La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Secrétaire de la Rédaction 1» i k t o 11 u k .
- AUG. GUEROUT Dr CORNELIUS HERZ
- Administrateur HENRI SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcïi
- APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITE
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE --- TELEGRAPHIE ET TELEPHONIE
- SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC
- TOME TREIZIEME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- Si, — Rue Vivienne, — 5i
- t 884
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d3Electricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- directeur: D1 CORNELIUS HERZ
- SECRETAIRE DE LA RÉDACTION : AuG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : IlENRY
- 6» ANNÉE (TOME XIII) SAMEDI 5 JUILLET IS84 N» 27
- SOMMAIRE
- Description des appareils électromagnétiques pour la détermination des longitudes (3e article); M. Lœwy. — Imitation par les courants d’eau des stratifications de la lumière électrique dans les tubes de Geissler; G. Decharme. — Nouvelle pile à liquide alcalin; R. Fabri et G. Ravaglia. —. Les appareils de M. Kohlrausch pour les mesures magnétiques (3e article;; Uppenborn. — Le télégraphe Hughes et sa transformation en appareil multiple; J. Mu-nier. — L’électricité appliquée au percement des galeries souterraines ; Aug. Guerout. — Les transmissions pour dynamos; G. Richard.— Chronique de l’étranger : Italie; W. de Fonvielle. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité. — Sur un électrodynamomètre à mercure, par M. Lippmann. L’interrupteur à mercure de M. Kirn. — Sur une modification du pont de Wheatstone, par M. S.-P. Thompson. — A propos de la stratification de la lumière électrique, par M. Urbanitzky. — Travaux de la Conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et des télégraphes. — Faits divers.
- DESCRIPTION
- DES
- APPAREILS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES
- POUR
- LA DÉTERMINATION DES LONGITUDES Troisième article. (Voir tes numéros des 21 et 28 juin 1884.)
- Nous allons maintenant indiquer avec détails le mode de fonctionnement de ces appareils dans les trois cas où l’on a à en faire usage.
- Enregistrement des observations locales. — Le grand commutateur étant sur local et le circuit du top étant fermé par la pression de l’observateur sur la touche, le courant de la pile locale, après avoir traversé les bobines E', passe du pivot v aux boutons Bj, B2, Ba, traverse le fil du top cp' et arrive à la bifurcation <p ; en ce point, une portion du courant se rend à la terre par le rhéostat; l’autre passe par la boussole, traverse les bobines du relais, et finalement se rend aussi à la terre, grâce à
- la communication établie parles boutons B4 et B5. La plume des signaux est donc attirée, et un signal est marqué aussi longtemps que le top est maintenu fermé.
- Enregistrement des signaux envoyés à la station étrangère. — Le grand commutateur est placé sur étranger, les deux fils du top sont réunis; alors le courant de la grande pile passe de r. à Bj, B'3, cp' et cp. Là il se bifurque; une portion traverse le rhéostat; l’autre va au relais en passant par la boussole et rejoint la première partie du courant au bouton B'. De là l’onde électrique gagne le bouton Bj et se propage sur la grande ligne.
- En traversant les bobines du relais, le courant de ligne a déterminé l’oscillation de la palette; celle-ci, venant butter contre la vis n>', ferme le circuit B', B" h^w'h3 par lequel s’écoule le
- courant de la pile locale en faisant mouvoir la plume des signaux.
- Enregistrement des signaux reçus de la station étrangère. — Le grand commutateur étant sur réception, le courant qui vient de la ligne passe par B" et Bj, où il se bifurque. Là une portion se rend à la terre en traversant le rhéostat; le reste du courant traverse la boussole, les bobines du relais et s’écoule aussi à la terre par Bj Bj' B-. En traversant les bobines du relais, il ferme, comme dans le cas précédent, le circuit de la pile locale qui met eu mouvement la plume des signaux.
- Pour que l’ensemble de ces opérations soit correct, il faut et il suffit que les divers courants qui traversent les bobines du relaiç Siemens aient tous la même intensité.
- Cette précaution est capitale. Il est d’ailleurs facile d’y avoir égard au moyen du rhéostat, dont la résistance peut varier de zéro à.4ogôkm.
- Sachant à peu près quelle est la déviation D produite sur l’aiguille de la boussole par la totalité du courant qui arrive de la station étrangère, 011 interpose une résistance suffisante pour que, des le début des observations, la déviation D' de la boussole soit un peu moindre que D, et l’on
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- maintient cette déviation D' constante jusqu’à la fin de la soirée.
- 11 est vrai que l’action de la pile locale sur l’é-lectro-aimant E' ne s’exerce pas de la même manière dans toutes les circonstances : dans le cas du travail en station, le courant émis par cette pile commence à agir dès que le circuit du top est fermé, et, de plus, outre les bobines E', il traverse celles du relais, tandis que, lors des échanges de signaux avec la station étrangère, soit pour l’envoi, soit pour la réception, le courant de la pile locale ne commence à agir sur les bobines E' que quand la palette mn vient butter contre la vis n>' ; alors il ne traverse plus les bobines du relais.
- Mais il ne résultera de là aucun manque de rigueur si, dans chaque cas, on possède un moyen de comparer le déplacement de la plume des signaux à celui de la plume des secondes, déplacement produit automatiquement d’une manière invariable. Autrement dit, il y a lieu de déterminer séparément la parallaxe des plumes pour les échanges des signaux.
- Parallaxe des plumes. — On coupe le conducteur a[3 en tournant l’interrupteur i'; alors, si la palette jl butte contre la vis w, ce qui a lieu en général, le courant de la pendule se rend à la terre en suivant le circuit at\jwh1H et le fil des bobines E ; mais la palette vient-elle à être attirée du côté j.p', le courant ne passe plus, et, sous l’action des ressorts antagonistes, la plume des secondes marque un signal. Cette attraction se produit toutes les fois qu’un courant traverse les bobines du relais, et, comme il traverse aussi les bobines E' en déterminant l’oscillation de la plume des signaux, on peut dire qu’il y a double enregistrement d’un même signal par les deux plumes : la différence de ces deux signaux simultanés est ce que nous appelons la parallaxe des plumes. Or, tous les courants admis dans le relais Siemens étant soigneusement égalisés, l’oscillation de la plume des secondes se produit toujours dans les mêmes conditions.
- Pendant les observations, on a eu soin de répéter fréquemment la mesure de la parallaxe des plumes par le double enregistrement d’une dizaine de tops. De même, en échangeant les signaux, on a toujours enregistré doublement une dizaine d’entre eux pour chaque série, ce qui a fourni la valeur de la parallaxe qui convient spécialement à cette série.
- Il convient encore en dernier lieu de faire ressortir une des qualités particulières de ces appareils qu’une insuffisante étude n’a pas permis à certains opérateurs de reconnaître tout d’abord.
- Ces observateurs ont cru qu’il fallait rigoureusement suivre les règles qui viennent d’être établies et qui m’ont personnellement paru les plus convenables pour notre travail astronomique. Or, cela
- n’est pas indispensable, ainsi qu’on va le voir.
- Il résulte de tout ce qui précède qu’on peut enregistrer chaque signal de deux manières différentes, à l’aide de la plume marquant les secondes, ou à l’aide de la plume destinée aux signaux, mais comme il est superflu dans la plupart des cas d’enregistrer chaque signal deux fois, nous avons indiqué comme étant préférable de faire de temps en temps la parallaxe.
- D’un autre côté, il est également évident que l’on peut, si l’on veut, se servir uniquement de la plume des secondes pour effectuer les divers enregistrements ; quelle que soit la nature du signal, on peut produire celui-ci sur la ligne des secondes.
- J’ai, en effet, opéré de cette façon, dans une détermination de longitude; je n’ai alors fait aucun usage de la plume des signaux ; mais si l’on a ainsi l’avantage d’éviter la comparaison des deux plumes, en se dispensant d’effectuer de fréquentes déterminations de la parallaxe, on a, d’un autre côté, l’inconvénient de perdre des signaux ; en effet, en enregistrant seulement sur la ligne des secondes, il arrive qu’au moment où la plume doit marquer la seconde elle est en même temps sollicitée par le courant du top, et dans ce cas, les signaux se confondent.
- Dans beaucoup d’expériences, la perte d’un signal n’a aucune importance, mais dans les observations astronomiques, il est préférable à cause de la symétrie, d’obtenir pour chaque astre un nombre égal de signaux.
- Les réductions sont plus faciles et l’économie qui en résulte est plus considérable que le temps qu’il faut consacrer au relevé des parallaxes.
- Quoi qu’il en soit, on a donc la facilité d’enregistrer chaque signal de trois façons différentes :
- i° Sur la ligne des secondes et des signaux simultanément, enregistrement double qui fournit pour quelques recherches un contrôle précieux;
- 2° Uniquement sur la ligne des signaux, si l’on ne veut pas s’exposer à la perte d’un signal quelconque ;
- 3° Ou seulement sur la ligne des secondes, si l’on veut éviter l’usage de la parallaxe, procédé qui, en outre, au point de vue abstrait est plus rigoureux, mais qui présente les légers inconvénients que nous venons de signaler.
- On voit donc, en réalité, que la plume des signaux peut à volonté, ou servir, ou être complètement mise de côté. C’est ce dernier point qui n’a pas été suffisamment compris par certains observateurs, et l’on s’est quelquefois imaginé qu’il fallait en tout état de choses, faire intervenir la plume des signaux.
- C’est précisément cette facilité de pouvoir opérer comme on le désire qui constitue un avantage particulier du système en question.
- A ma connaissance, dans toutes les dispositions
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- similaires, il n’est guère possible de produire à l’aide d’une même plume, l’enregistrement des secondes de la pendule, des observations astronomiques et des signaux d’envoi et de réception.
- Nous estimons que l’emploi de nos appareils électromagnétiques est d’une sûreté telle, que la précision du résultat final trouvé pour la longitude dépend uniquement du degré de précision des observations astronomiques et de la marche des pendules.
- APPAREILS SERVANT A LA CORRESPONDANCE ÉLECTRIQUE
- L’ensemble des organes installés sur la table II sert à la correspondance électrique entre les deux stations.
- Pour que les différentes opérations puissent être exécutées avec rapidité et sécurité, il est nécessaire de satisfaire aux conditions suivantes :
- io
- i° Il faut pouvoir parler à la station conjuguée et en recevoir les réponses;
- 2° Il faut pouvoir communiquer avec le bureau télégraphique central le plus voisin, soit pour lui demander d’ouvrir la ligne, soit pour lui signaler les perturbations qui peuvent surgir dans le courant de la soirée sur la ligne étrangère ;
- 3° Il faut pouvoir être informé instantanément des communications émanant soit du bureau central local, soit de la station étrangère ;
- 4° Il faut, bien entendu, que les diverses communications électriques puissent se faire sans qu’il
- soit besoin d’interrompre pour cela l’enregistrement des opérations astronomiques.
- Ce but est complètement atteint par le dispositif que nous allons décrire.
- La figure 2 porte :
- i° Un appareil Morse ordinaire, avec boussole;
- 2° Une sonnerie à deux directions;
- 3° Deux paratonnerres;
- 4° Des conducteurs métalliques et des commutateurs destinés à mettre en communication ou à isoler les diverses pièces précédentes.
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- Trois batteries sont reliées à la planche :
- La pile de la ligne étrangère, ou grande pile, en -Te ; elle sert déjà pour l’échange des signaux.
- La pile du bureau local, on petite pile, en w,
- La pile de la sonnerie en <r.
- La planchette est en communication avec la ligne étrangère par la borne a, avec la ligne locale en p, avec la terre par les bornes <p, t et par les paratonnerres en cas de décharge électrique.
- Un grand commutateur à manette Iv, analogue à celui que nous avons décrit pour la pl. i, tourne autour du pivot v et peut être placé dans les directions vl, vl', vl", correspondant respectivement aux échancrures d’un guide circulaire portant les mots étranger, local, attente.
- La face inférieure de ce commutateur porte sept boutons à ressort b,, ù2, b3, b,t, b%, bü, bn. Le bouton b& est le seul qui soit en communication avec le pivot v. Les autres sont isolés de la masse métallique, mais communiquent entre eux deux à deux, bi avec b%, bs avec b,t, ba avec b-r Les boutons des commutateurs viennent, suivant les cas, presser contre trois séries d’autres boutons B fixés à la planchette et établissent les communications avec les différents conducteurs métalliques.
- Voyons maintenant comment on peut réaliser avec ces appareils les conditions énoncées ci-dessus.
- Correspondance avec la station conjuguée. — Que l’on veuille envoyer ou recevoir, il faut placer le grand commutateur dans la position vl sur étranger et établir le circuit par le petit commutateur i.
- Supposons d’abord qu’on veuille parler.
- Le courant de la grande pile entre par la borne -k, passe de B7 en B6, arrive au manipulateur Morse, d’où il est envoyé à la boussole et au pivot v ; il traverse ensuite la masse, suit la direction Bu B,/ B,/' et sort de la planchette par le paratonnerre en a, où il rejoint la ligne étrangère.
- Dans le cas de la réception, le courant de la ligne étrangère arrive au paratonnerre par la borne a, parcourt le circuit B/ B,/ B5 v, passe dans la boussole, de là dans le récepteur Morse, et s’écoule à la terre par la borne <p.
- Correspondance avec le bureau local.—Le grand commutateur doit être dans la position vl' sur local.
- Admettons qu’il s’agisse de transmettre.
- Le courant de la petite pile entre par m, arrive en B/ B/ B(i et est envoyé par le manipulateur dans la boussole, d’où il passe en v et en B/ par la masse; il suit ensuite le parcours yB/ B/'A, traverse le paratonnerre de gauche et reioint la ligne locale en p.
- Si l’on reçoit une correspondance du bureau local, le courant entre par la borne p, traverse le paratonnerre, suit le parcours inverse AB/'B,'
- yB/v, arrive à la boussole et au récepteur, et s’écoule à la terre par la borne cp.
- Il ne nous reste plus maintenant qu’à examiner comment la sonnerie fonctionne pour avertir d’un appel provenant de la station conjuguée ou du bureau local.
- Tout le temps qu’on ne communique pas, le commutateur est placé sur attente dans la position vl".
- Supposons un appel de l’étranger.
- Le courant émanant de la ligne étrangère suit le parcours aiB,", passe en B3", de là se rend à la sonnerie et fait tomber le disque de droite.
- La chute de ce disque établit le circuit de la petite pile a qui fait mouvoir le trembleur de la sonnerie et indique que la station conjuguée demande à communiquer.
- Le courant qui a passé par la sonnerie se rend à la terre par la borne t.
- Dans le cas d’un appel fait par le bureau local, le courant qui entre par P arrive par k en B," B/, se rend dans la sonnerie à double direction, la met en marche en faisant tomber le disque de gauche. L’employé est ainsi averti de l’appel du bureau local. Le courant s’écoule à la terre par la borne x.
- Par l’inspection de la figure 2, on verra facilement que, lorsque le levier commutateur se trouve sur la position local, la ligne étrangère reste en communication avec la sonnerie de la station donnée, et, réciproquement, quand le levier se trouvera sur la position étranger, la ligne locale sera en relation avec la sonnerie. On sera donc toujours prévenu d’un appel émanant de l’une ou de l’autre des deux lignes.
- Il reste enfin à isoler la ligne étrangère de la planche du Morse pendant l’échange des signaux eflectués à l’aide du chronographe. Pour arriver à ce résultat, il suffit de rompre le circuit de la ligne étrangère à l’aide du commutateur t. D’un autre côté, les garanties de sécurité sont assurées par les paratonnerres interposées dans les circuits des deux courants extérieurs. En cas de décharge électrique, le papier isolant enduit de paraffine se perce, et la communication s’établit entre les fils de la ligne foudroyée et les fils de terre, qui offrent au fluide une issue suffisante pour que tout danger sérieux disparaisse.
- Cette planchette réalise donc complètement les conditions énoncées plus haut et forme avec la précédente un ensemble d’appareils électromagnétiques dont le fonctionnement est des plus satisfaisants, tant au point de vue de la commodité que de l’extrême précision des opérations.
- (A suivre.) Maurice Lœwy,
- de rinstitut.
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- IMITATION PAR LES COURANTS D'EAU DISCONTINUS
- DES
- STRATIFICATIONS
- I)K LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE DANS LES TUBES DE GEISSLER
- J’ai imité déjà, par plusieurs procédés, hydrauliques ou mécaniques, les stratifications de la lumière électrique dans les gaz plus ou moins raréfiés (*). Mais le moyen suivant paraît plus rationnel, en ce qu’il est fondé sur l’emploi des courants d’eau dont la discontinuité est produite à des in-
- FKi I
- tervalles très rapprochés (qu’on peut d’ailleurs modifier à volonté), par un siphon dont l’ouverture aspirante entraîne à la fois de l’eau et de l’air en bulles plus ou moins fines, plus ou moins rapides. C’est l’ensemble de ces bulles mêlées au liquide qui produit l’apparence des strates, tantôt fixes, tantôt mobiles, imitant celles de la lumière électrique dans les tubes de Geissler.
- Voici comment on dispose l’expérience :
- Prenons un siphon ordinaire en verre, deux fois recourbé à angles droits dans le même plan et disposé verticalement, la petite branche touchant le
- (') La Lumière électrique, t. IX, p. 471.
- Annales de chimie et de physique, 5° série, tome XXIX, p. 416 (i883).
- fond d’un large vase contenant de l’eau. L’instrument étant amorcé, le liquide s’écoulera d’une manière continue, invisible et sans bruit. Lorsque le niveau de,3l’eau sera arrivé à quelques millimètres du fond du vase, il s’introduira tout à coup dans le siphon, par un effet de succion, une série de très fines bulles d’air (') qui, en pénétrant rapidement dans le tube, feront entendre un petit sifflement d’autant plus aigu et fort, que la grande branche de l’instrument sera plus longue. Ce sifflement ira en diminuant, comme celui de la sirène acoustique; l’intensité du son diminuera aussi en même temps que sa hauteur ; son timbre, lorsque l’écoulement touchera à sa fin, ressemblera au bourdonnement d’un gros moucheron.
- Or, pendant les différentes phases des sons rendus par l’introduction plus ou moins rapide des bulles d’air, qui viennent à des intervalles égaux
- FIG. 2
- choquer le liquide et interrompre partiellement son écoulement, il se produit, pendant la phase moyenne surtout, un effet apparent de strates tout à fait analogues aux stratifications de la lumière électrique dans les tubes de Geissler (fig. 1). Ces strates sont fixes ou vibrantes, espacées de 4 à 8 millimètres, à demi marquées, assez brillantes et faciles à observer dans toutes les parties du tube, si le diamètre est le même dans toute sa longueur ; sinon elles sont plus visibles dans les portions étroites. Pour les bien voir, on emploie le même moyen que pour observer les stratifications élec-
- (>) Il est à remarquer que quand un gaz traverse un liquide, ce n’est jamais par filet continu, quelle que soit la pression ou la vitesse du gaz; c’est toujours d’une manière discontinue, par bulles plus ou moins grosses, plus ou moins serrées. Le liquide offre toujours au passage du gaz une certaine résistance qui produit des alternatives de passage et d’interruption du gaz. C’est donc par bulles que l’air pénètre dans l’eau du siphon.
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- triques, en tournant la tête rapidement dans le sens du courant.
- Pour compléter l’illusion, le bruit qui accompagne ce phénomène, est lui-même dans une de ses phases décroissantes, tout à fait analogue à celui de l’interrupteur dont est muni d’ordinaire l’appareil d’induction qui fournit le courant électrique.
- A mesure que le liquide s’épuise dans le vase, le mouvement dans le siphon se ralentit à tel point qu’on peut facilement distinguer les bulles, tantôt contiguës, tantôt séparées par un petit ménisque d’eau.
- En faisant varier le diamètre et la longueur du siphon (j’en ai employé un de 7“), la forme de l’ouverture aspirante (ouverture plus petite ou plus grande que le diamètre du tube), on obtient des effets différents qui se rapprochent plus ou moins des strates de la lumière électrique.
- Dans le cas où le siphon est formé tout entier d’un tube de omoo3 de diamètre et que sa petite branche débouche sur une arête du vase, la succion s’opère alors jusqu’à épuisement complet du liquide grâce au ménisque qui se reforme incessamment avec facilité, après l’introduction de chaque bulle dans le tube.
- Le mouvement, très rapide à l’origine et montrant des stratifications serrées devient à la fin d’une lenteur extrême, à peine égale à o^ooS par seconde. Grâce à cette lenteur de marche des bulles, il est facile de mesurer leur longueur. On constate d’abord, qu’elle est la même pour toutes les bulles, à un moment donné (ce qui indique un mouvement uniformément périodique) et que les intervalles liquides qui les séparent, sont eux-mêmes égaux entre eux. Mais si ces derniers varient très peu pendant toute la durée du fonctionnement de l’appareil. la longueur des bulles, au contraire, change sensiblement. Ainsi, à l’origine du mouvement, les bulles sont très petites, mais elles acquièrent, lorsque le mouvement se ralentit, une longneur maximum de omo3o, pour revenir à om027 à la fin du mouvement. Quant aux intervalles liquides qui séparent les bulles, ils varient très peu ; on les trouve toujours, dans l'expérience actuelle d’environ omoo3.
- Il est remarquable qu’alors, il y dans le siphon g fois plus d’air que d’eau, ce qui ne l’empêche pas de fonctionner toutefois, avec une très grande lenteur.
- Lorsque le siphon est en forme de Y renversé, ou que sa petite branche est très inclinée sur le fond du vase, ou qu’elle y est déposée horizontalement, les effets sont encore plus marqués.
- Si le bout du siphon, dans le liquide, est en forme d’entonnoir, ou terminé par un tube horizontal plus large et effilé en pointe (fig. 2.), celle-ci étant dirigée dans le sens du courant, les bulles d’air seront nombreuses et bruyantes, se produi-
- sant par intermittences, avec des maxima et des minima plus ou moins distants.
- Quand cet ajutage est un tube en caoutchouc, il se produit, par l’introduction des bulles, une sorte de coassement très prononcé.
- Ajoutons, enfin, que ces divers siphons, notamment le premier, peuvent servir d'avertisseur, pour indiquer, par leur sifflement subit, qu’un niveau est descendu à une hauteur déterminée. Il suffit pour cela de fixer à cette hauteur l’ouverture du siphon ou d’y placer une lame horizontale qui touche cette ouverture, sans la fermer complètement.
- C. Decharme.
- NOUVELLE
- PILE A LIQUIDE ALCALIN
- Les piles à liquide alcalin et spécialement celle à oxyde de cuivre de MM. Lalande et Chaperon, ont dans ces derniers temps attiré l’attention des électriciens.
- Ces messieurs se sont proposé de rendre leur pile aussi pratique que possible, à la fin de la rendre propre aux usages industriels et scientifiques.
- Tout en reconnaissant les mérites de cette pile, nous nous sommes persuadé, après dé longues expériences qu’on peut avec avantage supprimer l’oxyde de cuivre, en prenant comme pôle positif de la pile du charbon de cornue réduit en petits fragments (*) : en effet, bien qu’il soit difficile de supposer dans le charbon aucune action qu’on puisse considérer strictement comme chimique, cependant l’expérience nous a démontré qu’un élément positif ainsi formé se polarise très difficilement, de sorte qu’on peut l’employer très utilement dans notre pile, quand même celle-ci serait maintenue très longtemps en action à circuit fermé.
- La forme qui nous a semblé la meilleure pour notre pile, ressemble à celle des piles Leclanché.
- Le zinc A (v. fig.) qui doit être soigneusement amalgamé, plonge dans une solution de potasse caustique (2) renfermé dans un vase en cristal B.
- Le pôle positif est au milieu et est formé d’un vase cylindrique C en terre très poreuse, dont les parois sont percées d’un grand nombre de trous d’une grandeur suffisante pour laisser pénétrer le liquide sans que les morceaux de charbon que ce
- (9 Nous avons reconnu que le charbon de cornue est préférable au coke, bien qu’on puisse aussi obtenir avec celui-ci des résultats très satisfaisants.
- (2) Les expériences que nous sommes en train de faire décideront si la potasse doit être préférée ù la soude caustique.
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- 9
- même vase renferme, puissent s’échapper. Au centre on place une petite tige en charbon D qui sert d’électrode, et on pourrait sans inconvénient remplacer cette tige par une lame ou par un gros fil en cuivre.
- Dès que notre pile est mise en action, elle développe une force électromotrice considérable, qui peut atteindre parfois jusqu’à 1,60 volt., mais cette force électromotrice diminue ensuite très rapidement jusqu’à une limite qui dépend de la résistance du circuit par rapport à la grandeur de la pile. Avec une résistance extérieure de quelques ohms, on obtient un régime permanent qui diffère très peu d’un volt.
- Cependant, la grande puissance de cette pile, comme pour celle de MM. Lalande et Chaperon, dépend de la faible résistance intérieure qui permet d’obtenir des courants assez intenses avec des
- forces électromotrices relativement faibles. Même, sous ce rapport, il nous a semblé avantageux de substituer le charbon aux oxydes métalliques qui ont une conductibilité plus faible.
- Nous étudions maintenant la manière la plus pratique de régénérer la solution alcaline, pour utiliser les produits de la décomposition du zinc, et nous espérons pouvoir, d’ici peu, présenter aux hommes de science et aux industriels une pile commode et économique, tant pour le prix d’achat que pour le prix d’entretien, pile qui pourra remplacer avec avantage la pile Léclanché.
- Déjà, depuis quelque temps, une batterie de piles de notre système, est appliquée aux appareils de sûreté, en cas d’incendie, qui fonctionnent au théâtre Alighieri de Ravenne (‘) et, jusqu’à présent, les instruments qui se trouvent annexés auxdits appareils pour avertir de tout abaissement qui peut se présenter dans les piles, n’ont pas encore fait sentir le besoin de mettre en action une autre batterie
- de réserve, toujours prête à fonctionner, en cas de besoin, dans le théâtre.
- Finalement nous nous proposons de continuer nos recherches afin de chercher quelle est l’action du charbon dans notre pile, recherches qui peuvent peut-être conduire à l’explication d’autres phénomènes que présentent les piles dites à dépolarisant solide, et pourront présenter quelque intérêt scientifique, parce qu’il est certain qu’en partant des calories correspondantes à la formation de l’oxyde de zinc et à sa combinaison avec la potasse, et en tenant compte de l’hydrogène qui est rendu libre au pôle positif, on obtient pour la force électromotrice une quantité de chaleur qui est notablement inférieure à celle qui résulte de la mesure faite directement sur la pile.
- Cela peut, en partie, dépendre de la grande surface que présentent les petits morceaux de charbon par rapport au zinc; mais il nous semble que cela ne suffit pas à expliquer complètement le phénomène.
- Le pouvoir absorbant du charbon de beaucoup supérieur, pour i’oxygène de l’air, à celui de l’hydrogène produit par l’action chimique de la potasse sur le zinc, pourrait-il contribuer à accroître la force électromotrice de la pile?
- Prof. Ruggero Fabri et G. Ravagua.
- LES APPAREILS DE M. LE Dr F. KOHLRAUSCII
- POUR
- LES MESURES MAGNÉTIQUES
- ET ÉLECTRIQUES
- Troisième article. (Voir les numéros des 7 et 21 juin.)
- LE VARIOMÈTRE D’INTENSITE A AIMANTS DÉVIATEURS
- De même que, dans le bifilaire, la force directrice de la suspension est employée pour maintenir l’aiguille dans une position transversale, on peut se servir dans le même but des aimants dévia-teurs. Prenons une boussole ordinaire à miroir dévié de go° par un aimant, et nous avons un véritable variomètre d’intensité du magnétisme terrestre dont le maniement ne diffère pas de celui du bifilaire. Si, en effet, on désigne par D la force directrice constante, exercée par les aimants placés près de l’endroit où se trouve l’aiguille et par go -j- a l’angle entre cette direction et le méridien magnétique, on a
- H = D sia a,
- équation, qui est identique avec l’équation du bsfi-
- (') Voir La Lumière Electrique du i5 décembre iRH3.
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- ÎO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- laire : Dsina— MHsin« = o (voir p. 451), si on prend <p=go°.
- La force directrice peut être produite par un aimant placé en dessus ou en dessous de l’aiguille, de sorte qu’on peut transformer en un instant n’importe quel galvanomètre en variomètre d’intensité.
- Cependant, les conditions pour la constance du champ magnétique deviennent plus favorables, si on approche un aimant de deux côtés, comme l’a fait Lamont ('), ou mieux, si on emploie deux
- paires d’aimants égaux, placées dans les deux positions principales de Gauss. Avec cet arrangement, le champ magnétique dans les points voisins de l’aiguille est d’une constance très grande. En même temps on a l’avantage de supprimer l’induction magnétique de l’instrument sur des instruments voisins avec la seule exception de l’action exercée par l’aiguille qui, cependant, peut être assez légère. Car l’induction de deux aimants égaux ayant leurs pôles opposés, diminue avec la quatrième puissance de la distance. C’est sur ce principe que
- M. Kohlrausch a basé son variomètre à quatre barreaux déviateurs (fig. 1).
- La première condition que doit remplir un instrument de ce genre est la position invariable des aimants; aussi le support est-il construit en métal. Les parties inférieures consistent en cuivre et laiton, métaux, dont les coefficients de dilatation sont à peu près égaux. L’amortisseur est fait en cuivre électrolytique.
- Si on se servait de barreaux déviateurs d’une grandeur considérable, on aurait l’avantage de pou- (*)
- (*) Lamont, Erd-Magnetismus, p.207.
- voir les placer à une très grande distance de l’aiguille, qui pourrait éprouver de petits changements de position sans erreur sensible. Mais si on adoptait cet arrangement, on rendrait l’instrument peu commode. De plus, les grands barreaux suivraient très lentement les variations de la température. La grandeur et la distance des barreaux sont donc très limitées.
- On a choisi comme aiguille un petit aimant avec miroir ou tout simplement un miroir d’acier aimanté. C’est cette forme qui est représentée dans la figure 1. Un trépied à vis calantes supporte un disque D sur lequel peut tourner le support des aimants P. Ce support en forme d’anneau à quatre
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- bras est muni d’un cadran divisé, et il peut être fixé dans toutes les positions voulues. Les quatre barreaux peuvent glisser sur des règles divisées et peuvent être fixés par des vis.
- Quand on se sert de l’instrument, ces quatre bras occupent une position telle que la lecture de l’instrument au moyen d’une petite lunette ne soit pas gênée. Le miroir aimanté, est suspendu à un cadran de torsion à la manière ordinaire, et se trouve dans le centre de l’amortisseur.
- Si on enlève les quatre déviateurs ou tout le cadre avec les barreaux, l’instrument devient un magnétomètre ordinaire. Un des quatre bras, dans la figure celui qui porte le barreau A', peut être dévissé lorsqu’on veut se servir de l’instrument pour l’examen de petits aimants. Dans ce cas on peut orienter le support des déviateurs dans le méridien magnétique, sans que le miroir soit caché par le bras A', les trois autres bras servant à porter les aimants à examiner.
- Nous arrivons maintenant au montage de l’instrument. Après avoir orienté l’amortisseur perpendiculairement au méridien magnétique, on place les déviateurs, de sorte que les distances de la paire agissant dans la première position principale soient 1,12 fois plus grandes que les distances des deux autres. Le coefficient de l’échelle croît quand les distances des barreaux diminuent. On peut déterminer d’avance la distance à laquelle correspond la sensibilité désirée par la méthode suivante. On tourne le support des déviateurs de façon qu’ils affaiblissent le champ, dans lequel se trouve l’aiguille. On fait varier les distances des barreaux, toujours en conservant la proportion 1,12: 1 des deux distances, et on cherche la distance rn à laquelle correspond l’astaticité de l’aiguille. Si on veut arriver à un coefficient de l’échelle E, la distance cherchée est
- r = r„(i +4 a* E2) — 1,0
- a étant la distance entre l’échelle et le miroir.
- Quand on a fixé les aimants à la distance r et 1,12 r, on tourne le support des déviateurs, de façon que l’aiguille soit perpendiculaire au méridien. Pour vérifier cette position, on peut appliquer la méthode que nous avons décrite dans l’article précédent.
- Quant au coefficient de l’échelle, on le détermine au moyen du cadran divisé.
- Si on désigne par H la composante horizontale du magnétisme terrestre, par I l’intensité du champ des déviateurs et par a l’angle, que forme la force I avec l’aiguille, on a
- 11 • », dit ,
- -j- = sin a. Alors -jy = cot. a d a
- comme dans le bifilaire. Le déplacement de l’image de l’échelle, correspondant à une déviation de l’aiguille de da en divisions, est n — 2ad~j., si on désigne par a la distance entre l’échelle et le miroir, on a donc
- d II _cot a
- H I 2 (T
- Alors est le?coefficient de l’échelle.
- 2 a
- On peut déterminer a en tournant le support des déviateurs, quand l’aiguille-se trouve dans la position transversale, jusqu’à ce que l’aiguille se trouve dans la même position que quand les déviateurs sont enlevés; la position est vérifiée en observant une mire placée latéralement. La correction relative aux variations de la température est — (3<a-f-p) {t— ta), si on désigne par le coefficient de température des aimants et par P le coefficient de dilatation des métaux.
- En terminant notre article sur les instruments de mesures magnétiques de M. Kohlrausch, nous donnons un diagramme (fig. 2) des observations simultanées des deux instruments. La courbe inférieure appartenant au variomètre, est réduite sur le coefficient de l’échelle du bifilaire. Les lectures diffèrent à peu près de deux divisions parce que les instruments étaient placés à quelque distance l’un de l’autre. Le cinquième jour, le fil de suspension du variomètre étant devenu trop long causa
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une discontinuité de la courbe. On peut donc juger de la concordance des deux instruments.
- Fr. Uppenbqrn.
- LE
- TÉLÉGRAPHE HUGHES
- SA TRANSFORMATION EN APPAREIL MULTIPLE
- Lorsqu’il y a environ vingt-cinq ans, le télégraphe Hughes fit son apparition, il fut, dans le monde
- scientifique, un sujet d’étonnement et d’admiration.
- Quoi, en effet, de plus ingénieux que toutes ces dispositions mécaniques concourant à un même but : impression au vol d’une lettre en caractère typographique?
- Ajoutons que l’impression d’un caractère n’est due qu’à une émission de courant, quelle qu’en soit la durée ou l’énergie, et nous aurons fait pressentir que cet appareil renferme seul le germe des télégraphes de l'avenir, c’est-à-dire des télégraphes dont la production, en caractères imprimés, soit égale au nombre d’émissions possibles en un temps donné sur une ligne de longueur et de section déterminées.
- Je dis que le système Hughes renferme seul le germe des télégraphes de l’avenir; n’est-il pas, en effet, le seul ne réclamant qu'une émission de courant par lettre à reproduire?
- Comme la plupart des inventions naissantes, celle-ci eut des débuts pénibles; il fallut toute la ténacité de M. Hughes jointe à la grande habileté du constructeur émérite, M. Froment, pour vaincre les nombreuses difficultés d’un problème de mécanique qui, au premier abord, paraissait insoluble.
- Rappelons à grands traits les dispositions fondamentales de cet appareil, et nous examinerons ensuite par quelles modifications il peut être transformé en un nouvel appareil dans lequel la division du temps vient s’ajouter aux merveilleuses dispositions déjà existantes, pour en faire le télégraphe le plus producteur qui ait jamais existé.
- Le télégraphe Hughes se compose d’un mouvement d’horlogerie (figure i) formé de cinq arbres supportés par deux platines en avant desquelles
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- io
- Les cames et les leviers ont pris le nom des fonctions auxquelles ils sont destinés, c’est ainsi qu’il y a la came d’impression, la came de progression, la came de correction et la came de dégagement, cette dernière came est nécessitée par une disposition spéciale de la roué des types et de la roue de correction. Ces deux roues sont solidaires et montées sur leur axe, de manière à pouvoir marcher en avant, en arrière, ou s’arrêter dans une position déterminée ou position de repos. Avant toute transmission la roue des types est ramenée
- FIG. 4
- est placée la roue des types avec ses accessoires d’impression et de correction; en arrière se trouve le régulateur.
- Le premier axe à droite est l’axe moteur, il supporte un poids de 60 kilog. que l’employé remonte avec le pied à l’aide d’un mécanisme spécial sans interrompre le travail de transmission ni de réception.
- Les deux arbres suivants servent d'intermédiaires entre l’arbre moteur et l’arbre de la roue des types, de manière à déterminer la vitesse de rotation de
- FIG. 2
- celle-ci tout en conservant, à l’arbre moteur, une vitesse relativement lente pour éviter un remontage trop fréquent du poids.
- Le cinquième arbre a pris le nom d’axe du volant, il se prolonge en arrière de l’appareil : c’est sur lui qu’est vissé lé frein du régulateur.
- Un arbre spécial appelé arbre des cames ou, plus communément, axe imprimeur, ne fait pas partie du
- FIG, 3
- mouvement d’horlogerie proprement dit et n’entre en action que lorsqu’il doit y avoir impression. Cet arbre partage avec l’axe du volant la distance qui sépare les deux platines; les deux axes se trouvent ainsi placés bout à-bout dans le prolongement l’un de l’autre. L’extrémité libre de l’axe du volant se termine par une roue appelée roue à ro-cliets; l’extrémité de l’axe imprimeur, placée en regard de la roue à rochets du volant, est munie d’un cliquet denté qui s’avance au-dessus de la roue à rochets prêt à embrayer avec elle; l’autre extrémité est munie de quatre cames placées dans un certain ordre et commandant des leviers situés au-dessous et au-dessus de la roue des types.
- au repos à l’aide d’un levier sur lequel il suffit d’appuyer avec la main pour provoquer le désembrayage de cette roue avec son axe.
- Dans cette position elle présente un espace blanc au-dessus du cylindre imprimeur.
- Nous avons vu plus haut que l’axe imprimeur n’entre en mouvement que lorsqu’il doit y avoir impression, son cliquet denté est maintenu au-des-
- I | I | I | K
- sus des dents de la roue à rochets par une des extrémités d’un levier appelé levier d’échappement, l’autre extrémité de ce levier s’avance au-dessus d’une palette maintenue au contact des pôles d’un électro-aimant à noyaux aimantés; si, par un moyen quelconque, nous faisons basculer le levier d’échappement le cliquet, n’ayant plus alors de point d’appui, tombera sur la roue à rochets, l’axe du volant et l’axe imprimeur n’en feront plus qu’un et seront emportés dans le même mouvement; mais, en raison de dispositions mécaniques particulières, l’axe imprimeur ne fera qu’un tour sur lui-même et viendra prendre sa position de re-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pos prêt à repartir au premier signal. — C’est ici que M. Hughes a dû appeler,l'audace au secours de ses conceptions mécaniques. En effet, l’axe du volant tourne sept fois plus vite que la roue des types; la vitesse normale de celle-ci étant de j20 à i3o tours à la minute, l’axe du volant fait donc sept fois 120 tours ou 840 tours en une minuté.’'' ! :
- cEii-fàce d’un axe qui fait 840 tours à la minute, M. Hughes n’hésite pas à en placer un inerte; sur cet axe inerte il dispose quatre cames qui doivent transmettre des mouvements divers à autant de leviers,' et cela en un tour, c’est-à-dire en T. de minute où ~r de seconde !....
- 14
- L’appareil Hughes se caractérise également par la disposition de son électro-aimant. Le levier d’échappement ne pouvant basculer que sous un choc assez fort, M. Hughes a compris qu’il ne de vait pas demander cette force au courant, c’est alors qu’au lieu de produire l’aimantation des noyaux des bobines pendant le passage du courant, comme cela s’était fait jusqu’à ce jour, il produit, au contraire, la désaimantation. A cet effet, il place ses bobines sur le, prolongement d’un aimant artificiel. A l’état normal la palette est maintenue au contact des pôles par cette aimantation ; puis, des ressorts antagonistes la sollicitent de bas en haut. La palette se trouve ainsi placée entre deuxforces: l’une d’attraction,l'autre de répulsion; le courant n’a donc pour effet que de rompre la différence existant entre ces deux forces, différence que l’on peut à volonté rendre aussi faible que l’on veut. C’est ainsi que le levier d’échappement bascule de la manière la plus correcte sous l’action d’une force complètement indépendante du courant.
- Voyons maintenant comment s’opère la manipulation dans l’appareil Hughes.
- C’est ici que se pose la question de principe. Si je l’êxpose à la fin de cette courte revue au lieu.de l’avoir exposée au commencement, ce qui eût paru plus rationnel, ce n’est que pour la rapprocher davantage des explications qui vont suivre et auxquelles elle se rattache intimement.
- Supposons deux cadrans divisés en un même nombre de parties, 10 par exemple (fig. 2), faisons tourner synchroniquement deux aiguilles au centre de ces cadrans en les faisant partir en même temps d’un même point de repère ; on comprend qu’elles passeront successivement et simultanément sur les mêmes divisions.
- Supposons maintenant qu’au lieu de faire tourner les deux aiguilles nous en immobilisions une et que nous fassions au contraire tourner le cadran (fig. 3), le même effet se produira et les deux aiguilles se trouveront simultanément en regard des mêmes divisions comme dans le.premier cas.
- Relions maintenant nos deux aiguilles (fig. 4). par un fil métallique, mettons en communication certaines divisions du cadran c, avec une source d’électricité, après avoir isolé entre elles toutes ces divisions, le courant, par l'intermédiaire des aiguilles et du fil, passera dans les mêmes divisions dû cadran B n’affectant ainsi que les divisions correSr pondantes à celles qui ont été mises.EN'relation avec la source électrique. Allons encore plus loin et plaçons un électro-aimant sous le cadran en mouvement A (fig. 5), enlevons l’aiguille qui est au centre de ce cadran et disposons-la sur l’électro-aimant de manière à ce qu’elle puisse être projetée contre le cadran au moment du passage du courant; cela fait, gravons en relief sur la surface extérieure du cadran un caractère quelconque en regard de chacune des divisions déjà existantes; plaçons une bande de papier entre l’aiguille et le cadran, puis, nous servant de l’aiguille B pour envoyer un courant sur une division choisie, nous verrons l’aiguille A projeter instantanément la bande de papier contre le cadran et laisser sur la bande l’empreinte d’une lettre semblable à celle qui a été touchée au départ.
- Tel est, dans sa grande simplicité, le principe du télégraphe Hughes; principe qui, pour entrer dans le domaine de la pratique, a motivé des dispositions mécaniques aussi hardies qu’ingénieuses ;
- (A suivre.) J. Minier. >
- L’ÉLECTRICITÉ
- APPLIQUÉE
- AU PERCEMENT DES OALERIES SOUTERRAINES
- 11 a été question à plusieurs reprises dans La Lumière Electrique d’applications de l’électricité dans les mines, soit pour l’éclairage, soit pour le transport de la force et son utilisation aux divers travaux qui se font dans les galeries. Nous appellerons aujourd’hui l’attention sur la foreuse électrique combinée par M. Taverdon.
- L’appareil est d’autant plus intéressant que l’électricité y intervient non seulement pour la transmission de la force, mais encore dans la fabrication des forets.
- Les appareils mécaniques employés pour le percement des mines se divisent en appareils à percussion et appareils à rotation. Ce sont ces derniers qu’emploie particulièrement M. Taverdon, et auxquels il a appliqué une transmission électrique de force.
- Son système repose sur l’emploi de forets portant à leur extrémité des diamants noirs, destinés à mordre dans les roches les plus dures. Les dia-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- mantS'noirs avaient déjà-été employés dans des j machines américaines du môme genre, mais leur fixation à l’extrémité des forets laissait beaucoup à désirer. Elle était effectuée par un simple sertissage, et il en résultait que le succès,des opérations dépendait du soin que les ouvriers sertisseurs apportaient à la fabrication, car les diamants mal sertis s’ébranlent, se déchaussent et, après être sortis
- FIG* 2 ET
- de leur alvéole, finissent par devenir des obstacles» On comprend d’ailleurs que ces accidents se produisent fréquemment, car un sertissage, quel qu’il soit, ne donne au diamant qu’un petit nombre de points d’appui, et il en résulte des porte à faux qui provoquent le déchaussement des diamants ou même leur rupture.
- Pour arriver à soutenir le diamant dans toutes ses parties, M. Taverdon a eu recours à une soudure forte qui pénètre jusque dans les creux, mais
- ! ne pouvant appliquer directement la soudure sur la pierre, il s’est servi d’un artifice qui consiste à recouvrir préalablement, par voie d’électrolyse, les diamants noirs d’une mince couche de cuivre. Cet enrobage permet l’application de la soudure et disparaît ensuite dans les parties où le diamant doit être actif.
- M. Taverdon mettait primitivement en action son perforateur à l’aide d’un moteur à vapeur, à air comprimé, ou à eau sous pression. La figure i montre comment il a disposé ses appareils pour leur transmettre le mouvement par l’électricité.
- Le perforateur et le moteur électrique sont placés chacun sur un chariot spécial. Le perforateur est porté sur une colonne verticale dont un ressort à boudin applique les extrémités contre les parois inférieure et supérieure de la galerie, ce qui maintient le chariot parfaitement fixe. Le perforateur est susceptible d’un mouvement autour d'un axe vertical et d’un mouvement autour d’un axe horizontal, de sorte qu’il peut prendre toutes les positions voulues. Il porte à l’une de ses extrémités le foret à diamants noirs, à l’autre un moteur construit de manière a fonctionner indifféremment avec la vapeur, l’air comprimé ou l’eau sous pression.
- Dans l’installation électrique, ce moteur est remplacé par une boîte contenant une poulie de transmission et des galets destinés à guider les cordes qui viennent du moteur électrique.
- Ce dernier consiste en une machine Gramme octogone, du type qui a été employé pour les expériences de Sermaize. La poulie qui termine son axe reçoit une corde de transmission et les deux bouts de celle-ci, après avoir passé sur deux autres poulies, dont une à position réglable, arrivent à la boîte qui termine le perforateur.
- Les détails de cette boîte sont représentés dans les figures 2 et 3. Les deux brins de la corde sont guidés par des galets b et b et la corde fait le tour de la poulie e qui communique le mouvement au foret. Par cette disposition, on peut tourner le perforateur de différentes façons sans que la transmission soit entravée.
- Sur le chariot qui porte le moteur se trouve également un réservoir d’eau contenant de l’air à sa partie supérieure; l’eau y arrive sous une certaine pression et est renvoyée par la tension de l’air dans le perforateur, comme cela a lieu dans les pompes à incendie. Elle sort ensuite par un tube de trop plein. Le rôle de cette eau est de laver le trou de mine et d’enlever le sable au fur et à mesure qu’il se forme.
- L’avantage que présentent les transmissions électriques pour les travaux de ce genre est facile à saisir. Elles évitent l’encombrement des galeries par les canalisations de vapeur, d’air ou d’eau, canalisations dans lesquelles il se produit en outre
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- fréquemment des fuites, ce qui occasionne des arrêts dans le travail.
- M. Taverdon affirme d’ailleurs que dans tous les essais qu’il a faits avec son perforateur électrique, il a obtenu des rendements égaux à ceux que donnent les meilleurs perforateurs à vapeur et supérieurs aux rendements que donne l’air comprimé.
- Aug. Guerout.
- LES
- TRANSMISSIONS POUR DYNAMOS
- Les grandes vitesses de rotation des machines dynamo obligent fréquemment à employer,
- JENKIN. — AXES CONCENTRIQUES
- pour transmettre leur puissance, des réducteurs de vitesse très énergiques.
- Les courroies et les cordes procurent, dans la plupart des cas, des solutions satisfaisantes, mais on est parfois obligé d’v renoncer, à cause de leur encombrement.
- Les transmissions par frottement ou par roulement à l’aide de galets sont alors tout indiqués; nos lecteurs en trouveront un exemple remarquable à la page 21 du numéro du 5 avril dernier.
- Ce mode de transmission permet d’obtenir, à l’aide de groupements analogues aux trains diffé-
- rentiels que l’on rencontre sur un grand nombre d’appareils de levage ('), des réductions de vitesse très considérables par des mécanismes rassemblés dans un espace réduit.
- Les transmissions par galets présentent, en outre, les avantages de ne donner lieu qu’à des frottements de roulement et de pouvoir se grouper de manière à neutraliser sur les galets mêmes, sans
- FIG. 3. — JENKIN. — AXES CONCENTRIQUES
- charger aucunement leurs axes, les pressions nécessaires à leur adhérence réciproque. On connaît l’heureuse solution de ce problème appliquée dans les moulins à cylindres de Mechwart, Fisher, Bu-choltz et Deverio. Les pressions de galets se neutralisent, dans ces appareils, sur un anneau libre,
- l’IG. J* — JENKIN. — AXES CONCENTRIQUES
- qui les enserre, les presse autour du galet moteur et les suit dans leur rotation.
- On retrouve des transmissions annulaires ana-
- (i) Notamment dans les poulies de Weston, Moore, Spei-del... On trouvera de nombreux exemples de réducteurs dans les mécanismes à trains différentiels dérivés, pour la plupart du paradoxe de Fergusson; on peut encore citer les réducteurs de Flthian (Mechanics’ Magazine, 17 sept. 1869 et Mo* niteur industriel du 8 mai 1884).
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- logues dans les mécanismes des treuils de Berry ('), ! de là Risdon Ironworks C° (-) et de Dufour et Blanchi (3)..
- C’estàl’adaptation de ces transmissions annulaires queM. Fleeming Jenkin a été amené, pour réduire, sur l’essieu moteur de ses telpherages, la vitesse des dynamos locomotrices (4); l’examen des principales solutions qu’il a proposées, sous le nom presque intraduisible de N est Gearing, présente, au point de vue de la cinématique, un grand inté-
- ' fâ)
- /Vj)
- FIG. 5 ET 6.
- — JENKIN. — AXES CONCENTRIQUES.
- rèt, bien qu’elles ne soient pas toujours, comme le savent déjà nos lecteurs (s) aussi heureuses en pratique qu’ingénieuses en théorie.
- MM. Perry et Ayrton, qui s’occupent, comme M. Jenkin, de telpherages et de chemins de fer électriques, l’ont suivi de près dans ses recherches. Leurs solutions, en général [moins élégantes que celles de M.-Jenkin, sont aussi fort intéres-
- (>) The Engineer, 11 juin 1875.
- (2) The Engineer, 21 mai 1875.
- (3) Revue industrielle, 12 déc. i883.
- (4) Brilish Association. Meeting-de Southporl (1888,). (i;) Lumière Electrique du 3i mai 188,p. 3 11.
- santés, — elles reposent presque toutes également sur l’emploi d’un anneau de Mechwart servant, à la
- I D
- JENKIN
- AN F.S CüNCENl RlQUt'S,
- fois de ceinture et d'abri aux mécanismes de galets qui s’y trouvent groupés comme dans un nid.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- D’autres inventeurs, notamment MM. J. Walter ; d’ètre connues. J’ai cru devoir me borner, pour et Vernon-Boys (’), ont proposé des transmis- I ne pas sortir du cadre de ce journal, à la des-sions par galets ou par sphères qui mériteraient j cription des appareils récents de MM. Jenkin,
- Dynamo
- Fl*',. 10 ET |l. — AVRTON ET PfcKRY.— AXES_ CONCENTRIQUES
- Pcrry et Ayrton, étudiés tout spécialement pour les transmissions par des dynamos, par des savants dont on ne saurait nier la compétence en pareille matière.
- Nous diviserons ces mécanismes de transmission
- - AXES CONCENTRIQUES
- 14 ET I 5. — AYRTON ET TERRY.
- en trois classes, suivant qu’ils servent à commander deux axes concentriques, parallèles ou inclinés.
- Axes concentriques. — Le principe des 110m-
- (') Brevets anglais 652 (î.'îlii) cl 51Ti (iBi.13).
- breux dispositifs proposés par M. Fleeming Jenkin, pour transmettre le mouvement et modifier la vitesse entre deux arbres concentriques, est facile à
- K|(î. IU ET 17. — JENKIN. — AXES PARALLELES
- saisir, d’après les figures 1 et 2. Ce principe consiste à transmettre le mouvement de l’arbre moteur m à l’arbre mû m' par l’intermédiaire d’un galet A, calé sur m, en prise avec deux ou plusieurs galets in-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- termédiaires B et C, montés sur un bâti fixe b, et qui entraînent l’arbre m' par leur adhérence sur
- FIG. 18, 19. 20 ET 21. — JENKIN. — AXE*S PARALLELES
- l’anneau D. Les axes des galets A, B, C ne sont assujettis qu’à la condition de rester toujours
- dans un même plan diamétral de l’anneau D. Toutes les pressions se neutralisent sur A et D, sans affecter les axes des galets.
- Le serrage des galets sur A et D s’obtient à l’aide de ressorts r, agissant soit sur le galet moteur A, légèrement conique (fig. 2), soit sur les galets
- m
- FIG. 22 ET 23. — JENKIN. — AXES PARALLELES
- intermédiaires B et C, construits en deux pièces (fig. 3), soit enfin sur l’anneau lui-même, en rapprochant ses deux parties D et D' (fig. 4).
- Le dispositif représenté par les fig. 5 et 6 permet de réduire la vitesse de m à m' dans un plus
- FIG. 2/j.. — AYRTON ET PKRRY. — AXES PARALLELES
- grand rapport, en faisant conduire le plateau D, par les diamètres réduits, b' et c', des galets intermédiaires B et C. La vitesse de m' est alors à celle de m dans le rapport
- m 1> B
- A, D, b et B désignant les diamètres des organes correspondants.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2 I
- Dans le système double, représenté par les fig. 7 et 8, le serrage est obtenu par le rapprochement des deux cônes A, A, sous l’action du ressort r. Les cônes A actionnant l’arbre m' par l’intermé-
- FIG. 25 ET 26. — AYRTON
- diaire de six galets indépendants B, à paliers /, ovalisés radialement, appuyés et roulant sur le double cône du plateau D.
- On peut, ainsi que l’indique la ligure g, disposer
- D
- FIG» 27. — AYRTON ET PERRY. — AXES INCLINÉS
- l’appareil verticalement et faire serrer A sur B et D par la charge même de l’arbre m.
- Si l’on immobilise l’anneau D, en rendant mobile le bâti b des galets, ce bâti tournera autour
- FIG. 28. — JENK1N. — AXES INCLINÉS
- de m, mais en sens contraire, et il suffira de le caler surm', au lieu du plateau D, pour imprimer à cet arbre une vitesse contraire à celle de m, et
- réduite dans le même rapport jÿ que précédemment. C’est ce qu’ont tait MM. Perry et Ayrton
- dans le mécanisme représenté par les figures 10 et 11, postérieur à ceux dejenkin.
- Dans un autre dispositif très compact, proposé I par MM. Perry et Ayrton pour le cas des axes i concentriques, les galets B roulent (fig. 12), par des diamètres peu différents, b et br, sur deux anneaux, l’un fixe D, l’autre D', calé sur m' et tOUr-
- FlO. 2<l. — .1 EN Kl N. — AXES INCLINÉS.
- liant par conséquent avec une vitesse proportionnelle à b' — b ou à D' — D.
- On peut, ainsi que l’indique la figure i3, réduire le galet A au rôle d’un simple organe de serrage
- FIG. 3o. — JlfiNKIN. — AXES INCLINES
- entre les anneaux différentiels D èt D' et les galets B, entraînés, par L, dans le mouvement de l’axe moteur m.
- Les figures 14 et i5 indiquent comment on peut obtenir le serrage des galets B, sur l’anneau D ou sur le galet intérieur A, par l’action des ressorts s, pressés et renflés par un coin ou par un écrou T.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Axes parallèles. — On peut, lorsque les axes m et m' sont parallèles mais non concentriques,
- FIG. 3l.
- •> E N K IN. — AXES PERPENDlCULAUU S
- employer, pour leur actionnement, l’une des combinaisons de jenkin, représentée par les fîg. 16 à 23.
- TEI.PHERAGF.
- FIG. 33
- JENKIN
- On reconnaît, sur ces figures affectées des mêmes lettres que les précédentes, en D 1 anneau,
- en B, C... les galets intermédiaires, en A le galet-moteur, en r l’organe de serrage, ressort ou vis de tendeur (fig. 22). 1 .
- Dans toutes ces combinaisons, un seul des axes m ou /«' doit être fixé par un guide extérieur, et le serrage s’opère par l’aplatissement du triangle des galets A et B-B.
- FIG. 34. — AYRTON ET PERRY. — TELPHERAGE
- Les solutions proposées par MM. Perry et Ayrlon, pour le cas des axes parallèles non concentriques sont représentées par les fîg. 24 à 26. L’arbre moteur m fait tourner l’arbre m' par
- FIG. >*5. — AVRTON ET PERRY. — TELPHERAGE
- l’intermédiaire d’un simple galet de roulement B fig. 24) avec anneau D, ou par deux flasques A A') (fig. 25 et 26), analogues à ceux des tours de Sellers, appuyées sur les bords d’une poulie D'.
- Axes inclinés concourants. — Les transmissions pour arbres inclinés de MM. Perry et Ayr-ton dérivent de la transmission pour arbres parallèles (’fie. 2j), par un retournement à 90° de la
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- gorge de l'anneau D (fig. 27), et le remplacement des galets A et B par des cônes.
- Les dispositions adoptées par M. F. Jenkin pour le cas des axes inclinés sont représentées par les figures 28, 29 et 3o.
- Les transmissions annulaires représentées par es figures 28 et 29 n’exigent aucune explication.
- Le mécanisme de la figure 3o dérive des précédents en remplaçant l’anneau D par deux plateaux D, D2, ce qui revient à donner une valeur infinie au rayon de l’anneau D. Ces plateaux, calés sur l’arbre moteur m, actionnent m' par le mécanisme B,, B3, A, facile à suivre sur la figure.
- FIG. 36. — AVRTON ET PERUV.
- Axes perpendiculaires. — Le cas des axes perpendiculaires n’est qu’une variante de celui des axes inclinés; il suffit, pour le résoudre, de couder à 90° le rebord de A, ainsi que l’indique la figure 3i; c’est la solution bien connue de Robertson, dont on remplace l’engrenage hydraulique par un frottement des galets.
- Telpherage. — Si l'on donne, dans cette combinaison, au plateau A un rayon infini, en même temps qu’on l’immobilise, on obtient les solutions du touage de l’appareil le long d’un câble comme celui d’un telpherage A' (fig. 3e et 33), à réduction de vitesse simple ou composée.
- Les figures 3q, 35 et 36 représentent, affectées des mêmes lettres, les solutions analogues de Perry et Ayrlon. Dans le dispositif des figures 35
- et 36, c’est l’arbre m du galet c qui est moteur, et entraîne, par D2 D,, le deuxième 'galet B ; les roues R sont simplement porteuses sur le rail A'.
- Les roues D, et D2 de la fig. 3q sont à là fois porteuses et motrices.
- Les mécanismes que nous venons de décrire, remplissent théoriquement presque toutes les conditions requises pour le service des dynamos, mais il est à craindre qu’il n’en soit pas toujours de même en pratique. Les transmissions par roulement de galets ne peuvent, en effet, fonctionner qu’à la condition d’être parfaitement installées, entretenues à l’abri des poussières et des chocs. Si leur ajustage n’est pas des plus précis, elles donnent lieu à des frottements qui ne tardent pas à les faire chauffer et gripper. Tel fut le cas de presque toutes les boîtes à galets proposées en si grand nombre pour le matériel des chemins de fer. L’élasticité des métaux, mêmes les plus durs, semble d’ailleurs s’opposer à ce que les transmissions par roulement puissent jamais convenir aux grandes puissances, exigeant soit une extrême vitesse, soit un serrage très énergique de leurs organes.
- Gustave Richard.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Italie
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE TURIN
- Turin, le t»* juillet lUS.f.
- la météorologie électuiquk. — La commission a, comme nous l’avons dit, orné le pavillon météorologique du portrait des principaux savants italiens qui ont contribué à la création de la météorologie moderne. Une inscription, peinte en gros caractères sur le mur, apprend aux visiteurs qu’elle attribue la fondation de cette science à l’abbé Toaldo, savant physicien, qui a été professeur de physique de globe et d’astronomie à l’université de Padoue depuis 1762 jusqu’à 1798, époque de sa mort.
- Toaldo publia en outre, depuis "778 jusqu’en 1798, un journal de météorologie, dans lequel il essaya d’expliquer les vicissitudes du temps à l’aide d’une période de i5 années, basée sur celle des Chaldéens, pour le retard des éclipses de lune, qu’il nomma le saros météorologique, et que l’on connaît encore sous le nom de cycle Toaldien.
- Les principes dont Toaldo partait furent, en outre, développés dans un ouvrage écrit en italien
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et intitulé Essai météorologique sur les influences des astres. L’auteur de ce livre, qui eut trois éditions de son vivant, et qui est resté célèbre depuis sa mort, prend bien soin de montrer qu’il ne faut pas confondre les actions qu’il cherche à établir avec les influences chimériques auxquelles croyaient les astronomes, et dont le célèbre Monianari avait démontré à Padoue même toute l’absurdité. C’est à l’aide des actions magnétiques que Toaldo s’efforce d’expliquer la différence.
- Aux forces mécaniques et calorifiques sur lesquelles l’attention des savants s’est toujours portée, Toaldo en ajoute d’autres. Il pense qu’il doit s’y ajouter une sorte de magnétisme cosmique et céleste qui agit sur la terre, de même qu’ils agissent entre eux. Ce fait lui paraît démontré par les déplacements que subissent le pôle magnétique, les méridiens magnétiques et le centre des aurores boréales. Il rappelait l’idée émise par Gilbert et développée par Kepler de l’existence dans le soleil d’une force qui dirige tous les corps célestes, et dont Newton n’a envisagé qu’un des effets auxquels il a donné le nom de gravitation. Cette force analogue à celle qu’exercent les corps aimantés ou magnétisés, doit exercer sur tous les effets physiques en détail une influence qu’il est très difficile de déterminer à cause de leur grande complication, mais dont l’existence ne saurait être déniée, puisque la terre prise dans son ensemble semble agir comme un aimant. Il entre alors dans les détails, que l’on connaissait de son temps sur les oscillations journalières des aiguilles aimantées, et sur les variations annuelles que le cours des saisons met en évidence. Il ajoute que les autres corps célestes ayant été soumis comme la terre à l’action magnétisante du soleil depuis l’origine des choses, doivent posséder des propriétés analogues et agir en l’aimantant et en l’électrisant. Comme exemple de ce mode d’action, il donne le flux et le reflux de la mer qu’il attribue à l’action de la lune. Il rapporte à ce propos, que l’on détermine une élévation et un gonflement de l’eau que l’on place sous le conducteur d’une machine électrique. Il se demande si l’électricité n’est pas le véhicule et le ressort de l’attraction universelle. Enfin il termine par une péroraison écrite dans le mode du temps et dans laquelle il déclare qu’il considère tout ce système planétaire comme une machine composée et unie par des liens d'actions et de réactions réciproques, en un mot, comme un système ayant plus ou moins d’analogie avec une machine électrique. Les effets de l’induction n’étant pas connus, Toaldo ne peut aller plus loin dans cette assimila-lation ingénieuse.
- Il ne faut pas s’étonner si les météorologistes italiens qui ont rendu tant d’honneurs à Toaldo, ont apporté sur les bords de l’Etidan un nombre fort considérable d’instruments destinés à l’étude du
- magnétisme et de l’électricité atmosphérique. Nous citerons en premier lieu l’observatoire portatif imaginé par M. Ragona, pour étudier les éléments d'une station quelconque avec toute l’exactitude que l’on pourrait obtenir dans les établissements permanents dont le nombre sera toujours restreint, et qui seront toujours placés à une grande distance les uns des autres. Nous publierons dans un prochain numéro un article détaillé sur cette installation à laquelle on attache un grand prix. En effet, le gouvernement italien va donner à l’étude des éléments magnétiques du globe un grand développement. Le ministère vient de proposer aux Chambres la création d’un observatoire centrale magnétique qui sera établi à Rome, sous la direction du Bureau météorologique.
- M. Ragona, qui dirige l’observatoire deModène, est un des savants italiens qui suivent avec le plus d’assiduité les séances de Y Association française pour le progrès des sciences.
- Sans compter un grand nombre de travaux d’astronomie, on ne lui doit pas moins de 162 mémoires spéciaux de météorologie dont un grand nombre ont trait à l’électricité atmosphérique.
- M. Ragona est un des fondateurs de la Société météorologique italienne, dont il fut longtemps le président. Il est maintenant remplacé par le Père Denza, de l’ordre des Barnabites.
- Le Père Denza est professeur d’astronomie et de physique au collège que son ordre a établi à Moncalieri, petite ville fort célèbre des environs de Turin. 11 a créé dans le monastère un observatoire météorologique qui est devenu un des plus célèbres d’Italie.
- Ce savant est directeur de la section météorologique de l’Exposition. C’est lui qui a présidé à l’installation des observations météorologiques., enregistrées devant le public par des procédés en usage dans les observatoires officiels.
- Les indications du baromètre et du thermomètre le sont à l’aide des excellents appareils de MM. Richard frères, de Paris, mais la force et la direction du vent, beaucoup plus difficiles à noter, sont indiquées à l’aide des appareils à transmission électrique du Père Denza. Nous donnerons également une description détaillée de cet ingénieux système tel qu’il fonctionne à Moncalieri, en l’accompagnant des diagrammes ainsi obtenus.
- L’administration a fait exécuter en relief une magnifique carte d’Italie, indiquant les stations du gouvernement, celles de la Société météorologique, et celles que le gouvernement et la Société météorologique ont faites entièrement à frais communs. Le nombre est de 220, chiffre fort considérable pour un pays dont la superficie n’est que les deux tiers de celle de la France. Il ne faut cependant pas s’étonner outre mesure de ce résultat, car le cli-
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- mat de l’Italie et la fréquence des orages dans ce pays imposent à ses habitants la nécessité de tenir compte des phénomènes produits par l’électricité atmosphérique.
- W. nu Fonvikl.dk.
- Angleterre
- l’éclairage électrique de l’exposition d'iiy-giène. — L’exposition internationale d’hygiène à South Kensington, va être entièrement éclairée à l’électricité, mais, tout en avançant, le travail d’installation est loin d’être fini. Tous les appareils nécessaires seront fournis gratuitement par les fabricants, mais contrairement à ce qui a eu lieu dans les autres expositions, la lumière électrique sera entièrement subordonnée à l’éclairage efficace et sanitaire des bâtiments sans aucune intention de montrer les mérites des différents systèmes. A cet effet toutes les dispositions pour l’eclairage, ont été confiées à M. W. D. Gooch, le chef de l’état-major exécutif de l’Exposition.
- Le résultat promet d’ètre très sérieux et les différents systèmes exposés seront soigneusement essayés.
- On pourra se faire une idée de l'entreprise, en apprenant qu’il y a plus de quarante longues galeries et grands appartements à éclairer et que quarante différents systèmes vont se partager le travail. On-estime qu’il faudra 35o foyers à arc et plus de 5 ooo lampes à incandescence alimentées par 60 dynamos. Celles-ci demanderont une énergie totale de i 100 chevaux.
- Le vestibule d’entrée sera éclairé par io5 lampes Edison (de 92 volts) et 23 lampes Swan (de qc volts). Les galeries d’art et les restaurants seront éclairés par ces systèmes aussi. La galerie du sud contiendra 1 o63 lampes Swan et qô volts. Les annexes du sud et de la laiterie seront pourvues de 660 lampes Crookes de 100 volts fournies par la Compagnie Giilcher-Crookes. Le « Vieux-Londres » une reproduction d’une ancienne rue de Londres sera éclairé par 5 foyers à arc Lea et 5o lampes à incandescence Gatehouse, fournies par M. Mackie. Jablochkoff éclairera plusieurs galeries avec 60 bougies. Les Compagnies Hammond-Ferranti et Hammond-Brush illumineront un certain nombre de corridors et de salles à manger avec 1 000 lampes Woodhouse et Ravvson de 5o volts. La Gülcher Electric Light Co installera 120 lampes Crookes de 65 volts dans le restaurant chinois et 40 foyers à arc Gülcher dans la galerie Est. Il y aura un nombre considérable de foyers à arc de Brush, Pilsen, Hochhausen, Brockie, Siemens et d’autres aussi bien que des lampes à incandescence de Varley, Gérard, etc.
- Deux tours dans les ja'dins porteront 6 lam-
- pes à main de Lennett et un mât pourvu de six foyers Hochhausen, sera exposé par M. H. Ed-munds. Les cascades des jardins seront illuminées par la lampe Soleil de la Sun Electric Light Co, et 200 lampes Swan seront distribuées parmi les fontaines sur les îles artificielles dans les étangs. La cour indienne contiendra 44 lampes Bernstein de q5 volts chacune et un foyer à arc Crompton sera projeté sur l’horloge. L’exposition à l’extérieur et dans les jardins sera extrêmement intéressante, car les fêtes avec des lanternes illuminées seront très fréquentes et attireront beaucoup de monde.
- On ne s’attend pas à voir des nouveautés très importantes ni comme lampes ni comme dynamos, mais la nouvelle machine Ferranti à courants alternatifs pour 1 000 foyers, sera intéressante, ainsi que la machine perfectionnée de Brush pour 2.3 foyers à arc, qui ressemble comme grandeur et fabrication à l’ancienne machine de 16 foyers, mais le noyau de son armature est construit en tôle mince, avec des espaces d’air entre les couches au lieu d’ètre une masse solide de fer, comme dans l’ancien modèle. U y aura cependant quelques lampes et générateurs qui n’ont, jusqu’ici, pas été aussi bien exposés en Angleterre.
- une installation de piles. —Le « Queen Anne restaurant » à Cheapside Londres possède une des rares installations d’éclairage électrique alimentées par des piles primaires dans notre pays. L’installation a été faite par l’Economie Electric Co et comprend 86 lampes Edison-Swan de faible résistance, quelques-unes de cinq et d’autres de iu bougies. Le restaurant est entièrement éclairé par ces lampes jour et nuit, car le jour obscur qui v règne à cause du style de l’architecture et d’une vaste application de verres coloriés, rendnécessaite d'éclairer le local le jour et la nuit. Ces 86 lampes sont alimentées par i5o éléments nommés éléments « Lamb A, » du nom de l'inventeur probablement. Chaque vase contient un grand élément au bichromate à deux liquides avec 3 plaques de zinc et deux de charbon. Ces dernières plongent dans la solution de bichromate renfermée dans deux vases poreux du modèle plat et rectangulaire, chacun d’une hauteur de xo pouces sur une largeur de 8 et une épaisseur de 2 pouces, mesure extérieure. Les plaques de charbon se composent de barreaux de charbon courts et forts, maintenus ensemble par des bandes métalliques qui plongent dans de petits godets de mercure incrustes dans le bord de la cuve en bois ciré qui contient le tout, et établissent ainsi la communication avec les électrodes des plaques de zinc. Ces dernières sont entourées d’acide sulfurique et d’eau. Les vases extérieurs de quelques éléments sont en poterie qui est préférable aux cuves de bois en empêchant toute fuite du liquide. Après douze heures de travail, on recharge
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- la pile avec d’autres solutions. Il faut une grande chambre de réserve pour installer la pile qui prend beaucoup de place, mais l’installation d’une dynamo et d’un moteur sur les lieux mêmes, présentait trop d’inconvénients. L’Economie Co expose également des petites piles pour lampes de vélocipèdes.
- Les trois éléments qui composent ces piles sont renfermés dans une petite boîte suspendue sur l’appareil et capable de donner une lumière de 2 1/2 à 3 bougies pendant 5 heures environ. Chaque élément se compose d’un vase cylindrique en verre avec un anneau de tiges de charbon placé à l’intérieur, et en dedans un vase poreux cylindrique contenant le zinc. Les deux séries de plaques sont solidement attachées à l’embouchure ou à la couverture du vase extérieur et un tube en verre communique avec le compartiment extérieur du charbon de l’élément, de sorte qu’en enlevant la plaque de zinc, on vide l’élément des deux solutions en même temps rien qu’en versant. Cette disposition facilite l’opération de recharge. Les solutions sont du bichromate pour le compartiment du charbon et de l’eau acidulée d’acide sulfurique pour celui du zinc. La Compagnie fabrique également une lampe pour mineurs qui se compose d’une pile de ce genre avec une lampe de 2 1/2 bougies pourvue d’un réflecteur, de même qu’une lampe de voiture avec quatre éléments et deux lampes de 2 r/2 bougies qu’on place dans les lanternes de la voiture.
- (J’ajoute ici que le professeur W. F. Barrett de Dublin a dernièrement essayé de remplacer le bichromate de potasse dans les éléments par du bichromate de soude et qu’il a trouvé que la force électromotrice, la résistance intérieure et la constance des éléments étaient pratiquement les mêmes dans les deux cas, pourvu qu’on emploie la même quantité du sel.)
- les nouveaux carles atlantiques. — Le bateau à vapeur télégraphique le Faraday a quitté la Tamise avec 85o milles de câble à bord pour compléter le nouveau câble transatlantique de Bennett-Mackay. Le point de départ sera sur la côte irlandaise (Kinmore Bay) et le câble sera joint au bout de la section américaine que le Faraday a laissé fixé à une bouée au milieu de l’Océan. On espère finir le travail vers le 20 juillet et on installera alors le système duplex de Muirhead pour doubler la capacité de la ligne. Pendant le passage du trafic sur un seul fil, MM. Siemens et C° placeront le deuxième câble de doublure et les deux seront mis en opération sans perte de temps.
- un procès électrique. — Un procès télégraphique qui présente un certain intérêt professionnel vient d’être décidé par le baron de Huddleston. La Direct United States Cable C° signait, il y a, environ cinq ans, un contrat avec les propriétaires du
- système duplex de Muirhead à l’effet d’adopter ce système sur le câble de la compagnie moyennant une redevance annuelle de 5o 000 fr. payables par trimestre, tant que le système continuerait à fonctionner d’une manière satisfaisante. Cependant, il y a quelque temps, un défaut se manifestait dans le câble et la balance duplex fut détruite au point d’empêcher le système de continuer à bien fonctionner. On pouvait toujours bien travailler de la manière ordinaire en simple en envoyant une dépêche à la fois, et plutôt que de réparer le câble à une dépense probable de 760 000 à 2 000 000 de francs, la Compagnie a préféré continuer le système simple. Elle a également refusé de payer la redevance annuelle stipulée dans le contrat et prétendait pour sa défense que le système duplex n’avait pas bien fonctionné. C’est ce qui a donné lieu au procès que le baron Huddleston vient de décider en faveur des plaignants, les propriétaires du système duplex.
- Le témoignage scientifique a établi devant le tribunal que si le câble même n’était pas en bon état, le système duplex ne pouvait pas fonctionner d’une manière satisfaisante et que, selon les termes du contrat, il incombait aux défendants d’entretenir le câble en bon état. De fait, il a été démontré que si le système avait cessé de donner satisfaction, ce n’était nullement par la faute des plaignants ou du système même, et c’est pourquoi le juge a décidé en leur faveur.
- La décision est évidemment juste et on pouvait s’y attendre d’avance. Le fait qu’une question de ce genre puisse être plaidée prouve qu’on ne peut pas apporter trop de soins à la rédaction des contrats d’une nature semi-scientifique.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur un électrodynamomètre à mercure par M. G. Lippmann (').
- « Une petite chambre parallélépipédique, remplie de mercure, est disposée au centre d’une bobine de fil de cuivre. Le courant électrique que l’on veut mesurer parcourt successivement le fil de cette bobine et la lamelle de mercure; celle-ci communique d’ailleurs latéralement avec les deux branches d’un manomètre. Lorsque le courant électrique est établi, le manomètre dévie d’une manière permanente, en vertu de l’action électrodynamique
- (>) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 23 juin 1884.
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- exercée sur la lamelle de mercure par le reste du circuit.
- « Cet instrument jouit des propriétés d’un électrodynamomètre ordinaire; il mesure le carré de l’intensité i du courant, et il permet de mesurer des courants alternatifs; mais il possède, en outre, des propriétés qui peuvent rendre son usage avantageux dans certains cas. Toutes les pièces qui le constituent sont, comme on le voit, rigides et immobiles, à l’exception du mercure ; ce mercure lui-même, dans les points où il subit la poussée électrodynamique, est dans une position invariable par rapport au reste du circuit. Il s’ensuit que la déviation du manomètre est rigoureusement proportionnelle au carré de i. En outre, grâce à la rigidité de ses parties, l’appareil, une fois construit, conserve une forme et par conséquent une sensibilité parfaitement constante. Une fois gradué dans un laboratoire, on peut s’en servir en tous lieux pour retrouver, sans nouvelles mesures, des intensités de courants déterminées : il équivaut à un étalon d’intensité.
- « On peut d’ailleurs construire l’électrodynamo-mètre à mercure de manière à en faire un instrument de mesure absolu.
- » En effet, la pression p indiquée par le manomètre est reliée à l’intensité i par la formule
- dans laquelle e représente l’épaisseur de la lame de mercure; C, l’intensité du champ magnétique produit au centre de la bobine par un courant d’intensité égale à i, se déduit des dimensions de cette bobine. Une fois ces grandeurs connues, l’instrument se trouve gradué a priori par la formule (i) et il peut servir à graduer d’autres instruments par comparaison.
- « Dans l’appareil que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de l’Académie, le quotient — est
- égal à 65o; par conséquent, un courant égal à i C. G. S, ou à io ampères, produit une pression de 65o dynes, ou d’environ 65o msr par centimètre carré (‘). »
- P) La constante 'C va en croissant indéfiniment avec le
- nombre de tours du lit de cuivre. Dans le quotient —, qui
- donne la sensibilité du galvanomètre à mercure, le numérateur H a, au contraire, une limite supérieure correspondant à la saturation du métal des aimants; il en résulte que le dénominateur e a, à son tour, une limite supérieure, si Ton veut que la sensibilité ait une valeur déterminée. C’est pour
- cette raison que j’ai pris e égal à JL tle millimètre; c’est
- pour la même raison que l’instrument décrit par M. J. Carpentier, comme un essai de galvanomètre à mercure, n’aurait jamais pu fonctionner eu cette qualité, la valeur de e s’y trouvant par hasard vingt fois trop grande. L'auteur ne dit
- L’interrupteur à mercure de M. Cari Kirn.
- Nous empruntons aux Annales de Wiedemann, la description d'un nouvel interrupteur à mercure fondé sur le même principe que celui de M. E. Budde ('). Pour éviter que la surface du mercure ne s’oxydât sous l’influence des étincelles de rupture, M. E. Budde recouvrait un interrupteur ana-
- FIG. I
- logue à celui de Foucault, d’une cloche de verre dans laquelle il faisait arriver un courant d’hydrogène pr éalablement desséché. M. C. Kirn a cherché
- FIG. 2 ET 3
- à utiliser le même principe en donnant à son appareil une forme moins délicate et par suite plus facile à manier.
- La figure i représente une vue d’ensemble Je * (*)
- point à quelles intensités de courant considérables il a dû avoir recours pour obtenir les déviations qu’il indique.
- J'ajouterai que l’essai de M. Carpentier n’a pas été publié et que je n’en avais jamais entendu parler.
- (*) La Lumière Électrique, vol. io, p. q5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’appareil. L’interrupteur proprement dit est formé par un ballon en verre dans lequel pénètrent deux lames de platine C et B soudées au verre d’une façon absolument étanche (fig. 2). Les extrémités allongées du ballon de verre sont maintenues dans les pièces cylindriques en laiton E et D qui communiquent électriquement la première avec la lame de platine C, la deuxième avec la lame B.
- Le tout est monté sur deux pointes SS (fig. 1), qui viennent s’assembler avec les trous coniques F, F, d’où il résulte que le système est excessivement mobile autour de l’axe longitudinal S, S. Le ballon contient du mercure purgé de toute trace d’air jusqu’en a a; le reste est rempli d’hydrogène sec. Comme il est très important que le mercure ne renferme aucune trace d’air atmosphérique. M. C. Kirn apporte au remplissage du ballon le plus grand soin. Voici la façon dont il procède. On donne au ballon tout d’abord la forme représentée dans la figure 3, et l’on soude les bouts de platine, puis on introduit la quantité nécessaire de mercure chimiquement pur. On fait ensuite pénétrer parle col du ballon un tube étroit jusqu’à la surface du mercure ; ce tube communique avec une fontaine d’hydrogène que l’on dessèche suivant les procédés habituels. En même temps que l’hydrogène est amené, le mercure est porté à l’ébullition dans un bain de sable et maintenu pendant un certain temps dans ce même bain.
- Finalement, on laisse le tout arriver au complet refroidissement et l’on soude le tube en Z.
- Si l’on se reporte à la figure 1, il est aisé de se rendre compte du fonctionnement de l’appareil ; l’une des pièces cylindriques E ou D est munie d’un petit levier N, relié par l’intermédiaire d’une tige droite M et d’un levier coudé L à l’armature de l’électro-aimant K. Ces pièces sont montées de telle façon qu’à l’état de repos le fil C (fig. 2) plonge sur une faible portion de sa longueur dans le mercure. Dès que le courant passe l’armature de l’électro-aimant K est attirée, le ballon se déplace sous l’action du levier N dans le sens des aiguilles d’une montre, autour de l’axe S S, et le contact entre C et le mercure est interrompu ; à ce moment l’armature est lâchée, le ballon revient en arrière, le contact se rétablit, et ainsi de suite. Les ressorts P et Q exercent une pression assez faible sur les pièces E et C pour n’altérer en rien la sensibilité du système oscillant. Les bornes I, IV et V servent à conduire le courant; les bornes II et UI sont en communication avec le condensateur, si l’on suppose que l’appareil sert à exciter une bobine d’induction, ce qui était le cas des expériences de M. C. Kirn. L’auteur rapporte que ces expériences ont donné les résultats les plus satisfaisants au point de vue du bon fonctionnement de l’interrupteur qui vient d’ètre décrit : au bout d’un temps de service assez considérable pendant
- lequel il fut fait usage d’un courant de 2 à 3 éléments Bunsen, on put constater que la surface du mercure n’avait rien perdu de son éclat.
- Sur une modification du pont de Wheatstone,
- par le prof. Silvanus P. Thompson, B.A.D.Sc.
- On connaît plusieurs modifications du pont de Wheatstone, pour faciliter la mesure exacte de petites résistances ou de petites différences de résistance. Les premières de ces modifications et les moins connues sont peut-être celles du professeur Fleemingjenkin et le pont double de Sir W. Thomson. La disposition de Kirchhoff qui a encore été modifiée par M. Matthiessen est bien connue sous le nom de pont à mètre divisé. Dans cette forme de pont, la différence entre deux résistances presque égales est exprimée directement en fonction de la longueur d’un fil gradué dont la résistance est très exactement connue, et le professeur G. Carey Foster a proposé pour son emploi une méthode si extrêmement sûre qu’il est probable que celui qui aura une fois adopté ce mode de détermina-nation des résistances ne reviendra jamais aux méthodes plus grossières et moins exactes. Le trait caractéristique de la méthode repose dans l’arrangement eu série de la bobine dont on veut mesurer la résistance, de la bobine-étalon, sensiblement de même résistance, et du fil gradué, de manière à pouvoir intervertir la position des deux bobines. Les points du fil auxquels le potentiel est la moyenne entre les potentiels aux deux bouts de la série ayant été déterminés avant et après le changement, la résistance de la longueur entre ces deux points représente la différence cherchée. Une modification spéciale du pont pour faciliter la méthode de Foster a été décrite à la « Physical Society » au mois de décembre 187g, par le Dr J.-A. Fleming, et elle a depuis été systématiquement employée au laboratoire de Cavendish, par le comité des étalons électriques pour la comparaison des bobines étalons. Bien que le pont du Dr Fleming soit extrêmement commode, il me semble pourtant présenter plusieurs inconvénients.
- En premier lieu, bien que l’interversion des deux bobines se fasse beaucoup plus facilement que dans la forme ancienne à mètre divisé, elle s’effectue cependant en enlevant les bouts de chaque bobine d’une des deux paires de godets de mercure pour les remettre dans l’autre paire. Cette opération n’est pas commode dans certains cas comme, par exemple, quand il s’agit de mesurer la résistance d’un fil chauffé dans un bain d’huile à différentes températures ou quand on désire mesurer une résistance de contact qu’il faut à tout prix éviter de déranger. D’autre part, le fil gradué du pont de Fleming est enfermé dans une ;rainure en
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- forme de cercle et le contact est fait par un couteau I laire. Je n’ai jamais entendu formuler de plaintes monté sur un bras pivoté au centre du fil circu- | au sujet de l’efficacité pratique de cette disposi-
- tion qui cependant présente deux inconvénients. Il est nécessairement plus difficile de placer le fil
- de manière à avoir une tension égale partout (que dans le cas d’un fil droit tendu entre deux points. La capacité de ce pont pour mesurer les résistan-
- ces est limitée à un peu au-dessous de la vraie résistance du fil gradué. Enfin, il est plus facile d’obtenir une échelle métrique droite qu’une échelle circulaire avec 3oo° environ, divisés en mille parties.
- J’ai donc imaginé une forme de pont qui remédie à ces inconvénients. Elle se compose de deux parties : un fil divisé ou rhéocorde et un arrangement de godets de mercure, de pièces de contacts et de bornes qui doivent être fixés en arrière
- de la première partie. La figure 1 représente la disposition générale de ces deux parties, les communications sont faites par des bandes de cuivre d’une épaisseur de 3rom maintenues par des vis et des écrous. X représente la bobine dont il faut mesurer la résistance et S la bobine-étalon. Les bouts de chacune de ces bobines plongent dans deux grands godets à mercure en cuivre, qui sont représentés dans la figure 2 et désignés x'espectivement par m n et m' n'. Entre ces godets, il y a quatre barreaux parallèles en cuivre a a', b b', c c' et d d' dont les bouts se terminent également dans des godets de mercure.
- FIG. jt
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les barreaux aa' et bb' sont reliés par de fortes communications de cuivre avec les deux bandes venant du rhéocorde. Les deux autres barreaux communiquent avec les bornes de la pile et avec celles des deux bobines tarées A et B. Pour tout essai exact ces bobines doivent être à peu près égales à X ou S et presque égales l’une à l’autre. Comme il n’est pas nécessaire de les intervertir elles sont simplement tenues par des communications en cuivre sous des bornes à vis et à tête plate, Les godets de mercure sont reliés par de petites tiges de cuivre fortes (tig. i) m étant relié à a, n à d, m' à b' et n' à c'. Les communications étant ainsi établies, on fait une observation et on prend note de la distance X entre le zéro de l’échelle et le point de contact avec le circuit du galvanomètre. On change ensuite les communications en reliant m à. b, n à. c, m' à a' et n' à d'. On obtient ainsi le même effet que par l’interversion réelle de X et S, et sans enlever ni l’une ni l’autre de ces bobines comme dans l'instrumentent de Fleming. On rétablit la balance et on fait une nouvelle lecture X' sur l’échelle : la longueur X — X' multipliée par la résistance par centimètre du fil divisé, représente alors la vraie différence entre X et S.
- Le commutateur est construit de dimensions à pouvoir être attaché à un modèle quelconque des ponts métriques ordinaires. En ce qui concerne la méthode de comparaison de Foster l’application du pont métrique ordinaire est cependant limitée à la comparaison de résistances dont la différence ne dépasse pas la vraie résistance du fil du rhéocorde. Pour faciliter la comparaison de bobines de grande résistance dont la différence s’élève à plusieurs ohms, j’ai adopté la disposition suivante du rhéocorde : On prend deux fils d’une longueur de 2 mètres chacun, la résistance de l’un étant de 1/4 ohm environ, celle de l’autre de 8 à 10 ohms. On les tend parallèlement sur une planche de 2i3®/m de long et pourvue d’une échelle de deux mètres divisée en millimètres. On peut se servir de l’un ou l’autre des deux fils en reliant l’un ou l’autre à un bout du pont par un anneau de cuivre fort plongeant dans des godets de mercure pratiqués dans le bois et doublés de cuivre. De fortes tiges en cuivre d’une section d’un centimètre carré environ vont des bouts des fils tendus jusqu’aux vis qui servent à réunir ensemble la partie du commutateur et celle du rhéocorde. Le contact du galvanomètre se fait au moyen d’une clef à frottement, représentée séparément par la figure 3 et pourvue d’un vernier, qui, par une disposition simple, peut être réglée pour faire le contact avec le fil gros ou le fil fin, à volonté. Dans l’appareil présenté à la Société, le gros fil est en maillechort, d’un diamètre de 2,imm et d’une résistance de o,2315 ohms. Le fil fin est un alliage de platine et
- d’argent, son diamètre est de o,33mm et sa résistance de 8,21 ohms. La forme du curseur adoptée présente une bien meilleure disposition que la clef ordinaire et lourde à frottement sur trois pieds, et elle est beaucoup plus commode à manier. Bien que l’augmentation de la longueur du rhéocorde rende l’appareil moins portatif elle augmente cependant sa portée sans affecter sa sensibilité.
- A propos de la stratification de la lumière électrique; par le Dr A. Ritter V. Urbanitzky.
- Tout le monde connaît les phénomènes lumineux que l’on observe toutes les fois que l’on fait passer la décharge d’une bobine de Ruhmkorff dans un tube de verre renfermant une vapeur ou un gaz très raréfiés. M. A, Ritter V. Urbanitzky s’est attaché tout particulièrement à l’étude de ce phénomène au point de vue de la marche qu’il suit à mesure que l’on raréfie le gaz contenu dans le tube. Nous empruntons les résultats de ses observations au journal Zeitschrift fur Elektrotechnik (mai 1884).
- Supposons tout d’abord que le tube représenté dans la figure 2 soit rempli d’air atmosphérique et que les bornes de platine dont il est muni à ses extrémités communiquent avec les pôles d’une bobine d’induction. Si cette bobine est suffisamment énergique, il se produit un flux continu d’étincelles entre les deux électrodes; pendant cette période de l’expérience, on ne constate généralement pas d’auréole, c’est-à-dire d’enveloppe lumineuse autour de la traînée d’étincelles ; on l’observe cependant parfois, mais elle est alors très faiblement accusée. A mesure que l’on raréfie l’air, l’étincelle diminue comme éclat, tandis que l’auréole se développe de plus en plus jusqu’à présenter l’aspect de la figure 2.
- Si la bobine n’était pas assez énergique pour faire jaillir à l’origine l’étincelle d’une électrode à l’autre, les phénomènes lumineux ne commenceraient à se manifester que pour un certain degré de vide qui serait fonction de la puissance de la bobine d’induction, de la nature du gaz enfermé dans le tube, etc. Dans ce cas, on voit d’abord de minces filaments lumineux sortir en serpentant de l’électrode positive et se diriger vers l’électrode négative; pour l’air ou pour l’azote, ces filaments sont rouges; ils affectent une couleur verte pour l’oxyde ou le bioxyde de carbone. Ces filaments ne sont pas également brillants sur toute leur étendue; ils présentent une série de points alternativement lumineux et obscurs; cette alternance est régulière et les fait ressembler à des rangées de perles. Si l’on vient à augmenter le degré du vide dans le tube, le nombre des filaments augmente aussi; ces filaments gagnent en même temps en
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- épaisseur et finissent par se fondre les uns dans les autres pour former un rayon de lumière unique (rouge dans le cas de l’air) dont l’intensité est maxima à l’électrode positive, diminue à mesure qu’on s’approche de l’électrode négative et devient nulle à une distance plus ou moins grande de cette dernière.
- Cependant l’électrode négative est le siège de phénomènes différents; au moment où l’on observe à l’électrode positive les filaments dont nous venons de parler, il se produit à l’électrode op-
- FIG. 1 ET 2
- posée une faible lueur bleue ; cette lueur va croissant avec le degré du vide et finit par envelopper complètement l’électrode. L’intensité de la lueur est maxima aux points voisins de l’électrode et diminue à mesure qu’on s’éloigne de cette même électrode. Au point de vue de la coloration, elle présente pour l’air la teinte du bluet et pour le bioxyde de carbone celle de la lavande.
- La lumière qui se dirige du pôle positif au pôle négatif est loin de toujours présenter l’aspect d’un faisceau lumineux ininterrompu; cette lumière apparaît souvent sous la forme de strates ou zones plus ou moins larges, plus ou moins régulières,
- alternativement brillantes et obscures. C’est le phénomène connu sous le nom de stratification de la lumière électrique. Cette stratification se produit principalement lorsque les tubes renferment un mélange de gaz ou des gaz impurs. Dans le tube de la figure i, le gaz se trouvait être du bioxyde de carbone à une pression de 2 à 3 millimètres; la lumière verte présentait des strates nombreuses et régulières dont la partie concave était tournée du côté de l’électrode positive. La lueur incandescente affectait une couleur bleu de lavande et se composait de plusieurs couches d’un éclat différent. On pouvait, à l’électrode positive, constater fréquemment des points lumineux brillants qui disparaissaient brusquement ou bien demeuraient brillants pendant un temps relativement considérable; ce fait provient probablement de la séparation de parcelles de carbone dans le bioxyde de carbone. La figure 1 représente les phénomènes observés dans un tube à étranglement renfermant de l’air atmosphérique à la même pression de 2 à 3 millimètres.
- L’isolement des fils télégraphiques et téléphoniques à leur entrée dans les bureaux
- Lorsque l’on se borne, à la traversée des murs d’un bâtiment, à isoler les conducteurs au moyen de tubes de porcelaine, il arrive souvent que la va-
- peur d’eau qui se condense dans ces tubes, en vertu des différences de température qui se produisent, donne naissance à des dérivations. —M.Justin Ma-lisz, directeur des télégraphes du chemin de fer de Galicie, à Lemberg, a cherché à porter remède à ces inconvénients en adoptant la disposition suivante. — L’enveloppe isolante se compose de trois manchons de porcelaine A, B, C, légèrement inclinés vers l’extérieur du bâtiment M (fig. 1) et entourés d’une couche de ciment N. — Le manchon A qui est terminé par une cloche G mesure 22 centimètres de longueur, les manchons B et C ont de 20 à 3o centimètres de longueur; l’ouverture de la cloche G a 5 centimètres de diamètre.
- Pour éviter que l’humidité du mur ne pénètre par capillarité dans les tubes les joints des manchons A et B, B et C sont faits au moyen d’une
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dissolution de bitume de Judée dans de l’essence de térébenthine pure. — La cloche G qui termine le manchon A présente à sa partie inférieure deux parois entre lesquelles se place une sorte d’évidement conique. Cette disposition met les lignes à l’abri de toute dérivation; l’eau à l’intérieur du ca nal s’écoule en effet vers la cloche G, en vertu de la pente qu’on a eu soin de ménager, et s’égoutte sur le rebord intérieur; l’eau de condensation extérieurement se déverse de même par le rebord extérieur mais l’évidement demeure toujours sec et isole parfaitement. — Au sortir de la cloche G le fil vient s’attacher sur un support isolant scellé dans le mur.
- L’Elektrotechnische Zeitschrift, numéro de mai 1884, auquel sont empruntés ces détails dans le dispositif appliqué par M. J. Malisz, ajoute que les résultats obtenus à la suite des premiers essais ont été aussi satisfaisants que possible.
- Le relais polarisé de J. Ebel, à Londres.
- L'Elektrotechnische Zeitschrift publie dans le numéro de mai 1884, la description d’un relais polarisé pour lequel M. J. Ebel a pris, en 1882, un brevet en Angleterre. Cet appareil se compose es-
- FIG. I El' 2
- sentiellement d’une bobine B dont le noyau est formé de deux pièces en fer doux ; la première de ces pièces est un cylindre creux r fixe; la deuxième est une tige a mobile à l’intérieur du cylindre r montée sur les pivots pi, p2 et terminée par deux armatures c, et c2. Les figures 1 et 2 représentent l’élévation et la coupe de l’appareil que nous décrivons ; la figure 3 en est une projection horizontale. Deux aimants permanents N,, S, et N2, S2 sont reliés l’un à l’autre au moyen de deux tiges en laiton h et j et tournent ensemble autour
- de l’axe vertical des vis qi et qs qui servent à fixer ces mêmes aimants sur le socle de l’appareil. Les colonnes h et j se déplacent dans des glissières en arc de cercle ménagées sur ce même socle. Deux ressorts de rappel /j et /2 qui prennent leurs points d’attache sur les vis vt et v2 appuient constamment le système des deux aimants contre la
- FIG. 3
- vis de réglage i. Ce réglage a pour but d’amener les languettes c\ et c2 à demeurer immobiles entre les pôles N, et Sj lorsque l’appareil est au repos. Une tige métallique u et deux vis de butée s, et s3, formant contact, permettent de limiter la course dn cylindre mobile a.
- La Compagnie française du télégraphe de Paris à New-York a appliqué ce relais à la Royal Exchange Station et s’en est fort bien trouvée; l’électro-aimant est en effet d’une sensibilité très grande à cause du faible poids des pièces mobiles. L’ensemble du système des pièces c,, a, c2 ne pèse que 4,6 gr. La résistance de la bobine B est de s5o U. S.
- Galvanoscope pour expériences de cours, par M. V. Pierre (>)
- Un barreau aimanté horizontal est fixé à l’extrémité inférieure d’un pendule. Les pôles pénètrent à l’intérieur de deux bobines fixes horizontales parcourues par le courant à mesurer. Lorsque le courant passe, le barreau est attiré par l’une des bobines, repoussé par l’autre, et le pendule dévie. Le centre de gravité du pendule est amené à être voisin du courant, afin de rendre l’appareil plus sensible.
- (') Annales de Wiedmatin 11° 5, 1881.
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- TRAVAUX
- DK LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- RÉSUMÉ D'EXPÉRIENCES
- SUR LA DÉTERMINATION DE L’OHM ET DE SA VALEUR EN COLONNE MERCURIELLE Par MM. Mascart, F. de Nerville et R. Benoit
- V
- Construction et comparaison d’une résistance en mercure
- (Suite)
- MESURES ÉLECTRIQUES
- Les flacons de verre dans lesquels plongeaient les extrémités des tubes avaient om,o6 de diamètre sur om,08 environ de hauteur. A om,o3 au-dessus du fond, ils présentaient une tubulure Longue de om,o3 ou om,04, dans laquelle les tubes pouvaient pénétrer librement. La jonction était faite au moyen d’un fragment de tuyau de caoutchouc (gomme naturelle non vulcanisée), qui serrait étroitement le tube et la tubulure. Les flacons se terminaient en haut par un col à orifice assez large, qu’on pouvait fermer au moyen d’un bouchon rodé à ’émeri. Le tout était fixé sur une forte planche de sapin, munie de poignées et de cales convenablement placées pour empêcher le tube de fléchir.
- On a jugé plus prudent de faire le remplissage du tube sous le vide. Cette opération a été réalisée en mettant le tube avec ses flacons en communication avec une pompe pneumatique, et faisant pénétrer le mercure, par un dispositif facile à imaginer, quand le vide était aussi parfait que possible. Le mercure employé était du mercure neuf, sortant de la potiche, soigneusement desséché par des filtrations successives sur du papier buvard.
- Pour les mesures électriques, on s’est servi du pont à fil indiqué plus haut. La comparaison des résistances a été faite par la méthode suivante :
- Soient ar, a, b, b' quatre résistances à peu près égales,, reliées entre elles de manière à constituer les quatre branches d’un pont de Wheatstone. Aux communications a' a et b br aboutissent les deux pôles de la pile; sur la communication advient s’attacher l’un des fils du galvanomètre; enfin, entre les deux résistances a', b' est intercalé le pont à corde, formé d’ui fil de maillechort, mis en relation avec le deuxième fil du galvanomètre au moyen d’un contact porté par un curseur mobile devant une règle divisée. L’équilibre étant établi, on a une lecture x sur le fil, dont la longueur est l ;
- a a' -j- -v .
- + / — a’
- on subsiste à a' à la résistance a' qu’on veut lui comparer, et, ramenant de nouveau le galvanomètre au zéro, on a :
- fl fl 1 ~h a 1
- b' + l— V
- Ces deux relations donnent
- a __ (a'—a\) — f.v, —-,v)
- 1> “ _Yj — X
- On recommence ensuite les mêmes opérations en remplaçant a par b, et réciproquement; / et /1 étant les lectures correspondantes, on a
- ll — U'—fl'i) —f/i—
- « ri —r
- Multipliant ces deux dernières équations membre à membre et faisant les réductions, on obtient finalement
- a' - a[ = (xt - .v) + (ri -y).
- La longueur de fil du pont, qui représente ainsi la différence des deux résistances comparées, doit être exprimée en fonction d’une unité de résistance déterminée, par exemple un étalon <«> de l’Association britannique. A cet effet, on a fait la tare du pont, en mesurant, par la méthode indiquée ci-dessus, une différence de résistance connue. On a trouvé ainsi, pour la valeur de imux du fil, par deux opérations distinctes :
- Entre et Soü*11111, équivaut à ow,000091200
- » 5oo»‘»i et looüuun, » o(0,000091 194
- Moyenne............... ow, 000091197
- L’identité presque absolue de ces deux valeurs suffirait pour témoigner d’une régularité satisfaisante du fil dans toute sa longueur. On a pourtant fait un calibrage plus complet, en mesurant successivement une même résistance par des parties différentes du fil. L’opération, répétée avec plusieurs résistances, de valeurs convenablement choisies, a été conduite d’une façon tout à fait analogue au calibrage des tubes à mercure. Les corrections qui en résulteraient seraient les suivantes :
- Reclure du fil Corrections
- mm min
- U 0,00
- 200 -i- 0,25
- «J 00 — o,o(>
- fioo — u,OT
- Koo 0,00
- 1000 0,00
- Elles sont, comme on le voit, très faibles et presque partout inférieures aux erreurs d’observation. Si l’on considère que, dans les comparaisons destinées à établir la relation entre l’unité B A et l’unité mercurielle, la longueur du fil employé a atteint au maximum 9 millimètres aux environs de la division 5oo, on peut en conclure qu’il était inutile de pousser cette étude plus loin et permis de considérer les irrégularités du fil comme négligeables.
- Les branches fl, b, b' du pont étaient constituées par des étalons de l’Association britannique; ils étaient plongés dans des vases pleins d’eau, afin de maintenir leur température invariable. Toutes les communications étaient faites au moyen de godets à mercure et de gros fils de cuivre amalgamés. Les tubes étaient mis également en relation avec le circuit par des tiges de cuivre amalgamées, de longueurs convenables, qui plongeaient dans le mercure des flacons et étaient maintenus par un bouchon de caoutchouc fermant l’orifice du flacon. Ce mode de connexion a l’incon-venient de salir et d’altérer à la longue le mercure; mais c’est le seul qui permette des communications sur lesquelles on puisse compter.
- Les tubes à comparer étaient placés côte à côte avec
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- leurs supports, dans une grande auge métallique qu’on pouvait remplir d’eau ou de glace pilée. On les a comparés entre eux dans toutes les combinaisons possibles, à zéro et à la température ambiante. On les a en outre comparés à l’étalon n° 75 de l’Association britannique, en alliage platine-argent.
- . La sensibilité du galvanomètre employé était assez grande pour permettre d’apprécier facilement reflet d’un
- déplacement de - de millimètre du curseur du pont, quan-4
- tité qui correspond sensiblement à
- d’unité B. A
- 40c 00
- Toutes les mesures étaient faites en renversant alternativement le sens du courant, de manière à éliminer les effets possibles des forces électromotrices anormales.
- Nous donnerons seulement ici les résultats des observations; ces résultats sont exprimés ci-dessous en millièmes d'unité B. A.
- 1® Comparaison des tubes à la température ambiante (vers i5°):
- (0
- I 1 — H = — o. 376 j I — III = — 0,502 f l — IV — — O, 109
- Il — 111 = — o, 109
- II — JV = -t- o, 255
- III — IV = 4- o.3Si
- tats (i) et (2), de manière à compenser aussi bieu que possible les erreurs des observations individuelles. Ces trois séries fournissent, en effet, un système de seize équations pour déterminer quatre inconnues indépendantes. La résolution de ces équations conduit aux valeurs les plus probables ci-dessous :
- I— if=—0.399 f — IV =—0,162
- I — HI = —0,534 T 0(12,57) = 1,21 3
- 11 faut y ajouter les équations identiques :
- II—III =—o,i35 III —IV =4-0,372
- II —IV =-1-0,237 UI— 0(1257)=4- i,747
- Il— O(12,57)= "b IV 0^2(r)7)=4- 1,375
- La substitution de ces valeurs à la place des résultats obtenus dans les séries (1), (2) et (3) donne des erreurs résiduelles très faibles, qui indiquent une concordance très satisfaisante dans les observations. La différence la plus grande entre les valeurs observées et calculées est de 0,066. La moyenne de tous ces écarts est de 0,025, soit rtf£00 d’u-uité B.A.
- En ramenant l’étalon n° 75 à la température i2°,57 avec le coefficient de variation adopté o,oo3, on obtient :
- 2° Comparaisons des tubes à zéro. — On attendait environ une heure après que les tubes à comparer avaient été mis sous la glace, et l’on s’assurait, par quelques essais préliminaires, que la résistance était devenue absolument invariable avant de commencer les comparaisons.
- 0(iM7)=°B-A*u->999<H3
- Si l’on se reporte aux valeurs des tubes en unités mercurielles données ci-dessus, on a par conséquent tomme résultat final :
- ( I — 11 = — 0,409 II — llT = — o, 141
- (2) J I — III = — o, 5a 5 II — IV = 4- o, 200
- ( I —1V= — 0,228 UI — IV = 4- 0,399
- Les tubes ayant à très peu près la même résistance, leurs variations avec la température doivent être identiques; par suite leurs différences doivent être indépendantes de leur température absolue, à la seule condition que les deux tubes comparés soient l’un et l’autre à la même température, condition suffisamment garantie par le bain (eau ou glace) dans lequel ils sont plongés côte à côte. Les deux séries précédentes devaient donc fournir les mêmes résultats; on voit qu’en effet les différences sont très petites et presque partout
- dans les —-— d’unité B. A.
- 100000
- Par le tube I
- Rapport
- île l’unité mercurielle & l'unité B. A.
- H.A.U.
- 1,048854= i,ooo255 0,95366
- 1,049255 = 1,000654 0,95368
- 1,049197=1,000789 o,g5386
- 1,048939= 1,000417 0,95374
- Moyenne.... 0,95374
- Les nombres de la dernière colonne, qui donnent le rapport des deux unités, représentent la résistance spécifique du mercure, exprimée en unités B.A. Le résultat moyen déduit de l’étude des quatre tubes est donc :
- 1 unité mercurielle = o,95374 unité B. A.
- 3° Comparaison des tubes à zéro avec Vètalon n° 75 à la tempèratîire ambiante. — L’étalon n° 75 était placé au centre d’un grand vase plein d’eau, dont la température variait avec une extrême lenteur. Nous représentons cet étalon par O, et sa température dans chaque comparaison par l’indice qui accompagne cette désignation. Les comparaisons n’ont pas toutes été faites le même jour. On a obtenu
- I “" 0{ 12,41)= “b 1,219 111 ^(12,77)=== 1 »715 11 — 0(^89 = 4- i,55o IV — 0(12(28)=4-1*465
- Cette valeur est très voisine de celle (o,95365) qui a été obtenue par lord Rayleigh.
- (A suivre.)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
- Si nous supposons, dans les quatre comparaisons ci-dessus, l’étalon n° 75 ramené à la température moyenne de 12°,57, les résultats exigeront de petites corrections, qui pourront être calculées avec une exactitude presque absolue, même avec une valeur approximative du coefficient de variation de l’ohm, vu les faibles écarts des quatre températures autour de cette moyenne. Ces résultats, ainsi corrigés au moyen du coefficient o,ooo3, deviennent ;
- | I-°(12,57) = +i-,7i III-°(12,57)=+i.775
- <3> | n-o(12(57)=+1,622 iv-o(1?i37)= + ,,378
- Ces résultats peuvent alors être combinés avec les résul-
- sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878 (*)
- Paris, le 4 mai 1884.
- Monsieur le Président,
- De nombreuses modifications ont été effectuées depuis six ans dans les services des postes et des télégraphes : la
- (’) Il sérail trop long de reproduire ici in extenso le rapport de M.le Ministre des Postes et Télégraphes. Nous en extrayons seulement les
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- réunion de ces deux services a été réalisée dès le commencement de l’année 1878; la réduction des taxes postales et télégraphiques datée du ie* mai de cette même année. Le moment me semble venu de vous réndre compte de l’ensemble des mesures adoptées, des réformes accomplies et des résultats obtenus : c’est le but que je me propose dans ce rapport, qui répondra ainsi aux désirs plusieurs fois manifestés par les commissions de finances du Parlement.
- Décret de fusion
- Le décret qui a décidé la réunion de l’administration des postes et de l’administration des télégraphes fut signé, sur la proposition de M. Léon Say, ministre des finances, le 27 février 1878.
- Ce décret autorisait le sous-secrétaire d’Etat des finances à prendre toutes les mesures nécessaires pour opérer la fusion de ces deux services.
- Réduction des taxes télégraphiques
- La loi modifiant les taxes télégraphiques à l’intérieur a été promulguée le 18; mars 1878.
- Elle a fixé la taxe des dépêches télégraphiques intérieures uniformément à 5 centimes par mot, sans qu’il puisse toutefois être perçu par télégramme moins de 5o centimes.
- Cette disposition devait recevoir son exécution au plus tard quatre mois après la promulgation de la loi.
- En outre, le Gouvernement était autorisé à fixer par décret les taxes sous-marines, sémaphoriques et urbaines, et généralement les taxes accessoires; à prendre les mesures propres à mettre les règles du service intérieur en harmonie avec les règlements du service international; mais celles de ces dispositions qui pouvaient affecter les recettes de l’Etat devaient être soumises à l’approbation des Chambres dans la prochaine loi de finances.
- Un décret en date du 16 avril 1878 rendait cette loi exécutoire à partir du ier mai suivant.
- Nous avions donc à pourvoir simultanément aux mesures nécessaires pour assurer, d’une part, la fusion, et, d’autre part, appliquer la réduction des taxes postales et télégraphiques.
- La mise à exécution de cette double réforme des taxes, arrêtée au ier mai 1878, allait heureusement coïncider avec la date de l’inauguration de rexposition universelle de 1878. Le même jour s’ouvrait à Paris le congrès de l’union postale universelle, dont j’aurai, au cours de ce rapport, à relater les importants et féconds travaux.
- SITUATION DES SERVICES DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES AVANT LA FUSION
- Il faut d’abord rappeler qu’elles étaient au début de 1878, les conditions d’exploitation des deux services.
- Plat de l'administration des télégraphes
- La situation de l’administration des télégraphes était à peu près semblable.
- L’administration centrale n’était constituée que de nom, les mêmes services s’occupaient tout à la fois des questions
- parties concernant le service des télégraphes en indiquant par des lignes de points les passages supprimés. Ceux de nos lecteurs qui voudraient prendre connaissance du rapport complet le trouveront dans le Journal Officiel (nos des 19, 20 et 21 juin 1884).
- les plus diverses; la hiérarchie. 11’existait pour ainsi dire pas; les règlements manquaient ou n’accusaient pas un souci suffisant du contrôle financier; on était dans l’impuissance d’établir une corrélation parfaite entre les crédits budgétaires, d’une part, et l’emploi qui en avait été fait. Aussi nous parut-il nécessaire, en prenant le service, de faire constater par l’inspection des finances l’état exact de cette administration au point de vue financier. Voici ce qu’établit le rapport de M. Rameau, délégué à cet effet par le ministre des finances :
- « Il restait, à la date du icr mai 1878, lors du passage au ministère des finances de l’administration des lignes télégraphiques, une somme de 5 667 466 fr. 45 en crédits non effectivement employés (par mandatement direct ou délégué, sur le chapitre du matériel).
- « Il eut été - intéressant de faire connaître la situation exacte, à la même époque, de chacun des articles du chapitre 86 ter. Mais on a dû renoncer à donner ce développement, en présence de l’impossibilité où se trouve Je service des télégraphes de faire connaître l’imputation aux divers articles du matériel du montant des ordonnances de délégation, et aussi parce que dans certains services de Paris, le bureau du matériel, par exemple, on rencontre des dépenses dont le rattachement à une subdivision précise du chapitre 86 ter n’a pas paru possible, comme on le montrera tout à l’heure.
- « La somme non employée sur les crédits alloués au matériel, avons-nous dit plus haut, était, au ier mai dernier, de 5 667 466 fr. 45
- « Mais on commettrait une grave erreur si l’on considérait ce chiffre comme représentant, à cette époque, le crédit disponible du chapitre 86 ter.
- « Ce dont l’administration des finances pouvait disposer en prenant la direction du service télégraphique, c’était des seules portions de crédits qui n’étaient pas encore engagées à la date du Ier mai 1878.
- « Or, envisagée à ce point de vue, la situation était loin de ressembler à celle indiquée plus haut.
- En effet, si l’on groupe les autorisations de dépenses données à la date du 3o avril dernier aux agents du télégraphe tant en province qu’à Paris, et qu’on y ajoute les dépenses engagées directement à la même époque par certains services de Paris, on obtient un chiffre supérieur au montant des crédits législatifs, ainsi qu’on peut s’en assurer en parcourant le tableau suivant (J) :
- « Total des dépenses engagées et prévues à la date du
- 3o avril 1878.................................8.564.554 35
- « Les crédits alloués étant, à la même époque, de...........................'........8.080.700 »
- « Les autorisations de dépenses excédaient
- les crédits de ............................... 483.854 35
- « Pendant le mois de mai, on a autorisé de nouvelles dépenses pour une somme de . . . 68.366 02
- « Ce qui porte l’excédent ci-dessus à . . . 552.220 37
- « D’autre part, les crédits législatifs ont cté accrus de (2)............................. 171.000 »
- « Ce qui, en définitive, réduit, au mois de juin, l’excès des dépenses autorisées administrativement sur les crédits législatifs à . . . . 381.220 37
- Ainsi, quand nous prenions le service des télégraphes, les dépenses excédaient l’actif des crédits. Cet excédent de dépenses était, il est vrai, plus que compensé par le remboursement des dépenses dont l’avance avait été faite pour le compte des services étrangers à l’administration des té*
- (') Nous devons nous borner à indiquer les conclusions du tableau* (-) Loi du 27 juin 1878.
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- légraphes, et qui devait s’ajouter aux crédits accordés; mais il restait à faire face aux dépenses qui ne pouvaient manquer de s’imposer pendant le deuxième semestre de 1878. M. l’inspecteur des finances concluait en ces ternies :
- « Il nous reste, après avoir essayé de faire rentrer dans le cadre du budget les dépenses autorisées et engagées par l’administration des télégraphes, opération que le mode de comptabilité actuellement suivi par le service ne permet pas d’effectuer d’une manière suffisamment précise, il nous reste à signaler une importante dépense, celle de la télégraphie militaire, qu’on voit figurer pour une dépense de 214,980 fr.' 5o dans les dépenses engagées et pour laquelle il n’a été alloué aucun crédit au budget.
- « Au demeurant, de cet aperçu sommaire et général des opérations de comptabilité de l’administration des lignes télégraphiques ressort l’évidente nécessité de procéder à un remaniement de ce budget, qui devrait être présenté dorénavant avec des divisions plus conformes au fonctionnement du service et de régler, d’autre part, les écritures des agents d’exécution en vue de maintenir une corrélation constante avec les divisions et subdivisions du budget, de telle sorte que la direction puisse toujours connaître d’une manière précise sa situation budgétaire. »
- Le dernier directeur avait fait de louables efforts pour sortir de cette situation. Il réunissait la science à un grand désir de bien faire. Mais il était impuissant à suppléer à l’exiguïté des crédits. Il fallait subvenir à des besoins énormes avec des moyens imparfaits. Ses tentatives échouaient devant l’insuffisance des ressources.
- La confusion que nous avons constatée dans les services de l’administration centrale se retrouvait dans les départements.
- Les mêmes fonctionnaires étaient employés à la fois à la construction et à l’exploitation ; l’une devait être sacrifiée à l’autre. Les fonctions de chefs de service devenaient ainsi inabordables pour la plupart des agents dépourvus des connaissances scientifiques nécessaires, qui ne peuvent être acquises par des études spéciales.
- Quant à notre réseau, il ne sufffsait plus aux exigences du public. De 1871 au 3i décembre 1877, on n’avait établi que 27,563 kilomètres de fils télégraphiques.
- 20 départements seulement communiquaient avec Paris par plusieurs fils, 33 par un seul fil.
- 33 départements ne correspondaient qu’à l’aide d’une transmission avec Paris.
- Enfin, la France était loin d’occuper en Europe le rang auquel elle doit prétendre, tant pour le développement du réseau que pour le nombre de ses bureaux télégraphiques.
- Le recrutement scientifique faisait défaut ; les appareils, les approvisionnements étaient insuffisants et accusaient la pauvreté des ressources.
- Les retards les plus fâcheux en résultaient dans l’expédition des télégrammes.
- La situation était telle que l’esquissait M. Parent, dans son rapport sur le budget de 1879 :
- « Dans l’état de notre réseau, disait M. Parent, les réexpéditions sont, en moyenne, de 4 par télégramme; elles se sont élevées quelquefois à 6.
- « Nous pourrions citer des bureaux télégraphiques qui sont obligés de faire faire aux télégrammes un circuit de 100 à i5o kilomètres, quelquefois à travers plusieurs départements, pour arriver au chef-lieu de leur propre départe-tement, dont ils ne sont distants que de 10 à 3o kilomètres ! »
- L’insuffisance de nos communications sous-marines laissait la France continentale sans communication directe avec la Corse. On ne correspondait avec ce département français qu’en empruntant les lignes italiennes. Ce transit grevait le Trésor d’une dépense annuelle de plus de 40,000 fr.
- La situation du personnel des télégraphes était également de nature à exciter le plus vif intérêt et en même temps les plus sérieuses alarmes.
- Suivant les besoins du moment, l’administration ouvrait des concours dans les départements. Les connaissances exigées des candidats n’étaient autres que celles que l’on peut rapporter de l’école primaire. Tout autre recrutement était abandonné.
- Pour donner aux agents les moyens de s’instruire, il existait bien une école auprès de l’administration centrale des télégraphes, mais on était, par économie, obligé d’appliquer les mêmes cours aux divers degrés de l’instruction; par suite, elle donnait peu de résultats. L’enseignement en était trop élevé pour les uns. insuffisant pour les autres ; eu réalité, il ne profitait guère à personne.
- C’est dans des conditions pareilles, avec des moyens aussi imparfaits, qu’il fallait procéder à l’application de la double réforme des taxes, réforme dont l’opportunité est incontestablement constatée par le développement qu’elle a amené dans la circulation postale et télégraphique.
- Nous aurons plus loin à préciser le développement, à l’établir par des chiffres; nous devons signaler seulement dès à présent que le nombre des objets de correspondance confiés à la poste s’est accru, en six années, depuis 1878, de 60 0/0, et celui des télégrammes depuis la même époque, de 162 0/0.
- La circulation postale, qui était à la fin de 1877 de 865 millions d’objets, atteint pour i883 le chiffre de 1 383 millions d’objets.
- Le nombre des télégrammes, qui était de 10 millions en 1877, s’est élevé en i883 à 26200000 fr.
- Cette augmentation considérable prouve quel travail allait s’imposer au personnel, et combien les réformes administratives, dont les directeurs généraux signalaient la nécessité en 1866 et en 1877, étaient devenues indispensables en 1878.
- Après avoir montré les mesures prises pour réaliser la fusion des deux services, j’indiquerai dans ce rapport celles qui ont eu pour objet d’accroître les moyens d’action de l’administration par des améliorations apportées, soit à la situation du personnel, soit au matériel pour le transport des dépêches, le réseau télégraphique, le nombre des bureaux de poste et de télégraphe, le service rural, les articles d’argent, le service de Paris et le service international.
- Je résumerai ensuite, par quelques chiffres, les résultats de la réforme postale et télégraphique.
- Je rappellerai enfin les services nouveaux que l’administration a été appelée à rendre au public, et les faits particulièrement intéressants au point de vue du département des postes et télégraphes, tels que son intervention nouvelle dans les services de l’Algérie et de la Tunisie, l’exposition et le congrès d’électricité.
- FUSION DES SERVICES DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- Historique
- Destinés l’un et l’autre à l’échange des correspondances, les deux services des postes et télégraphes, malgré leur but commun, relevaient de deux départements ministériels; ils étaient parvenus, chacun dans sa sphère, à des degrés de de perfection différents; mais ils devaient nécessairement se réunir le jour où ils seraient en état de servir tous deux au public dans la même mesure.
- Le rattachement des télégraphes au ministre de l’intérieur s’expliquait lorsque le réseau était peu développé, alors que la télégraphie n’avait, comme la poste à son origine, pour objet essentiel que de donner au Gouvernement un instrument sûr et rapide de transmission de ses instructions.
- Mais dès que le télégraphe cessait d’être réservé à l’usage presqué exclusif de l’Etat, qu’il devenait accessible au public, et faisait, comme la poste, partie intégrante de l’outillage national, dès que la poste elle-même n’était plus traitée comme une institution fiscale, et qu’on les considérait l’w.n
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- et l’autre comme deux grands services publics, destinés à donner satisfaction aux intérêts économiques du pays, il était nécessaire de les rapprocher et de leur donner ainsi le moyen de se prêter un mutuel concours.
- Cette réforme avait été à plusieurs reprises réclamée en France, et îa question, sérieusement agitée, en 1862 et en 1864, au Corps législatif, avait été ajournée, alin de permettre au Gouvernement de nouvelles études. Elle était encore entière quand, en 1871, deux commissions de l’Assemblée nationale furent amenées à donner leur opinion à cet égard.
- Rapport de M. Eschassériaux
- La commission chargée d’examiner l’état des ressources de la France, en 1871, après avoir, dans un rapport spécial de M. Eschassériaux, présenté l’exposé détaillé des communications postales et télégraphiques, en abordant la question de fusion, s’exprimait ainsi :
- « Le principe de la fusion admis, diverses opinions se sont fait jour au sein de la commission sur les moyens pratiques d’en opérer l’application.
- « La réunion des deux administrations ne se fera pas, dans la pratique, sans des froissements, sans la pression ferme et résolue d’une autorité supérieure impartiale et indépendante de l’un et de l’autre service.
- a Le développement du réseau télégraphique et la mise en mouvement de la double administration ont paru à une partie de la commission constituer une tâche importante et nouvelle. Cette tâche exigerait une autorité, un esprit d’initiative, une part d’influence dans les conseils du Gouvernement qui ne se trouvent pas dans la position relativement subordonnée d’un directeur général. »
- Rapport de M. Rolland
- La question de la fusion n’avait toutefois été traitée, dans le rapport de M. Eschassériaux, que d’une manière accidentelle; elle fut bientôt l’objet d’un examen approfondi de la part de la commission chargée de reviser l’organisation des services administratifs. Le rapport déposé par M. Charles Rolland, le 21 juin 1872, invoquant l’exemple, décisif pour l’opinion publique, des pays qui nous environnent, demandait pourquoi l’on n’appliquait pas en France le système qui fonctionne régulièrement en Belgique, en Allemagne, en Suisse, etc.
- « La logique apparente des choses, disait le rapporteur, semble confondre ces deux services qui ont le même but, la charge commune de la correspondance. »
- L’examen des conclusions, formulées à la fin du rapport, fut toutefois ajourné, à la sollicitation du Gouvernement, et la commission demanda seulement à l’Assemblée nationale de voter, en principe, la réunion future des bureaux de la poste et de ceux du télégraphe ou tout au moins leur installation dans les meilleures conditions possibles de proximité : la commission demandait aussi que, dans les bureaux de minime importance, les agents des postes fussent char, gés du service télégraphique.
- Un règlement d’administration publique devait, dans le plus bref délai, déterminer les mesures propres à assurer l’exécution des dispositions nouvelles.
- Loi du () décembre 1870
- Cette proposition, adoptée par l’Assemblée nationale, devint la loi du 6 décembre 1873.
- C’était un premier pas vers la réunion des deux services-Dans l’application toutefois des difficultés se présentèrent par suite de la nécessité d’entente entre les deux départements de l’intérieur et des finances, chargés do déterminer les attributions respectives entre les deux administrations-
- Malgré les plaintes qui s’étaient manifestées même au sein du Parlement, et' dont M. Rolland s’était fait l’écho, notamment dans la séance du 28 mars 1874, ce n’est que le 10 juillet 1876 que le décret portant règlement d’administration publique, prescrit par la loi du 6 décembre 1873, fut revêtu de la signature du Président de la République. Il fut promulgué au Journal officiel du 14 juillet.
- Mais la séparation des deux administrations restait absolue et entière dans la plupart des localités et spécialement dans celles qui étaient dotées d’un service télégraphique de l’Etat. La fusion n’était appliquée qu’aux bureaux municipaux et même â une très faible partie de ces bureaux.
- Fusion à l’étranger
- Tandis que la réforme, inaugurée en France par la loi du 6 décembre 1873 et par le décret du 10 juillet 1876, était appliquée d’une manière si timide et si imparfaite, la réunion des deux services était depuis longtemps déjà réalisée à l’étranger.
- En effet, dans la plupart des pays qui composent l’Union postale universelle et l’Union télégraphique internationale, les- services postaux et télégraphiques ressortissent à un même ministère.
- L’étude des résultats obtenus à l’étranger devait donc être notre premier soin, avant de procéder à une réforme réclamée depuis si longtemps par l’opinion publique.
- Trois pays surtout ont été l’objet d’une attention particulière :
- L’Allemagne, qui avait commencé la fusion des deux services le Ier janvier 187S;
- L’Angleterre, où la même réforme date du rachat des lignes télégraphiques, précédemment abandonnées à l’industrie privée;
- Enfin la Belgique, où les deux services sont réunis depuis longtemps déjà.
- Allemagne
- Eu Allemagne, il existait avant la fusion 38 directions régionales pour la poste et 12 pour le télégraphe, s’étendant à tout le territoire de l’empire, sauf la Bavière et le Wurtemberg. Ces deux pays ont conservé, à l’intérieur, leurs administrations postales et télégraphiques indépendantes.
- Cette organisation antérieure a puissamment contribué à préparer, par une utile transition, la réunion des deux services.
- Il a suffi, en effet, de faire rentrer 6 directeurs du télégraphe dans le cadre des 40 directions créées au moment de la réforme, et la mise en disponibilité à trois quarts de solde des 6 autres directeurs a permis ensuite de réduire, sans secousse, les hauts emplois du nombre de 5o à celui de 40.
- Dans les grades inférieurs, au début, chaque emploi des postes et du télégraphe a conservé sa spécialité, mais les titulaires ont été tenus de se mettre immédiatement au courant de la partie du service à laquelle ils étaient étrangers.
- Administration centrale
- L’administration des deux services a été attribuée au grand maître des postes, relevant directement du chancelier de l’empire.
- Au-dessous du grand maître, qui se réservait l’examen des questions les plus importantes, telles que projets de lois, budgets, mesures organiques, affaires qui font l’objet d’un rapport à l’empereur ou dont la solution est du ressort du grand chancelier, se trouvaient :
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- i» Le directeur général des postes;
- 2° Le directeur général des télégraphes.
- Chacun de ces fonctionnaires avait sous ses ordres un certain nombre de conseillers supérieurs dont les fonctions sont analogues à celles des chefs de division ou des sous-directeurs dans le système français.
- Cette organisation ne comportait d’ailleurs aucune action isolée ; chacun des directeurs n’agissait que pour les questions exclusivement réservées à son service propre, et avec l’assistance des conseillers supérieurs attachés à sa direction et réunis en conseil, dans des cas déterminés.
- Un certain nombre de conseillers supérieurs, placés sous l’autorité immédiate du grand maître, avaient dans leurs attributions les questions communes aux deux services.
- Aucune affaire engageant les deux directions générales n’était traitée sans le concours des directeurs et des conseillers supérieurs, et sans la présence du grand maître.
- Un décret impérial en date du 23 février 1880 a apporté quelques modifications à cet état de choses : l’administration des postes et des télégraphes a été érigée en un département spécial, portant le titre de « département des postes de l’empire ». Le grand maître a reçu le titre de secrétaire d’Etat.
- Ce même décret a supprimé les deux directions générales et a créé trois directions dont les attributions, réglées par l’arrêté du 20 mars 1880, sont les suivantes :
- irc direction. — Postes, organisation et service technique;
- 20 direction. — Télégraphes, organisation et service technique ;
- 3e direction. — Affaires organiques, rapports avec les Chambres et avec les autres administrations, etc.
- Administration provinciale
- Dans les provinces, les directions supérieures des postes constituent le rouage essentiel de l’administration.
- Les directeurs supérieurs ont des pouvoirs étendus et une certaine indépendance; ils ont, en effet, la direction du service et. le soin de la comptabilité; ils jouissent même d’autres attributions importantes, telles que la nomination à certains emplois, l’autorité disciplinaire, le droit de révocation sur le personnel inférieur.
- Les directeurs sont secondés :
- •i° Par des conseillers dont le nombre varie de 1 à 5, suivant l’importance du district, et qui prennent part à l’étude de toutes les affaires de la direction ;
- 20 Par des inspecteurs des postes et des télégraphes, prenant rang après les conseillers : ces fonctionnaires, bien qu’ayant chacun leur branche spéciale, peuvent, dans certains cas, être appelés à se remplacer respectivement.
- Services réexécution
- La fusion existe en Allemagne d’une manière générale dans tous les bureaux, sauf quelques-uns où les services restent séparés en raison de l’importance et de l’étendue de chacun d’eux.
- Des bâtiments spéciaux, construits par l’administration, sont affectés à la double exploitation. Pour donner une idée de l’importance des travaux effectués, il nous suffira de dire que, de 1876 à i883, il a été inscrit successivement au budget des sommes s’élevant à plus de 32 millions de francs pour achat de terrains, construction de bureaux de poste et de télégraphe. En 1882, 392 bureaux étaient établis dans des locaux appartenant à l’administration.
- En Allemagne, le personnel est plus nombreux qu’en France. D’après les documents officiels, il comprenait, en 1880,. un total de 63,413 agents.
- Nous devons constater que dans ce pays la fusion, réali-
- sée en principe, devient de jour en jour plus complète dans la pratique. Depuis quelques années, le service a subi une entière réorganisation.
- (-4 suivre.)
- FAITS DIVERS
- On annonce que la convention internationale pour la protection des brevets, entrera en vigueur â partir du 7 juillet prochain.
- L’Exposition forestière à Edimbourg qui sera éclairée par des foyers à arc contiendra un chemin de fer électrique d’une longueur de 700 mètres.
- Le comité de la partie électrique de l’Exposition universelle d’Anvers en 188S a été divisé en quatre section. La première comprendra l’étude et l’enseignement de la science électrique, la deuxième s’occupera de la transmission des signaux électriques, la troisième traitera de la production des courants électriques et de l’éclairage électrique, tandis que la quatrième, présidée par notre collaborateur M. Mclsens, comprendra les conducteurs électriques et les applications des courants.
- Dans une séance à la date du 19 juin, le comité munici-cipal du chemin de fer électrique de Vienne a examiné le projet complété de MM. Siemens et Halst.e.
- Éclairage électrique
- Selon le Mémorial industriel il y a aujourd’hui en tout 4 Soo bougies en fonction journalière dont une grande partie à Paris. Les magasins du Printemps en comptent 263, les magasins du Louvre 1S0, l’Hippodrome 120, etc. Beaucoup d’usines et d’arsenaux sont également éclairés par ce système ainsi que le port du Havre.
- La Maxim Weston Electric Light C° vient de signer un traité pour l’éclairage à l’électricité du théâtre de Covent Garden, à Londres, pendant les concerts de la saison d’été.
- Au Savoy Théâtre, â Londres, on s’est servi de deux foyers â arc puissants pour faire photographier la scène et tout le corps de ballet.
- Les expériences d’éclairage électrique, à Wimbledon, qui ont été faites sous la direction de M. W.-H. Preece et dont nous avons parlé à plusieurs reprises, semblent avoir donné ce résultat, que la meilleure manière pratique de distribuer la lumière dans une rue est de suspendre des lampes de So bougies â une hauteur de 20 pieds et â des intervalles de 100 pieds. Tout le monde s’accorde â dire que ces expériences sont d’une très grande valeur pour le développement de l’éclairage électrique en Angleterre.
- L’usine de MM. A. et F. Davis, à Maivern (Angleterre), est éclairée avec des lampes à incandescence Swan. Le courant est fourni par une dynamo Ferranti, excitée par une petite machine Siemens.
- Il parait que l’accident arrivé au Cristal Palace aux lampes
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- Gülcher dont nou9 avons parlé dan9 notre dernier numéro était dû à une mauvaise courroie de transmission en coton qui a depuia été remplacée par une autre en cuir.
- Le rapport adressé au gouvernement américain au sujet de l’éclairage électrique du navire VAlbatros dont nous avons déjà parlé lors de son installation, donne quelques détails intéressants sur le fonctionnement des lampes et le prix de revient de l’éclairage.
- L’installation se compose de i36 lampes Edison, dont '40 à 45 fonctionnent généralement tous les soirs jusqu’à 11 heures environ. Pendant le trimestre janvier-avril, 18 lampes ont été mises hors de service par différents accidents. Le coût d’une lampe étant de 5 fr., c’est donc une somme de 90 fr. qu’il faut ajouter aux frais de première installation. Pendant le trimestre, la machine a été en marche pendant S40 heures, et des i36 lampes, 34 ont fonctionné tout le temps ou 540 heures chacune, en tout i836o heures. Les heures d’incandescence des autres lampes ont été comme suit :
- 2 X 440 heures chacune. . = 880 heures.
- 4 X 410 — . . = 1640 —
- 22 X ?40 = 7480 —
- 8 X 100 = 800 —
- 20 X 5o — = 1000 1—
- 18 X 10 — — . . — 180 —
- 11980 heures.
- 3j X 540 — — • • — i836o —
- Total 3o340 heures.
- La dépense courante pour les lampes a donc été de 7^ = 5q millièmes d’un sou. Pour l’éclairage de tout le
- 00 fr.
- navire, la dépense pour les lampes a été de ^ = 16 cen-
- times environ par heure.
- Le journal le Record, à Philadelphie, a fait installer devant ses bureaux un foyer électrique d’une intensité lumineuse de 10 000 bougies, suspendu à une hauteur de 95 pieds au-dessus de la rue.
- A Circville (Ohio), la Compagnie Edison est en train d’installer une station centrale de lumière électrique d’une capacité de 1 000 lampes. On espère que l'installation sera complétée daus une quinzaine de jours.
- La Bernstein Electric Light Co, de Boston, a installé son système à bord d’un navire à voiles en utilisant la force motrice d’une machine à hisser les voiles pour l’alimentation de 5o lampes à incandescence.
- La compagnie Edison est occupée à faire une nouvelle installation d’éclairage électrique dans la salle des compositeurs de l’imprimerie du gouvernement, à Washington.
- A Portland, Orégon, une Société d’éclairage électrique a été formée pour l’installation de 1S0 foyers à arc et d’un grand nombre de lampes à incandescence. Il y aura trois moteurs Westinghouse dont chacune actionnera une dynamo Weston de 5o foyers par une transmission directe.
- La ville de Detroit est éclairée par des foyers électriques installés sur 72 tours, dont six sont d’une hauteur de i5o pieds et 66 de 104 pieds.
- Le théâtre de Stuttgard est éclairé par 800 lampes à in. candescencc alimentées par quatre dynamos Edison K. La force motrice est fournie par deux moteurs capables de donner 100 chevaux à une vitesse de i3o tours par minute.
- La gare, à Ivoensgsgraetz, va être éclairée par douze lampes à arc.
- Les expériences de la Polytechnischc Verein, à Munich, sur l’éclairage électrique des rues par une station centrale sont maintenant finies et on va passer à la pratique eu installant la lumière électrique sur la place Marie et dans les rues qui partent de cette place. MM. Schuckert, de Nuremberg, qui ont été chargés de ce travail, vont établir une fabrique à Munich.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le discours prononcé lundi à la Chambre des députés par M. Ferry a été transmis à Londres par le télégraphe assez vite pour être distribué aux membres du Parlement anglais deux heures après.
- Le service télégraphique a produit en Angleterre, du Ier avril au 14 juin, une somme de 8,875,000 francs contre 8,800,000 francs pendant la même période de l’année dernière.
- On pourra se faire une idée du travail et des dépenses qui sont entraînées par la mise sous terre de tous les fils aériens dans les villes principales de l’Amérique par le fait qu’il existe à Chicago seulement 5oo milles de fil.
- Le tarif télégraphique le plus élevé entre deux points aux Etats-Unis, est de 5o centimes par mot.
- La Compagnie Brooks, à Philadelphie, a offert à la municipalité de cette ville de traiter à forfait pour le placement sous terre de tous les fils télégraphiques et téléphoniques des services publics, moyennant une somme de 175000 fr., payable dans un an, et seulement si le système a donné une satisfaction entière pendant ce temps d’épreuve. L’offre de la Compagnie n’a pas encore été acceptée.
- Une maison de confections, à Chicago, fait installer 10 foyers à arc du système Excelsior, de 3 000 bougies chaque.
- La petite ville de Danville (Illinois) possède une station centrale pour la lumière électrique qui fournit le courant
- pour 80 foyers installés chez des particuliers, et 3o lampes
- placées dans les rues sur six mâts ou tours de 5 foyers chaque.
- La Western Union C° a dernièrement fait placer un poteau télégraphique à Buffalo, de 70 pieds de hauteur, dans l’intention d’empêcher une Compagnie rivale de faire entrer ses fils dans son bureau ; mais l’autre Société a fait placer un poteau de 90 pieds, certainement le plus grand au monde.
- Deux des plus grandes Compagnies télégraphiques des Etats-Unis, la Postal Telegraph and câble C° et la Bankers and Merchants Telegraph C», viennent de former une asso-' dation coopérative en fusionnant leurs intérêts, les béné-
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- flces comme les dépenses étant partagés. La nouvelle administration possède un réseau de 9000 milles de lignes télégraphiques sur poteaux comprenant55 000 milles de fil et on compte y ajouter sous peu 21 000 milles de fil, ce qui donnera un total de 12000 milles de lignes avec 76000 milles de fil.
- La Baltimore and Ohio Telcgraph C° a reçu l’ordre d’enlever ses poteaux des rues de Chicago et de placer les fils sous terre.
- L’électricien de la ville de Chicago étant parfaitement convaincu de l’efficacité du système de canalisation souterraine qui a été essayé dernièrement dans cette ville, le conseil municipal s’est décidé à mettre tous les fils sous terre
- Plusieurs journaux américains ont proposé d’introduire le système de Morse pour établir une communication entre deux navires en pleine mer. Il serait en effet facile de télégraphier ainsi avec la sirène d’un bateau à vapeur; il faudrait seulement s’entendre sur l’alphabet dont on se servirait, car les signaux de Morse ne sont pas les mêmes en Amérique, par exemple, qu’en Europe.
- Il vient de se former une nouvelle société à New-York sous le nom de United States West India Cable C°, dans le but d’établir une communication télégraphique par câbles sous-marins entre la ville de New-York, les côtes de la Floride et les Antilles.
- Toutes les lignes télégraphiques dans l’Amérique centrale ont été construites et sont exploitées par les différents gouvernements. En Guatemala, Salvador, Honduras et Nicaragua, on se sert exclusivement du système de Morse.
- La ligne télégraphique sibérienne est de nouveau interrompue près de Blagowestschenk.
- Les communications télégraphiques entre Cracovie et Lemberg et d’autres villes en Galicie, sont interrompues depuis les grandes inondations de la semaine dernière.
- Mardi dernier le câble de Forth a été soulevé par l’ancre d’un vaisseau, et la communication télégraphique a été interrompue pendant toute une journée.
- On annonce que les différentes Compagnies de câbles transatlantiques ont décidé d’abaisser le tarif des dépêches à 3o centimes par mot dès que le nouveau câble commencera à fonctionner.
- Une ligne télégraphique aérienne va être construite sur le parcours du nouveau chemin de fer de Souakim à Berbcr.
- Le vapeur Dacia, appartenant à l’India Rubber and Gutta Percha C° est arrivé â Pernambuco le 12 de ce mois.
- On vient de placer un câble sous-marin entre le Japon et la Corée avec des stations intermédiaires à Yki-Sima et Tsu-Sima.
- Le nombre des abonnés au réseau téléphonique à Munich s’élève aujourd’hui à 393, avec 600 appareils. A Chemnitz, il y a 101 abonnés et à Leipzig 285.
- Il vient de se fonder à Gênes, sous le nom de La Genovcse une nouvelle Société pour l’installation d’un troisième réseau téléphonique dans cette ville. La Genovese compte installer prochainement 600 appareils, et un concours a été ouvert pour la fourniture du matériel nécessaire. Les bureaux de la Société sont situés au n° 10, vico dclle Vigne, à Gênes,
- On attend la décision définitive du procès Drawbangh pour la fin du mois de juillet prochain. Tous les témoins ont été entendus, mais les opinions sont très divisées sur les résultats.
- Les expériences continuent sur la nouvelle ligne téléphonique entre Boston et New-York, établie par la Bell Téléphoné C°. La conversation.se fait sans aucune difficulté d’un bout de la ligne à l’autre, mais des complications se présentent quand on veut relier un des abonnés de Boston avec un autre de New-York.
- Dans les seize principales villes de l’Amérique qui ont adopté les communications téléphoniques, dès le commencement de leur introduction, la proportion est de 83 personnes par téléphone, ce qui doit être considéré comme le maximum du développement- du téléphone. Dans les douze villes principales de l’Etat d’Erié, où le système n’a été introduit que plus tard, on estime qu’il y a un abonné sur io5 habitants. Tandis que le nombre des abonnés reliés à la date du Ier juin i883 était de 5739, il était au 3i mars 1884 de 8942, ce qui donne une augmentation de 3203 abonnés pendant dix mois.
- Le nombre des abonnés au réseau téléphonique de Melbourne est de 730 et l’augmentation dépasse tellement les prévisions qu’on a dû agrandir le bureau central et le transporter dans un bâtiment plus grand.
- L’American Bell Téléphoné Company, de Boston, a vendu S 023 téléphones pendant le mois de mai dernier.
- La Providence Téléphoné C“ compte aujourd’hui 2 812 abonnés, ce qui présente une augmentation de 409 sur l’année dernière, avec un réseau de 1 000 milles de fil.
- Le bureau central des téléphones à Toronto (Canada) a été presque totalement détruit le 24 mars dernier par un incendie.
- Des expériences ont été faites dernièrement avec le nouveau téléphone dcM. Gillett, entre Cleveland(Ohio) et New-York, une distance de 600 milles environ. Le résultat a été très satisfaisant.
- Les tribunaux de New-York viennent de décider qu’une Société formée dans le but de transmettre la cote de la Bourse et d’autres nouvelles à ses abonnés, n’a pas le droit de refuser ses services à une personne qui désire s’abonner.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 49114
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- Journal universel d!Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- directeur: D' CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AUG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 12 JUILLET 1884
- N8 28
- SOMMAIRE
- Sur un nouveau mode d'enroulement des armatures dans les machine» Uynamo-êiectiiques; Abdank Abakamvwicz. — L’éclairage électrique : l>u rnx ce revient des récentes installations de Paris. — P. Clemenceau. — D s criptv n de l’anémopr.i he de M. W. Bai'y; G. Richar.i, — Le télégranl e Hnt'l es et sa transformation en api areil multi le (2« article); J. Marner. — ExpfTunces déciai-jaue électrique à l’rest nour la défense des passes; C. C. Sou âges. — L'élect'ici'é à l’Exposition régionale de Rouen ; W. de Fo"vielle. - Chr' n que de l'étranger : Allemagne; Dr H. Miehaelis — An lekrte:J M'inro. --Revue des iravai x récents en éleclr ciié : S'ir de- composés ci'imiques obtenus à l’aid d’une pile à gaz ei d’a ’-pareils à eifluve élecirioue, par M. A. Fi 'ii er. — Transformation des ' iles liquides en piles seche», par M. Oni-mus.— La couleu' et la clarté de la lumièr-- à 'ncandes-cence dans les lampes éU étriqués, par O. Sc1 umann. — B'bliog'aphie; Aug. Guer> ut.— Travaux de la Conférence internationale des éiectric'ens (suilë). — Rapport sur l’oreanisation des postes et télégraphes (surfe). Correspondance : Lettre de M. de Lalande et Noies sur sa île à oxvde de cuivre et la pile de MM. R. Fabri et G. avaglia. — Faits divers.
- SUR UN NOUVEAU MODE D’ENROULEMENT DES ARMATURES DANS LES
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- i. — Considérons l’anneau d’une machine dynamo-électrique quelconque. L’espace, ordinairement très restreint, entre les pièces polaires des inducteurs et le noyau en fer de l’anneau est rempli en majeure partie par le cuivre des fils conducteurs (qui est utile pour la production du courant), et le reste se compose de la matière isolante et des espaces vides provenant de la forme ronde du fil (qui sont le malum necessarium et ne contribuent pas à cette production).
- La figure i représente la section , d’une partie de l’anneau.
- Les espaces perdus y occupent 12,5 0/0 de l’espace total.
- Il est évident que, si cet espace mort pouvait être rempli de cuivre, il en résulterait des avantages économiques assez sérieux.
- On pourrait alors procéder de deux manières : ou augmenter le nombre des tours de fil dans le même espace, sans chansr< r la section du fi', ou, tout en conservant le même nombre des spires, diminuer la résistance de l'anneau en augmentant la section.
- L’un et l’autre de ces avantages ne sont pas à dédaisrner et cVst pourquoi on s\st beaucoup occupé de chercher les moyens de mettre le plus de cuivre possible dans l’anneau.
- Nous ferons u^e courte revue des essais principaux que Ton a faits dans cette direction, sans nous occuper de l'ordre chronologique et en nous arrêtant surtout aux foi mes typiques.
- 2. — Si l’on adopte la section carrée du fil (fig. 2). il n’y a plus des pertes d'espace. Mais on peut faire l’objection que l’isolement devient incommode et l'embobinage diffi.ile à cause delà torsion du fil. Sir William Thomson a dernièrement appliqué ce système dans une machine, mais nous n’avons pas encore de relations suffisamment complètes sur les avantages qu’il en a obtenus.
- Dans les machines à courants alternatifs, on a plusieurs fois employé avec succès des rubans en cuivre (F^rranti, Thomson et autres)', posés à plat.
- Les figures 3 et 4 représentent une disposition exécutée par quelques inventeurs. Le fil est plat, c’est aussi un ruban en Cuivre, seulement il est posé sur champ, et la plus grande dimension de la section rectangulaire est perpendiculaire à l’axe du noyau. M. Perrin a fait de cette manière des électro-aimants pour les phares. Il prenait ’un cylindre en cuivre et le découpait sur le tour, en spirales plates.
- M. Dubosq a obtenu le même résultat en martelant une bande de cuivre et en la forçant à” prendre la forme d’un solénoïde. En 1881, à l’Exposition d’électricité, M. C. Dion a exposé des bobines du même genre. Il obtenait la forme voulue, en laminant son cuivre entre deux cônes, et en donnant plus d’épaisseur à l’intérieur qu’à la portée extérieure du ruban. La section était trapézoïdale.
- Dernièrement, M. Mordey a suggéré une autre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- disposition qui permet de garder la section ronde du fil, tout 'en gagnant un peu d’espace. Entre le fil principal, isolé (fig. 5), il met un fil nu, qui trouve sa place dans l’espace libre, entre les gros fils, et puis il soude les bouts de deux fils. On trouve le diamètre du petit fil en multipliant le diamètre du gros avec son fil isolant par 0,1547.
- Flü. 1
- Toutes ces dispositions ne donnent pas des avantages très prononcés: mais si l’on considère que les macHnes dynamo-électriques ont atteint déjà un tel degré de perfection, que, même théoriquement. il ne reste plus grand’chose à gagner, les petits bénéfices ne sont pas à dédaigner, et le
- FIG. 2
- temps est venu de s’occuper de ces perfectionnements, si minimes qu’ils soient.
- 3. J’ai eu l’idée d’appliquer les bobines à fil plat, pose sur champ à la construction des anneaux induits des machines dynamo-électriques, et
- FIG .1
- j'ai réalisé les solénoïdes d’une manière différente, que je vais tâcher d’exposer succinctement. J’ai pris une bande de cuivre et je l’ai pliée en forme de paravent, comme cela est indiqué par la fig. 6. Ensuite, après avoir bien comprimé le petit livre ainsi obtenu, j’ai percé un trou rectangulaire à travers le paquet (fig. 7). Quand on ouvre ce paquet, chacune des feuilles est munie d’une fenêtre. /Uo.is, au moyen de ciseaux, je fais alternativement,
- en haut et en bas, des entailles, et la bande se présente alors comme sur la fig. 8. J’obtiens ainsi un solénoïde, comme on le voit aisément, si l’on suppose que le courant entre à gauche dans le sens de la flèche, et si l’on suit son parcours. Pour isoler les spires entre elles, on met des feuilles de papier mince bitumé (a b) dans les plis (fig. 9). On enlève alors les parties inutiles du papier, et on enfonce la bobine ainsi préparée sur un noyau de fer (fig. 10). J’obtiens ainsi un électro-aimant à spires plates.
- Ce mode de préparation des bobines se prête à une application curieuse. Soit N S (fig. 12), un noyau en fer doux (forme : fer à cheval) autour
- FIG* 4
- duquel nous enroulons le fil en forme déco, comme cela est indiqué. Si nous suivons le courant, nous allons remarquer que de cette manière on obtient un électro-aimant ordinaire; seulement l’enroulement avec un fil ordinaire est impossible, si l’on veut obtenir un nombre suffisant de tours, tandis que, en appliquant le ruban plié, comme je l’ai in-
- FIG. ?
- diqué plus haut, la chose devient facile. On voit le plan d’un électro-aimant de ce genre sur la figure 11. La seule différence dans la préparation du solénoïde est que dans chaque pli il y a deux fenêtres, et deux entailles alternativement placées. Le reste s’explique bien par la figure.
- Un électro-aimant de ce genre présente encore cette particularité que, entre les branches de l’aimant, les conducteurs sont communs aux deux branches et chaque lame interne concourt à la production des deux pôles.
- 4. — L’application des bobines de ce genre pour la construction des anneaux des machines dynamo-électriques présente, outre l’élimination des espaces morts, quelques autres avantages que je veux mentionner.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- a). L’épaisseur de l’isolant peut être réduite au minimum. Une feuille très mince de papier, une couche de vernis ou même une oxydation à la surface, est dans beaucoup de cas suffisante. La cause en est bien simple. Quand on enroule la bobine avec du fil ordinaire, il arrive nécessairement qu’il y a proximité, attouchement entre deux parties de ce fil, qui se trouveraient à grande distance l’une
- FIC. 0 ET 7
- de l’autre, si l’on développait le fil en ligne droite Donc, la différence du potentiel entre ces paities peut devenir très grande et on a besoin d’un isolement parfait. Quand on emploie des conducteurs plats, posés sur champ, il n’y a de proximité
- sion se trouve dans la direction du rayon de rotation de l’anneau, et incomparablement plus grand que si la section était ronde.
- c.) On obtient encore cet avantage, que l’on peut réduire au minimum les résistances inutiles. Soient N (fig. i3) le pôle inducteur d’une machine dynamo-électrique, F le noyau en fer de l’anneau entouré de ses spires plates, dont on voit un élément. Ce ne sont que les parties a du solénoïde rapprochées de l’inducteur qui servent effectivement à produire le courant, tandis que les parties inté-
- FIG. 1
- ET Ï2
- FIG. 8 K T Q
- qu’entre les spires qui se suivent immédiatement, la différence du potentiel est donc très petite et égale pour tous les points. La tendance à percer l’isolement est très faible et uniforme dans tout l’anneau.
- b). Cette disposition permet aussi de donne! une très grande vitesse de rotation à l’anneau ; or, comme la force électromotrice croît (dans de larges limites pratiques) avec la vitesse, on peut obtenir avec la même masse de cuivre une production plus élevée. Cela tient à ce que la résistance à la rupture par la force centrifuge du fil plat, posé sur champ, est de beaucoup plus grande que celle du fil rond de même section. Le moment d’inertie de la section du fil plat, dont la plus grande dimen-
- rieures indiquées pat b ne servent qu’à relier les spires se trouvant en dehors de l'induction utile, et engendrent parfois des courants de sens contraire. Elles forment les résistances inutiles, qui sont les sources des pertes d’énergie à rintérieur
- FIG. l3
- des machines. Il faut tâcher de réduire ces résistances au minimum. Cela est facile quand on emploie notre procédé de préparation des bobines, caron n’a qu’à percer l’ouverture excentriquement, comme sur la figure 13, et la section de la partie inutile b devient à volonté plus grande que celle de la partie utile a.
- En général, on peut obtenir par ce procédé une bobine enroulée d’un fil dont la section varie selon les besoins qui se présentent.
- d.) La préparation des bobines de ce genre devient très facile, si on emploie des outils appropriés.
- On voit donc que l’on a dans ce nouveau mode d’enroulement des bobines électromagnétiques
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un moyen d’utiliser plus complètement et d’une manière plus rationnelle le cuivre employé dans la construction des machines dynamo-électriques; c’est à ce titre que nous avons cru intéressant de le faire connaître dans tous ses détails.
- B. Abdank Abakanovvicz.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DU PRIX DE REVIENT DES RÉCENTES INSTALLATIONS DE PARIS
- Il y a quelque temps, dans un article où nous discutions une idée de M. von Hefncr-Alteneck, nous avions été conduit, contrairement à l’avis du célèbre électricien allemand, à affirmer que dans les conditions actuelles de l'industrie, l’éclairage électrique présentait une sérieuse économie surl’é-clairage au gaz.
- Nous n’avions ci' é alors, à l’appui de notre dire, que le cas d’une seule installation de lampes à incandescence, dont les résultats n’étaient rien moins que concluants: m >is. comme on eût pu croire peut-êt'e qu’il ny avait là qu’un cas pa ticulier choisi à dessein, nous saisi sons avec empres-emmit 1 occasion qui s’offre à nous, de revenir sur ce sujet pour apporter de nouveaux documents. Ceux-ci ont trait d’ailleurs à deux importantes installations dont nous avons déjà entretenu nos le teurs, et les chiffres que nous allon-. donner compléter.>nt les renseignements precéd mment fourni-. Il s’agit, en effe., de 1 in-tallation de l’urine Cail et Ce, et de celle des magts’ns du Printemps, dont M. Ph. Delahaye vient d'entretenir les gaziers au congrès de Paris. Les chitfns que contient cette communication peuvent être acceptés s ns défiance, l’au-t.ur n’a pus de parti pris, et étant à la fois, comme il le dit lui-mème, é ectric:en et gazier, ses arguments en faveur de la lumière électrique n'en ont que plus de ponée.
- Sur l’é.lairage de l’usine Cail, nous avons déjà dit que !e>depen>es de premier établissement pour la lumière électrique seule s’etuient élevées à 72675 fr., et que, tout compte fait, la dépense horaire était pour l’arc de o fr. 107 et de o ir. 01 pour l’incanJeSceuce avec une consommation de force motrice, ich-,38 pour l’un et de 10 kilogrammètres pour l’autre.
- Restait à établir le prix de revient de la carcel-heuie, qui est, à notre avis, pour la comparaison avec le gaz, le plus intéressant. Avec les données précédentes, on peut facilement arriver à ce prix, en divisant par la puissance lumineuee de tous les
- foyers le total des frais d’exploitation horaires dont voici le détail :
- 200 kilogrammes de charbon à 3o fr. la tonne. 6 »
- Huile, chiffons, etc., à o fr. o3 par cheval-heure 4 20
- Main-d’œuvre par heure................... 3 »
- Foyers à arc............................. 10 16
- Lampes à incandescence........................... o 83
- Soit au total.......... 24 fr. 19
- En prenant alors 8 000 carcels comme puissance lumineuse, ce qui est un minimum, on est conduit au prix de o fr. oo3 par carcel et par heure. A ce chiffre, il faut ajouter l’amortissement, l’entretien, l’intérêt du capital, représentant ensemble 18 401,25, soit pour 5 000 heures d’éclairage par an : ofr. 0046, portant enfin à o fr. 0076 le prix de revient de la carcel-heure. Ce résultat n’a pas besoin de commentaires. Par les raisons que nous avons données il y a quelques semaines dans ce journal, nous ne considérons pas l’installation de l'usine Cail comme étant exemple de critiques, et nous nous bornerons à faire remarquer avec M. Delahaye que cette dépense totale de 61 fr. par heure de service correspond à une consommation de 2o3 mètres cubes de gaz à 3o centimes le mètre cube, et, quels que soient les perfectionnements apportes aux brûleurs, ce volume de gaz ne peut, à beaucoup près, donner une quantité de lumière comparable à celle que l electricité fournit pour le même prix.
- En ce Mui concerne l'installation des magasins du Printemps, Jes chiffres ne sont pas moins éloquents et l’examen des details met encore plus nettement en évidence les avantages de l’électricité. Cette grande application comporte, on le sait, près de 5oo foyers lumineux d’un pouvoir éclairant total de 9,416 carcels. Pariant de là, vo ci par quelle série de calculs on peut établir le prix de revient de l’éclairage, en tenant compte de tous les éléments : prix des foyers et des moteurs, amortissement du capital, entretien, etc.
- La durée pratique de la bougie de 4mm peut être lixée à 1 heure 3o minutes, et la bougie-heure revient à ofi25. La durée de la bougie de 6mm est de 2 heures, soit oft65 pour la bougie-heure. Les régulateurs consomment par heure of225 de crayons, les lampes à incandescence coûtent ofoi pat heure, et en prenant une moyenne de 5 heures par jour, pour 3oo jours (sauf le service de jour), on a une consommation annuelle de :
- 414,000 bougies-heures de 4“>m, à of,i25 .... 41,750 fr.
- 27,000 — nmu.^ à o», 165 .... 4,455
- 6,000 régulateurs-heures à of,225.......... i,j'5o
- 334,5oo lampes à incandescence-heures à o(,oi 3.3^5
- Total............. So.900.fr.
- Pour la dépense des moteurs et machines dy-
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- namo-électriques, on peut admettre que la force motrice nécessaire est sensiblement de :
- ocl>,9 pour une bougie de 4“m à. . . . 3o cartels 1.8 — 6ulm à. . . . 65 —
- 2 pour un régulateur à.............. i5o —
- o, 17 pour une lampe à incandescence à 2 —
- soit donc une force motrice totale de 490,065 chevaux par heure d’éclairage. La consommation du combustible est de ik,5 par cheval et par heure, soit 735,097 kilogrammes par année. En prenant 40 fr. pour prix de la tonne de charbon, on arrive donc à 29,400 francs, et en ajoutant à ce chiffre 9,800 francs pour le graissage, les chiffons, etc., comptés à raison de 0*02 par cheval et par heure, on trouve que la dépense annuelle pour les moteurs est de 39,200 francs.
- Pour le personnel il faut compter :
- 2 ouvriers chefs à 3,600 fr............. 7,21x3 fr.
- 3 conducteurs de machines, 4 chauffeurs,
- 2 électriciens, 2 graisseurs......... 26,400
- Total........... 33,000 fr.
- De leur côté, les frais de premier établissement se détaillent comme il suit :
- Moteurs, transmissions, tuyauterie. . . 200,000 fr.
- Courroies.......................... i5,ooo
- 4 générateurs Belleville.......... 92,000
- Appareillage .......................... 95,000
- Machines et appareils électriques . . . 182,000
- Fondations........................ 100,000
- Total..........684,000 fr.
- soit par an 68,400 francs, en comptant à 10 % l’amortissement et l’intérêt réunis.
- Enfin reste l’entretien, qu’on peut raisonnablement évaluer à 5 % du prix du matériel, ce qui fait 29,200 francs.
- En additionnant tous ces nombres, on voit ainsi que l’éclairage électrique du Printemps coûte annuellement 221,3oo francs. Ce chiffre étant, M. De-lahaye procède de deux manières pour établir la comparaison avec le gaz.
- Il estime d’abord ce que coûterait une installation de gaz et ce qu’elle coûterait par an. Suivant lui, 3,ooo becs de 1 carcel suffiraient à l’éclairage des 12,612 mètres carrés de magasin et de ses abords. Avec une consommation horaire de ia5 litres par heure et par bec, il trouve que la dépense annuelle s’élevait à 221,625 francs, le prix du mètre cube devant être élevé de 3o centimes à 3q cent. 4, à cause de l’intérêt du capital et des dépenses d’entretien, de personnel et d’assurances.
- En seconnd lieu, partant des chiffres précédents, qui montrent qu’au Printemps on dispose de 52,480 carcels-heure par jour de service, soit donc,
- pour 3oo jours par an, 15,744,000 carcels-heure, il établit son raisonnement comme il suit :
- « Pour obtenir le même résultat avec du gaz, à « raison de 12.6 litres par carcel-heure, la consom-« mation serait de 1,968,000 mètres cubes. Au « prix ci-dessus expliqué de 0^94 le mètre cube,
- « la dépense serait de 775,392 francs, soit trois « fois et demie égale à celle de l’électricité. Cet « éclairage intensif ne saurait d’ailleurs être ap-« pliqué, car il rendrait les magasins inhabitables à «c cause de. la chaleur et de l’altération de l’atmo-« sphère produites par la combustion du gaz. Il « faudrait le réduire au moins de moitié, ce qui * correspondrait à une dépense annuelle de « 387,696 francs, supérieure de 75 % à celle de « l’électricité pour un éclairage bien inférieur en » quantité et en qualité. »
- Ces conclusions ont, paraît-il, été acceptées avec faveur au congrès des gaziers ; il en sera de même pour les électriciens. Tous les perfectionnements apportés dans ces dernières années à l’appareillage électrique comme aux machines dynamos, ont conduit aux résultats que nous venons de constater. L’élan donné à cette industrie nouvelle, loin de se ralentir, va toujours grandissant et permet d’espérer beaucoup plus encore pour l’avenir, car déjà l'éclairage électrique s’impose comme présentant une économie sérieuse sur tout autre système, à quelque point de vue qu’on se place pour faire la comparaison. La lumière à l’incandescence est toujours, il est vrai, un peu plus coûteuse que celle des lampes à arc, mais cependant elle est encore plus économique que le gaz, et pour preuve nous citerons un dernier exemple, toujours extrait du même travail :
- La reconstruction de l’hôtel des Postes a donné lieu le 22 mars dernier à une adjudication relative à la canalisation et aux appareils pour le gaz. Il s’agissait de canalisation en fonte, fer ou plomb, pour 2 5oo brûleurs, fourniture de 4 compteurs de 5oo becs, fourniture et pose de 2 5oo appareils divers. Les dépenses étaient évaluées à 201 000 fr. ; mais les soumissions des principales maisons de Paris offrant des rabais variant de i5,io 0/0 à 41, i5 0/0, on est ramené au chiffre de 118288,50. D’après M. Delahaye, l’emploi de lampes Edison, types A et B combinés en tenant compte des exigences de service aient demandé dans ce cas :
- Deux machines à i5o chevaux avec chaudière,
- transmission, fondation, cheminées, etc. . . . 120,000 fr.
- Matériel électrique (fourniture et pose) . . : . . 118,000
- Au total........... 208,000 fr.
- Dans ces conditions, les lampes à incandescence semblent avoir l’infériorité. Mais il a lieu de remarquer que ces divers chiffres pourraient sans doute
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- être modifiés par un examen en détail, et que de plus, en envisageant les choses à un autre point de vue, les conclusions se trouvent n’ètre pas les mêmes.
- En admettant en effet, une durée moyenne d’éclairage de i ooo heures par année, les prix de revient par carcel et par heure peuvent être estimés comme il suit :
- i° Pour le gaz;
- Consommation moyenne par heure et par bec
- 120 litres à o fr. 3o le m. c.......... o,o36 fr.
- Intérêt, amortissement et entretien.......0,0070973
- Total par heure et par bec........ 0.0430973 fr.
- 2° Pour l’électricité, au contraire, on a :
- Le cheval-heure coûterait, tout compris, o fr. 10 soit 3o francs pour 2 5oo becs.
- Dépense de force motrice par heure et par bee. . 0,012 fr.
- Usure des lampes par heure..................0,01
- Intérêt, amortissement et entretien ........0,0124
- Total par heure et par bec........0,0344 fr-
- Tel est le dernier chiffre qu’il faut retenir. Nos exigences vont toujours croissant; nous avons besoin pour la satisfaction de l’œil d’une énorme quantité de lumière, et bien que, dans presque tous les cas, l’électricité nous donne une puissance lumineuse plus considérable qu’il n’est absolument nécessaire, c’est cependant sur le prix de la carcel-heure qu’il faut tabler, si l’on veut rester dans le vrai. La démonstration est faite d’ailleurs. Nous ne la voulons faire suivre d’aucun commentaire et nous nous bornerons pour conclure à poser cette simple question :
- Est-il téméraire de croire aujourd’hui, que si, au lieu de se borner, comme on le fait, à vendre le matériel, on arrive, par la création de grands centres à vendre la lumière, le gaz pourrait bien être mortellement atteint?
- P. Clemenceau.
- DESCRIPTION
- DE L’ANÉMOGRAPHE
- UE M . IV. Ji.VILY
- Les services rendus à la météorologie par l’électricité ne sont plus à compter : devançant, grâce au télégraphe, les ouragans les plus rapides, les observations météorologiques permettent de prévoir presque à coup sûr la marche des tempêtes, — les météorographes tels que ceux du
- père Secchi, de Theorell (') et de von Rysselber-ghe{2), enregistrant automatiquement les plus importants des phénomènes dont l’ensemble constitue ce que l’on appelle le temps, — d’autres appareils, spécialisés à l’étude particulière d’un seul de ces phénomènes, en analysent les variations avec la plus grande exactitude, tels sont les pluviographes (:|), les magnétomètres (4), les thermomètres (6) et les ba-
- A
- N
- romètres enregistreurs (°), les séismographes pour l’étude des tremblements de terre (7) et les ané-mographes pour l’étude des vents.
- p) La Nature, 17 duc. 1881.
- (-’) Lumière Electrique, 18 mars 18O2.
- (3) Collin. La Nature, 14 oct. 1882.
- (4) Mascart. Lumière Electrique, 23 fév. 1884, p. 367. — Wansciioff, id. 8 sept. i883, p. 5g.
- (s) Lumière Electrique des icr janvier, i°r a ait, iS sept. 1880, p. 18, 3l2 et 373.
- (r>) Lumière Electrique, 22 oct. 1881, p. 17.
- ("0 Gray. Scientific american, 2 fév. 1884. — Galli et le pcre Ciiccm, Lumière Electrique, 21 juin 1884, p. 462.
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- C’est à la classe des anémographes qu’appartient l’appareil dont M. W. Baily vient de donner au Philosophical Magazine une intéressante description; il nous a semblé ntile de présenter une analyse de cette description aux lecteurs de La Lumière Electrique.
- Les mécanismes de l’anémographe de M. Baily sont commandés par deux axes A et B.
- L’axe B, mû par un anémomètre de Robinson, fait tourner le plateau X avec une vitesse proportionnelle à celle du vent.
- L’axe A, commandé par une girouette, imprime continuellement, à la fourche G, une direction parallèle à celle du vent; cette fourche actionne, par la bielle F, deux chariots HH, mobiles sur des voies M croisées à angle droit sous l’aplomb de l’axe A, et orientées suivant les points cardinaux.
- FIG. 3. — DÉTAIL D*UNE TAIRE DE CHARIOTS. — ÉLÉVATION
- Le prolongement de l’axe A passe par le centre du plateau x et par le croisement des rainures s.
- Chacun des chariots H porté par cinq roues U, est relié par des tiges T (fîg. 4) à un chariot semblable K, guidé par les voies N. Les roues U et V des deux chariots sont appuyées par les ressorts des boulons T sur les deux faces du disque lixe o.
- Les chariots K portent chacun une roulette de totaliseur W, perpendiculaire aux axes des voies M et N, et appuyée par le ressort i sur le plateau mobile X. Le point de contact de W sur X se trouve dans le prolongement de l’articulation E de F avec son chariot (fig. 2).
- Désignons maintenant (fig. 5) par :
- v la vitesse du vent;
- 0 l’angle de sa direction avec le nord;
- 8 la longueur EE delà bielle F.
- Les composantes de la vitesse du vent suivant le nord et l’est sont respectivement égales à
- v cos 0 et
- v sin 0
- et les distances des roulettes W, nord et est, au
- FIG. 4. — DÉTAIL D'UNE PAIRE DE CHARIOTS.— VUE EN DESSOUS
- centre c du plateau X sont respectivement égales à
- et à
- ; cos 0
- 3sin 0.
- Or, les vitesses de rotation des roulettes Wsont
- égales aux produits de celle du plateau x parleurs distances respectives, ScosO et osinO, du centre de ce plateau, c'est-à-dire, puisque la vitesse du plateau est déterminée par celle du vent, proportionnelles aux produits
- La somme des tours des roulettes W fournira donc les composantes nord et est du vent.
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- Dès que les roues W franchissent le centre du plateau X, leur rotation change de sens, de sorte qu’elles indiqueraient sur leurs compteurs les vents Sud comme des vents Nord négatifs, et les vents d’Ouest comme des vents d’Est négatifs.
- M. Baily jugea préférable d’employer des compteurs électriques, chacune des roulettes W fermant un circuit à chaque tour, et d’adopter des compteurs séparés pour les vents Nord et Sud, Est et Ouest, en dérivant le courant d’un compteur sur l’autre chaque fois que l’une des roulettes passe au centre du plateau X.
- Le système électrique destiné à l’enregistrement de ces indications est le suivant.
- Anémomètre. V i-r
- FIG. 6.
- ENREGISTREUR
- Le plateau tixe o porte, parallèlement aux rails M, d’autres rails R, isolés et reliés chacun à une borne isolée a.
- Chacun des chariots H porte une lame de laiton P, isolée et munie de deux galets Q (fig. 3) dont l’un porte toujours sur l’un des rails R, pendant que l’autre reste en l’air. Lorsque l'un des chariots H, le Nord-Sud, par exemple, passe, en allant du Nord vers le Sud, au-dessus du croisement ssss des voies M, le galet Q du rail Nord R quitte ce rail, tandis que son galet conjugué vient au contact du rail Sud, de sorte que la lame P communique toujours électriquement avec la borne isolée <j du point cardinal vers lequel pointe son chariot.
- La partie supérieure des rails R est en platine, afin d’éviter les interruptions du contact avec les
- galets Q provenant de la corrosion des rails en bronze.
- Chacun des bâtis K est muni de deux languettes y et s, parallèles et très rapprochées (fig. 4) fixées au châssis J. Mais z, isolé de J, est relié par un fil à la lame P ; y est relié au chariot K et au plateau o. A chaque tour, un taquet de w vient pousser la languette y et l’appuyer sur z.
- Le plateau o porte enfin une cinquième borne p non isolée.
- Supposons maintenant que le chariot H soit sur la voie Nord. Sa languette z est en contact avec la borne Nord a, isolée du plateau. A chaque tour de la roulette w, le contact s’établit entre y et z, mettant la borne Nord ? en liaison électrique avec le plateau et la borne p.
- Les courants ainsi établis sont transmis à l'en-registreur représenté par la figure 6. Cet appareil sc compose de quatre compteurs correspondant aux quatre points cardinaux et désignés par les lettres N S EO, reliés d’une part aux bornes isolées correspondantes a et de l’autre, deux à deux, Nord et Sud, Est et Ouest, à l’un des pôles d’une pile dont l’autre pôle est relié à la terre ou au fil de retour aboutissant à la borne p,
- Supposons maintenant que le vent souffle du Nord-Est. Les chariots H et K se trouvent sur les voies Nord et Est. Le circuit du compteur Sud est fermé depuis la languette y, le plateau o, le fil de retour, le compteur Sud, sa vis S, la borne isolée sud a jusqu’au rail isolé Sud R, qui interrompt le courant. Il en est de même pour les compteurs Ouest. Les rails isolés R des voies Est et Nord sont, au contraire, en contact avec leurs galets Q, de sorte que le courant traverse les compteurs Nord et Est, à chaque tour des roulettes w, et marque une unité.
- La graduation de l’appareil se détermine comme il suit.
- Faisons faire, au pignon de B, kn tours, et notons l’indication correspondante n du compteur.
- Si l’on désigne par w x et b les diamètres des roulettes w du plateau x et de son pignon B, on a, pour k, la valeur
- 3 désignant comme précédemment (fig. 5) le rayon vecteur de n>.
- Soient n et e les indications données, au bout d‘un certain temps, par les compteurs de deux points cardinaux consécutifs, Est et Nord par exemple, on a (fig. 5) :
- Le nombre des tours de B est donné par l’expression
- b' = k ^n2 + e2
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- Si l'on désigne par l le nombre de tours des coupes de l’anémomètre correspondant à un trajet d’un kilomètre par le vent, et par m le rapport des vitesses de rotation des coupes et de l’axe B. l’espace parcouru par le vent, dans la direction 0, sera donné par l’expression
- v» = * k-
- Plus généralement, si l’on désigne par n s e o
- les variations des compteurs Nord, Sud, Est, Ouest, pendant un temps donné, le chemin parcouru par le vent, pendant ce temps, est donné par l’expression
- V = k s/ (n — s)* + (e — o)8 et sa direction moyenne par la formule
- 0 étant l’angle de la direction moyenne du vent avec le Nord, comptée vers l’Est, ainsi que l’indique la figure 5.
- Gustave Richard.
- LE
- temps égaux en passant sur le même nombre de divisions.
- La manipulation s’obtient à l’aide d’un clavier formé de 28 touches ayant beaucoup d’analogie avec celles d’un piano. Ces 28 touches commandent 28 leviers qui vont s’engager par une de leurs extrémités à la partie inférieure d’une boîte cylindrique appelée boîte des goujons.
- Dans l’intérieur de cette boîte sont agencées 28 lamelles ou goujons qui, par une de leurs extrémités, reposent sur les 28 leviers du clavier; l’autre extrémité effleure la partie supérieure de la boîte en s’engageant dans des ouvertures pratiquées à cet effet. Ces dispositions étant prises, si l’on appuie sur une touche quelconque du clavier, cettè touche s’abaisse, en s’abaissant elle soulève le goujon qui émerge alors au-dessus de la boîte des goujons, puis le chariot est disposé de façon à
- TÉLÉGRAPHE HUGHES
- SA TRANSFORMATION EN APPAREIL MULTIPLE
- Deuxième article. ( Voir le numéro du 5 juillet 18R4.)
- Contrairement aux autres appareils, les organes de transmission et de réception de l’appareil Hughes sont solidaires et dépendent du même mouvement d’horlogerie.
- Sur l’axe de la roue des types est fixée une roue d’angle qui sert à faire tourner horizontalement l’organe de transmission. Cet organe appelé chariot peut, en principe, être comparé à l’aiguille du cadran immobilisé dans le 20 exemple ci-dessus. Il tourne au centre d’une circonférence divisée en 28 parties (fig. 6). Son extrémité supérieure se termine par une roue d’angle semblable à celle de l’axe de la roue des types, de cette manière le chariot et la roue des types d’un même appareil sont forcément synchroniques.
- La roue des types est également divisée en 28 parties (fig. 6) de sorte que si on la fait partir simultanément avec le chariot d’un même point de repère ils accompliront une révolution dans des
- rencontrer les goujons soulevés et à grimper dessus par une partie mobile appelée lèvre qui en se soulevant fait basculer un levier; dans son mouvement de bascule le levier envoie un courant sur la ligne.
- La durée d’une émission est déterminée par la longueur de la lèvre ; dans l’appareil Hughes cette lèvre recouvre 3 divisions et donne aux émissions une durée que nous calculerons plus loin.
- Les 28 divisions du manipulateur correspondent aux 25 lettres de l’alphabet plus l’É accentué et deux espaces blancs. Voici la raison des deux espaces blancs : sur la roue des types sont gravées deux séries de caractères. La première série est formée des 26 lettres plus un espace blanc appelé blanc des lettres; la deuxième série est formée des chiffres, des signes de ponctuation et dé quelques signes particuliers plus le 2e espace blanc appelé blanc des chiffres. Ces deux séries alternent sur la roue, c’est-à-dire que l’on a gravé d’abord une lettre puis un chiffre, puis une lettre, etc.
- La roue des types est ainsi divisée en 56 parties : 28 pour les lettres, comme nous l’avons vu plus haut, et 28 pour les chiffres.
- Au moyen d’un artifice de construction elle peut
- subir un déplacement angulaire de ^ de circonférence (même pendant sa marche), de sorte que l’on
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- peut amener sur la verticale passant par le centre de rotation de la roue des types et du cylindre imprimeur telle série qui plaît et imprimer alternativement sur la bande des chiffres ou des lettres. Cette interversion s’obtient au moyen de deux touches blanches qui correspondent sur la roue de correction à deux dents entre lesquelles viennent s’engager les extrémités d’une plaque dite d’inversion qui commande un levier fixé à un manchon sur lequel la roue des types est vissée. Comme à chaque touche abaissée l’axe imprimeur opère une révolution en engageant sa came de correction entre deux dents de la roue de correction, le système inverseur est disposé de manière à ce que la came s’engage entre les dents où s’avance la plaque d’inversion lorsqu’on appuie soit sur le blanc des lettres soit sur le blanc des chiffres.
- La rencontre de la came et de l’inverseur produit sur la roue des types le déplacement voulu. Rien de plus ingénieux et de plus hardi que celte inversion ; c’est un vrai tour de force car, le temps pendant lequel se fait l’opération est si court, qu’au premier abord on est disposé à ne pas y croire. En effet : la roue des types fait, vitesse moyenne, 120 tours à la minute; la roue de correction ayant 28 dents, le nombre de dents qui passent en une minute en face d’un angle de 4, de circonférence est de 120X28=3360; la durée en fraction de
- secondes est donc de 336o:6o=4de seconde.
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- Avec une vitesse de 140 tours par exemple, elle serait de seconde, et c’est pendant
- ce temps que tout le système inverseur a fonctionné!... L’impression d’une lettre se fait encore d’une manière plus rapide. En effet : si nous prenons l’appareil réglé à 120 tours, l’axe imprimeur en fera 7 fois 120=840. La came d’impression est triangulaire, son sommet ou bec agit sur un bec semblable adapté au levier d’impression. L’impression ayant lieu au moment où les deux becs se rencontrent, c’est-à-dire au moment où ils sont placés bout à bout,, nous pouvons supposer l’arc de cercle décrit par la came d’impression divisé en 3o degrés, en conséquence, le temps pendant lequel les deux becs sont en contact est de
- 840bo~---^ de secondc!--- Comme on le voit, la
- plupart des mouvements ae font dans l’appareil Hughes avec une rapidité vertigineuse. Cependant, malgré cette rapidité, la production de l’appareil 'est relativement restreinte; elle n’est, au maximum, que de 10 à 1,200 lettres à l’heure suivant la vitesse, lorsqu’elle pourrait être de 3 à 4 fois plus. En effet, l’appareil Hughes, comme nous l'avons vu, imprime une lettre à l’aide d’une seule émission. La roue des types tourne avec une vitesse normale de 120 tours à la minute, présentant successive-
- ment au-dessus du cylindre imprimeur tous les caractères à imprimer; l’axe imprimeur tourne 7 fois plus vite que la roue des types; il peut par conséquent, en opérant une série de révolutions successives, provoquer l’impresssion de lettres espacées entre elles de 28 : 7=4 divisions; l’espace à respecter étant de 4, la lettre à imprimer se trouve donc la 5mc, il s’ensuit que l’axe imprimeur peut, en un tour de la roue des types, produire l’impression de 28 : 5 = 5 lettres, restent 3 divisions perdues. Cette disposition permet de faire, pendant la transmission, ce que l’on appelle des combinaisons, c’est-à-dire d’imprimer plusieurs lettres sur un seul tour de roue des types. Si les lettres à imprimer se trouvaient toujours espacées de 4 divisions la production serait, avec la vitesse normale de 120 tours à la minute, de 120 X 5 X 60= 36ooo lettres à l’heure ; mais il est loin d’en être ainsi. L’ordre dans lequel se présentent les lettres composant les mots est tel que, toutes combinaisons faites, la moyenne par tour n’est plus de une lettre I à une lettre i ; l’appareil produit donc en
- somme avec une vitesse de 120 tours I2oXi,5x6o— 10800 lettres; avec 140 tours la production serait de 140 X i,5 X 60=12600 lettres.
- La durée des émissions varie avec la vitesse, elle est, à une vitesse de 120 tours à la minute de 120X28 (nombre de divisions parcourues) divisé par 3 (nombre de divisions recouvertes par la lèvre du chariot) I20.^.28.— 1120 ou 1/1120 de minute, soit en fractions de seconde 1132^- r8 ou ’ 60
- 1/18 de seconde.
- D’autres causes encore viennent s’ajouter à l’ordre des lettres pour diminuer la production de l’appareil; celles-ci sont inhérentes au travail et imputables à la faiblesse humaine, car quelle que soit la rapidité d’un appareil simple, sa production est forcément limitée à ce que peut produire un employé. Ici, le plus faible commande au plus fort.
- La transmission avec l’appareil Hughes présente de singulières anomalies : certains mots sont composés de lettres suffisamment espacées pour former des combinaisons de 3, 4 et même 5 lettres, d’autres n’en présentent aucune, souvent même plus d’un tour s’effectue sans qu’aucune lettre puisse être imprimée, de là, des alternances de mouvements précipités, de mouvements réguliers et d’arrêts de l’axe imprimeur, alternances qui, par moments, débordent l’employé et lui font oublier par-ci par-là des combinaisons totales ou partielles, ce qui supprime pratiquement la production théorique de l’appareil. Les combinaisons ont un inconvénient plus grave encore : c’est d’occasionner des déraillements par suite d’un travail excessif des cames, travail qui tend constamment à
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- ralentir le mouvement des appareils; 6 déraillements sur 10 sont dus aux combinaisons qui, si elles ne ralentissent le mouvement des appareils, changent le potentiel de la ligne en envoyant un certain nombre d’émissions successives de même nom et donnent naissance à des déraillements pour cause électrique si la ligne est relativement mauvaise. Les autres déraillements sont dus à une cause tout à fait opposée à la première c’est-à-dire au manque de lettres sur un ou plusieurs tours de roue des types car, malgré un excellent réglage du synchronisme, il est nécessaire de corriger fréquemment les écarts de vitesse qui se produisent entre le chariot transmetteur et la roue des types réceptrice ; cette correction n’ayant lieu qu’au moment de l’impression d’une lettre, il s’ensuit que la correction subit ainsi toutes les alternances de marche et d’arrêt de l’axe imprimeur, alternances qui dépendent non seulement des causes que nous venons de voir, mais de l’habileté de l’employé. Si un employé hésite, laisse passer des tours, les écarts de vitesse s’accumulent et les appareils déraillent.
- La transmission des dépêches avec l’appareil Hughes présente donc certaines difficultés; néanmoins la grande majorité des employés aiment cet appareil; cependant les débuts sont pénibles. Ne fait pas des combinaisons qui veut; on est heureux lorsqu’on arrive à les faire correctement et qu’on ne laisse plus passer de tours. Si l’habileté s’acquiert par la pratique, elle dépend aussi de certaines aptitudes naturelles. Il y a beaucoup d’employés Hughistes, mais les étoiles sont rares (j’appelle étoile l’employé qui d’abord lit couramment les écritures, puis transmet sans hésiter les dépêches les plus difficiles, soit en langues étrangères, soit en groupes de chiffres ou de lettres).
- J’en conclus que l’appareil Hughes demande beaucoup trop à l’employé, qu’il en est le maître au lieu d’en être le domestique, et qu’il limite forcément la production d’un fil au pouvoir producteur d’un seul employé.
- M. Hughes ne s’est-il pas trompé au point de vue de la production en cherchant à imprimer plusieurs lettres par tour de chariot? Serait-il plus facile à un employé de transmettre une seule lettre par tour avec une vitesse de 180 à 200 tours, par exemple, que de faire des combinaisons avec une vitesse de i3o à 140 tours? L’expérience démontre qu’une vitesse de 120 à i3o tours est celle qui convient le mieux à l’appareil, à la ligne et à l’employé. On peut certes prendre de plus grandes vitesses, mais il faut de bons appareils, de bons fils et de bons employés : trois conditions assez difficiles à remplir.
- Avec 120 tours, en faisant des combinaisons on imprime de 160 à 170 lettres à la minute; avec 180
- ou 190 tours, sans faire de combinaisons, on en imprimerait autant, sinon davantage; dans le premier cas il faut un employé parfaitement exercé, ce qui n’exige pas moins de 6 mois à un an d’exercices; dans le deuxième cas quelques jours ou quelques heures d’exercices suffiraient. Les combinaisons n’offrent donc pas les avantages qu’on est disposé à leur accorder tout d’abord. Les supprimer et augmenter la vitesse ne serait certes pas diminuer la production.
- C’est en me basant sur toutes ces considérations, c’est en commentant et en comparant les avantages et les inconvénients de l’appareil Hughes au point de vue de la pratique, que j’ai pu me convaincre qu’il était susceptible d’une transformation radicale.
- Ayant à choisir entre la transmission automatique et la transmission multiple, je me suis arrêté à cette dernière qui offre, au point de vue de la production et de la manipulation, le plus grand nombre d’avantages. Le premier de ces avantages est la division du temps sans laquelle toute production est forcément restreinte; le deuxième est de diviser le travail et de le répartir d’une manière plus rationnelle entre les employés manipulants.
- Les appareils multiples permettent en outre de tirer la quintessence d’un fil en multipliant à l’infini les appareils individuels concourant à une production toiale ; ils permettent également de grouper sur un seul fil un nombre de claviers suffisants pour satisfaire à toutes les exigences du service.
- Mais, quel que soit le système utilisé, qu’il soit à signaux ou imprimeur, la multiplicité ne suffit pas pour atteindre une production maxima, si l’impression d’un caractère est due au concours de plusieurs émissions comme cela a lieu dans tous les appareils à signaux, ainsi que dans l’appareil imprimeur le plus récent, Baudot.
- Imprimer une lettre à l’aide d’une seule émission, si courte soit-elle, n’est-ce pas le dernier mot de la science en fait de transmission télégraphique? Ceci admis, nous sommes obligés de convenir que tous les inventeurs qui se sont écartés du principe Hughes ont fait fausse route au point de vue d’une production maxima.
- L’appareil Hughes se prête-t-il à une transformation ayant pour but de le rendre multiple?
- Oui, en l’attaquant dans son principe même; c’est ce que je vais démontrer. Les explications qui précèdent n’auront servi qu’à faire mieux comprendre l’importance de la transformation projetée.
- (.A suivre.) J. Munier.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPÉRIENCES D’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- A BREST
- POUR LA DÉFENSE DES PASSES
- La marine française continue les expériences les plus.variées sur les applications de la lumière électrique, soit à bord des vaisseaux, soit/sur les côtes au niveau des points fortifiés. Nous avons décrit, toutes les fois que l’occasion s’en est présentée, les opérations maritimes qui ont été si heureusement exécutées pendant la nuit, grâce aux nouveaux procédés d’éclairage en donnant en même temps des vues perspectives, qui représentaient les. vaisseaux au moment de l’action et les forteresses qu’il s’agissait de bombarder ou d’enlever après débarquement.
- C’est surtout. dans les guerres coloniales que l’emploi de la lumière électrique peut amener des résultats surprenants; dans ces campagnes, les opérations militaires s’exécutent en effet, la plupart du temps, contre des peuplades assez peu civilisées, quoique très braves, au moins lorsqu’il s’agit de la race arabe, et il est par suite compréhensible que tous ces guerriers qui rappellent encore les premiers temps de l’histoire, soient momentanément terrifiés parles projections de foyers lumineux, intenses venant subitement illuminer les remparts qu’ils défendent ou au contraire tombant au milieu des masses en marche pour l’attaque d’une place, comme cela eut lieu dernièrement autour de Souakim.
- Les services rendus aux armées de terre et de mer par la lumière électrique, ne se bornent pas du reste à constituer un épouvantail pour effrayer les troupes trop naïves; ce rôle, ainsi borné, ne serait pas digne des grandes découvertes de la science moderne ; les puissants moyens d’éclairage dont on dispose aujourd’hui permettent de nombreuses applications toutes les fois qu’une opération militaire doit être tentée la nuit soit sur terre, soit en mer; nous avons énuméré si souvent, dans ce journal, les opérations diverses que l’on a exécutées en décrivant les appareils employés dans chaque circonstance, que nous ne pouvons recommencer sans cesse, à propos des expériences nouvelles, à décrire les instruments destinés à produire la lumière, les projecteurs qui servent à la diriger convenablement et les nombreux accessoires indispensables au bon fonctionnement de ces nouvelles machines de guerre.
- Nous nous bornerons donc maintenant à donner les détails caractéristiques des expériences ou des faits militaires qui se produiront, sans entrer dans des répétitions inutiles.
- Le dessin ci-contre, qui est une vue perspective du port de Brest, côté de la passe, pendant la nuit,
- réprésente le moment le plus intéressant d’une expérience exécutée par les officiers de marine et ayant pour but de fouiller le goulet, l’entrée de la rade, au moyen de puissants foyers électriques installés sur la jetée et établis de manière à pouvoir être projetés dans toutes les directions. Il s’agit de surveiller un bâtiment ennemi signalé en temps de guerre dans les eaux françaises et qui chercherait à franchir, de nuit et par surprise, la passe de Brest. L’appareil électrique a été convenablement disposé et au moment voulu le courant de la machine actionne le régulateur et produit un foyer lumineux qu’il est facile de projeter où l’on veut.
- Un remorqueur du port, le Laborieux, représentant l’ennemi, devait essayer de forcer l’entrée large et à grande profondeur d’eau de la rade, opération qu’une flotte pourrait tenter en temps de guerre, et il s’agissait, au moment des expériences dont nous rendons compte aujourd’hui, d’essayer si des appareils électriques à grande puissance installés à terre pourraient percer l'obscurité à grande distance et montrer l’agresseur assez à temps pour que la défense puisse agir, tant avec ses canons de position qu’avec ses torpilleurs.
- Notre dessin montre d’un côté la lampe sur son support, cette lampe d’une intensité lumineuse de 4 ooo becs carcels était placée à l’entrée du port militaire : on a commencé par diriger le faisceau lumineux sur les bâtiments mouillés en rade, et tous ont été si parfaitement éclairés que rien n’eût empêché de pointer sur eux les canons de batteries de position.
- A ce moment le Laborieux se dirigeait vers le port suivant les instructions reçues, mais il est découvert au milieu du goulet, vers la roche Min-gan et il apparaît dans le dessin au milieu de la projection lumineuse envoyée de terre par les officiers chargés de la défense. L’ennemi change pourtant plusieurs fois de direction, il évolue avec rapidité, cherche à se soustraire à cette illumination qui va faire avorter son audacieuse tentative et qui rend sa situation des plus critiques à cause du tir convergent dont il devient le point de mire, grâce à l’éclairage électrique ; mais les rayons lumineux braqués sur lui le suivent dans ses mouvements et le rendent d’autant plus apparent que tout est sombre en dehors du faisceau de lumière.
- Deux torpilleurs qui avaient été postés près de terre auraient pu facilement l’aborder alors ou lancer leurs torpilles sans être aperçus par le bâtiment, car, dans la pratique, pour forcer une passe par surprise, un agresseur ne se servira pas de sa lumière électrique comme il le ferait en pleine mer pour se protéger contre les terribles atteintes des bateaux torpilleurs ; en effet dans le cas actuel un éclairage abord décélérait la présence du navire aux défenseurs du port et l’ennemi se trouve ainsi dans l’impossibilité de fouiller l’horizon pour
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- arriver à déterminer la présence de bateaux torpilleurs.
- Cette expérience de Brest a donc complètement réussi et elle a prouvé que des lampes électriques, i suffisamment puissantes, pourront arriver à signaler i toute tentative qui aurait pour objet de franchir de nuit la passe la plus large; nos ports seront ainsi, en toutes circonstances, à l’abri de quelque coup de main.
- C.-C. Soulages.
- L’ÉLECTRICITÉ
- A L’EXPOSITION RÉGIONALE DE ROUEN
- Rouen, le 8 juillet 1884.
- Les organisateurs de cet intéressant concours qui a réuni plusieurs milliers d’exposants, ont eu l’heureuse inspiration d’y adjoindre une section algérienne, dont nous n’avons point à nous occuper ici, et une section d’électricité que nous avons visitée avec le plus grand soin.
- Dans cette section, la lumière électrique joue un rôle considérable, on peut même dire prédominant.
- Le palais dans lequel l’exposition a lieu, a été construit sur le Champ-de-Mars et possède une façade monumentale dominée par une tour dont la hauteur est d’environ 40 mètres.
- On y a placé, dans la partie supérieure, un régulateur Serrin avec un réflecteur projetant la lumière sur la place comme le ferait un phare. L’appareil marche d’une façon irréprochable, mais l’intérieur du foyer laisse quelque chose à désirer, car il plane à une hauteur telle qu’il faudrait un véritable soleil électrique pour produire un effet suffisamment puissant.
- Au-dessous de cette espèce de clocher se trouve un vaste vaisseau qui forme la salle des fêtes, et où se tient l’orchestre les jours de mauvais temps:
- L’éclairage, qui est véritablement splendide, est constitué par plusieurs centaines de lampes Swan, que domine un lustre de plusieurs bougies Jabloch-koff suspendu à une grande hauteur et d’un très heureux effet. Pour manœuvrer ce lustre, on se sert d’un treuil très ingénieusement disposé dans le clocher
- Le jardin et l’orchestre sont également éclairés par des bougies Jablochkoff dont la régularité est très grande. La vapeur ayant fait défaut pendant les premiers soirs de l’exposition, on a eu à se plaindre de quelques extinctions. Pour éviter le retour de cet inconvénient, on a introduit dans le jardin une certaine quantité de becs de gaz, qui ont été disposés avec beaucoup de goût et contribuent à l’effet général.
- La partie principale de l’exposition de la lumière électrique est sans contredit placée dans la salle des machines, dont la longueur est d’environ i5o mètres. C’est là que l’on a réuni les machines servant à la production de l’électricité.
- Cette vaste salle est traversée dans toute sa longueur par un pont longitudinal, sur lequel le public peut se rendre librement et qui permet de se rendre très bien compte de la marche et de la valeur optique des divers systèmes.
- Deux des exposants qui avaient promis leur concours ne l’ont point encore donné, cependant la lumière est parfaitement suffisante, et elle produit un excellent effet sur les visiteurs, dont le nombre est considérable. En effet, on n’évalue pas à moins de 3 à 4 000 par jour le nombre des entrées payantes.
- Les systèmes en présence sont au nombre de quatre : la lampe-soleil allume 4 à 5 lampes qui mettent à même d’apprécier sa fixité ; la compagnie Edison a allumé cinquante ou soixante lampes dans sa vitrine, qui offre des spécimens de tous les organes de la transmission, ou de la production des fluides, de la fabrication des lampes et de leur utilisation. La compagnie Jablochkoff a encore dans la galerie des machines quelques lampes, mais la majeure partie de ce remarquable éclairage est fourni par la maison Breguet, avec son régulateur à colonnes et ses machines Gramme. Nous'avons compté une trentaine de régulateurs d’au moins 100 carcels chacun. La compagnie de la Lampe-Soleil allume ainsi un certain nombre de lampes Maxim. Toutes les autres lampes d’incandescence sont des systèmes Swan et Edison.
- Les détails relatifs au rendement électrique, à la force motrice consommée, etc., etc., devant être mentionnés dans le rapport du Jury, nous ne croyons pas devoir chercher à devancer le moment où ils seront officiellement connus. Nous ajouterons seulement que nous avons remarqué le kiosque du Voltaire, éclairé par une lampe Jablochkoff,. cachée dans un buisson de verdure artificielle, du plus heureux effet.
- La ville de Rouen est de toutes nos cités françaises une de celles qui ont adopté, avec le plus d’élan, le système de communications téléphoniques. Quoique le bureau central y soit de formation récente, il a 120 abonnés payant chacun une souscription annuelle de 400 francs.
- Cette circonstance donne l’idée de relier au réseau général trois ou quatre exposants de Rouen qui comptent parmi les souscripteurs du réseau téléphonique. Les industriels profitent de cette circonstance pour recevoir des commandes qu’ils transmettent par l’électricité à leurs magasins, et qui sont immédiatement servies à domicile. Cette démonstration pratique des avantages de la téléphonie produit beaucoup d’effet.
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- L’on a également organisé à la porte d’entrée un bureau téléphonique qui correspond avec les voitures de place, et qui rend de très grands services lorsqu’il pleut.
- La maison mobile, édifice en bois dont le nom indique la destination, et que l’on a établie au milieu du jardin, sert à abriter un bureau de correspondance ; on l’a également mis en communication avec le réseau téléphonique de la ville.
- Le système de contrôle du veilleur de nuit a été également organisé à l’aide de l’appareil Collin.
- La Compagnie de l’Ouest a exposé le système de wagons employé sur son réseau et en particulier le système de communication entre les voyageurs et le chef de train.
- La poignée de l’alarme n’est pas comme dans les autres compagnies protégée par la glace qu’il faut commencer par briser ; c’est un simple bouton qui se trouve attaché au plafond, juste à côté de la lampe.
- Bien entendu, on peut lire en gros caractères l'inscription déclarant que des poursuites judiciaires seront dressées contre toutes les personnes se permettant de faire un appel non justifié. D’après les renseignements que l’on nous donne, il ne paraît pas que la Compagnie ait à. se plaindre d’avoir supprimé la vitre, qui est évidemment un obstacle de nature à faire hésiter une femme ou un enfant, car on ne peut la briser sans déployer une énergie dont tous les êtres faibles ne sont point susceptibles même en cas de danger.
- Une des curiosités de l’Exposition est sans conteste le cacolet électrique ou chemin de fer électrique à rail unique imaginé par M. Lartigue, frère du directeur de la Compagnie des téléphones. L’électricité arrive par le rail suspendu et se rend,-après avoir traversé une Siemens, à l’un des deux rails latéraux avec lesquels la locomotive correspond par des roulettes.
- Le système se prête très bien à de bons contacts et à un isolement, parfait. Les wagons sont doubles et reposent par quatre roulettes sur le rail.
- Le service est fait à l’aide d’un courant engendré dans la salle des machines et se rendant par voie souterraine dans le milieu du jardin.
- Le développement du rail unique n’est pas de plus de 200mètres, mais on a luit des pentes assez raides et des courbes de 4 mètres de rayon que le train franchit sans obstacle.
- Le prix exigé du public est de i5 centimes, dont 10 pour l’entrepreneur du transport électrique et fi pour l’administration de l’Exposition. Ce chemin de fer est si fréquenté, que les jours d’affluence les recettes s’élèvent jusqu’à 200 fr. Le mouvement de balancement est peu sensible, quoique l’on 11e prenne aucune peine pour assurer l’équilibre, mais la vitesse est faible et ne s’élève qu’à environ im5o par seconde.
- La galvanoplastie sera représentée par la maison Christofle, qui a reçu un très bel emplacement limitrophe de la section algérienne, mais l’installation n’était pas assez avancée pour que nous puissions donner une idée de ce que l’on y verra.
- Nous avons remarqué une exposition de charbon appartenant à la maison Levy, que nous avons déjà signalée à Turin, et la maison Radiguet et fils, qui a envoyé la pile à charbons multiples et à bichromate de potasse.
- La Société d’émulation du commerce et de l’industrie a exposé un modèle au dixième d’un paratonnerre interrompu, à l’instar de celui de Greenwich, et organisé par M. Raymond Coulon, dans une des vallées voisines de Rouen.
- Nous laisserons la parole à cet électricien pour décrire les résultats qu’il obtiendra et les dispositions de détail qu’il a introduites dans cet appareil. Il a joint à son paratonnerre un cerf-volant électrique se déroulant avec un treuil isolé. Nous ne serions pas surpris d’apprendre que M. Raymond Coulon a joint au cerf-volant électrique, qui ne peut marcher que lorsqu’il y a du vent, un petit ballon captif marchant toutes les fois qu’il n’y en a point. La dépense nécessaire est très faible, en prenant les précautions nécessaires, mais il est nécessaire de prendre des précautions particulières contre les effets du courant d’électricité naturelle que l’on peut ainsi soutirer au ciel. Si l’on supppse que le fil ait été élevé à la hauteur d’un ballon Giffard, on peut obtenir des courants d’une intensité dépassant beaucoup ce que l’on supposerait.
- Il est bon de noter que pour arriver à des hauteurs un peu grandes, le déroulement du câble, que l’on opère avec un cerf-volant ou avec un ballon, est une opération fort longue.
- L’avantage du ballon c’est qu’un petit moteur à vapeur peut facilement être employé..
- L’exposition de la Société d’émulation renferme un grand nombre d’instruments scientifiques qui ont servi à des expériences électriques dont la description a été donnée et dont quelques-unes ont été discutées dans La Lumière Electrique. Nous avons vu également dans cette annuaire le grisom-mètre de M. Coquillon, qui a servi de point de départ à tant d’appareils ingénieux. '
- Nous avons remarqué un système d’avertisseur d’élévation de température qui est susceptible de graduation. En effet, un mouvement de vis de rappel permet d’augmenter ou de diminuer l’espace que l’indicateur doit franchir pour mettre en mouvement le signal d’alarme. En combinant deux avertisseurs d’élévation de température, on peut arriver à prévenir d’un refroidissement.
- L’appareil ainsi complet pourrait être d’un grand usage, non pas seulement dans les chambres des personnes qui craignent les courants d’air, mais en-
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- core dans les magnaneries. La société industrielle de Rouen vient d accorder à M. Carré son inventeur une médaille d’or de 3oo francs.
- M. de Cagneux, du Havre, a exposé un coffre-fort incombustible qui offre l’avantage d’ètre susceptible de recevoir un avertisseur électrique. Lorsque les voleurs mettent la clef dans la serrure ils établissent un contact qui fait passer le courant avant même que l’ouverture soit consommée. Comme la sonnerie peut être établie à une distance quelconque, le voleur peut être pris la main dans le coffre-fort.
- Un exposant a fait monter un appareil automatique avertissant les propriétaires d’usine lorsque le niveau de leurs chaudières baisse. Le principe n’est pas nouveau, mais la disposition des tableaux indicateurs est excellente. On peut avoir constamment sous les yeux l’état de l’injection dans tous les générateurs du plus vaste établissement.
- Il est bon d’ajouter que la Seine-Inférieure possède une association des propriétaires de chaudières à vapeur, qui se sont associés dans le but de prévenir les accidents provenant d’explosions. Il y a dans les galeries une vitrine des plus curieuses et des plus effrayantes, où l’on a réuni des spécimens des differentes manières dont ces terribles catastrophes peuvent se produire. En voyant ces énormes tôles corrodées, brûlées, déchirées, éven-trées, il est impossible de ne pas comprendre l’importance de l’avertissement par l’électricité de la position du niveau de l’eau. En effet, la majeure partie de ces graves événements industriels n’ont pas d’autre cause qu’un défaut d’alimentation.
- W. de Fonvielle.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- d’électricité a berlin. — Parmi les nouvelles installations électriques de ces dernières semaines, il faut citer celle du Grand-Hôtel (place Alexandre), exécutée par M. et H. Magnus de Kœnigsberg.
- Une machine à vapeur double sert comme moteur, et alimente quatre dynamos Siemens. Deux dynamos fournissent le courant à aoo lampes à incandescence, deux autres alimentent 12 lampes à arc. De ces dernières 5 sont placées le long de la façade sur la place Alexandre, 1 sur le côte (taçade de la. Neue Kœmg Strasse), 1 dans le vestibule, 1 dans la cuisine, et 4 dans le jardin d’hiver. Des lampes à incandescence, 100 se trouvent dans le restaurant (VVeinkcller), 64 dans le café, 17 dans le bureau de change, etc.
- L’hôtel de ville de Berlin sera aussi éclairé par la lumière électrique très prochainement. Avant la fin de l’eté, l'installation sera complète pour les salles de séance des officiers municipaux ainsi que pour le grand restaurant du souterrain.
- Provisoirement on installera des moteurs particuliers, mais pour l’avenir on a l’intention de se servir des conducteurs de la compagnie des travaux d'électricité de la ville de Berlin.
- Trois projets ont été soumis à la municicipalité, qui s'est décidée pour des lampes à incandescence partout excepté dans la salle de fête et dans le vestibule de la salle de séance où les lampes à arc ont été trouvées préférables. Le prix de cette installation s’élèvera à 79088 marks.
- Comme dans plusieurs villes de l’Allemagne des entreprises électriques ont été commencées ; le gouvernement prussien a adressé au conseil des Etats fédérés de l’Allemagne une note proposant, que les entreprises pour l’eclairage électrique soient comprises dans la liste des entreprises pour lesquelles il faut une autorisation spéciale de la police. Cette proposition s’appuie principalement sur le danger, qui, selon M. Stephan pourrait menacer les tils télégraphiques.
- Si les conducteurs électriques, dit M. Stephan, se trouvaient par hasard trop rapprochés des conducteurs télégraphiques, le courant des premiers pourrait déterminer des décharges sur les fils télégraphiques, et produire des dérangements dans les appareils, des incendies et même blesser les employés des stations télégraphiques.
- On trouve d’ailleurs, qu’il ne serait pas opportun — vu le développement rapide et constant de l’industrie électrique — de formuler des restrictions générales pour l’établissement des entreprises électriques, mais plutôt de les îendre dépendants de l’autorisation de la police, et d’assurer ainsi l’examen séparé de chaque cas.
- Dr Hugo Michaelis.
- Angleterre
- la capacité électrique d’un condensateur en mesure absolue. — Dans une des dernières séances de la Physical Society, M. R.-T. Glazebrook, M. A. et F.R.S., de l’université de Cambridge, a fait la description d une méthode dont il s’est servi avec beaucoup de succès pour déterminer la capacité d’un condensateur en mesure absolue ; il a egalement décrit une autre méthode qui découlé de la première pour trouver la période d’un diapason par des observations électriques.
- Le procédé de M. Glazebrook a été publié pour la première fuis dans le livre de M. Cleik Maxwell Electricity, vol. II, p. 776. Un commutateur, actionné par un diapason, est attaché au condensa-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- teur et sert à relier ses plaques alternativement à deux points à des potentiels électriques différents, et ensuite à mettre toutes les plaques en communication ensemble. Les condensateurs et le commutateur sont installés comme l’un des bras d’un pont du Wheatstone, et M. Maxwell a démontré que si la période de vibration du diapason est assez lente, la combinaison présente approximativement l’équivalent d’une résistance de formule
- dans laquelle n représente le nombre de vibrations du diapason et C la capacité du condensateur.
- Si a représente la résistance d’un des bras du pont unis au condensateur, et c et d les résistances des deux autres bras, les conditions d’équilibre se trouvent indiquées par la formule :
- D’où
- -<• V
- Si acd et n sont connus, on peut donc déterminer c.
- M. J.-J. Thomson a cependant démontré (Phi-losophical Transactions, i883, part. III) que la formule de M. Maxwell n’est qu’approximative, et il en a indiqué une autre plus exacte, dont M. Glaze-brook s’est servi.
- Dans la figure, le condensateur C et le commutateur sont placés dans le bras B D, et P repié-sente une pièce de contact mobile du commutateur qui charge le condensateur dès qu’elle est mise en contact avec S et le décharge en touchant R.
- Des expériences ont été faites avec des diapasons pour le commutateur P d’environ 16, 32, 64 et 128 vibrations par seconde, leur nombre a été déterminé avec beaucoup de soins par comparaison avec une horloge scion la méthode de lord Rayleigh et les valeurs correspondantes pour une capacité donnée étaient, en ohms légaux : o,3336 microfarads. 0,3340 microfarads, o,3335 microfarads et 0,3337 microfarads. La moyenne est de o,3337 microfarads, les expériences n’accu-
- sent aucune variation de capacité, lorsque le temps de charge varie de ^ à de seconde.
- Le condensateur avait été envoyé à M. Glaze-brook par MM. Latimer Clark, Muirhead et C° pour être essayé.
- NOMBRE DE VIBRATIONS D’UN DIAPASON- — La
- même méthode fournit un moyen facile et exact pour la détermination du nombre des vibrations d’un diapason car si on connaît la capacité du condensateur employé on peut déterminer la valeur n par la formule citée plus haut. M. Glazebrook s’en est servi avec succès dans ce but.
- LA SOCIETY OF TELEGRAPH ENGINEERS AND ELECTRI-
- cians a été invitée par son président M. W. Grylls Adams à une soirée au Kings College de Londres à la date du 3 juillet dernier. Un grand nombre de différents appareils électriques ont été exposés et les salons renfermant la collection de Wheatstone ont été ouverts aux invités. Plusieurs galeries étaient éclairées avec des lampes à incandescence alimentées par des piles primaires: une batterie Holmes Burke de 23 éléments a fourni le courant pour 28 lampes de 5 à 6 bougies. Cette pile a reçu une forme très pratique et commode, la disposition du siphon pour la remplir est à l’intérieur et on rie voit que les communications électriques à l’extérieur des boîtes fermées qui composent la batterie. Parmi les différents objets exposés on remarquait un modèle d’une ligne de telphérage de M. le prof. Jenkin et un certain nombre des nouveaux voltmètres et ampèremètres à lectures directes de MM. Ayrton et Perry. Ces nouveaux instruments de mesure sont beaucoup employés ici; ils sont petits, portatifs et commodes.
- un actinomètre électrique. — La dernière nouveauté parmi les appareils exposés à la soirée en question était une disposition du prof. Minchin, de Coopers Nill Indian Engineering College, l’inventeur de l’électromètre des sinus qui a été décrit dans une correspondance récente.
- Le professeur Minchin a inventé un élément photo-électrique très sensible aux rayons bleus du spectre, mais pas du tout aux autres. Il se compose d’un tube d’essai en verre, renfermant deux bandes de feuille d’étain qui plongent dans de l’alcool avec du nitrate d’ammoniaque en cristaux au fond du vase. Les bandes de feuille d’étain représentent les deux plaques de l'élément- ou les empêcher de se toucher en les tendant autour d’un bouchon. Quand l'une de ces plaques est exposée à un rayon de lumière solaire ou de magnésium, l’action des rayons bleus fait naître un courant dans l’elément qui en passant dans un galvanomètre réflecteur sensible fait mouvoir le point lumineux sur
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- l’échelle. Le fait que ce sont les rayons bleus qui agissent se démontre en interposant un morceau de verre jaune dans le chemin des rayons de façon à en exclure les parties bleues. Le point lumineux restera presque stationnaire et prouve ainsi que la lumière rouge est sans influence sur l’élément.
- Pour mesurer l’effet actinique pendant un certain temps, le professeur Minchin se sert d’un condensateur pour emmagasiner le courant produit, et il a imaginé à cet effet un obturateur actionné par un mouvement d’horlogerie en face de l’élément, de manière à l’exposer à la lumière pendant un certain temps et le fermer ensuite automatiquement.
- En déchargeant le condensateur à travers le galvanomètre, on mesure alors la quantité d’électricité emmagasinée pendant ce temps.
- UNE CONFÉRENCE A L’EXPOSITION D’HYGIENE. —
- Sous les auspices de la Society of Telegraph En-gineers, une conférence a eu lieu le 4 juillet à l’Exposition d’hygiène où M. R.-E. Crompton a donné lecture d’une communication sur l’influence de l’éclairage électrique sur la santé. L’auteur a fait valoir les avantages bien connus de l’électricité sur le gaz pour l’éclairage domestique en attirant l’attention sur un fait qui passe généralement inaperçu, c’est-à-dire sur la plus grande facilité que la lumière électrique offre pour la ventilation des maisons, puisque les courants d’air ne font pas vaciller la lumière.
- M. Swan a fait observer que la loi sur l’éclairage électrique était peu satisfaisante. Elle imposait des conditions trop sévères à une industrie jeune et naissante qui avait plutôt besoin d’être aidée que retenue. On a également fait allusion à la nécessité coûteuse d’enlever et de nettoyer les tentures et les meubles d’une maison éclairée au gaz, qu’on éviterait par l’emploi de la lumière électrique.
- LES FILS TÉLÉPHONIQUES AÉRIENS. — Le pi'OCès entre les autorités de Bristol et l’United Téléphoné C° a été décidé en faveur des premiers. Il a été reconnu que les autorités de Bristol ont le droit absolu d’empêcher l’installation des fils au-dessus des rues qui appartiennent à la ville, et l’United Téléphoné C° a consenti à s’arranger avec les autorités au sujet de la manière de placer les fils, s’il y a lieu, dans les autres rues où l’administration ne possède qu’un droit statutaire. Un arrangement à l’amiable est donc intervenu à la satisfaction des deux parties.
- le voltamètre a argent. — Lord Rayleigh a continué ses mesures avec le voltamètre à argent qu’il a imaginé pour mesurer un courant électrique. La cathode de cet appareil se compose d’une
- coupe en platine et l’anode d’une feuille d’argent entourée du papier à filtrer propre, scellé dessus pour empêcher les grains de métal de tomber dans la coupe. L’anode plonge dans une solution de sel d’argent renfermée dans la coupe. On obtient les meilleurs résultats avec du nitrate ou du chlorate d’argent pur, et on doit éviter l’emploi de l’acétate d’argent. Un ampère dépose 4 grammes d’argent par heure, il suffit donc de laisser passer le courant dans le voltamètre pendant un quart d’heure ou une demi-heure pour obtenir un dépôt d’argent qu’on peut peser exactement dans une balance à analyses. La cathode de platine en forme découpé s’adapte très bien à l’opération de peser le dépôt dans l’intérieur. On peut très bien mesurer toutes les intensités du courant depuis 1/10 jusqu’à 4 ou 5 ampères de cette façon, mais la densité du courant ne doit pas être trop faible à cause du faible dépôt produit, ni trop grande, parce que dans ce cas le dépôt 11e serait pas régulier. Le Dr Guthrie a remarqué que le peroxyde d’argent se forme facilement quand on emploie deux petites électrodes.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur des composés chimiques obtenus à l’aide d’une pile à gaz et d’appareils à effluve électrique, par M. A. Figuier p).
- « La pile à gaz qui a servi à cette étude est formée, en principe, de deux cylindres creux, en graphite, fermés par en bas et rendus impolarisables par un dépôt de mousses métalliques ou charbonneuses. Ces deux cylindres récepteurs des gaz sont maintenus par un couvercle fermant hermétiquement le vase rempli du liquide conducteur qu i est alcalin toutes les fois que les gaz, en réagissant l’un sur l’autre, doivent donner lieu à un composé acide, et réciproquement.
- « Dans quelques cas, les gaz, avant de se rendre dans la pile, ont été soumis à Yeffluve électrique. Un galvanomètre introduit dans le circuit permettait d’apprécier les modifications survenues dans le courant.
- « Les composés ainsi obtenus se forment au contact même des pôles et en plus , grande abondance au pôle positif; sans doute par l’occlusion simultanée des deux gaz qui traversent le liquide avec des vitesses inégales. Le corps inscrit le second a fixé le pôle positif. Le courant ayant pour mesure la somme algébrique des actions de sens (*)
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 3ojuin 1884.
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- opposé qui s’effectuent au sein de la pile peut être très faible, et néanmoins l’action chimique concomitante est relativement énergique.
- « Dans le tableau ci-dessous, nous faisons suivre le nom des gaz alimentant le couple des combinaisons chimiques ainsi obtenues.
- « Air atmosphérique et acide sulfureux : acide sulfurique
- « Hydrogène et chlore : acide chlorhydrique.
- “ Oxygène et chlore : acide chlorique; action insensible de l’efluve sur le chlore.
- « Azote et oxygène : acide azotique; action insensible de l’effluve sur l’azote.
- « Hydrogène et azote : ammoniaque.
- « Oxyde de carbone et acide carbonique : acide oxalique et formique; action insensible de l’effluve sur les deux gaz.
- « Oxyde de carbone et carbonate de soude (un seul cylindre creux récepteur du gaz, une baguette de graphite représentant l’autre pôle) : acide oxalique et formique.
- « Éthylène et oxygène : acides formique et acétique.
- « Hydrogène et acide carbonique : acides formique et acétique.
- « Formèneet acide carbonique : acide acétique.
- « Expériences exécutées par l'intermédiaire de la décharge électrique. — Ces expériences ont été faites à l’aide d'ozoniseurs à armatures recouvertes de noir de platine, et qui donnent des effluves très homogènes. Ces ozoniseurs, que l’on pouvait soumettre à l’action de la chaleur, contenaient des fragments de ponce, imprégnés du liquide ou du corps pulvérulent sur lequel on faisait réagir un gaz déterminé.
- « On a employé également un tube à armatures mobiles, permettant de régler à volonté l’intensité de la décharge ; ce tube était parcouru par le mélange de deux gaz ou d’un gaz et d’une vapeur.
- « Les résultats obtenus (dont certains toutefois n’ont de nouveau que les conditions particulières de l’expérience) sont consignés dans la liste suivante :
- « Oxygène et soufre: acide sulfurique.
- « Oxygène et sélénium: acide sélénieux.
- « Tellure et oxygène: action négative.
- « Oxygène et chlore: acide chlorique.
- « Oxygène et iode: acide iodique.
- « Oxygène et brome: acide bromique.
- « Acide chlorhydrique et oxygène: acide chlorique.
- « Air atmosphérique et potasse caustique: acide azotique
- " Oxygène et protoxyde d’azote: acide azotique.
- Hydrogène et soufre: hydrogène sulfuré.
- « Hydrogène et sélénium : hydrogène sélénié (').
- « Hydrogène et tellure: résultat négatif.
- « Hydrogène et arsenic: négatif.
- « Hydrogène et antimoine: négatif.
- « Hydrogène et phosphore rouge: négatif.
- « Hydrogène et phosphore ordinaire: hydrogène phosphoré spontanément inflammable.
- « Azote et hydrogène: ammoniaque.
- (9 Soumis isolément à l’effluve, l’hydrogène a été sans action sur le soufre et le sélénium placés en dehors de l’ozo-niseur.
- •< Oxygène et acide formique : acides carbonique et oxalique.
- “ Oxygène et formiate de soude: acides carbonique et oxalique.
- « Oxyde de carbone et carbonate d’ammoniaque du commerce: acides oxalique et formique.
- « Oxyde de carbone et hydrate d’ammonium: acide formique.
- « Oxyde de carbone et anhydride ammoniacal : acides formique et cyanhydrique.
- •< Oxyde de carbone et acide carbonique : acide formique.
- * Hydrogène et bioxalate de potassium : acide formique.
- « Hydrogène et acide acétique: alcool.
- « Acide carbonique et for mène: acides acétique et formique.
- « Alcool et hydrogène sulfuré (obtenu à l’état naissant dans l’ozoniseur, par l’action de l’hydrogène sur le soufre)-. mercaptan ».
- Transformation des piles liquides en piles sèches, par M. Onimus (*).
- « Plusieurs expérimentateurs, et entre autres Bagration, ont cherché à obtenir des piles plus ou moins sèches. Ce dernier, en mélangeant du sable avec du chlorhydrate d’ammoniaque, est arrivé à un résultat très souvent mis en pratique. Nous avons modifié ce procédé en gâchant intimement avec les liquides excitateurs du plâtre qu’on laisse ensuite se solidifier.
- « Les seules piles où ce procédé soit avantageux sont évidemment celles qui ne fonctionnent que quand le circuit est fermé, et encore, parmi celles-ci, la pile au chlorhydrate d’ammoniaque et celle au chlorure de zinc sont, pour ainsi dire, les seules qui présentent des avantages réels.
- « Au lieu d’employer uniquement du plâtre, nous l’avons mélangé avec du peroxyde de manganèse, ou du sesquioxyde de fer. Dans ces conditions, la force électromotrice est un peu plus grande, et surtout avec le sesquioxyde de fer la reprise de la force électromotrice à l’ouverture du circuit est très énergique.
- « Lorsque la pile est complètement épuisée, il suffit de l’imbiber avec une solution de sel excitateur pour qu’elle fonctionne de nouveau. Ce procédé présente encore l’avantage de pouvoir permettre de supprimer le vase extérieur et de donner aux éléments des formes variées selon les différents emplois.
- « En résumé, nous croyons être arrivé à ajouter aux actions des piles ordinaires les avantages, si considérables dans certains cas (quelques appareils médicaux, chemin de fer, télégraphie militaire, etc.), des piles sèches, et cela par un procédé des plus simples et nullement coûteux ».
- (') Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 3o juin 188 (.
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- LA LUMIÈRE ÈLËCTRIQÛÈ
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- La couleur et la clarté de la lumière à incandescence dans les lampes électriques ; par Otto Schumann.
- Nous avons eu occasion, à propos des recherches photométriques de M. Leonhard Weber, de mentionner à plusieurs reprises les expériences intéressantes faites sur le même sujet par M. Otto Schumann. — Nous trouvons aujourd'hui dans l’Elektrotchnische Zeitschrift (n° de mai 1884) les résultats complets de ces dernières expériences.
- M. Otto Schumann s’est livré à une série d’expériences très nombreuses sur une lampe Swan, sur trois lampes Edison, deux petites et une grande, et enfin sur deux lampes de la maison Greiner et Friedrichs. Ce dernier type de lampe se prête particulièrement à ce genre d'études, à cause du petit nombre d’éléments nécessaires.
- Dans une première série d’observations, dont les résultats sont consignés dans le tableau I, M. O. Schumann détermine, pour diverses phases d'incandescence, les variations de résistance de la lampe, l’intensité absolue pour la radiation rouge, et enfin les mt<. nsités relatives pour les diverses radiations simples.
- Pour l'étude des diverses radiations simples, M. O. Schumann s’est servi du spectrophotomètre de Glan, en prenant toujours la moyenne de 5 ou 6 observations. — L’uuite choisie dans ce cas, fut la lumière veite d’une longueurd’ondeX = 557. Les mesures d'intensités ont été effectuées par M. Leonhard Weber (’) et, dans tout ce qui suit, il n'a été fait usage que d'intensites déterminées pour la lumière rouge d’une longueur d’onde X =656 rapportée à la radiation rouge d’une bougie normale de sperma-ceti de 4, 5 c. m. de hauteur de flamme.
- Il est en eflet très facile, connaissant cette intensité, d’en déduire cdle d’une radiation quelconque, pourvu que l’on prenne pour unité, comme dans la radLtion rouge, l’intensité de la même espèce de lumiè e dans la bougie normale de sper-maceti. — Il suffit, dans ce cas, de multiplier 1 ’ i ri -ten.-ité obtenue pour le rouge par les coefficients déduits de la comparaison des diverses couleurs. — Les valeurs ainsi déterminées ne donnent pas encore l’intensité totale réelle des differentes couleurs attendu qu’il faudrait encore tenir compte d’un élément qui est la position relative du plan des filaments de charbon et du photomètre. — C’est là un fait qui ressort clairement des expériences de Münich. — Mais si l’on voulait faire entrer rigoureusement en ligne de compte les variations d’intensité dans les différentes directions, on serait conduit à des expériences beaucoup trop délicates. M. O. Schumann a bor éses observations à une seule position de la lampe qui correspond à
- peu près à l’intensité moyenne. Dans toutes les expériences, hormis la dernière (Greiner et Friedrichs n° 2), le plan des filaments de charbon se trouvait incliné à 45° sur l’axe du photomètre, tandis que la fente de l’appareil de Glan était para-lèle à ce même plan.
- Pour les mesures photométriques et spectropho-tométriques, une lampe à benzine de 2 cent, de hauteur de flamme servit de lumière de comparaison. La lumière de cette lampe diffère d’une façon insignifiante, au point de vue de la couleur, de celle d’une bougie de spermaceti, ce qui permet dans certains cas de les employer l’une pour l’autre sans craindre d’altérer les résultats des expériences.
- Au point de vue de l’intensiié, la lampe à benzine de 2 cent, de hauteur de flamme est à la bougie normale de 4,5 cent, de hauteur de flamme dans le rapport de 1 à 3. Dans toutes les comparaisons l'unité choisie fut, comme nous le disions plus haut, la radiation rouge de la bougie normale de sperma-ceti. On obtenait cette lumière rouge en interposant un vert-rouge qui absorbait tout le spectre à l’exception de la partie comprise entre les lon-
- . Dattcru
- •ÿ ~
- Lampe
- <
- il
- vwww
- w
- gueurs d’onde *=687 et X=6a6 avec le maximum de clarté pour À = 656.
- La figure 1 indique d’une façon schématique le dispositif employé pour déterminer les éléments électriques de la question. O11 mesurait tout d’abord la différence de potentiel p aux bornes de la lampe en mettant un galvanomètre calibre dans le circuit dérivé p, p, c’est-à-dire en ouvrant le circuit j; on a alors
- /> = /, W:
- expression dans laquelle it représente l’intensité lue au galvanomètre et W une résistance très considérable placée sur la conduite médiane et variant suivant les intensités de 20000 à 60000 U S.
- On ouvrait ensuite le circuit supérieur p et l’on se trouvait avoir pour l’intensité i dans la lampe
- »’l
- étant l’intensité lue au galvanomètre et >pt une resis.ance de 3,2 U. S. dans le circuit principal. On en déduit la résistance w de la lampe
- (!) Annale» der Physik und Chemie. Tome 20, p. 326.
- résistance qui, dans le tableau suivant, est exprimée en ohms en posant un ohm égal à 0,95 U. S.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- M. O. Schumann a cherché à établir une expression simple, pour la couleur de la lumière dans une lampe à incandescence. Si l’on désigne, par J,., l’intensité de la lumière rouge et par o la sur ace incandescente, il est évident que plusieurs lampes sont dans le même état d'incandescence lorsque l’intensité ir de la lumière émise par l'unité de surface est la même, c’est-à-Jire lorsque l’on a:
- •-—LÇ—-LL —...... /,. = Constante.
- o o o
- D’un autre côté la perte d’énergie cinétique, par rayonnement, est égalé au travail dépensé; et si l’on admet que les lampes considérées ont toutes le même pouvoir émissif et que l’on appelle A le travail dépensé, ces lampes présenteront le même état d’incandescence lorsque la dépense de travail par unité de surface sera la même, c’est-à-dire lorsque
- K étant la perte d’énergie cinétique par unité de surface. Si l’on élimine o entre ces deux égalités on trouve :
- K Constante.
- Il résulte de là que deux lampes présentent la même couleur lorsque, pour ces lampes, le quotient ^ affecte la même valeur.
- Pour toutes les expériences qui figurent dans le
- tableau suivant, l’expression ^ a été calculée, mais
- les résultats sont peu concordants. Ce fait tient sans doute à ce que l’hypothèse de l’égalité dans les pouvoirs émissifs n est pas exacte; il peut aussi provenir de ce que chaque lampe n’est expérimentée que dans une seule position, de sorte que, dans chaque cas, on ne détermine qu’une partie de l’intensité totale. C’est d’ailleurs là un point sur lequel l’auteur se propose de revenir.
- Pour déterminer l’intensité lumineuse en fonction du travail dépensé, le Dr Voit a proposé une formule analytique très simple,
- D’après M. H. Gœtz, cette formule s’accorderait, d’une façon bien moins s itisfaisante, avec les résultats expérimentaux que la formule suivante (') :
- J = a A + ? A-
- Ces deux relations sont d’ailleurs purement empiriques. Dans le tableau I figurent en regard les résultats obtenus par l’une et l’autre formule. — Pour les calculs ultérieurs, dont nous parlons plus
- loin. M. O. Schumann n’emploie que la formule de Gretz; il fait fort justement remarquer que cette dernière relation lui parait plus proche de la vérité attendu que pour J = 0 elle donne
- Or a étant négatif c’est là une quantité positive, c'est-à-dire qu’elle indique bien qu’il existe une dépense d’énergie fixée pour laquelle l’intensité est nulle.
- Si nous passons maintenant au tableau où sont consignés les résultats de ces premières expériences, nous remarquons tout d'abord que les chiffies relatifs à la lampe Svvan ne sont pas concordants dans la première et dans la deuxième série d'observations. — Ce fait provient de ce que l’on avait placé tout d’abord la lampe Swan dans un circuit simple; on mesurait uniquement l’intensité dans le circuit et l’on en déduisait la différence de potentiel aux bornes de la lampe connaissant la force électromotrice du groupe d'éléments employés — Il n'y a donc pas lieu de comparer les chiffres qui figurent dans cette série avec ceux de la sérié suivante pour laquelle on eut soin de déterminer séparément, par le procédé in tiqué plus haut, l’intensité aussi bien que la différence de potentiel.
- On constate ici une fois de plus les variations considérables de la résistance suivant les diverses phases d’incandescence. — On est très près de la vérité lorsque l’on afinet que la résistance correspondante à un état d’incandescence normal est la moitié de celle que présente la lampe à fioid.
- Suivant lYL O. Schumann la variation égale des divers filaments qu’il a expérimentés permettrait de conclure à l’égalité des coefficients de température pour les résistances. — Ces variations de résis-lance ont été observées de très près. — Si l’on met en fonctionnement une petite Edison avec 3o éléments Bunsen, au bout d'une heure d’incandescence la résistance tombe de 74,1 à 73,2 U. S.; c’est un minimum après lequel la résistance s’élève de nouveau lentement; au bout de deux heures et demie on la trouve égale à 7.3,4 U. S. — Si, on substitue brusquement aux 3o éléments un groupe de 20 éléments seulement, la résistance continue à s’elever et croît même plus vite que précédemment; replace-t-on à nouveau les 3o éléments, on constate d’abord une diminution puis un accroissement de résistance. — Ces phénomènes trouvent a-tsez bien leur explication si l’on tient compte de l'influence que le rayonnement du globe de verre poitée à une temnét autre élevée exerce sur celle du filament de charbon; à l’origine, avant que le globe de verre ne soit échauffé, le filament est à une température plus faible que celle qu'il atteint j plus tard lorsqu’il est soumis au rayoneemcnc de
- C) La Lumière Electrique. Vol. XI, p. 210.
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- TABLEAU I
- n NOMBRE des î P W . A = p i INTENSITÉ observée INTENSITÉ calculée rzc c. COULEUR INTENSITÉS RELATIVES Vert — I
- éléments Bunsen ampère volt ohm volt- ampère J X = 65ô c A3 UJU aA+ PA2 J A Rouge 676 Jaune 61 5 Bleu 487 Indigo 464 Violet 429
- 20 1,000 34,9s 34,93 i 34,95 LAMPE S 3,67 1 W A N (C 2,9 ircuit sin 0,34 îple) 0,096 1,00 )) I 00 1,00 »
- 23 i,t6o 39,67 34,21 46,02 7,66 6,6 7 >82 0, i63 0,8l )> 1, i5 1,24 *
- 25 1,287 42,67 33,11 54,93 11,8 11,2 n,97 00 >—< 0 0,75 » 1,16 1,25 ))
- 27 1,339 45,89 34,28 61,46 15,2 15,7 15,85 0,258 0,73 » 1,18 1,29 »
- 28 I.4I7 47,28 33,36 66,99 19» 7 20,3 19,54 0,292 0,72 )> i, 19 i, 31 »
- 29 1,461 48,77 33,38 71.24 23, I 24,4 22,62 0,328 0,71 » 1,21 1 >47 »
- La force électromotrice fut posée égale h n 1,89 volte. Les constantes de la lampe donnèrent les valeurs suivantes
- a = — 0,118 p — 0,006114 c
- lampe swan (Répétition)
- 0,0000676
- 5 o,i74 8,99 5i,5 1,568 » » » n 9 u » n n
- 10 o,43i i7>i7 39,8 7,398 0,006 0,02 » » H » 0 9
- i5 0,627 23,79 37.9 14,90 0,17 0,19 » » 1,55 1,3i 7) » »
- 20 o,85o 30,48 35.9 25,90 1,14 1,00 0,87 0,029 1,10 1,06 0,89 » 9
- 25 1.028 34,87 o3,9 35,83 2,72 2,64 2,87 0,080 0,95 1 ,o3 1,06 J9 »
- 3o 1,146 3q,i3 34,1 44> 8o 4,86 5,16 5,6o 0,126 0,92 1,02 I ,08 0 9
- 33 i,25i 42,30 33,8 52,90 8,24 8,48 8,83 0,166 0,87 0,97 1,14 )> »
- 33 1,188 40,43 34,0 48.01 » 6,35 6,83 0,142 0,90 1,02 1,12 9 9
- 35 1 >244 41,81 33,6 51,99 8,49 8,o5 8,43 0,168 o,85 0,97 I.I4 1,22 n
- 33 1,336 43,88 32,8 58,62 10,6 11,54 11,49 0,196 0,80 o,94 1,14 1,22 i,3o
- 40 1,398 45.23 32,3 63,22 i5,3 11,48 i3,86 0,219 0,75 0,90 i, i5 ^24 1,34
- 0 » » 65,4 » » » 9 » n » » » 9
- On trouve pour les constantes des valeurs plus faibles que précédemment; ce résultat tient à la cause mentionnée plus haut.
- p — 0,005076 c =- 0,0000573
- a = — 0,1017
- GRANDE EDISON
- 5o 0,620 87,3 139,4 54,62 4,89 3,63 4,64 o,o85 i,iï » 1,00 o,85 »
- 52 0,678 90,4 133,4 61,3o 7,22 5,26 6,66 0,109 1 ,o5 » 1,10 i,o5 »
- 54 0,727 94 >7 i3o, 2 68,89 8,89 7.46 9,34 0, i36 o,85 0,96 1,08 1,08 }>
- 56 0,748 97,4 i3o,o 72,89 ii,5 8,82 10,92 0. i5o o,79 0,92 1.16 1,21 »
- 60 0,823 io5,o 127,7 86,46 16,2 14,72 17,14 0,198 0,74 0,86 1,24 1.33 »
- 65 0.944 112,9 119,6 106,70 25,0 27,69 28,85 0,270 0,70 0,78 1,32 1 >47 9
- 68 0 0 0 117,6 n6,5 118,62 3 i.c 38,07 37,14 o,3i3 o,65 0,77 1 >44 1,68 L97
- 70 i,o35 120,4 116,3 124,67 43,8 44> l4 41,67 • 0,334 o,56 0,75 1,60 1,89 2,25
- 74 1 j°99 124,5 113,3 136,45 56,2 57,91 52.36 0,376 0,46 0,66 1,76 2 19 2,6l
- a
- o,1098
- p = o,oo3562
- 0,00006228
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 63
- TABLEAU I (suite)
- n NOMBRE des éléments Bunsen i .ampère P volt W ohm A = p i volt- ampère INTENSITÉ observée J X = 655 INTENSITÉ calculée] 1 COULEUR J A INTENSITÉS RELATIVES Vert = 1
- c A3 oeA-f- PA* Rouge 676 Jaune Gij Bleu 487 Indigo 464 Violet 429
- PE TIT E El 3 I S 0 N
- 5 0.0893 9»i7 102,8 0,819 » » - * - » • • »
- 10 0,2018 18,14 89,89 3,66o • - % * >» - H • >1
- i5 0,3275 28,25 86,26 9,249 » » 9 A» » )> 9 9
- 20 0,4645 34,38 74,01 15,97 0,098 0, i53 », II 2, l3 1,36 9 - »
- 25 0,5988 41,86 69.74 25,07 0,746 0,591 0,72 0,029 1,27 1,16 0,82 n H
- 3o 0,7499 48,24 64,33 36,17 2,25 1,775 2,44 0,068 0,92 1,04 1,25 1,43 »
- 35 0,8784 55,07 62,55 48 38 5.18 4,24 5,33 0,110 0,78 0,90 1,23 1,37 1,42
- 40 1, io3i. 62,08 60,17 64,05 9,89 9,86 10,57 0, i65 0,77 0,92 1,29 1,57 1,78
- 4S 1,1187 70,06 5g, o5 83,14 20, I 21,55 18,99 0,232 0,75 0,88 1.44 2,00 2,25
- 0 » » 121,3 » 1» » » » » « » » »
- Il est à remarquer que les constantes p sont presque égales dans les deux lampes, tandis que a varie d’une façon notable.
- a = — 0,05924 p = o,oo35o C =1 0,000037 5
- Cm R EIN E R ET FR1EDRICHS N° I
- 0 Avant l’inc andescence 20,8 » '> » » » » > » »
- 2 0,217 3,26 15,04 0,707 U * n » » 0 •
- O 0 0,349 4,73 13,5 i,635 » - » if » 9 .
- 4 0,473 6,12 12,9 2,896 » » - V »> » m B «
- 5 0,582 7,45 12,8 4,336 » » » » » » « y
- 6 0, 702 9,11 12,9 6,427 0,01 o,o5 0,01 0,002 2,10 113 l - it »
- 7 0,802 10, i5 12,6 8,160 0, 10 0,11 0,10 0,012 9 » » » i)
- 8 0,930 11,37 12,2 10.57 0,22 0,23 0,28 0,026 1,22 1,08 0,96 9 u
- 9 0,992 12,58 12,6 12,48 o,5i 0,38 o,44 0,037 0,99 1,04 0,97 » »
- 10 1,214 13,40 11,0 16,28 o,74 0,83 0,96 0,059 0,86 0,99 0^96 9 »
- n 1,337 M.40 10,8 19,25 1,22 i,38 1,46 0,076 0,81 0,95 1,09 % »
- 12 1,390 15,67 n,3 21,78 1.99 2,00 rï97 0,091 » » » U »
- i3 1,467 16,65 11,4 24,41 3,o3 \’ 2,82 2,58 0,106 0,85 0,98 1,04 1* »
- o Apres l’inc andescence 18,8 » V » » » » }f » » 9
- a = — o,o35û4 \ P = 0,00577 c = 0,000194
- PETITE GJ^EINER ET FRIEDRICH S N° TT •
- 5 1,464 8,17 5,6 11,96 o,ùi5 0,11 » 0,001 1,54 1,45 » 1> >1
- 9 2,534 13,92 5,5 34,94 3 ,o5 2,74 3,l6 0,090 i,o5 1,04 1,00 •> U
- 9 2,625 i3,47 5,1 35,36 2,74 2,97 3,38 0,096 1,06 i,o5 1,00. >1 -
- 12 3,23g 17,5i 5,4 56,70 i3,7 11,69 12,79 0,226 0,72 o,8o i,o5 9 *>
- t5 3,621 20,41 5,6 73,89 23,7 25,88 24.56 0.332 o,6o 0 74 1,10 1,23 n
- 0 Apres l’inc andescence 8,2 » ‘ » » » » » » 9 9
- a = —0,1272 p = 0,00622 C = Q ,0000907
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- f'4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ce même globe ; il est donc naturel que sa résistance aille en s'abaissant. — Pour ce qui est de l'augmentation de la résistance elle provient sans doute de la désagrégation mécanique q h s’effectue petit à petit dans le filament de charbon et aussi de la diminution dans la force clectromotrice des éléments.
- Les nombres qui figurent sous le titre « Intensités relatives » indiquent le rapport quantitatif d’une radiation donnée dans la lumière électrique à la radiation de même espèce prise dans la lumière d’une lampe à benzine, les radiations vertes (A = 557) étant chaque fois dans les deux lumières amenées à la même clarté.
- Il résulte de ce fait que les nombres consignés dans la colonne io représentent la composition au point de vue de la couleur de la lumière considérée. Plus ces nombres diminuent et plus la lumière électrique paraît bleue, comparée à la lumière d’une lampe à benzine. Pour le soleil, ce rapport a été trouvé égal à 0,22; on peut donc dire que jamais la lumière électrique n’a la couleur de la lumière solaire ; elle paraît toujours rouge à côté de cette dernière. Ce fait est encore vrai lorsque l’on pousse l’incandescence jusqu’à sa dernière limite, c’est-à-dire que le filament est sur le point de se rompre M. O. Schumann a dressé le tableau suivant pour une pe ite lampe Edison, dont le filament s’est rompu avec 54 éléments Bunsen.
- PETITE EDISON.
- NOMBRE clés Bunsen VOLT-AMPÈRES ROUOE VERT INMOO VERT
- •ti 82 0,73 1,70
- ,|2 86 0.69 1,78
- 43 92 0,66 2,12
- 44 64 0.63 2,43
- 45 97 0,62 2.63
- 48 III 0.60 2 91
- 5o 118 o.5o 2.94
- 52 120 0.58 3,38
- On voit que la plus petite valeur du rapport rye^.e- est encore deux fois et demie plus grande que celle que donne la lumière solaire. Si l’on considère, au contraire, une bonne lampe à pétrole, on reconnaît que, pour un état d’incandescence pratique, la lampe électrique se rapproche beaucoup, au point de vue de la couleur, de la lampe à pétrole; cette dernière source de lumière donne en effet comme
- valeur du rapport le nombre 0,76. Il en est de même si l’on considère le deuxième rapport ‘"vert"’ on a Pour Ie s°le^ 'a valeur de 4,35 et pour le pétrole 1,24. En définitive, on constate qu’avant
- la rupture du filament l’intensité augmente rapidement dans l’indigo et dans le violet, mais pour les clartés admises dans la pratique, lorsqu’on veut que la lampe soit bien utilisée, il est indiscutable que la couleur de la lampe électrique se rapproche beaucoup de celle d’une lampe à pétrole brûlant bien. Un brûleur à gaz ordinaire comparé à la lampe électrique paraîtrait au contraire rouge.
- Si l’on veut maintenant passer des intensités relatives pour les diverses radiations simples aux intensités absolues, il suffit de multiplier les intensités absolues mesurées dans le rouge par les intensités relatives des différentes radiations rapportées à ce même rouge pris pour unité. Les résultats ainsi obtenus figurent dans la première moitié du tableau II; ces nombres indiquent le rapport quantitatif d’une couleur donnée prise dans la lumière électrique à la même couleur prise dans une lampe à benzine dont la clarté est égale à celle d’une bougie normale de spermaceti. Il est facile de voir que pour le bleu et le violet ce rapport augmente considérablement dès qu’on arrive à de hautes intensités; ce fait ne provient pas de ce que la lumière électrique est très riche en radiations de cette espèce, mais bien de ce que la lumière de la lampe à benzine en renferme fort peu. Pour démontrer qu’il en était ainsi et calculer en même temps l’intensité totale des diverses lumières, M. O. Schumann a eu recours aux coefficients d’égale clarté donnés par M. Macé de Lépinay (’).
- On sait que les inverses de ces coefficients d’égale clarté donnent les intensités des diverses radiations rapportées à l’intensité maximum prise pour unité (>.=555) dans le spectre solaire. Voici les intensités que l’on trouve dans Macé de Lépinay pour la moitié la moins réfrangible du spectre :
- 7 = 670 62S S89 651 555 537 517
- H = 22,5 293,7 757,6 985,2 1000 921,7 5i7,3
- M. O. Schumann trouve par interpolation pour les longueurs d’ondes qu’il a observées
- 7 = 676 656 615 557
- H = 12 65 5^0 998
- Si l'on prend comme unité, non plus la radiation verte X —557 dans le s-pectre, mais la radiation rouge de longueur d’onde À = 656 dans la bougie normale de spermaceti, ces coefficients deviennent
- 7 = 676 6i5 557.
- A étant l’intensité de la lumière rouge du soleil (X = 636) exprimée en bougies normales. Si l’on (*)
- (*) Annales de Chimie et de Physique, t. XXIV et XXX.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- (S
- désigne maintenant par a, A, (?, y, 8... les intensités des diverses radiations du soleil, pour les longueurs, d'on .les observées, comparées à la lumière d'une lampe à benzine et par a, B, b, c, à... les intensités d’une lumière électrique comparée à la môme lampe et pour les mêmes longueurs d’ondes, on a évidemment comme intensités des radiations delà lumière électrique exprimées en bougies normales les valeurs données par les relations
- >.
- il
- = 676
- 12
- A
- ot
- 6:6
- !’>,
- 615
- Mo b A
- r 5 7
- g/j
- i,5
- A
- Si l’on passe à des longueurs d’ondes supérieures à X = 55p, il faut tenir compte du phénomène de Purkinje et les coefficients d'égale clarté cessent d’ètre indépendants de la valeur de lacladé commune. Il faut donc tout d’abord évaluer l’unité de lumière de Macé en bougies normales. Macé de Lépinay compare la lumière de longueur d’onde X=56r pour laquelle l’intensité H =986 à toutes les autres longueurs d’on Je. Si l’on choisit comme unité la lumière correspondante au maximum d'in-tensiié dans le spectre normal, c’est-à-dire de longueur d’onde X = 555, pour laquelle H = 1000, on a pour la lumière de comparaison de Macé
- = H nus 0,986.
- L’unité d’intensité de Macé est une bougie stéarique à 2“ de distance qui équivaut à 0,02564 X 8,5 bougies normales. On a donc :
- H-,, bougies normales à un.= IIr~ ----^986-----
- M r,“ 0,0:564x8,5
- = H55, 4,5 bougies stéariques à 2 m.
- 11 suffit de prendre une lampe à benzine de 2 centimètres de hauteur de flamme égale par conséquent comme clarté à ^ de bougie normale pour
- se placer dans le cas où Macé de Lépinay a observé les coefficients suivants pour une clarté commune Q — i,5 (').
- A = 5iv 5oo .(85 471 459 449 409 4,-o
- H = 5l7,2 i85,3 79,9 46,1 23,2 t6, i 10,9 (>,4
- d’où l’on tire, en employant les mêmes notations que précédemment :
- ,1=487 464 429 11= 90 3o t>
- et en bougies normales :
- H:
- --‘P-di
- 65 0
- 3o A 6 ,. A 65 e T- 65 J -•
- 60 - 9
- Pour déterminer le rapport de la lumière solaire
- à celle de la lampe à benzine, M. O. Schumann s’est servi des résultats obtenus par G. Millier pour une distance zénithale de qfi", et en procédant par interpolation, il est arrivé aux valeurs qui suivent :
- X = 676 656 Gts 557 487 464 429
- Soleil 0,7." I ,QO 1-11 (),o3 O On 15,8.3
- Pétiole 2,. .) U t » >9
- Pét-ole 0,95 1,00 I , 10 1,27 11‘19 I 57
- Ucuzme
- Sol. il 0,71 I 00 1,58 8,98 13.96 2.5,01
- Benzine
- H . . . = 0,260 1,00 5,26 -1.78 0, 1,5-1 0 0.33 0.0037
- La deuxième série de valeurs a été déterminée par des expériences spéciales. Les nombres qui figurent en dernier lieu sont des coefficients relatifs aux clartés des diverses radiations dans la lumière de la lampe à benzine rapportées à la radiation rouge (X=656) prise comme unité. Si l’on multiplie p^r ces coefficients les nombres indiqués dans le tableau suivant sous le titre : « Intensités en bougies normales », on voit dans quel rapport les différentes radiations contribuent à la clarté d’un objet éclairé; ces quantités sont exprimées alors en unités de radiation rouge (X = 656)de la bougie normale de spermaceti.
- Les valeurs qui figurent dans la dernière colonne indiquent l’intensité totale de chaque lumière rapportée à la lumière d’une lampe à benzine de même clarté, qu’une bougie normale de spermaceti, c’est-à-dire exprimée en bougies normales. Ces valeurs ont été obtenues au moyen de courbes que la loi de O. Rood : l’intensité totale d’un mélange de couleurs est la somme des intensités de chacune des composantes, permet de construire.
- On voit en considérant le tableau qui précède que l’intensité maximum est en général dans le vert jaune lorsque l’intensité totale est suffisamment élevée ; lorsque cette dernière est plus faible l’intensité maximum recule vers le jaune (l’eiite Edison). En comparant les nombres relatifs au bleu avec ceux qui sont relatifs au rouge on constate fort bien que l'intensité tend à se rapprocher de la partie violette du spectre ; c’est ainsi que dans la grande lampe Edison pour un travail de 45 volt-ampères l'intensité du bleu est le dixième de celle du rouge, tandis que pour i36 volt-ampères le rapport s'élève à 0,6.
- Comme les intensités maxima se trouvent pour presque toutes ces lumières entre le jaune et le vert, M. O. Schumann s’est demandé si l’on 11e pourrait pas au moyen d’une seule mesure d’inten-
- (') Annales de Chimie et de Physique, t. XXX.
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- 66
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TABLEAU II
- S INTENSITÉS EN BOUGIES DE SPERMACETI CLARTÉS, D'APRÈS MACÉ DE LF PT N A V CLARTÉS
- Rouge 676 Jaune Vert Bleu Indigo 464 Violet SJ
- 6i5 557 487 429 676 656 615 557 487 464 429 S benzine
- 3,34 3,34 3,34 3,34 LAMPE » : SWAN, 0,83 SÉRIE N< 0,04 > 1 » 15.86 o,5o 0,10 >» 3,23
- 7.57 •• 9,35 10,75 II,60 1,89 7,82 )) 44,40 i,63 o,35 » 9,37
- 11,42 » i5,23 17,67 19.04 » 2.85 n,97 » 72,35 2,65 0,57 *> 14,60
- i5,o5 » 20,63 24,34 26,61 33,67 » 3,76 15,85 u 97,97 3,65 0,80 )) 19,73
- 18,5o » 25,69 3o,58 ).i 4,62 19,54 )> 122,1 4,59 1,01 )» 24,01
- 21,38 1) 3o, 11 36,43 44,26 » 5,34 22,62 » 143,0 5,47 i,33 » 29,88
- ot 18 0, i5 0 11 » U LAMPE ; SWAN, 0,04 SÉRIE N° 0,17 ' 2 o,79 0,54 » » »
- i,i5 1,12 3,o3 1 ,o5 0,93 » » 0,29 0,87 5,84 4,98 0.40 » » 1,09
- 2,79 2,94 3,12 » » 0,70 1,35 2,87 15,90 13,96 0,47 » » 3,oi
- 5,41 5,99 5,88 6,35 » » 5,60 3i,47 27,91 0,93 » » 6,o3
- 8,5o 9,48 9.77 11,14 » • )> 2,12 8,83 49,77 46,41 1,67 » i> 10,04
- 6,54 7.41 7,26 8 i3 » » 1,63 6;83 38,90 27,40 1,22 » )> 8,46
- 8,o5 9,20 12,76 9-47 10,80 11,56 » 2,01 8,43 48,25 45,00 1,62 o,35 » 9,63
- 10,86 13,57 15,47 16,56 17,64 2,71 11,49 66.99 64,48 2,32 o,5o 0,07 12,77
- 12,99 15,59 17,32 19,92 21,48 23,20 3,25 13,86 81,83 82,26 2,99 0,64 0,09 17,10
- 4,70 » 4,24 6,39 4,24 3,6i g: » RANDE E T , l8 ;dison 4,64 » 20,14 0,64 0,11 » 4,11 6,3i
- 6.70 » 7,02 6,70 » i ,68 6,66 » co, 35 i,o5 0,20
- 8,q6 10,12 10,54 ii,38 ii,38 » 2,24 2,59 9,34 53,ii 5o,o5 1,71 2,28 0,34 » 10,20
- io,35. 12,o5 i3,io 15,20 i5,85 » 10,92 63,28 62,23 0,47 » 12,58
- 16,26 18,90 21,98 27,25 29,22 » 4,06 17,14 99,22 104,3 4,09 0,88 j> 20,64
- 27,87 3i ,06 39,81 52,58 58,52 » 6,97 28,85 i63,0 222,6 189,1 7,88 1,75 )> 36,80
- 34,97 4i,44 53,8i 77,5o 90,40 106,0 8,74 37,14 255,7 11.62 2,71 0,42 49*77
- 37,44 5 0,16 66,86 107,0 126,4 i5o,4 9,36 41,67 263,3 3i7,7 16,04 3,79 0,60 60,87
- 45,73 64,25 99,40 175,0 217,7 259,4 11,43 52,36 345,2 472,2 26,24 6,53 1,04 »
- 0,11 0,07 o,o5 » » 1 » PETITE E 0,03 :dison 0,10 0,37 0,25 » )> 9 )>
- o,74 0,08 0,58 0,48 » » O, 18 0,72 3,56 2,77 0 07 )> » 0,69
- 2,34 2,64 2,54 3,18 3,63 » 0,58 2,44 i3,88 12,07 0,48 0,11 » 2,71
- 5,07 7.54 6,5o 7,99 8,90 9,23 1,27 5,33 39,57 30,87 1,20 0,27 0,04 7,08 12,62
- 9,95 11,89 12.92 16,67 20,29 23,00 2,49 10,57 62,41 61,38 2,50 0,61 0.09
- 17,96 21,07 23,94 34,47 47,87 53,87 4,49 18,99 110,6 113,7 5,17 i,44 0,21 22,35
- o,oi5 0,01 i ! 0,007 » » GREINER » ET FRIE 0,004 DRICHS, 0,013 N° I o,o5 o,o3 » »> >»
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- o,44 0,46 0,44 O.44 * » 0.11 0,44 0,96 2,40 2,09 o,oi3 » 0,45
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- 1,3q i,63 1,72 I.-87 » 'i 0,35 1,46 8,58 8,17 0,06 » i,65
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- 3,176 3,14 3,02 3,02 9 » 0,82 3,i6 3,38 16,54 14,47 0,47 » V, 3,12
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- 22,00 27,13 36,66 40,33 45,09 » 5,72 24,56 142,7 175,8 5,64 1,49 » 39,3i
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- sité faite dans cette région du spectre obtenir l’intensité totale. D’après ses expériences ce serait dans ce cas la couleur jaune-verte de longueur d’onde A=57 qu’il faudrait choisir. Au point de vue pratique la concordance est très suffisante entre les valeurs directement observées dans la colonne 3 et celles de la dernière colonne; les écarts que l’on rencontre doivent en partie être attribués à l’imperfection du spectrophotomètre Glan. Il serait d’ailleurs très facile de se procurer la radiation qu’indique M. O. Schumann à l’aide d’une combinaison de chlorure de nickel et de chlorure de fer.
- Sur le calcul du coefficient d’induction d’une bobine sur elle-même, par J. Stephan 0)
- La méthode employée par l’Association Britannique pour la détermination de l’ohm exige une correction relative à l’induction d’un courant sur lui-même; il est donc nécessaire de calculer le potentiel de la bobine employée sur elle-même. Ce calcul ne peut être fait que d’une manière approchée. Maxwell qui l’a exécuté le premier, a commis diverses erreurs au cours de ce calcul. Lord Rayleigh a plus tard corrigé ces erreurs. M. Stephan s’est proposé de reprendre cette détermination ; le
- résultat numérique qu’il indique coïncide à —
- 1 L 1 1000
- près avec celui de lord Rayleigh.
- D’après M. Stephan, M. Weber, en traitant le même problème, aurait commis des erreurs numériques de calcul qui affectent le résultat de près de 3o 0/0 de sa valeur.
- M. Stephan discute également l’influence de l’espace vide laissé entre les fils et de l’épaisseur de l’isolant sur la valeur du coefficient de self-induction ; d’après M. Stephan, la correction de ce chef n’est pas négligeable, car elle dépasse 1 0/0.
- BIBLIOGRAPHIE
- UAS POTENTIAL UND SEINE ANWENDUNG ZU DER ERKLIERUNG der elektrischen ERSCHEiNUNGEN (Le potentiel et son application à l’étude des phénomènes électriques), par le Dr O. Tumlirz, Vienne, 1884. Collection Hartleben.
- Ce volume est un des plus intéressants de la collection. Pour faire comprendre l’idée qui a guidé l’auteur, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de traduire ici la courte préface dont il a fait précéder son livre :
- « Classer d’une façon aussi générale que possible les connaissances acquises est, dit-il, le problème fondamental de toute science et nous le résolvons
- en cherchant dans nos connaissances des points qui en caractérisent des groupes entiers et se retrouvent dans les diverses branches, comme des fils conducteurs. Si nous considérons les phénomènes de l’attraction des corps, de l’électricité et du magnétisme, nous retrouvons dans tous ces phénomènes la même loi d’attraction. Nous aurions donc dans cette loi un principe de classement desdits phénomènes; il se trouve cependant que ce n’est pas l’attraction elle-même, mais un certain travail de cette force, le potentiel, qui nous fournit le meilleur moyen de grouper d’une manière générale les faits acquis.
- « Dans les ouvrages d’enseignement qui traitent de la théorie du potentiel, ce dernier est d’ordinaire présenté dès l’abord comme une expression mathématique et traité à ce point de vue, les développements donnés tendant à mettre en évidence les propriétés de cette expression, de cette fonction. Cela pourrait bien être la cause de ce fait que l’on rencontre si souvent des manières de voir erronées, sur la signification physique du potentiel et de ses propriétés et que, dans l’étude des phénomènes électriques, le potentiel est si souvent confondu, par les uns avec la densité électrique, par les autres avec la force électrique. Le but de l’auteur est de répandre la notion du potentiel; pour tenir compte des vues erronées qu’il vient de signaler, il insiste dès le début de son livre sur la signification physique du potentiel et, en développant dans la suite ses propriétés, il le fait toujours au point de vue physique.
- « Le but de ce livre proscrit autant que possible l’emploi d’hypothèses. Aussi les notions de force, de masse, de travail, etc., ont-elles été traitées complètement dans l’introduction, et l’appareil mathématique employé pour cela a été limité aux mathématiques élémentaires et réduit à un minimum.
- « Le volume est divisé en quatre parties : la première traite du potentiel de la pesanteur; la seconde et la troisième du potentiel électrique appliqué à l’électricité statique et aux courants galvaniques, et la quatrième du potentiel magnétique, électrotnagnétique et électrodynamique. *
- Ajoutons que le volume répond parfaitement aux promesses de la préface et que. l’auteur a fait là certainement une œuvre utile.
- UNTEKHALTUNG UNI) REPARATUR DER ELEKTRISCHEN LEITUNGEN
- fur alle zwecke der praxis (Entretien et réparation des conducteurs électriques pour toutes les applications pratiques) par M. J. Zacharias. Vienne. — Hartleben, 1884.
- Ce volume appartient, comme le précédent, à la collection Hartleben. Il devait, primitivement, faire partie du volume intitulé : Les conducteurs électriques, dont nous avons parlé dans une précé-
- P) Annales de Wicdmann, n° 5, 1884.
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- 68
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dente revue. L’abondance du sujet a décidé l’auteur à en faire un volume séparé.
- Il y trui'e d abord de la surveillance des lignes télégraphiques aériennes, entre dans tous les détails relatifs à la pose des supports, aux jonctions et soudures de fils, aux isolements, aux remplacements de fils. Les soins à prendre pour les conducteurs immergés, pour ceux de-tinés à des installations spéciales etc., sont ensuite décrits et l’auteur passe aux défauts qui se présentent sur les conducteurs dans dillérents genres d'installations. Les moyens de reconnaître la position de ces defauts et d’y remédier sont traités assez à fond et nous mènent à un chapitre sur l’e-sii des lignes souterraines.
- Le chapitre YI, qui vient ensuite, est une sorte de formulaire électrique réduit à ce qui se rapporte spécialement au sujet traité dans le volume. Il contient une description du galvanomètre universel de Siemens et de ses applications à l’essai des con-dueteurs électriques et il est complété par une sétie de tables utiles.
- La,dernière partie de l’ouvrage a tait plus spécialement à la surveillance des installations qui ont pour base les machines dynamo-cLctriques, installations d’eclairage, d’électt olyse, ou de transport de force. Elle renferme un grand nombre d’indications pra iques.
- En somme, l’ouvrage est bien conçu et nous le croyons appelé à rendre de réels service aux praticiens.
- REPORT ON THE EXHIBITS AT THE CRYSTAL PALACE ELECTRJCAL
- exhibition 1882. {Rapport sur h s objets exposés à l’Expo, sition d’électricité du Palais de Cristal eu 1882). par M. Frank J. Sprague, enseigne de vaisseau-de la marine des Etats-Unis. — Washington, i883.
- L’Exposition d’électricité de 1882 avait, on le sait, donné lieu à une série d’essais très sérieux sur les: moteurs à gaz et les machines et lampes électriques. En Angleterre, M. le professeur Grylls Adams a donné un compte rendu de ces essais et des résultats obtenus dans un discours dont les principaux points ont été résumés dans ce journal par notre; collaboiateur Frank Geraldy.
- En Amérique, le gouvernement avait chargé un des officiers de sa marine. M.FtankJ. Sprague, membre de la commission d’essais, de lui adresser sur ces derniers un rapport officiel. C’est ce document que nous recevons aujourd'hui. Beaucoup plus étendu que le discours de M. G. Adams, il donne avec de plus grands déta ls les méthodes d’observation suivies, l’auteur y a ajouté des consid rations générales, et le rapport fomie en somme un tout beaucoup plus complet que le document anglais On le consul.era avec fruit, mais on devra cependant, en lisant les considérations generales, se tenir en garde contre quelques erreurs. Nous
- aurons occasion d’en relever une dans un prochain article. .
- TECHNisciiEs wœrterbucii fur télégraphié und post (Dictionnaire des Postes et Télégraphes, allemand-français et français-allemand), par T. Von Marti. — Rerlin. T. Springer, 188_1.
- Ceux qui ont souvent occasion de lire les travaux d’électricité imprimés en langues étrangères sont souvent embarrassés par des termes techniques, que l’on 11e trouve pas dans les dictionnaires courants.
- Faire, pour une langue donnée, un lexique qui mette l’électricien à l’abri de ces embarras de traduction n’est pas chose facile, car les expressions spécia es que l’on rencontre dans les travaux d’é-lectncité appartiennent non seulement à la science et à la technique électrique, mais encore aux branches accessoires, telles que la mécanique. Avant que l'on soit à même de faire un dictionnaire qui résolve complètement la question, il faudra que l’on ait en main plusieurs lexiques spéciaux pouvant servir de base à un travail plus général.
- C’est pourquoi nous saluons avec plaisir le travail que vient de faire pour l’allemand M. T. Mach. Parmi les mots en usage dans la télégraphie, l’auteur a introduit beaucoup de termes d’électricité, et son volume sera une nouvelle source de renseignements pour la lecture des mémoires électriques allemands.
- TELEGRAPiiv (Aa Télégraphie), par W. II. Precce F. R. S., M. I. C. E., etc., et J. Siveurigi t, M. A C. Al. C. — Londres. — Longmans, Green and C°.— 1884.
- L’ouvrage dont MM. Preece et Sivewright viennent de publier la troisième édition s’adresse spécialement aux employés de télégraphe ayant quelques notions préliminaires d’electricité et l’occasion de manipuler les appareils. Dans ces conditions, les auteurs ont voulu faire un livre pratique pouvant servir de guide aux télégraphistes.
- Des détails techniques sur les piles, la descrip tion des appareils et systèmes télégraphiques en usage, l’établissement des lignes, leur entretien, la recherche pratique des fautes, les différents essais à faire en télégraphie, tels sont les principaux sujets traités dans ce petit manuel. Il se termine par un chapitre sur la téléphonie et deux autres sur les télégraphes rapides et la télégraphie en quadruplex.
- Dans tout le cours de l’ouvrage, les auteurs ont écarte la théorie et leurs descriptions sont toujours c'aites et remplies de détails pratiques, utiles, et le succès que ce manuel a déjà eu en Angleterre est pleinement justifié.
- Aug. Guerout.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 69
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- P F, R ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DBS UNITÉS
- RÉSUMÉ D’EXPÉRIENCES
- SUR LA DÉTERMINATION DE L’OHM ET DE SA VALEUR EN COLONNE MERCURIELLE Par MM. Mascart^ F. de Nerville et R. Benoit
- VI
- Déterminations accessoires.
- COMPARAISON DES SURFACES DES BOBINES
- Pour ne pas interrompre l’exposé des recherches qui précèdent, nous avons laissé à part quelques expériences accessoires, destinées à contrôler les mesures directes et à déterminer certains coefficients de réduction.
- M. F. Kohlrausch comparait les surfaces de deux bobines eu déterminant le rapport de leurs moments magnétiques pour un courant d’égale intensité, par la méthode de déflexion de Gauss. Il est nécessaire alors de faire l’expérience à deux ou plusieurs distances différentes de l’aimant dévié et de mesurer ces distances très exactement, ainsi que les déviations et l’intensité du courant.
- Il nous a semblé que le principe même de la méthode de Weber pour la mesure des courants induits pouvait convenir à la comparaison des surfaces. Si l’on dispose d’une série de bobines de surfaces graduées, on peut les ajouter bout à bout sur un même fil, en opposant leurs surfaces, de manière à constituer un système dans lequel l’induction totale soit nulle quand on le fera tourner daus le champ terrestre. L’axe du grand support est assez solide pour qu’on puisse y installer, en même temps que l’une des deux grandes bobines A ou B, les trois petites bobines a, b et c, ainsi que plusieurs bobines auxiliaires formées chacune d’un tour de fil sur un cadre de diamètre connu. A l’aide des fils multiples des bobines B et b, il était possible d’équilibrer chaque surface par une somme d’autres surfaces disposées en sens contraire. L’observateur, visant dans la lunette d’un galvanomètre à impulsion, était placé près du cadre et il pouvait à la main le déplacer de part et d’autre du méridien magnétique.
- En donnant à ce mouvement alternatif la même période que celle des oscillations de l’aiguille du galvanomètre, on multiplie l’effet des courants induits. On peut ainsi rendre appréciables des effets qui échapperaient avec une impulsion unique et mettre en évidence une variation de surface
- qui ne dépasse guère 75^3*
- Bans une seconde série de comparaisons, les cinq bobines principales et les bobines auxiliaires ont été attachées à une même chape de bois suspendue à une corde ou portée par un axe horizontal. Avec cette disposition, on utilise la composante verticale du champ terrestre, ce qui donne aux mesures une plus grande précision. Les seules difficultés que présente l’expérience tiennent aux fils de secours employés pour les jonctions des différentes bobines. La surface enve-
- loppée par ces fils devrait avoir une projection nulle, non seulement sur le plan des bobines, mais aussi sur un plan perpendiculaire passant par l’axe de rotation. Lorsque cette dernière condition n’est pas réalisée exactement et qu’on approche de l’équilibre pour les surfaces parallèles aux bobines, l’induction sur des fils de secours peut devenir tout à fait prédominante.
- Le principe de la méthode Kirchhoff permet encore de faire ces comparaisons d’une manière plus commode, malgré l’inconvénient qu’il présente d’exiger quelques calculs. Pour simplifier autant que possible les conditions de l’expérience, nous avons construit deux cadres formés par deux octogones réguliers dont chaque côté a im de longueur environ; les deux cadres ont été fixés horizontalement à la distance de im, et chacun d'eux est entouré de 174 tours de fil, ce qui forme une longueur totale de 2 784111.
- Le champ magnétique de ce système est très sensiblement uniforme au voisnage du centre, et jusqu’à une distance égale au rayon des plus grandes bobines que nous avions à comparer. D’ailleurs, la correction relative à la variation du champ est facile à calculer d’une manière très approchée.
- Les bobines étant disposées parallèlement entre elles et centrées sur l’axe des grands cadres, on les réunit les unes aux autres, de manière à constituer des systèmes sur lesquels l’induction du cadre soit nulle. Pour éviter l’action directe du courant inducteur sur le galvanomètre, on a mis ce dernier dans une salle éloignée réunie à la première par un téléphone. L'observateur placé auprès du galvanomètre a sous la main un commutateur à inversion, qui permet de changer le sens du courant inducteur. Lorsque l’équilibre apparent des surfaces est à peu près établi, on peut encore multiplier l'action du courant induit sur le galvanomètre, en alternant d’une manière systématique le sens du courant inducteur.
- Les surfaces apparentes des différentes bobines dans le champ du cadre étant calculées d’après leurs dimensions et leur distance au centre, on pourrait comparer les résultats avec l’expérience.
- Sans qu’il soit nécessaire de donner ici aucune mesure, il nous suffira d’ajouter que l’accord des comparaisons avec les valeurs déduites des dimensions des bobines s’est vérifié à moins de 7^^ près. Quoique les bobines aient été
- enroulées à des époques différentes et que le diamètre du fil ait beaucoup changé, il en résulte au moins cette conséquence que les mesures sont tout à fait comparables entre elles. La mesure absolue des surfaces, déduite des effets d’induction, ne pourrait être obtenue que par la construction d’une nouvelle bobine, ce qui nous ramène ail point de départ.
- LONGUEURS ET RÉSISTANCES DES BOBINES MULTIPLES
- Pour calculer les constantes d’une bobine multiple et son coefficient d’induction mutuelle avec une autre bobine, nous avons supposé (p 33 et 37) que les résistances des différentes bobines sont proportionnelles à leurs longueurs. Il faudrait que cette proportion exacte fut très éloignée de la vérité pour introduire une erreur notable dans îes calculs ; voici d’ailleurs, pour les bobines multiples, le rapport de la longueur de chaque fil à sa résistance :
- Bobine B
- Bt................................. 4,22
- IL................................1,: 1
- B .-i.......................... 1, iQ
- B.i...............................1,22
- Br,............................ 4,22
- ............................ 4,23
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- 7o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Bobine h
- Il en résulte donc
- b ............................... i, 161
- bt...........<................... 1,1(4
- bs.................................. i,i63
- b ............................... i, ï?2
- br>................... ,. ....... i, 167
- b .................................. 1,104-
- bn...............,............... i,i68
- b%............................... I, I<ï/
- b9............................... i,i 66
- * Il est clair que la substitution des résistances aux longueurs dans les calculs relatifs à l’arrangement complexe des fils ne modifierait pas les résultats.
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ÉTALONS
- Les résistances étalons de mercure, employées dans un grand nombre d’expériences, ont été ramenées à une même température en adoptant pour le coefficient de variation la valeur o,oco88.
- Comme ce coefficient a une grande importance pour les mesures électriques, il nous a paru nécessaire de le déterminer de nouveau entre les limites de zéro et de ioo°.
- Les six résistances que nous possédons ont une forme tout à fait avantageuse pour ce genre de recherches.
- L’expérience était disposée de façon que l’on comparait chaque fois, par substitution, la résistance étudiée avec une autre résistance de même ordre de grandeur, placée dans un bain à la température de la salle; on éliminait ainsi les résistances dupont, et l’on faisait chaque fois la correction due aux petites variations de température de la résistance de comparaison. Un étalon C de 17(0,5 à zéro environ et un autre D de i8m,6 ont été ainsi étudiées à plusieurs reprises.
- Pour simplifier les tableaux, nous supposerons que la résistance est représentée par la formule
- P- — P0 (1 *f* a t -f- (5 /2).
- Chacune des mesures directes, comparée à la résistance à zéro, donne la somme oc-f-3 /. Nous en déduirons le premier coefficient a en supposant à 3 la valeur o,ooooqi 12, qui paraît le mieux rendre compte des expériences.
- On aura une idée du degré de concordance des observations par le résumé suivant :
- Valeur
- Résistance Tempe- '«+ P t de a
- étudiée rature 0,000 0,000
- C (i*e série)... ... 99,32 97 66 8654
- 60,70 9389 8709
- 48,24 9140 8600
- 30,22 8990 8652 Moyenne.. 8654
- D (iTe série)..., ... 99.97 9783 8663
- 60,10 9338 3665
- 31,83 8969 8613
- C (2e série).... ... 99,92 9733 8614
- 63,7(5 944.1 8727
- 58,8f) 9364 8701
- 29^9 8886 8557
- 3 2,23 8990 8629
- 99>96 07 b1 8632 Moyenne., 8644
- D (2e série).... ... 99,92 9783 8664
- 61,27 9365 8679
- 34,04 9024 8643
- 99)97 9730 8617 Moyenne.. 8651
- C (3e série),... ... 99>92 97*1(3 864.7
- 50,27 92l5 8652
- 52,19 9176 85g3
- 53,37 9267 8669
- 54,83 9300 8686 Moyenne.. 8649
- Moyen ne eénérale 8649
- a = 0,0008649, P = o,oooooi 12.
- Les expériences au voisinage de ioo° donnent pour coefficient moyen de zéro à ioo° :
- C (ira série) D (ire série. C (2° série).. D (2e série) , C (3® série).
- o, 0009773 9783
- 9743
- 9761
- 9767
- Moyenne,
- 9765
- Les nombres adoptés pour a et 3 fourniraient la valeur bien peu différente 0,0009769.
- On en déduit de là, comme coefficient moyen dans l’intervalle des températures de o° à 20°,
- 0,000 887;
- entre o° et i5°,
- 0,000 882.
- Ces nombres représentent le coefficient pratique, 'celui qui correspond à la variation de résistance apparente du mercure dans le verre; il faudrait y ajouter le coefficient de dilatation linéaire du verre (0,000007 à o,000008), pour avoir le coefficient qui donnerait la variation absolue de résistance du mercure.
- La valeur que nous avons obtenue pour les températures ordinaires s’écarte peu de celles qui ont été données par lord Rayleigh et par M. Lenz; mais celle qui correspond à la température de ioo° diffère beaucoup du nombre trouvé par M. Lenz.
- La comparaison des quatre tubes de mercure à la température ordinaire, avec l’étalon n° 75, a donné également une mesure des variations de résistance. On a obtenu, en mil lièmes d’unité B.A.,
- 13,878
- R(13,9G) — °(14.21) — + *3,497
- UI(1G,20) " 0(1G,38) “ + i3,o65
- IV(13,93) ” 0(1-4,19) = + l3,252
- Si l’on applique toujours à l’étalon n° 75 le coefficient o,ooo3, il en résulte
- b.a.u.
- ï(is.20) ~ IfOI3768
- n(13,96) = 1*oi3o27 TI*(10,20) ~ i>°i5243 IV(13.93) = *.012782
- En rapprochant ces valeurs de celles qui ont été trouvées (p. 56) pour les mêmes tubes à zéro, il en résulte
- Entre les températures Coefficient moven
- O O
- o et ï3,q3............... 0,000887
- » i3,()6.................... 886
- » i5,20.................... 889
- « 16,20.................... 892
- On a effectué les réductions relatives aux unités Siemens avec les coefficients marqués sur les étalons eux-mêmes; pour le premier, n° 1206, qui ne porte pas d’indication de cette nature, on a adopté la valeur moyenne 0,00034 des trois autres. Ces étalons ont malheureusement une forme qui ne permet pas de les plonger dans l’eau, condition qui serait indispensable pour ctudier l’influence de la température.
- Des expériences directes ont été faites sur les étalons de
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 71
- l’Association britannique. On a comparé de nouveau l’étalon n° 75 aux tubes de mercure I et II à zéro, après l’avoir porté lui-même à zéro, en le maintenant dans de la glace pilée pendant sept heures environ. On a obtenu ainsi
- I — o(0) =+ 4,519, II — O (0) = 4- 5,101.
- Ges observations combinées avec les précédentes donnent, pour le coefficient,
- 9,000270.
- Cette valeur est un peu plus faible que celle qui est généralement admise pour l’alliage de platine-argent; il en résulterait pour l’étalon n° 75, à i2°57,
- U(12,57) — U .990137,
- au lieu de la valeur bien peu différente 0,999042, à laquelle on s’est arrêté précédemment (p. 56).
- Une étude semblable sur l’étalon n° 76, également en platine-argent, qu’on a comparé, par substitution, avec l’étalon n° 75 maintenu à température constante, a donné ;
- Entre les températures Coefficient moyen
- o o
- o et 24,63............... 0,000273
- » 24,10.................... 271
- » 27,5o.................... 272
- » 26,45.................... 271
- » 25,81..................... 271
- Toutefois la forme de ces étalons, quoique plus avantageuse que celle des Siemens, rend encore très difficile l’évaluation des températures ; il faut un temps très long, par exemple, pour obtenir qu’un thermomètre placé dans la cavité centrale indique la température de zéro, même quand ou prend soin de maintenir cette cavité remplie de glace pilée.
- L’étalon n° 74 en maillechort (argent allemand), soumis à la même épreuve, a donné :
- Entre les températures Coefficient moyen
- 0 0 0 et 24, g5 » 2 5,51 - ,t..... 0,000281 .... 282
- » 17,02.,,,,,,, 281
- » 27,85 » 29»37 287 286
- Pour essayer un contrôle direct de ces valeurs, nous avons étudié deux échantillons de fil, l’un de maillechort, l’autre de platine-argent, fournis par MM. Elliot, comme étant de ceux qui servent à la construction des étalons. Ces fils ont été enroulés sur un tube de verre enfermé luLmême dans un second tube de diamètre un peu plus grand; la bobine ainsi constituée pouvait être facilement portée à des températures différentes. On a obtenu, avec le fil de platine-argent,
- Entre les températures Coefficient moyen
- 0 0 0 et 16 n 66 0.7.. ..... 0,000226 242
- n OQ,54 247
- » 99.82 244
- et, avec le fil de maillechort,
- Entre les températures Coefficient moyen
- 0 0 0 et 68,35 » 09,52 > 0Q»68 0,000275 28?. 282
- Ces nombres sont notablement plus faibles que les précédents, qui ont été déduits de l’observation directe des étalons, mais on connaît assez les modifications que produisent les moindres changements de composition chimique, ou même d’état physique, pour qu’il ne soit pas permis de conclure d'un échantillon à un autre.
- (A suivre.)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
- sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- Angleterre.
- En Angleterre, non seulement le chef de l’administration, mais l’administration centrale et provinciale est commune aux deux services des postes et des télégraphes.
- Depuis l’époque où l’Etat a fait cesser l’exploitation du service des correspondances télégraphiques par l’industrie privée, la direction de l’administration des postes et celle des télégraphes ont été confiées à un chef unique, souvent membre actif du cabinet, dans tous les cas administrateur politique au premier chef, le post-master général.
- Administration centrale.
- La direction supérieure du post-office appartient donc au post-master général, qui à ses attributions principales en ajoute quelques autres accessoires, telles que le recouvrement, par les agents des provinces, de l’impôt sur les voitures, etc. Le post-master général est secondé par le secrétaire du post-office, véritable secrétaire général qui centralise, de fait, les deux administrations postale et télégraphique.
- Le secrétaire a pour collaborateurs :
- i° Le secrétaire financier, qui a le contrôle de toutes les questions financières du service ;
- 20 Le troisième secrétaire, qui s’occupe spécialement des questions relatives au service télégraphique;
- 3» Trois secrétaires adjoints chargés de traiter par délégation, et sous la haute direction du secrétaire, les affaires ressortissant à une partie des services de ^administration centrale.
- Les questions des autres services qui ne sont pas confiées à ces hauts fonctionnaires, sont traitées directement par le secrétaire avec les agents placés à la tête de chacune des subdivisions administratives correspondantes.
- En outre, certains services spéciaux, tels que la comptabilité, le service actif, les articles d’argent, les caisses d’épargne, etc., forment des « départements » à part, placés sous l’autorité de contrôleurs » et relevant directement du secrétaire.
- La partie technique comprend un ingénieur en chef électricien et des ingénieurs.
- Organisation provinciale.
- L’administration des postes et des télégraphes est partagée en 15 districts, placés chacun également sous l’autorité d’un fonctionnaire portant le titre de « surveyor ». Avec l’assistance de deux ou trois contrôleurs adjoints, suivant
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- importance du district, le « surveyor » est chargé de inspection et du contrôle général du service d’exploitation postale et télégraphique dans sa circonscription.
- Le service technique est confié à des ingénieurs électriciens, relevant de l’ingénieur en chef, et chargés de districts correspondant, aussi exactement que possible, aux districts de l’exploitation.
- Les ingénieurs ont sous leurs ordres des inspecteurs, des surveillants de lignes, des mécaniciens et des employés.
- Services d’execution.
- En règle générale, dans chaque ville se trouve un postmaster donc l’autorité s’étend sur les bureaux secondaires des circonscriptions rurales qui entourent la ville.
- Les post-masters sont tenus de posséder les connaissances nécessaires à l’exécution du double service postal et télégraphique.
- Le système d'administration dont nous avons indiqué les traits principaux constitue une véritable application de la fusion. Cette fusion s’est faite, pour ainsi dire, naturellement et sans secousse, au fur et à mesure du rachat de l’Etat des diverses parties du réseau télégraphique, dont l’exploitation était, dans le principe, comme nous l’avons déjà dit, entre les mains de compagnies privées.
- Belgique.
- Jusqu’en 1877, les services des postes et des télégraphes, et ceux des chemins de fer de l’Etat en exploitation ne formaient qu’une seule administration. Un arrêté royal du i5 novembre 1877 a créé, en raison de l’importance croissante des deux services, une administration des postes et des télégraphes distincte de l’administration des chemins de fer de l’Etat.
- Le règlement organique du i5 novembre 1877 dispose que l’administration des postes et des télégraphes est confiée à un directeur général, relevant du ministre des travaux publics, mais les deux services forment deux branches distinctes. La direction générale comprend aujourd’hui deux directions des postes et une direction des télégraphes, exerçant chacune l'autorité et la surveillance sur les services qui en dépendent respectivement : elles agissent séparément.
- Il n’y a fusion entre les trois directions qu’en ce qui concerne, d’une part, la comptabilité centrale des recettes; d'autre part, le matériel, le mobilier, les impressions, les fournitures diverses et les locaux.
- Administration centrale.
- Si la direction supérieure et d’ensemble des services des postes et des télégraphes appartient au directeur général, la haute surveillance du service actif relève de l’inspecteur général, dont les fonctions sont analogues à celles des inspecteurs des finances en France.
- En outre, un Conseil d’administration traite, sous la présidence du ministre, les questions les plus importantes. Il se compose du ministre, president; du secrétaire général du département, vice-président; du directeur général, de l’inspecteur général et des trois directeurs.
- La direction immédiate du service actif des postes et celle du service des télégraphes ne sont pas dans les mêmes mains. L’organisation en diffère même essentiellement : tout le service télégraphique relève directement de fonctionnaires résidant à Bruxelles, tandis que Kadminîstration des postes a des chefs de service dans les provinces.
- Services d’exécution.
- Dans le service d’exécution, la réunion des deux administrations n’est pas plus complète.
- Dans un certain nombre de localités seulement existent des bureaux mixtes de poste et de télégraphe, gérés par des percepteurs des postes et placés au centre des agglomérations.
- Dans d’autres localités se trouvent des bureaux mixtes de poste et de télégraphe établis dans les gares sous l’autorité des chefs de station.
- Dans d’autres enfin, on trouve à la gare le service des télégraphes seul réuni à celui des chemtns.de fer.
- D’autre part, dans les petites localités, le service de la poste est assuré par des sous-perceptions ou bureaux à attributions limitées, confiées à des titulaires choisis autant que possible dans ces localités mêmes.
- La fusion, en Belgique, n’existe donc qu’à l’administration centrale, où elle est encore incomplète; dans le service administratif d’exploitation, elle n’existe pas ; elle n’est qu’accidentelle dans le service actif.
- Dans les autres pays, la réunion des postes et des télégraphes est faite généralement en principe. Mais, en raison de leur importance croissante, les deux services sont presque partout l’objet d’une réorganisation so t partielle, soit totale; ils ressortissent presque toujours au même ministère.
- Ainsi, en Autriche, le directeur général des postes et des télégraphes dépend du ministre du commerce.
- En Danemark, l’administration des postes, des télégraphes et des chemins de fer forme la deuxième division du ministère de l’intérieur; elle est dirigée par un directeur général.
- En Espagne, le directeur général des postes et des télégraphes relève du ministère de l’intérieur. Des mesures sont prises pour fusionner les deux services, jusqu’à présent seulement juxtaposés, entre les mains d’un directeur général unique.
- En Portugal, la direction générale des postes, des télégraphes et des phares dépend du ministère des travaux publiés, du commerce et de l’industrie. Une loi du 7 juillet 1880 en a réuni les divers services.
- En Suisse, le département des postes est dirigé par un membre du conseil fédéral qui détient egalement dans ses attributions le service télégraphique.
- En Italie, un directeur général des postes et un directeur général des télégraphes dépendent l’un et l’autre du ministère des travaux publics. Le projet de réunir les deux services et d’en former un ministère spécial a été, à plusieurs reprises, sérieusement agité, et semble devoir aboutir à très bref délai.
- Dans les Pays-Bas, les postes et les télégraphes constituent deux directious rattachées au ministère des finances.
- En Russie, le service des postes et celui des télégraphes formaient deux directions dù ministère des voies et communications. Ils appartiennent actuellement au ministère de l’intérieur, apres avoir formé temporairement, à la fin du dernier règne, un ministère spécial. On étudie de nouveau leur réunion.
- Réalisation définitive de la fusion en France
- Organisation nouvelle des deux services
- Par décret du 22 décembre 1877, rendu sur la proposition de M. Léon Say, ministre des finances, les services des postes et des télégraphes furent placés dans les attributions du sous-secrétaire d’Etat des finances; ce décret conféra en même temps à ce dernier le droit de nommer directement, dans le service des postes, aux emplois réservés auparavant à la nomination du ministre.
- Cette première mesure, qui présageait la fusion, fut complétée par les dispositions suivantes :
- Un décret du 27 décembre 1877 supprima l’emploi de directeur général des postes. Ce décret attribuait la présidence du conseil d’administration au sous-secrétaire d’Etat des finances qui, désormais devait joindre aux attributions que
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- lui conférait le décret du 22 décembre celles des anciens directeurs généraux des postes, avec faculté de déléguer ces derniers pouvoirs en tout ou en partie;
- L’administration des télégraphes fut distraite du ministère de l’intérieur par décret du 27 février 1878 et rattachée au ministère des finances.
- Comme pour l’administration des postes, le sous-secré-iaiie d’Etat devint le chef supérieur du service: il eut la nomination à tous les emplois.
- En même temps, l’article 3 du même décret, rendu sur la proposi'ion du ministre des finances et du ministre de l’intérieur, l’autorisait « à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la réunion des deux services des postes et des télégraphes ».
- Enfin, par un décret du 5 février 187g, rendu sur le rapport de MM. Waddington et Léon Say, les postes et les télégraphes constituèrent un ministère spécial.
- 11 était impossible de créer immédiatement de toutes pièces une administration fusionnée ; le personnel avait besoin de pouvoir acquérir l’instruction professionnelle nécessaire à l’exécution simultanée des deux services: il fallait donc procéder graduellement et remplacer successivement les rouagès anciens sans qu’aucun d’eux s’arrêtât.
- En effet, les deux services ont chacun, comme toute exploitation, trois groupes d’organes subordonnés hiérarchiquement: ...
- i° Organes directeurs (administration centrale);
- 20 Organes moteurs et régulateurs (administrations régionales ou départementales);
- 3° Organes producteurs (établissements postaux et télégraphiques).
- Ces trois échelons se prêtaient diversement à la fusion. C’est dans le plus élevé que la réforme devait présenter en même temps le moins de difficultés et le plus d’avantages dès le début; d’autre part, il était indispensable qu’une impulsion décisive dans le sens de la fusion vînt d’en haut, il fallait donc unifier d’abord les organes directeurs ; tel fut l’objet de l’arrêté du i5 avril 1878.
- Administration centrale
- L’administration centrale des postes était constituée sur
- modèle uniforme des administrations centrales des régies financières, celle des télégraphes n’avait pas de constitution normale et durable.
- La nécessité s’imposait donc do commencer par opérer une classification dans les services de cette dernière.
- Jusqu’alors l’exploitation et la construction avaient été confondues, ou plutôt la construction avait absorbé l’exploitation. Ou ne pouvait songer à laisser se perpétuer un pareil état de choses, au moment où l’on développait la télégraphie et où l’on donnait au public de nouvelles facilités pour en faire usage. Aussi les dispositions adoptées curent-elles tout d’abord pour objet de séparer les deux services en « Exploitation télégraphique » d’une part, et •< Service technique » ou de construction, d’autre part.
- Une même division spéciale était chargée de la comptabilité des postes et des télégraphes. L’état défectueux de la comptabilité de l’ancienne administration des télégraphes rendait cette réforme nécessaire et urgente.
- Une autre division, commune aux deux services, était chargée de la statistique, de l’enseignement et des réclamations.
- Les deux exploitations continuaient ainsi provisoirement à fonctionner parallèlement, afin qu’aucune des deux ne fût sacrifiée à l’autre; exploitation télégraphique d’une part, exploitation postale (comprenant la division de Ja correspondance intérieure et la division de la correspondance étrangère) de l’autre.
- Toutefois une économie notable était obtenue par la suppression de l’ancien bureau des services maritimes qui était
- réuni à celui de la correspondance étrangère (décision du 18 juillet 1878).
- Outre ces six divisions, le ministre conservait directement dans sa main les deux services qui devaient avoir le rôle le plus actif dans la fusion; en même temps que le service du personnel restait placé sous ses ordres directs, les rapports télégraphiques internationaux, les concessions de lignes d’intérêt privé, les conventions diverses, les renseignements sur le service étranger, le service des baux et des locations et le contentieux formaient le service central qui fut ultérieurement réuni à la direction du cabinet.
- Mais celte organisation n’était que transitoire et destinée à permettre de passer, sans des modifications trop brusques, de l’état ancien à la situation résultant de la fusion définitive.
- Les décrets en date du 19 mars 1881, du 16 juillet 1881 et du 6 décembre 1881 ont arrêté la composition définitive de l’administration centrale. Les services y sont répartis entre les directions de manière à laisser traiter par le même bureau les questions analogues, soit qu’elles se rapportent à la poste Ou au télégraphe.
- Aux termes de ces décrets :
- i° Le cabinet et les services réunis comme nous l'avons indiqué plus haut, sous le nom de service central, ont continué à être placés dans une même direction ;
- 2° La direction du personnel est restée constituée ainsi qu’elle l’était déjà antérieurement;
- 3° La direction de la comptabilité, qui dès le premier jour avait reçu ses attributions définitives, u’a pas subi de modifications nouvelles.
- Les questions confiées aux deux divisions de l’exploitation postale, à l’exploitation télégraphique et à la direction du service technique furent réparties en trois directions seu-I ement :
- i° La direction du matériel et de la construction, qui constitue le grand service technique de l’administration, et traite toutes les questions de matériel, ou de la construction des lignes, des appareils, etc. ;
- 20 La direction des services sédentaires, chargée de l’organisation et de la surveillance des services à l’intérieur des bureaux, de la distribution et du réseau télégraphique, c’est-à-dire du service effectué sur place par des agents qui ne quittent pas la circonscription du bureau dont ils dépendent ;
- 3° La direction des correspondances postales, qui s’occupe de l’acheminement des correspondances postales à l’intérieur et à l’étranger, soit par les wagons des bureaux ambulants, soit par les courriers en chemin de fer, en voi* turc ou à pied, soit par voie de mer.
- Nous avons en même temps supprimé la division de la statistique, de l’enseignement et des réclamations, dont les services ont été répartis entre les autres directions.
- Enfin, nous citerons ici pour mémoire, dans les services de l’administration centrale, la direction de la caisse nationale d’épargne, dont nous parlerons plus tard.
- Une inspection générale du contrôle a été instituée pour porter partout, sur les diverses branches de l’àdministration, la surveillance directe du ministre, pour le renseigner sur l’état du service et l’exécution des règlements.
- Les inspecteurs du contrôle sont chargés de missions dans les départements et doivent se transporter le plus rapidement possible, et à l’improviste, sur les divers points du territoire.
- Us centralisent, en outre, les renseignements relatifs aux réclamations du public et aux irrégularités de toute nature constatées dans le service. A cet effet, l’inspecteur général du contrôle est en même temps chargé de la direction supérieure du bureau des réclamations.
- L’ensemble des renseignements que fournit cette inspection permet d’introduire dans la marche de l’administration toutes les améliorations et tous les perfectionnements qui ont reçu la sanction de l’expérience. Le ministre est rapide
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- prient informé et peut prendre des mesures dès que le service paraît faiblir sur un point déterminé; il peut apprécier constamment l’activité apportée par les divers agents dans l’accomplissement de leurs obligations professionnelles; grâce à ce contrôle, les plaintes et les réclamations du public apportent un concours actif pour la surveillance du service.
- Administration régionale et départementale
- L’organisation nouvelle du service régional et départemental repose sur les principes suivants :
- Séparation, dans l’administration des télégraphes, de la construction et de l’exploitation, ainsi que cela se pratique dans l’administration anglaise et dans les grandes entreprises de chemins de fer;
- Maintien de l’organisation régionale pour le service technique, devenu un véritable service d’ingénieurs;
- Réunion des services d’exploitation du télégraphe et de la poste, placés sous l’autorité d’un chef unique dans chaque département.
- L’autonomie des deux services pour la direction de l’exploitation dans la ville de Paris a été eu majeure partie conservée provisoirement, en raison des conditions spéciales dans lesquelles ils fonctionnent. Les organes de la poste qui n’ont pas de similaires au télégraphe, bureaux ambulants, paquebots, de même que certaines parties du service télégraphique placées dans une situation analogue, n’ont pas été atteints par la fusion.
- Service technique
- Pour le service technique chargé de la construction, de l’entretien et du matériel, attributions qui comportent une moins grande multiplicité d’affaires à traiter chaque jour, la division adoptée a été celle des régions; mais le nombre des régions a été réduit de 20 à 14, plus une i5e pour l’Algérie.
- A la tête de chaque région est un directeur-ingénieur, assisté d’inspecteurs-ingénieurs et de sous-ingénieurs, qui sont eux-mêmes chargés de plusieurs départements, et ont pour collaborateurs des contrôleurs des lignes, exerçant des fonctions analogues à celles des conducteurs des ponts et chaussées.
- Les fonctionnaires supérieurs du service technique s’occupent de l’établissement, de l’entretien et de la surveillance des lignes et appareils télégraphiques, de l’installation, de l’appropriation et de l’approvisionnement des bureaux et de la télégraphie militaire. Les contrôleurs sont chargés plus spécialement du matériel des bureaux et des fonctions de. régisseur qui étaient primitivement remplies par des chefs surveillants.
- Ces derniers se trouvent ainsi rendus à leur première destination.
- Au-dessous des controleurs sont placés les chefs surveillants, les surveillants, mécaniciens et ouvriers.
- Exploitation
- ’ Dans le service de l’exploitation, la fusion trouvait en présence deux chefs de service, l’un pour la pose, l’autre pour le télégraphe. Provisoirement, l’un d’eux dut être subordonné au second et prendre le titre de directeur adjoint. Une telle organisation était transitoirement nécessaire, afin de permettre à ces agents de se mettre au courant des deux services et aussi pour ne sacrifier aucun fonctionnaire; peu à peu, les retraites et Faffectation d’un certain nombre de directeurs adjoints à d’autres fonctions les ont fait dispa. raître. Il n'existe plus aujourd’hui de directeurs adjoints, et l’avancement des inspecteurs aux fonctions de directeur a, depuis le Ier février 1879, repris son cours normal.
- Les deux exploitations postale et télégraphique sont définitivement placées dans chaque département sous l’autorité d’un chef unique, le directeur des postes et des télégraphes du département.
- Ce fonctionnaire, ayant des attributions plus étendues que les anciens chefs de service des deux administrations, peut se livrer à un travail d’un ordre plus élevé.
- il est asbisté d’un ou de plusieurs agents supérieur», dont la mission est d’effectuer sur place le contrôle du service d’exécution; ces agents ont pris le titre d’inspecteurs ou de sous-inspecteurs de l’exploitation. .
- Comme ils doivent effectuer la vérification des bureaux, ils sont tenus de connaître toutes les parties du service postal et du service télégraphique, au moins en ce qui concerne l’exploitation.
- Par la refonte des administrations départementales, une économie notable de personnel a pu être réalisée.
- Les anciens chefs de service des télégraphes étaient au nombre de 71, plus 18 directeurs de régions; ceux des postes de 83, soit au total 172 agents supérieurs.
- Le nombre des directeurs départementaux a été réduit â.................................................86
- Celui des directeurs ingénieurs, à............... 14
- Et celui des inspecteurs ingénieurs, fixé à . . . . 3i
- Soit au total »........................i3i
- Ce qui a permis de supprimer 14 emplois supérieurs.
- Ce résultat a pu être obtenu sans qu’il ait été nécessaire de recourir, comme en Allemagne, à la mise en disponibilité. On s’est efforcé, au contraire, de respecter les droits acquis par de longues années de service. Un certain nombre de directeurs adjoints ont pu profiter des vacances qui se sont produites, d’autres ont été pourvus d’importantes recettes des postes et des télégraphes; en même temps, le cadre des agents supérieurs a été fortifié par des éléments plus jeunes.
- Bureaux Je poste et de télégraphe
- La fusion est dès à présent effectuée pour tous les bureaux de l’Etat, excepté dans certaines localités, où il a été impossible de rencontrer immédiatement les conditions matérielles d’installation nécessaires. Le nombre de ces localités sc réduit à six.
- A la tête dé chaque bureau se trouve placé un receveur.
- La comptabilité des receveurs des postes et de« télégraphes est centralisée, au chef-lieu de chaque département, par le receveur principal, justiciable de la cour des comptes. Les règles de la comptabilité sont les mêmes pour les deux services. Elles ont été fixées par un règlement en date du i5 octobre 1880; ce règlement, préparé avec la collaboration du département des finances, a refondu et unifié les règles antérieures, les a mises en harmonie avec les exigences d’une situation nouvelle et a l'amené une régularité complète dans l’ensemble des opérations de toute nature.
- Une organisation exceptionnelle a été adoptée par les centres de dépôt. Un fonctionnaire ayant des connaissances techniques spéciales est placé à la tête du service des transmissions, tandis que les services du guichet et do la distribution sont rattachés â la recette principale.
- Afin de rendre la fusion plus complète, les agents des postes et des télégraphes sont tenus de se mettre le plus rapidement possible au courant du service auquel ils étaient étrangers. Ils peuvent d’ailleurs sc prêter un mutuel con* cours, avec d'autant plus de facilité que les deux services ne donnent pas leur maximum de rendement afix mêmes heures de la journée.
- Les bureaux de poste étaient antérieurement ouverts jusqu’à 7 ou 8 heures du soir; dans les bureaux de télégraphe, au contraire, le service 11c sc terminait normalement qu’à
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- 9 heures. Aujourd’hui, dans les bureaux mixtes, autres que les bureaux municipaux, les deux services sont prolongés jusqu’il 9 heures.
- Dans les localités qui sont encore pourvues d’un bureau de poste et d’un bureau télégraphique, géré par un agent municipal, les mêmes heures de vacations sont adoptées pour les deux services.
- Fusion des ioenux
- La réunion des services étant, pour les petites recettes des postes et les bureaux télégraphiques d’ordre secondaire dits municipaux, réglée par la loi du 6 décembre 1873 et le décret du 10 juillet 1876, il s’agissait, au début, de réaliser la fusion dans 601 villes en dehors des localités sièges de bureaux municipaux.
- Les loyers de la poste et du télégraphe étaient entièrement à la charge de l’Etat dans 171 de ces villes. Dans les 430 autres, les municipalités fournissaient gratuitement, en totalité ou en partie, les locaux nécessaires à l’exploitation télégraphique, en exécution de conventions conclues à l’époque de la création du réseau électrique. La plupart de ces conventions étaient à durée indéfinie, les autres à durée fixe, l’administration précédente ayant accordé, dans un certain nombre de cas, des limitations de durée, ou réduit la quotité des subventions, en mettant une part de loyer à la charge de l’Etat.
- Il ne pouvait être question d’abandonner ce concours qui, au commencement de 1878, représentait une annuité évaluée à environ 3oo 000 fr. ; d’autre part, les villes en réclamaient l’exonération complète, et, dans tous les cas, il fallait modifier la forme sous laquelle, la plupart du temps, il était fourni parla prestation directe des locaux.
- L’administration, tout en maintenant les engagements antérieurs, a tenu compte des économies de loyer réalisées par la réunion des services, et consenti au profit des villes tous les tempéraments que comportait la situation budgétaire.
- Les négociations ont été généralement longues et laborieuses; mais, grâce au dévouement des chefs de service, grâce aussi à l’intervention de personnes influentes dans les diverses localités, elles ont pu être menées à bonne fin. Partout notamment où cela était nécessaire, les conventions ancienne* ont été remplacées par de nouveaux traités qui répondent mieux à la situation nouvelle.
- Mais cette question de principe résolue, iP restait à réaliser, au point de vue matériel, la réunion effective des deux services dans un même local.
- Nous avons dû procéder par étapes successives en ajournant d’abord à une époque ultérieure la fusion dans les centres de dépôt principaux et les bureaux succursales de Paris.
- Puis nous avons porté notre attention sur ceux-ci dès que l’opération a été, pour les autres, suffisamment avancée.
- Aujourd’hui, sur 65g bureaux principaux où la fusion devait être faite, elle est matériellement effectuée, ou assurée à bref délai, dans 653.
- Bien entendu, nous ne comprenons pas dans ces chiffres un petit nombre de bureaux où elle ne pouvait être poursuivie, en raison soit de l’inutilité de les ouvrir actuellement aux deux services, alors qu’un seul y fonctionnait antérieurement pour des besoins spéciaux, comme à Paris au bureau télégraphique de la rue de Lancry, à ceux de la rue Boissy-d’Anglas, du Marché-aux-Bestiaux etc., soit des nécessités particulières entraînant l’impossibilité absolue de déplacer les bureaux existants et de trouver le moyen de les réunir dans les locaux actuels, comme à la Bourse, où existe un véritable poste central télégraphique secondaire Dans les départements, de nouvelles succursales de poste et de télégraphe ont été établies, la plupart avec le concours des municipalités : à Toulouse, Lyon, Marseille, Bor-
- deaux, Rouen, Nancy, Lille, Orléans, le Havre, Saint-Etienne, Nice, Versailles, Saint-Quentin, Nîmes, Grenoble, Reims, Besançon, Brest. D’autres seront prochainement ouvertes à Caen, Montpellier et Nantes.
- Nous nous maintiendrons dans cet ordre d’idées, afin de donner des bureaux secondaires à des localités d’une grande importance, comme population ou comme affaires, et qui n’ont encore qu’un bureau principal. Le concours des villes nous est nécessaire: nous ne doutons pas de leur bonne volonté; elles comprendront qu’il s’agit d’intérêts locaux auxquels l’Etat ne peut satisfaire qu’autant que les intéressés viennent eux-mêmes à son aide.
- Au ifr juillet 1878, le public avait à sa disposition, à Paris, 61 bureaux de poste et 57 bureaux de télégraphe.
- Actuellement 84 bureaux sont ou vont être ouverts au service postal et 92 au service télégraphique : c’est une augmentation de 23 bureaux de poste et de 35 bureaux télégraphiques.
- 75 bureaux sont ainsi ouverts à la fois aux deux services ;
- 9 bureaux sont ainsi ouverts au service postal seul.
- 17 bureaux sont ainsi ouverts au service télégraphique seul.
- Depuis le Ier juillet 1878, 12 bureaux mixtes ont été créés, 11 bureaux télégraphiques ont été pourvus du service postal et 22 bureaux de poste ont été complétés par l’addition du service télégraphique.
- Au ier juillet 1878, les loyers des bureaux de poste et de télégraphe, susceptibles d’être fusionnés dans les départements, y compris le département de la Seine (extra mur os). mais non compris les recettes secondaires des postes et les bureaux télégraphiques municipaux, s’élevaient à. 1.049.398
- Ils étaient au 1** juillet 1882 de 1 102 36i francs.
- Et les subventions accordées par les villes pour les loyers s’élevaient à 10S.000 fr.
- Les loyers à la charge de l’Etat étaient donc
- ôc........................................... 094.361
- Soit une économie annuelle de. . . ......... 55,o37
- Celte économie a été employée, jusqu’à concurrence de 25ooo francs, au payement des loyers de nouveaux bureaux succursales. Le complément a été destiné à réaliser dans les bureaux centres de dépôt et les succursales de Paris des extensions en rapport avec les exigences du service; cette amélioration est du reste en pleine exécution.
- D’un autre côté, en transformant l’obligation de fournir le local du bureau télégraphique, la plupart du temps illimitée, contre une subvention temporaire et réduite, nous avons fait bénéficier 430 villes d’un dégrèyement annuel de 200000 francs, indépendamment de Fallègemcnt produit par la limitation de leurs engagements.
- Nous avons pu ainsi substituer à des locaux presque partout exigus, mal disposés, trop restreints pour un service qui y étouffait, des installations plus larges et plus confortables. susceptibles de répondre aux exigences d’une circulation augmentant sans cesse.
- Il était pénible de comparer les salles où l’on reçoit le public dans d’autres pays avec nos salles d’attente; nous nous sommes attachés à rendre celles-ci plus' spacieuses et d’aspect plus convenable, à faire disparaître autant que possible les obstacles qui se dressaient constamment entre le public et les agents en rapport avec lui.
- Procéder ainsi, c’était éviter l'encombrement, faire gagner de l’ordre et de la rapidité aux opérations. *
- Déjà en 1866, M. Vandal appréciait l’état des locaux dans le rapport déjà cité :
- « Les établissements de poste laissent grandement à désirer sous le rapport de Pinstallatiou intérieure; les bureaux sont insuffisants; les locaux affectés au public sont trop exigus, le jour, l'espace et la lumière manquent presque partout, et la bonne tenue d’un grand service administratif
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- exclusivement consacré au bien-être du public souffre de ce vice très prononcé dans les installations matérielles. Cette situation, née du développement de la correspondance et du renchérissement des loyers, et qui provoque souvent les plaintes du public, ne pourra sc modifier que lorsque des subsides de quelque importance auront été alloués pour l'amélioration de cette partie du service.
- En 1877, Al. Riant constatait que cette situation n'avait pas changé.
- « Il est notoire, disait-il, que les bureaux de poste laissent généralement beaucoup à désirer comme aspect extérieur et comme aménagement intérieur. Les salles réservées au public sont trop étroites, le jour y fait défaut, tout l'ensemble trahit une organisation gênée, restreinte, peu digne, en un mot, d'une grande administration publique. »
- Cet état de choses déplorable est presque partout modifié.
- Dans certaines villes, particulièrement importantes au point de vue du trafic, nous avons éprouvé des difficultés exceptionnelles.
- Ce sont des centres où convergent les transmissions télégraphiques des bureaux voisins; le trafic postal y est en même temps très développé. L’accroissement de circulation s’est donc produit dans les bureaux principaux de ces villes avec de fortes proportions.
- Aussi, en raison de l'époque éloignée où elles avaient été réalisées, les installations existantes étaient devenues de beaucoup insuffisantes. On s'en rend compte en songeant que le service postal a plus que doublé depuis quelques années, que le service télégraphique a plus que quadruplé endant le même tcmqs.
- Il est très rare de rencontrer dans ces villes des bâtiments suffisamment vastes, bien situés et présentant la distribution spéciale nécessaire.
- Or, faute d'un aménagement convenable, les surfaces 11e peuvent être qu'imparfaitement utilisées. Les dépenses de personnel sont augmentées par suite du défaut de concentration et de la difficulté de la surveillance.
- Souvent les appropriations des bâtiments dont on pourrait disposer ne peuvent être modifiées qu'à grands frais; souvent aussi les propriétaires s'opposent à tout remaniement un peu important.
- Exécutés par le proprétairc, les travaux d'aménagement entraînent une forte majoration de loyer. Exécutés par l'Etat, ils constituent une dépense morte; l'utilité des travaux effectués cesse en effet avec l’occupation des locaux, et souvent il est nécessaire, eu fin de bail, de rétablir les dispositions primitives.
- Pour Un certain nombre de villes, heureusement fort restreint, les recherches poursuivies depuis longtemps sont restées infructueuses; nous avons acquis la conviction qu'on ne pourrait sans dommage pour le Trésor, et sans péril pour le service, sc contenter des conditions ordinaires de location.
- La solution qui s’imposait était la construction d'hôtels spéciaux; en nous adressant à des particuliers, nous eussions été astreints à payer les loyers sur un taux sensiblement supérieur à 5 fr. 5o p. 100. Nous avons réalisé, grâce à l'intervention de la caisse des dépôts et consignations au concours des villes, une combinaison qui est ainsi exposée dans le rapport présenté par M. Parent au Sénat :
- * Le principe de cette combinaison est le suivant : allocation gratuite par la ville du terrain ; construction par celle-ci d’un hôtel par un emprunt, remboursable en trente-trois ans, à la caisse des dépôts et consignations, au moyen d'annuités de 5,5o p. 100.
- *« Abandon par la ville à l'Etat de l'ensemble des constructions et du terrain contre le payement pendant trente-trois ans d'un loyer calculé sur le même taux de 5.5o p. 100 des seules dépenses de construction.
- « Cette combinaison a donc l’avantage de permettre des installations aussi bien aménagées que possible, d’apporter
- dans trente-trois ans à l’Etat un terrain de grande valeur et une construction importante, contre payement pendant ce temps d’un loyer calculé seulement sur les dépenses de construction et à un taux inférieur à ce qu’un particulier aurait demandé d’après la valeur d’un terrain et d’une construction dont il serait resté propriétaire. >»
- Des projets de loi ont déjà été présentés aux Chambres et volés pour 1'application aux villes de Nice* de Blois, de Grenoble, de Âlontpellier, d’Amiens, de Calais, d’Hyères, de Menton, de Sedan, de cette combinaison qui sera restreinte à des cas tout à fait exceptionnels.
- En dehors des bureaux principaux, nous avions à pou voir à l’amélioration de l’installation des recettes secondaires des postes, qui avaient été beaucoup trop négligées jusqu'ici.
- Les locaux étaient mal clos, les salies d’attente manquaient parfois, et le public ne pouvait être reçu à couvert. C’était une situation tout à fait indigne de l’administration.
- Les prix des loyers nouveaux de ces bureaux dépassent en moyenne de 45 p. 100 ceux des baux qui arrivent à expiration. L’augmentation est du reste exceptionnelle et s’applique non au renouvellement des baux, mais à l’extension des locaux déjà occupés et aux déplacements nécessités par les insuffisances actuelles.
- C’était un sacrifice nécessaire pour permettre au service de s'exécuter avec sécurité et de faire face à une augmentation constante de trafic.
- Fusion du personnel
- Au point de vue du personnel, la fusion ne présentait pas moins de difficultés.
- Deux receveurs, l'un pour la poste, l'autre pour le télégraphe, se trouvaient en présence dans beaucoup de localités ; on a procédé à leur égard comme on avait procédé pour les directeurs. L'un des deux receveurs a été nommé titulaire, l'autre receveur adjoint et subordonné au premier, en attendant qu'il fût possible de lui assigner une destination nouvelle. La question de subordination a été résolue, pour chaque cas, après un examen minutieux portant sur les conditions respectives de grade et d'ancienneté de service.
- La fusion est aujourd'hui complète, tous les receveurs adjoints ont reçu de nouvelles affectations, l'avancement a repris son cours normal.
- Les économies réalisées par la fusion, au point de vue du personnel, se traduisent par une somme de 1 i52 000 francs résultant de la suppression de ,
- 24 emplois de directeur des postes............... 145.000
- 59 emplois d'inspecteur chef de service des télégraphes......................................... 309.000
- 140 emplois de receveur des postes................ 321.800
- 121 emplois de receveur des télégraphes........... 292.400
- 140 emplois de gérant des télégraphes........... 84 000
- 484 I.l52 200
- Mais ces résultats n'ont qu’une importance tout à fait accessoire au point de vue des avantages de la fusion; son but principal a été en effet d’augmenter les forces des deux services en leur permettant de se prêter un mutuel concours. La surveillance a pu être ainsi améliorée, les locaux sont devenus plus vastes et mieux aménagés. La répartition du travail s'est faite plus utilement. Il en résulte qu'une économie considérable a été réalisée, surtout en atténuant l'énorme surcroît de dépenses qu'il était indispensable de consentir pour améliorer les services de la poste et du télégraphe.
- (A suivre.)
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- CORRESPONDANCE
- Paris, le 7 juillet 1884, Monsieur le Directeur.
- J’ai l’honneur de vous adresser deux notes, i*une en réponse à l’article de M. le Dp Van der Ven « Sur la force électroraotrice du couple de Lalande-Chaperon •, paru dans le numéro du 21 juin de la Lumière Electrique, l’autre en réponse à la notice de MM. Fabri et Ravaglia * Sur une nouvelle pile à liquide alcalin » parue dans le numéro du 5 juillet.
- Nous comptons sur votre gracieuseté et votre, impartialité pour vouloir bien publier cet article en bonne place dans votre prochain numéro.
- Veuillez agréer, etc.
- F. de Lalande.
- Sur les constantes de la pile à oxyde de cuivre.
- Le numéro du 21 juin de La Lumière Electrique contient une note de M.. le Dr Van der Ven sur les constantes du couple à oxyde de cuivie, au sujet de laquelle nous vous demandons de présenter quelques observations.
- Comme les résultats indiqués par M. le Dp Van der Ven différent énormément de ceux que nous avons trouvés nous-mêmes, aussi bien que de ceux <\m ont été constatés par des observateurs désintéressés, nous avons dû rechercher les raisons de cette divergence.
- Nous nous empressons de reconnaître que les mesures de M. le Dr Van der Ven paraissent fort bien faites et oue la disposition de ses appare ls est irré, rochable. Il semble cependant que la conclusion à laquelle il e-t conduit au sujet de ia fo-ce électromutiice du couple étudié est sujette à une critique, v|Ue nous formulons d’a-jtant plus volontiers qu’elle est d’ordre général ets’a.n»-iquepie>queàtouies les mesuras de ce genre exécutées sur un t^rand nombre de p ies.
- Lorsqu’on détermine la force élecuomotrice E et la résistance y d’un élément quelconque, pour lequel ces deux grandeurs varient avec le régime (et on p-.ut ai’fiimer que celte variation a heu d’une façon à peu pies géné ale. sauf t eut-être dans le cas de l’é ément Daniel ), on institue deux expériences dans lesquelles le co-ipie travai le .-ur deux résistances extérieures diltér ntes. Par des mesures d^nten^ité, ou m eux, comme dans les ex énences de M. Van der Ven, de ditfé ence de niveau entre d .ux points de la 'ésistunce extérieure, on obtient deux relations ent>e 1 s grandeurs E et y.
- Mais si ces deux valeurs varient en passant d’un régime à un autre, les deux re ations, a nsi établies, permettent seulement de trouver une sorte de valeur moyenne entre les états définis par les deux, expériences. Ces valeurs moyennes permettent bien de calculer le travail de la pile sur une résistance extérieure comparable à celle des observations, mais ce n’est que par une véritable extrapolation assez incertaine que l’on appliquerait les constantes ainsi trouvées à un régime d fféront.
- C’est ainsi que les valeurs de E et de y (0,66 à 0,64 volts, et o,o5 à 0,09 ohms), trouvées par M. le Dr Van der Ven pour Vèlèment monté comme il l’indique, conviendraient bien pour calculer son travail sur des résistances comme cci es dont il s’est servi (de 0,20 et 0,20 + 0,17=0,37 ohms mais sur des résistances d’ordre très différent, par exemple sur une ou deux lampes à incandescence, la valeur de E se relèverait vers 0,8 ou 0,9 volts.
- Mais il est une objection plus importante à faire à ces mesures, c’est qu’elles ont été prises sur un élément qui paraît avoir été chargé dans des conditions tout à fait différentes clés conditions normales que nous avons indiquées (V. La
- Lumière Electrique du 21 juillet i883 et du 17 mai 1884). Nous recommandons d’employer une solution de potasse caustique à 3o ou 40 %, et la solution employée par M. le Dr Van der Ven ne renfermait que 23 °/» de potasse. Cette condition a dû changer dans une large mesure les constantes de la pile, et notamment sa résistance et son déb t total. Nous avons indiqué qu’il fallait environ trois parties de potasse solide, employée en dissolution concentrée, pour dissoudre une partie de zinc : avec 900 grammes de potasse, M. Van der Ven aurait dissous plus de 1000 grammes de zinc. C’est-à-dire qu’une grande partie du zinc a dû être précipitée dans le liquide à l’état d’oxyde ou d’hydrate et augmenter considérablement sa lésistance.
- Nous avons déterminé, au moyen de l’excellent appareil de M. Kohlrausch, les résistances des différents modèles de la pile à oxyde de cuivre, et nous avons trouvé les chiffres suivants, en regard desquels nous indiquons le débit pratique maximum, que l’on ne doit pas dépasser, si l’on veut que la pile ne se polarise pas d’une façon notable.
- Résistance Débit
- ohm amp. 0,03 8 à 12
- o.10 3 à 4
- o,o35 6 à 8
- 0.10 1,5 à 2
- 0,i5 ' i,5 à 2
- Elément à auge, grand modèle, 40x20°“.
- — petit modèle, 2fx i4-m • Elément hermétique fonte (diamètre om22).
- — (diamètre om09).
- Elément à spirale.....................
- Ces résistances sont remarquablement faibles. Mais dans des éléments de ce genre le support métallique de l’oxyde de cuivre où t*>ute 1a surface métallique immeigée qui con-tr buent à diminuer la lésisiance, n’agissent 1 as d’une façon également uiile pour opéier la dépolarisatiou pendant le travail. Il ist probable que les surfaces métall ques, se recouvrant d’hydrogene, font changer la résistance des couples lorsqu’ils doivent donner un grand débit. I, s’ensuit que ie débit possib e sans polar sation notab e n’est pa^ en rapport avec les iésistances à l’état ue repos, maL avec >a surface ag ssante o’oxyde de cuiv e. L\xpé ience nous a prouvé que ce débit ne d--it pas dépasser 1 am ère â 1 ampère 1/2 par décmeire carré de surface dépo;arisante active.
- Au poiut de vue pratique, il nous semble qu’un élément est utilement défini Ion que l’on connaît, pour un ré.ime de débit déterminé, la maniéré dont varie la différence de potentiel aux bornes. Cette expérience a été faite sur un élément a spi ale (surface »:épo arisante, 44 cent metn. s carrés), par M. H«>sp tal er (Voir éhlectrician, numéro du 1er août 1883) L élément reufeimait 800 grammes de so u ion de potasse à 40 0/0, soit 320 grammes oe potasse solide. Il a été mis en ciicu.l pendant six jours entiers, s -il 144 heures de t avait continu, sur une résistance de 0.8 ohms, et a fourni un courant moyen de un demi-ampere, avec une consommation ue zinc de 88 grammes, égale à la consommation théorique.
- La force électromotrice de la pile a conservé une constance remarquable, ainsi qu’on peut en juger par la courbe représentant le débit.
- La différence de potentiel aux bornes qui était au début de 0,455 volts était encore, après 48 heures de travail continu de 0,431 volts, bien que le débit proportionnellement à la surlace dépolarisante fût bien plus grand que dans l’expérience de M. le Dr Van der Ven. La chute du potentiel n’étaii que de 5 pour cent environ, tandis qu’après 49 heures de travail discontinu, M. le Dr Van der Ve-n observait une chuie de potentiel de plus de 5o 0/0 (de 0,04 D a 0,23 D). L’élément étudié par M Hospitalier donnait encore, après 144 heures de travail continu une difféience de potentiel aux bornes de 0,32 volts; la chute totale de potentiel n’atteignait pas 3o 0/0. Les éléments manquaient pour calcu er exactement la force électromotrice de l’élément en travail, sa résistance pendant le travail étant inconnue ; mais en ouvrant le circuit extérieur et faisant une lecture aussi rapide
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- que possible sur lé potentiomètre de Sir W. Thomson placé en dérivation aux bornes, on observait des nombres conduisant à une force électromoirice de o,8 volts environ.
- Nous n’insistons pas sur d’autres expériences faites avec des éléments de plus grande dimension, et dont les résultats concordent, comme on pouvait l’affirmer à priori, avec ceux indiqués ci-dessus.
- Avec un élément ayant une surface de om,63 sur om,45, nous avons observé un débit régulier de 20 à 25 ampères pendant 48 heures. Il nous paraît certain que les résultats obtenus parM. le Dr Van derVen sont dus uniquement aux conditions spéciales d’après lesquelles était monté l’élément qu’il a étudié : nous sommes convaincus que dans les conditions normales ses observations auraient concordé avec celles que nous avons rappelées.
- Sur une Note de MM Ruggero Fabri et G. Ravaglia
- MM. les professeurs Ruggero Fabri et G. Ravaglia décrivent, dans le dernier numéro de La Lumière Electrique, une « Nouvelle file à liquide alcalin » qu’ils présentent comme un perfectionnement de la pile à oxyde de cuivre.
- Sans contester l’intérêt des recherches de MM. Fabri et Ravaglia, nous désirons rappeler que, dès 1881, nous avons employé et breveté le charbon comme support de l’oxyde de cuivre dans nos éléments. Nous avons à cette époque construit et décrit dans nos brevets des électrodes dépolarisantes composées de fragments de charbon de cornue mélangés à l’oxyde et contenus soit dans un vase poreux, soit dans une boîte en toile métallique. Lorsque l’oxyde de cuivre est réduit, ces couples fonctionnent comme ceux de MM. Fabri et Rsvaglia. Si nous n’avons pas continué l’étude de ces couples, avec ou sans oxyde de cuivre, c’est que ce dispositif nous a paru inférieur aux autres, en particulier à ceux où le support de l’oxyde est métallique.
- L’influence de la nature et des dimensions de ce support est effectivement remarquable, non seulement dans les p.les à dèpolarisant solide, mais encore dans tous les couples autres que le Daniell. Il paraît probable que la grandeur de la force électromoirice est influencée par le travail ou l’énergie libre qui correspondent à l’absorption de l’hydrogène par le support. Le dépoiari-ant absorbe bien à son tour cet hydrogène, mais l’effet dû au support entre néanmoins dans la grandeur du travail, et, surtout après un repos, te même dépolarisant peut fou'nir deux valeurs distinctes de la force électromotrice avec deux supports différents.
- C’est ainsi que l’élément de Grove, où l’électrode plongeant dans i’acide nitnqae est en platine, est indiqué dans la plupart des traités comme ayant une force électromotrice légèrement supérieure à celle du couple Bunsen, où cette électrode est en charbon.
- De même l’élément zinc, charbon, eau acidulée se montre très inférieur au couple Smée 'lorsque le charbon n’a pas été platiné), et reprend très difficilement sa force, même par un long repos, lorsqu’il a été polarisé.
- L’étude que nous avons faite des électrodes-supports dans les couples à I qui le alcalin, nous a conduit à préférer d’une manière générale les métaux au charbon, surtout au point de vue de la rapidité de la dépolarisation.
- Nous ne croyons pas d’ailleurs que l’on puisse aisément établir un rapport entre le nombre de calories au juel correspond l’action chimique d’un couple et sa force électro-motrice, lorsque l’une des électrodes est polarisable. Dans ce cas, la valeur de cette force à l’origine ou après un 'ong repos, mais seu ement pen tant la période assez courte qui précède le dégagement d’nydiogène, dépend, comme nous l’avons dit, du travail produit par l'absorption ou l’occlus on -dü gaz. Avec du platine, du charbon platiné ou du chaibon de cornue récemment calciné, ce travail peut être considérable. Peut-on évaluer en calories l’énergie correspondante
- par une méthode expérimentale? C’est ce qui n’a guère été étudié, et les recherches de MM. Fabri et Ravaglia sur ce point intéresseraient, tous ceux qui s’occupent de ces questions. Nous espérons d’ailleurs que ces messieurs voudront bien reconnaître notre antériorité constatée par nos brevets français et étrangers, en ce qui concerne l’emploi du char bon et des dispositifs d’électrodes ci-dessus décrits.
- F. pe Lalande et G. Chaperon.
- FAITS DIVERS
- I.e ministre du commerce vient d’informer le président de la commission des brevets d'invention qu’il admettait en principe l’élévation de quinze à vingt ans de la durée des brevets d’invention, mais qu’il y avait lieu, au préalable, de consulter les chambres de commerce et les chambres d’agriculture.
- La Société des ingénieurs civils de Londres, a décidé d’ériger un monument en l’honneur de feu Sir William Siemens.
- La date extrême pour les demandes d’admission à l’Exposition universelle d’Anvers qui avait été fixée d’abord au tcr juillet, vient d’être reportée au Ier septembre 1884.
- Mille ouvriers sont occupés à la construction des bâti-timents pour l’exposit'on de ia Nouvelle-Orléans, L’éclairage électrique comprendra i5,ooo lampes à incandescence et la force motrice totale sera de 3 000 chevaux environ.
- Le premier et l’unique chemin de fer électrique en Autriche, entre Mœdling et Vorder Brühl (au sud de Vienne), vient de remplacer l’électricité par la traction à vapeur, les interruptions ayant été si fréquentes pendant les sept mois du fonctionnement des appareils électriques qu’une exploitation régulière était pour ainsi dire impossible.
- Le gouvernement italien se pronose de fonder un observatoire central à Rome, sous la direction du bureau météo-rologi tue. Une somme de 176000 francs va être votée dans ce but, en dehors de 17 000 francs pour les dépenses annuelles.
- VWWWWW
- Éclairage électrique
- L’éclairage par des bougies Jablochkoff, à Londres, vient d’êire supprimé, après avoir fonctionné depuis l’année 1878.
- L’Arawa, le nouveau bateau à vapeur de la Shaw Saville and Albion Co, de Londres, a été pourvu d’une installation d’éclairage électrique comprenant 3oo lampes à incandescence; un autre navire, le Tainui, appartenant à la même compagnie, va recevoir une installation semblable.
- MM. Siemens frères, de Londres, ont installé la lumière électrique avec des lampes à incandescence à bord du paquebot la Tasmania, appartenant à la Peninsular and Oriental C°.
- Des expériences importantes d’éclairage électrique ont eu
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- lieu dernièrement à Zurich La force motrice a été fournie par Six turbines de iôo chevaux chacune appartenant à la ville. La gare ainsi qu’une rue avoisinante ont été éclairées, et on compte adopter cet éclairage pour toute la ville.
- La ville de BigRapids, Michigan, va être éclairée à l’électricité par une société locale formée dans ce but.
- La Sociedad Espanola de Electricidad a installé la lumière électrique dans deux nouveaux théâtres de Barcelone. Le théâtre des Novedades est éclairé pendant les entractes par 5 lampes à arc Gramme, habilement disposées.
- Télégraphie et Téléphonie
- Nous trouvons dans le journal la France, dans un article intitulé •< l’Ere des chemins de fer et de la télégraphie en Chine » les renseignements suivants sur l’introduction des télégraphes è'ectriques dans ce pars; renseignements qui complètent ce qui a été déjà dit dans nos colonnes.
- Au commencement, les autotitès chinoises ne voulaient pas entendre parler de cette invention diabo.ique due aux barbares de l’Occident.
- En i85i, un certain Macgowan, ayant cherché à introduire l’usage de la télégraphie dans l’Empire du Milieu, et ayant rédigé à cet effet des mémoires et des facti.ms qu’il présenta aux vice-rois de Canton et de Nankin, fut expulsé de cette dernière ville par ordre du fonctionnaire qui y gouvernait.
- Pendant les six années suivantes, la question fut enterrée; enfin, un Américain obtint du gouvernement l’autorisai ion d’établir sur les côtes un câble, qui fut en effet posé en 1871, par les soins de la Compagnie danoise : Great Northern Telegraph Conipany.
- Les difficultés soulevées avec la Russie pour la question de Kouldja, puis l’affaire engagée avec le Japon au sujet de Formose firent changer d’opinion aux hommes d’Etat de l’Empire Céleste ; ceux-ci reconnurent qu’il y aurait au contraire avantage, tant pour la sécurité intérieure, que pour la défense militaire du territoire, à relier entre elles les parties les plus éloignées de l’Empire.
- Li-Hung-Chang, ce personnage qu’on est sûr de trouver toujours en avant quand il s’agit de progrès, fut nomm en 1Û81, commissaire général des télégraphes pour toute la surface de l’empire. La compagnie dont nous parlons s’empressa de conclure avec lui, le 8 juin de la même année, une convention valable pour vingt ans et d’après laquelle le monopole de la construction des lignes télégraphiques lui était assuré.
- Dans le principe, les autorités chinoises se montraient, comme nous l’avons dit, fort opposées à l’introduction du système, mais comme il arrive toujours chez ce peuple enfant, à peine la résolution d’établir des fils télégraphiques eut-elle été fermement prise que, sous les auspices de Li-Hung-Chang, on poussa l’exécution avec une activité fiévreuse.
- On commença par les lignes de Tien-Tsin à Shanghaï, et Tien-Tsin à Takou, qui furent livrées à l’exploitation dès les premières semaines de 1882. Un an plus tard, on construisit la ligne de Tsien-Tsin à Péking; mais il fallut d’abord vaincre les préjugés qui, dans l’esprit superstitieux des indigènes, paraissaient s’opposer à l’établissement de fils aériens.
- Puis vint la mise en communication de Hong-Kong et de Canton; pendant l’été fut entreprise la construction de la ligne Shanghaï-Canton, dont la section Shang-haï-Ningpo est ouverte; le reste suivra bientôt.
- On est en ce moment en train de poser les fils d’une grande ligne qui, de Shanghaï, sè dirigera sur les différents ports
- fluviaux du Yang-tsé Kiantr; l’uneales sections fonctionne déjà depuis le 27 avril de cette année.
- Le mois d’auparavant, on avait inauguré le télégraphe allant sur la côte orientale jusqu’à Foutchéou.
- Les Chinois paraissent n’agir que sous l’empire de la nécessité.
- La guerre du Tonkin n’aurait pas dû les prendre au dé-pomvu; cependant ce n’est qu’au commencement de cette année qu’ils ont songé à l’établissement d’une ligne construite dans un but stratégique, ligne allant de Canton à la frontière du Tonkin. A la fin de février, les fils avaient atteint les limites de la province de Kouang-Si, et l’on espérait avoir bientôt terminé.
- N’oublions pas de mentionner le câble de Canton à Haï-phong fTonkinl, et cetui de Na ’asaki (Japon) à Fousan (Corée), qui rasse par l’ile de Tsausima, les deux voies de communication télégraphique sont ouvertes depuis quelques mois seulement.
- Au début, le peuple jaune usa peu du télégraphe : d’abord le tarif était trop élevé, nuis la confiance dans lés emp oyés ch'no's était mince, on doutait de leur exact'tude et de leur di-crét on, bien qu’une école de télégraphistes eût été créée à Tien-Tsin.
- Aujourd’hui, la méfiance contre la nouvelle institution commence à dis paraître, et 'es Célestes répugnent de moins en moins à faire usage du télégrapne.
- Le réseau pneuma'ique de Paris sera probablement terminé pour toute l’enceinte fortifiée avant le mois de décembre prochain, et on s’occu e dès maintenant de faire desservir les communes suburbaines par le même moyen.
- Le nombre des dépêches ayant passé par Paris pendant l’année i883 a été de :
- 636i35o au départ,
- 6og53o8 à l’arrivée, i5oqo5q2 au transit;
- soit 27 55ô23o dépêches.
- .On annonce que le ministre des postes et télégraphes a l’intention d’essayer le système Van Rysselberghe entre le Havre et Rouen.
- Au bureau central des télégraphes à Londres, à Saint-Martins-le-Grand, on n’emploie pas moins de 12 000 éléments Daniell, 8000 éléments Fuller aubichromate et 800 éléments Leclanché.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre pour l’année finissant le 3o juin dernier, ont été de 43,750,ooo francs, d’où il ressort une augmentation sur l’année précédente de 375,000 francs.
- Voici, selon le Journal Télégraphique, la liste des principales voies de communications télégraphiques qui ont étc interrompues pendant le mois dernier :
- Date
- de
- l'interruption
- Date
- du
- rétablissement
- Câblé Key-West-Havane . . .
- Câble Para-Maranham.......
- Ligne sibérienne, près de Bla-gowestschensk. .......
- Câble Chorillos-Mollendo. . . Câble Pernambuco-Ceara. . .
- 14 mai 1884 29 mai 1884
- 28 mai 1884 5 juin i88a
- 21 juin 1884 22 juin 1884
- i3 juin 1884 23 juin 1884
- 21 janvier 1884 . —
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- La Commercial Cable Co a déjà ouvert un bureau dans le Royal Exchange, à Londres.
- Le câble entre Granton et Burntisland appartenant au département des télégraphes en Angleterre est interrompu. Ce câble est entièrement affecté aux dépêcnes de la North British Railway Co qui seront provisoirement transmises par le câble de Granton à Aberdeen.
- Une ligne télégraphique chinoise a été construite et fonctionne maintenant entre Canton et Lunechnu, à go milles au nord de Nauning, sur la frontière du Tonkin.
- La Cuba Submanue Te'egraphe C° a transmis 3 53i dépêches pendant le mois de juin dernier, contre 3 120 pendant la même période de l’année dernière.
- Le gouvernement de Boeota a demandé des soumissions pour la construction d’environ 5no milles de lienes télégraphiques entre la ville de Panama et Costa-Rica, mais personne n’a voulu s’en charger
- Les opérateurs de l’appareil Morse sont arrivés, aux Etats-Unis, à envoyer jusqu’à 42 mots par minute, pendant 60 minutes consécutives, ou 2 5cio mots par heure.
- Le directeur du télégraphe avertisseur de la police et des incendies, à Philadelphie, a fait sais'r les fils de la Postal Telegraph Co qui sont installés sur les poteaux de ta ville et que la Compagnie s’était engagée à placer sous terre avant le 1er mat dernier.
- Nous avons fait connai're le projet de loi déposé sur le bureau de la Chambre par le ministre des rosies et des 'é-légraphes, et t ndi.nt à proroger pour une nouvelle période de-cinq années les concessions actuelles de réseaux téléphoniques, tout en réservant les droits de l’Etat d’établir lui-même ou de concéder à d’autres compagnies des réseaux concurrents.
- La commission de la Chambre chargée d’examiner ce projet, a décidé hier d’inviter le ministre à le retirer pour le modifier, à raison de l’insuffisance de ses développements.
- En réponse à une interpellation d’un membre de la Chambre des Communes, en Angleterre, le directeur général des postes et télégraphes a déclaré qu’il recevait tous les jours des demandes d’extension des privilèges accordés aux différentes Compagnies des téléphones. Afin d’éclaircir la question, les Compagnies vont être invitées par l’administration à se faire représenter dans un congrès qui aura lieu prochainement à Londres, dans le but de déterminer les mesures à prendre pour modifier les conditions des concessions téléphoniques, de façon à donner satisfaction aux justes réclamations du public et des Compagnies à la fois. L’admi-nistrat’on désire accorder toutes les facilités possibles aux Compagnies, sans toutefois léser les intérêts du Trésor.
- «AAAAAAV-VN.
- Le département des postes et télégraphes, en Angleterre, à installé des réseaux téléphoniques dans 17 villes avec un total de 748 abonnés, tandis, que l’United Téléphoné C°,
- dans la même période, a installé 66 réseaux avec 10 632 abonnés.
- Le réseau téléphonique de la National Téléphone C°, a Nottingham, qui a été ouvert au mois de septembre 1881 avec 2S abonnés, en compte aujourd’hui 140 avec une moyenne de i 000 communications par jour. Trois cent cinquante milles de fil ont été placés dans un rayon de 14 mil es du bureau central et sept différents villages autour de Nottingham ont été re iés. Le service se fait jour et nuit et on compte installer prochainement des bureaux publics dans la ville.
- La National Téléphoné C° a demandé au conseil municipal d’Edimbourg de pouvoir taire des expériences dans la vi le avec des ci nducteurs souterrains, en vue de les adopter défini ivement pour le réseau téléphonique.
- Malgré la décision de la cour d’appel dé l’United Téléphoné Cn, à Londres et le Conseil municipal de Wand-sworth dont notre correspondant en Angleterre a rendu compte dernièrement, les habitants de Wandsworth ne se tiennent pas pour battus, et on fait en ce moment des démarches pour porter l’affaire devant la Chambre des lords.
- Plusieurs bureaux téléphoniques viennent d’être ouverts au pub ic à Hambourg, de 8 heures du matin à 9 heures du so:r. Une de ces s'ations est ins'allée dans l’hôel des Postes, p ès d" Hafenlhnr. Le prix d’une couve-sation de cinq minu’es avec les abonnés, dans la ville même, e-t de 70 centimes; pnur une communicat'on avec Altona, le prix est de 90 centimes, et avec Harburg, de 1 fr. 25.
- En Amérique, la moyenne des abonnés au téléphone est de 1 sur 378 habitants; en Europe, 011 compte 1 sur 487 habitants, tandis qu’à Honoloulou la proportion est de 1 sur 10; c’est-à-dire qu’il y a huit fois plus d’abonnés en p opor-iinn qu’en Améri ue. Le prix de l\.bonnement à Honoloulou n’est que de 20 à 25 franc» par mois. Le bureau central fonctionne depuis quatre ans jour et nuit sans une seule interruption.
- Un nouveau réseau téléphonique va être installé à Sea-br'ght, N.-Y., Etats-Unis, où quinze abonnés se sont déjà fait inscrire.
- L’Oriental Téléphoné Co a transféré son réseau télépho-niaue à Shanghaï à la China and Japan Téléphoné Co. Un petit bureau central établi à Hong-Kong a été fermé faute d’abonnés.
- Un nouveau système de communication téléphonique entre deux trains de chemin de fer en marche a été essayé en Amérique avec un résultat favorable. Le système permet également au conducteur du train de-communiquer avec les stations de chaque côté pendant la marche.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 49114
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5j, rue Vivienne, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ secrétaire de la rédaction : Aug. GUEROUT | administrateur : Henry SARONI
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 19 JUILLET 1884
- / w/
- N» 29
- SOMMAIRE
- Sur l’enroulement de l’armature des machines Siemens ; Aug. Guerout. — L’électriciié confe les incendies ; F. Evrard. — Sur un mode spécial de couplage des machines dynamo-électriques ; Menges. — Accumulateur Planté à lames de plomb horizontales ; P. Samuel. — Observatoire portatif de M. Ragona ; O. Kern. — Chronique de l’étranger : Allemagne; F. Uppenborn. — Angleterre; J.Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Sur la conductibilité des solutions aqueuses très étendues, par M. Bouy. — De l’emploi du téléphone en télégraphie.- La distribution d'électricité de M. Haitzema Enuma. — Les nouvelles lampes Crompton. — Relais à double courant pour lignes souterraines et cables sous-marins, par M. Marcillac. — Influence de l’extra courant sur les oscillations de l’aiguille d'un galvanomètre, par E. Dora. — L’éclairage électrique de la gare de Strasbourg. — Les contrôleurs de rondes, de M. Fletcher. — Etalon de lumière, du Dr Weruer Siemens. — Travaux de la Conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite). — Faits divers.
- SUR L’ENROULEMENT DE L’ARMATURE
- DES
- MACHINES SIEMENS
- En rendant compte dans le dernier numéro de La Lumière Electrique du Report on the Exhibits at the Crystal Palace Exhibition, publié pour le gouvernement américain par M. Frank J. Sprague, de la marine américaine, nous avons annoncé l’intention de relever une erreur contenue dans ce document.
- Cette erreur est relative à l’enroulement de l'armature Siemens, et pour bien la faire comprendre, nous citerons d’abord tout le passage qui s’y rapporte.
- V II est curieux, dit M. Frank J, Sprague, de Voir combien de gens, et des plus distinguésÉsont
- tombés dans une erreur qui est exprimée de la façon suivante dans un ouvrage récent:
- • Le mode actuel d’enroulement de l’armature cylindrique des machines Siemens, imaeiné par Uefner Alteneck, est dyssjmétri me... Il y a par le lait un grand nombre de moyens differents d’enrouler le* bobiner, mr une armature longiiudina'e; le procédé adopté par Siemens en est un, mais n’est pas le meilleur ».
- « M. Frœlich, un ingénieur allemand, et M. Antoine Breguet. ont tous deux cru avoir découvert pour les armatures cylindriques un nouveau mode d’enroulement, plus symétrique, lorsqu'ils ont essayé de décrire l’armature Siemens. Ces deux messieurs et ceux qui les citent, sont, croyons-nous, tombés dans l’erreur et y ont éié amenés par l’examen du dessin du brevet de la machine Siemens ou de dessins copiés sur celui-ci.
- « La figure i représente ce dessin. La figure 2 est le même schéma dans lequel les liaisons de la partie antérieure du cylindre sont représentées pat' des cordes, la liaison avec le commutateur se faisant par un fil relié à la corde au lieu de se faire par deux fils. La figure 3 est le mode d’enroulement dit système Frœlich. Supposons qu’une personne prenne un simple fil et qu’après avoir lu une description sans dessins de l'enroulement de l’armature Siemens, elle cherche à reproduire cet enrou-, lement ou à en faire un croquis sur le papier, elle ne peut guère faire autrement que de retomber sur l’enroulement Frœlich. En d’autres termes, elle enroulera une armature Siemens comme elle est enroulée actuellement, et comme elle a toujours été enroulée, mais il fera un meilleur croquis que celui qui se trouve dans le brevet Siemens. Bref, ce. dernier dessin ne représente pas correctement, dans un sens, ce qu’il est censé représenter. Il faut se rappeler qu’il y a le même nombre de bobines complètes que de divisions du cylindre, que deux bobines changent de polarité au même moment, et que, par conséquent, il doit y avoir dans chaque paire de secteurs deux bobines indépendantes occupant la même position radiale. Pour voir comment les figures 1 et 2 peuvent, prendre une forme symétrique, il suffit de noter les chiffres; on verra
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- ainsi que les.bobines i et 2, — 3 et 4, — 5 et 6, —
- 7 et 8, — 1' et 2' — 3' et 4', 5' et 6', —y et 8'
- occupent la même position radiale, c’est-à-dire • qu’elles sont enroulées ensemble ou l’une sur l’autre, Maintenant rapprochons sur la figure les chiffres-versTémilieu delà section, comme ils devraient l’être, et nous arrivons à la figure 4. En la comparant avec la figure 3, on voit que c’est la même chose. >
- On voit que M. Frank J. Sprague semble prouver l’identité des deux enroulements; mais, cette démonstration n’est qu’apparente et n’est due qu’à lâ'tnauvaise exécution de la figure 4.
- Si, comme le dit M. Sprague, on rapproche'sur la figure, comme elles devraient l’être, les lignes désignées par 1 et 2, 3 et 4, etc., mais si l’on a so’in éq même temps, ce qu’il n’a pas fait,, de conserver èntre. ces lignes une petite distance, de. façon que
- leurs extrémités soient bien distinctes, on arrive à la figure 5 qui n’est nullement identique à la fig. 3, car aux points 3, 4, — 5, 6, — et 7, 8, les cordes de jonction antérieure se croisent, ce qui n’a pas lieu aux autres points et, par conséquent, la figure est dissymétrique. Si la figure 4 paraît, à première vue, semblable à la figure 3, c’estqu’à leurs points dé rapprochement les lignes se confondent et qu’on ne voit pas si elles se croisent oui-ou non.
- - L’erreur signalée par M. Sprague est- donc imaginaire et l’enroulement de von Hefner-Alteneck, représenté fig. 1 et 2, est bien différent de-l-’en-roulement Froelich (fig. 3).
- ;--Ge qui fait que certaines personnes iront-pas compris pourquoi l'enroulement Hefner-Alteneck n’était p*as: symétrique, c’est qu’elles n’ont pas fait-attention que dans cet enroulement-les bobines traversent la base postérieure- du cylindre èxactemerît suivant des diamètres comme le montré fa figure 6.' C’estd'ailleurs aussi ce- qu’indiquent tes-figores i et-s', si-on réfléchit que-ies chiffresli
- et x', 2 et 2', etc., indiquent les extrémités -des mêmes fils.'
- • Dans ces conditions §i, en partant de 8 bobines, on cherche à faire les liaisons naturellement et symétriquement en reliant le fil entrant d’une bobiné avec le fil sortant de la précédente, on voit (fig. 7) qu’on ne peut fermer le circuit sur lui-même. Si Edison a pu arriver à fermer un circuit
- • ..... fig. c................:
- dç ce genre; c’est- en partant d’un nombre impair dé bobines, de 7 bobines/et faisant lés •liaisons des fils d’entrée et de sortie, en sautant chaque bois une bobine (fig. 8). Çe'môde dé Uaièons. appliqué au système à 8 bobines ne do'nne pas :de'méi!(leurs
- résultats.. ....... ...
- -Si d’autre part on.cherche à faire entre les bo-
- FIG. 3
- bines des liaisons analogues à celles de la figiir-fr-S, oii arrive bren-à une figure régulière eomnie le montre la figure 9. - Mais il est -facile de voir-que i’on'-n’a-plus-alors-un seub eireuit;-mais-plusieurs circuits indépendants les uns des autres-.- - . . • ^
- . Avec les ..bobines ,.se . croisant suivant des. dia-jnétres à la -partie' postérieure 'de i’armatitré' on èst dbim' ttriivé-fiotcémetit à des-iiàiscms-dissÿÀètriX
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- qü'ee* oti'à dés liàisôns symétriques riedônnantpàs le résultat cherché. "
- " Pour avoir' là Symétrie il a fallu rapprocher les bobines par paires parallèles de façon qu’à la base postérieure de l’armature les deux bobines de chaque paire lie se croisent plus entre clics, mais traversent la base suivant des cordes parallèles très voisines du diamètre. C’est l’arrangement
- FIG. 4
- Frœlich (fig. 3) que représentent d’une façon plus nette les figures io et h. • - -
- En examinant -ce dernier diagramme on voit que l’arrangement est parfaitement symétrique et que le système ne. forme qu’un seul circuit.
- . Par le fait, on pourrait établir entre les deux mo-
- Fie.. 5
- des d’enroulement une relation en disant que, dans le système V. Hefner Alteneck, la dissymétrie des liaisons corrige le croisement à la base postérieure du cylindre dé façon à arriver au même, résultat que si les bobines étaient parallèles deux à deux.
- En pratique, on n’emploie pas seulement 4 paires .de bobines, mais un multiple de ce nombre.. Eh partant du schéma de la figure 11, on peut alors
- formuler de lai façon suivante la’' règle qui régit l'établissement des communications à la partie àn-
- FIC. d
- térieure de l’armature. En commençant par la bof bine marquée 2, on reliera les bobines de n—2 en
- FIG. 7
- n—2, n représentant le nombre des bobines de l’enroulement. S’il y a par exemple 8 bobines,
- FIG.'8
- comme dans la figure 11, on les reliera de 6 en 6i s'Hy.én’a' 16',' de 14 en 14, etc. - •
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- à* Iâ 'LVM1ÉRÈ' ÈLECTRIQUÈ •"?'
- La symétrie dé l’enroulement Frœlich l’a fait préférer dans la pratique à l’enroulement Von Hefner-Alteneck, mais il n’est pas sans avoir été soumis lui-même à une modification de détail.
- Dès l'abord, en construisant les armatures des machines Siemens, on avait placé les écheveaux
- FIG 9
- constituant les deux bobines d’une même paire l’un sur l’autre. C’est-à-dire que ces écheveaux, tout en ne se croisant pas à la base postérieure du cylindre, étaient superposés et en contact l’un avec
- FIG. 10
- l’autre dans les parties dirigées suivant les génératrices du cylindre.
- Or, si l’on développe le conducteur qui forme le circuit sans fin de l’armature, on voit que les deux parties superposées appartenant à une même paire de bobines sont, sur ce conducteur, assez éloignées
- l’une de l’autre;-il y a, par conséquent, entre- elles, une différence notable de potentiel.
- Cette différence de potentiel est maximum ati moment où le plan de commutation correspond aux écheveaux considérés. Par suite, à ce moment il y a des chances que, sous l’influence d’une trop
- FIG. Il
- grande tension, il se produise des étincelles entré les fils et qu’il y ait rupture de l’isolant.
- Cet inconvénient avait été signalé il y a trois ans à la maison Siemens de Berlin par un électricien bien connu, M. R. Arnoux, alors attaché aux ateliers Siemens de Paris. Il avait fait cette remarque à la suite d’essais exécutés sur des machines
- FIG. 12 ET 13
- dynamo-électriques développant des forces électromotrices qui n’étaient pas supérieures à 25o volts.
- Nous ne savons si cette remarque fut ou non le point de départ de la modification apportée à l’enroulement, mais toujours est-il qu’il y a un an et demi environ, on changea la construction de l’armature.
- Au lieu de placer les deux écheveaux l’un sur l’autre, comme l’iudique la figure n, on les plaça
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- à côté l’un de l’autre sans les laisser se toucher nulle part, ainsi que le montre la fig. i3.
- De cette manière, les étincelles entre les deux écheveaux exigent pour se produire une tension plus forte et par conséquent les accidents sont moins à craindre dans les conditions normales de marche de la machine.
- Cela n’empêche pas cependant que les armatures Siemens, en raison de la proximité des bobines de chaque paire, ne peuvent- pas supporter de différences de potentiel élevées; ét Cela explique pourquoi MM. Siemens n’ont jamais été partisans des grosses forces électromotrices'et: pourquoi aussi les grandes machines Siemens de l’avenir seront toujours des machines à grand débit.
- Le nouveau mode d’enroulement que nous venons d’indiquer a encore un autre avantage ; avec la première disposition on avait forcément sur l’armature, en épaisseur, un nombre de couches forcément pair. Avec le nouvel arrangement, le nombre de couches en épaisseur peut être pair ou impair et n’est plus réglé que par les autres conditions de construction de la machine.
- La question soulevée par la remarque de M. Frank J. Sprague nous a entraîné à des considérations s’écartant un peu du fond même du débat, mais ces remarques auront servi à faire mieux voir que la prétendue identité signalée par l’officier américain n’existe pas.
- Le schéma du brevet Siemens qui représente l’enroulement Von Hefner Alteneck représente bien ce qu’il était censé exprimer et il diffère bien nettement de l’arrangement Frœlich qui en est un perfectionnement.
- Il était d’ailleurs naturel que les choses se passent ainsi. En enroulant un effet des fils longitudinalement sur un cylindre, l’idée' qui devait représenter la première à l’esprit était de mener ces fils, sur la base postérieure du cylindre, suivant les diamètres de cette base.
- Les liaisons antérieures ne pouvant se faire symétriquement on a cherché un système de liaisons qui permît de résoudre le problème delà collection des courants et de là est né le système Von Hefner Altenëck.
- Le système Frœlich auquel, comme nous l’avons dit plus haut, on peut arriver facilement en partant du précédent, en est un perfectionnement et a dû en découler d’une manière toute rationnelle.
- Quant à l’enroulement Bréguet que M. Frank J. Sprague a mentionné dans le passage que nous avons cité, mais sur lequel il ne s’est pas étendu; il n’entre pas en ligne de compte, car il diffère également des deux systèmes dont nous nous sommes occupé.
- Aug. Guerout.
- L’ÉLECTRICITÉ
- CONTRE LES INCENDIES
- A la suite de l’émotion produite à Bruxelles par les incendies successifs du Palais de la Nation et du magasin du Printemps Universel, la section des travaux publics de l’Union syndicale a consacré un grand nombre de séances aux moyens de prévenir et de combattre les incendies.
- Différents spécialistes ont recommandé fortement une plus grande surveillance administrative sur les constructions, ainsi que sur les matériaux employés, la prolongation des murs mitoyens au-dessus des toitures, etc. Le public devrait être mis aucourant des précautions à prendre dans: l’établissement des appareils de chauffage et d’éclairage; les calorifères à eau surchauffée et à la vapeur doivent être recommandés.
- Ces mesures sont préventives, elles ne peuvent admettre de discussion ; mais si l’on passe aux moyens de combattre les incendies, on s’aperçoit que peu de villes ont une organisation parfaite et que beaucoup reste à faire. Des discussions très intéressantes concernant l’organisation des corps des pompiers, leur outillage, la répartition des casernes et des dépôts, la distribution d’eau, les mer sures à prendre pour combattre les incendies dans les théâtres, les applications qui pourraient être faites de l’électricité; nous ne pouvons aborder dans ce journal que le dernier point, dont l’importance du reste augmente constamment.
- Il est devenu banal de dire que les dégâts produits par un incendie sont d’autant plus grands que l’on a plus tardé à y porter remède; les chefs de la brigade d’incendie, à Londres, affirment que les cinq premières minutes qui suivent la découverte d’un incendie égalent, en importance, les cinq heures suivantes. En effet, lorsqu’un incendie a pris une certaine extension, ce qu’il menace ne peut lui être disputé que par l’eau ou par un déménagement précipité, et, alors, presque toujours les objets sauvés ont perdu une grande partie de leur valeur. C’est encore, dans ce cas, que l’on a eu à déplorer dés catastrophes dont le souvenir est dans la mémoire de tous.
- C’est ici que l’électricité bien utilisée peut :
- i° Signaler l’incendie aussitôt qu’il est aperçu ou qu’il se déclare;
- 2° Rassembler sur le point menacé les secours nécessaires.
- M. Bartelous classe en cinq groupes, les systèmes électriques existant dans divers pays :
- i0 Avertissement donné à un poste de police relié électriquement aux autres bureaux et au poste central ;
- 2° Réseau électrique s’étendant en dehors des
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- postes de secours à des appareils spéciaux d’annonces, soit que ceux-ci exigent une manœuvre spéciale des agents de l’administration, soit qu’ils fonctionnent automatiquement et qu’ils se trouvent à la disposition du public;
- 3° Avertisseurs spéciaux placés chez les particuliers, leur permettant de signaler un incendie sans quitter leur domicile ;
- 4° Installations locales d’avertisseurs automatiques fonctionnant par la chaleur ;
- 5° Utilisation directe de l’électricité à une expédition plus rapide des secours.
- Dans presque toutes les grandes villes, les casernes, les postes de pompiers et les bureaux de police sont maintenant reliés par des fils télégraphiques ; si le nombre de bureaux de l’espèce est suffisant et qu’ils soient bien répartis de telle manière qu’il n’y ait jamais plus de 25o mètres à parcourir pour aller donner l’avis d’un incendie, et si d’un autre côté, les postes de pompiers sont aussi répartis suivant l’importance des quartiers, les dangers d’incendie, la plus ou moins grande facilité d’accès, on peut admettre que cette organisation représentera déjà un minimum satisfaisant. Les appareils télégraphiques ont l’avantage précieux de conserver les traces des indications et des ordres donnés et permettront toujours d’indiquer la part de responsabilité des agents en cause.
- La ville de Paris a un réseau télégraphique d’incendie très complet, les fils sont souterrains et relient le poste central de l’état-major avec les casernes de pompiers et chacune des casernes avec un certain nombre de petits postes. De plus, l’état-major est relié directement :
- i° Au poste central du service des eaux ;
- 2° Au poste central du service de l’Assistance publique ;
- 3° A la préfecture de police. (Ces trois postes centraux étant eux-mêmes, chacun en communication avec un certain nombre de postes télégraphiques).
- 4° Enfin, avec tous les bureaux télégraphiques.
- Je crois devoir reproduire ici un vœu de l’Union syndicale, qui pourrait aussi être exprimé dans d’autres pays:
- « Les bureaux télégraphiques actuellement ou-* verts au public, ainsi que ceux des services ad-« ministratifs et judiciaires devraient être autorisés « à transmettre, sans frais et comme télégrammes « urgents de service, les dépêches servant à signa-« 1er un incendie.
- « Cette destination spéciale des bureaux devra « être indiquée au public par une plaque apparente « portant pour inscription « service télégraphique « d’incendie. »
- Les installations se rapportant au deuxième groupe, sont générales en Allemagne (Munich,
- Francfort-sur-le-Mein, Hambourg. — C’est aussi le système adopté à Amsterdam.
- Cette organisation a déjà été décrite dans La Lumière Electrique (3° année, 24 décembre 1881).
- En Belgique, la ville de Vcrviers seule possède une installation de ce genre : les appareils télégraphiques sont du système Morse et montés à courant continu.
- Les appareils servant à donner l’alarme se trouvent placés dans des établissements tels que les écoles, théâtres, etc., ou chez les agents de police, fontainiers, etc. ; ils sont à la disposition de tout le monde.
- Pour transmettre le signal d’alarme, il faut d’abord briser une petite glace, puis il suffit de tirer un anneau et le signal est transmis au poste central.
- Je dois cependant ajouter que la ville de Bruxelles a, dans ces derniers temps, fait établir des appareils avertisseurs d’incendie dans plusieurs théâ très, ainsi que des appareils Morse récepteurs d’enregistrement, lesquels sont installés dans les commissariats de police et à la caserne des pompiers.
- La ville de New-York a aussi un très grand nombre de boîtes d’alarme. Afin d’éviter les fausses alarmes, les clefs qui ouvrent les boîtes sont numérotées et ne peuvent plus être retirées de la serrure une fois qu’elles y ont été introduites. Il faut, pour les dégager, employer une seconde clef que, seuls, les agents du service d’incendie possèdent. Tout dépositaire d’une clef est responsable de son emploi.
- Dans le troisième groupe, on peut comprendre certains réseaux particuliers qui existent en Amérique, entre autres « l’Automatic signal telegraph », qui transmet au quartier général les annonces d’incendie qui parviennent à ses bureaux particuliers. Il suffit à l’abonné de placer une manivelle sur l’une des indications d’un cadran pour qu’aussitôt sa demande et son adresse soient transmises.
- Les abonnés du « Stock Exchange Telegraph », de Londres, peuvent aussi transmettre les annonces d’incendie par l’intermédiaire du bureau de cette Compagnie. Mais depuis l’extension prise par la téléphonie, tout abonné peut maintenant informer la caserne des pompiers d’un commencement d’incendie survenu chez lui ou dans les environs.
- L’usage constant que l’on fait du téléphone, est une garantie de bon fonctionnement; cet appareil permet, en outre, de donner tous les renseignements nécessaires sur le sinistre signalé. On peut compter que les communications téléphoniques concourront dans une large mesure à l’annonce des incendies.
- Le quatrième groupe est basé sur l’emploi des thermomètres avertisseurs dont on connaît le principe, et qui sont reliés avec une sonnerie d’alarme
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- placée dans le bâtiment menacé. Un indicateur à numéros permet de constater par la chute d’un voyant quel est le local dans lequel l’incendie a pris naissance.
- Nous estimons que l’on méconnaît trop les avantages de ce système d’avertisseurs; sans doute, ils nécessitent un entretien et une vérification périodiques pour que l’on puisse compter sur leur efficacité; mais d’après des expériences faites à diverses reprises, il résulte que certains systèmes fonctionnent parfaitement et souvent même en cas d'augmentation lente de la température, dès que celle-ci atteint un certain degré.
- Des appareils destinés à contrôler les rondes peuvent être aussi combinés pour signaler les incendies.
- Ces avertisseurs me paraissent devoir être spécialement installés dans tous les établissements où les chances d’incendie sont assez grandes (usines, chantiers, grands magasins, théâtres et tout particulièrement dans les bureaux contenant des substances pouvant fermenter ou donner lieu à des incendies spontanés). La sonnerie d’alarme devant être installée chez un concierge ou dans un chambre à coucher, etc. ; si l’on dispose en outre d’une communication téléphonique, on peut donc annoncer l’incendie aussitôt que l’avertisseur l’a signalé.
- MM. Bartelous {La Lumière électrique, tome YI, ii° i5) et Bright (La Lumière électrique, tomeV, n° 69) ont imaginé des appareils dans le but d’établir une relation directe entre le danger et les secours.
- Le cinquième groupe comprend les systèmes dans lesquels l’électricité concourt à l’expédition matérielle plus rapide des secours. Non seulement, il y a des transmissions télégraphiques, mais aussi des applications très ingénieuses de l’électricité.
- Dans presque toutes les installations américaines, les stalles des chevaux sont placées à côté de la remise des voitures et leur licol est rattaché par un système de tringles et de contre-poids au marteau de la sonnerie d’alarme. Aussitôt que celui-ci est mis en activité, les chevaux détachés viennent se placer d’eux-mêmes devant la pompe.
- A San-Francisco, un ingénieux système tient les harnais suspendus au-dessus de la flèche ou du brancard. Les chevaux se placent, les harnais tombent, le cocher monte sur son siège pendant qu’on boucle quelques courroies et en 5o secondes la pompe part. On n’a pas même la peine de lui ouvrir les portes de la caserne, car les verrous en sont tirés et les battants ouverts par l’électricité. Tous ces moyens réunis permettent de faire arriver une pompe à vapeur sur les lieux du sinistre, deux minutes après le signal reçu.
- Il a donc fallu chercher à regagner les trois ou quatre minutes qui seraient perdues à attendre que la pompe soit sous pression. On y est parvenu en •nstallant dans la cave, au-dessous de la pompe,
- un réchauffeur dont l’eau constamment en ébullition communique avec celle de la chaudière au moyen de deux tubes munis de robinets à triple effet. La séparation de la chaudière et du réchauffenr se fait aussi par le même courant qui agit sur le timbre d’alarme, et la pompe partant avec de i’eau à i’état d’ébullition, il suffit de deux minutes de chauffe pour obtenir la pression nécessaire.
- Il va sans dire que les villes doivent perfectionner en même temps que le service électrique d’incendie, tous les services qui concourent à l’extinction et au sauvetage.
- D’après la statistique communiquée à l’Union syndicale, l’installation de réseaux a réduit, dans certaines villes, la proportion des grands incendies de 4 % en moyenne. Celles munies de systèmes d’avertissements moins parfaits à une proportion de 17 %, alors que les villes sans système aucun ont encore une proportion de 29 °/0 de grands incendies.
- Ces chiffres sont suffisamment éloquents pour que je n’insiste pas sur l'économie réalisée par une bonne organisation du service d’incendie. On peut établir que New-York, qui dépense annuellement 6 000 000 de francs par an, réalise une économie de plus de 3 0000 000 de francs. Il est vrai que les économies profitent surtout aux compagnies d’assurances, aussi devrait-on, soit les faire intervenir largement dans les dépenses faites par les villes, soit faire assurer directement par celles-ci.
- Des applications de l’électricité ont été imaginées aussi, pour faciliter le sauvetage, — la serrure de sécurité, de M. Ravaglia, décrite dans La Lumière Electrique, -— et même pour produire automatiquement l’extinction.
- Toutefois, aucune des dispositions proposées dans ce dernier but n’est assez satisfaisante pour que l’on en ait tenté l’application.
- Beaucoup plus d’incendie qu’on n'e le suppose peuvent être attribués à la foudre, et ce nombre augmentera probablement encore, parce qu’il est établi que si le nombre des orages n’augmente pas d’une année à l’autre, les dégâts produits par la foudre ont triplé depuis trente ans.
- On a attribué cette augmentation de dangers à la manière autre de bâtir, à l’usage très répandu de grandes masses métalliques dans les constructions, de même qu’au défrichement des forêts. Le nombre des incendies produits par la foudre est très considérable dans les régions dont les maisons et métairies sont couvertes de paille, de chaume, de roseaux. Aussi faudrait-il recommander l’emploi de paratonnerres simples et peu coûteux.
- D’un autre côté, les paratonnerres ne protègent efficacement un bâtiment que lorsqu’ils sont établis suivant les règles de la science et de l’art, et l’on a constaté que certains incendies ont été produits parce que le paratonnerre présentant une résistance
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- anormale à la terre ou passant très près de masses métalliques non reliées au paratonnerre, de tuyaux de gaz, etc., des décharges latérales avaient mis le feu au gaz, aux boiseries, etc. La vérification périodique des paratonnerres est donc à recommander.
- Les Compagnies d’assurances devraient être invitées à communiquer aux villes tous les rapports sur les incendies, et leurs causes, notamment sur ceux attribués à la foudre.
- L’éclairage électrique a été fortement préconisé, comme devant diminuer considérablement le nombre des causes d’incendie. Les lampes à pétrole, les petites lampes à huile minérale, le gaz, constituent des dangers permanents, et la statistique des incendies de théâtres démontre que 60 o/o d’entre eux doivent être dus au gaz. Par contre, les gaziers prétendent que l’électricité peut aussi provoquer des incendies et déterminer des accidents de personnes. Sans aller jusqu’à dire que ces craintes sont chimériques, avouons qu’elles sont bien exagérées, si les installations électriques sont faites par un personnel compétent et suivant les règles prescrites par les associations d’électriciens. Du moment que les fils sont bien isolés; que l’on ne laisse à portée de la main aucun fil nu traversé par un courant alternatif de plus de 6 volts ou par un courant continu de plus de 200 volts (dans ce cas, il y a des précautions spéciales à prendre pour la pose de ces fils; que les fils d’aller et de retour sont distants au moins de om,20 pour les lampes à arc et de om,o65 pour les lampes à incandescence ; que les fils sont protégés par une deuxième enveloppe partout où ils traversent les planches, les toitures ou les cloisons ; que le diamètre des fils est proportionné à l’intensité des courants; que les circuits sont munis de coupe-circuits, on peut déclarer qu’il n’y a rien à craindre pour les personnes, ni pour les choses. Aussi la section des travaux publics, après avair entendu l’ingénieur qui s’est occupé tout spécialement de cette question, n’a-t-elle pas hésité à émettre le vœu que les essais d'éclairage électrique soient encouragés et que l’on prévoie, pour les nouveaux théâtres à construire, les installations nécessaires pour les machines dynamo-électriques.
- Pour les constructions actuelles, l’emplacement manquant, l’éclairage électrique devra probablement être ajourné, jusqu’à l’époque à laquelle Bruxelles sera doté d’une usine centrale d’électricité avec distribution.
- En résumé, les diverses applications de l’électricité qui doivent être recommandées dans le but de prévenir ou d’annoncer les incendies sont les suivantes :
- Les administrations communales ont le devoir de conseiller, sinon d’imposer, l’éclairage électrique pour les théâtres, et tous les édifices publics of-
- frant des chances d’incendie ou renfermant des objets précieux; elles doivent faciliter l’établissement d’usines centrales d’électricité et la pose des conducteurs, en exigeant que toutes les installations soient faites suivant les règles admises par un personnel expérimenté.
- Tous les édifices publics et les bâtiments renfermant des matières inflammables ou pouvant donner lieu à des incendies spontanés, doivent être munis de thermo-avertisseurs, bien réglés et vérifiés soigneusement.
- Les sonneries d’alarme et les indicateurs doivent être placés dans des locaux toujours occupés.
- Des postes téléphoniques établis dans les édifices publics, ou des avertisseurs automatiques doivent être répartis de telle façon que quel que soit le point où un incendie se déclare, la distance à parcourir pour le signaler ne dépasse pas 25o mètres.
- Ces postes ou ces avertisseurs doivent être en relation directe avec la caserne des pompiers, laquelle doit aussi pouvoir atteindre par des fils télégraphiques tous les postes de pompiers ou de police.
- Tous les édifices publics doivent être munis de paratonnerres bien établis et vérifiés périodiquement.
- Il ne paraît pas nécessaire d’entrer dans la discussion des appareils et des lignes, les administrations communales auront à examiner d’après les ressources dont elles disposent et les conditions locales quels sont les systèmes les plus avantageux. Elles disposent du reste presque toutes d’ingénieurs compétents auxquels il suffira de faire connaître les considérations que nous venons de présenter.
- F. Evrard.
- SUR UN MODE SPÉCIAL DE COUPLAGE
- DES
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- Sous ce même titre, La Lumière Electrique a inséré dans son numéro du 10 mai, p. 233, un extrait d’un mémoire publié par moi dans le Zeitschrift fur Elektrotechnik. Cet abrégé ne contient pas l’application de la méthode aux lampes à division telles que les bougies et lampes différentielles, ainsi que je l’avais indiqué. Comme l’occasion se présente de montrer d’une manière frappante l’économie qu’on pourrait réaliser par l’emploi de la méthode, comparée à une installation récente, il ne me semble pas inutile de compléter ainsi ce qui a déjà été dit sur ce sujet.
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- La disposition que j’ai indiquée pour réaliser une économie sur les conducteurs en se servant de lampes à arc ordinaires (monophotes) et de machines appropriées, servira surtout dans le cas où l’on aurait ces lampes et machines, par exemple lorsqu’il faut renouveler les conducteurs dans une inslallaliuii déjà existante.
- Pour une nouvelle installation il sera généralement plus simple de prendre des lampes à division. Afin d’éviter alors une extinction totale par suite d’un défaut local, on divise les lampes (ou bougies) en un certain nombre de groupes desservis par des circuits séparés. En appliquant alors la disposition indiquée pour chaque lampe, à chaque groupe de lampes à division, on réalise une grande économie sur les conducteurs avec la même indépendance des groupes et même moins de chances d’extinctions, comme on va le voir.
- Dans le numéro du 3i mai, p. 349 de ce journal on trouve le plan (fig. 5) de l’installation électrique
- Station cUs machines
- FIG. I
- de la gare de Potsdam, à Berlin. Cette disposition est reproduite ici (fig. 1) en même temps que la nouvelle disposition (fig. 2).
- En comparant les deux figures on voit de suite qu’une quantité notable de fil se trouve économisée dans la figure 2.
- Voyons maintenant ce qui se produit lors de quelque accident. Si le courant est interrompu dans une lampe ou dans le fil qui amène le courant aux lampes, alors les lampes d’un seul groupe s’éteignent, dans l’une comme dans l’autre disposition. De même si plusieurs de ces interruptions distinctes se produisent, alors autant de groupes s’éteignent dans l’un comme dans l’autre cas. Mais lorsque le circuit est interrompu dans le fil de retour, alors un groupe s'éteint dans la disposition de la figure 1, tandis qu'avec l'arrangement de la figure 2 aucune lampe ne cesse de fonctionner.
- Si nous envisageons les deux dispositions au point de vue des chances d’accidents produits par des causes extérieures, alors la figure 2 est aussi notablement supérieure à la figure 1. Car il est évident que plus il y a de fils dans un espace
- donné, plus il y a de chances qu’un de ces fils soit coupés, par un objet quelconque arraché du toit par le vent, par un coup de foudre, une explosion, etc.
- Quant à l’emploi de la disposition pour lampes à incandescence, je crois que j’ai fait valoir assez les difficultés qui se présentent dans ce cas, pour montrer qu’il n’y a avantage que dans des circonstances spéciales, et qu’il n’y a là pas de méthode générale pour distribuer économiquement l’électricité, comme d’autres l’ont publié depuis. Du reste il ne faut pas perdre de vue que dans ce cas, il n’y a d’économie dans le cuivre des conducteurs qu’avec augmentation du nombre des fils, et qu’en général on perdra ainsi plus que l’on ne gagne par la diminution de section, tandis que les chances d’interruptions sont plutôt augmentées, d’après le raisonnement ci-dessus. Dans les applications à la lumière à arc que j’ai recommandées, on économise
- FIG- 2
- non seulement sur la matière des conducteurs, mais aussi par la diminution du nombre et en augmentant la sécurité du service à tous les points de vue.
- C. L. R. E. Menges.
- La Haye, 2 juillet 1884.
- ACCUMULATEUR PLANTÉ
- A LAMES DE PLOMB HORIZONTALES
- Parmi les diverses dispositions que M. Planté a données à son accumulateur, il en est une, déjà décrite par lui en 1868, que nous avons remarcuée dernièrement dans son laboratoire, et dont nous sommes heureux de pouvoir donner la description détaillée dans ce recueil.
- Les lames de plomb sont disposées horizontalement, repliées verticalement sur un côté, comme le montre la figure 1, et empilées dans une cuve
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- en bois doublée de gutta-percha ou dans une auge, en grès renfermant l’eau acidulée par l’acide sulfurique. Elles sont séparées les unes des autres par des cadres ou châssis composés de tringles de gutta-percha ou de bois paraffiné, formant de larges mailles d’un décimètre carré de surface environ. Les pôles de rang impair sont réunis ensemble d’un côté par une pince métallique, et les pôles de rang pair sont assemblés de même de l’autre
- côté. La figure 2 ne représente que 6 lames ainsi superposées; mais on peut évidemment en superposer un beaucoup plus grand nombre, et obtenir une très grande surface dans un petit espace.
- Ces lames, ainsi posées à plat, peuvent être prises de très grandes dimensions. Pour un modèle de moyenne grandeur, les dimensions suivantes conviennent : om4o de longueur, sur om3o de largeur et omooi d’épaisseur. L’épaisseur des cadres de baguettes isolantes est de omoi.
- Les cuves elles-mêmes peuvent être installées les unes au-dessus des autres comme des tiroirs dans un bâti spécial en forme d’étagère, et composent ainsi une série de couples que l’on réunit en tension ou en surface, suivant qu’on le juge convenable (V. fig. 3).
- Pour éviter que les lames de rang pair ne touchent, par leur extrémité, la partie repliée des lames de rang impair, et réciproquement, on encas-
- tre toutes les lames à cette extrémité dans la dernière baguette formant l’un des côtés des châssis isolants. Ce détail n’est pas représenté dans la figure.
- Les lames de plomb ainsi coudées ou repliées sur toute leur largeur présentent l’avantage d’offrir des pôles de grande surface et par suite de bonnes et durables communications, tandis que dans les dispositions précédentes, lorsque les lamelles re-
- lativement étroites qui forment ces pôles viennent à se couper, il est difficile de prendre sur le reste de la surface des lames déjà formées des points de communication.
- La construction de cette forme d’accumulateur est, comme on le voit, très simple. Elle n’offre pas les difficultés de l’enroulement et nous paraît préférable, quand les appareils sont destinés à rester en place, à la disposition en lames verticales parallèles, employée par M. Planté pendant quelques années, et généralement adoptée depuis dans les diverses modifications qui ont été faites dé son accumulateur. Les lames placées verticalement risquent, en effet, de se gauchir et de venir en contact au bout d’un certain temps.
- Cette disposition se prête en outre très facilement au traitement préalable par l’acide nitrique, indiqué par M. Planté pour activer leur formation; car les lames peuvent être immergées dans l’acide avant d’être empilées et sous la forme même qu’elles doivent avoir dans les couples.
- Aujourd’hui que l’on s’occupe activement des
- nombreuses applications dont la féconde découverte de Planté est susceptible, il y a lieu d’espérer que des accumulateurs ainsi disposés dans les caves des maisons particulières, à l’instar de petits gazomètres ou réservoirs d’électricité, et chargés à distance par des machines dynamo-électriques, permettraient la réalisation de l’éclairage électrique à domicile.
- Paul Samuel.
- OBSERVATOIRE PORTATIF
- ASTRONOMIQUE, MAGNÉTIQUE ET MÉTÉOROLOGIQUE DE M. RAGONA \
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- Notre correspondant à l’Exposition de Turin a signalé dernièrement l’observatoire portatif de M. Ragona qui permet d’effectuer en campagne les
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- observations du magnétisme terrestre avec autant de ; facilité que dans un observatoire permanent. Nous donnons aujourd’hui un dessin pittoresque représentant cet observatoire portatif et quelques détails concernant les différentes parties qui le composent.
- Dans la partie antérieure de l’appareil se trouve un‘théodolite pour les observations astronomiques, pour la détermination de l’azimut instrumental de l’aiguille magnétique, pour la mesure des déviations et pour celle de lai durée des oscillations. La méthode pour la détermination de la déclinaison magnétique absolue est de l’invention de M. Ragona. Elle est tout à fait indépendante de la connaissance de l’heure et de la latitude du lieu d’observation. M. Ragona a donné les formules mathématiques qui permettent de déterminer la déclinaison absolue en connaissant l’azimut instrumental de l’aiguille, à l’aide de la hauteur et de l’azimut instrumental de l’aiguille, à l’aide de la hauteur de trois des étoiles fondamentales de la Connaissance des temps. Nous renverrons les personnes curieuses d’approfondir ces détails à un mémoire de M. Ragona, intitulé : Determinazione delta de-clinazione magnetica in viaggio, et au Répertoriant fur experimental Physik, von D1 Ph. Cari., vol. XVII.
- Dans la partie centrale de l’appareil se trouve une boussole de déclinaison qui est aussi de l’invention de M. Ragona. L’aiguille est un petit tube d’acier qui porte à l’extrémité antérieure une lentille convergente, et à l’autre extrémité une croix gravée sur une lame très mince de verre. L’aiguille est susceptible de deux suspensions différentes pour les observations, et on peut passer de l’une à l’autre avec beaucoup de facilité. Une de ces dispositions est la suspension à un fil très délié, sans torsion, et l’autre est l’appui sur un petit plan d’agate, au moyen d’une pointe très fine d’acier. Les observations devant être exécutées la nuit, la boussole porte une lanterne munie d’un verre bleu. M. Ragona, pour faire ses observations de déclinaison, attend que l’aiguille soit en repos, et alors pointe sur la ligne verticale de la croix projetée sur champ bleu. Mais, dans l’appareil de M. Ragona, on peut faire les observations, même quand l’aiguille se trouve en fort mouvement d’oscillation. A cet effet, il y a, sur la monture de l’aiguille, un petit miroir perpendiculaire à la direction de l’aiguille. On voit l’image d’une échelle graduée en millimètres (échelle qui se trouve sur le support même du théodolite), réfléchie sur le miroir, et on pointe sur la moyenne des excursions extrêmes de la croix.
- La partie supérieure de la boussole porte un appareil pour les observations de torsion. De plus, la boussole est munie d’un arrangement qui permet de supprimer chaque fois les observations sur
- la torsion de fil. L’opération se fait une seule fois, au commencement de la campagne et avant le départ. En effet, le fil n’est pas seulement pincé par le haut, il l’est encore par le bas (en voyage), de telle sorte qu’il se trouve complètement maintenu et ne peut plus se déranger, à moins que l’on ne brise l’appareil.
- L’aiguille de la boussole de M. Ragona porte un second miroir, presque perpendiculaire au premier, que l’on observe avec une seconde lunette et qui réfléchit les divisions d’une seconde mire. Cette seconde lunette et la seconde mire (échelle graduée en millimètres), se trouvent sur un support latéral, à droite de l’observateur, qui a l’œil à la lunette du théodolite, support qui peut tourner sur son plan au moyen d’une disposition particulière de sa base. L’usage de cet appareil latéral est très simple, et convient parfaitement pour déterminer les variations de la déclinaison ; aussi, pour connaître sa valeur absolue dans un instant quelconque, pendant toute la durée de l’exposition de l’appareil dans le même lieu, sans avoir besoin de faire chaque fois des observations sur la déclinaison magnétique absolue. En effet, l’observateur de la seconde lunette ayant noté la 'division de la seconde mire, qui correspond au moment auquel l’observateur de la lunette du théodolite a déterminé la déclinaison absolue , et connaissant l’expression en arc de l’unité de division de la seconde mire, peut transporter la valeur de la déclinaison absolue à un instant quelconque du jour et de la nuit. La seconde lunette permet des observations sur les variations, dont la précision est à peu près double de celle qu’on peut obtenir par la première, qui est seulement destinée au pointage de la croix.
- La détermination de la variation de l’aiguille magnétique de déclinaison est un point sur lequel M. Ragona a insisté d’une façon toute particulière. En effet, il a découvert des lois fort intéressantes, qu’il a exposées à la section de météorologie du Congrès de Rouen (i883) de Y Association française pour l'avancement des sciences. Un tableau de grande dimension, qui contient les diagrammes relatifs à ces lois, se trouve actuellement à l’Exposition de Turin, dans le même compartiment où est placé Y observatoire portatif.
- La détermination de l’inclinaison a lieu au moyen d’un appareil analogue à ceux que l’on connaît. Mais comme les opérations de retournement de l’aiguille et de l’aimantation en sens inverse sont délicates, et que l’axe excessivement fin peut être faussé, M. Ragona ajoute à son appareil une pince qui permet non seulement de retourner l’aiguille, mais encore de la placer dans l’intérieur d’une bobine fixée à la partie inférieure. L’aimantation en sens inverse a lieu à l’aide d'une pile de deux éléments et d’un commutateur, sans qu’on ait à sortir
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- l’aiguille d’inclinaison de l’intérieur de l’appareil, et en évitant le danger de pouvoir tordre l’aiguille et d’en émousser les axes. Les retournements de l’aiguille et son aimantation en sens inverse se font avec la plus grande facilité au moyen de la pince et de la crémaillère correspondante. L’appareil pour l’inclinaison est placé sur un support latéral à gauche de l’observateur, qui a l’œil à la lunette du théodolite et dans la même ligne (perpendiculaire à celle du méridien magnétique) où se trouve à droite le support latéral, (dont nous avons parlé), pour l’appareil de variation.
- La détermination de l’intensité horizontale se fait à l’aide d’un dernier appareil permettant d’employer la méthode de Gauss, que M. Ragona a modifiée et perfectionnée. Il faut pour qu’elle réussisse, porter l’aimant perturbateur dans deux positions symétriques par rapport au méridien magnétique et au centre de rotation de l’aiguille delà boussole et dans le même plan horizontal. Afin de remplir ces conditions d’une façon simple, M. Ragona a employé les précautions suivantes. Il s’assure, à l’aide d'une petite lunette et d’une mire, que les deux tiges de cuivre divisées en centimètres, placées l’une à droite et l’autre à gauche de la boussole, sont bien dans le prolongement l’une de l’autre. La barre de droite qui porte la mire, est munie de vis de rappel, qui permettent d’établir l’exacte coïncidence. Il s’assure de l’horizontalité des tiges à l’aide d’un niveau, et une vis de rappel permet d’exécuter les petits mouvements nécessaires à cet effet. Il s’assure de la parfaite équidistance des traits correspondants à droite et à gauche, à l’aide d’un chariot lui servant de calibre, et qu’il porte successivement de chaque côté. Il s’assure enfin de la parfaite perpendicularité de la ligne des deux tiges de cuivre relativement au méridien magnétique, à l’aide d’un petit appareil (porté par le même chariot dont nous avons parlé), qui consiste en deux plaques circulaires percées chacune d’un trou très fin. L’axe de l’aiguille de la boussole doit être dans la direction de ces trous. Pour obtenir cette coïncidence une vis spéciale de rappel permet de donner à tout l’instrument un mouvement de rotation convenable autour de son axe.
- Dans la partie centrale de l’appareil et derrière le support de la boussole, se trouve une colonne carrée, destinée à soutenir la tente lorsque l’appareil est dressé en campagne, tente qui se plie aux côtés sur des tiges horizontales de bois dur, maintenues par des cubes massifs de marbre. La même colonne a pour objet de soutenir la partie postérieure de l’appareil (aussi recouverte en campagne par une tente spéciale), où sont exposés les instruments météorologiques. L’observatoire portatif, en fait de ces instruments, ne comprend que ceux seulement dont l’observation est utile et pos-
- sible, eu égard au but, à la durée de l’exposition et à la conformation de l’appareil. On y trouve le baromètre Fortin, le thermomètre sec et le thermomètre humide, avec l’appareil de ventilation, mû par un mouvement d’horlogerie, employé en Italie. Cet appareil est beaucoup plus pratique que celui qui met en mouvement le thermomètre lui-même. A ces instruments il importe de joindre le thermomètre à maxima, le thermomètre à mi-nima et la giroutte.
- L’observatoire mobile de M. Ragona lorsqu’il est démonté occupe peu d’espace. En voyage il est enfermé dans une charrette d’une forme particulière, qu’un homme peut pousser facilement, et à laquelle pour les longues excursions on attelle un cheval. En montant l’appareil en campagne, on place le théodolite au sud de la boussole, de manière que le théodolite, la boussole et la colonne carrée, se trouvent dans la ligne de méridien magnétique, et les deux appareils pour l’inclinaison et pour les variations dans une ligne perpendiculaire à cette dernière.
- O. Kern.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- progrès scientifiques. — M. Karl Strecker, de Würzbourg, vient de faire une reproduction nouvelle de l’unité mercurielle de Siemens, avec laquelle il a comparé des étalons de MM. Siemens et Halske et de l’Association Britannique, mis à sa disposition par MM. Siemens et Halske et MM. Ragleigh et Glazebrook. La résistance d’un tube cylindrique plein de mercure, dont les deux bouts plongent dans deux grands vases, est :
- \V —- cy• G. ^ (L + a)(r,+ro),
- si on désigne par
- * — la résistance spécifique du mercure à la température d’observation ;
- C = un coefficient qui tient compte la variabilité de la section du tube ;
- D == la densité du mercure ;
- L = la longueur du tube mesuré en mètres ;
- M= la masse de mercure dans le tube en grammes ;
- r, et r.2 = les rayons des sections du tube aux bouts ;
- a = 0,8;
- a (r2 -f-n) = la longueur additionnelle du tube qui
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- correspond à la résistance d’expansion du courant. (Voir Maxwell Electr. et Ma-gnét., I, § 3o8-3o9).
- Les mesures sont faites à la température de io° C., pour cette température on a :
- Wj0 = i,oo895C. -1?’5?'3 Ll° [Ll0 + a (n + r,)]
- «"MO
- équation dans laquelle Li0 est la longueur à io° c. et M)0 la charge de mercure à io° c.
- En prenant pour unité le mercure à o°, la résistance spécifique a été dans deux expériences de 1,00893 et 1,00896. La densité du mercure, à la température de io°C, était calculée au moyen des nombres de M. Régnault et du coefficient de température i3,57i3 indiqué par Wüllner (*).
- Le coefficient C était calculé d’après la formule (sj :
- X étant la longueur variable d’un fil de mercure servant au calibrage, longueur qui est mesurée à n places équidistantes.
- Pour le coefficient de température, M. Strecker a trouvé 0,000897 à la température de io° C.
- Le mercure était soigneusement purifié par une distillation réitérée. Les deux bouts des tubes étaient nivelés, et leur longueur était mesurée, de sorte que l’erreur maximum n’atteignait que o,o5 millimètres.
- M. Strecker a employé cinq tubes, dont les constantes étaient :
- Nos G. Dm M10 ^(ri+fg) W.o Il£,0°C
- I IU 1,00461 Br i,5ioio gr 88,5206 m 0,00202 0,35487
- 2 I,00727 1,20673 20,1121 0,00096 0,999p
- 3 1,00048 1,2341.9 15,2110 0,00086 1,37260
- 4 I,00225 1.5o582 12,2653 0,00069 2,55233
- 5 I,00067 i,5o582 9,6907 0,00269 3,20771
- Les tubes n° 3 et n° 5 ont un bon calibre, le n° 4 est de qualité moyenne, et les n0B 1 et 2 de qualité moindre.
- Les résistances de ces cinq tubes ont été trois fois copiées en maillechort; les copies sont de la construction suivante :
- ' Les électrodes en fil de cuivre épais passent dans une boîte en bois de i5 centimètres de hauteur
- (’) Wullaer, Pass. Ann.. i53, p. 440. 1874.
- (2) Maxwell, Electr. et Magn., I, g 36i. Mathrcren, III,report, 1864. B. A.
- et 5 centimètres de diamètre. Elles sont cimentées au moyen de gutta-percha et fixées par le couvercle; à sa partie inférieure, la boîte présente un moindre diamètre intérieur. Dans cette partie était placé l’enroulement bifilaire.
- La boîte est percée d’un trou qui sert pour y introduire un thermomètre; le tout est entouré d’un verre.
- Les électrodes de cuivre ont un diamètre de 3 millimètres seulement, ce qui correspond à une résistance de o,oooo3 U. S. par centimètre de longueur Il serait possible de diminuer cette résistance en augmentant la section, mais comme le cuivre est un très bon conducteur de la chaleur, cette augmentation ne serait pas sans soulever quelques objections à l’égard de l’exactitude des mesures de la température, parce que ces électrodes favorisent des différences entre la température du bain dans lequel est plongé l’étalon et celle de l’étalon, quand il y a une différence entre la température du bain et celle de l’atmosphère.
- La comparaison était faite par la méthode nouvelle de Kohlrausch dont nous présenterons, très prochainement, une description complète à nos lecteurs. Aujourd’hui nous nous bornerons à résumer les résultats des expériences de M. Strecker.
- Il a trouvé :
- I B A = I,049O( m j mercure
- i U S (Berlin) = 1,0002(1111112 j à o», FIG- 1
- I B A = 1,0488 U.S.(Berlin).
- Progrès technique. — On a imaginé dans ces dernières années une foule considérable de thermomètres électriques; nous en décrirons un des plus ingénieux. Le thermomètre électrique de M. J. Kolbe de Hambourg est représenté par la fig. 1.
- II consiste en un thermomètre ordinaire de o° à 8o° et un autre thermomètre plus sensible. Au bout du tube, vis-à-vis du degré 5o, il y a un fil de platine B, soudé dans le tube, de sorte qu’il sert comme contact. Une autre électrode est soudée en A. Le réservoir à mercure du thermomètre à contacts a une forme très aplatie et est formé d’un verre très mince.
- Comme le montre la petite figure, on peut exercer sur ce réservoir une pression au moyen de la
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- vis v, en tournant la vis Y. De cette façon on peut ajuster le thermomètre à une température quelconque. Si, par exemple, le petit thermomètre indique
- FIG. 2
- 3i°, comme dans la ligure, et si on veut que le grand thermomètre donne contact à 40°, il faut
- FIG. 3
- ajuster le grand thermomètre à 410. L’appareil est d’un fonctionnement très exact.
- MM. C. et E. Fein, à Stuttgard, viennent de construire un appareil pour essayer les paratonnerres. Cet appareil consiste en un pont de
- Wheatstone et quelques accessoires nécessaires au fonctionnement des appareils. L’appareil est contenu dans deux boîtes; celle que représente la figure 2 contient un élément à bichromate de potasse, un rouleau avec deux câbles peu résistants dont les bouts sont munis de pièces-bornes, et une plaque de terre en cuivre qu’on peut plier comme un mouchoir.
- L’autre boîte (fig. 3) contient les appareils de mesures. Ce sont, une boussole sensible et un pont de Wheastone à fil et résistance de comparaison. Le fil qui sert aux mesures est tendu autour d’un disque d’ardoise. Cette construction ressemble un peu au galvanomètre universel de M. Siemens. On peut mesurer de o,5 ohms à 25 ohms ce qui suffit pour le but proposé.
- l’industrie. — On se souviendra que la Deutsche Edison Gesellschaft, à Berlin, prétend avoir le monopole pour toutes les lampes à incandescence. Cette prétention vient d'être refusée parla commission à Berlin. Cette décision a un grand intérêt, pour l’industrie électrotechnique de l’Allemagne.
- Fr. Uppenborn.
- Angleterre
- LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE DANS LES GAZ. — Le Dr Arthur Schuster a choisi la décharge électrique à travers les gaz comme sujet de sa « Bakerian lecture » à la Royal Society, le 19 juin dernier. Les expériences de l’auteur l’ont porté à croire'que le passage de l’électricité à travers les gaz se rapproche plutôt de son passage électrolytique à travers les liquides que de la transmission directe de l’électricité d’une molécule à une autre. En un mot, le Dr Schuster croit que le passage de l’électricité dans un gaz, d’une molécule à une autre, est toujours accompagné d’une migration des atomes qui composent la molécule. Selon lui, il est de plus extrêmement probable que le phénomène de la stratification est accompagné de la formation de composés instables tels que l’ozone. Il cherche à prouver par ses expériences que les molécules sont probablement décomposées au pôle négatif.
- D’après la théorie kinétique des gaz, la molécule de la vapeur de mercure se compose d’un seul atonie incapable de vibrer. Le mercure a cependant une spectre brillant, ce qui prouve que la théorie est incomplète sous plusieurs rapports. En tout cas on peut considérer comme certain que la molécule de la vapeur de mercure est d’une constitution plus simple que celle de la plupart des gaz, et le Dr Schuster en conclut que, s’il est vrai, que la décomposition de molécules forme une partie importante de la décharge incandescente, on doit s’attendre à des effets plus simples pendant la décharge de la part de la vapeur de mercure que
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- de la part des autres gaz. En comparant cette conclusion avec les résultats des expériences, il trouve que la décharge à travers la vapeur de mercure suffisamment libérée d'air ne donne aucune lueur négative, aucune zone noire et aucune stratification.
- Quand l’air a été suffisamment expulsé, l’étincelle électrique ne se fraye pas passage dans le tube à la température ordinaire; mais quand le mercure est chauffé, les décharges passent comme un rayon de lumière continu entre les deux électrodes. Il est cependant nécessaire de garder le tube libre de toutes bulles d’air dans cette expérience, car un mélange d’air et de vapeur mercurielle donne lieu à des espaces noirs et même à des stratifications. Le Dr Schuster croit également que la vapeur du sodium ressemble à celle du mercure et ne présente pas d’intervalles sombres. Le fait que le sodium présente un spectre à raies au lieu d’un spectre à bandes à la température de l’étincelle, prouve, selon lui, qu’il s’agit également ici d’une molécule monoatomique.
- Il y a des preuves spectroscopiques très fortes de l’état de décomposition des gaz traversés par l’étincelle électrique. Pendant la décharge ils présentent deux ou trois spectres différents et la décomposition semble être particulièrement active dans la lueur négative. L’azote donne, par exemple, un spectre à bandes complexe dans la moitié positive du tube; la lueur négative présente des bandes spéciales, mais en même temps les raies de l’azote très marquées. La partie capillaire ne donne que des raies, quand le trou est très petit, comme, par exemple, quand on se sert d’un tube de thermomètre. Comme les bandes de la moitié positive sont également visibles dans la lueur, cette partie présente la superposition de trois spectres différents.
- Il est maintenant absolument certain que ce résultat signifie la superposition de trois différentes séries de molécules. L’oxygène montre des phénomènes qui correspondent à ceux de l’azote. L’hydrogène semble présenter des phénomènes semblables, mais les vrais effets de ce gaz sont plus douteux parce qu’il est très difficile de le purifier. Les composés du carbone présentent aussi leurs spectres caractéristiques quand ils ne sont pas très rapidement décomposés, et montrent toujours dans la lueur négative le vrai spectre du carbone. Les molécules composées comme le cyanogène, les hydrocarbures, etc., donnent les bandes du carbone tandis que les molécules mono-atomiques Comme l’oxyde carbonique présentent le vrai spectre à raies du carbone.
- Tandis que les preuves abondent pour la décomposition qui a lieu dans un gaz traversé par un courant, on trouve également que tout ce qui augmente la décomposition indépendamment, aug-
- mente aussi la conductibilité du gaz ; on sait par exemple qu’une flamme est un bon conducteur et Hittorf a démontré que si les électrodes sont chauffées à blanc, une force électromotrice de quelques volts fera passer un courant à travers un gaz.
- progrès de l’éclairage électrique. — Après cinq années de service la bougie Jablochkoff a été supprimée sur le Thames Embankment à l’expiration du contrat avec le Metropolitan Board of Works. C’était le premier système d’éclairage électrique pour les rues dans notre pays et on ne peut pas le laisser disparaître sans exprimer l’espoir de son retour à Londres, un jour ou l’autre sinon sur l’Embankment, au moins sur un autre des nouveaux boulevards qu’on commence à percer dans la capitale.
- La lumière à incandescence menace de prendre possession des rues, aussi bien que la lumière à arc. Les expériences récentes à Wimbledon ont été faites dans le but de déterminer la meilleure manière de l’appliquer à cet usage et pour connaître les frais d’entretien; on a trouvé que le meilleur moyen d’éclairer une des rues principales de la ville était de suspendre des lampes de 5o bougies à une hauteur de 20 pieds au-dessus du milieu de la rue en les espaçant de 100 pieds.
- En fixant l’unité de lumière à 10 bougies c’est-à-dire à la moyenne de l’éclairage effectif d’une lampe à gaz dans les rues, avec un moteur ordinaire, on a trouvé que le prix d’éclairage à incandescence reviendrait de 2,5 à 3 centimes par lampe et par heure. On a essayé plusieurs espèces de réflecteurs et la préférence a été accordée à une surface polie en fer nickelé d’une forme légèrement convexe.
- MM. Siemens frères ont introduit une disposition originale pour l’éclairage des vaisseaux à bord du nouveau paquebot La Tasmania, appartenant à la Peninsular and Oriental Steamship C°. Les foyers du plafond du salon sont renfermés daus des lanternes en verre taillé fixées dans le plafond ou, en d’autres termes, attachées au pont de manière à laisser tout l'espace libre pour l’action du punkah, ou éventail mécanique indispensable à bord des navires allant aux Indes ou en Chine. La Tasmania est en fer et pourra prendre 200 passagers et une cargaison de 3 800 tonnes.
- Les constructeurs de navires, ou du moins, ceux de la Clyde à Glasgow, ont pris l’habitude d’installer la lumière électrique à bord des vaisseaux avec des appareils composés par eux-mêmes, tout comme ils l’ont fait, autrefois, pour les appareils portant les lampes à l’huile. Cette habitude entraîne la nécessité d’employer un électricien habile pour inspecter l’installation quand les appareils ont été placés, et certifier que tout est en bon état. Les
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- installations de lumière électrique à bord doivent en effet être examinées avec soin et convenablement essayées avant d’être acceptées par la Compagnie ou la personne qui a fait construire et équiper le navire. Il y a sans doute une tendance à traiter l’électricité comme le gaz et à borner les essais à constater simplement si l’installation fonctionne ou non. Mais on s’apercevra que cette épreuve grossière ne suffira pas pour l’électricité, ni sous le rapport de la commodité, ni pour la sûreté ou l’économie. Autant que possible l’installation doit être faite conformément à un plan dressé d’avance et il faut l’essayer régulièrement avant d’en donner décharge au constructeur. Il suffira de faire quelques essais simples sur l’intensité lumineuse, sur le courant, la force électromotrice et l’isolation des conducteurs.
- Les grandes salles de classement du bureau des postes à Glasgow, où les lettres sont triées et classées, sont éclairées depuis quelque temps avec les lampes à arc de M. Crompton dont l’effet bienfaisant sur les yeux des employés commence à se faire sentir. Autrefois, il fallait classer les lettres au gaz et pour pouvoir lire les adresses facilement, il était nécessaire d’avoir la lumière près des yeux, de sorte que beaucoup des employés souffraient d’une vue faible et défectueuse qui les forçait à porter des lunettes. Un changement décidé en mieux a eu lieu et plusieurs employés ont cessé de porter leurs lunettes.
- Quant à réchauffement produit par la lumière électrique, les résultats obtenus dans un grand hall public, à Birmingham, méritent d’être signalés. On a trouvé qu’avec le gaz la température près du plafond s’élevait de 60 à ioo degrés Fahrenheit au bout de trois heures d’éclairage. L’échauffement équivalait en effet à une augmentation de 4 23o personnes dans l’assistance et à l’orchestre qui se composait de 3 100 personnes. De plus l’atmosphère était viciée par de l’acide carbonique comme s’il y avait eu 3 600 personnes de plus. D’autre part avec la lumière électrique la température ne s’est élevée que de 1 1/2 degré Fahrenheit après 7 heures d’éclairage et l’air n’a été vicié que par l’acide carbonique dégagé des personnes présentes. L’opinion de beaucoup de chanteurs et des membres de l’orchestre était également en faveur de la lumière électrique qui a été déclarée de beaucoup la plus agréable des deux.
- l’aurore et l’arc-en-ciel. — Dans une de mes dernières lettres j’ai parlé des expériences du Dr Lodge sur la purification de l’atmosphère par des décharges électriques et à propos de ce sujet M. Alexander M° Adie, de Cambridge, Mass., Etats-Unis a découvert que les aurores boréales
- sont d’un effet purifiant sur l’atmosphère. M. M* Adie a fait des observations fréquentes de l’arc-en-ciel ou des lignes d’absorption du spectre solaire causées par la vapeur d’eau et les molécules de poussière dans l’air, et en comparant les observations avec une liste des aurores boréales qui se sont produites dans son voisinage il a été frappé par la similitude des deux phénomènes. Si l’aurore est vraiment une décharge d’électricité dans les couches supérieures de l’air il s’en suivrait que la décharge tendrait à purifier l’air des molécules de poussière et d’eau, et par conséquent l’arc-en-ciel, ou les lignes d’absorption causées par ces molécules, serait plus faible après une aurore qu’avant.
- M. M° Adie a constaté cette diminution dans l’intensité de l’arc-en-ciel après des aurores boréales. Il serait intéressant d’obtenir d’autres preuves de cette similitude.
- T. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la conductibilité électrique des dissolutions aqueuses très étendues (*), par M. E. Bouty(21.
- « Les sels neutres en dissolution étendue forment, au point de vue de leur conductibilité électrique, un groupe absolument à part. J’ai étudié les dissolutions aqueuses de substances organiques appartenant aux groupes les plus variés :
- Alcool éthylique, Glucose, Aldéhyde éthylique, Ether ordinaire, Glycérine, Sucre candi; Acétone; Dichlorhydrique,
- Erythrite,
- Phénol ;
- Acétamide, Albumine.
- Uréu ;
- « Toutes ces substances conduisent fort mal. Quelques-unes n’augmentent pas sensiblement la conductibilité de l’eau distillée commerciale, même
- à la dose de ^ (érythrite, sucres, glycérine) ; celles qui conduisent le mieux résistent encore cinquante à deux cents fois plus que' des sels neutres de même équivalent; peut-être ne doivent-elles cette conductibilité rudimentaire qu’à des traces d’acides et de sels (aldéhyde, acétamide).
- * Il était particulièrement intéressant d’étudier les alcalis et les acides. Voici les conclusions auxquelles j’ai été conduit :
- (*) Voir Comptes rendus, t. XCV1II, p. 140, 365, 737 et 908; 21 janvier, 11 février, 3i mars et 7 avril 1884.
- (2) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du.7 juillet 1884.
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- € Un alcali ou un acide anhydre n'est pas conducteur; un alcali ou un acide hydraté conduit à la manière des sels. Mais un même alcali ou un même acide forme généralement avec l’eau plusieurs combinaisons définies. Il en résulte que la nature de l’électrolyte est susceptible de changer avec la dilution et avec la température : la conductibilité éprouve des variations correspondantes. Telles sont les propositions que j’essayerai d’établir.
- « i° Alcalis. — Les alcalis organiques (aniline, toluidine) en dissolution dans l’eau conduisent six cents à huit cents fois plus mal que des sels. L’ammoniaque, qui ne forme pas avec l’eau de combinaison définie, conduit cent dix fois plus mal qu’un sel de même équivalent.
- « Au contraire, la potasse, la soude, la lithine, la baryte, la chaux, l’oxyde de thallium, en dissolution aqueuse conduisent bien. Pour la potasse, par exemple, on connaît lés hydrates définis K O, HO; KO. 5HO; 4KO, HO+2HO. Le rapport de la résistance d'une solution de potasse à une solution de chlorure de potassium de même concentration à la température de i5° environ, est
- Concentration .... tïïVïï tsïïïï
- Résistance....... o,3q3 0,414 0,461
- « Le coefficient moyen d’augmentation de la conductibilité de la solution de potasse au — de o
- à 5o° est de 0,028 par degré. Si l’électrolyte était KO, HO et pouvait être identifié à un sel neutre, le rapport de la résistance de la dissolution de potasse à celle de chlorure de potassium serait 0,762 et le coefficient d’augmentation de la conductibilité avec la température serait o,o33. Il est donc vraisemblable que, dans les dissolutions très étendues, l’électrolyte n’est pas KO, HO, mais un hydrate plus complexe.
- c L’étude des autres bases hydratées fournit des résultats analogues.
- « 20 Acides. — La conductibilité d’une dissolution aqueuse d’acide arsénieux vitreux auest à
- peine appréciable. L’acide arsénieux vitreux est anhydre et l’on ne connaît pas de combinaison de l’acide arsénieux avec l’eau.
- « Les dissolutions d’acide sulfhydrique et d’acide carbonique conduisent respectivement 310 fois moins et i5o fois moins que ne le feraient des sels neutres de même équivalent. A la température et à la pression ordinaire, on n’a obtenu aucune combinaison d’acide carbonique ou d’acide sulfhydrique avec l’eau.
- * Au contraire, on a décrit les combinaisons suivantes d’acide sulfureux et d’eau, formées à basse température,
- SsO'-+ I4H2 0% S5O + 9H=0% S*0'- + H202;
- ces combinaisons sont très instables, une élévation de température les détruit. J’ai préparé à la température ordinaire (20°) une dissolution d’acide sulfureux dans l’eau distillé bouillie : cette dissolution, qui ne contenait que des traces à peine appréciables d’acide sulfurique, conduisait aussi bien qu’une dissolution de chlorure de potassium de même concentration, c’est-à-dire seulement 2,33 fois plus mal qu’un sel neutre de meme équivalent. Quand on abaisse la température de 20° à o°, la conductibilité diminue seulement de o,oo35 par degré au lien de o,o33 comme pour un sel neutre : la formation d’une nouvelle quantité d’hydrate, dissocié à 20°, compense donc en partie l’accroissement normal que devrait éprouver la résistance, si la quantité d’électrolyte dissous demeurait invariable.
- « L’acide sulfurique forme aussi avec l’eau plusieurs hydrates définis. La conductibilité de ses dissolutions étendues varie, avec la dilution, d’une manière complexe et tout à fait anormale.
- « Ainsi j’ai préparé une dissolution d’acide sulfurique au ^, et j’ai mesuré l’accroissement de résistance qui se produit quand on double la quantité d’eau, qu’on la double encore et ainsi de suite.
- Accroissement
- Dilution initiale de la résistance
- V-S.................................. 1 >9l7
- <?».................................. 1.894
- -,lïï................................ 1,867
- uL................................... 1,856
- T8-ÏÏ *.............................. 1.849
- sihr................................. 1.854
- l M 2 1)............................. I,88l
- ïïiTü................................ * >942
- rsW.................................. 2,002
- Cet accroissement présente un minimum pour une
- dilution initiale de ~ environ.
- £00
- « A la limite, une dissolution d’acide sulfurique conduit à peu près trois fois mieux qu’un sel neutre de même équivalent. On expliquerait cette grande conductibilité, et en même temps l’appauvrissement très inégal de la solution d’acide sulfurique aux deux pôles en admettant, comme l’avait proposé M. Bourgoin, que l’électrolyte équivalant à un sel neutre est i (S O3, 3 H O); mais il me paraît certain que la nature de l’électrolyte change non seulement avec la dilution, mais encore avec la température, car l’accroissement moyen de la conductibilité de l’acide sulfurique de o° à 6o° est seulement de o,0119 par degré au lieu de o,o33 qui est le nombre normal.
- « Les divers acides minéraux ou organiques fournissent tous les intermédiaires, de l’acide arsénieux qui.ne conduit point, à l’acide sulfurique qui conduit trois fois mieux qu’un sel neutre. Les acides borique, pyrogallique, isolent comme l’acide
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- arsénieux; les acides azotique, chlorhydrique, pi-crique conduisent aussi bien que l’acide sulfurique. Les nombreuses mesures effectuées sur une vingtaine d’acides seront publiées ailleurs avec les détails nécessaires.
- Dans la plupart des expériences qui font l’objet de cette Note, j’ai été aidé avec beaucoup de zèle et d’intelligence par un élève ingénieur des télégraphes, M. J. Voisenat. Je saisis l’occasion qui se présente de le remercier de son concours dévoué ('). »
- De l’emploi du téléphone en télégraphie.
- On sait qu’en Allemagne le téléphone est depuis plusieurs années déjà appliqué à l’échange des correspondances télégraphiques; l’etablissement d'un bureau téléphonique nécessitant une dépense beaucoup moins élevée que celui d’un bureau télégraphique pourvu d’appareils Morse, la mesure en question se trouve présenter de grands avantages au point de vue des petites localités (3). h'Eleklrotechnische Zeitschrift (mai 1884) publie, sous la signature de M E. Zetzsehe, les détails relatifs à l’installation d’un poste télégraphique intermédiaire destiné à transmettre plus loin les télégiammes que lui envoie le bureau téléphonique et inversement à communiquer au bureau téléphonique les télégrammes qu’il reçoit de la ligne et qui sont destinés à ce dernier bureau. Ce sont ces détails d’installation que nous nous proposons de résumer ici.
- M. E. Zetzsehe considère un poste télégraphique muni d’appareils Morse et se place dans le cas le plus complexe, c’est-à-dire dans le cas où les bureaux téléphoniques sont distribués dans la ligne de part et d’autre du poste intermédiaire; en temps ordinaire, on parle à travers le poste, mais il faut qu’à un moment donné, ce poste puisse couper la ligne en deux tronçons et faire usage de son téléphone, soit dans le tronçon de droite, soit dans celui de gauche. Dans les trois cas, les conditions à réaliser sont les suivantes :
- i° Le courant envoyé dans la ligne par les batteries télégraphiques du poste considéré doit toujours conserver la même direction, direction qui sera en même temps celle des courants émis par les piles des autres postes distribués sur la ligne.
- 2° L’intensité doit demeurer invariable, que l’on travaille sur la ligne entière ou sur l’un des tronçons.
- 3° Enfin il faut que la direction des courants provenant des piles télégraphiques et qui traver- (*)
- (*) Ce travail a été exécuté au Laboratoire de recherches physiques de la Faculté des sciences.
- (4 La Lumière Electrique, tome II, p. 36.
- sent le téléphone soit telle‘que ces courants "tendent constamment à augmenter et non à diminuer le magnétisme induit dans les pièces polaires de l’aimant en fer à cheval.
- La figure 1 représente le schéma d’une disposi-
- tion qui répond assez bien aux conditions que nous venons d’énoncer en supposant des appareils Morse travaillant en circuit fermé. Le poste
- est muni de deux commutateurs à cheville Uj etUa; d’un paratonnerre à plaque Z; de deux paratonnerres à fuseau St et Sa ; d’un téléphone F"; d’un manipu-
- fE
- FIG 3
- lateur T; d’un récepteur M et enfin d’une pile B. Les flèches indiquent le sens du courant dans les piles des autres stations de la ligne ; c’est également la direction de courant qui correspond à l’augmentation de magnétisme dans les téléphones des bureaux téléphoniques.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Il y a cinq chevilles pour les deux commutateurs. En temps ordinaire, lorsque l’on parle à travers le poste avec le Morse, ces chevilles sont placées dans les trous i, 2, 3, 8 et 8. Le courant arrivant par L, trouve un chemin ininterrompu qui est le suivant: L,, P,, 8, c4, S4, F, c3, S2, 2,
- ait T, M, B, a.2, 1, 8, s2, P2 et finalement L2.
- Veut-on se servir du téléphone F dans le tronçon Lt, on met à la terre le tronçon L2 à travers les appareils Morse, ce qui se fait en déplaçant simplement la cheville qui se trouve en temps normal dans le trou 3 et en l’enfonçant dans le trou 7.
- Dans la portion de droite, le circuit se ferme par la terre E, y, 2, T, M, B, ^t2, 1, 8, x2, P2, et L2, dans celle de gauche le courant entre par L4, suit Pj, Sj, 8, c,, S,, F, c3, S2, 7 et la terre : il conserve donc toujours la direction indiquée par les flèches de la figure.
- Pour téléphoner dans le tronçon L2, il faut mettre à la terre Lt à travers les appareils Morse, c’est-à-dire placer les chevilles dans les trous 5,6, 7, 9 et 9.
- Le courant qui arrive dans ce cas par Lt, suit bien la direction des flèches ; mais le courant qui peut exister dans le tronçon L2, ne répond plus aux conditions que l’on se propose de réaliser; il passe en effet par E, 7, S2, c2, F, ct, 9, s2, P2 et L2 : on voit donc qu’il a une action défavorable au point de vue du magnétisme dans les pièces polaires du téléphone F. Il résulte de là que cette disposition serait à recommander dans le cas spécial où la iigne considérée à droite du poste ne renfermerait plus d’appareils Morse avec batteries de piles.
- Si l’on voulait admettre des bureaux téléphoniques dans une ligne à circuit ouvert avec appareils Morse, il faudrait absolument conserver la batterie B entre at et a3 ; on relierait naturellement dans ce cas le pôle de B, qui communique actuellement avec M, à la borne 1 du manipulateur ; l’autre pôle resterait lié par le fil a3 à la même plaque de commutateur U4. Nous ne parlerons pas des variations de résistance dont il y aurait évidemment à tenir compte dans l’un comme dans l’autre cas.
- Le dispositif se simplifierait dans une large mesure si l’on voulait se contenter de mettre à la terre la ligne Lt ou L2 en plaçant en dehors du circuit les appareils Morse ainsi que la batterie, toutes les fois que l’on aurait à se servir du téléphone. Il suffirait dans ce cas d’avoir un seul commutateur U4 (fig. 3) avec deux chevilles. En temps ordinaire ces chevilles viendraient occuper les trous 1 et 2; on n’aurait qu’à les enfoncer dans les trous 6 et 3 pour téléphoner dans le tronçon de ligne L, et dans les trous 7 et 6 pour téléphoner dans le tronçon L2. Les notations de cette figure étant les mêmes que celles de la figure 1, il est facile de
- mettre à leur place les appareils et de suivre dans chacun des trois cas la marche des courants.
- Au point de vue des conditions que nous avons tout d’abord énoncées, il existe encore une disposition relativement simple, dans laquelle le téléphone et l’appareil Morse sont symétriquement distribués de part et d’autre d'un commtuateur central U0. La figure 2 représente le schéma de cette disposition; le poste comporte trois commutateurs U0, U,, et U2 et la batterie B est disposée relativement à l’appareil télégraphique comme dans la figure 1. Il est inutile de dire que ces trois commutateurs pourraient être remplacés par deux commutateurs qui deviendraient alors analogues à Uj et U2 (fig. 1) et que le schéma indiqué dans l'hypothèse d’un circuit fermé est facile à appliquer à un circuit ouvert.
- Si l’on place 4 chevilles dans les trous r, 3, 5 et 7 ou bien dans les trous 2, 4, 5 et 8 le courant arrivant par L, traverse le poste dans le sens indiqué par les flèches; le téléphone et le Morse sont disposés en série seulement dans le premier cas, le téléphone est avant le Morse et dans le deuxième, le Morse avant le téléphone. Il résulte de là, que si l’on réunit les deux moitiés de U0 les chevilles étant placées dans les trous 1, 3, 5 et 7 le tronçon de ligne Lj se ferme à la terre à travers le téléphone et le tronçon L2 à travers le Morse; l’inverse se produit quand on dispose les chevilles en U0 avec 2, 46 6 et 8.
- Ce dispositif permet également de fermer en court circuit, l’un ou l’autre des deux appareils ou bien les deux ensemble ou encore de relier directement à la terre les deux fils L,, L2 en mettant hors du circuit le téléphoné et le Morse; cette dernière manœuvre se fait en plaçant les chevilles en U„ avec i, 4, 8 et 7.
- En dernier lieu, M. E. Zetzsche fait très justement observer qu’avec des appareils Morse, en circuit fermé il n’est pas absolument indispensable que la pile B se trouve en même temps que le manipulateur T et le récepteur M, dans la portion a4 a2 du circuit. On peut fort bien placer cette pile immédiatement derrière le paratonnerre Z, de telle façon qu’une partie des éléments soit intercalée dans la ligne st et l’autre dans la ligne s2. Si l’on met, de plus, le Morse à la place du téléphoné c’est-a-dire entre S, et S2 (fig. 1) et le téléphone entre a, et a2; les courants qui dans les trois cas a prévoir, traversent ce même téléphone, ont toujours une direction favorable au développement du magnétisme des pièces polaires. Quant à l’intensité de ce même courant, elle demeure invariable pour peu que l'on ait pris soin de partager les éléments de système de piles B d’une façon proportionnée aux résistances des deux tronçons L4 et L2.
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- La distribution d’électricité par induction, de B. Haitzema Enuma, à Amsterdam.
- On a beaucoup parlé dans ces derniers temps de la distribution de l’électricité au moyen des bobines d’induction. L’emploi de ce procédé, qui n’est pas sans avoir des antériorités assez éloignées, a donné lieu à plusieurs systèmes peu différents en principe les uns des autres. Voici quelques détails sur un de ces systèmes, du à un ingénieur hollandais.
- Au mois de décembre 1881 un brevet relatif à
- la distribution de l’électricité a été pris, en Allemagne et dans d’autres pays, par B. Haitzema Enuma ('). Le système de M. Enuma repose en principe sur une série d’inductions successives. Le courant primaire engendré par une machine dynamo-électrique donne naissance à des courants secondaires, tertiaires, etc. La ligne principale chemine à travers les rues parallèlement à leur axe, et lorsque la disposition des lieux s’y prête, elle vient se fermer sur le générateur lui-même, bans le cas fréquent où l’on est obligé de faire revenir la ligne sur un chemin déjà parcouru, il est plus avan-
- tageux d’effectuer le retour par la terre ou d’utiliser comme conducteurs les tuyaux servant à la canalisation du gaz ou de l’eau. Cette disposition de retour peut également être appliquée aux lignes d’ordre secondaire, tertiaire, etc., comme il est facile de s’en rendre compte.
- L’induction se fait à l’aide de bobines dont l’intérieur est composé d’un faisceau de fil de fer doux. Le fil du courant inducteur vient s’enrouler directement autour de ce noyau : le fil du courant induit se superpose au premier et présente un grand nombre de spires. Il est inutile de dire que ces fils doivent être parfaitement isolés les uns des autres, ainsi que du noyau de fer doux. Nous appellerons bobines primaires celles qui sont inter-
- calées dans la ligne principale, bobines secondaires celles où le courant inducteur est un courant secondaire, et ainsi de suite.
- On voit immédiatement que. cette disposition permet de continuer la distribution d’électricité à l’intérieur des bâtiments par la simple adjonction d’une ou de plusieurs bobines. Chaque appareil électrique, qu’il s’agisse d’une lampe ou de tout autre mécanisme, est pourvu d’un courant spécial : si le nombre de ces appareils vient à augmenter, il n’y a qu’à augmenter dans le même rapport le nombre des bobines, à condition, bien entendu, que l’inten-
- (i) Dingler’s Polytechnisches Journal, i janvier 1884.
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- sité des courants demeure suffisante pour assurer le bon fonctionnement des appareils en question. Lorsque cette intensité diminue dans une trop grande mesure, il y a lieu de remplacer la bobine primaire par une bobine plus forte.
- Il résulte, de ce qui précède que chaque appareil doit être installé de façon à permettre l’ouverture et la fermeture du circuit correspondant; cette disposition n’a d’ailleurs pas besoin d’être solidaire de l’appareil et peut très bien être reportée en un point quelconque de ce même circuit. Au point de vue de l’éclairage, il est préférable d’employer des machines dynamo-électriques à courants alternatifs; rien n’empêche cependant de faire usage de machines à courant continu, à condition toutefois de prévoir dans le circuit primaire un dispositif permettant de fermer et d’ouvrir constamment ce même circuit.
- On isole aux endroits où cela est nécessaire et de la manière habituelle la portion de ligne placée au-dessus du sol. Pour ce qui est du circuit souterrain et des bobines d’induction reliées à ce même circuit, on les protège contre toute influence extérieure et on les isole en même temps d’une façon très économique, en les enveloppant d’une couche faite d’un mélange de sable quartzeux très tin et d’asphalte.
- Il suffit de se reporter à la ligure i pour se rendre un compte exact de ce système da distribution. C représente le bâtiment où se trouve logé le générateur d’électricité D; B la voie publique et Q une maison d’abonné. La ligne principale E part des bornes a, b de la machine, passe à travers les bobines primaires G et vient se refermer par la terre en F. On voit que le courant primaire communique, par d et. c, avec l’enroulement intérieur des bobines G, tandis que les courants secondaires H sont reliés par e et / à l’enroulement extérieur. La même disposition se répète pour les courants tertiaires M et les courants quaternaires o, p. Dans l’exemple ci joint toutes les lignes qui cheminent parallèlement à l’axe des rues se ferment parla terre, tandis que les lignes qui ont une direction perpendiculaire à ce même axe pénètrent dans les maisons des abonnés et forment un circuit fermé. Dans l’intérieur de ces maisons les fils ainsi que les bobines d’induction sont isolés et appliqués au parement des murs. On a représenté en Q la disposition qu’il faudrait adopter dans le cas d’une construction composée d’un vestibule r et de deux pièces s éclairées par deux lampes électriques R. Sur la portion de la figure située à gauche, il est facile de voir le procédé mis en usage pour isoler la ligne : on commence par creuser dans la rue un canal dont on pave le fond à l’aide de briques; on place sur ces briques une couche du mélange isolant, sable et asphalte, dont nous avons parle plus haut, puis les fils et les bo-
- bines et finalement on recouvre le tout d’une nouvelle couche isolante.
- C’est un simple compte rendu que nous faisons ici : il ne nous appartient donc pas de discuter les inconvénients et les avantages du système. S’il faut en croire M. Enuma, ces avantages seraient très nombreux : iù les câbles n’ont pas besoin d’être gros; 20 l’intensité est la même dans toute l’étendue du circuit primaire, du circuit secondaire, etc. ; 3° la résistance est invariable dans toutes les portions de la ligne; 40 les appareils sont indépendants les uns des autres et par suite il peut se produire une perturbation pour un ou plusieurs appareils, sans que les autres aient à en souffrir ; 5° on peut produire une intensité lumineuse ou faible ou forte, puisque cette intensité ne dépend que de la grandeur de la bobine d’induction employée; 6° il n’est pas de système de lampe dont on ne puisse faire usage, puisque chaque lampe est montée sur un circu t spécial; 70 on peut éteindre ou allumer un nombre quelconque de lampes sans que pour cela le restant des lampes soit influencé; 8° un incendie ou tout autre accident venant à se produire dans une maison quelconque ne trouble en rien la marche du service dans tout le reste du réseau; g0 on pourrait, si la demande en était faite, relier le système en question à tout autre système de ligne déjà existant; io° en dernier lieu les frais d’installation sont infiniment moins élevés que ceux auxquels donnerait lieu une canalisation pour le gaz embrassant la même étendue de terrain.
- Les nouvelles lampes Crompton.
- Depuis qu’ils s’occupent de la construction de lampes électriques, MM. Crompton et C° n’ont cessé de modifier et de perfectionner leurs modèles. Le dernier type qu’ils ont créé et qu’ils désignent sous le nom de lampe D. D. (différentielle double) est représenté par les figures ci-jointes. Cette lampe est due à la collaboration de MM. Crompton et Crabb.
- La régulation est effectuée, comme dans l’ancien modèle, par une roue à frein que fait tourner un pignon mené par la crémaillère du charbon supérieur. Mais le nouvel appareil présente cet avantage qu’il peut au besoin accroître la longueur de l’arc, tandis que l’ancien pouvait seulement rapprocher les charbons.
- La nouvelle lampe est ainsi de beaucoup simplifiée par ce fait que tout le rouage d’horlogerie qui reliait la crémaillère à la roue à frein est remplacé par le simple pignon dont nous venons de parler.
- Comme on le voit sur la figure, la lampe est double et comporte deux charbons, B et B' sont les porte-charbon supérieurs, sur lesquels glissent de légers manchons de bronze S S' portant les axes
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- des deuxroues à frein EE'. Ces roues engrènent, comme nous l’avons dit, par des pignons avec les crémaillères. Sur les montants latéraux de la lampe sont pivotés deux leviers LL', portant à leurs extrémités des chaînes qui viennent s’attacher au
- noyau d’un solénoïde placé à la partie supérieure de la lampe. Ce solénoïde est différentiel et divisé en deux parties; la partie supérieure M est en gros fil et placée dans le circuit de la lampe. La partie inférieure en fil fin est en dérivation sur l’arc. Le noyau est supporté en partie par un ressort dont on peut régler la tension à l’aide d’une vis.
- Les deux machines portent en outre des tiges FF' à peu près égales au rayon des roues, et dont voici
- le rôle. Supposons que la crémaillère soit relevée. Alors, si le solénoïde soulève le levier au-dessus
- de l’horizontale, tout le poids de la tige et du charbon est supporté par le bord des roues à frein
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- et le frottement entre leur surface et les leviers, est suffisant pour les empêcher de tourner; par suite, la crémaillère ne peut pas descendre, mais quand les leviers sont au dessous de l’horizontale, le poids est supporté par le doigt qui termine la tige F, la roue peut tourner et la crémaillère est libre de s’abaisser jusqu’à ce que les pointes des charbons se touchent.
- Si à ce moment, on fait passer le courant, il traverse d'abord le gros fil du solénoïde, le noyau se soulevant, entraîne les leviers et produit l’écart ; en-même temps, les roues se trouvent embrayées. Le courant dérivé passe alors, et l’arc prend sa longueur normale. Si cette longueur devient trop grande, le courant dérivé qui traverse le solénoïde à fil fin devient plus fort, ie noyau s’abaisse et avec lui les leviers, de sorte que les crémaillères peuvent descendre d’une certaine quantité.
- Si au contraire, les charbons se trouvent trop rapprochés, le courant principal prédomine et son action sur le noyau relève les leviers et les crémaillères.
- Il faut remarquer que les deux charbons ne fonctionnent pas en même temps, une des tiges F, celle de gauche sur la figure, étant plus longue que l’autre, le charbon de droite sera relevé avant celui de gauche, par suite, les charbons B' sont séparés avant les charbons B et maintenus à une trop grande distance pour qu’il y ait formation d’un an entre eux. Quand les charbons B sont brûlés, un arrêt empêche leur porte-charbon de descendre davantage, l’arc devient très grand et le noyau est fortement abaissé, ce qui finit par libérer la crémaillère B', le deuxième charbon vient alors au contact du charbon inférieur et tout recommence comme précédemment.
- Quand la seconde paire de charbons est brûlée, un arrêt empêche encore la crémaillère de descendre, mais il y a accroissement de l’arc et abaissement du noyau. Cet abaissement est plus grand encore que la première fois et il a lieu jusqu’à ce qu’une pièce C vienne toucher une autre pièce H et mettre ainsi la lampe hors du circuit pour la remplacer par une résistance équivalente.
- La figure 2 donne le détail des roues à frein.
- La figure 3 est un schéma montrant les communications de la lampe. Le courant entrant dans la direction de la flèche trouve deux voies à suivre, l’une à travers la résistance R et le contact isolé C, qui pour le moment repose sur H ; de là il peut passer à la lampe suivante ; l’autre voie est par le commutateur S, qu’on suppose fermé, le solénoïde prin'cipal et les charbons jusqu’à la pièce H reliée à la borne de sortie. La portion du courant qui suit cette dernière voie, a pour effet de soulever le noyau et de rompre le contact en CH. A ce moment, l’arc se trouve établi sur une paire de charbons, comme nous l’avons expliqué plus haut.
- Si par une cause quelconque, rupture d’un charbon, grippage d’une crémaillère, etc., le courant se trouvait interrompu, le noyau du solénoïde tomberait immédiatement et rétablirait le contact en CH, ce qui mettrait la lampe hors du circuit.
- On produira le même effet en ouvrant le commutateur S.
- Lorsqu’elles sont munies de charbons de i3mm de diamètre et de 5o centimètres de long, ces lampes peuvent brûler de 12 à 16 heures suivant le courant qui, lui, varie de 6 à 28 ampères. L’intensité lumineuse peut aller de 85o à 6000 bougies.
- Relais à double courant pour lignes souterraines et câbles sous-marins, par M. Marcillac.
- L’appareil figurait déjà en 1881 à l’exposition d’électricité de Paris. Il présentait quatre dispositions différentes dont la dernière figurait de nou-
- FIG. 1
- veau à Vienne dans le pavillon du ministère des télégraphes. Il repose sur le principe des électrodynamomètres; l’armature consiste en une bobine recouverte de fil très fin dans le modèle ci-dessus, et les bobines O O' sont faites de fil n° 16.
- Un courant local puissant traverse les bobines O, O' et les transforme en aimants permanents. La puissance magnétique peut donc varier à volonté. Deux pôles semblables sont en regard en A et B. Une petite bobine CC, couverte de fil n° 5o, contenue dans une gaine d’ébonite très mince, pivote autour d’un double axe placé en x sur des renflements de la gaine. Cette bobine reçoit, par un des supports M et l’un des pivots, le courant de ligne, qui va à la terre par le second pivot et l’autre support. Si le correspondant envoie un courant -j-, par exemple, il se développe un-(-en a et un — en b dans la petite bobine C. A et a se repoussent, B et b s’attirent. La bobine C oscille. Dans son mouvement elle entraîne un levier LL isolé en U, relié en K avec l’appareil récepteur par un petit ressort à boudin T. Ce levier touche en R un buttoir auquel aboutit une pile locale positive. Ce courant local suit alors RKT et actionne le ré-1
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- cepteur. Si au lieu du courant-}-le correspondant envoie un —, les pôles de la bobine C deviennent de signes contraires aux premiers. Alors A et a s’attirent, B et b se repoussent. La bobine C oscille en sens inverse. La tige L touche alors le buttoir R' relié à une pile locale négative dont le courant actionne à son tour, mais inversement au premier, le récepteur. Les appareils usités sur les câbles ou les grandes lignes étant à peu près tous aujourd’hui à double courant, le relais décrit peut s’appliquer aux divers systèmes en service.
- Pour obtenir une réduction de résistance en même temps qu’une meilleure conductibilité ce qui permet, comme on sait l’augmentation du nombre d’émissions et par suite l’obtention d’un rendement plus élevé, M. Marcillac avait, dans un des modèles exposés en 1881, remplacé le fil fin, extrêmement résistant de la petite bobine, par de minces
- Pile locale
- Plie locale
- rubans de métal argenté vernis soigneusement. L’argent, mis à l’abri par son vernis et l’étui d’ébo-nite de la bobine, des sulfurations provenant des émanations ambiantes, offrait un excellent passage peu résistant, résultat qui n’est pas à négliger sur les longs circuits traversés par les courants faibles usités en télégraphie sons-marine. Le réglage du relais s’opère en augmentant ou diminuant la pile qui aimante les noyaux des grandes bobines O, O' ou en introduisant soit des tiges de fer dans ces noyaux qui sont creux, soit des tiges d’acier aimantées dans le sens convenable. Les deux électro aimants peuvent se rapprocher ou s’éloigner en glissant sur leurs platines encastrées dans le socle et modifier ainsi l’état magnétique du champ dans lequel se meut la bobine mobile. Au point de vue mécanique, le réglage est complété par deux ressorts antagonistes SS' qu’on peut tendre ou détendre séparément et dont les effets s’ajoutent ou se contrarient à volonté.
- Pour le travail sur des lignes importantes la bobine C pourrait être montée en différentiel. De
- simples modifications de communications permettraient alors d’utiliser l’appareil dans la transmission duplex différentielle. Comme surface, le relais occupe à peu près le même espace qu’un rappel par inversion de courant.
- Influence de l’extra-courant sur les oscillations de l’aiguille d’un galvanomètre, par E. Dorn.
- M. Dorn, il y a deux ans, a employé la méthode dite de l’amortissement à la détermination de l’ohm. Rappelons en quoi consiste cette méthode, qui est due à Weber.
- On écarte l’aiguille d’un galvanomètre de sa position d’équilibre, et on l’abandonne à elle-même. Elle oscille alors avec une amplitude décroissante. Le mouvement de l’aiguille fait naître dans le circuit du galvanomètre, que nous supposerons fermé sur lui-même, des courants d’induction; ces courants à leur tour réagissent sur l’aiguille et s’opposent à son mouvement: ils produisent un amortissement que l’on mesure expérimentalement. D’autre part, cet amortissement est relié à la résistance du circuit par des équations qui permettent de déterminer la résistance en fonction de l’amortissement. En effet, le courant induit dans le galvanomètre ayant l’intensité i, l’action qu’il exerce à chaque instant sur l’aiguille est un compte qui a pour mesure le produit CJVh', M étant le moment magnétique de l’aiguille, et C étant un coefficient que l’on appelle la constante du galvanomètre. D’autre part l’intensité i du courant induit a pour
- , C M to ,, ^ , , . , . .
- valeur ——, r étant la résistance du circuit et
- a étant la vitesse angulaire de l’aiguille à l’instant considéré. On voit donc que r intervient. Quant à la vitesse to on ne la connaît pas directement : elle est reliée à l’amortissement de l’aiguille par une équation dans laquelle intervient encore l’intensité horizontale du magnétisme terrestre, puisque c’est sous l’influence du magnétisme terrestre que l’aiguille exécute des oscillations. En écrivant donc cette dernière équation, on arrive à éliminer to, et à établir une relation ne contenant plus comme inconnue que la résistance r que M. Dorn voulait déterminer.
- Remarquons à ce propos que la constante gal-vanometrique C entre dans le calcul; et que par conséquent il est nécessaire de la déterminer séparément, soit par le calcul, soit par comparaison avec la boussole des tangentes, si l’on veut obtenir r. Mais d’autre part si l’on supposait r connue d’avance, par exemple par comparaison avec des résistances déjà graduées, on pourrait, se servir de l’observation des amortissements pour avoir C. C’est ainsi qu’opérait M. Krüger dans un travail qui sera analysé prochainement.
- La méthode des amortissements comporte deux
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- corrections principales: l’une est due à la résistance de l’air ; on en tient compte en faisant osciller l’aiguille à circuit ouvert, sous l’influence amortissante de l’air seul. L’autre correction est due à l’extra-courant. En effet, les courants induits dans le circuit du galvanomètre par le mouvement de l’aiguille étant variables, il y a extra-courant. Il y a donc lieu de tenir compte de cet effet de self-induction : M. Dorn n’y a pas manqué.
- Plus récemment M. Wild a employé la méthode de l'amortissement, et à ce propos il a constaté l’exactitude du terme de correction employé par M. Dorn pour l'influence de l’extra-courant. C’est sur ce point particulier que porte le travail actuel de M. Dorn.
- La correction ne peut se faire exactement : elle n’a lieu que par voie d’approximation successive et à l’aide du développement en série. Nous n’essaierons donc pas de reproduire la discussion de M. Dorn.
- On le voit, la méthode de l’amortissement est des plus élégantes comme conception. Il n’y faut pas d’autre appareil qu’un galvanomètre et une horloge. Mais comme exécution elle présente de grandes complications de calcul, et de plus l’inconnue principale n’y intervient, en quelque sorte, qu’à titre accessoire ; aussi nous paraît-elle avoir peu d’avenir.
- L’éclairage électrique de la gare de Strasbourg
- Nous avons déjà parlé des essais d’éclairage électrique faits à la vieille gare de Strasbourg, dont le résultat a démontré l’avantage des foyers à arc pour l’éclairage des perrons et des grands locaux, ainsi que des lampes à incandescence pour les bureaux, etc.
- La supériorité de l’électricité sur le gaz ayant également été constatée sous le point de vue économique, l'administration s’est décidée à adopter l’éclairage électrique pour tous les bâtiments et dépendances de la nouvelle gare.
- Nous empruntons au Centralblatt für Elektro-technik les détails suivants concernant cette installation :
- MM. Siemens et Halske ont été chargés de l’installation des foyers à arc dans le vestibule, les salons d’attente, le quai et à l’extérieur de la gare, tandis que les lampes à incandescence adoptées pour les bureaux, le tunnel qui conduit au perron, et diverses autres parties de la gare, ont été installées par l’agence, à Strasbourg, de la Société Edison.
- Les machines sont distribuées dans deux stations, dont la principale est installée dans un bâtiment spécial, près des bureaux de l’administration, l’autre étant située près du hangar des locomotives.
- La première sert à l’éclairage des locaux sul vants:
- LAMPES à arc de 800 bougies LAMPES A INC de 10 bougies ANDESCENCE de 16 bougies
- Les voies, à l’exception de celles de garage.. 18 % »
- Les hangars des marchandises et de la douane 8 »
- Les hangars de la grande vitesse 2 n
- Les grands quats i5 » »
- Le quai de Lauterburg et sa sortie 6 »
- Le vestibule et les salles d’attente de la gare d’arrivée 5 »
- La place devant la gare. •1 » »
- Le hangar des machines. 0 12
- L’intérieur de la gare d’arrivée 232 m
- Le bâtiment de l’administration 623 219
- Total 60 869 331
- Tous les foyers à arc sont des lampes différentielles de Siemens chacune de 800 bougies, placées de 40 en 40 mètres sur les quais et de 100 en 100 mètres à l’extrémité de la gare, elles sont réparties sur 12 circuits de cinq lampes, et chaque circuit est alimenté par un dynamo spécial, ce qui constitue l’arrangement le plus économique pour remplir les exigences du service, de même que les accidents possibles sont facilement réparés puisque chaque machine peut, à l’aide d’un commutateur général, servir à l’alimentation d’un circuit quelconque. En dehors de ces 12 dynamos deux autres forment la réserve en cas d’accident. Chaque machine fait 1,160 tours par minute et demande pour alimenter les 5 foyers un peu plus que 5 chevaux. Les fils conducteurs sont en cuivre de 2,5 à 4,imm de diamètre; les fils souterrains qui conduisent le courant pour les foyers à l’extérieur de la gare sont couverts de jute, renfermés dans du plomb et pourvus d’une double couche d’asphalte qui à son tour est entourée de gros fils de fer. Pour les lignes aériennes on s’est servi de fils de cuivre couverts de gutta-percha entouré de rubans goudronnés protégés par de la jute.
- Les lanternes à l’extérieur sont de forme octogone et suspendues verticalement sur des poteaux mobiles en fer forgé dont l’extrémité forme une fourche.
- Les lampes à arc à l’intérieur sont couvertes de globes en albâtre d’un diamètre de 40 cent, et suspendues du plafond à une hauteur convenable, elles sont pourvues d’un arrangement qui permet
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- de les monter et descendre facilement et dont les chaînes servent en même temps à amener le courant ; dans les locaux qui n’ont pas une hauteur suffisante les lampes sont fixées au mur et les charbons doivent être placés à l’aide d’une échelle. Les lampes sont suspendues à une hauteur de 7 à 8 mètres, les charbons sont destinés à brûler pendant 8 heures mais afin de pouvoir les remplacer pendant le fonctionnement et sans interrompre tout un circuit chaque foyer est pourvu d’un « eut out » spécial.
- Quatre dynamos Edison chacune de 2S0 lampes A ou 400 lampes B (de 10 bougies) servent à alimenter les lampes à incandescence mentionnées dans le tableau ci-dessus et demandent une force motrice d’environ 3o chevaux.
- Les frais d’installation pour les chaudières, machines à vapeur, dynamos, lignes et lampes, ainsi que les accessoires de la station principale, s’élèveront à 440000 francs environ.
- La petite station, près du hangar des locomotives, sert à l’éclairage des locaux suivants :
- LAMPES à arc de 33o bougies LAMPES A INC de 8 bougies ANDESCENCt de 16 bougies
- Le hangar des locomotives 8 »
- La partie avoisinante de la gare 4 »
- Le bâtiment d’inspection des machines. . . » 20 u
- Le local servant de logement au personnel des trains de nuit. . . » 20
- Le hangar des machines et quelques locaux à côté » 10 »
- Total 12 5o »
- Ici sont installées les deux machines Siemens à courants alternatifs, chacune pour 6 lampes différentielles de 35o bougies, qui ont servi aux premières expériences ainsi que la machine Edison de 60 lampes à incandescence de 8 bougies et les deux locomobiles. Les anciennes lampes différentielles et une partie de l’ancien matériel des lignes ont également été utilisés ici.
- Les douze foyers à arc sont répartis sur deux circuits, les conducteurs sont presque tous aériens. En général, une seule des deux locomotives de 20 chevaux est en fonctionnement. L’installation fonctionne sans interruption depuis le mois d’août i883.
- Une grande partie des 1,200 lampes de ce système ne sont employées que par exception, de sorte qu’en général 4 machines dynamo, suffisent.
- Les lignes principales souterraines sont ici composées des câbles bien connus d’Edison tandis que les bifurcations sont en fils de cuivre forts entourés de coton imprégné et incombustible. Les lampes d’un même groupe, comme par exemple celles d’une salle, d’un corridor ou d’un palier ont un commutateur commun pour pouvoir les aiiumer ou les éteindre en même temps, de même que chaque foyer peut être indépendamment intercalé dans le circuit ou supprimé ; à des endroits convenables sont installés des bouchons de sûreté. Un régulateur placé près des machines sert à régler l’intensité lumineuse; mais les machines pour l’éclairage à incandescence qui seront installées ultérieurement auront des électro-aimants à enroulement compound et se régleront elles-mêmes. Selon la destination du local qu’elles servent à éclairer les lampes à incandescence sont arrangées sur des appareils appliqués aux murs à un ou plusieurs foyers ou sur des autres.
- En calculant la force motrice on a compté un cheval par foyer à arc ou par 8 lampes A ou 12,8 lampes C, de sorte que la force totale nécessaire
- est de 60 -j- ^ = 170 chevaux. Six machines
- à vapeur compound ont été installées; à-, cet effet dont les cylindres à haute pression ont un diamètre de 23omm et ceux à basse pression de 32omm et qui à une pression de vapeur de 8 atmosphères, à i5o tours par minute et à 22 0/9 d’admission dans le petit cylindre donnent 32 chevaux chacune, tandis qu’elles peuvent être poussées toutes les deux par 35 0/0 d’admission jusqu’à 45 chevaux.
- Les contrôleurs de rondes de M. Fletcher.
- Dans ce système le courant ne peut être envoyé par le veilleur à l’appareil enregistreur placé dans le bureau de surveillance que quand ledit veilleur a parcouru tous les postes qui constituent sa ronde et qu'il a mis au contact tous les appareils placés dans les différents postes. Dans ces conditions, une ronde une fois finie, les appareils permettraient de nouveau la transmission des signaux, mais, par une ingénieuse disposition, aussitôt que le signal est transmis, tous les contacts se trouvent détruits et, à la ronde suivante, le veilleur est forcé de recommencer toutes ces opérations.
- Voici le détail des appaieils :
- A chacun des postes par lesquels doit passer le veilleur se trouve un des appareils représentés par la fig. 1.
- Chacune des boites qui renferment les organes électriques porte deux bornes. L’une de ces bornes est reliée à une armature en fer que là figure 1 montre placée angulairement au-dessus d’un aimant en fer à cheval, l’autre borne communique avec un ressort placé derrière le disque blanc infé-
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- rieur. Quand le veilleur passe il introduit dans la boîte une clef à l’aide de laquelle il a baissé l’ar-
- FIG. I
- mature et l’amène au contact du ressort, où elle reste maintenue par l’attraction de l’aimant ; un disque
- FIG. 2
- de couleur fixé au bout de l’armature et qui vient cacher le disque blanc, visible à travers une fenêtre de la boîte, indique que le contact est établi.
- Le dernier des postes que doit parcourir le veilleur est représenté par la fig. 2. Il contient un simple commutateur destiné à fermer le circuit de li-
- gne et que le veilleur actionne de dehors, toujours à l’aide d’une clef introduite dans la boîte, mais il renferme en outre un galvanomètre dont l’aiguille, visible au travers d’une glace, donne à l’opérateur les indications nécessaires au contrôle du fonctionnement de l’appareil.
- Si l’aiguille ne bouge pas, c’est que tous les contacts n’ont pas été établis et le veilleur doit recommencer sa ronde pour corriger l’erreur.
- Quand l’aiguille est divisée de suite c’est que tous les appareils ont été bien visités et l’enregistrement a lieu dans l’appareil central.
- En même temps que les contacts, le courant traverse des bobines placées sur les pôles des aimants et que l’on voit représentées dans la fig. 1. Il en résulte un affaiblissement notable des aimants et les armatures se trouvent relâchées, de sorte que tous les contacts sont détruits. A ce moment, l’aiguille du galvanomètre qui avait été déviée à gauche se trouve projetée vers la droite, puis elle revient à sa position de zéro.
- Des précautions sont prises pour que les boîtes ne puissent être ouvertes sans que cette fraude laisse des traces. L’enregistreur du bureau central est un appareil à électro-aimant et à bande de papier comme dans la plupart des systèmes de ce genre.
- La pile est reliée d’une part au sol, de l’autre à la ligne qui, à son extrémité, est également mise à la terre.
- Etalon de lumière du Dr Werner Siemens.
- On sait que la dernière Conférence des électriciens a adopté comme unité de lumière blanche la quantité de lumière émise normalement par un centimètre carré de surface de platine fondu à la température de solidification. Il est bien entendu que le platine doit être chimiquement pur. Au sein même de la conférence, le choix de cette unité avait rencontré quelque opposition; on objectait principalement que la lumière émise par le platine en fusion ne pouvait être considérée comme blanche relativement à la lumière solaire et à la lumière électrique, qu’il était difficile de fondre le platine sans y mêler des impuretés de carbone, dé silicium ou d’un autre corps, et qu’enfin au point de vue pratique l’unité en question ne saurait être obtenue d’une façon commode. — Le Dr Werner Siemens avait proposé de prendre, en attendant mieux, comme étalon pratique de lumière la petite lampe normale construite par M. V. HefnerAlteneck, laquelle présente sur les étalons de même espèce de sérieux avantages sans échapper toutefois aux inconvénients qui sont inhérents à ce genre d’unités. Des savants anglais émirent le vœu que l’on choisît comme unité de lumière la quantité de lumière émise par un filament de charbon (lampe Swan) pour un travail électrique déterminé. Ces deux étalons furent rejetés par la conférence en
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- faveur de l’étalon proposé par M. J. Violle; le | premier fournissait une lumière trop colorée et surtout trop sujette à variation ; le deuxième n’offrait pas non plus le degré de sécurité désirable, la radiation du filament de charbon variant, pour la môme température, avec la constitution moléculaire de la surface incandescente.
- A la suite de la décision que nous venons de rappeler, M. W. Siemens a cherché à réaliser l’étalon désormais légal d’une façon propre aux exi gences de la pratique et s’est trouvé conduit à construire l’appareil que nous allons décrire. Cet appareil a été l’objet d’une conférence faite par le Dr Werner Siemens et publiée dans le dernier numéro de l’Elektrotechnische Zeitschrift (juin 1884). Le principe de la nouvelle lampe étalon
- FIG. I
- est des plus simples, mais il convient de dire tout d’abord que les conditions dans lesquelles on opère ne sont pas absolument identiques à celles dont la conférence a fait choix : le platine est pris à son point de fusion et non pas à son point de solidification. Existe-t il pour le platiné pur, entre le point de fusion et le point de solidification, une différence de température dont il faille tenir compte? C’est ce qu’on ne sait pas encore au juste. En tout cas il suffirait, une fois cette différence dûment constatée, de déterminer la valeur des coefficients permettant de passer des données de la lampe W. Siemens à celles de l’étalon légal.
- La figure 1 représente une coupe verticale et la figure 2 une coupe horizontale de l’appareil. Cet appareil est constitué essentiellement par une petite caisse métallique, dont l’une des parois est percée d’une ouverture conique (fig. 2); la surface du plus petit cercle mesure aussi exactement que possible un dixième de centimètre carré. Immédiatement derrière cette fenêtre et appuyée contre elle
- se trouve une lame de platine très mince d’une largeur de 5 à 6 millimètres; cette lame dépasse dans tous les sens le rebord de la fenêtre. On envoie dans ces conditions à travers la lame de platine un courant électrique dont l’intensité va en croissance graduellement; l’éclat de la lumière émise par l'ouverture de la caisse augmente jusqu’au moment où le platine fond et la clarté disparait brusquement. Cette augmentation progressive dans l’intensité permet à l’opérateur d’égaliser à chaque instant au photomètre l’éclairement de la lampe à étalonner avec la lampe étalon; un instant avant l’extinction du platine la quantité de lumière émise par la fenêtre de la caisse est égale au dixième de l’unité adoptée par la conférence. Un mécanisme spécial logé dans l’intérieur de la caisse et commandé par la poignée g a pour effet d’amener devant la fenêtre une nouvelle lame de platine à la place de celle qui vient d’être fondue : les expé-
- I f>à 2
- riences peuvent donc être répétées sans perte de temps.
- Cet appareil offre, dit M. W. Siemens, sur la méthode de fusion du platine à l’aide d’un creuset de chaux, l’avantage d’une manipulation beaucoup plus facile. En outre, il est relativement aisé d’obtenir une lame de platine chimiquement pur et l’on est certain que la fusion ainsi opérée n’introduit aucun élément étranger. Il est également bon de remarquer que la lame de platine a une épaisseur très faible — o,02mm environ — la dépense de métal ne saurait donc être forte.
- Les mesures comparatives' effectuées jusqu’à ce jour par M. W. Siemens ne peuvent faire foi, attendu que le platine employé n’était pas chimiquement pur. Elles témoignent toutefois d’une grande régularité, dans les indications de l’appareil et d’une manipulation très commode. Les comparaisons faites avec une bougie normale de 40 millimètres de hauteur de flamme ont donné à ceLte dernière une valeur égale à 0,7 de l’uniié légale : il est probable qu’avec du platine chimiquement pur on eûftrouvé un chiffre moins élevé.
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- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- RÉSUMÉ D’EXPÉRIENCES
- SUR LA DÉTERMINATION DE L’OHM ET DE SA VALEUR EN COLONNE MERCURIELLE Par MM. Mascart, F. de Nerville et R. Benoit
- VI
- Déterminations accessoires.
- (Suite)
- INFLUENCE DE L’AIR DANS LE REMPLISSAGE DES TUBES A MERCURE
- Il a paru utile de vérifier, par des épreuves directes, si, dans ces opérations de remplissage, il iie peut pas rester entre la paroi intérieure du verre et la colonne mercurielle, une mince couche d’afr ou des bulles imperceptibles, capables cependant de donner lieu à des erreurs appréciables soit sur les pesées, soit sur la valeur des résistances.
- Pour les pesées, la colonne de mercure était introduite dans le tube en plongeant l’une de ses extrémités, tirée en pointe et recourbée, dans un vase plein de mercure, et aspirant par l’autre extrémité au moyen d’un long tube de caoutchouc.
- On a fait un remplissage dans le vide avec le tube IV; la pointe ayant été fermée à la lampe, le tube a été mis par son autre bout en communication avec une pompe à mercure; quand le vide a été aussi parfait que possible, on a cassé la pointe dans un vase rempli de mercure, et l’on a laissé le tube se remplir lentement. La colonne ainsi obtenue sous le vide a été mesurée à zéro et pesée comme les autres; elle a donné les résultats suivants :
- Tube IV
- Colonne Longueur Poids />
- 5.... 994,866 l2m«T,99842
- Cette détermination est, comme l’on voit, d’accord avec les précédentes (p. 47), dans les limites des erreurs d’observation; il ne semble donc pas que la présence de l’air ait une influence appréciable sur le poids de mercure que renferme le tube.
- On a essayé, de même, une contre-épreuve sur la mesure des résistances, pour lesquelles le remplissage avait été fait dans le vide. Le tube III ayant été vidé, on l’a rempli h nouveau, mais dans Pair, et l’on a recommencé les comparaisons; ces nouvelles opérations ont donné, en millièmes d’unité B.A.,
- I — III = — o,5iq h — m = — 0,1 K)
- ni — iv = + 0,342
- Les différences de ces valeurs avec celles qui ont été déduites (p. 54) des observations faites sur le tube rempli dans le vide sont insignifiantes et n’indiquent aucun changement appréciable de la résistance du tube. Ce. résultat confirme celui qui a été obtenu par les pesées des colonnes mercurielles.
- CORRECTION RELATIVE AUX BOUTS DES TUBES DANS LES FLACONS A MERCURE
- Pour déterminer expérimentalement la résistance de communication des extrémités des colonnes mercurielles avec la masse de mercure des flacons terminaux, on a pris un nouveau tube de verre à peu près semblable aux tubes étudiés. Sa longueur était de im,i325i et son diamètre de imm,i7i. Ce tube a été comparé avec le tube IV; on a ensuite fait un trait de lime vers le milieu et le tube a été cassé nettement; on a réuni les deux tronçons par un flacon à deux tubulures, dont la résistance propre pouvait être considérée comme absolument négligeable, et l’on a comparé de nouveau l’ensemble des deux tronçons avec le tube IV. On a continué en subdivisant ainsi successivement le tube en 3, 4 et 5 parties, réunies par de nouveaux flacons, et comparant à chaque fois avec le même tube IV. On a trouvé :
- Dift.
- Tube entier — iv = 4- 2,547
- 0,799
- — coupé en 2 parties — IV = 4. 3,346 o,777
- - - 3 - - IV = + 4,123 0,869
- - — 4 — — IV = -f 4,992 0,846
- - — -s “ - IV = 4- 5,838
- Moyenne 0,823
- La résistance introduite par uue double communication avec les flacons à mercure serait donc de oB,A,u',000823; la formule théorique donnerait oB*A'u*,ooo85o. On voit que l’écart entre ces deux valeurs reste dans les limites des erreurs d’observation.
- COMPARAISON DES ÉTALONS
- Nous avons cherché encore, par des comparaisons directes, au moyen du pont a fil, si les étalons principaux, dont nous nous sommes servis, satisfont aux valeurs marquées sur les instruments ou par les certificats qui les accompagnent.
- On a d’abord comparé entre eux les quatre unités Siemens à des températures qui variaient entre i5° et 170. Les mesures ont été ensuite ramenées pour chacun d’eux à sa température normale, à l’aide du coefficient qui lui est propre, sauf pour le premier, dont la valeur a été calculée avec le coefficient moyen 0,00034 des trois autres. On a obtenu ainsi, en désignant ces étalons par leurs numéros et prenant pour unité la valeur moyenne d’un Siemens,
- (1206) —(2693) = — 0,00170 (2 5 I 2) —(2693) = — 0,0001 I (2704) — (2693) = -f- o,oooo5
- La concordance des trois derniers (2512), (2608) et (2704) se vérifie donc à ^0^ près. Quant au premier (1206), il paraît en erreur de Il est vrai que la température de l’expérience était de 6°,5 supérieure à la température normale (io°) de cet étalon, mais la différence ne peut être expliquée par une erreur commise sur la valeur du coefficient de variation avec la température.
- Les quatre étalons de l’Association britannique ont été de même comparés directement entre eux. En prenant le coefficient o,ooo32 pour les étalons de maillechort eto,ooo3o pour ceux de platine-argent, on a ramené chacun d’eux à la température pour laquelle il aurait sa valeur normale. Les comparaisons ont été faites, d’ailleurs, à une température tellement voisine des températures normales, que les erreurs
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- iii
- commises sur les coefficients ne peuvent avoir une grande influence. On déduit de ces observations :
- b.a.u.
- (14) — (75) =—0,00020 <74)~ 175) = 4-0,00044 <76) — (75)= — 0,00012
- Enfin, on a comparé les différentes unités Siemens à l’étalon B.A., n° 76. Réduction faite des températures, on a obtenu :
- Siemens b.a.u.
- (i2o6) = o,95iqq7 (25i3)=o,953692 (2693» = 0,953747 {2704) = 0,953879
- La première unité Siemens est en erreur, comme nous l’avions vu déjà ; la moyenne des trois autres donne le nombre
- 0,95377
- qui concorde, à moins de Tüuüïï près, avec le résultat que nous avons (p. 56) par la comparaison directe d’une colonne de mercure avec l’étalon B.A. n° 75.
- VII
- CONCLUSIONS
- Nous reproduirons d’abord, comme l'a fait M. Wild à la fin de son Mémoire, les résultats obtenus jusqu’à présent par les différents expérimentateurs.
- l865. Association britannique...
- 1873. Lorenz...................
- 1874. F. Kohlrausch............
- 1877. H.-F. Weber..............
- 1878. Rowland.... .............
- 1881. L. Rayleigh et Schuster..
- 1882. Dorn ....................
- 1882. H. Weber.................
- 1882. Glnzebrook et Sargant . ..
- 1882. L. Rayleigh..............
- 1883. L. Rayleigh et Sidgwick..
- i883. Wild.....................
- * Ces trois nombres ont été rédi valeur de l’unité mercurielle.
- VALEUR de l’unité mer- curielle B.A.U. LONGUEUR de lu colonne de mercure
- ohm ohm c
- » 1.000 104.83
- 0.9337 » 107.10
- 0.9442 » 105.91
- 0.9545 » 104.76
- 0.9554 » 104.67
- » 0 .Qqi1 * 105.79
- » 0.9893* 106.00
- 0.948 2 » 105.46
- » 0.9877* 106.16
- » 0.986.1 106.29
- » 0.9865 106.27
- 9 0.9868 106.24
- 0.9 P97 » 105.711
- 0.94O27 » 105.678
- s en prenant on,A,u% 9537 pour
- La dernière colonne indique la longueur de la colonne de mercure de immo de section, à la température de zéro, dont la résistance serait égale à un ohm, ou io° unités C.G.S. Si l’on tient compte surtout des expériences les plus récentes, on voit que cette longueur doit être très voisine de io6cm.
- Les expériences d’induction et les comparaisons relatives aux colonnes mercurielles ont donné, pour les étalons de l’Association britannique dont nous nous sommes servis,
- B.A.U .=Ootain(g861
- I unité mercurielle = oB*A,u*,95374
- II en résulte
- 1 unité mercuriclle=oohm,9^o3
- et, pour la valeur de l’ohm en fonction d’une colonne de mercure de imme <je section,
- 1 ohm=s io(fcm,33
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- AMÉLIORATION DE LA SITUATION DU PERSONNEL
- Les économies réalisées ont été immédiatement consacrées à augmenter les traitements du personnel, aux divers degrés de l’échelle des grades.
- En un mot, de grandes améliorations ont été apportées à la situation des facteurs ruraux, les Chambres et le Gouvernement n’ont cessé de leur témoigner une grande sollicitude.
- Les facteurs de ville, rémunérés par un traitement indépendant de leur parcoure et susceptible d’augmentations successives, débutaient à 85o francs et ne pouvaient dépasser le traitement de 1 200 francs; les facteurs des télégraphes débutaient à 800 francs et ne pouvaient dépasser le traitement de 1 000 francs. Le traitement de début a été pour les uns et pour les autres porté à 1000 francs et le maximum à 1 5oo francs.
- Le traitement des gardiens de bureau des départements, des surveillants des télégraphes et des facteurs chefs, qui ne dépassait pas 1 200 francs, peut aujourd’hui atteindre 1 800 francs; celui des brigadiers chargeurs et des agents du matériel des bureaux ambulants, limité antérieurement à 1800 francs, peut atteindre 2000 francs; celui des chefs surveillants et des brigadiers facteurs, qui s’arrêtait à 1 800 francs, peut maintenant être porté à 2 400 francs. Le traitement maximum des mécaniciens des télégraphes a été élevé de 2 400 à 3 5oo francs.
- Nous avons, depuis le 1” septembre 1881, grâce à un nouveau crédit supplémentaire voté par le Parlement, élevé de 3o à 55 francs l’indemnité attribuée aux facteurs ruraux à titre de frais de premier établissement, de 3o à 75 francs le chiffre de cette indemnité pour les facteurs de ville dans les départements, de 5o à 80 francs pour les facteurs de Paris; les gardiens de bureau et les facteurs des télégraphes ont été admis également au bénéfice de cette indemnité.
- Les facteurs des postes de Paris débutaient au traitement de 900 francs, non compris une indemnité de séjour de 100 francs et une autre de 5o francs à titre de frais de chaussure.
- Ce traitement de début a été porté à 1 000 francs.
- L’indemnité de 100 francs n’était allouée qu’aux facteurs releveurs de boîtes, aux facteurs d’imprimés et aux facteurs assistants; ils la perdaient lorsque, comme facteurs distributeurs de lettres, ils étaient pourvus d’un quartier de distribution
- Tous les facteurs des postes de Paris ont aujourd’hui l’indemnité de séjour de 100 francs et la conservent, quelle que soit la fonction.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- D’autre part, un délai minimum de cinq ans leur était imposé pour obtenir une augmentation de traitement. Nous avons réduit ce délai à deux ans environ.
- Le bénéfice de l’habillement aux frais du Trésor, attribué aux facteurs des postes de Paris et aux facteurs des télégraphes, ne s’étendait pas aux facteurs de ville des départements, aux facteurs locaux et ruraux et aux gardiens des bureaux sédentaires. Nous avons dû nous préoccuper de faire cesser cette différence et d’alléger ainsi les charges de ces modestes sous-agents.
- Tous les facteurs reçoivent actuellement tous les effets d’habillements, sauf le manteau; ils touchent en outre une indemnité de 3o francs pour frais de chaussure. A partir de 1884, il leur sera meme attribué deux pantalons palan.
- Quant au manteau, il constitue la partie la plus coûteuse de l’habillement. Demander sur une même année les crédits nécessaires pour l’allouer à la fois à tous les sous-agents eût présenté de graves inconvénients. Il eût fallu inscrire tout à coup au budget une somme considérable; en outre, les manteaux ne devant être renouvelés que tous les cinq ans, ce supplément important de crédit aurait figuré d’une manière intermittente dans les budgets successifs.
- Nous avons donc dû répartir par fractions à peu près égales sur cinq années la dépense relative à la première fourniture de manteaux, et un cinquième environ des facteurs locaux et ruraux recevront ce vêtement tous les ans. Les facteurs de ville l’ont déjà reçu.
- Quand la fourniture complète de l’uniforme des sous-agents sera assurée, il restera à leur accorder les objets d’équipement, tels que sacoche, etc.
- Le type des effets d’habillement a été modifié de manière à le rendre plus commode et plus uniforme.
- Les divers agents et sous-agents de l’administration des postes, en cas d’absence, étaient tenus de se faire remplacer à leurs frais lorsque le cadre des bureaux où ils étaient attachés ne permettait pas à leurs collègues de les suppléer en se répartissant leur service.
- Un crédit spécial de 200 000 francs, accordé par les Chambres, sur l’initiative de l’honorable M. Bouchet, nous a permis, dès 1880, de mettre à la charge du Trésor les frais de remplacement des agents et sous-agents écartés de leur service par la maladie.
- Toutefois, avec le crédit alloué, nous ne pouvons accorder l’indemnité complète de remplacement qu’aux agents et sous-agents bien notés et comptaut un an de service; nous ne pouvons en attribuer qu’une partie à ceux dont les notes sont moins satisfaisantes. Un supplément de crédit de 40000 francs accordé par le budget de i883 nous a permis de venir plus largement en aide à ceux de nos sous-agents atteints par la maladie.
- Les actes de dévouement accomplis par un grand nombre de nos agents dans l’exercice de leurs fonctions nous ont inspiré la pensée de récompenser leur service par des médailles d’honneur qui en seraient le témoignage public.
- Dans ce but, le décret du 22 mars 1882 a institué des médailles de bronze et d’argent destinées aux sous-agents qui se sont signalés par de longs et irréprochables services ou pour des actes de dévouemnt et de courage dans l’exercice de leurs fonctions.
- Afin de conserver à ces médailles toute leur valeur morale, elles sont accordées dans des limites très restreintes : les plus méritants peuvent seuls les obtenir.
- Agents
- L’intérêt si naturel et si légitime que nous devions porter aux sous-agents de l’administration ne pouvait nous faire oublier les agents, commis et receveurs. Ces utiles fonctionnaires doivent trouver dans leur rémunération le moyen de satisfaire aux exigences de la vie.
- Receveurs
- Les receveuses, qui, pour passer de 800 à 1 000 francs, étaient astreintes à un déplacement coûteux, peuvent maintenant obtenir leur avancement sur place et parvenir pâlies étapes successives de 800, 1 000, 1 200 au traitement de
- 1 400 francs, sans changer de résidence. Bien notées, elles obtiennent, au bout de deux ans environ d’ancienneté, l’avancement qu’autrefois elles devaient attendre six et huit ans.
- Dans les bureaux simples de première classe, les receveurs, qui étaient précédemment limités au traitement de
- 2 200 francs, peuvent obtenir le traitement de 2 400ct même de 2 700 francs.
- Le traitement de début des receveurs de bureau composé a été élevé de 2 5oo à 3 000 francs et l’échelle de leurs traitements a été sensiblement améliorée.
- Les receveurs ont vu leurs émoluments accessoires s’accroître par suite des remises qui leur seront allouées poulie recouvrement des valeurs de toute nature et pour leur concours aux opérations de la caisse d’épargne postale.
- Les cautionnements qu’ils sont tenus de consigner pour garantie de leur gestion ont été sensiblement réduits et fixés proportionnellement au traitement des intéressés.
- Enfin, pour assurer le recrutement dans de meilleures conditions, nous avons jugé nécessaire d’exiger de tous les candidats aux recettes de début une année de stage comme aide, et de nous garantir ainsi leur aptitude.
- En outre et dans le même but, une partie professionnelle a été ajoutée à l’examen.
- Les diverses dispositions relatives à l’admission à l’emploi de receveur ont été résumées dans un arrêté ministériel qui a substitué des règles nouvelles aux règles anciennes, tombées partiellement en désuétude, et déterminé la mesure dans laquelle les recettes des postes seraient réservées pour récompenser d’anciens services rendus à l’Etat.
- Commis
- Les commis des postes débutaient, après un surnuméra-riat non rétribué, onéreux pour leurs familles, au traitement de 1200 francs et ne parvenaient à 1 5oo francs qu’après un stage de dix-huit mois.
- Les commis des télégraphes devaient passer au moins deux ans comme auxiliaires, puis comme surnuméraires avant de parvenir au traitement de 1 400 francs.
- Aujourd’hui, les surnuméraires touchent une indemnité annuelle de 600 francs et débutent comme commis au traitement de 1 5oo francs.
- Les agents qui appartiennent déjà à l’administration au 'moment de leur admission au surnumérariat et qui ont une rémunération supérieure à l’indemnité de 6oo francs conservent cette allocation pendant leur surnumérariat. Ceux de ces agents, tels que les auxiliaires, les facteurs, qui comptent deux ans de service avant le moment où leur rang d’admission les appelle au grade de commis, sont nommés immédiatement à ce grade.
- Le traitement maximum, qui était, pour les commis ordinaires des postes et pour ceux des télégraphes, de 2 100 et de 2 400 francs, atteint actuellement 2 700 francs. Enfin, à un moment de leur carrière, les agents des télégraphes devaient passer par les traitements successifs de 2400, 2 5oo. 2 600, 2 800, 3 ono francs, et restaient stationnaires pendant de longues années avant de franchir plusieurs de ces échelons et d’obtenir de modiques augmentations de 100 francs ou de 200 francs; ils peuvent, depuis l’organisation nouvelle, passer successivement, de même que leurs collègues originaires de la poste, à 3700, 3 000, 3 3oo, 36oo et 4 000 francs, chiffre maximum du traitement des commis principaux. Le moindre des avancements est pour eux de 3oo francs. Le maximum du traitement des chefs de brigade
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- des bureaux ambulants et des agents du service maritime des dépêches a été également porté de 3 ooo à 4000 francs.
- InspecUu rs
- Les inspecteurs et sous inspecteurs de l’exploitation et des bureaux ambulants atteignent 5 5oo fr., au lieu de 400.) fr.
- Direclcu rs
- Les directeurs des bureaux ambulants,, jadis moins bien traités que leurs collègues du service départemental,, peuvent maintenant atteindre le traitement de 10000 fr.
- Administration centrale
- La reconstitution de l’admiuistration centrale du ministère des postes et des télégraphes sur la même base que l’ancienne administration centrale des postes a été particulièrement avantageuse pour les agents des télégraphes,, qui, limités autrefois au traitement de 35oo fr., ont pu atteindre le traitement de 4000 fr. ; les conditions ont été encore améliorées depuis pour l’ensemble des agents, puisque le traitement maximum a été porté de 3 100 à 35oo pour les commis ordinaires, de 4000 à 4500 pour les commis principaux, de 5 5oo à 6000 pour les sous-chefs, de 9000 à 10000 pour les chefs.
- Indépendamment des relèvements de traitement qui viennent d’être rappelés, la situation du personnel a été améliorée par de nombreux avancements de grade ou de classe.
- Les agents, qui séjournaient en moyenne pendant trois ou quatre ans dans la même classe pour obtenir des avancements parfois insignifiants, obtiennent aujourd’hui leur promotion à deux ans et demi et parfois à deux ans d’ancienneté;, pour les agents d’élite, ce délai peut être réduit.
- 11 y a lieu de remarquer, en outre, que les anciens receveurs des télégraphes, dont le traitement était limité à 35oo fr., devaient, pour obtenir une augmentation, passer dans le cadre de l’inspection, dont l’accès était très difficile-tandis que l’organisation nouvelle leur permet, en continuant à rendre de plus utiles services dans les recettes, d’arriver, comme le faisaient leurs collègues des postes, au traitement de 8000 fr.
- Parmi les peines disciplinaires infligées aux agents se plaçait la retenue de traitement, qui avait les conséquences les plus fâcheuses pour des agents déjà faiblement rétribués et surtout pour leurs familles. Ces pénalités pécuniaires ont été supprimées par arrêté et remplacées par l’avertissement.
- Les agents d’origine postale, déplacés d’office dans l’intérêt du service, ne recevaient autrefois aucuns frais de déplacement. Actuellement, des frais de route leur sont alloués, comme à leurs collègues d’origine télégraphique.
- Enfin, nous nous préoccupons de provoquer le classement dans le service actif, au point de vue de la retraite, d’employés tels que les agents des bureaux ambulants et les facteurs des télégraphes, dont le travail est au moins aussi pénible que celui d’agents déjà classés dans le cadre des emplois actifs : ce classement, on le sait, donne droit à pension à cinquante-cinq ans d’àge et après vingt-cinq ans de services.
- Malgré ce qui a été fait, il reste beaucoup à faire. Le per. sonnel des postes et des télégraphes est un personnel laborieux et dévoué. Son travail est pénible, presque sans interruption. Il doit être suffisamment payé. Il ne doit pas surtout l’être moins que dans d’autres administrations dont le service n’est ni plus difficile ni plus assujettissant.
- L’accroissement considérable qui s’est produit dans le nombre des dépêches, conséquence de la réduction des taxes, a naturellement nécessité une augmentation de personnel. Un service de transmissions, assuré par des femmes, qui avait été timidement expérimenté en 1877, a donné d’ex-
- cellents résultats et il a reçu une grande extension dans ces dernières années.
- Au début, 2 surveillantes et 66 femmes y étaient employées. Aujourd’hui, le nombre des employées est de 464.
- Ce service, primitivement restreint au poste centrai et organisé ensuite également au bureau de la Bourse, a été successivement étendu aux bureaux télégraphiques de Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Lyon et Nantes; il y occupe 273 femmes.
- Son personnel féminin travaille dans des salles séparées.
- En outre, nous avons employé les femmes dans les bureaux téléphoniques de l’Etat récemment ouverts à Reims, Saint-Quentin, Roubaix, Tourcoing et Troyes, dans le service de la caisse d’épargne postale, au bureau des articles d’argent, à celui de la vérification des produits, à la recette principale de la Seine, où elles sont chargées notamment d’un travail de vérification. Leur nombre est pour tous ces services de 243.
- Il ne leur était alloué primitivement qu’une indemnité non sujette à retenues ; elles reçoivent maintenant un traitement susceptible d’augmentation, qui leur permet d’acquérir des droits à une pension de retraite, établie sur les mêmes bases que les pensions allouées aux autres agents.
- Nous ajouterons que, en dehors des 980 femmes qui remplacent des commis, pius de 4,000 sont chargées de la gestion de recettes des postes et des télégraphes.
- Dans ces chiffres ne sont pas comprises les femmes employées à la journée, les auxiliaires des bureaux nommées par l’administration et les aides-femmes désignées par les receveurs; le nombre de ces dernières est assez élevé.
- Npus avons pu constater que ces femmes s’acquittent de leurs fonctions dans les meilleures conditions, que leur admission dans les cadres procure de l’économie et qu'en même temps leur recrutement s’effectue dans des conditions d’instruction générale supérieure à celle qu’on exige des candidats surnuméraires.
- Surmimérariat
- Un même examen ouvre aujourd’hui l’accès du surnumé-rariat des postes et des télégraphes. Le nombre des candidats qui ont pris part aux derniers concours, leurs aptitudes, leur instruction, prouvent que les améliorations apportées dans la carrière administrative qui leur est ouverte ont attiré des jeunes gens qu’un avenir moins certain et moins avantageux en tenait éloignés.
- Pour permettre de se rendre compte de ces résultats, il suffira de comparer le nombre des candidats à chacun des examens qui ont eu lieu depuis 1876 :
- Candidats Admissibles
- POSTES
- 1876. — 28 septembre 2 57 126
- 1877. — 24 mai •I98 172
- 1877. — 1 5 septembre 345 180
- 1878. — i (> mai 417 200
- 1878. — 26 septembre 349 *
- POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- 1878. — 26 décembre 1.352 6o5
- 187c). — 2 |. avril 1..124 <>9Q
- 1870. — 20 novembre 1.532 3 90
- 1NK0. — 8 avril 1 .oo5 631
- ]8So. — 11 novembre J .c)55 708
- 188 ï. — 17 février 1.711 65 2
- j881. — 28 juillet 1.702 706
- 1881. — 22 décembre l .759 1.016
- 1882. — 20 avril 1.835 5.32
- 1882. — 28 septembre 1.869 600
- i88d. — 8 mars 1.559 785
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Un arreté du u décembre 1882 a dispensé des épreuves du concours d'admission les candidats au suruuinérariat pourvus du diplôme de bachelier ès lettres ou de bachelier es sciences.
- Un examen spécial, dit examen de second degré, permet en outre aux agents studieux de montrer leur valeur et de se frayer la route aux emplois supérieurs de l'administration centrale ainsi que du service d'exploitation; le succès de cet examen leur assure un avancement exceptionnel à un an d'ancienneté. C'est également à la suite d'un examen spécial que sont nommés les contrôleurs du service technique.
- Ecole supérieure de télégraphie
- Le recrutement des ingénieurs est assuré par l'institution d’une véritable école supérieure de télégraphie, analogue aux écoles des ponts et chaussées, des mines, etc.
- L'école instituée auprès de l’ancienne administration des télégraphes recevait, à côté d’élèves de l'Ecole polytechnique, des agents soumis à un examen qui n'exigeait pas des connaissances scientifiques suffisamment étendues. Les cours qu'ils suivaient en commun étaient trop élémentaires pour les uns, trop difficiles pour les autres; tous, n'en tirant pas le profit qu'ils devaient en attendre, se décourageaient. L'administration ne fournissait donc aucun moyen à ses agents de se tenir au courant des progrès de la science et de se mettre en état de la faire avancer à leur tour.
- L’organisation sur de nouvelles bases d'une école supérieure de télégraphie est venue apporter le remède à cet état de choses.
- Les programmes de son enseignement en font une véritable école d'application de la science électrique; l'examen d'admission garantit la capacité des élèves; toute l'organisation assure un sérieux recrutement d'ingénieurs télégraphistes, corps qui manquait presque entièrement dans l'ancienne organisation du service.
- Cette école ne comprend pas seulement les élèves ingénieurs sortis de l'école polytechnique dans le service des télégraphes; elle se recrute surtout par voie de concours entre les agents des postes et des télégraphes, les licenciés ès sciences et les anciens élèves des grandes écoles du Gouvernement (polytechnique, normale, forestière, centrale, des mines, des ponts et chaussées, etc.). Les élèves ingénieurs qui ont satisfait aux examens de sortie après les deux années de séjour à l'école obtiennent le grade de sous-ingénieur. Ils concourent tous à l'avancement, sans distinction d'origine, et sur le pied de la plus complète égalité.
- Indépendamment des élèves, des auditeurs libres sont autorisés à suivre les cours et conférences. Plusieurs étrangers ont déjà été envoyés par les gouvernements de différents pays pour profiter des cours de l'école supérieure de télégraphie. Leur présence nous a montré que l'institution de notre école avait été l'objet d'une universelle approbation.
- Des cours préparatoires, largement ouverts, facilitent l'accès de l'école aux agents de ^administration sortis du cadre des commis, qui se sentent portés par leurs aptitudes aux études scientifiques. Les résultats, du reste, ont déjà témoigné combien leur enseignement était fructueux; aux trois derniers examens de l'école supérieure, les candidats classés au premier rang étaient des agcnts.de l'administration.
- Les contrôleurs du service technique peuvent également être nommés ingénieurs dans des conditions déterminées.
- Deux voies sont donc ouvertes pour donner accès à ce gràde : l’entrée à l'école préparatoire, puis à l'école supérieure, ou un examen spécial.
- S'ils veulent subir cet examen, ils sont autorisés à suivre des cours qii leur donnent le moyen de s'y préparer plus facilement.
- Deux contrôleurs viennent d'être nommés ingénieurs à la suite de ces épreuves subies avec succès.
- Le corps des ingénieurs télégraphistes n'est donc pas un corps fermé. II s'ouvre à tous ceux qui, par leur travail et leur capacité, se montrent aptes à y entrer.
- Enseignement
- En dehors de l'enseignement spécial tout à fait supérieur dont nous venons de parler, plusieurs cours ont été créés :
- i° A Paris, à Brest, à Bordeaux et à Montpellier fonctionnent des écoles de surnuméraires.
- 20 Dans 16 villes sont organisés d'autres cours élémentaires qui ont pour but de former les débutants qui n'ont pas suivi les cours des surnuméraires et de les initier aux opérations les plus usuelles de la télégraphie et de la poste.
- 3° Des cours théoriques élémentaires, installés dans 9 centres de région, donnent aux agents les moyens d'acquérir les connaissances scientifiques indispensables pour compléter leur instruction technique. Ces cours sont répartis sur deux années : on appelle de préférence à les suivre ceux qui ont subi avec succès les épreuves finales des cours élémentaires.
- 4° Enfin, des cours théoriques et des cours pratiques ont été institués pour l'étude des appareils perfectionnés; les cours pratiques sont installés dans toutes les villes où ces appareils sont en usage, Des cours théoriques ont été ouverts à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, le Havre et Nice.
- 5° Des cours spéciaux ont été créés à l'école supérieure de télégraphie pour compléter l'instruction technique des contrôleurs, principalement en ce qui concerne la construction des lignes et les mesures électriques; ces cours permettront aux candidats à l’emploi de contrôleur de se préparer à l'examen d'admission.
- L'enseignement des langues étrangères a été organisé dans divers centres importants. L'anglais est professé à Bordeaux, Brest, le Havre, Lille, Rennes, Nice et Marseille; l'allemand à Lyon et Nancy; l'espagnol à Toulouse; l'italien à Marseille et à Toulouse.
- Pour encourager cette étude des langues vivantes, une prime mensuelle de 20 francs est allouée aux agents qui ont subi avec succès les épreuves d'un examen et dont la connaissance d'une langue étrangère est utilisée dans le service.
- Des cours permettent aux ouvriers mécaniciens de se présenter à l'examen exigé pour l'admission à l'emploi d'agent spécial.
- Sans quitter le domaine de l'enseignement, nous ajouterons que la bibliothèque du ministère, qui ne comprenait pas 900 volumes en 1877, s’est accrue de plus de 7000 volumes et d’un grand nombre de documents intéressant le service. Elle a été installée de manière à faciliter les recherches et à être consultée utilement par les agents laborieux auxquels elle est ouverte, même les dimanches et le soir. Malheureusement, les crédits alloués par les Chambres sont insuffisants pour constituer une bibliothèque complète. Une demande decrédit supplémentaire de4000 francs ayant été repoussée par la commission du budget, nous ne pouvons consacrer annuellement que des ressources insuffisantes à l'achat de livres scientifiques nouveaux.
- L’administration française possède un certain nombre d'appareils anciens, dont la réunion à l'exposition d'électricité avait présenté un réel intérêt rétrospectif et avait contribué au succès de l'exposition spéciale de l'administration française.
- Nous avons voulu que cette collection curieuse, qui comprend à la fois les diverses variétés d'appareils créés depuis l'origine de la télégraphie, pût toujours être consultée avec fruit, et nous l'avons installée dans une vaste salle; nous nous proposons de continuer à la compléter et à l'étendre.
- Après avoir pris successivement et isolément les diverses mesures relatives à la fusion du personnel des postes et
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- des télégraphes, il m'a paru utile de soumettre à votre approbation un décret réglementant d’une ipanièrc complète toute l’organisation générale du service actif, et vous avez bien voulu revêtir ce décret de votre haute approbation à la date du 23 avril i883.
- Le projet de décret relatif à la constitution de l’administration centrale, prescrit par la loi de finances du 29 décembre 1882, a, en ce qui concerne le département des postes et des télégraphes, été transmis au conseil d’Etat dès le 3o avril i883.
- Nombre des agents
- Le nombre des agents et sous-agents de toute catégorie a aussi reçu un grand développement, comme le prouvent les chiffres suivants :
- Le nombre total des facteurs était en 18/7 de 24610, et de 3o 996 au 3i décembre i883.
- Pendant le même intervalle, celui des commis, de 5 944, a été porté à io832.
- Celui des agents et sous-agents du service ambulant de 1 491 à 2 551
- Enfin, le nombre total des agents et sous-agents, qui ne s’élevait qu’à 38 256 en 1877, est actuellement de 53899, s0^ en six ans une augmentation de 15643 ou de 40 p. ioo, répondant à une augmentation de la circulation postale de 59 p. 100.
- Grâce à la fusion, la proportion du nombre des employés supérieurs à celui des agents de tous grades a au contraire diminué. En 1877, le nombre des agents supérieurs était de 986 pour 11 940 agents, soit 8.20 p. 100. En i883, les agents supérieurs étaient au nombre de 1068 pour 19604 agents, soit seulement 5.45 p. 100.
- TRANSPORTS DES DÉPÊCHES
- Cahiers des charges des chemins de fer
- L’opinion publique s’étonne parfois et même s’irrite de voir que le transport des dépêches ne s’effectue pas, par tous les trains, pour toutes les localités, mais elle ignore que les droits de l’administration vis-à-vis des compagnies de chemins de fer sont limités.
- Le concours des chemins de fer est loin d’être acquis gratuitement à la poste dans toutes les circonstances où elle doit y avoir recours. Certains services qui s’exécutent par voie ferrée sont, en effet, l’objet de rémunérations allouées aux compagnies. L’administration des postes doit au public plus qu’elle ne peut exiger de ces dernières. Or, tout service exécuté au delà des conditions du cahier des charges peut entraîner le payement d’une allocation.
- Nous rencontrons un obstacle sérieux au développement de nos services en chemin de fer dans les dispositions insuffisantes du cahier des charges des compagnies, relatives au transport des dépêches. A l’époque où les cahiers des charges actuels ont été rédigés et consentis, c’est-à-dire il y a vingt-cinq ans, les besoins du service postal n’avaient pas pris le développement qu’ils ont acquis depuis cette époque.
- L’article 56 du cahier des charges a bien réservé à l’administration certains droits, notamment celui de disposer d’un train par jour dans chaque sens, d’introduire gratuitement dans chaque train ordinaire de l’exploitation un wagon-poste; mais, dans la pratique, ces droits sont souvent insuffisants. Les compagnies font parfois des difficultés pour accepter l’introduction, dans certains trains, d’un deuxième bureau ambulant, même contre payement du prix de 5o centimes par kilomètre parcouru. Or, le développement de la correspondance sur certaines lignes rend aujourd’hui indispensable l’emploi de deux bureaux ambulants dans les trains où le service est le plus chargé. Dans les conditions du régime actuel, c’est à peine si l’on pourrait réaliser ccs amé-
- liorations urgentes en demandant chaque année un supplément de crédit considérable.
- Lé vrai moyen de résoudre la difficulté serait l’introduction dans les cahiers des charges de clauses plus favorables à notre service et plus en rapport avec les besoins actuels du public.
- Il serait notamment indispensable de stipuler pour la poste le droit de placer deux bureaux ambulants au lieu d’un seul dans tous les trains ordinaires des compagnies et de supprimer nettement la limite de poids inscrite dans le cahier des charges actuel.
- Pénétrés de l’insuffisance des dispositions réservées par le cahier des charges des compagnies existantes, en faveur du service des postes et des télégraphes, nous nous sommes préoccupés des clauses que devraient comprendre les cahiers des charges des chemins de fer d’intérêt local et des tramways.
- La loi du 11 juin 1880 avait spécifié (art. 38) qu’un règlement d’administration publique déterminerait les conditions d’établissement de voies ferrées, ainsi que les rapports entre les concessionnaires de ces voies et les services intéressés
- Mais déjà l’article 17 de la même loi avait posé en principe qu’aucun service gratuit ne pourrait être imposé aux con-cessionnairés des lignes qui ne recevraient aucune subven-tion de l’Etat.
- C’était une première difficulté qui nous forçait à distinguer selon les cas.
- D’autre part, le conseil d’Etat, ayant à résumer dans un cahier des charges unique, destiné à servir de modèle pour les concessions futures, des dispositions multiples, a pensé répondre aux intentions du législateur en n’insérant dans le cahier des charges type que les clauses absolument indispensables et sans lesquelles le service eût été à peu près impossible.
- L’ensemble des clauses relatives au service des postes et des télégraphes a fait l’objet des articles 56 et 07 du cahier des charges des chemins de fer d’intérêt local, et de l’article 36 du cahier des charges des tramways, qui sont annexés au décret du 6 août 1881.
- Elles réservent au département des postes et des télégra plies, sur les lignes d’intérêt local subventionnées par l’Etat, l’usage gratuit d’un compartiment, dans chaque train, pour le transport des dépêches; le droit de requérir à moitié prix des tarifs homologues un second compartiment, ou même l’introduction d une voiture spèciale, pourvu que son poids ne dépasse pas celui des voitures du plus lourd modèle de la compagnie; la faculté de placer une boîte aux lettres dans chaque convoi et, dans certains cas, celle de requérir des trains spéciaux quotidiens, après entente avec le ministre des travaux publics, moyennant le simple remboursement des frais supplémentaires qui en résultent. Les agents en service sont transportés à moitié prix du tarif ordinaire; ceux qui voyagent pour le contrôle des lignes télégraphiques ou du service postal exécuté sur la ligne du chemin de fer sont transportés gratuitement, même sur les lignes non subventionnées.
- L’Etat peut se servir des poteaux installés le long de la voie pour le service de la compagnie, afin d’y placer ses propres fils; il peut construire des maisonnettes, dans certaines conditions, sur les terrains appartenant au chemin de fer; enfin, il a la faculté défaire transporter à moitié prix le matériel nécessaire à l’exécution ou à l’eutretien de ses propres lignes télégraphiques.
- Sur les lignes de tramways, dous avons le droit de fixer une boîte aux lettres à chaque voiture,de faire transporter les sacs de dépêches et l’agent chargé de les escorter. Ce transport est gratuit sur les lignes subventionnées par l’Etat. Le concessionnaire peut même être tenu de fixer l’heure de ses départs d’après les convenances du service postal, sauf indemnité.
- L’administration a le droit de requérir le même service sur les lignes non subventionnées, aux prix des tarifs homologues.
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- Toutefois, quelques importantes que soient les dispositions insérées dans les nouveaux cahiers des charges des lignes d’intérêt local et des tramways, elles ne représentent que le minimum des obligations auxquelles il est indispensable que les compagnies soient astreintes pour assurer l’exécution stricte du service; elles sont même insuffisantes pour permettre de donner dans la plupart des cas à ce service une extension souvent sollicitée. Il ne faut pas perdre de vue en effet que les concessions qui sont accordées constituent, sur , tous les trajets desservis, un véritable monopole dont nom serons obligés de subir les exigences pour le transport des dépêches, sans pouvoir recourir au système actuel d’adjudication publique. On ne pourra plus, dès lors, bénéficier de ; la concurrence et profiter de la diminution de prix que les adjudicataires consentent toujours eu vue du transport des voyageurs et des marchandises.
- Or, très souvent nous avons été saisis de vœux des conseils généraux demandant, soit la création de services nouveaux, soit l’extension du nombre des ordinaires. En généra*, de semblables mesures, es* entichement d’intérêt local, ne peuvent être réalisées qu’autant qu’elles n’entraînent pas pour l’Etat des dépensés hors de proportion avec les' ressources dont il dispose, et malheureusement l’importance des; charges supplémentaires qui en résulteraient a souvent empêché d’accueillir favorablement des demandes auxquelles nous aurions été heureux de donner satisfaction.
- Il appartient donc aux intéressés, s'ils jugent ces améliora- I tions utiles, de réserver à l’administration, vis-à-vis des concessionnaires, les moyens ’ d’exécuter le service dans des : conditions acceptables pour elle.
- Les cahiers des charges types ne sont, en effet, que des : cadres dont les éléments peuvent être modifiés et complétés ; dans chaque concession. Les assemblées départementales et • municipales peuvent introduire, pour chaque cas particulier, des stipulations en faveur du service des postes et des télégraphes. Il appartient' aux préfets de leur montrer qu’il im- ; porte, dans l’intérêt de leurs administrés, de permettre ainsi à notre service de réaliser des améliorations réclamées par les populations.
- Déjà certains conseils généraux, en stipulant spontanément la gratuité du transport des facteurs des postes et télégraphes, ont, sans imposer de charges réelles aux concessionnaires, permis d’accélérer sensiblement la distribution et en même temps d’alléger le service de ces agents.
- C’est par une semblable initiative seulement que pourront être réalisées successivement les améliorations sollicitées dans un but d’intérêt local, améliorations qu’à notre vif . regret nous sommes obligés trop souvent d’ajourner, nous ne saurions, assez le répéter, faute de ressources et de moyens d’action suffisants.
- Grâce à l’accord intervenu avec plusieurs conseils généraux, des dispositions spéciales ont été insérées dans les cahiers ; des.charges de manière à faciliter le service postal, notamment en intéressant les concessionnaires à mettre les heures de leurs convois autant que possible en rapport avec les exigences de notre service.
- Ce résultat a été obtenu en ne laissant à la charge de l’Etat que les trois quarts des dépenses supplémentaires qu’occasionnerait la création de trains spéciaux.
- Interprétation du cahier des charges.
- Deux importants procès soulevés par l’interprétation du cahier des charges des compagnies de chemins de fer ont été également tranchés à l’avantage de l’administration des postes.
- La compagnies des Bombes s’est vue déboutée par le conseil d’Etat de sa prétention de borner la gratuité du transport du train journalier de la poste à un seul sens sur chaque ligne.
- Une des grandes compagnies, qui avait réclamé des som-
- mes dépassant plusieurs millions pour prix de transport, a échoué devant le conseil de préfecture de la Seine.
- RÉSEAU TÉLÉGRAPHIQUE ET APPAREILS Kxlcnsion du réseau télégraphique
- Si l’organisation complète du service ambulant est la condition essentielle d’un bon service postal, il faut, pour assurer un bon service télégraphique, pouvoir disposer de nombreuses communications électriques directes.
- L’absence de communications directes, soit entre certaines villes importantes et Paris, soit entre des villes ayant des rapports d’intérêts fréquents, l’insuffisance de celles /qui existaient, étaient autant de causes de retards , dans les transmissions. Nous nous sommes appliqués à les. faire cesser par une extension rapide de notre réseau intérieur.
- 14 fils internationaux ont en même temps été établis; une communication directe a été ouverte entre Paris et Constantinople; mais les ressources de l’adminis’.ration ont été plus spécialement consacrées à accroître et à perfectionner .nos communications intérieure-.
- Depuis le icr janvier 13/Pî jusqu’au icr janvier 1884, il a été mis en service 509 nouveaux fils comprenant:
- 14 conducteurs internationaux ; i
- 28 conducteurs de grande communication,. reliant des centres principaux;
- 11g conducteurs de. moyenne communication, dont 51 aboutissent à Paris ;
- i58 fils interdépartementaux ou auxiliaires; -•
- igo conducteurs départementaux.
- Dans l’ancien état du réseau, un certain nombre de villes ne communiquaient avec Paris que par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs centres de dépôt.
- On s’est attaché à les relier d'rectement avec la capitale.
- Actuellement 10 chefs-lieux de département sont seuls privés de communication directe avec Paris.
- La longueur tota'e de nos lignes, qui était de 55 5oo kilomètres en 1877, s’est élevée au chiffre de 73000 kilomètres au 3i décembre ï883, soit une augmentation annuelle 'de
- 5 0/0.
- L'accroissement de longueur des fils a été plus considérable encore pendant le cours des six dernières années. Elle a été portée de 145 000 kilomètres à 224000 kilomètres, soit une augmentation totale de 7gcoo kilométrés ou g 0/0 par an pendant cette période, tandis que de 1871 à 1877 l’augmentation moyenne annuelle ne dépassait pas 3656 kilomètres ou 3 06 0/0.
- Remarquons que cette énumération ne comprend pas les conducteurs souterrains.
- Il y a des inconvénients, dans les villes, à rattacher de nombreux fils aux maisons; les dérangements s’y produisent en effet plus facilement qu’en rase campagne. C’est pour cette raison que les lignes d’accès des bureaux les plus importants ont été établies souterrainement.
- Ce réseau spécial, qui se composait au 3i décembre 1877 de 4 i5o kilomètres de fils, comporte actuellement 14 000 kilomètres de fils, soit une augmentation totale de g 85o kilor mètres depuis le ior janvier 1878.
- Les lignes d’intérêt privé, qui comptent 7 5oo kilomètres de fils, et le réseau des chemins de fer, dont les fils ont une longueur de 78000 kilomètres, ne sont pas compris dans ces chiffres.
- Le mode de construction de lignes employé en France donne des garanties de solidité et d’isolement suffisantes pour qu’il n’y ait pas eu lieu d’apporter des modifications notables dans les procédés de construction.
- Cables
- Nos communications sou s-mari g es n’ont pas etc négligées;
- 6 câbles importants ont été posés depuis 1878.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- La Corse; àvait ét£'reliée imë première fois* avec* la France eu j86i,. mais le câble se rompit l’année suivante.
- Nous nous trouvions depuis celte époque mbutaires de l’Italie, qui percevait une taxe de transit, calculée à raison de X fr, 5o dans le principe, et de t franc, depuis 1865, pour chaque dépêche de vingtjnots. Ce transit grevait le Ttésor français d‘une dépense annuelle de 40000 francs environ.
- Depuis l’abaissemenr des taxes télégraphiques, une dépêche dé un à dix mots pour la Corse, taxée 5o centimes, était soumise à unë taxe de transit de 1 franc au profit de lTtahe, soit une perte de 5o centimes pour le Trésor.
- Il importait de faire cesser cet état de choses anormal par rétablissement .d’un câble direct.
- Les travaux furent adjugés le 28 mai 1878, au prix de 397000 francs, inférieur de 2o3ooo francs au crédit accordé par les Çhambres, et le 16 novembre suivant, c’est à-dire cinq mois et demi après, le nouveau câble était ouvert à la correspondance télégraphique; sa longueur est de 281 kilomètres 504 mètres. Ses points d’atterrissement sont à Antibes et à Saint-Florent (Corse), mais les communications sont directement établies entre les bureaux de Nice et de Bastia.
- A la suite de l'ouverture de cette communication, nous nous sommes entendus avec l’Italie pour la transmission gratuite, par les câbles franco-italiens, des dépêches échangées entre la France et la Corse, en cas d’interiuption de notre conducteur. Cette gratuité, accordée par réciprocité aux dépêches de l’Italie pour la Sardaigne transitant par la Corse; est avantageuse.
- Un seul câble appartenant à l’Etat réunissait la France à l’Algérie; il avait été établi en 1871; cette communication étant insuffisante pour l’écoulement de nos dépêches, nous étions dans la nécessité de faire transmettre chaque jour 90 dépêches environ par l’intermédiaire de l’un des câbles dé Marseille à Bônè, concédés à VEastern Telegraph Company, Par suite, la France paya t pour frais de transit une somme annuelle de 80,000 fr. environ.
- En tenant compte de ce fait, démontré par l’expérience,, que les câbles sous-marins ont une durée limitée, et que, d’ailleurs, notre câble d’Algérie, posé en 1871, a déjà perdu les trois quarts de la valeur électrique qu’il possédait à l’origine, on était amené à penser que cette communication, qui avait déjà plus de sept ans d’existence, pouvait dans quelques années faire complètement défaut.
- Il devenait donc urgent de procéder à la pose d’un deuxième câble, sous peine, en cas de dérangement de la voie unique, de laire passer par les câbles de VEastern Telegraph Company toute la correspondance échangée avec notre territoire afiicam, ce qui aurait été très onéreux et insuffisant pour le service.
- La loi du 12 avril 1879 nous a donné les ressources nécessaires pour faire poser un second câble entre Marseille et Alger.
- La pose, concédée par adjudication moyennant le prix de i,43o,ooo fr., bien inférieur au prix du câble de 1871, qui avait dépassé 2,400,000 fr., était entièrement achevée le n octobre 1879. Le nouveau câble avait uuc longueur de 917,66b mètres.
- Son établissement eut comme conséquence immédiate une amélioration considérable.
- Nous avons pu en effet proposer à votre signature le décret réduisant, à partir du 20 octobre 1879, la taxe des dépêches échangées entie la métropole, d’une part, l’Algéieet la Tunisie, de l’autre, de 20 centimes à 10 centimes par mot, avec un minimum de perception de un franc.
- Le nombre des téégrammes fran.Q-algèriens. pendant la période annuelle antérieure à ;a réduction Je taxe, avait é é de 202,394, ayant produit une somme de 596.667 fr. Pendant la période annuelle qui a suivi immédiatement la »éductioo de taxe, le nombre des télégrammes s’est é evé à 374,321, et leur produit à 623, |8o fr.- Depuis, la progression n’a cessé fie s’accroître de plus en plus; le nombre des télégrammes
- privés échangés entre-la France et l’Algérie, qui, en 1877, n’était que de u8,663, s’est élevé, en 1883, à 540:752, soit une-augmentation de 422,089 ou de 356 pour 100. .... 'v ;
- En raison de cette augmentation considérable du trafic,-nous avons dû demander aux chambres les crédits nécessaires pour la pose d’un troisième câble, .
- Un crédit.de 1,600,000 fr, mis à notre disposition nous a-permis de réaliser cette importante opération. Les travaux ont été adjugés, le 18 jum 1880, au prix de 1,392,500 lr., inferieur de 207,500 fr, au crédit qui avait été accordé, et moins élevé que le mon’ant de la précédente adjudication. Le nouveau câble a été immergé avec un plein succès le 3 octobre; 1880 et livré le 6 octobre à l’exploitation.
- Nous avons, d autre part, obtenu de VEastern Telegraph Company la renonciabon au bénéfice de la gratuité du transit a travers la France, que lui avait accordée la convention du 12 août 1876 pour les télégrammes échangés entre l’Angleterre et l’Orient; elle paye maintenant pour ces dépêches une taxe de transit de 5 centimes par mot.
- Elle s’est, en outre, engagée à transmettre, par les câbles de Bône à Marseille, les dépêches échangées entre la-France et l’Algérie ou la Tunisie, moyennant une taxe de 5 centimes seulement, au lieu de 5 centimes et' demi par mot. le surplus de la taxe étant attribue à l'administration pour le parcours terrestre, et les télégrammes Olfieiels jouissant d’une réduction de taxe de moitié.
- - Ces modifications de l’état de choses antérieur représentent pour nous une augmentation annuelle de recette de 100000 francs; elles ont été obtenues sans que l’administration ait eu à faire aucun sacrifice; la Compagnie s’est seulement réservé de revenir sur ces modifïcations„et de remettre en vigueur les disposions antériëiirés, s'il se créait dans certaines conditions une concurrencé pour le service de ses lignes.
- Par suite de la pose des deux câbles de l’Algérie, du câble de la Corse, d’un câble entre la Calle et Bizerte, d’un câblé entre Boue et Bizerte, d’une cQmmuaicaiion sôus-marine entre Sousse, Sfax, Gabès, Djerba et Zarzis, et de l’immersion de quelques câbles côtiers, notre réseau sous-marm a été porté en six ans de 1,324 kilomètres à 4534 kilomètres, goit une augmentation totale de 3 210 kilomètres ou de 535 kilomètres par an.
- Il est à remarquer que, de 1871 à 1877, le réseau sous-marins s’était seulement accru de 195 kilomètres.
- Nous rappellerons égaement qu’à la date du 7 janvier 1879, M. Pouyer-Quertier, agissant au nom d’une compagnie anonyme formée pour la construction et l’exploitation ue lignes sous-marines, a été autorisé à l'aire atterrir un ou plusieurs câbles ti ar^atlantiques reliant la France avec l'Amérique du Nord. Le premier câble fut posé par la Compagnie, en re Brest et New-York, le 22 janvier 1880, et ouvert à la correspondance. Le public a bénéficié d’une réduction notable sur la taxe des télégrammes échangés avèc l’Amérique; de 3 fr. 75 cent, par mot le tarif s’est, par suite de la concurrence entre les Compagnies anglaises et la Compagnie française, sensiblement abaissé; il est aujourd’hui de 2 lr. 5o cent, par mot. Les relations télégraphiques de la France avec l’Amérique ont été ainsi améliov rées.
- La Compagnie est française, il dépend du Gouvernement de veiller à ce qu’elle reste française, il devra y pourvoir. ‘ ' '
- Avant la concession de ce câble, la France possédait déjà un câble emre Brest et New-York, primitivement concédé à' une Compagnie irançaise viui avatt-depuis cédé ses droits à une Compagnie anglaise, VAngto american. telegraph Company, propriétaire de câbles entre l’Augieterre et les Etats-Unis.
- IV An glo-American telegraph Company possède, pour la transmission des dé êches pour lesquelles aucune- voie n’est indiquée, un droit de préférence, à taxe égale. Ce privilège expire lç ior septembre 1889.
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- ; ?EûkiÊRË~ ftLWCPtüQUir ':: •*•'.
- .'Ufte .-deniapdeg de èdnrœssion pour unctrôlsièmé câble; transatlantique 'nous aété adressée et nous pouvons prévoir qu’une nouvelle .communication télégraphique reliera bientôt lgJPrgnçfeet: llAfnétique».: .' . ;
- - Le. Sénégal a’est pas:encore relié au réseau télégraphique* général. De là une situation défavorable poürcëtte colonie, notaroment dansrlës rélations avec la métropole, ï Les,.:,Chambres ont; bien Voulu, voter une somme de 1500 QDO: .francs pour combler cette lacune et approuver la convention passée avecv la Compagnie du câble de Cadix aux Canaries, qui' s’est engagée, moyennant cette somme, à' poser, .entretenir..'.et exploiter pendant vingt-cinq ans un câble des Canaries au Sénégal.
- "A"l*expîratioh -des vingt-cinq ails, l'administration sera propriétaire du câble j jusqu’à- ce moment, quoique affranchis detous. frais'd’exploitation et d'entretien, nous percevrons un :tiers du montant des taxes de France au Sénégal*. :• '
- • c (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- - . Nous sommes heureux d’annoncer que notre ami et collaborateur* le Dr A. d’Arsonval, vient d’être nommé chevalier de là Légion d’honneur.
- ,, Le .terrain réservé à-la section française à l’Exposition d’Anvers sera loué à raison de 40 francs le mètre pour les emplacements non isolés et de 80 francs pour les emplacements isolés,- J -
- - L’exposition de Teplitz va s’ouvrir dans deux semaines, et - le. nombre des. exposants, qui augmente tous les jours, atteint déjà 140a; plusieurs demandes ont été reçues cesjours-ci.poûr la section d’électricité, pour des inventions concernant surtout .l’éclairage électrique et la téléphonie.
- Le nombre des demandes de brevets en Angleterre pendant les quatre premiers mois de cette année a été de 7 060, tandis que', lë total pour toute l’année dernière n’atteint que 5 993.
- Le plus grand nombre de demandes reçues en un seul jour â été de 2661e ior janvier; le minimum était de 40 le 2 avril. Lès. recettes du département pour les quatre mois ont été de 625 000 fr. environ.
- On se propose d’ouvrir une exposition industrielle américaine à Londres au mois de mai 1886, dans Je but de faire connaître les produits de l’industrie américaine en Europe.
- .... . - *, • ..*' h>WWVVVAAAAAS
- On annonce la formation à Vienne d’uue Société d’éclairage îléctriqûe’éf de transport de la force par l’électricité, ayec ,une station centrale, .
- Un nouveau système de chemin de fer électrique va -être es sâyé:prochajnem en t à Cleveland, Ohio, sur une distance d’environ deux milles. .
- •Le gouverneur de l’Etat de'New-York a signé le bill ordonnant-de-placer tous Tes fils électriques sous terre dans les villes ayant 5oo,000 habitants ou plus, de sorte que cette mesuré'a nûjôûrd’iitii fèreé de loi dans i’Ëtat de New-York. Néanmoins; il-est probable- que les entreprises électriques ÿufliroht pour-Combattre Ta-loi' devant,les tribunaux en se basant surle préjudice immense qüi leur est ainsi causé et
- sur l’impossibilité, matérielle d’obéir; : En attendant} celte loi a reçu une interprétation assez large etfavarable aux entreprises, d’électricité'à NeW-York, où la.police doit : par ordre d’empêcher le placement de nouveaux.; fils aérieüâ tout en permettant le maintien des anciens fils.. i ,6
- Éclairage électrique T
- ; ' . '*>£ 7
- L’éclairage électrique des Buttes-Chaumont a été inàtji guré le 14 de ce mois à l’occasion de la Fête Nationale. r
- Selon les renseignements fournis aux journaux anglaîsTef américains par M.. Batchelor, l’ingénieur de la Compagnie Edison à Paris, cette Société aurait déjà installé 6000 de' ses lampes à l’Opéra, 1 200 à l’Opèra-Comique, .1 200 air théâtre du Vaudeville, 600 au théâtre des Nouveautés',• 5oô aux Variétés, 5oo aux Bouffes, etc., etc. Bref, les affaires dé la Société semblent être, d’après M. Batchelor, dans .Un.état des plus florissants.
- Nous avons tout lieu d’être surpris d’un aussi colossal succès, dont nous aurions été des premiers à nous réjouir* malheureusement, les chiffres fournis par M. Batchelor, administrateur et ingénieur des Sociétés françaises Edison, në sont nullement conformes à ceux qu’il a présentés sous sa signature, aux actionnaires de ces Sociétés dans leurs assemblées générales du 20 juin dernier.
- Nous penchons donc à croire que les désirs de M... Batchelor ont été simplement pris pour des réalités par les journaux qui ont reproduit cette information* 1
- Les résultats des expériences de M. Preece à Winbledeni fixent le prix de revient d’une lampe à incandescence à'ê 10 bougies à 3 i/3 centimes par heure. * '*
- A l’occasion d’un bai donné à Belfast en l’honneur-du vice-roi de l’Irlande, l’Ulster Hall de cette ville a été brillamment éclairé avec des lampes électriques. La grande salle était éclairée par six foyers â arc du type Newtjôn, et le vestibule avec les escaliers par 40 lampes Swan de 20 bougies. . '.' .; i
- M. Milncr a introduit la lumière électrique dans son moulin, à Elland (Yorkshire). L’installation comprend une dynamo Crompton-Burgin avec 76 lampes à incandescence Swan de 20 bougies. De chaque côté du moulin il y aura un foyer à arc Crompton-Crabbe de 2 000 bougies.
- La lumière électrique a été installée dans les principales salles du cercle d’Orléans à Brighlon.
- Le Clarence Hôtel, à Manchester,- va être pourvu d’une installation d’éclairage électrique-comprenant 200 lampes à incandescence. Le Waterloo Hôtel de la même ville va.éga-j lement être éclairé par le même nombre de foyers à incan-' descence. '
- Le paquebot le Banshee, qui fait le service entre .Dublin et Holyhead, est maintenant. pourvu d’une .installation de lampes à incandescence, . ,. -. , .
- Le nouveau .yacht à vapeur VElcdra, va être pourvu d’une Installation de 60 lampes à incandescence Edison., En haut du mât' il'y aura un groupe dé 'lampes de T00 bougies qui sera visible à une distance de io milles.
- La Société suisse d’électricité fondêû' à L'aüSàaüè ëil f884
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- JOURNAL' UNIVERSEL ' DSÊLEC TRI CI TÉ ng
- â fait <fe- riombreùsès installations d’éclairage électrique dont la plus importante est ..celle de l’Hôpital cantonal faite pour le compte de l’Etat suisse et pour laquelle on a cçn-stràit'ûfne-usine spéciale avec trois turbines et 3 machines dynamo aliméntàrit 236 lampes -Edison de 4-6- bougies. .
- La Société a également installé une station centrale pour l'éclairage des magasins, bureaux, etc., à Lausanne où le hdmbre 'des' abonnés accuse un progrès constant. Cette installation comprend 2 turbines de 35 chevaux chacune et deux dynamos desservant pour le moment 72 abonnés avec 280 foyers. Il y a deux doubles circuits avec 3 600 mètres de câble de cuivre recouvert' dé plomb. Chaque circuit sert
- à l’êctairàgè d’un quartier de la ville. .....
- . - Afin de pouvoir donner plus. de . développement aux installations, électriques: de tous genres dont la Société se charge le conseil d’administration vient de voter une augmentation.de. Sodoo.francs du capital social.. ...
- Le Conseil fédéral, à Béflîh^ s’ëst occupé des conditions àlimposèr: aux entreprises d’éclairage électrique pour garantir les fils et appareils télégraphiques contre ce voisinage dangereux.; .mais on est arrivé à la conclusion qu’en présence du développement rapide de là science électro-technique, il serait peu pratique d’établir dès maintenant, (}es .règles définitives et qu’il vaudrait mieux soumettre ces entreprises pour le moment, â une simple surveillance administrative comme .toutes les autres fabriques.
- - Le mo.uliu de M; j.-Kraemer, à Landshut (Allemagne), est éclairé par 70 lampes â incandescence Swan de 20 bougies et deux foyers à arc du systè.meJWeiss. Ces -derniers, qui sont de .1 000.bougies chaque, servent à l’éclairage de l’ex-lérièur de; l'etablissement.- Le courant est fourni par une dynamo- Gompound actionnée par un moteur de 10 chevaux.
- Les premiers essais d’éclairage "électrique des côtes pendant-les :grandes manœuvres de là flotte autrichienne à Pola ont eu lieu.le 7 de ce mois. Ils ont pleinement réussi.
- Lpsisailes des,fêtes de l’hôtel de ville à Vienne vont être éclairées à. l’électricité.
- Le château de chasse impérial de Lainz, (Autriche), est .éclairé avec des lampes à incandescence qui ont.été installées par la maison Egger, Kremenetzky et C®,
- La tannerie dé MM. "Astroiii frères, à TJleabôrg, en Finlande, va être éclairée par 80 lampes à incandescence' de 20 hougies et 80 de dix. Le courant sera fourni par un dynamo cbmpoüncl Victoria Dr Lj.
- La ville d’Annisten, Alas,., est éclairée par 20 foyers à arc Brush. Les lampes sont groupées par sept sur des poteaux cPtihe^hâüfeâr de 42.pieds: L’opéra, est éclairé avec-dés lampes à-incandescence du système Swan.-A La Salle, Illinois, ta Compagnie- Thomson-Houston va installer 25 -foyers à arc. -.......- ' .........
- La lampe Maxim est en grande faveur aux Etats-Unis, et 'VNew-Yérk cê Système -a-été' introduit- dan-s presque tous lés-cerclés*-Pèndant-léihois dernier-, la-'Gompagnie a installé 70 lampes au cercle de la Presse, 200 au-Union Clubyÿo au Loto’s Club, etc., etc. ______________________________________
- La station centrale d’éclairage électrique de la Compagnie Bnrst(;'i:PhTlaa'élpIiJé',“vTént d’être "âUgMè'fltêe"’d5 ïhaniëfS^ pouvoir fournir’le coûtant pour 2 Soo foyers. La station’ ali-
- mente aujourd’hui pins de 700-foyers et lés demandes dliïis-tallations sont si nômbre'usés que la Compagnie iS’attéxrdà avoir 1200 foyers en circuit avant le.mois d’octobre prochain.
- rfwvwvwwvy ... t. . . ,. ,, .... », r*r
- Deux théâtres à Chicago, celui' dé Mac’Wickers et lerGrand Opéra Iloüseônt été pourvus d’installations d’éclairage' éieci-trique à incandescence. ....: .
- La ville d’-Austin (Texas), possédé une installation 'd’éclairage électrique.de 3e foyers Brush, èt San AntoniO dans l'e même Etat est éclairée par 3o foyers -à arc également; A Memphis, il y a maintenant 60 foyers Brush fonctionnant régulièrement. -
- L’United States. Élççt.ric Light G® ,a. tpa.injenantjnstâijè 1600 lampes à incandescence et 85o foyers à arc à -New.* Yorlc. ...........
- : Là lumière "électriquë va être installée, dansde.. palais'du Parlement à Melbourne. Les machines dynamos ont été commandées en Angleterre et vont partir, prochainement; éElles seront du type Victoria, l’une de 2Soet l’autre de .100 foyers. Les lampes seront à incandescence dn sy&tème. Victoria; -,
- L’hôtel Narraganset et l’hôtel Dorrancèy’â' Pr'DVïdénee-, R. I., sont éclairés à la lumière-électrique à incandescence. Deux compagnies d’éclairage électrique;se disputent la_fa-veur du public dans cette ville et, grâce à cette-concurrence la çité est brillamment éclairée à un prix^rjbfJaSi^'.-’^TV'^
- La ville de Wilkesbarre, Pa., est éciairée. par;3o foyers^ à arc Brush et Binghamton,. New-Yo^, p.o§sède.une: .installation, pareilje. ...... l. ;;; •.•e.ci.v.^
- •/uwuwyiAAivHi
- Télégraphie. ©t T.éléphonis;.C.
- Le ministre des travaux publics vient d’adresser" unë’cîr-culaire aux Compagnies dè clïëfiïîns de fer, au sujet de l’appareil pour l’échange des dépêches pendant .la. marche.îles trains. Le ministre invite lés Compagnies à s’entendre directement avec l’administration..des.postes et .télégraphes.en vue d’essayer et de perfectionner les., appareils; existants. Une autre circulaire preserjt j’j0 stg 11 a t i o n d’un appareil permettant aux voyageurs de prévenir le chef dp train d’un accident quelconque qui pourrait leur-àrriver-.pehdant .le voyage. Cet appareil doit être appliqué, avant-le x®* juillet -i885, à tous les-trains, express -qui font; 25 -kHomètres- où plus sans arrêt-, ...
- Le département des télégraphes en France emploie 7 702 .appareils Morse, transmettant .chacun :dé: 20 à. 3o-dépêches ou de 4 à .600 mots par heuree Lé système Hughes:est Représenté par 536.appareils, qui Sont;appliqués sur.275:des fils les plus, .chargés. Ces ins.truments. trmnsjaetieot de-qaâ 60 dépêches ou 800 à 1 200 mots par heure. Il n’y a que 8 appareils Wheatstoue,qïïTfôurnissent chacun 100 dépêches ou 2000 mots par heurec.Le système: Meyer, qutvlènt d’être appliqué.avec beaucoup de succès isutMa.-.lignecParlslGàeit* Cherhourg,. permet' d’envoyer 3 dépêches: simultauémeat à trois, stations, placées, sur..Iè même -fil: II.fournit un rendement de 75 .dépêchés qu- de x5ap- rjiqtstpatLhcnre; Enflû”le système Baudot permet de transmettre 200 dépêchas,-soit 4 000 mots par heure. —~~
- Cet appareil trqpspiet^et imprime ô-dépqches.simuUjmé-ment ' avec _unç plus ^grande' vjtesge^; <jjie. tqqs Je^gujr§s~ sys» tèmës.~Il est' 'monté à” Paris sur les'lignes communiquait avec les villes suivantes-rTjyopr-Marseille, le Havre, Bor* deauxi,Brest.et LjUeiC_>>^;> »L:p aO -
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- - La valeur du fil télégraphique exporté par l’Angleterre pendant leanois dernier a.été de 3oooooo de (rançs.
- Pendant un oratre rétent, à Francfort, les ffis téléera-phiques! avaient, pris une te nte b eue, ainsi que les gouttes de .pluie qui en .tombaient. Ce phénomène a duré pendant tout l’orage. _____________________________________
- • Lt Faraday a déjà placé 450 milles du câble Mackay Bennett, à partir de la côte irlandaise. On espère que tout le travail sera fini la semaine prochaine.
- JV1. Mackay télégraphie que le nouveau câble sera prêt à fonctionner dans 20 jours. Comme nous l’avons déjà dit, le tarif a été fixé à 1 fr. 25 par mot pour toute espèce de dé-pêçhes.
- La grande Compagnie des télégraphes du Nord vient d’établir un tarif uniforme de 12 fr. 5o par mot pour toutes les dépêches à destination des bureaux télégraphiques en Chine, desservis par les lignes de terre. Les prix des dépêches pour la Chine seront donc de lofr. Sopour Shanghaï, Amoy, Hong-Kong et Foochow, et de 12 fr, 5o pour toutes les autres stations.
- Le nombre des lignes télégraphiques de la Tunisie a été considérablement augmenté depuis 1881. Il y a aujourd’hui 5o stations télégraphiques avec un personnel de 200 employés dont la moitié .appartient à l’armée. On compte étendre le réseau jusqu’à Tripoli qui est en communication avec’l’île de Malte par un câble, mais le tarif sur ce câble est tellement élevé qu’on préférerait certainement expédier les dépêches en Europe via Tunis et l’Algérie.
- On télégraphie de Hong-Kong à la date du 27 juin, que le nouveau câble, direct à Haï-Phong vient d’être inauguré.
- .. La ligne téléeraphique du chemin de fer d’Ontario à Qué--bec a été finie le 7 juin dernier. Le travail fut commencé le .ter avril, de sorte qu’on a construit 200 milles de lignes en deux mois, seulement.
- Pendant la récente convention républicaine à Chicago, la Western Union Telegraph C° a transmis 600000 mots aux journaux de New-York, en dehors du trafic ordinaire,, et la Bankers and Merchants Telegraph C° a expédié 60000 mots à un seul journal, le Globe de Boston.
- Depuis l’année 1880 jusqu’à ce jour, on a placé à Boston -plus de iqooo pieds de câble souterrain et 20000 de câbles aériens. Les différentes entreprises d’électricité ont essayé tous les systèmes possibles afin de choisir le meilleur.
- Selon le rapport du directeur général des postes àlaNou--vellô Zélande le nombre total des bureaux télégraphiques jeliés par téléphone était à la fin de i883 de 66. Les réseaux -téléphoniques de Auckland, de Christchurch et de Dunedin avaient un total de 417. abonnés et, à Wellington, il y en - .avait 57. -.... -.......
- - La Mutual Union Telcgrarh C° de New-York a rédiiit -son tarif entre New-York -et Chicago -à un franc pour dix mots.- ----- ------
- „ __ „ . .....................................
- Oo annonce que FUnitod Téléphoné C® de Londres, -à
- acheté le réseau téléphonique de ,3a London and Globe Téléphoné C°. ...•
- La petite ville de Birkale, près de Liverpool, va être pourvue prochainement d’un réseau téléphonique.
- Les réseaux téléphoniques de Caracas et de La Guayra, dans l’Amérique du sud, se développent rapidement. Le nombre des abonnés atteint!déjà 327 et le prix de l’abonnement est de 25 francs par mois.'
- A la fin de l’année i883, il y avait dans toute l’Allemagne 5 85t téléphones en opération, ou 6 182 en comprenant ceux qui sont installés dans les bureaux télégraphiques. En com* parant ce nombre avec les réseaux américains, on trouve que dans toute l’AHema.’ne il n'y a pas autant d’installations téléphoniques que dans New-York et Boston ensemble.
- Depuis la nomination de M. B'ame comme candidat à la présidence des Etats-Unis, le bureau des télégraphes de la petite ville d’Augusta, où demeure M. Blaine, a envoyé et reçu jusqu’à 53 932 mots par semaine.
- Des réseaux téléphoniques vont être installés prochainement à Nuremberg et à Furth et les deux v lies seront mises en communication téléphonique l’une avec l’autre. On étudié en ce moment la quest'on de savoir ri l’on va installer des fils ou des câbles aériens; si pn se décide pour les câbles,la préférence sera accordée à ceux de la maison Felien «t Guilleaume, de Cologne.
- Un service téléphonique va être installé à Bruxelles dans les bureaux du parquet du procureur du roi et dans les cabinets des juges d’instruction pour les communications avec l’extérieur.
- Le premier réseau téléphonique fut établi aux Etats-Unis en 1877, mais ce n’est pourtant que vers le milieu de l’année suivante que l’emploi du téléphone a commencé de se géné-rali-er. A partir de ce moment son développement a élé si rapide qu’il y avait au commencement de cette année, dans l’Amérique seulement, 906 réseaux téléphoniques, avec un total de 123 635 abonnés et 4 762 employés.
- Selon l’Electrica! Review de New-York, le dernier transmetteur téléphonique inventé en Amérique n’est pas plus grand qu’une pièce de vingt sous et seulement cinq fois plus épais. Le prix de revient, dit notre confrère, n’est que de dix centimes.
- Le réseau téléphonique de Nashville, Tenn., compte aujourd’hui 975 abonnés, et celui d’Evansville, Ind., appartenant à la même Compagnie, en possède plus de 600.
- La compagnie des téléphones à Chicaeo donne 26000 communications par jour. Elle vient de prévenir ses abonnés par circulaire de la nécessité de répondre immédiatement, dès que la sonnerie se fait entendre, car un délai de 3o secondes par abonné amènerait une perte de 211 heures par jour.'
- La Compagnie Bell, à Boston, a vendu 4568 appareils pendant le mois de juin contre 7038 pendant la mégie période de l’année dernière. .... 1
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- . - Le Gérant : A. Noajllon. .
- Paris.» Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. » 49382
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- U.
- La Lumière ciectrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris directeur: D' CORNÉLIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AuG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARON1
- 6° ANNÉE (TOME XIII) SAMEDI 36 JUILLET 1884
- N° 30
- SOMMAIRE
- L’électricité appliquée à la protection des chaudières à vapeur; Aug. Guerout. — Analogie entre les formes des anneaux électrochimiques, celles d’une goutte d’eau et celles d’uhe balle de-tir après le choc contre une plaque résistante; C. Decharme. — Application du calorimètre à l’étude du courant électrique (4e article); A. Minet. — L’éclairage électrique ;• de l’éclairage des places et voies publiques; P. Clemenceau. — Le parc des Buttes-Chaumont éclairé à la lumière électrique; C.-C. Soulages. — L’électricité appliquée' à l’étude des mouvements sismiques;-O. Kern.— Chronique de.l’étranger : Angleterre; J. Munro.W. de Formelle.—Etats-Unis; F.-B. Broch.— Revue dés travaux récents en électricité. — Expériences sur les paratonnerres, par le Dr A. Topler, — A propos des piles étalons pour les mesures électriques, parM. Von Beetz. — Sur deux disjoncteurs automatiques des courants, par F. Himstedt. — Sur une méthode pour la détermination de l’ohm, par F. Himstedt. — Sur les propriétés des dissolutions salines, par C. Bender. — Influence de l’humidité de l’air sur le courant produit par la machine de Holtz, par M. Kruger. — Sur l’électricité des flammes, par MM. Elster et Geitel. — Nouveau procédé pour l’extraction des métaux de leurs minerais par voie électrochimique. — Travaux de la conférence internationale des Electriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des Postes et Télégraphes (suite). — Correspondance : lettre de M. Meilewart. — Faits divers.
- L’ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE
- A LA PROTECTION DES
- CHAUDIÈRES A VAPEUR
- La détérioration des chaudières des machines à vapeur et les accidents qui en résultent peuvent être.rapportés à deux causes principales, la corrosion chimique du métal et les incrustations formées parle dépôt des sels calcaires contenus dans l’eau.
- La. corrosion est attribuée en général aux matières acides de l’eau ; son effet nuisible se comprend de lui-même. Les incrustations, elles, agissent comme corps peu conducteurs de la chaleur ; lorsqu’elles atteignent une certaine épaisseur, elles englobent pour ainsi dire, le liquide dans une sorte d’enveloppe isolante, et il en résulte une plus grande dépense de combustible.. En outre, par suite de cette dispositiou^il. peut arriver que le fer n’étant plus au. contact de.l’eau, se trouve porté
- au rouge et soit tordu et déformé par l’action du feu. Il peut même arriver que, par suite d’une'rupture de l’incrustation ou de la dilatation exagérée de la chaudière, l’eau parvienne au contact de la partie' portée au rouge. Il s’ensuit alors la formation subite d’une grande quantité de vapeur et l’explosion de la chaudière.
- On voit quel intérêt il y a à éviter et la corrosion et les incrustations. On a bien contre ces deux ennemis un remède radical qui consiste à n’introduire dans les chaudières que de l’eau parfaitement pure distillée plusieurs fois, et quelques iugénieurs n’hésitent pas, même en mer, à employer ce moyen. Us se trouvent largement payés par la conservation de leurs chaudières, des installations et des frais supplémentaires qu’occasionne la distillation de l’eau. Dans la majorité des cas cependant on ne se sert pas de ce procédé. Pour supprimer la corrosion, on introduit dans la chaudière des composés alcalins, mais ces corps ont l’inconvénient de faire monter parfois le. liquide et d’en introduire un peu dans le cylindre, ce qui est dangereux. Contre les incrustations on se sert de compositions chimiques très variables destinées à rendre le dépôt pulvérulent et à retarder son agglomération. Ces compositions sont loin d’être toutes sans inconvénients et n’empêchent pas qu’on ne soit obligé, à des époques fixes, d’enlever le dépôt mécaniquement.
- On n’a donc pas encore, dans les moyens chimiques essayés, une solution satisfaisante du problème ; aussi a-t-on songé à mettre en jeu contre la corrosion les forces électriques. Nous allons faire connaître quelques-uns des' systèmes qui Ont été proposés et qui, tout en annulant la corrosion,, semblent aussi remédier aux incrustations.
- On sait que l’idée d’utiliser le couple électrique pour protéger une surface de métal'contre la corrosion n’est pas neuve. Elle a été émise dès 1824 par Humphrey Davy, qui indiqua l’emploi du zinc et de quelques autres métaux au contact du doublage des navires pour préserver ce doublage contre l’oydation par l’eau de mer. Des études sur le même sujet furent faites en i858 par MM. Cal-
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- vert et Johnson, et en 1864 M. Becquerel étudia la question de la façon la plus approfondie et indiqua les conditions dans lesquelles le zinc devait être employé pour la protection du doublage en cuivre et du blindage en fer des vaisseaux. Il étendit même ce procédé électrochimique à la conservation des tas de boulets dans les forts et arsenaux.
- Après des précédents de ce genre, il est curieux que l’on n’ait pas songé de bonne heure au couple électrochimique pour empêcher la corrosion des chaudières à vapeur.
- Il résulte d’un mémoire lu à une des séances de la Society of Arts, par M. Swinsburn King et de la discussion qui l’a suivi que c’est seulement en 1867 que le procédé fut appliqué sur des chaudières de la marine marchande.
- De 1874 à 1880, des Comités nommés par l’Amirauté anglaise firent de nombreuses recherches sur les causes de détérioration des chaudières et arrivèrent à cette conclusion principale que l’action galvanique produite par le contact du zinc avec le fer de la chaudière était le meilleur et le seul véritable remède contre la corrosion, et que, tant que le contact métallique subsistait, la corrosion ne se produisait pas ou n’était que très faible.
- Le mode d’application adopté était dû à l’un des membres du Comité, M. William Weston, chimiste de l’Amirauté à Portsmouth. Il consistait à suspendre dans la chaudière des tiges ou barres de zinc à l’aide de lames de fer fixées aux traverses en fer de l’appareil. Le zinc était fortement boulonné dans une sorte de pince en fer. Théoriquement le procédé était parfait, mais en pratique il était difficile de maintenir le contact des deux métaux, et bientôt le courant s’affaiblissait et disparaissait.
- Le Comité de l’Amirauté chercha à remédier à cet inconvénient en multipliant les contacts, ce qui rendit le procédé très coûteux.
- Cela n’empêcha pas l’Amirauté de l’employer, et un grand nombre de navires de la marine marchande de suivre son exemple. Plusieurs procédés furent mis en avant pour suspendre les tiges de zinc dans les chaudières, et celui qui fut considéré comme le meilleur fut celui de M. Phillips. Il consistait à fixer une plaque de zinc à une tige se projetant de l’enveloppe de la chaudière et à serrer fortement cette plaque par un écrou, de manière à obtenir un bon contact avec le fer. Ce système n’est pas cependant exempt de l’inconvénient signalé plus haut.
- Or, pendant que M. Weston travaillait au procédé adopté par l’Amirauté, de son côté M. Hannay, de Glasgow, s’occupait d’expériences du même genre pour le compte de MM. Allan frères, propriétaires de l’Allan Line.
- Après différents essais effectués dans le but d’éviter la corrosion au moyen d’agents chimiques,
- M. Hannay en arriva à cette idée que certaines parties de la chaudière plus chauffées que d’autres pouvaient bien se comporter comme électro-négatives relativement aux parties plus froides. Cette manière de voir lui fut suggérée par ce fait, que la corrosion avait lieu suivant certaines lignes déterminées. L’air froid arrivant pour alimenter le fourneau, maintenait à une température modérée les parties sur lesquelles avait lieu la corrosion, tandis que le haut de la chaudière était très chaud.
- Il fut conduit par là à penser qu’il se produisait des courants thermo-électriques entre les parties chaudes et les parties froides de l’appareil, et que ces dernières étant le pôle positif se corrodaient tout naturellement.
- Cette théorie fut vérifiée à l’aide d’une chaudière de construction spéciale que l’on pouvait chauffer par sections. Deux plaques de fer furent fixées à la chaudière, l’une à la partie supérieure, l’autre près du fond et toutes deux furent reliées à un galvanomètre, de sorte que tout courant électrique produit pût être décelé et mesuré. La chaudière était chauffée inégalement à ses deux parties inférieure et supérieure, tantôt plus fortement en haut qu’en bas, tantôt plus fortement en bas qu’en haut. Lé résultat fut toujours le même : toutes les fois que la température s’élevait au-dessus du point d’ébullition de l’eau, comme cela a lieu dans les chaudières de de machines à vapeur, la plaque la plus froide devenait positive et se corrodait. La théorie était ainsi justifiée.
- Le moyen d’empêcher la corrosion semblait dès lors être de rendre toute la surface intérieure de la chaudière négative à l’aide d’un courant étranger plus fort que celui produit par la différence des températures. Ce dernier courant fut mesuré et fut trouvé très faible. On monta alors une petite batterie; un de ses fils, le fil positif, fut introduit dans l’eau de la chaudière, et le fil négatif fut soudé à l’extérieur de celle-ci. Cette disposition ayant été essayée pendant six mois, on trouva que la corrosion avait complètement cessé.
- Au lieu d’une batterie séparée, il était tout naturel d’employer un couple plongeant dans l’eau même de la chaudière, et M. Hannay retombait ainsi dans les procédés employés par l’Amirauté, mais il y avait un point à perfectionner, c’était le mauvais contact entre le fer et le zinc, défaut qui occasionnait des pertes considérables de ce dernier métal.
- Ce défaut fut nettement mis en évidence par M. Hannay dans les expériences suivantes. Il fixa dans une chaudière une série de lames de zinc, d’après le procédé de M. Philipps. Chacune des tiges de fer était bien décapée à la lime et rendue conique à son extrémité, le trou dans la plaque de zinc était percé de même forme, et ies écrous for*
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- tpment serrés, de manière à assurer le contact. Un fil isolé était fixé à chaque plaque de zinc et passait à l’extérieur à travers une boîte à étoupes. Un autre fil était attaché extérieurement à chaque tige de fer. Ces fils avaient pour but de s’assurer, à l’aide d’une pile et d’un galvanomètre, si le contact était parfait et si le courant passait bien entre le fer et le zinc. Six plaques ayant été montées, tous leurs contacts furent trouvés parfaits. Après trois jours d’ébullition, le contact de deux des plaques était devenu mauvais et le courant de la pile ne passait plus. Au bout de cinq jours, une nouvelle plaque fut mise hors d’usage pour la même raison. Enfin au bout de douze jours, il ne restait plus qu’une plaque intacte. Le treizième jour, la chaudière fut ouverte et l’on trouva que les plaques n’étaient pas dissoutes, mais qu’il s’était formé une couche d’oxyde de zinc entre le fer et le zinc.
- Ces expériences montraient qu’il ne suffisait pas d’attacher mécaniquement le zinc au ter, et cette remarque conduisit M. Hannay à employer un couple électrochimique de construction spéciale. Il consiste en une boule de zinc que traverse diamétralement une tige de cuivre. L’union des deux métaux est faite à chaud, de façon qu’il y ait alliage entre leurs parties de contact. Un fil de cuivre part de chacune des extrémités de la tige et est fortement soudé au fer de la chaudière.
- Cette balle de zinc est appelée par son inventeur électrogène. Sous l’influence de l’eau salée que contiennent les chaudières marines, elle produit un courant assez fort, et tout l’intérieur se trouvant former un pôle négatif, ne s’oxyde et ne se corrode plus. On peut du reste augmenter le nombre des boules suivant les dimensions de la chaudière.
- Mais ce n’est pas tout. Les parois de la chaudière étant négatives, il s’y dégage de l’hydrogène qui arrive peu à peu à former une couche notable. Cette couche placée au-dessous de l’incrustation la soulève alors qu’elle n’a qu’une faible épaisseur et la détache sous forme d’écailles minces. Le dépôt se reformant est toujours détaché de la même façon, de sorte qu’il n’y a plus de dépôt adhérent.
- Il faut remarquer que ces essais ont été faits avec des chaudières marines, et que dans les chaudières ordinaires, où l’on n’emploie pas d’eau salée, l’électrogène n’aurait pas la même puissance et n’arriverait pas à produire, par suite du dégagement d’hydrogène, le détachement du dépôt. Dans ce cas, M. Hannay propose d’ajouter 4 grammes de sel marin par litre d’eau. Cette proportion est, selon lui, suffisante pour obtenir le même résultat qu’avec l’eau de mer. Enfin, dans le cas où on ne voudrait pas introduire de sel dans la chaudière, l’électrogène peut être maintenu dans un compartiment séparé.
- Le procédé de M. Hannay permet donc à la fois de supprimer la corrosion et il atténue les inconvénients des incrustations; quelques essais déjà faits semblent confirmer son efficacité. Il a encore cependant besoin de la sanction d’une pratique réelle. Nous l’avons signalé surtout au point de vue de l’intérêt qu’il présente en tant qu’application utile basée sur un principe réellement scientifique.
- Aug. Guerout.
- ANALOGIES ENTRE LES FORMES
- DES
- ANNEAUX ÉLECTRO-CHIMIQUES
- CELLES D’UNE GOUTTE D’EAU ET CELLES D’UNE BALLE DE TIR
- après le choc contre une plaque résistante
- J’ai montré précédemment (*) lès analogies frappantes qui existent entre les anneaux électrochi-
- FIG. I. — E^FET PRODUIT PAR UNE GOUTTE D’EAU TOMBANT
- d*une faible hauteur (Petite vitesse)
- miques de Nobili et les anneaux hydrodynamiques produits par la chute d’une goutte d’eau ou d’une
- FIG. 2. — EFFET PRODUIT "Ait UNE GOUTTE U EAU TOMBANT D'UNE HAUTEUR MOYENNE (Vitesse moyenne)
- petite colonne de liquide sur une lame de verre recouverte d’une mince couche de minium en sus-
- (') La Lumière Electrique, 18 août i883, p. 498.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pension’dans l’eau. Je vais maintenant rapprocher les formes qu’aftecte une goutte d’éau tombant de
- FIG. 3. — EFFET PRODUIT PAR UNE GOUTTE'd'EAU TOMBANT d'une plus grande hauteur (Grande vitesse)
- différentes hauteurs, de celles que prend une balle de tir qui vient, avec des vitesses différentes, frap-
- Face d'avant
- Face
- d’arrière
- Section
- FIG. 4. — EFFET RRODUIT PAR UNE BALLE DE TIR a petite charge (Petite vitesse)
- per une plaque de fer résistante. Ainsi sera fait le rapprochement entre les trois ordres de phéno-
- mènes, électrochimique, hydraulique et mécanique»' ' Prenons un tubé de verre gradué de omoo3' à o”oo8 de diamètre; plongeons une dé ses extrémités ouvertes dans l’eau et, le tenant verticalement, fermons l’autre extrémité avec le doigt. En enlevant le tube hors du liquide, nous emporterons ainsi une petite quantité d’eau dont nous pourrons facilement faire varier et mesurer le volume et-le poids. Le tube étant appuyé verticalement contre un corps fixe, laissons tomber cette goutte (ou petite colonne) d’eau, d’une hauteur déterminée, sur un plan, sur une lame de verre disposée horizontalement, sèche ou mouillée, ou mieux recouverte d’une mince couche d’eau tenant
- hc* d'avant I)
- Face d'arrière , .y, %: S* V- . ; K
- Section F
- FIG. 5. — EFFET PRODUIT PAR UNE BALLE DE TIR • A charge Movenne (Moyenne vitesse)
- en suspension du minium (ou toute autre poudre lourde, insoluble). Tl se produira, autour du pxnnt de chute, selon les conditions expérimentales (dépendant du diamètre du tube, de la hauteur de chute, etc.) tantôt des anneaux concentriques réguliers (fig. 1); tantôt une figure ayant l’aspect d’une fleur de chrysanthème, avec ses pétales en corolle circulaire (fig. 2). Souvent, lorsque la hauteur de chute sera suffisante, des gouttelettes, se détachant de la masse, seront lancées à des distances plus ou moins grandes du centre et iront former de petites taches elliptiques, plus ou moins allongéès, dont les pointes seront tournées, tantôt en avant, tantôt en arrière, selon que la hauteur de chute sera plus ou moins élevée (fig. 3).
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- Si l’on compare à ces différentes formes les figures que prennent les balles de tir qui sont venues -avec des vitesses différentes s’aplatir plus ou moins contre une épaisse plaque de fer, on trouvera, entre les deux effets mécaniques produits en ces deux circonstances si différentes, des analogies assez frappantes :
- La balle lancée à petite vitesse présente, après le tir, un épanouissement très marqué, à sa surface antérieure brillante, tandis . que l’autre face, peu déformé^ et terne, a conservé son creux et ses bords abrupts (fig. 4, A, B, C).
- A moyenne vitesse, la balle, très aplatie déjà,
- Pa.ce : g
- l'avant . y;*'vi
- '
- . - . .
- 0 -,•••>/ .
- Face . H
- d'arrière ':: V--
- Section J
- •Yr: f
- FIG. y. — Kt>»eT l'KUUUlT PAIt UNE BALI.K DE 11R A forte charge (Grande vitesse)
- laisse voir un petit cercle central correspondant à son diamètre primitif; ses bords sont découpés en forme de corolle circulaire polypétale, où l’on voit des nervures longitudinales, des sillons rayonnant du petit cercle à la périphérie (fig.- 5, D, E, F).
- Enfin, à grande vitesse, l’aplatissement est complet : la balle est réduite par l’impact, à une plaque circulaire, cannelée sur les bords, de o™ooi d’épaisseur; sa face antérieure conserve encore des traces pétaloïdes et son aspect brillant; l’autre face est tout à fait terne et amorphe (fig. 6, G, H, J).
- Dans ce dernier cas, la balle, en partie fondue par la chaleur développée dans le choc, lance de tous côtés, dans le plan vertical de la plaque .ré-
- sistante, des éclaboussures; en forme de gouttelettes (on en a recueilli) analogues à celles que la goutte d’eau projette elle-même dans le plan horizontal du corps choqué. L’analogie des effets, en ces diverses circonstances, est très frappante.
- Il résulte donc de ce rapprochement et de celui qui a été indiqué précédemment, que, grâce aux effets intermédiaires produits par la chute d’une goutte d’eau, il y a une analogie non équivoque, assez inattendue d’ailleurs, entre les formes des anneaux électrochimiques et celle d’une balle de tir après le choc contre une plaque résistante; phénomènes qui semblaient n’avoir entre eux aucun rapport et auxquels nos expériences hydrodynamiques viennent donner un lien commun.
- C. Deciiarme.
- APPLICATION DU CALORIMÈTRE a l'étude du
- COURANT ÉLECTRIQUE
- Quatrième article. ( Voir les numéros du 26 avril, du 10 mai et du 28 juin 1884.)
- RELATION ENTRE LA CHALEUR DÉPENSÉE PAR LE COURANT QUI PRODUIT UN TRAVAIL MÉCANIQUE ET LA
- CHALEUR ENGENDRÉE PAR L’ACTION CHIMIQUE QUI
- DÉVELOPPE LE COURANT. {Suite.)
- Nous avons reproduit, dans l’article précédent, les expériences de Favre, établissant la corrélation qui existe, dans un système électrique isolé, entre les travaux de différents ordres effectués au passage du courant et la quantité d’énergie émise par la source.
- Tous ces travaux étaient exprimés en calories ; on retrouvait dans le liquide du couple et dansl’arc interpolaire, toute la chaleur due à la réaction chimique.
- Le principe de la conservation de l’énergie dans un système électrique livré à lui-même, était démontré expérimentalement. Il restait à étudier la manière dont se distribuait l’énergie produite par la source ; le problème présentait un très grand intérêt.
- Nous avons vu que, dans les conditions où Favre s’était placé, le travail utile fourni par le moteur Froment, ne représentait que 1,65 0/0 environ de l’énergie totale disponible, ou considérée comme telle.
- En effet, la somme de tous les travaux chimiques effectués dans les couples Smée était exprimée, pour un gramme d’hydrogène dégagé, par 18 682 calories, le moteur produisait un travail mécanique
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- La Lumière électrique
- dont l’équivalent en calories, n’était que de 3o8 unités.
- D’où pouvait provenir cette perte énorme qui semblait condamner a priori les efforts des physiciens qui, comme Froment, s’étaient posé le problème du transport de la force par l’électricité ?
- Telle était la question que Favre se proposait de résoudre.
- Il entreprit des recherches sur ce sujet, afin de déterminer les pertes dues aux résistances passives inhérentes au moteur qu’il avait employé dans ses expériences.
- Grâce aux soins extrêmes qu’il apportait dans son expérimentation, le savant physicien dont nous analysons les travaux, non seulement arriva à déterminer la perte qui incombe à chaque partie de la machine dynamo-électrique, mais encore trouva dans la source même une cause de perte, ou plus exactement démontra que toute l’énergie produite par la source, n’est pas transmissible électriquement.
- A côté de la quantité d’énergie perdue en chaleur suivant la loi de Joule, fonction de la résistance propre au liquide du couple compris dans le premier calorimètre, une certaine quantité de chaleur restait confinée dans la pile même, en local.
- Cette quantité de chaleur provenait de réactions secondaires dépendantes de la réaction chimique principale qui était seule la source de la force électromotrice.
- Nous reviendrons plus tard à l’étude de ce phénomène. Nous nous occuperons seulement aujourd’hui des quantités d’énergie perdues en chaleur dans le moteur électrique, particulièrement de celles qui n’étaient pas régies par la loi de Joule.
- Quel que soit le genre de la résistance opposée au passage du courant électrique, on peut toujours l’exprimer par une résistance réduite, équivalente, tirée de la chaleur dégagée dans la portion du circuit considérée, lorsqu’on connaît l’intensité du courant et le travail effectué.
- Soit un moteur d’une résistance intérieure r, produisant un travail mécanique T, recevant un courant d’une intensité I.
- Le moteur est enfermé dans un calorimètre ainsi que le frein qui mesure le travail utile fourni par le moteur.
- La quantité de chaleur q, accusée par le calorimètre, comprendra :
- i" La perte d’énergie en chaleur, suivant la loi de Joule, due à la résistance intérieure du mo-, teur ;
- 2° L’équivalent en calories du travail utile indiqué par le frein ;
- 3° Les pertes d’énergie provenant des résistances passives du moteur ou de certains travaux secondaires.
- Soient R, p, p„ p3, les résistances réduites correspondant pour une intensité I, au travail utile T et aux travaux secondaires t, tlt t2. Nous pouvons écrire l’équation suivante :
- o = lli + (R + p + pi +pil I2>
- «*» S
- On conçoit qu’en procédant par élimination, il était possible d’étudier successivement la perte d’énergie résultant des travaux secondaires de différents ordres dans chaque partie du moteur.
- Si nous considérons les chiffres inscrits dans la cinquième série d’expériences, au dernier paragraphe de l’article précédent :
- Nous remarquons que les 2947 calories accusées par le second calorimètre représentent la quantité d’énergie perdue en chaleur, suivant la loi de Joule et les pertes dues à certaines résistances passives que Favre divisait ainsi :
- « b résistance au frottement des pièces qui sont en mouvement,
- c résistance de l’air vaincu avec production d’étincelles au commutateur, d résistance à Vaimantation, e résistance due à la production de courants d'induction. »
- Il était évident que les résistances b et c ne pouvaient être vaincues qu’au détriment de la quantité d’énergie rendue libre par la source.
- En était-il de même pour l’aimantation et pour ces sortes de travaux moléculaires e d’un ordre spécial, mais probablement analogue au travail de l’aimantation, opérés dans les fils qui composaient les bobines des électro-aimants du moteur?
- Favre démontra que les travaux dus aux aimantations successives du fer doux et ceux qui étaient effectués par un courant discontinu traversant un solénoïde, provenaient réellement d’un emprunt fait à l’énergie de la source.
- Il employa pour cette démonstration deux calorimètres disposés de la même façon que dans les expériences citées déjà. Le premier contenait la source d’électricité, le second, le moteur à étudier.
- Dans chaque expérience, l’intensité du courant était déterminée au moyen d’une boussole des tangentes de faible résistance.
- Le moteur étant calé, un interrupteur Froment auquel on faisait rendre le son Fa3 résultant de 352 vibrations doubles par seconde, interrompait par conséquent 352 fois par seconde le courant et créait un nombre d’aimantations successives beaucoup plus considérable que le moteur fonctionnant normalement.
- La chaleur accusée par le second calorimèt’c était complémentaire de celle qui restait con'iucu
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- dans le premier et supérieure à l’énergie calorique calculée d’après la loi de Joule. Sans entrer dans tous les détails de l’expérience, nous citerons quelques chiffres.
- Ils établissent que la perte d’énergie due aux aimantations successives du fer doux çt aux travaux moléculaires dans les solénoïdes était loin d’ètre négligeable.
- Pour 20,9 millions d’interruptions du courant et par conséquent pour un pareil nombre d’aimantations du fer doux d’un électro-aimant relativement assez petit, la quantité de chaleur perdue a été trouvée égale à 5741 calories, soit3i 0/0 environ de l’énergie totale produite par la source qui était représentée par 18685 calories.
- On enlevait ensuite le fer doux de l’électro-ai-mant afin d’étudier les pertes de chaleur dues seulement aux inductions de fil à fil dans les bobines ou aux travaux particulaires dans l’intérieur du fil lui-même.
- L’intensité du courant n’était pas déterminée en unités absolues; mais, suivant l’indication de la boussole des tangentes, elle était dans cette nouvelle expérience 1,62 fois plus grande que dans l’expérience précédente.
- Le nombre d’interruptions étant de i3 millions, la chaleur perdue en dehors de celle qui était calculée d’après la loi de Joule fut trouvée égale à 4963 unités. Soit 26 0/0 environ de l’énergie totale.
- Favre ne poussa pas plus loin ses recherches dans cette voie. Il n’avait pas du reste les appareils nécessaires qui lui eussent permis de les mener à bonne fin, en faisant une étude complète du rapport qui existe certainement entre la masse du fer, celle du cuivre qui compose le solénoïde, l’intensité du courant de circulation, les interruptions et la quantité de chaleur perdue. Le problème est très complexe à cause du nombre considérable des variables que nous venons d’énumérer.
- Si incomplètes qu’elles soient, ces expériences expliquent le faible rendement des moteurs électriques genre Froment.
- Dans l’expérience de la cinquième série que nous avons déjà citée, on peut voir que sur 3 255 calories absorbées par le moteur au détriment de l’énergie créée dans la source, 3o8 seulement sont employées à faire un travail utile, 2 947 calories sont perdues dans le moteur.
- Le coefficient économique de la machine dynamo-électrique n’était donc que de 9 0/0.
- Dans toutes ces expériences les résistances extérieures réelles ou fictives variaient sans cesse et devenaient quelquefois assez considérables ; elles atteignaient même une valeur 5o fois plus grande que celle qui représentait la résistance du liquide des éléments de pile formant la source.
- Cependant la quantité de chaleur qui restait confinée dans le premier calorimètre n’était jamais
- inférieure à 3 600 calories, âlors que, suivant la loi générale de la distribution de l’énergie, elle eût dû
- être le jj de la chaleur totale fournie par la réaction
- chimique, dans le cas par exemple où la résistance extérieure était 5o fois plus grande que la résistance intérieure de la source, soit de 867 calories.
- Favre pensa d’abord que cette quantité de chaleur devait être appelée à vaincre une résistance d’un genre particulier dont il ne voyait pas la nature ; mais il fut amené plus tard à analyser ce phénomène et parvint à en donner l’explication ; nous donnerons un résumé des recherches qu’il entreprit dans ce but et de celles qui complétèrent son étude générale sur les piles hydro-électriques.
- {A suivre.) Adolphe Minet.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de l'éclairage des places et voies publiques
- Nous avons eu déjà, il y a quelques mois (*), l’occasion d’entretenir nos lecteurs des études préliminaires qu’exige un projet sérieux d’installation d’éclairage électrique. En nous appuyant sur des travaux antérieurs et notamment sur ceux de M. Marché, nous étions arrivés à déterminer les lois de la répartition sur le sol de la lumière émise par un foyer électrique, et nous avions indiqué quelle était, suivant nous, la meilleure marche à suivre pour discuter et fixer, en tous les cas, les éléments principaux d’un projet. Depuis cette époque, peu d’études nouvelles de la question se sont produites, et ce n’est que tout récemment que nous avons eu connaissance d’une publication venant de Belgique ainsi que d’une communication anonyme qui fut faite à Paris le mois dernier au Congrès de la Société technique de 'l’industrie gazière en France.
- Le premier des travaux auxquels nous faisons allusion, est extrait des Annales de VAssociation des Ingénieurs sortis des écoles de Gand et porte la signature de M. René Tamine, ingénieur des ponts et chaussées.
- L’auteur s’y est donné pour but de démontrer que, contrairement à l’opinion générale, l’avenir de l’éclairage par l’électricité, dans le cas d’une usine, d’une rue ou d’une place publique, n’appartient pas à la lampe à arc voltaïque, mais à la lampe à incandescence, à cause de l’économie notable que ce dernier mode d’éclairage permet de réaliser lorsqu’une très grande intensité lumineuse n’est pas nécessaire.
- p) Voir les nus du 19 janvier et du 2 février iC8-|.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Quelque intérêt que puisse présenter une pareille étude, nous n’eussions pas voulu parler du travail de M. Tamine si les chiffres qu’il renferme ne se fussent présentés avec une certaine apparence de vérité contre laquelle il est nécessaire de mettre en garde nos lecteurs. L’ingénieur belge, qu’une affection particulière pour la lampe Swan semble avoir inspiré, se pose, il est vrai, le problème comme il doit l’être. Partant du minimum d’éclairement nécessaire sur les points du sol les plus obscurs, il cherche à déterminer la distance qui doit séparer les candélabres par des lampes d’un pouvoir éclairant donné. Cette manière de procéder est, en effet, la bonne, mais nous ne pouvons accepter les résultats auxquels elle conduit qu’à condition toutefois que les lois appliquées seront exactes. Or, dans le travail de M. Tamine, la loi de la répartition de la lumière qui, naturellement, sert de point de départ, est interprétée avec trop de fantaisie pour que les conclusions puissent être conformes à la vérité. L’influence de la hauteur au-dessus du sol de la source lumineuse, ainsi que celle de l’inclinaison du rayon sur la surface éclairée, sont volontairement passées sous silence, et la loi du carré de la distance est la seule appliquée. L’auteur, en outre, accorde la même intensité de lumière aux rayons émis dans toutes les directions, alors que tout le monde sait que cette hypothèse dans le cas de lampes électriques ne saurait être admise. Ces erreurs, on le voit, sont considérables; et elles surprennent d’autant plus que, pour terminer son œuvre, M. Tamine les reconnaît lui-même, et que, sans nous dire les raisons qui l’ont conduit à simplifier par trop ses calculs, il n’hésite pas à reconnaître que, dans la pratique, les facteurs qu’il a volontairement négligés, sont de la plus grande importance.
- Dans ces conditions, il nous paraît inutile de citer les chiffres résultant d’une méthode de calcul ainsi simplifiée, et de pousser plus loin la discussion, alors qu’il nous reste à analyser un travail analogue, mais incomparablement plus sérieux.
- Comme nous le disions plus haut, il s’agit d’une communication qui fut faite au dernier congrès du gaz, et nous regrettons de n’en pouvoir nommer l’auteur, qui a gardé l’anonyme. Quoi qu’il en soit, son étude se recommande par sa méthode de calcul rigoureuse et relativement simple, et ne faisant aucune hypothèse sur la nature des sources lumineuses choisies, il s’applique à rechercher l’expression exacte et mathématique de la quantité de lu • mière répandue sur une surface donnée par un foyer à une distance déterminée de celle-ci. Pour y arriver, il admet que l’intensité m d’un foyer quelconque, rayonnant également dans toutes les directions, représente le rapport existant entre les quantités de lumière émises par ce foyer et par l’unité de lumière ou carcel, et reçues par deux sphères
- d’égal rayon dont ils occuperaient respectivement le centre. Ceci posé, voici d’ailleurs la marche suivie : Considérons (fîg. i) une sphère de rayon a ayant pour centre un foyer F d’une intensité m exprimée en carcel, et répartissant uniformément sur la surface de la sphère toute la quantité de lumière M qui lui est propre. Si nous coupons cette sphère par un plan AA/, horizontal, il est clair que la base circulaire de la zone détachée recevra une quantité de lumiète p précisément égale à celle que recevrait la zone elle-même ; soient doncy la distance de ce plan au centre F de la sphère, et x le rayon de cette base. La surface de la zone est
- S-21I4 (a—,r)
- Or, la quantité de lumière p répartie sur cette zone est à la quantité totale de lumière reçue par la sphère, comme la surface de cette zone est à celle de la sphère tout entière S. On a
- s = -i*ja
- et, par suite
- /> _2 KJ (a—_>') _ i? —y
- 4mT 2J
- En y substituant la valeur de a,
- * = vWr-
- on a finalement
- qui est l’expression de la quantité de lumière reçue
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- par la surface circulaire de rayon x, et provenant d’un foyer F, situé à une hauteur y de celle-ci.
- Ce premier résultat, ne répondant qu’à un cas trop particulier du problème, il est facile d’étendre la solution à un cas plus général.
- Pour cela, dans le cercle d’intersection du plan AA' avec la sphère, inscrivons un carré, qui sera la base d’une pyramide ayant F pour sommet. IL est évident que la quantité de lumière reçue par cette base sera égale à celle que reçoit le polygone sphérique, intercepté sur la sphère par les quatre faces de la pyramide considérée. Or, la surface d’un tel polygone sphérique est à la surface d’un
- triangle sphérique trirectangle ou au g de la sphère
- comme l’excès de la somme de ses angles sur quatre angles droits est à 90°.
- D’un autre côté, les angles du polygone sphérique n’étant autre chose que les arcs de grand cercle, sous-tendant les angles dièdres de la pyramide considérée, et ceux-ci étant égaux entre eux, il suffira de déterminer l’un d’eux, BD B' par exemple.
- Soit x cette fois le côté du carré inscrit, et par suite le rayon du cercle circonscrit. On a
- ,S'Îb1)b'=D6'
- X
- DO/2
- Tl s’ensuit enfin que
- et que
- et comme
- f' =M
- 1H0
- A ar
- v~
- 180
- = f
- A 0
- s/l
- /> = M
- 180
- représente la quantité de lumière répandue sur une surface carrée de côté x, par un foyer d’intensité M placé en son centre à une hauteur y.
- En raisonnant de la même manière, pour le cas d’un rectangle inscrit dans le même cercle et ayant pour côté les valeurs x et z, on trouve que la quantité de lumière reçue par cette surface a pour expression
- y
- arc cos 4 a—
- . „ xz
- mais les deux triangles DOF et AOF étant semblables, comme ayant leurs côtés respectivement perpendiculaires, nous avons
- AO__ AF .r a
- DO - O K °U 'y
- En substituant, il vient
- /e-RDB'-:1 2 v
- et par suite
- a
- Cette tangente est négative, comme cela devait être, puisque l’angle BD B' est plus grand que l’angle B A B' qui est droit.
- On peut donc écrire
- d’où arc BDB'=iSo0 . 4 et Y — arc / Q- ——r“ ‘ A-
- g 4(180— , 4 j y o/' x arc l g 3oo;
- I sphère GO°
- ou
- S i8o°—arc l?~^-x2 4 fl y — go° 900—arc tg
- sphère ]8o° 1P0
- .'I j r are cos —-~
- 180
- Les valeurs ainsi trouvées sont rigoureuses; l’auteur montre qu’elles peuvent répondre à divers cas de la pratique, nous ne le contesterons pas, mais cependant il est quelques réflexions que ce travail nous suggère. Nous ferons d’abord remarquer que le mode de raisonnement que nous avons développé plus haut ne peut s’appliquer lorsque la source lumineuse est un foyer électrique, à cause des trop grandes variations d’intensité dans la lumière émise par des rayons de différentes directions. Dans ces conditions, la lurnière reçue par une calotte sphérique n’est pas forcément à la lumière totale émise comme la surface de cette calotte est à celle de la sphère tout entière; mais, comme l’auteur, en son étude, considérait surtout le bec de gaz comme source de lumière, nous n’insisterons pas sur cette objection. D’ailleurs en supposant, comme il le fait, que la lumière est également répartie en tous sens, et que, par suite, la quantité de lumière totale reçue par le plan AA' est égale à celle que recevrait la calotte sphérique qu’il découpe, il faut encore tenir compte de ce que cette surface plane est de beaucoup plus éclairée.
- Au fond, la quantité de lumière reçue n’importe guère dans la plupart des cas, et seule la répartition de cette lumière est intéressante à considérer. En ne raisonnant, en effet, que sur la quantité de lumière reçue sur la surface totale à éclairer, et en ne se servant que des formules précitées, on
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- peut être conduit à des résultats théoriques que ne confirme pas toujours l’expérience.
- La démonstration est facile. A la fin du travail dont nous venons d’indiquer les grandes lignes, l’auteur met en application sa théorie. Au cas de l’éclairage d’une place rectangulaire de dimensions données, d’abord par un foyer situé à son centre, ensuite par 4 foyers également distants, placés dans l’intérieur du rectangle au centre de chaque quart de celui-ci. En appelant M l’intensité lumineuse de chaque foyer dans le second cas, il trouve que la quantité de lumière reçue sur la place de la part des 4 lampes est égale à M X 1,00596, tandis qu’en n’employant qu’un seul foyer placé au centre, il suffit de donner à son pouvoir éclairant la valeur 3,3 M pour obtenir sur la surface la même quantité de lumière reçue. La conclusion qu’il en tire, naturellement, c’est qu’il y a avantage certain à n’employer que ce dernier mode d’éclairage. Eh bien ! cette conclusion n’est pas rigoureuse. Elle est vraie dans certains cas et ne l’est pas dans d’autres. La hauteur à laquelle on place les foyers a une importance capitale, et il est clair que si dans l’exemple considéré nous donnons au foyer central une hauteur double de celle d’un des quatre foyers, avec une intensité quadruple dans son pouvoir éclairant, les points les plus obscurs de la place seront également éclairés dans les deux cas. En un mot, la hauteur des 4 foyers primitifs étant donnée, il peut y avoir avantage ou désavantage à remplacer ces foyers par un seul placé au centre, suivant la hauteur au-dessus du sol qu’on choisira pour ce dernier. Cela étant, nos conclusions restent ce qu’elles étaient dans notre article du 2 février dernier, et tout en rendant hommage à la valeur du travail que nous venons d’analyser, nous pensons que ce qu’il y a de plus simple encore dans l’étude d’une installation d’éclairage, c’est de s’assurer que dans la surface totale il n’est aucun point insuffisamment éclairé; que les foyers sont placés à la hauteur convenable pour que leur utilisation soit le plus complète possible, et qu’enfin les points surabondamment éclairés ne sont pas trop multipliés pour que la meilleure répartition de la lumière sur le sol ne puisse être atteinte.
- P. Clemenceau.
- le
- PARC DES BUTTES-CHAUMONT
- ECLAIRE A LA LUMIERE ELECTRIQUE .
- C’est à l’occasion de la fête du 14 juillet que le parc des Buttes-Chaumont a été éclairé, pour la première fois, au moyen de l’électricité ; nous
- avions annoncé, depuis quelque temps déjà, que la ville de Paris avait traité avec la Société lyonnaise pour cette installation dont le dessin ci-contre donne une vue partielle prise du côté le plus pittoresque de la promenade.
- Depuis l’exposition d’électricité en 1881, les ! nombreuses tentatives faites, un peu partout à Paris pour employer le nouvel éclairage, avaient peu à peu été abandonnées, la plupart'du temps sans motifs sérieux, et, à l’inverse des pays voisins, au lieu de multiplier les installations, on les supprimait successivement. Aussi le public, qui ne juge que les résultats, s’est-il figuré que les expériences faites n’avaient pas donné de résultats suffisamment pratiques et que l’on ne pouvait pas encore posséder, d’une façon définitive, sur la voie publique, ce bel éclairage qui venait si bien compléter les splendeurs de la capitale française. L’avenue de l’Opéra elle-même, après avoir gardé ses foyers Jablochkoff plus longtemps que les autres quartiers, a été rendue à l’exploitation triomphante du gaz. L’effet produit était pourtant très réussi et il l’eût été encore davantage, si l’installation avait été combinée de façon à mettre ies candélabres à des distances égales et les foyers sur une même ligne horizontale, comme cela a été fait pour le gaz lorsque, pour procéder aux expériences comparatives, on a établi des lignes de becs intensifs. Tandis que Paris reprenait partout son vieux gaz, toutes les grandes villes des pays voisins employaient la lumière électrique dans des quartiers entiers, et l’introduisaient dans les gares, les halles et marchés, les monuments publics, les musées ou bibliothèques; dans ce journal nous avons décrit du reste toutes les installations à mesure qu’elles se produisaient et l’on a pu voir que, pour le moment, Paris est l’une des capitales de l’Europe qui possède le plus petit nombre de foyers électriques sur la voie publique.
- Nos édiles ont pourtant consenti à laisser faire de nouvelles tentatives et nous annoncions, il y a quelques mois, que la jolie promenade du parc Monceau était pourvue de foyers électriques beaucoup trop rares,'il est vrai, pour éclairer complètement l’ensemble des chemins, mais c’était cependant un progrès et nous aurions souhaité que ce progrès s’étendît surtout aux jardins ou promenades qui se trouvent dans le centre de Paris. On se figure le charmant effet que produiraient le jardin des Tuileries etl’avenue des Champs-Elysées, le Luxembourg, même le Palais-Royal, si des usines étaient créées dans chaque endroit pour éclairer par l’électricité, en même temps, la voie publique et les particuliers qui en feraient la demande. Pendant la belle saison, il serait ainsi possible de profiter des jardins que possède Paris et que l’on ferme au moment où ils seraient le plus agréables, sous prétexte qu’ils ne sont pas suffisamment éclairés
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- les buttes-chaumont éclairées par les lampes brush
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- pour que la surveillance puisse être convenablement faite pendant la nuit.
- Mais les quartiers du centre sont sans doute moins dignes d’être favorisés par la municipalité, qui tient surtout à rester populaire, et c’est probablement ce qui explique pourquoi la lumière électrique, bannie de l’avenue de l’opéra, des Tuileries, etc., vient d’être installée avec un certain luxe en plein quartier Belleville.
- La plupart des Parisiens vont rarement s’aventurer dans ces régions accidentées, surtout le soir, et ce n’est guère que par les provinciaux ou les étrangers que les Buttes-Chaumont sont visitées.
- Le site est pourtant assez curieux et pourrait être très fréquenté, s’il se trouvait un peu moins éloigné du vrai Paris élégant.
- Ce parc occupe une superficie d’environ 22 hectares et a la forme d’un triangle curviligne dont la rue de Crimée forme l’un des côtés, tandis que les autres sont limités par les courbes de deux boulevards qui étaient déjà en construction en 1867 ; le promontoire le plus accidenté de la colline de Belleville, a été choisi pour l’aménagement de cette espèce de Suisse factice où l’on a accumulé les grottes, les cascades, les ponts rustiques, les pièces d’eau, les kiosques de toute nature et même un temple; ce dernier édifice est la reproduction exacte du célèbre temple de la Sibylle à Tivoli, mais la lumière électrique n’arrive pas à percer l’obscurité dans laquelle il est plongé pendant la nuit, parce qu'il est construit sur le point culminant de l’angle du promontoire, tandis que les foyers électriques sont disposés dans le bas, autour de la grande pièce d’eau.
- C’est le système Brush qui a été employé pour cette installation ; la lampe américaine, que tout le monde connaît à Paris depuis l’exposition de 1881, fonctionne assez régulièrement et produit un foyer suffisamment intense, mais sa forme était tout à fait disgracieuse lorsqué nous l’avons vue au début, au Palais de l’Industrie ou dans les rues de Londres.
- Depuis que la Société lyonnaise a acheté les brevets Brush pour la France, ses ingénieurs ont heureusement modifié la construction de la lampe qui se prête aujourd'hui aux motifs de décoration pour candélabres, lanternes ou autres dispositions d’élairage.
- Dans le parc des Buttes-Chaumont, l’installation ne comprend qu’un seul circuit de cinq kilomètres sur lequel on a placé quarante foyers ; le fonctionnement de quelques-uns de ces foyers n’est pas encore complètement satisfaisant, mais on s’occupe de rechercher les causes des défaillances qui se sont produites jusqu’ici et nous ne doutons pas que prochainement J’eclairage des Buttes-Chaumont 11e marche aussi régulièrement que celui du palais
- du Crédit Lyonnais ou celui de la Cannebièreet du vieux port de Marseille.
- C.-C. Soulages.
- L'ELECTRICITE APPLIQUER A L'ETUDE
- DES
- MOUVEMENTS SISMIQUES
- L’Italie, avec sa nature volcanique, a tout naturellement, cela a déjà été dit, la spécialité de l’étude des mouvements du sol ou mouvements sismiques. Aussi la majeure partie des appareils destinés à cet usage sont-ils dus à des Italiens. Plusieurs de ces instruments ont déjà été signalés
- FIG. I
- dans ce recueil à propos de l’Exposition de Turin ; nous nous proposons dans les lignes qui vont suivre d’en faire connaître encore quelques-uns qui achèveront de donner une idée des méthodes employées.
- Pour l’observation des mouvements verticaux et des mouvements horizontaux du sol, il faut des appareils différents. Voici ceux que construisent pour chaque cas les frères Brassart.
- Appareil pour les mouvements horizontaux. — Un levier F (fig. 1) mobile autour d’un axe horizontal porte à l’une de ses extrémités un entonnoir à côtes i. A l’autre extrémité il est muni d’un contrepoids qui permet de l’équilibrer exactement tout en lui conservant une grande sensibilité.
- L’ouverture de l’entonnoir passe librement autour d’une colonne v (fig. 2) sur laquelle est posée et en équilibre une tige terminée par un poids P. Les côtes, au nombre de huit, portent les indications de la rose des vents et l’entonnoir peut tourner sur sa douille de manière .que les indications marquées correspondent toujours avec la position réelle des
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- points cardinaux. Quand une secousse horizontale se produit, le poids P tombe en sens inverse de la direction de la secousse. Il tombe dans une des cotes et y reste, de sorte que la direction de la secousse est indiquée.
- Mais en tombant, le poids P fait basculer le levier
- Fit». 2 UT À
- F, il en résulte un contact électrique entre la vis // et la colonne n; ce contact lance un courant dans l’électro E et l’armature de ce dernier est attirée. A
- FIG. 4
- sa position de repos, cette armature retenait une série d’organes, S, A, L ayant pour effet d’arrêter le pendule d’une horloge placée sur le même appareil. Au moment donc de l’attraction de l’armature, le pendule est relâché et l’horloge marche. Comme le courant a, en même temps, fait marcher une son-
- nerie d’appel, l’observateur vient remettre l’appareil dans la position d’attente pour une prochaine secousse. Connaissant l'heure à laquelle l’aiguille était arrêtée, il voit depuis combien de temps l’horloge est en marche et en déduit le moment précis de la secousse.
- La petite tige / que l’on voit à l’extrémité de F est destinée à permettre de se passer au besoin de l’électricité.
- Dans ce cas on règle la vis h de façon que F s’abaisse davantage et que/puisse abaisser l’ar-
- FIG. 5
- mature de l’aimant comme l’eût fait le courant lui-même.
- Appareil pour les mouvements verticaux.— Dans cet appareil (fig. 4) le contact se forme entre une coupe de mercure T et un poids D. La coupe peut être montée et descendue au moyen d’une vis, de sorte que les deux parties arrivent très près l’une de l’autre sans se toucher. Au moment d’une secousse verticale, un contact se produit entre le mercure et le poids, et il en résulte un courant qui, agissaut sur l’électro E, déclanche le pendule de l’horloge comme dans l’appareil précédent ; dans ce cas, pour que le courant soit continu et que la
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- sonnerie fonctionne, la pièce A établit, en tombant, un contact permanent avec la colonnette a (lig. 3).
- Horloge sismique de MM. Brass.irt. — Cet appareil est destine a être mis en relation à distance avec un indicateur du genre de ceux qui viennent d'être décrits.
- C’est une simple horloge au mécanisme de laquelle on a ajouté quelques organes spéciaux. .
- Les horloges sismoscopiques peuvent être classées en deux catégories, suivant qu’elles s’ariêtent par l’effet d'une secousse ou qu’elles sont mises en mouvement à l’instant même où celle-ci se produit.
- Entre les avertisseurs sismiques avec horloge,
- «J
- MM. Brassait ont toujours donné la préférence à ceux de la deuxième catégorie, parce qu’ils n’ont pas besoin d’être surveillés pendant le calme sismique, et parce que leur construction est de beaucoup plus facile. C’est donc à cette catégorie qu’appartient leur horloge sismoscopique. Elle peut servir pour l’usage domestique à la place de n’importe quelle horloge et devient horloge sismoscopique dès qu’on la met en communication électrique avec des avertisseurs sismiques.
- A la traverse qui soutient Taxe des tambours, les inventeurs ontajouté(fig. 5) un support formé d’une lame de laiton S à l’extrémité de laquelle se trouve articule dans la partie inférieure un levier à deux bras A. Un petit contrepoids i maintient ce levier dans la position horizontale, de manière que le doigt qui se trouve a l’extremité opposée, empêche le pendule P d’osciller. Pour amener le pendule
- dans sa position d’arrêt, on se sert d’un levier à équerre nn' articulé à la partie supérieure du sup-poit S. Le bras le plus court n' de cette équerre se replie en avant à angle droit, de manière à pouvoir rencontier et repousser la petite tige du pendule dès que ladite équerre a été soulevée au moyen d’une petite ficelle qui, reliée au bras le plus long n monte jusqu’à un petit crochet d’où elle descend pour sortir ensuite au-dessous de la caisse de l’horloge.
- Pour arrêter le pendule, on n’a donc qu’à tirer légèrement cette ficelle laquelle en repoussant le pendule vers la gauche vient le pousser contre le plan incliné du doigt du levier A. 11 est clair que l’ex-trémiié du pendule venant heurter contre le doigt Rabaisse légèrement et en dépasse la saillie contre laquelle il reste fixé, grâce au contrepoids i. L’équerre nn' est ramenée dans sa position de repos au moyen d’un petit contrepoids qui termine le bras n. Quand le levier A s’abaisse, le pendule s’échappe et met l’horloge en mouvement. Cet abaissement s’obtient au moyen d’un électro-aimant E dont l’armature, reliée à la lige tt soulève le bras i du levier et abaisse A. Les fils des deux bobines de l’électro-aimant aboutissent à deux serre-fils i et a.
- Le deuxième de ces serre fils se trouve isolé de la caisse de l'horloge. Ils communiquent avec les deux extrémités du circuit électrique dans lequel se trouve l’avertisseur sismique qui détermine la fermeture du courant.
- Ayant noté la position des aiguilles sur le cadran quand l’horloge n’etait pas en mouvement, on peut en dédu re le moment dans lequel a eu lieu la secousse qui a mis l’horloge en marche.
- Outre les pièces que nous venons de décrire, il y a d’autres pièces accessoires RRretun troisième serre-fil 3, lesquelles constituent une espèce de rhéotome destiné à maintenir le circuit fermé une fois qu’a eu lieu la fermeture momentanée produite par un avertisseur. Ce petit mécanisme est indispensable quand l’avertisseur saccade doit aussi agir sur une sonnerie électrique. Voici en quoi consiste ce rhéotome, qui est très simple.
- Une petite tige en laiton R qui se trouve vissée sur le support S, porte, à son extrémité de gauche, un axe en laiton X qui est isolé de la tige R au moyen d’une pièce en ivoire.
- Vers le milieu de cette petite tige le levier à équerre r porte un petit bras rephé en avant contre lequel vient buter l’axe du pendule et qui, par ce fait même, est poussé vers la gauche lorsque le pendule est arrête contre la saillie du doigt A.
- Dès que le pendule est rendu libre, le levier r redescend et vient se placer contre l’axe X. Cet axe communique avec le serre-fil 3 qui est isolé, tandis que la petite tige R communique avec le serre-fil i.
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- Les communications extérieures sont disposées de manière que le circuit dans lequel se trouve insérée la sonnerie, reste definitivement fermé quand le levier r se trouve en contact avec la lige X.
- Tremitoscopé de Rossi. — Cet instrument (fig. 6) réunit sur un mime socle de pierre trois dispositifs divers pour la mise en évidence des mouvements du sol. D'un côté, on trouve, protège par un tube de verre, comme cda a lieu du reste pour les autres dispositifs, le poids suspendu par un ressort au-
- f'iu. 7
- dessus d’une coupe de mercure et destiné à signaler les mouvements verticaux.
- Les deux autres parties de l'appareil sont destinées à l'enregistrement des mouvements horizontaux. Le premier est un pendule qui peut venir faire contact avec auatre ressorts distincts et dont on peut d’ailleurs observer les mouvements avec une lunette. Le second est un ressort d’acier portant à sa partie supérieure une boule pesante et susceptible par suite de vibrer au moindre choc. Cette boule est munie d'une pointe mobile dans ^intérieur d’une seconde boule, de sorte que chaque mouvement produit un contact. Tous ces dif-
- férents contacts sont signalés ou enregistrés électriquement.
- Sismographe enregistreur de Scalcni. — Cet appareil, repiésenté par les fig. 7 et 8, est composé de deux parties, le transmetteur et l’enregistreur.
- Le transmetteur est une sorte d'éprouvette en verre supportée sur une pointe d’acier et garnie à sa partie inferieure d’un cercle de platine relié avec une pile. Tout autour de ce cercle sont quatre lames de platine contre l’une desquelles vient buter la garniture à chaque mouvement de l’éprouvette.
- FIG. 8
- Chaque lame de platine communique par un fil spécial à un des électro-aimants de l'enregistreur (fig. 8).
- Ci lui ci est formé par une horloge ordinale portant trois cadrans concentriques, un pour les minutes, un pour les heures et un pour les secondes; suivant un rayon de ces cadrans sont quatre leviers superposés actionnés chacun par un des électroaimants. D’autre part, chaque cadran est divisé en quatre zones correspondant aux quatre points cardinaux.
- Lorsqu’une secousse venant du Nord, par exemple, produit un contact, l’electro correspondant est affecté et son levier s’abaisse en marquant sur chacun des cadrans un point dans sa zone nord.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On a ainsi l’heure exacte de sa secousse et sa direction.
- L’appareil, on le voit, est des plus simples comme principe.
- O. Kern.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Angleterre
- un microphone a osmium. —Depuis longtemps M. G. L. Anders, l’électricien de la London and Globe Téléphoné Co s’est occupé de trouver un transmetteur téléphonique basé sur un principe nouveau et non breveté et puisque l’emploi du charbon est couvert dans notre pays parles brevets deM. Edison, il était nécessairement obligé d’employer des métaux ou un autre conducteur d’une nature non carbonique.
- De tous les métaux il préfère l’osmium à cause de sa dureté et de son infusibilité et parce qu’il n’adhère pas, quand le courant passe entre deux surfaces en contact.
- M. Anders se sert d’osmium sous forme de grains et il n’en faut qu’une petite quantité, ce qui est un avantage, car le métal coûte assez cher pour le moment. Le transmetteur de M. Anders se compose d’une plaque ou d’un diaphragme vibrant en bois, ébonite ou toute autre matière convenable, fixé de manière à recevoir les ondes sonores et communiquer leurs impulsions à l’osmium granulé placé dans le circuit.
- L’osmium est renfermé dans un tube d’ébonite entre deux électrodes de métal qui entrent dans le tube et établissent un contact de pression avec les grains. Ces électrodes sont reliées par des fils avec la pile et la bobine d’induction et l’osmium est traversé par le courant.
- Ce microphone est attaché au dos du diaphragme, dont les vibrations provoquées par les ondes sonores de la voix, sont communiquées à l’osmium Les tremblements de celui-ci modifient le courant qui le traverse par l’action microphonique ordinaire.
- M. Anders fait ses électrodes en platine ou en aluminium, métal qui ne s’oxyde pas facilement à l’air et qui n’est pas exposé à se fondre sur l’osmium.
- Parfois l’aluminium est mélangé avec l’osmium pour former un régulateur du courant. Une vis de réglage est également employée, quelquefois, pour régler la pression des électrodes sur les grains qui les séparent.
- J’ai fait des expériences avec l’appareil de M. Anders et les résultats étaient fort satisfaisants. Naturellement il reste à savoir combien de temps un instrument de ce genre continuera à bien fonctionner et de quel réglage il aura besoin.
- Cependant, M. Anders a, sans aucun doute, ajouté un nouveau modèle au nombre des microphones purement métalliques, capables de transmettre toute espèce de paroles, qui ont été produits dernièrement, malgré les déductions théoiiques des physiciens qui ont prétendu qu’un microphone métallique ne pourrait pas transmettre la parole.
- Maintenant que la fusion de la London and Globe Téléphoné Co, avec l’United Téléphoné Co est un fait accompli et que les affaires sont entre les mains de cette dernière société, il est probable que le transmetteur deM. Anders ne sera pas adopté sur les lignes des deux compagnies fusionnées, parce que le transmetteur Blake-Edison et le transmetteur à charbon de Hunnings. sont tous les deux des instruments excellents, couverts par les brevets Edison.
- Le transmetteur à charbon granulé de Hunnings ne demande absolument aucun réglage et rend la parole avec plus de netteté que tous les autres transmetteurs à charbon, mais il demande une force de parole plus considérable que celui de Blake, c’est-à-dire six éléments Léclanché, contre deux pour le Blake.
- l’électricité et l’hygiène. — A l’occasion d'un congrès récent des électriciens, à l’exposition internationale d’hygiène, le docteur W. H. Stone adonné lecture d’une communication sur les rapports entre l’électricité et l’hygiène qui présentait plusieurs points intéressants.
- L’auteur a commencé par constater l’état peu satisfaisant de la science de l’électricité médicale, qu’il croit fondé sur la difficulté qu’il y a pour la même personne à acquérir des connaissances complètes des deux sciences de l’électricité et de la physiologie.
- Il en résulte que les physiologistes et les médecins qui s’occupent d’électricité ne font pas leurs mesures d’une manière exacte, comme le ferait un électricien se servant des unités électriques acceptées.
- Les quelques travaux utiles qui ont été faits sont entachés d’erreurs considérables, quanta l’intensité du courant et à la force électromotrice employées pour les expériences. « En effet, a dit M. Stone, une grande partie de ces recherches demande à être totalement revue et mise au niveau de la science moderne. *
- En parlant du danger que l'emploi de la lumière électrique pourrait entraîner pour les yeux, le Dr Stone a fait remarquer que les foyers à arc et à incandescence présentaient deux espèces de ris-
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- ques absolument différents pour la vue, car l’arc tend à produire des effets dangereux à cause de son excès dé rayons actiniques ou plus réfrangibles dans le bout bleu du spectre, et la lumière à incandescence agit par ses rayons moins réfrangibles ou de chaleur. Pour obtenir une protection suffisante dans les deux cas, le D1' Stone a imaginé une paire de lunettes qui pourront rendre des services aux ingénieurs de lumière électrique et à d’autres. Elles sont fabriquées par M. Baker, opticien, High Holborn (Londres), avec des verres bleus en avant et rouge foncé sur le côté. Les verres bleus servent seulement pour regarder des lampes à incandescence et les verres rouges de côté peuvent être rabaitus sur les bleus pour regarder des foyeis à arcs puissants. Les deux teintes ont été choisies avec soin et combinées avec un spectroscope.
- LE DANGER DES CHOCS ÉLECTRIQUES. — Le
- Dr Stone a ensuite passé à la discussion des causes immédiates de mort par les chocs électriques en les classant en trois catégories : la thrombose ou formation de caillots dans les principaux vaisseaux de l’organisme, l’action catalytique, les commotions et les syncopes produites par faction du courant sur le système des nerfs cardiaques. Selon lui, les courants puissants employés aujourd’hui par l’iniustiie ont causé un nombre remarquablement petit d’accidents et il était disposé à en attribuer la raison au fait que le passage régulier d'un courant, même d une grande force, n’avait aucune influence fâcheuse et permanente sur l’économie animale. Les changements brusques, surtout par la fermeture ou la rupture d’un circuit, sont les plus dangereux, particulièrement si la peau est imprégnée d’eau, de transpiration ou de solutions salines qui réduisent la résistance.
- En passant en revue un certain nombre d’accidents par les chocs électriques suivis de conséquences fatales, le Dr Stone a fait remarquer que dans quelques cas la mort n’était survenue que trois quarts d’heure après l’accident. Il n’était donc pas probable qu'il fallût attribuer ces morts à la troisième cause, mais plutôt à une forme de thrombose. Il n’est pas facile d’avoir sur ces accidents des renseignements exacts qui pourtant seraient utiles au point de vue médical.
- morts causées par la foudre. — Dans notre pays comme en France, les orages sont les plus fréquents pendant les mois de juillet et d’août. Les chaleurs que nous venons de subir ont été accompagnées d’une série d’orages dont beaucoup ont causé des accidents mortels et des dégàis matériels dans différentes parti-s du pays. La plupart des accidents ont été de nature ordinaire, du bétail et des chevaux frappés et des personnes tuées sur le coup.
- D’autres sont plus instructifs et curieux. Le vendredi, 4 juillet, par exemple, deux frères et leur neveu qni travaillaient dans un champ de foin près de Wymesford se réfugiaient pendant l’orage sous une haie où ils ont été frappés par la décharge. Le neveu ressentit à la cuisse une douleur aiguë qui le fit tomber évanoui. En recouvrant ses sens il trouva l’un de ses oncles par terre et l’autre assis dans la même position qu’auparavant d’un air placide et tranquille. Cependant tous les deux étaient morts. Samedi le 5 juillet l’église de la Trinité à Everton, Liverpool, fut frappée par la foudre pendant le service et deux enfants furent sérieusement atteints, tandis que la congrégation fut prise d’une panique. Le même jour deux hommes furent frappés dans la chapelle Wesleyenne de Weardale, Durham. Le dimanche 6 juillet un mineur a été atteint à Ansett et tué immédiatement pendant qu’il faisait danser son jeune enfant sur ses genoux. L’enfant n’a rien eu. Le mardi suivant la figure, l’épaule et le côté droit d’un garçon revenant d’une partie de cricket à Crewe ont été brûlés, ses habits ont été déchirés et ses souliers arrachés de ses pieds. Le mercredi 7 juillet, un fermier et quatre de ses employés qui transportaient du foin ont été frappés par la foudre et rendus temporairement aveugles. Le même jour 3o moutons ont été tués d’un coup près d’Upton sous un arbre où ils s’étaient réfugiés et deux vaches ont éfé tuées en plein champ où elles étaient à paître, l’une à West Drayton et l’autre à East Marksham.
- feu sir William Siemens. — L’Institution of Civil Engineers a pris l’initiative de l’érection d’un monument à la mémoire de feu sir William Siemens comme témoignage de l’estime universelle que lui portaient tous les ingénieurs de notre pays. Ce monument sera un vitrail placé à l’une des fe. nêtres de Westminster Abbey -et plusieurs sociétés savantes ont nommé un comité exécutif pour la réalisation de ce projet. Je puis ajouter que le numéro du 5 juin de la revue anglaise Nature était accompagné d’un excellent portrait du Dr Siemens tiré de manière à pouvoir être encadré.
- J. Munro.
- Angleterre
- llrig/ilon, 18 juillet 1884.
- Je viens de faire un tour sur la côte anglaise et j’ai été véritablement bien surpris du progrès que les installations électriques ont fait de l’autre côté du déiroit.
- J’ai trouvé sur la plage de Brighton un petit chemin de fer électrique très bien installé. La longueur est d’environ un mille anglais que l’on parcourt en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- cinq ou six minutes dans un wagon fort élégant susceptible de contenir une vingtaine de voyageurs.
- L’électricité entre par un rail et sort par un autre. Comme les traverses sont sur le sable, elles ne sont jamais humides et ce service fonctionne d’une façon très régulière sans perte de courant. Le mouvement est donné tout simplement à l’aide d’une machine électro-magnetique de la maison Siemens placée sous la caisse. A l’avant se trouve un mécanicien qui tient en main le levier du commutateur et des bobines de résistance, de sorte que l’on manie la machine avec une facilité étonnante.
- On la met au pas, on l’arrête, et on lui fait rebrousser chemin, sans aucune hésitation ni sans aucune manœuvre. J’ai vu le conducteur descendre sur le sable afin de retirer de la voie des enfants qui s’obstinaient à y jouer.
- Dans le but de bien faire apprécier toutes les qualités du système, on a fait passer le wagon sous une voie coupant la ligne à angle droit, ce qui a nécessité l’établissement d’un petit tunnel.
- La machine descend très lentement une pente très raide, ce qui montre que le frein serre à merveille. Ensuite elle remonte la rampe sans hésitation, preuve qu’elle pourrait aller plus vite si on le trouvait nécessaire.
- L’électricité est fournie par une machine dynamo de Siemens, que met en mouvement une machine à gaz de cinq à six chevaux ; cela montre bien que la force est plus que suffisante.
- La dynamo et la machine à gaz sont renfermées dans une espèce de grotte creusée dans la falaise, où l’on est en train d’établir une exposition électrique qui va ouvrir dans quelques jours.
- Je crois qu’un système analogue rendrait de grands services à Dieppe pour faire communiquer la plage avec celle de Puys en prenant par le pied des falaises, mais comme il faudrait exécuter des travaux qui forceraient de renvoyer l’expérience à une autre saison, je pense que l’on devrait se borner à établir un chemin de fer de ce genre amour de la plage sur des rails Decauville. La nuit, la dynamo pourrait servir à des expériences de lumière électrique.
- Faut-il dire que ce mode d’éclairage n’est utile à Dieppe que pour les travaux du port.
- A Brighton j’ai bien vu au moins trente ou quarante lampes électriques allumées la plupart par la corporation pour l’éclairage public, mais il y en avait aussi un ceriain nombre dans les boutiques.
- La gare de Brighton est également éclairée à l’électricité d’une façon brillante.
- A Ea-dbourne où j’ai également passé quelques jours j’ai trouve la lumière eLctrique ins.allee sur une immense échelle. Les becs publics sont bien au nombre d’une centaine. Ils sont fort élevés et 11 icés sur des colonnes pourvues de barres hoiizontnles
- de manière à permettre l’accès des lampes aux ouvriers chargés de placer les charbons.
- La plupart de ces lampes sont placées en file sur la plage qui est magnifique, et pourvue d’une terrasse, ce que l’on omet, sans doute par économie, de faire à Dieppe. On peut être sûr que partout où l’électricité pénètre elle attire le progrès avec elle. Sans aucune exagération l’on peut dire que c’est un symptôme!
- Cette plage, en effet, a beaucoup gagné rien que depuis l’an d rnier.
- On a entaillé la falaise sur une longueur de plus d’un mille et organisé à peu de frais une promenade magnifique venant s’ajouter à une autre qui était déjà splendide.
- Pour en finir avec Eastbourne, je dois ajouter que toutes ces lampes sont entretenues par une station centrale dont les fils ont une longueur de plus de trois milles de dis ance directe (sans compter le retour) et qui fournit le courant aux particuliers. J'étais insta lé dans l’hôtel voisin delà gare, lorsque je fus tout surpris de voir une grande lumière au-dessus de ma tète II y avait un lustre d’incandescence système Edison.
- La lumière d’incandescence est employée jusqu’à bord des deux nouveaux paquebots de la ligne de Dieppe à New Haven. J’ai compté 5o lampes tant dans les chambres d’avant et d’arrière, que dans les salons réservés, et même dans les installations de l’équipage. Il y a à bord de chacun de ces paquebots une dynamo qui peut donner en cas de besoin jusqu’à une douzaine de chevaux-vapeur.
- C’est vous dire que ces magnifiques bàLiments ont dans leur gréement et leur installation tout ce que la science moderne à réalisé de plus parfait.
- Là aussi, l’introduaion de l'électricité doit être considérée comme un symptôme. Si on a supprimé les fanaux éloctiiques qui avaient commencé par figurer à la têie des mâts de la Normandie et de la Brilannia, c’est sans doute que la trompe à vapeur a une énergie suffisante.
- W. de Fonvielle.
- États-Unis
- NOUVEAUTÉS RÉCENTES EN ÉLECTRICITÉ. — Les entreprises d’éleciricite dans notre pays semblent se développer avec une très grande activité en ce moment.
- On a perfectionné le systè me américain des réseaux téléphoniques de plusieurs manières.
- Il est généralement admis, je crois, que les détails de construction et de fonctionnement de notre système de bureaux centraux pour les communications téléphoniques sont les plus complets et les plus satisfaisants de tous, et beaucoup de ses dispositions essentielles sont absolument américaines.
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- Une invention très récente de ce genre, représentée dans la figure 1 a été faite dernièrement par M. Nathaniel Warth.
- L’appareil consiste en une embouchure et deux cornets pour les oreilles, attachés à un cadre mobile et reliés ensemble ainsi qu’avec les tran-metteurs et les récepteurs par des tubes flexibles. La disposition a pour but de permettre à un employé du bureau central d’écouler et de parler, tout en
- b'Ui. 1
- ayant les mains libres pour la manipulation du commutateur.
- Le téléphoné récepteur A est d’une construction ordinaire et mon.é sur un support fixe. Il est pourvu d'une embouchure B avec trois tubes d'embranchement a, b, c. dans lesquels les tubes flexibles C D E sont insérés.
- Un ressort courbé F d’une forme presque semi-circulaire est attaché à un autre ressort du même genre G et les deux sont maintenus fixes dans leurs positions relatives au moyen de la pièce
- courbée d. Par cette disposition de réglage, chat cun peut adapter l appareil à sa tète.
- Les sons produits par le diaphragme du récepteur sont communiqués à l’oreille par l’embouchure B, les tubes CC1 et les pièces HH'. Les paroles prononcées devant l’embouchure I affectent
- FIG. 2
- le transmetteur à travers les différents tuyaux. Si les impulsions transmises par ces tubes sont assez violentes pour produire des effets défavorables dans le transmetteur, on peut enlever le tube Dde la branche b et laisser s’échapper une partie du son par la branche.
- Pour empêcher l’appareil de tomber sur la tête de l’employé par une secousse accidentelle, le tube C est attaché par une agrafe à l’épaule de
- MlBlIs n
- FIG. 3
- l'habit du porteur. Afin d'éviter des bosses dans le tube flexible, celui-ci est formé en dedans ou en dehors d’une spirale en fil de fer.
- M. James L. Woodward a derniè-ement imaginé une combinaison de canalisation électrique et de bordure^de pavé. Les sections creuses de la cana,-
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- lisation sont au-dessus du niveau de la rue et à la hauteur du trottoir. La partie qui touche la terre est en saillie pour empêcher tout déplacement et pour donner toute la place nécessaire aux fils. La couverture à charnières est au niveau du trottoir et pourvue d’une fermeture imperméable. Les fils conducteurs sont tenus en place par une série de crémaillères verticales R (fig. 2).
- Ces crémaillères sont convenablement espacées, lès bouts inférieurs entrent dans des supports au fend des tranchées, tandis que les bouts supérieurs pâssent dans des trous qui y correspondent dans les barres transversales D dont les extrémités reposent sur les supports opposés b qui sortent des côtés des tranchées.
- Ces pièces transversales aussi bien que les poteaux peuvent être enlevées. Des dispositions convenables ont été prises pour la dilatation et la contraction des différentes sections des tranchées. Les fils sont introduits par la couverture ouverte des tranchées et reposent sur les dents des crémaillères. La couverture est ensuite fermée avec des boulons.
- Il est évident.que cette disposition rend les fils toujours faciles d’accès; et qu'il, devient inutile d’enlever le pavé pour arriver à un certain endroit des tranchées, comme c’est parfois le cas avec des canalisations entièrement souterraines.
- Il reste à savoir si la dépense d’une construction de ce genre ne dépasserait pas son utilité pratique.
- La figure 3,représente une communication de circuit électrique combinée par M. David E. Drake. En Amérique ce genre d’arrangement est appelé t plug circuit connector » (chevilles de communication de circuit) C’est la combinaison d’une cheville et d’un pied d'une construction particulière, destinés à être employés plus spécialement pour des lampes électriques à main et portatives, pour des petits moteurs ou autres instruments électriques de cette nature. Beaucoup de ces appareils sont généralement munis d’un cordon souple très court ou d’un câble renfermant les conducteurs et facilement attaché aux bornes d’un circuit électrique quand on désire employer la lampe.
- Dans l’appartement où on désire se servir des lampes portatives, M. Drake dispose un certain nombre de pieds ou de godets où viennent aboutir plusieurs circuits principaux ou d’embranchement. Il attache une cheville au cordon souple de façon à pouvoir enfoncer la cheville dans n'importe quel pied. Les pieds et les chevilles sont construits de façon à être bien serrés de manière à établir un circuit parfait qui est formé dès que les deux se touchent. Le pied est de préférence en bois dur traversé d’un trou. On forme des rainures a,a, diamétralement opposées dans lesquelles s’adaptent des bandes de contact C, et qui sont reliées avec les
- bouts des fils D, qui font partie d’un circuit ou d’une branche de circuit. La cheville se compose d’un cylindre isolé E aux côtés duquel les bandes de contact C sont attachées. Ces bandes sont pliées au dessus du bout du cylindre et ensuite reliées aux conducteurs qui traversent un petit trou au centre de la cheville.
- Il est inutile de donner d’autres détails, mais je puis cependant ajouter que même des personnes inexpérimentées n’auraient aucune difficulté à établir des communications et que les contacts aussi bien que les surfaces conductrices sont absolument cachés et protégés.
- Une nouvelle méthode d’appliquer une lampe électrique à incandescence à l’art dentaire a été essayée avec beaucoup de succès. Les lampes sont renfermées dans des boules en verre de la forme ordinaire d'un pouce de long et de moins d’un demi pouce de large. Pour protéger la bouche du malade de la chaleur de la lampe, le globe est renfermé dans du caoutchouc durci avec une ouverture en verre d’un côté. Tout l’appareil sans compter le manche est de la grandeur d’une cuiller à thé et facile à garder dans la bouche.
- Quand la lampe est placée dans la bouche avec les lèvres fermées au-dessus du manche, on voit toute la formation de la figure du malade montrant la forme et la position de chaque dent et de chaque os à travers la peau ; l'interieur même des fosses nasales est distinctement visible. Quand on tient la lampe derrière les dents avec la bouche ouverte on voit parfaitement l’entière formation des dents. On peut facilement examiner une dent remplie et le progrès de la carie d’une dent est parfaitement visible quand il ne se voit pas à l’extéticur.
- L’appareil semble promettre une méthode utile de diagnostic pour les dentistes et les chirurgiens. Elle leur fournira des données sur l’état des parties intérieures des os et des dents, qu’il était impossible d’obtenir d’une autre manière.
- F.-B. Brock.
- New-York, 27 juin 1881.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Expériences sur les paratonnerres par le docteur A. Topler
- L'Elektrotechnische Zeitschrift de juin 1884 contient le compte rendu d’une série d’observations très intéressantes auxquelles s’est livré M. A. Topler dans le but de déterminer les meilleures conditions d’établissement des paratonnerres, ainsi
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- M»
- que les actions qui prennent naissance aux environs i de ces mêmes paratonnerres, lorsqu’on les soumet à la décharge brusque d’une grande quantité d’élec-! tricité statique. Ce sont ces observations que nous nous proposons de résumer ici.
- Le Dr A. Topler a cherché à se placer dans des conditions qui fussent aussi voisines que possible de celles qui entourent les décharges atmosphériques.
- A cet effet un câble en cuivre D (fig. 2), d’une soixantaine de mètres de longueur, partait des murs de l’école polytechnique de Dresde, où furent faites les expériences dont nous nous occupons, pour se rendre à un puits situé à i5 mètres de l’école. L’eau du sol montait à 5m6o dans ce puits
- FIG. 1
- (fig. 1) en sorte qu’il était possible d’y faire plonger des plaques de contact excessivement grandes.
- Le conducteur D se trouvait soutenu le long du mur par i3 supports en fer sans isolation. A l’intérieur du bâtiment H (fig. 2) était disposée une batterie B, dont l’armature externe allait se relier, au moyen d’un conducteur en cuivre très gros, à un tuyau W de 12 centimètres de diamètre faisant partie de la canalisation d’eau de la ville.
- L’armature interne de B communiquait à travers un dispositif de décharge X avec le câble D.
- A l’un des côtés de la plaque a, laquelle était soudée au conducteur D, venait s’attacher un fil A isolé avec de la gutta-percha; ce fil allait se terminer à l’une des boules d'un micromètre à étincelles Z; l’autre boule de ce même micromètre se
- trouvait reliée à un point'quelconque de la canalisation W assez éloigné du point W lui-même. Les boules du micromètre Z présentaient un diamètre de i3 millimètres. Les étincelles qui se produisaient entre les boules du micromètre Z, que nous désignerons dans la suite par étincelles dérivées, pour les distinguer des étincelles provoquées en X par la décharge de la batterie B, correspondaient aux différences de potentiel entre le conducteur A et la conduite d’eau.
- On se rend bien compte de l’analogie qui existe entre la disposition que nous venons de décrire et ce qui se passe, en réalité, dans les décharges atmosphériques lorsqu’on compare entre elles les deux figures schématiques 2 et 3. L’armature interne de la batterie serait formée par les nuages G; l’armature externe par les environs du bâtiment parcourus, à une assez grande distance, par les canaux de la conduite d’eau. Il y a évidemment une différence au point de vue de la dérivation
- du courant à travers le sol. Mais cette différence peut être négligée si la canalisation, en dehors du bâtiment, possède une très grande capacité et un pouvoir conducteur très élevé par rapport aux autres parties métalliques du système des conducteurs.
- La batterie se compose de 74 bouteilles d’une épaisseur de verre variant entre 2 et 2,5 millimètres: il suffisait de 25 secondes pour charger très fortement la batterie avec la machine à influence du Dr A. Topler. Les décharges ainsi obtenues se trouvaient être excessivement énergiques; elles amenaient à l’incandescence des fils de platine d’un demi millimètre de diamètre ; la durée des décharges, lorsqu’on intercalait une colonne d’eau dans le circuit, pouvait être prolongée jusqu’à deux secondes. Il est à remarquer qu’en remplaçant la batterie par une bobine d’induction très puissante on ne constata jamais d’étincelles dérivées.
- Voici les principaux résultats des expériences qui furent effectuées dans ces conditions :
- Pour toutes les expériences, l’étincelle principale en X avait la même longueur de 10 millimètres; le
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- diamètre des boules était de i3 millimètres. Nous désignerons par W la résistance de propagation exprimée en unités Siemens, c’est-à-dire la résistance du sol, entre la plaque de terre et la conduiu d’eau, mesurée au moyen du téléphone et par Z la longueur en millimètres de l’étincelle dérivée. On fit usage successivement de différentes plaques et l’on observa :
- I. — Pour une plaque de 4 m. de longueur sur o,5 de largeur entier..ment plongée dans l’eau W = 2,3 U. S. avec Z = o,5mm. Etincelle large et brillante, corrodant fortement les électrodes.
- II. — Pour une plaque de 2 m. de longueur sur o,5 de largeur reposant sur le fond du puits W = 3,o et Z = o,65. En se plaçant sur le sable sec en m (fig. 1) et en saisissant le conducteur D on éprouvait des secousses très sensibles. Il est à présumer que l’on eût ressenti les menus secousses dans le
- Fil». S
- cas précédent si on avait .songé à faire l’expérience.
- III.— La plaque a fut complètement supprimée : on fit plonger le conduceur D directement dans l’eau à une profondeur d’un mètre (fig 4), ce qui donna' une résistance de propagation tiès grande. W fut trouvé égal à 26,1 et Z à 3,i. Au contact de D les secousses étaient presque intolérables; on sentait ces secousses dans le bout des doigts même en se plaçant sur un tabouret isolé A chaque décharge on entendait une sorte de craquement dans le puits; ce même craquement se faisait entendre lorsqu’on la:s>au leposer par t rre le conducteur dérive sur une p; rtie de sa 1 >ngueur. Dans l’obscurité, cette portion du conducteur ainsi que le puits étaient le siège de phénomènes lumineux.
- En faisant varier le point d’attache du fil A surla tige D ainsi que sur le point d’attache du fil reliant la deuxième boule du micromèue Z à la conduite d’eau, on constatait toujours de fortes étincelles
- dérivées dont la longueur était comprise entrer et 4 millimètres.
- Toutes choses égales d’ailleurs, il semble que la longueur de l'étincelle derivee soit proportionnelle à celle de l’ctincelle principale en X. LYcartement dans le puits entre A et D est son importance appréciable.
- IV. — Une lige de fer de iomm de diamètre fut enfoncée à une profondeur de 1,4“ dans le terrain humide, situé à proximité du puits qui avait servi aux expériences précédentes; cette tige fut reliée d’une part au câble D et de l’autre au fil A. (fig. 5) On trouve W = 3o avec Z = 3,3. Tout autour Je la tige en mettant Es mains à la terre on ressentait de fortes secousses. Le dispositif représenté dans la figure a b = 20 c. m. et ac = 100 c. m., donnait entre les boules de petites étincelles.
- Flu. 4 ET 5
- V. — On substitua à la tige verticale de la figure 5, une confuite souterraine formée de deux fils de cuivre de 25 m. de longueur chacun placés à angle droit, l’un sur l’autre et courant parallèlement au Sol à une profondeur de 10 c. m. Le diamètre de ces fils était de 3“m. Le sol se trouvait détrempé par un temps de dégel.
- Le câble D venait se souder au sommet de l’angle formé par les deux fils.
- Dans cette expérience on trouve W = 4,8 et Z = o.85 ou Z = 0.5 suivant que le fil A s’attachait à l’origine de la dérivation ou à l’extrimité d’une des branches; Z était donc en moyenne égal à 0,7. Les secousses ressenties ressemblaient a celles de l’expérience II.
- VI. — Les tensions relativement élevées qui avaient été observées dans les expériences I et H, déterminèrent M. R. Topler à étendre ses obser-
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- vations au système de paratonnerres installé à l’école polytechnique de Dresde.
- L’école occupe une superficie de 6,000 mètres carrés environ, avec deux cours intérieures.
- Le système de paratonnerre se compose de 12 tiges verticales en cuivre; parmi ces tiges 8 plus anciennes s’enfoncent peu dans le sol; mais quatre sont munies de plaques de tm2 de surface plongeant dans l’eau souterraine. Ce système ne communique pas avec la canalisation de l'eau et du gaz. W est égal à 0,6 environ. — M. A. Topler dispose comme précédemment sa batterie en faisant arriver la décharge en un point pris assez près du sol sur une des tiges verticales qui garnissent l'une des deux cuves. En se plaçant en des points du système assez éloignés de cette dernière tige, dans la deuxième cave, par exemple, on pouvait sur des dérivations reliées à la conduite d'eau du bâti ment observer des étincelles. Ces étincelles étaient naturellement très petites, dépassant tarement un trentième de millimètre et nécessitaient l'emploi de pointes de cuivre; cependant elles étaient assez énergiques pour fondre ces pointas. En plaçant le corps en dérivation entre un: des tiges et un tuyau d'eau, on éprouvait des secousses très sensibles. Ces faits sont réellement surprenants quand on pense à la capacité colossale du système de para tonnerres, lequel est relié à toutes les masses métalliques qui font partie du bâtiment.
- Quelle conclusion faut-il tirer de toutes ces expériences? Elles confirment d’abord ce fait que les communient ons à la t.rre doivent être aussi bonnes que pos-ible. Mais lor.-que l’on voit qu’avec un ensemble de plaques éauivalant à une plaque unique de i6“2 (observation VI). ou une résistance de la terre égale à 25 et à 3o U. S. (observations III et IV) les étincelles dues aux décharges latérales sont aux étincelles de la batterie dans le rapport de 1 à 3, n’est-on pas en droit de supposer qu’il n’est pas possible de. donner à ces plaques des dimensions pratiques telles que l’on soit à l'abri d’une décharge latérale dans le cas de la foudre? Sut tout si l'on admet, ce qui est très vraisemb'a-ble, que les déchargés atmosphériques sont plusieurs centaines de fois plus énergiques que celles de la batterie employée dans les expériences pié-cédentes.
- En réalité on se trouve dans des conditions moins désavantageuses, conditions qui tiennent à la nature des décharges atmosphériques. La déchargé atmosphérique se compose sinon toujours, du moins dans la majeure partie des cas, d une série de décharges parodies; c’est donc une décharge ralentie qui ne saurait être comparée à la déchargé brusque d’une batterie. Il résulte des observations très remarquables de O. N. Rood que la plupart de ces décharges ont une durée très appréciable qui peut aller jusqu’à une seconde. On serait donc
- plus près de la vérité, toutes proportions gardées d’ailleurs, en étudiant les tens'ons qui se produisent sous l'influence de la décharge ralentie de la batterie d’expérience. Car ce que M. A. Topler a fait en intercalant dans le circuit entre le câble et l'appareil à décharge un tube de 410““ de longueur et de i5mm de diamètre renfermant une solution très concentrée de sulfate de cuivre; le reste du dispositif demeurait anaiogue à celui de l’expérience IV. Les étincelles dérivées n’avaient plus que 0,3“"“ de longueur, c’est-à-dire qu’elles devenaient dix fois plus petites que dans le cas de la décharge brusque. En substituant de l’eau distillée au sulfate de cuivre, les étincelles dérivées disparaissent complètement.
- Bien qu’au point de vue des tensions observées on soit de beaucoup au-dessous de la réalité, les expériences que nous venons de résumer mettent bien en évidence certains faits. En premier lieu, quelques précautions que l’on prenne, il est hors de dou e que les environs immédiats de la tige du paratonnerre sont dangereux là cause des décharges lattraLs qui feuvent se produire sous forme d’.iineelles. En second Heu, il est indispensable de relier entre eu\ et au sysième de paratonnerres non seulement les différentes masses métalliques, mais aussi les canalisations d’eau et de gaz. Dans ces conditions il est à présumer que les mouvements électriques se produiront, en grande partie du moins, à I’inteneur du sysième de conducteurs ainsi formé.
- M. A. Topler estime que les différences de potentiel entre la conduite d’eau et le paratonnerre étaient à peu de chose près :
- Dans les expériences. . . I II et V de 2000 à 3ooo volts — — III et IV de 14000 à i5ooo —
- Ces dernières tensions sont de beaucoup supérieures à ce qu’on a réalisé jusqu’à ce jour avec les machines dynamo-électriq'ues les plus puissantes.
- En plaçant un galvanomètre à spires parfaitement isolées d’abord entre X et D puis immédiatement apiès dans le circuit dérivé A à côte de Z, la déchargé de la batterie éia.it également ralentie dans les deux cas au moyen d’une solution de sulfate de cuivre, les déviations de l'instrument indiquaient le rapport de la quantité totale d'électricité m se en mouvement à celle qui pass ât dans la dérivation A. Cet.e expérience fut faite avec le dispositif IV. On constata que la plus grande paitie de l’électricite passe dans le circuu dérivé A ; ce résultat était d’ailleurs facile à prévoir étant donné le pouvoir conducteur élève de cette dérivation comparée au circuit principal par la tige de fer et la terre. On ne consiata pas de différence appréciable, que les boules du microniètre Z se touchassent ou
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- fussent aussi éloignées que possible : il n’y a donc pas lieu d’admettre que l’étincelle ait une résistance très sensible dans le cas de la décharge ralentie. Il semble d’ailleurs que le courant dérivé est plus énergique lorsque la décharge est ralentie que lorsqu’elle ne l’est pas. Ces résultats sont d’accord avec les chiffres trouvés par MM. Freyberg et A. Wiiting.
- Ces dernières observations montrent que, même en fermant complètement le circuit dérivé A, on doit encore ressentir des secousses (voir IV) aux environs du paratonnerre D dans le cas d’une décharge brusque; c’est ce que l’expérience confirme. Il aurait fallu pour éviter d’une façon absolue les effets physiologiques que la résistance de la dérivation A fût encore plus faible.
- M. A. Topler termine cette étude, sur laquelle nous nous sommes assez longuement étendus, à cause de l'intéi êt qu’elle nous a paru présenter, en insistant tout particulièrement sur la nécessité de relier les paratonnerres aux canalisations d’eau et de gaz, même dans le cas où il serait prouvé que les tensions qui prennent naissance sous l’influence d’une décharge atmosphérique ne dépassent pas celles qui ont été observées au cours des expériences III et IV.
- A propos des piles étalons pour les mesures élec-
- tromètriques. — Communication de M. W. von
- Beetz (’).
- Lorsqu’on veut évaluer en mesure absolue une différence de potentiel, il faut avoir une pile étalon dont la force électromoirice soit nettement définie, pile qui demeurera montée une fois pour toutes ou qu’on pourra sans trop de difficultés monter toujçmrs de la même façon. Il résulte des recherches de Kitder (2) que les éléments Daniell pouivus d’une diaphragme ne satisfont aucunement à ces conditions, attendu que la force électromotrice de ces éléments se modifie sans cesse. Si l’on considère au contraire un élément constitué en prenant du cuivre pur et du zinc chimiquement pur,, de l’acide sulfurique étendu et une solution de sulfate de cuivre à un degré de concentration déterminé et muni d’un siphon, lequel renferme la même solution d’acide sulfurique et se termine par de petites ouvertures, on trouve que cet élément présente toujours la même force électromotrice et, comme il est facile à monter, il est propre à servir de pile étalon. En employant une solution concentrée de sulfate de cuivre et de l’acide sulfurique étendu dont le poids spécifique était égal à 1,075, sKiitler a reconnu que la force électromotrice de
- f1) Traduit des Comptes-rendus des séances de l’Académie royale bavaroise des sciences. Section de physique mathématique. 1884, tome IL (2) Annales de Wiedemann, 17, p. 865.
- l’élément ainsi formé se trouvait égale à i,iq5 volts; cette force électromotrice tombait à 1,089 volts dès qu’on remplaçait la solution étendue d’acide sulfurique par une solution concentrée de sulfate de zinc.
- Parmi les éléments Daniell dont on a fait usage jusqu’à ce jour lorsqu’il s’est agi de mesurer des différences de potentiel, l’élément de Raoult (') est celui qui répond le mieux aux conditions que nous avons énoncées plus haut; la pile de Lodge (2), qui renferme une solution étendue de sulfate de zinc, est moins satisfaisante à ce même point de vue; enfin les combinaisons dans lesquelles on rencontre un diaphragme, comme dans l’elément proposé par Buff (3) par exemple, sont encore moins propres à constituer une pile étalon. Mais dans les meilleurs de Ces éléments, la constance de la force électromotrice, constance que l’on recherche pour les mesures électrométriques, se perd avec le temps, attendu qu’il se produit toujours petit à petit une diffusion des liquides. J’eus moi-même occasion, il y a quelque temps, de me servir, au cours d'une série de mesures que j’effectuai par la méthode des compensations de piles étalons montées d’une manière analogue à la précédente (4); pour des mesures électrométriques, ces piles ne furent pas suffisantes et je dus me contenter de monter chaque fois à nouveau mes piles étalons. On peut, pendant le temps que l’on passe à observer l’électromètre d’une façon ininterrompue, se fier à la constance des éléments.
- Il n’en est pas moins vrai que le montage et le démontage frequents des piles est un travail dont on se passerait volontiers. Aussi est-ce avec joie que l’on accueillit la pile zinc et mercure de MM. Latimer et Clark (“), pile qui ne devait jamais être démontée. En mesurant la force électromotrice de cet élément, on la trouve toujours sensiblement égale à 1,4.57 volts, quelle que soit la façon dont la pile est constituée; mais cette pile possède deux propriétés qui sont loin d’être avantageuses.
- La première est une grande variation de la force électromotrice avec la température; il est évident que c’est là un élément dont il est facile de tenir compte dans le calcul, niais il n’en est pas moins vrai qu’on n'a pas besoin de s’en occuper du tout avec la pile Daniell (6). La deuxième propriété est une diminution très forte dans la force électromotrice toutes les fois que la pile a été fermée sur elle-même, cette fermeture n’eût-elle duré qu’un
- (9 Ann. de Chimie et de Physique (p 2, p. 3^5, 1864. (4) Phil. Mag. (5) 5, p. 1 1K78.
- (3) Annales de Chimie cl Pharmacie, 85, p. 4, i853. (') Annales de Wiedemann, 5, p. 5, 1878.
- (9 Procèad. of lhe Roy. Soc. 0/ London. 20, p. suppl. 2, p. 565, 1878.
- (®) Kittler, 1 c., p. 5oi.
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- aps de temps excessivement faible. Or c’est là un cas qui peut très facilement se présenter. Un faux mouvement lorsqu’on porte la main aux appareils accessoires dans les mesures, à la clé de manœuvre, par exemple, que j’ai eu l’occasion de décrire ('), suffit à mettre la pile hors d’usage pour un ou plusieurs jours. Je trouvai que la déperdition de force électromotrice dans un élément La-timer Clark, qui n’était resté fermé sur lui-même que trente secondes, atteignait la valeur de 2 %! dans les mêmes conditions, un élément Daniell ne se serait modifié que très peu.
- Mais il est possible de débarrasser l’clément Latimer Clark de cette propriété désavantageuse si l’on a soin de lut donner une résistance assez grande pour que l’intensité du courant devienne excessivement faible.
- Je pris pour y arriver un tube à deux branches, ayant 1 c. m. de diamètre et une longueur de
- branches de 75 c. m., et le remplis avec la pâte formée par du sulfate de mercure et une solution de sulfate de zinc dans les proportions prescrites; mais je soumis cette pâte à une cuisson tellement énergique, qu’elle devint, après refroidissement, dure comme de la pierre. La cuisson de la pâte fut poussée jusqu’à ses dernières limites dans le tube au moyen d'une trompe à eau. On plaça alors à l’une des extrémités supérieures du tube le pôle zinc, et à l’autre le pôle mercure, et les ouvertures furent fermées avec de la paraffine. L’élément est très commode à disposer sur une table d’expériences; on fait passer les deux pôles à travers deux trous pratiqués dans la table; le corps de la pile demeure protégé sous la table.
- En mesurant la résistance intérieure de la pile, on la trouva égale à i5 700 ohms (-).
- D’autre part la force élecromotrice de l’élément fut trouvée un peu inférieure à celle que donnent MM. Latimer et Clark. Si l’on prend comme base la force d’un étalon Daniell (avec acide sulfurique étendu), égale à 1,195 volts, la force de mon élément mercure se trouve égale à 1,442 au lieu de 1,457 volts.
- f1) Annales de Wiedemann, io, p. 371, 1880.
- (2) Les mesures de résistance furent faites par mon premier assistant, M. le Dr Pfeiffer, avec l’emploi de courants alternatifs.
- Lorsqu’on fermait cet élément de pile sur lui-même, les forces électromotrices mesurées pour diverses durées de fermeture étaient les suivantes :
- 5 minutes. 1 heure . , 4 heures
- 6 — .
- 48 -
- = 1,440 volts = 1,439 — — 1.-139 — = 1.437 — ~ 1 43| —
- En fait, la pile résistait longtemps à l’influence de la polarisation. Cette influence ne pouvait d’ailleurs être que très faible, car le courant qui traversait la pile n’avait qu’une intensité de 0,000091 ampère.
- Ce n’est qu’au bout de 48 heures de fermeture que la force électromotrice perdait 2 0/0 de sa valeur, quantité très petite relatix entent à la diminution de force électromotrice que présentent les éléments Latimer-Clark ordinaires. Il est évidemment facile d’empêcher la pile de rester fermée sur elle-même aussi longtemps; mais une fois que l’affaiblissement de la pile s’est produit, cette dernière se régénère très lentement. Au bout de vingt-quatre heures, je trouvai sa force électromotrice égale à 1,480 volts.
- L’idée de remplacer le liquide conducteur de la pile par un corps solide peut être réalisée également pour l’élement Daniell. Je mélangeai de l’alabastrite très fine, une première fois avec une solution de sulfate de cuivre concentré, une deuxieme fois avec du sulfate de zinc également concentré jusqu’à obtenir une pâte dont la con-istance fût celle du plâtre au moment où on le coule. Un tube recourbé en forme d’U de 4 millimètres de diamètre et d’une longueur de branches égalé à 22 centimètres, fut d’abord à moitié rempli avec l’une des pâtes; cette pâte une fois solidifiée, on remplissait la deuxième moitié du tube, dè telle sorte que les deux mélangés fussent en contact immédiat l’un avec l’autre.
- Avant la solidification, on eut soin de placer un fil de cuivre dans la pâte de cuivre et un fil de zinc dans la pâte de zinc. A la partie supérieure de chaque branche, on enleva un peu de pâte et l’on acheva de remplir les tubes avec de la paraffine.
- Plusieurs modèles de piles Daniell sèches, ains constituées furent comparés avec un élément Daniell formé par des solutions concentrées de sulfate de cuivre et de sulfate de zinc, afin qu’on pût se rendre compte de l’influence des variations de température et de la fermeture de l’élément en court circuit.
- Si l’on pose égale à 1 la force électromotrice de la pile constituée par les solutions precedentes, on trouve pour les trois éléments secs (T, II, III),
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- et aux différents jours suivants : d’expériences les résultats
- I II III
- 0,996 0,993 1,000
- 0.998 0,9^6 0.996
- 1,000 0,999, 0,993
- " 0.998 0.998
- En moyenne; 0,998 0.996 0.997
- Pendant toutes ces expériences, la température avait varié de fort peu de degres; les faibles oitfé rences que 1 on remarque dans les forces électro-motrices des piles sèches do vent être en partie attribuées aux petites variations de l’étalon liquide qu’on montait à nouveau chaque fois. En moyenne, l’elemeut sec est un peu plus faible que l’élement constitué par des liquides; il ne contient pas de zinc amalgamé, ces fils amalgamés étant très cassants.
- Une deuxième série d'expériences fut faite pour déterminer l’influence de la température. — Les éléments II et III lurent comparés, tantôt à la température de l'air ambiant, tantôt à celle d'un bain chaud dans lequel on les plongeait, avec la p le à liquides précédemment définie, qui demeura constamment ou à p„u de chose près à la température de 20°. Eu égard à la mauvaise conductibilité calorifique des éléments secs, on eut soin de laisser ces éléments séjou ner trois quans d heure dans l’un quelconque des bains avant de commencer l’expé.ienee. Pose t-on de nouveau comme égalé à 1 la force electromo,rice de la pile à liquides, on trouve pour les piles sèches :
- il
- Pour o°. .......... 0.996
- — 20°.......... o 993
- — 39°. ...... 0,983
- III
- Pour i»............. 1.007
- — 21°.............. 1,000
- — 32°.............. 0.995
- — 55°............. 0.981
- La diminution de force électromotrice que présente chacun des deux éléments pour les basses tempé atures entre o° et 20°, ou entre i° et 210,, est donc de 0,015 % pour un degré d élévation de la température. Mais ce coelficicnt de température augm-nte avec l’accroissement de la température. Les valeurs de ce coefficient deviennent : pour l’élément II, entre 20° et 39° o,o53 ; pour l'elément III, entre 210 et 32° o,oq5, et même 0,061 entre 32° et 55°. Pour l’élément La timer Clark, Helmholiz et Kittler (') s'accordent à attribuer la valeur de 0,08 a ce même coefficient. Eu egard aux faibles ecaits de température qui se ^manifestent en général au cours des mesures élec-trometriques, l’influence de la température sur la fo ce éleciromotrice des piles Daniell sèches est tout à lait négligeable.
- Les expé'iences suivantes effectuées avec les éléments 1, Il et fil permettent de juger de l’importance de la fermeture en court circuit. Chaque élément fut fermé sur lui-même pendant un temps que l’on notait, après quoi on l’ouvrait et l’on mesurait la différence de potentiel. Il est évident que l’on n’obtient pas par ce procédé la valeur limite inferieure à laquelle s’est abaissée la différence de potentiel, car celle ci croît pendant les quelques secondes que comporte la mesure; en obtient néanmoins la valeur dont il s’agit justement dans les mesures.
- Une fermeture d une demi minute de durée n’in-fluem;ait presque aucunement les éléments I et III; ferme pendant le même temps, l’élement II descende t,ooo à 0,997, mais il revenait rapidement à sa première valeur. Des fermetures plus longues donnèrent les résultats suivants :
- I
- 0.998
- Après 10 minutes. . . o 991
- — 35 — . . . o 988
- — 14 1/2 heures . 0,975
- 0,996
- Après i5 heures ... o 986 Ouvert 5 minutes . . 0,994
- II
- 1,000
- Après 1 heure...... 0,994
- — i5 heures. . . . 0,988
- L’élément ouvert avait dans tous les cas, au bout d’un quart d’heure, récupéié son ancienne force électromotrice.
- Les piles Daniell sèches ont donc cela de commun avec les étalons Latimer-Clark, qu’tlles se montent une fois pour toutes; mais elles pr sentent sur ces d nners éléments l’avantage d’être presque absolument indépendantes des variations de température et quant aux fermeiures accidentelles, ces fermetures pioduisent, même pour des piles de petites dimensions un aflaiblissement insignifiant (t 0/0 environ), aflaiblissement qui ne tarde pas à disparaître. Si l'on pose comme égale à 1,059 volts la force éleciromotrice d’un étalon Daniell composé comme il suit : zinc, cuivre, solution concentrée de sulfate de cuivre et de sulfate de zinc, on peut dire que la force électromotrice d’une pile Daniell sèche est de i,o56 vohs. Mais il faut se garder d'oublier que la valeur de 1,069 est basée sur l’hypothèse que la force eleciromoirice d’un étalon Latimer-Clark est égale à 1,457 volts, donnée qui n’a rien d’absolument certain.
- La résistance de l’élément II fut trouvée égale à 14600 ohms, celle de l’élément III égale à i35oo ohms. L’intensité du courant dans un élément feimé est donc de 0.000072 ampères pour l'élément II et de 0,000078 ampères pour l’élement III ;
- Après 20 heures. . . . 0,988 0,9q3
- Après i5 t/2 heures. . 0,987
- — 24 — . . 0.986
- — 39 — . . 0,987
- Ouvert 5 minutes . . 0,994
- III
- 1.000
- Après i5 minutes. . . 0,996
- — 5o — . . . 0.994
- — 17 heures . . . 0,989 Ouvert 5 minutes. . . 0,992
- (•) Kittler, Comptes rendus des séances a. a. o, p. 5oi.
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- ces entrants sont capables de précipiter le premier 0,08 et le second 0,09 m.gr. de cuivre en une heure.
- La pile sèche de Daniell peut être d’une application avantageuse pour la charge des électro-mètres à quadrants. On a renoncé à se seivir pour cet usage de la pile de Zamboni ; pendant un certain temps, elle fonctionne admirablement bi n: puis tout à coup, surtout à la suite de variations brusques de températu e, on voit la différence de potentiel polaire se modifier; il esta présumer que l’humidité vient se déposer sur la paroi interne du tube de verre qui contient la pile et produit la formation de circuits dérivés. Dans les piles d’eau on n’a pas à craindre ees variations brusques analogues aux précédentes, mais la différence de potentiel des pôles décroît d’une façon continue, bien que très lentement. Il ne peut en résulter d’erreur dans les mesures, mais les déviations de l’eleciromètre deviennent de plus en plus petites et il est nécessaire, de temps en temps, de démonter les piles pour nettoyer les dépôts d’oxyde et de carbonate sans compter qu’il faut sans cesse renouveler l’eau qui s’évapore. Je trouvai 0,992 volts comme force electrotnotrice d’une pile zinc-cuivre fraîche, remplie avec de l’eau de puits; après que la pile fut restée douze heures ouverte, la force électromotrice était descendue à 0.981 volts. Parmi les éléments qui constituent ma batterie de piles à eau et qui fonctionnent depuis plus d'une année, trois ont été expérimentés. J’obtins les différences de potentiel qui suivent.
- o,83B volts
- 0,678 —
- 0.724 “
- En moyenne : 0,7 (3 —
- Les piles Daniell sèches pourraient facilement former une batterie qu’on n’aura.t pas besoin de remplir et sur laquelle la température et l’humidite resteraient sans influence.
- Comme la résistance des éléments est dans ce cas indifférente, on peut faire ces éléments très petits. J’ai pris des tubes de verre de 8 cent.m.tres de longueur et de 5 mdlimètres de diamètre dont j’ai rempli la première moitié de la pâte plâtre et sulfate de cuivre et la deuxième moitié de la paie plâtre et sulfa.e de zinc en ayant soin de placer chaque fois dans le mélangé correspondant un hl de cuivre ou de zinc; puis les fils zinc et cuivre ont été soudés les uns aux autres comme le montre la figure ci jointe. Les extrémités des tubes sont formées avec de la paraffine. Douze de ces éléments forment une langee ; duuze rangées sont disposées l’une derrière l’autie, chaque rangée se trouvant reliée à celle qui la précédé au moyen d’une borne isolée, en sorte que chaque série de 12 éléments
- est comprise entre deux bornes. On peut donc appliquer a la charge de l’électroinètre un n >mb e quelconque de rangies de douze éléments. La batterie entière de 144 éléments, donne une différence de po.entiel polaire de 152 volts; la même différence de potentiel nécessiterait l’emploi de i56pilesà eaa fraîche ou de 200 piles afuiblies. Toute cette batterie sèche occupe une superficie en carré de 16 centimètres de côté.
- Sur deux disj oncteurs automatiques des courants, par F. Himstedt p).
- Le problème à résoudre est le suivant : interrompre un courant inducteur n fois par seconde, et ne recueillir que les courants induits de même espèce, les cornants induits directs ou bien les inverses. A cet effet, il faut que le circuit induit soit ouveit pendant chaque fermeture du circuit inducteur, ou bien seulement pendant chaque ouverture de ce circuit.
- La première solution de ce problème consiste à employer deux diapasons interrupteurs, l’un A intenompant le circuit inducteur, l'autre B, le circuit induit. Ces diapasons sont entretenus électriquement par un même courant auxiliaire. S’ils ont exactement le même nombre de vibrations, ils exécuteront les mêmes mouvements; si au contraire on a soin de dérégler l'un d’eux de façon que livré à lui-même, il n’an pas exactement la même période de vibration que l’autre, les deux diapasons peuvent encore être entretenus par le même courant, et ils continuent à exécuter tous les deux n oscillations par seconde; seulement dans ce cas, le plus aigu des deux diapasons est un peu en avance sur l’autre, d une traction de vibration qui demeure constante ; cette diffeience de phase p.ut atteindre une demi vibration. Quant au courant auxiliaire qui entretient le mouvement des deux diapasons, on peut charger le diapason A de l'interrompre périodiquement. Afin de fane varier la différence de phase dont nous parlions, on charge le diapason B d'une masse mobile formant curseur. Tant que la différence entre les nombres de vibrations propres des deux diapasons ne depabse pas 4, l’un d eux peut entretenir l’autre tout en s’entretenant lui-même.
- L'autre disjoncteur employé avec succès par M. Himstedt est constitué par une roue phonique de Paul La Cour, entretenue par un diapason, lequel s'entretient lui-meme en même temps qu'il entretient la roue phonique. L'axe de la roue phonique porte deux bras en cuivre isoles, lesquels touchent en passant la surface de petites masses de mercure contenues dans des rtgoLs en bois. Les deux circuits se trouvent ainsi fermes et ouverts
- (i) Annales de Wiedemann, n° 6, 1884.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en temps opportun, et l’appareil fonctionne avec la même régularité que le diapason.
- Le disjoncteur à diapason est plus simple que celui qui est fondé sur la roue phonique; mais il a le défaut d’être très sensible aux vibrations du sol. L’auteur obtient des contacts vibrants très sûrs en employant des aiguilles à coudre cuivrées, puis amalgamées, et des godets de mercure.
- Sur une méthode pour la détermination de l’ohm, par F. Himstedt.
- C’est la méthode de Kirchkoff modifiée. Le courant d’une pile constante parcourt un circuit inducteur qui est interrompu n fois par seconde.
- Un circuit induit placé au voisinage du courant de pile devient dès lors, le siège de courants induits que l’on dirige dans un galvanomètre des tangentes, en ayant soin de ne laisser passer que les courants de même sens ; le galvanomètre dévie alors d’un angle constant. Ensuite on ferme le courant inducteur d'une manière continue, c’est-à-dire sans l’interrompre, et on le fait passer dans le même galvanomètre des tangentes; on obtient ainsi l’intensité du courant inducteur mesurée par une nouvelle déviation a2.
- Il faut avoir soin dans cette seconde expérience que la résistance du circuit de la pile soit la même que précédemment. Dès lors, on peut trouver facilement la résistance du circuit induit, qui est l’inconnue, en fonction du rapport qui est donné
- par l’expérience.
- M. Himstedi se propose d’employer comme bobine inductrice un solénoïde très long, ce qui simplifie singulièrement le calcul , Roiti avait déjà adopté le solénoïde, et son travail est antérieur à celui de M. Himstedt, qui d’ailleurs ne le connaissait pas. M. Himstedt propose en outre d’employer comme interrupteur l’un des disjoncteurs qu’il a inventés et qu’on a décrits plus haut.
- Ces disjoncteurs fonctionnaient sans doute mieux que celui de Roiti, car le physicien italien se plaint de son irrégularité. L’emploi d'un même galvanomètre pour mesurer le courant inducteur et le courant induit est très avantageux, parce que la constante de ce galvanomètre s’élimine, et qu'il est, dès lors, inutile de la déterminer.
- Par contre, la méthode prête à une objection : elle suppose que la pile soit constante, et que la force éiectromotrice de cette pile demeure la même soit que son circuit soit constamment fermé, soit qu’il soit interrompu n fois par circuit. Toute pile est polarisable, par conséquent, la condition indiquée ne peut être remplie exactement. Il reste à
- montrer qu’elle est remplie avec une approximation suffisante.
- Sur les propriétés des dissolutions salines, par C. Bender (*).
- Lorsque l’on mélange ensemble deux dissolutions de sels différents, les propriétés physiques du mélange densité, coefficient de dilatation, résistance électrique, etc., ne sont pas en général la moyenne des propriétés correspondantes des deux dissolutions prises séparément.
- Cependant, si l’on dispose convenablement de la concentration des dissolutions, on peut trouver des cas où la règle des moyennes s'applique.
- En d’autres termes, pour des degrés de concentration convenables, chaque dissolution peut être considérée comme conservant dans le mélange les mêmes propriétés physiques qu’elle possédait avant le mélange.
- M. Bender donne à ces dissolutions le nom de correspondantes. Il a recherché quelles étaient les concentrations qui fournissent des dissolutions correspondantes, au point de vue de la densité, au point de vue des coefficients de dilatation et enfin au point de vue de la résistance.
- M. Bender a mesuré les résistances spécifiques de dissolutions titrées des chlorures de sodium, de potassium, d’ammonium et de baryum, d’abord séparés, puis mélangés. Il a employé à cet effet la méthode de F. Kohlrausch.
- On se rappelle que cette méthode consiste à mettre un voltamètre à liquide dans l’une des branches d’un pont de Wheatstone, à employer, au lieu de pile, des courants induits alternatifs destinés à éliminer l’influence de la polarisation, et à mettre un téléphone dans le pont à la place du galvanomètre.
- M. Bender arrive à un résultat simple.
- Etant donné une dissolution de chlorure de sodium contenant une quantité quelconque de ce sel, les dissolutions correspondantes de chlorure depo-
- tassium ou d’ammonium contiennent — d’équivalent de leurs sels respectifs.
- Avec le chlorure de baryum il faut un demi-équivalent de ce sel. En un mot, les quantités de divers sels qui fournissent des solutions équivalentes sont entre elles comme leurs équivalents multipliés par des facteurs simples.
- Il en estde même si, au lieu de comparerles dissolutions au point de vue deleurs résistances électriques on lescompare au point de vue de leurs densités etde leur coefficient de dilatation.
- C’est-à-dire que, dans ce cas encore, les solutions correspondantes contiennent des quantités de sels
- (*) Annales de Wiedemann, n° 6, 188.4.
- (*) Annales de Wiedemann, n° 6, i88 |.
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- JOURNAL UNIVERSEL £>’ÉLECTRICITÉ
- M9
- proportionnelles à leurs équivalents respectivement multipliés par des facteurs simples. Malheureusement ces facteurs ne sont plus les mômes que dans le cas de la résistance électrique.
- Influence de l’humidité de l’air sur le courant
- produit par la machine de Holtz, par M. Krü-
- ger (*).
- Une machine de Holtz est placée dans une cage de verre où l’état hygrométrique de l’air peut varier à volonté. Le plateau mobile reçoit sa vitesse d’un mouvement d’horlogerie à poids, lequel d’autre part est muni d’un compteur de tours. Les peignes de la machine communiquent avec les pôles d’un galvanomètre de Meyerstein, dont la constante a été déterminée en valeur absolue par la méthode de l’amortissement (-).
- On a donc ainsi à la fois l’état hygrométrique de l’air, la vitesse de rotation et la quantité d’électricité fournie par la machine.
- M. Krüger tire de ses observations les conclusions suivantes :
- i° L’intensité i du courant fourni par la machine est donnée par la formule suivante
- = »o — « P2,
- t0 étant l’intensité qui a lieu si l’air est bien sec, p étant le degré hygrométrique et a étant un coefficient constant.
- 2° Ce coefficient a est d’autant plus petit que la vitesse est plus grande ; c’est-à-dire que plus la vitesse est grande, plus l’influence de l’humidité est faible.
- 3° Dans l’air sec, l’intensité in est proportionnelle à la vitesse de rotation. Chaque tour du, plateau fournit pour la machine étudiée par M. Krüger une quantité d’électricité égale à 458,33 X io5 unités électrostatiques (millimètre-milligramme-seconde).
- L’auteur ne se sert pas du système C.-G.-S. Il est vrai que son travail a été exécuté à Gœttingue, patrie du système millimètre-milligramme-seconde.
- Sur l’électricité des flammes, par MM. J. Elster et Geitel (:;)
- MM. Elster et Geitel reviennent sur un point du travail qu’ils ont exécuté antérieurement sur l'électricité de la flamme. Ils ont tenu à s’assurer, en réponse aune objection que M. J. Kollert avait paru leur faire, que l’électricité atmosphérique n’avait pu jouer aucun rôle perturbateur dans leurs
- C) Annales de Wiedemann n° 6, 1884. (-) Voir plus loin le travail de M. Darn. (^[Annales de Wiedmann n°5, 1884.
- précédentes expériences. *A cet effet, ils les ont reprises, en ayant soin de charger l’air de la chambre, tantôt positivement, tantôt négativement au moyen de points communiquant avec une machine Holtz. Cette électrisation n’a eu aucune influence sur les indications que leur a données leur électromètre.
- Les auteurs, à cette occasion, déclarent s’en tenir à leur ancienne théorie sur l’électricité des flammes. Ils ne croient pas qu’il soit nécessaire pour expliquer cette électricité d’assimiler la flamme à une pile hydro-électrique ou thermo-électrique. MM. Elster et Geitel pensent que l’électricité fournie par les flammes provient du frottement des gaz chauds contre les électrodes, et contre les particules solides que la flamme tient en suspension.
- Procédé pour l’extraction des métaux de leurs minerais par voie électrochimique.
- Le Journal de Dingler signale un nouveau procédé de M. Body, à Luttich, pour l’extraction des métaux de leurs minerais par voie électrochimique. Ce procédé repose sur la propriété qu’ont les per-sels de fer, seuls ou mélangés de chlorure de sodium, de se transformer en protosels au contact des oxydes ou des sulfures métalliques et sous l’influence du courant électrique. Dans cette action le métal se trouve dissous et précipité sur l’électrode.
- Le minerai en poudre fine est d’abord arrosé de la solution de sel ferrique, puis soumis à l’action du courant électrique, et les solutions épuisées peuvent être reconverties en sels ferriques et être employées de nouveau.
- Lorsqu’il s’agit de traiter certains minerais tels que ceux d’or ou d’argent, au lieu de placer ces minerais dans des cuves, on les introduit dans un tambour en fonte relié au pôle' négatif d’une machine dynamo et dans lequel peuvent rouler des boules en fer. L’axe isolé du tambour communique avec le pôle positif et porte une série de plaques de charbon qui plongent dans la solution de per-sels de fer baignant le minerai. Quand le métal est réduit, on introduit dans l’appareil du mercure qui s’en empare en s’amalgamant avec lui, et on traite ensuite l’amalgame par les procédés ordinaires.
- Ce procédé se rapproche d’ailleurs beaucoup de celui qui a été employé il y a plus de 40 ans par M. Becquerel père, pour le traitement des minerais d’argent. Il faisait agir en même temps une solution de sel marin et le courant électrique. Le chlorure d’argent dissous à la faveur du sel marin était réduit par le courant, et le procédé fonctionne encore parfaitement bien à l’heure qu’il est.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures faites dans les années 1880, 1882, 1883 et 1884 par le Dr H.-F. Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- Lorsqu’à l’origine de l’année 1876 j’entrepris de déterminer la valeur absolue de l’étalpn au mercure Siemens, il existait déjà sur cette grandeur quatre données.
- En 1862, M. W. Weber avait appliqué une de ses méthodes perfectionnées à la détermination de la valeur absolue de l’unité Siemens qu’il avait trouvée égale à
- I. U. S. = 1,0252 x 109
- sec.
- La première des trois méthodes expérimentales que je mis en jeu se trouvait être la deuxième des méthodes proposées par M. W. Weber pour la détermination absolue des résistances, méthode dans laquelle on observe le ralentissement électromagnétique des oscillations lentes d’un aimant placé à l’intérieur des spires d’un galvanomètre.
- Les dimensions du galvanomètre étaient choisies de façon à permettre de calculer la constante de ce même galvanomètre; la forme de l’appareil pouvait elle-même être modifiée.
- On amena tout d’abord les deux grandes bobines qui composaient le galvanomètre l’une contre l’autre, de telle sorte qu’il y eût contact entre les faces latérales, et l’on obtint les résultats suivants :
- 4 avril 1876..... 1. U. S. = o.955i X io® —-
- 5 — — = 0.95*12 X 10" -
- 6 — — ~ 0.7570 X io° —
- 7 -- — = 0.9565 X io° —
- S — — rz= 0.9545 X IO8 —
- IO — — = 0.9555 X iofl —
- Dans une seconde série d’expériences, les bobines furent éloignées l’une de l’autre; l’écart entre les bobines était tel que la distance des plans moyens de ces mêmes bobines se trouvait égale au rayon moyen de leurs spires. Ce dispositif donna lieu aux résultats qui suivent :
- 12 avril 1876...... 1. U. S
- 13 — —
- M- — —
- 15 — —•
- 16 — —
- 17 ~ ““
- . = 0.9531 X 109 —-
- sec.
- =: 0.9543 X “ = 0.9542 X i°° —
- = 0.9334 X 1 o9 —-= 0.9535 X ion — = 0.9528 X io° -
- La même méthode et les mêmes appareils servirent huit années plus tard à M. F. Kohlrausch, qui renouvela ces expériences, et fut conduit par quatre mesures différentes à adopter la valeur
- cm
- 1. U. S. = 0,9717 X 10® —
- Le comité de l’Association britannique constitué pour la détermination d’une unité de résistance pratique, et qui sc composait de MM. Clerk Maxwel, Balfour Stewart et Jenkiu, avait obtenu, dans le courant de l’année i863 et 1864, une résistance dont la valeur absolue devait rigoureusement être cm.
- égale à 109 Oa s’accorde à reconnaître que cette unité
- de l’Association britannique est à l’unité Siemens comme le nombre 1 est au nombre 0,9536. Les mesures des physiciens anglais attribuent donc à l’unité Siemens la valeur absolue de
- 0.9536 X io® — sec.
- En dernier lieu, M. Lorenz, de Copenhague, employa, au cours de l’année 1873, une méthode très simple en principe et qui lui est propre pour évaluer la grandeur de l’unité Siemens en mesure électromagnétique. Dans cette méthode, il était fait usage de courants induits d’intensité constante, et le résultat obtenu fut le suivant :
- 1. U. S. = 0.933 X 10® —
- Six mois plus tard, le même dispositif fut de nouveau employé, et l’on trouva :
- 15 septembre 1876.... 1
- 16 - -
- 17 —
- 18
- 19 — —
- 20 — —
- U. S. = o,q55i X 109— sec.
- — = o,955o X io9 — = 0,9548 X io" -
- — 0,9527 X io9 —
- — 0,9538 X io8 —
- — = 0,9544 X io9 -
- Dans la deuxième méthode expérimentale, les deux grandes bobines qui avaient précédemment fait fonction de galvanomètre, servirent d’appareil d’induction. Les bobines furent placées l’une sur l’autre, avec une parfaite coïncidence des axes, et l’une des bobines reçut un courant dont l’intensité était exactement mesurée. En rompant ou en renversant ce dernier courant, on provoquait dans la deuxième bobine, reliée à un galvanomètre de grande dimension un flux électrique d’induction dont on déterminait la quantité. Il suffisait alors d’évaluer en unités Siemens la résistance du circuit induit ou bien d’effectuet* une deuxième expérience, dans laquelle on ajoutait à la résistance du circuit induit un nombre conou d’unités Siemens, pour se trouver en possession de tous, les éléments nécessaires à la détermination de la valeur absolue de l’unité au mercure.
- Au cours des observations, on eut soin de faire varier le potentiel des spirales l’une sur l’autre, aussi bien que l’intensité du courant inducteur. Les résultats correspondants à quatre séries d’expériences sont les suivants :
- Frappé de la différence que présentent entre eux ces quatre résultats, je pensai qu’il y aurait un puissant intérêt à élucider la question au moyen de nouvelles recherches. Pour arriver à un résultat aussi exact que possible, il me parut avantageux de faire usage de plusieurs méthodes différentes. Cette considération me conduisit à employer successivement des courants induits à oscillations lentes, des courants induits excessivement rapides et enfin des courants électriques constants.
- Potentiel élevé, intensité moyenne.
- EXPÉRIENCE I EXPÉRIENCE 2
- 20 août 1876, 0,9558 X io° ^ sec. „ _ „ cm, o,g5i6 X io9 —• ? sec,
- 21 — — o,9536 X 10® — 0,9545 X io® —
- 22 - • — o,q559 X io° - o,g55o X 10® —
- 2 3 — — o,g58i X io° — 0,9575 X io® —
- 2,( - — 0,9563 X io° — 0,9556 X io9 —
- 25 — — o,9-49 X io1* — 0,9552 X 10® —
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 151
- Potentiel faible, intensité élevée.
- LES MESURES UE MARS l880 ET DE SEPTEMBRE lB82
- EXPÉRIENCE I
- 28 septembre 1876. o,o525 X iou^-*
- SCC.
- 29 — — 0,9546 X 10" -
- 3o — — " 0,9581 X ioü —
- 1er octobre — 0,9552 X io" —
- 3 — — 0,9557 X 10" —
- 4 — — o, o56o X 10» —
- Dans le troisième mode de procéder, je déterminai la quantité de chaleur engendrée par un courant constant bien défini dans un circuit fermé, de résistance connue et dans un temps donné, connaissant la valeur de l’équivalent mécanique de la calorie, valeur dont je m'assurai au moyen d'expériences spéciales, il m'était possible de déduire de ces données la valeur absolue de Funitê au mercure. Ces expériences me conduisirent aux valeurs suivantes :
- 2 août 1S77............ 1 U. S. o,q536 X 10“ —’
- sec.
- <| — - • ................. — 0,9552 X !Ow —
- 0 — - • ............... — 0,9526 X 10" —
- 7 — -* — 0,9276 X 10" —
- 7 — -- — o,9?65 X 10" —
- Le résultat final de toutes ces mesures se trouvait donc être :
- EXPÉRIENCE 2
- cm.
- o,9508 X to" —
- J SCC.
- o,056i X 10» — 0,9541 X 10" — o, 9552 X 10" — 0,9543 X 10» -0,9539 X iou —
- 1 U.S.=o,c,55oxio'->— •
- SCC.
- Il suit de là que l’unité de résistance de l’Association britannique représente à peu de chose près la valeur qu’elle doit représenter.
- Toutes ces mesures se rapportent à l’étalon au mercure n° 1914 que M. W. Siemens me fit livrer au début de mes expériences.
- D’après le mémoire qui accompagne cette pièce, l’unité en question a été obtenue à l’aide de l’étalon au mercure n° 19 (Hg. 19), dont la résistance à o° a été trouvée égale à 0,86142 unité au mercure.
- Au cours de l’année 1882, M. W. Siemens fit reconstituer avec la précision la plus grande possible l’étalon au mercure. Ce travail une fois terminé, il fut constaté que le tube H19 ne représentait pas une résistance égale à 0,86142 U. S., mais bien une résistance supérieure de deux millièmes à la précédente. Il résulte de là que la résistance de i’étalon n° 1914 à la température de 2i°6 n’est pas de 1 U. S., mais de 1,002 U. S.
- Il en est réellement ainsi. Lorsque pendant l’été de i883 la maison Siemens me fit parvenir trois copies fidèles de l’étalon nouvellement déterminé, je m’empressai de comparer ces copies du nouvel étalon, lesquelles se trouvaient identiques à un dix millième près de leur valeur, à l’étalon n° 1914. Trois comparaisons successives donnèrent les résultats suivants ;
- Etalon N® lC)i/| = I,002i5 fois \
- — — “ 1,002 X 8 — >
- — — = 1,005.13 — J
- le nouvel étalon au mercure
- Les mesures que j'avais effectuées dans les années 1876 et 1877 me conduisaient donc à attribuer à la nouvelle unité du mercure non plus la valeur absolue de
- ~ m « LUI
- o,955o x 109 —
- >J * ope
- niais bien celle de
- 0,9529 X io°
- cm sec
- Je n’ai jamais tenu pour très exact le résultat final des mesures dont il vient d’être question. L’appareil employé avait été obtenu à l’aide de moyens par trop simples pour que l’on fût en droit de lui demander une précision très grande. Dans les trois méthodes dont il fut fait usage, les deux grandes spirales d’induction jouent un rôle essentiel; or ces spirales étaient enroulées sur des cadres en bois qui présentèrent de légères déformations avant la lin des mesures. Peu de temps après que l’enroulement eut été terminé, les parties extrêmes des parois des gorges se déplacèrent sensiblement sous la pression des spires voisines, déformation par suite de laquelle la section droite de la gorge au lieu d’être rectangulaire devint trapézoïdale. Il est facile d’admettre que dans ces conditions la détermination de la distance des plans moyens des spirales fût affectée d’une légère erreur.
- Malgré ces petites défectuosités dans l’appareil je demeurai convaincu, .après avoir fait ces mesures, que la valeur réelle absolue de l’unité Siemens se trouvait excessivement cm
- voisine de 0,95 X ‘l110 ^es résultats obtenus par
- MM. Kohlrausch et Lorenz, c’est-à-dire les valeurs0.97 X io9 et 0,93 X 109 s’écartaient fortement de la vérité.
- Désireux de trancher définitivement la question, je formai le projet, sitôt les précédentes mesures terminées, ide continuer mes expériences avec des appareils meilleurs, c’est-à-dire d’une stabilité plus grande. Lorsqu’au cours de l’année 1879 Je me trouvai à même de réaliser ce projet, je m’occupai aussitôt de la construction des appareils.
- Les mesures antérieures m’avaient largement donné l’occasion d’apprécier les avantages et les inconvénients des différentes méthodes proposées. Il me semblait que la deuxième des méthodes dont j’avais fait usage se présentait sous la forme la plus simple, tout en permettant de compter sur un degré d’exactitude très élevé, pour peu que l’on eût soin d’employer des appareils de grande dimension.
- Dans cette méthode, la rupture d’un courant nettement défini provoque une induction dans un circuit qui à l’état normal n’est parcouru par aucun courant, et c’est la quantité d’électricité mise en mouvement dans le deuxième circuit par suite de cette induction que l’on mesure.
- En 1849 déjà, M. Kirehhoff avait appliqué un procédé tout à fait analogue pour déterminer la constante dont dépend l’intensité des courants induits. Mais la forme que M. ICirch-hoff donnait à ses expériences ne me semblait pas de nature à fournir toute la précision qu’il convient de rechercher dans ce genre d’observations. Kirehhoff provoquait l’induction par le mouvement d’une très petite spirale en présence d’une deuxième spirale également petite, et il laissait le courant inducteur, qui était un courant constant, et la quantité d’électricité induite s’écouler à travers les mêmes spires du galvanomètre.
- Lorsque l’on se sert d’un mouvement pour produire l’induction, on est forcé d’employer de petites spirales. La détermination du potentiel d’une des spirales sur l’autre, lorsque ces spirales sont très petites, n’est pas sans présenter des difficultés excessives, puisqu’une erreur très faibîe dans l’évaluation des dimensions exerce une influence relativement grande sur le résultat final. En plus de cela, il est très difficile de donner toujours à la spirale mobile la même position finale qui est déterminée; de là une nouvelle cause d’inexactitude. En dernier lieu, si l’on- laisse le courant inducteur permanent aussi bien que le courant induit et momentané s’écouler à travers le même circuit dans le galvanomètre, on se trouve astreint à des limites relativement étroites pour le courant inducteur et le courant induit.
- Toutes ces raisons m’ont déterminé à faire usage en 1876, pour la mesure absolue des résistances, de la forme de l’induction voltaïque dans laquelle la variation de l’intensité provoque l’induction dans des conducteurs au repos.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En 1849, M. Kirchhofr ne pouvait employer que l’induction due au mouvement relatif de deux conducteurs, puisqu’à cette époque c’était le seul cas de l’induction voltaïque qui fût nettement connu. Depuis, M. Y. Heimholtz a fait paraître un traité * sur la durée et la marche des courants électriques induits par des oscillations de courant », et a montré par une série de mesures que les courants d’induction engendres par des courants oscillatoires, se conforment à la loi d’induction de Ileumann et suivent, entre les limites observées, la loi d’Ohm. Il était dès lors tout indiqué de faire usage de ce cas particulier de l’induction dans les mesures de résistance.
- Restait à savoir si les courants induits par suite de l’oscillation brusque d’un courant, obéissaient exactement à la loi d’Ohm ou non ; c’est là une question qui ne peut être résolue qu’empiriquement dans chaque cas particulier. Comme j> tenais, avant d’entreprendre les mesures, à m’assurer d'une base certaine, je m’attachai avec un soin tout particulier à reconnaître par des expériences préliminaires jusqu’à quel point, étant donné le dispositif dont j’allais faire usage, les courants induits résultant de l’ouverture brusque du circuit inducteur, se conforment à la loi d’Ohm. Dans ces expériences préliminaires je n’observai rien qui pût faire supposer que les courants induits par l’oscillation brusque du courant inducteur ne suivraient pas exactement la loi d’Ohm.
- Plus tard, la forme de l’induction voltaïque dont je fis choix pour l'appliquer à la mesure absolue des résistances, fut mise en pratique par d’autres physiciens, par M. Row-land, et plus récemment par MM, Glazebrook, Mascart et Roiti.
- Si nous désignons par P le potentiel relatif des deux portions de circuit qui exercent l’une sur l’autre une action inductrice, et par I l’intensité absolue du courant dont la rupture provoque l’induction, la valeur absolue de la résistance W est donnée par l’expression
- dans laquelle Q représente la quantité d’électricité mise en mouvement dans le circuit induit.
- Si la mesure de cette résistance en unités au mercure est égale à m, la valeur absolue de l’unité se déduira de la relation
- II faut donc, pour déterminer exactement l’iinilé au mercure en valeur absolue, déterminer les quatre quantités P, Q, I et m.
- Nous allons tout d’abord indiquer en quelques mots la façon dont furent déterminées ces quatre quantités dans les mesures effectuées.
- Nous commençons par les données essentielles à la déter-' mination du potentiel inducteur P.
- (A suivre,)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite!
- RÉSEAU TÉLÉGRAPHIQUE ET APPAREILS Extension du réseau télégraphique
- Nous avons prêté notre concours au département de la marine et des colonies pour la pose d’un câble sous-marin
- entre la Cochinchine et le Tonkin, qui vient d’être autorisée par la loi du 23 décembre i883.
- On a dû s’adresser, pour l’établissement et l’entretien de ce câble, à une Compagnie étrangère, YEastern Extension ; mais l’exploitation du câble sera faite par des agents de l’administration française.
- Malheureusement nous n’avons chez nous aucune Compagnie possédant un établissement complet pour la télégraphie sous-marine.
- D’ailleurs, la Compagnie Eastern Extension, qui possède plusieurs câbles dans l’extrême Orient, était seule en état d’établir ce câble à bon compte, d’autant plus que pour en assurer l’entretien, il est indispensable d’avoir sur place des navires spéciaux pour permettre de réparer sans délai les accidents qui peuvent survenir ; si l’on était obligé d’expédier d’Europe les navires nécessaires aux réparations, les interruptions pourraient durer plusieurs mois.
- Une première convention en date duîi juillet i883 avait paru au Parlement devoir être modifiée, ce qui a retardé de quelques mois l’époque à laquelle le câble a été posé.
- La pose de ce câble donnera lieu à une subvention annuelle de 265ooo francs pendant vingt ans, à laquelle viendront s’ajouter les frais d’exploitation, évalués à 5o 000 fr. Mais le produit des dépêches transmises par le câble, la réduction de moitié de la taxe des dépêches officielles transmises par tous les câbles de la Compagnie, réduisent la dépense annuelle à 23oooo francs, sur lesquels la colonie de la Cochinchine prend ii5 000 francs à sa charge.
- Notre réseau sous-marin comprend, eu dehors des câbles que nous venons de citer, dix autres lignes.
- Le câble de Marseille à Barcelone nous réunit à l’Espagne.
- Ün autre, celui de Calais à Fano, assure nos relations avec le Danemark,
- Les six câbles qui nous relient à l’Angleterre sont placés deux entre Calais et Douvres, les autres vont de Boulogne à Folkestone, de Dieppe et du Havre à Beachy-Head, de Coutances aux îles de la Manche et à Plymouth.
- Enfin, deux câbles, ceux de Poulizan à Salcombe et de Dévlin à Porthomme, sont réservés à la transmission des télégrammes de l’Angleterre pour les câbles de Brest à New-York et vice versa. En cas d’interruption ou d’insuffisance des câbles français, ils permettent d’expédier nos télégrammes pour les Etats-Unis, par l’Angleterre, sans supplément de taxe.
- L’autorisation d’établir ces divers câbles a été concédée aux termes de cahiers des charges malheureusement bien différents dans leurs exigences.
- Par une convention en date du 2 janvier 1859 et une convention subséquente du 2 janvier 1861, le privilège de la transmission des dépêches télégraphiques entre la France et l’Angleterre a été accordé à la Compagnie Submarine Tele-frraph. En conséquence, l’Etat ne pourra poser de nouveaux câbles entre la France et l’Angleterre avant le 2 janvier 1889, date de l’expiration de la concession actuelle.
- L’importance des opérations de pose des câbles sous-marins que nous avions à entreprendre devait appeler tout particulièrement notre attention sur les conditions dans lesquelles l’administration pouvait se procurer les câbles nécessaires.
- Cette industrie, presque exclusivement exercée en Angleterre, ne se pratique en France que dans un uombre d’établissements très restreint; d’un autre côté, la spéculation s’est emparée du commerce de la gutta-percha, matière essentielle pour la fabrication des câbles. En raison du prix élevé de ce produit, des gutta-percha frelatées sont fréquemment employées, au grand dommage des qualités isolantes des câbles; en tous cas, la qualité est très variable. Enfin, les risques des opérations de pose sont considérables.
- Nous avons donc pensé que, pour de grandes opérations, telles que l’établissement de lignes sous-marines entre la France et l’Algérie, il y avait intérêt pour l’administration
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- française à charger l'entrepreneur de poser lui-même le cable qu'il avait fourni : nous lui laissions ainsi la responsabilité des accidents qui pourraient arriver pendant l’immersion.' L’administration lui imposait en outre l’obligation d’une garantie pendant un délai déterminé. Nous avons procédé d’après ce principe aux adjudications pour les deux lignes sous-marines qui ont été ainsi établies entre Marseille et Alger au mois de septembre 1879 et au mois d’octobre 1880.
- Chacun de ccs câbles a été immergé par les soins de l’entrepreneur, suivant le tracé choisi par nos ingénieurs, qui ont également désigné le9 points d’atterrissement.
- Ces câbles, construits conformément aux règles de l’art, répondaient à des conditions mécaniques et électriques parfaitement déterminées par le cahier des charges.
- L’entrepreneur a dû fournir les piles ainsi que les appareils d’essai et de transmission nécessaires aux deux extrémités des lignes; ce matériel est resté la propriété de l’Etat.
- La fabrication des câbles avait été surveillée dans les usines par des fonctionnaires délégués à cet effet.
- Les frais de ce contrôle, ceux qui ont été occasionnés par la surveillance de l’embarquement et de l’immersion, par la réception, étaient à la charge du soumissionnaire; le montant de ces frais a été prélevé sur les sommes qui lui étaient dues.
- Bien que nous n’ayons pas eu à intervenir pendant les opérations de l’immersion des câbles, notre administration était représentée chaque fois à bord du bâtiment de l’entrepreneur par des ingénieurs qui avaient pour mission de veiller à ce que le câble immergé ne renfermât aucune partie défectueuse et satisfît aux conditions électriques exigées.
- Après l’immersion, nos ingénieurs ont fait les expériences nécessaires pour s’assurer du bon fonctionnement des câbles; ils ont pris livraison des lignes, mais avec les réserves des délais de garantie fixés à six mois apres la pose.
- Toutes ces opérations ont été faites rar une maison anglaise, la compagnie India Rubber gutla percha and tele-graph Works; nous n’avons pu obtenir que des maisons françaises prissent part aux adjudications qui ont eu lieu.
- L’industrie privée ne possède, en effet, en France, aucun établissement complet pour la télégraphie sous-marine. Les précautions indispensables pour la conservation de l’âme des câbles sous-marins et les moyens pratiques pour les couler au fond de la mer nécessitent qu’ils passent directement de l’usine dans les cuves des bâtiments destinés à les dérouler sur place. Or, les deux principales maisons françaises qui sont outillées de manière à faire des câbles ont leurs usines aux portes de Pâtis, et comme elles n’ont ni navires ni personnel pour l’immersion, elles 11c peuvent se charger de l’entreprise d’une communication sous-marine. Elles ne fournissent que des câbles ordinaires souterrains pour traversée des villes, etc.
- L’administration française possédait seule en France, depuis 1864, une petite usine de revêtement dans le port de Toulon, et deux bâtiments, l'Ampère et la Charente, armés pour la pose.
- L’usine, installée sur un terrain appartenant au génie militaire, avait été établie en vue de réparer ou de façonner à nouveau des câbles de courte longueur, ayant déjà servi, et de pourvoira l'entretien de nos câbles côtiers.
- Les travaux exécutés daus cet atelier y étaient faits dans des conditions d’économie assez remarquables. Les prix de revient y étaient notablement inférieurs à ceux qui devaient être payés à l’industrie privée. Il y avait, en effet, suppression des frais généraux, du bénéfice normal que prétend toujours réaliser un entrepreneur et enfin réduction des frais de main-d’œuvre, car c’était l’équipage lui-même de la Charente qui utilisait l’intervalle de ses campagnes pour dépouiller les câbles relevés de leurs armatures hors de service et recueillir les âmes par bouts plus ou moins longs.
- Des âmes ainsi réparées et recouvertes de chanvre et de fils de fer neufs ont pu être employées de nouveau pour les communications des iles de la Méditerranée et de l’Océan avec le continent. On peut évaluer à 5oooo fraucs l’économie annuelle qui eu résultait.
- Mais les opérations de cette usine se bornaient, avec les moyens dont elle disposait, à l’entretien du réseau en eau peu profonde. Eu 1879, l’agrandissement de cet atelier, dont l’installation n’était même plus en rapport avec les besoins présents, devenait nécessaire.
- Nous avons constamment besoin pour réparer nos câbles, ou répondre aux demandes que des Etats étrangers nous ont plusieurs fois adressées pour réparer leurs propres câbles, d’avoir à notre disposition l’outillage spécial d’une usine et du navire la Charente.
- Un crédit do 3oo000 francs fut alloué pour la construction de la nouvelle usine, et un teriain de 10654 mètres de superficie, situé daus la commune de la Seyne-sur-Mer, fut affecté, par decret du 10 janvier 1881, au service des postes et des télégraphes.
- Les travaux pour l’installation sur ce terrain d’une nouvelle et importante usine sont terminés. Pourvue de machines puissantes, aptes à fabriquer les deux espèces de câbles employés, cette usine peut fournir jusqu’à 9 kilomètres de câble par jour; elle répond ainsi à toutes les exigences présentes et à venir.
- Dès à présent nous sommes erî mesure, sans recourir à des maisons étrangères :
- i° D’assurer les demandes du département de la marine pour les câbles nécessaires aux batteries et à la défense des côtes ;
- 20 De fournir le matériel nécessaire à l’entretien de notre réseau sous-marin, qui s’étend chaque jour dans la Méditerranée et le long de nos îles de l’Océan, et de notre réseau souterrain;
- 3° De donner satisfaction aux besoins des puissances, nos voisines de la Méditerranée, qui, comme nous l’avons expliqué plus haut, s’adressent volontiers à nos ingénieurs pour la réparation de leurs lignes sous-marines.
- Enfin, cet établissement, indépendamment de son utilité au point de vue de l’entretien de nos communications sous-marmes, sera une école d’instruction pratique très précieuse : les a ent* de tous grades pourront y prendre part à des opérations d’une nature spéciale qu’ils auraient rarement ailleurs l’occasion d’étud-cr.
- Les efforts déjà faiis et les résultats acquis nous ont démontré que l’administration pourrait, avec un outillage suffisant, poser elle-même des câbles d’une certaine longueur, notamment des câbles entre la France et l’Algérie, et échapper ainsi le plus souvent aux exigences de l’industrie étrangère.
- I.igncs d'iiuérèl privé
- La nécessite de donner, dans un intérêt général, la plus grande extension aux communications télégraphiques étant évidente, nous nous sommes attachés à accorder au public toutes les facilités possibles pour obtenir la concession de lignes télégraphiques d’intérêt privé.
- Jusqu’en 1878, la concession des lignes télégraphiques d’intérêt privé n’avait pas été soumise à des règles fixes. Un projet de réglementation était à l’étude depuis 1864, mais il n’avait jamais été définitivement arrêté. Les conditions faites aux concessionnaires variaient suivant les circonstances. L’administration s’était complètement désintéressée d’une partie de ccs concessions qui étaient accordées par les préfets ou les maires, même en dehors de. toute inter vention de sa part.
- Pour ies concessions sur lesquelles la décision lui était réservée, elle supportait les frais d’établissement des lignes, en imposant aux concessionnaires un abonnement destiné à couvrir les frais d’entretien et à amortir progressivement
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- les dépenses du matériel; cet abonnement lui-méme n’avait pas de base fixe.
- Cependant, à partir de 1872, il fut assez régulièrement de 3o francs par kilomètre de fil. Dans le courant de l’année 1874, il parut insuffisant, et fut porté à 5o francs par kilomètre de fil ; il resta établi à ce taux jusqu’à la fin de 1877.
- En réalité, les lignes télégraphiques * d’intérêt privé n’étaient accordées qu’à la suite de longues sollicitations, et pour ainsi dire à regret. On n’avait pas cherché une solution de nature à sauvegarder à la fois le monopole de l’Etat et à répondre aux intérêts du public; on restreignait par tous les moyens le développement de cette branche de la télégraphie. Malgré les avantages qu’elles présentaient en supprimant les distances entre les diverses parties d’un même établissement ou entre le bureau télégraphique voisin, ces lignes étaient peu développées.
- Les nouvelles conditions ont été déterminées par le décret du i3 mai 1879 et par l’arrêté du 20 du même mois. Elles ont donné une impulsion nouvelle au développement de ce réseau, et les facilités accordées, en multipliant les concessions, ont augmenté les produits que l’Etat est appelé à en tirer.
- L’industrie en a en même temps largement profité.
- Ces dispositions réglementaires répartissent les lignes d’intérêt privé en deux catégories : la première comprenant toutes celles qui relient les établissements privés au réseau de l’Etat; la seconde, les lignes qui permettent à deux ou plusieurs établissements privés de correspondre entre eux sans l’intermédiaire d’un bureau de l’Etat.
- Les concessionnaires participent aux frais de construction et d’entretien des lignes. Le droit d’usage, calculé par voie d’abonnement annuel, n’est perçu que sur les fils qui relient entre eux les établissements privés.
- Le nombre des concessions, à l’époque où intervint cette réglementation nouvelle, était de 199, dont la moitié environ avaient été accordées par les préfets et étaient à peine connues de l’administration.
- Les dossiers de toutes les concessions ont dû être complétés, et souvent avec peine. Pour la plupart de ces fils, on ignorait même s’ils fonctionnaient encore. Il a fallu consti-
- tuer les croquis des lignes et déterminer le développement des fils, afin d’établir le montant des redevances à payer par les concessionnaires.
- En résumé, 187 anciens concessionnaires ont souscrit aux conditions nouvelles; 12 seulement ont abandonné leurs lignes.
- Les 187 concessions régularisées, qui rapportaient antérieurement au Trésor un total de redevances de... 66.000 ont donné lieu, par suite de la réunion en un seul de quelques réseaux concédés séparément, à 167 contrats nouveaux s’appliquant à un ensemble de lignes d’un développement total de 1,944 kilomètres produisant annuellement :
- Pour droits d’usage.................... 69.000 1
- Pour frais d’entretien................. 28.000 ) 97-uou
- Soit en plus..................... 3i .000
- Le nouveau système procurait donc au Trésor un accroissement de produits de plus de 45 0/0.
- II n’en était pas moins accueilli avec satisfaction par le public, les résultats le prouvent, parce qu’il substituait la règle à l’arbitraire, et qu’il imposait à tous les mêmes charges.
- En présence du résultat obtenu, nous avons reconnu qu’il était possible, sans dommage pour le Trésor, d’opérer, des réductions, et nous avons, par deux mesures successives du 24 février 1882 et du 3i décembre 1882, réduit de 5o à 25 fr. par kilomètre le droit d’usage perçu sur les lignes d’intérêt privé; en outre, les deux premiers postes de chaque concession ont été exemptés de tout droit fixe.
- Le nouveau tarif appliqué aux lignes existantes au 3i décembre 1882 présente une réduction de 70,000 francs, soit de 25 0/0 sur le produit résultant de l’application des taxes antérieures.
- Le tableau suivant résume la situation des lignes d’intérêt privé à la date du Ier janvier 1884, ainsi que les conséquences des dégrèvements successifs dont elles ont été l’objet :
- PRODU ITS POUR LE TRÉSOR
- ÉPOQUE DES CONCESSIONS NOMBRE des contrats DÉVELOPPEMENT total des (ils Droits d'usage d’après l’arrêté au 31 déc. 1882 Entretien Total des colonnes 4 et 5
- lcilom. francs francs francs
- Concessions faites de 1857 à 1878 167 1.944 38.45o 28.000 66.4.50
- —* en 1870 ,3 S?? 4.o5o 8.000 I2.o5o
- — en 1880 iAl 835 12.900 15.000 27.900
- — en 1881 253 1.215 16.046 32.000 48.646
- — en 1882 35o I .25o 18.975 34.205 53.270
- — en 1883 704 982 24.289 13.041 37.33o
- Total des concessions nu i«r janvier 1884 1.651 (>. 513 Il5.2IO i3o.336 245.546
- Il n’est pas besoin de faire ressortir l’impulsion imprimée au développement des lignes d’intérêt privé par la mesure réglementaire qui date de 1879, alors que la seule année 1882 a donné 35o nouveaux traités, c’est-à-dire le double de ce qu’avait fourni la période s’étendant de 1857 à 1878, et qu’en i883 ce nombre a été lui-même doublé, le nombre des lignes concédées s’étant élevé à 704.
- Le développement des fils, de la fin de 1878 au icr janvier 1884, a passé de 1,944 à 6,5i3 kilomètres, le total du produit encaissé par le Trésor de 97,000 à 245,500 francs, malgré les réductions successives du tarif.
- Ces résultats vont toujours eu s’accentuant.
- Pour compléter le tableau qui précède, il convient d’ajouter que le nombre des postes d’intérêt privé, qui était, au
- moment de la régularisation des anciens contrats, de 495 s’est accru eu 1879 de.............................. 55
- — en 1880 de................................ 245
- — en 1881 de................................ 569
- — en 1882 de................................ 656
- . — en i883 de.............................. 1.025
- Il est aujourd’hui de............................3.009
- Sur ce nombre il en est.......................... 440
- qui peuveut être considérés comme de véritables suceur-
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- sales des bureaux de l'Etat avec lesquels ils sont reliés. Les autres, au nombre de 2,659, fonctionnent en dehors du réseau général, mais pourraient à tout moment être utilisés pour les besoins de l'administration. Ils constituent donc une sorte d'annexe du réseau de l'Etat.
- Nous avons enfin augmenté les facilités accordées aux concessionnaires de lignes privées, reliées au réseau général, en autorisant, moyennant un abonnement déterminé, l'établissement de communications directes entre deux de ces lignes, quand elles étaient rattachées à un même bureau; nous avons permis aussi de faire au bureau de l'Etat des transmissions destinées à être envoyées par la poste moyennant une taxe de 5o centimes par cent mots en sus de la taxe postale, ou bien à être transmises par la voie télégraphique.
- Il convient d'observer, en outre, que les conditions auxquelles sont soumises les lignes d'intérêt privé, en France, sont moins onéreuses et plus favorables au public que dans aucun autre pays.
- Les communications télégraphiques s'étendent ainsi, dans une progression rapide, aux points les plus reculés du territoire; elles ne sont plus limitées aux communes importantes; elles vont aux hameaux, aux fermes, aux maisons particulières isolées au milieu des campagnes. Dans les villes, elles relient entre eux les établissements industriels, l’usine et la maison de vente, le domicile privé et les bureaux d'exploitation.
- Le nombre des lignes d'intérêt privé qui s'étendent en dehors des villes ou de localités pourvues de bureaux télégraphiques est de..................................... 635
- Le nombre des lignes qui fonctionnent à l'intérieur même des villes pour les besoins de l’industrie et du commerce ou pour les relations de famille,
- Pour le service de la presse, de............ 29 j ^
- Total............... ï.65i
- 8 journaux ou agences de publication sont directement reliés au Sénat.
- 10 à la Chambre des députés.
- Nous devons, en parlant des lignes d'intérêt privé, rappeler qu'il existe un certain nombre de réseaux d'intérêt municipal qui, à ce titre, sont exempts du droit d’usage.
- Le réseau municipal de la ville de Paris a une importance particulière; il n'a pas été compris dans les résultats indiqués plus haut. Son développement total dépasse aujourd'hui 975 kilomètres de fils, pour lesquels l'Etat reçoit de la ville un remboursement de 76,500 francs, à tiire de frais d'entretien, ainsi que l'indique le tableau ci-dessous :
- EMPLOI DU RÉSEAU DÉVELOPPE- MENT total des fils NOMBRE de postes FRAIS d’entretien payés à l’Etat
- Assistance publique kil. IOl) R|. francs 8.oo3
- Service des eaux 2J.O 115 12.000
- Mairies 113 7^ 8.430
- Prisons 24 10 1.060
- Police 145 io5
- Incendie 3iï .>o5 J3.og3
- Unification de l’heure » 3.060
- Totaux 1.025 910 76.500
- Le réseau d'iucendie relie tous les postes de pompiers de Paris et permet de rendre instantané l'appel de secours en cas de sinistre. Nous avons admis que les maisons particulières peuvent être reliées par des lignes construites et entretenues aux frais des propriétaires ou locataires, au réseau
- d'incendie, en remboursant à l'administration un simple droit annuel de 25 francs, 38 maisons ont déjà profité de celte facilité.
- Nous avons même adopté un système permettant de faire desservir des groupes d'intéressés par un même fil, ce qui réduit les frais de premier établissement.
- Les locations de fils accordés précédemment aux journaux pendant certaines heures étaient devenues insuffisantes pour les besoins de la presse.
- La loi du 5 avril 1878 a autorisé l'administration à consentir des abonnements à prix réduit pour la transmission des dépêches, lorsque cette transmission s'effectue en dehors des conditions ordinaires établies pour l'application des taxes télégraphiques. L'administration est entrée ainsi dans une voie nouvelle, car elle a permis, notamment à des journaux, de participer, à raison de 100 francs par kilomètre de ligne aérienne et 700 francs par kilomètre de ligne souterraine, aux frais de pose de fils spéciaux à grande distance. Ces fils sont mis à des heures déterminées à la disposition des concessionnaires, mais par l'intermédiaire des bureaux de l'Etat qui effectuent la transmission, moyennant un tarif réduit à 24 ou 12 francs, selon les heures, pour les dépêches de presse transmises entre 4 heures du soir et 10 heures du matin; et à plein tarif aux autres heures ou pour les dépêches non destinées à la publicité.
- Dans ces conditions, un fil de Paris à Marseille donne lieu à une contribution de 100,000 francs, un fil de Paris à Bordeaux à une contribution de 72,000 francs.
- Le montant des produits obtenus pour les abonnements de i5 fils de journaux peut être évalué à 220,000 francs par an.
- Deux fils ont été ainsi établis dans ces conditions entre Paris et chacune des villes de Marseille, Lyon et Bordeaux ; un fil entre Paris et Montpellier, Roubaix, Charlevilie, Tours, Dijon et Toulouse. En outre, un fil a été concédé sur Nice, avec arrêts à Lyon et à Marseille; un autre sur Toulouse, avec arrêt à Bordeaux; un autre enfin sur Roubaix, avec arrêt à Lille; soit une longueur totale de 8,800 kilomètres et une part contributive de i,i5o,ooo francs versée par les concessionnaires pour subvenir à une partie des dépenses de premier établissement.
- Enfin, l'Etat jouit de ces 111s pendant certaines heures de la journée, et notamment pour les fils de journaux de 10 heures du matin à 4 ou 5 heures du soir, c'est-à-dire pendant la partie de la journée où le trafic ordinaire du réseau général est le plus actif. Le développement de ce réseau spécial constitue donc une ressource pratique très précieuse pour l'administration, en même temps qu'elle contribue à l'augmentation de ses revenus.
- Le système des locations ordinaires'est le seul qui ait pu être pratiqué jusqu'à présent dans les relations internationales.
- Notre préoccupation a été d'adopter eu toutes ces matières, tant pour les lignes d'intérêt privé que pour la location des fils mis à la disposition de la presse, des règles fixes échappant entièrement à l'arbitraire: nous avons tenu à avoir des tarifs uniformément applicables à tous et dont tous puissent bénéficier indistinctement.
- Réseaux téléphoniques
- Nous avons dû nous préoccuper de l'établissement de réseaux téléphoniques. Un arrêté du 26 juin 1879 a fixé les conditions auxquelles ces concessions pourraient être accordées à Paris et dans les grandes villes. Il est ainsi conçu :
- « § icr. — Le réseau extérieur sera rétabli par les soins du service des télégraphes de l'Etat, aux frais exclusifs des permissionnaires et à la charge par ces derniers de justifier des autorisations nécessaires des administrations municipales et des propriétaires dont les immeubles auraient à supporter les fils conducteurs ou seraient affectés d'une manière quelconque par ces fils.
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- « Les indemnités qui pourraient être réclamées pour la pose et le maintien des appuis et des fils ou à I» ur occasion et à un titre quelconque, seront à la charge exclusive des permissionnaires
- « La valeur intégrale des dépenses d’installation pour matériel et main-d’œuvre sera remboursée à l’administration au fur et à mesure des travaux, sur un état dressé par le service des télégraphes, dont les permissionnaires déclarent accepter d’avance les évaluations.
- « L’entretien de ce réseau sera assuré par le même service, aux mêmes conditions.
- « Pour garantie des payements à effectuer de ce double chef par les permissionnaires, ces derniers seront tenus de verser à la caisse des dépôts et consignations, à t'trc de cautionnement, avant d’obtenir la délivrance de l’arrété d’autorisation :
- « i° Une somme de 20,000 fr., pour y être maintenue usqu’à l’entier achèvement des travaux de l’établissement;
- « 20 Une somme de £,000 lr., pour y être maintenue jusqu'à la fin de l’enbeprise.
- « En cas de non-versement des sommes dues par les permissionnaires eu vertu des dépositions ci-dessus, lesdits dérôts seront acquis de plein droit à l’Etat jusqu’à due concurrence, huit jours après une mise en demeure testée sans effet, et les permissionnaires seront tenus de parfaire la différence sans aucun dé it.
- « g 2. — L’état ne sera soumis à aucune responsabilité, soit à raison de l’exécution desdits travaux d’établissement, soit à raison de dérangements ou d’interruptions éventuelles, totales ou partielles des communications.
- « g 3. — Les permissionnaires resteront chargés de l’introduction des fils dans l’intérieur des immeubles intéressés, ainsi que de l’installation et de l’organisation des appareils dans les bureaux et dans les établissements reliés.
- « S 4. — Les appareils employés par les permissionnaires seront préalablement soumis à l’approbation du ministre des postes et des télégraphes, sans l’autorisation duquel ils ne pourraient être modifiés ultérieurement.
- « S 5. — L’autorisation impliquera le droit, pour les permissionnaires, de mettre, selon le cas, pour l’échange des correspondances, chacun des établissements réliés aux differents bureaux centraux en communication directe soit avec ces bureaux, soit entre eux.
- * Mais, en aucun cas, ces correspondances 11e pourront avoir pour objet que les usaves personnels des chents de l’entreprise, toute communication faite par ces clients au profit de tiers étant rigoureusement interdite.
- * S 6. — Les tarifs à percevoir par voie d’abonnement et les autres conditions de ces abonnements seront arrêtés par le ministre des postes et télégraphes, ainsi que toute modification ultérieure de ces tarifs et conditions.
- « Les tarifa devront être établis sur des bases uniformes pour tous les clients de l’entreprise, tout tarif de faveur étant rigoureusement interdit.
- « Il sera toutefois accordé un tarif réduit aux établissements publics de l’Etat ou municipaux qui seraient desservis par l’entreprise.
- « Le taux de la réduction sera déterminé par le ministre des postes et des télégraphes, sans pouvoir dépasser la moitié de la taxe applicable aux particuliers.
- « J] 7. — L’exploitation sera soumise au contrôle de l’Etat. A cet effet, les agents du service du télégraphe désignés par le ministre auront le droit de pénétrer, à toute heure, dans les bureaux centraux et d’y exercer telle opération de contrôle qu’il appartiendra.
- « S 8. — Les permissionnaires payeront à l’Etat, à titre de droit d'usage du téléphone, une annuité calculée à raison de 10 p. 100 des recettes brutes encaissées par l’entreprise, sans que cette annuité puisse être inférieure à 5,oco fr.
- « Ce minimum de 5,000 fr. est applicable à une année entière. Pour la première année, l'annuité sera réduite pro-
- portionnellement au nombre de jours écoulés avant la mise en service du 1 remicr bureau central.
- « 5 9. — Pour garantir le payement des sommes dues à l’Etat en vertu de l’article précédent, comme pour le couvrir de toute indemnité qu’il aurait à réclamer pour inobservation des clauses des présentes, les permissionnaires seront tenus de déposer à la caisse des dépôts et consignations, dans le mois de l’autorisation, un cautionnement de 20,000 fr. qui sera maintenu, avec cette affectation spéciale, pendant toute la durée do l’entreprise.
- « En cas de non-payement dos sommes dues aux causes ci-dessus, ce cautionnement serait acquis de plein droit à l’Etat, jusqu’à due concurrence, et les permissionnaires seront tenus de le parfaire immédiatement.
- « g 10. — L’autorisation donnée aux risques et périls des permissionnaires n’impliquera aucune espèce de privi’ège à leur profit, à quelque litre que ce soit, toutes autres autorisations semblables pouvant être accordées sans donner lieu à aucune indemnité, et l’Etat se réservant d’exploiter lui-même dans les conditions qui lui conviendraient.
- « Elle leur sera personnelle et ne pourra être transrérée à d'autres sans l’autorisation expresse et par écrit du ministre des postes et télégraphes.
- « Elle sera valable pour cinq années, sauf renouvellement ultérieur.
- « Elle deviendrait nulle et non avenue :
- « i° Faute par les permissionnaires d’avoir effectué dans 'es délais les dépôts de garantie fixés par les paragraphes 1 et g ci-dessus;
- « 20 Faute par eux d’avoir ouvert leur premier bureau central dans les trois mois de l’autorisation.
- « Elle pourrait être retirée :
- « En cas de faillite des permissionnaires ou de leurs ayants droit; .
- « 3° En cas d’inobservation des clauses et conditions de l’autorisation, huit jours après une mise en demeure restée sans effet, notamment en ce qui concerne l’emploi exclusif des communications pour les usages personnels des abonnés.
- « Elle pourrait être suspendue en cas de suspension du service de la télégraphie privée ordinaire, et pour toute la durée de cette suspension.
- u Dans aucun des cas ci-dessus, l’Etat ne sera tenu à aucune indemnité vis-à-vis soit des permissionnaires, soit des abonnés, soit des tiers intéressés à un titre quelconque tels que bailleurs de fonds, fournisseurs, entrepreneurs ou autres; mais l’indemnité due en vertu du paragraphe 8 serait de plein droit réduite proportionnellement à la période de l’année restant à courir au moment de l’application de la déchéance, ou proportionnellement à la période de suspension.
- « S n. — Le Gouvernement pourra, à toute époque, racheter les droits résultant de l’autorisation accordée et le matériel de l’entreprise moyennant une indemnité qui sera fixée d’un commun accord et, à défaut, à dire d'experts.
- « S 12. — A toute époque également, le Gouvernement aura le droit d’acquérir, s’il le juge convenable, pour ses propres usages, les appareils conformes à ceux employés par les permissionnaires, à prix débattu, et. à défaut, à dire d’experts, toute surélévation résultant du droit de brevet étant, par avance, exclue des cléments de ce prix.
- « g i3. — Toute constatation relative à l’interprétation ou à l’exécution des clauses et conditions des présentes sera jugée administrativement.
- <• § 14. — Les frais de timbre et d’enregistrement des autorisations accordées seront à la charge des permissionnaires. »
- Trois demandes de concession pour l’organisation de réseaux téléphoniques, présentant la garantie de capitaux suffisants, ont été admises : l’une le 23 juillet 1879, la deuxième le 8 septembre 1879 et la troisième le 23 septembre de la même année.
- Les bénéficiaires de ces autorisations n’ont pas tardé à fusionner leurs intérêts par la constitution de la « Société
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- générale des Téléphones », à la date du io décembre ! ifi8o. • " ......
- . Cette société a établi des réseaux à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Lille, le Havre, Rouen, Saint-Pierre-lès-Calais, Alger et Oran.
- Le nombre des abonnés desservis au 3i mars 1884 est, à Paris, de 3,227 et dans les autres villes de 1,852, soit en tout 5,079.
- La longueur des lignes, à la même date, est à Paris de 4,960 kilomètres et dans les autres villes de 2,5g5 kilomètres, soit en toqt 7,o55 kilomètres.
- La redevance de 10 p. 100 sur les recettes brutes due à l’Etat par la société, et qui n’avait produit que 17,000 fr. en 1880, s’est élevée à 55,937 fr. en 1881, à 142,637 fr. en 1882 et à 217,146 fr. en i883r
- En autorisant l’industrie privée à organiser les premiers réseaux téléphoniques, l’administration n’a abandonné aucun dé ses droits. Elle a conservé le contrôle absolu de ces réseaux et la possibilité de racheter à toute époque les exploitations en cours. Elle n’a aecordé aucun privilège, se réservant de donner d’autres concessions semblables et d’établir elle-même des réseaux partout où elle le jugerait convenable.
- La dernière des autorisations accordées expire le 23 septembre 1884.
- . L’action des compagnies a dû être nécessairement limitée de manière à ne pas faire concurrence au service de la télégraphie, dont le monopole appartient à l’Etat. Elle ne s’applique qu’aux villes indiquées ci-dessus et au périmètre de la distribution gratuite des télégrammes dans chacune de ces villes.
- Les personnes qui veulent relier au réseau téléphonique une habitation située hors de ce périmètre peuvent le faire par l’établissement d’une ligne d’intérêt privé pour les parties situées en dehors de ces limites. Un certain nombre déjà ont usé de cette faculté. |
- Or, il devient indispensable d’étendre les communications téléphoniques en dehors des villes. Il est nécessaire également d’ouvrir des bureaux publics dans lesquels le téléphone puisse être mis à la disposition même des personnes non abonnées, pour correspondre, soit avec un abonné, soit avec un autre poste public, et permettre les communications téléphoniques entre les'localités voisines.
- Les essais de ce genre entrepris à l’étranger ont pleinement réussi. L’administration allemande, profitant de l’expérience faite notamment en France, a installé et exploité elle-même les téléphones; elle a pourvu de réseaux 36 villes importantes de l’empire, et le nombre des abonnés s’élevait à 5,245 au ier novembre i883.
- ‘ Il en est de même en Suisse, où le conseil fédéral n’a autorisé la création que d’un seul réseau privé; il fait exploiter aujourd’hui les téléphones directement par l’Etat dans 7 villes, qui ont fourni ensemble 1,884 abonnés.
- En Angleterre, le post-office, tout en laissant des compagnies privées organiser les réseaux qu’il leur a concédés, a entrepris lui-même des exploitations téléphoniques à Ply-mouth, Cardiff, Newport, Leicester, Hull, Sunderland et dans quelques autres villes moins importantes. En outre, Manchester et Liverpool, d’une part, Cardiff et Newport, d’autre part, sont reliés entre eux par des fils téléphoniques mis par l’Etat à la disposition des abonnés, et une communication du même genre doit fonctionner prochainement entre Newcastle-on-Tyne et Sunderland.
- . Ces diverses expériences étant concluantes, il a paru qu’un essai d’exploitation téléphonique par l’administration française aurait les meilleurs résultats.
- Il était indispensable, d’ailleurs, d’entreprendre, au moins à titre d’essai, l’organisation directe par l’Etat de réseaux téléphoniques, afin d’avoir tous les éléments d’appréciation sur les résolutions à prendre dans l’avenir.
- C’est pour ces motifs qu’un crédit de 25o,ooo francs a été demandé aux Chambres et accordé, en 1882, pour subvenir
- aux premières dépenses d’installation des réseaux téléphoniques de l’Etat.
- Le système adopté par l’administration repose sur le remboursement des frais de premier établissement par les. abonnés, et le versement d’un abonnement annuel, destiné à couvrir entièrement les frais d’exploitation et à amortir les dépenses d’installation du bureau central, dont la charge est supportée par l’Etat.
- Mais, afin de ne pas imposer au public des obligations trop lourdes au début, le payement des frais d’installation peut être effectué eu quatre annuités.
- Il convient d’observer que la Société générale des téléphones avait choisi les villes les plus importantes, où une exploitation téléphonique devait donner promptement de bons résultats.
- Lorsque nous avons entrepris lesjessais, comme nous voulions les faire dans d’autres villes, nous nous trouvions en face d’un choix limité et peu favorable. Cependant, le public a déjà apprécié les conditions particulièrement avantageuses du taux réduit de notre abonnement. Nous avons obtenu rapidement 225 abonnés à Reims, 209 à Roubaix-Tourcoing, 104 à Troyes et 70 à Saint-Quentiu. Nous nous occupons d’installer des réseaux téléphoniques dans d’autres villes.
- Les réseaux de Reims et de Roubaix-Tourcoing ont été ouverts le avril i883. Leur fonctionnement donne aux abonnés de grands avantages, notamment par l’installation de cabines spéciales, permettantSsur tous les points de la ville de correspondre avec les abonnés.
- En même temps, ceux-ci peuvent correspondre téléphoniquement avec la station centrale, soit pour lui envoyer des dépêches, soit pour en recevoir d’elle : ils obtiennent ainsi une très importante accélération de service.
- La ville de Reims, grâce à ces avantages, possède actuellement le réseau téléphonique français qui dessert le plus grand nombre d’abonnés, eu égard à sa population, malgré la date récente de l’ouverture du service.
- Elle compte 23 abonnés par 10,000 habitants, tandis que Calais et Saint-Pierre-lès-Calais n’en ont que 22; le Havre, 18; Paris, Lyon, Bordeaux, 14 chacun; Marseille 10; Nantes 8; Rouen, Oran, 6; et Alger 3.
- Nous croyons que l’Etat pourra faire, à un moment donné, une excellente exploitation du service téléphonique; le succès des réseaux de Reims et de Roubaix en est la preuve. Mais, en même temps, nous examinons s’il n’y aurait pas intérêt à ajourner l’époque où il devra prendre cette charge pour tous les réseaux téléphoniques du territoire et y consacrer ainsi un important capital; c’est l’objet des études que nous poursuivons.
- {A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Budapest, le i3 juillet 1884.
- Monsieur le Directeur,
- Dans le n° 27 de votre journal, page 17, je viens de lire un fort intéressant article de M. G. Richard sur les « Transmissions pour dynamos », supposant l’emploi d’un anneau rotatoire à trois axes, et dont le but principal est de soulager et d’annuler le frottement des axes. .
- C’est surtout la phrase suivante qui m’engage à vous écrire, qui est ainsi conçue : « On connaît l’heureuse solu-« tion de ce problème appliquée dans les moulins à cylin-• dres de Mechwast, Fischer, Buckholz et Daverio », à quoi j’ai l’honneur de vous déclarer que c’est moi seul qui suis l’inventeur de l’anneau rotatoire d’allègement en question ; que ni M. Ad. Fischer, ni M. Daverio n’ont employé, et que
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- LA L UMIÈRE ÉLECTRIQ UE
- même M. Buchholz ne’l’a employé dans le moulin à cylindre, qu’îl a construit, qu’avec ma permission préalable.
- • Je vous prie donc, Monsieur lé Directeur, d’insérer cette rectification dans l’un des prochains numéros de votre journal, et d’en donner connaissance à l’auteur dudit article.
- Votre tout dévoué,
- Meilewart,
- Directeur de la Maison Ganz et C°, Budapest.
- FAITS DIVERS
- fc/vwv^vwww)
- Nous enregistrons avec beaucoup de plaisir la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur de notre ami M. Postel-Vinay, l’électricien-constructeur bien connu.
- Pendant l’orage de la semaine dernière, la foudre est tombée au delà d’Azy (Aisne), à l’entrée d’une forêt, sur trois poteaux télégraphiques, et les a hachés verticalement et, pour ainsi dire, convertis en allumettes; les fils télégraphiques ont été rompus et tordus en spirales sur une grande longueur.
- . Le même phénomène s’est produit entre Nanteuil et Crouttes.
- M. Toselli vient de faire construire à Nice une nouvelle cloche à plongeur, pourvue de deux réservoirs d’air comprimé. Les plongeurs sont en communication télégraphique et téléphonique avec le vaisseau, et les trois compartiments dont la cloche se compose sont éclairés avec des lampes à incandescence. Des expériences fort satisfaisantes ont eu lieu à Nice, et la construction d’un appareil plus grand, sur le même modèle, a été décidée.
- M. P. Rogers, de Londres, a dernièrement proposé de construire une galerie type d’une longueur de 4000 mètres sous le Holborn Viaduct, qui devrait renfermer toutes les canalisations électriques ainsi que celles du gaz et de l’eau. La galerie aurait une hauteur maximum de 2 mètres 70 et une largeur de 1 mètre 80; elle serait établie en brique avec joints en ciment. Les dépenses, calculées pour une profondeur de 3 mètres au-dessous du sol, sont évaluées à une somme de 700 francs par mètre courant, dont M. Rogers propose de répartir les intérêts (soit 35 francs à raison de 5 0/0), entre les différentes entreprises d’électricité, de gaz et d’eau qui profiteraient de ce travail.
- Un nouveau système de traction par l’électricité a été essayé la semaine dernière à Carnbrook, près de Manchester, sur une petite ligne de tramways.
- Le conducteur se compose de deux moitiés de tuyau placées à quelques pieds au-dessous du sol, au milieu de la voie et renfermant un collecteur mobile composé de petits cylindres qui, pàr un ressort sont pressés contre les parois du tuyau. Le collecteur se déplace avec la voiture et amène l’électricité du conducteur à un moteur électrique ordinaire qui communique par une chaîne avec les axes des roues et lait marcher la voiture. .
- L’énergie nécessaire pour mettre celle-ci en mouvement était de 2 1/2 chevaux environ.
- Le système de canalisation souterraine pour les conducteurs électriques, inventé par MM. Stewart et Berry, va être essayé à l’Exposition forestière d’Edimbourg.
- Un nouveau bateau torpilleur va être essayé à Sandy-Hook, près de New-York, par le gôuvërnèraent américain. Le bgteau est actionné et gouverné à l’électricité, et l’opérateur en a un contrôle absolu, même s’il en est éloigné de plus d’un mille.
- Éclairage électrique ’
- O11 annonce que la direction du théâtre de l’Ambigu vient de traiter avec la Société « l’Eclairage Electrique » pour une installation d’éclairage électrique comprenant 20 foyers à arc et 3oo lampes à incandescence. Les machines dynamo, ainsi que les moteurs, seront placés dans les sous-sols, et la dépense totale est évaluée à 80000.fr.
- Le paquebot VYarra, appartenant aux Messageries maritimes, est éclairé par 188 lampes Swan, dont 166 sont de 10 bougies et le reste de 20 bougies. Le courant est fourni par deux dynamos Siemens à enroulement Compound. Des téléphones Ader sont également installés sur le pont et dans la cabine du capitaine.
- Le paquebot le Thislle appartenant à la Glasgow and Londonderry Steam Packet O a été pourvu d’une installation comprenant 41 lampes à incandescence du système Pilsen-Joel de 20 bougies, distribuées dans tout le vaisseau. La dynamo est du type Schuckert et d’une force électromotrice de 102 volts; elle fournit à chaque lampe une intensité de courant de 0,66 ampères ou un total de'27,2 ampères pour les 41 lampes. La vitesse n’est que de 450 tours par minute. Le moteur est du type Westinghouse.
- La fabrique de cuivre de MM. Mechan et fils, à Glasgow est éclairée par six lampes à arc Paterson et Cooper de 2000 bougies chaque, actionnées par deux dynamos des mêmes inventeurs. Sept foyers du même système sont installés à Dumbarton, Ecosse, et actionnés par une machine Gramme.
- Le Wellington Home, à Glascow, un des plus grands magasins de drap en Ecosse, est éclairé à la lumière électrique avec 12 foyers à arc du système Clarke et Bowman, alimentés par deux dynamos Paterson et Cooper. Une machine à gaz de 12 chevaux fournit la force motrice.
- La municipalité de • la petite ville de Clevedon, près de Manchester, a décidé d’adopter la lumière électrique pour les rues de la ville et désire traiter à cet effet avec une Société .d’éclairage électrique pour une période de 9 mois à partir du i5 août prochain.
- L’établissement de M. Grimley, à Manchester, va être éclairé par des lampes à incandescence et à arc alimentées par différentes dynamos. Une machine à gaz Otto de 8 chevaux fournira la force motrice.
- Le moulin de MM. Pia et Re, à Brandizzo (Italie), a été pourvu d’une installation d’éclairage électrique de 85 lampes à incandescence Edison de differentes puissances lumineuses. Le travail a été fait par la Société generale Italiana d’elet* tricità.
- Le nouveau paquebot italien la Regina Margherita va être entièrement éclairé avec la lumière électrique.
- Les manœuvres d’un régiment de la garde, près de Berlin,
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- ont dernièrement été suivies de quelques essais fort intéressants de l’éclairage électrique d’un champ de bataille pendant la nüit. Après une attaque simulée, le corps d’ambulance a parcouru le terrain vers 11 heures du soir pour ramasser les prétendus blessés et morts qui étaient restés sur place. Une voiture, traînée par des chevaux, contenait les machines électriques et des foyers à arc avaient été montés sur des poteaux creux et mobiles également placés sur la voiture. Les expériences ont parfaitement réussi et les médecins, ambulanciers, etc., au nombre de 3i8, ont facilement pu distinguer les marques qui indiquaient les prétendus morts et la nature de chaque blessure, selon lesquelles chaque blessé a été transporté dans un service spécial. Des expériences de ce genre avaient déjà été tentées en Autriche sous les.auspices du prince impérial.
- Une comparaison avec les autres villes qui possèdent une installation semblable donne les résultats suivants :
- Le nombre des dépêches à Paris était en 1882 de 1 362 St4, ou une augmentation sur l’année 1880
- de............................................. oo3,866
- Le nombre des dépêches à Berlin en 1882 était de 611 176, ou une augmentation sur 1880 de.. . . 99,538
- Le nombre des dépêches à Vienne en 1882 était de 288253, ou une augmentation sur 1880 de.. . . 109.63i
- Le nombre total des dépêches transmises de Paris à Paris comparé avec le même trafic dans les autres villes est :
- Augmentation I882 sur 1881
- Le moulin de M. Brunner, à Truman, près de Vienne, est éclairé à l’électricité par 54 lampes à incandescence. La force motrice est fournie par les machines du moulin qui sont actionnées par des turbines, et on se sert d’un régulateur de tension très simple et original pour égaliser la marche irrégulière inévitable par tous les moteurs d’eau.
- La lumière électrique vient d’être installée dans tout l’établissement de MM. Milch et Hellin, à Vienne (Autriche). L’installation comprend 55o lampes à incandescence Swan de 12 à 20 bougies, pour lesquelles le courant est fourni par une dynamo à 6 pôles, actionnée par un moteur à vapeur, et donnant, à une vitesse de 210 tours par minute, une intensité de courant de 5oo ampères, avec une tension de 56 volts. La marche du moteur est absolument silencieuse.
- La ville de Hagen, en Allemagne, vient de conclure un traité avec la Société continentale du gaz de Dessau, selon lequel la ville a le droit, après un avis préalable de six mois, de demander le remplacement partiel ou en entier de l’éclairage à gaz par l’électricité. Par contre, la Société aura la priorité pour une concession éventuelle d’éclairage électrique de la ville.
- Les expériences comparatives de l’éclairage des phares qui ont été faites à Tompkinsville (Etats-Unis), ont démontré que la lumière électrique est dix fois plus puissante que la lumière à l’huile, de même qu’elle est. plus économique pour une certaine quantité de lumière. Les appareils employés dans nos phares, en France, ont été reconnus- les- plus avantageux. On a essayé les dynamos • de Gramme, Siemens, Weston et d’Elphinstone-Vinceut, mais le rapport complet sur ces expériences ne sera public que dans quelques mois.
- Un phare électrique, d’une intensité lumineuse de 24000 bougies, va être installé à Halletts Point sur l’East River, près de New-York. Les lampes seront placées à une hauteur de 25o pieds.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le réseau pneumatique de Paris a été commencé en 1866, mais en 1878, il n’avait qu’une longueur totale de 35 kilomètres. Aujourd’hui, il a 108 kilomètres de plus, soit en tout 143 kilomètres avec 75 bureaux. Le système fonctionne avec 8 stations de machines à vapeur d’une énergie totale de 375 chevaux. Cinq moteurs de réserve peuvent être utilisés en cas de besoin, ainsi qu’une force hydraulique. Le nombre des dépêches était en 1880 de 458 248, en 1881 de 954 526; en 1882, il y avait 1 326514 et en i883 1 889220 ou 3i2 pour cent de plus qu’en 1880.
- Paris............... 1,232,186 222,148
- Londres............. 1,206,002 82,291
- Berlin......... 607,383 25.842
- Vienne................ 288,253 97,904
- Il en résulte que la circulation des dépêches à l’intérieur de Paris dépasse même celle de Londres qui a un total de 3 900000 habitants, tandis que Paris n’en a que 2 22Z 000.
- Il y a donc une moyenne de 78 dépêches de Paris à Paris par 100 habitants contre 43 sur 100 à Londres. Le nombre total des dépêches de Paris à Paris depuis 1877 a été en :
- Augmentation Pour cent
- 1877............... 393,324
- 1878. ...... 596,602 133,279 84
- 1879 .............. 637,282 116,699 '21
- 1880 ........ . 969,177 33i,8g5 52
- 1881 ............ i,5io,o37 540,860 56
- 1882 ............ 1,732,186 222,149 14
- 1883 ............ 2,237,488 5o5,3ô2 29
- Selon l’ariicle 9 du traité conclu entre le gouvernement français et le royaume d’Annam, une ligne télégraphique va être établie de Saigon à Hanoï et exploitée par des employé^ français. Une partie des taxes sera attribuée au gouvernement annamite, qui concédera, en retour, le terrain nécessaire aux stations à installer.
- Le Faraday a maintenant placé 85o milles du câble Mackay Bennett; le navire a dû revenir à Queenstown chercher du charbon, mais retournera de suite finir la pose des 1 5oo milles de câble qu’il reste à placer.
- Plus de 3oo des principaux négociants de Newcastle on Tyne sont reliés entre eux par les lignes télégraphiques, et un bureau central comme pour les téléphones. Afin que tout le monde puisse se servir des instruments, on emploie des appareils à cadran de Wheatstone. Sur la demande des abonnés, l’administration fait également installer un téléphone sur la même ligne.
- La communication télégraphique entre Londres et Berlin a été partiellement interrompue pendant les premiers jours de la semaine dernière.
- Le réseau pneumatique de Berlin vient d’être •étendu jusqu’aux faubourgs de Moabit et de Wedding, et trois nouvelles stations ont été installées, ce qui en porte le total à 29. La plus éloignée des nouvelles stations est à une distance de 4328 mètres du bureau central.
- Le personnel du bureau central des télégraphes, â Vienne, se compose de 507 personnes. La longueur des lignes dans
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- *6p
- la ville même est de 24722 kilomètres, avec 441 247 kilomètres de fil ainsi répartis :
- Longueur Longueur des du fil
- lignes en en
- kilomètres kilomètres
- Fils aériens......................... 19,567 126,o58
- — souterrains. .......... 4,8i5 3o8,i89
- — intérieurs dans les bureaux. 0,340 17,000
- Soit. ..... 24,722 441,247
- Les appareils se composent de 3 instruments multiples Meyer, 35 appareils Hughes et 85 de Morse.
- Les recettes du département des télégraphes en Belgique pour le mois d’avril dernier ont été de 216 233 179 francs, ce qui présente une augmentation de 1 593 francs sur l’année précédente.
- Le gouvernement portugais vient de traiter pour la pose d’un câble télégraphique de Saint-Vincent à Santiago, aux îles du Cap de Verde et du Sénégal à Guinea, Saint-Thomas et Angola.
- Pendant la convention nationale à Chicago, la Western Union Telegraph C° avait fait installer cent appareils Morse dans la salle des délibérations, uniquement affectés au service de la presse et à la transmission du compte-rendu des débats.
- La Revue des postes et des télégraphes donne les détails suivants sur les réseaux téléphoniques de l’Etat en France. Les lignes sont construites par l’administration, à qui les frais d’établissement sont remboursés par les abonnés, qui doivent, en outre, se procurer à leurs frais les appareils et la sonnerie, et verser une somme de 200 fr. par an à titre d’abonnement. Quand le nombre des abonnés est supérieur à 3oo, le prix de l’abonnement est réduit à 170 fr.
- • Malgré la date récente de l’ouverture du service, Reims est déjà la ville de France la mieux desservie sous le rapport des communications téléphoniques; elle compte 210 abonnés, soit 23 par 10 000 habitants, tandis que Paris, Lyon et Bordeaux, où l’exploitation est concédée à la Société générale des téléphones, n’en ont que 14, Calais et Saint-Pierre-les-Calais, 22, et le Havre 18. Le nombre des communications dans le réseau de Reims s’est élevé, pendant le mois de janvier, à près de 535 par jour. Sept dames sont employées au bureau central.
- Des cabines spéciales, au nombre de neuf, installées dans les bureaux de poste et de télégraphe, dans les pavillons de l’octroi et les stations de voitures publiques, permettent à toute personne de converser par téléphone avec tous les abonnés, moyennant une taxe de 25 centimes pour 5 minutes de conversation.
- Les téléphones installés dans les établissements publics, tels que les cercles, les hôtels, les cafés et les restaurants peuvent être mis à la disposition de la clientèle de ces établissements; aucune taxe supplémentaire n’est due à l’Etat tant que le montant de la taxe des conversations échangées n’excède pas le prix de l’abonnement; au delà de cette limite, le propriétaire de l’établissement est redevable de la taxe ordinaire.
- Enfin, les abonnés qui en font la demande bénéficient de l’avantage de recevoir et de transmettre, sans supplément de prix, par voie téléphonique les télégrammes qui leur sont adressés ou qu’ils ont à transmettre.
- Le nombre des télégrammes expédiés et reçus dans ces conditions par les abonnés s’est élevé, en janvier, à 1 5iç.
- A Roubaix-Tourcoing, où un même réseau dessert les deux villes, le nombre des abonnés est de 180. Huit dames sont
- employées au bureau central. La moyenne des communications est de 657 par jour. Un bureau public, installé à Lille, permet aux habitants de cette ville de correspondre avec tous les abonnés de Roubaix et de Tourcoing.
- A Saint-Quentin, l’exploitation du réseau téléphonique â commencé le Ier décembre dernier.
- Un quatrième réseau sera ouvert prochainement à Troyes ; il compte déjà plus de 100 abonnés.
- Les réseaux téléphoniques actuellement en exploitation comptent 5 535 abonnés, et, sous ce rapport, la France a devancé l’Allemagne, qui n’a actuellement que 4 000 abonnés dans 21 villes différentes.
- Tandis que Paris, Lyon et Bordeaux comptent 14 abonnés chacun par 10000 habitants; Calais et Saint-Pierre 22; lé Havre 18; Reims 23; Londres n’en a que 5 seulement; Berlin 9; Vienne 4 et Bruxelles 11.
- M. Gisborne a essayé à Ottawa (Canada), de supprimer les effets d’induction sur les circuits téléphoniques en reliant les appareils aux deux bouts de la ligne au moyen de deux fils isolés tordus ensemble. Des expériences ont été faites sur un câble souterrain d’une longueur de 3 000 pieds et composé de 20 fils qui ont été divisés en dix paires, dont chacune formait un circuit métallique.
- Les expériences ont démontré qu’en employant une de ces paires pour un circuit téléphonique, aucun effet d’induction ne se faisait sentir dans les autres. Nous pouvons ajouter que M. Bell, l’inventeur du téléphone qui porte son nom, a déjà, en 1879, obtenu les mêmes résultats par un procédé analogue qui a été breveté à cette époque par l’inventeur, et qui depuis a été essayé notamment par les Compagnies des téléphones à Anvers et à Charleroi, sans pourtant donner un résultat absolument satisfaisant.
- L’American Bell Téléphoné C°, de Boston, vient de publier la statistique des réseaux téléphoniques établis aux Etats-Unis à la date du ior janvier 1884. Le tableau suivant donne les renseignements les plus intéressants sur les progrès de l’année dernière :
- i«r janv.1883 1" janv. 1884 En plus
- Nombre de bureaux centraux ....... Nombre de circuits . . Nombre de milles de fil 725 74,484 68,571 3,716 97,728 906 97,422 85,896 4,762 123,625 281 22,938 23,325 1,046 25;897
- Nombre d’employés. . Nombre d’abonnés ...
- Les ingénieurs de l’International Bell Téléphoné C°, à Saint-Pétersbourg ont fait des expériences téléphoniques la semaine dernière entre Saint-Pétersbourg et Bolôgœ, une distance de 302 versts (3 700 kilomètres environ). On s’est servi du transmetteur Blake avec deux diaphragmes placés à un angle de 45 degrés, le récepteur était le téléphone Bell ordinaire. Malgré l’induction très forte, la parole arrivait très distinctement. On a également parlé de Moscou à Bo-logœ, 3i5 versts, mais le résultat n’a pas été aussi satisfaisant à cause de la mauvaise condition de la ligne qui ne mesurait que 27 000 ohms de résistance; mais les ingénieurs sont certains d’arriver à parler à une distance de 600 versts sur une bonne ligne. Les expériences ont eu lieu la nuit.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 49502
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- ” ; ; " .............................................
- directeur : D1 CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AUG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- .
- N°
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 2 AOUT 1884
- SOMMAIRE
- A propos du fonctionnement de la lampe Piette et Krizik ; Aug. Guerout. — Disposition nouyelle de la pile au bichromate dè potasse; P; Clemenceau. — Note sur le galvanomètre Thomson; A. Rouillard. — Projections de lumière électrique à Souakim; C.-C. Soulages. — L’électricité et le choléra ; Dr A. Tripier. — Chronique de l’étranger : Allemagne : F. Uppenborn. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Comparaison de la supposition des courants autour de l’axe d’un aimant avec celle des courants autour de chaque molécule, par A. Fresnel.
- — Sur les relations électrocapillaires, par M. Garbe. — Sur la conductibilité électrique de l’eau distillée, par M. G. Foussereau. — Distribution du potentiel électrique dans une plaque rectangulaire par M. A. Chervet.— Travaux de la Conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite).
- — Faits divers.
- A PROPOS DU FONCTIONNEMENT
- DE
- LA LAMPE PIETTE ET KRIZIK
- Il est rare que les inventions électriques soient présentées au public par les inventeurs eux-mêmes et ceux qui en donnent les premières descriptions n’entrent pas toujours assez dans la pensée de l’auteur pour que l’on comprenne bien son idée et le but qu’il s’est proposé.
- j De là viennent parfois certaines idées fausses que l’on est tout étonné de voir un jour démenties par l’expérience, alors même que les inventions que l’on croyait basées sur elles fonctionnent encore parfaitement et semblent encore venir les appuyer.
- , C’est un fait de ce genre qui s’est produit à propos de la lampe Piette et Krizik et de l’emploi dans cette lampe de noyaux coniques dans les solé-jjoïdes.
- Qn a toujours écrit qu’avec un noyau conique l’Attraction exercée par le solénoïde sur le noyau
- était constante pendant une grande partie de la course du noyau. Or, notre correspondant M. Uppenborn a signalé, il y a quelque temps, un travail du Dr Bœttcher, dans lequel celui-ci a dressé la courbe d’attraction par un solénoïde d’un noyau cylindrique et la courbe d’attraction dans les mêmes conditions d’un noyau biconique. Il a reconnu que les courbes étaient sensiblement les mêmes et en a conclu que l’action était la même dans le cas du noyau biconique et dans le cas du noyau cylindrique.
- De là, cette conclusion naturelle que le noyau biconique n’a pas sa raison d’être et que la lampe Piette et Krizik fonctionnerait tout aussi bien avec un noyau cylindrique. —
- Mais une pareille conclusion est peut-être un peu prompte et M. le professeur Dietrich de Stuttgart, dans un travail que publie le Centralblatt für Elek-trotechnik, a voulu aller un peu plus loin et étudier le fond des choses.
- Il s’est posé les deux questions suivantes :
- i° Quelle est la meilleure forme de noyau à employer pour avoir un bon réglage avec une lampe monophote à un seul solénoïde compris dans le circuit principal?
- 2° Qu’arriverait-il si, dans une lampe à deux solé-noïdes, on remplaçait les noyaux cylindriques par des noyaux coniques?
- Ecartant naturellement les lampes à déclenchement, qui ne viennent pas en question, l’auteur se trouve amené à considérer une lampe d’un type analogue à la lampe Jaspar. Dans une lampe de ce genre, il intervient toute une série d’actions dues à l’attraction du solénoïde, au poids du charbon, aux poids de réglage, etc.
- Mais toutes ces actions peuvent être considérées comme donnant lieu à deux résultantes, l’une agissant dans le sens de l’attraction du solénoïde et qùj sera désignée par le terme général d’attraction j l’autre en sens contraire, que l’on pourra appeler force antagoniste. ' '•
- La position du noyau dans le solénoïde peut être • • - —
- *
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- déterminée par la distance entre le centre de ce noyau et le centre du solénoïde. En prenant pour abscisses les différentes valeurs de cette distance et pour ordonnées, d’une part l’attraction, d’autre part la force antagoniste, M. Dietrich a déterminé, pour une lampe à un seul solénoïde, les courbes correspondantes à ces deux forces (fig. i).
- FIG. I
- Or, pour que la lampe fonctionne toujours d’une façon identique à elle-même, il faut, toutes les conditions extérieures étant égales, que l’attraction soit toujours égale à la force antagoniste, c’est-à-dire que les deux courbes soient identiques.
- F!G. 2
- La figure i montre qu’elles ne le sont pas' et il ' en résulte que pendant la durée de la combustion des charbons la coïncidence ne peut avoir lieu que pour des intensités variables I, I,, I3 et que la longueur de l’arc doit changer constamment.
- Etant donné un noyau cylindrique, on peut rapprocher les deux courbes de l’identité en adoptant
- un dispositif destiné à faire varier la force antagoniste comme l’attraction. C’est par exemple ce qu’a fait M. Jaspar, en ajoutant à l’une de ses poulies un poids qui, suivant la position de la poulie, modifie diversement la force antagoniste, il s’est rapproché de la solution du problème. Il s’en serait rapproché encore davantage si par un artifice facile à imaginer, il eût rendu le poids mobile sur le rayon de la poulie.
- Il est facile de comprendre cependant qu’il doit exister une forme de noyau pour laquelle on n’ait besoin d’employer comme force antagoniste que le poids des porte-charbons et le poids variable des charbons, de façon à éviter tous contrepoids, ressorts de réglage, etc. La courbe de l’attraction doit alors être une droite presque parallèle à l’axe des abscisses. Mais le noyau conique ne remplit nullement ces conditions.
- Si on passe maintenant à une lampe à deux so-
- FIG. 3
- lénoïdes et qu’on les suppose séparés et munis chacun d’un noyau (fig. 2), comme cela se fait maintenant pour les lampes Piette et Krizik, pour un réglage très sensible de la lampe, abstraction faite des perturbations extérieures, le courant doit être toujours sensiblement le même. Dans ce cas, l’attraction est représentée par la courbe d’attraction du solénoïde H que parcourt le courant principal, et la force antagoniste est représentée par la courbe d’attraction du solénoïde dérivé N. Dans ce cas encore, les deux courbes doivent coïncider pour que la lampe fonctionne normalement.
- Si on suppose la lampe de la fig. 2 nouvellement allumée, le centre du noyau Kh devra être un peu au-dessus du centre de son solénoïde afin de pouvoir faire l’allumage. Le centre du second noyau K„ sera alors très éloigné du centre de son solénoïde, et quand les charbons seront presque brûlés, il devra être encore un peu au-dessus du centre de ce solénoïde afin de pouvoir rapprocher encore les charbons. Dans la position que représente la figure, là course de chaque noyau est égale à la demi-somme des longueurs des deux charbons.
- Prenant alors pour abscisses les distancés suç-
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- ce^sives'du centre du noyau Kh au centre du $o-lénoïde H, on obtient pour l’attraction et la force antagoniste les deux courbes de la fig, 3. Elles devraient coïncider, mais la coïncidence est loin d’avoir lieu.
- Pour qu’il y ait coïncidence, il faudrait que les deux ordonnées maximum fussent égales. Supposons qu’on soit arrivé à ce résultat en changeant le fil des solénoïdes et déplaçons en conséquence la courbe N, nous verrons de suite qu’il n’y aura coïncidence approchée que sur une longueur correspondant à la demi-longueur des charbons, et cela nous montrera de suite que les noyaux cylindriques ne sauraient être employés.
- On pourrait, comme avec la lampe Jaspar, corriger le défaut de coïncidence des courbes par des moyens mécaniques* mais on peut aussi faire la correction en changeant la forme des noyaux. On peut employer des noyaux donnant des courbes qui, pour les positions données dans la figure, coïncident sur une plus grande étendue, et, d’après les expériences de M. Dietrich, c’est précisément ce qui a lieu avec les noyaux coniques.
- Ces expériences, sans contredire à celles de M. Bœttcher et même en les confirmant, montrent donc que ce n’est pas à tort que l’on a attribué dans la lampe Piette et Krizik un rôle important aux noyaux coniques. D’ailleurs il semblerait que MM. Piette et , Krizik connaissaient bien eux-mêmes le mode d’action du noyau conique. M. Dietrich extrait en effet de leur brevet le passage suivant ;
- « Quand une tige de fer est entourée de deux spirales S, et S dont la première, placée vers le milieu de la tige, agirait en sens opposé de la seconde placée vers le bout, il est clair que S attirera le noyau vers Son intérieur avec une plus grande force que St. Pour rendre donc égale les deux actions opposées sur le noyau, nous avons donné à ce dernier une forme particulière en amincissant Ses bouts. Quand un noyau bi-conique est placé dans les deux spirales sur une égale longueur, pour le même moment magnétique des deux spirales, leurs deux actions sont égales ; cela se produit encore tant que le milieu du double cône s’approche du milieu d’une des spirales, mais sans l’atteindre et cela a lieu dans toutes les positions intermédiaires. »
- Des mesures faites sur des lampes Piette et Krizik ont montré que les courbes d’attraction des deux solénoïdes peuvent parfaitement coïncider et que l’apparente contradiction entre le fonctionnement de la lampe et les résultats de M. Bœttcher tenait uniquement à un malentendu.
- Aug. Gueroüt.
- DISPOSITION NOUVELLE
- DE LA
- PILE AU BICHROMATE DE POTASSE
- Depuis que Poggendorff en 1842 eut l’idée de substituer à l’acide nitrique, dans la pile Bunsen, une solution de bichromate de potasse additionnée
- I’IG. I
- d’acide sulfurique, et de faire ainsi en suprimant le vase poreux une pile à un seul liquide, son idée fut reprise un nombre considérable de fois. Les uns la réinventèrent simplement ; d’autres, plus au courant des travaux de leurs devanciers, prirent la pile de Poggendorff telle qu’il l’avait conçue et, pressentant l’avenir qui lui était réservé, ne songèrent qu’à la modifier pour la rendre meilleure. Parmi ceux-ci, M. Grenet est un des premiers qui présenta la pile au bichromate de potasse sous une
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- Mfy LA LÜMIÈRË ÉLECTRIQUE
- forme vraiment pratique. Dès i856, en effet, il lui donna la forme encore en usage aujourd’hui et connue sous le nom de pile bouteille. Ainsi constituée, cette pile, on le sait, présente une faible résistance intérieure .et une .force électromotrice supérieure à celle de l’élément Bunsen. Malheureusement son énergie décroît avec rapidité et l’altération du liquide, ainsi que le dépôt notable d’oxyde de chrome qui se produit sur l’électrode positive
- font qu’on ne peut l’employer dans les expériences d’assez longue durée. M. Grenetfit, il est vrai, disparaître ces deux défauts en renouvelant d’abord le liquide d’une façon lente et continue et surtout en faisant barbotter dans la pile un courant d’air qui détachait l’oxyde de chrome à mesure de la formation de son dépôt. Ainsi perfectionnée, la pile au bichromate fut employée en grand dans l’installation de l’éclairage du Comptoir d’Escompte. Nos lecteurs connaissent la construction de l’élément Grenet-J.arriant, M. H. Noaillon en a donné tous les détails dans ce journal, et nous n’avons pas aujourd’hui à
- y revenir. Un point seul est à signaler; Dans ünè vaste installation industrielle comme celle du Comptoir d’Escompte, l’emploi de l’air comprimé, comme le renouvellement du liquide peut être facilement adapté à la pile au bichromate de potasse ; le nombre des éléments est assez grand pour qu’il y ait lieu d’installer toute la tuyauterie nécessaire; mais quand on ne veut faire usage de cette pile que pour des expériences de laboratoire ; quand on n’a besoin que d’un petit nombre d’éléments, il est impossible, dans ce cas, d’adopter le dispositif de M. Grenet tel que le comporte une installation d’éclairage. Il faut fatalement revenir à une forme plus simple, tout en cherchant cependant à atténuer l’influence des défauts inhérents au principe même. Dans cet ordre d’idées, il faut signaler le dispositif adopté par M. Courtot pour ses piles au bichromate de potasse, dispositif très simple, mais assez étudié pour en rendre l’emploi commode dans un laboratoire.
- La figure i donne la disposition la plus élémentaire. Elle se compose d’un vase de grès dans lequel plongent 4 plaques de charbon réunies entre elles par une couronne de cuivre qui constitue l’une dés prises du courant. Au centre un vase poreux cylindrique contient une dissolution très étendue de bichromate faiblement acidulée dans laquelle baigne le prisme de zinc qu’une tige mobile permet de soustraire à l’action lorsque la pile cesse de travailler. La présence du vase poreux dans l’élément au bichromate augmente, il est vrai, la résistance iitérieure,mais, en revanche, si ellediminue le débit, elle lui assure une constance très précieuse et une assez longue durée.
- Les éléments ainsi constitués peuvent être groupés au nombre de six dans une cage analogue à celle que représente le dessin, et former une batterie, somme toute, peu volumineuse, suffisant aux expériences courantes du laboratoire, et capable d’alimenter convenablement deux petites lampes de 4 volts pendant dix ou douze heures consécutives. Nons avons eu occasion de nous servir de ces éléments pour la graduation de galvanomètres, et après avoir constaté la constance du débit, nous avons reconnu qu’à très peu près, la résistance intérieure de chaque couple était de oohm,i;75 avec une force électromotrice de 2 volts. On le voit, ces éléments doivent être en général montés tous en tension comme ils le sont sur la figure, d’autant que la mobilité des zincs permet, sans rien changer, d’en employer un nombre variable suivant le cas. D’ailleurs, avec des zincs amalgamés d’une manière spéciale, l’attaque est insensible, et le travail à circuit ouvert est presque négligeable.
- Cependant, malgré les qualités inhérentes au dispositif que nous venons de décrire, le défaut commun à toutes les piles au bichromate, le dépôt sur le charbon d’oxyde de chrome n’y est pas évité, il , se fait assez lentement, il est vrai, mais il se fait, et
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- à ce point de vue la disposition que représente la figure 2 est préférable. Les éléments y sont composés de vases prismatiques en porcelaine, contenant comme toujours la dissolution et le vase poreux.
- L’ensemble est recouvert d’une plaque en ébonite reliée au zinc et aux deux lames de charbon, de manière à ce qu’on puisse, lorsque la pile ne fonctionne plus, sortir le tout du liquide. Dans ces conditions, le dépôt d’oxyde de chrome est diminué dans une très notable proportion, et la durée du débit est par suite de beaucoup augmentée.
- La figure 3 montre les détails du treuil qui per-
- Fl. • 3
- met de soulever, suivant les cas, soit tous les éléments d’une même auge, soit une partie seulement.
- Pour cela, le tambour sur lequel s’enroule la chaînette qui porte les charbons, est monté sur un manchon fixé sur l’arbre. Celui-ci est mù à la main par une manivelle, et une roue à rochet R jointe au cliquet qu’actionne un ressort à boudin empêche les plaques en ébonite de retomber lorsqu’on veut placer le verrou sous le bouton B du ressort.
- Lorsqu’on veut mettre un élément hors du circuit, iLsuffit d’agir avec le doigt sur l’extrémité du levier D ; sous l’action de celui-ci, la chaise s, présentant une rainure au passage de vis qui la fixent à la traverse supérieure, prend un mouvement dans
- le sens longitudinal et vient par suite embrayer le tambour par le manchon à dents Ë duquel elle est solidaire. On peut ainsi, l’expérience finie, soustraire en même temps le zinc à l’action de l’acide, et empêcher sur le charbon le dépôt de l’oxyde. Comme onlevoit, les dispositions que nous venons d’analyser ne présentent rien qui soit particulièrement original. Les treuils dont on sc sert pour séparer les éléments d’une pile quand le circuit est ouvert sont depuis longtemps employés ; la pile à bichromate elle-même est ancienne, et, comme nous le disions en commençant, elle a été nombre de fois modifiée dans ses détails ; malgré cela, nous avons cru utile de signaler le mode de construction que M. Courtot préconise, car, grâce à la simplicité des dispositifs, il rend commode et facilement maniable une pile d’une très grande constance qu’on peut utiliser pour l’éclairage des lampes à incandescence comme pour les expériences les plus variées du laboratoire.
- P. Clemenceau.
- NOTE
- SUR
- LE GALVANOMÈTRE THOMSON
- On sait que l’aiguille de ce galvanomètre se compose de deux petits aimants orientés en sens contraire, formant un système astatique et distants d’environ 6 ou 8 centimètres. Un grand aimant courbe, placé au-dessus et appelé aimant directeur, sert à régler la sensibilité de l’instrument.
- Nous nous proposons d’étudier les positions d’équilibre de l’aiguille relativement aux positions de l’aimant, ainsi que le degré de sensibilité compatible avec ces positions. Cette étude nous conduira à quelques résultats remarquables.
- Et d’abord prenons une aiguille aimantée comme celle de la figure T, et telle que les quantités de magnétisme N, S contenues dans l’aimant inférieur soient plus grandes que celles n, s contenues dans l’aimant supérieur.
- i° Sous l’influence de la terre, cette aiguille astatique se comportera comme une aiguille simple dont les aimantations seraient •
- ( 11 ! = N — s ( = S — n
- soient <p et — w les forces du couple terrestre appliquées en ni, s4.
- 2° Sous l’influence de l’aimant directeur, s tend à être attiré par le nord Nt de l’aimant, et N à être repoussé. Mais comme l’aimant directeur se trouve relativement beaucoup plus près de sn que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de NS, l’action sur sn l’emportera, et le côté sN de l’aiguille sera attiré par le pôle Nord de l’aimant directeur. Cette action de l’aimant directeur sur l’aiguille se traduit, comme celle de la terre, par un couple, et si nous supposons les forces de ce couple appliquées aux mêmes points que cp et — <p, elles seront par exemple /et — /.
- C’est sous l’influence de ces forces que l’aiguille
- 2^ AL-
- FIG. 1
- (représentée en plan par RR'), prendra sa position d’équilibre indiquée par la figure 2.
- Il est indispensable, pour ce qui va suivre, d’admettre le théorème suivant, qui résulte de considérations mathématiques trop longues pour trouver place ici. En général, dans les conditions où le galvanomètre est installé, c’est-à-dire pour une
- FIG. 2
- aiguille presque asiatique, la force f augmente quand on baisse l’aimant directeur.
- De sorte que si z désigne la hauteur de l’aimant directeur, on aura toujours
- Pour notre étude, nous allons distinguer trois cas :
- / < 9 / > <f> /== 9
- f
- 1° / < <p OU * < I. — ÉTUDE DES POSITIONS
- D’EQUILIBRE DE l’aiguille CORRESPONDANTES AUX POSITIONS DE L’AIMANT DIRECTEUR.
- Prenons comme origine des angles le méridien magnétique S0 N0 (fig. 3) et admettons que l’aimant
- directeur S, N, se confond avec S0 N0. L’aiguille obéit à la force (tp — f) et se place dans la direction oS0.
- Faisons tourner l’aimant dans le sens positif en le laissant toujours à la même hauteur, de sorte qu’en négligeant la longueur 2 X des petits aimants de l’aiguille, /reste constant, (tp est d’ailleurs toujours constant).
- L’équation d’équilibre est :
- fli = <?h (»
- et comme /< tp, il faudra que / > /.
- On a :
- /, = X sin (a + p) (2)
- /2 = X sia p (3)
- en remplaçant lt et l2 par leurs valeurs dans l’équation (1), il vient :
- >' sin (a + P) = <p sin P (4)
- FIG, 3
- Remarquons que les équations (1) (2) (3) seront encore satisfaites si l’on change a en —• a et p en ,— p. Il suffit donc d’étudier le mouvement de l’aiguille pour a variant de o à tt par des valeurs positives ce mouvement étant symétrique pour des valeurs négatives de a.
- Considérons donc (3 comme une fonction de a. et formons —
- a a
- d P _ __^_a==_______/cos (a + p)______________J_____
- d a f p / cos (a + P) — <f cos p <p cos p
- cos (a + 8)
- a et p partent tous deux de o et varient d’une manière continue; p n’arrivera jamais à go°, car s’il en était ainsi, l’équation (4) donnerait :
- f sin (a + 90) = 9
- ce qui est impossible, puisque / < ®.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 167
- On aura donc toujours cos p > o. i° (a -f- p) < 9°°> alors cos (a -f- p) > o et l’on a toujours o.
- 20 (a -|- p) = 900 donne cos (a -}- p) = o, et = o. (3 passera donc par un maximum ou un
- minimum.
- 3° (a p) > 9°° donne cos (a -j- p) < o, et comme cos p > o, on aura toujours dans ce cas rfp
- <° a oc ^
- Soient oq et p, les valeurs particulières de a et p qui donnent 04 -f- Pi =90°.
- p croît avant pt, il décroît ensuite, donc p, est un maximum et l’on a, en appliquant l’équation (4) à ce maximum :
- d’où
- /= 9 sin p,
- sin Pi = cos ai = -V
- pour
- l’équation (4) donne
- a == 180“ p = 0
- On peut résumer la discussion précédente en disant que le plan est partagé en deux régions (fig. 4) par les directions ooq, o«,.
- Dans la région as S0 oq, l’aiguille tourne en sens contraire de l’aimant. Dans la région a, N0 a3, elle tourne dans la même sens.
- ÉTUDE DE LA VARIATION DE SENSIlîILITÉ
- Evidemment, la sensibilité de l’appareil est une grandeur inverse de la force directrice F, car plus cette force est grande, plus il faudra d’efforts pour faire dévier l’aiguille.
- On a (fig. 3) :
- F2 =/2 + p2 — 2/9 cos a (5)
- i° L’aimant directeur reste à la même hauteur. Alors / et cp sont des constantes et (5) montre que
- F est minimum pour «=o F=9—f F est maximum pour a=n F=ç-|-/
- Et nous arrivons à la conclusion suivante :
- Pour une hauteur donnée de l’aimant directeur, la sensibilité est maximum ou minimum quand l’aimant est dans le plan du méridien magnétique :
- Etant donnée une installation déterminée pour les appareils, p est une constante pour cette installation, puisque l’aiguille doit toujours occuper la même position d’origine. De sorte que pour cette installation, nous avons comme variables F,/, a.
- F est donc une fonction de fonctions. En appliquant les règles connues pour la formation de la dérivée d’une pareille fonction aux équations (4) et (5), on arrive facilement à :
- F^=/— 9 j^cosa4-sina^(a + ?)J (6)
- Pour connaître le signe de cette dérivée, nous sommes conduits à étudier la fonction
- <{/=cos a + sin a tg. (a + p)
- Pi—
- FIG- 4
- qui donne :
- 5^= tg. (a -f- p) £co3a-t-sinatg._(a-f-p)J. (8)
- c’est-à-dire la fonction elle-même multipliée par tg. (oc —|— p). — La dérivée (8) s’annule pour
- tg-(“ + P)=0 (9)
- ou pour
- cos a4-sin a tg. (a-pp)—O (10)
- (9) est vérifiée pour
- a= O p=o
- a = iv p = o
- a=2it p=o
- Maximum quand S4 est tourné au nord, Minimum quand N, est tourné au nord,
- 2° On fait varier la hauteur de l’aimant directeur.
- Nous avons à considérer les 2 équations (5) et (4).
- c’est-à-dire pour les points qui sont sur le méridien magnétique (10) peut s’écrire
- 14-tg.atg. (a+P)=o,
- et sous cette forme, on voit qu’il faudrait que les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux directions a et a -|- (3 fussent perpendiculaires, c’est-à-dire que
- (« + p)-«=^
- d’où
- ce qui est impossible.
- De sorte que les maxima ou les minima de la fonction t|/ = cos a + sin « tg. (a -f- P) ont lieu pour
- !a= o p=o >]/= i Minimum.
- a= tc p —O ij/=—i Maximum,
- a—2Ti p=o i Minimum.
- Les variations de <J/ sont indiquées par la figure 5.
- FIG. 5
- D’ailleurs pour :
- F =/—<p, c'est-à-Jire <0>.
- l'W=/ + 9' ~ >u>
- r ‘iF r /
- ci K
- La fonction F change donc de signe quand
- a varie de o à * et de iz à 2 tc. Ce changement de signes peut se faire, soit par o, soit par l’infini.
- i° Admettons que la fonction
- F ^ = / — <p £cos a + sin a Ig (a + p) | = /— <? -J/,
- change de signes en passant par o. Nous aurons à ce moment
- /— 9^=0,
- d'où
- A = c’est-à-dirc ^ <[ 9
- mais le minimum de ^ est i, donc la fonction
- d F
- F-^ ne peut passer par o.
- 2° Alors elle changera de signes en passant par l’infini. Et en effet, pour
- «*+?=!•
- et
- « + P=3?,
- on a
- tg. (a+p)=Cc.
- Et les valeurs de a. et (3 par lesquelles se fait ce changement de signes sont précisément oq pt et
- a., p2.
- F étant positif, le signe de sera
- — pour la région a, S0 ,
- -F pour la région a, N0 a2.
- Et d’après le théorème rappelé en commençant, théorème qui se traduit par la formule
- on aura pour le signe de
- + pour la région et! S0 a2,
- — pour la région a( N0 a2.
- On peut donc énoncer la règle suivante pour le cas de /< cp :
- Si en tournant l’aimant, l’aiguille tourne dans le même sens, on augmentera la sensibilité en haussant l’aimant directeur; si elle tourne en sens contraire, on arrivera à ce but en le baissant.
- ’2°/> —ÉTUDE DES POSITIONS D’ÉQUILIBRE.
- S, N, étant confondu avec S„N0 (fig. 6), l’aiguille sera dans le même plan et soumise ,à la force (f—cp).
- Elle aura donc fait un demi-tour par rapport à la position qu’elle occupait dans le cas de /< <p.
- On a
- fi h = 9 /*, (0
- =>. sin (p — a) (2)
- /2=),sin a (3)
- De sorte qu’en remplaçant /, et /a par leurs valeurs dans l’équation (i) il vient
- / sin ([î -a) = ç sin a (4)
- Pour étudier cette fonction S, formons^,
- 1 ’ a a
- dp _/cOS(ft— ot) + 9 COSoc . 9 cos a d a /cosip —a). — 1 /cos(p — a/
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- On facilitera les calculs en étudiant d’abord la fonction p — a. On reconnaîtra que P — a est
- maximum pour a, = *, et minimum pour <*2 = 3^;
- FIG. 6
- que a et l’on peut dire : Qu’en tournant l’aimant directeur, l’aiguille le suit dans son mouvement. L’angle de l’aiguille et de l’aimant est maximum quand celui-ci est perpendiculaire au plan du méridien magnétique.
- ÉTUDE DE LA SENSIBILITÉ
- i° Pour une hauteur donnée de l’aimant :
- a = o F =/—9 sensibilité maximum, a = u F=/H-? sensibilité minimum.
- 2° On fait varier la hauteur de l’aimant. A cause de la symétrie, il nous suffit encore d’étudier la région comprise entre o et 7t. On a :
- F2 = f2 + ç2 — 2 f <f cos a (5)
- F sin ([3 — a) — 9 sin a = o (4)
- En considérant, comme dans le premier cas, F comme une fonction de fonctions, on arrivera à :
- F ^=/-9 cos B+/£i»n*Jg<P-«> dJ 9 COS q
- cos (P — a) +"'
- les valeurs correspondantes de p étant
- COS Pi=—J. COS P2 — j.
- ce qui donne 2 lignes o Pj et o p2 symétriques par rapport à S0 N0 (fig. 7).
- On verra ensuite que la plus grande valeur néga-
- tive de^~-^ =— 1 pour a = it. Pour cette valeur
- £P d a
- l
- c’est-à-dire ^>0. t d a
- La plus grande valeur négative de —sc°^ ^ — — 1
- pour a = 7t. Dans ce cas, le dénominateur serait f — <p > o. Donc le troisième terme pour a < 7t est toujours positif.
- D’ailleurs comme
- à fortiori
- f> 9
- /]> 9 COS a.
- Donc on aura toujours, dans le cas de /> © :
- d F df
- > o
- Et comme f^< o, il s’ensuit que^ < o et qu’en
- baissant l’aimant on diminue toujours la sensibilité.
- En résumé, on peut dire pour /' > 9 :
- L’aiguille tourne toujours dans le même sens que l’aimant.
- ([3 — a) croît jusqu’à son maximum pour l’aimant perpendiculaire au méridien magnétique, puis décroît jusqu’à o.
- Pour augmenter la sensibilité, hausser l’aimant.
- 3° /— <p. L’équation //, = © l, donne
- ce qui conduit à
- Donc, toujours
- <Le
- d a
- > o, et p croît en même temps
- r+ p = ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- S, N, étant sur S0 N0 (fig. 8), F = o et l’aiguille est folle. L’aimant étant ailleurs que sur le méridien magnétique, l’aiguille se placera suivant la bi-sectrice de S0 ON, (car /, = /2).
- Prenons S, dans une certaine position différente de S0, faisons tourner S, pour l’amener en S„; à la limite, RR' devient perpendiculaire à S0 N0 et R est en R,, mais à ce moment l’aiguille est folle.
- Partons maintenant de la position S' symétrique de la précédente, l’aiguille sera aussi dans une position symétrique, et S' venant en S0, R viendra en R'. De sorte que l’aimant directeur tournant de S4 en S', l’aiguille tourne d’une manière continue, excepté pour le point de passage de S* sur S0 ; en ce point elle fait brusquement un demi-tour.
- C’est cette discontinuité de mouvement qui caractérise ce cas de/= ep.
- La valeur de F est ici :
- F2 = 2 /2 — 2 f- cos a
- Pour avoir la sensibilité maxima de l’appareil il faut mettre d’abord l’aimant dans le plan du méridien magnétique, puis le hausser ou le baisser, jusqu’à ce que l’aiguille soit folle; ensuite le tourner légèrement, ou le hausser ou le baisser (aussi légèrement).
- AUTRES CAS D’AIMANTATIONS DE L’AIGUILLE
- Dans l’étude précédente, nous avons supposé que les aimantations NS étaient plus grandes que n s.
- Supposons maintenant que N S soient plus petites que ns, la force <p changera de sens, / restant la même.
- Retournons alors l’aimant directeur d’un demi-
- R R'
- S N
- FIG. 9
- tour, / changera de sens, l’aiguille tournera de 1800 et nous serons dans les mêmes conditions que celles étudiées précédemment.
- Admettons maintenant que les aimantations des petits aimants de l’aiguille soient renversées (fig. 9). Nous aurons encore les deux cas :
- Maximum de sensibilité a = o F = o aiguille folle.
- Minimum............... a=u F = 2/
- Si l’on monte tant soit peu l’aimant, on est dans le cas de / < tp ; si on le baisse, on est dans celui de/> <p.
- De tout ce qui précède, il résulte que :
- Règle générale. — Si, quand on tourne l’aimant, l’aiguille tourne dans le même sens, pour augmenter la sensibilité, il faut hausser l’aimant.
- Si elle tourne en sens contraire, pour augmenter la sensibilité, il faudra baisser l’aimant.
- Pour avoir la sensibilité maxima ou minima correspondant à une hauteur donnée de l’aimant, il faut que l’aiguille et l’aimant soient dans le plan du méridien magnétique.
- s.?î]>S.N
- Il n’y a qu’à remarquer que / et cp ayant changé de sens, l’aiguille aura fait un demi-tour. Nous trouvant alors dans les mêmes conditions initiales, nous arriverons aux mêmes résultats.
- COMMENT ON DOIT INSTALLER UN GALVANOMÈTRE THOMSON
- Le galvanomètre étant en place et réglé, pour que les essais soient comparables, il faut que la sensibilité de l’appareil soit autant que possible
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- très constante. Mais l’aiguille change de position initiale pour plusieurs raisons et en particulier a cause de la variation de température; pour la ramener à sa position d'origine, on devra tourner l’aimant directeur et par suite modifier la sensibilité.
- Nous nous proposons de chercher les positions
- avec un déplacement minimum a de l’aimant et la variation minimum de sensibilité.
- La courbe des S étant horizontale pour a=o ou 7T, pour un déplacement dp de l’aiguille, la variation dS est un infiniment petit du second ordre dans le
- M i r 0 i
- normales de l’aimant directeur pour que cette variation de sensibilité soit minima.
- La sensibilité S est inverse delà force directrice F; donc si A désigne une certaine constante, on peut écrire
- d’où
- S =
- A
- F
- __________A_________
- \//2 +ç2 — 2/q, cosa
- dS d a
- -A/*
- ________sin a_______
- (/2 + <P2 — 2/çcos a) *
- Nous allons tracer la courbe des S obtenue par la discussion de ces deux formules.
- voisinage de ces points, tandis que c’est un infiniment petit du premier ordre aux autres points.
- 20 Cas de /> <p. — La figure 11 indique dans ce cas quelle est la courbe de p et l’on arrive aux mêmes conclusions.
- De plus, on voit que le point a = o est plus avantageux que a = ir, car pour a = u la courbe des p est moins inclinée sur l’horizontale que pour a=o.
- 3° Cas de /=cp. — La courbe des p est une droite
- •Miroir
- FIG. l3
- i° Cas def<Cy. — L’équation (4) nous donne la courbe des p en fonction de a. Si l’aiguille est dérangée de sa position, il faut, pour l’y ramener, tourner l’aimant directeur d’un certain angle p.
- On voit sur la figure 10 que c’est aux points a=o et ot = Tt qu’on obtiendra ce déplacement P,
- C’est encore dans le voisinage de o ou 1 que la variation de sensibilité sera minimum.
- Donc, pour que la sensibilité d’un galvanomètre Thomson soit à peu près constante, on doit l’installer de façon que l’aimant directeur soit à très peu près dans le plan du méridien magnétique.
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- TABLEAU A (INSTALLATION DE LA FIG. 12)
- PÔLE DEGRÉ /<? />? /= = ?
- ÜMODE d'aimantation de
- te île l’aimant de Position d’équilibre de
- l’i iguilb tourné au sensibilité Sens de rotation . de Position d’équilibre de ' Sens de rotation de Sens de rotation de Position d’équilibre de
- N nord l’aiguille l’aiguille l’aiguille l’aiguille l’aiguille l’aiguille
- N - - 77 i° .9. 11 <* S. N 1 s, Maximum contraire de l’aim. S0 entre R et Sj 0 0 0 0 (aiguille folle)
- Nj Minimum comme l’aimant R entre et S0 comme l’aimant R entre Ni et S0 comme l’aimant R entre Nj et S0
- N- -s f 20 s. 11 ]> S. N < s1 Minimum 0 0 0 0 0 0
- N‘ Maximum 0 0 comme l’aimant Ni entre R et S0 0 0 (aiguille folle)
- 3° s. 11 > S. N 1 1 St Minimum comme l’aimant R entre S0 et St comme l’aimant R entre SA et S0 comme l’aimant R entre St et S0
- ;/ - .
- - s Ni Maximum contraire de l’aim. S0 entre R et Nt 0 0 0 0 (aiguille folle)
- Q _ ) 1 _ \t 1 _ l s, Maximum 0 0 comme l’aimant Sx entre R et Si 0 0 (aiguille folle)
- O | 40 s. n <( S. N 1 Minimum
- Nt 0 0 0 0 0 0
- N. B. (R désigne le côté gauche de l’aiguille vue de face, c’est-à-dire en regardant le miroir).
- TABLEAU B (INSTALLATION DE LA FIG. l3).
- MODE D’AIMANTATION de l’aiguille PÔLE de l’aimant tourné au nord DEGRÉ de sensibilité /< ? />? /= : ?
- Sens de rotation de l’aiguille Position d’équilibre de l’aiguille Sens de rotation de l’aiguille Position d’équilibre de l’aiguille Sens de rotation de l’aiguille Position d’équilibre de l’aiguille
- .Ç - X- l i° s. n < S. N - " \ 1 s* Ni Maximum Minimum 0 0 0 0 comme l’aimant 0 Si entre R' et S0 0 0 0 0 (aiguille folle) 0
- " S ) 2° S. 77 > S. N J 1 f i s‘ Minimum Maximum comme l’aimant contraire de l’aim. R' entre S0 et Si S0 entre R' etNj comme l’aimant 0 R'entre et S0 0 comme l’aimant 0 R' entre SA et S0 0 (aiguille folle)
- »- s - I j Sl [ 3° s. n > S. N ! Ml ^ N. J 1 Minimum Maximum 0 0 0 0 0 comme l’aimant 0 Nj entre R' et S0 0 0 0 0 (aiguille folle)
- 1 ! s ' r N f 4» s. n < S. N .1 1 1 " Maximum Minimum contraire de l’aim. comme l’aimant S0 entre R7 et Si R' entre Nj et S0 0 comme l’aimant 0 R' entre N* et S0 0 comme l’aimant 0 (aiguille folle) R'entre Nj et S0
- N. U. Uî' désigne le c*>té droit du miroir, vu de face).
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE!
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i?3
- Supposons donc ungalvanomètreinstallédefaçon | que son aiguille fasse avec N0S0 un angle p0 assez faible. Suivant la place dont on dispose, on sera conduit à prendre l’installation de la figure 12 ou celle de la figure i3.
- Les tableaux A pour l’installation de la figure 12, et B pour ceiie de la figure x3 résument toute la discussion et permettent, au moyen d’expériences simples et à l’inspection des positions relatives de
- Y aimant directeur, du méridien magnétique et de
- Y aiguille, de voir immédiatement de quelle façon est aimantée l’aiguille et comment fonctionnera l’appareil.
- Dans ces tableaux, les o indiquent que l’équilibre est incompatible avec la position considérée.
- USAGE DES TABLEAUX A ET B
- On fera tourner l’aimant directeur et :
- a) Si l’aiguille tourne dans le même sens, puis en sens contraire ou inversement, on est dans le î01' ou le 3° cas d’aimantation (tableau A) ou dans le 2R et le 4° (tableau B). Et dans les deux cas /<?’
- b) Si elle tourne toujours dans le même sens, />?ou/—<p.
- c) Si on ne peut pas avoir l’équilibre de l’aiguille f < 9 ou f — cp et on se trouve dans les cas 2 ou 4 (tableau A), ou 1 ou 3 (tableau B).
- Alors, pour se servir de l’instrument, il n’y aura :
- i° Si l’installation le permet, qu’à retourner le galvanomètre de 180°, en même temps que la lampe et l’échelle (ceci revient à passer du cas 2 du tableau A au même cas du tableau B).
- 2° Si l’installation ne permet pas de retourner le galvanomètre, on pourra le démonter et coller le miroir de l’autre côté des petits aimants, puis retourner l’aiguille de 180°.
- Ou encore changer les aimantations.
- d) Si enfin l’aiguille tournant dans le même sens que l’aimant rompt brusquement sa position d’équilibre au moment où l’aimant traverse le méridien magnétique, on se trouve dans le cas de
- On haussera alors un peu l’aimant ou on le baissera.
- Connaissant les grandeurs relatives de f et © et la position d’équilibre de l’aiguille, position prise par rapport au méridien magnétique et à l’aimant directeur, les tableaux font connaître immédiatement à quel cas d’aimantation on a affaire.
- A. Rouilli.mîd,
- ingénieur tics Ans et Manufactures.
- PROJECTIONS
- DE
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- DEVANT SOUAKIM
- HOIUi DU VAISSEAU ANGLAIS - I.'ALBACORE 9
- La guerre du Soudan est aujourd’hui concentrée sur les côtes ouest de la mer Rouge autour des villes principales de la Nubie, mais c’est surtout près de Souakim que se produisent les événements les plus importants. Nous avons décrit dans un précédent article l’effet produit, sur les masses des rebelles, par la lumière électrique projetée des murs de la ville au moment d’une attaque nocturne et le dessin qui accompagnait cet article représentait les troupes d’Osman Digma en déroute sous les murs et près des redoutes qu’ils venaient attaquer.
- Les troupes qui défendent la ville sont continuellement sur le qui vive et doivent surtout leur sécurité aux appareils de projection pour la lumière électrique qui sont installés au niveau des fortifications ou sur les navires de l’escadre anglaise qui manœuvrent dans ces parages. Le général Tarie qui va prendre le commandement des forces militaires à Souakim aura, comme auxiliaires du côté de la mer, les bateaux Sphinx, Briton, Tyne, Myrmidon et Albacore qui se trouvaient déjà le mois dernier dans la mer Rouge et ont rendu d’importants services.
- La courte campagne entreprise, il y a cinq ou six mois, par le général Graham sur les bords de la mer Rouge avait été assez heureuse et les tribus de rebelles, obéissant aux ordres d’Osman Digma, avaient subi de sérieuses défaites dans les batailles d’El Teb et de Tamasi, mais ces succès momentanés n’ont pas empêché la ville de.Souakim d’être exposée à de fréquentes paniques produites par les tentatives nocturnes que font les petites troupes d’Arabes venant tenter un coup de main.
- Au commencement du mois dernier, une attaque sérieuse s’était produite pendant la nuit et avait duré plusieurs heures, mais elle avait été heureusement repoussée par les canons des forts Euryalus et Carysfort, et surtout par ceux du’bateau Y Albacore qui, grâce à son projecteur électrique, avait pu éclairer la place occupée par les forces d’Osman Digma, de façon à permettre un tir aussi exact qu’en plein jour.
- Le dessin pittoresque ci-contre donne une idée de l’admirable décor que les officiers anglais pouvaient admirer pendant cette démonstration militaire qui n’offrait pas plus de danger qu’un exercice ordinaire. Ces bords de la mer Rouge produisent, en effet, l’impression la plus grandiose,
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- UUL.J
- TA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE A BORD DE « i/aLBACORE >' 'DEVANT S O U A KI M )
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- quand on arrive de Suez; sous les reflets de la lumière électrique, il semble qu’un immense miroir se développe autour du navire ; les parties éclairées présentent des colorations qui du bleu sombre passent au vert foncé dans le voisinage des côtes; le sillage du, bateau trace souvent une longue traînée de feu due à la phosphorescence qui est encore plus prononcée dans ces parages que dans l’océan Pacifique; la chaleur insupportable qui se fait sentir depuis le mois de mars jusqu’en octobre, cause ce phénomène on ne peut plus fréquemment. Le projecteur installé à bord de Y Albacore rendait le spectacle encore plus imposait en envoyant un puissant faisceau de lumière sur l’ensemble des constructions de la ville, sur les bâtiments du gouvernement, les bureaux de la douane, la poste et le télégraphe et sur les maisons des marchands, qui occupent une petite île, en même temps qu’une caserne qui permettrait, grâce à ses murs et à ses bastions, de résister à une attaque du côté de la terre.
- La lumière électrique employée par les Anglais est d’un puissant secours dans la guerre toute spéciale que nos voisins soutiennent au Soudan; nous avons montré dans un précédent article les services qu’elle avait rendus sur terre; à bord des navires qui opèrent dans le port de Souakim et dans les environs, les nouveaux procédés d’éclairage ont encore une importance plus considérable, d’abord pour guider la marche pendant la nuit dans ces parages encombrés d’une foule d’îles si rapprochées les unes des autres qu’il serait facile de les relier entre elles et même à la terre ferme par des ponts ou des jetées; les récifs de corail disséminés tout le long des approches du port présenteraient aussi des écueils terribles si la route n’était pas constamment éclairée; enfin les surprises nocturnes si souvent tentées par les tribus rebelles peuvent être facilement déjouées par les projections électriques qui ont à elles seules produit au début une terreur salutaire en jetant le désarroi parmi les assaillants et permettent, dans tous les cas, de diriger avec sûreté' le tir des canons disposés sur les remparts ou placés sur les navires qui concourent à la défense de la ville la mieux située des côtes de la mer Rouge.
- En raison de l’importance de cette situation, le gouvernement anglais vient de décider la création d’un chemin de fer qui pourra transporter rapidement à Souakim les soldats des garnisons voisines et toutes les munitions; le matériel est déjà en route, et les travaux pourront être continués même la nuit, grâce aux installations électriques que l’on va établir sur les chantiers. Un navire parti récemment apporte tous les éléments nécessaires à l’établissement de la voie ferrée qui pourra jouer un rôle très important dans les événements qui se préparent.
- C.-C. Soulages.
- L’ÉLECTRICITÉ ET LE CHOLÉRA
- Peut-être les théories microbiennes, qui tendejit à faire procéder toutes les maladies à type,défitfi’: de l’ensemencement de l’organisme par des germes d’origine exLéiiêüic, sont-elles à la veille de compter un nouveau fait à leur actif. L’occasion me paraît bonne de réagir contre leur exclusivisme. Alors même qu’une découverte ouvre quelques horizons nouveaux, elle ne fait pas nécessairement pour cela table rase du passé. Toute difficulté ne serait pas tranchée par la constatation d’une germination dont les conditions resteraient à détermb ner ; c’est à l’observation clinique qu’il appartient encore de nous fournir les données dont auront à profiter la prophylaxie et la thérapeutique, et de poser les questions que fait prévoir le titre de cet article.
- On a souvent et justement reproché à la plupart de nos livres classiques Ie> désordre dogmatique qu’ils présentent dans l’énumération des causes des maladies, la facilité, par exemple, avec laquelle le «refroidissement brusque » y conduit à tout. Ce n’est pas au moment où la considération du coefficient individuel tend à prendre une place de plus en plus large dans les spéculations nosologiques, qu’il faudrait revenir à une simplicité d’étiologie qui a été critiquée avec raison. Je suis.loin de prétendre que les savants auxquels nous de vons de si intéressantes recherches à l’endroit des causes spécifiques aient la prétention d’y tout ramener; mais ils s’adressent à un public dans lequel on le fait trop souvent pour eux ; et c’est à ce public qu’il faut rappeler que, pour constituer un état morbide, le concours de plusieurs conditions est indispensable, que, quelque spécifique qu’elle soit, la cause unique est une cause nulle. L’étiologie du choléra me paraît être aujourd’hui la plus intéressante à examiner à Ge point de vue en ce que, mieux peut-être qu’aucune autre, elle nous" montre quelque chose de plus qu’une cause; spécifique évoluant sur un terrain favorable, en ce que l’influence de certaines conditions générales de milieu.y semble plus saisissable. Et c’est en raison du rôle que joue l’électricité dans ces conditions cosmiques, que ie viens examiner la question dans ce journal.
- Le mécanisme des empoisonnements par matières vivantes capables de se reproduire dans l’organisme a été expliqué de plusieurs façons, sans qu’il soit permis aujourd’hui d’en repousser une au nom d’une autre.
- Pour M. Pasteur, la pullulation des microbes serait la conséquence de l’introduction de germes venus du dehors. Pour M. Béchamp, le microbe pourrait procéder d’un mode particulier d’évolution
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de granulations moléculaires vivantes qu’il a appe- ! lées microzymas, granulations qui existeraient dans tous les protoplasmas, et dont les évolutions vicieuses pourraient reconnaître des causes indépendantes de toute introduction de levain d’origine extérieure.
- Tout autre est le cas d’une catégorie de poisons organiques d’origine interne dont la genèse a été récemment signalée par M. Bouchard. Il s’agit d’alcaloïdes toxiques formés chimiquement dans les voies digestives, poisons tout à fait différents dés précédents en ce qu’ils ne sont ni vivants ni capables de pullulation; poisons qui n’agiraient qu’en vertu de leur masse, mais dont l’existence est à retenir en raison des causes d’erreur que leur existence pourrait introduire dans l’interprétation de quelques observations et des complications qu’elle peut amener dans l’étiologie.
- Dans le cas qui nous occupe, l’ensemencement par germes d’origine intérieure doit paraître très probable; — admettons-le d’après des vues théoriques procédant par exclusion, bien que l’observation directe soit encore muette à cet endroit et que de bons esprits aient pu nier germe et contagion. Une première conclusion à tirer des divergences doctrinales est que si la contagiosité existe, — ce à quoi nous ne prétendons pas contredire,— ses conditions sont assez complexes pour n’être que rarement réunies, et, par suite, efficaces.
- La pénétration effectuée par des voies sur lesquelles les contagionnistes les plus convaincus ne sont pas encore d’accord, le sujet chez lequel elle a eu lieu n’est pas malade pour cela. Il doit, pour le devenir, offrir au germe un terrain de culture favorable. Or il s’en faut que cette condition soit toujours réalisée. L’organisme humain peut se trouver réfractaire d’emblée ; il peut le devenir par ce qu’on a appelé autrefois Y accoutumance, et que l’on explique maintenant par une atténuation de la virulence des germes dans un organisme qui serait soumis à des intoxications progressives. Ainsi s’expliquerait l’extinction des épidémies, difficiles à comprendre, si tout devait se réduire à une question de germe et de terrain organisé, sans l’intervention de quelque condition de cet ordre.
- Ici apparaît un autre facteur, dont l’influence n’est, nulle part peut-être, aussi nettement appréciable que dans le choléra : le milieu cosmique. Il ne suffit pas que les germes soient introduits ; il ne suffit pas qu'ils tombent dans un terrain de culture qui serait favorable ailleurs : il faut que ce terrain de culture se trouve dans un pays remplissant certaines conditions de constitution tellurique ; il faut encore le concours de certaines conditions atmosphériques.
- L’étude du rôle que l’électricité peut être appelée
- ! à jouer dans les différentes périodesdu choléra me conduira à examiner la maladie dans ses diverses phases et à sortir parfois un peu de mon sujet; mais mon but, ici, est surtout d’insister sur le rôle et l’importauce de ces conditions athmo-telluriques qui font qu’un pays ou une saison sont favorables ou défavorables à l’apparition et à l’extinction de l’épidémie.
- Quelle est, d’abord, la part du sol? — Ici, les recherches systématiques font défaut; mais nombre d’observations de détail peuvent déjà fournir un plan à ces recherches et faire pressentir quelques conclusions partielles.
- Des médecins anglais observant dans l’Inde avaient déjà conclu à l’immunité pour les régions simplement granitiques. Le fait s’est trouvé confirmé chez nous, notamment pour le Morvan et le Limousin.
- L’immunité dont a joui le territoire de Lille, où l’on bâtit des maisons de brique en faisant cuire sur place la terre fournie par le creusement des caves, témoignerait en faveur de l’argile. Fontainebleau plaiderait pour le grès.
- En procédant ainsi par exclusion, on arriverait, si ces observations devaient se généraliser, — et les statistiques aidées de bonnes cartes géologiques suffiraient à l’établir, — à circonscrire le choléra dans les régions d’alluvion et de calcaire.
- Entre le sol et l’atmosphère, nous trouvons la population.
- Avant d’y envisager l’individu, voyons les masses. Une question importante plus difficile à résoudre qu’on ne paraît l’admettre, s’est posée à leur endroit : celle de Y encombrement. On a toujours considéré l’encombrement comme une condition d’extension des épidémies cholériques. Je ne voudrais pas, en l’absence de documents probants, me prononcer sur ce point; mais il me semble que la question est double, et pourrait bien comporter des conclusions contraires.
- L’encombrement est le plus souvent une cause de malpropreté; à ce titre il constitue une condition d’extension de toute épidémie, d’aggravation de toute maladie. Mais il en serait peut-être autrement de la densité d’une population très soucieuse de propreté. La densité d’une population semble la garantir contre les endémies paludéennes; 11e pourrait-il en être de même à l’endroit du choléra? Il m’a semblé, d’après des impressions peut-être trop sommaires, que la mortalité relative était moindre dans les villes que dans les campagnes ; mais ici intervient une autre condition : l’assolement artificiel des villes. Si Paris est devenu l’un des centres les moins éprouvés par les épidémies cholériques, cela ne tiendrait-il pas à ce que la canalisation du gaz, avec les infiltrations hydrocarbonées
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- qui en sont inséparables, a substitué en quelque sorte un substratum antiseptique à la couche calcaire ?
- Du côté de l’atmosphère, nous avons à tenir compte de conditions physiques de divers ordres.
- On a agité la question de savoir si la contagion, lorsqu’elle avait lieu, se faisait par l’air respiré ou par'les eaux ingérées. C’est quand on démontrera le fait même de la contagion qu’on décidera entre ces deux opinions, qui toutes deux comptent des partisans exclusifs, et ne sont pas pour cela contradictoires.
- Suivant les uns, la sécheresse ferait rapidement périr ces germes qu’on n’a pas vus, — par où on a expliqué l’extinction des épidémies dans les caravanes à long parcours et la lenteur de progression des épidémies efficaces. Suivant d’autres, une humidité suffisante et suffisamment prolongée serait la meilleure condition de destruction des germes (?).
- Les épidémies ne cessent pas nécessairement dans les saisons froides — on y en a vu débuter; — mais elles y font moins de ravages. L’abaissement de température gêne-t-il la reproduction de l’agent infectieux, ou le détruit-il une fois élaboré?
- Ce sont là des questions oiseuses jusqu’au jour où, tenant dans le laboratoire le corps du délit, on pourra les résoudre expérimentalement.
- Nous arrivons au rôle de l’électricité.
- Restant dans le domaine de l’observation clinique, on voit, au cours des épidémies cholériques, la morbidité et la léthalité augmenter par les temps secs et chauds et diminuer par les pluies ou après les orages. Le lendemain d’un violent orage, une détente sensible s’observe très nettement chez les malades réunis dans une salle d’hôpital, en même temps que le nombre des entrées diminue. On pourrait objecter que toutes les maladies aiguës bénéficient de cette détente. Mais ce n’est que dans le cas du choléra qu’elle s’accuse aussi marquée, et que, d’autre part, les orages montrent autant de difficulté à se préparer, les nuages à se résoudre en pluie. Un officier atteint du choléra et abandonné dans une marche racontait dernièrement avoir dû sa guérison à un violent orage auquel il était resté exposé. Ce cas m’en a rappelé un autre, dont je regrette d’avoir oublié la source : celui d’un cholérique rapidement guéri par la fulguration de la maison où il gisait.
- Serrant de plus près la question météorologique, nous rappellerons les observations de Berigny sur la présence de l’ozone dans l’atmosphère ; il en disparaît pendant les épidémies de choléra.
- Enfin les expériences de M. d’Arsonval, ralentissant les fermentations en plaçant les tubes où elles ont commencé entre les branches d’un électro-ai-
- mant, sont topiques pour montrer l’influence du milieu électrique sur un phénomène que nous savons maintenant consister en une multiplication d’organismes vivants dans un terrain convenablement choisi. N’a-t-on pas déjà, d’autre part, signalé la rapide putréfaction qui suit la mort par fulguration? contrastant avec elle, on n’a que trop d’occasions de noter la bonne conservation des cadavres cholériques.
- Rapprochant ces faits de l’observation des immunités créées par certains assolements, on est déjà bien tenté de voir dans le choléra une maladie surtout météorologique.
- M. J. Guérin a apporté un argument clinique à cette thèse en faisant remarquer que la diarrhée prémonitoire ne constituait pas seulement un accident propre aux sujets qu’on pourrait prétendre déjà en possession de la maladie; mais qu'elle existait comme condition très générale pendant un certain temps avant l’apparition de l’épidémie. Il semble difficile d’expliquer par la contagion un phénomène à la fois très général et très bénin, qui s’explique fort bien, au contraire, par l’existence de conditions atmo-telluriques qui, sans aller peut-être jusqu'à créer l’épidémie, préparent au moins le milieu dans lequel elle pourra se développer.
- Pour juger de la valeur de ces conditions, il faudrait pouvoir produire expérimentalement le choléra nostras, — non épidémique et non contagieux, •— puis rechercher si quelque mode de culture ou quelque opération sur le milieu ne pourrait le rendre contagieux. A défaut de germes de microbes, n’est-il pas d’artifice qui permettrait de vicier dans ce sens l’évolution des microzymas?
- Des expériences de cette nature supposent les animaux accessibles au choléra. Cela a été nié. Je suis pourtant aussi sur qu’on peut l’être cliniquement que c’est du choléra qu’est mort un chien havane que j’ai observé dans l’épidémie de i856. On n’aurait cependant réussi à cholériser les animaux ni par les inoculations, ni par la voie stomacale, ni par les injections veineuses. Cela peut prouver deux choses : ou qu’ils sont réfractaires, comme on l’a admis, ou que les matières inoculées n’étaient pas infectieuses, ce qui restreindrait au moins le domaine de la contagion possible.
- Il serait curieux de voir si l’on ne pourrait cholériser l’animal réfactaire, en le désélectrisant. Mais comment? Quelles conditions de l’expérience pourraient rappeler le concours, qui paraît nécessaire, du substratum calcaire?
- Bien que le plan de ces expériences me préoccupe depuis bientôt vingt ans, j’avoue n’avoir encore aucune idée de la façon dont il les faudrait engager.
- Les précautions, que commande toute épidémie, sont de deux ordres : écarter les éventualités d’une
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- la LüMiÈkE électrique
- contagion, qui encore une fois n’est pas ici démontrée, mais qu’on doit regarder au moins provisoirement comme admissible; offrir à ces éventualités le moins de surface possible. On me permettra d’examiner brièvement ce que peuvent, vis-à-vis du choléra, être ces précautions.
- Je laisse de côté l'émigration, à laquelle on ne se décide d’ordinaire que pour gagner une région indemne; c’est un calcul qu’on ne prend pas tou-, jours le temps de faire. Quitter la ville pour la campagne voisine se voit beaucoup plus, et n’est pas toujours adroit.
- Les idées qu’on s’est faites aux diverses époques relativement au mode de la contagion ont conduit à des précautions dont la nature générale a peu changé. C’est dans l’atmosphère et dans les excrétions des malades qu’on a cherché à détruire les * miasmes, » — aujourd’hui les microbes ou leurs germes, — par le feu, puis par des réactifs chimiques volatils ou fixes choisis d’abord parmi les oxydants énergiques, puis parmi les corps connus pour arrêter les fermentations : hydrogènes carbonés en général, huiles volatiles et fixes, camphres, certains alcools parmi lesquels l’acide phé-nique tiendrait le premier rang. Depuis que le « miasme » passe pour avoir pris un corps, on a ajouté à ces moyens des désinfectants par coagulation et précipitation : les sels de fer, de cuivre, de zinc.
- Ces derniers sont appliqués aux déjections, dans lesquelles on pense que résiderait surtout l’agent infectieux. On n’a pas renoncé pour cela à le poursuivre dans le milieu atmosphérique à l’aide des carbures volatils et des émanations chlorées. C’est de ces dernières que doit être rapproché le dégagement d’oxygène ozonisé.
- On veillera donc, en temps d’épidémie quelconque, à la propreté de l’habitation, à son aération par l’ouverture des fenêtres et par l’entretien de foyers de combustion dans les cheminées. En temps d’épidémie cholérique ou d’épidémie typhoïde, des soins spéciaux devront être donnés aux cabinets d’aisance : toutes les déjections y seront traitées par des sulfates métalliques; on évitera de faire de ces locaux des magasins de papier.
- Il n’est pas démontré que la désinfection de l’air soit superflue. Les émanations de chlore, des goudrons et de leurs dérivés trouvent ici leur emploi. Parmi les émanations hydrocarbonées je donnerais la préférence, là où l’on n’en sera pas incommodé, à l’essence de térébenthine évaporée au soleil dans une soucoupe; c’est en même temps une source d’ozone.
- Enfin on devrait, au moins dans les salles d’hôpitaux spéciaux, essayer l’installation de machines électrostatiques auxquelles on ferait donner de fréquentes décharges : c’est encore le moyen le plus
- simple de faire apparaître l’ozone dans une atmosphère limitée. Ces machines y pourraient servir encore à donner aux malades le bain électrostatique des auteurs du siècle dernier, puissant modificateur général, dont j’attendrais à priori de très bons effets.
- On n’est pas toujours maître d’éviter une contagion dont les voies sont encore mal connues, mais il est toujours possible de se gouverner de façon à réduire la surface qu’on pourrait lui offrir.
- C’est un personnage d’Henri Monnier qui, ayant à faire une allocution à deux jeunes mariés, est pris d’émotion, manque de mémoire ou d’inspiration et ne trouve que ceci à leur dire : « Soyez heureux; c’est là le vrai bonheur. » Cet épitha-lame me revient en mémoire toutes les fois que j’ai des conseils hygiéniques à donner à un malade : « Portez-vous bien, suis-je tenté de lui dire pour me résumer; c’est la première condition de la santé. »
- Si c’est un devoir de tous les temps d’être le mieux portant qu’on peut, ce dernier s’impose impérieusement en temps d’épidémie. Il y a d’autant plus lieu d’y insister qu’on l’oublie plus générale • ment. Les médecins savent trop que le jour où les soucis sanitaires portent sur les maladies aiguës, on cesse de soigner les maladies chroniques, qui ressemblent si peu à celle qu’on redoute, et qui peuvent attendre. Or les valétudinaires à un titre quelconque offrent moins de résistance aux causes offensives, quelles que soient d’ailleurs celles-ci, d’où la nécessité de redoubler de soins vis-à-vis de leur affection habituelle.
- Il est cependant une catégorie de maladies dont on prend souci durant les épidémies cholériques : celles qui intéressent l’appareil, digestif. 11 est de cela deux raisons : la première, que les symptômes les plus frappants du choléra intéressent cet appareil; la seconde, que les troubles digestifs sont ceux qui ont le plus d’influence sur l’assiette morale du sujet qui les présente.
- C’est chez les dyspeptiques que se rencontre au plus haut degré la peur, à laquelle on a fait jouer un grand rôle comme cause prédisposante. Il semble que, mal disposés du côté de l’appareil qui semble le plus menacé, et déprimés moralement, ils soient les premières victimes désignées à la maladie. Or, il est loin d’en être ainsi. Chauve], le médecin de Paris, qui voyait le plus de dyspeptiques, insistait dans ses leçons cliniques sur ce qu’il n’en avait jamais perdu dans les épidémies cholériques; et il attribuait cette immunité apparente à ce que les dyspeptiques sont, de tous les valétudinaires, ceux qui se surveillent et qui se soignent le mieux, — à moins qu’ils ne pèchent par ces excès de zèle que leur médecin habituel a qualité pour réprimer.
- On surveillera donc tout spécialement les fonctions digestives. On tiendra l’intestin aussi libre
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- que possible en se présentant à la garde-robe deux fois au moins par jour; si l’on n’obtenait pas une selle spontanée tous les jours, il faudrait la provoquer à l’aide d’un lavement huileux, ou bien en prenant chaque matin, à jeun, une cuillerée d’huile d’olive, qui agit à la fois comme laxatif et comme antiseptique. On mangera lentement, et on ne boira qu’à petits coups, surtout les boissons froides. On laissera un intervalle de huit heures au moins entre les deux repas, qui suffisent. On s’abtiendra sévèrement des alcools, qui passent, même chez les médecins, pour activer la digestion, alors qu’il a été démontré expérimentalement par Claude Bernard qu’ils l’arrêtent au contraire de la façon la plus nette. Les fruits et les crudités ne présentent, s’ils ont été bien lavés, que des boissons froides prises souvent mal à propos ou des aliments un peu indigestes.
- Si les maladies chroniques constituent une prédisposition en tant que causes générales de débilitation, il en est de même des conditions accidentelles qui tendent au même résultat. Parmi celles-ci, le surmenage tient peut-être le premier rang. On évitera donc, autant qu’on le pourra, les grandes fatigues, on évitera même les médicaments dont l’action est équivalente : le café, le thé. Si la soif est vive ou fréquente et qu’on veuille l’apaiser par quelque boisson aromatique, on aura recours à la limonade citrique ou aux infusions de coco ou de maté.
- Parmi les causes accidentelles de maladies quelconques, les refroidissements tiennent une large place. On les évitera donc, en même temps qu’on donnera des soins à la toilette de la peau, et qu’on changera le plus souvent possible de linge de corps.
- En somme, ne rien changer à ses habitudes, si elles sont tempérées, si l’on est proprement logé, convenablement vêtu, si l’on n’est pas surmené, si Ton est sobre.
- L’électricité n’a eu encore à jouer qu’un faible rôle dans les choses de la prophylaxie : nous ne sommes pas encore en situation de créer une météorologie artificielle. Elle va nous rendre des services importants et répondre à des indications bien définies sur le terrain de la thérapeutique. Yoyons-la d’abord dans la période prodromique.
- Dans l’immense majorité des cas, la maladie s’annonce souvent plusieurs jours à l’avance, par de la diarrhée. On combattra celle-ci en buvant de temps en temps une gorgée d’un verre d’eau sucrée dans lequel on aura versé une dizaine de gouttes d’éther sulfurique. En même temps, diète relative. Le matin et avant dîner, un des lavements suivants : huille de camomille camphrée, 100 grammes; jaunes d’œuf, 2; eau, 900 grammes; — ou bien, huile essentielle de térébenthine, 10 grammes; jaunes
- d’œuf, 2; eau, 10 litres; — pour 8 petits lavements à prendre tièdes et à garder au moins quelques minutes.
- Il y aurait lieu d’essayer comparativement de combattre cette diarrhée prodromique par la faradisation abdominale pratiquée, soit en faisant agir chacun des pôles sur l’une des fosses iliaques, soit en engageant l’excitateur négatif dans le rectum et faisant agir largement le positif sur la paroi abdominale.
- Si, en même temps qu’il existe de la diarrhée, l’estomac était embarrassé, 011 prendrait le matin, au réveil, une demi-heure au moins avant le lever, une cuillerée à café du mélange suivant : sirop d’ipécacuanha et sirop de framboises, de chaque 2.5 grammes; à répéter les jours suivants jusqu’à épuisement de la dose.
- Si l’embarras gastrique existait sans que la langue accusât aucun état saburrai, on remplacerait la prescription précédente par la voltaïsation continue ascendante du nerf pneumogastrique droit : tampon positif à l’épigastre, négatif à la partie inférieure et un peu latérale droite du cou, où le tronc du nerf est le plus accessible.
- Contre la prostration, quelquefois grande : voltaïsation continue ascendante de la moelle épinière. Séance de 3 à 5 minutes, par courants de 10 à i5 milliampères.
- On a préconisé l’ingestion du cuivre ou de ses sels comme agent préventif et comme médication utile à cette période. Je signale ici ce moyen, parce que son action a été attribuée à des effets électriques, mais sans y insister, car l’explication donnée est toute gratuite, et la réalité des faits dont on prétendait donner la théorie a été elle-même fort contestée. C’est une question à remettre à l’étude.
- La maladie confirmée offre à observer deux phases bien distinctes dites la période algide et la période de réaction.
- La période algide est caractérisée par l’accroissement de la diarrhée, par des vomissements, par des crampes, par le refroidissement de la peau et par une soif vive.
- Les moyens recommandés dans la période prodromique sont à continuer au début de la maladie confirmée ; on y donnera seulement plus souvent les lavements oléo-camphrés ou térébenthinés. En même temps, on enduira largement l’abdomen d’huile camphrée.
- I! est d’usage, dans cette période, de recourir aux préparations d’opium. Je suis d’avis de s’en abstenir : elles n’y sont qu’exceptionnellement d’une utilité actuelle appréciable, tandis qu’elles ajoutent considérablement aux difficultés et aux dangers de la période de réaction.
- L’usage des boissons alcooliques n’est pas moins funeste : insignifiantes comme antiseptiques,
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- arrivant d’ailleurs trop tard pour répondre à ce semblant d’indication causale, elles ont le défaut de stupéfier l’appareil nerveux des voies digestives et d’y tarir les sécrétions qu’il faudrait au contraire pouvoir activer. Malgré son analogie de composition avec l’alcool, l’éther a des propriétés physiologiques tout opposées ; aussi pourra-t-il être utile, mais il convient de le donner alors en très petite quantité : par gouttes, dans un large véhicule aqueux.
- Contre les crampes, qui sont le symptôme le plus pénible de cette période, on usera d’applications métalliques extérieures : une ceinture de laiton au niveau de l’épigastre, des jarretières de laiton aux mollets, sont les formes les plus commodes à leur donner. Quel que soit le métal employé, il doit être bien décapé et surtout bien dégraissé en le frottant sur un tampon d’ouate imbibé d’éther.
- Ici encore on se trouvera bien de la voltaïsation continue ascendante du nerf pneumogastrique droit. Cette opération est utile contre les vomissements et contre les crampes ; peut-être, indirectement, contre la diarrhée.
- Une soif vive tourmente les malades, soif qu’on apaise tantôt par des boissons glacées, tantôt par des boissons chaudes. Je ne saurais dire lequel des deux vaut le mieux; quant aux raisons données à l’appui de l’une et de l’autre manière de faire, elles laissent toutes à désirer. Si l’on donne la préférence aux boissons froides, on les administrera en quantité d’autant plus petite, chaque fois, que leur température sera plus basse. Le choix du liquide est moins indifférent : les boissons alcooliques doivent être absolument proscrites; je ne suis guère plus partisan des infusions de café et de thé, qui ne donnent un coup de fouet momentané que pour laisser ensuite une prostration qui ajoute au danger. A ces infusions je préférerais celle du maté, dont l’ingestion n’entraîne pas de débilitation consécutive, et qui, d’après les expériences de MM. d’Arsonval et Coutry, a le mérite de s’opposer dans une mesure très appréciable à la désoxygénation du sang. La limonade citrique est souvent désirée; elle constitue encore une bonne boisson.
- Ce que je viens de rappeler de la propriété du maté d’empêcher le sang artériel de se désoxy-géner en devenant veineux autant qu’il se fait à l’état normal, m’amène à signaler une tentative qui vise un résultat équivalent : les inhalations d’oxygène. Cette pratique est encore trop récente pour permettre d’émettre une opinion à son endroit, mais elle est rationnelle, et ses résultats méritent d’être observés avec soin.
- Une pratique usuelle, que je crois condamnable, est celle de tourmenter les malades, sous prétexte de les réchauffer, par des frictions qui
- ont surtout pour effet de les épuiser davantage. Je crois qu’on diminue ainsi leurs chances de réaction, et proposerais, s’il y avait lieu de leur restituer une chaleur dont ils ne sentent d’ailleurs pas le besoin, de le faire par le courant d’air chaud d’une petite lampe à huile conduit sous les draps par un tuyau coudé de tôle.
- Si la température ambiante le permet, Usera bon de faire du feu dans la chambre du malade, en laissant au besoin sa fenêtre ouverte.
- Les fumigations oléo-résineuses, l’évaporation de térébenthine notamment, peuvent , être continuées dans la chambre du malade; mais on devra les suspendre dès que la chaleur reparaîtra et que s’annoncera la réaction.
- Dans la période de réaction, période semi-fébrile, le repos devient l’indication dominante. Si l’état saburral persistait ou reparaissait, on reviendrait aux préparations d’ipécacuanha. Ce n’est qu’exceptionnelleroent encore qu’il y aura lieu de continuer les applications métalliques. Quant aux boissons, moins désirées, on pourra en diminuer la quantité et les rendre de plus en plus nutritives.
- Les dangers sont alors du côté des appareils circulatoires de la tète et de la poitrine. Contre ces menaces de congestion ou de stase, on donnera chaque demi-heure d’abord, chaque heure ensuite, une cuillerée d’une potion contenant i gramme pour ioo d’éthérolé de digitale.
- Ici, enfin, l’électricité sera d’un grand secours pour dégager la tête et la poitrine en déterminant, par la faradisation recto-épigastrique une forte dérivation abdominale, après laquelle on aura recours à la voltaïsation ascendante de la moelle épinière en vue de reposer et de restaurer les centres nerveux.
- Je viens de m’étendre un peu longuement sur une maladie singulière, au sujet de laquelle viennent inévitablement se poser des questions de physique générale et de météorologie où l’électricité joue un rôle considérable. Le concours d’un germe infectieux et du sujet qui le reçoit semble, dans toutes les autres maladies épidémiques, réaliser les conditions nécessaires et suffisantes de l’évolution morbide. Ici, l’intervention additionnelle de conditions cosmiques générales se montre indispensable. Leur notion permet déjà d'utiles contributions à la prophylaxie et à la thérapeutique. Aller plus loin est affaire d’expérimentation, d’une expérimentation lente, qu’on peut prévoir difficile, mais qui ne saurait rester stérile.
- Dr A. Tripier.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- loi
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- progrès scikntikique. — Le s piles étalons, piles Daniell, Post Office, etc., dont l’usage est très répandu surtout en Angleterre pour les mesures pratiques, sont d’une constance satisfaisante pour les mesures de ce genre.
- Mais quand il s’agit de mesures avec les instruments plus sensibles comme les électromètres à quadrants de Thomson, il faut se servir des piles d’une construction tout à fait différente. La pile la plus connue de cette dernière construction est la pile de M. Latimer Clark. Dans cette pile, l’élément négatif consiste en mercure pur couvert d’une pâte, qu’on a obtenue en faisant bouillir du sulfate de mercure dans une solution saturée de sulfate de zinc; l’élément positif est constitué par du zinc pur et reposant sur la pâte décrite. Un fil de platine muni d’une couche isolante sert comme électrode, plongeant dans le mercure et comme pile en même temps. Le tout est arrangé dans un vase, que l’on a chauffé à ébullition et fermé par un bouchon de paraffine soudé au vase. La force électromotricc de cette pile est de 1,457 volts à la température de i55° c. après les déterminations antérieures de M. Latimer Clark.
- Conformément aux résolutions prises à Paris cette année par le congrès des électriciens, la force électromotrice sera de 1,442 volts légaux ('). Si on prépare les piles Clark avec précaution, les forces électromotrices sont sensiblement identiques. La force électromotrice varie un peu avec la température. M. Clark a trouvé une diminution de 0,06 0/0, M. Helmholtz 0,08 0/0, M. Kittler 0,08 0/0, et nous-mêmes 0,087 °/° Par degré centigrade.
- Quant à l’emploi des piles Clark, il faut soigneusement éviter de fermer leur courant. Par cette raison, il est recommandable de les relier d’une façon permanente à une clef électrométrique, Thomson, Mascart ou Beetz. Cependant on peut éviter les effets perturbateurs des fermetures si on les dispose de manière que leur résistance intérieure soit très grande, car dans ces conditions, il n’est pas possible de produire une polarisation remarquable. Dans ce but, M. Beetz se sert d’une clé de verre, 1 centimètre épaisseur et 75 centimètres longueur remplie avec la pâte décrite, bouillie de sorte qu’elle devienne tout à fait dure, les deux électrodes étant disposées d’une manière convenable.
- La résistance d’un élément jde cette construction était de i5 700 ohms. La force électromotrice était un peu plus petite que 1,451, seulement 1,442. La constance de cette pile est assez bonne pour qu’une fermeture occasionnelle ne cause aucune influence remarquable.
- Le tableau suivant donne les forces électromotrices de la pile après des fermetures de jusqu’à 78 heures.
- Permelure Kutcc éhclrumulricu
- o minute 1,442
- 5 minutes 1, | |o
- 1 heure 1,109
- 4 heures 1 |3g
- 0 — 1, 4.17
- 12 — 1,4.34
- l8 — 1,40!!
- Les effets de la polarisation se manifestent très
- lentement, mais quand l’élément est une lois polarisé, la polarisation disparaît très lentement aussi. Lorsque le courant était ouvert de nouveau 24 heures la force électromotrice était redevenue i,43o volts.
- Lorsqu’on veut appliquer la pile Daniell pour des mesures électrométriques ; il faut la modifier, de sorte que les deux liquides ne puissent se mélanger.
- Nous devons des arrangements de cette sorte à M. llaoult (l) et à M. Lodge (2). La plus constante de ces piles est celle de Lodge, dont la construction est représentée par la figuré. Le tube de verre d est ouvert, de sorte que le liquide du vase b touche la tige de zinc z. Un autre petit tube c, qui
- t1) La force électromotrice de l’étalon du Post Office sera maintenant 1,068 volts légaux.
- (i) Annales de chimie et de physique, vol. 2 (1864), p. 345.
- (*) Phil. Ma**., vol. 5 (1878;, p. 1.
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- 1 f>2
- est fermé, est soudé à d, contient la solution cuprique dans laquelle plonge un fil de cuivre f isolé avec de la gutta-percha, dqrit le bout est muni d’un dépôt de cuivre pur électrolytique, l’humidité qui couvre le tube c, servant comme conducteur entre les deux électrodes. Par cette raison, la résistance de l’élément est très grande. Si on emploie de l’acide sulfurique dilué (densité = 1,075 à 180 c.). et une solution de sulfate de cuivre (densité — 1,2) la force électromotrice de cet élément est de 1,195 d’après les expériences de M. Kittler, et 1,194.3 volts ou 1,182 volts légaux, d’après nos propres expériences.
- La force électromotrice augmente de 0,02 0/0 par centigrade.
- Comme preuve à l’appui, nous citerons deux séries d’essais, que nous avons faits avec deux éléments Clark.
- Déviation Déviation
- Lectures double Lectures double
- |i3,o 589,0 176,0 |io,5 586,8 176,3
- 589,0 412.5 176,5 |io,8 587,0 176,2
- .(12.5 588,8 176.3 587,0 |10,5 176,5
- 588,8 412,2 176,6 410,5 587,0 176,5
- 312,2 588,8 176,6 587,0 410.5 176,5
- 588,2 411,8 176,4 410,5 586,8 176,3
- 411,0 587,0 176,0 586,8 410,0 176,8
- O l". CÛ 10 410,2 176,8 (10,0 586,2 176,2
- 410,2 586,8 176,6 586,2 410,0 176,2
- 586,8 |io,5 176,3 410,0 586,4 176,4
- 410,5 587,0 176,5 586,2 410,0 176,2
- 587,0 |io,5 176,1 410,0 586,8 176 8
- Déviation double moyenne. . . . Déviation simple moyenne. . . . 176,5° 82,2° Déviation doub.'c moyenne Déviation simple moyenne.. . . 176,4“ 88,2°
- Nous avons enlin à signaler dans cette voie les perfectionnements récemment apportés parle professeur Von Beetz, mais son mémoire a été reproduit dans le dernier numéro de La Lumière Electrique et nous y renverrons le lecteur.
- Fr. Uppenborn.
- Angleterre
- CONDUCTEURS COMPOSÉS POUR LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE. — Il est très important dans l’éclairage d’un quartier par l’électricité de maintenir la force électromotrice constante à chaque foyer. La force électromotrice en des points éloignés de la dynamo est moindre qu’à la machine même, et la différence dépend de l’énergie relative dépensée dans les lampes éloignées et dans les principaux conducteurs. Sf le nombre des lampes fonctionnant à un certain point éloigné était toujours le même, la force électromotrice à ce point serait toujours un nombre constant de volts au-dessous de celle de la dynamo. Mais le nombre des lampes allumées à un certain
- point est dans la pratique très variable, et quand les lampes sont installées en dérivation, une diminution du nombre des lampes allumées y donne lieu à une augmentation de force électromotrice ; en d’autres termes, l’extinction tendra à égaliser les forces électromotrices au point éloigné et à la dynamo. Si la dynamo n’alimente qu’un seul point éloigné, il devient facile de remédier à ce changement en modifiant la force électromotrice de la dynamo, de manière à maintenir constante celle du point éloigné. Mais il arrive souvent que la même dynamo sert à alimenter deux ou plusieurs séries de lampes éloignées et que tous les foyers d’une série fonctionnent, tandis que l’autre série n’est que partiellement utilisée. Si dans la figure 1, par exemple, la même dynamo alimente deux séries de lampes («) et (fi) et si toutes les lampes de la série
- +1
- -T
- FIG. I ET 2
- (oc) fonctionnent, tandis que quelques-unes seulement sont allumées en (fi) il s’ensuivra nécessairement que si la force électromotrice de la dynamo est réglée de façon à maintenir les lampes en (a) à leur force électromotrice propre, les foyers en ((5) doivent souffrir d’un excès de force électromotrice qui tendra à casser les filaments. D’autre part, si la force électromotrice de la dynamo est réglée pour donner une force électromotrice convenable aux lampes en ((3), celle en (a) sera trop faible et les lampes donneront trop peu de lumière à ce point.
- O11 a jusqu’ici vaincu cette difficulté pratique en employant des conducteurs très gros pour amener le courant de la dynamo à des points éloignés afin d’avoir toujours une petite différence entre les forces électromotrices aux deux bouts, ou en d’autres termes, afin de n’avoir qu’une faible perte de force électromotrice dans le conducteur même. Cette disposition est cependant très coûteuse, car les gros conducteurs demandent une grande quantité de cuivre, et elle ne laisse pas d’offrir d’autres
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- inconvénients. M. J.-E.-H. Gordon, l’inventeur de I la machine à courants alternatifs qui fonctionne à | l’usine de la Telegraph Construction and Maintenance C°, a imaginé une autre disposition représentée par la figure 2. Au lieu d’avoir des conducteurs principaux sous forme d’un seul fil gros, M. Gordon les compose d’un certain nombre de petits conducteurs séparés, placés l’un à côté de l’autre, allant dans la même canalisation souterraine ou sur les mêmes poteaux aériens selon le cas. Les bouts éloignés de ces fils séparés sont reliés ensemble d’une manière permanente, c’est-à-dire au point éloigné où se trouvent les lampes qu’ils sont destinés à alimenter. Mais les autres bouts sont amenés dans la chambre des dynamos à des pièces séparées de contact en laiton b, b (tig. 2). Le pôle de la dynamo est relié d’une manière permanente à une autre pièce de contact a qui est la même pour tous les autres fils, et la communication entre cette pièce et les fils s’établit au moyen de chevilles introduites dans les trous entre les pièces de la manière ordinaire.
- Cette disposition permet de relier un ou plusieurs des conducteurs à la dynamo et de s’en servir pour transporter le courant, tandis que les autres sont hors du circuit et, par conséquent, inutilisés. En laissant un ou plusieurs fils non reliés, on augmente la résistance du conducteur d’alimentation et en même temps la différence de la force électromotrice à ses deux extrémités. En maintenant la force électromotrice de la dynamo constante on réduira, par conséquent, la fotce électromotrice au point éloigné. D’autre part, on peut augmenter la force électromotrice au point éloigné en reliant plusieurs lils à la dynamo au moyen des chevilles.
- 11 est donc évident qu’un employé pourra régler la force électromotrice à un point éloigné simplement en plaçant ou en supprimant des chevilles et en ajoutant ou en diminuant par ce moyen le nombre de conducteurs en dérivation. Pour savoir quand il faut supprimer des fils, une paire de conducteurs est ramenée du point éloigné dans la chambre de la dynamo, où se trouve le tableau à chevilles, et mise en communication avec un voltamètre ou un autre appareil indicateur.
- M. Gordon croit qu’il sera commode dans la pratique de combiner les fils séparés en un seul conducteur, composé d’autant de fils qu’il y a de volts représentant la différence de force électro-motrice entre la dynamo et le point éloigné où toutes les lampes sont allumées. On pourra ainsi graduer la force électromotrice au point éloigné jusqu’à 1/2 volt à la fois.
- Un employé peut ajouter ou supprimer les fils en consultant le voltamètre et en changeant les chevilles selon les indications, ou bien ce travail peut être fait automatiquement par un appareil actionné par le voltamètre.
- On peut subdiviser les fils .positifs et négatifs de la même manière, ou on peut en laisser l’un intact et subdiviser l’autre. Parfois on trouvera peut-être plus commode d’effectuer le réglage au point éloigné plutôt que dans la station des dynamos. Les dimensions des conducteurs séparés doivent seulement être de nature à les empêcher d’être surchauffés et de perdre trop d’énergie. La disposition permet d’avoir différentes forces électromo-trices à différents endroits et par conséquent d’employer des lampes à incandescence de différentes résistances. M. Gordon a, en outre, proposé de diminuer l’auto-induction dans les conducteurs en plaçant les fils positifs et négatifs ensemble, dans la même canalisation ou dans le même tuyau.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE DANS UN MOULIN A RLE.
- — Dans quelques parties de l’Angleterre, on a l'habitude de travailler nuit et jour dans les moulins à blé et la lumière électrique a dernièrement été introduite dans un des. plus grands établissements de ce genre dans le nord de l’Angleterre, les Woodside Mills appartenant à M.J.-F. Milner, qui a introduit une nouvelle méthode très pratique pour moudre le blé. Les avantages que présente la lumière électrique dans les moulins consistent principalement dans sa pureté, sa propreté et sa sécurité. Les établissements de ce genre sont très exposés aux risques d’incendie, comme les statistiques d’assurances le prouvent.
- Les pertes causées dans notre pays pendant l’année dernière par des incendies dans les moulins ne se montent pas à moins de 3g5oooo francs et les primes d’assurances sont fort élevées en ce moment. Il faut probablement chercher la raison de ce danger exceptionnel d’incendie dans la sécheresse du bois et dans la farine qui flotte dans l’air.
- Cette farine sèche agit comme la poussière de charbon dans l’atmosphère des mines de charbon, et, par sa nature inflammable, elle aide à nourrir et à développer les incendies. L’exemple de l’introduction de la lumière à incandescence dans les Woodside Mills sera probablement bientôt suivi par d’autres établissements du même genre, d’autant plus que l’on possède déjà la force motrice, soit sous forme de vapeur, soit comme force naturelle empruntée à l’eau ou au vent.
- Le résultat en sera probablement une grande diminution des incendies dans ces bâtiments et une réduction des prix d’assurances. L’installation en question se compose d’une dynamo Crompton-Bur-gin auto-régulatrice et de 20 lampes à incandescence Swan de 20 bougies chacune.
- La dynamo est capable d’alimenter 90 foyers, et le nombre des lampes va être augmenté sous peu. On installera également 2 lampes à arc à l’extérieur du bâtiment pour éclairer les chargements des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- marchandises. Le travail a été exécuté par M. Wilson Hartnell, un entrepreneur d’éclairage électrique de Leeds qui a également installé la lumière électrique dans un autre nouveau moulin à Ludden-Foot.
- UN PHÉNOMÈNE D’INDUCTION MAGNÉTO-ÉLECTRIQUE.
- .— A la dernière séance de la Physical Society, M. C.-V. Boys a montré une expérience intéressante qui paraît avoir été faite pour la première fois par Faraday, mais qui a été traitée par M. Boys au point de vue mathématique, et dont il se propose de faire une application pratique. Quand on suspend un disque métallique en cuivre, en argent ou en aluminium (un sou ou une pièce de 5 francs s’y prêtent fort bien) par une suspension bifilaire dans le champ magnétique, entre les pôles d’un électro-aimant, de manière qu’il fasse un angle avec la direction des lignes de force, le disque sera soumis à un effort de torsion qui tendra à changer l’angle de son plan avec les lignes de force, quand la force du champ magnétique sera modifiée. Si la modification de la force du champ consiste en une augmentation, l’angle diminuera et le disque tendra à devenir parallèle avec les lignes de force du champ. Si au contraire le changement consiste en une diminution, l’angle augmentera. Un anneau d’un rayon r, d’une surface de section S. et d’une résistance spécifique g, suspendu de manière à faire un angle a avec les lignes de force, est soumis pendant le changement de force du champ à un couple qui a pour expression
- U___ït ;•S 11 sin 2 q d 1.1
- ~ 4P ' dl '
- Pour un changement du champ de O à H l’impulsion est égale à
- K /'> S H - si 11 2 01 Up .
- Si le moment d’inertie = M, et la valeur de la torsion des fibres de suspension = T, le mouvement de l’anneau au moment où le champ disparaît sera
- 7. ;•* * S H* sin 2 %
- 8 P y/MT
- Ces formules se trouvent confirmées par les expériences de M. Boys. Il y avait cependant une différence dans la force d’une série de champs magnétiques mesurée par cette méthode et par la méthode ordinaire de faire dévier une bobine, qui demande à être élucidée par d’autres essais.
- „ On peut également se servir de cette méthode pour mesurer la résistance électrique de plaques ou de blocs en métal.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Dans la séance du 21 juillet dernier, M. Bertrand a présenté à l’Académie les deux Notes inédites suivantes d'Augustin Fresnel, qui ont été trouvées au milieu des papiers d’Ampère. Elles ont été signalées par M. Joubert, secrétaire général de la Société de Physique, qui avait été autorisé à faire des recherches dans les nombreux cartons où l’Académie a réuni les papiers offerts à l’Institut par les héritiers de Jean-Jacques Ampère, le fils de l’illustre physicien.
- Comparaison de la supposition des courants autour de l’axe d’un aimant, avec celle des courants autour de chaque molécule. Note d’Augustin Fresnel (*).
- « Par l’analogie de l’aimantation de chaque anneau de la surface d’un cylindre d’acier placé dans une hélice traversée par un courant, j’avais conclu,
- (l) Dans son premier Mémoire, Ampère avait expliqué les propriétés de l’aimant par des courants circulaires autour de t’axe; c’est dans un Mémoire lu le i5 janvier 1881 qu’il fait mention, pour la première fois, de l’hypothèse des courants particulaires. Cette hypothèse lui avait été suggérée par Fresnel, comme il résulte du fragment suivant, écrit de ia main d’Ampère, et qui fait partie des papiers appartenant à l’Académie :
- « Cette hypothèse (l’hypothèse des courants autour des particules) m’a été communiquée par M. Fresnel, qui trouvait plusieurs avantages à considérer de cette manière les courants électriques de l’aimant. Je m’écarterais trop de mon sujet si je voulais exposer les raisons qui peuvent l’appuver, celles qui me paraissent rendre plus probable la manière dont j’ai d’abord conçu les courants électriques de l’aimant, telle que je l’ai admise dans le cours de ce Mémoire, et surtout si je voulais examiner une troisième manière de les concevoir, qui, conservant complètement l’analogie des courbes formées dans des perpendiculaires à l’axe d’un aimant, et des lignes qui vont de l’extrémité positive
- • d’un fil conducteur à l’extrémité négative, parallèlement à sa longueur, analogie prouvée par un si grand nombre de faits qu’elle m’a, pour la plupart, indiqués d’avance, présentait, pour le calcul de l’action mutuelle de deux courants, la même facilité que l’hypothèse de M. Fresnel, et tendait, en outre, à ramener à un principe unique les attractions et répulsions électriques ordinaires, et celles que j’ai reconnues entre deux courants électriques, en rendant compte de toutes les différences qui semblent établir, entre lés uns et les autres, une dissemblance ou même une opposition complète.
- « Cette troisième hypothèse,- que j’avais déduite de 'quelques faits que j’ai reconnus depuis s’expliquer également bien dans celle que j’expose ici, est d’ailleurs trop éloignée de la manière dont tous les physiciens ont considéré la cause des phénomènes électriques pour qu’on puisse s’y arrêter. Quelle que soit l’opinion qu’on adopte sur de pareils sujets, les faits et les lois auxquelles ces faits ont été soumis restent les mêmes, ainsi que les moyens par lesquels il est donné à l’homme d’arriver à la connaissance de ces lois. »
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- dans la supposition des courants autour de l’axe (*) :
- « i° Que le courant d’un fil conjonctif produirait un autre courant dans un fil d’acier parallèle au premier, et dont les extrémités seraient mises en communication par un conducteur;
- « 2° Qu’au moyen d’une sorte de polarisation produite dans les particules du fil d’acier par l’action du fil conjonctif, le courant se perpétuerait dans le premier, après que le fil conjonctif aurait cessé d’agir sur lui, de même que les courants se perpétuaient dans le cylindre retiré de l’hélice ;
- « 3° Que si on supprimait la communication entre les deux extrémités du fil d’acier, la polarisation .de ses particules ne pouvant plus continuer à produire le courant, il devait se manifester une tension d’électricité opposée à ses deux extrémités, et j’avais conçu sur ce principe l’idée d’un appareil voltaïque composé d’un faisceau de semblables fils. Ces expériences, faites par différents procédés, entre autres par les grenouilles, qui offrent l’épreuve la plus sensible, n'ont donné aucun résultat.
- a Dans la théorie des courants autour de chaque molécule, un fil conjonctif parallèle à un fil d’acier doit produire, autour des molécules de celui-ci, des courants dans le plan passant par les deux fils. Il n’y aura pas de courant longitudinal ; des grenouilles interposées entre les deux extrémités de ce fil ne seront pas affectées ; l’eau ne sera pas décomposée, etc. Le fil d’acier ne présentera ensuite aucun signe de magnétisme; mais, si l’on prenait un tel fil et qu’on le tournât en hélice, de manière que le côté de sa surface qui était en regard avec le fil conjonctif se trouvât en dedans ou en dehors de l'hélice, ce fil formerait un aimant dont le sens du magnétisme dépendrait du sens de l’hélice, et du sens dans lequel serait placé le côté du fil d’acieriqui était en regard avec le fil conjonctif.
- « Dans la supposition des courants autour de l’axe, le sens de l’aimantation d’une aiguille par l’action d’un aimant cylindrique creux, dans l’intérieur duquel elle est placée, doit être le même que celui de l’aimant, c’est-à-dire que les deux mêmes pôles de l’aiguille et du cylindre doivent se trouver du même côté. L’expérience de l’aimantation d’une aiguille par une hélice confirme ce- résultat. Il faut remarquer qu’il est contraire à celui de la théorie ordinaire du magnétisme. Dans cette théorie, une aiguille placée dans un cylindre creux doit s’aimanter, de manière que ses pôles soient opposés à ceux du cylindre situés du même côté.
- « Dans la théorie des courants autour de chaque
- p) Voir la Note de Fresnel, Sur des essais ayant pour but de décomposer l’eau avec un aimant (Annales de Chimie et de Physique, t. XV, p. 219, Cahier d’octobre 1820, et Œuvres de Fresnel, t. II, p. 673).
- molécule, le sens de l’aimantation d’une aiguille placée dans un aimant creux doit être contraire à celui de l’aimant ; c’est-à-dire que les pôles con traires de l’aiguille et de l’aimant doivent être du même côté, comme dans la théorie ordinaire. Je m’étais proposé de faire cette expérience par l’électricité, au moyen d’une hélice formée d’un fil tourné de manière à offrir une suite d’anneaux pour représenter les courants autour des molécules, et revenant ensuite en formant une hélice simple entre les circonvolutions de la première, pour neutraliser son action longitudinale et son action circulaire et ne laisser que l’action des anneaux.
- « Une telle hélice devra aimanter une aiguille placée dans son intérieur, en sens contraire d’une hélice simple, et agir extérieurement dans le même sens que cette dernière.
- « Dans la supposition des courants autour de l’axe, si l’on fend longitudinalement un cylindre creux d’acier aimanté, il doit aussi perdre sa pro-
- Portion de la dernière spire de celte figure
- Il faut supposer le fil de retour abc et le fil def dans une même sur face cylindrique, perpendiculaire au plan de la figure.
- Le fil, en revenant contre, lui-même, après avoir formé chaque anneau, ne doit pas se toucher, pour que le courant électrique passe toujours par les anneaux.
- priété magnétique. On ne doit pouvoir aimanter une hélice d’acier, dans le sens de son axe, qu’autant que ses deux extrémités sont mises en communication par un conducteur, et, si l’on coupe le conducteur, l’hélice doit cesser subitement d’être magnétique. J’ai aimanté des hélices dans le sens de leur axe, en les plaçant dans une autre hélice, que je faisais traverser par des décharges de Leyde ; cela, quoique leurs extrémités ne fussent pas en communication. Dans cette même supposition, une hélice d’acier, traversée par une décharge de Leyde et qui s’aimante alors, comme je l’ai reconnu, ne peut le faire que par l’action longitudinale du courant, et non par l’action circulaire.
- « Dans la supposition des courants autour de chaque particule, on peut fendre longitudinalement un aimant creux, sans détruire son magnétisme. On peut aimanter une hélice dans le sens de son axe, sans mettre en communication ses deux extrémités. Une hélice qui s’aimante par une décharge qui la traverse le fait par l’action longitudinale du courant, qui l’aimante dans le sens de son fil, et par l’action
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- carré de la distance ; considérant la ligne passant par la particule entourée d’un courant perpendiculairement au plan de ce courant, comme l’analogue de celle traversant l'autre particule et passant par ses pôles, on conclurait aisément de • là l’action mutuelle de deux aimants, dans l’hypothèse des courants autour de chaque particule ; il est facile
- circulaire, qui l’aimante dans Je sens de son axe et qui concourt avec la première.
- « Dans la théorie ordinaire du magnétisme, une aiguille, mise dans un aimant creux au milieu de sa longueur, s’aimantera d’autant moins fortement qu’elle sera plus courte et que l’aimant sera plus long. J’ai mis une aiguille dans l’intérieur, et au milieu d’une longue hélice, par laquelle j’ai fait passer une décharge de Leyde, et l’aiguille m’a paru aussi fortement aimantée qu'avec la même hélice coupée seulement un peu plus longue que l’aiguille. Il faudrait faire cette expérience avec l’hélice à anneaux. »
- Deuxième note sur l’hypothèse des courants particulaires, par Augustin Fresnel (J).
- « J’ai déjà remarqué qu’il n’est pas indifférent de supposer que le magnétisme consiste en des courants autour de l’axe des aimants, ou autour de chacune de leurs particules ; que des phénomènes, qui sont des conséquences de la première hypothèse et que l’expérience ne réalise pas, ne doivent pas, en effet, se produire d’une manière observable dans la seconde; que cette dernière est la seule dont les résultats s’accordent avec ceux de la théorie ordinaire du magnétisme, qui, généralement, représente d’une manière très fidèle les phénomènes .de l’aimant, de sorte que, pour reproduire dans tousses cas ces phénomènes au moyen d’un courant électrique, il faudrait le faire passer par 1 hélice à anneaux, dont j’ai conçu l’idée. J’ajouterai encore que la particularité qu’un aimant n’est pas chaud, tandis qu’il semble devoir l’être dans l’hypothèse des courants autour de l’axe, n’est pas une difficulté dans l’hypothèse des courants autour des particules ; car, si un courant électrique, en traversant une masse de particules d’un corps conducteur, l’échaufïe, on ne voit pas que ce soit une nécessité que des courants autour des particules d’une semblable masse l’échauffent aussi : les circonstances ne sont plus les mêmes ; on ne connaît pas assez la cause de la chaleur que développe un courant électrique, et l’on n’a que des idées trop incomplètes sur la constitution des corps, pour savoir si, dans ce cas, l’électricité doit produire de la chaleur.
- « Si l’on démontrait qu’une particule entourée d’un courant électrique représente exactement, par son action, une particule dans laquelle, à deux endroits opposés, seraient deux principes, deux fluides attractifs l’un pour l’autre et répulsifs chacun pour lui-même, avec une intensité réciproque au
- (i) La collection des papiers d’ampères renferme deux copies de cette note, toutes deux de la main de Fresnel. Les deux notes ne diffèrent due par quelques détails insignifiants de rédaction. Ni l’une ni l’autre ne porte de titre ni de signature ; une seule porte la date du 5 juin 1821. (J.)
- de voir que, supposant les courants d’égale intensité autour de toutes les particules de la longueur d’un barreau aimanté, l’action ne devra émaner que de la surface terminant le barreau à chacune de ses extrémités, parce que les actions des côtés en regard de toutes les particules de la longueur du barreau se neutraliseront, et qu’il ne restera que les actions des côtés extérieurs des particules des extrémités. La théorie ordinaire donne le même résultat, en supposant la décomposition du fluide magnétique naturel égale dans toutes les particules de la longueur. Ainsi, quant à l’explication des phénomènes purement magnétiques, les deux théories ne seraient plus, en quelque sorte, que la même ; elles auraient les mêmes propriétés.
- « Il n’en est pas de même relativement aux phénomènes électromagnétiques ; il faudrait ajouter à la théorie du magnétisme la supposition d’une certaine action entre les fluides magnétiques des aimants et le courant électrique d’un fil conjonctif; tandis qu’en admettant que l’état magnétique consiste en des courants électriques, comme l’expérience fait reconnaître une action entre ces courants, on voit qu’il peut y en avoir une entre un conjonctif et un aimant.
- « D’après cette manière de concevoir la constitution électrique des aimants, un fil conjonctif n’agira pas sur tous les points de leur longueur, comme quelques expériences peuvent le faire croire, mais n’agirait que sur leurs pôles, et ces expériences s’expliqueraient par la direction de la force agissant sur ces pôles, direction qui, pour chaque pôle d’un aimant, ferait un angle avec le plan renfermant le fil et passant par le pôle (J).
- 1 On peut facilement démontrer que la direction de la résultante des forces qu’un fil conjontif rectiligne indéfini exerce sur chaque pôle d’un barreau situé dans une ligne perpendiculaire au fil conjonctif est perpendiculaire au plan renfermant la ligne et le fil, et.que le sens de la résultante pour un pôle est contraire au sens de la résultante pour l’autre pôle. On peut examiner si, lorsque ce barreau restant dans le même plan s’incline au fil conjonctif et lorsqu’il s’incline à ce plan, la résultante est encore perpendiculaire au plan renfermant le lil et passant par le pôle qu’on considère, ce qui, dans le dernier cas, ne me paraît pas devoir avoir lieu.
- 0) Ce paragraphe, de même que le suivant, manque dans l’une des rédactions. (J.)
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- « L’action des aimants n’émane pas que des surfaces qui les terminent à leurs pôles. J’ai mis bout à bout en contact, par toute l’étendue des surfaces les terminant à leurs pôles contraires, deux barreaux aimantes semblables, et j’ai trouvé sur chaque barreau, de chaque côté du point de contact, jusqu’à une certaine distance, du magnétisme de même nature que celui de l’extrémité en contact du barreau sur lequel je l’observais. L’intensité de l’action des barreaux est à son maximum à leurs extrémités, et décroît des extrémités vers le milieu.
- « Pour concevoir ce décroissement, il faudra admettre, dans la théorie électrique du magnétisme, que l’intensité des courants autour des particules croît des extrémités des barreaux vers le milieu, suivant une certaine loi, loi telle que les différences entre les intensités des courants successifs décroissent à partir des extrémités des barreaux, suivant la même loi que l’intensité du magnétisme, à partir des extrémités, ce qui est, généralement, la condition de cette loi. D’après cette loi, l'intensité des courants sur un barreau, à une distance finie de l’extrémité, doit être, mathématiquement parlant, infiniment plus grande qu’à l’extrémité.
- « Si l’on suppose que le décroissement de l’intensité du magnétisme des extrémités des barreaux-vers le milieu soit représentée par une logarithmique (ce qui ne peut être vrai, à la rigueur), l'intensité des courants, à une distance donnée de chaque
- , . , . .. , bd — i
- extrémité, sera proportionnelle a — . expression
- dans laquelle d est la distance entre l’extrémité et le point auquel 011 considère l’intensité des courants, l’unité étant la distance entre l’extrémiié et le point auquel l’intensité du magnétisme est à l’intensité du magnétisme à l’extrémité : : i : b.
- « L’intensité des courants est aussi, dans ce cas,
- proportionnelle à a étant l’intensité du ma-
- gnétisme à l’extrémité, d la distance, comptée de l’extrémité, à laquelle on considère l’intensité des courants, exprimée par la distance, à laquelle l'intensité est c, prise pour unité. On peut de même exprimer l’intensité des courants, aux différents points de la longueur du barreau, par une loi quelconque de décroissement de l’intensité du magnétisme.
- « Pour concevoir ce décroissement de l’intensité du magnétisme dans la théorie ordinaire, il faut admettre que la décomposition du fluide magnétique naturel croît en quantité dans les particules, depuis les extrémités des barreaux jusqu’à leur milieu, suivant la même loi que l’intensité des courants dans la théorie électrique. Si l’on suppose que l’intensité du magnétisme décroisse des extrémités vers le milieu, suivant une logarithmique, la quantité de fluide naturel décomposé, à un point quelconque, sera représentée par les mêmes ex-
- pressions que l’intensité des. courants, d étant la distance à laquelle on considère la quantité de la décomposition.
- " 5 juin 1821. »
- Sur les relations électrocapillaires, par M. P. Garbe (»).
- « Si, dans un électromètre capillaire à pression compensatrice, on désigne par x0 la différence électrique normale (mercure-liquide) et par e la force électromotrice additionnelle et variable, la différence électrique au ménisque est, à chaque instant,
- G = A‘0 + C.
- Soient e4 la valeur de e correspondant au maximum de la pression compensatrice et A la valeur de la différence électrique, on a
- A — A‘o + el •
- « M. Lippmann ayant montré que la valeur de la constante capillaire est fonction de la seule différence électrique au ménisque, il en résulte que A est une constante, quel que soit le liquide conducteur dont est formé l’électromètre.
- « J’ai été amené, par certaines recherches, à penser que la valeur de A devait être zéro. Cette prévision est conforme aux conséquences de la formule de M. Lippmann :
- d (A + .v X)
- ----JJ— = vV-
- où A représente la constante capillaire, x la différence électrique au ménisque, X et Y les capacités de polarisation du mercure à différence électrique et à surface constantes. Cette formule, en effet, donne pour x = o (X et Y n’étant pas infinies pour cette valeur de x)
- L’électromètre capillaire a donc un- zéro, et il est possible de déterminer à chaque instant la valeur de la .différence éîectrique au ménisque. Il suffit, pour cela, de polariser celui-ci de façon à atteindre le maximum de A ou delà pression compensatrice : la valeur de la force électromotrice additionnelle est égale et de signe contraire à la différence électrique cherchée.
- « Il en résulte que, si l’on se reporte à la courbe construite par M. Lippmann, la différence au contact platine-eau acidulée au ^ est -j-oJan,9. En opérant avec une solution plus étendue, j’ai reconnu que cette différence diminue, et avec de l’eau acidulée au L, elle n’est plus que de odan,777,
- (’) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 21 juillet i8B.|.
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- « Dans cet ordre d’idées, l’électromètre capillaire m’a servi à déterminer la différence électrique au contact platine-eau acidulée auL. Pour cela, j’ai
- substitué à la grande électrode dé mercure une lame de platine. L’appareil étant fermé sur lui-même, on a alors
- Pt | Iig + ô — Pt | Aq = o.
- Pt | Aq =Pt | Hg-f-o,
- 8 étant la différence électrique qui s’établit alors au ménisque.
- « 8 se détermine comme précédemment, et l’expérience montre que, pour atteindre le maximum de A, il faut polariser par l’hydrogène avec une force électromotrice de odan,473. Le daniell auquel se rapportent les mesures est constitué : sulfate de cuivre saturé à i5°; sulfate de zinc à 3o pour ioo; zinc amalgame. En adoptant pour sa valeur en volts iv0,t ,2, on a
- S = oTOlt,S297.
- « D’ailleurs, d’après MM. Ayrton et Perry,
- Pt | llg = ovo>t,i56
- donc
- Pt | Aq = o,i56 + 0,5297 = ov"K,6857.
- Le même procédé m’a servi à déterminer des différences électriques de liquides entre eux.
- «\A la vérité, ces déterminations, qui reposent sur l’emploi d’un maximum, manqueraient d’exactitude si la courbe des pressions compensatrices ne présentait une particularité remarquable : cette courbe est symétrique par rapport à l’ordonnée maximum. Je m’en suis assuré en mesurant les valeurs e et é de la force électromotrice qui ramènent le ménisque au fil du réticule pour une pression compensatrice déterminée. L’expérience montre que la somme e-\-c est constante, du moins tant que l’on ne s’approche pas trop de l’électrolyse persistante. La méthode acquiert par là une garantie d’exactitude beaucoup plus grande.
- « Ce caractère de symétrie de la courbe, joint à l’existence du maximum de A pour x~o, permet en outre d’énoncer la loi suivante :
- « La constante capillaire du mercure est maximum lorsque la différence électrique au ménisque est mille, et, en général, sa valeur est indépendante du signe de cette différence.
- « On peut en tirer d’autres conséquences. Déve-oppons A en fonction de x :
- « La valeur de A étant indépendante du signe x
- pour, une infinité de valeurs de la différence électrique, on doit avoir
- « La seconde de ces équations indique que, pour x=o, la capacité électrique—^^à surface constante de l’électrode de mercure passe par un maximum ou un. minimum. M. Blondlot a déjà prouvé nettement l’existence d’un minimum de capacité dans le cas d'une électrode en platine; mais ses expériences ne lui ont pas permis de fixer la valeur de la force électromotrice correspondante. Il ne m’a donc pas été possible de vérifier si, dans le cas de l’eau acidulée, cette force électromotrice est égale et de signe contraire à la différence au contact de l’électrode et de l’électrolyte. L’examen de la courbe construite par M. Blondlot indique seulement que c’est par une polarisation croissante par l’hydrogène qu’on approche du minimum, ce qui est conforme aux résultats précédents.
- « Enfin la forme de la fonction Y :
- y = - - -i—. = a + b x- 4- c .r* 4-.
- ci x£
- montre que la valeur de la capacité est indépendante du signe de la différence.
- « Si l’on remarque que A est indépendant de la nature du liquide, que, d’après M. Blondlot, la capacité est également indépendante de l’electro-lyte, et probablement aussi de la nature de l’électrode, on regardera comme justifiée la généralisation suivante des considérations et des expériences précédentes :
- « La capacité électrique à surface constante d'une électrode plongée dans un liquide est fonction de la seule différence électrique, indépendante du signe de cette différence, et minimum lorsque cette différence est nulle. »
- Sur la conductibilité électrique de l’eau distillée et de la glace, par M. G. Foussereau (•).
- « i. —Je me suis proposé d’étudier la résistance électrique de l’eau par la méthode générale de M. Lippmann, et au moyen de l’appareil à quatre branches dont je m’étais servi précédemment dans l'étude des sels fondus (2). La résistance d’une colonne d’eau était comparée avec une résistance connue formée d’un trait de graphite.
- « J’ai reconnu ainsi que des échantillons provenant de la même usine et préparés dans le même appareil à des jours différents présentent des écarts considérables. Les résistances spécifiques obser-
- (’) Voir Comptes rendus du 26 mai i8R|.
- (s) Note présentée à l’Académie des sciences.
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- vées à la température i5° ont été trouvées comprises entre u89oo°hmset 712 5ooohms, c’est-à-dire ont varié dans le rapport de 1 à 6. Ces écarts peuvent être dus : i° à la dissolution des substances empruntées aux parois des vases; 20 à la dissolution des matières contenues dans l’air; 3° à l’entrainement des matières dissoutes pendant la distillation.
- « Pour étudier la première de ces influences, j’ai laissé séjourner l’eau étudiée dans le tube de verre servant à l’expérience. J’ai reconnu ainsi qu’aux températures voisines de i5° il se produisait une diminution de résistance à peu près insensible au bout d’une heure et atteignant ^ de la valeur totale après vingt-quatre heures. Au-dessus de 3o° la dissolution des sels du verre devient beaucoup plus rapide. A 75° la résistance varie si vite que les mesures sont presque impossibles. De l’eau portée à cette température et ramenée rapidement à i5° était devenue quatre fois plus conductrice.
- « J’ai reconnu aussi que de l’eau séjournant dans des vases de platine ouverts subit, grâce à la dissolution des éléments de l’air, une diminution lente de résistance. Ces variations devenaient très faibles quand le vase de platine était bouché.
- « Pour éliminer autant que possible ces causes perturbatrices, j’ai entrepris, sur le conseil de M. Debray, une série de distillations lentes dans des vases de platine. M. Clément, du laboratoire de l’Ecole normale, a bien voulu faire pour moi ces opérations avec le plus grand soin. J’ai fait ainsi redistiller de l’eau en présence du permanganate de potasse, puis avec de la potasse, enfin avec de la chaux, pour arrêter les substances que l’eau pouvait contenir. J’ai obtenu des résultats variables compris entre les limites mentionnées plus haut. Il me paraît vraisemblable que des traces des matières ajoutées sont entraînées dans la distillation, car l’eau distillée seule, deux ou trois fois, est encore celle qui m’a fourni les plus grandes résistances, bien que je n’aie pas retrouvé la limite supérieure de 712 5ooohms déjà citée. Cette limite n’est sans doute qu’un minimum, puisque aucune substance connue ajoutée à l’eau en petite quantité n’en augmente la résistance.
- « 2. — En présence de ces résultats, il y avait lieu de rechercher si la présence de traces de matières acides ou salines, dans l’atmosphère des laboratoires, en contact avec l’eau pendant la distillation, ne pouvait pas expliquer le désaccord observé. J’ai ajouté des quantités connues et très faibles de chlorure de potassium à une eau distillée de résistance déterminée, et j'ai vu cette résistance varier
- de près de ^ pour 1 millionième de cette substance, et devenir cinq fois plus petite pour 1 cent-millième.
- Ainsi, en supposant l’eau parfaitement isolante, l’addition de quantités de ce sel atteignant 2 ou 3 millionièmes suffirait pour lui donner la conductibilité observée. Mais, d’après les expériences de M. Bouty, l’acide chlorhydrique conduit à peu près six fois plus que le chlorure de potassium à poids égaux. Il suffirait donc probablement d’une dose
- de cet acide égale à ^ millionième pour produire le
- même effet. Les traces d’acides ou de sels, contenues dans l’atmosphère du laboratoire, peuvent donc expliquer les écarts observés. Ces écarts ne sont dus, sans doute, que pour une faible part à l’acide carbonique, qui, d’après les expériences de M. Bouty, est médiocrement conducteur. Enfin l’addition d’une quantité notable de matières organiques ne diminue que très peu la résistance de l’eau.
- « Il y a lieu de penser que, si l’on parvient à se soustraire au* influences atmosphériques, l’observation de la résistance fournira un moyen délicat de contrôler la pureté de l’eau et d’observer les phénomènes chimiques lents qui se produiraient au sein des liquides.
- « 3. — J’ai étudié l’influence de la température sur la conductibilité de l’eau distillée. Cette étude n’est possible dans un tube de verre qu’aux basses températures, à cause de la dissolution du verre aux températures plus élevées.
- « On sait que la valeur du frottement intérieur de l’eau aux diverses températures varie, d’après Poiseuille, proportionnellement à une expression de la forme 1 -j- at -j- bP.
- « M. Bouty a reconnu que le coefficient de variation de la résistance électrique pour les dissolutions salines étendues présente les mêmes termes 1 -J- at; mais que le terme en t2 est nul ou très petit. J’ai constaté que pour un même échantillon d'eau distillée, entre o° et 210, le coefficient de variation de la résistance suit très exactement la formule entière de Poiseuille, c’est-à-dire qu’entre ces limites les résistances de l’eau distillée sont proportionnelles aux coefficients de frottement.
- <14. — J’ai déterminé les résistances de la glace d’eau distillée en prenant pour électrodes deux lames de platine cylindriques et concentriques. J’ai trouvé ainsi que la résistance devient à peu près i5,ooo fois plus grande au moment de la congélation. Les résistances spécifiques ont varié entre 4865 mégohms à — i° et 53540 mégohms à — 17°. J’ai constaté, d’autre part, que la résistance de la glace éprouve des variations correspondantes à celles de l’eau qui l’a fournie. Un échantillon d’eau de la Ville, 65 fois plus conducteur que l’eau distillée précédente, a fourni une glace 3o à 40 fois plus conductrice. »
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- M. Chevreul, à propos de la Communication précédente de M. Foussereau, fait remarquer qu’il avait signalé, dès 1843, le fait delà dissolution progressive des alcalis des vases de verre, dans l’eau qu’on y conserve. Depuis longtemps on n’emploie, dans son laboratoire, que des vases de verre vert, pour conserver l’eau distillée ou les réactifs dans lesquels la présence de ces alcalis pourrait donner lieu à des causes d’erreurs.
- Distribution du potentiel électrique dans une plaque rectangulaire, les électrodes occupant des positions quelconques, par M. Alf. Cher-vet (i-2).
- « Lemme. — Soit la série
- W=-+co
- n——co
- %
- e
- TZ
- e
- y+|3 + 2«ft y+fi + mb
- a +e a —2 costi ?
- a
- y-\-$ + 2nb y+P + 211b | /
- " . TZ 1 X~I— OC
- a +e a —ncosn:—-—.
- dans laquelle n est un nombre entier qui varie depuis — co jusqu’à -j- co , a < a, a' O a, p <; b. Cette série définit une fonction de deux variables qui -.^dmet les deux groupes de périodes (o, 2 b), (2 a, o), eCqui satisfait à l’équation différentielle
- dW dW _ d x2 dy2 °’
- La fonction F peut se ramener à une fonction connue, la fonction 0,, définie par l’une des équations (18) (p. 3i4 de la Théorie des fonctions elliptiques, de MM. Briot et Bouquet, 20 édition),
- « L’expression du potentiel en chaque point sera, à un facteur constant près,
- •=p(*L“r+p)+F(:L“-,-+ii)
- +pGL“
- En effet, chacun des quatre termes de v satisfait séparément à l’équation différentielle fondamentale
- dw cm _
- dx2 dy2
- le changement de x en — x, ou de x en 2 a — x, fait permuter le premier avec le deuxième terme, le troisième avec le quatrième; le changement dey en — y, ou de y en 2 h — y, fait permuter le premier avec le troisième terme, le deuxième avec le quatrième; donc les courbes définies par l’équation v=const. coupent orthogonalement les quatre côtés du rectangle.
- « De plus, pour tous les points du rectangle, v est fini, sauf aux deux points x — », y = p: alors v = — co , c’est le siège de l’électrode négative ; x = a/, y = p : alors v = -f- co , c’est le siège de l’électrode positive.
- « II. — Les deux électrodes sont sur une parallèle au côté x — o; l’électrode positive eu a', p'; l’électrode négative en a', p.
- « Soit la série
- Pi
- x 4- oi'-f- 2 na
- n=A-co e ~b +e
- =2>
- x+a'+-2na e b +e
- x + a'+ 2 na
- b '—2C0S7r) ^
- x + a '-\-211a ^ t
- b — 2cosifhiê.
- F(*t>+p)
- = .nc°i ['*+oO + Çr+ Wd-Q, [<x+a)-(y+ (i)i] h «i L(.v-j-a') + 0' + (1)*].041(*+«')- (y + fi)i] ’
- i désignant
- « Dans cette équation (18), on fera
- TZ 0/ i
- (0 = 2.2, q=e “ , (o' = 2 bi.
- « I. — Plaque rectangulaire limitée par les droites x — o, x— a, y= o, y —b; les deux électrodes de très petit rayon sont sur une parallèle à la droite y=o; l’électrode positive, au point x — a' y —p; l’électrode négative, au point x — a, y = p.
- Le potentiel cherché sera, à un facteur constant près,
- :F'&tr*+“')+Fl(Lp'*+*')
- +f.ÇLP'*~*')+f'C^' *-4
- « III. — Les deux électrodes sont en des points quelconques : l’électrode positive est au point 0/ p' ; l’électrode négative, au point a, p.
- On aura, pour le potentiel en chaque point x, y,
- V = v + v„
- c’est-à-dire
- v=FGî>+ii)+FG=>+iî) +*&>-*)+* (£2r - »)+F« (îî s- *+«') +p- G=r'+”')+F-(;:îr''-')+F'C -rv-“')- ’
- (!) Voir Comptes rendus, séance du 3i mars 1884.
- (2) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du i5 juillet 1884.
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 191
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures faites dans les années 1880, 1882, 1883 et 1884 par le Dr H.-F. Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- (Suite)
- DÉTERMINATION DU POTENTIEL INDUCTEUR P.
- Pour permettre une détermination exacte de cette quantité, on construisit deux grandes spirales, de dimensions à peu près égales, aussi régulièrement cylindriques que possible.
- fig. 1
- Les faces latérales des cadres en bronze de ces spirales étaient absolument planes, les parois formant plancher dans les gorges exactement cylindriques, et les sections rectangulaires de ces mêmes gorges d’une largeur rigoureusement égale.
- J’entrepris moi-même l’enroulement des spirales et n’épargnai ni mon temps, ni ma peine pour distribuer aussi également que possible les spires dans chaque partie des gorges qu’il fallait remplir.
- Une des spirales, nous l’appellerons A, compte 644 spires, distribuées en 28 couches de 23 spires chacune. La deuxième spirale B renferme une spire de moins; elle compte par con-
- séquent 643 spires; cela tient à ce que dans la couche 6 on n’a pu faire tenir que 22 spires.
- Dans les deux spirales, chaque spire est isolée des spires voisines aussi bien que du cadre en bronze d’une façon parfaite,
- Pour faciliter la détermination exacte des rayons moyens des spirales, les faces latérales des gorges portent quatre rainures ménagées dans la direction des rayons et placées aux extrémités de deux diamètres formant entre eux un angle de 90°. On aperçoit ces rainures dans la fig. 1.
- Le tableau suivant renferme les données relatives à chaque spirale et nécessaires à la détermination du potentiel :
- Spirale A
- 644 =3 «4 spires en 28 couches [28x23]
- Épaisseur du fil :
- = 0,186 c.m.
- Rayon du fond cylindrique de la gorge :
- = 12,90 c.m.
- Épaisseur des parois de la gorge :
- o,5i5 c. m. et o,55o c. m. (côté des électrodes)
- Largeur de la gorge :
- = 4,3oc.m.
- Spirale B
- 644=m2 spires en 28 couches [27x23+1X22]
- Épaisseur du fil :
- =0,186 c. m.
- Rayon du fond cylindrique de la gorge :
- = 12,90 c. m.
- Épaisseur des parois de la gorge :
- 0,485 c. m. et 0,520 c. m. (côté des électrodes)
- Largeur de la gorge : =4,3i c. m.
- La surface de la couche extérieure des spires présente dans les deux spirales, à fort peu de chose près, la forme d’un cylindre dont la section droite serait un cercle.
- Les rayons de cinq zones également larges, comprenant chacune quatre spires, et prises dans la dernière couche des spires (ces rayons représentent les rayons de la ligne moyenne des spires extérieures, augmentées de la demi-épaisseur du fil), ont été trouvés égaux aux nombres suivants :
- Spirale A
- 17.637 c.m.
- 17.638 — 17.619 — 17,601 — 17,595 —
- 17,618 c.m.
- Le rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires est :
- 15,259 c.m.
- Hauteur moyenne de la gorge :
- = 4j7ï8 c.m.
- Spirale B
- 17,633 c.m. 17,622 — 17,659 — 17+99 — *7,738 --
- 17,670 c.m.
- Le rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires est :
- i5,285 c.m.
- Hauteur moyenne de la * gorge :
- = 4,770 c.m.
- Dans les mesures, on faisait coïncider exactement les axes des deux spirales. Une des spirales était placée sur la surface horizontale d’un pilier en pierre; sur la paroi plane supérieure de la gorge de cette spirale on disposait trois supports en cuivre de longueur absolument égale; sur ces supports venait se poser la deuxième spirale, après quoi on obtenait la coïncidence parfaite des axes à l’aide d’un niveau à équerre.
- Il s’agit de déterminer la valeur exacte du potentiel d’une des spirales sur l’autre pour cette position.
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- I<)2
- Nous désignerons par les notations :
- rt et r2 les rayons des lignes moyennes des gorges remplies de spires.
- ni et «2 Ie nombre de spires dans les deux gorges.
- a la distance des plans des lignes moyennes.
- 2 bi 2 b2 les largeurs 1 des gorges remplies 2 Ci 2 c2 les hauteurs j de spires
- Le potentiel d'une spire de la gorge 1 dont le rayon est (rt + et dont la distance du plan moyen de cette même gorge est xu par rapport à une spire de la gorge 2 ayant pour rayon (r2 -f z2) et placé à une distance x2 du plan moyen de la gorge 2 se trouve représenté par l'expression
- p = 4’n V/('j_+_"l) (>'2+^) j (2 — R2) P — 2 E | j^2 ™____________4 O'i -1) (^'2 + ^2)_____
- Lrl + " 1 + >'2 + Z2Ï2 + + X2 — X t)2
- dans laquelle F et E sont des intégrales elliptiques complètes de première et de deuxième espèce au module R.
- Dans les spirales qui ont servi aux mesures xu x2t z4 et z2» sont des valeurs petites par rapport à ri? r2 et a; on peut donc écrire pour p:
- \La grandeur du potentiel des deux spirales est la double somme de cette expression étendue à toutes les spires des deux spirales.
- Si dans les deux spirales les spires sont distribuées d'une façon absolument symétrique par rapport aux lignes moyennes, la valeur de cette double somme se trouve être :
- Si les deux spirales ont en outre les mêmes dimensions, ce qui pour les spirales employées était à peu de chose près le cas, la valeur du potentiel prend la forme :
- ’=-.i*+S[(ÎÜ).-+(Î4 «]
- (æ).-]+É( "
- +1 [(££). “+
- d X2 d Z2 j
- b2.
- Dans les mesures effectuées, il était inutile de tenir compte des termes d'un ordre plus élevé que le quatrième, car dans aucun cas la somme de tous les termes d'un ordre supérieur au quatrième n'atteint la valeur de 0,0001 ./>0.
- Les valeurs
- /d*p\ Id*p\
- />o, \cTx2)q \dz?)0 etc,î se la*,ssent toutes
- exprimer d'une façon simple au moyen des intégrales F et E. On a
- 4 r2 2 a*
- (f4=T-i-.î :p+<,-‘;) E i
- $&).--?* |(‘:+‘;)E-<-*!+’‘:)Et
- + (i-*J)(6+6*; + 34*;-48*Î)E + î6-io*J-ioA;-48*Î) E ]
- iMàr'r-M *:<-*» (3+*:-’«*;)F
- +(-6+2 A’ — 56A‘ — 48r|)E j
- Les intégrales F et E furent calculées à l'aide des formules de Legendre
- •fé)
- f=I'+5‘:+^»;+™*:+-
- i 2 |2 32 *7
- ,L;,a ___ 1 ,ô Z
- 22/vi 2».4**6 *
- 22.42.62 12.32,52 37 22.42.62 3o
- lg'
- . /f? —.
- „ _i 1 if 3 13 .4 i2-32 5 36 .
- 1 2*2 1 2â'4*I2 1 22.42'6’30* ^
- 12.32 5 -,
- + -Aj + V-.A*-, »
- (2 1 22 4 1 22.42 6
- :+.....I1*- (p>
- MESURE DE LA QUANTITÉ D'ÉLECTRICITÉ INDUITE
- Le courant électrique induit traversait les spires d'un galvanomètre composé de deux grandes bobines cylindriques exactement égales au point de vue de la forme, des dimensions et de l'enroulement. Les bobines offraient une coïncidence de leurs axes presque parfaite, et étaient en contact par leurs laces latérales internes. Le centre du petit aimant galvanométrique coïncidait avec le centre du creux des bobines de ce même galvanomètre.
- Les spires du galvanomètre se trouvaient parallèles au méridien magnétique.
- On faisait passer dans le galvanomètre la quantité d'électricité induite par la rupture brusque ou le renversement du courant inducteur au moment où l'aimant oscillant avec la petite amplitude Q0 traversait sa position d'équilibre. L'élongation 8 qui se produit dans l'oscillation de l'aimant par suite de l'action électromagnétique de la quantité d'électricité induite Q se trouve liée à cette même quantité par la relation
- H.T(! + t)
- " G0
- 3H0-siu(i?]
- dans laquelle T représente la durée des oscillations de l'aimant, a le décrément logarithmique de l'amortissement qui est excessivement faible, H la composante horizontale au lieu de l'observation, t le quotient connu qui dépend de la torsion du fil, de H et du moment magnétique, et G0 le moment de torsion que l’unité de courant, passant ù travers les spires du galvanomètre, exerce sur l’aimant dès que ce dernier possède un moment égal à un et est parallèle aux spires du galvanomètre. Cette formule suppose que la force électromagnétique qui vient agir à un moment donné sur l'ai-
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- JOURNAL UNIVERSEL £>’ÉLECTRICITÉ 19I
- mant agit dans le sens du mouvement dont cet aimant est animé.
- La détermination des quantités H et (i 4-t) fut éliminée grâce au dispositif de l’expérience, comme on verra plus loin ; quant à T, X, 0 et 0o, ces valeurs furent déterminées de la façon ordinaire.
- La constante galvanométrique G0 fut calculée en partant de la forme et des dimensions du galvanomètre.
- Le galvanomètre se compose de deux grandes spirales C et D. identiques, à peu de chose près, comme forme et comme dimension. On peut se rendre compte de la position relative de ces deux spirales en se reportant à la tig. 2. J’apportai à l’enroulement de cette paire de bobines le même soin que celui que j’avais mis à enrouler les spirales d’induction A et B. Ici, aussi bien que là, il est impossible de trouver le moindre défaut dans l’isolement des spires. Les cadres à parois épaisses sont en bronze; les faces latérales sont rigoureusement planes et cylindriques.
- Voici les données relatives à ces spirales :
- Spirale C
- Rayon du fond de la gorge :
- = 12,870 c. m.
- Largeur de la gorge :
- = 4,33
- Epaisseur des parois de la gorge : 0,47 et 0,58 c. m.; la paroi la plus épaisse est la paroi interne.
- Nombre des spires :
- «zi=563
- Ces spires sont partagées en 26 couches ; 22 couches ont chacune 22 spires; les couches 4, 10, 16 et 22 n’ont que 21 spires.
- Epaisseur du fil :
- = o,i96c.m.
- La surface de la couche extérieure des spires est excessivement voisine d’une surface cylindrique.
- Les rayons de 5 zones juxtaposées (rayons de la ligne moyenne d’une spire extrême, augmentée de la demi-épaisseur du fil), comprenant chacune de 4 à 5 spires.
- 17,484 c. m.
- 17.434 —
- 17.433 —
- 17.434 ~
- 17,328 —
- Spirale D
- Rayon du fond de la gorge :
- == 12,872 c. m.
- Largeur de la gorge :
- = 4,36
- Epaisseur des parois de la gorge : 0,39 et 0,57 c.m.; la paroi la plus épaisse est la paroi interne.
- Nombre des spires :
- «;=568
- Ces spires sont partagées en 26 couches; 22 couches ont chacune 22 spires ; les couches 6, 14, 18 et 22 n’ont que 21 spires.
- Epaisseur du fil :
- = 0,196
- La surface de la couche extérieure des spires est excessivement voisine d’une surface cylindrique.
- Les rayons de 5 zones juxtaposées, comprenant chacune de 4 à 5 spires, sont :
- 17,409 c. m 17,405 — 17,395 — 17,381 — 17,387 —
- Dans les mesures on fit usage alternativement de l’une et de l’autre spirales et parfois des dSux réunies.
- Le centre du petit aimant galvanométrique se trouvait dans l’axe communaux deux bobines et en même temps exactement dans le plan de contact des faces latérales internes. Pour cette position de l’aimant, la constante du galvanomètre G0 a une expression relativement simple.
- Soit r le rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires dans l’une des bobines, 2 b la largeur de cette même gorge dans la direction de l’axe, 2 h sa profondeur dans le sens des rayons. 11 le nombre des spires, / la demi-distance polaire pour le petit aimant, et e la distance qui sépare le centre de l’aimant de la ligne moyenne de la gorge, l’expression de la constante gatvanométrique Gn, dans l’hypothèse de la distribution uniforme des spires sur chaque portion de la gorge, se trouve être :
- Lr\ = r*-
- G»
- 2 71 r5 «. r*
- 7/2 /i
- 1 +f (3 F*
- t ' 1
- 5e*\ £/i
- 2r*/ r\ [2
- 5 £2\ 2 r-J
- + 3
- a rr2 -‘4ga
- r2L‘ 4ra
- 1 u r 1
- +
- r1
- 12~6 r-
- r*— 4c2 hi 4 r- \ 2 r- 3 ra
- n 1 ' i i
- (m £î
- '1\3'î
- lorsque l’on néglige les termes qui sont de quatrième ordre
- 17,482 c. m.
- Il suit de là que le rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires est = i5,i5i c. m.
- La hauteur de la gorge remplie de spires est = 4,562 c. m.
- 17,093 c. m.
- Il suit de là que le rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires est = i5,i3i c. m.
- La hauteur de la gorge remplie de spires est = 4,523 c. m.
- ou d’un ordre plus élevé par rapport à
- ces termes étant
- négligeables à côté de 1.
- L’hypothèse d’une répartition uniforme des spires sur chaque portion de la gorge n’est pas exactement remplie dans les spirales qui ont été décrites plus haut puisque quatre couches ont une spire de moins que les autres. Cependant, comme cette circonstance influe d’une façon inappréciable sur l’expression précédente de G0, nous ne ferons pas figurer ici la correction qu’elle entraînerait.
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- 194
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- D’après les données relatives aux bobines, on a :
- G0
- Spirale C
- r = i5,i5i c. m. e ~ 2,745 —
- "Zo’Ss]-^3 •=<«
- rx = 15,397 c. m. n = 568 l = 2,01 c. m.
- D’où il résulte :
- 2ir5b8 (i5,i5l)2
- (i5,397)3
- = 226,28
- 1,0082
- Spirale D
- r ~ i5i,3i c. m. e~. 2.750 —
- '-S55 |=v63c.m.
- rx = 15,383 c. m. n — 568 1 — 2,01 c. m.
- D’où il résulte : 2u568(i5,i3i)2
- Gn =
- (i5,383)3
- = 226,33
- (A suivre.)
- i,oo83
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- RÉSEAU TÉLÉGRAPHIQUE ET APPAREILS Appareils télégraphiques
- Les communications électriques seraient forcément insuffisantes si l’emploi d’appareils perfectionnés remédiant à l’impossibilité de multiplier indéfiniment l’installation matérielle des fils n’arrêtait les dépenses excessives qui en résulteraient.
- Le rendement des fils, considérablement accru par ces appareils mêmes, rend disponibles certains conducteurs voisins, et restreint le nombre de ceux qu’on pourrait être obligé d’établir.
- Les conducteurs disponibles fournissent ainsi au service un supplément de moyens d’action très utiles pour desservir les postes intermédiaires et pour répondre aux nécessités spèciales de la presse, de la Bourse, etc. Le réseau gagne ainsi un ensemble de ressources qui le prémunit contre les variations imprévues ou accidentelles du transit télégraphique.
- Les appareils télégraphiques doivent transmettre sûrement et régulièrement les signaux du manipulateur au récepteur; il est vivement à désirer que ces signaux laissent une trace de leur passage, pour éviter les erreurs inséparables d’une lecture sans contrôler et préciser les responsabilités.
- Ces considérations nous ont déterminé à remplacer les appareils à cadran par des appareils Morse; ceux-ci, sur les lignes dont le trafic le justifiait, par des Hughes simples ou par des Morse montés en duplex; enfin, ces deux derniers systèmes, par des appareils rapides tels que le Meyer, le Wheatstone, le Baudot.
- ' Le cadran est un des appareils les plus simples : il fonctionne encore dans un grand nombre de gares; les employés apprennent facilement à s’en servir; mais le maniement est lent et les dépêches transmises ne laissent aucune trace. L’administration a donc cru devoir décider qu’il serait remplacé par les Morse dans tous les bureaux fusionnés, et le nombre des cadrans employés sur le réseau de l’Etat, qui
- était de 1 247 en 1876, est descendu à 633 au ie* juillet 1883.
- Appareil Morse
- Dès l’origine de la télégraphie électrique, on s’est appliqué à chercher un système permettant de garder trace des signaux. Ce problème a été résolu fort simplement par Morse, dont les appareils sont en usage sur toutes les lignes secondaires.
- Son rendement est de 20 à 3o dépêches, en moyenne, soit 400 à 600 mots à l’heure.
- Le nombre des appareils Morse en usage en France était de 3 853 en 1876; il s’est successivement élevé à 4 148 en 1877, à 5348 en 1878 et à 7702 au 3o juin i883.
- Des études faites dans les ateliers du dépôt central de Paris ont permis de modifier la disposition des récepteurs Morse, afin de simplifier leur construction et d’améliorer leur fonctionnement. L’application à l’appareil Morse du système duplex (transmission simultanée dans les deux sens) permet de porter de 20 à 45 dépêches à l’heure le rendement de cet appareil. Un fil est actuellement monté en duplex.
- Si ce dernier système n’a pas été étendu à un plus grand nombre de lignes, comme en Angleterre, c’est que l’appareil Hughes, dont le rendement est supérieur, assure actuellement le service sur 275 de nos fils les plus chargés. C’est d’ailleurs seulement en raison de l’insuffisance de rendement des appareils Morse ou parleurs que l’administration anglaise a dû multiplier les installations duplex.
- Appareil Hughes
- L’appareil Hughes, outre son rendement supérieur, qui est de 40 à 60 dépêches ou 800 à 1 200 mots par heure, a encore l’avantage de donner des dépêches imprimées eu caractères typographiques et de permettre ainsi le contrôle. Aussi est-il utilisé sur les lignes où le trafic a une activité constante et soutenue; le rendement varie sur ces lignes entre 25o et 5oo transmissions par jour.
- Le nombre des appareils Hughes existant en France, qui était de 3i4 au ier janvier 1878, a été successivement porté à 332 au 1er janvier 1879, à 502 au ier janvier 1882, à 526 au ior janvier i883. 11 atteint 586 au icr janvier 1884.
- D’heureuses modifications ont été apportées dans le mécanisme et dans les communications électriques de cet appareil, deux par fonctionnaires de l’administration française (MM. Terrai et Mandroux). Un commis des télégraphes, M. Humblot, est parvenu à substituer au poids qui met en mouvement les organes de l’appareil Hughes un moteur hydraulique de son invention, qui donne de bons résultats. La manœuvre de l’appareil est, grâce à cette innovation, moins pénible et plus accessible aux femmes.
- Appareil Wheatsione
- L’appareil Wheatstone, qui fournit un rendement de 100 dépêches (soit 2000 mots) à l’heure, est utilisé sur quatre de nos lignes les plus importantes. Il transmet automatiquement les dépêches préalablement transcrites en signaux sur une bande perforée. La rapidité de sa transmission est singulièrement accélérée-par l’émission successive de courants de sens contraire.
- Une redevance de 1 25o francs par appareil était encore récemment payée aux héritiers de l’inventeur; mais cette redevance a cessé le 10 mars i883, date d’expiration du brevet.
- Le nombre de nos appareils Wheatstone, qui était de 4 en 1876 (création), est de 8 à la date du ic* janvier 1884.
- Appareil Meyer
- Un agent de l’administration, M. Meyer, a inventé un appareil qui, grâce à une ingénieuse répartition du temps et
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- îgS
- du travail, met une même ligne successivement en communication avec quatre ou six claviers différents, ce qui permet de transmettre à la fois 4 ou même 6 télégrammes. Cet appareil fournit un rendement de 75 dépêches ou 1 5oomots à l’heure dans le premier cas.
- L’application de l’appareil Meyer à la mise en communication simultanée de trois postes placés sur un même fil vient d’être réalisée avec un plein succès entre Paris-Caen-Cherbourg.
- Appareil Baudot
- L’appareil multiple et imprimeur inventé par un autre fonctionnaire des télégraphes, M. Baudot, qui a obtenu un diplôme d’honneur à l’Exposition internationale d’électricité de Paris, qui avait déjà reçu la grande médaille d’or et la croix de la Légion d’honneur à l’Exposition universelle de 1878, fournit actuellement, sur nos lignes les plus chargées, un rendement de près de 200 dépêches, soit 4,000 mots à l’heure.
- Le temps employé pour un signal pour parcourir les plus longues lignes aériennes est tellement court qu’il reste un long temps perdu entre deux signaux consécutifs d’un même appareil. On peut donc remplir cet intervalle par les signaux d’autres appareils, et il semble qu’il n’y ait d’autre obstacle à cette multiplication des dépêches, par la division du temps, que la durée même de la propagation de l’électricité.
- C’est en appliquant ce principe que M. Baudot a construit son appareil, qui transmet simultanément six dépêches avec une vitesse dépassant celle de tous les autres systèmes utilisés en France. En outre, grâce à un ingénieux organe appelé combinateur, le récepteur imprime les dépêches en caractères typographiques.
- Cet appareil, après avoir subi d’importantes transformations, est aujourd’hui monté à Paris, sur une ligne, avec chacune des villes de Lyon, Marseille, Bordeaux, le Havre, Brest et Lille, et sur les lignes de Bordeaux à Marseille et de Lyon à Marseille. De plus, une installation du Baudot duplex a été réalisée sur l’un des deux fils de Paris à Bordeaux et aussi Bordeaux et Toulouse, et entre Marseille et Nice. Les résultats obtenus sont excellents et l’emploi de ce système est généralisé aussi rapidement que possible.
- Nous espérons également que le même mode de transmission pourra être étendu à bref délai à certaines ligues internationales.
- L’administration a soutenu un procès au sujet de cet appareil, conjointement avec l’inventeur, contre un [ancien agent de l’administration qui, prétendant avoir trouvé un appareil analogue, attaquait M. Baudot pour contrefaçon; cet agent, malgré le concours que l’administration lui avait offert pour réaliser son appareil, ne l’avait jamais présenté construit.
- La cour de Paris, par son arrêt du 7 mai 1880, a donné complètement gain de cause à l’administration et à M. Baudot; elle a repoussé la prétention de l’adversaire.
- La cour de cassation a admis le pourvoi formé contre cet arrêt et a renvoyé l’affaire devant la cour d’Amiens.
- Nous avons donc à soutenir de nouveau l’instance devant cette cour.
- Des expériences ont été entreprises en vue d’adapter le même mode de transmission, convenablement modifié, aux câbles qui nous relient à l’Algérie; elles permettent d’espérer un résultat favorable.
- Jusqu’à présent, les conditions spéciales dans lesquelles fonctionnent les câbles sous-marins de grande longueur ont nécessité l’emploi d’appareils particuliers, tels que l’appareil à miroir, mais ce dernier a l’inconvénient d’être d’un maniement pénible, très délicat et peu sûr, les signaux étant produits par l’oscillation d’un rayon lumineux, dans une chambre noire ou l’employé reste constamment. Cet appareil vient d’être remplacé par le siphon Recorder, dont le
- principe est analogue, mais qui a l’avantage de laisser trace des oscillations qui produisent les 'signaux.
- Piles
- Enfin, les piles ont été l’objet d’expériences variées. La pile Marié-Davy a été perfectionnée par M. Beaufils, qui appartient également à l’administration française.
- BUREAUX DE POSTE ET DE TÉLÉGRAPHE
- Le nombre de nos recettes de poste et de télégraphe était loin d’être en rapport avec les besoins créés par l’augmentation sans cesse croissante de la correspondance. Aussi la France 11’occupait-elle, à ce point de vue, parmi les Etats de l’Europe qu’un rang inférieur à celui auquel elle devait légitimement prétendre.
- Il était donc devenu nécessaire d’augmenter le nombre de nos bureaux.
- Les bureaux de poste, dont l’importance varie suivant les besoins qu’ils sont appelés à satisfaire et les localités qu’ils desservent, forment trois catégories :
- La recette composée, qui comprend un receveur et un certain nombre de commis sous ses ordres, nommés par ^administration;
- La recette simple, dont le titulaire seul, nommé par l’administration, peut se faire assister par un ou plusieurs aides choisis par lui :
- Enfin, le facteur-boîtier, qui joint au travail intérieur du bureau un service de distribution à domicile.
- Le nombre des bureaux de poste, qui était en 1877 de 5570, s’élevait au 1” janvier 1884 à 6486, dont 412 bureaux composés, 5781 recettes simples et 293 facteurs-boîtiers, soit une augmentation de 916 bureaux ou de 16 p. 100.
- Le nombre des bureaux télégraphiques, qui était en 1877 de 4,541, s’élevait au Ie* janvier 1884 à 7 523, dont 784 bureaux principaux, 3 706 bureaux secondaires, 2 553 bureaux de gare, 176 bureaux d’écluse, 125 bureaux sémaphoriques et 199 bureaux d’intérêt privé, soit une augmentation de 2982 bureaux ou de 65 p. 100.
- Parmi ces bureaux, le nombre des bureaux ouverts à la fois au service postal et télégraphique est de 3 885, sur lesquels 3 162 ont un service télégraphique municipal. En 1877, le nombre des bureaux fusionnés n’était que de 1 047.
- En 1877, il n’y avait en France qu’un bureau de poste par 6625 habitants, et uu bureau télégraphique par 8 127 habitants. — Actuellement, il n’y a plus que 5814 habitants par bureau de poste et 5 140 habitants par bureau télégraphique.
- C’est avec regret que nous avons dû limiter le chiffre de ces créations de bureaux de poste à i5o eji 1882. à i5o pour i883 et à 100 pour 1884. Les exigences du budget nous y ont contraints, mais il serait désirable que l’on pût consentir à un sacrifice qui serait certainement rémunéré par une augmentation correspondante des produits.
- Une liste des localités qui sollicitent la création de bureaux de poste est établie suivant l’importance de chaque demande, calculée d’après la population et le montant des produits postaux des communes appelées éventuellement à être desservies par le bureau à créer, la distance de cette localité au bureau le plus rapproché, etc. Les bureaux de poste créés chaque année sont pris sur cette liste en suivant autant que possible le rang d’inscription au tableau.
- Autrefois, l’administration ne considérait comme valables que les demandes formulées par des communes distantes au moins de 4 kilomètres des bureaux qui les desservaient. Mais nous avons pensé que cette restriction était de nature à léser les intérêts de localités importantes et nous l’avons supprimée en principe.
- Il est impossible de satisfaire aux demandes dont le nombre augmente tous les jours; clics s’élèvent actuellement à i,6oo. Beaucoup de localités, trouvant insuffisant le service quotidien du facteur rural, réclament de nouvelles distribu-
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- tions, la faculté de répondre le jour même aux lettres reçues le matin, de faire des envois de mandats ou de chargements, avantages qu’elles ne peuvent recevoir complètement que lorsqu'elles possèdent un bureau de poste.
- Il ne serait possible de donner satisfaction aux 1.600 demandes de bureaux dé poste actuellement en instance que moyennant une dépense de plus de 5 millions, la création de’ chaque établissement de poste coûtant environ 3,000 fr. Il serait à souhaiter qu’il fût possible de créer 5oo bureaux par an pendant deux ou trois exercices; ou activerait singulièrement les correspondances du pays et l’Etat en récolterait de larges produits. L’exemple de la Grande-Bretagne le prouve.
- Il résulte des documents statistiques pour 1882 publiés récemment par le bureau international de l’Union postale universelle que la population moyenne par bureau de poste dans les divers pays d’Europe se chiffre ainsi :
- Suisse.........
- Iles-Britanniques
- Suède..........
- Danemark.......
- Pays-Bas.......
- Allemagne......
- Portugal.......
- Autriche.......
- France.........
- Espagne........
- Belgique.......
- Italie.........
- Russie.........
- Roumanie.......
- 980 2.291 2.455 3.195 3.235 3.6o5 4.597 5.437 5.957 6.302 6.391 8.173 21.oi3 25.200
- Ces renseignements sont les plus récents que nous possédions sur l’ensemble des pays étrangers, mais nous devons ajouter que la population moyenne par bureau de poste est actuellement en France de 5.814 habitants, ainsi que nous l’indiquons plus haut.
- Eu outre, il y a lieu de remarquer qu’un grand nombre de bureaux de poste suisses, anglais et allemands ne sont, à proprement parler, que des agences postales dont les gérants ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat. Ces agents interviennent dans le service au même titre que nos débitants de tabac, bien que dans une mesure plus étendue.
- La population moyenne par bureau télégraphique, dans les principaux pays de l’Union télégraphique, était, en 1882, de :
- 2.3oi pour la Suisse;
- 4*«*7 — l’Allemagne ;
- 5.556 — la Suède;
- 5.962 — la France;
- 6.141 — la Grande-Bretagne;
- 6.268 — le Danemark ;
- 6.476 — la Belgique;
- 8.292 — l’Autriche ;
- 9.420 — les Pays-Bas;
- 11.178 — l’Italie;
- 21.341 — le Portugal ;
- 3i.772 — la Russie ;
- 42.660 — l’Espagne.
- La France occupait ainsi le 4e rang; mais aujourd’hui, la population moyenne par bureau télégraphipue étant en France de 5,140 habitants, nous pouvons considérer qu’en admettant pour les autres pays un accroissement normal, nous occupons actuellement le 3e rang.
- D’un autre côté, en vue de donner satisfaction aux nouveaux besoins créés par le développement de la correspondance depuis la réduction des taxes postales, et en présence du nombre toujours croissant des demandes de bureaux, une circulaire ministérielle du 3i mars 1879 a donné de nouvelles facilités aux communes désireuses d’obtenir un établissement secondaire de facteur-bottier municipal, en attendant le moment où elles seraient, par leur importance, en mesure de prétendre à l’une des créations autorisées chaque
- année par la loi de finances, sous la condition de rembour ser ù l’administration les suppléments de dépense qui en résultent; en outre, les communes ont à leur fournir gratuitement un local convenable pour l’exploitation et le logement du titulaire, ainsi que le chauffage et l’éclairage.
- Une autre circulaire du i5 juin 1879 a donné également aux communes les moyens d’obtenir immédiatement l’ouverture d'une recette de plein exercice, dans les mêmes conditions, et moyennant un sacrifice légèrement plus élevé.
- Dans l’un comme dans l’autre cas, la participation essentiellement temporaire des communes doit cesser le jour où l’augmentation des produits postaux résultant de la mise en activité de l’établissement créé permettra à l’Etat de prendre à sa charge les frais du bureau.
- Les communes qui le désirent peuvent également, en souscrivant aux conditions spéciales, obtenir l’ouverture d’un service télégraphique.
- Ces créations dépendent entièrement des localités intéressées elles-mêmes.
- En effet, l’Etat s’impose depuis longtemps de grands sacrifices pour le développement du réseau télégraphique secondaire.
- Lorsqu’en 1864 l’administration entreprit l’organisation de ce réseau, elle ne pouvait songer à le constituer sur les fonds seuls de l’Etat, les recettes que produiraient les bureaux municipaux devant rester pendant de longues années au-dessous du chiffre nécessaire pour couvrir les dépenses de premier établissement et les frais d’exploitation.
- On adopta un système bienveillant en mettant à la charge du Trésor une large part de ces frais d’établissement et en demandant aux communes qui désireraient être dotées de bureaux télégraphiques municipaux de contribuer aux frais da construction de la ligne pour une somme réduite à 120 fr. par kilomètre de ligne nouvelle à construire et à 60 fr. par kilomètre de fil à poser sur appuis existants.
- L’Etat accordait ainsi, en réalité, une large subvention qui devait précédemment être proportionnée aux sacrifices que les communes consentiraient à s’imposer, et, par suite, aux besoins réels des populations.
- En 1876, alors qu’un nombre extrêmement considérable de chefs-lieux de canton n’étaient pas encore en possession de bureaux télégraphiques municipaux, on craignit de ne pouvoir faire face à toutes les demandes et J’on aggrava les conditions imposées aux communes qui n’étaient pas chefs-lieux de canton de la garantie d’une recette minima de 5oo francs par an. Il n’était fait exception à cette règle que pour les communes sièges d’une brigade de gendarmerie. Une contribution fixe de 5oo francs pour frais d’achat des appareils devait être acquittée par toutes les communes qui n’étaient pas chefs-lieux de canton.
- Ce régime, exceptionnellement favorable pour les chefs-lieux de canton, était destiné à leur assurer la priorité dans l’établissement de bureaux télégraphiques municipaux.
- Nous avons pensé qu’en présence du développement considérable de la correspondance télégraphique, il importait de mettre de plus en plus le télégraphe à la disposition du public dans les localités d’ordre secondaire : la loi du 18 juin 1880 a supprimé la garantie de recette annuelle de 5oo francs, imposée par la loi de 1876.
- Sous le nouveau régime, il a pu être satisfait à toutes les demandes de bureaux télégraphiques municipaux faites par des communes ayant souscrit les engagements nécessaires. Il en est même résulté la possibilité pour les communes de s’entendre plus facilement entre elles et d’établir des lignes à frais communs.
- Un décret récent du 11 février 1882 atténue encore les charges incombant aux communes dans l’établissement d’un bureau télégraphique municipal; la contribution aux frais de construction des lignes a été réduite de 6c à 5o fr. par kilomètre de fil à poser sur appuis existants, et de 120 à 100 francs par kilomètre de ligne nouvelle à construire.
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- Elle 'est'en outre ' diminuée de nSoitié’ pour ïés chefs-lieux de canton, jusqu’à concurrence d’un nombre déterminé chaque année.
- Ce décret .a donné une vive impulsion à l’extension du réseau municipal.
- Un grand nombre de communes se sont empressées de profiter de ces dispositions bienveillantes, De 1878 à 1881, 796 bureaux municipaux ont été créés. En 1882, 1 3i5 projets de création de bureaux municipaux ont été étudiés. Soo bureaux, dont 186 situés dans des chefs-lieux de canton, ont été installés. Depuis le î" janvier i883, 538 nouveaux bureaux, dont i5i situés dans les chefs-lieux dé canton, ont été également créés, et nous aurions pu atteindre 600 créations nouvelles dans le cours de l’exercice i883 si nous n’avions pas été arrêtés par l’insuffisance de nos crédits.
- Le nombre des chefs-lieux de canton non pourvus d’un bureau télégraphique municipal, qui était de 1 324 en '1877, n’est plus actuellement que de 160.
- • L’Etat s’est imposé de grands sacrifices. Le Gouvernement n’a cessé de développer autant qu’il a pu le réseau télégraphique municipal, mais l’achèvement de ce réseau dépend surtout des communes elles-mêmes.
- Un certain nombre de conseils généraux viennent déjà en aide aux communes et participent aux dépenses d’établissement des bureaux. C’est une initiative dont on ne saurait trop les féliciter et un exemple qui pourrait être .utilement suivi par les autres départements.
- L’impossibilité où se trouvent certaines communes de supporter les dépenses nécessaires à la création d’un bureau télégraphique municipal, le souci du gouvernement de suppléer au manque de ressources des communes, ont suggéré l’idée d’employer au profit de la télégraphie privée certains fils établis pour des intérêts spéciaux, par exemple dans les gares, dans les postes d’écluses, dans les sémaphores.
- Ce service est loin de présenter les avantages des bureaux de l’administration. Dans les gares, la taxe des dépêches est soumise à un prélèvement de 40 p. 100 au profit des compagnies ; leur transmission est subordonnée aux exigences du service des chemins de fer, elle est faite par un personnel en général moins expérimenté et n’ayant à sa disposition que des appareils souvent insuffisants : leur distribution n’est gratuite que dans l’intérieur même de la gare d’arrivée. Enfin, l’administration n’a aucune action sur ces bureaux et ne peut accepter la responsabilité des réclamations auxquelles ils donnent lieu.
- Cependant, même dans ces conditions, ce service est d’une utilité réelle dans les localités privées de bureau télégraphique spécial. 2,533 gares sont ouvertes à la télégraphie privée. Le réseau télégraphique des chemins de fer est en conséquence relié à celui de l’Etat, et une décision récente a autorisé les municipalités intéressées à faire relier, à leurs frais, les bureaux municipaux aux gares correspondantes.
- Les réseaux télégraphiques spéciaux qui desservent les écluses pour le service de la navigation fluviale et les sémaphores pour celui de la navigation maritime sont aussi mis en grande partie à la disposition du public dans des conditions analogues.
- Ce n’est, nous devons le répéter, qu’un expédient, sur l’insuffisance duquel nous ne manquons pas d’appeler l’attention des communes intéressées.
- De nombreuses améliorations ont été introduites dans le service des bureaux, Il serait trop long de les relater en détail. Nous nous bornerons à mentionner la transformation de bureaux à service limité en bureaux à service de jour complet, l’assimilation des heures d’ouverture et de clôture pour les opérations postales aux heures du service télégraphique dans les bureaux fusionnés, le droit accordé aux villes d’obtenir la prolongation du service télégraphique soit jusqu’à tninuit, soit même pendant toute la nuit (les villes de Lille, Nice, Clermont-Ferrand, Amiens, le Mans, Valence,
- Grenoble, Pau, Perpignan, Dijon,'Cherbourg, Cafcassonne,’ Narbonne, Angers, Béziers, Saint-Quentin, Valenciennes^ Versailles, Troyes, Roubaix, Cambrai, Montauban, Douai, Laval, Aix-en-Provence, Elbeuf, Tourcoing, Ajaccio, Roclie-fort, Vienne, Cannes et Neuilly-sur-Seine en ont profité), les' augmentations nombreuses du personnel des recettes, et enfin l’ouverture de nouveaux guichets destinés à éviter autant que possible les stationnements prolongés du public.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- M. le Docteur Cornélius Herz, directeur de La< Lumière Electrique, qui avait été récemment nommé commandeur de l’Ordre de Saint-Michel, vient, sur la proposition de M. le ministre des Postes et Télégraphes, d’être promu au grade de commandeur de la Légion d’honneur.
- _ Notre collaborateur, M. Decharme, nous transmet les ren-seignements suivants sur les dégâts causés par les orages dans plusieurs départements.
- Le Ralliement d’Abbeville donne les détails suivants d’une trombe à grêle qui, récemment, a ravagé le Vimeux (Seine-Inférieure et Somme), et causé dans cette contrée, sur une étendue d’environ dix lieues de longueur sur deux de largeur, des désastres irréparables. ’
- « C’était samedi dernier (12 juillet). La chaleur était suffo-> cante. Peu à peu l’horizon se couvrait d’une teinte plombée. Tout à coup, vers six heures du soir, un gros nuage noir s’éiance au-dessus de la forêt de Blangy, et, enveloppé d’une effroyable tourmente, se précipita sur le Vimeux. La trombe passa avec la rapidité de l’éclair.
- « C’est à peine si .dans chaque commune on l’a sentie' durant cinq ou six minutes. A six heures et demie elle est déjà sur la vallée de la Somme, où sa violence s’épuise. Elle n’a donc mis qu’une demi-heure à franchir tout le Vimeux.
- « Une grêle drue et épaisse s’est abattue sur toute la campagne, et, partout où le fléau ravageur a passé, c’est la désolation d’un champ de bataille que des milliers d’hommes auraient piétiné.
- « A perte de vue, il ne reste pas un épi, pas un plant de pomme de terre ou de betterave, pas une tête d’œillette ; tout est brisé, saccagé.
- « La commune de Tours-en-Vimeux, pays de culture morcelée, subit à elle seule une perte de récolte évaluée à 45oooo francs. On peut estimer à trois millions la perte totale pour le Vimeux, causée par cette trombe. »
- On écrit de Mirecourt ;
- L’orage du 14 juillet a été terrible à Charmes, où le tonnerre est tombé plus de vingt fois, détruisant beaucoup d’objets dans les maisons particulières. Le clocher est penché, la moitié de la tour a été emportée et un bloc énorme a défoncé une maison voisine.
- Les dégâts dans les campagnes ont été considérables.
- La Gazette de Pêronne relate un cas de foudre ayant causé des dégâts et un commencement d’incendie, à Ytres (Somme) le 5 juillet.
- La foudre est d’abord tombée sur le clocher qu’elle a découvert complètement (il n’y reste plus une ardoise), puis, elle s’est séparée en deux courants, dont l’un a suivi le faîtage, enlevant une grandè partie du zinc, tandis que l’autre a détérioré environ 60 mètres de dorure, puis de là est eû-
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- trée dans la sacristie, en enlevant une planche au placard, a jnis le feu dans une armoire, fermée à clef, dans laquelle quatre bouquets d’autel ont été entièrement brûlés.
- Un jeune homme, qui se trouvait sur le chantier des travaux de l’école communale, en face de l’église, a été atteint par le fluide et est resté sans connaissance pendant quelques instants.
- Dans sa séance du 17 juillet, la Chambre des députés a adopté le projet de résolution présenté par la Commission au sujet du projet de loi tendant à régler les concessions des réseaux téléphoniques. Cette résolution est ainsi conçue :
- « La Chambre des députés, considérant :
- « Que le projet de loi tendant à régler les concessions téléphoniques, présenté par le Ministre des postes et des télégraphes le 21 juin 1884, n’exige le vote d’aucun crédit;
- « Que les pouvoirs nécessaires pour la concession des réseaux téléphoniques par le Ministre résultent du décret du 27 décembre i85i;
- « Que les taxes pour les postes publics des téléphones peuvent être établies en vertu de la loi du 5 avril 1878;
- « Déclare qu’il n’y a pas lieu de statuer par voie législative sur le projet déposé par le Ministre des postes et des télégraphes. »
- D’après nos renseignements, M. le Ministre des postes et des télégraphes vient de constituer une commission spécialement chargée de se prononcer sur les demandes de concession de réseaux téléphoniques adressées au ministère.
- Les Compagnies de chemins de fer vont expérimenter /prochainement un nouveau système de barrières pour passages à niveau. Ces barrières, établies sur la voie ferrée, sont maintenues par des crochets électriques; lorsqu’un train arrive, les roues de la locomotive passent sur un contact placé près du rail et ferment un circuit électrique, ce qui produit l’ouverture de la barrière, qui ne se referme qu’après le passage du dernier wagon. Une sonnerie avertit le public du prochain passage d’un train.
- L’Association américaine pour l’avancement des sciences tiendra sa trente-troisième réunion à Philadelphie, du 4 au 10 septembre. Elle a invité les membres de l’Association britannique à y assister.
- L’Association britannique a répondu à cette invitation en conviant les membres de l’Association américaine d’assister à ses réunions, qui se tiendront à Montréal au mois d’août.
- Le gouvernement hollandais a chargé le directeur du Jardin des Plantes de Buitenzorg, à Java, de recherche? sur la partie de la colonie qui se prêterait le mieux à la culture de l’arbre à gutta-percha.
- On annonce en Angleterre la dissolution prochaine des Sociétés suivantes : l’Anglo Spanish Téléphoné O ; la Direct American Telegraph O; la Direct Atlantic Telegraph C°; l’Economie Telegram C°; la Globe Telegraph O; l’Atlantic Telegraph C° et la North Atlantic Telegraph C°,
- Le journal anglais VEngineer propose de former un établissement où les inventeurs pourraient faire toutes les mesures électriques dont ils auraient besoin. Les facilités qu’offrirait un établissement de ce genre seraient sans doute d’un encouragement précieux pour beaucoup de travailleurs qui, au lieu de faire des expériences en petit, pourraient essayer leurs inventions dans des conditions pratiques.
- -J-’eniployé .d’une maison de commerce à Sunderland (An-
- gleterre), a été frappé par la foudre la semaine dernière çrt tenant un téléphone à l’oreille pendant l’orage.
- Les représentants de plusieurs entreprises télégraphiques, téléphoniques et de lumière électrique ont dernièrement consulté le maire de Brooklyn sur l’interprétation qu’il comptait donner à la loi qui ordonne de mettre tous les fils, électriques sous terre. A la fin de la conférence, le maire a avoué qu’il ne voyait aucune possibilité d’exécuter les dispositions de la loi, même en laissant de côté la question des dépenses.
- Dans la Chambre des Communes, sir Henry Tyler a appelé l’attention du gouvernement sur le grand nombre de fils aériens dans différentes parties de la capitale, et sur les mesures de précautions qu’il y aurait lieu de prendre à ce sujet,
- A l’occasion d’un concours agricole à Cork, en Angleterre, l’ingénieur chargé de l’installation de la lumière électrique a fait des expériences de transport de la force par l’électricité.
- Le courant d’une machine Gramme a été envoyé à une dynamo Yarman, placée à une distance de 2 1/4 kilomètres.
- Les boîtes renfermant les signaux de la police à New-Haven vont être pourvues d’un appareil qui fournira une lumière rouge par la pression d’un bouton à la station centrale de la police pour avertir le sergent de ville en faction la nuit de se rendre au quartier général.
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- Éclairage électrique
- A l’Opéra, 120 lampes Edison, type A, éclairent la rampe depuis la représentation du 21 juillet dernier. La force motrice est fournie par un moteur à gaz placé dans la cave, sous le grand escalier.
- M. Chambertain a informé M. Fowler, à la Chambre des Communes, que sur 120 demandes d’éclairage électrique, le Board of Trade en avait accordé 73 qui avaient été confirmées par le Parlement; sur dix demandes de licence, une seule a été accordée.
- Le comité sur l’éclairage des rues, à Boston, a fait.supprimer les foyers à arc Weston, sur la place de l’Indépendance, au grand mécontentement des habitants de ce quartier.
- L’administration des chemins de fer de Chicago à Saint-Paul a adopté la lumière électrique comme feu d’avant pour toutes ses locomotives.
- Trois mille becs de gaz ont été supprimés à New-Yofk par suite de l’extension qu’on vient de donner à l’éclairage des rues par l’électricité.
- Plusieurs des paquebots sur la rivière Hudson ont 'été pourvus d’une installation d’éclairage électrique à incandescence avec des lampes Edison, entre autres le Saint-John et le Drew.
- Selon le rapport annuel des directeurs de la Telegraph Construction and Maintenance C°, à Londres, cette Société a fabriqué 4 322 milles de câbles pendant les si:; derniers mois. Plus de 4800 milles ont été posés pendant la même i période, et la Compagnie s’occupe activement de l’installa*
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- tion de la lumière électrique à la gare de Paddington (Londres), qu’on espère pouvoir terminer vers la fin du mois de novembre prochain.
- Un journal de Glasgow ayant proposé d’utiliser une chute d’eau comme force motrice pour les machines fournissant le courant pour l’éclairage à l’électricité de la ville, les ingénieurs ont fait remarquer que les réservoirs étant placés à plus de 8 milles de la ville, les dépenses pour les conducteurs seraient trop fortes pour qu’un tel arrangement fût pratique.
- Les Compagnies d’assurances contre les incendies, à Boston, ont refusé de permettre l’emploi des lampes à incandescence sur un circuit de lumière à arc, cette disposition ayant donné lieu à plusieurs sinistres.
- Télégraphie et Téléphonie
- Une convention est intervenue entre la France et l’Espagne pour régler les conditions d’exploitation du câble télégraphique sous-marin, à établir entre les îles Canaries et le Sénégal.
- D’après cette convention, le gouvernement espagnol reconnaît à l’administration française le droit d’atterrissement aux îles Canaries et s’engage à faire assurer à Téné-riffe le service du câble du Sénégal, dont la direction technique appartiendra aux télégraphes français. La taxe est fixée à un minimum de 1 fr. 5o par mot pour les dépêches échangées entre Saint-Louis et les îles Canaries, et à o fr. £0 par mot pour les dépêches entre Cadix et Ténériffe.
- Dans sa séance du 17 juillet, la Chambre des députés a adopté un projet de loi tendant à reporter de l’exercice i883 à celui de 1884 un crédit extraordinaire de 1 416 666 francs, affecté à la pose du câble sous-marin entre Ténériffe et le Sénégal.
- L’administration des télégraphes possède à Toulon, depuis 1864, un© petite usine pour recouvrir et réparer les câbles, ainsi que deux navires, l’Ampère et la Charente, pourvus de tout le matériel nécessaire à la pose des câbles. Cet établissement réalisait une économie de Soooo francs par an pour l’administration, mais en 1879 il a été nécessaire d’élargir l’usine, les machines étant devenues absolument insuffisantes pour le travail. Un crédit de 3ooooo francs a été voté dans ce but en 1881, et la nouvelle installation est aujourd'hui terminée, La fabrique peut actuellement fournir jusqu’à 9 kilomètres de câble par jour.
- La brigade télégraphique du génie, en Angleterre, vient de construire pendant les manœuvres une ligne télégraphique d’une longueur de 60 milles entre Windsor et Ports-mouth.-
- Le travail a été fait à raison de 18 milles par jour avec 22 poteaux par mille. Le corps était divisé en quatre détachements de 8 hommes et 4 voitures transportant le fil, les poteaux, etc. La ligne a également été utilisée pour des communications téléphoniques avec un plein succès. Pendant les manœuvres, la brigade a construit plus de 3 milles de ligne eu moins d’une heure.
- L’administration télégraphique de la colonie du Cap de Bonne-Espérance ayant rencontré des difficultés pour la remise au bureau de Madère des télégrammes expédiés par poste de Capetown, s’est vue obligée d’employer dans cette ville l’intermédiaire d’une agence spéciale et elle a décidé, en conséquence, de percevoir désormais pour ces télégrammes, en sus des taxes télégraphiques régulières, un droit de poste de 6 pence par dépêche, et un droit d’agence de
- 4 shillings pour les premiers vingt mots, avec augmentation d’un shilling par chaque série ou fraction de série additionnelle de dix mots.
- De son côté, la Brazilian Submarine C° se préoccupe des modifications à apporter au service actuel, pour éviter au public le maintien de ces surtaxes.
- La télégraphie électrique a fait des progrès rapides dans la Nouvelle-Galles du sud. En 1873, il n’y avait que 6 521 milles de fil avec io5 bureaux télégraphiques, et un total de 365 36o dépêches, tandis qu’en 1882 le réseau comptait 15901 milles avec 345 stations, et un trafic de 1 935931 dépêches transmises.
- Les recettes du département des télégraphes en France pour le mois de juin ont été de 2 377 000 fr., ou une augmentation de 13oooo sur le même mois de l’année i883.
- Le correspondant du Times à Bangkok (Siam), annonce qu’une ligne.télégraphique va être construite, dans le plus bref délai possible, entre Bangkok et Zimmay, et de là à Burmah.
- On télégraphie de Philadelphie, à la date du 21 juillet, que la pose du nouveau câble a été terminée, et qu’un échange de dépêches a déjà eu lieu entre Dover Bay, New-Hampshire et Waterville, en Irlande.
- Les Annales télégraphiques publient le tableau suivant qui établit la proportion dans laquelle les différents organes du matériel télégraphique de l’administration française ont été détériorés par la foudre en i883 :
- Nombre d’objets sur 1,000 en service
- Poteaux......................................... 0,742
- Isolateurs..................................... o, 168
- Paratonnerres. . . ........................... 17,37
- Galvanomètres.................................. 0,44
- Sonneries...................................... 6,40
- Appareils Morse............... ............ 2,777
- La communication a été rétablie entre vantes :
- Date
- de l’interruption
- les lignes sui-Date
- du rétablissement
- Ligne Saigon-Bangkok . Câble Madras-Penang. . Ligne Hongkong-Canton
- 7 juillet 1884 9 juillet 1884
- i3 juin 1884 16 juillet 1884
- 22 juillet i883 20 juillet 1884
- Par une décision impériale en date du 3 juin dernier, les deux administrations des postes et des télégraphes de l’empire russe ont été réunies en une seule sous la dénomination de « Direction générale des postes et des télégraphes ».
- Les services des postes et télégraphes dans les Pays-Bas doivent être considérés comme formant désormais, au département des travaux publics, du commerce et de l’industrie, une seule administration administrée par un nouveau directeur, sous l’autorité immédiate du ministre.
- L’administration des Indes britanniques a fourni les renseignements suivants au Journal télégraphique au sujet de la ligne télégraphique de Tavoy à Bangkok et Sur les causes qui ont amené la fermeture momentanée de cette voie.
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- Le pays entre Tavoy et la frontière siamoise, d’un parcours très difficile, est dépourvu de route sur la plus grande partie du trajet; le seul moyen de communication consiste dans le transport par bateau sur une rivière dont les dangereux rapides .rendent la navigation pénible et périlleuse. C’est sur les rives abruptes de cette rivière que la ligne télégraphique avait été établie, et elle y était exposée à de fréquentes interruptions par suite de la chute des arbres des forêts 'qu’elle traversait.
- L’administration prendra les dispositions nécessaires pour renforcer et améliorer la ligne aussitôt que la fin de la saison des pluies permettra d’entreprendre ces opérations, et elle espère être en état de rouvrir les communications pour le printemps prochain.
- Il est cependant probable qu’à càuse des nombreuses difficultés de toute nature, ce ne sera jamais qu’à grand’peine qu’on réussira à maintenir sur cette ligne une communication télégraphique régulière et efficace ; mais en raison de l’importance qui s’attache à l’établissement d’une bonne ligne terrestre entrejes Indes, d’une part, et Siam et la Co-chinchine, de l’autre. L’administration indienne ne négligera rien pour arriver à triompher de ces difficultés.
- Le bureau télégraphique russe de Tchikislar est depuis un certain temps relié à Krasnowodok par une ligne établie tout entière sur' territoire russe, qui passe par Bann. En conséquence, les télégrammes pour Tchikislar ont cessé d’être soumis au tarif spécial qui résultait auparavant de l’emprunt des lignes persanes et seront désormais taxés comme les correspondances de toutes les autres stations de la région transcaspienne, d’après le tarif applicable à la Russie du Caucase.
- Voici la liste des principales voies de communications télégraphiques interrompues en ce moment ;
- Date
- de l'interruption
- Lignes terrestres égyptiennes entre
- Berber et Souakim................
- Lignes du Venezuela.................
- Lignes argentines entre Panama et
- Santa-Fé.........................
- Ligne Rangoon (Indes)-Mandalày (Birmanie) .............................
- 2 septembre i883 19 décembre i883
- 12 avril 1884
- 13 juillet 1884
- En prévision de la réouverture de la ligne de Tàvoy, la Eastern Extension C° a abaissé de S centimes par mot les taxes fixées pour les correspondances transitant par Siam et la Côchinchine. Cette réduction a pour but d’assimiler les taxes de la voie terrestre à celles dè la voie sous-marine de Singapore,
- Il n’existe qu’une seule ligne téléphonique en Serbie, d’une longueur d’environ 1 kilomètre et dont la construction n’a entraîné qu’une dépense de 470 francs. Elle relie le ministère de l’intérieur à la préfecture de Belgrade, et sert exclusivement aux communications officielles.
- Le réseau téléphonique à Evansville (Indiana), qui compte six cents-abonnés, n’est desservi que par trois employés au bureau central, et le service ne donne jamais lieu à des plaintes.
- La ligne en -fil de cuivre établie entre New-York èt Boston par l’American Beil Téléphoné C° -sera réservée exclusivement pour des expériences, mais on croit que plusieurs lignes du même genre seront prochainement construites êhtre lès villes les plus importantes et livrées au public.
- expériences publiques intéressantes avec l’appàrèil multH plex de MM. Délany et Callahan sur la . ligne télégraphique entre Boston et Providence. On a pu envoyer en cinq minutes, sur un seul fil en six circuits, jusqu’à 793 mots et en recevoir 806. Dans les mêmes conditions, on à pu envoyer 2 244 mots en dix minutes, ou une moyenne de 3g mots par minute et par circuit,
- Le réseau téléphonique de Plymouth comptait il y a trois ans près de i5o abonnés, mais depuis l’intervention du . département des télégraphes et la création d’un bureau central par cette administration, le nombre des abonnés a été réduit à 42.
- Le nombre des abonnés au téléphone à Edimbourg est aujourd’hui de 260, dont beaucoup'demeurent à Leith, Tri-nity et Granton, près d’Edimbourg. La moyenne des communications est de 1480 par jour ou 5 par abonné. Le prix de l’abonnement est de 37S fr. par an. Le bureau central est relié au réseau téléphonique de Glasgow et tout abonné à Edimbourg peut converser avec les 700 abonnés du réseau de Glasgow, moyennant un supplément d’abonnement de 600 fr. par an à peu près. Cette ligne téléphonique est la plus longue de tout le royaume et le nombre des communications dépasse quelquefois 5o par jour. Glasgow est relié à Paisley et Greenock, de sorte que les habitants d'Edimbourg peuvent également correspondre directement avec ces deux villes. La longueur totale des fils de la Compagnie dépasse 236 milles; les conducteurs sont presque tous en bronze phosphoreux pesant seulement 16 kil. 1/2 par mille. Néanmoins, le nombre des fils aériens est si grand qu’il devient fort difficile d’en placer de nouveaux et la Compagnie a demandé l’autorisation de poser un câble souterrain.
- Le service téléphonique, introduit en Turquie en 1880. comprend actuellement trois réseaux affectés exclusivement, l’un au service officiel de l’administration des télégraphes, le second au service de sauvetage dans la mer Noire et le troisième à celui de l’Eastern Telegraph C° et de la Banque ottomane. Au Ier janvier 1884, l’ensemble de ces trois réseaux comprenait 38,5 kilomètres de lignes aériennes avec 41 kilomètres de fil. Le nombre des postes est de 8, desservis par les appareils de Blake, de Gower et d’Ader.
- Jusqu’à présent, aucun établissement n’a été fait en Turquie pour les communications du public, soit entre abonnés, soit avec les bureaux. .
- ERRATA
- Dans le numéro du 12 juillei dernier, page 57, colonne 1, il faut lire :
- CL , __ CL
- û —7\=cd d’ou nC~—j 11G cd
- Si a, c, d et « sont connus, on peut donc déterminer C.
- Dans le numéro du 26 juillet, dans les formules de la page 12g, il faut lire arc cot. partout où il y a arc cos.
- Le Gérant : A.No aiglon.
- La Boston Multiplex Telegraph C° a dernièrement faittles
- Paris. — Imprimerie-P. Mouillot, i3, quai-Voltaire. — 49664
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : ÂUG. GUEROUT I ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- J'BJBLIOTÏ
- 6« ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 9 AOUT 1884
- N° 32
- SOMMAIRE
- Les poissons électriques; H. Beauregard. — L’institut électrotechnique Montefiore; G. Duché.'— Le procès de la Société générale des Téléphones; J. Bourdin. — Détails divers des lampes à incandescence ; G. Richard. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Sur les principaux résultats de l’expédition polaire finlandaise (1883-84), par M. Selim Lemstrom. — Nouvelle méthode pour la mesure directe des intensités magnétiques absolues, par M. Leduc. — Sur une nouvelle pile à électrodes de charbon, par MM. Tommasi et Radiguet. — Bibliographie : Traité élémentaire d’électricité, par J. Clerk-Maxwell, traduit par G. Richard; P. Clemenceau. — Travaux de la Conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des Postes et Télégraphes (suite). — Correspondance : Lettres de MM. Fabbri et Ravaglia et Van der Ven. — Faits divers.
- LES
- POISSONS ÉLECTRIQUES
- Certains animaux jouissent de propriétés électriques telles qu’on a pu les comparer aux appareils, piles ou machines électriques qui nous servent dans nos laboratoires à produire l’électricité.
- C’est dans l’ordre des poissons qu’on trouve les êtres doués de cette particularité physiologique ; ils sont peu nombreux en espèces et sont connus sous le nom de poissons électriques.
- Comme le faisait remarquer Geoffroy Saint-Hilaire, l’analogie porterait à croire que des êtres qui jouissent de facultés aussi extraordinaires les doivent à une organisation presqu’entièrement semblable, qu’ils sont par conséquent extrêmement voisins les uns des autres ou plutôt qu’ils forment une seule et même famille.
- Ainsi, nous voyons les insectes pourvus de propriétés vésicantes, former, dans le grand groupe des Coléoptères, une tribu bien caractérisée dans laquelle tous les genres et toutes les espèces sont épispastiques à des degrés variables.
- Tel n’est cependant pas le cas des poissons électriques. Geoffroy Saint-Hilaire,qui avait été très frappé de cette répartition des espèces électriques dans des genres parfois très éloignés par tous leurs autres caractères, cherchait à l’expliquer par ce fait, que les organes producteurs de l’électricité « ne se-« raient point essentiellement liés à des organes « de première importance, et qu’ils appartiendraient « tout au plus aux téguments communs, lesquels « varient dans chaque espèce, sans apporter dans « le reste de l’organisation aucune modification no-« table. »
- Nous verrons par la suite que l’idée exprimée par le savant naturaliste philosophe était juste et qu’en effet les organes électriques semblent pouvoir être considérés comme se développant aux dépens, non pas des téguments, mais des muscles, organes qui peuvent être partiellement modifiés, sans porter atteinte à l’organisation générale des animaux.
- Quoi qu’il en soit, les poissons électriques sont, disons-nous, peu nombreux et ils appartiennent à des genres très différents.
- Chez les uns, la structure de l’organe électrique est bien connue et ses effets ont été étudiés avec soin, ce sont les Torpilles, les Raies, le Gymnote et le Malaptérure (Silure électrique).
- Chez les autres, l’organe électrique a - été décrit, mais ses propriétés n’ont été que soupçonnées, faute de pouvoir -les expérimenter. Tels sont les Mormyres et le Gymnarque du Nil.
- Nous mentionnerons enfin, et seulement pour mémoire, trois autres espèces sur lesquelles on n’a que des renseignements tout à fait insuffisants, savoir :
- i° Le Trichiure électrique, poisson de la famille des Scomberoïdes, qui habite les mers de l’Inde. Mais d’après Lacépède, ce Trichiure est établi sur une confusion qui existe entre le texte de Neuhof qui le signale, et la figure qu’on y rapporte. Ce prétendu Trichiure ne serait autre qu’un Silure.
- 2° Le Tetrodon électrique, espèce du groupe des Plectognathes qui a été rencontré aux îles Comores
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et dont a fait mention le lieutenant Paterson dans une lettre écrite à sir Joseph Bank (1786). Cet officier anglais raconte qu’ayant placé ce poisson dans un sac de toile, il éprouva des commotions tellement violentes, qu’il fut obligé de lâcher prise. L’organe produisant ces effets n’a d’ailleurs été ni recherché, ni étudié.
- 3° Enfin, le Purarque de Margrave (Rhinobatus electricus) sur lequel nous n’avons aucun renseignement précis.
- Nous laisserons donc de côté ces trois dernières espèces pour ne nous occuper que des six premières. Elles offrent au triple point de vue de leur répartition zoologique et géographique et de leur mode d’existence des différences remarquables.
- Les Torpilles et les Raies sont des poissons du groupe des Plagiostomes qui se tiennent de préférence dans les profondeurs de la mer. Les Torpilles habitent ordinairement les régions chaudes ou tempérées ; il en existe plusieurs espèces dans les mers de l’Inde et sur les côtes de l’Amérique; en Europe
- TIG. I. — MAL APTÉRURE OU SILURE ÉLECTRIQUE
- elles fréquentent surtout la Méditerranée, mais elles ne sont pas rares sur les côtes de Bretagne.
- Les autres poissons électriques se rencontrent dans les eaux douces.
- Ainsi le Gymnote ou anguille électrique (fig. 2), qui appartient au groupe des Malacoptérygiens apodes, et est voisin des Murènes et des anguilles vit dans les fleuves et les marais de l’Amérique méridionale.
- Le Malaptérure ou Silure électrique (fig. 1), est abondant dans les eaux du Nil, qu’habite aussi le Gymnarque (Gymnarchus Niloticus, Cuv.) — Les Mormyres enfin, vivent dans les fleuves de l’Afrique tropicale. Ces trois dernières espèces appartiennent au groupe des Malacoptérygiens abdominaux.
- De ce qui précède on peut donc conclure que les poissons électriques se répartissent dans les divers groupes de la classe, les uns appartenant aux poissons cartilagineux, les autres aux poissons osseux. La grande étendue de leur répartition géographique n’est pas moins intéressante à constater.
- Quant à l’usage que font de leur organe électrique les poissons qui en sont pourvus, il est facile de le deviner. Ils s’en servent comme d’organes de défense, ou d’attaque. Pour en témoigner, nous ne saurions ifiiéùx faire que de signaler quelques-unes
- des observations qui ont été faites sur la torpille par Armand Moreau qui a étudié avec beaucoup de soin les mœurs de cet animal. On sait que la torpille est un poisson cartilagineux à corps déprimé, qui ressemble beaucoup aux raies et aux pastenagues et qui vit dans la mer, couché sur le fond où il reste plus ou moins complètement enfoncé dans le sable. Caché là et comme à l’affût, il attend qu’une proie arrive à sa portée ; « qu’un « poisson passe, et la décharge, littéralement ra-« pide comme la foudre, l’atteint douloureusement ; « la victime, immobilisée pour quelques instants, « est engloutie dans l’estomac avant d’avoir repris « la liberté de ses mouvements ». Le volume des poissons auxquels s’attaque la torpille est parfois considérable. — Le même physiologiste a vu un jour une torpille placée dans une petite quantité
- FIG. 2. — GYMNOTE OU ANGUILLE ÉLECTRIQUE
- d’eau au fond d’une barque, avoir raison d’un turbot de même taille qu’elle. A peine celui-ci qu’on venait de pêcher, vint-il en glissant dans le fond de la barque, à toucher la torpille, qu’on le vit faire un bond énorme, puis rester pendant plus d’une minute immobile, le corps ployé en deux dans une violente contraction. Un autre jour, une torpille difforme ayant été ouverte, on trouva dans son estomac une sole repliée sur elle-même et qui égalait presque la longueur de son hôte. Les décharges électriques sont donc sous la dépendance de la volonté de l’animal, c’est là un fait important à noter, et il peut, dès lors, s’en servir pour s’emparer de la proie qu’il convoite.
- Il peut s’en servir aussi pour sa défense et nous ne saurions, à ce sujet, passer sous silence le récit que fait de Humboldt de la pêche des gymnotes, au moyen de chevaux et de mulets que les Indiens font entrer en grand nombre dans les marais où se se trouvent ces poissons.
- « Le bruit extraordinaire causé par le piétinement
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- « des chevaux, fait sortir les gymnotes de la vase « et les excite au combat. Ces anguilles jaunâtres « et livides, semblables à de grands serpents aqua-« tiques, nagent à la surface de l’eau et se pressent « sous le ventre des chevaux et des mulets. Une « lutte entre des animaux d’une organisation si « différente, offre le spectacle le plus pittoresque.
- « Les Indiens, munis de harpons et de roseaux i longs et minces, ceignent étroitement la mare ;
- « par leurs cris sauvages et la longueur de leurs « joncs, ils empêchent les chevaux de se sauver en « atteignant la rive du bassin. Les anguilles, étourdi dies du bruit, se défendent par la décharge réi-« térée de leurs batteries électriques ; pendant long-« temps, elles ont l’air de remporter la victoire, i Plusieurs chevaux succombent à la violence des « coups invisibles qu’ils reçoivent de toutes parts » dans les organes les plus essentiels à la vie. »
- * Etourdis par la force et la fréquence des
- « commotions ils disparaissent sous l’eau ; ...en
- « moins de 5 minutes, deux chevaux étaient noyés. « L’anguille, ayant 5 pieds de long, et se pressant c contre le ventre des chevaux, fait une décharge « de toute l’étendue de son organe électrique. Elle « attaque à la fois le cœur, les viscères et le plexus
- ® cœliaque des nerfs abdominaux..... Nousnedou-
- « tions pas que la pêche se terminât par la mort « successive des animaux qu’on y emploie. Mais « peu à peu, l’impétuosité de ce combat inégal « diminue ; les gymnotes fatigués se dispersent. « Ils ont besoin d’un long repos et d’une nourri-« ture abondante pour réparer ce qu’ils ont perdu « de force galvanique. Les mulets et les chevaux « parurent moins effrayés ; ils ne hérissaient plus « la crinière, leurs yeux exprimaient moins l’épou-« vante. Les gymnotes s’approchaient timidement c du bord du marais où on les prit au moyen de x petits harpons attachés à de longues cordes. « Lorsque les cordes sont bien sèches, les Indiens « en soulevant le poisson dans l’air, ne ressentent « pas de commotions. »
- Nous aurons à revenir sur ce récit de Humboldt, il renferme, en effet, d’intéressantes remarques sur le mode de fonctionnement de l’organe électrique du gymnote.
- Les faits précédents que nous pourrions multiplier à l’infini, car une aussi étrange propriété n’a pas manqué de frapper tous les observateurs, montrent combien puissante est l’action que peuvent exercer les poissons électriques. Pendant longtemps on ignora complètement quelle était la nature de cette action et les théories les plus diverses se firent jour pour expliquer les effets que produisent lés singuliers poissons qui nous occupent.
- L’engourdissement qu’ils causent quand on les touche, leur avait fait donner par les anciens des noms bien appropriés. Les Grecs les désignaient
- sous le nom de Narké, mot qui signifie Torpeur ; de là aussi le nom latin de Torpédo et ceux plus modernes de Torpille, Trembleur, Poisson magicien, Crampfish, etc. Mais tous ces noms, s’ils rappellent l’effet produit, n’indiquent pas que la cause ait été soupçonnée. Les Arabes, toutefois, comme le fait remarquer Geoffroy Saint-Hilaire, ont peut-être entrevu une relation entre l’électricité céleste et les phénomènes produits par la torpille et le malaptérure ou silure électrique.
- « Les Arabes, dit cet auteur, à l’époque sans « doute où ils cultivèrent les sciences avec tant de « succès, ont été sur la voie de la théorie del’élec-« tricité ; du moins est-il vraisemblable qu’ils ont « rapporté à la même cause les effets foudroyants « de la torpille et ceux beaucoup plus terribles de « l’électricité céleste... Chaque animal porte dans « cette contrée comme dans les livres des naturalis-« tes, deux noms, celui du genre et celui de l’espèce; « il n’y a guère d’autre exception qu’en faveur de « la torpille et du silure trembleur ; on a négligé « tout ce qui tenait à la forme de ces poissons, on « ne s’est attaché qu’à leur étonnante faculté de * frapper d’engourdissement toutes les petites « espèces de la mer et du fleuve ; ainsi, quoique « très différents, on leur a donné le même nom ; « et ce qu’il y a de bien remarquable, le nom de « Râad ou Raasch qui sert à exprimer le ton-« nerre. »
- Aristote pensait que la torpille engourdit par un venin qui lui est propre les poissons qu’elle veut prendre. Athénée, Théophraste, Pline, Plutarque, Dioscoride observèrent aussi, sans les expliquer mieux, les curieux phénomènes de l’engourdissement, et Galien l’attribua à un principe frigorifique. Plus tard, au dix-septième siècle, Redi (1671) et Lorenzini (167}!), étudièrent les organes particuliers à la torpille, ils reconnurent que ces organes étaient la source des effets qu’ils observaient, mais ils émirent une théorie tout à fait singulière. Considérant en effet cet appareil comme formé par des muscles, musculi falcati (qu’ils dénommaient ainsi parce que l’organe de la torpille est recourbé à la manière d’une faucille), ils supposaient que ces muscles en se contractant projetaient au loin de délicats corpuscules qui produisaient l’engourdissement des animaux ou des membres qu’ils atteignaient.
- L’existence de ces corpuscules stupéfiants ne fut généralement pas admise, et des théories purement mécaniques furent bientôt substituées à celle-ci. C’est ainsi que Borelli admettait que la torpille, saisie elle-même de tremblements violents, communique ces mouvements à l’animal qui la touche et cause ainsi chez celui-ci un engourdissement douloureux.
- Réaumur, assez incrédule et pensant que les récits qu’il lisait étaient exagérés, résolut de faire des
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- expériences sur la torpille, et il put constater, à son grand étonnement, qu’au contact de la main avec l’animal, son bras tout entier, jusqu’à l’épaule, était. frappé d’un engourdissemènt accompagné d’une vive douleur, qu’il compara à la sensation qü’on éprouve à la suite d’un choc du coude contre un corps dur. Il chercha alors à expliquer ce phénomène par un coup violent que donne la torpille à la main qui la touche. La percussion serait composée d’un nombre considérable de petits coups se suivant avec, rapidité et produits chacun par la contraction suivie de relâchement brusque de l’un des cylindres qui. forment l’appareil particulier à la torpille,-dont Redi et Lorenzini avaient fait connaître la structure. Ces coups, ajoute-t-il, « pro-« duisent dans les nerfs un mouvement d’ondula-« tion qui ne s’accommode pas avec celui que nous « devons leur donner pour mouvoir le bras. De là « naît l’impuissance où l’on se trouve d’en faire « usage, et le sentiment douloureux. »
- Oii ne-doit pas s’étonner devoir Réaumur, observateur sagace, passer ainsi à côté de la vérité, et ne pas soupçonner la présence de l’électricité ; il ne connaissait pas, en effet, les propriétés qui la caractérisent, et rien ne saurait mieux démontrer l’ignorance où l’on était alors relativement à l’électricité; que la phrase suivante que nous relevons dans son; mémoire : « Si nous voulions croire ce qu’on « nous dit des torpilles dans l’histoire de l’Abys-« sinie, si elles sont capables de faire mourir des « poissons en vie, elles semblent rendre la vie aux « poissons.'morts. Les poissons morts, dit-on, « s’agitent si on les met avec elles dans le même « vase. Mais n'est-ce point trop d'avoir rapporté « un pareil conte ? » C’est ainsi que Réaumur traite une observation qui est la démonstration même du pouvoir électrique de la torpille.
- Vers le milieu du XVIIIe siècle, les progrès des sciences physiques s’accentuant davantage, on en vint enfin à la véritable explication des phénomènes observés.
- Un physicien anglais, Walsh (1772), démontre le premier expérimentalement, qu’fi y a production d’électricité lorsque les organes propres de la torpille entrent en jeu. Avant lui toutefois, cette opinion avait été émise, bien que sans preuves, par Adanson (1757), pour expliquer les commotions produites par le malaptérure ou silure électrique du Sénégal. On ne peut conserver aucun doute aujourd’hui sur la nature des décharges qui étonnaient tant nos devanciers, et les poissons électriques méritent à tous égards le nom qui leur est donné. Démontrons tout d’abord que les poissons en question doivent à l’électricité les propriétés dont ils jouissent; nous rechercherons ensuite où et comment se produit cette électricité. Quelques connaissances d’anatomie descriptive et topographique des organes électriques nous suffiront
- pour comprendre les expériences qui ont établi le premier point. Mais nous devrons entrer dans'des détails beaucoup plus approfondis pour suivre les nombreuses recherches qui ont été dirigées dans le but de démontrer comment fonctionne l’appareil électrique. Nous verrons alors les théories physiques se modifier à mesure que les progrès des sciences anatomiques apportaient de nouveaux détails sur la structure intime des tissus de ces organes.
- APPAREILS ÉLECTRIQUES. — ANATOMIE DESCRIPTIVE ET TOPOGRAPHIQUE.
- Dans les appareils électriques de tous les poissons, deux parties sont à considérer, savoir : des nerfs et un organe particulier où ceux-ci se distribuent. Les nerfs sont plus ou moins développés et spécialisés; quant aux organes, ils consistent toujours essentiellement en disques ou plaques (plaques électriques) parfois très nombreux qui, dans leur mode d’arrangement, de groupement et d’orientation, offrent des variations chez les différentes espèces, tout en conservant toujours les mêmes caractères chez les individus d’une même espèce. Les plus récents travaux tendent à démontrer que ces organes ont pour origine des muscles modifiés; aussi ne s’étonnera-t-on pas de les voir occuper le voisinage de muscles plus ou moins puissants qui les enveloppent parfois complètement.
- Appareils électriques de la torpille. — Comme nous le disions plus haut, la torpille est un poisson relativement assez fréquent dans nos mers, aussi a-t-il été le sujet de recherches nombreuses. Ce fut Hunter qui, le premier (1773), donna une description satisfaisante de l’appareil électrique de ce poisson. Depuis lors, l’étude en fut reprise par divers anatomistes, et plus particulièrement par Geoffroy Saint-Hilaire et Savi. C’est plus tard seulement que, le microscope aidant et les méthodes d'investigation se perfectionnant, on en vint à une connaissance plus approfondie des organes et en même temps à une appréciation plus juste du mode de production de l’électricité.
- L’appareil nerveux, chez la torpille, consiste en 4 gros troncs qui prennent leur origine dans la moelle allongée. Leur volume est tel qu’il a paru à Hunter « aussi extraordinaire que les phénomènes auxquels ils donnent lieu. » Trois d’entre ces branches les répondent aux nerfs pneumogastriques antérieures (figure 3), la quatrième est une branche du trijumeau. Elles se distribuent après un court trajet dans les diverses régions de l’organe électrique, où elles se ramifient. Ajoutons qu’au niveau de l’origine apparente de
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- ces nerfs, en arrière du cervelet, il existe une paire de renflements nerveux très considérables qui recouvrent le sinus rhomboïdal et sont connus, depuis Savi, sous le nom de lobes électriques, dénomination qu’ils doivent au rôle important qu’ils paraissent jouer dans le fonctionnement de l’organe électrique.
- Ce dernier organe lui-même est pair; il constitue de chaque côté de la partie antérieure du corps de la torpille une masse en forme de croissant à convexité extérieure, logée dans l’intervalle compris entre la tête et le cartilage des nageoires pectorales. En arrière, il se prolonge jusque vers le milieu de la région abdominale. Si au niveau où il siège
- FIG. 3. — TORPILLE. — DISSECTION DES ORGANES ÉLECTRIQUES
- on enlève la peau, on aperçoit tant à la face dorsale qu’à la face ventrale de l’animal une quantité de petites surfaces polygonales pleines, un peu bombées, pressées les unes contre les autres et rappelant la disposition des alvéoles d’un rayon d’abeilles.
- Ces surfaces sont les bases de prismes ordinairement à six pans, accolés les uns aux autres et dirigés verticalement à travers toute l’épaisseur du corps. Le nombre de ces prismes est très variable. Suivant la taille de l’animal, on en peut compter de 5oo à 12 ou 1 5oo. Ils sont isolés les uns des autres par des cloisons membraneuses qu’envoie la tunique conjonctive qui revêt tout l’organe. Enfin des cloisons horizontales émanées des précédentes et également de nature conjonctive divisent transversalement les prismes en lames ou dis-
- ques superposés, dont l’étude nous occupera plus tard et à la face inférieure desquels se perdent les dernières ramifications nerveuses.
- En résumé, l’organe électrique de la torpille est réniforme; il siège dans la région antérieure du corps et ses nerfs y pénètrent par sa face interne concave. Enveloppé d’une gaine continue, il occupe toute l’épaisseur du corps et se trouve immédiatement au-dessous de la peau.
- Chez les autres poissons électriques dont la structure de l’organe est su ffi samment connue pour que nous en parlions ici, celui-ci est également formé de disques superposés, mais les colonnes qu’ils forment sont orientées , non plus de la face dorsale à la face ventrale du corps, mais de l’extrémité antérieure à l’extrémité postérieure. Ces colonnes, en un mot, sont couchées parallèlement à l’axe du corps.
- Raies. — C’est ainsi que chez les raies, qui cependant sont des poissons très voisins des torpilles, l’organe électrique consiste (fig. 4), en un corps fusiforme composé d’alvéoles renfermant chacun un disque où aboutit un filet nerveux. Ces alvéoles sont superposés en séries parallèles à l’axe du corps et les disques sont orientés de telle sorte que l’une des faces est antérieure et l’autre postérieure par rapport au corps de l’animal.
- Cet appareil enveloppé en grande partie par le muscle sacro-lombaire siège, non plus comme chez la torpille dans la région antérieure du corps, mais dans la queue.
- M. Robin qui, le premier, a fait une étude complète de l’appareil électrique chez ces animaux, l’a observé chez un grand nombre d’es-
- o
- FIG. 4«
- PORTION DE L’APPAREIL ELECTRIQUE DE LA RAIE (ROBIN)
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- pèces, parmi lesquelles nous citerons le Raja-Batis, la Raie ronce (R. rubus ou asterias), la Raie bouclée (R. clavata) et la Raie blanche (R. un-dulata).
- Gymnote. — Chez le gymnote, espèce voisine des anguilles, l’organe électrique comparable à celui des raies est composé de disques orientés comme précédemment et suspendus dans de petites cellules déterminées par l’entrecroisement de cloisons
- k
- FIG. 5. — SECTION TRANSVERSALE D'UN GYMNOTE MONTRANT LA DISPOSITION DES ORGANES ÉLECTRIQUES (SACHS)
- épaisses parallèles à l’axe du corps et de cloisons plus minces transversales. L’ensemble des cellules comprises entre deux cloisons longitudinales parallèles, forme une colonne analogue à celle des torpilles et des raies. L’organe ainsi composé, est une masse fusiforme jaunâtre (fig. 5, E), de consistance gélatineuse, qui s’étend parallèlement à l’axe du corps, depuis la nageoire caudale en avant jusqu’à l’extrémité de la queue en arrière, c’est dire qu’il occupe presque toute la longueur de l’animal. Il existe un de ces organes de chaque côté du corps. Ils sont placés au-dessous de la vessie natatoire (fig. 5, s) qui, chez cette espèce, se prolonge très loin en arrière, et leur bord supérieur est recouvert par les muscles latéraux (voir fig. 5, m), dont ils seraient une
- dépendance génétique suivant Sachs. Leurs faces latérales sont immédiatement placées sous la peau (A), enfin leur face inférieure est limitée par un tissu sur la nature duquel on a longtemps hésité, et dans lequel Du Bois Reymond a trouvé des fibres musculaires. Leur volume est considérable et ils tiennent la plus grande place au milieu des organes de la queue.
- Tels sont ce que Hunter avait appelé les grands organes électriques du gymnote. Il existe en outre de petits organes. Ceux-ci (e) siègent au-dessous des précédents dont ils sont séparés par le plan musculaire inférieur (m) dont nous avons parlé plus haut (Zwischenmuskelschicht de Du Bois Reymond).
- Ils s’étendent dans le même sens que les grands organes et commencent et finissent à peu près en
- fig. 6. — coupe d’une portion d’organe électrique de gymnote,
- MONTRANT A LA PARTIE SUPERIEURE LES COLONNES FASClÉES
- (SACHS)
- même temps qu’eux. Ils affectent la forme de pyramides triangulaires et leurs faces latérales sont recouvertes par les muscles profonds de la nageoire dont ils paraissent être une transformation. En effet, d’après les récentes recherches de Sachs, publiées par Du Bois Reymond, ces muscles manquent ou sont incomplètement développés là où le petit appareil existe.
- Ce n’est pas tout ; il y aurait chez le gymnote, suivant Sachs, un troisième appareil électrique («E) situé au-dessus du grand organe, à sa partie postérieure. Il commence en pointe en avant, puis augmentant de volume en arrière, empiète sur le grand organe et finit par le remplacer complètement. Cet appareil spécial qui se distingue déjà bien par sa transparence et sa couleur jaune rougeâtre, est composé de la même manière que les autres organes électriques du gymnote, mais les cellules qui renferment les disques y sont de dix à vingt fois plus spacieuses (fig. 6, R VH) que les cellules ordinaires. Du Bois Reymond ne pense pas toutefois, qu’il y ait à distinguer cette partie du grand organe, comme un organe particulier, et propose de lui
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- donner le nom de Colonnes fasciées de Sachs (Saclis’schen saülenbundeln). Ces colonnes à cellules géantes paraissent, d’ailleurs, avoir été vues par Pacini qui les figure. Voici en effet comment il s’exprime:
- « Dans un angle d’un fragment d’organe électrique, j’ai trouvé un petit nombre de séries de diaphragmes tellement irréguliers que j’ai dû les distinguer par le nom de Diaphragmes anormaux. Ces diaphragmes étaient comme atrophiés, plus étroits, tout à fait irréguliers, et éloignés les uns des autres, car dix de ces diaphragmes occupaient, dans différents points l’espace de 3 à n millimètres. »
- Quoi qu’il en soit, le gymnote est donc, d’après cé qui précède, pourvu d’organes électriques con sidérablement développés. Des branches nerveuses provenant directement de la moelle epinière viennent comme chez la raie, se ramifier à la face postérieure des plaques ou diaphragmes.
- Malaptérure ou silure électrique. — Chez le silure, l’appareil électrique consiste en deux sacs aplatis, situés sous la peau et séparés du reste du corps par une couche de graisse. Ces sacs enveloppent à peu près complètement l’animal, à l’exception de l’extrémité du museau et des différentes nageoires. La cavité des sacs est cloisonnée en logettes pressées les unes contre les autres et renfermant chacune un disque vertical dont l’une des faces est postérieure et l’autre antérieure. Ces plaques ont été particulièrement bien étudiées par Bilharz et Max Schulze ; elles Savaient pas été reconnues par Geoffroy-Saint-Hilaire et Pacini qui avaient toutefois donné une description exacte de l’ensemble de l’appareil électrique. Les nerfs sont fournis par un tronc volumineux qui naît entre les nerfs spinaux de la seconde et de la troisième paire, d’une énorme cellule ganglionnaire. Ce nerf constitué d’une seule fibre primitive de taille énorme se ramifie dans l’organe électrique et pénètre dans les plaques électriques par leur face antérieure et non par leur face postérieure comme chez la raie et le gymnote. Ce fait anatomique, comme nous le verrons plus tard, a une grande importance.
- Nous ne parlerons que très brièvement des organes des mormyres et du gymnarque, car on n’a pas expérimenté leur pouvoir électrique. Chez les premiers, il existe deux paires d’organes assez semblables à ceux de la raie et qui se trouvent placés longitudinalement sur les côtés de la queue. Chacun de ces organes, d’après Kœlliker, consiste, dans le Mormyrus Longipennis, en une série de 140 à i5o diaphragmes très épais, placés verticalement. Quant au gymnarque du Nil, nommé par les Arabes Abu-Rad (père du tonnerre), il serait formé d’après Erdl de quatre paires de chapelets disposés parallèlement à la colonne vertébrale et iné-
- gaux en longueur. Ces chapelets sont formés de petits corps prismatiques au nombre de i36 dans la plus grande série qui s’étend de la deuxième vertèbre dorsale à l’extrémité de la queue, et de cinq seulement dans la plus courte qui, placée au-dessus des autres, repose immédiatement au-dessous des muscles des rayons des nageoires.
- En résumé les organes électriques de tous les poissons consistent essentiellement en colonnes ou séries de disques ou lames électriques dont la position et l’orientation varient avec les espèces de telle sorte que ces lames ont chez la torpille une face supérieure et une face inférieure, cette dernière recevant les extrémités des nerfs, et chez les autres poissons électriques une face antérieure et une face postérieure, cette dernière étant le siège des terminaisons nerveuses sauf chez le malapté-rure, où le nerf pénètre par la face antérieure.
- (A suivre). H. Beauregard.
- L’INSTITUT (
- ÉLECTRO-TECHNIQUE MONTEFIORE-^
- ANNEXÉ A L’UNIVEHSITÉ DE LIÈGE (BELGIQUE)
- Tant que le domaine de l’électricité est resté limité au laboratoire, l’enseignement électrique purement scientifique ne pouvait figurer que comme chapitre de celui de la physique générale. Mais aujourd’hui que les applications industrielles déjà importantes tendent à se développer de plus en plus, la nécessité d’études techniques s’impose. C’est là un besoin d’autant plus urgent que les branches se multiplient davantage, et la télégraphie, la téléphonie, l’éclairage électrique, l’électrométallurgie, le transport de force, etc., sont autant de champs qui demandent à être exploités par des hommes formés à cet effet. La nouvelle industrie ne.peut être viable et devenir prospère, qu’en trouvant à son service un corps d’ingénieurs électriciens préparés par des études spéciales à prendre la direction qui leur est confiée. Or, il n’est que trop certain que le défaut d’instruction de ceux qui les dirigeaient fut souvent la cause véritable de l’insuccès d’un grand nombre d’entreprises électriques fondées pendant ces dernières années.
- L’unique remède à un semblable état de choses réside dans la création d’un enseignement électrotechnique où les jeunes gens puiseront les connaissances qui doivent être familières à ces ingénieurs.
- En Allemagne, on a bien créé dans quelques écoles polytechniques, telles que celles de Darmstadt, de Stuttgard et d’Aix-la-Chapelle, des sections d’électricité, mais les ressources modestes dont' on disposait n’ont pas Ipermis de donner au
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- côté matériel des installations toute l’importance désirable.
- En Angleterre, l’enseignement technologique est, comme on le sait, peu œn faveur; aussi ne doit-on pas s’étonner que malgré le développement des applications de l’électricité dans ce pays, on n’y rencontre aucune école supérieure.
- En France, le seul établissement où l’on ait cherché à atteindre ce but est l’Ecole de télégraphie de Paris, fondée pour servir au recrutement du personnel de l’administration des télégraphes. Mais les études y convergent forcément vers ce but spécial un peu restreint. C’est là un écueil qu’il faut avant tout éviter, si l’on veut faire œuvre vraiment utile et productive. La spécialisation trop rigoureuse ne saurait convenir qu’aux écoles professionnelles, telles que celle des City and Guilds à Londres, par exemple, mais appliquée à une école d’ingénieurs, elle n’aboutirait qu’à la formation de sujets incomplets. Il est tout un ensemble de connaissances générales que l’ingénieur électricien, par le fait même de son rôle industriel, doit posséder au même titre que tout autre ingénieur.
- Ce principe fut la base de l’institution de l’Ecole centrale des arts et manufactures destinée à fournir des ingénieurs pour toutes les branches de l’industrie, et son succès croissant depuis plus de cinquante ans en est la plus absolue justification. (L’enseignement y est divisé en deux parties, dont l’une, comprenant l’étude générale des sciences appliquées à l’industrie, est commune pour tous les élèves, tandis que la seconde, au contraire, plus particulièrement composée des travaux pratiques, est distincte pour chacune des quatre spécialités de mécaniciens, constructeurs, chimistes et métallurgistes qu’adoptent les élèves. L’extension et les progrès constants des applications industrielles de l'électricité ont forcé la direction de l’Ecole à leur consacrer déjà quelques leçons, simples préliminaires de cours spéciaux devenus maintenant indispensables, et nous formons le vœu, bientôt réalisé, croyons-nous, qu’on puisse compter prochainement comme cinquième spécialité celle des ingé-, nieurs électriciens. Ce serait déjà une heureuse modification apportée à la situation regrettable que nous signalions plus haut. Nul doute d’ailleurs, que ce ne soit qu’un premier pas, et qu’on ne puisse et ne doive faire mieux. Car un bon ingénieur électricien doit posséder des connaissances très variées et réunir des aptitudes très différentes. Aussi son apprentissage sera-t-il long, et le programme des études, pour être complet, présentera forcément un développement dépassant le cadre restreint d'une simple subdivision d’un enseignement général ; surtout si l’on tient compte que les leçons de physique professées dans les lycées et dans les écoles spéciales, constituent la seule préparation très incomplète jusqu’à présent.
- On est donc logiquement amené, comme seule solution vraiment satisfaisante, à la création d’un établissement électrotechnique destiné à donner une instruction électrique aussi étendue que possible à ceux qui, déjà ingénieurs, veulent devenir électriciens. Telle est l’idée, la plus juste à notre avis, qui a présidé à la fondation de l’Institut électrotechnique de Liège, déjà signalée à nos lecteurs. Aujourd’hui que cet établissement est complètement terminé et qu’une année d’essai en a démontré la vitalité, nous sommes heureux d’y revenir et de donner les détails suivants qu’on a eu l’obligeance de nous fournir.
- L’initiative de cette création est due à M. le sénateur Montefiore Levi, un philanthrope éclairé que la Belgique s’honore de posséder. En dotant l’Université de Liège, où lui-même a fait ses études, d’un institut électro-technique, M. Montefiore a eu pour but d’ouvrir une carrière d’avenir aux étudiants et en même temps d’encourager les industries électriques en facilitant le recrutement de leur personnel technique. Il a mis généreusement à la disposition du gouvernement belge une somme de cent mille francs, destinée à l’acquisition du matériel de premier établissement et a promis de compléter ce don par d’autres à mesure que le développement de l’institution naissante le demanderait.
- De son côté, le gouvernement a fourni les locaux destinés à recevoir les nouvelles installations. La reconstruction prochaine de l’Université de Liège ne permettant pas l’édification d’un bâtiment définitif, on y a suppléé par des constructions et des appropriations provisoires, auxquelles on a donné toute l’importance nécessaire.
- Restait à organiser l’enseignement nouveau.
- Pour cela on s’est adressé à M. l’ingénieur Eric Gérard. Nul autre, par la compétence que lui avaient acquise ses travaux, ne pouvait mieux s’acquitter de cette tâche difficile.
- L’objectif principal de cette organisation a été de mettre les ingénieurs sortis des écoles des mines, des arts et manufactures et du génie civil à même d’acquérir en un an toutes les connaissances nécessaires pour exercer efficacement les fonctions d’ingénieur électricien. On répond de la sorte au désir d’un grand nombre de jeunes gens qui, après avoir terminé leurs études, désirent les compléter au point de vue de l’électricité, sans être obligés de revoir des matières déjà apprises et de s’attarder à des éléments qu’ils connaissent.
- Les cours théoriques et pratiques d’électricité ont été groupés de manière à former le programme d’une année complémentaire d’études à la fin de laquelle les ingénieurs désignés ci-dessus acquièrent le diplôme d’ingénieur électricien. On peut, du reste être admis à suivre ces cours à titre d’élève libre sans être astreint à subir des examens.
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- Parallèlement à cette section, formée par les jeunes gens déjà diplômés, on a institué une seconde section composée d’étudiants n’ayant pas fait d’études techniques préalables. Cette section comporte deux années d’études préparant également à l’examen d’ingénieur électricien. Pour y être admis de solides connaissances mathématiques et physiques sont nécessaires; celles-ci peuvent s’acquérir à l’école préparatoire des mines de Liège, dont le programme est à peu près semblable à celui de l’Ecole polytechnique de Paris.
- L’année complémentaire d’études comprend
- quatre cours principaux, dont un cours complet sur la théorie de l’électricité et du magnétisme, traitée au point de vue expérimental et au point de vue mathématique.
- Les trois autres cours ont pour objet les applications diverses de l’électricité : le premier embrasse la construction des lignes aériennes, souterraines et sous-marines ainsi que la description des générateurs d’électricité ; le deuxième traite de la transmission des signaux et comprend la télégraphie, la téléphonie et les signaux électriques appliqués à l’exploitation des chemins de fer ; enfin le troi-
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- FIG* I
- sième se rapporte aux applications industrielles de l’électricité, l’éclairage électrique, le développement et le transport de la force et l’électro-métallurgie. Outre ces cours approfondis, le programme de l’institut comprend également un cours élémentaire d’électro-technique destiné à inculquer aux élèves ingénieurs des diverses sections des écoles spéciales de Liège, ainsi qu’aux gens du monde, des notions générales sur les applications de l’électricité.
- Les deux années d’études de la section des élèves électriciens, comportent les quatre branches ci-dessus, ainsi que la mécanique appliquée, la construction de machines, la physique industrielle, la métallurgie, la construction des chemins de fer, l’architecture industrielle et l’étude des langues anglaise et allemande.
- Dans les deux sections de l’Institut un rôle prépondérant a été assigné aux travaux pratiques : les élèves passent tous les jours cinq à six heures au laboratoire. C’est là en effet le meilleur moyen de faire des progrès dans les sciences physiques appliquées. Celles-ci ne peuvent être apprises dans les livres, pas plus qu’on n’y apprend l’équitation ou la natation. L’étude des livres fait une part beaucoup trop grande à la mémoire, tandis que l’expérimentation développe la sagacité et donne l’esprit d’observation que les électriciens doivent acquérir.
- Pour devenir habile expérimentateur, deux qualités physiques sont nécessaires. Il faut posséder une certaine adresse manuelle et être familiarisé avec la construction des appareils, afin de pouvoir
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- FIG- 2 . — VUE INTERIEURE DU PAVILLON DES MACHINE
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- FIG. 3. — VUE D’UN DES LABORATOIRES
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- régler et au besoin réparer soi-même les instruments dont on se sert.
- Pour mettre les élèves à même d’acquérir ces qualités, l’Institut de Liège possède un atelier, dans lequel ils s’exercent à manier le burin et la lime, et où ils construisent les appareils de mesure qui servent à effectuer leurs premières expériences. Ils apprennent ainsi à se tirer d’affaire avec des appareils rudimentaires. Les élèves sont enclins à croire que, pour exécuter la moindre mesure, des appareils délicats, soigneusement polis et finis, sont nécessaires. Il est bon de les pénétrer de la vérité de ce mot que Gay-Lussac répétait souvent: « Il n’est pas de mauvais instrumental n’y a que de mauvais expérimentateurs. »
- L’utilité de cette préparation manuelle a été démontrée par le fait que pendant le cours de leurs travaux de cette année, les élèves n’ont endom magé sérieusement aucun appareil ; les personnes qui ont fait des essais de machines dynamo-électriques savent cependant combien il faut prendre de précautions pour ne pas détériorer les instruments de mesure.
- Après avoir consacré deux à trois mois à l’étude pratique chfla construction des appareils, sous la direction a’un habile mécanicien, les élèves commencent les travaux de laboratoire par les mesures classiques relatives au magnétisme etàl’électricité; à savoir la détermination des constantes magnétiques des résistances, des forces électromotrices, des capacités, des intensités, etc.
- Ils passent ensuite aux essais industriels parmi lesquels nous citerons le tracé des caractéristiques des machines et la détermination de leur rendement, l’étude des piles à grand débit et des accumulateurs, la mesure photométrique des lampes à arc et à incandescence, les expériences dynamométriques relatives aux électro-moteurs, la recherche des dérangements de lignes aériennes et des câbles, le réglage des appareils télégraphiques et téléphoniques, etc.
- Après avoir terminé la série complète des mesures, les étudiants prennent en main un sujet de recherche original sur lequel ils exercent leur sagacité.
- Les applications de l’électricité sont de vastes champs d’investigation dans lesquels il ne faut pas craindre de s’engager résolument quand on s’est orienté par la théorie.
- Il importe d’acquérir, dès les bancs de l’école, non seulement les connaissances théoriques, mais, encore l’esprit d’initiative et d’invention qui doit caractériser un électricien.
- On verra par le développement donné aux laboratoires l’importance attachée aux travaux pratiques.
- La figure i représente le plan des locaux occupés par l’Institut. Une vaste salle de 35o mètres
- carrés, a été divisée par des cloisons en 5 pièces ouvrant sur un couloir qui peut être aménagé pour les essais photométriques. A droite de la porte principale est un auditoire pour 5o élèves, attenant à la salle des modèles. A gauche sont deux laboratoires ; au fond, un cabinet de travail avec bibliothèque fait suite au couloir.
- Derrière ces locaux on a construit (fig. 4) un pavillon provisoire de 120 mètres.carrés, pour les machines et l’atelier. Comme nous le faisions remarquer plus haut, ces installations sont destinées à être remplacées à bref délai par des constructions définitives plus étendues.
- La figure 2 montre une vue intérieure du pavillon des machines qui a été approprié de manière à ce que toutes les manutentions puissent être faites aisément et rapidement par les élèves. Cette halle comprend deux moteurs : une machine à gaz de la force de huit chevaux système Otto, pourvue de
- deux volants pour assurer la régularité de mouvement, et une turbine de la force de six chevaux, à axe horizontal, système Bulait, activée par les eaux alimentaires dont la pression atteint 5 1/2 atmosphères. Ces deux moteurs peuvent tourner d’une manière indépendante ou être accouplés de manière à fournir une force disponible de quatorze chevaux, suffisante pour toutes les expériences de laboratoire. Les arbres de renvoi sont pourvus de cônes de transmission afin de permettre de varier aisément la vitesse de l’arbre de couche, qui règne sur toute la longueur de la halle et dont on peut voir l’extrémité à la droite de la figure.
- Cet arbre communique le mouvement aux dynamos, disposées sur une fondation en maçonnerie élevée hors sol afin de mettre ces machines à portée de la main. Les dynamos sont actuellement au nombre de six: uue machine Edison, une machine à courants alternatifs de Siemens, un électro-moteur de Gramme et trois machines de Gramme. Celles-ci sont construites spécialement pour la démonstration ; elles fonctionnent au moyen d’un seul anneau et leurs inducteurs présentent les trois systèmes d’enroulement. En montant successivement l’an-
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- neau dans chacune des carcasses on peut comparer aisément et d’une manière très nette les caractères particuliers de chacun de ces systèmes.
- Toutes ces machines reposent sur des supports à doubles glissières permettant de les déplacer parallèlement à l’arbre de transmission et d’effectuer le rappel de tension des courroies. Une moufle, mobile sur rails, rend les manœuvres extrêmement commodes.
- La turbine est très propre à des expériences de laboratoire ; le déplacement d’une seule valve suffit pour la mise en marche et le réglage de la vitesse; en outre ce moteur présente une grande régularité de mouvements.
- Grâce à ces moteurs, deux séries d’élèves peuvent faire simultanément des expériences différentes. La figure 2 montre la turbine attaquant la machine Edison par l’intermédiaire du dynamomètre Von Heffner Alteneck, tandis que le moteur à gaz fait mouvoir une machine Gramme et la machine Siemens. On aura une idée de la commodité de cette installation lorsqu’on saura qu’elle permet de relever en moins d’une heure tous les éléments nécessaires au tracé de la caractéristique et à la détermination des rendements d’une machine.
- Au fond de la halle on peut voir une batterie de 35 accumulateurs Faure, Sellon-Volkmar de 3o kilogrammes, servant à l’éclairage par incandescence de diverses parties de l’Institut. Cette batterie fournit également le courant nécessaire pour les expériences de côurs. Dans un cas comme celui-ci, où l’on a besoin d’électricité à tout instant et sous des tensions très variables, l’emploi des accumulateurs est tout indiqué.
- Le pavillon des machines contient un atelier où chaque élève a son étau et son armoire à outils et qui comprend trois tours de précision mus par l’arbre de couche, une fraiseuse, une scie à pédale, une forge, un établi de menuisier, etc. Autour du pavillon est une ligne aérienne présentant un développement de cinq kilomètres de fil. Cette ligne est raccordée à des commutateurs de manière à servir au besoin de rhéostat.
- La figure 3 représente un des laboratoires; ceux-ci sont pourvus d’une collection très complète d’appareils de mesure, parmi lesquels nous citerons un magnétomètre unifilaire de Kew, un galvanomètre pour les mesures absolues, des galvanomètres à réflexion de Thomson et de Wiedemann, des électromètres de Thomson, de Mascart, d’Edel-mann et de Lippmann, des balances, des photomètres de Bunsen, d’Ayrton, de Foucault, etc., etc. Les tables de travail sont solidement assises sur des piliers en maçonnerie reposant sur le sol de manière à être à l’abri des vibrations extérieures. Le long des murs régnent des consoles sur lesquelles s’installent les appareils à réflexion nécessitant une demi obscurité. On remarquera que tous
- les fils de connexion courent sur des cimaises et arrivent aux tables par des montants dont celles-ci sont pourvues. Cette disposition permet de suivre plus facilement les communications que dans le cas où celles-ci sont établies sous les planchers. Nous ne pousserons pas plus avant cette énumération et nous ne décrirons pas la salle des modèles, qui contient une collection déjà fort complète des appareils employés dans les diverses applications de l’électricité. Ce que nous avons dit suffira pour montrer le soin que l’on a pris pour permettre l’initiation des élèves aux travaux expérimentaux. Tout a été disposé de manière à réaliser le but des organisateurs de l’Institut: former des ingénieurs auxquels aucun point de la théorie de l’électricité ne soit étranger, et qui possèdent en même temps assez de connaissances pratiques pour rendre des services réels dès leur entrée dans une usine électrique.
- L’expérience d’une année a montré que la fondation d’une école d’électricité répqndait à un besoin véritable. Les installations n’étaient pas complètement terminées que dix-huit élèves, dont huit venus de l’étranger, se faisaient inscrire pour suivre les cours. C’est donc précédé d’un premier succès que l’Institut de Liège entrera au mois d’octobre prochain dans la seconde année de son existence, laquelle, à n’en pas douter, sera longue et prospère.
- Les succès de cette heureuse initiative que nous venons d’enregistrer, sont un encouragement et un exemple fécond, qui, bientôt suivi dans les autres pays, sera la plus sûre garantie des progrès de l’industrie électrique.
- Gaston Duché.
- LE PROCES
- DE LA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- Depuis dix-huit mois la Société des téléphones a assigné devant le tribunal civil les principaux constructeurs de Paris, ayant fait, dans un but téléphonique, un usage simultané de microphone et de bobine d’induction.
- Cette combinaison serait, au dire de la Société, sa propriété exclusive comme étant comprise dans le brevet Edison dont elle est concessionnaire. Nous avons sous les yeux ce brevet Edison, il ne contient pas moins de vingt-quatre revendications comme brevet principal et six autres dans un certificat d’addition.'
- C’est la première fois qu’il nous est donné de voir dans un même brevet une telle profusion de
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- revendications aussi disparates, c’est presque une trentaine de brevets en un seul.
- Il sera très intéressant pour les inventeurs féconds d’apprendre par le tribunal de quelle élasticité est susceptible l’article 6 du titre II de la loi du 5 juillet 1844 qui veut que la demande d’un brevet soit limitée à un seul objet principal.
- C’est là une question incidente qui regarde les jurisconsultes, nous ne voulons traiter ici que le côté technique du procès.
- Supposons donc que la troisième revendication du certificat d’addition demandé par les ayants droit d’Edison, le i5 janvier 1878 ait la valeur d’un brevet, y a-t-il ou n’y a-t-il pas d’antériorité opposable à cette revendication ainsi conçue :
- « La combinaison avec le circuit électrique et un diaphragme, d’une bobine d’induction et d’un aimant comme cela a été ci-dessus décrit. »
- Outre que la bobine dite de Ruhmkorff a été bien souvent employée avant l’invention de la téléphonie pour obtenir en télégraphie des tensions élevées, nous trouvons dans la collection des brevets américains qui figure dans la précieuse bibliothèque du docteur Cornélius Herz, un brevet Berliner antérieur au brevet Edison et dont voici l’entête :
- United States patent office
- EMILE BERLINER OF WASHINGTON, DISTRICT OF COLUMBIA
- improvement in téléphonés
- spécification forming part ofletters patent, n° 199141, dated january i5, 1878; application filed octobre 16, 187?.
- Coïncidence bizarre, la date de la délivrance du brevet Berliner, i5 janvier 1878, est la même que celle de la demande du certificat d’addition Edison, point de départ du procès ; la description et le dessin du brevet Berliner sont très précis, les revendications sont au nombre de cinq, dont la troisième est précisément la combinaison pour le transmetteur, d’un microphone en charbon et d’une bobine d’induction; le récepteur spécial de Berliner contient également une bobine d’induction.
- Nous mettons, bien entendu, tous les documents que nous possédons à la disposition de M. le Président de la troisième chambre.
- Les dates que nous venons de citer suffisent pour faire tomber la revendication n° 3 de l’addition Edison.
- Nous doutons qu’il y ait lieu à expertise, à moins que'la Société ne cherche à faire durer le procès dans l’espoir de prolonger les illusions de ses actionnaires en matière de monopole.
- Dans le cas cependant où le tribunal nommerait des experts, nous ferons remarquer que l’appareil d’induction imaginé par Edison n’est pas, à proprement parler, la bobuie Ruhmkorff universellement adoptée aujourd’hui, même par la Société demanderesse.
- Tout le monde sait en effet que la bobine de Ruhmkorff porte un noyau de fer doux; la bobine d’Edison se compose d’un noyau en acier trempé et aimanté, portant à chaque extrémité une bobine distincte ; l’une porte le fil induit, l’autre le fil inducteur, or, dans tous les téléphones construits par la société, la bobine est celle de Ruhmkorff dans laquelle le fil induit et ie fil inducteur sont enroulés l’un sur l’autre.
- Si cherchant une autre arme dans son arsenal de brevets la société invoque la patente Crossley, elle sait le sort qui l’attend.
- On peut prévoir que l’effet de tout ce débat sera une plus grande admiration pour le téléphone de Bell tombé dans le domaine public et pour le merveilleux microphone inventé par le professeur Hughes, qui a refusé de prendre un brevet.
- Quant aux nombreux perfectionnements inventés par M. Ader et par bien d’autres électriciens, le public va bientôt être appelé à les comparer.
- J. Bourdin.
- DÉTAILS DIVERS
- DES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Les principales lampes à incandescence ont été décrites dans ce journal à mesure de leur apparition (‘); la question de l'éclairage par l’incandescence y a été l’objet de nombreuses études (2).
- Nous nous sommes proposé, dans le présent article, de décrire quelques perfectionnements de détail, choisis parmi ceux qui nous ont paru les plus intéressants au milieu du nombre si considé-
- f* 1) Notamment celles de Changy « Lumière Electrique » (1880), p. 38, et (1882), icr vol, p. 58o. Edison (1880), 12, 2g, 5g, 60, 160, 3n (1881), 1er vol., 124; 3o vol., 1, 35g (1884),
- Ier vol., p. 4S0, 182; 2e vol.,p. 125. Swan (1880),460,486 (1881;, icr vol., p. 20; 20 vol., 10 (i883), 62. Maxim (1881), i»* vol., p. 96, 254; 2e vol., p. i5. Muller (1884), Ier vol., p.452. Lane-Fox (1881), 3e vol., p. i3. Lea ( 1883), Ier vol., p. 125. Buchner (i&33), i°r vol., p. 523. Hubert,i883), Ier vol., p. 557. Gate-house (i883), 20 vol., p. 198. Garvie (i883), 20 vol., p. 25i. Mors (i883), 20 vol., p. 25o. Siemens (i883), 3° vol., p. 210 (1884), Ier vol., p. 452. Burnstein (i883), 3° vol., p. 528.
- (2) Rendement des lampes. — Lumière Electrique (1882), i°r vol., p. 2, 388 (i883), icr vol., p. i53, i83, Exp. de Van der Ven (1882), 20 vol., i36. Geraldy (i883), i°rvol., 533. Siemens (20 vol., 246, 282. Minet {1884), 2° vol., p. 458. G. Adams,
- 20 vol., p. 60, Shuman.
- Relation entre l’énergie et la température Abney et Fes-iing (i883), 3° vol., p. 118.
- Charbons. Mémoire de Aron, i883, 3° vol., p. 2i5.
- Voir aussi le « Van Nostrand Engineering Magazine », de juillet 1882 et 1884, et le compte rendu des « Expériences faites à l’Exposition de Paris », 1 vol., Gauthier-Villars, i883.
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- rable de modifications que l’on propose presque chaque jour aux types les plus usités.
- Nous considérerons successivement le filament, la construction et le montage du globe de la lampe.
- LE FILAMENT
- Le filament dont l’incandescence produit la lumière est comme l’âme de la lampe; il constitue
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- FIC. I, 2 ET 3. — EDISON. — FORMATION DU HALO
- l’un des produits les plus remarquables de l’industrie électrique. L’énergie qu’il transmet par unité de section est relativement formidable. Sa résistance à la désagrégation par la chaleur dépasse ce que l’on aurait osé espérer. La lumière de son incandescence est à la fois plus riche et plus douce aux yeux que celle de l’huile. Ce filament n’existait pas, du moins dans l’industrie, avant les re-
- FIG, 4« — EDISON. — FILAMENT COMPOSÉ
- cherches d'Edison : on le déclarait impossible, on n’y crut qu’après l’avoir touché (‘). Edison lui-même ne parvint d’ailleurs à réaliser son filament qu’après de longues recherches sur le platine chauffé dans le vide (?), sur des fils de charbon pulvérisé puis aggloméré (3) ou de papier carbonisé (4)
- (1) Revue Industrielle, 21 janvier iiïlio. Lumière Electrique,
- iS avril 1879; 10r octobre 1OO1, ior janvier 18O0, p. 12 et 40,
- 69, 160 et i83i, 3e vol., p. 1.
- (2) Brevet du 17 juin 1879. — Recherches très remarquables
- sur l’occlusion des gaz.
- (3) Brevet du 10 nov. 1879.
- (4) Brevet du i5 déc. 1879.
- et enfin sur les filaments produits par la carbonisation des fibres végétales (*), constituant ce qu’il appelle un Structural Carbon.
- En réalité, presque toutes les matières carboni-sables peuvent servir pour la fabrication des filaments; tels sont : le papier abandonné par Edison (1 2), repris depuis avec succès par Maxim (3), le coton carbonisé, abandonné aussi par Edison (4), adopté par Swan (“) et Siemens (6) avec traitement préalable à l’acide sulfurique.
- Ah J'AjAj AÀA.
- FIG. 5. — CROOKES. — CHASSIS
- La carbonisation dans une atmosphère d’hydrocarbure améliore l’homogénéité du filament; elle est adoptée couramment par un grand nombre d’inventeurs, notamment par Maxim, Lane-Fox (7) et André (8). Les filaments creux, d’une origine plus récente et d’une fabrication plus délicate que les filaments pleins, paraissent procurer un meilleur
- FIG. 6. — CROOKES. — SÉCHOIR
- rendement. Nos lecteurs connaissent ceux de Cruto (9) et de Bernstein (10). Avant ces inven-
- (>) Brevet du 16 sept. 18O0.
- (2) Brevet du i5 déc. 1879.
- (3) Lumière Electrique, i883, icrvol., p. 186 et 535.
- (4) Dredgc, Electric Illumination, p. 5gû.
- (B) Photographie Journal, juin 1880.
- (6) Lumière Electrique, 1884, 1e1'vol., p. 452. p) Brevet anglais 3494, 28 août 1880.
- (8) Dredge, Electric Illumination, p. 6o5.
- (°) Lumière Electrique, iGB3, 2= vol., p. 460, et 1884, i°r y. p. 207.
- (10) Lumière Electrique, i883, 2* vol., p. 529.
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- LÀ lumière électrique
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- teurs ('), Edison avait déjà tenté de fabriquer des filaments creux en précipitant du carbone à une haute température sur des fils de nickel, et en dissolvant ensuite le métal par un acide. Nous décri-
- pas à se recouvrir d’un enduit noirâtre, formé par la projection et la sublimation d’une partie de la matière du filament.
- On perd ainsi, par l'opacité du verre, une partie
- rons plus bas le procédé de MM. Bowron et Hib-bert.
- Les travaux d’jEdison ont été longuement exposés dans les colonnes de ce journal. Il me suffira de dire quelques mots de ses recherches récentes et moins connues sur les lampes à gaz inerte (2).
- an ao £0 so flo
- FIG. 9 ET IO. — CROOKES. — RHÉOSTAT
- L’intensité de l’incandescence que l’on peut exiger d’un filament, ne dépend pas seulement de sa résistance à la rupture ou à la désagrégation complète par la chaleur, elle est aussi limitée par la volatilité du filament qui fait, qu’à partir d’une certaine température, les parois de la lampe ne tardent
- plus ou moins considérable de la lumière, et le fila-lament ne tarde pas à se décomposer.
- FIG. 12, — SWAN. — LAMPE A SOUDURE DIRECTE
- La rapidité avec laquelle se produit ce dépôt ne dépend pas seulement de l’intensité de l’incandescence du filament, elle augmente, toutes choses égales, avec le degré du vide dans la lampe. M. Edison attribue la formation de ce dépôt, bien
- P) 4 mai 1881.
- (2) Brevet 6193, 28 déc. 1882.
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- plus à un transport électrique des particules détachées du filament qu’à une véritable volatilisation. Il cite, à l’appui de son opinion, le dépôt analogue qui se produit avec les électrodes de platine dans les tubes de Gessler; il s’y forme, sur le verre, un
- dépôt de platine, à certains degrés du vide seulement, lors même que la température des électrodes est à peine, sensible, et ce dépôt disparaît quand on modifie la pression.
- Le rendement de la lampe, c’est-à-dire le nombre
- FIG. l3. — SWAN. — PINCE A FILAMENTS. — ENSEMBLE ü’uNE MANIPULATION
- de Carcels par cheval, augmente avec le vide jusqu’à un certain degré à déterminer par l’expérience pour chaque type de lampe. Si le vide s’abaisse au-dessous de ce point, le rendement de la lampe
- FIG. 14.
- SWAN. — PINCE POUR FILAMENTS ENSEMBLE
- • l
- ' )
- FIG. l5.
- SWAN. -- PINCE A FILAMENTS
- DÉTAIL DES MACHOIRES
- diminue momentanément, mais cette diminution du rendement est bientôt compensée par la plus grande clarté du verre, qui ne se recouvre pas de dépôt charbonneux.
- On a donc tout intérêt à employer un filament
- très résistant au passage de l’électricité, concurremment avec un vide moins élevé que celui qui cor-
- FIG. l6. — SWAN. — LAMPE A FILS LATÉRAUX
- respond, dans les premiers temps de l’usage de la lampe, au rendement maximum.
- FIG. 17. — LAMPE AKESTER
- C'est par l’introduction d’un gaz inerte, tel que l’azote, que M. Edison diminue le degré du vide
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans sa lampe, qu’il maintient en même temps à l’incandescence. On observe alors les phénomènes suivants :
- Il se produit, autour du raccordement du fil de platine positif avec le filament de charbon, un halo bleu h — figure i — augmentant d’intensité avec la pression, puis passant, figure 3, presque entièrement sur le charbon. C’est aux environs de ce point qu’il faut arrêter le vide, c’est-à-dire à une
- FIG. l8
- PINCE ÀKESTER
- A2 A3
- FIG. I9 ET 2 0. — MOULE 8WAN
- FIG. 21 MOULE SWAN
- hauteur de mercure deom5o environ, si l’on emploie comme gaz inerte, de l’azote.
- Les figures 1, 2 et 3 représentent l’aspect du hal(h dans une atmosphère d’azote, sous un vide de; om8oo, de om75o -et de om74o ; à partir de om74o, le halo disparaît.
- v Ce point, auquel il faut sceller la lampe, peut se déterminer avec plus d’exactitude par l’examen du halo, non pas dans la lampe même, mais dans un tube de Gessler soumis au même vide que la lampe, rempli du même gaz inerte, traversé par le courant d’une bobine d’induction, et vérifié par comparaison avec une lampe.
- On peut, en effet, observer ces phénomènes lumineux dans le tube de Gessler bien après qu’ils ont cessé de se manifester dans la lampe en construction. L’observation du baromètre de la pompe à vide ne suffit pas, car le halo qui indique la pression à laquelle il faut s’arrêter ne dépend pas seulement
- PROCEDE GUEST.
- ENSEMBLE
- du degré du vide, mais aussi de la nature du gaz inerte.
- Afin de donner, aux fils de carbone des lampes à incandescence, plus de souplesse et de durée, M. Edison a, tout récemment, proposé de les constituer par des fibres de ramie tordues, indépendantes l’une de l’autre sur toute la longueur du filament, mais agglomérées aux extrémités par une matière carbonisable, tel qu’un ciment de poussier de charbon et de sucre.
- Le filament est carbonisé dans un moule en nickel B (fig. 4) qui le maintient par ses extrémités prises dans deux rainures, l’une fixe, b, l’autre, c, creusée dans le bloc C, mobile dans B, mais assez lourd pour tendre le fil A, tout en lui permettant de se contracter par la carbonisation.
- U/V
- FIG. 23 ET 24. — PROCÉDÉ GUEST. — SOUDURE ÉLECTRIQUE
- Crookes (1882). — La fabrication des filaments adoptée par M. Crookes est la suivante :
- Les fibres animales (soie, laine, etc.) tendues sur un châssis a b (fig. 5) sont d’abord parcheminées dans un bain de cuivre ammoniacal, passées à l’acide sulfurique étendu, puis lavées à l’eau.
- On démonte ensuite le châssis, en enlevant les
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- chevilles c, puis on sèche les fils sur des baguettes de verre g (fig. 6), en les maintenant tendues par un poids accroché au peigne a du châssis.
- Les fibres, soupoudrées de poussière de charbon, sont ensuite carbonisées entre des plaques de graphite empilées dans un four ; puis, une fois carbonisées on plonge les fibres dans delà benzine pour en chasser les gaz inclus.
- Les filaments carbonisés, passés à la benzine et séchés, sont alors portés à l’appareil représenté par la figure 7.
- Leurs extrémités, capuchonnées de petites
- FIG. 25. — POMPE AKESTER
- poches de platine, sont fixées sur les pointes p, qui leur amènent le courant après que l’on a déterminé, par g, le vide dans le globe c, étanche sur le bouchon de caoutchouc b, à fermeture de mercure
- d. Le tuyau h permet d’introduire dans la lampe une vapeur d’hydrocarbure pendant l’incandescence du filament.
- L’appareil employé pour opérer cette injection de vapeur est représenté par la figure 8. Le tube g aboutit à une bouteille b, en relation, par a, c, avec la poire à mercure d, et, par e, avec le ballon /, qui renferme l’hydrocarbure. Le tube e, d’une longueur de 7Ôomm environ, est plein de mercure. A mesure que le vide se fait en g, ce mercure s’écoule dans b, jusqu’à y prendre, grâce à la tension de la vapeur de/, un niveau plus élevé qu’en
- e. Il suffit alors d’abaisser d, pour faire monter la
- vapeur de f dans g et dans la lampe, à travers le mercure de b, sans aucun entraînement d’air.
- M, Crookes emploie, pour graduer l’intensité du courant qu’il fait passer à travers ses lampes afin d’en porter le filament à l’incandescence dans son atmosphère d’hydrocarbure, un rhéostat représenté par les figures 9 et 10; le courant passe de m en n par c, 1,/, d, e, 2,/..... à travers un nombre de résistances e, d’autant plus grand que la boule de bronze g est plus éloignée vers la droite sur le rail continu a a, séparé par le bois b du rail interrompu c c.
- VARIANTE
- 'FIG. 27. — POMPE
- AKESTER.
- DE LA POMPE p (fig* 35) GARDINER
- On peut aussi se servir de la cellulose dissoute dans le bain de cuivre et précipitée par un acide pour la découper en filaments, la mouler en crayons pour les lampes à arc, ou l’employer comme ciment dans les lampes à incandescence.
- Bowron et Hibbert (i883). — La matière employée par MM. Bowron et Hibbert pour les filaments de leur lampe à incandescence consiste en un mélange de poussière de graphite ou de noir de fumée avec 60 ou 200 0/0 d’une dissolution de 70 0/0 de sucre. Cette pâte est ensuite forcée dans un moule a (fig. n), autour d’une aiguille c, d’où elle sort sous la forme d’un filament creux, que l’on reçoit sur un dévidoir approprié.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CONSTRUCTION DE L’AMPOULE
- L’un des détails les plus délicats de la construction des lampes à incandescence est la soudure des conducteurs au verre du globe. Nos lecteurs connaissent déjà les procédés employés par Edison (*), Maxim (s), Siemens (3). On ne les a guère perfectionnés depuis.
- L’attache des conducteurs au filament se fait par un dépôt galvanique, comme dans les lampes d'Edison et de Miller (4 *), par un emmanchement dans des godets de mercure (s), des baguettes de charbon (6) ou des tubes de platine étirés (7).
- Ces opérations s’effectuent aujourd’hui d’une façon toute industrielle, dans de véritables manufactures (8); nous n’entreprendrons pas ici d’en décrire l’ensemble, mais seulement de signaler à nos lecteurs quelques détails que nous croyons intéressants.
- M. A. Swan préfère souder les extrémités des conducteurs directement au verre de la lampe sans aucune pièce intermédiaire pour en maintenir l’écartement. Il commence, à cet effet, par donner à sa lampe la forme représentée sur la figure 12 ; puis il y perce deux trous, en zz, et coupe la lampe suivant X X. Il ne reste plus alors qu’à souder les extrémités des conducteurs en zz au verre de la lampe, à reconstituer le globe en XX, à y faire le vide et à le fermer par la fusion et l’étirage de l’appendice y.
- M. Swan fait usage, pour souder les conducteurs en zz d’une pince spéciale (fig. i3, 14 et i5), dont les mâchoires t, à ressorts et mobiles autour de l’axe s, permettent de saisir les deux conducteurs avec leur filament monté (fig. i3), de les enfiler dans les trous 2 et de les y maintenir pendant l’opération de la soudure, le tout sans les froisser, ni modifier leur écartement.
- On dispose aussi quelquefois les trous z sur le côté du globe de la lampe, ainsi que l’indique la figure 16, qui s’explique d’elle-mème.
- Le procédé employé par M. Akester est ana-, ogue à celui de M. Swan; les électrodes sont, de plus, maintenues écartées par un petit étançon en verre v (fig. 17) qui sert à les manier au moyen de la pince représentée par la fig. 18.
- M. A. Swan a proposé de souffler les globes
- (J) Lumière Electrique, 1884, Ier vol. p. 45o.
- (*) Lumière Electrique, 1881, 3e vol., p. 14.
- (3) Lumière Electrique, 1884, Ier vol., p. 452.
- (4) Lumière Electrique, 1884, 1er vol., p. 4S2.
- (&) Lane-Fox (Brevet 3494, 28 août 1880.).
- (0) Lane-Fox (Brevet 3494, 28 août 18H0.), et Knowlcs, u°6; 1er janvier i883.
- (i) Gimmingham (Dredge), p. 666.
- (8) Edison (Ivry). Lumière Electrique, 1882, 2e vol., p. i63 Wright et Mackie : Scientiflc American, 3o juin i883 et The Engineer, IÜ83, 1er vol., p. 399.
- des lampes à incandescence dans des moules en plombagine ou en talc, formés de trois parties, A„ A2 A3 (fig. 19 et 20). A2 et A3 se juxtaposant et se fermant sur A,, suivant des joints inclinés (fig. 21). On tourne le verre de la lampe en même temps qu’on le souffle, de sorte que les joints du moule n’y laissent aucune trace (').
- Le mode de fabrication adopté par M. Guest est particulier. La lampe, enfermée dans un récipient A (fig. 22), recouvert d’un capuchon à joint de mercure m, est remplie, par o,f, d’un gaz hydrocarburé. L’air étant chassé de A par de l’acide carbonique admis en s, on fait passer le courant dans la lampe en même temps que l’on allume, en F, une flamme de gaz alimentée par r, et qui empêche toute rentrée d’air. Une fois la lampe remplie d’hydrocarbure
- FIG. 28 ET 29. — POMPE GARDINEU. — DÉTAILS DE LA SOUPAPE U ET D’UN JOINT
- suffisamment raréfié, on opère la soudure de/au moyen d’une pince u (fig. 23 et 24) entre les charbons v de laquelle jaillit un arc électrique.
- La pompe à faire le vide de M. Akester dérive de l’appareil bien connu de Sprengel, comme presque toutes les pompes employées dans la fabrication des lampes à incandescence, des tubes de Gessler et des radiomètres (2).
- Lorsqu’on tourne le robinet à trois voies v (fig. 25), de manière à faire communiquer t avec V, le mercure de m’ monte, chassant l’air de t par la soupape à boulet rodé s; lorsqu’on tourne ensuite v de manière que t’ communique avec t", le
- (*) Voir les machines à souffler le verre de Wright et Mackie {Engineering, 1882, 2° vol. p. 551), et d’Appert (Ingénieurs civils, octobre i883).
- (2) Voir aussi les appareils de Gimmingham (Dredge, page 638), de Neveux (Scienlif. am. supp., 21 juin 1884), et de Chirill (Lumière électrique, i883,'2° vol, p. 92).
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- mercure, descendant en t, détermine un vide dans la lampe l.
- FIG. Jl,
- DÉTAIL DU CLAPET
- TIG, JO
- GARDINER. — CHALUMEAU, ENSEMBLE
- La pompe p refoule le mercure de t" au premier réservoir m, à trop-plein o. Le deuxième réser-
- SWAN. — MONTURE A RESSORTS
- voir/ra' a son niveau maintenu constant par un flotteur.
- La construction de la pompe p peut aussi être
- établie ainsi que l’indique la figure 26, dans laquelle le refoulement du mercure s’opère le long du plongeur fixe A, la gaine G dispensant de toute espèce de garniture.
- Les pompes de Gardîner sont actionnées (fig. 27), par l’applatissement et la dilatation des poches en cuir bi et b%, pleines de mercure.
- Quand G, monte, la chambre F se remplit de mercure qui en chasse l’air par la soupape N ; en même temps, ce mercure soulève le boulet de verre rodé k (fig. 28) sur son siège k', et ferme le tube K', relié à la lampe. Quand G! descend, son mer-
- MONTURE A RESSORTS
- cure aspire au contraire, par k', l’air de lampe. Il en est de même pour le jeu de la pompe i>2.
- Le tube l communique, par Lt, avec un baromètre de comparaison LL2.
- La figure 29 représente e.n détail le joint de la demie-sphère B avec le tuyau A', par le serrage d’une gaine en caoutchouc D sur deux anneaux de gutta cc.
- La bulle D (fig. 27) renferme de l’acide sulfurique, pour absorber la vapeur d’eau de l.
- M. Gar dîner a aussi imaginé, pour faciliter la soudure des lampes, un chalumeau à gaz très pratique représenté par la figure 3o.
- Le gaz, amené par g au brûleur d, à coulisse g', est lancé en flamme épanouie ou en dard, suivant qu’on donne le vent par le tube largement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ouvert c ou par f. Cette manœuvre s’opère en tournant la clef k2, dont le clapet k commande (fig. 3i), l’entrée du vent en e ou en f. Lorsqu’on
- rage à l’incandescence (1), que la description de quelques montures de lampes nouvellement proposées.
- 0
- FIG» 34 A 37. — MONTURE EDMUND
- ouvre f, qui exige moins d’air que e, la tige de k2 étrangle d’autant, par II', le tuyau en caoutchouc g de l’admission du gaz.
- r: rs§
- FIG. 38 ET 3q. — ROBINETS EDMUND
- Les figures 3e et 33 représentent les montures à ressorts récemment adoptées par M. A. Swan. Le globe de la lampe est saisi par les ressorts b, et les conducteurs c sont pris dans des pinces d (fig. 32) ou, en c2 (fig. 33) par les ressorts b eux-mêmes.
- Les lampes de M. Edmond sont maintenues (fig. 34) par un joint à baïonnette r qu’il suffit de dé-
- FIG. 43 A 46. — CROOKES. — DETAIL DE L’EMBASE
- tourner pour enlever la lampe et séparer les contacts 00' des ressorts nn'. En temps ordinaire, ces
- MONTAGE DE LA LAMPE
- Je n’ai guère à ajouter, aux documents déjà fournis par ce journal sur les accessoires de l’éclai-
- (J) Voir Lumière èteclrique, 1881, 3° vol. p. S et 36o. La Canalisation d’Edison, p. 14, et 8 les régulateurs de Lane-Fox et d'Edison.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- contacts sont fermement appuyés, et le courant passe par le trajet alond lampe d'n' o' l' a', facile à suivre sur les ligures 35, 36 et 37.
- Le fil positif traverse sans interruption le robinet H (fig. 37,38 et 39) le fil négatif aboutit aux ressorts ee et e' (fig. 3ç) isolés et interrompant le courant quand la clef h occupe la position indiquée sur les figures, et mis au contact, à travers h, quand on tourne la clef de 90°. L’élacticité des ressorts e e' tend à maintenir la clef h dans sa position.
- Dans les lampes de M. Smith la liaison avec les
- FIG. 47, 48 BT 49. — LAMPE KNOWLES
- conducteurs extérieurs est établie par la pression des ressorts d sur les épanouissements c des pôles des conducteurs de la lampe (fig, 40 et 41).
- Le montage des nouvelles lampes de Crookes est extrêmement simple; la lampe est simplement soudée au plâtre dans une embase /', en laiton (fig. 42 et 43) avec fonds en bois traversés par des vis c, en contact avec les conducteurs qui traversent leurs trous. Ces vis peuvent être munies de pinces à leviers e (fig. 44 et 45) permettant de les accrocher et de les fixer fortement aux fils du circuit.
- La lampe de Knowles repose simplement sur un support Ô muni de deux secteurs métalliques N N' (fig. 47), que l’on amène, en tournant, la lampe au contact des secteurs MM' de sa base T (fig. 48 et 49).
- Le courant traverse alors la lampe suivant le tirage (-j- NMCM' N' —), ainsi que l’indique la figure 47.
- Gustave Richard.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Angleterre
- l’indicateur d’énergie électrique de m. kapp. — Cet appareil ingénieux, inventé par M. Gisbert Kapp et construit par MM. Crompton et C% de Chelmsford, se compose d’une bobine de fil de haute résistance, pivotée sur un axe horizontal qui traverse le centre de la bobine à angle droit avec l’axe de celle-ci et capable d’osciller dans un plan à angles droits avec le plan de l’enroulement. Cette bobine est montée en dérivation sur les conducteurs principaux et elle est donc parcourue par un courant d’une intensité proportionnelle à la différence de potentiels entre ces conducteurs .'Cette bobine dérivée est renfermée comme dans une boîte circulaire dans une deuxième bobine cylindrique et creuse ayant son axe dans un plan vertical et son enroulement sur un plan horizontal. La seconde bobine extérieure est fixe et traversée par le courant principal. L’influence du courant principal dans la bobine fixe tendra à placer la bobine mobile ou pivotée de sorte que son axe magnétique coïncide avec l’axe de la bobine principale, mais un contrepoids attaché à la bobine dérivée réagit contre cette tendance et tend à la maintenir dans sa position normale. Ces deux forces, le contrepoids et la force magnétique de la bobine fixe agissent suivant des directions qui font entre elles un angle droit, et par conséquent la bobine prendra la position due à la résultante des deux forces, et la tangente géométrique de l’angle d’inclinaison sera la mesure du produit du courant dérivé et du courant principal, c’est-à-dire du produit de la force électromotrice par l’intensité du courant ou, en d’autres termes, de l’énergie électrique. La bobine dérivée est pourvue d’un bras indicateur vertical présentant dens toute sa longueur une rainure dans laquelle passe un fil fin en platine fortement tiré. Un bras horizontal avec une rainure semblable est fixé en travers du premier à une certaine hauteur. Quand le mouvement de la bobine fait dévier le bras vertical ou indicateur, le fil de platine agit comme une aiguille en indiquant sur le bras ou l’échelle horizontale la tangente de l’angle de déviation de la bobine.
- Pour augmenter la capacité de l’instrument, on ajoute une deuxième bobine dérivée d’une résis-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tance g fois plus grande que la première. Ces deux bobines sont couplées en série, mais la grande bobine peut à tout instant être mise en court circuit en pressant une clef. Pour éviter toute influence magnétique, les deux moitiés de la grande bobine extérieure sont à enroulements opposés. Un niveau à alcool est fourni avec l’instrument pour aider à le niveler.
- effet de la foudre. — Les dernières nouvelles prouvent que les orages qui ont causé tant de dégâts en Angleterre pendant la première semaine de juillet n’ont pas été moins désastreux en Ecosse. A Hamilton, par exemple, une boule de feu est descendue le long de la cheminée de la Clydesdale Bank, où elle a fait explosion, chassant la grille et démolissant le mur. Plusieurs personnes dans le voisinage ont été étourdies par le choc. A Busby, les éclairs ont été très brillants et souvent d’une couleur bleue. Plusieurs fois on a pu observer trois à quatre éclairs avant d’entendre le tonnerre. Trois jeunes filles employées dans des moulins de Busby se sont évanouies et sont restées sans connaissance pendant plusieurs heures. Une vache qui broutait dans un champ tout près de l’accident a été tuée et sa peau a été roussie; tout le plomb et toutes les ardoises ont été enlevés d’un bâtiment occupé par l’imprimerie. A Ayr également les éclairs ont été très brillants et souvent d’une couleur violette. Un commencement de panique a été causé dans la fabrique de laine à Ayr par des lueurs sur les broches, mais il n’y a eu aucun accident. Une vache a été tuée à Stouchouw et un arbre a été abattu, tandis que l’orage était accompagné d’une chute de grêlons d’environ deux centimètres de circonférence.
- A Leith la foudre est entrée dans une maison où elle a fait le tour de la corniche d’une chambre qu’elle a complètement abîmée. Le feu a pris aux rideaux de la fenêtre, le toit a été roussi et un grand nombre d’objets ont été détruits. La décharge semble avoir passé par la fenêtre, car les vitres étaient cassées, le cadre en bois brûlé et le mur abîmé au-dessous de la fenêtre. Un jeune fermier qui ramenait son bétail à Arisaig a été frappé et tué sur le coup. En examinant le corps, on a trouvé une blessure comme celle produite par une balle du côté droit de la tête, au-dessus de l’oreille et d’après les apparences du cadavre, on a conclu que la foudre avait dû traverser la tête. Bien des personnes se sont trouvées en danger, et ces orages qui semblent avoir eu lieu dans tout le pays ont occasionné un certain nombre d’accidents suivis de mort de personnes et de bêtes, ainsi que plusieurs incendies; mais je n’en ai choisi que deux qui présentent des observations curieuses et instructives. Un employé du télégraphe dans les bureaux du journal le Scotsman à Edimbourg, a
- failli devenir victime d’un accident grave. On venait de lui transmettre la nouvelle que la séance de la Chambre avait été levée à 2 h. 3o du matin, et il quitta l’appareil Morse pour porter la dépêche au rédacteur qui se trouvait dans la pièce à côté. En revenant dans son bureau, il entendit un bruit fort comme la décharge d’un fusil et vit le couvercle en verre épais du relais voler en éclats. Le relais était complètement détruit, les bobines s’étaient fondues et les éclats de verre du couvercle avaient frappé et brisé une lampe à gaz. On parle aussi d’un accident qui a failli arriver à une personne ayant un téléphone à l’oreille.
- les conducteurs pour l’éclairage électrique et la foudre. — Ces deux derniers accidents prouvent que les conducteurs électriques dans un bâtiment peuvent constituer une source sérieuse de danger et qu’il est impossible de nier la nécessité d’un parafoudre efficace pour les fils téléphoniques et télégraphiques.
- L’introduction en grand des fils pour la lumière électrique dans les maisons présente cependant des considérations encore plus importantes. Jusqu’ici les fils téléphoniques et télégraphiques n’entrent que dans un nombre comparativement restreint de maisons, mais si l’application de la lumière électrique se généralise, nous devons nous attendre à beaucoup d’accidents de ce genre, à moins de prendre des mesures pour les éviter.
- Un cas fort instructif s’est présenté dernièrement en Amérique :
- Le 12 juin dernier un orage a éclaté à Minneapolis pendant un grand concert qui avait lieu dans une salle d’exercice des troupes, et on a remarqué que les lampes électriques étaient de temps en temps influencées par l’orage. Tout à coup après un violent coup de tonnerre, on vit plusieurs boules de feu passer le long des conducteurs de lumière électrique, qui pénétraient dans le bâtiment, on constata que la hampe du drapeau placée au dessus de la porte d’entrée de la salle avait été brisée et que les éclats avaient cassé les carreaux d’un vitrage. Une boule métallique se trouvait au bout de la hampe à 5o pieds environ au-dessus des fils; pour passer de cette boule aux fils, la décharge avait traversé la hampe, ainsi qu’une poutre en bois mouillée par la pluie, de là elle avait traversé un boulon en fer et un morceau de bois d’où elle s’était élancée jusqu’aux fils pour passer à la terre. Un ouvrier de la Brush Electric Light C° qui, à ce moment, était en train de joindre deux fils, fut étourdi pai le choc et ressentit plus tard une douleur vive dans le pied droit. En l’examinant, il trouva ses habits en lambeaux au-dessous du genou, sa bottine était déchirée dans toute sa longueur et la chair était marquée comme par un fer rouge. Cet accident prouve clairement la nécessité de prendre
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- des précautions quand on fait entrer des fils dans des bâtiments. Le danger qui s’y attache est de la même nature que celui d’un paratonnerre défectueux ou partiel. En réalité, c’est comme si on établissait un paratonnerre à l’intérieur d’une maison, et rien ne pourrait être plus dangereux qu’un tel procédé qui serait certainement une cause d’accidents.
- La décharge atmosphérique cherche le chemin le plus direct vers la terre, c’est-à-dire la ligne qui présente le moins de résistance, et s’il le faut, elle passera à travers une partie du bâtiment pour arriver au sol par le conducteur qui lui est destiné. Dans l’accident américain dont nous venons de parler, la décharge a traversé la hampe qui mouillée par la pluie, est devenue un conducteur, elle a brisé une poutre en bois en passant par un boulon en fer pour arriver aux fils aériens et arriver à la terre. Avant de faire entrer les fils aériens pour la lumière électrique dans une maison, surtout dans un grand bâtiment public, il semble donc nécessaire d’examiner le bâtiment et de s’assurer du meilleur endroit pour faire entrer les fils. Il est évident qu’il faut éviter le voisinage de tours ou de hampes de drapeaux, surtout si elles contiennent du métal, puisqu’elles peuvent diriger une décharge dans les fils.
- EXPÉRIENCES D’AMBULANCES MILITAIRES. — On a
- dernièrement fait des expériences au camp d’Al-dershot pour s’assurer de l’efficacité de la lumière à arc pour la recherche des blessés sur un champ de bataille, et pour aider un corps d’ambulance à leur porter du secours et à les opérer. On a fait tout ce qui était possible pour donner l’illusion d’un vrai champ de bataille en couchant une centaine d’hommes sur la colline de Redan-hill près du camp, en imitation de soldats blessés et le corps d’ambulance s’avançait à leur recherche éclairé dans l’obscurité par la lumière électrique. Cette dernière se composait d’une lampe à arc, réglée à la main avec des charbons de i3 m/m et pourvue d’un réflecteur Mangin et d’une lentille dispersive horizontale. La lampe était installée sur un trépied qu’on pouvait placer dans n’importe quelle direction sur le sol inégal. Elle était reliée à une dynamo Gramme au moyen de 45 mètres de câble double. La dynamo était actionnée par un moteur Brotherhood de 3 chevaux, et les deux machines se trouvaient sur une forte voiture en fer forgé. Les cylindres du moteur avaient 80 m/m de diamètre et la vapeur était fournie à une pression de go livres par une chaudière de campagne. Le poids total de cette installation était de trois tonnes environ. L’expérience a assez bien réussi, mais de temps en temps la lampe donnait une lumière variable qui aurait rendu les amputations impossibles; de même on a fait remarquer que la lumière fournirait un but au tir de
- l’ennemi ; on fera cependant prochainement d’autres expériences dans l’intention d’adopter ce système pour l’armée. Je puis ajouter que les installations électriques avaient été faites par MM. Woodhouse et Rawson entrepreneurs d’éclairage électrique.
- INFLUENCE DE L’ENROULEMENT SUR LA RÉSISTANCE
- des fils. — M. J. Hoops du Coopcrs Hill Indian Engineering College a dernièrement fait une série d’expériences sur l’effet produit en enroulant et en déroulant les fils métalliques. Ses recherches ont été communiquées dans une séance récente de la London Physical Society et elles seront publiées ultérieurement dans le compterendu ; mais je puis dire qu’il trouve une augmentation de résistance en déroulant le fil et une diminution en Y enroulant pour les fils de plomb, de cuivre, d’aluminium, de magnésium et de maillechort et pendant les premiers tours dans le fil en fer doux aussi. L’enroulement et le déroulement du zinc sont presque toujours suivis d’une augmentation de persistance, mais l’enroulement ne produit que 1/3 à i/3odel’effetcausé par le déroulement.
- LES NOUVEAUX CABLES ATLANTIQUES. — OlI annonce que la compagnie du câble Mackay-Bennett, actuellement occupée à poser deux câbles atlantiques, a signé un traité avec la Bankers and Mer-chants Telegraph C° de l’Amérique qui doterait l’administration d’un réseau terrestre aussi bien que sous-marin. On proposait, il y a quelques années dans notre pays, de placer un câble du nord de l’Ecosse à Labrador au Canada via Groenland, et cette idée fut sur le point de prendre une forme pratique. Sir William Thomson et le professeur Jenkin s’intéressaient au projet. Une proposition semblable a récemment été faite en Danemark et on dit que le capital se souscrit à Copenhague. Le tracé du nouveau câble partira de Thurso en Ecosse, par les îles Feroë, l’Islande, le sud du Groenland et aboutira k Gaspe, dans le fleuve Saint-Laurent ; aucune section ne dépassera 900 milles ce qui présente une condition favorable pour la vitesse des signaux.
- T. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur les principaux résultats de l’expédition polaire finlandaise, 1883-84, par M. Selim Lems-trom. (*)
- « Les observations ont été faites trois fois par jour; le iür et le i5 de chaque mois toutes les cinq
- (i) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 21 juillet 1884.
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- minutes; le 8 et le 22, de 8h 3om à io^So”1, à chaque demi-minute. A Sodankylà (Ô7°24', 6 latitude nord, 27°i7', 3 est de Greenwich), ces observations seront continuées jusqu’au 22 août 1884; à Kultala (68°2Ç)', 5 latitude nord, 26°3ç)',4 est) elles ont été commencées le 16 janvier 1884 et finies le 17 mars.
- » Le courant terrestre. — Ce phénomène avait été étudié de la mi-septembre 1882 jusqu’au icr septembre i883, en même temps que les variations magnétiques. Deux conducteurs en fils de cuivre, nord-sud et est-ouest, d’environ 5km de longueur, aboutissant à des plaques de platine de id<i, enfouies à une profondeur de im,3, étaient installés avec isoloirs télégraphiques et dans chacun d’eux on avait interposé un galvanomètre sensible. De nouveaux
- fils de fer furent employés et les plaques placées à environ 2km,5 plus vers l’ouest et vers le sud. Les anciens conducteurs furent cependant gardés quelqne temps pour des comparaisons.
- » A Kultala l’installation était à peu près la même; seulement les longueurs et les directions étaient un peu différentes et les plaques étaient placées dans l’eau de la rivière d’Ivalo et de ses affluents.
- » Avec un électromètre de Mascart, donnant dix-huit divisions pour un volt, et avec le galvanomètre, on a pu éliminer les forces perturbatrices provenant du contact de la polarisation.
- » i° Lorsque deux galvanomètres à peu près semblables furent introduits dans les deux conducteurs est-ouest, près de Sodankylà, situés l’un à 2km,5 plus à l’est que l’autie, les déviations dans
- 0 l 2 3 4 5 6 7 8 0 10 11 12 13 14 15
- fig« r
- les deux galvanomètres se montraient presque identiques. Dans la figure 1, la courbe I représente les déviations dans l’ancien conducteur, et la courbe II celles dans le nouveau.
- « Chaque centimètre d’abscisse représente deux minutes; chaque centimètre d’ordonnée 200' d’arc. i° La similitude des deux courbes montre que les variations proviennent du courant terrestre et que l’effet des causes perturbatrices et très faible.
- « Les variations, grandes et nombreuses, surtout dans le courant est ouest, se montraient, comme précédemment, assez rares à Kultala. Il semble en résulter que le pôle nord de la Terre est entouré d’une ceinture de courants terrestres.
- « 3° Les variations magnétiques et celles du courant terrestre ont un rapport intime.
- * Courants électriques de l'air. — Dès le 12 octobre i883, un appareil d’écoulement fut installé
- sur la Montagne Kommattiwaara (i3om de haut), à 6km de la station Sodankylà. L’appareil qui occupait une surface de 364mci, consistait en un fil de fer, garni, à chaque demi-mètre, de pointes en laiton, et posé en spires rectangulaires à la distance de im,5. Le fil reposait sur des poteaux munis d’isoloirs à acide sulfurique (Mascart), attachés solidement à une construction en bois. Un fil isolé conduisait jusqu’au galvanomètre de la station.
- « A la station Kultala, quatre appareils, marqués I, II, III, IV, étaient situés comme l’indique le plan (fig. 2). Deux fils conduisaient à la station et de là à deux plaques de zinc immergées. Les appareils pouvaient être réunis, de différentes manières, avec le galvanomètre par un commutateur O". La rivière d’Ivalo est située à environ iôom au-dessus de la mer.
- « Les observations furent faites à Sodankylà et à Kultala avec des appareils identiques. On obser-
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- vait d’abord la déviation par le courant, puis on introduisait, dans des directions opposées, un élément Leclanché, qui faisait connaître la force électromotrice en volts. A Sodankylà le courant observé était d’abord négatif, c’est-à-dire allant de la terre à l’atmosphère, mais il changea quelquefois de direction et resta toujours positif pendant que l’aurore boréale régnait. Des variations ayant le même caractère étaient assez nombreuses et souvent assez brusques. Avec les appareils de Kultala, on lit de nombreuses expériences, qui conduisent aux résultats suivants :
- « i° Si deux appareils d’écoulement, à peu près semblables et à la même hauteur, sont réunis au galvanomètre, ils ne donnent aucun courant;
- « 20 L’appareil II, uni à l’appareil I, avec une différence de hauteur de iom, donnait toujours un
- A. JJ4 me/res
- .s
- A. 324 mètres
- A 24-6 mè&es
- Catonn doôserva/tnn
- courant positif, c’est-à-dire de haut en bas, dont la force électromotrice variait considérablement, comme l’indiquent les nombres suivants, exprimés en volt :
- 18 mars................. 0,1171; 0,1714
- 19 mars.................. 0,1161; 0,1400
- 20 mars.................. 0,1891; 0,3262; 0,2632; 02632
- il mars.................. o,o53o; o,o53o
- « 3° Tout près de la terre se trouve une couche d’air où la densité électrique est plus grande qu’au-dessous. Avec deux petits appareils mobiles on constata, par des expériences assez pénibles, que le minimum de densité se trouve entre 3U1 et 9m de hauteur.
- « A partir d’une couche qui se trouve à quelques mètres au-dessus de la terre, la force électro-motrice croît avec la différence de hauteur entre les appareils d’écoulement. Certaines circonstances portent à croire que la force croît plus rapidement que la différence de hauteur.
- « Etudes des phénomènes lumineux. — L’année n’était pas favorable pour des observations de cette espèce. Une température relativement élevée régnait presque toujours; la pluie et la neige tombaient, non en grande quantité, mais presque continuellement. Le nombre des aurores boréales n’était que le dixième du nombre ordinaire, et encore ces aurores ont-elles été faibles, fait assez étonnant au milieu d’une période de maximum.
- « On sait par l’expérience que les appareils d’écoulement produisent la lumière, tantôt sous forme de lueur diffuse, tantôt sous forme de rayons.
- « La première forme se montre assez facilement; déjà à Sodankylà on pouvait la constater plusieurs fois sur le Kommattiwaara dans certaines circonstances favorables, parfois avec l’œil nu, plus souvent encore avec le spectroscope. A Kultala la plupart n’étaient visibles qu’avec le spectroscope, surtout parce qu’il faisait, dans les circonstances les plus avantageuses, un clair de lune assez vif.
- « L’expédition étant munie d’une machine électrique de Holtz, de nouvelles expériences furent exécutées avec elle, par M. Biese et par moi, les 27 janvier, 3, 4, 6, 7, 8, 12, 16, 20, 24 février.
- « i° L’appareil d’écoulement produit en certaines occasions une lumière diffuse qui donne làTéaction spectrale de l’aurore polaire ;
- « 20 Une machine de Holtz, mise en action dans le conducteur, renforce ce phénomène, s’il existe déjà, et peut même le provoquer dans des circonstances extérieures favorables ;
- « 3° Le phénomène ne se voit pas à I’cçbI nu, si la lune a une haute intensité, mais souvent le spectroscope annonce, même alors, sa présence.
- « Les phénomènes lumineux sous forme de rayons exigent des circonstances extérieures particulières, surtout une température basse et un état barométrique relativement faible, qui ont été bien rares pendant cette année et qui ont apparu le plus souvent en plein clair de lune. Néanmoins, l’un des observateurs, M. Roos, a vu' le phénomène au-dessus de l’appareil I, le 27 février et le 2 mars, la deuxième fois avec pleine certitude.
- « En attendant que les trois natures de phénomènes aient été décrites, nous nous bornons à appeler l’attention des physiciens sur le nouveau principe de mesure de l’électricité atmosphérique par l'emploi des appareils d’écoulement. »
- Nouvelle méthode pour la mesure directe des intensités magnétiques absolues, par M. A. Leduc (l).
- « Je viens d’appliquer à la mesure des intensités magnétiques la récente découverte de M. Lippmann.
- (•; Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 28 juillet 1884.
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- Mon appareil n’est, pour ainsi dire, qu’une partie de son galvanomètre à mercure. Je le construis de deux manières différentes, suivant qu’il s’agit de mesurer à un centième près, par exemple, de grandes intensités magnétiques, ou, avec la plus grande précision, les faibles intensités.
- « Je prépare une cuve de om,oi de large et de haut, dont l’épaisseur est voisine de ommi. Elle contient du mercure dans lequel on fera passer un courant variant de iamP à 3amP. Sur les côtés sont ajustés deux tubes qui s’élèvent verticalement et qui constituent un manomètre ; ils ont de 2mm à 4mm de diamètre.
- « Dans la première disposition, l’un des tubes s’élève à om,3o; il est appliqué le long d’une règle graduée en millimètres ; l’autre est terminé à mi-hauteur par une cuvette de om,02 de diamètre.
- « Le mercure arrive d’un côté dans la cuvette, et, d’autre part, en un point marqué O, vers le milieu de la graduation. Lorsqu’on place l’appareil entre les pôles d’un électro-aimant, par exemple, on voit le mercure monter et descendre dans la grande branche du manomètre, suivant le sens du courant dans la cuve et dans l’électro-aimant.
- « Construit dans les meilleures conditions, cet appareil permet de mesurer aisément les intensités magnétiques à vingt unités près (C. G. S.).
- « Mon second magnétomètre est dix fois plus sensible. Il ne diffère du précédent qu’en ce que la grande branche présente, un peu au-dessus de sa courbure, une seconde cuvette surmontée d’un tube fin dont la hauteur peut atteindre om,8o. Celui-ci contient de l’eau, dont la surface de séparation avec le mercure se trouve vers le milieu de la cuvette. La petite branche n’a que om, io de haut.
- « Il est aisé de voir que, si le courant qui passe dans la cuve s’élève à 6amP et si le tube n’a que 2mm de diamètre, une unité C. G. S. correspond sur la graduation à omm,5.
- « Cet appareil est d’un usage très simple et très rapide; il permet de mesurer les intensités magnétiques en unités absolues, pourvu que l’on ait déterminé avec soin l’épaisseur de la cuve. Je l’applique actuellement à l’étude d’un champ magnétique. Je me propose de comparer mes nouveaux résultats à ceux que j’ai obtenus par la méthode de l’induction (de Verdet) (* l). j>
- Sur un nouveau traitement électrique des fibromes utérins, par M. G. Apostoli ().
- « Les conclusions générales et caractéristiques de cette nouvelle application de l’électricité sont les suivantes : Aux anciens procédés de traitement
- (*) Ces appareils ont été construits au laboratoire de recherches physiques de la Sorbonne.
- (i) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 28 juillet 1884.
- électrique des tumeurs fibreuses de l’utérus, caractérisés: i° par l’emploi de très faibles intensités électriques, manquant de dosage et administrées d’une façon variable et souvent empirique, 20 par le siège souvent vaginal de leur pôle actif, toujours en dehors de la cavité de l’utérus, j’oppose une méthode i° toujours plus active, puisqu’elle s’élève à des intensités maxima de 100 milliampères, inconnues médicalement jusqu’à présent, 20 toujours intra-utérine. Le moyen de rendre tolérables ces hautes intensités au pôle extérieur ou cutané, c’est d’employer une électrode en terre glaise sur le ventre (quej’ai appliquée dès 1882), pour augmenter la surface et diminuer au maximum la résistance de la peau. Pour intéresser toute l’étendue de la muqueuse intra-utérine, il faut se servir d’un histéro-mètre inattaquable en platine, qui se transforme en trocart si le canal naturel n’est pas perméable.
- « J’ai ainsi systématisé la thérapeutique électrique des fibrômes :
- « i° En localisant une escharre dans l’utérus, par la voie naturelle ou artificielle ;
- « 2° En donnant les indications variables de l’es-charre positive (hémorrhagie, leucorrhée rebelle), ou négative (dysménorrhée intense, périmétrite additionnelle chronique ou subaiguë), quoique l’une et l’autre puissent alternativement, dans quelques circonstances, être employées sur le même sujet;
- « 3° En dosant et en simplifiant le procédé opératoire.
- « Si je devais d’un mot synthétiser ma pensée, je dirais que, à mon avis, l’avenir de la gynécologie est dans la thérapeutique intra-utérine, sagement administrée. J’apporte aujourd’hui des documents nombreux et précis (plus de cent observations) concernant la régression des fibrômes, et surtout la restauration complète des malades qui en sont atteintes. J’espère pouvoir étendre bientôt le problème à la métrite chronique, par un traitement analogue, ainsi qu’à l’inflammation périphérique subaiguë de l’utérus. »
- Sur une nouvelle pile à électrodes de charbon.
- Note de MM. D. Tommasi et Radiguet. (*)
- « Cette nouvelle pile se compose d’une cuvette rectangulaire en porcelaine, au fond de laquelle on trouve une plaque en charbon entourée d’une pâte de peroxyde de plomb, constituant l’une des électrodes de la pile. L’autre électrode est formée par une deuxième plaque en charbon, semblable à la première, mais contenant à sa partie supérieure des fragments de charbon de cornue platinés. Ces deux plaques sont placées l’une sur l’autre et sépa-
- (') Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 21 juillet 1884.
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- rées entre elles par une feuille de papier parcheminé, disposée de façon à partager la cuvette en deux compartiments parfaitement cloisonnés. Pour faire fonctionner la pile, on verse, dans les deux compartiments, une petite quantité de solution saturée de chlorure de sodium, de façon que, d’une part, le peroxyde de plomb ne soit pas trop délayé, et que, d’autre part, les fragments de charbon qui recouvrent l’électrode supérieure ne baignent qu’en partie seulement dans la solution saline.
- « Cette pile, qui ne travaille qu’en circuit fermé, produit une force électromotrice égale à ovolt,6.
- « Le pôle négatif (zinc des piles ordinaires) est formé par la plaque de charbon qui ne touche pas le peroxyde de plomb. Si l’on substitue à la solution de chlorure de sodium d’autres solutions salines, telles que le sulfate d’ammoniaque, le sulfate de soude, le chlorhydrate d’ammoniaque, ou même l’acide sulfurique étendu, la force électromotrice ne varie pas d’une manière sensible. »
- BIBLIOGRAPHIE
- traité élémentaire d’électricité, par James Clerk Maxwell.—Traduit de l’anglais par Gustave Richard. —Paris, Gauthier-Villars, 1884.
- Rien n’est quelquefois trompeur comme le titre d’un ouvrage. Vouloir se faire une idée de ce que contient un livre par l’inspection seule de sa couverture, peut souvent, sinon toujours, nous induire profondément en erreur; et si ce fait n’avait été déjà prouvé par de nombreux exemples, le traité élémentaire d’électricité que notre collaborateur Gustave Richard vient de traduire, suffirait amplement à le démontrer.
- Le Traité élémentaire d'électricité de Clerk Maxwell est loin d’être en effet un traité élémentaire dans le sens où nous l’entendons d’habitude. Pour le lire et le comprendre il faut nécessairement posséder déjà une connaissance exacte des mathématiques spéciales et avoir préalablement travaillé ce que nous appelons un cours d’électricité., Pour ceux qui connaissent déjà le nom de l’auteur, il n’y a rien là au fond qui puisse surprendre, Maxwell n’ayant jamais passé pour être un vulgarisateur; et bien que dans le cours de sa carrière il ait toujours accordé aux méthodes expérimentales l’importance qu’elles réclament, il fut avant tout un théoricien se complaisant dans l’abstraction et faisant prédominer le côté mathématique sur le côté physique dans tous ses exposés. Partant de là, et tenant compte, après tout, de ce que la qualité élémentaire est essentiellement comparative, l’ouvrage dont nous parlons peut être élémentaire, si on le compare au Traité complet d'électricité et de
- magnétisme qui vient d’être enfin traduit et dont la publication ne peut tarder ; il lui sert en quelque sorte d’introduction, et sans vouloir accorder au titre seul une importance qu’il n'a pas, ouvrons le livre et voyons ce qu’il contient.
- 11 débute par une notice historique sur les travaux en électricité de Maxwell, rédigée par le professeur William Garnett, dont la lecture présente un très grand intérêt. C’est, en effet, un résumé succinct, qui renferme à lui seul tout le bagage de la science électrique, et qui montre d’abord la place considérable qu’y occupent les travaux de Maxwell. Les deux premiers chapitres sont intitulés : Caven-dish, Faraday, moins pour rappeler l’œuvre de ces deux savants que pour placer le nom de Maxwell dans son véritable cadre. Ces trois physiciens marchent de pair, en effet, leurs travaux sont étroitement liés, leur manière de concevoir est la même, et le grand mérite de celui-ci est d’avoir pu exposer, développer, parfaire même l’œuvre des deux premiers. L’œuvre dernière de Maxwell est, on le sait, la réédition des Electrical Researches of the honourable Henry Cavendish, dont la publication précéda sa mort de quelques jours seulement, et sa première étude en électricité est la lecture des Recherches expérimentales de Faraday. La préface de son Traité complet d'électricité et de magnétisme, débute en effet ainsi :
- « Je résolus, en abordant l’étude de l’électricité, « de n’étudier aucun traité mathématique sur ce « sujet, avant d’avoir entièrement lu les Experi-« mental Researches on Electricity de Faraday. « Je savais que l’on soupçonnait Faraday de con-« cevoir les phénomènes autrement que les mathé-« maticiens, de sorte que leur terminologie ne « s’accordait pas avec la sienne; j’avais aussi la « conviction que ce désaccord ne pouvait provenir oc que d’un malentendu. J’en fus convaincu d’abord oc par Sir William Thomson, aux conseils, à l’aide 0: et aux travaux de qui je dois-la plus grande par-oc tie de ce que j’ai appris sur ce sujet.
- o; A mesure que j’avançais dans l’étude de Face raday, je voyais que sa méthode de concevoir « les phénomènes était en réalité mathématique, « bien qu’elle ne fût pas exprimée sous la forme « conventionnelle des symboles de l’analyse. Je « constatai aussi que ses idées pouvaient s’expri-« mer sous la forme mathématique ordinaire et » se comparer à celles des mathématiciens de pro-d fession. Par exemple, Faraday voyait par les « yeux de son esprit des lignes de force traver-« sant tout l’espace où les mathématiciens voyaient « des centres de forces s’attirant à distance ; Face raday cherchait le siège des phénomènes dans o des actions réelles, se produisant dans ce milieu, « tandis qu’ils se contentaient de l’avoir trouvé « dans une puissance d’action à distance particu-« lière aux fluides électriques. »
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- 2.50
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ces quelques lignes renferment à elles seules tout le programme de l’œuvre de Maxwell, et la lecture de son Traité élémentaire en fait foi. Le livre affecte d’ailleurs une forme toute particulière. Il ne se compose que d’une série de notes peu développées, rangées méthodiquement et groupées par chapitres, de manière à constituer le plan détaillé d’un grand ouvrage. Quoique la plupart des pages en furent écrites par Maxwell lui-même, les huit premiers chapitres seuls paraissaient entièrement terminés lorsque le manuscrit tomba entre les mains de l’éditeur. La table des matières des autres chapitres seule existait, et bien que les principaux sujets à y traiter fussent mentionnés, ce n’est que dans des fragments de manuscrits épars qu’on put retrouver quelque article s’y rapportant. Après la mort de Maxwell, ses amis se demandèrent s’ils publieraient tel quel, sous la forme fragmentaire, l’ouvrage du célèbre professeur, ou si l’on confierait à un autre savant le soin de combler les lacunes et de réaliser le plan de l’auteur. Ce fut ce dernier parti qu’on adopta; mais, pour compléter l’œuvre de Maxwell, ce fut avec raison Maxwell lui-même qu’on choisit, et ce ne furent que des extraits de l’ouvrage sur l'Electricité et le Magnétisme qui ont été intercalés dans les premières notes, de manière à constituer un tout à peu près complet et homogène.
- Le chapitre I contient les préliminaires de la science électrique depuis l’explication des premiers phénomènes jusqu’aux définitions des termes employés : Force électromotrice, potentiel, surfaces équipotentielles, etc. Le second et le troisième sont consacrés à l’étude des charges des corps électrisés, des lois qui les gouvernent, de l’énergie et du travail. Ils renferment des aperçus nouveaux et des démonstrations très simples, élégantes et pleines de clarté; mais cependant ce sont les chapitres IV et V qui sont, à notre avis, les plus intéressants de l’ouvrage, à cause de l’originalité dont ils sont empreints. La conception du champ magnétique, ses méthodes d’exploration et surtout l’étude des lois des lignes d'induction de Faraday révèlent exactement la nature d’esprit de Maxwell. Les hypothèses qui lui sont propres y sont développées, ses conceptions particulières s’y trouvent indiquées en peu de mots, et l’on reconnaît là l’auteur, s’inspirant avant tout des idées de Faraday, comme il prenait soin d’ailleurs de l’écrire dans son fragment de préface : « J’ai quelquefois employé dans le grand « traité des méthodes que je ne considère pas « comme les meilleures en elles-mêmes, mais sans « lesquelles le lecteur ne pourrait pas suivre les « recherches des fondateurs de la théorie mathé-
- * matique de i'électricité. Je me suis convaincu da-
- * vantage de la supériorité des méthodes analo-« gués à celles de Faraday, et je les ai en consé-« quence adoptées dès Vabord du sujet. »
- Les chapitres suivants qui portent les numéros VI, VII et VIII, sont consacrés : le premier aux cas particuliers d'électrisation et à la résolution de quelques problèmes d’électrostatique; le second aux images électriques et le troisième qui est très court, traite brièvement de la capacité électrique et de la condensation. Le chapitre IX au contraire est très important et c’est un des plus intéressants à lire à cause du sujet qu’il traite d’abord, et ensuite par la simplicité d’exposition qui souvent est jointe à une grande clarté. De tout l’ouvrage, c’est sans contredit le chapitre qui est le plus élémentaire et pourtant il est un de ceux que Maxwell n’a pas pu achever, et pour lequel les emprunts au grand traité ont été nécessaires. Il est consacré à l’étude du courant électrique et aux phénomènes dus à son passage à travers les métaux, les électrolytes et les diélectriques et se termine enfin par quelques considérations rapides sur le galvanomètre, l’action magnétique des courants et la loi de Kirchhoff.
- Le chapitre X est le dernier de l’ouvrage que Maxwell ait laissé complet ; il débute par l’exposé des phénomènes thermo-électriques, leur comparaison avec ceux de la thermodynamique et traite en terminant de la chaleur spécifique de l’électricité et des lois de l’électrolyse.
- Enfin les trois dernières parties du traité sont en leur ensemble extraites de l’ouvrage de i'Électricité et le Magnétisme', les principes des machines génératrices d’électricité s’y trouvent, ainsi que des considérations générales sur la résistance électrique des corps et les méthodes de mesure de ces résistances.
- Telles sont en résumé les lignes principales du livre de Maxwell qui en somme est un de ceux qu’il faut lire pour en comprendre la valeur. Comme nous l’avons dit en commençant, il s’adresse à des lecteurs qui possèdent déjà une connaissance assez étendue de la science électrique, et ne constitue pas un ouvrage de vulgarisation comme son titre semblait de prime abord le faire croire.
- Pour nous qui nous occupons exclusivement d’électricité, qui avons sans cesse besoin pour notre travail de recourir à la théorie, le traité élémentaire de Maxwell peut nous rendre de précieux services et contribuer à l’éclaircissement des idées. C’est une œuvre essentiellement théorique, fort en honneur en Angleterre et que nous connaissons à peine de ce côté du détroit. M. G. Richard a compris qu’i y avait intérêt à faire connaître cet ouvrage, il en a fait une traduction serrée pour bien lui conserver encore son originalité propre; c'est un service qu’il nous a rendu à nous autres ingénieurs électriciens; nous sommes heureux d’avoir à le remercier ici.
- P. Clemenceau.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2.31
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures laites dans les années 1880, 1882, 1883 et 1834 par le Dr H.-F. Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- (Suite)
- MESURE DE L’iNTENSITÉ DU COURANT INDUCTEUR
- d’électricité induite, on fif passer le courant inducteur à travers la spirale d’induction, à travers l’un des anneaux K (ou bien à travers les deux) et enfin à travers une boussole des tangentes à une seule spire. Les déviations ui et vf, provoquées par le courant d’induction sur l’aimant galvano-métrique, ainsi que sur l’aimant de la boussole des tangentes furent observées simultanément à dix reprises différentes.
- Ceci fait, on mettait l’anneau K en dehors du circuit inducteur et Pou amenait au repos l’aimant du galvanomètre. On procédait alors à la mesure de la quantité d’électricité mise en mouvement dans la spirale induite par l’ouverture du circuit inducteur ou le renversement du courant inducteur. Au moment d’ouvrir ou de renverser le courant inducteur, on lisait avec lunette, échelle et miroir la déviation v de la boussole auxiliaire. Dès qu’on avait terminé 20 mesures relatives à la quantité d’électricité, on replaçait Panneau K dans le circuit inducteur et on recommençait à observer simultanément les déviations u2 et va que le meme courant produisait dans le galvanomètre et dans la boussole des tangentes. Une longue série d’expériences a permis de constats v«
- ter que jamais la différence entre les quotients
- n’atteignait la millième partie de la valeur de ces quo-
- tg«s
- tients. On pouvait donc prendre pour expression de l’intensité du courant inducteur la relation
- et
- Dans la paroi cylindrique qui termine la face latérale interne de chacune des bobines C et D se trouve ménagée une rainure exactement circulaire, parallèle aux plans laté-
- Il (I + T) i/r2 + g?3
- 2 TZ R2
- t cr v
- O
- :+T
- (1 — 5sin2 u)
- 1
- 2
- /tg u 1 tg«2\
- \ïg1’l ^ IgVgJ
- expression dans laquelle u représente la moyenne de et de u2 et ei la distance du plan de Panneau de fil au centre de l’aimant; on a encore
- IÏ.O+t) +
- 2 7CU*
- tg U
- +3-
- 4(R* + e;)
- •j-(i —5 siu2 u)
- tg y tgv
- puisque la différence entre ui et u2 ou bien entre vx et v2 se chiffre par des fractions de centièmes de leur valeur.
- Pendant que l’on effectuait ces mesures, on apporta le plus grand soin à empêcher que la bobine parcourue par le courant inducteur ou la ligne aboutissant aux anneaux ne produisît la moindre déviation de Plumant galvanométrique. Il est presque superflu d’ajouter que pour arriver à une mesure exacte de l’intensité, et de la quantité d’électricité, on prit la précaution de renverser le sens du courant dans Panneau K et de mesurer la déviation 0 alternativement dans des directions opposées.
- L'expression de la valeur absolue de la résistance dans le circuit se trouve donc en vertu de ce qui vient d’être exposé :
- FIG. 3
- raux et présentant en coupe la forme d’un demi-cercle. Dans cette rainure, garnie de matière isolante, on place un fil bien isolé, de telle manière que ce fil adhère partout au fond de la gorge. Deux paires d’encoches diamétralement opposées permettent de mesurer avec précision le rayon R de cet anneau simple K. La figure 3 fait voir la position de ces spires.
- C’est au moyen de ces anneaux de fil que l’intensité du courant inducteur fut mesurée et cela par le procédé que nous allons indiquer.
- Avant d’entreprendre les mesures relatives à la quantité
- W
- .P-R-Go
- 2/n
- tgtt • < ^gv r xi |
- -I . 0 . o0T tgv I1 2J I
- 2 I sin — ûin - I * L J L
- [,-!(s4^)(i-5siiӕ)]
- 2 R2
- I
- La détermination de W ne comporte aucune mesure magnétique. Comme les angles u et 0 sont mesurés à la même échelle, une petite erreur, qui peut être commise dans l’évaluation de la distance qui sépare cette échelle du miroir galvanométrique, n’a presque pas d’influence sur le résultat final. De même, la distance des pôles de l’aimant du galva-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nomètre qui figure dans l'expression de G0 et cela sous la forme
- Go
- 2 iz. n. r2 r2 -f- &
- 3 n r2-4e'2
- 1 + “ + 4 (r2 + ei) ri + e*
- (i + P + v)
- n'a pas besoin d'être déterminée d'une façon absolument rigoureuse pour que l'on soit certain de la valeur de W ; en effet, dans l'expression ci-dessus, a, p et y sont des quantités très petites et r2 -b & représente une quantité sensiblement égale à R3 + ej.
- Dans la détermination de la valeur absolue de l'étalon au mercure, on évaluait la résistance du circuit induit en unités Siemens, à l'origine et à la fin des mesures relatives à la quantité d'électricité induite. Comme la moitié de l'emplacement réservé aux expériences avait été aménagée une fois pour toutes dans le but d'effectuer ces mesures de résistances. il suffisait de cinq minutes pour les mener abonne fin. Des précautions spéciales avaient été prises pour maintenir la température de la pièce aussi constante que possible; on n'observa jamais entre le commencement et la fin des observations une variation de température supérieure à un dixième de degré. Dans ces conditions, on peut être certain que la moyenne des mesures de la résistance avant et après la mesure de la quantité d'électricité induite représente bien la résistance au moment même où se produit l'.n-duction.
- L'unité à laquelle furent ramenées toutes les mesures de résistances faites au cours des années 1880 et 1882 était la même que précédemment, c'est-à-dire l'étalon au mercure n° 1974. Le résultat final des mesures se trouvait donc représenter la valeur absolue de cet étalon.
- Mais comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, cet étalon n'est pas exactement la mesure de l'unité mercurielle. Les comparaisons que j'entrepris entre l'étalon n° 1974 et les trois nouveaux étalons au mercure (ou plutôt leurs reproductions en maillechort) portant les n° 2280, n° 2686, et n° 2687 que la maison Siemens et Halske me fit tenir au mois d'août i883 m'amenèrent aux résultats suivants :
- Étalon no 1974 = 1,0021 fois l’étalon no 2280
- — — = 1,0021 — 2686
- — ~ = 1,0022 — 2687
- Je me bornerai à faire suivre ces lignes de quelques résultats qui m'ont été fournis par une série d'expériences nombreuses, attendu qu’il me reste à parler d'expériences plus nombreuses encore au cours desquelles j'employai des appareils d'une perfection plus grande. Les expériences qui suivent se rapportent au potentiel
- P =0,397.38 x io8,
- correspondant à une distance des plans moyens a = 12,870 centimètres, distance qui fut mesurée au cathétomètre avec le plus grand soin. Dans ce cas, on avait
- />„ = 4^y/l5’259X l5>285 [0i4S85]
- 0,9215
- I ) m = 4- 4 ï/15,259 X 15,285 [0j4585] 3\tfWo 0,9215
- X o,oo855 X 2,146
- I /r2 — — 4^v/'l5»259 X ï5»285 r0 ^585]
- 3 \dz V0 0,9215
- XO,01044X1,329
- 1/ 4^\/l5'259X 15.285 rn /]58i;,
- 9 \cîx*dz*/o 0,9215
- X0,000089 X 12,521
- 1 ) M — 4- 4?Vi5’529 Xi5,2S5 ^4585]
- 45 V'/A'Vo ^ 0,9215
- X 0,000029 X 12,89b
- 1 (dhï \ 4^^î5>529X i5»_285 [0,4585]
- 45 \ dzk )$ ^ 0,9215
- XO,oooo44X7i94ï
- L'anneau simple qui, dans ces expériences, servit à mesurer l'intensité du courant inducteur, avait un rayon égal à 17,82 c. m.
- TABLEAU I
- En même temps une autre comparaison fit voir que la résistance de l'étalon n° 1974 était à la résistance d'une copie exacte de l'unité de l'Association Britannique (fournie par MM. Elliot Brothers, de Londres) comme
- . 0,9554 est à 1,0000
- tandis que la moyenne d'un grand nombre de mesures précises et certaines, àttribue au rapport de la résistance de a véritable unité Siemens à la résistance de l'unité de l'Association Britannique la valeur de
- 0.9535 à 1,0000.
- M'appuyant sur ces données, j’ai ramené les mesures de année 1880 et 1882 à la véritable unité mercurielle en divisant les résultats obtenus par le nombre 1,0021.
- C'est en mars 1880 que je montai pour la première fois l'appareil qui vient d’être décrit, et j'accomplis une longue série de mesures dans le courant du mois de mars et d'avril. Dans ces expériences, aussi bien que dans les suivantes, 'eus soin de faire varier tous les éléments de la méthode que j'employais. Je changeai le potentiel inducteur et je fis usage d'un courant inducteur d'intensité faible, moyenne et énergique. Pour les mesures de la quantité d'électricité induite ou se servit tantôt de l'une des spirales, tantôt de l'autre, tantôt encore des deux réunies; finalement la durée des oscillations de l'aimant galvanométrique fut elle aussi changée à maintes reprises.
- P = 0,39738 X io8 c. m.
- A spirale inductrice, B spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers la spirale D du galvanomètre.
- 20 mars 1880.... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9498 ohms
- 21 mars 1880...... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9504 —
- 22 mars 1880...... I moyen,T grand, I. U.S. = 0,9499
- 23 mars 1880...... I moyen,T petit, 1. U.S. = 0,9498 —
- 24 mars 1880...... I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9497 —
- 25 mars 1880...... I petit, T petit, 1. U.S. =0,9493 —
- B spirale inductrice, A spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers la spirale C du galvanomètre.
- 29 mars 1880 ..... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9498 ohms
- 3i mars 1880........... I grand, T grand, 1. U.S, = 0,9500 —
- jer avril 1880......... I petit, T grand, I. U.S. r= 0,9499 —
- 2 avril 1880......... I petit, T petit, 1. U.S. = o,95o3
- 3 avril 1880......... I petit, T petit, I. U.S. = 0,9492 —
- 4 avril 1880....... J moyen,T petit, 1. U.S. = 0,9497 —
- Fn moyenne...... 1. U.S. = 0,9498 ohms
- Au mois de septembre de l'année 1882, je remontai de nouveau l'appareil afin de me rendre compte, en effectuant le même nombre d'expériences, du degré d'exactitude dont était susceptible la méthode que j'avais appliquée. Le tableau Il renferme une portion des résultats obtenus à cette époque; les conditions des expériences étaient à peu près les mêmes que celles qui se rapportent au tableau I. Dans
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 233
- ces nouvelles observations, on eut également soin de faire varier tous les éléments de la question capables de varier.
- TAliLEAU II
- P=o,39738x io8 c. m.
- A spirale inductrice, B spirale induite. — Le courant induit ' s’écoute à travers la spirale D du galvanomètre.
- 11 septembre 1882.
- 12 septembre 1882.
- 13 septembre 1882.
- 14 septembre 1882.
- 15 septembre 1882. 17 septembre 1882.
- I grand, T petit,
- I grand, T petit,
- I moyen, T petit,
- [ grand. T grand, E grand, T grand, I moyen, T grand,
- 1. U.S. == o,95o3 ohms 1. U.S. =3 0,9498 —
- 1. U.S. s= 0,9500 —
- 1. U.S. =3 0,9494 —
- 1. U.S. = 0,9502 —
- 1. U.S. = 0,9501 —
- B spirale inductrice, A spirale induite, — Le courant induit s'écoule à t? avers les deux spirales du galvanomètre.
- 20 septembre 1882.
- 21 septembre 1882.
- 22 septembre 1882. I petit
- 23 septembre 1882.
- 25 septembre 1882.
- 27 septembre 1883.
- I moyen, T petit, I moyen, T petit, I petit, T petit, I petit, T petit, I grand.
- I grand.
- En moyenne
- 1 pCLLl,
- T grand, T grand,
- 1. U.S. : I. U.S. I. U.S. : I. U.S. : 1. U.S. 1. U.S.
- : 0,9497 : 0,9496 : 0,9499 : 0,9503 : 0,9502 : 0,9501
- U.S. = o,o5oo o!
- On ne trouve pas de différence sensible entre les résultats des mesures de mars 1880 et de septembre 1882.
- Les deux mesures s’accordent à attribuer à l’unité Siemens une valeur absolue très approchée de o,95ooxio9, c’est-à-dire une valeur inférieure de 1 /4 0/0 à celle qu’avaient donnée les mesures faites par moi au cours des années 1876 et 1877.
- Ces dernières mesures ayant été réalisées au moyen d’un appareil .beaucoup plus parfait que les autres, appareil dans lequel aucune des quatre bobines n’eut à subir de déformation au point de vue de la forme et des dimensions, la petite différence de 1/4 °/0n’a rien qui doive surprendre. En effet, si l’on admet dans les mesures antérieures une erreur de 1/4 de millimètre sur la distance des plans moyens des spires enroulées sur des cadres en bois, cette erreur suffit à elle seule pour altérer de 1/4 % la valeur du résultat final. Or ces spires, enroulées sur des cadres en bois, faisaient toujours partie du dispositif de l’expérience, quelle que fût celle des trois méthodes employée.
- (A suivre.)
- Depuis cette époque, l’émission des mandats télégraphiques, qui nécessitait auparavant la double intervention du service des postes et du service des télégraphes, s’effectue dans les bureaux du service télégraphique dans le cas où le service n’est pas fusionné; c’est un avantage pour le public, qui n’est plus obligé à un double déplacement.
- Le payement continue à être effectué à destination par le bureau de poste.
- Le tableau suivant donne par année, depuis leur création , le nombre et le montant des mandats télégraphiques émis en France et en Algérie, ainsi que le droit perçu :
- ANNÉES N 0 M B n E MONTANT DROIT POSTAL perçu
- 1872 5.984 I.610.D74 99 32.211 52
- 1873 23.400 7.580.254 IO 75.802 53
- >«74 33.854 11.401,oq3 37 114.010 88
- 1875 41.70** i3.5oq.428 56 135.094 24
- I876 45.040 14.779.458 88 147.794 50
- 52.8 u I?.47Q.03o 25 154.790 23
- 75.5q6 iq.529.848 3q 195.298 44
- i879 io5.453 24.663.016 88 246.630 12
- 1880 176.000 37.073.402 69 370.528 33
- l88l 220.23o 42.474.727 94 424.795 41
- 1882 251.929 48.199.380 77 481.961 40
- . i883 270.268 5o.170.686 46 5oi.8o5 81
- Ainsi le montant des mandats télégraphiques, qui, en 1877, était de i5 millions, est en i883 de 5o millions, soit une augmentation de 35 millions; pendant le même temps, le nombre eu a plus que quintuplé.
- ARTICLES d’argent
- Les envois d’argent par la poste ont suivi, depuis un certain nombre d’années, une progression constante qui, un moment arrêtée par les événements de 1870, a repris ensuite avec une nouvelle énergie.
- Mandats télégraphiques
- Enfin des pourparlers sont engagés pour étendre à nos relations avec l’étranger l’échange des mandats télégraphiques.
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et Ides Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- BUREAUX DE POSTE ET DE TÉLÉGRAPHE Mandats télégraphiques
- Les mandats télégraphiques, créés le i3raoût 1872* étaient admis en principe dans 546 bureaux seulement; plus tard* ils furent reçus dans 219 nouveaux bureaux.
- Une décision du mois de novembre 1879, mise à exécution le icr décembre suivant, a étendu l’usage de ces mandats à toutes les localités pourvues à la fois d’une recette de poste et d*un bureau télégraphique;
- SERVICE DE PARIS
- De toutes les parties de l’exploitation postale et télégraphique, le service de Paris est sans contredît la plus importante. La situation de la capitale au point de jonction de tous les chemins de fer en fait le centre où convergent la majeure partie des correspondances intérieures et internationales.
- L’importance exceptionnelle de la circulation postale et télégraphique dans Paris ne provient donc pas seulement du nombre considérable des correspondances à destination ou en provenance de cette ville. Paris est également un lieu de transit pour une fraction très considérable des corres^ pondances échangées par les départements entre eux et avec l’étranger.
- Poste central
- Le poste central est, au point de vue télégraphique, ce que la recette principale est au point de vue postal. C’est le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- grand bureau de dépôt, où viennent aboutir toutes les dépêches télégraphiques échangées entre Paris et les départements ou l'étranger, ainsi qu'un grand nombre de celles qu'échangent entre elles les différentes villes.
- Le poste central est exclusivement un bureau de transmissions; il n'y est déposé aucune dépêche, il n'en distribue directement aucune.
- Le service s'y effectue, nuit et jour, sans interruption. Il se divise en deux parties : dans l'une, le travail est confié à des commis; dans l'autre, à des femmes. Deux brigades de commis alternant chaque jour font le service, l'une de 7 heures en été et de 8 heures en hiver à 11 heures du matin, et de 6 à 9 heures du soir, l'autre de 11 heures du matin à 6 heures du soir. Les vacations des dames sont réglées de la même façon, seulement elles ont lieu de 6 heures 45 minutes en été et de 7 heures 45 minutes en hiver à 10 heures 3o minutes du matin; de 10 heures 3o minutes à 5 heures 3o minutes du soir, et de 5 heures 3o minutes à 9 heures i5 minutes du soir. Le service de nuit est confié, d'après un roulement déterminé, à des commis qui reçoivent une rétribution spéciale pour ce travail supplémentaire.
- Au point de vue du personnel, le service du poste central est assuré par le receveur, chef du bureau, assisté actuellement de 4 chefs et sous-chefs de section et de 72 commis principaux.
- Le nombre des commis employés aux transmissions, qui était de 36o en 1877, atteignait 451 en i883.
- L'accroissement considérable qui s'est produit dans le nombre des dépêches, conséquence de la réduction des taxes, a nécessité une forte augmentation du personnel. Le service de transmission assuré par des femmes, expérimenté dès 1877, et qui avait donné de bons résultats, a reçu une grande extension dans les cinq dernières années. Actuellement, 404 femmes participent au service du poste central.
- Le personnel comprend encore :
- 16 agents spéciaux ou mécaniciens pour l'entretien ou la réparation des appareils, 6 pilistes, 14 facteurs tubistes pour la manœuvre des appareils pneumatiques.
- Le service intérieur du bureau (timbrage des imprimés, distribution et relevage des dépêches sur les postes) est effectué par 75 facteurs dits « boulistes ».
- Le poste central était à l’étroit dans les nombreuses pièces du local ancien. Pour que le service soit bien fait et rapidement exécuté, pour que les dépêches ne séjournent pas, il faut de vastes salles spécialement aménagées pour le service. Un nouveau bâtiment vient d'être construit dans ce but. U renferme à l'entresol la salle des dames, et au premier celle des hommes. La surface utilisée par le poste central et ses annexes, qui précédemment n'était que de 3 100 mètres carrés, a été portée â 47S0 mètres carrés.
- La nécessité de réunir dans des locaux contigus les services de l'administration centrale du ministère, installés en partie dans l'ancien Hôtel des Postes, a également exigé la construction de nouveaux bâtiments, rue de Grenelle, n° 99.
- Le développement sans cesse croissant de la correspondance télégraphique nous faisait un devoir de ménager une extension prochaine du poste central.
- C'est ce que prévoit un projet dont le principe a déjà été adopté par les Chambres. Ce projet permettra d'édifier dans la cour l'école supérieure de télégraphie deux vastes salles, d’une superficie de 2,85o niètres chacune, destinées à recevoir les nouveaux appareils rendus nécessaires par l'extension du service.
- L'emploi, à titre d'essai, dans les nouvelles salles du poste central, de la lumière électrique, nous a fait constater que ce système d'éclairage fatiguait moins la vue des employés et améliorait les conditions matérielles d'exécution de leur travail.
- Nous en avons rendu l'application définitive. Le système adopté est celui de M. Cancc. Il nous a paru répondre le mieux aux besoins spéciaux et aux vœux du personnel.
- L'emploi de l'éclairage électrique sera également étudié pour les grandes salles de travail du nouvel Hôtel' des Postes.
- L'installation nouvelle permet d'utiliser sur une vaste échelle les turbines Humblot pour la mise en mouvement des appareils Hughes. La manœuvre du poids de cet appareil (60 kil.) était trop pénible pour les femmes. Cette difficulté matérielle disparue, la pratique leur en est devenue facile.
- Les appareils télégraphiques en service au poste central sont les suivants :
- 8 appareils Baudot;
- I Meyer quadruple fonctionnant simultanément avec Caen et Cherbourg;
- 6 Wheatstone (il n'y en avait que 2 en 1877);
- 125 Hughes (le nombre de ces appareils était de 76 en
- «877);
- 277 Morse (119 en 1877).
- Dans les caves du poste central se trouvent les piles, qui comprenaient, en 1877, 4,i5o éléments Marié-Davy et 4,264 élément Callaud, soit un total de 8,394 éléments. Grâce au groupement adopté, on a pu, depuis 1878, supprimer les éléments les plus coûteux et assurer le service avec 6,340 éléments qui ont suffi aux exigences du service, quoique le nombre des fils aboutissant au poste central se soit élevé de 122 à 36o.
- Le chiffre de sa circulation comprend les télégrammes des ou pour les bureaux de Paris, de passage au poste central, ainsi que les dépêches de et pour les départements ou l'étranger qui empruntent son intermédiaire.
- Le transit de ce bureau, qui était de 5 millions 300,700 télégrammes en 1877, s'est élevé à 13,657,i3i en i883, soit une augmentation de 8,356,431 télégrammes ou de 157 p. 100. La moyenne journalière a ainsi passé de 14,700 à 40,000 dépêches; elle atteint souvent et dépasse 45,000 transmissions.
- Un bureau télégraphique d'une importance également exceptionnelle est installé dans le palais de la Bourse; il occupe les salles de l'ancien tribunal de commerce. C'est le bureau télégraphique dont les produits sont les plus élevés : aux heures des bourses, 16 guichets peuvent être ouverts au public.
- Sa situation au centre du réseau pneumatique en fait le lieu de transit de la plupart des dépêches de Paris pour Paris.
- Le service y est, comme au poste central, permanent et réparti entre des commis et des femmes.
- Ce bureau partage avec le poste centrai, bien que dans une moindre mesure, les communications avec les départements et l'étranger.
- II y occupe : 1 receveur, 2 sous-chefs de section, 11 commis principaux, 116 commis, 70 femmes, 2 agents spéciaux, i3 facteurs tubistes, 34 facteurs boulistes et 73 facteurs distributeurs.
- Les appareils en service y sont :
- 40 appareils Morse ;
- 29 appareils Hughes.
- Les piles de la Bourse comprennent 1824 éléments Callaud et 110 éléments Marié-Davy, grand modèle.
- Les fils urbains qui aboutissent à ce bureau sont actuellement au nombre de 44.
- Enfin ce bureau est en communication constante avec Londres par 6 fils et avec Bruxelles par un fil. Aux heures des bourses, il dispose en outre d'un fil avec Londres, d'un fil avec chacune des bourses de Berlin, Vienne, Francfort, Bruxelles, Anvers, Genève, Amsterdam, d'un fil avec Bordeaux et de 2 fils avec le poste central de Lyon.
- Quant à la circulation totale du bureau de la Bourse, qui était de 2,110,019 télégrammes en 1877, elle a atteint 3,498,082 en i883. soit une augmentation de 1,388.063 télégrammes ou de 65 p. 100.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Les recettes télégraphiques réalisées par ce bureau sont données par le tableau suivant :
- ANNEES taxes intérieures TAXES internationales TOTAL des produits
- •g77 1878 187Ç) 1880 1881 1883 i883 549.307 10 603.228 5o 567.244 75 65 ï.4J2 80 957.415 0.1. 741.595 35 598.399 10 1.658.620 45 1 ,£33.138 90 1.926.532 73 2.312.5o7 62 2.977.028 24 2.331.066 6t 2.217.853 43 2.207.927 55 2.426.367 40 2-493.777 5o 2.903.940 42 3.C34.423 26 3.072.661 q6 2.816.252 53
- L’augmentation des produits de i883 sur ceux de 1877 est ainsi de 608,334 fr. ou de 27 p. 100.
- Réseau
- Le poste central de la rue de Grenelle est en communion tion directe avec 22 villes de l’étranger; pour plusieurs de ces villes, notamment Londres, Berlin, Vienne, etc., il existe des communications multiples.
- 220 bureaux français, dont 72 de chefs-lieux de département, sont reliés au poste central par 216 fils, quelques fils desservant à la fois plusieurs bureaux peu importants. Sur ce nombre, il en est 96 pour lesquels la communication directe a été établie depuis 1878.
- 14 chefs-lieux sont encore privés de communication directe avec Paris, mais ils y seront reliés à bref délai. Nous devons ajouter que la plupart d’entre eux, bien que n’ayant pas de communication directe avec Paris, ne sont séparés de cette ville que par un seul bureau intermédiaire.
- Les 5o bureaux télégraphiques de la Seine extra-muros et 37 bureaux de Seine-et-Oise, qui étaient reliés au bureau de la Bout se par 36 fils, ont été rattachés au poste central, ce qui permet d’accélérer la transmission d’un grand nombre de dépêches par la suppression de manipulations inutiles.
- Enfin, aux communications internationales et intérieures du poste central, il faut ajouter 93 fils urbains qui le mettent en communication avec les bureaux de Paris.
- Tubes
- Le réseau pneumatique, dont l’établissement remonte à l’année 1867, n’avait, au Ier janvier 1878, qu’un développement de 33 kilomètres, ce qui représentait, depuis l’origine, une moyenne de 2,692 mètres de tubes posés par an.
- 11 a actuellement une longueur totale de 140 kilomètres, auxquels on doit ajouter 20 kilomètres de canalisation qui assurent la communication avec les centres de force.
- Il comprend un réseau principal, à double voie, auquel viennent aboutir 12 réseaux secondaires avec divers embranchements, plus une voie double directe entre le poste central et la Bourse.
- Le nombre des bureaux ouverts au service des tubes est de 75, y compris ceux de la Chambre des députés et du Sénat.
- Les 140 kilomètres de lignes sont desservis par 8 postes de machines à vapeur, ayant une force totale de 3i5 chevaux. 4 moteurs auxiliaires il eau peuvent, en outre, être utilisés éventuellement.
- Les trains circulent toutes les trois minutes sur la ligne directe du poste central â la Bourse, toutes les cinq minutes sur le réseau principal et sur les réseaux secondaires, et tous les quarts d’heure seulement sur quelques embranchements.
- Indépendamment des travaux pour l'extension du réseau pneumatique, les appareils d’expédition ou de réception de ce service ont été modifiés pour être ramenés à un type unique, en vue de faciliter l’exploitation. Dans plusieurs ateliers, on a installé des pompes â air d’un modèle perfectionné.
- 2i3 facteurs tubistes sont chargés de la manœuvre des tubes pneumatiques.
- Une contestation avec la ville de Paris, qui avait voulu, en 1882, frapper de droits d’octroi les matériaux servant à l’établissement des lignes pneumatiques, a retardé pendant quelque temps les travaux d’extension du réseau. Le conseil d’Etat a inséré dans le décret du 12 juillet 1882, réglant les droits à percevoir sur les métaux par l’octroi de Paris, une disposition stipulant que ces droits ne sont pas applicables au matériel télégraphique. Un règlement d’administration publique du 8 décembre 1882 a en outre spécifié que l’exemption de tout droit d’octroi, établie par le décret de 1870 pour les matériaux et le combustible employé par les chemins de fer, s’étend à tous les matériaux utilisés pour le service télégraphique.
- Télégrammes.— Paris-Paris. — Cartes-télégrammes.— Télégrammes
- formés.
- L’extension du réseau pneumatique nous a permis, à partir du icr mai 1879, d’organiser un nouveau système de dépêches spéciales pneumatiques (cartes-télégrammes et télégrammes fermés).
- Leur prix, sans limitation du nombre de mots, était primitivement fixé à 5o centimes pour les cartes télégrammes et à ;5 centimes pour les télégrammes fermés.
- Le 5 avril 1880, nous donnions de nouveaux avantages au public eu créant la carte-télégramme avec réponse payée. La taxe en était fixée à 1 fr.
- Enfin, ie i« juin 1880, le prix des télégrammes fermés était abaissé à 5o centimes, celui des cartes-télégrammes avec réponse payée à 60 centimes, et celui des cartes-télégrammes à 3o centimes.
- Ainsi, moyennant 3o centimes, on a une carte-télégramme dont un côté est réservé à l’adresse, l’autre à la communication. Cette carte, déposée dans l’un des bureaux de Paris est immédiatement expédiée par la voie des tubes pneumatiques vers le bureau destinataire, et remise à domicile dans un délai moyen de trente à quarante-cinq minutes.
- Grâce aux crédits accordés par les Chambres, et qui ont été échelonnés sur un espace de quatre années, tous les bureaux de Paris seront reliés par les tubes pneumatiques à la fin de 1884; les avantages de ce service spécial seront ainsi étendus à toute l’enceinte actuelle de Paris.
- Le service, qui fonctionnait depuis le icr mai 1879 dans les limites de l’ancien octroi de Paris, a été ouvert, le ier février 1882, dans les quartiers de Grenelle, d’Auteuil, de Passy et des Ternes.
- Un décret du 26 janvier i883 l’a étendu,à partir du ieravril i883, aux quartiers de Monceaux, des Batignolles, de Montmartre, de la Chapelle, de la Villette. Le Ier février 1884, il a été appliqué à ceux de Belleville, de Charonne, du Trône cl de Bercy.
- Les derniers travaux destinés à relier au réseau pneumatique les quartiers de la Gare-d’lvry, de la Maison-Blanche, de Montrouge et de Vaugirard, seront, comme nous l’indiquions plus haut, exécutés en 1884.
- Les importants résultats dë l’extension du réseau pneumatique et de la création des télégrammes spéciaux ressortent clairement du tableau suivant :
- Le nombre des télégrammes spéciaux a ainsi quadruplé de 1880 à i883, et le total général des télégrammes de Paris pour Paris a presque sextuplé de 1877 à i883.
- Le nombre des télégrammes spéciaux continue à progresser. Il s’est élevé à 588,884 pendant le premier trimestre de
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-
-
-
- 2.36
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 1884, soit une augmentation de 3o p. 100 sur la période cor- I Si l’on veut avoir le total de la circulation de Paris, il,faut respondante de i883. I ajouter à ces chiffres les dépêches intérieures et internatio-
- ANNEES
- 1877 .....................
- 1878 ......................
- 1879 (du icr mai au 3i décem-
- bre pour les télégrammes spéciaux....................
- 1880 .........'...........
- 1881 .....................
- 1882 .....................
- 1883 ....................
- Soit,
- CARTES-TELEGRAMMES
- Nombre
- 114 5o8 334 445 619 418 846 611 175 971
- 841 472
- Produit
- 5y 254
- 120 520
- 186 347 254 821 353 875
- •33 346
- TELEGRAMMES FERMES
- Nombre
- 29 885 123 800 335 108 515 5o3 713 (533
- 589 833
- Prod uit
- 22 414 68 921 167 554 257 75i 356 817
- 287 896
- TOTAL
- des
- télégrammes spéciaux
- Nombre
- 144 3g3 458 245 954 526 1 362 114 1 889 55o
- 431 3o3
- Produit
- 79 668 1 8q 45o 353 qo1 512 572 710 692
- 521 2.
- Augmentation de l883 sur 1880, première année du service complet des télégrammes spéciaux
- 221 p. 100 1 178 p. 100 | 476 p. 100 I 418 p. 100 | 312 p. 100 I 274 p. ÎOO
- TOTAL GENERAL
- des
- télégrammes Paris-Paris
- Nombre
- 3q3 324 522 6o3
- 637 282 969 177 1 540 037
- 1 85o 443
- 2 237 488
- 1 844 164
- Produit
- 286 848 395 640
- 4.55 4.65 570 Qto 778 o63 882 877 969 947
- 683 099
- Augmentation de i883 sur 1877
- I.69 p. 100 I 238 p. 1 ot)
- nales originaires et à destination de Paris, et celles dont Paris n’est ni l’origine ni la destination, et qui transitent par le poste central.
- Les tableaux suivants font ressortir l’importance de cette circulation totale et du produit des recettes télégraphiques à Paris :
- CIRCULATION TELEGRAPHIQUE DE PARIS
- TÉLÉGRAMMES DE DÉPART TÉLÉGRAMMES D’ARRIVEE TÉLÉGRAMMES DE TRANSIT
- ANNÉES pour Paris pour les départements pour l’étranger Total de Paris des départements de l’étranger Total poste ‘central Bourse Total
- 1877 3q3 324 1 7i ) 362 2 108 686 3q3 3sa 1 6ot ) q3o 2 oo3 25^ 5 300 700 1 128 719 1 654 663 6429410 8791 163
- I878 526 6o3 2 420 342 2 o55 Q45 526 6o3 2 287 518 2 814 121 7 l36 5oo
- 1879 637 282 2 152 ?o5 653 qi5 3 443 qo2 637 282 2 1C8 370 55o 411 3 356 o63 8 770 800 1 481 884 10252684
- 1880 069 177 2 718 918 886 470 4 574 565 969 177 2 667 5o6 690 o33 4 326 716 11 55q 200 2 099 369 i3658 56q
- 1881 1 5io o3? 1 85o 445 3 237 826 1 161 732 5 909 5q5 1 5io o37 3 282 461 835 815 5 628 5i3 I 3 Q44- 2Q I 2 088 3oi 16932 592
- 1882 3 152 494 I 052 i 96 6 o55 133 1 85o 445 3 214 256 670 407 5 735 104 13474813 2 289 283 15 764 096
- i883 ......... 2 237 488 3 o63 I2i 1 odo 741 6 361 35o 2 237 448 3 225 75o 632 070 6 095 308 13657 ï^î I 442 461 15099592
- La circulation totale s’est ainsi élevée de 10148035 en 1877, à 25318762 en i883; elle a donc plus que doublé.
- PRODUITS TÉLÉGRAPHIQUES DE PARIS
- ANNEES
- 1877
- 1878 187Q
- 1880
- 1881
- 1882 i883
- PRODUIT DES TELEGRAMMES
- de Paris pour Paris
- 286.848
- 3o5i640
- 4.55.465
- 57Q;9io
- 778.063
- 882.877
- 969.946
- pour
- les départements expédiés de Paris
- 2.159.01I 2.339.8*7 2.310.469 2.941.748
- 3.4Q2.273 3.20Q.326 3.138.116
- internationaux expédiés de Paris
- 4.35i .6q6 4.865.364 4.857.081 5.925.708 7.126.576 6.268.187 6.341.953
- TOTAL des produits
- 6.797.555 7.600.821 7.723.oi5 9.447 366 11.396.712
- 10.442.590
- 10.449.815
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-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 23? •
- Les produits télégraphiques de Paris, qui, en 1877, étaient de 6 797 555 francs, se sont élevés, en i883, à 10,449815 fr., soit une augmentation de 3 652 260 francs ou de 53 0/0, malgré les nombreuses réductions apportées aux taxes télégraphiques et particulièrement l’énorme abaissement résultant pour les télégrammes ordinaires de l’adoption des cartes-télégrammes et télégrammes fermés.
- Nous avons dû donner des détails plus circonstanciés sur la recette principale de la Seine, le poste central et le bureau télégraphique de la Bourse, parce que leur service est plus particulièrement étendu et compliqué. Les règlements sont généraux et uniformes, mais ces bureaux en comportent nécessairement l’application dans d’autres conditions que les bureaux de faible importance.
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro du 12 juillet de La Lumière Electrique se trouve une note de MM. De Lalande et Chaperon, où ils tâchent de démontrer avec beaucoup de courtoisie que notre pile décrite dans le numéro précédent de ce journal est analogue à une autre qu’ils auraient déjà imaginée et brevetée en France et à l’étranger.
- Nous ne connaissons pas les brevets de MM. De Lalande et Chaperon, cependant le peu qu’iis en ont publié dans ce recueil nous suffit pour démontrer que notre pile diffère essentiellement de la leur.
- Il ressort de la description de notre pile que son point caractéristique consiste dans l’emploi d’une électrode positive composée de fragments de charbon contenus dans un vase criblé de trous. Ces trous ont un double avantage :
- i° De permettre la libre circulation du liquide à la partie inférieure ;
- 2° De favoriser l’absorption de l’air par le charbon humide à la partie supérieure.
- Notre électrode positive n’a donc aucune ressemblance avec celle de MM. De Lalande et Chaperon, laquelle consiste en un mélange de fragments de charbon et d’oxyde de cuivre.
- Cette disposition présente de tels avantages que nous nous sommes empressés de la faire connaître dans l’intérêt du monde scientifique et industriel. En effet, on évite par là la dépense de matière dépolarisante.
- Nous ferons observer aux considérations théoriques de MM. De Lalande et Chaperon que nous n’avons pas tenu compte de la [force électromotrice de la pile au moment de sa mise en marche ; mais seulement de celle mesurée lorsque les piles eurent été fermées sur de faibles résistances, pendant plusieurs mois.
- En outre, si l’on n’a pas besoin de toute sa force électromotrice, on peut remplacer avec avantage la dissolution alcaline par une solution de sel marin. Une telle pile peut fonctionner pendant plusieurs mois sans que son intensité diminue d’une façon appréciable. Elle est donc une des piles les plus constantes. Enfin il nous semble qu’il est facile de reconstituer le zinc consommé dans la pile au sel marin.
- Il est impossible d’expliquer tous ces phénomènes par la simple absorption et condensation de l’hydrogène dans le charbon, comme le pensent MM. De Lalande et Chaperon. Nous croyons, nous, devoir attribuer au charbon une action plus complexe, semblable à celle produite par son contact prolongé avec des matières organiques faciles à se putréfier. Nous nous sommes déjà demandé si le fait de ce que le charbon a un plus grand pouvoir absorbant pour l’oxygène que pour l’hydrogène, pouvait bien avoir une influence sur le
- phénomène. Si, dans la suite, 11 nous est possible dlexpliquer d’une manière satisfaisante l’action du charbon dans notre pile, nous saurons gré à MM. de Lalande et Chaperon de nous avoir encouragés à continuer ces études, et nous nous faisons un plaisir de leur déclarer que nous reconnaissons à leur pile une grande valeur (*) et ne leur contestons nullement d’avoir fait des essais antérieurs par l’emploi de fragments de charbon mélangés à l’oxyde de cuivre, quoiqu’ils déclarent eux-mêmes s’être décidés à les abandonner pour s’en tenir purement au seul oxyde de cuivre.
- Ravenne, le 17 juillet 1884.
- Prof. Ruggero Fabbri et G. Ravagi.ia.
- Almeloo, le jer août 1884.
- Monsieur le Directeur,
- En vous envoyant ces quelques lignes en réponse à la note de M. de Lalande, passée dans votre numéro du 12 juillet, je compte sur votre obligeance connue, qui sait toujours réserver une place dans vos colonnes à la critique désintéressée.
- En appliquant cette manière d’agir à la réponse ci-jointe vous obligerez, j’en suis sûr, le public et l’inventeur estimé de la pile en litige, aussi bien que moi-même.
- Veuillez agréer, etc.
- E. Van der Ven.
- Encore les constantes de la pile à oxyde de cuivre
- Lorsque M. Paulzow apportait à la méthode connue de compensation, la modification citée dans une note du 10 juin, il avait en vue une détermination plus exacte de la force électromotrice et de la résistance intérieure des combinaisons non constantes. Comme dans une pile de ce genre, la force électromotrice est d’autant moins sujette à l’influencé du courant de polarisation que la résistance extérieure est grande, ladite modification n’augmentera l’exactitude des mesures que dans le cas où la résistance de la branche K2GGZ2 est très considérable.
- Le contraire est vrai s’il s’agit d'une pile à dépolarisant fixe, surtout quand l’action de ce dépolarisant est aussi rapide et intense que celle de l’oxyde de cuivre. Si une pile de ce genre n’est parcourue par une grande partie du courant, alors il est impossible — un examen provisoire me l’avait suffisamment appris — de tenir l’aiguille astatique en repos. En effet, si une lampe à incandescence avait fait partie de la branche K2 G G Z2, il serait impossible d’appliquer la méthode de compensation à la détermination dé la force électromotrice d’une telle pile.
- D’où il suit qu’a fortiori que la détermination de la très petite résistance intérieure n’aurait aucune valeur scientifique si elle était entreprise dans des circonstances si défavorables. Car dans la valeur
- l’erreur probable de l’observation, déjà très grande par soi-même, est encore multipliée par un facteur aussi considérable que la résistance l de la lampe à incandescence.
- Le résultat de mes expériences, aussi bien que tout ce qui en a été déduit, ne doit par conséquent être considéré
- (’) Nous avons eu l’occasion, pendant l’Exposition universelle d’Elec-tricité de Vienne, d'examiner et de prendre quelques mesures électriques sur six piles que la maison de Lalande et Chaperon avait fournies à M. Paul La Cour pour sa roue phonique.
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- 238
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- conttneyalable que dans le cas où Von se sert de ta pile de M. de Lalande, dans des circonstances conformes à celtes dans lesquelles elle a travaillé pendant ces expériences; c’est-à-dire dans les cas où la résistance extérieure ne se compose plus
- de —'—L- = 5 fois celle intérieure. Et dans ce cas la force 0.075
- électromotrice ne pourra différer notablement de 0,66 volts, ni la résistance intérieure de 0,075 ohms, tandis que ladite force sera constante pendant 28 heures, si même la pile développe dans ce temps une énergie électrique équivalente aux calories développées par la dissolution d’environ
- . 4tang. 180 , , .
- la ^laDg 14o~~lcmc Partie des 1 000 grammes de zinc, consommées pendant un travail de 49 heures.
- Aussi, quand M. de Lalande dit que mes expériences « permettent bien de calculer le travail de la pile sur une « résistance comparable à celle des observations, mais que « ce n’est que par une véritable extrapolation assez incer-« taine que l’on appliquerait les constantes ainsi trou-« vées à un régime différent »; cette remarque ne peut avoir rapport qu’à ce que, selon moi, « il est évident qu’on ne saurait se servir de la pile pour les buts, qui exigent une grande différence de potentiel dans les différentes parties du circuit ». Et, en effet, il se peut très bien que je n’aie pas eu le droit de faire cette conclusion qui, après tout, ne fait que témoigner d’une trop grande confiance dans l’action dépolarisante de l’oxyde, de cuivre, par laquelle la naissance d’un courant de polarisation d’une intensité variable avec le régime serait absolument empêchée.
- Pourtant ladite observation ne cesse pas d’être vraie, quoique entre des limites plus restreintes, dans le cas où on accepte, avec M. de Lalande, que si la résistance extérieure va en augmentant, la force électromotrice monte à 0,8 ou 0,9 volts. Pour une force électromotrice de o,85 volts on aura encore besoin d’une pile respectivement de 62, 57, 5o, 46 couples pour faire brûler une lampe de Edison, Swan, Maxim ou Lane-Fox, avec une intensité d’environ 13 bougies.
- Enfin, il me faut avouer que mes mesures ont été prises sur un élément qui a été chargé dans des conditions différentes de celles indiquées par M. de Lalande. Le fait est que j’ai bien mal compris M. de Lalande quand il recommande d’employer une solution de potasse caustique à 3o ou 40 °/0. En voulant suivre son précepte, j’ai employé une solution de 900 grammes de potasse caustique dans 3 000 grammes d’eau, tandis qu’à présent il me semble qu’il aurait fallu que les 900 grammes de potasse fissent partie de la solution de 3 000 grammes. De sorte que le degré de concentration a été d’environ 7 °/o au-dessous de celui prescrit.
- Je fais d’autant plus tôt amende honorable de cette méprise qu’une restauration de mon laboratoire à Haarlem m’ôte l’occasion de répondre immédiatement. Aussitôt que j’y serai de retour, j’espère faire de la pile de M. de Lalande l’objet d’un nouvel examen dans lequel il sera tenu compte des conditions dans lesquelles l’inventeur lui-même a voulu qu’elle travaille.
- . Pourtant il me semble qu’un précepte général concernant la concentration de la solution de potasse ne pourra être donné. En effet, comme la pile ne produit un courant d’intensité constante qu’autant que le zinc dissous est transformé en zincate de potasse et sans qu’une partie du zinc soit précipitée en forme d’hydrate, il s’ensuit que la durée de la pile dépendra du rapport de l’intensité du courant à la quantité absolue de potasse en dissolution, aussi bien que de la quantité relative. De sorte qu’un examen qui mettra à même de juger de la valeur de la pile dans les différentes circonstances dans lesquelles on voudra s’en servir devra avoir une étendue considérable, s’il est proportionné aux grands intérêts qui s’y associent.
- Almeloo, ier août 1884,
- FAITS DIVERS
- Au Trait (Seine-Inférieure), le 6 juillet, vers 6 heures du soir, un formidable orage accompagné de grêle et d’un vent des plus violents, a renversé, en quelques minutes, nombre d’arbres fruitiers, enlevé des toitures et détruit une grande partie des récoltes.
- Une nouvelle lampe électrique portative de sûreté a été adoptée pour le service des pompiers à Vienne. Elle sera utilisée pour les incendies qui éclatent dans des sous-sols ou dans des locaux qui présentent un danger d’explosion.
- L’ouverture de l’Exposition de Teplitz à eu lieu le 20 juillet dernier. L’éclairage électrique a fonctionné pour la première fois dans la soirée du 26 avec beaucoup de succès. Les moteurs se composent de deux machines fixes et de 6 locomobiles d’une force totale de 100 chevaux. Les dynamos sont montées à une hauteur de 60 centimètres au-dessus du sol pour en rendre l’inspection plus facile. Les auditions téléphoniques arrangées par M. Berliner obtiennent un grand succès. De 11 heures du matin à 1 heure de l’après-midi, le public est admis à entendre un concert transmis par le téléphone.
- »A^VVWWWWV>
- Selon les instructions du ministère du commerce en Autriche, plusieurs locomotives des chemins de fer de l’Etat ont été pourvues de feux d’avant électriques du système Sod-Iaczek et Wikulil.
- Les Chambres suédoises viennent de voter une nouvelle loi sur les brevets, qui entrera en vigueur à partir du Ier janvier i885. La plupart des dispositions de la nouvelle loi sont les mêmes qu’en France; la durée des brevets est de i5 années et peut être prolongée. La redevance annuelle à payer à l’Etat est de 25 kroner par an pendant les premiers 5 ans, et de 5o kroner pendant les 5 années suivantes; de la ii° à la i5° année l’annuité s’élève jusqu’à 75 kroner par au (environ ii5 fr.).
- Les travaux de la commission technique et scientifique de l’Exposition d’électricité de Vienne sont presque terminés, de sorte qu’on a pu commencer la rédaction des certificats qui seront adressés aux exposants ayant soumis leurs appareils à l’examen de la commission. Cette dernière s’occupe en même temps d’un rapport scientifique, qui contiendra principalement le résultat des mesures qui ont été faites, des machines dynamo, des lampes électriques et d’autres appareils scientifiques.
- La Compagnie de tramways à Ryde, île de Wight, se propose de faire des expériences de traction à l’électricité.
- Le Consolidated Electric C° de Londres expose en ce moment à l’Exposition internationale d’hygiène une série d’accumulateurs, destinée à être placée sous le siège du cocher d’une voiture. L’appareil se compose de 5 éléments en ébo-nite hermétiquement fermés et contenant chacun 3 plaques positives et 3 négatives. Ce petit accumulateur alimente 3 lampes de 5 bougies pendant 5 ou 6 heures de suite. Tout l’appareil n’a que 60 centimètres de long.
- On se rappelle qu’une commission avait été nommée en Angleterre à l’effet de décerner un prix de i2 5oo fr. à I’in-venteur de la meilleure lampe de sûreté. La commission a
- Dr E. Van der Ven.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- s3g
- examiné 108 différentes lampes, dont quatre seulement à l’électricité. Aucune des lampes présentées n’ayant pu satisfaire aux conditions stipulées, le prix n’a pas été distribué.
- Le professeur de télégraphie à l’école militaire du génie à Brompton a été chargé d’installer la lumière électrique dans une tour armée sur la jetée de Douvres.
- Le développement des chemins de fer électriques aux Etats-Unis a été sérieusement retardé à cause des procès pendants entre plusieurs inventeurs qui revendiquaient la priorité de cette invention. Les tribunaux viennent de décider en faveur de M. S.-D. Field contre Edison et Siemens.- Le premier chemin de fer électrique a été inauguré à Cleveland (Ohio) la semaine dernière, et on annonce déjà la construction de plusieurs autres.
- Éclairage électrique
- L’éclairage électrique dans les magasins d’épicerie de M. Potin, à Paris, comprend 71 lampes à incandescence Edison, brûlant 12 heures par jour, et le prix de revient de l’éclairage est de 1,2 centime par lampe et par heure.
- La chambre de commerce en Angleterre a décidé de révoquer 25 des permissions provisoires d’éclairage électrique accordées pendant l’année dernière. La Metropolitan Brush C°, maintenant en liquidation, en avait obtenu 23. Il ne reste aujourd’hui que huit permissions en force à Londres.
- Des expériences d’éclairage électrique ont eu lieu à Queen’s College à Belfast, qu’on compte éclairer entièrement à l’électricité pendant les séances de l’Association médicale britannique.
- L’usine à gaz municipale de Prague est éclairée à l’électricité avec des foyers à arc Krizik pour l’extérieur et avec des lampes à incandescence dans les bureaux.
- Depuis le mois de décembre dernier, le cercle de l’Union, à Berlin, est éclairé à l’électricité. Le courant est fourni par deux dypamos Edison de 25o foyers chacune.
- L’installation de la grande station centrale de lumière électrique à Berlin est presque terminée, et l’éclairage sera inauguré déjà la semaine prochaine. Tous les appareils nécessaires à l’alimentation de 2 000 lampes à incandescence de 16 bougies et de 20 foyers à arc sont déjà installés dans le sous-sol d’un bâtiment acheté par la Compagnie à cet effet. Trois chaudières tubulaires fourniront la vapeur pour 3oo chevaux environ à une pression de 10 atmosphères. Quatre machines à vapeur indépendantes actionnent le même nombre de dynamos du système Edison construites par MM. Siemens et Ilalske et capables d’alimenter 5oo lampes à incandescence chacune de 16 bougies. Il y a, en outre, une dynamo par 5 foyers à arc.
- Le.paquebot 1 ’Umbria, appartenant à la ligne Cunard, va être éclairé à l’électricité par les soins de M. Andrews, de Glasgow. On emploiera le système à incandescence.
- Une exposition internationale de moteurs et d’outils vient de s’ouvrir à Vienne. La galerie, ainsi que l’entrée principale, seront éclairées par des lampes électriques à arc et à
- incandescence. Ou installera également plusieurs brûleurs de gaz de 2 000 bougies chaque.
- La ville de Watcrbury, Conu, va être éclairée à l’électrD cité par le système Thomson-Houston. La station centrale sera pourvue de deux machines Armington Sims de 5o chevaux et à grande vitesse. L’installation comprendra en outre 120 foyers à arc de 2 000 bougies chaque.
- Le système Edison a déjà été adopté par 16 journaux américains pour l’éclairage de leurs bureaux, et 19 na-, vires à vapeur ont été pourvus de 3696 lampes du même système.
- L’exposition de Louisville a été éclairée par 4000 lampes à incandescence qui ont fourni une moyenne de 1 800 heures d’éclairage.
- La Westinghouse Machine C° de Pittsbourg vient d’expédier une machine de 160 chevaux au gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud pour l’éclairage électrique.
- La Thomson-Houston Electric Light C° vient d’installer une station centrale d’éclairage électrique sur un nouveau modèle à Lynn, Mass. L’installation comprendra provisoirement quatre dynamos, actionnées par quatre moteurs Westinghouse chacun de 5o chevaux. -
- Les organisateurs de l’Exposition qui s’ouvrira à Louis-ville (Etats-Unis) au mois de septembre prochain, ont traité avec la Société Edison pour l’éclairage électrique des bâtiments. L’installation comprendra plus de 3 000 lampes à incandescence de 16 bougies, dont un millier seront placées dans le théâtre et dans une salle de concert.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le nombre des appareils télégraphiques à aiguille employés par l’administration des télégraphes en France étaitj en 1876, de 1 247. Depuis cette date, il a été décidé de les remplacer par des appareils Morse, et le nombre en a été réduit à 633, tandis que les instruments Morse, dont l’administration employait 3853 en 1876, sont aujourd’hui au nombre de 7 702.
- Depuis le Ier janvier 1878 jusqu’au ior janvier 1884, l’administration des télégraphes en France a mis en service 5og nouveaux fils, comprenant 14 conducteurs internationaux, 28 conducteurs de grande communication reliant des centres principaux; 119 conducteurs de moyenne communication, dont 5i aboutissent à Paris, 158 fils auxiliaires entre les différents départements, et enfin 190 conducteurs départementaux.
- La longueur totale de nos lignes, qui en 1877 était de 55 5oo kilomètres, s’est élevée à 73ooo kilomètres au 3i décembre i883. Le réseau municipal de Paris dépasse aujourd’hui 975 kilomètres. Le nombre des bureaux télégraphiques est de 7 523, contre 4 541 en 1877, et il y a maintenant 5 140 habitants par bureau télégraphique.
- L’appareil Baudot, qui fonctionne sur la ligne télégraphique de Paris à Marseille, transmet une moyenne de 1 800 dépêches par jour.
- mAWVWWVWM
- Le personnel télégraphique à La Châtre (Indre) sera augmente' de trois employés, à l’occasion de l’inauguration de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 340
- la statue de George Sand dans cette ville, pendant les 9, 10 et 11 août prochain.
- La redevance de 10 % payée à l’Etat par la Société des téléphones en France a été de :
- 2,427 fr. 70 pour l’année 1879
- i5,617 45 — 1880
- 55,290 142,637 11 — 1881
- 38 — 1882
- 277,145 95 — 1883
- Le premier trimestre de cette année a produit 63 353 fr., et le deuxième atteindra 70 000 fr. environ, de sorte que le total pour 1884 sera d’environ 280000 fr.
- . La Chambre de commerce de Mayence s’est adressée à la direction des télégraphes pour savoir pourquoi la ligne téléphonique projetée entre leur ville et Francfort n’a pas encore été construite. Selon la réponse du département des télégraphes, le retard est dû à un changement du tracé de la ligne qu’on voudrait faire passer par le nouveau pont sur le Rhin, près de Cassel, en suivant la grande route gouvernementale entre Francfort et Mayence.
- La construction de ce pont n’étant pas assez avancée pour qu’on puisse l’utiliser dans le but proposé, les autorités ont dû abandonner le projet et revenir à l’ancien tracé, en passant par le pont du chemin de fer sur la rive gauche et en suivant le chemin de fer jusqu’à Francfort. Le travail va maintenant être poussé activement.
- Le 4 juin dernier, la chambre de commerce de Munich a demandé au département des télégraphes à Berlin de réduire le prix de l’abonnement au téléphone, ainsi que la taxe pour les communications téléphoniques échangées dans les bureaux publics. L’administration vient de répondre à cette demande par un refus formel, en se basant sur les lois des 4 mars et 28 avril 1882, qui établissent le tarif actuel, auquel le gouvernement ne croit pas pouvoir apporter de modifications. __________
- A la suite d’une interpellation à la Chambre des Communes, le directeur général des télégraphes a déclaré qu’une commission serait prochainement nommée afin d’étudier la question d’éviter le danger que présente le nombre toujours plus considérable des fils aériens dans certaines parties de la capitale. __________
- Du 1" avril au 12 juillet dernier, les recettes du département des télégraphes en Angleterre ont été de 11 millions de francs contre 13875 000 francs pour la même période de l’année dernière. __________
- La construction d’une nouvelle ligne télégraphique de Lochboisdale à Barra, en Ecosse, a été commencée la semaine dernière. Un nouveau câble sera placé en même temps entre Kilbride et la baie de Bravig.
- L’administration des télégraphes indiens va prochainement introduire des mandats télégraphiques payables au domicile du destinataire.
- Le congrès des Etats-Unis a voté une somme de 100,000 fr. pour l’établissement d’une station de signaux à Nantucket, près de Boston, et pour la pose d’un câble reliant l’ile avec le continent. On croit qu’une nouvelle somme sera votée dans le même but vers la fin de l’année, de sorte que la communication pourra être établie avant la fin de l’hiver.
- La première ligne télégraphique mise à la disposition du public atjx Etats-Unis fut construite en 1846, entre Albany
- et Utica, dans l’Etat de New-York; le 9 septembre delà même année, la communication fut ouverte jusqu’à Buffalo, et vers le milieu du mois de juillet 1847* Albany était en communication directe avec New-York par un seul fil.
- La longueur totale des lignes télégraphiques du monde s’élève à plus de 1 000 000 de milles, dont les Etats-Unis possèdent 25oooo; ensuite vient l’Allemagne avec i5oooo milles, et en dernier lieu la Chine avec 1 200 milles seulement. Toutes ces lignes ont été construites en moins de 40 ans.
- Le bureau central de l’impresa Romana dei telefoni, à Rome, a reçu la semaine dernière la visite du ministre des travaux publics en Italie, auquel le directeur de la Société, M. Marzi, a montré les appareils fabriqués par la Compagnie même, ainsi qu’un système nouveau de son invention pour la mise en communication des abonnés, qui présente, à ce qu’il parait, l’avantage que les employés ne peuvent entendre un mot de la conversation tenue par les abonnés.
- Dans les villes de Bilbao et de Valence, en Espagne, il a été établi des réseaux téléphoniques urbains, mais seulement pour le service et aux frais des municipalités. Il existe aussi des réseaux militaires à Valence, Saragosse, Cartha-gène et Madrid, ainsi que, dans cette dernière ville, un autre réseau pour le service des ministres.
- L’administration espagnole des télégraphes a présenté plusieurs projets pour l’organisation des communications téléphoniques, mais aucune loi n’est encore intervenue pour régler ce service, de sorte qu’il n’y existe pas de réseau téléphonique public. Un assez grand nombre de particuliers ont relié leurs domiciles à leurs bureaux, mais aucune de ces lignes ne dépasse 10 kilomètres.
- Aucune communication téléphonique n’a encore été établie ni en Bulgarie ni dans le Luxembourg. Dans ce dernier pays, la question est à l’étude et l’administration espère être prochainement en mesure d’organiser un service de communications publiques dans la capitale et sa banlieue. Elle se propose également de prolonger dans les campagnes certaines lignes du réseau télégraphique par des fils qui desserviront des téléphones.
- Tous les navires de la marine anglaise qui ont des plongeurs à bord seront pourvus d’appareils téléphoniques pour les communications sous-marines.
- La ville de Brooklyn a autorisé la New-York and New-Jersey Téléphoné O à placer ses fils sur les poteaux du réseau télégraphique des pompiers, à condition de les entretenir en bon état et de fournir à la ville, à titre gratuit, 100 téléphones et 35 abonnements au bureau central.
- La Central New-York Téléphoné C» vient d’étendre ses lignes à huit différents villages dans les environs de New-York. ___________
- La Compagnie des téléphones à Lowell, Mass, a été obligée d’enlever 104 de ses fils aériens, qui ont été renfermés sous forme de câble dans un tuyau de plomb d’une longueur de 180 mètres.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 49766
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- JW A
- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- directeur: D' CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION I AtIG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 16 AOUT 1884
- N° 33
- SOMMAIRE
- Comparaison entre le mode de propagation de l’électricité et celui de la chaleur ; C. Decharme. — Le système die plex de Stearns appliqué aux câbles de long parcours ; Dr. A. Tobler. — Le torpilleur de Nordenfelt et le gouvernail de M. Pugibet ; G. Richard. — Les poissons électriques (2me article) ; H. Beauregard. — Tir fédéral de Lugano (Suisse) éclairé à la lumière électrique ; C.-C. Soulages. — Le téléphone devant les tribunaux des Etats-Unis ; C.-C. Haskins. — Chronique de l’étranger : Allemagne ; F. Uppenborn. — Angleterre ; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Recherches sur le magnétisme, par M. Duter. — Action de l’étincelle d’induction sur la benzine, le toluène et l’aniline, par M. A. Destrem. — Sur la valeur absolue de la composante horizontale du magnétisme terrestre à Paris, par M. Mas-cart. — Appel électromagnétique, par Aug. Müuch. — Mesures faites à Vienne sur la iaiype Swau. — Travaux de la conférence internationale des électriciens {suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes {suite). — Faits divers.
- COMPARAISON ENTRE LE MODE
- DE
- PROPAGATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- ET CELUI DE LA CHALEUR
- J’ai poursuivi l’imitation, par voie hydrodynamique, des effets mécaniques, physiques et même physiologiques de l’électricité (*), en insistant spécialement sur l’analogie entre les anneaux électrochimiques et les anneaux hydrodynamiques obtenus, soit par des courants d’eau continus, soit par a chute de petites colonnes liquides sur une plaque de verre recouverte d’une mince couche de minium en suspension dans l’eau (* 2).
- J’ai rappelé, d’autre part, la ressemblance des anneaux thermiques (3) avec les anneaux électrochimiques, sous le rapport de la forme et de la co-
- p) La Lumière Electrique, t. IX, p. 462 et 498 (i883).
- y) — t. XII, p. 86 et 36i (1884).
- p) — t. IX, p. Soo. — Annales de
- chim.et dephys., 5e s., XXVIII, 216; Comptes rendus de VA-cad. des sc. (1876 et 1877).
- loration. (Je me propose de revenir plus tard sur ce sujet.)
- C’est encore continuer cette analogie que de comparer le mode de propagation de l’électricité à celui de la chaleur.
- Pour faire mieux ressortir l’assimilation des deux ordres de phénomènes, il convient d’examiner d’abord sommairement le mode de propagation de la chaleur dans une barre métallique.
- Lorsqu’on chauffe une barre métallique par une de ses extrémités, tandis que le reste est dans un milieu (gazeux ou liquide),! maintenu à une température constante, les différents points de cette barre s'échauffent de proche en proche jusqu’à ce que la quantité de chaleur qui arrive à une section soit égale à celle qui se transmet à la section suivante ou se perd dans le milieu environnant. Chaque point finit donc par atteindre une température fixe, et conserve cet état permanent tant que la source de chaleur reste elle-même constante. Si l’on supprime cette source, la température décroit successivement dans les différents points de la barre, jusqu’à ce qu’ils arrivent tous à la température du milieu ambiant.
- Fourier a traité analytiquement (‘), et d’une manière générale, la question de la propagation de la chaleur dans les corps solides. Il a donné des formules pour différentes circonstances spéciales.
- Un grand nombre d’expérimentateurs (3) ont vérifié les lois qu’il a trouvées pour le cas particulier où la température des différents points d’une barre métallique est arrivée, pour chacun d’eux, à l'état stationnaire ou permanent. Mais on n’a pas fait, que je sache, d’expériences relatives à l'état variable de cette barre.
- Je me suis proposé d’étudier expérimentalement le phénomène précédent à l’état dynamique, c’est-à-dire de suivre la marche du flux thermique de
- (!) Fourier Traité analytique de ta chaleur (1822); Mé-
- moires de l’Académie des sciences, IV et V (1824-1836); Annales de chimie et de physique, 2“ série, III, IV, VI.
- (3) Biot, Péclet, Pouillet, Despretz, Langberg; MM.Wic-demaun et Franz, Ncumaun, Angstrocm, Gouillaud, etc. ; Annales de chimie et de physique (2° et 3“ séries).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- minute en minute (et quelquefois même de seconde en seconde'), et de le représenter d’une manière continue à l’aide de courbes construites au moyen des résultats numériques fournis par l’observation de thermomètres implantés dans une barre de fer, selon la méthode de Despretz, d’abord de 20 en 20 centimètres, puis de 10 en 10 centimètres.
- Te n’ignore pas qu’il existe d’autres procédés plus récents, plus rigoureux, tels que ceux de Lang-berg ou de MM. Wiedemann et Franz, dans lesquels on fait usage d'appareils thermo-électriques. Mais, pour le but que je me suis proposé, la méthode de Despretz, simple et commode, présente une exactitude suffisante; elle a l’avantage de permettre d’estimer, par une simple lecture des thermomètres fixes, la température des différents points
- de la barre, au même instant, et de suivre, pour ainsi dire pas à pas, la marche du flux thermique.
- Je n’entrerai pas dans le détail des dispositions expérimentales bien connues; je ne relaterai que les résultats numériques, ou plutôt leur traduction en courbes, qui permettent de saisir d’un coup d’oeil la marche du flux thermique dans ses différentes phases; enfin, je me bornerai aux résultats qui ont plus spécialement trait à la comparaison des flux électrique et thermique.
- La fig. 1 représente la marche des quatre thermomètres implantés de 10 en 10 centimètres dans une barre carrée de 1 mètre de longueur et de om,o2i de côté. La température de chaque thermomètre est représentée par une courbe spéciale, formée de trois parties correspondant aux trois
- amb ant
- 10 80 90 100 110 120 0 10 20 30 ' 0-0 50 60
- Temps (en minutes)
- VITESSE DE PROPAGATION DU FLUX THERMIQUE DANS UNE BARRE DE FER
- 90 100
- F,G. I.
- phases du phénomène : échauffement, état stationnaire, refroidissement. La dernière partie de la courbe relative au premier thermomètre a été rabattue sur la première, et l’on peut voir qu’elles sont loin de coïncider. L’arc qui représente la période de refroidissement a une courbure moins prononcée que celle d’échauffement, c’est-à-dire que la vitesse de refroidissement est plus lente que celle d'échauffemen t.
- Représentation graphique de la vitesse proprement dite du flux thermique. — On peut déterminer autrement, et d’une manière plus théorique, les vitesses du flux thermique pour les quatre points de la barre où sont implantés les thermomètres, et les représenter par des courbes continues. En effet, la vitesse de propagation de la chaleur, au bout d’un temps /, peut être définie comme toute vitesse variée : le rapport de la différentielle de l’espace parcouru par le flux thermique dans le temps infi-
- niment court qui suit t, et la différentielle de ce temps, d’après la formule générale :
- On peut obtenir géométriquement cette vitesse au bout d’un temps quelconque en construisant la tangente à la courbe des espaces, au point correspondant à ce temps ; il suffit pour cela de prendre le rapport des valeurs numériques (déterminées avec la même unité) des deux côtés d’un triangle rectangle, dont cette tangente est l’hypoténuse. Cette tangente elle-même pouvant être menée avec assez d’exactitude sur une courbe d’un mètre de développement, le rapport en question, ou la vitesse cherchée, sera exprimée avec une approximation suffisante. Enfin, si l’on détermine, pour une vingtaine de points convenablement distants, les vitesses correspondantes, on pourra construire la courbe complète des vitesses, et rectifier, par un
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- 2^3
- tracé continu, les petites erreurs inévitables que Ton commet par ce procédé. C’est ce qui a été fait pour les trois premiers thermomètres (fig. 2).
- Loi des vitesses du flux thermique. — L’expérience montre que les temps écoulés entre le moment où la source de chaleur est mise en action et
- ceux où le flux calorifique a atteint successivement chacun des thermomètres sont entre eux, sensiblement, comme les nombres 1, 4, g, 16, c’est-à-dire proportionnels aux carrés des distances ou en d’autres termes, que les vitesses du flux thermique sont en raison inverse du carré des distances.
- Temps (en minutes)
- FIG. 2. — COURBES DES VITESSES DU FLUX THERMIQUE DANS UNE BARRE DE ^ER
- Marche du flux thermique dans une barre sans état stationnaire. — Dans les expériences précédentes, on attendait, avant de retirer la source de
- 20 30
- Temps (en minutes)
- FIG* 3. — VITESSE DE PROP VGATION DU FLUX THERMIQUE SANS ÉTAT STATIONNAIRE
- chaleur, que tous les thermomètres implantés dans la barre métallique fussent arrivés à l’état stationnaire. Alors, dès que cette source cessait d’agir, la température commençait bientôt à baisser dans le premier thermomètre, peu après dans le second et plus tard dans les suivants.
- Mais si l’on retire le brûleur avant que le phénomène soit arrivé à cette période d’équilibre mobile de température, on obtient des résultats numéri-
- ques qui conduisent à des courbes toutes différentes de celles des cas précédents; cela se conçoit, puisqu’une partie des périodes d’échaufifement et de refroidissement, ainsi que toute la période stationnaire, ont été supprimées.
- On observe, en effet (fig. 3), dans le cas actuel, des maxima de température qui se manifestent sur les quatre thermomètres plus ou moins longtemps après le retrait du bec de gaz. Le flux thermique semble avoir acquis une certaine vitesse qu’il ne perd que peu à peu; les thermomètres placés à diverses distances de la source de chaleur n’atteignent leur maxima qu’aprçs des temps d'autant plus longs que ces instruments sont eux-mêmes plus éloignés de l’extrémité chauffée.
- Marche du flux thermique quand la source de chaleur agit pendant des temps différents. — Ici, on a fait agir la source de chaleur successivement, dans des conditions identiques, pendant des temps qui sont entre eux comme les nombres 1, 2, 3, 4, et l’on a suivi, dans ces quatre séries d’expériences, la marche du premier thermomètre seulement. Les résultats sont représentés par les courbes réunies dans la figure 4. '
- Ondes thermiques produites par une source de chaleur intermittente. — Si, au lieu de faire agir la source de chaleur d’une manière continue, on la supprime pendant un certain temps, pour la replacer ensuite dans les mêmes conditions et la
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- *44
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- .'scvtggB
- supprimer de nouveau, plusieurs fois de suite, on obtient des indications thermométriques décelant ces alternatives par des on iulations dans les courbes qui traduisent graphiquement les résultats numériques. Les figures 5 et 6 montrent ces résultats. Les intervalles blancs correspondent aux temps
- pendant lesquels la source de chaleur était en activité, et les parties ombrées aux temps durant lesquels la source était supprimée.
- Il est à remarquer que les maxima n’ont pas lieu ici lorsque la source de chaleur est appliquée, mais au contraire quand elle est retirée ; ce qui se con-
- mpératire de l'iîr j
- l 56 ~60 64 68 72 76 80 84 88 92 96 100
- Temps (en minutes)
- FIG. 4. — PROPAGATION DU FLUX THERMIQUE DANS UNE BARRE DE FER CHAUFFÉE A l'UNE UE SES EXTRÉMITÉS
- Pendant 2 min. j/2 Courbe A
- — 5 min. — B
- io min. — C
- — l5 mîn. — D
- — 20 min. — H
- çoit, puisqu’il faut au flux calorifique un certain temps pour se propager jusqu’au thermomètre. Par contre, les minima correspondent aux phases
- 5 10 15 20 25 30
- Temps (en minutes)
- FIG. 5. — ONDES THERMIQUES PRODUITES PAR UNE SOURCE DE CHALEUR INTERMITTENTE. PERIODE DE 5 MINUTES
- Ainsi, on pourrait faire en sorte que le dernier maximum produit soit en retard d’une ondulation complète.
- Les alternatives se reproduisent d’ailleurs en
- Temps (en minutes)
- FIG. 6. — ONDES THERMIQUES PRODUITES PAR UNE SOURCE DE CHALEUR INTERMITTENTE. PÉRIODE DE 10 MINUTES
- durant lesquelles la source de chaleur agit. On pourrait néanmoins, pour une position donnée du thermomètre indicateur, choisir la durée de la période d'intermittence de manière à avoir, entre les maxima produits et les temps d’activité de la source, telle différence de phase que l’on voudrait.
- même nombre sur les courbes correspondantes. Si l’on continue ensuite à chauffer sans interruption ou si l’on retire définitivement le brûleur, il n’y a, dans l’un et l’autre cas, que le flux arrivant qui produise de l’effet; après son passage tout s’uniformise, les courbes deviennent sensiblement régulières.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÊLECTRICITÊ
- t*'
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- ANALOGIE DES COURBES QUI REPRÉSENTENT LA MARCHE DU FLUX ÉLECTRIQUE ET CELLE DU FLUX THERMIQUE.
- Bien que la vitesse de l’électricité soit incomparablement plus grande dans un fil conducteur que
- celle de la chaleur dans une barre métallique, néanmoins la marche du flux électrique présente, comme celle du flux thermique, une période variable d’accroissement avant d’arriver à un état de tension maximum définitif; et c’est la durée de cette phase variable, depuis son origine jusqu’à l’état perma-
- Or dés
- A10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 200 220 240
- Durée du courant
- FIG. 7. — PROPAGATION DU FLUX ÉLECTRIQUE DANS LE CABLE TRANSATLANTIQUE
- nent, qu’on nomme ordinairement vitesse de l'électricité.
- On donne aussi ce nom à l’intervalle de temps depuis l’origine du mouvement électrique à l’une des extrémités d’un fil conducteur, jusqu’au mo-
- ment où il se produit à l’autre extrémité un eflet dynamique suffisant pour la correspondance télégraphique.
- L’assimilation hypothétique des deux ordres de phénomènes a servi de point de départ aux recher-
- herrniqu
- 12 15 18 21 24 27 30 33 36 39 42 45. 43 51 54 57 60 63 66 69 72 75 78 81 84 87 90
- Temps(en minutes)
- FIG. 8. — PROPAGATION DU FLUX THERMIQUE DANS UNE BARRE DE FER
- ches de Ohm sur les courants électriques (*). Appliquant alors à l’électricité les formules établies pour la chaleur par Fourier et par Poisson, il découvrit
- (i) Voir La Lumière électrique, t. IX, 417 et 481 : Histoire de la découverte des lois des courants électriques; par M. Th. du Moncel.
- en 1827, les belles lois qui portent son nom; lois vérifiées dix ans plus tard par Pouillet, pour les courants thermo-électriques, et plus récemment par M. Guillemin, par M. Gaugain et par d’autres physiciens, pour les courants voltaïques.
- L’hypothèse est donc, sous ce double rapport, pleinement justifiée par les faits; et l’application de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cette manière de voir au mode de propagation de l’électricité dans les longs câbles sous-marins a confirmé la justesse de ces lois.
- Les expériences que j’ai réalisées pour étudier la vitesse de propagation de la chaleur dans une barre métallique, pendant la période variable, viennent ajouter une nouvelle preuve à l’appui de.l’ana-logie des deux flux électrique et thermique.
- En comparant, en effet, les courbes qui les représentent l’un et l’autre dans différentes conditions expérimentales, et en les rapportant à des échelles appropriées, on est frappé de la similitude, je dirais presque de l’identité de leurs formes.
- Prenons, d’une part, la figure qui représente les courbes de charge et de décharge électriques, aux diverses époques de la période variable, de l’intensité d’un courant dans le câble transatlantique (*), et, d’autre part, les courbes qui figurent les variations d’intensité du flux thermique, lorsqu’on fait agir successivement la source de chaleur pendant des temps différents, puis qu’on la retire définitivement.
- Dans le premier cas (fîg. 7) « les ordonnées de ces courbes représentent, dit M. du Moucel, les intensités du courant, les abscisses, les durées. Les unités de grandeur de ces deux vàleurs sont fonction l’une de l’autre; c’est-à-dire que si l’unité de durée est représentée par un millimètre, l’unité d’intensité sera également représentée par un millimètre. »
- Dans le second cas (fig. 8), où nos courbes figurent le flux et les ondes thermiques, les ordonnées représentent aussi les intensités de la chaleur, puisqu’elles correspondent aux températures ; les abscisses représentent pareillement les durées, en minutes. Ici, toutefois, les échelles de ces coordonnées peuvent être différentes l’une de l’autre.
- Pour une tension électrique déterminée, l’onde s’élève à mesure que la durée de fermeture du courant se prolonge ; elle a pour limite supérieure une droite horizontale##' (fig. 7). qui représente la ligne des intensités maxima, sorte d’asymptote qu’elle ne peut atteindre qu’après un temps infiniment long. Elle est d’ailleurs limitée inférieurement par l’horizontale AA' à intensité nulle.
- De même, la courbe de l’onde thermique (fig. 8) pour une source de chaleur d’intensité donnée, a pour limite supérieure une horizontale analogue ##' (dont la hauteur dépend évidemment de la température plus ou moins élevée de cette source), et pour limite inférieure la ligne des températures AA' de l’air ambiant pendant la durée de l’expérience.
- « La ligne D'C'C (fig. 7) représente la courbe de charge et de décharge d’un courant dont l’in-
- (*) Du Moncel : Notice sur le câble transatlantique, p. 12, et Exposé des applications de l'électricité, 3° édition, t. 1, p. 64.
- tensité est arrivée aux ^ de l’intensité maxima, sous l’influence d’une durée de fermeture représentée par i3o unités, et en admettant que la décharge s’effectue par les deux bouts du câble à la fois. La partie C' C de cette courbe représente la décharge.
- « La courbe D'b représente l’intensité croissante et décroissante d’un courant au bout de 70 unités de durée de fermeture du circuit. Cette intensité
- n’est que le É de l’intensité maxima; et l’on voit que, dans ce cas, la courbe de décharge s’allonge considérablement.
- « La courbe D'a représente l’entensité du même courant prise au bout de 40 unités de durée de fermeture du circuit, période après laquelle l’intensité n’est plus que les de l’intensité maxima (*). »
- FIG. 9- — INTENSITÉ DU COURANT ÉLECTRIQUE PENDANT LA TRANSMISSION DU trait C ET DU point b7 SIGNAUX MORSE
- Les courbes thermiques Ka, AB b, AC c (fig. 8), représentent aussi les courbes de charge et de décharge d’une même source de chaleur, maintenue en activité successivement (dans des conditions identiques) pendant 2 min. 1/2, 10 min., 20 min., fractions diverses de la période variable ; c’est-à-dire pendant des temps inférieurs à celui qui est nécessaire pour arriver à l’état stationnaire.
- D’autre part, on sait que les courants électriques, alternativement positifs et négatifs, lancés successivement dans le câble transatlantique, s’y propagent en véritables ondes, comme les vagues de la mer; ondes qui s’annulent partiellement pour ne laisser parvenir que la première, elle-même amoindrie, destinée à produire, à son arrivée, un effet dynamique suffisant, sur les appareils si délicats de Varley et de Thomson.
- Nous allons voir dans les phénomènes thermiques des effets analogues.
- La courbe (fîg. 9 c), qui montre l’intensité du courant électrique dans sa période variable, pen-
- (>) Du Moncel (loc. cit ).
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- dant la transmission du trait des signaux télégraphiques de Morse, trait produit après un contact de 25o unités de durée, a une forme tout à fait semblable à celle du flux thermique dans les deux phases d’échauffement et de refroidissement de notre barre métallique (fig. 10 a').
- La courbe qui représente le point (signal Morse)
- Temps(en minutes)
- FIG. 10.— INTENSITE DU FLUX THERMIQUE PENDANT l’ÉCHAUFFEMENT ET LE REFROIDISSEMENT DE LA BARRE
- (fig. 9 b), faite par un contact de 125 unités (la moitié de celle du trait), a une analogie avec la courbe qui correspond aux intensités variables du flux thermique sans état intermédiaire (fig. 10 b’).
- Les figures 11 a et b (du Moncel, câble transatlantique, p. 24) représentent les intensités de courant à travers le câble transatlantique, après quatre émissions successives de courant (constituant la lettre H) et dans les deux conditions suivantes :
- i° Quand la transmission s’effectue par le câble seul, sans condensateur interposé;
- 20 Quand ce condensateur est interposé.
- Ces courbes sont tout à fait analogues à celle de la figure 12 a', b' de nos expériences, dans lesquelles la source de chaleur agit d’une manière in-
- ________________Durees du couran4
- FIG. II. — COURBES DES INTENSITES DU COURANT ELECTRIQUE (DANS LE CABLE TRANSATLANTIQUE) APRÈS 4 EMISSIONS SUCCESSIVES
- termittente et suivant des périodes déterminées, dont il a été question précédemment.
- A ces analogies évidentes, incontestables, on peut en ajouter d’autres tirées d’un ordre de faits différents.
- Ainsi, « quand la ligne ne communique à la terre que par un seul côté, alors la durée de la décharge est quatre fois plus longue que celle de la
- charge. » (Du Moncel, Notice sur le câble transatlantique, p. 10.)
- Cela expliquerait, par analogie, comment la vitesse de refroidissement d’une barre est plus lente que celle de réchauffement, ainsi qu’il a été constaté dans nos expériences.
- M. Gaugain a déduit de ses nombreuses expériences plusieurs lois parmi lesquelles je remarque la suivante : La durée de propagation absolue d'un courant électrique est directement proportionnelle au carré de la longueur du conducteur.
- En rapprochant cette loi de celle que j’ai formulée ainsi, le temps que met le flux thermique pour atteindre les différents points d’une barre métallique est directement proportionnel au carré des distances de ces points à l’extrémité chauffée, on voit qu’il y a, ici encore, de l’analogie entre les deux phénomènes.
- Parmi les lois de Ohm, on trouve la suivante : Le temps nécessaire pour qu'un courant atteigne son état permanent dans un circuit, est indépendant de la tension de la source électrique.
- Le petit nombre d’expériences que j’ai faites pour vérifier si la loi analogue avait lieu pour la chaleur, tendent à affirmer la similitude entre les deux flux électrique et thermique.
- Péric de
- Périt de de
- 10 minutes.
- Temps (en minutes)
- FIG. 12. — COUBBES DES INTENSITES DU FLUX THERMIQUE (DANS UNE BARRE DE FER) APRÈS 4 ÉMISSIONS SUCCESSIVES
- Notre but n’étant pas de poursuivre plus loin cette analogie, nous nous bornerons aux rapprochements qui viennent d’être signalés.
- Nous rappellerons seulement, en ce qui concerne le sujet qui nous occupe, que les conductibilités calorifiques sont proportionnelles aux conductibilités électriques. Les tableaux numériques donnés par M. Becquerel et par MM. Wiedemann et Franz, montrent que cette proportionnalité est, sinon rigoureuse, du moins-incontestable (*), malgré les quelques modifications que M. Lazare Weiller a cru pouvoir y ajouter (2).
- L’ensemble des comparaisons qui précèdent entre les courbes relatives au courant électrique et
- (*) « - Il ne peut être question d’identité entre les nombres qui représentent ces conductibilités, puisque les unités qui servent à les mesurer n’ont entre elles aucun rapport. » (Verdet, t. IV, Confér. de phys., p. 33).
- (2) La Lumière Electrique du 21 juin 18O4, p. 460.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- au flux thermique, nous paraît fournir une nouvelle preuve expérimentale de l’analogie qui existe entre les modes de propagation de l’électricité et de la chaleur.
- C. Decharme.
- LE SYSTÈME DUPLEX DE STEARNS
- APPLIQUÉ
- AUX CABLES DE LONG PARCOURS
- Dans mon mémoire sur les stations de câble de Penzance et de Porthcurnow (vol. XII de La Lumière, p. 242-245), j’ai mentionné que les câbles
- partant de Yalentia, de l’Anglo-American Tel. C0 sont exploités par le duplex de Stearns, et qu’aucune description du dispositif adopté n’avait été publiée. Or, un recueil tout dernièrement sorti de la presse, le « Pocket-book of electrical rules and tables, par MM. Jamieson et Munro » donne un croquis du duplex de M. Stearns, sans toutefois entrer dans les détails. La chose offrant un certain intérêt, je me suis adressé à M. Jamieson et c’est grâce à son obligeance que je peux initier les lecteurs aux détails techniques de ce système, lequel avait été si longtemps gardé au plus strict secret.
- La figure montre l’arrangement complet d’une station. Nous y trouvons : i° un recorder Thomson à bobine différentielle D. R. (résistance de chaque fil, 25o ohms); 20 deux boîtes de résistances, Y. R.
- (résistance variable), reliées à travers l’un des fils de D. R. au condensateur C1; l’autre F R à travers l’autre fil au condensateur C2, (ce dernier a été omis par mégarde dans la figure du pocket-book, p. 3i i); 3° une double clef ordinaire T. Le câble aboutit à C1, la ligne artificielle à C2. Cette dernière se compose d’un grand nombre de bobines de résistance combinées avec des condensateurs de capacité différente, comme cela se voit distinctement dans la figure.
- Les lecteurs nous diront peut-être : « Mais tout cela est connu depuis longtemps; ce dispositif ressemble fortement au « test-circuit de M. C.-F. Varley, breveté en 1862! » (26 déc., n°3453). Je ne
- nie pas ce fait; l’antique est à la mode; plus c’esi vieux, plus c’est neuf, dit M. d’Arsonval, à propos de la nouvelle pile Reynier (vol. VI de La Lumière, p. 355).
- Il est possible, cependant, que M. Stearns ait trouvé moyen de régler la résistance et la capacité de la ligne artificielle plus minutieusement que n’avait fait M. Varley.
- D’après M. Jamieson, le réglage de la ligne artificielle se fait de la manière suivante. On commence par le bout attaché à C2, en prenant de faibles résistances et capacités, soit de 4 à 8 ohms, et o,3 à 0,6 microfarads, valeurs qui correspondent à i ou 2 milles du câble à duplexer. Quand
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- en procédant ainsi, on est arrivé au produit résistance X capacité équivalant à 5 milles du câble, on peut augmenter ces valeurs, de sorte que les subdivisions ont une valeur croissante, plus on s’éloigne de C2, comme cela se voit distinctement dans la figure. Les dernières résistances peuvent atteindre 100 ohms et les capacités environ 10 mi-crofarads.
- La réussite finale du système Stearns prouve qu’il est possible d’établir la balance par ce procédé, mais le fait que M. Stearns s’est efforcé pendant des années entières à arriver à ce résultat, lorsque le duplex Muirhead fonctionnait déjà sur un des plus longs câbles du monde, celui de la Direct United States Cable C°, indique que les moyens adoptés par MM. Muirhead et Taylor étaient plus propres à atteindre le but (voir la polémique entre MM. Muirhead et Stearns dans le vol. III de YElectrician). Il est possible, en outre, que la balance obtenue au moyen du câble Muirhead soit plus stable, parce que les bandes conductrices sont noyées dans la paraffine et le tout est hermétiquement clos, tandis que les bobines de M. Stearns sont plus sujettes à des changements de résistance produits par la température.
- Le réglage définitif de la balance se fait à l’aide des boîtes de résistance FR et Y R, dont la der-
- nière contient beaucoup de subdivisions. Ces boîtes introduisent une certaine retardation dans le système, mais ce défaut disparaît devant la facilité de réglage qu’elles offrent. Le même but pourrait être atteint, du reste, par de très faibles variations de la capacité de C, et Ca ; il paraît pourtant que le premier moyen est préférable.
- Je ferai encore remarquer que, dans la plupart des cas, on sera obligé d’établir des dérivations factices (« leaks ») de divers points de la ligne artificielle à la terre, absolument comme dans le « double block plan. »
- Dr A. Tobler.
- le
- TORPILLEUR DE NORDENFELT
- ET LE
- GOUVERNAIL DE M. PUGIBET
- Nous avons déjà fait connaître aux lecteurs de La Lumière Electrique les principaux appareils appliqués ou proposés pour diriger, au moyen de
- ___A
- K II K
- FIG. I ET 2. — TORPILLEUR NORDENFELT
- transmissions électriques, les torpilleurs lancés du rivage ou d’un navire (*), et nous avons pensé qu’il serait utile de compléter ces notes par la description des systèmes nouveaux de ce genre, à mesure qu’il nous serait donné de les connaître.
- Le premier des appareils décrits dans le présent article est dû à M. Nordenfelt, l’inventeur bien connu des mitrailleuses, dont on espère, peut-être à tort, faire un excellent moyen de défense contre
- les torpilleurs autonomes (’). La torpille de M. Nordenfelt constitue un engin complètement automoteur, dont l’hélice est mue par l’énergie d’un accumulateur logé dans sa cale, et dont les organes directeurs et indicateurs sont actionnés, du poste fixe, à l’aide de commutateurs ouvrant ou fermant les circuits d’un certain nombre de piles locales, egalement portées par le torpilleur. D’a-
- (i) N“s des 4 août, Ier, 8, i5 et 22 septembre i883.
- (i) The Nordenfelt Machine Gnns... London, Simpkin (1884).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- près M. Nordenfelt, on logerait facilement dans un déplacement de trois tonneaux un accumulateur capable de développer, pendant un parcours de i 5oo à 2 000 mètres, une puissance de 3o chevaux environ, à moins de frais et plus simplement que les appareils à gaz très comprimés, ordinairement employés.
- L’appareil de M. Pugibet est plus modeste; il n’a pour objet que de permettre d’actionner par l’électricité le gouvernail des torpilles automotrices, mais il repose sur une application originale et fort
- K' D
- I) H
- FIG. 3 ET 4. — GOUVERNAIL ÉLECTRIQUE DU LIEUTENANT PUGIBET
- ingénieuse du principe bien connu du tube de Pitot (1).
- L’ensemble du torpilleur électrique de Nordenfelt est représenté par les figures 1 et 2, qui en
- (1) Pour une application inverse de ce principe, voir le mémoire de Barnaby « On Hydraulic Propulsion ». Civil Eng. Proc., 26 fév. i88p
- donnent la coupe longitudinale verticale et le plan du gouvernail.
- Le corps proprement dit du torpilleur est muni sur le dos, d’une arête B, que l’on peut détacher pour faciliter le transport. Cette arête, construite en bois, est d’un poids tel que le corps de la torpille soit entièrement submergé et que l’arête même ne sorte que très peu de l’eau. La torpille est ainsi bien abritée des projectiles à quelques pieds sous l’eau, et très stable, parce que son centre de gravité se trouve aussi bas que possible au-dessous du métacentre.
- Si l’arête vient à être enlevée par un projectile, le corps du torpilleur n’en éprouve aucun dommage, il remonte simplement à la surface de l’eau,
- qu’il dépasse d’une quantité négligeable : environ
- de son volume.
- La pile secondaire, ou l’accumulateur qui actionne les différents organes de la torpille, est représentée en E : le câble à plusieurs fils, qui relie le torpilleur au poste fixe, est enroulé dans le réservoir F, d’où il se déroule par le tube G.
- Le gouvernail I est actionné par deux électroaimants de Currie K K, dont les propriétés sont bien connues de nos lecteurs. Ces aimants sont reliés à une pile auxiliaire M, par l’intermédiaire d’un relais polarisé L, actionné lui-même par un des fils du câble G. Ce relais fait agir l’un ou l’autre des aimants K, et dévier le gouvernail à droite ou à gauche, ainsi que l’indique la figure 2, suivant le sens du courant lancé du poste fixe dans le relais L.
- On pourrait évidemment remplacer les solé-noïdes K par une dynamo changeant le sens de sa marche avec celui du courant.
- L’hélice est actionnée par une dynamo D, reliée à l’accumulateur par un interrupteur N, parcouru par le courant de l’un des fils de G. Dès que l’on interrompt ce courant, le relais N lâche son armature, la dynamo D cesse de communiquer avec l’accumulateur E, et l’hélice de tourner.
- Le câble G renferme un troisième fil, aboutissant au relai O qui relie, suivant le sens du courant du poste fixe, l’un ou l’autre des solénoïdes Q ou Q' à la pile locale P, de manière à abaisser ou à soulever, par R, les signaux S S. Ces signaux sont constitués par des lampes à incandescence alimentées, tant que le solénoïde Q les maintient soulevées, par le courant de la pile T.
- L’électro-aimant U, ' relié au quatrième fil du câble G, a pour objet de fermer le circuit de la torpille explosive V X, non pas directement, mais par. l’intermédiaire d’un interrupteur à poids W, qui n’achève de fermer ce circuit que par le choc du torpilleur sur le navire attaqué. Ce choc suffit pour faire partir l’exploseur X, pourvu que le poste de terre ait fermé l’interrupteur U.
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- M. Pugibet a proposé, il y a quelques années déjà, d’utiliser, pour les orienter à volonté, le mouvement même des torpilles Whitehead ou autres. Le gouvernail de ces torpilles est, à cet effet, commandé par le piston d’un cylindre C, figures 3 et 4, dont les extrémités commmuni-quent, en D et D', avec deux tubes aboutissant à la mer, en avant et en arrière du torpilleur, par les orifices II', EE'. En temps ordinaire, les clapets O et O' sont fermés; le piston de C, également sollicité par les pressions de l’eau en I et en I', reste immobile au milieu de sa course, et la torpille gouverne droit. Si l’on tait passer par le câble N un courant dans l’électro A, le clapet O s’ouvre, l’eau s’écoule librement de I vers E, la pression s’abaisse en D, et le piston recule vers la droite de la figure 3. L’inverse a lieu si l’on ouvre par A' le clapet O'. La pression effective sur le piston de C augmente, comme on le sait, proportionnellement au carré de la vitesse de la torpille, c’est-à-dire très rapidement, et suivant la même loi que la résistance du gouvernail. Nous nous contentons de signaler cette idée ingénieuse, renvoyant, pour plus de détails, au mémoire dans lequel M. Pugibet a donné tous les éléments du calcul de son système (*).
- Gustave Richard.
- LES
- POISSONS ÉLECTRIQUES
- Deuxième article. (Voir le numéro du 9 août 1884.)
- LES PHÉNOMÈNES OBSERVES CHEZ LES POISSONS ÉLECTRIQUES SONT DUS A UNE PRODUCTION D’ÉLECTRI-
- cité.
- Comme nous l’avons dit, ce n’est que vers le milieu du XVIIIe siècle qu’on reconnut l’identité des effets produits par les poissons électriques avec ceux qui caractérisent l’électricité. Les premières expériences concluantes sont dues en effet à Musschenbroeck. Walsh en 1778 prouva également la nature électrique de la décharge de la torpille. Il reconnut que si l’animal étant entouré de matières isolantes, on le touche avec des baguettes de verre ou de résine, la secousse n’a pas lieu, et qu’on la ressent immédiatement au contraire si au lieu de corps non conducteurs on emploie des corps métalliques. Bien plus, il fit circuler la décharge à travers une chaîne d’individus qui se tenaient par la main et tous ressentirent cette
- (>) « Appareil directeur permettant de gouverner de terre les torpilles » 1 brochure (1881), chez Baudouin, Paris.
- commotion singulière qu’on obtient avec la bouteille de Leyde.
- Tel fut le point de départ d’expériences renouvelées depuis fréquemment, et variées à mesure que progressaient nos connaissances en électricité. Toutes ces recherches furent entreprises dans le but de démontrer qu’il est possible d’obtenir avec les poissons électriques des phénomènes physiologiques, chimiques et physiques identiques à ceux que l’on obtient avec l’électricité développée au moyen des appareils électriques.
- Effets physiologiques. — Ceux-ci étaient bien connus de tous temps. Si l’on saisit une torpille vivante avec les mains, on ne tarde pas à ressentir une forte commotion et l’expérience personnelle qu’en fit Réaumur, lui parut amplement suffisante, pour lever tous les doutes que lui inspiraient les récits des auteurs.
- Les secousses éprouvées sont comparables à celles qu’on obtient au moyen de la bouteille de Leyde ou au moyen des piles, et si l’on persiste à tenir l’animal entre les mains, on se voit bientôt forcé de lâcher prise, pour peu que celui-ci ait une certaine taille et quelque vigueur. D’ailleurs, il n’est même pas nécessaire que les mains soient en contact direct avec le corps de l’animal pour que la secousse se fasse sentir. L’eau étant en effet un corps bon conducteur, l’action d’une torpille excitée peut se faire sentir à distance,xet Matteucci rapporte que les pêcheurs sont avertis de la présence de torpilles dans leurs filets quand versant des seaux d’eau pour laver les poissons qui s’y trouvent ils ressentent des secousses dans les bras toutes les fois que le jet est continu.
- Cette transmission à distance de la décharge des poissons électriques explique encore pourquoi les Indiens qui se livrent à la pêche du gymnote, ont soin, au dire de Humboldt, lorsque ces poissons arrivent au bord du lac, de se servir pour les tirer hors de l’eau, de harpons fixés à l’extrémité de longues cordes bien sèches. Si ces cordes étaient mouillées ils risqueraient de recevoir de violentes commotions. Les effets physiologiques produits par le gymnote sont en effet d’une grande puissance « on ne s’expose pas témérairement, dit cet observateur, aux premières commotions d’un gymnote très grand et fortement irrité. Si, par hasard on reçoit un coup avant que le poisson soit blessé ou fatigué par une longue poursuite, la douleur et l’engourdissement sont si violents qu’il est impossible de se prononcer sur la nature du sentiment qu’on éprouve. Je 11e me souviens pas d’avoir jamais reçu par la décharge d’une bouteille de Leyde une commotion plus effrayante que celle que j’ai ressentie en plaçant imprudemment les deux pieds sur un gymnote que l’on venait de retirer de l’eau. » Dubois-Reymond a également
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- eprouvé les effets de cette décharge, un jour que tenant un gymnote avec des gants en caoutchouc il vint à le laisser tomber de manière qu’il fut touché à la fois par la tête et par la queue. Il reçut dit-il à ce contact un choc formidable.
- A ces preuves de l’identité des actions physiologiques produites par les poissons électriques et les appareils électriques ordinaires, Matteucci en ajouta une autre, en démontrant que les grenouilles galvanoscopiques disposées sur le corps de la torpille éprouvent des contractions à chaque secousse qu’elle donne lorsqu’elle est excitée, effet qui se produit encore lorsque les grenouilles sont placées à quelque distance de la torpille. Il suffit pour cela que poisson et grenouilles soient tenus en communication par un corps bon conducteur, un linge mouillé par exemple.
- Effets chimiques. — Les effets chimiques produits par la décharge des poissons électriques ont été constatés pour la première fois par Davy qui parvint à obtenir la décomposition de l’iodure de potassium et constata le départ de l’iode par la coloration bleue que prenait l’amidon mélangé à une solution du sel. Ces expériences ont été reprises et leurs résultats confirmés par Matteucci. Davy et Faraday d’autre part réussirent à obtenir l’électro-lyse de l’eau.
- Effets physiques. — La production d’étincelles par la décharge des poissons électriques est assez difficile à observer, et comme le fait remarquer Dubois-Reymond, ce fait est d’autant plus curieux que la puissance électromotrice qui existe chez ces poissons est considérable. Cet observateur croiten trouver la raison dans l’affaiblissement des courants, produit d’une manière générale chez tous les électromoteurs animaux par les dérivations.
- Quoi qu’il en soit, l’étincelle a pu être obtenue. Walsh prétendait l’avoir observée chez le gymnote, mais Davy révoqua cette assertion en doute et attribua les lueurs qu’il avait aperçues lui-même dans, quelques-unes de ses expériences sur les torpilles à la présence d’animalcules phosphorescents restés adhérents à la peau de l’animal. Cette opinion nous semble justifiée par les difficultés que tous les observateurs ont rencontrées lorsqu’ils ont voulu obtenir ce phénomène.
- Matteucci est toutefois parvenu à mettre en évidence la production de l’étincelle au moment de la décharge, chez la torpille, par le dépositif suivant :
- On place un de ces animaux bien vivant, sur un large plateau métallique comme serait celui d’un électrophore parfaitement isolé, et un second disque, tenu au moyen d’un manche isolant, est appliqué sur l’autre face du poisson. Chacun des disques est muni d’une tige métallique terminée par une
- boule sur laquelle on fixe une feuille d’or. On dispose les plateaux (fig. 7) de manière que les lames d’or soient aussi rapprochées que possible l’une de l’autre, et en comprimant le poisson, on voit à chaque décharge l’étincelle passer entre les deux feuilles d’or, pourvu, toutefois, que celles-ci soient suffisamment rapprochées.
- Un autre procédé fort ingénieux réussit également bien à Matteucci. Une plaque métallique adhérant à un fil de laiton, est placée sous le ventre de la torpille ; sur son dos, on pose une lime, sur laquelle on frotte l’extrémité du fil métallique. On irrite l’animal pendant ce temps, et l’on voit, si l’on est placé dans une chambre obscure, une ou deux étincelles jaillir entre la lime et le fil de laiton. La production de l’étincelle arrive, si la rupture du circuit se fait au moment précis du passage du courant de la torpille. On conçoit, dès lors, le rôle de la lime qui produisant, à des intervalles très courts sous la friction du laiton, une série de clôtures et
- FIG. 7
- de ruptures du courant, doit nécessairement produire une de ces ruptures coïncidant avec la décharge, pour peu que celle-ci ait une certaine durée. Dubois-Reymond a pu également obtenir des étincelles en expérimentant sur le gymnote et il a constaté que celles-ci n’apparaissent qu’au moment de la rupture du courant, mais non à l’approche des fils.
- Quant aux effets thermiques de la décharge des poissons électriques, ils ont été mis en évidence par Faraday qui expérimenta au moyen du thermoélectromètre de Harris sur un gymnote arrivé vivant à Londres. Cet observateur essaya p.ar la même occasion d’établir une comparaison entre les secousses données par ce poisson et une batterie de bouteilles de Leyde chargée au maximum. Il trouva que la décharge de l’animal serait égale à celle d’une batterie de i5 bouteilles de 35oo pouces carrés anglais de superficie armée. On s’explique aisément d’après cela les effets dont sont capables ces poissons électriques.
- Effets magnétiques et d'induction. — La décharge produite par les poissons électriques est capable d’aimanter une aiguille d’acier; ce fait fut
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- 25.3
- établi pour la torpille par Davy, et par Faraday pour le gymnote. Ilsuflit d’employer un solénoïde pour obtenir l'aimantation d’une aiguille placée dans son intérieur.
- D’autre part, on a obtenu également des courants induits en se servant comme inducteurs des décharges produites par ces poissons. (Voir plus loin les expériences de M. Marey.)
- Action sur l'aiguille aimantée. — Cette action fut observée pour la première fois en 1827 Par Blainville et Florian de Bellevue dans les expériences qu’ils firent à La Rochelle sur des torpilles, au
- moyen du multiplicateur de Schweigger, et Davy, peu de temps après, confirma ces résultats. Si l’on met en effet les deux extrémités des fils de platine d’un galvanomètre médiocrement sensible au contact du dos et du ventre d’une torpille, et qu’on l’irrite, on constate une déviation brusque de l’aiguille du galvanomètre au moment de la décharge. Ces expériences ont été reprises par de nombreux observateurs au moyen de galvanomètres plus perfectionnés, et l’action de la décharge sur l’aiguille a pu être utilisée pour étudier d’une manière approfondie le pouvoir électrique des poissons et pour rechercher le caractère du[co urant produit.
- FIG. S. — EXPÉRIENCE D*AR.UAND MOIIEAD.
- Dans la plupart des expériences dont il a été question ci-dessus, il est fait mention des torpilles et du gymnote. Les mêmes résultats ont été obtenus avec le silure. Pour les raies dont le pouvoir électromoteur est resté pendant longtemps complètement ignoré, nous devons à M. le professeur Robin des expériences délicates et convaincantes qui ont prouvé que chez ces poissons aussi l’organe électrique donne lieu à des décharges absolument assimilables à celles que produisent les autres poissons électriques.
- Au moyen d’un galvanomètre sensible, il a obtenu en appliquant sur les deux extrémités de l’organe électrique des lames de platine de 6mm de côté terminant les rhéophores, des déviations considérables de l’aiguille du galvanomètre. En plaçant des gre-
- nouilles galvanoscopiques sur l’appareil électrique du même animal, il a pu constater des contractions de ces grenouilles qui correspondaient toujours avec des déviations brusques de l’aiguille du galvanomètre, déviations portées jusqu’à 90° avec choc contre l’arrêt, lorsque les poissons 11e sont ni blessés, ni encore épuisés.
- Nous insistons quelque peu sur ces belles expériences parce qu’elles ont établi d’une façon définitive la production d’électricité par les raies, alors que divers expérimentateurs qui avaient échoué dans leurs tentatives avaient cru pouvoir en conclure, contrairement aux recherches anatomiques faites par M. Robin, que les organes de ces poissons n’étaient que des organes pseudo-électriques.
- La cause de leur insuccès se trouve dans leur
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- La lumière électrique
- ignorance sur les détails anatomiques de ces organes. Ceux-ci, chez les raies, sont en effet entourés, dans tout leur i/3 supérieur, par le muscle sacro-lombaire, et c’est pour n’avoir pas tenu compte de cette particularité que ces observateurs ont échoué dans leurs entreprises.
- Il n’est pas douteux, dit M. Robin, que les grenouilles gàlvanoscopiques dont on s’était servi auront été placées sur cette portion du muscle sacro-lombaire, condition qui s’opposait au succès de l’expérience.
- En résumé, par tout ce qui précède on peut se rendre compte des degrés successifs par lesquels a passé la connaissance du phénomène électrique produit par la torpille. Comme le dit M. Marey, « sur ce point, les progrès de la physique se sont transportés un à un dans le domaine de la physiologie.
- La découverte des machines électriques de tension a permis à Walsh de démontrer la nature électrique de la décharge. La découverte de la pile de Volta, de ses actions électrolytiques, de son influence sur le galvanomètre, de l’étincelle qui accompagne la rupture de son circuit, provoquèrent des recherches nouvelles qui montrèrent que les mêmes phénomènes se produisent aussi dans la décharge des poissons électriques. » La production d’électricité par les poissons électriques est donc hors de doute, et il n’y a pas lieu de s’étonner que cette électricité ait pu être recueillie comme peut l’être celle que produisent les appareils électromoteurs ordinaires.
- CONDENSATION DE L'ÉLECTRICITÉ PRODUITE PAR LA TORPILLE
- Armand Moreau est en effet parvenu à recueillir, par un ingénieux dispositif, l’électricité produite par la torpille. La difficulté de l’expérience résidait dans la conductibilité des tissus humides de l’animal. L’électricité, grâce à cette circonstance, retourne dès sa formation par le chemin qu’elle vient de parcourir, l’équilibre se rétablit sur les tissus même de l’animal, et il devient impossible de la conduire dans un condensateur. Le problème à résoudre est donc de trouver le moyen d’interrompre toute communication entre le poisson et l’appareil condensateur aussitôt la décharge effectuée. A. Moreau est arrivé à réaliser toutes les conditions nécessaires dans d’intéressantes expériences qui nous paraissent mériter qu’on s’y arrête quelque peu.
- Tout d’abord il n’utilise que les décharges provoquées chez la torpille et non les décharges volontaires de l’animal, dont on n’est pas maître. L’excitation nécessaire à la production de ces décharges est obtenue au moyen d’un courant induit
- par un courant fourni par une pile de Bunsen. Le courant induit passe dans un circuit dont les rhéo-phores sont solidement fixés à l'un des nerfs préalablement isolé de l’appareil électrique. Les condensateurs utilisés dans les expériences furent l’électroscope condensateur à feuilles d’or et le condensateur à feuilles d’étain, qui a sur la bouteille de Leyde l’avantage d’offrir une surface 1 5oo fois plus grande, une lame isolante peu épaisse, et par suite un pouvoir condensant considérable. Ce condensateur se compose en effet de deux feuilles d’étain d’environ 5“ de longueur sur om8o de largeur. La feuille inférieure repose sur une lame de gutta-percha et elle est séparée de la feuille supérieure par une lame de même substance isolante. Ces quatre feuilles ainsi disposées sont enroulées autour d’un bâton.
- Pour recueillir l’électricité sur la torpille, Moreau appliquait sur chacune des faces dorsale et ventrale de l’animal une petite plaque de platine très mince, s’enroulant par un de ses bords autour d’un fil de cuivre.
- L’un de ces fils était mis en communication avec le sol, quand on usait de l’électroscope condensateur à feuilles d’or. Les deux fils étaient en rapport avec les feuilles d’étain dans le cas où l’autre condensateur était employé.
- Enfin, l’interrupteur était formé de deux tiges métalliques A et B parallèles, reliées entre elles par une tige isolante c et pouvant décrire simultanément un arc de cercle autour d’une de leurs extrémités considérée comme centre.
- Le mouvement était obtenu au moyen d’un ressort et se faisait dans un plan horizontal.
- Dans cette course, la tige A rencontre à frottement une surface métallique étroite a qu’elle dépasse, ayant ainsi établi pendant un instant très court le passage du courant allant d’un des pôles de l’élément Bunsen à l’une des bornes de l’appareil d’induction où se produit le courant induit. A ce moment donc l’excitation du nerf de l’organe électrique a lieu, puisque comme nous l’avons dit, le courant induit passe dans un circuit aboutissant à ce nerf. Mais en même temps, la tige B a rencontré dans son mouvement une plaque métallique èplus large de quelques millimètres que la plaque a.
- Donc pendant un instant aussi, le chemin a été établi pour le passage de l’électricité de l’organe de la torpille au condensateur, et comme la plaque b est plus large que la plaque a, cet instant est plus long que celui qui laisse passer le courant excitateur et l’excès de temps permet le passage du courant de la torpille qui n’a lieu évidemment qu’un moment après l’excitation.
- Au moyen de ce dispositif, Moreau est arrivé à recueillir dans ses condensateurs l’électricité produite par la torpille.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2Î)D
- FONCTIONNEMENT DES ORGANES ÉLECTRIQUES
- Tous les auteurs s’accordent pour reconnaître que les décharges produites par les poissons électriques sont absolument volontaires. Ils s’en servent comme d’un moyen d’attaque ou de défense, et il nous est facile de K s provoquer par les excitations les plus variées. Pour nous convaincre de l’influence de la volonté dans cette action, il suffit d’ailleurs de se reporter au récit de Humboldt que nous avons cité à propos de l’action physiologique produite par la décharge du gymnote. Mais il est intéressant de remarquer en même temps que la faculté que possèdent ces poissons de produire de
- l’électricité, semble s’épuiser par un exercice trop répété. Si en effet on provoque des décharges par des excitations multipliées rapidement, on constate que peu à peu l’intensité des phénomènes produits diminue et bientôt même que toute décharge cesse d’avoir lieu. L’animal est pour ainsi dire fatigué et son organe électrique devient incapable de fonctionner plus longtemps. Cette particularité a été notée par tous les observateurs. Moreau en particulier, pour la torpille, a observé qu’il fallait de i5 à 20 minutes de repos accordées à l’animal en expérience pour voir reparaître toute l’énergie de l’organe. On doit donc dans les recherches sur le pouvoir électrique des poissons, tenir grand compte
- FIG. q. — EXPERIENCE DARMAND «MOREAU.
- de cette nécessité du repos après les manipulations préparatoires, si l’on veut expérimenter dans des conditions satisfaisantes.
- Lorsque l’animal est vigoureux et s’il n’a pas été fatigué, il est susceptible de donner des secousses, en quelque point de sa surface qu’on le touche.
- Matteucci s’en est assuré au moyen de grenouilles galvanoscopiques réparties sur différentes régions du corps d’une torpille. Au début de l’expérience, toutes les grenouilles se contractaient au moment de la décharge. Mais, à mesure que s’affaiblissait le pouvoir électromoteur de l'animal, on ne voyait plus la contraction se produire que chez les grenouilles qui étaient immédiatement placées à la surace des organes électriques.
- Ajoutons enfin que la torpille cesse de manifester ses propriétés électriques quand elle est plongée dans de l’eau à o° ou dans de l'eau à 45°. Dans l’eau à 3o° seulement, elle cesse bientôt de vivre, mais sa mort s’accompagne d’un grand nombre de violentes décharges, ce qui prouve que cette température n’a pas affecté spécialement l’organe électrique.
- RÉPARTITION DE LA TENSION ÉLECTRIQUE CHEZ LES POISSONS ÉLECTRIQUES
- Dès l’invention du galvanomètre, on constata que le courant chez les poissons électriques a une direction constante, et, quoi qu’en aient pensé cer-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tains observateurs, cette direction ne peut être changée à la volonté de l’animal.
- On reconnut que chez la torpille, la face dorsale du corps répond au pôle -J- de l’organe électrique et sa face ventrale au pôle —. Matteucci montra en effet qu’en se servant d’un galvanomètre médiocrement sensible, la déviation de l’aiguille prouve que le courant est dirigé dans le galvanomètre du dos au ventre du poisson. Cette expérience a été maintes fois répétée; ses résultats ont été confirmés par Moreau entre autres, au moyen de l’électroscope condensateur à feuilles d’or. Il faisait communiquer la face ventrale d’une torpille avec la terre, et sa face dorsale avec le plateau supérieur de l’appareil; les feuilles d’or se chargeaient d’électricité négative. La face dorsale avait donc fourni de l’électricité positive. (Voir fig. 8.)
- D’autre part, M. Marey, en prouvant, comme nous le verrons plus loin, que la décharge de la torpille n’est pas assimilable à un courant continu, mais à une série de flux successifs, rendait de nouvelles expériences absolument nécessaires, car le galvanomètre employé par Matteucci ne pouvait plus inspirer aucune confiance et la question qui paraissait définitivement jugée, était de nouveau en suspens. N’était-il pas possible en effet que ces flux successifs très rapides dont se compose la décharge de la torpille aient des directions alternativement opposées que ne saurait enregistrer l’aiguille trop inerte de cet instrument? Au moyen de l’électromètre de Lippmann, qui, on le sait, jouit d’une exquise sensibilité, M. Marey a pu constater d’ailleurs que les observations de ses prédécesseurs étaient exactes et que c’est bien la face dorsale de la torpille qui correspond au pôle positif de l’organe électrique.
- D’après ce que nous avons dit de la structure des organes électriques de la torpille, le pôle-f-correspond donc aux surfaces supérieures des colonnes qui les composent et le pôle—à leurs surfaces inférieures.
- Chez le gymnote et chez les raies, il n’en est plus de même, comme on doit s’en rendre compte si l’on se rappelle que les colonnes ne sont pas placées verticalement, mais longitudinalement, dans une direction parallèle à l’axe du corps. D’après la structure de ces colonnes, nous avons vu que leurs faces antérieures et postérieures correspondent respectivement aux faces supérieures ou dorsales et inférieures ou ventrales des organes de la torpille. C’est donc au voisinage de la tête que se trouvera le pôle positif, et au voisinage de la queue que sera le pôlewiégatif chez le gymnote et les raies. C’est en effet ce qu’ont vérifié les expériences.
- Dans les trois espèces dont il vient d’être question, c’est par la face négative (inférieure ou postérieure) des disques électriques composant les colonnes que pénètrent les filets nerveux excita-
- teurs (voir plus haut). Il semble donc qu’il y ait une relation très étroite entre cette pénétration des filets nerveux et la polarité de l’organe. Cette relation intéressante devient plus apparente encore lorsqu’on observe que chez le Malapterure ou silure électrique le pôle-f-correspond à la partie postérieure de l’organe et le pôle — à sa partie antérieure. Cette anomalie, qui paraît inexplicable au premier abord, correspond précisément à une particularité dans les rapports de la plaque électrique avec les éléments nerveux chez cette espèce. En effet, ainsi que l’a montré Max Schultze, le filet nerveux pénètre dans les plaques électriques par leur face antérieure qui devient dès lors le pôle — de l’organe.
- Si l’on entre plus avant dans l’étude de la répartition de l’électricité chez les poissons électriques, on observe des faits très curieux qui ont été établis pour la première fois par Colladon en i83i et qu’il formula de la manière suivante :
- Chez la torpille : iu Tous les points du dos sont positifs par rapport à un point quelconque du ventre. C’est la loi dont nous avons parlé plus haut;
- 2° Deux points asymétriques du dos ou deux points asymétriques du ventre donnent presque toujours un courant appréciable;
- 3° Enfiti, on n’obtient pas de courant par le contact de deux points symétriques du dos ou du ventre.
- Du Bois Reymond donne le nom de courants de Colladon à ceux que l’on obtient entre deux points asymétriques du dos ou du ventre. Ces courants de Colladon s’expliquent, comme le fait remarquer M. Marey, parce qu’on touche des points asymétriques, c’est-à-dire des points où le nombre des éléments de pile n'est pas le même à cause des différences de longueur des colonnes qui correspondent à ces points. Donc, bien que la polarité soit la même sur une même face de l’appareil, un courant peut cependant se manifester par le seul fait de l’irrégularité de la tension électrique sur les différents points de cette face.
- Ce n’est pas tout, l’intensité des courants obtenus en touchant les deux faces d’une torpille atteint son maximum quand on applique les rhéopho-res sur les points les plus épais de l’organe électrique, c’est-à-dire sur les points les plus rapprochés de son bord médian. De même, chez les gymnotes, les raies et les silures, l’intensité du courant est proportionnée à l’étendue de l’espace compris entre les deux points de contact. On reçoit une impression d’autant plus forte qu’on touche des points de l’animal plus éloignés l’un de l’autre.
- Ces phénomènes peuvent s’expliquer en admettant que, d’autant plus grande est la colonne, le nombre des plaques électriques composantes étant supposé constant pour l’unité de longueur, d’au-
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- tant plus grande est la force électromotrice. Les colonnes diminuant de hauteur chez la torpille, du bord médian de l’organe aux parties latérales, la force électromotrice des colonnes internes dépassera celle des colonnes latérales. La même explication s’applique aux courants de Colladon qui sont toujours dirigés dans un sens tel que le pôle -j- répond au point le plus rapproché du bord interne de l’organe de la torpille.
- Du Bois Reymond, toutefois, ne croit pas cette théorie suffisante pour expliquer tous les phénomènes. Des expériences au moyen d’éléments de platine et de zinc groupés en colonne à la façon des plaques électriques et plongés dans l’eau, lui montrèrent bien que dans ce cas on obtenait un courant dirigé des plus hautes colonnes aux plus basses du côté + et inversement du côté — de l’appareil.
- Mais, en même temps, il put constater qu’un groupe de colonnes semblables, de hauteur égale, plongé dans une masse d’eau illimitée se trouvait avoir les régions moyennes des surfaces polaires respectivement les plus positives et les plus négatives. Partant de là, qu’on suppose les organes d’une torpille unis sur la ligne médiane et formés de colonnes d’égale longueur, la ligne médiane du corps sera le point le plus positif au dos et le plus négatif au ventre. Supposons alors que les organes s’écartent, les points les plus positifs et les plus négatifs prendront dans chaque organe une position intermédiaire entre le bord médian et le milieu de l’organe. Si ceux-ci s’écartent à l’infini, c’est-à-dire s'ils peuvent être considérés comme complètement séparés, les points les plus positifs et les plus négatifs se trouveront sur la ligne médiane de chaque organe. Mais comme les colonnes dans les organes électriques de la torpille ne sont point d’égale hauteur, cette inégalité a pour résultat de déplacer la ligne des points les plus positifs et les plus négatifs, et de la reporter vers le bord médian de l’organe où les expériences nous montrent en effet qu’elle se trouve.
- IMMUNITÉ RELATIVE DES POISSONS ÉLECTRIQUES PAR RAPPORT A LEUR PROPRE DÉCHARGE.
- Les poissons électriques sont traversés par leur propre décharge ; ceci n’a rien qui doive nous étonner et d’ailleurs est prouvé par des expériences de Boll et de Du Bois Reymond. Cavendish avait tenté de représenter schématiquement le trajet suivi par l’électricité. Du Bois Reymond s’appuyant sur l’hypothèse que nous venons d’indiquer, a repris cette tentative et conclut que les courants les plus forts sont ceux qui cheminent dans le cerveau et la moelle épinière, puisque les bords internes des organes sont les plus actifs.
- Pour s'expliquer comment dans ces conditions les poissons électriques ne sont pas atteints par leur propre décharge, il faut invoquer à l’exemple de A. Moreau, une sensibilité moindre, une tolérance des nerfs amenée peut-être par l’habitude héréditairement transmise de vivre en supportant de fréquentes décharges. Il est certain, toutefois, que l’insensibilité n’est pas absolue.
- Du Bois Reymond, en effet, a vu des silures prendre dans un aquarium traversé par des courants très intenses, une direction constante, telle que l’axe du corps était perpendiculaire à l’action du courant, et que le poisson se trouvait traversé dans sa moindre longueur. A. Moreau a constaté, d’autre part, que chez les torpilles fatiguées, on peut observer des mouvements- prononcés des yeux et des nageoires à mesure que les décharges se répètent.
- En outre, partant de ce fait, qu’en séparant le cerveau de la moelle et excitant les nerfs médullaires placés au-dessous de la section, on obtient des actes reflexes exagérés, il a pu reproduire ces signes d’impressionnabilité en excitant les nerfs électriques, après avoir sectionné les centres nerveux immédiatement au-dessus du lobe électrique.
- (A suivre.) H. Beauregard.
- TIR FÉDÉRAL '
- DF. LUGANO (SUISSE)
- ÉCLAIRÉ A LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les applications de l’électricité à l’art militaire prennent chaque jour une extension plus considérable et nous avons bien souvent décrit dans ce journal les services rendus par les nouveaux procédés scientifiques soit dans l'es évolutions maritimes, soit dans les armées en campagne. Les puissants foyers lumineux dont on dispose aujourd’hui et qui peuvent être si facilement établis à bord des vaisseaux de guerre ont amené des transformations nombreuses dans la manœuvre des escadres en permettant des mouvements ou des attaques pendant la nuit; d’un autre côté, la défense des ports devient plus facile puisque toute surprise nocturne peut être évitée, comme nous l’avons indiqué à propos des expériences tentées dernièrement à Brest par ordre du ministère de la marine.
- La télégraphie et la téléphonie sont aussi appliquées maintenant dans toutes les manœuvres un peu importantes et, dans la marche régulière des navires, le loch électrique est un progrès très sensible sur l’ancien appareil destiné à mesurer la vitesse de la marche à un instant donné. Mais ce n’est pas seulement pendant les moments d’action
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- LA LUMIÈRE ÉLEC7 R1QUE
- que l’électricité peut être utile à nos armées, elle est aussi d’un puissant secours pour le perfectionnement de l’armement. Tous les visiteurs de l’exposition de 1881 se rappellent les détails si intéressants des appareils présentés par le ministère de la marine, l’installation du champ de tir de Sevran-Liyry avec modèle du canon de 24 centimètres et en même temps les appareils balistiques divers; l’afFût d’èxpériences pour l’étude des lois de recul dans des conditions variables; un grand chronographe à diapason et à enregistreurs électromagnétiques, pour essai de balistique, combiné par MM. Marcel Deprez et Sebert, et construit par M. Dumoulin Froment. Les accélérographes, les accéléromètres, les vélocimètres, les projectiles enregistreurs avec organes électriques et une foule d’autres petits appareils rendaient cette partie de l’exposition on ne peut plus intéressante au point de vue spécial qui nous occupe aujourd'hui; du reste le ministère de la marine a publié un compte rendu qui, joint aux mémoires de M. Sebert, peut être consulté avec fruit par toutes les personnes qui veulent étudier les appareils se rapportant à la balistique.
- Les procédés électriques que nous venons d’indiquer et qui ont été successi vement décrits dans cette revue, au moment de leurs premières applications, sont employés maintenant dans les pays Civilisés pour tous les essais tentés sur les armes à longue portée et si la nouvelle lumière a pu rendre des services signalés pendant les récentes expéditions en Tunisie, au Tonkin, en Egypte et au Soudan, elle facilite aussi en temps de paix les simulacres de guerre et permet des exercices de tir qu’il était impossible d’exécuter jusqu’ici pendant la nuit.
- L’innovation du tir nocturne à la clarté de feux électriques a été faite dans la patrie de Guillaume Tell où les exercices du tir à la cible sont encore l’attraction principale des fêtes populaires ; seulement l’arbalète a été remplacée par le fusil à longue portée et à tir rapide et les réunions des principaux tireurs de tous les cantons se prolongent même la nuit, grâce à l’organisation nouvelle qui permet, comme à Lugano, de rendre les expériences de tir beaucoup plus complètes en faisant des séances nocturnes.
- Le dessin ci-contre représente le ravissant décor qui entourait les tireurs tessinois au moment de la petite fête guerrière que la lumière électrique éclairait de ses feux les plus éclatants. Ce coin de la Suisse est particulièrement séduisant. Le lac sur les bords duquel se trouve Lugano, après avoir doublé la pointe du Salvador, présente la vue la plus pittoresque, ce lac paraît d’abord fort, petit, mais sa pointe méridionale, outre le village de Gapo, offre encore les jolies habitations de Riva-San-Vitale. On aperçoit ensuite le mont Generose et Monte-Riva, puis la base du San-Salvador qui
- semble fermer toute issue au golfe; mais le spectacle s’agrandit tout à coup, le lac s’allonge et se recourbe autour de ses rochers, la rive s’anime et s’enrichit, de charmantes bourgades font face aux flancs escarpés du Salvador et des balcons enguirlandés se montrent au milieu d’épaisses touffes de verdure.
- Dès que la pointe du Salvador est doublée, on arrive à Lugano, au fond du golfe l’on contemple ses quais qui s’arrondissent en demi-cercle au pied d’un amphithéâtre de montagnes; le champ de tir avait été installé non loin de ces quais et l’on peut se rendre facilement compte de l’effet produit par la lumière électrique pendant les fêtes du grand tir fédéral donné à Lugano, dans le canton du Tessin.
- La pittoresque petite cité avec ses villas, ses campaniles de style italien qui se mirent dans les eaux du beau lac, a été inondée pendant plusieurs soirées d’une éblouissante lumière éclairant l’admirable paysage que nous avons essayé de décrire, les arcs de triomphe, les élégants édifices de la cantine et du tir national, au sommet desquels flottaient tous les drapeaux des cantons surmontés de la croix blanche sur fond rouge et où se pressaient les premiers tireurs de la Suisse et de l’étranger. A côté des notes gaies que jettent dans ce concert de couleurs les tons plus ou moins éclatants des chalets et des villas avec leurs arêtes nettement dessinées et leurs ombres portées vigoureuses, sous l’éclat des foyers électriques, les massifs de verdure affectent des tonalités étranges et donnent à ce tableau, dont les premiers plans éblouissent de lumière, un fond sombre qui en rend l’aspect vraiment féérique. Il semble que l’on se trouve en présence d’un décor d’opéra, décor gigantesque qui charme la vue et l’étonne en même temps, car il lui présente sous un aspect nouveau un des sites que la nature a le plus richement favorisés. C’est cette fête que représente spécialement le dessin ci-contre.
- L’éclairage électrique - avait été installé par MM. Ezemberg et Gane avec des lampes Siemens ; les résultats ont été du reste des plus satisfaisants et les tireurs ont pu continuer chaque nuit leurs exercices absolument comme en plein jour.
- L’éclairage donnait un grand relief aux costumes pittoresques des tireurs et faisait valoir d’une façon toute particulière les toilettes plus colorées des femmes qui assistaient en grand nombre à cette l'ète nationale.
- Au milieu du décor splendide que nous avons indiqué, les rayons électriques produisaient un magique coup d’œil en faisant ressortir cette foule bariolée qui se mouvait autour des bâtiments du tir fédéral, de la cantine et de la statue de l’Helvétie s’élevant majestueusement au centre du champ d’expériences entre deux jets d’eau, dont les filets
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- argentés par la lumière se . dessinaient en arabesques fantastiques sur le fond si sombre des arrière-plans.
- C.-C. Soulages.
- LE TÉLÉPHONE
- DEVANT LES TRIBUNAUX DES ÉTATS-UNIS
- La décision finale du grand procès téléphonique va prochainement être rendue en dernier ressort et les lecteurs de La Lumière Electrique liront peut-être avec intérêt un résumé de cette affaire. Tout le monde sait que le procès va décider du droit de priorité d’invention réclamé par M. A. G. Bell d’une part et M. Daniel Drawbaugh, d’autre part. M. Drawbaugh est un villageois illettré habitant dans des conditions modestes un petit village du comté de Cumberland, dans l’Etat de Pensyl-vanie. Il prétend avoir inventé et fait fonctionner devant beaucoup de ses voisins et amis des instruments qui ressemblent au téléphone ordinaire de Bell au point de faire croire avec une certitude presque légale qu’ils sont copiés d’après le téléphone de M. Bell.
- Il prétend que toutes ces expériences sont antérieures à l’introduction du téléphone Bell à l’exposition centenaire de Philadelphie en 1876, à laquelle M. Drawbaugh assistait sans s’inquiéter le moins du monde des revendications de M. Bell, quand il aurait pu réduire à néant pour toujours M. Bell et ses amis, rien qu’en montrant sa merveilleuse invention et produisant ses nombreux témoins ; car M. Drawbaugh prétend avoir possédé le téléphone Bell perfectionné avant l’exposition centenaire, à un moment où l’appareil de Bell était loin d’être aussi commode et aussi parfait que maintenant.
- Drawbaugh déclare avoir négligé de prendre un brevet parce qu’il ne pouvait pas à ce moment; malgré tous ses efforts, réunir la somme nécessaire; le procès a cependant fait savoir que pendant cette période de grande pauvreté il a donné d’un coup 5 000 fr. à son père et qu’il a à cette même époque demandé et obtenu plusieurs brevets pour des iuventions entièrement étrangères à l’électricité. Il a été démontré qu’il ne possédait aucune connaissance ni théorique ni pratique de cette science, qu’il n’avait eu qu’une éducation très restreinte et qu’il n’était pas probable qu’une personne de ce genre pût faire de tels progrès dans un ordre d’idées absolument étranger à sa sphère.
- Selon la loi américaine sur les brevets, l’abandon pendant deux ans d’une invention fait tomber celle-ci dans le domaine public, car le législateur
- a pensé qu’en retour de la protection demandée, l’inventeur avait le devoir de faire tous ses efforts pour mettre l’objet breveté à la disposition du public, puisque le but de tous les brevets est d’avancer le bien-être général, tout en rémunérant l’inventeur.
- Il a été bien établi que Drawbaugh avait pratiquement renoncé à l’invention qu’il prétend avoir faite longtemps avant la période prescrite par la loi pour généraliser l’emploi de son téléphone. Personne ne croira qu’il aurait pu laisser le public dans l’ignorance, sans avoir gardé son secret avec le plus grand soin et M. Drawbaugh prétend avoir constamment montré sa machine à parler ; néanmoins il paraît qu’aucune description n’en a été publiée avant l’époque où le succès de Bell fut assuré par une démonstration pratique.
- Les prétentions de M. Drawbaugh ne pourront donc en aucun cas aboutir d’une manière favorable pour lui-même, car ceux qui ont le plus étudié l'affaire pensent généralement que si la Compagnie Bell l’emporte, Drawbaugh et ses disciples perdront naturellement tout, tandis que même dans le cas d’une décision favorable à leurs intérêts, son abandon de l’invention a fait tomber celle-ci dans le domaine public et le téléphone n’appartiendra à personne en particulier, de sorte que tout citoyen disposant d’un capital suffisant pourra entrer en concurrence.
- Dans ces conditions, le premier partant dans cette course au clocher a toutes les chances en sa faveur. Même en la plaçant sur le même pied que Drawbough, M° Donough et une douzaine d’autres inventeurs qui revendiquent la priorité sur Bell, la compagnie Bell aurait tous les avantages d’une affaire bien établie et d’un réseau en pleine organisation s’étendant d’une ville à l’autre et couvrant quelques Etats, comme par exemple l’In-diana, d’un réseau de fils en parfait fonctionnement.
- La valeur d’un réseau téléphonique est directement proportionnelle au nombre des abonnés, et ce serait un travail bien difficile que d’organiser un autre réseau de fils aussi complet que celui de Chicago, par exemple; quand même on pourrait en obtenir la permission des autorités, car celles-ci s’efforcent toujours de supprimer le nombre des fils au lieu de l’augmenter, non seulement ici, mais dans toutes les grandes villes des Etats-Unis.
- Dans tous les cas, c’est le meilleur système qui doit remporter la victoire. Le public est toujours disposé à encourager la concurrence, l’opposition même; mais afin de réussir, la concurrence doit présenter des avantages sur l’ancien système sous peine de disparaître avec le temps. La concurrence télégraphique en a fourni une bonne preuve. La Compagnie qui se présente comme concurrent d’une entreprise établie est encouragée
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- et aidée jusqu’au moment où l’ancienne Compagnie réduit son tarif. La nouvelle Société est alors comparativement abandonnée, à moins de retenir la faveur du public par. un meilleur service, par un tarif encore plus réduit ou par un autre avantage quelconque; mais la Compagnie qui a les plus grandes facilités a aussi un avantage direct que le public ne manque pas d’apprécier.
- Quant aux téléphones, la compagnie Bell possède d’autres brevets importants à côté de ceux en litige sans lesquels il est impossible d’arriver à un service plus parfait que le sien. Pour en obtenir l’usage, il sera nécessaire d’instituer d’autres procès du même genre que celui-ci pour des brevets concernant des tableaux de communications, des indicateurs, des modes de construction, les bureaux centraux, etc., qui tous appartiennent à la Compagnie Bell soit par achat, soit par droit d’inventior. et qui tous viendront barrer le chemin à une nouvelle concurrence.
- Mais un tel état de choses ne semble pas probable. Tout porte à croire que toutes les revendications de M. Bell seront admises, que la priorité absolue lui sera accordée et que son brevet du 7 mars 1876, n° 174.465 sera déclaré valable sous tous les rapports.
- Aidée par les décisions rendues dans plusieurs autres procès, dont la Compagnie Bell n’a pas perdu un seul jusqu’ici, celle-ci forcera tous les autres inventeurs téléphoniques en Amérique à se soumettre comme des soldats au commandement d’un officier supérieur. Ils seront situés comme les nombreux inventeurs de machines à coudre vis-à-vis de Howe, dont la première machine à coudre était pratiquement sans aucune valeur, « mais — ajouta l’avoué qui lui en fit part — « votre aiguille qui est indispensable à toute machine à coudre est d’une valeur immense » et pendant toute la durée du brevet de Howe, toutes les personnes ayant des brevets analogues ont payé une redevance pour pouvoir employer cette aiguille dans laquelle l’œil était placé près de la pointe.
- M. Bell tient l’équivalent de l’aiguille de la machine à coudre dans la phrase suivante de son brevet : « Je revendique la méthode et les appareils décrits ci-dessus pour transmettre la voix et autres sons télégraphiquement, en provoquant des ondulations électriques de forme semblable aux vibrations de l’air qui accompagnent ces sons... »
- Cette revendication a été admise par les tribunaux en 1878, d’abord dans le procès entre Gray et Bell qui s’est terminé par un accord à l’amiable, aux termes duquel la compagnie Bell a obtenu d’un coup le droit de se servir des perfectionnements de Gray et d’Edison contre une simple redevance, et plus tard, en 1880, par le juge Lowell, dans le procès téléphonique d’Eaton, quand on a voulu se servir du téléphone de Reis pour invalider le bre-
- vet de Bell par la priorité de Reis ; enfin, pour la troisième fois, dans le procès de Bell contre Dol-bear, en i883, qui donna au brevet de Bell une nouvelle extension. Le téléphone de Dolbear n’emploie pas les ondulations d’un courant électrique, mais il agit par un changement de potentiel dans un conducteur statiquement chargé. Le tribunal a fait remarquer à ce sujet :
- « Tous les témoignages dans cette affaire prouvent que Bell a découvert la possibilité de transmettre des sons articulés par des vibrations ondulatoires d’électricité et qu’il a inventé l’art ou le moyen de transmettre des sons au moyen de ces vibrations. Si cet art ou ce moyen est la seule manière de transmettre la parole par l’électricité, ce fait ne diminue en rien le mérite de son invention ou la protection qui lui sera accordée par la loi », et le téléphone de Dolbear fut écarté.
- 11 y a un nombre immense de téléphones qui se distinguent plus ou moins de celui de Bell et il y a plusieurs compagnies qui font des efforts surhumains pour vendre des actions, pour organiser des sous-administrations, en promettant au public des résultats merveilleux dans un avenir prochain, mais toutes ces entreprises dépendent, ou du succès tant désiré de Dolbear ou d’une nouvelle forme ou métohde pour produire les vibrations ondulatoires revendiquées par la compagnie Bell. Cette dernière ne fait rien pour s’opposer à ces nombreuses violations de son droit, même là où des compagnies ont établi des réseaux téléphoniques, et elle attend la decision prochaine qui va fermer la question une fois pour toutes. En attendant, la Compagnie est toujours prête à acheter tous les perfectionnements de valeur dans la téléphonie qu’on lui offrira, mais elle se propose de garder intact son droit au trou de l’aiguille, et si la décision du tribunal répond à l’attente de la compagnie Bell, celle-ci fera probablement bientôt entendre raison à ses concurrents américains.
- C.-C. Haskins,
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- progrès technique. — La maison L. A. Rei-dinger, à Augsbourg, vient de construire quelques accessoires pour la lumière à incandescence, qui méritent d’être signalés. Nous mentionnerons d’abord leur bras mobile, dont la construction est représentée dans les figures 1 et 2. Les détails de la construction étant représentés assez clairement
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- dans les figures, il nous suffira de mentionner que les deux contacts mobiles se font par la pièce b avec le frotteur ci, et par la pièce c avec le frotteur x.
- La figure 4 représente une sorte de contact à bouton. Ce contact est destiné à être fixé près d’une porte, comme les boutons des sonneries électriques.
- Quand on entre dans une chambre non éclairée, on peut facilement trouver ce contact pour allumer la lampe.
- La construction de ce contact est représentée par les figures 3 et 4. Le bouton forme l’écrou d’une tige filetée à pas allongé. En le poussant jon
- nu. i ü-T 2
- fait tourner la tige qui entraîne dans son mouvement deux disques de laiton isolés. Ces disques portent chacun quatre cames faisant contact avec un ressort. Ils sont disposés de manière à tourner toujours dans le même sens. On a alors pour chaque tour deux fois courant et deux fois interruption.
- La même maison a construit un isolateur qui répond fort bien aux besoins de l’éclairage par incandescence. Cet isolateur est représenté dans les figures 5, 6 et 7. La figure 5 en est une coupe verticale.
- L’isolateur est composé de deux pièces en porcelaine. La pièce inférieure est munie de rainures destinées à recevoir des conducteurs. Les rainures sont à 5omm l’une de l’autre. Cette distance est prescrite par les Compagnies d’assurance contre l'incendie. La figure 6 montre comment il faut employer l’isolateur quand il s’agit d’une courbure.
- Cette dernière disposition surtout est très ingénieuse.
- L’administration des postes et télégraphes prétend avoir le droit exclusif aux lignes téléphoniques. Il est assez remarquable qu’on ne défende pas à l’administration d’expliquer les lois (') d’une
- FIG. J ET 4
- manière aussi arbitraire. Cette administration a créé un monopole des téléphones en faveur de MM. Siemens et Halske : ces messieurs sont les seuls fournisseurs pour les réseaux téléphoniques de l’Allemagne au mieux de la Prusse. 11 est à noter que MM. Siemens et Halske ne fabriquent pas des transmetteurs téléphoniques et que ladite administration déclare avec une persistance digne d’un meilleur sort, que les transmetteurs sont une
- FIG. 5
- cause permanente de perturbations. Les ingénieurs des télégraphes bavarois se sont fait une autre opinion en visitant l’exposition internationale d’électricité à Paris. En Prusse, le public est tenu de
- (') Voir le g 48, de la Keichsverjassung, concernant le monopole des téléphones.
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- ;63
- crier jusqu'à l'enrouement par ces téléphones sans ! transmetteurs, parce que l'administration n’accorde de transmetteurs qu’aux employés des stations centrales dont l’enrouement lui créerait des dépen-
- n i. o
- ses. Alors il est quelque peu étonnant que les électriciens travaillent encore sur cette terre occupée,
- Couvercle
- no. 7
- sans espoir de pouvoir travailler pour le roi .de Prusse.
- C’est avec étonnement que nous avons à enregistrer le nouveau téléphone de MM. Schaefer et Montanus, à Francfort-s-M. Ce téléphone, dont la construction se comprend facilement par les ligures 8 et g, est à aimant en fer à cheval.
- Les pôles sont disposés latéralement, et la distance qui les sépare du diaphragme est ajustée par
- trois vis. Si on tourné ces vis à droite, la distance est diminuée. Le poids est très faible en comparaison avec les téléphones Siemens.
- L'industrie. — Le succès considérable des piles Leclanché de M. Barbier adonné à quelques fabricants allemands l’idée de les imiter. Les piles à plaques agglomérées surtout sont très en faveur en Allemagne. Consulté par une grande Compagnie de téléphones, nous avons fait des comparai-
- FIC. îi
- sons chimiques et électriques dont nous communiquerons les plus récentes.
- 11 s’agissait seulement de constater la qualité des plaques agglomérées. Dans ce but, nous avons chargé deux vases avec des solutions de sel ammoniaque de même concentration.
- Dans les deux vases, nous avons rhis un élément a plaques agglomérées, dans l’un les plaques de M. Barbier, et dans l’autre les plaques de fabrication allemande, les charbons et les zincs étant pour tous les deux éléments, pris dans des éléments
- HO. ()
- Barbier. Nous avons obtenu les résultats suivants :
- La force électromotrice des éléments allemands n'est que 85 o/o de la force électromotrice des éléments Barbier, les deux types étant neufs et pas encore fermés. Ce chiffre est la moyenne des mesures prises sur quatre éléments, qui donnaient les mêmes valeurs. A chaque comparaison, les plaques
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- agglomérées d’un élément étaient transportées dans l’autre et vice versa pour être sûr de l’identité des qualités du charbon et du zinc.
- On prit ensuite un élément de chaque espèce, et on accoupla les deux éléments en série, en fermant Je circuit sur une sonnerie électrique pendant deux heures. Après cette fermeture, la force électromo-tiice de l’élément allemand était 60 0/0 de la force électromotrice de l’élément Barbier.
- Enfin les deux éléments furent fermés en court circuit pendant une demi-heure. Le résultat fut que l’élément allemand eut seulement 36 0/0 de la force électromotrice de l’élément Barbier accouplé avec lui.
- Ces chiffres confirment la grande estime que nous avons toujours eue pour la fabrication de M. Barbier.
- Quoique nous connaissions les causes de l'infériorité des piles allemandes, il ne nous semble pas convenable, de venir en aide à un fabricant qui ne cherche qu’à tourner les brevets d’une invention de valeur comme celle de M. Leclanché.
- Fr. Uppenborn.
- Angleterre
- APPELS TIIÉLÉPHONIQUES ISOCHRONES. ----- Depuis
- quelque temps MM. Henry, A. C. Saunders, ingénieur-électricien en chef de l’Eastern Telegraph Co et C. Brown de la même Société, ont recherché un système pour desservir un certain nombre d’abonnés à différents points d’une ligne avec un seul fil téléphonique tout en leur permettant de communiquer ensemble. Cette disposition peut être classée entre le système d’un fil particulier et la méthode ordinaire téléphonique par bureau central. Elle serait surtout commode dans les endroits où un petit groupe de personnes désirent communiquer souvent ensemble et elle conviendrait également pour un petit réseau ou à la campagne.
- fl est évident que les plus grandes difficultés à vaincre afin de rendre un système de ce genre pra-tique consistent à pouvoir appeler un certain abonné sans sonner tous les autres en même temps; car, puisque la communication n’est distinée qu’à une seule personne, c’est celle-ci qu’il faut appeler et non les autres.
- La disposition adoptée par MM. Saunders et Brown consiste à envoyer des courants intermittents au moyen d’interrupteurs vibrants et ils font passer ces courants par des récepteurs harmoniques dont chacun se compose d’un électro-aimant et - d’une languette vibrante ou d’une armature qui ne peut être mise en vibration que yiar un courant, d’un nombre déterminé d’interruptions par seconde.
- Pour provoquer les interruptions, ces messieurs
- se servent aussi bien de vibrateurs à pendule que de ressorts vibrants. Ces interrupteurs ou transmetteurs comme on pourrait les appeler sont de deux espèces ; dans l’une le nombre des vibrations et par conséquent des interruptions varie selon la volonté de la personne qui s’en sert et dans l’autre le nombre des interruptions est maintenu constant. La première disposition est employée pour le cas où un abonné désire appeler plusieurs autres abonnés, la deuxième disposition sert pour les abonnés qui ne désirent parler qu’avec une seule personne.
- MM. Saunders et Brown ont constaté que l’action
- FIG. I
- des interrupteurs à pendule est la plus sûre, mais ces appareils présentent l’inconvénient de ne donner qu’un nombre très restreint d’interruptions par seconde. Le vrai pendule, par exemple, ne donne qu’uneinterruption par seconde. D’autre part un pendule de 3o centimètres de long donnera presque deux interruptions par seconde. Le vibrateur à ressort est bien préférable pour des signaux rapides puisqu’on peut en obtenir depuis quelques interruptions jusqu’à deux ou trois mille par seconde.
- Ilest, cependant, plus difficile de régler la vitesse de ces vibrateurs de manière à la faire correspondre avec les différents récepteurs et d’être certain que l’armature d’un certain appareil récepteur, ne fonctionnera qu’avec un nombre défini d’interruptions. MM. Saunders et Brown ont vaincu cette difficulté en combinant, pour ainsi dire, les vibrateurs à pendule et à ressort de la manière que nous allons exposer en détail.
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- Mais auparavant, il est bon de dire que ces messieurs ont également trouvé moyen de multiplier les interruptions d’un vibrateur à pendule, en attachant à la tige du pendule, un bras léger avec un contact métallique à son extrémité, contact qui pendant le mouvement du pendule, glisse sur une série de pièces isolées.
- Le bras étant relié à un pôle de la pile et les pièces de contact à la ligne, il est évident qu’au fur et à mesure que le bras passe sur ces dernières (qui sont isolées l’une de l’autre par des pièces en ivoire) le courant envoyé dans la ligne sera interrompu, à chaque oscillation du pendule, autant de fois qu’il y a de pièces de contact. Il suffit de rendre le disque assez lourd pour que le frottement du pendule ne l’empêche pas d’arriver à l’extrémité de sa course, pendant le peu de temps qu’il faut pour donner le signal d’appel. Par cette disposition, l’abonné peut, naturellement, varier le nombre de vibrations par seconde à volonté et de cette manière appeler différentes personnes avec une différente série de pièces de contact ou bien en modifiant la longueur du pendule de façon à obtenir une autre amplitude.
- J’arrive maintenant à la disposition du ressort adoptée par MM. Saunders et Brown. Le transmetteur figure i se composé d’une console a fixée sur une planche et pourvue d’un ressort léger b auquel est attaché une tige rigide en laiton c portant une petite pièce de contact en platine d’un côté, près de son extrémité intérieure. Deux vis de réglage d et e sont vissées dans une console de laiton isolée f et servent à limiter le déplacement latéral de la tige. La vis d est pourvue d’une pointe en ivoire, la vis e d’une pointe en platine et le circuit électrique est fermé à travers cette pointe par le contact en platine fixé à la tige c, qui la touche à chaque mouvement du pendule. L’anche vibrante est représentée par le ressort g, dont un bout est fixé à la tige c et l’autre à une deuxième tige sur laquelle glisse le disque de réglage h. On régie exactement ce disque en le glissant le long de la tige et eu le fixant au moyen de la vis représentée dans la figure.
- La tige c fait un bon contact avec le ressort en platine e pour chaque mouvement du ressort du pendule et ferme ainsi le circuit électrique en envoyant un courant dans la ligne. On a constaté que cette disposition donne un effet beaucoup plus constant que si le ressort g était prolongé jusqu’à la console a.
- Ces transmetteurs à pendule ou à ressort sont mis en mouvement soit directement à la main, soit à l’aide d’un mécanisme, et ils continuent à vibrer pendant assez longtemps pour envoyer la plupart des signaux; mais s’il est nécessaire de prolonger les vibrations au delà de ce qu’on peut obtenir en augmentant le poids du disque, on se
- sert d’un mouvement d’horlogerie spécial ou d’une disposition électromagnétique.
- La figure 2 représente l’appareil récepteur de MM. Saunders et Brown ; il se compose d’un électro-aimant i fixé à une planche et pourvu d’une armature k. Quand la vitesse du vibrateur ne doit pas nécessairement dépasser 3oo oscillations doubles par minute, cette armature est simplement pi-votée en haut du cadre de l’électro-aimant et un peu inclinée verticalement comme la figure le montre, de sorte que la pesanteur tendra à l’appuyer contre la vis d’arrêt l, qui peut être réglée. Mais quand il faut avoir une vitesse beaucoup plus grande, le sommet de l’armature est attaché au
- FIU. 2
- cadre de l’électro-aimant pari un ressort au lieu d’un pivot, ressort qui viendra appuyer l’armature contre l’arrêt l. L’appareil fonctionne dans n’importe quelle position, le ressort de l’anche est fixé en bas de l’armature, le point d’attache du ressort libre étant en n.
- Cette pièce est formée simplement par un ressort m soudé dans une fente que l’on ménage au bas de l’armature. Le ressort porte un disque o qui peut être fixé sur le ressort même ou sur une tige fortement attachée à ce dernier, comme l’indique la figure. On peut régler la vitesse des vibrations en modifiant la distance du disque o au point n; on fixe alors le disque au moyen de la vis, après quoi la vitesse demeure constante.
- Le mouvement de l’armature étant limité d’un côté par le pôle de l’électro-aimant i et de l’autre par la vis d’arrêt/, aucun courant de quelque force qu’il soit, ne peut imprimer à la tige libre des vi-
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- brations trop grandes, comme cela se présente généralement avec des appareils de ce genre quand on laisse agir le courant à travers l’électro-aimant directement sur la masse vibrante de la tige. Les récepteurs de MM. Saunders et Brown ne sont donc pas sensibles aux variations du courant excitateur dès que ce dernier est assez fort pour exercer une attraction quelconque sur les armatures. De plus l’appareil est très sensible, puisque les armatures sont maintenues très près des pôles des électro-aimants et il fonctionne avec une intensité de courant bien plus faible qu’il n’en faut en général pour des effets de ce genre.
- La combinaison d’un transmetteur et d’un récepteur de cette nature permettra à une station quelconque d’une série reliée par un seul fil de ligne d’appeler l’attention d’une des autres stations pour une communication téléphonique ou télégraphique. Il va sans dire qu’on pourrait se servir d’une telle disposition comme avertisseur d’incendie ; l’appel se ferait en mettant le vibrateur en mouvement et serait reçu par le récepteur électromagnétique à la station des pompiers qui indiquerait la rue d’où l’appel serait parti. La combinaison pourrait aussi servir, comme nous l’avons déjà dit, pour permettre à un abonné sur la ligne d’appeler î’un des autres et de donner un ou plusieurs signaux convenus à une station éloignée; elle pourrait aussi être appliquée aux usages domestiques ou au service de la police, etc.
- LE GOUVERNEMENT ET LES TELEPHONES. — La
- question de la concurrence entre les Compagnies téléphoniques en Angleterre et le département des Télégraphes du gouvernement a été portée devant le Parlement le 8 août dernier, quand on a voté une somme de 3o 112 725 francs, destinée aux frais d’exploitation du service télégraphique postal. M. Fawcett, le directeur général des Postes, a fait une déclaration sur la décision du gouvernement au sujet du service téléphonique. Il a dit que l’Uni-ted Téléphoné C° et quatre autres Compagnies indépendantes de cette dernière s’étaient mises en communication avec lui au sujet des conditions dans lesquelles elles pourraient travailler à l’avenir. Le gouvernement de notre pays a le monopole du service télégraphique qui couvre également le service téléphonique, selon la décision des tribunaux après un procès très long avec l’United Téléphoné C°, et les Compagnies téléphoniques doivent payer une redevance de 10 pour cent de leurs recettes. L’United Téléphoné C° et les Compagnies qui sont associées avec elles ont proposé à M. Fawcett de supprimer cette redevance et elles s’engagent par contre à garantir le département des Postes contre toute perte dans les recettes télégraphiques causée par l’emploi du téléphone, la compensation étant basée sur l’augmentation normale des re-
- cettes du département pendant les trois dernières années. Les Compagnies ont également proposé de réduire la redevance de 10 à 5 pour cent, tout en maintenant l’offre de garantie. Par la première proposition, la Compagnie demandait de pouvoir travailler sans aucune restriction et par la deuxième de pouvoir étendre la zone de ses opérations à i5 milles au lieu de 5, qui est la limite actuelle, et d’exécuter le travail comme il lui conviendrait. M. Fawcett a considéré la proposition de garantie comme inadmissible, parce que le département des Postes se trouverait en réalité forcé de protéger la Compagnie contre toute opposition dans ses propres localités et il croyait que s’il fallait avoir un monopole pour les téléphones, il vaudrait mieux le laisser entre les mains du gouvernement ; de plus, le gouvernement ne pourrait pas modifier son tarif télégraphique à l’avenir. Une troisième proposition de l’United Téléphoné C° admettant la redevance de 10 pour cent a paru à M. Fawcett présenter une base de compromis et le gouvernement est disposé à offrir les conditions suivantes :
- 10 Le département des Postes continuerait à se servir des téléphones et à accorder de nouvelles concessions à des personnes ou à des Sociétés offrant des garanties solides; 20 le département ne demanderait plus un nombre illimité des appareils brevetés employés par les Compagnies; 3° la suppression de toute limitation du champ d’exploitation des réseaux ; 40 les mêmes conditions seraient applicables tant auxlignes de grande communication qu’aux fils du bureau central; 5° la permission d’installer des bureaux pour la transmission de dépêches téléphoniques ; 6° la redevance de 10 pour cent sur les recettes porterait également sur le produit des lignes particulières ; 70 le départemeut ne serait nullement tenu d’obtenir la permission pour le placement des fils des Compagnies ou de les installer; 8° les Compagnies ne seraient pas autorisées à recevoir ou à délivrer une dépêche écrite à un point quelconque.
- Les termes proposés par le directeur général des postes prouvent son désir de rendre la concurrence télégraphique aussi libre que possible, tout en sauvegardant les intérêts du télégraphe postal. En s’efforçant de rendre justice à tout le monde, M. Fawcett a fait voir plus distinctement qu’auparavant que les systèmes téléphoniques et télégraphiques peuvent se suppléer et doivent se trouver sous la même autorité. En somme, il nous a fait faire un pas vers la fin qui est l’absorption des Compagnies téléphoniques par le département des postes. Ses conditions (3), (4) et (5), par exemple, qui permettent «aux réseaux de s’étendre à une distance quelconque et d’établir des lignes de grande communication entre des villes éloignées ainsi que l’ouverture de bureaux publics mettent, bien plus qu’auparavant, les Compagnies des téléphones à
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- même de concourir avec le système télégraphique. Si ces droits sont exploités, comme ils pourraient l’être, le télégraphe sera en grande partie supprimé, non seulement dans les grandes villes, mais entre les villes et villages. Le résultat doit approcher le moment où le gouvernement prendra les téléphones en main. D’autre part, la restriction qui défend d’écrire les dépêches téléphoniques est une pure formalité qui ne peut qu’entraver le libre emploi du téléphone. Evidemment, il est ridicule de défendre à une personne d’envoyer une dépêche par téléphone d’un bureau public à moins d’envoyer une personne pour la délivrer verbalement. Pourquoi ne peut-on pas envoyer une dépêche écrite pour être transmise verbalement et délivrée par écrit, parce qu’elle ressemblerait trop à un télégramme? Si on peut gagner du temps par la transmission téléphonique delà dépêche, pouiquoi serait-on forcé de s’adresser au télégraphe? La distinction semble puérile et arbitraire, mais personne ne s’y est opposé dans le Parlement. Que les Compagnies acceptent ou non les conditions proposées par M. Fawcett qui désire évidemment arriver à un arrangement équitable, l’affaire a attiré beaucoup d’attention d’autant plus que le prix élevé demandé par les Compagnies téléphoniques empêche un grand nombre de personnes en Angleterre de profiter des avantages de cet appareil merveilleux.
- J. Munro
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Recherches sur le magnétisme, par M. Duter. (>)
- « Quand on place une plaque mince d’acier dans un champ magnétique uniforme, de façon que les lignes de force du champ soient normales à la surface de la plaque, on réalise un aimant très plat dont les deux faces sont les deux surfaces polaires ; la distribution magnétique ainsi obtenue semble disparaître dès que la plaque n’est plus dans le champ. Les expériences qui suivent montrent que cette disparition n’est pas complète. Je me suis servi de plaques d’acier trempé d’un millimètre d’épaisseur et dont les diamètres varient de om,040 à om,oo5, j’ai formé avec ces plaques des piles cylindriques ; dans certaines de ces piles les plaques étaient directement en contact, dans d’autres elles étaient séparées par des feuilles de carton dont l’épaisseur variait depuis celle du papier le plus mince jusqu’à om,ooi ; les piles ont été placées dans la partie centrale d'un champ magnétique très puis-
- (t) Note présentée à l’Académie des sciences du ns la séance du 21 juillet 1884.
- sant et, après qu’elles en ont été retirées, elles ont constitué des aimants permanents parfaitement réguliers. La force portative de ces aimants était d’autant plus grande que les plaques constitutives étaient plus voisines les unes des autres. Dans une pile de cent plaques se touchant directement et fortement pressées dans un cylindre de laiton, la force portative à chaque extrémité s’est élevée à 3oîf. Ce premier résultat étant obtenu, j’ai démonté les piles plaque par plaque, en ayant soin de marquer les faces supérieures et inférieures de chacune d’elles ; j’ai constaté alors que chaque plaque 11e gardait plus qu’un magnétisme excessivement faible. Cependant chacune d’elles constituait encore un aimant plat dont les deux faces sont les surfaces polaires; car, si l’on reformait la pile, elle donnait de nouveau un aimant parfaitement régulier, mais plus faible que celui qu’elle constituait tout d’abord. La séparation de l’aimant en ses feuillets constitutifs et sa reconstruction peut être recommencée indéfiniment. »
- Action de l’étincelle d’induction sur la benzine,
- le toluène et l’aniline, par M. A. Destrem(q.
- « En faisant jaillir l’étincelle d’induction dans l'interieur de certains composés liquides de la série aromatique, on arrive facilement à décomposer ces produits; de plus, les gaz provenant de ce dédoublement échappent, à mesure de leur forma-don, à l’action ultérieure de l’étincehe. On peut être assuré ainsi de retrouver, par l’analyse, les produits provenant seulement de la décomposition, sans qu’il y ait lieu de tenir compte des actions secondaires.
- « Pour opérer cette décomposition, on s’est servi d’un appareil à électrolyse d’Hoffmann, à une seule branche, muni d’un tube abducteur permettant de recueillir les gaz sur une cuve à mercure. L’étincelle, produite par une. bobine de dimension moyenne, actionnée par trois couples de Bunsen, jaillissait entre deux fils de platine très rapprochés l’un de l’autre, leur distance variant d’après la résistance électrique des liquides auxquels on s’adresse.
- « Je donnerai, dans cette Note, les résultats obtenus avec la benzine, le toluène et l'aniline.
- « Lorsque l’étincelle jaillit dans l’intérieur de ces liquides, on voit, autour des électrodes, se produire de nombreuses bulles gazeuses, en même temps qu’il se forme un charbon floconneux, qui ne tarde pas à envahir toute la masse. Dans le cas de l’aniline, le charbon est moins volumineux et gagne rapidement le fond de l’éprouvette, ce qui n’a pas lieu pour la benzine et le toluène.
- p) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 21 juillet'1884.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- « Dans le mélange gazeux provenant de la décomposition de ces carbures, on a trouvé :
- « Pour la benzine : acétylène, 42 à 48 pour 100; hydrogène, 57 à 58 pour 100;
- « Pour le toluène : acétylène, 23 à 24 pour 100; hydrogène, 76 à 77 pour 100;
- « Pour l'aniline : acétylène, 21 pour xoo; hydrogène, 65 pour 100; acide cyanhydrique, 9 pour 100; azote, 5 pour xoo.
- « Après l’action de l’étincelle, on trouve, outre le charbon qui s’est déposé : dans la benzine et le toluène, du diphényle et un composé brun rouge soluble dans ces carbures, que l’on isole facilement, soit par concentration ou simplement par refroidissement. L’étude des composés solides fera l’objet d’une nouvelle Note. »
- Sur la valeur absolue de la composante horizontale du magnétisme terrestre à Paris (parc
- Saint-Maur), par M. Mascart (]).
- «' L’organisation d’un service régulier d’observations magnétiques à l’observatoire du parc Srrnt-Maur exigeait la détermination de la composa..te horizontale en valeurs absolues; il me parait utile d’indiquer la manière dont cette mesure importante a été effectuée.
- « La méthode de Gauss parait une de celles qui comportent la plus grande exactitude. On fait d’abord osciller un barreau aimanté sous l’influence de la Terre; on le place ensuite à une certaine distance d’un autre barreau soumis à l’action de la Teire et l’on note la déviation qu’éprouve ce dernier.
- « Soient
- M le moment magnétique du barreau,
- K son moment d’inertie,
- T la durée des oscillations infiniment petites,
- R la distance des centres des deux barreaux, a la déviation du barreau auxiliaire, a une constante à déterminer par expérience.
- * En supposant que le barreau déviant soit perpendiculaire au méridien magnétique et dirigé vers le milieu du barreau dévié, ce qui correspond à la première disposition de Gauss, on a
- “=-î^reï-,i/w(' + ê>
- « Si le barreau déviant restait perpendiculaire à la directiou du barreau dévié, on devrait remplacer tang a par sin a. Les deux quantités dont la mesure présente surtout des difficultés sont K et a.
- « Les barreaux avaient une forme géométrique simple, parallélépipède rectangle ou cylindre, et
- (9 Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 4 août iUiq.
- l’on déterminait le moment d’inertie par le poids et la longueur.
- « La valeur du terme de correction x — ~ se détermine en mesurant les déviations a et a' qui correspondent à deux distances différentes R et R\ On sait d’abord que, pour annuler autant que possible le terme suivant de la série, la longueur L du barreau déviant doit être double de celle du barreau dévié ; dans ces conditions, l’erreur relative sur le calcul de x est minimum quand le l'apport des distances est égal à 1,29.
- « Si l’on suppose que les distances R et R', ainsi que la première déviarion a, soient connues en toute rigueur, l’erreur relative de la composante horizontale, correspondant à une erreur di! sur la seconde déviation, est d’environ 3 —.
- oc
- « Pour connaître la composante H au millième près, il faut donc que le rapport ~ ne dépasse
- nas —; il serait très difficile d’atteindre une telle
- v oooo ’
- approximation avec une boussole de voyage.
- « La valeur théorique de a, 11e renfermant que les distances polaires des deux barreaux, est indépendante de leurs moments magnétiques et peut être déterminée une fois pour toutes; 011 s’est servi pour cela d’un instrument spécial, construit par MM. Brunner. Le barreau déviant est porté par un chariot qui se meut sur une règle divisée ; la règle peut tourner autour de l’axe de suspension du barreau mobile, et on observe les déviations par la méthode du miroir. Si l’on veut maintenir les deux aimants à la distance à laquelle ils seront placés sur une boussole, on remplace le fil unique par une suspension bifilaire, qui équivaut à une augmentation de la composante terrestre, afin de maintenir la déviation dans les limites de l’échelle. L’appareil permet tous les réglages ; il 11’est pas nécessaire de toucher à l’aimant pour les retournements et les changements de distance, et l’opération est assez rapide pour qu’il n’y ait pas à faire de corrections de température.
- « Les seules quantités qui restent alors à dé-tei'miner dans une boussole sont la durée d’oscillation T et la déviation a.
- « On a employé quatre boussoles magnétiques de Brunner, munies de tiges latérales sur lesquelles on peut placer le barreau déviant à deux distances différentes R et R', et l’observation a été faite en général avec deux aimants différents. Une seule distance suffirait, en toute rigueur, mais les deux séries se servent de contrôle réciproque. Voici les principaux éléments de ces boussoles :
- Boussole. L'. R. R'.
- C C c
- A. Faculté de Rennes 7 25 35
- B, Collège de France i3 20 28
- C, Collège Rollin 7 i5 20
- 1), Observatoire de Saint-Maur . 0,5 i5 20
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- « La valeur T était déterminée par l’observation d’au moins 100 oscillations. Les valeurs de H déduites des observations, toutes corrections faites, ont été comparées chaque fois avec les valeurs calculées d’après les indications d’une boussole bifilaire de variations à enregistrement photographique ; on a déterminé la constante de cette
- boussole par une valeur*moyenne des mesures absolues, en tenant compte des corrections relatives aux changements de température et à l’altération progressive du moment magnétique.
- « Plusieurs séries d’observations faites par M. Moureaux, avec le plus grand soin, dans le courant de l’année actuelle 1884, ont donné :
- DATE HEURE BOUSSOLE OIÎSERV. CALCUL c. — 0. REMARQUES
- 6 février h h 9 à 10 m. A 0,19397 0,19409 + 12 Courbe agitée
- 7 — 11 m. à 2 s. B 0.19402 0,19378 —24 —
- 5 mars 2 à 3 s. A 0,1942S 0,19410 -t-i5
- i3 — 2 à 4 s. A ot 19440 0,19443 0,19437 — 3
- H — 9 à 10 m. B 0, 19425 —18
- 27 — 2 à 4 s. B o,19412 0,19431 t-19 Courbe agitée
- 3 avril 1 à 3 s. A 0,1942 J. 0,19412 0,16395 - 12
- iq — 8 à 10 111. A 0, 19415 —20 Courbe agitée
- 28 — 2 à 4 s. C o, 19420 0,19433 + i3
- i mai ...... 3 à 4 s. C o,10419 0,19398 —21 Courbe agitée
- 20 — 3 à 4 s. C 0,19415 ô,19420 + 5
- 28 — 3 à 4 s. c o,19421 0,19418 — 3
- 28 — 3 juin 9 à 11 m. 2 à 3 s. D D 0,19412 o, 19412 0,19401 0.19406 —11 — 6
- 6 — 3 à 4 s. D 0,19415 0,19424 + 9
- 9 — 1 à 2 s. C 0,10414 0,19424 0, 19423 +10
- 12 — 2 à 4 S. C 0,19422 + ï
- i3 — 5 à 6 s. D 0,19433 0,19440 + 7
- IÔ 3 à S s. C 0,19410 0,19380 0,19425 + i5 Courbe agitée
- 2Ô — 9 à 11 m. C 0,1g365 —15
- 27 — 8 à 10 m. D 0,19397 0,19384 —13
- « Il en résulte que la valeur moyenne de la composante horizontale à l’observatoire du parc Saint-Maur, le 1cr juillet 1884, est, en unités C.G.S.,
- Il = o, 19414 rfc 0,00012.
- « Comme les plus grandes erreurs correspondent généralement à des troubles magnétiques indiqués par la courbe des variations, l’erreur probable est, en réalité, un peu plus faible, et inférieure à 0,0001 j>.
- Appel pour téléphones à aimants en fer à cheval et sonnerie d’appartement à induction électromagnétique, par Aug. Münch, à Berlin.
- Nous empruntons à YElektrotechnische Zeitschrift du mois de juillet 1884, la description d’une sonnerie basée sur l’induction électromagnétique; cette sonnerie peut être appliquée au téléphone ; elle peut également, avec quelques modifications, servir d’appel dans les appartements. Les figures 1, 2 et 3 représentent plusieurs coupes de l’appareil que nous nous proposons de décrire ; l’ensemble des pièces est assez petit pour pouvoir se loger dans le manche d’un téléphone. Entre les armatures et u,2 qui terminent les deux branches H de l’aimant en fer à cheval, est disposé une sorte de
- cube en laiton D, muni sur les deux faces opposées de pièces de fer doux E. La surface extérieure des pièces E est cylindrique, ainsi que la surface intérieure des armatures ult wa;.le jeu ménagé entre les armatures uif et E est excessivement faible.
- FIG. I
- La manivelle C qui commande par l’intermédiaire des roues d’engrenage Q, N, U et O, l’axe X sur lequel sont montées les pièces D et E, permet d’imprimer à ces dernières pièces un mouvement de rotation extrêmement rapide. Ce mouvementja pour effet d’augmenter et de diminuer, alternative-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment le magnétisme des pièces polaires qui servent de noyaux aux bobines s, et s2 (fig. 2 et 3), d’où résulte une série de courants induits qui provo-
- FIC. 2 ET 3
- quent une vibration très énergique de la plaque P du récepteur (fig. 1).
- PIG. 4
- Pour accroître l’énergie de ces appels, on place dans l’ouverture circulaire o de l’embouchure V
- FIG. 5
- (fig. 1), une sorte de boîte m munie de regards n, et qui sert de guide à une tige a. Cette tige a est terminée par une boule K, qui a pour effet de la rendre plus pesante et porte vers son milieu une
- bague b qui l’empêche de sortir hors de la boîte m. Par suite des vibrations de la plaque P, la tige a prend un mouvement de va et vient fort rapide, et en frappant d’une façon continue sur la plaque P, elle produit un appel très net. Rien ne s’oppose d’ailleurs à ce qu’on adopte la disposition représentée dans la figure 4. La boule K vient agir sur un timbre G supporté au moyen d’un ressort F ; le réglage s’effectue à l’aide d’une vis h qui permet d’approcher plus ou moins le timbre G de la boule K.
- La figure 5 représente le dispositif précédent appliqué à une sonnerie d’appartement. Les noyaux et u2 sont reliés par une pièce en fer doux k.
- Pour produire le mouvement de rotation des pièces D, E, on agit sur un bouton A au lieu d’agir sur la manivelle C. Le bouton A est relié par une tige S au secteur denté T, mobile autour de l’axe J. Lorsqu’on vient à tirer sur ce bouton, on comprime le ressort h; le bouton une fois lâché, le ressort se détend, et par un système de roues d’engrenage analogue au précédent, imprime à la pièce D un mouvement de rotation très rapide. L’ensemble du mécanisme est enfermé dans une caisse en tôle ou en bois.
- Cet appareil offre tous les avantages des appels électromagnétiques, c’est-à-dire qu’il fonctionne sans piles et que les mauvais contacts ne sont pas à craindre; mais, au point de vue pratique, il nous paraît beaucoup trop complexe pour pouvoir lutter avec quelque chance de succès, contre des appels basés sur un principe analogue et offrant l’avantage d’une construction très simple.
- Mesures faites à Vienne sur la lampe Swan.
- MM. Ganz et C°, de Budapest, nous communiquent le certificat suivant, contenant les résultats numériques d’essais, faits par le Comité de l’Exposition de Vienne, sur leurs lampes Swan.
- Dates des essais : 29 sept., 2, 3, 10 et i3 oct. i883.
- OBSERVATEURS :
- Pour les déterminations électriques :
- MM. E. Kittler, de Darmstadt;
- A. E. V. Obermayer, de Vienne;
- J. Haubner, de Vienne;
- A. Strouhal, de Prague;
- Antonio dos Santos Viegas, de]Coïmbra;
- A. Wassmuth, de Czernowitz.
- Pour les mesures photométriques :
- M. E. Voit, de Munich.
- Nombre de lampes essayées : 12.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 271
- INTENSITÉ DIFFÉRENCE RÉSIS-* TRAVAIL NOMBRE NOMBRE
- lumineuse INTENSITÉ de TANCES électrique de de
- en bougies en potentiel (à chaud) absorbé voltampères bougies normales
- normales ampères en en en bougie par cheval
- anglaises volts ohms voltampcrcs normale électrique OBSERVATIONS
- e e i 736 7t
- i % ci
- 4,44 0,578 46,90 81, i5 27,110 6,11 121 N° 1. Normal par 12 bougies, selon les
- 5,3i 0,597 48,26 80,84 28,812 5,43 i36 indications de la maison Ganz et O.
- 6,3i 0,6l6 49.56 80,45 30,599 4 >85 i5a
- 7,36 0,635 5o,63 79>79 32,123 4,37 169
- 9,o3 0.655 52,02 79.46 34,060 3,77 195
- 12,43 0,703 55,46 78,86 38,997 3,14 235
- i5,o8 0,726 57,19 78,73 41,544 2,76 267
- 18,61 0,760 59,49 78,33 45,I84 2,43 3o3
- 22,06 0,793 61,79 77.89 49,020 2,14 343
- 28,01 0,822 63,65 77 » 44 52.321 1,87 394
- 3i,65 0.855 65,57 76,73 56,026 1181 406
- 40,20 0,902 68,70 76,15 61,981 1,54 477
- 5o,72 0,949 71,58 75,41 67,946 I ,34 549
- 14,40 1,074 46,66 43,46 5o,io 3,48 2x2 N° 7. Normal par 20 bougies.
- 19,40 1,141 49,06 43,11 55,83 2,88 256 \
- 26,07 1,204 5i,3o 42,60 61,78 2,37 3ii
- 36,87 1,290 54,28 42,08 70,o3 1,90 388 Brûlé par 256 bougies normales.
- 46,98 1.377 57,26 41,60 78,82 1,68 439
- 65,3o 1,480 60,60 40,94 89,69 1,37 536
- 91,58 1,618 64,53 39,89 104,40 i,i3 652
- i3i,90 1,792 69,09 38,55 123,80 0,938 784
- i79'°o 1,969 75,23 38,22 148,10 0,827 890
- 7,63 0,568 90,73 159,70 5i, 54 6,76 109 * N° 8. Normal par 20 /: 16 :/ bou-
- 9,85 0,596 94, i5 i58,7o 56,44 5,73 128 gies.
- 14,47 0,636 100,40 157,80 63,85 4,4i 167
- 18,29 0,665 104,30 156,70 69,37 3,79 194 r
- 25, 12 0,709 no,3o i55,6o 78,14 3,ii 237 g R W CO
- 6,5o o,53o 82,80 156,20 43,87 6,75 109 N° 9. Normal par 20 /: 16 :/ bou- l > K >
- 11, i5 0,583 90,01 154,60 52,47 4.71 i56 gies. / H M
- 14,48 0,614 94.34 153,70 57,92 4,00 184 50 R* CO
- 17,04 0,623 96,80 i53,oo 61,23 3,59 205 CO
- 20,08 0,669 101,80 152,10 68,i5 2,95 249 { 2 O
- 31,17 0,709 107,30 i5i,20 76,10 2,44 302 W
- 36,3g o,73o 110,10 i5o,90 80, ?0 2,21 334
- 49.26 0,775 116,40 150,20 90,27 1,83 402
- 37,99 0,800 120,20 i5o,3o 96,14 1,66 444 1
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- 2J2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CONDITIONS DE LA MARCHE DANS LE VOISINAGE DE L’INTENSITÉ LUMINEUSE NORMALE
- NUMÉROS des lampes INTENSITÉ lumineuse normale INTENSITÉ lumineuse observée n INTENSITÉ en ampères i TENSION en volts e RÉSISTANCE à chaud) en ohms e i TRAVAIL électrique absorbé en volts-ampères e i NOMBRE de volts-ampères par bougie normale ei 7r NOMBRE de bougies par cheval électrique . 736 7t e i
- N» 1 12 (?) 10 9,o3 0,655 52,02 79.46 34.06 3,77 195
- — 12,43 o,7o3 55,46 78,86 39,00 3,14 235
- N° 3 12 (?) 10 7,56 0,627 49 39 73,77 30.97 4,10 180
- — — 9,0.3 0,648 5o,go 78,55 32,99 3,65 201
- — 12,86 0,639 54,15 78,59 37f3i 2,90 254
- N» 6 20 (?) 16 18,77 1,146 48,70 42,48 55,83 2,98 247
- — — 21,05 1 , 172 49,55 42,30 57,95 2,75 267
- N° 7 20 (?) m 14,40 1,074 46,66 43,46 5o, 10 3f4& 212
- — 19,40 1,141 49,06 43,11 55,83 2,88 256
- N» S 20 (?) 16 16,08 1,074 47,65 44,37 5i,i7 3,i8 231
- N» 8 20 (?) 16 18,29 o,665 104,3 i56,7 69,37 3 j 79 194
- N° 9 20 (?) 16 17,04 0,633 96,80 i53,o 6i,23 3,59 205
- 1. — Gomme unité de lumière, on s’est servi de la bougie normale anglaise de spermaceti avec une flamme d’une hauteur de 45mm.
- 2. — Dans ces mesures de l’intensité lumineuse, le plan des bouts inférieurs du charbon était perpendiculaire à la règle du photomètre.
- 3. — Comme coefficient de réduction de la moyenne de l’intensité lumineuse sphérique, on a trouvé 0,82 pour la lampe n° 3, et 0,94 pour la lampe n° 5. Les intensités lumineuses indiquées dans les tableaux, multipliées par ce coefficient, donnent la moyenne de l’intensité sphérique des lampes.
- Le président du comité technique scientifique, Y. Stefan, mp.
- Le président de la section III,
- Prof. Dr Kittler, mp.
- Le secrétaire de la section III, Dr E, Voit, mp.
- Modification à l’électromètre Mascart, par M. A. Roiti.
- En se servant de l’électromètre Mascart pour l’observation de l’électricité atmosphérique, M. le prof. Roiti a remarqué que le zéro de l’appareil changeait de temps en temps. Il a attribué cet effet à l’acide sulfurique-qui est employé pour dessécher l’appareil et sert en même temps d’intermédiaire pour communiquer la charge électrique à l'aiguille. En conséquence il a, dans les électromètres en usage dans son laboratoire, remplacé la suspension bifilaire en fil de cocon par un fil d’argent très fin qui sert en même temps à charger l’aiguille. D’après un mémoire qu’il a publié sur ce sujet dans les Publicazioni del R. Istituto di su-periori Pratici e di Perfezionamento di Firenze, l’appareil serait alors suffisamment stable et garderait bien son zéro.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 273
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures faites dans les années 1880, 1882, 1883 et 1884 par le Dr H.-F- Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- (Suite)
- LES MESURES D’AOUT ET DE SEPTEMBRE l883 ET CELLES DE MARS ET D’AVRIL 1884
- En attendant, d’autres observateurs s’étaient livrés à de nouvelles déterminations au cours des années 1881 et 1882, dans le but de fixer la valeur absolue de l’unité mercurielle. En 1881, lord Rayleigh s’était servi de l’appareil du comité de l’Association britannique pour déterminer à nouveau la valeur de l’étalon de l’Association britannique, et avait trouvé cette valeur égale à 0,9893 X io9 (cm, sec), ce qui entraînait pour l’unité mercurielle la valeur absolue de 0,9434 X io9 (cm, sec). A Brunswick, M. H. Weber employa un procédé analogue qui le conduisit pour l’unité mercurielle à la valeur de 0,9419 X 109 (cm, sec). M. Dorn, faisant usage de la méthode de W. Weber, basée sur l’amortissement électromagnétique, s’était arrêté pour la même unité à la valeur de 0,9482 X io9 (cm, sec) et M. F. Kohlrausch avait corrigé la valeur de 0,9717 X 109 précédemment trouvée par lui en adoptant la valeur de 0,9442 X io9 (cm, sec). Quelques années plus tôt, M. Rowland s’était occupé de la mesure absolue de l’ohm de l’Association britannique; ces,mesures donnaient pour résultats :
- 1 U. S. = 0,9452 X io9 (cm. sec).
- Ces résultats, en général plus petits que les miens, m’engagèrent à poursuivre les mesures que j’avais entreprises.
- Le Conseil fédéral supérieur de Suisse, d’accord avec le vœu émis par la commission internationale d’électricité, mit gracieusement à ma disposition tous les moyens nécessaires pour continuer mes mesures, et je fis aussitôt construire un nouvel appareil.
- Désireux d’arriver à un résultat aussi certain que possible je crus devoir m’appliquer tout d’abord à déterminer très exactement les rayons moyens des spirales. A cet effet, je fis entrer dans le nouvel appareil quatre spirales dont les dimensions sont plus que doubles de celles des spirales précédemment employées.
- Les cadres de ces quatre nouvelles spirales égaux comme formes et comme dimensions, furent coulés avec le bronze le plus pur et si bien travaillés dans les ateliers de précision de M. Schmid, ingénieur à Zurich, qu’ils présentaient tous les quatre des dimensions rigoureusement égales. Bien que les dimensions de ces pièces fussent grandes, on est arrivé h leur donner des formes absolument régulières et égales.
- J’ai procédé moi-même à L’enroulement du fil sur les cadres pour éviter toute incertitude en ce qui concerne le nombre
- des spires et obtenir, autant qu’il est possible, une égale répartition de ces mêmes spires. La masse de fil employée, 120 kilos environ, fut livrée par la maison Siemens et Halske; ce fil est formé par le cuivre le plus conducteur et mesure 1 millimètre de diamètre environ; il a été recouvert avec un soin minutieux de deux couches de soie blanche. Avant de procéder à l’enroulement, on passa sur les parois des gorges servant de logement aux fils une couche de minium de - de millimètre d’épaisseur environ.
- Les données relatives à ces quatre spirales sont les suivantes :
- Spirale A
- Spirale B
- Diamètre du fond de ta gorge. Epaisseur de la paroi du fond.
- Largeur de la gorge........
- Nombre des spires.........|
- Diamètre de la surface de la dernière couche de fils. ... Rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie de spires.. Hauteur de la gorge remplie
- de spires................
- Epaisseur du fil...........
- Diamètre du fond de la gorge.
- Epaisseur de la paroi du fond.
- Epaisseur des parois latérales.
- Largeur de la gorge.........
- Nombre des spires.........j
- Diamètre de la surface de la dernière couche de fils....
- Rayon de la ligne moyenne de la gorge remplie despires.
- Hauteur de la gorge remplie de spires..................
- Epaisseur du fil...........
- 65,972 c. m. 65, q52 c. m.
- 1,00 — 1,00 —
- 1 et 1,00 — 1,00 et i,00 —
- 4,498 — 4,5oo —
- 1,044 ( 1,041
- en 32 couches ( en 32 couches
- 73,73o c. m. 73,75i c. m.
- 34,924 — 34,926 —
- 3,878 - 3,900 —
- 0, i36 — o,i36 —
- Spirale C Spirale D
- 65,949 c. m. 65,976 c. m
- 1,00 — l,oo —
- 1,0 | — 4,498 — °>99 —
- 4,498 —
- i,o56 C 1,041
- en 32 couches $ en 32 couches
- 73,684 c. m. 73,631 c. m.
- 34,902 — 34,908 — \
- 3,817 — 3,827 —
- 0, 136 — 0, i36 —
- Deux paires de rainures diamétralement opposées et dirigées dans le sens des rayons, sont ménagées sur la face latérale des canaux; ces rainures ont une largeur de 6 millimètres et permettent de déterminer exactement le rayon moyen des spirales. Je me propose de donner dans un mémoire plus étendu des détails plus précis sur la détermination de cette dernière grandeur, ainsi que sur le partage des spires, qui ne saurait être fait d’une façon rigoureusement égale dans toutes les parties d’une même gorge. Cette observation s’applique aussi aux résultats des recherches relatives aux conditions d’isolement des quatre spirales. A ce propos, nous nous bornerons à remarquer ici que les spires de la bobine 1 se trouvaient parfaitement isolées par rapport au cadre en métal, à l’exception d’un seul point où l’on pouvait constater une communication, de conductibilité très mauvaise, présentant une résistance de 187000 U.S.; l’isolement était absolu pour les spires des bobines 2 et 4; quant à la bobine 3, elle offrait aussi en un de ses points, et cela dans les 33 spires de la première couche, une communication de conductibilité faible ayant une résistance de 83 000 U. S. Des expériences, que nous relations plus loin, font voir que les spires étaient isolées les unes par rapport aux autres d’uue façon satisfaisante.
- La résistance de chacune des quatre spirales, pour une température de i5° à 200 est voisine de 36 U. S.
- Le dispositif suivant fut imaginé pour établir une fois pour toutes la coïncidence rigoureuse des axes des deux bobines d’induction et pouvoir dans la suite leur faire occuper toujours la même position.
- L’une des bobines fut placée sur une surface horizontale en marbre soutenue par un pilier en pierre de telle façon
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- que la face latérale plane de la bobine vînt reposer sur le marbre. Sur l’autre lace latérale on disposa trois supports de longueur égale ; ces supports sont représentés dans la figure 4. L’extrémité de ces pièces porte un logement limité par trois surfaces; le fond du logement est une surface absolument plane; les parois latérales sont des surfaces cylindriques concentriques ayant pour rayons, la première le rayon de la paroi intérieure du cadre, la deuxième le rayon
- FIG. 4
- de l’arête extérieure qui limite les faces latérales de ce même cadre. Les surfaces formant le fond sont planes et rigoureusement parallèles.
- Afin d’obtenir trois positions relatives différentes en restant certain de la coïncidence des axes, on fit fabriquer dans les ateliers de M. Schmid trois systèmes de supports com-
- ports par rapport aux bobines. La différence excessivement faible, d’ailleurs, entre la concordance obtenue et la coïncidence absolue des axes provient des petits écarts que présentent les faces planes parallèles dans les trois supports d’un même système. Voici quels sont ces écarts :
- Système I
- Supports a. Supports b. Supports c.
- i5,oi 1 c. m, 15,025 — 15,025 —
- Système II
- 20,g35 c. m, 29,g35 — 29,925 —
- Système III
- 45,012 c. m. 45,019 — 45,021 —
- Dans les mesures effectuées jusqu’à ce jour, je n’ai fait usage que des systèmes de supports I et II.
- Pour déterminer au cathétomètre la distance des plans moyens des spirales on avait disposé symétriquement autour du pilier principal servant de base aux spirales quatre autres piliers en pierre. On pouvait ainsi déterminer dans quatre régions la distance des lignes moyennes dans les gorges remplies de spires. Lorsqu’on employait le système des supports les plus courts, cette distance se trouvait être :
- En septembre l883 En mars 1884
- Mesurée à l'ouest de l'appareil. Mesurée au sud de l’appareil.. • Mesurée à l’est de l’appareil... Mesurée au nord de l’appareil.. 21,524.c* m' 21,522 — 21,498 — 2I,5ol — 21,521 c. m. 21,521 — 21,496 — 21,500 —
- 2 I, 5 11 c. m. 21,509 c. m.
- Pour cette distance, on trouve comme potentiel entre A et B : P=o,34415... X io9c.m.
- Dans le système des supports de longueur moyenne, la distance des lignes moyennes des mêmes spirales était la suivante : En août i883 En mars 1884
- Mesurée à l’ouest de l’appareil Mesurée au sud de l’appareil Mesurée à l’est de l’appareil Mesurée au nord de l’appareil 36,426 c.m. 36,436 — 36,43o — 36,4? 1 — 36,425 c.m. 36,433 — 36,429 — 36,428 —
- 36,43i c.m. 36,429 c.m.
- Distance moyenne qui donne au potentiel des deux spirales A et B la valeur :
- P=o, 17663... X io9c.m.
- (A suivre.)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- prenant chacun trois supports. Dans le premier système, la distance des faces parallèles est de i5 centimètres environ, dans le second elle est de 3o et enfin dans le troisième de q5 environ. Les trois supports de l’un quelconque de ces systèmes étant distribués symétriquement sur la paroi latérale supérieure de l’une des bobines, on venait placer la deuxième bobine dans les logements destinés à la recevoir et l’on pouvait être certain que la coïncidence des axes se trouvait réalisée avec une approximation très grande. La figure 5 permet de se rendre compte de la position des sup-
- SEKV1CE Dli PARIS Bureaux de poste et télégraphe
- Le public peut aujourd’hui, comme nous l’avons indiqué plus haut, s’adresser à 84 bureaux de poste et 92 bureaux télégraphiques.
- Au ior janvier 1878, le nombre des bureaux de poste de Paris était de 61; le nombre des bureaux télégraphiques était de 57.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 275
- En outre, les trois recettes simples qui existaient encore à Paris en 1877 ont été converties en recettes composées.
- Dans les bureaux fusionnés, les heures d’ouverture et de clôture, pour les opérations postales comme pour les opérations télégraphiques, ont été assimilées.
- Les locaux dans lesquels sont installés les bureaux de poste et de télégraphe de Paris ont été améliorés.
- De nouveaux guichets ont été ouverts dans la plupart de ces bureaux; des guichets postaux ont été ouverts dans les bureaux télégraphiques.
- Les salles d’attente ont été rendues plus claires et plus vastes; toute faculté est maintenant donnée au public pour écrire ou compléter les adresses.
- L’ensemble des services de la poste et du télégraphe comprenait, à Paris et dans le département de la Seine, 3681 agents et sous-agents en 1877 et 683o en i883, accusant ainsi une augmentation de 3 149 agents et sous-agents, soit 86 0/0.
- Facteurs
- Afin de hâter la remise à domicile des télégrammes dans Paris, de jeunes garçons de douze à quatorze ans ont été substitués aux facteurs adultes et rétribués par une allocation proportionnelle au nombre des télégrammes distribués par chacun d’eux.
- Les résultats obtenus ont été très satisfaisants et ont permis de réduire de près de moitié le nombre des facteurs adultes distributeurs. Seul, le nombre des facteurs chefs a dû être augmenté, en raison de la surveillance que nécessitent les facteurs enfants ; il a été porté à 59.
- Les facteurs enfants n’entrent à l’administration qu’après avoir justifié qu’ils ont satisfait aux prescriptions de la loi sur l’enseignement obligatoire. Nous tenons d'ailleurs la main à ce que, après leur admission, ils suivent des cours pour compléter leur instruction. On leur réserve d’autres attributions quand ils ont accompli leur quinzième année.
- Le service de Paris compte en outre i3i facteurs adultes.
- Tel est l’ensemble du service postal et télégraphique à Paris, dans ses moyens d’exploitation et dans ses résultats.
- SERVICE INTERNATIONAL
- Dans le service des postes et des télégraphes, les relations internationales occupent une large place : aussi nous n’avons cessé de chercher à les améliorer, à les développer.
- Union télégraphique
- Au point de vue télégraphique, des résultats considérables ont également été obtenus dans le service international.
- L’Union télégraphique internationale, qui a tenu en 1879, à Londres, sa cinquième conférence, avait été instituée à Paris en i865, sur l’initiative de la France, devançant ainsi
- de neuf ans l’Union postale.
- L’association, formée d’abord entre les nations européennes, a successivement recueilli les adhésions de la Perse, du gouvernement des Indes britanniques, du Brésil, de l’Egypte et du Japon. En étendant ainsi son action sur des pays appartenant à diverses parties du monde, elle a contribué puissamment au progrès de la vulgarisation de la télégraphie internationale.
- Les relations télégraphiques entre les différents Etats de l’Europe étaient auparavant entravées non seulement par l’élévation et la diversité des tarifs, mais aussi par le défaut d’uniformité des règles qui présidaient à l’échange des correspondances.
- L’Union a eu pour but d’établir les conditions générales de tarifs et les règles de transmissions internationales.
- Revision de Londres
- A la suite de modifications successives, l’Union appliquait, en 1879, la taxe par vingt mots pour les relations européennes.
- Dans l’intervalle de la conférence de Saint-Pétersbourg et de celle de Londres, il s’était produit un fait important : le système du tarif par mot, à peine indiqué dans la convention de Vienne, toléré seulement pour le régime extra-européen par celle de Rome, avait été adopté par de grands offices européens.
- La France l’avait appliqué dans son régime intérieur : elle avait fixé la taxe à 5 centimes par mot. Cette réforme, accueillie avec grande faveur, avait, dès la première année d’application, fait progresser de 60 p. 100 le nombre des dépêches. Elle l’avait introduit également dans son service avec l’Algérie et dans ses relations avec l’Allemagne.
- De leur côté, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Suisse, l’Italie avaient adopté pour leur tarif intérieur, sinon le tarif par mot pur et simple, du moins la gradation par mot, à partir d’un nombre de mots déterminé.
- Sous l’influence de ce courant de l’opinion publique, la conférence de Londres a eu pour objet principal la discussion des bases des tarifs. Fallait-il appliquer la base du tarif pur et simple par mot à toutes le3 relations télégraphiques de l’Union ? La France soutenait cette opinion. Elle s’est efforcée de rallier tous les Etats aux idées largement libérales qui ont été le principe fécond de son tarif intérieur. Si ces idées n’ont pas complètement triomphé, parce que plusieurs Etats redoutaient une réduction trop sensible des produits de la télégraphie, nos efforts ont néanmoins contribué puissamment à d’importantes améliorations.
- Le principe général de l’application des taxes par mot a été adopté ; on a également admis la règle de la liberté absolue du mode de perception du tarif ahisi fixé pour la dépêche moyenne de i5 mots; on a reconnu enfin à tous les Etats, limitrophes ou non, le droit de conclure des arrangements particuliers modifiant les taxes des télégrammes échangés entre eux.
- Le tarif par mot adopté, il fallut établir le taux et les bases d’après lesquelles l’application en serait faite; nous aurions vonlu voir substituer à la taxation par 20 mots une taxation par mot, établie à raison du vingtième du prix de l’ancienne dépêche de 2c mots.
- Le public aurait ainsi bénéficié, dans la plus large mesure, de l’adoption du nouveau tarif, puisqu’il aurait, en toute circonstance, payé une taxe exactement proportionnelle à la longueur des dépêches. Il n’aurait jamais été astreint, quel que fût le nombre de mots, à une taxe supérieure à celle qu’il acquittait précédemment.
- Le système qui, après de longues et laborieuses discussions, a prévalu dans la conférence consiste à fixer le prix des télégrammes par mot, sur tout leur parcours, en ajoutant à la somme produite par le nombre effectif de mots une taxe supplémentaire égale à la taxe de 5 mots.
- Cette disposition a trouvé immédiatement son correctif naturel dans la liberté laissée, sur notre demande, comme nous l’expliquons plus haut, à tous les offices de conclure entre eux des arrangements particuliers.
- Usant de cette faculté, nous avons arrêté avec la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, le Luxembourg, la Belgique, la Suisse, le Portugal, les Pays-Bas, la Grèce et la Roumanie des conventions spéciales, consacrant à la fois l’adoption du tarif par mot, sans constante ni minimum, et un abaissement important de taxe sur le régime antérieur, ainsi que sur les tarifs généraux adoptés à Londres.
- Nous poursuivons la conclusion d’arrangements semblables avec d’autres Etats.
- Il est d’ailleurs possible d’appliquer à toutes nos relations
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- 276
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la taxe par mot pur et simple. L’article 21 du règlement de service permet, en effet, de modifier le mode de perception sous la condition que, pour iS mots, la taxe nouvelle ne s’écartera pas plus de un quinzième de la taxe résultant des tableaux de Londres.
- Nous avons en conséquence appliqué ce système à nos relations avec les pays restés en dehors de nos arrangements particuliers, savoir : le Danemark, la Russie, la Suède et la Norvège, la Serbie, l’Autriche, la Turquie et la principauté de Bulgarie. Les taxes ainsi fixées sont inférieures au quinzième exact du prix fixé à Londres pour la dépêche de iS mots, mais l’écart reste dans les limites autorisées par la conférence. De plus, nos taxes sont toutes, à l’exception de notre tarif avec le Luxembourg, fixées à un multiple exact de 5 centimes, ce qui facilitera la perception.
- L’impulsion donnée par ces mesures à la correspondance télégraphique a été telle que nous avons pu appliquer, dès le ior juin 1882 avec l’Italie et dès le ior août 1882 avec l’Espagne, la réduction de taxe de 25 à 21 centimes par mot, réduction prévue par les conventions avec ces Etats pour le moment ou l’on constaterait une augmentation de 20 p. 100 dans les recettes comparativement au revenu de l’année 1878.
- Taxes télégraphiques
- C’est le 29 novemmbre i85o que l’Assemblée nationale adoptait une loi sur la correspondance télégraphique privée, par laquelle il était permis à toute personne de correspondre au moyen du télégraphe électrique de l’Etat, après une constatation rigoureuse de l’identité; elle livrait ainsi au public ce merveilleux instrument qui avait été jusque-là réservé exclusivement au service de l’Etat.
- La première République avait vu naître le télégraphe aérien.
- La deuxième République venait de donner au public le télégraphe électrique.
- La troisième République devait, par la loi de réforme en rendre l’usage accessible à tous.
- Le tarif télégraphique a subi trois régimes différents.
- Les lois des 29 novembre i85o, 28 mai i853 et 22 juin i854 eurent pour base le tarif proportionnel à la distance.
- D’après ces lois, le prix de la dépêche de 20 mots se composait d’une taxe fixe de 3 francs et d’une taxe variable, à raison de 12 centimes par myriamètre. La loi du 28 mai 1853 réduisit la taxe fixe à 2 francs et la taxe variable à 10 cent, par myriamètre.
- Un nouveau système fut adopté par les lois des 18 mai 1858, 3 juillet 1861, 27 mai i863, i3 juin 1866, 4 juillet 1868, 8 mai 1869, 29 mars 1872 et le décret du i3 août 1864; il marquait un pas vers le tarif uniforme, mais il maintenait toutefois deux catégories de taxes, une taxe générale et une taxe applicable aux dépêchés échangées soit dans l’iutérieur d’un département, soit entre deux départements limitrophes.
- La taxe de la dépêche départementale fut successivement de 1 franc (1 à i5 mots); 1 franc, Co centimes et 60 centimes (1 à 20 mots).
- La taxe de la dépêche interdépartementale fut, de son côté, de 2 francs, 1 franc et 1 fr. 40 cent.
- Enfin, le tarif unique fut créé par la loi de réforme du 21 mars 1878.
- Il est à remarquer que toutes ces lois, sauf celle du 29 mars 1872, ont abaissé successivement et progressivement le tarif. Cette dernière loi fit partie des mesures fiscales prises par l’Assemblée nationale, en vue de faire face aux charges exceptionnelles résultant de la guerre et de l’invasion.
- Réforme télégraphique
- La loi de réforme télégraphique a été votée à la suite du dépôt de deux projets de loi du Gouvernement, de cinq pro-
- positions émanant de l’initiative parlementaire et de deux amendements.
- Le premier projet de loi, déposé le 11 novembre 1876, rétablissait, pour la taxe de la dépêche de 20 mots, les tarifs antérieurs à 1872.
- Quatre autres propositions, émanant de l’initiative parlementaire, furent déposées par MM. Talandier, Desloye, Eschassériaux et Lecesne.
- Ces divers projets furent renvoyés à la commission'du budget. Celle-ci proposa, par l'organe de son rapporteur, d’adopter la taxe par mot, augmentée d’une constante indépendante du nombre de mots. Elle maintenait deux catégories de taxes.
- La première discussion de loi eut lieu le 14 mai 1877. Comme pour la réforme postale, toute décision se trouva éloignée par la dissolution de la Chambre, et la réforme télégraphique fut ajournée à neuf mois.
- La Chambre des députés fut saisie, le 11 janvier 1878, du nouveau projet du Gouvernement, consacrant le système de la taxation par mot, sans constante.
- La Chambre le vota, le 4 février 1878, après une assez vive discussion, sur le rapport de M. Parent.
- Le Sénat, comme la Chambre, déclara l’urgence snr cette loi et la vota sans discussion le 11 mars 1878.
- Elle fut promulguée le 21 mars 1878 et mise en vigueur deux mois et demi avant l’expiration du délai de quatre mois fixé pour son application.
- Dans la discussion devant les Chambres, le Gouvernement s’engagea à réduire la taxe des dépêches pour Paris dès que l’achèvement du réseau pneumatique lui permettrait cette réforme ; la loi, du reste, l’autorisait à prendre cette mesure par décret, sauf à soumettre ultérieurement le tarif nouveau à la sanction des Chambres.
- Cette promesse a été tenue, et le nouveau service des télégrammes spéciaux, à taxe réduite, fonctionne depuis le Ier mai 1879.
- La*loi de 1878, en faisant disparaître le système antérieurement en vigueur du maximum de 20 mots, avec progression de taxe par 10 mots supplémentaires, et la distinction des zones, pour y substituer la taxe uniforme de 5 centimes par mot avec un minimum de perception de 5o centimes, a placé la France parmi les nations qui offrent le service télégraphique au prix le moins élevé. #
- Le tarif par mot présente plusieurs avantages.
- Il est surtout d’une application facile pour le service et pour le public.
- Dégrèvements
- Pour établir le chiffre exact des dégrèvements résultant de l’ensemble des réformés postale et télégraphique, il ne suffit pas de prendre la différence entre les recettes antérieures et les recettes postérieures à l’application des nouvelles taxes.
- Celles-ci provoquent en effet un accroissement de correspondance qui fausserait le résultat obtenu, puisque le second s’appliquerait à une circulation plus considérable que le premier; l’importance du dégrèvement serait diminuée de la plus-value même qui ss serait manifestée.
- Le dégrèvement réel est la différence entre le produit des taxes antérieures à la réforme et le produit qu’eussent donné les taxes nouvelles avec la même circulation.
- En calculant séparément pour chaque catégorie de correspondances la différence entre le produit de 1877 et le produit qu’eût donné la même circulation avec le régime des nouveaux tarifs, et en additionnant l’ensemble de tous ces totaux, on obtient le total général des dégrèvements.
- Le total des dégrèvements annuels résultant de la réforme
- postale est de............................... 32,219,853
- Les dégrèvements résultant de la réforme télégraphique, de............................... 2,940,260
- Soit un total de............... 36,160,113
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Depuis les lois de réforme, de nouvelles réductions de taxe ont produit les dégrèvements suivants, dont il n’a jamais été tenu compte dans les évaluations de recette.
- Postes
- Perte prévue
- Réduction de 5o à 25 centimes du droit de
- recommandation.................................. 1.458.000
- Réduction des taxes internationales (décrets
- des 16 et 19 avril 1878)...................... 1.211.042
- Réduction des taxes pour les Etats-Unis, les colonies françaises et divers pays étrangers
- (1878-1882)....................................... 35o.ooo
- Suppression de la surtaxe des correspondances pour la 2e zone de l’Union postale universelle. . 159.000
- Télégraphes
- Réduction de la taxe des télégrammes pour
- l’Algérie......................................... 589.736
- Création des cartes-télégrammes et télégrammes fermés......................................... 70.909
- Réduction des taxes internationales........ 1.975.000
- Réduction des droits perçus sur les lignes
- d’intérêt privé.................................... 70.000
- Concession d’abonnements spéciaux pour le service de la presse (par sa nature même, cette réduction ne peut être précisée par des chiffres) (Mémoire)
- Soit une perte de. ................... 5.888.687
- Le calcul sur les objets de correspondance postale affranchis est établi d’après les taxes moyennes nettes. Or, pour la vente des timbres-poste, l’Etat n’encaisse que les 99/100 de la taxe réellement acquittée par le public, par suite de la remise de I p. 100 acquise aux intermédiaires.
- Le dégrèvement réel est donc supérieur de 1/99 au chiffre que nous avons indiqué, déduction faite des recettes télégraphiques et des lettres non affranchies, ce qui porte le dégrèvement total à 42,328,940 francs.
- Il y a lieu de remarquer que, si l’on appliquait, dans le même ordre d’idées, à la circulation de 1882 les taxes antérieures à 1878, on obtiendrait un produit supérieur de 70 millions aux recettes encaissées.
- Résultats de la réforme postale et télégraphique au point de vue de la circulation.
- Les résultats de la réforme au point de vue de la circulation postale ont été considérables.
- On vient de voir quelle a été l’influence de la réforme sur la circulation postale ; ses résultats sur la circulation télégraphique ont été encore supérieurs, ainsi qu’il est facile d’en juger par les chiffres du tableau ci-dessous.
- L’année i883 présente donc, sur 1877, une augmentation de 13,969.806 télégrammes intérieurs ou de 194 p. 100, alors que la comparaison des années 1871 et 1877 ne donnait en laveur de cette dernière année qu’une augmentation de 2,808,704 télégrammes ou de 64 24 p. 100 seulement.
- Dès la première année d’application du nouveau tarif, son
- TÉLÉGRAMMES INTÉRIEURS
- NOMBRE
- de télégrammes intérieurs taxés de cartes-télégrammes prises en charge
- 5.395.762 5.673.35q 5.993.835 6.5q5.790 7.o53.7i5 7.180.636 » p »
- io.oo7.363 I2.36i.o37 14.927.808 17.520.643 18.146.465 19.146.722 » 298.300 640.235 1.040.395 1.465.595 2.003.720
- (*')
- 1872 ..................
- 1873 ..................
- 1874 ..................
- 1875 ..................
- 1876 ..................
- 1877 ..................
- Total des six années.
- 1878 ..................
- 1881 ..................
- 1882 ..................
- 1883 ..................
- Total des six années.
- 5.390.7(12 5.673.359 5.Q93.835 6.095.790 7.o53.7i5 7.180.636
- 37.893.097
- io.oo7.363 12.65p.337 15.568.043 i8.56i,o38 19.612.060 21.150.442
- 97.558.283
- AUGMENTATION
- sur
- l’année
- précédente
- 1.023.830 277.597
- J2O.470
- 6OI.955
- 457.925
- I2Ô.921
- 2.826.727
- 2.65,1.974
- 2.908.70b
- 2.992.995
- I .051.022
- 1.538.382
- PROPORTION p. IOO
- de
- l'augmentation
- 23 41 5 14
- 5 64 10 04
- 6 90 1 79
- 3g 36 26 5o 22 97 19 22 5 66 7 84
- OBSERVATIONS
- (fl) 4.,471,932 télégrammes
- en 1871.
- Augmentation en 1877 sur 1871 :
- 2,808,704, soit 64 14 o/e.
- I Augmentation en i883 sur 3,909,806, soit 194 6/o-
- effet s’est manifesté avec énergie. La comparaison de l’augmentation annuelle le prouve :
- Atteignant le chiffre de 320,ooo en 1874 et s’élevant à 602,000 eu 1875, elle retombait à 458,000 en 1876 et même à 127,000 en 1877.
- La réforme appliquée au icr mai produit, en 1878, une augmentation de plus de 2,800,000 télégrammes sur le chiffre de l’année précédente, et l’accroissement annuel se maintient pendant les trois années suivantes à 2,900,000 environ. Il est inutile d’insister davantage sur ces résultats, qui dépassent les prévisions les plus optimistes, On peut remarquer
- toutefois encore que le total des télégrammes intérieurs taxés pendant les années 1872 à 1877 a été de 37,900,000, et que, pour les six années suivantes, ce chiffre, plus que doublé, s’élevait à 97,500,000, donnant ainsi une augmentation de 59,500,000 télégrammes en faveur de cette dernière période.
- Télégrammes internationaux
- La circulation télégraphique internationale s’est ressentie jusqu’en 1879 de l’élévation des tarifs et surtout du mode
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de taxation, qui n’admettait pas de différence entre la dépêche de 3, 4 ou 5 mots et celle de 20 mots.
- A partir du Ier avril 1880, le règlement de la Conférence de Londres, portant adoption du tarif par mot, ayant été appliqué, il en est résulté une forte augmentation du trafic international, que le tableau ci-dessous permettra d’apprécier. En raison de cette date de 1880, il paraît utile de comparer les résultats de i883 non seulement avec ceux de 1877, mais encore avec les chiffres de 1879.
- Les résultats de la réforme du tarif international sont, on le voit, presque aussi remarquables que ceux de la réforme intérieure. Car si cette dernière a doublé, en moins de trois ans, le nombre des télégrammes français, dès la seconde année la réduction des taxes internationales a provoqué un accroissement de 24 p. 100 dans le nombre des télégrammes que nous expédions â l’étranger. Le nombre des dépêches reçues du dehors ou qui transitent par la France s’est également accru dans de notables proportions.
- ANNEES NOMBRE DE TÉLÉGRAMMES INTERNATIONAUX *•
- de départ d’arrivée de transît Total
- $2:::::::::::::::: 993*94-2 1.006.820 3b5.187 2.365.949
- 1•177-597 1.160.363 421,521 2.759.481
- îlfc::.::::::::::: 1.211 810 1.125.620 4Q j..817 .2.832.247
- 1.578.957 1.413.256 683.706 3.676.009
- 1881 1 .q52.o56 1.655.244. 769.465 4.376.765
- 1882 i.875.6i3 1.512.8q3 759.994 4.148.500
- i883 1.940.916 1 526.806 700.000 4.107.782
- Augmentation en i883 sur 1877 946 97+ OU 95 p. IOO 520.046 ou 5i p. 100 334.8i3 ou 91 p. IOO 1.801.833 ou 76 p. IOO
- Augmentation en i883 sur 1879' 729.106 ou bo p. 100 401.246 ou 35 p. 100 2o5.i83 ou 41 p. IOO 1.335.535 ou 47 p. 100
- Si Pon ajoute au chiffre des télégrammes intérieurs, tel I naires des gares (421,385 en 1877 et 856,323 en i883), et les que nous l’avons indiqué, le nombre des télégrammes origi- I télégrammes spéciaux de Paris (2,003,720 pris en charge en
- DÉSIGNATION 1869 i883 AUGMENTATION en i883 PROPORTION p. IOO de l’augmentation.
- Télégrammes intérieurs taxés Télégrammes des gares Télégrammes spéciaux Totaux des télégrammes intérieurs. Télégrammes internationaux de départ. Télégrammes internationaux d’arrivée. Télégrammes internationaux de transit. Totaux des télégrammes internationaux Totaux généraux de la circulation télégraphique 4.085.408 284.660 » 19.146.722 856.323 I1) 2.003.720 i5.o6i.3i4 571.663 2.003.720 368.66 200.82 »
- 4.370.860 22 006.765 17.636.697 403.57 .
- 669.235 677.447 142.085 .1.040.916 1.526.866 .700.000 1.271.681. 849.419 537.915. 1 CO.02 . 125.38 392.66 .
- 1.488.767 4.167.782 2.679.015 *79-94
- 5.858.835 26.174.547 2o.3i5.7i2 346.75
- 0 Prix en charge dans les bureaux.
- 1883), on obtient pour la totalité des télégrammes intérieurs et internationaux :
- Èn 1877............... . 9.967.970 télégrammes.
- En i883............... 26.174.547 —
- Soit en plus en i883. 16.206.577 ou 162 p. 100
- C’est une augmentation considérable, à laquelle nous n’avons pu suffire que grâce au travail assidu de tout le personnel et aux mesures qu’il nous a fallu adopter.
- Il paraît utile de rechercher, comme nous l’avons fait pour les lettres, le rapport des télégrammes taxés ou distribués en France à la population.
- Nous obtenons par 100 habitants :
- / 14.27 télégrammes en 1869
- \ 21 40 1874
- Avant la réforme \ 23.i3 — 1875
- / 24.75 — 1876
- V 24.83 — 1877
- / 33.5i télégrammes en 1878
- t 39.82 — 1879
- Après la réforme 1 43.56 — \ 56.07 — 1880 1881
- f 57-17 “ 1882
- \ 58.00 — i883
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- Le progrès est incessant, et, depuis la réforme, nous marchons à grands pas vers la vulgarisation du télégraphe, dont l’usage se répand de plus en plus dans le public.
- Nous pouvons nous féliciter de ce résultat, qui, tout en rendant des services aux particuliers, ouvre au Trésor une source nouvelle de revenus.
- Il est intéressant de mettre en présence les résultats des années 1869 et i883 pour la circulation télégraphique :
- Des chiffres ci-dessus, il résulte que l'augmentation est considérable, mais il convient de rappeler que ce grand développement de la circulation s'est produit â partir de 1878 pour les télégrammes intérieurs et de 1880 pour les télégrammes internationaux.
- En effet :
- Les' premiers, qui s'élevaient en 1869 au
- nombre de, . . . ....................................-1.370.068
- n'atteignaient encore en 1877 que le chiffre de. 7.602.021
- tandis que l'on en compte.........................22.006.765
- en i883.
- Les télégrammes internationaux, qui étaient
- en 1869 au nombre de.............................. 1.488.767
- ne s’élevaient en 1879 qu’à............... 2.832.247
- Ils ont atteint en i883 le chiffre de........... 4.167.782
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Nous avons le regret d'annoncer la mort de M. B. Meyer, l’électricien bien connu, auteur de plusieurs travaux d'électricité. M. Meyer s'était surtout distingué par l'invention du télégraphe multiple qui porte son nom. Cet appareil lui avait valu plusieurs distinctions honorifiques. Il était chevalier de la Légion d’honneur, de l’ordre de François-Joseph d’Autriche et de l'ordre de la Couronne d’Italie. Depuis quelques années, se sentant fatigué, il s'était retiré dans sa famille à Malzéville, près Nancy, où il vient de mourir.
- Le comité d'initiative de l’Exposition d'électricité de Bruxelles s’est réuni vendredi dernier pour prendre connaissance d’une lettre dans laquelle le bourgmestre de Bruxelles a informé le comité de la décision du conseil municipal d'attendre qu'un programme sommaire lui ait été soumis avant de se prononcer sur la demande d’un subside pour les études préparatoires à l'Exposition projetée.
- L'Exposition d'électricité de Steyr a été ouverte le 2 août dernier, par l'archiduc Charles-Louis d’Autriche. L'Exposition électrique comprend quatre sections : la première pour les machines dynamo et magnéto-électriques, la seconde pour les moteurs, la troisième contient des' piles et des accumulateurs, et la quatrième les appareils scientifiques et de mesures électriques.
- On annonce que la Ryde Pier C<> va commencer cette semaine à faire marcher les voitures du tramway à Ryde par l’électricité. Les voitures seront mises en mouvement par des moteura électriques du système Brain, actionnés par des accumulateurs.
- Les organisateurs de l'Exposition de Philadelphie ont interdit l’emploi des fils souterrains pour l’éclairage électrique des locaux, à cause des risques d’incendie. Les différents systèmes de canalisation souterraine seront exposés, mais seulement sur des tables, comme tous les autres objets ex-
- posés. Les électriciens sont persuadés qu'un conducteur électrique souterrain débouchant dans le sous-sol d'un bâtiment et relié là, présente beaucoup plus de danger qu’un fil aérien. Les trois quarts des accidents causés à New-York par les conducteurs pour la lumière électrique ont été provoqués par des fils souterrains.
- On télégraphie de Philadelphie à la date du 5 août dernier que la fabrique de locomotives Baldurin a été frappée par la foudre et incendiée. Tous les bâtiments ont été consumés, et on évalue les pertes à, plus d'un million de francs.
- La construction des bâtiments de l’Exposition internationale d'électricité de Philadelphie est maintenant terminée, et les exposants commencent déjà à s'installer. Ainsi que nous l’avons dit, l’Exposition s’ouvrira le 2 septembre prochain.
- D’après une communication récemment faite à la New-York Electrical Society, le nombre des fils aériens à New-York aurait été beaucoup exagéré. Il paraît que les compagnies des téléphones en possèdent de 6 à 7 000 milles, la Western Union environ 3 000, et les autres compagnies en proportion.
- Éclairage électrique
- Une expérience a été faite dernièrement à Vienne, qu prouve la nécessité de prendre des précautions contre l'incendie même pour des lampes à incandescence. Une lampe de ce système a été enveloppée de papier et la chaleur produite par le courant était suffisante pour mettre le feu au papier et briser la lampe.
- Le grand souterrain d'Adelsberg, en Autriche, est maintenant éclairé à l'électricité. L'installation, qui a été faite par MAI. Siemens et Ilalske, de Vienne, présentait plusieurs difficultés à cause de la grande étendue du souterrain et â cause de son humidité.
- Les machines sont installées dans un hangar spécial à l’entrée du souterrain et se composent d'une locomobile de 14 chevaux, qui actionne deux dynamos Siemens. Dans le souterrain on a disposé 12 foyers à arc dont le plus éloigné est à une distance de 2 kilomètres des machines. Chaque machme alimente six lampes dont quelques-unes sont reuversées, afin de projeter la lumière eu haut. L'éclairage fonctionne tous les jours de 10 heures à midi et attire un grand nombre de visiteurs,
- La ville de Temesvar va être éclairée entièrement à l'électricité, à partir du Ier septembre prochain, avec des lampes â incandescence du système Lane-Fox. Les conducteurs principaux ont une longueur de 100 kilomètres et sont en fil de cuivre de 4,6 millimètres.
- Le couseil muuicipa de Munich a décidé â l'unanimité d’entrer en négociations avec la maison Schuckcrt, de Nuremberg ponr l'éclairage électrique de la place Marie et des rues de Kaufinger, Neuhauser, Wein et Tlieatiner sur les bases proposées par la Commission électrotechnique. ___
- La permission accordée pour l'éclairage â l'électricité d'un quartier de Kensington, à Londres, vient d'être révoquée, les entrepreneurs 11’ayant pas rempli les conditions stipulées par le cahier des charges.
- A l’occasion du troisième concert de la saison de Brigh-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ton. le pavillon a été brillamment éclairé avec 600 lampes à incandescence Swan de 20 bougies installées par M. Volk, l’ingénieur électricien de la ville de Brighton.
- Les dernières expériences de l’éclairage des phares à South Foreland ont démontré la possibilité d’obtenir, au moyen de lentilles concentriques, un éclairage aussi efficace que par la lumière électrique et avec beaucoup moins de frais et de risques. On ne dit pourtant pas de quelle manière cet éclairage est produit.
- On annonce la construction en Angleterre d’une série de feux flottants électriques qui seront placés dans l’Océan, entre l’Angleterre et l’Amérique.
- La Compagnie portugaise de lumière électrique vient d’acquérir un terrain à Porto, dans l’intention d’y installer une station centrale d’éclairage électrique pour laquelle les machines sont déjà commandées à Londres.
- La ville de Portland (Orégou), sera prochainement éclairée à l’électricité. Le courant sera fourni par trois dynamos de 5o foyers chacune, actionnées par trois moteurs Westinghouse de 65 chevaux chaque. Les chaudières seront installées au rez-de-chaussée, les moteurs au premier étage et les dynamos au second.
- Les bateaux à vapeur qui font le service entre New-York et Albany sont maintenant pourvus d’une installation d’éclairage électrique avec des lampes à incandescence du système Edison.
- L’Evening High-School, de New-York sera éclairée l’hiver prochain avec des lampes électriques qui fourniront une meilleure lumière sans vicier l’atmosphère.
- Télégraphie et Téléphonie
- La grande Compagnie des télégraphes du Nord a adopté un moyen très ingénieux de transmettre les dépêches écrites en langue chinoise où chaque lettre représente un mot. Le langage ordinaire comprend de 5 à 6000 lettres ou mots, et la Compagnie a fait faire un bloc en bois pour chaque mot. D’un côté de ce bloc se trouve la lettre chinoise, et de l’autre un numéro d’ordre qui y correspond. L’employé reçoit la dépêche en chiffres, il prend le bloc qui correspond à chaque chiffre et il imprime la dépêche avec le côté opposé où se trouve la lettre chinoise. La dépêche chinoise transmise en chiffres est ainsi transformée en chinois et portée au destinataire. Naturellement, l’employé qui envoie la dépêche doit connaître l’équivalent numérique des mots chinois.
- La grande Compagnie des Télégraphes du Nord annonce que son service par courrier entre le point d’atterrissement du câble Shangùaï-Foochow et cette dernière ville a été arrêté par les autorités chinoises; de sorte que les dépêches pour Foochow ne seront acceptées qu’aux risques de l’envoyeur. Elles pourront cependant être transmises via Shanghaï par les lignes terrestres et le prix par cette dernière route sera de 12 fr. 5c par mot.
- Le 18 de ce mois, un concours sera ouvert à Madrid par le directeur général des Postes et Télégraphes pour la livraison de 200 tonnes de fil de fer galvanisé, dont i5o tonnes je ^mm et 5o de 5nira (estimation, 600 francs par tonne). Le 20 août, l’administration recevra des soumissions pour
- 60000 isolateurs (estimation, i fr. 20 l’un); le 22 août, Usera procédé à l’adjudication d’un lot d’appareils télégraphiques. Un cautionnement de 5 0/0 sur la valeur totale doit être déposé à l’administration, Galle de San Riocardo, 3, à Madrid, où on pourra se procurer les détails de la soumission.
- Pendant l’année 1882, le réseau télégraphique du Portugal a été augmenté de 42 kilomètres, ce qui donne une extension totale de 4459 kilomètres. Le nombre des nouveaux bureaux installés pendant la même période s’élève à 18, de sorte que le pays en possède maintenant 220 en tout, ou un bureau par 19 S04 habitants. Le nombre des dépêches transmises en 1882 a été de 7586oo ainsi réparties
- Dépêches à l’intérieur.. ........................... 397.512
- — internationales. ..........*...«.. 289.695
- — de service.............................. 71.393
- Le nombre d’appareils en service à la date du ior janvier 1883 était de 374.
- Selon le rapport du directeur général des Postes et Télégraphes en Angleterre, il a été dépensé une somme de 4 525 000 francs pour la construction des nouvelles lignes télégraphiques en vue de l’augmentation du trafic qui ne tardera pas à suivre l’introduction du tarif réduit qui aura lieu au mois d’août i885. Le Parlement anglais avait autorisé une dépense de 12 5oo 000 francs dans ce but.
- Le service télégraphique du gouvernement en Angleterre occupe plus de 1 000 femmes. Au bureau central des télégraphes, il y a 196 télégraphistes de irc classe avec des appointements de 35 francs par semaine et 424 de 20 classe avec un salaire de i5 à 22 francs par semaine. A San Francisco, tout le travail de jour est fait par des femmes qui sont payées à raison de 200 à 3oo francs par mois.
- Il parait que la nouvelle Société des câbles Mackay-Beu-nett s'est décidée à ne pas recevoir les dépêches du public avant d’avoir complété la pose de son deuxième câble transatlantique et la communication entre l’Irlande et la France. Comme ces opérations demanderont au moins deux mois, il est probable que les câbles ne fonctionneront pas avant l’automne. On ne parle plus de la réduction de prix annoncée avec tant de bruit il y a quelque temps.
- Les vastes usines do M. Krupp, à Essen, contiennent 40 milles de lignes télégraphiques avec 35 stations et 55 appareils Morse.
- Le gouvernement hollandais a annoncé le 28 juin dernier qu’un nouveau câble a été placé entre Nieuw Anjer (Merak) à Java et Kalianda, sur la côte ouest de la baie de Lam-pony, à Sumatra. Les bouées qui marquent la posiiion du câble portent le mot « Kabel » et sont surmontés d’un drapeau hollandais en fer sur lequel se trouve le mot « Tele-graaf ».
- Les lignes terrestres et les câbles pour les nouvelles stations télégraphiques aux îles d’Orkney ayant été terminés, trois nouveaux bureaux ont été ouverts samedi dernier à Ilolm, à Saint-Margarets Hopc et à Burray.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 49910
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- La Lumière Électrique
- Journal universel dfÉlectricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- directeur: Dr CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AüG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- 7
- «e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 23 AOUT 1884
- N» 34
- SOMMAIRE
- RECHERCHES DE M. HELMHOLTZ
- SUR L*ORIGINE de
- LA CHALEUR VOLTAÏQUE
- Recherches de M. Helmholtz sur l’origine de la chaleur voltaïque; J. Moutier. — Sur la foudre globulaire; G. Planté.— Quelques applications mécaniques de l’électricité; G. Richard. --Application du calorimètre à l’étude du courant électrique (5e article); A. Minet. — Eclairage électrique de la brasserie-restaurant Krasnopolsky, à Amsterdam; C.-C. Soulages. —Chronique de l’étranger: Allemagne; Df Hugo Michaelis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité: Résistance d’un arc double coupé par un conducteur en parties quelconques, par Z. Ferranti. — Sur un électrodynamomètre pour les courants alternatifs faibles, par M. le professeur , Bellati. — Travaux de la conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite). — Correspondance : Lettres de MM. R. Tamine, P. Clemenceau, C.-L.-R.-E. Menges, Sautter-Lemonnier, J. Bourdin. — Faits divers.
- NOTRE MISSION SCIENTIFIQUE
- Aujourd’hui, 28 août, s’embarquent au Havre sur le paquebot La Normandie en partance pour New-York :
- MM. Abdank-Abakanowicz, Bertrand, G. Duché, Auguste Guerout, O. Kern, D. Napoli.
- formant la mission scientifique que nous envoyons en Amérique.
- Cette mission passera tout le mois de septembre à Philadelphie où elle étudiera l’Exposition d’électricité.
- Elle se divisera ensuite en plusieurs Commissions qui parcourront le territoire des Etats-Unis et du Canada, et qui prépareront un travail complet sur le développement des applications industrielles de l’électricité en Amérique.
- Les membres de la mission se retrouveront à la Nouvelle-Orléans, iront de là à la Havane d’où ils reviendront en France.
- Cornélius Herz.
- Le passage d’un courant dans un conducteur produit une quantité de chaleur déterminée par la loi de Joule. En appliquant cette loi au circuit entier, la chaleur dégagée dans tout le circuit ou la chaleur voltaïque est le produit de trois facteurs : l’équivalent calorifique du travail, la force électromotrice de la pile et la quantité d’électricité qui traverse le circuit.
- Lorsque le courant est fourni par une pile hydro-électrique, c’est aux actions chimiques effectuées dans la pile qu’il faut demander l’origine de l’électricité voltaïque. Il était naturel de comparer la chaleur dégagée dans la pile ou la chaleur chimique à la chaleur dégagée dans le circuit. M. E. Becquerel a été conduit à admettre l’égalité de la chaleur chimique et. de la chaleur voltaïque.
- La chaleur dégagée dans la pile par les réactions chimiques équivaut à un certain travail que l’on peut appeler l’énergie chimique. La chaleur dégagée dans les conducteurs équivaut à un certain travail que l’on peut appeler l’énergie voltaïque. D’après la loi de M. E. Becquerel, l’énergie chimique est égale à l’énergie voltaïque.
- L’énergie chimique n’est pas directement utilisable ; l’énergie voltaïque, au contraire, peut être utilisée pour actionner des moteurs. D’après les expériences de M. Joule et de Favre, lorsque le courant est employé à produire du travail, la production de travail a lieu aux dépens de la chaleur dégagée dans les conducteurs, de telle sorte que la somme des énergies représentées par réchauffement des conducteurs et par le travail effectué conserve une valeur constante, tant que l’énergie chimique est elle-même constante.
- En augmentant la résistance des conducteurs par rapport à la résistance de la pile, on peut avoir l’espoir de convertir en travail presque toute l’énergie voltaïque. Si la chaleur voltaïque est
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- égale à la chaleur chimique, on peut espérer la transformation en travail de l’énergie chimique de la pile. Le courant fournirait ainsi le moyen de transformer en travail la totalité de la chaleur dégagée dans une réaction chimique.
- Les machines à feu ne présentent point cet avantage; le travail effectué par ces machines ne représente qu’une fraction très faible de la chaleur dégagée par la combustion du charbon sur la grille du foyer. Les moteurs électriques paraissaient ainsi posséder une supériorité marquée sur les machines à feu sous le rapport d’une meilleure utilisation de la chaleur: l’emploi futur de l’électricité pour la production du travail éveillait déjà des espérances. L’une des premières questions qui devaient se poser, était de savoir si, en réalité, la chaleur voltaïque est bien égale à la chaleur chimique.
- Favre a consacré un grand nombre de recherches à l’examen de cette question : il a conclu d’expériences très variées que la chaleur chimique ne se retrouve pas en entier dans la chaleur voltaïque, de sorte qu’une partie de la chaleur chimique reste confinée dans la pile.
- Les recherches de M. !Raoult et de M. Edlund ont confirmé les résultats obtenus par Favre : en général, la chaleur chimique n’est pas égale à la chaleur voltaïque. S’il existe des couples dans lesquels se manifeste l’égalité entre la chaleur chimique et la chaleur voltaïque, il existe aussi un nombre très considérable de couples dans lesquels on observe une différence sensible entre ces deux quantités de chaleur. L’égalité entre la chaleur chimique et la chaleur voltaïque n’est pas un fait général; ce fait se produit en particulier, d’après la remarque de M. Raoult, dans les couples à réactions chimiques très énergiques.
- L’observation seule avait conduit à comparer la chaleur chimique à la chaleur voltaïque. M. Braun a émis le premier des idées théoriques sur ce sujet. Il observe que la chaleur ne se transforme pas entièrement en travail dans les machines à feu et il en conclut qu’une partie seule de la chaleur chimique est employée à échauffer les conducteurs. A ce point de vue, la chaleur chimique doit être toujours supérieure à la chaleur voltaïque : cette condition est remplie par un grand nombre de couples ; cependant M. Braun en cite deux, dans lesquels la chaleur chimique est, au contraire, inférieure à la chaleur voltaïque.
- M. Helmholtz a placé la question de l’origine de la chaleur voltaïque sur lavéritaSle voie qui paraît conduire à une solution définitive.
- M. Kirchhoff avait rattaché par des formules très simples la chaleur dégagée par la dissolution d’un corps solide à la tension de la vapeur émise par le dissolvant. M. Helmholtz, par des raisonnements analogues, a rattaché la force électromotrice qui se développe dans un circuit où sont placés
- deux couples de même nature et de concentrations différentes, aux tensions des vapeurs émises par les deux liquides (*). Les conséquences de la théorie de M. Helmholtz sont entièrement d’accord avec les mesures de forces électromotrices exécutées par M, }. Moser.(2).
- M. Helmholtz a traité plus récemment le même sujet dans une série de mémoires sur la thermodynamique des phénomènes chimiques (3). On se propose d’exposer ici les principaux résultats des recherches de M. Helmholtz; mais auparavant il est nécessaire d’indiquer quelques propositions fondamentales de la thermodynamique.
- PRINCIPES DE THERMODYNAMIQUE
- 1. — M. Clausius a généralisé le théorème de Carnot, en l’étendant à tout cycle fermé et réversible :
- Si Von divise par la température absolue la quantité de chaleur dégagée dans chaque transformation élémentaire, la somme des quotients ainsi obtenus est nulle pour tout cycle fermé et réversible.
- Supposons que le corps passe d’un état initial à un état final en éprouvant une première série de transformations réversibles. Appelons, pour abréger, élément de transformation le quotient de la chaleur dégagée dans une transformation élémentaire d Q par la température absolue T. La somme des éléments de transformation pour le trajet considéré est représentée par
- r'dQ
- (1)J 0 T
- Supposons que le corps passe du même état initial au même état final, en éprouvant une seconde série de transformations réversibles. La somme des éléments de transformation pour le second trajet considéré est représentée par
- rl dQ (2) J o T ’
- Si le corps parcourt le premier trajet dans le sens direct et le second trajet dans le sens inverse, la somme des éléments de transformation est nulle, d’après la généralisation du théorème de Carnot, due à M. Clausius,
- rli2+ r-a-o
- (I 0 T ' (2) t/ ! T
- (*) Wied., Ann. III, p. 201 ; 1878.
- (!) Id., III, p. 216 — XIV, p. 62; 1882.
- (3) Sitzungsberichte der Akad, der Wiss. zu Berlin, I, p. 23, p. 82S; 1882. — II, p. 647; i883.
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- On déduit de là:
- (O J 0 T (2)1/ 0 T '
- Ainsi, lorsqu’un corps passe d’un état initial à un état final par une série de transformations réversibles, la somme des éléments de transformation est indépendante du trajet suivi par le corps.
- La somme des.éléments de transformation dépend alors uniquement de l’état initial et de l’état final : cette somme peut être considérée comme la variation d’une fonction, dépendant uniquement de l’état du corps.
- Cette fonction S, introduite dans la thermodynamique par M. Clausius et désignée par lui sous le nom d'entropie, est définie par la relation
- somme ne dépend que de l’état initial et de l’état final.
- En désignant par S0 et St les valeurs de l’entropie, relatives à l’état initial et à l’état final,
- J#—*,-**.
- Si l’on désigne par N la différence entre les deux sommes d’éléments de transformation,
- N_ rld^~
- (I)J 0 T (2)J 0 T
- Cette différence a aussi pour expression
- N — , . -Tjp + Si — s0.
- (1 )J 0 1
- En appelant S0 et S, les valeurs de l’entropie qui correspondent à l’état initial et à l’état final, on a alors
- /Ç=-( St-So\
- 2. — Lorsqu’un cycle fermé n’est pas réversible, M. Clausius a établi la proposition suivante :
- Dans tout cycle fermé et irréversible, la somme des éléments de transformation est positive.
- Supposons qu’un corps passe d’un état initial à un état final par un premier trajet non réversible ; représentons la somme des éléments de transformation par
- (1) J 0 T '
- Le corps peut revenir de l’état final à l’état initial par un second trajet réversible, de manière à fermer le cycle; représentons la somme des éléments de transformation par
- r°dQ
- (2) J 1 T '
- Le cycle est fermé et irréversible. On a, d’après le théorème de M. Clausius, l’inégalité
- rl*z+
- i)J 0 T ^(2)
- (O
- J l T
- >0.
- Cette inégalité peut s’écrire :
- ("40, 1) J 0 T '
- (0
- (2)
- >0.
- J ü T
- La somme des éléments de transformation, dans un trajet non réversible, est toujours supérieure à la somme des éléments de transformation dans le trajet réversible correspondant ; cette dernière
- M. Clausius appelle cette différence N la somme des transformations non compensées; elle est toujours positive.
- Ainsi, dans tout trajet, la somme des transformations non compensées est nulle ou positive ; cette somme est nulle si le trajet est réversible; cette somme est positive si le trajet est irréversible.
- Cette propriété est générale. Examinons le cas particulier où les transformations s’accomplissent à une température constante.
- 3. — Lorsque les transformations sont isothermiques, en appelant Qt et Q2 les quantités de chaleur dégagées dans les deux transformations, la somme des éléments de transformation s’écrit plus simplement
- r'fLQ.Qi P1 f5Q_.Qi
- (I)j 0 T T’ {1)J 0 T T
- La somme des transformations non compensées a pour expression
- N=i(Q,-Q2)i
- La quantité renfermée dans la parenthèse représente une quantité de chaleur dégagée : elle est toujours positive. Si l’on appelle cette quantité de chaleur la chaleur non compensée, on peut dire que dans toute transformation isothermique et irréversible, la chaleur non compensée est positive. La chaleur non compensée est nulle lorsque la transformation isothermique est réversible.
- Ainsi la chaleur dégagée dans une transformation isothermique irréversible est plus grande que la chaleur dégagée dans toute transformation isothermique réversible opérée entre le même état initial et le même état final.
- Supposons, par exemple, que l’on comprime brusquement une masse gazeuse en maintenant la température constante : une quantité de chaleur Qj se dégage. Supposons, en outre, que l’on com-
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- prime graduellement le même gaz, en le faisant passer du même état initial au même état final et en .^maintenant également la température invariable : une quantité de chaleur Qa se dégage. D’après la théorie de M. Clausius, la première quantité de chaleur Q, est supérieure à la seconde quantité de chaleur Q2.
- La différence entre les deux quantités de chaleur Q, et Q2 est la chaleur non compensée. A cette chaleur non compensée correspond un travail non compensé défini par la relation
- Qi — Qa = A®,
- en appelant A l’équivalent calorifique du travail ou l’inverse de l’équivalent mécanique de la chaleur.
- Le travail nôn compensé représente l’excès du travail qu’il a fallu dépenser, dans l’exemple choisi, pour opérer la compression brusque du gaz par rapport au travail nécessaire pour effectuer la compression graduelle du même gaz, en passant dans les deux cas du même état initial au même état final.
- La chaleur Q, dégagée dans une série de transformations non réversibles opérées à température constante se compose de deux parties : la chaleur non compensée A® et la chaleur compensée Q3,
- Qj = A® + Qa.
- La chaleur non compensée A ® est essentiellement positive, d’après ce que l’on vient de voir; le signe de la quantité de chaleur Q2 n’est pas déterminé à priori. Suivant que cette quantité de chaleur Q2 est positive ou négative, la quantité de chaleur Qj est supérieure ou inférieure à la chaleur non compensée. Les méthodes calorimétriques mesurent la quantité de chaleur Qt ; le calorimètre ne peut faire le départ de la chaleur non compensée et de la chaleur compensée. Il est donc utile de pouvoir obtenir une expression théorique de la chaleur non compensée.
- 4. — La somme des transformations non compensées dans un trajet isothermique est liée au travail non compensé par la relation
- AT A,
- N = rr •
- D’après ce qui précède, le travail non compensé est toujours positif ou nul. Ce travail est positif, si le trajet isothermique est irréversible; ce travail est nul, si le trajet isothermique est réversible.
- Si l’on remplace N par sa valeur en fonction de l’entropie, et si l’on désigne par E l’équivalent mécanique de la chaleur, le travail non compensé dans une transformation isothermique a pour expression générale :
- S=EQi + ET(S1—So).
- Cette expression peut se mettre sous une autre forme, en introduisant la chaleur interne, comme on le fait habituellement en thermodynamique.
- Si l’on désigne, en général, par dQ la chaleur dégagée dans une transformation élémentaire opérée sous la pression p, par dv l’accroissement du volume du corps soumis à la transformation, par d\J l’accroissement de la chaleur interne,
- dQ=—dü — Apdv.
- Si l’on suppose que les transformations s’accomplissent sous la pression constante/», et si l’on désigne par U0 et Ut les valeurs de la chaleur interne à l’état initial et à l’état final, par v0 et vt les volumes correspondants, la quantité de chaleur Qt a pour expression
- Qi —•— (Uj — U0) — A/>(vj — v„).
- Le travail non compensé peut se mettre sous la forme
- ® = E(TS1-U1)-/»v1- j E (TS„ — U0) —pv0 J.
- Désignons, en général, par S, U, v l’entropie, la chaleur interne et le volume d’un corps dans un certain état. Considérons la fonction £ définie par la relation
- (1) Jf = E(U — TS)+/»v.
- Si l’on désigne par £a et £t les valeurs de cette fonction qui correspondent à l’état initial et à l’état final, le travail non compensé, dans une transformation isothermique opérée sous pression constante, est égal à la variation de la fonction £, prise en signe contraire,
- (2) ® = -(Ji-Jo).
- M. Massieu a donné le nom de fonction caractéristique au quotient de la fonction £ par l’équivalent mécanique de la chaleur. Plus tard, M. Gibbs a considéré cette fonction comme une fonction de force à température constante. M. Helmholtz lui a donné le nom d'énergie libre.
- La variation de l’énergie libre est seule à considérer, au point de vue de l’évaluation du travail non compensé : le travail non compensé dans une transformation isothermique sous pression constante est égal à la variation de l’énergie libre, prise en signe contraire. Les seules modifications qui puissent se produire à température constante et sous pression constante doivent donner lieu à un travail non compensé positif ou à une diminution de l’énergie libre. Dans le cas limite où les modifications sont réversibles, le travail non compensé est nul, l’énergie libre ne varie pas.
- 5. — Lorsqu’un corps n’éprouve pas de change ment d’état physique, le volume du corps est une
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- fonction de la pression et de la température. Si la température et la pression conservent des valeurs invariables, le volume du corps demeure invariable; il ne peut être alors question de transformations subies par le corps à une température constante et sous pression constante.
- Il n’en est plus de même lorsque le corps peut éprouver un changement d’état physique; l’eau, par exemple, peut exister à l’état solide, à l’état liquide et à l’état de vapeur sous la même pression et à la même température. La vaporisation de l’eau, la fusion de la glace peuvent se produire à une température invariable et sous une pression invariable. A chaque température correspond, en général, une pression sous laquelle le phénomène est réversible; à la même température, sous une autre pression, le changement d’état n’est plus réversible. C’est alors que la notion du travail non compensé peut intervenir ; dans le cas simple que nous considérons ici, la température et la pression conservent des valeurs invariables pendant la durée des modifications non réversibles.
- La vapeur d’eau peut se condenser à 100 degrés sous la pression de l’atmosphère : le phénomène est alors réversible ; l’eau peut se vaporiser. A la tempé-ture de 100 degrés, l’eau peut se condenser sous une pression supérieure à celle de l’atmosphère; la vaporisation de l’eau est alors impossible ; la condensation de la vapeur d’eau dans ces conditions est un phénomène irréversible.
- La condensation d’un kilogramme de vapeur d’eau à 100 degrés sous la pression de 2 atmosphères donne lieu à un travail non compensé, exprimé par la formule précédente. Ce travail non compensé dépend des variations qu’éprouvent la chaleur interne, l’entropie et le volume spécifique de l’eau, lorsqu’un kilogramme d’eau, primitivement à l’état de vapeur à 100 degrés sous la pression de deux atmosphères, prend finalement l'état liquide à la même température et sous la même pression.
- Si l’on désigne par U0, S0, v0 la chaleur interne, l’entropie et le volume spécifique de la vapeur d’eau à 100 degrés sous la pression de deux atmosphères; si l’on désigne par Ü„ S4, vt les quantités correspondantes pour l’eau liquide à 100 degrés sous la pression de deux atmosphères, le travail non compensé ®, qui résulte de la condensation de la vapeur, est exprimé en fonction de U0, S0,r0, Ut, par une formule précédente.
- Au lieu de condenser la vapeur d’eau à 100 degrés sous la pression de deux atmosphères, on peut condenser la vapeur à la même température sous la pression de trois atmosphères.
- Désignons par U', S', v'0 la chaleur interne, l’entropie et le volume spécifique de la vapeur d’eau à 100 degrés sous la pression de trois atmosphères. Désignons par U',, S;, v\ les quantités correspondantes pour l’eau liquide à 100 degrés sous la
- même pression de trois atmosphères. La condensation d’un kilogramme de vapeur d’eau dans ces conditions, donne lieu à un travail non compensé f-', qui dépend des quantités U'0, S', v'0, U', S', v'.
- Les formules habituelles de la thermodynamique permettent d’établir une relation entre les deux valeurs du travail non compensé ® et ®'.
- La thermodynamique fournit, en effet, une expression de la quantité de chaleur dégagée dans une transformation élémentaire isothermique, lorsqu’il n’y a pas de changement d’état physique. D’un autre côté, cette chaleur dégagée est liée à la chaleur interne, à l’entropie et au volume spécifique par les relations que l’on vient de rapporter.
- Les formules de la thermodynamique permettent de lier, dans l’exemple choisi, les quantités U0, S0, v0 aux quantités U'0, S'0, v'a, les quantités Uf, S,, vt aux quantités U't, S', v\ : ces formules établissent, par conséquent, une liaison entre les travaux non compensés ® et SC'.
- 6. — Le problème que l’on vient d’indiquer peut se poser ainsi d’une manière générale :
- Sous une pression p, l’énergie libre a une valeur J : quelle sera la valeur de l’énergie libre à la même température sous une pression p-\-dp infiniment peu supérieure à la première?
- Si l’on suppose que la pression devienne p-\-dp, à la température constante T, la relation (1) donne pour la variation de l’énergie libre
- dj = E (dU—T rfS ) + v dp.
- La quantité de chaleur dégagée dans une transformation élémentaire isothermique par l’unité de poids d’un corps a pour expression, d’après une formule connue de thermodynamique,
- Les variations de la chaleur interne et de l’entropie ont pour expressions, d’après cette dernière relation,
- dU = — AT dp — A p dv, d$ = -k~dp.
- En remplaçant ces valeurs dans l’expression de d£, on a finalement (3) dj = vdp.
- Telle est l’expression de la variation de l’énergie libre lorsque, la température restant constante, la pression passe de la valeur p à la valeur infiniment voisine p 4- dp.
- Cette expression se rapporte à 1’unité de poids du corps; v est le volume spécifique. A la même
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- pression et à la même température l’énergie libre est évidemment proportionnelle au volume du corps; par conséquent l’expression (3) est générale et s’applique à un poids quelconque du corps considéré, en prenant pour v le volume occupé par le corps sous la pression p et à la température T.
- 7. — Une application immédiate de la formule précédente se rencontre dans l’étude des changements d’état irréversibles.
- Désignons, en général, par jf0 l’énergie libre d’un corps sous un certain état A0, par v0 le volume du corps sous cet état, à la température T et sous la pression p.
- Désignons de même par £i l’énergie libre du corps sous un second état At, par vi le volume du corps sous ce second état, à la même température T et sous la même pression p.
- Lorsque le corps passe de l’état An à l’état A,, le travail non compensé relatif au changement d’état a pour valeur, d’après la relation (2),
- S = — (J'i—J?nl-
- Ce travail S est nul lorsque le changement d’état est réversible ; il est positif dans le cas où le changement d’état est irréversible.
- Supposons que la température reste la même, que la pression devienne p-\-dp. Un changement d’état opéré dans ces conditions donne lieu à un travail non compensé £-f-dïï.
- L’accroissement du travail non compensé a pour valeur, d’après'la formule précédente,
- d% — — (d£l—d£ 0).
- Mais, d’après la formule (3), qui vient d’être démontrée,
- dJi — Vidp, dj0 = v0dp.
- Par suite, l’accroissement du travail non compensé a pour expression
- dÇ.= (v0—vt)dp.
- Nous avons considéré deux changements d’état opérés à la même température, le premier sous la pression^), le second sous la pression p -f- dp. Le travail non compensé dans le premier changement d’état est £; le travail non compensé dans le second changement d’état est S -}- d E.
- Nous n’avons fait jusqu’à présent aucune hypothèse sur le premier changement d’état. Supposons maintenant que ce premier changenîent soit réversible; alors le travail non compensé est nul, ® = o.
- Dans le second changement d’état effectué à la température T sous la pression p -j- dp, le travail non compensé se réduit à dïï.. Nous savons que
- ce travail d St doit être positif. Le changement d’état qui peut avoir lieu à la température T sous la pression p dp doit être tel que le travail non compensé d€ soit positif.
- Le sens du changement d’état dépend du signe de chacun des facteurs v0 — v, et dp. Deux cas peuvent se présenter :
- i° La pression augmente : dp > o.
- Pour que le travail non compensé d% soit positif, il faut que v0 — vt soit positif. Le seul changement d’état qui puisse se produire est celui qui s’effectue avec diminution de volume. La condensation de la vapeur en offre un exemple.
- 2° La pression diminue : dp < o.
- Pour que le travail non compensé d& soit positif, il faut que v0 — v, soit négatif. Le seul changement d’état qui puisse se produire est celui qui s’effectue avec accroissement de volume. La vaporisation en offre un exemple.
- La théorie précédente permet de retrouver ainsi les propriétés relatives aux changements d’état irréversibles, obtenues par d’autres méthodes.
- {A suivre.) J. Moutier.
- SUR
- LA FOUDRE GLOBULAIRE
- Nous avons décrit, il y a quelques années, sous le nom à'étincelle électrique ambulante (*), un phénomène particulier produit par le passage d’un courant électrique de haute tension. Si on met un condensateur, à lame de mica très mince, en communication, par ses deux armatures, avec les électrodes d’une batterie secondaire de 800 couples, le condensateur peut être percé, en raison de la tension élevée du courant, et, comme dans ces conditions la quantité d’électricité est beaucoup plus grande qu’avec une source d’électricité statique, l’effet ne se borne pas à la production d’une étincelle bruyante; il se forme une petit globule incandescent, par suite de la fusion de la matière même du condensateur, et ce globule se meut lentement à sa surface, en suivant les points où la lame isolante qui sépare les armatures présente le moins de résistance, et en décrivant les plus capricieuses sinuosités (fîg. 1).
- L’expérience peut durer une ou deux minutes; elle ne cesse que lorsque la batterie s’est déchargée, au point que le globule ne puisse plus se maintenir fondu entre les deux armatures.
- Le mouvement lent de ce petit globule est accompagné d’un fort bruissement, et lorsque le
- (') V. Comptes rendus, t. LXXXVII, p. 325.
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- condensateur est rendu adhérent à la surface d’une plaque de caoutchouc durci, on entend un cri aigu et strident, semblable à celui que produit une feuille de métal ou de carton sciée ou déchirée par une roue dentée animée d’une grande vitesse. Le condensateur est, en même temps, scié et découpé à our sur tout le.trajet du globule étincelant (').
- La figure 2 présente un fac-similé des sillons irréguliers produits à la surface d’un condensateur par la marche du globule, à la suite de plusieurs décharges de la batterie.
- Nous avons signalé l’analogie de ces effets avec ceux de la foudre globulaire. Pour mieux imiter encore les conditions dans lesquelles se produit le phénomène naturel, nous avons augmenté dernièrement la tension de la source d’électricité dynamique, et mis en jeu le courant d’une batterie secondaire de 1 600 couples dont la force électromotrice, dans les premiers instants de la décharge,
- FIG* 1
- est.de 4000 volts environ. Supprimant, d’autre part, la lame de mica et les armatures métalliques, puisqu’il n’y a, dans l’atmosphère, que des masses d’air et de vapeur d’eau, nous avons opéré simplement avec des surfaces humides électrisées, séparées par une couche d’air. Ces surfaces humides étaient constituées par des tampons ou des disques de papier à filtrer humectés d’eau distillée (fig. 3).
- Dès qu’on met ce système en relation avec les pôles de la batterie, on voit apparaître une petite boule de feu qui court, de côté et d’autre, entre les deux surfaces, et présente des intermittences spontanées dans son apparition et sa disparition,
- (') Ce bruit aigu provient des vibrations de l’air emprisonné et des gaz comprimés, développés par la décomposition du caoutchouc durci, sous l’influence de la haute température développée ; on perçoit, en effet, l’odeur caractéristique produite par la combustion ou la volatilisation de l’ébonite. Nous avons observé, du reste, que des étincelles électriques nourries, telles que celles de la machine rhéostatique, éclatant entre deux plaques de caoutchouc durci, placées au-dessus et au-dessous des branches de l’excitateur, font entendre un claquement tout particulier qui est dû à la môme cause.
- pendant plusieurs minutes. Comme la batterie se décharge ainsi moins rapidement qu’entre des armatures métalliques, l’expérience dure en effet plus longtemps. Les intermittences proviennent de ce que, lorsque le globule de feu a desséché divers points des surfaces humides, par suite de l’effet calorifique qu’il produit, et fait disparaître là
- FIG. 2
- vapeur dont la présence diminuait la résistance de. l’intervalle entre les surfaces, le courant s’interrompt
- FlU. 3
- sur ces points ; mais l’effet reparaît alors sur d’autres points restés humides, et ainsi de suite.
- Ces expériences nous paraissent confirmer les explications que nous avons déjà données sur la foudre globulaire (‘), et nous croyons pouvoir en conclure aujourd’hui, avec plus de certitude, que la foudre globulaire est une décharge lente et partielle de l’électricité des nuées orageuses, lorsque cette électricité est en quantité exceptionnellement abondante, et que la nuée elle-même, ou la colonne
- (i) V. Comptes rendus, 3 mai 1875, 21 août 1876, 10 octobre 1877 et 19 août 1878.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’air humide fortement électrisée qui en forme pour ainsi dire l’électrode, se trouve très rapprochée du sol, au point de l’atteindre presque complètement ou de n’en rester séparée que par une couche d’air isolante de faible épaisseur.
- Dans ces conditions, le flux électrique, par suite de son abondance, ou plus exactement la matière pondérable qu’il traverse s’agrège, comme dans les expériences que nous venons de décrire, sous la forme d’un globe de feu. C’est en quelque sorte un œuf électrique, sans enveloppe de verre, qui se forme avec les éléments de l’air et de la vapeur d’eau raréfiés et incandescents. Ce globe fulminaire ne constitue pas une sorte de bombe chargée d’électricité ; il n’est point fulminant et dangereux par lui-même, comme le prouvent d’ailleurs les curieuses relations de Babinet et de divers observateurs ; car le moindre courant d’air suffit à le déplacer, de même que dans les expériences ci-dessus une faible insufflation sur le globule peut l’éloigner ou le faire momentanément disparaître ; mais sa présence est néanmoins redoutable, car il se produit à l’extrémité même de l’électrode nuageuse, ou sur 1 & point d'élection où elle exerce sa plus grande influence, et annonce une tendance à une décharge imminente.
- Si la couche d’air qui sépare la nuée du sol n’est point traversée, le globe de feu peut disparaître sans bruit, comme on l’a souvent observé, ou si une portion de la nuée orageuse s’abaisse vers la terre, sur un autre point, la foudre peut tomber plus loin, en même temps que le globe disparaît.
- Mais, si la couche d’air est percée, il en résulte naturellement, sur le point même où apparaissait le globe, une chute de foudre accompagnée du bruit du tonnerre, provenant, non de la faible quantité d’électricité renfermée dans la petite masse d’air raréfié et lumineux qui forme le globe, mais de la décharge brusque de toute l’électricité ou d’une grande portion de l’électricité contenue dans la nuée orageuse.
- La marche lente et capricieuse de ces globes fui-minaires s’explique, comme celle des globules de feu électriques produits dans les expériences ci-dessus, par les variations de la résistance de la couche d’air qui les sépare du sol, et par la tendance naturelle du flux électrique à chercher la ligne de moindre résistance pour son écoulement vers la terre.
- Quant aux globes de feu qui apparaissent quelquefois au sein des nuages eux-même$ par de violents orages, et dont Arago a relaté plusieurs exemples, l’expérience précédemment citée (fig. 3) en offre une image exacte, quoique très réduite, et il suffit de la voir pour se rendre compte du phénomène naturel.
- Ainsi peuvent s’expliquer les divers effets de la
- foudre globulaire ou tonnerre en boule, qui semblaient être une énigme, tant que l’on n’avait pour terme de comparaison que les effets des appareils d’électricité statique, dans lesquels la quantité d’électricité enjeu est trop minime pour présenter des phénomènes analogues, mais qui deviennent, au contraire, faciles à comprendre, en les rapprochant des effets produits par une source d’électricité dynamique, réunissant à la fois la quantité et la tension.
- Gaston Planté.
- QUELQUES APPLICATIONS MECANIQUES
- DE
- L’ÉLECTRICITÉ
- Les applications mécaniques de l’électricité se multiplient chaque jour, elles seront universelles dès que la solution du problème de la transmission et de la distribution de l’énergie électrique sera devenue véritablement industrielle.
- Plus maniables encore que les conduites de gaz, d’air ou d’eau sous pression, les fils électriques, débarrassant les ateliers de l’attirail encombrant et dangereux des transmissions, permettront de mieux utiliser l’espace par une répartition plus rationnelle des machines, dégagées de tout accessoire.
- L’électricité est, de plus, tout indiquée comme le moteur futur — propre, économique et sans danger— delà petite industrie ('); il en existe déjà en Amérique quelques applications heureuses (2).
- L’objet du présent article est de montrer, par quelques descriptions, avec quelle souplesse l’électricité peut s’appliquer à la conduite des machines-outils les plus diverses.
- MM. Standfield et Latimer Clark ont proposé une application très originale de l’électricité pour l'actionnement des machines-outils sous-marines destinées à faciliter le renflouement des navires. La ligure i représente une machine à percer de ce genre. Tout l’appareil est renfermé dans une enveloppe métallique étanche, remplie d’air comprimé
- (*) A titre de curiosité et comme analogie, on peut citer les nombreuses applications de l’électricité pour i’actionne-ment des petits instruments de la chirurgie dentaire très développée en Amérique, notamment les « Electric dental instruments » de Francis (brevet américain. 20390-1 858); Simmermann (21853); Bomvell (209006 et 22 85i); Green (159028,171 123, 173619); Spencer (175 189); Dexter (186 234); White (202 497) ; Paine (216 o55).
- (*) Magnetic Chucks, de Oakly et Sterne (137 875, i5 avril 1873). — Soudeurs (nos 232681 et 236972).
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- par le tube D, et calculée de façon à presque flotter dans l’eau; le foret est actionné directement par
- FIG. I. — PERCEUSE SOUS-MARINE DE CLARK ET ST A NDFIET.D
- FIC. 2. — RIVEUSE ÉLECTRIQUE DE R0WAN!|
- leur attraction magnétique. Si le navire est en bois, on peut facilement remplacer l’adhérence magnétique par des attaches ou des ventouses.
- Les riveuses et les poinçonneuses portatives paraissent se prêter avantageusement à l’application de l’électricité, pour les commander, soit directement, soit, comme l’a proposé M. Tweddell (*)
- FIG. 3. — PERFORATRICE ÉLECTRIQUE DE BALL !
- indirectement en agissant sur les soupapes qui leur distribuent l’eau sous pression (2). M.,/. Rowan, de Glasgow, a, plus récemment, construit l’appareil représenté par la figure 2, dans lequel une dynamo D soulève le marteau riveur à l’aide d’une came C, qui le laisse ensuite retomber et frapper par le rappel des ressorts R. La tôle à river est solidement
- une dynamo dont les armatures des électros, convenablement prolongées, adhèrent au navire par
- (*) Brevet 1 873, 7 mai 1880.
- (s) Revue générale des C/iemins}de fer, décembre i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- maintenue par l’attraction des électros A. Les commutateurs m permettent de commander la dynamo, de dégager ou d’attirer la tôle.
- Les applications mécaniques de l’électricité trouveront dans l’exploitation des mines un champ à
- peine détriché par quelques essais de traction mécanique (*), de ventilation séparée (2J, de signaux pour la commande des manœuvres et la surveillance des machines (3).
- FIG. 4 KT 5. — HAVEUSE ÉLECTRIQUE DE CHENOT
- \
- Les essais d’application des moteurs électriques à l’actionnement des perforatrices ont porté, pour lâ plupart, sur des appareils à rotation dérivés plus ou moins de la machine à diamants de Les-chot (‘). La rapidité de rotation des dynamos se
- (') Voir La Lumière Electrique des 8 décembre i883 et 5 juillet 1884.
- prête très bien à cette adaptation, qui paraît être
- (!) Mines de Saint-Etienne, de Blanzy et de la Péronnière. Comptes rendus de l’industrie minérale, 1882, p. 3 et 34; 1881, p. 23o; i883, p. 5. — De Zankrode. Société d’encouragement, 3e série, vol. X, p. 33o. — De Ilohenzollern. Lu-mière Electrique, 10 mai 1884, p. 234.
- (2) Jahrbuch fur die Berg., i883, p. 3o. Mém. de Foster
- (3) Lumière Electrique, 22 déc. i883, p. 523.
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- le mode le plus simple, et dans bien des cas, le plus efficace, d’application de l’électricité aux perforatrices.
- M. E. Bail, de Philadelphie (1880), s’est, au contraire, inspiré, comme Siemens et Deprez, pour la construction de sa perforatrice électrique, des appareils ordinaires à air comprimé si nombreux aujourd’hui; il s’est contenté (fig. 3) d’y remplacer l’action de l’air sur le piston par celle de deux solé-
- noïdes C et D sur une armature D\ Les deux bobines sont montées sur un même bâti, le fil de D aboutit au contact g' et celui de C au contact g; ils sont reliés à une même dynamo génératrice.
- Lorsque les pièces occupent les positions indiquées sur la figure 3, le courant passe de la dynamo à la terre par la bobine C, le contact g, la pièce mobile ou commutateur I, le taquet e et la tige du perforateur. L’armature D', attirée par C,
- FIG. 6.
- HAVEUSE ÉLECTRIQUE DE BOWEP, PFLAUM ET TENNET
- remonte jusqu'à ce que le taquet é vienne frapper I, et l’amène au contact de g1. C’est alors la bobine D qui reçoit le courant et rabat l’armature D', ajoutant ainsi, à l’effet de son poids, celle d’une attraction énergique.
- Le bâti B porte un dash-pot d, amortissant par la résistance de l’air le lancé de l’armature D', à sa montée.
- La haveuse électrique de M. Ghenot, construite à Paris par M. Piat, reçoit son mouvement (fig. 4 et 5) d’une machine Gramme, dont l’axe commande
- la manivelle N du marteau par les tambours de friction L L' et les poulies M M'. Les tambours L' sont appuyés sur L par le jeu facile à saisir de l’arbre excentré P, dont il suffit de lâcher la manette P' pour séparer L de L' et arrêter le marteau.
- L’ensemble de la machine reçoit en même temps, et à la main, par le treuil à chaînes C, un mouvement de translation sur les rails a, devant le front de taille.
- La bielle du marteau n’actionne pas la mèche X
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- directement, mais par l’intermédiaire de deux pistons solidaires T et T', mobiles dans le guide cylindrique S, qu’ils attirent et repoussent par la compression des matelas d’air a et a'. Cette combinaison, appliquée depuis longtemps déjà aux
- marteaux à forger, épargne les mécanismes, et donne , un coup ferme , sans aucun rebondissement, intermédiaire entre le choc proprement dit d’un marteau rigide et un écrasement très énergique.
- FIC. 7. — MACHINE d’oLSEN. — DIAGRAMME DU CIRCUIT
- La manivelle A permet de faire avancer à la main l’ensemble de la machine vers le front de taille, par l’engrènement de la roue K! avec une crémaillère parallèle à S.
- La machine de MM. Boiver, PJlaum et Tennet (fig. 6) est fondée sur un mode de transformation électrique assurément inférieur. La dynamo généra-
- trice transmet son courant alternativement aux électros CC ou C'C', de manière que l’armature D, mobile autour de E, communique par F un mouvement de va-et-vient au quadrant G. Les ressorts P et P' ont pour objet de régulariser l’action des deux paires d’électros CC et C' C', en restituant, pendant la course active de G, une partie de l’éner-
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- /-V.
- FIG. 8. — MACHINE A ESSAYER D’OLSEN. — ENSEMBLE
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- gie dépensée en excès pendant la course de re- I L’alternance des courants dans les électros s’o-tour. I père (fig. 12) au moyen d’un commutateur S actionné
- û û
- O ET II. — DÉTAIL DU FLEAU
- par la haveuse H au moyen de la bielle T, reliée par R à la dynamo génératrice Q, et par U et Y aux électros C et C\
- La machine à essayer la résistance des métaux d'Olsen (1), construite par Fairbanks, permet, grâce à l’emploi de l’électricité, d’enregistrer automatiquement la résistance et l’allongement des éprouvettes.
- Tant que l’éprouvette S (fig. 7) n’est pas brisée, le courant de la dynamo G, traversant les électros K, maintient la courroie / sur la poulie motrice; dès que l’éprouvette est rompue, l’armature de K cesse d’être attirée, le poids p ramène la courroie sur les poulies folles, et la machine s’arrête d’elle-même.
- Les allongements de l’éprouvette sont transmis parla corde y, à tendeur y', au crayon v, qui trace sur le cylindre enregistreur la courbe des résistances.
- Le fléau de la machine est représenté en détail par les figures 9, 10 et 11 ; il porte deux poids, g3 et gi> g’. est dix fois plus lourd que g3. Le fléau g porte en outre deux contacts à mercure i5-iô et 13-17 (fig. 7). Lorsque l’éprouvette s s’allonge, le fléau g s’abaisse, le courant passe par la coupe 17, dans l’embrayage magnétique f2, dont l’arbre est
- (•) Brevet américain 228 214, juin 1880 — et l’ouvrage de A. V. Abbott. Testing Machinery... Van Nostrand, Scien-tific Sériés, 1884.
- mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie : cet embrayage fait alors immédiatement tourner
- FIG. 12, - HAVEUSE DE TENNET. — DIAGRAMME DU CIRCUIT
- l’arbré r, par p’, de manière qu’il ramène en arrière, par q, le poids g3, et rétablisse automatique-
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- ment l’équilibre et l’horizontalité du fléau. Lorsque le fléau est horizontal les contacts 16 et 17 sont rompus et le poids g3 reste immobile. Quand le fléau monte c’est la coupe 16 qui fait contact ; le courant enclenche le débrayage t3, qui fait tourner r en sens contraire, par la courroie croisée p3, de manière à avancer le poids g3 jusqu’à rétablir de nouveau l’équilibre.
- ! Lorsque le poids g3 arrive au bout du fléau, il fait passer, par le commutateur zt (fig. 11), un courant dans l’aimant o3, qui enclenche la transmission du gros poids g,t et le déplace, par o’ o, d’un dixième de la longueur du fléau, équivalente au parcours total de g3. Il en résulte que le fléau surchargé s’abaisse immédiatement, et reste abaissé jusqu’à ce que le mécanisme du contact
- SlsIllHlj
- O
- PIG. l3 ET 14. — CYLINDRE ENREGISTREUR
- 17 ait ramené le petit poids g3 à l’origine de sa course.
- Les mouvements du fléau ajustent donc automatiquement la tension de l’éprouvette par son allongement.
- On voit enfin sur la figure 7 comment l’arbre r communique au cylindre enregistreur une rotation à droite ou à gauche, proportionnelle aux déplacements des poids sur le fléau. Il en résulte que le style v trace, sur ce cylindre une courbe dont les ordonnées sont proportionnelles aux allongements de l’éprouvette et les abscisses à sa tension.
- Ainsi que l’indiquent les figures i3 et 14, l’entraînement du cylindre enregistreur a lieu lui-même par un embrayage magnétique z3. Le fil y est aussi relié à l’éprouvette s par une pince électrique z z', avec arête coupante w, permettant de déterminer exactement la longueur utile de l’éprouvette.
- Lorsque l’éprouvette se brise l’amature z’ se détache, laissant le contre-poids y' ramener le style v au zéro; l’embrayage z3 se déclenche et toute la machine s’arrête.
- On peut d’ailleurs faire manœuvrer l’appa
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- àq6
- reil enregistreur à distance de la machine à essayer, au moyen des mécanismes représentés par les figures i5 à 18.
- Le poids de l’appareil représenté sur la figure i5 a la forme d’une boîte en bronze munie d’un
- FIG. 15. — FLÉAU A POIDS AUTOMATIQUE A DISTANCE
- mouvement d’horlogerie actionné par le courant des contacts à mercure du fléau, et faisant tourner à droite ou à gauche un pignon en prise avec la Crémaillère très fine du fléau. Ce poids se déplace donc, comme dans le cas précédent, automatique-
- ment le long du fléau ; la difficulté du problème consistait à établir un synchronisme entre le mouvement de ce poids et la rotation du cylindre enre-
- I1G. Itî. — ENREGISTREUR A DISTANCE
- gistreur, placé à distance. L’artifice adopté consiste dans l’emploi d’un interrupteur circulaire
- FIG. 17 ET l8. — MÉCANISME DE l/ENREGlSTREDR A DISTANCE
- attaché à l’un des axes du mécanisme du poids, interrompant et rétablissant n fois le courant des contacts à mercure, pour un parcours donné du
- poids. Ces interruptions sont transmises, suivant que le fléau est abaissé ou soulevé aux électros a! •ou£'(fig. 17 et 18), du cylindre enregistreur, (fig. 16)
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- qui le font tourner à droite ou à gauche, par la prise de leurs cliquets avec les roues a ou b.
- Gustave Richard.
- APPLICATION DU CALORIMÈTRE
- • ; a l’étude bu
- COURANT ÉLECTRIQUE
- Cinquième article. ( Voir les numéros du 26 avril, du 10 mai du 28 juin et du 26 juillet 1884.)
- DE L’ORIGINE DE LA CHALEUR NON TRANSMISSIBLE
- AU CIRdUIT EXTÉRIEUR D’UNE PILE HYDRO-ÉLECTRIQUE.
- L’expérience nous a démontré que la quantité de chaleur produite par le passage d’un courant électrique à travers un arc interpolaire est toujours complémentaire, quel que soit le genre des résistances composant cet arc, de la quantité de chaleur accusée par le calorimètre qui comprend la source.
- Mais, comme nous avons eu l’occasion de l’observer, de ce que la somme des calories trouvées dans toutes les parties d’un système électrique complet, comprenant une source et un circuit extérieur est toujours la même pour une réaction chimique, s’effectuant entre des éléments d’un poids invariable, quelle que soit du reste la durée de cette réaction, il ne s’ensuit pas forcément que l’énergie totale engendrée se distribue proportionnellement aux résistances partielles ou fictives qui forment le système.
- Si nous rapportons, avec Favre, toutes les expériences à une réaction chimique unique : la sulfatation d’un équivalent de zinc exprimé en grammes, ou ce qui revient au même, le dégagement d’un gramme d’hydrogène, nous pourrons établir un terme de comparaison entre elles et en déduire toutes les conséquences qui se rattachent au sujet que nous traitons.
- Lorsque nous fermons en court circuit cinq éléments Smée, compris dans un calorimètre, la quantité d’énergie totale engendrée est représentée par 18680 calories, pour un dégagement de i8r d’hydrogène. La résistance extérieure est nulle dans ce cas et la quantité de chaleur reste confinée en totalité dans les éléments.
- Si nous fermons la pile au moyen de résistances de plus en plus grandes, extérieures au calorimètre, la quantité de chaleur confinée dans la source devient de plus en plus faible, mais elle s’arrête à une limite, quelle que soit la résistance extérieure.
- Nous avons donné déjà des exemples de ce phé-phénomène.
- La quantité totale d’énergie Q engendrée par une source peut se diviser, pour certain cas, en deux énergies bien distinctes: l’une q, qui reste confinée dans la source même, quelle que soit la résistance extérieure du système, l’autre qt qui se distribue dans le système proportionnellement aux résistances de chacun des points considérés, la source étant comprise dans cette distribution par sa résistance propre.
- Nous aurons constamment pourune réaction chimique déterminée
- Q = <7 + tfi-
- Nous verrons plus tard que la force électromotrice de tout élément de pile est proportionnelle seulement à la quantité d’énergie partielle <7, et non à la somme totale de l’énergie Q engendrée par la source; ceci du reste est évident à priori.
- Favre avait tiré toutes ces observations d’un certain nombre d’expériences effectuées dans le but d’étudier la manière dont se distribuait, dans un moteur Froment, l’énergie fournie par une source d’électricité. Nous avons parlé de ces expériences dans un de nos articles précédents.
- Ce savant entreprit une nouvelle série de recherches particulières aux phénomènes qui forment le sujet de cet article.
- Il faisait fonctionner dans un calorimètre une batterie composée de cinq couples Smée, communiquant avec une boussole des tangentes de résistance connue et un rhéostat formé avec le même fil de platine d’un diamètre de omm22Ô7, enroulé sur deux bobines, à la façon du fil de cuivre dans le rhéostat de Wheatstone.
- Les résultats des expériences étaient calculés pour une même réaction chimique; celle qui donne lieu au dégagement de i8' d’hydrogène, correspondant par conséquent à la production de 18680 calories.
- Ils sont contenus dans le tableau suivant.
- Dans les séries A, B, C du tableau, l’eau acidulée était renouvelée à chaque opération.
- Le liquide renfermé dans les cinq éléments Smée avait un volume de 450 centimètres cubes, soit 90 c. cubes par élément.
- Le poids total de l’acide sulfurique monohydraté compris dans les cinq couples considérés était de
- 526>-65 pour la série A.
- 26 32 — B.
- i3 16 — C.
- Dans la série D, le même volume d’eau acidulée (45o0C) contenait d’abord 528r65 d’acide sulfurique monohydraté comme dans la série A. Mais l’acide
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- n’était renouvelé qu’après un grand nombre d’expériences.
- Le liquide devenait de plus en plus pauvre en acide, mais s’enrichissait de sulfate de zinc.
- Le premier résultat de la série D correspond à une expérience où une partie de l’acide avait déjà été remplacée par une proportion équivalente de sulfate de zinc.
- Les résultats suivants correspondent à un liquide de plus en plus riche en sulfate de zinc.
- Dans chacune de ces expériences, comme dans celles des séries A, B, C, la résistance intérieure de la pile R était évaluée en longueur du fil de pla-
- tine d’un diamètre identique à celui qu’on a noté plus haut.
- La première colonne donne la valeur de cette résistance pour chaque expérience et celle des résistances extérieures r accusées par le rhéostat, non compris dans le calorimètre.
- La deuxième colonne comprend les quantités de chaleur accusées par le calorimètre et par conséquent celles qui restent confinées dans la source.
- La troisième, les calories représentant le complément du nombre inscrit dans la première colonne.
- La somme de ces deux chiffres est toujours égale à 18680 calories.
- RESISTANCES CHALEUR accusée par le calorimètre CHALEUR hors du calorimètre CHALEUR totale du circuit (R + r) CHALEUR coniinée tangentes des déviations DURÉE de l'expérience en minutes
- j Il) Pile seule c, . . 1 (2) Boussole et fil I4“m R _ 3) V= IOOO-H . •> — c „„ . , 1 (4) V — 2000ram Acide — 52* ,65 1 — ^nnnmiu 1 (6) v — 6ooomm 18680 14582 5045 4235 3671 3297 4098 i3635 14445 i5oog 15383 14635 14126 14705 15144 15475 4045 4554 3975 3536 3205 2,7475 0,i3i8 0,0743 o,o375 0,0262 22 328 582 1082 1542
- Série B R — 54mm (7) v — iooomm Acide = 26s*', 32 5855 12825 13588 5i62 0,123b 355
- Série C ( (8) v — iooo"1111 R — 7omn» ] (9) v — 2000mul Acide — i3sr,i6 ( (10) r — 4000™“' 6980 6403 5807 11700 12277 12873 I25ig 12707 l3og8 6161 5973 5582 0,1157 o,o635 9,0332 375 664 1242
- rs=§6- 1(II) ! vi=4Sœo-: : :j 4331 (avec acide neuf)\ (12) j ' j 4651 d3) ?=»:’i 84‘° Acide variable. r = ÎS£» ! ! j \ | v ~ 4000mm. . 0 14349 14029 10270 11995 14528 13246 11359 12312 4152 4434 7321 6468 0,0884 o,o375 0,1204 0,0322 1115 1156 374 1256
- Elle correspond à la sulfatation d’un équivalent de zinc exprimé en grammes.
- Connaissant la quantité de chaleur complémentaire de celle qui est confinée dans la source, quantité correspondant à une résistance extérieure r, on pouvait calculer celle qui est proportionnelle à une autre résistance (R-j-r).
- R est la résistance intérieure de la source.
- (R-f-r) la résistance totale par conséquent.
- La quatrième colonne comprend l’énergie partielle transmissible qu dans le circuit dontlarésis-tance est (R-j-r).
- La cinquième colonne le complément des nombres inscrits dans la quatrième colonne, pour parfaire le chiffre 18680 : le complément représente l’énergie partielle q non transmissible au circuit.
- De l’examen de ce tableau Favre tirait les observations suivantes :
- i° Malgré la longueur du fil extérieur qui rend pour ainsi dire négligeable la résistance de la pile en présence de celle de l’arc interpolaire, il y a toujours une quantité de chaleur qui n'est pas transmissible au circuit.
- 20 La chaleur non transmissible au circuit (série A) varie peu. Elle devient de plus en plus faible à mesure que la résistance du circuit extérieur devient plus grande.
- Rappelons que l’énergie qui reste confinée dans la source se compose de deux quantités de chaleur.
- L’une provenant de phénomènes qui suivent la loi de Joule doit aller en diminuant à mesure que la résistance extérieure augmente.
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- L’autre qui ne se produit qu’en local et qui devrait rester constante, quelle que soit la résistance extérieure pour une même réaction chimique.
- Nous donnerons plus tard l’explication de cette variation qui parait anormale, ne s’effectuant, du reste, que pour des résistances extérieures considérables et au moment où la pile est très riche en sulfate de zinc.
- 3° Lorsque la nature du liquide varie, la valeur de R, résistance intérieure de la pile, varie également.
- Dans la série C, la résistance R des éléments est supérieure à la résistance correspondante de la série A.
- La chaleur transmissible est plus faible et par suite plus grande la quantité d’énergie non transmissible au circuit.
- Cette dernière va du reste en diminuant comme dans la série A, à mesure que la résistance extérieure augmente.
- 40 Comparons les résultats des expériences (7) de la série B et (i3) de la série D.
- Les éléments qui composent la source renferment la même quantité d’acide sulfurique libre, dans chacune de ces deux observations.
- Le n° 14 de la série D contient en plus une quantité de sulfate de zinc équivalente à son acide sulfurique libre.
- On remarque que les quantités de chaleur non transmissibles au circuit diffèrent sensiblement, ainsi que la résistance intérieure des éléments et la composition du liquide excitateur.
- Bien que ce tableau indique la marche générale du phénomène, les expériences sont trop restreintes toutefois pour être en droit d’en tirer une loi qui permette de prévoir d’avance ce qui se passera dans chaque cas particulier.
- La non transmissibilité dans le circuit d’une certaine quantité de l’énergie engendrée par une réaction chimique donnée, est démontrée.
- Cette quantité de chaleur qui reste en local dans la pile ne peut s’expliquer par un accroissement subit et inconnu de la résistance intérieure de la source.
- Elle provient de réactions secondaires que nous étudierons prochainement, ne contribuant pas à la création de la force électromotrice ou n’y contribuant qu’en de très faibles proportions, lorsque la réaction se ralentit, par exemple.
- Le phénomène paraît très complexe, et si nous ne parvenons pas à l’étudier complètement avec les travaux de Favre, nous en connaîtrons au moins la nature. Quant à sa marche, on voit, à priori, qu’elle doit être très irrégulière, et sans doute la force électromotrice dépend aussi de la régularité de ces réactions secondaires et du milieu où elles s’opèrent.
- (A suivre.)
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE LA
- BRASSERIE-RESTAURANT KRASNOPOLSKY
- A AMSTERDAM
- Les applications de la lumière électrique tendent à se répandre de plus en plus dans tous les établissements où se réunissent un grand nombre de personnes, et l’on ne saurait trop encourager les améliorations si salutaires apportées par le nouvel éclairage au point de vue de la santé publique.
- Diverses salles de spectacle ont adopté depuis longtemps les procédés nouveaux; les grands magasins, les bibliothèques, les musées suivent peu à peu le mouvement; malheureusement, depuis les premiers essais tentés à Paris, c’est presque toujours à l’étranger que nous devons chercher des applications vraiment pratiques pour en donner la description à nos lecteurs.
- Les salles de cafés, restaurants ou brasseries qui dans tous les centres de population sont presque toujours encombrées et où des milliers de personnes passent une partie de leur existence, devraient surtout se préoccuper davantage des questions d’hygiène qui sont la plupart du temps absolument méconnues. Notre capitale elle-même, si fière de sa réputation pour le luxe et le bien-être qu’elle est censée offrir à ses habitants et surtout aux visiteurs qui accourent de toutes les parties du monde, présente, au point de vue de l’éclairage des salles de réunions, des dispositions tout à fait défectueuses. Deux ou trois à peine ont essayé l’éclairage par l’électricité et ces essais ont été abandonnés, après une durée de fonctionnement assez limitée. Les magasins de nouveautés tels que le Louvre et le Printemps ont seuls persisté dans la voie du progrès et leurs éclairages installés avec des systèmes déjà anciens, donnent pourtant les résultats les plus satisfaisants. Mais les principaux restaurants et les grands cafés de la capitale du monde civilisé, qui tiennent certainement à la célébrité internationale qu’ils ont acquise, continuent à asphyxier leur clientèle par les émanations du gaz ou tout au moins par l’air vicié qui résulte inévitablement de ce mode d’éclairage. C’est surtout pendant des étés comme celui que nous venons de traverser que le séjour des cafés et restaurants parisiens devient un vrai supplice et que la population avide d’air respirable se porte en foule dans les établissements installés en plein vent, puisque aucun industriel n’a encore été assez bien inspiré pour organiser des salons où le public puisse venir se rafraîchir et se réconforter, sans s’exposer à trouver une atmosphère surchauffée et privée de la majeure partie de ses éléments respirables. Le
- Adolphe Minet.
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- I.E RESTAURANT KRASNOPOLSKY ECLAITlÉ A LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- nouvel éclairage n’est du reste pas seulement utile au bien-être et à la santé publics, mais il a le grand avantage de ne pas détériorer les décorations souvent très luxueuses que certaines maisons parisiennes de premier ordre ont fait exécuter à grands frais. Au point de vue spécial dont nous venons de parler, on peut se rendre compte des effets déplorables produits par le gaz sur les décorations artistiques, en visitant le foyer du Grand Opéra où les admirables peintures de Baudry sont à peine visibles maintenant sous la couche de noir de fumée qui en atténue tous les effets et par suite des émanations qui produiront vraisemblablement des actions chimiques funestes sur les couleurs employées.
- Nous avons dit en commençant que, si les applications d’éclairage électrique étaient devenues bien rares à Paris, elles se qiultipliaient, au contraire, dans toutes les grandes villes de l’étranger, et comme nous avons décrit, dans ce journal, les diverses tentatives faites dans les théâtres, les musées3 les bibliothèques ou tous autres lieux fréquentés le soir par un public nombreux, nous tenions à signaler l’innovation faite à Amsterdam pour l’éclairage du café-restaurant de la Société Krasno-polsky.
- C’est au moment de la récente Exposition qui a eu lieu en Hollande, que le vaste établissement de la rue Warmoestraat a commencé à posséder la lumière électrique dans ses deux principales salles : celle du café qui donne sur la rue et celle du restaurant qui se trouve à la suite, en arrière, et vient s’ouvrir, par un large portique, sur une cour et un jardin. Le dessin pittoresque ci-contre représente cette seconde salle, construite un peu dans le style de nos gares de chemins de fer, mais décorée avec un grand luxe d’arbustes et de fleurs et qui présente surtout des dimensions assez étendues pour fournir aux visiteurs une consommation au moins aussi utile à l’existence que les mets les plus copieux et les boissons les plus rafraîchissantes, c’est-à-dire de l’air bien pur à discrétion.
- Pour que cet air conserve ses qualités pendant que la foule se presse autour des tables et alors que tout resplendit de lumière, c’est aux procédés électriques que l’administration de l’hôtel, dont fait partie le restaurant en question, a eu soin de s’adresser. Au commencement, l’installation de l’éclairage a été faite exclusiyement avec des lampes à arc; mais on a trouvé que ces foyers, pourtant suffisamment intenses, ne donnaient pas partout une lumière assez homogène, à cause de leur divisibilité insuffisante, et par suite des ombres portées violentes que produisaient tous les objets se trouvant dans l’axe de la projection lumineuse ; aussi s’est-on décidé à restreindre le nombre des premiers foyers produits par des appareils Siemens et à disposer tout autour de la salle et sur des lustres,
- suspendus à la voûte en arceaux de fer, une quantité de lampes à incandescence du système Edison entourées de tulipes en verre opalescent.
- L’effet produit par cette transformation est vraiment on ne peut plus réussi, car,’ avec tous les avantages hygiéniques de la nouvelle lumière, le séjour dans le restaurant est une vraie fête pour les yeux, ce qui dispose très favorablement les convives aux jouissances gastronomiques.
- C.-C. Soulages.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- l’éclairage électrique a berlin. — Le public de Berlin a répondu à l’invitation de la Société « Stædtische Electricitæts-Werite », et il s’est trouvé un grand nombre de personnes demandant à participer à l’éclairage électrique projeté. Mais il est probable qu’un an s’écoulera avant que la Société soit en état de fournir de la lumière.
- Son premier établissement Markgrafen-Strasse,44, qui occupe une situation bien avantageuse vis-à-vis du Geusdarmen-Markt et tout près des Théâtres royaux — vient de recevoir la concession des autorités. Il n’est pas étonnant que la concession se soit fait attendre, vu l'hésitation naturelle à sanctionner l’installation, dans une rue fréquentée, d’un dépôt de machines représentant une force de i ooo chevaux.
- La Société se propose d’ailleurs d’étàblir trois usines supplémentaires, mais elle aura certes besoin de sept à huit nouvelles stations, si elle veut fournir la lumière au terrain entier mis à sa disposition.
- L’établissement dans la rue Frédéric, tout près de Unter den Linden dont j’ai parlé il y a quelque temps, n’a pas encore passé de la Société Edison à la « Berliner-Stædtische ElectricitætsWerke »,bien qu’une telle cession ait été prévue et arrangée dans le contrat entre les deux Sociétés. Pour le moment, la « Edison Gesellschaft » et l’autre Société continueront leurs opérations indépendamment l’une de l’autre.
- Les travaux de la première cependant ne peuvent être que bien limités, vu qu’il lui est défendu de conduire ses fils à travers les rues, et le réseau entier ne doit pas dépasser le pâté de maisons limité par la rue Frédéric, Unter den Linden, la rue Charlotte et la rue Rosmarien.
- La municipalité se propose d’éclairer par l’électricité les grands marchés qu’elle est en train d’éle-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ver,— et j’espère bientôt en faire la description dans ce journal.
- • EXPOSITION d’un SYSTÈME D’APPAREILS HYDROPNEUMATIQUES A COMMANDE ÉLECTRIQUE POUR LA REMISE A L’HEURE ET LE REMONTAGE DES HORLOGES.
- — Il se trouve depuis quelques jours dans le grand jardin de l’hôtel Central une exposition d’horloges régularisées par l’électricité, dont le système est dû à l’ingénieur électricien bien connu Ch.-A. Mayr-hofer de Vienne.
- Pour introduire ces horloges à Berlin, un comité s’est formé et a engagé M. Mayrhofer, à combiner un système complet composé d’horloges de toutes les grandeurs.
- Dans ce système l’électricité n’est employée que comme première commande du travail, la force étant hydraulique. — L’eau, qui est sous pression, travaille à comprimer de l’air et cet air comprimé est conduit par des tuyaux de petite section aux mécanismes des horloges, qui se trouvent ainsi régularisées et remontées simultanément par voie pneumatique. Le présent système se distingue de ceux exécutés jusqu'ici par M. Mayrhofer et qui fonctionnent à Vienne à l’Université, à la Banque nationale, ainsi qu’à Paris sur les boulevards et dans quelques banques et édifices publics, principalement en ce qu’il n’exige pas un réseau pneumatique souterrain, et que les machines et pompes pour comprimer l’air cessent d’être nécessaires, puisque la force hydraulique de la conduite d’eau est toujours disponible.
- Dans ce nouveau système, chaque horloge de groupe sert comme horloge normale à toutes les horloges d’un carré de maisons par exemple. Elles sont jointes par des tuyaux minces, comme on les emploie pour les sonneries pneumatiques, à un tube de plomb, qui conduit à un réservoir d’air. L’horloge normale est jointe d’un côté à l’appareil de régularisation, et de l’autre elle se trouve, — comme toutes les horloges de groupe de la ville,
- — en rapport électrique axec une horloge centrale, laquelle, à Vienne, reçoit par voie électrique le temps normal de l’Observatoire. Ainsi toutes les horloges de groupe reçoivent des commandes électriques synchroniques, qui font agir des forces hydrauliques et par le moyen d’air comprimé remettent à l’heure et remontent presque simultanément toutes les horloges intercalées dans le réseau.
- Il est à noter que la vitesse de la transmission pneumatique n’est pas — comme la transmission électrique — indépendante de la distance à parcourir, de sorte que les horloges, qui sont le plus près de la source de force seront toujours régularisées avant celles qui sont plus loin. Cette condition exclut le système de toute application à des horloges astronomiques, qui exigent une transmission électrique; mais pour le service journalier
- d’une ville, les différences sont d’une importance tellement minime qu’elles peuvent être négligées sans qu’il en résulte aucun tort. M. Mayrhofer a mesuré la vitesse de transmission de la pression dans les tubes, et il trouve que dans un tube de 4 à 5ooo mètres elle est de 8 à g secondes.
- La perte de charge est très grande au passage d’un tube sinueux, et dans son exposition M. Mayrhofer utilise cette loi pour établir des rhéostats; il en intercale plusieurs dans la conduite pneumatique pour produire ainsi artificiellement l’influence qui résulterait d’une grande distance en tubes droits. Un de ces rhéostats est formé par une longueur de 35 mètres environ de tuyaux de plomb d’un centimètre de diamètre tournés en spirale. Dans ce rhéostat le retard de la transmission est de i : ioo, en sorte que dans cette spirale de 35 mètres la vitesse de transmission est la même que dans un tube droit du même diamètre et long de 3 5oo mètres.
- Y compris les six rhéostats, l’installation à l’hôtel Central correspond à un système de tubes de 2i,3 kilomètres, longueur qui ne serait atteinte dans aucun groupe d’horloges. Il y a 45 horloges intercalées dans le circuit pneumatique, mais on pourrait bien en ajouter d’autres. . '
- Quant au rôle que l’électricité joue dans le système, il consiste, comme je l’ai dit plus haut, à transmettre, au moyen d’un courant électrique, l’heure de l’horloge centrale aux différentes horloges de groupe. Ce courant excite un électro-aimant, qui attire son armature et par un jeu de leviers, ouvre des robinets et fait tomber des poids.
- Si par hasard la conduite d’eau est interrompue, un piston, qui n’est tenu en équilibre que par la pression de l’eau, descend, rompt un courant élec trique et annonce ainsi le cas à la station centrale.
- Je ne fais pas la description des parties mécaniques de ce système, elles ne présentent point d’intérêt électrique, bien qu’extrêmement ingénieuses.
- Dr Hugo Miciiaelis.
- Angleterre
- l’éclairage électrique des trains de chemins de fer. — La London, Brighton and South Coast Railway C° a fait preuve d’un esprit très entreprenant en adoptant la lumière électrique à incandescence pour l’éclairage de plusieurs de ses trains. Depuis près de deux ans les trains de luxe de la Compagnie sont éclairés au moyen d’accumulateurs chargés à un bout de la ligne et installés dans un fourgon spécial de manière à pouvoir alimenter les lampes pendant un grand nombre d’heures de suite. Cette méthode offre cependant quelques inconvénients et elle est de plus relativement
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- coûteuse. Il est évident que les déplacements fréquents n’ont pas pour effet d’améliorer les éléments, qui sont exposés à des accidents et qui sont assez difficiles à transporter. D’autre part, l’entretien d’un moteur et d’une dynamo spéciale, dans un local spécial et avec un employé spécial entraîne des frais très considérables. Depuis le mois de novembre dernier la Compagnie a donc essayé un autre système qui donne des résultats beaucoup plus satisfaisants.
- C’est le système que la Compagnie désigne sous le nom de Stroudley-Houghton; cette méthode consiste à garder les accumulateurs dans le train et à les charger avec une dynamo actionnée par l’un des essieux du wagon dans lequel elle se trouve. Le système est automatique et présente plusieurs détails originaux ; de plus, il ne demande aucune surveillance de la part du conducteur ou des employés du train. Il est également économique, parce que la force est fournie par l’essieu même entre des limites de vitesse déterminées d’avance et au moyen d’une transmission reliée à la poulie de la dynamo.
- Quand la dynamo n’alimente pas les lampes, l’accumulateur fourni par l’Electrical Power Sto-rage C° suffit pour absorber toute la production ou pour suppléer au courant produit autant qu’il est nécessaire pour l’alimentation de toutes les lampes. M. J.-W. Swan a adopté la même disposition pour l’éclairage de son nouvel hôtel à Brom-ley, Kent. L’accumulateur est assez grand pour aider la dynamo quand toutes les lampes fonctionnent et peut également fournir à lui seul le courant nécessaire pour le petit nombre de lampes dont on peut avoir besoin quand la dynamo ne marche pas, ou, en d’autres termes, pour les lampes allumées de temps en temps dans la journée ou au commencement de la soirée avant la mise en marche de la dynamo. Pour les trains, un éclairage de ce genre est nécessaire pendant le passage des tunnels ou par un temps de brouillard et ne demande pas un très grand accumulateur.
- MM. Stroudley et Houghton ont imaginé un appareil de contrôle par lequel la dynamo est mise hors du circuit dès que la vitesse du train ne suffit plus à produire la force électromotrice nécessaire pour charger les accumulateurs; on évite ainsi que les accumulateurs se ne déchargent à travers la dynamo quand la vitesse est réduite, de sorte que la force électromotrice de charge est moindre que la force contre-électromotrice de la pile. L’appareil empêche également la production d’un excès de courant si le train marche à une vitesse extraordinairement grande, de même qu’il excite les inducteurs avant la fermeture du circuit.
- Les lampes sont contrôlées par le conducteur du train qui les allume ou les éteint au moyen d’un
- commutateur à levier. La surveillance du système ne doit porter que sur un seul point encore, c’est-à-dire sur les balais de la dynamo, pour voir s’ils sont calés à l’angle voulu; mais on s’en assure généralement avant la mise en marche du train. Le système peut être renversé automatiquement et fonctionne sans être influencé par la direction dans laquelle marche le train.
- Un train express de Londres à Brighton vient d’être pourvu de ce système. Chaque compartiment contient deux lampes, de sorte que si l’une est brisée, l’autre fournira toujours une lumière suffisante. On a utilisé les anciennes lanternes des lampes à huile dans le plafond, pour y placer les foyers électriques qui peuvent être enlevés par un homme sur le toit de la voiture, comme auparavant.
- Le courant est fourni par une dynamo Brush à courant continu et par un accumulateur de 20 éléments Faure-Sellon-Volckmar installés dans le fourgon du frein. Les communications entre les voitures sont de nature à être facilement démontées. La force est prise sur l’essieu des roues qui portent les sabots du frein, mais on pourrait la prendre sur l’axe d’une roue quelconque de la voiture.
- Cette installation est peut-être la plus complète et la plus perfectionnée qui ait jamais été faite dans les trains de chemin de fer de notre pays, et il serait intéressant de connaître le prix de revient de cette lumière comparée avec l’éclairage au gaz ou à l’huile; mais jusqu’ici il a été impossible d’obtenir les chiffres nécessaires.
- Beaucoup dépendra naturellement du prix et de la durée des accumulateurs, le prix de la force étant peu élevé dans ce système.
- un filtre électrique. — L’idée de faire passer un courant électrique à travers l’eau pour l’oxygéner et, pour ainsi dire, la rafraîchir est probablement très ancienne, mais au mom'ent où le choléra fait des victimes en France et menace les autres pays en Europe, il convient de la mettre en lumière sans lui attribuer une importance exagérée.
- Il est probable que les 'microbes du choléra, delà fièvre typhoïde et des maladies de ce genre, pourront êtie détruits par le passage d’un courant électrique dans l’eau ou dans les liquides qui les renferment, mais le fait, si fait il y a, n’a pas été prouvé par des expériences, pas plus que la meilleure manière d’appliquer le courant. Il paraît probable que les courants alternatifs donnant une série de chocs rapides à l’eau seraient les plus efficaces pour tuer ces animaux directement ; mais on peut aussi arriver au même résultat avec des courants continus par la libération de l’oxygène naissant.
- On a, dernièrement, imaginé et construit un filtre sur ce principe à Londres. L’appareil se compose d’un vase en poterie renfermant des éléments po-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- reux placés dans du charbon de bois animal ou dans du fer spongieux. Des électrodes de charbon sont placées dans les éléments aussi bien que dans la masse de fer et de charbon de bois entre ceux-ci.
- Ces électrodes sont reliées aux pôles d’une pile Leclanché ou d’un autre système qui fournit le courant. L’eau est versée dans les vases poreux qu’elle traverse pour passer dans le charbon et le fer spongieux d’où elle est tirée par un robinet de la fqçon ordinaire. Le courant passe constamment dans la masse d’eau, entre les plaques de charbon de manière à l’électrolyser.
- En tout cas, que l’électricité soit efficace ou non, ce filtrage ne saurait nuire à la qualité de l’eau.
- encore une exposition. — L’éclairage électrique des fontaines et les autres illuminations dans les jardins de l’Exposition internationale d’hygiène, continuent à attirer la foule à Kensington pendant ces, belles soirées. L’exposition est un grand succès et on se propose déjà d’en faire une autre l’année prochaine au même .endroit.
- Ce sera une exposition internationale d’inventions divisée en deux groupes, le premier ayant trait aux appareils, outils, procédés et produits industriels, mines, génie, aérostation, hydraulique, électricité, etc., et le second comprendra toutes les inventions concernant la musique, instruments anciens et modernes.
- Comme on le voit, le programme est vaste et attrayant et l’exposition fournira aux ingénieurs de lumière électrique une nouvelle occasion de mettre leurs systèmes sous les yeux du public. D’un autre côté, il reste à savoir si le public ne s’intéresserait pas davantage à la lumière électrique, si on en faisait un étalage moins fréquent.
- La fontaine centrale à l’Exposition d’hygiène est maintenant éclairée par en dessous, au moyen d’une lampe à arc actionnée à la main. La lampe se compose simplement de deux charbons Siemens de i3mm à noyaux durs montés sur un cadre et pourvus d’un réglage à vis pour maintenir, à la main, la fixité de l’arc.
- La lampe est inclinée à un angle de 45° pour projeter la lumière de l’arc à travers un vitrage pratiqué dans le bassin de la fontaine tout près du tuyau d’où jaillit le jet d’eau. La lumière projetée en haut à travers le verre éclaire toute la masse d’eau qui monte et descend dans l’air et lui donne l’apparence d’argent liquide. Les rayons colorés d’une lampe à arc placée à une certaine distance donnent toutes les teintes de l’arc-en-ciel au jet de la fontaine.
- T. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Résistance d’un arc double coupé par un conducteur en parties quelconques, par M. Z. Fer-ranti.
- Il arrive souvent en télégraphie que l’on ait à déterminer la résistance d'un arc double AC (fig. 1),
- HO. I
- dans lequel il y a un fil conducteur B D qui coupe les arcs simples dont il est composé, en parties donnant lieu à l’inégalité
- AB > AD B C < D C
- Voici une solution élémentaire de ce problème :
- Soit AC (fig. 1) un arc doublé parcouru par un courant électrique dirigé de A en C, et soit B D le fil qui réunit deux points quelconques B et D.
- Au point B le potentiel électrique sera plus grand qu’en D, par conséquent le conducteur BD sera parcouru par un courant dirigé de B vers D, d’une intensité égale au rapport qui existe entre la différence de potentiel (B-D) à ses extrémités et sa
- FIG. 2
- propre résistance. Le potentiel du point D est cependant plus grand que celui du point C, donc entre B et C il devra exister un certain point où le potentiel électrique sera égal à celui de D.
- En supposant que ce point soit E, sans faire varier l’intensité du courant et par conséquent sans modifier la résistance du circuit, nous pourrons réunir entre eux les deux points D et E, et transformer l’arc double, comme on le voit dans la figure 2.
- Avec cette disposition, il est facile de voir que
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- le fil BD n'cst autre qu’une dérivation entre B et E | et que la résistance cherchée de l’arc double, dès qu’on connaît le point E, pourra être déterminée par les lois ordinaires des circuits dérivés.
- Pour trouver le point E, considérons que le potentiel D, étant égal à E, on aura, d’après la propriété du pont de Wheatstone :
- AB +
- BExBl) B E +13 0
- EC:: AU: DC
- Mais comme
- EC=BC—BE
- nous pourrons ecrtre :
- AB +
- BExBL) BE + BD
- : BC — BE::AL):DC
- et en représentant
- AB par a
- BC b
- Al) c
- DC d
- BD f
- BE x
- sera
- a+-^L- + x+f b — x—
- d’où il résulte
- cb— cr•
- - cr — rd — ad vl ebr—ard ^} -2 c } c
- Cette valeur doit toujours être positive ; si elle devenait égale à zéro, cela signifierait que
- AB AD BCDO
- Une valeur négative signifierait au contraire que
- Application. — Entfe Rome et Naples, on coi-respond par le Hugues, simultanément en sens in* verse sur un fil télégraphique de 2000 U. S- de résistance, avec le système de double transmission à pont de Wheatstone.
- Les côtés fixes de celui-ci sont de 800 et 1 200 U. S. La batterie est de 200 éléments, qu’on peut disposer à double surface ou en tension. L’appareil récepteur, placé sur la diagonale du pont de chaque bureau, a une résistance de 1000 U. S. qui peut être réduite à 1/4, c’est-à-dire à 25o U. S.
- Supposant que la force électromolrice de chaque élément soit de ivolt,07g ('), et la résistance intérieure de 14 U. S., on demande l’intensité du courant qui parcourt le fil multiplicateur de l’appareil récepteur dans les quatre dispositions qu’on peut avoir, en tenant la pile en tension ou en dérivation
- FIG. 3
- et l’appareil récepteur à résistance totale ou à un quart.
- A B A D BG^DC
- et dans ce cas le calcul devrait être considéré comme faux et recommencé, en posant
- AD = l7 AB c DC-iC BC=rf
- iro disposition (Pile en tension et appareil récepteur à résistance totale). — Déterminons en premier lieu la résistance 2 que doit avoir le rhéostat ou côté variable du pont, afin que l’équilibre existe dans la diagonale A B (fig. 3).
- A cet effet, considérons qu’on doit avoir
- La valeur de x, une fois connue, la résistance cherchée sera donnée par l’expression
- (a+ ,rh)c
- a+j+7x+c
- +
- (b-.x)J b — x yd
- AO : CB — z ’. L y.
- y étant la résistance du groupe récepteur, sera par conséquent
- y
- CB X s AC
- ou encore par celle-ci :
- ( a + -/r\. + 1’—•*)(<•’ + <t)
- R = ^-------------------L-------- - (2)
- a + + b — x + c + d
- parce que les deux conduisent au même résultat.
- En examinant la figure, on voit d’ailleurs que la résistance y de chaque groupe récepteur, n’est autre que la résistance d’un arc double BAT, BCT
- (!) La force électromotrice des éléments de la pile italienne est seulement de o,g5o volts.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- coupé par un conducteur A C qui le partage en parties qui donnent lieu à l’inégalité
- BA BC AT^CT’
- on aura donc
- BA=tf = iooo U. S.
- AT— b=z —
- BC=c = i20O —
- CT=rf=28co — (1)
- AC=/= 800 —
- En substituant dans les formules (1) et (2) à a, b, c, d,/les valeurs correspondantes, on trouvera et y en fonction de z et de quantités connues ; mais comme nous avons dit que
- nous répétons le même calcul en prenant pour c: la valeur trouvée, on obtient
- x= 113,8922 U. S. y—1884,1 —
- z— 2584 —
- Cette quantité diffère de si peu de la vraie valeur qu’on peut considérer l’erreur commise comme inférieure à une demi-unité, et nous la considérerons comme parfaitement exacte.
- La résistance de la valeur auxiliaire sera alors
- .v= 121,74 U. S. et celle du groupe récepteur
- 1889,19 U. S.
- CBX AT .
- y=—Kc------L’
- c'est-à-dire que
- on pourra donc établir une équation entre les deux expressions qui représentent la valeur de y, équation du 6° degré à une seule inconnue : z.
- De celle-ci on tirera la valeur cherchée du côté variable.
- A cet effet, il convient de suivre la méthode de fausse position, en imitant ainsi ce qui se fait en pratique, où on sait que pour déterminer la résistance du rhéostat, il faut régler l’équilibre du pont plusieurs fois et alternativement dans les bureaux correspondants.
- Commençons pourtant pardonner à s une valeur arbitraire et qui s’approche autant que possible de la valeur vraie.
- Faisons par exemple z — 2 5oo U. S. En substituant dans la formule (1) aux lettres les valeurs équivalentes, et en exécutant les opérations indiquées, on obtient
- x = 76,49 U. S.
- Une fois que l’on connaît cette valeur, qui peut s’appeler valeur auxiliaire, on aura celle de y àu moyen de la formule (2) exprimée par
- y = 1864,09 U. S.
- Et comme on doit avoir, afin que l’équilibre du pont existe,
- 800 : 1200 = 2: 2000 1864,09,
- on aura
- 2 = 2576 U. s.
- Cette quantité se rapproche plus de la vraie que celle que nous avons posée arbitrairement, et si
- (i) La résistance intérieure de la pile = 200X14 = 2800 U. S.
- En ajoutant à cette résistance celle de la ligne et du côté fixe le plus grand du pont de Wheatstone, on a la résistance r' d’une des ramifications entre lesquelles se bifurque le courant dans le bureau transmetteur, et on a
- r'=y + L + c= 1889,19 + 2000 -f-1200=5089,1911. S.
- La résistance r" de l’autre ramification sera représentée par le rhéostat z en même temps que le côté fixe le plus petit du pont, c’est-à-dire que
- r" — z +/= 2592 +800 + 3892 U. S.
- La résistance totale R du circuit extérieur sera
- r' r" __5089.19x3391
- r' + r" 5084,19 + 3391
- = 2035,36 U. S.
- Or, comme la résistance intérieure de la pile n r est de 2800 U. S., il s’ensuit que la résistance totale de tout le circuit est
- nr + R = 2800 + 2035,36=4835,36U. S.
- lesquelles réduites en ohms deviennent 4835,36 X 0,954=4612,59 ohms.
- L’intensité totale du courant sera exprimée en ampères par
- n E
- «r+R
- 200 X 1,079 4612,59
- = 0,04688 ampères.
- Maintenant, comme cette intensité se partage en parties inversement proportionnelles aux résistances des deux ramifications dans lesquelles elle se bifurque, il s’ensuit qu'il circulera vers la ligne un courant d’intensité
- T/ r" _ 200X1,079^ 3392___
- “’r' + r" 4612,59 "5.392 + 5089,19
- 0*01871
- Ce courant se divise encore dans le bureau récepteur en raison inverse des résistances
- (-
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 007
- et
- et comme on a
- (c + d)
- fx
- a + j-- + b — x — 3575,32 c + d = 4000
- il en résulte que c’est vers B A que circule un courant I" exprimé par
- c + d
- I" = I'X
- a-f
- c’est-à-dire
- fx
- f+ X
- -f- b — x -f- c d
- y, _ 200 X 3392
- 4612,5g ^3392 4- 5089,19 4000 .
- X^+35^3-2 = °A0I04°7
- qui est l’intensité cherchée du courant qui parcourt la diagonale du pont, c’est-à-dire l’appareil récepteur.
- 2e disposition (Pile à double surface et appareil récepteur à résistance totale).
- B A ^BC___a - c_1 000 , 1 200
- AT<'CT~ï<'S z~ ^Yôo
- En procédant de la même manière qu’aupara-vant, on trouve que
- S = 2032 U.S. x = 1171.87 — y = 1048 —
- r'—y + L -f £=1048 + 2000+ 1200=4248 U.S. ; r" = /+ c = 2032 + 3oo= 2832 U. S. ;.
- R =
- r'r". 4248x2832
- r' + r" 4248 + 2832 nr 200X14
- = 1609.2;
- = 700 U.S. C)
- + R = 700 + 1692,2 = 2399,2 U. S.,
- c’est-à-dire
- 2
- +R
- = 2282,16 ohms. 200
- == 1,079 2282,16
- = 0,04728 amp.
- I' = IX-
- X I,079
- > -r r
- I" = I'X
- 2282,16
- c+d
- X
- 2832
- 4248 + 2832
- = 0,91891
- X
- (a + jq” + b — x) +(c + d) 28.32
- ____________XX______________
- 4248 + 2832 2455,01 + 19c»
- iqoo
- 200w
- — X 1,079 2294,59
- 0,00825.
- C) Résistance intérieure de la pile à double surface :
- £x£ = «_r = 200X_M .as.
- 2244
- 3° disposition (Pile en tension et appareil récepteur à un quart de résistance).
- B A . BC____a . c__e5o > 1 200
- AT^ CT b^d 2^ 2800
- 2 = 226.3 U.S. x — 766,34 —
- y = 1394 —
- r'=y+ L + c= 1094 + 2000 + 1200 = 4594 U.S ; r" = 2 +/= 2263 + 800 = 3o63 U. S.
- R =
- 45')4 X 3o63
- r + r'
- = 1837,72 U. S. ;
- 4594 + 3o63 '
- « >• = 2800 U. S.
- n r + R = 2800 + 1837,72 = 4637,72 U.S.,
- c’est-à-dire
- n E
- = 4423,7 ohms. . 200 X 1,079
- n r + R 4423,7
- I' = IX —
- 200 X 1,079
- • r' + r" I" = I'X
- 4420,7 C + d
- X
- 0,04878 ampères; 3o63
- 4594 + 3o63
- - =OamP,01951
- {f “h f+x b X ) “h (<-' + d)
- 200 X 1.079 : 4456
- X
- 3o63
- ^ 4000
- X^c_ , = 0,01019amperes.
- 4594 + 3o63 3657 + 4000
- Mais comme l’appareil récepteur est disposé à un quart de résistance, le courant I" parcourra en même temps les deux bobines des électro-aimants : par conséquent l’intensité du courant qui parcourt le fil multiplicateur de chaque bobine sera :
- I" 0,01010
- = 0,005095 ampère.
- 40 disposition (Pile à double surface et appareil récepteur à un quart de résistance).
- BA^BC__æ^^25o 1200
- AT^ CTb ^ 1 ~z ^700
- 2 = 1824 U.S.
- X= 1382,54 •'
- r=735
- r=/ + L + c=735 + 2000+i200=3935 U.S.
- >-"=s+/= 18244-800 = 2624 U.S.;
- R— r'r" —3935x2624____' , u g
- 1 r' + r" 3935 + 2624 57 7 u-b‘
- 11 r _ 200X14.
- ^ 700 U.S.
- 11 r
- — + R=700.+1572.71 = 2272.71 U.S.-
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-
- 3o3
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- c’est-à dire
- -E
- —+R 4
- = 2168.16 ohms 200
- — XI.079 a„p. ~2iMTù~ — °-l9765 ;
- I'= IX77—j,=-r 4- r"
- i"=rx
- 2UO
- — X 1.079
- T______
- 2168.16
- cd
- ^ 2624
- X—, .— =0.019924
- 39.35 + 2624 ^ ^
- X1.079
- (* + f^c + l'--') + (c+‘l)
- 2624
- 2168.16
- X-
- 1900
- 0935 4* 2624 1198.21 4-1900
- I"=o.012218 ampères.
- Et comme en ce cas aussi l’appareil récepteur est disposé à un quart de résistance, le courant qui passe par le fil multiplicateur de chaque bobine sera :
- V 0.01221M
- — =--------= Ü.000*00.
- 2 2 *
- En résumant, on a :
- J DISPOSITION APPAREIL PILE INTENSITÉ totale du courant développé par la batterie INTENSITÉ du courant qui parcourt le fil de l’électro-aimant
- I rc A résistance totale En tension amp. 0,04688 amp. 0,01041
- oc A double surface 0,04728 0,00825
- 30 . A 1/4 de résistance En tension 0,04878 0,00509
- ’A double surface 0,04976 0,00611
- On voit que l’intensité totale du courant développé par la batterie est minima dans la première disposition et va en augmentant graduellement dans la deuxième, dans la troisième et dans la quatrième.
- Le courant qui passe dans le lildu multiplicateur de l’appareil récepteur, ne suit pas la même loi; on voit au contraire que quand l’appareil est disposé à résistance totale, le courant est beaucoup plus intense que celui qu’on obtiendrait s’il était disposé à 1/4, tandis que les résultats finaux diffèrent peu si on monte la batterie en tension ou en quantité. Néanmoins il est à observer qu’on obtient un effet un peu plus grand si on monte la pile en tension quand l’appareil récepteur est à résistance totale, tandis que si celle-ci est réduite à 1/4, il convient de monter la pile à double surface.
- En considérant la première disposition qui est
- la meilleure pour la correspondance, il en résulte que le courant qui parcourt le fil multiplicateur de
- l’appareil récepteur est de — 4 ‘03 (à peu près
- un cinquième) du courant total développé par la batterie.
- Ce courant correspond à celui qu’on obtiendrait sur le même fil télégraphique si on correspondait avec le Hughes simple seulement avec trente éléments en tension. (Il Telegrajîsta.)
- Sur un électrodynamomètre pour les courants alternatifs faibles, par M. le professeur Bellati.
- Si la mesure de courants électriques continus, quoique très faibles, est facile, il a toujours été difficile jusqu’à présent d’apprécier de faibles courants alternatifs tels par exemple que les courants téléphoniques. II est vrai que certains physiciens, en partant de considérations théoriques, ou en adoptant, comme l’a fait M. Galileo Ferraris ('), des dispositions particulières d’expérience, ont réussi à exprimer en nombres l’intensité des courants téléphoniques; mais les méthodes suivies par ces physiciens ne sont pas toujours applicables, ou nécessitent de très grands soins. La difficulté d'apprécier de faibles courants alternatifs dépend du manque d’un instrument ad hoc, en ce sens que l’électrody-namomètre qui mesure parfaitement les courants alternatifs de quelque intensité, n’est pas généralement assez sensible pour des courants faibles. Il faut peut-être excepter l’électrodynamomètre que MM. Siemens et Halske, de Berlin, ont construit en 1881 et qui est exclusivement destiné à de faibles courants. Celui-ci s’approche de la forme proposée par M. G. Frœlich (*) et peut indiquer les courants téléphoniques. Dès qu’il est soumis à l’action du courant produit par le son du sifflet qui se trouve appliqué à un téléphone Siemens, on observe une déviation correspondante à moins de 5oomm de l’échelle. De cet instrument, je n’ai pu me procurer que le dessin (3) et la description sommaire que donnent les suppléments des Annales de Wiedemann (*); je ne sais par conséquent jusqu’à quel point on peut en pousser la sensibilité, c’est-à-dire si on peut aussi s’en servir pour les plus faibles courants téléphoniques.
- M. Ader a aussi proposé un électrodynamomètre-balance pour la mesure des courants téléphoniques (5) ; mais je ne sais pas si ce rhéomètre a atteint une sensibilité suffisante.
- (') G. Ferraris, Sur l’intensité des courants électriques et des extra-courants dans le téléphone. (Alti R. Acc. di Torino, vol. XIII, 1878.)
- (*) Ppgg-> Ann. 143, page 643.
- (3) Fig. 19 du catal. A, de la maison Siemens et Halske. L’instrument coûte à Berlin 55o francs.
- (*) Vol. 5, page 203 (1881).
- (“) La Lumière électrique, n° 2, page 159 (1880).
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3og
- L’instrument queje propose est basé sur un principe nouveau, selon moi. 1
- Qu’on imagine que l’aiguille magnétique d’un galvanQmètre à réflexion soit remplacée par un petit morceau de fil de fer mobile dans un plan horizon-ta et qui, dans sa position d’équilibre, se place normalement au méridien magnétique. Dans ces conditions ce petit fil de fer est soustrait à l'influence du magnétisme terrestre, et s’il est de bonne qualité et a été bien recuit, il ne présente aucune trace de polarité magnétique.
- Après cela qu’on imagine que le plan des spires du fil qui enveloppe le cadre, forme un angle d’à peu près 45° avec le méridien magnétique et qu’on fasse passer dans le fil de cuivre un courant ; quelle qu’en soit la direction, il aimante temporairement la petite tige de fer et tend à la porter dans la direction normale au plan des spires. Par conséquent, lors même que les courants sont alternatifs, la direction du fil de fer a toujours lieu dans le même sens, comme cela arrive pour la bobine mobile d’un électrodynamomètre ordinaire.
- La simplicité de cet appareil provient de ce qu’on a supprimé la bobine intérieure des électrodynamomètres ordinaires et le système très compliqué de suspension qui l’accompagne. La bobine intérieure est remplacée par la courte tige de fer doux qui peut être suspendue au moyen d’un fil unique de cocon formant système bifilaire. La légèreté de toute la partie mobile contribue à rendre l’instrument assez prompt et sensible (').
- On pourrait croire que les magnétisations qui se succèdent dans le fil de fer ne suivent pas avec assez de promptitude les inversions du courant, mais la précision avec laquelle le téléphone transmet les sons porte à croire que, pour les courants assez faibles, le fer obéit promptement aux actions magnétisantes. Cela posé, si on suppose que pour des courants assez faibles, le magnétisme induit dans le fer soit proportionnel à l’intensité des courants magnétisants, la théorie de l’instrument paraît assez simple, et il reste seulement à voir quelle sensibilité on peut atteindre. A cet effet, j’ai fait quelques expériences avec un appareil qui était très imparfait. Comme il s’agissait d’un premier essai, j’ai eu soin de faire vite plutôt que de bien faire, et je n’ai pas suivi les règles bien connues pour la construction des galvanomètres ; règles qui, en général, servent aussi pour la construction de l’électrodynamomètre que j’ai imaginé. Je décrirai l’appareil que j’ai employé; on
- P) MM. Siemens et Italske ont également dans la construction de leur électrodynamomètre pour faibles courants, employé un faisceau de lil de fer : quand ce faisceau est introduit le long de l’axe de la bobine mobile, la sensibilité de l’instrument est doublée. Mais, à ma connaissance, personne n’a encore, jusqu’à présent, songé à supprimer la bobine mobile.
- verra qu’il est susceptible de bien des perfectionnements.
- Au lieu d’une petite tige de fil de fer, j’ai employé un petit faisceau de fils de omm,i5de diamètre, long. i7mm. Ces fils avaient été préalablement recuits avec soin. Au faisceau était joint dans sa partie supérieure un petit miroir assez léger, qui ne formait avec lui qu’un seul système. La suspension bifilaire, longue d’à peu près io cent., était composée d’un simple fil de cocon.
- Le cadre autour duquel est enroulé le fil de cuivre, avait une gorge de 38mm de longueur, et le creux cylindrique dans lequel était suspendu le faisceau de fils avec le petit miroir, avait un diamètre de 35mm. Le fil de cuivre, d’un diamètre d’à peu près 2mm, formait dans la gorge du cadre une couche d’à peu près 8mm d’épaisseur. La résistance de ce fil était de i85 U.S.; celle de la bobine du téléphone Siemens, avec lequel j’ai toujours fait mes expériences, était, au contraire, de ig5 U.S. L’orientation de tout l’appareil par rapport au méridien magnétique a été faite approximativement. Les lectures se faisaient avec une lunette et une échelle placées à une distance d’à peu près deux mètres.
- Comme il est facile de le voir, les conditions de l’instrument spécialement pour ce qui concerne la bobine n’étaient pas des plus favorables. Les résultats ont été néanmoins satisfaisants. En faisant sonner le sifflet qui est joint au téléphone Siemens, le faisceau des fils déviait de quelques dizaines de degrés, de telle sorte que l’appareil, tel qu’il était, ne se prêtait pas à des courants aussi forts. Même en parlant à voix base, en tenant le téléphone à la bouche, on obtenait une déviation appréciable. De la même manière on constata une déviation en criant à une distance de 5o cent, du téléphone et aussi en tenant l’embouchure du sifflet à 27 cent, de la lame du téléphone et en soufflant de manière à produire le plus faible son possible.
- Ces résultats, obtenus avec un instrument aussi grossier, me font espérer que dans de meilleures conditions et en adoptant dans le cas des artifices spéciaux bien faciles à imaginer, on peut construire un électrodynamomètre de grande sensibilité. Un tel instrument, outre qu’il facilitera l’étude des faibles courants alternatifs, pourrait avec avantage remplacer le téléphone dans les méthodes de mesure dites de réduction au zéro, dans lesquelles l’emploi du téléphone est souvent très pénible.
- Les expériences que je viens de décrire ont été faites par moi en collaboration avec les Drs Roma-nèse et C. Faé de l’Institut de physique, dirigé par le professeur F. Rossetti, de l’Institut de physique de la R. Université de Padoue. (Rivista scientifica industriale.)
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- 3io
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures faites dans les années 1880, 1882, 1883 et 1884 par le Dr H.-F. Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- (Suite)
- LES MESURES D’AOUT ET DE SEPTEMBRE l883 ET CELLES DE MARS ET D’AVRIL 1884
- Le montage des deux bobines qui devaient jouer le rôle de galvanomètre se faisait au moyen d’un socle en bronze muni de vis calantes. La partie supérieure de ce socle se termine par une surface absolument régulière cylindrique et ayant exactement le môme rayon que l’arête c}dindrique qui limite les parois latérales des spirales dans la direction radiale. Les deux bobines, une fois placées parallèlement l’une à l’autre sur le socle, de telle façon que la surface extérieure cylindrique des parois latérales de ces bobines vint appuyer en tous ses points sur l’excavation cylindrique ménagée dans le socle, on serrait en haut et en bas les deux pièces l’une contre l’autre au moyen d’étriers et de vis de pression en bronze; ces détails se voient clairement dans la figure 6. On poussait les bobines l’une contre l’autre jusqu’au moment où l’on était certain du contact des faces latérales internes. Deux gorges semi-cylindriques pratiquées dans ces parois en contact, et dirigées dans le sens des rayons, forment par suite de cet assemblage un canal cylindrique livrant passage au fil de cocon qui supporte l’aimant galvaDométrique; ce fil mesure 2 mètres de longueur environ, et occupe une position exactement symétrique par rapport aux plans moyens des deux spirales.
- Comme les dimensions des faces de meme nature sont égales dans les quatre bobines, à des quantités négligeables près, on peut indifféremment faire toute espèce de changement.
- Dans le galvanomètre, on employa tantôt l’une et tantôt l’autre spirale pour mesurer la quantité d’électricité induite. De temps à autre, on montait les deux bobines en série.
- Afin d’être à même de mesurer exactement l’intensité du courant inducteur, on eut soin de pratiquer dans le milieu d’une des parois latérales de chaque spirale une gorge de 2 millimètres d’épaisseur et de section semi-circulaire parallèle aux arêtes des faces latérales (fig. 3). Ces gorges servaient de logement à un fil de i,5 millimètres de diamètre, parfaitement isolé et bien adhérent en tous ses points au fond de la gorge. Deux paires d’encoches diamétralement opposées permettaient de déterminer rigoureusement au ca-thétomètre le rayon moyen de cet anneau de fil. La forme de ces anneaux était peu différente dé celle d’un cercle; c’est ainsi que les anneaux montés sur les spirales 3 et 4, qui servirent de préférence aux mesures d’intensité, donnèrent
- comme diamètre de ligne moyenne dans une première direction :
- Spirale 4 Spirale 5
- 75,568 c.m. 75,5oo c.m.
- et dans une direction perpendiculaire à la précédente :
- 75,520 c.m. | 75,496 c.m.
- Comme aimants galvanométriques, on fit usage de deux courtes lamelles d’acier ayant 3, 1/2 millimètres environ d’épaisseur, et une distance polaire de 3i et de 3i,6 millimètres; la double durée des oscillations se trouvait comprise entre 10 et 11 secondes pour l’un des aimants, et entre 20 et 26 pour l’autre.
- On eut soin de mettre le galvanomètre, la lunette pour les
- fig. 6
- lectures, ainsi que l’échelle, à l’abri de toute espèce de secousse. Les expériences se faisant au moment des vacances, alors que le bâtiment est absolument tranquille, on n’eut aucune secousse à craindre pour le fil de cocon du galvanomètre; ce fil était attaché au toit du laboratoire.
- Les circuits furent disposés de telle façon que dans la détermination de l’intensité du courant inducteur l’action électromagnétique des anneaux simples entrât seule enjeu; de même dans la mesure de la quantité d’électricité induite, le mouvement de l’aimant était uniquement fonction de la portion du double galvanomètre mise en expérience.
- Une partie du décrément logarithmique dépend de la résistance de l’air et des propriétés élastiques du fil de suspension, éléments sujets à des variations considérables et difficiles à introduire d’une façon précise dans le calcul, surtout lorsqu’on a affaire à des mouvements brusques, comme ceux qui prenaient naissance dans les mesures qui nous occupent; mais il faut remarquer que cette condition n’exerce aucune influence sur le résultat final des mesures. En effet,
- jamais au cours des expériences la valeur de e2 ne fut supé-
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3ii
- rieure à 0,0022, elle demeura toujours comprise entre o.ooio et 0,0022, et les 70 centièmes de cette valeur proviennent de l’action bien connue de l’amortissement électromagnétique.
- La mesure de la résistance du circuit induit fut effectuée en unités mercurielles, àl’aide d’un rhéostat à chevilles de la maison Siemens, dont les fils sont formés par un alliage de platine et d’argent. On n’eut jamais qu’à employer les sections de iOj, io2 et 20 unités.
- Des mesures répétées sur ces trois résistances, au moyen des trois reproductions (en maillechort) n° 2280, n° 2686 et n° 2687, du nouvel étalon au mercure de M. W. Siemens, reproductions pour lesquelles on a trouvé
- TABLEAU III P = 0,17663 X 1 o9 c. m.
- A spirale inductrice ; B spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers la spirale D du galvanomètre.
- 15 août i883 ... I grand, T petit, 1. U.S. = 0,9-192 ohms
- 16 août |883.... I grand, T petit, 1. U.S. = 0,9489 —
- 17 août *883....... I moyen, T petit, 1. U.S. = 0,9488 —
- 18 août i883.....# I petit, T grand, 1. U.S. = 0,9494 —
- 19 août i883..,.«. l'moyen, T grand, 1. U.S. = 0,9500 —
- 20 août 1883.... I petit, T grand, I. U.S. = 0,9496 —
- l. U.S. = o, 9493 ohms
- N© 2280 exact à 19°, 8, Coefficient de température = o, ooo35 N® 2686 — 190,5, — = o,ooo35
- N© 2687 — 200,5, *— = o, ooo36
- TABLEAU IV P = o, 17663 x 109 c. m.
- ont permis de constater que
- La section lOj du rhéostat employé représente 10,0010 J
- — io2 — — io,ooto ? U.S.
- — 20 — — 19*9956 )
- à la température de 20©, température pour laquelle les résistances du rhéostat devraient être exactes.
- Il m’a été impossible, dans mes mesures, de découvrir un écart appréciable entre les trois reproductions dont il vient d’être parlé; chacune d’elles représente comme valeur 0,9534 d’une copie fidèle de l’étalon de l’Association britannique, copie qui m’a été livrée par les soins de MM. Elliott Frères.
- Ce dernier nombre prouve que l’unité mercurielle qui a servi de base à mes mesures concorde, à une différence négligeable près, avec les unités mercurielles adoptées par d’autres observateurs.
- La seconde dont j’ai fait usage est la seconde du temps moyen. J’eus toujours soin de réduire en secondes vraies à l’aide de l’horloge normale de l’observatoire fédéral la durée des oscillations évaluée tout d’abord au chronomètre du laboratoire.
- L’induction appliquée aux mesures fut presque exclusivement engendrée par l’ouverture du circuit primaire, comme cela avait déjà eu lieu dans les expériences précédentes. L’induction par fermeture du circuit primaire conduirait à des résultats tout à fait inexacts, résultats qui seraient trop forts et dans lesquels l’erreur pourrait aller jusqu’à 1 0/0 de leur valeur. En effet, même avec les éléments Daniell les plus constants, la force électromotrice au moment de la fermeture est bien supérieure à ce qu’elle est 10 ou 20 secondes ou une minute après la fermeture; il suit de là que l’inten-sité mesurée serait toujours inférieure, et cela quelquefois de 1 0/0, à l’intensité qui aurait provoqué l’induction au moment de la fermeture. Ce n’est qu’en utilisant l’induction par rüpture du circuit primaire qu’on a le droit de compter sur des résultats exacts, car c’est le seul procédé dans lequel il soit possible de mesurer vraiment l’intensité du courant inducteur. C’est là d’ailleurs un point sur lequel je me propose d’insister plus longuement dans un prochain mémoire.
- Ce n’est que de temps à autre que j’ai fait naître l’induction en renversant très brusquement le courant induc-tour.
- Mous faisons suivre ces remarques générales des résultats relatifs aux nouvelles expériences. La manière de procéder et la suite des opérations expérimentales qui nous ont conduit à ces résultats ont été en général et à peu de chose près les mêmes que lors des précédentes mesures.
- Dans chaque tableau se trouvent consignées les variations diverses que nous avons introduites au cours de ces mesures, soit dans les expériences d’une même série, soit dans les différents groupes d’expériences.
- A spirale inductrice; B spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers les deux spirales C et D du galva-
- nomètre. 2i août i883...., ,. I moyen, T petit, x. U.S. = 0,9496 ohms
- 22 août i883...., . • I moyen, T petit, 1. U.S. = 0,9494 —
- 23 août x883 I moyen, T petit, 1. U.S. = 0,9498 —
- 24 août l883... . ,. I petit, T grand, 1. U.S. = 0,9504 —
- 25 août 1883...., ,. I petit, T grand, 1. U.S. = 0,9494 —
- 26 août x883.... .. I petit, T grand. 1. U.S. = 0,9497 —
- t . U. S. =0, O4O7 ohms
- TABLEAU V P = o, 17663 X 109 c. m.
- A spirale induite; B spirale inductrice. Le courant induit s'écoule à travers la spirale C du galvanomètre.
- 29 août l883.... I petit, T grand, I. U.S. = 0,9498 ohms
- 30 août i883..... I petit, T grand, x. U.S. =0,9490 —
- 3x août x883..... I moyen, T grand, 1. U.S, = 0,9497 —
- 1er septembre 1883* I moyen, T petit, I. U.S. = 0,9497 —
- 2 septembre l883.. I grand, T petit, 1. U.S. = 0,9494 «
- 3 septembre 1883.• I grand, T petit, 1. U.S. = 0,9500 —
- 1. U.S. = 0,9496 ohms
- TABLEAU VI
- P = 0,34415 X IO9 C. m.
- A spirale inductrice; B spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers la spirale C du galvanomètre.
- 13 seplembre l883. I grand, T petit, 1. U.S. — 0,9504 ohms
- i3 septembre i883. I grand, T grand, I. U.S. — 0,9500 —
- 14 septembre 1883. I moyen, T grand, I. U.S. — 0,9495 —
- i5 septembre i883. I moyen, T grand, I. U.S. = 0,9507 —
- 16 septembre i883. I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9500 —
- 17 septembre i883. I petit, T petit, X. U.S. = 0,9497 —
- 1. U.S. = o, q5oo ohms
- TABLEAU VII P = 0,34415 X io9 c. m.
- h spirale induite; B spirale inductrice. Le courant induit s'écoule à travers la spirale D du galvanomètre.
- 0,9491
- 20 septembre 1883. I grand, T petit, 1. U.S
- 21 septembre 188 L I grand, T petit. 1. U.S
- 22 septembre 1883. I moyen, T petit, I. U.S,
- 23 s-.’pteinbre 1883. I moyen, T grand, •1. U.S
- 24 septembre 1883. I petit, T grand, 1. U.S,
- 25 septembre i883. I petit, T grand, 1. U.S.
- 1. U.S. = 0,9497 ohms
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TABLEAU VIII
- P = 0,34415 X IOü C. m.
- A spirale inductrice ; B spirale induite. Le courant induit s'écoule à travers la spirale D du galvanomètre.
- 26 septembre 1883*
- 27 septembre i883.
- 28 septembre i883.
- 29 septembre i883.
- 30 septembre i883. 1er octobre i883..
- I grand, T petit,
- I grand, T petit,
- I moyen, T petit,
- I moyen, T grand, I petit, T grand, I petit, T grand,
- 1. U.S. = 0,9502 ohms 1. U.S. = 0,9496 —
- 1. U.S. = 0,9496 —
- 1. u.s; = 0,9495 —
- 1. U.S. = 0,9502 —
- 1. U.S. = 0,9502 —
- 1. U.S. = 0,9499 ohms
- TABLEAU IX P = 0,17663 X 109 c. m.
- A spirale inductrice ; B spirale induite. Les trois premiers jours d'observation, le courant induit s'écoulait à travers la moitié antérieure du galvanomètre (D) ; les trois derniers jours, à travers la moitié postérieure (C).
- 25 mars 1884..... I petit, T petit, I. U.S. = 0,9-190 ohms
- 26 mars 1884....... I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9488 —
- 27 mars 1884....... I moyen, T petit,. 1. U.S. = 0,9486 —
- 28 mars 1884....... I moyen, T petit, 1. U.S. == 0,9493 —
- 29 mars 1884-...... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9494 —
- 30 mars 1884....... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9488 —
- 1. U . S. = 0,9490 ohms
- TABLEAU X
- P = 0.04415 X IO9 C. m. •
- A spirale inductrice ; B spirale induite. Le courant induit s'écoulait à travers la moitié antérieure du galvanomètre (D).
- Les quatre premiers jours d’observation, l’induction était produite par l’ouverture du circuit inducteur; les quatre derniers jours, l’induction fut provoquée par Je renversement du courant inducteur.
- 3i mars 1884..... I grand, T grand, 1. U.S. = o,95oo ohms
- ier avril 1884.... I grand, T grand, 1. U.S. = 0,9509 —
- 2 avril. 1884...... I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9498 —
- 3 avril 1884...... I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9196 —
- 4 avril 1884...... 1 petit, T petit, 1. U.S. = 0,9504 —
- 5 avril 1884...... I petit, T petit, 1. U.S. = 0,9496' —
- 0 avril 1884...... I moyen, T grand, 1. U.S. = 0,9504 —
- 7 avril 1884...... I moyen, T grand, 1. U."’. = 0,9497 —
- 1. U.S. = o,95oo ohms
- Le résultat moyen des 5o séries d’expériences est :
- 1. u. s. = 0,9496 x 109 —.
- sec
- 11 suit de là que l’ohm est représenté par la résistance d’une colonne de mercure de
- io5,3i c. m.
- de longueur et d’une section de imm1carré à la température de o°.
- (A suivre.)
- -3p.-
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- SERVICE DE PARIS
- Résultats de la réforme postale et télégraphique au point de vue des produits.
- L’abaissement des taxes devait entraîner une diminution dans les recettes. La commission du budget avait évalué :
- Pour la ire année, à.......... 18.000.000
- Pour la 2e année, à............ 12.000.000
- Pour la 3e année, à............. 4.800.000
- les pertes à prévoir sur les évaluations des produits de la poste pour 1878.
- Cette appréciation était même sensiblement inférieure aux prévisions et aux calculs des hommes spéciaux.
- La commission estimait que ce serait seulement dans la quatrième année, à partir des réformes, que l’on obtiendrait des recettes égales aux évaluations primitives des produits de 1878, établies d’après les anciens tarifs.
- Pour les recettes télégraphiques, la commission du budget ne pressentait qu’une perte de 1.200.000 fr., applicable seulement à la première année de la réforme.'
- Les tableaux suivants font ressortir les résultats de la réforme postale et télégraphique, par année, en partant du Ier mai 1878 :
- Si, au lieu d’examiner les résultats obtenus par année de réforme, nous voulions rechercher les conséquences de l’abaissement des taxes sur les années budgétaires, il faudrait appliquer aux exercices budgétaires les pertes prévues par la commission du budget pour les trois premières années de la réforme.
- Nous aurions alors la répartition suivante :
- Postes, francs.
- Exercice 1878 (8 mois de la ire année
- de la réforme), perte afférente ... 12.000.000
- Exercice 1879 (4 mois de la l*®, 8 de
- la 2*4} idem..................... 14.000.ooo
- Exercice 1880 (4 mois de la 2e, 8 de
- la 3e)? idem..................... 7.200.000
- Exercice 1881 (4 mois de la 3e), idem 1.600.000
- Totaux............. 34.800.000 1.200.000
- Télégraphes.
- francs.
- 800.000
- 400.000
- Le tableau placé en tête de la page ci-après fait ressortir, par année budgétaire, l’excédent des recettes réalisées sur les évàluations.
- Si nous comparons les produits de chacune des années 1878 à i883 avec ceux de l’année précédente, nous obtenons les résultats suivants :
- Produits de 1878 : 123,560,277 fr*
- Produits de 1879 : 127,627,527, soit une augmentation de 4,067,250 fr. sur l’année 1878.
- Produits de 1880 : 138,299,919, soit une augmentation de 10.672,392 fr. sur l’année 1879.
- Produits de 1881 : 152,832,491, soit une augmentation de 14,532,572 fr. sur l’année 1880.
- Produits de 1882 : 154,552,640, soit une augmentation de 1,720,149 fr. sur l’année 18B1.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3i3
- Produits de i883 : 161,094,000, soit une augmentation de 6,541,360 fr. sur Tannée 1882.
- Ces faits ont donc donné des chiffres sensiblement supérieurs aux prévisions.
- Dès 1880, nous avons atteint le niveau des recettes de 1877 ; en i883, nous Pavons dépassé de 22 millions.
- Jusqu’en 1870, le produit net des postes et des télégraphes réunis a oscillé aux environs de 20 millions.
- Il avait atteint en 1860 20,438,601 fr.
- Pendant les années suivantes, il passa à 19 millions et 18 millions, puis descendit à 16 millions en 1864, et ne remonta qu’en 1867 à 21,996,768 fr., pour atteindre en 1869 27,529,754 fr.
- Lorsqu’après les événements de 1871 les tarifs furent relevés, le produit net s’éleva immédiatement à 36 millions.
- Pendant les deux ou trois dernières années antérieures
- ANNÉES DE RÉFORME PRODUITS PRÉVISIONS rectifiées de la commission du budget EXCÉDENT DES PRODUITS sur les prévisions
- POSTES
- Ier mai 1878 au 3o avril 187Q..... IUO.497.7i7 95.876.000 4.621.717 4.82 p. 100
- 1Cl* mai 1879 au 3o avril 1886 io6.5 '8.855 ior.876.000 4.622.855 4.54 p. 100
- icr mai 1880 au 3o avril 1881 116.533.709 109.076.000 7.457.709 6.84 p. 100
- TÉLÉGRAPHES
- ic* mai 187s au ?o avril 1879 21.473.D07 16.217.000 5.256.507 32.41 p. 100
- icr mai 1879 au 3o avril 1880 24.199.997 17.417.000 6.782.977 38.94 P* io°
- iér mai 1880 au 3o avril 1881 26.59i.201 17.417.000 9.175.201 52.68 p. 100
- POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- Ier mai 1878 au 3o avril 1879 ..... 121.971.224 1 i2.oq3.ooo 9.878.224 8.81 p. 100
- 1er mai 1879 au 3o avril 1886 i3o.738.832 119.293.000 1 i .4J.5.832 9.59 p. 100
- i®f mai 1886 au 3o avril 1881 143.125.910 126.493.000 16.Oj2.910 i3. i5 p. 100
- à la réforme, le chiffre des produits nets atteignit meme plus de 40 millions.
- Pour rendre comparable le produit net actuel avec celui
- des années antérieures à 1879, il faut augmenter les chiffres afférents aux opérations de ces dernières années : i® D’une dépense de 45,000 fr., montant des crédits pré-
- TABLEAU COMPARATIF DES PRODUITS PAR ANNEES BUDGÉTAIRES
- ANNÉES POSTES TÉLÉGRAPHES TOTAL général des produits ÉVALUATIONS AUGMENTATIONS des produits sur les évaluations
- Evaluations primitives de 1878 I i3.876.OOO S l8.882.OOO i32.758.ooo H »
- Produits de 1877 119.521.077 i9.678.438 13q.199.515 )) H
- Produits de 1878 i02.355.6jo 21.204.O27 123.560.277 I19.958.000 3.602.277 soit 3 p. 100
- Produits de 1879 104.713.588 22.pi3.939 127.627.527 ii8.358.ooo 9.269.527 soit 7.83 p. 100
- Produits de 1880 112.687.493 25.612.426 138.299.919 126.658.000 11.641.919 soit 9.19 p. 100
- Produits de 1881 123.638.575 29.195.916 152.832.491 131.i58.ooo 21.674.491 soit i6.53 p. 100
- Produits de 1882 - 126.333.010 28.219.630 154.552.640 132.758.000 21.794.640 soit 16.42 p. 100
- Produits de i883 i32.i58.ooo 28.936.000 161.094.000 132.758.000 28.336.ooo soit 21.44 p. 100
- cédemment rattachés à l’administration centrale des finances qui ont été reportés au budget des postes et des télégraphes, lors de la création du ministère, comme appartenant à ce dernier;
- 20 D’une recette de 571,149 fr. représentant les remboursements par les Compagnies de chemins de fer des frais de surveillance de leur service télégraphique qui ne figurent parmi les produits postaux et télégraphiques que depuis 1878.
- 11 y a également lieu de diminuer ces chiffres d’une recette de 279,077 fr., montant de taxes afférentes aux par-
- cours sous-marins et étrangers des télégrammes d’origine algérienne, qui, avant le rattachement de l’Algérie, figurait dans les recettes de la métropole et qui est actuellement compris dans les produits de l’Algérie.
- Il faut en outre remarquer que dans les recettes n’est pas compris le montant des dépôts d’argent non réclamés aux caisses des agents des postes et acquis au Trésor par suite de déchéance, qui constitue un véritable produit postal mais qui est inscrit aux recettes diverses du budget.
- En tenant compte de ces éléments, le produit net de 1876 atteignit 43412 785 fr.; celui de 1877 s’éleva à 46 275976 fr.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (non compris une recette exceptionnelle de i 200 000 francs provenant du transport de journaux et de circulaires à l'occasion de la période électorale).
- Ce fut précisément en raison de cette augmentation des produits que l'on jugea possible d’effectuer la réduction des tarifs.
- Du reste, c’étaient des produits nets exceptionnels qui n’avaient pas servi de base pour l’établissement des bud-. gets.
- En effet, le projet de budget de 1878, préparé avant la réforme en dehors de toute considération de réduction de tarif,
- portait les recettes à........................ 102.187.260
- et les dépenses à............................. 91.941.632
- Le produit net, établi dans les mêmes conditions que ceux de 1876 et de 1877, monte à................... 40.537.700
- La réduction simultanée des taxes télégraphiques, effectuée à partir du irrmai 1878, devait nécessairement entraîner une diminution considérable du produit net. Cette diminution ne pouvait donc être atténuée que par l’accroissement de la circulation. C’est bien ce qu’avaient prévu lés Chambres en votaut la réduction, c’est ce que les résultats ont justifié. Les chiffres que nous allons indiquer le démontrent incontestablement.
- Une observation préalable est toutefois nécessaire. Pour établir une appréciation exacte, il importe de tenir compte de ce fait que les exercices 1881, 1882, i883, 1884, ont supporté des dépenses nouvelles ayant un caractère exceptionnel et qui ne s’étaient pas produites dans les années antérieures. Dès lors, pour établir une comparaison équitable, il
- faut retrancher ces dépenses dans l’établissement du produit net.
- Ainsi l’exercice 1881 a été grevé d’une somme de 429042 francs pour partie de la dépense d’établissement d’un nouveau câble de Marseille à Alger, de 217920 francs pour partie de l’installation de l’usine de Toulon, de 114 700 francs pour l’exposition d’électricité et pour le congrès des électriciens, de 425 840 francs pour régularisation d’avances de trésorerie applicables à des exercices antérieurs, soit un total de 1 187 562 francs.
- De même, en 1882, un service maritime nouveau voté par les Chambres, pour l’Australie et la Nouvelle-Calédonie, a entraîné une subvention de 461922 francs (mois de novembre et décembre); les dépenses applicables au congrès des électriciens ont été de 48766 francs, à l’usine de Toulon de 79706 francs; soit pour l’exercice un total de dépenses nouvelles de 600 394 francs.
- En i883, les dépenses à retrancher pour comparer le produit net à celui des années antérieures, comprennent 2 460 730 francs pour la subvention du service de l’Australie (année entière), 1 700 000 francs pour le câble du Sénégal, voté à la demande du ministère de la marine, i5i 141 francs pour la conférence des électriciens et l’exposition de Vienne, soit un total de 4 3ii 877 francs.
- Si l’on élimine ces dépenses exceptionnelles, ainsi que les recettes et dépenses de l’Algérie, qui ne sont rattachées au budget des postes et des télégraphes que depuis 1881, on obtient pour les produits neis, comparés aux produits des exercices antérieurs, les résultats suivants :
- EXERCICES RECETTES DÉPENSES PRODUIT NET PRODUIT NET complet
- 1878 123.281.200 97,646.730 25.634.I70 25,634.!7°
- 1879 127.334.I02 io5.3o3.6o4 22.030.498 22.o3o.4q8
- 1880 i38.o55.323 106.925.867 31.129.406 -f- 302.500 (a) 36.193.753 4- 632.575 (a) 3i.431.966
- l88l i52.832.491 116.638.734 30.826.328
- 1882 i54.552.640 123.431.597 3i. 121.043 4* 88o.ooo(a) 32.001.043
- i883 161.OQ4.000 129.83o.140 3i. 263.860 4- 88o.ooo(u) 3a.143.8O0
- 1884 166.46.8.000 i32.5i5.8i5 33.892.i85 4- 880.000 (a) 34.772.185
- (a) Montant des subventions au service maritime de l’Algérie payées depuis le icr juillet 1880 par le budget du département des postes et des télégraphes et qui était antérieurement à la charge d’autres ministères.
- Ainsi l’exercice 1878, qui a vu l’application des nouvelles taxes à partir du Ier mai 1878, n’a donné pour produit net que 25600000 francs. Le produit net, pendant l’exercice 1879, entièrement soumis au régime des taxes réduites, est descendu à 22030498 francs, chiffre le plus faible depuis la réformé.
- Dès 1880, grâce au développement de la circulation, il s’élevait à 3i 120456 francs, et atteignait 36 826 338 francs en 1881, malgré les améliorations de toute nature apportées dans les services et les aggravations de dépenses qui en résultaient.
- La progression fut arrêtée par la crise de 1882, qui affecta les recettes budgétaires. Mais, comme on l’a vu plus haut, les accroissements de recettes sur les années précédentes persistèrent; ainsi, 1882 donne une légère augmentation sur 1881, et les produits de i883 dépassent de plus de 6 millions ceux de 1882.
- Les évaluations budgétaires de 1884 portent le produit net de 1884, dans les conditions où nous le présentons, à 34700000 francs. Cette progression continuera et nous nous acheminons, pour l’atteindre à bref délai, vers le produit net üe 40 millions.
- Quand nous l’aurons obtenu, le succès de la réduction des taxes sera complet. En effet, nous aurons donné aux transactions commerciales l’avantage de taxes réduites, dans
- leur ensemble, de près de moitié, et, grâce à cette réforme féconde, nous aurons atteint un accroissement de circulation tel que nous nous rapprocherons des anciens produits nets les plus considérables.
- Nous aurons pu en même temps apporter de grandes améliorations dans le service postal et télégraphique, notamment dans l’intérêt du personnel, améliorations ayant déterminé de grosses dépenses, que les augmentations de recettes auront également compensées.
- Pour apprécier d’ailleurs le contingent apporté par les services des postes et des télégraphes aux ressources générales de l’Etat, il ne faut pas oublier que les subventions des services maritimes, qui répondent à un grand intérêt national, mais qui ne sont pas de véritables dépenses postales, figurent pour un chiffre élevé dans le budget des postes et des télégraphes.
- D’autre part, le service des postes et des télégraphes transporte en franchise un grand nombre de plis et transmet de nombreux télégrammes officiels qui entraînent des dépenses pour l’administration sans être une source de recettes.
- Par conséquent, pour avoir le véritable résultat de l’exploitation des postes et des télégraphes, il faudrait augmenter la différence existant entre les recettes et les dépenses portées au budget d’une somme qui serait certainement très
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- 3i5
- importante, représentant la taxe des correspondances transportées en franchise.
- Il faut tenir compte aussi de ce fait que l'état d’abandon où se trouvaient les services des postes et des télégraphes au moment de la fusion, a fait coïncider avec la réduction des taxes de nouvelles dépenses qui se seraient forcément imposées en dehors de toute réduction de recettes, comme
- Pa constaté M. Yarroy dans, son rapport au Sénat sur le budget de 1880.
- Ces dépenses ont nécessité la majeure partie des sacrifices qui sont venus accroître le budget de Padministratioo.
- Dans les produits postaux et télégraphiques que nous venons d'indiquer, ne sont pas comprises les recettes de l'Algérie, dont le tableau suivant fait ressortir la progression.
- ANNÉES RECETTES TOTAL GÉNÉRAL des recettes DÉPENSES EXCÉDENT des dépenses
- des postes des télégraphes
- ‘§77; 1.418.215 1.255.198 1.382.343 1.412.610 1.631.870 1-770.559 1.983.237 6o3.883 664.868 7i5.5o5 861.15ï 1.161.63o 1.170.365 1.155.667 2.022.128 1.920.066 2.097.848 2.273.761 2.7Ç)3.5oo 2.040.924 3.138.904 2.198.617 2.498.802 2.694.566 2.668.5()9 2.861.213 3.i3y.o63 3.662.3i6 176.489 578.736 596.718 394.838 67.713 198.139 5a3.412
- I 878 .’ 1 870
- 1880
- 188 £
- 1882
- i883
- Franchises.
- Nous devons faire remarquer que tout le service effectué par l'administration des postes et des télégraphes n'est pas représenté par les produits qu'elle encaisse. Le transport des lettres et la transmission des télégrammes en franchise ont pris, en effet, depuis longtemps une importance considérable.
- Les conditions de transport par la poste des lettres en franchise sont réglées par l'ordonnance en. 1844, dont les dispositions n'ont pas été exécutées dans toute leur rigueur.
- Dès le premier jour, des abus se sont produits.
- En matière de franchises postales, le contrôle est difficile et ne peut s'exercer d'une manière absolument permanente.
- Leur développement cause à certains moments des encombrements très réels qui gênent le service et peuvent le compromettre, notamment quand la franchise s'applique à de volumineux paquets pesant plusieurs kilogrammes ; ce sont alors de véritables objets de messagerie, entraînant des dépenses hors de proportion avec le prix qui aurait dû être payé pour leur transport par les voies ordinaires.
- En 1862, un relevé des objets circulant en franchise a établi qu'à cette époque le service des postes transportait, en exemption de taxe, 72 millions .-d'objets de correspondance pesant 5,i33,ooo kilogrammes et dont la taxe aurait été d'un produit de 41,376,000 francs.
- A la suite de cette enquête, le conseil d'Etat fut saisi d'un projet de loi touchant la révision des franchises : il ne put aboutir, par suite des vives réclamations des diverses autorités intéressées dans la question. Ce projet proposait de supprimer le système actuel et de soumettre les lettres de service à une taxe pour le remboursement de laquelle serait ouvert un compte spécial soumis au contrôle législatif.
- M. Vandal, dans le rapport que nous avons cité, insistait sur la nécessité de reprend rel'ètude delà question, « d'une part, pour faire cesser les abus qui sont une cause permanente de troubles pour la manipulation postale; d'autre part, pour faire rentrer au Trésor des recettes dont il est illégalement frustré. »
- En 1873, une nouvelle enquête apprit que le nombre des objets en franchise était tombé à 57 millions par an, ie poids à 3,66o,ooo ld'ogrammes et leur taxe à40,i40,ooofrancs.
- Une dernière statistique établie en 1879 a porté ces chiffres à 63 millions d'objets transportés en franchise pesant 4,5oo,ooo kilogrammes et représentant une taxe de 35 millions de francs.
- C’était donc une augmentation de 6 millions sur le nombre des objets transportés, et une augmentation encore plus grande si l'on considérait le volume, le poids des objets en franchise ayant augmenté de 900,000 kilogrammes.
- La diminution que présente la taxe fictive des objets en franchise tient seulement à la réduction des tarifs. Le chiffre actuel de cette taxe dépasse certainement de beaucoup le résultat constaté en 1879.
- La Commission du budget de 1877 s'est préoccupée de la question et a, dans son rapport, indiqué la nécessité d'apporter, par des dispositions législatives, de sérieuses et indiscutables restrictions aux franchises postales, en donnant aux mesures prises et à leur sanction un caractère légàl. Mais la dissolution du Parlement l'a empêchée de donner suite à ce projet.
- Les franchises télégraphiques donnent également lieu à des abus; on surcharge les fils aux moments les plus occupés de la journée; les autres transmissions sont arrêtées, les intérêts généraux en souffrent et le public se plaint. Parfois les dépêches n'ont trait qu'à des intérêts privés; plus souvent elles nront pas le caractère d'urgence qui seul justifie l'emploi de la voie télégraphique, ou bien encore elles ont un développement inutile.
- Le contrôle, sans doute, est ici moins difficile qu'en matière de poste, puisque le texte des dépêches officielles reste entre les mains de l'administration.
- La taxe dont elles seraient passibles peut être établie exactement, et, dans certains cas où leur texte révèle évidemment un abus, le montant de la taxe est exigé du fonctionnaire fautif.
- Mais, pour un grand nombre de dépêches, le caractère officiel et l'urgence ne peuvent être sérieusement établis que par les chefs mêmes du fonctionnaire qui use de la franchise.
- Il y a donc impossibilité de faire vérifier le caractère de toutes les dépêches, et l'on ne peut signaler que les abus les plus évidents.
- En i883, le nombre des télégrammes en franchise a été de 1 895 373, représentant une taxe de 3 200819 fr.
- Nous avons recherché, en ce qui nous concerne, à restreindre les franchises postales et télégraphiques, et nous avons tâché de les ramener à de justes limites.
- Ces efforts sont rendus particulièrement difficiles par la tendance constante des administrations à développer les franchises et à en user trop largement. Nous devons toutefois reconnaître avec empressement que tous les ministres ont bien voulu nous prêter leur concours actif en recommandant d’une manière pressante au personnel sous leurs
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- ordres de se conformer exactement aux règlements sur les franchises.
- Aucun pays ne possède un système de franchises répondant complètement au but proposé. Chez les uns, le régime des franchises est analogue au système français et pèche par un manque de contrôle; chez les autres, la suppression de la franchise présente de graves inconvénients; plusieurs des pays qui d’abord avaient adopté ce dernier système y ont renoncé.
- L’obligation de placer les plis en franchise sous bande et de les contresigner offre, il est vrai, certaines garanties et permet un contrôle plus facile, mais il n’est pas toujours praticable. En somme, l’apposition de timbres spéciaux paraîtrait donner le meilleur moyen d’opérer un comptage certain du nombre des objets en franchise transmis par chaque fonctionnaire.
- L’intérêt général commande de restreindre les franchises et de limiter le nombre des objets qui encombrent le service ou nuisent à sa bonne exécution.
- En ce qui concerne les dépêches télégraphiques, il importe de les restreindre aux affaires exclusivement de service, au cas d’absolue nécessité et d’urgence manifeste, aux circonstances, en un mot, où l’emploi de la poste ne pourrait certainement pas suffire. Il faut de plus les réduire dans leur longueur et oblenir que même une dépêche urgente ne comporte que le nombre de mots absolument nécessaire.
- On ne doit pas perdre de vue, en effet, que les services des postes et des télégraphes ne sont plus aujourd’hui les instruments exclusifs de communications officielles, mais qu’ils constituent une véritable exploitation à laquelle on demande un produit net important.
- Pour se rendre compte du résultat complet que donne celle-ci, il faut faire entrer en ligne les services rendus à l’Etat par la circulation des dépêches en franchise, qui coûtent à l’administration sans être pour elle une source de recette correspondante.
- Lorsque la circulation des télégrammes officiels passe de i 684 485 à 1 895 373 dépêches par an, comme cela s’est présenté de 1881 à 1882, il en résulte qu’en dehors des recettes, cette exploitation à rendu à l’Etat des services qui ont augmenté de 12 p. 100.
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Mon s, le 4 août 1884.
- Monsieur le Directeur,
- bans le n° 3o de votre journal, pages 127 et 128, M. P. Clemenceau se prend vivement à un article que j’ai publié dans les Annales de VAssociation des ingénieurs sortis des écoles spéciales de Gand, concernant l’emploi « des lampes « à incandescence et des lampes à atc voltaïque dans les « applications industrielles. »
- M. Clemenceau croit devoir mettre en garde les lecteurs de votre excellente revue contre mes chiffres qui, d’après lui, « sont présentés avec une certaine apparence de vô-« rité. »>
- « Dans le travail de Tamine, dit votre honorable cor-» respondant, la loi de la répartition de la lumière, qui na-« turellement sert de point de départ, est interprétée avec « trop de fantaisie pour que les conclusions puissent être « conformes à la vérité. »
- J’incline fortement à penser que M. Clemenceau ne s’est absolument pas rendu compte de la façon dont j’ai posé le problème qui m’a donné comme résultats « les chiffres qui sont présentés avec une certaine apparence de vérité. »
- En effet, voici comment j’ai procédé :
- Sachant qu’une machine Gramme peut éclairer un nombre déterminé de lampes à incandescence de 10, 20, 5o et 100 bougies et de lampes k arc voltaïque de 2 000, 1 25o et 5oo bougies, je suppose que les foyers d’un même pouvoir éclairant soient successivement placés, à la suite l’un de l’autre, sur une seule ligne droite. Je détermine d’abord par le calcul l’écartement des sources lumineuses, pour que l’éclairement de tous les points de la droite en question soit au moins égal à une bougie. J’obtiens alors très facilement la longueur totale éclairée, dans le cas où la machine dynamo alimente rëspectivemeni les lampes de 10, 20, 5o. 100, 2 000, 1 25o et 5oo bougies.
- Je cherche ensuite la surface éclairée dans le plan horizontal passant par tous les centres lumineux, j’en déduis la surface totale éclairée et enfin je calcule la dépense par mètre de longueur, d’une part, et par mètre carré, d’autre part.
- Pour aboutir à une solution pratique, quelles sont les considérations qu’il faudra mettre en jeu > En ce qui concerne la longueur et la surface, n’est-il pas de la dernière évidence que, puisque les lampes sont placées sur une seule ligne droite, il n’y a pas lieu de tenir compte « de l’influence « de la hauteur au-dessus du sol de la source lumineuse, « ainsi que celle de l’inclinaison du rayon sur la surface éclairée? » La seule loi qu’il faudra appliquer est la loi du carré de la distance. C’est donc bien « volontairement que « j’ai passé sous silence » la double influence signalée ci-dessus et il me semble que s’il y a des erreurs considérables qui ont été commises, ces erreurs doivent être cherchées ailleurs que dans mes chiffres.
- « L’auteur en outre, ajoute M. Clemenceau, accorde la « même intensité de lumière aux rayons émis dans toutes « les directions, alors que tout le monde sait que cette « hypothèse dans le cas de lampes électriques 11e saurait « être admise. >»
- Lorsque vous voulez calculer, soit la longueur éclairée par des foyers situés sur une ligne droite, soit la surface éclairée dans un plan horizontal passant par tous ces centres lumineux, il est incontestable que pour arriver à un résultat industriel, vous devez prendre comme base d’intensité la valeur minima de la lumière émise suivant la direction la plus défavorable. Lorsqu’on dit qu’une lampe électrique a une puissance de 10 bougies ou de 20 bougies, j’ai toujours compris, et je ne suis pas seul à comprendre de la sorte, que la valeur de 10 bougies ou de 20 bougies correspondait à la direction la plus défavorable. Tant mieux, si suivant d’autres directions, la lumière est plus intense, mais il est hors de doute que dans la pratiqtie, vous devez partir des valeurs minima.
- Ce n’est que si l’on veut déterminer d’une façon rigoureuse et mathématique (les résultats théoriques seront alors sans utilité dans les applications industrielles) l’éclairement d’une longueur ou d’une surface dans les conditions énoncées ci-dessus qu’il faut faire intervenir la différence d’intensité de lumière suivant les rayons émis dans les diverses directions.
- Ce sont les valeurs minima que j’ai admises dans mes calculs et j’estime que c’est la seule manière de voir qui soit raisonnable si l’on veut obtenir des résultats dont l’industriel pourra tirer un parti efficace.
- Je dois ajouter que les diverses influences mentionnées plus haut que M. Clemenceau me reproche d’avoir passées sous silence sont imprimées en petits caractères à la fin de mon article. On a vu ci-dessus qu’il n’y avait pas lieu d’en tenir compte dans l’hypothèse où le problème a été posé. Si j’ai trouvé utile de les mentionner dans mon travail en petits caractères, c’est parce que j’ai voulu montrer qu’il y a parfois lieu de tenir compte de ces facteurs lorsqu’on modifie les conditions du problème à résoudre.
- C’est pourquoi j’ai le droit de maintenir d’une façon absolue les chiffres qui figurent dans mon article et qui montrent clairement que, lorsqu’une très grande intensité lumineuse
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- Si 7
- n’est pas nécessaire, l’emploi des lampes à incandescence est notablement plus économique que celui des lampes à arc voltaïque.
- Permettez-moi, monsieur le directeur, de rappeler le passage suivant qui figure dans le numéro précédent de votre journal :
- « La lumière à incandescence menace de prendre posses-« sion des rues, aussi bien que la lumière à arc. Les expé-« riences récentes à Wimbledon ont été faites dans le but « de .déterminer la meilleure manière de l’appliquer à cet « usage et pour connaître les frais, d’entretien; on a trouvé « que le meilleur moyen d’éclairer une des rues principales « de la ville était de suspendre des lampes de So bougies à « une hauteur de 20 pieds au-dessus du milieu de la rue en « les espaçant de 100 pieds. »
- La décision prise par la Commission anglaise à la tête de laquelle se trouvait une des sommités de la science, M. Preece, porte un coup des plus graves aux lampes à arc voltaïque.
- En effet, l’éclairage des voies publiques devait être la principale application des lampes à arc ; or, si on leur supprime aujourd’hui cette voie, on va réduire leur rôle à des proportions bien restreintes. Les prévisions que j’ai formulées à la suite des déductions théoriques de mon article pourraient donc se réaliser beaucoup plus tôt que je n’étais en droit de l’espérer.
- Je m’autorise donc de cette sanction que l’expérience vient de donner à mes résultats théoriques pour répéter ce que j’écrivais le 4 mars dernier, à savoir que « plus nous « étudions les questions relatives aux lampes à incandes-« cence et à arc voltaïque, plus devient grandé notre con-« viction que dans un avenir très rapproché, les lampes à « incandescence auront, en grande,partie, détrôné les foyers « à arc voltaïque. »
- J’espère, monsieur le directeur, que, eu égard à l’importance de la question relativement au choix à faire, dans les applications industrielles, entre les lampes à incandescence et les lampes à arc voltaïque, vous voudrez bien accueillir dans votre estimable journal ma réponse à l’article de M. Clemenceau.
- Veuillez agréer, etc.
- René Tamine,
- Ingénieur des ponts et chaussées.
- Quoi qu’en pense M. Tamine, j’ai la prétention de croire encore que je me suis parfaitement rendu compte de la façon dont il s’est posé le problème de l’éclairage des voies publiques. Une simple comparaison entre mon article du mois dernier et la lettre qu’on vient de lire le prouve à mon sens suffisamment.
- Quel est en effet le reproche que j’ai fait au travail de M. Tamine ? De n’avoir pas dans ses formules tenu compte de l’influence de la hauteur des foyers lumineux et de l’inclinaison des rayons sur le sol.
- L’auteur déclare à son tour que ces deux éléments n’étaient pas nécessaires et que je n’ai pas compris que ses calculs ne s’appliquaient qu’aux points situés dans le plan horizontal passant par les centres lumineux. J’en demande pardon à M. Tamine, mais je me suis parfaitement aperçu qu’il raisonnait dans ce cas tout particulier, d’abord parce que j’ai lu sa brochure et qu’ensuite il est facile de voir à priori que la loi de la répartition de la lumière débarrassée des éléments provenant de la hauteur des foyers n’est plus applicable que pour le plan horizontal passant par le centre de ces foyers.
- Il n’y a donc pas sur ce point le moindre malentendu entre nous, et ce n’est que sur la valeur des résultats ainsi obtenus que nous sommes en désacord. Je ne crois pas en effet, qu’il suffise jamais, dans un intérêt pratique d’étudier la répartition de la lumière dans ce plan horizontal seul où se trouve situé le point lumineux. D’ordinaire ce qui se passe dans ce plan ne nous importe guère,, et comme généralement
- on a coutume d’employer ’ pour les lampes électriques comme pour les autres, des candélabres dont la hauteur n’est pas nulle, je prétends que nous sommes obligés de tenir compte absolument de cette hauteur, si nous voulOhs savoir comment le sol est éclairé. M. Tamine regarde au-dessus de sa tête, moi je regarde à mes pieds : tout est là. Enfin en ce qui concerne la supériorité des lampes à incandescence sur les lampes à arc, je n’ai pas à me prononcer. La question n’a rien à voir ici et je n’ai pas préjugé.
- P a un Clemenceau.
- La Haye, g août 1884.
- Monsieur le directeur,
- Dans le numéro du 2 août dernier se trouve, sous la « Chronique de l’étranger », un aperçu de quelques nouvelles dispositions de piles-étalons. Permettez-moi, à ce sujet, de vous présenter un modèle de pile-étalon Daniell
- Zn,
- que j’ai montré dans la séance du 14 juin i883 du « Konink lylc Instituut van Ingénieurs », à la Haye. Ci-joint un extrait des comptes rendus des séances, où vous trouverez figure 1, l’appareil en question. ’
- Des occupations pressantes ne me permettent pas en ce moment de vous donner un aperçu des divers appareils que j’ai indiqués ; j’y reviendrai peut-être plus tard. Pour le moment, je vous prie seulement de vouloir bien reproduire dans un prochain numéro- de votre journal, avec cette lettre, la figure 1, qui s’explique d’elle-même. J’ajouterai toutefois que le but était d’obtenir un modèle avec relativement peu de résistance intérieure (ce qui a bien des avantages), d’un montage facile et présentant les garanties nécessaires d’identité et de constance pour pouvoir servir d’étalon. Il fallait donc empêcher que les deux liquides se mélangent, sans employer de vase poreux. Cela est obtenu par l’interposition de la boule b entre les parties étroites a et c. La résistance électrique n’est qu’à peu près le double de ce qu’elle serait si c plongeait directement dans la solution de sulfate de cuivre, tandis que la diffusion est évidemment diminuée dans une proportion bien plus forte.
- Veuillez agréer, etc.
- C.-L.-R.-E. Menges
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Paris, le n août 1884.
- Monsieur le directeur,
- Nous lisons dans votre n® 32 du 9 août 1884 une relation des expériences d’ambulances militaires faites au camp d’Al-dershot, à la fin de laquelle on attribue les installations électriques à MM. Woodhouse et Rawson. C’est effectivement cette maison qui s’est chargée de faire venir les appareils de-France, mais tous les appareils étaient français et construits par MM. Sautter-Lemonnier et C°. M. G. Sautter avait été lui même diriger leur fonctionnement.
- Nous espérons, monsiéur le directeur, que vous voudrez bien rectifier cette indication de nationalité et de personnalité. -
- Veuillez agréer, etc.
- Sautter-Lemonnier.
- Paris, 14 août 1884.
- Monsieur le Directeur,
- Il était permis d’espérer qu’ayant connaissance du brevet Berliner, la Société des Téléphones se hâterait de faire des excuses aux constructeurs qu’elle a attaqués en contrefaçon.
- Elle a préféré attendre le jugement de première instance à la suite duquel elle formera probablement appel; il est même à supposer qu’une tentative en cassation suivra, de telle sorte que si nous voulions attendre la fin de ce procès pour en rendre compte, nous aurions le temps de faire plusieurs fois le tour du monde.
- Dans son audience du 8 août, à laquelle nous assistions, le tribunal a désigné comme experts : MM. Potier, ingénieur des mines ; Périsse, ingénieur civil, et Clérac, ingénieur des postes et télégraphes. L’avoué de la Société a essayé, sans succès, du reste, de faire récuser M. Clérac en raison de ses fonctions.
- Il eût été très regrettable que le choix de M. Clérac n’ait pas été maintenu, car c’est justement un des premiers électriciens qui ont signalé les variations de résistance des contacts charbonneux.
- Pour ne pas faire perdre un an ou deux à nos lecteurs, nous reproduirons prochainement en fac-similé les dessins des différents brevets mis en présence, et nos abonnés auront ainsi tous les éléments nécessaires pour juger immédiatement et prévoir en toute connaissance de cause l’issue du débat.
- Je serai tout particulièrement aidé dans ce travail par mon collègue et ami M. J. Brailsford-Bright.
- Veuillez agréer, etc.
- Jules Bourdin.,
- FAITS DIVERS
- La semaine dernière a eu lieu, aux ateliers de Chalais, le premier essai du ballon dirigeable construit sur les plans de M. le capitaine du génie Renard. La force motrice fournie par des piles est transmise par un moteur électrique à une hélice. Les habitués du bois de Meudou ont pu voir le ballon se diriger dans une atmosphère relativement calme, évoluer avec facilité et exécuter une série de manœuvres sous l’action de son propulseur. De nouvelles expériences nous apprendront bientôt si le problème de la direction des ballons est enfin résolu, comme ce premier essai autorise à le croire.
- Le ministère des postes et télégraphes a commencé la se-
- maine dernière à rappeler le personnel supplémentaire envoyé à Toulon pendant l’épidémie du choléra.
- La foudre vient d’anéantir tout le village de Villarlarin, près Brides-les-Bains, en Savoie. En quelques minutes, 58 maisons ont été incendiées, après un orage formidable. Il ne reste de tout le village que le presbytère, l’église et 8 maisons. Sur la route de Vervins à La Capelle (Aisne), la foudre a également renversé 3 poteaux télégraphiques.
- Nous trouvons dans un article de M. Plumandon, dans La Nature, les détails intéressants qui suivent sur les éclairs. On distingue généralement trois catégories d’éclairs : les éclairs sinueux, les éclairs diffus et les éclairs sphériques ou globulaires. Malheureusement, cette distinction, dans le second cas, est plutôt basée sur l’apparence de l’éclair que sur sa forme réelle, car il est évident qu’un éclair sinueux qui se produit derrière un nuage ne nous parait que comme un éclair diffus; il illuminera toute la masse nuageuse, si elle est peu épaisse, ou il n’en éclairera que les bords sous forme d’auréole. Les éclairs sinueux sont plus ou moins ramifiés et toujours explosifs. Ils ont lieu entre deux nuages ou bien entre un nuage et le sol. Ces éclairs sont le plus souvent verticaux et s’étendent entre les nuages et la surface de la terre. Leur point de départ paraît être tantôt une nuée orageuse, tantôt le sol, tantôt les deux en même temps; dans tous les cas, la branche principale de l’éclair présente le même éclat et sensiblement la même largeur sur tout son parcours. Les éclairs verticaux se manifestent toujours au-dessous du nuage, dans la région où la vapeur d’eau se précipite sous forme de pluie ou de grêle. La pluie joue le rôle de conducteur imparfait; cela est si vrai, qu’au début de certains orages, lorsque les raies de pluie sont bien nettes, on peut dire avec certitude qu’un éclair va se produire dans la plus épaisse et la plus longue de ces raies.
- Le grand mérite de l’exposition qui vient de s’ouvrir â Steyr, sera d’avoir attiré l’attention du public sur le grand parti qu’on peut tirer des forces hydrauliques en les employant pour l’éclairage électrique, et comme force motrice pour les nombreux travaux qui peuvent être exécutés à l’aide de l’électricité.
- Toute l’énergie nécessaire à l’alimentation des foyers électriques et au transport de la force est prise dans le fleuve Steyr où on a installé quatre stations pourvues de turbines et de machines dynamos, qui distribuent la force de différents côtés par un réseau de conducteurs d’une longueur totale de soixante kilomètres.
- Les voitures de l’administration des postes de Bruxelles qui servent au transport des lettres des bureaux de poste aux gares, sont maintenant pourvues d’un appareil avertisseur électrique qui informera immédiatement le cocher de toute tentative faite pour ouvrir la voiture.
- Le ministre des communications en Hongrie vient d’accorder à MM. Asboth et C® une concession pour la construction d’un chemin de fer électrique sur la rive gauche du Danube, à Pest. Le conseil municipal a décidé d’exiger le dépôt d’un cautionnement avant de permettre aux concessionnaires de commencer les travaux.
- Le courant électrique développé à l’Exposition internationale d’hygiène de Londres suffirait à l’alimentation de 5 000 lampes à incandescence et de 3oo foyers à arc. Les conducteurs qui distribuent le courant ont une longueur totale de 280 kilomètres.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- La Construction d’un nouvel observatoire météorologique à Falmouth a été commencée mardi dernier On y fera aussi des observations magnétiques pour lesquelles la Royal Society fournira les appareils nécessaires.
- L’Electrical World de New-York cite une nouvelle application du magnétisme pour la fabrication de boîtes légères en bois destinées à l’expédition des fruits, etc.
- Pour clouer rapidement les planchettes qui constituent la boîte, les clous sont disposés sur une table [en bois inclinée, à laquelle on imprime un léger mouvement de vibration. Les clous qui se trouvent sur la table descendent naturellement la tête en bas. L’ouvrier tient un marteau d’acier fortement aimanté à la main et l’approche de la table ; un des clous se détache et vient se fixer sur le marteau, la pointe en avant. Il suffit alors de frapper un coup sur la boîte pour enfoncer le clou en un instant, sans perte de temps. Les ouvriers habiles arrivent, grâce à cet emploi du magnétisme, à fabriquer jusqu’à i 5oo boîtes par jour ou environ trois par minute.
- Les bâtiments de l’exposition de la Nouvelle-Orléans couvriront une superficie de 677 400 pieds carrés, et la Compagnie Edison fournira 4 700 lampes à incandescence d’une intensité totale de 90000 bougies pour leur éclairage. L’exposition de Vienne ne contenait en tout que 1 5oo foyers de tous les systèmes.
- Un nouveau chemin de fer électrique du système Daft fonctionne maintenant avec beaucoup de succès sur la jetée à Coney Island, près de New-York. Il a transporté de 2 5oo à 3000 voyageurs en une seule semaine.
- On annonce la formation d’une nouvelle société ayant pour but de poser un nouveau câble entre la Nouvelle-Orléans et le Brésil, en passant par Saint-Thomas.
- La production totale de cuivre de l’Etat d’Arizona dépassera de 5o pour cent la production de l’année dernière qui était de 17 000000 de livres (76S0000 kilos).
- Éclairage électrique
- Le souterrain de Rochefort en Belgique est éclairé depuis quelque temps à l’électricité. La force motrice est fournie par une turbine qui actionne une petite machine Ciramme alimentant une puissante lampe à arc, qui est installée dans le grand souterrain nommé la « salle du sabbat » à une hauteur de 123 mètres au-dessus du sol.
- Le courant pour l’éclairage électrique du palais de l’Exposition de Steyr et de scs dépendances est fourni par 16 machines dynamos qui alimentent autant de foyers à arc. La fabrique d’armes est éclairée paru lampes à arc. Plusieurs parties de la ville sont éclairées par le même système ; une autre fabrique contient 3 dynamos alimentant 125 lampes à incandescence et une quatrième machine avec 75 lampes. Toutes ces dynamos sont actionnées par des moteurs à eau ou à vapeur. Les 203 foyers à arc sont presque tous du système Krizik et les 4S0 lampes à incandescence sont du système Puluj. __________
- La lampe électrique pour locomotive de M. Sedlacyck a fonctionné sur la lqcomotive l’Erfurt, le 3 de ce mois, à l’Exposition de Steyr, avec beaucoup de succès.
- L’emplacement de la nouvelle fabrique du chemin de fer,
- Bergisch Markischen Bahn a Witten, qui s’étend sur une surface de i3o 000 mètres carrés, va être éclairé à l’électricité avec des foyers à arc.
- La lumière électrique vient d’être installée au château de Craig-y-Nos, la propriété de Mmo Adelina Patti. L’installation comprend 70 lampes à incandescence de 20 bougies distribuées dans le jardin d’hiver, la salle à manger, le salon, la salle de billard, etc. Dans les serres, les lampes sont suspendues par des cordons de soie couverts de verdure. Dans les appartements, les lampes ont été fixées aux anciens appareils à gaz ou bien suspendues au plafond par des cordons de soie.
- Toutes les lampes sont pourvues de globes de couleur. Le courant est fourni par une dynamo Paterson et Cooper, à enroulement Compouud actionnée par une machine à gaz Otto de MM. Crossley frères.
- Les trains de chemins de fer entre Liverpool et Manchester sont maintenant pourvus d’une installation d’éclairage électrique. Une machine Brotherhood et une dynamo ont été installées sur la locomotive et fournissent le courant pour une lampe Swan placée dans chaque compartiment du train. En cas d’accident à la première lampe, un commutateur automatique mettra immédiatement une deuxième lampe en circuit.
- Le conseil municipal de Gravesend, Angleterre, a annoncé la semaine dernière que la Chambre de commerce a retiré la permission accordée à la Compagnie Brush pour l’éclairage électrique de cette ville, la Compagnie n’ayant pas exécuté le travail dans le délai stipulé par le cahier des charges.
- Le chemin de fer électrique de M. Volk, à Brighton, semble avoir beaucoup de succès. La gare, près de l’Aquarium, vient d’être éclairée par des lampes à incandescence du système Maxim et le trafic sur la ligne est extrêmement grand.
- La lumière électrique vient d’être installée à bord du paquebot le Saturno, à Glasgow. Le courant est fourni par une dynamo Elphinstone-Yincent capable d’alimenter 400 lampes à incandescence de 20 bougies chaque. Cette dynamo est installée dans le compartiment des machines, d’où les fils partent dans toutes les directions aux lampes Swan, qui sont au nombre de 320 en tout. Chaque cabine est pourvue d’une lampe qui peut être allumée ou éteinte à la volonté du voyageur. L’installation comprend six différents circuits indépendants.
- La lumière électrique est largement représentée à l’Exposition industrielle de Teplitz. La place devant l’Exposition est éclairée par 3 régulateurs Gramme de 2 Soo bougies montés sur un grand poteau. La maison Gulcher a installé sept foyers à arc de 1 100 bougies dont six se trouvent également sur la place autour des régulateurs Gramme. L’aile droite du palais est éclairée par i5o lampes Swan, et l’aile gauche par un grand nombre de lampes Edison. Trente lampes à incandescence du système Muller de 20 bougies sont alimentées par une dynamo Siemens.
- Des expériences d’éclairage électrique ont eu lien dernièrement au canal de Suez, afin de permettre aux vaisseaux de passer le canal pendant la nuit, tandis que la navigation a jusqu’ici été suspendue après le coucher du soleil.
- La Brush Electric Light C°, de New-York, va prochainement envoyer une dynamo de 65 foyers à Mexico. La Com-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pagnie va également éclairer la ville de La Plata dans la République Argentine, et espère bientôt signer un contrat pour l’éclairage électrique de Buenos-Ayres. Le système Brush a eu beaucoup de succès en Chine et au Japon; une station centrale d’éclairage électrique a été installée à Shanghaï et fonctionne depuis quelque temps; le représentant de la Compagnie a vendu beaucoup d’appareils au gouvernement japonais pour les arsenaux et pour la marine.
- Le gouvernement américain continue toujours les essais d’éclairage électrique des phares. On prétend cependant que la lumière électrique n’est pas assez fixe, et que les navigateurs pourraient s’y tromper et la prendre pour une lumière à alternances. Ce défaut est généralement attribué à la qualité inférieure des charbons.
- Télégraphie et Téléphonie
- La grande Compagnie des télégraphes du Nord annonce que son service par courrier du point d’atterrissement du câble Foochou-Shanghaï a été rétabli et que la Compagnie est maintenant en mesure d’accepter les dépêches à nouveau de la manière ordinaire.
- Les recettes du département des Télégraphes en Angleterre, du Ier avril au 9 août deruier, ont été de 14 875000 fr. contre 14650000 fr. pour la même période de l’année dernière.
- M. Cassagnes a proposé une méthode pour télégraphier les signes sténographiques, afin que les comptes rendus puissent être télégraphiés directement aux journaux sans être transcrits, ce qui constituerait une grande économie de temps et d’argent.
- De toutes les Compagnies télégraphiques en Amérique, l’Eastern Union Telegraph C° possède certainement le réseau le plus restreint, car la Société n’a qu’une seule ligne d’une longueur de 10 milles. Les bénéfices apnuels se sont néanmoins élevés à 35 pour cent du capital depuis la construction de la ligne qui relie les villages de Green-port, Long-Island et l’Orient de l’autre côté de l’île.
- Le bateau à vapeur télégraphique le Faraday a commencé la pose du deuxième câble Mackay-Bennett.
- • Une dépêche télégraphique de 69mots, par laquelle le gouverneur de Victoria annonçait l’ouverture de l’Exposition de Melbourne, est partie de cette dernière ville à une heure de l’après-midi et arrivée à Londres à 3 h. 43 du matin le même jour, c’est-à-dire 9 heures 17 minutes avant l’heure de son départ. En tenant compte de la différence des heures entre les deux villes, la dépêche a fait le trajet de i3 098 milles en 23 minutes.
- La Bankers and Merchants Telegraph C° s’était engagée vis-à-vis de la ville de Philadelphie à ne jamais fusionner ses intérêts avec ceux d’une autre entreprise télégraphique, et comme garantie de sa bonne foi, la Compagnie avait versé une somme de 100 000 francs. L’avocat de la ville de Philadelphie vient de commencer un procès pour forcer la Compagnie à payer cette somme par suite de l’accord intervenu entre les Compagnies télégraphiques aux Etats-Unis qui constitue une rupture du contrat avec la ville de Philadelphie. __________
- On annonce maintenant que les nouveaux câbles Mackay-Bennett seront livrés au public à partir du 1“ octobre prochain. Le tarif actuel sera considérablement réduit, mais le
- prix des dépêches n’a pas encore été fixé d’une manière définitive. Les dépenses pour les deux câbles s’élèveront à 1 somme de 35 millions de francs.
- Le conseil municipal de Chicago a donné l’ordre, le 21 juillet dernier, de faire couper tous les fils de la Mutual Union Telegraph C°. Ces mêmes fils ont été coupés il y a un an à peu près, et la Compagnie s’était alors engagée à les mettre sous terre ; mais, au lieu d’exécuter sa promesse, elle a encore fait placer de nouveaux fils aériens, sans s’occuper de mettre les anciens sous terre.
- La communication télégraphique est rétablie entre Rangoon et Mandalay; le câble de Cape Bolinao (Luzon) et la Manille a été interrompu le 27 juillet dernier, et celui de la Tasmanie à l’Australie est encore interrompu.
- Les télégrammes pour le Transwal envoyés via Malte, sont maintenant transmis par fil jusqu’à destination au lieu d’être envoyés par courrier de Newcastle, Natal-au-Cape.
- Pendant le Congrès républicain de Chicago les différentes compagnies télégraphiques ont envoyé un total de 4 millions de mots environ dans toutes les directions de l’Amérique.
- Toutes les entreprises télégraphiques aux Etats-Unis qui rivalisent avec la Western Union C° viennent de former un syndicat qui sera administré par une seule direction. On s’attend à une lutte très vive et à des réductions de tarif considérables dont le public seul profitera.
- Les capitales de l’Etat Libre et du Transvaal, dans l’Afrique du sud, vont prochainement être en communication télégraphique directe. La ligne passera par Winburg. Cronstadt, Heilbron, à Heidelberg et de là à Pretoria.
- La Baltimore and Ohio Telegraph C° vient de placer un câble sous le fleuve Mississipi, entre Birds Point et Cairo. Le câble a 635 pieds de long, il pèse 10 1/2 tonnes et contient huit fils.
- La Cuba Submarine Telegraph C° a transmis 3 596 dépêches pendant le mois de juillet dernier, contre 2 929 pendant la même période de l’année dernière.
- Des expériences téléphoniques fort intéressantes ont eu lieu mardi dernier entre Florence et Rome. Le ministre des travaux publics s’est entretenu pendant quelque temps par téléphone avec le préfet de Florence. On s’est servi d’une ligne télégraphique ordinaire et, malgré une induction assez forte, la parole arrivait d’une manière très distincte.
- Le rapport de la New-England Téléphoné Co pour le mois de juin, accuse une augmentation de 229 abonnés pendant le mois, ce qui porte le nombre total à 18 437. Le réseau de la Compagnie s’étend maintenant sur 5io villes et villages, et le nombre des nouveaux abonnés depuis le mois de janvier a été de 1 438.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 5oo38
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 5 t , rue Vivienne, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AuG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARO
- Secrétaire de ta Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 30 AOUT 1884
- N® 35
- SOMMAIRE
- Sur la mesure des courants alternatifs et les évaluations qui s’y rattachent ; Frank Geraldy. — Nouvelles recherches de M. E. Wiedemann sur la décharge électrique dans les gaz raréfiés; G. Richard. — Recherches de M. Helmholtz sur l’origine de la chaleur voltaïque (2e article); J. Mouticr. — Les poissons électriques (3° arlicle); H. Beauregard. —
- La lumière électrique sur les bords de la Marne ; P. Clemenceau. — Note sur un nouveau compteur de tours ; E. Sartiaux. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Münfo. — Revue des travaux récents en électricité. — Sur un. aérostat dirigeable; par MM. Ch. Renard et A. Krebs. — Développement d’électricité dans une fabrique de drap-cuir, par E. Mach. — A propos de l’horloge Grau et Wagner, par M. Tiede. —La résistance du corps humain. — Travaux de la conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite). — Faits divers.
- SUR LA MESURE
- DES
- COURANTS ALTERNATIFS
- ET LES
- ÉVALUATIONS QUI s’y RATTACHENT
- Employer une force alternativement, et rapidement dans les deux sens inverses, est généralement un procédé singulier et peu mécanique ; l’exemple de la vapeur ne prouve pas le contraire, car, si le piston est poussé successivement dans les deux sens, c’est bien malgré nous, et par la raison seulement qu’on n’a pas jusqu’ici fait mieux; l’effort du constructeur consiste justement à transformer .au plus vite en mouvement continu ce mouvement alternatif qu’il a dû accepter malgré lui : une bonne machine à vapeur à rotation directe serait certes la bien venue.
- Pour le courant alternatif électrique, le cas n’est-pas le même; on l’emploie par choix et de propos délibéré. Il se trouva à l’origine que la première application pratique de l’électricité (la première en I
- date, cela s’entend),l’éclairage,s’accommoda de pré-, férence de cette forme anormale du courant, tandisj que justement les machines à induction la produisaient plus naturellement que le courant continu: delà le développement. En somme, il parut bientôt; certain que l’avenir n’était pas dans ce sens et que le courant continu devait bientôt occupera peu près tout le champ ouvert à l’électricité : néanmoins et en raison de son application spéciale, le courant; alternatif a subsisté et sans doute aura encore queb que avenir.
- Au temps où les machines à courant alternatif florissaient, il était peu question de mesures précises; atteindre un résultat était déjà beaucoup et on ne se préoccupait pas encore de savoir à quel prix on le réalisait; je ne parle pas de temps bien reculés, car nos lecteurs peuvent se, rappeler qu’à' la fondation de ce journal, en 187g, sa première campagne tendit à obtenir des évaluations, des mesures, des chiffres; à réclamer dans la science pratique et dans l’industrie la précision et le contrôle qui faisaient complètement défaut. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si pendant environ vingt années, depuis les premières applications de la machine de l’Alliance jusqu’à l’emploi étendu de la bougie Jablochkoff, on n’a possédé aucune donnée sur la nature du courant produit par ces machines.
- Ce qui pourrait paraître plus singulier, c’est que, aujourd'hui encore, nous en sommes à peu près au même point; les quantités à mesurer sont mieux' définies, on a, ainsi que je vais le dire, trouvé des; méthodes de mesure ; en réalité on n’applique pas" ces méthodes exactes, mais bien des procédés approchés dont le degré d’exactitude est inconnu, et partant de là 011 établit sur les effets des courants, alternatifs des raisonnements, des • calculs qui ne. tiennent aucun compte de leur nature spéciale et amènent aux résultats les plus faux. L’attention ayant été ramenée de ce côté par des essais récents) qui ont fait du bruit ; les courants alternatifs pouvant d’ailleurs trouver d’autres applications, il im-. porte de faire voir où l’on en est dans .ce sens efc
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- avec quelle prudence il faut faire usage des nombres que l’on donne journellement.
- Si la question est à ce point arriérée, cela tient précisément à la forme même de la force employée : avant de lui appliquer un procédé de mesure, il faut commencer par définir ce qu’on veut mesurer. Si nous considérons l’intensité du courant, nous voyons qu’elle est constamment variable et, procédant par phases successives et inverses, passe constamment d’une valeur à une valeur égale mais de sens contraire; il s’ensuit que les procédés algébriques ne donneraient qu’une somme nulle ; en réalité, toutes les intensités concourant à l’action produite, quel que soit leur sens, nous devons les considérer en grandeur absolue seulement, et prendre pour valeur la moyenne des valeurs d’intensité, abstraction faite de la direction du courant; encore doit-il rester bien entendu que cette définition convient seulement aux applications comme l’éclairage où le renversement du courant est indifférent ; il se peut que d’autres applications à venir exigent une conception plus précise.
- Pour calculer l’intensité, nous prendrons donc la série successive des intensités pendant la durée d’une phase, c’est-à-dire depuis un point ojusqu’au point o suivant, sans nous inquiéter de savoir si la phase est positive ou négative : en portant sur deux axes des coordonnées les temps t comme abscisses et les intensités I comme ordonnées, nous obtiendrons une courbe dont l’aire représentera la somme y”1 de toutes' les intensités ; le quo-
- fl
- tient——? étant la durée de la phase, donne la
- valeur moyenne de I ; c’est celle qui, pour nous, définit l’intensité.
- Pour la force électromotrice, nous devrons accepter une définition analogue; comme l’intensité, elle passe par des valeurs constamment variables et alternativement de sens contraire ; nous ferons abstraction du changement de sens, nous porterons les valeurs absolues en ordonnées, les temps en
- Ie
- abscisses et le quotient —— donnera la force élec-promotrice moyenne.
- Les définitions que je viens de rappeler sont sans doute connues, mais il n’était pas inutile de les rappeler, ne fût-ce que pour montrer combien elles comportent d’incertitude.
- Des courbes de phase, d’une forme complètement différente, peuvent donner la même intensité ou la même force électromotrice moyenne; est-ii certain que les deux courants, ainsi assimilés, produiront les mêmes effets? Evidemment, non. On conçoit fort bien qu’ils puissent agir différemment
- et nous verrons plus loin que l’expérience, quoique encore peu précise, confirme cette conception.
- On voit immédiatement que des courants alternatifs ne peuvent s’évaluer avec les appareils de la classe des hétérostatiques, c’est-à-dire ceux qui mesurent les forces en les comparant à une autre force du même genre constante ; les effets alternativement de sens contraire des courants alternatifs s’annuleront. Cela a lieu, comme on sait; les galvanomètres, électromètres ordinaires ne donnent rien avec ces courants; les alternatives très rapides (quatre ou cinq cents par seconde) n’y produisent que des vibrations moléculaires insaisissables. Il faut faire agir le courant sur lui-même et par conséquent se servir d’appareils mesureurs de la classe idiostatique. Parmi ceux-là, on rencontre d’abord les solénoïdes et les électrodynamomètres.
- Le poids soulevé par un solénoïde ou la position prise par son noyau, sous l’influence d’un courant alternatif, peuvent sans doute donner quelque indication sur les effets de ce courant, mais une indication certainement assez grossière. Il faut en effet supposer que les renversements du magnétisme dans les noyaux de fer auront lieu sans retard et sans perturbation; on sait que si les noyaux sont un peu gros, cela n’est pas, les mouvements magnétiques ne peuvent y avoir la rapidité nécessaire; cette influence doit exister dans tous les appareils de ce genre; si dans les petits il est permis de la croire faible et de la considérer comme négligeable, on n’a cependant aucune raison formelle d’affirmer qu’il en est ainsi. Ces mesureurs sont donc frappés d’une cause d’inexactitude inévitable; ils ne peuvent être considérés que comme des indicateurs industriels; c’est du reste ainsi qu’on les emploie.
- L’électrodynamomèt|,e nous apporte plus de précision. Une première remarque importante en faveur de cet appareil résulte d’expériences récentes de M. Marcel Deprez : ce savant, prenant l’électrody-namomètre ordinaire de Siemens, y a envoyé successivement deux courants : l’un continu, l’autre alternatif, marquant le même degré, puis faisant passer ces mêmes courants successivement dans un électromètre à bobines plates parallèles, il a reconnu qu’ils produisaient des attractions égales ; nous devons donc admettre que la forme de l’élec-tromètre est indifférente et que deux courants qui marquent le même degré dans l’un se montreront encore égaux dans un autre. Cela n’était rien moins qu’évident, et il était très permis de croire, au contraire, que deux courants alternatifs de phases différentes, donnant le même degré sur un électrodynamomètre, pourraient cesser de coïncider sur un deuxième ayant une autre disposition. Cet inconvénient ne paraît pas se présenter ; les indications sont comparables entre elles ; mais que signifient-elles au juste?
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- On sait que les indications de l'électrodynamo-mètre sont fonction de Ia les chiffres fournis par la table donnent I. Dans les courants alternatifs,
- I étant constamment variable, l'indication sera
- fonction de .Si2, le chiffre relevé dépendra donc
- de \/ZiP; or, on voit immédiatement que ceci
- n’est pas égal à. Si. Ce fait a été signalé aussitôt qu’on a voulu faire usage pour le calcul des évaluations fournies par l’électrodynamomètre ; il nous force de reconnnaître que l’appareil est beaucoup plus précis que le solenoïde, mais que le chiffre qu’il fournit n’a pas de signification certaine. On ne peut assurer qu’un courant qui donne dans un électrodynamomètre le même degré qu’un courant continu ait la même intensité que celui-ci. On ne pourraitjaffirmer, par exemple, qu’ils donneront les mêmes effets calorifiques.
- Cette considération nous indique en passant un mode de mesure qui serait rigoureusement applicable, ce seraient les procédés calorimétriques. Je ne pense pas qu’ils aient été appliqués ; ils sont d’ailleurs d’un emploi pénible, exigent des expériences prolongées; ils ne peuvent guère constituer des appareils de mesure proprement dits. Il est cependant regrettable qu’on n’en ait jamais fait usage, ils pourraient utilement contrôler les résultats obtenus par les autres mesures, et particulièrement parles procédés très ingénieux de M. Jou-bert dont il nous reste à parler.
- C’est aux recherches faites par ce savant distingué, lors de l’étude delà bougieJablochkoff et des machines propres à l’allumer, que nous devons les meilleurs travaux faits sur les courants alternatifs.
- En ce qui concerne l’intensité, il a dû s’en tenir à l’électrodynamomètre; il n’ignorait pas cependant le défaut signalé ci-dessus. Mais, en somme, on n’a pas trouvé mieux; il ne serait peut-être pas impossible de fixer la valeur des indications de cet appareil en se servant, ainsi que nous venons de le dire, des méthodes calorimétriques : les recherches de M. Joubert ne se dirigèrent pas dans ce sens, et, dans le but de déterminer l’intensité, il donna le moyen de mesurer la force électromotrice; il fit pour cela usage de l’électromètre à quadrants modifié d’une façon particulière. On sait que cet instrument est d’ordinaire hétérostatique ; une aiguille mobile, chargée au potentiel que l’on veut mesurer, se déplace entre des plaques métalliques chargées à un potentiel déterminé : sa déviation donne la mesure cherchée; l’opération, ainsi dirigée, ne pouvait aboutir en raison de l’inversion. M. Joubert supprime toute charge étrangère, les deux-paires de quadrants et l’aiguille sont isolées, l’une des paires et l’aiguille communiquent avec un pôle de la machine, l’autre paire avec l’autre. L’appareil,
- ainsi disposé, est idiostatique; la déviation est proportionnelle au carré de la différence de potentiel des deux quadrants.
- On remarquera immédiatement que ce procédé donne prise à la critique adressée plus haut à l’élec-trodynamomètre : l’appareil est gradué expérimentalement avec des piles de force électromotrice connue; dans chaque expérience, la déviation obtenue est proportionnelle à e2 et on la rapporte à la force électromotrice e; appliqué à un courant
- variable, le résultat sera fonction de
- et nous
- relèverons un chiffre qui représentera
- qui n’est pas égal à ——. Ce serait cependant déjà
- un résultat, mais M. Joubert a fait plus.
- Il a senti la nécessité de connaître non seulement la moyenne de e, tant bien que mal, mais encore la loi des variations de cette force. A cet effet, il voulut obtenir la force électromotrice en un point déterminé de la phase. Pour cela, il disposa sur l’axe de la machine deux couples de contacts qui se remontent ensemble à un moment déterminé et mettent à ce moment l’électromètre dans le circuit; par ce moyen, l’action directrice est toujours de même sens : au lieu d’être continue et variable, elle est discontinue et constante, elle se réduit à une série très rapide d’impulsions semblables et à peu près instantanées. On fait varier la position des contacts de manière qu’elle corresponde à diverses divisions de la phase, et on peut ainsi analyser cette phase et en dresser la courbe représentative par points.
- A vrai dire, et en toute rigueur, cette méthode n’est pas complètement à l’abri de la critique : en effet, l’indication de l’électromètre n’est plus alors, ainsi que nous venons de le dire, le résultat d’un équilibre entre deux forces continues ; l’une d’entre elles est représentée par une série de coups égaux; comment cette substitution vient-elle altérer les indications? c’est ce qu’on ne peut dire. Je sais que M. Joubert admettait le réglage comme bon seulement lorsque l’électromètre marquait le même point étant soumis à l’action continue d’une pile et à cette même action passant à travers l’interrupteur en mouvement; mais cette précaution même donne à réfléchir, et on se demande comment la même force agissant de deux façons si dissemblables, peut donner le même résultat; on est amené à penser que cela ne peut se produire qu’au prix d’une certaine incertitude dans les indications de l’appareil.
- Quoi qu’il en soit, cette méthode devrait être considérée comme très utile si M. Joubert lui-même n’avait trouvé mieux.
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- la lumière électrique
- ' On remarquera d’abord que dans la méthode précédente, il n'est pas nécessaire d’avoir recours à l’électromètre modifié ou à tout autre instrument idiostatique; les impulsions étant toujours de même sens, les instruments hétérostatiques peuvent être mis en usage.
- La méthode employée est celle-ci: sur le circuit on prend une dérivation dont une extrémité est fixe et l’autre commandée par un contact fixé sur l’âxe, en sorte que le courant passe à un moment déterminé de la phase pendant un temps très court; sur la dérivation ainsi disposée et à partir du contact interrupteur jusqu’en un point quelconque on branche 'une deuxième dérivation laquelle renferme un galvanomètre astàtique et une pile de force électromotrice connue placée en opposition avec le courant de la machine; on met l’appareil en mouvement, et on fait varier le point d’insertion de la dérivation jusqu’à ce que le galvanomètre reste à zéro. C’est une disposition analogue à un pont de Wheatstûne, à un potentiomètre, à divers procédés connus; on remarquera que le résultat obtenu est absolument rigoureux, les deux forces électromotrices opposées étant commandéés par le même interrupteur dont la durée de contact est assez courte pour que la force électromotrice de la machine doive être considérée comme constante : l’appareil de mesure étant ramené au zéro, sa disposition, son inertie sont sans influence, et le calcul simple des résistances qui donne le rapport entre la force électromotrice inconnue et celle de la pile s’applique en toute rigueur.
- Cette méthode est complètement scientifique et ne laissé prise à aucune critique.
- Dans la pratique elle peut sembler un peu difficile d’application ; je pense que cela tient seulement à ce que, ayant été rarement appliquée, on ne s’est pas: préoccupé de construire les appareils convenables. Oh peut très bien concevoir un système qui, par une rotation successive permettrait de relever par points la courbe de la phase de la force électromotrice : il devrait être jusqu’à un certain point analogue aux mesureurs de pression appliqués aux machines à vapeur par M. Marcel Deprez, dans lesquels la pression est à chaque instant mesurée par son opposition à une force variable et connue. Nos constructeurs résoudraient aisément ce problème. Quant à la méthode, elle est absolument satisfaisante.
- Par malheur, les résultats qu’elle peut fournir ne sont pas suffisants.
- S’il s’agissait de courants continus, nous serions au but, la force électromotrice une fois connue, on déterminerait la résistance ; d’après la loi d’Ohm,
- E ,
- on écrirait I == ^ et tout serait connu : c’est bien
- aussi le procédé qu’on voit employer fréquemment quand il s’agit de courants alternatifs ; mais il faut
- le dire, cette application est absolument mal motivée et les déductions qu’on en tire sont complètement fausses. Cela tient à ce que les diverses parties du courant alternatif, en raison de leurs variations continues, réagissent les unes sur les autres par induction, pour peu que le circuit présente des parties voisines les unes des autres, et par ces actions réciproques modifie tous les résultats. On ne doit pas supposer que ces influences soient négligeables, faibles et secondaires; elles sont de tout à fait premier ordre, au contraire.
- Pour en donner immédiatement une preuve curieuse, je raconterai un fait qui se produisit il y a quelques années à l’usine de la société Jabloch-kofif : on voulait essayer des câbles destinés à être employés dans une installation ; on disposa dans l’atelier les bougies, on apporta les câbles, et on disposa tout comme cela devait être plus tard ; seulement pour ménager l’espace, les câbles furent laissés en rouleaux : les bougies ne s’allumèrent point du tout ; le courant fut complètement annulé ; et après recherche, on fut amené à voir que cela tenait uniquement à l’enroulement du fil dont les spires voisines, réagissant les unes sur les autres, absorbaient en inductions toute la puissance du générateur ; le câble fut déroulé et tout marcha fort bien.
- Ces faits sont connus de tous ceux qui manient le courant alternatif : on n’a pourtant pas donné de mesures ; il faut dire d’ailleurs que le phénomène est très compliqué ; il dépend du courant et de la disposition même du circuit laquelle détermine le coefficient de self-induction.
- Je rapporterai encore quelques expériences faites à la lampe-Soleil par MM. Maquaire et Street, ingénieurs. Elles ont été faites en plaçant sur le trajet d’un courant alternatif des bobines de fil enroulé, puis ramenant le courant au même degré de l’élcctrodynamomètre en mettant à la place de la bobine une résistance formée de fil rectiligne (ou à peu près car ces résistances sont formées de fil enroulé sur des planches et ainsi ne satisfont pas complètement à la condition). Pour être complètes, les indications devraient nous dire comment les fils étaient enroulés.
- On trouve ainsi que à la place d’une bobine ayant 65m de fil de imm7 présentant une résistance de o,5 ohm et ne renfermant point de fer il faut pour ramener un courant alternatif à la valeur de 4,80 substituer une résistance rectiligne de 1,41 ohm.
- A la place d’une bobiiie détachée d’une machine alternative Maquaire, bobine ayant 45om environ de fil de im,u4 présentant une résistance de 5,20 ohms et renfermant deux plaques de fer légères, il faut pour un courant de 6,o5 ampères mettre une résistance de 175 ohms, pour un courant de 7 ampères une résistance de 210 ohms.
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- On voit, rien que par ccs chilïics auxquels on en pourrait ajouter beaucoup d'autres, combien sont faux les calculs faits d’après les règles ordinaires. Supposons par exemple qu’on prenne une alternative Gramme donnant un courant de g ampères; son induit a une résistance mesurée de 4,95o ohms, on dirait donc que dans cet induit se consomment 4,95 x 92 ou 400,95 watts. Or l’expérience directe prouve que mis sur un courant alternatif de 9 ampères, le circuit induit de la machine Gramme équivaut à 108 ohms, la quantité de watts absorbée devra donc être comptée égale à 108 X 92 ou 8748 watts.
- En réalité aucun calcul fondé sur les lois des courants continus n’est applicable aux courants alternatifs, si ce n’est peut-être dans le cas, où ils agiraient sur un circuit rectiligne et ne renfermant aucune force contre-électromotrice dépendant du courant de travail : ce cas ne se présente jamais. En réalité il n’y a actuellement qu’un seul moyen de mesure pour ces courants; la méthode de M. Joubert donne un moyen rigoureux d’analyser la différence des potentiels aux points où on applique l’appareil ; mais on n’en peut tirer de conclusions rigoureuses pour ce qui se passe aux autres points; on ne doit procéder que par mesures directes pour la force, et par des substitutions convenables pour le rendement et le travail, ainsi que cela a déjà été indiqué dans ce journal. En dehors de ces moyens, toute évaluation et tout calcul sont plus que suspects.
- Frank Geraldy.
- NOUVELLES RECHERCHES DE M. E. WIEDEMANN
- SUR LA
- DÉCHARGE ÉLECTRIQUE
- DANS LES GAZ RARÉFIÉS
- L’étude de la décharge électrique à travers les gaz raréfiés constitue l’un des sujets les plus attrayants delà physique moderne; elle touche d’une part à des phénomènes internes ou moléculaires dont l’interprétation donnera peut-être un jour la solution mécanique des problèmes les plus importants de la physique, et, d’autre part, à cette région encore mystérieuse, où les phénomènes de l’optique et de l’électricité paraissent se confondre dans une sorte d’unité, à peine entrevue jusqu’ici.
- Les phénomènes qui accompagnent la décharge dans les gaz très raréfiés ont attiré l’attention des électriciens les plus célèbres. Il me suffira de citer les noms de Faraday, de De la Rive (*), de
- Gassiot ('), de Spottisivoode et Moulton (5), de W. de la Rue et Muller (3 *) et de Crookes (*), auxquels on peut ajouter ceux de Perrot (6), à'Abria (6), de Mac Fcrlane (7) et de Fernet (8).
- Les travaux de ces savants constituent un répertoire d’observations extrêmement important, mais dont on n’a encore pu tirer aucune théorie générale.
- M. Eilhard Wiedemann, poursuivant les recherches de MM. R. Wiedemann et Ruhlmann, a répété, complété et discuté les principales expériences des
- savants qui l’avaient précédé dans cette voie : il a publié en i883, dans les Annalen der Physik und Chemie, puis tout récemment, et avec des additions, dans le Philosophical Magazine de juillet
- C) Proc. Royal Society, 1859 et 1862.
- (2) Proc. Royal Society, 1875, vol. 23, p. 455; 1876, vol. 25, p. 73; 1879, p. i65 et 8 avril 1880.
- (3) Annales de chimie et de physique, 5° série, vol. i3, p. 433, vol. i5, p. 289, 20, p. 145. — Proc. Royal Society, 1880,
- vol. 3o, p. 33o.
- ('*) Annales de chimie et de physique, 3° série, vol. 19, p. 195. — Journal de physique, vol. 9, p. 3o et 64.
- (6) Annales de chimie et de physique, 3° série, vol. 6t, p. 200.
- (o) Annales de chimie el de physique, vol. 7, p. 447 (1843).
- (7) Trans. Royal Society Edimb. 1878, vol. 27.
- (8) Comptes rendus, 1880, p. 680.
- (l) Annales de chimie el de physique, 3° série, XXIX, p. 207.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et d’août 1884, le compte rendu de ses travaux. Nous avons cru devoir en présenter une analyse, tout en laissant à de plug compétents la tâche de discuter les opinions mêmes de l’auteur.
- Nous nous renfermerons donc dans notre simple rôle d’informateur, nous bornant à souhaiter que quelque savant vienne bientôt donner aux lecteurs de ce journal un résumé et une discussion approfondie des travaux que nous n’avons fait qu’indiquer, dont les originaux sont presque inaccessibles au public, et qui n’ont pas encore été réunis en un corps de doctrine (').
- Il faut, avant d’aborder l’examen des phénomènes observés par M. Wiedemann, définir aussi nettement que possible un certain nombre de termes qu’il emploie souvent dans son mémoire, et qui constituent comme une sorte de nomenclature particulière.
- La figure 1 représente le phénomène normal des stratifications dans un tube d’expérience. L’électrode négative, ou cathode, se trouve en k, l’électrode positive, ou anode, est en b.
- En l, tout autour de k, s’étend une région complètement obscure ; c’est la région négative noire, à laquelle succède brusquement la nappe lumineuse négative b qui s’étend en se dégradant vers l’anode jusqu’en p, comme une lueur. Cette lueur est séparée de la stratification, lumineuse positive hm par une interruption obscure ph. Le tout est traversé par les rayons lumineux négatifs Im, émis de la cathode k.
- INFLUENCE DES RESISTANCES INTERPOSÉES.
- Dans les expériences de M. Wiedemann, l’un des pôles de la machine électrique était relié à la terre et l’autre à l’une des électrodes du tube; l’autre électrode !était reliée à la terre, .avec interposition d’un galvanomètre. On introduisait les résistances entre la machine et le tube ou entre le tube et la terre; ces résistances consistaient en tubes de verre remplis d’eau distillée, vernis à l’extérieur, et dans lesquels plongeaient les extrémités du conducteur.
- (!) Consulter aussi Varley (Proc. Royal Soc. vol. 19 (1870), p. 235). — HittorJ (Pogg. Ann. 1869, Il’ied. Ann. vol. 7,
- 1880).__Goldstein (Eine neue Form eleclrischer Abstossung,
- Berlin, 1880). — Masson (Annales de chimie, 3° série, v. 3o, p. 40). — Harris (Phil. trans.) 1884, p. 225. — Plucker (Pogg. Ann., vol. io5, p. 70 et 104, p. 629). — WallenhoJJen (Pogg. Ann., vol. 126, p. 537). — Gaugain (Annales de chimie et de physique, 4» série, vol. 4 (iH65). p. 325). — Edlund (Annales de chimie et de physique, octobre 1881, p. 199). — Hasselberg (C. R. Académie de Saint-Pétersbourg, vol. 27 (1879), n° 1). — Shultz (Pogg. Ann. (1868), vol. i35, p. 249). — Macari et Belati (Beiblætler, vol. 2, p. 720).
- On se servit, pour observer les décharges, d’un miroir tournant à une faible vitesse.
- L’interposition des résistances n’influençait en général aucunement l’aiguille du galvanomètre; l’intensité du courant restait donc invariable à travers le tube.
- La rapidité des décharges augmentait au contraire avec les résistances. Dans les gros tubes, à la pression où le potentiel nécessaire pour produire la décharge atteint sa plus faible valeur, la décharge semblait continue avec les résistances, et redevenait discontinue quand on les écartait, mais les décharges obéissaient toujours — continues ou discontinues— à la loi suivante de C. Wiedemann et Ruhlman.
- « Les décharges sont toujours plus nombreuses « si l’électrode positive du tube est reliée à la ma-« chine électrique, et l’électrode négative à la terre, ® qu’avec la liaison inverse ; la quantité d’électri-« cité nécessaire pour occasionner une décharge est « donc plus considérable dans le premier cas » (‘).
- Voici comment M. Wiedemann explique l’influence des résistances sur la rapidité des décharges.
- Pour occasionner la décharge d’une électrode métallique, il faut que l’électricité y soit accumulée à une tension parfaitement définie; mais l’électricité accumulée sur les conducteurs reliés à l’électrode peut, d’autre part, une fois la décharge commencée, s’échapper par l’électrode à une tension plus faible que le potentiel nécessaire à l’origine même de la décharge. Or, c’est le cas qui se présente avec les machines électriques qui dégagent sur leurs conducteurs, entre deux décharges, une quantité considérable d’électricité; cette électricité s’écoule vers l’électrode du tube et en prolonge la décharge.
- Si les résistances sont faibles, cette électricité s’écoule très vite, elle passe presque en totalité dans la décharge, le potentiel des conducteurs reliés à l’électrode tombe presque au zéro, et il faut un certain temps pour l’élever de nouveau à la tension nécessaire pour produire une nouvelle décharge.
- Si l’on interpose entre l’électrode et la machine des résistances suffisantes, l’électricité s’écoule plus lentement, il ne s’échappe avec la décharge qu’une faible partie de l’électricité des conducteurs et le reste de cette électricité vient, en suivant les décharges, élever rapidement le potentiel de l’électrode, sans qu’il faille, pour occasionner une nouvelle décharge, produire une grande quantité d’électricité. Les décharges seront donc, pour une même intensité moyenne du courant, plus nom-
- i1) l>0AlP-> nnn. 1872, p. 235, 844.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- breuses et moins importantes, après l’addition des résistances.
- M. Wiedemann considère comme normales les décharges avec résistances.
- D’autre part, les décharges non stratifiées prennent toujours la forme stratifiée quand on ajoute des résistances, et ces stratifications exigent évidemment des décharges régulières. Les décharges normales sont donc stratifiées et rythmées.
- En génénal, les stratifications se forment mieux quand l’électrode négative est reliée à la machine et l’autre à la terre, et les décharges sont toujours, dans les cas où cette règle fait exception, moins nombreuses qu’avec la première liaison.
- Les expériences de M. E. Wiedemann ont, en outre, démontré que les résultats obtenus par MM. G. Wiedemann et Ruhlmann, sur la chaleur de l’étincelle (‘) s’appliquent aux décharges normales et peuvent se résumer parles deux lois suivantes :
- « La quantité de chaleur cédée par une quantité « donnée d’électricité au gaz qu’elle traverse est à
- FiÜ, 3
- « peu près la même, que la décharge se fasse en « une ou en plusieurs fois. »
- « Deux tubes de diamètres différents, se suivant « dans un même circuit, dégageront, par unité de « longueur, la même quantité de chaleur, que le « nombre des décharges soit augmenté ou non « par l’addition de résistances. j>
- INFLUENCE DE L’ÉCARTEMENT DES ÉLECTRODES
- L’appareil imaginé par M. Wiedemann pour étudier l’influence de l’écartement des électrodes est représenté par la figure 2.
- L’électrode négative a. est fixe, l’autre (3 flotte en X, sur le mercure du tube B C, rodé à l’émeri dans A. L’appareil porte en outre, deux électrodes fixes, e et 8, de sorte que l’on peut faire passer le courant par a p s ou par a 8. Le jeu du mercure en BC permet de faire varier l’écartement des électrodes a et p, sans modifier leur atmosphère.
- Le tube témoin, à corps effilé, intercalé dans le circuit de A et muni d’électrodes aplaties a et b, figure 3, permet de mieux saisir à l’aide du miroir
- tournant le rythme des décharges moins accentuées dans le gros tube A.
- Si l’on approche l’électrode positive, constituée par un simple fil, du disque de l’électrode négative, les stries ne changent pas de position, mais disparaissent une à une, à mesure que l’électrode positive les rencontre, jusqu’à la dernière ; il ne reste plus alors, autour de l’anode, qu’une faible lueur rougeâtre, qui ne disparaît pas et demeure comme adhérente à l’électrode. La lumière positive rayonne vers le haut du tube jusqu’à l’entrée de l’anode dans la région noire qui entoure l’électrode négative, mais, dès que l’anode a pénétré dans cet espace, la lumière retombe brusquement de bas en haut, comme une cascade lumineuse. Si l’on approche encore plus l’électrode positive de l’électrode négative, la décharge cesse d’en émaner, et se produit entre le mercure et l’électrode négative.
- Lorsqu’on remplace le fil de l’anode par un
- FIG. 4
- disque, les phénomènes changent à partir de sa pénétration dans l’espace noir; les stratifications négatives se déforment, la lueur bleue se déprime, comme l’avait remarqué Hittorf (*) derrière la cathode, et il s’y forme, sur le tube, un mince anneau de lumière positive. Les rayons négatifs eux-mêmes, refoulés sur le disque de la cathode, s’étalent sur ses bords, d’où ils s’échappent en étoiles, en laissant obscur le centre du disque. Les deux disques, positif et négatif, s’attirent fortement. Si on les sépare après leur contact, il en jaillit une étincelle.
- Dans les tubes très raréfiés, la résistance à la décharge augmente considérablement à mesure que l’on rapproche les électrodes, à partir d’un certain point. M. Wiedemann a vérifié ce fait, au moyen de deux tubes A et B (figure 4) de 2Ômm de diamètre et de 36mm de long, munis d’électrodes d’aluminium, soudées dans le verre qu’elles ne dépassent que de imm, écartées dans B de 2omm et dans A d’un millimètre seulement. Ces deux tubes étaient reliés à la même pompe.
- (') Annales de Physique et de Chimie, 1880, vol. 3i , p. 449.
- (') Pogg. Ann. vol. cxxxvi. (1869) p. 1-197.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Aux pressions élevées la décharge se produisait en A.
- Aux basses pressions, de 5mni environ, la décharge avait lieu simultanément dans les deux tubes.
- Aux très basses pressions, elles n’avait lieu que dans A.
- Si l’on remontait alors le mercure de la pompe, de manière à abaisser encore la pression, la décharge ne se produisait plus que dans B.
- Voici comment M. Wiedemann explique ces variations :
- Aux pressions élevées, l’induction mutuelle des électrodes l’une sur l’autre et sur la couche de gaz intermédiaire est très importante. Aux pressions moyennes, la résistance de la colonne positive de lumière disparaît devant celle de la colonne négative, les deux tubes ne diffèrent plus que par la longueur de leurs colonnes positives, sans influence sur la tension nécessaire pour la décharge qui se produit, en conséquence, simultanément dans les deux tubes.
- Aux très basses pressions, la région noire qui
- FIG. 5
- s’étend autour de la cathode s’est étalée dans le tube A au point d’envelopper l’anode, et sa résistance est si grande qu'elle empêche l’électricité de la franchir.
- Si l’on abaisse encore la pression, l’espace noir vient envelopper aussi l’anode dans le tube B qui oppose dès lors, en raison de l’écartement de ses électrodes, une résistance plus grande que celle de A.
- M. Wiedemann formule ainsi les principales conclusions de ses expériences.
- L'espace noir négatif oppose une très grande résistance à la décharge positive.
- L'union des électricités positive et négative a lieu dans la lueur indiquée en bp sur la figure i.
- INFLUENCE DE LA FORME DES ÉLECTRODES SUR LE POTENTIEL DE LA DÉCHARGE
- En général, il faut une tension plus considérable pour déterminer une décharge entre des électrodes en forme de pointes qu’entre des disques.
- Si, dans un tube de 25mm de diamètre et de 0mi20 de long, on prend pour électrode positive un fil coupé, comme en a (figure 5), presque au ras du verre, et pour anode un long fil, il se dégage de
- l’anode un faisceau lumineux, et le tube prend autour d’elle une phosphorescence verte, comme si ses parois étaient devenues négatives autour de a. On peut expliquer ce fait parce que l’électricité libre dégagée de l’anode, ne pouvant se frayer sa voie à
- FIG. t>
- travers la petite surface de l’électrode négative, s’écoule vers les parois qui l’entourent, et qui agissent alors comme cathode.
- EMPLOI DE MAUVAIS CONDUCTEURS POUR l’électrode négative
- M. Wiedemann a constaté que des électrodes négatives en chlorure et en iodure de plomb se désagrégeaient rapidement.
- CHALEUR DES GAZ A DIFFÉRENTES DISTANCES
- de l’électrode négative
- M. Wiedemann s’est servi, pour l’étude de la chaleur ou de la température des gaz aux diffé-
- FIG. 7
- rents points de la décharge, d’une pile thermo-électrique appliquée sur les parois du tube.
- Les résultats de ces expériences sont représentés par les courbes des figures 6 et 7, dans lesquelles les abscisses sont proportionnelles aux distances de la pile à l’électrode négative et les
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- ordonnées aux déviations correspondantes du galvanomètre.
- Ces expériences se divisent en trois séries :
- ir0 série. — Tube en verre mince, de 25mm de diamètre. Electrodes en forme de disques plans (flg. 6).
- Courbe a, très faible pression, espace noir de 37mm, lueur verte à peine visible, limite de la lueur positive à 2iomm. Courbe b, espace noir de 3omm, pas de lumière verte, limite de la lumière positive 220mm.
- Courbe c, espace noir de 20mu>, pas de lumière verte. Limite de la lumière positive à 20omm.
- Courbe d, espace noir de i4mm. Lumière positive, i20mm. Courbe e, espace noir de 8mm. Lumière positive, 7Smm.
- 2° série. — Tube de i8mm [jig. 7), échelle des abscisses doublée. Echelle des ordonnées réduite de moitié.
- Courbe/, espace noir de i4ml“, lueur verte phosphorescente à l’extrémité de l’espace noir, que l’on ne peut attribuer aux rayons négatifs, puisqu’ils n’atteignent pas le tube en ce point. Limitation indécise entre les lumières positive et négative, pas de stratification.
- Courbe g, espace noir de iomm.
- Courbe A, espace de 8mm, pas de stries.
- 3° série. — Tube de i8ram. Résultats analogues aux précédents.
- Ces résultats conduisent à la loi suivante :
- La chaleur de la décharge augmente, à partir de l'électrode positive, d'abord lentement, puis ra-pidement, pour atteindre son maximum dans la lueur (c. p. fig. 1), elle décroît ensuite pour atteindre dans l'espace noir, près de l'électrode négative, un minimum relatif, plus élevé néanmoins que dans la lumière positive. A la cathode même, le dégagement de la chaleur est très intense.
- Il est à remarquer que les régions les plus chaudes des tubes ne coïncident pas avec celles qui offrent, comme l’espace noir, le plus de résistance au courant.
- DÉVIATION DE LA COLONNE POSITIVE DE LUMIÈRE
- La grande résistance de l’espace négatif noir suffit, d’après M. Wiedemann, pour expliquer la plupart des phénomènes si curieux de l'état sensitif.
- Lorsqu’on touche du doigt un point du tube, on y forme une sorte de cathode caractérisée par la lueur verte ; il doit donc se développer, autour de ce même point, un espace noir, dont la résistance oblige la lumière positive et la décharge à dévier.
- Lorsqu’on entoure d’un anneau d’étain un tube sensitif à décharge obscure, la formation d’une cathode au cercle entouré par l'anneau et la production d’une grande résistance expliquent de même la formation des lueurs dans cette section.
- INFLUENCE D'UN AIMANT PUISSANT SUR LA DECHARGE
- L’action d’un aimant puissant dévie et courbe, comme on le sait, les rayons positifs. A mesure que l’on approche l’aimant de l’électrode négative k (figure 8), la lueur se comprime, comme le démontre la phosphorescence verte du tube, pour faire place à la lumière positive stratifiée. On voit en a la forme que prend la décharge sous l’influence d’un aimant placé sous le milieu du tube. Quand l’aimant arrive assez près de la cathode pour que le point a pénètre dans l’espace noir, la décharge devient discontinue, de sorte que la résistance augmente considérablement.
- La formation et la position de la lumière positive dépendent donc surtout, non pas de la position des électrodes, mais plutôt de la formation des rayons émis par la cathode, dont la situation influe beaucoup sur la discontinuité de la décharge.
- NATURE DES RAYONS NEGATIFS
- Nous entrons maintenant dans la partie abstraite et philosophique du mémoire de M. Wiedemann.
- FIG. 8
- M. Wiedemann ne partage pas, sur la nature des rayons négatifs, les opinions de Crookes. Suivant lui, le transport de matière qui se produit le long de ces rayons serait un phénomène accessoire qui n’aurait guère plus de rapport avec leur propagation que la trajectoire d’un boulet'avec la propagation du bruit du coup de canon. Les rayons négatifs ne seraient que des rayons de lumière d’ondes très courtes.
- M. Wiedemann commence par rappeler que, d’après ses premières recherches sur la décharge (‘), les rayons négatifs ne prennent qu’une part insignifiante dans la formation du courant et dans le transport de l’électricité. En effet, l’intensité du courant à travers un tube de décharge ne varie pas si l’on intercepte les rayons négatifs par un écran de mica, au lieu de les laisser rayonner librement. Ces résultats ont été confirmés par Herz (2), qui partage l’opinion déjà ancienne de M. Wiedemann (3).
- C) Wied., Ann., vol. V, p. 200 (1878); VI, p. 298 (1879): IX, p. 157 (1880); X, p. 202 (1880).
- (3) Wied., Ann., XIX, p. 82 (i883); XII, p. 263 (1881).
- (?) Wied., Ann., IX, p. 100 (1880), et X, p. a5i (1880).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les expériences de Goldstein (’) confirmées par l’auteur (s), par Spottiswood et parMoulton (3) ont démontré que les vibrations des rayons négatifs doivent être orientées dans une certaine direction autour de celle des rayons. Ces rayons traversent, en effet, la lumière positive sans aucune absorption, pourvu que leur direction coïncide avec celle de cette lumière, et l’inverse a lieu quand ces directions se croisent presque à angle droit, comme dans le phénomène des ombres sensitives. On en conclut que les vibrations des rayons positifs et négatifs doivent être de directions opposées, à angle droit les unes des autres, puisque ces rayons interfèrent le plüs quand ils sont perpendiculaires. Or, on peut considérer le mouvement de la lumière positive comme produit par une polarisation du diélectrique émanée de l’électrode positive et suivie par un courant d’électricité positive; ce mouvement étant certainement longitudinal, comme les ondes sonores, il s’ensuit que les vibrations des rayons négatifs doivent être transversales, comme celles de la lumière.
- Tous les corps solides, conducteurs ou non, sont absolument opaques aux rayons négatifs. Il
- FUS. 9
- en est de même, d’après Herz, pour les vapeurs de sodium et de mercure, et il attribue l’extinction des rayons négatifs aux pressions élevées à leur absorption par les gaz mêmes. Or, l’absorption des radiations lumineuses doit être proportionnelle au nombre de leurs ondulations par unité de longueur, et à la densité du milieu qu’elles traversent.
- La facilité avec laquelle les rayons négatifs produisent la phosphorescence et des actions chimiques est intimement liée à leur absorption. C’est à l’absorption de l’énergie si considérable de ces rayons que nous devons la phosphorescence des gaz qu’ils traversent. Quand la pression diminue, cette phosphorescence disparaît à cause de l’atténuation des gaz.
- La déviation que subissent les rayons négatifs, au passage devant une cathode intermédiaire, correspond à celle que subissent les rayons lumineux quaud ils passent près d’un corps entouré d’une
- (1) Wicn., Ber., L. XXIV (UJ76). p. 413.
- (1 2) Wied., Ami., X, p. 337 (i8tic»).
- (3) Beibl., VII, p. 72S (i8H3).
- atmosphère dont la densité ou la pression décroît à partir du corps, et l’existence d’une atmosphère de ce genre, autour de la cathode, paraît démontrée par la résistance qu’y rencontre la lumière positive.
- Les effets mécaniques produits par les rayons négatifs, tels que les mouvements des surfaces qu’ils frappent, ne dépendent pas des phénomènes thermiques, car Maxwell a démontré que les rayons lumineux exercent, sur le front de l’onde, une pression numériquement égale à son énergie par unité de volume. Or, l’énergie dégagée à l’électrode négative est assez puissante pour porter au rouge une feuille de platine à son foyer, ce qui prouve, d’autre part, que cette feuille ne transmet que très lentement sa chaleur au gaz du tube.
- La répulsion mutuelle de deux rayons négatifs, observée par Crookes, quand les décharges sont puissantes et quand les rayons se croisent sous un angle très aigu, s’explique aussi par la pression qu’ils exercent sur le front de l’onde.
- L’hypothèse deM. Wiedemann permet, en outre, d’assimiler les déviations des rayons négatifs à la rotation du plan de polarisation des rayons lumineux par un aimant. On sait, en effet, que si l’on envoie le long de l’axe d’un aimant S. N. (fîg. g) un rayon de lumière polarisé dans le plan du papier, et que si l’on place une plaque de verre x, y devant le pôle nord, le plan de polarisation est divisé. Si le rayon lumineux est perpendiculaire au plan du papier, cette rotation doit aussi se produire, parce que la direction des vibrations de l’éther, par rapport à l’aimant, ne change pas. D’autre part, la direction du rayon doit toujours rester perpendiculaire à celle des ondulations. Ce rayon doit donc, si le plan des vibrations tourne, subir lui-même une déviation. Or, cette déviation n’a pas encore été observée dans l’air, tandis qu’on la saisit très bien pour les rayons négatifs ; mais cela tient à la petitesse extrême de leur longueur d’onde X, car on sait que la déviation a du plan de polarisation est donnée par la formule
- qui démontre combien elle augmente rapidement quand X diminue.
- DÉCHARGE POSITIVE, FORMATION DES STRATIFICATIONS
- Voici la théorie que M. Wiedemann propose pour expliquer le phénomène des stratifications :
- Il se produit, à l’électrode positive, une polarisation du diélectrique subissant, au moment de la décharge, une variation qui se transmet, suivie par un courant d’électricité libre. Lorsque cette polarisation diélectrique pénètre dans l’espace négatif
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- noir, où les gaz se trouvent dans un état tout particulier, elle est réfléchie, et l’onde de retour produit des interférences, de sorte que l’électricité qui suit rencontre des lieux de mouvement maximum et minimum. Les gaz paraîtront lumineux dans les premiers et obscurs dans les autres.
- L’anode elle-même doit être toujours un lieu d’agitation maxima ; elle sera donc toujours lumineuse, même quand elle sera si proche de la cathode qu’il ne pourra plus se produire d’interférences. C’est pour cela que l’électrode positive reste toujours, même dans la région noire, recouverte d’une couche lumineuse.
- Nous devons considérer la nappe lumineuse de l’anode comme très mince; plus elle est épaisse, plus larges sont les tranches de mouvement maximum, et réciproquement. C’estainsiquel’onobtient, aux hautes pressions et avec une nappe très mince, des stratifications étroites, bien définies. Elles sont diffuses aux basses pressions, et avec une nappe épaisse.
- S’il s’accumule trop d’électricité sur l’anode, ou si le courant est trop rapide, les perturbations deviennent irrégulières, et les stratifications disparaissent.
- Gustave Richard.
- RECHERCHES DE M. HELMHOLTZ
- par rapport à M, la dérivée de la seconde expression par rapport à m, on a
- <PF _ dF (h) ___cTF(h) dh
- dm dM “ dM dh dM
- d* F __ dG{h) _ dG(h) dh
- iM dm dm dh dm"
- L’ordre des dérivations est arbitraire :
- d-F____d-F
- d m d M dM d m '
- On déduit des deux équations précédentes la relation
- d F {h) dh d G (h) dh
- dh d M d h d m "
- Si l’on suppose m constant dans la relation (4), qui définit la concentration, on a
- dh m h
- dM M5 M’
- Si l’on suppose de même M constant dans la relation (4), qui définit la concentration, on a
- dh __ 1
- dm M"
- En reportant ces valeurs dans la relation (5), on obtient la nouvelle relation
- dF(h) 1 dG(h)
- dh ~ h dh
- sur l'origine de
- LA CHALEUR VOLTAÏQUE
- Deuxième article. (Voir le numéro du 23 août 1884.)
- ÉNERGIE LIBRE DES DISSOLUTIONS
- 8. — Une dissolution renferme un poids d’eau M et un poids m d’un corps solide, d’un sel, par exemple. La concentration h de la dissolution est le rapport du poids du sel dissous au poids de l’eau qui a servi à le dissoudre,
- Si l’on considère la dissolution à une certaine température et sous une certaine pression, l’énergie libre de la dissolution J est une fonction de m et de M. Les dérivées partielles de J par rapport à m et à M sont des fonctions de la concentration, que nous représenterons par F (h) et G (h),
- 9. — Supposons maintenant qu’un poids dM de liquide se vaporise à la température de la dissolution : la vapeur a une tension S, qui dépend de la concentration h de la dissolution.
- Désignons par l’énergie libre de l’unité de poids de la vapeur, qui est une fonction de S> et de la température; mais ici nous supposons toujours la température constante.
- La vaporisation du poids de liquide dM est une opération réversible : la variation de l’énergie libre du système formé par la dissolution et par la vapeur est nulle.
- Lorsque le poids du liquide dM s’est séparé de la dissolution, l’énergie libre de la dissolution a diminué de la quantité
- 44ïd M = G (A) d M. d M v '
- L’énergie libre de la vapeur est Sl dM. On a donc la relation
- { — G (/;) 4-4!, ] dM = o
- OU
- 4\--=G(A).
- dJ
- dm
- : F (A),
- je=gw-
- En prenant la dérivée de la première expression
- On déduit de cette dernière relation
- d£ida dG(h) dû d h d h
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- 33s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- D’ailleurs, d’après l’expression générale (3) obtenue précédemment pour la variation de l’énergie libre, on a, en appelant v le volume spécifique de la vapeur à la pression a et à la température de l’expérience,
- La relation précédente peut alors se mettre sous la forme
- dG (h)__ dù>
- dh V dh’
- En reportant cette valeur dans l’équation (6), on a finalement
- . . d F (h) _ v d fij
- W ~dïi h~dh'
- CHALEUR VOLTAÏQUE
- io. — La pile employée par M. Helmholtz est formée de zinc, de chlorure de zinc dissous dans l’eau, de calomel et de mercure. Dans cette pile, la quantité de chlore en jeu reste la même; le zinc est attaqué et passe à l’état de chlorure de zinc dissous ; un poids équivalent de mercure se dépose à la suite de la réduction du calomel. Le courant est dirigé du zinc au mercure à l’intérieur de la pile.
- Si l’on fait passer dans le couple un courant de sens contraire, les phénomènes inverses se produisent; le mercure se dissout et une proportion équivalente de zinc se dépose.
- Considérons l’un de ces couples dans lequel la concentration du chlorure de zinc dissous dans l’eau a une valeur h. Ce couple a une force électromotrice ©. Lorsque la quantité d’électricité dq traverse le circuit, la chaleur voltaïque est égale à A© dq, en appelant A l’équivalent calorifique du travail. Un poids de chlorure de zinc proportionnel à la quantité d’électricité dq prend naissance et se dissout; désignons ce poids de chlorure de zinc par mdq.
- L’énergie libre du couple s’accroît de la quantité
- m P [h) dq.
- Le travail non compensé est égal à la variation de l’énergie libre changée de signe. La chaleur non compensée, qui correspond à la réaction chimique accomplie dans le couple, a pour valeur
- — AmF(h)dq.
- Le point fondamental de la théorie de M. Helmholtz consiste en ceci :
- La chaleur voltaïque est égale à la chaleur non compensée.
- Si cette proposition est exacte, on doit avoir la relation
- © = — in F {h).
- Supposons un second couple qui diffère du premier par la concentration h' du chlorure de zinc. La force électromotrice de ce second couple a pour valeur
- ©' = — m F (/{').
- M. Helmholtz met en opposition dans le même circuit deux éléments de concentrations différentes h et h'.
- La force électromotrice dans le circuit est la différence des forces électromotrices © et ©' ; elle a pour valeur
- (8) © —©'=jF(/FJ-F(/o|.
- La quantité contenue dans la parenthèse est l’accroissement qu’éprouve la fonction F (h) lorsque la concentration passe de la valeur À à la valeur h',
- En remplaçant -jj par la valeur déduite de la relation (7), on obtient finalement, pour la force électromotrice © — ©', l’expression
- © — ©' = — »!
- v dû T1W1
- dh.
- Dans cette formule, v représente le volume spécifique de la vapeur d’eau à la pression fi et à une température T invariable. On peut admettre que la vapeur d’eau suive sensiblement les lois de Ma-riotte et de Gay-Lussac dans les basses températures et sous les faibles pressions, qui correspondent aux expériences. En désignant par R une quantité constante relative à 1 kilogramme de vapeur d’eau, on peut alors écrire
- La force électromotrice dans cette notation, a finalement pour valeur
- M «-«_-»rt /;;'i
- L’expression de la force électromotrice, dans la théorie de M. Helmholtz, dépend uniquement de la loi suivant laquelle la tension de la vapeur saturée émise par une dissolution varie avec la concentration de la dissolution.
- Les expériences de M. Wiillner donnent, pour diverses dissolutions, la relation qui existe entre la tension de la vapeur émise par la dissolution et la concentration de la dissolution.
- ii. — I tension de la vapeur émise par une
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- dissolution saline à une même température diminue en général à mesure que la concentration augmente. D’après la relation (7), la fonction F(A) augmente en même temps que la concentration. Si l’on suppose la concentration h’ supérieure à la concentration h, la force électromotrice €, d’après la relation (8), est supérieure à la force électromotrice W. La force électromotrice la plus grande appartient au couple dans lequel la concentration de la dissolution est la plus faible.
- D’après la théorie précédente, lorsque deux couples de concentrations différentes sont mis en opposition dans le même circuit, le sens du courant est déterminé par le couple dans lequel la concentration est la plus faible. Le zinc se dissout dans cet élément, tandis que le mercure se dissout dans l’élément où la concentration est la plus forte.
- Le sens du phénomène, indiqué par la théorie de M. Helmholtz, est conforme à l’expérience. Mais non seulement le sens du phénomène peut être prévu par la théorie, la théorie assigne de plus la valeur de la force électromotrice, lorsque deux couples de concentrations différentes sont mis en opposition dans le même circuit.
- La relation (9) permet de calculer la force électromotrice pour les dissolutions dont les tensions de vapeur ont été mesurées directement à divers degrés de concentration par M. Wüllner. Les expériences de M. J. Moser établissent l’accord le plus satisfaisant entre la force électromotrice observée et la force électromotrice calculée d’après la théorie de M. Helmholtz.
- 12. — La chaleur dégagée par la réaction chimique qui s’accomplit dans une pile n’est donc pas égale, en général, à la chaleur dégagée dans le circuit entier. Les expériences de Favre sont ainsi confirmées ; mais de plus la théorie de M. Helmholtz montre l’origine de la différence qui peut exister entre la chaleur chimique et la chaleur voltaïque : cette théorie distingue dans la chaleur chimique deux parties que le calorimètre est impuissant à séparer.
- La chaleur chimique est la somme de deux quantités de chaleur : la chaleur non compensée et la chaleur compensée. La chaleur non compensée, essentiellement positive, est égale à la chaleur voltaïque. La chaleur compensée est l’excès de la chaleur chimique sur la chaleur voltaïque : jusqu’à présent on ne peut prévoir d’une manière générale le signe de cette chaleur compensée, de sorte que la chaleur chimique peut être supérieure, égale ou inférieure, suivant les cas, à la la chaleur voltaïque.
- Des expériences nombreuses et habilement exécutées avaient conduit à admettre une relation de proportionnalité entre la chaleur dégagée dans une réaction chimique et la force électromotrice du
- couple dans lequel s’accomplit la réaction. Cette proportionnalité peut exister dans des cas plus ou moins nombreux : elle ne peut être acceptée aujourd’hui comme une loi générale.
- Les vues profondes de M. Helmholtz sur la chaleur voltaïque s’étendent à la thermochimie tout entière. On est aujourd’hui disposé à admettre, d’après un grand nombre de faits habilement observés, que toute réaction chimique produite sans le secours d’une énergie étrangère, doit être accompagnée d’un dégagement de chaleur. Si le dégagement de chaleur dans les réactions chimiques doit être accepté comme un fait général, le nombre des exceptions à la loi générale augmente tous les jours, à mesure que la notion de dissociation, introduite par H. Sainte-Claire Deville dans l’étude de la chimie, s’étend davantage.
- Lorsqu’une combinaison est en équilibre avec une partie de ses éléments dissociés à une certaine température et sous une certaine pression, il suffit, d’une manière générale, de provoquer, dans une mesure aussi faible que possible, un accroissement ou une diminution de la pression pour modifier dans des sens opposés l'équilibre du système. Selon le sens de cette variation de la pression, une nouvelle partie de la combinaison peut se dissocier ou les éléments dissociés peuvent se combiner de nouveau. A ces phénomènes opposés correspondent des phénomènes thermiques également opposés : l’un des phénomènes chimiques a lieu avec dégagement de chaleur, l’autre phénomène se produit avec absorption de chaleur. Le dégagement de chaleur dans les réactions chimiques ne peut donc être considéré comme un fait général.
- La théorie de M. Helmholtz en donne la raison. La chaleur dégagée dans toute réaction chimique est la somme de deux quantités : la chaleur non compensée, toujours positive, et la chaleur compensée, dont le signe est incertain à priori. Les recherches de M. Helmholtz ont permis, dès à présent, de faire la part de la chaleùr non compensée dans un certain nombre d’actions chimiques : cette chaleur non compensée peut se calculer directement dans certains cas; l’expérience permet de la retrouver d’une manière générale dans la chaleur voltaïque.
- Sans qu’il soit nécessaire de recourir au calcul ou à l’expérience, la théorie, de M. Helmholtz permet de classer d’une manière générale les réactions chimiques. Chaque état d’équilibre correspond à des modifications réversibles; la chaleur dégagée dans chacune de ces modifications est exactement compensée. Dans le voisinage des états d’équilibre, la chaleur dégagée dans les réactions est à peu près compensée : on ne peut dire à priori si la modification sera accompagnée d’un dégagement ou d’une absorption de chaleur. En dehors de ces états d’équilibre, la chaleur com-
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- pensée peut, au contraire, devenir très faible devant la chaleur non compensée : lorsqu’il en est ainsi, là réaction a lieu avec dégagement de chaleur. Ainsi s’explique le dégagement de chaleur observé dans une foule de réactions vives, sans que le fait du dégagement de chaleur puisse être invoqué comme une loi générale, destinée à régir toutes les réactions.
- La théorie de M. Helmholtz jette un jour nouveau sur l’origine de la chaleur voltaïque; elle parait former le point de départ remarquable de recherches destinées à resserrer d’une manière étroite les liens qui unissent la thermodynamique aux actions chimiques et aux phénomènes électriques.
- On a essayé de résumer ici les principes de la théorie de M. Helmholtz sur l’origine de la chaleur voltaïque : on a dû laisser de côté un grand nombre de questions intéressantes. M. P. Duhem, élève distingué de l’Ecole normale supérieure, prépare en ce moment une traduction complète des mémoires de M. Helmholtz sur la thermodynamique des phénomènes chimiques, qui doit paraître prochainement. Je le prie de recevoir l’expression de ma reconnaissance pour le concours qu’il a bien voulu me prêter dans la rédaction de cet article.
- J. Moutier.
- LES
- POISSONS ÉLECTRIQ.UES
- Troisième article. (Voir les numéros des g et îb août 1884.)
- Théories sur le mode de formation de l’électricité chez les poissons électriques
- De tout ce qui précède, il résulte que l’électricité produite par les poissons électriques, présente à la fois les caractères de l’électricité qu’on obtient soit avec les appareils de tension, soit avec les piles. Aussi voyons-nous, en parcourant l’histoire des organes électriques, se dégager tout d’abord deux théories principales, l’une assimilant ceux-ci à une bouteille de Leyde, ou plus généralement à un condensateur, l’électricité étant produite par les centres nerveux ou même par les nerfs ; l’autre assimilant ces mêmes organes à une pile, rapprochement qui prit naissance dès la découverte de la pile de Volta.
- ASSIMILATION DE l’ORGANE ÉLECTRIQUE A UN CONDENSATEUR. — STRUCTURE DE LA PLAQUE ÉLECTRIQUE.
- Primitivement, la théorie du condensateur fut admise parce qu’on ne connaissait pas les piles, et
- plus tard, elle fut soutenue encore en considération de Y intermittence des décharges complètement soumises à l’influence de la volonté de l’animal et dès lors ne pouvant être comparées à un appareil donnant un courant continu.
- Dans cette hypothèse, il faut admettre, comme le faisait Becquerel, que la source électrique se trouve dans l’appareil nerveux propre à l’organe électrique. Il est certain que la présence du lobe électrique spécial à la torpille, aussi bien que le volume considérable des nerfs qui se rendent à l’organe, pouvaient encourager cette manière de voir. Certaines expériences semblaient même l’appuyer.
- Ainsi Matteucci a démontré qu’on peut enlever tous les lobes du cerveau de la torpille sans altérer la fonction électromotrice, à condition toutefois que le 4“° lobe (lobe électrique) soit ménagé, faute de quoi la production d’électricité est immédiatement anéantie.
- Becquerel, s’appuyant sur ces faits, en concluait « que l’électricité est élaborée dans le cerveau, sous l’influence de la volonté et qu’elle est ensuite transportée dans l’organe principal » et il ajoutait: « La différence qui existe entre les poissons électriques et les autres animaux, c’est que dans les premiers la nature a placé des organes propres à condenser l’électricité qui émane du cerveau, pour augmenter sa tension de manière à faire une arme offensive, tandis que dans les seconds, cette même électricité n’a que la tension nécessaire pour produire les contractions naturelles ».
- Parmi les travaux qui tendent à assimiler l’organe électrique à un condensateur, nous ne saurions passer sous silence ceux du savant professeur du Collège de France, M. Ranvier.
- Les belles recherches qu’il a faites sur la structure intime de la plaque électrique chez la torpille, l’ont conduit en effet à présenter, sous une forme éminemment séduisante, la théorie du condensateur appliquée aux organes électriques.
- Rappelons, tout d’abord, que par l’emploi de méthodes très précises, M. Ranvier est arrivé à faire connaître dans tous ses détails la structure de la plaque électrique et plus particulièrement le mode de terminaison des nerfs dans cette plaque. Après les travaux de Pacini, de Max Schultze, de Kolliker, et plus récemment de Fr. Boll et de Ciac-cio, la question du mode de terminaison des nerfs dans la plaque électrique n’était pas encore tranchée et la structure de ces plaques était incomplètement déterminée. La séparation de la plaque électrique en deux lames de structure différente faisait particulièrement l’objet de controverses; admise par Max Schultze, elle était niée par Kolliker; Boll qui le premier se servit de l’acide osmique comme réactif, se rangea à l’opinion du premier de ces observateurs. C’était, on le comprend facilement, un point important à résoudre aussi bien pour ceux
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- qui assimilent la plaque électrique à un élément voltaïque que pour ceux qui veulent y voir un condensateur. Ranvier a démontré qu’en réalité la plaque électrique est composée de trois lames superposées (fig. 10) et séparables, savoir :
- i° Une couche ventrale ou lame nerveuse dans laquelle les extrémités nerveuses viennent se terminer sous forme de petits bâtonnets renflés en boule à leur extrémité et que Ranvier nomme cils électriques; 2° une couche moyenne à noyaux et grosses granulations ; 3° une couche dorsale ou lame vitreuse extrêmement mince, transparente et homogène.
- La plaque électrique ainsi composée, est comprise entre 2 couches de tissu lamineux, véritables couches de soutien faisant partie de la charpente de l’organe électrique.
- Nous avons vu, au début de cette étude, que les plaques électriques séparées les unes des autres par des cloisons conjonctives, sont empilées en colonne à la façon d’une pilede Voila, etque toutes
- FIG. 10.— STRUCTURE DES PLAQUES ÉLECTRIQUES (RANVIER)
- les colonnes sont séparées entre elles par des cloisons longitudinales également conjonctives. Il était intéressant de savoir comment est fixée la plaque électrique aux parois de la logette dans laquelle elle siège. M. Ranvier, qui a étudié avec soin ce point délicat, conclut de ses observations, qu’arrivée au contact de la cloison longitudinale (gaine propre ou intima) la lame dorsale se réfléchit sur elle par en bas ; la lame ventrale sa réflé chit pareillement, et sur les coupes (fig. 11) on voit encore les rangées de cils électriques qui la suivent dans sa courbure. Ces 2 lames infléchies restent d’ailleurs toujours séparées par la lame moyenne. La coupe, a en somme, la forme d’un vase à fond plat renversé, et la colonne tout entière se compose d’une série de ces organes empilés les uns au-dessus des autres et soutenus chacun par les cloisons transversales qui leur correspondent.
- La structure des organes électriques étant ainsi bien déterminée, M. Ranvier propose la théorie suivante :
- On sait que le lobe électrique est constitué par un nombre considérable de cellules nerveuses à multiples prolongements. Parmi ces prolongements,
- on peut supposer que l’un d’eux (filament de Dei-ters) se couvre de myéline et devient le nerf électrique qui, sans se diviser dans son parcours, gagne la plaque électrique et dans son voisinage se ramifie en une sorte de bouquet (bouquet de Wagner) dont les branches vont se terminer à la face infé-
- FIG. il. — RAPPORTS DES LAMES ELECTRIQUES AVEC LES CLOISONS (RANVIER)
- rieure de la plaque par les cils électriques dont nous avons parlé plus haut.
- Si maintenant l’on suppose que sous l’influence de la vie de la cellule nerveuse et des actions chimiques qui l’accompagnent il se fait un départ dans le fluide neutre qu’elle contient, et une rupture d’équilibre, le fluide -|- se dégageant par les prolongements de la cellule, le fluide — se propagera sur le cylindre axe, puis dans les cils et dans les lames inférieures des plaques, où il y aura dès lors accumulation d’électricité négative. — Les lames moyennes de ces plaques pouvant être considérées d’autre part comme isolantes, il y aura décomposition par influence du fluide neutre des lames supérieures sur lesquelles s’accumulera le fluide positif (fig. 12).
- D’autre part, comme toutes les lames supérieures communiquent entre elles, elles sont toutes réunies en surface et ® l’organe électrique fonctionne, non comme une pile de Volta, mais comme
- FIG. 12. — SCHÉMA DE LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ CHEZ LA TORPILLE (RANVIER)
- une batterie de bouteilles de Leyde réunies en surface, c’est-à-dire par les armatures de même nom. Les cylindres-axes sont pour ainsi dire les boutons de ces bouteilles réunies dans le lobe électrique et communiquant avec les armatures internes i ou lames ventrales, tandis que toutes les lames
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- dorsales des plaques électriques constituent les armatures externes réunies. »
- Cette théorie séduisante au premier abord, repose malheureusement sur une hypothèse qui ne nous paraît pas admissible, à savoir que les cellules nerveuses du lobe électrique fournissent l’électricité qui par influence va décomposer l’électricité des plaques de l’organe électrique.
- Les expériences de Matteucci aussi bien que celles de A. Moreau, ne permettent pas de voir dans les centres nerveux des appareils électro moteurs. Le premier de ces observateurs a montré en effet, que, si l’on a soin d’opérer rapidement sur une torpille très vivace l’ablation d’un des organes électriques en le séparant des tissus qui l’entourent et laissant intacts seulement les gros troncs nerveux qui s’y distribuent, et qu’on irrite les nerfs, en appliquant les conducteurs du galvanomètre sur les deux faces de l’organe, on voit l’aiguille dévier et on constate que le courant a le sens ordinaire. A. Moreau est arrivé au même résultat en coupant sur une torpille vivante tous les nerfs qui se rendent à l’un des organes électriques et en excitant au moyen d’un faible courant l’extrémité périphérique des nerfs ainsi coupés, il détermina des décharges répétées et de plus en plus faibles. Après avoir ainsi épuisé l’organe électrique et bien constaté que l’on ne pouvait plus obtenir de décharges même très faibles, Moreau replaça la torpille dans l’eau de mer. Au bout de quelques heures, l’animal remis en expérience donna de nouveau des décharges fortes et répétées. Ces expériences établissent, ce nous semble, qu’il est impossible de considérer le lobe électrique comme un organe électrogène. M. Ranvier, pour répondre à cette objection, rapporte des expériences d’après lesquelles il aurait établi qu’on ne peut, par des irritations artificielles des nerfs séparés du lobe électrique, remplacer complètement l’action de ce lobe, et que les décharges qu’on obtient de la sorte sont beaucoup moins violentes que celles qui sont produites par l’excitation directe du lobe électrique. Que le lobe électrique entre pour quelque chose dans le fonctionnement de l’organe, cela ne nous paraît pas douteux, mais il n’est nullement prouvé qu’il intervient comme appareil électromoteur. D’ailleurs, le fait même sur lequel insiste M. Ranvier est en contradiction avec les résultats des expériences de Matteucci et Moreau.
- « Dans mes expériences, dit Moreau, les nerfs « d’un côté ont été tous coupés, l’organe épuisé et « pour ainsi dire vidé de toute électricité, et après « quelques heures de repos, ce même organe a « fourni des décharges aussi fortes que celui qui « conservait intactes ses communications avec les « centres nerveux. » M. Ranvier a-t-il suffisamment tenu compte dans ses expériences du temps de repos nécessaire à l’organe?
- D’ailleurs, la théorie proposée par M. Ranvier soulève d’autres objections. C’est ainsi que Dubois Reymond fait remarquer que si le courant était produit par les lobes électriques, il aurait à vaincre la résistance offerte par les nerfs jouant le rôle de conducteurs et que de tels courants échaufferaient les nerfs d’une façon toute pernicieuse.
- Il prétend en outre que le condensateur tel que le conçoit M. Ranvier ne pourrait jamais se charger. L’accumulation serait rendue impossible, car le fluide neutre des plaques serait à peine décomposé, qu’à travers les tissus humides, l’électricité — se réunirait à l’électricité -}-. C’est, dit-il, comme si l’on vouluit charger une bouteille de Leyde dans l’eau. Bien plus, en admettant même que les tissus jouissent de propriétés isolantes, la décharge serait encore impossible, car à mesure que la tension diminuerait dans les cellules des lobes électriques, le condensateur à peine chargé se déchargerait par la même voie.
- Il est difficile de juger de la valeur réelle de ces objections, car on ne peut raisonner sur des organes vivants comme sur des appareils de physique. Des conditions toutes spéciales, qui nous échappent pour la plupart, sont susceptibles de renverser les plus beaux raisonnements quand ceux-ci, comme c’est le cas présent, sont basés sur des lois de physique pure et non sur des expériences physiologiques. Ce qui pour nous reste évident, c’est l’impossibilité où nous sommes d’admettre la formation de l’électricité dans les centres nerveux.
- ASSIMILATION DES ORGANES ÉLECTRIQUES A DES PILES
- iu A une pile voltaïque. — Quand on se reporte à la structure générale des organes électriques, on ne peut s’étonner qu’ils aient été considérés comme un assemblage de piles à colonne, hypothèse proposée par Yolta. Nous trouvons cette théorie soutenue par M. Gavarret, qui considère les organes des poissons électriques comme de véritables piles « hydro-électriques, dont les éléments actifs sont des liquides hétérogènes mis en présence sur les surfaces des lames membraneuses ». Le courant est le résultat des réactions chimiques qui s’opèrent entre ces liquides et le rôle du système nerveux est de produire par excitation la sécrétion des liquides nécessaires à la formation du courant. Cette manière de voir a l’avantage de faire résider dans l’organe électrique lui-même la propriété électromotrice, mais une objection se présente immédiatement à l’esprit. Le courant produit par une pile étant continu, comment concilier cette importante particularité ayec le caractère instantané de la décharge volontaire produite par les poissons électriques? M. Gavarret fait observer, pour répondre à cette
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- objection, que les liquides sécrétés en couches très minces se neutralisent très rapidement et que par suite le courant ne peut avoir qu’une très courte durée et ne peut se reproduire que par le renouvellement de la charge de la pile, c’est-à-dire par une sécrétion de liquides actifs, sécrétion qui n’a lieu que par l’excitation nerveuse volontaire de l’animal.
- Comme le fait observer M. Robin, les nerfs de l’appareil électrique ne sont pas, comme ceux des appareils de la vie végétative, des nerfs agissant par action réflexe involontaire en tant que nerfs vaso-moteurs. S’il y a un phénomène de secrétion par la substance des disques ou par le tissu lami-neux des cloisons, ce ne peut être qu’à l’aide et aux dépens de matériaux empruntés aux capillaires de ce tissu lamineux. « Or, l’exagération d’un pareil emprunt soumis à l’influence de la volonté reste un fait aussi exceptionnel qu’un phénomène de sécrétion serait exceptionnel comme acte élémentaire essentiel d’une fonction de la vie animale ou de relation. » D’ailleurs A. Moreau, par de
- FIG. l3. — COURANTS INDUITS PAR UNE DÉCHARGE DE TORPILLE (marey)
- 1. Tracé du courant inducteur,
- 2. Tracé du courant induit.
- nombreuses expériences, a démontré que le milieu dans lequel se fait le dégagement de l’électricité, peut être rendu acide, alcalin, ou laissé sensiblement neutre, sans que la formation d’électricité cesse ; d’autre part, Matteucci a prouvé que l’organe électrique séparé de l’animal vivant peut encore donner des décharges. L’assimilation des organes électriques à une pile à liquide nous semble donc impossible à soutenir.
- D’ailleurs les expériences de M. Marey faites au moyen du signal électromagnétique de M. Marcel Deprez montrent que si l’on prend pour inducteur la décharge d’une torpille, le double tracé (fig. i3) du courant inducteur et du courant induit montre que les signaux de l’inducteur et ceux de l’induit sont de même nombre, ce qui constitue une différence avec les courants induits par une pile, ceux-ci se produisant à la clôture et à l’ouverture du circuit inducteur. Les tracés montrent en outre que le courant induit provoqué par chaque flux de la torpille arrive au début de ce flux. Il y a synchronisme parfait entre le début de l’inducteur et le signal de l’induit. C’est donc aux courants induits de clôture que correspondent ceux qui se produisent à
- chacun des flux de la torpille. M. Marey est d’ailleurs arrivé, au moyen de l’électromètre de Lip-mann, à démontrer que ces courants induits par la torpille sont inverses, ce qui confirme les résultats de la première expérience.
- 20 Piles nervo-êlectriques. — Partant de ce fait que chez les poissons électriques les fibres nerveuses se répartissent sur une des faces des plaques électriques, à l’exclusion de l’autre face, Pacini en conclut que ces deux faces étant dans une condition bien différente d’innervation, doivent par suite se trouver dans un état électrique différent. « Il en résulte donc, dit-il, une polarité ou une absence d’équilibre électrique, comme cela arrive par la différence de température dans la pile thermo-électrique. D’après cela, l’organe électrique de la torpille serait en définitive une pile binaire nervo-électrique jusqu’à un certain point analogue à la pile thermo-électrique. La force nerveuse de l’organe électrique serait équivalente au calorique dans la pile thermo-électrique. » Cette hypothèse avait été précédemment proposée par divers auteurs et particulièrement par Matteucci, sous une forme un peu différente. Celui-ci supposait que l’irritation nerveuse arrivant à une des plaques électriques, les deux électricités se séparent. La même chose se produisant dans toutes les plaques, chaque colonne devient une pile, mais seulement pour l’instant infiniment court de la durée de l’irritation. Cette hypothèse concorde avec certains faits d’expérimentation, à savoir par exemple que les états électriques contraires se trouvent à l'extrémité des colonnes, et aussi que leur intensité est proportionnelle à la longueur de ces colonnes, c’est-à-dire au nombre des plaques qui les composent. Il reste à démontrer que l’excitation nerveuse est susceptible de provoquer dans les plaques électriques la séparation des deux électricités.
- En résumé, les théories qui assimilent les organes électriques à des piles, sont basées sur des hypothèses le plus souvent inadmissibles; elles ne rendent pas compte de tous les faits, et il nous semble plus particulièrement difficile d'expliquer les effets produits par la décharge des poissons électriques, quand on songe au volume relativement peu considérable de leurs organes, alors que les effets de tension qu’on peut obtenir avec les piles sont peu considérables, à moins qu’on n’en accouple un grand nombre en série.
- ASSIMILATION DES ORGANES ÉLECTRIQUES A DES APPAREILS D’iNDUCTION
- Nous ne mentionnerons cette théorie que pour mémoire. En effet, Moreau, qui avec Matteucci trouve que les effets des machines d’induction ont
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- avec les décharges de la torpille une analogie assez grande pour que l’on puisse songer à un rapprochement, fait remarquer qu’on est immédiatement arrêté dans cette voie par ce fait que, dans un appareil d’induction, le courant induit suppose un appareil inducteur et que le constructeur a toujours soin d’employer des substances douées d’un pouvoir isolant très intense, alors que les tissus de l’organe de la torpille sont, au contraire, pénétrés de liquides conducteurs.
- (A suivreJ H. Beauregard.
- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (sur les bords de la marne
- Si la vieille coutume est de dire dans le peuple : « qu'il est permis aux cordonniers d'être mal chaussés », et d’appliquer ce proverbe à tous les métiers, je demande aujourd’hui qu’on fasse une exception pour la corporation à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, et qu’on ne dise jamais que la lumière électriqne fait défaut aux électriciens. Si nous prônons chaque jour, en effet, tous les avantages que l’on peut industriellement tirer du courant électrique, si nous décrivons avec insistance ses multiples qualités, il faudrait se garder de croire que nous ne sommes pas convaincus de ce que nous écrivons et qu’ayant à nous éclairer nous-mêmes, nous oublions nos articles de la veille au point d’avoir recours à ces lumières inférieures que le gaz, la stéarine ou la résine peuvent offrir. Ce serait une erreur, une impardonnable erreur : je le dis et je le prouve.
- Le mois dernier, notre collaborateur et ami, le docteur C.-C. Soulages, directeur du journal L'Electricité, avait convié tous ses amis à la charmante maison de campagne qu’il vient d’acquérir récemment sur les bords de la Marne, en face même du coteau de Champigny. Il s’agissait de fêter dignement la pendaison de la crémaillère, et comme chez le docteur Soulages on fait bien les choses, nous nous étions promis tous de rivaliser de zèle pour donner au banquet qu’on nous offrait un colossal éclat. En premier lieu, il fut décidé qu’un grand feu d’artifice serait, à la tombée de la nuit, tiré dans l’île du Martin-Pêcheur, sise justement en face de la maison, et qui fait, avec sa voisine Vile du Javiot, partie de la propriété de notre ami. Le feu d’artifice est en effet le compagnon forcé de toutes les fêtes. Il n’y a pas de gaieté complète quand les pétards et les fusées ne partent pas; mais si la lumière des feux de Bengale dans le feuillage est toujours d’un étrange et
- délicieux effet, nous voulions aussi voir se réfléchir dans l’eau claire de la Marne les feux d’une autre lumière : celle de l’électricité. L’idée d’éclairer la maison de Soulages à l’électricité nous parut à tous être la meilleure, et comme il n’était pas parmi nous de gaziers, aussitôt émise elle fut adoptée.
- On résolut donc de garnir le lustre de la salle à manger de lampes à incandescence, d’en mettre aussi sur les appliques des murailles et enfin, pour compléter notre installation, de les substituer, dans les lanternes vénitiennes suspendues tout autour de la maison, aux affreuses bougies qu’offrent pour cela les épiciers. L’exécution de ce projet ne se présentait pas sans quelque difficulté pratique. Il fallait se procurer des câbles d’une certaine longueur, et, de plus, ces câbles acquis, il fallait les poser et établir encore les supports pour les lampes. La réflexion était nécessaire; mais comme H. Noaillon, qu’on avait à l’unanimité nommé au poste d’artificier, s’offrait immédiatement comme monteur, et comme le Dr Kern, qui n’en est pas à son premier essâi, s’adjoignit à lui dès l’abord, l’installation fut décidée, et rien ne nous arrêta plus. Quand je dis rien, j’exagère, car lorsque l’emploi de l’incandescence fut admis par tout le monde, notre ami Abdank Abakanowicz souleva tout à coup une objection très sérieuse : « La lumière électrique, c’est chose bonne, nous dit-il, mais où prendrons-nous le courant? » Le courant, ma foi, c’était chose juste, nous n’y avions pas pensé; et, comme le singe de la fable, nous allions oublier d’allumer la lanterne.
- Installer une dynamo avec une locomobile, il n’y fallait guère songer; le temps, la place manquaient d’ailleurs, et après nous être tous regardés, quelqu’un, Révérend, si j’ai bonne mémoire, proposa timidement l’emploi des accumulateurs Gadot.
- Les accumulateurs, on le sait, n’ont jamais été vus d’un très bon œil dans notre groupe; avec raison, nous en avons tous plus ou moins dit du mal; mais en somme, nous n’avions pas le choix, et, qu’on nous pardonne, les accumulateurs sans discussion réunirent tous les suffrages. Cette fois tout était prévu, il ne restait plus qu’à passer à l’exécution, lorsque Abdank encore nous arrêta de nouveau. L’incandescence, suivant lui, n’était pas suffisante, un petit bout de charbon rougissant dans une ampoulé de verre, était-ce vraiment sérieux? Puisque la question du générateur de courant était vidée, pourquoi ne pas recourir à l’arc pour éclairer la fête et choisir un excellent régulateur qu’il savait où aller chercher. L’inventeur, ou s’en doute, se réveillait; le régulateur qu’il proposait, on le devine, c’était le sien. On rie discuta guère, et comme, au fond, sa proposition était très bonne, sans renoncer aux lampès à incandescence, on résolut de placer au sommet de la maison une
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- UNE FÊTE CHEZ LE DIRECTEUR DE « L’É L E CT RI CIT É »
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- puissante lampe à arc pour compléter la décoration.
- 'Ce dernier point établi, tout le monde se mit à l'ouvrage, l’un acheta le câble, l’autre les lampes, une potence fut dressée à la fenêtre du grenier pour recevoir le régulateur, et enfin, quand le soir de la fête arriva, tout jusqu’au moindre détail était à sa place avant midi. Vers cinq heures, une lourde voiture traînée avec peine par un fort cheval fut signalée à l’horizon : c’était la force motrice qui nous arrivait en charrette. Rien ne manquait plus : la représentation pouvait commencer. Cependant à la dernière heure, une idée nouvelle surgit. Nous nous trouvions avoir mal calculé la longueur de câble nécessaire, et il nous en restait encore une botte assez respectable dont nous ne savions que faire. On pensa alors à l’utiliser pour l’allumage du feu d’artifice, et le tuyau qui mène les eaux ménagères de la maison dans la Marne étant presque à fleur d’eau par suite des grandes chaleurs, on s’en servit comme conduite, et en moins d’une heure l’île du Martin Pêcheur fut reliée à la terre ferme par deux fils suffisamment isolés l’un de l’autre pour que le courant put y être transporté. Enfin la nuit, une nuit orageuse et noire sans une étoile au ciel semblant être faite exprès pour nous servir, ne tarda pas à plonger le paysage dans une profonde obscurité. La répétition avait été faite : on était sûr du circuit, et par un mouvement de commutateur, les lampes à incandescence s’allumèrent et le régulateur se mit à lancer dans toutes les directions des rayons lumineux d’un blanc éblouissant. On courut à l’intensimètre, et on lut avec effroi une intensité de 3o ampères. 3o ampères, c’était inadmissible, io suffisaient largement : on allait tout brûler. Nous ne nous étions guère, en effet, occupés que d’assurer un courant convenable aux lampes a incandescence, et nous n’avions pas suffisamment songé au régulateur. Vite il fallait supprimer du circuit quelques accumulateurs et nous allions porter remède à cette orgie d’électricité quand Abdank nous arrêta. « Ma lampe et son régulateur d’intensité, nous dit-il, marcheront quand même, les solénoïdes chaufferont, peu importe, je réponds de tout; il y a des charbons de rechange. » Nous n’avions rien à dire, et notre responsabilité était mise à couvert. On se mit à table gaîment enveloppés d’un flot de lumière éblouissante. Pendant ce temps, au dehors, la foule peu à peu s’amassait. La campagne était éclairée sur une étendue considérable, et de Champigy, de Joinville, du Parc Saint-Maur, les populations étonnées, accouraient pour contempler l’effet grandiose de cette soudaine clarté.
- Les moucherons, les moustiques, les papillons, comme on pense, ne manquaient pas non plus à l’appel, une véritable nuée de ces insectes venant se brûler à l’arc du régulateur, où les 3o ampères
- du courant en faisaient u ne incessante consommation, sans parvenir, toutefois, à en diminuer le nombre.
- Le moment parut alors propice pour donner la parole aux fusées. L’artificier passa dans l’île, et à un signal convenu, un coup de commutateur éteignit à la fois la lampe et mit le feu aux pièces. Alors la fête fut à son apogée, des cris, des vivats éclatèrent de tous les côtés ; le pont de Champigny, les bords de la rivière étaient couverts de monde, et l’on eût dit queltous les habitants de la presqu’île de la Marne s’étaient donné rendez-vous chez notre ami Soulages.
- Ce qui fut, cette nuit, consommé de pétards et de bombes, je ne saurais le dire; les pièces succédaient auxtpièceis, et la nuit avait disparu. Le champagne, denotre côté, faisait son œuvre et les accumulateurs aussi, comme pour nous montrer qu’ils n’avaient pas de rancune, donnaient, donnaient toujours leurs 3o ampères.
- La Marne offrait un aspect vraiment féerique. Profitant, en effet, de la lumière qui leur était offerte, les pêcheurs, si nombreux en cette région, avaient silencieusement gagné leurs barques, et lançant dans l’eau leurs filets, se livraient aux délices, au plaisir inattendu d’une pêche à la lumière électrique. Le succès dépassait notre attente ; quand, à quatre heures du matin, le soleil apparut au-dessus des coteaux, le régulateur éclairait encore, mais les accumulateurs n’en pouvaient plus.
- Il était temps de leur faire grâce, ils avaient bien, les malheureux, mérité le repos. Cependant, le souvenir de leurs succès ne devait pas disparaître avec le jour; l’artiste Tournois, dont nos lecteurs connaissent les œuvres, avait voulu, lui, aussi, collaborer à la fête. Sans prévenir, il avait pris son crayon et avait entrepris de rendre sur le papier le ravissant décor qu’il avait devant les yeux.
- De son dessin, je n’ai pas à faire l’éloge, le lecteur l’a vu sur la page précédente, et le jugera comme il doit l’être, mais pour nous il nous paraît mériter l’honneur de la publicité, et voilà comme, avec l’assentiment de notre directeur, j’ai été conduit à vous raconter l’histoire du régulateur Abdank et de ses 3o ampères.
- P. Clemenceau.
- NOTE
- SUR
- UN NOUVEAU COMPTEUR DE TOURS
- On désigne sous le nom de compteur de tours, ou tachymètre, un appareil généralement destiné à enregistrer le nombre de tours que fait l’arbre d’une machine à vapeur ou électrique, dans un temps déterminé, ordinairement soixante secondes.
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- Les électriciens appelés par leurs fonctions à suivre les installations d’éclairage électrique, ont plus particulièrement besoin de connaître la vitesse réelle des machines : la marche irrégulière de celles-ci se traduit toujours par des variations de lumière, moins sensibles, peut-être, avec les lam-
- FIG. 1
- pes à arc, mais très nettement accusées avec les lampes à incandescence. Il faut ajouter qu’avec ce dernier système de lampes, la scintillation, si fati-
- FIG. 2
- gante pour la vue, est encore plus accentuée par le passage sur la poulie de l’arbre de la machine électrique du joint de la courroie, surtout si la vitesse de cet arbre atteint 1 200 et 1 800 tours par minute.
- D’autre part, lorsqu’on est obligé d’avoir recours
- à des moteurs alimentés par des chaudières indépendantes, l’irrégularité dans la marche des machines électriques devient très sensible ; les pressions différentes et difficiles à éviter dans les chaudières, sont nettement accusées par les variations de vitesse des machines électriques et par la non fixité de la lumière des lampes.
- Il est donc indispensable dans la pratique, de vérifier de temps à autre la vitesse des machines, et cette vérification n’est pas sans présenter quelques difficultés avec les compteurs dont dispose l’industrie. Ils exigent, en effet, une attention très soutenue et certaines précautions de la part de l’opérateur; l’emploi d’une montre à secondes,
- KIG. i
- dont la marche souvent influencée par le voisinage des machines électriques, donne des indications inexactes; cela se traduit ordinairement par l’obligation de prendre une moyenne de vitesse après des calculs relativement longs et difficiles à exiger des ouvriers de l’entretien.
- Le compteur de tours le plus répandu jusqu’à ce jour est sans contredit, celui de M. Deschiens et que présente la figure 1. Il est assez connu pour que je me dispense d’en faire le description; c’est un appareil simple, robuste, qui résout sous un petit volume et avec élégance un problème de mécanique assez compliquée.
- Mais il n’en a pas moins les inconvénients que je signalais plus haut, et j’ai eu l’occasion de constater par moi-même, en maintes circonstances, qu’il exige une certaine dose de patience et de volonté, lorsque surtout les expériences ou mieux les
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- vérifications doivent porter, pendant une nuit, sur un certain nombre de machines électriques.
- 11 devenait donc nécessaire de trouver un appareil pouvant traduire instantanément les variations de vitesse et le nombre des tours de l’arbre des machines, sans être obligé d’avoir recours à une montre à secondes et à un aide, sujet à erreur ou à distraction.
- Un ingénieur anglais, M. Young, a résolu ce problème d’une façon très ingénieuse en s’inspirant des dispositifs des régulateurs à force centrifuge des machines à vapeur; les figures 2 et 3 représentent la vue intérieure et extérieure de ce petit appareil dont le mécanisme est renfermé dans une boîte cylindrique en cuivre nickelé de 8 centimètres de hauteur sur 6 centimètres de diamètre.
- Il se compose d’une aiguille A, mobile sur un cadran C, divisé concentriquement en deux parties : le cercle le plus petit comprend les chiffres de 100 à 5oo, gradués de 5oen5oet subdivisés eux-mêmes de cinq en cinq ; le cercle le plus grand permet de lire les vitesses de 400 à 2 000 tours, avec une division intermédiaire de 25 en 25 entre chaque centaine.
- Sur l’un des deux axes B,B', qui font saillie en dehors de la boîte et selon les vitesses à mesurer, on fixe une pointe triangulaire en acier fortement trempé, communément appelé grain d’orge, qu’on appuie avec une pression énergique dans le point de centre ménagé à l’extrémité de l’arbre dont on veut mesurer la vitesse.
- Sur l’axe supérieur B, destiné à relever les vitesses de 400 à 2 000 tours, sont montés : une roue dentée D, un disque en plomb qui fait office de volant, et le régulateur à boules G, à force centrifuge. La tige H, solidaire du régulateur, transmet l’ac-tion de celui-ci par un mouvement de va-et-vient horizontal à un secteur denté K, continuellement sollicité vers son point de départ par le ressort à boudin L. Le secteur denté agit lui-même sur l’aiguille par l’intermédiaire du pignon M.
- L’axe B', avec lequel on note les vitesses de 100 à 5oo tours, est pourvu à son extrémité intérieure d’une roue dentée O, qui s’engrène avec le pignon D ; la vitesse du régulateur se trouve ainsi réduite au quart.
- La description sommaire que nous venons de donner de ce petit appareil et les figures qui l’accompagnent, sont suffisantes pour en faire comprendre le mécanisme et la marche. On conçoit facilement que lorsque la vitesse est accélérée, les boules du petit régulateur s’écartent de plus en plus de l’axe principal ; l’aiguille tend à s’éloigner continuellement de son point de départ et à se diriger vers les chiffres élevés du cadran.
- Si la vitesse des machines est constante, l’aiguille restera stationnaire sur le cadran; mais si, au contraire, elle se modifie, les variations de vitesse seront très nettement accusées, sans qu’il soit né-
- cessaire de recommencer la vérification plusieurs fois de suite et pendant un temps déterminé pour chaque opération, comme cela se pratique avec le compteur Deschiens.
- Le tachymètre Young est donc sans aucun doute un auxiliaire utile et précieux pour les électriciens; il serait même à désirer que les machines électriques fussent disposées pour recevoir à demeure cet ingénieux appareil qui permettrait aussi de connaître du premier coup d’œil la vitesse des arbres.
- Ce compteur trouverait peut-être également sa place sur les locomotives des chemins de fer et sur les machines à vapeur des ateliers, pour indiquer d’une manière permanente aux mécaniciens la vitesse à laquelle ils marchent.
- La maison Breguet exploite en France le brevet de M. Young pour ce nouveau compteur qui, grâce à sa simplicité, à son prix peu élevé et aux soins de fabrication qu’il reçoit, est déjà très répandu et est certainement appelé à rendre de réels services à l’industrie électrique ou mécanique.
- Eugène Sartiaux.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Angleterre
- MM. Charles Edgar Fritts et D. H. Hopkinson ont imaginé un nouveau procédé pour fabriquer des éléments au sélénium très sensibles dans lesquels toute la masse est influencée par la lumière. On obtient ce résultat par la préparation du sélénium même et par la construction des éléments dont les parois sont faites d’une matière qui conduit bien à la fois et l’électricité et la lumière. Plusieurs feuilles minces de sélénium recuit sont renfermées entre ces parois et il en résulte que le courant parcourt le sélénium dans la direction de la lumière qui le frappe, et il paraît que grâce à cette disposition les changements de résistance causés par la lumière ou, en d’autres termes, la propriété que possède le sélénium de régler le courant, se développe beaucoup.
- On choisit le sélénium aussi pur que possible et on en fait des feuilles qui sont placées entre des blocs d’une matière à laquelle elles n’adhèrent pas. Par la chaleur on amollit le sélénium afin de le rendre aussi mince qu’on le juge nécessaire. On laisse ensuite refroidir les feuilles sous pression. On peut introduire deux plaques minces de mica entre le sélénium et les blocs de manière à faciliter la séparation des feuilles de sélénium et des blocs formant moule. Quand on veut avoir des feuilles
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- très sensibles à la lumière, il faut les rendre si minces qu’elles paraissent, avant l’opération du recuit, d’une couleur rouge de sang quand on les regarde contre la lumière.
- La figure i représente la presse employée pour recuire les plaques de sélénium par ce procédé. Elle se compose d’une boîte de chauffe a avec une porte a' et une tablette rigide, ou une plateforme b pourvue de rainures dans lesquelles glisse la pièce b'; une vis à main c sert à exercer la pression et c' représente un pont ou support qui passe le long des parois de la caisse et en dessous de la tablette b. Une flamme de gaz d fournit la chaleur et un thermomètre d' indique la température; l’appareil est complété par une certaine quantité de ferraille qui égalise la température sous les plaques de pression N et b\ On place les plaques de pression b5 et b3, entre lesquelles le sélénium se
- FIG. I
- trouve, sur la pièce mobile b' et on règle leur position de façon à faire coïncider leur centre avec l’axe de la vis c qui exerce alors une pression égale. Par ce procédé, le sélénium est amolli et transformé en feuilles ayant l’épaisseur voulue.
- Pour faire des éléments avec ces feuilles on en fixe une (fiig. 2) au milieu d’un cadre en caoutchouc e pourvu, de chaque côté, de supports métalliques mais la feuille est séparée de ces supports par des bandes d’une matière isolante. De chaque côté se trouve un couvercle en verre g g' fixé au cadre en caoutchouc e par un ciment convenable. Les supports //' sont reliés aux fils f3,/3 et communiquent par ces fils avec la pile ou le circuit du courant électrique.
- Les deux côtés de la feuille desélénium plongent dans un liquide conducteur transparent qu’on verse dans les éléments au moyen des tuyaux e' e' servant également à la sortie des gaz formés par l’élec-trolyse du liquide. La lumière traverse ce liquide et tombe sur la plaque on la paroi en sélénium de l’élément, et le courant arrive à la plaque par le même chemin. On fait quelquefois passer des fils placés à des distances égales à travers le li-
- quide pour assurer une distribution égale du courant dans l’électrode liquide; ces fils sont tendus entre les supports métalliques /, f. Déplus, on place quelquefois des volets mobiles sur les parois en verre de l’élément afin de pouvoir régler la lumière qui le frappe.
- Au lieu d’un conducteur liquide on emploie aussi des membranes de platine, d’argent et d’or comme
- FlU. 2
- électrodes du sélénium, mais elles doivent être assez minces pour laisser passer la lumière. Les feuilles d’or conviennent très bien et pour les appliquer sur la feuille de sélénium on les inondé d’abord d’alcool, on place alors le sélénium dessus, on tourne le tout de façon à avoir la feuille
- FIG. >
- d’or en haut et l’on lissj cette dernière sur la surface du sélénium en soufflant dessus. Après avoir relié l’or au circuit on le couvre de verre ou d’un vernis transparent pour le fixer en place et pour le protéger contre tout accident. La figure 3 représente un élément sec de ce genre qui a donné de très bons résultats. Se représente le sélénium entre une plaque métallique h' et une membrane d’or i à laquelle un fil / du circuit est attaché. Le courant passe dans ce cas de toute la surface de la membrane métallique à la plaque inférieure et traverse toutes les parties de la feuille de sélénium
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- qui, de plus, se trouve entièrement exposée à l’action de la lumière qui traverse la membrane.
- l’électricité appliquée au transport des colis postaux. — Le Royal Aquarium de Westminster, Londres, contient en ce moment un modèle de chemin de fer électrique que l’inventeur destine principalement au transport des petits colis et paquets. Il se distingue des autres chemins de fer électriques par la disposition des rails dont l’un se trouve au-dessus de l’autre avec le train au milieu. Les rails sont en acier et placés en forme de 8 à cause des dimensions restreintes de l’aquarium; une partie passe sur l’autre sur une espèce de pont. L’inclinaison de la pente à cet endroit prouve que le moteur possède une force considérable pour monter. La locomotive se compose d’un cadre en métal porté sur deux grandes roues à rainures placées l’une devant l’autre et marchant dans le même plan, c’est-à-dire dans le plan des deux rails. Les rainures de ces roues sont assez profondes pour embrasser entièrement les rails et donner ainsi de la stabilité à la voiture, de sorte qu’il ne serait pas même nécessaire d’avoir toutes les roues à rainures dans un train un peu long. Le courant est ici fourni par une pile primaire et amené au moteur électrique sur la voiture par les rails et par une paire de balais de contact. Cette disposition ne peut guère être considérée comme parfaite en ce moment, car les balais donnent une certaine quantité d’étincelles au-dessus et au-dessous de la voiture. L’expérience est cependant intéressante et la disposition des rails permet d’obtenir une grande vitesse en toute sûreté. L’inventeur, M. F.-H. Dan-chell, pourra sans doute perfectionner ce premier essai sur la ligne plus grande qu’il se propose de construire à Londres pour le transport des paquets.
- les baleines ét les cables sous-marins. — On mande de l’Amérique du Sud un nouveau cas curieux d’une baleine prise dans un câble télégraphique. On se rappelle peut-être qu’un accident de cette nature eut lieu dans le golfe de Perse il y y a quelques années, le 4 juillet 1878, quand le câble de Kurrachee à Gwadur d’une longueur de 3oo milles environ, fut subitement interrompu et le steamer Amber Witch qui était parti pour réparer le défaut amena, deux jours après, le cadavre d’une baleine à la surface, à 118 milles environ de Kurrachee. L’animal était extrêmement grand et mesurait 12 pieds de largueur à la queue qui était couverte de barnaches. Le corps était dans un état de décomposition avancée et avait dû évidemment servir de proie à des requins et à d’autres poissons. Le câble faisait deux fois et demie le tour du corps au-dessus de la queue, mais quand on essaya de hisser l’animal à bord, la masse retombait de son propre poids en quittant l’eau. On suppose que le monstre
- se frottait contre le câble pour se débarrasser des barnaches et d’autres parasites, mais n’ayant pas l’expérience d’un peigne de ce genre il s’est embarrassé dans le câble et a été pris comme dans un piège. Le câble pendait probablement sur un rocher sous-marin quelconque.
- Dans le cas récent, la baleine a été pour ainsi dire prise sur le fait. Selon le rapport de M. Morten, le capitaine du steamer de réparation de la West Coast of America Telegraph C°, on avait ramassé près de 21 nœuds du câble défectueux quand une baleine immense parut sur la surface entortillée dans le câble. En se débattant pour s’échapper, elle se fit avec le câble au côté droit une profonde blessure d’où les entrailles sortaient avec un flot de sang. Dans son agonie elle cassa le câble sur les écharpes d’avant et fut emportée à l’arrière du navire. Le câble était tordu comme un rouleau de cordes sur une longueur de 10 mètres environ, et semblait avoir été transpercé à six endroits différents de manière à rendre toute communication impossible. La baleine mesurait environ 70 pieds de long et avait été prisonnière pendant 7 jours, à en juger d’après la date de l’interruption. La couverture de chanvre et le noyau du câble étaient en bon état.
- Il est évident que les baleines sont facilement prises par les câbles sous-marins à cause de la difficulté qu’elles ont à se mouvoir, mais il n’est pas aussi facile d’expliquer pourquoi elles s’engagent dans les câbles, à moins d’admettre, comme nous l’avons supposé, qu’elles désirent se frotter contre le fil. Dans l’accident du golfe de Perse, l’animal était pris bien longtemps avant l’interruption du câble ; mais dans le cas actuel l’interruption avait été provoquée par les morsures. Ces morsures demandent d’ailleurs à être expliquées et il serait intéressant d’avoir des renseignements plus détaillés sur ce sujet.
- J’ai examiné, il y a plusieurs années, des morceaux d’un câble qui avait également été mordu par un animal marin sur la côte nord du Brésil, entre les bancs de corail. On rencontre des baleines dans ces parages, mais on a trouvé dans ce câble des fragments de vraies dents et un petit morceau qui semblait être de la matière dentaire en décomposition, ce qui prouve qu’un poisson plus petit avait essayé ses dents sur la ligne. On n’a jamais pu déterminer quelle espèce de poissons c’était : la scie ou le plagyodus ferox. Feu M. Frank Buckland, le naturaliste, attribuait ces morsures à la scie, mais quelques-unes des morsures présentaient des traces de dents des deux côtés du câble, traces qui n’auraient pu être produites que par deux mâchoires et non par un seul coup de la scie dentée.
- D’autres poissons, dont quelques-uns moins communs dans les eaux brésiliennes, ont des mâchoires puissantes, tout comme le plagyodus ferox; peut-être est-ce à eux qu’il faut attribuer le dom
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- mage causé au câble. On rencontre également une certaine espèce de tortue sur les côtes de la Floride, qui a l’habitude de commettre des dégâts de cette nature.
- les coups de foudre. — Le nord du Royaume-Uni a été ravagé par un autre orage violent qui a causé beaucoup d’accidents de personnes et de grands dégâts matériels.
- A Dundee, le 12 août, de midi et demi à une heure de l’après-midi, l’obscurité était aussi profonde qu’à minuit, la pluie tombait à torrents, inondant les rues et les éclairs étaient extrêmement brillants.
- A Upper Deeside, on voyait, le même jour, de grosses boules de feu descendant les côtes du Lochnagar, une des montagnes dans le voisinage, et les bâtiments de plusieurs fermes ont été frappés par la foudre. A Edimbourg, à Glasgow, à Ayr et dans plusieurs autres localités, ce même orage s’est manifesté avec beaucoup de violence; un grand nombre de constructions ont été frappées et bien des personnes ont été tuées. La mort de lord Lan-derdale, un gentilhomme écossais qui chassait dans les marais, a causé beaucoup d’émotion. Le lord était parti pour une journée de chasse avec deux gardes-chasse, mais, surpris par l’orage, ils retournaient tous trois à la maison quand la foudre vint les frapper. Lord Landerdale était monté sur lin poney, et par conséquent plus haut que les autres ; il est à supposer que c’est cette circonstance qui attira la décharge sur lui. L’éclair a aveuglé momentanément les hommes qui, en revenant à eux, trouvèrent leur maître et son cheval qui semblaient morts. Ceci eut lieu vers 1 heure i5 de l’après-midi. Lord Landerdale est revenu à lui dans la maison d’un fermier où on l’avait transporté, il se plaignait d’une grande douleur à la tête et aux mains. L’éclair avait produit une blessure profonde au front et une brûlure à la poitrine. Le courant s’est alors divisé en descendant des deux côtés de la jambe gauche, marquant son trajet par deux lignes de brûlures. Les habits étaient brûlés, et la montre et la chaîne foadues. Pendant toute l’après-midi, la victime a gardé sa connaissance, mais, vers onze heures du soir, il s’est produit un état de coma auquel peu de temps après succéda la mort.
- Je puis encore ajouter que, pendant un orage qui eut lieu le même jour à Londres, la foudre a frappé des fils téléphoniques au-dessus du Mile End Road en coupant l’un d’eux qui est tombé dans la rue au-dessous, heureusement sans causer d’accident. Une ligne particulière à Leith a été détruite par un coup de foudre qui a endommagé la toiture d’une raffinerie de sucre dans laquelle le fil entrait.
- J. Munro.
- REVUE DES' TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur un aérostat dirigeable, par MU. Ch. Renard et A. Krebs (i).
- « Un essai de navigation aérienne, couronné d’un plein succès, vient d’être accompli dans les ateliers militaires de Chalais; la présente note a pour objet de porter à la connaissance de l’Académie les résultats obtenus.
- « Le 9 août, à 4 heures du soir, un aérostat de forme allongée, muni d’une hélice et d’un gouvernail, s’est élevé en ascension libre, monté par MM. le capitaine du génie Renard, directeur de l’établissement, et le capitaine d’infanterie Krebs, son collaborateur depuis six ans.
- « Après un parcours total de 7km,ô, effectué en vingt-trois minutes, le ballon est venu atterrir à son point de départ, après avoir exécuté une série de manœuvres avec une précision comparable à celle d’un navire à hélice évoluant sur l’eau.
- « La solution de ce problème, tentée déjà en i855, en employant la vapeur, par M. Henri Gif-fard, en 1872 par M. Dupuy de Lomé, qui utilisa la force musculaire des hommes, et enfin l’année dernière par M. Tissandier, qui le premier a appliqué l’électricité à la propulsion des ballons, n’avait été, jusqu’à ce jour, que très imparfaite, puisque, dans aucun cas, l’aérostat n’était revenu à son point de départ.
- « Nous avons été guidés dans nos travaux par les études de M. Dupuy de Lôme, relatives à la construction de son aérostat de 1870-72, et, de plus, nous nous sommes attachés à remplir les conditions suivantes :
- « Stabilité de route obtenue par la forme du ballon et la disposition du gouvernail ;
- « Diminution des résistances à la marche par le choix des dimensions ;
- « Rapprochement des centres de traction et de résistance pour diminuer le moment perturbateur de stabilité verticale ;
- « Enfin, obtention d’une vitesse capable de résister aux vents régnant les trois quarts du temps dans notre pays.
- « L’exécution de ce programme et les études qu’il comporte ont été faites par nous en collaboration: toutefois, il importe de faire ressortir la part prise plus spécialement par chacun de nous dans certaines parties de ce travail.,
- « L’étude de la disposition particulière de la chemise de suspension, la détermination du volume du ballonnet, les dispositions ayant pour but d’as-
- (!) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 18 août 1884.
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- surer la stabilité longitudinale du ballon, le calcul des dimensions à donner aux pièces de la nacelle, et enfin l’invention et la construction d’une pile nouvelle, d’une puissance et d’une légèreté exceptionnelles, ce qui constitue une des parties essentielles du système, sont l’œuvre personnelle de M. le capitaine Renard.
- « Les divers détails de construction du ballon, son mode de réunion avec la chemise, le système de construction de l’hélice et du gouvernail, l'étude du moteur électrique calculé d’après une méthode nouvelle basée sur des expériences préliminaires, permettant de déterminer tous ses éléments pour une force donnée, sont l’œuvre de M. Krebs, qui, grâce à des dispositions spéciales, est parvenu à. établir cet appareil dans des conditions de légèreté inusitées.
- « Les dimensions principales du ballon sont les suivantes: longueur, 5om,42; diamètre, 8m4o; volume, 1 864 mètres.
- « L’évaluation du travail nécessaire pour imprimer à l’aérostat une vitesse donnée a été faite de deux manières :
- « i° En partant des données posées par M. Du-puy de Lôme et sensiblement vérifiées dans son expérience de lévrier 1872;
- 1 20 En appliquant la formule admise dans la marine pour passer d’un navire connu à un autre de formes très peu différentes et en admettant que, dans le cas du ballon, les travaux sontdans le rapport des densités des deux fluides.
- « Les quantités indiquées en suivant ces deux méthodes concordent à peu près et ont conduit à admettre, pour obtenir une vitesse par seconde de 8 mètres à g mètres, un travail de traction utile de 5 chevaux de 75 kilogrammètres, ou, en tenant compte des rendements de l’hélice et de la machine, un travail électrique sensiblement double, mesuré aux bornes de la machine.
- « La machine motrice a été construite de manière à pouvoir développer sur l’arbre 8,5 chevaux, représentant, pour le courant aux bornes d’entrée, ia chevaux.
- « Elle transmet son mouvement à l’arbre de l’hélice par l’intermédiaire d’un pignon engrenant avec une grande roue.
- « La pile est divisée en quatre sections pouvant être groupées en surface ou en tension de trois manières différentes. Son poids, par cheval-heure, mesuré aux bornes, est de igks,35o.
- « Quelques expériences ont été faites pour mesurer la traction au point fixe, qui a atteint le chiffre de 60 kilogrammes pour un travail électrique développé de 840 kilogrammètres et de 46 tours d’hélice par minute.
- « Deux sorties préliminaires dans lesquelles le
- ballon était équilibré et maintenu à une cinquantaine de mètres au-dessus du sol ont permis de connaître la puissance de gyration de l’appareil.
- « Enfin, le 9 août, les poids enlevés étaient les suivants (force ascensionnelle totale environ 2000 kilogrammes; :
- Ballon et ballonnet. . .
- Chemise et filet......
- Nacelle complète . . .
- Gouvernail............
- Hélice................
- Machine...............
- Bâtis et engrenages . .
- Arbre moteur..........
- Pile, appareils et divers,
- Aéronautes............
- Lest..................
- 36c)
- 127
- 452
- 46
- 98
- 47
- 3o.5oo 435,Soo 140 214
- Total....... qooo
- « A 4 heures du soir, par un. temps presque calme, l’aérostat, laissé libre et possédant une très faible force ascensionnelle, s’élevait lentement jusqu’à hauteur des plateaux environnants. La machine fut mise en mouvement, et bientôt, sous son impulsion, l’aérostat accélérait sa marche, obéissant finalement à la moindre indication de son gouvernail.
- « La route fut d’abord tenue nord-sud, se dirigeant sur le plateau de Châtillon et de Verrières; à hauteur de la route de Choisy à Versailles, et pour ne pas s’engager au-dessus des arbres, la direction fut changée et l’avant du ballon dirigé sur Versailles.
- « Au-dessus de Villacoublay, nous trouvant éloignés de Chalais d’environ 4 kilomètres et entièrement satisfaits de la manière dont le ballon se comportait en route, nous décidions de revenir sur nos pas et de tenter de descendre sur Chalais même, malgré le peu d’espace découvert laissé par les arbres. Le ballon exécuta son demi-tour sur la droite avec un angle très faible (environ io°) donné au gouvernail. Le diamètre du cercle décrit fut d’environ Soo mètres.
- « Le dôme des Invalides, pris comme point de direction, laissait alors Chalais un peu à gauche de la route.
- « Arrivé à hauteur de ce point, le ballon exécuta, avec autant de facilité que précédemment, un changement de direction sur sa gauche ; et bientôt il venait planer à Soo mètres au-dessus de son point de départ. La tendance à descendre que possédait le ballon fut accusée davantage par une manœuvre de la soupape. Pendant ce temps il fallut, à plusieurs reprises, faire machine en arrière et en avant, afin de ramener le ballon au-dessus du point choisi pour l’atterrissage. A 80 mètres au-dessus du sol, une corde larguée du ballon fut saisie par des
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- hommes, et l’aérostat fut ramené dans la prairie même d’où il était parti.
- Chemin parcouru avec la machine, mesuré
- sur le sol. . ..............................
- Durée de cette période...................
- Vitesse moyenne à la seconde (>).........
- Nombre d’éléments employés...............
- Force électrique dépensée aux bornes à la
- machine.....................................
- Rendement probable de la machine.........
- Rendement probable de l’hélice . . ......
- Rendement total, environ.................
- Travail de traction.......................
- Résistance approchée du ballon...........
- 7km,6oo
- 23m
- 5ln,5o
- 32
- 25okt'm
- 0,70
- 0,76
- i
- !2Ck£m
- 22kil,8üO
- « A plusieurs reprises, pendant la marche, le ballon eut à subir des oscillations de 20 à 3° d’amplitude, analogues au tangage ; ces oscillations peuvent être attribuées soit à des irrégularités de forme, soit à des courants d’air locaux dans le sens vertical.
- « Ce premier essai sera suivi prochainement d’autres expériences faites avec la machine au complet, permettant d’espérer des résultats encore plus concluants. »
- Développement d’électricité dans une fabrique de drap-cuir, par le professeur £. Mach.
- Dans un des derniers numéros du journal Zeitschrift für Elektrotechnik, M. E. Mach signale un fait curieux qu’il a été appelé à constater. Au cours de l’hiver 1880-81, MM. Grab et fils, directeurs d’une importante fabrique de drap-cuir aux environs de Prague, le prièrent de vouloir bien donner son avis sur les mesures à prendre pour éviter le développement de l’électricité au moment où les pièces passent sur la machine d’apprêt; ce développement est en effet tel qu’il offre, outre de grands embarras dans la fabrication même, un accroissement dans les chances d’incendie qui provoquent, de la part de compagnies d’assurances, des conditions très onéreuses. — Le remède proposé par M. E. Mach était des plus simples : il suffisait en effet de faire passer le côté sec de l’étoffe, au sortir de la machine, sur un peigne mis en communication avec le bâti de cette même machine : la recombinaison des deux électricités se faisait ainsi sans étincelles et le danger se trouvait écarté.
- L’installation donna les résultats les plus satisfaisants pendant plusieurs années lorsqu’à l’automne de i883 le bruit se répandit que la fabrique venait de brûler. — J’avais, dit M. Mach, la conscience tellement tranquille que je fus convaincu qu’il fallait attribuer le sinistre à une toute autre
- (’) Le vent étant presque nul, la vitesse absolue se confond sensiblement avec la vitesse propre par rapport à l’air, d’autant plus que l’aérostat a décrit une trajectoire fermée.
- cause qu’à l’étincelle électrique. — Dans ces sortes d’accidents les enquêtes font difficilement la lumière sur la véritable origine de la catastrophe , attendu que les responsabilités individuelles cherchent à se dissimuler. — Parmi les différentes versions qui suivirent cette enquête, la seule qui eut de l’intérêt au point de vue qui nous occupe, et qui fut en même temps plausible, consistait à admettre que les boulons d’attache d’un des peignes étaient
- tombés et qu’ainsi le système destiné à assurer la sécurité de la fabrique avait cessé de fonctionner ce jour-là. Ce qui tendrait à confirmer cette hypothèse, c’est que les ouvriers travaillant dans les fours de dessiccation ont, cette même journée, constaté un grand développement d’électricité, fait qui
- ne se produisait pas d’habitude. Il est à supposer qu’avec le plissage des étoffes dans le four la tension est allée en croissant jusqu’au moment où une décharge s’est produite sur une des traverses en fer du toit et que c’est en ce point que l’incendie a pris naissance.
- A la suite de cet accident, M. E. Mach fut de nouveau appelé à étudier la question et voici brièvement ce qu’une visite faite à l’usine et des expériences effectuées avec une machine d’apprêt lui ont permis de constater. — Ces constatations sont d’ailleurs parfaitement d’accord avec les premières idées émises par M. E. Mach.
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- i° Les laques et les couleurs employées dans la fabrication peuvent très bien prendre feu sous l’influence de petites étincelles électriques ;
- 2° Contrairement à l’opinion généralement admise dans les fabriques, toutes les matières colorantes ne retardent le développement de l’électricité qu’en tant qu’elles graissent les surfaces ; il n’y a pas de différence entre elles à faire ;
- 3° Il est matériellement possible que les vapeurs émises dans le four de dessiccation s’enflamment sous l’action de la décharge électrique, mais étant donnée l’énergique ventilation pratiquée dans ces fours, c’est là une hypothèse peu probable.
- La figure i représente le schéma d’une machine d’apprêt. — On tire tout d’abord très énergiquement à la main entre le couteau M et la bande sans fin en caoutchouc K la pièce de drap S de façon à l’amener sur le tambour denté 3. — Dans ce mouvement l’étoffe et le caoutchouc se chargent d’électricités de nom contraire. L’électricité de’Ja bande de caoutchouc K se perd très lentement ; il suit de là que la pièce, même sans frottement, s’électrise par influence à mesure qu’elle passe dans le voisinage de K, l’électricité de même nom s’écoulant par le couteau M. — Lorsqu’ensuite, dans le four à dessécher, on rassemble les pièces en plis, la tension augmente, comme il est facile de s’en rendre compte.
- M. E. Mach ne trouva aucun moyen de préservation meilleur que celui qu’il avait déjà indiqué; il se borna à perfectionner le système. Au lieu d’un seul peigne en a, un deuxième peigne à angle droit fut disposé en b; on enveloppa également de fer-blanc le tambour 3 et on le mit en communication avec le bâti de la machine de sorte que ce tambour fît aussi fonction de peigne. — Dans le four les voies d’amenée furent recouvertes d’une couche de graphite reliée à ses deux extrémités aux traverses métalliques du four, ce qui permettait à l’électricité dont l’étoffe pouvait encore être chargée de s’écouler lentement.
- En dernier lieu un appareil avertisseur représenté dans la figure 2 se trouvait disposé sur le passage des pièces. — Cet appareil est renfermé dans une caisse en zinc de 10 centimètres de hauteur sur 16 de largeur et 28 de longueur; le peigne seul fait saillie et l’appareil s’intercale dans le circuit d’une sonnerie qui fonctionne dès que la tension s’élève dans le four au-dessus d’une certaine limite. — Pour donner une idée de la sensibilité de cet avertisseur, il suffira de dire qu’il entre en jeu sous l’influence d’une tige d’ébonite électrisée par frottement et placée à 3o centimètres de distance du peigne. — Il y a lieu d’espérer qu’avec cet ensemble de précautions, tout danger se trouve à l’avenir écarté.
- A propos de l’horloge électrique Grau et Wagner, par M. Tiede
- Nous avons déjà eu l’occasion, dans une autre partie de ce même recueil ('), de décrire l’ingénieux mécanisme d’horlogerie électrique dû à MM. H. Grau et C. Th. Wagner. Ces horloges qui ne sont en réalité que des cadrans indicateurs et dont la marche est basée sur l’émission régulière de courants alternatifs doivent être placées dans le circuit d’un système régulateur chargé de maintenir le synchronisme. — Ce sont les détails relatifs à la construction de ce système régulateur que nous nous proposons de résumer ici ; ces détails sont empruntés au numéro de juin 1884 de YElektro-technische Zeitschrift.
- L’émission du courant destiné à établir le synchronisme se fait à la fin de chaque minute ; à la fin de deux minutes consécutives le courant est de sens contraire. A cet effet l’appareil de réglage se compose d’un régulateur à secondes ordinaire et d’un mécanisme, qui a pour fonction de fermer le circuit des horloges secondaires et de renverser le sens du courant dans ce même circuit. — Ce dernier mécanisme qui se trouve représenté dans les figures 1, 2, 3 et 4, est commandé par le régulateur à secondes, mais possède un mouvement qui lui est propre et qu’on remonte tous les huit jours en même temps que celui du régulateur. Cette indépendance dans les mouvements est évidemment un avantage sérieux : on peut, en effet, assurer un contact plus intime entre les pièces disposées à cet effet en augmentant le poids moteur sans craindre qu’il résulte de ce fait le moindre trouble dans la marche du régulateur.
- Nous allons décrire tout d’abord le jeu du mécanisme destiné à produire les émissions de courant ; nous indiquerons, après, la façon dont il est relié au régulateur.
- L’axe d de la dernière roue dans l’appareil moteur (fig. 1) est prolongé en dehors de la platine et porte une came S munie de quatre saillies rectangulaires. — L’axe d commandé par l’axe X tourne dans le sens indiqué par la flèche d’un angle de 22°5 par une rotation de 180° de l’axe X. — Lorsque la came se déplace de gauche à droite, elle vient agir sur le levier G mobile autour du point x et lui imprime un mouvement oscillatoire alternatif à droite et à gauche de la verticale passant par x. — C’est ce mouvement qui est utilisé pour l’émission et le renversement du courant. — Le circuit dans lequel sont placées les horloges secondaires communique par ses deux extrémités avec les bornes «, et m3, montées sur les plaques de laiton z et y; ces plaques sont isolées de la platine par l’intermédiaire d’une plateforme en ébonite p et se relient
- (') La Lumière Electrique, tome XII, p. 186.
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- 3.19
- aux deux ressorts fi et /2. — La batterie de piles a l’un de ses pôles en communication avec la borne b3, c'est-à-dire avec la platine, le corps du levier G et les contacts i; l’autre pôle vient s’attacher à la borne bl\ la plaque de laiton q est séparée de la platine par la plateforme en ébonite p et porte au-dessus de la borne bi deux taquets c sur lesquels les ressorts /, et f3 s’appuient au repos.
- La ligure i représente les positions des différentes pièces alors qu’aucun courant ne passe dans le circuit. Pour une rotation de i8o° de l’axe X 1a. saillie 3 vient agir sur le galet r2 ; la partie supé-
- FIG. I FIG. 2
- La figure 5 représente la liaison du mécanisme que nous venons de décrire avec le régulateur à secondes en supposant l’observateur placé non plus derrière, mais devant l’horloge. — L’axe qui porte l’aiguille des secondes Z est muni d’une came en forme de limaçons. Cette came agit sur un levier Oj mobile autour du point N et présentant vers son milieu un doigt n qui, vu de côté, a la forme d’une potence. — L’axe X sur lequel est monté le volant W porte sur son prolongement un levier à deux branches At, A2; l’extrémité A, est garnie d’un taquet/; sur l’extrémité A2 sont ménagés deux taquets e et k dont le premier fait plus saillie que le second.
- Les principales phases du mouvement, pour un tour complet de l’aiguille Z, se trouvent représen-
- rieure du levier s’incline de gauche à droite; le circuit se trouve fermé entre i et /, (fig. 2) le couv rant passe par G, i, /,, uit le circuit et revient au pôle bl par zr2,/2 et c : il a donc dans la ligne le sensz<! — m2. Pour un nouveau déplacement de 22°5 de la came, les pièces occupent la position représentée figure 3 qui n’est pas tout à fait semblable à celle de la figure 1; enfin le mouvement se continuant, c’est la saillie 2 qui vient appuyer sur le galet r,; le contact s’établit entre i et fa (fig. 4), le courant dans la ligne va de u3 à — A la position 4 succède la position 1 et ainsi de suite.
- FIG. 3 FIG. 4
- tées dans la figure 5. Lorsque Z est sur la seconde 1, le levier O, occupe sa position inférieure limite; sous l’action du mécanisme moteur, l’axe X et avec lui le levier A,, A2 tendent à se déplacer dans le sens de la flèche, mais le taquet k qui est en prise avec le doigt n s’oppose à ce que ce mouvement s’accomplisse. A mesure que Z avance, la came s soulève le levier O, jusqu’au moment où le taquet k, passant sous la partie horizontale de la potence n, le levier A,, A2 se déplace d’un angle très faible et le taquet e vient en prise avec n : ce premier déplacement se produit lorsque l’aiguille Z est à la 47me seconde environ. Mais ce n’est qu’au moment où Z entre en contact avec la seconde 60 que l’extrémité de droite du levier O, franchit l’arête
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la came et vient s’appuyer sur l’encoche ménagée à la moitié de la hauteur dans la portion rectiligne de cette même came; ce premier déclenchement a pour effet de permettre au levier A4 A2 d’accomplir une demi-révolution à la fin de la-
- "Ic'n1"
- FIG. 5
- quelle j est en prise avec n. A ce moment les pièces de contact sont amenées à la position de la figure 2 et demeurent dans cette position jusqu’à
- FIG. 6
- ce que Z ayant parcouru sur son cadran la première seconde, un deuxième déclenchement s’opère qui a pour effet de dégager le taquet j, de faire accomplir une nouvelle demi-révolution à l’axe X et de ramener le levier O, à sa position inférieure limite, position dont nous sommes partis pour suivre la succession des mouvements pour un tour
- complet de l’aiguille Z. On voit donc, comme nous disions plus haut, que les émissions de courant ont lieu à l’origine de chaque minute : la durée de chaque émission est d’une seconde exactement.
- Le système que nous venons de décrire a donné les résultats les plus satisfaisants avec deux horloges secondaires placées dans le circuit de trois éléments Daniell. M. Tiede fait remarquer que si l’on avait une seule horloge dans le circuit «4, u2, on pourrait simplifier le dispositif précédent en employant à la place de G un levier H (fig. 6) qui amènerait le courant aux ressorts ft et f2 d’une façon analogue à la précédente; le synchronisme se trouverait réalisé ; mais ce dernier système s’appliquerait difficilement dès qu’on voudrait placer une série de plusieurs horloges dans le circuit ut,u2.
- La résistance du corps humain.
- On sait qu’à la suite de nombreuses expériences une commission scientifique instituée par le Parlement anglais a décidé que la force électromotrice limite qui devait être considérée comme offrant du danger, était de 3oo volts. D’après les recherches entreprises à cette époque, la résistance du corps humain, mesurée au contact des mains, varie entre 10,000 et 3o ooo ohms, suivant que les mains sont moites ou très sèches. Il résulte de là que l’intensité de courant deviendrait dangereuse à partir
- . 3oo ___ i
- de7béffo-33amPere-
- M. le Dr T. Stein fait remarquer, dans un des derniers numéros del'Elektrotechnische Rundschau, qu’il est curieux de comparer ces résultats des mesures anglaises avec ceux obtenus par le professeur Jolly, à Strasbourg. M. Jolly a trouvé que la résistance du corps humain était essentiellement variable et cela entre de très larges limites, suivant les conditions de l’expérience et les points du corps mis en contact. Sur 40 personnes soumises à l’observation, 20 femmes et 20 hommes, le contact se faisant au moyen d’électrodes plongées dans une solution de sulfate de cuivre, la résistance a varié, avec le point de contact, de 16000 à 400 000 unités Siemens.
- Le paume de la main et la plante des pieds offrent au passage du courant une résistance bien moins considérable que les autres parties de la peau. Suivant le Dr Jolly, il faudrait dans le premier cas, admettre comme résistance moyenne 41 3oo U. S. et dans le second 23 000 U. S., le contact étant supposé se faire dans les deux cas, avec des électrodes humides. Il y aurait donc lieu de considérer comme limite inférieure dangereuse
- non pas ^ d’ampère, mais bien 0,00728 ampères.
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- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- dans l’axe de cette môme spirale à„une distance de 241,7.? c.m* de son plan moyen. On faisait passer le même courant à travers cette bobine et à travers une boussole des tangentes à une seule spire placée à une grande distance de la bobine. Les déviations simultanées u et v de l’aimant voisin de la spirale et de celui de la boussole des tangentes permettaient de se rendre compte de l’exactitude des hypothèses admises à l’origine des expériences.
- La déviation «, qui résulte de l’action de la spirale sur son aimant, s’exprime par l’équation :
- LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉTALON AU MERCURE SIEMENS
- ET LA GRANDEUR DE L’OHM EN COLONNE MERCURIELLE
- Résultats des mesures faîtes dans les années 1880, 1882, 1883 et 1884 par le Dr H.-F. Weber, professeur de physique mathématique et appliquée à l’école polytechnique de Zurich.
- (Suite)
- LES MESURES D’AOUT ET DE SEPTEMBRE l883 ET CELLES DE MARS ET D’AVRIL 1884
- [p2 =<324.7-2]
- te- » =,
- H(l+T)/r2-l_aa jj
- r24-a2 +P2\ 2p2^3 W P2
- r2—4a2 , \ 5 7r2
- 4p2 ~^"n2
- ri-?
- |_I2 t
- /i 5an 31»/ e . „ \
- r2 — 4a2/2ifl2 ifl2 i\~| 1
- 4P* \ 1 P2 3p2 3/J+p2L3p2 3 4p2
- /Z_£I*ÎVT
- \6 2 p*; j
- pz L12 bp2 r2 — 4 a2
- ou bien
- 27t. «.r-
- tg-“-iH(i+T)/r.+a**
- La différence marquée qui existe entre les résultats précédents et les résultats obtenus par d’autres observateurs, — les résultats concordants de lord Rayleigh et de M. Glaze-brook sont de 0,9 0/0 plus faibles que les miens, — me détermina à entreprendre les vérifications expérimentales les plus diverses afin de me convaincre de l’exactitude des dimensions déterminées, ainsi que des hypothèses dont j’étais parti pour arriver à ce résultat final. Je n’épargnai aucun soin, dans le but de découvrir une erreur sensible et consacrai tout le temps de mes vacances, du mois d’août au mois d’octobre i883 et du i5 mars au i5 avril 1884, à de nouvelles mesures. Pendant ces trois mois, j’ai fait tout ce qu’il était en mon pouvoir pour atteindre un résultat certain. Je n’ai cessé de m’attacher à découvrir un résultat moins fort, mais n’ai pu y parvenir.
- De toutes les vérifications expérimentales les plus variées auxquelles j’eus recours dans le but de m’assurer de Inexactitude des dimensions admises, ainsi que des hypothèses qui m’avaient conduit au résultat mentionné plus haut, je n’indiquerai, dans ce rapide compte rendu, que les suivantes :
- I. — Il a été admis dans le calcul précédent que le nombre des spires dans les quatre spirales est exactement compté;
- Que les rayons des lignes moyennes dans les gorges remplies de spires sont rigoureusement déterminés;
- Et qu’enfin chaque spire, dans les bobines, est parfaitement isolée des spires voisines.
- J’ai procédé à une vérification expérimentale pour voir jusqu’à quel point l’ensemble de ces hypothèses est justifié. Dans cette vérification, on mesura l’action électromagnétique que les spirales exercent sur un aimant placé à une certaine distance, lorsqu’elles sont parcourues par un courant d’intensité constante.
- On grava tout d’abord dans l’évidement cylindrique du socle du galvanomètre deux traits fins parallèles et présentant entre eux la même distance que les parois latérales des spirales. Puis le socle fut orienté de telle façon que ces traits fussent parallèles au méridien magnétique. Ceci fait, on plaça l’une des spirales verticalement de manière à ce que les arêtes limitant les faces latérales vinssent coïncider avec les traits précédents. Le centre de l’aimant, qui devait être soumis à l’action du courant lancé à travers la spirale, se trouvait
- formule dans laquelle A représente la quantité entre parenthèses.
- Pour la déviation v de la boussole des tangentes, on a :
- t g.* =
- Ho(l-f-To) T
- rf 5sin2v)l
- 0 L 4ro J
- l. 2 7T A
- -jTolTT^)’ 0
- d’où il résulte
- tg. U _ Hq(i+t0)
- tg. v H(i+t) ' y ri + ai A0
- Les valeurs de u et de v, une fois déterminées pour la spirale A (nous désignerons ces valeurs paru/ et au moyen d’une série de cinq observations, on remplaçait cette dernière spirale par la spirale B et l’on relevait les angles correspondants 7/2 et v2’ Enfin, on terminait cette série d’expériences en observant une deuxième fois les angles de déviation u et v[ obtenus par l’action réitérée de la spirale A. Si l’on désigne par u{ et vt les valeurs moyennes de ul9 «1 et de vl9 vx on a :
- tgWi
- tg ^1 _ ”1 r,
- «2 r\
- tg V2 '
- expression dans laquelle ni et «2, rK et r2 représentent les nombres de spires et les rayons des lignes moyennes pour les spires A et B, attendu que toutes les spirales sont identiques entre elles comme dimensions, à des différences négligeables près, et que les angles de déviation ux et */2, ainsi que les angles vi et v2, sont des quantités sensiblement égales. En général, on a dans l’expression
- tg u tg v n r
- ----^une mesure pour p p.
- te«, n / .
- 1 ? U O
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- 35a
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Or,
- L’expérience donne :
- !££'.ÎS”ï=i,om5
- tg« 2 tgVl
- ttr ll3 tgv.,
- tg tg V3
- -1,0142
- tg«2 tgn= œi3 tg.«* tgv2
- tffJ/j.tgV, IM tg «i tg Va
- Le calcul donne :
- Üi-L’
- «a >1
- «t *1 "2*1 "V*1
- "3*1
- "1 r®
- = 1,0026
- = 1.0140
- = 1,0011
- = 1,0102
- d’après les valeurs : ni ~ 1044 ?}% = J041 n3 — io56 11 ; = 1041
- et
- Ti =34,924 cm 7*2 = 34.928 — /3 = 3(.902 — — 34,908 —
- Ges deux séries de résultats démontrent en premier lieu qu’aucune erreur n’a été commise dans le dénombrement n des spirés ou dans l’évaluation de r ; en second lieu que l’isolement des spires entre elles est satisfaisant. Ce dernier point n’a évidemment de valeur que pour les courants constants employés; il reste à prouver que la même conclusion est admissible en toute rigueur pour les courants induits à phases promptes.
- II. —* Une autre objection à prévoir est la suivante: l’isolement de la portion du circuit induit qui reliait la bobine induite au galvanomètre était-il suffisamment bien fait et n’est-ce pas à cette dernière circonstance qu’il fallait attribuer la valeur relativement élevée du résultat final ?
- Au cours de mes recherches, j’eus soin de changer trois fois les conditions d’isolement de cette portion du circuit induit qui mesurait 12 mètres environ. Du 15 août au 2 septembre, la ligne reliant la bobine induite au galvanomètre fut disposée de la façon qui suit : les deux fils couraient parallèlement à travers l’air, aune distance de 1 cm. environ l’un de l’autre; ces fils, partant de la spirale induite, ne présentaient sur tout leur parcours que trois points de contact avec des corps solides. Au premier point ils étaient noyés dans de la paraffine et venaient traverser deux entailles semi-cylindriques ménagées dans un montant de porte en bois; au deuxième point ils s’attachaient par des lils de soie au plafond delà pièce; au troisième point, enfin, ils passaient à travers deux couches de paraffine de 1/2 cm. d’épaisseur pour aboutir à deux godets à mercure en verre placés sur la table en bois qui servait aux mesures de résistance.
- Dans ces conditions, on trouva, le dernier jour où fut employé ce mode d’isolement, les résultats suivants ;
- Potentiel inducteur = 0,1766 x io9
- a). — La moitié antérieure du galvanomètre mesure le courant induit :
- 2 ^sin —siu v
- Durée des oscillations : T = 5,o65 Résistance totale : 7*1 = 72,72 U. S.
- Durée des oscillations : T *=5,066 Résistance totale : m =573,67 U. S.
- ______tg _u_____tgv
- 2 ^sin H —sin ^ v
- 1
- T7 m
- o,oo3o28
- (2)
- Ceci fait, on changea les conditions d’isolement du circuit placé entre les appareils. Aux trois points dont il a été question plus haut, et où la ligne se trouvait en contact avec des corps solides, on disposa des gaines de caoutchouc de telle sorte qu’en ces points la conduite fut encore mieux isolée qu’auparavant. On eut soin de placer en outre chacun des godets à mercure en verre sur une plaque de caoutchouc durci de 5 millimètres d’épaisseur.
- Les deux premières séries d’expériences effectuées dans ces nouvelles conditions d’isolement donnèrent :
- Potentiel inducteur = 0,1766 X 109.
- a) La moitié antérieure du galvanomètre mesure le courant induit.
- tg u tg v
- 2 ^sin^j— sin^ *£ v
- = 1,292.
- Durée des oscillations : T=5,o65. Résistance totale : /«=72,57, U. S.
- tg u
- 2 ^sm“ — sin^ ^ V
- tg v 1 * T. m
- =0,003072
- (O
- b) La moitié postérieure du galvanomètre mesure le co -rant induit.
- tg u______ tg v
- 2 ^sin^ — sin—^ *8 v
- i,i3oo.
- Durée des oscillations : T = 5,064 Résistance totale : m = 73,70, U. S.
- tg«
- / . 0 . V
- 2 ( sin— siu — \ 2 2 (
- tgv 1
- tg v ’ T. 711
- o,oo3o28
- Si l’on compare entre eux les nombres (1) et (2), on constate que les perfectionnements introduits dans l’isolement de la portion de circuit qui conduisait le courant induit de sa source au galvanomètre, n’ont apporté aucun changement appréciable au point de vue du résultat des expériences; on peut en conclure que l’isolement était déjà satisfaisant dans les premières semaines où furent faites les expériences.
- III. — La constante du galvanomètre mesureur du courant et la constante du multiplicateur qui a servi à déterminer la quantité d’électricité induite ont été calculées en prenant pour bases du calcul les dimensions et la forme de ces galvanomètres.
- On avait donc
- tg u
- l . 0 . ü0\
- 2 (iS.n--sinTj
- ' ^ ' YTïi ~ °»oo3°73
- tg V 1 • m
- (0
- b). — La moitié postérieure du galvanomètre mesure le courant induit :
- tg« tgv t.
- * •—- = 1,1302
- (-H-S),si;
- Des recherches spéciales m’ont mis à même de déterminer expérimentalement, au moyen de comparaison de résistances, le rapport de ces deux constantes.
- On relia les bornes des deux anneaux simples K montés en tension et les électrodes de l’une ou de l’autre moitié du galvanomètre aux pôles d’un élément Daniell, de façon à obtenir dans les deux circuits des courants de sens contraire. On fit ensuite varier l’intensité du courant dans chacune de ces dérivations en introduisant des résistances passives jusqu’au moment où l’aimant du galvanomètre ne présenta plus la moindre trace de déviation.
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- 353
- A ce moment on avait :
- igo — IGo
- expression dans laquelle 1 et i représentent les intensités des courants qui circulent à travers le multiplicateur et les deux anneaux K, et G0, go tes constantes des deux galvanomètres pour le cas où l’aimant galvauométrique n’accuse aucune déviation. Si nous désignons par w et W les résistances des deux branches du circuit, on a aussi :
- MM==IW
- d’où
- Go=W go w *
- La mesure exacte de la grande résistance W, — la résistance du multiplicateur C ou D comportait 36 U. S. environ et la résistance additionnelle était voisine de 40 U. S.,— n’offrait aucune difficulté. Quant à la détermination de la résistance w, près de 5oo fois plus petite, elle exigea les soins les plus minutieux. Pour cette dernière mesure, on prit cinq résistances à peu près égales entre elles dont les valeurs suivent :
- 1 — o,ooi5i \
- 1 — 0,00143 /
- 1 — o,oo38o \ U. S. à i5°6 1 — 0,00842 l I — 0,00025 /
- »
- et on les groupa en quantité entre deux godets à mercure. C’est à la résistance de ce système que le conducteur w fut comparé.
- L’action électromagnétique de la moitié antérieure du galvanomètre et celle des deux anneaux simples se trouvant exactement équilibrées l’une par l’autre, on obtint, à la date du 20 mars 1884, pour une température de i5°6 :
- W=76,372 ILS. jy=0, i3738 U. S.
- d’où il suit :
- — = 555,92
- La compensation et la mesure des résistances ayant été effectuées un autre jour, on constata, à la température de i5°4 :
- W = 76,383 U. S. n>— o, 13737 U.S.
- d’où l’on tire :
- ^ = 556,04 «0
- Si l’on s’en rapporte aux dimensions de la spirale D :
- o,oo8i5
- r = 34,908 c.m.1 e = 3,25 »
- b = 2,181 » h = 1,846 »
- p = 35,042 »
- — 3,1
- (ÏÏ (;)'
- O’-
- (!)•--
- 0,00277 oo388 00808 00797
- Les formules données \ lus haut conduisent, pour le cas où la déviation de l’aiguille est nulle, au rapport suivant :
- ^ = 555.7 go
- Le résultat du calcul offre donc une concordance presque parfaite avec celui de l’expérience ; il ne faut pas attacher une grande importance à l’écart faible entre les deux valeurs, écart qui représente de la grandeur à mesurer,
- car il est toujours excessivement difficile de comparer avec précision entre elles deux résistances très différentes.
- Ces cinquante séries d’expériences terminées, j’ai remonté le petit appareil dont je m’étais servi dans les mesures de 1880 à 1882, et l’ai employé pendant trois jours pour de nouvelles déterminations. Je voulais en premier lieu vérifier l’exactitude des résultats obtenus et en môme temps me rendre compte jusqu’à quel point se montreraient d’accord les résultats finals de deux séries d’expériences effectuées selon la même méthode et dans les mêmes conditions extérieures, mais avec deux appareils complètement différents.
- J'installai pour ces expériences entre la spirale induite et le galvanomètre une conduite tout à fait nouvelle et composée de fils recouverts d’une double enveloppe de soie et noyés dans de la paraffine ; cette ligne ne reposait qu’en deux de ses points sur des supports isolés; partout ailleurs, elle était librement suspendue en l’air. On s’arrangea de façon à avoir à peu de chose près le même potentiel inducteur que dans les expériences du mois de septembre 1882, expériences relatées plus haut et comme précédemment; on eut soin d’employer tantôt la moitié antérieure, tantôt la moitié postérieure du galvanomètre. Contre toute attente, il m’a été impossible de constater un écart appréciable entre les résultats des cinquante expériences effectuées au moyen du grand appareil, et ceux que me donnèrent les nouvelles mesures faites avec le petit appareil. J’obtins en effet :
- Le 14 avril 1. U. S. = 0,9497 ohm
- Le i5 — 1. U. S. = 0,9497 —
- Le 16 — 1. U. S. = 0,9493 —
- Je ne considère pas mes mesures comme terminées; je me propose de les reprendre dans les premiers mois de l’été prochain, afin de soumettre à une recherche systématique tout ce qui pourrait être une cause d’erreur.
- Zurich, 23 avril 1884.
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur Porganisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- SERVICE DE PARIS
- Résultats de la réforme postale et télégraphique au point de vue des produits.
- et aux dimensions des deux anneaux K, qui sont égaux l’un à l’autre :
- ry = 37,760 c.m. c{ — o,5o »
- / = 3,i3 »
- Instruction générale
- Les instructions périodiques qui mettent les agents au courant des modifications survenues dans le service qu’ils sont chargés d’exécuter, se superposant les unes aux autres, rendraient très difficile toute recherche des prescrip-
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- 354
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tions en vigueur si elles n’étaient pas, à intervalles déterminés, refondues dans un document unique et facile à consulter.
- C’est le but de l’instruction générale sur le service des postes.
- Les modifications profondes apportées dans les divers rouages administratifs par la fusion, la réduction des taxes et la création de services nouveaux, la nécessité de mettre les agents sortis de chacune des deux branches administratives en état d’acquérir la connaissance des règlements généraux dont la pratique leur était étrangère, toutes ces considérations rendaient indispensable une refonte de l’instruction générale.
- Cette révision était d’autant plus nécessaire que si l’ancienne instruction pouvait à la rigueur être utilisée pour la partie postale, grâce à un ingénieux système qui permettait de la tenir toujours au courant, les diverses prescriptions du service télégraphique ne se trouvaient nulle part condensées et fixées.
- Nous avons donc entrepris de réunir dans une nouvelle instruction générale toutes les prescriptions réglementaires. Cette œuvre est longue et laborieuse, mais ses résultats seront utiles au service et elle donnera l’occasion de faire disparaître certaines prescriptions surannées.
- C’est également dans ce but d’unification et de simplification que nous avons entrepris de refondre les formules multiples dont l’usage constitue une complication pour le service.
- Nous avons aussi cherché à réduire le travail sans cesse croissant des agents, par la suppression de documents désormais inutiles et par la diminution de statistiques superflues.
- La loi portant réduction des taxes télégraphiques stipule par son article 2 que les mesures propres à mettre les règles du service télégraphique intérieur en harmonie avec celles du régime international peuvent être fixées par décret. Nous avons voulu répondre au vœu de la loi en empruntant au service international les règlements spéciaux capables de constituer une amélioration dans les services intérieurs. Le décret du 16 avril 1881 a consacré ces innovations; il a codifié en même temps toutes les prescriptions relatives au service télégraphique et établi presque le même système dans le régime intérieur que dans le régime international.
- Situation des agents dans les colonies
- Nous avons pu constater les inconvénients de l’absence de règles fixes relatives à la situation des agents des postes et des télégraphes de la métropole détachés dans les colonies.
- Le décret rendu le 22 juillet 1882, de concert avec le ministre de la marine et des colonies, a comblé cette lacune. Il contient les dispositions nécessaires pour sauvegarder les droits et les intérêts de ces agents, qui ne cessent pas de faire partie des cadres du personnel métropolitain, et garantir les avantages spéciaux dont ils jouissent.
- Le ministre de la marine et des colonies désigne les emplois auxquels sont appelés les agents mis à sa disposition.
- Toutes les mesures qui touchent, à un degré quelconque, à la situation administrative des agents, telles qu’avance-ment, révocation, mise à la retraite ou disponibilité, intéressant leur avenir ou la hiérarchie, sont prises par le ministre des postes et des télégraphes, après avis du ministre de la marine et des colonies.
- Il est, en outre, bien entendu que la responsabilité du service aux colonies appartient entièrement au département de la marine.
- Le nombre des agents mis à sa disposition augmente notablement depuis quelques années, en raison du développement du service, et jamais, même dans les circonstances les plus dangereuses, les volontaires ne nous ont fait défaut.
- Suppression du reçu pour la remise des dépêches télégraphiques
- Autrefois, on exigeait, pour la remise de toutes les dépêches télégraphiques, la signature du destinataire. Cè mode de procéder nous a paru, dans la plupart des cas, constituer une formalité plus gênante qu’utile, de nature à entraîner des retards dans la remise des télégrammes; aussi nous avons restreint l’emploi des reçus aux dépêches internationales et aux télégrammes spéciaux. Il en est résulté une simplification dans le service et une accélération dans la distribution des télégrammes.
- Exprès
- Nous poursuivons nos études pour régulariser et améliorer le système des exprès chargés de porter les télégrammes dans les localités éloignées de tout bureau télégraphique.
- Télégrammes confiés aux facteurs ruraux
- Il importait de tirer, pour le public, tout le parti possible de la fusion des services postaux et télégraphiques : nous nous sommes appliqués à atteindre ce but.
- Déjà les habitants des communes rurales avaient la faculté de remettre aux facteurs ruraux, en cours de tournée, les objets de correspondance destinés à la poste.
- Nous leur avons donné les mêmes avantages pour l’envoi des dépêches télégraphiques, et il n’est pas douteux que le concours de la poste ne contribue à répandre l’usage du télégraphe parmi lés habitants des campagnes, que leur éloignement des bureaux spéciaux empêchait souvent de profiter de ce moyen de correspondance.
- Télégrammes adressés poste restante
- Dans les bureaux peu nombreux où les services ne sont pas encore fusionnés, les télégrammes adressés poste restante sont présentés au guichet de la poste et peuvent être immédiatement placés dans le casier de la poste restante, au lieu d’être, comme autrefois, jetés à la boîte, dont ils 11’étaient extraits qu’à la levée suivante. Des causes fréquentes de retard dans la remise de ces télégrammes aux destinataires se trouvent ainsi évitées.
- Procès avec la Compagnie du chemin de fer du Midi
- L’administration, qui avait déjà eu, comme nous l’avons dit, deux procès avec les grandes Compagnies de chemins de fer au sujet de la poste, a dû soutenir une instance devant le conseil de préfecture de la Seine et le Conseil d’Etat contre la compagnie du chemin de fer du Midi.
- Celle-ci avait, en effet, prétendu se soustraire aux obligations qui lui étaient imposées par les arrêtés autorisant rétablissement de lignes télégraphiques nécessaires au service des chemins de fer et aux conditions auxquelles ils la subordonnaient, notamment du transport gratuit du matériel télégraphique.
- L’arrêt du Conseil d’Etat a donné gain de cause à l’administration et a rappelé explicitement les droits de l’Etat en déclarant que « la convention et le cahier des charges du Ier août 1857, relatifs à la concession des chemins de fer du Midi, n’ont eu ni pour but ni pour effet soit de soustraire la Compagnie à l’application des clauses contenues dans les arretés ministériels intervenus avant ladite époque, soit d’interdire pour l’avenir des stipulations semblables; qu’en conséquence la Compagnie demeure régie, quant au transport du matériel télégraphique de l’Etat, par des arrêtés rendus, sur sa demande, du 2 juin i85q au 4 avril 1862. »
- Toutefois, sur un point de détail et pour une somme relativement peu importante, le Conseil a donné une interprétation plus restreinte que celle à laquelle l’administration avait cru devoir se ranger, en ce qui concerne la clause du
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- cahier des charges relative aux dépôts du matériel télégraphique.
- Cet arrêt, qui nous est essentiellement favorable, et qui, eu égard au chiffre élevé de la somme engagée, et surtout en raison de la question de principe, est très important, a attesté une fois de plus le droit de l’Etat.
- Il est nécessaire que l'administration persiste constamment à maintenir énergiquement ce droit et ne laisse porter aucune atteinte à l’exercice du monopole télégraphique.
- Gutta-percha
- Depuis longtemps on remarque la présence fréquente de matières falsifiées dans la gutta-percha livrée par le commerce pour la fabrication des câbles télégraphiques.
- Le prix de cette matière augmente constamment : il est de plus en plus difficile de se la procurer, et l’on peut craindre qu’un jour elle ne vienne à manquer.
- On se préoccupe de trouver un remède à ce mal.
- Les arbres qui la produisent existent dans des pays où la civilisation n’a presque pas pénétré : on les trouve surtout au milieu des forêts de l’archipel malais. Les indigènes recueillent seuls la gutta-percha et la vendent à des Chinois qui la font parvenir aux Européens.
- Ces intermédiaires prélèvent un bénéfice qui grossit énormément les frais. L’exploitation se fait mal, sans aménagements. Les arbres sont coupés, et pour faciliter une récolte, on sacrifie toutes les récoltes de l’avenir.
- Nous avons confié à un ingénieur des télégraphes, M. Se-Hgmanu-Lui, la mission d’étudier en détail la production de la gutta-percha et de faire les recherches nécessaires pour permettre de remédier à la situation actuelle.
- Dans une exploration souvent dangereuse, â Singapour, à Sumatra et dans une partie de l’Indo-Chine, M. Selig-mann a recueilli des informations précieuses sur les lieux de production et le mode d’exploitation de la gutta-percha. Il a rapporté des échantillons nombreux et des plants des diverses espèces d’arbres qui la produisent Nous étudions avec le ministre de la marine et des colonies s’il ne serait pas possible d’acclimater cette essence précieuse en Cochin-chine ou dans quelques autres de nos établissements. Nous espérons y réussir.
- LIGNES SOUTERRAINES
- Les lignes télégraphiques aériennes sont exposées'à de nombreux accidents et à des dérangements résultant des perturbations atmosphériques et des orages; c’est surtout pendant l’hiver que ces accidents se renouvellent le plus fréquemment. Il peut en résulter, malgré toute l’activité des agents employés à réparer les dommages, des interruptions de communications d’une certaine durée, interruptions essentiellement préjudiciables aux intérêts généraux du pays.
- C’est ainsi que les lignes françaises ont particulièrement souffert à différentes reprises, notamment pendant les hivers de 1879-1880 et de 1880-1881. Par suite d’un verglas exceptionnel, Paris s’est trouvé momentanément presque isolé de la majeure partie de la France. Sans doute cette situation a été toute passagère, et le dévouement des agents du service technique a rapidement ramené une situation normale. L’interruption des communications n’a pas moins duré pendant plusieurs jours. Les memes accidents se sont produits récemment dans la région du Nord-Est.
- Des accidents plus graves ont été signalés aux Etats-Unis et en Angleterre. Au mois de janvier 1881, Londres a été également privé de toute communication télégraphique avec le dehors. Un fait analogue s’est produit plus récemment dans la même ville, au mois d’octobre 1881 et au commencement de Tannée 1884. Nous pourrions aisément citer des troubles semblables dans d’autres pays, notamment en Espagne, à une date récente.
- Nous avons dû, dès 1879, nous préoccuper d’assurer la
- permanence de nos communications : 011 ne pouvait y réussir qu’en se résignant aux lourdes charges de l’établissement d’un réseau souterrain.
- C’est grâce à ces câbles souterrains que l’Allemagne n’a pas eu à souffrir des accidents atmosphériques qui se sont manifestés dans ce pays aux mêmes époques qu’en France et en Angleterre.
- Les premiers essais de télégraphes souterrains tentés en Prusse vers 1846 n’avaient pas répondu tout d’abord aux espérances qu’on avait conçues.
- Mais le gouvernement allemand, revenant sur cette impression première, en a repris l’exécution au mois de mars 1877 : la dernière section du premier projet d’ensemble, celle de Cologne à Aix-la-Chapelle, a été terminée le 3o juin 1881.
- Le nombre des villes ainsi desservies n’est pas inférieur à 221.
- Les 23 lignes qui composent cette partie du réseau allemand atteignent une longueur de 5471 kilomètres, représentant 37426 kilomètres de fils, et ont déjà coûté plus de 5o millions.
- Depuis, les résultats acquis ont déterminé le gouvernement allemand à entreprendre une nouvelle série de lignes souterraines.
- En Angleterre et en Amérique, un mouvement d’opinion semble se produire dans le même ordre d’idées.
- Le réseau souterrain est destiné à assurer la continuité des transmissions télégraphiques : il écarte l’éventualité des interruptions qui viennent presque chaque année paralyser des parties étendues du réseau aérien.
- En dehors même de ccs interruptions exceptionnelles, divers incidents, tels que le mélange des fils, les influences atmosphériques, troublent et ralentissent fréquemment les transmissions sans les interrompre complètement.
- L’établissement des lignes souterraines présente le plus grand intérêt au point de vue militaire, ainsi que je l’indiquais le 16 décembre 1882 à la Chambre des députés, dans les termes suivants :
- On conteste que les câbles souterrains puissent servir au point de vue militaire. Cependant, comme je vous l’ai dit récemment, c’est le département de la guerre qui a réclamé l’exécution de ce réseau dans l’intérêt de la défense du pays, et il a eu raison.
- « En effet, au moment où une mobilisation quelconque est nécessaire, s’il se produisait des perturbations atmosphériques sérieuses, si par suite le réseau aérien ne pouvait fonctionner en tout ou en partie, quel ne serait pas le danger? La mobilisation serait arrêtée, elle pourrait l’être pendant plusieurs jours. Un pays qui veut être à l’abri de toute agression peut-il accepter une pareille'situation ?
- « Evidemment non! C’est pourquoi l’Allemagne a construit un réseau souterrain; c’est pourquoi nous avons bien fait de suivre son exemple. Elle a ainsi assuré en tout temps ses communications télégraphiques. Je ne veux pas m’étendre plus longuement sur cette question. Les câbles souterrains constituent un des éléments de la défense nationale. »
- Avant d’entreprendre les lignes souterraines, nous avons constitué une grande commission chargée de surveiller et de trancher toutes les questions techniques qui peuvent se présenter.
- Les conducteurs des lignes souterraines sont réunis, au nombre de trois, en câbles.
- Sur les lignes principales^ plusieurs de ces câbles sont renfermés dans des conduites en fonte; les lignes secondaires ne sont formées que par un seul câble défendu contre les actions extérieures par une armature en fer.
- En cas d’accident, des appareils spéciaux permettent de déterminer avec précision le point défectueuxj ce qui limite les recherches à faire.
- Nos câbles sont fabriqués en France; ils ne le cèdent à ceux d’aucun autre pays au point de vue de la solidité* et
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- nous avons la confiance que leurs dispositions spéciales améliorent la transmission électrique. Nous faisons construire nos conduites de fonte dans des usines françaises. Nous avons ainsi développé dans notre pays une nouvelle industrie.
- Quant aux travaux sur les chantiers, ils sont donnés à l'adjudication.
- Ces mesures nous ont permis d'établir nos câbles à un prix tout à fait modéré.
- Si l'on tient compte des interruptions fatales des lignes aériennes, de leur immobilisation forcée à certaines époques, on reconnaîtra facilement que les lignes souterraines, même de longue distance, donnent en somme un rendement plus complet, grâce à leur permanence et â leur régularité. Plusieurs lignes sont achevées et livrées à l'exploitation. C'est ainsi que, depuis plus de deux ans, le service se fait entre Paris et Soissons. avec la plus grande régularité, sans avoir donné lieu au moindre incident.
- Plus récemment, les lignes de Lille, Lyon et Nancy ont été mises en activité. Les résultats obtenus sont constatés par, un document émané d?un homme spécial, le directeur du matériel et de la construction :
- « Le ministre, dit un rapport de ce fonctionnaire en date du 18 novembre 1882, m'a demandé de le renseigner sur les résultats désormais acquis, en ce qui concerne le fonctionnement des lignes souterraines et le degré de sécurité qu'elles donnent.
- « Je n'ai qu'à lui répondre par les faits.
- « Dans la direction de l’Est, le service est normalement établi par les fils souterrains entre Paris, d'une part, Soissons, Reims, Châlons et Nancy, d'autre part. Ce service fonctionne très régulièrement, et, au moyen d'une disposition spéciale des appareils, avec la même vitesse que sur les lignes aériennes. Nous venons récemment d'obtenir le même résultat entre Paris et Lille et entre Paris et Dijon. Avant deux mois, nous espérons atteindre Lyon de la même manière.
- « Du reste, vous avez chargé une commission composée, d’un directeur de votre administration et de deux inspecteurs généraux, de se transporter sur les lieux et de vous rendre compte.
- « Cette commission a constaté que le fonctionnement des conducteurs souterrains était bien celui qui vient d'être indiqué. »
- Le président de la commission ajoute à la note du directeur du matériel et delà construction :
- « Le 18 novembre courant, le Journal officiel annonçait au public que les transmissions télégraphiques étaient retardées par un orage magnétique.
- « Cet orage n'a pas eu d'influence sur les lignes souterraines, qui ont toutes un double fil. »
- De plus, nous avons pendant plusieurs jours fait installer des appareils rapides sur les diverses lignes souterraines et nous les avons mis à la disposition des membres du Parlement en les invitant à venir s’assurer de la régularité du fonctionnement du réseau.
- Un grand nombre de sénateurs ou de députés ont répondu à cette invitation et ont pu correspondre avec les diverses villes reliées au réseau.
- Les crédits déjà votés pour les réseaux souterrains s'élèvent à 36 5ooooo francs.
- Bientôt Marseille et Bordeaux pourront correspondre avec Paris par les nouvelles lignes. Le réseau pourrait être facilement terminé à bref délai si l'on avait les crédits nécessaires.
- Lorsque, à une séance de la Chambre des députés, un de mes collègues témoignait la crainte que l'on ne fût amené à étendre le programme de construction des lignes souterraines, il justifiait mieux que personne leur utilité. Il venait ainsi constater précisément les grands avantages que présentent ces lignes.
- D'ailleurs, en pareille matière, s'il faut être prévoyant, il
- convient de se restreindre à ce qui est nécessaire et à ce qu’exige la prudence.
- ALGÉRIE ET TUNISIE
- La situation du service postal et télégraphique en Algérie méritait d'appeler toute notre attention. Sous l’empire du régime établi par les décrets des 7 février et 10 mars 1860 et du 6 novembre 1867, le gouverneur général préparait le budget et disposait seul de l'intégralité des crédits votés par les Chambres. C'était lui qui créait les bureaux et les mettait en activité, établissait les courriers, déterminait les lignes télégraphiques à construire; il avait dans ses attributions toute l'organisation du service. On n’avait laissé à l'administration métropolitaine que la nomination du personnel, la suite à donner aux propositions d'avancement ou de mutations faites par Je gouverneur, le droit de surveiller, de contrôler la marche générale du service et l'exécution des règlements ; mais ce droit de contrôlé demeurait nécessairement illusoire, faute de moyens d'action suffisants pour s'exercer.
- Restant étrangère à tous les détails de l'organisation du service, l’administration métropolitaine ne pouvait donner une suite utile aux réclamations motivées par les défectuosités de l’organisation, ni introduire dans le service les améliorations nécessaires, bien qu’aux yeux du public elle demeurât responsable des irrégularités dont il avait à se plaindre. Les chefs de service locaux, n'étant plus soumis à une surveillance permanente et soutenue, restaient livrés à eux-mêmes et étaient de fait indépendants; aussi le service laissait-il grandement à désirer sous bien des rapports. D’autre part, les crédits alloués au budget de l'Algérie, loin de permettre de réaliser aucune amélioration, étaient insuffisants pour assurer uu fonctionnement régulier.
- C'est dans ces conditions que, sur l'avis conforme de M. le gouverneur général de l'Algérie, un décret en date du 11 mars 1881 a établi d'une manière nette et précise quelles attributions relatives au service des postes et des télégraphes se réserverait le ministre et quelles attributions appartiendraient au gouverneur général.
- Celles qui étaient nécessaires à ce haut fonctionnaire pour poursuivre son œuvre essentielle de colonisation en Algérie lui étaient conservées : le décret lui conférait le droit de déterminer les créations ou transformations de bureaux et de services à opérer dans l'intérêt de la colonisation.
- Comme la compétence du gouverneur ne pouvait s'étendre à tous les détails de la marche du service, aux questions présentant un caractère purement technique, l'examen et la solution des autres affaires étaient réservés au département des postes et des télégraphes.
- Le décret du 26 août 1881, en modifiant d'une manière générale les conditions dans lesquelles le gouverneur général exerçait ses fonctions, ne changea pas la répartition que nous venons d'indiquer. Les attributions que le gouverneur général exerçait précédemment, sous le contrôle du ministre de l’intérieur, en matière de créations où de transformations de bureaux, dans l'intérêt de la colonisation, lui furent conservées par délégation spéciale et directe du ministre des postes et des télégraphes.
- Les décrets dont nous venons de parler nous ont permis d'exercer une surveillance efficace et soutenue sur le service de l’Algérie, de faire disparaître les irrégularités et les défauts d'organisation qui avaient provoqué les plaintes du public.
- De nouveaux bureaux ont été créés : les bureaux les plus importants sont aujourd'hui ouverts au public jusqu'à 9 h. du soir, comme en France.
- En outre, nous nous sommes attachés à transformer les bureaux secondaires, qui 11e rendent au public qu'une partie des services que pourraient rendre les bureaux de plein exercice.
- Toutes les distributions, au nombre de 3o, qui existaient
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- en Algérie, ont été converties par mesure générale en rc- ( cettes mixtes de plein exercice, le icp novembre 1882, et sont maintenant ouvertes au service complet des mandats au-dessus de 5o francs, des mandats internationaux et des mandats télégraphiques.
- Le nombre des bureaux de poste, qui, au iop avril 1881, au moment du rattachement, n’était que de 259, s’élève aujourd'hui à 332.
- Celui des bureaux télégraphiques a été porté en môme temps de 162 à 209»
- Les recettes mixtes ont monté de 86 à 148.
- Nous avons renforcé le personnel et nous avons installé des appareils télégraphiques perfectionnés dans les bureaux les plus importants. Il a été accordé aux facteurs-boîtiers une indemnité à titre de frais de loyer, ce qui a permis de remédier aux conditions défectueuses de l'installation de leurs bureaux.
- Les services de transport des dépêches, dont l'ensemble présentait, au Ier avril 1881, un développement de 5920 kilomètres, atteignaient, au 31 décembre i883, une longueur de 7 818 kilomètres.
- Le parcours annuel des courriers, qui était de 4260667 kilomètres, s'est élevé à 6422446 kilomètres.
- Le 1er août 1881, le service des colis postaux a été inauguré à la suite de conventions conclues avec les chemins de fer algériens et la Compagnie Transatlantique.
- De nouvelles lignes télégraphiques ont été construites; le réseau télégraphique, qui, au 3i décembre 1881, comptait 5768 kilomètres de lignes, s'élevait, au ier juillet i883, à 7 i3q kilomètres de lignes et 13798 kilomètres de fils.
- Les recettes postales et télégraphiques, qui avaient atteint en 1880 le chiffre de 2273761 francs, se sont élevées en i883 à 3138904fr., savoir : 1983237 fr. pour les postes et ii55667 francs pour les télégraphes.
- • Nous avons pensé également que le meilleur moyen de rendre plus complète l'assimilation de notre colonie algérienne à la métropole était de multiplier les relations qui unissent la France à ses territoires du nord de l’Afrique.
- Ainsi que nous l'avons fait connaître en parlant de nos services maritimes, tout en réduisant le chiffre des subventions payées par le Trésor pour l'exécution de ces services, nous avons plus que doublé le parcours total de nos lignes de paquebots naviguant entre la France et le nord de l'Afrique; nous avons augmenté d'un ordinaire par semaine les relations avec chacun des ports d’Alger, Philippeville, Bône et Oran, et donné ainsi à Alger des relations presque quotidiennes avec la France. La marche de ces paquebots a été notablement accélérée. En même temps, nous ajoutions de grandes facilités à l’échange des communications par la voie télégraphique en posant deux nouveaux câbles entre Marseille et Alger et en réduisant de 20 à 10 centimes par mot la taxe des télégrammes échangés avec l’Algérie.
- II importe de poursuivre en Algérie toutes les améliorations apportées dans le service métropolitain : aussi nous venons d'y introduire le recouvrement des effets protestables et la caisse d'épargne postale.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- La question de la traction électrique des tramways va faire un très grand pas en Belgique. Après les essais les plus concluants qui ont. été faits sur les boulevards du centre de Bruxelles, la Compagnie générale d'électricité et la Compagnie belge et hollandaise, d’accord avec la Société des tramways bruxellois, va commencer sous peu l'exploitation de la ligne de la rue de la Loi.
- Les chevaux seront remplacés par des petites locomotiveè électriques.
- Deux types, de construction différente, seront mis en service. Ces véhicules contiendront les accumulateurs du système Faure, renfermés dans des boîtes rectangulaires en caoutchouc durci du type de 3o et de 6o kilog., actionnant un moteur Gramme d'un tout nouveau modèle.
- Indépendamment de l'économie que l’on espère réaliser, il est à remarquer qu'un des avantages les plus importants de ce nouveau système de traction, est que, le cas échéant, plusieurs voitures ordinaires pourront être remorquées par la même locomotive.
- La section électrique de l'exposition des inventions qui aura lieu l'année prochaine à Kensington (Londres), comprendra' les groupes suivants classé 66, générateurs, dynamos, piles primaires et secondaires, piles thermo^élec-triques; classe 67, conducteurs, câbles sous-marins et appareils pour leur installation, fils aériens et câbles souterrains* isolateurs et poteaux, matières isolantes, joints et.communications, canalisations souterraines, tuyaux, tubes, etc., conducteurs pour la lumière électrique; classe 68, appareils d'essai et de mesure, galvanomètres, 'màgnètomètreSj dynamomètres, voltmètres, etc. ; classe 69, appareils télégraphiques et téléphoniques, instruments à aiguilles, appareils Morse, appareils imprimeurs, relais, appareils duplexes et quadruplexes, clefs, transmetteurs automatiques,- sonneries électriques, avertisseurs, téléphones, microphones et para-* foudres; classe 70, appareils de lumière électrique, lampes, bobines de résistance, interrupteurs, commutateurs, appareils pour fixer les lampes à incandescence et autres; classe 7 électrométallurgie et électrochimie, méthodes pour déposer et pour couvrir certains métaux, électrotypie, galvanoplastie, nettoyage d'appareils, outils; classe 72, distribution "et utilisation de la force, chemins de fer électriques, moteurs électriques, bateaux mus par l'électricité, tricycles, systèmes de distribution; classe 7J, signaux électriques, avertisseurs d'incendie, signaux de chemins de fer, de vaisseaux, de niveau d'eau, horloges électriques, chronomètres, etc.; classe 74; paratonnerres; classe/ 5, appareils électromédicaux ^classe 76, méthodes électrolytiques pour l’extraction et la purification des métaux : cuivre, zinc, plomb, fer, etc. ; classe 77, appareils électrothermiques, appareils électriques pour la guerre* pour les mines, etc.
- ^*****
- Le paratonnerre sur le monument de Scott, à Glasgow, ayant été trouvé très défectueux, ,1e conseil municipal l'a fait remplacer.par une corde de fils de cuivre d'un.diamètre de 6/8 de pouce, avec une petite bouIe.au sommet pourvue de trois pointes en platine. La corde est attachée à l'extérieur du bâtiment, et aboutit à une conduite d'eau à laquelle elle est soudée.
- Deux Américains ont eu l'idée d'appliquer l'électricité pour extraire de la boulange (on nomme ainsi'les produits de la mouture du blé au sortir des meules), le son qui s'y trouve mélangé.
- Des cylindres en caoutchouc durci*, auxquels on imprime une vitesse de rotation de 3o à 40 tours par minute, frottent à leur partie supérieure contre des peaux de mouton.
- La farine arrive d'une façon continue au bas des rouleaux ainsi électrisés, sur lesquels le son se fixe; les frotteurs font office de brosse et le détachent pour le -faire tomber dans un récipient spécial.
- Ce son, ainsi extrait, est exempt de fleur de farine, alors que pdr le procédé de blutage ordinairement employé dans les moulins, il en entraîne de 5 à 8 0/0.
- Les cinq machines qui fourniront la force motrice à l'exposition de Philadelphie viennent d'être installées. La plus
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- grande- de ces machines est de 3oo chevaux et marchera à une vitesse de 180 tours par minute. La force totale sera de 600 chevaux. M. Edison expose une dynamo monstre de 3o tonnes; c’est la plus grande machine de ce genre qui ait jamais été construite, et elle suffirait seule à fournir presque tout le courant nécessaire pour l’éclairage de l’exposition. A côté du premier appareil Morse, avec lequel la première dépêche télégraphique fut transmise de Washington à Baltimore, on verra un système de télégraphe multiplexe, le dernier perfectionnement de la télégraphie, par lequel le nombre des dépêches envoyées simultanément sur un seul fil peut être poussé à 72. Il y aura aussi une couveuse électrique, une fontaine et beaucoup d’autres curiosités en électricité.
- Le mégaphone de M. Edison a été installé à bord du vaisseau La Tallapoosa. de la marine américaine, qui en fera l’essai. Le but de l’appareil est d’amplifier les sons, pour permettre aux navigateurs de communiquer avec des personnes à terre, ou avec un autre navire en mer.
- Voici les noms des membres de la Commission électrique chargée des expériences à l’Exposition de Philadelphie : MM. les professeurs II.-C. Rowland, de Baltimore; J. Trowbridge, de Cambridge; G.-I. Barker, de Philadelphie ; R.-A. Fisk, de San-Francisco ; M.-B. Snyder, de Philadelphie; J. Willard Gibbs, de New-Haven; Simon Newcomb, de Washington; E.-J. Houston, de Philadelphie; C.-A. Young, de Princeton, et le Dp W.-H. Wahl, de Philadelphie. La Commission sera présidée par le professeur Rowland.
- Le journal le Lawrence American est depuis quelque temps entièrement imprimé à l’aide de l’électricité. Ce n’est cependant pas le premier journal qui ait utilisé l’électricité de cette manière, car déjà, en 1840, il parut à New-York un journal spécial imprimé avec une presse qui était actionnée par une machine électromagnétique inventée par un forgeron ingénieux.
- La VanDepoele Electric Light C°va construire un chemin de fer électrique d’un parcours de plusieurs milles dans la ville de Toronto (Canada). La force motrice sera fournie par des moteurs du système Van Depoele. Un autre chemin de fer électrique a été inauguré le 26 juillet dernier à Cle-veland (Ohio).
- La force totale développée par les chutes du Niagara est estimée à 7 000 000 de chevaux. L’installation nécessaire pour utiliser cette force, la transformer en électricité et la transporter dans un rayon de Soo milles, entraînerait, paraît-il, une dépense totale de 25 ooq millions de francs.
- La Bourse des valeurs d’électricité à New-York, dont nous avons annoncé la création il y a quelques mois, ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès. Les actionnaires en attribuent la cause à la mauvaise administration de l’affaire.
- Éclairage électrique
- L’intensité lumineuse des 42 phares électriques qui vont être installés sur les côtes de France a été calculée de manière à satisfaire, pendant dix mois de l’année, daus l’Océan, aux conditions que l’éclairage à l’huile ne remplit que pendant six mois; la période de temps pendant laquelle les phares peuvent fonctionner sera donc augmentée de 4 mois, mais pour obtenir un pareil résultat, la lanterne du phare doit pouvoir projeter une lumière équivalente à
- 125000 carcels, c’est-à-dire une intensité lumineuse que ni l’huile ni le gaz ne peuvent fournir pratiquement.
- Le projet d’éclairage électrique de l’Opéra de Berlin a été indéfiniment ajourné à cause des difficultés que présente cette installation. La rampe est déjà formée par des lampes à incandescence, et ce système sera également adopté pour la rampe du théâtre Royal, mais pour le moment on a abandonné le projet d’éclairer la salle de ce théâtre à l’électricité.
- L’éclairage électrique a fait des progrès considérables à Nuremberg. En dehors de plusieurs magasins particuliers et de la maison de banque de M. Brunner, l’école royale industrielle va également recevoir une installation d’éclairage électrique très complète. Une station centrale est en construction et sera pourvue de machines Schuckert.
- L’éclairage électrique du panorama de Mars-la-Tour, à Leipzig, a été adjugé à la Compagnie Brush, dont le prix était inférieur de 6 000 marks à celui de MM. Siemens, Fein, etc. La Société s’est engagée à fournir de 10 à 16 foyers à arc avec une dynamo et un moteur à vapeur au prix de 12 5oo francs.
- La Grand’Place de Bruxelles va, d’ici quelques jours, être éclairée à la lumière électrique.
- L’installation provisoire est actuellement presque terminée. Elle comprend une usine à lumière électrique, installée dans une des caves de la Maison du Roi, destinée à alimenter deux puissants foyers placés sur des mâts de 20 mètres de hauteur.
- Chacune des lampes a sa machine spéciale. Les deux générateurs sont du type Gramme à électro-aimants plats: à première vue, ils ressemblent beaucoup au type dit « à cinq lumières », dont ils ne diffèrent, du reste, que par les dimensions des fils enroulés.
- Tandis que la machine à cinq lumières est destinée à produire de l’électricité à haute tension (ces machines tournant à 1 400 tours donnent un courant de i3 ampères et 35o volts), les machines employées à la Maison du Roi donnent plutôt de l’électricité de quantité (à la vitesse normale de 750 tours, elles produisent un courant de 5o ampères et 65 volts). Les inducteurs sont placés dans le circuit des lampes.
- Ce type de machines est employé avantageusement pour produire la lumière à incandescence. Dans ce cas, on les fait tourner à 1 100 tours et elles peuvent alimenter 75 lampes Edison, type A, de 16 bougies.
- Les deux dynamos sont mises en mouvement par un moteur à gaz, système Otto, de la force de 12 chevaux, tournant à la vitesse de 140 tours.
- On se propose de modifier plus tard ce moteur, en y adaptant des poulies de trausmission fixées par des ressorts en spirale, de façon à compenser ses irrégularités de marche, irrégularités qui ne sont pas très sensibles lorsque l’on emploie la lumière à arc, mais qu’il est toujours bon d’empêcher.
- On a fait sur cette machine le premier essai d’un appareil anglais anti fluctuator, ayant pour objet de détruire complètement l’influence du moteur à gaz sur les becs de gaz dépendant de la même canalisation. Ce petit appareil a donné de très bons résultats.
- L’essai fait par l’administration communale de Bruxelles pour l’éclairage de la Grand’Place, n’a pas tant pour but de juger les lampes et les machines que de se rendre compte de l’effet produit.
- D’après cet essai plus ou moins imparfait, on prendra une décision quant à l’emplacement et au nombre des lumières.
- On a commencé par deux foyers de 1 000 becs carcels chacun. placés à 20 mètres de hauteur. Les lampes sont du
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- système Jaspar, dernier modèle, le mécanisme de rapprochement des charbons étant placé au-dessus du point lumineux* Les crayons employés ont un diamètre de 25 millimètres et la construction de la lampe assure un éclairage de 7 1/2 heures.
- La hauteur moyenne des maisons de la Grand’PIace est de 20 mètres. (La corniche de la Maison du Roi est à 19 mètres au-dessus du sol, celle de l’Hôtel de Ville à 22 mètres). De la sorte, toutes les façades seront éclairées. De plus, une petite échancrure réservée dans chaque réflecteur permettra de lancer sur la flèche de l’Hôtel de Ville un faisceau de lumière. Celle-ci sera donc éclairée sur trois de ses faces.
- Les mâts installés actuellement sont provisoires et du système à bascule. Les supports définitifs seront des mâts à base large et ornementée, dans le genre des mâts vénitiens qui font un si bel effet sur la place Saint-Marc.
- Le courant électrique est conduit de la Maison du Roi à chacun des poteaux par des conducteurs souterrains formés d’un seul fil de cuivre de 5 millimètres de diamètre (environ 20 millimètres carrés de section), garni de matière isolante, d’une enveloppe de plomb et d’une dernière enveloppe asphaltée. Les câbles qui conduisent l’électricité aux lampes, en passant par une rainure creusée dans le mât, sont composés de 14 brins de cuivre de 1 millimètre 5 de diamètre.
- Si l’éclairage que nous venons de décrire en quelques mots devenait définitif, on doublerait l’usine à lumière et les nouvelles machines serviraient à éclairer l’Hôtel de Ville, au moyen de lampes à incandescence.
- L’installation a été faite par la Compagnie générale d’électricité.
- La Compagnie Brush de Berlin a installé 40 foyers à arc et 340 lampes à incandescence dans les bâtiments de l’exposition d’hygiène..Les foyers à arc n’ont, jusqu’ici, pas fonctionné d’une manière très satisfaisante.
- Des expériences récentes faites en Angleterre ont prouvé que la lumière électrique n’a nullement pour effet, comme on l’a prétendu, d’accélérer la production des plantes et des fruits. On a constaté que des pommes de terre, plantées dans un endroit obscur, poussaient tout aussi bien que d’autres qui, pendant une série de nuits, avaient été exposées à une lumière électrique à arc.
- L’église catholique de Saint-Jean, Old Cumnock, Ayr-shire, Angleterre, est maintenant éclairée à l’électricité avec 70 lampes à incandescence de 20 bougies. Le courant est fourni par une dynamo installée dans un coin du cimetière.
- La Compagnie des chemins de fer de la haute Italie vient d’installer la lumière électrique dans la gare de Sempierda-rena, près de Gênes, et daus les usines appartenant à la Compagnie,
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, les machines employées pour les expériences des phares électriques au South Fore-land sont au nombre de trois ; chacune d’elles alimente un des trois foyers du phare. Elles fournissent un courant de 25o ampères et de 5o volts environ à une vitesse de 600 tours par minute.
- La difficulté d’obtenir des crayons d’un diamètre de 40 et même 5omm a été évitée en réunissant des charbons de 5mm en faisceaux. Le plus gros foyer essayé comprend 81 de ces baguettes; il produit une intensité lumineuse de 6000 carccls, hors de l’appareil optique, et près de 6000000 de carccls dans l’appareil. L’ingénieur en chef de Trinity House a fait envoyer en plein midi un rayon de ce foyer et
- un rayon de soleil sur une surface d’eau ; aucune différence n’a été constatée.
- Le yacht l’Argus, appartenant à la Trinity' House, ayant à bord plusieurs hommes de science du Canada, a fait une série d’expériences intéressantes dans la Manche sur l’éclairage des phares au South-Foreland, où on a essayé la puissance des foyers dans différentes conditions. Ces expériences ont été continuées pendant plusieurs semaines.
- Le département de police à Greenoch a autorisé une dépense de 25 000 francs pour des expériences d’éclairage électrique dans lesquelles la force motrice sera fournie par des turbines. Des soumissions ont été adressées au département par sept différentes entreprises d’éclairage électrique, mais aucune décision définitive n’a été prise jusqu’ici.
- A l’occasion de la visite du prince et de la princesse de Galles à Newcastle-on-Tyne, plusieurs monuments publics, ainsi que toute la maison de Sir W. Armstrong, ont été éclairés à la lumière électrique.
- A l’occasion des fêtes du tir national, à Bruxelles, l’hôtel de ville et le nouveau palais de justice ont été éclairés, pendant la soirée du 20 août, avec des foyers électriques.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le ministre de la marine vient d’informer son collègue des postes et télégraphes qu’en raison de l’insalubrité des parages du Sénégal, l’immersion du câble destiné à rallier cette colonie aux îles Canaries sera retardée- de deux mois.
- Le gouvernement français vient de signer une convention avec la Suisse pour la transmission des mandats télégraphiques. Le tarif sera réglé ultérieurement par un décret du Président de la République.
- Les journaux politiques signalent à M. le ministre des postes et télégraphes l’organisation défectueuse du télégraphe dans la banlieue de Paris, qui a soulevé de nombreuses plaintes. Une dépêche envoyée de Paris à Joinville, Asnières ou Neuilly, met fréquemment quatre heures pour parvenir à sa destination; elle arrive plus rapidement — l’expérience en a été faite — de Rome ou de Constantinople. Le dimanche, à partir de deux ou trois heures, les bureaux sont fermés, non seulement pour la réception, mais aussi pour la distribution des dépêches. Un télégramme déposé ce jour-ïà vers midi, place de la Bourse, n’arrivera dans la plupart des communes de la banlieue que le lundi matin, à peu près en même temps qu’une lettre mise à la grande poste à minuit,
- La nouvelle galerie qu’on vient d’ajouter au bureau central des télégraphes à Londres sera exclusivement réservée au trafic de la capitale. Il y aura 800 télégraphistes et 370 fils, ainsi que plusieurs tubes pneumatiques, installés sous le parquet.
- Le nombre total des dépêches à la station centrale, varie de 48000 à 60000. Les éléments de pilé sont si nombreux que les planches qui les supportent représentent une longueur de 3 milles, longueur qui sera augmentée d’un mille encore, eu égard à la constante augmentation du trafic.
- Le steamer télégraphique le Monarch, appartenant au département des Postes et Télégraphes en Angleterre, a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- quitté la' Tamise la semaine dernière ayant à bord la plus grande partie du nouveau câble qui va être placé entre Guernesey et Darmouth. Le câble contient trois conducteurs et le travail sera commencé à Guernesey.
- - L’usine télégraphique de MM. Blakey, Emmott et C°, à Halifax (Angleterre), a été chargée de fournir tous les appareils télégraphiques, pendant cette année, pour la Compagnie du chemin de fer de London and North Western. Cette usine a été agrandie dernièrement et compte aujourd’hui parmi les plus importantes en Angleterre.
- -.La municipalité de New-York a permis à la Commercial Cable C° de placer ses fils sous terre et d’installer des tubes pneumatiques dans New-York. La Compagnie s’est engagée à payer i sou par pied de canalisation dans les rues et de fournir des filspour le télégraphe avertisseur de la police et des pompiers.
- Pendant les quatre jours du congrès républicain de Chicago, la Western Union Telegraph C° a transmis 1660 178 mots ou une moyenne dé 415 000 mots par jour. Le trafic de la: Compagnie pendant le congrès démocratique a été de i:.522.q6ô mots pendant les quatre jours, avec une moyenne de:38o oo0 mots, par jour.
- Des expériences intéressantes ont eu lieu dernièrement entre les villes de Providence et de Boston avec le système télégraphique multiplex; 793 mots ont été envoyés en cinq minutes, et reçus par les six opérateurs travaillant à chaque bout de la ligne. En dix minutes, on a pu envoyer jusqu’à 2.344 inotS'. . . .
- Après avoir terminé la pose du ‘nouveau câble de Saint-Vincent à Pcrnambuco, le steamer Scotia a réparé deux défauts dans l’ancien câble Madère-Saint-Vincent. La première .interruption çut lieu à 35o nœuds de Madère au commencement du mois de juillet dernier; la deuxième interruption se fit une semaine après, à 7 nœuds de Saint-Vincent. Depuis la réparation, le câble est parfaitement isolé.
- : La ligne télégraphique de Wady-ilalfa, en Egypte, va être prolongée jusqu’à Surras.
- La Baltimore and Ohio Telegrapli C° vient de réduire son tarif pour les dépêches entre Saint-Louis, Baltimore, Washington,. Philadelphie et New-York, à40 sous au lieu de5o; et une nouvelle réduction aura lieu prochainement, fixant je prix à i5 sous pour les dépêches de jour et à i5 sous pour celles de nuit. La limite de ces télégrammes est de i5 mots.
- La résistance du nouveau câble Mackay Bennett, dont on vient de terminer la pose, est de 6 000 ohms, par une capacité de 800 microfarads.
- i.. La.Mutual.Union C° à .Chicago, s’est engagée à commencer la mise sous terre de ses fils dans un délai de quinze jours. ... ____ w
- Le nombre des bureaux télégraphiques aux Etats-Unis était en-1882 de 42917; le trafic s’est élevé pendant la même année^à-40 58kï77 de dépêches.
- ,11 vient de se former encore une entreprise télégraphique à New-York, sous la dénomination de North America Insu-ïatedXabléC^ au câpitàî dé 5ôooooO fr. Le but de la So-
- ciété est de construire des lignes et des câbles télégraphiques dans les Etats-Unis et au Canada, et de placer des câbles transatlantiques.
- Il paraît que le bureau central et le service téléphonique de Gênes est un des mieux organisés en Italie. -L’installation du réseau fut commencée en 1881 par l’International Bell Téléphoné C° d’Anvers en même temps que les réseaux de Turin et de Milan. Les travaux ont été repris l’année suivante par une Société locale et tout dernièrement une fusion a eu lieu entre les trois Sociétés nommées et la Compagnie internationale des Téléphones de Paris, qui avait également commencé la contruction de réseaux téléphoniques dans les mêmes villes, peu de temps aprùsla Compagnie d’Anvers. La concession de Gênes comprend la ville de Gênes et le village de Sempierdarena, avec un total de 1 450 abonnés. Le bureau centrai fonctionne jour et nuit, et le prix de l’abonnement est très peu élevé. Les appareils employés sont ceux de Bell-BIake, avec la sonnerie magnéto-électrique de Gilliland. Les tables de communication sont également du système Gilliland.
- La ville de Mons sera sous peu dotée d’un réseau téléphonique complet. Une convention passée entre le conseil municipal et un ingénieur de Bruxelles a été approuvée en juin i883. Ce dernier a cédé ses droits et confié la direction des installations à M. l’ingénieur Roder.
- La ville a accordé un local pour établir un bureau central, ainsi que le droit exclusif de placer aux frais de l’entrepreneur des fils sur les bâtiments communaux et sur la petite voirie. Toutefois, l'Hôtel de Ville, le beffroi et l’église Sainte-W'audru sont exceptés de la convention.
- De son côté, le concessionnaire doit fournir douze services gratuits à la ville et accorder une réduction de 35 0/0 sur le prix de l’abonnement-aux établissements soumis au contrôle de la ville, de la province et de l’Etat.
- L’abonnement est de i5o francs par an, et sera réduit à i.|0 francs si le chiffre des abonnés atteint plus de 400.
- Le bureau central, situé rue de la Peine-Perdue, est préparé déjà actuellement pour 460 communications.
- Les fils aériens en acier galvanisé de 2ra/,ni de diamètre, sont placés sur des chevalets en fer pouvant supporter 100, i.|0 et même i5o lignes. Les isolateurs en porcelaine sont du modèle de ceux adoptés en Suisse pour les réseaux téléphoniques.
- Pour les lignes à grande distance, allant du bureau central à la gare, par exemple, elles seront installées sur poteaux et les fils seront en bronze phosphoreux, auquel on donne la préférence toutes les fois qu’il s’agit d'établir de longues portées. - .
- Deux tables de communication pour 5o abonnés sont déjà placées au bureau central. Les appareils employés jusqu’ici et placés chez les abonnés sont des transmetteurs à charbons d’un modèle se rapprochant beaucoup du Crossley ou de l’Adcr. Les appels se font au moyen de sonneries magnétiques dites «magnéto calls », du système Williams; elles sont montées sur planchettes et placées au-dessus des transmetteurs.
- Les piles qui doivent actionner ces microphones sont des éléments Leclanché à vase poreux ou à plaques agglomérées. On compte généralement un élément par abonné.
- Toutes ces installations ont été faites avec Je plus grand soin et principalement en vue de l’extension que vont prendre sous peu les communicatious téléphoniques à grande distance en Belgique.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris.' — Imprimerie P. Mouillot, i3, qüai Voltaire. — 5oo38
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- directeur: D* CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION ! AuG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- 6e ANNÉE (TOME XIII) SAMEDI 6 SEPTEMBRE 1884 N° 36
- SOMMAIRE
- Physique biologique : Nouvelles méthodes calorimétriques; Dr A. d’Arsonval. — Expériences de M. Horace B. Gale sur le rendement des lampes à incandescence ; G. Richard.
- — Sur l’application du galvanomètre Deprez-d’Arsonval aux mesures électriques pratiques ; P. Barbier. — Les poissons électriques (4e article); H. Beauregard. — Le chemin de fer électrique de Francfort à Offenbach; F. Up-penborn. — Les appareils télégraphiques; J. Munier. — Revue des tràvaux récents en électricité : Quelques applications industrielles de l’électrolyse. — Indicateur d’appels sans aimant et par inversion de courant, par Grassi et Beux. — Le voltamètre à poids de Ledingham. — Les orages et les paratonnerres. — Sur la graduation des galvanomètres, par Ign. Canestrelli. — La lampe à arc de la Compagnie rhénane d’électricité à Mannheim. — Sur la machine de Holtz, par M. E. Dubois. — L’interrupteur automatique de F. Carême et L. Houzeau. — Travaux de la Conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite).
- — Correspondance : lettre du Dr H. Michaelis. — Faits divers.
- PHYSIQUE BIOLOGIQUE
- NOUVELLES
- MÉTHODES CALORIMÉTRIQUES
- La plus grande quantité de l’énergie développée par les êtres vivants supérieurs se manifeste à nous sous forme de chaleur. Depuis les immortels travaux de Lavoisier, nous savons que cette chaleur a pour origine les différentes réactions chimiques dont le corps de l’être vivant est le siège. Ces différentes réactions portent le nom de combustions respiratoires, mais bien à tort, car, ainsi que j’aurai l’occasion de le montrer dans le cours de cette étude, il existe dans l’être vivant un grand nombre de réactions engendrant de la chaleur, qui sont loin d’être des combustions.
- La mesure de la quantité de chaleur dégagée par les êtres vivants présente, comme on peut le voir, une importance extrême au point de vue des mécanismes vitaux. La çalorimétrie animale n’a pour- |
- tant fait aucun progrès depuis les expériences de Lavoisier et La Place, ou celles plus récentes de Dulong et Despretz. — Si les physiologistes ont négligé la çalorimétrie directe dans l’étude de la chaleur animale, c’est peut-être moins pour en avoir méconnu l’importance que faute de posséder une méthode répondant aux exigences du sujet.
- La chaleur animale peut être étudiée à deux points de vue bien distincts, suivant que l’on en considère la production ou la répartition.
- En considérant la production, on se place au point de vue absolu qui constitue la çalorimétrie animale.
- La répartition de la chaleur produite, ou thermométrie animale, constitue le point dev ue relatif.
- Claude Bernard, en découvrant les nerfs vasomoteurs, a montré que ces nerfs, en agissant sur les fibres musculaires des vaisseaux sanguins, peuvent modifier la température d’une partie quelconque du corps en réglant l’irrigation sanguine comme le ferait une valve ou un robinet.
- Cette découverte mémorable jetait tant de lumière sur le mécanisme ignoré jusque-là des températures locales, qu’à partir de ce moment on ne s’occupa plus que des circulations locales, et la çalorimétrie fut complètement délaissée.
- L’étude des températures locales se rattache intimement à celle de la circulation. Les effets calorifiques qui suivent la section du grand sympathique dans l’expérience classique de Claude Bernard s’expliquent en partie par la dilatation des vaisseaux qui suit la paralysie des nerfs vasomoteurs. La preuve en fut donnée par l’expérience qui consiste à électriser le bout périphérique du nerf qu’on vient de couper, comme le firent simultanément Claude Bernard, Brown-Séquard et Waller. On voit alors la partie qui s’était échauffée après la section-du nerf se refroidir considérablement tout le temps que dure l’électrisation. • >
- Dans cette expérience, la répartition de la chaleur est modifiée, mais pas sa production. Dans la fièvre et dans toutes les, maladies fébriles, au contraire, tQut ,.porte. à .croire, que la production
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- de chaleur varie. Le thermomètre est impuissant à nous donner la valeur absolue de ce changement; pour l’obtenir il faut mesurer directement la chaleur dégagée; c’est cette mesure qui constitue la calorimétrie animale.
- La suractivité de la circulation qui suit la paralysie du système nerveux vaso-moteur, bien qu’expliquant physiquement l’élévation de température concomitante, n’a jamais constitué pour Claude Bernard le phénomène unique résultant de la section nerveuse.
- Le grand physiologiste a toujours cru que le système nerveux avait en outre la propriété de modifier la production de la chaleur en agissant par un mécanisme inconnu sur les phénomènes chimiques dont l’organisme est le siège.
- Mon maître n’avait jamais pu fournir une preuve irréfutable de sa manière de voir jusque vers la fin de sa carrière. Je pensai alors que la calorimétrie directe pourrait seule fournir la preuve demandée, etM. Bernard me poussa activement, en 1874, à entreprendre ces recherches dont il m’avait montré toute l’importance.
- CONDITIONS GÉNÉRALES DES RECHERCHES CALORIMÉTRIQUES EN BIOLOGIE.
- Si la physiologie moderne tend de plus en plus à emprunter aux sciences physicochimiques leurs méthodes pour bénéficier de leur exactitude, elle doit souvent leur faire subir de profondes modifications pour se les approprier.
- Les recherches de physique biologique comportent deux sortes d’exactitude : i° une exactitude physique, résultant des appareils employés ; 20 une exactitude physiologique, qui dépend des conditions dans lesquelles on place l’être vivant en expérience.— Une expérience n’est valable que lorsqu’elle satisfait à ces deux conditions qui peuvent parfois être contradictoires.
- Le but que je m’étais proposé consistait à rechercher les conditions physiologiques et pathologiques qui modifient la production de chaleur chez les êtres vivants, tout en me plaçant dans des conditions physiques d’une rigueur incontestable.
- J’ai donc été amené à inventer de nouvelles méthodes calorimétriques répondant à la double exigence signalée ci-dessus. Ces méthodes, comme on le verra par la suite, peuvent rendre de grands services en physique pure et c’est pourquoi j’insiste ici sur leur description.
- Ces méthodes doivent présenter comme conditions :
- i° D’ordre physiologique :
- a) Une composition constante et normale du milieu gazeux où l'animal en expérience est plongé;
- b) Une température absolument constante de. ce même milieu pendant toute la durée de l’expérience. Le fait est évident, par exemple, pour les recherches sur l’incubation qui ne peut arriver à bbnne fin qu’avec une température fixe et parfaitement déterminée.
- c) L'expérience doit pouvoir se faire pendant un temps très long pour qu’on soit sûr d’éliminer soit les causes d’erreur accidentelles, soit les coïncidences heureuses, comme cela a eu lieu pour les expériences de Dulong et Despretz.
- 20 Ces mêmes méthodes doivent présenter comme conditions d’ordre physique :
- a) La certitude de mesurer toute la chaleur dégagée par l'animal;
- b) La certitude de ne mesurer qu'elle;
- c) La possibilité d'enregistrer automatiquement les indications de l'appareil, la méthode graphique constituant, grâce à sa continuité, le plus parfait et le plus impartial des observateurs.
- J’ai réalisé de diverses manières dans un même appareil ces exigences multiples par une série d’essais poursuivis sans relâche depuis près de dix années.
- Avant de décrire la méthode générale dont dérivent tous nos appareils calorimétriques, je rappele-rai, en quelques mots, les idées théoriques qui me servent de guide dans l’étude des êtres vivants ; idées que j’ai développées succinctement dans ce journal il y a quelque temps.
- Les phénomènes de la vie se divisent en deux groupes :
- i° Phénomènes de nutrition ou de synthèse organique (actions endothermiques).
- 20 Phénomènes de fonctionnement ou de destruction (actions exothermiques).
- Cette division a l’avantage d’embrasser tous les phénomènes de la vie dans les deux règnes et constitue, en outre, un excellent plan pour des études de calorimétrie. En effet, aux premiers phénomènes correspond une absorption de chaleur; les seconds, au contraire, sont caractérisés par un dégagement de calorique.
- Les phénomènes de synthèse organiques sont les phénomènes vitaux par excellence, ils correspondent à ce que nous appelons faussement l’état de repos des organes. Mais il est impossible de séparer d’une manière absolue ces deux phénomènes pour les étudier à part, car ils existent ou se provoquent mutuellement chez l’être vivant.
- Nous sommes obligés, pour arriver à notre but, d’user d’artifice et de prendre l’organisme dans des conditions où l’un de ces phénomènes devient physiologiquement prédominant.
- Le développement de l’œuf des oiseaux présente, à son maximum, la phase de synthèse organique et il nous offre de grandes facilités d’étude. Nous
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- prendrons en conséquence; le développement de l’œuf, soumis à l’incubation artificielle comme type des phénomènes du premier ordre. C’est à ce propos que l’on reconnaîtra l’absolue nécessité d’une température constante dans le calorimètre et d’une longue durée (21 jours) dans l’expérience. Aucune des méthodes calorimétriques actuelles ne permettait d’entreprendre une pareille étude.
- L’état adqlte peut être considéré comme une sorte d’équilibre instable entre les phénomènes de synthèse et ceux de destruction, le poids de l’animal reste à peu près constant, il n’emmagasine pas de forces comme dans la période embryonnaire, il n’en détruit pas outre mesure non plus, il libère simplement les forces de tension contenues dans sa nourriture en les transformant, suivant les besoins de son organisme, et par des mécanismes que nous chercherons à élucider. C’est dans cette période, qui constitue le véritable état physiologique, que l’on peut assimiler l’être vivant à une machine, avec cette différence capitale, toutefois, que cette machine, véritable phénix, renaît constamment de ses cendres en détruisant et reconstituant constamment ses organes.
- C’est ici que nous aurons à étudier toutes les conditions d’ordre physico-chimique et physiologique qui font varier la production de chaleur chez un même animal. Nous aurons à considérer la machine animale, au point de vue de son rendement comme moteur mécanique et à reprendre avec un matériel et des méthodes plus perfectionnés les notions que nous devons à la sagacité de MM. Hirn et Jules Robert-Mayer.
- Pour faire varier les conditions physiques, nous modifierons le milieu cosmique ou extérieur. Nous nous adresserons au milieu sanguin ou intérieur pour modifier les conditions physiologiques. J’ai donc étudié successivement les modifications calorifiques dues aux variations :
- i° De la température;
- 20 De la pression;
- 3° De la composition gazeuse du milieu ambiant ou extérieur.
- J’ai modifié le milieu intérieur :
- i° Par la nature de l’alimentation ;
- 2° Par l’état de jeûne ou de digestion;
- 3° Par le repos ou l’activité musculaire.
- Enfin, pour faire naître la prédominance des phénomènes de destruction, j’ai eu recours à l’inanition, d’une part, puis aux maladies provoquées telles que:
- i° La fièvre traumatique ;
- 20 La septicémie ;
- 3° Les empoisonnements ;
- 4° Le charbon ou autres maladies virulentes.
- On voit par ce court aperçu combien vaste était le champ à explorer. La méthode graphique m’a permis d’aller infiniment plus vite que l’observation personnelle et j’ai pu recueillir un grand nombre de faits nouveaux et intéressants que je n’ai pas à signaler dans ce recueil. Je me borne, ici, à parler des méthodes et à signaler surtout les applications que j’ai pu en faire ultérieurement à l’étude de certains phénomènes électriques.
- PRINCIPE GÉNÉRAL DE LA MÉTHODE (‘).
- J’ai établi plus haut que, pour répondre aux exigences physiologiques, le calorimètre où est enfermé l’animal doit rester à une température invariable, et de plus permettre de continuer sans corrections l’expérience pendant une durée de temps quelconque.
- Ces deux conditions dominent en quelque sorte la construction de l’appareil.
- Pour satisfaire à la première, il faut que les variations de la température que détermine dans le calorimètre la présence de l’animal, soient à chaque instant compensées par un mécanisme qui donne la mesure de ces changements.
- Cette délicate fonction est confiée au calorimètre lui-même qui, par un mécanisme automatique, refroidit son intérieur que l’animal ou la réaction tendent à échauffer.
- Pour permettre une longue durée de l’expérience et éviter les corrections qui sont toujours des causes d’erreur, le calorimètre ne doit ni céder ni emprunter de calorique au milieu dans lequel il est plongé. Il doit pour cela avoir la même température que le milieu ambiant.
- En plaçant le calorimètre dans une enceinte à température constante ayant exactement le même degré que lui, on évite toute correction due au rayonnement.
- Pour enlever la chaleur cédée au calorimètre par l’animal ou par la réaction, et en donner les mesures, j’ai employé différents moyens qui seront décrits plus loin.
- Toutes les dispositions que j’ai imaginées obéissent aux trois conditions suivantes :
- 10 Le calorimètre a toujours la même température ;
- 20 II est plongé dans un milieu qui a la même température que lui;
- 3° Le calorimètre règle automatiquement sa température en agissant sur une source frigori-jique compensatrice qui donne la mesure de la chaleur dégagée.
- Comme on le voit, le principe de cette méthode
- (') Voir Comptes rendus de l’Académie, 25 août 1879.
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- générale de calorimétrie a une grande analogie avec la méthode du ramenage au' zéro ou méthode de compensation employée dans les mesures électriques. Il faut donc avant tout avoir des appareils à température constante.
- Je décrirai dans un prochain article les différentes solutions que j’ai données de ce problème.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- EXPÉRIENCES DE M. HORACE B. GALE
- SUR LE RENDEMENT DES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- M. Horace Gale vient de publier, dans les Van Nostrand Engineering Magazine de juillet et d’août 1884, les résultats des expériences qu’il a exécutées, au laboratoire de l’Institut technologique de .Massachusett et dans les ateliers de la New England Western Electric Liglit C°, à Boston, surles lampes à incandescence de Maxim, d’Edison et de Bernstein.
- , Ges résultats confirment ceux que M. Geraldy a déjà fait connaître aux lecteurs de La Lumière Electrique par l’analyse du discours inaugural de M. Cyril Adams (*), et notamment ce fait que l’économie de production de la lumière ne dépend pas entièrement de la résistance de la lampe, mais aussi du pouvoir émissif de son filament qui influe considérablement sur la perte de l’énergie dissipée en radiations obscures.
- Si le rendement en lumière est surtout une affaire de température du filament, et augmente en effet très vite avec cette température, jusqu’à la destruction de la lampe, il faut noter, aussi, que cette destruction se fait très rapidement, dès qu’on dépasse une certaine intensité .d’incandescence. La nature et la forme du filament, le degré même du vide (2), ont une grande influence sur la durée des lampes et rendent ainsi très complexe, et quelque peu indépendante du rendement lumineux proprement dit, la question de l’économie relative des diverses lampes à incandescence.
- Les expériences de M. Gale présentent, à ce point de vue, quelques résultats dignes de remarque; elles se distinguent de plus par les précautions prises pour assurer l’exactitude des comparaisons établies entre les différents types de lampes.
- Tous les appareils, ampèremètres de Ayrton et Perry, galvanomètres, etc., ont été soigneusement vérifiés et gradués par l’auteur. Le courant, fourni par une dynamo Weston, montée en dérivation
- avec un accumulateur Kabath, ne subissait que des variations insensibles pendant chaque mesure.
- NATURE DES LAMPES ESSAYÉES
- Les lampes essayées par M. Gale appartiennent aux types usuels de Maxim, d’Edison et de Bernstein. Le filament de ces dernières lampes, mieux connues en France sous le nom de lampes de Boston (*), est obtenu par la carbonisation d’un ruban creux de soie blanche; il se présente sous la forme d’un fil creux, à parois très minces et treillagées. Dans les lampes essayées, ce filament était rectiligne, de la grosseur d’une paille, long de 3omm environ et terminé par deux boules de carbone de 6mm de diamètre, emmanchées sur les extrémités du fil conducteur. La résistance de ces lampes est relativement très faible.
- Les résistances des lampes Edison et Maxim, à froid, étaient en moyenne les suivantes :
- Lampes Edison
- de 10 candies de 8 candies de 16 candies Résistances. . .. 334 ohms 58 3i3 ohms 10 291 ohms 3o
- Lampes Maxim
- de 24 candies de 12 candies de i5 candies Résistances. . . 75 ohms 08 34 ohms 04 149 ohms 84
- Les lampes Bernstein ont donné les résultats suivants :
- Lampes de 3o candies
- Lampe n° 1 Résistance. ... 4 ohms .37
- — 2 — .... 6 47
- • — 3 — .... 1 83
- — 4 — • • • • J_______42
- Résistance moyenne ... 3 ohms 52
- POUVOIR ÉCLAIRANT
- Le pouvoir éclairant de ces lampes a été déterminé au moyen d’un photomètre de Bunsen.
- On adopta, pour étudier les variations du pouvoir éclairant dans les diverses directions d’un même plan horizontal, la méthode suivante. On plaçait deux lampes identiques, en série ou en dérivation sur le même circuit, aux extrémités de la règle du photomètre, puis on comparait, à la lumière de l’une des lampes qui restait immobile, la lumière émise par l’autre lampe, que l’on faisait tourner autour de son axe vertical. Cette méthode a l’avantage de rendre la comparaison indépendante des petites variations du courant qui affectent également les deux lampes.
- (*) La Lumière Électrique du 24 mai 1884.
- (2) La Lumière Électrique du 9 août 1884, p. 215.
- (') La Lumière Électrique du 22 décembre i883.
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- Les résultats de ces expériences sontreprésentés par les courbes des figures i et 2, dont les rayons vecteurs sont proportionnels aux intensités de
- FIG. I. — COURBES n’ÉGVL ÉCLAIREMENT. — LAMPE MAXIM
- l’éclairage suivant leurs directions autour du plan vertical O O du filament. La puissance éclairante des lampes est proportionnelle à l’aire de ces
- le centre de la lampe, tous les points des courbes pleines tracées dans ce plan seront également éclairés.
- On voit, d’après ces figures, que les variations de l'intensité lumineuse se répartissent en sens inverses dans les lampes de Maxim et d’Edison. Avec la lampe de Maxim, l’intensité est maxima dans les directions perpendiculaires au plan du filament;
- FIG. 3
- c'est le contraire qui a lieu, mais avec une moyenne beaucoup plus régulière, pour les lampes Edison.
- Les lampes Swan présentent un éclairement horizontal plus uniforme encore que celles d’Edison.
- COMPARAISON DES COURANTS
- FIG. 2. — COURBES D*ÉGAL ÉCLAIREMENT. — LAMPE EDISON
- courbes, égale au cercle des circonférences poin-tillces dont le rayon est proportionnel à l’intensité moyenne de leur lumière.
- Si l’on imagine un plan horizontal passant par
- La méthode employée pour établir la comparaison des courants est la suivante :
- Le courant c de la dynamo traverse un ampèremètre (fig. 3), et se divise en <3, dans les deux branches abc, ade. Une partie ct du courant passe à tra-
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- 3C6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vers les résistances R et R3, l’autre partie c2 traverse la lampe et se bifurque en d, à travers R2 et de, dont la résistance est égale à R3.
- L’ensemble constitue un pont de Wheatstone dont le galvanomètre est en bc et la clef en c.
- La résistance R, est invariable; on amène, en faisant varier R2, le galvanomètre au zéro ; de sorte qu’il ne passe pas, quand on appuie la clef, de courant en bc.
- On a alors
- Ci R3 =» c-j R],
- d’où
- On a, de plus, en remarquant que le potentiel est le même en de et en ce
- (ci — c:j) Ra — ca (R2 + Ri),
- d’où
- C% _ Rj -f- Rg -f- R;j
- Ri
- Si l’on prend R3 très petit
- £2__Ri + R 2
- ci~ R. '
- Cette équation jointe à l’égalité
- Ci + C-2 - c
- et à la connaissance des résistances abc, ade, permet de déterminer les tensions ou les forces électromotrices dans ces circuits, ou, en négligeant la petite résistance R3, en abc et aux bornes de la lampe.
- Dans les essais de M. Gale, on avait R, = 1000 ohms, R3 =0,424.
- On obtenait donc, à la fois, l’intensité c2 du courant qui traversait la lampe, sa force électromotrice, et par conséquent la résistance de la lampe.
- Cette méthode présente, sur celles où la lampe elle-même constitue l’un des bras du pont, les avan tages de n’exiger aucun appareil spécial, de permettre de réduire, par R, le courant à l’intensité juste suffisante pour dévier, le galvanomètre et enfin de laisser passer le courant constamment par la lampe, et ne traverser le pont que si l’on ferme la clef.
- L’exactitude de cette méthode de comparaison dépend de l’égalité des résistances des branches be et de; elles étaient constituées par des torons de six fils de cuivre recouverts de coton enduit de parafine pouvant laisser passer, sans s’échauffer, un courant de 5o ampères. Comme l’intensité ne dépassait guère deux ampères, on n’avait à redouter aucune variation de ces résistances par le fait d’un échauffement inégal. La résistance R, de 200 ohms, restait également invariable. Elle était fournie par
- une hélice de maillechort librement exposée à la cir culation de l’air. Les variations de ces résistances
- n’ont guère dépassé pendant les essais.
- ÉTALON DE LUMIÈRE
- On prit pour étalon de lumière une lampe carcel au colza, de 10 candies environ, mesurés sur le milieu de sa flamme dont les extrémités étaient cachées par un diaphragme. Cette partie médiane de la lampe, moins variable que les autres, changeait néanmoins un peu à mesure que la mèche s’encrassait ; on éliminait l’influence de ces variations en prenant pour chaque lampe une série d’observa-
- tions successives pendant que l’intensité de la lumière étalon augmentait, puis pendant qu’elle diminuait, de part et d’autre de sa valeur normale.
- On obtenait ainsi, pour chaque lampe isolément, les éléments du tracé de la courbe représentant, à une échelle arbitraire, les variations de sa puissance éclairante en fonction du courant. Pour réduire toutes ces courbes à la même échelle, on fit marcher pendant un temps suffisamment long, huit heures environ, l’une de ces lampes dans ses conditions normales, en la comparant à une bougie étalon dont on notait soigneusement la perte de poids. On obtenait ainsi les mesures absolues, ou en candies étalons, de la puissance éclairante normale et de la force électromotrice correspondant à un point de la courbe de cette lampe, dont on déduisait les autres points par un simple changement de son échelle. On traçait ainsi, pour chaque lampe
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 36-
- deux courbes, dont les abscisses étaient proportionnelles aux volts et les ordonnées aux ampères, ou aux pouvoirs éclairants.
- Lorsque les lampes en comparaison exigeaient, pour produire leur éclairage normal, à peu près le même courant, on les reliait en série ; en cas con-
- FIG. 5. — LAMPE MAXIM
- FIG. 7. — LAMPE MAXIM
- COMPARAISON DIRECTE DES RENDEMENTS DES LAMPES
- La méthode de comparaison consistait à placer, à l’une des extrémités de la règle du photomètre,
- FIG. 6. — LAMPE MAXIM
- une lampe dont on avait, comme nous venons de l’exposer, tracé la courbe figurative, et, à l’autre extrémité, la lampe dont on voulait déterminer la courbe à la même échelle, puis à comparer la lumière de ces lampes dans leur intensité normale.
- traire, on les plaçait en dérivation sur des résistances variables permettant d'approprier à leur puissance les courants qui les traversaient, et
- FIG. S
- que l’on mesurait par la méthode du pont de Wheat-stone.
- Connaissant ainsi le rapport des courants nécessaires pour maintenir ces lampes à leur éclat nor-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- mal, et, par d’autres expériences, leurs résistances comparatives en cet état, on pouvait en déduire les rendements relatifs des lampes indépendamment des mesures absolues.
- L’avantage que présente cette méthode de comparaison, qui n’exige qu’une seule détermination absolue de la puissance d’éclairement, est de permettre de consacrer à cette mesure tout le temps nécessaire pour l’exécuter avec exactitude. De plus, comme tous les rendements relatifs des lampes sont déterminés par la comparaison directe de l’éclairage de deux lampes, en même temps que l’on compare aussi directement les intensités et les forces électromotrices de leurs courants, les erreurs
- commises dans les mesures absolues affecteraient également toutes les lampes, sans influencer l’appréciation de leurs rendements relatifs.
- RÉSULTATS PRINCIPAUX
- Les courbes tracées sur les diagrammes des figures 4 à 10, représentent les variations du pouvoir éclairant en fonction de la force électromotrice, depuis le point où le filament des lampes commence à rougir jusqu’à celui où les lampes dépassent de quatre ou cinq fois leur puissance d’éclairage normale.
- Ces courbes ont été tracées d’après la moyenne de celles d’un grand nombre de lampes. Pour effectuer ces moyennes, on considérait les courbes de lampes de même espèce, soumises comme dans la pratique à la même force électromotrice, on no-
- tait, à des intervalles de cinq volts, leurs puissances d’éclairage et l’intensité de leurs courants, dont on prenait la moyenne. On déduisait la
- FKÎ IO» - LAMPE LDliON
- résistance moyenne de ce type de lampe en divisant la moyenne des volts par celle des courants.
- FIG. II. — LAMPE EDISON
- Les. figures 4 et 8 représentent les diagrammes des lampes Maxim et Edison. Sur ces diagrammes* les abscisses, en haut des figures, représentent la
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- 869
- force électromotrice E du courant, en volts, et les ordonnées, inscrites à droite, la résistance de la lampe, R, en ohms. Les ampères, I, sont marqués au bas du diagramme par l’intersection des droites inclinées menées du point origine (E—o R = o) situé en dehors du diagramme, aux différents points de la droite des volts. Ces droites figurent les tangentes
- des courbes figuratives.
- On obtient ainsi par une seule courbe la figuration
- FIG. 12
- des trois données caractéristiques delà lampe, I, E et R. Au point A, par exemple, de la lampe Maxim de 16 candies, sa résistance est de 80 ohms, son courant de 0.7 ampère et sa force électromotrice de 52 volts.
- Sur les diagrammes 5 et 9, les abscisses représentent les volts, et les ordonnées les pouvoirs éclairants correspondants. On voit, d’après ces diagrammes, que le pouvoir éclairant augmente d’abord lentement, puis très vite, jusqu’à la rupture du filament.
- Sur les diagrammes des figures 6 et ro, les abscisses représentent l’énergie absorbée par les lampes, en chevaux et en volt-ampères. Les figures 7 et 11 permettent de saisir suivant quelle rapidité le
- rendement des lampes augmente avec leur pouvoir éclairant.
- On remarque, sur les diagrammes 5 et 7, que la lampe Maxim donne, lorsqu’elle fonctionne avec son intensité réglementaire de 16 candies, correspondant au gros trait noir, un éclairement de 22 candies dans le plan du filament, de sorte que son éclairement moyen est égal seulement aux 0.78 de l’éclairement de face.
- Le diagramme de la figure 12 permet de comparer facilement le rendement des différentes lampes.
- Toutes ces courbes ont la même allure : le rendement augmente d’abord très vite avec le pouvoir éclairant, puis plus uniformément, les courbes tendant vers des droites inclinées.
- Il faut remarquer que . le rendement d’une lampe n’est pas meilleur que celui d'une autre, par le fait seul que sa courbe est plus élevée. Une lampe de 10 candies poussée à 16 aura, en effet,à cause.de l’augmentation rapide du rendement avec la chaleur du filament, une utilisation meilleure que son rendement normal, et l’inverse aura lieu pour une lampe fonctionnant avec un courant trop faible, par exemple, pour une lampe de 24 candies qui n’en donnerait que 16. A éclairage égal, la lampe la plus faible aura donc toujours l’avantage. Il faut donc, pour que la comparaison soit équitable, l’établir aux points des courbes correspondant aux éclai -rages normaux des lampes.
- La lampe de 16 candies de Maxim donne, dans ces conditions, le meilleur rendement; celle d’Edison de 10 candies vient après.
- La lampe de 16 candies d’Edison soumise aux essais de M. Gale présentait une résistance plus élevée que les lampes ordinaires de même provenance — 291 ohms au lieu de 182 à froid — destinées à marcher de pair avec les lampes de 10 candies.
- Un essai comparatif de ces lampes ordinaires avec celles de Maxim a donné les résultats suivants :
- Lampes de 16 candies Edison. Maxim.
- Force électromotrice (volts). ... ç5 68.9
- Intensité du courant (ampères) . . 0.92 0.9
- Résistance (ohms)................. io3.3 76.S
- Volt-ampères....................... 87.4 62.2
- Candies par cheval................ i36.6 192
- Lampes par cheval................ 8.54 12
- .)
- Ces expériences démontrent que le facteur essentiel du rendement n’est pas autant une grande résistance qu’une vive incandescence. Les filaments des lampes Maxim sont, en effet, plus blancs que ceux d’Edison, ce qui indique une température plus élevéee, malgré leur faible résistance.
- Gustave Richard,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 370
- SUR
- L’APPLICATION DU GALVANOMÈTRE
- DEPREZ ET D’ARSONVAL
- AUX MESUHES ÉLECTRIQUES PRATIQUES
- Toutes les mesures électriques pratiques effectuées au laboratoire de l’école municipale de physique et de chimie sont fondées sur l’emploi du galvanomètre Deprez et d’Arsonval, avec l’échelle transparente de M. J. Carpentier, et constituent tout un système que nous allons exposer aussi clairement que possible.
- Il est inutile de revenir sur la description de ces appareils bien connus ; mais il est bon de rappeler leurs qualités et de dire quelques mots sur leur installation.
- Quand on s’est servi du galvanomètre Deprez et d’Arsonval, à moins qu’on n’ait à mesurer d,es isolements ou des capacités, ce qui exige l’emploi du Thomson, on n’admet plus l’usage d’un autre appareil ; pour s’en rendre compte on n’a qu’à voir une fois avec quelle désinvolture il est manié par les élèves de l’école municipale.
- En effet, lorsqu’il est shunté par une résistance qui peut être même dix fois supérieure à la sienne, le galvanomètre Deprez et d’Arsonval prend immédiatement, au zéro ou lorsqu’il est traversé par le courant, sa position d’équilibre sans aucune des oscillations qui sont si désagréables dans tous les autres galvanomètres qui sont une perte de temps et ne permettent pas toujours de prendre une indication au moment précis où on la voudrait. En outre, ce galvanomètre n’est pas influencé par les causes extérieures et peut fonctionner parfaitement dans le voisinage d’aimants ou même d’une machine dynamo.
- M. J. Carpentier a rendu encore plus pratique l’installation de cet appareil en remplaçant l’échelle en bois du galvanomètre Thomson par une échçlle transparente qui peut se placer tout près de l’opérateur et qui permet de faire des lectures en plein jour sans le secours de la lampe à pétrole. Il suffit de faire l’installation du galvanomètre dans une partie relativement sombre de la pièce dans un casier en bois, par exemple, ouvert du côté de l’échelle ; on fait arriver les rayons de la lumière du jour d’une fenêtre placée à droite ou à gauche de l’opérateur sur le miroir de l’échelle, et de là on la réfléchit sur le miroir du galvanomètre d’où elle se réfléchit une seconde fois pour former sur l’échelle une tâche lumineuse parfaitement nette et visible par transparence, attendu que tout l’espace compris entre le galvanomètre et l’échelle est dans une obscurité relative.
- Presque toutes les mesures ci-après décrites reviennent à celle de la différence de potentiel entre
- deux points d’un circuit quelconque. On conçoit que si on réunit les deux points considérés aux extrémités d’un circuit composé du galvanomètre Deprez-d’Arsonval convenablement shunté et d’une résistance assez grande, les courants traversant le galvanomètre ainsi que les déviations de l’appareil dans certaines limites seront proportionnels à la différence de potentiel qui existe entre les deux points et si la résistance intercalée est suffisamment grande, on pourra considérer que l’introduction des instruments de mesure ne modifie en rien la distribution du,potentiel dans le circuit primitif.
- En pratique on peut considérer que les indications du galvanomètre Deprez-d’Arsonval sont proportionnelles aux courants qui le traversent quand les déviations ne dépassent pas i5 centimètres de chaque côté du zéro, sur une échelle placée à un mètre environ du miroir.
- FORCES ÉLECTROMOTRICES
- Pour mesurer la force électromotrice d’une pile à circuit ouvert il suffit de mesurer la différence de potentiel aux bornes comme il vient d’être dit, en comparant la déviation à celle obtenue dans les mêmes conditions avec un élément étalon, celui du Post-office, par exemple, auquel on attribue une force électromotrice de 1,08 volt.
- Le montage suivant dispense de tout calcul et élimine l’erreur que pourrait entraîner le déplacement du zéro dû à une torsion accidentelle du fil de suspension.
- G représente le galvanomètre, S le shunt, C une clé d’inversion, R une résistance d’environ 10,000, A et B deux bornes qu’on mettra successivement en relation avec les pôles de l’élément-étalon et avec ceux de la pile à mesurer ou plus généralement avec les deux points dont on veut mesurer la différence de potentiel.
- L’élément-étalon étant placé en A B, on règle le shunt et la résistance R de manière à obtenir, en abaissant successivement les deux touches de la clé d’inversion, deux déviations l’une à droite, l’autre à gauche, dont la somme soit 108 divisions de l’échelle; il est évident alors qu’une division représentera -yL de volt et qu’il suffira de remplacer l’étalon par unélémentquelconque pourlireimmédiatement sur l’échelle sa force électromotrice en — de
- 100
- volt en additionnant les déviations à droite et à gauche produites par l’abaissement successif des deux touches.
- On peut naturellement, en faisant varier la résistance R et le shunt S, obtenir, suivant les cas qu se présentent, des lectures en volts -L de volt,
- -L ou de volt, Ceci peut s’obtenir par l’expé • 100 1000 r r r
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3?i
- rience directement ou en calculant, le galvanomètre étant étalonné et shunté pour une approximation donnée, dans quelle mesure il faut augmenter ou diminuer la résistance totale du circuit total de A à B pour obtenir telle autre approximation désirée. Il va sans dire que dans ce dernier cas il faut
- FIG. I
- agir sur la résistance R seule sans toucher au shunt.
- RÉSISTANCE INTÉRIEURE DES PILES
- Connaissant la force électromotrice E d’une pile à circuit ouvert et la différence du potentiel d à ses bornes lorsqu’elle est fermée sur une résistance connue R on peut calculer sa résistance intérieure r ; en effet, la pile étant fermée sur la résistance
- •p
- R, l’intensité du courant est 1 =-----------r- on peut
- r + R r
- aussi l’écrire 1 = 4; on a donc
- d __ E
- R r + R
- Or, nous savons mesurer la différence de potentiel aux bornes d’une pile, qu’elle soit à circuit ouvert ou fermé. L’inconvénient de la méthode est que, la pile se polarisant dès qu’on la met entravail,
- FU». 2
- sur la résistance R, la force électromotrice qui produit le courant I, est moindre que la force électromotrice E mesurée à circuit; ouvert or l’équation les suppose égales.
- La rapidité avec laquelle le galvanomètre De-prez et d’Arsonval prend sa position d’éqjuilibre
- lorsqu’il est shunté réduit cet inconvénient à un minimum. On peut d’ailleurs lire la différence de potentiel aux bornes, la pile étant fermée sur la résistance R, rompre ce circuit R et lire la force électromotrice de la pile polarisée.
- MESURE DES FAIBLES INTENSITES
- Pour mesurer de faibles intensités de un microampère à d’ampère, dans un circuit résistant
- on établit comme précédemment un circuit composé de la pile étalon d’une résistance R de la clé d’inversion et du galvanomètre shunté, on ajoute, s’il le faut, pour parfaire l’ajustement, une résistance R' (fig. 2) ; on règle le tout pour que le circuit total ait 1 080 ohms et que la somme des deux lectures soit de 100 divisions par exemple, l’intensité du courant est alors — 0,001 ampère.
- Chaque division correspond donc à 1 cent millième d’ampère. Il suffit donc de rompre le circuit
- FIG. 3
- en expérience en un de ses points et de relier aux points A et B les extrémités libres, pour lire immédiatement l’intensité du courant par l’addition des deux lectures.
- La méthode n’est applicable que lorsque l’ensemble du galvanomètre shunté présente entre les points A et B une résistance assez petite relativement au circuit qu’on étudie pour que son introduction n’y apporte pas un changement appréciable; c’est ce qui a lieu dans un grand nombre de cas.
- MESURE DES MOYENNES INTENSITÉS
- On prend deux points sur le circuit donné, séparés par une résistance connue R, on mesure, par la méthode ci-dessus décrite, la différence de potentiel d entre ces points, le courant est I = É, On
- choisit R de manière que les divisions de l’échelle représentent telle fraction décimale de l’ampère qu’on voudra afin de Simplifier autant que possible les I lectures,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- MESURE DES GRANDES INTENSITES
- La méthode est la même que la précédente, seulement la résistance connue R doit être intercalée dans le circuit et'composée d’un ou de plusieurs fils de maillechort assez gros pour que le passage du courant ne les échauffe pas et ne change pas par conséquent leur résistance. On peut admettre qu’un courant de 5 à 6 ampères n’échauffe pas sensiblement-un fil de maillechort de 3 millimètres de diamètre. On compose alors la résistance R d’un nombre suffisant de ces fils dont les extrémités repliées à angle droit plongent dans des godets de mercure.
- DÉCHARGE DES PILES ET DES ACCUMULATEURS
- La décharge d’une pile ou d’un accumulateur sur un circuit extérieur donné, a pour but d’apprécier ses qualités de constance et de capacité. La courbe fournie en prenant pour abscisses les temps et pour ordonnées les différences du potentiel aux bornes pendant le travail donne une image bien nette de la constance d’une pile. Le produit de cette différence de potentiel aux bornes par l’intensité du courant donne à chaque instant, en watts, l'énergie fournie au circuit extérieur.
- Le montage indiqué fig. 3 permet de faire directement ces déterminations.
- G. S galvanomètre et son shunt pour donner par volt 1, 10, 100 divisions suivant les cas.
- C clé d’inversion,
- C, C2 clés simples,
- R résistance de 8 à 10 000 ohms avec la-, quelle le galvanomètre a été étalonné,
- p résistance connue ou non, mais qui forme
- avec p' la résistance extérieure sur laquelle travaille habituellement la pile ou l’accumulateur, ou sur laquelle on veut expérimenter ces générateurs,
- p' résistance connue,
- R' résistance appropriée à la lecture directe
- des intensités, en telle unité qu’on voudra ; elle se déduit de la résistance de p', de manière à donner sans calcul l’intensité en ampères — ou — d’ampère, r 10 100 r
- suivant les cas.
- Aux instants choisis, il suffira d’abaisser la clé C,, puis les deux touches de la clé C pour avoir les différences de potentiels aux bornes ; d’abaisser la clé C2 puis les deux touches de la clé C pour avoir les intensités du courant.
- On voit par là que le galvanomètre Deprez et d’Arsonval est destiné à remplacer dqns les mains
- de tous les praticiens ces voltmètres et ampèremètres soi-disant industriels qui coûtent cher et dont on n’est pas sûr de l’étalonnage.
- P. Barbier.
- LES
- POISSONS ÉLECTRIQUES
- Quatrième article. {Voir les numéros des q, it> el 3oaoût 18R4
- COMPARAISON des organes électriques avec les
- MUSCLES AU TRIPLE POINT DE VUE DE LEUR DÉVELOPPEMENT, DE LEUR STRUCTURE ET DE LEUR
- FONCTION ÉLECTROMOTRICE.
- i° Développement de l'organe électrique. — Les données que nous avons sur le mode de développement de l’organe électrique sont encore bien incomplètes; elles semblent toutefois démontrer que ces organes se développent aux dépens des muscles. Philogénétiquement, les organes électriques seraient des muscles modifiés.. C’est ainsi que, suivant Babuchin, les plaques électriques se formeraient aux dépens des faisceaux musculaires embryonnaires. Il en serait de même chez le gymnote, d’après Sachs, sauf que chaque plaque électrique équivaut ici à un certain nombre de faisceaux embryonnaires. Suivant le même observateur, le grand organe électrique du gymnote ne serait qu’une transformation de la partie supero-interne du muscle latéral profond. Quant au petit organe, il représenterait une transformation des faisceaux profonds des muscles des nageoires. Ces muscles, en effet, manquent ou sont incomplètement développés là où existe le petit organe.
- 2° Nerfs électriques et terminaisons nerveuses. — Les nerfs électriques, comme les nerfs moteurs, sont des nerfs centrifuges; comme eux, ils viennent des faisceaux antérieurs soit de la moelle allongée (torpille), soit de la moelle spinale (raie, gymnote), Comme eux, ils sont insensibles, agissent sous l’influence de la volonté et peuvent être excités soit par les stimulants mécaniques, soit par les courants électriques. L’analogie devient plus frappante encore quand on observe l’action de certains poisons sur la fonction électrique. Ainsi A. Moreau a démontré que le curare, qui agit, on le sait, spécialement sur les nerfs moteurs et abolit bientôt toute contraction musculaire, agit aussi sur les nerfs électriques. L’action est, il est vrai, plus tardive, mais on n’en saurait conclure contre l’analogie avec les nerfs moteurs, car, parmi
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 373
- ceux-ci, certains filets du plexus cardiaque sont encore plus réfractaires au curare. L’action de la strychnine n’est pas moins remarquable. A. Moreau ayant injecté dans la veine dorsale d’une torpille une solution de chlorhydrate de strychnine, vit se produire des décharges précipitées ; * l’état d’activité qui se manifeste alors a une telle analogie avec celui que l’on observe dans les muscles d’un animal strychnisé, qu’il est juste d’admettre pour j l’organe électrique un véritable état tétanique. » I Tétanos de l’organe électrique et tétanos des muscles, on voit là encore un bien curieux rapprochement.
- Enfin, il résulte des recherches de Ciaccio qu’il existe une ressemblance remarquable entre la plaque électrique de la torpille et la plaque motrice. Cette ressemblance réside non seulement dans la nature des fibres nerveuses qui se rendent à la plaque, dans la manière dont celles-ci se divisent et se terminent, mais plus particulièrement dans le pointillé qu’on observe dans l’une et l’autre de ces plaques.
- 3° Composition chimique des organes électriques. — De même que dans le muscle, on trouve dans les organes électriques des substances telles que la syntonine, la créatinine et des proportions assez
- FIG. 14. — TRACÉS OBTENUS AU MOYEN DU SIGNAL ÉLECTROMAGNÉTIQUE DE MARCEL DEPREZ (MAISEY)
- 1. Signaux électro-magnétiques, produits par une décharge
- de torpille.
- 2. Memes phénomènes, avec plus de fréquence des cou-
- rants successifs.
- notables d’urée. Cette identité de composition chimique ne doit pas nous] étonner, d’après ce que nous savons de l’origine philogénétique des orga-
- FIG. l5. — TRACÉ D'UNE LONGUE DÉCHARGE DE TORPILLE INDIQUANT LA DÉCROISSANCE GRADUELLE DE L’INTENSITÉ DU FLUX (MAREY)
- nés électriques. Mais il y a plus : suivant Du Bois-Reymond, les réactions présentées par ces organes seraient identiques à celles qu’offrent les muscles, alcalins pendant le repos, ils deviennent acides par suite d’un exercice prolongé.
- 4° Fonctionnement des organes électriques. — L’analogie peut se poursuivre également jusque dans les diverses conditions du fonctionnement de ces organes. On sait, par exemple, que le tissu musculaire conserve la propriété de se contracter pendant un certain temps après qu’il a été séparé de l’animal. De même, une portion de l’appareil électrique isolée des tissus voisins peut encore donner des décharges (expériences de Matteucci et de Moreau). Bien plus, nous voyons les décharges devenir de plus en plus faibles et l’organe électrique s’épuiser bientôt complètement par une excitation prolongée, de la même manière que la répétition à court délai du travail d’un muscle amène peu à peu son affaiblissement et finalement son incapacité fonctionnelle. Dans les deux cas, d’ailleurs, le repos est la condition indispensable pour rendre à l’organe toute son énergie.
- L’influence de la température sur les organes électriques n’est pas moins intéressante à considérer. Ainsi, Matteucci a vu la torpille cesser de
- manifester ses propriétés quand elle est plongée dans de l'eau à environ o°; on sait qu’à la même température il y a également disparition de la contractilité musculaire. D’autre part, il résulte des expériences de A. Moreau qu’à la température de 45° la fonction électrique est détruite, comme est anéantie la contractilité du muscle.
- L’étude approfondie des caractères de la décharge produite par la torpille apporte de nouveaux éléments de comparaison. L'es délicates expériences instituées par M. Marey sont à ce sujet des plus instructives.
- On sait que Helmholtz, en déterminant la vitesse de l’agent nerveux moteur, a constaté qu’il existe un temps perdu, c’est-à-dire un intervalle entre l’excitation du muscle et le moment où se produit la secousse circulaire. M. Marey s’est proposé de rechercher si le même phénomène a lieu dans le fonctionnement des organes électriques, et s’il existe un temps perdu entre le moment de l’excitation des nerfs électriques et l’instant de la décharge. Par la méthode graphique, et au moyen d’un très ingénieux dispositif, il est arrivé à constater qu’il existe bien
- un temps perdu et il a pu l’évaluer à^de seconde, durée qui s’écarte peu de celle du temps perdu, qu’il évaluait en môme temps dans la contraction des mus-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3?4
- des d’une grenouille et qu’il trouvait égal à ^ de seconde.
- Poussant plus loin ses investigations, M. Marey a tenté de déterminer la durée de la décharge. Les tracés obtenus lui ont démontré que cette durée
- était, dans l’expérience instituée, de ^ de seconde
- environ, durée très sensiblement égale à celle de chacune des secousses du muscle de grenouille qui servait de signal.
- Enfin, au moyen du signal électromagnétique de Marcel Deprez, qui, grâce à son extrême mobilité, peut inscrire en une seconde plus de 600 courants électriques successifs, M. Marey a tenté de suivre plus loin encore la comparaison entre le fonctionnement du muscle et celui de l’organe électrique. On sait, depuis les recherches de cet habile expérimentateurs que les mouvements volontaires sont composés d’une série de secousses ou petits raccourcissements, qui s’ajoutent et se fusionnent dans la contraction. Il pensa que la décharge de l’organe électrique pourrait présenter quelque analogie sous ce rapport avec la contraction.
- L’expérience confirma cette hypothèse (fig. 5) : « En résumé, dit M. Marey, la décharge volontaire d’une torpille est formée de l’addition d’une série de flux successifs et rappelle par sa complexité la nature de la contraction musculaire. » Les tracés montrent, en effet, l’affaiblissement graduel des flux électriques du commencement à la fin de la décharge, sembablement à ce qui a lieu pour les secousses musculaires (fig. 6).
- D’autre part, au moyen de l’électromètre de Lippmann, M. Marey démontra que les flux successifs qui s'accumulent ainsi pour produire la décharge, sont de même sens.
- ASSIMILATION DES DÉCHARGES DES POISSONS ÉLECTRIQUES AUX 1 COURANTS ORGANIQUES ».
- L’analogie entre le muscle et l’organe électrique étant ainsi établie, on était amené logiquement à émettre une nouvelle hypothèse pour expliquer la production de l’électricité chez les poissons, et à la considérer comme un phénomène de même ordre que les courants organiques que l’on observe dans les nerfs et dans les muscles. Nobili a montré en effet que les muscles sont parcourus à l’état de repos par un courant qu’on a désigné sous le nom de courant propre du muscle en repos. Ce courant a une direction constante telle que la section longitudinale du muscle est positive relativement à sa section transversale qui est négative. Or, M. Robin a observé dans l’organe électrique de la raie l’existence d’un courant propre continu analogue au courant musculaire et dirigé dans le sens de la décharge.
- Matteucci d’autre part, et Zantedeschi ont observé un courant propre dans les organes électriques de la torpille, et Sachs dans ceux du gymnote. Le fait paraît donc général.
- Partant de là, Du Bois Reymond suppose que la décharge naissant dans la plaque électrique, est un phénomène comparable à l'oscillation négative du courant musculaire. L’oscillation négative du courant musculaire consiste, on le sait, dans une diminution du courant propre du muscle se manifestant parlerecul del’aiguille du galvanomètre vers le O, et coïncidant avec la contraction du muscle. Or, comment concilier ces deux faits qui paraissent au premier abord contradictoires, la diminution de l’intensité du courant dans le muscle en contraction et son augmentation dans l’appareil électrique en action? « Remarquons d’abord, dit M. Marey, que la manifestation électrique des muscles semble tout opposée à l’action musculaire et que la force élec-tromotrice diminue ou disparaît dans le muscle au moment où le mouvement s’y produit. Il semble que le mouvement se substitue à l’électricité, ou même que celle-ci se transforme en mouvement. Cette transformation n’a rien d’inadmissible aujourd’hui que nous voyons sans cesse la chaleur se transformer en travail et inversement, aujourd’hui que nous savons que l’électricité elle-même peut devenir du travail ou de la chaleur, suivant le cas. D’après ces données, l’appareil musculaire provoqué par le système nerveux moteur transformerait en travail l’électricité qui se dégage pendant son repos.
- « L’appareil de la torpille au contraire, sous l’influence nerveuse exagérerait seulement la production électrique dont il est le siège pendant le repos même. »
- Comme on le voit, nous sommes toujours en pleine hypothèse, et ici plus que jamais, car si l’on a pu constater l’existence des courants organiques, on n’a pu encore en déterminer les causes. La théorie de Du Bois Reymond qui suppose dans les fibres musculaires l’existence de molécules électromotrices dont l’arrangement et l’orientation déterminent les modifications que subit le courant propre du muscle, n’est qu’une vue de l’esprit et appliquée aux organes électriques, elle ne nous donne aucun renseignement précis sur le mode de formation de l’électricité.
- L’hypothèse de Du Bois Reymond sur l’origine des courants organiques est d’ailleurs aujourd’hui fort discréditée. Une nouvelle théorie qui repose sur des faits positifs la remplace avantageusement. On connaît les expériences de Lippmann qui démontrent que les changements de surfaces survenant entre deux substances pouvant avoir une action l’une sur l’autre, sont suffisants pour déterminer entre les deux corps en présence une différence de potentiel qui se traduit par un courant. Si par
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- exemple on dispose au-dessus d’un vase rempli de mercure et d’eau acidulée un entonnoir à pointe effilée* plein de mercure, dans lequel on plonge le réophore d’un galvanomètre, l’autre réophore étant mis en communication avec le mercure du vase, on constate qu’à chaque goutte qui tombe de l’entonnoir et vient faire varier légèrement la surface du mercure, il se produit une déviation de l’aiguille.
- M. d’Arsonval s’est basé sur ces faits pour donner une explication simple et parfaitement plausible de la production des courants organiques. Dans le cas particulier qui nous occupe, les changements de surface qui déterminent le courant sont la conséquence des modifications de forme que subit la matière vivante (protoplasma ou substance fondamentale constituant les plaques électriques) sous l’influence de l'innervation, en présence des liquides interposés. Sur ces données, M. d’Arsonval a construit une sorte de torpille artificielle dont chaque élément était un large tube en caoutchouc à fond de bambou poreux, rempli mi-partie de mercure et d’eau acidulée. Plusieurs éléments semblables étant accouplés, il se produit deux secousses quand on fait fonctionner l’appareil. La première, plus faible, répond au moment où l’on tire sur la colonne élastique formée par la superposition des tubes de caoutchouc; la seconde plus forte se montre quand, en lâchant brusquement, on figure une contraction violente de chaque tube.
- Une récente observation du savant expérimentateur vient à l’appui de la théorie qu’il propose. M. d’Arsonval a vu, en effet, que lorsqu’on comprime l’organe électrique, on obtient un courant qui est inverse, par rapport au sens ordinaire du courant, absolument comme la surface d’un muscle en relâchement peut devenir négative, lorsque ce muscle entre en contraction. Dans les deux cas, l’interprétation n’offre aucune difficulté, si l’on se reporte aux expériences de Lippmann.
- La théorie que nous venons d’exposer brièvement nous paraît expliquer mieux qu’aucune autre le mode de fonctionnement des organes électriques.
- Mais il ne faudrait pas, comme on l’a fait à tort, confondre la propriété de contractilité de la matière protoplasmique avec la contractibilité du muscle. « L’appareil de la torpille est contractile et musculaire, lisons-nous dans un récent traité d’électricité; chaque fois qu’il y a contraction, les colonnettes qui forment l’ensemble des éléments diminuent de longueur, et les éléments s’élargissent en augmentant leur surface. De là production d’une différence de potentiel entre l’élément contractile et le liquide, et production d’un courant. » La théorie présentée sous cette forme pèche par la base.
- Les organes électriques r.e sont pas doués, en
- effet, de la propriété’de contractilité des muscles.
- M. Robin dit en propres termes : « Le tissu électrique est insensible au toucher, à la piqûre, à la déchirure, aux pincements et aux incisions. Il 11'est pas contractile.
- « C’est en vain qu’on cherche à le faire contracter sous l’influence de l’électricité appliquée directement ou par l’intermédiaire des nerfs, lorsque les mêmes courants déterminent d’énergiques contractions des muscles encore attenant à l’animal ou fraîchement détachés. »
- Peut-être pourrait-on supposer que les muscles qui entourent les organes électriques sont susceptibles, par leurs contractions, de comprimer ces organes et d’amener ainsi des conditions favorables au développement de l’électricité suivant l’hypothèse formulée plus haut. Mais cette supposition même est contraire aux faits. On a constaté maintes fois que les contractions musculaires les plus violentes ne sont pas accompagnées de décharges. Chez la torpille, suivant Becquerel et Breschet, aussi bien que chez les raies, d’après Robin, dans les neuf dixièmes des cas, aucune décharge n’a lieu pendant la durée des efforts musculaires que fait l’animal pour se dégager. D’ailleurs, comment concilier cette hypothèse avec les résultats des expériences de Matteucci et Moreau, par exemple, qui obtenaient des décharges en excitant de petites portions de l’organe électrique séparées du corps de l’animal ?
- H. Beauregard.
- LE
- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- DE FRANCFORT A OFFENBACH
- Depuis quelque temps, le chemin de fer électrique récemment mis en exploitation entre Francfort et Ofifenbach fournit l’occasion d’étudier à nouveau la question des chemins de fer électriques au point de vue pratique. Pour les chemins de fer aériens, MM. Siemens et Halske ont choisi, il y a longtemps déjà, les rails comme conducteurs du courant. On se souvient certainement des chemins de fer électriques de Berlin à Lichterfelde et de Vienne (i883), qui ne sont en réalité que des chemins de fer électriques aériens' établis au ras du sol.
- Tandis qu’il est possible d’isoler les rails d’une manière satisfaisante dans le cas d’un chemin de fer aérien, les conditions d’isolement sont peu favorables si les chemins de fer doivent être installés au niveau même de la chaussée. Dans ce cas, il
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- faut renoncer à la disposition simple et bon marché des rails comme conducteurs, et l’on se trouve nécessairement amené à installer des poteaux pour soutenir les conducteurs électriques ; c’est sur ces conducteurs que des organes d’une construction spéciale viennent prendre le courant.
- La disposition la plus simple à adopter dans ces conditions serait évidemment de tendre un fil sur lequel glisserait un cavalier. Cette dernière pièce
- serait reliée à la locomotive électrique au moyen d'une corde métallique souple. Cette idée générale a d’ailleurs été mise en pratique par plusieurs constructeurs.
- Dans le chemin de fer électrique de MM. Siemens frères qui figurait à Paris ( 1881 ), la disposition adoptée pour la prise de courant, consistait en deux tuyaux fendus, auxquels étaient suspendus deux petits chariots de contact, communiquant eux-
- FIG. t. — WAGON ÉLECTRIQUE AU DEPART
- mêmes avec le wagon électrique par l’intermédiaire de câbles flexibles.
- C’est ce mode de construction que MM. Siemens et Halske ont mis en œuvre dans l’établissement du chemin de fer de Francfort à Offenbach. Mais tandis que le chemin de fer de Paris avait un caractère tout à fait provisoire, celui de Francfort a été construit sur des plans excessivement bien étudiés, et après que trois années d’expériences nouvelles ont jeté une grande lumière sur la question de traction électrique.
- La figure i représente le wagon électrique au moment de son départ de Francfort, la figure 2 reproduit le passage d’un croisement de voies, et la figure 3 est un plan d’ensemble de l’usine électrique. Les deux tuyaux à rainure sont suspendus à des isolateurs fixés sur des supports extérieurs en fonte. Quant aux conducteurs qui prennent leurs points d’appui sur des isolateurs ordinaires montés au sommet de ces mêmes supports, ce sont des câbles composés de fils de cuivre et d’acier. Ils servent en même temps à conduire le courant et à
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- porter les tuyaux. La même construction a été exposée à Vienne (i883), par MM. Siemens et Halske. Le croisement a déjà été décrit dans une autre partie de ce journal (*), et nous ne croyons pas utile d’en refaire la description. Il nous reste tout simplement à dire quelques mots sur l’installation des machines électriques.
- Deux machines à vapeur accouplées (système
- Collmann) font office de moteurs ; elles ont une force de 240 chevaux. L’arbre commun tourne à une vitesse de 60 tours par minute, le mouvement est transmis au moyen de 10 câbles en chanvre de trois centimètres et demi de diamètre, le volant, qui a 4m de diamètre, sert en même temps comme poulie motrice. La poulie montée sur l’arbre de la transmission n’ayant qu’un mètre de diamètre, il
- MACHINE
- VAPEUR
- POMPES
- FIG. 3. —
- USINE ELECTRIQUE.
- s’ensuit que la transmission tourne à une vitesse de 240 tours à la minute. Les générateurs de vapeur sont du système Ten-Brink et l’installation comprend' 7 chaudières ; la pression normale dans les générateurs est de 4 atmosphères.
- Il y a actuellement quatre machines dynamoélectriques, à double enroulement, mais on a prévu assez de place pour pouvoir aisément en ajouter
- quatre autres. Les arbres des dynamos font 600 tours par minute. Les poulies ont un diamètre de 60 centimètres, et la largeur des courroies de transmission est de 18 centimètres.
- Les machines dynamo sont montées sur des rails curseurs, ce qui permet de régler la tension des courroies au fur et à mesure que la nécessité s’en fait sentir. Cette disposition, qui présente de grands avantages, a déjà été adoptée dans maintes installations.
- Les machines électriques ont une hauteur de 2 mè-
- (•) La Lumière Électrique, vol. XII, p. 236.
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- très : le diamètre des anneaux est de 45 centimètres environ, et leur longueur de 70 centimètres. La tension électrique des machines dynamo mesure 600 volts. Le rendement mécanique varie entre 80 0/0 et 5o 0/0, selon la position des wagons ; la longueur totale du chemin est de 6 655 mètres. Généralement, il y a quatre wagons en route, et deux machines dynamo servent à engendrer le courant. Si les wagons sont couplés deux à deux, on se sert de trois machines, une des machines demeurant toujours comme réserve. Toutes les dynamos sont groupées en quantité.
- La Compagnie possède actuellement six wagons fermés et cinq ouverts. Dans les wagons fermés il y a place pour 22 personnes. Le poids de ces wagons varie entre 3 5oo et 4000 kilos.
- Dans les premières semaines qui suivirent l’inauguration du chemin de fer qui vient d’être sommairement décrit, plusieurs interruptions se produisirent dans le service, ce à quoi il était naturel de s’attendre. Mais les causes de ces interruptions n’ont jamais présenté aucun caractère de gravité, et il a toujours été facile de remédier rapidement aux accidents : on peut donc, dès aujourd’hui, envisager cette application en grand de la traction électrique comme un succès complet. Espérons qu’au point de vue financier le résultat sera aussi satisfaisant qu’au point de vue technique.
- Fr. Uppknborn.
- LES
- APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES
- Quelques journaux ont publié une notice sur la production des appareils télégraphiques actuellement en usage. Cette notice trop succinte d’abord, renferme en outre des erreurs qu’il est nécessaire de rectifier, car elles trompent le public sans aucun profit pour la télégraphie, le bénéfice de ces erreurs paraissant revenir à un seul appareil. Les lecteurs de La Lumière Electrique, amis de l’électricité dans toutes ses applications, seront heureux, sans doute, d’être renseignés d’une manière plus précise.
- Les principaux systèmes de transmission télégraphique se réduisent à un petit nombre et se divisent en deux catégories parfaitement distinctes:
- i° Appareils à signaux;
- 20 Appareils imprimeurs.
- La première catégorie se subdivise en plusieurs systèmes dont les deux principaux sont :
- Le Wheatstone (appareil à transmission automatique) et le Meyer (appareil à transmission multiple).
- Deux autres appareils rapides ont été essayés, l’un par MM. Chauvassaignes et Lambrigot, l’autre par M. Goodspeat, tous deux ont été abandonnés comme impraticables; cependant l’un et l’autre pouvaient écouler-, sur un seul fil, de 2 à 3 et même 4,000 dépêches à l’heure !...
- Un autre système, le Foote, fonctionne en Amérique et produit, dit-on, 1,000 mots à la minute.
- Tous ces systèmes ont le grave défaut d’être à signaux, lorsque l’avenir est aux appareils imprimeurs.
- La deuxième catégorie (appareilsimprimeurs) se divise en trois ou quatre systèmes, mais je ne parlerai que du Hughes et du Baudot.
- L’appareil Hughes est utilisé dans presque toutes les nations. Sa production, qui s’élève de 10 à 12,000 lettres à l’heure, suffit sur la plupart des lignes; mais, sur les lignes d’un grand trafic, on a dû le remplacer par des appareils plus rapides : Meyer d’abord, ensuite Wheatstone et Baudot.
- Afin de faire saisir facilement la différence qui existe au point de vue de la production entre les différents systèmes d’appareils en usage, jevais donner, sous forme de tableau : i° leurs noms par ordre de rapidité ; 20 le nombre de caractères que chacun de ces appareils produit à la minute, puis à l’heure ; dans une quatrième colonne je convertirai les caractères en dépêches en les divisant par la moyenne des lettres contenues dans une dépêche, y compris le préambule (cette moyenne est d’environ i3o) ; une cinquième colonne donnera la production pratique.
- NOMS des appareils NOMBRE de caractères la minute NOMBRE de caractères à l’heure PRODUC- TION théorique en dépêches PRODUCTION pratique
- | Baudot (sex-t tuple). . . . :8o 46,81:0 36o 200 à 25o
- ) Baudot (qua-1 ) druple). . . 520 3i,200 240 i.3o a 180
- I réglés à i3o 1 tours....
- I Meyer (octu-! 'pie réglé à l 90 tours). . T-" 13,200 332 coo à 2.20
- \ Meyer (sextu-2°< pie) Cm 36, axi 2-6 1 « ’O U 200
- 1 Meyer ( qua-f druple). . . ,|( K ) 2J,000 181 120 à i.co
- réglés à ic») \ tours....
- 3° Wheatstone . oOO 18, CXXD j 38 120
- 40 Hughes. . . . 5» Morse ï 75 io,5oo 80 60 à 70
- ?5 4,5oo 35 25 à 3o
- 6° Cadran .... 3,ooo. 23 18 ou 20
- J’ai ajouté à ce tableau le Morse et le Cadran car ces deux appareils sont utilisés : le premier universellement malgré sa faible production, le [ deuxième dans un grand nombre de gares.
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- Comme on le voit, le nombre de 40 à 5o dépêches attribué au Hughes et surtout celui de 75 attribué au Meyer sont complètement faux ; il est facile, en outre, de reconnaître qu’un Meyer octu-ple produirait autant, sinon plus, qu’un Baudot sextuple de même qu’un Meyer sextuple produirait plus qu’un Baudot quadruple. Le seul avantage du Baudot sur le Meyer est donc d’être imprimeur.
- Si, maintenant, nous entrons dans un autre ordre de calculs et que nous cherchions, par exemple, combien il faudrait d’émissions à chacun de ces systèmes pour produire un nombre de caractères déterminé, nous verrons le Hughes arriver premier laissant même de beaucoup en arrière ses concurrents. En effet : la reproduction d’une lettre imprimée avec le système Baudot est due au concours de cinq émissions; au Hughes, il ne faut, au contraire qu’une émission par lettre à reproduire ; avec les appareils à signaux : Meyer, Morse, Wheat-stone, le nombre des émissions par lettre à reproduire varie de 3 à 6 ; au cadran il en faut de 6 à 7.
- Formons un deuxième tableau et nous aurons en émissions, pour un caractère à reproduire.
- NOMS DES APPAREILS NOMBRE de caractères NOMBRE d’émissions
- Hughes I I
- Meyer I 3 a 4
- Morse I 4
- Baudot I
- Wheatstone 1 6
- Cadran 1 6 à 7
- Pour les appareils à signaux, je fais entrer dans la moyenne des émissions, la moyenne avec laquelle les lettres se présentent dans la formation des mots.
- En voici le classement :
- E 219 T 98 P 46 F i5 J 5
- R 118 U 82 M 46 Q i5 K 1
- N 108 O 80 E 39 B 14 » »
- A 107 L 69 V 27 X 8 - »
- S 106 D 52 G •7 Y 6 -
- I io5 C 48 II 17 Z 6 » “
- M. Morse paraît s'être basé sur cette moyenne pour former ses signaux et rendre d’une exécution facile et rapide les lettres qui se reproduisent le plus souvent.
- Plaçons-nous maintenant en face d’un fil sur lequel on pourrait écouler, par exemple, Sooooo émissions à l’heure, et voyons quelle serait, en dépêches, la production respective de chacun de nos
- systèmes; nous avons vu qu’il faut i3oémissions en moyenne par dépêche ; en conséquence :
- Le Hughes donnerait........... 40°,goo — 2,308 dépûches
- 0 i3o X 1
- Le Meyer Le Morse Le Baudot Le Wheatstonc Le Cadran
- 3oo.ooo i3oX3,5 3oo,ooo i3o X 4 3oo,ooo i3o X 5 3oo,ooo i3o X 6 3oo,ooo i3o X6,5
- = 666 = 576
- = 462
- = 385
- = 355
- L’avantage est tellement marqué en faveur du système Hughes que nous pouvons le mettre hors concours.
- Si on recherche les causes de la différence qui existe: i° entre la production réelle de chaque système et la production maxima d’un fil; 20 entre le rendement de ces différents systèmes relativement au nombre d’émissions fournies par chacun d’eux, on ne tarde pas à reconnaître que ces causes sont multiples et tiennent principalement au principe même de l’appareil.
- Malgré les dispositions mécaniques les plus ingénieuses, le pouvoir producteur des appareila est resté jusqu’à ce jour bien inférieur au pouvoir producteur des lignes, par cette raison même que, sauf M. Hughes, tous les inventeurs se sont écartés de la bonne voie en imaginant des appareils à signaux qui absorbent tout le pouvoir de la ligne sans lui faire produire un nombre de lettres égal au nombre d’émissions. L’appareil imprimeur le plus récent, Baudot, tombe dans les mêmes travers que les appareils à signaux, car il exige comme eux le concours de plusieurs émissions par lettre à reproduire. Le cadran lui-même a été rendu imprimeur par M. Joly d’abord et plus récemment par M. Chambrier, mais ces systèmes, quoique imprimeurs, finiront par être écartés de la pratique si nous admettons, ce qui est fort probable, qu’un appareil basé sur le système Hughes et d’une manipulation facile leur soit opposé.
- Cependant il ne suffît pas d’inventer un appareil rapide (multiple ou automatique), il faut le rendre maniable, c’est-à-dire le façonner à toutes les exigences de la pratique; ces exigences sont assez nombreuses et ont fait rejeter des systèmes d’une production infiniment supérieure aux systèmes adoptés.
- Remarque bien digne d’intérêt : au fur et à mesure que la télégraphie a pris de l’extension, de nouveaux appareils ont surgi pour répondre aux nouveaux besoins; mais la rapidité dans les appareils n’ayant pas suivi la même marche ascendante que la télégraphie, on a créé de nouveaux fils.
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- Telles localités qui n’étaient reliées que par une ligne, il y a quinze ou vingt ans, sont reliées maintenant par 3, 4, 5, 6 et même huit.
- L’augmentation du nombre des fils est une solution bien imparfaite, je dirai même un peu humiliante pour les électriciens des différents pays. En effet, entre certaines villes il y a un échange quotidien de i 8oo à 2 400 dépêches ; à certaines heures de la journée il faut en écouler de 200 à 25o à l’heure sous peine de retards. En admettant que nous n’ayons que le Morse primitif pour les écouler, il faudrait donc 10 fils. Dans ces conditions, ce ne sont plus des poteaux qu’il faudrait pour supporter les fils, mais des peupliers!... et comme les lignes sont mauvaises en raison de leur nombre et du rapprochement qu’on est obligé de leur faire subir, rapprochement qui augmente l’influencce que les fils exercent l’un sur l’autre, on comprend que, sans les appareils rapides, on eût sans doute été obligé d’enrayer les progrès de la télégraphie en maintenant les taxes élevées. Tous les efforts doivent donc se porter sur la rapidité des appareils et non sur la multiplicité des fils; l’expérience ne démontre-t-elle pas en effet qu’un fil peut facilement servir de conducteur à 100 émissions par seconde, ce qui fait 6000 émissions à la minute ou 36oooo à l’heure, mettons 3ooooo en chiffres ronds et nous aurons comme dépêches en une heure
- 2 3°^ ’ arrondissons encore ce nombre et
- nous aurons 2000 dépêches à l’heure!... C’est ce que l’on fait actuellement en une journée....
- Ayons donc confiance en l’avenir. La mécanique et l’électricité ne sont pas ennemies, ce sont deux sciences bien dignes d’occuper les savants et les chercheurs. La première est le corps, la deuxième le cœur. Certains organes de ce corps sont à l’état d’embryon dans l’appareil Hughes; d’autres y ont atteint leur entier développement. Pourquoi les premiers ne grandiraient-ils pas dans ce siècle si fécond?
- Le cœur est là ne demandant qu’à vibrer lorsque le corps qu’il doit animer pourra supporter ses innombrables vibrations.
- La télégraphie est jeune encore : la première dépêche transmise entre Washington et Baltimore porte la date du 26 mai 1844. Que nous sommes loin des 20 dépêches que l'on faisait primitivement en une heure!... Si en 40 années nous avons pu passer de 20 dépêches à signaux à 25o dépêches imprimées, que ne pouvons-nous pas faire en 40 autres années?... Il reste beaucoup à faire, car la marge entre 20 et 25o est beaucoup moins grande qu’entre 25o et 2000. A l’œuvre donc. La phalange des télégraphistes est nombreuse. Meyer, Baudot et Mimault étaient des employés, suivons leurs traces. Un peu de bons sens, du travail et de la persévérance, voilà trois puissants leviers.
- On s’habitue à travaille); comme on s’habitue à ne rien faire, je dirai même plus, le travail devient avec le temps une aussi impérieuse ^nécessité que n’importe quelle passion.
- Si les inventeurs qui ont mis la France à la tète des nations au point de vue de la télégraphie sont sortis des rangs, c’est-à-dire du personnel manipulant, au lieu de sortir des ingénieurs pris pour • la plupart dans nos grandes écoles, il ne faut s’en étonner qu’à demi, n’est-ce pas aux pâtissiers qu’il appartient de faire des gâteaux et aux hommes de guerre de combiner les mouvements qui doivent surprendre et dérouter l’ennemi ? Pour employer une expression plus vulgaire : c’est en forgeant qu’on devient forgeron.
- Je vais terminer cette petite revue en recherchant quel est celui des appareils actuellement en usage qui produit le plus par heure et par employé.
- NOMS dos appareils NOMBRE de dépêches à l’heure NOMBRE TOTAL d’employés occupés aux deux extrémités du fil MOYENNE
- Baudot sextuple. Mej’er sextuple. 24O 1G0 16 (12 manipulants, 2 inscripteurs. 2 dirigeurs). 12 manipulants (2 di-rigeurs compris dans les manipulants). 240 j ^ 1b 180 — = 15 12
- Wheatstone .... 120 8 (6 manipulants, 2 dirigeurs). 120 1T = IS
- Hughes 60 1 manipulants. ^0 = .s 4
- Morse 3o 2 manipulants. 3o _ i5 2
- Cadran 20 2 manipulants. 20 = 10
- Il résulte du tableau ci-dessus que, quel que soit le système utilisé, l’Etat ne tire, par employé, qu’un nombre relativement faible de dépêches et égal pour chaque système.
- Avec les appareils rapides Baudot, Meyer et Wheatstone, la moyenne est affaiblie par la présence d’employés spéciaux appelés dirigeurs.
- Le dirigeur est à l’appareil ce que le médecin est au malade. Est-ce à dire que les appareils qui réclament le concours de dirigeurs soient malades ? Je crois au contraire qu'ils se portent très bien, à une condition cependant, c’est que le dirigeur ne s’absente pas. Le Baudot surtout exige la présence de son dirigeur et refuse de marcher s’il s’absente seulement pendant une demi-heure. Ceci est un grave inconvénient, et je reste profondément convaincu que ni le Meyer, ni le Wheatstone, avec leurs signaux, ni le Baudot avec ses complications et ses exigences, ne remplissent les conditions
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- voulues tant au point de vue de leur généralisation qu’au point de vue du grand desideratum : unification du matériel.
- La parole reste donc à un appareil qui, par sa simplicité, répondra à toutes les exigences du service comme production et comme facilité de manipulation, sans avoir recours aux spécialistes qui diminuent la moyenne de production et attestent par leur présence que l’appareil qui leur est confié ne marche que conditionnellement.
- J. Munier.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Quelques applications industrielles de l’électrolyse.
- Nous empruntons au Moniteur scientifique, du Dc Quesneville, la description de plusieurs procédés d’clectrolysc appliquée à la chimie indus-
- trielle, qui ont été dans ces derniers temps brevetés en Allemagne.
- Préparation de l'aluminium métallique par Vélectrolyse, par John Braun, Berlin.—M. John Braun obtient l’aluminium métallique par l’électro-lyse des solutions de sulfates doubles alcalins-aluminiques.
- On soumet à l’électrolyse une solution d’alun d=i,o3 à 1,07.
- On forme les électrodes avec une substance inattaquable, comme le platine, par exemple. L’acide sulfurique développé au pôle positif est neutralisé au fur et à mesure par un alcali. On ajoute au bain, pour empêcher toute précipitation d’alumine, un acide organique, comme l’acide tar-trique. Pour l’électrolyse de 10 à 20 litres de solution, deux éléments de Bunsen de 20 centimètres sont suffisants.
- Procédé et appareil d'amalgamation des minerais aurifères avec le concours de l'électricité, par B. Charles Molloy, Londres. — Dans cette méthode le mercure-cathode, repose sur une cloison poreuse, baignant dans un liquide conducteur, où plonge l’anode formée par une plaque de charbon ou des fragments de coke. Le minerai en poudre
- est transporté à travers la couche de mercure par une toile sans fin, tendue sur un ou plusieurs tambours.
- Les figures ci-jointes montrent deux des dispositions que peut recevoir l’appareil :
- I est un amalgamateur fixe, II un appareil mobile, facilement transportable sur les lieux d’exploitation. ,,
- La toile sans fin GG enroulée autour des tambours B, C, D court de B à C dans un espace rectangulaire clos, rempli de mercure H. H. H. Elle y pénètre par la trémie A qui sert également à l’introduction du sable aurifère et émerge en C dans une seconde'trémie d’où s’écoule par le canal M le minerai entraîné. Le robinet H' sert à extraire l’amalgame formé.
- Le mercure repose sur une cloison P P qui forme la paroi supérieure de la caisse où pénètre le courant positif réparti par l’anode de charbon L L. Celle-ci baigne dans un liquide conducteur soit acide sulfurique, soit solution concentrée d’un al-
- 0
- 2 y'vwwv
- FIG. 2
- cali qui remplit tout l’espace PP, OO, et établit la communication entre l’anode et le mercure-cathode, par l’intermédiaire de la cloison P P imbibée de ce liquide. Le robinet L' sert au remplissage de la caisse inférieure.
- La figure II présente le même appareil, sous forme aisément transportable ; la toile qui entraîne le sable dans la couche de mercure est ici simplement tendue sur un seul tambour.
- La vitesse avec laquelle doit circuler le minerai varie avec la richesse dudit en métal précieux, sa finesse, etc., avec la force électromotrice disponible, avec les dimensions de l’appareil, etc. L’expérience seule fixe dans chaque cas les conditions de meilleur rendement. En moyenne, pour une différence de potentiel de 4 volts dans le bain, la toile avance, à travers une couche de mercure de 45 centimètres, de cette même longueur de 45 centimètres dans l’espace de 5 à 3o secondes.
- Electrolyse de solutions zinciques ammoniacales et emploi d'anodes en fer pour la préparation du zinc métallique, par Martin Kiliani, Munich. — Les matériaux zinciques (principalement l’oxyde
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- de zinc, la calamine, etc.) sont mis à digérer avec une liqueur ammoniacale contenant du carbonate d’ammoniaque dans de grands récipients doublés de plomb. Lorsque les liqueurs sont saturées de zinc à refus, on les filtre pour l’électrolyse.
- Une partie du zinc se dépose à l’état compact sur les cathodes formées de plaques de zinc ou de laiton, tandis qu’il se dégage aux anodes constituées par des plaques de fer, une quantité équivalente d’oxygène. La liqueur circule dans l’appareil plus ou moins vite, suivant sa teneur en zinc et suivant la densité du courant.
- L’électrolyte épuisé se rassemble dans un réservoir inférieur d’où il est repris par une pompe et conduit dans les digesteurs où il se retrouve en contact avec des matériaux zinciques neufs.
- Tout l’ensemble des appareils, cellules d’électro-lyse, réservoirs, etc., est hermétiquement clos.
- Lorsque la densité du courant s’élève au-dessus d’une certaine quantité dépendante également de la richesse de l’électrolyte, le zinc déposé affecte une structure cristalline; pour une densité encore plus élevée, il se dégage de l’hydrogène et le métal se dépose à l’état spongieux. Inversement, si la densité du courant est trop faible, le zinc se dépose en couche grise sans éclat métallique. Dans tous les cas, le zinc électrolytique est très pur.
- Lorsque l’on traite certaines calamines très pauvres, dont les impuretés chargeraient' inutilement les bains ammoniacaux, il est avantageux d’en extraire le zinc par un autre solvant que l’ammoniaque. On peut, à cet effet, employer le chlorure de calcium.
- Les dissolutions de sulfate de zinc sont traitées, suivant R. de la Souchère, par Ca Cl2 qui enlève S O4 H2; le chlorure de zinc est traité par la chaux. L’oxyde de zinc déplacé est recueilli, passé au filtre-presse, puis repris par le véhicule ammoniacal. Les scories contenant du zinc sont soumises à un grillage chlorurant, puis lessivées, etc.
- Le procédé d’électrolyse en liqueur ammoniacale avec anodes en fer présente sur les méthodes connues à ce jour plusieurs avantages :
- i° L’électrolyse en solution faiblement acide nécessite l’emploi d’anodes en coke ou en charbon de cornues;
- 2° Il est urgent de veiller continuellement dans l’électrolyse ordinaire, à la faible acidité du bain, pour empêcher le zinc de se déposer à l’état spongieux et de se redissoudre en partie dans l’électrolyte. Ce dernier inconvénient est bien moins à redouter avec une liqueur ammoniacale qu’avec des liqueurs chlorhydriques ou sulfuriques;
- 3° L’électrolyse de solutions acides exige une différence de potentiel considérable, de sorte que la proportion du zinc déplacé n’est pas en rapport avec l’énergie consommée. La tension peut être beaucoup moindre dans l’électrolyse des solutions
- ammoniacales, en sorte qu’avec une même différence de potentiel, on peut interposer un plus grand nombre de cellules et augmenter le rendement en proportion.
- Procédé de préparation de l'iodoforme, du bromoforme et du chloroforme par voie électro-lytique, par E. Schering, Berlin. — On peut obtenir de l’iodoforme, du bromoforme et du chloroforme par l’électrolyse à chaud de solutions des sels halogènes alcalins ou alcalino-terreux, en présence d’alcool, d’aldehyde ou d’acétone, avec ou sans le concours d’acide carbonique.
- On prépare par exemple une solution de :
- lodure de potassium....... 5o kilogrammes.
- Eau....................... 5oo —
- Alcool.................... 3o —
- L’électrolyse se produit dans un vase clos traversé par un courant d’acide carbonique. L’iodoforme se dépose en poudre cristalline. Si l’on opère en solution alcoolique plus concentrée, CHI3 se sépare en gros cristaux.
- On opère de la même manière avec des mélanges analogues pour préparer CH Br3 et CH CI3, en supprimant toutefois le courant d’acide carbonique.
- Indicateur d’appels sans aimants et par inversion de courant, par Grassi et Beux.
- A f l’exposition internationale d’électricité de Vienne, section de télégraphie, figurait un indicateur d’appels fort ingénieux, dû à MM. Grassi et Beux, employés de l’administration des télégraphes. Cet appareil est destiné à faire connaître dans les bureaux télégraphiques centraux quel est, de deux postes montés par inversion de courant sur un même fil, celui qui a attaqué.
- La figure i donne une vue de l’appareil tel qu’il est monté au poste central de Lyon. Au moment de l’appel, l’aiguille tombe à gauche ou à droite, selon le nom du courant de ligne; la sonnerie affectée à l’indicateur fonctionne jusqu’à ce qu’on ait ramené l’aiguille au zéro en appuyant sur le bouton /.
- Les figures 2 et 3 représentent l’intérieur de l’appareil et le détail du mécanisme de la mise au zéro vu de profil.
- L’indicateur se compose principalement d’un électro-aimant de ligne horizontal AB, supporté par un massif en bois mm, et entre les noyaux prolongés duquel peuvent jouer deux armatures : l’une horizontale II, arquée en son milieu, l’autre verticale A', qui est en même temps le noyau mobile de la bobine locale C, dans le manchon de laquelle elle peut osciller sur deux pivots inférieurs placés en V. L’armature II porte au point culminant de son arc une encoche e dans laquelle enclenche la goupille à crochet g du noyau mobile.
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- Il est facile de suivre la marche des courants. Le courant de la ligne traverse l’électro-aimant AB et va se perdre à la terre par la borne T. Il attire l’armature II, qui s’abaisse et donne issue au courant de la pile locale par la borne P, le support/», le butoir c, la bobine locale creuse C et la borne
- de terre T ; ce dernier courant développe dans le noyau mobile A' un pôle magnétique toujours le même, un pôle A, par exemple. Il en résulte que l’armature II ayant, en s’abaissant, dégagé le point d’enclenchement e, ce noyau mobile s’inclinera à gauche ou à droite, selon que le courant d’appel aura développé, dans l’électro-aimant de ligne, des pôles B et A ou A et B ; le noyau mobile entraîne dans sa chute l’aiguille indicatrice placée à l’extérieur du cadran. Une lame de laiton découpé ss,
- FIG. 3 Ll j
- isolée de la bobine creuse C, et placée parallèlement à un imm au-dessus, limite la course du noyau A' et envoie le courant local dans la sonnerie par la borne S. Le bureau central appelé sait ainsi de quel pôle il doit se servir pour répondre, sans risquer de déranger à tort le poste qui n’a pas à tra-
- vailler. En répondant, on a soin d’abaisser avec le doigt la fourche verticale f, fixée dans un tube à ressort sur le couvercle de la boîte, pour ramener la goupille g du noyau mobile au point d’enclenchement e, et par conséquent l’aiguille indicatrice du cadran au zéro. La sonnerie cesse aussitôt de fonctionner.
- Cet appareil trouverait facilement son application au service des signaux dans les chemins de fer. En séparant les deux branches s s, on pourrait faire fonctionner alternativement deux sonneries placées à distance et donnant chacune un signal distinct.
- L’aiguille indicatrice du cadran peut aussi être disposée la pointe en bas, et la mise au zéro et l’enclenchement e étant supprimés, cette aiguille resterait constamment inclinée adroite ou à gauche, sous l’influence de l’équilibre instable du noyau mobile A', jusqu’à ce qu’un courant de ligne de nom contraire vînt la rejeter du côté opposé.
- Ces dispositions évitent l’inconvénient de la polarisation des aimants fixes en temps d’orage.
- Le voltamètre à poids de Ledingham
- La figure ci-jointe représente le voltamètre imaginé par M. Ledingham. Cet appareil, qui a été expé-
- rimenté dans le laboratoire du professeur Blythe, à Glasgow, est très avantageux, attendu que les indications qu’il donne sont à l’abri des variations de-magnétisme, de pression et de température. L’éva-
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- luation de la quantité d’eau décomposée dans un temps déterminé se fait au moyen d’une double pesée, avant et après le passage du courant.
- L’appareil se compose d’un tube cylindrique A terminé à sa partie supérieure par une ampoule D et portant à sa partie inférieure deux branches recourbées B, B. Ces branches renferment les fils conducteurs qui viennent aboutir aux électrodes de platine C, C et plongent dans deux godets à mercure F et H ménagés dans le socle de l’appareil. Les godets F et H communiquent avec les bornes J, J de l’instrument et sont munis d’un double couvercle; une rondelle en caoutchouc maintenue par une rondelle en bois K; de cette façon, la surface du mercure reste brillante pendant très longtemps.
- L’ampoule D est remplie avec des fragments de verre; une deuxième ampoule E, reliée à D par l’intermédiaire d’un tube en U, contient du chlorure de calcium. Un collier M permet de fixer le système tubulaire à une hauteur plus ou moins grande et un fil de suspension L sert à l’attacher au plateau d’une balance; en temps ordinaire, le tout est recouvert par une cloche de verre N.
- Lorsqu’on ne se sert pas de l’appareil, le tube A est fixé de telle façon que les électrodes ne soient pas en contact avec le mercure. Pour mesurer l’intensité qui passe dans un circuit donné, on attache les fils aux bornes J de l’instrument; on abaisse le tube A de manière à fermer le circuit à travers l’eau acidulée et on laisse le courant passer pendant une minute environ, pour être,/bien certaiu d’avoir les mêmes conditions dans les deux pesées. On pèse alors le tube une première fois, on rétablit le courant et l’on note cette fois très exactement, avec un compteur à secondes, la durée du passage du courant, après quoi on effectue la deuxième pesée. Si l’on désigne par W, et W2 les poids exprimés en grammes obtenus à la première et à la deuxième pesée, par/la durée du passage du courant exprimée en secondes, l’intensité de circulation J en ampères résulte évidemment de la relation suivante :
- W, - w,
- J o UO01915 t
- Pour remplacer l’eau dans le tube A, il suffit d’enlever le tube E, ainsi que le tube en U,'de saisir A avec la main et de verser l’eau goutte à goutte dans l’ampoule D.
- Les détails de l’appareil que nous venons de décrire sont empruntés au numéro de juin 1884 de l'Elektrotechn ische Zeitschrift.
- Les orages et les paratonnerres.
- Dans la deuxième session de la Conférence internationale des unités électriques, il a été ques-
- tionjd’une conférence donnée par M. le Dr Neesen sur la question que nous avons prtse comme titre. Cette conférence a paru dans YElektrotechnische Zeitschrift (novembre 1881); elle est plus que jamais d’actualité, et nous croyons que les observations qu’elle contient méritent beaucoup de publicité.
- M. le D1' Neesen rappelle d’abord les observations très intéressantes faites par le docteur Holtz qui en a fait l’objet d’une brochure sur l’accroissement des dangers résultant de la foudre et leurs causes vraisemblables. Ces observations portent sur 81 localités d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse; les plus anciennes datent de 1802, les plus récentes de 1877.
- De leur ensemble, il résulterait que la moyenne du nombre des orages n’a pas augmenté dans les dernières années ; si on les répartit par circonscription très étendue, on constate que dans certaines régions, il y a eu augmentation du nombre d’orages, mais par contre, dans d’autres, il y a eu diminution.
- Nous croyons que l’on peut admettre avec le docteur Holtz qu’il n’y a pas à craindre d’augmentation constante des orages; il serait cependant mile de poursuivre cette statistique dans d’autres pays.
- Si l’on passe aux dommages occasionnés par la foudre, il résulte des différents avis émis par les Compagnies d’assurances auxquelles s’est adressé M. Holtz, qu’il y a une augmentation énorme des dangers de la foudre. Cela a été établi en comparant le chiffre des bâtiments atteints et assurés à la somme totale des bâtiments assurés.
- En prenant une moyenne de quatre années pour la province de Brandebourg, et en faisant les calculs sur un million de bâtiments, on trouve que la moyenne des bâtiments atteints a été de 53, pour la période de i853-i857 et qu’elle atteint 157 pour la période de 1873-1877. Il y a donc une augmentation du triple.
- Pour les bâtiments à la campagne, le danger serait encore beaucoup plus grand que pour ceux des villes; les églises, les moulins à vent sont particulièrement exposés au danger.
- M. Holtz attribue l’augmentation des dégâts à la manière autre de bâtir, et notamment dans l’usage très répandu de grandes masses métalliques, de même qu’au déboisement des forêts.
- Il classe ensuite par provinces le nombre des coups de foudre lumineux et ceux dits « à froid »; les premiers sont plus nombreux dans les régions où les maisons sont couvertes de paille, de chaume, de roseaux, etc.
- M. Weber, qui a dressé une statistique analogue pour le Schleswig-Holstein, donne l’explication suivante : un incendie par l’étincelle électrique n’a lieu que lorsque celle-ci s’est ralentie. Si on laisse
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- éclater l’étincelle d’une bouteille de Leyde ou d’un appareil à indutftion dans de la poudre à canon, celle-ci se trouve mécaniquement éparpillée, mais non allumée; si l’on interpose, par contre, dans le chemin de l’électricité un cordon humide, le mouvement de l’électricité se ralentit et le feu jaillit. C’est ce qui arrive pour les maisons couvertes de toitures de paille ou de chaume.
- Ici, je reviens à M. Holtz et à ses observations sur l’influence attractive des corps métalliques sur la foudre; il établit que les dangers de la foudre sont extrêmement grands dans certaines régions où le nombre de girouettes et de pompes, dans les maisons, est très grand.
- Il est évident qu’il ne s’occupe ici que des girouettes non reliées à la terre.
- Un préjugé combattu par les deux auteurs, est que des arbres élevés protègent les bâtiments qu’ils entourent ; il y a des cas où la foudre se précipite de l’arbre dans la maison voisine.
- La possibilité de ce danger peut parfaitement être évitée par l’emploi du paratonnerre.
- Dans l’étude de différents coups de foudre ayant atteint des bâtiments munis de paratonnerres, M. Weber établit nettement la nécessité de relier directement à la terre par les deux bouts les masses métalliques des constructions et de ne pas se contenter d’un seul fil de terre dans les grands bâtiments. Il convient que le paratonnerre soit convenablement établi suivant les règles de la science et de l'art et que la communication parfaite avec la terre soit particulièrement bien assurée.
- D’après les renseignements de M. Holtz, la moyenne des dommages pendant la période de 1O73 à 1877 est pour une grande partie de l’Allemagne de 1 261000 marcs (près de 1 600000 fr.), auxquels il faudrait ajouter les dommages causés au mobilier et la destruction du bétail.
- Le seul moyen d’éviter des pertes aussi considérables qui tendront à devenir plus grandes d’année en année, est de répandre l’emploi des paratonnerres contre lesquels il paraîtrait encore qu’il y a des préjugés. Cependant, dans tous les’ cas constatés, il a été reconnu que tout paratonnerre bien établi constitue un préservatif suffisant. Il serait nécessaire pour en répandre l’emploi, de démontrer par une statistique que les maisons qui en sont munies n’ont plus à craindre les dangers de la foudre, pourvu, je le répète, que les paratonnerres soient bien établis, bien entretenus et vérifiés périodiquement.
- Cette statistique devrait donner le nombre total de maisons, tant en ville qu’à la campagne, la proportion de celles pourvues de paratonnerres, et, enfin, le nombre de maisons atteintes avec ou sans paratonnerres.
- Il est toutefois à remarquer que dans les paratonnerres bien conditionnés, on ne pourra très
- souvent constater le passage de la foudre qu’en y ajoutant un petit dispositif spécial.
- Il faudrait aussi indiquer la valeur totale des maisons non munies de paratonnerres et celles des maisons qui sont protégées, et alors comparer les dommages occasionnés par la foudre aux maisons préservées et aux non préservées.
- Après avoir exposé ces considérations que l’on trouvera sans doute très intéressantes, M. le docteur Neesen compare le paratonnerre classique au paratonnerre Melsens et se prononce franchement pour le dernier qu’il trouve plus efficace et plus économique.
- Comme conducteur, il accorde la préférence au fer, avec un diamètre naturellement plus grand qu’avec le cuivre, parce que son point de fusion est plus élevé que celui du cuivre et qu’il tentera moins les malfaiteurs. La section d’un centimètre carré lui paraît bien suffisante.
- Enfin, il recommande l’emploi de plusieurs lignes de terre, d’une prise dans un puits spécial, et partout où cela est possible, un bon raccordement avec les conduites d’eau et de gaz ; c’est ce que n’a cessé de faire notre savant Melsens, dont les travaux se recommandent à tous ceux qui s’occupent de la question traitée avec tant de compétence par le professeur Holtz.
- Sur la graduation des galvanomètres, par Ign. Canestrelli (').
- L’auteur a gradué avec le plus grand soin une boussole de Wiedemann antérieurement étudiée par M. Blaserna. En appliquant la méthode qui avait été appliquée par ce physicien, il trouve que la table de la boussole, dressée douze ans auparavant. n’est plus rigoureusement applicable ; il 11e suffit donc pas pour les recherches de haute précision, de graduer une boussole une fois pour toutes : ces mesures doivent être répétées de temps en temps.
- La comparaison de la boussole de Wiedemann à une boussole de Gaugain construite par Ruhm-korff a montré que cette dernière s’écarte sensiblement de la loi des tangentes. L’intensité du courant doit être calculée par la formule :
- I == a tang. 9 4- b tang.B 9
- l’influence du terme en tang.B cp est loin d’être négligeable pour les déviations qui atteignent q5°.
- La lampe à arc de la Compagnie rhénane d’électricité à Mannheim
- Le Journal de Dingler rend compte, dans l’un de ses derniers numéros, de quelques perfection-
- (') Extrait du Journal de Physique, d’après la « Reale Accademia dei Liucci .
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- nements apportés par la Compagnie rhénane d’électricité (RheinischeElektricitætsgesellschaft) aux lampes à arc dont elle fait usage. Ce sont des lampes à solénoïdes différentiels que l’on a cherché à perfectionner en leur adjoignant une résistance variable qui a pour effet de régler l’intensité de
- circulation dans le courànt dérivé et une résistance qui s’introduit automatiquement pour compenser celle de la lampe, lorsque cette dernière est mise hors du circuit.
- Les ligures 1, 2 et 3 représentent la lampe dont nous parlons. Elle se compose de 4 noyaux cylin-
- FIG. !
- driques A (Kg. x et 2) soumis d’une part à l’influence de huit bobines b à gros fil, et de l’autre à l’influence conti'aire de quatre bobines intermédiaires à fil fin c. Les bobines b sont montées d’abord en quantité, puis en série dans le circuit des charbons ; l’enroulement des bobines c qui sont gi-oupées en tension forme une dérivation
- aux bornes de la lampe. On trouve ainsi l’avantage de diminuer le diamètre du fil et de rendi'e, par suite, plus énergique l’action exercée sur les noyaux.
- Lorsque l’arc voltaïque devient trop long, les bobines c diminuent le magnétisme des noyaux jusqu’au moment où le poids du levier B et des pièces dont il est solidaffe l’emporte sur l’attrac-
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- tion magnétique; B se détache alors de l’armature et tourne autour de l’extrémité de droite, entraînant avec lui le frein coudé C, ce qui permet au porte-charbon supérieur E de descendre. Le frein C consiste en un levier coudé mobile autour des vis s s (fig. 3), qu’un ressort à boudin i tend à appuyer constamment sur le porte-charbon E, la pression au contact des pièces C et E pouvant être réglée à volonté au moyen de la vis de butée m (fig. i).
- Le rhéostat variable est constitué par un tube en verre D rempli de poussière de graphite et disposé dans le circuit des bobines à fil fin c; dans ce tube plongent deux tiges à poignées r et r'. Suivant que l’on écarte ou que l’on rapproche l’une de l’autre ces tiges, on augmente ou l’on di-
- minue la résistance du circuit dérivé. Celte disposition a l’avantage de permettre, sans rien changer à l’enroulemeut des bobines, de régler le fonctionnement de la lampe pour une longueur plus ou moins grande de l’arc voltaïque.
- Il nous reste à dire quelques mots de la résistance destinée à remplacer celle de la lampe au moment où les charbons sont consommés. A cet effet est disposé un deuxième électro-aimant G dont l’armature peut attirer une pièce de charbon H, laquelle à l’état normal repose au contact d’une deuxième pièce également en charbon H' isolée du bâti, mais mise en communication avec des tiges de charbon W (fig. 3). L’enroulement de l’électro G est monté en quantité avec les bobines b dans le circuit principal ; dès que le courant passe en b et par suite G, le contact se trouve rompu entre H et H' et tout le courant est obligé de traverser les charbons. Si l’arc voltaïque vient à s’éteindre, H retombe, et la résistance W se
- substitue à celle de l’arc. Pour terminer la description qui vient d’être sommairement faite, il nous suffira d’ajouter que le porte-charbon est guidé par une série de galets /.
- Sur la machine de Holtz, par M. E. Dubois (').
- On sait que la machine de Holtz simple cesse d’être amorcée aussitôt que s’arrête le plateau mobile, tandis que, dans une atmosphère convenable, une machine double peut parfoisêtre encore amorcée une demi-heure après qu’on a cessé de faire tourner ce plateau.
- Voici comment je propose d’expliquer ces faits : le papier parchemin, qui est l’excitateur d’électricité de la machine, n’est pas un parfait conducteur, mais il est un médiocre isolant. Comme il est terminé par une pointe, il perdra son électricité dans la machine simple dès qu’on cessera de faire fonctionner l’appareil. Mais, dans la machine double, deux pa-
- piers se trouvent en présence, les pointes en regard ; dès lors, il fonctionnera comme les deux conducteurs isolés A et B, armés de pointes en regard. Si l’on a électrisé de la même manière, positivement, par exemple A et B, la répulsion mutuelle des deux électricités, de même nom, empêchera l’électricité de s’échapper par les pointes et les conducteurs pourront rester électrisés pendant assez longtemps, si l’air est sec et si les supports sont bien isolants.
- J’ai vérifié expérimentalement le maintien de la charge sur deux conducteurs isolés, armés de pointes en regard. J’ai pris pour cela deux cylindres isolés servant aux expériences fondamentales de l’influence électrique; j’ai fixé à chacun d’eux une épingle avec un peu de cire, les deux pointes se trouveront à om,02 de distance. Puis, réunissant ces deux cylindres avec un excitateur à manche de verre, j’ai mis l’un d’eux, avec un excitateur semblable, en communication avec une source intense. J’ai supprimé la communication avec la source, puis la source, et enfin la communication des deux cylindres entre eux, et, pendant un temps assez long, les doubles pendules des cylindres ont continué à diverger.
- (') Extrait du Journal de physique.
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- Interrupteur automatique de F. Carême et lt. Houzeau.
- MM. F. Carême et L. Houzeau, contrôleurs des postes et des télégraphes, ont envoyé à l’exposition internationale d’électricité de Vienne un interrupteur automatique, pour l’emploi simultané d’une pile par un grand nombre de postes.
- Lorsqu’un manipulateur établit accidentellement une communication directe entre la pile et la terre, et prive les autres lignes de leur pile, cet interrupteur signale la perturbation par une sonnerie, supprime le dérangement et indique le poste sur lequel l’accident s’est produit.
- Cet instrument, représenté dans la figure ci-dessous, est fondé sur l’emploi des effets calorifiques
- produits par le courant électrique dans un conducteur : la dilatation linéaire et la combustion.
- i° Un bâton de zinc (dont le coefficient de dilatation linéaire est très élevé) est placé au centre d’une bobine teinte complètement en noir pour qu’elle absorbe plus de chaleur. Le fil doit être enroulé le plus près possible du bâton, mais sans le serrer; celui-ci repose sur l’extrémité d’une vis qui doit servir à régler l’instrument, c’est-à-dire rapprocher ou éloigner le zinc d’un ressort r placé au-dessus de lui.
- La bobine est parcourue à l’état normal par le courant de la pile qni va de là par une vis de contact et le ressort r jusqu’au manipulateur.
- Au moment o.ù le manipulateur établit une communication directe avec la terre, le courant échauffe la bobine, puis le bâton de zinc qui s’allonge, pousse le ressort, produit la rupture du circuit ordinaire, établit en même temps par r et r' une communication entre la terre et la sonnerie indicatrice qui fonctionne sous l’influence d’un courant local, jusqu’à ce qu’on l’arrête, et enfin ouvre une autre voie au courant de la^pile.
- 20 Un fil de fer fin,* tendu entre deux bornes-arrêts, retient un petit cadre indicateur portant le nom du manipulateur correspondant.
- Ce fil est échauffé et brûlé au moment où le bâton de zinc donne passage à la pile de ligne, et, en se rompant, laisse tomber le cadre en regard de l’ouverture ménagée dans le couvercle. .
- Au haut de l'instrument qui doit être placé verticalement, une manette très légère sert à replacer les 2 ressorts dans leur position de repos, c’est-à-dire celle où la sonnerie est isolée et la pile en communication avec son manipulateur.
- Le ressort vertical r' porte une petite pièce d’é-bonite pour isoler au repos lés 2 ressorts l’un de l’autre, et empêcher le ressort r de revenir sur sa vis de contact.
- Sur la décharge électrique dans les gaz, par O. Lehmannf1).
- L’auteur croit devoir admettre que la décharge électrique dans un tube de Geissler est toujours discontinue, lors même que la discontinuité n’est pas apparente.
- Une partie de la décharge se fait par convection, c’est-à-dire que l’air ou le gaz s’électrise, et porte l’électricité d’une électrode à l’autre. D’après M. Lehmann, les actions électrochimiques dues à l’électricité ainsi accumulée dans la masse du gaz contribueraient à donner à la décharge dans les gaz raréfiés les formes variées qu’elle présente. L’auteur se réserve de compléter plus tard la démonstration expérimentale de cette opinion, démonstration que lui-même considère comme inachevée.
- Un nouveau radiomètre, par G. Baur (2).
- Ce radiomètre se compose de deux minces feuilles d’étain découpées de manière à former un ruban plusieurs fois replié sur lui-même et collées sur les deux faces d’un cylindre de bois ; chacune d’elles est intercalée sur l’une des branches d’un pont de Wheatstone. — Si l’une des feuilles vient à recevoir des rayons calorifiques, sa résistance électrique change et le pont est parcouru par un courant dont l’intensité peut être considérée comme proportionnelle à réchauffement de la feuille et par suite à l’intensité de la radiation calorifique.— La sensibilité de cet instrument est supérieure à celle de la pile thermo-électrique; la force électromotrice employée était celle d’un élément Daniell.
- (9 Annales de Wledemann, n° 7, 1881.
- (2) Extrait du Journal de physique, d’aprcs les Annales de Wiedemann.
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- 3go
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA VALEUR DE l’üNITÉ DE RÉSISTANCE SIEMENS EN MESURE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ABSOLUE
- Par H. Wild.
- Pour la détermination, en mesure électromagnétique ab • solue, de la valeur de l'unité de résistance Siemens, au moyen de la deuxième méthode de Weber, basée sur l'amortissement des oscillations d'un barreau aimanté, il m'a toujours paru que l’observatoire magnétique de Pawlowsk présentait un local et des dispositions on ne peut plus avantageuses. Lorsqu'à l'automne de l'année 1882, la conférence internationale des électriciens, réunie à Paris, émit le vœu que l'on continuât dans tous les pays les recherches relatives à la détermination de la longueur d'une colonne de mercure dont la résistance fût égale à l'unité de résistance absolue internationale, c'est-à-dire à l'ohm, je formai le projet de déterminer, si possible, cette grandeur suivant la méthode mentionnée plushaut. L'Académie impériale des sciences me mit à même de réaliser ce projet; elle m'alloua, en effet, dans sa séance du 25 janvier i883, un crédit de 1000 roubles pour les frais que l'expérience devait entraîner; en même temps, M. le Dr O. Chwolson se déclara prêt à me prêter son concours. Ainsi secondé, je me mis immédiatement à l'œuvre. Les instruments nécessaires furent en majeure partie fabriqués dans l'atelier de l'observatoire ; on en commanda quelques-uns seulement ailleurs; le pavillon pour les mesures magnétiques absolues à Pawlowsk reçut immédiatement quelques nouvelles constructions, afin de pouvoir, sans porter préjudice aux observations magnétiques normales, réserver la salle du milieu qui a la forme d'une croix aux recherches que nous comptions entreprendre en été. A la fin du mois de mai, il nous fut déjà possible d'installer dans cette partie des bâtiments de Pawlowsk les appareils et de procéder aux expériences préliminaires et à l'ajustage de ces mêmes appareils. Quant aux mesures proprement dites qui comportent i3 séries complètes d'observations, M. Chwolson et moi les avons faites en commun du 1er juillet au i3 août; il ne restait à cette date que quelques observations complémentaires, quelques vérifications à effectuer, ce qui fut fait dans le courant des mois d'août, de septembre et finalement de décembre, soit à Pawlowsk, soit à Saint-Pétersbourg. Les calculs nécessaires ont été faits en partie à Pawlowsk dans les intervalles des observations, mais surtout plus tard à Saint-Pétersbourg. M. le DpCh.wol-son s’est occupé des calculs relatifs à la détermination du décrément logarithmique et des résistances; moi-même ai fait les autres calculs.
- Dans l'exposé des recherches et des résultats, je commencerai par indiquer la méthode suivie, je décrirai ensuite les appareils et leur disposition, et finalement, je parlerai des mesures mêmes et des résultats qu’elles ont donnés.
- I. — MÉTHODE DE RECHERCHE.
- La méthode suivie est celle que W. Weber a décrite dans $04 traité « pètermiwtiçn des mesures électrodynamiques et
- « principalement mesures des résistances » et qu'il a appelée « deuxième méthode (*). » Après W. Weber lui-même, H.-F. Weber et E. Dorn ont appliqué cette méthode à la réduction en mesure absolue de l'unité de résistance Siemens.
- Cette méthode de mesure des résistances absolues est très simple en principe; elle consiste à observer l'amortissement des oscillations d'une aiguille aimantée placée dans un multiplicateur fermé sur lui-même.
- Dans l'équation bien connue du mouvement d'un aimant qui oscille autour d'un axe vertical
- (0
- il y a lieu, lorsque la suspension de l'aimant est unifilaire et qu’en dehors du magnétisme terrestre, la résistance de l'air agit seule sur l'aimant, de poser
- 2
- a- =
- HM N '
- (2)
- M désignant le moment magnétique de l'aimant, N son moment d'inertie, H l'intensité horizontale du magnétisme terrestre et l une constante qui représente la résistance de l'air.
- Si nous appelons, dans ce cas, X0 le décrément logarithmique naturel et T0 la durée des oscillations de l'aimant, nous aurons aussi :
- P
- h.
- T0
- a* =
- T!„
- (3)
- Si au contraire l'aimant est soumis non seulement aux forces précitées, mais encore à l'amortissement qui résulte de courants électriques que son mouvement au centre d'un multiplicateur fermé sur lui-même provoque dans le fil de ce multiplicateur, il faut alors, a ne variant pas, poser :
- o M2C* , 1
- NW + N
- W représentant la résistance du multiplicateur fermé sur lui-même et C la constante de sensibilité de ce même multiplicateur (2L
- Si nous appelons X le décrément logarithmique naturel de l'aimant amorti et T la durée des oscillations, dans ce cas nous avons :
- ** + X2 T*
- (5)
- ('} Dans son exposé critique de l'ensemble des méthodes suivies jusqu'à ce jour pour la détermination de l'ohm (Elektrotechn. Zeits-ehrift, juillet 1882), M. G. Wiedemann désigne cette méthode sous le nom de 3e méthode de Weber. Il appelle 2® méthode dans son traité Sur la galvanomêtrie (G.-R. de l'Académie des. sciences de Gcettingen, vol. 10, p. 20), la modification de la première méthode de Weber appliquée par F. Kohlrausch (Ann, Pogg>> vol. 6, p. 1), aux mesures absolues des résistaness,
- (*) Weber a indiqué comme coefficient de sensibilité du multiplica-M C
- teur la quantité/= —(Sur ta galvanomêtrie^ p. 23), et F. Kohlrausch
- la quantité: <7 = M C. (Ann, Poggvol, VI, p, 11). Notre notation se justifie par la formule
- J. M. G. = H M sin 9
- qui détermine l'écartement cp de l'aimant en dehors du méridien magnétique, sous l'influence d'un courant J dans le multiplicateur supposé parallèle à ce dernier plan. Elle rend superflue l'introduction dans ce cas d'un deuxième coefficient
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- Mais les égalités 2 —5 donnent pour la résistance cherchée du fil du multiplicateur la mesure absolue
- w=2. —.
- M 2 T0
- TC X"
- I+-?
- (6)
- équation identique à celle qui figure chez H.-F. Weber sous le n° 3 et chez F. Kohlrausch et E. Dorn sous le n° 1, si l’on tient compte des relations
- T2
- q=MC et N = H M---2__ (7)
- Mais il y a encore quelques corrections à apporter à l'expression (6) de la résistance W.
- A cause de l'effort de torsion du fil auquel est suspendu l'aimant, il convient d'introduire au dénominateur le facteur
- (1+6) (8)
- lorsque le multiplicateur est'ouvert, il est bon de rappeler que la valeur de T'0 directement observée doit être réduite au temps moyen solaire vrai (secondes) et ramenée à des amplitudes infiniment petites par la formule
- T0 = TJ (1 + o,oooo23i5. s — o,oooo38o8. a2) (n)
- dans laquelle s représente la marche diurne du chronomètre employé exprimée en secondes (quantité positive lorsque le chronomètre retarde), et a la moyenne des amplitudes originelles et finales (écartement des positions limites par rapport à la position d'équilibre de l'aimant) exprimées en degrés.
- Quant au quotient 2, W. Weber aussi bien que H.-F.
- Weber l'ont déterminé en faisant agir l’aimant du multiplicateur sur un autre aimant; la mesure de la distance des points centraux et l'observation de l'angle de déviation de l’aimant auxiliaire conduisent immédiatement à la valeur du quotient que l'on cherche. II m’est difficile de voir pourquoi F. Kohlrausch et après lui Dorn donnent à la première partie de l'expression 6 une autre forme et posent
- dans lequel
- 8=0,0000463. A
- (80
- M2 C2 T0 J MC2
- 2 (n* + XJ) N au heu de 2 H T0
- si A représente, exprimée en minutes, la déviation de l'aimant en dehors du plan du méridien magnétique quand on tourné de 36o° l'extrémité supérieure du fil. Dans la détermination de A, on a soiu de faire tourner alternativement l'aimant à gauche et à droite et de prendre la moyenne des déviations afin d'éviter l’erreur qui pourrait résulter de la torsion préalable du fil.
- Une deuxième correction provient de l’induction que le magnétisme terrestre exerce sur l'aimant du multiplicateur. L'intensité horizontale du magnétisme terrestre a pour effet d'accroître le moment rmagnétique de ce même aimant, 4de sorte que dans l'équation (6) il faut remplacer M par
- M(i+v'H) (9)
- expression dans laquelle v' est ce qu’on appelle le coefficient d’induction de l’aimant au cas où son magnétisme vient à augmenter.
- W. Weber et H.-F. Weber n’ont pas tenu compte de cette correction dans leurs mesures, ou du moins ils n’en parlent pas; E. Dorn, au contraire, ainsi que Kohlrausch, dans ses observations d’amortissement, s’en sont préoccupés.
- En dernier lieu, l’extra courant induit dans le fil du multiplicateur peut aussi nécessiter une correction; cette correction est cependant très petite; dans notre cas, par exemple, elle est voisine de o,ooo3. Selon Dorn, il faudrait dans la troisième fraction de l’équation (6), introduire au dénominateur le facteur
- dans lequel II représente le coefficient de la self-induction.
- A propos de la détermination des différentes quantités qui entrent dans l'équation (6), il convient de remarquer ce qui. suit :
- Le décrément logarithmique sans amortissement, c’est-à-dire le multiplicateur étant ouvert, X0 et le décrément logarithmique X, le multiplicateur fermé, se déterminent dans les deux cas de la façon ordinaire par la décroissance dans l’amplitude des oscillations de l'aimant.
- pe même poqr la durée des oscillations Tp de l'aimant,
- La première expression exige la déterminaiion toujours difficile du moment d'inertie N, ainsi que celui du carré du moment magnétique M (ou bien, si on se reporte aux formules finales de Kohlrausch, au bas de la page 14, ou à l’équation (6), page 775, du traité de Dorn, la détermination du carré de II, ce qui revient absolument au même); cec
- nécessite, outre l’opération qui donne
- M H 9
- encore une série
- de mesures et notamment des mesures de durées d’oscillations (i), quand il est si aisé de déterminer au moyen d’une
- seule opération la quantité
- M
- H '
- Dans mes mesures, je m’en suis tenu à la forme (6) pour
- M
- l'expression de W; le quotient —a doue été simplement dé-
- H
- terminé en observant les déviations.
- C’est sur la détermination de la constante de sensibilité C du multiplicateur qu’il y a surtout divergence entre les diverses méthodes suivies. W. Weber et H.-W. Weber ont calculé cette dernière d’après la loi de Biot-Savart, en partant de la forme et des dimensions du multiplicateur et de l'aimant, ce qui les a obligés, pour avoir une approximation suffisante, de placer les spires du multiplicateur à une assez grande distance de l'aimant. Mais cette disposition a pour effet de diminuer sensiblement le décrément logarithmique X lorsque le multiplicateur est fermé, ce qui en rend la détermination moins certaine.
- Pour tourner cette difficulté, Dorn fait passer le courant d’une batterie galvanique comme courant principal à travers une boussole des tangentes et, comme courant dérivé plus faible, à travers le multiplicateur; ce qui permet, le rapport des résistances des deux branches étant déterminé, d’exprimer, en observant les déviations simultanées de l’aimant dans chacun des deux appareils, la constante de sensibilité du multiplicateur en fonction, de celle de la boussole des tangentes, plus facile à évaluer.
- (») Dans une note plus récente « sur quelques procédés pour déterminer la résistance absolue d’un circuit qui renferme un inducteur terrestre et un galvanomètre » (C. R. de la section de physique math, de l’Académie des sciences de Bavière, 1883, 2® fascicule), M. F. Kohlrausch propose lui-même comme perfectionnement à la méthode de *. mesure qu'il a suivie, de revenir, pour les expressions reproduites plus J haut, à la forme première de W. Weber.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En effet, si nous appelons :
- im le courant dérivé dans le multiplicateur,
- W -f- W4 = w la résistance de la dérivation du multiplicateur, c’est-à-dire de Ja branche dans laquelle est placé le multiplicateur, w la résistance du shunt, c’est-à-dire la branche
- s 7
- J
- on a
- qui est en quelque sorte montée comme un court circuit,
- le courant principal qui passe dans la boussole des tangentes,.
- w
- “ ' f~ = 1 +
- tm W
- .v
- Mais on a également pour le multiplicateur : ,m =^sin 9 (1 + ©) et pour la boussole des tangentes
- J =g tang. *(.-j-0').
- (»2)
- Si nous désignons par K la constante de sensibilité de la boussole de’s tangentes que l’on détermine, par 9 et les déviations observées pour les deux instruments, et enlin par 0 et S' les influences de la torsion pour chacun d’eux.
- Mais ces équations donnent pour la quantité C qiu l’on cherche :
- C —K
- sin q? tang
- ï(
- 1 +0 -0')
- (i3)
- de sorte que l’intensité horizonta'e du magnétisme terresire disparaît, une fois admis que cette intensité est la même à l’endroit où se trouve le multiplicateur et la boussole des tangentes (J).
- Avant que le mémoire de M. Dora me fût connu, j’avais l’intention de déterminer C dè la façon qui vient d’être exposée. Les résultats de ses mesures ne pouvaient donc que me confirmer dans cette idée.
- (A suivre.)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis l’année 1878
- (Suite)
- ALGÉRIE ET TUNISIE
- Tunisie
- Le service postal et télégraphique a rencontré de réelles difficultés pendant les événements qui se sont accomplis en Tunisie au commencement de l’année i83i.
- Avant tout, il fallait établir les communications postales et télégraphiques du corps expéditionnaire avec la France,
- par la constitution de services auxiliaires spéciaux attachés aux troupes en marche.
- Le service des postes en campagne est assuré par le corps de la trésorerie et des postes, composé d’agents des finances et des postes, momentanément distraits'de leuf service ordinaire. Ils relèvent du ministre des finances pour la comptabilité, les caisses, la partie professionnelle du service; pour les ordres de route et la marche des courriers, de l’autorité militaire.
- Ils maintiennent le transport et la distribution des correspondance sur les derrières de l’armée à partir des stations têtes d'étapes établies dans les mêmes localités quejes bureaux de poste des frontières; c’est sur ces têtes d’étapes que le département des postes et des télégraphes doit diriger toutes les correspondances à destination des troupes d’expédition.
- Le service de la télégraphie militaire est effectué, pour les armées en campagne, par des agents mis temporairement à la disposition du département de la guerre; ils relèvent de l’autorité militaire pour les communications à établir dans l’intérêt des opérations de guerre.
- Nous avons fourni pour la constitution des bureaux de la trésorerie et des postes du corps expéditionnaire 28 agents et 8 sous-agents des postes; nous avons fourni également pour la télégraphie militaire deux sections et plusieurs détachements comptant 73 agents et 76 sous-agents.
- Non seulement l’expédition de Tunisie a nécessité la formation de ces service? spéciaux, mais sur certains points le service postal et télégraphique a dû fournir un surcroît considérable de travail et vaincre des difficultés particulières.
- En conformité des dispositions du décret du 24 mars 1877 sur l’organisation du service des pestes aux armées, le bureau de Bône, puis la recette principale de Marseille furent obligés, comme bureaux frontières, de centraliser toutes les correspondances à destination des corps de troupes de l’expédition.
- Nous avons pu faire face à la tâche que ces mesures ont imposée aux services sédentaire et ambulant presque sans renfort dè personnel.
- Nous avions, en temps utile, pris les dispositions nécessaires pour donner aux colonnes de l’expédition le bénéfice de la franchise accordée par la loi du 3o mai 1871 aux correspondances adressées aux militaires et marins en campagne; cet avantage s’étendait même à l’envoi des mandats d une valeur inférieure à 5o francs. Cette franchise a cessé le 1er juillet i883.
- A l’aide des dispositions introduites dans le cahier des charges des compagnies maritimes subventionnées, nos paquebots ont prêté le plus utile concours au département de la guerre pour le transport des troupes et du matériel destiné au ravitaillement du corps expéditionnaire. Dans la première semaine de l’expédition, la flotte de la Compagnie transatlantique n’a pas transporté moins de i5ooo hommes et de 3 000 chevaux.
- Les nouvelles lignes de paquebots, récemment établies entre Marseille et Tunis, en multipliant les moyens de communication entre la France et la Tunisie et en rendant les relations plus fréquentes avec ce pays, ont également facilité le transport de troupes et de matériel destinés au corps expéditionnaire.
- Jusqu’en 1881, il n’existait en Tunisie qn’un seul bureau de poste, celui de Tunis, 12 bureaux télégraphiques et 6 distributions.
- Actuellement, 32 recettes mixtes des postes et des télé-
- {*) Si nous considérons la méthode de M. Weber, employée par M. Kohlrausch non comme une modification de la première, mai* comme une modification de la deuxieme méthode, nous pouvons aussi dire que M. Weber a, dans sa méthode, tourné la difficulté qui s’attache à la détermination de C, et dont nous avons parlé plus haut, en faisant passer dans son multiplicateur le courant engendré dans un inducteur terrestre et en remplaçant ainsi Ja constante de sensibilité C du multi-
- plicateur parla constante S de l'inducteur terrestre plus facile à évaluer. En fait, l’expression finale de W, qu’on trouve chez Kohlrausch (p. 14 du mémoire cité), si Ton substitue au moment d’inertie N la valeur tirée des relations (7) diffère de notre expression (6), pour ce qui est des deux premiers facteurs, seulement en ce que 1$ constante $ figure à la place de Ç,
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- graphes, sur lesquelles iq remplacent des bureaux télégraphiques militaires, sont ou vont être ouvertes aux deux services en Tunisie; 14 distributions-entrepôts ont été établies dans les gares et les stations de chemins de fer.
- Lors de l’achèvement'du chemin de fer de la Medjcrdah, le bureau de Tunis a été mis en correspondance quotidienne avec l’Algérie par la voie de terre. Le service était fait au début par les conducteurs de train depuis Tunis jusqu’à Ghardimaou, près de la frontière algérienne, par un courrier à cheval entre Ghardimaou et Soukharas, et par un courrier en voiture entre Soükhàras et Du vivier, station du chemin de fer de Bône à Guelma.
- Lors de l’ouverture à l’exploitation de l’embranchement de Duvivier à Soukharas et de l’établissement d’une route entre Soukharas et Ghardimaou, nous avons substitué un service en voiture au service effectué précédemment par cavaliers entre ces deux points, et un service effectué par des conducteurs de train entre Tunis et Ghardimaou. Outre l’escorte et l’échange des .dépêches, ces courriers convoyeurs lont un service de manipulation.
- Le service des postes en Tunisie a ètc assimilé au service métropolitain dans la plus large mesure possible, et la Tunisie vient d’être admise à échanger des valeurs déclarées avec la France et l’étranger.
- Mais c’est principalement sur le service télégraphique qu’a porté l’accroissement .de la correspondance pendant la durée de l’expédition. *
- Nous nous sommes empressés de prendre les mesures commandées par la situation et qui pouvaient aider aux opérations militaires.
- L’augmentation de la circulation télégraphique échangée avec l’Algérie et la Tunisie a surchargé les câbles de la Méditerranée et occasionné un grand surcroît de travail à plusieurs bureaux.
- Ainsi, le nombre des télégrammes transmis par les câbles de Marseille à Alger et de Marseille à Bône, qui avait été de 220,370 pendant la période du icr avril au ior novembre 1880, s’est élevé pendant la période correspondante de 1881 à 307,i58, ce qui représente une augmentation de 3g p. 100. Pendant le seul mois d’avril 1881, l’augmentation s’est élevée à 73 p. 100. Le nombre des transmissions, qui était à Marseille de i5,8oo par jour en moyenne pendant le icr trimestre de 1881, s’est élevé, pendant le dernier trimestre, à 17,500. Le service a dû être prolongé exceptionnellement pendant la nuit à Marseille et dans plusieurs bureaux de l’Algérie.
- L’administration française gère depuis 1861 tous les bureaux télégraphiques de la Tunisie. Les événements militaires rendaient nécessaires une augmentation du personnel de ces bureaux et l’établissement de nouvelles communications. Des appareils Hughes ont été installés à Tunis; nous avons renforcé le personnel des bureaux de Tunis, la Gou-lette, Sousse, Béjà, Bizerte et du Kef; un service de jour complet a été établi dans ces trois derniers bureaux.
- D’autre part, nous avons reconnu la nécessité, pour assurer une prompte communication entre Tunis et l’Europe, d’établir un fil direct entre Tunis et Bône par Duvivier, Soukharas et le Kef.
- Nous avons songé également, d’accord avec le ministre de la guerre, à constituer entre Tunis et l’Algérie une seconde communication qui fût à l’abri des tentatives malveillantes.
- Un premier câble provisoire a été établi en toute hâte entre la Calle et Bizerte. Un second câble, susceptible d’une beaucoup plus longue durée, a été posé plus tard entre Bizerte et Bône.
- Dans le même but d’assurer la permanence des communications avec le sud de la Régence, quatre câbles ont été posés : ceux de Sousse à Sfax, Sfax à Djerba, Djerba à Gabès et Djerba à Zarzis.
- De nombreuses lignes télégraphiques ont été installées avec le concours de l’autorité militaire.
- La longueur totale du réseau télégraphique aérien en
- Tunisie était, au 3i décembre i883, de 1,721 kilomètres, et celle des fils posés de 2,808 kilomètres.
- Les recettes des postes et télégraphes de la Tunisie, qui, en 1881, n’étaient que de 315,000 francs, se sont élevées à *171,000 francs en i883.
- Les travaux de construction des ligues nouvelles ont été conduits avec la plus grande célérité. Toutefois, ils n’ont pas été notre unique préoccupation : il a fallu encore pourvoir, pendant la période de l’insurrection, à l’entretien et à la surveillance des lignes existantes; cette tâche était rendue extrêmement difficile et pénible par l’hostilité des tribus.
- Le 6 avril 1881, le directeur des postes et des télégraphes de Tunisie annonçait que la ligne de Mahdia à Sfax était coupée. A partir de ce moment, les interruptions et les dégâts causés par la malveillance se multipliaient sur tous les points du territoire, et principalement dans la région Sud, restée au début en dehors du cercle des opérations militaires.
- Les surveillants étaient insultés, ils ne pouvaient obtenir d’escorte des autorités locales, et ce n’était qu’au péril de leur vie et au prix de mille difficultés qu'ils parvenaient à accomplir leur mission.
- C’est seulement grâce au dévouement absolu du personnel qu'on put assurer le maintien de certaines,communications le rétablissement des lignes de Tunis à la frontière d’Al gérie et de Sousse à Sfax, qui avaient le plus souffert, n’a été complètement possible qu’après le 21 novembre 1881, date de la pacification du pays.
- Dans les circonstances difficiles qu’il a traversées, le service télégraphique a partout fait son devoir en Tunisie, et les agents n’ont cessé de faire preuve en toute occasion de zèle, de dévouement, d'abnégation et de patriotisme. Leur conduite au milieu de circonstances critiques, qui rendaient souvent très dangereux l’accomplissement de leurs obligations, a été digne d’éloges. Ils ont contribué, dans la mesure de leurs attributions, comme a bien voulu le reconnaître M. le ministre des affaires étrangères, au succès de l’œuvre confiée à nos troupes (*).
- EXPOSITION INTERNATIONALE ET CONGRÈS D’ÉLECTRICITÉ
- Dans un rapport en date du 23 octobre 1880, nous avions l’honneur de vous exposer en ces termes les motifs qui nous semblaient devoir provoquer l’ouverture d’une exposition internationale d’électricité et d’un congrès d’électriciens :
- « Des découvertes importantes et inattendues ont récemment appelé d’une façon particulière l’attention publique sur tout ce qui Concerne l’électricité; en même temps l’industrie, s’emparant de ces conquêtes de la science, a depuis quelques années multiplié leurs applications dans toutes les branches. Aujourd’hui, aucune science ne semble devoir, plus que la science électrique, réaliser de raoides progrès, résoudre des problèmes intéressant la vie économique des nations et rendre enfin h toutes nos relations d’inappréciables services. »
- Nous ajoutions que les savants et les industriels cher chent aujourd’hui, dans tous les pays du monde, à perfectionner les moyens de produire et d’utiliser cette force nouvelle de l’électricité. Les résultats obtenus étaient déjà considérables et nombreux, mais encore insuffisants et in-
- (*) Des récompenses exceptionnelles ont été accordées aux agents qui s’étaient le plus distingues. M. le ministre des affaires étrangères a récompensé M. Roy, chargé du bureau télégraphique dn Kef, qui avait facilité rentrée de nos troupes dans cette ville, en le proposant pour la décoration de la Légion d’honneur. M. le ministre de l’intérieur a accordé une médaille d’honneur à M. Gau, qui, au moment des troubles de Sfax, sauva par son attitude énergique un grand nombre d’habitants de cette ville.
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- complets. Il y avait grand intérêt à préciser l’état de la science et de ses applications, à rapprocher et à comparer les procédés de recherches, afin d’imprimer aux efforts produits de toutes parts une direction qui pût assurer et féconder leur succès.
- Vous avez bien voulu autoriser sur ma proposition, par un décret daté du 23 octobre 1880, l’organisation de l’exposition internationale d’électricité.
- A cette date, les Chambres n’étaient pas réunies : ne voulant pas engager une dépense pour laquelle aucun crédit n’était ouvert, nous avons dû avoir recours à une association de garantie dont les membres s’engageaient à garantir les dépenses occasionnées par l’exposition jusqu’à concurrence de 5ooooo fr., sans cependant prendre part aux bénéfices qui pouvaient résulter de l’entreprise.
- Une commission d’organisation qui élabora le règlement général de l’exposition, un comité technique et un comité des finances, composés en majeure partie des membres de la commission d’organisation, ont prêté un concours précieux à l’administration ; elle a trouvé en eux des collaborateurs d’une valeur incontestable.
- L’intervention de l’Etat se borna d’abord à mettre gratuitement le palais de l’Industrie à la disposition de l’association de garantie, et à placer l’exposition sous son patronage et sa surveillance.
- Lorsque les Chambres furent réunies, une subvention de 200000 fr. fut accordée à l’exposition.
- Un commissaire général, M. Georges Berger, fut chargé de l’administration de l’exposition, sous la haute direction du ministre des postes et des télégraphes. Des commissaires spéciaux y représentaient l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Russie et la Suède.
- Les objets exposés furent répartis en six groupes : 1® production de l’électricité; 20 transmission par l’électricité; 3° électrométrie ; 4® applications de l’électricité ; 5° mécanique générale ; 6° bibliographie et histoire. Ces six groupes furent subdivisés en seize classes.
- 1 764 exposants français ou étrangers ont pris part à l’exposition.
- Ils se répartissaicnt ainsi par nation :
- France....................................... 937
- Allemagne.................................... 148
- Autriche...................................... ij
- Belgique..................................... 208
- Danemark....................................... 5
- Espagne....................................... 23
- Angleterre................................... 122
- Hongrie....................................... 10
- Italie.................................., ... 81
- Japon.......................................... 2
- Norvège....................................... 19
- Pays-Bas...................................... 18
- Russie........................................ 38
- Suède....................................... à3
- Suisse........................................ 21
- Ce ne fut qu’au milieu du mois de juillet que le palais de
- Industrie put nous être livré.
- Cette circonstance nous obligea de reculer de dix jours la date primitivement fixée pour l’ouverture et il fallut déployer une extrême activité afin que l’installation fût terminée le 11 août 1881, jour de l’inauguration de l’exposition. Vous avez bien voulu l’honorer de votre présence.
- On ne put commencer l’éclairage électrique que seize jours après. Le palais de l’Industrie fut ouvert le soir à partir du 27 août 1881. L’illumination par l’électricité présentait un merveilleux spectacle.
- Les séances du soir offrirent un autre attrait. Les visiteurs se pressaient dans les salles où les téléphones leur permettaient d’entendre, avec une grande netteté, les chants ou dialogues produits sur les scènes du grand Opéra, de l’Opéra-Comique, du Théâtre-Français.
- Le nombre des entrées payantes a été de 673 373.
- Les entrées gratuites ont été en nombre considérable. Des cartes avaient été accordées libéralement aux écoles, distribuées dans les ateliers, etc.
- Les deux derniers jours ont été exclusivement gratuits : plus de 80000 personnes ont profité de cette faculté.
- Un total de près d’un million de visiteurs a parcouru l’exposition du n août au 20 novembre 1881, jour de la fermeture. Ces dates extrêmes avaient été malheureusement imposées par l’affectation du palais de l’Industrie à d’autres services.
- Les recettes se sont élevées à io5oooofr. et laissent un produit net de plus de 33oooo fr.
- Aux termes de la convention souscrite par l’association de garantie, les bénéfices que pourrait procurer l’exposition devaient être employés à une œuvre utile, de nature à contribuer au progrès de la science électrique.
- Aussi cette association a-t-elle mis cette somme à la disposition du Gouvernement pour l’appliquer à la création d’un laboratoire spécial d’électricité.
- Par un décret en date du 24 février 1882, vous avez bien voulu autoriser la création de ce laboratoire, qui continuera, dans des conditions plus modestes, l’œuvre du congrès.
- Le laboratoire des études d’électricité dépend du département des postes et des télégraphes, le plus directement intéressé dans la question, mais il profitera également aux autres départements ministériels.
- Les piles, les machines magnéto-électriques, la construction des câbles sous-marins et souterrains, les appareils de mesure électrique, les signaux de chemin de fer, les téléphones, l’éclairage électrique, le transport de la force par l’électricité, l’électrophysiologie, la galvanoplastie, l’application de l’électricité à l’horlogerie, ont fourni un contingent important à l’exposition d’électricité.
- Les appareils de télégraphie y ont occupé une large place, et ont montré l’importance des développements réalisés depuis quelques années.
- Un jury, composé par moitié de membres français et étrangers, choisis parmi les hommes les plus autorisés dans les différents pays, fut chargé de décider quelles seraient les récompenses accordées aux exposants les plus méritants.
- Ces récompenses ont été décernées dans une séance tenue le 21 octobre 1881.
- En dehors de 5 grands diplômes d’honneur accordés aux administrations télégraphiques de la France, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Autriche, de la Belgique, et de 40 diplômes d’honneur reçus par diverses administrations ou sociétés savantes, 8 diplômes d’honneur ont été accordés à des établissements industriels et n à des inventeurs. Parmi ceux-ci nous devons citer M. Baudot, ingénieur au ministère des postes et des télégraphes, auteur de l’appareil multiple qui permet de transmettre simultanément six dépêches imprimées eu caractères typographiques : cet appareil est celui qui donne actuellement le rendement le plus considérable et semble être le plus parfait de tous les appareils télégraphiques connus.
- En outre, près de 5oo médailles d’or, d’argent et de bronze ont récompensé un pareil nombre d’industriels.
- Les Chambres ont compris que, parmi les hommes éclairés dont le concours a assuré le brillant succès de l’exposition et du congrès, il y en avait dont le dévouement et les efforts ne pouvaient être récompensés que par des distinctions honorifiques. Aussi une loi spéciale, par dérogation à la loi du 25 juillet 1873, a permis de récompenser par des promotions dans la Légion d’honneur les services rendus à l’exposition.
- Le même décret du 23 octobre 1880, qui autorisait l’organisation de l’exposition internationale d’électricité, décidait qu’un congrès international des électriciens serait ouvert à Paris le i5 septembre 1881, sous la présidence du ministre des postes et des télégraphes, et que trois vice-présidents seraient choisis parmi les membres français et trois parmi les membres étrangers du congrès.
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- La plupart des pays nous ont envoyé leurs savants les plus illustres.
- Le congrès, réuni à la date indiquée, se subdivisa en trois sections, chargées d’étudier plus spécialement: la première, les questions de physique, chimie, physiologie, et en général l’électricité au point de vue théorique; la deuxième, les questions touchant à la télégraphie et aux chemins de fer; la troisième, les autres applications civiles ou militaires de Pélectricité.
- L’oeuvre capitale du congrès, au point de vue de la science pure, a été l’adoption d’un système d’unités électriques admis par les savants de tous les pays.
- La puissance d’une source d’électricité, la résistance que les diverses substances opposent à la propagation de l’électricité, enfin l’intensité même d’un courant électrique sont autant de grandeurs qu’il est indispensable d’évaluer d’une manière précise, lorsqu’on veut comparer les divers appareils en usage aujourd’hui.
- Cependant, les mesures employées dans les divers pays pour indiquer cette puissance, cette résistance, cette intensité, ne se ressemblaient pas. Sous le même nom, on désignait autant de valeurs différentes qu’il y avait autrefois de pieds, de livres, de quiutaux, de boisseaux, avant l’établissement du système métrique. En passant d’un pays à l’autre, il fallait changer le dictionnaire, et, pour mettre d’accord les appareils de deux contrées entrant en communication télégraphique, il fallait se livrer à de longs et pénibles cal-cu's.
- Le congrès, après de savantes discussions, prenant pour base les travaux et les découvertes des illustres physiciens de notre siècle, a établi un système de mesures électriques étroitement coordonnées, rapportant toutes les manifestations de la puissance électrique à une mesure commune se rattachant au système métrique, ne laissant prise à aucun malentendu et pouvant être formulée en termes clairs et précis. Il a donné aux diverses unités électriques les noms de Coulomb, Volta, Ampère, Ohm, Faraday, c’est-à-dire ceux des savants dont les découvertes ont fait faire les plus grands progrès à la science électrique.
- Le congrès a également émis le vœu que le Gouvernement français voulût bien inviter les autres gouvernements à constituer des commissions internationales chargées d’étudier et de résoudre les questions suivantes :
- i*> Détermination de l’étalon pratique de résistance électrique;
- 2° Utilisation de la télégraphie pour la météorologie, et rapports de celle-ci avec l’électricité atmosphérique et terrestre;
- 3° Détermination d’un étalon de lumière;
- 4° Protection à accorder aux câbles sous-marins, qui, à défaut de sanction du droit international, sont sans protection contre des détériorations résultant soit de l’imprudence, soit de la malveillance.
- En dehors de ces questions importantes, l’application de la médecine à la physiologie, le problème de la protection des édifices contre les effets de la foudre, l’unification des diverses mesures relatives aux lignes sous-marines, furent successivement l’objet de discussions intéressantes dans le sein du congrès.
- Avec l’aide de l’exposition, dont il pouvait profiter comme d’un immense laboratoire, il a donné une grande publicité aux découvertes des savants. Il marquera une date importante dans l’histoire de l’électricité.
- Conférences des unités électriques et de la protection des câbles
- Le Gouvernement français s’est empressé de se conformer au vœu émis par le congrès.
- Les divers Etats convoqués ont bien voulu répondre à l’invitation qui leur a été adressée par M. le ministre des affaires étrangères.
- Le ï6 octobre 1882, les deux conférences dont la réunion avait été demandée s’ouvraient simultanément à Paris et se partageaient l’étude des questions qui leur étaient réservées. La première conférence, dénommée conférence des unités électriques, devait s’occuper spécialement des unités électriques et généralement des trois premières questions posées par le congrès.
- La conférence dans ses premières réunions, a recommandé certaines méthodes à employer pour déterminer d’une manière définitive l’étalon de mesures électriques et l’étalon de lumière. Mais, en raison de la délicatesse des expériences à faire, elle n’a pu adopter immédiatement une solution définitive.
- Elle a dû décider que les essais se poursuivraient dans les conditions indiquées par elle. Pour les questions relatives à l’électricité atmosphérique et aux orages, elle a demandé aux administrations télégraphiques de lui fournir dans ce but leur concours.
- Nouss avons pu, grâce aux crédits votés par les Chambres pour la réunion des conférences, continuer les expériences commencées.
- La conférence s’est réunie de nouveau le 29 avril 1884, et ses travaux viennent d’aboutir à des résultats précieux pour la science électrique.
- En premier lieu, les unités de mesure électrique, connues dans la science sous le nom de ohm, volt et ampère, et l’unité de lumière ont été définies nettement de manière à représenter partout une même valeur absolue.
- En second lieu, la conférence a recommandé l’établissement d’étalons conformes à la définition donnée.
- Enfin, elle a invité le bureau international de Berne à vouloir bien réunir les résultats des expériences sur les courants électriques recueillis par les administrations télégraphiques.
- La deuxième conférence avait mission d’assurer la protection des câbles sous-marins et d’introduire dans le droit international des dispositions à cet égard.
- En effet, les interruptions sont fréquentes sur les câbles sous-marins. Des intérêts considérables se trouvent ainsi en soull'rance; les relations politiques et commerciales en sont entravées.
- Ces interruptions sont dues souvent à la négligence, parfois à une culpabilité réelle. Tantôt les câbles sont accrochés par une ancre, et, plutôt que de sacrifier celle-ci, sauf à en obtenir le remboursement par le propriétaire du câble, lé capitaine du navire coupe le câble. Tantôt l’accident est provoqué par les filets des pécheurs.
- Des circonstances diverses avaient sans cesse fait ajourner une solution d’une utilité aussi incontestable.
- Dès i863, une convention fut conclue par divers Etats à l’effet de protéger un câble international qu’ils voulaient établir; mais, l’entreprise n’ayant pu être réalisée, la convention ne fut pas appliquée.
- En 1869, le gouvernement des Etats-Unis prit à son tour l’initiative d’un conférence pour discuter les questions relatives aux câbles sous-marins. Sa proposition fut favorablement accueillie; des circonstances imprévues empêchèrent néanmoins d’y donner suite.
- La conférence de l’union télégraphique réunie à Rome en 1872. la conférence tenue à Berne en 1880 pour la codification du droit des gens, le congrès des électriciens, la conférence de la Haye pour la réglementation de la pêche, émirent des vœux pour que la propriété des câbles fût sauvegardée. Toutes ces réunions durent se reconnaître incompétentes, en proclamant l’importance de l’œuvre à réaliser
- Cependant la nécessité de protéger les communications sous-marines qui rapprochent les nations, de donner aux câbles la sécurité qui peut permettre d’en étendre le réseau et d’en abaisser les tarifs devenait de plus en plus incontestable.
- La réunion de la conférence de 1882 a permis d’atteindre le but proposé. Les questions délicates de responsabilité
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- de compétence, de juiidiction, ont été tranchées au mieux des intérêts généraux.
- Les membres de la conférence se sont séparés le i novembre 1882, après avoir adopté un projet de convention .posant les principes qui doivent concilier les intérêts en-gagés.
- Les bases de ce projet, ses principales stipulations, ont partout été immédiatement acceptées. Quelques observations seulement ont été produites sur des points de détail.
- La conférence a dû être réunie de nouveau le 16 octobre i883 pour trancher ces dernières difficultés. De nouveaux Etats ont manifesté leur adhésion en venant prendre part a x travaux de la conférence, dans laquel c 32 gouvernements ont été représentés.
- Le projet définitif de convention a ôté arrêté par l’unani-mité des délégués, chacun s’est chargé d’en poursuivre l’approbation auprès de son gouvernement. Cette approbation a été obtenue.
- Le 14 mars 1884 a pu avoir lieu à Paris la signature officielle de cette convention, qui désormais prendra place dans le droit international.
- - Elle comporte dans ses dispositions essentielles:
- i° La reconnaissance du principe de la répression de toute rupture ou détérioration d’un câble, faite volontairement ou par négligence coupable, sans préjudice de l’action civile en dommages intérêts;
- 20 L’établissement du droit, pour tout propriétaire d’un câble, d’obtenii réparation de tout dommage à lui causé pendant les opérations de pose ou de réparation d’un autre câble ayant occasionné la rupture ou la détérioration de celui dont il est propriétaire, et pour les propriétaires de navires, d’êtie indemnisés du dommage causé par le sacrifice d’engins leur appartenant, fait dans le but de ne pas endommager un câbie sous-marin;
- 3° L’altnbution de la compétence aux tribunaux du pays auquel appartient le bâtiment à bord duquel l’infraction a été commise;
- 4° L’indication des moyens de preuve admis et des autorités compétentes pour dresser procès-verbal ;
- 5° La protection des navires occupés à la pose et à la réparation des câbles;
- 6° L’obligation pour les gouvernements contractants de prendre ou de proposer à leurs législatures respectives les mesures nécessaires pour assurer l’exécution de la convention.
- Exposition de Vienne
- Le succès de l’exposition d’électricité de Paris a provoqué dans d’autres pays des entreprises similaires s’en rapprochant plus ou moins, mais presque toujours dans des conditions plus restreintes et d’un caractère privé.
- Nous devons cependant mentionner à part l’exposition qui a eu heu à Vienne en i883.
- C’est à l’initiative privée qu’était due la première idée de cette exposition.
- Le succès de l’exposition de Paris n’est sans doute pas étranger à cette entreprise à laquelle le gouvernement de l’Autriche-Hongrie avait accordé son patronage. Ce succès, nous l’avons dû en grande partie à l’empressement que les offices européens, et au premier rang l’administration des télégraphes d’Autriche-Hongrie, avaient mis à répondre à l’invitation qui leur avait été adressée en 1881 par le Gouvernement français.
- Le gouvernement d’Auttiche-Hongrie ayant officiellement invité les divers offices télégraphiques à prendre part à l’exposition de Vienne, la France a la première répondu à cet appel, et les Chambres ont voté un crédit extraordinaire de 80000 francs, pour permettre au ministère des postes et des télégraphes de s’y faire dignement représenter.
- La France a occupé une large place à l’exposition de Vienne.
- Elle a compté 140 exposants sur un total de 6co, et son exposition particulière absorbait 4000 mètres carrés, soit le tiers de l’exposition entière.
- Notre exposition a été l’objet des témoignages les plus flatteurs, et nous pouvons considérer qu’elle a été un véritable succès pour l’administration française et pour les industriels français qui ont vou u y prendre part.
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Dans l’article sur les poissons électriques, dans le n° 32 de.-ce journal, le récit d’Alexandre de Humboldt sur le combat entre les chevaux et les poissons est cité. Ce récit, qui forme un des passages les plus célèbres du livre « Ansichten derNatur », est cependant en contradiction avec des observations faites dans les années dernières.
- Le docteur Cari Sachs, qui, en 1876, se rendit au Llaitos de Venezuela pour reprendre les études de Humboldt sur le gymnote, ne s'était (en ébauchant le plan de ses travaux) formé aucune autre idée sur la pêche des « Tembladores », que celle de 1’ « Embarbascar cou cavallos ». Mais, à son arrivée au Venezuela, il fut fort étonné de ne pouvoir obtenir qu’à des prix très élevés des chevaux ou des mulets, et il se proposa de remplacer ces animaux par des ânes. Mais quand il commença à faire les arrangements nécessaires, il. se trouva que personne ne comprit ce qu’il voulait dire par 1’ « Embarbascar con cavallos », de sorte qu’il fut obligé de raconter en détail tout le récit de Humboldt. Et son auditoire de rire à haute voix de l’idée de vouloir prendre aius les « Tembladores » !
- Je traduis les mots du docteur Sachs (f) :
- « Personne parmi les hommes que j’interrogeai, même les *1 plus âgés, n’avait de sa vie entendu parler du combat entre « les chevaux et les poissons. Un enchaînement curieux de « crconstances a fait considérer une expérience isolée « comme une habitude et une coutume, comme un trait « spécial dans le caractère d’un pays. Il est absolument im-« possible que dans les Llanos on ait jamais eu la coutume «de prendre les gymnotes à l’aide de chevaux que l’on 1 eût poussés dans l’eau. Sans cela, on devrait trouver au « moins une trace de ce souvenir chez les habitants du « pays, les fils de ceux que Humboldt y connut. D’autre « part, des gens du voisinage de l’Apure m’ont raconté une « circonstance qui peut bien être en rapport avec le récit « de Humboldt. Il paraît que, pour la traversée des fleuves, « dans lesquels se trouvent beaucoup de Tembladores, « on fait entrer tout d’abord dans l’eau les troupeaux d’ani-« maux pour épouvanter et chasser les gymnotes, qui ont « l’habitude de se tenir au fond de l’eau. Parmi les Indiens « dans la suite de Humboldt se trouvait probablement « quelque esprit ingénieux, qui partit de ce fait pour cou-« cevoir son projet. On poussait sans doute les chevaux « dans l’eau pour faire monter les gymnotes à la surface et « permettre ainsi aux Indiens de les harponner, plutôt que « pour amener par des décharges fréquentes un affaiblisse-« ment de la puissance électrique. Un tel affaiblissement « était même tout à fait superflu, puisque la corde longue et « sèche à laquelle le harpon est attaché protège contre les *- coups des poissons. Quoi qu’il en soit, l’affaire n’a été « qu’un évènement isolé. Dans les Llanos, il n’y a aucune « manière réglée de prendre les gymnotes. Ces poissons (*)
- (*) Aus den LUnos, von Cari Sachs, Mud. Dr. Leipzig, Veit et C°) 1S79.
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- « sont un'objet'de crainte' et d’horreur pour les Indigènes ; « on les évite autant que possible. Seulement, de temps en * temps, dans les grandes pêches, on en prend accidcntcllc-« ment quelques-uns dans les filets. »
- Veuillez agréer, etc.
- Dr H. Michaelis.
- tème de M. Reckenzaun, der'Londres. La force motrice est fournie par 20 accumulateurs cachés au fond du bateau. La vitesse ordinaire est de dix milles par heure, mais elle peut être augmentée très facilement. Le bateau prend neuf ou dix personnes; son hélice a 12 pouces de diamètre et fait 4S0 tours par minute.
- FAITS DIVERS
- Notre mission scientifique partie du Havre le samedi 23 août est arrivée dimanche dernier à New-York. Nous avons été heureux d’apprendre, par une dépêche datée de cette ville, l’arrivée à bon port et l’état de santé satisfaisant de tous les membres dont se compose la mission.
- Le frein électrique de M. Walcker, a dernièrement été essayé sur le tramway entre Turin et Piossasio. Il paraît que deux voitures marchant il une vitesse de 35 kilomètres à l’heure ont pu être arrêtées en moins de six secondes et sur une distance de 18 mètres. Le système de M. Walcker fonctionne à l’Exposition de Turin.
- Le 20 août dernier, la cathédrale de Livourne a été frappée par la foudre et incendiée. Un moteur électrique à la gare du chemin de fer et plusieurs bâtiments ont également beaucoup souffert.
- On vient de terminer, à l’Observatoire, les six salles souterraines, à température constante, destinées à l’étude du magnétisme du globe.
- Elles sont construites dans les meilleures conditions possibles d’isolement et de stabilité.
- Un premier mur de soutènement en meulière et béton, de 1 mètre 80 d’épaisseur, forme un espace rectangulaire de 60 mètres de longueur sur 16 de largeur.
- Les salles construites dans cet espace sont isolées du mur de soutènement par une galerie de deux mètres de longueur; leurs murs sont faits de béton et de meulière et ont une épaisseur de 80 centimètres. Elles communiquent toutes entre elles par une porte de 1 mètre 45 de largeur, et ont, en outre, chacune une porte d’accès sur la galerie Nord dans laquelle on arrive en descendant de la terrasse.
- La hauteur des salles est de 3 mètres 65 sous la clé, et les voûtes, épaisses de 1 mètre, sont recouvertes d’une couche de 2 mètres de terre.
- Des massifs de plantes vertes et de gazon garantissent en partie la surface du sol de l’action du soleil et de la gelée ; toutes ces salles sont éclairées au gaz.
- Les instruments d’observation à y installer comprennent :
- i° Les appareils d’enregistrement des variations magnétiques;
- 20 Les appareils d’observation directe de Lamont ;
- 3° Les appareils Arago.
- Les journaux anglais publient une très longue liste des accidents de personnes et des dégâts matériels causés par la foudre pendant les orages de la dernière quinzaine, dans toutes les parties du Royaume-Uni. Plusieurs personnes ont été tuées ainsi qu’un certain nombre d’animaux; les incendies causés par la foudre ont été fréquents, et les dégâts matériels très considérables.
- L’Association britannique a commencé ses séances à Montréal, mercredi le 27 août, au collège de M° Gill. Plus de 800 membres sont venus d’Angleterre, et le discours d’ouverture a été prononcé par le président Lord Rayleigh, présenté par Sir William Thomson.
- Le University College, à Bristol, possède un laboratoire électrique placé sous la direction du' professeur Silvanus P. Thompsqn, et ouvert au public tous les jours et le mercredi soir.
- On vient d’essayer un bateau électrique à Belle-Isle, Win-dermere (Angleterre), dont le moteur électrique est du sys-
- Le corps du génie de l’armée anglaise vient de faire quelques expériences intéressantes à Cork avec les torpilles et la lumière électrique à l’entrée du port.
- Le 5 août dernier, un violent orage a eu lieu à Pater-son (New-Jersey). La foudre a frappé un fil conducteur pour la lumière électrique et un fil téléphonique qui entraient dans l’Hôtel de Ville. Un grand nombre de bâtiments dans différentes parties de la ville ont également souffert. Une succession rapide d’éclairs s’est produite dans les bureaux de la Western Union Telegraph C°. Aü bureau central des téléphones tous les 600 annonciateurs sont- tombés en même temps et la sonnerie a fonctionné chez tous les abonnés à la fois. La foudre est allée à la terre par les paratonnerres dont plusieurs ont été brûlés. Tout le système des avertisseurs d’incendie a été sérieusement dérangé.
- Le gouvernement égyptien a interdit l’emploi du laugage secret pour les correspondances échangées avec Assouan et tous les bureaux égyptiens situés au sud de cette ville.
- On ne sait pas encore d’une manière absolue quels seront les sujets qui vont être discutés par la conférence électrique pendant l’Exposition de Philadelphie, mais on a proposé : les sources de l’énergie électrique, la transmission électrique de l’énergie, les systèmes d’éclairage à arc et à incandescence, l’induction sur les lignes téléphoniques, les phafes électriques, la téléphonie à grande distance, les conducteurs souterrains, et enfin on discutera la nécessité de mesures électriques exactes et uniformes. .
- Nous lisons dans le New-York Times, au sujet de l’Exposition de Philadelphie, que les ouvriers sont maintenant occupés-à placer le grand orgue électrique et à installer-le chemin de fer électrique. L’expositiou du . gouvernement sera des plus complètes, surtout Celle du département de la marine.
- Pendant la dernière semaine de juillet, il a été engagé en Amérique un capital nominal de 5 5oo.ooo fr. dans de nouvelles entreprises électriques.
- Les cartes montrant la distribution géographique des-coups de foudre en Amérique pendant les années 1882 et 1883, et préparées d’après les statistiques d’incendies, prouvent que les accidents ont été principalement limités à la partie située àu nord du fleuve Ohio et à l’est du Missouri.
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- Pendant les deux années, 85 o/o des coups de foudre ont eu lieu dans ces régions. Dans les Etats du sud, les coups de foudre semblent être comparativement rares et ne se rencontrent guère en dehors de trois Etats, le Texas, la Louisiane et la Géorgie. Il paraît qu’il existe deux centres de perturbation électrique, l’un dans la Nouvelle-Angleterre et l’autre dans les Etats du nord-ouest. 65 o/o des coups de foudre ont lieu pendant l’été et les autres 35 o/o sont partagés d’une manière à peu près égale entre le printemps et l’automne.
- D’ici à la fin de l’année il n’y aura pas moins de neuf différentes expositions en Amérique, dans les villes de Philadelphie, la Nouvelle-Orléans, Cincinnati, Chicago, Saint-Louis, Boston, Louisville, Milwankee et Denver.
- ' Dans toutes ces expositions une section importante a été réservée à l’électricité, qui d’ailleurs fournira l’éclairage partout.
- D’ici quelques jours, le tramway électrique de Cleveland (Ohio) fonctionnera avec deux voitures à la fois ; la dépense pour les deux est estimée à 25 fr. par jour, tandis que les chevaux coûtaient 65, fr. par jour.
- Un inventeur de Cleveland vient de construire une machine pour la fabrication d’isolateurs en papier. Après avoir donné une forme convenable au papier, il le recouvre de goudron et d’autres matières destinées à le rendre absolument incassable. La machine est capable de fabriquer 5 ooo isolatéurs par jour.
- Éclairage électrique
- L’importante maison de MM. Bonfante et Maisonneuve, de Nantes, a fait de nombreuses installations d’éclairage électrique tant à Nantes qu’à Saint-Nazaire, Angers, le Pcl-lerin et même au Brésil. Plus de 56o lampes à incandescence, principalement du système Swan, ont été installées dans des usines, cercles, etc., ainsi qu’un nombre considérable de régulateurs Serrin et Gramme, avec une quarantaine de bougies Jablochkoff.
- MM. Siemens et Halske de Berlin ont été chargés d’installer la lumière électrique dans la nouvelle gare centrale de Mayence. L’installation comprendra 27 foyers à arc de 800 bougies.
- On exécutera à Genève, du icr au 6 septembre prochain, des expériences de lumière électrique pour l’éclairage des champs de bataille et l’enlèvement des blessés.
- Le parcours du nouveau chemin de fer souterrain, qui va être construit à Naples, sera éclairé à l’électricité.
- Le conseil municipal de Leipzig vient d’accorder à la Société du gaz de la ville une concession pour l’installation d’une station centrale d’éclairage électrique et de distribution de la force. Les travaux vont être commencés immédiatement.
- Le gouvernement anglais a décidé d’essayer l’éclairage électrique dans les casernes militaires, et on commencera l’année prochaine dans la caserne du génie à Chatham. Les frais de première installation sont estimés à 125000 francs, et les frais d’entretien à 12 5oo francs par an, ce qui ferait une économie de 10 000 francs sur le gaz.
- Le Palais de Justice à Londres va être pourvu d’une instal-
- lation d’éclairage électrique des plus complètes qui sera établie d’une manière définitive. L’installation comprendra deux machines à vapeur horizontales de io5 chevaux chacune à 60 tours, dont l’une serait seule capable de faire tout le travail. Il y aura 6 dynamos Crompton-Burgin à enroulement Compound de 10 unités chaque, groupées en quaniité qui alimenteront 65o lampes à incandescence Swan de 20 bougies. Un petit moteur Willans à grande vitesse servira à actionner une machine de six unités qui fournira le courant à un circuit comprenant 45 lampes. Deux machines Burgin alimenteront chacune une série de trois foyers à arc Crompton-Crabb de 4000 bougies installés dans la grande salle du centre.
- La teinturerie de MM. Pullar et fils, à Perth (Ecosse), possède une installation très importante d’éclairage électrique, qui va encore être augmentée prochainement de i5o lampes à incandescence de 20 bougies et de 14 foyers à arc. L’installation ne comprend pas moins de vingt dynamos.
- La ville de Marshaltown (Iowa) est maintenant éclairée à la lumière électrique. La force motrice est fournie par un moteur automatique de Westinghouse d’une force de 65 chevaux.
- La construction du nouveau phare électrique sur l’île de Clippy va prochainement être terminée. Le feu sera rouge, à éclats, et visible à une distance de i5 milles.
- On propose maintenant d’installer un foyer électrique et automatique dans la torche de la statue de M. Bartholdi, à New-York. Le courant fourni serait de 60 ampères et de 70 volts; un réflecteur Mangin projetterait la lumière à une distance de 60 milles.
- L’éclairage électrique des rues de Circleville (Ohio) avec des lampes à incandescence du système Edison, a été inauguré le 9 août dernier. Le nombre total des lampes est de 90, dont 60 sont de 32 bougies et le reste de 16. La ville est divisée en six circuits séparés, contrôlés par la station centrale ; les lampes sont suspendues au milieu de la rue sous un réflecteur d’une forme spéciale, qui sert également à les protéger contre la pluie, là neige, etc.
- L’éclairage électrique des rues à Hartford, Conn., fonctionne maintenant depuis plus d’un an. En comparant le prix de cet éclairage avec celui du gaz, on trouve qu’une lampe à gaz revient à 175 fr. par an et pour 326 soirées d’éclairage, tandis que les foyers électriques, qui remplacent 6 1/2 becs de gaz, ne coûtent que 65 sous par soirée, d’où résulte une économie de 77 fr. 5o par an et par lampe, sans compter les frais pour l’allumage et l’extinction des lampes à gaz.
- L’éclairage électrique a fonctionné le 9 août dernier, pour la première fois, dans les rues d’Ashland(Peusylvanie).
- La Brush Electric light O vient de terminer une importante installation d’éclairage électrique à la Nouvelle-Orléans.
- Les rues et places de New-York sont maintenant éclairées par 23 084 becs de gaz et 534 foyers électriques.
- Le maire de la ville de Saint-John (Nouveau-Brunswick), a traité avec la Compagnie locale d’éclairage électrique pour
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- l’érection d’un poteau dé 68 pieds de hauteur, surmonté d’un puissant foyer électrique.
- Le canal du Sault à Canada est maintenant éclairé à la lumière électrique; la force motrice est fournie par une turbine.
- On espère que la lumière électrique à Ilell-Gate, près de New-York, pourra commencer à fonctionner vers la fin du mois de septembre. Il y aura neuf lampes à arc Brush de 4 000 bougies chacune, placées au haut d’une tour de 2S0 pieds de hauteur, et, par un temps clair, la lumière sera visible à une distance de 5o milles.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le Bulletin mensuel des Postes et Télégraphes vient de publier le texte des deux conventions, conclues par la France, l’une avec la Spanish National submarine Tele-graph C°, l’autre avec l’Espagne, pour régler les conditions de la pose et de l’exploitation du câble sous-marin qui doit relier le Sénégal aux îles Canaries et s’y rattacher au câble déjà établi entre ces îles et Cadix. La concession est faite pour une période de 25 ans, après laquelle le gouvernement français reste seul propriétaire de ce câble. Le gouvernement donne à la Compagnie concessionnaire une subvention de 1 700 000 fr., payables par fractions, à des échéances déterminées. A partir de la cinquième année qui suivra l’ouverture des communications, le gouvernement peut racheter les droits attribués à la Compagnie. Le câble sera soumis aux dispositions de la convention internationale, et les correspondances officielles du gouvernement seront transmises à demi-taxe. Les recettes du câble des Canaries au Sénégal seront partagées entre l’administration française et la Compagnie dans les proportions d’un tiers pour la première et de deux tiers pour la seconde, après prélèvement de la taxe de transit de 10 centimes afférente à l’administration espagnole. Le câble peut être prolongé au delà du Sénégal.
- Voici la nomenclature des câbles sous-marins posés en France depuis 1878. D’abord le ministère des postes et télégraphes a fait poser eu 1878 un câble direct entre la France et la Corse, en 1879 et en 1880 deux nouveaux câbles entre Marseille et Alger, en 1881 un câble entre La Cale (Algérie) et Bizerte (Tunisie), en 1882 un câble entre Bône (Algérie) et Bizerte (Tunisie), ainsi qu’une série de câbles sur la côte orientale de la Tunisie, entre Sousse, Sfax, Gabès, Djerba et Zarzis. Avec les communications sous-marines secondaires pour compléter le réseau des câbles côtiers, l’ensemble du réseau sous-marin exploité par l’administration des télégraphes comprenait au icr janvier 1884, 4534 kilomètres, tandis qu’au commencement de 1878 il n’en comptait que 1 324. C’est donc pendant ces six années une augmentation de 3210 kilomètres ou une moyenne de 535 kilomètres par an.
- Le corps des télégraphistes de campagne de l’armée belge est divisé en deux compagnies dont la première est destinée au service télégraphique de l’armée en temps de guerre, tandis que la deuxième, nommée la « Compagnie des télégraphistes de place et d’artificiers, » est destinée au service des places fortes. En temps de paix chaque compagnie se compose d’un capitaine avec un effectif de 80 hommes, pour la plupart des sous-officiers, mais en temps de guerre chaque compagnie compte 200 hommes fournis par le génie militaire et instruits pour ie service télégraphique.
- La grande Compagnie des Télégraphes du Nord annonce
- que la communication télégraphique a été rétablie avec Amoy. La Compagnie accepte également les dépêches pour Pékin.
- On télégraphie de Vienne que la communication télégraphique entre le continent et les îles grecques vient d’être établie définitivement.
- Une partie du bataillon télégraphique de l’armée anglaise a reçu l’ordre de s’embarquer prochainement pour l’Egypte, emportant 100 milles de fil aérien et 25 milles de câble. Ces câbles seront divisés en paquets de 100 livres environ, afin d’être facilement portés par les hommes. .
- Les journaux politiques ont annoncé à tort que le câble de Shanghaï, Fou-Tcheou, Hong-Kong était interrompu. La grande Compagnie des télégraphes du Nord a fait annoncer qu’il s’agit du câble Shanghaï-Amoy-Hong-Kong, de sorte que le service télégraphique se fait dans de bonnes conditions partout sur la côte chinoise, excepté avec Amoy. Les dépêches de Paris à Shanghaï par voie de la Sibérie passent par les bureaux suivants : Paris, Fredericia, en Danemark; Libau, Saint-Petersbourg, Kasan, Irkoutsk, Wla-diwostock, Nagasaki et Shanghaï. Les télégrammes expédiés par la Eastern Telegraph C°, qui possède la voie du sud, passent par un nombre de bureaux aussi grand.
- Le Faraday est retourné à Woohvich chercher la dernière partie du deuxième câble Mackay-Bennett, après avoir terminé la pose de la partie placée en pleine mer.
- La Western Union Telegraph C° vient de centraliser tous ses services de câble à New-York dans un nouvel hôtel sur Broadway. La Compagnie occupe tout le rez-de-chaussée d’un bâtiment de 5o pieds de large sur 70 pieds de long. Les meilleurs opérateurs ont été affectés à ce service et la moyenne du trafic est en ce moment de 1000 dépêches environ par jour.
- Le Times de Londres publie un dépêche de Pékin annonçant qu’un bureau télégraphique vient d’être ouvert dans cette ville.
- Il vient de se former à Londres une Société sous le nom d'Electric tricycle carriage boat syndicale, dont tous les actionnaires ont droit à un tricycle électrique pourvu d’un accumulateur et d’un moteur et capable de transporter deux personnes à une vitesse de six milles à l’heure. Ces voitures sont encore munies de deux pédales au moyen desquelles on peut leur imprimer une plus grande vitesse.
- Voici la liste des principales voies de communication télégraphique qui ont été interrompues le mois dernier :
- Datd Date
- de l’interruption du rétablissement
- Ligne terrestre de Rangoon à Mandalay . .
- Ligne terrestre de Bo-linào à Manille. . . .
- Câble de Victoria à la
- Tasmanie............
- Câble de Amoy-Hong-
- Kong................
- Câble de Amoy-Shang-haï...................
- i3 juillet 3i juillet.
- 3i — 6 août.
- 3o — Encore interrompu.
- 22 août —
- 22 —
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les lignes télégraphiques de l’Equateur s’étendent maintenant jusqu’à la capitale de cet Etat et desservent les nouveaux bureaux suivants : Yaquachi, Chimbo, Riobamba, Ayrbata et Quito. Les taxes, par mot, applicables à ces bureaux sont, à partir de Londres ou de Brest, de n fr. 70 par voie de Galveston, et de 19 fr. 5o par la Jamaïque.
- Une communication télégraphique vient d’être établie entre Fernandina, Floride et Jacksonville, le long de la ligne du chemin de fer de Fernandina à Jacksonville.
- Lajournai officiel de Madrid contient à la date du i3 août un décret royal établissant le service téléphonique en Espagne, ainsi que le règlement de ce service que nous reproduisons ci-dessous :
- Le service des communications téléphoniques se fera au moyen de bureaux centraux et de succursales établies aux endroits convenables et sera à la disposition :
- i? Des abonnés qui feront relier leurs domiciles aux bureaux centraux par des fils spéciaux et aux conditions stipulées ;
- 2° De toute personne qui se présentera dans les bureaux ouverts au public moyennant la taxe établie pour le service qu’elle demande.
- L’installation des appareils sera, faite par les soins de l’administration qui se chargera également de' la construction des lignes reliant lès locaux de l’abonné à la station centrale.
- Tout le matériel des appareils, ainsi que des lignes, restera la propriété de l’Etat qui le fournit. Tout dégât commis par un abonné sera réparé à ses frais.
- Le prix annuel de l’abonnement pour les particuliers dans un réseau urbain sera :
- Pour le service de jour, depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir, de £00 francs.
- Pour le service permanent, jour et nuit, de 600 francs.
- Tout abonné pourra choisir le service qui lui convient, ou en demander le changement à l’administration générale des Postes et Télégraphes.
- Tout abonné ayant une ou plusieurs stations payera 5oo francs pour la première et 375 francs pour chacune des autres s’il a le service de jour; pour le service permanent, le prix sera de 600 francs pour la première et de 4S0 francs pour les autres.
- Les services de l’Etat, de la province ou de la municipalité qui désirent être reliés ne paieront que 35o francs pour ie service de jour, et 42S francs pour le service permanent.
- Au cas où une seule corporation demanderait plus de 20 stations, le prix serait réduit à 3oo francs par appareil pour le service de jour, et à 375 francs pour le service complet.
- Tout abonné a le droit d’être mis en communication avec tous les autres abonnés du même réseau et pourra également communiquer dans les bureaux publics sans frais et sur: la production de sa carte d’abonné qui lui sera remise par l’administration.
- Les abonnés pourrout faire transmettre leurs dépêches télégraphiques par le bureau central après avoir fait un dépôt préalable de timbres postaux et télégraphiques en garantie du prix des dépêches. De même, les dépêchés reçues aux bureaux télégraphiques pourront être communiquées par téléphone aux abonnés.
- Ceux-ci ont également la faculté d’envoyer; par le bureau central ou ses succursales, des’dépêches téléphoniques qui seront livrées au domicile du destinataire moyennant une taxe de 3o centimes pour 3o mots ou fraction de 3o mots.
- Les abonnements se font par semestre et sont payables d’avance ; le prix du premier semestre doit accompagner la demande d'abonnement. - — - -
- L’administration établira des bureaux publics aux endroits convenables, où tout le monde pourra envoyer des dépêches téléphoniques à un. point quelconque du réseau, ou bien se mettre en communication avec un abonné ou avec une personne se trouvant dans un autre bureau public. Les dépêches de ce genre seront payées à raison de 3o centimes par 20 mots. La même taxe sera applicable pour les conversations par téléphone pour toute personne non abonnée au réseau. Aucune conversation dans les bureaux publics ne pourra durer plus de i5 minutes, à moins d’une autorisation spéciale du chef de station. ,
- Les casinos, cercles, hôtels, cafés, théâtres et gares paieront 1000 francs par abonnement, en raison du grand nombre de personnes qui se servent du téléphone dans ces endroits, mais le service sera permanent.
- Une liste complète de tous les abonnés sera distribuée gratuitement par l’administration et mise à la disposition de tout le monde dans les bureaux publics. Cette liste sera publiée tous les mois.
- L’Etat se réserve le droit d’inspection de toutes les communications qui s’échangent dans le réseau ou sur toute autre espèce de ligue téléphonique existante.
- Quelle que soit la nature de son abonnement, tout abonné aura le droit, en cas d’urgénee, d’appeler l’aide de la police ou des pompiers jour et nuit.
- Les conversations seront considérées comme des dépêches téléphoniques et on paiera le même prix par minute que par mot pour les dépêches. Avant de quitter le bureau, chaque personne signera une note constatant le jour, l’heure, la minute et la durée de sa conversation; comme pour les télégrammes, on apposera à cette note les timbres qui correspondent à la taxe.
- Les dépêches téléphoniques ne pourront être rédigées qu’en espagnol, mais on pourra converser dans n’importe quelle langue.
- Les autorités pourront faire établir des lignes téléphoniques entre les différentes villes, à la condition toutefois de communiquer directement avec une station télégraphique ou téléphonique quelconque de l’Etat.
- Les concessionnaires de ce genre de communications doivent construire les lignes à leurs frais et à leurs risques, en employant le matériel qui leur convient, sauf en ce ‘qui Con: cerne les appareils qui doivent réunir les conditions imposées par l’administration pour communiquer avec les bureaux de REtat. L’administration perçoit 25 0/0 des sommes reçues par les concessionnaires de ces lignes.
- Les lignes particulières ne pourront être établies qu’entre les différents établissements appartenant à la même personne ou à la même entreprise ; elles ne pourront se raccorder à aucun réseau téléphonique ou télégraphique, et les Concessionnaires ne pourront s’en servir que pour leur correspondance privée ; l’Etat se réserve le droit de suspendre le service quand il le juge nécessaire au maintien de l’ordre public.
- Aucune concession ne sera accordée entre les points desservis par les lignes téléphoniques ou télégraphiques de l’Etat, de manière à éviter toute concurrence qui pourrait porter préjudice au Trésor.
- Toutes les lignes particulières seront supprimées dès que l’Etat aura établi un réseau téléphonique dans la localité.
- Les concessionnaires des lignes entre deux villes feront tous les mois un rapport officiel du mouvement du service, du nombre des communications et de la durée des conversations. Ce rapport indiquera, en outre, tous les détails des irrégularités qui ont eu lieu sur les lignes ou dans les appareils.
- - Le Gérant : Dr C»-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, l3, quai Voltaire. — 5o384
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 5j, rue Vivienne, Paris
- directeur: D* CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AuG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HeNRY SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- 6e ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 13 SEPTEMBRE 1884
- N° 37
- SOMMAIRE
- L’éleetricité domestique : Les sonneries d’appartement; Aug. Guerout. — Physique biologique : Nouvelles méthodes calorimétriques (2e article); Dr A. d’Arsonval. — Les nouveaux appareils électriques de M. Perranti; G. Richard. — Les paratonnerres de la cathédrale d’Amiens ; C. Decharme. — Application du calorimètre à l’étude du courant électrique (6° article); A. Minet. — Les fontaines lumineuses à l'Exposition d'hygiène de Londres; B. Mari-novitch. — Chronique de l’étranger : Allemagne ; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : L’origine de l’électricité dans les orages, par E. Gerland. — L’éclairage électrique au point de vue hygiénique, par le Dr H. Krtiss. — Rhéostat de Wheatstone avec godet à mercure, par J. Bodynslci. — Contrôle électrique pour aiguilles de chemins de fer, par G. Olte. — Appareil électrique pour la gravure, par A. Schmid. — Rhéostat pour le pont de Wheatstone-Kirchhoff, par Hugo Meyer. — Travaux de la conférence internationale des électriciens (suite). — Rapport sur l’organisation des postes et télégraphes (suite et fin). — Faits divers.
- L’ÉLECTRICITÉ DOMESTIQUE
- LES
- SONNERIES D’APPARTEMENT
- En publiant ici quelques notes sur l’électricité domestique, nous nous proposons de passer en revue les différentes applications utiles que l’on peut faire de l’électricité non seulement dans les habitations particulières, mais encore dans les établissements d’industrie privée. Dans cette étude nous supposerons toujours que nous nous adressons à des lecteurs intéressés à profiter des diverses applications dont nous nous occuperons et nous chercherons à les mettre en état de réaliser par eux-mêmes et sans grands frais les installations signalées.
- Parmi les applications domestiques de l’électricité, l’une des plus anciennes et des plus impor-
- tantes consiste dans les sonneries électriques. C’est par là que nous commencerons.
- HISTORIQUE
- L’idée de produire un appel au moyen de l’électricité est née avec la télégraphie électrique. Dès les premiers essais de télégraphe électrique, nous voyons les expérimentateurs chercher à utiliser l’électricité pour attirer l’attention de la personne placée à la station opposée.
- En 1816, Ronalds, qui télégraphiait’au moyen de l’électricité statique, se servait comme appel de la détonation du pistolet de Volta.
- Quelques années auparavant, en 1809, Sœmme-ring dans son télégraphe électrolytique avait employé un artifice encore plus ingénieux. Les bulles de gaz dégagées par l’électrolyse s’amassaient sous une cuiller renversée formant l’extrémité d’un levier dont l’autre bout supportait une boule de métal. Quand la cuiller était remplie de gaz, le levier basculait et la boule, dans sa chute, déclenchait une sonnerie à rouage.
- Dans l’appareil de Schilling, dans celui de Gauss et Weber, l’appel était également produit par une sonnerie à rouage que venait déclencher un mouvement très fort de l’aiguille ou du barreau aimanté.
- Dans l’appel imaginé par Cooke en i836 on avait encore le déclenchement d’une sonnerie à rouage, mais produit cette fois par l’attraction de l’armature d’un électro-aimant, ce qui constituait le premier exemple de l’emploi d’un électro-aimant en télégraphie.
- L’appel du télégraphe de Steinheil qui date de la même année n’avait plus de mouvement d’horlogerie. Un barreau aimanté renfermé dans un cadre galvanométrique venait dans ses déviations frapper à volonté un ou plusieurs coups sur un timbre placé à côté.
- Vers la même époque l’appel de Cooke avait été perfectionné par Wheatstone et le mouvement d’horlogerie complètement supprimé. Un cadre
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- galvanométrique vertical contenait une aiguille portant un bras équilibré et armé à l’une de ses extrémités d’une fourche. Lorsque l’aiguille était déviée cette fourche venait plonger dans deux godets de mercure et fermait ainsi sur un électro-aimant le courant d’une pile locale. L’armature étant attirée, une petite tige qu’elle portait venait frapper directement sur une cloche, puis dès que le courant cessait de passer était rappelée par un ressort, il était ainsi facile de frapper plusieurs coups en établissant à plusieurs reprises la fermeture du circuit.
- Pour avoir une série de coups frappés sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir et de fermer plusieurs fois le circuit, plusieurs expérimentateurs avaient essayé d’employer l’interrupteur de Neef. On sait que cet interrupteur (fig. 1) a pour organe principal un électro-aimant E, dont la tige de l’armature A, rappelée par un ressort R, vient buter contre une vis Y tant que le courant ne passe pas.
- V
- Ce système est destiné à produire dans un appareil quelconque, dans une bobine d’induction, par exemple, des fermetures et des ruptures successives de courant ; on l’introduit, en même temps qu’une pile, dans le circuit de l’appareil en question. Voici alors ce qui se passe. Le courant entrant par exemple par l’électro-aimant E arrive à la vis Y par la colonne C, de là il passe par la tige de l’armature à la colonne D, traverse le circuit et revient à la pile. L’électro-aimant étant ainsi animé, son armature A est attirée, mais le circuit est alors rompu, l’armature sous l’influence du ressort R reprend sa position première, puis est de nouveau attirée et ainsi de suite, de sorte qu’elle se trouve mise en vibration continue. Il était donc naturel de penser qu’en fixant à l’armature A un petit marteau disposé de manière à pouvoir frapper sur un timbre, on produirait un appel' à coups répétés. Mais il n’en fut pas ainsi, car en raison de la rigidité de la vis butoir V elle ne peut suivre l’armature pendant une partie de sa course et il en résulte des vibrations très rapides et d’une très petite amplitude, ce qui ne peut convenir pour une sonnerie.
- Dans l’appel de son télégraphe à cadran, M. Siemens était cependant arrivé, en appliquant à l’interrupteur de Neef un mécanisme spécial, à donner à l’armature une amplitude suffisante. Mais ce dispositif, désigné sous le nom de navette et qui avait pour but de prolonger la durée des fermetures de courant, était trop complexe pour être appliqué à des appareils usuels.
- Il faut dire d’ailleurs que, malgré tous les efforts faits pour construire un bon appel électrique pour la télégraphie, on n’avait pas songé à appliquer ce genre de sonnerie aux usages domestiques.
- C’est seulement en i85o qu’un Belge, M. Lippens, prit un brevet pour des sonneries trembleuses, c’est-à-dire à coups répétés, d’une construction beaucoup plus simple et susceptible d’applications courantes.
- Dans l’appareil de M. Lippens que la figure 2 représente d’après son brevet, on reconnaît encore la disposition de l’interrupteur de Neef, mais le
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- butoir rigide, constitué, dans celui-ci, par la vis, est remplacé par une lame de ressort F appuyant quelque peu sur l’armature G. Il en résulte que, quand cette armature est attirée, le ressort la suit pendant une partie de sa course et l’interruption n’a pas lieu immédiatement. En outre l’armature est elle-même fermée par- un ressort en fer C fixé sur l’un des pôles de l’aimant. Par cet artifice l’amplitude de la vibration est augmentée, la vibration elle-même est entretenue mécaniquement par l’effet du ressort et l’on a un intervalle suffisant entre les coups frappés par le marteau P sur le timbre T.
- Dans la figure 2 l’auteur supposant la pile reliée aux bornes B et B', avait représenté en C une alidade destinée à ouvrir ou fermerà volontéle circuit.
- « Si, disait-il dans son brevet, prenant l’alidade C en repos sur la pièce de cuivre D, vous la faites glisser sur celle D', le circuit est établi ; l’électricité passant par l’alidade, monte par la colonne E et passe du ressort F dans celui G, fixé lui-même à l’électro-aimant À. Le fluide passe ensuite dans le fil de cuivre qui s’y trouve soudé, en parcourt tous les replis pour sortir par le bouton d’attache B'. '
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- * Dans cette action l’électro-aimant attire le ressort vibrateur G ; mais cette attraction cessant aussitôt que le ressort F n’est plus en contact avec celui G, celui-ci va remonter, refermera le circuit, sera attiré de nouveau et ainsi de suite. »
- Le problème de la sonnerie à coups répétés était ainsi résolu de la façon la plus simple. Cependant M. Lippens n’eut pas à sa disposition les moyens nécessaires pour en tirer parti et l’appareil fut oublié.
- Il fallut pour mettre le système en vogue qu'il fût retrouvé trois ans plus tard à Paris par M. Mi-raud, qui d’ailleurs n’avait pas eu connaissance de l’invention de M. Lippens.
- M. Miraud avait eu l’occasion d’installer dans la boutique de M. Archevau sur le boulevard Bonne-Nouvelle un petit mécanisme trembleur destiné à attirer l’attention du public. Dans la construction de ce mécanisme il était retombé sur le système imaginé par M. Lippens et il eut l’idée de l’appliquer aux sonneries domestiques. Il en combina les organes de la façon encore adoptée aujourd’hui, et s’associa pour l’exploitation des appareils avec M. Parelle, un architecte de Rouen.
- L’invention ayant été accueillie avec une certaine faveur plusieurs constructeurs se mirent à fabriquer des sonneries électriques, et il en résulta des procès en contrefaçon qui eurent pour conséquence la mise de l’invention dans le domaine public.
- Un point intéressant à signaler en terminant ces détails historiques c’est que l’application aux usages domestiques des appels et signaux électriques avait été réalisée en particulier, avant même que M Lippens eût lancé l’idée par la prise de son brevet.
- Voici en effet ce que nous lisons dans les mémoires de Robert-Houdin dans un chapitre se rapportant aux premières années qui suivirent l’ouverture de son théâtre, c’est-à-dire à 1846 ou 1847 :
- « En ma qualité d’artiste, dit-il, je recevais chaque jour la visite de gens que je ne connaissais pas du tout. Quelques-uns étaient intéressants; mais le plus grand nombre, se faisant introduire sous le plus futile prétexte, ne venaient chez moi que pour dépenser une partie des loisirs dont ils ne savaient que faire : il s’agissait de distinguer les bons visiteurs des mauvais. Voici la combinaison 1 que j’imaginai.
- « Lorsqu’un de ces messieurs sonnait à ma porte, une communication électrique faisait également sonner un timbre placé dans mon cabinet de travail. J’étais averti et me tenais sur mes gardes. Mon domestique ouvrait et ainsi que cela se pratique d’ord.nuire, il demandait le nom du visiteur. Moi, de mon côté, j’appliquais l’oreille à un instrument d’acoustique disposé à cet elfet et qui me transmettait les moindres paroles de l’inconnu. St, d’après sa réponse, je jugeais convenable de 11e pas le recevoir, je pressais un bouton et un point
- blanc qui paraissait dans un endroit convenu du vestibule voulait dire que je n’y étais pas. Mon domestique annonçait alors que j’étais absent.
- * Il m’arrivait bien quelquefois de me tromper dans mes appréciations et de regretter d’avoir accordé audience, mais j’avais un autre moyen d’abréger la visite de l’importun.
- « J’avais pratiqué, derrière le canapé sur lequel je m’asseyais, une petite touche électrique correspondant à un timbre que pouvait entendre mon domestique. En cas de besoin, et tout en causant, j'allongeais négligemment le bras sur le dos du meuble où se trouvait cette touche, je la pressais et le timbre résonnait dans la pièce voisine.
- « Alors mon domestique, jouant une petite comédie, allait ouvrir la porte d’entrée, tirait la sonnette que l’on pouvait entendre du salon où nous nous trouvions et venait ensuite m'avenir que M. X... demandait à me parler. J’ordonnais que M. X... fût introduit dans le cabinet du salon, et il était bien rare que l’importun ne levât pas le siège.
- « On ne peut se faire une idée du temps que me lit gagner cette bien heureuse organisation. Aussi, que de fois j’ai béni et mon invention et le célèbre savant auquel on doit la découverte du galvanisme ! »
- Nous citons le fait à titre de curiosité, sans vouloir attribuer à Robert-Houdin aucune priorité d’invention, puisqu’à cette époque il a tenu secret son arrangement de sonnerie, ainsi que bien d’autres dispositifs électriques imaginés par lui pour ses expériences.
- Le court aperçu qui précède suffit à montrer sur quel principe reposait la sonnerie trembleuse et l’on voit, dès maintenant, que l’installation d’une sonnerie électrique comporte les organes suivants : Une sonnerie placée dans l’endroit où se trouve la personne à appeler, un circuit de fils conducteurs reliant la sonnerie à l’endroit d’où on veut appeler, un bouton de contact placé en ce dernier point et permettant de fermer le circuit, et enfin une pile intercalée en un point quelconque du circuit. Nous examinerons successivement ces diverses parties constituantes de l’installation.
- LA PILE
- La première pile que l’on employa dans les installations de sonneries électriques fut naturellement la pile Daniell sous la forme dite « à ballon » (lig. 3). La grande constance de cette pile, l’absence de dégagement gazeux, et la grande provision de dépoiarisant qu’elle contient lui donnaient, pour cette application, la supériorité sur toutes les autres piles en usage à l’époque. La pile Daniell
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- présente cependant un inconvénient sensible, surtout dans le cas de sonneries pour lesquelles on n’a besoin que de courants intermittents. Quand on laisse une pile Daniell à circuit ouvert, il se pro duit un infiltration lente de sulfate de cuivre dans le vase poreux, et du cuivre métallique se dépose sur le zinc. Il en résulte que cette pile s’altère plus vite à ne travailler que de temps en temps qu’elle ne le ferait si elle était constamment fermée sur une grande résistance. C’est pourquoi, aujourd’hui que l’on possède des éléments mieux appropriés, on n’emploie plus la pile Daniell pour les installations de sonneries, si ce n’est dans les pays où, comme en Amérique, les installations fonctionnent à circuit fermé.
- Aujourd’hui la pile la plus employée pour les sonneries électriques est la pile Leclanché. Dans
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- sa forme la plus anciennne (fig. 4), la pile Leclanché se compose d’un vase en verre, contenant une solution de sel ammoniac et une tige de zinc, et d’un vase poreux bouché à la cire, contenant un mélange de charbon de cornue et de peroxyde de manganèse,' tous deux en petits fragments, et une plaque de charbon de cornue. Le zinc et la plaque de charbon forment les deux pôles de la pile. Le vase extérieur est paraffiné sur ses bords pour empêcher les sels grimpants; la partie supérieure du vase poreux est émaillée dans le même but et on y a pratiqué dans la partie inférieure quelques traits de scie, de sorte qu’en versant le liquide dans le vase extérieur, il pénètre lentement dans le vase poreux, l’air étant chassé par un petit trou ménagé a cet xeffet dans le bouchon. Pour un élément de la grandeur ordinaire, on emploie environ 80 grammes de sel ammoniac.
- La force électromotrice d’un élément Leclanché est de iYOlt,45. La résistance, qui varie entre certaines limites, est de 1 ohms.
- L’action chimique dans le couple Leclanché n’est pas bien définie, en ce qui concerne l’effet du dépolarisant.
- La solution de sel ammoniac étant décomposée, le zinc se dissout sous forme de chlorure et l’hydrogène se porte sur le mélange de coke et de bioxyde de manganèse. On admet, en général, qu’il se combine avec l’oxygène de ce dernier pour former de l’eau en le réduisant à un oxyde inférieur; mais pour certains physiciens, l’action serait toute mécanique et analogue à celle du platine platiné dans la pile de Smée.
- Quoi qu’il en soit, la dépolarisation n’est pas continue. Si on ferme la pile sur elle-même, sur une faible résistance, elle ne donne bientôt plus de courant, et il lui faut ensuite un certain temps de repos pour qu’elle puisse fonctionner de nouveau. Fermée sur une grande résistance, elle peut encore continuer à fournir son courant pendant quelques jours. Dans ces conditions, on voit que la pile se prête parfaitement bien au travail tout intermittent des sonneries, travail dans lequel, d’autre part, la pile se trouve toujours fermée sur un résistance assez notable.
- Depuis quelques années on a supprimé le vase poreux dans la pile Leclanché, et on emploie la substance dépolarisante sous forme de plaques constituées par le charbon de cornue et le manganèse agglomérés ensemble. Ces agglomérés sont simplement appliqués contre la plaque de charbon et serrés contre elle à l’aide de trois fortes bagues de caoutchouc qui, par la pression qu’elles exercent, assurent toujours un parfait contact. La figure 5 montre ce dispositif.
- Placée dans un endroit où la température n’est pas excessive, la pile Leclanché peut fonctionner pendant plusieurs mois sans exiger aucun soin. Au bout d’un certain temps, variable selon les circonstances, il est nécessaire d’y ajouter de l’eau pour compenser la perte par évaporation. Lorsque ces additions d’eau ne suffisent plus, ce qui ne se présente pas, en général, avant une ou plusieurs années, suivant le travail de la pile, il faut ajouter à la solution du sel ammoniac ou mieux remplacer l’ancien liquide par une nouvelle solution.
- Il arrive cependant un moment où la pile ne fonctionne plus par la faute du dépolarisant.
- Dans le cas du vase poreux, on arrive à donner à celui-ci une nouvelle activité en le lavant à plusieurs eaux, puis en le séchant à l’étuve.
- Dans le cas de la pile à agglomérés, on tire parti de cette remarque que les agglomérés dépassent en général le niveau du liquide presque de la moitié de leur longueur et ne fonctionnent réellement que dans leur partie inférieure. Voici alors le procédé à employer : on détache les bagues de caoutchouc, on lave les agglomérés à grande eau, ainsi que le charbon, que l’on dessèche à l’étuve pour chasser
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- les gaz qui s’y sont condensés, et on remet les agglomérés en place, mais en les renversant bout pour bout, de manière que la partie qui précédemment ne plongeait pas dans le liquide se trouve maintenant active. On a ainsi une pile presque complètement renouvelée.
- Le sel ammoniac employé dans les piles Leclan-ché doit, autant que possible, être pur. L’emploi d’une solution ne contenant pas d’impuretés évite en général les petits accidents qui arrivent parfois aux piles Leclanché et dont les causes, d’ailleurs très variables, n’ont pas été parfaitement définies.
- On a trouvé, par exemple, dans des échantillons de sel ammoniac du commerce une forte proportion de sulfate de soude. Il est évident que la pré-
- l’IG* 4
- sence de ce sel provoquera la formation, au lieu de chlorure de zinc très soluble, de sulfate de zinc et d’ammoniaque, sels moins solubles, et l’on a peut-être là la cause de la formation de cristaux qui se produit quelquefois sur la tige de zinc.
- Dans ce cas, il faut de temps en temps gratter le zinc pour en enlever les cristaux. On agira de même avec la couche noire qui se forme peu à peu sur les zincs. On évite d’ailleurs en grande partie ces inconvénients en employant des zincs bien amalgamés.
- Pour pouvoir fixer une borne d’attache sur lu plaque de charbon, on commence par recouvrir galvaniquement le haut de ce charbon d’une mince couche de cuivre, puis on coule autour de la partie galvanisée une masse de plomb qui fait bon contact en s’alliant avec le cuivre et à laquelle on soude d’autre part la borne. Quand, par hasard, l’union du cuivre et du plomb ne s’est pas bien
- faite, il peut se former des *sous-sels de plomb qui constituent une couche isolante. La plaque de charbon doit être alors remplacée par une autre.
- Le nombre de piles à employer dans une installation de sonneries varie suivant son importance. Pour une petite installation d’une ou deux sonneries et quelques boutons deux éléments suffisent; leur nombre doit être augmenté pour des installations comprenant des tableaux ou un grand développement de fils.
- Comme il est nécessaire de réduire autant que possible l’évaporation, on place les piles dans un endroit frais, et on les renferme dans de petites caisses en bois léger, qu’il est facile de placer sur
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- une console ou de suspendre au mur à l’aide de deux crochets.
- {A suivre.) Aug. Guerout.
- rilYSUiü'E BIOLOGIQUE
- NOUVELLES
- MÉTHODES CALORIMÉTRIQUES
- Deuxième article (Voir la numéro du 6 septembre 1884) LES APPAREILS A TEMPÉRATURE CONSTANTE.
- Ainsi qu’on vient de le voir, une température rigoureusement constante étant indispensable, j’ai dû
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- me préoccuper avant tout d’imaginer des appareils réalisant cette condition.
- Les seuls employés dans les laboratoires en 1875, quand je commençai l’étude de cette question, étaient les régulateurs de Bunsen ou ses dérivés dont on trouvera plus bas la description succincte.
- Le régulateur de Bunsen consiste essentiellement en un gros thermomètre à mercure dont on utilise la dilatation pour obstruer plus ou moins le passage du gaz d’éclairage qui sert de combustible. Cet appareil ne peut être sensible qu’à la condition d’employer une masse de mercure considérable, mais alors il devient paresseux. De plus, quand la pression du gaz d’éclairage devient trop forte, le mercure ne peut plus régler son écoule-
- ment, qui se fait]'alors par soubresauts, ce qui amène souvent l’extinction du brûleur.
- Pour parer au premier inconvénient, c’est-à-dire pour augmenter la sensibilité de l’instrument sans augmenter la masse du mercure, on a eu l’idée d’utiliser la dilatation d’un gaz, le mercure formant simplement fermeture hydraulique.
- C’est la disposition qui est représentée figure 1.
- Le régulateur se compose d’un tube de verre partagé en 2 chambres reliées entre elles par un tube plongeant. Dans la chambre inférieure se trouve enfermée une masse d’air qui agit par sa dilatation pour soulever le mercure qui monte en o dans la chambre supérieure. Au-dessus du mercure débouche un tube, taillé en biseau a, qui amène le gaz d’éclairage ; le mercure en règle l’écoulement et le gaz s’échappe ensuite par le tube c pour aller au brûleur. M. Wiesnegg, pour
- empêcher l’extinction du brûleur lors des soubresauts, envoie directement du gaz au brûleur par le tube b. Ce gaz sert au rallumage. L’air, quoique plus dilatable que le mercure, et constituant par conséquent un régulateur plus sensible que ce dernier, a l’inconvénient de subir les variations de la pression barométrique, ce qui peut amener des écarts de près de 3 degrés centigrades. C’est pourquoi d’autres expérimentateurs ont remplacé la bulle d’air par de l’huile, du pétrole, etc., ou tout autre corps liquide plus dilatable que le mercure.
- Moi-même, je me suis servi d’un dispositif analogue pour avoir certaines températures déterminées bien fixes. Au lieu d’agir sur le mercure par la dilatation d’un corps gazeux ou liquide j’ai agi par tension de vapeur; ce dispositif a l’avantage d’être très sensible et de n’exiger qu’une masse de liquide infiniment petite, car la vapeur produite occupe un volume plusieurs centaines de fois plus grand que le liquide qui lui a donné naissance.
- Ainsi, pour régler des couveuses artificielles dont la température ne doit jamais dépasser 40 degrés centigrades, je remplace la bulle d’air par quelques gouttes d’éther sulfurique qui bout à 37°. Aussitôt qu’on atteint cette température, la tension de la vapeur de l’éther soulève la colonne de mercure et la température se trouve fixée. Ce procédé a l’avantage de constituer un appareil qui retombe toujours automatiquement à la même température lorsqu’on le remet en marche. En un mot, il ne peut pas se dérégler, ce qui est très commode pour les expériences de physiologie (incubations, digestions artificielles, fermentations), qui se font toutes entre 87 et 40 degrés centigrades. Pour avoir des températures différentes allant depuis 87 jusqu’à 200, je fais des mélanges variés: éther-chloroforme jusqu’à 6o°, alcool jusqu’à 70 ; alcool-eau jusqu’à 100, et eau-glycérine jusqu’à 25o degrés. Malgré ces améliorations, ce procédé ne constitue pas des appareils assez exacts pour le but que je me proposais.
- Parmi les meilleures modifications du régulateur primitif de Bunsen je dois encore signaler celle due à M. Schlœsing. Cet appareil, très fragile et d’un maniement délicat, est néanmoins susceptible d’une grande précision. Il peut régler une température couramment au quart de degré, et entre des mains habiles il donne le* dixième.
- Il se compose (fig. 2), comme le Bunsen, d’un gros thermomètre à mercure dont la dilatation agit sur une petite membrane de caoutchouc qui ferme un tube soudé latéralement sur le réservoir à mercure. Cette petite membrane, par ses alternatives de retrait et de dilatation, met en mouvement une palette verticale qui sert de valve pour le tube amenant le gaz d’éclairage.
- La figure ci-contre fait suffisamment comprendre
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- le fonctionnement de cet appareil qui évite d’une façon absolue l’extinction du brûleur due aux soubresauts que produit dans le Bunsen l’écoulement du gaz à travers le mercure. Enfin le débit du gaz peut être aussi grand qu’on veut sans augmenter la quantité de mercure du régulateur ; il n’y a pour cela qu’à augmenter les dimensions de la valve régulatrice.
- Tant que le robinet dont est muni l’appareil est ouvert, la température monte; aussitôt qu’on le ferme, la température reste fixe puisque la dilatation du mercure, se faisant alors sur la membrane de caoutchouc, cette dernière pousse la valve régulatrice. Le régulateur Schlœsing, tout en verre,
- FIG. 3
- est un excellent appareil de laboratoire qui, même dans ces conditions, ne peut pas être confié à toutes les mains. Enfin la moindre des choses suffit pour le dérégler.
- Je m’étais inspiré de cet appareil pour en construire un moins fragile et susceptible même d'applications industrielles. Il est représenté figure 3.
- Cet appareil se compose d’un étui en laiton (r) terminé par un tube de plomb 3. Cet étui porte latéralement en communication avec sa cavité une boîte dont la paroi antérieure est constituée par une membrane métallique de baromètre anéroïde. L’étui étant plein d’un liquide dilatable (huile, pétrole ou glycérine) et supposé fermé hermétiquement, les variations de volume du liquide se traduiront sur la membrane métallique par sa projection ou son recul, grâce à l’élasticité dont elle est douée.
- Le gaz qui doit aller au brûleur est amené par le
- tube 4 qui débouche normalement au centre de la membrane métallique 2 et à une faible distance de sa surface externe dans l’intérieur d’une boîte métallique d’où il ressort par un autre orifice 5, qui le conduit au brûleur.
- Le tube de sortie du gaz 5 présente un robinet latéral 6 qui sert de robinet de sûreté lorsque le régulateur n’est pas plongé dans une grande masse liquide. Pour cela, par un tube en y, on bifurque la prise de gaz; une partie est amenée au robinet 6 et s’en va directement au brûleur qu’elle a pour fonction de maintenir constamment allumé. On en règle la quantité par le robinet, de façon à ce qu’elle soit insuffisante pour maintenir à elle seule la température que l’on désire, le surplus est fourni par le régulateur.
- La boîte à gaz (4, 5, 6) est mobile et peut se fixer dans toutes les positions, grâce au contre-écrou dont elle est munie, ce qui permet de tourner latéralement l’orifice de sortie du gaz.
- L’appareil ci-dessus est réglé d’avance pour une température fixe déterminée; si on veut le régler pour toute autre température il faut couper le bout du tube de plomb 3, ce qui ouvre le régulateur, et on le met dans un bain qu’on porte à 5 degrés au-dessous de la température désirée; cela fait, on éteint le feu, et, après avoir rempli l’étui complètement avec le liquide dilatable choisi, on écrase avec une pince plate l’extrémité du tube de plomb ; on coupe avec des ciseaux pour affleurer les deux lèvres du tube et on passe rapidement dessus un fer à souder très chaud, enduit d’un peu d’étain qui ferme hermétiquement l’appareil comme une boîte d’anéroïde.
- Cet appareil est très pratique et très commode, l’étui peut avoir toute espèce de longueur ou de forme, suivant les circonstances. Il se trouve tout réglé et nullement fragile. Sa sensibilité, pour un réservoir de cinquante centimètres cubes de capacité, atteint le quart de degré. Enfin, il ne se dérègle pas. M. Pasteur en a dans son laboratoire qui n’ont pas bougé depuis 1876, c’est-à-dire depuis près de huit ans.
- Pour un besoin donné, on peut lui faire régler un combustible liquide (pétrole, alcool), un jet de vapeur, ou un courant d’eau chaude, si on n’a pas de gaz, ce qui est précieux dans bien des circonstances.
- Les différents régulateurs que je viens de décrire constituent les appareils auxquels j’ai donné le nom de régulateurs indirects. Bons , pour toutes les expériences de physiologie ou de chimie qui ne nécessitent pas une précision absolue dans la régulation, ils ne pouvaient convenir pour remplir le but que je me proposais. C’est pourquoi j’ai dû créer une seconde classe de régulateurs auxquels j’ai donné, par opposition, le nom de régulateurs directs. Il me reste à justifier ces dénominations,
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- Pour avoir une enceinte toujours à une température bien uniforme, on la constitue par un vase entouré d’eau de tous côtés. Cette enveloppe liquide distribue régulièrement la chaleur autour de l’enceinte et l’empêche de subir de brusques variations de température, elle constitue un véritable volant de chaleur. Le régulateur proprement dit est plongé d’habitude dans ce volant de chaleur, à la manière d’un thermomètre. Par conséquent l’appareil ne règle la témpérature que pour l’endroit fort restreint qu’il occupe. De plus, le foyer chauffe d’abord le matelas liquide, c’est-à-dire l’enceinte elle-même, la chaleur doit ensuite se transmettre au régulateur qui est d’autant plus paresseux à se mettre en équilibre avec elle que ses parois et le liquide dilatable dont il est formé sont eux-mêmes moins bons conducteurs du calorique et ont une capacité calorifique plus grande.
- C’est pourquoi, malgré sa faible dilatation, on prend de préférence le mercure, qui présente une très faible capacité calorifique. Malgré cela, la température du régulateur est toujours en retard sur la température du matelas liquide chauffé directement; l’appareil présente toujours un temps perdu qui le rend infidèle. De plus, le mercure, enfermé dans une enveloppe aussi fragile que le verre, est toujours, en cas de rupture, un danger pour l’étuve généralement faite en cuivre rouge et présentant des soudures que le mercure détruit très rapidement.
- J’ai paré à tous ces inconvénients et supprimé complètement l’usage du mercure par la méthode suivante :
- Je supprime tout régulateur indirect plongeant dans le matelas liquide environnant l’enceinte, et j’utilise simplement les variations de volume de cette masse énorme de liquide pour régler le passage du gaz allant au brûleur. C'est là ce qui constitue l'originalité des régulateurs directs en même temps que leur exquise sensibilité.
- On comprend, en effet, que le matelas liquide et le régulateur ne faisant plus qu’un seul tout, il ne peut plus y avoir aucun retard dans la régulation.
- L’étuve (fig. 4) se compose :
- De deux vases cylindro-coniques concentriques j limitant deux cavités : l’une centrale, qui est l’enceinte qu’on veut maintenir à température constante ; l’autre annulaire, que l’on remplit par la douille 3 et qui constitue à la fois le matelas liquide soumis à l’action du foyer et le régulateur proprement dit.
- La paroi externe de l’étuve porte une tubulure vlatérale 2 qui, communiquant avec l’espace annulaire, se trouve fermée à l’extérieur par une membrane verticale de caoutchouc. Cette membrane constitue, une fois la douille 3 bouchée, la seule portion de paroi qui puisse traduire à l’extérieur les variations de volume du matelas d’eau en les
- totalisant. Or, le gaz qui doit aller au brûleur est amené par le tube 4 qui débouche normalement au centre de la membrane et à une faible distance de sa surface extérieure. Une fois réglé, il s’échappe de la boîte 7 par le tube 5 pour aller au brûleur 6, tube et membrane constituant de la sorte un robinet très sensible dont le degré d’ouverture est sous la dépendance des variations de volume du matelas d’eau, et qui ne laisse aller au brûleur 6 que la quantité de gaz strictement nécessaire pour compenser les causes de refroidissement.
- Dans cette combinaison, le combustible chauffe
- directement le régulateur, qui, à son tour, réagit directement sur le combustible; ainsi se trouve justifiée l’épithète appliquée à ces régulateurs, qui ne peuvent présenter aucun temps perdu dans la régulation.
- Le maniement en est fort simple :
- i° Après avoir ouvert la douille du haut 3 qui communique avec l’espace annulaire /, on remplit cet espace d’eau récemment bouillie et par conséquent privée d’air ; ce remplissage est fait une fois pour toutes.
- 20 Sans fermer la douille, on plonge un thermomètre dans l’eau, et, après avoir ajusté les tubes de caoutchouc, on allume le brûleur 6; la température s’élève peu à peu.
- 3° Lorsque l’appareil est à la température dé*
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- sirée, on retire le thermomètre et l’on replace sur la douille le bouchon avec le tube de verre 3 qui le surmonte.
- L’appareil se trouve définitivement réglé pour cette température, et voici par quel mécanisme : le tube qui amène le gaz porte un petit disque mobile qui, s’appliquant sur la membrane, tend sans cesse à l’éloigner de l’orifice d’arrivée du gaz, grâce à l’électricité d’un petit ressort à boudin qu’on voit sur la figure.
- Tant que la douille 3 est ouverte, l’eau provenant de la dilatation s’écoule au dehors, et le gaz continuant d’affluer librement au brûleur 6 par la tubulure 5, la température s’élève d’une façon continue, mais, lorsque l’on met le bouchon surmonté du tube, l’eau provenant de la dilatation, au lieu de se perdre, monte dans le tube de verre, et cette colonne d’eau exerce sur la membrane une pression de plus en plus forte, qui, surmontant graduellement l’élasticité du boudin, rapproche de plus en plus la membrane de l’orifice d’arrivée du gaz dont le passage se trouve ainsi réglé :
- Le tube qui amène le gaz porte un pas de vis qui permet de l’éloigner ou de l’approcher de la membrane; un contre-écrou sert à fixer le tube dans sa position.
- Si le gaz ne passait pas au moment de l’allumage, cela prouverait que le tube touche la membrane; on n’aurait qu’à le reculer en le dévissant pour donner passage au gaz.
- Si, au moment du réglage, la flamme ne baissait pas, malgré l’élévation de la colonne d’eau dans le tube de verre, cela prouverait que l’orifice d’arrivée du gaz est trop loin de la membrane, et on visserait le tube jusqu’à ce que la flamme baisse.
- En résumé, pour faire fonctionner l’appareil, il faut :
- i° Remplir complètement d’eau bouillie l’appareil par la douille 3 ;
- 20 Mettre dans cette douille un thermomètre qui ne la bouche pas et laisse l’écoulement libre pour l’eau provenant de la dilatation;
- 3° Allumer le brûleur et dévisser légèrement le tube 4 si le gaz ne passait pas;
- 40 Quand le thermomètre marque la température voulue, on l’enlève et on le remplace par le bouchon qui porte le tube de verre.
- On visserait légèrement le tube 4 si la flamme ne baissait pas, malgré l’élévation de l’eau dans le tube 3.
- L’appareil est réglé définitivement, on peut l’éteindre ; au rallumage il retombera de lui-même à la même température.
- Cette disposition est très commode en ce sens qu’elle supprime tout régulateur indépendant et que l’appareil se trouve réglé une fois pour toutes. Si j’on veut utiliser toute la sensibilité de l’instru-
- ment, on peut supprimer le tube de verre et boucher hermétiquement la douille 3. Seulement, il ne faut pas oublier de la déboucher lorsqu’on éteint le gaz, pour permettre à l’air de rentrer lorsque l’eau se contracte par le refroidissement.
- J’ai insisté un peu longuement sur la description du régulateur direct parce qu’il est la base de mon calorimètre.
- On voit sur quel principe très simple reposent les régulateurs directs. Leur sensibilité peut atteindre telle limite qu’on jugera convenable et pourtant la construction de l’appareil ne demande aucune précision. Une étuve, du modèle employé couramment dans les laboratoires, contenant 20 litres d’eau, peut facilement maintenir une température ne variant pas de ^ de degré dans son intérieur,
- si cet intérieur est clos hermétiquement. Mais on peut aller beaucoup plus loin et dans mon calorimètre la température moyenne ne varie pas de L. de degré centigrade quand l’appareil est bien monté.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- LES NOUVEAUX
- APPAREILS ÉLECTRIQUES
- DE M. DE l'ERRANTI
- M. de Ferranti vient d’inventer deux appareils électriques : une dynamo à collecteur de mercure et un mesureur de courants, remarquables par leur originalité.
- La dynamo est fondée, comme celle de Thomson (*), sur l’emploi d’un disque de cuivre tournant très vite entre des pôles très rapprochés, et produisant ainsi un courant continu, mais elle en diffère par quelques détails importants et surtout parce que les collecteurs à frottement y sont remplacés par un collecteur liquide formé par des bains de mercure, déjà proposés par M. Forbes (2), dans lesquels plongent l’axe du disque et sa jante, comme celle d’une roue de Barlow.
- On peut faire à cette machine les mêmes objections qu’à celle de Thomson. Elle exige une très grande vitesse de rotation, et il ne parait pas que l’emploi du mercure, malgré les précautions prises pour en éviter le gaspillage, puisse procurer une économie réelle.
- Le mesureur de courants est fondé sur le phé-
- (9 Lumière Electrique, 16 mai 1884, p. 3ot, (2) Brevet anglais 3u5, 22 juin i883,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nomène de la rotation électromagnétique des liquides, étudié par M. Bertin (l), à l’aide d’appareils qui semblent, mais après coup, suggérer tout naturellement l’ingénieux compteur de M. Ferranti. Les inégalités et l’altération inévitable du mercure
- paraissent devoir rendre peut-être un peu difficile la mise en pratique de l’idée de M. Ferranti, qui mérite néanmoins d’être signalée.
- La machine dynamo est représentée par les figures i et 2.
- . — COUPE LONGITUDINALE
- Le disque D, en cuivre recouvert d’une couche de fer galvanique, tourne entre les pôles nord et sud des électro-aimants cylindriques A et B, dont
- les bobines annulaires isolées C sont enveloppées par les cylindres A' et B'. Ce disque tourne dans une auge E renfermant du mercure et isolée.
- FIG. 2. — VUE PAR BOUT
- FIG. 3. — DÉTAIL DE L'AUGE A MERCURE
- Les bagues G de l’arbre F tournent aussi dans des chambres H pleines de mercure, qui relient F aux armatures A et B.
- (•) Annales de Chimie el de Physique, i8Sg, vol. 55, p. 3og; 1860, vol. 58, p. go; 1869, vol. 16, p. 71. — Journal de Physique, 1878, p. i5o, vol. 7.
- Les bobines C sont reliées par une de leurs extrémités au mercure de E, et, par l’autre, aux pôles A ou B. Elles peuvent aussi être excitées par un courant spécial amené par leurs bornes isolées Ci-
- Les courants du disque D sont recueillis dans le mercure de E par des fils J (fig. 3). Les autres
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- bornes de la dynamo sont fixées sur les pôles de A et B.
- Le tube de verre J permet de voir le niveau du
- FIG. 4. — DYNAMO A TAMBOUR
- mercure en E. Le mercure est introduit autour du disque par K, et, dans les chambres H, par
- Le graissage de l’arbre F est largement assuré par le système des graisseurs /'.
- On peut aussi vérifier à chaque instant la hauteur du mercure en E en y faisant plonger les
- extrémités de fils reliés à un galvanomètre, et qui indiquent par le passage d’un courant les points où ils touchent le mercure.
- La fig. 4 représente un autre type de dynamo dans lequel le disque est remplacé par un tambour G, plongeant en E dans le mercure des électrodes B et C, traversés par des courants de sens contraires.
- La fig. 5, affectée des mêmes lettres que la fig. 1, indique l’application de ces principes à la construction d’une dynamo à axe vertical, comme celle de Thomson.
- L’ampèremètre se trouve représenté par les fig. 6 et 7.
- Le courant, amené par la borne C, traverse les fils B de l’électro BA, le cylindre D, le mercure G, la tige E, isolée de A, et la borne F.
- Le passage du courant rayonnant dans le mercure G lui imprime un mouvement de rotation plus ou moins contrarié parles arêtesj', et qui se transmet aux palettes J en relation, par I, avec un mécanisme de compteur.
- FIG. 7
- Le mercure est protégé par un disque d’ébo-nite H, percé d’un trou dans lequel il s’élève un peu.
- La fig. 7 représente, avec les mêmes lettres, un autre compteur dans lequel on a supprimé le noyau A; la bobine B entoure le cylindre D.
- Le fonctionnement de cet appareil est fondé sur ce que la force de rotation et le frottement du mercure augmentent proportionnellement, l’une au carré du courant et l’autre au carré de la vitesse de rotation du mercure.
- Gustave Richard.
- LES PARATONNERRES
- DE LA CATHÉDRALE D’AMIENS
- Après la chute de la foudre en fragments globulaires, pendant l’orage qui a éclaté à Amiens, le 24 février dernier (V. La Ltimière Electrique, XI, p. 551), j’ai fait connaître, dans un article inséré au Journal d'A miens (9 mars), le mauvais état des
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- paratonnerres de la cathédrale et en particulier de celui de la flèche, le plus important, qui présente trois sortes d’avaries : absence de pointe terminale, deux solutions de continuité visibles dans le conducteur en fer, prise de terre tout à fait insuffisante, faite par le simple prolongement de ce conducteur, à une profondeur d’environ un mètre, dans un sol toujours sec.
- Les paratonnerres de l’édifice ont aussi des avaries de même nature.
- Je faisais voir que, dans de telles conditions, ces paratonnerres, au lieu d’ètre des appareils protecteurs, étaient au contraire d’un danger réel pour la flèche en bois, pour l’église et pour les maisons voisines.
- L’administration des monuments historiques dont la cathédrale d’Amiens est un des plus beaux spécimens, comprit qu’il fallait remédier à cet état de choses.
- Comme, d’autre part, la flèche elle-même avait besoin de réparations, on résolut de faire du même coup les travaux nécessaires.
- M. Jarriant, intelligent spécialiste de Paris, fut chargé de cette périlleuse besogne.
- En ce moment, ses intrépides ouvriers, après avoir disposé des échelles tout le long de la flèche, à partir de 'échafaudage qui correspond à la porte la . plus élevée de cette flèche, sont occupés à démonter pièce à pièce, non seulement le paratonnerre, mais encore toute la partie supérieure de la flèche qui doit être renouvelée complètement, lajdoe> lejcoq, la croix, les ornements, etc.
- C’est cette partie du travail qui se trouve représentée dans la figure ci-jointe, d’après une vue
- photographique, prise d’un monument voisin.
- Les ouvriers descendent successivement les morceaux à l’aide de palans, jusqu’à l’échafaudage dont il vient d’être question.
- Le spectacle de ces réparations, qui témoignent d’une direction habile et d’un personnel très exercé, constitue en ce moment une des grandes attractions pour les habitants de notre ville.
- La place de la cathédrale est sans cesse encombrée par une foule de curieux venus pour assister à ces opérations et qui suivent avec émotion tous les mouvements de ces hardis ouvriers, dans leur travail périlleux.
- Dans ce spectacle, l’émotion du public est évidemment bien plus forte que celle des ouvriers, dont l’aisance ne saurait être plus grande s’ils travaillaient sur le sol même.
- Aussi, en voyant leur assurance, la sûreté de leur pose, l’anxiété disparaît-elle bientôt pour faire place à un sentiment d'admiration.
- Tous les paratonnerres de la cathédrale seront réparés, puis reliés entre eux au moyen de conducteurs en cuivre rouge de fort diamètre.
- Deux puits seront creusés jusqu’à l’eau de source, où l’on immergera des plaques de fer zingué, ayant au moins deux mètres carrés de surface, rattachées aux principaux conducteurs des paratonnerres.
- {réparation des paratonnerres
- SUR LA FLÈCHE DE LA CATHEDRALE
- C. Decharme.
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- APPLICATION DU CALORIMÈTRE a l'étude du
- COURANT ÉLECTRIQUE
- Sixième article. ( Voir les numéros du 26 avril, du 10. mai, du 28 juin, du 26 juillet et du 23 août 1884.)
- DE L’ORIGINE DE LA CHALEUR NON TRANSMISSIBLE
- AU CIRCUIT EXTÉRIEUR D’UNE PILE HYDRO-ÉLECTRIQUE.
- Nous avons vu qu’on ne peut admettre a priori que la quantité de chaleur restant en local dans une source d’électricité, composée d’éléments de pile, provienne d’un accroissement subit et inconnu de la résistance intérieure de ces éléments.
- Si nous jetons les yeux sur le tableau reproduit dans l’article précédent, nous voyons que la résistance intérieure de la pile était mesurée dans chaque expérience.
- Elle variait en même temps que la composition du liquide électrolytique.
- Sa variation n’était pas considérable, et du reste on en tenait compte dans les calculs de répartition des énergies caloriques dans le système, suivant la loi de Joule.
- Si on admettait l’existence d’une résistance réelle ou fictive comme explication du phénomène dont nous nous occupons aujourd’hui, il faudrait lui donner dans certains cas une valeur égale à vingt fois celle de la résistance intérieure de la pile, mesurée.
- Arrêtons-nous à l’hypothèse d’une augmentation subite de la résistance intérieure de l’élément. Quelle pourrait en être l’origine ? La condensation de l’hydrogène sur le platine ?
- Favre démontre : « Qu’aucune fraction notable de la chaleur recueillie dans le calorimètre qui reçoit la pile (quantité qui croît avec le nombre des opérations antérieures lorsqu’on ne renouvelle pas le liquide des couples) ne saurait être attribuée à l’influence de l’hydrogène condensé. »
- Il établit d’abord que la quantité d’hydrogène condensé à la surface du platine est très faible et n’augmente pas indéfiniment.
- Dans une première expérience, on faisait fonctionner deux couples Smée, établis en tension et l’on mesurait séparément les gaz recueillis comme d’habitude.
- Aucune différence sensible n’existait entre les deux volumes, et cependant l’un des deux éléments fonctionnait pour la première fois, tandis que l’autre, ayant déjà servi, était recouvert de tout l’hydrogène qu’il pouvait condenser.
- Mais cette expérience qui ne se basait que sur
- des mesures de volumes m’était pas suffisamment concluante. Il importait de procéder d’abord à des déterminations thermiques sur un élément de pile neuf et d’effectuer ensuite plusieurs mesures de calories correspondant à des condensations successives et de plus en plus grandes d’hydrogène, et cela jusqu’au moment où le platine était saturé de gaz.
- L’intensité du courant étant constante, la quantité de chaleur, accusée par le calorimètre comprenant un thermorhéostat à résistance variable a été trouvée constante très sensiblement, pour une même réaction chimique.
- On peut donc conclure que l’hydrogène condensé n’exerce pas une influence sensible sur la répartition de l’énergie calorique dans le système, et qu’il faut chercher ailleurs non seulement l’origine de la chaleur confinée en local dans le couple mais encore la cause des variations que présente ce phénomène.
- Si nous divisons la question en deux parties, on peut prévoir que :
- i° La chaleur non transmissible provient d’une réaction secondaire intimement liée à la réaction principale, dite électrolytique.
- 20 Les variations dans la constitution du liquide des couples, la rapidité ou la lenteur de la réaction ont une influence sur le rapport qui lie l’énergie confinée à celle qui suit la loi de Joule.
- Il n’existe pas de pile d’une constance absolue. La variation de la force électromotrice, que l’on constate par des mesures purement électriques, entraîne celle de la chaleur, qui reste confinée en local si l’on suppose constante la quantité de chaleur totale Q correspondant à une réaction chimique déterminée.
- Cette quantité Q même peut varier avec l’état de dilution des sels et celui des anodes (amalgamation du zinc).
- Favre, dans ses premières séries d’expériences que nous avons relatées jusqu’à ce jour, avait trouvé pour un gramme d’hydrogène dégagé des couples Smée une quantité de chaleur égale à 18700 calories environ.
- A la suite de transformations apportées aux éléments qui ont servi à des expériences ultérieures, pour la même réaction chimique, la quantité de chaleur s’était élevée à 19800 calories.
- Les modifications portaient non seulement sur un changement de disposition des électrodes, comme nous le verrons plus loin, mais encore sur la manière dont on amalgamait les zincs, afin d’éviter toute erreur provenant des dégagements parasites d’hydrogène dus aux actions locales.
- Dans les éléments employés lors des premières expériences (éléments dont nous avons fait la description), les actions se manifestaient encore vingt-quatre heures après le montage des couples.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4M
- Remarquons que le chiffre trouvé par Favre dans la deuxième série d’expériences (19800 calories) se rapproche de la différence de calories qui existe entre la formation du sulfate de zinc et celle de l’acide sulfurique monohydraté.
- Nous avons en effet pour la formation de ces
- deux sels :
- u
- S H- O H................... cjG, 7
- S-f-O4 *-f-Z».............. 117*2
- Soit pour la différence : 20600 calories.
- D’après les lois de la thermochimie, établies par M. Berthelot, cette quantité de calories représente le travail opéré dans la substitution du zinc à l’hydrogène de l’acide sulfurique, réaction symbolisée par l’équation :
- SO'‘H + Z„ = SOZ„~II.
- On ne voit pas trace d’action secondaire dans cette réaction.
- Suivant Favre, l’origine de la quantité de chaleur qui reste confinée dans les couples Smée se trouve dans le passage de l’hydrogène, mis en liberté par la substitution du zinc à l’hydrogène dans l’acide sulfurique, de l’état naissant à l’état ordinaire.
- « Cette transformation de l’hydrogène suivrait immédiatement le phénomène électrolytique, ne se confondrait pas avec lui et constituerait une action locale (à la manière de la transformation du bioxyde d’azote en anhydride hypo-azotique dans la pile
- Bunsen) s’exerçant avec un dégagement de chaleur considérable : 4 600 calories environ. »
- Mais, s’il en était ainsi, cette quantité de chaleur devrait rester constante pour une même quantité de zinc attaqué dans la pile. Cependant l’inspection du tableau inséré dans l’article précédent nous montre que la chaleur non transmise au circuit va en augmentant à mesure que le liquide, baignant les électrodes, s’enrichit de sulfate de zinc (série D). Elle tend à diminuer, au contraire, lorsque, renouvelant à chaque opération le liquide électrolytique, on établit dans le circuit extérieur des résistances de plus en plus grandes (série A).
- LA CHALEUR MISE EN JEU DANS LE CIRCUIT NE VARIE PAS d’une MANIÈRE BIEN SENSIBLE AVEC LA DURÉE DES OPÉRATIONS EFFECTUÉES SUR DES COUPLES NEUFS.
- Nous relatons ci-dessous (tableau 1) les chiffres trouvés par Favre dans deux séries d’expériences, effectuées au moyen de deux couples Smée modifiés. (Nous dirons plus bas en quoi consiste cette modification et quelle en avait été la cause.)
- On opérait d’abord sur un couple dont la résistance intérieure était représentée par 16 millimètres du fil de platine normal (diamètre omm226/), ensuite sur une pile composée de cinq couples dont la résistance intérieure R était représentée par une longueur de 78 millimètres du même fil.
- TABLEAU I
- RÉSISTANCE RÉSISTANCE CHALEUR CHALEUR CHALEUR CHALEUR DURÉE DIFFÉ- RENCES
- SÉRIES intérieure R extérieure r accusée p^r !c calorimètre hors du calorimètre correspondante (R + r) non transmissible de l’expérience pour iuoce d’H ANGLES
- i6 15oo 377I 16063 16-234 36oo 42'34 1°25
- 1 l6 £00 4394 15440 I -=934 0900 23'85 2ü55 oOO
- !1 i 78 75oo 3876 159:8 IÔI24 3710 47'49 1°32 543
- 78 2500 -17-5 15109 i558i 4253 l8' 34 3° 1B
- Les différences de chaleu mon transmissible ne sont pas assez grandes pour conclure que la quantité de chaleur mise en jeu dans le circuit, pour une même somme de réaction chimique, augmente avec la durée de l’expérience d’une façon très sensible.
- Si l’on trouve cependant pour les réactions fientes une quantité de chaleur confinée plus faible, on peut admettre qu’une petite quantité de l’hydrogène mis en liberté se combine avec l’oxygène en dissolution dans l’eau. Le résultat de cette combinaison serait d’augmenter la force électromotrice de l’élément, ou, ce qui revient au même, de rendre
- plus grande la quantité de chaleur transmissible pour le dégagement d’un volume d’hydrogène déterminé.
- CAUSE DE LA VARIATION DE LA CHALEUR CONFINÉE EN LOCAL DANS LES COUPLES SMÉE DONT LE LIQUIDE N’EST PAS RENOUVELÉ-
- Nous venons de voir que la quantité de chaleur provenant de réactions secondaire, non transmissible au circuit, était proportionnelle à l’intensité du courant et par conséquent sensiblement cons-
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- tante pour une même somme de réactions chimiques, lorsqu’on avait soin de renouveler à chaque opération le liquide excitateur.
- Il n’en est pas ainsi (tableau de l’article précédent, série D) lorsqu’on effectue une série d’opérations en laissant ce liquide s’enrichir de plus en plus de sulfate de zinc. « Il arrivait un moment, observe Favre, où l’un des couples et même plusieurs couples à la fois présentaient un ralentissement dans le dégagement de l’hydrogène (que l’on a soin de recueillir séparément pour chaque couple, ainsi que nous l’avons dit), et où, en rompant le circuit, on voyait un dégagement de gaz continuer pendant quelque temps dans les éprouvettes correspondant aux couples qui avaient présenté préalablement un ralentissement. »
- Ces couples fonctionnaient comme de véritables voltamètres. Lorsque le liquide excitateur est riche en sulfate de zinc, il peut y avoir décomposition d’une certaine quantité de ce sel et formation d’un dépôt de zinc sur le platine.
- Ce zinc se dissout d’abord à mesure de sa formation; mais bientôt, lorsque le sulfate de zinc s’accumule dans les couples, il se dépose en trop grande quantité pour que sa dissolution dans l’acide sulfurique, considérablement dilué, puisse s’effectuer immédiatement.
- Lorsque plus tard le liquide des piles sera changé, le zinc déposé sur le platine se dissoudra et la chaleur provenant de cette dissolution restera en local tout entière dans la pile, ce qui augmentera d’une façon apparente la quantité de chaleur non transmissible provenant des actions secondaires correspondantes à l’action électrolytique principale.
- En substituant le cadmium amalgamé au zinc dans le couple Smée, on obtient avec le nouvel élément des résultats identiques à ceux qui sont indiqués dans le tableau (série D).
- MODIFICATIONS APPORTÉES AUX COUPLES SMÉE PRIMITIFS
- C’est donc surtout à l’électrolyse du sulfate de zinc que l’on doit attribuer l’inconstance de l’intensité du courant fourni par un couple Smée.
- Favre, dans ses recherches électrolytiques, donne cependant la préférence à cette pile, parce qu’elle est d’abord d’une manipulation facile et qu’avec un peu de pratique on arrive à établir des éléments qui, s’ils ne fournissent pas le maximum de calories (20 5oo) pour un gramme d’hydrogène dégagé, restent tout au moins identiques à eux-mêmes pendant une opération d’une durée déterminée et pour une composition donnée du liquide électrolytique.
- Favre a pu, du reste, éviter en partie les incon-
- vénients que nous avons énumérés (action locale provenant d’un défaut d’amalgamation, électrolyse du sulfate de zinc) en prenant les dispositions représentées dans la figure ci-dessous.
- « Dans une éprouvette en verre T semblable à celle des couples Smée, premier modèle (décrits dans le numéro du 26 juin 1884), on plaçait un vase poreux P contenant une dissolution d’acide sulfurique normal dans laquelle plongeait un faisceau de fils de zinc Zn, légèrement espacés les uns des autres et reliés à leurs extrémités. Une lame de platine P t, contournée en cylindre et percée de nombreuses ouvertures, occupait l’espace annulaire compris entre l’éprouvette en verre T et le vase poreux. »
- Il en résultait que le sulfate de zinc restait dans
- le vase poreux, ne pouvait s’électrolyser, et qu’il n’y avait pas de dépôt de zinc sur le platine. C’est au moyen d’éléments disposés comme nous venons de le décrire et en prenant des précautions particulières très minutieuses pour l’amalgamation du zinc afin d’éviter toute action locale que Favre trouva 19 800 calories environ pour un gramme d’hydrogène dégagé.
- En opérant sur une pile composée de quatre de ces éléments cloisonnés et en changeant après chaque expérience le liquide excitateur, les variations dans la quantité de chaleur qui restait confinée en local dans la source d’électricité devinrent peu sensibles. La valeur de l’énergie calorique non transmissible pour un gramme d’hydrogène dégagé se trouve constamment comprise entre 4 200 et 4 600.
- C’est alors que Favre fut amené à admettre que
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- le passage de l’hydrogène de Y état natif à Yétat ordinaire pouvait bien être, dans le couple Smée, l’origine de cette quantité d’énergie non disponible. Nous reproduirons dans un prochain article quelques-unes des expériences entreprises par ce savant, relatives à l’hypothèse que nous venons de formuler.
- (A suivre.) Adolphe Minet.
- LES
- FONTAINES LUMINEUSES
- A l’exposition D’HYGIÈNE DE LONDRES
- Bien que l’Exposition d'hygiène de Londres ne soit en aucune façon une exposition d’électricité, la lumière électrique y a été largement employée. Parmi les nombreuses applications que l’on y rencontre, une des plus curieuses est, sans contredit, celle qui a été faite par sir Francis Bolton à l’éclairage pittoresque des jets d’eau du grand bassin de l’Exposition. Cet éclairage, effectué par transitions et habilement dirigé, constitue un véritable spectacle.
- Les moyens généralement employés pour rendre lumineux des jets d’eau et des fontaines sont variables. Parfois on se contente de lancer d’un point quelconque sur les jets liquides un faisceau de lumière électrique ou de lumière oxhydrique. Dans certains cas on s’applique à dissimuler la source de lumière. C’est ainsi que, dans la fontaine lumineuse du tonneau de Faust, le foyer électrique employé n’est pas visible. Le réservoir qui contient l’eau porte un verre en face de l’ajutage de sortie et la lampe est placée derrière ce verre. Les rayons lumineux traversant la couche liquide subissent des réfractions successives sur la surface intérieure du jet, ils s’y trouvent pour ainsi dire emprisonnés et l’éclairent, en la colorant, lorsque le verre qu’ils ont traversé est, comme cela a lieu d’ordinaire, un verre coloré.
- De même, dans certains théâtres, on voit quelquefois des jets d’eau lumineux dans lesquels les effets les plus variés se produisent sans que l’on puisse distinguer d’où vient la lumière. Au centre d’un décor représentant une grotte, s’élève un jet d’eau ordinaire, à peine visible dans la demi-obscurité qui règne sur la scène, puis il s’éclaire tout à coup et prend successivement différentes couleurs. D’autres jets d’eau se forment ensuite autour de lui et passent également par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, de sorte que l’effet,obtenu est des plus pittoresques. Là le procédé employé est différent du précédent. Au-dessus de la scène, dissimulé complètement par le décor, est un plancher
- dans lequel est encastrée une série de lentilles.. Chaque lentille est placée au-dessus d’un des jets et envoie sur lui un rayon lumineux de dimensions juste suffisantes pour l’éclairer en entier. On a alors, ou bien un rayon lumineux pour chaque jet, ou bien seulement un ou deux foyers dont la lumière est dirigée vers les diverses lentilles au moyen de réflecteurs. Des verres de couleur, que l’on fait passer au-dessus des lentilles, suffisent à produire des changements de coloration.
- Ce sont des effets de ce genre, obtenus par des moyens analogues, que sir Francis Bolton a produits à l’Exposition d’hygiène. Au milieu du bassin est une sorte d’île de la surface de laquelle s’élancent les jets, le jet d’eau principal au milieu et d’autres plus petits tout autour. L’accès de l’île n’est pas des plus aisés; les personnes qui demandent à la visiter doivent tout d’abord endosser un scaphandre complet, moins le casque, et se garantir la vue au moyen de lunettes bleues. Ainsi équipées elles traversent le bassin, dont l’eau a une profondeur de trois pieds et dont le fond est garni de tuyaux qui amènent l’eau des jets, circonstance qui n’est pas de nature à faciliter la traversée. Le séjour dans la salle des machines laisse aussi sérieusement à désirer comme confort, et c’est au prix de réelles souffrances physiques que la curiosité du visiteur peut être satisfaite. En effet, l’atelier où se confectionnent les changements de décors les plus merveilleux, qui chaque soir provoquent l’enthousiasme du public, est une pièce carrée de 21 pieds de côté et d’une hauteur de 5 pieds : c’est dire qu’il faut tout le temps s’y tenir baissé. Dans cet espace restreint, le toit porte les ajutages d’où émergent les jets d’eau, ainsi que cinq ouvertures circulaires, fermées au moyen de verres bombés, servant à l’émission de la lumière électrique; lorsque les jets sont en pleine activité, l’eau retombe en cascade continue sur le toit et la ventilation devient impossible ; la chaleur développée par cinq lampes à arc de 8 000 bougies chacune est telle que la température s’élève souvent à 40°. L’élévation de température est en outre accompagnée d’un dégagement sensible d’ozone et d’acide nitrique.
- C’est placés dans ces conditions heureusement inusitées que travaillent cinq ouvriers. Un homme s’occupe constamment d’ouvrir et de fermer les jets. Ces manœuvres des jets se font au moyen de manivelles pour les jets en nappe et de leviers pour les jets verticaux; la disposition des leviers permet de lancer ou d’interrompre brusquement un jet liquide et d’obtenir ainsi des effets d’écume très remarquables. Trois hommes ont pour mission de surveiller la marche des lampes, qui sont au nombre de cinq ; ces lampes, dont l’arc se règle à la main, se trouvent placées chacune au-dessous d’un des regards précédemment mentionnés et ont
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- des tables légères comme supports. Entre la lampe et le regard est disposé un système de lentilles ainsi qu’une série de verres colorés que l’on peut facilement substituer les uns aux autres. Le courant est fourni aux lampes par une puissante dynamo Siemens. Enfin le cinquième ouvrier se tient devant un tableau indicateur et transmet à ses compagnons les ordres qu’il reçoit grâce à un jeu très complet de signaux. Il est en effet à remarquer que, placés comme ils le sont, c’est-à-dire emprisonnés pour ainsi dire dans l’élément liquide, les ouvriers de l’île ne peuvent aucunement se rendre compte de ce qu’ils font ni connaître le succès de leurs manœuvres.
- C’est sir Francis Bolton qui dirige lui-même les opérations de l’atelier. Assis dans la tour carrée du jardin, où il est bien placé pour voir les effets produits et ordonner à volonté, en agissant sur le tableau des signaux, l’ouverture de tel ou tel ajutage, il commande la mise en marche de telle ou telle lampe électrique, et il indique en outre à chaque opérateur le moment où il doit donner à sa lumière une couleur déterminée en interposant sur le trajet du faisceau lumineux un verre coloré. Enfin lui-même dispose d’un puissant projecteur, d’une lampe à arc de io ooo bougies et de deux lampes auxiliaires de 2 000 bougies chacune ; ces foyers sont placés au sommet de la tour et permettent de diriger, à un moment donné, des rayons diversement colorés sur l’ensemble des fontaines.
- Il a ainsi en main les éléments de combinaisons les plus variables, et les changements d’effets peuvent succéder très rapidement les uns aux autres sans jamais se ressembler. Le nombre de changements opérés par minute est de douze en moyenne. Il n’y a pas lieu de s’étonner si, avec la patience que sir Francis Bolton a mise à diriger lui-même les manœuvres chaque soir et les puissants moyens dont il dispose, le succès le plus complet est venu couronner ses efforts, et si la curiosité publique considère ce spectacle comme un des plus grands attraits de l’Exposition d’hygiène.
- B. Marinovitch.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- UN NOUVEAU CONTACT ÉLECTRIQUE. — Le barO-graphe bien connu du Dr Sprung a été fort amélioré, grâce à un nouvel appareil de contact électrique, qui se prête à des emplois multiples. Dans l’arrangement primitif du barographe, on s’était
- servi d’un contact au mercure, et plus tard on y avait ajouté un condensateur à eau (Shunt) pour empêcher l’oxydation de la surface. Ce dernier moyen réduisit les étincelles, mais l’oxydation ne fut pas évitée.
- Après de nombreuses expériences, M. Rung, à Copenhague, est parvenu à construire un appareil de contact avec platine sur argent, qui augmente essentiellement l’effet du barographe. Cet appareil est représenté dans la figure ci-joiflte. Douze fils très minces de platine p, couchés parallèlement les uns aux autres, touchent à une barre d’argent s, laquelle est reliée avec le pôle de zinc d’une batterie de piles. Par l’intermédiaire d’un cadre r, les fils de platine sont soulevés et le courant est interrompu.
- Ce nouveau contact fonctionne dans plusieurs stations, entre autres à la station maritime de Hambourg et à la station météorologique de l’Ecole d’agriculture à Berlin.
- Voici ce qui a été constaté sur l’action du nouveau contact à la station de Hambourg :
- D’après des mesures microscopiques, la largeur des courbes bien uniformes (crayon de cuivre sur papier d’acide silicique) n’atteint même pas 0,1 millimètre — ce qui répond à une hauteur de 0,02 millimètres de mercure, — et le mouvement oscillatoire du crayon a disparu presque complètement. Anciennement, avec l’emploi du contact au mercure, on avait une largeur de courbe de o,3 — 0,4 millimètres, représentant une hauteur barométrique de 0,07 millimètres. De plus, l’appareil fonctionne si exactement, que toute crainte d’interruption semble écartée.
- ÉCLAIRAGE ET TÉLÉPHONIE : LES NOUVELLES DU JOUR.
- — Suivant une décision du Conseil de la ville de Berlin, l’administration municipale du gaz se chargera, à partir du icr octobre de cette année, jusqu’au icr mars de l’année prochaine, des frais que nécessite l’éclairage électrique de la rue de Leipzig et de la place de Potsdam. Ces frais se monteront à la somme de i3ooo marks. L’administration municipale du gaz s’occupe d’ailleurs beaucoup de la question d’eclairage au moyen des lampes à in-
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- candescence et cherche à s’informer exactement des frais d’exploitation. A cet effet, une petite installation de 60 lampes a été faite par la Edison Gesell-schaft, et on se propose de donner bientôt encore plus d’extension à cet essai.
- Dans les salles de fabrication de l’usine à gaz, les lampes à incandescence ont supplanté tout à fait les becs de gaz, qui avaient été placés autrefois au dehors des fenêtres : c’est là un changement bien avantageux et qui donne à la Société un éclairage absolument exempt de danger.
- Parmi les différentes installations récemment faites par la Edison Gesellschaft, il faut mentionner plusieurs fabriques de sucre. Dans ces fabriques, l’arrangement présente quelques difficultés à cause des vapeurs d’eau et d’acide sulfureux, qui remplissent les salles et donnent facilement lieu à de fâcheux contacts. Il y a donc lieu d’employer des couches isolantes différentes, selon les salles dans lesquelles les conduites sont établies.
- Il est intéressant de voir comment les frais de l’éclairage au moyen de lampes à incandescence, sont évalués par des personnes qui n’ont d’attaches ni dans l’industrie du gaz ni dans l’industrie électrique. L’administration de la gare centrale de Strasbourg, laquelle est partiellement éclairée par des lampes à incandescence, écrit à la Société Edison, que les frais ne montent pas tout à fait à deux pfennigs par heure pour chaque lampe.
- Un appareil bien ingénieux (destiné surtout aux stations centrales) est employé par la Société Edison pour rendre perceptible sur-le-champ chaque augmentation et chaque affaiblissement du courant électrique. L’armature d’un électro-aimant est maintenue fixe dans sa position par un ressort à spirale en cuivre jaune, de telle façon qu’elle ne touche pas à l’aimant, mais qu’elle reste en place tout le temps que le courant électrique d’intensité normale circule autour du noyau. La distance entre l’armature et l’aimant dépend de deux forces antagonistes, qui sont l’attraction du ressort et celle due au magnétisme résultant du passage du courant électrique. Quand l’intensité du courant augmente, l’armature s’approche de l’aimant, et ferme le circuit d’une lampe à incandescence dont le globe est en verre rouge. Quand l’intensité diminue, la tension du ressort l’emporte, et l’armature ferme un contact, qui envoie le courant dans une lampe à incandescence à verre bleu. A côté de ces signaux optiques, se trouve encore une sonnerie d’alarme qui attire l’attention dans l’un et l’autre cas.
- La communication téléphonique entre Berlin et Magdebourg vient d’être établie, et l’on s’informe actuellement du nombre des abonnés qui voudrout faire usage de l’installation; — c’est évidemment du nombre des abonnés dans l’une et l’autre ville que va dépendre le prix de l’abonnement annuel. — Pour 20 personnes, l’abonnement serait de 450
- marks, pour 5o personnes il serait de 200 marks.
- La ville de Lubeck a l’intention d’adopter l’éclairage électrique et commence déjà à faire des expériences dans les usines qui ont des moteurs hydrauliques.
- Dr H. Micitaeus.
- Angleterre
- 1,'association britannique au canada. — Les hommes de science sont en vacances en ce moment et tandis que d’autres institutions savantes font des excursions dans différentes parties du pays, l’Association britannique pour l’avancement de la science est partie pour le Canada afin d’y tenir son assemblée annuelle à Montréal.
- C’est la première fois que l’Association se réunit en dehors des trois royaumes, malgré ses cinquante années d’existence, et il est probable que ce fait amènera des relations plus suivies entre le pays et sa colonie florissante. Près de 800 mem bres anglais sont partis pour Montréal, parmi lesquels il y a bon nombre d’électriciens, comme sir William Thomson et Lord Rayleigh qui est le président élu. Les Canadiens, avec Lord Lansdowne, le gouverneur général, à leur tête, ont fait un accueil cordial aux savants. La ville de Montréal a souscrit une somme de 200 000 lianes pour les dépenses de la réunion, et plus de 3oo membres ont reçu l’hospitalité dans des familles delà ville. Les Compagnies de navigation transatlantique ont réduit leur tarif pour les membres, et les Compagnies de chemin de fer en Amérique ont offert de les transporter gratuitement. Les membres ontégalementété invités à visiter gratuitement plusieurs endroits d’un intérêt pittoresque ou historique, comme Québec, l’ancienne capitale du Canada français, les chutes du Niagara,Ottawa, la capitale de la colonie, la Nouvelle Ecosse et même les Montagnes rocheuses où les visiteurs auront l’occasion d’admirer les geysers et les autres merveilles de la nature au parc national de Yellowstone. C’est une occasion unique pour ceux qui sont à même d’en profiter.
- Le collège de Mac Gill à Montréal a été choisi comme lieu de ralliement de l’Association qui y tiendra ses réunions.
- Les séances ont commencé le 27 août dernier, quand Lord Rayleigh a été installé à la présidence par sir William Thomson en l’absence de l’ancien président, M. le professeur Cayley. Tout le monde sait que Lord Rayleigh n’est pas seulement un gentilhomme de goûts scientifiques, mais encore d’une haute compétence technique que ses talents et ses travaux ont fait élire à l’unanimité pour remplacer le regretté Clerk Maxwell comme professeur de physique expérimentale à l’université de Cambridge. Il s’est, depuis, distingué par une série
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- de recherches admirables qui ont porté sur l’électricité, sur l’optique et sur d’autres branches de la physique mathématique.
- Selon l’habitude générale, le discours prononcé par Lord Rayleigh, en prenant la présidence de l’Association, passait en revue les progrès récents de la science, surtout pendant la dernière année et la grande place faite à l’électricité par l’orateur prouve sa prédilection pour cette science et le grand rôle qu’elle remplit en ce moment. Après avoir parlé de la mort de MM. Spottiswoode et Siemens, le président a fait allusion à l’impossibilité qu'il y avait pour une seule personne d’embrasser toutes les sciences, et à l’avantage d’avoir une connaissance générale de toutes, afin de pouvoir se consacrer à une seule. 11 rappelait à ses auditeurs qu’entre deux sciences, on trouve souvent un terrain fertile qui peut être utilement cultivé, et il citait la métaphore de Clerk Maxwell que les meilleurs résultats peuvent être le produit d’un croisement de sciences.
- Il a également fait remarquer que les recherches qui paraissent les plus importantes ne donnent pas toujours les plus importants résultats, tandis qu’au contraire une découverte peu remarquée au commencement porte souvent les fruits les plus riches dans l’avenir. L’orateur s’est ensuite étendu sur les progrès relativement lents de la machine dynamoélectrique jusqu’en ces dernières années, et il en a tiré la conclusion que les inventeurs feront bien d’attaquer un problème courageusement quand il ne s’agit que de surmonter des difficultés de construction, et quand ils ne luttent pas, sans le savoir, contre une loi de la nature.
- Il attribuait le grand développement actuel de l’électricité presque autant à l’invention delà lampe à incandescence qu’à celle de la dynamo, et il fit remarquer que cette lampe n’était réalisable qu’à cause du vide presque parfait dont on s’était déjà servi il y a quelques années, mais seulement poui-des expériences, sans entrer dans la pratique.
- En parlant de l’avenir de l’éclairage électrique, Lord Rayleigh a dit : « En exprimant ma confiance dans l’électricité pratique, je n’oublie nullement combien d’espérances exagérées ont été déçues ces dernières années. L’enthousiasme de l’inventeur et du promoteur est nécessaire au progrès et il semble presque ordonné par la nature que cet enthousiasme dépasse les limites tracées par la raison et par l’expérience.
- « Ce qu’il faut surtout regretter, c’est de voir que les spéculateurs exploitent souvent l’intérêt irréfléchi qu’éprouve le public pour une invention nouvelle qui met son imagination en feu.
- « Mais en regardant vers l’avenir de l’éclairage électrique, nous avons de bonnes raisons pour être encouragés. L’éclairage des grands paquebots est déjà un succès assuré qui sera fort apprécié
- par les voyageurs qui ont éprouvé l’ennui des longues soirées d’hiver passées sans un éclairage suffisant.
- « Sans doute, nous trouvons ici, sous beaucoup de rapports, des conditions spéciales en notre faveur; l’espace comme toute la vie à bord sont fort concentrés, tandis que l’unité de direction et la présence d’ingénieurs habiles remédient à plusieurs des inconvénients qu’on rencontre dans d’autres circonstances. A l’heure qu’il est, nous n’avons aucune expérience d’un grand système d’éclairage électrique d’une maison à une autre, et en concurrence avec le gaz à bon marché ; mais les préparatifs sont déjà très avancés à Londres pour un essai assez vaste. Nous savons tous que l’électricité fonctionne avec succès dans les grands bâtiments comme dans les théâtres et usines, et qu’elle y prend de l’extension tous les jours. Les conditions du problème sont beaucoup plus favorables quand on peut emprunter la force nécessaire à une chute d’eau au lieu d’avoir recours à la combustion du charbon.
- « La sévérité de l’hiver canadien s’y opposera peut-être, mais il est impossible de contempler votre fleuve magnifique (le Saint-Laurent), sans penser qu’il viendra sans doute un jour où vous vous servirez de l’énorme force qui est aujourd’hui perdue. Un projet de ce genre demande naturellement à être étudié avec le plus grand soin, mais il est digne d’une communauté intelligente et entreprenante. D
- Lord Rayleigh a parlé ensuite de l’influence stimulante de l’électricité pratique sur la théorie, en prenant pour exemple la grande découverte de Faraday de la magnétisation de la lumière. Tyndall a dit que cette découverte était aux autres ce que le Weisshorn « grand, superbe et solitaire » est aux montagnes; son effet s’est trouvé insignifiant, tel qu'il a été observé par Faraday, mais grâce au courant dynamique, on l’observe aujourd’hui d’une manière frappante et il est possible d’obtenir une rotation de i8o° dans le plan de polarisation. MM. H. Becquerel, Kundt et Rœntgen ont observé la rotation magnétique de la lumière dans des gaz ou dans des vapeurs où on n’avait pu la découvrir autrefois à cause de ses petites dimensions.
- En parlant des grandes machines à courants alternatifs qu’on construit aujourd’hui, Lord Rayleigh s’est exprimé ainsi : « On sait depuis longtemps que pour des changements assez rapides, les phénomènes sont gouvernés beaucoup plus par l’induction ou par l’inertie électrique que par la seule résistance. Ce principe permet d’expliquer beaucoup de choses qui sembleraient autrement paradoxales. Prenons un cas comparativement simple, et imaginons un électro-aimant entouré de deux fils contigus sur lequel agit une certaine force électromotrice rapide et périodique. Si on n’emploie
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- qu’un seul fil, il se développera une certaine quantité de chaleur dans le circuit. Supposons maintenant que le deuxième fil soit mis dans le circuit et placé en dérivation, ce qui équivaut à doubler la section du premier fil. Un électricien accoutumé à des courants constants croirait certainement que l'effet d’échauffement serait doublé par ce changement, puisqu’il se développe dans chaque fil séparément autant de chaleur que dans le premier fil. Mais cette conclusion serait entièrement fausse. Le courant total, étant pratiquement gouverné par l’auto-induction du circuit, ne serait pas augmenté par la présence du second fil, et l’effet total d’échauf fement loin d’être doublé serait divisé par moitiés en vertu de la conductibilité supérieure. »
- Parlant de la nouvelle unité électrique du Congrès de Paris, Lord Rayleigh a indiqué 1435 volts théoriques comme la force électromotrice d’un élément Clarke étalon, selon ces dernières mesures. Il a également déclaré qu’un courant d’un ampère passant pendant une heure dans le voltmètre d'argent dépose 4 025 grammes d’argent. Dans mes dernières lettres, j’ai déjà parlé longuement de ses recherches sur ce sujet.
- Le reste de son discours a été consacré à d’autres branches de la physique ; il contient cependant une mention de la théorie du téléphone dans laquelle il rappelait à ses auditeurs qu’un corps vibrant ne peut transmettre des sons à l’oreille que par le mouvement de sa surface et non par des vibrations moléculaires à l’intérieur.
- un nouveau voltmètre. — Le capitaine Cardew du génie royal, l’inventeur du galvanomètre qui porte son nom pour les courants de lumière électrique, vient d’inventer un voltmètre basé sur le principe de la dilatation par suite de l’accroissement de température résultant du passage d’un courant. Le capitaine Cardew a adopté ce principe, parce qu’il rend l’appareil indépendant des effets d’induction, et par conséquent plus sûr dans une usine pleine de machines dynamo.
- La description du nouvel appareil a fait l'objet d’une des plus intéressantes parmi les rares communications sur l’électricité qui ont été lues à la réunion de l’Association britannique à Montréal. La construction du voltmètre est fort simple. lise compose d’un fil fin en platine-argent de o,o635mm de diamètre renfermé dans un tube de laiton et maintenu tendu au moyen d’un ressort ou d’un poids pendant tout le temps qu’il est soumis à la dilatation causée par le courant qui le traverse. Ce courant est provoqué par la différence de potentiels entre deux points qu’il s’agit de mesurer en volts. La dilatation qui en résulte est indiquée par un cadran convenablement disposé.
- La chaleur produite dans un conducteur quelconque, qui ne contient pas une force électromo-
- trice particulière, par toute différence de potentiels appliquée a ses extrémités est égale à-pr par unité
- de temps; formule dans laquelle V représente la différence de potentiels en volts et R la résistance du conducteur en ohms. La température du conducteur qui en résulte pour une différence quelconque de potentiels dépend de la température et de la vitesse des molécules du milieu dans lequel il se trouve.
- Par conséquent, la tension absolue ou la dilatation linéaire du fil ne fournirait pas une mesure exacte du courant qui le traverse ou des volts qui produiraient ce courant, si le fil était laissé exposé à l’air. Le capitaine Cardew a constaté que, même si le fil n’est traversé par aucun courant, le zéro de l’appareil ne resterait pas constant, parce que l’air ambiant change la température du fil.
- Pour vaincre cet inconvénient, il a entouré le fil d’un tube en laiton ayant à peu près le même coefficient de dilatation que le platine-argent. Il s’ensuit que, tant qu’ils sont tous les deux à la même température, le zéro ne sera pas affecté par un changement quelconque de la température, c’est-à-dire que les variations de la longueur du fil produites par des modifications extérieures de la température sont compensées. Mais quand un courant traverse le fil, la température de ce dernier est élevée au-dessus de celle du tube qui l’entoure, et tous les courants d’air étant évités, il s’établit un courant régulier de chaleur entre le fil et le tube; c’est donc la différence de température entre le filetletube qui est mesurée et celle-ci serait nécessairement constante pour la même différence de potentiels s'il ne fallait pas tenir compte du fait que la résistance du fil varie un peu selon sa température. Cette variation a pour effet de donner des lectures un peu plus élevées pour un nombre quelconque de volts par un temps froid que par un temps chaud, mais comme la résistance de l’alliage de platine et d’argent dont on se sert ne'varie que de o,o35 pour cent par degré centigrade, cette erreur n’est d’aucune importance tant que l’air qui l’entoure est à une température ordinaire.
- Le choix du fil a été déterminé par les considérations suivantes :
- i° Il doit absorber un minimum d’énergie, et, par conséquent, il doit être aussi fin que possible et d’une haute résistance spécifique; 20 il doit suivre, avec une vitesse extrême, toutes les variations de la différence de potentiels, et il s’ensuit qu’il doit être d’un métal d’une- faible chaleur spécifique et d’une forme offrant une grande surface par rapport à sa masse; 3" il doit être d’une matière qui n’est pas exposée à s’oxyder, même à une haute température ; 40 son coefficient de variation de résistance avec la température doit être très faible; 5° son élasticité et sa force de tension doi-
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- vent être élevées. Toutes ces raisons ont déterminé le choix du fil de platine.
- 11 restait à fixer le nombre de volts qu’une certaine longueur du fil choisi devait supporter. En expérimentant avec une longueur de fil de 13 pouces, on trouvait que 21 volts le portaient exactement à une rouge visible dans une chambre noire. Comme l’augmentation de température varie selon V2, il devenait évident que jo volts échauff: raient la même longueur de fil à une température un peu au-dessous d’un quart de celle qu’il fallait pour porter le fil au rouge. Les expériences ont démontré qu’une augmentation de ce genre ne modifie pas le fil même d’une façon permanente, et c’est pourquoi le nombre maximum de volts a été fixé à 10 par pied linéaire (12 pouces) de fil. Il faut donc 20 pieds de fil pour 200 volts, bien que tout le fil ne doive pas nécessairement être renfermé dans l’appareil. Celui-ci se construit généralement pour mesurer 120 volts, mais il est pourvu d'une longueur de fil suffisante pour étendre les lectures à un nombre quelconque de volts. Un appareil de ce genre a une résistance d’environ 36o ohms, et en intercalant une lampe à incandescence Edison dans le circuit, on peut porter la capacité de l’instrument à 200 volts. Une pièce de sûreté fusible, qui se compose d’un petit morceau de fil de platine argent ou de platine iridium encore plus fin, est placée dans le circuit pour éviter la fusion du fil sensible.
- Appliqué à des courants alternatifs, le voltmètre indique la différence équivalente et utile de potentiels ou, en d’autres termes, une différence de potentiels qui, appliquée au même fil avec un courant continu, fournirait la même quantité de travail par unité de temps. La différence absolue de potentiels avec des courants alternatifs varie constamment entre certaines limites positives et négatives beaucoup plus élevées que la moyenne industrielle indiquée par le voltmètre ; mais, tout en donnant la moyenne industrielle, ce dernier suit néanmoins les variations du courant avec assez d’exactitude pour émettre un son musical d’une tonalité qui correspond au nombre de changements de courant par unité de temps.
- Dans les appareils plus petits et plus portatifs, qui ont été construits sur ce principe, la dilatation du fil est multipliée au moyen d’un rouage et indiquée sur un grand cadran. Mais comme cette complication entraîne plusieurs sources d’erreur, le capitaine Cardew a écarté le rouage pour les instruments étalons destinés à rester stationnaires, et il a adopté une image du fil grossi par une lanterne magique et projetée sur un écran. Deux fils transversaux très fins sont fixés sur le fil sensible dans le champ optique de la lentille, et la distance projetée sur l’écran constitue une ligne de base d’une longueur déterminée. Quand le courant
- traverse l’appareil, ces petits fils s’écartent parla dilatation du morceau de fil de platine placé entre eux, et leurs images sur l’écran s’éloignent l’une de l’autre. Au lieu de la lanterne magique, on peut se servir d’une chambre noire et recevoir l’image sur un écran en verre poli avec une échelle pour les lectures. Cette disposition permet également d’enregistrer les mesures au moyen d’une lampe à incandescence placée dans le circuit et dont la lumière sert à obtenir l’image sur un morceau de papier photographique rendu sensible par le procédé au bromure. Tant que la différence de potentiels reste constante, l’image réfléchie du filament ne changera pas de place sur le papier, mais quand le fil se dilate ou se contracte par un changement de potentiels, l’image se déplacera en haut ou en bas du papier en y traçant une ligne ou une bande qu’on peut développer à volonté et examiner plus tard. Les appareils enregistreurs de ce genre rendront de très bons services, puisque la chambre de commerce a imposé une limite des variations de la force électromotrice dans les installations d’éclairage électrique.
- Le capitaine Cardew a également fait remarquer qu’on pourrait construire un format de poche de son voltmètre, dont le tuyau n’aurait que 12 pouces de long avec un fil à l’intérieur tendu en son milieu, et on pourrait lire les déplacements produits à ce point par l’extension verticale au moyen d’un simple microscope.
- matières isolantes composées. — Plusieurs inventeurs de notre pays ont, depuis quelque temps, fait des expériences en vue de remplacer la gutta-percha et le caoutchouc, ou, en d’autres termes, dans le but de créer une nouvelle matière isolante pour les conducteurs de lumière électrique et peut-être aussi pour les fils télégraphiques. Parmi ces inventeurs, je puis nommer MM. le Dr Muirhead et Latimer Clark qui, avec plusieurs autres personnes, ont choisi l’huile oxydée comme base de leurs compositions. Cette matière s’obtient par un mélange d’huiles de lin, de ricin et de plusieurs autres huiles, avec du bisulfure de carbone ou avec un mélange de bisulfure de carbone et de chlorure de soufre; elle forme une pâte noire qui ressemble à de la gutta-percha. La composition de M. Latimer Clark contient quelquefois de l’huile de naphte, de la benzine, de l’huile de paraffine, de l’asphalte ou du goudron, mélangés avec les oxydants déjà nommés, de manière à modérer leur action chimique et à produire une matière plus facile à traiter ultérieurement. Le traitement consiste principalement à mélanger l’huile oxydée avec de l’asphalte, du goudron ou de la résine. On peut ensuite mélanger le produit avec de la gutta-percha, du caoutchouc ou de l’ozokérite, si 011 a besoin d’un isolant d’une qualité supérieure.
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- On obtient un isolant moins cher en mélangeant du kaolin avec la composition préparée de cette manière.
- Quand les différentes matières ont été bien mélangées et absorbées, on en couvre le fil avec une machine ordinaire comme on en emploie pour entourer les fils de gutta-percha, et si on maintient la composition à une haute température pendant quelque temps, elle se vulcanise en partie, surtout si on a soin de chauffer spécialement la partie de la machine où sont placés les moules pour la couverture. Le fil. couvert peut ensuite être passé dans une auge pour être refroidi, comme cela se fait actuellement pour le fil couvert de gutta-percha. M. Clark dit qu’il obtient un bon résultat avec les proportions suivantes, en poids : une partie d’huile oxydée, pour former 1 ou 1/2 partie d’asphalte ou d’une matière qui y correspond. Un autre procédé consiste à mélanger l’huile oxydée par le chlorure de soufre et par le bisulfure de carbone, avec un poids égal d’huile oxydée par l’action de l’atmosphère, et ensuite à mélanger cette composition avec de l’asphalte, du goudron, du bitume et une faible quantité d’huile d’hydrocarbure ou du pétrole, de la naphte et de la benzine pour aider à l’incorporation des matières.
- Les résultats de M. Clarck ressemblent beaucoup à ceux de M. Muirhead, mais ce dernier a trouvé quelques mélanges spéciaux. L’un de ceux-ci est destiné à couvrir les bandes qui entourent les câbles sous-marins. Il se sert de la gomme de gutta-percha non préparée d’où il retire la gutta-percha pure au moyen de la cire de paraffine fondue ou d’une autre substance analogue à une température qui ne dépasse pas le point d’ébullition des matières employées. La capacité dissolvante de la paraffine dépend de la température à laquelle elle est maintenue, et plus celle-ci est élevée plus la solution contiendra de gutta-percha. Le mélange est ensuite purifié avec de l’eau chaude ou à la vapeur, ou bien, s’il faut avoir une grande pureté, avec du bisulfure de carbone pour enlever la graisse, la cire et d’autres matières de ce genre. On se sert ensuite de la solution purifiée pour y tremper les bandes qui entourent les câbles sous-marins ou les fils pour la lumière électrique.
- Quand la gutta percha est d’une qualité très inférieure, il vaut mieux ajourer de 10 à i5 0/0 de soufre à la paraffine. S’il s’agit de donner aux bandes une surface plus grossière et plus résistante, on ajoute divers silicates en poudre fine.
- Le Dr Muirhead prépare une matière isolante à l’huile oxydée en employant l’huile de paraffine avec du bisulfure de carbone et en ajoutant du chlorure de soufre. La composition est ensuite mélangée avec de l’huile végétale jusqu’à ce qu'il se manifeste une action effervescente qui finit par produire une masse spongieuse. Ainsi 100 parties, par
- poids, d’huile de ricin, 25* parties de bisulfure de carbone, 16 parties d’huile de paraffine et 16 à 20 parties de chlorure de soufre liquide font un excellent mélange : on le lave avec de l’huile de paraffine, on en extrait l’excès d’huile et on le mélange avec de la gutta-percha, au moyen d’une presse pourvue de rouleaux chauds, dans la proportion de
- 2 parties en poids de la composition d’huile et
- 3 parties de gutta-percha. Après avoir soumis cette composition pendant deux ou trois heures à une température de 280 à 3oo° Fahrenheit, on obtient une masse élastique qui ressemble au caoutchouc.
- On peut encore mélanger cette composition avec de la gutta-percha ou avec du bitume purifié, et pour obtenir une qualité dure, le Dr Muirhead dissout environ 3o 0/0 d’une gomme quelconque dans l’huile avant d’y ajouter le chlorure de soufre. J’ai eu quelques échantillons des isolateurs du Dr Muirhead y compris la dernière espèce dure; comme apparence et au point de vue des qualités mécaniques, ils ressemblent beaucoup à la gutta-percha ou au caoutchouc vulcanisé.
- T. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- L'origine de l’électricité dans les orages, par E. Gerland.
- On a fait jusqu’à ce jour un grand nombre d’hypothèses pour expliquer la production des quantités considérables d’électricité qui accompagnent les orages; aucune de ces hypothèses ne satisfait pleinement l’esprit et la question demeure toujours à l’ordre du jour. Aussi ne voulons-nous point passer sous silence un article fort intéressant de M. E. Gerland, récemment paru dans l’Elektrotechnische Zeitschrift (juillet 1884) et dans lequel l’auteur, après avoir énuméré les diverses théories qui se sont antérieurement produites, expose les causes auxquelles il croit devoir rattacher l’origine des phénomènes électriques que l’on observe en temps d’oragè.
- M. E. Gerland écarte tout d’abord la théorie qui consiste à partir du potentiel faible de l’électricité atmosphérique pour arriver au potentiel excessivement élevé des nuages électrisés en admettant que les vésicules d’eau en suspension dans l’air se réunissent brusquement les unes aux autres dans les nuages orageux pour former des sortes de sphères; il en résulterait une diminution très considérable dans la surface que présentent ces vésicules d’eau, faiblement électrisées à l’origine, après leur réunion
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- et de là une élévation dans le potentiel électrique assez grande pour expliquer la décharge par étincelle. Le même phénomène se reproduirait lorsque l’électricité quitterait ces sphères pour se porter sur la surface extérieure du nuage. Sans insister davantage sur cette hypothèse nous ferons remarquer tout simplement que M. E. Gerland lui reproche, avec juste raison, de laisser dans l’obscurité la cause même de l’électricité atmosphérique ainsi que celle de la formation subite des gouttes d’eau.
- En réalité les différentes thèses soutenues jusqu’à ce jour peuvent se diviser en deux groupes bien distincts; dans le premier on a cherché à expliquer l’électricité atmosphérique ainsi que celle des orages en s’appuyant sur les phénomènes dont la terre est le siège; dans le second on a au contraire voulu les rattacher aux phénomènes solaires.
- La théorie de Yolta rentre dans le premier groupe. On sait que l’illustre savant italien considérait l’évaporation de l’eau comme une source d’électricité. D’autres physiciens attribuèrent l’origine de cette même électricité à l’exhalation de l’oxygène et de l’acide carbonique par les végétaux. Depuis que Pouillet a démontré expérimentalement que ni l’un ni l’autre de ces deux phénomènes n’était accompagné d’un développement d’électricité il a bien fallu renoncer à ces hypothèses.
- Restait encore la condensation de la vapeur d’eau, phénomène qui, au point de vue théorique, est a priori plus acceptable que celui de la vaporisation, attendu qu’il restitue de l’énergie, tandis que le deuxième en absorbe II est possible qu’au moment de la condensation une portion de la chaleur latente de vaporisation se transforme en électricité, il est également possible que l’électricité provienne du frottement de la vapeur d’eau contre l’air au moment de sa formation. Selon M. E. Gerland, ce serait Dove qui le premier aurait eu l’idee de cette dernière hypothèse qu’il appuie sur ce fait, à savoir que la poussière et le sable auxquels on imprime mécaniquement un mouvement éner-' gique surtout si ce mouvement est giratoire, développent de l’électricité.
- Wettstein et Palmieri se bornent à attribuer à la condensation de la vapeur d’eau l’origine de l’électricité atmosphérique. Palmieri a observé que l’électricité atmosphérique augmentait en même temps que l’humidité de l’air; lorsque l’on aperçoit des nuages à l’horizon, cette augmentation est plus sensible qu’en temps ordinaire ; elle atteint le point où se produisent des étincelles, alors qu’il '-tombe de la pluie, de la grêle ou de la neige. Devant une affirmation et des observations aussi nettes, on peut à bon droit s’étonner que ce même savant ait entrepris une série d’expériences pour justifier- la théorie de Yolta; il n’y a sans doute à voir dans ce fait que l’expression d’un sentiment
- de respect très grand pour la mémoire et les idées de son illustre compatriote.
- Entre les deux théories dont nous avons parlé plus haut, se place une hypothèse intermédiaire qui est due à Muhry. Muhry pense que la surface de la terre s’électrise par insolation; l’électricité ainsi développée est emportée par des courants d’air ascendants ou bien par la conductibilité de l’atmosphère qui renferme de la vapeur d’eau. Comment les rayons solaires jouissent-ils de la propriété d’électriser la surface terrestre, c’est ce donc chacun peut se rendre compte à sa guise, car l’auteur de cette hypothèse ne s’explique par sur ce point.
- Si nous passons aux théories du deuxième groupe nous rencontrons en premier lieu l’hypothèse de Becquerel. Selon Becquerel, l’hydrogène qui émane du soleil est fortement électrisé; cet hydrogène se propage directement par rayonnement, avec une intensité toujours décroissante, et arrive ainsi à la terre. Les expériences de Goldstein rendent très vraisemblable la possibilité d’un tel rayonnement qui se propage d’une façon analogue à la lumière et à la chaleur. Ce qu’il y a de peu heureux dans cette théorie, c’est qu’elle est visiblement inspirée par les phénomènes que nous constatons dans notre atmosphère, et alors pourquoi ne pas prendre notre globe même comme origine de l'électricité atmosphérique?
- Werner Siemens reprenant les idées de son frère sir William Siemens, suppose qu’à la région équatoriale du soleil, grâce à la force centrifuge de son mouvement de rotation, des gaz brûlés, et notamment de la vapeur d’eau, sont rejetés sans cesse dans l’espace ; ces gaz dans le voisinage du corps solaire rencontrent des conditions de pression et de température telles qu’ils se dissocient sous l in-fluence du rayonnement du soleil. Cette matière se précipiterait alors sur les pôles du soleil d’où elle serait de nouveau entraînée vers l’équateur et se trouverait brûlée en chemin. Ces phénomènes sont accompagnés d’un frottement énergique des particules gazeuses sur la photosphère qui demeure électrisée positivement et possède un potentiel très élevé tandis que les molécules de gaz emportent dans l’espace l’électricité de nom contraire. La terre qui, comme les autres planètes sans doute, est un bon conducteur, s’électrise par influence; l’électricité négative s’accumulè sur l’hémisphère où il fait jour ; l’électricité positive repoussée sur l’autre hémisphère s’écoule dans l’espace. Bien que cette hypothèse soit très commode pour expliquer les manifestations du magnétisme terrestre ainsi que les aurores boréales et australes, il ne faut pas oublier la critique que Holtz a adressée à la théorie de Siemens, critique dans laquelle il reproche à ce dernier l’inconséquence qu’il y a à admettre que l’électricité positive de la terre s’écoule dans l’es-
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- pace, tandis que l’électricité négative, elle, ne s’écoule pas.
- Au point de vue du magnétisme terrestre, des aurores boréales, etc., on est tenté d’admettre l'existence de l’électricité solaire ; mais au point de vue de l’electricité qui se manifeste pendant les orages, M. E. Gerland pense qu’il y a tout lieu d’en rechercher les causes dans les phénomènes dont la terre est le siège. Plusieurs raisons motivent cette dernière hypothèse : les variations diurnes dans l’électricité atmosphérique, variations qui offrent un caractère de périodicité ; les phéno mènes observés par Palmieri et qui s’énoncent ainsi : « là où tombe la pluie, il existe une forte manifestation d’électricité positive, à l’entour se trouve une zone plus ou moins large d’electricité négative suivie elle-même d’une zone d’électricité positive qui diminue rapidement à une grande distance » ; le caractère très différent des orages suivant le côté de la dépression barométrique à laquelle ils appartiennent; en dernier lieu, ce fait que des nuages qui ne présentent absolument aucune différence sont tantôt le siège de décharges électriques et tantôt pas.
- Il y a donc lieu de rechercher sur la terre même l’origine des phénomènes électriques dont les orages nous rendent témoins. Si l’on se reporte aux observations intéressantes de M. V. Bezold on constate, dit M. E. Gerland, que, toutes les fois qu’un orage éclate la pression atmosphérique est minima et la température maxima. Il est naturel d’en conclure que la cause qui provoque l’orage est un courant d’air ascendant, or l’existence d’un tel courant rend possible la séparation rapide des deux électricités. Ce courant d’air a pour effet de transporter rapidement dans les régions plus froides, des couches d’air chaud et humide ; la vapeur d’eau se condense, abandonnant sa chaleur latente de vaporisation, d’où résulte une élévation de la température des couches d’air qui montent et une accélération dans leur mouvement ascensionnel.
- Cependant les gouttes d’eau produites par la condensation de la vapeur d’eau tombent avec une vitesse qui va s’accélérant et leur vitesse relativement à celle dont sont animées les couches d’air qu’elles traversent, est égale à chaque instant à la sommedesvitessesabsolues; on conçoit qu’à un moment donné cette vitesse relative soit assez considérable pour que la séparation complète des deux électricités se soit produite.
- Que l’origine de cette électricité se trouve dans la condensation même, c’est-à-dire dans laformation des gouttes d’eau, ou provienne des frottements de ces gouttes contre l’air ambiant, peu importe ; ce qu’il est logique d’admettre c’est que les gouttes et l’air soient finalement chargés d’électricités de noms contraires.
- Lorsque la vitesse du courant ascensionnel est
- devenue assez élevée, le potentiel du nuage atteint une valeur suffisamment grande pour qu’il y ait recombinaison soit avec un nuage voisin, soit avec la terre qui s’est électrisée négativement sous l'influence du nuage.
- L’équilibre peut se rétablir petit à petit par l’intermédiaire des gouttes d’eau qui tombent ou tout d’un coup par décharge disruptive ; c’est de la vitesse que possède la masse d’air ascendante que dépend la production de l’un ou de l’autre de ces phénomènes.
- Le signe de l’électricité dont sont chargés les nuages est le même que celui des gouttes d’eau; Palmieri trouve que cette électricité est positive toutes les fois qu’on est à l’abri des actions d’influence.
- C’est à ces dernières causes qu’il faut sans doute attribuer les faits observés par Dellmann ; Dellmann a, en effet, constaté souvent que le centre du nuage était négatif avec une zone positive autour. Quant à Wettstein, il admet que les gouttes d’eau sont négatives et l’air positif.
- On voit combien cette hypothèse est simple et ingénieuse en même temps. Elle est basée en somme sur la condensation de la vapeur d’eau, grâce à un mouvement ascensionnel plus ou moins rapide des couches d’air. M. E. Gerland est le premier qui, à notre connaissance, ait considéré cette ascension d’un courant d’air comme un facteur indispensable dans la production de l’électricité des orages; aussi s’attache-t-il, comme de juste, à démontrer que ce courant d’air animé d’une vitesse ascensionnelle plus ou moins grande existe toujours, quelle que soit l’espèce d’orage que l’on considère, que ces orages proviennent des courants équatoriaux ascendants ou descendants ou bien des vents régnants dans une contrée. Bien que cette partie de l’article de M. E. Gerland ne soit pas moins intéressante que la première,nous sortirions des limites que nous nous sommes imposées si nous voulions le suivre dans l’étude détaillée du caractère que présentent les dépressions barométriques dans nos pays et les orages que l’on y observe. Nous nous bornerons à remarquer en terminant que cette étude de détail aussi bien que les faits observés dont il est fait mention portent à admettre dans chaque cas l’existence d’un courant d’air ascendant. Quant au deuxième facteur, qui est la condensation de la vapeur d’eau, il existe toujours, puisque les orages ne sont le siège de décharges électriques qu’en tant qu’ils sont accompagnés d’une forte pluie. Il semble que l’expérience donne à cette règle un démenti, mais le démenti n’est qu’apparent; il peut en effet arriver qu’il ne pleuve pas au lieu même de l’observation : dans ce cas la pluie tombe dans une localité voisine ou bien elle se produit dans des régions très élevées et en traversant des couches d’air fortement chauffé et
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- relativement sec, elle se vaporise à nouveau avant d’être descendue dans le voisinage de la terre.
- L’éclairage électrique au point de vue hygiénique, par le Dr Hugo Krüss.
- Nous avons souvent eu occasion, dans différentes parties de ce recueil, de nous occuper des avantages ou des inconvénients que présente la lumière électrique au point de vue de l’hygiène. M. le Dr Hugo Krüss a bien voulu nous communiquer une conférence qu’il a faite dernièrement à Hambourg sur le même sujet. Certains côtés de la question sont trop connus de nos lecteurs pour que nous nous étendions dessus ; il a été bien et dûment établi qu’en ce qui concerne la production de l’acide carbonique et la quantité de chaleur dégagée, la lumière électrique défie la concurrence de tout autre système d’éclairage. C’est un point que l’on ne saurait discuter.
- Il n’en est pas de même au point de vue de l’éclat et de la couleur de la lumière électrique. On a souvent dit que la lumière des lampes à arc était excessivement nuisible à la vue et que ce fait provenait de la grande richesse de cette même lumière en radiations violettes. Or, il résulte des recherches du professeur O.-E. Meyer que la lumière électrique n’est pas plus riche en rayons violets que la lumière solaire. Comparée à celle du soleil, la lumière d’une lampe à arc paraît jaune. Il est indiscutable que l’on éprouve une sensation désagréable et même douloureuse si l’on fixe une lampe électrique; mais ce n’est point là un argument contre l’emploi de ces lampes. Quand on dispose une lampe dans un lieu quelconque, c’est à l’effet de rendre visibles les objets qui entourent la lampe et non pour que l’on regarde la lampe même. Il ne faut pas oublier que l’emploi de l’éclairage électrique dans la vie privée et publique est de date toute récente; du jour où les lampes électriques seront entrées dans le domaine des objets qui nous sont familiers, cette curiosité qui nous porte à diriger nos yeux sur les foyers mêmes, sitôt que nous nous trouvons dans un local éclairé par l’électricité, disparaîtra et avec elle l’inconvénient que l’on se plaît à signaler.
- Il est d’ailleurs très facile, même dans l’état actuel des choses, de parer à ce désavantage, pour peu que l’on veuille s’en donner la peine. Dans les locaux bas de plafond et où l’on est pour ainsi dire forcé de regarder les lampes, il serait aisé de garantir la vue en ayant soin de placer sous chaque lampe un écran opaque et de projeter la lumière au moyen de réflecteurs convenablement disposés sur le plafond qui sera peint en blanc : on obtiendra ainsi une lumière diffuse et l’impression sera des plus agréables à l’œil. Une autre disposition également à recommander* quand les lieux s’y prê-
- tent, consiste à plafonner la pièce que l’on veut éclairer avec du verre dépoli et à placer les lampes au-dessus du plafond : c’est un procédé d’installation qui a d’ailleurs été adopté en Allemagne avec succès dans un grand nombre de fabriques.
- Les lampes à incandescence produisent sur l’œil le même effet que la lumière du gaz dont elles se rapprochent beaucoup par la couleur : il serait à souhaiter qu’on les entourât toujours avec du verre dépoli comme cela se fait pour le gaz.
- Pour ce qui est de l'acuité visuelle, toute une série d’expériences ont démontré qu’elle était considérablement accrue par l’emploi de la lumière électrique. Il n’est pas de lumière artificielle qui permette à un degré égal de reconnaître les petits objets, tels que les dessins finement exécutés ou d’apprécier la valeur exacte des couleurs.
- Il résulte de là que même en ce qui concerne la vue, il est facile de parer aux inconvénients de l’éclairage électrique, tandis qu'il est impossible, avec les moyens connus, de suppléer aux avantages que ce même éclairage présente.
- En tant qu’hygiène, l’objection soulevée de ce chef disparaît donc; on ne reste plus qu’en présence de propriétés très avantageuses : la faible production de gaz impropres à la respiration; le peu de chaleur développée, comme nous disions plus haut et surtout les puissantes garanties contre l’incendie, car la diminution des chances de mort est aussi une question qui rentre dans le domaine de l’hygiène.
- Rhéostat de Wheatstone avec godet à mercure, par J. Bodynski (l).
- On sait que dans le rhéostat ordinaire de Wheatstone le contact entre le fil et le cylindre métallique est imparfait, et le point de contact mal déterminé. M. Bodynski emploie un godet à mercure afin d’obtenir un contact satisfaisant.
- Le fil du rhéostat est enroulé sur un cylindre en serpentine N, et il demeure fixé à la surface de ce cylindre ; cette surface porte un pas de vis de 3 millimètres de profondeur, et le fil métallique se trouve au sommet du pas de vis, faisant saillie par conséquent. Au-dessous du cylindre en serpentine se trouve un godet plein de mercure, qui peut se mouvoir le long de la génératrice inférieure du cylindre. Un point du fil métallique se trouve plongé dans le mercure du godet. Lorsque l’on fait tourner le cylindre en serpentine, le godet avance à chaque tour d’une quantité égale à la hauteur du pas de vis, de façon que tous les points du fil métallique viennent successivement le toucher. A cet effet, le godet à mercure est formé par une rainure creusée dans un bras en cuivre E; ce bras
- (Jj Annales de Wiedemann, 11e 7, iüîq.
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- en cuivre est porté par une glissière mobile le long de la règle carrée F, et il est conduit par un écrou
- mobile le long de la vis D. Cette vis est parallèle au cylindre de serpentine, et elle tourne en même
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- temps que ce cylindre; elle a un pas de vis deux fois moindre, mais un mouvement de rotation deux fois plus rapide, grâce à l’engrenage des
- roues A, B, C, lesquelles transmettent le mouvement du cylindre à la vis.
- La règle carrée F porte une graduation qui donne le nombre de tours dont on a fait tourner la manivelle; le cylindre porte une graduation qui donne les fractions de tour.
- Contrôle électrique pour aiguilles de chemins de 1er, par G. Olte.
- A Apeldoorn en Hollande, M. G. Olte a breveté dans ces derniers temps un appareil électrique permettant de savoir quelle est à chaque instant la position qu’occupent les aiguilles dans une voie ferrée. Lq Journal de Dingler donne la description de cet appareil. Dans l’axe des rails se trouve disposée une caisse en fonte qui porte quatre glissières a,, blt a2, b2, égales deux à deux et occupant les positions relatives indiquées dans la ligure ci-jointe. Les glissières les plus courtes (al et a2) sont parfaitement isolées ; les glissières bt et sont au contraire reliées l’une au sol, l’autre à un appareil indicateur que nous décrirons plus bas.
- Chacune des aiguilles est armée d’une tige qu pénètre dans la caisse de fonte et est guidée à tra-
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- t'.2 —------------------------------ -------------..7 a
- vers la paroi de cette même caisse; à l’extrémité de ces tiges s’assemblent des pièces de contact, destinées à se mouvoir le long des glissières at bi et a2 b2 ; ces pièces de contact sont électriquement reliées l’une à l’autre, mais elles demeurent isolées des tiges qui les commandent.
- Ces pièces sont disposées de telle façon que lorsque les aiguilles occupent une position de repos l’une des pièces est en contact avec une glissière isolée, a, par exemple, tandis que l’autre pièce repose sur b3 ; mais si l’on vient à déplacer les aiguilles le premier patin entre en contact avec bt et le deuxième avec a3. Dans l’intervalle, et pendant un temps plus ou moins long, les deux patins se trouvant sur les glissières bt et b2, ces deux glissières sont reliées électriquement et le circuit est fermé à travers l’appareil indicateur. C’est cet appareil que nous allons maintenant brièvement décrire.
- L’indicateur est formé par une caisse dont la paroi antérieure est percée de deux ouvertures superposées l’une plus grande que l’autre ; à l’intérieur de la caisse est logé un électro-aimant qui vient agir sur un levier à deux branches équilibré au moyen d'un contre-poids que l’on peut déplacer. Lorsque le circuit est fermé, l’armature de l’élec-tro-aimant se trouve attirée et un disque rouge apparaît devant la fenêtre inférieure qui est la plus
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- petite; en même temps un système de cliquet et de roues à rochet fait parcourir un sixième de circonférence à un cylindre disposé derrière la fenêtre supérieure, et qui porte six bandes alternativement blanches et rouges. Dès que le courant est rompu le disque rouge inférieur retombe, entraîné par l’armature qui revient à sa position d’équilibre ; le cylindre demeure immobile jusqu’à une prochaine émission de courant.
- On voit, d’après cette description sommaire, que le disque inférieur apparaît pendant chaque manœuvre des aiguilles et disparaît dès que ces aiguilles occupent une des deux positions de repos ; lorsque ce dernier disque reste visible pendant un certain temps on est averti que les aiguilles sont dans une situation anormale. Les changements de couleur à la fenêtre supérieure indiquent à chaque instant quelle est la position des aiguilles, à condition, toutefois, que l’on sache à quelle couleur correspond la position originaire de ces mêmes aiguilles et que l’on prenne soin de noter les alternances de couleur. Il est, en outre, indispensable de vérifier fréquemment l’accord entre les mouvements des aiguilles et celui du cylindre, car il est à craindre que pour une cause ou pour une autre le cylindre n’avance ou ne retarde sur l’aiguillage.
- Appareil électrique pour la gravure et la reproduction des dessins, par A. Schmid.
- L’appareil de M. A. Schmid ( Journal de Dingîer) se compose essentiellement d’un bâti Q qui sert de support à un arbre D muni en son milieu d’une vis sans fin F et à ses deux extrémités de disques A et E. Ces disques sont calés sur l’arbre D. Perpendiculairement à ce même arbre se trouve disposé un deuxième arbre G qui porte une roue hélicoïdale O laquelle engrène avec la vis F et à chacune de ses extrémités une roue dentée P. Ces roues engrènent chacune avec un pignon R monté à l’extrémité d’une tige filetée H, Hj. Si l’on vient, au moyen de la courroie S, imprimer un mouvement de rotation au disque A, ce mouvement est transmis par l'intermédiaire des engrena ges F, O, P, R aux tiges H et H, ; il en résulte pour les pièces J et qui forment écrou et sont guidées dans le bâti, un déplacement parallèle à l’axe des tiges H, H,.
- Chacun des disques A et E est muni de quatre vis B qui peuvent se déplacer dans des ouvertures dirigées suivant le sens des rayons et qui permettent de fixer sur ces mêmes disques une plaque de grandeur variable. La pièce J est solidaire d’une tige K recourbée en forme d’étrier et portant à son extrémité une pointe métallique L; cette pointe se fixe à un point quelconque de la tige K. Une tige K, analogue à K se trouve reliée à la pièce J,; cette dernière tige supporte un petit électio-aimant
- M dont l’armature est munie d’une pointe à graver ou à tracer N. Si l’on amène les deux pointes L et N au centre des disques A et Ë et qu’on mette ensuite le système en mouvement, il est évident que chacune de ces pointes décrira sur le disque correspondant une spirale et si le déplacement des pièces J, et J est assez lent les pointes occuperont successivement tous les points du plan sur lequel elles se meuvent.
- Ceci posé, il est très facile de se rendre compte du fonctionnement de l’appareil. On fixe sur le disque A la plaque originale et sur le disque E la plaque sur laquelle on se propose de graver ou de reproduire tout simplement lin dessin. L’original peut être fait de deux façons : une plaque métal-
- lique sur laquelle le dessin a été exécuté à l’aide d’une couleur non conductrice, ou bien un dessin sur papier avec couleur à base métallique conductrice. On amène les deux pointes L et N au centre des disques A et E, puis on met le système en mouvement. Les piles, en nombre variable suivant les effets que l’on veut obtenir, et les liaisons électriques sont disposées de telle manière que le circuit se trouve fermé, c’est-à-dire que l’électro-ai-mant M attire son armature toutes les fois que la pointe L passe au contact d’une partie conductrice de la plaque sur laquelle elle se déplace. Le stylet N trace dans les deux cas une spirale; seulement dans le cas d’une plaque métallique cette spirale se trouvera formée aux endroits du dessin, elle sera au contraire interrompue aux endroits du dessin dans le deuxième cas. Il est inutile d’ajouter qu’en faisant varier la vitesse de la tige filetée H, par rapport à H, ce qu’il est aisé de réaliser en changeant les roues dentées P et R, on peut obtenir îa reproduction d’un dessin original à telle échelle que l’on juge convenable.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 4=9
- Rhéostat pour le pont de Wheatstone-Kirchhoff. par Hugo Meyer (*).
- M. Weber a construit en 1829 un monocorde destiné à des expériences acoustiques. M. Hugo Meyer transforme cet instrument en rhéostat.
- Un fil métallique (fig. 1) est tendu verticale-
- ment par un poids; il est encastré en haut dans un tube métallique, en bas dans une sorte d’étau. Ce dispositif a l’avantage d’assurer une tension constante du fil, et de limiter exactement la longueur utilisée. Le contact glissant a la forme indiquée par
- la figure 3. Un ressort en laiton, porté par une pièce de bois sec S qui glisse le long du fil, touche le fil lorsqu’on le fait plier. Pour appuyer sur le ressort on se sert de la fiche (fig. 2). Cette fiche est munie d’un pas de vis, ainsi que d’un rebord saillant qui ferme le circuit latéral, en même temps qu’il fait fléchir le ressort. La même pièce de bois porte, d’ailleurs, deux ressorts en laiton f f symétriques et indépendants. On peut les employer séparément, les laisser isolés, ou bien les réunir parla fiche dont la place est marquée en m. En employant ainsi deux ressorts au lieu d’un, il est possible de toucher successivement tous les bouts du fil métallique, jusqu’aux points où il est encastré, et de s’assurer de son homogénéité suivant la méthode indiquée par M. F. Braiin ('). L’auteur a vérifié qu’un fil de maillechort de 0,4 millimètres est très sensiblement homogène dans toute sa longueur.
- Variation de la résistance du bismuth et de quelques alliages avec la température par M. A.
- Leduc (*).
- J’ai observé antérieurement (3) que la résistance d’une lame mince de bismuth, sur laquelle j’ai étudié le phénomène de Hall, augmente d’environ 4 millièmes de sa valeur par degré centigrade entre 12° et 6o°. La résistance d’un alliage à poids égaux de bismuth et de plomb augmente, au contraire, d’environ i5 dix-millièmes de sa valeur dans les mêmes circonstances.
- Dans l’espoir de trouver un alliage dont la résistance ne variât point sensiblement entre des limites de température assez étendues, j’unis iétt de plomb successivement à 2és, 3és, 4^ et 5éci de bismuth, et j’obtins des fils de ces alliages en les faisant monter par aspiration à l’état liquide dans des tubes de verres capillaires contournés. Tous augmentent de résistance (i3 à 8 dix-millièmes) lorsqu’on élève la température. J’essayai de nouveau le bismuth pur (commercialement) réduit en fil par le moyen ci-dessus : la résistance augmenta de 3 millièmes de sa valeur par degré. La différence remarquable entre ce fil et la lame étudiée précédemment tient, sans doute, à leur mode de préparation et à la vitesse très différente de leur refroidissement.
- Il est à remarquer que le bismuth pur et le dernier alliage essayé augmentent notablement de volume en se solidifiant. Nous trouvons donc ici des exceptions à la règle considérée comme générale : pour les métaux qui augmentent de volume en se solidifiant, la résistance diminue lorsqu'on élève la température.
- (') Cenlralzeitung fur Optik und Medunik, p. 134, 1383.
- (2) Journal de Physique.
- (3) La Lumière Electrique, t, XII, p, 33,
- (*) Annales de Wi. demanu, nu 7, 1 fcti),
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA VALEUR DE L’UNITÉ DE RÉSISTANCE SIEMENS EN MESURE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ABSOLUE
- Par H. Wild.
- (Suite)
- En dernier lieu, E. Dorn a, dans ses recherches, tenu compte d’un élément que ses prédécesseurs n’avaient pas pris en considération. Comme j’ai déjà eu occasion de le faire remarquer dans mon traité « Sur la détermination de ^inclinaison absolue au moyen de la boussole d’inclinaison 0) », l’hypothèse que l’on admet généralement, et sur laquelle nous nous sommes tus plus haut à savoir que pour les multiplicateurs, dans lesquels les déviations maxima des aimants sont petites et observées avec lunette et échelle, le coefficient de sensibilité est une constante, n’est pas rigoureusement exacte. J’ai montré que pour des multiplicateurs tels que ceux employés au cours de ces recherches avec des déviations de i°, il y a déjà des écarts de i % et davantage relativement à la constante que l’on admet. Il résulte de là, comme je l’ai déjà indiqué, que les équations du mouvement (i) de l’aimant, dont les oscillations s’amortissent, ainsi que les équations qui en découlent, ne sont pas rigoureuses; il y a lieu, au contraire, de considérer comme une fonction de q> la constante C du multiplicateur et, par suite aussi, la quantité 2 p dans l’équation (1) à cause de l’équation (4), et, en général, c’est une hypothèse qu’il ne faut pas perdre de vue. de même que rigoureusement il conviendrait de remplacer a*cp par a2 sin ç dans l’équation (1). C’est une question qui, depuis, a été presque simultanément traitée par deux physiciens, MM. O. Chwolson et K. Schering, et résolue avec une certaine approximation d’une façon à peu près identique. Je m’en tiens ici à la solution un peu plus générale de M. Chwolson, tandis que Dorn a pris celle de M. Schering.
- M. Chwolson pose dans une première approximation :
- et
- c(i-J <p2^ à la place de C (o ^l— g ç2 J à la place de sin
- ce qui donne au lieu de l’équation (1) l’équation suivante :
- d* 9
- Éli
- dt
- >^cp2)-j-a2©^i—g
- (O
- les décréments logarithmiques réduits au moyen de ses formules à des amplitudes infiniment petites. La constante b, qui dépend de la forme, des dimensions, etc., du multiplicateur et de l’aimaut peut, selon M. Chwolson, être déterminée en observant le décrément logarithmique pour différents azimuts du multiplicateur relativement au méridien magnétique.
- Ces perfectionnements apportés au calcul donnent à l’équation (12) la forme
- Ln = -
- H sin
- i'-ï*')
- (H-0)
- (12')
- et à la place de l’équation (i3) on a
- K
- sin <p tang
- (,+©_©') (13')
- Une dernière influence perturbatrice dont il n’a jamais été tenu compte dans les recherches effectuées jusqu’à ce jour selon la méthode qui nous occupe est celle du fer éventuellement contenu dans le multiplicateur; c’est en effet là une iofluence qui, dans les circonstances ordinaires, échappe facilement à l’observation. Même lorsque cette quantité de fer est assez petite pour passer inaperçue quand on la recherche par le procédé ordinaire en approchant l’appareil d’un magnétomètre, elle peut néanmoins exercer une action sensible sur l’aimant puissant qui se trouve très voisin d’elle dans l’espace creux du multiplicateur. Je ferai remarquer par exemple que le fil de cuivre employé pour mon multiplicateur ne donna aucune déviation sensible, même dans un voisinage immédiat lors des premières épreuves effectuées au magnétomètre; la même chose se produisit, le multiplicateur une fois terminé. Mais lorsqu’on eut suspendu l’aimant, si l’on tournait le multiplicateur de 3° 1/2 à droite ou à gauche de son axe de symétrie vertical, il était aisé de constater chaque fois une déviation constante de 1' en nombres ronds, ce qui, comme nous nous proposons de le faire voir, a une influence de plus de 4 °/0 sur le résultat final des mesures (influence 10 fois plus grande environ que celle exercée par la torsion du fil de suspension).
- Comme les déviations que la présence du fer imprime à l’aimant du multiplicateur en dehors du méridien magnétique, lorsque l’on tourne le multiplicateur, ont été trouvées à la suite de recherches spéciales proportionnelles à l’angle de rotation, tant que cet angle ne dépasse pas 3° 1/2, limite que nos oscillations et déviations n’ont jamais franchie, on peut introduire dans le calcul cette force absolument de la même façon que la force de torsion. Il y a donc lieu, à cause de la présence du fer dans le multiplicateur, d’ajouter au dénominateur de l’équalion (6) le facteur
- 1 + / O4)
- dans lequel
- /= 0,00007949. *0 (14')
- Si y) représente la déviation exprimée en secondes que l’on observe pour l’aimant lorsque l’on tourne le multiplicateur de 3° 1/2. Pour y] = 60" on a donc f = 0,0048.
- Pour la même raison, il convient d’adjoindre à l’équation (i3') le facteur
- 1 + /-/'
- En intégrant cette équation, il arrive à conclure que chacune des expressions (2) — (6) reste valable, pourvu qu’à la place de X nous mettions non pas les décréments logarithmiques tirés de l’observation à la façon ordinaire, mais bien
- (*) « Mémoires de l’Acad. lmp. des Sc. de Saint-Pétersbourg », t. XXVI, no 8, 1878.
- dans lequel /' représente l’influence du fer dans la boussole des tangentes.
- Parmi les facteurs de correction que nous mentionnons ici, la détermination satisfaisante du coefficient d’induction vf (voir l’expression 9), principalement à cause de sa grandeur à côté de /, offre des difficultés. — La quantité v'H a dans notre cas à peu près la même valeur que /, c’est-à-dire qu’elle est comprise entre 0,004 et o,oo5.
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- Si l’on veut donc être certain de W à 0.0001 près de sa valeur, il faut déterminer ces quantités à i- près, ce qui
- DO
- n’est pas facile, étant donnée l’incertitude que présentent les différentes méthodes propres à la détermination de v'. S’il est vrai, comme l’indique Lamont, que le coefficient d’induction n’est pas le même suivant que le magnétisme d’un barreau diminue ou augmente, la détermination de ce coefficient d’après les méthodes ordinaires, qui ne donnent que la moyenne des deux coefficients, n’est pas suffisante; le meilleur procédé à employer est celui du bifilaire que j’ai proposé (*). Mais si, en fin de compte, il faut recourir à la suspension bifilaire de l’aimant, il est alors possible d’éviter complètement la détermination du coefficient d’induction.
- En effet, si nous plaçons l’aimant à suspension bifilaire, et par suite le multiplicateur aussi, dans la position transversale, c’est-à-dire perpendiculaire au méridien magnétique, l’induction due au magnétisme'ne change pas, comme dans les observations des déviations, le moment magnétique de l’aimant ou du moins ce moment sera exactement le même que dans les observations des déviations, et ces dernières permettront de l’obtenir sans qu’il soit nécessaire d’introduire une correction pour l'induction.
- L’emploi de la suspension bifilaire et de la position transversale apporte peu de changements dans nos expressions. On aura maintenant dans les équations (1) ou (1')
- «3=sa“jj“COt gz (i5)
- et dans les équations (12) et (i3) ou (12') et (i3'), il suffit d’ajouter à droite le facteur cotg 2, tandis que tous les termes qui renferment 0 et représentent l’influence de la torsion dans le multiplicateur disparaissent.
- Il résulte de là qu’il faut dans l’équation (6) pour la résistance W écrire
- H cotg z au lieu de H
- z représentant ce qu’on appelle l’angle de torsion du bifilaire. quantité bien plus facile à déterminer que le coefficient d’induction et dont on sera plus certain.
- La position transversale de l’aimant avec la suspension bifilaire, offre encore cet avantage que sa situation est indépendante des variations de déclinaison; il n’y a, donc qu’à tenir compte de l’intensité horizontale.
- Toutes ces raisons m’ont déterminé à adopter dans mes recherches la suspension bifilaire et l’orientation transversale pour l’aimant du multiplicateur.
- Eu dernier lieu, il n’y a plus qu’à remarquer que la résistance absolue W du fil du multiplicateur ainsi obtenue doit être comparée à celle d’une unité Siemens, de même qu’il a fallu comparer entre elles comme résistance les branches du multiplicateur et du shunt : je fis usage à cet effet du pont de Wheatstone.
- Après cet exposé général de la méthode suivie, il convient d’entrer dans le développement des formules qui ont servi de base ainsi que dans le détail des observations.
- I. — DISPOSITION DU BIFILAIRE ET DÉTERMINATION DE SON ANGLE DE TORSION.
- Pour l’aimant du multiplicateur à suspension bifilaire, on recherche de la manière ordinaire sa position dans le méridien magnétique sans torsion des fils en plaçant alternativement dans la nacelle l’aimant et le barreau diamagné-tique de laiton et en tournant le cercle de torsion. Si
- p) Bulletin de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, T. XXVI, p. 76, janvier 1880.
- alors on vient à déplacer d*un angle de qo° soit la suspension supérieure des fils au moyen du cercle de torsion, soit le porte-aimant et la pièce inférieure qui relie les deuil fils, le barreau de laiton qui se trouve dans la nacelle devient perpendiculaire au méridien magnétique. On ajuste à ce moment le miroir du porte-aimant de telle façon qu’il réfléchisse dans la lunette le milieu de l’échelle, on fait la lecture au cercle de torsion et à l’échelle, et l’on place l’aimant à la place du barreau de laiton. L’angle dont il faut tourner le cercle de torsion ou la suspension supérieure des fils pour lire absolument la même division de l’échelle, c’est-à-dire pour amener l’aimant à être normal au plan du méridien magnétique, représente ce qu’on appelle l’angle de torsion z& pour lequel ou a l’équation :
- dans laquelle
- Ha Ma — Da sin zn +-xa 2a
- D
- T
- Q.g- dd*
- 4/
- 2 71 p4 e g 57
- (16)
- (17)
- Q représentant la masse suspendue aux deux fils, g l’accélération de la pesanteur, d et d' la distance des fils en haut et en bas, / leur longueur, p leur rayon, e le coefficient d’élasticité de la substance dont ils sont faits. L’indice a signifie que les valeurs de toutes les quantités correspondent au moment a pour lequel l’aimant a été placé normalement au méridien magnétique. II est sous-entendu que les spires du multiplicateur sont également perpendiculaires au méridien magnétique, et que ia contenance en fer n’exerce aucune déviation sur l’aimant.
- L’angle za se lit donc sur le cercle de torsion, et l’équation (iô>, qui définit cet angle, subsiste toujours, même lorsque les valeurs de Ha. Ma, etc., changent toutes les fois que l’aimant e^t normal au méridien magnétique. Or, ceci a toujours lieu pour la même lecture d’échelle ?/a dans la lunette, comme pour la déposition originaire du bifilaire, lorsque le méridien magnétique n’a pas varié dans l’intervalle d’une façon appréciable, et que la position relative de l’aimant et du miroir sur la suspension, ainsi que celle de la lunette et de l’échelle, est restée la même.
- Ces deux dernières conditions sont faciles à réaliser dans la construction de l’appareil. Pour ce qui est de la premières la variation Ç de l’angle de torsion 2, qui correspond à une variation g dans ia déclinaison est donnée au magnétomètre bifilaire par l’équation
- tgç
- 1 — eos g sin ô-f-cotg z
- (18)
- Pour z = 46° (angle de torsion dans notre instrument) et pour S = + io' (amplitude maxima de la variation diurne de la déclinaison à Pawlowsk, les jours de perturbation exceptés), on a Ç = + o"9. Comme pour notre bifilaire, la valeur d’une division de l’échelle se trouvait être eu nombres ronds égale à 25", la valeur précédente de Ç est inférieure à 1/20 de division, c’est-à-dire plus petite que l’erreur d’observation. Il suffit donc que le réglage du bifilaire ait été fait par un temps de déclinaison moyenne, du moins pour notre appareil, pour qu’indépendamment des variations normales dans la déclinaison et y compris l’erreur d’observation, la lecture n& à l’échelle représente toujours une position de l’axe de l’aimant perpendiculaire aii méridien magnétique.
- En dernier lieu, la valeur de 2a, déterminée à l’origine, correspondra pour une lecture d’échelle «a à l’angle de torsion du bifilaire aussi longtemps que la suspeusiou supérieure (ligne de jonction des deux fils) 11’aura pas changé de position relativement à la suspension inférieure lorsqu’on fait la lecture. Mais si l’on se croit fondé à craindre un changement de ce genre dans la suspension supérieure de l’ài-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4*3
- mant, la nouvelle valeur éventuelle de’zase laisse facilement déterminer sans recommencer toutes les recherches fastidieuses relatives au méridien magnétique, etc. Il suffit de remplacer l'aimant par le barreau de laiton et de tourner le cercle de torsion jusqu’à ce qu’on atteigne dans la lunette la même division ?/a. La différence de la nouvelle lecture sur le cercle de torsion et de celle que Ton fait après avoir replacé l’aimant et reproduit exactement à l’échelle, la lecture nu représente évidemment le nouvel angle de torsion.
- L’angle de torsion za et la lecture correspondante à l’échelle «a, qui servent de point de départ à ce qui va suivre une fois déterminés, nous allons établir rigoureusement les équations du mouvement de l’aimant dans le cas de la suspension bifilaire et de la position transversale de ce même aimant.
- II. — ÉQUATIONS nu MOUVEMENT DE L’AIMANT OSCILLANT ET FORMULES PLUS EXACTES SE RAPPORTANT A W,
- L’équation (16) est un cas particulier de l’équation générale d’équilibre de l’aimant bifilaire transversal :
- HM cos < = D sin (zn + Q + t (za + Ç) + r 09)
- si l’on pose pour simplifier :
- cotg. ; — cotg. (za + 0 | cos Ç + sin Ç tang. (z„-K)
- + [l — s« cotg. (za + Ç)J +/ ) (23)
- D’autre part on a, comme précédemment, les relations :
- P
- T’
- +)
- T2 ’
- (M)
- si maintenant X représente le décrément logarithmique réduit, suivant la théorie de Chwolson, à des amplitudes infiniment petites, que l’on tire de l’observation des oscillations de l’aimant, le multiplicateur étant fermé, et T la durée des oscillations de l’aimant dans les mêmes conditions, durée que l’on ne peut observer exactement, à cause de la décroissance rapide de l’amplitude et qu’il faut, par conséquent, exprimer en fonction de celle des oscillations de l’aimant non amorti, c’est-à-dire le multiplicateur étant ouvert.
- L’équation du mouvement de l’aimant non amorti est
- dans laquelle ç représente l’angle de l'axe de l’aimant avec la normale au méridien magnétique et y£ l’action du fer contenu dans le multiplicateur par rapport à l’aimant en supposant, comme nous l’avons dit plus haut, que les spires du multiplicateur sont normales au méridien magnétique. Rigoureusement. il faudrait encore ajouter un facteur au membre de gauche, facteur qui représenterait la variation du moment magnétique M sous l’influence de l’induction due au magnétisme terrestre pour un écartement de la normale; mais comme ce facteur renferme le produit du coefficient d’induction et de sin Ç, il peut être négligé comme une petite quantité de deuxième ordre.
- Si maintenant nous déplaçons l’aimant, dans cette nouvelle position, d’un angle <p, la somme des moments de torsion qui agissent sur lui sera :
- HMcos (î; + 9) — D siu (za + Ç4-<?) — x(^a 4-1 -f <p) — y R + <p) ou en développant et en tenant compte de l’équation (19)
- dont l’intégrale, d’après les recherches de Chwolson, ne diffère pas sensiblement de celle de l’équation (1).
- Ici l’on a
- n / o lift M n . .
- 2 Po~ “ ~NÔ~ C°tg‘ Z° (2t>)
- en posant
- C0tg.>„ = cotg. (z„ + ç0) | cos ç0 + sin î„ tang (za + ç0)
- + * — z„ cotg. za + Ç0)J +/ ) (27)
- l’index o des quantités H, M, N signifie qu’il faut mettre ici les valeurs correspondantes aux oscillations de l’aimant observées avec le multiplicateur ouvert. Les petites quantités /, g et / peuvent, dans les deux cas, être considérées comme égales. L’observation de ces oscillations donne en même temps les valeurs du décrément logarithmique >.0 et de la durée des oscillations T0 qui, d’après (3) se rattachent à p0 et à otft au moyen des relations
- sin <p H M cotg. (z„+ Ç)[ cos Ç + sin Ç tang (za + Ç) + <r [ï —2a COtg. (3a -f- 0] +/]
- (20)
- a ____
- PO —
- 1 0
- Tl
- (28)
- Mais les équations (22), '24), (26) et (28) donnent pour la résistance \V en mesure absolue :
- si nous négligeons les termes qui renferment de petites quantités de deuxième ordre (les carrés de <p et les produits en t ç et y Ç) et si nous posons :
- H Mcotg. (z„-K) HMcotg.(s„ + 5; ^
- Dans l’équation du mouvement de l’aimant dont les oscillations sont amorties, le multiplicateur étant fermé, c’est-à-dire dans l’équation |
- les constantes p et a ont plus exactement la signification suivante
- M2 G* .
- 3 NW +
- Il M .
- =^rcotg.'
- (?3)
- w
- M C*2
- H2T0 cotg. c. ‘
- X*
- V(-l,
- .J________./HqMq
- )v\ V H Mc
- '‘“il. « /kn \
- cotg. z„N
- avec
- K „ =
- l cotg. z Nq
- >0 1 Hfl M0 cotg. c0
- • K,
- II M cotg.
- o
- (29)
- expression dans laquelle W représente la résistance et C la constante de sensibilité du multiplicateur au moment de
- (b Je ne parlerai qu'à la fm de cette étude, du coefficient de correç-tion relatif à la self-induction*
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- l'observation du décrément logarithmique en circuit fermé, c’est-à-dire à la température qui règne à ce moment dans le multiplicateur, M le moment magnétique, N le moment d’inertie de l’aimant et II l’intensité horizontale du magnétisme terrestre au même instant, tandis que M0> N0 et 1I0 représentent les quantités correspondantes au moment de l’observation du décrément logarithmique >0 et de la durée des oscillations T0 de l’aimant, le multiplicateur étant ouvert. La lettre \ est le décrément logarithmique réduit à des amplitudes infiniment petites, avec le multiplicateur fermé, et les valeurs de cotg. s et de cotg. s0 sont données par les équations (23) et (27).
- (A suivre.)
- RAPPORT
- ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l’organisation
- des services des Postes et des Télégraphes avant et depuis Tannée 187 8
- (Suite et fin)
- CONCLUSIONS
- En terminant cet exposé des transformations accomplies depuis six ans dans les administrations des postes et des télégraphes, nous pouvons comparer avec satisfaction l’état actuel de ce service avec l’état dans lequel il se trouvait avant 1878.
- D'une part, la circulation postale et télégraphique était inférieure en France à ce qu’elle était chez la plupart des grandes nations européennes ; les taxes étaient plus élevées, nous étions en retard sur les autres pays; une réforme était indispensable pour nous relever de cette infériorité.
- D’autre part, les moyens d’action manquaient pour répondre aux légitimes désirs de l'opinion publique : le personnel, insuffisant, mal payé, surmené, succombait, malgré son dévouement, sous le poids de sa tâche; le service, tendu à l’excès, allait être compromis, et les rapports des anciens directeurs généraux que nous avons cités dans le cours de cet exposé disent assez quelle était l’étendue du mal.
- Un premier remède à cet état de choses a été trouvé dans la fusion des deux services et dans le concours mutuel que se sont prêté des agents agissant autrefois séparément : l’économie qui a pu être ainsi réalisée a permis de livrer à l’exploitation des locaux plus vastes, mieux appropriés à ses besoins.
- Nous avons en même temps demandé et obtenu les crédits nécessaires pour fortifier .le service.
- Le personnel était particulièrement digne de toute la sollicitude du Gouvernement. On avait constamment accru ses charges, mais on n’avait rien pu faire pour lui : il était temps qu’il fût encouragé et qu’il comprît qu’on allait enfin se préoccuper de ses intérêts légitimes.
- Nous avons augmenté dans une proportion considérable le nombre des agents, celui des bureaux de poste et de télégraphe, les bureaux ambulants ; en un mot, nous avons donné au service dans toutes ses branches de nouveaux moyens d’action qui étaient absolument nécessaires.
- Le réseau télégraphique s’est accru de 79,000 kilomètres de fils, le parcours annuel de nos courriers de 28 millions de kilomètres, celui des facteurs de 40 millions de kilomètres.
- Les augmentations de crédits qui ont été la conséquence de ce développement ne sont donc pas dues à la réforme de 1878; elles proviennent en majeure partie des dépenses nécessitées par des améliorations qu’il n’était plus possible d’ajourner. Qu’on procédât à la réduction des tarifs ou qu’oa
- n’y procédât pas, il fallait rendre à l’administration des moyens d’action en rapport avec la tâche qui lui incombait.
- Nous prenions en meme temps deux mesures également importantes, l’abaissement de nos taxes postales et l’abaissement de nos taxes télégraphiques.
- Il ne s’agissait pas seulement de faire disparaître les charges que nous avait léguées la guerre de 1870 et de revenir à l’état de choses qui l’avait précédée : pour que la réforme fût véritablement utile et féconde en résultats, il fallait procéder à un* large dégrèvement, unifier et simplifier notre système de tarifs.
- La taxe des lettres diminuée des deux cinquièmes et rendue uniforme pour tout le territoire; celle des cartes postales réduite d’un tiers; celle des journaux et imprimés abaissée au taux le plus minime et considérablement simplifiée; le droit proportionnel des valeurs déclarées, celui des avis de réception et plus tard le droit de recommandation diminués de moitié; la suppression du timbre mobile sur les mandats excédant 10 francs; la surtaxe maritime également supprimée : tels sont les principaux éléments de la réforme des taxes postales.
- Le tarif des télégrammes fixé uniformément à 5 centimes par mot; le minimum de la perception abaissé à 5o centimes par dépêche; la taxe des dépêches pour l’Algérie réduite de moitié; l’introduction dans le service de Paris des cartes-télégrammes et des télégrammes fermés aux prix invariables de 3o et de 5o centimes, quelle que soit la longueur des communications qu’ils servent à transmettre; de nouveaux avantages donnés à la presse et au public pour les abonnements à prix réduits : tels ont été les principaux objets de la réforme des tarifs télégraphiques.
- Pendant que s’accomplissait â l’intérieur cette réforme des taxes, les plénipotentiaires de presque toutes les nations du globe se réunissaient à Paris, désigné pour être le siège du deuxième congrès postal, et de leurs délibérations sortait le traité de l’union postale universelle qui perfectionnait l’œuvre commencée par le congrès de Berne et donnait aux relations internationales un nouvel essor.
- Tandis qu’en 1874 la France, encore sous le coup de ses désastres récents, 11’avait pu se livrer à toute son initiative, il lui était possible cette fois d'entrer résolument dans la voie du progrès et de prendre l’initiative des mesures les plus libérales.
- L’Union postale, complétée par l’accession de nouveaux adhérents, de manière à justifier son titre d’Union universelle; les frais de transit de nos correspondances diminués; les taxes internationales rendues uniformes pour tous les Etats, à part de légères différences-rcsultant de la diversité des systèmes monétaires; le tarif des lettres et des cartes postales notablement abaissé ; l’entente établie entre un certain nombre d’Etats pour l’échange des mandats et des valeurs déclarées, d’après des principes uniformes, et permettant de substituer un régime commun aux divers systèmes en vigueur, tels ont été les résultats du Congrès de Paris, complétés depuis par la convention signée également à Paris entre la plupart des Etats européens, le 2 novembre 1880, pour l’échange des colis postaux.
- Ce que le Congrès de Paris avait lait en 1878 pour la poste en modifiant le traité de Berne, la conférence de Londres Ta fait en 1879 pour les relations télégraphiques internationales, en modifiant l’œuvre du règlement de Saint-Pétersbourg. Elle nous a permis de reviser les anciennes conventions conclues avec les Etats étrangers et d’en réaliser de nouvelles, sur la base commune de la taxe appliquée par mot, sans constante ni minimum. C’était un résultat considérable que de pouvoir introduire daus lès relations internationales, régies jusque-là par une multitude de systèmes différents, un mode de taxation uniforme correspondant, dans la plupart des cas, à une réduction de tarif.
- Des conventions multiples, en dehors des conventions générales que nous venons d’indiquer, sont venues posté
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- rieurement développer nos échanges postaux et télégraphiques avec les autres pays, et témoignent de nos bons rapports avec eux.
- La situation prise par notre administration, dans ses relations internationales au Congrès de Paris, s’est accentuée : nous avons cherché à faire prévaloir des idées dignes de la France ; aussi les témoignages de sympathie des autres offices ne nous ç>nt pas fait défaut.
- Nous avons cherché d’autre part à compléter et à perfectionner notre service intérieur, en empruntant aux offices étrangers ce qui dans leur service nous semblait pouvoir être utilement importé chez nous. C’est ainsi que nous avons successivement ajouté aux diverses branches de notre exploitation les recouvrements des valeurs diverses, d’abord pour les effets payables sans frais, puis pour les valeurs protestables, les abonnements aux journaux, les colis postaux, les caisses d’épargne, les bons de poste. Le public a profité des avantages nouveaux qui lui étaient offerts avec le plus grand empressement, et les résultats que nous avons obtenus ont dépassé ce que l’exemple des autres pays nous promettait. Nous avons ensuite pu étendre aux relations internationales les avantages que nous avions donnés au public pour les communications intérieures.
- En dehors des réformes plus importantes que nous venons d’énumérer, nous n’avons pas négligé les améliorations de détail, telle que l’introduction des enveloppes et bandes timbrées, des mandats-cartes, etc., et les perfectionnements que l’expérience nous a permis de réaliser; la nomenclature en a été présentée plus haut.
- Dans le service télégraphique, les modifications nombreuses que nous avons faites ont permis d’obtenir l’accélération dans la transmission des dépêches, qui mettaient normalement quatre ou cinq heures pour parvenir à destination, et souvent deux ou trois heures de Paris pour Paris; le destinataire a cessé d’être astreint à l’ennuyeuse formalité du reçu; nous avons poursuivi la restriction au cas d’urgence et de nécessité des télégrammes officiels, dont il avait été fait un si grand abus; de nouveaux moyens d’information ont été mis à la disposition de la presse par des abonnements à prix réduits; le service des mandats télégraphiques a été étendu à toutes les localités pourvues d’un bureau de poste et de télégraphe; des fils nouveaux ont été posés dans un grand nombre de directions; de nouveaux câbles relient la Corse et l’Algérie à la France; le réseau pneumatique de Paris est à la veille d’être achevé; de grandes facilités sont données aux communes pour l’obtention de bureaux télégraphiques, aux particuliers pour la concession de lignes privées ou de lignes téléphoniques; le réseau souterrain a été entrepris et rapidement conduit; enfin, tous les progrès accomplis depuis plusieurs années en télégraphie ont été réunis et groupés dans la première exposition internatio-aale d’électricité, tenue à Paris.
- Au point de vue financier, les résultats de la réforme postale et télégraphique, loin de tromper nos espérances, ont dépassé l’attente des prévisions les plus optimistes.
- Le produit des postes et des télégraphes réunis était évalué, pour l’année 1878, indépendamment de toute réduction de tarif, à 139 millions; il s’est élevé au-dessus de 161 millions en i883, malgré les nombreux dégrèvements accordés, donnant ainsi sur les évaluations budgétaires de 1878 une plus-value dépassant 22 millions ou 16 p. 100.
- En 1877, chaque objet transporté par la poste nous coûtait en moyenne 8 centimes; en 1881, il ne coûtait plus que 6 centimes.
- Faut-il, à côté de ces résultats, indiquer ceux qui avaient été obtenus par l’Angleterre après sa grande réforme de i83g ? Elle avait mis treize ans à retrouver son ancien produit brut, qui était de 59 millions. Sans doute la réduction des taxes était, pour la plupart des correspondances, autrement importante que le dégrèvement consenti en 1878. Mais en même temps les moyens d’action avaient été transformés Complètement, le service postal avait été renouvelé de ma-
- nière à rendre au Trésor le produit de la taxe de nombreuses correspondances qui autrefois échappaient à la poste. Jusque-là le monopole ne pouvait être sauvegardé moralement par suite de l’insuffisance absolue des moyens d’action.
- Le sacrifice a duré longtemps, l’ancien produit net n’a même pu être atteint de nouveau qu’en 1874, mais l’impulsion donnée au service s’est maintenue au point que les re-. cettes anglaises, tant pour la poste que pour les télégraphes, s’élèvent maintenant à 225 millions.
- Ce qui montre, mieux encore que l’accroissement des recettes, l’importance des résultats que nous avons obtenus, c’est le nombre des objets de correspondance transportés ou des dépêches transmises auxquelles correspondent 'les produits réalisés.
- Les objets transmis, qui n’étaient en 1877 que de 865 millions, se sont élevés en i883 à plus de 1 383, soit une augmentation de 60 p. 100.
- L’accroissement pour les lettres seules a été de 58 p. 100 ; pour les journaux et ouvrages périodiques, de 63 p. 100; pour les imprimés, de 62 p. 100; pour les échantillons, de 92 p. 100; pour les papiers d’affaires, de 97 p. 100; pour les chargements et les objets recommandés, de 114 p. 100.
- Le nombre des mandats a doublé, et aujourd’hui l’ensemble des sommes connues confiées annuellement à la poste dépasse 2 milliards 400 millions, le montant réel plus de 4 milliards.
- Enfin, le nombre des dépêches télégraphiques, qui n’était en 1877 que de 9968000, s’est élevé en i883 à 26 175000, représentant ainsi l’énorme accroissement de 162 p. 100.
- Il n’est pas inutile de faire remarquer que, durant la même période, le personnel ne s’est accru que de 40 p. 100.
- La France s’est ainsi relevée de l’état d’infériorité où elle se trouvait en 1877 vis-à-vis de ses voisins. Si l’on établit le rapport de la circulation des lettres dans chaque pays avec le nombre des habitants, et si l’on compare les résultats obtenus, 011 trouve que la France, qui n’occupait en 1877 que le neuvième rang en Europe, est passée au sixième en 1882, et depuis elle a dû avancer encore.
- Pour la circulation télégraphique, la France, qui n’occupait que le huitième rang en Europe en 1878, est passée au cinquième rang en 1882, et nous constaterions certainement des résultats plus favorables encore si nous pouvions dès à présent établir la même comparaison pour i883.
- Notre service postal et télégraphique peut aujourd’hui soutenir la comparaison avec celui des pays voisins.
- Malgré les dépenses qui ont été nécessaires pour le relever, il est aujourd’hui, après le service anglais, celui qui donne le produit net le plus important.
- Pour 1882, dernier exercice dont nous connaissons les résultats pour les pays étrangers, il atteint le chiffre de 3i millions ; et si le chiffre accusé par l’Angleterre est de 75 millions, il faut tenir compte : i° de ce que les recettes de la caisse d’épargne postale anglaise comprises dans celles du post-office dépassent de 3,600,000 francs les dépenses correspondantes; 2° de ce que les dépenses des paquebots n’y montent qu’à 16 millions, les autres dépenses de subvention étant à la charge d’autres budgets, tandis que chez nous elles sont de près de 27 millions; 3° de ce qu’enfin le budget du post-office ne comprend pas certaines dépenses qui nous incombent : ses recettes, d’ailleurs, comportent quelques éléments qui u’eutrentpas dans les nôtres.
- Pour l’Allemagne, bien qu’elle n’ait pas nos dépenses de subventions maritimes, le produit net n’atteint pas 3o millions et dans les autres pays il ne s’élève pas à 10 millions.
- Si nous comparons maintenant nos taxes intérieures avec celles des autres pays, nous trouvons :
- i° Que la taxe des lettres simples est fixée :
- à 10 centimes en Angleterre, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en Serbie et aux Etats-Unis.
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- à 10 centimes 2/5 en Hollande (*), à 12 centimes en Danemark (J),
- à 12 centimes 1/2 en Allemagne (1 2 3 * 5), en Autriche-Hongrie 0), à i3 centimes 3/4 en Norwège, à 14 centimes en Portugal,
- à 15 centimes en France, en Bulgarie, en Roumanie, à 17 centimes en Suède, à 20 centimes en Italie, à 25 centimes en Espagne, à 28 centimes en Russie;
- 20 Que la taxe des cartes postales est :
- de 5 centimes en Autriche-Hongrie, en Belgique, en Bulgarie, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Luxembourg, en Roumanie, en Serbie, en Suisse, de 5 centimes i/5 en Hollande, de 5 centimes 1/2 en Portugal, de 6 centimes 1/4 en Allemagne, de 7 centimes en Norwège, de 8 centimes en Suède, de 10 centimes en France, en Italie, de 12 centimes en Russie, de 20 centimes en Espagne;
- 3° Que la taxe minimum des imprimés est ^-) :
- de 8 centimes en Russie, de 6 centimes en Danemark,
- (’) La Hollande, l’Allemagne, le Danemark et LAutriche-Hongrie pourraient, à la rigueur, figurer parmi les pays dont la taxe est à 10 centimes, car la pièce allemande de 10 pfennings (12 1/2), la pièce danoise de 10 ores (12 1/2), la pièce autrichienne de 5 kreutzers (12 1/2) et la pièce hollandaise de cinq cents (10 2/5) correspondent comme unité monétaire à notre pièce de 10 centimes.
- (*) Taxe des imprimés dans les divers pays de l’Europe :
- Allemagne.
- 3 centimes 3/4 jusqu'à 5o grammes; 12 centimes 1/2 de 5o à 25o grammes; 25 centimes de 25o à 5oo grammes; 37 centimes 1/2 de 5oo grammes à 1 kilog.
- Autriche^ Hongrie.
- 5 centimes jusqu’à 5o grammes; au delà, les mêmes taxes qu’en Allemagne.
- Belgique.
- 2 centimes par 5o grammes pour les imprimés en nombre; 1 centime par 25 grammes pour les imprimés isolés.
- Bulgarie.
- 5 centimes par 5o grammes.
- Espagne.
- 1/4 de centime par 10 grammes.
- Grande-Bretagne.
- 5 centimes par 56 grammes 68.
- Italie.
- 2 centimes.par 40'gratnmcsé
- Luxembourg.
- 2 Centimes par 5o grammes pour les circulaires; 1 centime pat* 5o gr. pour les autres imprimés.
- Norvège.
- 4 centimes jusqu’à i5 grammes; 7 centimes de i5 à 5o grammes; 14 centimes de 5o à 100 grammes; 21 centimes de 100 à 25o grammes 28 centimes de 25o à 5oo grammes.
- Pays-Bas.
- 2 tenantes par 25 grammes jusqu’à 400 grammes; au-dessus de 400 grammes, 4 centimes par 100 grammes.
- de 5 centimes en Angleterre, en Autriche-Hongrie, aux Etats-Unis, en Suède, en Bulgarie et eu Serbie, de 4 centimes en Norwcge, de 3 centimes 3/4 en Allemagne, de 3 centimes en Roumanie, de 2 centimes en Italie et dans les Pays-Bas, de 1 centime en France;
- 4° Que la taxe moyenne d’une dépêche télégraphique dr i5 mots est de p) :
- 1 fr. 70 cent, pour la première zone en Russie,
- 3 fr. 47 cent, pour la deuxième zone,
- 14 fr. 80 cent, pour la troisième zone,
- 1 fr. 40 cent, en Suède.
- 1 fr. en Espagne.
- 1 fr. 25 cent, en Angleterre,
- 1 fr. 18 cent, en Autriche-Hongrie;
- 1 fr. 20 cent, en Roumanie,
- ! fr. en Italie, en Portuhal, en Serbie.
- 83 centimes en Grèce,
- 75 centimes en France,
- 63 centimes en Allemagne.
- 66 centimes en Danemark,
- 60 centimes en Hollande et en Belgique.
- Ainsi, le tarif des lettres simples circulant à l’intérieur, qui, en France, est inférieur à celui de la Suède, de l’Italie, de l’Espagne, de la Russie, est encore supérieur à celui de l’Angleterre, de la Belgique, de la Suisse, du Luxembourg,
- Portugal.
- 2 centimes 3/4 par 5o grammes.
- Roumanie.
- 3 centimes par 5o grammes.
- Suisse.
- 2 centimes jusqu’à 5o grammes; 5 centimes de 5o à 250 grammes ; lo centimes de 25o à 5oo grammes; i5 centimes de 5oo à 1,000 grammes.
- (') Tarif intérieur des télégrammes dans les différents Etats d’Europe.
- I» TAXE PAR MOT
- Pays-Bas.
- 2 centimes par mot, plus 3o centimes de taxe fixe.
- Suisse.
- o fr. 02 5 par mot, plus 3o centimes de taxe fixe.
- Autriche-Hongrie.
- o fr. 022 entre deux bureaux d’une même ville, plus 26 centimes ée taxe fixe.
- o fr. 044 entre deux bureaux de deux villes différentes, plus 52 centimes de taxe fixe.
- France.
- 5 centimes par mot avec un « minimum de perception » de 5o centimes (taxe de 10 mots).
- Portugal.
- I centime par mot (taxe locale), plus 10 centimes de taxe fixe.
- o fr. 025 par mot, plus o fr. 125 de taxe fixe entre Lisbonne et les localités voisines, dans un périmètre de i5 kilomètres.
- o fr. 025 par mot, plus o fr. 12 5 de taxe fixe entre Porto et les localités voisines dans un périmètre de 10 kilomètres.
- o fr. 025 par mot, plus o fr. 125 de taxe fixe entre toute autre ville dans un périmètre de 5 kilomètres.
- Allemagne.
- fr 025 par mot, plus 25 centimes de taxe fixe.
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- de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie, de la Norwège, du Portugal, de la Hollande, du Danemark et de la Serbie.
- Le tarif des cartes postales est également plus élevé que celui de 14 nations étrangères.
- Toutefois, il convient de remarquer, notamment en ce qui concerne les lettres, que la plupart des pays qui ont un tarif inférieur au nôtre sont de moindre étendue que la France, et qu'il est juste que le prix du service rendu pour un parcours qui est en moyenne plus considérable chez nous soit aussi plus rémunérateur.
- Pour les lettres internationales, la comparaison ressortirait plutôt à notre avantage, puisque la taxe d'une lettre simple est de 25 centimes en France pour tous les pays faisant partie de l'Union postale universelle. Un seul pays, la Turquie, perçoit 22 centimes et demi; mais le Portugal et la Russie perçoivent 28 centimes; la Norwège et la Suède, 3o centimes; l'Iude britannique, 45 centimes, y compris la surtaxe maritime; le Brésil et la République argentine, 48 centimes ; les colonies danoises, néerlandaises, le Mexique, l'Uruguay, le Salvador, le Japon, 5o centimes; le Pérou, 55 centimes; les colonies portugaises, 56 centimes;
- Les lettres échangées entre la France et ses colonies coûtent 25 centimes, celles que la Grande-Bretagne échange avec la plupart des siennes sont passibles de taxes variant de 60 centimes à 1 fr. 25. Nous faisons le service au prix de notre tarif intérieur dans les relations de la France continentale avec la Corse, l'Algérie et la Tunisie. Il n'existe pas d'office qui desserve une pareille superficie de territoire pour une taxe aussi minime.
- Notre tarif des imprimés est inférieur à celui des autres pays, sauf la Belgique, l'Espagne et le Luxembourg.
- Pendant que l'Angleterre ne perçoit jamais moins de 5 cen.
- Roumanie
- 5 centimes par mot entre deux bureaux d’une même commune, sans minimum de perception ni taxe fixe.
- 8 centimes par mot entre deux bureaux de deux villes différentes, sans minimum de perception ni taxe fixe.
- Russie d'Europe,
- MINIMUM de perception de 10 mots. TAXE par mot au-dessus de 10 mots.
- ire zone, au-dessous et jusqu’à 200
- kilomètres 1 20 » 10
- 3e zone, au-dessus de 200 kilomètres
- jusqu'à l.ooo kilomètres 3e zone, r.u delà de 1,000 Uilomc- 2 .JO » 20
- très 4 80 1 .10
- TAXE PAR IO MOTS Belgique,
- 5o centimes pour la dépêche simple. — 10 centimes par série additionnelle de 5 mots jusqu’à 5o et de 10 mots au-delà de 5o.
- 30 TAXE PAR l5 MOTS
- Au delà de i5, taxe par mot additionnel.
- Espagne,
- 5o centimes par dépêche simple entre deux bureaux d'une même pro vince. — 3 centimes par mot additionnel.
- 1 franc par dépêche simple entre deux bureaux de provinces différentes. — 10 centimes par mot additionnel.
- times par objet de correspondance, le Danemark moins de 6 centimes, la Russie moins de 8 centimes, nous transportons des centaines de millions d'imprimés à 1 centime, à 2, à 3 centimes; ceux dont le tarif atteint 5 centimes sont l’exception. Aussi, sous l’influence de ce grand bon marché, le nombre des imprimés qui circulent par la poste s'est-il prodigieusement accru : il a doublé depuis 1877. Cet accroissement de la circulation des imprimés et des journaux témoigne au plus haut point de l'influence exercée par rabaissement des tarifs.
- Il en est résulté une lourde charge pour notre service. Les imprimés et les journaux, qui entrent dans la proportion de 5o p. ico dans le nombre total des objets transportés par la poste, n'entrent que pour i5 p. 100 dans les produits; ils constituent donc l'élément le moins rémunérateur du trafic postal, et ils en sont aussi le plus encombrant, avec les échantillons, les papiers d'affaires. Les moyens de transport ordinaires sur les voies ferrées et sur les routes deviennent insuffisants, les facteurs sont surchargés, et l'envoi exceptionnel ou régulier des imprimés dans les hameaux les plus reculés augmente brusquement les tournées dans des proportions considérables.
- En ce qui concerne la taxe intérieure des télégrammes, le parallèle avec l'étranger nous est également favorable; dans certains pays, la taxe est perçue par mot, avec un minimum de perception déterminé; plusieurs ajoutent à la taxe variable résultant du nombre de mots une taxe fixe appelée constante; dans d'autres pays, la taxe s’établit par mot, sans constante ni minimum ; dans quelques-uns, enfin, elle est appliquée par séries de jo, i5 ou 20 mots.
- En raison de cette diversité de systèmes, il est indispensable de prendre une base de comparaison : la taxe d'une
- Italie.
- 5o centimes par dépêche simple entre deux bureaux d’une même ville. — 5 centimes par mot additionnel.
- 1 franc pour la dépêche simple entre deux bureaux de deux villes différentes. — 1 o centimes par mot additionnel.
- Norwège*
- 1 fr. 4ofpour la dépêche simple. — 28 centimes par série additionnelle de 3 mots.
- Suède.
- 1 fr. 40 pour la dépêche simple. — 35 centimes par série additionnelle de 5 mots.
- 4» TAXE PAR 20 MOTS
- <r) — Avec série additionnelle de 5 mots.
- Grande-Bretagne.
- i fr. 25 pour la dépêche simple. — 3o centimes par série additionnelle (adresse et signature gratuites).
- b) — Avec série additionnelle de 10 mots.
- Danemark.
- 33 centimes pour la dépêche simple entre deux bureaux d’une même ville. — o fr. i65 par série additionnelle.
- 6G centimes pour la dépêche simple entre deux bureaux de deux villes differentes. — 33 centimes par série additionnelle.
- Grèce.
- 83 centimes pour la dépêche simple. — 41 centimes par série additionnelle.
- Serbie.
- 1 franc pour la dépêche simple. — 5o centimes par 'série additionnelle (adresse gratuite jusqu’à 5 mots).
- Luxembourg•
- 5o centimes pour la dépêche simple, plus 25 centimes par série additionnelle de 10 mots.
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- dépêche de i5 mots, longueur moyenne d’un télégramme; ! qui est généralement la base admise. Notre taxe est, dans ! ces conditions, supérieure à la taxe perçue dans quatre pays seulement : la Suisse, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas, dont le réseau, s’étendant sur un territoire beaucoup plus restreint que le nôtre, entraîne manifestement des dépenses infiniment moins élevées. En outre, pour la dépêche de dix mots, deux de ces pays, la Suisse et le Danemark, ont des taxes supérieures aux nôtres. Notre tarif pour une dépêche de ce nombre de mots est donc le moins élevé de tous.
- Grâce à notre taxe réduite, la correspondance télégraphique a pris en France le développement que nous constations tout à l’heure, et ce moyen de correspondance, qui était pour ainsi dire un luxe autrefois, est devenu indispensable aux relations journalières.
- Notre organisation postale et télégraphique n’est donc inférieure à celle d’aucun autre pays. Elle donne les valeurs déclarées, service qui, depuis longtemps, a pris un graud développement chez nous, où il transporte 1 700 millions de valeurs, et les recouvrements que ne possède pas l’Angleterre.
- Elle possède les caisses d’épargne postales que beaucoup de pays n’ont pas encore, les bons de poste qui n’existent qu’en Angleterre et en Belgique. Notre système de mandats ordinaires procure depuis longtemps au public des facilités de payement qu’on n’a pas encore pu obtenir à l’étranger.
- Le tarif des articles d’argent est, pour les petites sommes, extrêmement réduit, tandis que renvoi de la plus faible somme par la poste donne lieu en Angleterre à la perception d’un droit minimum de 10 centimes.
- Notre service ambulant peut être considéré comme le plus complet, comme celui qui atteint son maximum de rendement et d’effet utile.
- Notre service rural a continué à se développer et à donner des avantages qu’ailleurs on ne rencontre guère qu’en France et en Belgique.
- Nous sommes en possession d'un appareil télégraphique qu’il est permis de considérer comme répondant le mieux à toutes les exigences, puisqu’il réunit les avantages de la transmission la plus rapide à ceux de l’impression en caractères typographiques.
- Nous avons fait un pas réel dans la voie de l’amélioration progressive; une réforme véritable a été opérée, réforme qui répondait à un besoin réel et urgent du pays. Sans doute il reste beaucoup de détails à améliorer, à réformer; des simplifications et un accroissement constant des moyens d’action du service sont nécessaires; mais les résultats demandés s’obtiendront par le simple développement progressif de l’organisation nouvelle : les ressources disponibles devront y être consacrées.
- On peut en avoir l’assurance : les sacrifices qui seront consentis pour l’augmentation du nombre des bureaux de poste et de télégraphe, des courriers, des communications télégraphiques, des distributions et pour l’amélioration même de la situation du personnel seront fructueuses. Les postes et les télégraphes, ayant perdu tout caractère fiscal, devront suivre les règles des exploitations industrielles, augmenter, améliorer, perfectionner leur outillage, donner chaque jour davantage et sur un plus grand nombre de points satisfaction au public, augmenter ainsi le chiffre de leurs affaires par l’accroissement de la circulation qui correspond directement au mouvement commercial du pays. Le service des postes et des télégraphes peut être comparé a une usine qui produit à 20 p. 100 environ de bénéfice net.
- Le dévouement que le personnel n’a cessé de montrer prouve que son laborieux concours ne nous fera pas défaut pour l’accomplissement des améliorations à venir. Les résultats acquis l’ont été pendant une période critique, où l’on devait simultanément réformer et remanier profondément l’àdministration et réduire les tarifs.
- Il avait fallu, pour suffire aux nécessités du service, introduire dans les cadres un nombre considérable d’agents nouveaux dont il était impossible d’attendre la somme de travail utile que donnent des agents expérimentés.
- Ces agents nouveaux sont aujourd’hui formés; l’administration a reçu sa nouvelle organisation : elle a déjà la sanction de la pratique; notre trafic et nos recettes augmenteront d’une manière continue, il faut espérer que ce mouvement ne s'arrêtera pas; notre outillage est rétabli dans ses parties essentielles. Nous pouvons donc attendre avec confiance le moment où l’état budgetaire général permettra de franchir une nouvelle étape par la réduction de la taxe des lettres à 10 centimes.
- Cette réduction affectera transitoirement le chiffre de nos recettes ; mais nos produits ne tarderont pas à reprendre leur niveau. Notre exploitation est en effet soumise aux lois économiques de bon marché. Plus elle abaisse ses prix, plus le public prend l’habitude de s’adresser à elle et plus la progression des recettes tend à s’accentuer.
- Les six dernières années en fournissent la preuve; malgré les énormes réductions de tarifs, i883 nous a donné des produits dépassant de 22 millions ceux de 1877.
- Nous devons donc nous préoccuper de maintenir les postes et les télégraphes constamment au niveau du développement de la richesse nationale : nous devons faire largement bénéficier le public de leurs conditions exceptionnelles de bon marché, qui contribuent incontestablement pour une grande part au développement de la prospérité générale.
- Je vous prie d’agréer, monsieur le Président, l’hommage de mon respectueux dévouement.
- Le ministre des postes et des télégraphes9
- AD. COCUERY.
- FAITS DIVERS
- La treizième session de VAssociation française pour Va-vancement des sciences a été ouverte le 4 septembre dernier à Blois, sous la présidence de M. Bouquet de la Grye, de; l’Institut.
- Une expérience définitive de traction électrique a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi sur une grande partie du réseau des tramways bruxellois. -
- La voiture contenant l’appareil électrique — la même qui servit aux expériences de la rue de la Loi — est sortie de la remise de la Compagnie beige-hollandaise d’électricité, chaussée d’Auvers; elle était conduite par M. Petit, directeur de cette compagnie.
- L’expérience a été concluante; déjà les voitures sont en construction pour la traction par l’électricité du tramway de la rue de la Loi; ce service sera prochainement inauguré.
- Bruxelles sera la première ville, dotée des accumulateurs Faure mouvant et éclairant la voiture; celle-ci transporte avec elle tout l’appareil sous les banquettes sans aucun inconvénient pour les voyageurs.
- La Gazette de Cologne contient une correspondance de Kiel qui annonce qu’un inventeur de cette ville est parvenu à construire un moteur électrique pour les ballons, qui combine la force nécessaire avec une légèreté remarquable.
- Un inventeur anglais, M. Biunko, vient de présenter un nouveau système de chemin de fer électrique à Edimbourg, | devant le prince et la princesse de Galles. Un autre sys*
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- terne du même genre a été essayé dernièrement près de Manchester sur une voie provisoire établie dans un champ. Le courant était fourni par une dynamo Siemens. Les dépenses courantes de ce système ont été calculées à 25 centimes par heure et par voiture, contre 1 franc pour la traction par des chevaux.
- /WVWWWWVN
- Le rapport du bureau anglais des brevets pour l’année i883, qui vient d’être publié, constate que les demandes ont été au nombre de 599.3, ce qui fait 248 de moins que pendant l’année 1882.
- Le professeur Tuck vient de construire un nouveau ba teau-torpille sous-marin et électrique qui, à une petite distance, a l’air d’être composé de deux grands bateaux à rames superposés. Le bateau a 3o pieds de long et est lesté de plomb de manière à plonger sous l’eau avec un déplacement de 20 tonnes. Un trou au centre donne passage à l’intérieur même si le navire est entièrement submergé. Ce trou est couvert d’un dôme en verre épais qu’on peut fermer à volonté. Un moteur électrique, actionné par des accumulateurs, sert à faire tourner l’hélice, et l'intérieur, disposé pour un équipage de 4 à 5 hommes, est éclairé par des lampes à incandescence. Les torpilles sont transportées en dehors du navire, l’une à avant et l’autre à l’arrière. Elles sont maintenues dans des réservoirs cylindriques par des électroaimants, qui les laissent partir dès que le courant est interrompu. Après en avoir placé une, le bateau s’éloigne en déroulant deux fils au moyen desquels le feu est mis à la torpille à une certaine distance. Des expériences récentes, près de New-York, ont donné une vitesse de 10 nœuds sur l’eau, et le bateau sera bientôt essayé de nouveau sous la mfer.
- On télégraphie de Philadelphie que l’Exposition électrique a été ouverte, mardi dernier 2 septembre. Après un discours du président de l’Institut de Franklin, le gouverneur de l’Etat de Pensylvanie a déclaré l’Exposition ouverte.
- Il paraît que les objets exposés ne sont pas encore en ordre, mais on espère avoir tout arrangé vers la fin de la semaine.
- Le 19 août dernier, les tribunaux de Washington ont accordé la priorité pour l’invention des piles secondaires à M. Brush contre MM. Keith, Shaw, Faure, Maloney et Burger.
- La caserne d’artillerie, à Nassirabad, près de Calcutta, a été frappée par la foudre la semaine dernière. Six hommes ont été tués et deux femmes gravement blessées. Les dégâts matériels sont insignifiants.
- Éclairage électrique.
- Le théâtre du Châtelet va être éclairé à l’électricité pendant la saison prochaine. Les préparatifs sont déjà commencés, et la machine à vapeur destinée à actionner les dynamos a déjà été installée dans la cour du théâtre.
- Le petit village de Kolm-Saigurn, au milieu des Alpes, dans la province de Salzhourg, possède une installation d’éclairage électrique fort curieuse dans un pays aussi peu accessible. L’iasullation comprend i5 lampes EJison du type B, dont 10 peuvent fonctionner en même temps. Un petit hangar contient une machine dynamo de Krœtuinger, qui marche à 1 35o tours par minute, et fournit le courant aux dix lampes. Dans le sous-sol, se trouve ude turbine construite par le propriétaire de l’établissement, qui donne environ un cheval-vapeur à 280 tours par minute. Cette turbine, qui se trouve sous la Cession d'une colo 1 ne d’eau de 6 mètres, a 41 centimètres
- de diamètre et i5 centimètres de largeur. L’éau arrive du glacier de Goldberg, situé à 2 3oo mètres au-dessus de la mer. La ligne se compose d’un fil de cuivre de 3mm, d’une longueur de 100 mètres; les fils d'embranchement qui vont à chaque lampe sont, comme d’habitude, en fil plus fin. L’installation fonctionne depuis deux ans sans aucun accident sérieux.
- L’Acropole d’Athènes a dernièrement été éclairée à la lumière électrique au moyen de quelques régulateurs habilement disposés qui ont également servi à éclairer plusieurs des ruines autour de l’Acropole.
- La lumière électrique a été installée dans l’Exposition polytechnique à Hetton (Angleterre), où 45 lampes à incandescence et plusieurs foyers à arc ont fonctionné avec beaucoup de succès pendant quatre semaines. Toutes les lampes étaient alimentées par une seule dynamo.
- Pendant la visite à Newcastle on Tyne du prince et de. la princesse de Galles, 011 avait installé un puissant loyer à arc de 8000 bougies au sommet de la cathédrale de Saint-Nicolas. La lumière était visible dans un cercle de plusieurs milles de rayon. Deux autres foyers à arc avaient été placés dans les principales rues de la ville et faisaient beaucoup d’effet.
- Les moulins de Park-Lane, à Preston (Angleterre), vont être éclairés à la lumière électrique. L’installation, qui sera des plus importantes, a été confiée à M. Goold, ingénieur-électricien et entrepreneur d’éclairage électrique à Manchester.
- La grande salle de l’hôtel de ville de Birmingham a été pourvue d’une installation d’éclairage électrique pendant la saison des concerts qui s’ouvrira prochainement.
- La construction d’un nouveau phare électrique près de Belfast vient d’être terminée. Le phare est à i5g pieds au-dessus du niveau de la mer et projette la lumière à une distance de 20 milles.
- La municipalité de Chicago a accepté l’offre de la Thomson Houston Electric Light C°, de Boston, de fournir une dynamo et six foyers à arc pour l’éclairage du nouveau pont de Rush Street. Ces appareils seront fournis par la Compagnie à titre gratuit et à condition de pouvoir placer le nom et l’adresse de la Compagnie à un endroit convenable sur le pont comme annonce. La ville fournira les moteurs, les fils et le reste de l’installation.
- En dehors de New-York. le système Edison sert à l’éclairage de 14 différentes villes dans les Etats de l’est et du milieu. Ces installations comprennent un total de 20200 lampes, et les plus importantes ont été faites à Brockton, Lawrauce et Williamsport, avec 3 200 foyers pour chaque ville, et à Fall River, Newburgh et Shamokin avec 1 600 lampes. A Brockton, le nombre des abonnés a augmenté si rapidement qu’il a fallu doubler la puissance des moteurs et des dynamos depuis le mois d’octobre i883.
- Les commissaires de charité et des prisons, à New-York, se proposent d’éclairer l’ile de Ward, près de New-York, où se trouvent Jes établissements de correction, avec la lumière électrique et d’y faire installer 868 lampes à incandescence.
- La lumière électriqué»a été installée sur la grande place .du
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- Guadalajara, au Mexique, mais l’installation ne fonctionne qu’en même temps que l’établissement de la Monnaie, dont on a utilisé la machine comme moteur pour les dynamos. Le réseau téléphonique de la ville compte déjà i5o abonnés.
- Télégraphie et Téléphonie.
- A l’occasion de l’Exposition d’Anvers, le gouvernement belge vient de prendre un arreté pour la protection des inventions et des marques de fabrique, selon lequel tout inventeur d’un objet susceptible d’être breveté peut, s’il est admis à l’Exposition, se faire délivrer par le gouverneur de la province d’Anvers, un certificat descriptif de l’objet exposé. Jusqu’à la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’Exposition, ce certificat confère les mêmes droits qu’un brevet d’invention en Belgique.
- Depuis le i5 août dernier, l’Autriche possède un des plus longs câbles du monde placés dans des tunnels, et après un travail opiniâtre de deux semaines, les bouts du câble ont été amenés à la maison spéciale qui leur était destinée, à Langen, près de l’Arlberg. Le gouvernement avait accordé une somme de 94 000 florins pour ce travail, et le câble se compose de 12 conducteurs, dout six sont destinés au service du télégraphe de l’Etat, trois au service du chemin de fer et les cinq autres forment la réserve. Chaque conducteur se compose de 7 fils de cuivre très fins tressés ensemble et entourés de gutta. Ensuite vient une couche épaisse de chanvre trempé dans du goudron autour de laquelle s’enroulent en spirale 18 fils de fer bien galvanisés. En dernier lieu vient une bande de coton fortement imprégnée de goudron. Le câble aune longueur totale de 10270 mètres et pèse près de 80000 kilos; il est pourvu aux deux bouts, à Saint-Antoine en Tyrol et à Langen, de paratonnerres d’un nouveau système pour le garantir contre tout effet nuisible de l’électricité atmosphérique.
- M. J. Halisz, électricien en chef des chemins de fer de Galicie, vient d’imaginer une nouvelle disposition des plaques métalliques destinées à assurer la communication à la terre des extrémités des lignes télégraphiques. On place une couche de coke de moyenne grosseur dans un trou de deux mètres de profondeur et d’un mètre carré de surface, et sur cette couche un tuyau de bois de 38 centimètres de section, rempli de coke et entouré de terre. A la partie supérieure de ce tuyau est disposé un bloc de coke, préalablement plongé dans du plomb fondu ; ce bloc est lui-même fixé à une tige de cuivre qui communique avec la ligne télégraphique. Cette disposition permet aux gaz qui peuvent sortir du sol de s’échapper librement dans l’air, et on évite ainsi la résistance opposée par la couche gazeuse qui sc forme quelquefois sur la surface des plaques de terre.
- Le Congrès postal et télégraphique qui devait être tenu à Lisbonne au mois d’octobre, a été remis au mois de février prochain, à cause de la présence du choléra en Europe.
- Le conseil maritime en Angleterre vient d’ordonner que tous les vaisseaux télégraphiques occupés à poser ou à réparer un câble doivent porter trois lanternes globulaires la nuit, chacune d’un diamètre de 10 pouces au moins, placées dans une ligne verticale l’une au-dessus de l’autre : les deux lanternes en haut et en bas seront rouges et celle du milieu blanche.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre,depuis le i°r avril jusqu’au 3o août de l’année 1884
- ont ôté de 18875000 francs contre 18 755 000 pour la même période de l’année dernière.
- En vertu d’une disposition de l’administration des télégraphes chinois, depuis le i°r septembre toutes les dépêches privées venant de France et expédiées par les lignes terrestres, doivent être écrites en anglais. Les télégrammes commerciaux chiffrés ne sont pas acceptés. Ces restrictions ne se rapportent pas aux dépêches des gouvernements neutres ni à celles expédiées par Shanghaï, Amoy et Hong-Kong..
- Les correspondants des journaux anglais en Egypte se plaignent vivement du retard apporté par l’administration des télégraphes dans la transmission des dépêches qui mettent trois jours pour arriver de Wady Iïalfa au Caire. L’agence Reuter s’est également plainte de la façon dont le service télégraphique se fait en Egypte, et croit que les employés indigènes sont incapables de faire le travail considérable qui leur est imposé en ce moment.
- L’Iudo-European Telegraph C° annonce que la station télégraphique du gouvernement à Tungchou a été transférée à Pékin. La Compagnie peut donc transmettre les dépêches directement à Pékin, au lieu de les envoyer par la poste de Tungchou.
- D’après des avis transmis par l’Eastern Telegraph C°, à la date du 3 septembre, les communications télégraphiques avec Tien-Tsin et Pékin sont coupées, par suite de l’interruption des lignes de terre chinoises au delà de Chining.
- On annonce que l’émir de Bokhara a enfin consenti à l’établissement dans son territoire d’une ligne télégraphique qui communiquera avec le réseau télégraphique de la Russie. Jusqu’ici les fils russes deTashkend se sont arrêtés à Katta Kurgan à la frontière, et malgré plusieurs démarches, le gouvernement russe n’avait pu obtenir le consentement de l’émir. L’établissement d’une communication télégraphique directe entre Tashkcnd et Boskara est regardé comme fort important, aussi bien au point de vue politique que pour le commerce de la Russie.
- La statistique prouve que le nomb,re moyen de mots des dépêches télégraphiques en Amérique est de 14 mots par télégramme. Il faut cependant remarquer qu’il ne s’agit ici que des dépêches transmises pendant la journée, car la moyenne est plus élevée pour les télégrammes de nuit qui sont expédiés à des prix réduits.
- Le maire de New-York a refusé de sanctionner le privilège accordé dernièrement à la Commercial Cable C° par le conseil municipal pour la pose des fils de la Compagnie dans les rues. Cette concession a paru au maire être trop peu limitée, puisqu’elle donnerait le droit à la Compagnie de placer des canalisations souterraines dans toutes les rues de la ville.
- Le New-York Herald du 23 août dernier contient la première dépêche reçue de Paris par le nouveau câble de la Commercial Cable C°.
- Le bureau télégraphique de la Western Union C° à Cle-veland (Ohio) a été détruit par un incendie le 20 août dernier. Le feu a pris vers dix heures du soir, interrom-(
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- paat toutes les communications télégraphiques pendant quelque temps.
- * * WVWWWWSAA
- Par suite des troubles politiques, les télégrammes pour les bureaux péruviens autres que Chorillos et Molcndo, ne sont acceptés que sujets à retard et aux risques de l'envoyeur.
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- Une députation des habitants d’Upper Ilastings et de Manning, dans la nouvelle Galles du Sud. en Australie, a présenté une pétition au directeur général des Postes et Télégraphes demandant le prompt établissement d’une communication télégraphique ou téléphonique avec Sydney, ce dont le besoin se fait beaucoup sentir. Le directeur général a promis de faire tout son possible pour donner satisfaction aux habitants.
- Des expériences intéressantes de transmission téléphonique ont eu lieu à la gare de l’est à Anvers, le i-r de ce mois, et VOpinion de cette ville en rend compte dans les termes suivants :
- « Nous avons enteudu aussi distinctement que si nous avions été à cinquante pas des exécutants, deux des morceaux joués au concert du Waux Ha’l au Parc de Bruxelles : une méditation de Gounod et une fantaisie sur des motifs du Prophète. — Les sons des instruments à cordes arrivaient avec une pureté extrême, les bois laissaient un peu à désirer comme sonorité, mais cela tient, d’après ce qu’on nous a expliqué, à l’installation de l’orchestre, et il sera facile de corriger ce défaut. —Les cuivres se sont bien comportés, sans fracas intempestif. Quant à la grosse caisse et aux timbales, nous avouons que nous ne les avons pas entendues. Seraient-elles rebelles à la transmission téléphonique ?
- * Quoi qu’il en soit, le résultat est merveilleux, si l’on considère que les concerts du Waux-Hall se donnent en plein air, et surtout que pendant la transmission de la musique de Gounod et de Meyerbeer, les fils fonctionnaient en même temps pour le service des télégrammes entre Anvers et Bruxelles. »
- Le bureau central des téléphones à Munich, a été ouvert le Ier mai i883 avec 144 abonnés, et à la fin du mois de juillet dernier ce nombre s’est élevé jusqu’à 417. Le prix de l’abonnement est de 200 francs par an environ. Le bureau central fonctionne depuis 7 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir. Il y a deux bureaux centraux qui communiquent entre eux par 3o fils. Les appareils sont le microphone d’Ader avec le téléphone Bell et les tables de communication de la Western Electric Manufacturing C°. Chaque abonné a une batterie de 4 à 8 éléments Leclanéhé pour pouvoir appeler le bureau central.
- Les ingénieurs des télégraphes do l’Etat, en Belgique, s’occupent de terminer les aménagements et les modifications que doivent subir le réseau et les appareils télégraphiques pour que la transmission simultanée des dépêches télégraphiques et de conversations téléphoniques puisse se faire.
- La Compagnie belge du Téléphone Bell a eu également des travaux importants à exécuter, tant à l’intérieur de ses bureaux centraux que pour l’installation des réseaux spéciaux de raccordement, afin de permettre prochainement à tous ses abonnés d’user de leurs appareils ordinaires pour les communications téléphoniques à longue distance.
- Rien qu’à Bruxelles, la longueur des lignes placées dans ce but atteint près de 70 kilomètres. Ce réseau nouveau, ajouté aux lignes que la Compagnie possédait déjà pour les raccordements de ses abonnés, donne actuellement, ppgr Je. service.téléphonique.dans cette ville et dans.les en-
- virons, un total de plus de 1 100 kilomètres desservant plus de 600 postes.
- Pour l’ensemble de ses concessions dans les agglomérations de Bruxelles, Anvers, Gand, Verviers et Charleroi, le développement total des réseaux est approximativement de 4 5co kilomètres, desservant plus de 2 5oo postes téléphonie ques.
- En dehors des réseaux concédés, il y a en Belgique un certain nombre de lignes établies pour le compte de particu liers pour leur service privé.
- L’installation de celies-ci est régie par un arrêté royal, qui en autorise la libre construction ausri longtemps que, pour leurs points d’attache ou pour leur passage, elies demeurent sur ou au-dessous de la propriété privée. L’autorisation du gouvernement est nécessaire si les lignes passent au-dessus du domaine de l’Etat, et elles doivent être construites complètement par les soins du personnel de l’administration des télégraphes dans les parties qui empruntent la propriété de l’Etat pour le placement de leurs points d’appui.
- Les lignes dont il était question dans l’article rappelé plus haut, bien qu’ayant une assez grande longueur, ne doivent cependant pas être confondues avec le service qui sera prochainement organisé pour la téléphonie à grande distance, entre les diverses villes du pays. Ce sont des lignes d’intérêt privé, et c’est cette condition qui explique la double intervention de l’Etat et d’un particulier dans leur construction. La longueur kilométrique des fils, qui ont été posés par l’administration des télégraphes et par. l’industrie privée, doit être respectivement de 120 et de 26 kilomètres environ.
- Pour ce genre de service, même lorsque les l:gnes sont construites par l’Etat, celui-ci laisse aux intéressés, en ce qui concerne les appareils à employer, le choix entre différents types, et, conformément à l’arrêté royal qui règle la matière, les particuliers ont même la faculté de les acheter directement.
- Nous parlions tantôt du développement total des réseaux exploités par la Compagnie belge du téléphone Bell; il est à remarquer que, par la mise en communication entre eux de certains postes raccordés à ses bureaux centraux, ou arrive déjà à la mise en service de lignes de grande longueur. Des développements de i5ou 20 kilomètres se présentent dans chacune des exploitations; mais, spécialement dans la concession auversoise, à laquelle se rattache le réseau militaire de cette place, il existe une combinaison de lignes présentant une longueur kilométrique de 32 kilomètres 700 mètres.
- II faut remarquer que cette combinaison se complique par l’intercalation dans le circuit de cinq signaux avertisseurs qui, par leur résistance supplémentaire, viennent augmenter encore la résistance totale à surmonter. Malgré cela, les appels par les sonneries magnéto-électriques importées en Belgique par la International Bell Téléphoné Company de New-York, ainsi que les communications téléphoniques au moyen des microphones Blake et des récepteurs Bell, se font sans aucune difficulté.
- Les conditions favorables accordées aux Compagnies de téléphones en Angleterre par le département des télégraphes, conditions dont notre correspondant en Angleterre a donné le résumé dernièrement, vont probablement avoir pour conséquence une grande extension des téléphones en Angleterre. On parle déjà d’introduire des dépêches téléphoniques au prix de 2 sous.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. -* Imprimerie P. Mouillot, i3, quai .Voltaire.. — 5o568
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- La Lumière ciecirique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AüG. GUEROUT | ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI
- Secrétaire de la Rédaction par intérim : B. Marinovitcii
- «« ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI ao SEPTEMBRE 1884
- N° 38
- SOMMAIRE
- Comparaison entre les anneaux colorés électrochimiques et thermiques; C. Décharme. — Physique biologique: Nouvelles méthodes calorimétriques (3° article); Dr A. d’Ar-sônvàl. — Nouveaux appareils de sûreté pour les chaudières à vapeur; P. Clemenceau. — Le procès de la Société générale dès téléphones; J. Bourdin et J. Brailsford Bright. — L’éclairage électrique des théâtres : A propos de l’installation de l’Opéra; C.-C. Soulages. — Exposition Internationale d’Electricité de Philadelphie; Aug. Guerout. — Chronique de l’Etranger : Amérique; C.-C. Haskins.— Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Observations sur l’électricité atmosphérique, par le prof. A. Roiti et le Dr L. Pasqualini. — Sur l’électricité produite par le dégagement des gaz, par W. Han-kel. — Le support Cabelli. — Appareil pour manoeuvrer à distance lês zincs des piles. — Evaluation du nombre de vibrations d’un diapason, par A. Michelson. — Travaux de la conférence internationale des électriciens {suite). — Correspondance : Lettre de M. E. Deschiens. — Faits divers.
- COMPARAISON
- ENTRE
- LES ANNEAUX COLORÉS
- ÉLECTROCHIMÎQUES ET THERMIQUES
- Les recherches que j’ai entreprises, relativement à l’imitation, par voie hydrodynamique, des phénomènes électriques et notamment des anneaux de Nobili, m’ont conduit à la comparaison de ceux-ci avec les anneaux colorés thermiques. Dans urt article précédent (') j’ai indiqué seulement l’analogie qui existe entre ces deux phénomènes; je voudrais actuellement mettre en complète évidence cette similitude, par des résultats d’expériences comparatives portant, non seulement sur les anneaux simples (àüxquels je m’étais borné jusqu’ici), mais
- -(•*) >La Lumière Electrique,-X. IX, p. foo (18 août i883).. _
- encore Sur les anneaux multiples. Ce sujet de recherches se rattache d’ailleurs intimement à la comparaison entre le mode de propagation de l'électricité et celui de la chaleur, article récemment publié dans La Lumière Electrique (').
- On connaît le mode de production des anneaux électrochimiques; voici sommairement celui des anneaux thermiques.
- ANNEAUX SIMPLES
- Quand on expose une plaque de cuivre à la flamme d’une lampe à alcool, d’un bec de Bunsen, ou mieux au jet fixe et étroit de la lampe d’émail-leur, il se produit sur le métal, autour du point chauffé, des couronnes irisées dont le nombre, l’étendue et l’éclat varient suivant l’intensité et la nature’ plus ou moins oxydante de la source calorifique, l’épaisseur et le poli de la plaque, la durée de l’exposition à la flamme, etc. Dans de bonnes conditions, que l’expérience apprend bientôt à connaître, on obtient des anneaux colorés fixes, aux teintes extrêmement vives, paraissant inaltérables à l’air, et en zones non moins belles, mais beaucoup plus larges que celles des anneaux optiques de Newton. Le détail d’une expérience va fournir les indications suffisantes pour le succès de ce genre d’opérations, assez délicates d’ailleurs à exécuter.
- Prenons une plaque de cuivre carrée, de o14, io à om,2o de côté et de omm,4 à omm,8 d’épaisseur, bien polie au brunissoir d’agate, pour lui donner un très beau brillant, condition importante. On la dispose horizontalement, serrée à l’un des angles par un support fixe. On approche la flamme abaissée, de la lampe d’émailleur sur le centre de la plaque, on la règle et on maintient le jet continu et vertical, en soufflant d’autant plus doucement que la plaque est plus mince (fig. i). Lorsque l’effet que l’on désire est produit (ce qui n’exige;
- i l1) La Lumière Electrique, X. XIII, p. 243 (16 août 1884),,
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- généralement pas une minute), on retire ou on •abaisse brusquement la flamme. Suivant la distance et l’énergie du dard, on obtient des résultats différents, qui varient encore avec l’épaisseur du métal.
- Dans tous les cas, le premier effet de la chaleur se manifeste d’abord par une faible tache irrégulière d’un jaune d’or qui passe bientôt au jaune orangé; puis on voit se produire un petit cercle rouge de quelques millimètres de diamètre, lequel s’accroît rapidement et change bientôt en couronne circulaire la nuance précédente. A son tour, le cercle rouge devient couronne par la naissance, à son centre, d’un petit cercle violet, qui est lui-même bientôt remplacé par d’autres, successivement bleu et blanc. Cet ensemble de nuances constitue ce que je nommerai le premier anneau thermique (on ne peut ici compter les anneaux à partir du centre, comme on le fait pour ceux de Newton). La source de chaleur continuant son action régulière donne lieu, de la même façon, à un second anneau, puis à un troisième, etc., se succédant comme les ondes liquides formées autour d’un point de la surface que l’on agite.
- Lorsqu’on retire la source de chaleur, la formation des zones colorées se continue encore durant quelques secondes, selon l’épaisseur de la plaque et l’énergie de la source; et l’on voit les ondes concentriques envahir quelquefois le reste de la plaque qui leur est offert et même pousser dehors une ou deux teintes extrêmes. Quand le phénomène a pris fin et que le développement a été complet, ce qui est rare sur une même plaque, les couleurs sont définitivement fixées dans l’ordre suivant :
- pr anneau (extérieur), de
- om,i5 à om,20 de diam. Jaune d’or, jaune orangé, rouge, violet, bleu, blanc (couleurs très vives, pouvant envahir successivement toute la plaque).
- 2° anneau (le plus beau). Jaune, rouge, bleu, vert (couleurs
- très vives, très étroites).
- 3° . Jaune rose, bleu, vert (couleurs assez vives, zones très resserrées).
- 4e — (rare). . . . . . Rose, bleu ] l Couleurs pâles, zones
- 5b — (très rare). . . Rose, bleu j étroites, contours
- 6e — (très rare). . . Rose, bleu ) indécis.
- Le centre peut prendre toutes les teintes : il peut même être blanc ou noir, suivant la nature plus ou moins oxydante de la flamme, l’épaisseur de la plaque et la phase terminale (').
- (i) La grande et insurmontable difficulté que nous rencontrons dès le début de cette comparaison entre les anneaux thermiques et les anneaux électrochimiques, difficulté qui se maintiendra jusqu’à la fin, c’est de ne pouvoir reproduire ici les couleurs de ces anneaux que nous mettons en parallèle. Nous en sommes réduits à ne montrer que les formes, et, pour ainsi dire, les ombres de ces magnifiques couronnes irisées, de ces zones si richement teintées. L’effet général en sefa assurément bien diminué.
- Tels sont les premiers résultats d’expériences et d’observations nombreuses faites sur diverses plaques où les anneaux ont été développés dans des conditions variées.
- La durée d’une opération varie nécessairement en sens inverse de l’épaisseur de la plaque soumise à l’expérience. Si l’on opère avec une feuillè de clinquant, il suffit de la présenter à la flamme durant une seconde à peine pour la couvrir d’anneaux colorés de om,04 à om,o5 de diamètre. Une plaque de omm,4 àom:a,5 d’épaisseur demande moins d’une minute avec une flamme longue et touchant sa surface, tandis qu’avec une flamme courte et tenue éloignée, il faut cinq à dix minutes pour produire plusieurs anneaux colorés; à plus forte raison, si la plaque a imm ou 2mm d’épaisseur.
- Si la plaque est polie sur les deux faces, on ob-
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- tient à la fois des anneaux colorés au-dessus et au-dessous, pourvu que la plaque soit mince et la source de chaleur convenablement ménagée. Si, dans ce cas, on sacrifie les premières couronnes qui sont poussées hors de la plaque ou deviennent irrégulières, les suivantes, ordinairement nombreuses, ont un caractère particulier de douceur qui est parfois d’un bel effet.
- La grandeur absolue des anneaux qu’on peut produire par voie thermique, varie beaucoup avec les circonstances expérimentales. Il n’y a, pour ainsi dire, ni maximum, ni minimum. Ainsi, on obtient, à l’aide du chalumeau à bouche et de la flamme d’une lampe à alcool, des anneaux presque microscopiques de deux millimètres de diamètre, sur une feuille de clinquant ; d’autre part, avec une source de chaleur suffisamment vive et une plaque d’épaisseur convenable, on peut produire des anneaux de plus de om,3o de diamètre.
- Quant à la largeur relative que chaque zone colorée occupe dans les différents anneaux, on en
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- aura une idée par l’exemple suivant ; l’expérience a été faite sur une plaque carrée de cuivre bruni, de om,25 de côté et de omm,5 d’épaisseur;
- ! Jaune paille . Jaune orangé
- vioîct6. ;; ;
- Bleu..........
- Blanc ......
- I Jaune. . . . . Rouge . . . .
- Bleu..........
- Vert. . . . . .
- 3c anneau .j ; ; ;
- Centre. . . Nuance confuse
- Sômme des largeurs ou
- rayon extérieur..........
- Diamètre total. . .
- LARGEURS des zones DIAMETRES extérieurs des nuances DIAM ETRES des anneaux
- mm mm.
- 14,0 229,4
- 19.5 201,4
- 18,5 162,4 mm.
- 2,8 125,4 > 229,4
- 5,5 119,8 \
- 7,o ic8,8 1
- 7,o 94,8
- 3,6 0,8 80,8 73,6 . 98,8
- 1,2 72,0
- 4.1 14,0 69,6 61,4 69,6
- 16,7 32,4
- H4,7
- 229,4
- (Voir figure 2).
- COMPARAISON ENTRE LES ANNEAUX COLORÉS
- Electrochimiques,
- Thermiques.
- DISPOSITIONS
- Une lame métallique (en platine, or, argent, cuivre, laiton) polie, ou mieux, brunie, est disposée horizontalement ; elle est bordée de cire et recouverte d'une couche de dissolution saline (acétate de plomb, etc.). .
- Une pointe métallique plus ou moins fine, selon les effets à produire, est disposés verticalement, son extrémité venant à quelques millimètres de la plaque; c’est par elle qu’arrivera le courant, électrique.
- EXPÉRIMENTALES
- Une lame métallique (en cuivre, laiton, maillcchort, etc.) polie, ou mieux, brunie, est disposée horizontalement; elle est nue, exposée à l'action de l’oxygène de l'air.
- Un tube métallique, percé d'une ouverture plus ou moins fine, selon les effets à produire, est, disposé verticalement, son extrémité venant à quelques millimètres ou au contact de la plaque; c’est par ce tube qu’arrivera le gaz qui produira le jet de jlamme.
- EFFETS
- Le courant ‘électrique passe;
- On le laisse agir quelques instants très courts.
- Il se produit des anneaux colorés ayant pour centre la projection de la pointe sur la plaque métallique.
- Ces anneaux sont diversement colorés, selon la nature de la plaque et celle de la dissolution.
- Le nombre et le diamètre des anneaux augmentent avec la durée et l’énergie du courant; ordinairement on en compte 4 ou 5, pouvant s’étendre jusqu’à om, 10.
- Plus la pointe est effilée et rapprochée de la plaque, plus les anneaux sont fins et serrés.
- Le jet de gaq est allumé et produit une jlamme fine.
- On la laisse agir quelques instants très courts.
- Il se produit des anneaux colorés ayant pour centre commun la projection de la pointe de la flamme sur la plaque métallique.
- Ces anneaux sont diversement colorés, selon la nature de la plaque et celle de la jlamme.
- Le nombre et ie diamètre des anneaux augmentent avec la durée et la grandeur de la jlamme; ordinairement on en compte 3 ou 4, pouvant s’étendre jusqu'à plus de 0“, 20.
- Plus la pointe de la flamme est rapprochée de la plaque, plus les anneaux sont fins et serrés.
- Ou pourrait continuer ce tableau comparatif des faits qui se correspondent dans les deux phéno-
- mènes. Pour abréger, je ne relaterai, dans ce qui va suivre, que ceux qui concernent les anneaux thermiques, tout y étant presque identique dans les deux cas; on y reconnaîtra facilement, d’après ce qui précède, les analogies dans les anneaux électrochimiques, et il suffirait d’y faire les simples changements suivants :
- Au jet de flamme, arrivant par un tube métallique percé d’une fine ouverture, substituer le courant électrique arrivant par une pointe métallique; à la plaque sur laquelle on produit les anneaux thermiques, plaque en métal nécessairement oxydable et exposée à l’action de la chaleur et de l’oxygène de l’air ou du gaz combustible, substituer, pour les anneaux électrochimiques, une plaque de métal ordinairement inoxydable, et recouverte d’une couche de dissolution saline; aux flammes ou por-
- FJC. 1 bis
- tions de, flamme oxydantes ou désoxydantes, substituer la polarité électrique.
- La vivacité des couleurs et la netteté des anneaux dépendent, en grande partie, de l’état de poli de la surface de la plaque sur laquelle ils se produisent.
- Tous les anneaux d’une même figure n’ont pas la même netteté, le même éclat; les derniers formés, les plus rapprochés du 'centre, sont les plus déliés, les plus nets. Tantôt le centre est brillant et laisse voir à nu le métal de la plaque, tantôt c’est une tache circulaire sombre. On voit autour de lui de petits cercles très rapprochés les uns des autres, séparés par de petits filets noirs ou bruns.
- L’anneau extérieur chassé au loin est peu net.
- Un jet de flamme très fort produit la dissymétrie des figures et ternit l’éclat des teintes, centrales surtout.
- La durée de l’exposition augmente avec l’épaisseur de la plaque.
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- La largeur relative des zones colorées dépend de la nature et de l’épaisseur de la plaque, et de la nature plus ou moins oxydante de la flamme.
- La forme plus ou moins régulière des anneaux est influencée par l’épaisseur de la plaque, par son contour, par la finesse de la flamme, par la distance de celle-ci à la plaque et par son obliquité.
- La coloration des anneaux est due à des dépôts de peroxydes transparents dont les épaisseurs différentes font la variété des teintes.
- Celles-ci s’expliquent, comme celles des anneaux de Newton, par l’interférence des ondes lumineuses réfléchies sur les deux surfaces, celle de la plaque sous-jacente et celle de la couche de peroxyde. Ces nuances sont dans le même ordre que celles des anneaux de Newton vus par transmission, lesquelles sont, pour un même point, complémentaires de celles des anneaux vus par réflexion.
- Enfin tous ces anneaux naissent les uns des autres et se propagent à la manière des ondes.
- Le tableau comparatif sommaire qui précède et
- les développements donnés à la suite mettent déjà en évidence l’analogie des deux ordres de phénomènes, pour les effets principaux ; nous pourrions faire voir que cette ressemblance se maintient jusque dans tous les détails; nous allons en citer quelques exemples.
- Indépendamment des figures planes circulaires, les anneaux thermiques, ainsi que les anneaux électrochimiques, peuvent affecter des formes diverses, lorsqu’on les produit sur des surfaces courbes. Ainsi, ils sont elliptiques (en développement) sur les surfaces cylindriques; ils sont hyperboliques ou paraboliques sur les surfaces coniques, suivant que le jet de flamme ou la direction de la pointe métallique est parallèle ou non à une génératrice, etc.
- Les jets obliques de la flamme déterminent sur la plaque métallique des effets analogues à ceux que donnent les pointes électrochimiques sur la plaque de projection, et analogues aussi à ceux qu’on obtient avec des jets d’eau obliques sur une lame de verre.
- J’ai fait remarquer précédemment (La Lumière Electrique, XII, 91) que la production, par courants électriques continus, des anneaux simples ou multiples s’effectue dans un temps très court (souvent en quelques secondes) et qu’ensuite il ne se produit plus rien, quelle que soit la durée ultérieure du courant; c’est-à-dire que le phénomène des anneaux colorés n’a lieu que pendant la période variable. Il en est absolument de même pour les anneaux thermiques; leur production n’a lieu également que dans l'état variable, qui, en général, est de plus longue durée que celui des anneaux électrochimiques.
- En produisant les apparences de Nobili, on remarqua des causes d’arrêt dans leur développement, soit par défaut d’homogénéité de la couche d’or, d’argent ou de platine, soit par manque de poli de la plaque, soit par le voisinage d’un autre anneau, ou des bords de la plaque, ou la présence d'un obstacle quelconque, grain de poussière, tache de matière grasse, etc.
- Les mêmes faits se produisent avec les anneaux thermiques, dans les conditions correspondantes.
- Les anneaux électrochimiques ont généralement un aspect différent, suivant qu’ils ont été obtenus sur une plaque mise en communication avec l’un ou l’autre des pôles de la pile, toutes les autres conditions restant les mêmes.
- Nobili, à l’origine de ses expériences, n’obtenait de beaux anneaux qu’en rattachant la plaque au pôle positif ; plus tard, en augmentant la force ou plutôt la tension du courant et en employant des mélanges de dissolutions concentrées, il réussit à produire des effets non moins beaux sur la plaque négative.
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- Pareillement, les anneaux thermiques n’ont|pas le même aspect, lorsqu’ils sont produits avec la partie oxydante de la flamme, que quand ils résultent de l’emploi de la partie désoxydante.
- La partie intermédiaire de la flamme donne des résultats qui tiennent à la fois des deux extrêmes.
- Pour les anneaux thermiques, comme pour les anneaux électrochimiques, lorsqu’une plaque n’a pas produit d’effets assez intéressants pour être conservés, on peut la faire servir à une nouvelle expérience en la plongeant durant quelques instants. dans l’acide acétique ou mieux, durant quelques secondes, dans l’acide azotique très étendu, qui enlève les teintes dans l’ordre où elles se son-formées; c’est-à-dire que les nuances périphérit ques, les plus minces, disparaissent les premières, à la simple immersion; tandis que celles du centre provenant d’une action plus vive ou plus prolongée (surtout dans les anneaux thermiques) persistent quelquefois d’une manière si fâcheuse que, malgré le polissage énergique au rouge d’Angleterre, la forme des anneaux anciens imprime encore son spectre, pour ainsi dire, à travers les nouveaux et nuit à leur netteté; aussi convient-il, dans ce cas, de soumettre la plaque au brunissage qui fait disparaître tous ces voiles.
- Teintes uniformes. — Nobili est parvenu à produire sur une plaque carrée d’un décimètre de côté, des teintes plates, en tenant la pointe obtuse du fil de platine éloignée de la plaque et en la promenant successivement sur les différents points de la surface.
- J’obtiens les mêmes effets par la chaleur, en employant la large flamme bleue d’un bec de Bunsen -et en promenant au-dessus d’elle une plaque de cuivre, même assez grande (de om,20 de longueur sur om,i5 de largeur). On réalise d’abord la teinte jaune d’or qu’il faut commencer par rendre uniforme dans toute l’étendue de la surface à recouvrir ; vient ensuite la nuance orangée qu’on répand de même en teinte plate, et, en continuant ainsi, avec précaution, on obtient le rouge, le violet, le bleu, le blanc gris-perle du premier anneau. Pour arriver au vert qui est la dernière couleur du second anneau, il faudrait passer par toutes les teintes intermédiaires, dans l’ordre où elles se sont succédé sous le jet de flamme fixe, ce qui n’est pas sans difficulté. On peut ainsi réaliser sur le cuivre, par voie thermique, une gamme chromatique (comme celle de Nobili) et même le blanc et le noir. Le mode de conservation par vernis est le même pour les anneaux colorés électrochimiques ou thermiques.
- _ (A suivre.) C. Decharme.
- PHYSIQUE BIOLOGIQUE
- NOUVELLES
- MÉTHODES CALORIMÉTRIQUES
- Troisième article (Voir les numéros des 6 et i3 septembre 1884)
- Dans certaines circonstances, j’ai employé, pour régler le passage du gaz, d’autres dispositifs : que celui indiqué fig. 4. L’étuve porte, en effet, avec elle son régulateur ou plutôt le robinet qui règle le gaz et qui est constitué par la membrane de caoutchouc et le tube qui débouche normalement à
- FIG* b
- son centre. Cette disposition, bonne pour les températures n’excédant pas 5o degrés, n’est plus applicable au-dessus, parce qu’alors la membrane pourrait être altérée par la chaleur.
- Pour éviter cet inconvénient, j’ai complètement séparé le liquide dilatable du régulateur proprement dit. J’ai fait de ce dernier, en le modifiant un peu, un appareil indépendant très simple, d’un emploi tout à fait général qui peut servir à régler toutes les températures et aussi toutes les pressions. Je le décrirai ci-dessous. Avant de passer à cette description , je dois indiquer le dispositif employé pour les grands espaces à température constante capables de contenir une ou plusieurs personnes pour la calorimétrie humaine où certaines expériences de physique nécessitant une température quelconque, mais parfaitement uniforme.
- Pour chauffer ces grands appareils, je ne me sers pas directement du gaz, dont la température de combustion très élevée ferait jouer ou gondoler le métal. Je prends pour intermédiaire la vapeur d’eau.
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- L’étuve se trouve alors constituée de la manière représentée dans la fi g. 5.
- Elle n’a plus de fonds ; deux grands cylindres verticaux concentriques limitent un espace annulaire i qui est rempli par de l’eau constituant le liquide dilatable ; un serpentin en plomb 2 plonge dans ce liquide et se trouve en rapport avec une bouillotte 3 contenant de l’eau chauffée par le brûleur à gaz 4. •Le matelas liquide est mis en communication par le tube de plomb 5 avec le régulateur indépendant décrit ci-dessous. Les fonds sont à fermeture hydraulique d’huile pour qu’on puisse analyser les gaz de l’étuve sans les mettre en communication avec l’air extérieur. Le chauffage se fait ainsi par la vapeur d’eau qui, se condensant dans le serpen-
- FIG. 6
- tin 2, retombe constamment dans la bouillotte 3 pour être vaporisée de nouveau.
- Ce procédé de chauffage est très régulier et ne fait pas du tout jouer le métal de l’étuve. Il est très facile de savoir quelle est la quantité de chaleur fournie à l’appareil; il suffit pour cela de placer la bouillotte en 2 et de recueillir l’eau condensée. Comme on connaît la chaleur de volatilisation de la vapeur d eau, il n’y a qu’à mesurer le volume d’eau condensée pour avoir les calories fournies à l’appareil. Je me suis servi de cette méthode pour vérifier la loi de Newton dans d’autres recherches qui ne rentrent pas dans le sujet que je traite actuellement.
- Le régulateur indépendant annexé à cet appareil (fig. 6), se compose :
- D un pied à vis calantes portant une membrane de caoutchouc horizontale 2 dont la surface inférieure est mise en rapport avec le matelas liquide à une distance quelconque par un tube long et
- mince de plomb qui ne lui communique aucune chaleur. La surface supérieure est comprimée par un galet métallique 3, lié à une tige verticale portant un plateau g dont on verra tout à l’heure l’utilité. Le gaz arrive par le tube 5 et sort parle tube 7 à la manière ordinaire, un robinet 6 constitue la prise de gaz indépendante empêchant l’extinction accidentelle du brûleur. — Au lieu de constituer le matelas environnant l’enceinte par un liquide qui pourrait présenter des différences de températures dans sa hauteur, j’emploie quelquefois des vapeurs dont je règle la tension. C’est pour cela que le régulateur porte le plateau 9 sur lequel on peut mettre des poids qui règlent d’une façon absolue la tension de ces vapeurs et par conséquent la température elle-même. On fait varier cette température simplement en ajoutant ou enlevant des poids. Ce procédé est excessivement précis.
- FIG. 7
- Lorsque la vapeur doit acquérir une tension dépassant plusieurs atmosphères, j’emploie l’appareil suivant (fig. 7) :
- La membrane de caoutchouc 8 est recouverte par un galet 2 qui glisse librement dans la boîte à gaz et que surmonte une tige 5 qui lui transmet la pression exercée par le contre-poids 6 agissant par l’intermédiaire d’un levier articulé.
- La membrane se trouve chargée de la sorte comme une véritable soupape de sûreté; sa face inférieure est mise par le tube 1 en communication avec la vapeur. Le gaz arrive comme d’habitude par le tube 3 et va au brûleur par le tube 4.
- Le galet étant chargé pour se soulever à 5 atmosphères, par exemple, tant que cette pression n’est pas atteinte, le gaz afflue au brûleur; mais lorsqu’on arrive à 5 atmosphères, le galet est soulevé par la pression de la vapeur et règle alors l’écoulement du gaz. Un simple déplacement du contre-poids change la pression dans la chaudière en maintenant constante cette nouvelle pression.
- On pouvait craindre à priori qu’une faible membrane de caoutchouc ne résistât pas longtemps à
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- des pressions qui peuvent être considérables. L’expérience a montré qu’il n’en était rien. D’abord l’appareil étant placé à distance, la membrane reste froide, car la vapeur se condense rapidement dans le tube de communication qui reste rempli d’eau ; d’un autre côté il faut remarquer que la membrane, grâce au galet, supporte des pressions égales sur ses deux faces qui, par conséquent, s’annulent et ne tendent pas à la déchirer. i
- M. Wiesnegg a dans ses ateliers un semblable régulateur qui fonctionne tous les jours depuis 1876, et dont la membrane n’a pas encore été changée. Je l’avais installé chez lui pour chauffer une petite chaudière destinée à comprimer de l’air par
- entraînement de vapeur pour permettre d’obtenir de hautes températures.
- Depuis cette époque, l’appareil figuré ci-dessous est devenu d’un usage courant dans les laboratoires pour l’obtention des hautes températures (fig. 8).
- Il maintient constante la pression de la vapeur, quel qu’en soit le débit, et n’use de gaz que proportionnellement à la vapeur dépensée. Enfin on n’a aucune chance d’explosion à redouter, tout en supprimant toute surveillance de l’appareil.
- Au lieu de faire fonctionner le robinet régulateur du gaz directement par la pression ou la dilatation du matelas environnant l’enceinte, je prends quelquefois l’électricité comme intermédiaire.
- C’est le dispositif représenté fig. 9 qui donne aux appareils une sensibilité illimitée.
- Dans ce cas, le matelas de liquide ou de vapeur environnant l’enceinte est relié à un petit manomètre en U contenant du mercure 1 et mastiqué sur un pied en fonte. Le mercure du tube communique avec la borne 2; une tige métallique 3 ferme le circuit quand le mercure arrive en contact avec elle.
- Le régulateur électrique est constitué par un tube de fer 5 reposant sur un pied et par lequel arrive le gaz. Ce tube est entouré d’une bobine 6 qui le transforme en électro-aimant par le passage du courant venant de la pile 4, une membrane de caoutchouc portant un disque de fer-blanc 7 est fixée à une boîte métallique 8 en face du tube de fer. Quand le courant passe, le disque 7 est attiré et vient boucher l’arrivée du gaz. Le fonctionnement très simple de ce régulateur se comprend à
- l’inspection seule de la figure.-Les moindres variations de température, grâce à ce dispositif, retentissent immédiatement sur l’arrivée du gaz et la précision est en quelque sorte indéfinie. Dans bien des circonstances, pour régler une température, on n’a qu’à réunir ce robinet à gaz électrique à un thermomètre avertisseur ordinaire. En plongeant plus ou moins le fil métallique dans la tige du thermomètre, on a d’avance là température que l’on désire.
- J’ai néanmoins, dans la pratique, renoncé à ce dispositif, qui a l'inconvénient de compliquer l’installation, alors que l’action dirécte du matelas sur le régulateur donne une précision plus que suffisante dans tous les cas. J’ai cru néanmoins devoir le signaler, pour montrer quelles ressources inépuisables nous offre l’emploi de l’électricité.
- Dans tout ce qui précède, j’ai raisonné dans l’hypothèse qu’on pouvait employer le gaz comme
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- combustible ; c’est le cas ordinaire et qui offre le plus de facilité pour régler une température , mais cejn’est pas le cas le plus général.
- FIG. 9
- Dans certaines expériences faites à la campagne, j’ai dû, pour avoir une température constante, employer d’autres moyens qu’il peut être utile de signaler :
- FIG. 10
- 10 Régulateur électrique de température sans gaz.
- Cet appareil (lig. 10) se compose d’un électro-aimantji, attirant un levier 2, qui'soulève, lors de
- FIG. I I
- l’attraction,'un petit tube 3 placé autour de la mèche d’une lampe à essence.
- Quand la mèche est complètement dégagée du
- tube, elle brûle à pleine flamme et chauffe fortement ; quand, au contraire, le tube la recouvre, elle ne donne qu’un point lumineux et chauffe très peu.
- FIG. 12
- L’électro-aimant fonctionne à l’aide d’un thermomètre électrique ou de l’étuve, comme précédemment. Ce petit appareil très simple marche parfaitement et ne brûle de combustible que la quantité
- MU. |3
- strictement nécessaire au maintien de la température.
- Pourjrégler directement sans électricité la flamme de la lampe à essence, je me suis également servi du dispositif suivant (fig. i3) :
- Le tube régulateur 1 est porté par un flotteur, le liquide du matelas est mis en communication avec le tube 2. Quand la température s’élève, le liquide
- FIG. I4
- provenant de la dilatation soulève le flotteur est fait baisser la flamme de la lampe. Pour éviter l’évaporation, on place le flotteur sur de la glycérine ou de l’huile.
- Dans certains cas, il serait dangereux d’avoi^un
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- foyer dans le voisinage de l’étuve ; supposons, de plus, qu’on ne puisse pas régler l’activité de ce foyer, c’est le cas de la combustion du bois, du charbon et de tous les combustibles solides. J’emploie alors le dispositif suivant (fig. u) :
- L’étuve est alors chauffée à distance par un thermo-siphon 3 à l’aide d’un serpentin. Ce serpentin sert en dehors et se recourbe en U en 2 par un tube de verre en Y mis en rapport avec une boule 4 contenant du mercure. Ce mercure est mis en rapport avec le matelas liquide, dont la dilatation le fait monter dans l’U. Quand la température s’élève trop, l’U se remplit de mercure et la circulation d’eau chaude dans le thermo-siphon est ralentie. Enfin, si l’on veut se passer de mercure, on
- remplace le matelas liquide par de l’air, et l’appareil prend la forme suivante (fig. 12) :
- Le tube en U a sa convexité en haut. Quand l’air se dilate, il refoule le liquide du thermo-siphon et en arrête la circulation.
- Cet appareil, installé industriellement dans une usine en 1877, a parfaitement fonctionné.
- J’ai remplacé parfois la membrane de caoutchouc par un simple tube de même substance à parois très minces (fig. 14).
- Ce tube est placé dans un tube de verre plus grand et lié à ses deux extrémités 3, 4 ; le tube de verre est muni de 2 tubulures : l’une 1 est mise en rapport avec le liquide dilatable, l’autre 2 sert de tube de niveau. Quand la température monte, le
- FIG. 1 5
- liquide s’élève dans le tube de verre 2, et exerce sur le tube mince de caoutchouc une pression qui l’aplatit de plus en plus. Le courant de gaz qui traverse la tube de caoutchouc pour se rendre au brûleur diminue progressivement d’intensité. Cet appareil est moins sensible que la membrane, mais on peut le construire soi-même.
- Dans certains cas on veut chauffer des liquides à une température qu’il ne faut pas dépasser, par exemple pour le chauffage des vins par le procédé Pasteur, et où pourtant on ne peut pas s onger à régler assez exactement l’ardeur du foyer.
- Dans ce cas, j’ai renversé le problème, je laisse le foyer brûler à sa guise et je règle seulement la rapidité de l’écoulement du liquide à travers le foyer où il doit s’échauffer. Remarquons en passant que c’est précisément le cas du calorimètre dont la température ne doit pas varier, et qui,
- cependant, porte dans son intérieur un foyer d’une ardeur quelconque.
- Pour obtenir ce résultat, le régulateur à membrane a été légèrement modifié (fig. i5).
- Le tube d’arrivée 3 porte une soupape 5 qui s’ouvre de bas en haut de telle sorte que, lorsque la membrane surmontée d’un galet 2 se soulève, au lieu de fermer le tube 3 comme dans le premier régulateur, elle soulève la soupape 5 qui, au contraire, ouvre le tube.
- Le fonctionnement se comprend très facilement. Lorsque l’ardeur du foyer diminue, la membrane se retire, la soupape laisse passer moins de liquide ; quand au contraire la vivacité de la source calorifique augmente, l’effet inverse se produit, il passe par le foyer une plus grande quantité de liquide.
- Il est d’ailleurs facile de voir que, grâce à ce
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- mécanisme, le liquide s’écoule toujours à la même température, quelle que soit l’activité de la combustion dans le foyer. La quantité de liquide écoulée en un temps donné peut même servir de mesure à l’activité de la combustion. Je m’en suis servi pour mesurer industriellement la puissance calorifique d’un combustible, et, un ingénieur dont le nom m’échappe, a même ultérieurement inventé un pyromètre qui repose sur ce principe.
- La soupape de cet appareil présentait parfois l’inconvénient de n’être pas parfaitement étanche, et le moindre grain de poussière suffisait pour cela. C’est pourquoi dans mes calorimètres j’ai remplacé ce régulateur par le suivant (fig. 16) :
- Le liquide passe à travers un tube de caoutchouc à parois minces reposant sur un cylindre que peut soulever la membrane 2 par l’intermédiaire du galet 3 et de la tige portant le plateau 9. Un second cylindre fixe 7 sert de buttée et le tube de caoutchouc vient s’y écraser plus ou moins ; si l’on met le caoutchouc en 5'.5', l’appareil fonctionne à la manière d’un régulateur ordinaire. Cet instrument, étant muni d’un plateau qu’on peut charger de poids, s’applique également à la régulation par tension de vapeurs. Il répond par conséquent à tous les cas; c’est pour cela que je l’ai appelé régulateur universel de température. Ce régulateur fonctionnant par écrasement du- tube de- caoutchouc est parfaitement étanche et d’une régularité absolue. Nous le retrouverons appliqué au calorimètre.
- Pour ne pas étendre outre mesure cet article, j’ai omis un certain nombre de dispositifs que j’ai également imaginés pour des cas donnés. Ce que j’ai dit suffit pour montrer qu’il est toujours possible et même facile d’arriver à obtenir une température fixe, quelle que soit la source de chaleur qu’on a à sa disposition.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- NOUVEAUX
- APPAREILS DE SÛRETÉ
- POUR LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- Les accidents qui arrivent aux chaudières et aux machines à vapeur ont, pour la plupart du temps, leur cause première dans une suraugmentation très brusque de pression, provenant elle-même d’un abaissement de niveau anormal de l’eau de la chaudière. Malgré toutes les précautions prises, ces accidents sont malheureusement assez fréquents encore, et comme leur gravité est dans tous les cas considérable, on s’est [ingénié, dans ces dernières] années, àj trouver enfin un appareil de sû-
- reté capable d’avertir à temps en cas de négligence de la part du chauffeur.
- Les niveaux d’eau à tube de verre, qu’on emploie partout, sont en effet par trop insuffisants ; car, sans parler de la fragilité, les robinets sont assez souvent mis hors de service rapidement par l’écume qui, sur nageantà la surface de l’eau, use les frottements et bouche les ouvertures. En outre, ils demandent une surveillance attentive et ne peuvent jamais, par aucun signal, prévenir les conséquences
- d’une distraction des mécaniciens. De leur côté, les anciens flotteurs ne sont guère plus recommandables. Montés comme ils le sont avec des garnitures d’étoupes ou des ajutages coniques, ils paralysent la mobilité de la tige ; les indications qu’ils accusent, sont par suite toujours entachées plus ou moins d’inexactitude, et ces appareils confiés aux seuls soins d’un chauffeur n’offrent qu’une garantie proportionnelle à l’intelligence de celui-ci.
- La solution n’est donc pas encore là, et ce qu’il faut trouver, c’est l’appareil permettant d’avoir toujours en vue la variation de niveau de l’eau de la chaudière, et qui puisse encore par un signal quelconque prévenir avant que l’aiguille in-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- dicatrice soit arrivée aux limites extrêmes de sa course. Des contacts, en quelque point que ce soit, étant toujours faciles à établir, c’est au courant électrique qu’on a songé naturellement pour donner l’alarme, et partant de cette idée on est arrivé à construire un assez grand nombre d’appareils très ingénieux. Quelques-uns des plus intéressants ont été décrits déjà dans ce journal; mais malheureusement on peut dire que quelle qu’ait été la variété des dispositifs, l’inconvénient commun a toujours été une complication trop grande et incompatible avec les exigences de la pratique.
- Pour que le but soit véritablement atteint, en effet, pour qu’on ait le droit de toujours comp-
- FIG. 3 ET 4
- ter sur le signal avertisseur, il est nécessaire que le fonctionnement de l’appareil ne puisse jamais être paralysé et que la simplicité du mécanisme réponde de la sûreté des indications. Cette condition rend, il est vrai, la difficulté plus grande; mais cependant il est certaines solutions qui paraissent très acceptables. Parmi celles-ci, nous en signalerons deux particulièrement intéressantes. La première est celle que représente en coupe la figure 1 et dont les figures 2, 3 et 4 donnent les détails à une plus grande échelle. L’appareil est d’invention récente, il était pour la premièrs fois exposé l’année dernière à Vienne, et c’est à un ingénieur de Berlin, M. Richard SchwartzkopfF, qu’il est dû. Il se compose essentiellement d’un tube métallique a fixé sur le sommet de la chaudière et qui renferme un deuxième tube i, également en métal, ouvert à sa partie supérieure et fermé en bas.
- Ce tube i sert à son tour d’enveloppe à la partie active de l’appareil qui est représenté figure 2 et qui est constitué par deux tiges de cuivre dd, à l’extrémité desquelles sont placées les bornes m où se font les attaches du courant. Ces deux tiges sont isolées en leur milieu par un petit bloc de marbre serpentin, et sont enveloppées aux deux bouts dans les boîtes v et vy que les figures 3 et 4
- fig. 5 et 6
- représentent en coupe. Ces deux boîtes, comme on le voit, sont identiques l’une et l’autre. Les tubes cc, cLcl renferment en effet chacun une rondelle II, ly ly, d’un alliage spécial, dont le point de fusion est déterminé, et qui sont maintenues d’un côté, par des blocs de serpentine vv, vlvi, et de l’autre par les godets kk, k,yky en même matière, ou tout autre isolant capable de résister à une haute température. Cependant pour refroidir, en temps normal, l’appareil, l’espace annulaire qui sépare les deux tubes a et i et qui se prolonge intérieure-
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- ment dans la chaudière jusqu’au niveau inférieur de l’eau N W, se termine à sa partie haute par un serpentin o communiquant avec le robinet h. Ce robinet n’a d’autre but que de permettre, lors de la mise en marche, d’expulser l’air que contient le tube a et de laisser par suite l’eau de la chaudière remplir le serpentin. A ce moment, l’appareil est prêt à fonctionner, et fixé par des brides sur le dôme il peut à la fois tenir lieu de manomètre, de soupape de sûreté et de niveau d’eau. En effet, lorsque pour une cause quelconque la pression vient à monter subitement, la température croît avec elle et avant qu’elle ait atteint la limite déterminée l’alliage arrive à son point de fusion. Les rondelles /, l fondent alors, tombent dans le godet ki et les tiges ddi communiquant entre elles permettent au courant d’une pile locale d’actionner une sonnerie d’alarme. Lorsqu’au contraire le niveau de l’eau arrive à sa limite inférieure, le serpentin o se vide pour se remplir immédiatement de vapeur qui venant chauffer la boîte v, fait fondre les rondelles lie t par suite fermer encore le courant.
- Enfin, lorsque dans les chaudières de cuisson, par exemple, la température qui correspond à la pression limite est atteinte sans toutefois que cette pression le soit elle-même, le même phénomène a lieu que dans le premier cas examiné plus haut. En général, dans les appareils de ce genre, le refroidissement peut être suffisamment fait pour qu’on puisse employer des alliages fusibles à a5o° et même moins ; dans ces conditions, comme ce n’est guère qu’une température de 5oo° qui commence à être dangereuse, on est prémuni contre tout accident.
- Quelle que soit l’originalité de l’appareil que nous venons de décrire, il n’est pas absolument exempt de défauts. Notamment, s’il peut remplacer la soupape de sûreté, il nécessite toujours l’emploi du niveau à tube de verre et du manomètre.
- Il prévient, en effet, du manque d’eau comme de l’excès de pression; mais en pratique on ne doit pas attendre que les accidents soient annoncés ; le chauffeur ne doit jamais être surpris, et il est nécessaire qu’il ait connaissance à tout moment de la valeur exacte de la pression et du niveau d’eau de sa chaudière.
- Pour ces raisons, l’indicateur magnétique de MM. Lethuiller et Pinel, représenté dans les figures 5 et 6 nous paraît préférable. Cet appareil, s’il ne peut, il est vrai, se substituer au manomètre et à la soupape de sûreté, ni prévenir de- l’élévation anormale de la pression, a du moins l’avantage d’écarter complètement l’emploi du niveau à tube de verre qui n’est jamais sans causer une foule d’ennuis. Comme le montre la coupe, il se compose de trois boîtes en fonte B, E, D reliées entre elles et à la chaudière par des joints à brides.
- Au sommet de ces tubes est fixé le manomètre ordinaire, et dans leur intérieur se trouve la tige du sphéroïde qui constitue le flotteur. A l’extrémité supérieure de cette tige est fixé un aimant très puissant A qui vient s’appliquer contre une plaque de cuivre fermant un des côtés de la boîte D et qui présente une rainure longitudinale au passage de l’aimant pour que celui-ci ne se puisse écarter. A l’intérieur, la plaque de cuivre reçoit une graduation protégée par un verre et sur laquelle une aiguille a, faite avec un petit cylindre de fer, est maintenue par l’aimant dont elle est en réalité l’armature. De la sorte l’aiguille suit absolument tous les mouvements de la tige du flotteur et le zéro de la graduation correspondant au niveau normal de l’eau dans la chaudière, la hauteur de ce niveau est toujours en vue du chauffeur. En outre, sur la tige du flotteur est fixé à une hauteur convenable un toc t qui, lorsque les limites haut et bas de la course de l’aiguille sont sur le point d’être atteintes vient toucher l’une ou l’autre des bascules de deux sifflets d’alarme. Le fonctionnement est, on le voit d’une extrême simplicité et les indications peuvent difficilement être entachées d’erreur, car le poids de la tige et de l’aimant ne peuvent permettre au flotteur de rester suspendu dans la vapeur lorsque l’eau vient à manquer. De plus il se peut facilement adapter sur tout système de chaudières, et éviter les ouvertures multiples lorsqu’on groupe sur l’ensemble, comme le montre la figure, le manomètre, les sifflets et la soupape de sûreté.
- Enfin il est heureusement complété par l’addition d’une sonnerie.
- Pour cela aux parties supérieures et inférieures du cadre de l’indicateur sont disposées deux petites lames de cuivre superposées, mais distantes l’une de l’autre de 2mm et réunies aux lames B et B'. De la sorte lorsque l’aiguille indicatrice descend, par exemple, elle vient appuyer sur l’une des lames, et fermant ainsi le circuit d’une pile locale elle permet au tableau T de prévenir l’ingénieur dans son bureau même de la négligence du chauffeur que les sifflets d’ailleurs avertissent en même temps.
- Tel qu’il est, cet appareil se présente sous un aspect véritablement pratique et peut à cause de sa rusticité être mis entre toutes les mains. Néanmoins, il existe un point délicat. Quelles que soient la légéreté de l’aiguille et la puissance de l’aimant, celle-ci finit toujours par disparaître à la longue. Les aimants résistent en général assez mal aux hautes températures et il peut arriver qu’après une durée de service assez courte l’appareil cesse de fonctionner. Nous n’avons pas encore de renseignements à ce sujet, c’est l’expérience-qui prononcera, mais comme on serait, le cas échéant, immédiatement prévenu parce que l’aiguille tomban faute de direction ferait agir la sonnérie sans que les sifflets d’alarme aient eux-mêmes fonctionné,
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- nous ne serions pas étonné de voir l’indicateur magnétique se répandre assez rapidement dans l’industrie.
- P. Clemenceau.
- LE PROCES
- DELA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- Fidèles à la promesse que nous avons faite dans le numéro du 23 août dernier nous donnons ci-joint : i° le dessin du brevet Berliner ; 20 la partie du dessin du brevet Edison correspondant à la revendication du i5 janvier 1878; 3° un dessin du téléphone Crossley copié sur la spécification anglaise.
- Nous avons parmi les très nombreux brevets dont la société des téléphones est plus ou moins concessionnaire choisi l’appareil Crossley parce qu’il est la première réalisation industrielle des expériences de Hughes et qu’il a à son tour servi de modèle à la plupart des téléphones poursuivis et surtout au téléphone Ader celui pour lequel la société jetterait volontiers tous ses autres téléphones au panier si cela devait rendre son brevet Ader un brevet de principe.
- Dans l’appareil Crossley on trouve réunis dans un but unique :
- i° Un groupe de microphones Hughes porté par une planchette isolée élastiquement ;
- 2° Une bobine Ruhmkorff ;
- 3° Un récepteur téléphonique de Graham Bell.
- Si cette combinaison triple était la propriété de la société des téléphones le procès aurait une base sérieuse ; il faut dire aussi que les appareils incriminés n’existeraient peut-être pas.
- Malheureusement les deux brevets français de téléphone au nom de M. Crossley ont été pris postérieurement à la publication par le Télégraphie Journal de la patente dont nous donnons la figure 5, ces deux brevets sont par conséquent impuissants à reprendre au domaine public les revendications de la patente anglaise.
- Ne pouvant légalement s’appuyer sur un brevet dont la nullité serait incontestable, la Société a cherché ailleurs un moyen d’empêcher les imitations du Crossley, imitations dont elle voudrait créer un monopole pour M. Ader. Or en lisant la troisième revendication de l’addition du brevet Edison MM. les concessionnaires actuels et leurs ingénieurs ont cru reconnaître dans l’appareil représenté figure 2 une bobine Ruhmkorff et c’est
- sans doute pour consulter sur cette hypothèse M. Edison lui-même, qu’un ingénieur, délégué par la Société, vient de partir pour Menlo Park.
- Il est probable que lorsque cet ingénieur demandera au célèbre inventeur américain si c’est bien la combinaison d’un microphone et d’une bobine Ruhmkorff, qu’il a entendu revendiquer dans son brevet du i5 janvier 1878 celui-ci lui répondra:
- « Mon cher Monsieur, quand on s’appelle Edison et qu’on a besoin d’un appareil d’induction
- Dessin complet de la patente américaine de Emile Berliner, demandée le 16 octobre 1877, délivrée le l5 janvier 1878.
- FIG. 1
- pour augmenter la portée d’un téléphone on en invente un soi-même, on ne va pas acheter dans la boutique du premier opticien venu une vieille bobine inventée depuis plus de trente ans. On laisse cela à M. Berliner. L’appareil décrit et breveté par moi se compose essentiellement d’un barreau fortement aimanté, je fais agir le courant primaire sur un des pôles au moyen d’une première bobine de gros fil et j’emploie, pour lancer dans la ligne le courant induit, une deuxième bobine de fil fin placée à l’autre pôle et les variations magnétiques de mon barreau servent d’intermédiaires aux deux bobines. Faites comprendre à vos administrateurs que c’est là un tout autre appareil qu’ils ont eu le tort de mépriser.
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- « Je vous avais cédé l’exploitation de mon téléphone en France, vous avez presqu’entièrement abandonné mon transmetteur pour celui de votre monsieur Ader, qui n’est que le losange de M. Crossley, complètement aplati, et vous n’avez fait aucun usage de mon barreau à deux bobines qui vous eût donné d’excellents résultats; vous avez préféré, toujours pour imiter M. Crossley,
- Figure 25 du certificat d’addition du i5 janvier 1878 au brevet Edison, relative à la troisième revendication ainsi libellée :
- « 3° La combinaison, avec le circuit électrique et un diaphragme, « d’une bobjne d’induction et d’iw aimant. »
- FIG. 2
- revenir à la bobine Ruhmkorfï ; je ne vois pas pourquoi vous mêlez mon nom à toute cette affaire. »
- Ce que nous venons de dire est, en substance, la conversation qui doit avoir eu lieu entre M. Edison et son interlocuteur, si toutefois l’entrevue a eu lieu.
- Quand le procès sera fini, on va voir paraître un nombre incalculable de nouveaux microphones; le carré, représenté fig. 3, a déjà subi bien des transformations : losange, parallélogramme, rectangle, cercle divisé en secteurs, etc., etc.; la Société en a même acheté un de ce dernier genre, que ses ouvriers appellent un peu familièrement peut-être : le gâteau des rois ; mais cela ne s’arrêtera pas là, et nous nous attendons à voir défiler sous
- forme microphonique toutes les figures de la géométrie.
- Les conseillers qui ont poussé la Société à faire cet étonnant procès pourront en faire leur mcâ culpâ.
- Nous ne voulons pas préjuger l’avis des très honorables experts choisis par le tribunal, mais de deux choses l’une : ou ils décideront que le barreau aimanté d’Edison à deux bobines n’èst qu’une bobine Ruhmkorfï déguisée, et alors l’antériorité Berliner fait tomber la revendication Edison; ou ils décideront le contraire, et alors le tribunal demandera à la Société de quoi elle ose
- Figure 5 de la spécification de Louis John Crossley, du fe-• irier 1879, publiée in-extenso dans le Télégraphie Journal de mai 1879. Les brevets Crossley pris en France le 16 juin 1879 et le 7 décembre 1880 ne doivent pas être confondus avec la patente anglaise.
- FIG, 3
- se plaindre, puisque personne n’a imité le barreau Edison, pas même elle.
- Le rhéostat qui figure au brevet Edison et qui a pour but d’atténuer les crachements,: semble n’avoir pas eu plus d’imitateurs que le barreau aimanté.
- Jules Bourdin et J. Brailsford-Brio ht.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES THEATRES
- A PROPOS DE L’INSTALLATION DE L’OPERA
- Depuis deux mois bientôt fonctionne à l’Opéra de Paris une petite installation de lampes à incandescence Edison que nous avons déjà annoncée dans ce journal et sur laquelle aujourd’hui, malgré son peu d’importance, nous tenons à revenir en
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- l’éclairage électrique a l'opéra
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- raison des conditions toutes particulières qui ont présidé à son enfantement. Nous n’avons pas ici à parler du système en lui-même ; ses avantages comme ses inconvénients sont connus, tout a été dit sur ce sujet, et bien qu’il ne soit plus aujourd'hui à démontrer que l’éclairage électrique est pratiquement industriel, il est cependant nécessaire de ne pas perdre de vue les conditions spéciales qu’exige le bon fonctionnement. Quand il s’agit de monter une installation de quelque nature que ce soit, il est nécessaire de faire les choses comme elles doivent l’être. Les moindres détails ont tou-iours avec l’électricité une importance capitale, les demi-mesures, ici comme partout, sont mauvaises et ce sont elles qui toujours sont la cause de l’insuccès. Malheureusement, en fait d’applications nouvelles, nous sommes timorés en France. L’amour de la routine et l’attachement aux vieilles habitudes, viennent sans cesse nous barrer le chemin du progrès, et ce n’est qu’à la longue, qu’après avoir vu depuis longtemps les autres nous montrer l’exemple que nous nous décidons à faire un effort pour suivre la voie tracée; mais toujours trop tard pour être en tête. Actuellement l’Opéra de Paris fournit à ce que nous avançons une preuve malheureusement complète.
- Il a fallu attendre que le Savoy-Theatre de Londres, que la scène de la Monnaie à Bruxelles, que le théâtre du Parc à Boston, que celui de Brünu, en Moravie, que les Opéras de Madrid, de Moscou, de Francfort, de Pètersbourg, etc., aient adopté l’éclairage électrique, que l’Hippodrome, l’Eden-Theatre et nos grands magasins de Paris aient renoncé à l’emploi du gaz pour que notre plus grande scène se décidât seulement à tenter un véritable essai.
- Quoiqu’en effet, l’installation de la rampe et des girandoles de l’Opéra soit regardée comme devant être définitive, on ne peut véritablement pas considérer comme sérieuse l’adoption de 220 lampes en tout, dans un bâtiment de telle importance, lorsque dans la salle comme sur la scène, dans les corridors et dans le foyer, les becs de gaz sont toujours en très grande majorité. Dans de telles conditions, est-il possible véritablement d’obtenir de sérieux résultats?
- Parce que la salle est trop obscure, on se décide à y placer 100 lampes à incandescence posées sur les girandoles. Pour ne pas fatiguer la vue, on fait usage du verre dépoli, et comme précaution, on conserve au lustre sa canalisation du gaz, et l’on s’étonne après que la lumière ne se soit pas à l’œil sensiblement accrue et que la chaleur dégagée soit toujours restée la même. Dans l’intérêt des artistes et autres, on greffe sur la rampe existante une rampe nouvelle de 120 lampes, on place comme on peut dans un espace restreint les rhéostats nécessaires, et tandis que les portants et les
- herses constituent toujours le grand danger d’incendie, pense-t-on réaliser un appréciable avantage ? Evidemment, tout est encore à faire, et ce qui existe ne peut en aucun cas permettre à l’administration de l’Opéra de porter un jugement sur son nouveau mode d’éclairage. Le gaz et l’électricité ne doivent pas marcher côte à côte; il faut choisir entre les deux, suivant les circonstances et ne pas chercher un modus vivendi impossible, qui ne peut nuire qu’à l’un et à l’autre. A vrai dire, la responsabilité de cette situation anormale n’incombe à personne en particulier. Nous n’avons de récriminations à faire contre qui que ce soit ;. ce sont les événements que personne ne gouverne qui ont amené l’éclairage de l’Opéra à cet état mixte, et l’histoire en est facile à faire.
- Dans le projet d’usine centrale étudié par la Société Edison l’année dernière, l’Opéra ainsi que les petits théâtres avoisinants devaient être éclairés en totalité par les lampes à incandescence. Une canalisation spéciale devait faire le service; mais comme il faut toujours compter sur les chances d’accidents, et que, dans un théâtre, il faut être assuré qu’une extinction totale ou partielle ne peut être à redouter, il avait de part et d’autre été entendu, que dans la grande cave au-dessous de la salle un moteur à gaz de 5o chevaux serait établi comme machine de secours, prête en tout temps à parer aux éventualités.
- Malheureusement, et pour des considérations étrangères à l’éclairage en lui-même, le projet général dut être ajourné. Dans ces conditions, on voulut cependant de part et d’autre faire quelque chose, et le moteur à gaz étant déjà acheté et mis en place, la Société Edison accepta d’éclairer les girandoles. Quoique le moteur ne fût pas exempt de défauts, la marche des lampes fut bonne, et comme il y avait un excès de force motrice disponible, l’installation de la rampe fut peu après décidée. Partant de là, il était difficile de supprimer entièrement une partie de la canalisation du gaz. Il fallait bien se prémunir contre les chances d’extinction, et l’on fut réduit jusqu’à nouvel ordre à greffer les deux installations l’une sur l’autre. Comme il est facile de le comprendre alors, les accidents ne se firent pas longtemps attendre. Les gaziers chargés d’une nouvelle manœuvre qu’ils adoptaient, cela va de soi, avec une certaine méfiance, se plaignirent de ne pouvoir, comme on dit, mettre la rampe au bleu, et comme à l’Opéra on ne fait pas emploi d’écrans en gélatine colorée, ils ne purent, dans les premiers temps, obtenir instantanément les effets de nuit au moment précis. La lumière électrique pour eux ne se gouvernant pas, ils n’en étaient pas maîtres, et leurs récriminations ne cessèrent pas, comme on pense, lorsque, quelques jours plus tard, un accident sérieux survenu à l’une des machines vint amener une extinction.
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- Le public s’aperçut à peine de cet accident, mais un autre effet plus désastreux survint alors. Les lampes avaient été, comme de juste, placées entre la rampe à gaz et la scène, afin qu’en temps normal l’ombre des becs ne fût pas projetée. Après l’accident, l’inverse se produisit, et les ombres des lampes vinrent troubler d’une manière fâcheuse l’harmonie de l’éclairage.
- De son côté, le moteur à gaz continuant sa marche irrégulière, les coups de pistons par moment se faisaient sentir outre mesure, et l’éclairage électrique tombait de plus en plus en défaveur dans l’esprit du personnel de l’Opéra. Heureusement, les ingénieurs de la Société ne perdirent pas courage. En dépit des conditions déplorables dans lesquelles ils se trouvaient, ils améliorèrent le plus qu’ils purent leur installation, et, finalement, firent tant et si bien qu’actuellement tout marche et qu’il n’est pas d’objections à faire. L’effet est très bon sur la scène, les artistes n’ont pas à se plaindre de leur rampe nouvelle, car n’ayant plus la chaleur, grâce à l’emploi du verre dépoli pour les lampes, l’éclat de la lumière ne peut non plus leur gêner la vue. La direction même, paraît-il, est assez satisfaite des résultats, et songe àl’installation des portants et des herses. Pour nous, nous ne pourrions qu’applaudir à cette résolution ; tous les théâtres, à notre avis, devraient depuis longtemps avoir définitivement adopté l’éclairage électrique, et parmi eux l’Opéra surtout devrait renoncer au gaz. Une salle aussi belle et aussi grande que celle de l’Opéra ne pourra jamais être éclairée d’une manière suffisante qu’avec l’électricité. Le gaz développe trop de chaleur, pour qu’on puisse jamais allumer tous les becs, et franchement il est triste de voir qu’avec même aussi peu de lumière on arrive à charbonner d’une manière désastreuse les peintures et les ornements dorés, tandis qu’il est aujourd’hui si facile d’y porter remède : il est impossible qu’on ne s’y décide pas.
- Il y a aussi les peintures de Baudry auxquelles il faudrait songer. M. Garnier, si soucieux de son palais, ne devrait-il pas empêcher la continuation du mal, qui, si l’on n’y porte secours, sera bientôt irréparable ; et après tous les essais partiels qu’a tentés l’Opéra, ne serait-il pas temps de conclure par une belle et durable installation? L’usine centrale, il est vrai, n’existe pas encore ; mais on peut la créer, les études théoriques depuis longtemps sont prêtes, et enfin, s’il faut de ce côté par trop attendre, les caves de l’Opéra sont assez spacieuses pour qu’on puisse facilement y loger le matériel nécessaire, pour que, désormais, dans ce palais de la musique, la fête de l’œil puisse être complète et qu’on nous donne de la lumière, encore de la lumière.
- C.-C. Soulages.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITE
- DE
- PHILADELPHIE
- Correspondances spéciales
- Il est rare que les expositions soient complètement prêtes au jour fixé pour leur ouverture, et l’Exposition d’électricité de Philadelphie n’a. pas échappé à cette sorte de fatalité. Les cérémonies d’ouverture ont eu lieu néanmoins hier mardi. On s’est réuni dans un bâtiment appartenant à la Pennsylvania Railroad, Company, et qui forme aujourd’hui une annexe de l’Exposition destinée à servir de salle de conférences.
- Tous les sièges, au nombre de 700 environ, étaient occupés par les personnes invitées à la cérémonie. Sur l’estrade se trouvaient, entre autres autorités, M. le gouverneur Pattison, M. le maire Smith, M. Ch.-H. Banes, directeur général de l’Exposition, M. W.-P. Tatham, président du Franklin Institute, M. Wahl, secrétaire, le révérend Dr Mac Intosh, pasteur de la seconde église presbytérienne, M. Mac Alister, directeur des écoles publiques, M. G.-H. Boker, M. Hindekoper, directeur des postes, M. John Wanamaker, le docteur Ch.-M. Cresson, M. Frederick Graeft, M. le prof. P. Frazer, M. O’Neill, membre du Congrès, M. Gates, président du Select Council, M. J.-E. Mitchell et M. Francis Wells.
- Un grand nombre d’hommes de science et beaucoup de notabilités de la ville figuraient dans l’assistance.
- Après un morceau d’orchestre, M. le maire Smith a d’abord salué de quelques paroles de bienvenue l’ouverture de l’Exposition. Il a rappelé la célèbre expérience de Franklin, faite' auprès de Philadelphie même, et exprimé, en terminant, le vœu que la prospérité des siècles futurs vienne couronner les efforts actuels et justifier l’organisation de la présente entreprise.
- Après cette courte allocution, M. le directeur général Banes a invité les assistants à se rendre dans le bâtiment principal de l’Exposition où devaient avoir lieu les cérémonies d’ouverture proprement dites. Là M. le révérend Mac Intosh a récité une prière puis M. le président Tatham a passé en revue l’histoire de l’électricité depuis les temps anciens jusqu’à nos jours. « Les applications de l’électricité, a-t-il dit comme conclusion, sont encore dans l’enfance. Nous ne pouvons prévoir l’avenir, mais nous pouvons examiner ce qui se passe autour de nous. Nous avons invité les nations, elles sont représentées ici par leurs ambassadeurs, leurs commissaires, leurs savants, leurs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ouvriers et leurs œuvres. Le monde électrique des Etats-Unis est très largement représenté, et on peut dire qu’il figure ici en masse ».
- L’orateur suivant a été le gouverneur Pattison. Il a fait remarquer l’intérêt que l’Exposition d’électricité présente pour l’Etat de Pennsylvanie, où un grand nombre d’industries utilisent pratiquement le courant électrique, et a ajouté que l’ouverture d’une exposition de ce genre intéressait également le monde entier. Passant en revue les principales applications de l’électricité, il a émis l’idée que ces inventions n’appartiennent pas à un pays plutôt qu’à un autre, car des centaines d’hommes ont contribué à leur développement et des siècles ont été nécessaires pour les amener à leur état actuel. Comme conclusion, il a présenté l’ouverture de l’Exposition d’électricité comme le commencement d’une ère nouvelle. -
- Le gouverneur a alors déclaré l’Exposition ouverte; cette déclaration a été saluée d’unanimes applaudissements, l’orchestre a joué un galop et l’on s’est dispersé dans les galeries.
- L’Exposition est installée dans une construction en bois reliée par un pont à l’annexe dont nous avons déjà parlé plus haut et qui contient la salle des conférences, l’exposition des chemins de fer, la salle des appareils historiques et le restaurant.
- Si on considère l’ensemble, elle est certainement inférieure en étendue à l’Exposition de Paris en 1881, mais il serait difficile de dire à première vue quel est le rapport entre les surfaces occupées par les deux Expositions. Il serait également difficile de se faire dès à présent une idée exacte de l’importance des objets exposés, car beaucoup d’entre eux ne sont pas arrivés et un grand nombre sont encore couverts de toiles pour les protéger contre la poussière. En outre, les appareils sont disposés d’une façon très compacte.
- Parmi les installations déjà terminées ou à peu près, nous remarquons celles des principales Compagnies de téléphones, de la Western Union, de l’United States Electric Light C°, celles des Compagnies Brush, Bernstein, Bail, Mac-Tighe, Acme, Excelsior et Weston, et celle d’Edison dans laquelle se trouve une grosse machine plus grande que celle qui figurait au Palais de l’Industrie en 1881. Cette machine, en raison de ses dimensions, a été appelée Jumbo, du nom du grand éléphant de Barnum.
- Il est dès à présent facile de voir que l’Exposition, quoique portant le titre d’internationale, sera par le fait une exposition américaine.
- A part quelques constructeurs européens d’instruments de précision, nous n’apercevons que des exposants américains. Cela se conçoit du reste : de même que la grande étendue de mer qui sépare les deux continents a empêché l’Amérique d’être com-
- plètement représentée aux Expositions de Paris, Munich et Vienne, de même elle a cette fois tenu à l’écart les exposants européens. A notre avis, ce n’est pas un mal ; ce qui nous intéresse surtout dans l’Exposition de Philadelphie, c’est le côté américain ; il n’eût été pour nous d’aucun intérêt de revoir ici tous les appareils qu’ont fait défiler sous nos yeux les précédentes Expositions d’électricité, et, pour être nationale, l’Exposition de Philadelphie n’en représentera que mieux le développement de l’industrie électrique aux Etats-Unis.
- Ce développement s’est d’ailleurs déjà présenté à nous comme très grand en dehors même de l’Exposition à Philadelphie, ainsi qu’à New-York. L’importance du trafic télégraphique et téléphonique est rendue apparente par l’emploi des fils aériens qui en bien des endroits couvrent les rues d’une véritable toile d’araignée et la lumière électrique trône partout dans les rues, comme dans les hôtels, les restaurants, etc. On sent que dans ce pays, sans attendre la perfection, on est entré carrément, avec les moyens actuels, dans la voie des applications électriques.
- Grâce à l’activité que l’on déploie à l’Exposition d’électricité, il est probable qu’elle sera terminée dans deux ou trois jours, et nous pourrons alors donner plus de détails et une appréciation plus nette.
- Aug. Guerout.
- Philadelphie, le 3 septembre 1884.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Amérique
- LES DANGERS DE L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE A INCANDESCENCE. — La décision des Compagnies d’assurances de New-York ainsi que les ordonnances des municipalités de plusieurs autres villes concernant les fils pour l’éclairage électrique dans les différents systèmes qui emploient les lampes à incandescence, ordonnent de placer les conducteurs positifs et négatifs à une certaine distance les uns des autres afin d’éviter la formation possible d’arcs électriques entre les deux et les dégâts matériels qui pourraient en résulter. Il est peut-être inutile de dire que les lampes de ce genre sont généralement montées en dérivation, ce qui rend nécessaire de placer relativement près l’un de l’autre les fils, ceux-ci étant souvent renfermés dans des moulures en bois afin de les rendre invisibles. A la suite d’une discussion sur la meilleure manière de disposer ces fils en toute sûreté, j’ai
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- fait les expériences suivantes avec M. Chas Wirt de la Compagnie Edison de Chicago, et j’ai pensé que les résultats pourraient intéresser les lecteurs de La Lumière électrique.
- i° Le fil employé était du n° 14 BWG en cuivre avec une double couverture de coton et avec une couche de peinture incombustible. Cet isolement est très bon, tant qu’il reste sec, mais son pouvoir isolant baisse considérablement dans l’humidité. Ce fil a été placé en dérivation sur le circuit des lampes comme le montre la figure ci-jointe.
- a représente un fil n° 14 BW G ; B, B, B, sont des lampes de 16 bougies, CC' sont des commutateurs de sûreté ou des interrupteurs à chevilles. Les fils ont été placés sur une planche de sapin et liés ensemble avec de la ficelle, ils ont ensuite été bien mouillés d’eau pure. Pendant quelques minutes aucun effet visible ne s’est manifesté, mais peu
- de temps après une ébullition violente a pris naissance sur une longueur dhin pouce, accompagnée d’une grand développement de chaleur.
- En plaçant les doigts mouillés sur les fils on recevait une secousse assez violente, même si le contact était établi au commutateur. Le courant avait une intensité de 0,9 ampères, la force électromotrice 110 volts et la lumière se maintenait parfaitement fixe. Au bout de 12 minutes l’isolation des deux surfaces extérieures opposées en d et d' était enlevée sur une longueur de 18 i/2wm. En cinq secondes l’arc se trouvait formé et le commutateur C fondu.
- 20 Deux bandes en laiton de i25mm de longueur sur 12 i/2mm de large et 1 i/4ram d’épaisseur ont été reliées au circuit par des attaches soudées et emboîtées dans la planche sèche à 77 1/2““ de distance l’une de l’autre. L’espace entre les bandes fut humecté avec une solution de potasse caustique. L’ébullition a commencé de suite, en évaporant et en électrolysant la solution et après 8 à 9 minutes un bâton de potasse fut placé à travers entre les plaques sans cependant les toucher. Le bâton 'a été immédiatement consume par le courant avec la flamme qui caractérise la potasse. Malgré
- l’humidité la planche commençait à prendre feu et la soudure fondait à l’endroit de la communication entre la plaque et le fil. Cinq secondes après l’arc était complet et la pièce en G fondue ;
- 3° La même expérience étant répétée avec la surface mouillée l’action se trouvait précipitée, la cheville fondait en 3o secondes ;
- 40 Les plaques ont été disposées d’une nouvelle manière sur la planche avec six lampes en circuit et un commutateur pour 9 lampes en C tandis que C' était réglé pour ses foyers. Au bout de deux minutes les deux chevilles ont fondu en même temps;
- 5* Trois lampes avec un commutateur pour trois foyers. Fusion immédiate.
- 6° Six lampes avec un commutateur pour six foyers. Fusion au bout de 2 1/4 minutes. Les plaques n’étaient qu’à 37 i/2mm l’une de l’autre et placées à un autre endroit sec après avoir été mouillées comme auparavant.
- 70 Les plaques à 18 i/2mm de distance, trois foyers et commutateur à trois lumières. Fusion immédiate.
- 8° Six foyers et commutateur à six lumières, i5 secondes.
- 90 Les plaques à iomm, trois foyers, commutateur à trois lampes, 10 secondes.
- io° Même distance entre les plaques, six foyers avec commutateur de six lumières, 5 secondes.
- ii0 Les plaques à 41/2““, trois foyers et commutateur à trois lumières, 5 secondes. Les plaques de cette expérience étaient boursouflées par la chaleur.
- 12° et i3°. Les plaques à 4 six foyers et
- commutateur à six lampes. Fusion immédiate.
- 140 Les plaques à 4 i/2mm, six foyers et commutateur à neuf lampes, 3 secondes.
- La conclusion naturelle de ces expériences serait de faire croire qu’une distanee trop grande entre les fils constituerait un élément de danger au lieu de sûreté, et qu’en essayant de nous protéger nous faisons réellement le contraire.
- Il paraît certain que plus la carbonisation du bois est lente, plus on est sûr d’une combustion entière quand l’arc s'établit de suite, tandis que, au contraire, si l’arc est formé dans un temps relativement court, les matières avec lesquelles il entre en contact n’ont pas le temps de s’enflammer comme par la carbonisation lente, et le danger est beaucoup moins grand.
- Il résulte de ce raisonnement qu’il vaut mieux placer les fils aussi près l’un de l’autre que possible pourvu qu’ils soient bien isolés.
- C.-C. Haskins.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Angleterre
- AVERTISSEUR ÉLECTRIQUE. — M. J.-K. DoUglaS Mackenzie, ingénieur électricien à Westminster, vient d’imaginer une disposition permettant à la personne qui se sert d’une sonnerie électrique ou de tout autre avertisseur de s’assurer si la sonnerie a fonctionné et si le signala été donné. Une dis-
- FIG» I
- position automatique très simple annonce au bouton ou au contact qui ferme le circuit si la sonnerie a fonctionné. Cette disposition est basée sur la découverte de Page de la propriété bien connue que possède le fer d’émettre un son au moment de son aimantation ou de sa désaimantation.
- M. Mackenzie dispose un électro-aimant dans le circuit de l’avertisseur. Si la sonnerie fonctionne bien lé noyau de cet électro-aimant est aimanté et désaimanté par les courants alternatifs du circuit. Ce noyau est combiné avec une armature qui rend un son très net chaque fois que le contact est établi ou interrompu. L’électro-aimant est placé derrière le bouton d’appel, de sorte qu’en appliquant l’oreille sur ce dernier on peut entendre le murmure ou « la musique galvanique » dans le noyau,
- FIG. 2
- et s’assurer du passage du courant et du bon fonctionnement de la sonnerie.
- La figure 1 représente une coupe de l’électro-aimant renfermé dans une boîte de fer mince A. L’électro-aimant E est fixé au fond de la boîte en B et dès que le courant passe dans la bobine de l’électro-aimant, son noyau en fer doux C, attire le sommet D de la boîte dont les vibrations produi-
- sent un son musical. Le diaphragme en fer n’est pas une partie essentielle de l’appareil car un disque ou une lamelle attachée au noyau même rendraient le même service. P représente le bouton d’appel ou le contact à ressort qu’on ferme par la pression du doigt, quand on veut faire fonctionner la sonnerie. La pression exercée en P établit un contact entre F et F' et le courant passe à la sonnerie en traversant l’électro-aimant E. Si la sonnerie fonctionne, le courant intermittent fait résonner le diaphragme, et l’oreille appliquée à l’ouverture pratiquée dans le cadre en bois de l’appareil entend le son et apprend que la sonnerie fonctionne. La figure 2 représente le circuit entier avec sonnerie, pile, sonneur et bouton d’appel (FF') reliés ensemble.
- Il est à remarquer que souvent, lorsque les sonneries électriques ne fonctionnent pas, cela tient non pas à ce que le courant ne passe pas, mais à ce qu’il est trop faible pour attirer l’armature avec une force suffisante pour faire frapper le marteau sur le- timbre. M. Mackenzie ne semble pas s’être préoccupé d’un défaut de cette nature. On pourrait évidemment vaincre cette difficulté d’une manière bien simple, en disposant l’indicateur électro-magnétique de façon qu’il ne rendît sa note musicale que si le courant était d’une force suffisante pour actionner le marteau de la sonnerie.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE A L’EXPOSITION D’HYGIÈNE.
- — Le professeur G. Forbes a dressé un tableau intéressant des dimensions des câbles conducteurs employés par les différentes entreprises qui four-
- S V ST È M E NOMBRE des sections li W G AMPÈRES VOLTS
- Si~ î Kïïf.1 : : : 4 iglià 7/,i6 160 40 76 304
- Swan 3 19/16 >42 200
- Bowman I 14/16 9 35o
- Lea I 14/16 22 260
- Gramme-Brockie I 14/16 12 400
- Brush (partie) 1 14I16 7/‘6 II 1200
- Brush-Hammond (partie). I Ï4/I6 7/i6. II 2000
- Pilsen-Joel 3 7/18 9 600
- Giilcher 2 9/12 200 65
- Ilochhausen 1 7/18 12 1645
- Lampe-soleil (partie). . . 1 1 7/20 7/16 9 5oo
- Hochhausen (sur poteau). 1 14/16 20 25o
- Edison-Swan 1 3/4 63o IIO
- Opperman 1 19/14 53 200
- Victoria (moteur Tower) 1 19/16 70 160
- Sweden-Gatchouse. . . . 3 19/16 220 88
- Ferranti 1 19/12 180 250
- 1 14/16 20 25o
- nissent l’éclairage électrique à cette exposition. La première colonne de ce tableau, qui figure ci-
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- dessus donne le nom de la Société; la seconde indique le nombre des câbles en dérivation ou de sections; la troisième donne les dimensions du conducteur; la quatrième l’intensité de circulation en ampères, et la cinquième indique la force électromotrice en volts.
- Les dimensions du fil sont ramenées à la jauge de Birmingham (B. W. G.) et le numérateur de la fraction représente le nombre des fils du câble, tandis que le dénominateur exprime le numéro de la jauge; 19/16, par exemple, indique qu’il y a 19 fils du numéro 16 B W G.
- L’éclairage comprend à présent un total de plus de 5 000 lampes à incandescence et 3oo foyers à arc environ. L’éclairage des fontaines, dont il a déjà été parlé, demande une force de 120 à 180 chevaux. La grande machine Ferranti à courants alternatifs destinée à alimenter 1 000 lampes à incandescence ressemble à la machine Ferranti ordinaire; mais ses détails présentent plusieurs perfectionnements. Elle est excitée par une dynamo Siemens à courant continu actionnée par le même arbre.
- Les paliers sont graissés sous pression, l’huile étant recueillie dans un compartiment puis filtrée et pompée à un réservoir qui alimente les paliers. Les collecteurs présentent une disposition assez originale. On s’est aperçu dans les autres machines Ferranti qu’il est nécessaire de graisser les anneaux des collecteurs afin d’éviter un frottement excessif et dangereux et la couche d’huile introduit dans le circuit une résistance considérable, qui parfois atteint celle de l’armature. Dans le nouveau modèle les extrémités des fils sont attachées à des anneaux sur l’arbre qui tourne dans d’autres anneaux creux et l’espace interm diaire est rempli de mercure pour compléter le contact électrique. Cette disposition donne de très bons résultats. La machine Siemens ou l’excitatrice donne 3o ampères avec 120 volts et le courant traverse sur la machine Ferranti deux combinaisons de 24 champs magnétiques dont chacune est montée en dérivation. La machine Ferranti donne ainsi une force électromotrice de 400 volts à 600 tours par minute. Elle alimente 909 lampes à incandescence du système Woodhouse et Rawson.
- La force pour actionner ces machines est fournie par un moteur compound, horizontal et fixe de Davey-Paxman, mais la même machine actionne également une dynamo Brush de 40 foyers et une autre de Ferranti de 200 foyers. Le piston du cylindre à haute pression a un diamètre de i5 pouces et une course de 2 pieds, celui du cylindre à faible pression a 22 pouces de diamètre et une course de 2 pieds. Il indique jusqu’à 220 chevaux, avec une pression de vapeur de 120 livres par pouce carré. Il actionne deux poulies dont l’une qui sert pour la grande machine Ferranti a 10 pieds
- de diamètre et 16 pouces de large tandis que l’autre qui est plus petite sert pour les deux autres dynamos de Brush et de Ferranti. Le moteur est alimenté par deux chaudières respectivement de 5o et de 16 chevaux. Chacune de celles-ci est pourvue d’un petit cheval et d’un injecteur.
- La dynamo Siemens Ba qui sert à l’éclairage de quelques-unes des fontaines de l’Exposition est aussi très intéressante. Elle est destinée à donner une intensité de 420 ampères avec une force électromotrice de 80 volts. D’un bout à l’autre des armatures se trouvent des garnitures de cuivre maintenues par de fortes bandes métalliques ayant leur plus grande largeur dans le sens des rayons pour empêcher le développement de courants locaux. Les bandes sont en paires et deux paires vont à chaque commutateur. Le commutateur a environ 20 sections, et il y a deux paires de balais, chaque paire étant côte à côte. La largeur de chaque balai est de 4 pouces et sa position est réglée par une roue à denture héliçoïdale. La machine est à enroulement Compound, les spires en séries traversent les quatre sections des inducteurs en dérivation et sont d’un fil d’environ 1/4 de pouce de diamètre. L’enroulement dérivé entoure les quatre sections successivement et se compose de fil n° 12.
- LES EXPÉRIENCES D'ÉCLAIRAGE DES PHARES AU
- south-foreland. — Les expériences entreprises par la Trinity House depuis quelque temps dans le but de déterminer la meilleure forme d’éclairage pour les phares sont provisoirement terminées, mais elles seront reprises plus tard, en automne, quand les brouillards de l’hiver commenceront. Ces expériences ont démontré entre autres choses que tandis que l’arc électrique peut par un temps très clair, donner jusqu’à 20 fois la lumière produite par l’huile, son intensité sera réduite à seulement dix fois celle de l’huile par un léger brouillard. Le passage d’un brouillard ou d’un nuage entre les phares réduit graduellement la disproportion entre les lumières jusqu’à ce qu’elle disparaisse finalement au fur et à mesure que le brouillard devient plus épais. Dans un pays comme le nôtre où les brouillards sont très fréquents pendant les trois quarts de l’année, il est fort important de se rendre compte de la vraie raison de cet effet et d’y remédier si possible.
- L’auteur a proposé d’employer le spectroscope pour les expériences futures, car le phénomène est probablement, au moins en partie, causé par le fait que les rayons électriques sont plus facilement absorbés que ceux de l’huile brûlante. On sait parfaitement que les rayons bleus dominent largement dans la lumière à arc, tandis que la lumière de l’huile est plus riche en rayons jaunes. L’examen d’une bonne carte du spectre solaire comme celle
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’Angstrœm qui fait voir les lignes d’absorption causées par l’humidité de l’atmosphère prouvera clairement que certains rayons jaunes, orangés et rouges passent presque sans être absorbés à travers l’atmosphère humide, tandis que les rayons bleus sont presque toujours absorbés. Le foyer d’un phare devrait surtout émettre ces rayons orangés et pénétrants, et si la disposition est correcte, il serait peut-être bon de les produire dans l’arc en mélangeant certains sels bien connus avec les charbons. Une certaine teinte de la lumière ne constituerait pas un inconvénient pratique ; en effet elle pourrait même être avantageuse comme une marque particulière d’un certain phare.
- Les expériences ont encore fait remarquer que deux foyers placés l’un à côté de l’autre sont visibles à une plus grande distance qu’un seul foyer, et il reste encore à savoir dans quelles limites ce principe est applicable et sa raison d’être. Est-ce parce que la quantité de lumière exerce une influence sur son intensité? Dans ce cas une grande surface illuminée pourrait être visible à une plus grande distance qu’une petite, même si cette dernière était intrinsèquement plus brillante, et la réalisation de cette supposition pourrait alors expliquer la sensibilité des foyers à arc aux brouillards, car le centre du foyer à arc est petit.
- Les différentes lumières au South-Foreland ont été mesurées par une comparaison avec la flamme étalon de M. Vernon-Harcourt.
- Quand il faisait trop de brouillard pour permettre une comparaison directe avec l’unité, les lumières ont été comparées entre elles au moyen d’un pho-tomètre-polariscope, dans lequel l’image ordinaire d’un foyer est ramenée à l’égalité, par un prisme Nicol, avec l’image d’un autre foyer. Mais généralement unrayon du phare traverse un trou dans le volet de l’appareil photométrique et tombe sur une partie d’un disque en papier dont l’autre partie est éclairée par la bougie étalon fixée d’un côté de l’ouverture du volet. Le disque est déplacé en avant et en arrière jusqu’à ce que les deux parties soient également éclairées et on mesure ensuite sa distance delà flamme étalon. Cette distance et celle entre le phare et le disque donnent l’intensité lumineuse de la lumière essayée par la règle des carrés inverses.
- Jusqu’ici l’arc électrique a été trouvé de beaucoup le plus puissant par un temps clair, mais il paraît que l’huile de paraffine donne une lumière à meilleur marché qui peut être rendue très puissante par une disposition particulière des lentilles. Personne ne pourrait dire à quel éclairage le comité donnera la préférence, car le rapport ne sera pas dressé avant la fin des expériences qui sont encore à faire. Cependant il choisira entre l’électricité et l’huile, et il est probable que les deux moyens seront recommandés dans des circonstances spéciales.
- un arc-en-ciel électrique. — En examinant les expériences de South-Foreland, M. R. S. Newall F. R. S. a observé un arc-en-ciel formé par la lumière électrique provenant d’une des tours. Dans la soirée du samedi 3o août, il traversait un champ dans la direction d’une des maisonnettes d’observation située à T 1/2 mille de la lumière, quand il vit un arc-en-ciel très distinctement dans la pluie qui tombait. Le phénomène paraissait et disparaissait chaque fois que le phare tournait. Il ressemblait à un faible anneau lunaire, et il n’était produit que parle grand foyer électrique avec des charbons d’un diamètre de 1 1/8 pouce.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Observations sur l’électricité atmosphérique faites à Florence, par le professeur Antonio Roiti avec le concours du Dr Luigi Fasqualini.
- Pour satisfaire aux vœux émis à la conférence internationale des électriciens, nous avons établi,
- dans l’Ecole de physique de l’Institut Royal pour les études supérieures, à Florence, et aux frais de l’école même, un petit observatoire pour enregistrer photographiquement le potentiel électrique dans l’air libre et, nous avons réuni toutes les courbes qui en représentent la valeur pendant les vingt-quatre heures de la journée, à partir du 18 juillet 1883 jusqu’à aujourd’hui. Nos appareils sont ceux mêmes que M. Mascart a imaginés pour donner une application pratique aux idées émises par sir William Thomson dans le but de rendre comparables entre elles les diverses observations
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- faites à des intervalles de temps et dans des en- ' droits différents.
- Pour éviter tout retard nous nous sommes pro-
- M
- Coupe. XY
- FIG. 2
- curé chez MM. Carpentier et J. Duboscq les mêmes instruments que ceux construits par ces messieurs,
- FIG. S
- sous la direction de M. Mascart, pour le Collège de France. Néanmoins nous avons cru devoir apporter une modification à l’électromètre Mascart,
- et à partir Üu 12 janvier nous avons substitué à celui de Carpentier un autre, construit de toutes pièces par M. Giuseppe Poggiali, mécanicien de l’école.
- La disposition des appareils et l’emplacement des points observés, sont indiqués dans les figures 1, 2 et 3.
- En A est représenté, vu de côté, le petit observatoire qu’on a construit sur le toit de la maison sise au n° 3 de la rue Gino Capponi. La figure 2
- FIG. 4
- est 'une coupe horizontale suivant XY et une projection horizontale des lieux adjacents.
- Enfin, la figure 3 représente les coupes verticales H K et MN.
- Le niveau de la terrasse F se trouve à i2m70 de hauteur au-dessus de la cour. Sur les côtés NE et SO il existe des parapets de im de hauteur ; d’ailleurs l’air a libre accès de ces côtés. Sur le côté NO de la terrasse est placée une toiture vitrée PQ qui éclaire le Musée d’anthopologie, mais dont le sommet P est plus bas que le point exploré O. Du côté SE s'élève le petit observatoire A. Il est à trois étages. L’étage supérieur B contient le réservoir d’eau a muni de pieds isolants et d’un tuyau
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (d’écoulement qui traverse l’ouverture cd. Au même ;étage se trouve encore la pompe b qui alimente le réservoir. L’étage du milieu D sert de laboratoire. L’étage inférieur consiste en une petite chambre obscure E qui renferme les électromètres i et 2, l’appareil enregistreur, un bassin d’eau et tout ce qui est nécessaire pour effectuer des manipulations photographiques dans l’obscurité. Le réservoir a communique, avec l’électromètre 1 au moyen d’un fil tendu verticalement et relié à un seul isolateur i en verre plongé dans l’acide sulfurique. Outre la courbe donnée par l’écoulement de ce réservoir et-son électromètre 1, nous en avons presque toujours obtenu une autre enregistrée en même temps par l’électromètre 2. Celui-ci communique avec un deuxième réservoir qu’on plaçait en différents points et dans des conditions différentes pour pouvoir
- établir une comparaison entre le potentiel électrique de plusieurs endroits plus ou moins à l’abri de corps conducteurs. Dans les. figures, ce second réservoir est représenté en a’ pendant l’exploration du point o exposé librement à tous les vents à l’exception du côté NE où il est protégé en partie par le mur du petit observatoire. On voit encore représentée sur ces figures la cage cylindrique UV qui communique avec le sol. Cette cage a été employée plusieurs fois pour soustraire le point o à l’influence des décharges électriques à distance et pouvoir de cette façon observer l’électrisation de l’air lui-même.
- Les appareils de Mascart fonctionnent très bien; ils ne présentent qu’un défaut que voici : l’aiguille de l’électromètre est suspendue à deux fils de soie : elle reçoit les décharges par la partie infé-
- riG. 3
- rieure au moyen d’un fil en platine qui plonge dans Un vase contenant de l’acide sulfurique et qui sert en même temps d’amortisseur. Or, dans certains cas le zéro de l’électromètre se déplace. Le premier jour, après avoir renouvelé l’acide du vase, nous n’avons pas constaté de différence sensible entre la position du zéro au commencement et à la fin des vingt-quatre heures; mais dans la suite Cette dffférence devint appréciable et s’accentua de jour en jour, de sorte qu’en vingt-quatre heures le déplacement du zéro correspondait à peu près à 3o volts et même davantage. Ordinairement le zéro se déplace du côté des potentiels positifs, mais parfois aussi de l’autre côté. Il suffit de changer l’acide pour que tout rentre dans l’état normal. Mais pour éviter toute erreur il eût été préférable de renouveler l’acide au moins deux fois pendant la semaine en été, et presque tous les jours en hiver.
- La plupart de ceux qui se sont servis de l’électro-
- mètre de Mascart, même pour des mesures précises, attribueront cet inconvénient, que nous déplorons, à la négligence, à la maladresse ou à toute autre erreur d’expérimentation. Il serait en effet bien difficile d’en apercevoir la cause réelle ; cette cause nous a échappé à nous-même pendant les quelques années où nous avons employé l’électromètre soit pour les démonstrations de cours, soit pour nos recherches particulières.
- L’aiguille déviait, mais ne manquait pas de reprendre sa position primitive lorsqu’on la mettait en communication avec le sol. Il est à remarquer que, dans ces cas, la déviation est toujours de courte durée. Il n’en est pas de même quand on se sert de l’électromètre pour enregistrer l’électricité atmosphérique d’une manière continue : la déviation positive persiste pendant 24 heures consécutives dans les jours calmes et sereins. C’est précisément alors que le zéro reste déplacé du côté positif. On en voit un exemple dans la courbe A,
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- (fig- 5). qui esl une reproduction exacte de la photographie obtenue. L’acide avait été changé dans les deux électromètres à 7 heures de l’après-midi du 9 septembre. A 9 h. i5 du matin du 14, on a ramené les zéros au point exact, ainsi qu’on le
- voit du côté gauche en oi et o3, et à 8 h. 3o du matin le jour suivant (i5 septembre), le zéro de la courbe A, s’est trouvé déplacé de i2mm, qui correspondaient ce jour-là à 60 volts environ.
- Les faibles déplacements du zéro dans la direc-
- tion opposée suivaient toujours de quelques heures le potentiel négatif dû à la pluie.
- Un exemple de ce genre est fourni par la courbe, du 26 au 27 août i883 (B, fig. 6), où la dernière
- observation du zéro a |été faite après .^heures de déviation négative. L’acide n’avait pas été renouvelé depuis le 20 août, à 5 heures de l’après-midi. D’ailleurs, si l’on conservait encore quelque
- FIG. 7
- doute à ce sujet, on n'a qu’à faire dévier un électromètre pendant quelques heures consécutives ; on verra infailliblement qu’il ne retourne pas au zéro primitif, si on n’a pas changé l’acide du vase pendant une semaine.
- Cette action de l’acide sulfurique n’était pas ab-
- solument nouvelle; en 1877 déjà, elle avait été étudiée à fond (*), d’autres liquides présentent des effets analogues.
- (>) La viscosité et l’élasticité qui en résulte dans les liquides, recherches expérimentales, par A. Roiti. — R. Acad.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si ailleurs l’inconvénient n’a pas été constaté d’une manière aussi frappante qu’à Florence, on peut admettre que la cause en est due au peu de stabilité des autres climats, qui occasionnent de fréquents changements de signes dans les déviations : la surface de l’acide n’a donc pas le temps nécessaire pour prendre l'état moléculaire qui commence à lui conférer les propriétés des solides. Il faut ajouter que, cette année, la constance vraiment exceptionnelle des conditions atmosphériques a favorisé plus que jamais le phénomène du déplacement du zéro. L’importance de ce fait est évidente ; en effet, toutes les ordonnées de la courbe sont modifiées plus ou moins selon l’intensité et la durée des déviations antérieures.
- Le seul moyen pour avoir des indications exactes
- et précises serait de renouveler l’acide sulfurique tous les jours : ce que, du reste, on peut faire assez facilement avec la dernière disposition que M- Carpentier a donnée à l’électromètre. Mais nous avons essayé, d’une manière qui nous semble heureuse, d’épargner cette manipulation en substituant à la suspension bifilaire de soie un seul fil en argent par lequel passe la décharge qui va à l’aiguille, et en faisant usage d’un amortisseur à air.
- La figure 4 représente les modifications que nous avons apportées à l’électromètre Mascart.
- Dans le manchon M se trouve un prisme P qu’on peut déplacer au moyen d’une vis de rappel V. Sur le prolongement du prisme est fixée une petite tige en verre B portant le bras A, qu’on peut rendre solidaire au moyen de la vis U, avec la tige métal-
- ELECTRICITE ATMOSPHERIQUE
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- FIG. 8
- lique M. L’extrémité supérieure de cette tige traverse le couvercle et se termine par une borne C munie d’un serre-fil S qui sert d’électrode. A son extrémité inférieure est soudé le fil en argent qui supporte l’aiguille de l’électromètre. Au-dessous de l’aiguille une tige en ébonite porte le petit miroir (de 3omm de diamètre) maintenu dans le tambour T par deux verres qu’on peut éloigner à volonté.
- Le tambour est muni d’une tige mince, très flexible, qui permet de faire prendre aux surfaces planes une position exactement parallèle à celle du miroir. A cet effet, l’écrou D sert à le fixer sur la règle transversale R. L’acide dessiccateur est renfermé dans le vase E qu’on peut déplacer et fixer au moyen d’une fermeture à baïonnette. Le fil en argent, de omm,o5 de diamètre, provient de la mai-
- de Lyncei, série III, vol. II. — Nuovo cimento, série III, vol III (année 1878).
- son Edelmann, de Munich; il a une longueur de 23 cent, et donne à l’électromètre une sensibilité telle qu’en mettant en communication le couple des quadrants avec les pôles d’une pile de 40 éléments zinc, eau, cuivre, on obtient sur la feuille (éloignée de 70 cent, du miroir) une déviation de 34 millimètres pour une différence de potentiels de 10 volts entre l’aiguille et l’enveloppe extérieure. En faisant osciller le fil pendant un certain temps, il ne tarde pas à prendre la position necessaire pour que les déviations deviennent très régulières et exactement proportionnelles aux différences de potentiels. Le zéro ne s’est pas déplacé à partir du mois de janvier jusqu’à l’époque actuelle.
- L’amortissement est plus rapide que dans l’élec-tromètre de Mascart, quoique le moment d’inertie soit plus grand en raison des dimensions plus considérables du miroir.
- Un grand miroir permet d’employer une lumière plus faible, que nous nous procurons avantageuse-
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- ment avec de la benzine, de préférence au gaz d’éclairage.
- Pour le moment nous ne sommes pas en mesure de formuler les résultats obtenus pendant ces neuf mois d’observations. Nous en avons été empêchés par le manque de temps pour analyser et
- discuter les courbes ; en outre, nous avons pensé qu’il était préférable d’attendre pour pouvoir les comparer avec celles qui seront fournies par les expériences entreprises, depuis un mois ou deux, à l’observatoire du Collegio Rotnano, sous la direction du professeur Tacchini. Toutefois, nous pou-
- FIG. Q
- vons, dès à présent, communiquer quelques-uns de nos résultats offrant un certain intérêt.
- i°; L’existence de deux maxima par jour (et par conséquent aussi celle de deux minima) ne fait aucun
- doute pour nous qui avons été favorisés par un temps constamment au beau. Il n’est pas surprenant que le climat de Paris ait empêché d’arriver à ce résultat, lors des observations faites l’année der-
- EL E CT R IC IT E AT MO SP H E RIQ U E
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- nière au Collège de France. En effet, même ici la constatation en est rendue difficile par un temps variable.
- En prenant approximativement les moyennes des jours sereins compris entre le 18 juillet i883 et le 31 mars 1884, nous avons constaté :
- A 3 h. du matin, 10' minimum, d’après 109 observations
- 83/* — icr maximum, — 104 —
- 3 du soir, 20 minimum, — 38 —
- 8 — 2° maximum, — 100 —
- Mais il est à remarquer que l’heure du 2e minimum n’est pas aussi constante que les autres : en effet, elle varie entre 2 heures et 5 heures du soir ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2° Par un ciel serein, on n'a jamais constaté pour la terre un potentiel supérieur à celui de l’air; ce cas s’est présenté très rarement par un temps couvert, quelquefois par un ciel nuageux, et presque toujours pendant les temps de pluie;
- 3° Aux deux points O et o (placés comme le montre la figure 2), bien qu’exposés à plusieurs vents et situés à une hauteur différente du niveau de la terrasse ou du toit, le potentiel prend des valeurs toujours égales entre elles. C’est ce qu’on voit, en effet, dans la figure 7, lorsque l’on y prend 1 es mesures sur les courbes C,, C2 du 20 au 21 août, qu’on les réduit comme l’exigent les positions des deux zéro marqués oif o2 et comme l’e figent encore les déviations correspondant à 3o volts, désignées respectivement par (3o volts), et (3o volts)2;
- 4° L’électromètre 2 qu’on voit dans la chambre E (fig.3) a, d’autre part, servi à explorer non plus le point o situé sur le toit, mais un point que nous appelons o" beaucoup plus bas à une hauteur de im,i7 au-dessus du niveau de la cour et éloigné de im,7o du mur de la maison exposé au N.-E.
- La courbe D2 (fig. 8) offre un exemple des mesures effectuées. On voit que 1 millimètre y correspond à une différence de potentiels de o,25 volts, tandis que sur l’autre courbe D, résultante des observations relatives au point O relié à l’électromètre i°, 1 millimètre correspond à 4,48 volts.
- En comparant les deux courbes on constate immédiatement que, à partir de 5 heures de l’après-midi du 11 janvier 1884 jusqu’à 4 heures du soir du jour suivant, le potentiel a toujours été plus grand (’) au-dessus de la terrasse (O) que dans la cour (o"). A 6 heures 40 du soir, du 11, le potentiel en O était de igo volts et celui en o" d’environ 1,1 volt.
- Mais le rapport des deux potentiels ne reste pas constant pendant les différentes heures de la journée; ainsi, par exemple, la valeur j^= 173 qu’il
- avait à 6 h. 40 du soir, est descendue *6
- le 12 janvier à 8 h. 40 du soir. La position du point à explorer'est donc loin d’être indifférente; il importera notamment de le choisir avec les plus grandes précautions, si l’on veut ensuite comparer entre elles les observations recueillies dans différents pays. La règle à suivre dans ce choix n’est guère facile à établir. Le mieux serait de choisir une surface bien unie, éloignée de tout bâtiment : dans ce cas, en établissant le réservoir à une très faible hauteur (même en utilisant un jet d’eau sortant de terre), les ordonnées de la courbe pour-
- (') Dans les quelques cas où le potentiel est négatif, sa valeur absolue s’est presque toujours trouvée plus grande sur le toit que dans la cour.
- raient donner la densité électrique de la surface terrestre. Il est vrai que la réalisation d’un tel projet présenterait des difficultés et serait même impossible dans certains cas.
- Les observateurs pourront plus facilement prendre un point élevé dégagé de tous côtés. Mais, dans ce cas, l’interprétation physique de la courbe sera bien plus complexe et l’électrisation de l’air exercera une influence notable; en outre, il serait nécessaire de rapporter les différentes observations au même niveau.
- De toute façon, on ne devra jamais se contenter d’un point voisin d'un mur quelconque et encore moins si ce point est entouré de bâtiments. Cela reviendrait à exposer les thermomètres des différents observatoires devant des parois sur lesquelles le soleil donnerait à différentes heures de la journée.
- Il serait, téméraire de vouloir comparer entre elles les courbes électriques obtenues simultanément dans deux stations météorologiques. En effet, en faisant abstraction de l’électricité propre de l’air dans le voisinage immédiat du point exploré, et en supposant de plus que les distances entre ce point et les édifices et le sol soient petites en comparaison des distances auxquelles ont lieu les charges agissantes, une ordonnée de la courbe représenterait approximativement la densité électrique de la surface terrestre dans ces régions et à ce moment. Cette densité dépendrait non seulement des charges agissantes et de leur distance, mais encore de leur position relative par rapport aux murs, qui fonctionneraient plus ou moins comme, paravents,
- C’est là un problème très compliqué dont on attendra la solution pendant longtemps encore;
- 5° Nous avons en outre cherché à mettre en évidence l’effet de l’électrisation propre de l’air, en soustrayant le point o (fig. 2) à l’influence des charges éloignées au moyen de la cage cylindrique VU. Elle a im8o de hauteur et omgo de diamètre. Elle est constituée par une carcasse en bois qu’on a recouverte d’un treillis en fil de cuivre de i/3 de mm formant des mailles carrées de 3cm de côté. Un manchon en zinc passait de l’intérieur de la chambre c à la cage en entourant le tuyau d’écoulement. Cette enveloppe métallique communiquait avec le sol au moyen d’un gros fil de cuivre soudé à la conduite d’eau au même point où aboutissaient les conducteurs destinés à maintenir les électromètres au zéro.
- L’électromètre 1 était en communication avec le point O maintenu toujours libre, et l’on dut rendre l’électomètre 2 bien plus sensible afin d’obtenir quelques résultats quand on le mettait en communication avec le centre o' de la cage.
- Sur la figuré 5, la courbe A2 offre un exemple de ce genre; l’on y voit également la courbe A, fournie simultanément par le point O.
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- Le potentiel, abstraction faite de la cage, eût été trouvé identique dans les deux points explorés, ainsi que nous l’avons démontré par les courbes C,, C2 de la figure 7. Au contraire, le potentiel dans la cage reste toujours intérieur à 1 volt, tandis qu’à l’extérieur il peut atteindre jusqu’à 25o volts.
- Les ordonnées des deux courbes sont bien loin de rester proportionnelles entre elles pendant tout le temps. Mais l’on est saisi de la ressemblance frappante que présentent les deux courbes : chaque sinuosité, chaque pointe, chaque singularité de la première se trouve reproduite dans la se-
- conde. Le même fait s’est présenté les autresjours : on peut donc en conclure que même l’intérieur d’un filet métallique dérivé à la terre ressent toutes les variations du potentiel extérieur. Notre filet n’avait pas d’action isolante suffisante. Nous l’avons remplacé par un autre, plus serré, ayant des mailles de 3mm2, faites avec un fil de omm3 de diamètre. Sur la figure g, la courbe E2 montre que même dans ce cas toute variation à l’extérieur se reproduit à l’intérieur. Il nous semblait vraiment étrange que l’influence des charges extérieures à la cage fût aussi sensible, même à travers des mailles si serrées, et nous avons remplacé la cage par une cloche en zinc, ayant les mêmes dimensions, telle qu’elle est représentée à part en V' U' (fig. n). La cloche porte à son sommet six ouvertures circulaires, w, z, etc, de 22mm de diamètre et
- protégées par une bande saillante de manière à ce qu’on ne puisse, du point o', mener aucune droite sans qu’elle rencontre ou l’enveloppe métallique, ou le toit RS qui se trouve en dessous. Parfois la cloche était même fermée par un fond métallique muni de six ouvertures circulaires correspondant à celles de la cloche.
- La courbe F3 (fig. 10) présente un exemple de la différence de potentiels qui s’établit entre la cloche métallique et son milieu. En la comparant avec la courbe analogue Ft, donnée par le point O à l’air libre, on remarque la même ressemblance très frappante.
- Dans ces conditions, il est à peu près impossible d’admettre que les charges extérieures exercent une influence directe appréciable. Et, dans ce cas, comment expliquer qu’à une variation du potentiel extérieur correspond immédiatement une variation analogue à l’intérieur? Nous ne voyons à cela que deux explications plus ou moins plausibles : ou bien les variations du potentil à l’air libre sont dues presque exclusivement à l’électrisation de l’air dont on fait un essai dans la cloche; ou bien il faut admettre que nous nous trouvons en présence d’un simple phénomène d’électricité statique.
- Nous aurions certes désiré chercher par l’expérience le plus ou moins de fondement de ces deux hypothèses, mais nous en avons été empêchés par d’autres occupations plus urgentes.
- Sur l’électricité produite par le dégagement des gaz, par W. Hankel (g.
- Après l’invention de son électromètre condensateur, Volta rechercha, de concert avec Laplace et Lavoisier, si le dégagement des gaz résultant, d’une action chimique produit un dégagement d’électricité. Ces expériences furent faites à Paris en 1781, elles ne donnèrent pas de résultats satisfaisants : les dégagements d’électricité que l’on observe, lors de l’effervescence, sont faibles et irréguliers, du moins en apparence.
- M. Hankel a repris ces recherches en se servant de son électromètre à feuilles d’or; en raison de sa faible capacité, jointe à sa grande sensibilité, cet instrument se prête à la recherche de très faibles quantités.
- D’après M. Hankel, lorsque l’on verse un acide étendu (acide sulfurique ou chlorhydrique), sur du zinc ou sur du fer, l’hydrogène qui se dégage emporte de l’électricité positive, et il laisse au liquide un excès d’électricité négative : si l’on met un vase de verre isolé, et contenant l’acide, en communication avec l’électromètre, celui-ci se charge néga-
- (i) Annales de Wiedemann, n° 7, 1884.
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- tivement. Tel est le phénomène normal; mais fréquemment on observe un phénomène inverse; l’acide devient positif ; d’ordinaire même, après être devenu négatif, l’acide devient positif. Ce changement de signe tient à des perturbations accessoires.
- Lorsque les bulles d’hydrogène, au lieu de se dégager vivement, séjournent dans le liquide acide, elles lui cèdent leur charge positive, et ensuite, en se dégageant, elles emportent l’électricité négative du liquide, laissant celui-ci plus positif qu’il n’était. En outre, lorsque l’attaque a duré un certain nombre de minutes et que l’on opère avec du zinc, ce métal se recouvre d’une couche noirâtre, qui forme le pôle positif d’une pile locale dont le zinc est l’élément négatif. Dans ce cas, le gaz qui se dégage emporte de l’électricité négative et le liquide devient positif.
- Si donc on verse de l’acide étendu sur de la grenaille de zinc contenue dans un vase de verre isolé, le phénomène est normal, c’est-à-dire que le liquide devient négatif à condition que l’attaque soit vive, que la couche d’acide soit mince, qu’il ne se forme pas d’écume, et que le zinc n’ait pas encore noirci. Si ces conditions ne sont pas ou ne sont plus remplies, le liquide devient positif.
- Avec le fer, l’attaque est plus lente et le phénomène électrique plus faible qu’avec le zinc ; mais il présente les mêmes particularités. L’attaque d’un carbonate de chaux par l’acide chlorhydrique donne lieu également à un dégagement d’électricité négative; mais ici encore, le phénomène électrique finit ordinairement par changer de signe avec le temps; M. Hankel attribue ce changement de signe à l’accumulation du chlorure de calcium.
- Afin de rendre le dégagement des bulles gazeuses plus rapide, M. Hankel emploie le dispositif suivant. Le corps attaqué, zinc, fer, ou carbonate de chaux, a la forme d’une lame inclinée à 45° sur l’horizon et portée par un support isolant. L’acide étendu tombe goutte à goutte sur la lame, glisse en couche mince à sa surface, et s’échappe sous forme de grosses gouttes à son bord inférieur.
- Ces gouttes sont recueillies dans une capsule de platine également isolée. On se sert alors de l’élec-tromètre à feuilles d’or, de manière à obtenir la différence de potentiel entre la lame en question et la capsule de platine. Ici encore, il faut éviter la formation d’écume et opérer avant la formation de la couche noire qui sè produit avec le temps à la surface du zinc.
- Le support Cabelli.
- M. l’ingénieur Cabelli, directeur du Tecnomasio Italiano à Milan, vient de combiner, pour les lampes Edison, un support très simple qui permet de fixer et d’enlever les lampes avec la plus grande facilité,
- de les orienter à volonté, de les allumer et de les éteindre en tournant une clef C.
- L’embase E de la lampe est maintenue par le serrage d’une douille élastique fendue dans laquelle on l’emmanche et dont on la retire d’un coup de main. Le fond de l’embase auquel aboutit l’un des fils de la lampe, fait contact avec le commutateur R" par le bouton B à ressorts R' ; l’autre fil aboutit à la garniture R de l’embase.
- Quand la lampe fonctionne, le carré C' de la clef C est tourné de façon qu’il ne touche pas les ressorts R" isolés, symétriquement à droite et à gauche de C' le courant passe alors des conducteurs à chacun de ces ressorts, puis, de là aux fils de la lampe.
- Pour éteindre, il suffit de tourner la clef de façon que le carré C' écarte les ressorts et les fasse communiquer directement entre eux de manière que le courant, traversant directement l’ensemble sans résistance des ressorts et du carré, ne passe pas par la lampe.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Appareil pour manœuvrer à distance les zincs des piles.
- Les piles primaires, et en particulier les piles au bichromate de potasse, tendent à se généraliser pour les petites applications de la lumière électrique. Mais elles ont l’inconvénient de consommer presque autant de zinc en circuit ouvert qu’en circuit fermé. Pour s’en servir avec économie, on est obligé de retirer les zincs hors du liquide lorsque
- FIG. I
- la pile n’est pas utilisée. Cette opération, toute mécanique, oblige de mettre les piles à portée de la main, ce qui n’est pas toujours possible.
- L’appareil décrit ici, imaginé par M. G. Mares-chal et construit par M. L. Abeilard, est destiné à remédier à cet inconvénient. Les piles étant instal-
- FIG. 2 ET 3
- lées en un lieu quelconque, on peut, par la simple pression sur un bouton B placé près des lampes (fig. 2), produire l’abaissement ou le relèvement des zincs dans l’acide.
- Le système consiste à suspendre les zincs à l’extrémité d’un levier horizontal et à les équilibrer par un contrepoids placé à l’autre extrémité (fig. 1).
- Dans ces conditions, la force nécessaire pour opérer, la manœuvre est très faible. Elle est empruntée à un mouvement de tournebroche, qu’on
- peut faire déclencher au moment voulu, au moyen d’un électro-aimant E agissant sur le frein F, qui commande le volant V du système (fig. 2).
- L’axe du tournebroche porte une manivelle M qui est reliée par une bielle A au levier horizontal supportant les zincs et leur contrepoids. Si la manivelle est animée d’un mouvement de rotation continu, il se produira à l’extrémité du levier un mouvement de va-et-vient, et les zincs seront alternativement plongés dans le liquide ou soulevés en dehors.
- Il suffit donc d’arrêter la manivelle dans certaines positions choisies à l’avance, pour maintenir les zincs plongés ou relevés. — A cet effet, on a recours à un élément Leclanché L dont le courant peut être fermé sur l’électro E à l’aide du bouton B. Aussitôt que le courant aura été fermé un instant, on pourra cesser d’appuyer sur le bouton, car il se produira automatiquement un contact, qui fera durer la fermeture du circuit jusqu’à ce que la manivelle soit arrivée à la position qu’elle doit occuper. Les figures 2 et 3 font comprendre la disposition de ce contact automatique. On voit sur la figure 3 les ressorts R et R' écartés l’un de l’autre par la pression qu’exerce sur l’un d’eux en D, la petite tige C.
- Aussitôt que la manivelle aura commencé à tourner, cette tige C, qui tourne avec elle, quittera le ressort R qui, par l’effet de son élasticité, viendra toucher R'. Il y aura alors fermeture du circuit, jusqu’à ce que la tige C' vienne produire de nouveau l’écartement de R et R', ce qui aura lieu au moment où la manivelle aura accompli une révolution de 180”. — Les trous T, T', T" percés dans la manivelle et dans la bielle, permettent, en déplaçant le vis H, de faire varier la course des zincs et par suite de les plonger plus ou moins dans le liquide.
- Evaluation du nombre devibrations d’un diapason par A. Michelson.
- M. A. Michelson propose un moyen ingénieux d’évaluer le nombre de vibrations d’un diapason. — Considérons (*) un diapason muni d’un miroir et entretenu électriquement à 128 vibrations par seconde et une dérivation du courant principal contenant un tube de Geissler et un pendule qui ferme cette dérivation une fois par seconde. Le tube de Geissler paraîtra illuminé dans le miroir toujours à la même place ; mais si le diapason fait 128,1 vibrations, l’image du tube occupera 10 positions équidistantes.
- (») Extrait du Journal de physique, d’aprés le Philosophical Magazine.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA VALEUR DE l’üNITÉ DE RÉSISTANCE SIEMENS EN MESURE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ABSOLUE
- Par H. Wild.
- (Suite)
- Ul. — DÉTERMINATION DU DÉCRÉMENT LOGARITHMIQUE POUR LE MULTIPLICATEUR FERMÉ SUR LUI-MÊME, ET RÉDUCTION DE CE DÉCRÉMENT a DES AMPLITUDES INFINIMENT PETITES.
- . Supposons que l’on déplace momentanément de sa position d’équilibre, et cela par une action extérieure, par un courant qui circule dans un conducteur séparé, par exemple, l’aimant bifilaire avec le multiplicateur fermé, et qu’on lise sur l’échelle les élongations qui en résultent. Pour un amortissement relativement énergique, tel qu’il convient dans ce cas, l’aimant n’accomplira que peu d’oscillations avant de se mettre au repos. Nous admettons qu’on n’observe que trois élongations successives, dont les différences donnent deux arcs exprimés en divisions de l'échelle, l’un plus grand s et
- l’autre plus petit
- Si la position de repos de l’aimant coïncidait avec le plan de symétrie du multiplicateur, il serait indifférent, pour le résultat, que l’on fît, dans ces observations, dévier l’aimant d’abord vers les petits ou vers les grauds chiffres de l’échelle, en supposant que l’échelle porte une graduation continue d’une extrémité à l’autre, le milieu correspondant à peu près à la position d’équilibre de l’aimant.
- Comme, en général, cette condition ne se trouve pas réalisée, nous tiendrons compte dans la détermination des quantités considérées, de l’ordre des déviations, suivant que la première déviation se fera dans le sens des grands chiffres ou des petits. Les arcs en question seront représentés par
- (5rt)iooo et (sb)mo
- si la première déviation se produit vers les grands chiffres, et par
- (*.)o et (4»)o
- si cette même déviation est dirigée vers les petits chiffres.
- En répétant les déviations ainsi obtenues et en faisant dévier l’aiguille tout d’abord alternativement vers les grands et vers les petits chiffres, on détermine une série de — ro à 20 — valeurs des quatre quantités considérées, on calcule à
- chaque fois les valeurs : ( log — ) et ( log —1 et l’on
- \ VlOÛO V Vo
- f ait finalement la moyenne de ces valeurs que nous représentons par
- (S«)iooo, (s,.)ü, (S,).ooo, (S,)o. (l08s‘) - (1°B§Î)-
- \ h/ 103U \ b/ 0
- Si, de plus, nous désignons par (<I>fl)1000 l’arc réel qui cor-
- respond à l’arc de l’échelle (Srt)1000 et par (&a)0 celui qui correspond à nous pouvons poser d’après la formule (51 • b) du mémoire de M. Chwolson déjà mentionné (4)
- Loe._Log34-,,[(i=|)’ + !]Ji, (3„)
- expression dans laquelle m représente le facteur par lequel on doit multiplier un logarithme naturel pour obtenir le logarithme correspondant de Briggs; on a donc : Log m = 0,63778— 1; E représente la distance de l’échelle et du miroir en divisions de l’échelle. Finalement, on a posé
- en choisissant pour s et sparmi les valeurs isolées celles
- pour lesquelles Log — se rapproche le plus de la valeur so
- moyenne obtenue en dernier lieu.
- Le décrément logarithmique de Briggs pour des arcs finis, que nous appellerons X^ se calcule avec les données précédentes, d’après la formule f5i, c) de M. Chwolson, c’est-à-dire
- <1 >n srt
- x' = Log-rt= Log “ — m (1 — p)2 9 <K S/i
- S*
- 4^2 (31)
- Cette formule donne pour X^ deux valeurs
- (\/)lOOO et (\;)ffl
- correspondant aux deux espèces de quantités (Sn)t0CtM
- (s„)«, eo.ooo, (‘LVetc-
- On calcule ensuite, en multipliant avec le logarithme naturel de 10 : 2,302585, les deux décréments logarithmiques natu c’s pour des arcs finis
- (X')iuou 0'A/o*
- Les deux équations (38, e) et (45, d) de M. Chwolson donnent finalement pour le décrément logarithmique naturel des arcs infiniment petits, la valeur
- X=>/ + <
- (1+e-3>.)(1-e-X)
- 24^(7 .
- 4S(X*-f4*2) K ]
- dans laquelle b représente la première constante de l’équation (i7). Dans le calcul on met d’abord, comme d’habitude, X7 au lieu de X dans le membre de droite, puis on remplace cette valeur à droite par la valeur ainsi obtenue et I’ou procède à un troisième et même à un quatrième calcul d’une façon analogue jusqu’à ce que les valeurs successives ne diffèrent plus sensiblement entre elles. Lorsqu’on a pour l’appareil donné, effectué déjà des calculs de ce genre, on peut à l’origine faire sur X7 la correction qui correspond aux corrections précédentes et alors un seul calcul suffit en général.
- On obtient donc (X)iÜOo en combinant (X7)100o et (thrt)iooo et (X)0 au moyen de (X7)0 et de (<I>rt)0. La valeur cherchée de >
- O Mémoires de È Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, VII sér., t. XXVIII, no 3, 1880.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 473
- s'obtiendrait rigôureusement alors à l'aide des deux équations
- ^0
- = X + B(<1> VAftA
- 1 v a 1000
- = >.— B(<I> V
- v a 0
- (33)
- Mais comme (<I>rt)0 et («l»rt)iooo different toujours peu l'un de l'autre, il est suffisamment exact d'écrire
- 0)iooo ~t~ (X)o
- 2
- (330
- IV. —. DÉTERMINATION DE LA CONSTANTE b DE LA FONCTION DU MULTIPLICATEUR.
- Ici aussi nous suivons le procédé indiqué par M. Chwolson dans le mémoire cité, car nous employons la méthode B
- (p. ?6).
- En dernier lieu, on amène le plan de symétrie du multiplicateur, qui est mobile autour d'un axe vertical, dans différents azimuts parrappport à l'aimant et pour chacune de ses positions, le multiplicateur étant fermé, on fait dévier l’aimant et l'on observe trois élongations successives. Ici aussi, la première déviation est dirigée tantôt vers les grands chiffres et tantôt vers les petits en s'attachant à produire, autant que possible, les premiers arcs 4»^ égaux des deux côtés. Les
- arcs obtenus servent exactement comme plus haut à déterminer les deux décréments logarithmiques naturels pour des arcs finis. Soit la valeur moyenne de ces deux décréments pour le nitm« azimut xn du multiplicateur. On a évidemment
- x «a —A
- n n
- si a représente l'angle que l'on lit à l'échelle entre la normale du miroir de l’aimant et d'un miroir fixé sur le multiplicateur et A l'angle inconnu de ces deux normales, lorsque l'aimant coïncide avec le plan de'symétrie.
- Mais entre x'n et an on a la relation générale
- *;=X'-L(aR-A)* (34)
- dans laquelle X' est le décrément logarithmique naturel pour des arcs finis, lorsque l'axe de l'aimant tombe dans le plan de symétrie. Au moyen d'une série d'équations analogues qui correspondent aux différents azimuts, on pourra, en employant la méthode des moindres carrés, déterminer les valeurs des trois inconnues )/, L et A. La valeur obtenue A nous donne la position inconnue du plan de symétrie du multiplicateur et la formule (58, c) de M. Chwolson
- b'
- u2 L
- V>2 + V2)
- (35)
- permet, connaissant L, de calculer la valeur ,des constantes cherchées, d'abord par rapport à )/, c'est-à-dire par rapport aux décréments logarithmiques pour des arcs finis. Pour pouvoir calculer la valeur réelle de b d’après la formule
- V. — DÉTERMINATION DE LA DURÉE DES OSCILLATIONS ET DU DÉCRÉMENT LOGARITHMIQUE AVEC LE MULTIPLICATEUR OUVERT.
- La durée des oscillations de l'aimant T* directement obtenue, doit être, comme nous avons dit plus haut, convertie en temps solaire vrai et réduite à des amplitudes infiniment petites, au moyen de l’équation (n) pour avoir T0.
- Dans l'intervalle entre les notations originaires et finales des temps de passage de l’aimant à travers sa position d'équilibre, on peut très bien déterminer le décrément logarithmique y0 pour le multiplicateur ouvert.
- On lit par exemple tout d’abord 11 élongations successives qui correspondent à 10 arc^; on laisse alors passer sans les inscrire les 9 élongations de 12 à 20 et l'on note de nouveau les élongations, de 21 à 3i inclusivement, qui correspondent aux arcs de 21 à 3o. Si l’on calcule maintenant 10 valeurs s
- deLog--dans lesquelles s et représentent rcspective-
- b
- ment les arcs 1 et 21, 2 et 22, etc., et si l'on prend
- s(t
- comme précédemment, la moyenne de de ces 10 quan-tilés, on a :
- 1 s
- *0—— . 2,302585 Logô-a u 20 S.
- VI. — DÉTERMINATION DE COtg. Z ET DE COtg. Zn.
- Ces quantités se calculent d’après les équations (23) et ( 27). Si nous appelons «la moyenne des lectures d'échelle pour l'aimant bifilaire à sa position d’équilibre, avant et après, ainsi qu'entre chaque série d'observations ayant servi à déterminer X, on a :
- (3b>
- où s représente la valeur de l’arc d'une division d’échelle,
- c’est-à-dire -V,, si E est la distance entre l’échelle et le mi-2 E '
- roir.
- On aura de même l'expression correspondante
- si «0 désigne la moyenne des lectures d'échelle pour la position d'équilibre de l’aimant lors de la détermination de X0 ou de T0. Mais si, comme nous remarquions plus haut, nous déterminons >0 à l’effet de connaître T0, pendant un temps relativement long (45™ dans nos expériences) correspondant aux oscillations considérées, il est inutile d'observer directement «o5 il suffira de lire la position d’équilibre à l’origine et à la fin de l’intervalle entier de temps. Appelons « cette
- moyenne; nous aurons
- b
- TZ L2
- X (7Î* 4- X2)
- (35')
- «0 = ”r + (»o +nx)j
- (37)
- il faut d'abord tirer de V, au moyen de l'équation (32), la quantité >. pour des amplitudes infiniment petites, ce qui suppose b connu. On procède comme plus haut, c'est-à-dire que l'on commence par introduire la valeur approchée de étirée de l’équation (35) et d’après la valeur de X ainsi calculée, on détermine avec l'égalité (35') la quantité b. En répétant cette opération, on voit très bien à quel moment la valeur de b est suffisamment approchée.
- si n£ représente la moyenne correspondante à nx pour des lectures faites simultanément avec un mag-nétomèUe bifilaire auxiliaire à l’origine et à la fin des oscillations, n0 la moyenne de ces lectures et d'une série de lectures équivalentes au bifilaire auxiliaire effectuées pendant toute la durée des oscillations, enfin k la constante de sen sibilité de notre bifilaire, et k' celle du bifilaire auxiliaire.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Soit za l’angle de torsion de ce dernier et e' la valeur de l’arc correspondant à une division de l’échelle, on a
- K
- k
- g' cotg. za 'g cotg. Z
- (38)
- Les expressions pour cotg. z et cotg. z0 contiennent en plus les inconnues a et/.
- Détermination de a. — Imaginons, si la disposition de l’appareil s’y prête, que l’on prenne les deux fils à l’extrémité supérieure ou inférieure ou même à un point de jonction vers le milieu et qu’on tourne les deux morceaux l’un vers l’autre de l’angle % dans le sens de l’accroissement de la torsion déjà existante, et appelons œ' la rotation qui en résulte pour tout le bifilaire, par rapport à sa position d’équilibre caractérisée à cet instant par z -f- X,', nous aurons avec
- une approximation suffisante
- <?' [i -K' tang (zfl + î')]
- '5 — <p'[i—cotg. (z+ç')]
- (39)
- Pait-on la même manoeuvre lorsque la nacelle ne renferme plus l’aimant, mais simplement le barreau de torsion, cr se calcule d’après l’angle observé <p1; dans ce cas, à l’aide de la formule
- sincp.
- U — ?,) cos za
- (39')
- Pour éviter l’influence nuisible que pourrait avoir une torsion préalable des fils dans cette expérience, on tourne les fils dans les deux sens et l’on prend pour op' la moyenne des deux lectures d’angles.
- La construction de l’appareil ne se prête-t-elle pas à ces opérations ? g se laisse calculer avec une exactitude suffisante d’après les formules théoriques tirées des équations (21) et (17), c’est-à-dire j
- 2 tz p* e. g. s
- 5.1.1-I. M cotg. (z„ + 0
- (40)
- où s représente le nombre de fils d’épaisseur 2 Ç dans chaque faisceau, tandis que H, M et i sont des valeurs approchées.
- Détermination de f. — Si nous appelons <p" l’angle dont dévie de sa position d’équilibre instantanée : z„ + Ç" l’aimant lorsque nous écartons le multiplicateur d’un angle °r de sa position de symétrie (z„), nous aurons avec une approximation suffisante :
- /=
- <p" [1 + ï" tang (z„ + ç")]
- s- — <p" — 2 ç"
- (41)
- . H0 M0 N cotg. z0
- Vil. —DETERMINATION DES RAPPORTS 1 -7/, tjj-, --f--ÿ.
- H M N0 cotg. z
- La formule (19) qui est Valable pour le temps de l’observation du décrément logarithmique avec le multiplicateur fermé et qui diffère tout simplement par l’adjonction de l’indice o aux lettres H, M, D et Ç d’une expression correspondante, ayant de la Valeur pour l’époque de la détermination de la durée d’oscillation et du décrément logarithmique ),0, le multiplicateur étant ouvert, cette formule, disons-nous, donne, en négligeant toujours les petites quantités de deuxième ordre
- HqM0
- HM
- = 1 + (3 -f 3> - A) (fa — t) + (tg ïo — tg 0 cocg za,
- ou,en tenant compte des valeurs de Ç0 et de Ç (paragraphe précédent) et de la petitesse de ces angles
- H„M
- O1"!)
- HM
- : l + (3 -f S' — a) (f0 — 0 + («0 — M) e cotg. z„
- Nous admettons que t et y demeurent constants pendant ce temps et que le moment de la balance bifilaire
- D.
- Q. g. d„ d' 4I
- n’a pu changer d’une époque à l’autre que par suite d’une variation éventuelle de température qui aurait eu pour effet d’agrandir les pièces de liaison d et d'des fils avec les coefficients de dilatation 8 et 8', ainsi que les fils eux-mêmes avec le coefficient de dilatation a, la température t0 à la détermination de la durée d’oscillations s’élevant et devenant t au moment où l’on détermine le décrément logarithmique avec le multiplicateur fermé. Pour que cette condition se trouve réalisée, il est nécessaire que les deux observations se succèdent rapidement et que les changements de température ne soient pas sensibles.
- Dans ce cas, on peut admettre que le moment d’inertie N de l’aimant avec sa suspension change aussi uniquement avec la température et poser
- _N
- N„
- = 1 —2 x(ta — t)
- si x représente le coefficient de dilatation moyen pour la substance de l’aimant et de sa suspension. La masse principale est ici l’aimant, il est donc permis de prendre par x, vu la faible valeur de Indifférence t0—f (quelques dixièmes de degré à peine), tout simplement et avec une approximation suffisante, le coefficient de dilatation de l’acier.
- Le rapport pourrait s’obtenir en calculant chacun
- des termes suivant le procédé indiqué sous la rubrique 6 et en formant le quotient. Mais, comme la détermination rigoureuse,de cotg. zn ou de Ç0 ne peut se faire qu’en ayant recours à un deuxième bifilaire et d’un autre côté cotg. z0 figure seule dans la relation précédente qui, à cause de la faible différence entre zn et z ou £o et s’écartera très peu de. 1, il suffit d’un calcul approché pour déterminer ce rapport.
- Divisons l’une par l’autre les deux équations (27) et (33) et négligeons dans le développement les puissances élevées des termes en Ç, ç0, v et y, nous aurons finalement :
- eotg.jo _ j _ (tang ç0 — tang 0 cotg. za
- cotg. z
- COS 2!,+ I
- ou si nous introduisons de nouveau les divisions d’échelle correspondantes à Ç0 et Z
- £2^1» = 1 _ („ _ „) z cotg. za ------
- cotg. z 1 + cos 2 z„
- En fin de compte on a, si l’on tient compte de la signification de k d’après l’équation (38) :
- H0 Mfl cotg. z„ _W1 . „
- HMcotg—^I + (o + S -M»-*)
- + («o — n) k
- COS 1 Za — I COS 2
- Ct
- Hq M0 cotg. z0N
- H Mcotg. zN0
- I + (S-j-S' — 4 — 2 X) (t// — t)
- + (n0 — n) k
- COS 2 Za — I COS 2 Zn -j- I
- (42)
- (42')
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 475
- où il sera toujours suffisant d’introduire pour n0 les 'quantités désignées plus haut (6) par nx et directement observées à notre bifilaire au lieu de recourir aux valeurs obtenues à l’aide d’un deuxième bifilaire.
- VIII. — DÉTERMINATION DE LA CONSTANTE DE SENSIBILITÉ C DU MULTIPLICATEUR
- Au moment où la position d’équilibre du bifilaire correspond à l’angle de torsion + où l’intensité horizontale du magnétisme terrestre est Hl5 le moment magnétique de l’aimant et le moment de la balance bifilaire D1? faisons passer à travers le multiplicateur un courant d’intensité ii et de.sens tel qu’il corrobore à l’action du magnétisme terrestre, et appelons <pt l’angle de déviation de l’aimant, de la position za Ç1? qui en résulte. La condition d’équilibre s’écrit alors :
- H4 Mx cos (Ç* -f <pi) -b ii C ^ 1 — -
- = Dj sin (za -b Çj -b <*>i) -b t (za -f* -b 91) + y (Si + 9i) (43)
- en admettant que la position de symétrie du multiplicateur concorde avec l’aimant à l’instant considéré. S’il en était autrement, c’est-à-dire s’il avait fallu pour l’angle de torsion originaire za faire coïncider le plan de symétrie avec l’aimant, ou l’orienter normalement au méridien magnétique, il faudrait, dans le second membre de gauche, remplacer
- (i — Ivl) par | I -1(9, + Si)2 ]
- S’il n’y avait pas de courant, la condition d’équilibre de l’aimant serait au même instant
- H4 Mj cos = DA sin (za -b W 4~ T iza + W 4* Y £i U3')
- Des équations (43) et (43'), il résulte que si l’on néglige les puissances élevées des petites quantités <rl9fu Çj et 9*
- Mais d’après l’équation (12) l’intensité du courant total qui passe en même temps à travers la boussole des tangentes et dont im est une dérivation a pour mesure
- J =XT- tang?(i +0').
- Il faudrait affecter d’indices 1, 2, etles lettres J, II' et 4/ pour indiquer que ces quantités sont prises au même instant que les valeurs correspondantes dans le multiplicateur. Mais, comme indépendamment des oscillations dans l’intensite absolue, on a d’une façon générale d’après l’équation (12)
- il
- h
- J2 __ Jj
- *2 H
- w
- etc., = 1 -b
- m
- TT1
- et de plus
- H*
- H;j
- etc. L
- (47)
- L représentant le rapport de la composante horizontale du magnétisme terrestre à l’endroit du multiplicateur H et à l’endroit de la boussole des tangentes H', rapport qui est soumis à des influences locales. Si l’on fait quatre lectures simultanées au multiplicateur, pour lesquelles on changera le sens du courant, d’abord à la boussole des tangentes, puis au multiplicateur et finalement de nouveau àlaboussole* on pourra par combinaison obtenir
- C = K •
- •(+£)!
- 4(‘ +6')
- cotg. sin <pj
- 1 —
- : tang 4!
- 4-
- cotg. zi sin <pi " b , >. tang 4-1
- +
- cotg. Za Sin 92
- b tang ùa
- +
- b * tang 2 11
- (48;
- II, cotg. Zj . , ,
- t,=——r7\sin<Pi (44)
- clI-54v
- en posant pour simplifier :
- cotg. zt — cotg (za + £t) | cos Kl + Sin Ki tg (zrt + Si)
- + — za (cotg. (za -f-Si)— y)] + /} (44')
- Si nous faisons passer ensuite le courant en sens contraire et que nous désignions pour les distinguer les valeurs des quantités H, M, Ç, etc., valables à ce moment en leur adjoignant l’indice 2, la condition d’équilibre de l’aimant se trouve être :
- H2 M2 cos (Ç2 — <?a) — h Mo C ^1 — ^9^
- = D2 sin (za -b Z2 — <?a) 4~ ? (zrt 4- Sa — 9a) 4- Y2 (Sa — n) (45)
- Dans cette expression zt et ainsi que zn et 9n représentent les valeurs qui, pour l’inversion du courant, ont été seulement^observées à la boussole des tangentes et la valeur de C ainsi calculée est valable pour la température moyenne tm du multiplicateur. Si cette température est sensiblement différente de celle qui avait été observée lors de la détermination du décrément logarithmique avec le multiplicateur fermé, il convient de faire à C une correction de température qui puisse, par exemple, être obtenue en calculant le rapport de C et de K pour diverses températures.
- Les angles <ç>u <px, 93, etc., doivent être calculés d’après les lectures d’échelles faites au multiplicateur nu «ï, «2» etc., et en employant les formules
- nt —
- tang 2 (?t + Ki) — —g— •
- 11* - Un
- tang 2 (£2 — 92) = —- ? etc.
- (49)
- Cette équation et l’équation correspondante de l’équilibre de l’aimant quand il n’y a pas de courant donnent en négligeant les petites quantités d’ordre élevé
- H
- IL cotg. z2
- c(r-l*ï)
- sin 92
- (46)
- expression obtenue en posant
- cotg. Z-2 = cotg. (:„ + Ks) j cos Î2 + sin Ki tang (za +K2)
- + a — za (cotg. (;„ + Ki) + jj J +f\ (46')
- et i£i; tô eQ se servant des expressions :
- dans lesquelles n\, n'7 etc., représentent les lectures faites, en même temps que nuii^ etc., sur un bifilaire auxiliaire, la moyenne des lectures d’équilibre à l’aimant du multiplicateur avant et après les déviations, nx la moyenne correspondante des lectures simultanées au bifilaire auxiliaire, et enfin k et k'ÿ comme dàris l’équation (37), les constante» de sensibilité
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- du bifilaire multiplicateur et du bifilaire auxiliaire définies par Téquation (38) en supposant dans les deux cas que, pour une intensité horizontale croissante, les déplacements sont dirigés vers les divisions croissantes de l’échelle.
- Les angles *J/4, ^2? etc., doivent être calculées d’après
- les lectures faites à l’échelle de la boussole des tangentes Mi, Mi? M2, etc., et à l’aide de la formule :
- tang 2^, =--------------g------------(5o)
- dans laquelle 9 représente la distance de l’échelle au miroir
- dans la boussole des tangentes, Q = —^ c’est-à-dire la va-
- 2 d
- leur en arc d’une division de cette même échelle, M* la moyenne des positions d’équilibre de l’aimant observées dans la boussole avant et après les déviations, exprimée en divisions de l’échelle, enfin n' et 1^ les divisions d’échelle
- lues en même temps que MA et IL à un déclinomètre de variation et a' — la valeur en arc d’une division de l’é-2 c)
- chelle de ce dernier appareil.
- IX. — DÉTERMINATION DU RAPPORT L DE L’iNTENSITÉ HORIZONTALE H A L’ENDROIT DU MULTIPLICATEUR ET II' A L’EN~
- DROIT DE LA BOUSSOLE DES TANGENTES.
- Ce rapport se détermine le plus sûrement en observant la durée des oscillations du même aimant à l’endroit du multiplicateur et à celui de la boussole des tangentes, attendu que la détermination de cette quantité peut facilement se faire avec précision.
- Si la suspension de l’aimant est unifilaire et que M0 soit son moment magnétique à o°, N0 le moment d’inertie de sa suspension ào° le rapport de torsion 6j, l’observation de sa durée d’oscillation Ti faite à /° et à l’endroit du multiplicateur donne :
- H M =_____________ 7t2N0(I +2 Xii) ___________________
- 1 0 T42 (i + vlij (1 -f- —o,oooo38o8a4 -f- 0t)
- expression dans laquelle p représente le coefficient de température de l’aimant et les autres symboles les quantités précédemment définies en supposant que l’aimant vienne prendre la place de l’aimant bifilaire et que le multiplicateur qui peut contenir du fer soit éloigné. Dans le cas contraire, il faut encore ajouter au dénominateur de droite le facteur : 1 +/, / étant défini d’après l’équation (14').
- A l’endroit de la boussole des tangentes l’observation de la durée des. oscillations T2 avec la température /2 et le rapport de torsion 02î en supposant que l’aimant ait été suspendu à un autre fil à la place de l’aimant de la boussole et que dans l’intervalle l’intensité horizontale à l’endroit du multiplicateur ait varié de H4 à II2, donne l’équation :
- M0 _________________h2 Nn (1 -f- 2 ,v /2)____________
- L -b v (1 -f- y. /2) (ï _ o,oooo38o8 oc2 -f- 02)
- Mais de ces deux équations on tire avec une exactitude suffisante, vu la petitesse de v'
- L =ar
- h_2
- IIl
- t;
- x:
- 1
- £i + (2 x + (i) (l 1 —13) + O,oooo30o8 (a° — a’) + 02 — Ojj
- (Si)
- expression dans laquelle il y aurait lieu d’ajouter à droite
- dans la parenthèse la quantité — /, si le multiplicateur; qui contient du fer était resté à sa place.
- Si les lectures simultanées au.bifilaire auxiliaire sont, pendant que ces deux durées d’oscillations ont été observées, en moyenne n\ et n\, on a aussi :
- §} = i(Si')
- kr ayant la même signification que dans l’égalité (38).
- Dans cette détermination de L il est une condition dont on ne tient pas compte qui peut aussi produire une différence dans les intensités du magnétisme terrestre à l’endroit du multiplicateur et de la boussole des tangentes et qui est l’influence réciproque des aimants de ces deux instruments au moment de la détermination de la sensibilité. Pour que cette influence soit petite, en considérant que l’aimant du multiplicateur est bien plus grand que celui de la boussole et qu’il est suspendu transversalement, il est évident que la position relative des deux instruments la plus favorable est celle pour laquelle le centre de l’un d’eux se trouve dans le méridien magnétique passant par l’autre et les deux aimants sont sur la même horizontale. Dans ce cas, suivant Gauss, le changement que l’aimant bifilaire du multiplicateur produit à l’endroit de la boussole des tangentes dans l’intensité horizontale du magnétisme terrestre est donné par la relation
- dH:=^sinî (Si')
- si M représente le moment magnétique dé l’aimant, £ l’angle que fait son axe avec la normale au méridien magnétique, et r la distance des centres des aimants.
- Inversement, le changement d’intensité horizontale produit par l’aimant de la boussole à l’endroit du multiplicateur, est donné par :
- dH' = ^îcosç' (5I"0
- m étant le moment magnétique de ces aimants et X! l’angle de son axe et du méridien magnétique.
- X. — DÉTERMINATION DU COEFFICIENT DE TEMPÉRATURE" (i. DE L’AIMANT
- Si pour ces observations d’oscillations nous employons l’aimant du bifilaire du multiplicateur, le coefficient de température se laisse déterminer de la meilleure façon, en observant les positions d’équilibre de cet aimant pour diverses températures. On a, en effet, si pour les températures et t2 les lectures à notre bifilaire sont nx et «2, et les lectures simultanées au bifilaire auxiliaire n\ et ;/'2 :
- n=_(8+3, _ A) (S2)
- l\ — L
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 15 septembre 1884.
- Monsieur le Directeur,
- Dans une note sur un nouveau compteur de tours, insérée dans le numéro du 3o août, l’auteur, tout en donnant à ceux de mon système de bienveillants éloges, regrette qu’ils exigent l’usage d’une montre ou d’un compteur à secondes
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-
- JOURNAL UNIVERSEL b'ÉLECTRICITÉ
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- ee qui -, entraîne certains inconvénients et certaines complications.
- Je dois faire remarquer que je construis un modèle de compteur dit « vél.ocimètre à comptc-secondes » dans lequel Je compteur de tours est accouplé à un compte-secondes. Les deux appareils sont solidaires et la mise en inafclïe est commune, en sorte que, par la simple application de l'appareil sur la machine en mouvement, les deux compteurs partent ensemble au moment précis où commence l'expérience pour s'arrêter également ensemble, au moment pù elle se termine. Il possède d'ailleurs une remise à zéro sur l'un et sur l'autre compteur et complètement indépendante l'une de l'autre.
- L'appareil ainsi combiné conserve naturellement les qualités de solidité et de simplicité que l’auteur de la note veut bien reconnaître à mes compteurs ordinaires, et il supprime absolument tous les inconvénients signalés par lui, voire même celui résultant de l’influence qu'exerce sur les mouvements de montre le développement du magnétisme environnant, dans l’emploi de ces compteurs aux machines dynamo etmagnéto-élcctriques.
- Il n'est d'ailleurs pas nouveau; à l'Exposition de 1878, il a obtenu une médaille d’argent et, depuis ce temps, il est réglementairement adopté par les administrations des Ponts-et-Chaussées et de la Marine, qui l'imposent toutes les fois qu'elles ont à installer des machines à rotation rapide.
- Au tiers de l.i grandeur d'exécution
- L’auteur de la note ignorait évidemment l'existence de cet appareil; vous trouverez naturel, Monsieur le Directeur, que-j’aie voulu la lui signaler, ainsi qu’aux lecteurs de votre important journal.
- Veuillez agréer, etc.
- E. Deschiens.
- FAITS DIVERS
- Les six salles souterraines à température tout à fait constante, destinées à l'étude du magnétisme du globe, à l’Observatoire dç Paris, sont complètement terminées. Elles sont construites dans les meilleures conditions possibles d'isolement et de stabilité. Un premier mur de soutènement en meulière et béton, d’une épaisseur de i,8o mètre, forme un espace rectangulaire de 40 mètres de longueur sur 16 de large. Les salles construites dans cet espace sont isolées du mur de soutènement par une galerie de 2 mètres de longueur; leurs murs sont faits de béton et de meulière, et ont une épaisseur de 80 centimètres. Elles communiquent toutes entre elles par une porte de 1,45 mètre de largeur, et ont, en outre, chacune une porte d’accès sur la galerie nord daus laquelle on arrive eu descendant de la terrasse.
- Qn vient d’installer au.théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, un thermomètre destiné à enregistrer dans un bureau central la température de différents locaux du bâtiment. L'appareil se compose de plusieurs thermomètres placés dans les parties du théâtre dont on désire constamment connaître la température, d’un récepteur installé au bureau central qui indique les températures, et d'une pile
- électrique. L'appareil fonctionne au moyen de la dilatation d'un ressort en spirale qui ferme un circuit électrique alimenté par 8 éléments Leclanché. La dilatation et la con± traction du ressort font mouvoir ünc aiguille sur ùnê échelle graduée, et en arrivant aux différents degrés, la pointe dé l'aiguille ferme successivement les circuits qui y correspondent et qui sont en communication avec le récepteur.
- Les expériences de traction électrique sur les ligites de tramway à Bruxelles ont été reculées à cause de l'introduction de plusieurs perfectionnements dans les appareils élec-triques des voitures.
- A la réunion plénière des divers comités du troisième groupe de l’Exposition universelle d'Anvers, le commtefeaïre du gouvernement a annoncé que le prix des emplacements, primitivement fixé à 70 fr. par mètre, est réduit à 3o fr: Daus ce chiffre est comprise l'ornementation générale; des galeries.
- Une jeune fille travaillant dans les champs, à Knockhall (Angleterre), a cté tuée par la foudre. La victime a été frappée par la décharge dans le cou; ses vêtements ont été déchirés et brûlés; sa montre a été brisée et ses bottines arrachées des pieds.
- Le secrétaire de l’American Institut of Electrical Engincers de New-York, vient de définir les qualifications nécessaires pour devenir membre de l'Association, de la manière suivante : Le candidat doit avoir été occupé pendant deux ans au moins comme ingénieur électricien, soit pour son propre compte, soit pour le compte d'une autre personne ou conir pagnie, ou bien il doit avoir des attaches assez intimes avec la science électrique ou avec les progrès de l'art pour que son admission soit de nature à rendre service à l'association. Les membres associés peuvent être choisis parmi toutes lès personnes honorables qui, à un titre quelconque, s'intéressent au progrès de l'électricité.
- On annonce que la décision dans l’affaire Drawbaugh a été rendue le i3 de ce mois, mais rien n'est venu confirmer ce bruit jusqu'à ce jour. *
- Le maire de New-York a refusé son consentement à une concession d'un chemin de fer aérien sur Broodway, de sorte que l'avenir du chemin de fer électrique souterrain semble assuré. On négocie actuellement pour la construction de la première section entre la Battery Park et la 42e rue, et le travail d'excavation sera probablement commencé d'ici deux à trois semaines.
- La conférence internationale électrique convoquée par lé congrès des Etats-Unis à l'occasion de l'Exposition de Philadelphie a commencé ses séances par une discussion au sujet des observations électriques du bureau météorologique des Etats-Unis. On passera ensuite à la discussion de-la nécessité d’un bureau national d'étalons électriques, dé l'adoption d'un système international d’unités électriques et de la théorie des machines dynamo. Mercredi, le 10 de- cor mois, la conférence a décidé de légaliser en Amérique i'ohm adopté par le congrès de Paris et de reconnaître Pam-père et le volt comme des étalons électriques de mesure. M. W.-H. Preecc a proposé au comité d'adopter le watt anglais comme unité de force, ce qui a été résolu.
- Éclairage électrique ,,
- Les modes d’éclairage dont on se sert actuellement dan$ nos établissements scolaires sont :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- i° Des lampes à huile, pouf : éviter1 l’influence 'fâcheuse qu’exerce sur la vue des élèves la lumière tremblotante du gaz.
- 2° Des becs de gaz, qui ont en outre l’inconvénient de vicier l’atmosphère des salles d’études (absorption d’une grande quantité d’oxygène et production concomitante d’acide carbonique), tout en rcpartissant d’une manière très inégale le pouvoir éclairant des sources de lumière.
- Dans ces conditions, nous sommes heureux d’apprendre la réussite des essais faits simultanément au lycée Louis-le-Grand et au collège Sainte-Barbe, sous la direction des architectes, pour appliquer la lumière électrique à l’éclairage des classes et des études (lampes à incandescence du système Edison, dont le verre est dépoli).
- . A l'occasion de la fête au profit des victimes du choléra au jardin des Tuileries, le comité avait fait installer un certain nombre de lampes Jablochkoff qui malheureusement n’ont pas fonctionné d’une façon bien satisfaisante ; quelques-unes n’ont même pas fonctionné du tout.
- A la suite des expériences faites récemment à Genève et ailleurs de l’éclairage électrique des champs de bataille pour faciliter la recherche des morts et des blessés, la conférence de Genève a décidé de recommander aux gouvernements d’Europe d’adopter cet éclairage à l’avenir comme faisant partie de l’équipement des ambulances.
- Les observations scientifiques au sujet des expériences sur l’éclairage des phares à South-Poreiand sont pratiquement terminées, et d’autres observations seront maintenant faites par une délégation de la Trinity-House, par les capitaines des paquebots et par un grand nombre de vaisseaux de commerce entre la France et l’Angleterre. Les essais les plus importants auront lieu pendant l’automne, quand on pourra s’attendre à une plus grande variété des conditions atmosphériques et à beaucoup de brouillard. Le comité de Trinity-House ne présentera pas son rapport à la chambre de commerce avant d’avoir recueilli les observations de toutes les sources nommées. Jusqu’ici la différence entre l’éclairage au gaz et à l’huile de paraffine paraît pratiquement à peu près nulle, peut-être un peu en faveur du gaz mais par un temps beau; la lumière électrique est sans contestation bien supérieure aux deux autres éclairages. On prétend cependant que, par un temps de brouillard, les expériences déjà faites ont permis de constater l’infériorité de la lumière électrique.
- Les directeurs du théâtre du Covent Garden, à Londres, ont adopté la lumière électrique pour les concerts qui auront lieu pendant la saison. Les machines sont placées au rez-de-chaussée, et comprennent 3 dynamos Maxim et 3 Weston.
- Le courant des 3 premières suffirait à l’alimentation de 6oo lampes Maxim à incandescence, et les 3 dernières fournissent le courant pour 42 foyers à arc Weston de 15oo bougies chaque.
- La nouvelle lampe à incandescence Maxim se distingue principalement parla préparation du filament,qui fait l’objet d’un brevet spécial, et paraît donner 20 pour cent de lumière de plus que toute autre lampe par la même force. Les câbles employés dans cette installation sont d'une longueur de plusieurs milles.
- MM. Perkins et fils, à Londres, vont employer des lampès à incandescence dans un four de boulanger afin de pouvoir l’observer à une température de 600 degrés Fahrenheit. La
- porte du four sera pourvue d’un morceau de verre épais à travers lequel on pourra examiner tout l’intérieur. J
- L’une après l’autre, les entreprises d’éclairage électrique lancées en 1881 en Angleterre tombent pour ne plus se relever. Dernièrement encore, la dernière ramification de la Société Brush est entrée eh liquidation, ayant perdu tout son capital versé, qui s’élevait à 2 700 000 fr.
- Le paquebot le Kaikowa appartenant à la New Zealand Shippîng C°, de Londres, a été pourvu d’une installation d’éclairage électrique, ainsi que le Tainu.1 qui est éclairé par 3oo lampes à incandescence.
- Le transport le Serapis, de la marine anglaise, a été pourvu d’une installation d’éclairage électrique comprenant 101 lampes de 16 bougies et 299 de 10 bougies, ainsique 16 foyers de 5o bougies sur les mâts. Le courant est fourni par une dynamo Edison-Hopkins, actionnée par un moteur de Gwynne, qui ne tourne qu’à 46S tours, tandis que la limite imposée par le cahier des charges était de 600 tours.
- L’hôtel Hatchett, à Londres, est maintenant éclairé à la lumière électrique. L’installation comprend i3o lampes à incandescence Edison, alimentées par deux des nouvelles dynamos à 100 foyers, qui sont actionnées par des machines à gaz Otto, au nombre de deux de 12 chevaux chacune.
- MM. Siemens frères viennent d’installer ia lumière électrique à bord du nouveau paquebot le Chusan, appartenant à la Compagnie Péninsulaire et Orientale.
- Les deux villages d’Ireleth et d’Askan,en Lancashire, vont être éclairés par des lampes à incandescence du système Menzie.
- Les cales sèches d’Alexandra et de Hornby, sur la Mersey, sont maintenant éclairées à la lumière électrique.
- La Hammond Electric Light C° a proposé au conseil municipal de Brighton d’éclairer le centre de la ville à l’électricité, mais l’offre a été refusée par le conseil.
- Le phare d’Eddystone a dernièrement été reconstruit, il sera pourvu d’un foyer électrique. Le nouveau phare sera inauguré le 24 de ce mois par une délégation de la Trinity House.
- Depuis trois mois, les rues de Toronto sont éclairées par deux Compagnies rivales, dont l’une, établie à Toronto même, se sert du système Hochhausen, et l’autre du système Van Depoele.
- Le conseil municipal a accordé le contrat à la Compagnie locale pour une durée de 4 ans et demi.
- On s’occupe beaucoup aux Etats-Unis de l’éclairage électrique des trains. Un grand nombre d’ingénieurs se sont dernièrement réunis sur le Pensylvania Railroad, où l’on avait préparé un train composé de huit voitures, dont chacune était éclairée par un système différent. La huitième voiture était éclairée par des lampes à incandescence Brush alimentées par des accumulateurs qui, d’une manière évi*
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- .dente, ont prouvé la supériorité de l’électricité sur tous les autres systèmes d’éclairage.
- La Compagnie locale de lumière électrique à Gloucester (Massach.) vient de terminer sa station centrale de lumière électrique qui alimente pour le moment 5o foyers à arc du système Thomson-Houston.
- La Rhode Island Electric Light C° vient d’installer ioo lampes à incandescence dans l’hôtel des Postes à Providence. Le nouvel éclairage fonctionne admirablement depuis le 19 août dernier.
- L’installation d’éclairage électrique à Quincy (Illinois), va être augmentée de 115 nouveaux foyers du système Thomson-Houston. La même Société vient de traiter avec la municipalité d’Akron (Ohio), pour l’installation de i5o foyers électriques dans les rues de cette ville.
- La disposition des foyers électriques en haut d’un mât ou d’une tour pour l’éclairage des rues est en grande faveur dans les villes des Etats de l’Ouest, en Amérique, où elle convient en effet fort bien, puisque les rues sont larges et les maisons en général peu élevées. La ville de Winona (Minnesota) est ainsi éclairée par 5 tours, munies de 6 foyers chacune.
- La ville de Winona (Minnesota) est maintenant éclairée à la lumière électrique système Van Depocle. Le prix des 5o foyers électriques revient à 21 600 fr. contre 22 5oo fr. pour le gaz. L’installation a été faite par l’Eigin Electric Light C° pour le compte de la ville.
- Depuis le mois d’avril, le Narragansett Hôtel, à Boston, est éclairé par i33 lampes à incandescence, et on compte prochainement ajouter 40 foyers à l’installation. Le Théâtre Comique de la même ville est entièrement éclairé à l’électricité.
- Télégraphie et Téléphonie.
- La moyenne de la population par bureau télégraphique, dans les pays principaux de l’Union télégraphique, était en 1882 :
- Suisse . . . 2,301 Autriche .... . . . 8,292
- Allemagne ... . . . 4.817 Hollande. . . . . . . 9,426
- Suède . . . 5,556 Italie . . . 11,178
- France . . . 5,962 Portugal. . . . . . . 2i,38i
- Angleterre . . . . . . 6,141 Russie . . . 31,772
- Danemark. . . . . . . 6,268 Espagne.... . . . 42,660
- Les journaux belges rendent hommage à la perfection du service télégraphique militaire pendant les grandes manœuvres qui ont lieu en ce moment en Belgique. A l’occasion d’un changement d’ordre, l’état-major a lancé plus de soixante dépêches eu moins d’une demi-heure, qui toutes sont arrivées à temps sans aucun encombre.
- Pendant les essais qui ont été faits dernièrement à Berlin pour remplacer les piles par des dynamos pour les lignes télégraphiques, essais dont nous avons déjà parlé, le courant était fourni par une dynamo Siemens à courant continu, d’une différence de potentiels de 40 volts, à.12 lignes souterraines et deux lignes aériennes pourvues d’appareils Hughes, à 11
- lignes souterraines et 12 aériennes munies d’appareils Morse, et enfin à trois fils en circuit fermé.
- Le rapport de l’administration des Postes et Télégraphes de la basse Autriche accuse pour le département des Télégraphes un bénéfice net de 1 281 292 florins pour l’année 1882 et de 1 013478 florins pour la dernière année à laquelle correspond une diminution du nombre des dépêches qui s’élève à 42 040 télégrammes. Le service des tubes pneumatiques à Vienne a, par contre, augmenté de beaucoup, le nombre des lettres et cartes transmises en i883 a été de 38g 162 avec 947 814 télégrammes. Le nombre des mandats télégraphiques pour i883 est inférieur de 4112 à celui de 1882.
- Par suite des mesures de précaution prises par la policé de Varsovie pendant la visite de l’empereur de Russie, la correspondance télégraphique a été presque entièrement suspendue avec cette ville.
- D'après la statistique de 1881, les services téléphoniques et télégraphiques en Angleterre, occupaient 2 228 femmes.
- Les recettes du département des Télégraphes, en Angk-terre, du i°r avril au 6 septembre 1884, ont été de 18 875000 francs contre 18750000 francs pour la même période de l’année dernière.
- Mercredi dernier, la Société des ingénieurs anglais a vu sité l’usine télégraphique de MM. Siemens frères, à Charl-ton. Les visiteurs ont examiné les différents procédés de préparation des matières employées pour la fabrication des câbles télégraphiques, ainsi que les appareils et instruments télégraphiques.
- Le steamer Faraday est revenu à l’usine télégraphique de MM. Siemens frères, à Charlton (Angleterre), après avoir posé la première partie du deuxième câble Mackay-Bennett. On s’occupe maintenant de mettre la dernière partie à bord, et on espère que le câble pourra fonctionner vers le i«r octobre prochain.
- On annonce que les appareils duplex sont déjà installés en Angleterre sur le nouveau câble Mackay-Bennett et que le Dr Muirhead est parti pour l’Amérique afin de surveiller en personne l’installation des appareils à l’autre bout du câble. .......- •
- Le corps du génie militaire envoyé en Egypte par l’Angleterre va aider à la construction d’une ligne télégraphique aérienne placée sur des poteaux provisoires le long des bords du Nil. On avait d’abord proposé de placer un câble dans le fleuve, mais cette idée a été abandonnée à cause du poids d’un câble de ce genre et à cause des difficultés d’un tel travail.
- La grande Compagnie des Télégraphes du Nord annonce que le steamer faisant le service des dépêches entre Sharp-Peak et Fou-Tcheou a été forcé de suspendre ses voyages par les autorités militaires en Chine, de sorte que les télégrammes pour Fou-Tcheou ne pourront être transmis que par la ligne de terre chinoise, à partir de Shanghaï. Les dépêches doivent être rédigées en anglais.
- La ligne télégraphique entre Samarcand et Bokhara a été ouverte mardi dernier. Après une interruption de 3 ans, la
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- 48o la lumière électrique
- communication, télégraphique a également été reprise avec Pretoria via l’Etat libre. ......
- Les lignes télégraphiques de terre du gouvernement chinois sont maintenant réparées jusqu’à Tientsin, mais les dépêçheè sont toujours sujettes à être retardées à cause du travail1 aééumulé pendant l’interruption.
- Le 17 août dernier a eu lieu un concours télégraphique organisé par la Western Union Telegraph O, à New-York. Trois prix ont été distribués* dont le premier consistait eu une médaille d’or, lè deuxième en une médaille d’argent et le troisième en une clef télégraphique dé luxe. Une-centaine de personnes ont assisté au concours, qui a commencé à 11 heures du matin. Il s’agissait d’envoyer 5oo mots, i5 points et 4 virgules, ou en tout 2 368 signaux sur un circuit local. Tous lès concurrents ont admirablement travaillé et le concours à été fermé .à i heure de l’après-midi. Le premier prix à èt'é décerné à M. Waugh, qui a transmis la dépêche en 11 minutes et 27 secondes; d’autres ont mis moins de temps, mais les signaux n’étaient pas aussi nets que ceux de M. Waugh; ___________
- Le rapport présenté au Congrès du Chili par le ministre de l’intérieur constate qu’il a été construit 660 kilomètres de lignes télégraphiques pendant l’année i883, ce qui porte la longueur totale des lignes à 9 6o3 kilomètres. Le nombre des dépêches transmises était en i883 de 3g3 781, contenant S 535 277 mots, contre 3q8 161 dépêches avec 4 925 862 mots en 1882. Les recettes ont été de 58i 2S0 fr. en i883 contre 52S 83o fr; en 1882.
- Les journaux de Lyon annoncent qu’un ingénieur de la Société des Téléphones a dernièrement visité les centres métallurgiques de Saint-Etienne, Saint-Chamond et de Rivc-de-Gier, en vue de l’établissement d’une communication téléphonique entre ces villes.
- Une nouvelle Société téléphonique va prochainement être formée à Vienne (Autriche), dans le but de mettre la capitale en communication directe avec tous les villages dans'un rayon' circulaire de 5 lieues autour de la ville. La Société prendra le nom de Wiener Central Telephon.
- ; Lès autorités du Luxembourg s’occupent de l’introduction dès , téléphones et l’âdmiuistration espère prochainement pouvoir organiser un service public dans la capitale et dans lès faubourgs. ' ' ___________ , .
- Le représentant en Autriche de la Consolidated Téléphoné Construction and Maintenance G» de Londres, a demandé au gouvernement des concessions téléphoniques pour les villes de Trieste, Graz, Pilsen, Reichenberg, Prague, Kra-kan, Lemberg, Czernowitz et Bielitz-Biela.
- Dans le dernier bulletin de l’Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg, le docteur Lenz décrit une nouvelle application du téléphone pour la mesure des températures à distance. Supposons deux stations A et B reliées par deux fils, l’un en fer, l’autre en argent, soudés aux extrémités; si là soudure de A est à une température différente de celle dë B, un courant thermo-électrique circulera à travers ces fils.-Un interrupteur et un téléphone étant introduits dans le circuit,. le-téléphone parlera jusqu’au moment où l’observateur placé en R aura élevé ou abaissé la température de sa soudure jusqu’à la rendre identique à celle de A, et alors il n’y aura plus de courant. L’exactitude de cette méthode dépend de la précision avec laquelle oh peut déterminer le moment-où- lé téléphoné cesse de parler, car une certaine
- résonnance subsiste encore après Légalisation dés températures aux deux extrémités de l’appareil.- Dans une première série d’expériences, les stations A et B étant seulement distantes d’un mètre, le docteur Lenz détermina Jes températures avec une précision très grande : les erreurs variaient de 0,010 à 0,17°. Il en conclut que par l’usage de fils de fer et d’argent de 2“m d’épaisseur, les mesures pourraient être faites à 5 kilomètres, et que cette distance pourrait atteindre 25 kilomètres, si l’on employait des fils de bismuth et d’antimoine. Dans de certaines limites, le galvanomètre s’appliquerait aux mêmes mesures. L’appareil du docteur Leuz serait aussi un bon avertisseur d’in, cciidie.
- Pendant la première année de son existence, l’United Téléphoné C° de Londres a pu avoir 914 abonnés, et le nombre des communications a été de 943000; pendant l’année dernière, la quatrième. depuis la fondation de ia Société, lé nombre des abonnés a atteint 3 35o_ et les communications se sont élevées à 6i3oooo. Les lignes particulières étaient en 1881 au nombre de 186, tandis qu’il y en a aujourd’hui 716. Pour expliquer le nombre énorme de'communications, il faut se rappeler qu’il y a à Londres comme à Paris, beaucoup de bureaux téléphoniques dans les différents quartiers de la ville; chaque, appel fait par un abonné à l’un de ces bureaux est compté comme une communication, même si le bureau en question ne sert que comme intermédiaire entre l’abonné et un autre bureau.
- Le directeur général des postes et télégraphes en Angleterre, vient d’informer les Compagnies des téléphones qu’il est maintenant en mesure d’accorder des concessions dans les conditions indiquées par lui à la Chambre des communes le 7 du mois dernier, et résumées par notre correspondant dans une lettre récente. En dehors de ces facilités, il sera encore permis aux Compagnies de, relier les différents réseaux aux bureaux télégraphiques de l’administration dis postes, de sorte que les abonnés au téléphone pourront transmettre leurs dépêches gratuitement aux bureaux télégraphiques. Le directeur général a, de plus, abandonné sa demande d’une redevance de 10 0/0 à l’Etat sur toutes les ligues particulières.
- La Wisconsin Téléphoné C° construit actuellement une ligne entre Milwankee et Racine. Ce sera la troisième ligne entre les deux villes, et on aura soin de l’établir assez loin des deux autres pour éviter toute induction. La capitale de l’Etat de Wisconsin sera également sous peu en corn* muuication téléphonique avec Chicago et Milwankee.
- Selon le dernier rapport de l’American Bell Téléphoné C°, les différents réseaux téléphoniques de. la Société comptent aujourd’hui un total de 123 000 abonnés, et on pourrait sans exagération fixer le nombre des téléphones employés aux Etats-Unis à 5oaooo.
- Les installations téléphoniques se multiplient aux Indes d’une manière très satisfaisante dans tous les grands centres ; des réseaux téléphoniques ont été installés à Calcutta, à Bombay et à Madras pour le service de la police et des pompiers.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- 1 • • -Paris.Imprimerie ,P. Mouillot, i3, quai Voltaire, Î6568.- ^
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5r, rue Vivienne, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- ADMINISTRATEUR : HENRY SARONI B, Marinovitcii
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : AUG. GUEROUT |
- Secrétaire de la Rédaction par intérim
- 6«ANNÉE (TOME XIII)
- SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1884
- N° 39
- SOMMAIRE
- Sur un nouveau dynamomètre de transmission; Marcel Deprez. — Comparaison entre les anneaux colorés électrochimiques et thermiques (2° article); C. Decharme.
- — Physique biologique : Nouvelles méthodes calorimétriques (4° article); Dr A. d’Arsonval. — Les transporteurs électriques de Danchell et de Lartigue; G. Richard. =ÉÎÏ La direction des ballons par l’électricité; W. de Fon-vielle. — Exposition internationale d’électricité de Philadelphie; Aug. Guerout. — Chronique de l’étranger : Allemagne; D« H. Michaelts. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité : Sur une nouvelle forme du photomètre de Bunsen, par le Dr Hugo Krüss.
- — Quelques expériences de M. Shelford Bidwell à propos du phénomène de Hall, par M. A. Leduc. Les orages et les paratonnerres. — Sur la pénétration de l’électricité dans les gaz; par F. Narr.— Sur l’électricité de la flamme, par J. Kollert. — Travaux de la conférence internationale des électriciens (suite). — Faits divers.
- SUR UN NOUVEAU
- DYNAMOMÈTRE DE TRANSMISSION
- M. Gustave Richard a, dans une série d’articles publiés dans La Lumière Electrique (‘), décrit un grand nombre de dispositifs de dynamomètres de transmission, destinés à mesurer le travail absorbé par une machine-outil quelconque. L’importance de ces appareils devient de jour en jour plus grande et il n’est pas d’expérimentateur qui n’ait senti vivement le besoin de mesures dynamométriques exactes dans les applications de plus en plus nombreuses que l’on fait des machines dynamo-électriques.
- Je crois donc être agréable aux lecteurs de La Lumière Electrique, en faisant connaître le dynamomètre que j’ai été amené à combiner après les expériences de transmission électrique de la force
- (I) Voir La Lumière Électrique, n° 24, vol. VI; nos 26, ?7, 29, 3o, 33, vol. VII; n° 10, vol. VIII.
- faites au mois de février i883 dans les ateliers du chemin de fer du Nord.
- On sait que M. le colonel Laussedat, directeur du Conservatoire des Arts-et-Métiers, avait graT cieusement mis à ma disposition le dynamomètre appartenant aux collections du Conservatoire, et que c’est à l’aide de cet appareil que fut mesuré le travail absorbé par la machine génératrice. Ce dynamomètre, inventé par Poncelet et modifié par le général Morin, est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’en donner ici la description.
- Il est d’une grande simplicité et d’une exactitude suffisante, mais il présente certains inconvénients qui n’ont aucune importance, lorsqu’il s’agit d’une expérience scientifique, mais qui deviennent gênants dans une constatation industrielle de longue durée. Le déroulement du papier y est extrêmement rapide, il faut attendre que l’expérience soit finie et les machines arrêtées pour procéder à l’examen du diagramme, de façon que si le papier se déchire ou si les crayons ne marquent pas pendant la durée de l’expérience, l’observateur n’en est pas averti, et il faut tout recommencer. Enfin il est dépourvu de totalisateur et l’on est contraint, pour avoir la mesure du travail, de procéder ayec le planimètre d’Amsler à la quadrature de courbes d’un développement considérable; c’est une opération longue et fastidieuse, et qui, lors des expériences du chemin de fer du Nord, demandait plusieurs heures pour chaque série d’expériences.
- J’ai voulu remédier à tous ces défauts en étudiant un appareil satisfaisant aux conditions suivantes :
- i° Tracé des diagrammes à l’encre et par points pendant une durée de 24 heures sur une feuille de papier se déroulant à raison d’un centimètre par minute, cette feuille de papier étant enroulée sur un cylindre placé sur une tablette indépéndante du dynamomètre lui-même, de sorte que l’on puisse à chaque instant inspecter le tracé et avoir une mesure approximative du couple mesuré par le dynamomètre;
- 2S Totalisation du travail sans' erreur possible)
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- 3® Inscription sur le diagramme, en chiffres usuels, du temps et du nombre de tours de dix en dix minutes, de façon que la comparaison de deux diagrammes relevés sur deux machines différentes placées loin l’une de l’autre fasse connaître les variations d’effort et de vitesse que subissent simultanément les machines à un instant déterminé.
- Cette dernière condition est particulièrement importante dans les expériences de transmission de force. .
- Le tracé par points est nécessaire lorsque l’expérience est de longue durée parce que, dans ce cas, le papier se déroulant lentement, pendant que la plume reproduit les trépidations continuelles des ressorts, il en résulterait de véritables .flaques d’encre qui rendraient le diagramme illisible. Mais dans les expériences d’une durée modérée, cette condition n’est pas nécessaire, parce que l’on peut alors imprimer au papier une’vitesse suffisamment grande
- pour que les traces de la plume ne se superposent pas. Dans beaucoup de cas, l’inscription du temps n’est pas non plus nécessaire.
- C’est l’appareil ainsi simplifié que je vais décrire. C’est d’ailleurs lui qui contient les dispositions vraiment neuves qui caractérisent le nouveau dynamomètre : l’emploi d’un train épicycloïdal réduit à six roues dans le même plan et le totalisateur fondé sur un principe tout différent de celui des appareils à roulettes employés jusqu’ci, et qui n’ont jamais donné de bons résultats.
- L’effort moteur qu’il s’agit de mesurer est appliqué à une poulie folle sur l’arbre de la machine-outil; cette poulie porte un toc qui vient buter contre une lame de ressort liée à l’arbre absolument comme dans le dynamomètre de Poncelet, c’est la flexion de cette lame de -ressort qu’il faut transmettre à un style enregistreur qui ne doit pas être influencé par le mouvement de rotation commun à
- la poulie toile et à la lame de ressort; c’est à cette fin que sert le train épicycloïdal.
- ' Il se compose (fig. i) de six roues à denture fine, A, A2 A3, Bj B3 B3 montées deux à deux sur l’arbre Q, et les axes 02 03. Les trois roues A, A2 A3 sont du même rayon (R), tandis que B, B2 B, ont un rayon plus petit et égal (r). La première paire A, B, est montée sur un manchon M d’un diamètre intérieur suffisant pour pouvoir être placé sur des arbres de sections différentes : trois vis à J2o° le traversent, êt permettent de le fixer et de le centrer exactement.
- L’arbre sur lequel est fixé le dynamomètre porte, comme on vient de le dire, deux poulies, l’une P clavetée, l’autre P' folle, mais entraînée par l’arbre au moyen de la lame flexible L (fig. 2). C’est à la poulie P' qu’est reliée la roue A, folle sur le manchon M, la roue B,, au contraire, étant solidaire du manchon. Quant aux roues A2 et B2, elles sont folles toutes les deux sur leur axe commun 02, engrenant d’un côté avec B, et A,, et, de l’autre, avec B3 et A3, qui sont solidaires et liées invariablement ensemble.
- L’arbre 02 est maintenu entre deux flasques F, terminées par deux colliers que traverse à frottement doux le manchon M. Deux, bielles D relient enfin les arbres 02 et 03. On voit ainsi sur la figure I que le système total de liaison est analogue à un compas à deux branches qui tendraient à se fermer, si elles n’étaient soutenues en leur point d’articulation 02. Ce support, grâce à la mobilité de l’ensemble, peut être disposé pour soutenir le dynamomètre à une hauteur variable au-dessus du sol. Il peut être disposé avec une vis V qui monte et descend dans un écrou tournant sur place, ou de toute autre manière.
- Si l’arbre n’est soumis à aucun effort tangentiel, ce qui correspond à. une tension nulle du ressort de la poulie P', les roues et B, restent animées d’une vitesse égale qu’elles communiquent aux deux autres paires, et les six roues tournent simultanément sans déplacement relatif; quand, au contraire, le ressort vient à se tendre sous l’influence d’un effort exercé sur l’arbre, il se produit entre les roues A, et B, un déplacement angulaire propor-
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- tioimel à la tension de la lame flexible. Ce décalage est transmis par les roues folles A2 B2 aux deux dernières A3 B3 qui, .en vertu de leur liaison absolue, se rompraient si la ligne des centres Os 03 ne pouvait se déplacer. Il résulte des propriétés des trains épicycloïdaux que tout déplacement relatif des roues A, B, a pour conséquence un dépla-
- fiu. 3
- cernent angulaire déterminé de la ligne des centres 02 03 autour de l’axe 02 (par erreur 03 sur la figure). Si l’on désigne par a, le déplacement angulaire relatif des roues A^Bj, et par a3 celui de la
- ligne Os 03 qui en résulte, ces deux déplacements sont liés entre eux par la relation
- aj Rr
- On est donc maître de traduire le déplacement angulaire relatif des roues A, B, par un mouvement
- F1C .*»
- angulaire aussi grand qu'on voudra de la bielle D qui, ‘-à son tour, au moyen d’un mécanisme quelconque ’ (tel qu’un parallélogramme de Watt, comme je l’ai 1 indiqué), fait mouvoir un crayon C, inscrivant sur une bande de papier qui se déplace proportionnel-'
- F1G. 4
- MG. 5
- FIG. 6
- lement aux nombres de tours de l’arbre de la machine-outil la flexion du ressort. Le levier qui forme le prolongement de la bielle D peut encore être terminé en aiguille (S) pour venir indiquer directement, en regard d’un limbe gradué a, les tensions successives du ressort L.
- Totalisateur. — Les dynamomètres totalisateurs & roulettes actuellement en usage sont fondés sur
- l’application des lois du frottement; leurs indications sont toujours faussées sous l’influence des trépidations continuelles imprimées à tout le système. Tous les organes constituant le totalisateur nouveau que je vais décrire étant unis entre eux par des liaisons mécaniques complètes, les indications qu’il fournit ne sont entachées d’aucune erreur. Il est constitué (fig. 3, 4, 5 et 6) par deux roues
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- ou disques G4 G2 qui sont respectivement solidaires l’une de la poulie P, l’autre de la poulie folle P'. Elles ne sont séparées l’une de l’autre que par un petit intervalle et portent chacune deux saillies en forme de came placées symétriquement par rapport au centre et embrassant un arc quelconque que nous supposerons égal à 6o°. Sur leur contour extérieur est appuyée constamment par un ressort une pièce f fixée à l’extrémité d’une fourche D, qui peut osciller librement autour de Ot. La branche inférieure relie en outre les axes des deux roues At A2, tandis que la branche supérieure se termine en forme de bec K. La roue A, reçoit son mouvement de la roue E, clavetée sur le manchon et le transmet à Aa. L’ensemble de ces trois roues tourne donc constamment avec l’arbre. Quant à la roue A3 son axe est fixe et elle n’engrène que par intervalle avec A2 comme on va le voir.
- Si l’effort tangentiel exercé sur la- poulie de transmission, reste nul, le ressort ne subissant aucune flexion, les deux roues G, G2 n’éprouvent aucun déplacement relatif; et si, avant le départ on a réglé leur position, de façon que leurs quatre cames coïncident deux à deux, la superposition ne cessera pas pendant toute la durée du mouvement (fig. 3, 4 et 5). Or, pendant chaque tour le bec / s’appuie successivement sur le contour de la roue et sur les saillies. Lorsqu’il repose sur la roue, comme l’indique la fig. 6, le centre 02 de la roue A2 se trouve abaissé et cette dernière ne peut engrener avec A3, dont les dents, d’autre part, sont en prise avec le bec K. Mais au moment où le bec /vient à passer sur la came (fig. 5), il soulève avec lui la fourche D ainsi que la roue 02, le cliquet K échappe. A2 engrène en même temps avec A3 et lui communique son mouvement pendant toute la durée du passage de f sur la saillie des cames. Mais dès que f abandonne la came, la fourche D s’abaisse, arrête brusquement le mouvement de A3 qui n’engrène plus avec A2.
- On voit que dans le cas actuel, qui est celui où le ressort n’a aucune flexion pour chaque tour de l’arbre, la roue A3 tourne d’une quantité déterminée correspondant à un angle décrit par l’arbre, égal au double de la valeur angulaire de chaque came, c’est-à-dire à 2 X 6o°.
- Si maintenant, sous l’action d’un effort tangentiel, exercé sur la poulie, le ressort vient à se tendre, il se produit un déplacement angulaire relatif des deux cames G,, G2. Les deux saillies qui coïncidaient se déplacent, faisant le même angle a proportionnel à la tension de la lame flexible, et par contre à l’effort tangentiel. Il en résulte (fig. 6), qu’au passage des cames, f restera soulevé pendant le parcours d’un arc non plus égal à 6o°, mais à (6o° -|- a); la roue A3 engrenant elle-même pendant ce même temps, tournera d’une quantité proportionnelle à 6o° -f- ou
- Pour tarer le totalisateur, il suffira donc de faire accomplir à l’arbre C un nombre connu de tours, cent par exemple, les deux cames étant exactement superposées, puis de recommencer l’opération en les décalant d’un angle correspondant à un effort tangentiel connu. La différence des nombres de tours accomplis dans ces deux cas par la roue A3 fera connaître la tare cherchée. L’instrument doit donc être muni de deux compteurs, l’un enregistrant le nombre de tours de f arbre C, l’autre. le nombre de tours de A3. Les chiffres lus sur ce totalisateur sont donc de même nature que ceux qu’on obtiendrait en divisant la base du diagramme en un nombre de parties égal à celui du nombre de tours de l’arbre C, en prenant dans chacune d’elles une ordonnée mesurant l’effort et en faisant la somme de toutes ces ordonnées. La précision de ses indications va donc en croissant indéfiniment avec le nombre de tours de l’arbre C.
- En un mot, et comme il est facile de le voir, cet instrument réalise matériellement la méthode des trapèzes (’). On peut d’ailleurs imaginer une foule de variantes du dispositif qui vient d’être décrit et réalisant les mêmes effets, c’est-à-dire l’addition mécanique d’un nombre quelconque d’ordonnées du diagramme représentatif du travail.
- Quatre dynamomètres, du genre de celui qui vient d’être décrit, mais dans lesquels l’inscription de la courbe a lieu par points et à des intervalles de temps égaux (toutes les dix secondes), sont actuellement en construction. Ils sont destinés à faire connaître le travail développé pendant la grande expérience de transmission de force entre Creil et Paris, par les machines dynamo-électriques réceptrices situées à Paris.
- Marcel Deprez.
- COMPARAISON
- ENTRE
- LES ANNEAUX COLORÉS
- ÉLECTROCIIIMIQUES ET THERMIQUES
- Deuxième article. (Voir le numéro du 13 août 1884.)
- anneaux multiples
- Avant de comparer les anneaux multiples électrochimiques aux anneaux thermiques correspondants, il convient d’indiquer d’abord le mode de production de ces derniers.
- p) L’ensemble de ce dynamomètre a été l’objet d’un brevet pris le 12 mars i883.
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- Pour réaliser les anneaux thermiques multiples il suffit, sans rien changer aux autres dispositions expérimentales, de remplacer le jet de flamme unique par un système de [2, 3, 4, etc., jets identiques, alimentés par la même source de gaz (hydrogène, gaz oxhydrique, gaz d’éclairage seul ou mêlé d’air).
- A cet effet, je me suis servi d’un genre d’aju-
- tage analogue (sauf de légers changements) à celui que j’avais employé pour les anneaux hydrauliques. C’est une sorte de tambour métallique (fîg. 3 et 4), dont la face inférieure est munie d’un tube communiquant avec la source de gaz combustible, tandis que sur la face supérieure sont vissés de petits becs métalliques percés chacun d’une ouverture très fine, très nette et de même diamètre
- \ 1 1 h 1* M
- no. 3
- pour tous les becs d’un même système (fig. 3, a, b, c).
- O i les dispose d’ailleurs symétriquement sur la
- FIG. 3 bis
- platine et à distances convenables les uns des autres. Afin de pouvoir, à volonté, faire varier ces distances, on use du moyen déjà employé pour les
- FIG. 4
- FIG. 4
- bis
- anneaux hydrauliques, c’est-à-dire qu’au lieu de visser directement les becs sur la face supérieure du tambour, on les fixe à des tubes en partie métalliques et en partie de caoutchouc (fig. 5) ; ou, plus simplement, on soude sur la platine de longs tubes (de 7 à 8 cent.) en cuivre, très flexibles, que l’on peut écarter ou rapprocher et dont l’extrémité est percée d'une très petite lumière (fig. 6, a, b, et fig. 7, a, b).
- Ces ajutages sont fixés verticalement, un peu au-dessous de la plaque où doivent se faire les anneaux, et à une distance telle que la pointe ou le corps de la flamme (selon les effets à produire), vienne toucher la plaque. Le reste de l’expérience s’achève comme pour les anneaux simples.
- Les mêmes ajutages me servent pour la production des anneaux électrochimiques, en renversant l’appareil et en introduisant dans les fines ouver-
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- tures desbecs, des aiguilles d’acier d’égale longueur et en rattachant le tube principal au pôle négatif de la pile (fig. i à 7).
- COMPARAISON DES ANNEAUX COLORÉS MULTIPLES
- Ie Anneaux électrochimiques multiples. — Si, au lieu d’une pointe unique, employée pour les anneaux multiples, on en rattache plusieurs au même pôle, il se forme vis-à-vis de chacune d’elles « un système d’anneaux concentriques qui ne s’entrecroisent pas en se dilatant, mais qui, parvenus au contact, s’étendent au dehors de manière à ne former qu’un seul contour général. » (Nobili.) En se
- servant ainsi de plusieurs pointes effilées, fixées symétriquement ou mobiles, et en employant des mélanges de dissolutions salines appropriées, on peut obtenir des dessins variés de formes et de couleurs. /
- Lorsqu’on emploie, deux pointes métalliques dont l’une est positive et l’autre négative, c’est-à-dire quand, par une disposition expérimentale, :1e. courant électrique entre par une des pointes et sort par l’autre, il semble que les anneaux résultants entrent en conflit; il y a comme une compression mécanique de leurs formes (circonstance dans laquelle on pourrait croire qu’ils doivent se détruire naturellement).
- Les zoijes se répoussent, formant ainsi des figures
- Fin. 5
- équipotentielles d’écoulement électrique, phénomène étudié et décrit par M. Guébhard. (L'Electricien, t. II, p. 5o, 273, 429 (1881.)
- 2” Anneaux thermiques multiples. — Tout ce qui vient d’être dit des anneaux électrochimiques s’applique exactement aux anneaux thermiques.
- Il suffit de changer dans le texte les mots pointe, pôle positif , pôle négatif respectivement par ceux de flamme, de flamme oxydante et de flamme désoxydante : l’écoulement électrique correspondra à l’écoulement thermique.
- Passons maintenant aux résultats d’expériences comparatives dans les anneaux multiples. Nous n’avons plus à rappeler l’ordre des couleurs successives qui se développent dans chacun d’eux ; il est évidemment le même que dans les anneaux simples. Il s’agit seulement des formes qu’affectent ces anneaux dans chacun des systèmes. Les flam-
- no. .5 bis
- mes, comme les pointes conductrices, peuvent être prises 2 à 2, 3 à 3, 4 à 4, etc. ; de là des systèmes d’anneaux que j’appellerai, pour abréger, binaire, ternaire, quaternaire, etc.
- i° Système binaire. — Lorsque les pointes conductrices ou les flammes sont suffisamment rapprochées pour que les couronnes irisées qu’elles font naître sur une plaque soient à distance de rencontre, ou en d’autres termes, pour que leurs champs électriques ou thermiques empiètent les uns sur les autres, ces anneaux ne se superposent pas en se dilatant, ne se croisent pas. Il peut alors se présenter deux cas : tantôt les couronnes électrochimiques ou thermiques se fondent les unes dans les autres pour former un même contour général et prennent sensiblement la forme lemniscatique (celle d’un 8) (fig. 9 et 9 bis) ; tantôt, elles se repoussent, se compriment mutuelle-
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- ment, comme les anneaux fixes des ondes liquides ! rnière Electrique, t. XII, p. 89) (fig. 10 et 10 bis). dans les conditions que i’ai indiquées (La Lu- | Ces deux cas se présentent dans les anneaux
- M * I
- " ^ t i
- Fllî,
- 0 bis
- électrochimiques, comme il a été dit plus haut, I chées au même pôle de la pile, ou que l'une de ces suivant que les pointes conductrices sont ratta- | pointes est positive et l’autre négative.
- Flü
- MU. 7 bis
- Les mêmes effets, plus prononcés encore, se I mier cas a lieu lorsque les deux flammes sont produisent dans les anneaux thermiques. Le pre- | faibles, bien identiques et peu oxydantes (fig. 9 bis).
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- Le second cas se présente lorsque les flammes sont l’une oxydante et l’autre désoxydante (fig. io bis).
- On voit même quelquefois sur la plaque les
- deux effets thermiques simultanés : la fusion de certaines couleurs et le refoulement des autres.
- Dans le second cas, il résulte de la répulsion de
- FIC* P, — ANNFAUX SIMPLES ÉLECTROCHIMIQUFS
- Fl G. P bis. — ANNUÜX SlMPLLb '1
- ces anneaux entre eux certaines déformations par- I thermiques et électrochimiques, comme dans les ticulières quij sont analogues dans les anneaux | anneaux liquides.
- FIG. 9. — ANNEAUX MULTIPLES ELECTROCHIMIQUES FIG. Ç bis. — ANNEAUX MULTIPLES THERMIQUES
- (Système binaire unipolaire) (Système binaire à flammes oxydantes)
- Les figures comparatives 9, 10 et 9 bis, 10 bis donnent une idée des analogies de formes qui peuvent se produire dans les deux ordres de phénomènes qui nous occupent.
- 20 Quant aux anneaux formant des systèmes ternaires ou quaternaires, il nous semble inutile d’entrer dans les détails de leur description : les figures 11 à 14, 11 bis à 14 bis montrent suffisamment la
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- ressemblance des systèmes correspondants, thermiques et électrochimiques.
- ; L’imitation, par voie thermique, des effets simul-
- tanés de polarité relatifs aux anneaux électrochimiques, consiste dans l’emploi d’une part, de flammes oxydantes et de l’autre, de flammes désoxy-
- FIG. 10. — ANNEAUX MU1T1PLES ÉLECTROCHtMIQUES (Système binaire bipolaire)
- FIG. IO bis. — ANNEAUX MULTIPLES THERMIQUES (Système binaire à flammes : l’une oxydante, l'autre désoxydante)
- dantes, ou seulement de flammes assez différemment oxv.lantes. Les résultats obtenus ainsi sont.
- FIG. II. — ANNEAUX MULTIPLES ELECTROCHlMIQUES (Système ternaire unipolaire)
- ANNEAUX KLECTROCIIIMIQUES ET THERMIQUES SUR DIVERS MÉTAUX.
- Anneaux électrochimiques, — C’est sur le platine que les anneaux colorés présentent le plus
- en effet, très nettement différenciés et même assez variée.
- FIG. Il bis. — ANNEAUX MULTIPLES THERMIQUES (Système ternùrejà flammes égales)
- d’éclat. Les teintes bleues surtout y [sont d’une grande beauté ; ce sont les plus riches que l’art puisse produire. Après le platine, c’est l'or qui donne les plus belles couleurs ; puis vient l'argent où elles sont déjà moins éclatantes. Le nickel
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- (cuivre nickelé) donne très facilement de magnifiques anneaux colorés presque aussi beaux que ceux du platine et où domine aussi le bleu. Le laiton, en petites pièces seulement, se colore bien, avec prédominance du jaune. Le maillechort, après avoir été frotté à sec avec de la ponce très fine et une brosse, donne aussi de belles teintes où le jaune domine.
- Anneaux thermiques. — Les métaux inoxydables, platine, or, etc., sur lesquels les anneaux électrochimiques se produisent si bien, sont, par cela même, impropres à donner des anneaux thermiques; car ceux-ci résultent toujours de l’oxydation du métal.
- Certains autres, oxydables d’ailleurs, zinc, aluminium, etc., ne donnent pas d’anneaux thermiques, pour d’autres causes, par exemple le défaut de transparence de leurs oxydes déposés en couches minces ; quelques-uns, comme l’étain, le bismuth, le plomb, ne s’oxydant qu’à des températures supérieures à leurs points de fusion, ne se prêtent pas à la production d'anneaux colorés par voie thermique.
- Parmi les métaux ou alliages qui donnent lieu, d’une façon notable, au phénomène dont il est quês- tion, je citerai : le cuivre, le laiton, le bronze, le maillechort, le fer-blanc, lu fonte blanche, Y acier.
- Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit du cuivre.
- Pour obtenir des anneaux thermiques bien développés sur le laiton, il faut faire usage d’une ilamme vive. Les anneaux ont de moindres dimensions que ceux du cuivre et le jaune y domine ; la zone gris-perle y est très développée (comme dans les anneaux de Nobili). On peut aussi obtenir des teintes uniformes.
- Les anneaux thermiques sur le maillechort sont aussi beaux et tout à fait analogues à ceux qu’on obtient par voie électrochimique sur ce métal.
- Sur le bronze, ils sont semblables à ceux dû cuivre et du maillechort.
- Le fer-blanc donne de beaux anneaux thermiques où domine extérieurement le jaune d’or et le violet.
- On peut y produire aussi des teintes uniformes assez belles.
- Sur la tôle de fer, les anneaux sont composés de nuances bleues plus ou moins foncées. Il en est à peu près de même, de la fonte grise. Cependant. sur la fonte blanche, on distingue dans les anneaux du violet et même du rouge. Les belles teiutes que Yacier prend au recuit sont aussi celles qu’on produit en anneaux thermiques, par
- notre procédé.
- Les métaux se placent dans l’ordre suivant pour la beauté des anneaux qu’on peut développer à leur surface par voie thermique : cuivre, bronze, maillechort, laiton, fer-blanc, fonte blanche, acier, fonte grise, fer.
- La couleur propre du métal, qui fait le fond de la surface réfléchissante , détermine la nuance qui domine, savoir : rouge avec le cuivre ; jaune avec le laiton, le maillechort et le bronze; bleue avec l’acier, la fonte et le fer.
- Il est probable que ce qui fait ici la supériorité du cuivre sur les autres métaux, c’est, d’une part, la bonne conductibilité du métal; de l’autre, sa facilité d’oxydation sous l’influence de la flamme et, sans doute aussi, la transparence et la réfrangibilité plus grandes de son oxyde en couches minces.
- ANNEAUX COLORÉS THERMIQUES ET ÉLECTRO-CHIMIQUES SUR TOILES MÉTALLIQUES
- Après avoir produit, par voie thermique, des anneaux colorés sur des plaques métalliques brunies ou simplement polies, puis sur des plaques striées, j’ai essayé l’effet de la chaleur sur les toiles métalliques, à mailles plus ou moins serrées. Mes
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- expériences ont porté sur les toiles en fil de cuivre, de laiton, de fer étamé ou zingué.
- Je n’entrerai pas dans le détail de ces expériences, car les résultats sont analogues à ceux qu’on obtient avec les plaques. Quant à la facilité avec laquelle les anneaux colorés thermiques se produisent sur les toiles métalliques, elle est plus grande qu’on ne serait tenté de le croire. J’en ai réalisé qui avaient plus de om,20 de diamètre, sur des toiles de cuivre dont les fils avaient omin,2 à omm,3, et la largeur des mailles omn,,6 à o“m,7.
- La production des anneaux colorés par voie électrochimique sur les toiles métalliques s'effectue comme sur les plaques et avec la même facilité.
- APPLICATIONS COMPARÉES DES ANNEAUX ÉLECTRO-CHIMIQUES ET THERMIQUES
- i° Nobili, dans son Mémoire sur les apparences électrochimiques (’), exprimait l’espoir que ces belles couleurs irisées seraient un jour appliquées à l’ornement des objets de luxe. —
- M. de la Rive est allé plus loin (2); il a indiqué le moyen de donner des couleurs différentes aux diverses parties d’un
- même objet, soit en le composant de pièces colorées à part, soit en opérant directement sur l’objet tout entier, faisant alors des réserves (au vernis) sur les parties qui ont acquis, par l’ordre invariable de succession des couleurs électrochimiques, les teintes qu’on veut leur donner.
- A l’Exposition universelle d’électricité, en 1881, on a vu d’assez beaux effets d’irisation produits sur divers objets. Maintenant, ce procédé est appliqué non seulement à la bijouterie, à l’orfèvrerie, mais encore à l’industrie des cuivres, laitons, etc.
- FIG. 12 bis. — ANNEAUX MULTIPLES THERMIQUES (Système ternaire à flammes : l’une desoxydante, les deux autres oxydantes)
- (!) Annales de chimie et de physique. 2° série, XXXIV, a8o.
- (*) Traité d’électricité. III, 5<j3.
- Des applications analogues peuvent être faites, par voie thermique, soit en teintes uniformes, soit en anneaux irisés.
- En se servant de plusieurs flammes à pointes fines, agissant simultanément ou successivement, on peut obtenir des dessins variés de formes et de couleurs sur plaques métalliques de figures déterminées.
- 2* * Les différences très sensibles que j’ai remarquées entre les anneaux colorés obtenus sur les toiles de fer zingué et sur les toiles de fer étamé, permettent de distinguer facilement les unes des autres. En effet, avec les premières il ne se produit pas d’irisations proprement dites; le pourtour est violacé, l'intérieur et le centre sont d’un jaune sale, tandis qu’avec les toiles de fer étamé on obtient, dans les mêmes conditions expérimentales, de belles couronnes où l’on remarque un beau jaune à l’extérieur, du violet rougeâtre à l'intérieur et du bleu au centre. De plus, si l’alliage contient du plomb en quantité notable, ce métal est accusé par l’absence des plus riches nuances sur 'les anneaux colorés de l’étain, c’est-à-dire du jaune périphérique et du bleu central. Delà un procédé facile et prompt (en quelques secondes) pour constater la nature des couvertes de toiles métalliques dont l’aspect diffère peu.
- 3° Le phénomène de la passivité de certains métaux, notamment du fer dans les acides concentrés, a pour cause la présence à leur surface d’une légère couche d’oxyde qui s’y produit par voie chimique, ou qu’on y dépose par.voie électrochimique, ou qu’on fait naître par voie thermique.
- 4° Une application assez intéressante des anneaux colorés est celle qu’on en peut faire très facilement à la mesure approximative de l’intensité d’un courant électrique. On sait que les effets physiques, et particulièrement les effets thermiques d’un courant, sont en rapport direct avec son in-
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- tensité. Si l’on interpose dans le circuit un fil ou convenablement, choisi, il est évident que (sans une lamelle de cuivre, de diamètre déterminé et rien préjuger de la loi qui relie les deux phéno-
- FIG. l3. — ANNEAUX MULTIPLES ELECrROCHIMIQUES (Système quaternaire unipolaire)
- FIG, l3 bis. — ANNEAUX MULTIPLES THERMIQUES (Système quaternaire à flammes égales oxydantes)
- mènes), plus ce courant sera intense, c’est-à-dire plus la chaleur qu’il développera dans ce fil ou
- FIG. I4. — ANNEAUX MULTIPLES ELKCTROCHlMlQUES (Système quaternaire bipolaire)
- Je n’ai pas l’intention d’entrer ici dans les détails à ce sujet; 'je pose seulement le principe. Au
- cette lame sera grande, plus les anneaux qui s’y produiront seront étendus.
- FIG. IJ. bis. — AN NEAt'X jMU LT1PLES THERMIQUES (Système quaternairejà|flammes :[les?unes désoxydantes, les autres oxydantes).
- moyen de quelques expériences comparatives avec un des instruments de précision employés à la
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- mesure de l’intensité des courants électriques, on arriverait à des résultats pratiques qui pourraient être de quelque utilité.
- L’application correspondante par les anneaux électrochimiques ne donnerait pas la mesure de l'intensité du courant électrique qùi les produirait, mais plutôt celle de sa tension.
- — Detôus les faits comparatifs qui précèdent nous pouvons conclure qu’il y a entre les anneaux électrochimiques et les anneaux thermiques une complète ressemblance qui se maintient jusque dans les détails, à tel 'point qu’il serait parfois difficile de distinguer les uns des autres : mêmes formes, mêmes couleurs successives, même éclat. Dans les deux ordres de phénomènes, les anneaux naissent les uns des autres et se propagent à la manière des ondes; le flux thermique, comme le flux électrique, entraîne avec lui les oxydes d’une extrême minceur qui, en se superposant, produisent des dépôts transparents d’épaisseur croissante, donnant lieu aux belles irisations observées de part et d’autre.
- C. Deciiarme.
- PHYSIQUE BIOLOGIQUE
- NOUVELLES
- MÉTHODES CALORIMÉTRIQUES
- Quatrième article (Voir les numéros des 6, i3 et 20 septembre 1884)
- Je ne me suis occupé jusqu’ici que de la régulation des températures supérieures à la température ambiante.
- Dans ma méthode calorimétrique, il faut pourtant avoir des liquides à une température plus basse que celle de l’air pour enlever au calorimètre la chaleur qui se produit dans son intérieur, et il faut que ces liquides soient néanmoins à une température fixe.
- Le moyen le plus simple consiste à prendre de l’eau à la température de la glace fondante, mais il n’est pas toujours possible d’avoir de la glace ; j’ai dû chercher d’autres procédés.
- Le suivant, qui est très précis, est basé sur l’ébullition des gaz liquéfiés. Dans le réservoir contenant l’eau qu’on veut maintenir à basse température, on place un de ces cylindres métalliques contenant du chlorure de méthyle, que l’industrie livre couramment aujourd'hui. Ce liquide peut abaisser la température jusqu’à 23°, en bouillant à la pression atmosphérique. Ce corps, à l’aide d’un dispositif très simple, m’a permis d’avoir un
- liquide réfrigérant (eau glycérinée) à une température constante quelconque, inférieure à la température ambiante jusqu’à — 23° (*). Le récipient de chlorure de méthyle étant placé dans l’eau, on le fait communiquer avec une soupape de sûreté ordinaire à travers laquelle s’échappe la vapeur mé-
- FIG. 17
- thylique. En chargeant graduellement cette soupape, j’élève la température d’ébullition du chlorure de méthyle, qui reste constante pour une même charge de la soupape.
- Quand la soupape est sans charge, la température obtenue est 23°.
- Pour 320m/m de mercure, elle égale — i5°
- — 55o — — — 10®
- — n3o — — o°
- — 1490 — -- +5
- FIG.
- On fait, en un mot, varier la température, tout en la maintenant constante, par un simple glissement du contrepoids le long du levier de la soupape, comme dans une machine à vapeur. Ce moyen peut être précieux dans bien des recherches. J’ai
- (') Voir ma Note à l’Institut, du :5 août 1879.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- remplacé récemment le chlorure de méthyle par l’acide carbonique liquide, qui permet de descendre à des températures bien plus basses.
- L’acide carbonique liquide se fabrique à présent industriellement en Allemagne, où la maison Kün-heim, de Berlin, le livre au prix de 2 fr. 5o le kilo, dans des bouteilles en fer forgé qui en contiennent 8 kilos; ces bouteilles résistent à des pressions de 25o atmosphères.
- Avant qu’on eût la facilité de se procurer ces gaz liquéfiés, j’avais employé les deux dispositifs suivants, que je crois utile d’indiquer.
- Le premier consiste à employer comme source de froid l’appareil Carré à ammoniaque, qui sert à fabriquer la glace dans les laboratoires. Pour régler la production du froid, je chauffe le récipient contenant l’eau dans laquelle le gaz ammoniac
- liquéfié Vient se redissoudre en produisant le froid par son évaporation.
- Plus cette eau est chaude, moins elle dissout le gaz rapidement et moins, par conséquent, est rapide la production du froid (fig. 17).
- Soient 1 le vase contenant l’eau, 2 celui qui contient le gaz ammoniac et l’eau à maintenir à température constante. On plonge dans l’eau un régulateur 3, qui amène le gaz sous le brûleur 4. Si la température de l’eau s’abaisse trop, le régulateur ouvre le gaz qui, chauffant le vase 1, ralentit la dissolution du gaz. L’inverse a lieu si la tempéra-rure de l’eau n’est pas assez basse. Avec ce dispositif on produit très régulièrement des températures pouvant atteindre — 5o° et qui restent.absolument constantes. On a également l’avantage de ne pas perdre le gaz liquéfié et, pour produire le
- froid, tout se borne en somme à brûler du gaz. Le . second moyen consiste à produire le froid en faisant traverser de l’éther sulfurique par un courant d’air. Pour rendre la température constante, le régulateur décrit figures i5 et 16 règle le courant d’air provenant d’une soufflerie hydraulique. Si la ; température s’abaisse trop, le courant d’air est sup- ^ primé ; il se rétablit quand la température monte, i
- Dans l’un et l’autre cas, on peut employer éga- i lement le régulateur électrique décrit figure g, en y apportant quelques légères modifications.
- Ayant ainsi donné les moyens d’obtenir une température quelconque supérieure ou inférieure à la température ambiante, je passe à la description des appareils calorimétriques proprement dits.
- APPAREILS CALORIMÉTRIQUES I
- Le calorimètre est, comme je l’ai dit, en com- : mençant cette étude, astreint à rester toujours à la
- température du milieu ambiant pour éviter les corrections. Cet instrument est donc lui-même un appareil à température constante qui contient dans son intérieur un foyer d’ardeur variable dont il s’agit de mesurer l’intensité.
- Le calorimètre représenté fig. 18 se compose de deux cylindres concentriques qui limitent deux cavités, l’une centrale, contenant la source de chaleur, l’autre annulaire qui renferme le matelas liquide dilatable. Ce liquide est traversé par un serpentin à travers lequel passe le liquide réfrigérant destiné à enlever la chaleur produite au fur et à mesure de sa production.
- Pour cela un des bouts du serpentin est relié avec le vase contenant l’eau à température constante (zéro si on emploie la glace), le second bout est en rapport avec le régulateur de l’écoulement décrit précédemment et qui se trouve reproduit dans la figure. La partie inférieure de la membrane du régulateur est mise en communication avec le mate-
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- las liquide à la manière habituelle. On le règle de telle sorte qu’aucun écoulement n’ait lieu quand le calorimètre est à la température ambiante.
- On introduit alors la source de chaleur (lapin dans le cas de la figure). La membrane se soulève et l’écoulement commence, d’autant plus rapide que la source de chaleur est elle-même plus énergique, et cela sans secousse, grâce à la continuité parfaite du régulateur par écrasement.
- Rien de plus facile que de savoir le nombre de calories produites en un temps donné. Il suffit pour cela de mesurer le volume du liquide écoulé. En effet, supposons que l’eau du réfrigérant soit à zéro et le calorimètre à -f- i5ü. L’eau entrant à zéro et sortant à -)- i5°, enlève donc t5 calories au calorimètre par litre écoulé.
- La mesure de la chaleur dégagée, étant ainsi ramenée à la mesure d’un volume liquide, il est facile d’inscrire les phases correspondantes du dégagement de chaleur. Pour cela le liquide écoulé se
- MG. 20
- rend dans un grand vase cylindrique muni d’un flotteur ne touchant pas la paroi. Ce flotteur est attaché à un long levier qui tend constamment à le soulever sous l’influence d’un contrepoids qu’on voit dessiné sur la figure. L’extrémité de ce levier porte une plume qui vient inscrire les phases de l’écoulement sur un cylindre faisant un tour en 24 heures et qui porte un papier divisé millimétri-quement. On fait varier le bras de levier à volonté, de façon qu’une course de la plume de 1 millimètre corresponde à la calorie, le millimètre en abscisse correspondant à la minute de temps.
- Pour contrôler l’exactitude de l’appareil, je lui ai fourni une quantité connue dé chaleur, en introduisant un volume déterminé d’eau bouillante dans son intérieur. Voici deux expériences prises parmi un grand nombre ; elles ont donné les mêmes résultats :
- Température du calorimètre..........= 32°
- On introduit 1 litre d’eau à.........= 43°,5
- Chaleur fournie......................= 11,5 calories
- Volume écoulé......................= 349g®
- Chaleur retrouvée ..... 349 X 32 = 11,168 calories
- On a donc retrouvé assez exactement la chaleur introduite dans le calorimètre (fig. 19).
- Pour connaître les phases du refroidissement, j’ai placé 1 litre d’eau à ioo° dans l’intérieur du calorimètre. Le refroidissement avait lieu dans une enceinte à 3o° et par rayonnement ; il a mis à peu près 6 heures à s’effectuer. La courbe de la figure ci-jointe indique les phases de ce refroidissement, sa régularité mathématique montre que la soupape régulatrice fonctionne d’une manière continue et sans secousses.
- C’est la traduction graphique de la loi de Newton.
- De ces diverses expériences de contrôle on est en droit de conclure que cette méthode fournit des résultats dont l’exactitude est plus que suffisante pour l’étude que j’avais en vue (la chaleur animale).
- L’erreur bsclue due à l'appareil reste d’ailleurs
- FIG. 21
- à peu près constante, et l’erreur relative devient de plus en plus petite à mesure que l’on prolonge davantage l’expérience ; ce qui est un très grand avantage.
- Cet appareil m’a permis de découvrir en physiologie une foule de faits nouveaux qui ne sauraient trouver place ici, et m’a également mis à même de relever bien des erreurs. Je n’en citerai qu’une pour montrer l’insuffisance de la thermométrie en médecine pour apprécier la production de chaleur chez l’être vivant.
- On considère la production de chaleur comme variable suivant les espèces animales, et, d’autant plus considérable que l’animal a une température plus élevée. D’après cela, les oiseaux qui ont une température centrale supérieure de près de 40 à celle des mammifères devraient être d’énergiques producteurs de chaleur; et c’est ce qu’enseignaient tous les traités classiques quand j’ai commencé ces expériences, il y a g ans. Pour vérifier le fait qui ne me semblait rien moins que prouvé, parce qu’on supposait égales les conditions du rayonnement chez les deux espèces, je plaçai dans le calorimètre
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- successivement un lapin de ik,5oo et un poule de ik,400, c’est-à-dire à peu près de même poids.
- La poule avait une température de 4i°,8, le lapin de 36°,7 seulement, c’est-à-dire plus de 5° de différence.
- Après une heure 40 minutes, la poule avait cédé au calorimètre, 10 calories, et le lapin au bout du même temps, 14 calories 5. Les animaux présentaient à la sortie de l’instrument presque la même température qu’à l’entrée, à quelques dixièmes de degré près.
- La haute température des oiseaux ne tient donc pas à ce qu’ils sont meilleurs producteurs de caloriques que les mammifères, mais uniquement à la moindre conductibilité de leur plumage, qui constitue pour eux une protection contre les causes de refoidissement plus parfaite que le poil de certains animaux.
- D’autre part, Cl. Bernard avait constaté qu’un lapin enduit avec de l'huile ordinaire ne tarde pas à succomber en se refroidissant graduellement. Les vernis produisent le même résultat. On donnait pour cause de la mort, soit une influence nerveuse, soit la suppression des fonctions de la peau qui, en retenant des produits de sécrétion, empoisonnait l’organisme.
- Je répétai l’expérience en mettant un lapin dans le calorimètre.
- L’animal qui normalement dégageait i5 calories à l’heure, en dégageait 43 après avoir été huilé. L’huilê le faisait donc simplement mourir de froid en augmentant outre mesure les pertes de chaleur par rayonnement.
- J’ai employé d’autres fois un autre dispositif pour mesurer la chaleur produite, mais il faut pour cela que le calorimètre puisse résister à une pression d’environ 3 atmosphères.
- Je remplis l’espace annulaire d’acide sulfureux liquide ou de chlorure de méthyle. La vapeur est mise en communication avec une soupape de sûreté qu’on charge jusqu’à ce qu’il ne s’échappe plus de gaz à la température ambiante. Si alors on introduit l’animal la chaleur, augmente la pression, la soupape se soulève, le liquide bout à la température ambiante, et pour avoir la mesure de la chaleur on fait passer la vapeur par un compteur à gaz qui en donne le volume. Ce procédé est susceptible d’une grande exactitude et c’est lui qui m’a conduit à imaginer la méthode que je vais décrire à présent et que j’emploie de préférence depuis plusieurs années (fig. 20).
- Supposons que le calorimètre 1 soit mis en communication avec un récipient en verre 2 gradué en cent, cubes. Le calorimètre est rempli d’un liquide volatil (éther, acide sulfureux) et on a fermé le tout hermétiquement après avoir chassé l’air par ébullition des 2 réservoirs x et 2. Cela fait, on place le réservoir 1 dans un vase 3 contenant de
- l’air. Ce vase 3 est lui-même plongé dans le vase 4 contenant de l’eau et où plonge également le tube 2.
- Les vases 1 et 2 étant toujours, quoi qu'il arrive, à la même température, aucune distillation ne peut avoir lieu du liquide de 1 vers 2, quelles que soient les variations de la température du vase 4.
- Il en sera tout autrement si on met une source de chaleur en 1. Cette chaleur sera exclusivement employée à volatiliser le liquide de x et à le faire passer dans 2, mais sans pouvoir augmenter la température, si la masse d’eau de 4 est suffisante. Le liquide distille sans changement de température et toute la chaleur cédée est employée à la volatilisation. Connaissant la chaleur latente de volatilisation du liquide, on n’a donc plus, pour avoir la mesure de la chaleur produite qu’à lire le volume du liquide passé en 2. Cet appareil, qui, pour les petites dimensions, est tout en verre, est d’une exactitude absolue. Il présente l’avantage de pouvoir mesurer un dégagement de chaleur quelque lent qu’il soit.
- Ce petit appareil ainsi simplifié est susceptible d’une foule d’applications pratiques que je ferai connaître ultérieurement.
- J’ai apporté à cette méthode une modification qui permet d’employer la balance pour évaluer la quantité de liquide évaporé, et l’eau comme corps volatil (fig. 21).
- Au fléau d’une balance on suspend un vase 2 plein d’eau distillée. Ce vase plonge dans un vase plus grand 1 dans lequel on fait bouillir de l’eau. Quand l’eau du vase 2 est portée à ioo°, comme elle se trouve plongée dans une atmosphère de vapeur saturée à la même température qu’elle, aucune évaporation ne peut se produire dans le vase 2 tant qu’on maintient l’ébullition en 1, ce qui est facile en condensant la vapeur dans le réfrigérant 3.
- On constate en effet que, quelle que soit la durée de l'expérience, le poids du vase 2 reste invariable.
- Mais supposons qu'on place en 2 une source de chaleur intérieure, par exemple une spirale métallique 4 traversée par un courant, tout change alors. La chaleur cédée par le courant, et elle seule, volatilise l’eau du vase 2, ce qui se traduit par une perte de poids que la balance donne exactement.
- Remarquons en outre que la conductibilité de la spirale ne peut changer puisqu’elle est plongée dans de l’eau à la température constante.
- A l’aide de ce dispositif il est extrêmement facile de mesurer directement et très exactement le travail calorifique fourni par le courant. La quantité de chaleur cédée devant être, d’après la loi de Joule, proportionnelle à RI2 on peut avoir R avec une grande exactitude.
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- je ferai connaître prochainement les expériences nombreuses que j’ai faites déjà et celles que je fais actuellement en employant cette nouvelle méthode.
- D' A. d’Arsonval.
- LES
- TRANSPORTEURS ÉLECTRIQUES
- DE DANCHELL ET DE LARTIGUE
- Les applications de l’électricité à l’actionnement des locomoteurs se développent chaque jour. Il y a
- quelques mois à peine, nous avons donné dans ce journal la description de quelques-uns des chemins de fer et tramways électriques les plus récents (‘), nous complétons aujourd’hui ces données par la description de deux systèmes ingénieux, dont les essais permettent d’espérer le succès.
- Le premier de ces appareils, celui de Danchell, dont un modèle fonctionne actuellement à l’aquarium de Londres (*), est destiné plus spécialement au transport électrique des petits objets tels que les colis postaux (3), bien qu’il puisse s’adapter aussi, comme nous le verrons, aux locomoteurs de grande voie. Il se présente sous l’aspect d’une caisse allongée supportée par deux grandes roues,
- dont l’une est motrice, guidées entre deux rails superposés dans l’axe de la caisse. Les appareils
- DANCHELL. — COUPE TRANSVERSALE
- de telphérage et de Lartigue sont, au contraire, guidés et maintenus par l’équilibre de leurs char-
- ges et par l’abaissement de leur centre de gravité au-dessous du câble ou du rail auquel ils sont suspendus, dispositions préférables, en ce sens qu’elles sont moins coûteuses et n’occasionnent que peu de frottements, mais qui ne seraient pas sans présenter, dans certains cas, de graves difficultés de pose et d’encombrement.
- L’appareil de M. Lartigue n’est qu’une adapta-
- FIO. 3. — GUIDAGE
- tion, par la maison Siemens, de la traction électrique à son système de transporteurs à rail unique surélevé. Ce système, intermédiaire parfois
- (1) La Lumière Electrique du 7 janvier 1884. — Appareils d’Edison, Daft, Reckenzaun, Ward, Smith, Trail et Hop-kinson.
- (2) La Lumière Electrique du 3o août 1884, p. 344.
- (3) La Lumière Electrique des i5 juin, 6 juillet, i3 novembre 1881 et 4 février 1882.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- heureux entre les transporteurs par câbles et les chemins de fer ou tramways proprement dits, ne
- FIG. 4. — CONTACTS
- se prête guère qu’à l’application de locomoteurs légers et de faible puissance. La facilité d’isole-
- FIG. 6.
- FREIN
- ment des rails, sauf peut-être en temps de pluie, la simplicité de conduite et d’établissement des
- dynamos, leur légèreté et leur innocuité, tout indiquait l’électricité comme la puissance motrice à choisir, pour un établissement en grand, des transbordeurs Lartigue, dans les pays chauds, de grande culture ou de défrichement, où ils se présentaient en concurrence avec les telphéra-ges de Tenkin. Nous espérons que cette nouvelle
- FIG. 5. — CONTACT ÉLASTIQUE
- application de l’électricité sera couronnée de succès.
- Le principe du transbordeur de Danchell est suffisamment illustré par les figures 1 et 2.
- La voie se compose de deux rails A et B, l’un portant toute la charge, l’autre, B, servant à guider le train et au transport du courant, dont le
- --------fl
- 8. — LOCOMOTEUR A ACTION DIRECTE
- FIG. 7
- retour se fait par la terre. Ces rails sont maintenus I traverses D. Le rail conducteur B est encastré dans parallèles par des châssis C, supportés par des | un bloc de bois B, protégé par un abri de feutre B2.
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- Le locomoteur est constitué par deux châssis métalliques EF garnis de panneaux en bois G, terminés par un angle de 3o° environ destiné à diminuer la résistance de l’air.
- Le haut du châssis est guidé (fig. 3) par des paires de galets I, dont les axes tournent dans les
- crapaudines K fixées sur la tige K,, isolée des châssis EF par des rondelles Ka, K3, et munis de galets L, qui n’interviennent que sur les déclivités.
- Les crapaudines sont lubrifiées par des graisseurs au semi-fluide de Stauffer, qui peuvent durer pendant 200 à 3oo kilomètres. Le graissage des
- boîtes des roues H s’opère au moyen de rouleaux flottant dans l’huile.
- Les galets de contact M (fig. 1 et 4) au nombre
- de deux, sont pressés sur le rail B par des ressorts, ils sont en acier cuivré. Ces galets peuvent être, comme l’indique la figure 5 armés de lamelles
- \\\Jféc37ïicie:
- FIG. 11 ET 12. — TRANSBORDEUR LARTIGUE : VUE PAR BOUT ET PIAN (Echelle 1/10)
- flexibles en bronze phosphoreux, dont la pression et le glissement assurent le contact et la propreté du rail B.
- La dynamo N (fig. 1) actionne l’une seulement des roues N au moyen d’une corde d’acier.
- L’arrêt aux stations s’obtient par une simple interruption du rail B, dont on peut compléter l’ac-
- tion par celle d’un frein N (fig. 6) serré sur l’axe de H par la détente du ressort N3, dès que le courant de l’électro N2, dérivé de celui de la ligne, cesse et lui fait lâcher l’armature Nt.
- Les figures 7 et 8 représentent, affectées des mêmes lettres que les précédentes, un locomoteur dont l’armature P constitue directement, avec son
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- bandage H, la seule roue motrice. Le locomoteur est guidé dans les courbes par l’appui des galets Q sur les guides R. Le faible écartement des roues porteuses H3 rend l’inscription en courbes très facile.
- Les figures 9 et io montrent comment on peut, avec quelques modifications qui se lisent sur le dessin, appliquer le système de M. Danchell à la traction électrique sur une voie ordinaire à deux rails AA.
- On y reconnaît, affectés des mêmes lettres, les organes analogues du locomoteur, dont la dynamo N actionne, par des galets P, les quatre roues motrices H, serrées sur P par les ressorts R.
- Le transbordeur de Lartigue (fig. 11, 12 et i3) est caractérisé, comme on le sait, par l’équilibre des
- FIG. i3. — ÉLÉVATION (Echelle i/io)
- charges de part et d’autre d’un rail unique et surélevé U.
- La dynamo D, du type Siemens D0, commande la roue motrice /, par le train des poulies 1, 2, 3, 4, 5, 6, qui réduit sa vitesse de 1 à 8, de sorte que, la dynamo tournant à 1 200 tours environ par minute, la roue l en fait i5o, et entraîne le locomoteur à une vitesse de 10 kilomètres à l’heure.
- La roue H fait tout simplement fonction de guide dans les courbes.
- Le courant de la génératrice entre dans la dynamo parle rail principal U et en revient par un fil relié aux galets F, appuyés par la bielle c, sur le rail de retour u.
- Le mécanicien peut, à l’aide d'un commutateur et d’un rhéostat, renverser et modérer la marche de l’électromoteur.
- Gustave Richard.
- LA
- DIRECTION DES BALLONS
- PAR L'ÉLECTRICITÉ
- Nous avons déjà donné l’intéressant mémoire publié par M. Gaston Tissandier, à l’occasion de son expérience du 9 octobre i883, et la non moins instructive note présentée par MM. les capitaines Renard et Krebs à l’Académie des sciences sur la rentrée aérienne exécutée dans le parc de Chalais-Meudon par le temps calme du 9 août 1884. Il est bon de donner une opinion raisonnée sur l’ensemble de ces opérations aérostatiques, qui marqueront dans l’histoire de la science, et qui seront certainement suivies par beaucoup d’autres tentatives plus ou moins analogues.
- Les capitaines de Meudon ne donnant point de détails sur la construction d’une pile, dont ils n’ont point été autorisés à publier la composition, nous accepterons leurs chiffres en vertu desquels un poids de 20 kilos leur assure pendant une heure un courant d’une énergie suffisante pour donner 75 kilo-grammètres pendant une heure.
- Leurs expériences les conduisent à déclarer qu’il leur faut 3 chevaux électriques pour donner à leur ballon pendant une heure une vitesse de 5 à 6 Piètres par seconde, nous supposerons 6 mètres. On voit que cette propulsion nécessitera un poids de plus de 60 kilos par heure. Si l’on admet que leur ballon puisse emporter 600 kilos de piles, chiffre qui ne paraît pas de nature à être dépassé, on voit que leur ballon pourra fournir en air calme un chemin de 6 mètres à la seconde pendant 10 heures, soit 216 kilomètres. Comme l’on ne peut doubler la vitesse qu’en octuplant la force motrice, si les capitaines de Meudon voulaient pousser leur ballon avec une vitesse de 12 mètres, il leur faudrait dépenser en une heure de marche l’énergie renfermée dans 480kilos de piles; ils ne pourraient donc soutenir cette allure que pendant une heure et quart et parcourir un chemin total de 54 kilomètres. Ces résultats pourraient être suffisants pour procéder à des reconnaissances aériennes en temps de guerre et revenir au point de départ, ou bien pour rentrer dans une ville assiégée, mais non pas pour exécuter des voyages au long cours. A ce point de vue, il ne peut être question d’employer les piles du 9 août, quelque considérable que soit l’énergie rapportée à l’unité de poids dont on annonce qu’elles ont fait preuve. Mais pour que ces piles puissent être utilisées dans ces circonstances spéciales, il faudrait: i° que le ballon pût s’élever à une hauteur suffisante pour échapper aux projectiles ennemis, c’est-à-dire à une hauteur d’environ 2000 mètres, ce qui réduirait dans une pro-
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- portion notable son pouvoir ascensionnel ; 2° qu’il fût susceptible de garder son équilibre aérostatique dans un air moyennement agité, et que l’on ne fût point obligé d’attendre, pour exécuter les opérations aériennes, des circonstances atmosphériques tout à fait exceptionnelles.
- Pour que l’on puisse se prononcer sur la valeur pratique de l’expérience du g août, il est donc indispensable qu’elle soit recommencée dans les conditions que nous indiquons.
- Le tableau exact que nous donnons de l’intérieur du parc de Chalais-Meudon montre que les expérimentateurs du g août ont eu à triompher de difficultés assez grandes à raison des obstacles qui couvrent le sol, et de la disposition du hangar sous lequel leur aérostat est remisé depuis lors, et que nous représentons dans sa forme générale. Cette forme allongée et peu géométrique de l’aérostat a excité des appréhensions de la part des personnes qui ont étudié l’équilibre des mobiles aériens et qui ne croient pas que l’on puisse dépasser sensiblement l’allongement du ballon de MM. Tissan-dier et Dupuy de Lôme, sans trop sacrifier la sécurité des voyageurs aériens, au désir d’augmenter la vitesse de translation de leur ballon.
- Le souvenir de l’accident arrivé en i855 à M. Henry Giffard qui perdit l’équilibre et faillit périr avec un allongement analogue, semble confirmer ces craintes, quoique les expérimentateurs du g août aient pris la précaution de construire une poche à air pour maintenir leur aérostat en état de parfait gonflement à toute altitude.
- On peut même ajouter qu’il semble résulter du récit de l’expérience du g août que l’allure du ballon n’était pas sans exciter quelques appréhensions, puisque l’on aurait constaté un tangage appréciable malgré le calme de l’air et le peu d’intensité de la vitesse de translation de l’aérostat. Ces mouvements d’oscillation suivant la verticale sont loin d’avoir eu l’intensité qu’ils prennent dans la marche de certains navires cuirassés. Mais ne sont-ils pas plus dangereux dans l’air que sur l’eau, et ne sont-ils pas susceptibles d’augmentation plus rapide ? Telle est la question qui se trouve posée et dont la solution doit être complète avant que l’on puisse considérer l’expérience comme pratique.
- Mais il n’en reste pas moins deux faits considérables qui justifient parfaitement l’émotion publique. Le premier c’est que la rentrée accomplie par l’action d’un propulseur mécanique agissant sur l’air prouve que le point d’appui existe dans l’air, et que l’hélice est un organe qui permet d’en tirer parti. Le second c’est que l’électricité est un agent commode, sans danger, à l’aide duquel on peut déterminer les conditions aéronautiques du problème, et la solution des questions physiques dont l’étude est nécessaire. Il remplace avec beaucoup d’avantage la force humaine dont M. Dupuy
- de Lôme a fait usage. En [effet, les 8 manœuvres pesant 56o kilogrammes n’étaient capables de donner 60 kilogrammètres de travail effectif que pendant quelques minutes sans avoir à se reposer ; ils étaient plus lourds, plus encombrants, d’une application moins continue. De ce côté le progrès est immense. La méthode préconisée par M. Gaston Tissandier, et suivie avec persévérance par les capitaines deMeudon paraît donc susceptible d’applications très sérieuses. C’est un événement pour l’électricité que de voir cette force entrer en ligne, pour l’étude d’une question si difficile. Mais jusqu’à nouvel ordre, et à moins de progrès dans l’accumulation de l’énergie, on ne doit pas pour le moment voir autre chose dans l’expérience du g août. Aller plus loin, serait, dans l’état actuel de la science, s’exposer à de nombreux déboires. Bien que cette journée doive rester mémorable dans les annales scientifiques, il nous paraît nécessaire d’attendre de nouvelles épreuves, que nous espérons prochaines et décisives, avant de donner tort aux conclusions de Giffard quand il disait que la vapeur est le seul agent qui puisse réaliser la direction aérienne.
- W. de Fonvielle.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- DE
- PHILADELPHIE
- Correspondances spéciales
- Malgré l’activité que l’on déploie pour terminer l’installation de l’Exposition d’Electricité, tout n’est pas encore prêt, on continue à se heurter à chaque pas contre un exposant occupé à déballer ses caisses ou des ouvriers en train de mettre en place les machines. Cela rend très difficile l’examen des appareils; aussi, hier lundi, avons-nous profité d’une invitation que nous avait faite M. Edison, pour aller à New-York visiter son laboratoire, ses ateliers et la grande station centrale qui éclaire tout un quartier de la ville.
- Nous avons trouvé le célèbre inventeur dans l’usine Bergmann and C°, 292, avenue B, où se fabriquent les lustres, supports de lampes, commutateurs, montures et autres accessoires se rapportant à ses lampes; ces dernières elles-mêmes, verre et filaments, sont fabriquées à Newark, dans New-Jersey. M. Edison est très simple dans ses manières, comme dans sa mise. Sa figure, presque toujours souriante, est celle d’un homme d’une trentaine d’années et ne ressemble d'ailleurs que de loin aux portraits qui ont été publiés de lui. Un
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- œil très expressif et des cheveux déjà grisonnants lui donnent un caractère tout particulier. M. Edison parle peu, quelques explications nettes, quelques phrases précises lui suffisent pour faire comprendre sa pensée. En véritable Américain, il semble n’avoir pas de temps à perdre en paroles inutiles. Il nous a reçus avec une grande cordialité et nous avons visité d’abord son laboratoire qui vient d’être transporté de Menlo-Park au sixième étage de l’usine dans laquelle nous nous trouvions.
- Le laboratoire est installé sans luxe, nous dirons même avec une simplicité presque primitive. C’est un étage de fabrique que l’on a divisé par des cloisons en bois en plusieurs pièces. Dans un coin est une toute petite chambre soigneusement fermée aux indiscrets et qui constitue le laboratoire particulier de M. Edison; à côté, une pièce contenant des fourneaux pour les calcinations ; là une salle remplie des produits chimiques les plus divers dont M. Edison se sert pour les recherches du genre de celles qui l’ont mené à l’invention de l’électromo-tographe; ici une autre salle où sont installés divers appareils pour les expériences courantes. Partout nous avons retrouvé soit sur des planches placées contre les murs, soit dans des vitrines spéciales, les modèles d’essai de tous les appareils actuels de M. Edison. Phonographes de forme grossière et primitive, premiers types de téléphones, télégraphes de toutes sortes, régulateurs, etc. ; ce vaste cimetière d’appareils d’essai, désormais inutiles, entoure le visiteur de tous côtés, comme pour attester une fois de plus l’immense travail qu’exige toute invention avant de devenir viable. En ce moment, M. Edison s’occupe presque exclusivement d’éclairage. Il cherche toujours à perfectionner son système, non pas tant au point de vue de la lampe elle-même qu’à celui de l’organisation générale. Il s’occupe également de lampes à arc, car on a reconnu en Amérique que les lampes à incandescence ne peuvent être appliquées avantageusement à l’éclairage des rues et il voudrait avoir à lui un bon régulateur avec lequel sa Société puisse lutter contre les lampes encore défectueuses que l’on emploie aujourd’hui. M. Edison tient cependant en réserve quelques inventions nouvelles et il nous a promis de nous les montrer à une prochaine occasion.
- Comme la visite des différents ateliers et de la station centrale est très longue, puisqu’elle nous a pris près de 5 heures, M. Edison a chargé de nous accompagner dans ces divers endroits un de ses ingénieurs, M. Meadewcroft, et c’est sous la conduite de ce dernier que nous avons parcouru les usines et la station centrale.
- L’usine où se fabriquent les montures et accessoires des lampes est une fabrique très bien montée, munie d’un excellent outillage, mais ne présente rien de bien particulier au point de vue électrique. Nous y avons cependant remarqué, dans
- la salle de vente, un régulateur automatique destiné à faire varier la résistance du circuit quand le nombre des lampes en action varie. Son fonctionnement est très régulier. Il est d’ailleurs employé dans la distribution générale.
- La fabrique de Goreck-Street où se font les machines est plus importante. Les immenses raboteuses et les puissants tours employés pour travailler les pièces des grosses machines, la précision et la facilité avec lesquelles se fait l’embobinage des armatures, lui donnent un intérêt particulier. Mais l’usine qui nous a le plus intéressés a été sans contredit la station centrale de Pearl Street.
- Là se trouvent 8 grandes machines du même type que celles qui sont à la station centrale de Milan. Six d’entre elles sont placées dans la grande salle des machines; les deux autres, un peu plus fortes, de i 5oo lampes chacune, sont dans une autre pièce. Chaque machine est mue par un moteur à vapeur de i5o chevaux. La vapeur est fournie par quatre chaudières. Actuellement ces machines ne fonctionnent pas toutes; dès que l’hiver sera arrivé, la consommation augmentant, les huit machines devront être mises en marche. Le nombre des lampes installées dans le district qu’alimente la station est d’environ i3ooo; mais il n’arrive jamais que toutes fonctionnent à la fois.
- Une chose qui frappe dans l’installation de la station, c’est la façon simple et presque grossière dont elle est faite. Les machines sont entassées les unes sur les autres; il y ajuste assez de place pour circuler autour : rien n’a été fait pour donner de l’œil à l’établissement, qui a l’air d’une installation provisoire, mais la construction est bonne, les communications sont très soignées et tout fonctionne parfaitement. Cela suffit; en Amérique on n’en demande pas plus.
- Parmi les dispositifs spéciaux servant au fonctionnement de la distribution, nous remarquons d’abord une série de lampes qui servent à mettre les machines en marche ; on lance d’abord le courant dans ces lampes, puis, mettant les bornes de la machine en relation avec la canalisation extérieure, on éteint peu à peu les lampes à la station, io par io, de manière à graduer le débit dans le circuit extérieur.
- Un autre dispositif est celui qui sert à maintenir le courant constant dans les inducteurs. Il consiste en 8 rhéostats, un pour chaque machine, intercalés dans ce circuit ; un galvanomètre en dérivation indique les variations du courant et un employé agit par une manivelle sur tous les rhéostats, de manière à maintenir toujours l’aiguille du galvanomètre dans le voisinage du zéro.
- Nous signalerons encore un potentiomètre destiné à mesurer deux fois par jour la pression aux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- extrémités des conduites principales d’alimentation et à s’assurer ainsi qu’il ne s’est pas produit de perte dans la canalisation. Des fils mettent les extrémités des conducteurs en relation avec la chambre d’essais, et les mesures se font très facilement.
- Le nombre des abonnés de la station est actuellement de 575. Chez chacun d’eux est placé le compteur électrolytique à lames de zinc, qui a été déjà décrit dans La Lumière Electrique. Chaque mois les lames sont pesées et la note du client établie d’après la quantité de zinc consommée; le prix est fait de manière qu’à lumière égale l’éclairage électrique revienne au même prix que le gaz ; ce dernier se paie à New-York 11 fr. 83 les mille pieds cubes. Ce mode de faire, les comptes implique naturellement des employés dont la besogne unique est de peser les zincs des abonnés. Cette opération se fait très exactement et très régulièrement.
- D’ailleurs des vérifications ont été faites, à propos de doutes élévés par des abonnés sur l’exactitude du mode de comptage. Chez MM. Drexel et Morgan, par exemple, on a, pendant un temps donné, fixé au-dessous de chaque bec électrique une carte sur laquelle chaque employé écrivait l’heure à laquelle il ouvrait la clef et l’heure à laquelle il la fermait. Le courant étant maintenu constant, le temps du fonctionnement permettait de connaître la quantité d’électricité dépensée. Or, le résultat trouvé de cette manière a été le même que celui donné par le compteur.
- Un autre client, s’imaginant que la Société faisait seulement semblant de se servir du compteur et réglait ses comptes d’après les consommations de gaz des années précédentes, avait fait une vérification du même genre, mais il avait donné ordre à ses employés de réduire à moitié la consommation de lumière. Il s’attendait à voir la note s’élever au même chiffre que la note de gaz du même mois de l’année précédente ; mais le compteur dévoila la supercherie et la note présentée fut exactement semblable à celle qu’avait dressée, d’après la durée du fonctionnement, le client lui-même.
- En un mot, la station centrale de New-York nous paraît en plein fonctionnement pradque, et si les bénéfices accusés sont réels, cela permet d’espérer pour ce genre d’éclairage un prochain développement.
- Aug. Güerout.
- P.-S. — Hier sont arrivés à Philadelphie un certain nombre de membres du Congrès de l’Association Britannique. Parmi eux, nous citerons sir William Thomson, et MM. W.-H. Preece et G. Forbes.
- Philadelphie, le 9 septembre 1884.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- QUELQUES NOUVELLES A PROPOS DE L'ÉCLAIRAGE
- électrique. — Depuis un certain ternes le laboratoire des munitions de guerre à Spandau est éclairé avec des lampes à incandescerice. Cette résolution a été prise non seulement pour diminuer les dangers d’incendie dans les salles remplies de matières explosibles, mais aussi et sùrtout à cause d’une circonstance assez intéressante pour être détaillée. Dans la fabrication de certaines amorces la matière fulminante (formée par du fulminate de mercure) doit être étendue sur de petites plaques de métal, de façon à former une couche égale et lisse, afin que l’effet soit toujours le même. Pour s’assurer si cette égalité a lieu on a recours à un rayon de lumière réfléchi obliquement par la surface que l’on veut contrôler. De cette manière, chaque inégalité se trouve indiquée par un point obscur dans la matière fulminante. Ce mode de contrôle, qui d’ailleurs se fait très vite, n’était possible jusqu’ici que pendant le jour, car avec l’éclairage au gaz les points noirs dangereux échappent à l’observation. L’éclairage électrique remplace parfaitement dans ce cas particulier la clarté du jour, de sorte que maintenant le contrôle peut être continué le soir.
- On comprend aisément l’avantage énorme qui, en temps de guerre, pourrait résulter de cette circonstance qui permet d’utiliser pour le travail les heures de nuit.
- Dans la salle de contrôle et dans quelques autres pièces, les lampes sont installées tout près des ouvriers, mais pour les salles, dans lesquelles de grandes quantités de mercure fulminant sont emmagasinées, on a trouvé bon de placer les lampes en dehors des fenêtres. Cette disposition a été prise malgré les garanties contre l’incendie qu’offrent les lampes à incandescence puisque, comme on le sait, il y a des matières explosibles qui éclatent, non seulement par suite d’une étincelle ou d’un choc soudain, mais aussi par suite de l’explosion de quelque autre corps dans le voisinage. La rupture possible d’une lampe à incandescence dans la salle aurait donc pu amener l’explosion du matériel tout entier, et on a très bien fait de chercher à éviter ce danger.
- Dans les fabriques dont les salles renferment en suspension une poussière inflammable, qui pourrait facilement accasionner des explosions (dans les moulins, par exemple), on a recours depuis quelque temps à l’éclairage à incandescence. La * Ber-liner Velvet Fabrik » a établi cet éclairage dans les salles de fabrication dont l’air est 1 empli de parti-
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- cules d’étoffe. L’installation est composée de ioo lampes de 16 bougies distribuées dans les bureaux et dans les salles de fabrication. De plus, les métiers sont munis de lampes à incandescence attachées à des bras mobiles.
- Dans quelques jours la « Société Edison » inaugurera enfin sa station dans la Rue Friederich et alors les trois grands restaurants « Café Bauer »,
- « Restaurant Poppenberg » et les « Kaiserhallen » se trouveront brillamment éclairés à la lumière électrique. La station comprend à peu près 2000 lampes de 16 bougies chacune, alimentées par quatre dynamos de 5oo lampes et trois dynamos de six foyers à arc.
- Depuis quelques jours le restaurant « Kaiserhallen » fait pendant la journée l’essai du nouvel éclairage à l’aide de machines placées dans le sous-sol, et comme les salles ne reçoivent que peu de lumière naturelle par les fenêtres, on peut déjà se rendre compte de l’effet produit qui sera des plus satisfaisants.
- Dans les lustres en fer et cuivre dont les bras supportent les lampes à incandescence on à ménagé quelques conduites pour le gaz au cas où l’électricité viendrait à faire défaut. Chaque lampe peut être intercallée séparément dans le circuit à l’aide d’une petite clé — tout comme une clé de gaz — une autre clé allume ou éteint de suite le lustre en entier.
- La Société Stædtische Electncitæts-Werke, s’est déclarée prête à entrepcndre l’éclairage de la rue Leipzig et de la place Potsdam dès le icr octobre i885, à condition que les autorités municipales lui permettent de s’élargir à l’ouest en dehors du rayon de 800 mètres concédé par le contrat. Cette demande sera sans doute accordée puisque le terrain en question appartient à la plus importante partie de la ville de Berlin. Plusieurs installations d’une grande étendue sont déjà projetées ; dans la rue Wilhelm, le Palais du prince de Bismark, le grand hôtel de Kaiserhof, le « Architec-tenhaus », dans la rue Leipzig, l’édifice du Reichstag, le ministère de la guerre, dans la rue Voss, la Banque nationale, etc. Au palais du prince Friedrich Karl dans la rue Wilhelm, on travaille à l’installation de 1 5oo lampes à incandescence alimentées provisoirement par des machines placées dans les caves.
- EMPOISONNEMENT PAR LA RESPIRATION DES VAPEURS
- nitreuses. — Dans les piles nommées constantes, — comme celles de Bunsen et de Grove par exemple — on empêche une polarisation rapide en entourant l’électrode d’acide nitrique qui, par oxydation de l’hydrogène libre forme de l’eau. Cette oxydation correspond à une réduction de l’acide nitrique, de sorte qu’on obtient un dégagement des vapeurs nitreuses. j
- La respiration de ces vapeurs acides peut avoir des conséquences graves pour la santé et même mettre la vie en danger. Plusieurs cas d’empoisonnement par ces gaz ont été observés dans les hôpitaux de Bonn et de Halle.
- Une jeune fille qui avait porté dans la rue un vase de métal contenant de l’acide nitrique et en avait respiré la fumée, mourut en 12 heures avec tous les symptômes de l’asphyxie.
- Un autre cas à mentionner est l’empoisonnement progressif d’un jeune chimiste, qui avait travaillé pendant quelque temps avec de l’acide nitrique fumant. Son rétablissement fut de longue durée.
- Le médecin de l’hôpital de Bonn croit que rien ne dément la supposition que les fumées vont au cerveau, comme Binz l’a prouvé pour l’iode, le brome, le chlore et l’ozone.
- Bien que, dans les cas cités, l’empoisonnement n’ait pas eu lieu par les fumées de piles alimentées par l’acide nitrique, il est néanmoins nécessaire de prendre des précautions en employant ces piles, vu les propriétés toxiques des vapeurs. Le cas du jeune chimiste nous fait voir qu’un empoisonnement peut facilement résulter de l’emploi inattentif continu d’une batterie Bunsen ou Grove.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LA FABRICATION DES FILAMENTS DE SWAN. —
- M. J. W. Swan a dernièrement imaginé un nouveau procédé de fabrication des filaments pour lampes à incandescence. La difficulté de la préparation consiste à donner à ces filaments une surface de section uniforme, et en même temps une texture homogène et solide. Dans le nouveau procédé, on fait passer une matière qui se laisse carboniser amenée à un état plastique à travers un trou dans un moule, de manière à en former un filament de la longueur et de la section transversale voulues, mais d’une substance entièrement homogène. La matière employée par M. Swan est une solution de nitro cellulose dans de l’acide acétique ou dans tout autre dissolvant, mais on peut aussi se servir de la nitro-cellulose seule, après l’avoir rendue malléable par la chaleur.
- Une fois qu’ils ont passé par le moule, les filaments malléables sont reçus dans de l’alcool (de 70 ou 80 pour 100 d’esprit), afin de leur donner plus de consistance. Les figures 1 et 2 représentent l’appareil construit par M. Swan pour son procédé; la figure 1 en donne l’élévation, et la figure 2 une coupe verticale. Le corps de l’appareil se compose d’un fort cylindre en métal A, fermé par un couvercle B, maintenu par un chapeau C, fortement vissé, afin de comprimer la garniture D, et de former j un joint étanche. Un tuyau E, partant du réser-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- voir d’une pompe à comprimer l’air, est fixé à la pièce F, à travers laquelle le canal G conduit à l’intérieur de A, qui est doublé d’un cylindre en verre H, se terminant par une pièce pointue ou bec h avec une ouverture mince, qui dépasse le fond de A. Une doublure en plâtre ou en toute autre matière de même nature, maintient le cylindre en verre à sa place. Au moyen du bouchon à vis J on peut fermer le canal G pendant la compression de l’air par la pompe attachée au tuyau E. L’appareil est supporté par un pied K, de sorte que le bec h se trouve immédiatement au-dessus d’un réservoir L qui contient de l’alcool, et, en sortant
- FIG. I ET 2
- du bec ou du moule h, les filaments malléables tombent dans le liquide.
- Il est aisé de comprendre le fonctionnement de l’appareil. On introduit une certaine quantité de la matière carbonisable dans le cylindre A qui est ensuite bien fermé. Le bouchon J est également vissé à fond et l’air est introduit dans le réservoir de la pompe jusqu’à ce qu’on ait obtenu une pression suffisante; on ouvre alors le bouchon J pour forcer la matière à passer dans l’alcool à travers le moule.
- Après avoir formé le filament de cette manière, M. Swan le traite avec une solution d’hydrosulfate d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il ne puisse plus faire explosion en brûlant; il le lave alors avec de l’eau, le sèche et lui donne la forme qui convient pour les
- lampes à incandescence. Le filament est ensuite carbonisé par les procédés ordinaires et scellé dans les globes.
- A ce propos je puis mentionner que MM. Wood-house et Rawson se sont rendus acquéreurs des brevets anglais pour argenter les globes des lampes à incandescence. Quand un côté d’un globe est argenté, il agit comme un réflecteur, et si la lampe est placée contre un mur, la lumière sera projetée dans l’appartement au lieu de servir seulement à éclairer le mur. Dans le même ordre d’idées ont peut argenter le sommet ou le fond d’un globe si on désire projeter la lumière en bas ou en haut.
- LES LAMPES A INCANDESCENCE POUR LA PHOTOMICROGRAPHIE. — Les constructeurs de microscopes en Angleterre, se sont occupés de substituer
- la lumière à incandescence à la lampe ordinaire à huile dont on s’est servi jusqu’ici pour le microscope, non seulement pour éclairer les objets le soir, mais également pour les photographies. Comparé avec la lumière d’une lampe ordinaire, le filament donne des rayons plus blancs et d’une plus grande puissance actinique; on peut donc abréger le temps d’exposition de l’objet dans la photomicrographie. De plus, la lumière électrique n’échauffe pas autant et, en la rapprochant de l’objet, on obtient une image plus exacte et les contours de l’objet sont plus nettement définis.
- La lampe principalement employée chez nous est une lampe miniature fabriquée par MM. Maw-son et Swan, de Newcastle on Tyne, et par la Compagnie Edison-Swan. Cependant MM. Wood-house et Rawson ont également construit une lampe miniature utile qui ne demande que très peu de courant. Les figures 4 et 5 représentent, en grandeur naturelle, la forme généralement adoptée pour ces lampes. La figure 3 représente le modèle de la Compagnie Edison, et les figures 4 et 5 ceux de la maison de Newcastle. Les supports sont en
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- ébonite et le contact s’établit en les glissant dans les chandeliers au moyen de pièces de contact encastrées dans l’ébonite. La figure 5 représente un modèle de globe spécialement adopté pour les microscopes, et on peut le placer presqu’en contact avec le côté inférieur de la glissière pour l’objet. Elle donne une lumière d’environ trois quarts de bougie. La lampe représentée par la figure 4 donne de 1 à 2 bougies, et le courant de 3 grands éléments Bunsen suffit pour alimenter ces deux lampes d’une manière satisfaisante.
- Ces lampes peuvent être employées directement sans intervention de lentilles, au moins pour tous les grossissements au-dessous de 4mm. La lampe doit être placée près de l’objet et on se servira d’un diaphragme pour exclure toute lumière de l’extérieur. L’emploi direct de la lampe ne donne cependant jamais un résultat tout à fait satisfaisant, à moins qu’elle ne soit construite de telle sorte que la courbure du filament de charbon forme à peu près le centre de la convexité du globe en verre qui le renferne. On peut cependant éviter l’aberration en aplatissant les deux côtés opposés du globe. Pour des grossissements de plus de 4mm, il est préférable d’interposer une lentille achromatique.
- Le filament doit être porté à une incandescence blanche pour photographier un objet et le temps d’exposition devrait être un peu plus long qu’avec la lumière solaire. L’intensité de là lumière peut être réglée par l’intercalation dans le circuit de quelques pieds de fil fin, ou bien par un rhéostat.
- un accumulateur portatif. — L’expérience a démontré qu’un petit accumulateur convient mieux qu’une pile primaire pour fournir le courant à ces petites lampes pour microscopes. On peut le rendre plus compact; il ne dégage aucune odeur nuisible et il est plus facile à manier. L’accumulateur peut toutefois être chargé par une petite pile primaire placée dans un laboratoire ou dans une dépendance quelconque.
- Le docteur W.-F. Mercer a imaginé un accumulateur pour ce service; il se compose d’une boîte en bois, de 12 pouces de long et 6 de large, avec une profondeur de 7 pouces, mesures extérieures. Le bois est d’une épaisseur de 19 m/m, les deux parties de la boîte s’assemblent l’une dans l’autre et sont, avant le montage, enduites de baume de Canada dissous dans de la benzine. L’intérieur de la boîte est divisé en deux compartiments par une cloison et couvert partout de quatre à cinq couches de vernis épais d’asphalte, chaque couche ayant été séchée séparément.
- Les plaques de plomb employées dans l’élément ont la forme représentée par la figure 6, où A et B montrent deux projections pour fixer et relier les plaques. Celles-ci ont une épaisseur de 1/8 pouce,
- à l’exception d’un rebord 'étroit tout autour, qui a 1/4 pouce d’épaisseur. Les trous ont 5/i6 pouce de diamètre et devraient être à peu près équidistants l’un de l’autre. Les plaques formant des pôles de même nom sont reliées ensemble *u moyen d’une tige métallique qui traverse les trous en A et se trouve fixée par des chevilles de plomb. La plus petite projection, B, sert à fixer les plaques au couvercle de l’élément au moyen d’une aiguille en bois qu’on passe à travers le trou.
- Seize plaques, — huit par compartiment — (4 positives et 4 négatives) sont fixées au couvercle à une distance de 3/8 pouce l’une de l’autre, et à un demi-pouce au-dessus du fond de l’élément. Cette dernière disposition a été prise pour empêcher les plaques d’être mises en court circuit par des dépôts au fond de l’élément. Les trous des plaques sont remplis d’une pâte de minium et d’acide sulfurique étendu (2 parties d’acide pour 5 parties d’eau).
- La solution dans laquelle les plaques plongent se compose d’une partie d’acide sulfurique dans 10 ou 12 parties d’eau.
- Pour former l’accumulateur, on le fait traverser pendant plusieurs jours par le courant d’une dynamo qu’on a soin de renverser deux à trois fois par jour.
- L’accumulateur préparé est alors chargé avec quatre grands éléments Bunsen, et donnera avec une lampe comme celle dont nous venons de parler, une lumière suffisante pour la micrographie pendant trois heures de suite.
- De temps en temps il faut laver les plaques dans de l’eau courante et nettoyer le réservoir.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur une nouvelle forme du photomètre de Bunsen, par M. le docteur Hugo Krüss.
- Le photomètre à tache de Bunsen est de tous les appareils de mesure photométrique celui dont l’emploi est le plus fréquent. M. Casselmann, qui en a donné dès i8q3 la première description détaillée, avait fait des expériences qui ont permis d’obtenir avec ce photomètre des résultats bien plus exacts qu’avec les appareils de Rumford et de Ritchie.
- Le photomètre à ombres de Rumford n’est plus employé aujourd’hui pour les mesures de précision à cause de sa trop grande inexactitude et le photomètre de Foucault, très répandu en France, est le seul des instruments de ce genre dérivés du système Bouguer qui soit pris en considération.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Jusqu’ici le photomètre de Bunsen a été employé plus fréquemment que celui de Foucault dans l’industrie du gaz (*) et on paraît même s’en être également servi dans la plupart des cas de l’élec-trotechnique par cette raison, mise en avant déjà par Gasselmann comme un des avantages de l’appareil, que la différence de couleur des deux sourcés lumineuses à comparer était moins nuisible que dans les autres instruments.
- Quand il s’agit de déterminer la puissance lumineuse de' fortes lampes à arc électriques, on sait que la principale source de difficultés provient de la grande différence de couleur qui existe entre la lumière électrique et la flamme de gaz, d’huile ou de pétrole qui sert de comparaison. Les deux surfaces du photomètre dont il faut comparer les intensités lumineuses sont colorées d’une manière très différente par les deux sources lumineuses, et presque tous les observateurs qui se servent du photomètre de Foucault déclarent que cette coloration différente des deux moitiés de l’écran du photomètre est d’un effet nuisible pour la mesure de l’intensité de la lumière électrique. Si cet inconvénient est moindre avec le photomètre de Bunsen, cela est peut-être dû à ce que dans ce cas il ne s’agit pas seulement de comparer l’intensité de deux surfaces éclairées pàr les deux sources lumineuses, mais qü’ôn a un nouveau point de repère pour le bon réglage de l’écran du photomètre, en comparant des deux côtés de l’écran la netteté des limites de la tache de paraffine avec le papier non graissé. L’observation dé ces limites permet, malgré leur différence de coloration, avec une certaine habitude du photomètre de Bunsen, de supprimer entièrement les différentes impressions de couleur des deux côtés éclairés et d’obtenir un réglage plus exact qu’avec le photomètre de Foucault.
- Malgré cet avantage tout en faveur du photomètre de Bunsen, cet instrument a toujours un défaut très sérieux que l’on a vainement essayé de supprimer et qui fait qu’on lui préfère souvent le photomètre de Foucault; en effet, dans ce dernier, les deux surfaces éclairées qu’il s’agit de comparer se rencontrent sur une ligne bien définie, tandis que dans le photomètre de Bunsen il faut comparer les deux côtés du même écran de papier.
- Ces inconvénients se présentent du reste toujours dans les différentes dispositions basées sur le principe de Bunsen et ces raisons m’ont déterminé à proposer un mode de construction qui sera peut-être bien accueilli, sans [vouloir toutefois prétendre qu’on ne trouvera pas un jour une autre solution ^meilleure.
- La construction du photomètre de Bunsen repose, comme on le sait, sur le fait qu’une tache de
- (') En Allemagne. En France les gaziers emploient princi paiement un appareil dérivé de celui de Foucault.
- graisse sur un morceau de papier, lorsqu’on la regarde par transparence, paraît brillante sur fond noir et sombre sur fond blanc lorsqu’on la regarde par reflexion. On peut donc en conclure que si le papier est éclairé de la même manière des deux côtés, la tache de graisse ne sera d’aucun côté, ni blanche sur fond noir, ni noire sur fond blanc, en d’autres termes qu’elle disparaîtra complètement. Ceci aurait lieu en effet si la lumière qui frappe l’écran , de papier n’était décomposée qu’en deux parties, l’une réfléchie, et l’autre passant à travers le papier; mais quand l’écran est placé exactement au milieu entre deux sources lumineuses d’une intensité égale, on voit que la tache de graisse ne disparaît pas complètement, mais paraît noire sur un fond blanc, parce que la lumière qui tombe sur l’écran n’est pas décomposée en deux, mais bien en trois parties dont la troisième est absorbée et cela d’une manière différente par le papier graissé et le papier non graissé.
- Il- y a donc trois manières importantes de régler l’écran du photomètre : celles qui font disparaître la tache à gauche ou à droite, et celle' dans laquelle elle se détache nettement des deux côtés sur le papier non graissé. L’examen mathématique montre qu’avec ce dernier mode de réglage le rapport de l’intensité se trouve déterminé directement par la loi du carré de la distance. Avec les deux autres réglages, au contraire, le rapport des intensités doit être calculé d’après la moyenne géométrique des deux positions où la tache disparaît à droite et à gauche.
- La disposition du photomètre de Bunsen, imaginée par Desaga et très employée autrefois, n’utilise, comme on le sait, qu’une seule des trois positions , c’est-à-dire celle dans laquelle la tache disparaît d’un côté seulement de l’écran de papier. Si nous désignons celui-ci comme côté d’avant, une petite flamme de gaz qui sert de source lumineuse secondaire, se trouve alors derrière l’écran à une distance constante et se déplace avec lui. En tournant ce côté successivement vers l’une ou l'autre des deux sources lumineuses à comparer, on le dispose chaque fois à une distance qui fait disparaître la tache.
- Mais si cette disposition peut être utilisée dans l’industrie du gaz où il ne s’agit en général que d’intensités comparativement peu différentes et de sources lumineuses à peu près de la même couleur, il est impossible de l’utiliser en électrotechnique, parce que les sources lumineuses à comparer ne peuvent se déplacer avec l’écran de papier et leur différence de couleur est trop grande pour que la tache puisse disparaître. En outre de ces considérations, l’emploi de ce photomètre est rendu encore plus difficile par la source lumineuse secondaire dont il faut assurer la constance par des moyens spéciaux.
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- Le photomètre différentiel de Zenger, d’une théorie intéressante, présente, en réalité, les mêmes inconvénients, l’écran en papier est ici fixé dans une ligne au milieu de l’angle droit formé par les deux;mètres sur lesquels les sources lumineuses sj déplacent. De plus, les foyers dont il faut mesurer l’intensité doivent s’avancer vers l’écran pour obtenir le réglage, ce qui est pratiquement impossible avec beaucoup de sources lumineuses comme des lampes à arc, par exemple, sans considérer qu’il faudrait, dans ce cas, avoir recours à l’aide d'une autre personne ou à une disposition mécanique compliquée et par conséquent coûteuse.
- La disposition dü photomètre de Bunsen proposée parM. Riidorf, est la plus répandue. L’écran P (fig. i) et la tache F sont placés sur une ligne au milieu d’un angle de 140° formé par les deux miroirs S, et Sa : l’œil de l’observateur voit donc
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- à la fois dans les deux miroirs, les images des deux côtés de l’écran de papier et peut ainsi comparer leurs intensités relatives.
- Pour cette disposition, on ne se sert, en général, que d’un seul réglage de l’écran photométrique entre les deux sources lumineuses L, et L2, celui pour lequel l’écran est éclairé également des deux côtés et à les images F, et F2 de la tache F, paraissent également noires sur un fond clair.
- La question de savoir pourquoi on n’abandonnerait pas la tache pour se servir simplement du photomètre de Foucault s’impose ici, puisque le critérium de la disparition complète de la tache n’est pas utilisé, mais la réponse a déjà été faite plus haut en disant que l’observation des limites de la tache permettait d’arriver à un réglage plus exact.
- Malgré tous ses avantages, la disposition Rüdorf présente cependant deux inconvénients. Si la distance entre la source lumineuse et l’écran n’est pas très grande, comparée aux dimensions du papier, les rayons ne frapperont pas toutes les parties à
- peu près perpendiculairement et l’éclairage de toute la surface ne sera pas uniforme.
- Il s'ensuit que dès que l’œil se déplace un peu à droite ou à gauche de la ligne du milieu, le réglage de l’écran change, bien qu’il soit facile de fixer la position de l’œil au moyen d’un oculaire avec une ouverture moyenne à travers laquelle on regarde.
- Le deuxième inconvénient, beaucoup plus grave, repose dans le fait que les deux images de la tache F à comparer F, et F3 sont très éloignées l’une de l’autre. Par la disposition en question, il est impossible d’éviter cet inconvénient, puisqu’il est nécessaire de placer la tache de graisse à une assez grande distance de l’arête de l’angle des miroirs, à cause des ombres projetées sur l’écran par les mi-
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- roirs mêmes. Mais même si on.arrive avec l’habitude à faire des observations assez exactes, la nécessité de comparer deux surfaces éloignées suffit souvent pour empêcher l’emploi du photomètre de Bunsen et pour faire donner la préférence à celui de Foucault.
- Depuis longtemps j’ai cherché et j’ai trouvé le moyen de combiner les avantages que présente la tache de graisse du photomètre de Bunsen avec ceux du photomètre de Foucault qui consistent dans la comparaison de deux surfaces se touchant sur une ligne définie. M. Hefner-Alteneck a dernièrement publié la description d’une disposition analogue qui m’a décidé à réaliser mon idée et à la soumettre aux hommes compétents.
- M. Hefner-Alteneck remplace les deux miroirs placés derrière l’écran par deux prismes qu’il dispose en avant de l’écran. L’œil de l’observateur qui se trouve devant l’appareil aperçoit en même temps dans les prismes par réflexion les deux côtés de
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- l’écran. Il évite ainsi l’espace nuisible qui se trouve dans l’ombre des deux miroirs, l’écran de papier peut être utilisé directement au bout de la ligne formée par la jonction des deux prismes et les deux champs éclairés et leurs images se touchent donc absolument. Dans la figure qui représente la disposition de M. Hefner-Alteneck, l’axe optique du photomètre ne traverse cependant pas cette extrémité de la ligne, mais elle s’en écarte un peu; il serait naturellement facile d’obtenir ce résultat en déplaçant les prismes un peu.
- Mais la disposition de Hefner-Alteneck a l’inconvénient que les images des deux côtés de l’écran sont produites par la réflexion dans un prisme. Il s’ensuit que les images paraissent un peu modifiées (comme on le sait, les lignes droites forment des images un peu courbées) et surtout qu’il se produit aussi un changement des couleurs qui doit nécessairement produire des bords colorés même avec l’angle de près de 3o degrés des prismes représentés dans la figure. Il ne serait guère pratique de choisir un angle beaucoup plus réduit, parce que les images seront alors trop inclinées l’une vers l’autre et par conséquent difficiles à observer.
- Je me suis donc exclusivement servi de la reflexion pour ma construction par l’emploi de deux prismes réflecteurs I et II. L’écran de papier P (fig. 2) est placé dans la prolongation du plan médian sui vant lequel les deux prismes se rencontrent. L’angle formé par deux surfaces des prismes est choisi de façon que les rayons qui tombent perpendiculairement sur la surface A, du prisme I et qui proviennent de tous les points de l’écran, entre a et b sont réfléchis en B4, C, et A, et surtout du prisme perpendiculairement sur la surface D,. Les rayons passent de la même manière' dans le prisme IL Un tuyau d’une longueur variable selon la vue de l’observateur peut être placé en avant des surfaces D, et D2 qui se rencontrent à un angle défini ; au bout de ce tuyau il se trouve un oculaire à petite ouverture qui fixe la position, de l’œil de l’observateur dans le plan de l’écran.
- L’œil voit alors le champ optique partagé en deux moitiés par la ligne de séparation a des deux surfaces D, et D2; à droite se trouve l’image du côté droit de l’écran éclairé par l’une des sources lumineuses Lt. L’image du côté gauche de l’écran éclairé par l’autre source lumineuse La se trouve à gauche. L’image de a tombe ainsi dans la ligne médiane a et celles de b dans les limites latérales .du champ optique B, et B2.
- Si l’on fait passer l’axe optique du photomètre à travers le point a perpendiculairement au plan de l’écran en graissant le papier de a à c sur l’écran, alors Yi et y2 représentent les images des bords de la tache de graisse. Par un réglage exact du photomètre, il y a donc un éclairage parfaitement
- égal des deux côtés de la ligne médiane et ce réglage est devenu très commode par le fait que les surfaces à comparer sont placées immédiatement à côté l’une de l’autre.
- Les expériences ont démontré qu’on peut obtenir un réglage très sûr et très exact avec ce photomètre. Il est facile de transformer l’appareil en un photomètre Foucault en employant un écran de papier non graissé ou simplement en déplaçant l’écran, de sorte que la tache se trouve en dehors de l’espace actif a b, et on peut ainsi s’assurer de ce que les résultats du photomètre de Foucault sont beaucoup moins exacts que ceux du photomètre à tache de graisse de Bunsen.
- Quelques expériences de M. Shelford Bidwell &
- l’appui d’une interprétation du phénomène de
- Hall, par M. A. Leduc (/).
- M. Bidwell explique le phénomène de Hall par les effets combinés de la traction exercée sur le conducteur d’un courant placé dans un champ magnétique et du phénomène de Peltier.
- L’expérience de M. Hall est répétée au moyen d’une lame de fer très mince fixée sur verre; puis, sans rien changer à la disposition, on attache avec de la cire un cordon au milieu de la lame. En tirant ce cordon, on obtient une dérivation galva-nométrique, comme lorsqu’on anime un électroaimant. Mais l’effet est faible : pour l’amplifier, on serre la lame de fer entre deux lames de sapin formant une sorte de sandwich que l’on fixe sur un plancher au moyen de quatre écrous. Si l’on presse avec le doigt le milieu de l’un des côtés du sandwich dans le plan de la lame, le galvanomètre indique un courant dans le sens de la pression exercée. Même expérience et résultat inverse avec le platine.
- M. W. Thomson a observé (i856) que, si l’on chauffe le contact de deux fils de cuivre dont l’un est tendu, il se développe un courant thermoélectrique allant au point chauffé de la partie tendue à la partie libre. C’est l’inverse pour le fer.
- M. Bidwell prend une lame de fer AB (fig. 1), dont les parties D E. C F sont serrées entre deux blocs de bois. D E est fixe et l’on exerce au moyen d’un levier une traction latérale sur C F.
- L’application suivant CD d’une lame de verre chauffée détermine un courant de même sens que si la traction avait été longitudinale. Ce courant est assez intense si l’on remplace le fer par’le zinc.
- M. Bidwell admet que sous l’influence de la
- (') Journal de physique d’après le Philosophical Maga zinc, 3e série, t. XVIT, p. 2R9, 1884.
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- traction qu'elle subit dans le champ magnétique, la lame métallique prend une forme légèrement contournée et se divise en six parts, dont trois sont comprimées et les trois autres dilatées (fig. 2). Il s’appuie sur ce que les extrémités de la lame débordant les armatures de l’électro-aimant subissent bien moins son influence que la partie centrale.
- J’ajouterai toutefois que j’ai obtenu des effets considérables alors que l’intensité magnétique était sensiblement la même aux extrémités de la lame qu’en son milieu. J’ai obtenu le phénomène au moyen d’une lame carrée de om,oi3 de côté placée entre deux armatures plates de om,o8 de diamètre.
- Admettons cette déformation et supposons qu'un courant aille de C en D. Là où le courant passe d’une partie dilatée à une partie comprimée, il y a échaulFement s’il s’agit du fer. et refroidissement si l’on opère sur le cuivre, de sorte que la lame se trouve divisée en quatre régions dont deux sent plus chaudes que les deux antres. De là résulterait,
- suivant M. Bidwell, l’inclinaison des lignes équi-potentielles dans le champ magnétique.
- Ce qui semble confirmer cette opinion, c’est que tous les métaux positifs de M. Hall se comportent comme le fer dans l’expérience de Thomson, et les métaux négatifs comme le cuivre. Quelque remarquable que soit ce rapprochement, il me paraît difficile d’admettre qu’une traction assez faible pour ne pas rompre une lame de bismuth par exemple, puisse y déterminer, en vertu du phénomène de Peltier, une rotation des lignes équipotentielles atteignant io°, quelque favorable que soient d’ailleurs les conditions dans lesquelles cette traction s’exerce. Il serait à désirer que M. Bidwell donnât quelques nombres à cet égard (’).
- On peut objecter aussi que l’action de l’électro-aimant sur le conducteur, d’une part, et de l’autre le phénomène de Peltier sont proportionnels à l’intensité du courant qui traverse la lame métallique.
- Le phénomène de Hall devrait donc être pro-
- portionnel au carré de cette intensité, tandis qu’il lui est simplement proportionnel.
- M. Righi a obtenu le phénomène de Hall en faisant entrer le courant dans la lame par une seule électrode A et le laissant sortir par deux autres D E (fig. 3) d’où partaient deux fils s’enroulant en sens contraire sur un galvanomètre différentiel et rc-
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- f II l'i 11. —
- • '.....il'.... - ...
- tournant ensuite à la pile. Or, si l’on admet la subdivision de la lame en quatre parties inégalement chaudes, on voit que les résistances des chemins AD et A E n’ont pas dû être attirées par ce fait, puisque l’une des moitiés de chacun d’eux a été refroidie d’autant que l’autre s’est échauffée.
- L’hypothèse de M. Bidwell ne rend donc pas compte de cette expérience.
- Elle n’explique pas davantage l’augmentation de résistance que subit dans le champ magnétique une lame de bismuth traversée par un courant très faible (0,001 ampère environ).
- J’ai trouvé que la résistance d’une lame de bismuth augmente de i^) de sa valeur en un point où
- l’intensité magnétique est de 3 000 C. G. S. Au même point la rotation des lignes équipotentielles est d’environ 20.
- La résistance d’une lame d’argent ne varie pas dans ces conditions d’un millième de sa valeur ; mais il faut observer que la rotation des lignes
- équipotentielles y est environ soixante fois plus faible que dans le bismuth.
- Cette augmentation de la résistance est expliquée par l’inflexion des lignes de force et l’augmentation du chemin parcouru par le courant, ainsi que je l’ai décrit antérieurement.
- (!) Je rappellerai d’ailleurs que dans mes expériences, la lame métallique était plongée dans l’eau et que, par suite,
- ses diverses parties devaient avoir sensiblement la même tempéiature.
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- Les orages et les paratonnerres.
- Comme suite à notre article du n° 36, p. 385, nous ajouterons les observations qui ont été émises, en 1881, dans une séance de l’Association électroteçhnique, de Berlin.
- D’après M. Frischen, les coups de foudre ne sont pas toujours directs, mais agissent le plus souvent par ricochet.
- Lorsque les objets sont chargés d’électricité et que la foudre s’abat dans leur voisinage, il se produirait des courants de retour; c’est ce que l’on doit admettre quand des troupeaux entiers de moutons et leurs bergers même sont frappés en pleine prairie.
- M. Frischen cite l’exemple d’une maison à un étage, entourée d’arbres élevés qui a été complètement détruite par la foudre, sans qu'il fût possible de constater la voie qu’elle avait suivie. La cheminée et le foyer furent renversés, toutes les portes enfoncées, les poignées métalliques des portes et tous les clous ébranlés; on ne peut admettre qu’une hypothèse, c’est que la foudre se serait abattue dans le voisinage de la maison et l’aurait atteinte indirectement par ricochet.
- Pour diminuer le courant de retour, il préconise la nécessité de diminuer, autant que possible, la résistance que la foudre rencontre pour se rendre à terre.
- M. Helmholtz dit qu’il est difficile d’indiquer de combien il faut réellement réduire la résistance pour être certain de l’efficacité d’un paratonnerre. La constatation de ces promptes décharges est plus compliquée que si on avait affaire à des courants galvaniques se divisant d’après les lois de Ohm; avec les courants d’intensités très variables, les phénomènes d’induction jouent un rôle très important. Si l’on décharge une bouteille de Leyde avec un simple conducteur, on n’a pas un mouvement unique de l’électricité dans une seule direction, mais il se produit une série d’oscillations entre les deux armures. Si l’armure intérieure est chargée d’électricité positive, la décharge se fait vers l’armure extérieure, et le fil est parcouru par un courant électrique; lorsque la batterie est déchargée, le fil est parcouru par un extra-courant qui électrise positivement l’armure extérieure, tandis que l’armure intérieure devient négative ; celte nouvelle charge provoque l’électrisation contraire et il se fait successivement un assez grand nombre d’oscillations. M. Helmholtz s’est servi d’une spirale métallique non interrompue,. dont les extrémités étaient reliées aux deux armures, et a constaté 70 à 80 oscillations qui s’affaiblirent insensiblement jusqu’à devenir nulles. En outre, des oscillations par induction peuvent aussi se produire, par des décharges rapides dans les fils voisins. Si, à côté du premier fil, un second est établi pa-
- rallèlement et que ses extrémités soient rapprochées, un courant s’y induit par la décharge du courant direct et peut devenir assez intense pour produire des étincelles.
- M. Helmholtz en conclut que les puissants courants électriques qui descendent des nuages dans les paratonnerres peuvent aussi produire de forts courants induits dans les lignes métalliques, quj en sont tout à fait séparées, lesquels courants donnent lieu, à un moment donné, à des détonations nuisibles.
- Des expériences ont été entreprises au moyen de deux lignes divisées, dont l’une comprenait un conducteur liquide avec des plaques métalliques de différentes grandeurs, et l’autre une ligne à étincelles. On pouvait espérer apprécier combien on pourrait augmenter la résistance de la ligne dans le conducteur liquide sans que l’étincelle jaillît. Le conducteur liquide représenterait l’eau du fond et l’autre ligne, une communication existant dans une maison et qui, d’un côté, toucherait au paratonnerre et de l’autre à l’eau de fond. On a commencé avec de l’eau distillée, et il a fallu, pour éviter les étincelles, réduire de beaucoup la résistance au moyen du sulfate de cuivre. Pour obtenir des résistances plus constantes, on a intercalé des fils de résistance longs et droits. On a pu reconnaître qu’il y avait des oscillations électriques.
- M. Helmholtz termine en ajoutant, que dans les lignes directes, les" oscillations ne durent pas
- plus de de seconde; si l’on met des spirales, on peut obtenir de plus longues oscillations (200 par seconde) que l’on peut très bien mesurer. Mais dans les fils simples, gros, les oscillations sont si rapides qu’on ne peut en apprécier la durée; c’est encore plus difficile pour la foudre qui induit dans les lignes séparées des paratonnerres des courants dont le système d’oscillations est encore plus Compliqué.
- C’est pourquoi « il n’est pas possible de con-« struire un paratonnerre sûr et peu coûteux, si « nous n’avons pas de statistiques complètes sur « les orages, leurs effets et en même temps sur « l’efficacité des paratonnerres de maisons qui ont « été atteintes. Il faudra posséder ces documents « avant de pouvoir affirmer de combien on doit « réduire les lignes et quelles doivent être les di-« mensions des plaques de terre. »
- M. Siemens prie ses collègues de propager autant que possible l’emploi des paratonnerres et d’en faire établir notamment aux champs et sur les habitations isolées.
- Si un préjugé existe encore contre les paratonnerres, il faut en trouver la cause dans l’installation défectueuse de beaucoup d’entre eux, qui sont construits par des ouvriers ignorants.
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- Dans la plupart des anciens paratonnerres, les communications avec la terre sont défectueuses, et alors le paratonnerre augmente le danger.
- Le prix élevé de la plupart d’entre eux en a restreint l’usage; en effet, on employait des conducteurs en cuivre, des tiges garnies d’or ou de pointes de platine; or, une bonne corde d’environ io millimètres de fil de fer galvanisé et une tige aussi galvanisée rendent absolument les mêmes services. Il est vrai qu’une protection absolue n’est jamais à espérer; les dégâts peuvent se produire, même avec des paratonnerres bien établis, soit par des ricochets, soit par induction. Toutefois, le principal danger est toujours écarté.
- Les petites plaques de terre d’un ou de plusieurs mètres carrés ne suffisent pas, lorsqu’elles se trouvent dans le fond d’un puits ou bien même suspendue dans l’eau.
- M. le docteur Neesen est entièrement partisan du système MelseDs; il signale à l’appui de son opinion que la foudre s’est abattue, il y a quelques années, sur la bibliothèque de Berlin, laquelle était pourvue de plusieurs tiges, et qu’elle atteignit l’une des statues en pierre placée à l’un des coins de l’édifice. Aussi croit-il devoir, à cette occasion, conseiller de garnir de paratonnerres les statues en pierre, etc.
- Sur la pénétration de l’électricité dans les gaz, par F. Narr P).
- On considère en général les gaz comme des isolants parfaits. M. Narr croit, au contraire, que les gaz se laissent pénétrer par l’électricité, comme le font les isolants solides ; il s’appuie sur les expériences suivantes :
- Une boule A de 2,5 cent, de diamètre est placée au centre d’une sphère creuse B de 16 centimètres de diamètre; l'intervalle entre les deux sphères peut être rempli d’un gaz de densité et de nature variables. La sphère B peut être à volonté mise en communication avec le sol, ou isolée; à cet effet elle est portée par un support de verre isolant, et protégé par une grande cloche en métal remplie d’air sec; l’appareil constitue donc un condensateur sphérique plein de gaz et dont l’armature extérieure peut être isolée. L’auteur détermine la capacité de ce condensateur par la méthode suivante. Un électromètre des sinus reçoit une charge électrique, toujours la même dans une série d’expériences; puis on met l’électromètre en communication avec la petite sphère intérieure ; une fraction de la charge de l’électromètre passe donc sur la petite sphère, fraction d’autant plus grande que la capacité de la sphère est elle-même plus grande; la déviation de l’électromètre se trouve donc ré-
- (*) Annales de Wiedemann, n° 8, 1884.
- duite, et cela d’autant plus que la capacité d°. la sphère est plus grande.
- Or, voici le fait relevé par M. Dorn: c’est que, si l’on recommence cette expérience un certain nombre de fois, on voit la capacité de la sphère diminuer. Les premières charges communiquées à l’appareil le saturent en quelque sorte et ensuite sa capacité se trouve diminuée. C’est précisément ce qui arriverait si la lame isolante était en verre. Le résultat est le même, soit que la sphère creuse qui constitue l’armature extérieure soit en communication avec le sol, soit qu’elle soit isolée.
- On pourrait supposer que ce sont les parties isolantes en verre de l’appareil qui se saturent ainsi, et que le gaz n’y est pour rien. Mais, d’après M. Narr, l’effet qu’il signale est variable avec la nature du gaz employé (air, acide carbonique, hydrogène) et avec sa pression. Il en conclut que c’est la lame gazeuse qui se sature plus ou moins d’électricité.
- Cette conclusion nous paraît grave; si elle était justifiée, les indications des appareils électrostatiques absolus, électromètres et condensateurs absolus, deviendraient sujettes à caution. D’ailleurs l’auteur n’indique pas en valeur absolue la valeur du potentiel ou des densités électriques qu’il a employées. Or, toute la question est là. Car il est certain qu’avec des densités suffisantes, l’électricité passe du métal dans l’air : la décharge par aigrettes, le pouvoir des pointes en sont la preuve. La question est de savoir si, pour des densités moindres, l’air est un isolant parfait. Or, les expériences de Boltzmann en 1874 et des expériences plus récentes exécutées chez M. Helmholtz paraissent montrer que, non seulement l’air et les gaz, mais que la vapeur d’eau et la vapeur de mercure sont des isolants parfaits, du moins pour des tensions électriques telles que celles que l’on obtient au moyen des piles.
- Sur l’électricité de la flamme, par J. Kollert (i).
- MM. Elster et Geitel ont critiqué un mémoire de M. Kollert sur l’électricité de la flamme. En réponse, M. Kollert déclare que ces physiciens l’ont mal compris sur certains points, et que leurs expériences ne sont pas en contradiction avec les siennes.
- Il admet, comme le font MM. Elster et Geitel, la production de l’électricité par simple contact entre les gaz chauds et les métaux, abstraction faite de toute action chimique. Mais l’action chimique et la dissociation interviennent pour modifier la composition des gaz de la flamme, ainsi que leur température.
- P) Annales de Wiedemann.
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- 5i4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- Pour que le courant /0 dans la branche du galvanomètre (figure ci-jointe du pont de Wheatstone) disparaisse, on doit avoir la relation bien connue :
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA VALEUR DE L’UNITÉ DE RÉSISTANCE SIEMENS EN MESURE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ABSOLUE
- Par H. Wild.
- (Suite)
- XI. — DÉTERMINATION DU RAPPORT DES RESISTANCES —
- *y9
- Le rapport de la résistance wm de la branche, où se trouve le multiplicateur à la résistance ws du shunt, ainsi que celui
- Wj _______ î)\<t
- n>.2 ~~ 1l'v
- En supposant qu’il se trouve dans la branche une boîte de résistance avec toutes ses chevilles enfoncées, le moyen le plus simple d’obtenir la résistance d’un conducteur est de procéder d’après le principe de la pesée sur un seut plateau de Borda. On intercale le conducteur en question (fig. i) dans la branche 3, on amène l’équilibre en agissant sur la résistance on ôte le conducteur, puis on retire à la boîte de résistance autant de chevilles qu’il est néces-
- saire pour que le rapport
- Wi
- &2
- (rapport des bras de la balance)
- et w'v (la tare) demeurant constants, il n’y ait plus de nouveau de courant dans le galvanomètre. La résistance cherchée est égale à la résistance introduite en dernier lieu.
- Les boîtes de résistances ne renferment généralement pas de résistances inférieures à o, i. U. S, en sorte que la manœuvre des chevilles ne peut donner que cette dernière approximation. Si l’on apporte au pont de Wheatstone la modification ci-jointe (fig. 2), c’est-à-dire si l’on introduit dans les branches 3 et 4 un fil tendu a b sur lequel peut glisser l’ex-
- fig. 1
- de la résistance W du multiplicateur fermé sur lui-même à la résistance d’une unité Siemens, doit être déterminé à l’aide du pont de Wheatstone. Si nous voulons ici aussi avoir une exactitude à 0.0001 près, il faut examiner avec plus de détails les conditions qui permettent d’arriver à ce but.
- Le fil du multiplicateur est en cuivre, le shunt, une partie’ de la branche où est le multiplicateur ainsi que l’unité Siemens sont en maillechort.
- Les coefficients de température pour la résistance spécifique de ces métaux, se trouvent être pour 1° du thermomètre, divisé en centièmes:
- Cuivre..............................o,oo35i
- Maillechort.........................0.00039
- Si l’on veut donc connaître sûrement à o,oooi la résistance des fils de maillechort, il faut que leur température soit connue à ±o°3 près environ, mais pour le cuivre, un approximation 10 fois plus grande est nécessaire. Il résulte de là que, pour déterminer sûrement avec un thermomètre la température d’un des fils, et principalement celle de la grande masse de cuivre du multiplicateur, qui est entourée d’une enveloppe mauvaise conductrice, il faudra apporter le plus grand soin à l’observation, qui ne sera possible que si aucune variation sensible de température ne se produit au cours des me-» sures.
- trémité c du fil qui conduit le courant principal; si l’on suppose que l’on puisse intercaler en a la résistance à mesurer x et en b une résistance quelconque, et que la boîte de résistance normale se trouve en a', la boîte de résistance auxiliaire en b. on aura, comme condition d’annulation du courant z*0, si l’on intercale x en a et une résistance passive dans la boîte à côté de br :
- wt _ w3 4- .v ^2 + P\
- On retire alors x et l’on le remplace par />3 dans la boite de résistance, et de plus, pour annuler le courant z0, on pousse le contact c de a vers b, ce qui représente une résistance v du fil tendu; ceci donne :
- ”4 + /a — v
- M'2 + />; — v
- De ces deux équations, il résulte
- * = ra-v(i+Jl) (53)
- Dans le cas seul où ~ est une quantité qui diffère très
- peu de 1 ou si v est très petit, l’équation prend la forme plus simple
- x = r3 — 2 v 1(53')
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5i5
- Quand ces conditions ne sont pas remplies, il faut dans cette expérience, pour éviter la détermination de nq et de w2, comme dans la deuxième méthode, ajouter à chacune des mesures précédentes encore une autre, dans laquelle on change les branches i et 2 en amenant l’extrémité de 1 de a en (3 et celle de 2 de (5 en a. On obtient alors les équations doubles qui suivent :
- nq__nq 4- x___n'v + r'. + v
- nq nq 4-*q “.nq -tx — v
- et
- n'i_. ^a + ^3 — vi_^ + n+ V2
- “ nq 4 tq + Vi w3 + **» — *2
- Mais la première donne
- ir:,ii'v-fr. 4-v
- et la deuxième
- M'a 4* r3 = rv + iq 4 v,
- D’où
- * = r3 — (v2 + vt — v)
- (53")
- Ici iq est venu à la place de v, v représentant maintenant la course du contact pour le premier changement des branches 1 et 2 et v.2 la course pour le deuxième changement.
- Quelquefois, et c'était le cas dans nos expériences, cette méthode ne se laisse pas bien appliquer et il faut avoir recours à celle qui correspond à la méthode de pesée de Gauss, avec permutation des poids sur les plateaux.
- Dans ce procédé on détermine tout d’abord, sans introduire de résistance, le point du fil tendu qui répond à l’équilibre q — o; soit pour cette position : .
- nq____11*3
- nq nq
- Si l’on change de place, comme précédemment, les fils 1 et 2 et que l’on pousse d’une quantité v le contact pour amener de nouveau l’équilibre f0=o, on aura maintenant
- nq___W>„ -f- V
- nq ~~ nq — V
- dans ce cas spécial le rapport <fes résistances w et wf9 pour que l’appareil soit le plus sensible possible. Soit
- )J», = M»2 ses w
- et
- )!•., = JJ1' + V, — V
- v représentant une petite quantité. Le courant qui passe dans la branche du galvanomètre est donnée par la relation :
- . _______________________2 vw w' E____________________
- 0 w' [2 W -f n> 4 n-'J [nq (w 4 w') 4 2 w n>'] 4 r2 w nq
- en négligeant dans la première parenthèse du dénominateur
- le terme — ^7 comme très petit. Ici E représente la force
- électromotrice de la batterie dans le circuit principal, W la résistance totale de ce dernier et nq celle de la branche du galvanomètre. Mais il résulte de là que la valeur de i0f cœ-teris pari bus, est maxima pour :
- a* =_ )j,/
- 1 + 2
- (55)
- Il y a donc, en général, lieu d’adapter la résistance n/des branches constantes 1 et 2 à celte qu’il s’agit de vérifier dans la branche 3, et c’est pourquoi la méthode de Borda est préférable à celle de Gauss.
- Les résistances directement obtenues au moyen des équations (53') et (54O doivent éventuellement être corrigées à cause de la température;, en effet, il faut que nq, et ws soient connus à la température correspondante à la détermination de la sensibilité du multiplicateur (8), tandis que la résistance W du multiplicateur rapportée à l’unité Siemens est à déterminer pour la température qui régnait lorsqu’on a déterminé le décrément logarithmique avec le multiplicateur fermé.
- XII. — DÉTERMINATION DE LA CONSTANTE IC DE LA BOUSSOLE DES TANGENTES
- A ce moment, on introduit la résistance à mesurer x dans la branche 3 et dans la branche 4 une résistance r4 connue. S’il faut, pour ramener le galvanomètre au zéro, pousser le contact c de b vers a d’une quantité Vj par rapport à la position primitive, on a alors
- nq__h.’34^ — Vi
- «'2_ h>3 + r\"4 Vi
- Pour un courant circulaire de. rayon R, dont le plan est orienté parallèlement au méridien magnétique et disposé à côté d’une aiguille aimantée à la distance D, de telle façon que la ligne qui joint le milieu de l’aiguille au centre du cercle est normale au plan du méridien magnétique, la quantité IC (équation 12) dans la boussole des,tangentes, qui résulte des calculs concordants de plusieurs savants, est donnée avec une approximation suffisante par la formule :
- Une permutation des branches 1 et 2 qui nécessite une course v2 du contact donne finalement
- nq___nq 4 r; 4 va
- nq nq 4 .v —iq
- K:
- 2 71 R2
- (R*+D*)* l
- 3/3(4D2-R2),
- 4(R* + D*;2 ^ 5sin-v
- 45 V* (0 D4 — 12 D2 R2 + R4) 64 (R2 + D2;4
- (1 —14 sin24' + 2isin44') j’
- >(56)
- De.ces quatre équations, on tire d’une manière analogue à la précédente :
- .v = n + l’s + 1’i — v (54)
- qui se ramène à
- .V=n42v' (54')
- si nq est à peu de chose près égal à nq et par suite v = o et
- V1 = v3=*-v'.
- Nous pouvons donc* dans les deux cas, éviter la détermination des résistances nq et nq, soit eu les faisant égales, soit en les intervertissant à chaque opération au moyen d’un commutateur.
- Il nous reste en dernier lieu à rechercher quel doit être
- dans laquelle / représente la distance des pôles de l’aimant à son cèntre ou de son axe vertical et est supposée une quantité petite à côté de \/R* 4 D2; pour le cas particulier où
- 4 D" = R2 ou D = ^ (57)
- l’expression précédente devient :
- K = £ 1 — o,43200~ (1 — 14 sin34> + 21 sin4 ^)j (58)
- Mais, comme pour la valeur maxima de i]>=3 1/20, le deuxième terme de l’expression ayant — pur, facteur qui est
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- 5i6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- le plus grand, est seulement égal à o,o5, tout le terme de correction entre parenthèses est plus petit que 5 -
- IOOj ooo
- quaud l’écartement des pôles de l’aimant n’est que le dixième du diamètre du cercle que traverse le courant.
- Lorsque cette dernière condition est remplie, il est évident que le 3e ternie de l’expression entre parenthèses dans l’équation (56) peut être négligé comme très petit, même si la condit.on énoncée dans la relation (£7) ne se trouve pas rigoureusement satisfaite.
- Supposons maintenant qu'il y ait de chaque côté du courant circulaire pour lequel on a approximativement D — ~
- un ccurant parallèle de même rayon et à la distance n A Texpre.-sion de K devient :
- ____1 'i. in
- a — ^ -îïâ (1 — 5 sin^
- [
- 2 \L “T .
- Si nous posons ici encore dans les termes de correction du 2« ordre entre parenthèses
- D___1
- R 2
- tandis que nous conservons -g dans les termes du premier
- ordre, puiàque cette condition 11’est pas rigoureusement satisfaite, il vient finalement :
- K
- 271 (1 +3 U) ( ___ Y «
- / 1)2\| (l + 2»/)12fR* ^
- v1 + RV (
- ;/ = n
- iq2A2/2(i—5sina^)Y + I25R*(lH-2«( Zd
- (60)
- expression dans laquelle la quantité 1 + 2 u ne représente pas autre chose que le nombre total de tous les courants circulaires sur la bobine et la valeur obtenue de K est valable pour la température t à laquelle les longueurs R et D ont été mesurées sur un étalon de mesure. S’est-on borné à lire directement sur l’étalon de mesure les longueurs R' peur R et D' pour D, les vraies longueurs seront :
- +
- rNftp.
- ~ n A
- Remarquons que -g- est toujours une petite quantité de
- l D 1
- l’ordre de-^et queest approximativement nous aurons, en développant d’après le théorème de Taylor, après
- n A
- avoir négligé les termes en plus élevés que la quatrième
- puissance et fait la sommation pour u courants circulaires des deux côtés du cercle moyen et distants de A les uns des autres :
- R = R'(i +mx) D= D' (1 + m t) (60')
- si l’étalon a sa vraie longueur à o° et que m soit son coefficient de dilatation linéaire. Mais si l’on a besoin dans l’équation (48) de la valeur de K, non pas à x0, mais pour xjj, , par exemple, on aura, si r est le coefficient de dilatation linéaire de R et d celui de D :
- KT„, = Kt { I + [r + lT^i (d - r)] (t — tm j (60»)
- M
- XUI. — DETERMINATION DU QUOTIENT -g.
- Si nous retirons l’aimant bifilaire du multiplicateur et que nous le plaçions dans la normale au méridien magnétique passant par le centre du multiplicateur parallèlement à cette dernière ; si dans le multiplicateur même à sa place nous suspendons à un seul fil un autre aimant, de moment magnétique M' et que nous orientions maintenant parallèlement à celui-ci le multiplicateur, la déviation Vj de ce dernier aimant en dehors du méridien magnétique donne :
- Mt____E3langv1 (1 +3 m /t)(i +0") 1 + J*
- H t 2 (1 — 2 v' M* E— 3 sin vt
- (x 4._____h______+ r«____________
- V1 ^ E*(I+2'«*|) E*(i— 2W/t)
- .______il______. \
- rE*(i+4«/i) .../
- expression dans laquelle Metc., sont les valeurs du moment magnétique de l’aimant bifilaire, de l’intensité horizontale du magnétisme terrestre, de la température au moment où l’on observe la déviation v,, E la distance des centres des aimants, telle qu’elle a été mesurée à /J avec un étalon dont le coefficient de dilatation linéaire est m et qui possède sa vraie longueur à o°. Comme plus haut, 8" et /" représentent l’influence de la torsion et du fer que renferme le multiplicateur sur l’aimant unifilaire, dont nous supposons le moment magnétique égal à M". En dernier lieu, il résulte, d’après la théorie de Lamont et les formules brièvement établies par M. O. Chwolson, en tenant compte des dimensions transversales des aimants dans leur action
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 517"
- réciproque, que les constantes pit rt et qt ont les valeurs suivantes :
- />, = (O' C2L2 —3 (1 — S sin2 v,) L"2J r* = (7)* [7 B"s (' “ 3 sin2 vi>
- -~(B"2 + B2+A"2-|-A2)J qt = [344-i5(i— Ssin^'L^L'*
- +.^ (1 —14 sin4i't + 21 sin4 v,) L"4J
- (61')
- L représentant la longueur. B la largeur et A l’épaisseur (hauteur) de l’aimant bifilaire; L", B", A" les quantités correspondantes pour l’aimant unifilaire et c la fraction de la demi-longueur de l’aimant indiquant la distance à laquelle se trouvent du centre les sections qui contiennent le magnétisme libre, tandis que c' correspond à la fraction des dimensions transversales indiquant dans ce dernier aimant la distance de l’axe du barreau des quatre pôles fictifs.
- Comme pour les mesures de l’angle de déviation vt au moyen d’une lecture d’échelle avec lunette et miroir, cet angle ne doit généralement pas dépasser 3° 1/2, la distance des aimants relativement à leurs dimensions propres sera, dans tous les cas, assez grande pour que dans la dernière parenthèse de l’expression. (61) les termes de la série plus élevés que ceux qui figurent, soient assez petits pour être négligés.
- Les constantes inconnues des trois premiers termes pourraient donc toujours être calculées au moyen des expressions (61') en partant des dimensions données des aimants ; néanmoins, les quantités c et c' ne sont jamais qu’approxima-tivement connues, c’est-à-dire qu’elles varient pour différents aimants, entre les limites o,85 et 0,90. Pour que cette incertitude ait une influence faible sur le résultat du calcul, il est rationnel de se conformer à ces expressions dans le choix des aimants, de telle façon que ces termes disparaissent à peu près d’eux-mêmes.
- On a en effet
- S' l’on a
- ri= o
- B"2(4 — iS sin2 Vi) = B2 + A2 + A"2
- En posant : il vient
- A = a B et A"=a"B
- / B" V — 1 + «2 + «"2
- \ B / 4 — i5 sin2 v.
- (62)
- équation qui permet de calculer le rapport des 1 geurs des deux aimants pour lequel, indépendamment de la valeur c', le second membre avec rt disparaît.
- Quant au premier et au troisième terme, ils se détruiront si nous choisissons le rapport des longueurs des aimants, etc., tel que l’on ait :
- <?i
- E4 —
- SI nous portons les valeurs précédentes de p, et de u, ici, nous trouvons :
- (hlY~î[ .i/zEyi 1—5 sin2 v,
- \ L / 3LI-^5\cL/Ji —14 sin2 vt +21 sin4vt
- ±
- (1— 14 sin2 Vj -t-21 sin4 v,)
- (1— iosin2^ 4-25 sin4 vt)
- Si les conditions (62) et (63) sont Satisfaites, l’équation (6t> prend la forme plus simple suivante, si l’on tient compte en même temps que 2 v'M"E— 3sin v, est une petite quantité^ de deuxième ordre :
- ^ tang vt (i + 3 m /, -i- 0" + /'] (6i')
- La détermination de 0" et de f" se fait ici d’après le procédé défini par les équations (8) (8') (14) et (14'). Quant aux précautions qu’il faut prendre pour déterminer E, j’ai donné à ce sujet de nombreux détails- dans un traité « Sur l’exactitude des déterminations absolues du magnétisme terrestre » (l).
- En dernier lieu, l’angie de déviation v, se calcule d’après’ la formule :
- tang 2 iq =
- u';_n"_(u;_ n;)
- w
- (64)
- Si l’on représente par if(' la lecture correspondante à l’échelle de l’aimant unifilaire, if* la moyenne des lectures des positions d’équilibre de ces aimants avant et après les déviations, Q" l’écartement de l’échelle et du miroir dans cet instrument, et i;* les lectures simultanées qui correspondent aux précédentes au déclinomètre des variations,
- et 9' = -07T la valeur en arc d’une division de l’échelle
- pour l’unifilaire du multiplicateur (Voir aussi la formule (5o).
- En plaçant, suivant le procédé habituel, l’aimant d’abord à l’est de l’unifilaire, le pôle nord en premier lieu vers l’est, puis vers l’ouest, et ensuite sur le côté ouest avec le pôle nord vers l’ouest et vers l’est et en observant dans chaque cas les dérivations, on obtient quatre équations de la forme (6i'). Si nous différencions les quantités variables en employant les indices 1, 2, 3. 4 et si nous tenons compte des relations suivantes, qui rattachent les valeurs H)( Mj, ïl2, Ma, etc., à H et M pour, le moment de la détermination du décrément logarithmique avec le multiplicateur fermé :
- M, = M [1 — p. (tt - f)]
- H, = H [1 + («', — 11') /t'] (*), etc.
- expressions dans lesquelles n' représente la lecture simultanée du bifilaire auxiliaire, n' la moyenne faite au moment de la détermination du décrément logarithmique, k' la constante de sensibilité de ce bifilaire et finalement t la température moyenne de l’aimant bifilaire lors de la détermination du décrément logarithmique;.nous aurons, en combinant ces 4 équations pour la quantité cherchée, l’équation :
- M__E3tg. v, + tg.i’2-f tg.v:,4- te.
- H- 2 4
- [1 + 3 m / + 0*+/» + n' ) k '] (65)
- où nous avons posé pour simplifier
- t - / + h+h + n\+K + n'3 + ’1[
- e 4 ’ 4
- (•) Répertoire de météorologie, vol. VIII, no 7, janvier l883.
- Si, comme il a été supposé précédemment, l’aimant unifilaire vient occuper exactement la position qu’avait auparavant l’aimant bifilaire l’influence locale, abstraction faite de l’action que peut exercer le fer contenu dans le multiplicateur et dont il est tenu compte, sur H seïa pour lui la meme que pour ce dernier, et par suite H* ne différera de-' H qu’en vertu des variations du magnétisme terrestre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5i8
- tandis que /g représente la'température moyenne de la'tige de laiton au moment de la mesure de la distance E immédiatement avant ou après l’observation, c’est-à-dire une quantité peu différente de te.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Aux renseignements que nous avons publiés dans notre dernier numéro au sujet du magnétisme terrestre à l’Observatoire de Paris, nous pouvons encore ajouter que tous les instruments seront préservés de l’oxydation par des enduits spéciaux, afin de permettre de commencer les observations avant l’assèchement absolu des salles qui ne sera scientifiquement complet que dans deux ou trois ans. Il n’entrera dans ces salles aucun objet de fer, si petit soit-il, ni dans les appareils, ni dans les vêtements des observateurs; le moindre oubli sur ce point affolerait l’aiguille aimantée.
- Un nouveau système de synchronisation de l’heure, breveté, par M. Bueninck, a été introduit , dans plusieurs maisons de Paris. Quatre régulateurs font maintenant marcher 58 cadrans électriques. Le système est très simple et se compose d’une platine en cuivre sur laquelle se trouvent fixés un pont en forme de Z et un électro-aimant dont l’armature oscille, sous l’action d’un courant interrompu à intervalle régulier, autour de son axe longitudinal, terminé par deux pointes qui sont reçues respectivement dans la platine et dans le pont. A cette armature est attaché un levier portant un cliquet agissant, à chaque oscillation de l’armature, sur une roue munie de 60 dents, avec laquelle le contact est maintenu par un ressort; lorsque le ressort agit, une saillie du levier s'engage entre deux dents et empêche ia roue d'être entraînée de plus d'une dent par le cliquet, un autre cliquet empêche la roue de reculer.
- Un inventeur allemand vient de construire un appareil pour enregistrer la vitesse d’un Irain de chemin de fer pendant son passage sur un pont. A chaque extrémité du pont se trouvent des pédales fixées contre les rails, de manière à être abaissées par le passage des roues du train; chaque dépression des pédales ferme le contact dans un circuit magnéto-électrique qui agit sur des aiguilles placées contre un cylindre à une certaine distance. Ce cylindre tourne à une vitesse uniforme au moyen d’un mouvement d’horlogerie, et il est couvert d’une feuille de papier. Tant que les roues ne passent pas sur le pont, les aiguilles tracent des lignes droites et parallèles sur le papier, mais dès que le contact est établi, les aiguilles sont momentanément déviées et marquent le moment où la roue passe sur les pédales. La distance entre les pédales aux extrémités du pont étant connue ainsi que la vitesse du cylindre tournant, il est facile de déterminer la vitesse du train par la distance entre les traces faites par les aiguilles.
- Le conseil municipal de Vienne vient de refuser upe demande de concession pour la pose de conducteurs électriques et de tubes pneumatiques dans les grands égouts de la ville. Le conseil a considéré le projet comme irréalisable puisque les égouts n’ont que 1 mètre 20 de haut, et que par les hautes eaux plusieurs sont submergés.
- VWVWVWWVWV
- Le rapport de M.1,Bâcher, inspecteur de l’éclairage du théâtre de DreBde, contient des renseignements intéressants
- sur l’électricité développée par-les courroies animées .d’une grande vitesse. Selon M. Bâcher, on a pu charger une bouteille de Leyde en quelques secondes, et la décharge donnait des étincelles de om04 de longueur, les tubes de Geiss* 1er se sont éclairés d’une lumière étincelante, et, en un mot, toutes les expériences auxquelles se prêtent les machines électriques ont été répétées avec un plein succès.
- La limite pour les demandes d’emplacements à l’Exposition internationale des inventeurs, à Londres, a été reculée du icr octobre au ior novembre prochain.
- SAAAA/WWWVV4
- On se rappelle peut-être que la législature de l’Etat de New-York a voté dernièrement un projet de loi qui force les entreprises de l’électricité dans les grandes villes de mettre leurs fils sous terre avant le ior novembre prochain. Cette mesure s’applique également aux réseaux télégraphiques municipaux de la police et des pompiers; de plus, si les Compagnies électriques ne se conforment pas à la loi dans le délai stipulé, les différentes municipalités sont chargées de l’exécution des dispositions prises aux frais des Compagnies. Le maire de Brooklyn s’est fait adresser un rapport sur les dépenses qu’entraînerait la mise sous terre des fils télégraphiques du service des incendies. Les dépenses de ce chef s’élèvent à 1611 800 fr., et le conseil municipal est maintenant unanime à déclarer que la question serait absolument néfaste pour leur ville.
- Une nouvelle Société a été formée à New-York dans le but d’installer des machines à coudre perfectionnées et pourvues d’un moteur électrique. Ces machines seront louées à des couturières moyennant 1 fr. ou 1 fr. 25 par jour.
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, on se propose d’ouvrir une exposition d’électricité à Boston, du 24 novembre prochain au 3 janvier i885. L’exposition aura lieu dans le bâtiment de l’Association charitable des mécaniciens, sur l’avenue Huntington. L'emplacement et la force motrice seront fournis gratuitement, et les exposants pourront vendre les objets exposés sans cependant pouvoirles livrer — saufpermission spéciale — avant la fin de l’Exposition.
- Il est curieux de rappeler aujourd’hui la violente opposition qui fut faite à la découverte des paratonnerres depuis leur invention jusqu’en i838, quand le gouverneur général et le consul de la Compagnie des Indes ordonnaient d’enlever tous les paratonnetres des édifices publics dans l’Inde. En 1770, le clergé de Boston prêchait contre « cette invention impie pour empêcher l’exécution de la vengeance du ciel », et en 1826, un ingénieur du gouvernement anglais recommandait d’enlever tous les paratonnerres des t bâtiments publics comme extrêmement dangereux.
- On se propose d’installer un chemin de fer électrique dans la Second South Street, à Sait Lake City, la capitale des Mormons. L’installation sera faite par MM. Knight et Bentley de Cleveland (Ohio).
- Il paraît qu’en plongeant une lampe à incandescence dans un barril de whiskey, on arrive à communiquer à l’eau-de-vie, tout le bouquet qu’il n’acquiert qu’avec l’âge dans des circonstances ordinaires. Plusieurs distilleries en Amérique désirent se servir de ce nouveau procédé, mais les compagnies d’assurances s’y opposent pour le mement et demandent de nouvelles expériences à cause du danger que . présente le procédé.'
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5ig
- Éclairage électrique
- . Les travaux de fouilles qu’on exécute en ce moment à Suresnes pour la construction d’une immense écluse sont éclairés à la lumière électrique pendant la nuit.
- Pendant le séjour de l’empereur d'Allemagne à Brühl, le châteàu sera éclairé à la lumière électrique. Deux lampes seront placées à l’entrée, du côté de la gare, et trois autres foyers d’une intensité lumineuse de 2 000 bougies serviront à l’éèlairage de la cour. Les abords du château seront également éclairés à la lumière électrique tant que durera le séjour de la famille impériale.
- La lumière électrique a été largement employée pendant les manœuvres de l’armée russe en Pologne.
- A l’occasion d'une soirée offerte par la municipalité d’Aberdeen aux délégués du Congrès de l’Union commerciale, le vestibule du bâtiment était éclairé par une lampe Pilsen de 2000 bougies. Une grande salle contenait une exposition d’appareils télégraphiques et téléphoniques, installés sous les auspices du directeur de la National Téléphoné C°. On y voyait un bureau central téléphonique en miniature et un concert a été transmis d’une certaine distance par le téléphone. Il y avait également des avertisseurs d’incendie d’un nouveau système ainsi que des appareils nouveaux pour la transmission rapide des dépêches téléphoniques.
- Le contrat pour l’installation de la lumière électrique à Greenock a été donné à M. E. Beckingsale. L’installaiion comprendra 2 dynamos Victoria, chacune de 100 lampes à incandescence de 20 bougies. Les conducteurs seront souterrains et couverts de plomb. La force motrice sera fournie par une chute d’eau avec une turbine. Le professeur Jamie-son, de Glasgow, a été engagé comme ingénieur-conseil.
- La fabrique de locomotives de MM. Neilson et O, à Glasgow, va être éclairée par des lampes à arc. L’installation a été confiée à la Jarman Electrical C°.
- . La municipalité de la ville de Harrogate, en Angleterre, vient de signer un contrat avec une entreprise d’éclairage électrique de Leeds pour l’éclairage provisoire à l’électricité de la ville pendant trois mois.
- La Great Western Electric Light C° a offert au conseil municipal de Cardiff d’éclairer la rue de Saint-Mary avec des lampes à incandescence, moyennant 4 17S fr. par an. L’offre ayant été acceptée, les travaux vont commencer immédiatement. __________
- La Compagnie locale d’éclairage électrique à Tucsow (Arizona), vient d’inaugurer sa nouvelle station centrale. L’installation comprend deux machines Brush, dont l’une de 40 et l’autre de 16 foyers, actionnées par un moteur de 60 chevaux. __________
- L’installation des lampes à incandescence Edison dans l’imprimerie du gouvernement américain à Washington a été considérablement, augmentée, et les compositeurs peuvent choisir entre le gaz et la lumière électrique sans pouvoir se servir des deux éclairages à la fois. Le nouvel éclairage a. fonctionné la semaine dernière pour la première fois. __________
- Les membres de l’Institut de Franklin; à Philadelphie, ont dernièrement fait une série d’expériences pour déterminer
- si ia lumière électrique à arc était d’une fixité assez grande pour être employée avec le microscope. Ces expériences ont eu des résultats très satisfaisants, et on a pu obtenir une fixité presque absolue avec un foyer à arc Brush. Le microscope était placé immédiatement en face de la lampe avec les lentilles disposées de façon à projeter la lumière sur un écran rond.
- La ville de Binghamton (New-York) a décidé de faire éclairer les rues à l’électricité avec 20 foyers à arc.
- Les installations d’éclairage électrique se multiplient d’une manière extraordinaire à Chicago. Sans compter les instat* lations centrales qui se font sur cinq ou six différents points de la ville par les différentes Sociétés pour démontrer les avantages de leurs systèmes respectifs, il y a un grand nombre d’installations domestiques de la lumière à incandescence. L’United States Electric Light Company a ainsi installé le système Maxim dans l’Hôtel des Postes; la Compagnie Edison vient d’augmenter considérablement le nombre de ses lampes à l’Académie de musique, de même qu’elle les a installées dans le Haverley Theatre, qui, d’ailleurs, est éclairé â l'extérieur par i3 foyers à arc du système Thomson-IIouston.
- La semaine dernière, la Brush-Swan Electric Light Company, de Washington, a commencé l’éclairage électrique provisoire de l’avenue de Pennsylvanie, que la Société s’est engagée à éclairer pendant 40 jours avec 4 foyers à arc de 4 000 bougies chacun pourvus de réflecteurs coniques de 24 pouces. La Compagnie doit continuer cet éclairage pendant toute la nuit au même prix qu’on aurait payé à la Compagnie du gaz pour les lampes qui ont été remplacées par la lumière électrique. Les 4 foyers remplacent io5 becs de gaz payés par la ville à raison de nofr. par an et par bec, de sorte que la Société électrique reçoit 32.£0 environ par jour pour les 4 foyers.
- L’inspecteur des phares sur la, côte californienne a été invité à se prononcer syr le projet d’installer un foyer électrique sur la colline nommée Telegraph Hill, près de San-Fraucisco, ainsi que sur une autre colline, la Russian Hill. Les pilotes ont exprimé l’opinion que le premier de ces foyers pourrait induire en erreur les vaisseaux arrivants. La Telegraph Hill a 294 pieds de hauteur et la Russian Hill a 36o pieds, et bien qu’on se propose d’installer le premier foyer sur un poteau très élevé, on craint qu’il ne soit pas toujours visible de la mer. C’est sur ce point que l’inspec» teur des phares va faire des expériences avant de se pro* noncer décidément pour ou contre le projet. . ;
- Les propriétaires des filatures de New-Albany (Indiana), ont chargé la Compagnie Brush de Cleveland d’installer la lumière électrique dans leurs établissements. Il y aura 275 lampes à incandescence de 20 bougies alimentées directe* ment par une dynamo Brush.
- On annonce que la Brush Electric Light Company a été chargée de l’éclairage électrique de toutes les rues de la ville de Détroit en Michigan, où un grand nombre de foyers à arc de ce système fonctionnent déjà depuis quelque temps.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les recettes du département des télégraphes en Belgique pendant le mois de juin dernier ont été de 217296,19 soit une augmentation de 1451, 36 sur la même période de l’année dernière.
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- 520
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- - Mardi dernlçÿ, un orage épouvantable a, pendant quelque temps, interrompu lèâ-communications télégraphiques dans le nord et l’ouest de l’Espagne.
- La Commercial Cable C° vient de faire construire un steamer pour le service de ses câbles. Le nouveau navire s’appelle Mackay-Bennelt et il peut prendre à bord 27 000 pieds cubes de câble.
- L’empire britannique, possède'86 000 milles de ligues télégraphiques terrestres ou presque la cinquième partie de toutes les lignes télégraphiques du monde. En Australie il y en a 26 000 milles, c’est-à-dire exactement autant que dans le Royaume-Uni, mais tandis qu’il y a dans le Royaume-Uni 3i millions de dépêches par an, il n’y en a que 5 millions en Australie; en d’autres termes, l’ancien monde se sert six fois plus du télégraphe que le nouveau. De même, en Amérique, les lignes télégraphiques ont 121 000 milles de longueur, mais le nombre des dépêches n’est que de 34 millions par an. A côté des lignes terrestres il y a encore io5 000 milles de câbles sous-marins dans le monde eutier.
- Le nombre des bureaux télégraphiques aux Etats-Unis était en 1882 de 12917 et le trafic s’élevait dans la même année à 40581177 dépêches. Dans le Royaume-Uni, il y avait à la même époque 5747 bureaux qui ont transmis 32965029 télégrammes pendant l’année. La France compte 63ig bureaux avec un trafic de 26260124 dépêches par an. La Russie n’a que 2819 bureaux et le nombre des télégrammes transmis en 1882 était de 9800201. La Belgique possède 835 bureaux pour 4066843 dépêches, l’Espagne en a 647 pour un trafic de 283oi86 dépêches. Les Indes britanniques comptent 1025 bureaux qui ont transmis 2o326o3 télégrammes. Viennent ensuite la Suisse avec 1160 bureaux, l'Italie avec 25go et l’Autriche avec 2696. Le nombre des dépêches transmises pendant l’année 1882 dans ces trois derniers pays a étc respectivement de 3046182, 7026287 et 6626203.
- On annonce que le steamer télégraphique V Inter national. appartenant à la Compagnie de Silvertowu, est arrivé le i5 de ce mois à Santa-Cruz de Ténérife, où on a débarqué une partie du câble sénégalien qui sera placée dans la baie de Tejita. Le navire partira prochainement pour Saint-Vincent, San-Yago et les îles du cap Vert, pour chercher des points d’atterrissement pour le câble. Il ira ensuite à Dakar (Sénégal), où arrivera également le vapeur le SU-vertown avec la partie du câble qui sera placée en pleine mer.
- Les opérateurs et les autres employés de la Bankers and Merchants Telegraph C°, à New-York, se plaignent de ne pas avoir touché leurs appointements depuis le mois d’août dernier. Quelques ouvriers poseurs do lignes prétendent même n’avoir rien touché depuis le mois de mai. Comme nous l’avons déjà annoncé, cette Société a fait fusion avec la Baltimore and Ohio Telegraph C°.
- La législature de Hawaï a décidé d’accorder une somme de 100000 fr. par an aux entrepreneurs du nouveau câble entre Brisbane (Australie) et San-Francisco. Cette subvention est accordée pour i5 années. .
- Le Moniteur belge du 4 septembre dernier rend compte des expériences récentes du système Van Rysselberghe dans les termes suivants :
- - La commission de l’Exposition universelle d’Anvers ayant projeté d’établir une salle d’auditions téléphoniques musi-
- cales, de façon à permettre l’été prochain au public d’entendre à Anvers la musique des concerts dè nos principales villes, et cela en utilisant les lignes télégraphiques, s’était adressée à M. Van Rysselberghe.
- Un essai a eu lieu lundi dernier et cet essai a dépassé toute attente. On pouvait, en effet, entendre de la station de Bruxelles-Nord et de la gare d’Anvers la musique du Vaux-Hall de Bruxelles.
- Non seulement les morceaux d’ensemble étaient reproduits avec la plus grande clarté, mais le solo de violon exécuté par M. Hermann sùr la méditation de Gounod a pu être entendu à Anvers sans qu’aücun détail dé l’exécution ait échappé aux auditeurs. Il est à remarquer qu’en même temps qu’on entendait d’Anvers la musique de Bruxelles par les fils du' télégraphe, ceux-ci n’étaient pas distraits de leur service ordinaire et continuaient à envoyer des dépêches dans tous les sens.
- Six microphones avaient été fixés aux deux petites colonnes du kiosque du Vaux-Hall, de façon à se trouver à la hauteur des instruments de musique. Ces transmetteurs à charbon du [modèle imaginé par M. Van Rysselberghe étaient tous montés en quantité et actionnés par un petit accumulateur Faure. Ces transmetteurs étaient reliés au bureau central de la Compagnie des téléphones.
- De là le circuit était prolongé en double fil, pour éviter l’induction téléphonique, jusqu’à la station centrale des télégraphes de Bruxelles-Nord et communiquait au bureau de M. le directeur Delarge, où on avait intercalé dans le circuit dix récepteurs Bell pour permettre d’entendre la musique du concert, tandis que celle-ci était transmise jusqu’à la station d’Anvers-Est.
- Dans le bureau de M. Delarge, se trouvaient M. le ministre Vandenpereboom, le personnel supérieur des télégraphes de l’Etat, ainsi que l’inventeur, qui a été à différentes reprises chaleureusement félicité par ces hauts fonctionnaires, qui inauguraient ainsi la téléphonie à longue distance, dont le service sera ouvert au public dans quelques jours.
- A la demande de M. ie ministre des chemins de fer, postes et télégraphes, les expériences ont été répétées toujours avec le même succès le lendemain mardi, 2 septembre, en présence de tous ses collègues de cabinet : MM. Bernaert, de Moreau, Jacobs, Woeste et le général Pontus. Tous les ministres ont pu constater le beau succès obtenu par la méthode de M. Van Rysselberghe et ont exprimé à celui-ci toute leur satisfaction.
- Enfin, grâce à l’obligeance de MM. Stoumon et Calabresi, M. Van Rysselberghe vient de prendre les dispositions nécessaires pour permettre à LL. MM. le Roi et la Reine d’entendre, de leur chalet d’Ostende, les opéras exécutés sur notre première scène lyrique.
- Il est à remarquer que ce qui fait la nouveauté du système c’est l’emploi des fils télégraphiques. Ce n’est pas la première fois que le téléphone est utilisé pour la transmission au loin de concerts, de discours, etc. Mais ici il n’y a pas le moindre fil conducteur à placer, tout se fait par les fils du télégraphe et sans devoir interrompre lé service de celui-ci.
- Le télégraphiste ne s’aperçoit pas du fonctionnement du téléphone; le téléphoniste ne s’aperçoit pas du travail du télégraphe; les deux services sont entièrement distincts.
- ERRATA
- Dans le numéro du 26 juillet, page 160, il faut lire 3 22okil-,i68, au lieu de 3700 kilomètres.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie Ç. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 5o568
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-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- DU TOME XIII
- Pages
- A
- Accumulateurs-Planté. — P. Samuel............... 235
- Actinomètre électrique. — Minchin................ 5^
- Aérostat dirigeable. Renard et Frets . 3q5 et 5oo
- Ampèremètres Ferranti.......................... 4°9
- Ampoule pour lampe électrique. — Swan.......... 220
- — — — Akester...... 220
- — — • — Guest........ 220
- Anémographe Baily. — G. Richard.................. 46
- Anneaux électrochimiques. — C. Decharme. 123,
- 441 et 484
- Appareils électriques deFerranti. — G. Richard. 490
- — pour la gravure. — Schmid.............. 428
- — de sûreté'. — Schwartzkopff........... 4S1
- — pour manœuvrer à distance les zincs des
- piles.—• Mareschal................ 471
- Association Britannique au Canada............... -Dy
- Aurore et arc-en-ciel. — Adie.................. 97
- Avertisseurs d’incendie. — Evrard................ 85
- Avertisseurs électriques. — Muckensic........... 460
- Axes concentriques. —Fleming Jenkin.............. 17
- — — •Ayrton et Perry.......... 17
- — parallèles. — Fleming Jenkin.......... 19
- — .....— • • • Ayrton et Perry............ 19
- — inclinés. — Fleming Jenkin ............. 21
- — • - — Ayrton et Perry. . ........... 21
- — perpendiculaires. — Fleming Jenkin .... 22
- B
- Bibliographie :
- — Le potentiel et- son application à l’étude des
- phénomènes électriques. — O. Tumlirz. 67 — Entretien et réparation- des conducteurs électriques pour toutes les applications pratiques. — Zacharias ......................... 67
- — Rapport sur les-objets exposés à l’Exposi-
- tion d’électricité du Palais de Cristal en 1882. — Sprague........................ 68
- Bibliographie :
- Page»
- Dictionnaire des Postes et Télégraphes, allemand-français et français-allemand.—
- Mach................................' . . 68
- La télégraphie. — Preece et Siverwright. . 68
- Traité élémentaire . d’électricité. — J.-C.
- Maxwell................................. 229
- C
- Câbles sous-marins et les baleines............... 344
- — de long parcours. — Tobler............. 248
- — atlantiques. . .................... 26-225
- Calorimètre. — Son application à l’étude des courants électriques. — Ad. Minel. 125
- 297 et 413
- Calorimétriques (Méthodes). — d'Arsonval. 36i,
- 405, 445 et 493
- Canalisation électrique. — Woodward.............. 139
- Chaleur voltaïque (Recherches dq M. Ilelmholtz
- sur la).—y. Moulier.............. 28i-33i
- Chemin de fer électrique de Brigliton. — IV. de
- Fou vielle....................... 137
- — postal. — Danchel!.................. 044
- de Francfort à Offenbach. — Uppenborn . . 375
- Chronique de l’Etranger :
- — Allemagne. — Uppenborn. ... 93, 181 et 261
- — — H. Michaclis.,.... 56, .3<?i. et 418
- — Amérique. — Brock.......................... i38
- — — C.-L. Haskins............. 458
- — Angleterre. — J. Munro. 25, 56, 95, i26,
- 182, 223, 264, 3o3, 342, 419 et 460
- — — W. de Fonvietle......... 2.3
- Communication de circuit électrique. — Drake. . . 140
- Compteur de tours. — Deschiens................... 476
- — Young-Sarliaux............................. 340
- Condensateur en mesure absolue. — Sa capacité .
- Glazebrook....................• . -. . 56
- Conducteurs électriques (Entretien et réparation des). — Zacharias........................ 67
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-
-
- 522
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Conducteurs pour l’éclairage électrique. — Gordon. 182
- — —- et la foudre....... 224
- Conductibilité électrique des dissolutions aqueuses
- très étendues. — Bouly........... 97
- — électrique de l’eau distillée et de la glace.
- Foussereau..................... 188
- Conférence internationale des électriciens (Travaux de la) 33y6o} no, i5o, 191, 23i, 273, 3io,
- 351, 390; 430, 472 et 514
- Constantes de la pile ft oxyde de cuivre. — De Lalande et Chaperon............................ 77
- — de la pile à oxyde de cuivre. — Van der Ven. 237
- Contact électrique. — Ruitg................. 418
- Contrôleur de rondes. — Fletcher............ 107
- Contrôleurs électriques pour aiguilles de chemin
- de fer. — Olle.......................... 427
- Correspondance :
- — Lettre et notes de MM. de Lalande et Chaperon, sur leur pile à oxyde de cuivre et
- sur celle de MM. R. Fabri et G. Ravaglia 77 — Lettre de M. Meilewart sur l’anneau rota-
- ( toire................................. 157
- — Lettre de MM. R. Fabri et G. Ravaglia en
- réponse à MM. de Lalande et Chaperon. 287 — Lettre et note de M. Van der Ven sur la pile
- à oxyde de cuivre. . ................. 237
- — . Lettre de M. Tamine à M Clemenceau au
- sujet des lampes à incandescence et à arc voltaïque....................... 316
- — . Lettre de M. Clemenceau en réponse à la
- précédente.......................... 317
- — Lettre de M. Menges sur une pile-étalon . . .317
- — — de M. Sautter Lcmonnier sur les ex-
- périences d’ambulance militaire..... 3i8
- Lettre de M. Bourdin sur le procès de la
- Société générale des téléphones. . . . 3)8
- — Lettre de M. H. Michaëlis sur les poissons
- électriques......................... 396
- — Lettre de M, Deschiens sur son compteur
- de tours............................ 476
- Courants électriques (Application du calorimètre
- à l’étude des). — Ad. Minet. 125, 297 et qi3 — Supposés autour de l’axe d’un aimant et autour de chaque molécule. — Fresnel. 184
- — Particulaires. — Fresnel.................... . 186
- — . Alternatifs. — F. Géraldy............... 321
- — ^Disjoncteur automatique des). — Ilimsledl. 147
- D
- Décharges électriques dans les gaz. — Schuster . . gs
- — — raréfiés. — Wiedemann. 025
- — — Lehmann. . 089
- Disjoncteur automatique des courants. — Iliin-
- stedt............................. .... 1 |7
- Dissolutions salines. — Bender................. 1 qB
- Distributiond’électricité par induction. —Enu/na. 101 Dynamomètre de transmission. — Marcel Dc-
- prez............................. 481
- E
- Eclairage électrique. — P. Clemenceau............44-127
- — à incandescence. — Reidenger............. 261
- Pages
- Eclairage électrique à incandescence. — Ses dangers. — C.-C. Ilaskins.............................
- — eu Angleterre.............................
- à Berlin.................................
- — de l’Exposition d’hygiène..............
- — pour la défense des passes. — C.-C. Sou-
- lages . ..............................
- — de la gare de Strasbourg.................
- — des Buttes-Cliaumont. — C.-C. Soulages. .
- — d’un moulin à blé.........................
- d’un champ de bataille...................
- — du tir fédéral de Lugano. — Ç.-C. Soulages.
- — de la brasserie Krasnopolsky. — C.-C. Sou-
- lages ................................
- des trains de chemin de fer..............
- — Sur les bords de la Marne. — P. Clemenceau,
- — des théâtres et de l'Opéra. — C.-C. Sou-
- lages.................................
- — des phares au’South-Foreland. 280, 35g et militaire à Souakim. — C.-C Soulages . . .
- — au point de vue hygiénique. — Kriiss. . . .
- — et téléphonie à Berlin....................
- Electricité atmosphérique (phénomènes d’) 137,
- 224 et
- — son origine. — Gerland....................
- — à Florence. — liuiti et Pasqualini........
- Electricité appliquée à la protection des chaudières
- à vapeur. — A. Gucrout................
- — appliquée à la protection des chaudières à
- vapeur. — P. Clemenceau...............
- — (production d’) dans une fabrique de drap-
- cuir. — Mach..........................
- — et chaleur (propagation de 1’). — Dccharme.
- et hygiène. — Slone......................
- — des flammes. — Elster et Geitel...........
- — . — J. Kolbert................
- — et le choléra. — Tripier..................
- — (applications mécaniques de 1’). — Richard.
- — produite par le dégagement des gaz. —
- Han/tel...............................
- — (Sur sa pénétration dans le gaz). — F.
- Narr..................................
- Electrique (traitement) des fibromes utérins. —
- Apostoli..............................
- Electrocapillarité. — Garbe........................
- Electrochimie appliquée à la métallurgie. — Body. Electrodynamomètre à mercure. — Lippmann. .
- — Bëllati.......................................
- Electrolyse appliquée à l’industrie. — Dv Quesne-ville..............................................
- — appliquée à la préparation de l’aluminium.
- Braun ...............................
- — appliquée à l’amalgamation des minerais au-
- rifères. — Molloy . .................
- — appliquée à la préparation du zinc. —
- Kiliani...............................
- — appliquée à la préparation de l’iodoforme,
- du bromoforme et du chloroforme. —
- 458
- 97
- 301 25 -460
- 52
- 106
- i3o
- i83
- 225
- 257
- 299
- 302 338
- 454
- 478
- 173
- 426
- 418
- 345
- 423
- 462
- 121
- 45o
- 347
- 241
- i36
- 149
- 5i3
- 17S
- 288
- 469
- 513
- 228
- 187
- 149
- 26
- 3o8
- 382
- 382
- 382
- Setter ing................................ 383
- Electrométrique (Clef). — Beelz......................... 181
- Etalon de lumière. — IF. Siemens...................... io8
- Expédition polaire finlandaise. — Résultats. —
- I.cmst rom.......................................... 225
- Exposition de Turin...................................... 23
- — de Rouen. — W. de Fonvielle................... 5q
- — d’hygiène..................................... FM
- — d’électricité du Palais de Cristal. — Spra-
- gue.. .................................. 68
- — d’inventions à Londres........................ 304
- — d’électricité de Philadelphie. — A. Gueroul.
- 457 et 5o2
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5*3
- Pages
- F
- Faits divers :
- American Institute of American Engineers .... 477
- Assoçiation française pour l’avancement des
- sciences........................... 437
- — . américaine...................... 198
- — britannique...................... 397
- barrières électriques......................... 198
- Bateau électrique............................. 397
- torpilleur....................... 158-438
- Bourse des valeurs d’électricité à New-York . . • 358 Brevets................................* . . . 78
- — en Belgique........................ 439
- — en Angleterre.................... 118-438
- — en Snède......................... 2.38
- Câbles sous-marins
- — dans la baie de Tejita........... 520
- — entre Birds-Point et Cairo....... 320
- — entre Brisbane et San-Francisco .... 520
- — entre les Canaries et le Sénégal. 199,
- 35q et 399
- — en Chine............................. 399
- — en France............................. 099
- — entre Guernesey et Darmouth...... 3bo
- ~ à Haï-Phong...................... 120
- entre le Japon et la Corée........ 40
- — entre Java et Sumatra............ 280
- — Mackay-Beunett. 120, 159. 280, 329,
- 36o* 399 et 479
- entre la Nouvelle-Orléans et le Brésil. 3ig
- i — de Saint-Vincent à Santiago.................. 160
- l'âbles sous-marins (Interruption des) entre :
- — Amoy-Hong-Kong................... 399
- — Amoy-Shanghaï.................... 399
- — Chorillos-Mollendo................ 79
- Forth’.................................. 40
- — Granton et Burntisland.................. 80
- — Key-West-Havane......................... 79
- — Para-Maranham.......................... 79
- — Pernambuco Ceara........................ 79
- — Victoria à la Tasmanie................. 899
- Câbles sous-marins (Réparation des) 199, 36o et 489
- Chemin de fer électrique
- — à Brighton............................. 3ig
- — à Broadway............................. 477
- — à Bruxelles . , f *.....35/, 437 et 477
- — h Carnbrook........................... i58
- . — à CJeveland -.....................118-398
- . — à Coney-Island......................... 819
- . — à l’Exposition d’Edimbourg.......... 38-407
- . — aux Etats-Unis......................... 209
- .— à Pesth * . ........................... 3i8
- — à Salit Lake City..................... 5i8
- — à Ryd.e................................ 279
- — à Toronto.............................. 358
- — de Vienne............................ 38-78
- Clocher à plongeur Toselii...................... i58
- Confèrence Internationale électrique............ 477
- Culture de J’arbre à gutta-percha à Java...... 198
- Direction électrique des ballons............ 318-417
- Eclairage, électrique en Angleterre ...... 198-239
- — à Aberdeen............................. 519
- . — à Annisten............................. 119
- • Pages
- Eclairage électrique à Ashland............. 398
- — ii Askan.............................. 478
- — à Austin.............................. 119
- — il Belfast........................ 118-239
- — il Berlin......................... 119*359
- — à Binghamton.......................... 519
- — à Big-Rapids .......................... 79
- — à Boston.............................. 198
- à Brighton.............. 118, 280 et 478
- — à Brühl............................... 519
- — à Bruxelles........................... 35g
- il Cardiff............................ 519
- — à Circjeville......................... 398
- à Cireville............................ 39
- — à Chicago............... 09, 438 et 5ig
- — à Clevedon........................ . i58
- — à Danville............................ 3g
- — à Détroit...................... 39-519
- à Genève.............................. 398
- — à Gravesend........................... 319
- “ à Greenock.......................359 et 5ig
- — à Ilagen.............................. i5g
- — â Harrogate........................... 519
- à Hartford............................ 398
- — il Hell-Gate........................ . 399
- — à Ireleth............................. 478
- — à Kolm-Saigurn........................ 438
- — à La Plata............................ 320
- à Lausanne............................ 118
- — à Leipzig............................. 398
- — à Londres ............................ 279
- — à Lynn................................ 239
- — à Manchester........................... u8
- — à Marshaltown......................... 398
- — à Melbourne........................... 119
- — à Mexico.............................. 319
- à Munich........................... 39-279
- — à Newcastle....................... 35g-438
- — à New-York........................ 119-398
- — aux Nouvelles-Galles du Sud........... 23g
- — à la Nouvelle-Orléans................. 398
- — à Nuremberg........................... 358
- — à Portland....................... 39-280
- — à Providence..................... 119-479
- — à Saint-John.......................... 398
- — à Suresnes..............•........... 519
- — à Temesvar.......................... 279
- — à Toronto............................. 478
- — à Tucsow.............................. 5ig
- — à Washington.......................... 519
- — à Waterbury.......................... s3g
- à Wilkesbarre......................... ng
- — à Wimbledon......................... 38-n8
- — à Witten.............................. 319
- — £1 Zurich.............................. 79
- — à bord de VAlbatros................... 3g
- — — de VArawa...................... 78
- — — du Chusan..................... 478
- — du Dreer. . ................. 198
- — — du Kaikowec................... 478
- — — du Sera pis................... 478
- — — du Tainui..................... 78
- — — du Tasmania................... 78
- — à bord du paquebot le Banshee. .... 118
- — — VElectra..... 118
- — — la Regina-Marghe-
- rita..... i58
- — — Saint-John... 198
- — — Salnrno. 3iç
- — — le Thistle... i58
- — — VAmbria...... 23g
- p.523 - vue 527/536
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- §24
- PfgCS
- Eclairage électrique à bord du paquebot YYarra . i58
- * à bord du yacht VArgus............... 35q
- . „— de l’acropole d’Athènes.............. 438
- — des- bureaux du journal Le Record, à
- « Philadelphie.*.-.*................... 39
- . des bureaux-du journal Le Lawrence
- . . American............................ 358
- des bureaux des journaux en Amérique. 289
- — des Buttes-Chaumont.................... 118
- —- - du Canal du Sault, à Canada......... 399
- . — — de Suez........................... 319
- , . des cales sèche6 d’Alexandrie et de
- » * . Hornby.- . ............................. 478
- . — des casernes militaires en Angleterre, 398
- — du cercle de PUnion à Berlin........ 23g
- . — . du château de Lainz (Autriche).... 119
- — ------- de Mmc Adelina Patti .... 819
- — * des champs de bataille............... 3q8
- — - du chemin de fer souterrain de Naples. 398
- — des chemins de fer................. 198-319
- — , en Angleterre .... 3ig
- —. — en Autriche......... 208
- . — - - — - aux Etats-Unis. . . . 478
- — de l’église Saint-Jean-Ayrshire........ 359
- __ de l’établissement de MM. Milch et
- . . Hellin, à Vienne .................. K'9
- — de l’établissement de M. Grimley, à
- Manchester......................... i38
- . — des établissements scolaires........... 478
- • — de l’Evening High-School de New-York. 280
- de l’Exposition de moteurs et d’outils . . de Vienne........... 289
- — — de Louisville......... 23g
- ___ . — - polytechnique de Hetton 438
- . — — de Steyr. ............ 319
- . — de Tœplitz............ 319
- de la fabrique de M. Mechao à Glascow. i58
- — —de MM.NelsonetC°àGlascow. 519
- — des lilatures de New-Albany (Indiana). 5ig
- *— de la gare de Kœnigsgrcetz.............. 89
- — de Mayence.............. 898
- — — de Paddington........... 109
- — — de Scmpicrdarena (Gênes) . 35g
- — de 4a -Grand’-Placc du Guadalajara
- * - - * - (Mexique)........................... 489
- de la Grand’Place de Bruxelles ..... 358
- ---- de l'hôtel de ville de Birmingham. . . . 438
- ...... — devienne............ 118
- de 4'hôtel Iïatclictt, à Londres...... 478
- - de Pile de Ward.................... 438
- — • - du jardin des Tuileries.......... 47,8
- — . des magasins 1e M. Potin, à Paris. . . 23g
- — - . du-magasin Wellington-House, à Glascow i58
- — . des manœuvres de l’armée russe . ... 519
- . . .des microscopes. ..................... £19
- -du moulin de M. Brunner, à Truman. . i5g
- — . . — de M. Krccmer, à Landshut. 119
- — ... — de M. Millier, à Elland ... 118
- — . . — de Park-Lnne. . . ............ 438
- _ .... de MM. Pia et Rc, à Bran-
- ... dizzo................... i58
- —- militaire en Allemagne............. i58
- —. . — en Angleterre ....... 239-397
- — du Palais de Justice à Londres..... 3ç8
- — du panorama de Mars-Ia-Tour........ 358
- *— du phare de Belfast................. 43jj
- — — de Clippy......................... 39°
- — — 'd’Eddystone...................... 478
- — — de Hallett-Point................ 159
- — de South-Forelaud. 280, 359 et 478
- — — de Tompkinsvillc.................. i5g
- Pages
- Eclairage électrique des phares en Amérique. 320-519
- — — en France................... 358
- — du souterrain d’Adelsberg........... 279
- — — de Rochefort, en Belgique 3ig
- — de la statue de M. Bartholdi..........3g8
- — du théâtre de Covent-Gardcn .... 38-478
- — — de Barcelone................. 79
- — — de l’Ambigu................. i58
- — du théâtre le Châtelet.............. 488
- - — — de Chicago...................... 119
- — l’Opéra....................... 198
- — — — de Berlin.............. 358
- — — Savoy-Theatre...................- 38
- — — de Stuttgard................. 3g
- — de la tannerie Astrom, en Finlande. . . 119
- — de la teinturerie de M. Palar. à Pertli . 398
- — de l’usine à gaz de Prague; . ^ . 239
- — — de M. Davis..................... 38
- — des voitures........................ 238
- — (Station d’) à Berlin/.............. 239
- — — à Glouccster................ 479
- — — à Porto..................... 280
- — (Statistique d’).......................... 38
- — (Liquidation de la C° Brush d’).......... 478
- appliqué à l’agriculture............ 359
- — Bonfante et Maisonneuve............. 3g8
- — Brush, à Philadelphie............... 119
- — Edison à Paris. ......................... 118
- — Jablochkoff à Londres..................... 78
- ’ — Maxim à New-York.................... 119
- Electricité appliquée à la boulangerie............. 357
- ’ — appliquée à la synchronisation de l'heure 5i8
- — développée par les courroies â grande
- vitesse........................... 518
- — appliquée aux machines à coudre (New-
- York)........................... 5i8
- — dans la fabrication du wliiskey..... 5i8
- — atmosphérique. i58, 197, 199, 238, 279,
- 3t8, 397, /,38 et 477
- Enregistreur de la vitesse des trains.............. 5i8
- Etablissement d’invention électrique............... 198
- Exposition d’Anvers en 1885......... 33, 118 et 477
- — de Boston ........................ 398-518
- — de Bruxelles........................... 279
- ‘ — de Cincinnati.......................... 3g8
- — de Chicago............................. 398
- — de Denver.............................. 398
- — des inventions à Kcnsington......... 357
- — de Louisville.......................... 398
- — de Londres en i885 ................. n8-5iH
- — de Milwaukee........................... 898
- — de la Nouvelle-Orléans . . 78, 319 et 3g8
- —- de Philadelphie. ^ 279, 357, 358, 397 et 438
- — de Steyr. ........................ 279-318
- — de Tœplitz.......................... n8-238
- — de Saint-Louis . . ................... 398
- — de Vienne.............................- 2.38
- Feux flottants électriques......................... 280
- Frein électrique Walcker........................... 397
- Galerie Rogers..................................... i58
- Isolateurs en papier .............................. 398
- Laboratoire électrique de Bristol .......... . 307*
- Lampe électrique de sûreté......................... 238
- Magnétisme appliqué à -la fabrication des boîtes
- en bois............................. 319
- — (Etude du) à l’Observatoire...........397-477
- Mégaphone Edison................................... 358
- Monument élevé à M. W. Siemens ........ 78
- Mort de M. Meyer .................................. 279
- Nomination de M. d’Arsonval à la Légion d’honneur. 118
- p.524 - vue 528/536
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5s5
- Nomination de M. Postel-Vinay â la Légion
- d’honneur.
- — deM.lcD1'IIerz au grade de comman-
- deur de la Légion d’honneur. . . Observatoire central à Rome...................
- — météorologique à Pahnouth............
- Pages
- 1511
- 197
- 70
- 3iq
- — météorologique de Paris......... 5i8
- Paratonnerres................................. 518
- Piles secondaires Brusli........................ q38
- Station d’électricité à Vienne.................. 118
- Réseau pneumatique à Berlin . . . .............. 159
- — en France......................... i5ç
- Télégraphie en Amérique...................... 40-489
- — en Angleterre. 3q, 79. 280, 320, 489 et 479
- — en Australie......................... 440
- — en Autriche....................... 439-479
- — à Bangkok......................... 199
- — en Belgique....................... 160
- — à Berlin.............................. 479
- — à Bogota............................... 80
- — à Bokhara.......................... 439-479
- — à Boston............................... 36o
- — au Canada......................... 120
- — à Chicago . . 39,40, 120, 160, 320 et 36o
- — en Chine. 79. 80, 280, 399, 489, 479 et 480
- — . à Cleveland....................... 439
- — en Cochinchinc.................... 159
- — en Ecosse ........
- — en Egypte.........
- — à l’Equateur......
- — aux Etats-Unis. . . .
- — en Floride........
- — en France ........
- — à Francfort.......
- — en Galicie........
- — aux Indes anglaises.
- — à La Châtre........
- — à Londres...........
- — à Madrid...........
- — à Newcastle.......
- — à New-York.
- ................. 240
- 40, 36o, 397 et 439
- ................. 400
- 240, 320 et 36o
- ................. 400
- 119, 199 et 239 ................. 120
- ................. 439
- ................. 200
- ................. 289
- .............. 79*359
- ................. 280
- ................. 159
- . . 36o, 489 et 5i8
- — aux Nouvelles-Galles du Sud............. 199
- — à Paris.............................. 79-359
- — aux Pays-Bas............................ 199
- — à Pékin............................. 399-439
- — au Pérou.............................. 44°
- — a Philadelphie........................... 80
- — en Portugal............................. 280
- — à Providence............................ 36o
- — en Russie........................... 199-200
- . — au Transvaal............................. 320
- en Tunisie.............................. 120
- — à Vienne............................ i59-5i8
- — à Varsovie.............................. 479
- Télégraphie militaire en Angleterre. 199, 399 et 479
- — en Belgique................... 399-479
- — sténograpliique....................... 320
- Télégraphique (Concours) à New-York............ 480
- *— (Congrès) de Lisbonne................. .-\Zq
- __ (Ligne souterraine) à Philadelphie ... 3g
- — (Poteau) à Buffalo....................... 39
- (Statistique)....... 2^0, 470, 5iq et 520
- (Système) Morse...................... 80-239
- — — Baudot......................... 239
- (Tarif) aux Etats-Unis ... 3ç. 40 et 36o
- — — en Chine.................. 120-200
- — (Usine) de M. Blakey.................... 36o
- __ — de M. Siemens.................. 479
- Télégraphiques (Compagnies).— Bankcrs and Mer-
- chants Tclegraph C°v. .»*..**« £20
- •*- Commercial Gable G° **/«*•••• i
- Pages
- Télégraphiques (Compagnies). — Cuba Suhmarinc
- — Telegraph C°...............•......... 80* 320
- — Kastcrn Union Telegraph C°.............. 320
- Electric tricycle carriage boat Syndicate 399 North America Insulated Cable C° . . . 36a
- Postal Telegraph and Cable C° et la Ban-
- kers and Mcrchants Telegraph C°. 09 320
- United States West India Cable C°. . . 40
- — Western Union Telegraph C°............ 899
- Télégraphiques (Interruptions terrestres; entre ;
- — Berber et Souakim..................... 200
- — Bolinao et Manille.................... 399
- — en Espagne........................... 520
- — en Galicie............................ 40
- entre les Indes et la Birmanie....... 200
- — entre Londres et Berlin.............. i5q
- — entre Panama et Santa-Fé............. 200
- — Rangoon et Mandalay................... 399
- — en Sibérie........................... 40
- — au Venezuela......................... 200
- Téléphone appliqué â la mesure des températures. 480
- — Van Rysselî erghc..................... 520
- Téléphonie en Allemagne ..................... 120
- — en Amérique...................... 40-80
- — en Angleterre........... 80, 4^0 et 480
- — à Anvers ............................ 440
- — à Augusta............................ 120
- — en Autriche.......................... 480
- — en Belgique.......................... 440
- — à Birkalc............................ 120
- — à Boston ............................. 40
- — à Brooklyn........................... 240
- à Bruxelles...................... 120-520
- — en Bulgarie.......................... 240
- — à Caracas............................ 120
- — à Chicago............................ 120
- — au Chili............................. 48)
- — en Chine.............................. 80
- — à Cleveland........................... 40
- à Edimbourg....................... 80-200
- — en Espagne .......................... 240
- aux Etats-Unis................... 120-160
- — à Evansvillc......................... 200
- — à Florence........................... 320
- — à Forth............................ 120
- — en France............... 80, 160 et 240
- — à Gènes........................... 40-860
- — à Hambourg............................ 80
- aux Indes............................ 480
- — à La Guayra.......................... 120
- — à Londres............................ 120
- — à Lowell............................. 240
- — dans le Luxembourg................... 240
- — à Lyon............................... 480
- dans la marine anglaise.............. 240
- — à Madrid............................. 4°o
- à Mayence............................ 240
- — à Melbourne........................... 4°
- — à Munich................ 4°» 24c et 440
- à Nashville............*........... 120
- — à New-York............................ 240
- . — à Nuremberg............*.............. 120
- — à Ottawa............................. 160
- — à Plymouth........................... 200
- à Rome.......................... 240*820
- — à Saint-Pétersbourg.................. 169
- — à Seabright...............*............ 8 )
- à Torento 4°
- eu Turquie. * , 4 , , . . ; , « Qon
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-
-
-
- 5î6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- PaKt»
- Téléphonie dans le Wiscousin................... 480
- Téléphonique (Accident)........................ 198
- — (Ligne) entre New York et Boston. . . 200
- — — Boston et Providence .... 200
- — (Procès).......................... 40-80
- Téléphoniques (Compagnies) :
- — American Bell Téléphoné C°... 40-480
- — Providence Téléphoné C° . ....... 40
- — National Téléphoné C°............. 80
- — Compagnie Bell................... 120
- — New England Téléphoné C°.................. 320
- — United Téléphoné C°.............. 480
- . — (Réseaux). — Concession.......... 198
- Thermomètre électrique au Théâtre Royal de la
- Monnaie....................... 477
- Transport de la force, à Cork................ 198
- Utilisation des chutes du Niagara............ 358
- Filaments Edison.................................... £12
- — Crookes...................................... 217
- — Swan.............................. 218 et 5o5
- — Bowron et Hibbert............................ 219
- Fils téléphoniques aériens........................... 58
- Filtre électrique................................... 3o3
- Fontaines lumineuses. — B. Marinowitch.............. 416
- Foreuse électrique Taverdon. — Aug. Guerout. 14 Foudre globulaire. — G. Planté...................... 286
- G
- Galvanomètre (Influence de l’extra-courant sur les
- oscillations de l’aiguille du). — Dont. . io.5
- — Thompson. — Rouilliard.................... i65
- — Deprez et d’Arsonval. — Barbier........... 370
- Galvanomètres. — Leur graduation_____Çaneslrelli 386
- Galvanoscope. — V. Pierre....................... 3a
- Gouvernail de M. Pugibet. — Richard............. 249
- H
- Hall (Quelques expériences sur le phénomène dè). —
- Schelford Bidwell............................. 5io
- Haveuse électrique Chenot......................... 290
- — Bower, Pflaum et Tennet..................... 290
- Horloge électrique Grau et Wagner. — Tiède . . 348
- — Mayrhofcr................................... 302
- Horloge sismique Brassart. . .................... 13.4
- I
- Indicateur d’énergie électrique. — Kapp............... 223
- — d’appels sans aimants. — Grassi et Beux . 383
- — magnétique. — Lethuillier et Pinel.......... 452
- Induction (Coefficient d’) d’une bobine sur elle-
- même. — Stcplian.......................... 67
- — magnéto-électrique. — Boys................... 184
- — (Action de l’étincelle d’) sur la benzine, le
- toluène et l’aniline. — Deslrem........ 267
- Institut électrotechnique Montefiore. — G.
- Duché.............................................. 207
- Prises
- Interrupteur à mercure. — Kim........................ 27
- — automatique. — Carême et llouzeau .... 389
- Isolants. — Muirhead............................... 422
- — Latimer Clark................................ 422
- Isolement des fils télégraphiques et téléphoniques.
- — J. Maliss..................................... 3i
- L
- Lampe électrique Crompton.......................... 102
- — Piette et Krizik. — Aug. Guerout. ••.... 161
- Edmond................................... 223
- — Crookes.................................... 223
- — Knowles.................................... 223
- — Smith...................................... 223
- — Swan...................................... 270
- — à arc de la Compagnie rhénane.............. 386
- Lampes à incandescence. — Couleur et clarté de
- leur lumière. — Schumann................ 60
- — G. Richard................................. 214
- — Expériences de M. Gale. — G. Richard. . . 364
- Longitudes (Détermination des) au moyen d’appareils électromagnétiques. — Lœivy.................. 3
- Lumière électrique (Stratification de la). — Imitation par les courants d’eau discontinus. — Decharmc...................................... 7
- — (Stratification de la). — Ritler............ 3û
- M
- Machine dynamo-électrique à collecteur de
- mercure. — Ferrant i...................... 409
- Machines dynamo-électriques. — Abdank Aba-
- kanotvicz.......................... 41
- — Siemens. — Aug. Guerout.................. 81
- — Mcnges................................... 88
- Machine électrique de Holtz. — Kruger......... 149
- — — Dubois....... 388
- — d’Olsen................. 292
- Magnétisme. — Duler........................... 267
- — terrestre il Paris (Composante horizontale
- du). — Mascart.................... 268
- Magnétiques et électriques (Mesures). — Appareils
- de M. Kohlrausch. — F. Vppenborn. . 9
- — (Mesure directe des intensités). — Leduc. . 227
- Météorologie électrique........................ 23
- Microphone à osmium. — Anders................ i36
- O
- Observatoire portatif Ragona. — O. Kern ..... 90
- Ohm (Détermination de 1’). — Himstcdl........... 148
- Orages et paratonnerres......................... 512
- P
- Paratonnerres (Appareil essayeur des). — Fein. . 95
- — Topler............................... 140
- p.526 - vue 530/536
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 527
- Pages
- Paratonnerre Neesen.................................. 385
- — de la cathédrale d’Amiens. — Decharme . . 411
- Percement des galeries souterraines au moyen de
- l’éleçtricité. — Aug. Guerout..................... 14
- Perceuse sous-marine. — Clark et Standjield . . 289
- Perforatrice électrique Bail..................... 289
- Photomètre de Bunsen (Sur une nouvelle forme
- du). — H. Krüss............................... 507
- Pile à liquide alcalin. — Fabri et Ravaglia....... 8
- — — de Lalande et Chaperon.... 78
- — au bichromate de potasse Courtot. — F.
- Clemenceau..................... i63
- — Latimer Clark....................... 181
- — Lodge............................... j 81
- — à électrodes de charbon. — Tnmmasi et
- Radiguel. .......................... 228
- — de Lalande et Chaperon. — Fabri et Rava-
- glia............................ 23“
- — étalon. — Mcnges.................... 317
- — au sélénium. — Frilts et flopkinson .... 342
- Piles pour l’éclairage électrique..................... 2?
- — à gaz (Composés chimiques des) et appa-
- reils à effluves électriques. — Figuier. 58
- — liquides. — Leur transformation en piles
- sèches. — Onimus................ £9
- étalons. — Beetz................... 144
- — Leclanchè........................... 260
- Poissons électriques. — Beau regard. 201, 201,
- 334 et 372
- — H. Michaelis........................ 096
- Pompe Akester...................................... 221
- — Gardiner............................ 221
- Pont de Wheatstone. — S.-P. Thompson........... 28
- Potentiel et son application à l’étude des phénomènes électriques. — Tttmlirz.................. 67
- — électrique. — Chervet............... 190
- Procès électrique..................................... 26
- — de la Société générale des Téléphones. —
- Bourdin..................... ai3 et q£3
- téléphonique Bell et Drawbaugh. — C.-C.
- Haskins......................... 260
- R
- Radiomètre Baur.................................... 38q
- Rapport sur l’organisation des Postes et Télégraphes. 31, 71, ni, i52, 194, 233, 274,
- 312, 353, 392 et q33 Relais polarisé. —J. Kbel.......................... 3e
- — à double courant pour lignes souterraines.
- — Mardi lac............................ 104
- Résistance des fils (Influence de l’enroulement sur
- la). — lioops.......................... 225
- — d’un arc double coupé par un conducteur.
- — Farranti............................. 804
- — du corps humain. —Jolly.................. 55n
- — du bismuth. — Leduc.......................|eo
- Page»
- Rhéostat de Wheatstone. — Bodynski.................12b
- — pour le pont de Wheatstone. — Iiirchoff-
- Meyer................................ 429
- Riveuse électrique. — Roman....................... 289
- S
- Society of Telegraph Eugineers and Electricians.. . £7
- Sonneries d'appartement à induction électromagnétique. — Mtincli.................................... 269
- Aug. Guerout.......................... 401
- Sismiques (Mouvements). — O. Kern................... i3a
- Sismographe enregistreur. — Scaleni............... 135
- Support Cabelli..................................... 470
- T
- Télégraphe Hughes. —J. Munier............. 12-49
- Télégraphiques (Appareils). — Munier........ 379
- Téléphone en télégraphie. — Zelzche.......... 99
- Warth............................. i38
- — Schœfer et Montanus................... 263
- — et le gouvernement anglais......... 266
- Téléphones (Appel pour). — Munch............ 269
- Téléphonique (Procès). — Bell et Drawbaugh. . . . 260
- Téléphoniques (fils aériens)................. 58
- — (Appels isochrones). — Saunders et Brown. 264
- Telphérage Jenkin............................ 22
- — Ayrton et Perry........................ 22
- Thermomètre électrique Kolbe............ . . . 94
- Torpilleur de Nordenfelt. — G. Richard...... 249
- Transmission pour machines dynamo. — G. Richard ....................................... 17
- Transporteurs électriques. — G. Richard. . . . 497
- Trémitoscope Rossi........................ . 135
- U
- Unité mercurielle. — Slrecker. . ....... g3
- V
- Variomètre d’intensité. — Kohlrausch............... 9
- Vibrations (Détermination du nombre des) d’un
- diapason, — Glazebrook............... £7
- — d’un diapason. — Michelsou.............. 171
- Voltamètre à argent. — Rayleigh................... 58
- — à poids. — Ledingham................... 38 |
- Voltmètre Cardevv............................... 121
- p.527 - vue 531/536
-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- Pages
- A
- Abdank-Abakanowicz. — Sur un nouveau mode
- d’enroulement des armatures dans les machines
- dynamo........................................... 41
- Adie. — Aurore et arc-en-ciel......................... 97
- Akester. — Ampoule pour lampe........................ 220
- — Pompe.......................................... 221
- Anders. — Microphone à osmium........................ i36
- Apostoli. — Traitement électrique des fibromes utérins............................................ 228
- Arsonval (Dr à’). — Méthodes calorimétriques.
- 36i, 405, 445 et 493
- Ayrton et Perry. — Axes concentriques.............. 17
- — Axes parallèles................................. 19
- — Axes inclinés . . . ............................ 21
- — Telphérage...................................... 22
- B
- Baily. — Anémographe.................................. 46
- Bail. — Perforatrice électrique...................... 289
- Barbier. — Application du galvanomètre Deprez et
- d’Arsonval aux mesures électriques............... 370
- Baur. — Radiomètre................................... 389
- Beauregard. — Les poissons électriques. 201, 2S1,
- 33q et 372
- Beetz. — Pile-étalon................................. 144
- — Clef électromotrice..................... 181
- Bellati. — Electrodynamomètre................. 3c8
- Bender. — Les dissolutions salines............ 148
- Body. — Procédé électrochimique pour l’extraction
- des métaux de leurs minerais..................... 149
- Bodynski. — Rhéostat de Wheatstone................... 426
- Bourdin. — Procès de la Société générale des téléphones....................................... 213-453
- Bouty. — Conductibilité électrique des dissolutions
- aqueuses très étendues............................ 97
- Bower, Pflaum et Tennet. — Havcuse électrique. 291
- Bowron et Hibbert. — Filaments................ 219
- Boy». — Induction magnéto*électrique.......... 184
- Hra»aàrt< — Horloge sismidue. 4 . t3q
- Pages
- Braun. — Préparation de l’aluminium par l’électro-
- lyse............................................ 382
- Brock. —• Chronique de l’étranger.................... i38
- Bunsen. — Sur une nouvelle forme de photomètre. 507
- c
- Cabelli. — Support................................... 470
- Canestrelli. — Graduation des galvanomètres . . . 380
- Cardew. — Voltmètre................................. 421
- Carême et Houzeau.— Interrupteur automatique. 389
- Chenot. — Haveuse électrique......................... 290
- Chervet. — Distribution du potentiel électrique
- dans une plaque rectangulaire.................... 190
- Clark (Latimer). — Pile............................ . 181
- — Matière isolante.......................... 423
- Clark et Standfield. — Perceuse sous-marine. . . 289
- Clemenceau (P.). — L’éclairage électrique . . . . 41-127
- — Pile au bichromate de potasse Courtot... i63
- — Bibliographie............................. 229
- — La lumière électrique sur les bords de la
- Marne............................. 338
- — Appareils de sûreté pour les chaudières à
- vapeur............................ 450
- Courtot. - Pile au bichromate de potasse.. i63
- Crompton. — Lampes................................... 102
- Crookes. — Lampe.................................... 223
- — Filaments................................. 218
- D
- Danchell. — Chemin de fer électiiquc postal.......... 344
- — Transporteurs électriques................ 497
- Decharme (C.). — Imitation par les courants d’eau discontinus des stratifications de la lumière électrique.......................................... 7
- — Anneaux électrochimiques ... 123, 341 et 484
- — Mode de propagation de l’électricité comparé à celui de la chaleur......................... 241
- — Paratonnerres delà cathédrale d’Amiens. . 411
- Deprez (Marcel). — Sur un nouveau dynamomètre
- de transmission ...................... 481
- p.528 - vue 532/536
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 529
- Pages
- Deprez ,et d’Arsonval. — Galvanomètre.............. 370
- Deschiens. — Compteur de tours..................... 476
- Destrem. — Action de l’étincelle d’induction sur la
- benzine, le toluène et l’aniline............... 267
- Dorn. — Influence de l'cxtra-courant sur les oscillations de l’aiguille d’un galvanomètre............. io5
- Drake. — Communication de circuit électrique. . . . 140
- Dubois. — Machine de Iloltz........................ 388
- Duché. — Institut élcctrotecliniquc Monteliore .... 207
- Duter. — Magnétisme ............................... 267
- E
- Ebel. — Relais polarisé................................... 3a
- Edison. — Filaments...................................... 2i5
- Edmond. — Lampe.......................................... 223
- Elster et Geitel. — Electricité des flammes........... 149
- Enuma. — Distribution d’électricité par induction. . 101
- Evrard. — L’électricité contre l’incendie................. 85
- F
- Fabri et Ravaglia. — Pile il liquide alcalin........ 8
- — Pile de Lalande et Chaperon..................... 207
- Foin. — Appareil essayeur des paratonnerres............. q5
- Ferranti. — Résistance d’un arc double coupé par
- un conducteur............................ 3oq
- — Dynamo....................................... 409
- — Ampèremètre. . . ............................ 409
- Figuier. — Composés chimiques obtenus à l’aide d’une pile à gaz et d’appareils à effluves électriques.............................................. 58
- Fletcher. — Contrôleur de rondes....................... 107
- Fonvielle (W. de). — Chronique de l’étranger... 23
- — L’électricité à l’Exposition de Rouen .... 54
- — Chemin de fer électrique de Brighton .... i3?
- — La direction des ballons par l’électricité. . 5oo
- Forbes. — L’éclairage électrique à l’exposition d’hygiène de Londres................................. 460
- Foussereau. — Conductibilité électrique de l’eau
- distillée et de la glace.......................... 188
- Fresnel. — Comparaison de la supposition des courants autour de l’axe d’un aimant, avec celle des courants autour de chaque
- molécule................................ 184
- — Courants particulaires....................... 186
- Fritts et Hopkinson. — Eléments au sélénium . . 342
- G
- Gale. — Expériences sur les lampes à incandcs-.
- cence. ............................................. 36q
- Garbe. — Relations électrocapillaires................... 187
- Gardiner. — Pompe....................................... 221
- Geraldy (F.). — Sur la mesure des courants alternatifs ! 321
- Gerland: — Origine de l’électricité dans les orages. 423 Glazebrook. — Capacité électrique d’un coudensa-
- • • • teur en mesure absolue................. 56
- Page*
- Glazebrook. — Détermination des vibrations d’un
- diapason....................................... 57
- Gordon, - - Conducteurs pour la lumière électrique. 182 Grassi et Beux.— Indicateur d’appels sans aimants
- et par inversion des courants..................... 383
- Grau et Wagner. — Horloge électrique................ 3 (8
- Guerout (Aug.). — Foreuse Tavcrdon................ 14
- — Electricité appliquée au percement des galeries souterraines 14
- — Bibliographie........................... 67
- — Sur l’enroulemenc de l’armature des machines Siemens 81
- — Electricité appliquée à la protection des
- chaudières............................... 121
- — Lampe Piette et Krizik................. 161
- — Sonneries d’appartement................ 401
- — Exposition de Philadelphie........... 457-502
- Guest. — Ampoule pour lampe...................... 220
- H
- Hankel. — Electricité produite par le dégagement
- des gaz......................................". 469
- Haskins (CS.-G.). — Le téléphone devant les tribunaux américains.................................... 260
- — Chronique de l’étranger...................... 458
- — Dangers de l’éclairage par incandescence. 458
- Helmholtz. — Chaleur voltaïque ................ 28i-33i
- Himstedt. — Disjoncteurs automatiques de courants ............................................. 147
- — Détermination de l’ohm....................... 148
- Holtz. — Machine............................... 149-388
- Hoops. — Influence de l’enroulement sur la résistance des fils.................................. 225
- Hughes. —Télégraphe. . . . ...................... 12-49
- J
- Jenkin (Fleeming.). — Axes concentriques .... 17
- — Axes parallèles................ .'............ 19
- — Axes inclinés.................................. 21
- — Axes perpendiculaires.......................... 22
- — Telphérage..................................... 22
- Jolly. — Résistance du corps humain.................. 35o
- K
- Kapp. — Indicateur d’énergie-électrique 223
- Kern (O.). — Observatoire portatif Ragona......... 90
- — Mouvements sismiques. ... :.............. 182
- Kiliani. — Préparation du zinc par l’électrolyse. . . 382
- Kirn (Cari.). — Interrupteur à mercure............ 27:
- Knowles. — Lampes.................... . .......... 22À
- Kohlrausch. —Appareils pour mesures magnétiques 9
- — Variomètre d’intensité . . ............ 9
- Kolbe. — Thermomètre électrique................... 94
- Kollert (J..). — Sur l’électricité de la flamme... 5i3
- Krüger. — Machine de Holtz........................ 149
- p.529 - vue 533/536
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Krüs. — Eclairage électrique au point de vue de
- . L’hygiène.............................. 426
- — Sur une nouvelle forme du photomètre de
- Bunsen................................ S07
- L
- Lalande (de) et Chaperon. — Sur les constantes
- de la pile à oxyde de cuivre....... 77
- — Bile â liquide alcalin. .................. 77
- Lartigue. — Transporteurs électriques............. 497
- Leclanché. — Piles................................ 263
- Ledingham. — Voltamètre à poids................... 384
- Leduc. — Mesure des intensités magnétiques .... 227
- — Résistance du bismuth....................... 42g
- — A propos du phénomène de Hall............. Sio
- Lehmann. — Décharge électrique dans les gaz ... 389
- Lemstrom. — Expédition polaire finlandaise .... 225
- Lethuillier et Pinel. — Indicateur magnétique. . . 452
- Lippmann (G.). — Electrodynamomètre à mercure. 26
- Lodge. — Pile..................................... 181
- Lcewy. — Appareils électromagnétiques pour la détermination des longitudes.................... 3
- M
- Mach. — Dictionnaire des postes et télégraphes allemand-français et français-allemand. . . 68
- — . Production d’électricité dans une fabrique
- de drap-cuir ......................... 842
- Mackensie. — Avertisseur électrique................ 460
- Malisz. — Isolement des fils télégraphiques et téléphoniques . .................................... 3i
- Marcillac. — Relais à double courant pour lignes
- souterraines........................... 104
- Mareschal. — Appareil pour manœuvrer à distance
- les zincs de piles..............................171
- Marinowitch (B.). — Les fontaines lumineuses à
- l’Exposition d’hygiène de Londres.............. 416
- Mascart. — Valeur absolue dé la composante horizontale du magnétisme terrestre à Paris. .... 268
- Maxwell. — Traité élémentaire d’électricitc......... 229
- Mayrhofer. — Horlogerie électrique................. 3o2
- Menges. — Mode spécial de couplage des dynamos 88
- — Pile-étalon................................ 317
- Meyer. — Rhéostat pour le pont de Wheatstone-
- Kirchhoff.................................. 429
- Michaelis (Hugo.). — L’électricité à Berlin..... 56
- — Chronique de l’étranger .... 3oi, 418 et 504
- — Poissons électriques..................... 3g6
- Michelson. — Evaluation des vibrations d’un diapason , , ...................................... 17*
- Minchin. — Actinomètre électrique............... 57
- Minet (Ad.). —Applications du calorimètre à l’étude
- du.courant électrique........... 125, 297 et |i3
- Molloy. — Amalgamation des minerais auriférés par
- l’étectrolyse................................. 382
- Moutier (J.), — Recherches de M0 Helmholtz sur la
- chaleur yoltaïque......................... 281-331
- Muirhead. -r- Matière isolante................. 422
- Munch. — Appel pour téléphone à aimants........ 269
- — . Sonneries d’appartement........... 269
- Pages
- Munier (J.). — Télégraphe Hughes................ 12-49
- — Les appareils télégraphiques.................. .879
- Munro (J.). — Chronique de l’étranger. 25, 56, g5,
- i36, 182, 220, 3o3, 264, 342, 419, 460 et 5o5
- N
- Narr (F.). — Sur la pénétration de l’électricité dans
- les gaz........................................ 5i3
- Neesen. — Paratonnerres........................... 385
- Nordenfelt. — Torpilleur,......................... 249
- O
- Olsen. — Machine à essayer..................... 292
- OIte. — Contrôle électrique pour aiguilles de chemins de fer................................. 427
- Onimus.—Transformation des piles liquides en piles
- sèches........................................ 5 9
- P
- Pierre (V.). — Galvanoscope....................... 3a
- Piette et Krizik. — Lampe....................... t6i
- Planté (G.). — Accumulateur....................... 89
- — Poudre globulaire.......................... 286
- Preece et Sivewright. — La télégraphie............ 68
- Pugibet. — Gouvernail............................ 249
- Q
- Quesneville. — Applications industrielles de l’élec-
- trolyse ......................................... 38e
- ''s
- R
- Ragona. — Observatoire portatif.................. 90
- Rayleigh. — Voltamètre à argent.................. 58
- Reidinger. — Eclairage à incandescence........... 261
- Renard et Krebs. — Aérostat dirigeable........... 345
- Richard (G.). — Transmission pour dynamos .... 17
- — Auémographe Daily............................. 46
- Les lampes à incandescence.................. 21,4
- — Applications mécaniques de l’électricité. . . 288
- Torpilleur de Nordenfelt et le gouvernail
- de M. Pugibet. .............. 249
- — Recherches de M. Wicdemann sur la décharge électrique dans les gaz raréfiés. 325 Expériences de M. Gale sur les lampes à
- incandescence.......................... 364
- — Appareils électriques de Ferranti............ 409
- —- Transporteurs électriques Danchell et Lar- .
- tigue.................... . . ..... 497
- p.530 - vue 534/536
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- —53r
- Pages
- Ritter. — Stratification de la lumière électrique . . 3o Roiti et Pasqualini. — Electricité atmosphérique
- à Florence....................................... 462
- Rossi. '— Trémitoscope............................... i35
- Rouilliard. — Galvanomètre Thompson.................. i65
- Rowan. — Riveuse électrique.......................... 289
- Rung. — Contact électrique........................... 418
- S
- Samuel. — Accumulateur Planté ........................ 89
- Sartiaux. — Compteur de tours........................ 040
- Saunders et Brown. — Appels téléphoniques isochroniques ..................................... 264
- Scateni. — Sismographe enregistreur............... 135
- Schelford Bidwell. — A propos du phénomène de
- Hall............................................. 5io
- Schering. — Préparation de l’iodoforme, dubromo-
- formeet du chloroforme au moyen de l’électrolyse 383 Schmid. — Appareil électrique pour la gravure . . . 428
- Schœfer et Montanus. — Téléphone..................... 263
- Schumann (Otto). — Couleur et clarté de la lumière à incandescence dans les lampes électriques 60 Schuster. — Dééharges électriques dans les gaz . . g5
- Schwartzkopff. — Appareil de sûreté.................. 4S1
- Siemens (W.). — Machine............................... 81
- — Etalon de lumière.............................. 108
- Siemens et Halske. — Chemin de fer électrique. 875
- Smith. — Lampe...................................... 223
- Soulages (C.-C.). — Eclairage électrique pour la
- défense des passes....... 52
- — — des Buttes-Chaumont.... i3o
- — — militaire à Souakim.... 173
- — — de la brasserie Krasnopolsky . 299
- — — du tir fédéral de Lugano. . . . 257
- — — des théâtres........ 454
- Sprague. — Exposition d’électricité du Palais de
- Cristal........................................... 68
- Stephan. — Coefficient d’induction d’une bobine sur
- elle-même......................................... 67
- Stone. — Electricité et hygiène................... 130
- Strecker. — Unité mercurielle......................... 93
- Swan. — Filaments.................................... 217
- — Ampoule pour lampe........................ 220
- — Lampe.......................................... 270
- T
- Tamine. — Lettre à M. P. Clemenceau................ 3i6
- Taverdon. — Foreuse électrique..................... 14
- Pages
- Thompson (S.-P.). — Pont de Wheatstone.............. 28
- — Galvanomètre................................... i65
- Tiede. — Horloge électrique Grau et Wagner.......... 348
- Tobler. — Système de duplex de Stearns appliqué
- aux câbles de long parcours...................... 248
- Tommasi et Radiguet. — Pile à électrodes de
- charbon.......................................... 228
- Topler. — Paratonnerres............................... 140
- Tripier. — L’électricité et le choléra-............... 175
- Tumlisz. — Le potentiel et son application à l’étude
- des phénomènes électriques........................ 67
- U
- Uppenborn. — Appareils Kohlrausch pour les mesures électriques.................................... 9
- — Chronique de l’étranger............ 93, 181 et 261
- — Chemin de fer électrique de Francfort à
- Offenbach............................. 3?5
- V
- Van der Ven. — Constantes de la pile à oxyde de
- cuivre...................................... 237
- W
- Warth. — Téléphone............................ i38
- Wiedemann. — Recherches sur les décharges électriques dans les gaz raréfiés................. 325
- Woodward. — Canalisation électrique........... 139
- Y
- Young. — Compteur de tours ...»........ 3qo
- Z
- Zacharias. — Conducteurs électriques.............. 67
- Zetzche. — Le téléphone au télégraphe............. 99
- p.531 - vue 535/536
-
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- p.n.n. - vue 536/536
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