produit organique artificiel (préparé au moyen d’aldéhyde benzoïque et de diméthylaniline) : c’est le seul employé.
- Or voici comment on dénature l’alcool :
- On mélange 100 litres d’alcool à 90° avec 15 litres de méthylène. On y ajoute 0 litre 500 de benzine lourde ayant l’odeur caractéristique des produits lourds de la distillation de la houille et bouillant entre 150 et 200°. On termine la dénaturation en dissolvant dans le liquide ainsi obtenu 1 gramme de vert malachite (artificiel) par hectolitre.
- Dans ces proportions le vert malachite n’est pas le produit fautif de l’encrassement des moteurs. Il en est un des agents, mais le principal produit qui, à notre avis, fait que l’alcool dénaturé donne de mauvais résultats pour les moteurs, c’est la benzine lourde, dont la combustion est incomplète et qui fournit en abondance un résidu charbonneux. Nous croyons d’ailleurs savoir que la régie ne met plus de vert malachite dans son alcool dénaturé, le produit ne servant à rien dans la dénaturation.
- Nous espérons que cette note vous sera utile. Dans cet espoir, recevez, Monsieur, nos salutations empressées.
- A. Soebeh et A. Guffuoy, Ingénieurs-chimistes.
- D’autre part un rapport de M. E. Sorel publié dans le Journal officiel déclare que les inconvénients que signalent MM. Sœber et Guffray, pour la benzine lourde peuvent être évités si l’on a soin de choisir une benzine bouillant entre 150° et 180°, ce qui n’est pas interdit par les règlements et est facile à obtenir des dénatura-teurs d’alcool.
- Enfin, un autre correspondant du Journal déclare que le vert malachite, même pur, ce qui fort rare, est un obstacle absolu aux emplois de l’alcool, tant pour l’éclairage que pour la force motrice.
- Les spécialistes en matière d’alcool devraient bien se mettre d’accord entre eux.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- En Belgique, le nouveau service de Mons à Beaumont sera fait par des omnibus automobiles à vapeur ou à pétrole de 6 à 50 chevaux selon les types nécessités par la situation topographique des localités traversées. Chaque voiture pourra contenir vingt places assises et 500 kilos de marchandises. Le tarif des prix de transport est fixé comme suit : 10 centimes par kilomètre, avec minimum de 10 centimes pour voyageurs et à 5 centimes le kilomètre et par 25 kilos de marchandises, avec minimum de 50 centimes.
- Il y aura trois départs par jour dans chaque sens.
- Aucune réclamation ni observation n’ont été présentées lors de l’enquête de commodo et in-commodo ouverte par le collège des bourgmestres et échevins, celui-ci vient d’émettre un avis favorable.
- La députation permanente du Conseil provincial du ITainaut aura à statuer prochainement sur la demande de concession qui, si elle reçoit un accueil favorable, sera soumise à l’approbation du roi.
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- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettr^ suivante :
- Milan, 13 octobre 1900.
- Cher monsieur,
- Je trouve dans les échos de votre numéro 41 une petite erreur. Il y est dit qu’une voiture a fait le parcours de Fribourg au Titisée et que c’est la première fois, parait-il, qu’une voiture atteint eri Suisse pareille altitude.
- Je vous citerai donc les prouesses antidiluviennes de votre serviteur et de deux de ses amis.
- En 1895 d’abord, sur mes fortes instances, mon ami le comte Cognard, quittait Plombières-les-Bains, avec sa Peugeot 4 places moteur Daimler en Y, 3 Hp 1/2, sa femme, un domestique, son chien et 100 kg de bagages, venait aux lacs italiens par le Gothard 2114 mètres et s’en retournait par le Simplon 2009 mètres. Il eut de terribles difficultés à vaincre à cause des pentes, mais il passa! En 1897, en juillet, j’atteignais San-Moritz-Engadine, 1850 mètres avec une bicyclette Hildebrand Wolfmuller. J’eus de grandes difficultés également, mais j’arrivais. C’était la première auto qui pénétrait dans l’Engadine. Enfin l’année suivante, en juillet 1898, mon ami M. Auguste Yogel de Milan atteignait également San-Moritz avec
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- une voiturette Benz, ancien modèle. Lui aussi avait des difficultés à vaincre.
- A présent que l’on cite continuellement des tours de force de ce genre, je trouve que nos quatre premières ascensions en Suisse valent la peine d’être rappelées.
- Tous mes compliments, cher monsieur.
- Prince Troubetskoy.
- Notre collaborateur Emile Dieudonné a reçu la lettre suivante :
- Monsieur,
- J’ai lu votre article dans la Locomotion Automobile du k courant intitulé les Progrès des accumulateurs.
- L’enquête faite a du être incomplète, car nous croyons, à Lyon, à de grands progrès dans les accumulateurs au point de vue de la solidité, de la légèreté et de l’économie de la fabrication.
- Je ne pourrai pas dans le corps de cette lettre entreprendre la description de cet appareil; je vous fais envoyer la notice par le constructeur, vous la recevrez prochainement.
- Vous trouverez peut-être, avec la sagacité dont vous êtes doué, des choses nouvelles et inattendues.
- Pour les voitures automobiles, les accumobiles, la disposition n’est pas changée, mais un truc permet de réduire à 25 0/0 du poids total de l’appareil le plomb support. Je veux dire que les cylindres à ailettes arrivent à contenir 75 0/0 de leur poids en matières actives.
- Les éléments à plaques les plus capables contiennent à peine 40 0/0 de matière mal utilisée. On est arrivé à la capacité de 22 ampères-heure pour 1 kilogramme de cylindres, et ceci sans compromettre la solidité. On ira peut-être plus loin. Mais à ce compte la locomotion électrique est déjà possible. Il ne manque plus que l’établissement d’usines de recharge et ce problème économique est sur le point d’être résolu. On pourra bientôt avec la faible somme de 1800 francs, établir dans chaque hôtel de campagne une petite usine électrique où le voyageur touriste pourra recharger sa batterie.
- Vous voyez, cher Monsieur, qu’à Lyon la question est plus avancée qu’à Paris et en Amérique.
- Profitez de la nouvelle, et si vous faisiez un article dans la Locomotion, vous feriez peut être faire un pas à la question posée, bien plutôt qu’en préconisant la locomotion à vapeur.
- Mais où voulez-vous bien nous mener, Monsieur, nous qui venons de donner à nos femmes un charmant véhicule qu’elles pourront mener en gants blancs? Alors faudra-t-il leur mettre la pelle et le ringard en mains ! Prenez garde de ne pas recevoir un coup de pic sur la tète.
- Votre dévoué,
- F. Mouterde.
- Voici la réponse de notre collaborateur :
- La légitimité de notre article, c’est M. M011-terde qui l’établit. C’est lui qui montre que nous sommes loin encore des satisfactions essentielles que nous sommes en droit d’attendre des automobiles électriques.
- Eh quoi! si l’assertion contraire était démontrée, elle aurait rendu inutile l’effort qu’il a fait lui-même pour substituer à des appareils coûteux
- d’achat et d’entretien d’autres éléments qui, à son opinion s’entend, doivent l’être moins.
- Nous ne nous livrons pas à une vaine critique imaginative.
- Adepte de la méthode expérimentale judicieusement éclairée par l’enseignement théorique et appuyée sur l'observation exacte des phénomènes, nous apportons dans le débat des questions le fruit complet des résultats acquis pendant de longues périodes.
- Notre aimable correspondant veut bien faire l’éloge de notre sagacité; nous l’en remercions chaleureusement, tout en appréhendant qu’il ne soit trop bon pour nous, et ne pas être en situation de mériter sa louange.
- Ne décourageons personne, mais aussi n’exagérons rien.
- Si l’on nous offre à Lyon ce que nous ne pouvons nous procurer à Paris, ce sera un bienfait nouveau de la décentralisation, que nous accueillerons avec un grand transport de joie, sans aucune basse intention de calembour.
- Nous nous plaindrons auprès de notre sympathique correspondant des conclusions erronées qu’il tire de notre Article, conclusions qui ne ressortent ni du texte ni de son esprit.
- La contradiction, au surplus, éclate à la fin de sa lettre, à l’endroit où il expose son rêve enchanteur d’automobile féministe, alors que nous n’avons parlé que de poids lourds.
- Trouvez ici, cher correspondant, l’expression de notre cordialité.
- Emile Dieudoxxé.
- ------♦-------
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Le docteur H. Hirgel, de Leipsig-Plagwitz, a fait breveter un procédé de distillation continue des huiles minérales. L’huile brute est traitée, d’abord, par un courant de vapeur d’eau qui en élimine les essences volatiles improprement appelés benzines, lhiis 011 envoie l’huile dans un appareil de distillation à colonnes dont les plateaux sont chauffés à diverses températures de façon à séparer les produits. Pour l’huile lampante, les plateaux sont chauffés à 150-160 degrés ; pour fes huiles de graissage, ils sont chauffés à 175-180 degrés. Les colonnes sont parcourues, en sens inverse de la descente du liquide, par un courant de gaz à l’eau, c’est-à-dire hydrogène, acide carbonique et oxyde de carbone produit dans un gazomètre et refoulé sous légère pression.
- — M. Léon Champagne a imaginé un moyen ingénieux pour obtenir les alvéoles qui contiennent la matière active dans les plaques d’accumulateurs. Il donne à ces alvéoles une forme presque sphérique et les noyaux autour desquels se moule le plomb sont faits avec des boulettes de craie. Lorsque la plaque est fondue et refroidie, on la plonge dans l’acide chlorhydrique qui dissout la craie, de sorte que la plaque se trouve démoulée en même temps que décapée.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PABIS. — L. DE SOYE ET FILS, MPI!., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- une voiturette Benz, ancien modèle. Lui aussi avait des difficultés à vaincre.
- A présent que l’on cite continuellement des tours de force de ce genre, je trouve que nos quatre premières ascensions en Suisse valent la peine d’être rappelées.
- Tous mes compliments, cher monsieur.
- Prince Troubetskoy.
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- Notre collaborateur Emile Dieudonné a reçu la lettre suivante :
- Monsieur,
- J’ai lu votre article dans la Locomotion Automobile du k courant intitulé les Progrès des accumulateurs.
- L’enquête faite a du être incomplète, car nous croyons, à Lyon, à de grands progrès dans les accumulateurs au point de vue de la solidité, de la légèreté et de l’économie de la fabrication.
- Je ne pourrai pas dans le corps de cette lettre entreprendre la description de cet appareil; je vous fais envoyer la notice par le constructeur, vous la recevrez prochainement.
- Vous trouverez peut-être, avec la sagacité dont vous êtes doué, des choses nouvelles et inattendues.
- Pour les voitures automobiles, les accumobiles, la disposition n’est pas changée, mais un truc permet de réduire à 25 0/0 du poids total de l’appareil le plomb support. Je veux dire que les cylindres à ailettes arrivent à contenir 75 0/0 de leur poids en matières actives.
- Les éléments à plaques les plus capables contiennent à peine 40 0/0 de matière mal utilisée. On est arrivé à la capacité de 22 ampères-heure pour 1 kilogramme de cylindres, et ceci sans compromettre la solidité. On ira peut-être plus loin. Mais à ce compte la locomotion électrique est déjà possible. Il ne manque plus que l’établissement d'usines de recharge et ce problème économique est sur le point d’être résolu. On pourra bientôt avec la faible somme de 1800 francs, établir dans chaque hôtel de campagne une petite usine électrique où le voyageur touriste pourra recharger sa batterie.
- Vous voyez, cher Monsieur, qu’à Lyon la question est plus avancée qu’à Paris et en Amérique.
- Profitez de la nouvelle, et si vous faisiez un article dans la Locomotion, vous feriez peut être faire un pas à la question posée, bien plutôt qu’en préconisant la locomotion à vapeur.
- Mais où voulez-vous bien nous mener, Monsieur, nous qui venons de donner à nos femmes un charmant véhicule qu’elles pourront mener en gants blancs? Alors faudra-t-il leur mettre la pelle et le ringard en mains ! Prenez garde de ne pas recevoir un coup de pic sur la tête.
- Votre dévoué,
- F. Mouterde.
- Voici la réponse de notre collaborateur :
- La légitimité de notre article, c’est M. M011-terde qui l’établit. C’est lui qui montre que nous sommes loin encore des satisfactions essentielles que nous sommes en droit d’attendre des automobiles électriques.
- Eh quoi ! si l’assertion contraire était démontrée, elle aurait rendu inutile l’effort qu’il a fait lui-même pour substituer à des appareils coûteux
- d’achat et d’entretien d’autres éléments qui, à son opinion s’entend, doivent l’être moins.
- Nous ne nous livrons pas à une vaine critique imaginative.
- Adepte de la méthode expérimentale judicieusement éclairée par l’enseignement théorique et appuyée sur l’observation exacte des phénomènes, nous apportons dans le débat des questions le fruit complet des résultats acquis pendant de longues périodes.
- Notre aimable correspondant veut bien faire l’éloge de notre sagacité ; nous l’en remercions chaleureusement, tout en appréhendant qu’il ne soit trop bon pour nous, et ne pas être en situation de mériter sa louange.
- Ne décourageons personne, mais aussi n’exagérons rien.
- Si l’on nous offre à Lyon ce que nous ne pouvons nous procurer à Paris, ce sera un bienfait nouveau de la décentralisation, que nous accueillerons avec un grand transport de joie, sans aucune basse intention de calembour.
- Nous nous plaindrons auprès de notre sympathique correspondant des conclusions erronées qu’il tire de notre Article, conclusions qui ne ressortent ni du texte ni de son esprit.
- La contradiction, au surplus, éclate à la fin de sa lettre, à l’endroit où il expose son rêve enchanteur d’automobile féministe, alors que nous n’avons parlé que de poids lourds.
- Trouvez ici, cher correspondant, l’expression de notre cordialité.
- Emile Dieudonné.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Le docteur H. Hirgel, de Leipsig-Blagwitz, a fait breveter un procédé de distillation continue des huiles minérales. L’huile brute est traitée, d’abord, par un courant de vapeur d’eau qui en élimine les essences volatiles improprement appelés benzines. Puis on envoie l’huile dans un appareil de distillation à colonnes dont les plateaux sont chauffes à diverses températures de façon à séparer les produits. Pour l’huile lampante, les plateaux sont chauffés à 150-160 degrés ; pour les huiles de graissage, ils sont chauffés à 175-180 degrés. Les colonnes sont parcourues, en sens inverse de la descente du liquide, par un courant de gaz à l’eau, c’est-à-dire hydrogène, acide carbonique et oxyde de carbone produit dans un gazomètre et refoulé sous légère pression.
- — M. Léon Champagne a imaginé un moyen ingénieux pour obtenir les alvéoles qui contiennent la matière active dans les plaques d’accumulateurs. Il donne à ces alvéoles une forme presque sphérique et les noyaux autour desquels se moule Je plomb sont faits avec des boulettes de craie. Lorsque la plaque est fondue et refroidie, on la plonge dans l’acide chlorhydrique qui dissout la craie, de sorte que la plaque se trouve démoulée en même temps que décapée.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PABIS. — L. DE SOYE ET FILS, IMPB., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
- Septième Année. — N° 43.
- Le Numéro : 250 centimes
- 25 Octobre I960
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNDELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT Dü 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Auguslins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N° 43.
- L’automobile en Allemagne, Léon Baréty. — Le règlement sur la circulation des automobiles en Espagne.
- — Echos. — Les voiturettes Gillet-Forest, Paul Sarrey. — Le chariot électrique de la raffinerie Say, Lucien Périsse'. — L’équilibrage des moteurs à pétrole, C. Favron. — L’embrayage Jansen, Daniel Bellet. — Carrosserie d’un char-à-bancs à pétrole.
- — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Boîte aux lettres. — Courrier industriel.
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- L’AUTOMOBILE EN ALLEMAGNE
- De retour en France, après un séjour prolongé en Allemagne, nous avons- pu faire la comparaison de ce qu’est le mouvement automobile dans ces deux pays. Cette comparaison, toute peu flatteuse qu’elle soit pour notre amour-propre, nous impose le devoir de signaler à nos compatriotes et particulièrement à nos constructeurs, le danger qu’ils courent déjà en se confinant dans une apathie dont ils seront les premiers à souffrir.
- Alors que notre exposition automobile est reléguée à Yincennes, où ne vont la visiter que ceux qui vraiment font preuve de bonne volonté, on a organisé en Allemagne des expositions dans toutes les principales villes, à Francfort, à Nuremberg, à Berlin, à Dresde, à Leipzig, on en prépare une à Munich. Ces expositions ne sont pas seulement organisées pour mettre en rapports directs le constructeur et l’acheteur, mais bien plutôt pour montrer au peuple allemand lui-même les progrès réalisés et l’intéresser à la locomotion nouvelle. Aussi le prix d’entrée de ces expositions est-il en général fort peu élevé et partant à la portée de toutes les
- bourses. D'autre part, depuis les courses de cet été : Berlin-Aix-la-Chapelle, Nuremberg, Bamberg, Strasbourg (aller et retour), il n’est pas d’itinéraire nouveau qui ne soit proposé. Ainsi l’année prochaine, après la course Dresde-Leipzig, on aura Kœnigsberg-Aix-la-Chapelle, Ins-terbourg-Aix-la-Chapelle, e te.
- De tous côtés les constructeurs, les clubs élaborent des projets de courses et d’expositions qui permettront à tous de juger de la valeur des véhicules et de l’avenir de l’industrie automobile allemande.
- Indépendamment de ces moyens d’action, les Allemands ne négligent pas d’intéresser la masse du peuple à l’automobilisme par l’intermédiaire de la presse. Lorsqu’une course ou une exposition s’organise dans un centre, ce ne sont pas seulement les journaux de la ville où se fait la course ou l’exposition, qui la commentent ou en donnent les résultats, mais les journaux des plus petites villes emboîtent le pas à leurs grands confrères. Fi nous ne parlons pas d’organes sportifs, mais de journaux politiques ou d’informations.
- Bappellerons-nous l’intérêt particulier que porte l’empereur Guillaume à la nouvelle industrie, intérêt qu’il montre, du reste, en possédant lui-même plusieurs automobiles.
- Nous parlions plus haut du grand nombre d'expositions qui sont organisées en Allemagne. Ce qui nous a peiné, c’est de constater combien nos constructeurs se préoccupent peu d’y exposer.
- Prenons pour exemples les expositions de Nuremberg et de Francfort qu’il nous a plus particulièrement été donné d’étudier. Il n’y a guère que l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse qui aient exposé à Nuremberg. Mais ce fut bien pire à Francfort. Les maisons qui exposèrent dans cette ville étaient au nombre de 72, dont 69 allemandes,
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- 3 autrichiennes et... une seule française. N’est-ce pas pitoyable?
- A quels mobiles attribuer cette apathie évidente. Francfort est cependant relativement près de Paris ! Nos constructeurs craindraient-ils donc la comparaison entre leurs machines et celles des autres pays. Nous nous refusons à le penser. Nous croyons plutôt qu'ils se sont endormis sur leurs lauriers, espérant toujours bénéficier de la vogue dont jouissaient leurs marques!
- Mais ce dont ils ont surtout bénéficié, c'est de ce qu’ils étaient seuls constructeurs, pour ainsi dire, et la comparaison ne pouvait s’établir qu’entre telle et telle marque française. Aujourd’hui, tout est changé ! La concurrence étrangère est née. Alors qu’on pouvait espérer que nos constructeurs, émus du danger que causait cette concurrence, porteraient leur attention à soigner la fabrication de leurs voitures, à entrer toujours dans la voie du progrès, à solliciter le client par des expositions, en montrant, au besoin, la différence entre leurs machines et celles de l’étranger, nos constructeurs, disons-nous, ont semblé ignorer l’évolution qui s’était produite. Tandis que non seulement en France, mais à l'étranger, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Angleterre, un vaste champ s’offrait à leur activité, ils ont laissé les constructeurs allemands faire des progrès et répondre non seulçment aux besoins de la clientèle de leur patrie, mais encore à celle des autres pays.
- Le mal porté à notre industrie est déjà très grand; le laissera-t-on croître? Nous le craignons, tout en faisant des vœux pour que nos fabricants secouent enfin leur torpeur. Le préjudice causé peut encore se réparer par de l’initiative et une entrée immédiate dans la voie du progrès.
- Léon Baréty.
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- LE RÈGLEMENT suit
- LA CIRCULATION DES AUTOMOBILES
- EN ESPAGNE
- Nous avons enfin en main le nouveau règlement arrêté le 17 septembre dernier et réglementant la circulation des automobiles sur les routes du royaume. Nous ne pouvons naturellement en donner une traduction complète, mais
- nous pensons être utile à nos nombreux abonnés de l’étranger et aussi à ceux de nos lecteurs qui pourraient se rendre en Espagne en en donnant du moins un résumé essentiel.
- Le règlement s’applique à toutes les automobiles, c’est-à-dire d’une façon générale à tous les véhicules mus par la « force mécanique ». Pour être admise à circuler, une automobile doit avoir des organes disposés de manière à ne point créer une cause de danger et de ne point produire trop de bruit (afin d’éviter d’effrayer les chevaux). C’est un peu vague! Tous les récipients, tubes, etc., susceptibles de contenir des substances inflammables, explosives ou corrosives, doivent être étanches et résistants. Les organes de direction seront groupés de manière que le conducteur puisse les manœuvrer sans quitter de l’œil la voie qu’il suit; les appareils indicateurs divers doivent être à sa vue et éclairés durant la nuit. La voiture obéira avec toute sécurité à l’appareil de direction et tournera dans les courbes de faible rayon. On a spécifié qu’il y aurait des freins suffisamment énergiques, et combinés de telle sorte qu’un seul peut, par son action, contrebalancer ou retarder effectivement la marche du moteur. Enfin, on a spécifié l’usage de la corne ou du timbre et des feux de couleur à l’avant.
- Tout propriétaire ou constructeur d’automobiles doit, pour faire autoriser la voiture, adresser à qui de droit une demande avec notice descriptive; comme conséquence, il y a une série d’essais par un ingénieur de l’Etat. Et si ces essais sont satisfaisants, on délivre au demandeur la copie certifiée des épreuves qui tient lieu d’autorisation. Chaque véhicule doit porter bien visiblement le nom du constructeur, l’indication du type auquel il appartient, son numéro de série; puis le nom et le domicile du propriétaire, enfin le poids maximum sur chaque roue ! On peut faire appel de la décision, au sujet de la mise en circulation, devant le ministre. 13’autre part, pour conduire, il faut un permis délivre par l’autorité administrative, et naturellement après examen. Ajoutons encore qu’il faut une autre autorisation pour être admis à circuler, en dépit de l’examen préalable de la voiture dont nous avons parlé tout à l’heure.
- La vitesse maxima des voitures sera de 28 kilomètres, et encore en terrain plat et en dehors des agglomérations. Dans celles-ci, il faudra qu’elle soit généralement ramenée à 12 kilomètres, avec réduction plus grande aux endroits difficiles. Pour les automobiles de service public, il faudra de plus indiquer, dans la demande d’autorisation de circuler, les routes et trajets que l’on a l’intention de suivre. Bien entendu, les autorités peuvent imposer des dispositifs et des mesures spéciales eu égard à l’qtat des routes à employer. Ici la vitesse maxima n’est plus que de 25 kilomètres, avec réduction à 10 dans les endroits habités.
- On voit par tout cela que ce règlement est très acceptable.
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- ÉCHOS
- L’Automobile-Club de France a recommencé ses dîners-concerts du mercredi.
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- Le rapport olïiciel du concours des accumulateurs, organisé jadis par l’Automobile-Club de France, va paraître prochainement.
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- Sur la proposition de M. F.-M. Richard, le Comité de l’Automobile-Club de France a décidé d’accorder, sous forme de médailles et de diplômes, des récompenses aux mécaniciens qui se sont fait remarquer par leur habileté et leur intelligence. Ces récompenses seront distribuées après examen d’une commission composée de MM. Prévost, Pierron, ITuillier, balconnet et Aernes, et sur la proposition des propriétaires de voitures qui auront eu à se louer de leurs mécaniciens.
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- L’Automobile-Club de France a offert deux grandes plaquettes à MM. «Teantaud et Ravenez, pour les remercier de la part active qu’ils ont prise à l’organisation des épreuves automobiles celte année à l’Exposition de Aincennes.
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- lui Commission de tourisme du Moto-Club de France organise, à l’occasion du Critérium de l’alcool, pour le dimanche 28 octobre, une excursion à Mantes qui permettra aux membres de la société de suivre l’épreuve dans sa première partie et de voir passer les concurrents à Mantes.
- A cet effet, départ de la caravane à la Porte-Maillot, une demi-heure avant l’heure du départ de la course, c’est-à-dire à huit heures.
- L’itinéraire des touristes sera l’itinéraire classique par Suresnes, Rueil, Chatou, Le Pecq (la route est macadamisée à neuf), Saint-Germain (grille dllennemont), Ecquevilly, Flins et Mantes.
- Déjeuner à l’hôtel du Grand-Cerf à onze heures, afin de permettre à ceux des excursionnistes qui en auraient l’intention, de pousser individuellement jusqu’à Rouen. Le prix du déjeuner est de 4 francs, café compris (2 fr. 50 pour les mécaniciens).
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- Notre éminent collaborateur Baudry de Saunier, un des plus compétents écrivains spéciaux qui se soient occupés du cycle et de l’automobile, prépare, en ce moment, un petit livre dont les chauffeurs ne manqueront pas de faire leur vade-mecum. Titre: Les Pannes.
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- L’Auto-Vélo annonce que les employés des gares de Paris seraient chargés de dresser
- procès-verbal aux voyageurs dont les motocycles ne seraient pas munis de plaque.
- Ce rôle policier nous semble indigne des agents des grandes Compagnies, et celles-ci refuseront sans doute de se prêter à ces fantaisies gouvernementales, si elles existent réellement.
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- Le Vélo annonce que Serpollet, n’ayant plus de souverain à initier aux joies de l’automobile, vient de faire faire à M. Waldeck-Rousseau son apprentissage de chauffeur.
- Détail amusant, le roi des Belges est entré en voiture à chevaux dans la cour du ministère de l’Intérieur au moment où le président du Conseil achevait ses débuts.
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- Cette année-ci, comme les années précédentes, les étudiants en médecine ont donné un bal à Bullier, à l’occasion de la clôture du concours d’internat.
- Chaque hôpital avait envoyé sa bannière. L’une d’elles représentait un chirurgien connu, chauffeur pratiquant) comme beaucoup de ses confrères, en train de couper en deux une bonne femme en faisant passer sur elle son tri à pétrole.
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- A l’hippodrome le dompteur Marck est amené sur la piste par une superbe automobile construite par la marque Georges Richard.
- Les chevaux font une tète singulière en regardant passer la voiture à pétrole.
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- M. Ernest Arehdeacon, le sympathique chauffeur, vient d’avoir la douleur de perdre son père, M. Philippe Arehdeacon, décédé à l’àge de soixante-dix ans.
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- M. Albert Gautier, délégué de l’Automobile-Club de France, est rentré à Nice venant de Paris.
- M. Albert Gautier a fait la route de Paris-Nice (m trois étapes de huit heures, avec arrêt à Melun, Mâcon et Avignon.
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- MM. Gaëtan de Méaulne et Camille Marchai, viennent d’être reçus membres de l’Automobile-Club de Nice.
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- Les motocyclistes niçois profitent des belles journées d’automne pour excursionner en caravane .
- L’autre dimanche partaient pour Thorenc : M. et Mme Laumaillé, MM. Thierry, Giraud, Bensa, Francis et Edouard Portai, Antonio Fernandez et Deville.
- A l’aller, les chauffeurs se sont rendus à Tho-
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- renc par le Logis-clu-Pin, d’où, ne trouvant plus d’hôtels ouverts, ils sont allés déjeuner à Saint-Vallier, par le col de Ferrier, pour rentrer le soir à Nice.
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- La Côte d’Azur sporlioe a annoncé, il y a plusieurs mois déjà, que l’Automobile-Club de Nice, de concert avec l’Auto-Garage, avaient demandé l’installation d’un bureau de poste auxiliaire dans l’enceinte même de la propriété où se trouve son siège. Une pétition, couverte de nombreuses signatures d’habitants du quartier Gambetta, va être présenté à M. le maire de Nice, pour activer cette création urgente.
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- M. Jacques Gondoin vient d’aller de Bordeaux à Nice par la route avec sa famille.
- Le parcours qui est de 800 kilomètres environ, a été fait en trois étapes : Bordeaux, Toulouse, Nîmes et Nice.
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- Nous apprenons avec plaisir le complet rétablissement de notre sympathique correspondant d’Orange, M. Félix Gler, qu’une longue maladie vient de retenir au lit pendant quatre mois.
- L’automobile compte maintenant de nombreux adeptes à Cognac où MM. Hennessy, Pellisson, docteur Salées, Mallet, Orillac, Drouneau père et fils, Macari, Texier, Dubreuil, Tascher, Caupeil père, Me Mannoury, Roy fils, J.-Léon Boucheron, baron O’Tard de la Grange, etc., sont des chauffeurs pratiquant.
- Ges messieurs songent à organiser une course pour l’an prochain.
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- Dernièrement, M. Ghapuis, délégué du Tou-ring-Glub à Lyon, accompagné d’un de ses amis, suivait en voiture automobile la route qui va de Grésy-sur-Aix à Annecy, parla vallée du Sierroz.
- Près du Moulin de Primaz, cette route présente un tournant assez brusque et borde un ravin d’une douzaine de mètres de profondeur.
- Il avait plus la veille, et bien que l’allure fût des plus modérées, la voiture patina et les deux voyageurs furent précipités dans le ravin.
- M. Ghapuis s’en tira avec quelques contusions, mais son ami fut assez grièvement blessé.
- Le Président du Touring-Club, dont l’attention avait été appelée sur cet accident, vient de prier l’Ingénieur en chef de la Savoie de faire placer à cet endroit de la pente, ainsi qu’à d’autres égaJ-lement dangereux, soit un parapet, soit une barrière en fer, offrant d’ailleurs de participer dans la dépense.
- * +
- Voici la liste des nouveaux membres admis à l’Automobile-Glub bourguignon dans la dernière séance. Cette fournée porte le nombre actuel des
- sociétaires à 78 membres. On espère que d’ici la fin de l’année, on atteindra le chiffre de 100.
- Tous les membres admis sont propriétaires de voitures, à l’exception de deux qui ont des tricycles à pétrole.
- Membres sociétaires : MM. Ballot, Basilaire, Chaumont, E. Gaudot, L. Gaudot, Jacob, Jacquier Randy, Levoyet, Monin, P. Laroche, Tré-lanne, Troubat, Vézignier, Guillemot, Fontaine, Jouclar.
- Membres correspondants : MM. Edmond Congé, Corrompt, Lavirotte, Dumas, Le Fraper, Edme Petit, Des Francs.
- La prospérité de l’Automobile-Club bourguignon est la juste récompense de ses fondateurs et de ses dirigeants qui n’ont ménagé ni leur temps, ni leur peine pour atteindre le but qu’ils s’étaient fixé.
- * +
- On discute en Belgique sur le nombre exact des automobiles qui circulent ou mieux qui ont été déclarés au fisc.
- Quelques-uns parlent de 1,500 plaques délivrées. L’exacte vérité, la voici :
- La statistique a été arretée à la date du 18 octobre.
- Il y a 1042 plaques remises à des chauffeurs. Ce chiffre se répartit comme suit :
- Brabant : 298 voitures et 124 motocycles ; Liège : 192 voitures et 105 motocycles; Anvers : 60 voitures et 46 motocycles ; Hainaut : 47 voitures et 46 motocycles; Flandre Orientale : 26 voitures et 8 motocycles ; Luxembourg : 8 voitures et 4 motocycles ; Limbourg : 6 voitures. Soit un total, de 681 voitures et 350 motocycles.
- Ces chiffres sont des plus éloquents
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- L’automobile-club de Belgique tiendra son assemblée générale le 21 novembre prochain. II est question d’y discuter l’organisation d’un Tour de Belgique et d’organiser, à l’occasion de cette assemblée, une fête automobile.
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- L’assemblée générale du Moto-Club de Belgique se tiendra le 28 octobre, à dix heures, au café des Boulevards, à Bruxelles. Parmi les questions qui seront discutées, citons la création d’une école de chauffeurs-mécaniciens que les chauffeurs ont réclamée depuis longtemps.
- Une autre question importante à l’ordre du jour, est la création d’un comité technique qui pourrait rendre beaucoup de services.
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- Le Conseil d’Administration de l’Automobile-Club de Belgique a constitué une section d’escrime, et a choisi, comme professeur, M. Fernand Desmedt.
- La grande association automobile ne pouvait faire un meilleur choix, car M. Fernand Des-
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- medt est un jeune maître renommé dans toute l’Europe.
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- L’Automobile-Glub de Belgique songe à créer une commission du contentieux. Elle aurait pour mission de défendre les intérêts des chauffeurs poursuivis injustement pour excès de vitesse ou victimes de procès-verbaux arbitraires.
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- Un groupe de membres de l’Automobile Club de Belgique se dispose à inviter M. Hosden, inventeur d’un ballon dirigeable, à venir donner prochainement au local du club une conférence sur l’Aviation, conférence qui serait précédée ou suivie d’expériences tentées dans le Hall du Cinquantenaire, au moyen d’un petit ballon dirigeable de 2m, 50.
- L’Automobile Club de Belgique songerait à provoquer la constitution d’un Aéro Club de Belgique.
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- Une voiture électrique pour le service des pompiers vient d’être essayée à Bruxelles devant MM. Kennis, bourgmestre de Schaerbeek ; Philippe de Burlet, Léon Closset, Paul Hamoir, Hector Colard, Bockstael, bourgmestre de Laeken; Jenatzy, etc.
- Cette voiture électrique peut véhiculer cinq hommes, dont un sergent, un clairon, un pontonnier, un fontainier et le mécanicien, et contenir un dévidoir avec 150 mètres de tuyaux en chanvre caoutchouté, une lance de distribution et un raccord à l’autre extrémité des tuyaux, une échelle double à crochets pour pénétrer dans les maisons, soit par les fenêtres soit par le balcon, un second dévidoir avec ses 50 mètres de tuyau caoutchouté pour relier le casque anti-fumée, un casque anti-fumée, la pompe à air, la hache parachute, des marteaux, pelles, pioches et autres accessoires, en un mot le matériel nécessaire pour faire la première attaque du feu, en attendant les renforts.
- Les essais, faits concurremment avec les voitures à chevaux, dans l’hypothèse d’un incendie éclatant sur un point de la ville, ont parfaitement réussi et ont été entièrement en faveur de l’automobile.
- La voiture a 42 accumulateurs pesant 7 kilogs chacun et peut faire 18 à 20 kilomètres à l’heure.
- + *
- On parle de doter de motocycles une partie des agents de police de Rome.
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- On prétend que le duc des Abruzzes, de retour de son voyage au pôle Nord, cherche un constructeur qui puisse lui livrer, pour une autre exploration, une automobile susceptible de se déplacer sur la glace. La « Fabrica italiana de automobiles » se serait chargée de la chose.
- * *
- Deux familles espagnoles, celle de M. Niquet et celle de M. Luis Bosch, viennent de partir d’Espagne pour se rendre en automobiles jusqu’à Paris.
- L’Automobile-Club d’Alsace-Lorraine est définitivement constitué, et a tenu, la semaine dernière, sa première assemblée générale à Strasbourg.
- * *
- On a quelques renseignements plus précis que ceux qui nous sont parvenus jusqu’ici sur la récente ascension de l’aéronef « Zeppelin >>.
- M. Eugène Wolf, qui prit part à cette ascension, a décrit cette expérience :
- « Nous sommes restés en l’air une heure et vingt minutes. La montée fut merveilleuse jusqu’à une hauteur de 300 mètres, où l’aéronef se maintint presque invariablement.
- « La stabilité horizontale en fut parfaite. La moindre déviation se corrigeait facilement au moyen de la manœuvre du contre-poids. La marche du navire aérien fut telle que, même contre le vent, il avançait plus vite que les bateaux à vapeur sur le lac. Dans l'air calme, son allure put atteindre 8 mètres à la seconde (soit 28 kil. 800 m. à l’heure.)
- « Nous descendîmes à une allure plus rapide que nous ne l’avions prévu, parce que l’un des ballons, à l’avant de l’aéronef, se dégonfla subitement d’une façon encore inexpliquée. Il n’y eut d’ailleurs aucun accident. »
- L’Union automobile allemande compte actuellement 2,000 membres. De nouvelles applications sont imminentes.
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- La grande Motawagengesellechaft berlinoise, anciennement la Société Schaller et Cc, a élevé son capital à 220,000 marcs (275,000 francs).
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- Le service des pompiers de Vienne a mis à l’essai une automobile à vapeur de quatre places pour le transport du personnel.
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- De tous côtés, on nous annonce que les automobiles ont joué un rôle de premier ordre dans les élections parlementaires en Angleterre ; non seulement elles ont servi à transporter les candidats qui allaient faire leurs tournées, mais encore on les a employées, comme à Chestenham, à organiser des processions triomphales en l’honneur des candidats heureux. Les véhicules étaient brillamment décorés aux couleurs du parti victorieux.
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- LES AUTOMOBILES GILLET-FOREST
- La maison Gillet-Forest et Cie construit à Saint-Cloud des automobiles d’un type fort bien étudié, qui a été médaillé à l’Exposition universelle, et dont l’application aux voitures de livraison vient de remporter également une médaille de vermeil au récent concours de l'Exposition. Les caractéristiques principales de ce système sont les suivantes : pas de pompe, pas de chaîne, un seul moteur, portant une seule soupape com-
- mandée et un seul allumage ; d’où une très grande simplicité des organes, et cependant une très grande souplesse dans la puissance due à un système spécial de régulation : tous les organes tournant dans des carters à bain d’huile, il n’y a pas de bruit et pas d’entretien coûteux.
- Moteur. — Sur un châssis en tubes sans soudure, assemblés, brasôs et solidement entrecroisés dans la partie médiane qui supporte la transmission, se trouve solidement bxé à l’avant un moteur monocylindrique horizontal A (lig. 2). développant normalement 5 chevaux à 800 tours. Un régulateur peut faire varier le nombre de
- Fir/. •/. — Phaéton Gillet-Fores/.
- tours de 100 à 1200 et, par suite, la force de 2 à 7 chevaux. L’alésage du cylindre est de 120 millimètres, et la course du piston de 140 millimètres. Il est fixé sur un carter en aluminium B contenant le vilebrequin et l’arbre de régulation qui se prolonge par l’embrayage et l’arbre de commande générale du véhicule.
- Tout à l’avant, se trouvent les soupapes, dont la culasse est fort bien dégagée et qui sont maintenues en place par un chapeau et un étrier fixé par un unique boulon. La soupape d’admission est automatique, comme d’ordinaire, et la soupape d’échappement F est soulevée par un doigt dont les déplacements sont commandés par le régulateur automatique. Celui-ci est constitué par deux masses centrifuges (contenues dans le carter B) dont l’action déplace une came de forme particulière, dont le rôle est de repousser, plus ou moins loin et plus ou moins longtemps,
- le doigt à roulette qui commande la soupape d’échappement : la levée de cette soupape, comme amplitude et comme durée, dépend donc à chaque instant de la forme de la partie de came qui se trouve vis-à-vis de la roulette. Si le moteur s’emballe, la soupape no laissera échapper qu’une partie plus ou moins importante des gaz brûlés : les gaz neufs ne rempliront donc que partiellement le cylindre, où ils se superposeront (sans mélange, comme l’on sait) aux gaz brûlés non évacués : on obtiendra une explosion qui sera plus ou moins forte, suivant la levée de la soupape; mais il y aura toujours explosion, même très faible, évitant ainsi les trépidations qui se produisent dans le cas ordinaire du « tout ou rien », c’est-à-dire lorsque l’on supprime complètement la période motrice dans un moteur dont on veut ramener le nombre de tours au chiffre normal.
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- Fig. 2. — Châssis de la voilure Gillel-Fores/,’ vu en plan.
- Ce régulateur automatique maintient la vi- il existe, on outre, un second régulateur a main,
- lesse du moteur à 800 tours uniformément, mais à la disposition du conducteur, qui agit directe-
- Fig. â. — Duc-tonneau Gillet-F ores l.
- ment sur le doigt à roulette, indépendamment matique; [en déplaçant par ce moyen le doigt de la canne commandée par le régulateur auto- le longqde la canne, on peut, a volonté, contra-
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- rier l’effet de celle-ci, en amenant le doigt vis-à-vis de la portion de canne voulue; on obtient ainsi, comme nous l’avons déjà dit, des variations dans le nombre de tours du moteur qui peuvent s’étendre de 200 à 1200 tours. Ce régulateur à main a pour effet de donner au véhicule la souplesse d’une voiture électrique ou à vapeur, car il a une action analogue à celle d’un rhéostat ou d’un régulateur ou robinet d’admission de vapeur.
- Avec le régulateur automatique réglant à 800 tours, les vitesses du véhicule peuvent être
- de 9,18 et 32 kilomètres à l’heure; on peut, à l’aide du régulateur à main, suivre un homme au pas ou marcher jusqu’à 40 kilomètres à l’heure en passant par les vitesses intermédiaires. On conçoit donc bien quel est l’avantage de ce système qui donne au conducteur une facilité et une modérabilité toutes spéciales, en cas d’encombrement de la route par exemple.
- Terminons la description du moteur en disant qu’il est muni de l’allumage électrique et peut recevoir en môme temps un brûleur avec tube d’allumage par incandescence. Notons aussi
- -
- Fig. ’t. — Wagonnette Gillet-Forest.
- qu’une double enveloppe, régnant aussi bien autour des soupapes que du cylindre, permet le refroidissement par circulation d’eau, fonctionnant sans pompe, par thermo-siphon et réglée par un appareil à niveau constant (flotteur avec soupape) disposé en R (fig. 2). La dépense d’eau est très faible (G litres pour 300 kilomètres) grâce à un puissant radiateur en cuivre, à ailettes creuses qui entoure tout l’avant de la voiture (fig. 1).
- La figure 2 montre en S le carburateur à niveau constant avec pointeau d’admission d’essence, réglé une fois pour toutes par saison, suivant la température moyenne.
- Notons encore les robinets d’admission d’eau
- et un robinet de décompression pour la mise en route, qui se fait par l’arbre spécial à déclenchement E.
- Transmission. — Dans le carter B, dans le prolongement de l’arbre de régulation, se trouve l’arbre principal de transmission qui porte un cône d’embrayage I et sa cuvette H, à friction de cuir sur acier. L’arbre pénètre ensuite dans le second carter des changements de vitesse : carter en aluminium G qui renferme un train balladeur à 3 pignons et une marche arrière R. Les 2 premiers pignons sont mis en prise par déplacement des engrenages ; la 3e vitesse (pour prendre moins de place) a ses engrenages toujours en prise, celui de l’arbre principal étant
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- monté fou normalement; il est rendu solidaire de l’axe, en approchant le pignon de 2e vitesse qui vient s’encastrer à l’intérieur de la couronne dentée folle de 3e vitesse. J’ai déjà dit qu’à l’allure normale de 800 tours, les vitesses étaient de 9, 18 et 32; la marche R fonctionne à 6 kil.
- A la suite du carter B se trouve un arbre à la cardan J qui transmet le mouvement au différentiel D qui se trouve au milieu de l'essieu moteur arrière. Celui-ci est composé d’un essieu très robuste en acier coulé, lequel est creux et fixe, formant carter, à l’intérieur duquel se trouve le différentiel D et les axes des roues. Ce dispositif a, comme avantage particulier, une solidité parfaite; de plus, les perturbations de la route se font sentir sur l’essieu fixe, par l’intermédiaire des ressorts du véhicule ; tandis que les axes des roues ne sont pas influencées; d’où une très grande stabilité. En K est un énergique frein à bande, deux freins à lames L et L' sont, en outre, montés sur les roues.
- En Y est le volant du moteur (fig. 2); en U, le pot d’échappement, à tubes concentriques, dit silencieux et en T est un réchauffeur d’air, placé sur la conduite d’échappement des gaz brûlés.
- La direction est à volant incliné Y'; l’arbre incliné P commande par secteur et roue dentée O la biellette de commande des roues d’avant les quatre roues sont en bois avec forts pneus de 0m,080. La manœuvre de la voiture est très simple : il y a une pédale de débrayage et une pédale de frein (frein du différentiel) qui débraye également du même coup; en outre, le conducteur a devant lui le volant de direction, et, à sa droite, trois leviers : M le levier de commande des freins sur les roues d’arrière; N le petit levier du régulateur à main, et O le levier de changement de vitesse.
- Sous le siège du conducteur, se trouvent les deux réservoirs : l’un à essence, l’autre pour l’eau de circulation, de 30 litres chacun.
- Nos gravures montrent différents types de carrosserie pouvant s’adapter à ce dispositif de châssis : le phaéton (fig. 1), le duc-tonneau (fig. 3), et la wagonnette (fig. 4), sans parler de la voiture de livraison qui n’est elle-même qu’une adaptation judicieuse au châssis, d’une caisse de commerce pouvant transporter de 300 à 400 kilos de marchandises et deux personnes.
- Le graissage de toutes les parties du véhicule se fait toujours automatiquement, sans arrêt. La simplicité de manœuvre, la souplesse, la régularité de fonctionnement font de ce type un modèle fort bien étudié et mis au point pour la construction industrielle d’automobiles pratiques.
- Paul Sarrey.
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- Chariot ûleetrip de la radinerie Saj.
- La raffinerie Say n’étant pas reliée au chemin de fer par un raccordement a un important ser-
- vice de camionnage entre son usine du boulevard de la Gare et les gares de Paris, principalement celle de la Chapelle. Actuellement, le camionnage du sucre brut s’effectue par de gros chariots attelés de 5 chevaux portant 10 tonnes de sucre (100 sacs), que tout le monde à Paris connaît et que les automobilistes maudissent à cause de la longueur des attelages et de leur majestueuse lenteur.
- Les dépenses de camionnage par chevaux de la raffinerie Say s’élèvant à plus d’un demi-million de francs par an, le service technique a étudié depuis plusieurs années la possibilité d’y instituer, au moins en partie, la traction mécanique. Gomme, d’autre part, la production de vapeur de la raffinerie est dans des conditions telles qu’on peut arriver à produire le cheval-vapeur électrique en dépensant seulement 200 gr. de houille, le choix de la traction électrique s’imposait, les avantages bien connus de celle-ci n’étant du reste pas négligeables pour des véhicules devant traverser Paris de la Chapelle à la place d’Italie (soit environ 6 kilom.) presque à toutes les heures de la journée.
- Après deux ans d’études, la maison Postel-Yinay a réalisé un chariot électrique portant 10 tonnes de charge utile qui fait le service depuis plusieurs mois entre la gare de la Chapelle et la raffinerie. C’est ce chariot qui avait été engagé au concours des Poids lourds. Malheureusement, ce véhicule n’était pas fait pour les chemins tortueux et les chaussées peu solides qu’on rencontre sur l’itinéraire adopté par la commission; de plus, son conducteur habituel accomplissant une période militaire, le chariot ne s’est plus trouvé dans ses conditions normales de marche et il n’a pu effectuer régulièrement les trajets pendant les 6 jours du concours. Quoi qu’il en soit, cette première application de la traction électrique aux poids « vraiment lourds » était des plus intéressantes à signaler.
- Le poids total en charge de véhicule est de 22 tonnes sur lequel le poids adhérent (sur les roues d’arrière motrices) atteint 15 tonnes environ ; le poids à vide de 12 tonnes, soit un coefficient d’utilisation (charge utile divisée par poids total) de 0,45 fort élevé quand il s’agit de traction électrique. La caisse de batterie suspendue entre les 2 essieux pèse 2 tonnes 1/2 qui se décomposent ainsi :
- 84 plaques de 20 à 21 kg environ. 1,750 kg
- Caisse et accessoires............. 750 kg
- 2,500 kg
- La batterie est divisée pour la charge en deux demi-batteries indépendantes, les bacs sont visi-tables au moyen de portes latérales. La capacité totale est de 320 ampères-heures environ.
- Deux électromoteurs de tramways placés en arrière du véhicule actionnent chacun une des roues motrices par une paire d’engrenages. Ces électromoteurs développent normalement 150 kilowatts, mais sont capables de coups de collier bien plus importants. En effet, c’est à dessein que nous avons reproduit la photographie du véhicule Say enfoui dans une pente nouvelle-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- ment empierrée de la route de Villiers d’où il a pu sortir heureusement par ses propres moyens. Les appareils enregistreurs placés sur la voiture ont accusé à cet endroit du trajet un débit de 240 ampères sous 160 volts, soit une puissance développée de 380 kilowatts, plus de 35 chevaux par électromoteur !
- Malgré cet effort anormal, le véhicule a consommé seulement 80 watts par tonne kilométrique pour le trajet du concours des poids lourds, soit 34km,50 avec les trajets d’aller et retour à l’usine. Le voltage par élément était au départ de 2,3 volts; au retour, il était encore de 1,9 volt. Ce sont là des résultats pratiques
- vraiment remarquables, étant donné qu’il a fallu résoudre une série de difficultés tout à fait spéciales : la direction par servo-moteur électrique a causé quelques ennuis, mais donne maintenant de bons résultats. Cependant, les dérapages sur pavés gras sont toujours à craindre avec un véhicule de ce poids.
- C’est pourquoi la raffinerie Say, avant de transformer une grande partie de son matériel comme elle en a l’intention, a-t-elle voulu étudier la question sous toutes ses faces et a fait venir d’Allemagne un chariot Schulze à avant train moteur électrique portant une charge utile de 5 tonnes, sur lequel elle procède actuellement
- Chariot électrique de la raffinerie Saq.
- à des”essais de'fonctionnement et de consommation très instructifs.
- La construction du chariot électrique de 10 tonnes fait très grand honneur à la direction de la raffinerie Say qui, avec une opiniâtreté très louable, a su triompher des incrédulités nombreuses que son projet avait soulevées, et aussi à M. Postel-Yinay qui sut mener à bien la difficile exécution de ce chariot, qu’on n’aurait pas manqué de désigner aux Etats-Unis par le superlatif habituel : le plus gros véhicule automobile du monde.
- Lucien Périsse,
- Ingénieur E. C. P., arbitre rapporteur pris le Tribunal de commerce de la Seine.
- L’Eplrage des moteurs à pétrole
- A GRANDE VITESSE {Suite) (1).
- Examinons maintenant quelques types de moteurs au point de vue de la compensation de.s forces d’inertie.
- Il est de toute évidence qu’un moteur mono-cylindrique (fig. 1) n’est pas équilibré.
- Le type (fig. 8) décrit précédemment, et le type (tig. 18), composé de deux pistons opposés agissant sur des manivelles à 180° par l’intermédiaire de bielles et de balanciers, réalise pratiquement l’équilibrage des forces d’inertie et des forces centrifuges.
- (1) Voir les numéros précédents.
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- Il en serait de même pour le type (fig. 19) si les deux pistons étaient sur le même axe, mais ce double équilibrage cesse si les plans de rotation des deux manivelles sont différents, ce qui a lieu dans la pratique.
- Le type (fig. 9) est à peu près équilibré.
- Je rappelle que, pour ce genre de moteur, les rayons des manivelles doivent également satisfaire à la relation.
- tf m^
- R ~ Md
- F ir/. 'Ifi
- Dans le moteur (fig. JJ), les forces d’inertie ne s’équilibrent pas, et la disposition des deux manivelles à 0° au lieu de 180° serait encore plus mauvaise.
- Le type (fig. 12) peut être équilibré aux conditions suivantes :
- Si les pistons et les parties des bielles considérées, animées d’un mouvement alternatif, dont des masses égales, les rayons des manivelles doivent être égaux.
- Si ces niasses M et M' sont inégales, on doit déterminer les rayons par la relation
- F ir/. ifO.
- M et M, étant les masses considérées comme produisant les forces centrifuges;
- m;_m_iv,
- ïvr, m , — n
- {A suivre). C. Favron.
- --------------------
- L’EMBRAYAGE- JANSEN
- ivr__iv
- m;~r
- car, si / et / sont b1.s accélérations respectives des niasses M' et Mon a :
- F = M'j et F'=-M'/;
- pour que F = F', il faut
- W__f
- Fig. 19.
- Y et Y' étant les vitesses des masses on a, pour une position quelconque des manivelles (fig. 20), en négligeant l’obliquité des bielles,
- et
- d’où
- j = —— = u?1 R cos a J clt
- OR'
- 1 = — = W-R COS a J dt
- f _ R ' _ W_
- j~R“MV
- Ce dispositif, extrêmement ingénieux et original, est dù à M. B. Jansen, de Meiningen : c'est un embrayage à friction, comme le montre
- immédiatement le dessin ci-joint, mais à régulateur automatique. Quand l’arbre A tourne dans une direction donnée, qui doit être celle de la marche, l’écrou B se déplace longitudinalement de manière à forcer contre le ressort, et par conséquent, il vient ainsi presser le cône T contre le cône W. Mais quand le boulon, qui glisse sur des guides à l’intérieur du cône T, rencontre une résistance suffisante de la part du ressort, alors, au lieu de se mouvoir en avant, il tourne sur lui-même, il est comme clavelé en entraînant le cône T avec lui. De la sorte, Fécrou en question maintient les deux cônes engagés. Mais supposons que le cône W vienne à rencontrer une résistance plus grande, T lui aussi va résister davantage au mouvement de rotation que veut lui imprimer l’écrou, celui-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- ci a donc une plus grande tendance à se déplacer longitudinalement suivant l’axe de l’arbre A, et c’est ce qu’il fait jusqu’à ce que cette tendance soit elle-même vaincue, après qu’un certain mouvement s’est produit, par le ressort désormais comprimé davantage.
- La disposition est vraiment curieuse.
- D. B.
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- Carrosserie d’an char â tas à pétrole<0
- Nous avons étudié cette voiture en vue d’une voiture de chasse. Comme telle, notre caisse est appliquée à un moteur à pétrole; car, malgré les
- qualités du moteur électrique et la capacité toujours croissante des batteries, la voiture électrique, pendant quelque temps encore, aura une clientèle presque exclusivement limitée aux habitants des villes. La voiture de chasse qui doit séjourner dans les châteaux comporte donc un moteur à pétrole.
- L’arrière est particulièrement intéressant, grâce à un dispositif de transformation qui fait de ce char à bancs une voiture à quatre ou à six places. Notre dessin montre la disposition pour six places.
- Supposons donc qu’il n’y ait que quatre personnes à transporter. Nous supprimons le siège d’arrière en le faisant disparaître sous la banquette munie d’un tandem. A cet effet, cette dernière est articulée à l’avant à la manière des sièges de milords sous lesquels disparaissent les strapontins. On lève la banquette, on fait tourner
- T---1--1--'--
- Carrosserie d’un char à bancs à pétrole.
- le siège de derrière autour de charnières disposées de manière qu’il ne reste rien d’apparent, puis on rabat la première. Enfin, la planche de pied est également articulée et une fois rabattue elle forme le plancher même du fond. Un panier peut alors occuper ce plancher.
- COURSES
- Le critérium de l’alcool.
- PARIS-ROUEN. — 28 OCTOBRE 1900.
- Le ministre des finances autorise les concurrents du critérium de l’alcool à employer de l’alcool dénaturé sans vert malachite.
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Bois-sière, à Paris.
- Les engagements sont déjà nombreux. En voici la liste :
- 1. Ravel.
- 2. Gobron-Brillié.
- 3. Gobron-Brillié.
- Zi. Henriod.
- 5. Henriod.
- 6. Moreau (tricycle, procédé Henriod).
- 7. X... (voiture Panhard-Levassor, procédé Henriod).
- 8. Y... voiture Peugeot, procédé Henriod).
- 9. Z... (voiture de Dietrich, procédé Henriod).
- 10. Daniel Augé et Cc.
- 11. Gobron-Brillié.
- 12. Gobron-Brillié.
- 13. Vilain frères.
- 14. Vilain frères.
- 15. Etablissements Hauticr.
- 16. H. de Chenevière (voiture système Henriod).
- 17. Zénon (voiture système Gobron-Brillié).
- Diverses sociétés ont envoyé leurs souscriptions aux organisateurs du critérium de l’alcool. Voici le montant de leurs dons.
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- Association pour l’emploi industriel de l’alcool 50 fi\
- Syndicat de la Distillerie Agricole...........50
- Chambre Syndic.ale des distillateurs de la région du Nord...............................20
- Société d’Agriculture de Bourbourg. ... 25
- Syndicat Agricole de Bourbourg. .... 25
- Syndicat Agricole d’Audruicq..................25
- Société d’Agriculture de Dunkerque. ... 25
- Comice Agricole de Cassel.....................25
- Comice Agricole de Bouchain...................25
- Chambre Syndicale des courtiers de la ville de
- Lille..................................... 50
- Association Syndicale du commerce des alcools à Paris.............................200
- Total. 520 fr.
- Ces souscriptions de 20 et de 25 francs, adressées par des sociétés puissantes aux organisateurs d’un concours qui devrait être si intéressant pour-elles ont quelque chose d’assez piteux. Ces mes sieurs les fabricants d’alcool veulent bien faire dégrever leur marchandise aux frais de l’universalité des contribuables, mais ils désirent obtenir ce résultat à prix réduit.
- X
- Course de côte de Chanteloup.
- 4 NOVEMBRE 1900.
- Dans la course de côte de Chanteloup organisée par le Moto-Club de France et dont la date est fixée au 4 novembre prochain, le départ sera donné à partir de neuf heures du matin, immédiatement après le passage à niveau du chemin de fer d’Argenteuil à Mantes ; l’arrivée se fera 20 mètres après le poteau du Touring-Club.
- Les départs seront donnés aux véhicules dans l’ordre dans lequel ils se présenteront.
- Les concurrents seront répartis en six catégories :
- 1° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes;
- 2° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 6 personnes;
- 3° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 2 personnes ;
- 4° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes;
- 5° Voitures au-dessous de 250 kilos transportant au minimum 2 personnes;
- 6° Voitures au-dessous de 250 kiios transportant au minimum 4 personnes.
- Les voyageurs devront être assis côte à côte et la carrosserie de la voiture devra être reconnue suffisante par les commissaires des courses.
- Dans chacune des catégories, il y aura un classement spécial pour chaque mode d’énergie employée : alcool, électricité, pétrole, air comprimé, etc.
- Des médailles seront décernées aux gagnants de chaque catégorie et de chaque classement spécial.
- Tout concurrent ayant pris part à l’épreuve recevra un diplôme relatant sa performance et indiquant le nombre de voyageurs transportés.
- Le droit d’entrée est fixé à 10 francs.
- Pour tous renseignements complémentaires,
- s’adresser au siège du Moto-Club ou au Vélo, 2, rue Meyerbeer, Paris.
- X
- Le Comité du Moto-Club de France a décidé que les deux concours de côte de Chanteloup et de Gaillon seraient courus cette année, comme l’année dernière, sous les règlements de l’Auto-mobile-Club de France, règlements qui ont, d’ailleurs, été élaborés par les principaux fondateurs du Moto-Club.
- X
- La course à l’essence.
- 8 NOVEMBRE 1900.
- La course à l’essence, organisée par Y Auto-Vélo sera disputée le 8 novembre, sur le parcours Longchamp-Meulan et retour par Saint-Germain, Poissy et Triel, soit 70 kilomètres en tout.
- Les concurrents seront divisés en six catégories :
- A. Grosses voitures, plus de 1,000 kil.
- B. Voitures de 700 à 1000 kil.
- C. Petites de 400 à 700 kil.
- D. Voiturettes de 250 à 400 kil.
- E. Voiturettes légères de moins de 250 kil.
- F. Motocycles à deux places de moins de 250 kil.
- On donnera, au départ, aux concurrents de chaque catégorie les quantités d’essence suivante :
- Série A : 20 litres.
- — B : 16 litres.
- — C : 12 litres.
- — D : 9 litres.
- — E : 7 litres.
- — F : 6 litres.
- Les vitesses réalisées devront être de 15 kilomètres à l’heure au minimum et de 30 kilomètres à l’heure au maximum.
- Le premier de chaque série recevra une médaille offerte par l’Automobile-Club de France et tous les concurrents recevront un diplôme.
- Les engagements, accompagnés d’un droit d’entrée de 10 francs, sont reçus à Y Auto-Vélo, 10, faubourg Montmartre, Paris.
- Voici la liste des engagements déjà reçus par Y Auto-Vélo pour sa course à l’essence :
- 1. Daniel Augé, petite voiture (400-700).
- 2. Corre, petite voiturette (jusqu’à 250).
- 4. Barra, quadricyclé.
- 5. Georges Richard, voiturette (250-400).
- 6. Clément.
- 7. Clément.
- 8. Clément.
- 9. Clément.
- 10. Clément.
- 11. A. Quérey, voiturette (250-400).
- 12. Gladiator.
- 13. Gladiator.
- Les engagements sont reçus à Y Auto-Vélo, 10, rue du Faubourg-Montmartre, joindre 10 fr. pour droits d’entrée.
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- Course de côte de Gaillon.
- 11 NOVEMBRE 1900
- La course de côte de Gaillon, organisée par le Moto-Club de France, sera disputée le 11 novembre prochain, à midi.
- Le départ sera donné en face de la borne hec-tométrique 7, placée à 1 kilomètre exactement du poteau du T. G. F. qui se trouve au haut de la côte de Gaillon.
- Les départs seront donnés aux véhicules dans l’ordre dans lequel ils se présenteront.
- Les concurrents seront répartis en 10 catégories :
- 1° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 2 personnes;
- 2° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes;
- 3° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 2 personnes;
- 4° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes;
- 5° Voitures au-dessous de 250 kilos transportant au minimum 2 personnes;
- 6° Voitures au-dessous de 250 kilos transportant au minimum 4 personnes;
- 7° Motocycles à une place (tricycles et quadricycles);
- 8° Motocycles à deux places occupées;
- 9° Bicyclettes;
- 10° Sans chaîne.
- Los voyageurs devront être assis côte à côte et la carrosserie de la voiture devra être reconnue suffisante par les commissaires des courses (sauf pour les motocycles occupés par deux personues).
- Dans chacune de ces catégories, il y aura un classement spécial pour chaque mode d’énergie employée : alcool, électricité, vapeur, pétrole, air comprimé, etc.
- Des médailles seront décernées aux gagnants de chaque catégorie et de chaque classement spécial.
- Tout concurrent ayant pris part à l’épreuve recevra un diplôme relatant sa performance et indiquant le nombre de personnes transportées.
- Le droit d’entrée est iixé à 10 francs.
- Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser au Moto-Club de France, ou au Vélo, 2, rue Meyerbeer, Paris.
- X
- La fête du « Sport universel illustré ».
- La fête des voiturettes, organisée à Longchamji samedi dernier par nos aimables confrères du Sport universel illustré, aurait été très brillante si elle n’avait pas été un peu contrariée par le froid. Les concurrents étaient très nombreux, malgré l’inclémence de la température, et l’on s’est franchement amusé. .
- Les prix de direction ont été décernés entre autres à : M. Rudeaux (voiture légère Darracq) ; M. Raoul d’Arnaud (voiturette Sirène) ; Mmc Braun (voiturette Peugeot) ; Mme Richard (voiturette Richard) ; M11^ Renée de Vériane (voiturette de Riancey).
- Les prix de décoration ont été décernés à :
- Mme Suberbie (voiturette Sirène) ; Mme G. Richard (voiturette Richard) ; Mme Théodore (voi-
- ture légère Darracq) ; Mme Braun (voiturette Peugeot) ; MIle Turgan (voiturette Turgan) ; MIle de Neufville (voiturette Knoxvles).
- Les prix d’élégance ont été décernés à :
- M. Charley (voiture légère Darracq); M. Hau-tier (voiturette Hauticr) ; M. Vinet (voiturette Vinet) ; M™e Mëryl (voiturette (Eole) ; Mllc de Vériane (voiturette de Riancey); Mmc G. Richard (voiturette Richard); MI,e Layens (voiturette Roch-Brault).
- Les prix de confortable ont été décernés à :
- Mmc Brierre (voiturine Gottereau) ; M. Marbais (voiture légère Darracq)’; Mlle Rosita Ritort (voiturette Peugeot) ; Mme d’Hermant (voiturette Gs-theimer) ; Mme Richard Popp (voiturette Eole) ; Mlle Turgan (voiturette Turgan) ; Mlle Fugère (voiturette Mazurier).
- Enfin, un. seul prix a été décerné dans les motocyclettes, à M. Bonnard (motocyclette Werner).
- Un joyeux déjeuner aux chalets du cycle a terminé la fête.
- X
- Trois nouveaux engagements pour la semaine de Nice sont parvenus à l’Automobile-Club de Vice. Ce sont ceux de MM. Knopp, Turner, et Pierre Marge, ce qui porte à dix le nombre des engagés.
- X
- La Société V Orange-Vélo a inauguré, le dernier dimanche de septembre, son vélo-drome par des courses magnifiques. On a clôturé par une course de motocycles qui a été très intéressante, malgré un accident, lequel heureusement n’a pas eu de suite grave. Avant la course, un tricycliste essayait la piste à forte allure sans voir un autre tri en travers du chemin et arrêté. Une collision formidable eut lieu : tris et chauffeurs furent projetés à 15 mètres, les machines brisées et tordues. Quant aux deux chauffeurs, par miracle, ils en ont été quittes pour quelques contusions et des frais de réparations assez salés!...
- La course s’est faite ensuite en de bonnes conditions. Le nombre des chauffeurs était grand. Félicitations au Comité de la Société et à l’an prochain les prochaines courses.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Rappelons qu’à l’occasion de la clôture des concours de l’Exposition, une fête automobile sera donnée le 30 octobre, à une heure et demie, sur la piste du lac Daumesnil, à Vincennes.
- Le programme est le suivant :
- 1° Course de motocycles. — Série, 1 tour, finale, 2 tours du lac. Prix : Fr. 150, 75, 50.
- 2° Jeux divers pour voiturettes. — Rubans, arrière, arrêts, etc. Prix : Fr. 75, 50, 25.
- 3° Course de voiturettes. — Série, 1 tour, finale, 2 tours.Prix : fr. 150, 75, 50.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 4° Jeux divers pour motoci/cles. — Courses aux mannequins, anneaux, obstacles, arrêts. Prix : Fr. 75, 50, 25.
- 5° Exercices de Voitures et voilurettes. — Marche arrière, obstacles, arrêts. Prix : Fr. 125, 75, 50, 25.
- 6° Courses de voitures. — Séries 1 tour, finale,
- 2 tours. Prix : Fr. 200, 100, 75, 50.
- 7° Grand défilé de tous les véhicules a\ec oriflammes et flots de rubans. Distribution de plaquettes commémoratives.
- Après les courses'sur le lac Daumesnil :
- 8° Course de canots automobiles, de 6m,30, moteur de 2 chevaux maximum. Prix : Fr. 400, 50, 25.
- 9° Course de canots automobiles, de 6m,50, moteur
- 3 chevaux et plus. Prix : Fr. 450, 75, 50.
- Le jury (les concours automobiles de l’Exposition universelle a décerné les prix du concours de voiturettes de livraison et ceux du concours des poids lourds.
- On se rappelle le problème posé par les organisateurs du concours de voiturettes de livraison : livrer par tout Paris de 100 à 300 kilos de marchandises, en en laissant un peu à chaque arrêt, Le total des kilomètres ainsi parcourus en six jours a été de 307 kilomètres 500.
- Le classement s'est fait sur la consommation rapportée et à la tonne kilométrique de charge utile.
- Voici les résultats :
- Médailles d'or : n° 3. De Dion-Bouton (essence). Nu 2. Peugeot (essence).
- Médailles de vermeil : n° 9. Gillet-Forest (essence). N° 11. Riker (électrique).
- Médailles de bronze : n° 5. Fernandez (essence). Nu 7. Corre (essence).
- Les chiffres de consommation d’essence par tonne kilométrique de charge utile sont de 0 litre 842 pour le n° 3; 0 litre 9063 pour le n° 2; 0 litre 911 pour le n° 9; 1 litre 235 pour le n° 5 ; 1 litre 983 pour le n° 7.
- Pour les poids lourds les véhicules ont été classés en trois catégories : les omnibus à voyageurs, les camions à marchandises et les voitures de livraison.
- Voici les résultats :
- Omnibus. — Médailles d'or : N° 7. De Dion-Bouton (vapeur). N° 3. Panhard et Levassor (essence).
- Camions. — Médailles d’or : N° 8. De Dion-Bouton (vapeur). N° 9. Peugeot (essence).
- Médaille de vermeil : N° 4- Panhard et Levassor (essence).
- Médaille d’argent : N° 10. De Diétrich (essence). Voitures de livraison. — Médaille de vermeil : N° 3. Riker (électrique).
- Voici, d’autre part, les résultats du concours des poids lourds :
- Noms des concurrents. Véhicules. Charge utile. Parcours Temps. Consommation.
- Ncs Essence. Eau. Coke.
- 7 De Dion-Boulon. . Omnibus à vapeur Omnibus à pétrole kilos. 1.000 kilom. 288 h. m. 19 48 Illr. cent. litres. 3.600 kilos. 600
- 3 Panhard-Levassor. 1.600 273 24 17 130 200 » »
- 8 De Dion-Bouton. . Camion à vapeur Garnien à pétrole 2.400 236 17 50 )) » 4.300 680
- 9 Peugeot . . . . 2.500 291 21 38 84 100 » ))
- 4 Panhard-Levassor. Camion à pétrole Camion à pétrole 4-500 290 24 23 134 350 » »
- 10 De Diétrich. . . 2.500 290 23 51 136 » » »
- 13 Riker Voiture de livraison électrique. 1.000 320 1)
- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre excellent confrère VAutomobile behje publie une série d’intéressants articles de M. G. llosden sur la conquête de l’air. Citons le passage relatif à l’historique des essais d'oiseaux mécaniques :
- D’autres aussi s'occupaient d’établir les lois qui régissent la propulsion des oiseaux dans l’atmosphère. Avec moins de science, de minutie, mais avec presque autant d’opiniâtre persévérance. Trois genres d’oiseaux mécaniques surgirent : 1° les orthoptères ou à ailes baltantes; 2° les hélicoptères ou à hélice en rotation autour d’un axe; les aéroplanes, surfaces plates inclinées d’un petit angle sur l’horizon et poussées à 1 aide de propulseurs.
- Parmi les premiers, outre M. Marey, citons les timides essais de Le Bris, en 1857, ceux, plus concluants de Penaud, qui, le 20 juin 1872, présenta un orthoptère, mû par des caoutchoucs tordus, qui parcourait 12 à 15 mètres, s’élevant à 2 mètres. Hureau
- de Villeneuve, dont l'appareil avait quatre ailes et parcourait 12 mètres, au rythme du trot. Picliamcourt, qui lit faire 21 mètres au sien, lancé à la main.
- Pour les hélicoptères, la priorité revient sans conteste à Launoy, naturaliste, et Bienvenu, mécanicien, qui tirent fonctionner, en 1784, au Palais-Royal, le premier appareil s'élevant par des hélices. Un Anglais, Grayley, en 1796. Alph. Penaud présenta, en 1870, un hélicoptère à deux hélices, volant 26 secondes et s’élevant à 15 mètres. Dandrieux, un jouet à deux hélices qui porta son nom. Un Italien, M. Forlanini, en construisit un, à deux hélices aussi, mû par la vapeur, ne vous en déplaise ! qui s’élevait à 14 mètres, mais il n’enlevait pas son foyer, le pauvre !
- Quant aux aéroplanes, Penaud qui, décidément, savait bien des choses, leur donna une vigoureuse impulsion, en présentant un petit modèle qui, sans faire de grand parcours, démontrait nettement l’idée. En 1858, Jullien, dont nous aurons occasion de reparler, présenta un aéroplane qui parcourait 12 mètres. Mais la palme revient à l’aéroplane à air comprimé de Victor Tatin, expérimenté en 1879, à Chalais-Meudon. Cet appareil, pesant 1 kil. 750, développait une force motrice de 2ksm,6, quittait le sol a la vitesse de 8 mètres par seconde et s’élevait par-dessus les spectateurs.
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- Tous ces petits appareils avaient été construits pour étudier des machines plus grandes, permettant sans le secours du ballon, la sustentation et la propulsion. Difficultueuse entreprise, s’il en fut !
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- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettre suivante :
- Lyon, le 14 octobre 1900.
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- J’ai lu dans votre numéro du 11 courant votre article sur les décharges spontanées dans les accumulateurs; ces pertes de charge sont attribuées par l’auteur à des phénomènes mystérieux : à la présence de corps impurs, à la mauvaise qualité des acides, du celluloïd, etc., etc.
- Sans vouloir contester l’importance de l’emploi dans l’accumulateur de produits et d’acides purs, je crois pouvoir affirmer que ces pertes de charge sont dues à des causes parfaitement explicables :
- Voici, à mon avis, l’explication de ces pertes et les moyens d’y remédier.
- Il y aura dans un accumulateur d’autant plus de perte de charge que les électrodes positives présenteront plus de surface :
- Après la charge de l’accumulateur, toutes les surfaces de l’électrode positive sont couvertes d’une couche de peroxyde de plomb : or le peroxyde de plomb PBO2 est un corps éminemment oxydant; d’autre part, le plomb est un métal extrêmement oxydable : Le peroxyde de plomb attaque donc le plomb sous-jacent et l’oxyde; un équivalent de peroxyde forme deux équivalents de protoxyde qui se transforment immédiatement en sulfate de plomb, corps très isolant qui diminue donc la capacité de l’élément et permet à peine l’utilisation de la charge résiduelle.
- A la recharge, ces deux équivalents de sulfate de plomb seront transformés en peroxyde de plomb, il y aura donc après la seconde charge une quantité plus grande de peroxyde ; c’est la formation.
- Ceci explique la perte d’une partie de la première charge : elle a servi à la formation. Cette perte sera donc proportionnelle à la surface couverte de peroxyde, par conséquent, les accumulateurs à grande surface (genre Planté) perdront d’autant plus que leur surface est plus grande.
- Cette perte sera donc moindre dans les éléments à matières actives rapportées (genré Faure), qui présentent moins de surface à l’action oxydante du peroxyde, et une plus grande épaisseur de [matière. Cette perte serait nulle si l’on construisait le support de ces matières actives avec un métal inoxydable.
- Les moyens de remédier à la perte de charge sont donc tout indiqués :
- 1° L’électrode positive devra présenter une surface plutôt restreinte;
- 2° Une quantité de matière active plutôt plus grande à l’électrode positive qu’à la négative.
- 3° On devra construire l’électrode positive avec un métal aussi inoxydable que possible ;
- à0 Ne pas dépasser 22 à 2k degrés pour la densité de l’électrolyte.
- 5° Les bacs, s’ils sont en mauvais celluloïd, devront être lavés fréquemment pour les débarrasser des produits nitreux provenant de la dissolution du celluloïd. L’électrolyte sera fréquemment changé.
- Le celluloïd de bonne qualité n’est pas sensiblement attaqué par l’acide à 2k degrés. J’ai en mains des accus datant de quatre ans, dont le poli du celluloïd n’est même pas troublé, et dont la charge se conserve quatre mois sans perte sensible.
- Recevez mes salutations,
- F. Mouterde, Ingénieur-électricien, Lyon.
- -oQo-
- Notre excellent confrère Victor Silberer, directeur de l’Allgemeine Sport-Zeitung, nous adresse la lettre suivante :
- Vienne, le 16 octobre 1900.
- Monsieur et cher confrère,
- Permettez-moi de rectifier une notice que je trouve dans votre numéro du 11 courant. La route du Semmering, qui est dans un état excellent, est en effet très fréquentée et aimée par les chauffeurs. Le Semmering attire, par sa beauté et son climat doux et égal, le monde, non seulement en été mais aussi en hiver. Il est aussi vrai qu’il y a au Semmering un hôtel de tout premier ordre, ouvert pendant toute l’année et qui est le rendez-vous de tous les sport-man; c’est le Grand-Hôtel Archiduc Jean, mais cet hôtel ne se trouve pas au pied de la montagne mais sur son sommet, dans une situation tout à fait ravissante.
- J’ai cru vous être agréable en vous disant ce qui précède et dont vous voudrez prendre note dans l'intérêt de tous ceux qui voudraient faire une excursion dans une contrée qui ne le cède en rien aux endroits les plus beaux de toute l’Europe.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher collègue, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- Victor Silberer.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Ce qu’il faudrait trouver, c’est un pneu supprimant les conséquences des crevaisons ; ce désideratum que tous les chauffeurs exprimaient depuis longtemps est enfin réalisé.
- Ce pneu existe désormais; en cas de crevaison, fuite de valve, et autres causes de dégonflement, le pneumatique Compound peut toujours rouler dégonllé jusqu’à l’étape sans donner lieu aux inconvénients des pneumatiques ordinaires; il peut crever sans jamais entraîner d’arrêt et peut toujours rouler quelques centaines de kilomètres sans détérioration.
- En outre, en cas de crevaison, l’affaissement du pneu est inférieur à 1 c/m : il ne peut donc en résulter ni embardée, ni effort anormal sur les roues et les essieux, ni modification dans la stabilité de la voiture.
- Sa souplesse est comparable à celle d’un pneumatique ordinaire fortement gonflé. Enfin, l’épaisseur très forte de caoutchouc au roulement assure une durée maxima.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOVE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES,
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- Septième Année. — N° 44.
- Le Numéro : KO centimes
- 1er Novembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOURING-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU Ier DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, 40, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 44.
- Les yachts automobiles, Albert Rodanet. — Les impressions d’un commissaire, Paul Sencier. — Echos. — La voiture à vapeur R. de Montais. — Le moteur Yale. — La station d’automobiles électriques de Newport, Emile Dieudonné. — L’équilibrage des moteurs à grande vitesse, C. Favron. — Une réclamation de priorité. — Carrosserie d’un duc électrique B. G. S. — Les voitures Gillet-Forest. — Courses. — Expositions et concours. — Automobiles sur routes. — Les tribunaux. — Courrier industriel.
- LES YACHTS AUTOMOBILES
- Dans un précédent article (1) nous avons esquissé une étude des règles concernant la réception des appareils moteurs installés à bord des yachts automobiles; nous nous proposons d’examiner les conditions de la navigation des bateaux de plaisance à propulsion mécanique dans les rivières et canaux.
- Nous devons rendre hommage à l’administration des Ponts et Chaussées et reconnaître qu’elle est infiniment plus tolérante et plus intelligente dans l’application des règles de la police de l’eau, que les préposés terrestres du préfet de police dans l’exercice de leurs fonctions. Ceux qui pratiquent le yachting savent que les ennuis administratifs sont rares au cours de la descente des rivières et que les rapports avec le service de la navigation sont presque toujours agréables.
- Il faut distinguer en cette matière les yachts de 10 tonneaux au moins, et ceux d’un tonnage inférieur; les premiers jouissent de droits étendus, les seconds, au contraire, sont assimilés aux embarcations de plaisance et soumis à l’arbitraire admi-
- nistratif le plus complet. Le fait est d’autant plus regrettable que la plupart des canots automobiles aménagés pour deux, trois et même quatre personnes sont d’un tonnage supérieur à 10 tonneaux.
- Les yachts de plus de 10 tonneaux rentrent aux termes du règlement général dans la première classe de bateaux.
- Ils doivent porter trois feux sur les canaux (deux blancs à l’avant et un rouge à l’arrière) et quatre feux sur les rivières (un blanc à l’avant, un vert à tribord, un rouge à bâbord, un rouge à l’arrière). Les canots à propulsion mécanique de moins de 8 mètres de longueur ne sont tenus que d’allumer un seul feu blanc visible de tous les points de l’horizon.
- Ils jouissent du droit de trématage le plus étendu, qui leur permet de se faire écluser avant tous autres bateaux des catégories suivantes (bateaux halés, remorqués, trains, radeaux, etc.). Ce droit, très important dans la pratique, qui évite une longue attente aux écluses peut être exigé par un coup de cloche sonné à 500 mètres au moins du point de croisement du bateau dépassé.
- Au contraire, les yachts inférieurs comme tonnage à 10 tonneaux sont assimilés aux canots, et comme tels livrés à l’arbitraire administratif. Ils sont assujettis au permis annuel, ils peuvent être en tout temps contrôlés par le service de la navigation, et l’administration s’arroge même le droit, en cas de contravention, de procéder à la saisie sans jugement. L’art. 1 ±2 de l’ordonnance de 1895 décide : « Les conducteurs d’embarcations sont tenus d’aborder à la rive sur la réquisition des agents de la navigation. »
- La légalité de ces règlements nous semble très douteuse et les droits de l’administration excessifs.
- Les petites embarcations ne peuvent exiger l’éclusage, elles doivent profiter du
- (1) Voir le n° du 18 octobre 1900,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- sassement d’un navire de commerce, toutefois après une heure d’attente elles peuvent se faire éelnser.
- Chacun sait que les canotiers évitent « l’heure légale » par un « portage » au barrage, mais ce mode aisé pour une yole est bien difficile pour un canot à moteur mécanique. Voilà toute une législation à refaire !
- Albert Rodanet,
- Docteur en droit, Avocat à la Cour de Paris.
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- Les impressions d'un commissaire1 * 111
- Commissaire! Je suis commissaire dans le critérium de l’alcool, et je me lève, ce matin-là, plus tôt encore que d’habitude. Il y a trop de commissaires pour le nombre de concurrents, et je ne voudrais pas rester dans les « laissés pour compte ». Les autres ont eu sans doute la meme crainte, car il y a déjà beaucoup de monde à la Porte-Maillot lorsque nous arrivons. Je me fais pointer et j'attends mon tour. Il ne vient pas vite. On donne le pas sur nous aux membres du Moto-Club d’abord et puis à un tas d’autres personnages qu’annonce d'une voix enrouée un gros monsieur en mac-farlane : — » Le président du Syndicat des alcooliques de Bouzy-le-Tètu ! » — « Le vice-président de la Société des distillateurs de topinambours de Pont-à-Mousson ! » Il en vient toujours. On m’appelle enfin et l’on me remet une boite contenant un insigne rouge et vert que je n’arbore pas, des fioles, des instructions imprimées et le numéro de la voiture que je dois accompagner. Je pars à sa recherche, elle n’est pas là. Désespéré, je réclame. Un des concurrents, le n° 48, se trouve sans commissaire. On m’attache à sa personne. C’est M. Marbais qui conduit une voiture-tonneau Darracq. Je suis sauvé.
- Enfin, voici le moment solennel. — « Plus que trois secondes! » nous dit Riguellc, qui donne le départ comme Herard lui-même. « Deux secondes, une seconde... partez! » et nous voilà partis. Il est 8 b. 89. Sainte Panne, épargnez-nous.
- (1) Mon iils ainé, (|iii n'a ()ue div-neul' ans, était
- commissaire, dimanche dernier, dans le critérium de l’alcool. Il se risque à raconter ses impressions. Que nos lecteurs me permettent de recommander le débu-
- tant a toute leur indulgence. — Gaston Sencier.
- On a imposé aux concurrents, avec raison du reste, de passer par Rueil. Ces quelques kilomètres de pavé sont le calvaire des chauffeurs. La route a l’air d’un atelier de réparations. Heureusement que M. Marbais, mon aimable conducteur, est un sage. Il va très prudemment jusqu’à Saint-Germain. Après on allonge un peu l’allure.
- A Mantes, il y a foule pour nous voir passer. En dehors des chauffeurs venus de Paris, beaucoup de campagnards qui ne nous jettent plus le regard haineux que nous connaissons tous. Nous é tions pour eux des ennemis, nous devenons des clients.
- Après Mantes, nous sommes « grattés » successivement par trois grosses voitures de 21 chevaux. Nous ne sommes pas de force à lutter avec ces monstres. Inutile de courir après.
- Nous avons dépassé Bonnièrcs. La route s’allonge devant nous, parallèle à la Seine et au chemin de fer, au pied de délicieuses collines que l’automne jaunit.
- A Yernon, nous trouvons presque autant de curieux qu’à Mantes, et les gens du pays mettent autant d’empressement que ceux de Mantes à nous rendre service à l’occasion. Malheureusement la route devient boueuse. Nous ralentissons prudemment. Tout à coup nous entendons derrière nous un bruit de locomotive. Nous n’avons même pas le temps de nous retourner, et nous voyons passer comme un ouragan la voiture de Giraud ayant Paul Rousseau à son bord.
- Voici Gaillon. Nous faisons le kilomètre de la côte en 2 minutes 30, à la seconde vitesse jusqu’en haut. Notre voiture a trois vitesses. La première ne nous a pas servi pendant tout le parcours.
- Nous passons Pont-dc-PArche; la voiture, que M. Marbais mène avec un soin minutieux, marche toujours aussi bien.
- Un petit chronométrage à la grande descente qui précède Port-Saint-Oucn. Nous faisons 500 mètres en 27 secondes. A cette vitesse, il fait un peu froid. Je suis gelé.
- Voici enfin la banlieue de Rouen, l’église Saint-Paul. Il est midi 26. Nous arrivons bien à temps pour déjeuner. Tout est bien; Nous n’avons pas eu un accroc, pas une panne. L’alcool à 50 0/0 d’essence a fait merveille. Mon rôle de commissaire est fini. Adieu les honneurs.
- Paul Senciior. ---------^-------:---
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- ÉCHOS
- Le déjeuner que le Moto-Club de France avait organisé à Mantes dimanche dernier à l’occasion du critérium de 1Jalcool a été un succès. Il y avait une centaine de convives.
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- Dans sa dernière séance, ie Moto-Club de France a enregistré 26 adhésions nouvelles, ce qui porte à 687 le nombre de ses membres.
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- M. Darriol, ingénieur civil, directeur des cours de la section de mécanique à l’Association Philotechnique, vient d’informer l’Automobile-Glub de France que le poste de professeur d’automobile à l’Association Philotechnique était vacant. Avis aux jeunes ingénieurs désireux de s’habituer au professorat.
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- Santos-Dumont renonce, au moins pour cette année, à concourir pour le prix Henry Deutsch, mais il va emporter à Nice un de ses anciens ballons, avec la partie mécanique de son ballon actuel, et il continuera ses essais, sur le littoral, au cours de cet hiver.
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- Le roi des Belges, qui prend goût maintenant a Paris et qui est bien le roi le plus aimable et bon enfant qu’on puisse voir, est revenu dimanche dernier de Chantilly à Paris en automobile, avec les comtes de la Boissière et d’Oultremont. Charron conduisait la voiture et, chemin faisant, donnait au souverain des leçons de virage.
- Le professeur était enchanté de son élève, et réciproquement.
- Par une singulière coïncidence, le même jour, M. Raphaël Cahen d’Anvers, membre de l’Au-tomobile-Club de France, se tuait, aux environs de Mézières, dans la voiture que Gtirardot montait pour la coupe Gordou-Bennett, voiture qui avait servi au roi des Belges à faire ses débuts de chauffeur.
- Toujours l’éternelle histoire : une forte descente parcourue à toute vitesse, — avec une voiture de vingt-quatre chevaux, qui, sur le plat, faisait le kilomètre en 40 secondes, soit du quatre-vingt-dix à l’heure, — une embardée, le talus et la mort pour le malheureux chauffeur, écrasé sous son véhicule.
- Le mécanicien a pu sauter à temps et n’a eu aucune blessure.
- L’autre jour, an bois de Boulogne, un mécanicien passait eu automobile, accompagné d’un monsieur très correct. On allait un peu vite. Un garde se précipite, fait arrêter la voiture, tire
- son calepin pour dresser la bonne [contravention et reconnait le roi des Belges. Le garde salue, rengaine son carnet et la voiture continue sa route.
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- Notre savant collaborateur Baudry de Saunier n’intitulera décidément pas Les Pannes, l’intéressant volume sur... les pannes qu’il achève en ce moment. « Ce simple titre, nous écrit-il, ferait frémir les passants devant les étalages de libraires. » Le livre s’appellera Les recettes du chauffeur et paraîtra sans faute à la fin de l’année.
- Nous allions dire, suivant la formule, que c’est un succès assuré, mais c’est bien inutile, les livres de Baudry de Saunier ne moisissant jamais dans les vitrines.
- Le malheur est que, absorbé par ce travail, notre collaborateur ne collabore plus, pour le moment. Espérons, pour nos lecteurs, qu’il nous reviendra bientôt.
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- L’Association Polymathique, œuvre gratuite d'enseignement, dont le siège social est à Paris, rue Edmond-Guillout, 5, a ouvert une section de cours gratuits, consacrés à l’étude des moteurs, au montage et au démontage des machines de tous systèmes, aux moyens de réparer les avaries, etc.
- On peut se procurer le programme de ces cours chez le concierge de l’école communale, rue de Florence, 5.
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- Léon Serpollet, qui assistait, avec sa charmante femme, au départ du Critérium de' l’aleool, a profité de l’occasion pour initier M. Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, au maniement de sa voiture à vapeur. M. Jean Dupuy étant déjà un chauffeur émérite, l’initiation n’a pas été difficile.
- ¥ ¥
- Les établissements Turgan et Foy viennent d’être constitués en société en commandite simple au capital de 1,100,000 francs. Cette Société est intervenue entre le baron Gérard, le comte Foy et M. Turgan.
- ¥ ¥
- L’Automobile-Glub de Salon vient de recevoir son cinquantième membre.
- Désireux de fêter cet heureux événement,-preuve indiscutable de la vitalité du Club, la Commission de l’Automobile-Club de Salon a décidé d’organiser un grand banquet en UQvem* bre.
- Le dimanche 21 octobre, l’Automobile-Club de Salon a effectué sa sortie automnale sur Portais avec visite au château de la tour d’Aigues. Dix-huit membres assistaient au dîner, parfaitement bien servi chez Dauphin. Malgré la pluie de la veille, et la bise froide qui soufflait, nos chauf-
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- feurs ont fait leur promenade dans des conditions excellentes, et, sans pannes.
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- Le comité de l’Automobile-Club bourguignon a définitivement choisi la date du 14 novembre pour l’inauguration officielle des salons de l’A.-C. B.
- Le comité espère reunir à cette inauguration tous les chauffeurs et toutes les autorités et notabilités locales. Les invitations vont être lancées sous peu.
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- Le Moto-Club de Lyon, qui possède, quai de l’Est, à Lyon, un magnifique local inauguré il y a quelques mois, a décidé de donner, cet hiver, des concerts et des soirées dansantes.
- Les nombreux membres du Moto-Club pourront écouter de la bonne musique en se livrant au plaisir de la danse.
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- Nous apprenons qu’un service d’automobiles a fonctionné au 14e corps d’armée, sous la direction du capitaine Barisien, de l’état-major du génie de Lyon, aux manœuvres de la 28e division dans la Maurienne et à celles de la 27e division dans le Dévoluy.
- Les résultats obtenus ont été excellents, tant au point de vue des services rendus que du fonctionnement des machines. Des expériences ont été faites pour obtenir un refroidissement énergique des moteurs à pétrole dans les côtes rapides et de très grande longueur, pour descendre ces mêmes pentes avec toute sécurité, sans risquer de brûler les freins et pour régler la carburation d’une façon parfaite à de hautes altitudes.
- Ces expériences ont pleinement réussi, aussi certains trajets très durs, comme ceux de Saint-Michel de Maurienne, au fort du Télégraphe, et de Modane, au fort du Sappey, ont pu être effectués sans aucune difficulté, avec des automobiles chargées au complet, sans qu’il ait été'nécessaire de changer les pignons de chaînes employés habituellement pour les régions peu accidentées.
- La Belgique se préoccupe sérieusement d’améliorer ses routes. Deux grandes voies de communication vont relier Ostende et la Flandre à la France.
- Le tronçon d’Ostende à Snaeskerke (6 km. 600), communiquant par Nieuport à Dunkerque, par le canal, va être converti en macadam.
- D’autre part, la route de Snaeskerke à Menin (45 kilomètres) par Thourout et Roulers aboutissant à Lille, va être également empierrée.
- Un crédit de 1,200,000 francs sera demandé aux Chambres pour ces travaux importants.
- La route d’Ostende à Blankenberghe (16 kilomètres) par l’avenue du Congo, Den Haan et Wenduyne, est sur le point d’être terminée.
- Le tronçon reliant Ostende à Snaeskerke sera
- terminé avant l’été prochain et la section de Snaeskerke à Menin sera commencée cet hiver.
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- Le Moto-Club de Belgique vient de faire sa troisième excursion. L’itinéraire choisi était Bruxelles, Tervueren, Louvain. Une trentaine de chauffeurs ont pris part à cette promenade. A Louvain, un dîner réunissait les chauffeurs.
- Au dessert, le secrétaire général a remercié les membres du cercle. Il a constaté que le Moto-Club de Belgique travaillait, et il a fait espérer un succès au moins partiel pour l’amélioration des routes. Il a engagé chacun des membres du Moto-Club à travailler individuellement au succès des revendications du cercle.
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- Le ministre des finances de Belgique s’est montré favorable à la demande de l’Algemeene Nederlandsche Wielrijders Bond, tendant à obtenir pour ses membres le bénéfice du régime spécial de faveur, en ce qui concerne la circulation internationale des voitures automobiles. Cette demande ne sera toutefois prise en considération que si le Touring Club de Belgique se porte garant des permis de circulation. Avis en sera transmis au service des douanes belges lorsque la fédération hollandaise aura demandé à être inscrite parmi les sociétés bénéficiant du régime de faveur.
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- Récemment, une automobile se mit a la poursuite d’un ballon libre lancé par l’Union aéronautique allemande. Dans la nacelle se trouvaient! deux dames et deux hommes. Arrivé à une certaine hauteur, il fut entraîné dans la direction nord-est. Une automobile montée par M. Gallikerr et un officier s’engagea dans cette même direction à travers les rues de Berlin et finalement suivit le chemin de Freinwalde. Les grands bois entre Wriezen et Freinwalde contraignirent les automobilistes à faire un tel détour dans leur chasse au ballon, qu’ils ne réussirent pas à arriver à temps à l’endroit de l’atterrissage an nord-est de Wriezen. Si l’aérostat se déplaçait à la vitesse d’environ 30 km à l’heure. Cet exploit montre que pour le rattraper, une meilleure performance de l’automobile est nécessaire attendu que même par des ramifications de routes très favorables, des détours considérables sont inévitables.
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- Un jongleur d’un cirque allemand opère maintenant ses tours de force dans la piste tout en conduisant une automobile.
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- Le 30 septembre dernier on a célébré le troisième anniversaire de la fondation de l’Union Automobile du centre de l’Europe. C’est une date très importante dans les annales de l’automobi-
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- lisme allemand. U y a trois ans le chiffre des membres fondateurs était de 165, au commencement de l’année suivante, il atteignit 276. On sait par nos renseignements successifs à quel degré de prospérité il est actuellement parvenu.
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- La Mittel-Europaischer Motorwagen Yerein a tenu à Berlin son assemblée générale annuelle. Fondée en 1897, la Société compte actuellement 600 membres.
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- Une utile démonstration du peu de dangers que présentent les automobiles vient d’être faite à Hanovre, en présence des autorités gouvernementales et communales. Le chef de la police et plusieurs membres du conseil provincial se sont tour à tour fait véhiculer et ont été émerveillés.
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- La fabrique rhéane de moteurs à gaz Benz et Ce de Mannheim au capital de fondation de 3,000,000 de marcs (3,750,000 fr.) a clos au 30 avril dernier son premier exercice annuel d’exploitation en Société. Le bilan montre que les transactions ont porté sur 500 moteurs et 650 automobiles se montant au chiffre de 2,734,208 marcs (3,417,760 francs) en excès de 343,097 marcs (28,872 fr. 25), sur la précédente année. Le bénéfice net de 667,552 marcs (834,440 fr.) permet d’avoir payé les intérêts du capital et pourvu à la réserve nécessaire de distribuer un dividende de 10 0/0.
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- L’Union automobile de l’Europe centrale a tenu son assemblée générale annuelle à Dresde, le 30 septembre dernier. Sur environ 600 membres 38 seulement étaient présents. Par conséquent, les décisions qu’on pouvait y prendre sont frappées d’invalidité en vertu des stipulations des statuts. Les personnalités suivantes ont été nommées membres d’honneur : Von Rheinbaben, ministre de l’intérieur de Prusse; von Pischek, ministre de l’intérieur de Würtemberg; Amédée Bollée et G. Forestier (France).
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- Une nouvelle Société d’automobiles électriques A. Lehner, A. v. Dauber et Ce vient de se constituer à Vienne.
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- L’autre jour, dans une réunion électorale, un candidat anglais annonçait qu’il était venu avec son automobile. Un paysan, auditeur naïf, se leva et lui demanda : « L’avez-vous sur vous, M’sieur? » Succès de fou rire.
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- Il vient de se fonder en Angleterre une Société dite Cycle Engineers Institute, qui s’occupera de
- toutes les questions relatives aux véhicules mécaniques, et qui admettra comme membres tous les ingénieurs suffisamment qualifiés en la matière.
- Le Conseil municipal d’Edimbourg paraît disposé à recourir aux automobiles pour l’enlèvement des ordures. Avis aux constructeurs.
- Les commissaires du Parc dit Forest Park de la ville de Springfield, aux États-Unis, viennent de décider d’exclure les automobiles du parc en question pendant toute la fin de- l’unnée. Ils se fondent pour cela sur ce que des accidents ont été provoqués par les chauffeurs. Les allées du parc sont très étroites, et les autos y allaient beaucoup trop vite.
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- On sait qu’il vient de s’organiser récemment un club ou plutôt une association automobile à San Francisco. Le président de cette association, M. Rodgers, se prépare à partir pour l’Est en vue de visiter les divers clubs analogues, afin d’en étudier l’organisation et aussi d’examiner et de réunir les textes administratifs divers qui régissent là-bas la circulation des voitures mécaniques.
- Le Révérend G-arvin Tucker, qui demeure à Yunlong, Tambourine Moutain, près de Bris-bane, en Australie par conséquent, avertit les constructeurs qu’il y aurait un grand avenir pour les automobiles dans sa région, et que pour son compte il voudrait bien une voiture pouvant remplacer son attelage de deux chevaux et monter la colline de 600 mètres où il se trouve résider.
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- On affirme qu’il y aurait de nombreux amateurs pour des voitures automobiles (à poids lourd s’entend), pour transporter les cannes à sucre à Cuba entre les plantations et les usines de traitement : nous signalons la chose à nos constructeurs, bien que les monstrueux droits protecteurs des États-Unis nous ferment presque ce marché.
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- Deux habitants de Los Angeles, en Californie, désirant se rendre à une ville des environs, située à 70 milles environ, et où l’on ne peut aller d’ordinaire que par un service de diligences qui prend deux jours pour effectuer le trajet, se sont dit qu’ils auraient grand profit à prendre une automobile : ils s’en sont trouvés fort bien, puis qu’en 8 heures et 18 minutes ils ont mené à bien leur voyage.
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- La Toiture a vapeur R. de Montais.
- On remarque au Musée rétrospectif centennal de la classe 30, à l’Exposition universelle, une voiture à vapeur chauffée par des brûleurs à pétrole, inventée et construite, dès 1885, par M. Roger de Montais.
- Pour une voiture construite dès cette époque reculée, on peut, dire qu’elle ne manque ni de légèreté ni d’une certaine élégance; son fonctionnement est bon, et elle est munie de tous les organes réglementaires imposés aujourd’hui.
- La chaudière verticale, toute en cuivre rouge, timbrée à 7 k., est cylindrique et comporte
- 26 tubes bouilleurs verticaux de 0m,065 de diamètre sur 0m,40 de hauteur., Elle contient une quinzaine de litres d’eau.
- Sous la chaudière se meut, sur deux rails, un réchaud comportant également 26 brûleurs à huile de pétrole. On fait glisser ce réchaud sur les rails pour l’allumer, puis on le pousse sous la chaudière où chaque brûleur vient se présenter au-dessous de. chaque bouilleur. Un levier soulève le réchaud et tous les brûleurs viennent adhérer aux houilleurs.
- Le tirage s’établit alors comme dans un verre de lampe, le chauffage se fait par rayonnement et la pression monte à 7 k. en 15 minutes. On peut partir à 4.
- La vapeur, surchauffée par des serpentins qui
- La Voilure à vapeur R. de Montais.
- recueillent, à la partie supérieure de la chaudière, la chaleur perdue, se rend dans un moteur à deux cylindres, tout en bronze, du poids de 32 kg. et pouvant développer 2 chevaux.
- L’alésage des cylindres est de 0m,060 et la course des pistons de 0m,090. Deux pompes montées sur excentriques assurent l’alimentation en eau chaude surchauffée à 85° par la vapeur d’échappement, laquelle se condense en partie.
- Un pignon monté sur le prolongement du vil-hrequin transmet le mouvement par une chaîne au différentiel monté entre le ressort et la roue' de gauche.
- Deux freins, dont l’un au pied, l’autre à la main, agissent énergiquement sur les bandages des roues, qui sont métalliques, et sur la périphérie du différentiel.
- Le poids de la voiture en ordre de marche est de 375 kg. La vitesse normale est de 20 à 25 kilomètres en palier. Un changement de vitesse permet de monter à raison de 8 à 10 km. à l’heure des rampes de 10 0 0.
- Le réservoir d’eau de 70 litres, placé sous le siège, assure plus de deux heures de marche; le réservoir de pétrole, masqué dans le dossier, contient 17 litres ou 10 heures de chauffage.
- La chaudière est à l’avant, permettant à l’amateur de surveiller constamment le manomètre, le niveau d’eau, et de manœuvrer ses robinets de jauge. Les soupapes de sûreté sont à l’avant de la chaudière.
- La chaudière, le moteur et tous les organes sont suspendus. Le moteur est placé dans le coffre dont la porte, s’ouvrant à l’arrière, permet
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- la surveillance et le démontage de tons les organes mécaniques et de l’alimentation.
- Tout le cadre est suspendu, à l’arrière par des ressorts ordinaires, à l’avant au moyen d’un ressort monté transversalement sur un ingénieux système de boggie articulé, supporté par la roue avanf.
- Cette dernière se meut avec précision, aisance et solidité, dans deux secteurs de manœuvre, taillés à queue d’aronde et montés à colliers brasés sur les brancards du boggie.
- Le centre de gravité a été calculé de telle façon que le poids porte principalement sur les roues arrière, et la stabilité est parfaite.
- La direction se fait par une poignée placée à portée de la main droite; les manettes d’alimentation, changement de vitesse et vapeur sont à portée de la main gauche en avant et au-dessous du coussin.
- Les roues en bois d’hickory et à rayons divergents sur les moyeux sont d’une souplesse remarquable qui a permis la suppression des bandages en caoutchouc.
- Cette voiture qui fonctionne encore comme il y a quinze ans a fait un voyage dans les départements en 1886 sans le moindre accroc, et a pris part à la course Paris-Rouen en 1894, où elle a remporté une médaille de vermeil.
- Il nous a paru intéressant de présenter à nos lecteurs ce modèle très complet, établi à force de persévérance dans un temps où il fallait construire soi-même toutes les pièces, et de constater que M. Roger de Montais a été un de premiers à faire des voitures à vapeur, avec de Dion et Serpollet. Il va s’occuper de nouveau de construction d’automobiles et nous aurons sans doute bientôt le plaisir de pouvoir comparer ses voitures de 1901 à celles de 1885.
- LE MOTEUR YALE
- Nous donnons plusieurs gravures du moteur yale qui est lancé par la Compagnie américaine dite Denison electrical engineering G7. En premier, on voit une vue perspective avec le volant enlevé, les ouvertures des soupapes étant indiquées par des pointillés; en deuxième est une vue transversale prise de l’arrière, et en troisième une vue prise latérale.
- .Dans la figure 1, le réservoir de gazoline est en premier muni du dispositif d’inflammation 2 et du robinet 3 ; la gazoline est élevée par la pompe 4 commandée par l’excentrique 5 qui est calé sur l’arbre 6, suivant une disposition assez originale que nous recommandons : l’essence passe par les tuyaux 7 et par la soupape 8, dans le réceptacle 9 et elle est maintenue dens celui-ci à un niveau constant par la décharge 0. De ce réceptacle elle est attirée par la soupape 11 sous l’influence de l’aspiration du moteur en se mêlant à l’air qui entre par l’ouverture 12, un nouvel afflux d’air se faisant par 13. Elle passe
- ensuite par le tuyau 14 et par l’ouverture de la soupape 15 à l’intérieur de la boîte des manivelles 16. Le tube 17 sert de jonction avec le réservoir d’eau de refroidissement, l’eau circulant sous l’action de la pompe 18, commandée, -elle aussi,
- par l’excentrique 5. En 20 se trouve le tuyau de décharge de l’eau en excès.
- Nous indiquons en quelques mots seulement la batterie 21, le commutateur 22 et la bobine donnant les étincelles' 23, le tout étant représenté schématiquement sur la figure.
- Si nous nous reportons aux dessins 2 et 3, nous voyons monté sur l’arbre des manivelles le disque 24, qui cependant est disposé pour tournei avec l’arbre, grâce à la goupille 25 qui se fixe dans le contre-poids 26. Ce disque fait l’objet d’un brevet tout spécial et on le désigne sous le
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- nom de plaque de soupape rotative. Si on examine particulièrement la figure 2 on verra que l’ouverture de la soupape 15 est découverte par le disque 24, juste au moment où le piston commence sa course de compression, en tendant à créer un vide dans la boîte parfaitement étanche des manivelles. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que cela attire le mélange explosif dans cette enveloppe, puis à l’instant où la course de compression est terminée, le disque 24 couvre l’ouverture 15 et le mouvement en avant du piston comprime le mélange explosif dans l’enveloppe des manivelles.
- Le disque 24 commande également l’ouverture de la soupape 27 dans l'enveloppe 16, ouverture qui conduit au tuyau 28 qui se termine lui-même par l’ouverture 29 dans la chambre d’explosion 30. Le piston découvre 29 précisément au moment où le disque 24 découvre de son côté 27, et le mélange explosif, qui se trouvait déjà sous compression dans la chambre des manivelles, à l’instant où se termine la course d’explosion du piston passe par l’ouverture 27, le tuyau 28, puis 29, il entre dans la chambre d’explosion mais il est empêché par la petite cloison écran 31 de passer directement vers la soupape d’échappement 32; en fait, le nouveau mélange explosif se précipite vers la tête du cylindre de combustion.
- Quand le piston recommence sa marche vers le haut, il ferme les ouvertures 29 et 32 et la charge se trouve comprimée.
- Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que dans nos figures les manivelles sont numérotées 33, la tige du piston 34, le piston 35, et la tige d’inflammation 36. C’est l’excentrique 5 qui commande encore le dispositif de rupture de courant qui assure l’inflammation (non montré dans les dessins).
- Les détails que nous venons de donner montrent que ce type de moteur est fort original dans les moteurs à un seul cylindre, l’alésage est de 121 millimètres pour une course de 152; la puissance est de 3 chevaux 1/2; quand on recourt à des cylindres doubles, on les fait généralement dans les mêmes proportions. Nous dirons, en outre, d’une façon générale, que les constructeurs tiennent à ne pas faire marcher ces moteurs à une vitesse de plus de 500 tours par minute.
- Daniel Bellet.
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- La station (Tantomoles Oleetrips
- DE NEWPORT
- La New England Electrical vehicle transportation C° avait installé l’an dernier, à Newport, aux Etats-Unis, une station d’automobiles électriques dans le but de louer aux amateurs des véhicules avec ou sans conducteur. A notre connaissance, c’est la première tentative de ce genre et l’exécution a eu à résoudre des problèmes
- essentiellement nouveaux que n’éclairait pas une expérience acquise.
- La station installée pour la durée de la belle saison avait été établie dans d’anciennes remises et écuries, elle a fourni un service régulier pendant tout l’été. Elle était alimentée par l’usine centrale d’éclairage de la ville. Nos lecteurs trouveront assurément quelque intérêt aux renseignements que nous en donne M. Spencer G. Crâne dans YElectrical World et que nous condenserons le plus possible.
- Chacune des automobiles portait à l’arrière sa batterie d’accumulateurs répartie en quatre caisses. Le chargement s’opérait au moyen de cordons souples terminés par des fiches. Ces cordons conducteurs du courant se mouvaient sur des galets fixés au plafond de la remise, et lorsqu’ils n’étaient pas utilisés, des contrepoids les ramenaient automatiquement le long du mur vertical soulevant les fiches au-dessus du passage réservé aux employés. Les fiches étaient de grosseurs différentes afin d’éviter toute erreur de connexions.
- Le nombre des automobiles, de types variés, à la disposition des amateurs, fut progressivement porté à vingt. Elles étaient constamment louées à l’avance, et à un certain moment, il y eut jusqu’à trente personnes inscrites attendant leur tour.
- Ces conditions d’exploitation firent naître l’impossibilité de s’occuper de l’entretien des voitures pendant le temps de la journée seulement, et l’on dut adopter, pour ce travail, un ordre méthodique. Après quelque tâtonnement, on s’en tint à la marche suivante :
- 1° Lorsque la voiture rentre à la station, pour la nuit, on la lave immédiatement;
- 2° Son conducteur l’essuie à l’éponge, puis à la peau de chamois;
- 3° La voiture est ensuite conduite dans la remise pour y être inspectée et rechargée ;
- 4° Avant de procéder au rechargement de la batterie, on soulève l’essieu d’arrière, on enlève les deux roues, puis on vérifie le jeu des billes et des cônes et l’on graisse avant de rencontrer les roues ;
- 5° On examine et on nettoie le commutateur du moteur et les balais;
- 6° On inspecte et on graisse tous les paliers ;
- 7° On fait tourner les roues à vide et on vérifie si la consommation d’énergie est normale ;
- 8° On essaie le frein pour constater si les deux roues s’arrêtent simultanément;
- 9° On examine le timbre avertisseur et les lanternes ;
- 10° On laisse alors reposer les roues d’arrière sur le sol et l’on insère les fiches de chargement de la batterie ;
- 11° On essaie et on inspecte le mécanisme de direction ;
- 12° Lorsque la charge est terminée, on place sur la voiture, bien en évidence, un écriteau portant le mot « charged » (chargé);
- 13° Le matin, on gonfle les pneumatiques pendant que la voiture est encore dans la remise ;
- 14° On fait évoluer la voiture dans la cour pour essayer les freins ;
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- 15° On retourne l’écriteau-« charged » pour faire apparaître celui de « ready » (prêt).
- Le plus grand nombre des voitures sortait vers neuf heures du matin et rentrait vers dix heures du soir. Les automobiles quittant en file la station se rendaient, dans toutes les directions, au domicile de ceux qui les avaient louées. Derrière cette file, suivait un omnibus qui, passant au voisinage des points où avaient été amenés les divers véhicules, ramenait le conducteur. Ceux-ci avaient, d’ailleurs, reçu l’ordre de se porter à des endroits prédéterminés de façon à diminuer le parcours de l’omnibus qui retourne à la station avec les conducteurs qui se trouvaient prêts pour une nouvelle sortie. Ordinairement, la file se composait de sept automobiles, parfois d’une dizaine.
- La rentrée des voitures, à grande vitesse, dans la cour de la station fut le sujet de difficultés sérieuses. Une vitesse exagérée pouvait, en effet, provoquer de graves accidents, à cause de la disposition des lieux.
- On résolut d’essayer un système de signaux comportant^ l’emploi d’une lampe à feu rouge et d’une autre à feu blanc commandée par un commutateur installé à l’endroit du lavage des véhicules.
- On utilisait ces signaux de la façon suivante :
- Chaque automobile, aux approches de la cour, faisait retentir son timbre avertisseur et s’arrêtait, attendant comme réponse, le signal fourni par l’une ou l’autre lampe. Ce signal pas réponse avait pour but d’éviter les accidents qui auraient pu survenir si l’on avait oublieusement laissé la lampe blanche allumée, pendant qu’une voiture était à la place du lavage.
- Les signaux signifiaient : rouge, arrêt complet; rouge, puis blanc, entrée à petite vitesse; blanc, passage libre.
- De l’accroissement des voitures, il résulte une dépense équivalente à 12 francs par jour, soit 4380 francs par an, du chef du gonflement à la main des pneumatiques. On trouva avantage à installer un compresseur d’air actionné par un moteur électrique qui emmagasine l’air comprimé dans un réservoir à la pression de 9 kilogrammes par centimètre carré.
- Pour se rendre compte de l’importance des frais de réparations, on se servit de feuilles journalières portant la date du jour, le type et le numéro de la voiture, indiquant la partie à réparer, le travail effectué, les matériaux employés et, autant que possible, la cause de la détérioration et l’état de la pièce avant quelle fut séparée. Au dos de la feuille, les ouvriers qui avaient travaillé à la réparation inscrivaient leur nom en notant, d’une part, l’heure à laquelle ils avaient commencé leur travail et, d’autre part, l’heure de la fin.
- Le taux du salaire à l’heure étant connu, on en déduisait les frais de main-d’œuvre; on avait également le prix des matières employées.
- Chaque jour, ces feuilles étaient rassemblées et le prix total de chaque réparation était enregistré. Ces chiffres permettaient de tracer les courbes de prix de revient des pièces et de com-
- parer les dépenses affectant la même pièce dans les différents types d’automobiles.
- Pendant tout l’été, et malgré les surcharges continuelles et extraordinaires auxquelles furent soumis les moteurs, il n’y eut aucun accident ayant causé la perte soit d’un induit, soit d’un inducteur, soit du collecteur. Plus d’une fois la voiture de secours fut réclamée par des clients restés en panne parce qu’ils avaient négligé de remettre en place la clef de sûreté qu’ils avaient antérieurement enlevée.
- Les registres tenus et les courbes dressées par la « New England electrical vehicle transportation C° » recèlent assurément des documents constituant un très haut enseignement pratique. Si, quelque jour, nous avions l’heureuse chance de nous les procurer, nous nous imposerons l’obligation de les analyser.
- Emile Dieudonné.
- Ii’EpliDrage des moteurs à pétrole
- A GRANDE VITESSE (Suite et fin) (1).
- 3° Réactions des efforts moteurs et résistants.
- L'effort des pistons tendant à faire tourner l’arbre dans un sens, il en résulte une réaction qui tend à faire tourner l’ensemble du moteur en sens inverse autour de l’axe de l’arbre.
- Si le moment de l’effort moteur par rapport au centre de la manivelle était constant, le moment de la réaction le serait aussi, et il ne se produirait pas de trépidation. Mais il n’en est pas ainsi, le moment moteur varie considérablement. Les
- Fig. 21.
- réactions n’ont pas seulement lieu pendant les courses du piston correspondant aux explosions, mais à chaque course, puisqu’on a vu précédemment, dans l’étude des forces d’inertie, qu’à chaque instant les pièces animées d’un mouvement alternatif transmettaient à la manivelle un effort, soit dans un sens, soit dans l’autre.
- Les réactions variant en grandeur et direction tendent à produire l’oscillation du moteur autour de l’axe de l’arbre.
- Soit (fig. 21) F l’effort transmis par le piston à
- (1) Voir les numéros précédents.
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- la manivelle. Cet effort, dans la position de lu figure, est égal à la pression des gaz sur le piston, diminuée de la force d’inertie.
- Cette force peut être remplacée par ses deux composantes F' et FR dont les moments par rapport à l’axe o sont égaux, leur résultante passant par ce point. La composante F' tend à accélérer le mouvement de rotation de l’arbre, du volant et des mécanismes résistants ; la composante IR tend à faire tourner le moteur en sens inverse de l’arbre. Comme en général la vitesse de rotation et la masse du volant sont considérables, la majeure partie de la force F' est absorbée par l’accélération de celui-ci, et la variation de l’effort résistant F2 est peu considérable. L’influence de cette dernière force, dans le cas d’un automobile, peut être négligée pratiquement, étant donné surtout que l’ensemble des transmissions entre le moteur et la résistance, laquelle est l’effort au point de tangence des roues et du sol, est toujours relativement élastique, grâce aux déformations passagères des supports.
- Si donc on néglige la variation de cette force, il suffira, pour équilibrer la réaction des efforts moteurs, d’avoir un autre arbre tournant efHsens inverse du premier, et solidaire de celui-ci.
- C’est cette considération qui a conduit à la
- Fig. 22.
- conception du moteur à deux arbres (fig. 8 et 22) tournant en sens inverse, avec une vitesse angulaire égale en valeur absolue, soit que les deux volants engrènent directement entre eux, soit qu’ils soient rendus solidaires dans leur mouvement de rotation par une transmission appropriée.
- La résultante R des forces d’inertie F, F' est équilibrée par celle R< des forces F.,, F',,.
- Résumé.
- En résumé, pour qu’un moteur soit équilibréà tous les points de vue, ses dispositions doivent satisfaire aux conditions suivantes :
- 1° La résultante des forces centrifuges dues aux pièces animées d’un mouvement curviligne doit être nulle, c’est-à-dire que si le centre de gravité d’une masse ou d’un ensemble de masses M décrit une circonférence de rayon R avec une vitesse Y, il doit exister une autre masse M’, diamétralement opposée, décrivant une circonférence de rayon R' avec une vitesse Y telle que l’on ait :
- T1 M V2 M'Y'2
- ' “ir w~
- ou Mw2R = M'av2R'
- , -, ,. MR'
- c est-a-dire : r—, = —.
- M' R
- 2° La résistance des forces d’inertie doit être nulle, c’est-à-dire qu’à un ensemble de masses M, animé d’un mouvement rectiligne avec une accélération R on doit opposer directement une masse M'^ animée d’une accélération j\, en sens inverse et telle que :
- M ij) =M \j\
- d’où
- Mi_Rj
- 3° Que l’effort moteur soit transmis a deux arbres tournant en sens inverse avec des vitesses égales.
- Je terminerai cet article en indiquant un moyen pratique de se rendre compte de l’équilibrage d’un moteur. Il consiste à coller une feuille de papier sur le volant du moteur, ce dernier étant placé sur un socle élastique, et à appuyer sur cette feuille la pointe d’un crayon c, maintenu fixe sur un support isolé du moteur et de son socle.
- Fig. 23.
- L’étude de la courbe obtenue pendant la rotation du moteur (fig. 23) permet d’arriver à déterminer par tâtonnements la valeur des contrepoids ou des masses nécessaires à la compensation des forces perturbatrices.
- Il est nécessaire de tracer deux courbes, le crayon étant dans deux positions rectangulaires
- G. Favron.
- UNE RÉCLAMATION DE PRIORITÉ
- M. le docteur A. Peyronnet de Lafonvieilli, de Marmande (Lot-et-Garonne), revendique la priorité pour l’invention de l’embrayage que, nous avons décrit dans notre dernier numéro, sous le titre d’ « Embrayage Janscn ». Un appareil identique a été, nous écrit-il, breveté par lui, le 30 janvier 1892. M. le docteur A. Peyronnet de Lafonvieilli nous adresse le texte et les dessins de ses appareils et sa réclamation nous semble fondée. Rendons-lui donc la justice qui lui est due.
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- Carrosserie fl’un due électrique B. S. G.
- La voiture que représente ce dessin a figuré à l’exposition qui s’est tenue l’année dernière aux Tuileries. Le succès qu’elle obtint détermina ses fabricants à en exposer cette année encore une autre du même modèle.
- Elle a été construite par la Société des voitures électriques et accumulateurs B. G. S., avec la collaboration de M. A. Renault, qui s’est fait une spécialité de la carrosserie automobile.
- Tout le monde connaît les avantages de la voiture à moteur électrique sur la voiture à moteur à pétrole ou à vapeur. Le fonctionnement du moteur ne donne lieu à aucune trépi-
- dation, aucune odeur, aucun bruit. La mise en marche est instantanée, permettant un départ immédiat, sans préparatifs d’aucune sorte. Enfin, si l’on considère la manœuvre, le dispositif adopté comporte un volant unique donnant à lui seul pour une rotation de 300 degrés environ, le démarrage et six vitesses avant le freinage électrique, plus puissant que le freinage mécanique et deux crans de freinage arrière et enfin la marche arrière avec deux vitesses.
- Ces avantages que nous venons d’énumérer sont communs à la plupart des voitures électriques. Mais les automobiles B. G. S. en comportent de particuliers qui sont des plus appréciables. C’est ainsi que le poids des batteries nécessaire à une voiture en pleine charge pour parcourir 80 kilomètres en ville n’est que de
- Carrosserie d’un duc électrique B. G. S.
- 250 kilos par tonne. En outre MM. Bouquet, Garcin, et Schivre démontrent que l’automobile électrique est notablement moins onéreuse que l’automobile à pétrole, le prix du kilomètre ressortant à 0 fr. 07, au prix de 0 fr. 40, le- kilowattheure, ce qui est un maximum à Paris.
- En examinant notre dessin, on voit que les accumulateurs sont répartis sur chaque train dans des coffres ménagés sous les banquettes. C’est la meilleure disposition que l’on puisse donner à l’égard de la résistance au roulement.
- La garniture et la peinture de cette voiture peuvent être traitées de la même manière que celle des plus belles voitures de luxe étant donné qu’avec un moteur électrique il n’y a pas à redouter les taches de graisse,ou autre malpropreté qu’il est difficile d’éviter avec les moteurs à pétrole.
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Bois-sière, à Paris.
- —--------♦-------—'A' • !.
- LES VOITURES GlLLET-F0REST
- Les automobiles Gillet-Forest dont nous avons donné la description dans notre dernier numéro se fabriquent 23, quai du Président-Carnot, à Saint-Cloud-,
- -------.—-—♦-------------
- COURSES
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- Le critérium de l’alcool.
- La pluie, qui tombait avec beaucoup trop d’acharnement, ayant fait trêve en l’honneur du Vélo, le critérium de l’alcool s’est disputé, dimanche dernier, par un beau soleil. On a même eu la présence d’un ministre : M. Jean Dupuy, que le critérium intéressait parce qu’il a le portefeuille de l’agriculture, et que la course intéressait encore plus parce que c’est, ainsi que son fils, un chauffeur pratiquant. Le ministre a été
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- reçu par Pierre Giffard qui a lancé le critérium de l’alcool et à qui revient tout l’honneur de sa belle réussite. Cette réception a empêché Giffard de s’occuper lui-même d’organiser le départ, opération toujours délicate si l’on veut éviter le désordre et ne mécontenter personne, et tout le monde a regretté son absence.
- Le départ a commencé à 8 h. 7 m. et a été donné successivement aux cinquante et un concurrents, de minute en minute, en présence d’une nombreuse assistance, par Riguelle qui s’est admirablement bien acquitté de ses fonctions de starter.
- L’arrivée s’est faite à Rouen, en face de l’église Saint-Paul. Giraud est arrivé premier, ayant fait le parcours en 2 h. 15 m., bien qu’ayant dû ralentir à partir de Vaudreuil. C’est un joli temps qui bat le record sur la même route. A Rouen, les concurrents, les commissaires et les membres du Moto-Club ont fêté le critérium par un joyeux banquet à l’hôtel d’Angleterre. Léon Serpollet a fait un très joli discours, très applaudi, et Pierre Giffard a improvisé, avec sa verve habituelle, une charmante allocution qui a obtenu le plus vif succès.
- Tous les convives sont revenus à Paris, enchantés de leur journée, et tous convaincus que ce critérium de l’alcool marquera certainement dans les annales de l’automobile.
- Les résultats officiels de la course ne sont pas encore connus à l’heure où nous mettons sous presse.
- X
- Course de côte de Chanteloup.
- (4 NOVEMBRE 1900).
- Voici la liste des engagements parvenus au Moto-Club de France, pour la course de côte de Chanteloup :
- Voitures au-dessus de 400 kilos transportant 4 personnes.
- 1. Maison Parisienne.
- 2. Gaillardet (12 chevaux).
- 3. Gaillardet (6 chevaux).
- 4. Gassier.
- 5. Poittevin.
- Voitures au-dessus de 400 kilos transportant 6 personnes.
- 1. Gaillardet (25 chevaux).
- Voitures au-dessous de 400 kilos transportant 2 personnes.
- 1. Société des Téléphones (6 chevaux).
- 2. Société des Téléphones (6 chevaux).
- 3. Darracq.
- h. Eole (M. Yan Berendonck).
- 5. Itasse.
- Voitures au-dessous de 400 kilos transportant 4 personnes.
- 1. Darracq.
- 2. Darracq.
- X
- La course à, l’etesence.
- (8 NOVEMBRE 1900).
- Il a été décidé que l’alcool pourra être employé pour cette course qui est forcée dé changer de
- nom et s’appellera désormais la course à la consommation.
- Rappelons que les véhicules sont distribuées ainsi en séries :
- A. Grosses voitures, plus de 1,000 kil.
- B. Voitures de 700 à 1,000 kil.
- C. Petites voitures de 400 à 700 kil.
- D. Yoiturettes de 250 à 400 kil.
- E. Petites voiturettes de 0 à 250 kil.
- F. Motocycles à plusieurs places.
- Voici la liste des engagements reçus à ce jour :
- 1. Daniel Augé, petite voiture (400-700).
- 2. Corre, petite voiturette (jusqu’à 250).
- 3. Corre, voiturette (250-400).
- 4. Barras, quadricycle.
- 5. Georges Bichard; ''oiturette (250-400).
- 6. Clément.
- 7. Clément.
- 8. Clément.
- 9. Clément.
- 10. Clément.
- 11. A. Quérey, voiturette (250-400).
- 12. Gladiator, voiturette.
- 13. Gladiator.
- 14- Maison Parisienne, petite voiture (400-700).
- 15. Maison Parisienne, grosse voiture (1,200 kilos).
- 16. V. Mathieu, petite voilure (400-700).
- 17. Gillest-Forest et C*, petite voiture (400-700).
- 18. Gillest-Forest et C°. petite voiture (400-700).
- 19. J. Saint-Denis, tricycle.
- 20. Victor Mathieu, petite voiture (400-700).
- 21. Gaston-Vinet, voiturette (250-400).
- 22. Schmid. petite voiture (400-700).
- 23. Vinot et Deguinguand, petite voiture (400-700).
- 24. De Dion-Bouton, voiturette (250-400).
- 25. De Dion-Bouton, —
- 26. De Dion-Bouton, —
- 27. De Dion-Bouton, —
- 28. De Dion-Bouton, —
- Les engagements sont reçus à VAuto-Vélo, 10, rue du Faubourg-Montmartre, jusqu’au 5 novembre à minuit. Y joindre le nom d’un commissaire, la désignation du véhicule et le nombre des places.
- X
- Course de côte de Gaillon.
- (11 NOVEMBRE 1900).
- Voici la liste des engagements parvenus au Moto-Glub de France pour la course de côte de Gaillon :
- Voitures au-dessus de 400 kilos transportant 4 personnes.
- 1. Maison Parisienne.
- Voitures au-dessous de 400 kilos transportant 2 personnes.
- 1. Eole (M. Yan Berendonck).
- 2. Itasse.
- 3. Darracq.
- Voitures au-dessous de 400 kilos transporlant 4 personnes.
- 1. Darracq.
- 2. Darracq.
- X
- La commission sportive de l’Automobile-Glub a commencé à préparer les épreuves de la saison,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Dans sa dernière séance, à laquelle assistaient : MM. Gondoin, Sardou, Clérissy, Fernandez, le docteur Pilatte, Jellineck, Laumaillé, Lacour, G-aribaldi et le comte de Courcelles, elle s’est occupée de la Coupe provinciale.
- Cette Coupe, créée par la Fédération des Clubs Automobiles du Sud-Est, a été disputée en mai dernier à Salon et est détenue par M. Paul Chau-chard.
- Etant donnés les incidents qui survinrent à la suite de la mauvaise interprétation de l’article 7 du règlement, la commission décide de soumettre à la Fédération les modifications suivantes :
- Article 7. — Les voitures doivent être conduites par des membres des clubs concurrents faisant partie du club depuis un an et habitant dans le département depuis six mois au moins avant le 1er janvier de l’année où le défi est lancé. Lorsqu’il y a deux ou plusieurs clubs dans le même département, les voitures ne pourront être conduites que par des membres domiciliés dans l’arrondissement où le club dont ils défendent les couleurs a son siège social.
- Article 8. — Toute réclamation devra être remise par écrit une heure après la fermeture du contrôle d’arrivée. La Commission statuera immédiatement.
- L’article 9 laissait au détenteur de la Coupe le choix du parcours, la Commission sportive a décidé de proposer le même que celui de mai dernier : Salon, Aix, Orgon, Tarascon, Arles et Salon.
- L’article 11 est également modifié : et les départs seront donnés à une minute d’intervalle, au lieu de 30 secondes.
- X
- La course Paris-Berlin.
- C’est enfin chose décidée, la course Paris-Berlin se fera l’année prochaine à fin mai ou au commencement de juin et cette randonnée automobile sur ces 1200 kilomètres de route comptera certainement dans les annales de notre sport.
- 50,000 francs de prix sont déjà assurés. Quant à l’itinéraire, il n’est pas encore définitif. On passera sans doute par Liège, Cologne, Hanovre et Magdebourg.
- L’Automobile-Club d’Allemagne prêtera à l’Au-tomobile-Club de France un précieux concours pour l’organisation de cette belle épreuve et nous aurons peut-être, malheureusement, la singulière antithèse du gouvernement français faisant dresser aux concurrents des procès-verbaux à leur départ, pour excès de vitesse, tandis que l’empereur Guillaume ira, dans son automobile, les attendre et les féliciter au contrôle d’arrivée.
- X
- Notre confrère Paul Rousseau est nommé chronométreur olïiciel de l’Automobile-Club de France.
- X
- Sur la demande du Moto-Club de France, la Commission sportive de l’Automobile-Club de
- France reconnaît les courses de Chanteloup et de Gaillon, organisées, les 4 et 11 novembre, par le Moto-Club, sous les règlements de l’Automobile-Club de France. Les commissaires désignés et acceptés sont : MM. Archdeacon, Boureau et Paul Rousseau.
- X
- Rigal s est attaqué, le 24 octobre, sur la piste du Parc des Princes, aux records à motocycles.
- Il n’a pu battre que ceux Voici ses temps :
- Kil. Records.
- 3 2 m. 35 s. 2/5
- 4 3 m. 24 s. 4/5
- 5 4 m. 13 s.
- 6 5 m. 4 s. 1/5
- 7 5 m. 48 s. 2/5
- 8 6 m. 33 s. 4/5
- 9 7 m. 19 s. 4/5
- 10 8 m. 17 s.
- 11 9 m.
- 12 9 m. 47 s. 2/5
- 13 10 m. 35 s. 4/5
- 14 11 m 25 s. 2/5
- du 3e au 14e kilomètre.
- Ane temps.
- 2 m. 40 s. 1/5
- 3 m. 28 s. 3/5
- 4 m. 16 s. 1/5
- 5 m. 34 s.
- 5 rn. 51 s.
- 6 m. 38 s, 4/5
- 7 m. 26 s. 2/5
- 8 m. 14 S. 2/5
- 9 m. 2 s.
- 9 m. 50 s.
- 10 m. 38 s. 1/5
- 11 m. 26 S. 4/5
- Vers le 10e kilomètre, un tour a été fait en 30 s. 2;5.
- Le lendemain, Demester, malgré un accident de pneumatique, a battu pas mal de records compris entre le 30e et le 100e kilomètre, faisant 71 kilomètres 275 mètres dans l’heure. Voici ses
- temps : Demester. Temps précédents.
- 30 kil. 24 m. 54 s. 3/5 24 m. 59 s. »/»
- 40 — 33 m. 20 S. »/» 34 m. 45 s. 1/5
- 50 — 41 m. 43 s. 1/5 43 m. 23 s. »/»
- 60 — 50 m. 7 s. 4/5 51 m. 51 s. 3/5
- 70 — 58 m. 44 s. 1/5 1 h. » m. 32 s. »/»
- 71 — 59 m. 43 s. 4/5. 1 11. 1 m. 23 s. 2/5
- (Du 72° au 90° kilomètre, les records restent à Reconnais.)
- 90 kil. 1 h. 19 m. 1 s. 3/5 1 h. 20 m. 51 s. 3/5 100 — 1 11. 27 m. 44 s. 2/5 1 h. 30 m. 49 s. 1/5
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- La course d’automobiles Dresde-Leipzig, organisée par les directeurs de l’Exposition de Leipzig, a été disputée le 19 octobre, avec un plein succès,
- M. de Molitor, secrétaire général de l’Exposition, donnait les départs.
- L’industrie française y a joué un rôle des plus brillants. Voici, en effet, les résultats des quatre catégories :
- Classe 1 : Motocycles et tricycles d'un poids allant jusqu’à 250 kilogrammes:
- Cudell et Lic, Aix-la-Chapelle (tricycle), 2 h. 59 m. 27 s.
- Reinhold Munkwitz, Dresde (bicycle), 3 h. 50 m. 47 s.
- Cudell et C*°, Aix-la-Chapelle (tricycle), 4 li. 26 m. 5 s.
- Classe 2 : Voiturettes d’un poids de 400 kilogrammes avec deux personnes :
- Fritz Kirchkeim, Eisenach, 2 h. 47 m. 30 s.
- Hugo Meyer, Berlin, 3 h. 6 m. 15 s.
- A. Mathis, Mederbronn, 3 h. 46 m. 32 s.
- Ernest Hammler, Eisenach, 4 h. 10 m. 32 s.
- Dr Alfred Sternberg, Berlin, 4 h. 37 m. 45 s.
- Kuno Barthelmy, Eisenach, 4 h. 47 m. 35 s.
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- Classe 3 : Voilures de touristes d'un poids excédant 400 kilogrammes et transportant a u moins quatre personnes :
- Sehaller, Berlin, 3 h. 0 m. 46 s.
- Lorenz Popp, Bâle, 3 h. 54 m. 37 s.
- D1' A. Isbert, Francfort-sur-le-Mein, 5 li. 6 m. 42 s.
- Classe 4 : Poids lourds de tous genres :
- De Dietrich et Cie, Mederbronn 58 ni. 15 s.
- Riebeck et Cie, Leipzig, 1 h. 28 m. 42 s.
- Fabrique d’automobiles d'Eisenach, 1 h. 31 m. 25 s.
- Henri Sc-heele, Cologne, 1 li. 57 m. 47 s.
- Fabrique d’accumulateurs saxonne, Dresde, 2 h. 8 m. 57 s.
- Rappelons que le parcours était de 105 kilomètres pour la course et de 25 kilomètres pour le concours de poids lourds.
- Le prix de 300 marks, offert par la ville de Leipzig, a été décerné à Kirchheim, vainqueur de la catégorie voiturettes.
- X
- Sous peu de jours, les dirigeants de l’Automo-bile-Glub d’Italie (Turin), le député comte Robert Biscaretti di Ruffia, l’avocat César Gatti-Goria, le comte Emmanuel Gacherano di Bricherasio et le cavalier Jean Agnelli commenceront les études préliminaires pour l’organisation du tour d’Italie dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. -------------------------------------
- A TRAVERS LA PRESSE
- L’Auto-Vélo publie une très jolie pièce de vers de Gaëtan de Meaulne. Gela s’appelle « les Mains sales » et c’est très amusant :
- La carburation était pénible et lente;
- Le moteur haletait. — On roulait sur la pente;
- Un pneu venait de rendre l’âme, doucement,
- Des bruits fâcheux sortaient du pot d’échappement. L’homme, inquiet, courbé sur la bête infernale L’éperonnait, la soulevait à la pédale,
- Se démenait comme un forcené, dans l’espoir D’atteindre la cité lointaine avant le soir,
- Car le ciel était sombre et la route déserte.
- Mais l’homme mouillait sa chemise en pure perte, * L’horrible panne, aux yeux verdâtres, était là...
- La pluie, avec fureur, brusquement déferla, Changeant le blanc chemin en noir fleuve de boue. Ce fut définitif! — L’homme fit une moue De désespoir; mit pied à terre; et trop crûment, Certes, injuria d’abord son instrument,
- La pauvre mécanique immobile et stoïque Qui semblait implorer de lui l’Acte héroïque,
- Le noble geste de la Réparation!...
- Et l’homme, anéanti devant sa Passion,
- Dans la campagne solitaire et monotone,
- Se sentit tout petit, comme un enfant sans bonne.,.
- Bien qu’il eût, sous Forage, un peu changé d’aspect, C’était un gentleman absolument correct,
- Les pieds dans des vernis, les mains dans des gants
- [paille.
- (Jadis, on allait en dentelle à la bataille!...)
- L’homme de tous les sports crut entendre les voix De ses oncles, les gens de guerre d’autrefois :
- « Courage, beau neveu! Soyons gais! » — L’énergie Lui revient : « Cela doit tenir à la bougie! »
- Dit-il. « Il faut aussi voir le trembleur, c’est clair! » « Mais d’abord, je m’en vais changer la chambre à air ! » L’homme enlève ses gants. — A genoux dans la boue, 11 démonte, il répare, il regonfle sa roue.
- 11 pompe, il sue! — Il a le calme d’un ccdur pur.
- La valve est bien étanche, et le pneu reste dur,
- O joie ! — fl est surpris et fier de son ouvrage ; Allume un cigare et jouit du paysage !
- La bougie est splendide et le fil est intact.
- Il règle son trembleur avec beaucoup de tact;
- Et, raffiné jusqu’à vérifier sa pile,
- Il remonte, content de lui, la. chair tranquille.
- Alors!... le col frippé, les mains noires, vainqueur! Crotté des pieds à la tète, mais chaud au cœur, Penché sur son guidon comme au-dessus d’un gouffre, Laissant dans son sillage une âpre odeur de soufre,
- Il bondit, il s’échappe, il fuit éperdument,
- Avalanche! Bolide! — Oh! lois du mouvement! Egrenant, vers des horizons géographiques,
- Le long chapelet des bornes kilométriques...
- Et quand il arriva, — car il faut arriver
- Hélas ! Tout vient au temps marqué, mort, terme,
- [hiver !
- L’homme chic, dégouttant, vanné, sentit son âme Brûlante désormais d’une nouvelle flamme.
- Ce serait trop long d’entrer dans tous les détails... Fier de ce qu’il prenait pour des épouvantails,
- Mûri par des expériences colossales,
- Le chauffeur goûte enfin « la gloire des mains sales! »
- Dans son numéro du 20 octobre, le journal Autocar, que nous prenons grand plaisir à citer souvent, a publié une étude tout à fait remarquable sur les poids lourds, c’est-à-dire l’application de l’automobilisme aux transports industriels ; il y cite une foule d’exemples généralement anglais qui prouvent les services que les véhicules mécaniques rendent déjà en la matière. 11 s’est livré pour ainsi dire à une sorte d’enquête que nous ne pouvons meme pas entreprendre de résumer, notamment auprès des minotiers et des brasseurs, qui ont constamment de lourdes charges à transporter.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le concours des poids lourds.
- Gomme dernier écho du concours des poids lourds, donnons, en attendant le rapport olïiciel, quelques renseignements sur les poids et les consommations des véhicules primés :
- Système de Dion-Bouton. 1° Grand omnibus à vapeur destiné à un service en Espagne, moteur de 30 chevaux. Poids à vide, 6565 kilogr.; charge utile, 1000 à 1500 kilogr.; vitesse moyenne, 14 kilomètres à l’heure; consommation, 2 kg. 5 environ de coke par kilomètre. Bonne marche, mais poids mort excessif. 2° Camion à vapeur portant 2500 kilogr. de charge utile; moteur de 25 chevaux; poids à vide, 5300 kilomètres; vitesse moyenne, 13 km. 2; consommation, 2 kgr. 9 par kilomètre. Le coefficient d’utilisation (car le
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- potentiel de la charge utile pour le poids total en charge) est de 0,32.
- Système Panhard-Levasseur. 1° Omnibus à pétrole; moteur Phœnix de 12 chevaux, ayant figuré aux grandes manœuvres; poids à vide, 3040 kilogr.; charge, 1500 kilogr.; coefficient d’utilisation, 0,33; marche régulière, entravée seulement par des accidents de bandages ; vitesse moyenne, 11 km. 3; consommation, 0 1. 52 d’essence par kilomètre. 2° Camion à pétrole ; moteur Phœnix de 8 chevaux ayant pris part aux grandes manœuvres. Poids à vide, 2470 kilogr.; charge, 2000 kilogr.; coefficient d’utilisation, 0,44; vitesse moyenne, 11 km. 8; consommation, 0 1. 45 d’essence par kilomètre.
- SystèmeePeugeot. Petit camion muni de roues métalliques caoutchoutées; poids à vide, 1300 ki-logr.; charge utile, 1100 kilogr.; coefficient d’utilisation, 0,45; vitesse moyenne, 13 km. 5; consommation, 0 1. 3 d’essence par kilomètre; excellente marche.
- Système de Dietrich. Camion ayant pris part aux grandes manœuvres ; roues caoutchoutées à l’avant. Poids à vide, 1960 kilogr.; charge utile, 2500 kilogr. en moyenne, soit un coefficient d’utilisation de 0,56 des plus remarquables. Vitesse moyenne, 12 km. 2; consommation, 01. 46 d’essence par kilomètre.
- Système Riker. Voiture de commerce électrique pesant 1910 kilogr. à vide et portant la charge minimum de 1000 kilogr., d’où un coefficient d’utilisation de 0,34; marche régulière.
- A coté des véhicules primés, il convient de citer le camion Pantz à pétrole, qu’un accident de moteur a mis hors de concours l’avant-dernier jour; le grand omnibus-roulotte Turgau-Fay, à vapeur, muni de deux machines com-pound actionnant séparément chacune des roues ; les trams Le Blant; le gros chariot Say, que nous donnons d’autre part, etc,, etc.
- L. P.
- Nous avons annoncé que la Commission supérieure des fêtes de l’Exposition avait décidé d’organiser, pour le 31 octobre, une fête des « Moyens de transport », qui comportait un défilé à travers le Ghamp-de-Mars et les jardins du Tro-cadéro de tous les véhicules anciens et modernes, depuis la berline de l’émigré jusqu’à la bicyclette et l’automobile. Les voitures anciennes, berlines, coucous, ou encore les chaises à porteurs, devaient être empruntées, avec le consentement de leurs propriétaires, au musée rétrospectif où elles sont exposées.
- La plupart des possesseurs de ces voitures ayant refusé de les prêter, dans la crainte de les voir détériorées au cours du défilé, la fête des moyens de transport sera remplacée par une fête de l’Automobile fixée au 8 novembre, dont la Commission vient d’arrêter, dans ses grandes lignes, le programme.
- Le cortège partira du Château-d’Eau et suivra le même itinéraire que celui qui a été suivi par le cortège de la fête des vendanges.
- Les chauffeurs qui prendront part à la fête
- feront le tour du Ghamp-de-Mars qu’ils traverseront ensuite dans toute sa longueur en suivant l’allée centrale. Us franchiront le pont d’Iéna et iront se reformer en dehors de l’enceinte générale, boulevard Delessert.
- Si le temps le permet, il y aura, le soir, retraite fleurie, les automobiles défileront, parées et illuminées de 9 à 11 heures du soir. On donnera le « Cortège des Chrysanthèmes ».
- Outre les fleurs naturelles, on emploiera, comme sujets principaux et motifs décoratifs, les bannières, emblèmes, arceaux lumineux et guirlandes électriques qui, uniquement, seront formés des mêmes fleurs.
- L’exposition du Club-Automobile de Grande-Bretagne se tiendra, du 4 au 11 mai, dans le Royal Agricultural Stade de Islington.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Un groupe bruxellois avait demandé la concession d’un service de transport public et régulier entre Spa et Malmedy (Allemagne) par Francor-cliamps, Roanne-Coo (la cascade), Stavelot et Malmedy. La députation permanente a informé les concessionnaires qu’elle ne pouvait commencer l’enquête sur le territoire belge avant que la même enquête eut reçu une solution favorable sur le territoire allemand de Malmedy. Le bourgmestre de Malmedy a invité le promoteur de l’affaire à lui exposer les détails concernant le fonctionnement de cette ligne.
- —o—
- Un comité vient de se former à Pavie pour activer la constitution d’un service public d’automobiles de Pavie à Abbiategrasso.
- —o—
- Il paraît qu’il se produit tout un mouvement en Espagne pour la création de services urbains automobiles dans les grandes villes de la Péninsule Nous empruntons cette nouvelle à notre excellent confrère El Automovilismo Ilustrado, qui a tenu à' nous remercier, l’autre jour, des citations élogiouses (et bien naturelles) que nous avons eu occasion de faire de lui.
- —o—
- Une importante Société achève de se créer dans les Asturies pour établir dans tout Madrid des services d’omnibus qu’on compte devoir faire une concurrence terrible aux tramways, en ne demandant que 10 centimes pour les plus longs parcours.
- —°^-
- Nous avons parlé du service d’automobiles créé à Lincoln, en Angleterre : tous les soirs, la sor-
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- tie du théâtre, on voit sept omnibus automobiles qui attendent les spectateurs, ils sont bientôt combles et vont déverser leur chargement dans les divers coins de la ville.
- —o—
- Un riche propriétaire espagnol vient de faire toutes les démarches et de prendre toutes les mesures nécessaires pour établir un service régulier d’automobiles entre Lérida et Balaguez.
- —o—
- La maison E. de la Cuadra met la dernière main à des omnibus électriques qu’on mettra prochainement en service sur les routes de la Péninsule Ibérique : la Société qui a fondé cette entreprise se nomme « Castilla y Leon ».
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- TRIBUNAUX
- M. Morise, juge d’instruction à Versailles, a entendu les témoins de l’accident de la Croix-de-Noailles. Leurs dépositions sont contraires au rapport de M. Périssé, l’expert, qui conclut à la non-responsabilité des coureurs et des victimes.
- Le magistrat instructeur, devant la divergence d’opinion manifestée, d’une part, par les témoins, de l’autre par M. Périssé, a décidé que ce dernier procéderait à un supplément d’information.
- En Belgique, plusieurs chauffeurs se sont vu dresser des procès-verbaux pour excès de vitesse à des endroits dont ils étaient éloignés par des dizaines de lieues. Le comité judiciaire du Moto-Club de Belgique s’occupe de leur défense.
- Houben s’est vu dresser douze procès-verbaux pour excès de vitesse et, chose singulière, tous émanent du même agent de police! C’est un record du monde.
- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettre suivante :
- Bourg, le 19 octobre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Je viens vous prier de vouloir bien insérer, dans votre intéressante Revue, les quelques notes suivantes, qui pourront, je n’en doute pas, être utiles à certains lecteurs.
- Tous ceux qui ont été possesseurs d’un motocycle savent sans doute que le bon rendement du moteur est dû en partie à l’étanchéité des soupapes.
- Au début, le moteur, sans circulation d’eau, donne le maximum de sa force.
- Mais, en raison de la grande chaleur développée par l’explosion, les soupapes d’échappement se piquent très fortement, surtout si l’on dépasse la force de
- 2 chevaux environ. La compression diminue peu à peu, disparaît bientôt, et avec elle la force du moteur.
- En plaine, la marche est assez bonne : le moteur tourne à une très grande vitesse et ne s’échauffe pas trop, à cause du manque de compression; mais dès que les montées arrivent et que l’allure diminue, on est tout étonné de voir s’essouffler la capricieuse petite machine qui, en dépit de ses efforts désespérés, ne peut gravir des pentes qu’elle montait à toute allure au début.
- J’ai même vu plusieurs débutants se décourager complètement après plusieurs essais infructueux et vendre leur machine à vil prix.
- Il leur eût été pourtant facile de remédier à ce manque de force, en rodant leurs clapets, j’entends ceux d’échappement, attendu que les soupapes d’aspiration ne se détériorent qu’après un assez long usage.
- L’opération du rodage, bien que très simple, demande pourtant quelque attention.
- En effet, il ne faut pas oublier ce que presque tout le monde néglige de faire, de replacer le clapet d’échappement comme il l’était auparavant. Et pour cela, il n’y a qu’à le repérer avant de le démonter.
- Cette pièce très importante du moteur rougit très fortement pendant l’explosion et l’échappement des gaz. Elle éprouve même sur le siège une forme spéciale qu’il faut à tout prix conserver après le rodage.
- Si l’on suit scrupuleusement ce que je viens d’indiquer, on est sûr (la question des joints étant bien entendu mise à part) d’avoir de la compression au bout de quelques kilomètres. Dès que le clapet rodé aura rougi et fonctionné, il se tassera un peu sur son siège et reviendra à sa forme primitive.
- Veuillez agréer, etc.
- A. OüLlON.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — La voiture à vapeur Chaboche dont nous avons publié la description dans notre numéro du 13 septembre est garnie de bandages compound.-
- Ce sont également les bandages compound qui ont été employés sur la plupart des voitures qui ont pris part aux dernières grandes manœuvres. Il ne pouvait être question de pneumatiques.
- On voit mal une réparation de crevaisons sur un front d’armée et c’est pour éviter cet inconvénient qu’on a utilisé les compound qui ont d’ailleurs donné les meilleurs résultats.
- Ce bandage a été aussi appliqué avec succès sur d’autres types de voitures lourdes pesant jusqu’à 5,000 kilog. parmi lesquelles les automobiles trolleys de Vincennes et les automobiles militaires de Madagascar.
- — Les bandes Kelly viennent d’établir un record sur le nombre de voitures équipées durant cette année commerciale (l01' juillet 1899-30 juin 1900).
- Soixante-trois mille véhicules auto et hippomobiles caoutchoutés par nos ateliers.
- Un succès qui ne demande pas de commentaires.
- La bande Kelly, c’est le pneu increvable.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L, DB SOYE ET FILS, IMPR., 18, K. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 45.
- Le Numéro : ÊSO centimes
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- /rW8 Novembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU Ier DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Auguslins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 45.
- Le marasme de l’industrie automobile. — Echos. — La l/i chevaux Delahaye. — Le nouveau moteur Buchet de 6 chevaux. — Le concours des électro-mobiles de Berlin. — Carrosserie d’un plnvéton Peugeot. — Les nouvelles voitures de Cannstadt. — La voiture Underberg. — Courses. — A travers la presse. — Expositions et concours. — Les Automobiles sur routes. — Tribunaux. — Bibliographie. — Courrier industriel.
- -—:------------------------
- Le Marasme le l'industrie automoMe.1 * 111
- Permettez à un constructeur de vous envoyer ses impressions sur la crise qui sévit actuellement sur l’industrie automobile : cette crise doit être signalée à vos lecteurs, composés soit de mes collègues, fabricants de voitures ou d’accessoires, soit d’adeptes de la locomotion mécanique, soit de futurs chauffeurs, clients de demain de nos ateliers.
- Je prétends que vouloir cacher le mal à ceux qui lisent la Locomotion serait un grand tort : combien d’industriels, surtout dans les nouvelles sociétés, s’illusionnent encore sur les facilités qu’ils auront à trouver une clientèle, croyant que le visiteur affluera à l’ouverture de ses ateliers et de ses magasins et que la demande dépassera de beaucoup l’offre. N’est-il pas de votre devoir de leur ouvrir les yeux?
- Autrefois, à la vérité, les maisons d’automobiles ont été placées dans des conditions extraordinairement favorables : une promenade d’une heure sur une belle route sans côtes suiïi -sait souvent pour déterminer un marché ; les vendeurs pouvaient alors tenir la dragée haute aux acheteurs : on cite telle maison où la courtoisie à l’ordre du jour chez les négociants pari
- (1) lin de nos constructeurs les plus autorisés!, parler au nom de l’industrie automobile nous adresse
- cet intéressant article. Nous publierons très volontiers les opinions de nos lecteurs sur les questions qu’il
- soulève. — N. b. L. R.
- siens était inconnue du bas en haut de l’échelle.
- A cette époque, que je regrette, est-il besoin de vous le dire, nous vendions machines à un an, quelquefois davantage, de la date du marché, et il arrivait qu’un amateur pressé de posséder offrait des primes exorbitantes (quelquefois plus de 50 0/0 de la valeur) pour obtenir la voiture qui allait sortir de l’atelier. C’était l’âge d’or! Il a peu duré, et nous en sommes tous les causes.
- Votre Revue ne doit-elle pas de même avertir ses abonnés acheteurs de l’état de marasme du marché? Leur montrer, à eux aussi, qu’ils ont tout gâté par un engouement irraisonné et qu’ils peuvent tout réparer s’ils aiment véritablement cette locomotion idéale, qu’elle soit à pétrole pour le tourisme, électrique pour la ville ou à vapeur pour les gros transports.
- Niais, me direz-vous, où avez-vous pris que l’industrie automobile traverse une crise? Jamais l’on n’a vu autant de sociétés se créer, jamais tant de voitures sillonner les routes, nos abonnés n’ont jamais été si nombreux, nos annonces nous rapportent de l’or, et quand l’annonce va, vous savez bien que tout va !
- Je vais vous répondre tout de suite que vous assistez en ce moment à l’agonie d’une quantité de maisons, elles se débattent pour ne pas tomber, 'fies dépensent leurs derniers sous, elles se donnent l’illusion d’être encore prospères, jusqu’au jour où elles n’ont plus rien en caisse que des papiers bleus, qui ne sont pas précisément des billets de banque, jour où elles liquident, à des conditions désastreuses : c’est un spectacle auquel nous assistons maintenant tous les jours, et si l’un de vos lecteurs veut, pour 50,000 francs, avoir la propriété d’un fonds d’automobile : l’usine, le matériel, les voitures, adressez-le moi, je lui en indiquerai plus de dix, et dont les noms sont connus, et dont les véhicules marchent. Ce n’est pas le marasme, cela! Et allez demander aux intermédiaires avec quelle peine ils vendent maintenant leur stock disponible : ils ne le crieront pas sur les toits, bien entendu, mais ils vous le diront dans le tuyau de l’oreille. C’est fini, c’est bien fini!
- Et, cependant, cela doit renaître! Cne telle industrie, si pleine de promesses, ne peut crouler de la sorte ; il ne peut y avoir un crack sur un marché comme celui-là! Et vous, Locomotion automobile, vous devez être l’apôtre de la re-
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- naissance, vous devez relever les agonisants et, intermédiaire désintéressé, vous devez leur apporter le baume sous les espèces de capitaux qui ne demandent qu’à s’employer.
- Mais, auparavant, vous devez entreprendre une campagne pour faire suite à celle que vous aviez commencée autrefois, et que j’avais approuvée dans son ensemble, et que j’ai vu échouer avec consternation, car son échec était celui de toute notre industrie.
- Vous disiez autrefois, dans un article critiquant la manie de vitesse exagérée de vos dirigeants : « Le jeu que vous jouez là est bien dangereux : au lieu de vous approcher du but que vous visez, ne vous en éloignez-vous pas, sans vous en douter? Car, à ceux qui ignorent encore, vous inspirez, non point de l’admiration, mais de la terreur; vous rendez, en somme, un mauvais service à la cause que vous avez pourtant la mission et la ferme intention de défendre. »
- Et plus loin : « Les constructeurs, en même temps, se sont demandé s’ils ne pourraient pas utiliser leurs journées et leurs outils d’une façon plus rationnelle et si, au lieu de perdre de longues heures à calculer des pièces pouvant juste résister à un parcours donné, ils n’avaient pas mieux à faire en construisant des types courants, etc... »
- Et l’article concluait. « Les courses seront supprimées par cela même sur les routes ; les sportifs pourront, à leur aise, créer des automo-bilodromes, où nous encouragerons alors volontiers le cent à l’heure; et on reviendra, enfin, aux concours à programmes bien étudiés, les seuls utiles et ayant une signification réellement sérieuse (1). »
- Je lis encore avec plaisir cet autre article sur la création d’un automobilodrome : « Dans la Locomotion automobile, nous sommes contraires aux courses, surtout parce que nous avons toujours prévu les inconvénients de telles épreuves accomplies sur la grande route, au mépris du droit des gens. Dans un espace clos, nous nous y intéresserions peut-être. »
- « Au début de l’automobilisme, le public nous fut très sympathique : Pierre Gtiffard avait bien compris que la vitesse ne devait pas être la seule pierre de touche, etc. La preuve était faite surabondamment de l’endurance des voitures automobiles par les temps même les plus affreux. J.l aurait fallu s’en tenir là et adopter un terrain de courses. La sympathie du public nous fût restée, et, sans s’arrêter à des fanfaronnades inutiles, il ne faut pas se dissimuler que nous en avons besoin.
- « Les enseignements que donne au constructeur, paraît-il, la course sur route, ces enseignements-là, il les aura toujours par sa clientèle et autrement instructifs quand ils seront les résultats de plusieurs mois de pratique, darfS les véritables conditions d’usage de la voiture (2). »
- Voilà du langage raisonnable, voilà les conseils que les chefs du mouvement devaient suivre, et aujourd’hui notre prospérité serait celle d’au-
- trefois, et le gros de la clientèle serait venu à nous, et nous ne serions pas forcés de chercher les affaires au risque de négliger notre construction.
- A mon avis, les grandes vitesses devaient être essayées, mais pour pouvoir les réduire ensuite, et conclure la solidité de la voiture faisant 35 à 40 au maximum, de la résistance dont avait fait preuve celle ayant fait 70 ou 80 : cette dernière ne devait pas paraître sur route, à moins que ne se soit créé un réseau spécial pour automobiles, comme il en existe un pour les trains de chemins de fer.
- Mais ce que nous devions améliorer, c’était la voiture du type courant, faisant honnêtement son 25 de vitesse moyenne à l’heure, nous devions apporter tous nos soins à perfectionner les transmissions, si défectueuses encore. Au lieu de cela, nous sommes obligés, sinon, nous passons pour des quincailliers, de construire des types absurdes faisant 70, 80 et plus à l’heure : et l’on se tue dans nos voitures, et l’on nous en rend responsables.
- Les prix, mais raisonnez un peu et vous verrez pourquoi nous ne pouvons vendre bon marché. Si le public adoptait notre type faisant 25 à l’heure de vitesse moyenne, nous pourrions construire en série, et ayant le débouché, nous fabriquerions beaucoup plus. Nous avons maintenant des frais généraux très élevés, mais répar-tissons-les sur un grand nombre de véhicules et nous pourrons vivre, même en vendant à des prix modérés.
- J’ai vu de mes concurrents vendant et fabriquant 8 voitures dans l’année, seulement, et qui avaient 50,000 francs de frais généraux; le prix de revient de chaque voiture était donc augmenté, de ce fait, de plus de 6,000 francs!
- Mais pour tout cela, encore une fois, il faudrait qu’uu mouvement se dessinât en France, de résistance aux absurdités actuelles ! Que l’on se mît à encourager le constructeur qui présenterait une voiture normale et non pas celui qui accoucherait d’un monstre ! Que l’on défendît de faire ces courses sur route qui sont un danger public et une charge accablante pour nous avec les dépenses qu’elles entraînent.
- Enfin, la Locomotion automobile ne doit pas s’arrêter sur le chemin qu’elle a tracé autrefois : qu’elle organise, s’il le faut, un plébiscite, une consultation de ses abonnés, des grands constructeurs comme des moindres chauffeurs : « Devons-nous aller aux grandes allures ou adopter une vitesse raisonnable sur les routes? Les constructeurs sont-ils partisans des courses? Y a-t-il, oui ou non, une clientèle nombreuse, attendant qu’on lui fasse une bonne voiture faisant 25 à l’heure, et terrorisée pour le moment par les monstres qu’on lance sur les routes? » Faites ce plébiscite, et vous verrez ! Et vous sentant soutenus, organisez de nouveau la campagne, c’est le moment. Plus tard, ce serait inutile ; vous n’auriez plus de combattants, ils seraient tous morts.
- (1) 20 janvier 1898. Loc. oui.
- (2) 16 juin 1898.
- Un Constructeur.
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- ÉCHOS
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- Dans sa dernière séance, le comité de l’Automobile-Club de France a procédé à un scrutin de ballottage à la suite duquel ont été admis membres du cercle :
- MM. Carlos Nunes Teixeira, Edouard Lowen-gard, Jules Krafft, comte Denis Riant, Pierre-Armand Brangier, le marquis Joseph de Casa Mandaro, Eugène Gbesnel, Eduardo de Mora, F. Diaz Erazo, C.-A. Aulîm Ordt, Eisenman.
- Ces admissions portent à 2389 le nombre des sociétaires à ce jour.
- * *
- Le cours public de photographie, en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin, par la Société Française de photographie, se rouvrira pour la sixième année, le mercredi 14 novembre, à neuf heures du soir, pour être continué les mercredis suivants, à la même heure, dans les locaux de la Société, 76, rue des Petits-Champs, à Paris. Les dames sont admises.
- Les chauffeurs étant maintenant presque tous photographes, nous croyons d’autant plus intéressant de signaler ce cours à nos lecteurs, que les leçons théoriques y sont complétées par des séances de manipulations, des exercices pratiques et des visites d’établissements photographiques (ateliers d’optique, fabriques de plaques, etc.).
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- Signalons aux chauffeurs le grand garage de l’avenue du Bois, 50, rue Pergolèse. Installation parfaite et ateliers pour toutes réparations. Téléphone 584.42.
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- M. Claude Raynaud, de Draguignan, chauffeur passionné pour l’automobile, vient de faire construire une superbe voiture qui est entièrement de son invention.
- Le moteur Raynaud est de la force de 10 chevaux à deux cylindres avec circulation d’eau et allumage électrique.
- La carrosserie construite chez Malteverne est élégante, et à quatre places très confortables.
- Cette voiture va sortir très prochainement des atelers de la maison Cliaix, mécanicien, où M. Raynaud surveille et dirige sa construction.
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- Propos d’audience.
- L’autre jour, aux appels de police correctionnelle, on allait plaider une affaire d’accident causé par une automobile.
- L’affaire était celle-ci : un mécanicien conduisait sur le quai de Courbevoie une automobile et marchait, l’affirment tous les témoins, à l’allure la plus sage. Passe un cycliste qui, soit maladresse, soit apeurement, prend sa roue directrice
- dans un rail de tramway et vient cogner dans l’automobile. La bicyclette est tordue, le cycliste se relève, n’accuse aucun malaise et, devant l’affirmation du mécanicien que la bicyclette sera réparée à peu de frais, s’en retourne chez soi.
- Le lendemain, le cycliste, qui après conseil se découvre une côte luxée, cite le mécanicien en police correctionnelle. Les juges appliquent 2,090 francs de dommages-intérêts et un mois de prison sans loi Bérenger!
- L’affaire donc revenait l’autre jour en appel. L’avocat de la « victime », avant l’audience, apercevant son confrère qui défendait le mécanicien, lui dit en riant ce mot typique :
- « —Ah! c’est toi l’automobile? Eh bien, je n’aurai pas besoin de m’égosiller. Tu es l’automobile, tu as perdu d’avance! »
- Et de fait la cour confirmait, peu après le jugement. Le mécanicien, dont le casier judiciaire est vierge jusqu’ici, en a pour 1,000 francs de dommages-intérêts, 100 francs d’amende, et huit jours de prison... sans loi Bérenger.
- Tu es l’automobile, tu as perdu d’avance !
- * *
- Nous savions que la chasse était ouverte, mais nous ignorions que les automobiles et leurs conducteurs puissent être considérés comme gibier, sur la côte d’azur, et qu’on s’amusât à leur tirer des coups de fusil.
- C’est pourtant ce qui se produit, parait-il. Un groupe de motocyclistes niçois, parmi lesquels M. et Mme Laumaillé, MM. Portai frères, Bensa, Thierry, Fernandez, Deville et Giraux, se rendaient, il y a une huitaine de jours, en excursion dans l’Estérel.
- Après avoir déjeuné à la fameuse auberge des Adrets, ils revenaient tranquillement à Nice en groupe, lorsqu’au passage du quartier du Tremblant, ils entendirent siffler une balle qui effleura un des leurs.
- Ils s’arrêtèrent, mais leur agresseur avait déjà disparu à travers bois.
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- M. J. Arnaud, de l’Ariège, le propriétaire de chevaux bien connu, vient de se convertir à l’automobile. Il a acheté une 21-chevaux. Il a également commandé une voiture spéciale pour transporter ses chevaux de course de leur quartier d’entraînement aux divers hippodromes et pour les y ramener.
- Cette dernière combinaison sera très commode, En effet, si la voiture reste en panne, il n’y aura qu’à faire descendre les chevaux, passagers à son bord, pour la traîner, si toutefois ces nobles pur-sang ne considèrent pas cette traction comme indigne d’eux et veulent bien traîner leur véhicule.
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- L’Automobile-Club d’Auvergne a donné sa première fête le 30 octobre. Les membres du cercle se sont réunis à Royat, en un joyeux
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- banquet, sous la présidence du Dr Pijolat, qui avait à sa droite Mrae Gendraud et M. Albert, président du Syndicat d’initiative; à sa gauche, Mrac Guyot et M. Gréau.
- Parmi les convives, MM. Gendraud et Reboix, vice-présidents, et Mme Battut, MM. Michelin. Bergougnan, d’Arcy, d’Hauterive, D1' Béal, D1' Corny, conseiller général ; commandant Jeannet, Guyot-Lafont, U*'Fouriaux, Guyot, Pestel, Baisle, Gréau, Battut, etc., etc.
- M. Torrilhon s’était fait excuser par dépêche.
- Au dessert, les toasts ont été nombreux. Le l)r Pojolat a ouvert la série par une charmante allocution où il a dit que la devise des membres du Cercle était : « Toujours en avant, jamais en panne! » ce qui a fait sourire quelques-unes des aimables invitées. MM. Albert, le I)1' Fouriaux et Michelin ont prononcé aussi de petits discours très bien tournés.
- Après le banquet, on s’est rendu en promenade au pont de Cournon.
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- MM. Magnan et Trice ont tenté ces jours derniers de descendre en automobile la route qui va de la Corniche à Eze, puis au vallon de Saint-Laurent, jusqu’à la route de Monaco.
- On ne peut rêver une route plus difficile. Ces audacieux sont sans doute les premiers qui l’ont parcourue.'
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- Le Moto-Club de Belgique a tenu, le 28 octobre, son assemblée générale. Après un discours de M. Carroen, son président, et le compte-rendu financier du trésorier, M. Levé, on a procédé à l’élection des membres du Conseil d’Ad-ministration et des membres des Commissions.
- Sont élus à l’unanimité :
- Conseil d’Administration : Président: M. Ans-pach-Puissant, ancien député ; vice-présidents : de Meester de Betzemhrouk et Lathonders ; secrétaire général : J. Hansez; secrétaire : Levé; trésorier : Lenner; délégué général : A. Carroen; membres : MM. E. Goethals, R. Yan Switen, Y. Drabz, Weibel et Stuckens.
- Commission du contentieux : MM. Charles de Reine, Hoebaux, Yan Steensel, Bourlet, Van Neck, Claes, Coyot et Rotsaert.
- Commission de tourisme : Carroen, Liersack, W. Muller, de Salmon, Ballieu, Buelens et Van Switen.
- Comité technique : E. Béranger, Borrisowsky, Deschamps, comte de Ralzinsky, Badinor et Walleghem.
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- On annonce une scission entre l’Automobile-Club Liégeois et l’Automobile-Club de Belgique. Le même bruit avait couru il y a quelques mois mais avait été démenti.
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- Le Moto-Club de Belgique a décidé la création, d’une école de chauffeurs mécaniciens. Il y aura
- des cours une ou deux fois par semaine sur tous les systèmes de moteurs.
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- Les membres du Moto-Club de Belgique peuvent remiser gratuitement leurs automobiles dans les garages suivants : à Bruxelles, Palais des chauffeurs, rue de Brabant, et établissement Victoria, au bois de la Cambre; à Liège, au Palais de l’Automobile, boulevard de la Saune-vière ; à Namur, au garage Chisogne, place de la Station.
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- On a signalé le passage à Bruxelles, il y a quelques jours, de M. André Vignat qui se livrait à des études comparatives sur la production de l’alcool et sa consommation au point de vue industriel. Le sympathique directeur de la Société des Huiles Minérales de Colombes devait gagner la Hollande, pour faire des recherches similaires.
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- Le Comité directeur de l’Automobile-Club de Belgique et une délégation de la Chambre Syndicale de l’Automobile ont arrêté d’un commun accord le programme des démarches à faire auprès des autorités ministérielles pour la réfection de la route Bruxelles-Gembloux. Les dirigeants des deux associations ont pris connaissance d’une lettre adressée par l’Automobile-Club de France, à M. de Smet de Nayer, ministre des Finances. On y signale le mauvais entretien du réseau voyer de Belgique, qui empêche les chauffeurs français d’excursionner chez nos voisins.
- Une requête en ce sens a été adressée au gouvernement belge par l’Automobile-Club de Belgique.
- Il paraît que décidément la fabrique de fiacres électriques Tournielli et Gic, qui devait inonder Milan de voitures, ferme ses portes. Pourquoi? on parle de démêlés avec la municipalité, d’opposition de la part des cochers et des patrons, etc.
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- L’empereur allemand vient de convertir sa femme à l’automobile. L’impératrice commence à devenir une chauffeuse émérite et conduit très bien.
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- Le club local de l’union automobile bavaroise a son siège social à Munich Neuhausserstrasse, 1er étage, de la brasserie Pschorr où il donne mensuellement une soirée.
- Les magasins se trouvent Findlingstrasse 33, téléphone 8560. Le comité a la composition suivante :
- Premier président : Fréd. Oertet, fabricant. Second président : D1' Ernst Speer, médecin. Secrétaire : Georges Büttner, fabricant. Trésorier : Max. Ostenriender, architecte.
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- Assesseurs et président de la commission de défense judiciaire et de la commission technique I3r Hubert Merk, avocat ; Fréd. Reiner, industriel, J. Relldorfer, ingénieur; Paul Schad, commerçant et Hans Roth, négociant.
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- Le siège social de l’association des propriétaires d’automobile de Saxe se trouve à Dresde, Canelettorstrasse 13, téléphone I, 7477, adresse télégraphique : Motorwaged.
- Président d’honneur : M. Beutlès, conseiller d’Etat à Dresde. Président : Dr Ernest Andréas, à Dresde-Blasewitz. Vice-présidents : Dr Cari Arnold, à Grossenheim et Joli. L. Muller, industriel, à Leipzig. Secrétaire : Robert Vieweg, industriel à Dresde.
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- Afin d’éviter une surveillance trop active de la police, l’English Motor-Club a renoncé à publier à l’avance les itinéraires des excursions automobiles qu’il organise, les membres du club avaient remarqué en effet que le nombre des policemen était toujours considérablement augmenté sur le parcours annoncé par les journaux spéciaux et quelques membres se sont vu dresser des procès-verbaux pour vitesse exagérée.
- Nous donnons la nouvelle sous toute réserve, mais précisément par suite de son étrangeté : la Compagnie Thomson Moto-car de Melbourne, prétend qu’elle va pouvoir lancer sur le marché un véhicule à quatre places de son type à vapeur connu, et qu’elle affirme pouvoir vendre pour le prix de 1000 francs, les approvisionnements de cette voiture lui permettant de parcourir 50 milles sans rechargement. Cela nous semble stupéfiant.
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- On fait grand bruit en ce moment, en Angleterre, des résultats peu satisfaisants qu’aurait donnés l’emploi d’un tombereau automobile essayé par la municipalité de Chiswick pour le ramassage des ordures ménagères. Un membre du conseil fait remarquer avec raison qu’il faut remettre les choses au point,, et qu’on avait précisément attribué à la voiture mécanique le district où l’enlèvement coûte normalement le plus cher, parce que c’est le plus éloigné du centre, et qu’il faut, par conséquent, faire un très grand parcours pour enlever d’abord les ordures, puis pour les aller porter à l’endroit où on les dépose.
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- Ne nous lassons point de donner des conseils commerciaux à des gens qui ne les écoutent pas toujours d’une oreille bien attentive. Le consul anglais à Chicago affirme qu’il y aurait actuellement un marché d’une grande importance pour la vente des camions et poids lourds automobiles,
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- en dépit du mauvais état des routes, et des rue' de la Confédération.
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- Un nouveau club automobile vient de se former à White Plain, dans les environs de New York : son but principal est de faire créer ou même de créer lui-même, des magasins d’approvisionnements pour les voitures mécaniques, dans les belles promenades qui entourent la grande ville américaine.
- L’Automobile-Glub de Buffalo, aux États-Unis, est en train de s’organiser complètement. Il comprendra quatre sortes de membres : honoraires, à vie, et associés actifs ; ces derniers sont ceux qui vivent à une distance de plus de 50 milles de la ville, et qui, par conséquent, ne peuvent venir souvent. Chaque année le club aura une parade automobile, il s’occupera également de pousser à la création de stations de charge électriques et à la création de dépôts de toutes sortes pour le ravitaillement des chauffeurs et de leurs machines.
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- Signalons aux organisateurs de fêtes sportives un nouveau genre de récréation automobile qui se pratique en Amérique et a nom « la course des courriers ».
- Quatre boîtes à lettres sont disposées à égale distance autour d’une piste dé 1 mille. Chaque conducteur doit s’arrêter à chaque boîte, l’ouvrir, en tirer une carte et la refermer à clef ; à <piatre boites par tour, cela fait quarante arrêts, et le vainqueur est celui qui a mis le moins de temps pour faire ce manège.
- Il y a également la « course des express », dans laquelle les conducteurs doivent prendre sans s’arrêter des sacs de lettres suspendus à des potences aux quatre coins de la piste. Le premier qui rapporte vingt sacs au but est proclamé vainqueur.
- On fait enfin des concours de livraison où, sans perdre de temps, les chauffeurs doivent charger vingt colis en cours de route et les amener au poteau le plus rapidement possible.
- Un chauffeur américain vient d’avoir une idée originale : fonder un club où l’on donnerait une certaine cotisation, afin de permettre l’achat de quelques automobiles qui seraient mis, suivant un roulement, pendant une durée déterminée, à la disposition des divers membres du club.
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- Tout un mouvement se produit actuellement à Boston pour obtenir aux chauffeurs la libre circulation dans les parcs de la ville. Il faut dire que, pour le moment, l’entrée en est interdite aux automobiles après dix heures et demie du matin et avant neuf heures et demie du soir.
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- LA 14 CHEVAUX DELAHAYE
- La maison Delahayé a lancé, ces derniers tem.ps, un nouveau type de voiture avec moteurs de 14 chevaux et de 18 chevaux :
- 1° Une seule courroie dont l’embrayage se fait en appuyant sur une pédale ; et le débrayage est automatique ;
- 2° Les vitesses sont obtenues au moyen d’un relai d’engrenages qui se déplace sur l’arbre intermédiaire portant les poulies du différentiel ;
- 3° Le châssis est droit, ce qui permet d’y adapter toutes sortes de carrosseries; 9
- 4° La direction est à vis sans fin, irréversible; elle est droite ou inclinée ;
- 5° Tout le mouvement des bielles du moteur est dans un carter étanche, malgré cela facilement démontable pour la visite de ces pièces.
- Le moteur, à essence de pétrole, est toujours à deux cylindres horizontaux avec bielles agissant sur vilbrequins calés à 180°, pour l’équilibre des pièces en mouvement.
- L’allumage est électrique, mais au lieu d’être fixe comme dans les types de 7 et 9 chevaux 1/2; il est variable et la commande de cette manoeuvre est ramenée en haut du guidon.
- Les soupapes d’échappement sont toujours commandées par deux cames; l’une, la plus
- grande,"(fonctionne normalement enjtout temps; l’autre, plusjpetite, qui n’est en prise qu’au moment de la mise en route et qui constitue un avantage sensible pour cette opération.
- Le rôle de cette petite came est donc de donner de l’échappement anticipé pendant la période de compression, ce qui nuit momentanément au moteur, mais qui permet une mise en route facile et sans effort, mise en route qui se fait par une manivelle à l’arrière.
- Dans le type 7 et 9 chevaux 1 /2, on était obligé, une fois le moteur lancé, de déplacer l’arbre des cames au moyen d’un levier pour supprimer l’action de cette petite came.
- Dans le type actuel, cette manœuvre est faite en même temps que le déplacement de l’allumage.
- Les cylindres sont refroidis par circulation d’eau à l’aide d’une pompe actionnée par engrenages.
- Le réservoir d’eau est assez petit (environ 25 litres) car l’eau aspirée par la pompe directement du réservoir, puis refoulée ensuite dans la boîte à soupapes et le cylindre, va de ce cylindre dans un réfrigérant à ailettes suspendu entre les roues d’avant et refroidi par le déplacement d’air par la marche, soit de là refroidie et on peut ainsi marcher une journée entière sans avoir à la renouveler.
- Dans ce type de moteur, le carter du moteur est en aluminium et complètement étanche; de la sorte, toutes les pièces du mouvement barbotent dans l’huile et se lubrifient beaucoup mieux.
- Un grand regard permet de visiter les tètes de bielle sans avoir à démonter tout le carter.
- Le graissage du moteur est fait au moyen d’un graisseur Henry, à débits multiples.
- Le graissage des coussinets de bielle est obtenu par les flasques de l’arbre manivelle, qui
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- portent des réservoirs spéciaux d’amenée d’huile. Ce graisseur sert aussi à graisser les paliers du différentiel et de l’arbre intermédiaire de ce différentiel, de la sorte il n’y a plus de graisseur à graisse que dans la poulie folle.
- La transmission se fait au moyen d’une seule courroie se déplaçant sur un couple de poulies (folle et üxe).
- La poulie fixe est calée sur un arbre sur lequel se meut un train de 3 engrenages qui, embrayé successivement avec 3 roues calées sur le différentiel, donne les 3 vitesses,
- L’embrayage de la courroie est fait au pied, en appuyant sur une pédale, qui commande la fourchette FS; cette pédale peut être mise dans plusieurs positions, car elle est retenue par un verrou, et on peut ainsi arriver à embrayer plus ou moins la courroie.
- Le débrayage de cette courroie est obtenu par une pédale qui déclenche le verrou d’arrêt de la pédale d’embrayage et la fourchette se déplace alors sous l’action du ressort à boudin T, comme le montre la vue en plan des châssis.
- Le moteur est figuré en A avec soupapes d’admission en CC, soupape d'échappement en DD et en B l’arbre intermédiaire (à vitesse réduite de moitié) commandant la distribution.
- Le carburateur à barbotage est en E avec, en F, le, frotteur distributeur réglant le niveau de pétrole.
- L’air qui se rend dans le carburateur pénètre par G, s’échauffe en passant autour des cylindres, ressort en G’; il se charge d’hydrocarbure dans le carburateur E, pénètre par I' dans le robinet I, où il se mélange avec l’air pur affluant du dehors en I".
- La 14 chevaux Delahaye. — Vue en plan.
- En K se trouve une valve réglant le volume du mélange explosif.
- Le robinet I est manœuvré par un levier placé en haut du guidon, à côté de la manœuvre de l’avance à l’allumage et la valve lv est manœu-vrée par une pédale.
- L’arbre moteur porte le tambour qui commande par la courroie les poulies L et L'.
- La fixe L' est calée sur l'arbre intermédiaire M et cet arbre porte un train baladeur portant 3 engrenages qui, embrayés avec l’un des 3 calés sur le différentiel, donneront les 3 vitesses.
- La marche arrière est obtenue en déplaçant un engrenage R, qui meut en prise avec un engrenage R' à denture intérieure fixée sur la poulie du frein du mouvement.
- Ceci dit, voici comment on obtient les différentes vitesses.
- Le conducteur a en dessous du volant de direction une manette qui déplacée dans des crans
- embraye les engrenage^ de Ja première, deuxième ou troisième vitesse.
- Supposons le levier mis au premier cran donnant la première vitesse, il n’y a plus qu’à appuyer sur la pédale d’embrayage. Yeut-on arrêter? On appuie sur la pédale de débrayage et de frein. Si au lieu d’arrêter, on veut changer de vitesse, on appuie légèrement sur la pédale de débrayage, le débrayage s’opère et on passe alors la manette de déplacement des engrenages au cran de la vitesse que l’on veut obtenir; on n’a plus ensuite qu’à embrayer.
- La direction est faite par biellettes et roues d’avant à pivot commandée par une vis sans fin et bielles à articulation à rotules, qui est irréversible et qui rend la conduite de la voiture très facile.
- Le conducteur a tous les leviers de commande à sa portée. Le levier commandant les engrenages du différentiel est en-dessous du
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- volant de direction. Les commandes de l’avance à l’allumage et du réglage du point de gaz sont en côté et en haut du tube de direction.
- Le levier de commande des freins de roues agissant sur les moyeux se trouve à droite et bien à la portée de la main.
- La béquille est remplacée par un cliquet, plus solide et plus sûr.
- Toutes ces modifications font que ce type de voitures se trouvera apprécié par les connaisseurs qui trouveront simplicité des organes, facilité de conduire.
- Le nouveau moteur Buchet le 6 chevaux
- A CIRCULATION D’EAU
- M. Buchet, le constructeur bien connu, vient de lancer sur le marché un nouveau moteur à
- Moteur Buchet 6 chevaux à circulation d'eau.
- circulation d’eau, à 1 cylindre, pour voiturettes légères, dont les résultats méritent d’être portés à la connaissance de nos lecteurs.
- Ce moteur, comme on peut le voir sur la coupe que nous reproduisons, est à I cylindre vertical, avec circulation d’eau tant autour du cylindre que de la culasse; les volants, alourdis pour permettre d’embrayer la voiturette sans caler le moteur, sont enfermés dans le centre, que des pattes permettent de fixer commodément sur le châssis de la voiture.
- L’allumage est électrique, l’échappement se fait, comme dans tous les moteurs de ce constructeur, par une soupape commandée par un levier à bascule, suivant le brevet de la culasse Buchet. Cette disposition a permis de faire affleurer dans la culasse les deux soupapes d’admission et d’échappement, et, par le moyen du renvoi de mouvement, de placer la soupape d’échappement juste au centre de la culasse, avantage qu’aucun autre mode de commande ne pouvait procurer. Il s’ensuit une extrême facilité d’échappement, et une évacuation très rapide des gaz brûlés, en même temps que, par suite de la position de la soupape d’admission, l’arrivée des gaz se fait avec le minimum de perte de charge. De plus, on a pu réduire considérablement la longueur du levier de commande de la soupape d’échappement ; par suite, son inertie est moindre, ce qui permet d’augmenter la vitesse de rotation du moteur.
- En fait, malgré les dimensions de ce moteur (100 m/m d’alésage, 3 100 m/m de ce course), on est arrivé, lors des essais, à le faire tourner à près de 2 000 tours par minute, à plusieurs reprises, sans qu’aucune pièce ait manifesté la moindre trace de fatigue.
- Aussi nous a-t-il paru intéressant de publier quelques-uns des résultats des essais, qui semblent justifier l’opinion de Gêorgia Knap sur la nécessité qu’il y a de faciliter l’évacuation dans les moteurs â grande vitesse.
- Moteur Buchet à 1 cylindre 100 X 100 à circulation d’eau, n° 290.
- Données des essais :
- Alésage 100 m/m; surface du piston 73 cq 5.
- Course 100 m/m; cylindrée 785 c.
- Diamètre de la poulie : 310 m/m;
- Epaisseur de la courroie de frein : 3 m/m 5;
- Développement par tour 996 m/m.
- (La traction des poids s’opère par une bande de cuivre rivée sur la courroie, et non suivant le plan médian de la courroie.)
- 1er ESSAI.
- P = 30 k.
- p =11 k. P—p = 19 k. N = 1 600 t.
- N. de kilogrammètres en 1 minute : 30 278;
- Puissance en chevaux : 6.72.
- 2e ESSAI.
- P = 30 k.
- p = 13 k. P — p — 17 k. N = 1 804 t.
- N. de kilogrammètres en 1 minute : 30 532;
- Puissance en chevaux : 6.78.
- 3e ESSAI.
- P= 30 k.
- p = 13 k. 5. P —p = 18 k. 5 N= 1 972 t.
- N. de kilogrammètres en 1 minute : 320 406.
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- Puissance en chevaux : 7.2.
- La moyenne de ces essais est de 6 chx 85.
- Un autre moteur de la même série (n° 287) a donné à trois reprises différentes une force de 7 chevaux, à quelques centièmes près.
- Si, suivant la formule d’Hospitalier, on évalue le déplacement spécifique de ce moteur, voici le résultat qu’on obtient par comparaison avec divers autres moteurs (l) :
- De Dion 1 3/4 66 X 70 : Il lit. 8 par poncelet-seconde, en donnant 118 kgm-seconde.
- De Dion 2 1/4 70 X 70 : 11 lit. 6 par poncelet-seconde, en donnant 130 kgm-seconde.
- Bucliet G chevaux 100 X 100 : 9 lit. 53 par poncelet-seconde, en donnant 540 kgm-seconde.
- Et si on le compare avec des moteurs plus lents, donc à meilleur rendement, la course de détente étant plus longue :
- Panhard 6 chevaux : 9 lit. 2 par poncelet-seconde, en développant 490 kgm-seconde.
- Peugeot G chevaux : 10 lit. 3 par poncelet-seconde, en développant 530 kgm-seconde.
- Donc ce moteur, malgré sa faible détente (course égale à l’alésage) a un rendement qui l’égale aux meilleurs moteurs de voitures, à longue détente, actuellement connus. Ce fait
- nous semble donc devoir être attribué à la disposition spéciale des soupapes, — disposition qui fait l’objet du brevet.de la culasse Buchet, — et, à ce titre, il méritait d’attirer l’attention de nos lecteurs.
- Ce sont des unités de cette sorte que M. Buchet assemble pour établir ses moteurs de 12 et 24 chevaux, lesquels en feront 13 1/2 et 27 au minimum; ce qui nous changera des moteurs de 3 chx 1/2 vendus pour 5, dont les constructeurs semblaient avoir pris la fâcheuse habitude. Nous ajouterons pour terminer que ce moteur n’atteint, pas le poids de 50 kg, ce qui continue les bonnes habitudes de la maison Buchet en matière de moteurs légers.
- R. Delevoye.
- Carrosserie Cnn pliaeton Peugeot. "
- Le moteur est placé à l’avant et recouvert par le capot peu volumineux qui se trouve devant la caisse. Le réservoir à essence, en vue de con-
- server à la caisse l’aspect qui convient à ce type de voiture, a été supposé placé sous la parclose et non dans le dossier. Nous avons aussi supposé une capote américaine à cause de la légèreté apparente de la voiture.
- (1) Ces résultats sont ceux obtenus au concours de la Locomotion Automobile.
- Le dessin représente, en vue de l’accès du siège arrière, deux marchepieds extérieurs à l’aile, mais il est plus simple de faire une porte à l'arrière et de basculer ce siège.
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Bois sière, à Paris.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Le concours des Olectroioliiles de Berlin.
- Le docteur M. Kallmann, président du Comité spécial institué par l’Union automobiliste de l’Europe centrale, pour juger le concours des automobiles électriques qui se fit à Berlin au printemps de cette année, a publié son rapport, dont nous extrayons les résultats les plus saillants.
- Le programme des épreuves et du jugement à intervenir se divisait en quatre chapitres : construction, exploitation technique, économie d’exploitation et économie générale. Dans chacune de ces divisions, l’appréciation s’établit sur des données spécifiées d’avance, parmi lesquelles quelques-unes étaient déterminées par le calcul, d’autres ne pouvant être que le produit d’une estimation. Au total, il y avait soixante points à examiner; mais, avec les moyens dont on disposait, il fallut se limiter à cinquante. Une voiture aurait-elle satisfait aux cinquante conditions prédéterminées, elle aurait, dans le jugement, reçu la cote 50. En réalité, la meilleure voiture primée a été affectée de la cote 41,71, et les deux suivantes respectivement des cotes 39,71 et 38,53. Ces chiffres montrent, d’après l’opinion du comité spécial, que les meilleurs véhicules s’approchaient très près du but sous le rapport de la perfection. Le docteur Kallmann mentionne aussi comme particulièrement digne de remarque que les dérangements d’ordre technique qui sont survenus pendant la journée d’épreuves très sévères se réduisent à une très faible mesure.
- En ce qui concerne d’abord le poids des batteries d’accumulateurs, il a été, dans le cas le plus favorable, de 55 kilos par kilowatt-heure, de 130 kilos dans le cas le plus désavantageux; la valeur moyenne, pour l’ensemble des treize voitures, a été de 75 kilos par kilowatt-heure. Le coût des batteries oscillait entre 1250 et 2500 francs pour les voitures de transport de personnes; entre 1500 et 3125 francs pour les poids lourds. Les prix d’acquisition des voitures complètes, y compris les batteries, fluctuaient entre 4625 francs pour les pdus petites voitures à voyageurs et 11,250 francs pour les plus grandes. Pour les poids lourds, ces memes dépenses variaient entre 5625 francs et 10,000 francs. Conséquemment, le prix de la batterie, dans les diverses automobiles, se tient entre 1/3 et 1/6 du prix total. Le docteur Kallmann exprima l’opinion que, dans l’avenir, la dépense d’acquisition de la batterie, pour une voiture-fiacre accomplissant un parcours de 30 kilomètres par décharge complète, se maintiendrait aux environs de 1250 francs. Non s croyons cette prévision un pau optimiste.
- Mais ce sont moins les dépenses d’acquisition de la batterie que les frais d’entretien qui exercent une influence prépondérante sur le coefficient d’exploitation.
- En ce qui a trait à l’entretien et au renou-
- vellement des plaques, une maison garantit 250 charges et décharges, de telle sorte qu’après 250 voyages, le prix total d’achat de la batterie pour le renouvellement des plaques, boîtes, etc., devenu nécessaire en attendant, devrait être dépensé.
- Infiniment plus avantageuse est l’offre d’une autre fabrique d’accumulateurs qui consiste à contracter une assurance d’entretien d’une batterie d’automobile pour trois années moyennant une prime annuelle de 30 0/0 de la valeur d’achat. Cette maison s’engage meme à remplacer les éléments pendant ce laps de temps, si cela est nécessaire, sans réclamer aucune indemnité. En supposant un parcours pendant un an de 15,000 kilomètres, le I> Kallmann suppute à la modique somme de 0 fr. 041 par kilomètre, les frais d’entretien annuels de la batterie.
- A ce prix-là nous appréhendons de graves mécomptes !
- Des progrès considérables ont été réalisés depuis l’exposition de l’année passée ; à ce moment, la consommation la plus faible de courant par tonne-kilomètre avait été de 87,5 watts-heure pour une voiture, une voiture américaine n’en avait absorbé que 67, tandis que la meilleure voiture du concours de cette année n’en n’a exigé que 57 par tonne-kilomètre et cela pour une vitesse moyenne. Pour là vitesse la plus grande, ce chiffre s’élève à 84,2 watts-heure. La dépense d’énergie ne varie toutefois pas beaucoup avec la vitesse, aussi le Dr Kallmann arrive-t-il à la conclusion de prendre une allure de marche aussi vive que possible, compatible avec la sécurité publique en ce qui concerne la complète utilisation économique des automobiles électriques. La consommation d’énergie par voiture-kilomètre n’est pas essentiellement augmentée par l’adoption de la vitesse la plus grande, tandis que la recette réalisable dans un temps déterminé s’accroît naturellement en proportion de la vitesse.
- La meilleure automobile de poids lourds consomma 77 watts-heure à la vitesse de marche la plus faible, 79 watts-heure à la vitesse moyenne et 84,2 watts-heure à la vitesse la plus élevée. En ce qui se rapporte aux dimensions des moteurs à employer dans les automobiles, M. Kallmann donne comme facile à retenir la règle suivante : les moteurs doivent pouvoir fournir une puissance de 1 kilowatt-heure par tonne, de poids roulant. Au point de vue de la sécurité publique, les automobiles électriques obéissent parfaitement à la volonté du conducteur et répondent amplement à toutes les engences d’arrêt rapide.
- Le rapport décrit les essais qui ont eu pour but île déterminer les qualités de dirigeabilitô, les gradations de vitesse (8 à 20 kilomètres à l’heure) et l’action des freins. Sur ce dernier point, les véhicules causent de grandes différences. 11 en est des dispositifs de freinage comme de bien d’autres détails de la voiture. Certains fabricants ont réussi à établir une bonne construction, d’autres pas. Les meilleures performances de freinage se traduisirent par l’arrêt d’une voiture lancée à la vitesse de 17,7 kilomètres à l’heure, en chaussée d’asphalte horizontale, sur une Ion-
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- \f.
- - vvy;'
- gueur île 3m,75 et sur une longueur de 5 mètres avec une voiture animée d’une vitesse de 18,5 kilomètres à l’heure sur pavé en pente.
- Le rapport est très détaillé, mais l’espace qui nous est mesuré nous permet seulement de faire ressortir quelques-uns des points les plus importants.
- Emile Dieudonné.
- Les nouvelles voitures (le Caunstatlt.
- L'Automobile belge nous apprend que M. Jel-lineck, l’excellent chauffeur allemand, doit recevoir en novembre la première des nouvelles voitures construite à Cannstadt par l’ingénieur Maybach.
- Ce n’est pas avec le nouveau métal, le magna-lium, qu’est construit le moteur des automobiles de Cannstadt. Ce nouveau métal, très léger, mais fusible à 900°, n’est employé que pour les organes dans les voitures ne supportant pas de charge.
- Le moteur est en fonte, mais en fonte spéciale. Il pèsera 135 kilogrammes de moins que l’ancien moteur Daimler.
- Le centre de gravité a ôté abaissé, le moteur étant placé au-dessous du différentiel, l’empattement est de 2,n,15. La voiture, dit-on, ne peut se renverser.
- Ces nouvelles voitures comporteront deux modèles : celui de 31 chevaux et celui de 11).
- Le premier fait, paraît-il, sur palier en ligne droite, 1 25 kilomètres à l’heure, il coûte 4 1,000 fr.
- Vingt-deux de ces voitures sont en construction à l’heure actuelle et ont acheteurs.
- Lemaître et Lorraine Barrow ont l’intention de monter en course ces voitures.
- LA VOITURETTE UNDERBERG
- Nous avons décrit dans un récent numéro la voiturette Underherg. Une erreur de typographie nous a fait dire que cette voiturette était fabriquée dans les ateliers Pliébus. Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes. La voiturette Un-derberg est faite dans les ateliers E. Underherg et Cie, rue de Coulmiers, à Nantes.
- COURSES
- La course de côte de Chanteloup.
- La course de côte de Chanteloup a obtenu dimanche dernier un très grand succès. Elle comportait cinq catégories : Deux pour les voitures— les quatre places et les six places — deux pour les voiturettes — les deux places et les quatre places. Une, enfin, pour les voiturettes
- légères, au-dessous de 250 kilos, montées par deux personnes.
- Le meilleur temps de toutes les catégories a été fait par Henri de Rothschild (courant sous le nom de docteur Pascal) qui, pilotant une voiture transportant quatre personnes, a effectué les 1,820 mètres de la dure montée en 3 m. 45 s. 4/5, c’est-à-dire à une vitesse moyenne de près de 28 kilomètres à l’heure. Ce temps bat le record précédent pour le même genre de véhicule, record détenu par Doriot en 4 m. 2 s. 2/5. Mais il laisse debout le temps fait par Jenatzy en voiture électrique (3 m. 2 s.) et celui fait par Rénaux à motocycle (2 m. 25 s. 4/5).
- Le temps du vainqueur a été du reste battu « officieusement » hier par deux fois, mais après la course : d’abord par Marcellin qui, en voiturette, a fait 3 m. 4 s. 4/5, puis par Henri de Rothschild lui-mème qui a grimpé en 3 m. 26, cette fois avec deux personnes « abord » seulement.
- Voici les résultats :
- I. . Voitures au-dessus de 400 kilos transportant
- 4 personnes.
- A. (Essence.)
- 1. — Nos 17. Dr Pascal, en 3 m. 45 s. 4/5
- 2. — 14. Gardner-Serpollet, en 4 m. 32 s. 1/5
- 3. — 15. — — en 5 m. 4 s.
- 4- — 24. Delahaye, en 5 m. 28 s. 2/5
- 3. — 1. Maison Parisienne, en 5 m. 37 s.
- 6. — 9. Pardon, en 6 m. 19 s. 4/5
- 7. — 8. — en 6 m. 51 s.
- 8. — 16. Chameroy, en 7 m. 10 s.
- 9. — 19. Pardon, en 7 m. 22 s.
- 10. 20. Schneider, en 7 m. 50 s. 3/5
- 11. — 7. Vinot-Degningand, en 9 m. 35 s. 4/5
- 12. — 23. Lavirotte, en 9 m. 57 s.
- 13. — 3. Poitevin, en 10 m. 28 s. 3/5
- U. - 10. Delautre, en 11 m. 49 s.
- 15. — 2. Gassier, en 13 m. 25 s.
- P. (Alcool.)
- 1. Nos 12. Gobron-Prillé, en 5 m. 34 s. 2/5
- 2. — 11. — — en 6 m. 11 s. 3/5
- 3. — 13. — — en 6 m. 23 s. 4/5
- IL — Voitures au-dessus de 400 kilos transportant
- 6 personnes.
- 1. — Nos 47. Lefebvre, en 5 m. 10 s.
- 2. — 43. Gardner-Serpollet, en 6 m. 14 s.
- 3. — 48. de Chaniprobert, en 6 m. 27 s. 4/5
- 4- — 42. Du Pouys, en 7 m. 4 s. 1/5
- 5. — 45. Delahaye, en 7 ni. 26 s.
- 6. — 46. — en 8 m. 8 s.
- III. Voitures au-dessous de 401. > kilos transportant
- 2 personnes.
- 1. — Nos 74- Mercier, en 4 m. 8 s. 4/5
- 2. — 72. Decauville, en 4 m. 40 s.
- 3. — 83. Prierre, en 4 m. 47 s.
- 4. — 61. Darracq, en 5 m. 23 s. 1/5
- 5. — 71. Decauville, en 5 m. 48 s. 4/5
- 6. — 81. Tnrgan Foy, en 5 m. 55 s.
- 7. — 70. Pied-Char reton, en 5 m. 58 s.
- 8. — 63. Van Rerendonck, en 6 m. 9 s.
- 9. — 82. Ader, en 6 m. 28 s.
- 10. — 65. Quérey, en 6 m. 58 s. 3/5
- 11, — 77. d’Arnaud, en 7 ni. 32 s. 1/5
- 12. — 86. Vinet, en 8 m. 26 s.
- 13. —. 62. liasse, ' en 9 m. 8 s.
- 14. — 64. Hugot, en 10 m. 22 s. 1/5
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- IV. — Voilures au-dessous de 400 kilos transportant 4 personnes.
- 1.
- 2.
- 3.
- 4-
- V.
- — N°sloi. Darracq,
- — 102. —
- — 104. Richard.
- — 106. Robert,
- — Voitures au-dessous dt
- 2 person
- en 5 m. 57 s. 3/5 en 6 m. 11 s. en 8 m. 31 s. 3/5 en 10 m. 53 s. 4/5
- 2ù0 kilos transportant
- 1. —i\os 121. Gladiator, en 5 ni. 56 s. 2/5
- 2. — 125. Marot-Gardon, en 7 ni. 34 s. 2/5
- 3. — 123. Campagne, en 13 m. 3 s.
- Les organisateurs de l’épreuve avaient eu l’excellente idée de faire un don de 200 francs aux pauvres de Chanteloup, si bien que la population, qui passait pour hostile aux chauffeurs, s’est montrée cette fois pleine de bienveillance.
- La journée s’est terminée par le déjeuner classique à l’hôtel de l’Esturgeon, déjeuner qui a réuni 315 convives et a été plein d’une franche gaieté.
- X
- La course à la consommation.
- La course à la consommation organisée par YAuto-Vélo se donnant au moment même où se fait notre mise en pages il nous est impossible d’en rendre compte dans ce numéro. Constatons seulement son succès. Cette très intéressante épreuve, organisée par notre excellent confrère (Georges Prade a, en effet, réuni le nombre, inconnu jusqu’à ce jour, de cent treize engagements. C’est le record de la réussite.
- X
- La course de côte de Gaillon.
- (Il NOVEMBRE 1900)
- Rappelons que la course de côte du kilomètre à Gaillon se donnera dimanche prochain.
- Voici les engagements reçus à ce jour :
- I. — Voitures au-dessus de 400 kilogs. — 2personnes.
- t. Caillé.
- 2. De Dietrich.
- 3. Etienne Giraud.
- II. — Au-dessus de 400 kilogs. — 4 personnes.
- 3t. Du Roys (Maison Parisienne).
- 32. Rardon.
- 33. Rardon.
- III. — Au-dessous de 400 kilogs. — 2 personnes.
- 61. Itasse.
- 62. Société Ind. des Téléphones (petite voiture Ader).
- 63. Van Rerendonck.
- 64. Gladiator.
- • 65. Darracq.
- 66. Turgan et Foy.
- 67. Etablissements Hautier.
- 68. Yinet.
- VH. — Motocycles à 1 place.
- 161. Réconnais.
- VIH. — Motocycles à 2 places.
- 191. Ruffler.
- IX. — Motocyclel tes.
- 221. Ronnard.
- 222. Cousin.
- 223. Lesaint.
- 224. Werner (tandem).
- X. — Sans chaîne.
- 241. Béconnais.
- 242. Ruffier.
- 243. Bonnard.
- 244. Cousin.
- 245. Lesaint.
- 246. Werner.
- La sixième catégorie : voitures au-dessous de 400 kilogs transportant au minimum quatre personnes n’a pas encore d’engagements.
- X
- Dans sa dernière séance, le comité du Moto-Club de France a décidé d’organiser un tour de France, du 25 mai au 3 juin de l’année prochaine, sur un parcours d’environ 1500 kilomètres.
- Il a été décidé, en principe, que, durant cette promenade à travers la France, il y aurait deux épreuves de côte et une épreuve de vitesse qui se fera, si les pouvoirs publics le permettent, en route déserte et plate, sur un parcours d’environ 50 à 100 kilomètres.
- L’Automobile-Club de France, qui a lui aussi décidé de faire un tour de France, avec un concours de pneumatiques, n’est pas satisfait du tour du Moto-Club. Le Moto-Club répond qu’il a annoncé sou épreuve le G juin dernier et qu’il a donc la priorité. Espérons qu’on finira par s’entendre.
- Pour le tour de France du Moto-Club, le Vélo
- propose l’itinéraire suivant, qui semble trè
- choisi :
- Paris à Rouen . 127 kil
- Rouen à Evreux 53
- Evreux à Dreux 42
- Dreux à Chartres. . . . 34
- Chartres à Orléans. . . . 74
- Orléans à Montargis. . . . . • 70
- Montargis à Auxerre. . . 74
- Auxerre à Troyes. . . . 77
- Troyes à Chàlons. . . . 79
- Chàlons à Reims 43
- Reims à Laon 60
- Laon à la Fère 29
- La Fère à Montdidier. . . 69
- Montdidier à Amiens. . . 36
- Amiens à Gournay. . . . 69
- Gournay à Rouen. . . . 53
- Rouen à Paris (R. D.). . . 116
- Total. . 1105 kil.
- X
- IV — Au-d- ssous de 400 kilogs. — 4 personnes.
- 101. Darracq.
- 102. Darracq.
- 103. Société Ind. des Téléphones (petite voiture Ader).
- V. — Au-dessous de 250 kilogs. —2 personnes. 121. Gladiator.
- Les art. 9 et 10, tit. II, du règlement sportif de l’Automobile Club de France, relatifs aux records de motocycles, sont abrogés et remplacés par les articles suivants :
- Art. 9. — Tous les records peuvent être faits soit départ arrêté soit départ lancé.
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- Art. 10. — Pour qu’un record soit établi départ arrêté, le départ doit se faire par les moyens du bord (c’est-à-dire sans que le véhicule soit poussé, aidé ou mis en marche par d’autres personnes que celles qui composent son équipage et sans que les moyens mis eu œuvre, pour obtenir son démarrage, exigent l’emploi d’appareils qui ne fassent pas partie intégrante du véhicule ou qui ne soient pas transportés par lui pendant toute la durée dudit record), et s’il s’agit d un record sur piste, à la corde.
- Ces prescriptions s’appliquent non seulement au départ, mais à tout démarrage pouvant s’effectuer en cours dudit record.
- X
- En raison des pluies torrentielles, la course « de temps » de l’Automobile-Club rhénan instituée pour être fournie le 21 octobre dernier entre Mannheim et Bâle a dû être ajournée. M. von Skarisbrisk ht une excursion d’essai le 19 pour constater l’état des routes. Il revint bientôt et fit savoir au comité que les chemins rendus impraticables ne permettaient pas d’établir l’épreuve du temps. L’automne tardif nous réserve peut-être encore quelques semaines de temps sec et de clair de lune.
- X
- L’Automobile-Club allemand a organisé samedi passé après-midi quelques courses d’automobiles sur le champ de courses de Berlin-Westend pour s’assurer si cette piste est appropriée à de telles opérations. Dix voiturettes et trois tricycles y prirent part. Le tour de piste, qui comporte un développement de 4800 mètres, fut fait, en moyenne, en 9 minutes, soit environ une vitesse de 32 kilomètres à l’heure. Le terrain d’entraînement fut jugé complètement satisfaisant après ces essais. L’année prochaine on y organisera des courses publiques d’automobiles qui, assurément, susciteront l’intérêt de la population de Berlin.
- X
- Le Comité de l’Automobile-Club de Grande-Bretagne organise une promenade, ouverte à tous les chauffeurs, de Londres a Southsea, pour le samedi 10 novembre prochain. Il est possible que le retour ait lieu le lundi 12 novembre de Southsea à Londres par la même route.
- Cette promenade est organisée pour fêter le quatrième anniversaire de la promulgation de l’acte permettant aux automobiles de se promener en Angleterre sans être précédées d’un homme portant un drapeau rouge et sonnant une cloche.
- Cet acté libérateur, promulgué le 14 novembre 1890, fut appelé : The Lujhl Locomotives Ac-t, loi des locomotives légères.
- * X
- M. A. llarmsworth, de l’Automobile-Club de Grande-Bretagne, vient d’offrir une coupe d’une valeur de 5 guinées, pour la promenade de Southsea, fixée aux 10, 11 et 12 novembre.
- La coupe sera décernée à la voiture qui pré-
- sentera le meilleur coup d’œil et qui aura le plus de confortable.
- Un jury local, composé des notables de Southsea, est chargé d’attribuer ce prix. U y a déjà plus de cinquante engagements.
- Cette promenade est destinée à célébrer l’anniversaire de la liberté de circulation des automobiles sur les routes du Royaume-Uni.
- A TRAVERS LA PRESSE
- M. Léon Serpollet, président du Moto-Club de France, ayant dit, dans le discours qu’il a prononcé à Rouen à l’occasion du critérium de l’alcool : « Le temps des courses au clocher est passé pour notre vaillante industrie. Nous devons la perfectionner par des moyens nouveaux, moins bruyants peut-être, mais mieux en rapport avec la conception très juste que le public sérieux se fait de la locomotion nouvelle », Georges Brade lui répond dans Y Auto-Vélo :
- M. Serpollet en est-il bien certain? Moi, j’en doute, et je ne crois pas être le seul. De l’épreuve de dimanche, savez-vous quelle est la partie qui a le plus passionné, qui a le plus fait pour l’alcool au point de vue de la diffusion de l’idée dans les esprits?
- C’est la lutte de Giraud et de Girardot. Ce fut non seulement le côté palpitant de l’épreuve, ce fut aussi celui qui laissera dans les cerveaux l’impression la plus profonde. h2 voitures sur 52 sont arrivées à ltouen. Voilà qui va frapper davantage. Voilà qui convaincra mieux encore que l’alcool marche, et surtout qu’il marche aussi bien que l’essence. Je me souviens qu’en 1894, sur cette même route de Paris à Rouen, où déjà la course était interdite, et où l’on ne lit que courir, M. Léon Serpollet fut l’un des plus bouillants...
- Que M. Serpollet en soit convaincu. C’est le même état d’esprit qui règne encore et avec lequel on fait les bonnes et durables croisades. Moyens nouveaux et moins bruyants, c’est parfait, en somme, mais, en somme aussi, cela rend moins, c'est moins efficace. Que de gens qui, quand bien même tous les concurrents seraient arrivés' à Rouen sans encombre, se seraient dit, malgré tout : « Cela marche, mais savoir si cela marche aussi bien que l’essence? »
- C’est en se mettant en dehors des règlements du concours qui prescrivaient du 30 à l’heure que Giraud et Girardot ont enlevé cette dernière forteresse où se réfugiait l’esprit de routine.
- Et si l’alcool gagne la bataille qu'il a si bien engagée, c’est beaucoup par la course qu’il la gagnera, peut-être pas auprès des ingénieurs, mais auprès du gros public c’est-à-dire de la clientèle.
- Notre excellent confrère la Gazetta dello Sport se joint à nous et à beaucoup de nos confrères pour montrer le rôle tout indiqué que doit jouer l’automobile dans ce qu’on peut appeler un peu audacieusement le concert des différents moyens de transport. Pour compléter le réseau des chemins de fer à voie normale, on a imaginé les chemins à voie étroite ; pour compléter ceux-ci,
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- on a songé aux tramvays et même on a un peu trop multiplié ceux-ci, qui coûtent relativement cher d’établissement. Les services d’automobiles doivent combler les lacunes qui se présentent encore dans l’ensemble des moyens de transport.
- La Revue spéciale militaire italienne appelée Ixioista d’artigliera et genio vient de publier, sous la signature du colonel Mirandoli, une étude fort bien faite sur les automobiles de poids lourds. Ce qui montre immédiatement le soin avec lequel est faite cette étude, c’est le nombre considérable de bonnes figures au trait dont elle est accompagnée : on y voit aussi bien le train blindé anglais Foxvler, dont nous avons parlé ici, que le tracteur de Dion, le camion de la même maison et celui de M. de Dietrich ; de même nous y trouvons le chariot Thormycroft, celui de la maison Coulthard, de la Steam Lan-cashire Mator-Co, ceux des usines Clarekson et Capel ou Danisler. Nos lecteurs connaissent, du reste, tous ces types que nous avons décrits successivement ici.
- On voit que les gens les plus autorisés s’occupent en Italie de la traction mécanique appliquée aux besoins militaires.
- Les journaux italiens annoncent comme un véritable événement l'arrivée à Biella de la première voiture automobile qu’on y ait vue, c’est une de Dion-Bouton.
- Lè journal Ilalbersladt Burgezeituny annonce qu’un fabricant de bicyclettes vient de faire breveter un motocycle à une seule roue de 2 mètres de diamètre, avec un moteur de 234 chevaux.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Dans sa dernière séance le Comité de l’Automobile-Club a décidé, sur la proposition du comte de Dion, d’organiser un concours pour déterminer le meilleur carburant, en dehors de l’essence, pour les moteurs à explosion, avec l’alcool comme base.
- Ce concours sera donné sous la directionûle la Commission technique du cercle qui a été chargée d’en étudier le règlement.
- L’idée est excellente et nous ne saurions trop l’approuver. Uu concours de ce genre, organisé en dehors des fabricants d’alcool, toujours un peu sujets à caution dans leur optimisme intéressé, sera certainement fécond en enseignements. Il serait seulement à désirer que les choses soient menées un peu plus rondement qu’on n’en a
- l’habitude à l’Automobile-Club de France, que le concours ne mette pas des mois à s’organiser et que le rapport officiel soit rédigé et imprimé aussitôt après la tin du concours au lieu de paraître, suivant la coutnme, au moment précis où son contenu n’intéresse plus personne.
- La fête de Vincennes.
- Malgré un temps incertain, la fête automobile de l’annexe de Vincennes a obtenu, le 3 novembre, un réel succès.
- Voici les résultats :
- .Jeux pour voilurelles :
- l1’" série : 1. Ygrec. N. p. : Filtz, Denesle, Deneau.
- 2e série : 1. Yrard, 2. Mercier. N. p. : Tortillon, Marcel.
- 3° série : 1. Ricard.
- Finale : 1. Mercier, 2. Ygrec, 3. Ricard. N. p. : Yrard.
- Course de voilurelles, 3 tours (7200 mètres) :
- 1. Mercier, en 9 m. 36 s. 1,5. ; 2. Filtz, 10 m. 21 s. 1 < 5 ; 3. Ygrec, 12 m. 14 s. 15; N. p. : brade, Tortillon, Deneau, Denesle, Ouzou, Bruyes, Maurice.
- Le classement est le même pour les deux précédents tours qui sont respectivement faits par Mercier en 3 m. 20 s. 3/5 et 3 m. 7 s. 1/5.
- Course de molocycles, 3 tours (7200 m.) :
- 1. Demester en 6 m. 8 s.; 2. Rigal, 6 m. 31 s. 2/5; 3. Fossiei*, 6 m. 39 s. 3 5. N. p. : Denesle, Ricard, Reculez, Ynsseur.
- Demester, qui a tenu la tète, a fait le premier Ionien 2 m. 8 s. 4/5, et le deuxième en 1 m. 59 s. Record 1 m. 44 s. par Réconnais.
- Course de voilures, 3 tours :
- 1. Caillois-Rcnaux en 8 m. 43 s. 1/5; 2. Degrais, 9 m. 19 s. 3/5; 3. Ricard-Schneider; 4. Georges brade.
- Degrais ariive en tète au premier tour fait en 3 m. 23 s.; au deuxième tour, Caillois-Rcnaux passent et font 2 m. 55 s. 4/5. Le 'troisième tour en 2 m. 24 S. 2/5.
- Jeux pour motocycles :
- 1. Denesle, 2. Ricard (motocyclette), 3. Reculez. N. p. : Fossier, Rigal.
- Canots automobiles (1650 m.), 1 tour de lac :
- 1. Cosaque, M. bérignon ; 2. Joujou, M. Vallet; 3. Nautilus, M. Bertrand; 4. Loufoc, M. Gabriel. Temps : 7 m. 6 s.
- La fête de l’Exposition.
- La fête de clôture de l’Exposition universelle, organisée avec un remarquable dévouement par MM. Rives, Jeantaüd, de Dion, Ravenez, René de Knyff et de Lafreté, battra son plein au moment où paraîtra ce numéro.
- Souhaitons que le beau temps vienne récompenser les efforts des organisateurs.
- L’Automobile a joué un rôle important dans la fête des Vendanges donnée à l’Exposition. Lès chars étaient, en effet, tout simplement, des voitures électriques.
- Sur la proposition de M. Jeantaüd, le comité de F Automobile-Club de France a décidé d’ac-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- corder les médailles suivantes, à l’occasion des concours de l’Exposition universelle organisé par l’Automobile-Club de France sous la direction de M. Alfred Picard :
- Une plaquette d’argent : M. Georges Longuemarre;
- Médailles de vermeil : Société de l’Union vélocipé-dique Limousine (président, M. du Mazaubrun, avoué, 0, rue Adrien Dubouché, Limoges); M. d’Aldéguier, secrétaire de FAutoinobile-Club toulousain; M. Fabre, à F Automobile-Club toulousain; M. Huet, chronométreur de F Automobile-Club de France.
- Médaille de bronze, aux propriétaires : 1° du Café des Sports, NVatrins (Porte-Maillot); 2° du Café des Omnibus (avenue des Ternes, 312); 3° Café Balthazarp (place de la République); 4° Café du Canon de la Bastille (place de la Bastille); 5° Brasserie Nicolas (place de la Nation); 6° Café-Restaurant de l’Automobile et des Sports; 7° Café Marchai (place l’Aubert); 8° Café-Restaurant de la Légion d’honneur (rue de Solférino).
- Los propriétaires de cafés ainsi honorés de médailles sont ceux dont les établissements ont servi de haltes pour le concovrs des voiturettes de livraison.'
- Il est question d’installer an grand Palais le salon de l’Automobile et du Cycle dont la date serait alors reportée au 20 décembre pour laisser aux exposants actuels le temps de faire place nette.
- Nul doute qu’avec un cadre pareil, l’ami Gustave Rives, grand metteur en scène des expositions d’automobiles, ne nous donne des merveilles.
- L’installation au grand palais du Salon du cycle et de l’automobile ne va pas toute seule. Le grand palais change, en effet, de maître après l’Exposition, puisque c’est la direction des Beaux-Arts qui en prendra possession à ce moment, et il est à craindre que cela ne retarde quelque peu les négociations. Malgré cela, il semble décidé que le Salon pourra être ouvert en janvier prochain. La commission d’organisation est déjà nommée. On y a fait une part à la presse politique, mais on a complètement oublié d’y faire figurer la presse sportive quotidienne ou hebdomadaire, ce qui est peut-être assez maladroit.
- Voici les dates provisoires des concours que l’Automobile-Club de France organise l’année prochaine :
- 1er mai. — Concours d’accumulateurs.
- Fi» juin. — Concours de liacres et voitures légères de li\raison — moteurs à vapeur, à pétrole, à alcool, électriques et autres.
- Octobre. — Concours de voitures de poids lourds, transports de voyageurs de commerce, transport de marchandises, voitures de livraison pour moteurs à vapeur, à pétrole, à alcool, électriques et autres.
- Une nouvelle disposition des stands dans le plan de la deuxième Exposition de l’Art culinaire, qui se tiendra à Bruxelles du 8 au 10 décembre prochain, a permis de réserver une vingtaine de
- mètres carrés aux véhicules de livraison méca- -niques, cycles et automobiles.
- Nous nous empressons d’en informer les constructeurs.
- Le docteur Kalmann, ingénieur électricien de la ville de Berlin, a publié son rapport sur le résultat des épreuves du concours des automobiles électriques qui eut lieu à Berlin dans le courant du mois d’avril, sous les auspices de l’Union automobiliste de l’Europe centrale.
- Il fournit des informations précises sur la construction, sur l’exploitation économique des automobiles, sur les prix d’acquisition et la dépense d’entretien. Le rapport forme une base précieuse pour les observations ultérieures. Les essais, conclut le rapporteur, ont montré à l’évidence que, si la construction est rationnelle, l’exploitation économique, les dépenses d’achat et de renouvellement suffisamment réduites, si pardessus tout les fabriques d’accumulateurs apportent dans les entreprises un satisfaisant esprit de conciliation (Entgegenkommen), une exploitation méthodique et rémunératrice n’est pas impossible à réaliser sous une direction éclairée.
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- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- On étudie, en Belgique, la création d’un service public d’omnibus automobiles, qui desservirait le parcours de Liège au Val-Saint-Lambert ; un second service desservirait la route de Seraing entre Liège et Engis par Ougrée, Selessin et Angleur. Il a été émis un avis favorable en principe.
- M. Wève, ingénieur-directeur des ateliers où se construisent les Bolide, a fait vendredi plusieurs démonstrations devant les autorités communales de Seraing. Tour à tour véhiculées, elles se sont montrées très satisfaites.
- La voiture a deux cylindres jumeaux horizontaux, avec un carburateur à pulvérisation et allumage électrique. Le moteur pèse 242 kilos, et les engrenages comportent trois vitesses. La voiture en ordre de marche pèse 1,020 kilos.
- —o—
- Les Bruxellois sont dans la joie car un service d’omnibus automobiles va fonctionner prochainement à Ixelles. Le Conseil communal a donné son autorisation. Les omnibus-automobiles suivront la place Louise, l’avenue de la Toison-d’Or, la rue de l’IIùtel-des-Monnaies, les avenues Dejaer et A.-Delbeuv, Jef-Lambeaux et Duc-Petiaux, les chaussées de Gharleroi, de Areleur-gat et la rue de l’Abbaye, soit un parcours de 3 kilomètres.
- Les omnibus, au nombre de huit, seront de la force de 20 chevaux, avec vingt-deux places; le prix du voyage sera de 60 centimes.
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- TRIBUNAUX
- Un chauffeur très connu à Bruxelles, M. N an der Spek, passait, 11 y a un mois, dans un faubourg de la capitale belge lorsqu’un commissaire de police, qui se trouvait sur la route, trouva excessive la vitesse du véhicule.
- Le magistrat ne souffla mot, mais prit le numéro de la plaque et dressa une contravention qui fut notiliée quinze jours après au délinquant.
- Devant le juge de simple police, M. Yan der Spek plaida que, conformément à la loi belge, les procès-verbaux notifiés après le délai de quarante-huit heures sont nuis. Le juge de paix acquitta. Mais le ministère public, mécontent, fit appel « à minima ». On plaida donc à nouveau devant le tribunal correctionnel, qui a rendu son jugement le 23 octobre. L’acquittement primitif est confirmé, attendu que, suivant les termes de la loi, devient caduc tout procès-verbal non notifié dans les quarante-huit heures. L’organe du ministère public avait d’ailleurs été mal inspiré en faisant appel, car son chef, le plus élevé en grade, M. le procureur général Yan Schoor, précédemment consulté dans une espèce identique, avait déclaré que le délai de quarante-huit heures est un délai fatal.
- Un incident amusant est à relever dans cette affaire. Le commissaire de police avait dressé procès-verbal « au vol ». Il établissait la vitesse de l’automobile à l’aide de l’observation faite sur l’espace compris entre deux piquets éloignés de 150 mètres, et il déclarait que le chauffeur avait mis 10 secondes à parcourir cette distance. Le temps avait été noté au moyen d’une simple montre.
- Tout cela était parfait, mais malheureusement 150 mètres en 10 secondes donnent 54 kilomètres à l’heure. Et l’automobile était une « 6-chevaux ».
- Le commissaire de police a été obligé de convenir que sa montre n’était pas un chronomètre des plus perfectionnés.
- BIBLIOGRAPHIE
- Die Automobilen, ihr Wesen und ihre Behaudlung (Les Automobiles, leur nature et leur traitement), par Du. E. Multændokff et E. Kubel, Georges Siemens, éditeur. Berlin, 1900.
- L’automobilisme en Allemagne, comme partout ailleurs, provoque un intérêt croissant. Bien que la littérature spéciale qui y a rapport soit déjà riche de publications, les auteurs de la brochure que nous avons sous les yeux ont estimé répondre à un besoin en traitant, à leur tour, le sujet sous une forme telle que les moins renseignés puissent porter un jugement sur ce nouveau moyen de circulation et ses applications.
- Après un court aperçu historique et l’exposé des principes physiques fondamentaux relatifs à l’énergie potentielle contenue dans diverses substances et à ses phases de transformation, les auteurs considèrent les propriétés des moteurs en général et abordent l’emploi des moteurs à vapeur, des moteurs à explosion et des électromoteurs.
- Ensuite, condensée en une trentaine de pages de texte, vient la description détaillée des principaux types de moteurs, appartenant à ces trois classes, admis dans la pratique automobile, description qui comprend ce qui a trait au freinage, à la direction, aux appareils de chargement de marche, de transmission de l’effort, aux systèmes différentiels, à l'allumage et au graissage. Sont énoncées à la suite diverses mesures conservatoires dans le mode de traitement des moteurs à essence et à pétrole et des moteurs électriques. Un chapitre peu long est consacré aux frais d’exploitation, un autre est dévolu aux applications des automobiles.
- La plaquette se termine par la liste des maisons de construction d’automobiles et de pièces détachées en Europe et en Amérique, par l’énumération des principales revues d’automobiles et, enfin, par la nomenclature des plus importantes sociétés et unions qui ont pour objet de développer l’automobilisme.
- Cette petite brochure, exécutée sans grande prétention, rendra d’excellents services aux personnes qui la consulteront.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Laquestiondes sous-marins a fait un grand pas aux Etats-Unis, où le Sénat vient de voter la construction de cinq bâtiments du type Holland, amélioré, bien entendu, en tenant compte des indications fournies par l’expérience faite du type du Holland actuel, qui est, parait-il, le numéro 7 essayé ou modifié.
- D'après l'amiral Dexvey le bâtiment a donné tout ce que les constructeurs attendaient de lui. « J’ai dit, et je le répète, ajoute-t-il, que s’il y avait eu deux de ces bâtiments à Manille, je n’aurais jamais tenu avec l’escadre que je possédais. L’effet moral, à mon avis, est infiniment supérieur à celui des mines, torpilles, ou de tout autre engin de cette nature. S’il y avait deux de ces navires à Galveston, toutes les marines du monde ne pourraient bloquer cette place. Ces sous-marins rendraient nos croiseurs et cuirassés libres pratiquement pour l’offensive à la mer et sur les eûtes ennemies. »
- L’amiral Dexvey estime qu’il n’y aurait rien de meilleur comme défense des côtes et des ports, mais il ne croit pas qu’on pourrait s’en servir en haute mer.
- — M. F. Scharnberger, de Berlin, a fait breveter une nouvelle forme de bobine d’induction qui consiste en ceci. Ce n’est pas l’étincelle d’induction sautante qui est employée pour l’allumage, mais l’étincelle de rupture. Contrairement aux bobines à self-induction construites antérieurement, enroulées ordinairement sur des bobines en bois avec seulement un seul fil conducteur, il y a ici deux ou trois fils conducteurs mis en circuits et enroulés parallèlement entre eux, et on emploie, au lieu de la bobine en bois, uniquement du fer comme corps de la bobine.
- Le Directeur-Gérant : YUILLEMOT.
- PARIS. — L- CE 30 Y E EX FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSÉS S.-JACQOBS.
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- Septième Année. — N° 46.
- 15 Novembre 1900
- Le Numéro : centimes
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : QU SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie Vye DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VÜILLEMOT, D IRECTEUR
- ABONNEMENTS POUR 1901
- Nous prévenons nos lecteurs dont l’abonnement expire fin décembre 1900 qu’ils peuvent le renouveler dès maintenant sans frais dans tous les bureaux de poste.
- Nous rappelons à nos collègues du Tou-ring-Glub que leur renouvellement (France, un an, 13 fr. 30, Etranger, 18 fr. 30) doit être adressé à nos bureaux, 4, rue Chauveau-Lagarde, Paris, pour ne pas compliquer le service de notre association.
- Adresser un mandat au nom de M. Raoul Vuillemot, directeur de La Locomotion Automobile. — Le talon servira de reçu.
- Nous prions ceux de nos abonnés qui auraient l’intention de ne pas renouveler leur abonnement de nous prévenir avant le 13 décembre. Passé cette date, la quittance pour 1901 sera mise en recouvrement postal sans frais.
- SOMMAIRE DU N» 46.
- Le Péril des maires, L. Baudry de Saunier. — Echos. — L’omnibus à vapeur Turgan-Foy. — Une loco-mobile à alcool, Emile Dieudonné. — La culasse Linzeler. —Le prix du kilomètre en voiture automobile. — La question de l’alcool. — Carrosserie d’un milord électrique. — Courses. — A travers la presse. — Expositions et concours. — Automobiles sur routes. — Courrier industriel.
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- LE PÉRIL DES MAIRES
- « ... Si notre grande Révolution a su nous affranchir des droits des seigneurs, c’est pour nous replacer sous les droits des maires, autrement excessifs. »
- (Abel Ballif, le Vélo, 8 nov. 1900.)
- Habitez-vous Lyon, mon pauvre lecteur, ou bien avez-vous récemment traversé
- cette ville en automobile? Si oui, vous avez compris mon article à la lecture de son seul titre.
- J’ai traversé Lyon il y a un mois, en voiture automobile à quatre places. Voici le régime appliqué aux personnes qui ont mon audace :
- Dès qu’une automobile se présente aux portes de Lyon, un employé de l’octroi sort de son gîte, lui fait signe de stopper. Ce n’est pas le traditionnel : « Avez-vous quelque chose à déclarer? » qui lui vaut ce commandement. Non. Il y a mieux. Le conducteur est invité à descendre et meme à arrêter son moteur, car « çà sera long ».
- Le chaulfeur entre dans le bureau d’octroi. Un second employé, derrière les barreaux de sa cage, procède à son interrogatoire. Il lui demande ses nom, prénoms, adresse, le nombre des roues de sa voiture {sic), exige l’exhibition de ses certificats, écrit, récrit, récrit encore toute la déposition sur un énorme livre à souche, réclame deux signatures, enfin 1 fr. 30. Il lui délivre un long imprimé, manuscrit par endroits, à « garder soigneusement pour le représenter à la sortie », prévenant le comparant que s’il séjourne plus de trois jours dans la ville, il devra renouveler sa déclaration au bureau central sous peine grave (1). Enfin, il remet le prévenu aux mains du premier employé qui, au moyen de fils de fer, lui ligature un gros numéro de zinc dans le dos, le dos de la voiture, bien entendu. Monsieur, ainsi costumé, peut s’en aller faire le malin en ville !
- M. Augagneur, maire de Lyon, a la phobie aiguë des automobiles. Ne lui expliquez pas que l'automobile est une industrie neuve, de gros avenir, de gros présent même, puisque Lyon compte précisément
- (1) Régime des condamnés à la surveillance de haute tolicc.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- plusieurs grandes usines d’automobiles, que l’automobile est une industrie née en France, qu’il faut l’encourager pour faire intelligemment son devoir de Français, qu’on peut sauvegarder la sécurité de ses administrés sans témoigner une véritable haine à toute une classe de personnes qui, malgré quelques fous faciles à connaître et à punir, est toujours inoffensive. Ne lui expliquez rien. A peine commencez-vous le mot auto... que les dents de M. Auga-gneur grincent comme des engrenages usés.
- Or, le grincement de dents de M. Auga-gneur est, assure-t-on, absolument légal. L’aimable homme nous colle un numéro dans le dos; il pouvait aussi légalement nous piquer un drapeau vert dans le chapeau. Le ministre qui a signé, en mars 1899, un décret de circulation des automobiles applicable à tout le territoire de la République, n’a qu’à regarder les maires s’en gausser. Il ne peut rien, si invraisemblable que soit le cas.
- Je me rends souvent dans les Alpes en automobile, en Savoie, dans la Tarentaise exquise, une Suisse naturelle sans les truquages de l’autre, une Suisse de chardons bleus au pied des glaciers blancs, avec des vaches grosses comme des ânes qui ont des robes et des yeux de chevreuils.
- Mais revenons vite à notre grincheux Lyonnais. Vous devinez que je viens de biffer irrévocablement Lyon de mon itinéraire, et j’espère bien que tous ceux qui me liront en feront autant. Mais je rêve parfois que le maire de Cosne a décidé que les automobiles traversant sa commune devront acheter à son octroi une trompette, que celui de Nevers exige une paire de cymbales, que Mâcon veut voir le chauffeur marcher auprès de sa voiture, que Bourg ordonne que la voiture ne circule qu’à reculons. Comment me rendrai-je en Savoie par la route?
- Et ce régime odieux du stigmate, ce régime qu’on n’applique qu’aux hommes notoirement dangereux pour leurs semblables, qui dérive de celui des lépreux d’an tan obligatoirement précédés de leur clochette, de celui des forçats flétris du bonnet vert, ce régime va être appliqué aux chauffeurs de Paris! Et puisque la province prend invariablement la mode de Paris...
- Des tracasseries sans nombre, avec, au bout, la police correctionnelle, tel est le menu. Tel est l’encouragement donné à nos efforts pour doter notre pays de quel-
- que chose qui soit son bien propre et qui témoigne de l’éternel attachement de la France au progrès!
- Puisque les maires sont seuls juges des exigences de leurs communes, que leurs arrêtés les plus saugrenus sont à ce point de vue inattaquables, qu’à l’entrée de la plupart des villages on voit aujourd’hui des proclamations clouées dans les arbres pour ordonner le 6, le 8 ou le 10 à l’heure, en dépit du ministre qui a autorisé 20 et 30, puisque maire est maître chez soi, quelle certitude avons-nous que l’automobile ne sera pas tuée bientôt par privation radicale de sa nourriture, la route?
- Sans même supposer aux 30,000 maires de France des goûts aussi prononcés pour les cymbales, les trompettes et les drapeaux verts, ([ue deviendrons-nous si demain matin cinq ou six mille seulement se prennent d’affection pour le gros numéro du gagneur?
- Quelle puissance pourrait légalement les empêcher de détruire ainsi une des grandes espérances industrielles de notre pays? Quelques députés ne pourraient-ils pas prendre en mains cette cause intéressante et sauver à la France une des rares supériorités qui lui demeurent encore?
- Mais personne ne dit mot. Aucune société ne bouge, ne tente une démarche, ne semble même soupçonner ce « péril des maires » qui peut nous jeter tout d’un coup dans une crise voisine de l’agonie.
- Pendant ce temps, l’empereur Guillaume clame qu’il protège cette industrie nouvelle, et promet 100,000 marks à qui lui construira une bonne automobile militaire. Il conduit lui-même sur les routes d’Allemagne une voiture de course à des vitesses qui le feraient, en France, condamner à trois jours de prison, et il initie l’impératrice au charme de la locomotion nouvelle. Il veut que l’Allemagne soit grande et prospère, et il aide scs industriels de tout son pouvoir. Ce n’est pas lui qui laisserait ses fonctionnaires et ses magistrats persécuter les conducteurs d’automobiles comme on le fait en France.
- Nous, nous ne demandons pas qu’on nous encourage. Nous demandons seulement qu’on ne nous empêche pas de vivre. Nous ne demandons pas 100,000 marks. Nous ne demandons qu’un règlement parfont applicable, si féroce qu’on voudra nous le fabriquer...
- L. Baudiiy de Saunier.
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- plusieurs grandes usines d’automobiles, que l’automobile est une industrie née en France, qu’il faut l’encourager pour faire intelligemment son devoir de Français, qu'on peut sauvegarder la sécurité de ses administrés sans témoigner une véritable haine à toute une classe de personnes qui, malgré quelques fous faciles à connaître et à punir, est toujours inoffensive. Ne lui expliquez rien. A peine commencez-vous le mot auto... que les dents de M. Àuga-gneur grincent comme des engrenages usés.
- Or, le grincement de dents de M. Auga-gneur est, assure-t-on, absolument légal. L’aimable homme nous colle un numéro dans le dos; il pouvait aussi légalement nous piquer un drapeau vert dans le chapeau. Le ministre qui a signé, en mars 1899, un décret de circulation des automobiles applicable à tout le territoire de la République, n’a qu’à regarder les maires s’en gausser. Il ne peut rien, si invraisemblable que soit le cas.
- Je me rends souvent dans les Alpes en automobile, en Savoie, dans la Tarentaise exquise, une Suisse naturelle sans les truquages de l’autre, une Suisse de chardons bleus au pied des glaciers blancs, avec des vaches grosses comme des ânes qui ont des robes et des veux de chevreuils.
- Mais revenons vite à notre grincheux Lyonnais. Vous devinez que je viens de biffer irrévocablement Lyon de mon itinéraire, et j’espère bien que tous ceux qui me liront en feront autant. Mais je rêve parfois que le maire de Cosne a décidé que les automobiles traversant sa commune devront acheter à son octroi une trompette, que celui de Nevers exige une paire de cymbales, que Mâcon veut voir le chauffeur marcher auprès de sa voiture, que Bourg ordonne que la voiture ne circule qu’à reculons. Comment me rendrai-je en Savoie par la route?
- Et ce régime odieux du stigmate, ce régime qu’on n’applique qu’aux hommes notoirement dangereux pour leurs semblables, qui dérive de celui des lépreux d’antan obligatoirement précédés de hoir clochette, de celui des forçats flétris du bonnet vert, ce régime va être appliqué aux chauffeurs de Paris! Et puisque la province prend invariablement la mode de Paris...
- Des tracasseries sans nombre, avec, au bout, la police correctionnelle, tel est le menu. Tel est l’encouragement donné à nos efforts pour doter notre pays de quel-
- que chose qui soit son bien propre et qui témoigne de l’éternel attachement de la France au progrès!
- Puisque les maires sont seuls juges des exigences de leurs communes, que leurs arrêtés les plus saugrenus sont à ce point de vue inattaquables, qu’à l’entrée de la plupart des villages on voit aujourd’hui des proclamations clouées dans les arbres pour ordonner le 6, le 8 ou le 10 à l’heure, en dépit du ministre qui a autorisé 20 et 30, puisque maire est maître chez soi, quelle certitude avons-nous que l’automobile ne sera pas tuée bientôt par privation radicale de sa nourriture, la route?
- Sans même supposer aux 30,000 maires de France des goûts aussi prononcés pour les cymbales, les trompettes et les drapeaux verts, que deviendrons-nous si demain matin cinq ou six mille seulement se prennent d’affection pour le gros numéro du gagneur?
- Quelle puissance pourrait légalement les empêcher de détruire ainsi une des grandes espérances industrielles de notre pays? Quelques députés ne pourraient-ils pas prendre en mains cette cause intéressante et sauver à la France une des rares supériorités qui lui demeurent encore?
- Mais personne ne dit mot. Aucune société ne bouge, ne tente une démarche, ne semble même soupçonner ce « péril des maires » qui peut nous jeter tout d’un coup dans une crise voisine de l’agonie.
- Pendant ce temps, l’empereur Guillaume clame qu’il protège cette industrie nouvelle, et promet 100,000 marks à qui lui construira une bonne automobile militaire. Il conduit lui-même sur les routes d’Allemagne une voiture de course à des vitesses qui le feraient, en France, condamner à trois jours de prison, et il initie l’impératrice au charme de la locomotion nouvelle. Il veut que l’Allemagne soit grande et prospère, et il aide ses industriels de tout son pouvoir. Ce n’est pas lui qui laisserait ses fonctionnaires et ses magistrats persécuter les conducteurs d’automobiles comme on le fait en France.
- Nous, nous ne demandons pas qu’on nous encourage. Nous demandons seulement qu’on ne nous empêche pas de vivre. Nous ne demandons pas 100,000 marks. Nous ne demandons qu’un règlement partout applicable, si féroce qu’on voudra nous le fabriquer...
- L. Batjdiiy de Saunieio
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- ÉCHOS
- Notre prime : le phonographe merveilleux « le Gaulois », obtient auprès de nos abonnés le plus vif succès. Le nombre des demandes augmentant beaucoup, à cause de l’approche du Jour de l’An, il peut se produire quelque retard dans les expéditions. Nous prions donc ceux de nos abonnés qui voudraient bénéficier de cette prime, dont ils trouveront la description à la seconde page de nos annonces, de nous adresser leurs commandes le plus tôt possible.
-
- Le comité du Moto-Club de France a admis, dans sa dernière séance, douze candidats, ce qui porte à 715 le nombre de ses membres.
- * *
- I y Bi dlifjTtfltuir' ;t i
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- WG
- est ouvert à nouveau et aura lieu tous les mercredis soirs, à huit heures et demie, à la mairie du IVe arrondissement. C’est M. Lainnet qui est chargé de ce cours.
- * *
- Le Ve7o publie la note de frais d’un chauffeur condamné à 10 francs d’amende, avec remise de trois jours de prison, pour contravention en automobile.
- Amende......................................
- Décimes......................................
- Frais de justice. ...........
- Signification du jugement...................
- Frais d’extraits et d’arrêts................
- Timbre de quittance................... . . ,
- Commutation d’une peine de 3 jours de prison.
- 10 00 2 50 12 03 k 90 0 25 0 25 31 25
- 61 18
- Ajoutez à cela les frais d’avocat et vous voyez que l’on arrive à un joli total.
- Un incendie a entièrement détruit, la semaine dernière, les ateliers de carrosserie de la maison Vinet, 25, rue Brunei. Les dégâts, estimés à 250,000 francs environ, sont heureusement couverts par des assurances.
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- Nous espérons avoir le plaisir d’offrir à nos lecteurs, dans un prochain numéro, des détails sur la nouvelle voiture légère des établissements Hautier. Après l’avoir remarquée dans différents concours où elle a obtenu deux premiers prix, nous nous sommes assuré la primeur d’une description qui, croyons-nous intéressera tous nos lecteurs.
- Bornons-nous pour aujourd’hui à dire que nous n’avons jamais trouvé autre part autant de simplicité et de perfectionnement réunis.
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- Le Président de la République a fait ses débuts de chauffeur sous la conduite de M. Gh. Jean-taud. Il était difficile pour lui de choisir un initiateur plus compétent et plus aimable, aussi a-t-il été enchanté.
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- Nous apprenons avec regret la mort de M. Bo-vet père, qui fut longtemps un des chefs de l’importante maison Peugeot dont son fils est actuellement le directeur.
- M. Bovet n’avait que des sympathies et sa mort sera vivement regrettée.
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- Signalons aux chauffeurs le Grand Garage de l’avenue du Bois, 56, rue Pergolèse. Installation parfaite et ateliers pour toutes réparations. Téléphone 548-42.
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- Le cours d’automobile de la Fédération des Mécaniciens des chemins de fer et de l’industrie
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- La troisième commission du Conseil municipal de Paris a décidé d’accorder au comité du monument Levassor l’autorisation d’élever ce monument sur une des pelouses qui avoisinent la porte Maillot.
- La pétition relative à l’obtention de cet em-placement avait été adressée au Conseil par notre excellent confrère Pierre Giffard. Elle n’aura traîné qu’un an dans les bureaux. C’est lé record de la vitesse à l’Hôtel de Ville.
- C’est le sculpteur Dalou qui est chargé de l’exécution du monument.
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- On fait décidément tout ce qu’on peut, en France, pour écraser l’industrie automobile, tandis que la plupart des gouvernements étrangers, l’Allemagne en tête, l’encouragent de leur mieux.
- Pour remplacer une partie des taxes d’octroi sur les boissons hygiéniques ou soi-disant telles, le préfet de la Seine propose de créer entre autres taxes nouvelles une taxe municipale sur les voitures automobiles, égale à la taxe établie et perçue par l’Etat.
- Espérons que l’Automobile-Club de France, le Moto-Club, nos Chambres syndicales et tous nos confrères vont protester énergiquement contre cette proposition malencontreuse.
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- M. Maurice Berson, notre correspondant à Rouen, part faire ses trois ans de service au 120e régiment d’infanterie, en garnison à Pé-ronne.
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- • Bans son assemblée générale du 9 courant, au siège social, café des Mille Colonnes, l’Automo-bile-Club Grenoblois a renouvelé son comité pour 1901 comme suit :
- MM. le docteur Pegoud, président; Emile Duchemin, vice-président; Jules Jourdan, secrâ-'
- ________a*, k__________________‘«Ci-
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- taire général; Paul Viallet, secrétaire-adjoint; Benjamin Clerc, trésorier; Georges Faure, Régis Joya, archivistes ; Joseph Delamarche, Léon Billaud, administrateurs.
- Après moins d’une aimée d’existence, ce club a déjà 91 sociétaires, 76 machines faisant au total B45 chevaux.
- Un banquet est organisé le 18 novembre à Voiron.
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- L’Automobilë-Club bourguignon à inauguré mercredi dernier ses nouveaux salons du boulevard Sé.vignq, q0 j, à I)ijon.
- La fête .a commencé à 9 h., du soir et a été pleine d’entrain et de cordialité.
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- L’Automobile-Club Lorrain vient d’adresser ses doléances au maire de Nancy, au sujet des passages à niveau du chemin de fer et des ponts tournants du canal qui sont éclairés le soir d’une manière très défectueuse et sont un danger constant pour la sécurité publique et surtout pour lès conducteurs d’automobiles.
- Vu les accidents qui se produisent journelle-lement, la Société demande que l’éclairage soit modifié de la façon suivante : Une lanterne à feu vert indiquerait que le passage est ouvert et que l’on doit ralentir, son feu se transformerait en rouge quand le passage serait fermé.
- Le maire de Nancy a accueilli très favorablement cette réclamation de l’Automobile-Club Lorrain.
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- ' Au dernier ballottage de l’Automobile-Club de Nice, ont été reçus membres :
- MM. de Farconnet, président de l’Automobile-Club de Marseille, A. Véran, Michel Dupré, Oustrie, marquis del Valle de Toya, Fleury, Marcy et Edouard Schumalzer.
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- Un ingénieur liégeois, M. Davreux, vient de construire une voiture électrique à moteur unique, qui aura 60 chevaux ou 44 kilowatts. U y aura quatre vitesses avant et trois arrière. Les accumulateurs pèsent 3000 kilogrammes et la voiture 800. Elle a le modèle des 30 chevaux de Levegh et a une direction à volant incliné. M. Davreux destine son véhicule à un service d’omnibus automobile. Un essai de vitesse effectué sur 1 kilomètre de bon macadam entre Mel-reux et Monville a donné 28 s. 2/5.
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- Trois chauffeurs belges, MM. le baron Pierre de Crawhez, Lucien Hantvast et Henri t’Serste-vens entreprennent en automobile le voyage sui-vant :
- Départ de Bruxelles le 8 décembre à dix heures du matin, quel que soit le temps, ce qui laisse augurer de la ténacité des motoristes à aller jus- „
- qu’au bout. Traversée de Namur, Reims, Rethel, Rocroi, Dijon, Grenoble, Valence, Avignon, Marseille, où l’on embarquera les voitures pour Alger. La haute Kabylie à passer avec ses côtes de 15 0/0 et ses altitudes de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, puis encore Ouzou, les gorges de Chabet, Sétif, et, un peu plus loin, les hauts plateaux aux sommets neigeux, Batna et enfin Biskra, que jamais automobile ne dépassa.
- Le retour se fera par Gabès, Sfaks, Kérouan, la ville sainte des Arabes, Souza, Hammanet et Tunis, Nice, après Cagliari et Bastia. De Nice, retour à Bruxelles par la Suisse.
- Joli voyage !
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- Notre excellent confrère l'Automobile belge annonce, comme une chose à peu près décidée, la création prochaine par l’Automobile-Club de Belgique d’une commission d’aéronautique qui serait en réalité l’Aéro-Club de Belgique.
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- Le nouveau règlement sur la circulation des automobiles, en Italie, sera mis en vigueur le 1er janvier 1901.
- Le texte du nouveau règlement est prêt et sera très prochainement soumis à l’approbation du Conseil d’Etat.
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- Le Congrès automobile international qui devait se tenir à Padoue se tiendra à Florence.
- Le Comité-Directeur a déjà reçu plusieurs adhésions de la France, de l’Angleterre et de la Belgique.
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- Il existe, en Angleterre comme en France, des brutes qui s’amusent à semer des morceaux de verre et des clous sur les chemins pour crever les pneumatiques.
- Le Cyclist’s Touring-Club anglais vient de faire afficher dans toute la Grande-Bretagne un avis offrant 125 francs de récompense à quiconque prouvera qu’une personne quelconque s’est livrée à cet aimable exercice.
- L’Automobile-Club de France et le Moto-Club devraient bien imiter cet excellent exemple.
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- C’est un vrai événement, aux Etats-Unis, que la nouvelle de l’arrivée de deux chauffeurs montés dans une voiture à essence dans la fameuse vallée de Yosemite. Il faut dire qu’ils étaient partis de Los Angeles et qu’ils ont eu à s’élever à une hauteur de plus 1956 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- «i
- ‘ *
- On vient d’accorder des permis de conduire des automobiles à six dames de Chicago, mais nous devons noter que ces permis s’appliquent seulement à la conduite de voitures électriques,
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- On estime en effet en Amérique que des véhicules mécaniques à pétrole et à vapeur seraient trop dangereux pour être confiés à des mains féminines.
- Que les Américains viennent donc voir nos Parisiennes tenir le guidon de leurs blanches mains.
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- M. et Mme Sliong et M. et Mme W. S. Root viennent de rentrer à Cleveland après avoir fait en automobile tout le tour du lac Erié, et avoir sans doute monté le premier automobile qui ait circulé dans le bas Canada. Us faisaient environ 100 milles par jour et n’ont eu aucun accident; leur passage a été un vrai événement.
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- Un ingénieur de Melbourne, M. Thompson, vient de lancer une automobile de sa construction qui est mue par la vapeur, et qu’il a exposée au dernier concours agricole de Sydney. Son in-tention est de la mettre prochainement à l’épreuve en faisant le voyage de Sydney à Melbourne, à travers une région particulièrement malaisée.
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- L’automobilisme devient de plus en plus une aide pour les autres sports : c’est ainsi que M. Mackay, qui a acheté tout récemment deux grandes chasses distantes l’une de l’autre de plusieurs dizaines de kilomètres, se rend de l’une à l’autre au moyen d’une automobile, ce qui lui permet de faire le voyage en peu de temps.
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- On a laissé subsister jusqu’ici aux Etats-Unis, dans l’Etat de Yermont, la fameuse législation du drapeau rouge, qui n’a rien à voir avec l’anarchie, mais qui impose aux voitures mécaniques une obligation aussi bizarre que fastidieuse de se faire précéder à bonne distance par une personne « d’âge mûr » et portant un dçapeau rouge afin d’avertir du danger.
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- - Tout comme à l’Automobile-Clul) de France, il vient de se produire une scission à l’Automobile-Club de Philadelphie. On lui reprochait d’ètre fort difficile sur le chapitre des admissions et d’exiger presque des quartiers de noblesse, bien que cet article ne soit pas yankee, les mécontents sont en train de former le Philadelphia Locomobile-Club, auquel nous souhaitons bon succès.
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- Le président de l’Automobile-Glub de Californie vient de rentrer du voyage que nous avions . annoncé et qu’il avait entrepris notamment pour se rendre compte de l’organisation des différents clubs analogues sur le territoire de l’Union. Il a été enchanté de ce qu’il a vu, et il va lancer son t club dans la voie suivante ; Entamer une cam-
- pagne en faveur des bonnes routes et obtenir l’entrée absolument libre des autos dans l’enceinte du grand parc de San Francisco.
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- La compagnie d’électricité Westinghouse, qui est connue dans le monde entier, vient de créer un type de convertisseur spécialement combiné pour fournir du courant continu afin de charger les accumulateurs d’autos quand on ne trouve qu’une usine donnant du courant alternatif.
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- La Gould Storage Rattery C° de New-York vient de lancer sur le marché un nouveau type d’accumulateur que l’on recommande comme spécialement approprié aux automobiles : la surface active y a des proportions relativement considérables, la capacité en serait élevée et la durée très notablement supérieure à ce qu’on obtient normalement. C’est à vérifier.
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- La compagnie Strathmore Automobile C° de Boston vient de construire une nouvelle voiture à vapeur et à deux places dont on dit grand bien, mais que nous n’avons pu encore étudier complètement. Elle pèse 635 kilos et son moteur a une puissance de 6 chevaux, elle est faite surtout pour la circulation urbaine, mais elle est assez solide pour répondre également aux besoins du tourisme. Le moteur se trouve au-dessus de l’axe arrière, mais la chaudière est suspendue fort bas.
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- Le directeur général des postes du Canada vient de commander trois voitures automobiles pour être essayées dans les services postaux. Des essais se poursuivent en ce moment, pour la levée des lettres, et on fait en 1 heure 10 minutes ce qui demandait autrefois 2 heures 45 avec les voitures à chevaux.
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- On vient de lancer en Amérique un nouveau moteur à essence, sous le nom de P. T. Motor. Il est spécialement construit pour les motocycles ou plutôt les bicyclettes, mais l’inventeur, M. Tuepel, n’hésite pas à annoncer qu’il espère bien l’introduire un peu partout pour commander les moulins à café, les ventilateurs, les machines à glace, etc. Il pèse 9 kilos, et mesure 317 millimètres sur 152. Il donne un cheval à 1000 révolutions par minute.
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- Les Chinois se mettent de la partie ; un restaurateur fort à son aise de Chicago, appartenant à la race jaune, Moy Ing, vient de conduire à l’autel, suivant la formule, une jeune Céleste du nom de Sella Yoy, et ce en automobile.
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- L’HBiis â Tapeur Turgan.
- On tend de plus en plus à étudier l’automobilisme au point de vue pratique et industriel, et les mêmes moteurs montés sur les voitures de sport de 12 ou 24 chevaux, sont maintenant appliqués à de grandes voitures de promenade ou même à des camions à marchandises.
- Cette évolution s’accentue chaque jour, et nous voyons la plupart des constructeurs étudier, en dehors de leurs voitures de courses ou de luxe, de véritables véhicules de poids lourds.
- Les établissements Turgan et Eoy, dont les
- divers types de voitures à pétrole se répandent de plus en plus, ont, eux aussi, contribué à cette étude des poids lourds. Ayant à leur disposition une usine de chaudières à vapeur, MM. Turgan et Foy ont songé à construire des omnibus à vapeur.
- Un de ces omnibus, bien qu’ayant un but tout spécial qui le mettait hors classe, vient de prendre part nu dernier concours des poids lourds, du 8 au 13 octobre, et nous croyons intéressant de décrire brièvement sa disposition, et en même temps de rappeler les résultats obtenus.
- Dans le cas particulier qui nous occupe, la voiture est une véritable roulotte permettant de faire du tourisme au long cours.
- A l’avant du châssis est disposé l’ensemble du
- L'Omnibus à vapeur Turgan.
- mécanisme; à l’arrière, la caisse est aménagée en une chambre renfermant un canapé-lit, une table et des sièges. Une armoire placée dans le fond de la pièce, en même temps qu’elle forme bibliothèque et chiffonnier, dissimule un water-closet et une toilette marine.
- Diverses dispositions spéciales rendent un espace restreint parfaitement habitable pendant de longs jours, et même réellement confortable. Nous n’insisterons pas plus longuement sur ces emménagements tout en acajou, qui font ressembler l’intérieur de la voiture à celui d’un yacht de plaisance.
- Au concours dernier, la voiture a été présentée avec une caisse provisoire, qui est celle que reproduit notre photographie.
- Les plans qui accompagnent cette description, permettront de comprendre très facilement la disposition mécanique générale du véhicule dont le poids à vide est de 3,250 kilos.
- Un châssis en cornières, avec lequel fait corps une caisse à eau longitudinale, porte une chaudière Turgan et deux machines compound développant chacune 20 chevaux, ce qui donne une force totale de 40 chevaux.
- Chaque machine, sans autre intermédiaire qu’une chaîne, actionne directement une des roues arrière-motrices. Le différentiel et les changements de vitesse sont supprimés, ce qui réduit les chances d’avaries au minimum; un dispositif spécial permet d’admettre directement dans les deux cylindres en cas de démarrage difficile.
- Une direction à volant vertical, deux freins, l’un à sabot, l’autre à enroulement, complètent les organes auxiliaires. Deux pompes alimentaires à vapeur distinctes assurent, en tous cas, l’alimentation de la chaudière ; un condenseur placé sur le toit de la voiture permet, d’autre part, de récupérer presque toute l’eau, Enfin,
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- une autre petite machine indépendante actionne une dynamo qui, concurremment, avec une une petite batterie d’accumulateurs, permet l'éclairage électrique de la voiture et donne l’énergie nécessaire à une cuisine électrique.
- Quelques chiffres techniques compléteront cette courte description.
- La chaudière type Turgan construite par les établissements Turgan et Foy mesure 10 mètres carrés de surface de chauffe et 43 décim. carrés
- rm VT?**!
- L’Omnibus à vapeur Turgan. — Vue en élévation.
- de grille, son poids est de 680 kilos et l’encombrement de lm,20 de large, 0m,80 de long et lm,20 de hauteur. La production de vapeur contrôlée à Vincennes avec un tirage légèrement activé est de 435 kilos de vapeur à l’heure et de 580 kilos au tirage forcé,'soit respectivement de 43,5 et de 58 kilos de vapeur par mètre à une
- pression de 15 kilos. Le rendement dans le premier cas est de 6 kilos de vapeur par kilo, de charbon.
- Les machines construites par MM. Schindler, frères, à qui d’ailleurs est due également la carrosserie, sont d’une exécution remarquable. Elles ne pèsent que 8 kilos par cheval. Les dia-
- mètres des cylindres sont de 90 m/nl et 170 m/m, la course commune de 130 m/m et le nombre de tours de 600.
- La vitesse la plus grande, atteinte par l’omnibus Turgan durant le concours a été de 22 kil. 200 à l’heure, les 20 kilomètres — en palier — ont été franchis en 55 minutes pour une dépense épe54 kilos de charbon de Charleroî.
- Sur les côtes, la tenue de la voiture a été particulièrement bonne; des rampes de 10 0/0 sur 700 mètres étaient gravées à une allure de 13 kilomètres à l’heure sans variation de pression et sans pousser la vitesse, la côte de Champigny 7 0/0 moyenne sur 1500 mètres de long a été franchie à 16 kil. 300 à l’heure; enfin dans un essai spécial, l’omnibus chargé d’un poids repré-
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- sentant 20 voyageurs a. réussi à monter une Ajoutons que le fonctionnement de la voiture rampe de 14,2 0/0 sur plus de 300 mètres. Un est absolument-silencieux et l’écliappement de la seul arrêt s’est produit par suite du patinage à un fumée et de la vapeur à peu près complètement virage qui mesurait du 16 0/0, mais après quel- invisible. Au point de vue industriel, il ressort ques manœuvres, la voiture a démarré par ses cette conclusion pratique : qu’un omnibus pesant propres moyens. en charge environ 5 tonnes pouvant porter
- Timbre . . 15 kil.
- Surface de grille. .
- Surface de chauffe. . . . 10m'l
- Longueur O OO O
- Largeur . . lm,20
- Hauteur . . lm,20
- VOmnibus à vapeur Turç/an. — La chaudière.
- industriellement 16 à 20 voyageurs parcourt une; route très accidentée à une moyenne de 15 kilomètres à l’heure avec une dépense de 3 kilos de charbon au kilomètre-voiture.
- UNE L0C0MOBILE A ALCOOL
- Un certain nombre de personnes se trouvaient réunies, il y a quelques jours, dans les ateliers de construction de moteurs et d’automobiles de Marienfelde, dont la direction leur présentait un nouveau type de locomobile marchant à l’alcool. L’appareil, d’une puissance de 6 à 8 chevaux, fonctionne, comme tous les moteurs à explosion, à quatre temps avec quatre courses de piston, son cylindre horizontal a 200 millimètres de diamètre et la course du piston est de
- 360 millimètres. La réduction du liquide en vapeur s’opère par l’air préalablement échauffé par le tuyau des gaz chauds d’échappement, autour duquel il passe en venant du carburateur. L’alcool fourni au carburateur provient d’un réservoir d’une capacité de 20 litres. Le liquide pulvérisé pénètre par une aiguille d’injection qui se soulève sous l’action d’une came mise en mouvement par la machine et réglant le débit nécessaire au fonctionnement.
- Pour mettre le moteur en train par un temps froid sans écliauffement préalable, on se sert d’un peu de benzine emmagasinée. Après quelques révolutions, lorsque les tuyaux sont suffisamment chauffés, l’adduction d’essence est supprimée et on y substitue l’alcool ; le moteur poursuit ensuite sa marche sans interruption. L’allumage est électro-magnétique et est réglé par un mécanisme placé sur l’arbre de distribution, de même que les soupapes d’admission et d’évacuation. Le refroidissement s’effectue par
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- évaporation d’eau d’après un système breveté. La vitesse angulaire est de 200 tours par minute, le rapport de transmission sur l’arbre de distribution est de 1 à 2.
- D’après des essais sérieux, la puissance indiquée de cette locomobile a atteint 15,66 chevaux, la puissance effective 12,88 chevaux. Le rendement est, par conséquent, de 82 0/0.
- La consommation d’alcool se monte à 0,526 kilogramme par cheval et par heure, de sorte que au prix actuel de l’alcool, le prix du cheval-heure reviendrait à 1 fr. 20 à 1 fr. 30.
- Le moteur de 6 à 8 chevaux peut aller jusqu’à une puissance de 12,88 chevaux et la consommation d’eau est d’environ par force de cheval et par heure. Les dépenses pendant une marche de 16 heures en essai ont été établies comme suit :
- 89,4 litres d’alcool à 0f,252 le litre 22f,56
- 0,3 — de benzine à 0f,311 — 0f,09
- 2,5 — d’huile de graissage ; ’l 0f,625 — lf,56
- 0,8 — graisse solide à 0f,75 — 0f,60
- 24f,81
- L’agriculteur peut retirer grand profit de l’emploi de ce genre de locomobile qui peut aussi bien être disposée pour la traction sur route que pour les usages à poste fixe, qui est toujours prête à fonctionner, exempte de dangers d’incendie et, une fois en marche, n’a plus besoin de personne pour veiller à son fonctionnement.
- Maintenant, on commence à attacher une grande signification à l’usage de l’alcool comme source d’énergie dans les moteurs à explosion. Mieux et plus clairement sera comprise l’utilisation de la chaleur, plus tôt l’industrie s’affranchira des errements pernicieux dans lesquels s’est enlisée, à la suite d’une fausse conception, la production de la vapeur, qui ne parvient pas s’utiliser plus de 7 à 10 0/0 de l’énergie calorifique potentielle de charbon.
- Emile Dieudonné.
- LA CULASSE LINZELER
- La vente du moteur à essence à refroidissement par.ailettes a pris pendant ces dernières années un développement considérable, ses applications sont devenues de plus en plus nombreuses par suite tant de sa commodité que de sa puissance avec un très faible encombrement.
- Des raisons diverses ont amené les constructeurs à faire des moteurs de plus en plus forts pour contenter une clientèle particulière sans s’occuper du reste. Malheureusement ces moteurs dont le fonctionnement et le rendement sont parfaits lorsque l’on peut créer autour des ailettes un courant d’air suffisamment puissant, provoqué la plupart du temps par le déplacement du moteur, deviennent défectueux lorsque la vitesse est insuffisante pour établir cette circulation, ils sont inutilisables dans bien des cas,
- parce que, suivant l’expression employée, « ils chauffent ». v
- L’on y remédie de plusieurs façons, en se servant d’une forte multiplication ou en employant un ventilateurs; ces moyens ne sont que des
- Culasse à circulation d’eau Linzeler pour moteurs De Dion et Bouton.
- demi-mesures et ont leurs inconvénients; de plus, pour les moteurs à ailettes un peu forts, l’emploi des changements de vitesse devient impossible, là où justement ils seraient des plus utiles.
- Les avantages de la circulation d’eau dans la
- Culasse à circulation d’eau Linzeler pour moteurs Aster.
- culasse sont trop nombreux pour que l’on ne les apprécie pas bien vite.
- Les soupapes et leurs sièges étant maintenus à une température raisonnable, nécessitent un rodage moins fréquent.
- La bougie ne chauffe plus à l'excès* ce qui fait
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- disparaitre les ratés dont on ne s’expliquait pas la cause auparavant; enfin la force du moteur est augmentée.
- En effet, indépendamment de la grande régularité de marche obtenue, la culasse étant à une température peu élevée, l’on admet pour chaque aspiration le même volume de gaz que précédemment, mais plus frais, ce qui rend la compression plus forte et l’explosion plus puissante.
- Il restait à rendre aussi pratique que possible l’application de la circulation d’eau, c’est, dans ce but que la maison Linzeler et Ce a construit les deux modèles de culasse que représentent nos deux gravures.
- La caractéristique de ces culasses réside dans ce fait que l’on s’est attaché à conserver à tous les organes leur place primitive telle qu’elle a été voulue par le fabricant du moteur, les dimensions des chambres de compression sont entièrement respectées.
- Le montage de ces culasses est des plus simples et se fait très rapidement, tous les accessoires des culasses à ailettes qu’elles remplacent servant de nouveau.
- La faible quantité d’eau environ 6 litres, nécessaire pour faire de 60 à 80 kilomètres suivant la force du moteur, n’est pas un obstacle à leur application facile.
- Les réservoirs contenant l’huile, l’essence et l’eau peu volumineux et l’on les trouve maintenant partout.
- L’emploi de ces culasses permet de faire travailler normalement ces moteurs légers sans en augmenter beaucoup leur poids et en leur faisant rendre leur maximum de puissance; la culasse à circulation d’eau est tout indiquée pour les moteurs de canots, motocycles, quadricycles, petites voitures, etc.
- LE PRIX DU KILOMÈTRE
- EN VOITURE AUTOMOBILE
- •Notre excellent confrère Y Automobile Belge, pour élucider cette question du prix de revient du kilomètre en voiture automobile, donne le coût de 2,236 kilomètres parcourues cet été par M. G-ondoin, président de l’Automobile-Club de Nice.
- De Nice à Saxon (Suisse), par le Dauphiné, sur un parcours de 613 kilomètres, très montagneux, la 8 chevaux Panhard de M. Gondoin a consommé 76 fr. 50 d’essence et d’huile, soit 0 fr. 114 par kilomètre.
- De Saxon à Bordeaux par l’Auvergne, sur un parcours de 820 kilomètres également très montagneux, M. Gondoin a dépensé 180 fr. 80 soit, 0 fr. 125 le kilomètre.
- Enfin, de Bordeaux à Nice, 820 kilomètres, la consommation n’a été que de 88 fr. 15 soit 0 fr. 107 par kilomètre. Cette route est la plupart du temps en palier.
- Le kilomètre en montagne coûterait donc près de 2 centimes de plus qu’en plaine.
- Enfin, sur le parcours total de 2,236 kilomètres, la moyenne du kilomètre ressort à 0 fr. 118, ce qui n’est pas très cher, on en conviendra, pour une robuste 8 chevaux portant quatre personnes et un nombreux bagage.
- LA QUESTION DE L’ALCOOL
- Dans une communication récemment faite à la société des ingénieùrs civils, M. A. Lecomte a déclaré qu’il fallait envisager avec beaucoup de prudence la question de l’éclairage, du chauffage et de la force motrice par l’alcool, et il s’est même demandé si la production intense de l’alcool ne pourrait pas créer un danger pour l’agriculture.
- En effet, suivant lui, l’alcool ne peut se produire à un prix abordable que si on l’extrait de la betterave. Or, la betterave immobilise de grandes surfaces de terres : un hectare de terrain peut donner, d’après un de nos collègues, 15,000 kg. de betteraves, qui, à 9,80 0/0 de sucre, fournissent 5,7 1. d’alcool à 100° par 100 kg., soit 2,565 1. d’alcool par hectare. Gomme terme de comparaison, on peut dire que, pour remplacer les S20 millions de mètres cubes de gaz consommés par an dans Paris, il faudrait la récolte de 125,000 hectares de betteraves, soit la superficie d’un département. Il convient d’ajouter que, dans tous les pays où la culture de la betterave s’est propagée, la qualité des bestiaux élevés par la boucherie s’est fortement abaissée, par suite de la disparition des pâturages.
- L'alcool est un combustible très onéreux, car pour distiller 100 kg. de betteraves, il faut brûler 9 kg. de charbon, développant 72,000 calories; on récupère 4,55 kg. d’alcool à 100° développant 31,800 calories : l’alcool est donc un accumulateur de chaleur rendant au maximum 44 0/0. M. Lecomte, d’accord avec M. L. Périssé, ne pense donc pas que l’alcool, employé seul, puisse servir économiquement à l’éclairage, au chauffage et à la force motrice.
- Depuis longtemps, on s’est servi de l’alcool, qui est un combustible pauvre, pour le combiner avec des combustibles riches en carbone et obtenir ainsi un liquide brûlant plus facilement sans fumée. Le mélange réalisé par M. Denay-rouze donne une flamme dont l’aspect se rapproche beaucoup de celui de l’acétylène, ce qui indiquerait que, dans cette flamme, les éléments mis en œuvre sont les mêmes que dans la flamme de l’acétylène.
- M. Lecomte croit nécessaire de rappeler que la combinaison de l’alcool avec des hydrocarbures riches avait été réalisée, il y a une trentaine d’années, par Robert, qui, sous le nom de « gazogène Robert » ou « gaz liquide », utilisait un mélange d’alcool et d’essence de térébenthine ; ce mélange donnait, dans des brûleurs à vapori-
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- sation, une lumière identique à celle des appareils Denayrouze.
- En terminant, M. A. Lecomte fait remarquer que, quel que soit le combustible employé, les quantités consommées sont à peu près les mêmes, à puissance calorifique égale.
- A propos de l’intéressante communication de M. Lecomte, il peut être utile de rappeler que M. Müntz, en vue d’essais comparatifs pour la production de la force motrice, a fait des analyses de l’essence et de l’alcool employés.
- Le résultat de ces analyses fut le suivant :
- Essence
- de pétrole. Alcool.
- 1 G. . 84,3 41,5
- Composition chimique ] IL . 15,7 13
- [ O. . 0 45,5
- Densité à 15° 0,708 0,834
- Point d’ébullition CO cc O 78°5
- Pouvoir calorili. (calor. au kg.) 11,356 6,522
- Quantités relat. par cylindrées 100 207
- Quantités de chaleur corresp. 100 119
- Le pouvoir calorilique de l’alcool expérimenté, très peu inférieur à celui de l’alcool absolu, était 1,8 fois moindre que celui- de l’essence, ce qui met l’alcool en état d’infériorité évident lorsqu’il s’agit d’un moteur thermique.
- D’autre part, comme le rappelle notre savant collaborateur L. Périssé dans une communication également faite à la société des ingénieurs civils, en octobre 1897, un professeur de l’Institut agronomique, M. M. Ringelmann, a fait, à la station d’essai des machines de Paris, des expériences peu encourageantes au point de vue économique. C’est à ces expériences. que - se rapportent les précédentes analyses de M. Müntz. Les prix de bases adoptés furent 0,50 fr. pour le litre d’essence (hors Paris), et 1 franc pour le litre d’alcool dénaturé. Les moteurs étaient un moteur Brouhot à quatre temps, et un moteur Benz à deux temps. On constata que la dépense par cheval-heure était de :
- Pour l’essence de pétrole : 0,400 kg. ou 5,65 1, soit 0,28 fr.
- Pour l’alcool : 0,756 kg. ou 0,906 1, soit 0,90 fr.
- Le rapport des consommations au poids, soit 1,89, était sensiblement celui des pouvoirs calo-liques.
- Carrosserie i'i Milord Oleetripe
- Nous sommes redevables de. ce modèle à la Société des voitures électriques B. G. S. Le lec-
- Carrosserie d’un Milord électrique.
- teur devine que la batterie est en deux parties : l’une placée à l’avant, sous le siège du conducteur, et l’autre à l’arrière, sous la parclose. Le nombre des éléments est toujours de 44, cette voiture ayant été faite pour un service parisien, et l’énergie étant distribuée dans la capitale au potentiel de 110 volts.
- Cette forme de voiture est assez élégante. On peut pourtant lui reprocher de trop se rapprocher du type classique de la voiture à chevaux et son avant en porte à faux pourrait également prêter à certaines critiques.
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Bois-sière, Paris.
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- COURSES
- La course à la consommation.
- La course à la consommation, organisée avec tant d’à-propos et de succès par notre excellent confrère Georges Prade pour le compte de Y Auto-Vélo a été favorisée, le 8 novembre, par un temps merveilleux. Nous avons dit que cette épreuve avait réuni 113 engagements, ce qui constitue un record du monde. Il y a eu 95 partants et 90 arrivants, et, ce qui est encore plus important, cette course a donné de précieux renseignements sur la valeur « économique », — au point de vue de la consommation d’essence, — .des différents véhicules qui y ont pris part. • •
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- Voici les résultats :
- A. — Grosses voitures (plus de 1000 kilos).
- Concurrents. K09 Kilos. h. in. S. c.
- 1. Delahaye 107 7 lit. 1015 3 10 3
- 2. Delahaye 106 7 850 1030 2 58 45 2
- 3. Pinson (Panhard et Levassor). . . * . < . 89 8 400 1120 2 20 27 4 (4 pers.)
- 4. Schafer (Panhard et Levassor). ...... 90 8 650 1100 2 36 22
- 5. Gobron-Brillié 67 10 (aie.) 1105 2 40 37
- 6. Chameroy; 92 10 500 1175 3 34 10 (4 pers.)
- 7. Raouval 112 12 500 1200 0 34 10
- 8. Regnaux 52 15 1200 2 51 10
- Ont fait un temps en dehors des conditions du concours :
- 1. Comte de Chasseloup-Laubat (20 chev. Panhard et
- Levassor) 50 9 lit. 750 1135 1 43 2 (3 pers.
- 2. Giraud (20 chev. Panhard et Levassor) 65 13 490 (aie.) 1125 1 44 35 3
- 3. Labouré (Maison Parisienne). . 15 12 900 1205 2 12 1 2
- 4. Rochet-Schneider 57 10 750 1265 2 12 24
- 5. Gobron-Brillé 66 8 800 1114 2 14 50
- B. — Voitures de 700 à -1000 kilos.
- 1. Georges Richard 47 6 lit. 400 810 3 7 15
- 2. Mors 70 6 750 891 2 26 34
- 3. Vigneaux 61 7 200 805 2 37 5
- 4. Panhard et Levassor 91 7 270 905 2 26 36
- 5. Rochet-Schneider . 59 9 050 971 2 32 28
- Ont fait des temps en dehors des conditions du concours 4
- 1. Bardon. . . 63 7 lit. 800 835 2 6 30 (4 pers.)
- 2. Peugeot . . . 75 10 070 920 2 10 40 (3 pers.)
- C. — Petites voitures de 400 à : 7C0 kilos.
- 1. Delahaye 109 5 lit. 525 3 6 27
- 2. Clément 7 5 250 430 2 48
- 3. Noé Boyer 78 5 250 420 3 6 6
- 4. Créanche 83 5 350 470 4 42 50
- 5. Clément (• 6 5 450 420 3 5 11 2
- 6. Delahaye 108 6 530 4 2 17 3
- 7. Créanche 80 6 451 2 54 8
- 8. Clément 9 6 250 440 2 51 43
- 9. Schneider 58 6 300 690 2 21 41
- 10. Créanche 81 6 450 451 3 6 52
- 11. Gillet-Forest 17 6 650 575 3 12 2
- 12. Noé Bover 79 6 780 445 2 34 44
- 13. Société des téléphones. . . . 40 6 950 407 2 29 14
- 14. Mors 72 7 100 560 2 36 12 2
- 15. Mors. . . 71 7 400 545 2 38 52
- 16. Vinot-Deguingand 23 7 450 590 2 31 34 3
- 17. Augé 1 7 700 635 3 51 8 2
- 18. Turgan et Foy - * . . . . . 43 7 900 460 3 17 35 2
- 19. Peugeot 73 8 510 2 35 50
- 20. Deschamps-Roch-Brault. . . . 48 8 200 570 4 47
- 21. Levenn 86 8 300 560 3 20 29 2
- 22. Peugeot . 74 9 560 2 55 6 (3 pers.
- 23. Schmidt 22 9 300 500 4 27 35
- 24. De Riancey 113 10 565 3 1 32 2
- 25 Marot-Gardon 103 11 660 2 2 55
- 26. Filtz 94 12 300 430 2 47 52
- Ont fait des temps en dehors des conditions du concours :
- 1. Darracq 30 5 lit. 400 440 1 57 24
- 2. Gladiator 39 5 350 452 2 2 9 1
- D. — Voiturettes de 250 à 400 kilos.
- 1. G. Richard 84 3 lit. 600 300 3 6 41
- 2. Denesle (Corre) 76 4 200 290 2 47 11 2
- 3. De Dion-Bouton 26 5 375 2 49 3
- 4. Dardart (Gladiator) 110 5 305 3 11 30
- a. Périssé 29 5 320 3 33 37 3
- 6. Dupont. , , . • t * • » • 87 5 150 3?5 3 28 59
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Concurrents. Kos b. fil. 5, <
- 7. De Dion-Bouton, 27 5 350 350 2 31 38
- 8. Marot-Gardon. . . 102 5 380 4 29 15
- 9. Georges Richard (4 places). ......... 5 5 390 3 9 30
- 10. Darracq 33 5 700 380 2 29 37
- 11. De Dion-Bouton 25 5 700 363 3 2
- 12. Decauville 54 5 850 392 2 29 47
- 13. Gladiator 38 5 900 302 2 37 20
- 14. De Dion-Bouten 24 5 900 370 2 58 37 2
- 15. Guerry 11 6 300 400 3 24 31 2
- 16. De Dion-Bouton 28 6 650 345 3 8 4
- 17. Dupont 89 6 770 398 3 14 3
- 18. Brierre (a perdu son essence) 36 14 355 2 49 52
- Ont fait un temps en dehors dos conditions du concours
- 1. Fernandez 93 4 lit. 950 355 2 13 50
- 2. Darracq 33 5 800 399 2 15 8
- 3. Corre 3 5 100 m 2 18 25
- 4. Georges Richard 114 4 250 301 3 42 45
- Le H4 a été engagé après la clôture, au départ :
- E. — Petites voilurettes jusqu’à 250 kilos.
- 1. De Boisse 60 2 lit. 240 215 3 33 51 3
- 2. Campagne 105 3 700 215 3 22 53 3
- 3. Gladiator 12 3 900 245 2 54 26
- 4. Gladiator (accident au réservoir!. ...... 38 5 900 245 2 37 20
- Ont fait un temps en dehors des conditions du concours
- 1. Corre (non classé) 2 3 lit. 900 230 5 13 28
- 2. Linzeler (non contrôlé au départ) 55 6 100 295
- D. — Quadricycles à 2 places oedupées.
- 1. Cormier (moteur de 2 ch. 1/4 de Dion-Bouton). . 68 1 lit. 650 165 3 16 57 1
- 2. De Dion-Bouton, 77 2 240 240 3 20 3
- 3. Marot 101 2 950 195 3 30 42
- 4* Reculez 42 3 400 180 3 3 50
- 5. Deckert 95 3 300 180 3 38
- 6. L’Energie 96 4 110 200 2 22 3
- A fait un temps en dehors des conditions du concours :
- 1. Baras . , ..... 4 2 lit. 600 185 2 13
- On remarquera que l'alcool semble n'avoir pas fait merveille, dans les rares voitures où il a été employé.
- Georges Prade nous annonce une série d’épreuves du même genre, telles que la course au poids total : 1 litre pour 100 kilos, par exemple, ou la course au poids utile transporté : 1 litre par 50 kilos ou par 20 kilos de voyageurs voiturés.
- Ce sont d’excellents projets auxquels nous ne saurions trop applaudir.
- X
- La Course de côte de Gaillon,
- La course de côte de Gaillon, organisée par le Moto-Club de France et le Vélo a obtenu un réel succès.
- Elle a été surtout très intéressante pour la catégorie motocycles où l’on a vu Béconnais arriver avec un moteur de 13 ou 14 dix et grimper la côte à une vitesse de 65 kilomètres à l’heure.
- Voici les temps du kilomètre :
- I. — Voitures à 2 places.
- (La voiture pèse plus de 400 kilos et comporte 2 places côte à côte.)
- ESSENCE
- (Ancien record : essence 3 m. 3 s. 2/5, par Vallée.)
- 1. Brasier (Mors), en 1 m. 26 s. 1/5.
- 2. Lefebvre (Bolide), en 1 m. 33 s. 2/5.
- 3. Gilles Hourgières (Mors), en 1 m. 33 s. 4/5.
- 4. Levegh (Mors), en 1 m. 35 s. 1/5.
- 5. De Diétrich, en 2 m, 21 s. 1/5.
- 6. Hidien, en 4 m. 58 s.
- 7. Compagnie Française, en 6 m. 42 s. 1/5,
- VAPEUR
- (L’ancien record à vapeur n’avait pas été établi en 1899.)
- 1. Gardner-Serpollet, n° 8, en 1 m. 58 s. 3/5.
- 2, Gardner-Serpollet, n° 12, en 2 m. 19 s. 4/&•
- II. — Voitures à 4 places.
- (Cette catégorie n’existait pas en 1899.)
- ESSENCE OU ACCQOL
- 1. N° 33. Bardon, en 3 m. 51 s. 3/5.
- 2. Gobron-Brillié, en 4 m. 36 s. 3/5.
- 3. Delautre (essence), en 5 m. 42 s. 4/5.
- vapeur
- 1. Gardner-Serpollet, n° 36, en 2 m. 13 s. 3/5.
- 2. Gardner-Serpollet, n° 37, en 2 m. 30 s. 4/5.
- • III. — Voitw'ettes à 2 places.
- (La voiturette pèse de 250 à 400 kilos.)
- (Ancien record 2 m. 40 s., par Chauveau, essence.)
- 1. Van Berendonck, en 2 m. 32 s.
- 2. Ader, n° 62, en 3 m. 5 s. 3/5.
- 3. Fernandez, en 3 m. 29 s. 3/5.
- h. Bied-Charreton, en 3 m. 32 s, >
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- 5. Darracq, n° 70, en 3 m. 41 s. 4/5.
- 6. Ader, n° 76, en 3 m. 45 s. 4/5.
- 7. Quérey, en 4 m. 11 s.
- 8. Itasse, en 4 m. 31 s. 4/5.
- 9. Lambert, en 5 m. 3 s. 1/5.
- 10. Bouffartigue, en 5 m. 12 s. 1/5.
- IV. — Voiturettes à 4 places.
- (La voiturette pèse de 250 à 400 kilos).
- (Le record n’avait pas été établi en 1899).
- 1. Darracq, n° 101, en 3 m. 23 s. 4/5.
- 2. Darracq, n° 102, en 3 m. 35 s. 4/5.
- 3. Darracq, n° 104, en 4 m. 18 s.
- V. — Petites voiturettes à 2 places.
- (La petite voiturette pèse moins de 250 kilos.)
- 1. Gladiator, n° 121, en 4 m. 25 s. 3/5.
- VI. — Petites voiturettes à 4 places. Catégorie supprimée faute de concurrents.
- VII. — Motocycle à I place.
- AVEC CHAINE
- Départ lancé : 1. Béconnais, en 58 s. 1/5.
- 2. Whitechurch, en 1 m. 13 s. 2/5
- 3. Teste, en 1 m. 27 s. 3/5-
- Départ atv'êté : 1. Bardin, en 1 m. 51 s. 2/5. (L’ancien record, 1 m. 20 s., par Villemain, n’était ni lancé, ni arrêté, mais poussé.)
- VIII. — Motocycles à 2 places.
- (départ lancé)
- 1. Quadricycle Gustave (sans chaîne), en 2 m.
- 22 s. 3/5.
- 2. Quadricycle Dec-kert, en 4 m. 30 s. 1 5.
- (Ancien record, départ poussé, 4 m. 28 s., par
- Villemain.)
- IX. — Motocyclette.
- 1. Bonnard-Werner, en 1 m. 48 s. 1/5.
- 2. Bucquet-Lamaudière, en 1 m. 58 s. 3,5.
- 3. Cousin-Werner, en 2 m. 3 s. 1,5.
- 4. Lesaint-Werner, en 2 m. 34 s. 1/5.
- 5. Lamaudière, n° 228, en 2 m. 35 s. 1/5.
- (Ancien record, 2 m. 6 s.,, par Bonnard.)
- - X. — Sa?is chaîtie.
- Départ lancé : 1. Béconnais, en 55 s. 2/5.
- 2. Gustave, en 1 m. 50 s. 3/5.
- Départ arrêté : 1. Bardin, en 1 m. 50 s. 1/5. (Ancien record, départ poussé, 1 m. 16 s. 1/5, par Villemain.)
- Rappelons que les records faits l’année dernière sur la côte étaient les suivants :
- Motocycles sans chaîne, en 1 m. 16 s. 1/5, par Villemain.
- Motocycles avec chaîne, 1 m. 20 s., par Villemain. Motocycles à 2 places, 1 m. 28 s., par Villemain. Voilures, 3 m. 3 s. 2/5, par Vallée (essence). Voitures, 4 m. 8 s. 1/5, par Koch (pétrole). Voiturettes, 1 m. 56 s., Debacker (vapeur). Voiturettes, 2 m. 40 s., Chauveau (vapeur).
- Petites voiturettes, 1 m. 45 s. 3/5, Debacker (vapeur). Petites voiturettes, 2 m. 44 s., Van Berendonck (essence).
- Motocyclettes, 2 m. 6 s., Bonnard, sans chaîne. Motocyclettes, 2 m. 30 s., Maurice, sans chaîne.
- X
- Le critérium anversois.
- Le critérium anversois a été disputé dimanche dernier sur un parcours de 55 kilomètres. On
- partait du village de Vieux-Dieu en passant par Lierre, Lisp, Emblehem, Kessel, Berlaer, Ko-ningshocht, Wavre-Sainte-Gatherine, Duffel. et on revenait à Vieux-Dieu en repassant par Lierre, au lieu du trajet primitivement choisi par Duffel, Lint, Hove et Bouchout.
- Voici les temps faits par les concurrents :
- 1. Fischer, en 1 h. 27 m. 3 s. 3/5. Vivinus 6 ch.
- 2. Geelhand, en 1 h. 51 m. 24 s. Germain 6 ch.
- 3. De Cauwer, en 1 h. 55 m. 20 s. Germain 6 ch.
- 4- Speltcn, en 1 h. 58 m. 53 s. De Dion, 3 ch. 1/2.
- 5. De .long, en 1 h. 59 m. 22 s. 3/5. Minerva 6 ch.
- 6. De Beukelaer, X en 2 h. 18 s. Vivinus 3 ch.
- 7. T’Serclaes, en 2 h. 18 m 10 s. 1/5. Bolide 30 ch.
- 8. Cogels, en 2 h. 18 m. 18 s. 1/5. De Dion 3 ch. 1/2.
- 9. De Beukelaer, E en 2 h. 24 m. 58 s.'4/5.
- 10. Siaens, en 2 h. 25 m. 43 s. 3/5. Deschamps 4 ch. 1/2.
- 11. Wilford, en 2 h. 32 m. 3 s. 3/5. Wilford 8 ch.
- 12. Bal, en 2 h. 49 m. 48 s. 3/5.
- A TRAVERS LA PRESSE
- La revue Franco-Persane ouvre un concours pour les ingénieurs d’automobiles.
- En voici le programme :
- • Etant donné :
- A. — En pays neuf à la veille de créer un réseau de voies de communications;
- B. — Les connaissances acquises en matière de construction d’automobile,
- Déterminer :
- 1° Le profil en long à adopter de préférence, en tenant compte que si le pays intéressé a de hauts ’ plateaux, il comprend aussi des chaînes de montagnes très élevées, formant des lignes de partage des eaux qu’on est obligé de franchir;
- 2° Les profils en travers qui conviendraient le mieux, ainsi que la nature de la chaussée qui offrirait le plus d’avantages, si on voulait arriver à réduire au strict nécessaire les charges résultant du premier établissement de la voie;
- 3° Quel type de voitures automobiles conviendrait le mieux pour effectuer les transports de voyageurs et de marchandises (charge maxima et vitesse moyenne à indiquer) ;
- 4° A quelle distance l’un de l’autre devront être situés les relais ou magasins d’approvisionnement et de réparations.
- Les rapports devront être remis dans les bureaux de la revue Franco-Persane, 23, rue de Provence, Paris, avant le 15 janvier 1901. Ils seront examinés par un jury qui les classera dans leur ordre de mérite.
- L’auteur du n° l recevra une prime de 1,000 francs; l’auteur du n° 2, une prime de 500 francs; l’auteur du n° 3, une prime de 300 francs, et celui du n° 4, une mention honorable et 200 francs.
- Les rapports seront publiés dans la revue.
- Nous nous ferons un plaisir d’examiner les plus intéressants.
- L’excellente publication Horseless Age part en guerre, non sans beaucoup de raison, contre l’habitude que l’on a, dans la construction automobile en général, de ne point adopter des types
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- uniformes de vis et d’écrous, ce qui rend les réparations particulièrement difficiles, quand une voiture d’une marque quelconque est réparée en dehors de l’usine d’où elle sort, il y aurait évidemment grand intérêt en la matière à une entente internationale, et il y a des précédents analogues qui montrent que la chose est parfaitement possible.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- La fête de l’Exposition.
- La fête automobile de l’Exposition, organisée le 8 novembre par l’Automobile-Club de France, a remporté un éclatant succès. Jamais on n’avait vu pareille affluence à l’Exposition. Le défilé des
- voitures fleuries, toutes décorées avec beaucoup de goût, a été charmant. Les concurrents étaient divisés en trois cortèges. Voici les récompenses accordées par le jury.
- MÉDAILLES D’OR.
- I. Section des Champs-Elysées. — MM. de Dion-Bouton pour l’ensemble de leurs omnibus à vapeur. Georges Richard, pour son char triomphal du Trèfle à k feuilles. Ravenez (Decauville), pour l’ensemble de ses voiturettes.
- II. Section du Champ-de-Mars. — MM. Jeantaud, Redfern et Ostheimer. Fabrique d’aruus de Herstal.
- III. Section du Trocadèro. — M. le docteur Love.
- Soit en tout 7 médailles d’or.
- MÉDAILLES DE VERMEIL.
- I. Section des Champs-Elysées. — Mmos la baronne deZuylen, la comtesse de Récopé, Du Guast, MM. Gor-don-Rennett, Georges Prade (Victoria électrique B. C. S.) et Dupuis-Neuvy.
- II. Section du Champ-de-Mars. — MM. Léon Ser-pollet, Rivero, Camentron et Dupont.
- lit. Section du Trocadèro. — MM. Delahaye, Lemoine, Mongin, Planés.
- Soit, au total, 13 médailles de vermeil.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- I. Section des Champs-Elysées. — MM. Pierre Lafitte, Cuénod, de La Valette, de Riancey, Petit, de Morllion, M110 Mylo d’Àrcil (Krieger), MM. Lepape, Sarazin, Balconnet.
- II. Section du Champ-de-Mars. — MM. Barrai, The-vin, Lefebvre, Dardart, Bour, Rudeaux. Rrierre, voiturettes de Dion.
- III. Section du Trocadèro. —MM. d’Aguiler, VAuto-Vélo, Bardon, Degrais, L. Durand (Compagnie routière de France), Mathieu.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Des médailles de bronze sont accordées à tous les véhicules ayant pris part à la fête.
- Toutes ces médailles sont du modèle de l’Exposition, c’est-à-dire de véritables objets d’art, charmants souvenirs pour les chauffeurs qui n’oublieront jamais le souvenir de cette délicieuse journée.
- Il est question d’installer à Anvers une Exposition des Locomotions nouvelles et des Sports,
- qui se tiendra dans un local susceptible d’offrir à tous les genres de véhicules automobiles de vastes stands, et de comprendre des aérostats, des canots à moteur, en un mot, les spécimens de toutes les locomotions nouvelles.
- #
- Le comité du Moto-Club de France a décidé de faire un concours de moteurs fixes marchant à l’alcool. Les résultats de ce concours seront intéressants à comparer avec ceux du concours analogue que va faire l’Automobile-Club de France. Le Moto-Club de France fera également, en avril prochain, un concours d’antidérapants et de roues élastiques.
- Au dernier moment, nous apprenons que l’entente s’est, faite entre la Chambre syndicale de l’Automobile et la Chambre syndicale du Cycle.
- Nous n’aurons donc qu’un seul Salon du Cycle, de l’Automobile et des Sports en janvier, au lieu de deux dont nous étions menacés.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- Le concours réservé aux véhicules électriques et organisé par les soins de l’Automobile-Glub de la Grande-Bretagne a commencé le 5 novembre, à Londres.
- Le concours a duré quatre jours. Le premier jour, course de distance sans recharge. Le premier prix à celui qui va le plus loin.
- Le second jour, course de 30 milles (48 kilom.) sur un terrain très accidenté.
- Le troisième jour, course de 30 milles sur terrain moyen.
- Le quatrième jour enfin, 30 milles exclusivement en palier.
- On devait faire usage des mêmes batteries pour les quatre jours et ne pas dépasser la vitesse légale maxima de 12 milles (18 kilom. 500) à l’heure. Toute performance ne rentrant pas dans ces limites n’était pas reconnue.
- Des certificats délivrés aux concurrents constataient le nombre de voyageurs transportés et la vitesse moyenne atteinte.
- Le neuvième Salon annuel anglais du cycle va se tenir le 23 novembre, et on y compte de nombreux exposants de l’industrie automobile.
- L’exposition d’automobiles qui doit se tenir en novembre à Madison-Square, à New-York, s’annonce comme particulièrement intéressante. On y trouvera toutes les grandes fabriques américaines, depuis la de Dion-Motorette G° jusqu’à la Riker.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Une petite société vient de se fonder en Angleterre qui assure le service de correspondance au moyen d’une automobile entre Newport Pagnell, sur le réseau du chemin de fer dit London and Nortli western et Olney sur le Midland Raihvay. De la sorte, l’automobile ne fait pas concurrence à la voie de fer, mais elle remplit les blancs laissés sur la carte par les réseaux même les plus serrés.
- —o—
- M. Wynn, de Knaresborough, dans le comté d’York, vient d’entreprendre un service d’automobiles publiques entre Londres et Ledds, qu’il continuera pendant toute la lin des vacances ; la durée du parcours est de deux jours (avec les arrêts nécessaires pour que les excursionnistes ne se fatiguent point), et on donnera des aller et retour à bon compte.
- —o—
- On a organisé à Dandudno, en Grande-Bretagne, des excursions en automobiles dans les
- localités si pittoresques de la région, et il paraît qu’on se dispute les places.
- —o—
- Un des grands hôtels de Barry, en Angleterre, va installer un service d’automobiles pour sa clientèle.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Une nouvelle et spéciale application de la télégraphie sans fil est réalisée par l’imion de la flotte allemande dans la campagne de Chine. -Sur ordre et pour le compte de la flotte deux stations de charge mobiles sont installées par la compagnie anonyme des automobiles et moteurs de Marient'eld, près de Berlin, agissant de concert avec l’Allgemeine Elektrici-tats-Gesellschaft de Berlin. L’une de ces portes se trouve dans un fourgon militaire de la première compagnie, la seconde est contenue dans une tapissière ordinaire, fermée, parce que le délai de 12 jours accordé pour la fourniture n’a pas permis de livrer un second équipement définitif. Le moteur de traction de la première voiture d’une puissance de 6 chevaux actionne également la dynamo génératrice du courant nécessaire au système télégraphique; d’autre part, dans le second véhicule, est aménagée une batterie d’accumulateurs pour la charge desquels on a prévu un moteur à essence d’une puissance de 2 chevaux, d’un poids très réduit, marchant à grande vitesse, couplé directement avec une dynamo.
- Comme la voiture automobile doit aussi servir à la télégraphie de campagne, elle a reçu une disposition qui permet de dérouler les grandes bobines de fils.
- — Un ingénieur de New-York vient de lancer, le 10 août, un petit bateau sous-marin, en construction depuis quinze mois, et sur lequel on a gardé le plus grand secret. Ce navire a 15m,25 de longueur, 2m,4/i de largeur; sa coque est en bois de sapin jaune doublé en fer galvanisé; il y a deux quilles latérales et trois gouvernails; il y a deux moteurs et un appareil de chaque côté pour commander la submersion. Beux tubes lance-torpilles tirent de la tour au-dessus du pont.
- — M. F.-A. Haselwander, de Mannheim Neckarau, en Allemagne, vient de combiner une machine thermique dans laquelle la formation du mélange tonnant n’a lieu qu’à la fin de la compression. En voici le principe sommaire d’après le Recueil des brevets d’invention publié par le ministère de l'industrie et du travail de Belgique. Le piston moteur de cette machine porte un second piston de diamètre plus petit, lequel, vers la fin de la période de compression, entre dans une partie rétrécie du cylindre moteur et, agissant comme une soupape, sépare la partie du cylindre de grand diamètre de la partie de moindre diamètre, provoquant ainsi, entre ces deux espaces, une différence de pression pour chaque mouvement subséquent du piston. Cette différence de pression est employée pour chasser, à travers des canaux reliant les deux espaces entre eux, de l’air entraînant sur son passage du combustible et injectant celui-ci dans l’espace où règne la plus faible pression, avant ou après que le piston soit à fond de course.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS.— L. PE 30VE ET MlS, IMPB., 18, B. DES FOSSÉS S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 47.
- Le Numéro : 80 centimes
- 22 Novembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIEE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU T0UR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N» 47.
- Le Marasme de l’industrie automobile (2° article), Un Constructeur. — Echos. — La voiture Robinson, Daniel Beltet. — Etectromobile postale, Emile Dieu-donné. — L’accumulateur à gaz Commelin et Viau. — Le graissage des poulies folles. — Une excellente idée. — La bougie Crest. — L’alcool fécal. — Carrosserie d’une wagonnette à pétrole. — Courses. — Expositions et concours. — Les automobiles sur routes. — A travers la presse. — Tribunaux. — Boîte aux lettres. — Courrier industriel.
- Le Marasme le l'industrie automobile.
- [Suite.)
- A la suite de l’article que la Locomotion automobile a si aimablement fait paraître en tête de son avant-dernier numéro, une quantité de lettres m’ont été transmises par la Direction : cet empressement des lecteurs d’une Revue à entamer la lutte pour ou contre les idées émises à sa tribune montre combien le sujet est passionnant et m’encourage à continuer ma campagne.
- 11 y a d’ailleurs, comme le montre cette correspondance, un public qui tient encore à la course, et qui pense que c’est le seul moyen de « frapper l’imagination des populations éloignées des centres et de faire connaître mieux que tout autre épreuve les avantages en souplesse et en rapidité des véhicules sans chevaux »; qui invoque un précédent, celui de la bicyclette, et me pose cette question : « Croyez-vous que, sans les grandes épreuves de vitesse et de fond, la petite reine serait ce qu’elle est maintenant, une véritable merveille de mécanique, poussée à la perfection, réunissant la solidité, la légèreté
- et l’élégance? Eli bien, n’est-il pas logique d’admettre que, pour arriver à la voiture, automobile idéale, il faut suivre la même voie, et procéder par des épreuves sportives où la vitesse jouera nécessairement le rôle principal?
- Et un autre me tient ce raisonnement tout à fait fin de siècle : « En France, les résultats pratiques sont ceux que l’on cherche le moins; ce que veut notre race avant tout, c’est trouver le plaisir, la jouissance; à demain les ennuis, mais profitons des beaux jours, et ne voyons dans l’automobile qu’un instrument de réalisation de désirs jusqu’alors refoulés, qu’un moyen de pratiquer ces vitesses qui grisent, etc. »
- J’ai voulu répondre d’abord à mes contradicteurs, avant de remercier les nombreux correspondants qui sont de mon avis.
- A ces contradicteurs, je poserai à mon tour quelques questions auxquelles ils répondront eux-mêmes.
- 1° Supposent-ils que les « populations éloignées des centres » soient bien disposées pour les gens qui amènent sur leurs routes et leurs chemins des bolides meurtriers contre lesquels toutes sortes de précautions doivent être prises? Croient-ils que ces populations auraient plaisir à se risquer sur de tels engins et à en éprouver, aux allures de 80 kilomètres à l’heure, la souplesse et la rapidité?
- 2° Ne voient-ils pas que, à part une épreuve sensationnelle de temps en temps, — et cela sur un terrain spécial dit vélodrome, c’est-à-dire où les accidents ne sont possibles que pour les coureurs, — le public est las des courses de bicyclettes ? Or, ces courses ne servent plus à l’amélioration de la petite reine, employée maintenant comme instrument de transport commode, et ayant acquis depuis bien longtemps les qualités nécessaires à cet usage? De môme 11e croient-ils pas que, pour la voi-
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- tnre automobile, pour le motocycle, la voiturette, etc., une épreuve sensationnelle suffirait de temps en temps, — et cela clans des automobilodromes où les spectateurs jouiraient de la course sans avoir rien à craindre. Nous avons prouvé que la voiture automobile pouvait aller aux grandes vitesses, à des vitesses que, dans la pratique, elle n'est jamais appelée à supporter. Ce qu’il faut montrer au public, c'est qu’elle peut fournir un service pénible et qu'elle peut réaliser une économie sur les chevaux; cela, les courses de vitesse le montreront-ils jamais, et ne faut-il pas organiser des concours tout autres pour amener à la nouvelle locomotion la clientèle sérieuse?
- 3° S’il y a un groupement de gens se qualifiant de sportifs, et croyant sincèrement l'être parce qu’ils se procurent des jouissances spéciales aux vitesses de 80 kilomètres à l’heure, en toute bonne foi, estimez-vous qu’il n’y a pas aussi, et en nombre infiniment plus considérable, des gens qui attendent de l’automobile des services tout autres, des agriculteurs, des médecins, des officiers ministériels, jusqu’à des vétérinaires, et qui, ceux-là, refouleront toujours des désirs basés sur une griserie momentanée pour profiter d’applications sensées qui accroîtront leurs revenus?
- J’ai gardé pour la fin un argument qu’un de mes honorables contradicteurs dit être sans réplique. « Si nous voulons monter toutes les côtes, il faut, prétend-il, nous astreindre à avoir des véhicules très vites. »
- Qu’il me permette de lui dire que personne ne s’attend à monter « toutes les côtes » en automobile : il est même probable que celui qui m’écrit cela ne connaît pas certaines côtes, sur de petits chemins ignorés, dont j’ai tenté quelquefois l’ascension par simple curiosité. Ile même nous n’avons pas la prétention, nous autres, constructeurs, de faire passer nos voitures par toutes sortes de chemins. Non, l’automobile est fait pour les routes, les chemins bien entretenus, et ceux-là ont des côtes raisonnables qu’une voiture faisant 30 en palier pourra toujours monter à 13 à l’heure et môme davantage, et je parle là des plus fortes côtes que j’aie jamais rencontrées en France. Dans d’autres pays, beaucoup plus accidentés, au Portugal, par exemple, la voiture automobile montera un peu moins vite, mais elle montera et lorsqu’elle sera en palier, sur les routes mal entretenues de ces
- régions, le 30 à l'heure sera encore une vitesse trop grande si l’on veut du confortable.
- Mais je m’aperçois que j’abuse de l’hospitalité que l’on veut bien me donner dans ces colonnes : je termine en empruntant âmes correspondants quelques phrases typiques, en tête desquelles il faut citer l’opinion que Serpollet émettait au deuxième critérium de l’alcool. « Le temps des courses au clocher est passé pour notre vaillante industrie, nous devons la perfectionner par des moyens nouveaux, moins bruyants, peut-être, mais mieux en rapport avec la conception très juste que le public sérieux se fait de la locomotion nouvelle. »
- Un constructeur universellement reconnu pour être un consciencieux qui ne livre une voiture que lorsqu’elle donne toute satisfaction, et a obtenu une haute récompense à celte dernière Exposition, « fabrique un modèle faisant 32 à 33 kilomètres à l’heure en palier et 25 en moyenne, modèle établi surtout au point de vue du confortable, de la marche silencieuse, de la facilité des manœuvres et du fonctionnement régulier. Quand il présente sa voiture, on lui demande tout d’abord : à quelles courses il a pris part? Et après qu’il a déclaré qu’il construit des voitures pratiques en vue d’un service courant et non des bolides pour la course, on lui tourne le dos sous prétexte que c’est vieux jeu».
- D’une lettre adressée par l'un des cinq ou six qui sont les vrais fondateurs du mouvement automobile en France (cela dit au risque de faire deviner le nom de mon cher correspondant et ami), j’extrais ce passage :
- « Le sport a tué une industrie qui devait prendre une grande place dans la mécanique, la métallurgie.
- « La L. A. peut arriver à reprendre la question en la dirigeant dans la bonne voie. »
- Enfin, d’un autre et pour esquisser le côté pratique de la question :
- « Il est très difficile de vendre eu ce moment; j’ai une *** de course, 8 chevaux, I cy lindres, type Paris-Amsterdam à prendre neuve à l’usine au prix du tarif, impossible. Il y a quelques mois, cela faisait 10 000 francs de prime.
- Vous le voyez, si j’avais raison.
- Un Constructeur.
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- ÉCHOS
- Nous prévenons nos lecteurs dont l'abonnement expire fin décembre 1900 qu’ils peuvent le renouveler dès maintenant sans frais dans tous les bureaux de poste.
- Nous rappelons à nos collègues du Touring-Club que leur renouvellement (France, un an, 13 fr. 50; Etranger, 18 fr. 50) doit être adressée à nos bureaux, 4, rue Ghauveau-Lagarde, Paris, pour ne pas compliquer le service de notre association.
- Adresser un mandat au nom de M. Raoul Vuillemot, directeur de la Locomotion Automobile. — Le talon servira de reçu.
- Nous prions ceux de nos abonnés qui auraient l’intention de ne pas renouveler leur abonnement de nous prévenir avant le 15 décembre. Passé cette date, la quittance pour 1901 sera mise en recouvrement postal sans frais.
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- MM. le baron de Zuylen, Ballif, Rives et Jean-taud ont été reçus lundi dernier par M. Loubet, Président de la République et lui ont offert le titre de haut protecteur de l’Automobile-Glub de France.
- Le Président a accepté et a de même accueilli avec un réel empressement la demande que lui a faite M. Rives, d’honorer de sa présence l’Exposition Internationale d’Automobiles, qui se tiendra vers la fin du mois de janvier, « heureux a-t-il dit, de voir inaugurer au Grand Palais les expositions qui s’y succéderont par cette industrie qui a pris naissance en France, et au développement de laquelle le gouvernement s’intéresse d’une façon toute particulière ».
- Bravo ! Vive Loubet !
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- A la dernière réunion du Comité de l’Auto-mobile-Glub de France, scrutin de ballottage à la suite duquel MM. Daverio, John Taylor, Léon Graves, comte Jehan de Ghangy, Paul Legros, René Sédard, Henry Glorieux et Jarot ont été admis comme membres du Cercle.
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- Le Comité de l’Automobile-Glub de France vient d’offrir une médaille de vermeil à nos confrères Louis- Minart et Huguet pour la publication de leur Livre d’or de Vautomobile.
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- Nous avons mentionné, dans notre dernier numéro, les succès obtenus par les voitures De-lahaye au concours de consommation de l’Auto-Vélo. Ces résultats sont à rapprocher de ceux que le moteur Delahaye avait donnés l’an der-
- nier à notre concours de moteurs, où il avait été très remarqué.
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- L’Automobile-Club de France et F Aéro-Club ont offert à leurs membres, jeudi dernier, une intéressante série d’assauts d’escrime coupés par une conférence du comte de la Vaulx.
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- Le Conseil municipal de Paris s’est prononcé, à l’unanimité des votants, contre la proposition du préfet de la Seine tendant à équilibrer le budget de 1901 au moyen de taxes nouvelles, parmi lesquelles figurait une taxe sur les automobiles.
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- Le Vélo nous annonce le complet rétablissement de M. Amédée Descubes, qui a rendu ‘comme député de signalés services à tous les sports et qui est un chauffeur pratiquant. M. Descubes avait eu une violente atteinte de rhumatisme articulaire.
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- Nous apprenons que la Société « l’Electrique », par suite d’agrandissement, transporte son siège social, 14, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- Rappelons que cette Société loue des voitures électriques de grande remise.
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- Notre excellent collaborateur E. Hospitalier vient de publier un excellent vocabulaire français-anglais-allemand comprenant tous les mots techniques, industriels ou commerciaux. D’un format commode et portatif, ce petit livre sera très utile à tous et obtiendra certainement un très grand succès. Il est en vente k'VIndustrie électrique, 9, rue de Fleuras, Paris.
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- Plusieurs de nos lecteurs nous demandent la date à laquelle notre collaborateur L. Périssé a fait à la Société des ingénieurs civils l’intéressante communication relative a l’alcool dont nous avons publié des extraits dans notre dernier numéro.
- Cette communication est du 2 juin 1899.
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- L’inauguration des nouveaux salons de l’A.C. Bourguignon s’est faite au milieu d’une grande affluence.
- A 9 heures et demie, M. Liégeard, président, a prononcé le discours d’inauguration qui a été vivement applaudi.
- M. Durnet- a remercié le président et a bu au succès du club.
- M. Georges Richard et le docteur Parizot prennent ensuite la parole. Tous deux sont également très applaudis.
- Parmi les invités : MM. Gaston Liégeard;
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- Lucien Richard; Gosnier; le docteur Morlot; Georges Richard; Georges Jobard; Lâchât; Ribot; Badet; Party; Gaillot; Hoctin; Moquery; Fontaine; H. Gottereau; L. Cottereau; Perraut; Chesnay; Gaudot; Mazillier; Petit; Guillemot; Jacquier-Randy ; Batin ; Gallimard; Levoyet; Py-Laroche ; Chaumone; Pausiot; Porcherot ; E. Pillion; Prévost; Bailly; Chaussenot; de Morillon, etc.
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- Le Moto-Club de Lyon donnera aujourd’hui jeudi 22 novembre, sa première fête d’hiver. Les familles des sociétaires sont invitées à ces réunions intimes, qui comprendront une partie de concert, avec le concours de nos meilleurs artistes lyonnais et une sauterie.
- La deuxième fête se fera le 20 décembre, la troisième le 17 janvier. La société donnera son banquet le 27 janvier et son bal le 2 février.
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- La Fédération Automobile du Sud-Est, qui comprend les Automobile-Club de Nice, Grenoble, Salon, Romans, Béziers, Avignon et Lyon, tiendra une réunion à Lyon, le 2 décembre prochain.
- Une réunion sera donnée dans la matinée, au siège du Bicycle Automobile-Club, et un banquet aura lieu à midi, au siège du Moto-Club.
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- L’assemblée générale de l’Automobile-Club de Salon s’est tenue le 8 novembre, au siège social.
- Le président, M. Bertin, a ouvert la séance en priant le trésorier, M. Giniès, de lire le compterendu du budget de l’année. Les dépenses, comprenant les trois courses de 1900, les réceptions et banquets, achat d’un chronomètre, dépassent 6,000 francs ; malgré ces lourds sacrifices, les comptes s’équilibrent d’une manière satisfaisante et laissent ressortir un excédent.
- Après approbation, le bureau, composé de M. Bertin, président; Biet, vice-président; Cril-lon, trésorier, et Villion, secrétaire, est nommé à l’unanimité.
- Conformément aux statuts, six commissaires : MM. Aubert, Chevalier, Coreu, Giniès, Reyre et Yalérian, sont adjoints au bureau. L’assemblée renouvelle à MM. Bertin, Carbonel et Julien, commissaires des courses, Huigiker, chronométreur, Rebière, Starter, et Tournefort, juge à l’arrivée, leurs fonctions sportives pour l’année 1901.
- Il a été décidé qu’une délégation accompagnerait le président à Lyon, le 2 décembre prochain, à la réunion des Automobile-Clubs du Sud-Est.
- Un banquet sera donné le 25 novembre, en l’honneur du cinquantième membre du Cercle et réunira les chauffeurs de la région.
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- L’assemblée générale de l’Automobile-Club de Seine-et-Oise s’est tenue le 3 novembre, sous la
- présidence de M. Mirand-Devos, son président.
- Le président a annoncé que les statuts du Club avaient été approuvés par le préfet.
- Le comte de La Yaulx, vice-président, a donné lecture du règlement intérieur, lequel a été approuvé et adopté.
- L’assemblée a décidé que les réunions mensuelles du club auront lieu les deuxièmes jeudis de chaque mois.
- Pour la composition du conseil juridique, le président propose : MM. Marcou, Baillou, Second et Michaux, qui ont bien voulu accepter ces fonctions.
- La prochaine réunion aura lieu, le jeudi 13 décembre.
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- Le péril des maires! comme dit Baudry de Saunier.
- M. Duras, maire de Cognac, vient de prendre un arrêté réglementant la vitesse et la circulation des automobiles dans toute l’étendue de la commune de Cognac. Cet arrêté déclare que : « Les voitures automobiles devront porter un numéro très apparent. Ce numéro devra être celui délivré par le percepteur. »
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- L’Automobile-Club de Nice vient d’admettre deux nouveaux membres : MM. le docteur Fa-gart et Joseph Faraudy.
- En attendant les courses de janvier, l’Auto-mobile-Club de Nice prépare son assemblée générale pour le 24 courant, assemblée au cours de laquelle seront renouvelés les pouvoirs de plusieurs membres du Conseil de direction. Cette réunion sera suivie, le soir, d’un banquet à 20 francs par tête.
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- L’honorable président du tribunal correctionnel de Beauvais peut être un excellent magistrat, mais, s’il faut en croire notre confrère le Journal de l’Oise, il n’aime pas l’automobile. Au cours d’un procès motivé par un accident causé par un motocycliste, il aurait prononcé les mots suivants :
- Cela fait du bruit, ces machines-là, un bruit dégoûtant même, à cause des détonations qui se succèdent... Ces gens-là sont des malfaiteurs déchaînés sur des voies publiques. On devrait leur faire des procès chaque fois, sans attendre les accidents... Les piétons ne pourront bientôt plus circuler. Ces gens-là devraient s’enfermer dans des barrières avec leur stupide machine. Ce n’est pas une plaisanterie ce que je dis, puisqu’ils vont à l’allure des chemins de fer.
- Et voilà comment, en France, on encourage notre industrie nationale !
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- Un de nos abonnés d’Alais, M. Champeyrache, rentre de faire une excursion de 1200 kilomètres en automobile, dans les environs de Tunis.
- Il a visité successivement Carthage, Hamman-
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- Lif, Bizerte, Sousse, Kairouan, etc. Les routes ont 12 mètres de large et sont fort praticables.
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- Sept nouvelles voitures sont attendues à Alais. Le nombre des chauffeurs alaisiens est d’au moins 25, de voituristes et motocyclistes.
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- Le Moto-Club de Lyon a nommé M. Meyson-nier membre actif et MM. Brochier, L. Royer, Siméon, Georget, Dufour, Pinaud-Duanip, membres honoraires.
- Pour sa soirée du 22 novembre, il a nommé commissaires : MM. L. Rivât, Buignaux, Georget, Sauné, Deschaux et Castanet.
- La Fédération Automobile du Sud-Est devant venir à Lyon le 2 décembre, le Moto-Club a décidé de se réunir ce jour-là pour la recevoir. L’assemblée générale et les élections se feront le jeudi 10 janvier, banquet annuel le 26 janvier et bal le 9 février 1901. La commission du bal est composée de MM. L. Rivât, Berger, Sein et Archinard.
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- On annonce que le ministre de l’Agriculture de Belgique vient de décider que les dispositions réglementaires relatives au dépôt de matières dangereuses et inflammables sont applicables aux propriétaires d’automobiles qui ont en dépôt à leur domicile de grandes quantités de pétrole destiné à l’usage exclusif de leurs voitures.
- En conséquence, les motoristes désireux d’avoir chez eux des réserves importantes d’essence, devront se pourvoir d’une autorisation préalable et leur demande sera soumise à une enquête de commodo et incommodo.
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- M. de Smet de Nayer, ministre des finances de Belgique, vient d’affecter un crédit de 900,000 fr., au nivellement des accotements des routes. C’est un succès pour les membres de l’Automobile-Club de Belgique et de la Chambre syndicale dont la commission mixte a saisi le ministre de la question.
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- Nous apprenons avec plaisir le complet rétablissement de Mrae Félix Pardon, femme de notre excellent confrère de VAutomobile belge.
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- Il est question de créer à Bruxelles une nouvelle taxe municipale sur les automobiles. Cette taxe serait de : 1° 50 francs par voiture à quatre roues et par automobile, pesant plus de 400 kilos ; 2° 30 francs par voiture à deux roues, pesant 400 kilos au moins, et par motocycle. Les motocyclettes seraient comprises dans la dernière catégorie*
- Anvers a déjà voté une taxe de 100 francs sur les autos.
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- Le roi des Belges, le bon roi chauffeur, aimé des Parisiens, a repris le chemin de Bruxelles. Il a accepté le titre de haut protecteur, membre d’honneur de l’Automobile-Club de France.
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- Chaku-Pacha, aide de camp du sultan Ab-ul-Hamid, et Tewfik-Pacha, ambassadeur de Turquie à Berlin, ont visité l’exposition permanente de la Friedrichstrasse, en vue d’acquérir une automobile pour le Commandeur des Croyants.
- Pourvu qu’à la première panne le sultan ne fasse pas empaler son mécanicien.
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- La corporation des sapeurs-pompiers de Vienne a accepté l’offre que lui a faite une société américaine, de mettre à sa disposition une voiture automobile pour le transport des hommes. C’est une voiture à vapeur à quatre places, analogue à une autre à deux places qu’on a vue circuler dans les rues de la capitale autrichienne.
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- Notre confrère Motor Vehicle Review vient de passer en revue les divers clubs des Etats-Unis, et il a déjà pu constater qu’un grànd nombre commencent à offrir à leurs membres des garages pour les automobiles qui deviennent de plus en plus nombreuses.
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- Depuis que les voitures mécaniques ont été introduites à Newport dans l’état de Rhode-Island, les conducteurs de voitures de place ordinaires sont dans la fureur parce que la concurrence qu’on leur fait est victorieuse.
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- La ville de Boston vient d’acheter sa première voiture ambulance : elle est mue électriquement et elle est à deux étages, pour les cas où l’on a plusieurs blessés à transporter simultanément. Elle possède un coffre à médicaments et sera spécialement attachée à un des hôpitaux de la ville.
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- Il ne faut pas s’étonner si M. Vanderbilt aime les grandes vitesses et se livre à des emballages fous avec son automobile. C’est dans le sang, car de ses parents, les uns, ceux de la première génération se livraient, eux aussi, à des courses folles à cheval. Pour d’autres ce fut un train lancé à toute vitesse qui satisfaisait leur goût naturel, ensuite ce fut le règne des yachts, et maintenant la famille en est à l’automobile.
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- LA VOITURE ROBINSON
- La fabrication américaine des automobiles fait des progrès, tant comme nombre de fabricants que comme variétés de types et comme intérêt des dispositions adoptées : voici un véhicule tout nouveau, la voiture à pétrole Robinson.
- La photographie que nous reproduisons ici va permettre au premier coup d’œil, grâce à sa clarté, de saisir même une bonne partie des dispositifs mécaniques de cette voiture. Elle est faite pour transporter deux voyageurs, y compris le conducteur, on pourrait à la rigueur utiliser le
- dessus du coffre qui abrite le mécanisme pour mettre des bagages. Le châssis est fait en profilés d’acier en U ; il forme support à la fois pour le moteur, le réservoir.à essence et la transmission. Le moteur est à deux cylindres dont les dimensions sont de 10(?millimètres d’alésage sur 152 millimètres de course; il est à lubrilication automatique et, à refroidissement d’eau, la circulation de cette eau se fait par différence de température ; le volant est unique et à équilibrage, les manivelles sont enfermées dans une enveloppe étanche en aluminium, l’inflammation se réalise au moyen d’une magnéto, enfin la vitesse de rotation peut osciller entre 150 et 1000 révolutions par minute.
- La voiture Robinson.
- La transmission est du type Upton, couramment employé aux Etats-Unis, avec graissage dans toutes ses parties, on ne recourt à aucun engrenage de transmission pour la marche ordinaire sur les routes de difficulté moyenne. Le moteur commande directement l’essieu arrière par une chaîne en acier nickel Baldwin. Au moyen de la transmission, on peut obtenir deux vitesses de marche avant et une marche arrière, mais comme, de plus, on est à même de faire varier la vitesse du moteur, on se trouve en mesure de fournir toutes les allures différentes comprises entre 0 et 25 milles à l’heure : comme on le voit, les constructeurs n’ont, point cherché à réaliser des vitesses fantastiques, mais seulement
- (1) John T. Robinson Company, Ilyde Park, Massachusetts (Etats-Unis).
- de bonnes allures moyennes et raisonnables. Nous ne dirons rien des roues, et nous remarquerons seulement que, suivant la méthode américaine, on a disposé des frottements à rouleaux, partout où cela ôtait possible. Pour alléger autant que possible la voiture, on a construit le volant de direction en aluminium, quant à la direction elle-même, elle ne présente rien de particulier.
- Nous n’insisterons guère sur le corps de la voiture, sinon pour faire remarquer la disposition do ses ressorts d’avant, dans le tablier de devant, on a ménagé une armoire qui peut recevoir tous les outils nécessaires en voyage.
- La voiture emporte avec elle une trentaine de litres d’essence et une vingtaine de litres d’eau qui suffisent pour un voyage de 160 kilomètres sur routes ordinaires. Avec ces approvisionne-
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- monts et en ordre de marche, la voiture dont il s’agit pèse environ 820 kilogrammes, et semble en état de rendre un bon service pour les usages courants de la promenade ou des voyages à allure modérée.
- Daniel Bellet.
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- ÉLECTROMOBILE POSTALE
- Le service des postes allemand utilise, pour le transport des facteurs dans les quartiers de Berlin, une voiture automobile électrique qui a été construite par la Société de construction d’automobiles de Marienfeld pour recevoir une charge utile de 500 à 1000 kilos. Les accumulateurs sont arrimés sous le siège du conducteur, présentant des portes latérales pour l’introduction de la batterie et un couvercle qui se relève pour permettre l’examen des éléments.
- La batterie se compose de 44 éléments de 100 ampères-heure de capacité. Les bandages des roues sont métalliques, et en caoutchouc plein pendant la période des neiges.
- La consommation d’énergie à la charge s’est élevée à :
- Mois. Nombre total de w -h. W.-h. par voiture-km.
- Décembre 1899. . . 231,160 352
- Janvier 1900. . . . 370,040 396
- Eévrier . 359,480 413
- Mars . 352,880 366
- Avril . 302,500 374
- Mai. . 247,720 346
- Juin . 234,190 340
- Consommation moyenne d’énergie de charge
- par voiture-kilom. : 370 watts-heure.
- Dépense moyenne d’énergie, dans le parcours, par voiture-kilom. : 270 watts-heure.
- Dépense moyenne d’énergie, dans le parcours, par tonne-kilom. : 90 watts-lieure.
- Poids de la voiture en ordre de marche : 2315 kilos.
- Poids de la voiture en ordre de marche, y compris la charge utile : 3000 kilos.
- Il faut remarquer que, dans la consommation relevée, se trouve impliquée l’absorption plus grande d’énergie due à l’état de la chaussée en hiver, aux rampes et aux fréquents démarrages, nécessitées par le service postal.
- A ce tableau manquent les résultats d’exploitation pendant les trois mois d’été. Ils ont été peu favorables, en raison du parcours dans un quartier accidenté.
- Pendant une épreuve comportant un parcours de 28 kilom. 16., avec des rampes de 5 et 8 0,0, la voiture consomme en moyenne 64 watts-h. 9 par tonne-kilomètre.
- Emile Dieudonné.
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- L'accumulateur à pz Commelin et Vian
- Dans Y Electricien, notre confrère, A. Bain-ville, décrit un nouvel accumulateur intéressant à signaler.
- Fig. 1.
- C’est un voltmètre à dépôt métallique au lieu d’être- uniquement un voltmètre à gaz ; il peut aussi être considéré comme une cuve électrolytique , sans anode soluble, dans laquelle on utiliserait, pour produire le courant secondaire,
- Fig. 2.
- la différence de potentiel créé par les actions chimiques moléculaires que provoque le passage du courant. Pendant la charge de l’élément, à l’électrode négative ou cathode, qui constitue le pôle positif de l’accumulateur on obtient un dépôt de métal, tandis [qu’à l’électrode positive
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- ou anode, on a un dégagement d’oxygène que l’on recueille dans un récipient approprié.
- L’anode se compose d’un cylindre creux en charbon C (fig. 1) qui communique avec un récipient R à l’aide du tube S.
- La cathode est constituée par un cylindre en plomb antimonié P qui entoure l’anode.
- Le vase V qui contient l’électrolyte, du sulfate de cadmium, est hermétiquement fermé et en communication par le tube à robinet T avec le récipient R.
- Voici, d’après MM. Commelin et Viau, le mécanisme des réactions.
- Quand on charge l’élément, il se dépose du
- Fig. 3.
- cadmium sur la cathode P, tandis que l’oxygène qui se dégage à l’anode G s’accumule dans la partie supérieure du vase V d’où il se rend dans le récipient R par le tube T et se répand par l’autre tube S à l’intérieur de l’anode.
- Quand la pression indiquée par le manomètre
- M est de 1 kilogr., l’appareil est chargé et il es inutile d’attendre qu’elle s’élève plus haut.
- Pour décharger, on ferme le robinet T et on réunit les deux pôles par une résistance convenable. Le dépôt de cadmium se dissout alors pour passer à l’état de sulfate ; l’hydrogène libéré
- par cette réaction se porte sur le cylindre poreux G où il rencontre l’oxygène libre et s’y combine pour former de l’eau. Ce phénomène se poursuit jusqu’à dissolution complète du dépôt.
- La force électromotrice de l’élément est de 1,5 volt. Le débit peut atteindre 0,30 ampère par décimètre carré de surface de cathode.
- Dans l’élément industriel (fig. 2) l’anode unique
- est remplacée par une série de petits tubes de charbon qui sont tous en communication avec une même chambre. Les vases extérieurs sont également réunis entre eux de telle sorte qu’il n’y a qu’un récipient à gaz pour une batterie (fig. 3).
- La cathode se compose d’auges ou nacelles en celluloïd disposées les unes au-dessus des
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- autres, et au fond desquelles se trouve une lamelle de plomb de même longueur que la nacelle et dont l’extrémité est réunie par une soudure autogène au conducteur négatif. Le dépôt* de cadmium se fait sur les lamelles de plomb.
- Les figures 3 et 4 montrent en élévation et en coupe une batterie de quatre éléments.
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- LE GRAISSAGE DES POULIES FOLLES
- Les poulies folles sont employées dans certains types d’automobiles à transmission par courroies. Pour le graissage des poulies folles, on applique généralement le graisseur sur la poulie elle-même. Le graissage ne peut donc avoir lieu que pendant les périodes d’arrêt de la poulie, et si la machine qu’elle commande reste longtemps débrayée, la poulie folle ne peut être graissée, alors que justement elle en a le plus besoin.
- M. W.-A. Brihgt a employé avec succès le dispositif cidessus pour obvier aux inconvénients du mode habituel de graissage.
- L’arbre A est percé d’un trou t qui aboutit vers le milieu du moyeu de la poulie P ; à son autre extrémité, ce trou débouche en face d’un autre trou percé dans la bague d’arrêt B. C’est en G, sur cette bague, que vient se fixer le graisseur.
- UNE EXCELLENTE IDÉE
- La Société libre d’émulation du Commerce et de l’Industrie vient d’avoir une excellente idée. Elle ouvre un concours, doté d’un prix de 1000 fr. en faveur du meilleur mémoire sur les procédés et appareils employés pour utiliser les alcools et hydrocarbures pour la production de la force motrice.
- Le programme proposé mais non imposé aux concurrents est le suivant :
- Cette étude devra être divisée en trois parties :
- l° Combustion des alcools;
- 2° Combustion des hydrocarbures légers (densité inférieure à 720);
- 3° Combustion des hydrocarbures lourds (densité supérieure à 720).
- Dans chacune de ces parties, l’auteur devra traiter les chapitres suivants :
- I. — Laboratoire.
- 1° Composition. — Propriétés chimiques. — Analyse et moyens pratiques de reconnaître la pureté de la substance utilisée comme combustible. — Différentes phases de la combustion. — Nombre de calories théoriquement disponibles dans les différents cas et transformables en énergie mécanique, etc.
- 2° Constitution du mélange tonnant. — Circonstances qui accompagnent sa formation. — Facilité de formation. — Stabilité. — Point d’inflammation. — Meilleur mode d’inflammation, etc.
- 3° Etude des phénomènes qui se passent au moment de l’explosion. — Force brisante. — Force élastique.
- — Influence de la compression. — Influence des gaz inertes.
- k° Etude des produits de la combustion (gaz morts).
- — Calories inconvertissables. — Pertes inévitables et autres causes de diminution de rendement.
- IL — Pratique.
- Etude des appareils générateurs du mélange tonnant, leurs qualités, leurs défauts. — Mise en feu, emploi de l’électricité, de l’incandescence, brûleurs, avantages et inconvénients. — Le moteur proprement dit, sa rotation, son inflammation, son refroidissement. — Echappement des gaz brûlés (gaz morts), leur emploi, etc.
- III. — Résultats numériques.
- Tableaux comparatifs; courbes graphiques ; résultats analytiques d’expériences réalisées sur des moteurs industriels spécialement appliquées à la traction automobile ou à l’aérostation. — Ces tableaux devront faire ressortir avant tout, et d’une façon précise, le nombre de kilogrammètres disponibles sur l’arbre du moteur et produits par la combustion de 1 litre ou de 1 kilo de la substance étudiée.
- Observations et conditions générales.
- 1° Les prix des combustibles étant sujets à de très grandes variations, du fait même de la consommation, du commerce et des droits, fauteur pourra laisser de côté la question du prix de revient actuel;
- 2° Pour éviter toute réclamation de la part des constructeurs d’appareils, l’auteur du mémoire devra désigner par une lettre majuscule, reproduite au chapitre consacré aux résultats numériques, chaque instrument dont il fera l’analyse au chapitre IL La Société se réserve expressément le droit d’obliger l’auteur à justifier les chiffres des rendements maxima. consignés dans les tableaux, par une expérience faite en présence et sous le contrôle d’une Commission nommée par elle à cet effet En cas d’attribution de prix, le ou les constructeurs d’appareils expérimentés pourront, sur leur demande, être nominativement désignés dans le rapport;
- 3° L’étude, bien faite, d’une seule série (soit l’alcool : ou les hydrocarbures légers; ou les hydrocarbures lourds) vaudra à son auteur le quart du prix proposé (soit 250 francs);
- 4° Les mémoires ne devront pas été signés, mais ils porteront une devise reproduite sur une enveloppe cachetée renfermant l’indication du nom et du domicile de l’auteur. Afin d’établir une possibilité de correspondance entre la Société et l’auteur, sans rompre l’anonymat, la devise devra mentionner
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- l’adresse d’un journal on d’un club servant d’intermédiaire. Exemple : Devise : le XXe siècle sera le siècle de la locomotion automobile. Adresse : Journal la Locomotion Automobile, Paris. La collaboration est admise.
- Les mémoires non récompensés seront conservés aux archives, sous leur nom épigraphique ou celui de leur auteur, s’il se fait connaître;
- 5° Une somme, qui ne pourra être supérieure à 200 francs, sera, si la Société le juge utile, accordée au lauréat, à titre d’indemnité, pour frais d’expériences.
- Le prix sera délivré, au choix du lauréat, soit totalement en espèces, soit en une médaille d’or frappée à son nom et le surplus en espèces.
- Les concurrents devront remettre leurs travaux au Musée commercial avant le tor mai 1901. Si le prix n’est pas décerné, le concours sera reporté, sans modification, au 1er mai 1902.
- S’adresser, pour tous renseignements, au Musée commercial de Rouen, section des prix et concours.
- Il n’y a qu’un malheur, c’est que la somme de 1000 francs offerte comme récompense à l’auteur d’un travail aussi considérable est absolument insuffisante. Il serait à désirer que cette somme fût largement augmentée et nous espérons que l’Automobile-Club de France, le Moto-Club, ou, à leur défaut, quelque généreux Mécène, voudront doter ce très intéressant concours des quelques billets bleus qui'pourront, en multipliant le nombre des concurrents, susciter des travaux scientifiques, dont l’intérêt serait énorme pour notre industrie. Il faut en effet beaucoup de temps et beaucoup d’argent pour traiter à fond une seule des questions posées par ce concours. Les solutions cherchées ne pourront s’obtenir qu’à force de recherches et d’expériences coûteuses et les hommes en état et en situation de faire ces recherches et ces expériences auraient besoin d’être plus largement dédommagés de leurs peines. 25 000 francs de prix seraient nécessaires. Les trouvera-t-on? Peut-être, si quelques personnalités influentes veulent bien s’en donner la peine.
- LA BOUGIE CREST 1,1
- Cette bougie consiste en un cylindre creux en , acier, ayant à une extrémité un flet de vis qui se visse dans l’orifice de la culasse.
- Dans ce cylindre dont l’intérieur est de forme conique, s’engage un cône isolateur fait d’unç substance nouvelle, de manière à constituer une fermeture absolument hermétique. Au-dessus du eylindre et s’adaptant autour de la partie supérieure du cône, il y a une cuvette en substance .isolante. Un écrou, qui se trouve sur la tige métallique, passe à travers le cône et maintient ensemble les différentes pièces de la bougie. L’écrou de serrage pour le fil agit d’une façon
- (1) Crest manufacturing G0, 83, Portland Street, Cam-bridgeport, Mass, États-Unis.
- spéciale. U y a une rondelle à ressort entre la cuvette et l’écrou, laquelle rondelle règle les changements d’expansion.
- Cetté bougie est complètement différente des types de bougie maintenant en usage, et grâce à sa construction et à la matière isolante spéciale employée, elle n’est jamais dérangée comme l’est si souvent le type ordinaire de bougies par la dilatation causée parla chaleur intense du moteur, et elle ne présente aucun des inconvénients de la bougie ordinaire. « L’étincelle sautante » est d’un emploi commun dans les moteurs, à cause de sa simplicité, mais elle serait d’un emploi général de préférence à tout autre mode d’étincelles, si les bougies ordinaires fonctionnaient toujours bien. Les chauffeurs reconnaissent que presque
- tous les accidents dans les moteurs sont dus à la bougie. Une bougie incassable est donc le perfectionnement rêvé par tous ceux qui se servent de moteur à essence à allumage électrique.
- L’ALCOOL... FÉCAL
- Depuis que l’emploi de l’alcool à la production de la force motrice apparaît comme possible, les inventeurs s’agitent et exhument les brevets les plus invraisemblables pour la production du précieux liquide.
- Signalons au premier rang et hors concours dans ce tournoi d’un nouveau genre M. G. Hœi-gaard, de Copenhague, qui, d’après ce que nous apprend cruellement le Chemiher Zeitung, a fait breveter un procédé pour extraire de l’alcool des matières fécales ! Il consiste à chauffer vers 80° centigrades ce que l’auteur appelle galamment « la matière première » ; on refroidit vers 14°, puis on ensemence avec de la levure. Alors !.., on abandonne à la fermentation jusqu’à ce que la transformation des sucres soit complète; finalement, on distille et on rectifie l’alcool. Dans un mouvement de regret sans doute, M. G. Hœi-gaard daigne nous avertir que cet alcool ne lui semble pas réservé à d’autres usages que la propulsion des moteurs. Sachons-lui gré de sa bonne pensée et espérons que les fabricants de liqueurs hygiéniques ne nous le ferons pas boire.
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- Nous préférons encore l’inventeur danois, M. J. Wolff, qui a montré que la racine de chicorée est une très bonne matière première pour la fabrication de l’envahissant liquide. Ce sont les 15 p. 100 d’inuline que contient cette racine qui lui permettent, paraît-il, d’entrer dans la prépa-Tion « des petits verres » dont la quantité ne compense pas la mauvaise qualité. Déjà, la chicorée a indisposé, contre elle, bien des gens, en servant à préparer un liquide que l’on a le tort ou la faiblesse de dénommer café; si, par surcroît, elle fournit l’alcool, ce va être, n’en doutons pas, une grande réprobation.
- C’est égal, l’an prochain, si cela continue, les
- concurrents du critérium de l’alcool pourraient bien nous en faire voir de drôles.
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- Carrosserie l'une wagonnette i pétrole1
- Ce modèle est peut-être, de toutes les automobiles non fabriquées en série, celui qui a été le plus de fois reproduit. Son originalité réside dans les trois rotondes qui forment les trois
- Curosserie d’une vagonnetle à 'pétrole.
- sièges, toutes trois assez hautes pour donner des places confortables.
- A l’arrière, la porte monte jusqu’à la partie supérieure de la rotonde, et elle est brisée avec la partie inférieure, celle qui se trouve dans le panneau du coffre, à l’endroit de la saillie. Un système de coulisse lui fait suivre le mouvement de rotation.
- Les largeurs de caisse sont les suivantes : en haut, lm,150; en bas, 0m,850. Le coffre est en saillie de 0m,010 sur le châssis.
- COURSES
- La course Paris-Berlin.
- Pour la course Paris-Berlin, qui est organisée par T Automobile-Club de France et par l’Auto-mobile-Club d’Allemagne, ce dernier propose le programme suivant :
- L’épreuve proprement dite comporterait trois catégories : 1° motocycles, 2° voiturettes, 3° voitures. Cette dernière catégorie comprendrait deux séries : vitesse et touristes. Pour les tou-
- ristes, on n’accepterait que des voitures conduites par leurs propriétaires et à tous ceux qui finiront le parcours, une médaille souvenir sera offerte, quel que soit leur temps.
- Un membre de l’Automobile-Club d’Allemagne va très prochainement parcourir les routes, relever exactement les distances et adresser, à la suite de son voyage, un rapport détaillé sur le parcours.
- La course se ferait probablement en trois étapes. Les deux étapes d’Allemagne seront relativement faciles à réglementer : on a comme base l’organisation récente de Berlin-Aix-la-Chapelle. Il n’en est pas de même de la première étape, qui empruntera les routes françaises et belges. D’abord, le choix du but de la première étape n’est pas sans difficulté à cause des frontières à franchir.
- Aix-la-Chapelle, qui est un grand centre automobile, siège de l’Automobile-Club de l’Allemagne de l’Ouest et où sont situées les usines de plusieurs grosses maisons de construction, paraît être cependant un peu loin pour fixer l’étape de la première journée.
- On a pensé à Luxembourg (Grand-Duché),
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Boissière, à Paris.
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- mais les membres de l’Automobile-Club 'd’Allemagne préféreraient choisir une ville allemande comme but d’étape, et il est possible que, finalement, le choix s’arrête sur Aix-la-Chapelle.
- Pour l’arrivée de la deuxième journée, Hanovre semble tout désigné. Le programme de la troisième journée sera élaboré de façon que tous les participants à la course arrivent à Berlin en même temps, à quelques heures d’intervalle.
- X
- Le Tour d’Italie.
- 28 avril 1901.
- La course, qui sera, en réalité, bien plus une promenade qu’une course se fera au printemps de 1901, sur un itinéraire de mille milles, 1,650 kilomètres, qui devra être parcouru en deux semaines. Les villes traversées seront : Turin, Vercelli, Novare, Milan, Brescia, Vérone, Mestre (Venise), Bologne, Florence, Pérouse, Rome, Civita-Vecchia, Livourne, Pise, Spezia, Gênes, Voghera, Pavie et Milan.
- La route idéalement belle, tant au point de vue des paysages qu’elle traverse, que de l’excellence du nivellement du sol, est plate jusqu’à quelques kilomètres de Turin. Du lac de Garde1 jusqu’à Vérone, quelques collines présentent leurs arêtes montueuses, puis la route s’aplanit jusqu’à Bologne, à cet endroit l’on passe les Apennins pour arriver à Florence après une longue descente. Après maintes ondulations l’on gagne Foligno et Spoleto. Le Pas de la Somma et quelques autres élévations avec leurs crêtes dentelées qui montent et descendent sont d’une ascension assez dure, au bout de laquelle Rome ouvre ses portes. Une suite continue de vallons, de légers escarpements sinueux, répartis sur 140 kilomètres se termine en une uniformité du sol, dont le niveau avoisine celui de la mer. Nous voilà à la Spezzia séparée de Gênes par de nouveaux accidents de terrain interrompus qui couronnent avec un accès des plus difficultueux le Pas du Bracco. Le Giovi, après la sortie de Gênes, offre ses dernières collines à gravir et puis l’on a la belle plaine, aux horizons sans fin, de la jolie Lombardie qui nous rapproche de Milan, point terminus de la longue étape.
- Les voitures de la caravane garderont l’ordre de départ sur tout le parcours.
- Il sera fixé un droit d’engagement proportionnel pour les concurrents et les mécaniciens pour couvrir les frais de garage, logement, etc.
- Des souvenirs pourront être décernés aux chauffeurs et mécaniciens ayant accompli le parcours complet.
- Un Comité d’honneur sera formé et composé des présidents des Automobiles-Clubs étrangers.
- Une délégation sera spécialement chargée de faire le parcours pour assurer et garantir les contrôles et étapes.
- La date probable sera celle du 28 avril, de façon à permettre aux chauffeurs participant aux Fêtes de Nice et au Tour de Tunisie, d’être de retour.
- Il a été enfin décidé que les voiturettes et les
- motocycles pourraient participer au Tour d’Italie.
- Voici maintenant, en détail, le parcours et les étapes :
- 1 journée (samedi 20 avril, 144 kil.). — Départ de Turin à 7 h. du matin; arrivée cà Milan à 1 heure.
- 2* journée (dimanche 21 avril, 241 kil. 700). — Départ de Milan à 7 h. du matin; arrivée à Padoue le soir.
- 3e journée (lundi 22 avril, 73 kil.). — Promenade à Padoue, Mestre, Venise et retour.
- 4e journée (mardi 23 avril, 122 kil. 900). — Départ de Padoue à 7 h. du matin ; arrivée à Bologne à midi.
- 5° journée (mercredi 24 avril, 113 kil.). — Départ de Bologne à 7 h. du matin ; arrivée à Florence à midi.
- 6e journée (jeudi 25 avril, 167 kil. 600). — Départ de Florence à 7 h. du matin; arrivée le soir à Péruge.
- 7" journée (vendredi 26 avril, 192 kil. 500). — Départ de Péruge à 10 h. du matin; arrivée à Borne à 6 h. du soir.
- 8° journée (samedi 27 avril). — Arrêt à Rome; banquet.
- 9* jomrnée (dimanche 28 avril, 70 kil. 700). — Départ de Rome à 3 h. du soir; arrivée à Civita-Vecchia à 6 heures.
- 10" journée (lundi 29 avril, 261 kil. 300). — Départ de Civita-Vecchia à 7 h. du matin; arrivée à Pise le soir.
- 11° journée (mardi 30 avril. 84 kil. 100). — Départ de Pise, à midi; arrivée à Spezia, le soir.
- 12e journée (mercredi 1er mai, 109 kil. 100). — Départ de Spezia à 7 h. du matin ; arrivée à Gènes, à midi.
- 13° journée (jeudi 2 mai, 154 kil.). — Départ de Gènes à 10 h. du matin; arrivée à Milan à 6 h. du soir.
- 14K journée (vendredi 3 mai). — Inauguration de la Fête Automobile.
- 15e journée (samedi 4 mai). — Exposition automobile.
- 16e journée (dimanche 5 mai). — Exposition.
- A Milan, grande exposition d’automobiles, qui se tiendra à l’Automobile-Club et à laquelle figureront les voitures ayant participé au tour d’Italie.
- Le journal Y Automobile de Turin organise une course à Turin pour le jour précédant le départ de la promenade autour de l’Italie septentrionale.
- Notre excellent confrère, la Gazzetta clello Sport complétera le programme de cette intéressante manifestation par des fêtes sportives, dotées de prix, qu’il organisera à Milan : course-record sur route, et course-vitesse sur piste ouvertes à tous les genres de voitures ayant participé au tour d’Italie; concours de confortable, défilé fleuri, rallie-papier, etc.
- Les Automobile-Club de Turin, Milan, Venise, Bologne, Padoue, Florence et Ferrare prêteront leur concours pour l’exécution de cet intéressant programme. — A. T.
- X
- Les courses de Nice.
- L’Automobile-Club de Nice vient de modifier le parcours de la grande épreuve, parcours primitivement fixé entre Nice et Avignon, et a choisi l’itinéraire suivant :
- Nice-Aix- Saint-Gannat-Lambesc-Sénas-Salon-Lançon-Le Faire-Aix-Nice, soit 468 kilomètres.
- Ce parcours comprend 468 kilomètres avec une raquette de près de 100 kilomètres qui per-
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- mettra aux concurrents de ne pas se croiser au retour.
- La course se fera en un seul jour, sans arrêts. Le départ sera donné à 6 heures du matin et le contrôle d’arrivée sera fermé à 8 heures du soir.
- La course dite des touristes se fera sur le même parcours que celle de la saison dernière, soit Nice-Draguignan et retour, mais en une seule étape, dans l’espace de 7 heures du matin à 6 heures du soir, avec arrêt d’une heure à Draguignan.
- Sur la demande de M. Richard, une catégorie spéciale est créée dans la course des touristes ; elle comprend les voitures de moins de 600 kilos portant quatre personnes.
- Pour la Course du Mille c’est de nouveau sur l’allée cimentée de la promenade des Anglais que se disputeront les épreuves ouvertes aux diverses catégories : motocycles, voiturettes, grandes voitures, voitures à vapeur et à l’électricité.
- L’épreuve classique de Nice-La Turbie réserve une médaille en vermeil à la voiture qui aura fait le meilleur temps au sommet de la grande montée avant d’arriver au fort de la Drette.
- Enfin, la répartition des prix de la grande épreuve sera la suivante :
- Motocycles : Ier prix : 1000 fr. ; 2e prix : 400 fr.; 400 fr.; 3e prix : 200 fr.; 4e prix : 100 fr.
- Voiturettes : 1er prix : 1500 fr.; 2a prix : 600 fr.; 3° prix : 300 fr.; 4e prix : 100 fr.
- Voitures : l'p prix : 4000 fr.; 2* prix : 1500 fr.; 3e prix : 1000 fr.; 4* prix : 500 fr.
- Le temps primé qui fut appliqué la saison dernière ne sera pas en vigueur dans cette course de vitesse.
- Voici un aperçu du calendrier :
- 21 janvier : Coupe de Linsky;
- 12 février : Coupe Brunetta-d’Usseaux ;
- 24 mars : Corso fleuri d’automobiles;
- 25 mars : Course Nice-Salon et retour;
- 26 mars : Ouverture de l’Exposition;
- 27 mars : Exposition et grand banquet;
- 28 mars : Course du mille;
- 29 mars : Course classique Nice-La Turbie ; concours d’élégance à Monte-Carlo;
- 12 mai : Coupe de Nice.
- Le parcours de la Coupe de Nice est le suivant :
- La Bocca-de-Cannes, Brignolles, Le Yal, Car-cès, Sorgues, Draguignan, Le Muy, Fréjus, La Bocca.
- X
- Deux nouveaux engagements sont arrivés à rAutomobile-Club de Nice pour la grande épreuve de mars, ce qui porte le chiffre total à 14 pour le moment; ce sont ceux de MM. Gilles Hourgières, dans la série des voitures et Aimé Deville, dans celle des motocycles.
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- La coupe du colonel de Linsky, réservée aux voiturettes, qui sera disputée à Nice, le 21 janvier a déjà réuni plusieurs adhésions, entre autres celles de MM. Frédéric Florès (Cottereau
- 5 chevaux), Maurice Lautard (Decauville 6 chevaux), Laumaillé (Chesnay 8 chevaux).
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- Le numéro 1, parmi les concurrents de la coupe Brunetta d’Usseaux, est échu à M. Paul Chauchard, qui courra avec une Panhard de 20 chevaux.
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- L’Automobile-Club de Salon désirant remercier l’Automobile-Club de Nice de son amabilité à proposer de courir sur l’itinéraire de 1900 la coupe provinciale de 1901, a promis d’assurer le service du parcours le jour de l’épreuve et offrira une réception, le soir, dans la salle des fêtes du Cercle des Arts-et-Métiers. La grande course vitesse de Nice du 25 mars prochain, traversant Salon, l’Automobile-Club de Salon se chargera du parcours : Aix, Lambesc, Sénas, Salon, la Fare, Aix, soit 86 kilomètres, surveillera la route et placera des commissaires aux endroits dangereux.
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- Le concours d’électriques en Angleterre.
- Au concours de voitures électriques organisé par l’Automobile-Club de Grande-Bretagne dans les environs de Londres, du 6 au 9 novembre, la seule voiture française engagée a battu toutes concurrentes.
- Les engagements étaient les suivants :
- N° 1. « The Powerfull », voiture Kriéger menée par M. Demény, qui emporta jadis deux premiers prix avec ces véhicules, au concours des fiacres;
- N° 3. Columbia Stanhope;
- N° 4. Voiture de livraison.
- Ces trois voitures engagées par la Brilisk and Foreign Electrical Vehicle Company avec accumulateurs Leecoll.
- N° 5. « La Toujours contente » voiture système Lonner et C°, de Vienne, engagée par M. E. W. Hart, avec accumulateur Leecoll;
- N° 8. Voiture, engagée par la National Motor-Car-riage Syndieate Limited, avec accumulateurs Rosen-thal, moteur Joël;
- Nos 10 et 11. Engagés par l’Electric Motive Power Company Limited;
- N® 12. Voiture Still de la Canadian Electric Motor Company of Long Acre, avec accumulateurs idéal;
- N° 13. Voiture de l’Electric Undertakings Limited of Camden Town, avec moteur Lundell et accumulateurs Leitner.
- l,e journée. — La première journée comprenait un parcours d’épuisement avec terrain présentant de fortes rampes.
- En voici les résultats :
- 1er n° 1. Kriéger, 59 milles ou 94 kilomètres 950 m. ;
- 2e n° 8. Joël, 57 milles ou 59 kilomètres 350 m. ;
- 3° n° 10. Electric Motor Power C°, 35 milles ou 56 kilomètres 325 m. ;
- 4® n° 13. Electric Undertakings Limited, etc., 35 milles ou 56 kilomètres 325 m. ;
- 5e n° 5. « La Toujours contente », 34 milles ou 54 kilomètres 616 m.
- Tandis que les voitures étrangères sont groupées en
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- 5 kilomètres, la voiture française se détache de /jO kilomètres.
- Viennent ensuite un peu moins loin :
- N° 12. Voiture Still de la Canadian, etc1., 18 milles ou 28 kilomètres 967 m.;
- N° 3. Columbia Stanliope, 7 milles J/2 ou 12 kilomètres.
- N° l\. Toiture de livraison, 7 milles ou 11 kilomètres 26 m.
- La seconde journée comprenait un parcours de 30 milles 548 kilomètres 279 sur route très accidentée, et la troisième journée un parcours de 30 milles en terrain moyen.
- Le n° 12 mettait 3 h. 20; le n° 11 et le n° 13 mettaient 4 heures.
- La quatrième journée était de nouveau une journée d’épuisement sur un circuit de 8 milles, Sideun, Piltliom, Blendon.
- Ce fut une journée de pluie abondante, les routes étaient dans un état déplorable.
- Sont seuls arrivés :
- N° 1. Kriéger, 65 milles ou 104 kilomètres 604. N° 13. 40 milles ou 64 kilomètres 372.
- Les autres voitures ont abandonné.
- Le jury, présidé par sir David Salomon s, qui suivait en voiture à pétrole les concurrents, était composé de MM. Crawley, Fergusson, Joy, Mannsbridge et O’Gorman.
- Chaque matin, on pesait les véhicules et, à la fin de chaque journée, les juges les inspectaient minutieusement.
- Le n° 1 a seul, en effet, avec le n° 13 fait les quatre journées.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le Salon de l’Automobile et du Cycle.
- Le Salon de l’Automobile du Cycle et des Sports se tiendra définitivement au Grand Palais en janvier prochain.
- Le Comité d’organisation et la Commission exécutive sont définitivement constitués de la façon suivante :
- Comité i/Organisation :
- Président d’honneur : le baron de Zuylen deNyevelt; Président : M. Gustave Rives, membre du Conseil d’administration de l’Automobile-Club de France; Vice-présidents (par ordre d’ancienneté des Chambres): MM. Darrac-q, président de la Chambre syndicale du Cycle et de l’Automobile;
- Le comte de l)ion, président de la Chambre syndicale de l’Automobile;
- Clément, président du Syndicat des Fabricants de Cy cles.
- Membres : Dix membres choisis par l’Automobile-Club de France;
- Dix membres choisis par la Chambre syndicale du Cycle et de l’Automobile; Dix membres choisis par la Chambre ; syndicale de l’Automobile ;
- Dix membres choisis par le Syndicat des . - Fabricants de Cycles,
- Commission Exécutive :
- Commissaire général délégué : M. Gustave Rives; Contrôleur des comptes : M. Abel Rallif;
- Secrétaires généraux (par ordre d’ancienneté des
- Chambrés);
- MM. Vauzelle, Maxime Richard et Petit;
- Trésorier : M. Lehideux-Vernimmen.
- L’exposition sera internationale et comprendra les différentes classes ci-après :
- 1° Toitures automobiles en tous genres, moto-cycles et toutes voitures à traction mécanique;
- (Une catégorie spéciale sera créée pour les poids lourds.)
- 2° Cycles de tous systèmes ;
- (Les constructeurs dans ces deux classes formeront une catégorie à part.)
- 3° Matériel de construction et outillage pour la fabrication des automobiles et des cycles;
- 4° Bandages de roues de voitures automobiles, de motocycles et de cycles ;
- 5° Pièces détachées, accessoires et fournitures diverses pour automobiles et cycles;
- 6° Moteurs pour automobilés et accumulateurs ;
- 7° Carrosserie pour automobiles ;
- 8° Costumes, habillements et équipements pour l’automobile, les cyclistes et les touristes;
- 9° Aérostation, navigation, sports divers et tourisme;
- 10° Inventions, applications diverses concernant l’automobilisme, la vélocipédie et les sports ;.
- 11° Bibliographie, photographie, publications journaux, revues, cartes, etc. ’
- Le public sera admis à visiter l’Exposition moyennant un droit d’entrée fixé pour la journée de 10 heures du matin à 6 heures 1/2 du soir à :
- I franc par personne pour tous les jours sauf le vendredi;
- 3 francs par personne pour le vendredi ;
- 5 francs par personne pour certains jours exceptionnels que pourra déterminer la Commission exécutive.
- Au cas où il serait organisé des soirées, le public y serait admis moyennant un droit d’entrée qui sera fixé ultérieurement.
- La Commission du concours d accumulateurs de l’Automobile-Club de France a pris les décisions suivantes :
- On conservera le trépidateur employé dans le dernier concours, mais en en modifiant les détails.
- II y aura trois catégories d’accumulateurs se rapportant aux véhicules suivants : voitures urbaines, voiturçs de tourisme, camions.
- La Commission se propose de faire fortement ressortir dans son rapport la capacité par kilogrammes des batteries.
- La charge des batteries se fera au gré des concurrents, toutes les batteries étant indépendantes les unes des autres ; quant à la décharge, elle se fera, comme dans le précédent concours, les batteries en tension.
- La durée du concours est fixée à une année
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- pendant laquelle les concurrents feront les réparations (remplacement de plaques positives et négatives, bacs et isolateurs), qu’ils jugeront utiles.
- Ces réparations se feront tous les jours, pendant le repos qui sépare la charge de la décharge.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Une Société pour l’exploitation de transports automobiles électriques est en formation dans l’Oise.
- Les premiers services publics seraient créés dans le département de l’Oise : de Beauvais à Breteuil et de Crévecœur à Clermont, par Froissy et Bulles.
- —o—
- Il faut bien croire que les omnibus mécaniques de Lincoln, en Angleterre, rencontrent un succès complet, puisque la compagnie distribue un dividende de 6 0/0 pour le premier semestre. Le tarif est du reste fort modeste, deux pence seulement, 4 sous, pour un parcours de 1600 mètres.
- Un service publie d’automobiles fonctionne en Angleterre, à Aberystwieh, seulement pendant la belle saison ; les amateurs sont fort nombreux depuis deux ans que fonctionne ce service.
- —o—
- On va installer en Irlande, entre Borrisokame et Cvonghjord, unservice d’automobiles qui aurait l’avantage de mettrel a première de ces villes en relations faciles avec une gare de chemin de
- fer.
- A TRAVERS LA PRESSE
- D’après VIntermédiaire des Chercheurs et Curieux l’inventeur de l’automobile serait un certain Hubert Petiaux, qui date presque du grand siècle.
- Sa biographie est extraite d’un petit volume intitulé : Légendes Namuroises, par Jérôme Pimpurniaux, publié, par Ad. Borgnet, Na-mur, 1837.
- En voici quelques passages.
- Dans la paroisse de Notre-Dame, dite aussi de Saint-Michel, vers la fin du dix-septième siècle, naquit Hubert Petiaux, dont les descendants vivent encore au milieu de vous.
- Habile ouvrier, Petiaux s’acquit bientôt une grande renommée dans les arts mécaniques.
- La plus remarquable, sans contredit, de toutes ces inventions, celle qui faillit le brouiller avec notre oflicialité, est une voiture* qui manœuvre sans che-
- vaux. Quel était le principal moteur? Je l’ignore. On en faisait grand secret, et il a été si bien gardé qu’il n’est resté de la trouvaille que ce vieux dicton :
- Har, hu, hot,
- Ar’la l’machin Petiaux qui rott.
- Qui de vous, mes amis, ne l’a entendu s’échapper d’une bouche populaire à l’aspect d’un fringant équipage, d’une charrette embourbée, de quelque chose d’extraordinaire parcourant les rues de notre moqueuse cité?
- Petiaux est mort inconnu, si inconnu queM. Gaillot lui-même, n’en dit mot dans sa nomenclature des hommes illustres du comté. Ayez donc du génie à Namur, et quelque jour votre nom trouvera, pour passer à la postérité, l’intermédiaire d’un spot ou d’une paskaje...
- Petiaux décéda le 10 janvier 1751.
- La Suisse sportive signale ce fait, — dont l’Automobile-Club de Suisse s’est, du reste, occupé dans sa dernière séance, — que les voitures automobiles circulant en Suisse peuvent être frappées d’une taxe dans tous les cantons sur les routes desquelles on les fait circuler.
- Vous venez de Paris, vous désirez faire une ballade dans notre Suisse hospitalière, vous passez par Genève, Lausanne, Berne, Lucerne, Zurich, Bâle, etc., etc... Vous séjournez dans chacune de ces villes un certain temps pendant le cours du voyage, soit pendant le cours de l’année, et vous avez en plus l'audace incroyable de voyager en automobile, soit dans un objet de luxe au premier chef! Vous effrayez les chevaux sur les routes, vous forcez les mulets à danser des sarabandes échevelées, vous couvrez les piétons de poussière, vous subtilisez aux compagnies de chemins de fer actuellement, et à la Confédération dans la suite, un gain en n’utilisant pas ses wagons de lr0 classe; vous vous arrêtez dans toutes les localités, soit pour j manger, soit pour y dépenser votre bonne galette, vous achetez des huiles à graisser, de la benzine, des outils ou pièces de rechange, et vous croyez que cela se passera comme ça! Ah mais non! Souvenez-vous que la Suisse est formée de 25 Etats, et que les 25 gouvernements de ces 25 Etats peuvent vous frapper légalement d'une taxe spéciale. Que vous ne fassiez que traverser son territoire sans même vous y arrêter, ou que, charmé par la vue d’un site admirable, vous ayez le désir très légitime d’en jouir un peu et d’y séjourner quelques heures, vous devrez préalablement rendre visite à l’un des préfets ou maires d’une des communes de l'un de ces 25 Etats et acquitter la taxe spéciale prévue ou non prévue pour les objets de luxe au premier chef. Et puis, soyez sans crainte, le progrès va vite au vingtième siècle, plus vite que vos vilaines machines, vous verrez sous peu que vous serez forcé, avant d’aborder les limites de ces 25 Etats, de passer autant d’examens que de cantons à traverser, de vous fournir d'autant de plaques aux couleurs cantonales que d'Etats à parcourir. Et les signaux donc, ne les oubliez pas ! Cornettes graves, cornettes à sons aigus, grelots, timbres, cloches, trompettes, cornemuses (spécialement pour Eri, Schwytz et Lnterwald), appeaux divers, imitant le cri de l'aigle ou le chant du oigne, etc., etc...
- En somme un touriste consciencieux devra se faire précéder d’un tombereau, dans lequel il placera ses 25 bulletins de capacité, ses 25 plaques, 50 lanternes de couleurs variées, 25 signaux, et en écus 25 fois 50 fr., soit la modique somme de 1250 fr. — En admet-
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- tant 300 touristes en voitures automobiles, cela fera, en outre des dépenses particulières de chaque touriste, la modeste somme de 373,000 fr. qui rentrera dans les caisses des 25 Etats. Et qu’on vienne encore nous dire que nous ne sommes pas des gens pratiques en Suisse!...
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- Un correspondant du journal Motor Vehicle Review lui donne des renseignements édifiants sur les dépenses qu’entraîne pour lui l’usage d’une automobile à essence, en se plaçant au point de vue des prix américains. Il a pu constater que pour un parcours total de 789 milles (de 1609 m.) il a dépensé 5 dollars 4/10, et le dollar est de moins de 5,20 fr. Et encore il s’agit pour lui de circuler dans les rues de Chicago, qui sont particulièrement mal pavées.
- La musique se met de la partie et la publication Automobile Topic vient de publier une romance intitulée « l’Automobile » dont la musique est de M. Villanis et les paroles de Mmc de Kanapa. On y plaint les pauvres chevaux et on y chante les gloires du sport.
- TRIBUNAUX
- Le tribunal de simple police de Paris a condamné récemment M. Henri de Rothschild comme civilement responsable de son chauffeur Egeldinger, qui avait encouru une peine de 8 francs d’amende pour excès de vitesse.
- BOITE AUX LETTRES
- Notre collaborateur L. Baudry de Saunier, nous adresse la lettre suivante :
- Le 18 novembre 1900.
- Mon cher ami,
- le me suis plaint, dans le dernier numéro de la Locomotion automobile, de ce que personne nebougeait devant les tracasseries tout à fait inutiles du maire de Lyon, M. Augagneur, vis-à-vis des automobiles.
- M. Ballif, le président du T. C. F., me fait aujourd’hui remarquer, avec raison, qu’il a « bougé » et plusieurs fois bougé pour essayer de combattre l’arrêté en question; que, sur sa demande, M. Pierre Baudin a téléphoné à M. Augagneur et que celui-ci a affirmé au ministre que la plus grande modération serait apportée, surtout en ce qui concerne les étrangers, dans l’application de cet arrêté.
- Sans vouloir apprécier ce que vaut cette promesse, puisque le régime des condamnés à la surveillance de la haute police continue à sévir sur les automobiles qui circulent à Lyon, je tiens à signaler à vos lecteurs les démarches réitérées de M. Ballif. J’avoue qu’il a déjà rendu tant de services à la cause du tou-
- risme sous toutes ses formes, que je m’étonnais de ne pas le voir en cette affaire. Il y est. Je l’en félicite et l’en remercie.
- Votre bien dévoué,
- L. BAUDnY de Saunier.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — On est en train, sur le réseau des chemins de fer de la Méditerranée, entre Milan et Varèse, de soumettre à des essais les voitures automotrices électriques qui devront prochainement assurer le service régulier entre ces deux villes. Les voitures ont 17 mètres et peuvent prendre 100 personnes; elles sont munies de k moteurs de 150 chevaux chacune; elles semblent donner toute satisfaction.
- — M. G. W. Gesner, de New-York, vient de faire breveter un alliage de fer et d’hydrogène. La préparation consiste à chauffer, en présence d’hydrogène libre, du fer présentant une surface aussi grande que possible. Quand l’absorlion par le fer est jugée suffisante, en tant qu’alliage, ce qui est affaire d’expérience, on arrête l’opération et le fer est de nouveau fondu.
- — Les chronomètres jouent un rôle suffisamment important dans notre sport pour que nous mentionnions la décision que vient de prendre à leur sujet le Congrès chronométrique qui vient de se tenir à Paris. Jusqu’à présent le qualificatif : « chronomètre » était employé un peu au hasard. A l’avenir une montre ne sera livrée au public sous la dénomination de chronomètre que si elle est accompagnée de son certificat d’observatoire officiel. Deux catégories sont reconnues. La première classe d’épreuves, et la seconde : c’est-à-dire les deux classes comportant les épreuves obliga-gatoires de températures. Le fait par le fabricant ou le marchand d’annoncer et de vendre au public, sous le titre de chronomètre de poche, une montre non munie de son certificat d’observatoipe de l’Etat, sera considéré comme un acte de mauvaise foi et de concurrence déloyale. Il est reconnu cependant que la construction de la pièce au point de vue de l’échappement et du spiralage reste livrée à l’initiative du constructeur. Néanmoins, pour la montre de poche, l’échappement à ancre est certainement le plus solide et le plus pratique, ce qui du reste est confirmé par le règlement officiel de la marine de chaque Etat, qui impose ce genre d’échappemeat pour toutes les pièces de concours pour la fourniture des chronomètres de poche appelés « torpilleurs ». L’Exposition de 1900 a donné l’occasion de constater que la France, la Suisse, l’Angleterre et l’Allemagne produisent des pièces chronomètres sensiblement de même valeur au point de vue des résultats et que de très grands progrès ont été réalisés depuis dix ans dans l’horlogerie scientifique.
- — Pour souder l’aluminium, chose qui est toujours délicate, M. F George, de Laecken, en Belgique, conseille de chauffer jusque vers le rouge sombre les objets à souder et de les tremper dans un bain composé d’une partie de sel marin et de deux parties d’essence de térébenthine ou d’un autre hydrocarbure. On saupoudre légèrement les surfaces à rapprocher avec du borax, et on soude à l’aluminium ou à l’aide d’une soudure en aluminium.
- Le Directeur-Gérant : VU1LLEMOT.
- PARIS. — I» DE SOYE ET FILS, IMPR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQOE».
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- Le Numéro : centimes
- Septième Année. — N° 48.
- 29 Novembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE J
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
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- et à la Librairie VTe DUNOD, quai des Grands-Augustins, k0, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, D IRECTEUR
- SOMMAIRE DU N» 48.
- Encore le Marasme, Gérard Lavergne. — Echos. — La voiture légère Darracq. — Le rodage des soupapes. A. Oulion. — A propos de l’alcool industriel. — Courses. — Expositions et concours. — A travers la pressp. — Tribunaux. — Boite aux lettres. — Bibliographie. — Courrier industriel.
- ENCORE LE MARASME
- Parlons-en, puisqu’aussi bien il est à l’ordre du jour et que la Locomofion Automobile, par la plume d'un constructeur fort judicieux, a ouvert la discussion. Mais parlons-en sans le prendre trop au tragique.
- Nous croyons, en effet, qu’on en exagère la gravité, principalement sous l’influence des déceptions, auxquelles a donné lieu cette date fatidique de 1900.
- Beaucoup de ces désillusions sont la contre-partie des espérances, qui avaient assez inconsidérément surgi dans l’esprit de certains. Qui n’a entendu dire et répéter qu’il fallait attendre, pour acheter une automobile, l’Exposition de 1900 et les révélations qu’elle ne manquerait pas de nous faire? Vous aviez beau observer à ces chauffeurs à terme qu’il était peu probable qu’un constructeur gardât sous cloche une voiture parfaite, que son intérêt lui commandait de faire connaître tout de suite.
- Ils ne vous croyaient pas et pour un peu vous auraient pris en pitié. Les constructeurs eux-mêmes, qui, avec leurs airs mystérieux, ont entretenu ces espérances, ont fini par s’y laisser prendre et se sont ber-
- cés d’étranges illusions. L'échéance tant escomptée est armée et n’a pas tenu les promesses qu’on lui avait trop généreusement prêtées.
- Puis l'incurie administrative s’en est mêlée et, par ce fâcheux .fractionnement de l’exposition automobile, nous a conduits au misérable avortement que vous savez ! Notre industrie a perdu là une occasion unique de montrer aux étrangers accourus de tous les points du globe ce qu'elle avait déjà fait.
- C’est assurément regrettable, mais il ne faut pas, parce que l'Exposition n’a pas tenu ce qu’elle avait pu promettre, crier au désastre. Et parce que certaines maisons, au lieu de ne livrer qu’à un an peuvent servir leurs clients au bout de quelques mois, parce que certains spéculateurs, au lieu de revendre avec prime les voitures depuis longtemps commandées, ont des laissés pour compte, on n’a pas le droit de dire que tout est perdu. En vérité, vous dis-je, on exagère le mal.
- Nous ne nierons pourtant pas qu’il n’y ait crise. Nous la reconnaissons si bien que nous croyons lui voir deux causes, que nous n’avons pas la prétention d’avoir découvertes, mais que nous demandons aux chauffeurs la permission de leur dire, au risque de froisser quelques susceptibilités.
- L’automobile effraie le public.
- L’automobile cofitc trop cher.
- Il faut bien avouer, en effet, que le chauffeur comprend mal la discrétion que lui impose son rang de dernier venu sur la voie publique. Au lieu de se faire par-donner par sa prudence, sa modestie, sa courtoisie même, le (rouble incontestable (fu'il amène dans la circulation, et— pourquoi ne pas le dire? — la jalousie qu’il suscite, il se pose trop souvent en roi superbe de la route. Au lieu d’habituer peu à peu le public à son voisinage, il
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- ne semble prendre à tâche que de bétonner, et, en tout cas, commence par l’effrayer.
- Et je ne parle pas seulement du chauffard, pour lequel nous ne saurions avoir trop de sévérité, mais aussi du chauffeur sérieux, prudent même, malgré ses allures qui paraissent trop rapides au profane, mais qui se refuse à comprendre que les autres usagers de la voie publique ne sont pas habitués comme lui aux nouvelles voitures, et, n’en connaissant pas la souplesse, la sécurité, ont besoin de faire leur éducation automobile : or à qui, je vous le demande, incombe cette éducation, sinon à ceux qui sont déjà initiés?
- Ceux-là même, qui n’occasionnent pas d’accident à autrui et ne sont que leurs propres victimes, desservent aussi à leur façon la cause automobile. Tout chauffeur qui se tue lui fait un mal énorme, parce que le public ne distingue pas entre les dangers que fait volontairement courir une course folle et la grande sécurité qu’offre aux allures modérées un véhicule, affranchi comme le nôtre des lubies d’un animal aussi stupide que le cheval.
- Mais le plus gros écueil auquel se heurte le développement de l’automobile est encore son prix excessif. Il faut bien reconnaître que, dans le service journalier d’une famille, une automobile ne remplace pas, pour les petites courses de beaucoup les plus fréquentes dans les villes, une voiture attelée ; je n’en veux d’autre preuve que le petit nombre de chauffeurs qui liquident leur écurie. L’automobile vient donc grever de tout son poids le budget familial; et de quel poids, grand Dieu ! Une voiture, où puisse prendre place toute la famille, capable de la remorquer en pays accidenté, doit avoir un moteur de 8 ou 9 chevaux et ne coûte pas moins de 12 ou 14 mille francs. Ajoutez à cela le prix de ses consommations, de son entretien, de ses réparations, — de celles-ci surtout que les constructeurs semblent prendre plaisir à rendre ruineuses pour leurs clients — et vous arrivez à un total effrayant ! Le nombre est limité de ceux qui le peuvent supporter.
- Si le mal vient des deux causes que nous signalons, les remèdes sont faciles à indiquer.
- Nous effrayons bêtes et gens ; efforçons-nous de les rassurer. Modérons notre vitesse aux endroits voulus, surtout dans la traversée des localités grandes ou petites. Oublions que nous sommes assurés. Témoignons à ceux que nous rencon-
- trons, pour ne pas épouvanter leurs chevaux, une bonne volonté, dont ils ne font pas toujours preuve à notre endroit. Et surtout sachons nous arrêter pour secourir quiconque est, sous nos yeux, sans notre faute, la victime d’un accident même léger.
- Modérons notre engouement pour ces courses, qui nous transforment sur les routes en projectiles menaçants. Nous ne médirons pas d’elles, qui ont montré ce dont nous étions capables. Elles ont prouvé que nous pouvions faire sur route du 80; c’est superbe..., et suffisant. Ne cherchons pas à démontrer qu’on peut y faire du 120, à un moment où un accident terrible met sur le tapis la question de savoir, si pour réaliser cette vitesse sur une voie ferrée, il ne serait pas prudent d’en mieux assurer l’assiette. Si on juge une course de vitesse indispensable pour mesurer les progrès accomplis, qu’on en fasse,une, tous les deux ans, par exemple, en prenant des précautions minutieuses pour les accidents, au moins aux tiers, ou qu’on construise un automobilodrome.
- La suppression des courses affranchira les constructeurs du lourd tribut qu’ils leur paient, et leur permettra de s’atteler à la besogne véritable, la réalisation économique d’une bonne voiture de tourisme et la fabrication par séries, qui est, croyons-nous, l’unique solution de la question, celle qui, si nous n’y prenons garde, nous sera ravie par l’étranger.
- Attachons-nous à l’étude des transports automobiles en commun. Le développement des autres transports de ce genre, surtout des tramways électriques, a singulièrement réduit le nombre des voitures privées. Faisons profiter l’automobile, qui n’a pas de voie fixe à établir, de ces nouvelles habitudes que la dépression du taux de l’intérêt et la diminution des fortunes particulières ne feront que développer touj o urs davantage.
- Encourageons l’emploi de l’alcool. Les résultats du critérium sont très probants, et le jour où nous ouvrirons un débouché à un produit national nous aurons pour nous les agriculteurs, qui sont légion et qui, s’ils savent faire entendre leurs doléances, savent aussi soutenir leurs clients.
- Les remèdes au mal dont nous souffrons sont entre nos mains. Ayons la sagesse de les appliquer.
- (lé II A RD LaVERGNE.
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- ne semble prendre à tâche que de l’étonner, et, en tout cas, commence par l'effrayer-.
- Et je ne parle pas seulement du chauffard, pour lequel nous ne saurions avoir trop de sévérité, mais aussi du chauffeur sérieux, prudent même, malgré ses allures qui paraissent trop rapides au profane, mais qui se refuse à comprendre que les autres usagers de la voie publique ne sont pas habitués comme lui aux nouvelles voitures, et, n’en connaissant pas la souplesse, la sécurité, ont besoin de faire leur éducation automobile : or à qui, je vous le demande, incombe cette éducation, sinon à ceux qui sont déjà initiés?
- Ceux-là même, qui n’occasionnent pas d’accident à autrui et ne sont que leurs propres victimes, desservent aussi à leur façon la cause automobile. Tout chauffeur qui se tue lui fait un mal énorme, parce que le public ne distingue pas entre les dangers que fait volontairement courir une course folle et la grande sécurité qu’offre aux allures modérées un véhicule, affranchi comme le nôtre des lubies d’un animal aussi stupide que le cheval.
- Mais le plus gros écueil auquel se heurte le développement de l’automobile est encore son prix excessif. 11 faut bien reconnaître que, dans le service journalier d’une famille, une automobile ne remplace pas, pour les petites courses de beaucoup les plus fréquentes dans les villes, une voiture attelée ; je n’en veux d’autre preuve que le petit nombre de chauffeurs qui liquident leur écurie. L’automobile vient donc grever de tout son poids le budget familial; et de quel poids, grand Dieu ! Une voiture, où puisse prendre place toute la famille, capable de la remorquer en pays accidenté, doit avoir un moteur de 8 ou 9 chevaux et ne coûte pas moins de 12 ou 14 mille francs. Ajoutez à cela le prix de ses consommations, de son entretien, de ses réparations, — de celles-ci surtout que les constructeurs semblent prendre plaisir à rendre ruineuses pour leurs clients — et vous arrivez à un total effrayant ! Le nombre est limité de ceux qui le peuvent supporter.
- Si le mal vient des deux causes que nous signalons, les remèdes sont faciles à indiquer.
- Nous effrayons bêtes et gens ; efforçons-nous de les rassurer. Modérons notre vitesse aux endroits voulus, surtout dans la traversée des localités grandes ou petites. Oublions que nous sommes assurés. Témoignons à ceux que nous rencon-
- trons, pour ne pas épouvanter leurs chevaux, une bonne volonté, dont ils ne font pas toujours preuve à notre endroit. Et surtout sachons nous arrêter pour secourir quiconque est, sous nos yeux, sans notre faute, La victime d’un accident même léger.
- Modérons notre engouement pour ces courses, qui nous transforment sur les routes en projectiles menaçants. Nous ne médirons pas d’elles, qui ont montré ce dont nous étions capables. Elles ont-prouvé que nous pouvions faire sur route du 80; c’est superbe..., et suffisant. Ne cherchons pas à démontrer qu’on peut y faire du 120, à un moment où un accident terrible met sur le tapis la question de savoir, si pour réaliser cette vitesse sur une voie ferrée, il ne serait pas prudent d’en mieux assurer l’assiette. Si on juge une course de vitesse indispensable pour mesurer les progrès accomplis, qu’on en fasse,une, tous les deux ans, par exemple, en prenant des précautions minutieuses pour les accidents, au moins aux tiers, ou qu’on construise un automobilodrome.
- La suppression des courses affranchira les constructeurs du lourd tribut qu’ils leur paient, et leur permettra de s’atteler à la besogne véritable, la réalisation économique d’une bonne voiture de tourisme et la fabrication par séries, qui est, croyons-nous, l’unique solution de la question, celle qui, si nous n’y prenons garde, nous sera ravie par l’étranger.
- Attachons-nous à l’étude des transports automobiles en commun. Le développement des autres transports de ce genre, surtout des tramways électriques, a singulièrement réduit le nombre des voitures privées. Faisons profiter l’automobile, qui n’a pas de voie fixe à établir, de ces nouvelles habitudes que la dépression du taux de l’intérêt et la diminution des fortunes particulières ne feront que développer toujours davantage.
- Encourageons l’emploi de l’alcool. Les résultats du critérium sont très probants, et le jour où nous ouvrirons im débouché à un produit national nous aurons pour nous les agriculteurs, qui sont légion et qui, s’ils savent faire entendre leurs doléances, savent aussi soutenir leurs clients.
- Les remèdes au mal dont nous souffrons sont entre nos mains. Ayons la sagesse de les appliquer.
- Gérard Lavergne.
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- ÉCHOS
- Nous prévenons nos lecteurs dont l’abonnement expire fin décembre 1900 qu’ils peuvent le renouveler dès maintenant sans frais dans tous les bureaux de poste.
- Nous rappelons à nos collègues du Touring-Club que leur renouvellement (France, un an, 13 fr. 50; Etranger, 18 fr. 50) doit être adressée à nos bureaux, 4, rue Ghauveau-Lagarde, Paris, pour ne pas compliquer le service de notre association.
- Adresser un mandat au nom de M. Raoul Vuillemot, directeur de la Locomotion Automobile. — Le talon servira de reçu.
- Nous prions ceux de nos abonnés qui auraient l’intention de ne pas renouveler leur abonnement de nous prévenir avant le 15 décembre. Passé cette date, la quittance pour 1901 sera mise en recouvrement postal sans frais.
- * *
- L’Automobile-Club de France donnera, le 20 décembre prochain, une grande fête à l’occasion des nominations dans la Légion d’honneur de quatre-vingts de ses membres.
- A cette fête ne seront admis que les membres du cercle et les dames ayant avec eux le degré de parenté devenu célèbre par la formule : « Filles, femmes, sœurs ».
- *
- L’Automobile-Club de France vient de publier le rapport officiel du concours d’accumulateurs de l’année dernière. Notre collaborateur Hospitalier, rapporteur primitivement choisi, absorbé par ses fonctions de rapporteur du jury de la classe 23, groupe V, de l’Exposition universelle de 1900, n’a pas eu le temps de mener à bonne fin ce travail, et il a été remplacé par notre confrère A. Bainville, dont le travail est, du reste, très intéressant et très bien fait.
- *
- La Commission de tourisme de l’Automobile-Club de France a fixé définitivement le programme de l’excursion en Tunisie :
- Départ de Marseille, par un des paquebots de la Compagnie Franco-Tvnisienne, le 22 février.
- 24 février. — Arrivée à Tunis. Débarquement des voitures-
- 25. — Visite de Tunis. Mise au point des voitures.
- 26. — Environs de Tunis : Le Bardo, La Goulette, La Marsa, Carthage.
- 28. — Tunis à Zaghouan (45 kil.). Déjeuner au Nym-pliœum. Ruines de l’Aqueduc d’Hadrien. Retour à Tunis.
- 21. — Tunis à Kairouan (190 kil.). Déjeuner à Sousse. /«• mars. — Kairouan. La ville. Les mosquées.
- 2. — Kairouan. Sfax. Déjeuner dans l’amphithéâtre d’El-Djem (170 kil.).
- 3. — Sfax et les environs. Promenade dans la forêt d’oliviers.
- _____ nivuiu, U11C1111U, CIC.
- 6-7. — Excursion au pays des Troglodytes (Matmata). Coucher au bordj. Retour à Gabès.
- 8. — Gabès.
- 9. — Gabès-Tunis (405 kil., organisé en course l'o catégorie).
- Gabès-Sfax (pour les autres membres de la caravane, 135 kil.).
- 10. — Sfax à Sousse (125 kil.).
- 11. — Sousse à Tunis (145 kil.).
- 12. — Tunis. Repos. Exposition des voitures, réceptions, etc.
- 13-14. — Tunis à Bizerte (55 kil.). Chasse aux buffles duDjebel-Ackel. Lac de Bizerte. Retour à Tunis.
- 16. — Tunis. Embarquement des voitures.
- 16. — Départ pour Marseille.
- Le logement, les garages, le ravitaillement d’huile et d’essence sont déjà complètement organisés.
- Les chauffeurs qui voudront compléter l’excursion par la visite des ruines de Thugga et des forêts de la Kroumirie, et pénétrer en Algérie, auront toute facilité pour le faire; toutes les dispositions étant déjà prises pour cette continuation du parcours.
- Les départs des bateaux de la Compagnie Franco-Tunisienne ont lieu de Tunis, chaque semaine, et les chauffeurs jouiront individuellement des conditions obtenues pour la caravane.
- Voiture (au-dessous de 2,000 kil.) Marseille-
- Tunis. ... ................Fr. 50 »
- Passager, Marseille-Tunis...............50 »
- Hôtel (10 fr. par jour, prix du Touring), pour
- quinze jours.........................150 »
- Retour (voiture et passager, mêmes conditions) ....................................100 »
- Embarquement et débarquement de la voiture à la charge du voyageur, en tout, environ. 20 »
- Expédition aux Ma tmatas (voitures ou à cheval). 20 »
- Total............... 390 ».
- Essence à 0 fr. 70 le litre.
- Les places de cabine étant limitées à environ une trentaine sur le paquebot de la Compagnie Franco-Tunisienne, il est urgent de s’inscrire le plus tôt possible pour assurer son passage au tarif accordé aux membres de la caravane.
- Les voitures seront chargées dans les entreponts, aménagés spécialement pour ce genre de transport, et avec toutes les conditions désirables de sécurité.
- Le droit d’inscription est de 100 francs qui seront affectés aux frais de traversée, et les inscriptions seront reçues à l’Automobile-Glub de France, 6, place de la Concorde, à Paris.
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- Notre ami et collaborateur Hospitalier vient d’être frappé par un deuil cruel. Il vient de perdre sa fille. Nous nous faisons l’interprète de nos collaborateurs et de nos lecteurs, en prenant une part profonde au deuil qui l’atteint.
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- L’intéressante association des mécaniciens-conducteurs d’automobiles offre un banquet à
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- ses membres d’honneur, à ses membres honoraires et à la presse, le 1er décembre prochain, à 8 heures du soir, dans les salons Noireau, 80, avenue de la Grande-Armée.
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- Le docteur Yersin, de l’Institut Pasteur, bien connu par ses beaux travaux sur le bacille de la peste, est un chauffeur pratiquant.
- Il vient de commander à Serpollet, pour les emmener en Indo-Chine, une voiture à vapeur de 5 chevaux et un canot à vapeur.
- Après les rois ce sont les princes... de la science qui se mettent à faire de l’automobile.
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- Le banquet donné, dimanche, par l’Automo-bile-Club grenoblois, à Voiron, a pleinement réussi. Malgré le mauvais temps de samedi et le mauvais état des routes, soixante convives y ont pris part.
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- L’Automobile-Club du Var organise des fêtes automobiles en janvier, à l’occasion de' l’inauguration de son local. Nombre de chauffeurs niçois participeront et à l’inauguration et aux manifestations sportives.
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- La section sportive du Moto-Club s’est réunie lundi dernier et a décidé l’organisation d’une série d’expériences de vitesse sur la piste-route du parc d’Achères.
- La première journée sera employée à l ’épreuve comparative du kilomètre pour tous genres de véhicules.
- *
- Le Moto-Club de Lyon a donné sa première fête, avec un grand succès, le 21 novembre. Après un charmant concert, on a dansé puis lunché gaiement.
- Dans la nombreuse assistance, nous avons remarqué Mmes Collin, Veyret, Mme etMlle Charpentier, Mmes Bertrand, Georget, Dubost, etc., MM. Collin, le dévoué et sympathique président de la société; Rivât, vice-président ; Archinard, Bertrand, Joannès, Rivât, Berger, Veyret, Georget, Deschaux, Bruniaux, Charpentier, etc.
- On s’est beaucoup amusé.
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- L’assemblée générale de l’Autoniobile-Club de Nice s’est tenue le 24 novembre.
- Le Comité de direction sortant, représenté en entier, a été réélu. Il se compose de MM. J. Gon-doin, président; Paul Ghaucliard et Ernest Bardou, vice-présidents; Ferdinand Crossa, trésorier; Pierre Clérissy, secrétaire.
- MM. Horace Huet, J. Duditlieu, Edouard Siegfried, comte de Courcelles, Just Fernandez, L. Desjoyeaux et Jean Nicot de Villemain ont été élus membres du Comité.
- Un dîner intime a réuni ensuite les membres du Club.
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- Sur la proposition de M. Albert Gautier, le bureau de l’Automobile-Club de Nice vient d’ouvrir une souscription dont la quotité personnelle est fixée à 1 franc, destinée à la pose, sur l’emplacement où s’est produit, l’an dernier, le terrible accident de la course Nice-la-Turbie, d’une plaque commémorative portant cette simple inscription : A notre camarade Bauer, 30 mars 1900.
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- Le roi des Belges parcourt maintenant tous les jours les rues de Bruxelles à des vitesses qui montrent bien que, depuis qu’il est devenu chauffeur, il comprend qu’il est absurde de vouloir imposer aux automobiles l’allure d’un cheval au petit trot.
- La rue des Palais, d’une pente cependant assez raide, est gravie à vive allure, par le souverain. Le trajet de Laeken au palais de Bruxelles est franchi en 8 minutes. L’avenue Louise et les allées du Bois sont parcourues tout aussi vivement.
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- Il vient de se créer à Bruxelles une fédération des chauffeurs-mécaniciens.
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- L’assemblée générale de l’Automobile-Club de Belgique s’est ' tenue le 21 novembre sous la présidence de M. F. van der Straeten-Ponthoz. Une centaine de membres étaients présents, parmi lesquels : MM. de Savoye, baron de Bie-berstein, E. de Wandre, Geelhand de la Bis-trate, d’Aubreby, Paul Hamoir, Pli. de Burlet, Grégoire, baron P. de Grawhez, Gloset, comte van den Steen de Jehay, van Iloobroeck, E. Hanssens, comte F. de Yillegas de Saint-Pierre, Mulders de Bajenrieux, L. Ilautvast, comte A. yan der Burch, J.-P. Fontaine, Ruys-Orban, vicomte Adrien Vilain XIV, les frères Madoux, Antoine, Navant, commandant Peltzer, etc., etc.
- M. J. de Ilemptinne, président de l’Auto-mobile-Club des Deux-Flandres, s’était fait excuser.
- La démission de l’Automobile-Club liégeois a été acceptée en comité. M. Nagant, de Liège, interpellera à ce sujet à la prochaine assemblée.
- M. Ruys Orban a rendu compta des démarches qu’il a faites avec M. d’Aubreby conjointement avec M. Mettervie, président, pour l’ameliuva-tion des routes.
- M. J.-P. Fontaine a lu son rapport sur la question douanière.
- M. Ilautvast a passé en revue, dans son rapport sur la question sportive, les principaux faits de l’année, en constatant les progrès de l’industrie belge.
- Le Tour de Belgique, dont M. Léon Glosset est l’auteur, a été approuvé. Une Commission
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- spéciale sera nomnlée en vue d’élaborer le programme définitif. Les délégués des clubs affilies, M. de la Charlerie et quelques constructeurs liégeois ont offert leur concours pour organiser cette grande épreuve.
- Après avoir rendu hommage aux diverses Commissions de tourisme, sportive, du contentieux, dont le zèle et le dévouement sont remarquables, M. le comte van der Straeten-Ponthoz a levé la séance à six heures. Les membres se sont ensuite réunis en un banquet intime. Une conférence sur l’aéronautique a terminé la journée.
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- L'Auto-Vélo annonce qu’un ingénieur de Bas-Oha, près de Huy (Belgique), livrera prochainement à la construction un moteur à détente complète, qui ramène les gaz à la pression atmosphérique avant de les évacuer. Il en résulterait une économie de 20 à 25 0/0 sur tous les autres systèmes.
- Le nouveau moteur peut marcher au pétrole lampant, sans carburateur spécial et sans piles, bobines, dynamos, bien qu’avec allumage électrique et s’appliquant à tout genre de véhicules.
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- Notre correspondant de Lisbonne nous annonce que le duc d’Oporto, frère du roi de Portugal, a reçu dernièrement une 6 chevaux, 4 places, Pan-hard, qu’il avait commandée lors de son dernier voyage à Paris. De même, M. Grandelle, un gros commerçant de Lisbonne, vient de faire venir une voiturette de Dion. Enfin, M. D. Yasco de Siqueira a reçu samedi dernier une voiturette de Dion, et, après avoir procédé au déballage de sa voiture, a aussitôt entrepris un voyage de 70 kilomètres dans des routes inimaginables et des côtes oscillant entre 10 et 16 0/0; le voyage s’est très bien passé, malgré l’état des routes, les montagnes à traverser ; parti à 3 heures de Lisbonne, il était à Torres Yedras à 7 heures du soir, retardé surtout par la nuit et par le danger qu’il y aurait eu à presser l’allure dans de véritables sentiers bordés de ravins de 30 et quelquefois 50 mètres de profondeur.
- L’automobile fait décidément de grands progrès dans ce pays où il y a un an elle était encore inconnue. — A. B.
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- La G-rosse Berliner Motorwagen-Gesellschaft a augmenté son capital primitif de 62,500 francs pour entreprendre une active fabrication de la voiturette système de Dion et Bouton.
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- L’Automobile-Club-Ouest allemand, dans sa dernière séance, a appelé aux fonctions de secrétaire M. Julien Wallach qui avait déjà occupé ce poste depuis la fondation du Club jusqu’au commencement de cette année, mais qu’il avait dû abandonner lorsqu’il avait transporté son domi-
- cile à Mannheim. Etant actuellement entré dans la « Aachener Stahhvarenfabrik », il a repris ses anciennes fonctions au Club.
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- Le professeur Nernst de Gcetingen courut, il y a quelques jours, un grand danger. Il faisait une excursion sur une automobile à essence dont le mécanisme ne fonctionnait pas régulièrement. Pour découvrir la caüse de cette défectuosité, il se mit en mesure de descendre. Mais à peine se fut-il penché vers les roues que le réservoir à essence fit explosion; l’automobile prit feu et fut entièrement consumée.
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- La princesse von Pless auf Fürtenstein accompagnée de sa dame de compagnie et de deux membres de l’aristocratie anglaise, faisaient une promenade en automobile dans les environs de Lchweidnitz. Us descendaient à une allure vive la côte d’Obesbœgendorfer. A un tournant de la chaussée, pour éviter soudainement la rencontre d’un autre véhicule, il fallut donner un coup de barre très court. En raison de ce mouvement rapide de déviation, l’automobile chavira et les voyageurs furent projetés sur la route ; la princesse en fut quitte pour la peur, tandis que sa dame de compagnie fut grièvement blessée; les deux hommes aussi reçurent des blessures.
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- Sous le nom « d’Automobile-Club d’Alsace-Lorraine » on sait qu’une association s’est formée à Strasbourg, qui offrira aux adeptes du sport automobile un centre de ralliement et un moyen de propager l’usage de l’automobile. La jeune union vient d’obtenir la confirmation officielle et son assemblée générale se tiendra désormais dans le lieu dit « in Bæckerhiesel ».
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- L’industrie automobile commence à se développer peu à peu en Autriche. Une nouvelle fabrique d’électromobiies appartenant à une société en commandite se fonde. Dans ce but, l’installation de l’ancienne fabrique d’accumulateurs de Baumgarten a été achetée.
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- L’Automobile-Club de Grande-Bretagne va adjoindre un garage au Cercle.
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- La cinquième session de la fameuse Liverpool Self propelled Association, se tiendra le 3 décembre à la Royal Institution. On y entendra une conférence de M. Forestier sur l’emploi des poids lourds en France, conférence accompagnée de projections ordinaires et cinématographiques.
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- La « Voiture légère Darracg ».
- La nouvelle « voiture légère Darracq » fait beaucoup parler d’elle en ce moment. Elle présente certaines particularités intéressantes.
- Tout d’abord ses organes sont divisés en cinq groupes bien distincts, ayant chacun des rôles nettement définis, tels que : 1° direction; 2° moteur, allumage et pompe; 3° radiateur; 4° changements de vitesse et freins; 5° différentiel et essieu d’arrière. Chacun de ces groupes peut, en cas de réparation urgente, être détaché de la voiture par le simple desserrage de quatre boulons,
- sans que l’on soit obligé de démonter les pièces d’un groupe quelconque d’organes voisins.
- Le châssis, rectangulaire en tuhes d’acier, repose sur les essieux par l’intermédiaire de ressorts à rouleaux. A l’avant, se trouvent groupés le moteur, le radiateur, les réservoirs, etc. La largeur de voie et le grand écartement entre les essieux nettement supérieur à celui des voi-turettes actuellement en usage, joints à la disposition en-dessous du châssis et de tous les organes lourds, en font un véhicule très stable.
- Le moteur Perfecta, vertical, d’une force de 6 chevaux 1/2, est à allumage électrique et à circulation d’eau. Son volant extérieur au moteur, mais intérieur au châssis, vient coiffer l'em-
- brayage à friction au centre du bâti, et prend sa place entre le moteur même et le changement de vitesse qu’il commande à brève portée.
- La pompe de circulation d’eau fait partie intégrante du moteur, dans le carter duquel elle est enfermée.
- Le carburateur fixé au moteur est du type à pulvérisation. Sa disposition lui permet de fonctionner également bien soit avec l’essence de pétrole, soit avec l’alcool carburé.
- Le groupe, composé du moteur, de la pompe, du carburateur et de l’allumage, forme un tout compact que l’on peut détacher du châssis en enlevant simplement quatre boulons.
- Sous le rapport de la force et de la vitesse, ce moteur Perfecta est d’une élasticité remarquable; on peut faire varier sa vitesse de 100 à 2000 tours et, grâce à l’admission variable des gaz carburés dans le cylindre, lui faire rendre de 1/4 de cheval à 6 chevaux 1/2.
- Ce réglage en force du moteur est une des caractéristiques les plus intéressantes de cette nouvelle voiture légère. Il s’obtient au moyen d’un dispositif spécial commandé par une manette placée sous la main du conducteur, dispositif ayant pour objet de limiter la course de la soupape d’aspiration. Grâce à lui, il est aisé de permettre à cette dernière de se soulever depuis 1/10 de millimètre jusqu’à 4 millimètres, et de graduer ainsi la force du moteur avec une élasticité que rien ne saurait égaler. D’autre part, la consommation d’essence se trouve réduite au minimum à l’arrêt, dans les descentes ou lorsqu’on veut marcher lentement en palier, sans utiliser toute la puissance que le moteur peut développer.
- Le radiateur à ailettes est placé à l’avant du châssis, à proximité du moteur et du réservoir, pour obtenir la suppression d’une longue tuyauterie généralement vouée à une rupture certaine
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- par les trépidations et, les déformations inhé- Le réservoir d'eau contient 12 litres, quantité rentes à tous les appareils automobiles. plus que suffisante pour une journée entière.
- Fie/. 2. — La « Voiture légère Darracq », type Spider
- De même que le moteur, le radiateur peut être que les quatre boulons qui l’y rattachent seuls, détaché du châssis, sans déplacer d’autres pièces Le changement de vitesse comporte un nou-
- veau groupe de pièces renfermées dans un carter II est placé, comme nous l’avons indiqué précé d’acier, étanche et rempli de graisse consistante. dominent, immédiatement a la suite de 1 em
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- brayage à friction et, comme le moteur et le radiateur, quatre boulons aisément détachables le retienuent seuls au châssis duquel il est par suite possible de l’isoler en quelques instants.
- Ce mouvement est composé de deux arbres tournant sur des paliers à billes. L’un de ces arbres, relié au cône d’embrayage, porte trois engrenages fixes, tandis que l’autre relié au
- Fir/. — Châssis de la « Voilure léf/ère Darracq », vu en élévation.
- différentiel est carré et laisse coulisser sur lui un train de trois engrenages qui viennent successivement en prise avec les trois montées sur l’arbre fixe.
- La manœuvre du changement de vitesse s’effectue à l’aide d’un levier placé sous le volant de direction a portée de la main droite du conducteur.
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- Châssis de la « Voiture légère Darracq «, vu en plan.
- La marche arrière est obtenue par l’interposition, entre les engrenages de la première vitesse, d’un engrenage intermédiaire commandé par un levier spécial placé à la droite du châssis sous la main du conducteur.
- Les trois vitesses que l’on peut obtenir, selon que le moteur marche entre 1500 et 1800 tours, sont les suivantes :
- Première vitesse et marche arrière, 15 à 20 kilomètres à l’heure.
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- * Deuxième vitesse et marché arrière, 25 à30 kilomètres à l’heure.
- Troisième vitesse et marche arrière, 45 à 50 kilomètres à l’heure.
- En outre, en utilisant l’avance à l’allumage, et
- en bénéficiant de l’admission variable, il est aisé de réduire considérablement le nombre de tours du moteur, et, comme suite, d’obtenir pratiquement toutes les vitesses désirables entre 4 kilomètres et 50 kilomètres à l’heure.
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- T Piles
- Voiture légère Darracq. — Schéma d'allumage.
- Le mouvement est transmis directement au différentiel que supporte l’essieu' arrière, par un arbre à joints de cardan spéciaux brevetés, dont le dispositif ingénieusement simple rend l’usure de cet organe inappréciable.
- L’essieu arrière est tournant, actionné qu’il est par la grande roue d’angle en acier du différentiel et il entraîne lui-même les roues motrices de la voiture. Il tourne dans un tube d’acier faisant corps avec le carter de même métal qui renferme
- Voiture légère Darracq. — Le différentiel.
- le différentiel. La grande roue d’angle y est commandée par l’arbre des cardans dont l’extrémité porte un pignon en acier trempé. La poussée sur la grande roue d’angle, inévitable dans ces genres de transmission, est ici supportée par une
- butée à billes brevetée qui annule tout frottement, tous les roulements sans exception sont également à billes.
- La direction à volant est excessivement douce, et peu sensible aux chocs résultant des inéga-
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- lités de la route, grâce à un dispositif spécial des bielles de commande.
- Sous le volant de direction, se trouve un secteur portant le levier de changement de vitesse et les manettes de carburation, d’avance à l’allumage et d’admission variable.
- Au bas du tube de direction, et bien à portée
- Voilure légère Darracq. — Le Frein.
- des~pieds du conducteur se trouvent deux pédales : celle de gauche débraye le moteur, celle de droite fait agir un frein à double sabot métallique placé sur la transmission du pignon de commande, elle débraye préalablement le moteur.
- Ce frein central, excessivement puissant, est entièrement métallique, il n'est en effet garni d’aucune matière plastique susceptible de détérioration et, par ce fait, il est rigoureusement inusable. Point important : il agit aussi énergiquement en avant qu’en arrière.
- Un levier placé à la droite de la direction commande un deuxième frein à double enroulement agissa nt énergiquement sur l’essieu arrière,
- Changement de vitesse de la, « Voilure légère Darracq. »
- et permettant, comme le frein à pédale, un arrêt pour ainsi dire instantané. Ce deuxième frein débraye également le moteur.
- Le réservoir à essence placé devant le conducteur contient 15 litres, quantité suffisante pour effectuer un parcours d’au moins 200 kilomètres.
- A droite du réservoir d’essence se trouve le réservoir d’huile muni d’une pompe à portée du conducteur qui doit en faire usage tous les 20 à 25 kilomètres, pour envoyer dans le moteur la
- quantité d’huile nécessaire à son hon fonctionnement.
- Le moteur est du reste le seul organe comportant un graisseur, puisque tous les frottements sont montés sur billes, et évoluent dans la graisse consistante.
- Le poids de la voiture varie de 350 à 400 kilos suivant le type de carrosserie qui lui est appliqué, type qui peut au choix de l’acheteur comporter 2, 3 ou 4 places.
- Ajoutons que les bandages pneumatiques du type renforcé ont les dimensions suivantes : à
- Voiture légère Darracq. — Le moteur.
- l’avant 650 X 65, à l’arrière 750 X 80, et nous aurons décrit aussi brièvement que possible cet intéressant modèle de voiture légère dont la fabrication en série est déjà commencée.
- LE RODAGE DES SOUPAPES
- Ainsi que je le disais dans une note précédente parue à cette revue, les soupapes d’échappement des moteurs à ailettes dont la force dépasse 2 chevaux se piquent très rapidement, surtout si la tête est en acier. La compression du moteur disparaît et le rodage s’impose.
- J’attache à ce travail pourtant si facile une telle importance, que je ne crains pas d’entrer dans certains détails qui paraîtront futiles aux personnes envisageant la question superficiellement.
- Tout d’abord avoir soin de bien repérer le clapet à roder. Enlever la goupille, le chapeau et le ressort d’échappement; prendre de la potée d’émeri triple zéro, la délayer avec un peu de pétrole, et non de l’huile, ce dernier corps rendant le rodage plus laborieux et donnant de moins
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- bons résultats. Enduire de potée la partie de la soupape qui porte sur le siège; placer la soupape sur son siège, et, à l’aide d’une lame de tournevis fixée à l’extrémité d’un vilebrequin, tourner dans un sens et dans l’autre, en ayant bien soin de ne pas trop appuyer, surtout au début ; soulever très souvent la soupape avec la main gauche et ne cesser de roder que lorsque la potée ne mord plus. Essuyer le siège ainsi que la soupape ; remettre de la potée et recommencer l’opération jusqu’à ce que les piqûres aient complètement disparu. La surface obtenue doit être alors bien unie, mais non brillante. J’insiste sur ce dernier point.
- Si, pendant le rodage on appuie trop fortement, ainsi que je l’ai vu faire maintes fois, la potée d’émeri au lieu d’agir sur toute la surface est chassée en certains endroits. Une partie du clapet est mise à nu et nous nous trouvons alors en présence de deux parties métalliques frottant l’une contre l’autre. Le siège qui est en fonte résiste, mais l’on voit bientôt apparaître sur la soupape une ligne circulaire brillante qui s’élargit peu à peu, arrive à atteindre 1 millimètre à 1 millimètre et demi pour disparaître ensuite. Une autre partie lui succède peu après, plus haut ou plus bas, qui disparaît également, et d’autant plus vite que la pression est plus forte.
- Les mêmes effets se reproduiront si l’on continue le rodage de cette façon; on s’apercevra même au bout de peu de temps que la tige de la soupape tombe à l’extrémité du taquet qui la soulève. Il faut alors limer cette tige pour lui donner le jeu convenable. Bientôt l’épaisseur de notre soupape aura diminué à un tel point qu’il sera inutile de prolonger plus loin l’opération. La tète du clapet aurait bien des chances de n’ètre plus assez large pour obtenir le passage des gaz pendant la compression.
- A ce sujet, je ne puis m’empêcher de sourire en me rappelant cet aimable chauffeur qui me fit, il y a déjà longtemps, l’amabilité de venir roder mes soupapes. Je le vois encore arc-bouté sur son vilebrequin, faire des efforts désespérés pour arriver à rendre le clapet luisant. De grosses gouttes de sueur coulaient de son front ; et nous n’eûmes pour tout résultat qu’un siège rayé et une tête de clapet inutilisable.
- A. Oulion.
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- A propos le l’aelool industriel
- Nous faisons connaître les principaux points du projet relatif à l’alcool pour les emplois industriels, qui vient d’être présenté au Syndicat de la distillerie agricole, par M. Léon Martin, agriculteur et distillateur, ancien député de l’Oise :
- « Les médecins (et l’opinion publique dans une certaine mesure) tendent à une diminution de la consommation de l’alcool, et d’autre part l’intérêt de l’agriculture française demande l’extension de la distillerie qui seule peut permettre
- partout l’extension de la culture de la betterave.
- Pour satisfaire, à ces deux conditions, le Parlement a tenté de détourner une partie de l’alcool produit sur les emplois industriels et, par une loi, a dégrevé presque complètement de tout impôt l’alcool employé au chauffage et à l’éclairage, à la force motrice, etc. Mais le faible droit qui reste et le prix des dénaturants que la régie exige pour sauvegarder l’impôt sur la consommation relèvent encore le prix de l’alcool d’une façon telle, que l’emploi de celui-ci n’est pas économique et que, pour tous ces emplois, le pétrole lui est préféré.
- Il est à désirer, et on s’en occupe activement, que le prix de la dénaturation soit réduit presque à zéro; mais, lors même que l’administration des contributions indirectes et le gouvernement arriveraient à peu près à ce résultat, l’alcool serait encore trop cher pour concurrencer le pétrole dans la plupart des emplois industriels.
- Tous ceux qui ont étudié cette question savent, en effet, que, pour satisfaire aux dépenses de la culture et de la distillation française, l’alcool ne devrait pas descendre au-dessous de 45 francs l’hectolitre à 90 degrés et, d’autre part, il faut abaisser le prix de l’alcool industriel à 25 francs environ ou même 20 francs pour en développer la consommation industrielle.
- Le seul moyen de résoudre ce problème consiste à diviser l’hectolitre d’alcool brut produit par l’agriculture et la distillation en deux parts, l’une qui sera destinée à la consommation humaine et dont le prix sera relevé, et l’autre à l’emploi industriel et dont le prix s’abaissera proportionnellement,
- Ces deux catégories représentent respectivement environ 70 et 30 0 0 de la consommation totale.
- Il résultera de ce partage dans les usines même que sur 2,400,000 hectolitres produits aujourd’hui et consommés en France, 1,600,000 hectolitres iront à la consommation et 800,000 hectolitres iront directement et forcément à l’industrie.
- M. Léon Martin soumet donc à l’opinion publique et au Parlement la proposition de la loi suivante :
- Article premier. — Tous les alcools, sauf ceux provenant du raisin, des cerises, prunes, poires et pommes sont soumis à la rectification.
- Art. 2. — Dans les usines de rectification un service d’hygiène sera établi qui réservera pour la consommation exclusivement les alcools extra fins de premier jet et dénaturera tous les autres pour les emplois industriels.
- Art. 3. — Quelle que soit la perfection des appareils et les opérations diverses auxquelles il pourrait être soumis, le flegme ou alcool brut ne pourra fournir plus de 75 0 0 d’alcool extra fin pour la consommation humaine. »
- Nous ne savons quel accueil sera fait à ce projet de loi, — en supposant qu’il soit repris et présenté par un sénateur ou par un député, — par la Chambre et le Sénat, mais l’idée était originale et méritait d’être signalée.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- COURSES
- Le concours du Catalogue
- 20 JANVIER 1901
- La daté du concours du Catalogue est définitivement fixée au 20 janvier prochain. En voici le règlement :
- Article premier. — Le concours du « Catalogue » est ouvert a toutes voitures et voiturettes comportant au moins deux places côte à côte, occupées, et action-nées par un moteur mécanique sans le secours de pédales.
- Art. 2. — Le concours se fera sous les règlements de l’Automobile-Club de France.
- Art. 3. Les concurrents seront répartis en cinq catégories.
- Première catégorie : Véhicules d’un prix inférieur tà /i,ooo francs.
- Deuxième catégorie : Véhicules de 4,000 à 8,000 fr.
- Troisième catégorie .•Véhicules de 8,000 à 12,000 fr.
- Quatrième catégorie : Véhicules de 12,000 à 16,000 fr.
- Cinquième catégorie : Véhicules d’un prix supérieur à 16,000 francs.
- Ces prix sont ceux portés aux catalogues des constructeurs (prix du châssis seulement, à l’exclusion de toute carrosserie).
- Art. 4. — Toute demande d’engagement doit être accompagnée du catalogue imprimé donnant toutes les indications concernant le véhicule engagé En outre une Commission spéciale, composée de trois membres, statuera au départ après examen de la voiture, de la conformité de la déclaration. Cela, afin d’éviter toute supercherie.
- Art. 5. — Les départs seront donnés, dans l’ordre où se présenteront les concurrents, entre neuf heures et dix heures du matin, du haut de la côte à la sortie de Melun.
- Les arrivées seront contrôlées au même endroit.
- Le contrôle d'arrivée sera fermé à cinq heures du soir.
- Art. 6. — L’itinéraire est le suivant :
- Route de Melun à Nangis; route de Nangis à Mon-tereau; route de Provins à Fontainebleau; route d’Auxerre à Paris, par Valence, Le Châtelet et Sivry. Ce parcours sera fait deux fois, soit 145 kilomètres au total.
- Art. 7. — Les prix consistent en médailles et diplômes.
- Art. 8. — Le classement se fera, dans chaque catégorie, d’apres cinq facteurs différents qui entreront en ligne de compte :
- 1° Le poids utile transporté;
- 2° La durée du parcours ;
- 3° Le prix de vente du véhicule;
- 4° La consommation;
- 5° La régularité de marche.
- Voici de quelle façon sera fait le classement de ce concours : Il sera tenu compte de la légèreté du châssis, de la durée du parcours, de la régularité de marche et du poids des voyageurs transportés.
- Afin de donner à chacun de ces facteurs l’importance qu’il doit avoir dans le produit total, des coefficients différents leur seront attribués. Ces coefficients seront : pour le prix, 0,10; pour la durée du parcours, 1 ; pour la régularité de marche, 1 ; pour le poids transporté, 10.
- Les trois premiers chiffres ainsi obtenus seront additionnés et, du total, sera soustrait le quatrième. Les concurrents seront classés dans l’ordre inverse des différences ainsi obtenues.
- Soit, par exemple, deux voitures A et B. La voiture A est cataloguée 10,000 francs; elle a fait le parcours en 5 heures ; elle a 2 minutes d’écart entre les temps de ses deux tours. Elle a transporté quatre voyageurs.
- L’application de la formule donnera pour A : 10,000 X O, 10 4- 5 X 60 X 60 + 2 X 60 — 4 X 75 X 10 = 16,120.
- La voiture B est cataloguée 9,000 francs; elle a fait le parcours en 5 h. 45; elle a 17 minutes d’écart ; elle a transporté deux voyageurs. La formule donnera : B. 9,000 x 0,10 + 5 X 60 X 60 + 45X60 + 17X 60—2 X 75X10 = 17,520.
- La voiture A est donc classée avant la voiture B.
- Si cette dernière avait transporté quatre voyageurs au lieu de deux, son chiffre total aurait ôté réduit de 1,500. Il serait de 16,020 et la voiture B passerait première.
- Tout cela paraît bien compliqué pour être pratique.
- X
- Les coupes de Nice.
- La coupe du colonel de Linsky qui est un superbe service russe de grande valeur, est réservée aux véhicules à 4 roues, munies d’une carrosserie et pesant moins de 500 kilogrammes à vide.
- Ces voiturettes devront avoir les deux places occupées et être conduites par un membre d’un club reconnu.
- Les concurrents ne devront réparer en cours de route que par leurs propres moyens. Il leur sera également interdit de sè faire pousser, sauf au départ. 4
- La coupe du comte Brunetta d’Üsseaux, une vraie coupe supportée par un aigle américain ayant son appui sur l’insigne de EAutomobile-Club de Nice, sera réservée aux véhicules à quatre places conduits par un membre du club.
- Elle se disputera le vendredi 12.février sur le parcours classique de Nice à Puget-Théniers et retour.
- Les départs seront donnés à 9 h. 1/2 du matin et à deux minutes d’intervalle.-
- Un arrêt est prévu à Puget-Théniers où aura lieu un déjeuner. Les concurrents repartiront dans l’ordre de leur arrivée.
- La coupe sera définitivement acquise au coureur qui l’aura gagnée.
- Le donateur avait demandé que fussent exclus de cette épreuve « tous grands coureurs », et qu’il fût fait un handicap des véhicules, la Commission a écarté ces deux conditions.
- Quant à la coupe du baron Arthur de Rothschild, c’est une superbe et lourde coupe en marbre montée sur bronze, qui serait disputée au cours de la saison.
- Suivant la demande du donateur, cette coupe sera courue au cours de l’épreuve classique annuelle de Nice-La Turbie.
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- Elle sera réservée aux véhicules pesant plus de 1500 kilogrammes, conduits par un amateur ou un mécanicien.
- La commission sportive va dresser le règlement spécial pour cette coupe.
- Avec la coupe du colonel de Linsky et celle du comte Brunetta d’Usseaux, cela fera, sur le littoral, au cours de la saison, quelques épreuves assez intéressantes qui encadreront la semaine de mars.
- X
- Les subventions pour la semaine de mars arrivent nombreuses à l’Automobile-Club de Nice. Parmi les dernières reçues nous citerons : 1000 fr. offerts par la Cie Daimler, et 500 francs offerts par la grande société autrichienne, la Nessels-dorfer-Wagenbau-Fabriks-Gesellschaft.
- X
- L’Automobilc-Glub de Nice a achevé l'élaboration des règlements des coupes de Bary, Le-baudy et II. de Bothschild.
- La coupe de Bary sera disputée sur un parcours de 60 à 100 kilomètres, et dont le point de départ ne sera fixé que deux heures avant le signal du starter. Elle sera courue le 27 janvier.
- La coupe challenge Lebaudy sera disputée le 10 mars sur un parcours partant de La Bocca-de-Gannes, allant sur Fréjus, Sainte-Maxime, llyères, La Grau, Guers, Forcalqueiret, Flassans, Le Luc, Fréjus et La Bocca, soit 216 kilomètres environ.
- Gette épreuve est réservée aux véhicules à 4 places, pesant plus de 400 kilos et conduits par leurs propriétaires, membres d’un club reconnu.
- Pour la coupe de Linsky du 21 janvier sont déjà engagés :
- MM. Frédéric Florès (voiturine Gottereau 5 chevaux); Maurice Lautard (voiturelle Decauville 6 chevaux): Laumaillé (voiturette Chesnay 8 chevaux); Aimé Deville (voiturette Soncin, 5 chevaux).
- Pour la coupe Brunetta d’Usseaux, M. Paul Chauclmrd est le premier inscrit avec une 20-chevaux.
- Pour la course de vitesse Nice-Salon, les deux derniers engagements arrivés sont ceux de MM. Gilles-IIourgières et Deville, ce qui porte le chiffre à quatorze.
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- L’Automobile-Glu b de Nice a voté un crédit de 650 francs pour l’aménagement du bureau de poste <pui va être construit dans le jardin avoisinant le Glub, l’Auto-Garage et T Automobile-Bar.
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- L’Automobile-Club de Nice organise, de concert avec Y Auto-Vélo, une course de canots automobiles pour le mois de mars prochain.
- Gette course, qui sera un challenge, s’appellera
- la coupe des yachts automobiles et sera disputée dans la haie des Anges.
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- Aucune proposition n’étant parvenue à l’Union des yachts français avant le 31 octobre 1900, date fixée par le Congrès de 1900, le mode de classement des yachts par la seule longueur, adopté par le Congrès spécial aux bateaux à moteur mécanique, demeure valable jusqu’au 1er janvier 1903.
- Gette décision est intéressante pour les constructeurs de canots automobiles ayant pris part aux courses de cette année, et dont quelques-uns ont montré des qualités remarquables.
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- M. P. Ghauchard, vice-président de l’Automo-bile-Club de Nice, a proposé à la commission sportive de ce cercle de nommer une commission chargée de donner des brevets et certificats spéciaux aux mécaniciens d’automobiles restés un certain nombre d’années au service de la même personne.
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- Un nouvel engagement pour les courses de mars est parvenu à l’Automobile-Glub de Nice, c’est celui de M. Canello, catégorie des voitures, n° 11.
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- Ce n’est plus un tour de France que va organiser le Moto-Glub de France, c’est un tour des Vosges qui comportera un parcours total de 1000 kilomètres et s’effectuera en dix jours. L’itinéraire est : Paris, Reims, Nancy, Lunéville, Gérardmer (concours de côte à la Schlucht), Belfort, Plombières, Bar-le-Duc, Troyes et Paris.
- X.
- L’Auto-Vélo annonce qu’il organise cet hiver une course de côte d’au moins 10 kilomètres, à Reims, sur la côte dite : à travers la montagne de Reims qui présente une rampe de 4 0,0 sur une douzaine de kilomètres.
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- Le 2 décembre se tiendra à Lyon, dans les salons du Bicycle et Automobile-Club, 12, rue du Bàt-d’Argent, la réunion générale des clubs souscripteurs à la Coupe provinciale du Sud-Est, créée en 1900 et courue à Salon le 4 avril dernier.
- Sont convoqués : les délégués des Automobile-Club d’Avignon, Béziers, Grenoble, Marseille, Nice, Romans, Salon ; Bicycle et Automobile-Club de Lyon et Moto-Glub de Lyon.
- Une réception des plus cordiales se prépare en l'honneur des délégués.
- Ordre du jour :
- Modification au règlement primitif de la Coupe; date de l’épreuve à fixer sur l’itinéraire de l’année dernière : Salpn, Aix, Avignon, Arles,
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- Salon, proposé par l’Automobile-Club de Nice, détenteur de la Coupe ; organisation de la fédération.
- A midi, banquet offert par les clubs lyonnais dans les salons du Moto-Club.
- On espère que tous les clubs seront représentés à cette manifestation appelée à avoir un grand retentissement dans la région du Sud-Est.
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- La promenade automobile de Londres à Sou-thsea avait réuni 120 partants. 80 seulement ont pu faire le trajet entier. On a chronométré les temps faits sur la côte de Hindhead, la seule importante du trajet, côte qui a 3 milles environ de longueur.
- Charles Jarrot, avec le tricycle De Dion de 8 chevaux, sur lequel il a battu le record de l’heure anglais, n’a eu aucune peine à se classer premier, gravissant la côte sans arrêt en 8 m. 20 s., et battant de 14 s. la 16 chevaux de M. Hedge;les autres n’ont pas fait des vitesses à signaler. Tout le reste du temps, les 12 milles à l’heure n’ont pas été dépassés.
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- Les 1000 milles sans arrêt.
- La Société Decauville vient de remporter à Londres un joli succès. Son président, M. Ra-venez a parié avec le directeur de la Motor-car Company qu’une de ses voitures ferait 1000 milles sans arrêt sur la piste du Cristal Palace, et il a gagné son pari.
- M. Ravenez avait mis en ligne deux véhicules: une voiture de 8 chevaux, du type tonneau à quatre places, et une voiturette de 5 chevaux. La 8 chevaux a dû s’arrêter un peu après le 313e mille, ayant son carburateur gelé. On a dû modifier son système de réchauffage et elle a achevé le parcours comme la voiturette; cette dernière a fait ses 1000 milles (1609 kil.320) sans le moindre accroc, en 48 h. 24 m. 4 s. 1/5.
- Ce résultat obtenu malgré un froid vif et un brouillard intense a vivement intéressé le public anglais.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- M. Alfred Picard vient de faire connaître la façon dont seront distribuées les récompenses de l’Exposition de 1900. On distribuera gratuitement, à tous les exposants récompensés, grands prix, médailles d’or, médailles d’argent et médailles de bronze, en même temps que le diplôme, un exemplaire nominatif et uniformément en bronze, de la médaille gravée par M. Chaplain, de l’Institut. Les exposants qui ont obtenu une mention honorable ne recevront que le diplôme! Les exposants auxquels il a été décerné un grand prix ou une médaille d’or pourront, en fournissant une
- autorisation du commissariat général, faire frapper, à la Monnaie et à leurs frais, un exemplaire en or; ceux qui ont obtenu une médaille d’argent, un exemplaire en argent. Du module uniforme de 63 millimètres, ces médailles seront frappées par la Monnaie de Paris et porteront sur la tranche le poinçon de cet établissement (une corne d’abondance et le nom du métal). Les prix sont les suivants : médaille d’argent de 950 millièmes au poids approximatif de 130 grammes, environ 22 francs ; médaille d’or, au titre de 916 millièmes, du poids approximatif de 200 grammes, environ 710 francs.
- L’Exposition de Chicago.
- L’Exposition de Chicago vient de fermer ses portes. Chose remarquable, on n’y a vu aucune voiture de course ayant quelque valeur et les épreuves, qui encadraient le meeting, ont été toutes l’apanage des Winton, Bostwick, Champion, Skinner et Wridgway, dont les vitesses ont été de beaucoup supérieures à celles de leurs quelques rares concurrents.
- La Chicago Motor Vehicle Company exposait des breaks et camions de livraison, actionnés par des moteurs à essence, et s’était déjà fait remarquer l’an dernier par un essai au cours duquel un camion de livraison avait gravi une pente de 42.78 p. c., spécialement établie pour la démonstration sur un échafaudage en bois.
- Citons encore parmi les exposants la Winton Motor Carriage C°, la Canada Manufacturing C°, l’Eastman Automobile C°, la Locomobile C° of America, l’Hewitt-Lindstrom Motor C°, la Riker Electric Vehicle G°, la Woods Motor Vehicle C°. l’Helios-Upton C°, la de Dion-Bouton Moto-rette C° et une douzaine d’autres maisons.
- Très remarquées aussi les voitures de la Woods Motor Vehicle C° en bois genre liickory, du meilleur goût et très esthétique.
- La vapeur et l’électricité actionnaient les trois quarts des moteurs exposés.
- En fait de nouveautés, il n’y a rien eu de bien intéressant.
- A New-York, le salon de l’Automobile de Madison Square vient d’ouvrir ses portes. Le public est venu en foule admirer les nombreux modèles de voitures exposés, appartenant à soixante-cinq constructeurs ou représentants.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre grave confrère Daily chronicle, de la presse quotidienne, insiste sur ce fait que toute femme de sport devrait savoir conduire elle-même son automobile, et il donne la description du costume idéal pour conduire : costume qui
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- serait couleur de route ou gris de souris et complété par un petit tricorne.
- Notre confrère Motor Vehicle Reoiew signale un défaut qui se présente souvent dans les projets d’automobiles dressés aux États-Unis par des ingénieurs qui n’ont pas l’habitude de se servir des bois : ils ne savent pas que les bois se livrent toujours sous des épaisseurs déterminées. Se figurant que l’on peut les fournir en toute épaisseur et en toute longueur, ils prévoient dans leurs projets des dimensions qui ne répondent nullement aux dimensions types. Il en résulte des difficultés d’exécution et des pertes de matière si l’on veut s’en tenir exactement à leurs projets.
- Notre confrère Ilorseless Age signale l’apparition en France des voitures lancées par une compagnie américaine de l’air liquide (de clair de lune liquide, comme on nomme humoristiquement ce liquide, par suite de sa teinte bleue) et recommande à ses lecteurs de ne point croire les prospectus qu’on lance à ce propos.
- En France, nous n’avons rien vu encore qui ressemble, de près ou de loin, à un véhicule de ce genre.
- LES TRIBUNAUX
- Les audiences du tribunal de simple police de Paris sont parfois très intéressantes. Lisez plutôt : Le 3 octobre dernier, deux agents de service au bois de Boulogne dressaient contravention à M. Munier, pour excès de vitesse, deux promeneurs intervenaient et protestaient en sa faveur; l’un suivait M. Munier à bicyclette depuis longtemps sans faire aucun effort; l’autre accompagnait le chauffeur au petit trot de son cheval depuis un bon quart d’heure.
- Le second de ces protestataires, M. Giloury, devait payer cher sa généreuse intervention. Voici, en effet, la lettre qu’il écrivait à M. Munier et qui a été lue à l’audience par Me Lafont, avocat du prévenu, expliquant au juge pourquoi il ne pouvait faire entendre M. Giloury comme témoin à décharge.
- Monsieur,
- Je vous accuse réception de votre lettre du 3 novembre, et je vous serai très obligé de ne pas compter sur mon concours devant le tribunal où vous êtes appelé. Comme vous l’avez vu, lorsque je qualifiais l’acte de l’agent de ridicule, cet agent m’emmena au commissariat où contravention me fut dressée pour m’être immiscé dans le service de ce fonctionnaire.
- Ce n’est pas tout. L’agent constata que mon cheval était blessé légèrement à l’épaule et me dressa une deuxième contravention pour infraction à la loi Gram-mont; puis, comme la plaque de ma voiture portait encore l’adresse d’où je suis déménagé il y a un mois, il me dressa une troisième contravention et voulut
- me garder ma voiture par-dessus le marché, attendu que je n’avais pas de papiers par lesquels je suis propriétaire de ma voiture.
- Bref, je dois comparaître à la fin de novembre pour répondre de tous ces griefs. Vous voyez, Monsieur, dans quel cas je suis; aussi j’espère que vous voudrez bien m’excuser si je vous refuse le concours promis tout d’abord.
- Veuillez agréer, etc...
- Georges Giloury.
- M Munier n’en a pas moins été condamné à 6 francs d’amende. Mais nous espérons bien que M. Lépine, qui est un homme intelligent, comprendra tout l’odieux des mesures prises à l’égard de M. Giloury, et qu’il donnera une leçon salutaire aux agents qui se rendent coupables de si malencontreux excès de zèle.
- BOITE AUX LETTRES
- Charleval, 14 novembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Puisque vous voulez bien publier l’opinion de vos lecteurs sur l’article intitulé : « Marasme de l’industrie automobile », voici ce que nous pensons, nous tous, médecins, notaires, cultivateurs, commerçants et industriels, enfin nous tous qui nous servons pour nos affaires, de chevaux et de voitures et qui constituons l’innombrable clientèle des carrossiers et des marchands de chevaux. Non, ce ne sont pas les courses qui nuisent à la généralisation des voitures automobiles. Il y a partout des fous et ceux qui marchent à des vitesses excessives se tuent bien plus souvent qu’ils ne causent d’accidents. Au surplus, les règlements de police qu’on se met à appliquer rigoureusement à ceux qui abusent de la vitesse suffiront pour les calmer à bref délai. 11 n’est guère agréable à un gommeux ou à un petit crevé d’attraper huit jours de prison et il réfléchira avant de recommencer.
- Ce sont les constructeurs eux-mêmes qui ont tué leur poule aux œufs d’or, en étant insolents avec les acheteurs, les faisant recevoir par leurs employés, voire même par leurs domestiques; en demandant des prix exorbitants, en exigeant un versement préalable sans tenir compte des intérêts pour avance de paiement; en imposant des délais ridicules de livraison; en exigeant qu’on prenne leurs modèles et en refusant de construire la corrosserie au gré de l’acheteur.
- Quand la clientèle des riches désœuvrés a été pourvue et saturée, cela a été fini et bien fini; le gros public n’est pas venu. Pourquoi? Parce que la grande majorité du public entend être reçue avec déférence par le chef de la maison; payer la marchandise à sa juste valeur; bénéficier des intérêts qu’elle verse d’avance; avoir un délai de livraison raisonnable avec pénalité par jour de retard; choisir à son goût et non au goût du vendeur. Enfin, cette grosse majorité entend rester la maîtresse et dicter ses conditions parce que c’est elle qui paie.
- Les constructeurs ont voulu renverser les rôles; c’est là la seule cause de leur marasme et de leurs culbutes finales s’ils ne reviennent pas à une plus juste appréciation des lois commerciales. Qu’ils songent que la grande masse du public s’est bien passée jusqu’à ce jour de voitures automobiles, tandis
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- qu’un producteur n’a jamais pu se passer du consommateur et que par suite il doit se conformer à ses exigences et avoir pour lui tous les égards possibles.
- Recevez, Monsieur, mes sincères salutations.
- A. Peynaud.
- “O ©O—
- Fleurv-sur-Andelle (Eure), 14 novembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- L'article que vous publiez en tète de voire dernier numéro, sur le marasme dans l'industrie automobile, est tombé chez moi sur un terrain bien préparé. J’aurais quelques volumes à écrire sur MM. les constructeurs d’automobiles, mais pour ne pas paraître exagéré, je me bornerai à un fait.
- J’avais «à acheter, il y a quelque temps, une voitu-rette à deux places et mon choix s’était, flxé sur une marque très connue et dont on voit le nom sur les murs de toutes les villes de France; je ne la nommerai pas davantage.
- Je me présente à l’usine: j’y suis reçu par un employé très subalterne; c’était assez pour moi, paraît-il. Quant au prix, comme les petits pâtés, rien à rabattre : 5,000 francs.
- Un peu fureteur de ma nature, je me présente ensuite chez un des principaux revendeurs. « Monsieur, me dit le patron de l’établissement, une voitu-rette X., j’en ai deux en ce moment; elles sont de 4,000 francs. — Comment, 4,000 francs? elles ne sont pas neuves, alors, car le prix est de 5,000 francs. — Oui, Monsieur, elles sont neuves, parfaitement neuves, et le prix est de 5,000 francs, mais vous avez tout intérêt à vous adresser à nous; nous en traitons des quantités considérables et nous avons des prix de faveur. Je me contente de 200 francs de bénéfice. »
- Ainsi, j'allais de confiance chez le constructeur et sa voiture, prise chez lui, sans commission à payer, me coûtait 1,000 francs de plus que chez un revendeur.
- Eh bien, Monsieur le Directeur, que dira de cela l’aimable et naïf constructeur qui se plaint dans vos colonnes. 11 déplore le marasme de son industrie; je le comprends; lui, personnellement, est peut-être un industriel loyal et consciencieux; mais quelle corporation, Seigneur !
- Veuillez agréer, etc.
- Louis Deschamps, délégué du T. C. F.
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- BIBLIOGRAPHIE
- J. Ghersi, Formulaire industriel, 1 volume de 514 pages, cartonné, 5 francs. Georges Carré et C. Naud, éditeurs, 3, rue Racine, Paris.
- Cet ouvrage très intéressant réunit, groupés par ordre alphabétique, une série de procédés industriels dont beaucoup peuvent être utiles aux chauffeurs. Si nous regardons, par exemple, l'article Rouille, nous trouvons 19 procédés pour empêcher les pièces métalliques de se rouiller et 7 procédés pour les dérouiller. A l'article : Imperméabilisation, nous trouvons de même une série de procédés pour imperméabiliser les étoffes.
- Beaucoup d’autres recettes de ce livre intéresseront spécialement les constructeurs.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — M. Sherard Coxvper-Coles, dont les travaux sur l’électrolyse sont bien connus, s’est demandé s’il ne serait pas possible de percer et de découper des plaques d’acier trempées sans être obligé de les détremper, en ayant recours à l’électrolyse, avec une vitesse et une économie suffisantes pour rendre le procédé applicable industriellement. Les premières expériences ont été faites en projetant sur la pièce à percer un jet d’électrolyte, en reliant la pièce au pôle positif d'une source électrique et la tuyère formant le jet au pôle négatif. L’électrolyte est une solution d’acide sulfurique ou de sel marin. Avec une densité de couiant suffisante, on perce rapidement un trou sur la plaque métallique, mais la forme du trou n’est pas suffisamment définie. Pour améliorer les résultats, l'inventeur enferme l’électrolyte dans une sorte de réservoir conique qui se termine à sa pointe par une bague en caoutchouc percée d’un trou dont la forme reproduit celle du trou à percer. Cette bague s’applique sur la partie à percer, et l'on fait circuler dans le réservoir conique le liquide électrolytique. Le courant électrique arrive dans ce réservoir par une lame métallique sur laquelle le métal attaqué se dépose à l’état pulvérulent, mais est enlevé aussitôt par la circulation rapide du liquide.
- Pour percer des trous circulaires de grand diamètre dans une plaque, l’inventeur dispose de chaque côté de cette plaque deux jets opposés tournant synchroniquement. Chacun d’eux perce un sillon sur la, plaque, et lorsque les deux sillons sont suffisamment profonds, la plaque centrale se détache et laisse dans la plaque un trou dont le diamètre est égal à celui de la circonférence décrite par chacun des jets. Ce sont là des expériences très curieuses et très intéressantes, mais pour pouvoir les apprécier au point de vue industriel, il faudrait connaître les densités de courant employées, la vitesse de circulation du liquide éiec-trolytique, le temps nécessaire au perçage, etc. En tous cas, nous signalons le procédé aux intéressés, car il pourra leur rendre des services dans bien des cas.
- — D’après des recherches entreprises par M. F. Grover et relatées dans 1 e Feilderis Magazine de décembre 1899, un mélange tonnant à l’acétylène développerait des pressions deux à trois fois plus grandes qu’au mélange tonnant au gaz d’éclairage (toutes proportions égales); des mélanges très pauvres d’acétylène et d’air donneraient des plus fortes pressions que des mélanges riches de gaz de houille et d’air.
- — Une méthode d’argenture, cuivrage et nickelage électrolytiques, brevetée par Nauliardt, repose sur l’emploi d’une solution de cyanure double en présence d’un phosphate alcalin. Dans la pratique, on prend une solution en parties égales de nitrate d’argent et de cyanure de potassium et de phosphate d'ammonium; on opère à froid. Pour le cuivrage et le nickelage, on emploie de même les nitrates de cuivre et de nickel additionnés d’une quantité égale de cyanure de potassium et de phosphate d’ammoniaque. Pour le bain de nickel, on fait une solution de chlorure ou de sulfate, et on l’additionne de phosphate d’ammoniaque, on redissout le précipité avec un peu d’acide chlorhydrique ou d’acide sulfurique, suivant celui des deux sels que l’on utilise.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — E. DE SOYE ET FILS, IMI’R., 18, R. DES FOSS^S-S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 49.
- Le Numéro : KO centimes
- 6 Décemrre 4900
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE I
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE. 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS FARTENT DU l’" DÉ CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauvcau-Logarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie Vve DUNOD, quai des Grands-Augustïns, 40, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N° 49.
- Los automobiles postales en Allemagne. —Le banquet des chaulFeurs mécaniciens. — Echos. — La voitu-rette « la Métallurgique ». — I.e nouveau graisseur Dubrulle. — Le magnalium. — Changement de vitesse Vve Levassor et Jacques de Boisve. J.-N. Hrr-triecli. — L’automobile de guerre Pennington. — L’amiante. — Carrosserie d’une diligence automobile. — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Boite aux lettres. — Bibliographie. —Courrier industriel.
- LES AUTOMOBILES POSTALES
- EN ALLEMAGNE
- Ceux qui suivent avec quelque attention les informations qui sont publiées ici hebdomadairement et qui sont recueillies dans tous les pays afin de tenir le lecteur au courant du mouvement automobile dans le monde entier, ont dû remarquer la préoccupation que les administrations postales ont un peu partout de tirer parti du nouveau mode de transport. Au point de vue général, et en particulier pour les relations commerciales, c’est beaucoup que de pouvoir accélérer d’une heure la distribution d’un courrier, ou au contraire de retarder d’une heure la levée des boites. Or on espère que l’automobile donnera, à ce point de vue, des résultats bien plus favorables que la traction par chevaux, et nous avons vu notamment le service des postes américaines commencer à mettre en essai des véhicules mécaniques pour l’usage que nous venons d’indiquer.
- Nous avons déjà en main les données fort intéressantes d’une expérience poursuivie en Allemagne durant onze mois. En effet, le directeur des Postes de Berlin a
- maintenu en essai pendant cette longue période une voiture électrique susceptible de porter une charge de 450 à 900 kilos. A la vérité, il ne s’agissait pas de la distribution des correspondances, mais de celle des imprimés, qui ont bien leur importance et dont le mouvement annuel représente un poids énorme. La voiture en question est pourvue de deux moteurs qui, à raison de 600 révolutions par minute, développent 2 1/2 chevaux chacun. La batterie est formée de 44 accumulateurs, d'une capacité de 100 ampères-heure. Le contrôleur permet de donner 5 vitesses en avant et 1 seule en amère (ce qui suffit); il comporte également deux positions pour le freinage. Les roues sont munies de bandages en fer, qu’on a remplacés par des caoutchoucs pendant la période des neiges. Pour ne donner que les cléments de l’expérience, en laissant à nos lecteurs le soin de tirer presque toutes les conclusions, nous allons grouper, sous la forme de tableaux'fort succincts, des indications sur les parcours effectués pendant les onze mois considérés, et aussi sur la consommation d’énergie correspondante. A la vérité, nous négligeons quelque peu les trajets accomplis en octobre et en novembre, parce que les données exactes nous manquent à ce sujet, mais nous ferons remarquer néanmoins que la voiture avait couvert, dans ces deux mois, une distance de (103 kilomètres, ce qui est à ajoute]* aux chiffres du tableau, si l’on veut bien se rendre compte du travail fait dans toute l’expérience.
- Mois. Parcours.
- Décembre 1899. 803 km
- Janvier 1930. . 029
- Février. . 870
- Mars 9G7
- Avril .... 973
- Mai 720
- Juin G94
- Courant consommé dans le chargement.
- 221 160 watts-heures. 379 040 —
- 359 480 —
- 352 880
- 302 500 —
- 247 720
- 284 790 —
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- On peut faire le calcul aisément et voir à combien revient le kilomètre-voiture (sensiblement) au point de vue de la consommation d’énergie, étant donné un prix quelconque d’électricité. En fait, pour charger (nous insistons sur ce point, car il y a aussi la perte au rendement final, mais ce qui est intéressant c’est de savoir combien on doit employer d’électricité pour assurer la marche de la voiture) on a dépensé quelque 300 watt-heures par kilomètre de parcours. Quant à l’énergie consommée, toujours par voiture-kilomètre, les documents que nous avons sous les yeux l’évalue à 270 watts-heures. Comme l’évaluation du poids du véhicule et surtout celle du poids utile transporté sont un des principaux éléments d’appréciation en pareille matière, disons que le véhicule en lui-même pesait 2,208 kilogrammes en ordre de marche, et portait normalement en moyenne une charge de 723 kilogrammes. De là, on peut tirer l’énergie consommée par poids d’une tonne transportée à 1 kilomètre.
- La batterie primitive a servi à tout le service, sauf pendant une période de nettoyage, où l’on a eu recours à la batterie de réserve : la durée de ce nettoyage a correspondu à environ 130 kilomètres. Quand on a eu nettoyé la batterie, on a constaté qu’elle avait subi une perte de capacité de 12 0/0. Comme détail assez curieux, nous ferons remarquer que les 3/3 du parcours total a été effectué sur des bandages métalliques, ce qui est étonnant surtout pour un véhicule électrique, où l’on fait tout ordinairement pour éviter les secousses aux éléments.
- Le véhicule a repris son service après un examen assez complet qu’il a montré qu’il est en bon état et il semble que l’administration des postes berlinoises va se montrer d’autant plus favorable à ce mode de transport pour les correspondances proprement dites.
- Au moment où les voitures électriques semblent, pour des causes diverses, subir en ce moment en France une sorte de discrédit passager ou du moins être employées presque uniquement aux services de voitures de grande remise, il peut être intéressant de constater que les Etrangers, moins prompts que nous au découragement, leur cherchent des applications multiples.
- Daniel - Bellet.
- Le Banquet des chauffeurs-mécaniciens.
- La Société amicale des chauffeurs-mécaniciens a donné samedi dernier, sous la présidence du comte de La Valette, son premier banquet, au restaurant Noireau, avenue de la Grande-Armée.
- Le diner, auquel assistaient une grande partie des membres de la jeune Société, a été plein d’entrain et de cordialité. Au dessert, le comte de La Valette a prononcé une allocution très applaudie, au cours de laquelle il a rappelé la fable de La Fontaine : Les Membres et l’estomac. L’estomac, ce sont les propriétaires d’automobiles, les membres, ce sont... les membres de la Société amicale. Ils ont, les uns et les autres, tout intérêt à s'entraider.
- En terminant, le secrétaire général de l’Auto-mobile-Club de France assure les chauffeurs-mécaniciens de toute la bienveillance du cercle de la place de la Concorde. Espérons que cette bienveillance ne restera pas platonique, et que la Société amicale sera efficacement aidée par la grande société d’encouragement.
- M. Pronier, président de l’Association, réplique au comte de La Valette par un petit discours très bien tourné. M. Lot parle ensuite pour expliquer en fort bons termes l’utilité de l’œuvre entreprise par les fondateurs de la Société amicale. Georges Prade, qui représentait VAulo-Velo à cette fête de famille, où Victor Breyer représentait le Vélo, rappelle le mot du propriétaire d’automobile qui avait bien pu payer 36,000 francs une voiture, mais prétendait n’être pas assez riche pour s’olfrir un mécanicien. Il salue la disparition de ces mauvais mécaniciens, plaie de l’automobile, trop coûteux même pour des millionnaires et rend hommage aux qualités précieuses de soin et de savoir du vrai mécanicien, que tout propriétaire d’automobile pourra maintenant s’attacher, grâce à l’heureuse initiative de M. Pronier et de ses camarades.
- La série des discours se termine par quelques mots du secrétaire : M. Ellegaard, qui fait, eu excellents termes, l’historique de l’œuvre entreprise.
- Il était minuit lorsqu’on s’est séparé et personne n’avait trouvé le temps long.
- La Société amicale des chauffeurs-mécaniciens est on ne peut plus intéressante et rendra certainement de très grands services. L’essentiel, — et nous croyons que ses dirigeants sont fermement décidés à ce qu’il en soit toujours ainsi, — c’est que les mécaniciens admis à en faire partie soient tous d’une honorabilité parfaite et d’un savoir professionnel suffisant. L’honnêteté et l’habileté sont tellement répandues parmi les ajusteurs, qui sont des ouvriers d’élite, que le recrutement de l’Association ne souffrira nullement de n’être pas rendu trop facile.
- Paul Sencier.
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- On est prie de citer LA LOCOMOTION AUTOMOBILE en écrivant aux Annonciers.
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- Voir page II l’annonce de VOTRE PIUME
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- cinquantième membre actif, heureux précurseur du centième.
- Ce discours a obtenu un vif succès. M. Barielle lui a fait une réponse très applaudie.
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- La liste de souscription ouverte par T Automobile-Club de Nice pour la plaque commémorative de la mort de Bauer, a dépassé la soixantaine.
- Cette plaque sera placée sur le mur de la propriété de M. Zelensko, sur la route de la Corniche.
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- On annonce la venue, à Nice, pour la grande semaine, d’une caravane de membres de l’Automobile-Club de Belgique. Les 250 derniers kilomètres d’Aix à Nice se feront en course touriste avec arrivée à la villa de T Automobile-Club de Nice.
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- Suivant le Petit Niçois, un groupe de chauffeurs est dans l’intention de former une société régionale qui prendrait le titre de Moto-Club du Littoral.
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- Les clubs d’automobile du Sud-Est ont tenu une très intéressante réunion au siège social du Bicycle-Automobile-Club de Lyon, rue Bât-d’Argent, et ont décidé la création d’une fédération du Sud-Est.
- Les délégués ont été reçus par MM. Marcey, vice-président; Colin, trésorier; Burdet, secrétaire. Le congrès a immédiatement constitué le bureau, présidé par. M. Farçonnet, président de T Automobile-Club de Marseille; M. Bertin, de l’Automobile-Glub de Salon, a été élu secrétaire.
- Etaient présents : MM. Gondoin, Siegfried et Chauchard, de l’Automobile-Club de Nice; Pernod, de l’Automobile-Club d’Avignon; Colin, président du Moto-Club de Lyon; docteur Pe-goud, de l’Automobile-Club de Grenoble; Brun, vice-président du Bicyle-Automobile-Club de Lyon. Excusés : les clubs de Romans et de Béziers.
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- L’Automobile-Club du Var tiendra son assemblée générale le 9 décembre prochain, à Draguignan. Cette réunion sera suivie d’un dîner.
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- Un pari vient d’ètre conclu en Belgique entre MM. Fontaine et de Reus, avec un enjeu de 1000 francs. Ce pari consiste à aller de Bruxelles à Marseille et retour sans lutter de vitesse, la première panne qui durera plus de six heures mettra hors de course celui qui en aura été victime.
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- Pour fêter l’acceptation par le roi des Belges du titre de haut protecteur de l’Automobile-
- Club de Belgique et aussi en l’honneur du mariage du prince Albert, l’Automobile-Club de Belgique organise un grand banquet pour le 22 décembre.
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- A Bruxelles, xM. Lambert de Rothschild vient de convertir à l’automobile M. Delbot, bourgmestre de Bruxelles.
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- Au 1er janvier prochain on va mettre en vigueur en Italie un nouveau règlement sur la circulation des automobiles. On fait du reste grand mystère autour de cette réglementation, et le monde automobile italien est en émoi, craignant tout de l’esprit administratif.
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- Le Ministère de la guerre italien vient de décider que, en 1901, on ferait des essais sur grande échelle, de l’application des automobiles aux grandes manœuvres comme au service des garnisons.
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- Malgré les espérances qu’avait fait naître la course Paris-Amsterdam, la Hollande est assez lente à suivre le mouvement, en fait d’automobilisme. Il n’y a encore, en Hollande, d’après un dernier recensement que 257 automobiles réparties de la façon suivante : 58 Benz, Ri Peugeot, 10 Mors, 9 Vivinus, 8 Decauville, 8 de Dion, 7 Daimler, 6 autos de construction nationale, et quelques autres, telles que les Richard, de Die-trich, Bollée, Darracq, Hurtu, Audibert-Lavi-rotte, Cudell, Cambier, Cottereau, etc.
- Quand l’ami Serpollet va lire cela il va filer à La Haye pour convertir la petite reine Wilhel-mine et son futur mari au culte de l’auto.
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- Le nombre des automobiles en usage à Berlin s’est considérablement accru pendant l’année courante. On l’estime à environ 3000 actuellement. Toutes les fabriques d’automobiles sont surchargées de commandes. Une brasserie de cette ville en a commandé 10 à une maison de l’Allemagne rhénane pour effectuer le transport de ses produits.
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- Le règlement de police concernant la circulation des automobiles en Allemagne sera publié dans quelques semaines. Il contient des dispositions excluant les vicieuses dispositions techniques, tout danger d’explosion, la souillure des rues par l’aide sulfurique ou autre, le bruit excessif qui occasionnerait de l’incommodité au public, le développement des mauvaises odeurs.
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- La maison Daniel Augé et Cie, de Levallois, a envoyé à l’exposition de Leipzig une petite voi-
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- t.ure automobile avec moteur d’une puissance de 5 chevaux.
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- La maison Schiffermann et Uhl de Francfort-sur-le-Mein a étaJdi un garage capable d’abriter cinq grandes voitures. Cette installation possède un atelier de réparation dont l’outillage, mu électriquement, permet de faire dans le temps le plus court toutes les réparations indispensables.
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- Après autorisation ministérielle, vingt fiacres automobiles ontété mis en service à Varsovie (Russie). La tentative commerciale paraît être très satisfaisante. Le prix de la course est inférieur à celui demandé par les voitures ordinaires.
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- La Société « Automobile » de Vienne a passé un ordre de fourniture de plusieurs fiacres électriques à la fabrique d’automobiles et de moteurs de Marienfelde à Berlin.
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- Dernièrement une grave discussion s’est engagée dans le Conseil du comté de Somerset : il s’agissait de demander la modification de la législation des automobiles en imposant une restriction de vitesse. Or, le chef de la police du comté, M. le High Shérif Grenville, est venu prendre la défense des automobiles, en faisant remarquer que sa propre voiture automobile lui perméttait de gagner beaucoup de temps sur les voyages par chemin de fer. Il a notamment fait remarquer qu’il avait pu ainsi parcourir une dis-tancs de 248 milles en 14 h. 10 m. Si l’on veut bien calculer la vitesse à laquelle cela correspond, on verra que le chef de la police s’était mis outrageusement en contravention avec la loi, ce qui ne manque pas d’une certaine saveur.
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- Il ne se passe guère de jour sans que de nouveaux chauffeurs demandent leur admission à l’Automobile-Club autrichien. Les nouveaux membres reçus sont : MM. Léopold Nedo-mowsky, le comte Robert d’Althann, Auguste Jacottet, Bob, Mauthner et le comte Geza Andrassy.
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- Le règlement des taxes pour la ville de New York vient de paraître. Voici ces taxes :
- a) 1 voiture avec provision d’essence, 0 fr. 50 par fraction de 500 francs.
- b) Pour 2 ou 3 voitures, 1 fr. 25 par fraction de 500 francs.
- c) Pour chaque voiture au-dessus de 3, 5 francs par 500 francs.
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- Un des plus grands cirques d’Amérique vient de transformer son matériel de transport, et
- emploie maintenant pour traîner ses roulottes des tracteurs à vapeur; le personnel prend place dans des omnibus électriques, et tout marche le mieux du monde. Le directeur admet 40 0/0 d’économie sur la traction animale. Au point de vue de la publicité il trouve le nouveau système cent fois préférable à l’ancien.
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- Les chauffeurs de Minnéapolis, qui ont bien l'intention d’arriver à avoir de bonnes routes, ont eu une. idée originale. Pour démontrer à leurs conseillers municipaux le mauvais état d’un des boulevards, ils les ont emmenés dans leurs voitures, en une promenade solennelle, sur le boulevard en question.
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- Le nouvel annuaire de l’Automobile-Club de New-York va contenir une série d’informations des plus intéressantes et notamment un compendium complet de la législation des différents pays et des divers états de l’Amérique au point de vue de l’automobile.
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- A ceux des constructeurs français qui seraient tentés d’envoyer des voitures sur le marché américain, nous ferons remarquer que les Yankees ne sont pas partisans de la corne que l’on doit manœuvrer à la main, parce que en la matière ils en sont pour la politique des mains nettes, et qu’ils aiment bien à confier les besognes secondaires au pied.
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- Il parait que la ville de Mexico est particulièrement bien disposée pour la circulation des automobiles, mais on n’y rencontre encore que bien peu de ces voitures qui apppartiennent aux plus riches des habitants.
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- Les usines métallurgiques Stearn et Rogers de Pueblo, en Californie, viennent de commander une voiture automobile à 25 places, une sorte d'omnibus, pour le transport de leur personnel matin et soir à l’entrée et à la sortie de 1 usine : c’est quelque chose d’analogue à ce qui se passe, pour les pensionnats, et l'idée est aussi originale que pratique. La voiture ne passera pas au domicile de chacun, mais elle stationnera dans certaines parties de la ville où les ouvriers habitent principalement et où les ligues d’omnibus ou de tiamways font défaut.
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- On vient de créer à Montréal une fabrique de voitures automobiles, et la Compagnie qui l’exploitera se livrera non seulement a la iabrication mais aussi à la location îles véhicules, ainsi que cela se fait couramment dans les diverses villes américaines.
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- La voiturette « la Métallurgique »."’
- L’une, des plus importantes sociétés belges de construction : La Métallurgique, s’occupe depuis
- quelque temps de la fabrication des automobiles. Des ateliers spéciaux très vastes ont été établis, de façon à donner à cette branche le développement qu’elle comporte. La méthode de travail adoptée est celle dite, en série avec pièces absolument interchangeables.
- La voilurette « la Métallurgique ».
- Le type actuellement en cours de fabrication présente la particularité de n’avoir dans ses
- est une voiturette robuste et économique qui transmissions ni chaînes, ni courroies, ni pignons
- La voilurelle « la Métallurgique ». — Vue du châssis en élévation.
- d’angles, ni joints à la Cardan : c’est un modèle routier appelé à avoir énormément de succès
- (1) La Métallurgique, société de construction, ateliers de la Sambre, Charleroi, Belgique.
- auprès des personnes que la complication des mécanismes effraye encore.
- L’étude de cette voiture a été faite par M. Edmond Heirman, ingénieur-directeur des usines de la Sambre et de Marchienne.
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- Nous donnons, ci-dessous, une description vera une photographie de la voiture, une coupe
- sommaire de ce modèle : dans le texte on trou- verticale par un cylindre, une coupe en plan des
- La voilure! le « la Métallurgique, ». — Vue du châssis tu plan.
- mécanismes de transmission et enfin, un plan d’ensemhle du châssis.
- Moteur. Le moteur est à deux cylindres parallèles agissant alternativement : il développe 4 1/2 HP au frein. Le refroidissement se fait par l’eau. Les cylindres sont montés sur un carter en aluminium qui contient tous les mécanismes de transmission (différentiel compris).
- Le mode d'assemblage de la culasse avec le corps du cylindre mérite une mention spéciale : ces pièces, le cylindre A et la culasse B, sont en contact par des portées coniques DD, et dans l'intervalle E ainsi qu’autour des soupapes, peut circuler l’eau destinée à rafraîchir le moteur. Les deux pièces A et B sont réunies entre elles par une bague filetée représentée en coupe en F.
- Les avantages de ce système sont : 1° de constituer les éléments des cylindres de deux pièces faciles à couler et à assembler, 2° de réaliser un joint, hermétique entre la chambre d’explosion et l’enveloppe d’eau d’une part et entre l’enveloppe d’eau et l’extérieur d’autre part.
- Ce dispositif a été breveté en France et à l’étranger.
- Transmissions et changement de vitesses. Gomme nous l’avons déjà dit, tous ces mécanismes sont renfermés dans un carter unique. Le volant G- actionne un embrayage à friction H lié invariablement à un pignon I lequel engrène avec-la roue dentée K. Cette roue est calée sui l’arbre L, de même que les pignons M, N, O. Ces pignons (M, N, O,) sont respectivement reliés aux couronnés dentées P, Q, K ; des billes S, S, maintiennent et centrent ces couronnes entre deux disques T, T, qui forment en même temps coussinets pour les pièces tubulaires U et V.
- La pièce U est munie d’un plateau pourvu de saillies qui pénètrent dans des encoches réservées à l’intérieur des couronnes P, Q, B. Cette pièce peut se déplacer par l’intermédiaire d’un levier a
- fourche : les saillies de son plateau l’entraînent à la vitesse de la couronne à laquelle elle correspond.
- Ci1 système breveté réalise les changements de vitesse d’une façon simple et parfaite : les
- La voitarelle « lu Métallurgique ». — he moteur.
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- engrenages sont- bien centrés, le plateau est d’un diamètre relativement grand et permet des points d’attaque nombreux et solides, enfin le jeu entre les saillies du plateau et les encoches des couronnes dentées est suffisant pour que les embrayages successifs se fassent sans broutage.
- La pièce U, coulisse par un carré sur la pièce V, laquelle fait partie du différentiel ; sur les arbres X, Y, qui en dépendent, sont calées les roues de la voiture, enfin, sur la seconde partie du différentiel est calé un tambour du frein Z.
- La commande de l’embrayage se fait par pédale; les vitesses sont au nombre de trois, soit deux en avant et une en arrière, soit les trois en avant et cela au choix du client.
- Carburateur. Le carburateur est à niveau constant et ne nécessite aucun réglage en marche.
- Allumage. L'allumage se fait électriquement et est réalisé par une came de contacts combinée avec une double bobine à trembleurs; un mécanisme d’avance y est naturellement ajouté.
- Châssis, Le châssis est formé de forts tubes
- Lu voilurelte « la Métallurgique ». — Les mécanismes du carier.
- d’acier et sa solidité est à l’épreuve des plus mauvaises routes belges. La caisse est indépendante de ce châssis : celui-ci la supporte par des ressorts en G eu à pincettes. La direction est à volant et pratiquement irréversible. Les quatre roues ont le même diamètre (750 m/m) ce qui constitue un grand avantage au point de vue de l’approvisionnement des chambres à air et enveloppes de rechange.
- Freins. Les freins ont été particulièrement étudiés et soignés. Ils sont au nombre de trois ; l'un agit sur le‘différentiel et les deux autres sur les roues motrices.
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- Le nouveau graisseur DiiMle.
- La Chronique industrielle décrit ce nouveau graisseur, dont nous donnons ci-conlre une coupe verticale et une vue par bout, et qui est destiné au graissage des différentes pièces mécaniques d’un moteur à gaz ou à pétrole, et aussi des organes des voitures automobiles actionnées par lesdits moteurs.
- Il est simple, peut se placer absolument sous l’œil du conducteur qui, sans aucun dérangement, voit le niveau de l’huile et se rend compte du débit. La pression des gaz d’échappement.
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- étant amenée à la surface de l’huile contenue dans le récipient, suffit pour faire fonctionner l’appareil.
- On voit que ce nouvel appareil se compose : d’un récipient métallique A servant de réservoir général d’huile, B rampe ou registre servant à canaliser l’huile pour le nombre de compte-gouttes que comporte l'appareil, C colonne servant à maintenir la rampe et en môme temps le tube de montée d’huile, C colonne servant également à maintenir la rampe à son autre extrémité et portant la soupape, D, D sounape laissant échapper les gaz, lorsque la pression dépasse une certaine mesure dans la partie supérieure du récipient A, E tube de cristal laissant voir tomber les gouttes d’huile, E et E* pointeaux et leurs sièges permettant de régler le débit de l’huile goutte à goutte, E bouchon de remplissage à fermeture hermétique, U raccord pour
- brancher le tuyau d’arrivée des gaz, H raccords de départ pour le tube conduisant l’huile, I tube indiquant le niveau de l’huile dans le récipient A, J pattes de fixation de l’appareil, K tubes traversant le récipient A et servant à faire communiquer les compte-gouttes avec les raccords H. L pipe amenant les gaz à la partie la plus haute du récipient A et percée d’une ouverture calibrée réglant l’arrivée des gaz de manière à éviter les à-coups concurremment avec la soupape D.
- Ce nouveau graisseur fonctionne de la manière suivante : Etant donné l’appareil installé et le tube du raccord G fixé par son autre extrémité au tube d’échappement (au silencieux ou pot d’échappement) le moteur étant en marche, les gaz passent par ce tuyau, entrent par le raccord G et la pipe L dans le récipient A et font pression sur la surface de l’huile; celle-ci n’ayant
- Le nouveau graisseur Dubrulle.
- d’issue que par le tube descendant de la colonne G , monte dans celui-ci et de là passe dans la rampe B pour être distribuée aux compte-gouttes E. Les gouttes d’huile tombent dans les tubes E, passent dans les raccords H et de là dans les tuyaux pour être conduites aux organes à lubrifier.
- Si le moteur s’arrête, la pression des gaz d’échappement, tombant brusquement, n’agit plus à la surface de l’huile et celle-ci, cessant de monter par le tube et la colonne G , les compte-gouttes s’arrêtent immédiatement.
- LE MAGNALIUM
- On a dernièrement fait beaucoup de bruit, trop peut-être, autour du magnalium. Disons donc ce que c’est. Rien de plus qu’un alliage d’aluminium et de magnésium auquel on a donné par mélange étymologique Je nom de magnalium.
- Lorsqu’on ajoute à l’aluminium 10 p. 100 de magnésium, on obtient un alliage analogue au zinc laminé; vers 15 p. 100, on se rapproche du laiton, et, vers 25 p. 100, les propriétés du bronze sont presque égalées. Le travail de ces divers alliages se fait, paraît-il, avec une grande facilité, et sans qu’il y ait lieu d’user des procédés très spéciaux que nécessite le travail de l’aluminium. Ces alliages ne sont pas très oxydables et leur densité est inférieure à celle de l’aluminium.
- Jusqu’à présent, le magnésium, dont l’emploi se bornait presque uniquement en photographie à la préparation des poudres éclairs, n’avait pu être préparé en très grandes quantités et son prix était assez élevé ; mais si ces usages se répandent, il pourra arriver, dans un délai rapproché, à un prix voisin de l’aluminium, et le magnalium pourrait atteindre dès lors des prix analogues. L’emploi en grand de cet alliage pourrait donc donner un essor nouveau aux usines de fabrication de l’aluminium en même temps qu’il rendrait des services à l’industrie automobile.
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- CHANGEMENT DE VITESSE
- LEVASSOR ET JACQUES DE LOI SSE
- Ce mécanisme d’embrayage et de changement de vitesse est particulièrement destiné aux voitures automobiles à moteur à pétrole.
- La partie essentielle est un embrayage cône dont la partie mobile B peut se déplacer sur l’arbre moteur A. Cette partie B peut venir en prise avec l’autre partie A qui fait partie d’une boîte c tourillonnée folle sur l’arbre A. Cette boîte c comporte une couronne dentée intérieure B qui en est solidaire. Cette couronne est en prise avec un pignon satellite, fou sur l’axe (f) solidaire d’un liras manivelle F. Un manchon (/") solidaire du bras est fou sur l’arbre A.
- Le pignon E est en prise avec un pignon clavelé sur l’arbre A. Le manchon ]" porte une roue à chaîne I recevant la transmission du mouvement. Un frein I peut agir sur la boite c. Un ressort K sollicite la partie B à venir en contact avec A' et une commande appropriée en L peut l’écarter. La partie B appropriée contre A' donne la grande vitesse le frein étant desserré. Le pignon L restant immobile par suite des diamètres différents de la couronne I) et du pignon D' le reste tourne d’un seul bloc.
- Four la petite vitesse on dégage B au moyen de la commande du collier L et en serrant le frein J. Le pignon (F entraîne alors le pignon L qui roule sur la couronne dentée D. Le bras F et le manchon f tournent alors à la vitesse correspondant au rapport des engrenages.
- Pour le débrayage, le frein étant desserré, on
- Chanr/ement de vitesse T° Letassor et Jacques de Baisse.
- écarte la partie B de la boîte c, la roue E n’est plus alors solidaire de l’arbre A qui tourne seul.
- J. N. IIeutrich.
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- L'automobile île guerre Pernii>on.
- Enfin nous avons des détails et môme des photographies sur cette automobile fantôme que l’on ne voyait jamais et dont nous avions signalé l’autre jour la présence en Angleterre. Ces détails et photographies ont été donnés par l’Autoca?’. N’oublions pas ou plutôt ne laissons pas oublier au lecteur qu’il s’agit d’une machine que son inventeur prétend réserver aux usages militaires.
- Le châssis est tubulaire, deux tubes priuci-paux s’étendent de l’essieu arrière au sommet des pivots de direction des roues avant, et sont réunis par des entretoises transversales. Les roues d’avant sont maintenues dans des pivots à ressorts pour que les roues s’accommodent plus
- facilement aux inégalités delà route. La machine est du type horizontal à deux cylindres ; elle est fixée entre les deux tubes principaux, avec les cylindres en avant, le volant qui est entre les deux manivelles se trouvant au centre de la voiture. Le diamètre du piston est de 133 millimètres pour une course de 305, les cylindres sont faits de tubes en acier avec enveloppe d’eau seulement le long de la portion où le piston sc déplace. Cette enveloppe est obtenue de fonte, mais tournée intérieurement pour qu’elle s’adapte intimement au cylindre et de plus elle est frettée de bandes de cuivre. Il n’y a pas de pompe de circulation ni de radiateur. Les soupapes sont de large diamètre et ont des ressorts de 20 centimètres de long de diamètre encore plus large que le siège de la soupape. L’allumage peut être assuré soit par un tube, soit électriquement, on a même prévu deux tubes et trois bougies d’allumage électrique sur chaque cylindre. La fixation du moment de l’inflammation électrique s’obtient avec un dispositif de Dion, mais le ressort trom-bleur est un peu plus long. Les soupapes d’échappement sont soulevées par un seul et même excentrique, au moyen d’un levier bascu-leur. Il n’y a point de carburateur, le liquide coulant directement dans la soupape d’aspiration.
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- Il paraît que le moteur peut donner 35 chevaux au frein (nous ne garantissons rien).
- Deux pignons de chaîne sont fixés de chaque côté du volant et les chaînes qu’ils entraînent vont passer sur des manchons sur l’essieu arrière : d’autre part, ces manchons peuvent être accouplés à la partie extérieure du différentiel par le moyen d’embryages à expansion. Ceux-ci sont de construction particulière, ils sont automatiquement verrouillés dès qu’ils reviennent en place ; à l’extérieur du différentiel sont deux freins à lame.
- Comme on peut le voir par les photographies que nous reproduisons, les quatre roues sont de même diamètre, elles ont seulement 56 centimètres de diamètre. Les engrenages sont disposés de telle sorte que le véhicule marche à une allure
- de 30 milles pour la petite vitesse et de 64 pour la grande vitesse. La voiture peut donner place à cinq personnes, sur des selles de bicyclette : trois s’assoient latéralement, tandis qu’une se ‘met en avant pour tenir la direction et que la cinquième tient en main les leviers de commande' du moteur. Elle pourrait du reste aussi assurer la direction au moyen d’une combinaison très simple qui est normalement prévue. On peut mettre le moteur en marche en pédalant comme cela se fait pour les tricycles à pétrole. Il y a à l’avant un réservoir d’eau qui forme coupe-vent, le réservoir d’essence est dans la partie haute du véhicule et suivant l’inventeur le moteur pourrait également consommer du pétrole lourd; on chauffe l’air en le faisant passer par les Imites d’échappement. Le poids de cette voilure est de
- 1,016 kilogrammes. Pour les usages militaires, on protège toutes ses parties essentielles par un léger cuirassement.
- I). IL
- L’AMIANTE
- Tous les chauffeurs connaissent, quelques-uns pour leur malheur, les joints d’amiante. Peu savent exactement la nature exacte de l’amiante minéral, parfois bien ennuyeux. Apprenons-le leur, d’après une étude de M. Obalski, ingénieur des Mines, inspecteur général des Mines de la province de Québec :
- L’amiante est une des spécialités de l’industrie minière de Québec, qui fournit 90 pour 100 de la consommation du monde entier. 16,000 tonnes, avec 7,000 tonnes du produit accessoire appelé nshestie, représentant en tout une valeur de 2,500,000 francs environ.
- L’amiante du Canada est de la variété minéralogique connue sous le nom de clirysolite, ou serpentine fibreuse. L’amiante de l’Italie est l’amphibole trémolite fibreuse. L’amiante dù Canada a une densité de 2,5 ; sa couleur est blanche ou verdâtre, mais les fibres séparées sont blanches, brillantes, soyeuses et d’une lon-
- gueur allant de 3 millimètres à 80 millimètres, et atteignant quelquefois 135 et même 170 millimètres pour un seul fil. Les veines se trouvent disséminées dans la serpentine, en tous sens, sans loi apparente, courant quelquefois sur des longueurs d’une centaine de pieds et plus. La proportion de fibre dans la roche solide est variable; au début de cette industrie, on considérait la proportion de 1 à 3 pour 100 de matière utile comme exploitable, 2 pour 100 était avantageux, et 3 pour 100 très avantageux. Mais à l’époque on n’utilisait que les fibres ayant plus de 8 à 10 millimètres de longueur. Aujourd’hui que les appareils de préparation mécanique permettent de tout employer, la proportion atteint en moyenne 6, et souvent même 10 à 15 pour 100, car le produit court, appelé asbestie, ou poudre d’amiante, sert à divers usages.
- Chimiquement, l’amiante est un silicate de magnésie et d’alumine hydraté contenant un peu de protoxyde de fer. A une haute température, il perd son eau d’hydratation et en durcissant, il perd sa propriété fibreuse, mais sans cependant se fondre ni être transformé.
- La lre classe, fibres longues et claires, vaut de 400 à 600 fr. la tonne ;
- La 2e classe, fibres moins longues, 200 à 250 fr. la tonne;
- La fibre, ne pouvant être filée, 150 à 250 fr. la tonne ;
- L’amiante à fibre courte, 75 à 125 fr. la tonne;
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- L’asbestie, serpentine broyée, à texture fibreuse, 15 à 50 fr. la tonne.
- Ces prix s’entendent, pris aux mines, en sacs de 100 livres.
- Carrosserie d’une diligence automobile01
- Sans aller jusqu’à croire que la diligence à pétrole est appelée à jouer à l’égard des chemins de fer le rôle que ceux-ci ont joué vis-à-vis de
- la vieille diligence, on peut admettre sans témérité que la voiture automobile leur fera bien quelque concurrence pour le transport des voyageurs.
- C’est en prévision de cette éventualité que nous avons composé cette voiture de voyage pour laquelle nous nous sommes inspirés des anciennes diligences.
- Il est bien évident que nous n’avons pas le moins du monde la prétention de donner ce type de voiture comme le modèle définitif à adopter pour un service de transports en commun. Ce serait plutôt un véhicule de voyage pour famille
- Carrosserie d’une diligence automobile.
- riche désirant un certain confortable et voulant emmener avec elle, dans ses pérégrinations, de nombreux bagages.
- COURSES
- Deux voitures Gillet-Forest n’avaient pu être contrôlées officiellement à la course de consommation de V Aulo-Vélo. Elles viennent de faire des essais officiels, par un temps assez défavorable, sur le parcours Paris-Meulan et retour et sous le contrôle de M. Gentilhomme et de notre confrère Georges Prade.
- Voici les résultats obtenus :
- Petite voiturette : Poids à vide, 541 kilos; poids en ordre de marche, 685 kilos; temps mis pour les 70 kil., 3 h. 1 m.; consommation, 4 litres 160.
- Voiture : Poids à vide : 710 kilos.
- Poids en ordre de marche : 873 kilos.
- Temps mis pour les 70 kilomètres : 3 h. 27.
- Consommation : 4 litres 850.
- Ces deux chiffres, que nous pouvons garantir, classent les deux voitures en tète de leur catégorie.
- Dans la catégorie voiturettes, le premier, M. Delahaye, avait 5 litres à son actif. Dans la catégorie petites voitures, le premier, M. Richard, avait 6 litres 400 à son actif.
- Le rapport à la tonne kilométrique donne :
- Petite voiture : 0 lit. 0867 ;
- Voiture : 0 lit. 0793.
- C’est la première fois, dit M. Gentilhomme, que ce chiffre tombe au-dessous de 8.
- Les deux véhicules ont un moteur de 5 chevaux environ (140 de course et 115 d’alésage, tournant à 800 tours).
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- (1) Communiqué par L. Dupont, 78, rue Doissière, à Ce Comité de 1 Automobile Club de France a Paris. décidé de donner l’année prochaine une course
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- de canots automobiles dont l’organisation sera confiée à YAuio-Vélo.
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- Les courses annuelles de F Automobile-Club du Var seront données probablement les 20 et 21 mars.
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- La saison de Nice.
- Nous avons déjà donné, au fur et à mesure des décisions prises, le programme des multiples épreuves qui donneront cette année à la saison automobile de Nice un éclat exceptionnel. Nous pouvons maintenant en publier le tableau d’ensemble nécessaire pour mettre un peu de clarté dans cette longue série.
- Lundi 21 janvier i90J. — Coupe de Linsky, pour véhicules à quatre roues, pesant moins de 500 kilos.
- Parcours : Gagnes, Crasse, Col-de-Saint-Valiier.
- Dimanche £7 janvier. — Coupe de Bary, épreuve sur un parcours tenu secret .jusqu'au matin de la course.
- Mardi 12 février. — Coupe Brunetta d’Usseaux, pour véhicules à quatre places, conduits par un membre d’un automobile-club reconnu.
- Parcours : Nice-Pugct-Théniers et retour.
- Dimanche 10 mars. — Coupe Lebaudy, pour véhicules à quatre places, au-dessus de /|00 kilos.
- Parcours : (tannes, La Bocca, Fréjus, Sainte-Maxime, Ilyères, La Cran, Cuers, Forcalqueiret, Flassans, Le Luc, Fréjus, La Bocca (216 kilom.).
- Dimanche 24 mars. — Corso automobile lleuri, à Nice, devant le jardin public.
- Lundi 25 mars. — Course de vitesse pour moto-cycles, voiturettes et voitures, il 200 francs de prix et médailles.
- Parcours : Nice, Cannes, Fréjus, Le Muy, Le Luc, Brignoles, Saint-Maximin, Pourcieux, Chàteauneuf, Le Ronge, Aix, Saint-Cannat, Lambese, Senas, Salon, Lançan, La Fare, Aix, Nice (Z|6ti kilom.).
- Course de touristes, pour motocycles, voiturettes et voilures. Prix : médailles.
- Parcours : Nice, Cannes, Fréjus, Le Muy, Dragui-gncn et retour par le même itinéraire (192 kilom.).
- Mardi 26 et mercredi 27 mars. — Exposition des véhicules primés.
- Jeudi 28 mars. — Course du mille et du kilomètre lancé, sur la piste eu ciment de la promenade des Anglais. Prix : objets d’art et médailles.
- Coupe Henri de Rothschild, pour véhicules à deux places, au-dessous de AOO kilos.
- Vendredi 29 mars. — Course annuelle Nice-La Turbie, réservée aux couleurs engagés dans la course de vitesse et obligatoire pour tous les concurrents classés de chaque catégorie. Prix : objets d’art et médailles.
- Coupe Arthur de Rothschild, pour véhicules au-dessus de 1500 kilos.
- Concours d’élégance à Monte-Carlo, dans l’après-midi. Prix : objets d'art.
- Du F1' au 6 avril. — Meeting à Draguignan, organisé par l’Automobile-Club du Var. Courses, concours, jeux divers.
- Dimanche 12mai. — Coupe de Nice, sur le parcours de La Boeca-de-Cannes, Fréjus, Brignoles, Le \ab Carrés, Largues, Draguignan, Le Muy, Fréjus, La Bocca.
- Autres épreuves non datées. — Coupe provinciale du Sud-Est, sur le parcours de Salon, Aix, Argon, Ta-rascon, Arles et Salon, organisée par l’Automobile Club de Salon.
- Coupe des motocycles sur la cote de Nice-La Turbie, organisée par la Côte d’Azur sportive.
- Coupe des yachts automobiles dans la baie des Anges, à Nice, organisée par Y Auto-Vélo.
- Sur les 14 engagements parvenus pour les épreuves de la semaine de mars, nous remarquons les concurrents suivants :
- Américains : MM. Mercedes (Baroff) avec une 28 chx. et Turner (William Dannat) avec une 35 chx.
- Anglais : MM. Stead et Knapp avec deux 20 chx.
- Allemand : M. Canello, avec une 20 chx.
- Autrichien : M. Mercedes (Jellineck) avec une 38 chx.
- Français : MM. P. Ghauchard, avec une 20 chx.; I> Pascal (Henri de Rothschild) avec une 28 chx.; Marge Pierre, avec une 24 chx; Levegli et Gilles Houigières, avec deux 32 chx.
- Il est probable que la Daimler de M. Jellineck sera pilotée par Lemaître, le vainqueur de Nice-Gastellane-Nice, en 1809.
- Outre les subventions de la ville de Nice, du Cercle de la Méditerranée et de la Société des Bains de mer de Monaco, voici les souscriptions qui sont parvenues pour les courses.
- Baron Henri de Rothschild, 1000 fr. ; M. Dannat, 500 fr.; Cie Nesseldorf, 500 fr.; Cic du Continental, 300 fr. ; Cic Daimler, 1000 fr. ; Dr Rahard Stern, 100 fr. ; M. Jellineck, 500 fr. ; Hôtel d’Angleterre, 500 fr.; Auto-Garage, 500 fr.; Crédit Lyonnais, 250 fr.; M. Gueyraud, 250 fr
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- La piste cimentée de la promenade des Anglais, qui vient d’être portée de 10 à 20 mètres de largeur, sera le théâtre des records de vitesse de l’an prochain. Or, sur cette piste de plus de 3 km, un gigantesque palmier se trouve en plein milieu de la promenade. On s’occupe de le faire enlever.
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- Le bureau de l’Automobile-Club de Nice a décidé, sur la proposition de M. Paul Ghauchard, de créer une section hélice pour les courses de canots automobiles.
- II a été décidé que cette section serait composée d'une commission mixte du Club nautique et de F Automobile-Club de Nice. Des pourparlers vont être engagés dans ce sens avec le Club nautique.
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- Le conseil général des Bouches-du-Rhône vient, dans sa session d’octobre, d’accorder à l’Automobile-Club de Salon, comme l’année dernière, une subvention de 5t)0 francs eu faveur de son critérium de Provence de juillet 1901.
- Le conseil municipal de Salon a également, comme l’an dernier, voté 600 francs pour la même épreuve.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- Malgré un budget qui s’est équilibré avec 6,000 francs de dépenses, l’Autoinobile-Club de Salon vient, d’acquérir un chronomètre avec certificat de première classe, destiné à faire agréer, comme chronométreur officiel de l’Automobile-Club de France, un de ses membres, M. Ilun-ziker, qui va passer bientôt l’examen obligatoire.
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- Il est question, parmi les chauffeurs de la région d’Alger, d’organiser une coupe algérienne qui se disputerait pendant la saison d’hiver.
- IY Auto-Vélo serait prié, par les organisateurs, de prendre en mains l’organisation de la course et de recevoir les engagements.
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- A l'assemblée générale de l’Autoniohile-Club de Belgique, le 21 novembre, M. Levis-Closset a lu son rapport sur le projet du tour de Belgique.
- Le tour de Belgique durera huit jours. Il y aura des expositions partielles et concours d’adresse à Charleroi, Liège, Anvers, Gand, et l’arrivée finale sera à Ostende, où se donnera une grande fête automobile avec le concours de l'administration communale. En même temps, concours pratique de tous genres pour automobiles de vitesse, touristes, de livraison et de pneumatiques.
- Les Automôbile-Cdub d’Anvers, de Charleroi, de Liège et des deux Flandres auront à intervenir dans l’organisation partielle et l’exécution du programme.
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- Le tour d’Italie.
- Pour le tour d’Italie, le classement des concurrents sera fait de la façon suivante :
- 1° Véhicules au-dessous de 600 kilos, deux places côte à côte; 2° Véhicules de 600 à 1000 kilos, à trois ou quatre places; 3° Véhicules au-dessus de 1000 kilos, également à trois ou quatre places.
- La première catégorie devra faire une moyenne de 20 kilomètres à l’heure, la seconde 30 et la troisième 35.
- Un grand concours de photographie sera joint à cette épreuve, appelée à réunir de très nombreux concurrents.
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- Les inscriptions pour la coupe Gordon-Bennett sont reçues à l’Automobile-Club allemand jusqu’au 1er janvier. Il est bon de rappeler aux concurrents éventuels que, en conformité des décisions prises, le matériel tout entier composant la voiture doit avoir été fabriqué dans le pays.
- La course au» a lieu au mois de juillet ou au mois d’août de l’année prochaine.
- Jusqu’à présent se sont fait inscrire :
- Benz et Cie, une voiture de course ;
- Durkopp, une voiture de course ;
- La Société des moteurs Daimler, 2 voitures.
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- La course Berlin-Vienne.
- C’est chose décidée. Nous aurons, l’an prochain, deux ou trois jours après Paris-Berlin, une seconde course Berlin-Vienne à laquelle prendront part les concurrents de la première épreuve. Cette course est organisée par notre confrère Y Auto-Vélo, avec le concours des Automobile-Club de France, d’Allemagne et d’Autriche. C’est donc un succès assuré. Des prix très importants seront, du reste, alloués à cette course.
- La distance Berlin-Vienne n’étant guère que de 600 kilomètres, cette étape supplémentaire sera un jeu pour les concurrents. Par contre, elle aura l’avantage de compléter merveilleusement la course Paris-Berlin en y intéressant les chauffeurs d’Autriche-Hongrie, qui sont déjà très nombreux et très unis sous l’égide de l’Automo-bile-Club d’Autriche, que le comte Poetting préside à la satisfaction générale.
- En réalité, nous aurons donc la course Paris-Berlin-Vienne, avec repos à Berlin. Ce sera un événement unique dans l’histoire de l’automobile, et cela donnera certainement à notre industrie un regain de vitalité.
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- If Automobile-Club de Belgique songe à organiser une épreuve Liège-Berlin dont la date coïnciderait avec celle de Paris-Berlin. L’idée est excellente, et il serait à désirer qu’elle fût imitée par d’autres associations de l’étranger.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le salon du grand Palais.
- Dès maintenant, les constructeurs désireux d’exposer des voitures automobiles, à la troisième Exposition internationale de 1901, salon de l’automobile, du cycle et des sports, peuvent faire la demande de poinçonnage, pour le parcours obligatoire de Versailles.
- Cette mesure a son intérêt, car beaucoup de constructeurs préfèrent présenter leurs voitures à l’épreuve, avant que la peinture et la garniture soient achevées.
- Adresser les demandes à la direction du Salon, à l’Automobile-Club de France, 6, place de la Concorde, Paris.
- D’autre part, les inscriptions affluent au Commissariat général.
- Nous commençons dès aujourd’hui à publier, par ordre d’inscription, les noms des industriels qui ont envoyé leur demande d’admission.
- De Dion et Bouton (automobiles), Era. Delahaye et Cie (automobiles), A. Darracq et Ci0 (cycles et auto-
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- Les deux Expositions de Londres.
- Un sait que Londres vient de posséder deux brillants Salons du cycle : d’une part, ce qu’on nomme le Stanley Show; d’autre part, le National Show. Or, dans l’un comme dans l’autre, les automobiles sont brillamment représentées.
- Nous ne pouvons songer à citer même d’un mot les divers exposants qu’on y rencontre, car cela nous forcerait à sortir complètement des limites que nous devons nous imposer quand il s’agit d’expositions étrangères; mais nous donnerons quelques indications fort brèves.
- Au National Show, on remarquait toute une série de voitures et voiturettes Daimler, de Dion, King, Marshall, Orient; des tricycles mécaniques et de nombreux cycles à moteurs également. Au Stanley Show, le nombre des exposants dans la classe de l’automobilisme étaient à peu près aussi nombreux : Dunliill, Eadie, G-ennage, Hum-ber, etc. L’abondance des tricycles et quadricycles mécaniques était peut-être plus grande encore. D’une façon générale, et autant qu’on en peut juger, il semble que, en Angleterre, plus on va, plus on cherche à construire des voitures aussi légères que possible, au lieu des monstres qui étaient auparavant de constructien courante.
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- A TRAVERS LA PRESSE
- Jean Nicolas, la situation actuelle de l’industrie automobile :
- . Si en général l'industrie automobile périclite, c’est, rien ne sert de le dissimuler, que la plupart des entreprises qu’elle a provoquées, n’étaient pas viables.
- Au début de l’automobilisme, le succès paraissait certain à ceux qui, nombreux, se lancèrent dans cette carrière. Les prix étaient élevés. I)e la mécanique à 20 et 30 fr. le kilog., cela semblait de l’or en barre. Les débouchés étaient illimités, la concurrence nulle à condition de se hâter...
- Mais les constructeurs, les ingénieurs, devaient reconnaître bientôt qu’il est extraordinairement difficile de mettre au point une voiture, qu’il faut pour cela de la science, beaucoup d’argent, et surtout l’étoffe dont est faite l’expérience, c’est-à-dire le temps, puis que le type à peu près créé, sa fabrication exige un outillage considérable, des ouvriers expérimentés, des matières premières difficiles à se procurer.
- La situation critique de l’industrie automobile ne cessera pas aussi longtemps que le struggle for life, la sélection naturelle, n’aura pas brutalement supprimé les incapables, les impuissants qui entravent ceux qui peuvent.
- h’Autocar fait remarquer qu’il suffirait de voir une voiture, trainée par un cheval, descendre une côte pour être partisan de l’automobile et constater sa supériorité. Le cheval fait des efforts énormes pour soutenir le poids qui le pousse et il se fatigue plus même qu’à une montée.
- La savante publication Electrical Review, que nous trouvons maintenant constamment suivant de fort près le mouvement automobile, vient de donner un article de tête fort intéressant sur les avantages qu’assurerait l’électromobile et sur la nécessité de trouver un nouveau type d’accumulateur léger. Pour cette Revue, les seuls genres vraiment pratiques de voitures mécaniques sont ceux qui font appel à la vapeur ou à l'électricité, mais il est déplorable de constater que l’on ne trouve rien autre comme matière première des batteries que le plomb, qui unit tout à un poids considérable une instabilité mécanique déplorable.
- -K-X-K-
- Décidôment la muse devient automobile ; voici que, à son tour, la Motcr car Journal publie une pièce de vers intitulée : « Celerior » et qui est même fort morale puisqu’elle raconte les. malheurs d’un chauffeur qui se tue en voulant aller trop vite. -
- On vient de lancer en Angleterre, sous le nom de 3lotor-Market, une publication qui aura pour but spécial et unique d’annoncer les véhicules a.utomobiles à vendre d’occasion. C’est- tout à fait ViTsigne des temps et cela montre l’importance que prennent ces sortes de transactions. ,
- Notre confrère VAutomobile Belge apprécie en ces termes, dans un excellent article signé
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- On vient de faire en Italie les essais de l’omnibus automobile qui doit faire le service public entre Pavie et Abbiategrasso par Bereguardo et Besate. Cet essai s’est passé parfaitement bien, au milieu d’un immense concours dépopulation.
- —o—
- Ce qui montre bien que l’automobilisme gagne rapidement du terrain en Espagne, c’est que la seule ville de la Corogne possède deux services de véhicules mécaniques la réunissant avec sa banlieue; ils se sont du reste entendus pour que leurs départs ne se fassent point concurrence : les uns partent le matin, les autres le soir.
- —o—
- Le mouvement automobile se continue d’une façon intense en Espagne : c’est ainsi que, en outre des lignes de services publics fort nombreuses que nous avons citées, il faut ajouter d’autres services dont on prépare l'ouverture. Une ligne, notamment, fonctionnera entre Villa del Prado et Aravaca, une autre entre Alhama et Entloja et cette première ville et Grenade; enfin, on annonce l’arrivce à Malaga d’un ingénieur qui va établir un service entre Malaga même et Nerja.
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- BOITE AUX LETTRES
- Nous recevons la lettre suivante ;
- Monsieur le rédacteur,
- Dans le numéro du 22 novembre de la Locomotion automobile, vous reproduisez un article de la Suisse sportive, dont la conclusion serait que les voitures automobiles circulant en Suisse peuvent être frappées d’une taxe dans les cantons, sur les routes desquelles on les fait circuler. Suit une lettre véhémente dont le style exagéré n’échappe à personne.
- Je crois de mon devoir, dans l’intérêt de l'automobilisme, de protester contre cette assertion tout à fait erronée, dont la conséquence directe peut être de détourner le tourisme de notre pays. L’origine de cette polémique n'est autre qu'une question de clocher au sujet d’un citoyen suisse domicilié dans deux cantons auquel il a été réclamé une double taxe.
- Agréez, etc.
- ÀI.ERLD BnOi.LIET.
- BIBLIOGRAPHIE
- Freins de secours. — D'un déraillement au métropolitain.— Des tramways tamponneurs. — Du frein-traîneau pour locomotioes. —Des signaux, par Ludovic Péneau, membre du Tou-
- ring-Club français. Une brochure de 50 pages chez l’auteur, 3, rue Jacques-Dulud, Neuilly-sur-Seine.
- Cette brochure est la réunion d’une série d’intéressants articles sur des sujets malheureusement en dehors du cadre de notre journal, ce qui nous empêche d’en rendre compte longuement. Nous croyons pourtant devoir la signaler à ceux de nos lecteurs qui s’intéressent aux questions de tramways et de chemins de fer.
- Le Touring-Club italien vient de faire paraître une publication qui rendra certainement les plus grands services à tous les touristes : c’est le guide itinéraire des voies de grande communication, composé par L. V. Pertarelli. Cet ouvrage, qui ne comprend pas moins de 5 volumes, décrit 355 itinéraires représentant un développement de 27,630 kilomètres. Ce qu’il y a de remarquable c’est qu’on y a traité (et fort bien à ce qu’il parait) les grandes voies de l’étranger.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — M. Henry Capel Lotrt Holden, officier d’artillerie à l'Arsenal de Woolwich (Angleterre', désire accorder des licences d’exploi tation pour les perfectionnements dans les moteurs à gaz, à vapeur et à pétiole qui ont fait l'objet du brevet français qu’il a pris le 25 août 1898 et qui lui a été délivré le 2 décembre 1898 SOUS le 11“ 280866.
- Pour tous renseignements s’adresser à M. Holden, à Woolwich (Angleterre), ou à M. Armengaud jeune, ingénieur conseil, 23, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- AVIS A NOS ABONNÉS
- Nous prévenons nos lecteurs dont l'abonnement expire fin décembre 1900 qu’ils peuvent le renouveler dès maintenant sans frais dans tous les bureaux de poste.
- Nous rappelons à nos collègues du Touring-Club que leur renouvellement (France, un an, 13 fr. 50; Etranger, 18 fr. 50) doit être adressée à nos bureaux, 4, rue Chauveau-Lagarde, Paris, pour ne pas compliquer le service de notre association.
- Adresser un mandat au nom de M. Raoul Vuillemot, directeur de la Locomotion Automobile. — Le talon servira de reçu.
- Nous prions ceux de nos abonnés qui auraient l’intention de ne pas renouveler leur abonnement de nous prévenir avant le 15 décembre. Passé cette date, la quittance pour 1901 sera mise en recouvrement postal sans frais.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — b. DE SOYE ET FILS, IMFR., 18, R. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année.
- N° 50.
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- SOMMAIRE DU N“ 50.
- Les automobiles électriques, A. Delcisalle. — Le coefficient de mérite des Autos. — Echos. — La voiture Emmanuel Legrand. — Le moteur Brolliet. — Le bateau électrique Smitt et Zoon. — Les automobiles à air liquide. — Le marasme de l’industrie automobile. — Un Constructeur. — Break Daimler pour service public. — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Tribunaux. — Boîte aux lettres. — Bibliographie. — Courrier industriel.
- ----------------------
- LES AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES
- L'état de l'industrie des automobiles électriques est plutôt précaire en ce moment; partout on voit le ralentissement, si ce n’est plus. Où est-il cet engouement des premières heures, où tous : ingénieurs, chercheurs, inventeurs de toute catégorie, produisaient un type nouveau devant révolutionner le monde? Parti loin, bien loin, et on se demande même comment on a pu se laisser aller ainsi.
- Chez nous, on ne sait pas attendre, on part et on s’emballe à tonte vitesse, fou et grisé. Pendant ce temps, nos bons voisins, calmes, tranquilles, nous regardent, rient et... profitent de nos bévues pour nous damer le pion. Il en sera de l’automobile électrique, comme il en a ôté de l’accumulateur, de l’industrie électrique en général. L’Exposition de 1900 nous a, hélas! montré comment les Allemands entendent l’industrie et de quelle façon ils la pratiquent, la développent et lui donnent une envergure remarquable.
- Au lieu de nous contenter de demander à l’électromobile ce qu’elle est susceptible de donner, on veut exiger d’elle des parcours de grande longueur, aussi que fait-on? On prend des batteries d’accumula-
- teurs ultra-légères qui, évidemment, sous un faible poids, permettent de disposer d’un grand nombre de watts-heure; mais au bout de quelque temps,' de la batterie il ne reste plus que les bacs et le cadre qui soutenait la matière active; quant à celle-ci, elle est dans le fond des bacs. Le propriétaire de l’électromobile, qui est forcément riche, puisqu’il a payé sa voiture un prix assez élevé, paye la réparation une fois, deux fois, mais à la fin il en a assez, d’autant que le fabricant l’écorche un peu en lui faisant payer la mise en état très grassement; il vend sa voiture en racontant partout qu’on n’a rien vu de plus ruineux.
- Non seulement la batterie, mais aussi les pneumatiques, les organes mécaniques apportent leur appui à la hausse du prix d'entretien et concourent évidemment un peu, si on a soin de la voiture et si on la conduit bien, à dégoûter à jamais l’élec-tromobiliste.
- En Allemagne, au contraire, on limite la voiture électrique à l’exploitation, sinon de poids lourds, du moins de poids moyens, en employant des accumulateurs solides et robustes, mais lourds, et c’est là, dans l’état actuel de l’industrie de l’accumulateur qu’est la seule solution. Au lieu de prendre des batteries ayant une capacité de 10 à 12 ampères-heures par kilogramme de poids total, au régime de cinq heures, il faut se contenter de 5 à 6 ampères-heure. Entre les accumulateurs se rapprochant de ce dernier type, il faudra choisir ceux à formation Planté ayant une chance d’usure réduite par un choix judicieux de matières premières. Même pour les poids légers on peut arriver à constituer des éléments Planté-Eaure, rivalisant à peu de chose près avec les éléments Faure de grande capacité ; on en verra du reste au prochain concours des accumulateurs, si nous sommes bien renseignés.
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- Au point de vue de l’équipement électrique, nous sommes arrivés déjà à des perfectionnements sérieux par l’emploi du moteur à double enroulement supprimant tout couplage de batteries et parfois même tout couplage d’enroulement inducteurs. Sous le rapport des moteurs notre rang est encore honnête et nous pourrons le garder à condition, bien entendu, que nous en construisions et actuellement nous ne paraissons pas en prendre le chemin.
- Les sociétés qui s’étaient constituées pour la construction des électromobiles marchent cahin-caha, quand elles ne ferment pas, faute de clients, qu’elles ont effrayés par leurs prix de vente élevés. La Compagnie générale des voitures est heureuse de profiter d’une grève pour arrêter son service de fiacres et, avec les loueurs de voitures, tempête sur le prix de revient élevé de la traction par accumulateurs. Et tout le monde de s’exclamer que les accus ne valent rien. Pauvres accus!
- Les actionnaires qu’on trouve d’autre part veulent d’énormes dividendes avant même que la Société soit en fonctionnement, et remarquez qu’on a d’abord beaucoup de peine à en trouver; on aime mieux chez nous l’Etat à 3 0/0 ou la Ville de Paris à 2 1/2 qui sont sûrs, plutôt que de souscrire sur une affaire industrielle pleine de risques. Et l’on vient dire ensuite que les Français sont aventureux ; on ne s’en aperçoit guère. De fait, il est certainement difficile à une affaire de traction qui a un gros matériel à installer, matériel qui doit être amorti rapidement, de donner de suite des gros bénéfices; il faut même se résoudre, en faisant de l’exploitation, à immobiliser de l’argent pendant un moment, mais il faut choisir un mode d’exploitation pratique. Ce n’est que par la patience qu’on peut arriver à un résultat. C’est par des critérium et des concours judicieusement établis sur la qualité des matériaux: accumulateurs, moteurs, com-binateure, freins, et non par des courses de vitesse, qu’on arrivera à vulgariser l’électromobile; c’est aussi par une sage entente entre les constructeurs afin d’abaisser leurs prix, par des encouragements donnés par les grandes sociétés dites d'Encouragement, qu’on peut relever une industrie de progrès et d’avenir. Mais voilà. Tout cela est-il possible?
- A. Delasalle.
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- Le coefficient de mérite des autos.
- Un ingénieur, M. Arnoux, a présenté à l’association pour l’avancement des sciences un. mémoire dans lequel il fait remarquer que jusqu’ici, dans les concours d'automobiles, on a attaché à la vitesse une importance capitale, sans se préoccuper aucunement des dépenses et sacrifices auxquels il a fallu consentir pour obtenir cette vitesse. Quelles sont donc, en réalité, les qualités essentielles qu’on est en droit d’exiger du constructeur dans une automobile judicieusement établi? C’est évidemment (en dehors d’un entretien peu coûteux) de transporter le plus grand poids à la plus grande vitesse et le plus loin possible, avec le minimum de dépense correspondante en pétrole et en huile, s’il s’agit, par exemple, d’une voiture à pétrole. C’est sur la prise en considération de ces quatre facteurs qu’il est facile de baser une formule qui permettra de mettre en évidence les qualités d’un automobile, en disant que son coefficient de mérite Cm sera directement proportionnel au poids P transporté à la vitesse moyenne Y du chemin parcouru L et en raison inverse de la somme des poids p p' du pétrole et de l’huile consommés (ces deux poids étant ramenés à la même valeur marchande) ; on aura ainsi :
- ^ P VL PL*
- Cm =--------; = -------
- p + p (p-t-p) r
- T désignant la durée du trajet L effectué.
- Cette formule permettra, suivant M. Arnoux, avec des facteurs tous d’un contrôle facile et précis, de déterminer d’une façon beaucoup plus complète et rationnelle le véritable mérite pratique d’une automobile.
- Un concours basé sur ces principes, dit le savant ingénieur, aura un autre avantage : celui d’obliger les constructeurs à faire une étude très attentive du moteur et des organes de transmission, engrenages, courroies, chaînes, etc,, de façon à en porter au maximum le rendement économique, question qui a été laissée complètement de côté jusqu’ici.
- On a déjà proposé bien des formules de mérite pour les courses et les coucours d’automobiles. Ces formules, souvent très ingénieuses, n’ont jamais été adoptées. La cause en est que ces formules présentent un certain danger. Souvent elles sont beaucoup trop compliquées. On veut tenir compte d’une foule d’éléments divers et on arrive à des calculs à décourager les membres du bureau des longitudes. D’ailleurs, comme ces éléments sont souvent très difficiles à grouper entre eux, il se produit un fait bizarre, c’est que la formule de mérite arrive, lorsqu’on l'applique, à donner tout le contraire de ce qu’on lui demandait. Au lieu de faire triompher la voiture la meilleure à tous les points de vue, elle la relègue souvent au second rang ou bien au dernier. Souhaitons que M. Arnoux soit plus heureux que ses devanciers.
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- ÉCHOS
- Le Touring-Club- de France a tenu dimanche dernier son assemblée générale dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de. M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics.
- Dans un excellent discours, M. Abel Ballif a résumé les travaux de l’association pendant l’année qui vient de s’écouler, et il a demandé au ministre de défendre les chauffeurs contre les excès de zèle des agents et contre- les excès de tarification des Compagnies de chemins de fer.
- M. Pierre Baudin a répondu par une charmante allocution qui a été très applaudie.
- La séance s’est terminée par une conférence humoristique du Dr Léon Petit, qui a rappelé qu’il y a dix ans le Touring-Club de France, alors à ses débuts, avait 114 fr. 50 en caisse. Que de chemin parcouru depuis,
- Grand succès, comme toujours, pour l’éloquent conférencier.
- *
- Une proposition de loi vient d’ètre soumise à Chambre des députés, pour assimiler les automobiles aux autres véhicules que l’autorité militaire est en droit de réquisitionner.
- Si cette proposition est adoptée, tous les trois ans, avant le 17 janvier, on fera dans chaque commune le recensement des automobiles, dont le classement de ces dernières sera arrêté par des commissions mixtes. A l’issue de ce classement, il sera procédé à un tirage au sort qui réglera l’ordre d’appel des automobiles en cas de mobilisation.
- Un tableau de recensement des automobiles sera dressé en double expédition; les numéros du tirage y seront inscrits.
- Ces automobiles seront conduites par les intéressés devant l’autorité militaire. Leurs propriétaires seront prévenus de la convocation par le maire. Us recevront sans délai les mandats, payables à la caisse du receveur des finances, représentant le prix qui aura été fixé par l’autorité militaire.
- Les chauffeurs qui, sans motifs légitimes admis par la commission de réception, ne se seront pas rendus avec leurs véhicules à la convocation, seront déférés aux tribunaux, et, en cas de condamnation, frappés d’une amende égale à la moitié du prix moyen d’acquisition des automobiles dans la région.
- *
- L’administration de la Préfecture de police vient de communiquer au Conseil municipal le budget relatif au nouveau service des agents cyclistes, chers aux chauffeurs.
- Ce service comprendra, si le projet est adopté par le Conseil, douze agents cyclistes par arrondissement; ils toucheront chacun 10 francs par mois d’indemnité pour acquisition et frais d’en-
- tretien de leur machine, soit 240 à 120 francs; au total : 28 800 francs.
- Vingt stagiaires, dont un par arrondissement, qui toucheront une indemnité de 1 franc par jour, soit 7200 francs à ajouter pour cinq compagnies de réserve à 2000 francs, ce qui forme une somme totale de* 38 000 francs, dont la moitié à la charge de l’Etat et l’autre à la Ville de Paris', soit 19 000 francs. -
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- Dans sa séance du 10 décembre, la Chambre des députés a repoussé, par 278 voix contre 250, un amendement à la loi sur la réforme des boissons proposé par M. Dansette, député du Nord.
- Cet amendement demandait :
- 1° Qu'on affranchit de tout droit de circulation et de tout impôt, autre qu’un droit de statistique de 25 centimes par hectolitre, les alcools dénaturés.
- 2° Qu'on réduisit à 3 francs par hectolitre le coût du dénaturant et les prix de dénaturation.
- Le lendemain la Chambre a voté, sur la propositions de MM. Klotz, Ribot, Guillain, Plichon et Dansette, le remplacement de la taxe de dénaturation par un droit de statistique de 0 fr. 25,
- Gqt échec, très regrettable au point de vue de l’emploi futur de l’alcool pour les autos, est dû à deux causes : d’abord à l’obligation où se serait trouvé le ministre des finances de demander à la Chambre, en cas de vote du projet, un crédit supplémentaire de plus de 2 millions qu’il eût fallu, naturellement, prendre dans la poche des contribuables; ensuite à l’effet produit par les campagnes de presse peu adroites de certains agents des fabricants cfalcool.
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- M. Pugliesi Conti, conseiller municipal du quartier de la Plaine-Monceau, vient de faire renvoyer à la première commission du Conseil, pour étude, une pétition du directeur du Palais de l’Automobile, demandant l’exonération d’une partie de la redevance due pour stationnement de ses voitures automobiles.
- &
- Encore une nouvelle taxe locale sur les automobiles. C’est la municipalité dé Roubaix qui a eu cette belle idée. Cette taxe serait purement et simplement égale à celle que perçoit l’Etat.
- Les chauffeurs de Roubaix créent lieureuser ment un automobile-club, et il est probable qu’ils tâcheront de mettre en échec la municipalité.
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- Sait-on combien il y a d’automobile-club en France? Exactement, 24. Nous notons, dans le récent dénombrement fait à ce sujet : les automobile-club de France, de Bordeaux, de Pau, de Toulouse, de Périgueux, de Nice, de Marseille, de Salon, de Béziers,.de Rouep, de Gre-
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- noble ; Automobile et Bicycle-Club de Lyon ; de l’Auvergne, à Clermont-Ferrand; de Dijon, de Lons-le-Saunier, de Lorraine, à Nancy ; de Seine-et-Oise, à Versailles; de Nantes, les Chauffeurs du Midi à Avignon, Moto-Club de Lyon, etc.
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- Un certain nombre de propriétaires de canots automobiles vont fonder une société ouverte qui aura pour but d’encourager spécialement la navigation des embarcations à pétrole, électriques et à vapeur.
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- Voici quelques chiffres intéressants au sujet des Automobile-Club français et étrangers :
- L’Automobile-Club de France compte 2,389 membres; l’Automobile-Club d’Amérique, 262; l'Automobile-Club de Grande-Bretagne, 730.
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- Le maire de Cosne vient de prendre un arrêté limitant la vitesse des automobiles à 6 kilomètres à l’heure.
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- M. Turgan, dont nous avons annoncé le départ pour la Tunisie et l’Algérie, vient d’arriver, après un voyage excellent avec sa roulotte à vapeur Quo vadis, à Gabès, au sud de la Tunisie. Il part pour Sfax et de là pour Tunis, d’où il reviendra par l’Algérie et l’Espagne.
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- Dans quelques jours, notre confrère la Côte d'Azur sportive va faire paraître l’édition de 1901 de son « Carnet des fêtes sportives et mondaines » pour la région du littoral méditerranéen.
- Ce Carnet, luxueusement édité et tiré à vingt-cinq mille exemplaires, est adressé, dès leur arrivée, à tous les hiverneurs qui s’installent pour la saison sur la cote, depuis Toulon jusqu’à Menton.
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- On se souvient du beau succès obtenu, l’hiver dernier, par le concours photographique de l’Automobile-Club de Nice. Cette intéressante manifestation se renouvellera cette année. Sont chargés de l’organisation de ce concours : MM. Huet, Bellivet, Brossé, Gibert, Randon, de Cessole, Ch. Gondoin, Pryce Hamilton, Sue, Bartol, René Thierry, Verany, Albert, Ziegler, de Soës, A. Durandy, Witlock, Frisbie, Laroze, ‘Levinstein, Nicot et Saqui.
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- On annonce la prochaine apparition d’une revue bimensuelle illustrée ayant pour titre ; l'Armée automobile.
- Elle aura pour directeur M. Dessane, et ses bureaux seront situés 9, rue St-Savin, à Poitiers.
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- La Chambre Syndicale belge de l’Automobile se réunira prochainement’ en assemblée générale pour l’élection de trois nouveaux syndics, à nommer par l’assemblée, en remplacement de MM. Chargeois, Craninckx et J.-P. Fontaine, démissionnaires et non rééligibles cette année, en raison des statuts.
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- Le comte de Turin, tout comme le prince de Galles, le roi des Belges, et tant d’autres personnages de maisons royales, vient de commander une voiture automobile. Les journaux italiens n’admettent pas que le royal chauffeur commande sa voiture à d’autres maisons que les maisons italiennes.
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- Le lieutenant Edouard Engles, de Francfort-sur-le-Mein, a exécuté un voyage dans les Alpes avec un Benz de 5 chevaux. Sa femme et un monteur l’accompagnaient.
- La voiture, d’un poids de 700 kilos, avait encore 80 kilos de bagages. De Francfort, ils se dirigèrent sur Stuttgart, Ulm et Munich, ensuite vers Inssbruck via Kochelsee, Walchensee en franchissant le Karwendel à 1176 mètres d’altitude et le Brenner après, à 1362 mètres d’altitude, le voyage continua par Sterzing, Toblack, Cortino, Belluno, Feltree, Trévisi, Venmestri (Venise). Le retour s’effectuera par Trieste, les cols de Tonal (1884 mètres), Epaica (1180 mètres), par Ti-rano, Bormio, Stilfser Joch (2756 mètres), Neus-pordinig, Landeck, Areberg (1802 mètres) Bludenz Bregenz, Friedrichshofen, Ulm. D’après la déclaration des douaniers à Stilfzer Joch, aucune voiture allemande n’avait encore franchi le col. Les 2000 kil. environ que comportait ce voyage furent parcourus en 99 heures, ce qui ramène la vitesse à peu près à 20 kil. à l’heure, en dépit des hautes altitudes atteintes.
- Si les routes de Bavière eussent été meilleures, les voyageurs auraient pu aussi réaliser un meilleur temps, malheureusement retardé par de grandes réparations des bandages pneumatiques. L’automobile avait déjà paru sur le Brenner, mais c’est la première fois que le Stilfser Joch et le col de Tonal ont été visités par ce genre de véhicule. j
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- Le règlement administratif relatif à la circulation des automobiles dans le district de Leipzig contient les principales dispositions suivantes :
- La circulation des automobiles sur routes, places et chemins publics n’est permise qu’à la condition que le conducteur de la voiture soit une personne adulte, sobre et familiarisée avec son mécanisme, particulièrement avec la manœuvre des appareils de direction et de freinage.
- Toute automobile doit porter le nom et l'indi-
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- cation du domicile de son propriétaire et, au cas où celui-ci en posséderait plusieurs, celles-ci doivent être indiquées par un numéro spécial facilement lisible; de plus, elles sont tenues d’être pourvues d’une trompe retentissante ou d’un sifflet à diapason bas qui permette au conducteur de donner un avertissement utile aux voitures qu’elles doublent ou qu’elles croisent ainsi qu’aux passants, ensuite avec deux dispositifs de freins indépendants l’un de l’autre, elles doivent pouvoir, par l’action unique de l’un d’eux, s’arrêter instantanément même à pleine charge, et enfin elles seront munies pendant la nuit de deux lampes brillantes à l’avant et de deux lanternes latérales.
- La vitesse dans les localités habitées ne doit pas dépasser celle du trot modéré d’un cheval. Dans les passages resserrés, comme dans l’agglomération d’un grand nombre de piétons ou de voitures, notamment aux carrefours, aux croisements et aux tournants des rues, aux passages à niveau des chemins de fer, à l’entrée ou à la sortie des propriétés ou immeubles bordant les rues, la vitesse ne peut excéder l’allure au pas.
- Il est encore prescrit de marcher lentement lorsque l'automobile a à doubler d’autres voitures ou à les éviter et, en cas de besoin, sur un signal donné par les cochers, l’automobile doit s’arrêter pour ne pas produire l’effarement des chevaux.
- Il est absolument défendu de laisser stationner une voiture sans surveillance sur les rues, chemins et places publiques.
- Les contrevenants à ces dispositions sont passibles d’amendes élevées et même des peines d’emprisonnement.
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- Il est question d’essayer la traction automobile concurremment avec la traction hippomobile dans le service des pompes à incendie de Londres.
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- Le fameux Crystal-Palace de Londres va ouvrir un garage pour les automobiles de plus en plus nombreuses qui le fréquentent.
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- M. Herbert W. Egerton, le chauffeur anglais bien connu, a quitté Londres samedi dernier pour Wick, point initial d’un immense raid automobile qu’il a projeté de faire à travers l’Angleterre, de John o’Groats a Land’s End, soit une distance de 880 milles.
- M. H. W. Egerton aura un compagnon durant tout son raid. Il espère faire 100 milles par jour. La route qu’il suivra passe par Inverness, Perth, Edimbourg, Gretna-Green, Carlisle, Preston, Worcester, Bristol, Exeter et Penzance.
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- Le dernier succès obtenu par les automobiles Decauville, qui ont couvert, à Londres, 1600 kilomètres sans arrêt, vient d’être consacré d’une façon définitive par l’opinion publique.
- Les magasins du Louvre et du Printemps mettent en vente, pour les étrennes, des voitures et voiturettes Decauville dont les prix, à la portée de toutes les bourses, varient de 17 fr. 50 à 6 fr. 50.
- C’est évidemment le record du bon marché pour les automobiles.
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- La conférence faite à Liverpool par M. Forestier, sous les auspices de la Self propelled Trafic association a été très applaudie. Après la conférence, qui traitait des poids lourds en France, le lord maire de Liverpool a remercié le conférencier en excellents termes. M. A. G. Lyster, ingénieur des docks de la Mersey, le professeur Strong et le comte de Derby ont prononcé également des allocutions très applaudies.
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- La Reulerdhal Electric Company de Providence, aux Etats-Unis, va entamer la fabrication de batteries électriques de type tout spécial pour des voitures automobiles. Il paraît que les accumulateurs en question auront une très grande capacité et cependant ne présenteront qu’un poids relativement faible. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de tout ce que pourront donner lesdits accumulateurs dans des expériences à venir.
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- Un Américain, M. Lyle, vient d’inventer une nouvelle voiture automobile destinée à remorquer des canons, et les officiers d’état-major des Etats-Unis en augurent fort bien.
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- Une des agences chargées de la levée des lettres, à Bridgeport, aux Etats-Unis, vient, comme tant d’autres, de remplacer sa voiture à chevaux par une automobile, et il est en état de ne mettre que 57 minutes pour opérer les levées qui lui demandaient autrefois 1 heure 22 minutes.
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- L’entrepreneur de transports postaux entre Green-Bay, aux États-Unis et Shawano, vient de remplacer sa voiture à chevaux par une automobile : il y trouve un avantage considérable et le service des postes aussi, puisque le voyage complet demande six heures de moins qu’aupa-ravant.
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- Le directeur des postes de New-York vient de diriger lui-même des expériences pour s’assurer des conditions dans lesquelles pourrait s’effectuer la levée des boîtes postales au moyen d’une automobile à pétrole du système Hertel.
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- La Toiture Emmanaei Legrand.
- Dans le type d’automobile étudié par M. Emmanuel Legrand, les trépidations des moteurs sont supprimées pour les personnes assises dans la voiture.
- Ce résultat est obtenu d’une façon fort simple dont l’idée est loin d’être nouvelle, mais qui semble aujourd’hui complètement oubliée et abandonnée pour les grosses voitures. La caisse est tout à fait indépendante, ainsi que les organes de direction, du châssis où se trouvent
- fixés les moteurs à pétrole. Quatre ressorts à pincettes d’une flexibilité suffisante supportent la caisse en éteignant par leur élasticité toutes les oscillations désordonnées des moteurs.
- La direction est absolument exempte de trépidations, car elle est fixée à la caisse de la voiture et commande par biellettes les pivots de l’avant-train à essieu brisé. Ce point a une grande importance au point de vue du confort, car il n’y a rien de plus fatigant pour un conducteur que d’avoir en main une direction qui frémit constamment.
- Le châssis de cette voiture est en tubes d’acier étirés de 40 mm. (Yoirfig. 2 et 3). Deux moteurs
- Eig /. — La voiture Emmanuel Legrand.
- de Dion-Bouton de 3 chevaux effectifs à refroidissement par eau sont solidement fixés au cadre en A et A'. Leur centre de gravité est descendu très lias, de telle sorte que les carters des moteurs se trouvent au-dessous du plan du cadre : ils sont ainsi extrêmement accessibles. L’extrémité de l'arbre de chaque moteur porte un tambour en bois.
- Le carter des changements de vitesse est en aluminium et hermétiquement clos. On le voit en B sur la fig. 1. Un premier arbre traverse de part en part le carter. Cet arbre porte 4 pignons en acier doux, ses extrémités sont munies de deux poulies en aluminium de même diamètre que les tambours en bois des moteurs. En regard de ces premières poulies, sont montées sur deux arbres absolument indépendants du premier, deux poulies folles C et G également en aluminium. Une courroie en cuir spécial D réunit chaque tambour des moteurs à chacune de ces poulies.
- L’effort moteur est donc-transmis-à l’arbre des pignons de changement de vitesses par deux courroies qui constituent l’accouplement des moteurs tout en leur laissant une certaine indépendance.
- Deux moteurs à mouvements alternatifs à grande vitesse forment un ensemble oscillant auquel le principe physique de la synchronisation s’applique d’une curieuse façon. Quelle que soit la position relative du piston de chaque moteur au moment de la mise en marche, les courses des pistons, au bout de quelques instants de fonctionnement, deviennent concomitantes et les explosions ont lieu au même moment dans les deux cylindres. Ceci est un fait d’expérience très intéressant à noter en passant. Il est évident que ce calage relatif des deux moteurs est celui qui convient le mieux à leur bonne marche puisqu’ils le prennent naturellement.
- Pour désembrayer, il suffit de faire passer les deux courroies sur les poulies folles : deux
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- fourches E, E' commandées par une pédale placée sous le pied gauche du conducteur assurent cette manœuvre. Nous avons dit que les
- arbres des poulies folles étaient indépendants de l’arbre portant les pignons : ce détail a une grande importance : en effet, aux grandes vitesses
- Fig 2. — La voilure Emmanuel Legrand, vue en élévation.
- auxquelles tournent les moteurs, le moindre très nuisible à la manœuvre du changement de frottement entre la poulie folle et l’arbre du vitesse. Dans la voiture dont iE s’agit, cette opé-carter, provoque un entraînement de ce dernier, ration se fait très facilement.
- Fig. S. — La voilure Emmanuel Legrand, vue en plan.
- Le changement de vitesse est à train baladeur. L’effort moteur est transmis au différentiel, placé sur l’essieu moteur, par une chaîne.
- Les deux moteurs ont leur allumage absolu-
- ment séparé. Chacun d’eux possède un carburateur distinct. Les boîtes des trembleurs sont reliées à un même arbre que commande un levier à grande course placé à la portée de la
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- main droite du conducteur. Les deux moteurs ont donc toujours même avance à l’allumage. Un deuxième levier plus petit règle par les deux carburateurs en même temps l’admission du gaz explosif dans chaque moteur.
- Le refroidissement, par contre, ne présente rien de particulier. Un manomètre indique la pression de l’eau de circulation.
- Le frein du différentiel est commandé par une pédale placée sous le pied droit du conducteur. Cette pédale peut aussi produire le désembrayage. Un grand levier commande un deuxième frein agissant sur deux tambours solidaires des roues.
- Les roues métalliques sont munies de pneumatiques Michelin de 750 X 65 à l’arrière et de 650 X 65 à l’avant.
- Le cadre repose sur les essieux par l’intermédiaire de ressorts. Le mécanisme est donc à l’abri des cahots de la route.
- L’abaissement du centre de gravité, la voie de lm,40, l’empattement de lm,52, assurent à ce véhicule une parfaite stabilité.
- Les huit ressorts et les pneumatiques procurent une douceur de roulement que l’on ne rencontre-que dans les voitures électriques.
- La voiture ainsi constituée représente plutôt un modèle d’étude qu’un type définitif. Elle pèse 700 kilogr. La puissance des moteurs permet de gravir a la deuxième vitesse, soit 18 kilomètres à l’heure, des rampes de 7 0/0.
- Cette machine a. permis de faire 2000 kilomètres à une vitesse moyenne de 25 kilomètres à l’heure dans un pays accidenté, sans la moindre panne sérieuse. Sa marche a été très régulière. Le parfait fonctionnement des moteurs de Dion-Bouton y a contribué pour une large part.
- Cet ensemble mécanique est donc caractérisé :
- 1° Par la suppression des trépidations pour les voyageurs.
- 2° Par l’emploi de deux moteurs indépendants.
- Ce dernier point offre le précieux avantage qu'au cas où une avarie grave surviendrait à un moteur, l’autre suffirait très bien à remorquer la voiture, à une allure réduite, d’environ 12 kilomètres à l’heure en moyenne. La petite vitesse permet en effet de monter toutes les rampes que l’on rencontre couramment avec un seul moteur.
- En divisant en deux unités la force motrice, on diminue dans le même rapport le nombre de chances de pannes dues au moteur.
- Dans un modèle plus récent que M. Em. Legrand vient d’étudier, mais qu’il n’a pas encore construit, les deux moteurs sont placés à l’avant. Mais le principe de l’accouplement et la suspension à doubles ressorts restent les mêmes.
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- LE MOTEUR BROLLIET
- La caractéristique de ce moteur réside dans la position de nos cylindres opposés deux à deux et
- tous les axes sont parallèles et situés dans un même plan. Chaque paire de cylindres a un axe commun, cet axe est tubulaire et sert de connexion fixe aux deux cylindres opposés formant chaque paire. De préférence ces deux cylindres sont d’une seule pièce, dans laquelle se meut un double piston également d’une seule pièce. Les axes tubulaires des cylindres sont reliés entre eux et à une conduite d’eau froide, de manière à assurer le refroidissement du moteur par l’intérieur au lieu d’y pourvoir par l’extérieur.
- Le dessin ci-joint, représente une des exécutions de l’invention, a, b, c, et d, sont les cylindres opposés deux à deux, leurs pistons res-
- Le moteur Broliiet.
- pectifs e, f, g, h, sont réunis par paires au moyen des tiges tubulaires i et h.
- Les deux cylindres a et b sont d’une seule pièce, de même pour e et d. Dans chaque paire, les culasses l et m sont reliées entre elles par un axe tubulaire n, sur lesquels sont ajustées à frottement doux les tiges tubulaires i et k des pistons auxquels les axes n servent de guides.
- Un balancier o destiné à actionner, à l’aide d’une combinaison de leviers convenable, une manivelle est reliée par des tourillons p et q à des coussinets pivotants r et s fixés sur les tiges i et h. Les tubes t reçoivent ainsi que les axes tubulaires n, un courant d’eau froide.
- La connexion des tiges de piston peut être faite à ressort, de façon à permettre l’utilisation de la force d’inertie des pistons, pour l’évacuation complète des gaz d’explosion.
- Le guidage parfait des pistons sur leur axe tubulaire facilite une étanchéité suffisante au
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- pourtour des pistons pour pouvoir éviter des segments produisant des frottements nuisibles au rendement du moteur.
- J.-M. Hertrich.
- Le Mteau électrique Smit et Zoon.
- Ce joli bateau figurait à l’Exposition universelle. 11 s’appelle YElectronaus et sort des chantiers de MM. Smit et Zoon, à Kinderdijk, Hollande, il a pour frères jumeaux de nombreux types déjà en service un peu partout tels que le Triphasé, la Koningin Wilhelmina, la Nelly,
- le Kroomprins, yacht de course du sultan de Bornéo, le Politic, hateau utilisé par la police de Rotterdam, etc.
- Le hateau électrique de MM. Smit et Zoon a 12 m de long et comporte une hélice fixe ordinaire terminant l’arbre de couche sur lequel vient se monter l’induit du moteur qui le met en mouvement.
- Ce moteur du type à quatre pôles comprend, nous dit Y Electricien, un inducteur en acier coulé dont les enroulements sont divisés en quatre sections afin de permettre le réglage de la vitesse ; le fil de cuivre des bobines est à section rectangulaire de 3 mm sur 33 mm. Les pôles sont disposés de manière que le champ magnétique extérieur soit très faible. L’induit, qui
- Fig. 1. — Le bateau électrique de MM. Smit et Zoon.
- présente un diamètre de 340 mm, est composé de tôles minces en acier doux assemblées sur un noyau à quatre projections fixé sur l’arbre : ces tôles portent 33 entailles où sont logées les douze spires d’un fil de cuivre rectangulaire présentant une section de 2 mm sur 7,5 mm. Le collecteur qui comporte 99 lames est isolé au mica et les connexions sont soigneusement soudées. Le graissage est obtenu automatiquement sur chaque palier au moyen d’un graisseur à bague ; la rotation de l’arbre s’effectue douce et sans à-coups par l’intermédiaire de deux ensembles de 19 billes d’acier durci de 10 mm de diamètre.
- La batterie d’accumulateurs, logée de chaque côté de la cabine sous les sièges, comprend 80 éléments Tudor B.O.VI. divisés en deux groupes et présente une capacité de 360 ampères-heure.
- Quant au coupleur dont nous donnons les connexions détaillées (fig. 2), il est analogue à ceux que l’on emploie pour la traction et comporte un manipulateur qui peut prendre six positions et un interrupteur inverseur, afin de pouvoir grouper les accumulateurs en parallèle ou en série. En plaçant successivement le manipulateur à ses divers crans d’arrêt, on peut :
- 1° Grouper les bobines avec deux résistances en série;
- 2° Grouper les bobines avec une résistance en série ;
- 3° Supprimer les deux résistances et grouper les bobines en série ;
- 4° Grouper deux bobines en parallèle et deux en série;
- 5° Grouper trois bobines en parallèle ;
- 6° Grouper les quatre bobines en parallèle.
- On obtient alors ainsi diverses vitesses et
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- diverses consommations de courant qui sont pour les positions 3, 4, 5 et 6.
- Tours de l’hélice à la minute. Ampères. Toits. Heures,
- 365 72 157 4
- /|30 110 155 2,3
- 490 175 153 1,3
- 492 l80 151 1
- Le régime maximum imprime au bateau une vitesse de 10 nœuds, mais la vitesse normale est de 8 nœuds. Quant au rayon d’action, on voit qu’il est assez limité puisque l’on ne peut guère compter, avec une vitesse moyenne, que sur 3 ou 4 heures de route. Il est vrai que dans la navigation fluviale, on rencontre maintenant de nombreuses usines d’électricité, points de ravitaillement qui ne font que se multiplier et où l’on pourra aisément renouveler sa charge. MM. Smitet Zoon ont combiné leurs connexions
- et leurs groupes d’accumulateurs de manière à pouvoir charger soit avec 220 volts de tension aux bornes, soit avec 110 volts. Dans le premier cas, le commutateur inverseur est placé dans la position supérieure et relie les bornes a et b (fig. 2) avec les conducteurs aboutissant à la source d’énergie; on intercale dans ce dernier circuit une résistance réglable pour un courant maximum de 90 ampères. Pour la charge avec un courant à 110 volts, la batterie étant séparée en deux parties égales groupées en parallèle, on réunit directement, le commutateur x étant hors circuit, les bornes a et h et les bornes -1- et — avec la source d’énergie en ayant soin d’intercaler dans chaque groupe une résistance réglable pour 90 ampères. Le coupleur et les appareils de réglage sont situés à l’avant de la cabine vitrée qui surmonte le bateau; toutes les connexions, tous les circuits
- V o A
- Eclairage fiea! êUjifnal
- Fig. 2. — Connexions du coupleur du bateau électrique S mit et Zoon,
- du moteur à la batterie et au coupleur sont soigneusement isolés au caoutchouc vulcanisé et sont enfermés sous plomb.
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- Les- automobiles a air liquide
- Le hasard vient de mettre sous nos yeux, dit notre confrère l'Industrie Électrique, le prospectus de la Liquid Air, Power and Automobile C°, de Boston, Compagnie au capital de 25,000,000 de francs, fondée pour exploiter... les procédés de MM. G-eorge Code, Hans Knudsen et Milton Chase, procédés couverts par des brevets « si compréhensifs qu’ils constituent un monopole de l’air liquide dans son application commerciale comme puissance motrice ». Nous ne ferions aucune allusion ici à ce nouvel attrape-gogos si les inventeurs n’y faisaient intervenir l’électricité d’une façon bizarre.
- On sait que l’air liquide ne se vaporise qu’en
- lui fournissant une certaine quantité de chaleur sans laquelle il est impuissant à produire aucun travail.
- Les inventeurs ont trouvé le moyen, grâce à l’électricité, de faire produire cette chaleur à l’air liquide lui-même par un procédé dont la simplicité, l’élégance et la stupidité confondent l’imagination. L’air liquide pompé dans le réservoir sans pression est refoulé par une pompe dans des serpentins entourés de conducteurs électriques traversés par le courant fourni par une dynamo actionnée par le moteur à air liquide lui-même. L’air circulant dans ces serpentins y puise la température et la quantité de chaleur nécessaires au fonctionnement du moteur. Ce n’est pas plus malin que ça ! Sans prétendre lutter de férocité avec les peuples barbares civilisés de notre fin de siècle, nous voudrions pouvoir soumettre, — pas longtemps, — les inventeurs et les promoteurs de la Liquid Air, Power and Automobile C°, à un régime d’alimentation analogue à celui qu’ils préconisent pour leur moteur à air liquide. Ce serait à la fois leur punition et une juste réparation des tortures
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- qu’ils font subir au principe de la conservation de l’énergie. Quant aux actionnaires passés, présents et futurs de cette... fantaisie, nous ne les plaignons pas : ils n’ont que ce qu’ils méritent.
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- Le marasme de l'iMostrie automobile
- (Suite.)
- Je commence par remercier mes nombreux correspondants des marques d’approbation qu’ils m’ont données par l’intermédiaire de l’excellente Locomotion Automobile, et puisque toute cette correspondance ne peut être publiée, je veux analyser aujourd’hui quelques-unes de ces lettres particulièrement intéressantes et faire profiter mes lecteurs des enseignements qui s’en dégagent. Et auparavant il me faut bien dire, au risque de parler encore de moi, que j’ai été le témoin de nombreuses discussions soulevées par mes deux précédents articles, discussions au cours desquelles on me demandait mon opinion, sans savoir que j’étais l’auteur de cette campagne ; les uns prenaient violemment à partie « ce constructeur » qui faisait du tort à son industrie en prétendant qu’elle était dans le marasme, qui empêchait des sociétés de se former, en répandant des bruits semblables, que sais-je encore? Mais, dans ces conversations mouvementées, je remarquais que, en général, les constructeurs ou les intéressés directs étaient plutôt de mon avis, tandis que c’étaient surtout les rédacteurs de journaux sportifs quotidiens et leurs amis qui m’accablaient de leurs foudres. Je posai un jour à l’un de ces derniers la question suivante : « Vous êtes partisan de la vitesse, qu’appelez-vous faire de la vitesse? — C’est dépasser l’allure d’une tortue et ne pas faire du 20 en plat et 0 ou 8 en côte, comme sur les premiers automobiles. — Alors, 40 en plat et 15 en côte, pour vous, c’est de la vitesse? — Oui, je l’ai considéré comme de la vitesse jusqu’au jour où j’ai vu que l’on pouvait faire 60 et 80 en plat. — Et quand vous arrêterez-vous dans cette voie, mon cher Monsieur? Le savez-vous? — Non, les courses nous fixeront la limite; un jour viendra où l’on ne pourra plus sans danger augmenter le nombre de kilomètres réalisé dans l’heure. — Alors, ce n’est pas déjà venu, ce moment? — Demandez à de Knyff s’il a jamais eu un accident. — Bien. Et, par conséquent, la limite de la vitesse est trouvée. Les constructeurs de voitures automobiles pourront chercher à augmenter leur vitesse (c’est-à-dire le nombre de kilomètres réalisé dans l’heure) jusqu’au jour où un coureur type, comme M. de Knyff, par exemple, aura suhi un accident. »
- Et tous de rire, bien entendu; mais, enfin, ne serait-il pas intéressant de rechercher, par la voie de la presse, les limites maxima et minima de la vitesse moyenne : pratique pour : moto-
- cycles, voiturettes, voitures? Et, si l’on s’adressait à un public sérieux, nul doute que les limites maxima n’atteindraient pas 50, peut-être pas 40 km. à l’heure.
- Mais je laisse la parole à mes honorables correspondants. L’un d’eux écrit notamment :
- « J’ai lu sans surprise les doléances du constructeur d’autos, que vous avez publiées dans un de vos derniers numéros. Le marasme dont il se plaint devait fatalement se produire dans une industrie tout à fait à ses débuts, lancée trop vite par la mode et la spéculation. Constructeurs particuliers et sociétés ont surgi de toutes parts. Beaucoup de ces dernières n’étaient pas viables, fondées par des brasseurs d’affaires qui spéculaient sur l’engouement du public pour lui passer de mauvais papiers. D’autres ont voulu se lancer sur les traces de quelques grosses maisons qui, s’étant spécialisées dans la voiture de course, travaillaient pour une clientèle sportive en état de ne pas regarder au prix de revient. Il leur en cuit. Imaginez ce qui arriverait si les éleveurs de France se mettaient tous à produire le cheval de course », etc.
- Bien entendu ; mais, dans le cas qui nous occupe, une minorité de gens sportifs et désœuvrés, en sillonnant les chemins à des allures extravagantes qui leur coûtent les yeux de la tête, a faussé les idées du public sur les services à attendre de l’emploi des automobiles; il croit qu’il faut 30,000 francs pour avoir une bonne voiture, que la traction mécanique revient beaucoup plus cher que la traction animale, tout cela parce que les bolides coûtent 30,000 francs et que, après une course folle, ils vont se soumettre à des réparations énergiques... et salées.
- Yoilà ce que dit un autre :
- « Le constructeur dont vous venez de publier deux articles, à absolument raison. Tout ce qu’il a écrit devrait être approuvé des gens raisonnables et ayant une expérience pratique. Mais il oublie une cause importante du marasme de l’industrie automobile.
- « C’est l’absence d’une école pratique de mécaniciens où les acheteurs d’automobiles pourraient faire dresser des hommes à leurs gages et dans lesquels ils pourraient avoir confiance. »
- Il a parfaitement raison et Y Auto-Vélo, sous la signature de son rédacteur en chef, s’étonnait l’autre jour que l'Automobile-Club de France n’ait pas pris la chose, en mains. Moi, je m’en étonne moins, parce que je sais que les courses laissent peu de loisir à ces Messieurs du Comité, et je ne peux que répéter au risque de rabâcher : « Abandonnez les épreuves de vitesse, protégez les constructeurs sérieux, faites des concours intéressants et pratiques. » Yous tous, Automobile-Club, Moto-Club, Locomotion Automobile, qui cherchez à faire toujours mieux, écoutez les èonseils des humbles, de ceux qui vous suivraient en masse le jour où vous brûleriez ce que vous adorez maintenant... Mais tout cela ne sera-t-il qu’un coup d’épée dans l’eau et faudra-t-il voir les maisons allemande et américaine triompher bientôt et gagner des monceaux d’or, tandis que
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- chez nous le mot d’ordre sera : « Toujours plus vite »?
- Un Constructeur.
- P. S. — L’article de M. Gérard-Lavergne, dans le numéro du 29 novembre dernier, montre que son auteur, sans prendre la chose au tragique, demande, lui aussi, des remèdes à un état de choses qu’il trouve déplorable. Il préconise les mêmes que ceux que j’ai indiqués : suppression des courses — en ne laissant subsister qu’une épreuve de vitesse tous les deux ans (je ne demande pas autre chose). — Grâce à cette suppression, comme je l’ai dit, nous pourrons nous atteler à la bonne besogne et réaliser une voiture pratique en série, sûrs d’avoir la clientèle raisonnable qui s’abstient aujourd’hui. Etude des transports automobiles en commun ; l’application de
- la traction mécanique aux services publics, à l’agriculture, tout cela se réalisera peu à peu, à condition que l’on encourage les efforts dans ce sens et sans trop tarder. Mais jusqu’à présent qu’a-t-on fait?
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- BREAK DAIMLER
- POUR SERVICES PURLICS
- Il est intéressant de comparer les formes d’automobiles étudiées par les carrossiers et les constructeurs étrangers à celles que produit l’industrie française. Donnons donc, pour cette fois, le dessin d’une voiture anglaise.
- Break Daimler.
- Cette voiture, qui est annoncée en réalité sous le nom de « char à bancs », sort des ateliers de la <' Daimler Motor C° », de Goventry; elle a été dessinée par M. Sidney Straker.
- Elle est prévue pour pouvoir prendre onze personnes, et même une en plus; son poids est de 1422 kilos. Le moteur est du type Daimler à deux cylindres et d’une puissance indiquée de 9 chevaux. Point de roues à dents ni de chaînes : le moteur commande les roues motrices par un embrayage universel avec joint universel également. Les essieux sont inclinés, afin que les roues aient moins de tendance à se voiler. Le refroidissement d’eau du cylindre est à radiateur et la pompe de circulation à commande directe. La direction est assurée, ainsi qu’on le voit dans la figure, au moyen d’une tige droite à volant et d’une vis sans fin.
- Le changement de marche permet trois vitesses seulement, qui sont de 5, de 7 et de 12 milles à l’heure, le moteur tournant à l’allure normale de 656 révolutions par minute. Notre
- description est trop sommaire, et nous demanderons au lecteur de se reporter à la figure pour y voir les pignons qui engrènent avec les couronnes dentées montées sur les roues d’arrière : ces pignons sont clavetés sur des arbres secondaires qui reçoivent leur mouvement de roues d’angles commandées elles-mêmes par le moteur et naturellement par l’intermédiaire d’un différentiel. Tous les mécanismes sont enfermés dans des enveloppes d’acier fondu, ce qui donne de la rigidité et aussi permet aisément l’emploi des bains d’huile.
- Le véhicule comporte un châssis articulé solidarisant l’avant-train et l’arrière-train. Il possède deux freins, dont l’un, sur l’arbre des pignons, qui est mis en action par la pédale qui agit sur l’embrayage de mise en marche, le résultat différant suivant la quantité dont on a baissé cette pédale. L’autre frein porte sur des poulies solidaires des moyeux des roues.
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- soy
- COURSES
- Le kilomètre à Achères.
- 16 DÉCEMBRE 1900
- Emile Yan Migem et Wilford sont déclassés. Daniel de Prêt et de Spirlet abandonnent.
- Tricycles et motocyclettes (5 partants). — l01' Alex. Joostens, de Dion, 3 ch., 1 h., 3 m. 30 s.
- 2* Jos. De Kock, Aster, 2 1/2 ch., 1 h. 5 m.
- 3° Elskamp, motocyclette Brion, 1 ch., 1 h. 12.
- 4e Jules délia Faille, de Dion, 3 ch., 1 h. 32 m.
- Le Moto-Club de France a décidé d’organiser un concours annuel dans le parc d’Achères, sur une distance totale de 2 kilomètres.
- Ce concours aura lieu le dimanche 16 décembre, entre neuf heures et demie du matin et midi.
- La constatation des temps se fera : 1° Sur 2 kilomètres, départ arrêté; 2° Sur 1 kilomètre, départ arrêté ; 3° Sur 1 kilomètre, départ lancé.
- Pour chaque catégorie, il y aura trois classements correspondants à ces trois constatations.
- Le départ sera donné aux véhicules dans l’ordre dans lequel ils se présenteront. Chaque véhicule sera porteur d’un numéro d’ordre.
- Les concurrents seront répartis en neuf catégories :
- 1° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 6 personnes.
- 2° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 2 personnes.
- 3° Voitures au-dessus de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes.
- 4° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 2 personnes.
- 5° Voitures au-dessous de 400 kilos transportant au minimum 4 personnes.
- 6° Voitures au-dessous de 250 kilos transportant au minimum 2 personnes.
- 7° Voitures au-dessous de 23J3 kilos transportant au minimum 4 personnes.
- 8° Motocycles à une place (tricycles et quadricycles).
- 9° Motocycles à deux places occupées.
- 10° Bicyclettes.
- Pour les engagements, s’adresser au Moto-Club de France, 4, rue Meyerbeer, ou au Vélo. Le droit d’entrée est fixé à 5 francs.
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- La course Anvers-Bergen-op-Zoom.
- Voici le résultat de la course d’automobiles organisée le 2 décembre par l’Automobile-Glub anversois. D’Anvers (maison communale de Merxem) à Bergen-op-Zoom (Hollande), soit 36 kilomètres. Le départ a été donné à 9 h. 58 à
- 22 concurrents. Départ en groupe.
- Voitures {1 partants). — I1-0 Baron Pierre de Caters, Mors, 24 chevaux, en 41 m.
- 2° Baron Aug. de’t’Serclaes, Bolide, 30 ch., en 55 m.
- 3° Théo Bal, Bolide, 15 ch., en 1 h. 15 m. 30 s.
- 4° Baron Eug. de Caters. Panhard, 8 ch., en 1 h.
- 23 m.
- Raoul Geelhand, Demanet et Servais abandonnent.
- Voiturettes (10 partants). — lor Emile de Beukelaer, F. N. Herstal, 3 1/2 ch., en 1 h- 14 m. 30 s.
- 2* Van der Beken, de Dion, 3 ch., en 1 h. 28 m. 30 s.
- 3e Xavier de Beukelaer, Vivinus, 3 ch., en 1 h. 32 m, 30 s.
- 4° Pierre Spelten, de Dion, 3 cli., en 1 h. 41 m- 30 s.
- 5* Henri Cogels, de Dion, 3 ch., en 1 h. 42 m. 20 s.
- 6e Siaens, Deschamps, 4 ch., 1 h. 55 m.
- X
- Les chauffeurs anglais organisent un tour de Noël du 21 au 25 décembre, de Londres à l’ouest de l’Angleterre.
- Voici les étapes :
- 21 décembre, Londres à Salisbury ;
- 22 — Salisbury à Exeter;
- 24 — Exeter à Plymouth:
- 25 — Séjour à Plymouth;
- 26 — Plymouth k Tunton;
- 27 — Tunton à Bristol et Malborougg;
- 28 — Malborough à Londres.
- Au total environ 770 kilomètres.
- X
- Le tour des Vosges.
- 26 MAI 1901
- Le comité du Moto-Club de France a définitivement fixé l’itinéraire du tour des Vosges, organisé pour la Pentecôte 1901.
- Le voici par journées, avec indication des distances pour chacune d’elles.
- Il n’y aura pas de départ collectif de Paris. Rendez-vous sera donné aux touristes à Reims pour le 26 mai au matin.
- Première journée : Reims, Rethel, Mé-zières..................................... 87 kil.
- Deuxième journée : Mézières, Sedan, Ba-zeilles, Mouzon, Stenay, Verdun (champ de bataille de 1870).......................... 103 kil.
- Troisième journée : Verdun, Mars-la-Tour (champ de bataille de la frontière), Pagny-sur-Moselle, PontA-Mousson, Nancy. . . 105 kil.
- Quatrième journée : Nancy, Lunéville,
- Baccarat, Epinal............................. 94 kil.
- Cinquième journée : Epinal, Gérardmer, la Sc-hlucht et retour à Gérardmer. ... 72 kil.
- Sixième journée : Repos à Gérardmer. .
- Septième journée : Gérardmer, Saint-Maurice, Luxeuil, Plombières. (Excursions à Bus-sang, 8 kil., et au ballon d’Alsace, 20 kil.) 80 kil.
- Huitième journée : Plombières, Vittel. . 75 kil.
- Neuvième journée : Vittel, Neufchàteau (excursion à Domrémy), Bar-le-duc. . . 110 kil.
- Dislocation à Bar-le-Duc. ________
- Soit un total d’excursion en commun de 726 kil. En y ajoutant la distance de Paris à Reims,
- soit................................. 160 kil.
- Et celle de Bar-le-Duc à Paris, soit. . . 225 kil.
- On arrive à un total de...................11U kil.
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- Le tour de Belgique.
- Voici l’itinéraire qui a été provisoirement arrêté pour le tour de Belgique :
- lor jour : Bruxelles-Charleroi. — Exposition des véhicules, visite des principales usines.
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- 2* jour : Charleroi-Namur. — Exposition des véhicules et visite des environs.
- 3® jour : Namur-Spa. — Exposition et visite des principales promenades.
- 4° jour : Spa-Liège. — Exposition et visite des principales manufactures d’automobiles et cycles.
- 5° jour : Liège-Anvers. — Visite du port et des principales fabriques d’automobiles.
- 6° jour : Anvers-Gand. — Exposition et visite de la ville.
- 7° jour : Gand-Bruges-Ostende. — Exposition passagère à Bruges et visite de la vieille cité flamande, puis exposition finale àOstende,où aura lieu un grand défilé, des concours d'adresse et la vente publique des voitures ayant participé à l’excursion.
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- L’Automobile-Club auversois s’est rèuui en assemblée générale. On s’est occupé du Tour de Belgique.
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- Bans la course automobile du Safety Club Liégeois, M. Léon Dernier est arrivé premier, couvrant les 20 kilomètres en 25 m 84 s devançant les autres concurrents de 3 minutes.
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- Dans sa séance du 2 novembre, le Comité de l’Automobile-Club allemand a définitivement décidé d’organiser, au printemps prochain, une course d’automobile sur la piste du champ de courses de Westead. D’après les résultats de cette première expérience, d’autres réunions sportives seront éventuellement préparées.
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- Lors de la dernière coursé Dresde-Leipzig, une protestation s’est élevée contre le classement de la voiture d’Eisenach, parce que cette voiture, placée dans la classe des voiturettes, aurait pesé 515 kilogs, tandis que la limite de poids était de 400 kilog9. Dans le cas où’ la- protestation serait accueillie, l’Allgemeine-Automobile-Gesellschaft serait rangée ' première dans cette classe. La maison Cudell et Cie reçoit la médaille d’or de l’Automobile-Club allemand pour la vitesse.
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- Notre confrère Sankt Georg publie la série des discours qui ont été prononcés à l’occasion de la première journée de la course d’automobile du 29 août. Il commence, dans son numéro du 20 septembre, par le discours du capitaine D. Kübel sur un projet de règlement relatif aux coursés d’automobiles en Allemagne.
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- La Commission d’essais des moteurs et des automobiles, instituée à Berlin le premier jour de la course Berlin-Aachen, se compose de M. Yon Ihering (Berlin), conseiller d’Etat, comme président et de MM. Altmann, directeur général
- (Berlin et Marienfelde); Ehrhard, directeur (Eise-nach); Maybach, directeur (Cannstadt) ; Kienle, directeur (Munich); capitaine Kübel (Berlin); Schlitte, directeur (Nüremberg); l’ingénieur Willy Seck (Aix-la-Chapelle) comme membres.
- Convoquée, dans le local de l’Automobile-Club allemand, en séance du 6 octobre, son président lui soumit un certain nombre de thèses qui seront l’objet de ses délibérations. De plus, il sollicita l’initiative des membres qui auraient à faire mettré en discussion d’autres propositions intéressant le programme des travaux de la Commission.
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- L’ouverture de ce qu’on nomme la Tri-State Fair, la Foire des Trois Etats à Guttenberg dans l’Etat de New-Jersey, vient d’être signalée par une série de courses d’automobiles ; comme détail des plus intéressants, nous dirons qu’on y a vu M. Bostvvick dans la voiture de course qu’il a achetée à M. de Knyff, et avec laquelle il a fait un parcours de 5 milles en 7 minutes 43 secondes 1/5. Pour cette même distance, et dans la course des véhicules de fabrication américaine et à essence, le temps a été de 10 minutes 10 secondes 4/5. Nous relevons ensuite 8 minutes 24 secondes 3/4 pour les tricycles à moteurs, puts 7 minutes 43 secondes 1/5 pour les voitures à essence portant deux personnes et pesant plus de 450 kgs; enfin 11 minutes 48 pour les véhicules à vapeur; qu’on n’oublie pas qu’il s’agit de milles de 1609 m. Dans le championnat des gagnants, le temps a été de 15 minutes 9 secondes 1/5 pour un parcours de 10 milles.
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- Dans les courses toutes récentes de Saint-Louis, A. Champion a gagné la course de 5 milles à motocycles en 7 m 42 1/5; puis celle ouverte à tous les moteurs mécaniques, mais d’un mille, en 1 m. 22 s. 2/5; enfin, il en a été de même pour celle des 10 milles pour motocycles, en 15 m. 40 s. 1/5. Finalement, il a fait 5 milles en 6 m. 49 s. 2/5.
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- M. C. G. Wridgway, l’ingénieur de la de Dion-Bouton Motorette C°, vient de recevoir du comité des courses inter-océan de Chicago, une médaille d’or pour son parcours de 1600 de New-York à Chicago, dont nous avons parlé l’autre jour.
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- L’Automobile-Club d’Amérique a organisé dernièrement une course-promenade d’Àstor-Court, à New-York, à Ardsley Casino.
- Y ont pris part dans leur ordre de classement, MM. S. T. Davis (voiture à vapeur), 1 h. 22 m. Albert Bostxvick (9 chevaux YVinton), 1 h. 22 m. 1/2; J. Grant Lyman (8 chevaux P.-L.), 1 h. 33 m.; C. J. Field (5 chevaux de Dion), 1 h. 33 m. 1/2; A. T. Otto (9 chevaux), 1 h. 34 m.; Xidgeway (3 chevaux 1/2 de Dion), 1 h. 35 m.; V. Macey (9 chevaux), 1 h. 40 m.;
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- Dunbar Wraight (9 chevaux Winton), 1 h, 53 m.; Graves (voiture à vapeur), 1 h. 55 m.; G.-H. Page (4 chevaux vapeur), 1 h. 58 m.; M. A. Fisher (9 chevaux Winton), 2 li. ; Howard Willetts (vapeur), 2 h. 7 m.; Seligman (9 chevaux Win-tou), 2 h. 7 m. 1/2; Trenor Park (6 chevaux, Holyoke), 2 h. 10m.; Winslow (voiture à vapeur) 2 h. 26 m. ; Sorchan (9 chevaux), 2 h. 30 m.
- Les chauffeurs ont eu beau temps et des routes excellentes.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le Salon au Grand-Palais.
- Les inscriptions continuent à affluer au Commissariat général, installé à l’Automobile-Club, place de la Concorde, pour l’Exposition internationale de 1901 au Grand-Palais.
- Nous avons déjà publié une première liste des industriels qui ont envoyé leur demande ^d’admission. Nous donnons aujourd’hui une seconde liste, toujours par ordre d’inscription, de ceux qui sont venus s’ajouter aux premiers cités.
- MM. Charles Leroy, Charron, Girardot et Voigt, Ed. Dubied et Cio, Société anonyme « Le Progrès », E. Duc-retet, Godon et Breton, La Carrosserie industrielle (Société anonyme), Société anonyme d’Electri-cité et d’Àutomobiles Mors, M. Lejeune, Fabrique nationale d’armes de guerre, J.-H. Bennett, A. Bourgoin, Kossuth et Cic, Compagnie française de l’accumulateur « Aigle », A. Belvalette, de Diétrich et Cie, P. Surleau, Société anonyme des Alliages Gothias. E. Vauzelle, Morel et Cio, E. Lecœuvre, ltasse, A. Brousset, Société Gramme, Lamplugh et Cio, Auto-Garage du Havre, Renault frères, Franck Valéry frères, Cliateau père et fils. Loyal, Boyer et C'°, Stern frères et C'c, L. Lon-guemare, Augé Daniel et C'e, Edeline, G. Jochum, A. Rossel-Wetzel et fils, Jean Guibert, H. Roussel, Société anonyme des Automobiles L. Créanche, G. Nathan, R. Breteau, Anciens Etablissements Barrière, G. Ducellier, Société « Le Carbonne », A. Joly, Marillier et Robelet, A. Teste, Moret et Clc, E. Enfer, E. et A. Chameroy, P. Champion, Strock, E. Pilot, Besse et Hammond, Montauban et Marchandier, J. Heiron-Hardy, Société anonyme d’Automobiles et de traction (système Bardon), Chapelle et Chevalier, J. Schaeffer, Société générale des huiles et fournitures industrielles, A. Ruffln, G. Fouillaron, Société anonyme des Automobiles Louis Ravel, J. Digeon et fds aîné, A. Lambert, Vergine et Ci0 (Maison Vigneron), J. Clemang, G. Charpentier-Paze, Bassé et Michel, E. Fontaine, Bail, Pozzy et C'c, Henriot et C'«.
- Le succès est assuré, et l'on prévoit une manifestation grandiose qui montrera la vitalité de notre industrie automobile.
- Le commissaire général de l’Expositiou internationale de l’Automobile, du Cycle et des Sports de 1901, au Grand Palais, déférant au désir de nombreux exposants soucieux d’éviter des frais inutiles imposés aux types similaires de véhicules pour le parcours de Paris-Versailles et
- retour, prie les intéressés de vouloir bien lui adresser, le plus tôt possible, la nomenclature des véhicules que doit contenir leur stand et tous les renseignements complémentaires sur les moteurs, châssis, etc.
- Il s empressera de soumettre à la Commission spéciale d’examen ces documents, de façon que celle-ci soit à même de statuer sur le cas de chacun des exposants, et, toutes les fois que ce sera possible, de leur donner satisfaction.
- Les organisateurs de l’Exposition belge d’art culinaire, qui se tient en ce moment à Bruxelles, avaient offert un Stand aux véhicules automobiles de livraison. ' ,
- Un seul constructeur s’est présenté, M. Gourny, qui expose un tricycle de livraison à pétrole.
- A TRAVERS LA PRESSE
- L'Automobile belge publie un excellent article de Georges Delbruck dont nous regrettons de ne pouvoir citer qu’un passage :
- Le but des courses a été jusqu’à présent de produire des machines marchant le plus vite possible. Ce but parait dès à présent être complètement atteint. Les machines donnent déjà des vitesses trop grandes pour un emploi pratique.
- Je crois qu’avant longtemps nous serons obligés, sous peine de voir les courses cesser faute de concurrents, d’y introduire de nouveaux facteurs. On pourra, par exemple, donner le problème suivant : avec une voiture d’un poids donné et tant de litres d’essence ou d’alcool, parcourir le plus rapidement possible la distance entre en point et un autre; ou bien encore imposer aux voitures un minimum de poids e t un maximum de force motrice. L’effort des constructeurs se portera alors, non plus sur la vitesse seule, mais surtout sur le maximum de rendement utile et la diminution de perte de travail par les diverses transmissions.
- TRIBUNAUX
- M. le magistrat Sutherland, de la Cour municipale de Rochester, à New-York, a rendu récemment un jugement dont les considérants sont bons à citer aux tribunaux qui se montrent, de parti-pris hostiles à l’automobilisme : « Les dangers et les inconvénients temporaires résultant de l’introduction sur les routes et voie de communication de ce moyen de transport moderne et pratique ne doivent frapper les yeux qu’après les avantages considérables et permanents qui résulteront pour tout le public en général de l’adoption des améliorations imaginées et perfectionnées par la science et le génie inventif. »
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- BOITE AUX LETTRES
- 5 décembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Y a-t-il encore une petite place à la Locomotion pour attacher un grelot de plus à la question du marasme de l’Automobile. Si oui, avant que ce fameux marasme ne soit un trop vieux souvenir, permettez à un constructeur de se regimber contre les dires des clients grincheux (oh ! combien !) qui se fourvoient parmi nous.
- « Les constructeurs d’automobiles, quelle corporation, Seigneur! »
- C’est un peu raide à lire, même dans la tribune ouverte à tous qu’est la Boîte aux lettres de la Locomotion et même après les doléances du monsieur qui se passera d’auto, puisque nos ancêtres s’en sont bien passés.
- Quand on en est là, la sagesse impose à ces amateurs de s’abstenir. Ils ont le cheval, noble bête, et la fréquentation des maquignons. Heureusement pour l’avenir et le présent de l’Automobilisme, il y a d’autres genres de clients, nous voulons parler en général des acheteurs.
- Ceux-là comprennent que le constructeur a autre chose à faire que de recevoir lui-même tous les visiteurs qui viennent, ou par esprit de curiosité ou par esprit de critique.
- 11 lui faut étudier, améliorer, toujours perfectionner son type de voiture, le rendre sûr, pratique à tous. Tenter, en un mot, de s’approcher de ce qui serait la perfection, la simplicité du mécanisme. Et ce n’est pas en écoutant le monsieur fureteur lui dire que sa voiture n’est pas mal, mais qu’il a vu quelque chose de bien mieux chez un confrère (que ne l'a-t-il achetée !) que le constructeur trouvera la solution du problème.
- De ces clients-là sauvons-nous, constructeurs, mes frères, ils nous feront du tort par le temps qu’ils nous feront perdre.
- Ceux-là n'achètent pas, la critique leur suffit. Etudions et produisons pour les autres, ceux qui comprennent que l’Automobile est tout à la fois un sport passionnant et le plus pratique, le plus indépendant des moyens de locomotion; une petite locomotive toujours prête à nous amener à notre fantaisie, sans horaire fixe, sur le long ruban de la route.
- Regardons un peu aussi les pays étrangers qui agissent pendant que nous discourons et produisent déjà des types de voitures en série, sans crainte parce qu’ils savent que les clients les adopteront, jugeant bien que l’intérêt du constructeur est la meilleure garantie de l’acheteur. Et cet intérêt dicte de tirer le plus avantageux parti de l’expérience acquise. Nous contenterons ainsi les vrais clients, tous les gens sensés qui trouvent naturel d’acheter une fourrure au Louvre à un simple commis, la fourrure fût-elle de prix, et ne sont pas humiliés si les directeurs du P.-L.-M. ne viennent pas eux-mêmes leur apporter le billet pour Constantinople qu’il auront demandé à un modeste guichet.
- Un autre Constructeur.
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- Bielefeld, le 8 décembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Vous annoncez dans votre journal du 6 décembre que M. Canello, de la maison Canello-Dürkopp, prendra part à la course de Nice avec une voiture de
- 26 chevaux. Nous vous prions de rectifier cette information, car M. Canello courra avec une voiture de 50 chevaux.
- Agréez, etc.
- Société anonyme des automobiles « Canello-Dürkopp. »
- BIBLIOGRAPHIE
- Notre confrère G. de Colvé des Jardins vient d’être chargé de créer une édition française du Correo de Paris, journal espagnol dirigé par M. J.-A. Ferrer.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — M. Henry Capel lofft Hoiden, officier d’artillerie à l’arsenal de Wolwich (Angleterre), désire accorder des licences d'exploitation pour les perfectionnements dans les dispositifs de commande et de régi gage des machines dans les motocycles et voitures automobiles qui ont fait lobjet du brevet français qu’il a pris le 2/i août 1898 et qui lui a été délivré le 2 décembre 1898 sous le n° 280,831.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. Hoiden, à Woolwich (Angleterre) ou à M. Armengaud jeune, ingénieur-conseil, 23, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- — M. A Slern, de Charlottenburg, indique la méthode suivante d’épuration et purification du gaz acétylène. On le traite d’abord par une solution de chlorure de chaux; puis on le fait passer dans de l’huile de paraffine, de l’alcool, de la benzine ou de l’acide acétique. Ces divers produits retiennent très bien les gaz chlorés et autres impuretés.
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- AVIS A NOS ABONNÉS
- Nous prévenons nos lecteurs dont l’abonnement expire fin décembre 1900 qu’ils peuvent le renouveler dès maintenant sans frais dans tous les bureaux de poste.
- Nous rappelons à nos collègues du Touring-Club que leur renouvellement (France, un an, 13 fr. 50; Etranger, 18 fr. 50) doit être adressée à nos bureaux, 4, rue Chauveau-Lagarde, Paris, pour ne pas compliquer le service de notre association.
- Adresser un mandat au nom de M. Raoul Vuillemot, directeur de la Locomotion Automobile. — Le talon servira de reçu.
- Nous prions ceux de nos abonnés qui auraient l’intention de ne pas renouveler leur abonnement de nous prévenir avant le 15 décembre. Passé cette date, la quittance pour 1901 sera mise en recouvrement sans frais.
- Le Directeur-Gérant : VUILLEMOT.
- PARIS. — L. DE SOYE ET FIES, IMPB., 18, B. DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année. — N° 51.
- Le Numéro : SSO centimes
- 20 Décembre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB DE FRANCE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Logarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie V™ DUNOD, quai des Grands-Augustins, k0, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 51.
- Les services que peut rendre une automobile, Daniel Bellef. — Les croix de l'Exposition, Gaston Sencier.
- — Echos. — La petite voiture Vinet, Paul Sarre;/.
- — Le détendeur Dubrulle. — L’automobile électrique au point de vue commercial, Emile Dieu-donné. — Le réglage des soupapes et de leurs ressorts, A. Oulion. — Les aéronautes du siège, Emmanuel Aimé. — Indicateur de pente Adams. — Carrosserie d’un char à bancs sur châssis Dietrich.
- — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Tribunaux.
- — Bibliographie. — Petite correspondance. —Courrier industriel.
- Les services p peut rendre nne antomoMle.
- Notre titre semble quelque peu naïf, car on comprend bien qu’une automobile est faite pour transporter ou des voyageurs ou des marchandises, et la nature des services qu’elle peut rendre n’a pas besoin d’être indiquée. Mais ceux auxquels nous faisons allusion, et précisément sur lesquels nous voulions attirer l’attention sont d’un ordre tout autre, on peut dire qu’ils sont inattendus, et que le commun du vulgaire qui possède une voiture mécanique ne se rend pas compte de l’auxiliaire précieux qu'il a ainsi à sa disposition. Avouons, du reste, que notre esprit a été dirigé dans cette voie surtout par une petite étude fort ingénieuse qui a paru récemment dans les colonnes de notre excellent confrère Mo for Car World, qui est, du reste, tout à fait un nouveau venu dans le monde de la presse automobile.
- Il est bien évident que l’achat d'une voiture automobile représente une forte dépense qui arrête d’autant plus beaucoup de gens qu’ils ont à faire usage de la voiture, en tant que véhicule pendant quelques heures par jour et parfois moins, s’ils n’ont pas l’occasion de sortir chaque
- jour. Et pourtant le moteur en lui-même qui est dans la voiture et qui en constitue la partie essentielle est susceptible de produire de la force motrice, qui serait utilisable à bien des usages, si on savait s’arranger pour en tirer parti. On peut dire, en exagérant peut-être un peu les choses, mais sans sortir de la vérité absolue, que chaque automobile peut et doit être considérée comme une véritable loco-mobile, ou si l’on veut comme un moteur susceptible de se déplacer, et pour en tirer parti comme nous le disions à l’instant, il suffit de réunir l’arbre de commande du moteur à un appareil quelconque au moyen d’un arbre flexible comme on en emploie maintenant couramment dans tant d’industries.
- La démonstration de ce que nous avançons doit sauter aux yeux, mais elle est particulièrement évidente si nous considérons par exemple un entrepreneur de construction qui doit alternativement assurer le transport des matériaux qui seront utilisés sur les chantiers et, de plus, effectuer dans l’intérieur même de ces chantiers la manutention, le levage, le sciage de certains matériaux, toutes choses qui se font normalement à bras d’hommes quand l’importance même de la construction ne permet point d'installer une machine à vapeur susceptible d’être occupée constamment. Rien n'est plus facile que de munir un poids lourd, un camion, d’un tambour qu’un embrayage permettra de commander au moyen du moteur qui, normalement, assure les déplacements du véhicule, et cela est si vrai que dès maintenant on a fait des camions automobiles qui sont disposés pour ce double usage.
- On comprend, du reste, que du moment où un treuil est installé sur une automobile, rien n’est plus simple que de disposer des renvois plus ou moins divers et plus ou moins variés qui assureront le levage
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- de charges dans toutes les positions possibles. Il est tout aussi possible de concevoir, comme nous l’avons indiqué tout à l'heure d’un mot, un arbre flexible, prolongeant l’arbre moteur du moteur de la voiture, et donnant le moyen de commander une scie à bois ou à pierre, ou un des outils multiples que l’on n'a pas encore pris suffisamment l'habitude de commander mécaniquement en France, en grande partie parce qu'il est coûteux d'avoir un moteur servant cet unique usage. Si maintenant nous passons à la ferme, les exemples seront tout aussi abondants et tout aussi caractéristiques : c’est qu’en effet, on commence de plus en plus à recourir aux machines pour les travaux de la campagne, et sans supposer une voiture automobile, un poids lourd même, dont le moteur soit assez puissant pour commander une batteuse, une faucheuse, une charrue, du moins rien n'est plus logique que de penser à des moteurs qui seront parfaitement à même de commander des barratles à beurre, des coupe-racines et d'autres appareils du même genre. Nous ne parlons pas des pompes,, et cependant là encore les services seraient manifestes aussi bien que pour l’engrangement des foins au moyen de petites grues. Nous pourrions ajouter tout un chapitre à ces considérations, et cela du reste presque autant au point de vue général qu'au point de vue beaucoup plus spécial de l’installation d’une ferme : nous voulons parler du chapitre de l’éclairage électrique, car rien ne serait plus simple que de faire commander une petite dynamo par le moteur à pétrole ou à vapeur d’une voiture, des accumulateurs emmagasinant le courant produit.
- Bien entendu, ce que nous avons dit en nous plaçant plutôt au point de vue des poids lourds peut aussi bien s’appliquer aux voitures de simple promenade, mais qui sont souvent utilisées d’une façon moins suivie encore que les camions et poids lourds, et qu’il serait encore plus intéressant, par conséquent, d’employer d'une façon presque constante à fournir de la force motrice, de manière à ne point laisser inutilisé le capital que représente l’achat de la voiture. Nous n’avons évidemment fait que toucher fort légèrement la question, mais c’est peut-être suffisant pour éveiller l’attention des intéressés.
- Danjel Bhllet.
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- LES CROIX DE L’EXPOSITION
- Le Journal officiel a fait la semaine dernière, en publiant la liste des croix de l’Exposition, — seconde fournée, — beaucoup de mécontents et quelques heureux. Disons tout de suite, du reste, que notre petit monde automobile n’a eu, cette fois, qu’une bien petite part dans les largesses gouvernementales et que certains noms, tout indiqués pourtant, ont été malheureusement oubliés.
- Parmi les nouveaux élus, nous trouvons, tout d’abord, le nom d’un vieux camarade d’Ecole centrale qui est un des collaborateurs de la Locomotion Automobile. C’est d’Hospilalier qu’il s’agit. Il possède à son actif vingt-cinq ans de travail incessant. Ecrivain disert, savant professeur, expert, etc., il devrait avoir depuis longtemps le ruban rouge à sa boutonnière. Enfin, mieux vaut tard que jamais. Félicitations à l’ami Hospi, comme on l'appelle par abréviation et dans l’intimité.
- Après lui, nous trouvons un autre nom auquel on aurait pu songer plus tôt, celui d’Amédée Bollée, père, un précurseur, puisqu’il faisait des automobiles en 1873.
- Vient ensuite Serpollet, qui fut aussi, quoique venu après Amédéc Bollée père, un des créateurs de l’industrie automobile en France; Arquembourg et Morane, l’un grand fabricant de radiateurs pour autos, l’autre bien connu comme constructeur des excellentes voitures Delahaye ; Lotz, un des créateurs de la voiture à vapeur; Postcl-Vinay, qui a déjà construit les moteurs de bien des voitures électriques de systèmes divers et qui est sympathique à tous; Walckenacr, ingénieur en chef des mines, qui a dans son service les permis de circulation à l’usage des chauffeurs et... c’est tout.
- Franchemen t, pour une industrie comme la nôtre, cela n’a rien de bien excessif, étant donné surtout que MM. Postcl-Vinay et Walckcnaer étaient déjà chevaliers et qu’ils sont nommés officiers.
- Enfin, n’en voulons pas trop ànos pauvres ministres qui viennent de subir de terribles assauts de la part des amateurs de ruban rouge et qui, ayant au moins dix fois plus de demandes que de croix disponibles, ne pouvaient faire mieux.
- Gaston Sencier.
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- ÉCHOS
- Nous mettons en ce moment en recouvrement nos quittances d’abonnement pour 1901. Il peut donc arriver qu’un abonné nous envoie le montant de son abonnement et que notre quittance, partie avant la réception de son envoi, lui soit présentée tout de même.
- Il nous est malheureusement impossible d’éviter ce contre-temps. Nous nous en excusons d’avance auprès de nos abonnés qui n’auront qu’à refuser purement et simplement la quittance faisant double emploi.
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- Le Comité de l’Automobile-Club de France a, dans sa dernière séance, nommé membres du Comité MM. le prince d’Arenberg et Eugène Schneider.
- Au scrutin de ballottage ont été admis membres du cercle : MM. Hermann Patry, Sander Rang des Adrets, Jules Buisson des Leszes, Georges Polacco, Anchrorena, Georges Aboi-lard, Jules Morisseau, C. de Racouza-Souts-chersky, René Martin, Edouard Lesourd, Julien Gâche, comte de la Tour du Pinverclause.
- On s’est un peu occupé, sur l’initiative du comte de Dion, de la question des prestations, qui préoccupe fort, en ce moment, le monde des chauffeurs. On a décidé de consulter, au sujet des démarches à faire, la commission sportive et la commission de contentieux.
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- Le roi de Grèce vient d’accepter le titre de haut-protecteur, membre d’honneur de l’Automobile-Club de Erance.
- *
- Le Comité du Moto-Club de Erance s’est réuni la semaine dernière, à son siège social, 4, rue Meyerbeer. M. Amiot a lu au Comité la première partie de son rapport sur les résultats du Critérium de l’alcool.
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- Sur l’initiative de l’excellent chauffeur Ernest Archdeacon, récemment condamné pour soi-disant excès de vitesse, sur appel d’un jugement du tribunal de simple police, à un jour de prison par la IIe chambre, M. Philippe Laloge, député et membre de l’Automobile-Club de France, a demandé que les chauffeurs condamnés pour délits automobiles bénéficient de la loi d’amnistie.
- M. Gaston Menier a soutenu l’idée et la Chambre a compris les délits de roulage n’ayant pas entraîné mort d’homme dans l’article 6 de la loi d’amnistie.
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- L’assemblée générale annuelle de F Automobile-Club du Var' à Draguignan s’est tenue le
- 9 décembre, sous la présidence du marquis de Villeneuve Bargemon.
- Le bureau sortant a été réélu.
- A midi, un banquet d’une cinquantaine de couverts a réuni les membres du Club, leurs invités et les chauffeurs niçois venus par la route.
- Parmi les convives MM. le marquis de Ville-neuve-Bargemon ; Clavier, maire; Comoy, chef du cabinet du préfet; Goiiuloin, président de l’A. C. N.; Tissot, vice-président de l’A. V. C. V.; Crossa, M. et Mmc Duditlieu; MM. Mrac et MIles Gueyraud ; MM. Broch, Guidi, Thierry de Ville-dAvray, de l’A. C. N.; MM. Michel Dupré, Oustric, Léon Raoul, Fabre, docteur Girard, comte de Boigelin, docteur Coulomb, Blanc, Vaillant, J. Gubert, J. Boin, docteur Mari, H. Marc, Guizol, Fernand Jaubert, docteur Va-don, de Gasquet, Exel, J. Troin, Ditgès, Bertin, Mazouillier, Bonnet, etc., etc.
- Au champagne, des toasts ont été portés par MM. le marquis de Villeneuve-Bargcmôn, Clavier, Gondoin et Comoy.
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- Signalons l’apparition à Nice de Y Auto-Yacht, une jolie revue mensuelle qui donne, sous une couverture illustrée de sujets se rapportant à son titre, tout le mouvement de l’automobile et du yachting de la région méditerranéenne.
- Nos meilleurs souhaits de succès à notre nouveau confrère.
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- Le grand-duc Cyrille de Russie, qui a passé une quinzaine de jours, à Cannes, chez son frère le grand-duc Michel, est devenu depuis peu un fervent de l’automobile.
- *
- *
- Le baron Arthur de Rothschild vient de faire don à l’Automobile-Club de Nice d’une somme de mille francs qui servira à frapper des médailles pour les courses.
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- Des expériences de motocycles remorquant un dévidoir de la compagnie des sapeurs-pompiers viennent d’ètre faites à Nice. Elles ont parfaitement réussi.
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- Le baron Pierre de Crawliez, dont nous avons annoncé le voyage de Bruxelles au Sahara, vient d’arriver à Marseille avec sa 12-chevaux P.-L., qui l’a déjà conduit en France, en Italie, en Suisse et en Algérie.
- Scs étapes successives ôtaient : Troyes, Dijon, Mâcon, Lyon, puis un agréable voyage en zigzag, dans la vallée du Rhône jusqu’à Marseille, où il doit rejoindre sou frère, le baron Joseph.
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- Le 14 décembre dernier, un de nos abonnés du territoire de Belfort, M. Jean Perrin, se trouvant
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- à Belfort dans sa voiturctte automobile, a été tamponné par un tramway électrique et fortement contusionné.
- M. Perrin en sera quitte heureusement pour un repos prolongé, mais l’accident aurait pu être beaucoup plus grave.
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- M. de Smet deNaeyer, ministre des finances de Belgique, vient de notifier à F Automobile-Club de Belgique, que les dispositions relatives à la sortie et à l’entrée des automobiles du pays, par les seuls bureaux de douane, s’étendront dorénavant à toutes les succursales desdits bureaux. La circulation se fera aux jours et heures déterminés par leur ouverture, sous la réserve que l’identité des véhicules soit établie par les déclarations ou le permis de sortie et par l’état intact des marques douanières apposées avant la première excursion à l’étranger.
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- Le Moto-Club de Belgique vient de louer un local qui servira de salle de réunion pour ses membres et où sera installé son secrétariat.
- * *
- Le banquet que l’Automobile-Club de Belgique devait donner le 22 courant est remis au mois de janvier.
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- Dans quelques jours l’on verra circuler à Bruxelles une automobile-réclame surmontée d’une immense bouteille. C’est une voiturette de 7 chevaux, de construction française.
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- Un constructeur belge s’occupe en ce moment de la fabrication d’un moteur de 20 chevaux, qui ne pèserait que 150 kilos. La commande lui a été faite par un Anglais, qui destine ce moteur à un aérostat dirigeable.
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- La Chambre syndicale belge de la carrosserie et des industries qui s’y rattachent vient de se réunir, à l’effet de procéder à la réélection de son comité qui a été composé comme suit :
- Président : O. Deruytter; vice-président : Yerwilt, d’Anvers; secrétaire : Alf. D’Ieteren ; secrétaire-adjoint : A. Yan Roosbroeck; trésorier : II. Debruyn.
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- L’assemblée générale de la Chambre syndicale belge de l’Automobile s’est tenue le mercredi 19 courant, à quatre heures du soir.
- *
- Dans sa dernière séance l’Automobile-Cluh de Suisse a pris connaissance du projet de règlement de circulation que le Département fédéral de Justice et de Police va soumettre aux gouvernements cantonaux.
- Ce projet, étudié par M. Ilamherger, membre du Club, est ainsi conçu :
- Les véhicules à moteur ne peuvent croiser les diligences officielles qu'aux stations. Il est fait exception pour le cas où, soit la diligence, soit l’automobile, n’auront pu, pour cas de force majeure, atteindre en temps voulu la station de croisement.
- Le chauffeur devra toujours, soit à l’aller, soit au retour, soit pour croiser ou dépasser des voitures, tenir le coté du précipice. Chaque fois qu’il rencontrera des chevaux ou mulets donnant des signes de frayeur ou que les conducteurs d’attelages indiqueront par un geste qu’un danger est à craindre, le chauffeur devra ralentir ou même arrêter son moteur.
- La vitesse maxima est de 15 kilomètres à l'heure.
- Dans les contours, lacets, passages dangereux, étroits, couverts, où la vue est restreinte, la vitesse devra être ramenée à celle d’un cheval au pas.
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- Une nouvelle géographie allemande très recommandable aux touristes, vient de paraître. Elle embrasse une partie de l’empire faisant l’objet de 27 cartes séparées et 700 pages de texte. Exécutée à l’échelle de I : 200 000, elle permet de lire très facilement les noms des localités clairement arrangés.
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- L’impératrice d’Allemagne possède une automobile munie d’un moteur Daimler d’une puissance de 24 chevaux, qu’elle conduit elle-même. Elle alla ainsi voir son jeune fils, le kromprinz, en faisant une partie de chasse en automobile.
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- Depuis un an à pareille époque, les expéditions postales s’effectuent en Bavière, dans les districts postaux de Speyer-Otterstadt-Waldsee ; Spaver-Dudenhofen-Harthausen ; Speyer-Dudenhofen-Hanhofen-Geinsheim et Speyer-Mechtershein quotidiennement trois fois par jour dans chaque direction, au moyen d’un service d’automobiles établi par la Société des automobiles de Speyer pour le transport des personnes entre ces différents endroits.
- Les voitures ont l’aspect des voitures ordinaires de tramways, elles sont pourvues de moteurs Daimler à essence de pétrole. La direction est placée sur le siège d’avant. Indépendamment des 24 places offertes, chaque voiture porte uu grand récipient fermé à double cadenas pour recevoir les sacs de dépêches et les objets de valeur. La paroi latérale de celui-ci est ornée d’un cor de postillon, comme signe distinctif du service. Les colis sont placés sur le plafond de la caisse et recouverts d’un prélart de protection contre la pluie et la neige.
- Le conducteur de la voiture est assermenté et fait l’échange des correspondances postales.
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- L’Automobile-Club franconien a l’intention, en vue de favoriser le développement de l’automo-
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- bilisme à Nüremberg, de créer une école spéciale pour l’apprentissage des conducteurs de voiture. Indépendamment de la contribution notable apportée à l’œuvre à fonder par certains donateurs, le reste de la quote-part, versée par différents souscripteurs du fonds de garantie lui serait attribué. Cette école, moyennant une modeste indemnité, fournirait à chacun l’occasion de se familiariser avec le mécanisme d’une automobile, de s’habituer judicieusement à sa manipulation et principalement à sa direction. Le conducteur qui aura été soumis à cette éducation rendra des services, non seulement aux personnes qui se servent des automobiles pour leur plaisir, mais encore aux industriels qui emploient ces appareils comme moyen de transport des marchandises et des poids lourds.
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- Les ateliers de construction d’uutomohiles se développent continuellement, fait de nature à prouver que cette industrie s’installe méthodiquement. Nous apprenons que les agrandissements des usines de Niederbronn, commencés l’hiver passé, sont terminés. Cette amplification était réclamée par les nécessités croissantes de l’automobilisme, nouvelle branche d’industrie y annexée en plein essor.
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- L’automobile au service du journalisme. Le journal quotidien de Prague, à l’occasion d’une affaire de meurtre qui se déroulait devant la Cour d’assises de Pisek, a établi un service d’automobile entre cette dernière ville et la station téléphonique de Budwen. Le véhicule parcouru plus de 50 km. en une heure un qua.it.
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- La Société des moteurs Daimler a en construction plusieurs bateaux mus par le pétrole qui lui ont été commandés par diverses personnes et devant être dirigés, lors de la livraison, sur différentes lointaines destinations, notamment à Colombo, Guyaquil, Orinocco, etc. Us sont munis de moteurs de puissances variables, trois, quatre, six, huit ou dix chevaux.
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- A Worcester, dans l’Etat de Massasuchetts, on vient de créer un club automobile, qui fait déjà parler de lui. C’est le premier de tout l’Etat et il a commencé d'intéressantes excursions.
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- On nous annonce de San Francisco l’apparition du premier véhicule électrique qui ait été fabriqué dans un atelier de'cette ville.
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- L’Automobile-Club de Pehsylvanie est en train de chercher à obtenir que les auto soient enfin
- admises dans tous les parcs où peuvent pénétrer les voitures ordinaires.
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- Un riche habitant deHempstead, dans le Long-Island, aux Etats-Unis, s’est mis à la tête d’un mouvement qui a pour but d’obtenir un règlement empêchant les automobiles de marcher à plus de 3 milles à l’heure quand elles rencontrent une autre voiture.
- *
- M. Quilling, un marchand de cycles bien connu en Amérique, vient de revenir de France et en a rapporté des impressions, dont quelques-unes sont intéressantes à faire connaître à ceux de nos fabricants qui auraient le désir ou l’intention de fournir le marché des Etats-Unis. Il estime que les motocycles n’ont aucune chance de réussir dans son pays parce que l’Américain qui va à ses affaires monté sur un véhicule mécanique tient absolument à arriver dans un état de propreté absolue comme s’il sortait d’un wagon de chemin de fer ou d’une voiture, et que le motocycle impose presque un costume spécial et salit de façon déplorable.
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- Il vient de se former à Buenos-Ayres un club automobile dont la création est intéressante à signaler, puisque c’est la première organisation de ce genre dans l’Amérique du Sud. Les automobiles commencent de se multiplier dans la capitale de la République Argentine.
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- Dans le centre de 'Wetchester, Etat de New-York, il va se fonder un nouveau Club-Automobile qui aura pour but principal d’organiser, le long des magnifiques routes qu’on y rencontre, des stations de chargement des électromobiles et des dépôts d’essence.
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- Il parait que les compagnies formées aux Etats-Unis pour la construction des automobiles les ont à un capital nominal de 500 millions de dollars. Toutefois le capital réellement employé ne serait que de 10 millions de dollars.
- *
- Le docteur George II. Benjamin, de New-York, soutient que l’alcool, si on sait l’employer, est le meilleur et le plus économique des combustibles pour les moteurs, à vapeur ou à explosions. Pour lui c’est l’avenir.
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- On nous fait savoir de Philadelphie et de Broolslyn qu’un nombre de plus en plus grand de marchands recourent aux autos pour leurs services de livraisons.
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- LA PETITE VOITURE VINET et progressif, une direction irréversible, une par-
- faite stabilité due à l’abaissement du centre de " gravité.
- Cette petite voiture a pour caractéristiques un Le châssis est construit en tubes d’acier et système d’embrayage et de débrayage très doux porte à l'avant un moteur de Dion-Bouton de
- La petite voilurette Vinet.
- 3 ch. 1/2 ou de 5 ch., à refroidissement par cir- La direction est à vis sans fin; sur la colonne culation d’eau, avec radiateur placé tout à l’avant. qui la supporte se trouvent 3 manivelles^ com-
- La petite voilurelte Vinet.
- mandant respectivement : l’avance à l’allumage, côté sont 2 leviers : l’un pour la manoeuvre du 1 admission d essence et la carburation. Sur le galet-tendeur 42, l’autre pour les changements
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- LA PETITE VOITURE VINET
- Cette petite voiture a pour caractéristiques un système d’embrayage et de débrayage très doux
- et progressif, une direction irréversible, une parfaite stabilité due à l’abaissement du centre de gravité.
- Le châssis est construit en tubes d’acier et porte à l’avant un moteur de Dion-Bouton de
- La petite voilurelte Vinet.
- 3 ch. 1/2 ou de 5 ch., à refroidissement par cir- La direction est à vis sans fin; sur la colonne culation d’eau, avec radiateur placé tout à l’avant. qui la supporte se trouvent 3 manivelles^ corn -
- La petite voilurelte Vinet.
- mandant respectivement : 1 avance à 1 allumage, côté sont 2 leviers . l’un pour la manœuvre du 1 admission d essence et la carburation. Sur le galet-tendeur 42, l’autre pour les changements
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- de vitesse; un 3e levier (30), placé au milieu de la voiture, donne la marche arrière.
- A l’arrière se trouve la boîte d’engrenages des changements de vitesse ; la poulie 21 juxtaposée commande un arbre intermédiaire sur lequel
- coulisse un train baladeur de 3 pignons, donnant respectivement 8, 25 et 38kil. à l’heure.
- Le moteur transmet sa force au moyen d’engrenages démultiplicateurs (enfermés dans un carter en aluminium rempli de graisse consis-
- tante) à une poulie 19 qui, par l’intermédiaire d’une courroie 20, entraîne la poulie 21 de l’arbre des changements de vitesse, par pignons 27, 28, 29, engrenant avec les engrenages 34, 35, 36. Pour obtenir le déplacement du train baladeur, on se sert du levier 24, qui agit par l’intermédiaire de la bielle coudée 25 et du double levier 26.
- La marche arrière est commandée par le levier 30, agissant par la bielle 31 sur un levier 32 calé lui-même sur un axe portant un levier à fourche, entre les branches duquel tourne un pignon intermédiaire 33, dont la largeur a été calculée pour qu’il puisse engrener simultanément avec la couronne dentée 36, et le
- La, petite voilurelte Vinet, vue en plan.
- pignon de petite vitesse 29, préalablement écarté de l’engrenage 36.
- La pédale 38 actionne l’arbre 37 qui, à son autre extrémité, porte un levier 40 terminé par une fourche entre les deux branches de laquelle peut tourner un galet 42, monté sur bielles. Sur l’une des branches se trouve articulé un petit levier 43, portant un ressort à boudin 44
- fixé, d’autre part, à l’extrémité d’un bras de levier 45, commandé par le levier à main 48. Pour embrayer, on pousse vers l’avant le levier 48, que l’on maintient au moyen d’un verrou qui s’engage dans les dents du secteur 50, et l’on comprend qu’il est facile d’obtenir un enbrayage progressif selon que l'on tend plus ou moins la courroie au moyen du galet 42. Pour débrayer
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- momentanément, on appuie le pied sur la pédale 38 ; le galet 42 remonte, et la courroie flotte. Le levier 48 tend à volonté la courroie dont l’allongement n’est plus à craindre ; en sens inverse, le même levier 48 commande le frein du différentiel. D’autre part, la pédale 39 commande les freins sur les moyeux arrière.
- Cette petite voiture élégante et légère est montée, soit sur roues métalliques, soit sur roues en bois, munies de moyeux d’artillerie à billes (à flasques mobiles); lions pneus de 65 à l’avant et de 70 centimètres à barrière. La disposition de ses organes lui assure une stabilité telle que l’on peut impunément aborder en vitesse les virages les plus rapides.
- LE DÉTENDEUR DUBRULLE
- Le principe de cet appareil, que décrit la Chronique industrielle, est fondé sur l’application d’un piston à deux sections inversement proportionnelles aux pressions à recevoir et à
- Détenteur Dubrulle.
- transmettre; cet appareil est débarrassé de tous les organes sujets à se déranger, tels que leviers, contre-poids, ressorts, diaphragmes, presse-étoupe, etc., qui surchargent et compliquent les appareils existants.
- Sur la vue en coupe que nous donnons de cet appareil :
- a est l’orifice d’arrivée de la vapeur.
- b en est l’orifice de sortie.
- c est le piston différentiel à deux diamètres e et d, dont le rapport des carrés est inverse de celui de la pression reçue en a à celle à transmettre en 6.
- f est une gaine à deux alésages dans laquelle se meut le piston c.
- g est une gaine enveloppe assemblée avec la gaine f par la partie filetée h.
- i, i sont des trous de communication, pratiqués dans f, de l’orifice d’arrivée a avec la chambre annulaire j ménagée entre les deux gaines f et g.
- h, h, évidements ménagés en bout du piston c.
- I, l, chambre isolée par le piston c de toute communication avec les orifices d’arrivée et de sortie de vapeur, mais communiquant avec la pression extérieure à l’aide d’un tube m qui peut être pratiqué dans toute l’épaisseur du métal
- de f. Cette communication a pour but d’éviter les accumulations de pression dans l’espace l l.
- n, n, segments métalliques assemblés sur le piston et en assurant l’étanchéité.
- D’après cela, le fonctionnement se comprend aisément; soit, par exemple, à transmettre la moitié de la pression reçue; on fera alors la section on d double de la section en e, c’est-à-dire dans le rapport de 2 à 1 inverse du rapport de la pression à transmettre en d à la pression reçue en e.
- Cela étant, lorsque la vapeur arrive par a avec une pression P, par exemple, le piston c est repoussé à bout de course (position indiquée par le tracé en traits pleins de la figure) : la vapeur s’engage alors en j par les orifices i, i, que le piston a découverts, et de la chambre j elle s’échappe par les évidements h du bout du piston dans l’orifice b : mais le piston c, dont la section en d est double de la section en e, ne restera en équilibre dans la position indiquée que tant que la valeur de la pression de la vapeur en b ne dépassera pas P/2. Lorsque cette pression atteindra P/2, le piston c aura une pression égale à supporter sur chacune de ses faces, et il restera en équilibre.
- Pour peu que la pression monte en b, l’équilibre sera rompu, le piston sera repoussé de b en a et viendra occuper la position indiquée en pointillé sur le dessin : dans cette pesition, il obstruera les trous i, empêchera l’accès de la vapeur en j, et, par suite, provoquera en b une descente de la pression qui sera la cause d’un retour du piston à la position primitive (tracé plein) pour permettre une nouvelle rentrée de vapeur;
- En pratique, avec une dépense constante de vapeur en b, le piston prend une position fixe, découvrant dans les trous i la section nécessaire à la dépense qui se produit.
- L’AUTOMOBILE ÉLECTRIQUE
- AU POINT DE VUE COMMERCIAL
- Chaque fois que l’occasion nous en est procurée, nous mettons sous les yeux de nos lecteurs la documentation expérimentale que nous recueillons. Cette méthode, entre autres avantages, recèle celui de pouvoir établir des comparaisons ; en outre, elle permet d’apprécier rapidement les progrès accomplis en quelque pays que ce soit. Récemment M. Robert A. Eliess a institué à New-York une série d’essais avec les meilleurs produits de la fabrication américaine. Nous les résumons succinctement.
- En ce qui a trait au nombre de kilomètres parcourus avec une seule charge des accumulateurs, une légère voiture de livraison que nous désignerons par la lettre A a couvert une distance de 50,4 km. Les conditions de l’expérience étaient tout à fait normales : rues mouvementées, chaussées en bon état, terrain aussi accidenté qu’on
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- peut moyennement en rencontrer pendant une journée de marche, temps clair, point de vent. Le poids du véhicule était de 1420 kg, celui des personnes et instruments de 140 kg, ensemble 1560 kg. La batterie de 44 éléments pesait 515 kg, soit 36,3 0/0 du poids de la voiture vide et 33 0 0 de celui de la voiture chargée. Les 50,4 km. furent parcourus en 3 h. 23 m. 35 s. avec une vitesse moyenne de 14,9 km à l'heure. La consommation d’énergie fut de 4892,8 w.-b., c’est-à-dire en moyenne 248,4 w.-h. par voiture-km ou 146,6 w.-h. par tonne-km. La plus forte dépense d’énergie fut moins de 173,6 w.-h. par tonne-km. Après l’essai, chaque élément accusait encore une tension aux bornes de 1,79 volt et une force électromotrice de 1,87 volt à circuit ouvert. La batterie avait été chargée pendant trois heures à 20 ampères et à 15 ampères pendant deux heures, l’énergie emmagasinée était de 7124,52 w.-h., de sorle que le rendement se monte à 68,67 0/0. Le parcours fut de 40 km sur chaussée d’asphalte horizontale. La dépense ressortissant fut de 144 w.-h. par tonne-hm. à la vitesse moyenne de 15,5 km à l’heure dans des districts très mouvementés où les arrêts étaient fréquents et les démarrages lents.
- Une autre voiture (B) qui pesait 1555 kg à vide et 1710 kg chargée de ses voyageurs et des instruments avait une batterie de 40 éléments du poids de 575 kg soit 36,9 0/0 du poids de la voiture non occupée et 33,6 0/0 de celui de la voiture chargée. Elle parcourut 41,90 km en 2 h. 39 ni. et 30 s. à la vitesse moyenne de 15,8 km à l’heure et consomma'3808 w.-h., c’est-à-dire 236.1 w.-h. par voiture-kilométrique et 125*3 w.-h. par tonne-km. La plus grande consommation fut de 206,8 w.-h. par tonne-km. à la vitesse de 10,5 km à l’heure. La force électromotrice à circuit ouvert après l’essai était de 1,93 voit par élément et la tension en marche de 1,66 volt. Pour un parcours de 39 km sur lionne chaussée d’asphalte, la dépense d’énergie fut de 128 w.-h. par tonne-km, par conséquent moindre que celle de la voiture (A) qui était moins bien pourvue île roulements à billes que celle-ci. Avec une troisième voiture (C) qui ne possédait pas de dispositif pour diminuer les résistances dues au frottement, la consommation d’énergie atteignit même 152 w.-h. dans les mêmes conditions. La voiture à vide pesait 1927 kg, occupée 2082 kg; poids de la batterie de 44 éléments 552 kg soit 28,63 0/0 de celui de la voiture à vide et 26,51 0,0 de la voiture chargée. Elle parcourut 39,6 km en 2 h. 47 m. 54 s. à la vitesse moyenne de 14,13 km à l’heure et consomma 5316,8 w.-h., soit 343,7 w.-h. par voiture kilométrique et 151,8 w.-h. par tonne-km. La force électromotrice par élément après l’essai s’accusa être 1,9 volt, la tension en marche 1,77 volt. La plùs forte consommation d’énergie se chiffra par 283,8 w.-h. par tonne-km.
- La voiture (A) reçut encore une surcharge utile de 287,5 kg qui porta la charge totale à traîner à 1847 kg dont 27,89 0,0 incombaient à la batterie; elle fournit un parcours de 27,9 km en 1 h. 59 rn. 55 s. à la vitesse moyenne.de 14 km à l’heure. Dans ces conditions, la dépense d’énergie fut de
- 3249,6 w.-h., soit 298,1 w.-h. par voiture-kilomètre ou 148,5 w.-h. par tonne-km; donc, pratiquement, la môme quantité que dans le cas où la charge supplémentaire n’existait pas, surtout que dans ce cas-ci la dépense se produisait dans une région un peu moins accidentée. Sur chaussée asphaltée en palier, on consomma 128,45 w.-h. à une vitesse de 16 km. à l’heure par tonne-km sans la charge additionnelle; avec celle-ci, on arriva à une consommation de 128,50 w.-h. par tonne-km à la vitesse de 15,1 km à l’heure; la tension aux bornes de la batterie tomba de 91 à 86 volts.
- La dépense par voiture-km. c vcc la voiture (A) avec charge supplémentaire fut moindre que celle de la voiture (G) sans surcharge, ce qui implique que pour le mode d’utilisation la voiture légère est plus économique que la voiture lourde. En substituant des pneumatiques de 10 cm aux bandages en caoutchouc plein de 5 cm pour les roues d’avant et de 6,2 cm pour les roues d’arrière qui furent employés dans les précédents essais, la voiture (A) consomma pendant un parcours de 20,56 km d’une durée de 1 h. 21 m. 45 s. à raison de 15,09 km de vitesse moyenne à l’heure, 2252,8 w.-h., soit 280,5 w.-h. par voiture-km. ou 167,2 w.-h. par tonne-km. La dépense fut donc beaucoup plus grande par application de pneumatiques. Du reste, la contrée était différente. Sur les mêmes chaussées exactement, la demande d’énergie s’éleva de 122,43 w.-h. avec emploi de bandages en caoutchouc plein à 143,07 w.-h. avec pneumatiques. Pendant ce dernier essai, la consommation par tonne-km sur bon macadam atteignit 185,5 w.-lr.; sur mauvais macadam, elle monte à 217,5 w.-h.
- Emile Dieudonné.
- LE RÉGLAGE DES SOUPAPES
- ET DE LEURS RESSORTS
- Si les soupapes exigent un rodage fait avec soin, elles demandent aussi à être réglées d’une façon spéciale. Un moteur dont les clapets et leurs ressorts seront bien ajustés donnera un rendement à peu près double de celui au sujet duquel les mêmes précautions n’auront pas été prises.
- En principe, les ressorts doivent être suffisamment forts pour élever ou abaisser les soupapes au temps voulu. S’ils sont trop rigides, — ceci a trait aux ressorts des soupapes d’admission, — ils opposent à l’aspiration une grande résistance, préjudiciable à la marche du moteur.
- Examinons tout d’abord la soupape d’admission. Pour que la cylindrée soit complète, le clapet doit s’ouvrir d’environ 4 mm.- Il est donc nécessaire que son ressort ne soit pas trop tendu. Avec un peu d’habitude, on arrive facilement, en exerçant avec le doigt une pression sur l’extrémité de la tige de la soupape, à reconnaître le degré de tension. Si le ressort est trop mou, la
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- soupape s’ouvre insuffisamment, la cylindrée n’est pas normale, les explosions sont peu nourries, le moteur s’alimente dans des conditions défectueuses et perd environ un tiers de sa force. Dans le cas contraire, la soupape s’ouvre beaucoup trop, et au bout de quelques minutes de marche, dès que les organes du moteur ont chauffé un peu, le ressort ne parvient pas à refermer le clapet assez tôt. Une partie des gaz déjà aspirés rebrousse chemin par le tuyau d’admission; la compression devient mauvaise en temps de marche et le moteur s’anémie. Comme on le voit, il est mieux de constater que dans l’un et l’autre cas qui sont pourtant tout à fait différents, les résultats sont les mêmes. C’est pourquoi beaucoup de novices s’y trompent. Il faut éviter en outre que l’extrémité du ressort ne s’accroche à la goupille de la soupape, sinon cette dernière ne s’abaisse pas assez. J’ai fait avec un de mes amis, à une montée à proximité de Bourg, des expériences multiples relatives aux soupapes d’admission, et, chaque fois, les résultats des modifications diverses que nous avons fait subir aux ressorts ont été tellement concluants que depuis' j’ai attaché une importance capitale à la question de réglage de ces ressorts. Tels qu’on les livre dans le commerce, ils ne conviennent pas toujours bien : il est parfois nécessaire de les allonger un peu en les étirant sur eux-mèmes; d’autres fois, on est obligé de les raccourcir en coupant une ou deux spires. Souvent votre moteur perd de sa force malgré une bonne compression à, froid. Vérifiez votre ressort d’admission, et, s’il ne remplit pas exactement les conditions exigées remplacez-le immédiatement; neuf fois sur dix le rendement s’améliore. Il ne faut pas oublier, en effet, que ce ressort travaille beaucoup, étant donné ses faibles dimensions et les températures relativement hautes auxquelles il est soumis dans les nouveaux moteurs.
- Quant au clapet d’échappement, il faut que, ' une fois sur son siège, l’extrémité de sa tige soit à 1 mm environ du bout du toquet qui le soulève. Généralement après chaque rodage un peu important le réglage s’impose. L’usure produite sur; le siège et la soupape par le rodage est, en vérité,1 très petite, mais elle est néanmoins appréciable pour un œil exercé, et il est bien rare que l’on n’ait pas à limer un peu l’extrémité de la tige. Si le jeu laissé était insuffisant, vous voyez facilement ce qui se produirait : A froid, les soupapes étant bien rodées et les joints parfaits, le moteur comprimerait beaucoup, mais lorsqu’il aurait fonctionné quelques instants, l’extrémité--de la tige de la soupape arriverait, par suite de la. dilation produite, à combler le jeu qui existait,' et vous devinez le reste. C’est faute d’avoir appli-^ que ces principes élémentaires qu’un débutant•. me.disait un jour : « A froid j’ai beaucoup de] compression; à chaud, elle disparaît complè-. tement. »
- La poussée du ressort d’échappement, lorsque ce dernier est neuf est généralement très brutale. Il est facile, lorsque la machine démarre, et que le moteur tourne peu vite, d’entendre ce bruit-sec et caractéristique produit par les chocs de la
- soupape sur son siège. La traction du ressort Sur la soupape est si violente que, jointe aux poussées brusques imprimées à cette dernière au moment de l’échappement, elle arrive au bout de peu de temps à modifier l’état moléculaire de la tige et mémo à la rompre d’une façon très nette. Le meilleur serait, comme on l’a déjà dit, d’adapter deux ressorts plus doux, agissant simultanément. Je conseille donc aux motocyclistes d’emporter toujours un clapet d’échappement de rechange, sinon ils se trouveront fatalement pris, et plus tôt qu’ils n’y pensent.
- Il faut avoir soin de l’ajuster à l’atelier, cela évitera bien des ennuis en route. Il m’est arrivé maintes fois de recevoir, des fabricants, des soupapes dont la tige souvent trop longue était, en outre, trop grosse et no pouvait pénétrer dans le guide. Remédier à ces inconvénients en pleine campagne est souvent chose un peu longue et difficile à faire surtout quand on manque d’outils. D’ailleurs le moteur e st chaud, l’orage ou la nuit vous talonnent et vous ne faites qu’irnparfaite-ment un travail qui mérite toute attention. Généralement la tige ajustée à la liàte se coinde dans son guide et, l’on est alors obligé de recommencer l’opération. Cette petite digression terminée, j’en reviens au ressort d’échappement.
- A cause de la place qu'il occupe, c’est une des pièces du moteur qui chauffent le plus et qui se détériorent rapidement. Dès qu’il a fonctionné un peu, il bleuit dans sa partie supérieure. Au bout d’un certain temps, les spires du sommet se rapprochent, le ressort perd de sa vigueur et devient même très mou. Si vous ne prenez le soin de le remplacer, il sera paresseux et ne parviendra pas à refermer la soupape assez tôt, Il est aisé de comprendre ce qui sc passe dans de telles conditions : la soupape qui devait être fermée à la lin du quatrième temps n’est pas tout à fait retombée sur son siège quand le premier temps commence. Une partie des gaz déjà brûlés trouvant une issue par la soupape partiellement est réaspirée et appauvrit la cylindrée. Je sais beaucoup de débutants qui ne s’inquiètent jamais de leurs ressorts, et qui sont tout étonnés de voir la force de leurs moteurs diminuer sensiblement. Certains poussent l’incurie encore plus loin.
- Un jour, je fus appelé dans une localité voisine pour vérifier le moteur d’un de mes amis qui se plaignait amèrement de la marche de sa machine et maugréait contre le marchand qui la lui avait livrée. L’allumage mis, le moteur partit très facilement; mais au bout de deux ou trois minutes de marche, je constatai des ratés et un manque de force très appréciable. Enfin, les explosions devinrent de moins en moins nombreuses, et tout à coup le moteur s’arrêta. Après avoir vérifié avec soin tous les organes de l’allumage, mon attention fut tout à coup attirée par le ressort d’échappement dont les spires se touchaient. Je le remplaçai par un neuf, et aussitôt le moteur se mit à tourner avec régularité, au grand ébahissement de son possesseur.
- A. Oui-ion.
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- Les aéronautes tio siège 4e Faris
- Les aéronautes du siège de Paris, ou pour parler plus exactement quelques-uns de ceux qui survivent tant bien que mal à leurs camarades disparus, viennent de fêter, dans un banquet, le trentième anniversaire de notre grande épopée aérienne.
- La Société qui a compté dans son sein des hommes connus ne renferme plus guère que des humbles, je veux dire des non décorés, y compris mon savant maître et ami Wilfrid de Fon-vielle.
- La plupart de ses membres oubliés par la fortune et, ce qui est plus grave, par la patrie, n’ont guère reçu d’autre récompense que la satisfaction intime, — glorieuse et maigre, — du devoir accompli. Us sont passés simplement, la guerre finie, de l’héroïsme à l’obscurité; et c’est on vain qu’on les chercherait dans les commissions olliciolles, tant il est vrai que les mérites et les honneurs font bande à part.
- D’ailleurs, peu soucieux de se produire, les aéronautes du siège ont à peine, deci, delà, quelques réunions, autour d’une table sans tapis vert, dans.un café voisin de la gare de l’Est, où ils viennent moins pour parler que pour fumer des pipes et oublier le présent en songeant au passé, vieux grognards de la marine atmosphérique.
- Seulement, quand un des leurs, après avoir jeté son dernier lest, tire son dernier coup de soupape, comme ils disent, la lettre de deuil leur sert de convocation et les réunit en assemblée générale pour l’offrande d’une couronne ; et, plus souvent à Pantin qu’au Père-Lachaise, ils assistent au dernier atterrissage du camarade.
- Sans aucun rapport avec nos sociétés ou commissions d’admiration mutuelle, la Société des aéronautes du siège de Paris n’est en somme qu’une société d’enterrement mutuel.
- Encore va-t-elle perdre un peu de ce caractère, par suite de la baisse continue du fonds social mal alimenté.
- Il m’a été donné de venir, en qualité d’invité, avec la haute protection de Wilfrid de Fonvielle, à une séance de ces braves.
- On délibérait tristement sur la question de savoir si la Société pourrait s’offrir jusqu’à extinction, le luxe funéraire, — indigent et ruineux, — des perles de verre enfilées. La caisse comptée et recomptée, il parut que la couronne des derniers survivants était aléatoire et que les plus pressés, de mourir pouvaient seuls prétendre, d’une façon certaine, à l’amical et suprême hommage.
- Alors, honni soit qui mal y pense, Wilfrid de Fonvielle, dans un désintéressement touchant, déclara renoncer d’avance- à la couronne qui, d’aventure pourrait lui échoir et la laisser au suivant pour prolonger d’un cran l’institution.
- Et ce fut une lutte courtoise, à la fois éluo-tionnante et comique, entre ces vieux loups d’atmosphère pour se passer mutuellement les
- avantages que permettait encore la maigre caisse.
- Comme personne ne voulait céder et que la funèbre réserve devenait de ce chef inutile, on s’arrêta au parti le plus sage qui, dans l’espèce, était le plus joyeux, et l’on décida de manger la grenouille au banquet annuel.
- Je dis annuel; mais il faut s’entendre. Par raison d’économie, la Société des aéronautes du siège de Paris ne donnait son banquet annuel que tous les quatre ans. Le précédent banquet eut lieu en 1896, sous la présidence de M. Jans-sen ; il est difficile d’assigner une date au suivant si la grenouille est mangée.
- Il n’en est pas moins vrai que la date de 1900, qui marque le trentième anniversaire de l’envahissement do notre territoire, marque aussi, grâce au dévouement des aéronautes du siège de Paris, le trentième anniversaire de nos gloires aériennes.
- En s’élançant, au mépris du danger, par dessus le cercle de fer et de feu des hordes ennemies, nos aéronautes ont sauvé l’honneur de nos armes, à la face du monde.
- En s’élevant, dans la liberté de l’espace, à la barbe de l’assiégeant désappointé, par dessus le vol pesant de la mitraille, ils ont prouvé qu’un grand peuple n’est jamais prisonnier.
- Les ballons militaires dont les aéronautes civils furent les créateurs, — il est bon de le redire, puisqu’on semble le méconnaître, — ont montré ce que peut l’aérostation mise au service du pays : soutenir en l’air le drapeau lorsqu’à terre il périclite.
- Quand télégraphes et chemins de fer étaient coupés, quand la province séparée de la capitale se mourait eomme un corps dont les artères auraient été tranchées, les ballons, par le large canal de l’atmosphère, ont assuré les communications essentielles au fonctionnement de l’organisme national ; par les veines fluides du vent, ils ont maintenu la circulation vitale, entre la France et son cœur qui battait dans Paris.
- Si, ce qu’à Dieu ne plaise, de nouveaux malheurs (levaient susciter de nouveaux héroïs-mes, les survivants des aéronautes du siège réclameraient à défaut d’autres, l’honneur de revenir à la peine et les aéronautes de l’Aéro-Glub ne tiendraient pas moins à s’inspirer des traditions de leurs devanciers pour accomplir aussi dans la flotte aérienne, — qui a, comme l'autre, son inscription maritime, — leurs devoirs de bons citoyens.
- Nous, les cadets, nous devons à nos anciens le tribut de notre admiration et nous prenons occasion de ce banquet, présidé par Bartholdi. pour souhaiter que la grande épopée aérienne de 1870 soit immortalisée par le génie de l'illustre artiste. Et puisque son ciseau a déjà taillé dans le bronze la Liberté éclairant le Monde, qu’il taille à présent pour la postérité, sans la forme de ce ballon monumental dont la maquette attend depuis des années, l’Aérostation maintenant Paris en relations avec le Monde.
- Emmanuel Aimé.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- INDICATEUR DE PENTES ADAMS
- La Compagnie Adams, de Dubuque, dans l’Etat d’Indiana, aux Etats-Unis, vient d’imaginer un nouvel indicateur de pentes, qu’elle lance sous le nom de « Gradomètre ». Il est extrêmement peu encombrant, ce qui est une grande qualité, et peut se mettre en place par exemple sur l’appui-bras d’une automobile, tout aussi bien, du reste, que sur la partie en retour d’un guidon de cycle ou d’une barre de direction : de la sorte, il se trouve toujours allongé, suivant l’axe du véhicule, ce qui est la condition intéressante. Il consiste essentiellement en une sorte de monture nickelée de 15 centimètres seulement de long, contenant un tube de verre, courbé et rempli d’alcool, un certain vide ayant été cependant ménagé pour la formation d’une bulle d’air qui se déplace uu peu comme dans un
- niveau d’eau. La monture nickelée a des graduations dans chaque sens de 0 à 30 qui permettent de déceler les déplacements de la bulle d’air dans l’un ou l’autre sens, et on comprend, sans que nous insistions, comment les déplacements dont il s’agit peuvent accuser les pentes de la route où l’on se trouve. Il suffit, bien entendu, d’abord que le niveau, car c’en est un, soit fixé dans une position où, sur une route horizontale, la bulle se trouve elle-même au zéro.
- Carrosserie d'un eiiar à lianes.
- SUR CHASSIS DIÉTRICH (1).
- Ce modèle de voiture est un des plus pratiques que l’on puisse faire pour l’usage d’une famille.
- Carrosserie d’un char à bancs sur châssis Diétrich.
- En l’étudiant, on a cherché à loger le plus possible de places sur un châssis Diétrich, tout en faisant une voiture confortable, et on y a réussi.
- Pour rendre à César ce qui appartient à César, faisons connaître que cette création est, de la maison Labourdette et Cie.
- Les dimensions du train sont calculées sur les largeurs de caisse suivantes : au milieu, lm,150; en arrière, 1 mètre. Dévers de la caisse, 0m,140 environ.
- COURSES
- La course italienne de consommation.
- La course italienne de consommation a été disputée le 8 décembre sur le parcours : Turin, Madonna del Pilone, Pino, Ghieri, Cambiano, Moncalieri, Turin (soit 38 kilomètres).
- Le départ et l’arrivée de la course se sont effectués au siège social de l’Automobile Club
- (1) Communiqué par Louis Dupont, 78, rue Dois-sière, Paris.
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- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
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- de Turin (parc Valentino). Le signal du départ a été donné à dix heures du matin.
- Voici les résultats :
- 1rc catégorie (jusqu’à 400 kilos). — 1. L. Storero (voiturette de Dion-Bouton), poids à Vide : 340 kilos; en ordre de marche : 550 kilos, a consommé : 2 lit. 900 essence consommée par rapport au poids : 5 gr. 27.
- 2. M. Ceirano (voiturette Renault!, poids à vide : 360 kilos; en ordre de marche : 590 kilos ; a consommé : 3 lit.; essence consommée par rapport au poids: 5gr. 39.
- ie catégorie (de 400 à 700 kilos). — 1. L. Storero (voiture Phénix), poids à vide : 440 kilos; en ordre de marche : 600 kilos; essence consommée : 2 lit.; essence consommée par rapport au poids : 3 gr. 33.
- 2. Rostin (voiture Fiat), poids à vide : 590 kilos; en ordre de marche : 750 kilos; essence consommée :
- 2 lit. 960; essence consommée par rapport au poids :
- 3 gr. 94-
- 3. G. Ceirano (voiture Clément-Panhard), poids à vide : 400 kilos ; en ordre de marche : 560 kilos ; essence consommée : 2 lit. 800; essence consommée par rapport au poids : 5 grammes.
- 3e catégorie (au-dessus de 700 kilos). — l. Lancia (voiture Fiat), poids à vidé : 810 kilos; en ordre de marche : 1000 kilos; essence consommée : 3 lit. 347; essence eonso-mmée par rapport au poids : 3 gr. 33.
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- La coupe Gordon-Bennett
- Les Automobile-Club étrangers désireux de prendre part à la Coupe Gordon Bennett, doivent prévenir de leur intention, par lettre recommandée, T Automobile-Club de France avant le 31 décembre.
- Jusqu’ici, trois clubs ont écrit. Ce sont : l'Automobile Club de Grande-Bretagne, l’Automobile Club d’Amérique et l’Automobile Club d’Allemagne.
- L’Automobile-Club de Grande-Bretagne a l’intention de faire disputer une course éliminatoire dont les gagnants seraient qualifiés pour défendre ses couleurs dans la Coupe.
- L’Allemagne compterait également mettre en ligne 5 voitures : 2 Daimler, 1 Benz et 2 Canello-Uurkopp.
- Il est probable que l’Amérique présentera les Winton, qui ont toujours un grand succès là-bas.
- La Belgique se décidera, elle aussi probablement, et engagera, soit les Bolide, soit les Germain, soit vraisemblablement les deux.
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- Dans sa séance du 23 octobre, le Comité de l’Automobile-Club allemand a reçu le rapport des essais de courses préliminaires entrepris sur le champ de course Westead que nous avons signalés antérieurement et a renvoyé à une discussion ultérieure de la commission technique la question d’organisation de course sur cette piste pour l’année prochaine.
- L’ordre du jour de la séance portait aussi la lecture d’un rapport relatif à la préparation de l’exposition automobile de 1901. A la commission technique et à celle des ünanees ont été transmises les conclusions du rapport qui la chargent d’assurer l’exécution d’un magasin de
- benzine, d’huile de graissage, d’un atelier de réparation et d’un poste de chargement des batteries d’accumulateurs au rez-de-chaussée du local.
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- M. R. W. Wallace, président de l’Automobile-Club de la Grande-Bretagne, a présidé récemment à la distribution des prix de la promenade des 1,000 milles, dans un dîner auquel assistaient beaucoup des concurrents de cette grande épreuve.
- Parmi les prix décernés citons la médaille d’or, la coupe d’argent et le chronomètre de précision à déboublante offerts à Ch.-S. Rolls.
- A la fin de la réunion, un chèque de 100 livres sterling (2,500 francs) a été offert, avec une lettre de remerciement de la part des concurrents à M. Claude Johnson, secrétaire du Cercle. Les concurrents ont voulu le remercier ainsi de la remarquable organisation de l’épreuve.
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- Il paraît que, comme en Europe, l’automobilisme est tout à fpit à la mode au Gap; il y a même eu récemment des courses automobiles à Newlands, dans la banlieue du Cap ; une des courses fut gagnée par une voiture française, qui fit faire deux tours de piste au gouverneur de la colonie.
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- Ch,. Jarrott, le motocycliste anglais, vient de battre avec un tri de 8 chevaux sur la piste de Canning-Town, tous les records anglais depuis un mille jusqu’à l’heure. Il a couvert 42 milles 325 yards dans les GO minutes, soit, en distance française, 67 kil: 887 m.
- Les temps ont été chronométrés par M. Bid-lake, de l’Automobile-CIub de Londres.
- Les records français ne sont pas atteints, à beaucoup près.
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- Grooks et Sherrer viennent d’accomplir des prouesses intéressantes avec un motocycle tandem, à Philadelphie, dans une course de 5 milles. Le premier mille a été couvert en 1 m. 19 s. 4. 5, le deuxième 1 m. 18 s. 1/5, et finalement le parcours entier de 5 milles n’a demandé que 6 m. 49 s. 75.
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- Pour la foire de l’Etat de New-Jersey, aux Etats-Unis, on donnera toute une série de courses pour automobiles et pour motocycles.
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- Aux Etats-Unis, l’Université de Columbia vient de prendre l’initiative d’un mouvement en faveur des courses d’automobiles et, par l’intermédiaire de son vice-président, M. William Brock Schœ-maker, de F Automobile-Club des Etats-Unis, elle fait une enquête pour s’assurer si le sentiment
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- général est favorable avant de commencer des négociations avec d’autres universités.
- Parmi les clubs favorables aux courses automobiles interuniversités, citons ceux de Yale et de Hanvrd.
- Columbia est, du reste, la seule université où l’automobile soit officiellement reconnue, et c’est le professeur Hutton qui est chargé du cours sur les automobiles et leur construction.
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- Les chauffeurs sontdéjcà assez nombreux à San Francisco pour parler d’organiser une course d’automobiles à pétrole ou vapeur entre la grande ville de l’ouest et San José. La distance est seulement de 44 milles et la route excellente, ce qui est une rareté en pays américain.
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- Le Locomotive-Club de Philadelphie, qui va maintenant prendre le nom d’Automobile-Club de Pensylvanie, donne déjà des courses. Ses membres viennent dernièrement d’organiser et d’effectuer une promenade jusqu’à New-York. Partis à deux heures et demie, ils sont arrivés de bonne heure dans la soirée; ils sont revenus le lendemain, et les douze voitures engagées ont admirablement fait le parcours.
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- Dans les récentes courses de motocycles courues à Boston, le handicap du mille pour tricycles à moteurs, voiturettes et quadricycles, a été assez intéressant. Les deux premiers arrivés, Skinner et Henshaw ont gagné en 1 m. 50 s. 1/5. D’autre part, Skinner a couvert le mille pendant une course spéciale en 1 m. 38 s. 4/5.
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- M. Vanderbilt, qui fait tant parler de lui avec ses automobiles, vient de se livrer à un match original sur une pente où le tramway contre lequel il courait prend le plus souvent une allure de 25 milles à l’heure. La course en question a eu lieu sur le boulevard dit Broadway àNewport, dans le Rhode-Island, et M. Yanderhilt a gagné.
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- M. Yan Allen, de Newport, un des concurrents de M. Yanderhilt dans ses courses folles, tient absolument à créer des steeple-chases véritables à automobiles. On aurait à passer des obstacles, des fossés, etc. Nous avouons que nous craignons bien que cela n’entraine l’automobilisme en dehors de sa voie véritable.
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- M, Winton, de Cleveland, vient d’envoyer un défi à M. Yanderhilt pour un parcours de 100 milles en automobile à courir sur bonne piste, et non pas sur route.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le Salon de 1901.
- Comme nous l’avions prévu, l’administration des Beaux-Arts n’a pu encore prendre possession du Grand Palais, dont le déménagement ne va pas aussi vite qu’on le voudrait, et l’ami Rives ne peut encore commencer l’aménagement de la première exposition du siècle prochain. Heureusement qu’il sait faire vite et bien et que ces retards malencontreux ne l’empêcheront pas de nous donner un Salon superbe.
- Actuellement, voici quels sont les projets : En entrant dans le Grand Palais, par l’escalier de l’avenue Nicolas II, on trouverait, à droite du hall, la classe I, automobiles; et à gauche, la classe II, Cycles.
- Dans la classe I, automobiles, les poids lourds seront placés tout à l’entrée. De chaque côté de ce hall seront les classes III et IY, l’outillage et les bandages.
- En quittant le hall, pour arriver à la vaste rotonde du fond, on trouvera les moteurs fixes, la carrosserie, les industries diverses, et enfin, toujours dans cette rotonde, l’exposition rétrospective.
- Les costumes et diverses attractions seront placés au premier étage.
- En attendant, on ne perd pas son temps.
- Les exposants sont informés que, pour le transport des machines et objets divers appelés à figurer au Salon de l’Automobile, du Cycle et des Sports de 1901, les différentes Compagnies de chemins de fer français ont, sans exception, accordé le bénéfice de tarifs spéciaux comportant une réduction totale de 50 0/0, c’est-à-dire que les machines et autres objets qui auront acquitté, à l’aller, la taxe intégrale du tarif qui leur est applicable sans réduction, seront transportés « gratuitement au retour», sur la même destination, sauf les frais ordinaires d’enregistrement, de timbre, du récépissé et de manutention.
- Pour bénéficier de la gratuité au retour, les expéditeurs devront présenter :
- 1° Le récépissé constatant qu’ils ont payé, à l’aller, le prix du tarif afférent à leurs envois;
- 2° Le certificat d’admission à l’Exposition des objets à réexpédier.
- En ce qui concerne les douanes, les exposants de l’étranger seront admis, suivant autorisation de l’administration supérieure, au bénéfice de l’admission temporaire en franchise de tous les objets destinés à l’Exposition, à charge de réexportation, laquelle devra avoir lieu dans le délai d’un mois, à dater de la clôture de l’Exposition.
- A Bruxelles, le comité de la 8e Exposition de l’Automobile et du Cycle de 1900, et la Société royale Union-Yéloce-Club, en assemblée générale du 3 courant, ont voté à l’unanimité l’organisation prochaine, dans le hall du Pôle-Nord, d’un Salon
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- annuel qui portera le nom de 9e Exposition des Locomotions nouvelles (automobile, cycle, etc.), des sports et des industries qui s’y rattachent, et s’ouvrira dans la semaine de Pâques.
- Le comité exécutif a été nommé à l’unanimité. Il a la composition suivante : Président, M. Léon de la Gharlerie; vice-président, M. le lieutenant Sulmen ; commissaire-comptable, M. Malcorps; secrétaire, M. J. Roggemans; commissaire des stands, M. Emih* de Ligne; commissaire des plans, M. Théo Vits ; commissaires, MM. Gustave Lebrun, Edmond Ballieu, J. Buclens, Ad. Gautaers, Jules Baems, Fernand Levé, J. Leemans.
- Notre excellent confrère Félix Pardon, renonçant aux fonctions de secrétaire général, a été nommé, par acclamation, secrétaire général honoraire à l’Exposition.
- A TRAVERS LA PRESSE
- La course du catalogue.
- Georges Prade applique d’une façon bien amusante, dans 1 ’Aulo-Vélo, les formules peu pratiques que nous avons données dans un récent numéro et qui serviront à faire le classement des concurrents dans la course du catalogue.
- Soit deux voitures dont l'une vaut 36,000 francs, ce qui n’est pas pour rien, et l’autre 1,000 francs, — ce qui serait à coup sur la voiture idéale. Si vous en doutez, insérez demain une annonce dans Y Auto-Vélo, et vous verrez si vous en vendrez!
- Le parcours est de 140 kilomètres. La voiture de 36,000 francs transporte le même nombre de voyageurs que celle de 1,000 francs, ce n’est pas fort pour elle, elle a le même écart entre les deux tours, elle n’est donc pas plus régulière. Triste, triste, cette voiture de 36,000 francs, ou plutôt ne trouvez-vous pas que ma voiture de 1,000 francs est vraiment la voiture idéale celle qui doit enlever haut la main une épreuve pratique?
- Hélas! vous allez déchanter!
- La 36,000 francs abat ses 140 kilomètres en 4 heures, ce qui lui fait, avec 4 personnes, une moyenne de 35 kilomètres à l’heure. Triste! triste!
- En revanche, ma petite voiture de 1,000 francs met 5 heures, toujours avec 4 personnes. Vous comprenez, pour 250 francs la place! Du 28 à l’heure! où est elle que j’y coure?
- N’y courez pas! La petite voiture est battue!
- Quoi? Dans une course du Catalogue, une voiture qu’on pourrait vendre 1,000 francs et qui emmènerait 4 personnes à 28 à l’heure avec autant de régularité qu’une voiture de 36,000 francs transportant juste autant de voyageurs à 35 à l’heure! Les 7 kilomètres de sqpplément reviendraient à plus de 35,000 francs! Utj (igt mon catalogue?
- Si vous en doutez, appliquez la formule :
- Grosse voiture :
- 36,000 X 0,10 + 4 X C0 X G0 + 2 X 60 — 4 X 75 X 10
- 36,000 X 0,10 == 3,600
- 4 X 60 X 60= 14,460 2X60= 120
- Total. . . . 18,120 Desquels je retranche : 4 X 75 X 1° — 3,000
- Reste : 15,120
- Petite voiture ;
- 1,000 X 0,10 + 5 X60 X 60 + 2 X 60 — 4 X 75 X 10 1,000 X 0,10= 100
- 5 X 60 X 60 = 18,100 2X60= 120
- Total. . . . 18,220 Desquels je retranche : 4 X 75 X 10 = 3,000
- Reste : 15,220
- La grosse voiture, qui n’a rien fichu de bon pour son prix, bat mon extraordinaire voiture de 1,000 fr. qui transporte pourtant 4 personnes à 28 kil. à l’heure de moyenne, ce que ne font pas beaucoup de voitures de 10,000 francs!
- Pour pouvoir lutter, il aurait fallu que je vous donne ma voiture pour rien, ce qui n’est véritablement pas un tarif commercial.
- J’ajoute que, si la grosse voiture n’avait coûté que 35,000 francs, j’aurais dû vous donner 100 francs avec la petite voiture. Si, par hasard, la grosse voiture faisait du 60 de moyenne et que je ne fasse que du 40 — ce qui est pourtant coquet — il faudra que je vende ma voiture 48,000 francs de moins. Si l’autre est à 40,000 francs, un bon tarif pourtant, il faudra que je donne 8,000 francs à l’acheteur de ma voiture.
- Je préfère renoncer au commerce.
- Evidemment le renoncement de Georges Prade est très regrettable pour les organisateurs, mais il serait encore bien plus triste pour eux que les concurrents, inquiétés par toute cette arithmétique à résultats abracadabrants, ne veuillent plus prendre part au concours.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- Notre correspondant de Barcelone nous écrit qu’une fabrique d’automobiles, la « Compania General Espahola de coches automobiles » essaye depuis plusieurs jours un omnibus électrique qu’elle vient de terminer. Ce véhicule, destiné à un service public, peut contenir 18 personnes, réparties dans deux compartiments et porter 500 kilos de bagages.
- La batterie d accumulateurs d’un type très léger du système Yellins est prévue pour un trajet de 30 kilomètres. Elle açtionne deux moteurs d’une puissance totale de 40 chevaux qui attaquent les deux roues arrières.
- Jusqu’ici les essais ont parfaitement répondu aux espérances des constructeurs que se proposent du reste d’essayer dans peu de temps un autre omnibus du même type allongé devant fournir un trajet de 00 kilomètres en terrain accidenté.
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- Des essais de traction automobile, à l’aide de camions automobiles, sont faits en ce moment qux environs d'Anvers, dont on ravitaille les forts ainsi que ceux de Waelhem, Duffel et Lierre et le polygone de Brasschaet.
- Les nouvelles voitures pourront supporter une charge de 2,500 kilos et marcher à charge complète à une vitesse de 25 kilomètres à l’heure. Le moteur est à quatre cylindres et le bandage
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- des roues en caoutchouc plein. Les rampes, nombreuses dans la région, sont gravies avec facilité.
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- La députation permanente, du conseil provincial du Hainaut vient d’autoriser l’exploitation, pendant vingt ans, d’un service public de transport en commun entre Boussu et Mous par Hornu, Wasmüel, Quaregnon et Jemmapes.
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- Une compagnie d’automobiles demandait récemment l’autorisation de mettre en service une ligne d’automobiles publiques dans les rues de Southampton : sa demande a été rejetée, mais suivant le courant qui entraîne actuellement les municipalités anglaises vers le socialisme municipal, le Conseil de Southampton songe à reprendre l’idée pour son propre compte, et à établir le service eu question, qui sera naturellement fort mal établi comme tout ce que fait une administration.
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- Un nouveau service sur route vient d’être créé entre la rue du Marché à Aberdeen et Eerryhill, avec des départs toutes les 15 minutes.
- TRIBUNAUX
- La dixième chambre du tribunal de la Seine vient d’infliger à un conducteur d’automobile une peine sévère.
- Charbonnier, mécanicien au service de M. Georges Richard, constructeur, avait, sans excès de vitesse, mais simplement en tournant trop à angle droit, heuité un cycliste qui avait été assez sérieusement blessé et avait eu sa machine fort endommagée. x
- Le tribunal a condamné Charbonnier à quinze jours de prison sans application de la loi de sursis, et à 2,000 francs de dommages-intérêts, M. Richard étant déclaré civilement responsable.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Mécanique à VExposition de 1900. — La 15e livraison (3° livraison dans l'ordre d’apparition) : Y Artillerie à l'Exposition, par le colonel X..., qui forme vn-166 pages grand format avec 205 figures, vient de parailre à la librairie Ve Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Le prix de la collection entière qui comprendra environ 20 livraisons est de 50 francs,
- L'Electricité à l’Exposition de 1900. — Le 9° fascicule (4e livraison dans l’ordre d’apparition) : Téléphonie et Télégraphié. lpc section : Téléphonie, par L. Montillot, inspecteur des postes et des télégraphes, qui forme 135 pages grand format avec 222 ligures»
- vient de paraître à la librairie V° Ch. Dunod, 49, quai d es G ra n ds-A u gu s li n s.
- Le prix de la collection entière qui comprendra environ. 15 fascicules est de 40 francs.
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- PETITE CORRESPONDANCE
- M. P. Gelée, à Quatre-Mares. — Nous avons bien reçu votre lettre. Vous avez oublié de nous donner votre adresse pour que nous puissions vous répondre. Des essais, dans l’ordre d'idée que vous indiquez, ont été faits, croyons-nous, il y a quelques années, sur des moteurs à gaz, dans les ateliers de la Société lyonnaise de construction mécanique, avenue . de Sulfren, à Paris. Ils ont donné des résultats intéressants, mais conduisaient à de trop grandes complications mécaniques.
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- COURRIER INDUSTRIEL
- — La Compagnie continentale de caoutchouc et gutta-percha a livré au commerce un nouvel article consistant en une gaine de protection pour pneumatiques. L’action destructive de l'air et du soleil sur la gomme est annihilée par l’emploi de cette enveloppe dont la coloration est d’une résistance particulière. Ce revêtement protecteur se recommande tout spécialement pour les roues qui n’ont pas été en service depuis longtemps.
- — La production du caoutchouc dans le monde est estimée à 50,000 tonnes par an, dont le Brésil exporterait 3/5 ou 30,000 tonnes.
- De ces 50,000 tonnes, 20,000 sont exportées en Angleterre; 20,000, aux Etats-Unis; 3,000, en France; 3,000, en Belgique, et le restant à Rotterdam et sur tous les marchés secondaires.
- Comme pour le café, le Brésil tient le record du caoutchouc, principalement celui de première qualité, dont il est, pour ainsi dire, le principal pourvoveur.
- — On peut argenter l’aluminium par galvanoplastie. Cette opération se fait dans un bain composé en parties égales de nitrate d'argent et d'un phosphate alcalin : le phosphate d'ammonium parait être le plus avantageux. On opère à froid.
- BREVET D’INVENTION '
- N° 282051 du U octobre 1898, pour système propre à produire au moyen du câble de traction dans le halage des bateaux sur les voms fluviales à l’aide de locomotions, le frottement nécessaire des roues motrices contre le guidage.
- M. Albert Ru i Oli ii, propriétaire du dit brevet, désirerait trouver un acquéreur qui se chargeât de l'exploitation de son brevet français et à qui il céderait une licence.
- Pour tous renseignements, s'adresser à MM. Ma-nn.LiER et Doublet, Office international de brevets d’inveniion, 42, boulevard, Bonne-Nouvelle, à Paris.
- Le Directeur-Gérant : VU1LLEM0T.
- PARIS.— h, DE SOYE ET FILS, IMTR., 18, R, DES FOSSES S.-JACQUES.
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- Septième Année.
- 52.
- Le Numéro : £50 centimes •
- 27 Décemrre 1900
- LA LOCOMOTION AUTOMOBILE
- LA SEULE REVUE PUBLIÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DU TOUR1NG-CLUB I)E FRANGE
- ABONNEMENTS ANNUELS : FRANCE, 15 FR. — ÉTRANGER, 20 FR.
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er DE CHAQUE MOIS
- aux Bureaux de la Revue, Rue Chauveau-Lagarde, 4, PARIS ON SOUSCRIT : ou SANS FRAIS dans TOUS les BUREAUX DE POSTE
- et à la Librairie V’e DUNOD, quai des Grands-Augustins, 49, PARIS
- Raoul VUILLEMOT, Directeur
- SOMMAIRE DU N» 52.
- Les automobiles et les prestations, Albert Roda net. —1 La fête de l’Automobile-Club, Gaston Sencier. — La saison automobile à Nice, Léon Baréhj. — Echos.
- — La 12 chevaux de M. Charles-S. Rolls. — Le prochain concours d’accumulateurs, A. Delasalle. La direction Redel. — L’automobile au Canada. — Le viagraphe Brown. —- Automobile militaire allemande. — Les mélanges détonants d’acétylène. — Courses. — Expositions et concours. — A travers la presse. — Automobiles sur routes. — Tribunaux.
- — Bibliographie. — Courrier industriel.
- Les automoMles et les prestations
- En rapprochant, ces jours-ci, du texte meme de la loi du 21 mai 1836, qui a institué l’impôt des prestations, l’arrêt du Conseil d’Etat du 17 décembre 1898, qui a déclaré les voitures automobiles assujetties à cette taxe, nous constations une fois de plus combien l’œuvre du législateur est périlleuse et incertaine. Ce n’est, d’ailleurs, pas une matière à réflexions nouvelles pour ceux qui vivent devant les tribunaux, et les membres du Parlement, qui légifèrent à coups d’amendement, devraient venir y prendre une leçon d’humilité et de bon sens.
- On sait que la loi du 21 mai 1836 décide, dans son art. 2 : « En cas d’insuffisance des ressources ordinaires des communes, il sera pourvu à l’entretien des chemins vicinaux à l’aide, soit de prestations en nature, dont le maximum est fixé à trois journées de travail, soit de centimes spéciaux en addition au principal des quatre contributions directes, et dont le maximum est fixé à cinq. »
- Déterminant l’assiette de l’impôt, l’art. 3 dit : « Tout habitant, chef de famille ou
- d'établissement, à titre de propriétaire, de régisseur, de fermier ou de colon par-tiaire, porté au rôle des contributions directes, pourra être appelé à fournir chaque année une prestation de trois jours. — 1° Pour sa personne et pour chaque individu mâle, valide, âgé de dix-huit ans au moins et de soixante ans au plus, membre ou serviteur de la famille et résidant dans la commune. — 2° Pour chacune des charrettes ou voitures « attelées », et, en outre, pour chacune des bêtes de somme, de trait, de selle, au service de la famille ou de rétablissement dans la commune. »
- A première vue, il semble que les automobiles n’étant pas « attelées » ne doivent pas l’impôt; le principe, en matière fiscale, étant de rester dans les termes mêmes de la loi. Le Conseil d’Etat a cependant décidé qu’une voiture automobile « doit être considérée confine une voiture dans le sens del’art. 3».
- Il n’est pas de juridiction peut-être où les affaires soient soumises à un examen plus attentif et à une instruction plus complète que celle du Conseil d’Etat; il n’en est pas non plus où la jurisprudence soit plus invariable une fois fixée. De l’avis de tous les juristes à qui nous avons parlé de cette décision, il n’y a aucun espoir de voir le Conseil modifier sa jurisprudence. Il faut donc nous résigner à admettre que les voitures sans chevaux sont attelées « au sens fiscal ».
- C’est l’application du vieil adage de l’Ecole que le législateur statue de eo quod 'plerwnque fit, ce qui, pour ceux qui ont oublié le latin, signifie qu'il envisage le cas le plus fréquent, laissant au juge le soin d'assimiler les autres.
- Le seul salut est donc de prier le Parlement de s’occuper des automobiles et de lui demander de dire que ces véhicules ne sont pas soumis à la taxe des prestations ; il aurait ainsi une occasion
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- superbe de modifier la loi de 1830, d’un principe bien vieillot; non pas, à notre avis, parce qu'elle peut être acquittée en argent; mais en raison de son assiette qui le fait peser sur une catégorie de contribuables. C’est une exception au vrai principe fiscal, que les charges de l’Etat pèsent sur tous et proportionnellement à leurs facultés; nous n’avons, du reste; qu’un désir, c’est qu’il n’aggrave pas indéfiniment ce genre de bienfaits.
- . Albert Rodanet,
- Docteur en droit,
- Avocat à la Cour de Paris.
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- La fête offerte par l’Automobile -Club de France, le 20 décembre, pour fêter les décorations décernées à soixante-quatorze de ses membres, à l’occasion de l’Exposition, a obtenu un très grand succès et la délicieuse salle des fêtes construite par l’ami Rives s’est trouvée trop petite.
- Le succès de la soirée a été pour les très amusantes danses romantiques dansées d’une façon très gracieuse par les deux petites Mante. Elles ont été charmantes de finesse et d’esprit.
- Gros succès également pour le Refuge, un joli petit acte de Georges Berr, joué par lui-même et par Mlie Bertinv. Georges Berr a été parfait et sa piécette a été trouvée trop courte.
- Mllc Bertiny lui a fort bien donné la réplique.
- La soirée s’est terminée par une pièce inédite de Redelsperger. Ce petit acte en vers est très réussi, mais il eût produit beaucoup plus d’effet s’il avait été joué par des acteurs sachant mieux dire le vers. Les interprètes ont fait du tort à l’auteur, malgré tout leur talent, et ce fut dommage.
- En dehors de ces trois « attractions », le programme était très bien composé. Odette Dulae, la Gavalièri, Lassalle et Baldelli, ont été très applaudis, ainsi que Mlle Picot, qui a un joli talent de pianiste.
- Il est question de multiplier les fêtes de ce genre et de les rendre mensuelles. L’idée est excellente et nous espérons qu’on y donnera suite. Les deux soirées déjà données ont fourni d’utiles enseignements sur la façon de composer le programme de semblables réunions. Le succès a toujours été grand pour les danses et pour les numéros qui brûlent les planches. Il a été plus modéré pour les numéros de café-concert et, pour la musique trop savante. Il faut que les fêtes de l’Automobile-Glub deviennent chaque année les plus brillantes et les plus amusantes de la saison et ce résultat sera facile à obtenir, même sans grands frais, si l’on veut bien s’en donner là peine.
- LA SAISON DE NICE
- Nous n’avions jusqu’ici qu’une « semaine da Nice ». Dès cette année, nous pouvons dire que la primitive « semaine » est devenue « saison », tellement le calendrier de nos fêtes automobilistes est chargé. Le mouvement automobile est déjà très grand en ce moment, mais le véritable lever de rideau aura lieu le 21 janvier, jour où se courra la coupe de Linsky, suivie le 27 janvier de la course pour la coupe de Bary. Nous avons déjà donné le détail des nombreuses manifestations sportives qui se feront à Nice cet hiver, la Locomotion automobile se fera, comme par le passé, un devoir de renseigner fidèlement scs lecteurs à ce sujet.
- L’Automobile-Glub de Nice organise pour l’instant des excursions dans les environs qui obtiennent le plus vif succès.
- Nous aurons bientôt le spectacle d’ascensions libres de M. Santos-Durnont, dont on se rappelle l’ascension malheureuse l’an dernier.
- M. Santos-Dumont, qui travaille activement à résoudre le problème... difficile de la dirigea-bilité des ballons, est arrivé ces jours derniers à Nice et est allé passer quelques jours à Monte-Carlo, en attendant l’arrivée de sa machine qui possède un moteur de 12 chevaux. Le vaillant aréonaute commencera ensuite ses expériences en planant sur mer; son point de départ sera le Jardin-Public.
- Que nos chauffeurs nous permettent, au début de la saison, d’émettre le vœu qu’ils restreignent convenablement leur vitesse dans les promenades publiques très fréquentées. Le public n’est, en général, déjà que trop disposé à critiquer l’automobilisme, sans qu’on lui fournisse des griefs sérieux, et c’est à nous à le rassurer par notre sagesse.
- Le nombre des automobiles qui circulent à Nice est de plus en plus grand et ce n’est à travers nos avenues et nos boulevards qu’un long défilé de motocycles et de voitures de tous genres.
- C’est le prince Lubccki et sa magnifique voiture, toujours très admirée ; M. J. Gondoin, le sympathique président de l’Automobile-Glub de Nice, qui pilote tantôt un motocycle, tantôt une de ses voitures; notre ami Fréd. Florès avec sa nouvelle Cottereau ; M. Guidi, Albert Gautier, Gueyraud, Lautard, Jellineck, et tant d’autres dont l’énumération serait par trop longue. Et empressons-nous d’ajouter, — détail qui a son importance, — tout ce monde évolue sans qu’un accident soit signalé. On peut donc venir à Nice sans crainte... d’être écrasé.
- Nous aurons aussi des courses de canots automobiles qui s’annoncent comme très brillantes et nous sommes heureux d’apprendre que la municipalité de Nice â officiellement renouvelé la subvention do 2f)00 francs accordée pour ces courses.
- Gaston Sencier.
- Léon Baréty1.
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- ÉCHOS
- Nos lecteurs trouveront encartée dans ce numéro la page de garde destinée à figurer en tête de la collection de l’année 1900.
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- Le Conseil municipal de Paris vient de voter une taxe municipale sur les automobiles égale à la taxe perçue par l’Ltat.
- C’est comme cela qu’on tue. une industrie.
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- Le Vélo annonce que le Moto-Club de France va demander à ce que les voitures électriques, qui n’effrayent pas du tout les chevaux, puisqu’elles ne font aucun bruit, puissent circuler librement toute la journée au Pois, dans l’allée des Acacias.
- L’idée est excellente et le Moto-Club aura, s’il réussit à la faire aboutir, rendu un réel service aux propriétaires de voitures électriques.
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- Les conducteurs des petites automobiles rouges qui stationnent à coté de l’Opéra viennent de se mettre en grève.
- Le motif : la iixation à 15 fr. de la a moyenne » journalière que doit payer chaque conducteur.
- Les mécaniciens voulaient payer 10 francs de moyenne au lieu de 15 et ne payer le litre d’essence que 0 fr. 45 au lieu de 0 fr. 70.
- On a Uni par s’entendre. La moyenne a été fixée à 13 francs et la grève a pris fin.
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- L’Automobile-Club de Nice a fait dimanche sa deuxième sortie qui avait pour but la Turbie.
- La caravane comprenait quatre voitures : celles de MM. le baron A. de Pothscliild, Gondoin, Jellineck et Frisbie, ainsi qu’un motocycle de M. le I> Laprade.
- A l’aller, les chauffeurs passaient par Monte-Carlo; après tin déjeuner au Righi d’Hiver, les touristes rentraient les uns à Nice par l’Observatoire, d’autres par Monte-Carlo.
- Dimanche prochain, le Club fera une promenade au viaduc d’Agay.
- Départ de Nice à 9 heures du matin ; déjeuner à Saint-Raphaël, dans l’après-midi, visite du via-duc; retour à Saint-Raphaèl et Nice par l’Es-térel.
- Les 6 et 7 janvier, excursion avec le Club Alpin dans la vallée du Boréon.
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- Pans sa réunion mensuelle du 13 décembre, le Club-Automobile de Seine-et-Oise a décidé que des conférences sur l'automobilisme seraient organisées dans le courant de l’hiver 19U0-190L
- dans une des salles de la mairie de Versailles.
- La première conférence sera faite par M. Jarry, ingénieur civil, chargé de cours à la Bourse du travail de Paris, le jeudi 27 décembre prochain, à 8 h. 1/2 du soir.
- Cette conférence sera suivie de six autres (les 1er et 3e jeudi de chaque mois).
- Les personnes s’intéressant à l’aütomobilisrne et désireuses d’assister à ces conférences sont priées de se munir d’une invitation où d’une carte de recommandation de l’un des membres du Club-Automobile de Seine-et-Oise. Son siège social est actuellement chez son président : M. Mirand-Devos, R rue de l’Assemblée-NatiO-nale, à Versailles.
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- Le Moto-Club de Lyon a donné, le 20 décembre, sa deuxième fête de l’hiver. L’assistance était très nombreuse,'et on y remarquait beaucoup de dames, en ravissantes toilettés.
- M. Collin, président, recevait les invités, entouré du bureau de la société : MM. Louis Rivât, vice-président; Areliinar et Bertrand, secrétaires; Joannès, Rivât et Berger, trésoriers.
- MM. Veyret, Georget, Deschaux* Bruniaux, Charpentier, remplissaient les fonctions de commissaires.
- Un concert charmant a ouvert la soirée.
- Parmi les assistants : MM. lé capitaine Parisien, de l’arme du génie, le lieutenant Royer, du 121e, et le sous-lieutenant Meissonnier, du 96e, Nallate, Vachon, Eldin, Collomb, etc.
- A l’issue du concert, une petite sauterie a permis de prolonger la fête jusqu’à une heure très avancée de la nuit. Un lunch a été servi à l’issue du bal.
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- 1/Automobile-Club de la Dordogne a procédé, le 21 décembre, à la distribution des récompenses attribuées à plusieurs de ses membres à l’occa-sion des épreuves sportives de l’année.
- MM. IL Soymier et L. Didon Ont obtenu Une médaille d’argent et de vermeil, décernées par l’Automobile-Club de France pour services rendus à l’automobile.
- M. L. Didon a obtenu le premier prix amateur dans le concours de photographie organisée par l’Automobile-Club Bordelais, à l’occasion , de la course Bordeaux-Périgueux, et M. Larmiet (de Périgueux) le 3e prix.
- Enfin, plusieurs plaquettes artistiques en bronze ont été décernées par l’Automobile-Club Bordelais aux membres de l’Automobile-Club de la Dordogne et des sociétés sportives de Bergerac et Ribérac, qui ont contribué à, l’organisation de Bordeaux-Périgueux. — L. IL
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- L’Automobile-Club du Nord s’est définitivement constitué à Roubaix. Cette Société ,à peine formée, compte déjà plus de quarante membres, et les demandes d’admission se multiplient.
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- Dans sa dernière séance, le Comité a nommé son bureau définitif, composé comme suit : Président, M. Auguste Fraisnac, de Roubaix; vice-président : M. André Huet, de Lille; secrétaire-trésorier, M. Félix Devouge, de Roubaix.
- L’Automobile-Club du Nord a pour programme, comme le dit l’article 5 de ses statuts :
- 1° De propager la locomotion automobile et particulièrement en ce qui touche le tourisme;
- 2° D’étudier toutes les questions relatives à l’automobile et pouvant présenter quelque intérêt pour les membres de la section : règlements, circulation, impositions, douanes, voirie, octroi, transports, assurances, etc.
- 3° De faire les démarches nécessaires auprès des administrations et des pouvoirs publics, soit par entrevues, soit par pétitions, à l’effet d’obtenir certains avantages ou différentes modifications aux lois et règlements;
- !i° D'apporter son concours moral et financier, dans la mesure de ses moyens, aux manifestations spor-ttves, courses, concours, fêtes, etc., où l’automobile jouera quelque rôle;
- 5° De créer et de retenir, dans l’intérêt général de la locomotion automobile, des rapports avec toutes les sociétés françaises et étrangères similaires;
- 6° De procurer à ses adhérents tous les avantages possibles auprès des administrations douanières et des fournisseurs ;
- 7° De tenir à la disposition des sociétaires un registre de chauffeurs-mécaniciens et tous les documents, brochures, journaux, règlements, cartes, etc., qui seront en sa possession.
- Après avoir procédé à l’élection de nouveaux membres, le Comité a émis le vœu que la trompe soit interdite aux bicyclettes et réservée aux automobiles.
- Nul doute que l’Automobile-Club du Nord, dirigé par des hommes d’initiative, ne se fasse rapidement une situation importante parmi les Automobile-Club de province.
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- L’assemblée générale annuelle de la Chambre Syndicale belge de l’Automobile s'est tenue dernièrement à Bruxelles.
- MM. Meltewic, Mulders de Bagcnricux, Frenay, Vivinus, Francau, Bostijn, Englober!, Longtin, de Jong, Rumpf, etc., y assistaient.
- M. Mettexvie, président-, a lu un excellent rapport, relatant les travaux accomplis pendant l’année et donnant la situation des affaires en cours.
- La réélection du Comité s’est faite comme suit : MM. Mettewie, président; Mulders de Ba-genrieux, Bostijn, Englebert, Frenay, Heirman, Longtin, Rumpf et Vivinus, membres.
- On a désigné les membres chargés de remplir auprès des tribunaux, les fonctions d’experts, et décidé l’envoi d’une protestation énergique contre les taxes communales.
- Un banquet a suivi la séance.
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- Des expériences intéressantes d’automobiles militaires viennent d’être faites à Turin, par les soins de la brigade du génie, le gouvernement
- italien avait commandé à Paris un camion automobile capable de transporter, outre le combustible nécessaire pour un parcours de 30 kilomètres, 4 tonnes de matériel, à une vitesse moyenne, en plaine, de 10 à 12 kilomètres à l’heure.
- Il a été constaté qu’avec une telle charge l’automobile a aisément gravi des côtes de 8 et 10 0/0, en faisant même du G et 8 à l’heure. En plus de 4 tonnes de poids utile transportés, l’automobile a remorqué sur route en ligne droite, avec une perte non supérieure à 4 0/0, dix voitures représentants un total de 27 tonnes.
- L’automobile à charge complète, a fait plusieurs fois, avec succès, le voyage Turin-Pino Chieri (38 kil.), Turin-Orbassano (35 kil.), Turin-Suse (53 kil.), (Turin-Susu Moncenis (70 kil.) etc.
- De ces expériences, il résulte que les poids lourds sont réellement appelés à rendre de grands services pour le transport des poids lourds. Parmi les voitures légères pour le transport des voyageurs notamment, les Italiens ont trouvé très utilisables les moteurs à essence et électriques, quoique ces derniers doivent momentanément être exclus du service actif de la troupe à cause de la difficulté de rencontrer sur le parcours de quoi s’alimenter.
- Les essais vont continuer.
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- Uu Autrichien nommé Ritter von Brandis a introduit la première automobile dans l’ile de Gorfou. Parti de sa demeure de Wielki-Drogi, près de Krakau, il a d’abord entrepris le voyage de Constantinople et là, il s’embarqua avec son véhicule pour Gorfou, où il séjourna quelque temps pour se reposer. Le retour à son domicile doit s’effectuer par Vienne.
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- Le directeur des finances d’Autriche a informé la Chambre de commerce et d’industrie de Vienne que les avantages de l’exemption d’impôts pour l’essence employée dans les moteurs de l’industrie, seraient également étendus aux personnes qui appliquent le moteur à d’autres usages, par exemple, à l’exploitation des machines agricoles, aux automobiles, à la production de la lumière électrique pour l’éclairage des ateliers où le moteur est installé pour la force motrice, etc.
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- Un télégramme de Moscou annonce que le vapeur Vera s’est perdu corps et biens pendant une tempête sur la mer Caspienne.
- Le Vera avait à son bord de grandes quantités d’objets appartenant au Chah de Perse, mais il paraît que ses dix-huit voitures diverses, parmi lesquelles les automobiles qu’il avait achetées à Paris, ne s’y trouvaient pas. Tant mieux, car c’eût été la panne irréparable et définitive.
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- p La 12 chevaux de M. Charles S. Rolls.
- M. Charles S. Rolls nous envoie une photographie de la 12 chevaux Panhard avec laquelle il a gagné l’unique médaille d’or, la coupe en argent et le chronomètre offerts comme prix dans la course des 1000 milles.
- L’aimable chauffeur anglais tient en mains le
- volant de direction. A sa gauche est assis le duc d’York, futur roi d’Angleterre. Les deux voyageurs placés à l’arrière sont Sir Charles Cust, écuyer de S. A. R. et Lord Llangattock, père de M. Charles S. Rolls. La photographie est prisev par une pluie battante. Cela n’empêche pas les intrépides touristes de partir pour la chasse.
- Puisque nous parlons du duc d’York, disons que la duchesse partage son goût pour les promenades en automobile, M. Charles S. Rolls-a
- conduit dernièrement le couple princier sur un parcours de 130 kilomètres.
- Le prochain concours d'accumulateurs
- En même temps que paraissait le rapport de M. Bainville sur le concours de 1899, l’Automo-bile-Club annonçait un nouveau concours pour 1901 ; à la fin de son étude sur les résultats des essais, M. Bainville signale d’une façon très juste les défauts du règlement, et indique les modifications qu’on pourrait y apporter ; les décisions de la commission du nouveau concours, que nous avons publiées dans notre numéro du 22 novembre, nous montrent avec plaisir qu’elle a enu compte de certaines observations du. rap-
- porteur. Nous l’en félicitons, et nous espérons, en premier lieu, que le trépidateur modifié, le sera de telle façon qu’il servira au moins à quelque chose. A notre avis, les progrès réalisés par les concurrents ne donneront rien de particulier à signaler; les types seront un peu améliorés; d’autres présenteront un nouveau modèle, et enfin des Compagnies qui n’existaient pas précédemment, ou qui s’étaient abstenues, figureront.
- La division en trois groupes : voitures de luxe urbaines, et de poids lourds, est excellente; elle met les choses absolument au point et permettra aux différents constructeurs d’affirmer les qualités et les aptitudes de leurs appareils.'
- Nous espérons que la clause relative à la charge sera détaillée de telle sorte qu’un temps maximum sera assigné, et il eût été préférable, à notre avis, de régler les conditions de charge également pour tous, en les différenciant seulement pour chacune des trois catégories. La façon dont est
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- faite la charge influe considérablement sur la durée d’un élémentj et il vaudrait mieux que toutes les batteries soient traitées dans des conditions pareilles, comme elles le seraient dans la pratique.
- Pour les voitures urbaines, la charge à potentiel constant devrait alterner avec celle à intensité constante, en imposant à chaque batterie la même différence de potentiel aux bornes, et en faisant durer la charge le temps nécessaire à ce que chaque type d’accumulateur ait reçu le même nombre de vvats-heures ; la durée serait donc inégale par suite de l’inégalité de résistance intérieure.
- Le problème pourrait être naturellement renversé, et on pourrait charger toutes les batteries pendant le même temps, mais avec une différence de potentiel telle que l’énergie emmagasinée serait la même pour tous.
- Cette clause introduite pour les types de voiture de place serait particulièrement d'actualité, à l’heure où les services d’exploitation avec charge à intensité constante dans une usine de ravitaillement ne sont pas encore bien établis.
- On répondra à cela que la charge à potentiel constant a un rendement en énergie déplorable. D’accord, mais elle permet, en un temps assez court, de récupérer une partie de l’énergie dépensée, alors qu’actuellement on est obligé, pour un nombre de voitures en course, d’avoir 2 n
- 3 )i
- batteries, on pourrait se contenter de ~^r. Avec
- un élément solide donnant, par suite, des frais d’entretien minimes, la perte de durée serait très faible, et la charge dans des sous-stations, avec durée courte, donnerait une perte d’énergie certainement plus petite que celle résultant du déplacement de la voiture, pour retourner à l’usine chercher une nouvelle batterie et revenir en ville avec celle-ci.
- La prolongation de la durée du concours à un an est déjà un sérieux progrès, bien que véritablement la durée en devrait être illimitée, à condition bien entendu de ne pas remplacer les plaques.
- Le renouvellement de toutes les parties défectueuses étant admis, il devrait être tenu compte pour chaque concurrent des frais de main-d’œuvre et d’entretien nécessités pour chaque remplacement; que prouvera le concours sans cela? il sera possible de changer de plaques, de bacs, etc., de renouveler le couteau de Jeannot. Gela est fort mauvais, les conditions du précédent concours étaient bien meilleures sous ce rapport ; ou alors il faudrait en venir à ce que nous dision splus haut : comparer les frais d’entretien. En effet, telle batterie coûtant bon marché peut être renouvelée plus sauvent qu’une autre, sans pour cela revenir au bout d’un temps donné plus coûteuse.
- En outre, nous craignons fort que ces réparations qui, hélas ! seront peut-être fréquentes, ne compliquent fort le concours et ne le convertissent en atelier et fabrique d’accumulateurs.
- Le seul renouvellement permis eût dû être celui des bacs et supports, et la réparation des
- connexions brisées par les chocs du trépidateur.
- La façon dont les différents types se comporteront aux décharges à intensité variable, au point de vue de la différence de potentiel aux bornes, devrait être notée d’une manière particulière pour tous les différents débits, et cela devrait faire partie importante du rapport, afin qu’il soit permis de tenir lieu de la résistance intérieure de chaque accumulateur; ceci a une importance très grande, en rapportant, bien entendu, au débit par kilogramme d’électrodes et aussi par kilogramme de poids total.
- Qu’il nous soit permis d’espérer que le règlement définitif sera bientôt publié alin (pie les constructeurs puissent se mettre dès maintenant au travail afin d’étudier de très près toutes les difficultés; la composition complète de la commission n’est pas encore connue, nous comptons y voir des techniciens sûrs, connaissant sérieusement l’accumulateur, et tels qu’on puisse attendre d’eux un concours établi des conditions normales et susceptibles d’exécution.
- A. Deeasau.e.
- LA DIRECTION BEDEL
- Gette direction se compose :
- 1° D’une cheville ouvrière à trois branches A avec plateau tournant sur billes ou sans billes, moulée sur le milieu de l’essieu;
- La direction Bedel.
- 2° De deux biellettes B articulées aux extrémités ;
- 3° D’un tirant G articulé aux extrémités et monté sur chapes tournantes permettant la flexion des ressorts à pincettes ;
- 4° Un petit bras D fixé au bout de la tige de direction; ce bras est à cran d’arrêt réglant le maximum de braquage.
- Les biellettes B et le tirant G sont aux extrémités droits ou coudés, suivant les nécessités du braquage des roues directrices.
- (l) F.-A. Bedel, carrossier, Avranches (Manche). Les brevets sont à vendre.
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- La branche E cle la cheville ouvrière est variable suivant la position de la tige de direction.
- Les parties saillantes de l’invention sont la cheville ouvrière pivotant sur le milieu de l’essieu et la disposition du tirant et des biellettes.
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- L’AUTOMOBILE AU CANADA
- On sait que le Canada est considéré, et avec raison, comme ayant un climat particulièrement rigoureux : il semblerait donc que l’automobi-
- lisme eu hiver ne doit pouvoir s’y pratiquer que quand on aura imaginé des traîneaux automobiles. Et pourtant la photographie que nous re? produisons d’après notre confrère Motor car Journal fait voir qu’il n’en est nullement ainsi : elle montre M. W.-J. Still, un des automobilistes les plus passionnés du Canada, circulant dans son électromobile au milieu d’une couche de neige de plus de 70 centimètres.
- Comme on doit le comprendre immédiatement, le corps et le coffre de son véhicule sont extrêmement élevés au-dessus du sol, précisément pour qu’ils n’aillent point toucher la neige quand les roues entrent profondément dans la couche plastique.
- Une automobile au Canada.
- D’une façon générale, nous devons dire, comme l’affirme M. Still, que l’automobile fait de sérieux progrès dans le Dominion, en dépit du bon marché des chevaux et du mauvais état des routes. Les voitures électriques sont celles qui ont le plus de tendances à se multiplier, parce que les rechargements sont faciles, grâce à l’abondance des petites stations électriques. Le froid qui se produit pendant les journées d’hiver rendrait impossible l’emploi des automobiles à vapeur, en entraînant notamment la congélation de l’échappement.
- On le voit, il y a là un marché assez intéressant à exploiter, mais à condition que les fabricants y envoyant des voitures tiennent compte des conditions particulières où elles se trouveront.
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- Le viagraphe Brown"1
- Le viagraphe est un appareil qui permet, en étant traîné sur le sol d’une route, d’enregistrer sur une bande de papier le profil de la route, et d’enregistrer numériquement ses inégalités.
- L’appareil se compose d’une sorte de traîneau à châssis étroit sur lequel est installé un levier T pivotant en H au châssis principal, porte à son extrémité une roue dentée qui figure en V.
- Tandis que le châssis principal, traîné le long de la chaussée, conserve une ligne assez unie, la roue de chaussée V monte et descend sur toutes
- (1) J. Watson, représentant, il, boulevard fiourdop, Paris.
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- les inégalités de la surface, entraînant avec elle le levier T, et, par là, transmet ses mouvements au crayon P au moyen de la bielle et du levier S. Le crayon P marque sur le papier s’enroulant autour du tambour A l’étendue totale du mouvement que fait la roue Y.
- Tandis que le crayon trace verticalement, le papier sur lequel il marque est porté au-dessous de lui par le tambour A dont la rotation est assurée par un filet et une roue à vis sans fin placés au-dessous et reliés par un arbre à engrenage conique, à la roue de chaussée Y.
- De cette manière, le papier tiré du rouleau-magasin C passe sous le crayon, et s’enroule sur le tambour de réception B. Le résultat obtenu donne un profil de la surface de la chaussée de
- grandeur naturelle dans le sens vertical, et de 14 millimètres par mètre dans le sens longitudinal.
- Un second crayon, placé près de P, trace un niveau correspondant à celui que le crayon P tracerait d’une chaussée parfaitement unie.
- De cette manière, on peut mesurer la profondeur des ornières, creux ou inégalités indiqués par le diagramme.
- La totalité de profondeur de toutes ces inégalités établit le tableau numérique d’inégalité, et se montre sur le compteur décimal W qui fonctionne de la manière suivante :
- Une corde fixée au libre bout du levier T est passée une fois autour de la poulie à deux gorges X et reliée à la bande de caoutchouc
- Le l'ia graphe Broie».
- tendue en O. Quand le levier T descend (conséquence de la chute de la roue de chaussée V) dans une ornière ou un creux de la surface, cette corde fait tourner la poulie X au fur et à mesure de la chute ; la bande de caoutchouc O se tend pour obéir au mouvement de la corde Quand la roue de chaussée et le levier remontent, le caoutchouc se contracte et la corde reprend sa place sur la poulie maintenue ferme par un frein formé d’une corde en caoutchouc tendue semblable à l’autre ; cette corde est fixée à la partie rigide du châssis au lieu de l’ètre au levier T, et passe autour d’une gorge ménagée sur X.
- La poulie X tourne donc par intermittence dans une seule direction pendant une étendue proportionnée à la totalité de toutes les inégalités de la surface parcourue, et cette étendue est indiquée en mètres par kilomètre sur le compteur décimal et constitue le tableau d’inégalité.
- Pour comparer l’index d’une chaussée avec celui d’une autre, il est clair que là même longueur doit servir de terme de comparaison. Pour cela, une longueur de 80 mètres, fraction dépassant la vingtième partie d’un kilomètre, paraît très convenable; et cette longueur est mesurée en millimètres du papier échappant du rouleau G proportionnellement à l’échelle arrêtée; c’est-à-dire que lorsque 80 mètres de chaussée ont été parcourus, 838 millimètres de papier auront été déroulés.
- Chaque longueur de 838 millimètres est mesurée au moyen d’un dispositif placé à l’intérieur du tambour A.
- Sur l’arbre portant le tambour A est fixé un bras portant une cloche d’alarme dont la sonnerie est provoquée par un quart de roue dentée pivo-
- jProfil donné par le viagraphe.
- tant sur ce bras et actionné par un bouton fixé à l’intérieur du tambour A.
- Ce bouton fait avancer d’une dent le quart de roue à chaque tour du tambour, et ce, jusqu’à ce que la longueur d’unité de chaussée ait été parcourue ; la cloche sonne quand le tambour aura fait 2 tours et environ 30, 4 millimètres de plus.
- Les pièces sont protégées par une couverture en verre.
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- AUTOMOBILE MILITAIRE ALLEMANDE
- On s’occupe tellement, et avec raison, de cette question de la traction mécanique au point de vue militaire, que nous pensons utile de mettre sous les yeux du lecteur un camion construit pour les transports de l’armée allemande, par la Compagnie de Marienfelde et par la Société Allgemeine Elektricitæts Gesellschaft, qui semble au premier abord n’avoir rien à faire avec une automobile, même militaire.
- C’est, que, en réalité, il s’agit de deux véhicules dont nous avons dit déjà un mot et qui ont été commandés solidairement à ces deux Sociétés par l’Union navale allemande et pour
- la campagne de Chine : c’est pour assurer le transport de deux postes mobiles de télégraphie sans fil. En réalité, le second véhicule n’est destiné qu’aux transports ordinaires, parce que le peu de temps disponible n’a pas permis de construire le second matériel télégraphique.
- Le moteur du premier de ces deux fourgons a une puissance de six chevaux ; il est alimenté au pétrole, c’est-à-dire que c’est un moteur à explosions, et il n’a pas seulement pour rôle de donner le mouvement au véhicule : aux arrêts, il commande la dynamo. Les détails du mécanisme sont tout à fait du type des voitures Daimler. Le second wagon comporte une batterie d’accumulateurs, une petite dynamo et un moteur à pétrole et à grande vitesse de deux chevaux.
- Pour supporter le récepteur aérien de la télé-
- Camion militaire allemand.
- sans fil chaque fourgon emporte un ballonnet à gonfler avec un demi mètre cube de gaz.
- Les mélanges détonants d'acétylène
- I)e nombreuses études ont déjà été faites sur les phénomènes qui se produisent dans les mélanges d’air et d’acétylène en présence d’une flamme. M. Gloves vient de les reprendre par des expériences méthodiques. La proportion de mélange fut portée progressivement de 1 à 82 0/0.
- Le mélange contenant 3 0 0 d’acétylène est le premier sur lequel la flamme ait produit un effet. Une flamme vert pâle traverse lentement le mélange, le montrant faiblement explosif.
- A mesure que la proportion d’acétylène augmente, la rapidité de la combustion augmente aussi, et le moindre volume de mélange devient franchement explosif.
- Avec 22 0/0 d’acétylène, l’explosion produit la séparation d’une faible partie du charbon qui
- graphie n’est pas consommé. Ce dépôt est d’autant plus marqué que la proportion d’acétylène est plus considérable.
- Au-dessus de 81 0/0 d’acétylène, le mélange ne semble plus explosible.
- COURSES
- La place nous manque pour donner cette semaine le classement du critérium de l’alcool, classement que vient d’établir le Moto-Club de France. Nous publierons in-extenso la semaine prochaine les résultats définitifs de cette importante épreuve.
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- La Commission sportive de l’Automobile-Club de France a décidé de créer une nouvelle catégorie intermédiaire entre les voitures proprement dites et les voiturettes, classe de véhicules qui a reçu le nom de voitures légères.
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- La Commission sportive a limité le poids des voitures légères à 650 kilos.
- Cette catégorie des voitures légères, petites voitures économiques, est actuellement l’une des plus intéressantes de l'automobile. C’est un des types qu’il convient le plus d’encourager.
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- La Commission sportive de l’Automobile-Club de France a décidé la suppression de la course Gabès-Tunis. Les prix destinés à la course seront attribués aux voitures qui se seront le mieux •comportées pendant l’excursion.
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- M. Horace Huet vient d’être nommé membre de la Commission sportive de l’Automobile-Glnb de France.
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- Les droits d’entrée de la course Paris-Berlin sont fixés de la façon suivante : Motocycle, 50 fr. ; voiturettes, 100 fr. ; voitures légères, 200 fr. ; voitures, 300 fr.
- Ces droits seront doublés pendant le mois qui précédera la course.
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- Le retour de la course Pari s-Vienne se fera d’une façon très originale par Semmerjng, Kla-genfiirth, Villach, Tarvis, Udine, Venise, Pa-doue, Vérone, les lacs, Milan, le Simplon et la Suisse.
- La seule difficulté est que, dans le canton du Valais, la route du Simplon est interdite aux automobiles, mais on espère obtenir des autorités locales les autorisations nécessaires.
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- MM. Marye et Rivât, du Moto-Club de Lyon, viennent de s’engager dans Paris-Berlin.
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- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- Le SftTon au grand Palais.
- Voici la troisième liste des inscriptions pour l’exposition du grand Palais :
- Gianoji et Lacoste, Foin, Société anonyme des anciens établissements Panhard et Levassor, Société lyonnaise de mécanique et d’électricité, Blêriot, Lebrun, Société des Automobiles Kock, Paris-Automobile, Béranger, Thévenon et C'c, Baligant, V. Grosse et Cio, Compagnie française des Cycles et Automobiles, Cie internationale dps Transports automobiles, Gleizes, Launière, Bounét, Société l’Energie, Bloek et Ci0, A- Clamagirand, Gustin Bis aîné, Meystren, Société anonyme l’Aster, Mortagne et Bertin, E. Buchet, The Cleveland Machine Screw C°, Louis Montfort, Cio 'des Bandes Kelly, Tels, Société d’Exploitation de Ressorts et Appareils à Lames articulées, Blanchet et Ci0, Letulle, Turgan-Foy et C»e, Vital-Bouhours, E. .tuilier*,
- E. Sayer, Léon, Hanjer frères, Féret, Corhin, de Coster, Clément, Conte, Leroy, Brouhot et Cio, Société anonyme de Construction la Métallurgique, Schmid, Keller-Frigot, Mathieu, Torrilhon etCio, Etablissements Friedmann, Levasseur, Naxara, Beuûls, Devouge, Société de Voitures électriques B- G. S., Gardner-Ser-pollet. Guenet, Edouard Mayer, Charlet, Louis Baudry de Saunier, Berthod, Werner et Cio, Despouts et Godefroy, Coutet-Auscher, Jonnet, Sclrœnmann, Etablissements Pieper, Pailles, Imbert, Fondeur, Desmarais frères, The Automobile Magnéto Electric Igni-tion C°, Harté, Continental Caoutchouc, Dupont et Per ray, Lewis Barnoscone, Gladiator, Audy, Courtial, Falconnet-Perodeaud et C'°, Gautier, Friestedt et Cio, Société commerciale d’Automobiles, Vinot et Deguin-gand, Bandages Ducasble, Société des Voitures la Petite Livraison, Lepape, Chesnay, Launay, Leprôtre, Société de Voitures Otto, Chaudun et Hattu, Childs, Roussel et Dufrin, Bourdon et Benoist, Outhenin-Chalandre, Fenaille et Despeaux, Marot-Gardon, Hurtu, Buat, Taride, Dubrulle, de Boisse, Lebelin, Destombes, Gillet, Chapman, Dunau et Cie, A. Grammont, Reyrol, Liberator, Ricard et Gary, Manufacture parisienne d’Appareils électriques, G. Baudier, Carré fils aîné et O, Labitte, Edmond et Louis Main.
- Les inscriptions ne seront reçues que jusqu’au 3 janvier.
- Les retardataires doivent bien se pénétrer de cet avis important, car, quel que soit le désir du commissaire général d’être agréable aux exposants, il ne lui sera pas permis, pour la raison précitée, d’attendre plus longtemps, en présence des demandes qui affluent, chaque jour aux bureaux de l’Exposition, 6, place de la Concorde.
- JV Auto-Vélo organise au Salon une section rétrospective, qui s’annonce comme un grand succès.
- A TRAVERS LA PRESSE
- Notre excellent confrère le Vélo reproduit un intéressant article d’un journal américain sur la possibilité d’employer les automobiles pour en-trainer... les chevaux de courses.
- Pin l’espèce, il s’agit du record du mille pour noble tête au trot, record qui est de 2 m. 3 s. 1/4 et qu’on voudrait abaisser.
- Le record du trot a progressé bien lentement vers la marque des deux minutes, et chaque fraction de seconde qu’on lui enlève est, pour les éleveurs et hommes de chevaux, une cause de joie. U est probable que l’automobile viendra à l’aide du cheval et qu’une application intelligente des règles de l’entraînement permettra aux trotteurs d’abaisser le record bien au-dessous des deux minutes : une douzaine de chevaux au moins dans le pays sont capables de ce tour de force.
- Les voitures vites ne manquent pas. Nommerai-je celles de Vanderbilt, de Frencb, et surtout la machine rapportée de France, qui est la propriété de M. Bost-vvick et, qui a couvert les cinq milles sur piste en 7 m. 43 s.; celle encore de M. Winton, qui peut faire son mille en 1 m. 30 s. Ces voitures, avec leur volume et leur masse, offriront au cheval un abri contre la violence hostile de l’air, qui est grande à cette allure. On pourrait, d’ailleurs, si besoin était, munir la voiture d’un coupe-vent.
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- Quelle vitesse obtiendrait un cheval dans ces conditions? Il est difficile de fixer un chiffre d’avance. Le record du trotteur étant de 2 m. 3 s. 1/4, le record de l’entraîneur d’un peu moins de deux minutes, et celui du cheval au galop de 1 m. 32 s. — ce dernier représentant la plus grande vitesse que puisse obtenir un cheval sans aide — il semble qu’il n’y ait guère d’autre limite à la vitesse du quadrupède que celle du moteur.
- Les hommes de cheval vous diront que de tels records sont artificiels et ont peu de valeur : cependant le fait demeure que le record du mille par le cheval à la remorque d’une automobile attirerait l’attention universelle et nous apprendrait de quelle vitesse un quadrupède est capable dans les conditions les plus favorables.
- LES AUTOMOBILES SUR ROUTES
- En Belgique, le premier service public d’automobiles vient d’être inauguré dans l’Entre-Sam-tre-et-Meuse. Le point de départ est Malonne-Port. Les omnibus desservent Floreffe-station, Sart-Saint-Laurent, et de là se rendent à Fosses, évitant le coude énorme que trace la voie ferrée, qui passe par Tamines. Les omnibus à vapeur contiennent vingt places.
- Cette ligne eût été exploitée depuis quelque temps déjà sans la lenteur des enquêtes administratives.
- Une cinquantaine de concessions analogues sont demandées sur divers points du territoire belge.
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- On vient d’inaugurer en Belgique un service d’omnibus automobiles qui dessert les villages entre Malonne et Fosses, en traversant Floreffe, Sart-Saint-Lambert, Saint-Laurent. Les voitures sont à vapeur.
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- Les cochers et propriétaires de fiacres de Naples ont l’intention de former par eux-mêmes une compagnie de voitures électriques afm de couper court à toutes les tentatives analogues qui pourraient avoir idée de tenter les capitalistes "étrangers à la ville.
- TRIBUNAUX
- La Cour d’appel d’Aix vient de confirmer le jugement du tribunal de Nice dans l’affaire Lautard-Astoin. M. Lautard se voit donc obligé à payer la somme de 4000 francs de dommages-intérêts à M Astoin, qu’il avait renversé à mo -tocycle, et ce malgré les considérants des juges qui ont reconnu pourtant que M. Lautard était prudent et marchait à allure très modérée au moment do l’accident que nous avons relaté en son temps.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel pratique du constructeur d'automobiles, par Maurice Farman, un beau volume in-10 avec figures dans le texte et un atlas de 20 planches in-4°. Prix : 9 francs.
- La fin de l’Exposition universelle marque l’entrée de l’automobilisme dans une nouvelle période qui permet enfin la publication d’un ouvrage au courant des derniers progrès accomplis et donnant pour les plus importantes marques le montage du moteur et tous les détails de construction de la voiture automobile.
- Le livre de Maurice Farman sera aussi utile aux constructeurs et aux propriétaires qu’aux nombreux mécaniciens qui sont chargés journellement d’exécuter les réparations urgentes. (Librairie Tignol, 35 bis, quaides Grands-Augustins.)
- -«Sfr—
- Nous recevons le premier numéro de la Revue générale de la construction métallique et de la Serrurerie publiée par M. Léon Griveaud, ingénieur civil, chez Mmo veuve Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- La nouvelle revue est très bien faite et obtiendra certainement le plus vif succès auprès des ingénieurs et de tous ceux qu’intéressent les questions de construction métallique.
- COURRIER INDUSTRIEL
- — Un statisticien s’est donné la peine de calculer que les machines employées en Angleteire faisaient autant de travail que sept millions d’hommes, c’est-à-dire plus que toute la population adulte du monde. Aux Etats-Unis, le petit. Etat de Massachusetts possède, à lui seul, assez de machines pour effectuer le travail de 50 millions d’hommes. La statistique montre également que 500,000 hommes, aidés de la machinerie moderne, font plus de travail que n’en auraient fait 16,000,000 il n’y a que peu d’années.
- L’ensemble des machines existant aux Etats-Unis remplace un billion d’ouvriers.
- BREVET D’INVENTION
- N° 282051 du il octobre 1898, pour système propre à produire au moyen du câble de traction dans le halage des bateaux sur les voies fluviales à l’aide de locomotions, le frottement nécessaire des roues motrices contre le guidage.
- M. Albert Runor.PH, propriétaire du dit brevet, désirerait, trou ver un acquéreur qui se chargeât de l’exploitation de son brevet français et à qui il céderait une. licence.
- Pour tous renseignements, s’adresser à MM. Mâ-rilueh et Roiselpt, Office international de brevets d’invention, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- Le Directeur-Gérant : YUILLEMQT.
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- TABLE DES MATIERES
- Variétés.
- Septième année, G. D., p. 2; — A propos d’une saisie, Gaston Senrier, p. 3; — Les liaeres électriques de Saint-Pétersbourg, p. 5; — Les automobiles de guerre en 1900, p. 5; — Transport des automobiles, p. 0; — La régie et les essais d’automobiles, p. 8; —Les Sociétés savantes et l’automobile, p. 8; — La question de la trompe, G. Desjacqnes, p. 17; — Les succédanés du pétrole, Gaston Sencier, p. 20; — Le dîner du concours de moteurs du 5 janvier 1900, p. 20; — La circulation des automobiles en Italie, p. 22;—En attendant l’Exposition, Gaston Sencier, p. 34 ; — Les courses d’automobiles, vicomte de Ponton d’Amécourt, p. 35; — La voiturette triomphatrice, ,/. Amy, p. 35; — La médaille du père Lenoir, Gaston Sencier, p. 30; Le 30 à l’heure, G. D., p. 49; — La question des numéros, p. 52; — L’automobile à l’étranger, p. 33; — Le péril automobile G. D., p. 05; — Voyageurs et bagages, Albert Rodanet, p. 68; — 130.000 francs de prix, Georges Prado, p. 71 ; — L’incident Hugues Le Roux, p. 84 ; — Le transport des motocycles et voiturettes, p. 85; Nouvelles d’Angleterre, p. 85; 100; 149; —Les fiacres électriques à Paris, p. 88; —L’automobile à Biskra, p. 89, 104; — Le pas gymnastique, p. 97 ; — La condamnation de Lemaître, p. 98; — C’est le public qui a tort, p. 99; — Le Soudan traversé en automobile, p. 107; — Les automobiles postales, R. I)., p. 109 ; — Les gros numéros en Belgique, p. 110;— Brevets et voitures automobiles, Albert Rodanet, p. 113; — Sous l’œil des Barbares, Gaston Sencier, p. 114;—- Un cambriolage automobile, p. 119; —Le mariage de M. G. Ballif, p. 120; — Bénédiction de pétrole, p. 139;— Une situation bizarre, p. 142;
- — L’éclairage des deux Bois, p. 146; — Le poids des voitures, p. 146; — Les avantages de l’automobile, p. 150; — Les cochers de Naples, p. 152; — Les omnibus de Berlin, p. 152; —
- — Les automobiles militaires, p. 152, 207; — Gottlieb Daimler, G. Desjacqnes, p. 161; — L’essence pour automobiles, Gaston Sencier,
- . 172; — Un syndicat de conducteurs d’automo-
- iles, p. 175 ; — Un prix de 80.000 marks, p. 176 ;
- — Conseils de prudence, Gaston Sencier, p. 186;
- — Un champion des tramways, p. 191 ; — Un bon petit livre, Gaston Sencier, p. 194; — Ceux qui ne comptent pas, p. 195; —Le Ramasse-piétons, Gaston Sencier, p. 205 ; — La fabrication des pneumatiques, Gaston Sencier, p. 212, 264, 286, 375 ; — Révolution prochaine dans les vitesses des chemins de fer, p. 232; — Gérard Lavergne et Baudry de Saunier, Gaston Sencier, p. 232 ; — Pour remplacer le caoutchouc, p. 234;
- — Les briquettes de pétrole, p. 240; — Les pavés
- d’herbe, p. 240; — Un exemple, Abel Ballif, p. 242; — Un accident de courses, Gaston Sencier, p. 251 ; — L’interdiction des courses, Gaston Sencier, p. 259; — L’automobile idéale, Daniel Bellet, p. 260; — Les propriétés explosives de l’acétylène, p. 208; — Les fiacres à pétrole, p. 274; — Assemblée générale, p. 290; — La guerre aux chauffeurs, Gaston Sencier, p. 290; — Une préface de Giffard, p. 321: — 240 kilomètres à l’heure, p. 322 ; — L’assemblée de l’A. C. F., ]). 337 ; — L’avenir des camions à vapeur, Daniel Bellet, p. 348; — La dislocation, Gaston Sencier, p. 353 ; — Le budget de l’A. C. IL, p. 354; — Un nouvel impôt, p. 354 ; — L’air liquide, p. 375; — La situation de la carrosserie française, p. 382; — A propos d'une voiture, Gaston Sencier, p. 386;— Le congrès de l’automobile, Gaston Sencier, p. 402; — Automobile postale, p. 409: — L’alcool moteur, p. 410; -— L’automobile du prince de Galles, p. 426; — La carte électrique du Touring-Club, p. 429; — L’automobile électrique de tourisme et de luxe, A. Delasalle, p. 433; — Les fêtes de l’Automo-bile-Club, Gaston Sencier, p. 434; — Chauffeurs, chaulfeurs de quoi? L. Baudry de Saunier, p. 449; — L’organisation d’une course, p. 450;
- — L’automobile en Allemagne, Emile Dieu-donné, p. 454; — Les fêtes de l’Automobile-Club, p. 474 ; — Convoi automobile blindé pour l’Afrique du Sud, Daniel Bellet, p. 481 ; — L’avenir de l’automobile, Gérard Lavergne, p. 489;
- — La mort d’Etienne Lenoir, Gaston Sencier, p. 505; — La morale de Paris-Toulouse, p. 506;
- — Le centenaire du moteur à pétrole, p. 506; — Les idées de M. Vulcanus, Emile Dieudonné, p. 522; — Chiens et chauffeurs, Albert Rodanet, p. 522; — Les récompenses de l’Exposition, Gaston Sencier, p. 541 ; — Deux façons de procéder, G. S., p. 542; — Réponse à M. Vulcanus, Jules Deschamps, p. 551 ; — Chauffeurs ou motovoituristes, Gérard Lavergne, p. 558; — Si Santos-Dumont réussit, Gaston Sencier, p. 590;
- — L’automobile aux manœuvres, G. S., p. 590, 617 ; — Les automobiles de fabrication étrangère en Angleterre, Daniel Bellet, p. 605 ; — Pensées d’automne, Gaston Sencier, p. 621 ; — Le nombre des automobiles en France, p. 622; — Les essais de Santos-Dumont, p. 622 ; —Les progrès des accumulateurs, Emile Dieudonné, p. 638 ;
- — Entretien et réparations, Lucien Périssé, p. 653; — Les moyens de transport à travers les âges, p. 653; — Une automobile aux manœuvres austro-hongroises, Emile Dieudonné, p. 658; — La construction des automobiles en Australie, p. 658; —-La résistance des routes à la traction, p. 660; —• Les automobiles agricoles, R. Périssé, p. 670; — L’automobile en Allemagne, Léon Baréty, p. 686 ; — Les impressions d’un commis-
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- saire, Paul Sencier, p. 702; — Le marasme de l’industrie automobile, Un constructeur, p. 717, 749 ; — Le péril des maires, L. Baudry de Saunier, p. 733; — La question de l’alcool, p. 742, 775; — L’alcool fécal, p. 758; —• Encore le marasme, Gérard Lavergne, p. 765; — Les automobiles postales en Allemagne, Daniel Bellet, p. 788 ; — Le banquet des chauffeurs mécaniciens, Paul Sencier, p. 782; — Le magnalium, p. 789; — L’amiante, p. 791 ; —Les automobiles électriques, A. Delasalle, p. 797; — Le coefficient de mérite des autos, p. 798; — Les automobiles à air liquide, p. 806; — Les services que peut rendre une automobile, Daniel Bellet, p. 813; — Les croix de l’Exposition, Gaston Sencier, p. 814; — La fête de l’Automobile-Club, Gaston Sencier, p. 830.
- Echos.
- Pages 3 ; 275 ; 291 ; 306 ; 323 ; 355 ; 387 ; 403 ; 419 ; 435 ; 451 ; 491 ; 507 ; 523 ; 543 ; 559 ; 575 ; 591 ; 607 ; 623 ; 639 ; 655 ; 671 ; 687 ; 703 ; 719 ; 735 ; 751 ; 767 ; 783; 799; 815.
- Voitures à pétrole.
- La voiture Turgan-Foy, p. 23 ; — La voiturette André Py, Paul Sarrey. p. 43; — Les voitures Raouval," P- 121 ; — Automobile Colliot, Paul Sarrey, p. 122; — Voiture automobile d’ambulance, p. 139; — La voiture bicyclette, p. 158;
- — La voiturette de Dion-Bouton, I. Wolff, p. 183; 200; 218; 231; 246; 269; 313; 346; 394; 442; 493; 514; 647; 661; —-La voiture Winton, G. Desjacques, p. 210; — La voiture Darracq avec moteur Bollée, Paul Sarrey, p. 226; — Les voitures Mees, p. 248; 294; —• La voiture Georges Richard, p. 309; — La voiturette Du-pressoir, Paul Sarrey, p. 311; — La voiturette Sirène, Paul Sarrey, p. 329; —Voiturette E.-J. Brierre, système Morisse, Paul Sarrey, p. 342; — Voiture Tourand, p. 358; — Voiture de course autrichienne, p. 390; — Voitures automobiles Rochet, p. 422; — La voiture Vehel, p. 457 ; — Les voitures Turgan et Foy, p. 459 ; — La voiture Marot-Gardon, p. 459 ; — Les châssis Daniel Augé, p. 462; — La voiture Salleron, p. 463 ; — Les voitures Cambier, p. 463 ;
- — Voitures de la Société française d’automobiles, p. 463 ; — La voiturette Renault frères, p. 464; — Les voitures Hurtu, p. 465; — La voiturette & la Minerve », p. 466; — La voiture Welirlé et Godard-Desmarets, p. 466; — La voiture Lepape, p. 467 ; — La petite voiture Vinet, p. 468; — La voiturette « la plus simple », p. 497 ; — La voiture Burns, p. 510; — Camion automobile Hagen, p. 513; — Les voitures Hen-riod, p. 533; — La voiture Napier, Daniel Bellet, p. 546; — La voiturette C.-E. Henriod, p. 565;
- — La voiturette Underberg, p. 642; — Carrosserie d’une charrette Georges Richard, p. 662; Les automobiles Gillet-Forest, p. 690; — Carrosserie d’un char à bancs à pétrole, p. 696; — La 14 chevaux Delahaye, p. 722; — Carrosserie d’un phaéton Peugeot, p. 725 ; — Les nouvelles voitures de Cannstadt, p. 727; — La voiture Robinson, p. 754 ; — Carrosserie d’une wagon-nette à pétrole, p. 759 ; — La « voiture légère Darracq », p. 770; — La voiturette « la Métallurgique », p. 786; — If automobile de guerre Pennington, p. 790; — Carrosserie d’une diligence automobile, p. 792; — La voiture Emmanuel Legrand, p. 802; — Break Daimler pour
- services publics, p. 808; — La petite voiture Vinet, p. 818 ; — Carrosserie d’un char à bancs sur châssis Dietrich, p. 824; — La 12 chevaux de M. Charles S. Rolls, p. 833.
- Bicyclettes automobiles et motocycles.
- La bicyclette automobile, p. 141; — La bicyclette Carcano, p. 278; — Le motocycle Steffey, p. 331 ; — Le tricycle Lawson, Daniel Bellet, p. 526; — La voiturette Marmuse, p. 527 ; — Le nouveau tricycle de Dion-Bouton, p. 535; — La bicyclette « Compact », p. 566; — La bicyclette à pétrole « Républic », p. 580; — Le motocycle Strickland, p. 660; — La voiturette « Aquila », p. 674.
- Moteurs à pétrole.
- Le concours de moteurs de la Locomotion automobile. Moteur Cyclope, p. 9; — Essais aux jantes d’un avant-train moteur Amiot-Péneau, p. 9 ; — Essais aux jantes d’une voiture Panhard-Levassor, p. 10; —• Essais aux jantes d’une voiture Rochet, p. 10; — Essais aux jantes d’une voiture Penelle, p. 11; —L’anatomie du moteur à pétrole, Jules Deschamps, p. 11; — L’amélioration des moteurs, G. Desjacques, p. 42; — Moteur et carburateur Aster, Paul Sarrey, p. 56;
- — Tricycle Delangère avec moteur Romain, Paul Sarrey, p. 90; — Moteur Philibert Bour-diaux, Paul Sarrey, p. 91 ; — Moteur de Bouil-liac de Boursac, p. 245; —Essais au frein d’un moteur à pétrole, Lagneau, p. 268; — Moteur Haffner, Paul Sarrey, p. 344; — Moteur Mon-nier-Mav, p. 391 ; — Le moteur Aigle, p. 441 ; — Le moteur Kaing, p. 495;—Le moteur Stickney, p. 562; — Le moteur Fleury, p. 596; — Le moteur Hansen, p. 614; — Le moteur du canot « Abeille », p. 628; — Le moteur Buchet du nouveau dirigeable de Santos-Dumont, p. 674;
- — La construction des moteurs à pétrole, G. Paillet, p. 582; 598; 632; 646; 679; — L’équilibrage des moteurs à pétrole à grande vitesse, G. Favron, p. 628; 645; 677; 694; 709; — Une réclamation de priorité, p. 710; — Le moteur Yale, p. 707; — Le moteur Buchet de 6 chevaux à circulation d’eau, p. 724; — Le moteur Brol-liet, J. M. llertrich, p. 804.
- Appareils divers.
- Vérificateurs d’allumage, Gustave Blermile, p. 12; — Changement de vitesse par poulies extensibles système Lepillet, IL D., p. 13; 643;
- — Bicyclette s acétylène, p. 14; — Carburateur Georis, p. 14; — Carburateur Eldin, p. 15; — Direction Marot-Gardon, IL D., p. 46; — Direction Kendal, p. 60 ; —- Allumage électrique de la Pope Manufacturing C°, p. 62; — Avant-train moteur à une roue système S. W. Walters, Daniel Bellet, p. 72; — Réducteur de vitesse système Siméon Gould, P. G., p. 76; —Le sous-marin « l’Argonaute », Gaston Sencier, p. 76;
- — Frein à double effet système E. Berteau, R. Denham, p. 78 ; — Changement de vitesse A. Levasseur et J. Wertheimer, p. 93; — L’écrou de sûreté dit « l’Hélicoïd », p. 95; — Soupape d’admission et carburateurs combinés Lamprière, p. 124; — Carburateur Parsom, p. 125; — Transmission directe à différentiel de la VVhitney mo-tor wagon C°, p. 126; — Le siège à soufflet 1900, p. 127; — Refroidisseur d’eau à ailettes creuses système Apprin, p. 156; —Le bandage Munyers,
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- p. 158; •— Le moyeu fixe, p. 158; — Les accumulateurs électriques d’allumage, A. D., p. 173;
- — Avant-train moteur et directeur, p. 183; — Changement de vitesse Mercié, p. 184; — Le carburateur Longuemare, p. 261 ; — La direction (friiïiseli, p. 279; — Nouveau système de montage des rayons de roues, Daniel Bellet, p. 327 ;
- — Allumage électrique Chavanet, Gros et Pi-cliard, p. 327; — Bandage Schnepp, p. 343; — Essieu moteur Ghaboche, p. 345; — Indicateur de pentes de Holt, p.345; —Un nouveau boulon indesserrable, p. 347 ; —Les roues Strong, p. 374;
- — Le graisseur Tucker, p. 375; — Frein réversible Ilenriod, p. 392; — Le collecteur de poussières Dauwin, p. 406; —Changement de vitesse Waché et lvrieger, p. 407; — Le piston Bic-kerton, p. 410; —Allumage électrique Cotton et Kunge, p. 410; — Le graisseur Eriedmann, p. 426; — La roue Esty, p. 439; — Le graisseur Freeman et Armstrong, p. 457 ; — Radiateur à nettoyage facile, p. 458; — Le bandage Cha-meroy, p. 465; — Les radiateurs Grouvelle et Arquembourg, p. 465; — Les bandes Kelly, p. 466; — L’allumage Le Goaziou, p. 47-9 ; — L’allumage Kitto, p. 482; — Direction électrique de Heath, p. 495; — L’interrupteur Jules Guenet, p. 511 ; — Carburateur Crossley et llulley, p. 512;
- — Le changement de vitesse JVlassignon, p. 529;
- — Le direction Frantz, p. 530; — Le bracelet pour pneumatiques « l’indispensable », p. 537;
- — Outils pour rainer les pistons, p. 547 ; — poulies à diamètre variable pour changements de vitesse, p. 562; — Le presse-étoupe Tessier, p. 563;
- :— L’allumage Boudeville, p. 578; — Appareil à gonller les pneus, p. 579; — Un brevet de Daimler, p. 580; — Ta direction lleath, P- 581; — L’unification desiilctages, p. 581 ; —L’allumage Collin-Dufresne, p. 597; — La transmission Va-lentine, p. 613; — La direction de Nesselsdorf, p. 630; — Une roue motrice américaine, p. 644;
- — L’embrayage Jansen, p. 695; — La culasse Linzeler, p. 741; — L’accumulateur à gaz Com-melin et Yiau, p. 755; — Le graissage des poulies folles, p. 757; — La bougie Crest, p. 758; — Le rodage des soupapes, A. Oul'ion, p. 774; — Changement de vitesse Vn Levassor et Jacques de Boisve, J.-M. llerlrich, p. 790; — Le détendeur Dubrulle, p. 820; — Le réglage des soupapes et de leurs ressorts, A. Ou lion, p. 821 ; — Indicateur de pentes Adams, p. 824; —La direction Bedel, p. 834; —Le viagraphe Brown, p. 835.
- Voitures électriques.
- Concours d’accumulateurs de l'Automobile-Club de France, p. 26; 58; 228; 244; — Voitures et moteurs électriques de Henschel et Cc, p. 77;
- — Automotrices sur routes, avec prise de courant à double trolley, p. 94; — Voiture électrique Créanche, A. Delasalle, p. 154; —Omnibus électrique à New-York, p. 207 ; — Les voitures électriques américaines, p. 297 ; 330 ; 409 ;
- -— Les électriques du critérium, A. Delasalle, p. 342 ; — La voiture électrique de Berlin, p. 393 ;
- — Les automobiles électriques en service public, A. Delasalle, p. 402; — La voiture électrique Meynier et Legros, p. 438; —La batterie d’accumulateurs pour automobiles, Emile Dieu-donné, p. 440; — La voiture électrique Clove-lànd, A. Ijelasalle, p. 478; — La voiture électrique Joël, D. B, p. 494; — Automobile de police, p. 497; —Moteur électrique et cornbi-nateur Meynier et Legros, A. Delasalle, p. 547;
- — Lé calcul des batteries d’accumobiles, A. De-
- lasalle, p. 566; — L’histoire de la voiture électrique, A. Delasalle, p. 574; — Les liacres électriques de Washington, p. 578; — Le rechargement des accumobiles, Emile Dieudonné, p. 606; — Voitures électriques Mildé, A. D., p. 610; — Les décharges spontanées dans l’accumulateur en plomb, p. 663; — Le camion électrique Scheele, p. 676; — Chariot électrique de la railinerie îSay, p. 693. — La station d’automobiles électriques de Newport, Emile Dieu-donné, p. 708. —Carrosserie d’un duc électrique B. G. S., p. 711. —Le concours des électromobiles de Berlin, p. 726. —Carrosserie d’un milord électrique, p. 743. — Electromobile postale, p. 755. — L’automobile électrique au point de vue commercial, Emile Dieudonné, p. 821 ; — Le prochain concours d’accumulateurs, A. Delasalle, p. 833; — L’automobile au Canada, p. 835.
- Voitures à vapeur et à alcool.
- La voiture à vapeur Ghaboche, p. 594; — Le camion à vapeur White, p. 676; — La voiture à vapeur R. de Montais, p. 706;— L’omnibus à vapeur Turgan, p. 738; — Une locomobilc à alcool, p. 740.
- Les canots automobiles.
- Les courses du Club nautique de Nice, p. 88; 137; — Les canots automobiles à l’Exposition, p. 159; 600; 634; 665; — Le sous-marin américain Holland, p. 187; 379; — De la valeur pratique du sous-marin, II. Noalhai, p. 222; — Canot à pétrole à moteur de Dion-Bouton, p. 391 ;
- — Le canot à pétrole VAiglon, G. G.-B. — Les bateaux automobiles, Gaston Gencier, p. 418. — Le canot « Abeille I », p. 626. — Le bateau électrique Smit et Zoon, p. 805.
- Aèrostation.
- L’aérostation en 1900, p. 38 ; —L’auto-aviateur, J.-A, p. 62; — Le dirigeable du comte Zeppelin, p. 63; — lies ballons en Afrique australe; p. 108; — L’ascension du Vohja, p. 108; — L’aérostation en I960, p. 108; — Aéro-Club, p. 128; 239; — La machine volante Danilewski, p. 140;—La thermosphère de M. Emmanuel Aimé, p. 155; — De Paris à Flessingue, p. 159;
- — L’aérostation à l’Exposition, p. 159; 174; — L’ascension de l’Orient, p. 191 ; — Le prix Henry Deutsch, p. 194; 317; — La conquête de l’air, Gaston Sencier, p. 369; — Le ballon dirigeable du comte Zeppelin, p. 444; 638; — Un nouveau ballon dirigeable, p. 670. —Les aéronautes du siège de Paris, Emmanuel Aimé, p. 823.
- Courses.
- Le tour d’Angleterre, p. 4; 39; 101; 281; 297; 318; 469;—Paris-Brest et retour, p. 105: 169; 181 ; — Course Paris-Reims, p. 5; — Le grand meeting automobile de Turin, p. 105; — Coupe Gordon-Bennett, p. 5; 51; 87; 106; 115; 196; 301 ; 333; 354; 379; 396; 483; 825; — Course de l’Eventail, p. 115 ; — Addition au règlement dos courses de l’A. C. F., j*. 5; — Le circuit du sud-ouest, p. 117; 131 ; — Coupe de l’Automobile-Club de Nice, p. 22; 102; — La course de' côte do la Côte d’a:ur s})<>eliï% p. 117; 235; — Coupe provinciale, p. 22; 136; — Paris-Bordeaux, p. 33; 105; 148; — La semaine de Pau, p. 37; 86; 116;
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- 130; 149: 169; — La semaine de Nice, p. 38, 88, 147; 153; 170; 178; 197; 216; 235; 253; 270; — La coupe des voiturettes du Journal des Sports, p. 55; 84; 104; 117; 134; 148 ; — Course de Cannes, p. 89; — Les records, p. 69; 71; 88; 102; 115; 136; 170; 196; — Courses de Spa, p. 119; 134; 333; 445; 516; 567; 582; — La coupe Chauchard, p. 87 ; — La course de Lemaître, p. 120; — Un circuit anglais, p. 121; — La course Bordeaux, Périgueux, Bordeaux, p. 136; 197; 316, 349; 363;
- — Course de Dieppe, p. 148; — Paris-Roubaix, p. 149; 196; 253; — Paris-Berlin, p. 169; — Le critérium de l’électricité, p. 169; 180; 237; 280; 381; —La coupe des motocycles, p. 169; 348; Nice, Marseille, Nice, p. 171; 179; 198; 216; — Le chronométrage du mille, p. 107; — Nice-Draguignan-Nice, p. 171; 179; 199;—La course du premier pas, p. 180; 236; — Ghampionnet du Sud-Ouest, p. 182; — Gymkhana automobile en Belgique, p. 189; — La course Salon-Arles, p. 236; — Le critérium de l’électricité à Berlin, p. 237; — Le monome automobile, p. 281 ; —Le critérium Liégeois, p. 298; 397 ; — Le critérium des motocycles, p. 300; 314; 332; — Le critérium des voiturettes, p. 315; 332;— La course du kilomètre à Anvers, p. 316; — Le critérium des motocyclettes, p. 364; — Le critérium de Provence," p. 379; 411; 427; — Draguignan-Aix-Draguignan, p. 381 ; — La fête des artistes, p. 396; 412; 444; — La coupe des électriques, p. 396; — Le concours de l’Hélice-Glub, p. 397, 412; — Le kilomètre lancé en Belgique, p. 397;
- — L’épreuve de côte Spa-Malchamp, p. 411 ; — Le tour de Belgique, p. 411; 809; — Paris-Toulouse et retour, p. 427; 468; 483; 499; 531; 551 ;
- — Le meeting automobile de Padoue, p. 445; — L’excursion en Tunisie, p. 451; 633; — Les courses du parc des eaux vives à Genève, p. 470;
- — Le concours d’automobiles fleuries de Franc-fort-sur-le-Mein, Léon Baréty, p. 501 ; — Les courses de Strasbourg, p. 502; —Les courses de Francfort-sur-le-Mein, Léon Baréty, p. 516;
- — La course de côte du Semmcring, p. 568; — Le meeting d’Ostende, p. 583 ; — La course Berlin-Aaehen, p. 383; — Le meeting automobile de Brescia, p. 599; 615; — La course Lis-sieu-Mâcon et retour, p. 633; — Le critérium de l’alcool, p. 649; 664; 680; 696; 711; — La course de côte de Gaillon, p. 665; 698; 712; 728; 745; — La course de côte de Chanteloup, p. 681; 697; 712; 727; — La course Mannheim-Bâle, p. 681 ; — La course Dresde-Leipzig, p. 681; 729 ;
- — La course à la consommation, p. 697; 728; 743; — La fête du Sport universel illustré, p. 698; — La course Paris-Berlin, p. 713; 759;
- — Le critérium Anversois, p. 746; — Le tour d’Italie, p. 760; 794; — Les courses de Nice en 1901, p. 760; 776; 793; 830; — La course du catalogue, p. 776; — Les 1000 milles sans arrêt, p. 778; — La course Berlin-Vienne, p. 794; — Le kilomètre à Achères, p. 809; — La course Anvers-Bergen-of-Zoom, p. 809; — Le tour des Vosges, p. 809; —La course italienne de consommation, p. 824.
- Automobile-Club et Sociétés diverses,
- Automobile-Club d’Italie, p. 4; — Automobile-Club de la Grande-Bretagne, p. 118; 405; 593; 672; — Automobile-Club de Belgique, p. 4; 87; 298; 543; 688; 720; 768; 784; 816; — Automobile-Club Suisse, p. 118; 350; — Automobile-Club de la Dordogne, p. 4; 831 ; — Automobile-Club de la Florence, p. 118; — Automobile-Club de Salon,
- p. 4 ; 703 ; 783 ; — Automobile-Club des Flandres, p. 118; 405 ; 656; — Union des Motocyclistes dé Roubaix, p. 5 ; — Automobile-Club d’Auvergne, p. 138; 176; 255; 372; 719; — Automobile-Club d’Odessa, p. 5; —Automobile-Club Nantais, p. 153; — Touring-Club de France, p. 8; 22; 69; 86; 102; 115; 171 ; 178; 233; 247 ; 269 ; 301 ; 324; 523; 559; 591; 623; 639; 751; 799; — Automobile-Club de France, p. 21 ; 69; 116; 135; 171 ; 177; 197; 234; 252; 291; 306; 323; 338; 355; 371; 387; 403; 419; 435; 451; 475; 607; 639; 671; 687; 719; 767; 783; 815; - Automobile-Club Normand, p. 22; 87 ; 492; 560; —• Automobile-Club Liégois, p. 170; 205; — Rallye-Auto, p. 22; 190; 323; 387 ; — Automobile-Club Biter-rois, p. 189; 282; 306; — Automobile-Club de Turin, p. 40; — Automobile-Club d’Avignon, p. 87 ; — Automobile-Club Bordelais, p. 87; 240; 282; 671 ; — Automobile-Club de Padoue, p. 153;
- — Automobile-Club Autrichien, p. 207; — Automobile-Club du Var, p. 222; 387; 655; 768; 784;
- — Automobile-Club Anversois, p. 282; — Chambre syndicale du Cycle et de l’Automobile, p. 297; 351 ; 411 ; 435; — Automobile-Club de Marseille, p. 307; — Chambre syndicale de l’Automobile, p. 325; 387; —Automobile-Club de Nice, p. 325; 507 ; 560 ; 591 ; 671 ; 752; 784; 800 ; 815; — Moto-Club de France, p. 338; 355; 387; 403; 419; 435; 451; 475; 491; 507; 523; 639; 687; 703; 735; 783; 815; 831; — Moto-Club de Lyon, p. 349; 371; 753; 831;—Automobile-Club de Berlin, p. 370; — Moto-Club de Belgique, p. 388; 507; 688; 704; 720; — Automobile-Club d’Avignon, p. 507; — Automobile-Club Bourguignon, p. 560; 623; 688; 704; 736; 751; — Automobile-Club d’Alsace-Lorraine, p. 575; 769; — Automobile-Club de Hollande, p. 624; — Union automobile allemande, p. 657; 705; — Mittel-Europaischer Motonvagen verein, p. 705 ; — Automobile-Club Grenoblois, p. 735;
- — Automobile-Club de Philadelphie, p. 737 ; —> Automobile-Club de Californie, p. 737 ; — Automobile-Club de l’Ouest allemand, p. 769 ; — Liverpool self-propelled association, p. 769; — Automobile-Club de Seine-et-Oise, p. 831 ; — Automobile-Club du Nord, p. 831.
- Congrès et sociétés savantes.
- Le congrès international d’automobilisme, p. 82;
- — Congrès international des tramways, p. 157;
- — Congrès de Périgueux, p. 197 ; - Le congrès
- international du pétrole, p. 556.
- Expositions et concours.
- Exposition universelle de 1900, p. 53; 117; 120: 121; 133; 175; 257; 283; 284; 303; 319; 334; 351 ; 367 ; 383 ; 398 ; 413 ; 432; 447 ; 485 ; 503 ; 518 ; 553 ; 570; 585; 617; 682; 698; 715; 730; 778; — Exposition d’Amsterdam, p. 119; — Exposition de Birmingham, p. 121; — Concours de photographie de l’Automobile-Club de Nice, p. 127; — Exposition de Bruxelles, p. 150; 190; 239; — Exposition de Glasgow, p. 151 ; — Exposition de Maisons-Lalïite, p. 153; — Exposition de Madison-Garden, p. 176; — Exposition de Périgueux, p. 197 ; •— Concours de photographie de F Automobile-Club bordelais, p. 197 ; — Exposition de Vérone, p. 206; — Exposition permanente de Berlin, p. 271 ; 485; — Concours des poids lourds de la Liverpool Self Propelled Trahie Association, p. 428; 484; — Concours de voitures de place et de voitures de livraison à Vincennes,
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- p. 483; 515; 552; 570; 600; 634; 699; — L’Exposition d’automobiles de Nuremberg, p. 504; — Concours de voiturettes à Vincennes, p. 538; 651 ;
- — Exposition de Francfort-sur-le-Mein, p. 538;
- — Exposition de Brescia, p. 600; 617 ; — Exposition de Leipzig, p. 634; — Exposition de Chris-tiana, p. 634; — Le concours des poids lourds, p. 650; 665; 699; 714; — Le concours d’électriques en Angleterre, p. 761 ; — Le concours de carburants de l’A. C F., p. 730; — Le concours de la Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie, p. 757; — Le Salon de 1901, p. 762; 794; 811 ; 826; 838; — Le concours d’accumulateurs de l’A. C. F. en 1901, p. 762; 834; — Exposition de Chicago, p. 778; — Expositions de Londres, p. 795.
- * A travers la presse.
- P. 285; 302; 319; 335; 382; 399; 414; 430; 447- 471 ; 487 ; 502 ; 517 ; 540 ; 556 ; 571 ; 586 ; 602 ; "TO; 635; 651; 666; 682; 699; 714; 729; 746: 763; Üg?8; 795; 811; 827; 839.
- Législation et jurisprudence.
- Jurisprudence industrielle en matière de brevets d’invention, p. 95; — La marche arrière, circulaire du ministre des travaux publics, p. 129;
- — Le règlement sur la circulation des automobiles en Italie, p. 135; — La Bollée et la taxe, p. 137 ; — Droits de douane, p. 138 ; — La plaque des motocycles, p. 151 ; — Les voitures automobiles et l’impôt, Albert Eoclanet, p. 174; — La jurisprudence et les voitures automobiles, Albert Rodanet, p. 194; — Les chauffeurs de Lyon, p. 206; — L’électrolette en correctionnelle, p. 207;
- — Poursuites contre les chauffeurs, Albert Rodanet, ]>, 273;—Tribunaux, p. 303; 320; 336; 351; 366; 400; 429; 471 ; 487; 519; 540; 556; 572; 587; 603; 716 ; 732 ; 764 ; 779 ; 811 ; 828; 839; —Les chauffeurs en simple police, p. 306; — La loi sur les accidents et les automobiles, Albert Rodanet, p. 385 ; — Le nouveau règlement douanier en Belgique, p. 415; — Les chauffeurs en police correctionnelle, Albert Rodanet, p. 418 ;
- — Transport des voitures automobiles, Albert Rodanet, p. 474 ; — Les automobiles et les récompenses industrielles, Albert Rodanet, p.558;
- — Lin vœu du Conseil général de la Seine-Inférieure, Albert Rodanet, p. 574; — Les yachts automobiles, Albert Rodanet, p. 669, 701 ; — Le règlement sur la circulation des automobiles en Espagne, p. 686. — Les automobiles et les prestations, par Albert Rodanet, p. 829.
- Automobiles sur routes.
- Société bordelaise de transports automobiles, p. 175; — Décret sur les subventions aux services publics d’automobiles, p. 189; — Les poids lourds dans les colonies anglaises, p 222; —Les automobiles sur routes, Gaston Sencier, p. 238; — Un service public d’automobiles à Bruxelles, p. 240; — Automobiles sur routes, p. 351; 366; 382; 400; 414; 430; 472; 486; 517; 539; 571 ; 585; 601; 618; 652; 667; 683; 715; 731 ; 748; 763; 796; 827; 839.
- Bibliographie.
- La locomotion a travers les âges, par Octave Uzanne, p. 32; —• Les moteurs à explosion, par Georges Moreau, p. 32; — Tramways et automobiles, par E. Aucamus et L. Galine, p. 79; — L’agenda aide-mémoire des Arts et Métiers, par J. Loubat, p. 111; —Le Pochet-Booh de l’Auto-motor and Horscless Vehicle journal, p. 111 ; — L’électricité à l’Exposition de 1900, p. 111; — L’automobile théorique et pratique, t. II, par L. Baudry de Saunier, p. 143; 254; —Manuel théorique et pratique de l’automobile sur routes, par Gérard-Lavergne, p. 160; — La traction mécanique et les voitures automobiles, par G. Leroux et A. Revel, p. 272; — Les moteurs à pétrole, par Jules Goblet, p. 588; —Les secrets de fabrication et de bon fonctionnement des moteurs à essence pour motocycles et automobiles, par Georgia Knap, p. 588 ; — Le Sankt Georg, p. 620; —Die Automobilen, ihr Wesen und ihre Behaudlung, par le docteur E. Mul-lendorff et F. Kubel, Georges Siemens, éditeur, Berlin, p. 732; —Formulaire industriel, par J. Ghersi, Georges Carré et C. Naud, éditeurs, p. 780 ; — Les freins de secours, par Ludovic Peneau, p. 796; — La mécanique à l'Exposition de 1900, Vve Ch. Dunod, éditeur, p. 828; — L’électricité a l’Exposition de 1900, Vve Ch. Dunod. éditeur, p. 828; — Manuel pratique du constructeur d’automobiles, par Maurice Far-man, librairie Tignol, p. 839.
- Boîte aux lettres.
- P. 286 ; 304 ; 320 ; 335 ; 416 ; 472 ; 487 ; 572 ; 587 ; 604; 636; 683; 700; 716; 764; 779; 796; 812.
- Courrier industriel.
- P. 288 ; 336 ; 352 ; 368 ; 384 ; 416 ; 448 ; 488 ; 504 ; 519; 588; 604; 620; 636; 652; 668; 684; 700; 716; 732; 748; 764; 780; 796; 812; 828 ; 839.
- TARIS.— L. DE SOYE ET FILS, IMPRIMEURS, 18, RUE DES FOSSES-SAINT-JACQUES.
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