La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Êlectricité
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTEUR :
- Dr CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : AUG. GUEROUT
- APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE — TELEGRAPHIE ET TELEPHONIE SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC,
- TOME QUINZIEME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- Si, — Rue Vivienne, — 5i
- l885
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 3 t , Boulevard clés Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Gukroot
- 7« ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 3 JANVIER 1885 N»l
- SOMMAIRE. — L’armée i885; Cornélius Ilerz. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables aux voies, ferrées ; Marcel Deprez, Maurice Leblanc. — HydrodiapasOns imitant les appareils électrophysioiogiques et les électrodiapasons ; C. Decharme. — A propos du traité de J. Clerk Maxwell; Frank Geraldy. — Le laboratoire d’enseignement de physique à la Sorbonne; P. H. Ledeboer. — Notes historiques sur les premières [années de la télégraphie électrique enTurquie; E. Lacoine. — Chronique de "Etranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur le potentiel thermodynmique et la théorie de la pile voltaïque, par M. P. Duhem. — Sur un photomètre à diffusion, par M. A. C’rova. — L’éclairage électrique de la ville de Temesvar. — Sur la conductibilité galvanique des amalgames, parC.-L. Weber. — Sur les variations de résistance électrique des fils de maillechort soumis à la traction, par le Dr Angelini. — Correspondance: Lettres de M. C. Decharme et M. Jarriant. — Faits divers.
- L’ANNÉE 1885
- L’année 1885 est appelée à voir résoudre les plus grands problèmes de là"9c4ërrcê électrique. C'est, en effet, très prochainement que les expériences de Creil-Paris montreront la solution pratique du transport de la force au moyen de l’électricité. Les effets d’un progrès si considérable ne tarderont pas à se manifester; la force motrice pourra être fournie partout et économiquement; la généralisation du nouvel éclairage,que les procédés actuels ne permettent encore qu’à titre d’exception, quels que soient les perfectionnements des systèmes employés , sera bientôt un fait acquis.
- Les opérations galvanoplastiques et toute l’électrométallurgie prendront un nouvel essor: L’énergie électrique, mise à la disposition de tous les travailleurs, amènera des résultats dont il est impossible de limiter les conséquences.
- Des travaux très importants en téléphonie viennent d’ètre accomplis. Ils permettent le transport instantané de la parole à toutes distances, et l’on peut prévoir qu’avec la fin du siècle, les télégraphes et même la poste seront remplacés par Le Service Téléphonique Universel', quelque invraisemblable que paraisse une telle prédiction.
- Alors la nouvelle science prendra enfin, clans le monde moderne, la place que lut assignent les merveilles déjà réalisées.
- Cornélius HERZ;
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- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de fer métropolitain de Paris
- BUT ET DIVISION DE CE TRAVAIL
- Nous nous sommes efforcés déjà de montrer tout le parti que pourrait tirer notre pays de la mise en œuvre des forces naturelles éparses sur son territoire. Une pareille entreprise qu’on aurait pu considérer comme impossible, il y a peu d’années, est aujourd’hui des plus simples, grâce aux immenses progrès réalisés par les applications de l’électricité.
- Après avoir ainsi envisagé la question à son point de vue le plus général, nous nous proposons aujourd’hui de traiter un de ses cas particuliers les plus intéressants, celui qui est relatif à l’industrie des transports par chemins de fer.
- L’importance de cette industrie ne saurait que s’accroître dans l’avenir, surtout si, comme nous l’espérons, les centres de production viennent à se multiplier.
- Pour nous permettre déjuger des avantages spéciaux que l’on trouvera à substituer l’emploi de l’électricité aux moyens actuellement en usage dans l’exploitation des chemins de fer, nous passerons en revue les divers procédés de traction imaginés jusqu’à ce jour, sans en excepter ceux qu’on n’applique que dans certaines conditions, notamment sur les lignes très accidentées, où la locomotive n’a plus assez d’adhérence.
- Logiquement nous devrons commencer par l’étude de ces derniers, car avant de chercher quel est le genre de moteur qu’il convient d’adopter, il faut pouvoir lui fournir un point d’appui dans tous les cas.
- Enfin, pour faciliter la comparaison entre les divers systèmes que nous aurons examinés, et pour donner à ce travail un intérêt plus immédiat, nous étudierons plus particulièrement son application au chemin de fer métropolitain de Paris où, comme on le verra, les plus grandes difficultés se trouveront accumulées.
- Notre étude se divisera donc en trois parties :
- i° Recherche des moyens permettant de corriger le défaut d’adhérence ;
- 2° Etude spéciale des divers procédés de traction ;
- 3° Application au chemin de fer métropolitain de Paris.
- PREMIÈRE PARTIE
- MOYENS PERMETTANT DE CORRIGER LE DÉFAUT d’adhérence
- Dans la pratique courante des chemins de fer, on corrige le manque d’adhérence par l’emploi du sable qui, projeté sur les rails, augmente le coeffi-
- cient de frottement. De cette façon on arrive à avoir une adhérence constante de-i environ, quelque soit l’état delà voie; ce serait une solution insuffisante pour neutraliser les effets de la gravité.
- On a aussi observé que lorsque les rails étaient parfaitement mouillés, l’adhérence reprenait sa valeur normale, et sur quelques lignes, on a disposé devant les roues motrices des tuyaux qui, alimentés par l’eau du tender, inondent les rails. Mais on comprendra que cela n’est qu’un expédient tout au plus susceptible d’êtie appliqué de loin en loin, et que si l’on en faisait usage d’une façon régulière, les voies seraient bientôt dé truites.
- D’un autre côté, sur certaines lignes, en Suisse, on a dû entreprendre de véritables travaux de dé -blaiement pour débarrasser les voies du sable projeté par les mécaniciens.
- Il faut autre chose. Or, le point d’appui cherché
- FIG. 2
- ne pourra certainement être obtenu que par l’emploi d’un des procédés suivants :
- i° Coincement sur les rails.
- 2° Usage d’un rail central avec pression artificielle exercée latéralement sur lui.
- 3° Usage d’une crémaillère.
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- FIG. 3. — VUE DE LA STATION DE DEPART DU CHEMIN DE FER DU RlGHI
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- F I Cx . -1
- VT'F DU CHEMIN DE FEE
- C R E M A I I. L E R E DU R I C, ! : I
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- 4° Traction directe par câble.
- 5° Usage d’un câble toueur.
- 6° Emploi de l’air comprimé ou raréfié.
- 7° Développement de l’adhérence par attraction magnétique.
- Ces differents procédés qui ont pour seul but de
- fournir un point d’appui sont indépendants du moteur en lui-même, sauf le 4“ et le 6e.
- i° Coincement des rails. — Si, aux rails ordinaires on substituait des rails ayant la section de la figure 1 et si l’on donnait au profil des ban-
- FIG. 5. — NOUVELLE LOCOMOTIVE POUR CHEMIN DE FER A CRÉMAILLÈRE
- dages des roues motrices, la forme d’une poulie à gorge dont les deux joues viendraient s’appuyer sur les deux faces du rail, on arriverait à accroître notablement l’adhérence.
- En effet, soit a l’angle des deux faces du rail et P le poids qu'il supporte, la pression totale exer-
- p
- cée contre le rail par la roue à gorge sera T~a. Or r o a sin -
- sin £ est toujours plus petit que 1.
- Mais une voie ainsi constituée ne pourrait admettre la plus légère déformation, car il n’y aurait plus de jeu disponible entre les roues et les
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- rails, comme cela a lieu actuellement. Aussi ce procédé ne pourrait-il être appliqué que dans le cas d’un rail unique, dans le système de M. Larmenjat, par exemple, ou dans celui de M. Lartigue.
- Ce dernier qui a été réalisé dernièrement en Algérie peut être avantageux quelquefois, surtout
- Voie montante
- Voie descendante
- BrirT clëscencjant
- FIG. 6
- pour le transport des marchandises. On peut le considérer d’ailleurs comme un perfectionnement du telphérage de M Fleeming Jenkin, dont nous aurons occasion de parler plus tard.
- 2° Rail central. — Ce procédé consiste à ins taller au milieu de la voie un rail central ayant le
- profil indiqué dans la figure 2. Deux galets à gorge horizontaux sont serrés contre lui au moyen
- Voie montante
- B nj\ otont
- ____J3_rin_ descendant__
- Voie descendante
- d’une vis, et mis en mouvement par les pistons de la machine.
- L’expérience de ce système a été faite au Mont-Cenis par M. Fell sur le chemin de fer provisoire qui franchissait le col.
- Les résultats n’en ont pas été très-satisfaisants, mais cela doit être attribué surtout aux circonstances climatériques.
- On a reconnu d’ailleurs que la pression sur chaque galet devait être limitée à 12 tonnes.
- Ce système, bien que judicieux, a l’inconvénient d’exiger une voie spéciale coûteuse, et qu’on ne saurait traverser facilement. De plus, la pression artificielle exercée sur les galets, s’opérant par l’intermédiaire de leurs axes, crée beaucoup de résistances passives.
- 3° Emploi d'une crémaillère. — Celles-ci disparaissent lorsqu’on substitue au rail central une crémaillère, comme cela a été fait au Righi et au mont Washington, en Amérique.
- Les inconvénients relatifs à la voie sont les mêmes que tout-à-l’heure, et l’emploi de la cré-
- maillère n'est guère compatible avec une vitesse notable. On n’a pas dépassé jusqu’à présent, sur les chemins à crémaillère, la vitesse de 8 kilomètres à l’heure. Nous donnons néanmoins plusieurs vues du chemin de fer du Righi qui permettront de se donner une idée exacte de ce système.
- La figure 3 représente la station de départ de ce chemin de fer, destiné à faciliter l’ascension du mont Righi aux nombreux touristes qui viennent s’y rencontrer au moment de la belle saison. Le mode choisi pour assurer l’adhérence permet de gravir les rampes les plus fortes, comme on le voit sur les figures 4 et 5, et cela en toute sécurité, à la condition que la machine soit toujours attelée en queue du train.
- Les chemins de fer à crémaillère sont appelés à rendre des services dans les profils très accidentés, car ils permettent de diminuer très considérablement la longueur de la ligne et de n’exiger que peu de travaux d’art. Aussi un certain avenir leur est-il réservé, surtout depuis qu’on a combiné des loco-
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- motives mixtes pouvant fonctionner suivant les circonstances, soit en se servant de leur adhérence naturelle, soit en prenant leur point d’appui sur une crémaillère. Il y a cependant un inconvénient grave à l’emploi de ces machines mixtes, et qui tient aux pré -cautions que l’on doit prendre, lorsqu’on abandonne la voie ordinaire pour aborder la voie à crémaillère.
- 4° Traction directe par câble. — Celle-ci exige l’emploi d’une machine fixe.
- Ce procédé est journellement employé dans les mines et dans un grand nombre d’établissements industriels. Il présente au premier abord une grande simplicité; aussi nous appesantirons-nous plus longtemps dessus.
- Voici comment on opère le plus souvent : le câble est sans fin et commandé par deux poulies situées à ses extrémités. Chacun des brins commande une des voies (fig. 6). Il s’appuie sur le sommet des véhicules, et son poids suffit d’ordinaire à déterminer l’entraînement. S’il n’en était pas ainsi,
- FIG. 9
- on pourrait facilement imaginer une sorte de grappin qui pût saisir ou abandonner le câble à volonté, comme nous en verrons un exemple tout à l’heure.’
- Le passage des courbes pourrait présenter quelques difficultés; on y remédie de la manière suivante : supposons qu’il faille raccorder deux al -gnements faisant entre eux un angle quelconque. On installera au point d’intersection de leurs axes deux poulies solidaires l’une de l’autre et ayant un diamètre égal à 1. distance des brins montants et descendants. Autour de l’une s’enroulera le câble qui dessert l’un des alignements, autour de l’autre le câble du deuxième alignement (fig. 7).
- Ce mode de raccord pourra être employé, quel que soit le rayon et le degré de la courbe.
- Les véhicules devront donc quitter le premier câble pour se rattacher au second, et pendant un certain temps se trouveront abandonnés à eux-mêmes. Pour que cela ne présente aucun inconvé nient, on établit un dos d’âne à l’endroit où le véhicule abandonne le câble. Celui-ci fait d’a-
- bord gravir le dos d’âne par le véhicule qui, une fois livré à lui-même, continue sa course jusqu’à ce qu’il ait pu se rattacher à l’autre câble, sous l’influence de la gravité.
- Ce système donne d’excellents résultats dans les mines, mais la longueur totale du parcours n’est jamais bien grande, et la vitesse est toujours des plus réduites.
- A l’origine des chemins de fer, la traction directe
- FIG. 9 bis
- par câble reçut quelques applications, mais on reconnut bien vite que le rendement du système diminuait beaucoup avec la longueur de la ligne. Aussi y a-t-on généralement renoncé, sauf dans quelques cas particuliers, comme à la Croix-Rousse, à Lyon, où il s’agit plutôt d’un ascenseur que d’un véritable chemin de fer. Il n’a, en effet, que 48g mètres de long, et monte de plus de 70 mètres. Il en est de même pour le chemin de fer de Saint-Just, dans la même ville, dont on verra le profil représenté sur la fig. 8.
- Sur une ligne ordinaire, le même câble devant re-
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- morquer à la fois un grand nombre de voitures, devrait avoir une très forte section. Il serait donc très lourd, et le grand nombre des courbes qu’il devrait contourner par un procédé ou par un autre, absorberait beaucoup de travail à cause de la roi-deur des brins, et cela, quand bien même on donnerait aux poulies un diamètre très-considérable.
- Ainsi, quoique ce procédé présente le grand avantage de neutraliser les effets de la gravité, nous ne pensons pas que la traction directe par câble puisse jamais se réaliser.
- Nous devons signaler cependant une remarquable application qui a été faite de ce système à San-Francisco. Il s’agissait d’assurer un service régulier de tramways. On a procédé de la manière suivante :
- On a installé sous la voie un tube continu en
- fonte, analogue à ceux qui servirent aux chemins de fer atmosphériques (voir fig. 9 et 10) la figure 9 représentant l’installation faite 1e long des rues, et la figure 10 l'installation faite sur les ponts à tablier métallique. Ce tube est muni, de distance en distance, de poulies à gorge verticales folles sur leurs axes, et celles-ci supportent un câble sans fin auquel une machine fixe communique un mouvement de translation continu. Dans les courbes, la bonne direction du câble est assurée par une série de rouleaux dont l’axe est vertical.
- Le tubè est muni d’une rainure longitudinale à sa partie supérieure dans laquelle s’engage une tige verticale reliée au véhicule qu’il s’agit de remorquer (fig. 10), et portant à sa partie inférieure un mécanisme qui permet, à volonté, de saisir ou devlâcher le câble.
- Ce mécanisme est représenté sur les figures 11 et 12. Il se compose de 4 galets à gorge sur lesquels roule le Câble sans pouvoir les abandonner. De cette manière, celui-ci se trouve graduellement soulevé de dessus les poulies qui le supportent et replacé sur elles après le passage de
- chaque véhicule. De plus, deux mâchoires horizontales que l’on peut serrer l’une contre l’autre en abaissant un coin viennent saisir le câble et lui font entraîner le véhicule. On manœuvre ce coin au moyen d’une vis et d’une manivelle mise à la portée du conducteur du tramway.
- Cette solution est ingénieuse et donne de bons résultats, mais la vitesse de marche est peu considérable, et le peu de poids des voitures à remorquer permet de ne donner au câble qu’une faible section.
- 5° Câble toueur. — Dans un système fort remar-
- FIG. II ET T 2
- quable du à M. Agudio, au lieu de demander un surcroît d’adhérence à un rail central ou à une crémaillère, la roue t^aeuse demande son point d’appui à un câble enroulé sur elle-même et attaché à un point fixe au sommet de la ligne; à son extrémité inférieure, ce câble est sollicité par un chariot de tension qui ne permet pas à la roue toueuse de glisser sur le câble fixe ou d’adhérence.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre).
- HYDRODIAPASONS
- IMITANT LES APPAREILS ÉLECTROPHYSIOLOGIQUÏ8 ET LES ÉLECTRODIAPASONS
- L’imitation, par voie hydrodynamique, des effets de l’électricité et du magnétisme m’a conduit
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- à réaliser des appareils que j’ai nommé hydrodiapason, ou diapasons hydrodynamiques ('), vibrant d’une manière continue, sous l’action d’un courant d’eau (d’air comprimé ou de vapeur), automatiquement interrompu, comme les électrodiapasons vibrent sous l’influence d’un courant électrique.
- La construction des hydrodiapasons repose sur les faits suivants que j’ai constatés précédemment et que je crois utile de rappeler brièvement :
- i° Lorsque deux courants d’eau, de sens contraire et directement opposés l’un à l’autre, sortent par des ajutages à bords épais ou munis de petits disques, il y a attraction de ces courants (dont l’un au moins est supposé mobile), quand la distance qui sépare les ouvertures est dé quel-
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- des diapasons usités en acoustique; je ne décrira que l’un d’eux.
- Il est formé d’un tube en laiton (fig. i) (de om,5o de longueur, de om,oo6 de diamètre intérieur et de om,ooi d’épaisseur) recourbé en V allongé, dont les branches parallèles sont à om,o6 l’une de l’autre.
- Le milieu de la partie courbe est percé d’une ouverture qui met le tube en communication avec un ajutage de om,oi4 de diamètre intérieur, s’adaptant à vis sur un tuyau alimenté par les eaux de la ville. La partie supérieure de chaque branche est recourbée, de manière à présenter les extrémités libres exactement en regard l’une de l’autre et presque en contact. On peut adapter à ces bouts,
- FIG. I
- HYDRODIAPASON
- FIG. I bis
- IMITATION HYDRODYNAMIQUE HYDRODIAPASON A DES EFFETS PHYSIOLOGI- DISQUES ET A QUES DUS A L’ÉLECTRICITÉ RESSORT MOBILE
- FIG. 3 ET 4. — HYDRODIAPASONS A REGULATEURS
- ques millimètres seulement; et cette attraction augmente très rapidement à mesure que la distance diminue.
- 20 Si, au contraire, les ajutages sont à bords minces, ou tranchants, il y a toujours répulsion.
- 3° Quand les courants ne sont pas exactement opposés l’un à l’autre, il se produit, à leur rencontre, une direction axiale qui tend à les ramener au parallélisme et à la coïncidence des axes. Dans tous les cas, il peut y avoir vibration.
- Appliquant ces résultats, j’ai fait construire plusieurs instruments qui ont à peu prés la forme
- des disques ou des pièces de diverses formes, planes ou courbes, à bords épais ou minces (fig. 2).
- L’appareil étant fixé dans une position quelconque, ou tenu à la main, et les branches étant convenablement rapprochées, si l’on y fait passer le courant d’eau, il prend aussitôt, spontanément, un mouvement vibratoire régulier, par attraction, si les ajutages sont à bords épais, ou à disques (*) et par répulsion, s’ils sont à bords minces. En plaçant l’appareil tout, entier, ou seulement les extrémités libres dans l’eau, le diapason sirène
- (') Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences, t. XCX, p. 597 (2 décembre 1882).
- La Lumière Electrique, t. IX, p. 466 (11 août 1883).
- (l) Les disques doivent être amenés à distance attractive mais la force du ressort antagoniste qui tend à écarter les branches, doit être tel que les disques ne puissent arriver en contact, sans quoi ils resteraient adhérents.
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- fonctionne très bien, et l’expérience se fait beaucoup plus commodément, sans risque d’être arrosé.
- On peut, en écartant les branches, faire en sorte qu’elles ne frappent pas l’une contre l’autre, à chaque vibration; le son est alors plus net et il est plus facile d’en prendre la hauteur. J’ai trouvé qu’en ce cas, l’instrument, sans disques, donnait la note lal (217,5 vibrations simples par seconde), comme son fondamental; mais on percevait en même temps l’harmonique la2.
- A mesure qu'onretire de l’eau les branches de l’instrument, le son monte, et lorsqu’elles sont tout à fait hors du liquide, le son s’est élevé d’une tierce environ. Il faut d’ailleurs, en ces différents cas, pour que le son se produise, changer le réglage de l’hydrodiapason ; mais une fois l’appareil amorcé, il continue à vibrer régulièrement tant que les conditions expérimentales ne sont pas trop modifiées. En comprimant à la main, ou à l’aide d’un ressort mobile, les branches de l’instrument, la vitesse vibratoire est un peu augmentée. En fermant plus ou moins le robinet, c’est-à-dire en diminuant, non la pression, mais la quantité d’eau qui arrive dans un temps donné, on n’altère pas sensiblement la vitesse de vibration, mais on diminue l’intensité du son rendu ; par suite, l’instrument tend à s’arrêter.
- Je ne doute pas qu’avec des hydrodiapasons plus courts, plus épais et un courant plus fort, on n’obtienne des sons plus élevés.
- C’est avec l’appareil (fig. 1) fonctionnant ainsi, les extrémités plongées dans l’eau, que j’ai remarqué le frémissement très fort qui se fait sentir dans la main qui le tient, sensation tout à fait analogue à celle que l’on éprouve lorsqu’on touche avec les deux mains, les rhéophores d’un appareil voltaïque ou d’induction de faible intensité, et dont il a été question précédemment (‘).
- En rattachant, par des fils métalliques, les branches d’un hydrodiapason à des rhéophores à poignées (fig. 1 bis), (comme ceux qui sont usités en electrothérapie) on obtient des effets vibratoires susceptibles d’être gradués à volonté, comme les commotions dues aux appareils électriques : depuis lé contact avec l’instrument vibrant avec énergie et donnant le maximum d’effet, jusqu’au contact des rhéophores amenés aux extrémités des fils métalliques de communication. Quand on touche l’extrémité des branches d’un hydrodiapason vibrant, les doigts sont entraînés d’un même côté, comme par des vibrations tournantes.
- En appuyant contre l’oreille le haut de la lance qui amène le liquide dans le diapason vibrant, on •ntend un bruit intense, comme celui d’un torrent. . -
- En serrant entre les dents un point quelconque de la lance, ou mieux l’une des branches de l’hydro-diapason on ressent un frémissement presque douloureux, comme le produirait un appareil électrique à courant interrompu.
- Pour produire des effets plus intenses, on pourrait au lieu d’un hydrodiapason unique, en employer plusieurs simultanément, à l’unisson ou à des hauteurs différentes, ou bien construire un appareil de grandes dimensions, mû par un courant énergique tel, que le contact des mains de plusieurs personnes ne puisse arrêter le mouvement vibratoire.
- Avec un hydrodiapason de longueur double de celui qui a été décrit et dont les branches sont légè -rement déviées à dessein, il se produit des vibrations gauches très énergiques sous l’influence de Y attraction axiale.
- Il est probable que des vibrations de cette nature existent, quoique difficiles à vérifier dans le premier hydrodiapason, en égard au défaut, presque inévitable, de la coïncidence parfaite des axes des extrémités tubulaires en regard ; sans compter les vibrations longitudinales qui se transmettent au support. Les diapasons acoustiques ordinaires ne sont pas eux-mêmes exempts de cette complexité de vibrations.
- La forme, les dimensions et la nature des hydrodiapasons peuvent être modifiées de diverses manières. Il serait possible, par exemple, de réaliser des hydrodiapasons à branches droites, comme celle des diapasons ordinaires ; mais il faudrait les construire partiellement en caoutchouc, ou bien les faire en tubes métalliques à section elliptique très aplatis et amorcer le mouvement vibratoire, ou en tubes métalliques rayés à l’intérieur comme les canons dits rayés.
- Les hydrodiapasons peuvent tous fonctionner aussi avec des courants d’air comprimé ou de vapeur d’eau.
- Ainsi se trouve établie une relation nouvelle entre .es phénomènes sonores, hydrodynamiques et élec triques.
- Mais voici une application des hydrodiapasons qui les rapproche encore davantage des appareils électriques : c’est qu’on peut faire servir les premiers à entretenir, d’une manière continue, les vibrations d’un diapason ordinaire par communication immédiate ou par un intermédiaire solide. Ici le courant d’eau, interrompu automatiquement, remplace le courant électrique des électrodiapasons.
- Pour réaliser cet effet, on règle le diapason hydrodynamique (préférablement à air comprimé), soit à l’aide d’un ressort appliqué aux branches et dont on fait varier à volonté la tension ou la position, soit à l’aide d'un curseur annulaire ou sphérique qu’on rixe à hauteur convenable, soit en
- v1) La Lumière électrique, t. IX, p. 5oo.
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- ajoutait aux branches des tiges à boules mobiles, comme dans l’interrupteur à mercure de Léon Foucault (fig. 4), soit en faisant les branches à tirage, pour augmenter ou diminuer, selon les cas, les longueurs vibrantes.
- Quant au mode de communication du mouvement vibratoire entre les deux diapasons, il peut se faire de plusieurs manières :
- i° Les deux instruments étant solidement fixés par leurs bases, on réunira, au moyen d’un fil métallique (rectiligne ou contourné en hélice), une branche du premier avec une branche du second. En réglant le mouvement de l’appareil moteur, pat l’emploi des dispositions qui viennent d’être indiquées, on communiquera au diapason commandé un mouvement synchrone (fig. 5).
- 20 La transmission pourra aussi se faire sans fil
- FIG. 5, 6 ET 7. — APPLICATION DE L’HYDRODIAPASON A l’eNTRE-TIEN DES VIBRATIONS SONORES DES DIAPASONS ORDINAIRES
- ntermédiaire, en disposant directement les branches vibrantes de l’hydrodiapason de chaque côté de celles du diapason ordinaire et presque au contact, de façon que le courant discontinu (d’air comprimé) frappejextérieurement contre celles-ci (fig. 6).
- 3° L’hydrodiapason pourrait être assez petit pour que ses branches (ou au moins l’une d’elles) fussent placées entre celles du diapason, agissant sur lui à la façon d’un ressort (fig. 7).
- Pour compléter ce qui a trait aux hydrodiapasons, je citerai encore une application qu’on en peut faire, bien qu’elle ne se rattache pas directement à la comparaison qui nous occupe. On pourrait, en effet, employer l’hydrodiapason comme compteur à eau, en utilisant son mouvement vibratoire régulier pour mettre en mouvement un mécanisme à cadran.
- Pour donner une idée du fonctionnement d’un
- appareil de ce genre, je citerai deux expériences que j’ai faites dans le but de déterminer, approximativement, en quel rapport peut varier la dépense d’eau, lorsque le tube est en vibration, comparativement à celle qui a lieu quand l’écoulement est libre ou continu, toutes les autres conditions restant les mêmes.
- Il est évident que cette dépense comparative peut être exprimée par le rapport inverse des temps que l’instrumént met à remplir d’eau un même vase dans chacune des conditions précédentes, or :
- 1» Avec un ajutage (Y‘^aDt’ 11 , ) pour remplir
- convergent ( 1 /, ’ ‘ ; “ 40 ~ 100 } un
- à bords minces : (= ,ooTmême vase‘
- nombres qui sont entre eux dans le rapport de 3 à 2.
- 2° Avec un ajutage cylindrique à bords minces :
- vibrant, il
- faut.......
- nonvibrant, il faut . . .
- im3o» = 90» im22,,= 72*
- pour remplir le
- môme vase.
- nombres qui sont entre eux dans le rapport de 5
- à*
- D’après cela, dans les conditions de nos expériences, la dépense d’eau, par l’appareil vibrant
- serait, dans le premier cas, les | et dans le second
- les | de celle que donnerait l’appareil si l’écoulement était continu,
- On pourra toujours, au moyen du réglage de l’instrument, faire varier la vitesse de vibration, de manière que la dépense d’eau soit une fraction donnée et fixe de celle de l’écoulement libre.
- Réciproquement, on pourrait substituer à l’hy-drodiapason un électrodiapason, ou simplement un appareil électromagnétique à vibrations déterminées, pour régler la vitesse d’écoulement du liquide et en faire un compteur à eau.
- C. Deciiarme.
- A PROPOS
- DU
- TRAITÉ DE J. CLERK-MAXWELL
- Le nom de J. Clerk Maxwell est depuis longtemps déjà l’un de ceux qui sont le plus constamment répétés, lorsqu’on s’occupe de questions d’électricité, et cependant ses œuvres et même, on peut le dire, ses idées sont restées longtemps peu ou mal connues. Par la hauteur de son enseignement il avait acquis en Angleterre une grande autorité et dans tous les pays une réputation étendue, mais
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- en signalant la valeur de ses idées on signalait en même temps l’étrangeté de son mode d’exposition, la difficulté de suivre ses conceptions ; en sorte que dans la science il semblait jouer un peu le rôle de ces légendaires philosophes allemands, qui demeurent toute leur vie extrêmement admirés et absolument incompris.
- Malgré l’obscurité qui les enveloppait, on vantait cependant l’originalité puissante des idées de Maxwell, mais dans notre pays peu de personnes étaient à même d’en juger, l’auteur n’ayant pas été traduit, et à la difficulté du texte venant se joindre celle d’une langue étrangère, on n’osait l’aborder.
- Cet obstacle a disparu. M. Seligmann-Lui, aidé du concours très précieux de MM. Cornu, Pottier et Sarrau a courageusement pris le monstre corps à corps, et nous donne aujourd’hui le premier fascicule de sa traduction.
- L’idée qu’on se fait de l’ensemble de l’œuvre d’après ce commencement, montre bien en quoi étaient vraies et fausses à la fois les opinions répandues ; l’obscurité de l’exposé et l’originalité des conceptions s’y trouvent en effet, mais pas telles que nous l’avions pu supposer.
- Il est vrai d’abord que ce livre est difficile à lire, mais ce n’est pas que le texte soit obscur ; il est au contraire fort clair; des idées très délicates, compliquées, d’une philosophie scientifique très élevée sont exprimées avec une limpidité, une précision très remarquables ; la difficulté tient à deux causes relativement accessoires ; la première et la plus grande, c’est lç système de notations et de calculs algébriques particuliers dont Maxwell fait usage, qui est, comme on le sait, le calcul des qua-ternions inventé par Hamilton. Ce mode de calcul n’est pas usité dans notre pays. Il n’y était guère connu que de nom jusqu’aux études récentes que M. Sarrau lui a consacrées justement en vue de la lecture de Maxwell.
- Aujourd’hui il a cessé d’être incompréhensible, sans doute, mais il n’est pas familier et constitue toujours une difficulté fort grande. La seconde circonstance qui rend le livre un peu pénible à lire, c’est qu’à vrai dire il n’a jamais été complètement composé; entre la première et la seconde édition l’auteur avait commencé une refonte complète de son ouvrage,"la mort l’a empêché de mettre la dernière main à son œuvre, en sorte que certains chapitres sont restés presque à l’état de notes ; personne n’a voulu mêler une part personnelle à un ouvrage de cette importance et on s’est contenté de mettre en œuvre les éléments ainsi laissés : de là résultent des lacunes dans l’exposition, des retours en arrière, ou des anticipations d’idées ;.de là résulte surtout que cet ouvrage intitulé traité n’a pas du tout l’allure didactique d’un traité. C’est un exposé d’idées et en même temps un vaste essai
- de calcul mathématique d’une nature et d’une conception très spéciales.
- L’originalité de l’œuvre est puissante en eftet, mais elle ne constitue pas, ainsi que quelques-uns le pensaient, une théorie électrique neuve et sortie d’une seule pièce de l’esprit du professeur Maxwell ; les idées mères d’où elle est née sont celles de Faraday, l’auteur le dit dans la préface de sa première édition, où il donne l’esprit et la ligne générale de son ouvrage.
- « L’esprit général de ce traité est bien différent de celui de plusieurs excellents ouvrages sur l’électricité, publiés pour la plupart en Allemagne, et il pourra sembler que l’on n’a guère rendu justice aux spéculations de plusieurs électriciens et mathématiciens illustres. La raison en est qu’en commençant l’étude de l’électricité, je résolus de ne lire aucun travail mathématique sur ce sujet, avant de posséder à fond les Recherches expérimentales sur l'électricité, de Faraday. Je savais que l’on croyait à une différence dans la conception que Faraday ou les mathématiciens se faisaient des phénomènes, en sorte que ni lui, ni eux n’étaient satisfaits des formes de langage de l’autre. J’étais convaincu que cette différence ne tenait point à l’erreur de l’un ou de l’autre; et je tenais cette conviction de Sir William Thomson; c’est à ses avis, à son secours, aussi bien qu’à ses mémoires publiés que je dois la plus grande partie de ce que j’ai appris à ce sujet. »
- « A mesure que j’avançais dans l’étude de Faraday, je m’apercevais que sa manière de concevoir les phénomènes était aussi mathématique, quoiqu’elle ne se présentât pas sous la forme conventionnelle des symboles mathématiques. Je reconnus que ces idées pouvaient être exprimées par les formes mathématiques habituelles et être ainsi comparées à celles des mathématiciens de profession. »
- Ces deux séries d’idées, ces deux conceptions différentes des phénomènes s’appliquent d’une façon générale, non seulement à l’électricité, mais à l’ensemble de la mécanique : elles constituent deux modes d’interprétation de la nature d’apparence tout à fait distincte ; on peut assez bien les caractériser de la manière suivante : l’une, la forme ancienne de la mécanique, celle qui s’enseignait uniquement il y a vingt ans, qui domine encore la science, celle que Maxwell nomme la forme conventionnelle des mathématiques, repose sur deux conceptions fondamentales, le centre d'action et la force; l’autre plus neuve, qui n’est pas seulement née du génie de Faraday, mais dont on trouve des manifestations antérieures par exemple dans la théorie des ondes lumineuses repose comme point de départ sur les idées du milieu et du mouvement. La première théorie, lorsqu’elle considère une action quelconque se manifestant sur un corps
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- rapporte son origine à un autre corps, ou à un système de points déterminé, et sans s’inquiéter du mode de transmission de l’action d’un corps à l’autre, admettant par conséquent l’action à distance, elle exprime les faits en les réduisant à un certain nombre de forces émanant des points d’où part l’action, pour aller s’appliquer à ceux sur lesquels elle s’exerce.
- La seconde théorie, lorsqu’elle considère un corps agissant, suppose que ce corps détermine dans le milieu qui l’entoure des modifications, soit sous forme de déformations, soit sous celle de mouvements, ce milieu à son tour agit sur les autres corps qu’il enveloppe et y fait apparaître les phénomènes.
- Le livre de Maxwell est avant tout un exposé scientifique et mathématique de cette forme de la théorie électrique, comme il le dit encore dans la préface, parlant des modes d’exposition mathématique antérieurs.
- « Ces hypothèses physiques sont tout à fait étrangères à la façon d’envisager les choses que j’ai adoptées, et un des objets que j’avais en vue en écrivant ce traité, est de donner aux lecteurs qui désirent étudier l’électricité le moyen de voir qu’il y a une autre manière de traiter la question, tout aussi capable d’expliquer les phénomènes, et qui, bien qu’elle semble moins précise sur certains points, correspond plus exactement, à mon sens, à l’état actuel de nos connaissances, autant par ce qu’elle affirme que par ce qu’elle laisse indécis. En outre, il est très important, au point de vue philosophique» de comparer deux méthodes qui ont réussi l’une et l’autre à expliquer les principaux phénomènes électromagnétiques, et qui cependant sont essentiellement différentes, aussi bien par la conception fondamentale du phénomène qui se produit que par les conceptions secondaires des quantités qu’on envisage. »
- * C’est pourquoi j’ai fait office d’avocat plutôt que de juge' ; j’ai développé une des méthode plutôt que je n’ai essayé de décrire impartialement les deux. »
- Cette dernière phrase explique comment Maxwell, moins préoccupé de déduire que d’exposer, a pris un soin médiocre de mettre dans un ordre rigoureusement logique, ses chapitres de principes élémentaires.
- Le fascicule que nous possédons commence par une partie mathématique où l’auteur donne quelques notions sur les unités qu’il emploie et aussi sur les notations et les procédés de calcul dont il fait usage. Ces notions très substantielles ne peuvent suffire à familiariser le lecteur avec ces méthodes, et ne dispensent pas de recourir préalablement à un exposé plus complet, tel que celui de M. Sarrau, si l’on veut lire avec fruit le reste de l’ouvrage.
- La première partie s’ouvre ensuite par un chapitre intitulé : Description des phénomènes. C’est un de ceux auxquels s’applique la remarque faite ci-dessus ; les annotateurs préviennent que ce chapitre manque d’ordre et de précision, ce qui est vrai ; mais ils ajoutent que « malgré ces imperfections didactiques, ce chapitre est fort intéressant pour le lecteur familiarisé avec les phénomènes ; il est plein d’aperçus originaux et de sujets de méditation pour les physiciens comme pour les géomètres. » Et cela est aussi vrai ; nous trouvons indiquée là une des plus grandes qualités du livre ; il est éminemment suggestif, sa lecture amène presque nécessairement des réflexions très fructueuses, et ouvre des horizons très étendus. Voir, par exemple les considérations sur les relations entre l’électricité et l’énergie ; page 42.
- Au milieu de ce chapitre apparaît tout-à-coup un sous-titre « Plan de cet ouvrage ». On ne sait trop comment ce plan est placé là, mais il constitue un chapitre très remarquable, un exposé général des plus intéressants. Après lui l’auteur entre dans la théorie mathématique. Toute cette partie renferme très peu de notations étrangères à nos habitudes ; elle se lit sans difficulté sérieuse, elle ne s’écarte pas d’ailleurs beaucoup des modes d’exposition déjà connus et ne présente pas encore d’une façon très marquée le caractère spécial que Maxwell annonce pour la suite.
- Il est possible d’ailleurs, qu’en pénétrant dans le cœur de l’ouvrage nous soyons moins étonnés que nous ne l’attendons ; les idées de Faraday et de Maxwell, quoique imparfaitement connues, ont exercé sur la science une très heureuse influence dans les dernières années, et nous possédons plus d’une notion qui, sans que nous le sachions, nous vient de cette source. En tous cas, ce n’est pas encore l’heure d’essayer une appréciation sur l’ensemble de ces idées ; d’ailleurs nous n’aurions garde de le tenter ; les conceptions de ce genre sont à la science positive un peu ce que la métaphysique est à la philosophie ; avec cette différence pourtant qu’elles sont, ainsi que Maxwell le prouve, accessibles au calcul et discutables par le raisonnement mathématique ; néanmoins elles relèvent toujours un peu de l’hypothèse ; et marquent la limite indécise où la science va pénétrer mais où la clarté n’est pas faite encore.
- On doit donc, sans chercher à choisir absolument, se demander, étant admis que les hypothèses différentes expliquent également le fait, laquelle se prête le mieux au progrès futur. En ce sens, chacune des deux conceptions que Maxwell met en présence, a ses qualités spéciales ; l’ancienne est incontestablement plus simple pour le calcul, plus accessible ; elle a donné bien avant les écrits allemands que cite l’auteur, entre ies mains de Coulomb et d’Ampère, le terrain solide» affermi par
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- l’expérience sur lequel repose toute la science ; d’autre part la conception de Faraday est certainement très satisfaisante, si l’une des deux se rapproche plus de la réalité ce doit être celle là ; comme le dit Maxwell : « On peut concevoir la relation physique qui existe entre les corps électrisés, soit comme effet de l’état dans lequel se trouve le milieu qui sépare les corps, soit comme résultat d’une action directe s’exerçant à distance entre les corps. Si nous adoptons cette dernière idée, nous pouvons déterminer la loi de l’action, mais nous ne pouvons pousser plus loin nos spéculations sur la cause de cette action. Si au contraire nous acceptons l’idée d’une action s’exerçant par l’entremise d’un milieu, nous sommes conduits à rechercher la nature de cette action en chaque point du milieu ».
- Cette façon de voir, conduit à rapprocher les causes, elle introduit la notion, démontrée nécessaire par l’expérience subséquente, du pouvoir inducteur spécifique du milieu. Mais elle ne procède que par l’application continuelle et absolue du calcul intégral ; si elle est un précieux instrument d’explication, on peut se demander si elle sera jamais un instrument de recherche et si l’interprétation mathématique qui procède par les résultantes, quoique peut-être trop simplifiée, et serrant de moins près le phénomène, ne restera pas le mode d’investigation le plus commode.
- Au reste, c’est là précisément ce qui ressort, ou plutôt ce qui ressortira, à ce qu’il semble, de l’œuvre de Maxwell, à savoir que ces deux conceptions si distinctes dans la forme ne sont pas essentiellement différentes dans le fond et constituent pour les phénomènes, non pas deux explications inconciliables, mais deux interprétations exactes et approchées seulement à un degré différent.
- En donnant une forme mathématique à celle de ces hypothèses qui semble la plus rapprochée de la vérité, en fournissant le moyen de la rapprocher des conceptions plus anciennes qui ont reçu la longue confirmation de l’expérience, l’auteur aura rendu un signalé service, et aux idées qu’il préfère et à l’ensemble de la science; et ses traducteurs ont droit à tous nos remercîments pour le travail ardu qu’ils ont entrepris et dont nous espérons promptement la continuation et la fin.
- Frank Geraldy.
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- Ce laboratoire, fondé en 1869, est spécialement destiné aux exercices pratiques des candidats qui
- se préparent à la licence et à l’agrégation classique des sciences physiques.
- M. Desains, qui a présidé à l’organisation, n’a jamais cessé de la développer et de l’améliorer. Le laboratoire, à son début assez restreint, a été fréquenté par un nombre d’élèves de plus en plus grand, de sorte qu’il a fallu l’agrandir au fur et à mesure des besoins. Il comprend aujourd’hui une vingtaine de salles, entre lesquelles sont réparties les expériences, correspondant aux diverses divisions de la physique.
- En thèse générale, ces expériences sont choisies pour donner lieu à des résultats numériques. Chacune d’elfes est installée sur une table spéciale, et un petit tableau indicateur fournit à l’élève les indications nécessaires sur la marche à suivre. Cette organisation lui permet de prendre en un court laps de temps des résultats qui d’ordinaire ne s’écartent pas trop des nombres connus.
- Je me propose de donner ici quelques détails sur les expériences de magnétisme et d’électricité qui sont installées dans le laboratoire.
- MAGNÉTISME
- 1. Détermination de la déclinaison. — Une boussole de Gambey sert à cet effet. L’opération consiste en deux parties bien distinctes : la détermination du méridien magnétique et celle du méridien astronomique. Nous commencerons par cette détermination, ce qui revient à chercher l’azimuth d’une mire fixe. Pour cela, on place la lunette astronomique sur ses tourillons et on s’assure avec un niveau que la lunette se meut toujours dans un plan vertical, quel que soit ce plan. Puis, en tournant la lunette du côté du soleil, on observe le passage du bord de cet astre sur les fils du réticule, tandis qu’à l’aide d’un chronomètre, un autre opérateur inscrit l’heure de ces passages. Pour faciliter l’observation du soleil, l’oculaire de la lunette porte un petit prisme à réflexion totale et, pour garantir la vue, on interpose un verre noirci. Cette observation faite, on a, avec la latitude du lieu, trois éléments du triangle polaire, ce qui permet de calculer l’azimuth. Il est évident que pour le soleil on fait les corrections de réfraction, etc., qui se trouvent indiquées dans la connaissance des temps. Pour déterminer l’azimuth de la mire, il suffît alors de la fixer avec la lunette et d’ajouter ou de retrancher, suivant les cas, l’angle ainsi observé à l’azimuth du soleil, calculé précédemment.
- Parlons maintenant de l’observation du méridien magnétique.
- On commence par remplacer la lunette astronomique par un microscope destiné à viser les extrémités du barreau magnétique. Avant de suspendre ce barreau dans ses étriers, on s’est assuré que le
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- fil de suspension n'a pas de torsion. Voici comment on procède. On remplace le barreau aimanté par un barreau de cuivre de même poids ; s’il n’y a pas de torsion, le barreau de cuivre prendra exactement la même position que le barreau aimanté. Dans le cas contraire, on tourne le tambour qui soutient le fil de manière à arriver au résultat visé, ce qu’on obtient au bout de quelques tâtonnements. Il est bon de chercher la grandeur du couple de torsion en tordant le fil d’un certain nombre de degrés et en observant le déplacement correspondant du barreau aimanté.
- Le barreau étant ainsi suspendu sans torsion, on n’a qu’à placer le microscope de telle façon que le fil du réticule corresponde successivement avec le milieu des traits des deux extrémités du barreau aimanté. On répète cette même opération après avoir retourné le barreau. La moyenne des lectures des verniers donne la position du méridien magnétique, ce qui, combiné avec l’observation astronomique précédemment décrite, donne la déclinaison de l’aiguille aimantée. Comme les verniers donnent les io",on peut, en usage courant, compter sur une approximation de cet ordre de grandeur.
- 2. Variations de la déclinaison. — Le laboratoire possède une belle boussole de variation construite par Fortin; cette boussole permet de con. stater des variations n’excédant pas une minute-Les salles du laboratoire contiennent malheureusement trop de fer pour que les indications relatives au magnétisme donnent des résultats exacts.
- On peut réaliser une expérience sérieuse en remplaçant le barreau aimanté par un barreau de cuivre pour étudier la torsion du fil de suspension. Pour des barreaux un peu lourds, on constate que l’état atmosphérique, température et humidité, a une influence très considérable et qu’on serait quelquefois tenté d’attribuer au magnétisme, des variations dues au couple de torsion du fil de suspension.
- 3. Détermination de l'inclinaison. — Pour l’usage courant, on se sert d’une boussole de Fortin; une autre boussole construite avec les soins particuliers que MM. Briinner apportent à leurs appareils, permet d’obtenir une approximation plus grande, si on le trouve nécessaire.
- Les méthodes d’observations sont les suivantes :
- i° On cherche le plan, où l’aiguille aimantée se place verticalement, ce plan est perpendiculaire au méridien; il suffit donc de tourner le cadre d’un angle droit et d’observer directement l’angle d’inclinaison. Il est inutile de dire qu’on fait chaque lecture deux fois, par des retournements du cadre et de l'aiguille, et qu’on prend les moyennes;
- 2° Par la méthode des cotangtes. La somme des carrés des cotangtes des angles d’inclinaison dans deux plans perpendiculaires quelconques, donne le carré de la cotangte de l’inclinaison. Il suffit donc de lire l’inclinaison dans un plan quelconque de tourner le cadre d’un angle droit et d’effectuer le calcul indiqué. La première méthode n’est d’ailleurs qu’un cas particulier de celle-ci, cas où l’un des angles d’inclinaison est un angle droit.
- Pour se défaire de l’erreur provenant de la non homogénéité de l’aiguille, il faut non seulement la retourner, mais encore l’aimanter en sens inverse. On effectue cette dernière opération à l’aide d’un électro-aimant.
- Une autre méthode de déterminer l’inclinaison basée sur les phénomènes d’induction sera exposée plus loin.
- 4. Lois des actions magnétiques. — Par la méthode des oscillations. On compte le nombre d’oscillations qu’un barreau aimanté effectue dans un temps donné, sous l’influence du magnétisme terrestre.
- Puis en approchant à des distances diverses, un autre aimant, et en comptant le nombre d’oscillations que le barreau effectue dans le même temps, on en déduit par le calcul connu la loi de l’action à distance.
- Par la balance de Coulomb. Cette méthode qui est la même que pour les actions électriques sera décrite plus loin.
- Par le magnétomètre de Gauss (Voir plus loin).
- 5. Moment magnétique d'un barreau aimanté. — Ce moment se déduit de l’observation de la durée d’oscillation. Il faut en outre connaître le
- FIG. I
- moment d’inertie du barreau. On peut trouver ce moment d’inertie, soit par le calcul, en partant de la forme géométrique du barreau, soit par l’expérience en faisant osciller le barreau avec deux masses de cuivre additionnelles. Dans le premier cas il faut tenir compte du moment de l’inertie de la chape, etc. ; on peut le faire comme l’a indiqué M. Mascart, par les oscillations d’un petit barreau supplémentaire dont les dimensions, et par suite I le moment d’inertie sont bien connus.
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- Un barreau de cuivre, de même poids et de même longueur que le barreau aimanté, permet d’étudier et d’éliminer la torsion du fil de suspension.
- Une échelle à réflexion permet de réduire l’angle d’oscillation à un très petit nombre de degrés, et de calculer l’influence du second terme dans la formule qui sert à calculer la durée d’une oscillation (fig. i).
- C’est une des expériences dont on a besoin pour déterminer l’intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre.
- Pour déterminer le moment magnétique d’un barreau par cette méthode, il faut supposer la composante horizontale connue : on trouve l’intensité d’aimantation en divisant le moment magnétique par le volume du barreau.
- 6. Magnétomètre de Gauss. — Sert, combiné avec l’expérience précédente à déterminer en valeur
- puissance n de la distance, on trouve, pour le rapport des tangentes des angles de déviation, justement ce nombre n.
- L’expérience fournit donc n — 2, c’est la loi de Coulomb.
- On peut encore à /'aide de ce même appareil déterminer le moment magnétique d’un aimant de forme quelconque, par exemple d’un aimant de la forme d’un fer à cheval. On place à cet effet l’aimant dans une des positions indiquées, et en admettant connue l’intensité du champ magnétique terrestre, on en déduit le moment. Lorsqu’on ne connaît pas la direction des pôles, on tourne l’aimant, de façon à obtenir le maximum de déviation.
- Pour se soustraire autant que possible à l’influence des masses de fer, on a eu la précaution d’enlever dans la pièce où se trouve cet appareil toutes les serrures, etc., et de les remplaèér par des pièces de cuivre.
- 7. Exploration d'un champ magnétique. — Une toute petite bobine, construite avec beaucoup de
- fk;. j
- FIG. 2
- absolue l’intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre.
- Un barreau suspendu dans le plan du méridien terrestre est dévié de sa position d’équilibre par un aimant, dont on a déterminé le moment par la méthode des oscillations La déviation est observée à l’aide d’une lunette et d’une échelle, le barreau déviant porte un miroir (fig. 2).
- Un système électrique est adapté à cet appareil pour amortir presque instantanément les oscillations
- Cet appareil sert en même temps à vérifier les lois des actions magnétiques. Le barreau mobile étant suspendu^dans le plan du méridien, on place d’abord le barreau déviant perpendiculairement à ce plan et sur le prolongement de l’aiguille mobile; on observe la déviation, puis comme deuxième position, on transporte le barreau déviant parallèlement à lui-même, dans la ligne Est-Ouest du barreau mobile. On constate qu’on obtient ainsi une déviation double de celle fournie par l’autre expérience. Or, en calculant ces angles de déviations en partant du principe que les actions magnétiques sont inversement proportionnelles à la
- soin par Ai. Carpentier, ne mesurant que 6m,,: sur 8m“, enroulée de fil très tin et ne pesant que quelques grammes, peut tourner d’un angle de 1800 autour d’un axe perpendiculaire au milieu de l’axe du cylindre (fig. 3).
- On place cette petite bobine dans un champ magnétique, après avoir attaché les deux bouts du fil aux bornes d’un galvanomètre très sensible et dont la résistance est égale à celle delà petite bobine. En tournant de 1800, il naît un courant d’induction qui lance l’aiguille du galvanomètre d’une quantité proportionnelle à l’intensité du champ magnétique.
- Si F représente l’intensité du champ magnétique, n le nombre de spires de la petite bobine, s la surface de l’une d’elles, k la résistance, on aura pour la quantité q d’électricité engendrée par une rotation de 1800
- q—x~2$n .F,
- le plan des spires étant perpendiculaire aux lignes de force. D’autre part, l’impulsion 8 du galvanomètre, résultant de la quantité d’électricité q est donnée par la relation
- <7 = Asm -,
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- A étant la constante du galvanomètre. On voit donc que F est proportionnel à sin^où à 8, si cet angle est très petit.
- Ces expériences combinées avec les ligures données par la limaille de fer, fournissent tous les éléments pour étudier le champ magnétique, c’est-à-dire la direction des lignes de force et l’intensité de la force en chaque point.
- 8. Distribution du magnétisme dans un barreau aimanté :
- i° Par la balance de Coulomb.
- Cette méthode consiste à étudier la déviation du barreau mobile, par le déplacement vertical de l’aimant à étudier. On constate ainsi que l’action est maximum un peu avant les extrémités du barreau et nulle au centre. Il faut supposer que les barreaux soient assez longs pour que l’action du pôle opposé devienne négligeable.
- 2° Par la méthode de Jamin.
- Une balance ttès sensible et construite sans fer est destinée à ces déterminations. On déduit la composante normale du magnétisme autour de l’aimant, du poids qu’il faut mettre dans le plateau de la balance, pour déterminer l’arrachement d’une toute petite masse de fer doux.
- D’après ces méthodes, on peut constater que le pôle magnétique d’un barreau aimanté peut être | considéré comme se trouvant sur l’axe du barreau et au centre de gravité du triangle. i
- g. Etude de la torsion d'un fil métallique. — Un | fil de im5o de long, soutenu par un fort châssis, est , tendu par un poids assez fort. Ce poids, de forme j cylindrique porte une aiguille dont l’extrémité est J attachée de part et d’autre à un fil de soie très fin. \ Chaque fil passe sur une petite poulie et porte à 1 son extrémité un léger plateau. On ajuste l’appareil j de telle façon que l’aiguille se trouve en face de j l’index fixe, lorsque le fil de suspension n’a pas de torsion. Ce fil porte d’ailleurs à sa partie supérieure un cercle divisé, pour lire l’angle de torsion. Pour faire l’expérience, on tord le fil en tournant le cercle divisé, et on ramène l’aiguille en face de l’index, en chargeant convenablement l’un des plateaux. On constate ainsi que, dans des limites assez étendues, l’angle de torsion est proportionnel au poids du plateau, c’est-à-dire que l’angle de torsion est proportionnel au couple de torsion (fig. 4).
- En faisant osciller le système librement, on peut, en déterminant le moment d’inertie, déterminer le moment d’inertie en valeur absolue. Le moment d’inertie se déduit facilement du calcul, le poids que supporte le fil étant cylindrique et le poids de l’aiguille étant négligeable. On a dans ces conditions M étant la ;masse et R le rayon'
- du cylindre.
- Avec cet appareil,'on peut vérifier les lois de la torsion, la loi des longueurs, des sections, etc.
- Une disposition spéciale permet d’adapter une suspension bifilaire et d’étudier les lois de cette suspension, si fréquemment employée à présent.
- Un autre appareil plus petit permet de faire une étude intéressante sur les avantages relatifs de chacun de ces deux systèmes, unifilaire et bifilaire et de comparer, par exemple, la^sensibilité, c’est-
- FIG. 4
- à-dire la grandeur du couple pour i° de torsion pour la même charge. On peut aussi se rendre compte de l’amortissement et de la fixité du zéro.
- 10. Balance de Coulomb. — Cette balance sert, comme on le sait, à déterminer les lois des actions électriques. On trouve ainsi la loi des attractions, des répulsions et celle des masses. On peut aussi étudier la loi delà déperdition de l’électricité.
- La balance qu’on possède au laboratoire n’est pas installée pour des mesures absolues; on peut se servir à cet effet d’une balance à quatre boules de Hankel, qui existe au laboratoire et qui a déjà été employée par M. Branly, sous la direction
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- duquel elle avait été construite; mais ces expériences sont trop délicates pour pouvoir être effectuées dans un temps aussi restreint que celui dont disposent les élèves.
- ix. Expériences sur la distance explosive des batteries. — On charge la batterie par l’intermédiaire d’une bouteille de Lane, qui sert d’électromètre (fïg. 5). La source électrique est une machine de Holtz à quatre plateaux. On constate que pouf des potentiels assez faibles, la distance est proportionnelle à la différence de potentiel. Pour des potentiels plus élevés, cette loi ne se vérifie plus. La différence de potentiel croît moins vite que la distance explosive. On constate encore que la distance explosive ne dépend pas de la surface de la batterie, c’est-à-dire du nombre de bouteilles employées
- FIG. 5
- et que cette surface n’intervient que dans la gros seur de l’étincelle.
- 12. Mesure de l'énergie d'une batterie. — L’énergie électrique a pour expression une des formules
- W=-A1 V =-CV2 = ~avec M=CV 2 2 2 C
- où W représente l’énergie, M la masse électrique, C la capacité et Y le potentiel.
- Les deux dernières expressions montrent que, pour une même batterie, c’est-à-dire lorsque la capacité Cest constante, l’énergie est proportionnelle au carré du potentiel ou au carré de la charge. On vérifie cette loi à l’aide des méthodes suivantes :
- Thermomètre de Reiss. — On charge la batterie, par l’intermédiaire de la bouteille de Lane et on règle la distance explosive AB, de telle façon que l’étincelle a lieu pour un certain nombre, 12 par exemple, d’étincelles de la bouteille de Lane en a b (fig. 6). Les communications sont établies comme sur la figure : si on tourne le commutateur dans le sens de la fiche 1, la batterie se décharge directement et en le tournant dans le sens de la flèche 2, la décharge passe dans le thermomètre de Reiss. On vérifie que pour un nombre double d’étincelles en a b le déplacement du liquide du thermomètre
- est quadruple. Pour trouver des résultats concordants, il faut isoler toutes les pièces avec un grand
- /Jou/piIIr ifp Lane
- •7iV rr. fii'HV Terre* Terre
- FIG. 6
- soin, employer des tringles métalliques, terminées par des boules, et avoir de petites étincelles en a b.
- Fusion des fils. — Par la décharge de la batterie on fait fondre une certaine longueur de fil de fer, et on constate que pour un nombre double d’étincelles, on peut fondre une longueur quadruple.
- i3. Electromètre à décharge de Gau gain. — Cet électromètre se compose d’un électroscope
- FIG. 7
- ordinaire à feuilles d’or, avec une boule métallique reliée à la terre, et dont la distance aux feuilles d’or est réglée de telle façon, que pour un certain écart des feuilles, l’une d’elles vient toucher cette boule (fig, 7 et 8). Dans ces conditions,l’électromètre
- FIG. 8
- se décharge, et comme sa capacité est constante, le nombre de décharges ou de contacts mesure la
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- quantité d’électricité qui passe par l’électromètre. Avec cet instrument on étudie :
- i° La loi des partages électriques. Pour faire l’expérience, on amène les deux corps électrisés au contact, puis on les introduit successivement dans l’intérieur d’un cylindre creux, fermé à un bout par un hémisphère. Ce corps étant conducteur, prend à sa surface externe une charge égale à celle du corps qui se trouve à l’intérieur. Donc, si la surface externe du cylindre se trouve reliée au sol, par l’intermédiaire de l’électromètre à décharge, le nombre de contacts mesurera la quantité d’électricité dont se trouvait chargé le corps dont on cherche la charge. On répète l’expérience avec l’autre corps et le rapport du nombre de contacts donnera le rapport des charges ;
- 2° La charge d’un diélectrique. Soit une plaque d’ébonite, qu’on a frottée avec une peau de chat. Pour connaître la charge de cette plaque, il suffit de l’introduire dans le cylindre creux, précédemment décrit, et le nombre de décharges fournira la mesure de la charge électrique ;
- 3° La démonstration des lois d’Ohm. On charge une batterie à un certain potentiel, et à l’aide d’un lil de lin humide on relie la batterie à l’électromè-tre. La boule de l’électromètre et l’intérieur de la batterie sont reliés à terre. On compte le nombre de décharges dans un temps donné et on constate que pour une longueur double, triple de fil, le nombre de décharges, dans le même temps, devient deux, trois fois moindre. Ceci démontre la loi des longueurs. Pour trouver la loi des sections, on prend plusieurs, par exemple quatre fils ensemble, puis on cherche le nombre de décharges pour quatre, trois, deux, un fil, et on constate que le nombre de décharges est proportionnel à quatre, trois, deux, un, ce qui démontre la loi des sections.
- 14. Electromètre à quadrants (Jig. g). — Le laboratoire possède plusieurs électromètres sous les formes qui lui ont été données par M. BranlyetM. Mas-cart. Dans le premier modèle la suspension estuni-filaire (fil métallique très fin) ; dans l’électromètre de M. Mascart la suspension est bifilaire et la communication de la source avec l’aiguille se fait par l’intermédiaire de l’acide sulfurique, dans lequel plonge une petite lame de platine ; cette lame sert en même temps à amortir les oscillations.
- Pile de charge. — Pour faire fonctionner l’élec-tromètre, il faut disposer d'une pile de charge. Cette pile se compose d’un certain nombre d’éléments Volta, zinc, platine, eau ordinaire. L’eau ordinaire est préférable à l’eau distillée : i° parce qu’elle est plus conductrice, et 20 parce qu’elle attaque moins le zinc que l’eau distillée.
- Les éléments se construisent simplement en soudant ensemble des fils de platine et de zinc.
- Les vases sont foripés par de petits flacons de verre dont on enduit le bord supérieur de cire ou de paraffine pour assurer l’isolement. Pour éviter l’évaporation de l’eau, on peut fermer les éléments avec de la vaseline, qu’on coule sur l’eau. Une cinquantaine de ces éléments peuvent tenir dans une petite caisse plate, et en superposant cinq rangées on forme une pile de 25o éléments, dans une boite qu’on peut fermer hermétiquement et dessécher avec de l’acide sulfurique. Une pile de ce genre peut durer fort longtemps sans qu’on ait besoin d’y toucher, mais elle se polarise avec la plus grande facilité, même par la charge des condensateurs.
- Modes d'emploi. — On peut employer l’électro-mètre de trois manières différentes :
- i° On charge les secteurs i.3 et 2.4 par les pôle opposés de la pile de charge, dont le milieu est relié à terre, et c’est l’aiguille qu’on met en commu-
- FIG Q
- nication avec le corps dont on cherche le potentiel. C’est la méthode préconisée par M. Mascart ;
- 20 L’aiguille est chargée par la pile de charge, dont l’autre pôle est à terre. Les secteurs sont reliés aux pôles opposés de la pile à étudier. Cette méthode est avantageuse lorsque la pile de charge se compose d’un grand nombre d’éléments, dont on ne connaît pas bien le milieu. Ce milieu, pour des piles de Volta, coïncide en effet rarement avec la moitié du nombre des éléments. Si, par exemple, on a une pile de 200 éléments, il est rare qu’en attachant le fil de terre à l’élément 100, on trouve aux pôles des potentiels égaux et de signe contraire, condition qui est indispensable pour la mé-, thode précédente. Les variations de température influent d’ailleurs sur la position de ce point milieu. Dans la méthode actuelle on n’a pas besoin de s’en, occuper. Cette disposition convient également pour les méthodes de réduction à zéro ;
- 3° L’aiguille et une paire de quadrants sont reliés ensemble à terre. L’autre paire de quadrants est en communication avec la source à étudier.
- Avec cette disposition, la déviation de l’aiguille est proportionnelle au carré du potentiel de la source.
- Réglage. — Pour régler l’électromètre dans le
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- premier cas, par exemple, voici comment on opère: Les secteurs et l’aiguille étant reliés ensemble et mis en communication avec la terre, on place l’électromètre de façon à ce que l’image soit au milieu de l’échelle. Il faut que dans cette position l’aiguille soit placée symétriquement par rapport aux secteurs, c’est-à-dire que la ligne qui sépare les secteurs passe par l’axe de l’aiguille et la divise en deux parties identiques.
- En chargeant alors les secteurs i.3 par un pôle de la pile, 2 4 par l’autre, le milieu de cette pile et l’aiguille étant à terre, il faut que l’aiguille conserve sa position d’équilibre. Lorsqu’il y a déviation, on doit l’attribuer au défaut de symétrie de la pile, et après quelques tâtonnements, on arrive à fixer l’image, quelle que soit la charge des secteurs, pourvu que cette charge soit égale et de signe contraire. Si dans ces conditions on donne une charge à l’aiguille, on constate une déviation qui doit se reproduire de même grandeur en sens inverse, lorsqu’on change le signe de cette charge. On lit les déviations à l’aide de l’échelle transparente de M. Carpentier; cette disposition constitue un notable progrès sur celle adoptée par M. Thomson. L’opérateur peut en effet se placer droit devant l’échelle, avoir la libre disposition de ses mains, et tout en opérant, lire sans la moindre fatigue les déviations de l’image.
- i5. Mesure des capacités et des potentiels à l'aide de Vélectromètre à quadrants. — Capacités. — Supposons qu’il s’agisse de déterminer la capacité électrostatique d’une bouteille de Leyde, voici comment on opère : Il faut commencer par déterminer la quantité d’électricité nécessaire pour porter l’aiguille au potentiel 1 (quantité d’électricité qui joue le rôle d’une capacité). Cette quantité, que nous représenterons par c, est fonction de la charge des secteurs. Pour la trouver, on fait communiquer l’aiguille avec une source, deux éléments Daniell ou Latimer Clarke par exemple, et on note la déviation 8. Puis, ayant ramené l’aiguille à l’état neutre, on charge une sphère de diamètre connu, avec les mêmes deux éléments, et on établit entre cette sphère ainsi chargée et l’aiguille de l’electromètre, une communication à l’aide d’un til très fin. L’aiguille déviera d’une quantité 8' <8. Soit R le rayon de la sphère (c’e^ce nombre qui représente la capacité des unités électrostatiques), Y etV' les potentiels correspondants aux déviations 8 et 8', on aura VR=Y' (e + R).
- V' g' ,
- En écrivant-^-= — on a supposé que les déviations sont assez petites pour qu’elles soient proportionnelles aux potentiels. Ayant trouvé ainsi la
- capacité c de l’aiguille, on trouve la capacité C de la bouteille de Leyde en répétant la même opération, où l’on substituera la bouteille à la sphère. La bouteille étant ainsi chargée avec les deux éléments Daniell, on la fait communiquer avec l’aiguille et on notera la déviation 5" ; on aura, comme précédemment :
- C V" 5"
- VC = V"(<-+C) —- = T = -
- Potentiels. — Lorsque le potentiel à mesurer est peu élevé, de sorte que l’image ne sorte pas de l’échelle, on l’obtient directement par la déviation de l’aiguille. Mais lorsque les potentiels à mesurer sont trop élevés pour l’emploi de cette méthode, on relie l’aiguille à une paire de secteurs, l’autre paire de secteurs étant à terre. On obtient ainsi une déviation proportionnelle au carré du potentiel; et en écartant le bifilaire on peut ainsi mesurer des potentiels assez élevés. Cette méthode a, de même, l’avantage de permettre la mesure des potentiels des courants alternatifs.
- 16. Etude des galvanomètres. Lois des oscillations de l'aiguille. — Lorsque, dans un galvanomètre, on écarte l’aiguille de sa position d’équilibre, elle y revient après avoir effectué un nombre plus ou moins considérable d’oscillations. Ces oscillations sont isochrones et leur amplitude décroît suivant une proportion géométrique; le logarithme supérieur de ce rapport est ce que l’on appelle le décrément logarithmique. C’est cette expression qui donne la mesure de l’amortissement.
- Lorsqu’on lance un courant constant dans le galvanomètre, l’aiguille reçoit une impulsion et oscille autour du nouveau point d’équilibre qu’elle va occuper, absolument de la même manière que lorsque, l’ayant écartée dans le premier cas, elle est revenue, sans l’intervention d’aucun courant. La durée des oscillations est la même, et le décrément logârithmique a la même valeur. On peut d’ailleurs prévoir la position où l’aiguille s’arrêtera sous l’influence d’un courant constant, en observant l’impulsion 8 et les deux positions de retour S, et 82 qui suivent. Le calcul donne, en effet, la déviation permanente.
- Dans les galvanomètres apériodiques (de Weber, Deprez-d’Arsonval, etc.), il n’y a pas d’oscillations et l’aiguille se fixe immédiatement à sa position d’équilibre.
- Courants instantanés. — Lorsqu’on décharge un condensateur à travers un galvanomètre, l’aiguille reçoit une impulsion telle que le sinus du demi-angle d’écart est proportionnel à la quantité totale d’électricité qui a traversé le cadre. Ceci
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- suppose que la décharge est instantanée, c’est-à-dire très courte par rapport à la durée de l’oscillation de l’aiguille. Lorsqu’on interpose une grande résistance entre le condensateur et le galvanomètre, la décharge n’est plus instantanée et la déviation ne correspond plus à la quantité d’électricité qui a traversé le galvanomètre. Dans ce cas, les oscillations ne sont plus isochrones non plus.
- Les données qu’il s’agit d’étudier dans un galvanomètre sont :
- i° La constante; elle permet de convertir les mesures en mesures absolues.
- 2° La résistance; nous démontrons plus loin les méthodes employées pour cette détermination.
- 3° La sensibilité; c’est la déviation qui correspond à i° de l’échelle.
- 4° L’amortissement; c’est un élément extrêmement important dans la pratique, car c’est de l’amortissement que dépend la rapidité et, dans certains cas, la possibilité des mesures.
- Les galvanomètres qu’on étudie au laboratoire sont les suivants :
- Boussole des tangentes, — La constante a pour expression H^, c’est-à-dire que l’intensité est représentée par la formule
- 3 la déviation; r le rayon du cadre; n nombre de tours;
- H Comp. horizontale du magnétisme terrestre; i intensité du courant.
- Lorsqu’on exprime toutes les donnéés en centimètres, grammes, secondes, on a H = 0,194 et on trouve les intensités en ampères lorsqu’on multiplie lès 2 nombres par 10. On a en effet 1 amp. = io~ 1 unité CGS.
- La boussole des tangentes sous sa forme habituelle n’est pas un instrument sensible. Mais son étude est intéressante parce qu’elle fournit des indications en mesures absolues.
- Pour assurer l’amortissement, on a disposé une petite plaque de cuivre, au-dessous de l’aiguille; une vis permet de diminuer ou d’augmenter la distance et par conséquent de régler l’amortissement, mais ce moyen est insuffisant, aussi l’aiguille met-elle longtemps avant de revenir au repos. Dans certains modèles l’aiguille flotte dans un liquide, comme l’alcool et, dans ce cas, la position d’équilibre est atteinte sans oscillation.
- Boussole de Weber. — Galvanomètre apériodique. Une lourde aiguille se meut à l’intérieur
- d’un anneau de cuivrp; cet anneau, pour les courants d’induction, arrête les oscillations de l’aiguille d’une manière presque absolue. Ce galvanomètre n’est pas très sensible, mais il présente l'avantage d'être bien apériodique et de posséder une bande qui permet de l’employer comme galvanomètre sans résistance. L’appareil, une fois installé est d’un emploi très commode, pour l'étude des piles; les déviations qu’on observe à l’aide d’une échelle de reflexion, sont d’ailleurs propor-* tionnelles aux intensités des courants.
- Galvanomètre balistique.— Ce galvanomètre sert à étudier les lois de l’induction. Les deux lourdes aiguilles astatiques prennent un mouvement très lent, lorsqu’on les écarte de leur position d’équilibre. En comptant les durées d’oscillations à circuit ouvert et à circuit fermé, on en déduit la loi d’induction trouvée par Weber.
- Galvanomètres astatiques de Melloni. — Ces galvanomètres, lorsqu’ils sont pourvus d’une échelle à reflexion sont très sensibles ; il y en a à faibles résistances pour l’étude des courants thermo-électriques et à grande résistance pour les décharges des condensateurs, par exemple.
- Le principal défaut de ces galvanomètres est leur défaut d’apériodicité : l’aiguille ne revient à sa position d’équilibre qu’au bout d’un très grand nombre d’oscillations. Il est d’ailleurs difficile d'adapter un amortisseur; le seul moyen est d’arrêter l’aiguille au moyen d’un faible courant en sens inverse du mouvement ; avec un peu d’habitude on arrive ainsi à arrêter l’aiguille du premier coup, et dans ce cas, on peut effectuer des mesures très rapides.
- Galvanomètres de Thomson. — Ce sont, comme on le sait, les galvanomètres les plus sensibles que l’on possède actuellement : la sensibilité se règle à l’aide de l’aimant, directeur; on remarque que l’amortissement est indépendant de la position de cet aimant.
- Le modèle construit par M. Carpentier où les bobines peuvent se changer à volonté,, fait de cet appareil un galvanomètre universel ; avec un jeu de bobines de différentes résistances, on a en effet à sa disposition un galvanomètre de très grande résistance, de résistance moyenne où de très faible résistance, et on est à même de l’employer dans tous les cas qui peuvent se présenter dans la pratique.
- Avant de se servir du galvanomètre, il faut s'assurer de la symétrie, c’est-à-dire que les déviations à droite et à gauche sont égales pour une même intensité; le défaut de symétrie provient ordinairement de la torsion du fil de suspension.
- L’observation se fait, comme dans tous les gai-
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- vanomètres à reflexion, à l’aide de l’échelle transparente de M. Carpentier : ce n’est que lorsqu’on a besoin d’une approximation très considérable qu’on peut employer la lunette avec échelle divisée employée par Gauss. On augmente ainsi considérablement le degré d’exactitude, qui dépend du grossissement de la lunette; mais cette méthode d’observation est très fatigante et .inutile dans la plupart des cas. On est en effet borné par la fixité du zéro et le déplacement que ce point éprouve dans le cours d’une expérience est habituellement bien supérieur à l’erreur de la lecture de l’échelle. Il serait donc illusoire de vouloir diminuer l’erreur de lecture, à moins de porter la même attention à la position du zéro, cc qui devient très compliqué.
- Il est intéressant de déterminer expérimentalement les deux constantes k et w qui déterminent le mouvement de l’aiguille, représentée par l’équation différentielle
- où 0 désigne l’angle de déviation.
- Pour cela, il suffit d’observer la durée T d’une demi-oscillation et le décrément logarithmique Log. nép, 5» étant le rapport de deux
- amplitudes quelconques.
- On a
- Lorsqu’on lance dans le galvanomètre un courant instantané, la durée T' de la première oscillation n’est pas égale aux autres, mais elle est donnée par la formule
- TV T2 *
- r'= — arc. cos -
- 71 tâ>
- La connaissance de ces constantes permet de trouver une relation entre la capacité d’un condensateur qu’on déchargerait à travers le galvanomètre et la résistance d’un conducteur, en supposant que la force électromotrice soit la même dans les deux cas. Soit S l’impulsion obtenue dans le premier cas, et a la déviation permanente dans le deuxième cas, on aura
- à l’impulsion due à un courant instantané, intervient aussi dans la détermination du coefficient de self, induction d’après les méthodes de Maxwell et de Raleygh.
- Galvanomètre apériodique Deprez-d'Arsonval. — Ce galvanomètre, fermé sur lui-même ou sur une résistance peu considérable, est absolument apériodique et prend sa position d’équilibre sans osciller. C’est cette propriété qui en rend l’usage si commode dans tous les cas où une sensibilité extrême n’est pas nécessaire.
- 17. — Ampèremètres. — Graduation. — Les ampèremètres construits par M. Carpentier prennent instantanément leur position d’équilibre sans osciller; de plus, ils n’ont pas de résistance appréciable, aussi peut-on les conserver directement dans le circuit. Voici les méthodes employées au laboratoire pour vérifier la graduation :
- i° Par la boussole des tangentes. Comme ce dernier instrument fournit immédiatement l’intensité du courant en mesure absolue, il suffit de multiplier les indications par 10 pour obtenir l’intensité en ampères. Malheureusement, l’exactitude obtenue ainsi n’est pas très considérable :
- i° A cause de l’incertitude de la connaissance de la composante horizontale, surtout dans un laboratoire où le fer abonde, on ne connaît pas ce facteur avec une approximation suffisante ;
- 20 II est assez difficile de bien déterminer les constantes, de s’assurer si l’aiguille est bien centrée et de lire l’angle de déviation avec une approximation suffisante ;
- 3° Pour qu’on puisse appliquer la formule simple, il faudrait que l’aiguille soit très petite, autrement il faudrait adopter les dispositions de Gau-gain et de Helmholtz et calculer les termes de correction.
- Tout cela fait que pour obtenir une approximation de il faut s’entourer de précautions
- telles, que l’emploi de la boussole des tangentes devient une opération très délicate et nullement pratique. Toutefois, lorsqu’on se contente d’une erreur relative de 1 à ^ environ, on peut s’en ser-vir d’une façon très avantageuse.
- C’était la capacité du condensateur et R la résistances du conducteur.
- Cette formule permet de déterminer la capacité d’un condensateur par une résistance, ou inversement la résistance en partant d’un condensateur. La valeur du rapport de la déviation permanente,
- 20 Méthode indirecte. — On forme un circuit direct avec une résistance exactement connue, ou une boîte de résistance, l’ampère-mètre à graduer et une pile aussi constante que possible. Aux extrémités de la résistance on met en opposition un élément Latimer-Clark par exemple, et un électromètre de M. Lippman (fig. 10). Lorsque l’électromètre reste au zéro, on est sûr d’avoir aux extrémités de la résistance une différence .de potentiel égale à
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- l’élément étalon, on en déduit l’intensité par la formule
- . E * R
- Cette méthode est très commode et excessivement sensible. La résistance du conducteur peut être déterminée en effet avec une précision extrême ; quant à la force électromotrice d’un élément Lati-
- mer-Clark, elle ne varie pas de dans les mêmes
- conditions de températures. On en a construit plusieurs aux laboratoires dont les différences ne portent que sur l’ordre des dix millièmes.
- Quant à l’électromètre capillaire, dont l’emploi est tout indiqué ici, car la pile étalon ne peut pas se polariser, il indique, comme on le sait, des
- différences de potentiel qui n’excèdent pas de
- t fl I1* .-'•Il , . . 1 .1 w/iririiii'hv ( ^
- ... ..v
- Ihu'lr __ • ii fi'! ^
- FIO. TO
- volt. En faisant varier la résistance intercalée, on peut avoir toutes les intensités nécessaires è la graduation. On obtient ainsi facilement une approximation de 7555: il suffit d’avoir une boîte de résistance bien graduée et dont le fil est assez gros pour ne pas s’échauffer par le passage du courant.
- Vérification des lois d'Ohm. — On vérifie ces lois soit avec des piles hydro-électriques en tenant compte de la résistance intérieure, soit par des piles thermo-électriques dont la résistance est négligeable. Il est avantageux de prendre un galvanomètre sans résistance : on y arrive soit en prenant un galvanomètre sans résistance, comme la boussole des tangentes à un seul tour de fil, ou la boussole de Weber, soit en prenant un galvanomètre très sensible avec un shunt.
- Lois des longueurs. — Avec la pile thermoélectrique on vérifie directement que l’intensité est inversement proportionnelle à la longueur de fil interposé.
- Au lieu de faire varier ainsi la résistance avec une force électromotrice constante, on aura, dans certains cas, avantage à garder la résistance constante avec une force électromotrice variable.
- (A suivre.) P.-H. Ledeboer.
- NOTES HISTORIQUES SUR LES PREMIERES ANNÉES
- DK LA
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- EN TURQUIE
- La télégraphie électrique est sans contredit, de toutes les institutions modernes, celle qui prit le plus d’extension, qui fut la plus appréciée, et surtout la plus merveilleuse de toutes les importations modernes en Orient, car malgré les difficultés locales, dues principalement au manque presque total de chemins de fer, au petit nombre de routes carrossables ou du moins bien entretenues et fréquentées, les lignes se sont cependant agrandies et multipliées avec rapidité, à lel point que comme réseau télégraphique, l’empire ottoman occupe certainement un des premiers rangs parmi les différentes contrées de 1 Europe.
- Cela s’explique facilement quand on réfléchit aux grandes relations commerciales qui unissent l’empire, non-seulement avec le reste de l’Europe, mais encore avec l'Asie et l’Afrique.
- Les exigences du commerce devenant de plus en plus grandes, on sentit le besoin de se rapprocher davantage des grands centres commerciaux en rendant les départs des paquebots plus fréquents, en établissant un système postal plus régulier et plus prompt ; mais le gouvernement voulut encore faire jouir le commerce des bienfaits procurés à l’Occident par la récente apparition de la télégraphie électrique.
- Cependant, avons-nous entendu dire plusieurs fois, l’apparition des télégraphes en Orient n’a eu lieu que dix ans après ceux d’Occident, et cela spécialement pour le service de la guerre de Crimée, car sans la guerre, le gouvernement n’y aurait pas songé, et c’est à elle sans doute que nous sommes redevables des avantages de cette invention moderne.
- Il est donc nécessaire de relever cette erreur, car ce n’est pas précisément à la guerre de Crimée qu’on doit l’apparition de la télégraphie en Orient; attendu que si à cette époque le gouvernement ottoman n’avait pas encore commencé les constructions de lignes, du moins il y avait sérieusement songé avant ét il existait des projets qu’on devait mettre sous peu à exécution ; les nécessités de la guerre n’ont fait qu’activer les travaux.
- Il est facile de s’expliquer pourquoi la Turquie n’a pas suivi les autres puissances lors de l’invention de la télégraphie et pourquoi elle a attendu si longtemps avant de l’adopter.
- En effet, les principales objections qui furent faites en Occident lorsqu’il fut question de la té-
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- légraphie électrique, consistaient surtout dans l’établissement des lignes aériennes; on croyait impossible de réunir deux points éloignés, par un fil suffisamment isolé ; mais s’écriait-on : il cassera à chaque instant et en une foule d’endroits ; on le coupera, on le volera même, comment pourra-t-on empêcher la malveillance, quand l’accès de ces lignes sera si facile à tout le monde sur tout leur parcours, quand un enfant pourra les détruire en un instant; de plus le courant se perdra, etc.
- Que fallait-il faire en pareil cas ? ce qui fut fait, c’est-à-dire faire les premières lignes et étudier toutes les circonstances qui se présenteraient.
- Ces premières lignes furent faites dans les meilleures conditions possibles d’exécution : on leur fit suivre les chemins de fer déjà existants, de sorte qu’il était très facile d’opérer une surveillance presque continuelle. On s’aperçut alors avec étonnement que non-seulement l'électricité se transmettait très bien même à de grandes distances, mais que la malveillance ne s’exercait pas sur les lignes comme on l’avait craint, que les fils résistaient beaucoup mieux qu’on ne l’avait cru, aux intempéries des saisons. On fut alors encouragé et on construisit des lignes électriques sur presque tous les chemins de fer, en Angleterre, en France, en Allemagne, etc. A cette époque la Turquie, ne pouvait donc pas suivre cet exemple, puisqu’elle n’avait pas de chemins de fer.
- On n’osait cependant pas encore se hasarder à faire des lignes hors des voies de chemins de fer, craignant toujours qu’une surveillance moins active n’en amenât la destruction ; ce ne fut que plus tard, encouragé par le succès toujours croissant des lignes précédentes, qu’on en construisit le long des routes, qui, on le sait, sont, pour la plupart, en Europe, aussi sûres, aussi fréquentées que les chemins de fer, et où la surveillance, si elle n’est pas aussi active, est du moins encore assez régulière et toujours praticable.
- Mais on ne songeait nullement à construire des lignes en dehors des routes, des lignes traversant des forêts, des ravins, des montagnes et des endroits presque inaccessibles et où la surveillance, si elle n’est pas impossible, est souvent du moins très difficile. Sija Turquie avait attendu ce résultat, l'apparition dè la télégraphie en Orient aurait certainement eu lieu plus tard.
- Elle a eu l’honneur d’aborder une des premières cette difficulté et avouons qu’elle l’a vaincue, car pour ne citer qu’un exemple, nous dirons que la ligne de Constantinople à Bagdad a étonné l’Europe; on croyait difficilement qu’une pareille ligne, qui traverse des contrées presque désertes, où les voyages sont difficiles et parfois dangereux, pût fonctionner d’une manière régulière ; et quand on songe aux difficultés de construction dans ces
- contrées, sans routes, sans chemins, sans moyens de transport, on a vraiment lieu de s’étbnner que ces lignes aient été faites si rapidement et que le gouvernement ait osé prendre si tôt l’initiative de pareilles lignes, isolées de toute communication vicinale.
- Faisons encore remarquer que l’expérience est venue confirmer les prévisions du gouvernement, et que sauf de rares cas de révoltes de tribus envers l’autorité locale, l’administration n’eut jamais à signaler d’entraves dans le service, dues à la malveillance, et qu’au contraire, les lignes furent non-seulement toujours iespectées,mais souventen-tretenues et réparées de plein gré, par les habitants de certaines contrées traversées, même par ceux qui sont réputés les plus turbulents.
- Il y a mieux ; les lignes, outre qu’elles n’ont jamais eu a souffrir de la malveillance, ont servi, en différents endroits, à protéger les voyageurs, ainsi que cela a été constaté dans quelques parties de la Mésopotamie, qu’on ne pouvait traverser alors sans prendre de grandes précautions , car on risquait d’être dévalisé par ces tribus presque insoumises.
- Depuis la construction de la ligne de Bagdad qui traverse cette contrée, on peut voyager sans crainte le long de la ligne, et c’est aujourd’hui la route la plus sûre. Les constructeurs de cette ligne ont rencontré dans le gouverneur de cette contrée un homme éclairé et disposé à seconder en tous points leurs travaux. Pour s’assurer des habitants, il a réuni leurs chefs et a fait ce qu’il y avait de mieux à faire avec eux, il les a pris par la superstition, en leur faisant croire que tout ce qui se faisait près de la ligne était su immédiatement, non seulement par lui, mais aussi à Constantinople ; et ces gens, émerveillés des résultats qu’ils avaient vu se produire devant eux par le télégraphe, et dont ils ne pouvaient se rendre compte, ont cru, et ont en effet tenu la parole qu’ils ont donnée de ne jamais toucher la ligne.
- Faut-il un autre exemple: En Turquie d’Europe, un pacha ayant recommandé aux habitants de respecter la ligne télégraphique, craignant qu’on y touchât par ignorance ou par curiosité , il reçut d’eux la réponse suivante : Ces travaux ont lieu par ordre de notre souverain, s’il les a jugés nécessaires, c’est que cela est, et nous respecterons un instrument qui, du reste, nous donnera tous les jours des nouvelles de notre sultan.
- Dans un autre endroit, sur la ligne d’Andrinople à Choumla, des poteaux furent renversés par des bestiaux à la pâture, des réprimandes furent faites aux gardiens de ces animaux pour le manque de précaution de leur part. Alors ils entourèrent, sur une grande distance, tous les poteaux d’un petit bastion en terre, de sorte que ces animaux ne pouvaient plus se frotter contre, ce qui, de plus, contribua beaucoup à la consolidation de la ligne.
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- On pourrait citer une foule d’autres exemples destinés à prouver que les lignes n’ont rien à craindre de ce côté, et il serait fort à désirer que ce fût le seul cas de dérangement des lignes, car alors les dérangements seraient pour ainsi dire inconnus en Turquie.
- La position géographique de l’empire Ottoman est une des plus avantageuses au peint de vue télégraphique. En effet, après avoir été obligé d’emprunter pendant quelque temps pour ses communications avec l’Europe, le transit des lignes moldo-valaques et serbes, l’administration s’est vite développée et a étendu son réseau télégraphique de telle façon qu’il se trouve aujourd’hui directement relié avec :
- L’Autriche ;
- Le Monténégro ;
- La Russie ;
- La Roumanie ;
- La Serbie ;
- La Bulgarie ;
- L’Italie ;
- La Grèce;
- L’Egypte ;
- La Perse.
- Le réseau télégraphique ottoman sert aussi de point de jonction entre les lignes de l’Europe, d’une part, et de l’autre avec l’Asie et l’Afrique et constitue une voie naturelle pour l’échange des télégrammes entre ces trois parties du monde sans le secours de câbles sous-marins. C’est à ce titre que la Turquie occupe certainement un des premiers rangs comme importance télégraphique, et se trouve placée dans des conditions propres à lui assurer de gros bénéfices pécuniaires, surtout avec l’extension prodigieuse des lignes télégraphiques en Asie, en Afrique, et même en Australie.
- Ce résultat, qui a été obtenu en grande partie, n’a eu qu’une durée trop courte; des circonstances malheureuses ont paralysé tous les efforts de l’administration. Le transit entre l’Europe et les Indes qui a donné au commencement de très beaux résultats qui permettaient de fonder de plus grandes espérances, a été mortellement frappé par la création de lignes concurrentes, et la ligne syrienne pour le transit également considérable entre l'Europe et l’Afrique n’a pu lutter avantageusement avec la voie deMalte-Alexandiie. Un nouveau câble posé ensuite entre La Crète et Alexandrie a fini par absorber tout le transit qui se trouve aujourd’hui presque réduit à néant.
- Il serait bien difficile aussi de remédier à cet état de choses et de pouvoir attirer de nouveau la correspondance qui s’est déjà habituée depuis longtemps à suivre un autre chemin, à moins que l’on se décide à faire de plus grands sacrifices en com-
- paraison de ceux qufe l’on fait et que l’on a faits quand il s’agissait uniquement de maintenir et de relever le crédit de ces lignes de transit.
- Mais si l’administration n’a pu jusqu’à ce jour tirer un parti convenable de ces grandes lignes asiatiques, elle fait tout son possible pour augmenter la production de ses autres lignes et elle y réussit.
- L’administration ottomane comprend deux services tout à fait distincts, dus à la différence des caractères des langues orientales et européennes. Ces services n’ont pu, malheureusement, jusqu’à ce jour, être confondus en un seul, quoique, comme nous le verrons plus loin, il ait été fait beaucoup dans ce sens sous la direction actuelle.
- C’est à cette division du service que l’on doit attribuer l’imperfection relative du fonctionnement des lignes et des bureaux, par suite des nécessités où l’on se trouve trop souvent de faire occuper à tour de rôle le même fil par des employés des deux services, qui ne peuvent se contrôler et même souvent se comprendre.
- Avant de signaler toutes les réformes qui ont eu lieu dans ces dernières années et d’indiquer l’état actuel du réseau et de l’administration, nous résumerons comme point de comparaison l’histoire des premières années de sa création.
- CRÉATION DE LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE EN ORIENT
- Ce fut vers le mois de juin 1854 que le Gouvernement ottoman résolut définitivement la création de la télégraphie électrique, à laquelle il avait déjà songé depuis quelque temps, ainsi que nous l’avons déjà dit.
- L’apparition de la guerre de Crimée en rendit l’exécution plus prompte et fit modifier le projet de la première ligne. En effet, cette ligne, d’après le désir de la Sublime Porte, devait partir de Constantinople, sur Andrinople et Belgrade.
- Les premières ouvertures furent faites par les ordres de S. A. Mehemet-Kibrisli-Pacha , alors grand-vizir, et par l’intermédiaire de l’ambassade ottomane à Paris, vers la fin de juin. Cependant, ce ne fut que dans le commencement du mois de septembre de la même année-qu'une Commission ad hoc, nommée par la Sublime-Porte, arrêta les bases définitives de cette nouvelle institution, après avoir examiné un projet présenté par M. de La Rue, garde forestier de la Couronne de France, alors en mission à Constantinople, projet qu’il rédigea sur la demande du Gouvernement.
- La Commission était composée de hauts personnages. Apiès plusieurs séances, tenues sous la présidence de S. Exc. Ali-Ghahb Pacha, le projet un peu modifié, à cause des circonstances dont
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- nous avons parlé, fut accepté et reçut peu de jours après la sanction de S. M. I. le sultan Abd-ul-Medjid, par un iradé impérial qui accordait, en outre, la concession de la télégraphie électrique à MM. de La Rue et E. Blacque.
- Les travaux devaient commencer par les constructions suivantes :
- i° De Constantinople à Belgrade (en Serbie), avec stations intermédiaires à Andrinople, Philippopoli, Sofia et Nissa;
- 2° Un embranchement d’Andrinopleà Choumla. Comme la saison était trop avancée pour qu’on pût terminer les travaux avant la fin de l’année, M. de La Rue partit pour la France pour faire lui-même l’acquisition du matériel nécessaire et engager le personnel destiné à faire fonctionner les appareils.
- La maison Bréguet se chargea de la formation du personnel et de la fabrication de tout le matériel dans un court délai.
- Avant son départ, M. de La Rue avait chargé M. Dufour, négociant français, de le remplacer, et l’avait nommé, en outre, administrateur des fonds de la concession.
- Pendant qu’à Paris on construisait le matériel, fils, isolateurs, appareils, etc., les travaux de tracé commençaient à Constantinople, ainsi que la préparation des poteaux, qu’on fut obligé d'aller chercher assez loin, dans les forêts d’Heradée, sur la mer Noire, car on ne pouvait s’en procurer de bons dans les localités traversées, ou du moins très peu.
- On commença donc à planter les poteaux en se dirigeant sur Andrinople, mais on ne put aller plus loin, car ils vinrent à manquer à cause de la grande difficulté du transport pendant l’hiver; on fut donc obligé d’abandonner ces travaux, qui ne furent repris qu’avec le retour du beau temps, vers le commencement du mois de mars i855.
- On s’expliquera facilement pourquoi le Gouvernement exigea que les travaux fussent dirigés d’abord de préférence sur Choumla, quand on saura qu’à cette époque les Français construisaient une ligne de Varna à Choumla et de Choumla à Rustchuk, qu’ils voulaient jeter un câble dans le Danube pour relier Rustchuk avec Giurgevo et par suite avec Bucharest, car les lignes valaques se construisaient également et les Autrichiens avaient déjà posé un fil de Bucharest à Vienne, de sorte qu’avec ce réseau les armées alliées pouvaient correspondre directement avec chacun de leurs gouvernements respectifs.
- La ligne, en gagnant de suite Choumla, permettait non seulement de mettre la Sublime-Porte en com-nïunication directe avec le théâtre de la guerre, ce qui était assurément un très grand avantage, mais permettait de plus promptes relations avec presque tout le reste de l’Europe, surtout avec les puissances alliées.
- M. de La Rue recevait en France de la part du Gouvernement, l’accueil le plus bienveillant; on mit à sa disposition tous les renseignements dont il pouvait avoir besoin, et il se serait certainement chargé, de plus, d’envoyer des employés exercés par une longue pratique, si l’administration eût été gouvernementale et que la Sublime-Porte en eût fait la demande. On regretta pendant longtemps de n’avoir pas agi ainsi, car ceux qui arrivèrent avaient non seulement peu de pratique, mais manquaient presque totalement de connaissances spéciales ; aussi le Gouvernement engagea-t-il avec plaisir ceux des employés de l’administration française qui, après la guerre, voulurent bien entrer au service ottoman avec l’autorisation du Gouvernement français.
- Vers la fin du mois de décembre, M. Breguet était prêt à fournir presque tout le matériel qui lui avait été commandé2 et le personnel engagé par M. de La Rue était également disposé au départ; de sorte que, peu de temps après, ce dernier revint à Constantinople pour achever les travaux interrompus.
- Il est à remarquer, à propos de cette concession, que le Gouvernement ottoman a agi, on peut le dire, avec une largesse qui trahissait tout l’intérêt qu’il portait à cette nouvelle importation occidentale, car, non seulement il avança l’argent nécessaire pour l’achat du matériel, pour les frais de voyage du personnel, mais aussi pour le tracé de la ligne, pour la coupe des poteaux, et il prit toutes les mesures pour que les travaux ne subissent aucun retard par suite des formalités habituelles, car l’ingénieur chargé de la construction avait été autorisé à toucher l’argent qui lui était nécessaire dans toutes les caisses locales des pays où il se trouvait. Ce n’était pas une concession comme on le comprend généralement, car les concessionnaires n’avaient à avancer que leur activité et leur travail.
- M. Gilbert des Voisins, nommé par le gouvernement français comme commissaire impérial à Varna pour l’expédition des dépêches télégraphiques françaises de Crimée, par la voie de Bucharest, avait été également chargé de la construction d’une ligne de Giurgevo à Varna, les Français s’étant chargés de la construction, de la fourniture des fils et appareils, et la Sublime-Porte de celle des poteaux.
- M. de la Rue, aussitôt de retour, s’occupa de l’emplacement du bureau de Stamboul; la Sublime-Porte décida que ce bureau serait construit sur une des tours des remparts, près de la Sublime-Porte, dans le quartier dit Soghang-Tchesmé.
- La tour fut réparée, on construisit en toute hâte sur le côté gauche une aile de bâtiment d’après les plans fournis par M. Joseph Fossati; les fils partaient à droite du bureau pour aller jusqu’au
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- château des Sept-Tours en suivant les remparts pour être à l’abri de tout accident occasionné par les incendies si nombreux à cette époque.
- Aujourd’hui encore, le bureau central occupe toujours le même emplacement, auquel on a depuis longtemps ajouté le pavillon impérial attenant à cette bâtisse. Toutefois, l’office central, considérablement agrandi par cette adjonction et plus tard par des étages successifs au-dessus de l’ancienne bâtisse, se trouve encore insuffisant par suite de l’extension toujours croissante de l’administration.
- Le 12 février suivant, M. le comte Auglès, inspecteur général de l’administration française, en mission en Crimée, partit pour Varna afin d’achever les travaux. Moustapha-Effendi et Vullich-Efifendi, membres du bureau de traduction de la Sublime-Porte, lui furent adjoints en qualité d’interprètes et pour les habituer à ce nouveau service, et ne furent de retour à Constantinople que le 4 juin de la même année, bien que la ligne de Varna à Choumla fût terminée le i mars; mais le câble de Giurgevo qui devait enfin permettre la communication entre Varna et Bucharest et par suite avec le théâtre de la guerre, ne fut posé que le 14 mai entre Giurgevo et Rustchuk par les soins de M. Carrette, inspecteur de la mission française.
- Au commencement d’avril, le vapeur Lycurgue, des Messageries Impériales, amena à Constantinople dix employés de l’administration française qui se rendirent de suite à Varna et à Choumla, et cette ligne fonctionna pour la première fois le i5 avril.
- M. Baron, actuellement directeur des services sédentaires à Paris, prit une part très active à tous ces travaux faits par les soins de l’administration française.
- Pendant que cette ligne se terminait, on travaillait activement à celle d’Andrinople, et le 6 avril la ligne de Constantinople à Andrinople était terminée; il ne manquait plus que les appareils Morse, et on espérait pouvoir terminer celle d’Andrinople à Choumla dans i5 jours au plus tard.
- Vers cette époque, M. de la Rue partit pour Andrinople en inspectant lui-même avec soin les travaux exécutés; le 9 août, grâce à l’obligeance peu commune de S. E. Rustem-Pacha, on put installer les fils dans le bureau d’Andrinople qui fut choisi dans un endroit admirable près de la route qui longe le vieux sérail, entouré d’arbres et de fossés, de fontaines, et, dans le voisinage, on autorisa un café-restaurant pour que les employés pussent facilement prendre leurs repas sans avoir à se déranger, le bureau se trouvant alors assez éloigné de la ville.
- M. de la Rue quitta Andrinople le 16 août, après avoir tout installé et préparé tout ce qui concerne le service.
- La ligne de Choumla était également terminée vers le 6 septembre et avait même fonctionné à cette date à titre d’épreuve, mais elle ne fut livrée au service que quelques jours plus tard.
- La première dépêche qui circula sur ces lignes ottomanes, de Choumla à Andrinople et d’Andrinople à Constantinople est digne de devenir historique, car elle annonçait la prise de Sébastopol.
- En effet, le 10 septembre, vers midi, Choumla, après avoir longtemps appelé le poste d’Andrino-nle qui n’était pas encore en fonction permanente, reçut le signal de présence de ce dernier, et lui transmit les mots suivants qui inaugurèrent si bien la télégraphie ottomane :
- « Les alliés sont dans Sébastopol. »
- Cette dépcche, la première arrivée dans un bureau desservi par des employés de l’administration ottomane, fut reçue par M. Noblet, aujourd’hui fonctionnaire supérieur de la Dette publique ottomane, et transmise immédiatement par lui au bureau de Constantinople.
- Le soir même, S. Ex. Fuad-Pacha, ministre des affaires étrangères, transmettait la dépêche suivante, inaugurant le service international.
- « Le ministre des affaires étrangères de la « Sublime-Porte à l'envoyé ottoman, à Paris.
- « Faites de suite afficher à la Bourse de Paris, « la dépêche suivante de la direction générale des « télégraphes ottomans et expédiez-la sur le champ « à l’envoyé ottoman, à Londres, pour qu’il la « fasse afficher aussitôt à la Bourse de cette ca-« pitale.
- « (Signé) Fuad.
- « Un nouveau lien vient de s’établir entre la « Turquie, la France et l’Angleterre. Le télégraphe « électrique de Constantinople à Choumla est ter-« miné. La direction générale des télégraphes de « Constantinople donne la main à celle de Londres « et de Paris.
- « Le télégraphe commence sous d’heureux aus-* pices; la première dépêche qu'il a transmise en « Europe annonçait la prise de Sébastopol. *
- A cette même époque, les Anglais posaient un câble sous-marin entre Varna et Constantinople, aboutissant à Kilia, sur la mer Noire, près de l’embouchure du Bosphore et à peu de distance de Buyukdéré. Une ligne aérienne réunissait Kilia avec le bureau anglais situé aux Petits-Champs de Péra; la pose fut terminée le 24 septembre i855.
- Le soir où la dépêche de Fuad-Pacha fut transmise, le bureau d’Andrinople fut illuminé et pavoisé des couleurs alliées: la foule s’y porta en masse, on y voyait des transparents portant les mots :
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- Calafat. — Oltenizza. — Silistria. — Alma. — Inkermann. — Tchernaya. — Sébastopol.
- Les visiteurs furent reçus par MM. de la Rue et le personnel de la station; deux jours après elle fut livrée au public, cette inauguration fut faite en grande pompe par S. E. Rustem-Pacha.
- Voici ce qu’écrivit à ce sujet un des visiteurs à un journal de Constantinople :
- « L’inauguration du bureau du télégraphe élec-« trique dans cette ville a eu lieu vendredi passé « sur l’invitation de Rustem-Pacha qui a voulu « donner à cette solennité tout l’éclat possible,
- * par l’intérêt et la sollicitude qu’il a apportés à l’in-« stallation du local et de ses détails, le defter-« dar, le molla, le mufti, tous les membres du con-« seil et les chefs de bureau, MM. les consuls, le « sous-intendant militaire et son épouse, l’arche-« vèque grec et les primats de la communauté, « ainsi que ceux des Arméniens et plusieurs négo « ciants de diverses nations se sont trouvés réu-« nis à une heure après midi devant le bureau du « télégraphe, où la meilleure musique du pays se « faisait entendre. Peu d’instants après, le pavillon « ottoman a été hissé sur le balcon et les portes « se sont ouvertes. Rustem-Pacha s’y est dirigé, «. suivi de tous les assistants et le cortège est « monté au salon du bureau, qui était décoré avec « beaucoup de goût; des vases de fleurs, du bois « et du feuillage formant guirlandes ; au-dessus « figurait le croissant formé également de feuil-« lages ; au-dessus des fleurs, se lisaient cinq in-« scriptions, l’une en l’honneur du Sultan, une « autre pour Rustem-Pacha, la troisième pour le « medjilis (Conseil) et, aux autres extrémités, on « lisait : Civilisation, Progrès, Télégraphie, « Chemin de fer. Le tout présentait un arrange-« ment des plus gracieux, grâce aux soins de M. de « la Rue et des employés, MM. Maisonneuve, « Noblet et Gillet. Le Pacha avec tous ses invités
- * a été reçu par M. de la Rue et ses employés « avec une politesse toute française.
- « Pour donner à la plupart des personnes pré-« sentes qui n’avaient jamais vu de télégraphe élec-
- * trique, une idée de la rapidité de la transmis-« sion des dépêches, il fut annoncé au bureau de « Constantinople, qu’à cette heure, deux heures et « demie après midi, l'on procédait à l'inauguration « du télégraphe, et que Rustem-Pacha avec tout « son Conseil* MM. les consuls et les personnes « les plus marquantes de la ville étaient présents « au bureau. Cette dépêche, qui contenait 87 mots, « fut transmise en 11 minutes, et immédiatement « après, le bureau de la capiia'e, lépondit que le « Directeur et tout le personnel se réjouissaient de « cette inauguration, présentaient leurs salutations « affectueuses au Pacha et à toutes les personnes
- « présentes. Le thème avis fut donné au bureau « de Chumla, qui répondit avec la même célérité, « pour présenter aux nobles visiteurs qui se trou-« vaient réunis au bureau d’AndrinopIe, ses com-« pliments et ses félicitations sur cette inaugurait tion. Une prière fut récitée par un mudir pour « la prolongation des jours de S. M. le sultan « Abd-ul-Medjid, afin qu’il puisse mettre à exécu-« tion d’autres travaux aussi intéressants qu’utiles « à son pays et à son peuple; la prospérité de * l’empereur des Français n’a pas été omise dans « cette prière qui demandait aussi à Dieu de con-« tinuer à protéger les opérations militaires du » sultan... Le commerce peut donc profiter de « cette ligne, mais pas plus loin, le gouvernement « autrichien ne recevant pas, pour le moment, de « dépêches privées. j>
- « La dépense d’ici à Constantinople pour une dépêche de 25 mots est fixée à :
- La dépêche.................33 piastres
- La copie................... 2 — 3o paras
- Le port à domicile......... 2 — 3o —
- Total.-. . . . 38 piastres 20 paras
- (A suivre). Emile Lacoine.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Angleterre
- L’électricité et les bulles de savon. — Le professeur Reinold, du Royal Naval Collège à Greenwich, et M. A.-W Riicker, ont dernièrement étudié l’effet d’un courant électrique sur le liquide qui forme les parois d’une bulle de savon.
- Les bulles qui ont fait l’objet de ces expériences étaient de forme cylindrique et obtenues dans une position verticale sur deux anneaux de platine concentriques qui servaient en même temps d’électrodes pour le courant.
- Une bulle de ce genre abandonnée à elle-même présente une série de couleurs différentes formant des bandes horizontales. Au fur et à mesure que l’action de la pesanteur amincit le liquide, ces bandes s’élargissent en descendant ; une bande noire se présente bientôt au sommet et s’étend également vers le bas. Si un courant électrique traverse le liquide de haut en bas, le mouvement des bandes colorées se précipite, ce qui prouve que le courant agit dans le même sens que la pesanteur et amincit le liquide; les bandes noires deviennent cependant blanches partout ou en partie. Le professeur Reinold explique ce dernier phénomène de la façon suivante : le liquide n’est
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- pas directement suspendu sur l’anneau supérieur, mais il y est attaché par une masse d’eau comparativement assez épaisse. Le courant tend à déplacer le liquide dans sa propre direction et à l’amincir comme la pesanteur, par conséquent, cette masse d’eau est précipitée dans la partie noire qu’elle fait paraître blanche. Quand le courant est renversé et passe de bas en haut, le mouvement de descente des bandes est retardé ou même renversé lorsque le courant est fort. Le liquide est toujours transporté dans la même direction que le courant positif. Avec une nappe d’eau plane produite entre deux fils de platine, on peut montrer cet effet sur un écran avec la lumière de Drurn-rnond et une batterie de 5o éléments Grove. Le mouvement des bandes n’est visible sur l’écran qu’au bout de quelques secondes. Les professeurs Ayrton et Perry ont également constaté que certains métaux traversent le mercure dans le sens du courant.
- Un chemin de eer électrique. — Dequis quelque temps, des expériences de traction électrique ont eu lieu à l’usine de l’Electrical Power Storage C°, à Millwall, Londres, d’où sortaient également les bateaux électriques qui ont été essayés l’été dernier sur la Tamise avec tant de succès, et dont j’ai parlé dans une de mes précédentes lettres (l).
- La disposition électrique de ce chemin de fer a été imaginée par M. A. Reckenzaum et la force motrice est fournie par les accumulateurs de la Société. Le wag on est une des anciennes voitures de la Compagnie des tramways qu’on a arrangé pour pouvoir y placer les accumulateurs sur des planches munies de galets au-dessous des banquettes où on ne les voit pas et d’où on peut facilement les retirer et les remplacer par d’autres. Le moteur du système Reckenzaum est installé dans une caisse sous la voiture et n’occupe que fort peu d’espace.
- Le poids des accumulateurs qui forme le grand inconvénient de ces systèmes de traction a été réduit de beaucoup par M. Reckenzaum et toute la batterie ne pèse que i 1/4 tonne. Le moteur pèse une demi tonne, de sorte que le poids total de l’appareil moteur est de 1 3/q tonne. La voiture même pèse 2 1/2 tonnes à vide et 5 1/2 avec 46 voyageurs. Il y a donc en tout un poids de 71/4 tonnes à remorquer.
- Comparés avec le poids d’une locomotive à vapeur ou d’une machine à air comprimé, les accumulateurs sont bien préférables. De plus, la prétendue perte d’énergie par la charge des accumulateurs avecd&s dynamos actionnées par la vapeur, comparée avec l’emploi direct de la vapeur est
- (J) La Lumière électrique. T. XIV, p. 2!:.
- compensée par le fait 'que les grandes machines stationnaires employées pour actionner les dynamos consomment de 3 à 4 fois moins de combustible que les petites locomotives. Le prix de l’exploitation des chemins de fer avec ces accumulateurs s’élève, d’après ce qu’on dit, à 40 centimes par mille et par voiture, en tenant compte de i5 pour cent de dépréciation des machines et 5o pour cent des accumulateurs. Les frais pour deux chevaux traînant la voiture se monteraient à peu près au double. Il y a 60 accumulateurs en tout ou 3o sous chaque banquette. La force électromotrice est de 120 volts environ et chaque élément donne 160 ampère-heures. La voiture marche pendant deux heures sans changer les accumulateurs avec une vitesse de 3 à 10 milles par heure. Le remplacement des accumulateurs épuisés ne demande que quelques minutes.
- La voiture est dirigée au moyen de commutateurs à chaque extrémité et on se sert d’un frein plus puissant que pour la traction avec des chevaux. La voiture est éclairée à l’électricité et munie d’une sonnerie électrique pour appeler le conducteur; il y a toute une série de boutons disposés en rangée de sorte que chaque voyageur a à portée de la main un bouton qu’il presse lorsqu’il est dans l’intention de descendre. Les accumulateurs fournissent naturellement le courant pour les lampes aussi bien que pour la sonnerie.
- La ligne provisoire établie à l’usine de la Compagnie n’a que 400 yards de long, mais il y a une courbe au milieu d’un rayon de 38 pieds avec une inclinaison de t sur 17 à l’une des extrémités. Plus tard on fera cependant d’autres expériences sur une des lignes de tramways à Londres.
- LES NOUVEAUX GAULES TRANSATLANTIQUES. — La
- Commercial Cable C° vient d’ouvrir ses bureaux pour la réception des dépêches dans le bâtiment de la Bourse à Londres. L’entreprise de MM. Mac-kay et Bennett date du 10 décembre i883, le jour de l’enregistrement de la Société aux Etats-Unis. Les fondateurs sont MM. J. W. Mackay, James, Gordon Bennett, du New-York Herald, et le comte Dillon; le but était de réduire le tarif des dépêches de 3 shillings à 1 shilling 8 pences par mot et de créer des lignes de communication indépendantes des compagnies réunies en existence. La Société a encore augmenté ses frais en prolongeant ses câbles jusqu’à New-York même. Deux câbles transatlantiques vont de Waterville dans le comté de Kerry en Irlande, à Canso dans la Nouvelle Ecosse. De Canso d’autres câbles vont directement jusqu’aux bureaux américains dans la Wall Street, à New-York, en dehors des lignes 1 de terre allant de Canso à New-York, via Rock-port. Les câbles sont munis des appareils duplex de M. Muirhead et fonctionnent avec le siphon
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- recorder de sir William Thomson. Après beaucoup de difficultés les câbles sont maintenant en bon état et plusieurs bureaux reliés avec celui de Londres ont été établis à Liverpool, Manchester et Glasgow.
- LA NOUVELLE COMPAGNIE DES TÉLÉPHONES. — La
- nouvelle Compagnie téléphonique qui a été formée à Londres pour l’exploitation des brevets du professeur S. P. Thompson et de M. John a été menacée par l’United Téléphoné C° d’un procès en contrefaçon des brevets Bell et Edison, qui lui appartiennent. On me dit que la nouvelle Société s’est assuré le concours de l’Attorney général, Sir Henry James et d’autres avocats éminents, de sorte que le procès promet d’être très intéressant et bien défendu des deux côtés.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitcii
- Sur le potentiel thermodynamique et la théorie de la pile voltaïque, par M. P. Duhem (').
- . « i. Des raisonnements très simples, reposant sur les idées que M. Clausius a introduites en thermodynamique, nous montrent que la chaleur dégagée dans une modification isothermique quelconque se compose de deux parties : l’une équivaut au travail compensé, l’autre au travail non compensé. Cette dernière partie est nulle si la modification est réversible, elle est nécessairement positive dans le cas contraire.
- « De là on déduit aisément le théorème suivant : Pour qu’un système soit en équilibre stable, il suffit que toute modification isothermique virtuelle de ce système corresponde à un travail non compensé nul ou négatif. Ce théorème rappelle le principe des vitesses virtuelles, qu’il renferme comme cas particulier.
- « Toutes les fois que les forces extérieures admettent un potentiel P, le travail non compensé est lui-même la variation changée de signe d’une fonction
- I> = E(U —TS) + P,
- U étant l’énergie interne, S l’entropie, T la température absolue, E l’équivalent mécanique de la chaleur. Nous proposerons pour celte fonction <I> le nom de potentiel thermodynamique. Lorsqu’un système admet un potentiel thermodynamique, il
- (l) Note présentée à l’Académie des sciences.
- suffit, pour déterminer l’état d’équilibre de ce sys‘ tème à une température donnée, de chercher dans quelles conditions le potentiel thermodynamique est minimum à la température considérée. Ce théorème a été indiqué, sous une forme moins générale, par M. Gibbs et par M. Helmholtz.
- « Par cette méthode, qui dispense, dans l’étude de la thermodynamique de la considération longue et pénible des cycles, on peut résumer en une théorie unique tous les résultats obtenus jusqu’ici dans l’application de la théorie de la chaleur aux changements d’état physique ou d’état chimique, et un nombre considérable de résultats nouveaux ; on peut, dans l’étude de la capillarité, s’affranchir des objections auxquelles donne lieu la possibilité d’un changement d’état du liquide au voisinage des surfaces terminales, et, en même temps, donner une théorie complète des retards d’ébullition, de la surfusion, etc. Mais ces résultats sont trop nombreux pour pouvoir être résumés, même succinctement, dans cette note.
- « 2. La théorie du potentiel thermodynamique s’applique aux phénomènes électriques. Le potentiel thermodynamique d’un système électrisé quelconque, dont les divers points sont immobiles, peut être calculé en faisant usage seulement de la loi de Coulomb et de la loi d’Ampère pour les courants fermés et uniformes. L’étude de ce potentiel donne en électrostatique la théorie des différences de potentiel au contact de deux métaux, du phénomène de Peltier, de la dilatation électrique, etc. En y joignant la loi de Joule relative à réchauffement des conducteurs, on peut obtenir une théorie complète de la pile voltaïque, dont nous allons indiquer les principaux résultats.
- « La réaction chimique qui se produit dans les couples fournirait, si l’on ne recueillait pas le courant, une quantité Q de chaleur compensée, une quantité Q' de chaleur non compensée. On peut démontrer d’une manière rigoureuse les théorèmes suivants :
- « La chaleur dégagée dans la pile en activité est égale à Q -j- Q'.
- « La chaleur voltaïque, c'est-à-dire la quantité Aria, dans laquelle r représente la résistance du circuit, i l'intensité du courant, est égale à la chaleur non compensée Q\ -
- « L’excès de la chaleur chimique sur la chaleur voltaïque est donc égale à la quantité positive ou négative Q.
- « Ainsi se trouve complètement expliqué le désaccord, signalé par Favre, et depuis par une foule d’observateurs, entre la chaleur chimique et la chaleur voltaïque.
- « La première idée de cette théorie de la pile est due à M. H. von Helmholtz; mais l’illustre physicien a négligé d’appuyer cette idée par une
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- démonstration rigoureuse. Il l’a soumise, il est vrai, au contrôle de l’expérience, en montrant que, dans certaines piles dont l’activité est due uniquement à la différence de concentration de deux dissolutions, la force électromotrice pouvait être déduite de la connaissance des tensions de vapeur de ces dissolutions. La théorie du potentiel thermodynamique conduit d’une manière presque immédiate aux formules d’Helmholtz.
- * La théorie nouvelle de la pile nous permet d’obtenir des valeurs numériques des deux espèces de quantités de chaleur que dégage une réaction chimique, et de comparer le rôle de ces deux quantités.
- « La chaleur non compensée s’annulant au moment de l’équilibre, il n’est pas douteux que, dans les réactions voisines de l’équilibre, et, par conséquent, peu énergiques, la chaleur totale représentera surtout la chaleur compensée. Il peut n’en plus être de même dans les réactions fort éloignées de l’état d’équilibre, c’est-à-dire fort énergiques. L’expérience, faite au moyen de la pile, nous montre alors que la chaleur non compensée constitue la plus grande partie de la chaleur totale dégagée par la réaction.
- « Si l’on regarde la chaleur totale comme une mesure approximative de la chaleur non compensée, le théorème fondamental énoncé au commencement de cette note devient le troisième principe de la thermochimie. On s’explique alors comment ce principe s’applique avec tant de succès aux réactions chimiques énergiques, tandis que, dans les réactions voisines d’un état d’équilibre, soumises aux lois de la dissociation, il est souvent, selon la remarque de M. Debray et de plusieurs autres chimistes, en désaccord avec les faits. »
- Sur un photomètre à diffusion, par M. A. Crova (*)
- « La nécessité, de comparer des sources puissantes de lumière, telles que la lumière des lampes à arc et la lumière du soleil, à un étalon relativement très faible, est une des difficultés de la pho-tométrie (3). La mesure de l’intensité des foyers intenses doit donc être obtenue par l’emploi de méthodes de réduction de l’intensité de la source à étudier, dans un rapport variable à volonté, et rigoureusement connu.
- « La méthode que j’emploie est fondée sur le principe suivant. Soit une lame de verre dépoli, de verre opale, ou un écran Foucault, en un mot, un diffuseur quelconque; plaçons-le dans un champ lumineux uniforme, normalement aux rayons inci-
- (') Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 22 décembre 1884.
- (a) Photoinètrie des joyers intenses de lumière (Comptes rendus, t. XC1X, p. 1067).
- dents; chacun des pojnts du diffuseur peut être considéré commé une source lumineuse, et émet en arrière une lumière dont l’intensité dépend de la nature de l’écran diffusant, et varie avec l’angle d’émersion, suivant une loi qui dépend de la nature du diffuseur; mais, quelle que soit cette loi, les rayons diffusés dans des directions très voisines de la normale ont une égale intensité.
- « Fixons derrière le diffuseur un écran opaque, muni d’une fente de largeur variable à volonté; l’intensité de la lumière émise normalement par cette ouverture est proportionnelle à celle du champ lumineux dans lequel se trouve le diffuseur, à un coefficient de réduction k, qui dépend de la nature du diffuseur, à la surface s de l’ouverture, et varie en raison inverse du carré de la distance.
- « Soient i l’intensité de la lumière émise par la surface s du diffuseur, et x celle du champ dans lequel il est placé, on a
- i — k x s,
- d’où
- i est donné par le photomètre à diffusion et s par la graduation de la fente; k s’obtient préalablement, si l’on reçoit sur un photomètre de Foucault, placé à une distance suffisante, la lumière qui détermine le champ dans lequel est placé le diffuseur.
- « Par cette méthode, on peut mesurer très facilement l’intensité de la lumière solaire et celle des lampes électriques à arc; les déterminations que j’ai faites avec la lumière solaire, qui vaut environ 7500 carcels, et une lampe Serrin que j’ai fait varier de 23o à 320 carcels, m’ont démontré que la méthode est applicable à tous les cas possibles : on mesurerait, avec la même facilité et la même précision, les intensités de lampes de 1000 à 4000 becs carcel.
- « Le photomètre à diffusion dont je me sers se compose d’une tête de photomètre Foucault, sur l’écran amidonné de laquelle tombent les deux lumières à comparer, dans deux directions rectangulaires faisant chacune un angle de 45° avec la normale. L’une est celle de l’étalon carcel, placé exactement à im, dans une boîte noircie, munie d’un large tube noirci à la fumée à l’intérieur, et qui laisse arriver la lumière sur l'écran. L’autre est celle de la source à étudier; elle arrive par un second tube, fixé à la tête photométrique, qui est mobile sur un cercle gradué, fixé perpendiculairement à l’axe du premier tube.
- 1 La planche sur laquelle est fixé le photomètre, muni de sa lampe, peut tourner autour d’un axe vertical passant par son centre, sur un tabouret qui supporte tout l’appareil; on peut ainsi déplacer le tube mobile en hauteur et en azimut, et le diri-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ger sur la source de lumière à étudier, quelle que soit sa position.
- « L’une des moitiés de l’écran photométrique recevant un éclairement constant d’un carcel, il suffit de réduire la lumière qui arrive sur l’autre moitié, de manière à la rendre égale à la première ; ce résultat s’obtient facilement en fermant l’extrémité du tube mobile par un couvercle muni d’une fente rectangulaire de om,oi de largeur, et dont la longueur variable est déterminée à l’aide d’une vis micrométrique ; le diffuseur recouvre la fente variable, et c’est la portion de sa surface interceptée par son ouverture qui constitue la source de lumière.
- « Soient d la distance de la source lumineuse au diffuseur, et /laiongueur du tube mobile: le champ umineux dans lequel se trouve le diffuseur est égal
- à^; la lumière reçue sur l’écran photométrique sera donc
- X k s
- dî Tï’
- or cette intensité est égale à C, en appelant C la valeur du carcel, déduite du temps nécessaire pour brûler ioBr d’huile ; nous aurons
- < Dans mon photomètre, l — om,5o et d est constant et égal à im; on a donc
- si nous posons ~ — n, nous aurons
- n représente l’intensité, en carcels, du champ dans lequel on doit placer le diffuseur pour que ics de sa surface émette une lumière dont l’intensité égale i carcel. Cette constante, déterminée préalablement, caractérise le diffuseur; ainsi, un verre dépoli de 400 carcels est un verre dont icci placé dans un champ de 400 carcels émet une lumière de 1 carcel.
- « Je me suis servi de verres dépolis de 200 à 400 carcels pour les lampes à arc, et de verres opales de 4000 carcels environ pour le soleil. Dans ces conditions, l’intensité photométrique est déterminée rapidement, presque sans calcul, même pour les plus puissants foyers, comme pour un essai de gaz, dans une chambre noire de quelques mètres carrés, ou même en plein jour, moyennant certaines dispositions; on regarde l’écran Foucault à travers la solution 58o, comme je l’ai dit dans ma précédente communication,
- « Enfin le tube mobile du photomètre pouvant être dirigé dans tous les sens, et l’angle de son axe avec l’horizontale étant connu au moyen du cercle gradué, on peut, en déplaçant verticalement la lampe, déterminer sa moyenne sphérique. »
- L’éclairage électrique de Temesvar.
- Nous trouvons dans le dernier numéro du journal Zeitschrift fiir Elektrotechnik quelques détails intéressants sur l’éclairage de la ville de Temesvar, éclairage dont il a été déjà question plus d’une fois dans nos faits divers.
- La ville est actuellement éclairée par 731 lampes à incandescence, de 16 bougies normales. Les lampes sont partagées en 4 circuits et l’éclairage s’étend aux rues les plus excentriques.
- Chaque circuit comprend 184 lampes environ, partagées en groupes de 8 lampes dont chacun possède un commutateur automatique qui a pour fonction de mettre hors du circuit tout le groupe lorsqu’une ou deux lampes ne fonctionnent pas en sorte que le reste du circuit n’est troublé d’aucune façon. Les supports sont munis de deux lampes chacun, mais il n’y en a jamais qu’une qui brûle à la fois ; l’autre sert de réserve et s’introduit automatiquement dans le circuit, grâce au jeu d’un commutateur qui est la propriété de la « International Electric Company » qui a été chargée de l’installation de cet éclairage. Les commutateurs pour chaque lampe, ainsi que les commutateurs pour groupes de 8 lampes sont d’une construction très ingénieuse ; reste à savoir comment ils supporteront l’épreuve de la pratique.
- La lampe est celle bien connue de Lane-Fox, qui appartient à la International Electric Company, à filament de coton carbonisé. Ces lampes se fabriquent à Vienne.
- Le circuit est extrêmement étendu ; il est difficile de s’en faire une idée nette sans avoir le plan de la ville.
- Pour juger de l’extension du réseau, nous dirons que certains points éclairés sont séparés de l’Usine centrale par une longueur de câble de 6,900 mètres.
- Le câble a un diamètre de 4,6 millimètres; il est aérien et supporté soit sur des poteaux en bois, soit sur des consoles fixées sur les murs des bâtiments et munies d’isolateurs en porcelaine.
- L’usine située près des faubourgs comprend 5 dynamos du système Brush (n° 8), dont 4 fonctionnent, la cinquième formant réserve. Chaque circuit a, par conséquent, sa machine. Il y a également un anneau en réserve. Les dynamos marchent à une vitesse de 700 tours par minute, l’arbre de transmission faisant 310 tours. Dans un coin de la salle des machines, se trouve disposé un photomè-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- tre qui permet de se rendre compte de l’intensité lumineuse des lampes de chaque circuit. A côté, sont placés les appareils de mesure du système Siemens.
- La machine motrice est une machine Compound à condensation et distribution Corliss ; elle possède deux régulateurs et donne 3oo chevaux à la vitesse de ioo tours.
- Le développement total des rues éclairées est de 59,241 mètres.
- Avant l’introduction de l’éclairage électrique, la ville de Témesvar était éclairée par 261 becs de gaz brûlant toute la nuit, 2i3 brûlant jusqu’à minuit seulement et 273 lampes à pétrole. Les frais annuels pour cet éclairage se montaient à la somme de 26,759 florins.
- Actuellement, l’éclairage comprend 731 lampes à incandescence qui, jusqu’à 11 h. 1/2, brûlent avec une intensité normale, et à partir de cette heure jusqu’au matin avec une intensité réduite de moitié. L’intensité normale correspond à 16 bougies normales de spermaceti avec 45 millimètres de hauteur de flamme. Les frais annuels du nouvel éclairage se montent à la somme relativement faible de 29,000 florins.
- Mentionnons en terminant que, malgré tous les efforts tentés jusqu’à ce jour, il a été impossible de porter remède aux troubles que les courants de lumière ont provoqués dans le service téléphonique.
- Sur la conductibilité galvanique des amalgames et la façon dont ils se comportent au point de vue thermo-électrique lorsque leur structure varie, par C. L. Weber.
- Sous ce titre, M, Cari Ludwig Weber nous adresse une étude dont nous croyons intéressant de résumer ici les points principaux. L’auteur s’est proposé de déterminer les rapports entre la structure des alliages et leurs propriétés galvaniques et spécialement de rechercher jusqu’à quel point il est possible de se rendre compte par voie galvanique des changements de structure qui se produisent dans un alliage donné lorsqu’on vient à le chauffer.
- Des travaux ont déjà été entrepris dans le même ordre d’idées par Kalischer (’) ainsi que par Strou-hal et Barus (s). M. Weber, dans le travail qui nous occupe, s’est borné à l’étude des alliages de mercure.
- Les résistances galvaniques à déterminer étant
- (1) Kalischer, Carl’s Rep. i3, p. 292, 1882. Beïb. 6, p. 441, 1882.
- (2) Strouhal et Barus. Annales de Wiedemann, 11, p. g3o, 1880.
- en valeur absolue très petites, il fallait chercher autant que possible à éliminer l’influence des circuits de liaison. Aussi l’auteur employa-t-il tout d’abord la méthode dernièrement proposée par F. Kohlrausch « pour la détermination de résistances galvaniques indépendamment des fils de liaison (* *). » Cette méthode convenait très bien tant que la résistance inconnue ne s’abaissait pas au-dessous de o,3 U.-S. Dans ce dernier cas elle devenait d’un usage incommode, aussi M. Weber se décida-t-il à recourir tout simplement à la méthode de Kirchhoff (2).
- Les forces thermo-électromotrices furent mesurées en les compensant au moyen d’un élément Daniell avec une grande résistance. La disposition adoptée fut tout à fait semblable à celle qui a déjà été décrite par Kohlrausch et Ammann (Annales de Poggendorf, 146, p. 456, 1870). Le galvanomètre employé était un galvanomètre différentiel de Wiedemann ; le galvanoscope, un galvanoscope de Sauerwald. Enfin on eut soin, dans toutes les expériences, de noter les températures et de corriger les résultats par suite des variations qui avaient pu se produire.
- Nous n’insisterons pas davantage sur le dispositif des expériences, nous proposant surtout de reproduire les conclusions auxquelles M. Weber a été conduit.
- Les premières recherches portèrent sur la variation de la conductibilité avec la température. Mat-thiessen et Yogt ont étudié l’influence au point de vue de la conductibilité du mercure de l’adjonction d’un autre métal (3). Dans ces études les résultats obtenus cessaient d’être constants dès que la proportion du métal étranger dépassait 4 0/0.
- Le même fait a été constaté par Régnault (4). Wiedemann (“) dans ses dernières recherches sur les changements de volume des métaux et des alliages à la fusion, insiste sur cette irrégularité et l’explique en disant que l’on a affaire à un mélange de plusieurs alliages de concentration différente.
- Dans ses expériences, M. Weber a opéré sur des alliages de mercure et d’étain; dans ces alliages, l’étain entrait dans des proportions variant de o,5 à 12 0/0. Ces amalgames furent observés au point de vue de la conductibilité galvanique pendant la période d’échauffement aussi bien que pendant la période de refroidissement.
- Dans ces alliages le poids du mercure était environ de 80 gr.
- (') Kohlrausch. Annales de Wiedemann, 20, p. 76, i883.
- (*) Kirchhoff. Annales de Wiedemann, 11 p. 801, 1880.
- (3) Matüiiessen et Vogt. Ann. de Pogg. 116, p. 369, 1862.
- (4) Régnault. Ann. de Pogg. 53, p. 243, 1841.
- (“) E. Wiedemann. Ann. de Wiedemann, 3, p. 327, 1878;
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- Comme on peut s’en convaincre par les tableaux qui suivent, les amalgames qui renferment une très faible proportion de métal étranger, se comportent d’une façon très régulière, et ont un coefficient de température très déterminé. Dès que la proportion du métal étranger croit, les irrégularités apparaissent. Pour l’amalgame étain-mercure le fait se produit à la proportion de i ,5 o/o ; pour le bismuth la proportion de i o/o suffit. En général l’alliage chauffé se sépare en deux portions de fluidité inégale, et l’on observe que l’alliage après re- ;
- froidissement ne revient ‘plus à sa résistance primitive ; il présente presque toujours une résistance plus élevée. Néanmoins le mode de refroidissement a une influence sur la valeur de cette résistance: ou peut même, grâce à un refroidissement lent et gradué dans beaucoup de cas, revenir à la résistance originelle.
- Dans les tableaux qui suivent : t représente la température en degrés centigrades et s la résistance spécifique de l’alliage.
- TAULEAU i
- Amalgame d'étain à 2 0/0
- t 5 t s
- Avant réchauffement Après un échauffement d'une demi- 15,70 0,8634 Après un échauffement d'une demi-heure 48,5° o39040
- heure 91,1 0,9410 — 39,4 ù,8gqi
- — 83.2 o,q33o — 34.8 0,8961 0.8934
- — 79.6 0,9301 Subitement plongé dans un ba'n froid 16, I
- — 69.6 0,9220 Après 20 heures iô,6 0,8920
- 60.7 0,9162 Après 3 heures 17,0 .0,8801
- Dès qu’on augmente la proportion d’étain, l’irrégularité s’accentue davantage.
- TABLEAU II
- ÉTAIN 3 0/0
- réchauffement i5,8 0,7603
- 1/4 heure au-dessus de 900
- 92,4 0,8841
- 79.5 0,8761
- 1 7i.« 0,8731
- Pendant 60,8 0.8671
- le refroidissement \ 5o,o 0,8612
- I 33,9 0,8598
- 29,5 o.856o
- 16,3 o,85i6
- ÉTAIN 5 0/0
- Avant 1’échauffement.............
- 1/4 heure au-dessus de
- Pendant
- le refroidissement
- Après 3 heures.
- 19,2 0,8118
- 900
- 89,3 , 0,8369
- 76,2 0,8334
- 69.7 0,8288
- 59,6 0,8243
- 52,0 0,8220
- £6,9 0,8187
- 19,5 o,8i5i
- 19 7 0,8110
- Ici le phénomène est bien irrégulier, puisque l’alliage moyen 3 0/0, après refroidissement, s’écarte beaucoup plus comme résistance de la valeur primitive que l’alliage à 5 0/0; ce dernier revient même absolument à sa première valeur après' un repos de quelques heures.
- Le tableau III indique en regard les unes des autres les observations pendant les périodes de refroidissement et d’échauffement.
- Un amalgame d’étain à 12 0/0 a donné les chiffres du tableau IV. Dans ce tableau,R représente les
- lectures au rhéostat, c’est-à-dire des chiffres proportionnels à la résistance.
- Pour ce qui est de l’explication de ces phénomènes complexes, M. Weber pense que les variations brusques de la résistance qui se produisent aux environs de 8o° permettent de supposer qu’à cette température, l’étain forme avec le mercure une combinaison définie. La température à laquelle la résistance varie brusquement pour redevenir à peu près constante comme elle était avant, est comprise entre 65 et 8o°. Il est difficile d’arriver à une limite plus précise.
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- Etant donné l’irrégularité au point de vue de la résistance galvanique des alliages mercure-étain, il était difficile de s’attendre à une grande régularité dans les propriétés thermo-électriques de ce même alliage, d’autant plus qu’il se produit dans ce cas des phénomènes parasites dont il est excessivement difficile de tenir compte. Les deux
- extrémités de l’amalgame considéré se trouvant à des températures différentes il en résulte des états de concentration différents dans la masse et par suite il se développe dans le sein même de l’alliage des forces électromotrices nouvelles.
- M. Weber a, dans toutes ses expériences, cherché à déterminer la différence thermo-électrique
- TABLEAU III
- Variations de résistance pendant le refroidissement et réchauffement
- étain 4 o/o
- « i >4.9 0,7997
- 1 £0,7 0.8117
- •O rt 5 4 82,3 n,8225
- s-g a j 89,2 0,8347
- 1 90,7 0,8442
- 2 heures à une haute température
- 1 91,0 I 0,8424
- o 3i5,e 0,9122 Æ « S 68,7 0,9129
- ^•3 S 76,1 0,9536
- £2^ 81 4 0,9583
- Pendant un temps assez long à une température élevée 91,5 0,9516
- 0.8(3
- 0,8883
- apres 12 heures
- 22,6
- des divers amalgames par rapport au cuivre. Il a choisi ce métal pour plusieurs raisons, d’abord parce qu’il est le plus voisin du mercure dans l’échelle thermo-électrique, ensuite parce qu’il s’amalgame facilement avec lui en sorte qu’on a une jonction constante et régulière et en dernier
- lieu parce que les fils de liaison étant eux-mêmes en cuivre on évite la production de courants thermo-électriques dans le circuit auxiliaire.
- Au cours de ces expériences l’amalgame était enfermé dans un tube en verre dont chaque extré mité pénétrait à travers un joint étanche dans un
- TABLEAU IV
- Etain 12 0/0
- É C H A U F F É POUR I-A 2 e FOIS
- ÉCHAUFFE MENT
- 1741
- 180.5
- 191,0
- 170,4
- bain d’eau ; dans ces bains se trouvait la jonction amalgame cuivre. On chauffait au moyen d’une circulation de vapeur un des bains en laissant l’autre à la température ambiante ou même en le portant à o°.
- Les constantes thermo-électriques furent calculées par la formule d’Avenarius
- E = A (T — /) + b (T* — /s)
- E désignant la force électromotrice, T et if les températures des deux soudures. Ou bien, en désignant par a la constante pour une température moyenne de 25°.
- a = - b (T + / — 5o)
- Le tableau suivant fait voir la constance des ré-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sultats obtenus à un mois d’intervalle avec la même combinaison H g pur et C u.
- TABLEAU V
- Force thermo-électrique H g— C u
- ier juillet
- T- /
- 565,3
- 5i3.8
- a = 5i6,6
- , L’unité qui sert pour les nombres E / (T — t), ainsi que pour a et pour b, est ici, comme dans les tableaux suivants : Daniell io~8
- Des expériences spéciales furent effectuées dans le but de reconnaître l’influence de la température moyenne, c’est-à-dire de savoir jusqu’à quel point ces alliages suivent la loi d’Avenarius. — Le ta-
- bleau VI donne une série def résultats obtenus dans cet ordre de recherches :
- TABLEAU VI
- Comment se comportent au point de vue thermo-électrique des amalgames d'étain pour diverses températures moyennes :
- 4 0/0 ÉTAIN 5 0/0 ÉTAIN
- 2 <T + ') E (T-/) I(T-W) E (T— 0
- 52,3 555,1 52,6 467,0
- <u | 47.4 53g,o 4) 49,0" 49i,7
- a a JJ | 43,9 534,9 OSÏ 44,1 467,9
- b « x> 1 il Jr a g. 5s 40 I 528,0 P fS’S 42,2 39,8 465,7
- 37,7 523.8 459,3
- •S B’g 35,3 521,3 0 Sva 37,1 460,5
- h rt i 32,8 5o6.3 | 34,5 458,6
- 3o,5 5oi ,0 • ft> | 32,2 45i,6
- 1 -0 28,3 403,3 T3 3o,i 45o ,4
- d 25.8 22.8 487,0 468,3 *d I 28.3 25.3 446,2 436,1
- 0 ( 22.7 466,2 q [ i5,9 423,8
- 18,7 461,6 ci O 0 1 12,8 4M,9
- “•O 16,7 452,3 (,£« 1 Il ,2 411,4
- J2 / 14.7 12,5 448,0 44i,4 J 1 9,4 407,6
- Le tableau suivant montre l’influence de la quantité^ d’étain que l’on ajoute à ioo parties de mercure pur ; a se rapporte à la température moyenne de 25°.
- TABLEAU VII
- Amalgame d'étain à différentes proportions.
- 401,0 *
- Hg„ Sn
- 404,4
- M. Weber a également effectué une série d’expériences sur d’autres amalgames, zinc, étain, plomb, argent, cadmium, bismuth, pour lesquels ii a déterminé la conductibilité aussi bien que les constantes thermoélectriques.
- Les résultats de ces expériences sont consignés dans le tableau suivant.
- Dans ce tableau, les notations sont les mêmes que précédemment; les nouvelles notations sI8 et k indiquent, la première, la résistance spécifique de l’amalgame à 180 et la ^deuxième le coefficient de températures en fractions de s18.
- La valeur a se rapporte à la température moyenne 1/2 (T -j- t) — 25°.
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- 39
- TABLEAU VIII
- Résistance spécifique et constantes thermo-électriques de divers amalgames.
- Alliages mercure-étain.
- Constantes thermo-électriques (comp. tabl. VI)
- 0,000900
- 0,9210
- Alliages mercure-argent.
- H / (T - t)
- I,0007
- o,ooio5
- 1,0009
- 0,00081
- 0,9944
- Alliages mercure-plomb.
- 0,00086
- 0,0007s
- 0,9710
- 0,9656
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Alliages mercure-zinc.
- P / 5 *18 U T E/ (T-0 a b
- 0,25 Hgiao Zn 17.8 44 8 17.9 41.5 18, i 0,9853 1,0042 0,0825 1,0019 0,9829 0,983 0,00080 18.1 18.1 18,1 71,1 44.9 3o,7 535.4 5o8,o 489,8 491.3 l,l6
- o,5 Hg05 Zn 13.8 35.6 14,0 32.8 14,2 0,9431 0,9601 0,9422 0,9582 0,9427 0,946 0,00088 13,9 14,0 14,0 66,6 43,5 3o, 2 5i5,9 • 489,3 477,7 483,4 I ,OI
- 1,0 Hgcü Zn2 14.6 37.6 14.7 34-4 14.8 0,9074 0,9252 0,9053 0,9238 o,go58 0,9089 0,00097 16,0 16,0 i5,9 63,4 47,2 31,6 433,3 419,2 379-1 337,7 j; 1,71
- Alliages mercure-cadmium.
- 0,25 Hg22’. Cd 18.3 43.3 18.4 0,9916 I ,0230 0,9924 0,9^2 0,00125 18,1 18,1 18,1 74.0 45.7 30.7 53o,5 5oo,4 479.0 480,5 1,25
- o,5 ligna Cd 18.1 34,4 18.2 33.0 18.3 0,9627 0,9762 0,9637 0,9738 0,9647 0,964 0,00075 17.7 17.8 -7,8 73,2 44.9 3i ,5 533.6 499.7 482,0 482,9’ 1.26
- i ,o Hgsc Cd 16,g 47.3 17.3 43.4 17,6 0,9346 0,9576 0,9337 0,9351 0,9336 0,934 . 0,oco86 17,8 17.8 17.8 71.4 46.4 30.5 517,8 490,0 481,5 482,2 0,82
- Alliages mercure-bismuth.
- 0,25 Hg416 Bi I7,i 36,g 17.1 35.0 17.2 0,9974 0,0145 0,9959 1,0117 0,9961 0,9572 0,00089 18,0 18,0 18,0 68.5 44,2 30.5 5i 1,8 484,9 469,5 471,3 1,12
- o,5 Hf?208 Bi i8,3 58,8 18 g 52,6 19,0 0,9886 1,0220 0,9878 1 0180 0,9879 0,9874 0,00088 17,7 17.9 18,0 55,o 40,1 3i ,2 476.5 462.5 453,9 454,7 0,96
- 2,0 Hg10V Bi 19,0 48.2 19.2 44,6 19,4 0,9876 1,oi3o 0 9867 1,0091 0,9871 0,9861 0,00089 18,0 18,1 18 62,4 41-9 29,7 453,1 432.6 422.6 423,2 0,93
- On voit, en examinant ce tableau, que la résistance spécifique aussi bien que la différence thermoélectrique, par rapport au cuivre pur, diminuent lorsque le degré de concentration de l’amalgame croîti
- Si l'on, compare la résistance galvanique et la constante thermo-électrique, on trouve, en général, qu’à un accroissement de la résistance spécifique correspond un accroissement de la différence thermo-électrique par rapport au cuivre. Mais, plus la
- résistance spécifique de l’amalgame est considérable, plus cet amalgame est voisin, au point de vue thermo-électrique, du mercure pur.
- Si lion veut construire une échelle thermo-électrique, il faut absolument tenir compte de l’état de concentration et l’on ne peut comparer directement entre eux que des amalgames qui contiennent des quantités égales de métal étranger pour roo parties de mercure pur.
- Voici l’échelle que M. Weber a trouvée pour des
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- 4;
- amalgames renfermant o,5 en poids pour 100 parties de mercure :
- Etain, argent, plomb, zinc, cadmium, bismuth. A la fin de cette étude, que nous regrettons de ne pouvoir publier in extenso, M. Weber recommande l'emploi du mercure comme étalon de comparaison dans les recherches thermo-électriques, et ceci pour les mêmes raisons qui font de ce dernier métal un excellent étalon de résistance.
- Sur les variations de résistance électrique des
- fils en maillechort soumis à la traction, par le
- Dr S.-L. Angelini.
- Sir W. Thomson, en i856, a trouvé, du moins pour le fer, que la résistance électrique augmente par l’effet de la tension à laquelle le fil est soumis d’une façon temporaire ou permanente et que cette augmentation est plus forte que celle qui serait due au seul changement de forme.
- En 1858 M. Mousson (* *) a faitde nombreuses expériences sur des fils en acier, enfer et en cuivre et en 1876-77, sir Herbert Tomlinson (2), en essayant des fils en acier, en fer et en laiton, a trouvé les mêmes résultats que M. Mousson et sir W. Thomson. Tous ces expérimentateurs ont employé le pont de Wheatstone, tandis que M. de Marchi (3) s’est servi de la méthode du galvanomètre différentiel, en obtenant pour des fils en acier, en laiton et en cuivre des résultats analogues. M. H. Tonclinfon (4) a tout récemment repris la même question, et les résultats auxquels il est arrivé se trouvent consignés dans un mémoire qu’il a publié : Sur l'influence de la pression et de la tension sur l'action des forces physiques.
- M. H. Tonclinfon s’est servi d’un pont de Wheatstone à fil de platine-iridium et est arrivé aux conclusions suivantes :
- i° La résistance électrique absolue de tous les corps, excepté le nickel, augmente par un allongement temporaire : l’augmentation n’est pas tout à fait proportionnelle à la tension;
- 2° La résistance spécifique de tous les corps, excepté l’aluminium et le nickel, augmente momentanément par l’effet d’un allongement temporaire. Dans l’aluminium c’est le cas contraire ;
- 3° Le nickel se comporte d’une manière tout à fait spéciale : ses résistances absolue et spécifique diminuent sous l’action d’une traction longitudinale en tant que celle-ci ne dépasse pas une cer-
- (*) Die Lehre von Galvânismus, II, Wiedemann.
- Proc. Roy. Soc., 1876, p. 45i-53.
- — — 1877, P- 401-10.
- (*) Atti dell’Instituto Lombardo, 1880.
- (*) Proc. Soc. Roy. of London, vol. 33, n° 218, p. 27G et Lumière Electrique du 9 juin i883.
- taine limite. Dès qu’on a atteint cette limite, si on augmente la traction, la résistance augmente. Les variations qu’on rencontre dans les deux sens sont de beaucoup plus fortes avec ce métal qu’avec toute autre substance soumise à l’expérience ;
- 40 Dans tous les cas, si on compare la variation de résistance à la variation de volume, on voit que pour une certaine déformation obtenue mécaniquement, la variation de résistance est bien plus petite que si on obtenait cette déformation par un changement de température ;
- 5° En augmentant la traction jusqu’à dépasser la limite de l’élasticité parfaite, dans lequel cas on obtient des variations permanentes dans la longueur et dans la résistance du fil, l’augmentation de résistance des fils présente des points singuliers (points critiques) qui se rencontrent d’une manière plus sensible que dans le cas d’un allongement, de sorte que la loi de la variation viendrait tout à coup à changer. Par exemple l’argent recuit présente deux points critiques ; le fer trois, et en général le premier de ces points correspond aux premières charges faibles, et peut par conséquent échapper à l’observation directe.
- M. Tomlinson a encore étudié les effets dus à la torsion, à la percussion, à l’aimantation, etc., et je ferai ici observer que M. Gray T. de Tokio (*), en expérimentant sur des fils en cuivre, fer, maillechort, a trouvé également que si on mesure le changement dû à la traction lorsque l’effort se fait toujours sentir sur le fil, ce changement est bien plus fort que lorsqu’on le détermine, pour un même allongement, sans tenir compte de l’effet des poids, ce qui sert à démontrer que la résistance du fil augmente quand on l’allonge indépendamment du changement de forme dû à la traction.
- Comme je crois que le maillechort présente une grande importance dans la construction des appareils, j’ai soumis un fil de maillechort à la traction longitudinale, afin d’en mesurer les variations de résistance. D’après les expériences du Dr Mat-thiessen sur un fil de maillechort composé de 12,84N l -f- 36,57 Z» -f- 5o,59 Cu, sa résistance électrique serait exprimée par
- à = 7,6o3 —0,003461 t -f- o,0000003951 l!
- 100 étant la résistance de l’argent à o°. On peut d’ailleurs, d’après le Dr Siemens, représenter ladite résistance par
- R= 1 + 0,00004 /
- Cette propriété du maillechort remédie à une erreur qu’on rencontre inévitablement avec des fils d’autres métaux, dans lesquels une partie de l’augmentation de résistance observée lorsqu’ils sont
- (1) Transactions of Edimburg, 1880-81, p. 369.
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- soumis à la traction, dépend de ce que le fil s’échauffe par le passage du courant. L’intensité de ce courant n’étant jamais constante, la quantité de chaleur produite variera et d’autant plus que le fil est mince et moins homogène. Dans le cours de mes recherches, j’ai fait usage du pont de Wheats-tone. Dans une des branches j’avais intercalé le fil qu’il s’agissait d’expérimenter, et dans l’autre un rhéostat de Poggendorff. et un recorder en gros fil de maillechort dont j’ai mesuré la résistance par de petites portions, chaque millimètre étant représenté en moyenne par 0,00021 ohm. Les efforts de traction étaient exercés au moyen de poids numérotés que je plaçais sur un plateau attaché sur le prolongement du fil. Les allongements ont été mesurés avec un cathétomètre qui permettait d’apprécier^ de millimètre. Un fil à plomb placé latéralement servait à corriger les abaissements, quoique très petits, que le support subissait sous l’action des poids qui servaient à allonger le fil.
- Les deux courants dérivés circulaient dans les bobines d’une boussole à réflexion de Edelmann, dont la sensibilité était rendue extrême au moyen d’un aimant qui supprimait presque entièrement la force directrice de la terre et servait à orienter l’aiguille aimantée. La lunette fut placée à une distance d’un mètre et demi. Cependant la boussole, pour des causes fortuites, présentait l’inconvénient que le zéro se déplaçait, et j’ai remédié à cette erreur de la manière suivaute :
- Au moyen d’une grosse tige de cuivre que j’ai pliée en arc et dont les extrémités -plongeaient dans deux godets à mercure, j’intercalais la boussole dans le circuit du pont ou je la supprimais à volonté sans avoir à couper le courant qui passait dans les deux branches du pont. De cette façon, après avoir ramené le zéro de l’échelle à coïncider avec le réticule de la lunette, j’intercalais la boussole et j’observais la déviation produite par l’effet que les deux courants dérivés, qui traversaient les branches du pont, ne se trouvaient plus être en équilibre. Au moyen du recorder je rétablissais ensuite l’équilibre. Pendant cette opération, le zéro se trouvait presque toujours être déplacé ; mais je ferai observer qu’on peut difficilement obtenir du premier coup une exacte coïncidence du zéro avec le réticule.
- je recommençais alors à supprimer la boussole du circuit, à corriger le déplacement du zéro et à noter la déviation produite lorsqu'on intercalait de nouveau la boussole. En répétant plusieurs fois cette opération j’arrivais à maintenir l’aiguille fixe au moment d’ouverture et de fermeture du circuit. Ge moyen de procéder présentait l’avantage que le courant, depuis le commencement jusqu’à la fin des expériences, traversait le pont et les résistances, et m’étant servi d’un courant fourni par six petits élé-
- ments Leclanché, la quantité de chaleur produite dans les fils restait constante. En outre, pendant qu’on faisait la correction du zéro, les quelques minutes de temps qui s’écoulaient permettaient au fil, qui s’était refroidi par l’effet de l’allongement subi, de reprendre sa température normale. On a disposé les fils de manière à être près l’un de l’autre, parallèles et parcourus en sens contraire par le courant. Les liaisons ont été faites avec du mercure, et on a eu soin de les réduire au moindre nombre possible. Le fil qu’il s’agissait de soumettre à la traction a été nettoyé avec soin de manière à enlever toute trace d’oxyde et d’autre matière étrangère pouvant donner lieu à des courants thermo-électriques, comme l’ont fait observer MM. Becquerel, Gaugain et Thomson. L’expérimentateur avait en outre la précaution de se tenir à distance des appareils, et les expériences avaient lieu le matin dans une chambre fermée.
- J’ai fait observer que la charge des poids était augmentée par intervalles de deux minutes. L’augmentation de résistance est donc due principalement à l’allongement instantané produit par les poids, et en faible partie à l'élasticité de seconde espèce. On sait, en effet, que lorsqu’un corps est soumis à des forces qui tendent à déplacer ses molécules, celles-ci reprennent lentement leur position d’équilibre, et lorsque l’action des forces cesse, les molécules du corps acquièrent après un certain temps un nouvel état d’agrégation permanente, qui dépend de l’intensité et de la durée des forces.
- Dans le tableau qui suit se trouvent consignés les résultats que j’ai obtenus en expérimentant sur un fil de maillechort qui présentait une section de
- o",u,355.
- ! Section..................c>",IU35.5
- Fil ) Longueur................. 1200™“'
- de maillechort j Résistance initiale .... 2.2-|33i2 ohms
- ' Température..............2i°oo C
- Ce fil s’est trouvé avoir résisté le mieux à la traction, bien que les résultats soient analogues avec des fils d’autre section.
- Les résistances que le fil aurait dû avoir par le seul effet de la déformation, ont été obtenues par la formule.
- r et l représentent la résistance et la longueur initiales du fil;
- /, représente la longueur acquise par le fil sous l’effet de la charge.
- On a supposé que le fil, en augmentant dans sa longueur et en diminuant de section, se soit maintenu à densité constante.
- Puisque les poids additionnels représentaient une valeur d’environ 400 gr., j’ai obtenu, en interpolant
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- deux fois les résistances observées et calculées à une distance de 400 gr. Ces valeurs sont indiquées dans les 2e et 3° colonnes.
- Or, comme il s’agit ici de recherches très délicates, il y a plus d’une cause perturbatrice qui peut influencer les résultats, et malgré tout le soin qu’on y apporte on ne peut pas tout à fait éviter les erreurs d’observation. J’ai été donc amené à faire une interpolation de cinq en cinq de toutes les valeurs qui sont reportées dans la e1' et dans la 3e colonne.
- Ces valeurs ont été ensuite corrigées en me ser-
- POIDS RÉSISTANCE observée RÉSISTANCE calculée RÉSISTANCE observée, interpolation et correction faites RÉSISTANCE calculée, interpolation et correction faites U U V-. « U. s
- 200 2.24405 . »
- 600 2,24433 » » » »
- 1000 2,24^97 9 » »
- 1400 2,24699 2,24534 » » »
- 1800 2,24836 2,24662 2,24804 »
- 2200 2,24901 2,24664 2,24898 *>
- 2600 2,24970 2,24783 2,24992 » U
- 3000 2,25073 2,24931 2,25073 2,24918 -l-o,ooi55
- 3400 2,25194 2,25084 2,25170 2,23050 120
- 3800 2.253l5 2,25241 2,25340 2,25247 093
- 4200 2,25460 2,25363 2,25537 2,25462 075
- 4600 2,25761 2.25690 2,25716 2,25652 064
- 5ooo 2,25965 2,25906 2.25879 2,258j7 0D2
- 5400 2,26078 2,26019 2,26072 2,26010 062
- 58oo 2,20158 2,26106 2,262.53 2,2tI50 io3
- 6200 2,26394 2,26237 2,26420 2,26:66 144
- 6600 2,26659 2,26410 2,26595 2,26391 204
- 7000 2,26823 2,26557 2,26316 2,26525 291
- 7400 2,27015 2,26686 2,27015 2,26675 340
- 7800 2,27221 2,26814 2,27214 2,26866 348
- 8200 2,27433 2,27015 2,27485 2,27063 422
- 8600 2,27736 2,27839 2,27784 2,27268 5i6
- 9000 2,28145 2,2753 5 2.28084 2,275lI 573
- 9400 2,28450 2,27731 »
- 9800 2,28695 2,27977
- 10200 2,28967 2,28233 »
- 10600 2,29271 2,28471 )>
- vant de la méthode du professeur Schiaparelli, au moyen de la formule
- Y0 étant l’ordonnée qu’il s’agit de corriger, et .jd-j-i le nombre des ordonnées qu’on somme en faisant l’interpolation.
- Ces valeurs sont reproduites aux 4“ et 5e colonnes.
- Pour plus de clarté : si on construit le diagramme qui représente l’allure de la résistance observée une fois qu’elle a été corrigée, sous des tractions comprises entre 1800 gr. et g000 gr., en prenant les tractions comme abscisses et les résistances comme ordonnées, on observe que :
- i° La résistance augmente avec la charge.
- 20 Entre 1 800 et 3 400 grammes la résistance
- croît presque proportionnellement à la traction ; à partir de ce point, l’augmentation de la résistance s’effectue d’une manière brusque, tout en se maintenant proportionnelle à l’augmentation de la traction jusqu’à 7 800 grammes, où a lieu un autre accroissement dans la variation de la résistance. On constate donc deux points critiques, un à la traction de 3 400 et l’autre à celle de 7 800 grammes, points qui sont bien définis et qui accusent un changement dans la structure moléculaire du fil.
- 3° Une fois qu’on a eu délivré le fil de la charge, le fil s’étant rompu sous le point de liaison du pont, il a présenté une résistance de 2 24757 ohms, valeur correspondante à la traction de 1 570 gr. Cette résistance est allée en descendant lentement.
- Dans la 6° colonne se trouvent les différences entre la résistance observée et celle calculée reportées à la 4° et 5° colonne. En construisant le diagramme qui représente l’allure de ces différences, on remarque que :
- i° La résistance observée est toujours plus forte que celle calculée.
- 2° La courbe représente deux changements de courbure; l’un correspondant à la traction de 3 000 grammes, l’autre à celle de 7400 grammes.
- 3° La portion de courbe comprise entre les 3 000 grammes et les 7 000 grammes ressemble à une parabole. Dépassé les 7000 grammes jusqu’au point de rupture du fil, la courbe indique des variations brusques survenues dans la structure moléculaire du fil.
- Aux valeurs qui sont comprises dans la portion parabolique correspondant à 3 000 et à 7 000 gr., j’ai appliqué l’expression
- D = *+rT + : T*
- D étant la différence entre les deux résistances, et T l’effort de traction.
- Dans ce cas on peut se servir de la formule de Degen (*), qui abrège le procédé des moindres carrés, et j’ai obtenu l’expression
- (1) D = o,olimsoo2273 — 0,000682 T + 0,000066 T-
- Au moyen de cette formule, la somme des carrés des erreurs se réduit à
- 2 Aa = 1077- 10 et l’erreur moyenne à
- (j. = + 0,00014
- L’expression (1) est donc digne de confiance.
- Ces expériences ont-été faites par le Dr S. L. Angelini, dans le laboratoire de la Royale Université de Padoue, avec l’aide du Dr G. B. Ermacora et sous la direction du professeur Rossetti.
- (Rivista scientifico-industriale.)
- (') Naccari et Bellati. Manuel de physique pratique, p. 41
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- Amiens, le 21 dècemlnc 1884.
- Monsieur le directeur,
- Je ne crois pas sans intérêt de porter â votre connaissance es faits suivants :
- Un violent ouragan (N.-O.) accompagné d’éclairs, de coups de tonnerre, de pluie abondante, de grésil et enfin de grêlons, dont les plus gros avaient omoi3 àomoi5 de diamètre, a été observé à Amiens le 19 de ce mois, d’abord pendant la nuit, puis à >0 h. 5o du matin. Ces grêlons, dont la chute a duré plus d’une demi-minute, avaient la forme d’une pyramide à base sphérique (fig. 1); l’angle au sommet avait environ 1200. Ils étaient d’un blanc de neige, opaques; la section transversale (fig. 2) montrait, au centre, un noyau plus opaque que le reste de la glace. La température était de — 20 le 19, à 8 h. du matin; elle s’est élevée à 4- 6° dans la journée; la pression était de 753mm. Le lendemain 20, à 8 h.
- FIG. I ET 2
- du matin, le baromètre est descendu à 732mm (la plus basse pression de l’année), La pluie a été presque continue du 19 au 21, par le vent d’ouest, de nord-ouest et de N.-N.-O., ce dernier très violent.
- Veuillez agréer, etc.
- C. Decharme.
- Paris, le 23 décembre i88|.
- Monsieur le directeur,
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance la manière de procéder aux adjudications dans le département de la Loire.
- Le 26 novembre dernier, M. le préfet du département de la Loire convoquait par lettre les entrepreneurs de sonneries électriques de Paris, Lyon et Saint-Etienne, pour le concours d’appareils électriques à tirage, pour la fourniture de 260 à la prison cellulaire, et ensuite pour procéder à l’adjudication en se conformant aux clauses et conditions du cahier des charges générales.
- Sur sept appareils présentés, deux furent admis (ceux à pousser, au lieu de tirage, ainsi que portaient les conditions du concours)
- Les soumissionnaires admis étaient :
- i° M. Magne, de Paris, avait un prix de 6,700 fr.
- 20 M. Pauze, employé des télégraphes de l’Etat à Saint-Etienne (non patenté), aŸait un prix de 7,900 fr. Malgré ce chiffre supérieur et son emploi, et de nos protestations devant le secrétaire général de préfecture, et de la commission, cette dernière a passé outre et a nommé M. Pauze àd-udicataire. \
- Aussi ai-je cru de mon devoir d’en informer M. le ministre des Postes et Télégraphes.
- Veuillez agréer, etc.
- Jarriant.
- FAITS DIVERS
- la Lumière Électrique, à partir d’aujourd’hui, tout en gardant son format, sera augmentée de huit pages. Chaque numéro aura, par conséquent, cinquante pages de texte et sera protégé par une couverture en bristol qui permetlra aux abonnés de recevoir le journal en parfait état.
- Nous avons la douleur d’annoncer la mort de notre collaborateur M. A.-L. Ternant, qu’une courte maladie vient d’enlever prématurément à sa famille et à se9 amis.
- Depuis de longues années, M. Ternant était directeur à Marseille de l’Eastern Telegraph Company. Sa situation comme ses travaux personnels, avaient fait de lui un des hommes les plus compétents en matière de télégraphie sous-marine, et ses ouvrages de vulgarisation lui avaient assuré une juste place dans le monde savant. La mort est venue le surprendre avant qu’il ait pu terminer la deuxième édition des Télégraphes dont le premier volume seul a paru. Cette perte sera vivement sentie par tous ceux qui avaient pu apprécier ses hautes qualités morales et intellectuelles. Nous offrons à madame Ternant si cruellement éprouvée l’expression de notre profonde et respectueuse sympathie.
- L’industrie électrotechnique en Allemagne a fait de grands progrès au cours de ces dernières années, tout en se développant d’une façon normale sans tomber entre les mains des spéculateurs. Le siège principal de cette industrie est à Berlin, où elle occupe 1 200 ouvriers, dont la plupart sont des hommes intelligents et d’une certaine éducation technique. Après Berlin, viennent Nuremberg, Cologne, Stuttgart, Magdebourg, Munich, Hambourg et Kiel. Les différentes fabriques ont depuis 6 ans, livré 6000 machines dynamo, d’une valeur totale de 1 772 millions de francs avec 20000 foyers à arc, d’une valeur de 6 1/2 millions. La production totale peut être estimée à 3o millions de francs. En dehors de ces établissements, il existe en Allemagne 5o grandes, et environ 600 plus petites maisons de constructions télégraphiques, dont la production s’élève à près de 10 millions de francs par an.
- La Société Stædtische Elektricitælswerke de Berlin a main tenant obtenu la concession pour quatre stations centrales de lumière électrique et de distribution de la force. Ces stations seront installées dans les rues suivantes : Markgra-fenstrasse, Niederwadstrasse, Neuestrasse et Wilhelm-strasse. Là première doit être prête et fonctionner à partir du mois de mai prochain.
- MM. Ferrer et Ce, horlogers à Breslau, viennent d'ins-tal'er au locàl de la petite Bourse de cette ville une horloge munie d’un mécanisme spécial pour faire marcher différentes sonneries électriques distribuées dans le bâtiment, à différentes heures, pour indiquer le commencement ou la fin d’une vente ou adjudication, etc. Cette horloge est réglée électriquement par celle installée à la Bourse par la même maison, et dont nous avons déjà fait la description dans La Lumière Electrique.
- L’inspecteur de l’éclairage à Dresde, M. Boher, vient de faire des expériences très intéressantes pour déterminer l’influence de l'électricité dans les explosions causées par la poussière de farine dans les moulins. M. Boher a fait ses recherches au Théâtre-Royal, où les puissantes dynamos pour
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- la lumière électrique sont actionnées par des machines à vapeur. L’électricité développée par les courroies de transmission est aussi intense que celle obtenue par les meilleures machines électriques. En quelques secondes, une bouteille de Leyde est chargée, et toute personne placés sur une matière isolante, en tenant la matn de 4 à 6 pouces de la courroie, est bientôt chargée d’électricité de façon à donner de longues étincelles. Les tubes de Geissler, munis d’un fil pointu à une des extrémités et ayant une communication métallique avec la terre, devenaient incandescents quand on les plaçait près des courroies. En somme, i’électri-cité développée par les courroies se prête à toutes les expériences qu’on peut faire avec les machines électriques. M. Boher croyait d’abord que ce phénomène était en grande partie causé par la présence des dynamos, mais il a obtenu les mêmes résultats dans beaucoup d’usines où se trouvent des machines à vapeur, et il est arrivé à la conviction qu’il y a là un sérieux danger d’incendie.
- Le chemin de fer électrique de Brighton a été visité et examiné par une commission serbe,comprenant le ministre de Serbie, le maire de Belgrade, etc., qui se sont montrés très satisfaits de leur visite.
- On annonce que M. Edison a trouvé, au cours de ses expériences, qu’on peut obtenir une explosion d’une force terrible en introduisant un fil de platine dans chaque extrémité d’un tube à moitié rempli d’eau et relié à une dynamo. L’électricité décompose l’eau, qui se transforme immédiatement en gaz détonant.
- Le syndicat des moteurs électriques à New-York a nommé la semaine dernière, une commission technique pour essayer les avantages des différents systèmes. Une Société d’exploitation, au capital de 5oooooo de francs sera formée dès que le choix de la commission sera fait. La moitié du capital sera versée et l’autre sera payée en actions aux inventeurs, ou bien à un seul d’entre eux dans les proportions fixées par la commission.
- Les applications de l’électricité comprennent une partie très importante de l’Exposition universelle de la Nouvelle-Orléans, où elles forment la classe 119 de la sixième grappe ne comprenant pas moins de 34 subdivisions.
- ' Éclairage électrique
- Depuis le 24 novembre, les magasins du Bon Marché emploient 21 lampes incandescentes de 5o bougies alimentées par des piles à acide chromique. La durée moyenne de l’éclairage est de 4 heures par jour; il s’agit donc d’un essai sérieux. La direction de ces grands magasins, sans avoir renoncé au gaz, ne recule pas devant l’emploi de l’électricité : elle recherche en ce moment le moyen de se rendre un compte exact de la consommation d’électricité, et les compteurs électriques, connus jusqu’à ce jour, sont loin de lui donner satisfaction.
- Parmi les plus récents éclairages électriques montés à Paris par la Société Edison, il faut citer celui de la distillerie de M. Jouanne, qua-i de la Tournelle. L’installation qui comprend 5o lampes incandescentes, est surtout intéressante à cause des avantages fort importants qu’elle procure.
- Dans les salles* de distillation, dans les caves, où l’on manipule constamment des alcools, il faut en effet éviter avec soin tout danger d’incendie. Avec le gaz, la question était fort compliquée et l’on n’obtenait l’éclairage qu’au moyen de becs placés en dehors des pièces en face de fenêtres vitrées hermétiquement closes. Malgré ces précautions, le danger était toujours grand ; en outre la lumière était insuffisante pour le travail des ouvriers. Les lampes incandescentes, au contraire, peuvent être mises près des alambics sans aucun inconvénient; leur introduction dans la distillerie est donc un progrès considérable.
- La gare du chemin de fer de Main-Neckar, à Darmstadt, est éclairée depuis quelque temps par des foyers à arc; un défaut dé la machine ayant à plusieurs reprises empêché les lampes de fonctionner, la direction s’est décidée à installer une machine de réserve.
- Le 18 décembre dernier, la famille royale d’Espagne a visité la station centrale d’éleetneité, à Madrid, de la So-ciedad Matritense de Electricidad. Cette usine se trouve près du jardin public le Buen-Retiro, au coin du Prado et à côté du ministère de la guerre; elle fournit tout le courant pour l’éclairage électrique des différents théâtres, cafés et établissements de commerce qui ont adopté la lumière électrique. Le roi, qui a chaudement félicité le président de la Société et l’ingénieur en chef, a visité toute l’installation dans ses moindres détails avec beaucoup d’intérêt. Une grotte spécialement construite et éclairée pour la circonstance, ainsi qu’un bassin dans lequel plongeaient des lampes à incandescence, ont surtout intéressé la famille royale.
- La Continental Gas Association, une Société anglaise, a obtenu la concession pour l’installation d’une station centrale d’éclairage électrique à Vienne. L’association a acheté les brevets des accumulateurs Turettini, et compte alimenter 12 000 lampes Edison de 20 bougies par sa station centrale ; 4000 de ces lampes seront installées dans l’Opéra, 3 000 dans le théâtre de la Cour, et les 5 000 autres seront mises à la disDOSition du public. L’installation à l’Opéra doit être terminée le ier octobre i885, et au théâtre de la Cour avant la même date de l’année ]886. M. Brunswiller et la maison Egger et Ce, ont également obtenu une concession pour l’installation d’une station centrale de lumière électrique à Vienne.
- Les corridors et les salles d’instruction de la nouvelle clinique pour femmes, à Berlin, sont éclairés avec 96 lampes à incandescence, dont 72 seulement fonctionnent en même temps. La force motrice est fournie par une machine à vapeur de 9 chevaux.
- Des expériences ont été faites dernièrement au Théâtre Royal de Munich pour déterminer la différence de l’augmentation de température entre l’éclairage au gaz et à l’électricité. Les expériences ont commencé un peu avânt la représentation quand il n’y avait que 12 à i5 personnes dans le théâtre. O11 a levé le rideau et allumé toutes les lampes pendant une heure. Toutes les cinq minutes on prenait des observations simultanées de la température à l’orchestre, aux premières loges et à la troisième galerie. Pendant la représentation, la salle contenait de 5 à 600 personnes et les indications du thermomètre furent observées toutes les dix
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- minutes. Ges expériences ont démontré que la lumière électrique augmentait la température beaucoup moins que le gaz et, sans rendre la ventilation inutile, elle ne demande qu'une ventilation bien moins active.
- propose de montrer des foyers à arc aussi bieü que des lampes à incandescence. La Compagnie Thomson-Houston, qui jouit d'une grande popularité à Boston, n'expose pas du tout.
- La tentative d'explosion qui a eu lieu sur le pont de Londres dernièrement a provoqué dans la presse anglaise une discussion sur la nécessité d'un meilleur éclairage de la capitale et surtout des ponts, des gares et des bâtiments publics au centre de la ville. Le conseil municipal, ainsi que les autorités locales, sont vivement invités à faire installer la lumière électrique dans tous ces endroits, cette mesure étant considérée comme absolument nécessaire à la sécurité générale.
- L'intérieur de l'établissement de MM. Duff et Rowntree, à Londres, est éclairé avec des lampes à incandescence Swan, tandis que des foyers à arc Weston sont disposés à l'intérieur. Dans les vitrines sont installés des foyers Bernstein. Les lampes Swan sont alimentées par une dynamo Elphin-stone-Vincent, les foyers Weston par une dynamo Siemens et les lampes Bernstein par une deuxième machine Siemens, mais chaque système forme un circuit séparé.
- Le pont de Charing Cross à Londres, est éclairé en dessous et sur le parapet par 5 foyers à arc du système Crompton qui répandent leur clarté sur tout le fleuve, autour du pont.
- Le Peterhouse College, à Cambridge, dont on vient de célébrer le 600e anniversaire, était le premier établissement de ce genre éclairé à la lumière électrique. Les appareils ont été fournis par sir William Thomson, à ses propres frais, et l'éclairage s'étend à toutes les parties du collège.
- La station centrale de lumière électrique de la Liverpool Electric Supply Company fournit aujourd'hui le courant pour l'éclairage électrique de deux grands hôtels de la ville et à plusieurs maisons de commerce importantes où on emploie plusieurs centaines de lampes à incandescence et un certain nombre de foyers à arc. La Société éclaire également la grande salle de bal et d'autres locaux du cercle Wellington avec 200 lampes à incandescence. Le conseil municipal de Liverpool a chargé Ja Compagnie de l'éclairage électrique de la bibliothèque libre et d'une salle de lecture.
- Il parait que l'émir d'Afghanistan a décidé d'éclairer la ville de Caboul par la lumière électrique, et qu'il a envoyé plusieurs ingénieurs à Bombay pour prendre les dispositions nécessaires.
- L'éclairage électrique de l'Exposition d'électricité de Boston se compose de 3o loyers à arc, du système Arago, alimentés par deux dynamos et d'un certain nombre de foyers à arc Weston, alimentés par la station centrale de cette Société, dans le Stanhope Street, ainsi que de 18 lampes à 125 bougies, qm ont fonctionné pour la première fois à l'Exposition de Philadelphie. La Compagnie Edison a installé 400 lampes à incandescence qui éclairent l'entrée; un grand nombre de ces lampes sont suspendues au-dessus de l'emplacement de la Bell Téléphoné C° et de la Western Electric Manufacturing C°. L'installation de la Compagnie P»rush n'est cpas encore terminée, mais la Compagnie sc
- Une seule des principales Sociétés d'éclairage électrique aux Etats-Unis, la United States Electric Lighting Company, qui exploite les systèmes Weston, possède des machines dynamos pour la lumière à arc et à incandescence qui demandent la force motrice suivante :
- Dans la ville de New-York, 3 stations. . Installations isolées, y compris le pont de Brooklyn................................
- Dans différentes villes, oyers , ‘
- installations isolées lampes a incan-[ descence. • .
- Stations locales à Boston, Manchester, Providence, Newport, Rochester, Ne-wark, Philadelphie, Baltimore, Washington, Charleston, Toledo, etc., etc.
- 2 000 chevaux.
- 1 000 .5 000
- 5 000
- 10 000 —
- Soit un total de.............
- pour cette seule Société.
- 23 000 chevaux
- La Société a également construit près de 5oo machines Maxim qui absorbent environ 6 chevaux chacune, et, en tout, il y a environ 40000 chevaux employés aux Etats-Unis pour l'éclairage électrique.
- La librairie de MM. Clarke et Carruth, à Boston, est éclairée par quatre grands foyers à incandescence de 12S bougies chacun et du système Weston. Ces lampes ont été exposées à l'exposition de Philadelphie et fonctionnent avec beaucoup de succès.
- Les élections municipales qui viennent d'avoir lieu à Boston ne seront pas sans une influence considérable sur le développement de l’éclairage électrique. L'ancien maire n'était pas favorable à la lumière électrique et mettait souvent des difficultés dans le chemin des Sociétés d'éclairage, tandis que le nouveau maire élu s'intéresse vivement au progrès de l'électricité et fera tout son possible pour le favoriser.
- La ville de Détroit, dans le Michigan, est Ja seule ville importante éclairée par le système des tours dont on a installé 80 depuis le mois de juin dernier. La plupart de ces tours ont i5o pieds de haut, quelques-unes même ont 175 pieds. Le nombre total des foyers à arc (de 2000 bougies) est de 380.
- L'Àmerican Electric and Illumiuating Company va installer 100 foyers électriques à Port-Huron, en Michigan, et la même Compagnie commencera immédiatement l'installation de 100 autres foyers pour l'éclairage de la ville de Bangor en Maine.
- Télégraphie et Téléphonie
- Au bureau télégraphique de la Bourse, à Paris, l’on a déjà supprimé quelques emplois de femmes. Il parait qu'avec une répartition bien entendue du travail il serait encore possible de retirer de ce bureau un bon tiers de l'effectif, sans nuire en rien au service.
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- JOURNAL UNIVERSEL Ù'ÉLECTRICITÉ
- On parle de prolonger les derniers travaux de construction des lignes télégraphiques souterraines. Il est vrai que Jes éléments combattent en faveur de celles-ci, la bourrasque de ces jours passés ayant enlevé nombre de poteaux et brisé quantité de fils aériens.
- On annonce que des expériences de télégraphie et de téléphonie simultanées, auront lieu prochainement sur les fils télégraphiques entre Rouen et le Havre. Ces expériences ont été autorisées par le ministre des Postes et Télégraphes, dans le but d’essayer le système de M. Van Ryssel-berghe.
- Nons lisons dans le Petit Marseillais :
- « Sous peu de jours, le service télégraphique par les voies souterraines permettra de perfectionner et d’étendre les communications de Marseille avec diverses villes importantes. C’est ainsi que notre place sera mise en relations directes avec Saint-Etienne et Grenoble. Le réseau du département recevra lui-même un nouveau développement par suite de la mise en activité des fils souterrains. Un nouveau conducteur reliera Aix et Marseille, un autre Aix et Ta-rascon. En outre, le fil qui est affecté aujourd’hui simultanément aux transmissions échangées entre les bureaux de Tarascon, Saint-Remy, Châteaurenard et Avignon sera dédoublé, et il en résultera une amélioration des plus sensibles pour le trafic de ces bureaux, qui est particulièrement actif durant la saison des primeurs. «
- MM. C. et E. Fein, de Stuttgard, ont fait une série d’expériences avec leur dynamo C à double courant, appliquée à la télégraphie, avec des résistances artificielles intercalées.
- Le tableau suivant donne les résultats de ces expériences pour lesquelles la dynamo était actionnée par un moteur.
- MACHINE APPAREIL MORSE
- TOURS
- par minute Résistance Intensité Résista nee Force élec-
- en du courant en tromotricc
- ohms en ampères ohms • en volts
- 2000 3,5 3 5ooo 35
- 2480 3.5 3,5 6000 45
- 2990 3,5 •1)5 7000 52
- 3100 2 6000 44
- 2500 2 . 6,5 7000 5i
- 3oio 2 7,8 ciOOO 60
- 2020 1 H 8f)Oü 57
- 2475 I 10 9000 65
- 3o6o I 11.7 IiiOOO 72
- L’appareil Morse, dont l’électro-aimaut avait une résistance de 120 ohms, fonctionnait parfaitement dans les conditions indiquées.
- Ainsi que nous l’avous fait pressentir, c’est le D1' A. ileree qui a été nommé directeur des postes et télégraphes en Espagne. Le nouveau directeur est entré'en fonctions depuis le iep janvier i885<
- Le système télégraphique militaire en Espagne va être augmenté et réorganisé sur de nouvelles bases. On intro-
- duira tous les perfectionnements les plus modernes, afin de mettre le système à Ya hauteur de celui des autres nations.
- Les employés du télégraphe eu Angleterre avaient l’intention de tenir un grand concours télégraphique au mois de février prochain, mais il a fallu renoncer à cette idée devant le refus de l’administration de prêter les appareils et lignes nécessaires.
- Le nombre total des employés au bureau central des télégraphes à Londres, est de 2 285, qui se décompose ainsi : 1 i36 employés hommes et 683 femmes, en dehors des 416 facteurs. Le nombre des circuits est 732, dont 38i pour la capitale, sans compter le réseau pneumatique. Le nombre des dépêches varie de 5o à 60 000 par jour, dont 6 à 7000 proviennent de la capitale. Dans la matinée, la principale occupation consiste à transmettre les nouvelles du sport pour les agences de la presse; dans l’après-midi ce sont les nouvelles de la Bourse qui prennent le plus de temps. De 6 heures du soir jusqu’à 2 heures du matin, on envoie les dépêches de la presse, et en dehors des lils ordinairement employés, trente et un journaux sont reliés par des fils spéciaux. Les télégrammes pour l’étranger sont transmis direc tement aux bureaux de 8 des plus grandes Compagnies de câbles à Londres, au moyen de tubes pneumatiques. Le réseau de ces tubes comprend 27 stations, qui toutes se servent du même tube pour recevoir et pour envoyer, excepté la station du West Strand qui en a deux, de même qu’elle peut être mise en communication directe avec le palais du Parlement, pendant la session législative.
- U est à remarquer que l’habitude de comprendre les dé pêches télégraphiques simplement par le son, au lieu de se servir de l’appareil Morse, tend de plus en plus a se génèrali-seren Angleterre, et l’ancien système disparaît rapidement, car les employés qui doivent à la fois lire la dépêche et l’écrire, ne peuvent plus suivre l’appareil, tandis que l’habitude leur permet de comprendre la dépêche au son, et ayant les deux mains libres ils parviennent beaucoup mieux à suivre. Le service y gagne non seulement par une économie directe dans le prix des deux instruments, mais aussi indirectement par la plus grande rapidité du travail.
- Le câble de la Brazilian Submarine Cable C°, qui avait été brisé par l’ancre d’un navire à un demi-mille de la terre, vient d’être réparé. Les recettes de la Compagnie, pendant la semaine du 12 au 19 décembre, ont été de 87 i5o fr.
- U11 nouveau bureau central des télégraphes vient d’être inauguré à North Adélaïde, dans l’Australie du Sud, où ou compte prochainement installer un réseau téléphonique.
- La station télégraphique des câbles à l’exposition de Boston est fort intéressante, car tandis que les appareils de Philadelphie ne fonctionnent pas, on a installé ici une chambre noire dans laquelle se trouvent, aux bouts d’une longue'table, deux galvanomètres pourvus de lampes et de .réflecteurs. Sur des écrans spéciaux on voit distinctement les mouvements de la tache lumineuse produits par les changements du courant. Sous peu, on installera également un siphon recorder de Thomson pour montrer l’ancien système.
- La Western Union Telegraph C° a décidé de ne plus payer ses employés à Chicago pour les heures extra où ils
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- travaillent. Cette décision est motivée par la crise commerciale qui sévit en ce moment aux Etats-Unis; mais comme tous les employés travaillaient extra, la mesure équivaut à une diminution de 20 pour cent des appointements. Les employés vont se réunir pour discuter la nouvelle situation que la Compagnie vient de leur créer.
- La limite pour la mise sous terre des fils télégraphiques et téléphoniques à Philadelphie va être reculée d’un an ; l’avocat de la Ville a proposé de fixer la date au ies janvier 1886. Le conseil municipal a été saisi, la semaine dernière, de cette proposition, qui a été votée à l’unanimité.
- Il paraît que la Western Union Telegraph C° s’est enfin décidée à mettre sous terre la plus grande partie de ses réseaux urbains et de supprimer ceux des petits bureaux qu’il serait trop difficile ou trop coûteux de relier parce procédé. La Compagnie a traité avec une grande maison en Angleterre, pour la fourniture d’une quantité considérable de câbles souterrains destinés à ce travail. D’après ce qu’on dit, la Société a été amenée à prendre cette décision par deux raisons d’ordre très différent : d’abord, pa*-ce qu’elle reconnaît qu’elle sera sous peu forcée de mettre ses fils sous terre et ensuite parce qu’en prenant les devants, elle espère embarrasser ses plus faibles concurrents en les obligeant à suivre son exemple ou bien cesser les affaires tout à fait.
- Des cabines téléphoniques seront ouvertes au public parisien dans le courant du mois de janvier actuel. Il est également question de réduire de 5oo à 200 fr. le prix des abonnements téléphoniques pour les villes qui seront en mesure de réunir un nombre minimum de deux cents abonnés.
- La Compagnie Liégeoise du Téléphone Bell exploite maintenant la ville de Liège et sa banlieue dans un rayon de ïo kilomètres. La longueur totale des lignes comprend 760 kilomètres de fil, et le nombre des abonnés s’élève à 332.
- Le tarif des abonnements varie selon la distance du bureau central. Dans un rayon de 1 5oo mètres, les abonnés paient 200 francs par an, pour une distance de 2 à 3 000 mètres le prix est de 25o francs, et au delà de 3 000 mètres, on paie 5o francs par an et par kilomètre en plus.
- Le réseau téléphonique de la ville de Zurich s’étend maintenant sur la ville même et sur les communes des environs ; le nombre des abonnés est actuellement de 856, et la longueur du fil employé est de 780 kilomètres. Le bureau central est relié avec les réseaux de Winterthur, Schaffouse, Horgen, Wadensweil, etc., qui sont exploités par la Confédération suisse. Le prix de l’abonnement varie et se divise en quatre classes : la première, de 25o fr., pour les grands établissements de crédit, etc.; les deuxième et troisième, de 200 fr., et de i5o fr. pour les petits commerçants, et enfin la dernière, de 100 fr., pour les particuliers. La Confédération, par contre, n’admet qu’un prix uniforme de i5ofr. La Société de Zurich a installé à Aussersill une usine importante pour la construction de ses appareils, ainsi que de machines dynamo-électriques et d’appareillage électrique en général.
- Plusieurs bureaux téléphoniques ont été ouverts à Madrid dans les rues de San Ricardo, Paseo de Recoletos, Don Pedro et Atocha. Ces bureaux sont mis à la disposition du publiq, mais le prix élevé de l’abonnement, ainsi que les
- conditions trop sévères imposées par l’administration, empêchent les téléphones de gagner du terrain à Madrid.
- La Compagnie Bell a prolongé sa ligne de cuivre de New-York jusque dans le bâtiment de l’Exposition de Boston, et M. Edison a fourni un de ses motorphones ou téléphones parlant très fort, de sorte que plusieurs personnes à la fois peuvent entendre à Boston ce qu’on leur dit à New-York. Pendant la soirée, on reliera plusieurs microphones installés au grand Opéra de New-York, et les visiteurs de l’Exposition pourront entendre la musique de l’Opéra de New-York. On a également installé une imitation en miniature du Bijou-Théâtre dans l’Exposition. La petite scène est éclairée par des petites lampes Edison, et un mo-torphone permettra d’entendre ce qut se passe sur le vrai théâtre du même nom, situé à un mille de là.
- L’American Bell Téléphoné C° de Boston s’est décidée à construire un certain nombre de lignes téléphoniques en’ cuivre très longues pour relier les différents Etats entre eux. On parle d’une augmentation du capital social pour faire face aux dépenses considérables entraînées par ces travaux. •
- Les réseaux téléphoniques de New-York comptent aujourd’hui 10600 abonnés, tandis qu’il n’y en a que 11 000 dans toute l’Angleterre. Il y a 97 000 circuits ' téléphoniques dans les Etats-Unis, comprenant go 000 milles de fil, et le nombre des appareils fabriqués s’élève à 517000.
- Les négociants de la ville de Grangemouth se sont entendus avec la National Téléphoné C° pour l’établissement d’une communication téléphonique entre leur ville et Glasgow, Bo’ness et Falkirk. ,
- La décision du juge Wallace, de New-York, en faveur de l’American Bell Téléphoné, contre la Compagnie Draw-baugh, que nous avons annoncée dans un des numéros du mois présent, va exercer une influence considérable sur les affaires téléphoniques en Amérique, lesquelles vont reprendre, maintenant que l’incertitude aura cessé. Les intérêts en question se chiffrent par 5oo millions de francs, mais le résultat mettra probablement fin à toute contestation des brevets de Bell, pendant les sept années de vie qui leur restent aux Etats-Unis.
- La New England Téléphoné Company, de Boston, avait installé la semaine dernière des transmetteurs téléphoniques du système Blake sur la scène du théâtre Bijou de cette ville. Ces appareils étaient reliés à 20 récepteurs placés dans les bureaux ; de cette façon on a pu entendre toute la musique et la plus grande partie du dialogue de la pièce.
- Des expériences téléphoniques à grande distance ont été faites dernièrement entre La Salle, en Ohio, et Elkhart, en Indiana, via Ottawa, Morris, Chicago, Michigan City, Laporte, South Bend, etc., sur une longueur de 290 milles. Ces expériences ont parfaitement réussi, ainsi que d’autres faites sur une ligne télégraphique entre Charleston et Sa-vannah.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages
- Paris. — Imprimerie P. Mouiilot, l3, quai Voltaire. — 55374
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- La Lumière Électrique
- Journal universel $ Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 10 JANVIER 1885 N» 2
- SOMMAIRE. — Sur la forme de la surface de l’onde lumineuse dans un milieu isotrope placé dans un champ magnétique uniforme; A. Cornu. — A propos de la terminologie électrique; Aug. Guerout. — Notes historiques sur les premières années de la télégraphie électrique en Turquie (2» article); E. Lacoine. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (20 article); Marcel Deprez, Maurice Leblanc.— Le laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne (2° article); P.-H. Ledeboer. — Une erreur regrettable en téléphonie; Brailsford Bright. — Chroniqie de l’étranger : Allemagne; IL Michaelis. — Angleterre ; J. Munro. — Revue des travaux récents f en électricité, par B. Marinowitch : A propos d’un nouveau compteur d’électricité. — Mesure des potentiels explosifs dans différents milieux, par M. Baille. — La transmission électrique de la force dans les mines, par M. Schulz. — laits divers.
- SUR LA FORME
- DE LA
- SURFACE DE L'ONDE LUMINEUSE
- DANS UN MILIEU ISOTROPE
- PLACÉ DANS UN CHAMP MAGNÉTIQUE UNIFORME Existence probable
- d’une double réfraction particulière dans une direction normale aux lignes de force
- Un milieu isotrope transparent, placé dans un champ magnétique, acquiert, comme on sait, le pouvoir rotatoire dans le sens des lignes de force. Verdet, dans ses belles recherches, a établi expérimentalement des résultats qu’on peut énoncer ainsi :
- « La rotation du plan de polarisation est pro-« portionnelle : i° à l’intensité M du champ ma-« gnétique; 20 au cosinus de l’angle a. que fait la « direction du faisceau lumineux avec les lignes de « force du champ.
- Si l’on interprète cette loi suivant la théorie de Fresnel (vérifiée d’ailleurs par les expériences de plusieurs physiciens), on écrira que les vitesses v', v" de propagation des ondes planes dont la vibration est circulaire gauche ou circulaire droite sont, à l’ordre d’approximation que com-
- portent les mesures, soumises à la condition suivante
- v" — v' = 2 k M cos ot,
- 2 k étant une constante spécifique du milieu iso* trope, dépendant de la longueur d’onde de la radiation observée.
- D’autre part, j’ai établi par expérience (‘) la loi suivante :
- * La moyenne des vitesses de propagation des « ondes circulaires de sens inverses séparées pàf « l’action magnétique est sensiblement égale à la * vitesse commune v de ces ondes quand l’action « magnétique est nulle. »
- D’où la relation
- V' -1- V" — 2 V.
- Ces deux conditions analytiques sont l’expression de deux lois expérimentales ; si l’on admet que ces deux lois sont rigoureuses (ce qu’on ne peut guère démontrer que par leurs conséquences), on en conclura les valeurs de v' et v", c’est-à-dire les vitesses des ondes planes polarisées circulaire-ment dans les deux sens pour toutes les directions de propagation,
- v' — v — k M cos a, / = »+ fM cos a.
- Il suffira dès lors d’employer la méthode géo-
- (q Comptes rendus, t. XCII, p. i368.
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- 5o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- métrique de Fresnel pour obtenir, par un simple calcul à'enveloppes ('), la surface de l’onde lumineuse dans le milieu soumis à l’action magnétique.
- A cet effet, rapportons chaque onde plane à trois axes rectangulaires OX, OY, OZ, l’axe OX étant parallèle aux lignes de force du champ. La surface d’onde cherchée est l’enveloppe d’un plan dont la distance à l’origine est égale à la vitesse de propagation normale.
- Si l’on désigne par a, P, y les angles que forme la normale au plan d’onde avec les axes OX, OY, OZ, on aura évidemment pour l’équation générale de ces plans
- x cos a + y cos (3 + z cos X = v + k M cos a, qu’on peut écrire
- (1) (ï + 4M) cos a + v cos (3 + s cos y = v,
- avec la condition
- (2) COS2 a + cos2 p + COS2 y = I.
- L’enveloppe du plan s’obtient en différentiant ces deux équations par rapport à cos a, cos p, cos y, considérés comme des paramètres variables, et en annulant les coefficients des différentielles indépendantes ; il vient évidemment
- ,3, *+#M _ y _ = v
- ' cos a cos P cos y 1’
- équations du rayon vecteur qui joint l’origine au point de contact. Eliminant cos a, côs (3, cos y à l’aide de l’équation (2), on obtient l’équation de la surface de l’onde cherchée
- (4) {* Y ^M)2+;r2 + z2 = v2,
- résultat qu’on obtiendrait, du reste, facilement par la géométrie pure.
- En effet, la surface cherchée est évidemment de révolution autour d’une parallèle aux lignes de force OX passant par le centre O, origine des ondes; il suffit donc de déterminer la méridienne de cette surface, ce qui ramène à la géométrie plane. Soit donc V'M le plan d’onde situé à la distance O V' = v' de l’origine ; le point de contact M' avec la courbe enveloppe s’obtiendra en remarquant que O Y' = v — ÆM cos a, l’angle a étant égal à V'OX ; prolongeons V'O jusqu’en P', de manière que P' Y' ~v z= constante, car c’est la vitesse dans le milieu non influencé; alors OP' re-
- (*) La loi de Verdet à elle seule ne suffirait pas, quoiqu’on puisse toujours poser v' -j- v" = 2 u; car alors on ne pourrait pas affirmer que u ne dépend pas de u, ce qui rendrait l’éli-uination impossible.
- présente ArMcos a, c’est-à-dire la projection deÆM qui est aussi une constante. Mais P'Oc' — a; donc la grandeur constante peut être placée sur le prolongement de OX, et par suite le point P' est la projection du point fixe c' tel que Oc' rrÆM. Complétant le rectangle c' P V'M', on a c'M'rrP'V' — v; donc la droite M'V' est à une distance constante du point cr, par conséquent elle enveloppe un
- cercle. On démontrerait d: la même manière que la droite V"M" enveloppe un cercle, dont le centre est c" symétrique de c' par rapport au point O.
- La surface cherchée est donc un système de deux sphères excentriques, dont l’axe [commun est parallèle aux lignes de force du champ magnétique : l’une des sphères correspond aux ondes circulaires dextrorsum, l’autre aux ondes circulaires sinistrorsum. On en conclut l’énoncé suivant :
- « Dans un milieu isotrope, placé au sein d’un « champ magnétique uniforme, les deux espèces « d’ondes à vibrations circulaires inverses, seules « susceptibles d’exister, se propagent suivant des « sphères identiques à la sphère d’onde du milieu « à l’état naturel, déplacées symétriquement de la « même quantité dans la direction des lignes de « force.
- « Ce déplacement magnétique est proportionne « à l’intensité du champ et à la constante électro-« optique du milieu ».
- Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que le résultat, fondé sur des lois expérimentales, est indépendant de toute théorie moléculaire ou magnétique.
- Directions singulières de double réfraction circulaire magnétique. — Cette disposition des deux nappes sphériques de la surface d’onde présente une particularité intéressante : si l’on considère des ondes planes se propageant perpendiculairement aux lignes de force, on sait, d’après la loi de Verdet, qu’elles présentent la même vitesse de propagation normale, puisque le pouvoir rotatoire est nul dans ces conditions.
- Effectivement, deux plans parallèles tangents aux deux sphères, coïncident lorsqu’ils sont en
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÊLECTRlCtTb
- Si
- même temps parallèles à l’axe commun : mais il en résulte aussi que chaque plan parallèle à l’axe a deux points de contact N' N" (voir la figure précédente), avec la surface de l’onde, l’un sur la nappe des vibrations circulaires droites, l’autre sur la nappe des vibrations circulaires gauches, et les deux points sont dans un même plan ,’avec l’axe de révolution.
- Donc les directions lumineuses efficaces (ce qu’on nomme les rayons dans la double réfraction ordinaire) sont séparées d’un angle appréciable, bien que les ondes planes qui leur correspondent cheminent en coïncidence : de là l'existence probable d'une double réfraction d'un genre particulier dans la direction normale aux lignes de force, c’est-à-dire dans une direction où l’on a coutume de considérer l’action magnétique sur la lumière comme nulle.
- C’est un phénomène qui rappelle celui qu’on observe dans les cristaux à deux axes optiques, lorsque l’onde plane devient tangente à la surface d’onde suivant un cercle ; mais il en diffère en ce que les rayons correspondant à la même onde plane sont au nombre de deux seulement, tandis qu’ils se résolvent en une nappe conique dans le cas des cristaux.
- On peut remarquer aussi l’existence du cercle équatorial RS (voir la figure précédente), en chaque point duquel la surface d’onde a deux plans tangents: on retrouve donc l’analogue des points singuliers de la surface de l’onde de Fresnel, et la possibilité de produire des phénomènes rappelant ceux de la réfraction conique, aussi bien que ceux de la réfraction cylindrique.
- Comme dans les milieux cristallisés jouissant de la double réfraction rectiligne, la direction du rayon est en général oblique sur le plan de l’onde : l’expression de l’angle e que fait la normale à ce plan avec le rayon s’obtient aisément, en éliminant x,y, z dans la formule
- coSE=pCos a rj-^cos fi + ^ cos y avec r — fX* -py2 + z2,
- à l’aide des équations (3) ; on trouve
- 5)
- COS Ê =
- V + /;M cos « gv2 _j_ 2 v k M cos
- tang e=
- 4-/eMsina
- = , sine— -r.- —:
- « Vv2+2vÆMcosa
- + /;Msin a v + AM cos a ’
- Mais il n’y a pas de parallélisme à établir entre ces deux genres de double réfraction, les comparaisons présentant la symétrie alterne particulière aux actions électromagnétiques : ainsi dans la double-réfraction magnétique, suivant l’axe de révolution (a. — o), les ondes planes ont des vitesses différentes v'v", et les rayons correspondants coïncident (e — o); normalement à cet axe (a — |) c’est
- l’inverse : les ondes ont la même vitesse v, et les rayons des directions différentes (tang e =:
- J’avais obtenu ces résultats depuis longtemps, mais je me réservais de les faire connaître après avoir examiné s’il était possible de mettre cette double réfraction très singulière en évidence par une expérience directe. Mon attention a été appelée de nouveau sur cette question par une Note récente de M. le Dr Von Fleischl (') intitulée: Sur la déformation de la surface d'onde lumineuse dans un champ magnétique. D’après ce qui précède, on voit qu’il n’y aurait pas déformation, mais dédoublement.
- Il ne m’a pas été jusqu’ici possible de tenter l’expérience, parce qu’elle offre d’assez grandes difficultés provenant de l’extrême petitesse du phénomène; mais ces difficultés ne me paraissent pas insurmontables, eu égard à la puissance des appareils électromagnétiques qui se construisent actuellement. Voici, en effet, le calcul des éléments à observer.
- Les deux points de contact du plan d’onde avec les sphères ont pour distance 2ÆM, ainsi qu’il résulte de l’équation (3). La sphère ayant pour rayon v, on a, pour l’angle 2 s des deux rayons, l’expression
- qu’on retrouve d’ailleurs comme cas particulier de (5).
- On exprime aisément 2 k M en fonction de l’angle <0 dont on tournerait le plan de polarisation d’un rayon traversant une longueur e du milieu, suivant les lignes de force magnétique
- (7)
- w
- •k e / V
- T (y
- _v
- )
- V étant la vitesse de la lumière dans l’air et X là longueur d’onde de la radiation également dans l’air.
- Remplaçant dans cette expression le produit v' v" par v2 qui lui est sensiblement égal, la différence v" — v' par 2 k M. (puisque a = o) et V par
- 0 Ueber die Deformation der Hchlwellcnflæche im ma-gnetischen Felde (Anzeiger der hais. Ahad unie der Wissen-schaften in Wien, Nr. XIII).
- M. le Dr Von Fleischl donne sans démonstration l’équation de la sur
- •v2 -\-y2) m2 + e* _j_ xfn* — 1 _
- 2rs«2 — r 1
- 11 est une fraction irrationnelle dont la valeur diffère peu de l’unité et représente la mesure d’une déformation homogène que la sphère primitive (de rayon r) subit dans le sens de l’axe des x.
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- LA lumière électrique
- 52
- nv, n étant l’indice de réfraction du milieu, on en déduit
- F) e tang 2 e = - —
- 11 n
- Cette valeur de e tang 2 e représente le dédoublement linéaire cherché du rayon qui a traversé une épaisseur e du milieu donné dans une direction normale aux lignes de force d’un champ magnétique, l’effet de ce champ magnétique étant de faire tourner d’un angle w le plan de polarisation lorsque cette épaisseur e est traversée parallèlement aux lignes de force.
- On voit que le dédoublement est de l’ordre de la longueur d’onde, car le facteur numérique qui le multiplie peut être rendu égal à l’unité dans des conditions qu’il ne serait pas très difficile de réaliser pratiquement : il suffirait donc de rendre ce facteur environ dix fois plus considérable pour atteindre l’ordre du centième de millimètre, c’est-à-dire d’une dimension suffisante pour constater nettement le dédoublement et la polarisation circulaire inverse des deux images (*) : un certain nombre d’artifices bien connus dans ce genre de recherches s’offrent naturellement à l’esprit et font penser que l’expérience est réalisable.
- Le dédoublement n’est qu’en apparence (8) proportionnel à X; il est, en réalité, sensiblement en raison inverse de la longueur d’onde, car l’angle <0 suit à fort peu près la loi de Biot, c’est à-dire varie en raison inverse de X2.
- Ces vérifications auraient un intérêt dont la portée dépasserait évidemment celle des considérations élémentaires qui ont servi à les prévoir. »
- A. Cornu.
- A PROPOS
- DE LA
- TERMINOLOGIE ÉLECTRIQUE
- On s’est occupé dernièrement des imperfections que présente actuellement la terminologie électrique, et d’utiles réformes ont été proposées, mais il est un point qui n’a pas été touché et sur lequel nous désirons appeler l’attention. Nous voulons parler de l’introduction dans la langue de mots étrangers.
- Dans chaque pays le langage spécial d’une scien-
- (!) On doit s’attendre, en observant avec un analyseur, à rencontrer dans les parties communes aux deux faisceaux émergents un système de franges polarisées d’une manière périodique, comme celles obtenues par M. Fizeau avec deux parallélipipèdes de Fresnel (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. LXIII, p. 405J.
- ce donnée se forme de plusieurs façons différentes. Tantôt les mots nécessaires pour désigner un phénomène ou un appareil nouveau sont formés de toutes pièces à l’aide de racines grecques ou latines ; tantôt ils sont produits par la juxtaposition de mots existants déjà dans la langue, et cela a lieu surtout dans les pays où, comme en Allemagne, chacun peut à sa guise former des mots composés ; quelquefois on applique au fait ou à l’objet nouveau, un mot qui dans le langage courant désigne quelque chose d’analogue ; d’autrefois enfin, la découverte ou l’invention ayant été faite dans un pays étranger, on se contente purement et simplement d’adopter le mot par lequel elle a été désignée dans ce pays.
- Les trois premiers modes de formation sont, à notre avis, tout à fait légitimes; quant au quatrième il nous semble qu’il doit, autant que possible, être évité.
- Lorsque le terme étranger a été formé à l'aide du grec ou du latin, nous ne voyons aucun inconvénient, en lui donnant les désinences convenables, à le faire passer dans la langue. Ainsi la même étymologie grecque nous donne, en français, en anglais et en allemand, les trois expressions machine dynamo - électrique, dynamo-electnc machine et dynamo - elektrische Maschine qui sont évidemment équivalentes, bien que chaque pays leur donne la forme et l’orthographe qui lui sont propres. Mais pourquoi introduire dans notre vocabulaire des mots que la science étrangère a empruntés à la langue courante de son pays pour désigner par analogie des choses nouvelles, quand il nous serait si facile d’appliquer de la même façon des mots courants de notre propre langue ?
- Prenons pour exemple le mot shunt. Il a aujourd’hui conquis parmi nous droit de cité, il a donné naissance au verbe shunter, voire même au substantif shuntage et il nous paraît difficile maintenant de le supprimer. Pourtant rien n’eût été plus aisé que de le remplacer par un mot français. Shunt signifie voie dérivée, dérivation, et il était indiqué d’employer ce mot en français, on aurait dit : mettre une dérivation sur un galvanomètre, dériver en galvanomètre, boîte de dérivations, et cela n’eût pas empêché d’employer le mot dérivation dans ses acceptions ordinaires, de même qu’en anglais on emploie shunt de diverses façons et l’on dit par exemple a shunt-wound dynamo pour désigner une machine à inducteurs en dérivation.
- Une autre expression qui s’est introduite chez nous est le terme composé self-induction. Le mot induction, d’origine latine, étant depuis longtemps passé dans la langue anglaise, self-induction est un terme bien formé au point de vue de la grammaire de ce pays, mais quand nous l’introduisons on France et que nous le prononçons à la française, nous réunissons un mot de pur anglais self avec un mot
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- français d’origine latine et qui est absolument contraire à l’esprit de la langue. L’expression Induction propre eût aussi bien rendu l’idée.
- On prend également l’habitude de désigner les machines dynamo-électriques à double enroulement sous le nom de machines compound, et cela sans douté par analogie avec la classe de machines à vapeur pour lesquelles on a adopté aussi la désignation de machines compound. On ne réfléchit pas que ce mot compound, que bien des gens ont pris jadis pour le nom de l’inventeur des machines à vapeur qu’il désigne, est tout simplement un adjectif anglais signifiant composé; si l’on veut prendre aux anglais la désignation qu’ils emploient, qu’on la traduise, et qu’on dise machines composées, mais il nous semble que machines à double enroulement rend encore mieux la chose.
- En téléphonie, les Américains ont donné le nom dejack knife au commutateur à ressort qui, sous l’action d’une cheville ou fiche, met l’abonné, préalablement relié à son appel, en relation soit avec l’employé du bureau, soit avec un autre abonné. Le terme a été adopté chez nous, mais par malheur Je mot knife (couteau), qui en forme la seconde partie, est un substantif irrégulier dont le pluriel est knives. Il en est résulté que des écrivains fort compétents, mais peu versés dans la langue anglaise, ne soupçonnant pas que le pluriel correct du mot était jack-knives, l’ont écrit jack-knifes et jack-knifs, nous l’avons même vu écrit jack-knif au singulier. Nos voisins d’Ôutre-Manche ont dû bien rire de toutes ces fautes et nous avons dû leur sembler aussi ridicules qu’ils nous ont paru l’être quand, calquant notre mot chandelier, ils ont appelé électrolier un lustre destiné à porter des lampes électriques.
- Au fond, le jack-knife n’est qu’un commutateur et on eût pu lui conserver ce nom, mais en admettant qu’un mot nouveau fût nécessaire, rien n’était plus facile que d’en créer un à l’aide d’une racine latine, le terme connecteur, par exemple, eût parfaitement répondu au rôle que remplit l’appareil.
- Nous citerons encore l’expression en arc parallèle qui a l’air française, mais n’est au fond qu’une traduction littérale de l’anglais in parallel arc. Dans ce cas, il n’y avait aucune raison pour traduire ainsi littéralement l’expression anglaise, puisque nous avons assez de locutions pour exprimer la même idée : en dérivation, en quantité, etc. Il y avait même un motif pour rejeter cette expression c’est qu’elle constitue un non-sens. Le mot parallèle, implique l’idée de deux objets et ne peut être employé au singulier de cette manière; il eût au moins fallu écrire : en arcs parallèles. Nous ne sommes d’ailleurs pas bien sûr que la phrase anglaise elle-même soit correcte.
- L’introduction de mots étrangers dans une langue scientifique est le plus souvent le fait de traduc-
- teurs dans l’embarras qui, ne trouvant pas le terme convenable pour rendre un mot étranger ou même ne le comprenant pas, tranchent la difficulté en s’abstenant de traduire. Une fois lancé, le mot fait son chemin sans qu’on prenne garde au peu de raisons qu’il y avait de l’adopter.
- En somme, il est bon que certains termes soient communs aux différentes langues, mais alors ce devront être des mots adoptés d’un commun accord comme Volt, Farad, etc., mots que chaque peuple déclinera suivant ses règles, ou bien des mots à racine grecque ou latine qui pourront se plier aux formes des diverses langues, comme dans l’exemple cité plus haut.
- En dehors de cela, nous demandons quel intérêt il y a, à adopter des mots étrangers auxquels on donne le plus souvent une orthographe et une prononciation ridicules et qui trouveraient très aisément leur équivalent dans notre langue.
- Aug. Guerout.
- NOTES HISTORIQUES. SUR LES PREMIERES ANNÉES
- DE LA
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- EN TURQUIE
- Deuxième article ( Voir le numéro au Z janvier i885).
- Lors de l’inaugutation de la station télégraphique d’Andrinople les télégrammes qui ont été admis sur la ligne devaient être rédigés, suivant l’avis donné au public, en langue française ; on ne croyait point alors qu’il fût possible de correspondre en langue turqne.
- En effet, les appareils Morse existants ne pouvaient permettre de faire reproduire les signaux télégraphiques de droite à gauche, ainsi que l’exige la langue turque, et presque toutes les langues orientales; de plus, on considérait comme bien difficile d’habituer les employés à lire avec un alphabet ne permettant pas de relier les lettres entre elles, car on sait que, dans la langue turque écrite, les différentes lettres doivent composer des groupes distincts qui présentent diverses formes, s’éloignant essentiellement de la forme primitive des caractères alphabétiques; il est très difficile de lire avec des lettres séparées. Cependant, après bien des essais, les premiers employés turcs ont pu arriver à lire d’une manière assez satisfaisante et sans rien changer à la forme de l’appareil Morse; il a été alors créé un alphabet Morse pour la langue turque, mais malheureusement il fut combiné sans étude préalable, et bien qu’on s’en soit
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- servi pendant plus de 20 ans, il a été cause de beaucoup de mécomptes et fut un grand obstacle à la fusion des deux services. Nous verrons plus tard que dans ces dernières années, il a été heureusement modifié après une. étude raisonnée.
- Les fonctionnaires ottomans qui avaient cherché à créer l’alphabet turc que nous critiquons se hâtèrent, à leur retour de Bucharest, de présenter un rapport au chancelier du divan impérial Afif-bey, lequel présidait à cette époque la commission formée à la Sublime Porte : pour l’institution de la télégraphie électrique en Orient. Ce rapport faisait voir clairement la possibilité, d’après l’expérience acquise par les rapporteurs, de correspondre également en turc à l’aide des mêmes appareils employés pour la correspondance en français. Deux autres employés de la Sublime Porte, Feizi-bey, plus tard directeur général, etZemtchi-bey, attachés à l’administration télégraphique ayant été bientôt initiés au système présenté par Moustapha Effendi, celui-ci quitta Constantinople pour aller former des employés en langue turque au bureau d’Andrino-ple, où il arriva quelques jours après son ouverture.
- Le service en langue turque fut inauguré le 28 chaban 1272 (2 mai i856).
- Nous avons déjà parlé du câble qui fut posé par les Anglais entre Constantinople et Varna, mais ils en avaient aussi posé un autre entre Varna et Balaclava, ce qui reliait directement Constantinople avec le théâtre de la guerre.
- Voici ce que nous trouvons à ce sujet dans un journal de l’époque :
- « Le télégraphe électrique sous-marin a été com-« piété en partant du rivage au monastère de Saint-« Georges pour arriver au cap Kaliacra, près de « Varna; c’est le capitaine Spratt* du Spitfire, qui « a dirigé très habilement tous les travaux. Le fil « delà longueur de 377 milles, a été mis à bord « de l'Argus, assisté du Terrible. Le capitaine « Spratt sur le Spitfire, surveillait l’exécution des
- * travaux.
- « Les navires ont quitté le cap Kaliacra le « 10 avril dans l’après-midi, et ils ont laissé couler « le câble à 70 brasses; ils ont dépassé Sébastopol « le 12 au soir et ont amené le câble électrique « au monastère de Saint-Georges, le i3 au-matin.
- « Le placement de 3oi milles de câble sous-marin « s’est fait sans le moindre accident. Ce télégraphe « sous-marin a 200 milles de plus que tout autre « existant. Le fil aérien de Kaliacra à Varna sera t posé très incessamment.
- « Des messages du quartier général allié par-« viendront à Paris ou à Londres en 4 heures,
- « lorsque le travail sera terminé complètement,
- « ils parviendront en moins d’une seconde. Le
- * télégraphe- doit être conduit au quartier général *
- * le 14, et I mis en communication ave^jles tran-
- * citées, de telle manière que l’officier de service, « pendant la nuit, annoncera en même temps une « sortie à lord Raglan et au premier ministre dans « Downing-Street.
- c Le premier message expédié à Kaliacra, con-« tenait cette importante nouvelle (sic) : * Le ca-« poral N... n’est pas bien et vient de prendre une « dose d’huile de castor ». La réponse envoyée au « monastère fut :
- « Espérons que cela lui fera du bien. »
- La pose de ce câble avait eu un tel retentissement à l’époque que quelque temps après, nous faisions, en en rapportant les incidents, les remarques suivantes :
- « Ce câble électrique déposé au fond de la mer Noire et qui a une longueur totale d’environ 600 kilomètres, est sans contredit un des premiers succès inespérés obtenus dans cette voie, car c’est le plus long qui ait été posé jusqu’alors ; de plus, il a parfaitemeut bien fonctionné tout le temps de la guerre. Le résultat obtenu par la pose de ce câble sous-marin n’est-il pas surprenant lorsqu’on pense que, quand tous les éléments sont en fureur, que la mer agitée semble défier l’homme qui ose l’affronter, quand on songe que des messages peuvent tranquillement et avec une rapidité incroyable traverser cette mer réputée si dangereuse, quand ces messages vont porter à plusieurs centaines de lieues la joie ou la tristesse, annoncer la victoire ou la défaite, n'est-ce pas vraiment au-dessus de tous les contes possibles ? et cependant rien n’est plus vrai, cela existe et est dû aux fruits de la science, à l’intelligence supérieure de l’homme. »
- Aujourd’hui ces lignes seraient de trop dans le récit de la pose d’un câble, elles montrent l’intérêt qu’on attachait alors à ces premières conquêtes de la télégraphie sous-marine.
- Ce câble avait encore une particularité très remarquable : c’est que sur près de 5oo kilomètres, il n'avait pas d'armature extérieure et que ce n’était qu’un simple fil recouvert de gutta-percha, ayant pour circonférence 8 millimètres ; les parties extrêmes qui étaient armées, avaient l’une une circonférence extérieure de 44 millimètres et l’autre de 60 millimètres ; cependant ce câbie que l’on n’oserait plus poser aujourd’hui dans de pareilles conditions a parfaitement bien fonctionné pendant 9 mois, il fut encore trouvé en bon état lorsqu’il fut relevé. 11 provenait de la maison R. S. Newall et Ce.
- Quant au câble de Varna à Constantinople, il continua à fonctionner jusqu’en 1861, et ensuite il fut abandonné.
- Le 28 février 1878, pendant la réparation d’un câble qui va actuellement de Constantinople à Odessa, on retrouva l’ancien câble de Varna, on en releva une certaine longueur, laquelle fut, trouvée en parfait état de conservation, armature et
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- gutta-percha. Ce fait est remarquable pour un câble de 24 ans d’existence, et prouve que la mer Noire est propice pour l’existence des câbles.
- Quelque temps après la construction de la ligne de Choumla, le gouvernement ottoman rompit le contrat qu’il avait passé avec les concessionnaires. Ce fut alors que la S. Porte désigna pour directeur général un de ses fonctionnaires, S. Exc. Méhemed-Effendi, qui avant la rupture de la concession, avait déjà été nommé comme intermédiaire entre le gouvernement et les concessionnaires.
- C’est donc à partir de cette époque que l’administration impériale des télégraphes prit réellement naissance.
- Ce fut aussi à cette même époque que la S. Porte créa un conseil télégraphique ayant pour but de vérifier les travaux et les comptes de l’administration, de décider les lignes à construire, etc. Ce conseil supérieur fonctionna pendant cinq ans environ.
- Nous n’entrerons plus dans le détail des années qui suivent, car elles n’ont plus rien de très intéressant, l’administration alla toujours en s’agrandissant et en se perfectionnant.
- La fusion des administrations postale et télégraphique eut lieu en 1871 sous la direction de S. E. Ahmet-Bey.
- Nous donnerons, pour terminer, quelques renseignements sur l’état actuel de l’administration et sur les importants progrès qui ont été réalisés dans ces trois dernières années par son directeur général actuel, S. Exc. Izzet-Effendi.
- Nous citerons seulement les plus importants, en tête duquel il faut placer la création d’une fabrique pour la construction et la réparation de tous les instruments employés dans l’administration. Cette fabrique est dirigée par un sous-chef du bureau technique et ne renferme que des ouvriers indigènes. qui tous luttent de zèle et d’énergie pour arriver à assurer l’existence de cette fabrique nationale, la seule qui existe dans le pays pour ce genre de construction.
- A l’Exposition électrique et internationale de Vienne en i883, ses produits furent remarqués et firent honneur au gouvernement; des modèles spéciaux à l’administration, reçurent l’approbation des spécialistes.
- Nous avons dit plus haut que l’aphabet turc avait été mal composé; en effet, on avait suivi l’ordre alphabétique français en l’appliquant à l’ordre alphabétique turc, ce qui fait que non seulement, les lettres ayant même son ou même valeur n’étaient pas représentées par le même signe Morse, mais, que par un effet de cette combinaison, les lettres turques les plus employées étaient celles qui exigeaient les plus longs signaux.
- Il y avait deux réformes possibles : ou employer l’alphabet le plus rapide pouf la langue turque, et
- dane ce cas, on gagnait 40 0/0 sur la vitesse des transmission, ainsi que je l’ai prouvé dans un travail spécial, mais il fallait deux alphabets, l’international et le turc, et cela empêcherait la fusion projetée des deux services dont nous avons signalé l’existence ; ou employer l'alphabet international en l’appropriant autant que possible à la langue turque; mais comme cette langue diffère beaucoup des autres langues européennes, et.surtout qu’elle emploie des lettres spéciales, il fallait bien étudier la question.
- S. E. Izzet-Effendi combina un alphabet qui résolut la question, tout en permettant d’obtenir une augmentation de 20 0/0 sur les transmissions.
- Il le mit de suite à l’étude, et il fut adopté officiellement après quelques mois dans toute l’administration, et il le sera, sans aucun doute, par tous les pays qui font usage des caractères arabes, par exemple, en Perse et en Egypte.
- On étudie également en ce moment une modification de l’appareil Hughes qui permettra de leur faire aussi reproduire des caractères turcs.
- Depuis quelque temps des lignes à grande communication ont été établies; aujourd’hui, par exemple, Fera est en communication permanente avec Rome, et l’expérience a prouvé que Constantinogle pouvait travailler directement avec Paris, même par l’appareil Hughes.
- Les taxes de l’intérieur ont été de beaucoup diminuées et simplifiées.
- Un cours spécial d’électricité est fait dans une école du gouvernement; ce cours dure deux ans et a pour but de former des employés supérieurs pour l’administration. L’an dernier, quatre des élèves de cette école ont été envoyés à Paris, et M. Cochery a bien voulu les admettre à l’Ecole supérieure de télégraphie, où ils ont subi, à la fin de l’année, des examens dont le résultat a été brillant. C’est l'administration qui pourvoit à leurs dépenses.
- Dans toutes les grandes stations, toutes les lignes sont régulièrement essayées à l’aide des meilleures méthodes reconnues, et ont permis d’améliorer beaucoup l’état des lignes.
- Enfin, dernièrement, la direction des télégraphes a été autorisée à employer l’heure moyenne du méridien de Constantinople dans tous ses bureaux internationaux et intérieurs. Pour qui connaît le pays, c’est un grand pas de fait, car tous les bureaux de l’intérieur non livrés au service international, se servaient, comme du reste le font encore toutes les autres administrations, de l’heure dite à la turque, laquelle présente de nombreux inconvénients, car elle varie non seulement avec la longitude du lieu, mais aussi avec sa latitude; les jours se comptent de la manière suivante :
- Au coucher du soleil, on compte 12, jusqu’au
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- lendemain, la journée étant aussi divisée en 24 heures. Mais vu l'irrégularité du moment du coucher, on voit de combien une bonne horloge peut varier d’un jour à l’autre. En effet, pour Constantinople, pendant l’été, on compte 12 heures à la turque. A environ 7 h. 24 du soir, et pendant l’hiver, c’est à 4 h. 18; il y a donc une variation d’environ 3 heures par an.
- Nous terminerons ce court exposé des récentes améliorations introduites récemment par un résumé statistique de la situation actuelle.
- Du 1** janvier 1882 au 3i décembre 1882.
- Développement des lignes en kilomètres . . . 23388
- — fils — 41688
- Bureaux à service international et intérieur . 104
- — intérieur seulement...... 35g
- — international seulement . . 1
- Appareils Morse en service................. 1185
- — Hughes......................................... 7
- — Duplex......................................... 2
- Nombre des employés.............................. 1629
- — subalternes............................... 1602
- Télégrammes officiels intérieurs............... 971982
- — privés — 1046662
- — internationaux..................... 294544
- Recettes intérieures en piastres (>). . . . . . . 29569072
- — internationales........................ 9654340
- Dépenses, budget extraordinaire, piastres . . 4676544
- — — ordinaire...................... 17590662
- Nous donnerons enfin les détails de l’alphabet télégraphique signalé plus haut.
- L’alphabet télégraphique Morse est formé, comme on le sait, de points et de barres combinés de manière à présenter toutes les lettres en usage.
- Il y a beaucoup de manières de former ces combinaisons, non seulement pour la télégraphie électrique, mais aussi pour une foule de télégraphies spéciales, optiques ou acoustiques, etc., et l’invention de cet alphabet permet de créer une foule de moyens pour correspondre à distance.
- Avec un seul signe on peut obtenir deux signaux
- — deux
- — trois
- — quatre
- — cinq
- — six
- Ainsi donc, sans employer plus de six signes combinés entre eux, on peut former 126 signaux.
- C’est plus qu’il n’en faut pour les lettres de tous les alphabets, les chiffres, les signes de ponctuation et les signaux de convention.
- Les signaux Morse, étant formés de points et de traits, exigent des temps différents pour leur transmission.
- On a reconnu que les signaux Morse formés de points et de barres, pour être bien distincts, doi-
- (<) La piastre vaut o fr. 32.
- vent avoir des longueurs relatives, réglées d’après les principes suivants, lesquels ont été admis officiellement par toutes les conventions télégraphiques internationales.
- Un point doit avoir une unité d’espace ou de durée. Une barre doit avoir trois unités d’espace.
- Entre les signes d’une même lettre, il doit y avoir une unité d’espace.
- Entre les lettres d’un même mot trois unités d’espace. Entre deux mots cinq unités.
- Parmi les signaux employés on en trouve :
- 1 signal qui exige 1 unité de temps
- 2 — 3 —
- 3 — 5 —
- 5 _ 7
- 8 - 9 -
- i3 — 11 —
- Pour arriver à composer les alphabets permettant les transmissions les plus rapides, il faut tenir compte des lettres qui se reproduisent le plus souvent dans la langue dont on se sert, et donner à ces lettres les signaux les plus simples.
- Par exemple, pour la langue française, on obtient le classement suivant :
- e, r, n, a, s. i, t, u, o, l, d, c, p, m, à, r,
- g, h, f, 3. b, x, y, z, j, k.
- Par conséquent, si la transmission doit se faire, par exemple, électriquement, à l’aide de points et de barres, on devra prendre pour signal de e un point dont la durée est d’une unité et pour signaux de r, n, etc., ceux de trois unités, pour les trois lettres suivantes, ceux de 5 unités, etc.
- L’alphabet ainsi obtenu diffère notablement de celui actuellement employé.
- Par conséquent, pour arriver à obtenir la plus grande vitesse possible de transmission, il faudrait un alphabet spécial pour chaque langue, mais alors les communications internationales entre les pays ayant des alphabets différents seraient devenues excessivement difficiles, car il aurait fallu que les employés se servissent de plusieurs alphabets spéciaux, suivant les pays avec lesquels ils auraient été en correspondance, ce qui aurait amené une confusion, des erreurs innombrables et de grandes difficultés pour former le personnel télégraphique, à moins d’avoir un personnel spécial pour chaque langue, comme cela a malheureusement lieu chez nous en partie, où il existe aujourd’hui deux personnels distincts, à cause de l’emploi de deux alphabets très différents, un pour le service international et l’autre pour le service en langue turque.
- Pour éviter ces nombreux inconvénients, toutes les administrations ont adopté un alphabet Morse commun, fait de manière à ce que les lettres les plus usuelles dans toutes les langues européennes soient représentées par les plus petits signaux. De
- quatre
- huit
- seize
- trente-deux
- soixante-quatre.
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- sorte que chaque pays n’a pas l’alphabet le plus rapide, mais un qui s’en approche suffisamment et qui a l’avantage d’être commun à toutes les administrations télégraphiques.
- Examinons maintenant la composition de l’alphabet Morse ottoman.
- Pour être bien conçu, il devrait être ou analogue à l'alphabet universel, tout autant que les lettres turques le permettent, ou au moins choisi parmi les plus rapides ; mais malheureusement il n’en est rien, il se trouve au contraire être un des plus mauvais qu’on aurait pu choisir, parce que les lettres les plus employées sont celles qui exigent le plus de temps pour leur transmission.
- Ainsi, si avec l’alphabet ottoman on écrit le mot Emile, un employé du service français lit Achuz.
- Si on cherche à faire un alphabet tel que les lettres turques les plus employées soient reproduites par les plus petits signaux, on gagne énormément dans la vitesse des transmissions.
- Ainsi, par exemple, le mot Emile exige dans l’alphabet actuel 5i unités de temps, tandis qu’avec l’alphabet le plus rapide, pour la langue turque, il n’en faudrait que 27 ou environ la moitié.
- Pour mieux juger de la différence, nous avons fait transcrire une page entière de turc avec l’ancien alphabet et avec le plus rapide, et nous avons ensuite calculé les unités pour chaque cas et nous avons trouvé :
- i° Avec l’ancien alphabet pour une page de 140 mots, il fallait 10 192 unités ;
- 20 Avec le plus rapide, pour le même texte, il n’a fallu que 7090 unités.
- L’alphabet en usage est donc défectueux, car il ne réunit aucune qualité essentielle pour constituer un alphabet télégraphique; il n’est ni conforme à l’alphabet international, ni au génie de la langue turque.
- En taisant le calcul à l’aide des chiffres ci-dessus, on trouve que dans une heure, si avec l’ancien alphabet on peut transmettre z5 dépêches, on transmettrait avec la même vitesse 3o dépêches à l’aide de l’alphabet ci-dessus indiqué : c’est donc une augmentation d’environ 40 0/0 dans la vitesse des transmissions.
- Donc par l’emploi de l’alphabet en usage, l’administration perd beaucoup dans la vitesse des transmissions. Il est par conséquent de haute nécessité de le reformer, et pour cela il n’y a que deux manières :
- i° Ou adopter un alphabet rapide analogue à celui présenté ci-dessus, et qui augmentera la vitesse des transmissions de 40 0/0;
- 20 Ou adopter l’alphabet international, en l’appropriant autant que possible à la langue turque.
- Nous croyons qu’il n’y a pas à hésiter et qu’il
- faut adopter l'alphabet international, d’autant plus qu’avec son adoption on gagne encore dans la vitesse des transmissions.
- Mais comme la langue turque diffère beaucoup des autres langues européennes, et surtout qu’elle emploie des lettres spéciales, il faut bien étudier la question.
- Son Exc. Izzet-Effendi, actuellement directeur général de l’Administration, à la sfiite des inconvénients qu’il avait été à même de remarquer en parcourant tous les grades de la hiérarchie télégraphique, avait compris depuis longtemps l’importance de cette réforme et il avait combiné, il y a déjà quelques années, un alphabet qui paraît résoudre parfaitement la question et qu’il faut adopter, si l’on veut que l’administration bénéficie des avantages de cette réforme.
- Si à l’aide de cet alphabet nous transcrivons en signaux les 140 mots qui nous ont servi pourcom paraison des autres alphabets, nous trouvons qu’il faut 83i7 unités, ou, ce qui revient au même, que dans une heure, au lieu de transmettre 25 dépêches, on pourrait en transmettre 3oavec la même vitesse à l’aide du nouvel alphabet d’Izzet-Effendi ; c’est donc une augmentation de 20 0/0.
- Ainsi, en même temps qu’on a l’avantage de posséder l’alphabet international, on gagne encore en vitesse de transmission.
- Par suite, on a une économie de temps et d’argent, car c’est ici que s'applique admirablement le proverbe anglais : « Time is money ».
- On gagne encore dans la simplification du service et par suite dans la possibilité de l’unification du service; on pourrait ainsi arriver à n’avoir plus, comme les autres pays, qu’un seul personnel, lequel pourra recevoir et transmettre dans toutes les langues, surtout si les employés du service intérieur étudient un peu le français, et si ceux du service international s’occupent un peu de la langue turque. On pourrait alors, dans un avenir peu éloigné, ouvrir toutes les stations intérieures au service international sans augmenter le personnel, ce qui procurerait des recettes inespérées jusqu'à ce jour.
- En effet, à l’aide de l’alphabet de S. Exc. Izzet-Effendi, un employé du service international pourra lire ce qui sera transmis par un employé du service intérieur, et réciproquement et l’on n’entendra plus dire dans les bureaux : « Appelez turc, appelez français, » etc.
- Toutes les administrations étrangères s’ingénient de toutes les manières possibles pour augmenter à grands frais la vitesse des transmissions, soit en perfectionnant les lignes ou les appareils ; l’administration ottomane peut sans renoncer au bénéfice des nouvelles inventions, augmenter d’un seul coup la vitesse des transmissions intérieures de 20 0/0, tout en retirant de grands profits.
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- Espérons donc que sous peu, l’adoption de ce nouvel alphabet sera officielle et que tous les employés prêteront leur concours à S. Exc. Izzet-Effendi pour lui faciliter la tâche qu’il a entreprise, d’autant plus qu’eux-mêmes y trouveront moins de fatigue dans leur service.
- Nous apprenons que l’adoption de cet alphabet vient d’être décidée; il a été envoyé dans toutes les stations de l’Empire, ainsi qu’en Egypte et en Perse. On espère s’en servir au commencement du mois d’octobre.
- La télégraphie en Orient sera alors redevable à S. Exc. Izzet-Eflendi d’un perfectionnement très important.
- Emile Lacoine.
- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de fer métropolitain de Paris
- Deuxième article (Voir le numéro dn 3 janvier i885)
- On pourrait joindre l’emploi d’un câble d’adhérence à n’importe quel système de locomoteur. Mais ce système, qui doit donner d’excellents résultats en alignement droit, doit devenir défectueux lorsque l’on rencontre des courbes prononcées, et c’est là la conclusion générale qu’on doit porter sur l’emploi des câbles.
- 6® Système atmosphérique. — Ce système a été l’objet d’applications en grand très prolongées, notamment à Dalkey, en Irlande, puis sur la ligne de Saint-Germain. Voici quel était son principe :
- Un tube en fonte est établi suivant l’axe de la voie. Il reçoit un piston fixé au premier véhicule du train par une barre de connexion qui glisse dans une rainure continue, ménagée suivant la génératrice supérieure du tube. Une bande de cuir, continue aussi, recouvre cette rainure. Le piston, porté par.une longue tige horizontale, est placé en avant de la barre de connexion. Si, dès lors, une machine aspirante fait le vide devant le piston, celui-ci est sollicité par l’excès de la pression atmosphérique sur la pression intérieure entretenue par la machine d’épui3emen{.
- Ce système, d’une installation extrêmement coû-
- / /
- teuse, avait un vice radical : l’énormité des fuites par la soupape longitudinale. Cela rendait son rendement des plus faibles. L’expérience qui en a été faite semble l’avoir condamné à tout jamais, et nous ne l’aurions rappelé ^que pour mémoire, si la question n’avait pas été ressuscitée en quelque sorte dans ces derniers temps.
- Il est un moyen bien simple de supprimer les fuites qui proviennent de la soupape, c’est de supprimer la soupape; mais alors il faut amplifier le tube de façon qu’il reçoive, non plus un piston, mais le train lui-même formant piston.
- Ce système a été appliqué en petit pour le transport des dépêches. A Londres, on s’en sert pour la distribution des petits paquets dans la ville, et quelques ingénieurs pensent que c’est le système de locomotion de l’avenir. Certainement, les frais de premier établissement seraient énormes, mais seraient compensés par les très grandes vitesses qu’ils permettraient de réaliser, et cela en toute sécurité.
- I. — Adhérence électromagnétique. — * L’idée « d’utiliser l’aimantation par les courants, dit « M. Couche, s’est présentée il y a longtemps.
- « Elle est .en effet séduisante.
- « On obtiendrait, grâce à elle, l’équivalent d’un « accroissement de charge, sans en avoir les in-« convénients, sans augmenter la flexion des rails. « Il y a une vingtaine d’années que M. Niklès et « MM. Cassai et Amberger ont fait à Paris quel-« ques essais en ce sens. L’aimantation de la roue « était produite par une bobine de forme allongée « emboîtant sa partie inférieure et placée aussi « près que possible du rail. Cette position de la « bobine ne présentait pas de dangers; il suffisait « de la faire assez peu résistante pour que sa chute « ne produisît pas de déraillement. Ce qui a dé-« tourné les ingénieurs de chemins de fer de s’in-« téresser à cette expérience, c’est que le succès, « sans être indifférent, serait acheté par trop de « complications. L’adhérence suffisant dans les « conditions ordinaires d’état des rails et de vitesse, « et le sable atténuant de la manière la plus simple « ces insuffisances accidentelles, on ne pourrait « songer à empêtrer la machine, déjà assez com-« pliquée, de tout un attirail de physique : pile, « bobine, inducteur, etc.
- « C’est seulement pour les machines ayant besoin « de beaucoup d’adhérence et se prêtant mal à « l’accouplement des roues, que cet expédient « pourrait recevoir son application, et alors, en « cas de succès bien constaté, il pourrait, dans « certains cas, réagir favorablement sur le tracé * lui-même. Mais on n’en est pas là. En général, on « aurait à s’occuper sérieusement de cette applica-« tion que si l’on réussissait à faire des machines < beaucoup plus légères, à égalité de puissance,
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- « que les machines actuelles. Or, s’il y a un pro- | « grès que l’on puisse entrevoir, ce n’est assuré-« ment pas celui-là; d’ailleurs, les expériences 1
- * faites sous nos yeux dans les ateliers du chemin |
- * de fer de Lyon, à Paris, ont donné des résultats 1 « complètement négatifs. L’attraction, déjà faible , « dans l’état d’immobilité de la roue, influencée ce-
- « pendant par le courant d’une pile puissante, dé-« croissait rapidement quand la roue tournait, et
- * devenait presque nulle à la vitesse de rotation
- « normale. I
- « Peut-être la force coercitive du fer, trop im* « pur, ne permettait-elle pas aux pôles de l’aimant « temporaire de conserver une position constanté « dans l’espace, indépendante de la rotation de là « roue.
- « Il paraît qu’on aurait été plus heureux dans « des expériences entreprises aux Etats-Unis, sur « le chemin de fer de New-Jersey. La machine « étant attelée à un point fixe, on élevait la pres-« sion dans la chaudière jusqu’à ce'que le patinage « eût lieu : i° la batterie ne fonctionnant pas
- FIO. l3. — TRAMWAYS A CABLE I)E S AN-FRANCI SCO
- « 2° le circuit étant fermé. L’accroissement de la « pression nécessaire donnait la mesure de Tacot croissement d’adhérence obtenue par l'aimantait tion ; il a atteint, dit-on, 40 %. Cependant, ces « essais, qui remontent à l’année 1860, ne parais-« sent pas avoir eu de suite, ce qui permet de « concevoir des doutes sur leur succès. »
- Le peu de résultats de ces expériences était facile à prévoir; en effet lés masses magnétiques étaient beaucoup trop faibles et la rapidité de rotation de la roue ne permettait pas au bandage de s’aimanter, comme le dit M. Couche. D’ailleurs,
- on se servait de piles qui ne pouvaient certainement développer qu’une quantité très faible d’énergie.
- Proposons-nous de déterminer quelles devraient être les dimensions d’un appareil capable de développer une adhérence de 3o tonnes.
- Pour que l’attraction développée soit indépendante de la vitesse de rotation, il faut que les pièces magnétiques soient aimantées une fois pour toutes à la façon des inducteurs des machines dynamo-électriques. On est arrivé à construire ces dernières de telle façon que le couple développé sur l’induit est à peu près indépendant de la vitesse. On n’a qu’à suivre les mêmes principes dans le cas
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- actuel. D’où il résulte que l’électro-aimant doit être cylindrique, et former roue lui-même. Cela revient à substituer à la roue et à l’essieu moteur de la machine, quelle qu’elle soit, un électro-aimant analogue à ceux que M. Achard a employés en dernier lieu dans son frein électrique. Or, un de ces derniers pesant 80 k. et absorbant une énergie de de 3o kgm. par seconde, développait un effort attractif de i 200 k.
- La force attractive d’un électro-aimant de forme déterminée est au moins proportionnelle à son poids, lorsqu’il absorbe une quantité d’énergie également proportionnelle à ce poids; il en résulte que l’effort adhérent de 3o tonnes pourrait être obtenu au moyen de deux électro-aimants cylindriques pesant une tonne chacun et absorbant un travail de 5 chevaux par seconde.
- Cette méthode de raisonnement ne serait rigoureuse que si nous pouvions nous servir d’un électro-aimant géométriquement semblable à celui de 80 k. qui nous a servi de point de départ; mais on
- FIG. 14. — ROUE électromagnétique"
- comprend aisément qu’avec un même poids de fer, un même poids de cuivre et une même quantité d’énergie disponible, on puisse toujours s’arranger de façon à produire un même effort statique (*).
- L’une de ces paires de roues est représentée sur la fîg. 14.
- Sur l’essieu ee' sont calés deux manchons cylindriques supportés par des rondelles de fer j j' et par des rondelles de bronze du côté des roues.
- Les bandages B et B' sont posés eux-mêmes sur ces manchons.
- Ceux-ci sont recouverts de fil et forment des électro-aimants ff reliés magnétiquement par les rondelles//' et par la partie centrale de l’essieu.
- Enfin deux disques en cuivre c et c' recevront des frotteurs qui amèneront le courant.
- Une tonne d’adhérence obtenue magnétiquement ne nous coûte que i/3 de cheval par seconde,
- (*) Les expériences de M. Marcel Deprcz ont démontré que lorsque le fer était loin de la saturation, les efforts croissaient suivant une puissance voisine de la quatrième. Voir à ce sujet un article de M. Sarcia dans LaLtimière Electrique du 18 février 1882.
- et cette dépense est à peu près indépendante du profil et de la vitesse. Pour qu’une tonne d’adhérence due à la gravité ne coûtât pas davantage, il faudrait qu’à la vitesse de 40 km. à l’heure, par exemple, l’inclinaison du profil ne fût pas supérieure à 2m/m27 par m.
- Dans le cas d’une rampe de 20m/m franchie à la même vitesse, l’adhérence magnétique coûtera près de 10 fois moins que l’adhérence due à la gravité.
- Il résulte de ce qui précède que le magnétisme permet de développer d’une manière simple, sans installation spéciale sur la voie, et d’une manière économique, l’adhérence nécessaire, et qu’on peut dire d’une façon générale qu’une tonne d’effort statique coûtera i/3 de cheval, quelles que soient la vitesse de translation du train et l’inclinaison du profil.
- II. — Voici encore un procédé qui nous permettrait , d’obtenir l’adhérence nécessaire, et^qui aurait de plus l’avantage d’être indépendant de tout coefficient de frottement variable avec l’état du rail.
- L’idée première nous en a été fournie par le marteau-pilon électrique. On se souvient que cet appareil se composait d’un solénoïde indéfini formé de tranches parallèles reliées entre elles par un collecteur.
- Au moyen de ce dernier, on pouvait faire entrer le courant dans la nième bobine et le faire sortir de la n-)-p/ième. De cette façon, un cylindre de fer doux introduit dans l’appareil venait prendre une position d’équilibre déterminée dans la région parcourue par le courant. En substituant successivement à la n‘ènie bobine, la (n-f-i)ième (n-(-2)ième, au moyen du collecteur, on pouvait faire déplacer à volonté le cylindre de fer, celui-ci étant toujours sollicité par un effort constant, si l’intensité du courant demeurait constante.
- Or, on pourrait imaginer un tube indéfini muni d’un collecteur développé, lui aussi, parallèlement à l’axe, de telle façon que la touche correspondante à chaque bobine fût située vis-à-vis d’elle, le cylindre de fer portant lui-même un balai à chacune de ses extrémités. Dès lors le noyau de fer pourrait parcourir le tube dans toute sa longueur.
- On conçoit qu’il y a là le principe d’une solution analogue à celle fournie par l’emploi des tubes atmosphériques. Elle serait irréalisable sous cette forme, car on serait conduit à donner au solénoïde un diamètre tel que le cylindre de fer pût être constitué par le train à remorquer lui-même.
- Nous verrons plus tard un exemple de solénoïde modifié, qui permettrait de rendre cette solution pratique, mais elle aurait toujours l’inconvénient d’être très dispendieuse.
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- CONCLUSION AU SUJET DES MOVENS PROPRES A REMEDIER
- au défaut d’adhérence
- Nous arrivons à cette conclusion que pour suppléer au défaut d’adhérence, le moyen le plus simple consiste à adopter comme roues et essieux moteurs, des systèmes cylindriques analogues aux électro-aimants employés en dernier lieu par M. Achard dans son frein électrique. Cette solution se présente d’elle-même si l’on emploie l’électricité comme force motrice. Dans les autres cas, il faudrait munir la locomotive d’une machine spéciale destinée à produire le courant nécessaire. Ce serait là une cause de complication, mais qui nous paraît moins grave que l’installation d’un rail central, d’un câble ou d’une crémaillère. Celle-ci cependant peut présenter des avantages lorsqu’il faut obtenir à tout prix des efforts très considérables.
- DEUXIÈME PARTIE ÉTUDE DES PROCÉDÉS DE TRACTION
- Le point d’appui étant trouvé, reste la question capitale du moteur.
- La traction directe par câble et l’emploi de l’air comprimé ou raréfié étant mise de côté, il ne nous reste plus à examiner que :
- i° La locomotive à vapeur ordinaire;
- 2° La locomotive sans foyer, ou accumulateur à eau chaude;
- 3° La locomotive à air comprimé ;
- 4° L’emploi des accumulateurs électriques^
- 5° La transmission du travail par câble télo-dynamique;
- 6° La transmission du travail par l’électricité.
- i° Locomotives à vapeur ordinaires.
- Ce qui distingue surtout la locomotive des autres machines à vapeur, c’est l’énorme production de sa chaudière, et celle-ci doit être attribuée à l’énergie du tirage déterminé par l’échappement. Grâce à lui, on a pu brûler dans ces machines des combustibles de qualité très inférieure, sans affecter leur puissance.
- Les plus hautes cheminées ne produisent guère au-dessus de la grille une dépression supérieure à 3 cent, d’eau, et si l’on demandait à un ventilateur à force centrifuge une pression supérieure à 5 ou 6 cent., il faudrait le faire tourner à des vitesses dangereuses. Quant aux insufflateurs sous grille, ils ne permettent pas de dépasser une pression supérieure à 4 ou 5 cent., car il faudrait dépenser trop de vapeur et celle-ci éteindrait le feu.
- Le vide déterminé*dans la boîte à fumée d’une locomotive par l’échappement est fonction du poids de vapeur débité pendant l’unité de temps, et de l’étranglement de l’orifice du tuyau d’échappement. Il résulte d’expériences récentes faites sur des types de machines variés, que la pratique a conduit les constructeurs à donner à cet orifice des dimensions telles que, lorsque la machine fonctionne dans ses conditions normales, la dépression produite dans la boîte à fumée est de 4 cent, d’eau. Alors, la contrepression dans les cylindres est à peine appréciable et n’atteint pas
- To de kil°S-
- Le plus souvent la section de l’orifice d’échappement est variable, et le mécanisme peut serrer son échappement à volonté. On a constaté de même que sur la plupart des machines on peut à l’aide de cet artifice déterminer une dépression de 12 cent, d’eau dans la boîte à fumée. Mais alors la contre-pression dans les cylindres atteint près de 1 kilog.
- D’un autre côté, on a songé, surtout avec les machines à grande vitesse, à profiter de la rapidité de la translation pour déterminer une pression sous la grille. On a muni pour cela le dessous du foyer d’une boîte en tôle dite cendrier seulement ouverte à l’avant. L’air vient s’y engouffrer, et à la vitesse de 80 kilomètres à l’heure, y détermine une pression constante de 3 cent, d’eau.
- Il résulte de ce qui précède que le mécanicien d’une machine à grande vitesse peut disposer d’une dépression totale de i5 cent, d’eau. C’est une grande ressource dans les cas difficiles, surtout lorsque l’on a déjà effectué un long parcours, que le combustible était sale et que la grille se trouve obstruée par le mâchefer. Mais on ne saurait en user d’une manière courante; en effet, si le combustible était en menus morceaux, il serait entraîné par le courant d’air ; s’il était en gros blocs, il se développerait à travers les interstices des dards de flammes dangereux pour les parois du foyer.
- En général sur toutes les machines qui consomment de la gailletterie ou des agglomérés, la pression résultante déterminée par le mécanicien ne dépasse guère 7 cent, d’eau.
- Or dans ces conditions, on arrive à brûler, sans production de fumée,' jusqu’à 4 kil. de charbon par heure et par décimètre carré de surface de grille dans les foyers ordinaires.
- On a pu aller plus loin en transformant le foyer en véritable gazogène. Pour cela, on dispose dans le foyer un bouilleur qui force les gaz à revenir vers l’arrière où se trouve disposée une rainure transversale par laquelle pénètre une lame d’air. On augmente la hauteur de charbon sur la grille, sans forcer le tirage. Dès lors la combustion est I incomplète, mais les gaz produits sont brûlés dans
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- la partie supérieure du foyer par la lame d’air qui pénètre par l’arrière, en même temps qu’ils sont brassés par les remous que détermine la présence du bouilleur. De cette façon on peut bien brûler iusqu’à 5 k. par heure et par décimètre carré de surface de grille.
- Ge genre de foyer a été imaginé par M. Tem-brinck, ingénieur aux chemins de fer de l’Est français. Il a été adopté d’une manière générale par les Anglais; mais ceux-ci ont remplacé le bouilleur par une voûte en briques réfractaires. Elle présente bien des avantages qui tiennent à la grande quantité de chaleur que peuvent emmagasiner les briques portées à une très haute température et au rayonnement intense qu’elles déterminent.
- En Amérique, M. Wootten a réalisé dans sa machine à anthracite une autre disposition qui fournit à peu près les mêmes résultats que la précédente; le foyer très long est divisé en deux parties par un autel vertical qui force l’ensemble des gaz combustibles ou comburants qui se dégagent du foyer à traverser un passage étroit. Ils sont ainsi mélangés entre eux, et une combustion supplémentaire a lieu dans la deuxième partie du foyer. Cette disposition a été adoptée dans les bateaux torpilleurs.
- En même temps qu’on perfectionnait le moyen de brûler le combustible ordinaire, on s’efforçait d’arriver à brûler directement le poussier de charbon sans être obligé de l’agglomérer en briquette comme on l’avait fait jusque là. C’est à quoi l’on est arrivé en Belgique et sur l’Est français. Mais bien que le combustible fût mouillé avant d’être chargé, il y avait à craindre qu’il ne fût enlevé par le courant d’air, il fallait donc réduire considérablement l’activité du tirage et l’abaisser même au-dessous de celle qui est usitée dans les machines fixes. On a supprimé le tirage naturel déterminé par la forme du cendrier. En le fermant à l’avant et l’ouvrant à l’arrière, de telle façon que la vitesse de translation du train tendit à faire une dépression sous la grille. Pour que la production ne s’en ressentît pas, il fallut diminuer beaucoup les résistances au passage de l’air, c’est-à-dire ne charger le combustible que sous une couche très mince. Mais alors, il fallait le renouveler d’une manière presque continue : c’était là, il est vrai, une bonne condition pour la régularité de la combustion, mais en même temps une grande sujétion pour les chauffeurs. On y obvia en augmentant beaucoup la surface de grille, et par suite les dimensions du foyer, ce qui revenait à diminuer la rapidité de la combustion par unité de surface. Dans ces conditions l’on peut encore bien brûler 2 k. 5 de charbon par heure et par décimètre carré de grille.
- Tels sont les principaux progrès réalisés sur les locomotives dans ces dernières années ; on voit que le but qu’oà se proposait était de brûler le
- mieux possible le plus de charbon possible sur une grille de surface déterminée.
- Voyons maintenant quels ont été les résultats obtenus.
- L’expérience a démontré que lorsque le combustible était bien brûlé, c’est-à-dire lorsque l’on ne dépassait pas les limites que nous avons fixées pour les différents types de foyers, la vapeur étant émise à la pression de 10 k., ce qui est le timbre normalement adopté aujourd’hui, l’on pouvait produire jusqu’à 8 k. 5 de vapeur par kilog. de charbon lorsque la production de vapeur par mètre carré de surface de chauffe ne dépassait pas 42 k. par heure. La surface de grille étant assez grande pour que le combustible soit toujours bien brûlé, on peut forcer la production de vapeur jusqu’à 60 k. par heure et par mètre carré de surface de chauffe, mais alors on ne développe plus que 6 k. de vapeur par kilog. de charbon, et le rendement de la chaudière qui était d’environ 85 0/0 dans le premier cas, s’abaisse à 60 0/0. Entre ces deux limites, on peut le considérer comme proportionnel au poids de vapeur produit.
- D’autre part, on a reconnu que le rendement du cycle réalisé par la vapeur dans les cylindres d’une locomotive, c’est-à-dire le rapport du travail indiqué au travail qu’aurait pu fournir une machine parfaite fonctionnant entre les mêmes limites de température, était de 66 0/0. On en conclut facilement que pour développer un cheval dans les cylindres, il faut dépenser 9 k. 08 de vapeur par heure.
- Quant au rendement du mécanisme proprement dit, c’est-à-dire le rapport du travail disponible à la jante des roues motrices au travail développé dans les cylindres, il est toujours élevé et s’abaisse rarement au-dessous de 80 0/0.
- Les principes généraux que l’on doit suivre dans la construction des locomotives et qui ont été généralement appliqués dans les machines modernes, peuvent donc se résumer comme il suit :
- Soit N le nombre de chevaux-vapeur que cette machine devra pouvoir développer d’une manière continue, la chaudière devra fournir par heure 9,08 N kilos de vapeur.
- Sa surface de chauffe sera par conséquent
- deSbSËN.
- 42
- Le poids de charbon qu’elle devra consommer en une heure sera 9jp|N-, et la surface de grille correspondante :
- 9,o8N
- 8,5X500
- 9.08N
- 8,5X400
- si l’on munit le foyer d’une voûte en briques ou d’un bouilleur Tembrinck. si l’on emploie un foyer ordinaire. (Le combustible étant dans ce cas comme
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- dans le précédent, de la gailletterie ou des agglomérés.)
- 8~ii>^5o *'on veut *->r^er des menus dans un foyer ordinaire.
- On peut se proposer de rendre la machine moins lourde en lui demandant une plus grande production de vapeur par w2 de surface de chauffe, soit 5o k. à l'heure, par exemple. Mais alors on ne développe plus que 7 k. 4 de vapeur par kilog. de charbon brûlé. La surface de grille devra être augmentée, et deviendrait dans les cas examinés ci-dessus :
- 9,o8xN 9.08 xN 9.08 xN
- 7,4X503’ 7,4X400’ 7,4X250'
- On trouvera dans le tableau suivant la valeur qu’on doit admettre pour le rapport entre la surface de chauffe et la surface de grille, suivant qu’on veut employer tel ou tel système de foyer ou qu’on veut plus ou moins bien utiliser le combustible.
- POIDS d'eau vaporisé par kilogr. de charbon RENDE- MENT correspondant de la chaudière rXppor entre la su et la Foyer Tem- brinck ou à voûte r DEVANT rfacc de cha eurfaee de Foyer ordinaire EXISTER uffe totale grille Foyer pour combus- tibles menus PRODUCTION normale de la chaudière par heure et par mètre cube de surface de chauffe totale
- 6k 60 0/0 5o 40 25 60k
- 6 5 65 58 46 29 56 5
- 7 70 66 5 2 33 53
- 7 5 75 75 60 37 94
- 8 80 86 69 43 46
- 8 5 85 100 80 5o 42
- Il nous paraît intéressant de rapprocher de ce tableau le suivant, qui donne les valeurs des sur-
- DESIGNATION DE LA MACHINE NATURE DU FOYER SURFACE de chauffe totale S SURFACE de grille RAPPORT de ccs deux surfaces POIDS de la machine en pression VALEUR de l’expression o,33 S
- Est pour menus 114 2m385 43 39 tonnes 37,6
- Machines Etat à voûte intérieure 125 i 33 93 34 - 41,2
- à grande Midi ordinaire 108 1 75 62 37,5 - 35,6
- vitesse à deux Nord pour menus 100 2 3io 43 42 — 33
- essieux Orléans Tembrinck 146 O O O 9i 42,5 — 48
- couplés Ouest ordinaire 108 1 75 62 37.4 — 35,6
- P.-L.-M » 143 2 24 64 48 - 47.2
- Ordinaire de Weebb à voûte intérieure IOI 1 59 63 33,3 — 33,3
- Express de Stroudlev )> 140 1 95 7i 38,7 - 46,2
- faces de grille et de chauffe d’un certain nombre de machines.
- Il résulte de l’examen de la dernière colonne du tableau ci dessus que le poids d’une locomotive est sensiblement proportionnel à sa surface de chauffe et peut être exprimé en tonnes en multipliant par 0,33 le nombre qui mesure sa surface de chauffe totale en mètres carrés. On ne peut, bien entendu, arriver ainsi qu’à une approximation assez grossière, surtout à c^use des divers organes accessoires dont une machine peut être munie ou non.
- Cela revient à dire que le poids d’une locomo-
- tive est proportionnel à sa puissance, toutes choses égales d’ailleurs. Il sera de :
- 53k par cheval disponible, à la jante des roues motrices si la
- chaudière rend 60 °/0
- £9 — — 65
- 63 — — 70
- 67 — — 75
- 73 — — 80
- 80 — — 85
- si l’on ne tient pas compte du travail absorbé par la remorque du tender, et pendant que ce poids variera de 53 à 80 k., le rendement général du sys-
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- FIG. l5. — LOCOMOTIVE SANS FOYER
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- tème, c’est-à dire le rapport du travail disponible à la jante des roues motrices à celui qu’on aurait pu développer en brûlant le même poids de charbon dans une machine parfaite fonctionnant entre les mêmes limites de température, variera de 3i à 45 %•
- 2° Locomotive sans foyer
- La locomotive sans foyer ou accumulateur à eau chaude présente un grand avantage, qui est de n’introduire aucun organe auxiliaire. On peut considérer en effet la chaudière génératrice comme composée de deux parties, l’une fixe et l’autre mobile, susceptibles d’être raccordées de la manière la plus simple l’une à l’autre. La partie mobile comporte seule un mécanisme de transformation de chaleur en travail.
- Si bien qu’en réalité il n’y a qu’une chaudière et qu’une machine.
- La locomotive sans foyer constitue donc un procédé fort judicieux et dont l’emploi semble au premier abord devoir être très économique.
- On en trouvera un spécimen représenté par les figures i5 et 16. C’est la machine qui fait le service du tramway de Rueil à Marly.
- Elle se compose d’un réservoir en tôle A, rempli d’eau, que l’on met au départ en communication avec un générateur fixe qui le fait traverser par un courant de vapeur à la température de 200° environ.
- La communication s’établit au moyen d’un raccord R, et la vapeur se rend dans un tuyau tt percé d’un grand nombre de trous et installé à la partie inférieure du réservoir. De cette façon, l’eau s’échauffe très rapidement.
- Cette eau surchauffée se transforme ensuite en vapeur à une pression que le mécanicien peut faire varier à son gré par l’emploi d’un régulateur de pression G, dit détendeur, avant de la laisser pénétrer dans les cylindres. Le détendeur puise sa vapeur en haut d’un dôme D, afin d’éviter les entraînements d’eau. A sa sortie des cylindres ce, la vapeur d’échappement, qui n’est pas nécessaire au tirage, est envoyée dans un condenseur à surface M, d’où elle retombe dans une bâche spéciale B.
- Cette locomotive peut être conduite par un seul homme, placé toujours à l’avant dans le sens de la marche, et qui a sous la main, d’un côté ou de l’autre : x° la manivelle du régulateur, qui lui permet de donner accès à la vapeur sortant du réseryoir, dans le détenteur; 20 le volant du détenteur; 3° la manivelle, qui lui sert à régler la pression, et 40 le levier de changement de marche.
- Le seul organe mécanique particulier à ce système est le détendeur. Il se compose essentiellement d’une double soupape, solidaire d’un piston, assez long pour faire garniture^ relié par
- l’intermédiaire d’une bielle articulée à un levier mobile autour d’un point fixe et sollicité à son autre extrémité par un ressort. Lorsque la vapeur pénètre autour des soupapes, maintenues soulevées par la tension du ressort, elle exerce sa pression sur le piston qu’elle oblige à descendre de manière à appliquer les soupapes sur leur siège. La vapeur qui circule autour de ces soupapes a donc une pression bien déterminée, qui ne dépend que des dimensions de l’appareil et de l’effort de poussée exercé par le ressort sur le piston.
- Le mécanicien peut faire varier à volonté cet effort, et, par suite, la pression de la vapeur d’admission entre de certaines limites au moyen de manivelles disposées à chaque bout de la machine.
- On voit que c’est un appareil simple et qui paraît susceptible de donner de bons résultats. Mais avant de nous prononcer définitivement, il nous faut savoir quelle est la quantité d’énergie qu’on peut emporter sous un volume et un poids déterminés. Ceci nous conduit à examiner la théorie de cette machine.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre.)
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- 2e article. (Voir le numéro du 3 janvier i885)
- Lois des longueurs. — Avec la pile hydro-électrique, on trouve :
- i i' _ 2"
- 1 1 1
- ’ / -j- X V -f- X —J— X
- L’expérience doit fournir pour X une valeur constante. C’est la résistance de la pile.
- Lois des sections. — On prend à cet effet 4 fils de même section et de même longueur. En prenant successivement 1, 2, 3 et 4 fils, on doit trouver avec la pile hydro-électrique :
- i _ i' _ i" _ i"
- i- 1 — i ~ i
- Cette équation montre que les longueurs /, ii et ^des fils interposés sont inversement proportion-
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- Ê7
- nelles aux sections. Avec la pile thermo-électrique, ce résultat se vérifie directement, car l’intensité du courant est proportionnelle au nombre des fils, et par conséquent à la section du conducteur interposé.
- Chute de potentiel dans un conducteur linéaire. — Avec un électromètre on constate que, le long d’un conducteur linéaire, la chute de potentiel est proportionnelle à la longueur. Pour vérifier cette loi, il suffit de mettre les deux paires de secteurs en relation avec deux points du circuit. On verra que la déviation est proportionnelle à la distance des deux points de contact, conformément à la loi.
- 19 Mesures des résistances par le pont de Wheatstone. — Pour de faibles résistances on emploie le pont dans la forme d’une règle à curseur :
- A
- l/TM'
- H
- V—<Sr-:—'
- FIG. II
- la résistance du fil est d’environ 1/2 ohm. Pour se défaire de l’erreur provenant du défaut d’ho-
- FÏG. 13
- mogénéité du fil, on fait deux déterminations en intervertissant les résistances à mesurer.
- Fl 13
- On se sert spécialement de ce pont pour comparer entre elles les différentes unités, qui ont eu
- nécessairement cours depuis la fondation du laboratoire, unités de Pouillet, de Digney de Siemens et l’Ohm.
- Une résistance de mercure, calibrée, sert à comparer ces unités directement avec unerési-stance déterminée de mercure. Il est facile de disposer d’un galvanomètre qui donne une indication pour le plus petit déplacement du curseur, soit un millimètre. L’approximation obtenue dans ce cas est d’un millième. L’inconvénient de ce pont, c’est qu’avec cette disposition on ne peut mesurer des résistances que dans une échelle peu étendue de 0,1 à 10 ohms. En dehors de ces limites les indications cessent d’être précises.
- Boite à pont. — Une autre forme du pont de Wheatstone est celle adoptée parl’association britannique. La règle est remplacée par 3 paires de bobines [de 10100 et 1000 ohms et les 3 résistances par une boîte continue de 1 à 10000 ohms.
- Cette disposition permet de mesurer des résistances dans une échelle fort étendue de 0,01 à 1000 000 ohms. Cependant il convient de resserrer ces limites de 1 à 10 000 ohms si l’on désire avoir le degré d’exactitude que comporte l’appareil.
- Il est essentiel de se servir d’un galvanomètre très sensible, un galvanomètre Thomson, à aiguilles astatiques par exemple, car on est obligé de n’employer qu’une faible intensité de courant (un élément Daniell) pour éviter toute augmentation de température.
- La boîte ainsi disposée possède une sensibilité comparable à celle de la balance ;on arrive à mesurer des résistances à —— et même —1— de leur
- lOOOO IOOOOO
- valeur. Pour obtenir ce dernier résultat, on note le déplacement de l’image sur l’échelle produite par 1 ohm dans la boîte de résistance et on fait l’interpolation de la manière ordinaire.
- Le pont disposé dans cette forme est d’un usage très commode et très universel. On peut par un simple changement des fils d’attache s’en servir dans un grand nombre de mesures électriques, comme pour la mesure de la résistance d’un galvanomètre, méthode de la demi-déviation et celle de Thomson ; inesure de la résistance intérieure des piles, méthode de Thomson et celle de Mance; mesure de la force électromotrice des piles, méthodes de Poggendorf, de Bosscha.
- 20 Mesures des conductibilités électriques. — Pour comparer entre elles les conductibilités des différents métaux et de leurs alliages, on peut employer le pont précédemment décrit, mais comme les résistances à comparer sont toujours très petites, il est difficile d’obtenir des résultats satis-
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- faisants à moins que les fils ne soient très fins ou très longs. La disposition du pont double, imaginée par M. Thomson permet au contraire de mesurer et de comparer les conductibilités des barres
- FIG. I4
- métalliques dont la résistance totale n’atteint pas un millième d’ohm ; comme par exemple les barres
- FIG. l5
- dont on se sert pour l’étude de la conductibilité calorifique dans l’appareil d’Ingenhouz. On sait que
- FIG. 16
- dans cette disposition, le résultat est indépendant des contacts. Les figures ci-jointes indiquent les arrangements adoptés pour le pont double.
- 21 Mesure des résistances par la méthode des substitutions. — On dispose une pile bien constante, la résistance à mesurer et le galvanomètre (shunté au besoin) dans le même circuit. Un commutateur permet de remplacer, par un simple abaissement de clef, la résistance inconnue par une boîte de résistances graduées. On peut ainsi substituer instantanément l’une des résistances à l’autre et en alternant la lecture du (galvanomètre,
- on arrive, lorsque la pile est bien constante, à de bons résultats. Cette méthode d’une sensibilité
- FIG. 17
- suffisante peut être employée avec avantage dans certains cas particuliers.
- 22. Mesure d'une grande résistance. Résistance d'isolement d'un diélectrique. — Lorsque la résistance à mesurer est trop considérable pour qu’on puisse employer le pont de Wheatstone, on
- \ Unir.
- I Slnmi
- FIG. 28
- forme un circuit direct avec une pile de n éléments, un galvanomètre très sensible à long fil et la résistance en question. On observe une déviation 8, puis on cherche à obtenir la même déviation par l’emploi d’un seul élément, d’une résistance déterminée (10000 ohms par exemple), et on emploie
- le shunt au— à — • On en déduit facilement laré-
- 99 999
- sistance cherchée. Elle est donnée en fonction de la résistance du galvanomètre qui doit être bien exactement connue. Cette méthode convient à la mesure de la résistance d’un diélectrique, par exemple, l’isolement du câble. A cet effet, on plonge le câble dans l’eau, on laisse un bout isolé et on ferme le circuit par l’autre bout et une lame métallique qui plonge dans l’eau.
- Par perte de charge. — Pour mesurer l’isolement d’un condensateur, on emploie avec avantage la méthode suivante. On observe l’impulsion du galvanomètre due à une décharge immédiate, puis après avoir chargé de nouveau le condensateur, on observe la décharge après n secondes.
- Oh en déduit la résistance d’isolement. Cette
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- méthode suppose connue la capacité du condensateur.
- Par Vélectromètre de M. Lippmann. — On met en circuit la résistance à mesurer, une pile de forte tension et une grande résistance de 10 à 100000 ohms. On mesure les différences de potentiels e e' aux extrémités de la résistance connue et de la résistance inconnue, et l’on a
- r— L100 000 ohms c
- Comme l’électromètre est sensible jusqu’à —1—
- J n jooo:>
- de volt, on arrive facilement à mesurer des résistances de plusieurs megohms.
- 23. Résistance d'un galvanomètre. — Le plus simple et le plus exact est de considérer le galvanomètre comme une résistance ordinaire et de mesurer sa résistance au pont de Wheatstone à l’aide d’un autre galvanomètre. Il faut dans ce cas enlever l’équipage mobile, car sous l’influence du courant l’aiguille serait non seulement projetée violemment, mais l’aimantation pourrait subir de graves variations.
- Voici deux autres méthodes où l’on se sert du galvanomètre lui-même pour trouver sa résistance.
- Méthode de l'égale déviation.—Le galvanomètre est introduit directement dans le circuit d’une pile et d’une résistance r. Pour que la déviation ne soit pas trop considérable et n’endommage pas le galvanomètre, il faut ordinairement mettre une dérivation ou shunt sur la pile. On note la déviation, puis on met un shunt au galvanomètre et on diminue la résistance r jusqu’à r' de manière que la déviation redevienne la même. Soit s la résistance du shunt du galvanomètre, on aura
- Il est bon de commencer par la mesure directe car autrement l’image sort ordinairement de l’échelle et il faut recommencer.
- Cette méthode réussit assez bien avec le galvanomètre de sensibilité et de résistance moyennes, comme la boussole des tangentes, etc.
- Méthode de Thomson. —Elle revient à remplacer dans le pont de Wheatstone, la résistance à mesurer par le galvanomètre, et le galvanomètre par une clef de court circuit.
- On lit la résistance du galvanomètre sur la boîte, comme une résistance ordinaire. Dans ce cas aussi il faut employer un shunt pour la pile, pour ne pas employer un courant trop fort.
- Dans ces deux méthodes l’approximation obte-
- nue est loin d’égâler celle obtenue par la méthode ordinaire du pont. Tandis que, dans le dernier cas, on aura facilement jusqu’à —!—, on ne dépasse
- guère ici que-^. Cela tient à ceque dans les deux
- cas considérés le facteur qui intervient est la sensibilité relative du galvanomètre, c’est-à-dire la variation de déviation correspondant à une variation de courant donnée. Or tant que la méthode de lecture est la même, (c’est-à-dire la même échelle de réflexion, par exemple), et que les déviations sont assez faibles, pour qu’elles soient proportionnelles aux intensités des courants, on trouve que la sensibilité relative est la même pour tous les galvanomètres. Comme il est difficile d’évaluer couramment les déviations avec une approximation qui dépasse-^(il faut surtout tenir compte du
- déplacement du zéro, si nuisible dans les observations), on voit que l’ordre de grandeur de l’erreur
- relative est aussi de —. En outre un galvanomètre 100 _n
- qui dévie beaucoup pour une intensité de courant très faible, ne donnera pas toujours de meilleurs résultats qu’un galvanomètre ordinaire.
- Le seul moyen d’augmenter la sensibilité de cette méthode est de se servir d’un aimant directeur pout ramener l’image sur l’échelle, car dans ce cas une même déviation correspond à un nombre plus grand de divisions et par conséquent l’erreur est bien moindre.
- Pour les galvanomètres très peu résistants, tels qu’on les emploie dans les recherches pour la pile thermoélectrique de Melloni, on est obligé d’employer une pile très faible avec un shunt très énergique (moins d’un centième d’ohm), pour que l’image ne sorte pas de l’échelle,
- CONSTANTES DES PILES
- 24. Résistance intérieure. — Méthode de M. Mouton. — On introduit dans le circuit de la pile une résistance connue et on observe la déviation du galvanomètre. Puis on établit entre les pôles de la pile une dérivation (pile shuntée), et en diminuant la première résistance intercalée, on s’arrange de manière à retrouver la première déviation. On déduit facilement de ces observations la résistance intérieure de la pile.
- Lorsqu’on réduit la résistance intercalée à la moitié de sa valeur primitive pour retrouver la même déviation, on aura réalisé le cas simple où la résistance de la pile est égale à celle du shunt.
- Comme résistance variable, on se sert d’un rhéo-corde de Poggendorf. Le galvanomètre qui sert pour cetite expérience est une boussole à réflexion de Weber. Ce galvanomètre est presque complète-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment apériodique. L’aiguille se déplace lentement jusqu’au point où elle va s’arrêter définitivement et sans oscillations. Cette expérience convient particulièrement pour les piles dont la résistance est assez faible.
- On peut aussi, pour cette mesure, employer la disposition de la boîte à pont indiquée par
- : -Shunt
- \ liu/r. [_ j Hi'xi-s-/
- Itlli’orni-ilc
- L...
- A
- F10. *9
- M. Thomson, dans le cas où la résistance de la pile est assez considérable.
- A cet effet, on fait les attaches indiquées sur la figure.
- 25. Résistance intérieure. — Méthode de Mance. — On intercale la pile dans une des branches du pont de Wheatstone, en mettant dans
- FIG. 20
- l’autre branche une résistance voisine de celle de la pile. La disposition revient à celle pour la résistance du galvanomètre fpar la méthode de
- FIG, 21
- Thomson. Il suffit, dans une boite à pont, de mettre à la place de la résistance la pile à mesurer, et à la place de la pile un fil gros et court. Avec des boites a pont ordinaires, on ne peut mesurer ainsi que des piles dont la résistance -eài assez
- considérable, c’est-à-dire au-dessus de 5 à io ohms.
- Pour de plus faibles résistances, on emploie le pont sous la forme de la règle et on arrange les fils de même manière.
- Le degré d’approximation dépend de la sensibilité relative du galvanomètre, comme dans la méthode de Thomson, pour la résistance du galvanomètre. Pratiquement, on ne peut guère compter que sur une approximation de —.
- Dans ces expériences, il faut prendre soin de shunter le galvanomètre. Ordinairement, on est même obligé de relier les deux bornes du galvanomètre par un fil assez court, pour que l’image ne sorte pas de l’échelle. On peut augmenter la sensibilité de la méthode en ramenant l’image sur l’échelle, à l’aide de l’aimant directeur.
- 26. Résistance intérieure. — Méthode directe. — Sur le circuit de la pile on met un galvanomètre sans résistance et on observe la déviation. Au besoin, on intercale une résistance a. En répétant la même observation avec d’autres résistances intercalées, on aura, si les déviations du galvanomètre sont proportionnelles aux intensités des courants :
- 8 = kl =-
- R + a
- 0 = ki'(=
- R-M
- 3 =ki" =
- R +c
- Deux de ces équations déterminent R (résistance intérieure) en fonction du rapport des intensités ou des déviations et des résistances a b.
- Il faut trouver une valeur constante pour R. La boussole de Weber convient très bien pour cette
- 4-
- ' l:\)-
- Gain
- . .xy.
- Hr.sistunco
- FIG. 22
- détermination, car sa résistance est absolument négligeable — en faisant passer le courant par la bande de cuivre —; les déviations sont proportionnelles aux intensités et les indications sont très rapides, car l’appareil est absolument apériodique. Une boussole des tangentes à faible résistance ou un galvanomètre Deprez-d’Arsonval (shuntéj conviennent également. Lorsqu’on emploie la boussole des tangentes, sans échelle de réflexion, au lieu des déviations il faut prendre les tangentes.
- 27. Résistance des liquides. — Méthode de M. Lippmann. — Une cuve en verre CD, de sec-
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- lion connue, contient le liquide à examiner ; à côté on dispose une boîte de résistance A B et on les fait simultanément traverser par le courant d’une pile E. En C et D se trouvent les prises de potentiel : ce sont des fils de platine ou mieux des
- /... p ':
- i: i
- Fia. 23
- prises de contact à liquide, recommandées par M. Bouty. A cet effet, on prend un flacon à deux tubulures ; dans l’un des bouchons on met un gros
- FIG. 24
- fil de zinc bien amalgamé, et dans l’autre un tube mince recourbé en forme de siphon, le tout étant exactement rempli de sulfate de zinc pur et con-
- FIG. 2 5
- centré. La prise de contact se fait alors en a, tandis que le fil de l’électrornètre est relié en b. On évite ainsi toute polarisation entre le liquide et le fil. Cela étant, on cherche sur la boite deux points AB tels que l’électrornètre indique toujours
- la même force électromotrice ; la résistance de la colonne de liquide CD est alors égale à la résistance AB. Un commutatenr P permet de faire facilement et rapidement le changement, c’est-à-dire de mettre soit CD, soit AB en communication avec l’électrornètre. A cet effet, on prend deux clés coupées en deux parties, moitié ivoire, moitié cuivre, et pourvues à la partie supérieure d’une
- FIG. 26
- pince pour prendre le fil. De cette façon on ne ferme pas la bobine dans laquelle on introduit cette clef, et on peut prendre le contact à droite ou à gauche, c’est-à-dire introduire ou enlever la bobine en faisant toucher le cuivre de la clef d’un côté ou de l’autre.
- Au lieu de prendre directement la différence de
- FIG. 27
- potentiel à l’aide de l’électrornètre capillaire, il vaut mieux réduire la différence de potentiel à zéro, à l’aide d’un circuit auxiliaire. La figure ci-jointe montre alors la disposition des fils à adopter. On tourne d’abord le commutateur dans le sens 1, et en plaçant convenablement la clef A' on s’assure que l’électrornètre reste au zéro. Puis, en tournant le commutateur dans le sens 2, 011 change A B de façon que l’équilibre ait lieu de nouveau.
- Lorsque la pile auxiliaire E7 est bien constante,
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fa
- on peut se passer de la boite AB et mesurer la différence de potentiel entre C D à l’aide de la boîte A' B', soit par exemple E' un daniell r= iyolt,o7g et la résistance totale de la boîte A' B' — io 790 ohms. Dans ce cas, à un ohm correspon-
- dra de volt, quantité que l’électromètre capillaire accuse parfaitement. (Le laboratoire possède
- FIG. 28
- un électromètre qui accuse même —i— de volt.) Il
- suffit alors de remplacer la boîte A B par une résistance fixe et de prendre de temps en temps la
- FIG. 29
- différence de potentiel A B pour point de comparaison.
- Le moyen le plus pratique pour pouvoir prer.-
- FIG 3o
- dre sur une boîte continue de résistances, des potentiels qui correspondent à une résistance quel conque, sans faire varier la résistance totale du circuit, c’est-à-dire l’intensité, est le moyen recom-mandéparM. Bouty; c’est de disposer deux boîtes identiques, l’une à la suite de l’autre. Aux bornes de la boîte A, on a attaché les fils parasites pour la prise des potentiels et au début toutes les clefs de cette boîte sont fermées, tandis que toutes celles
- de B sont ouvertes. Pour avoir aux deux fils a et b une différence de potentiel correspondant à une résistance donnée, on ouvre cette résistance dans la boîte A, et on transforme les clefs qü’on a ôtées dans la boîte B. Ainsi la résistance totale n’a pas varié.
- Par le pont de M. Kohlrausch (fig. 29 et 3o). — C’est un pont de Wheatstone,dans lequel la pile est remplacée par une bobine d’induction et l’instrument de mesure par le téléphone. On trouve actuellement dans le commerce des ponts arrangés de cette façon, la bobine d’induction faisant corps avec l’appareil. Le pont est sous la forme de règle à fil divisé, et trois bobines de résistances de 10, iqo et 1 000 ohms permettent de mesurer des résistances dans des proportions assez variées.
- (A suivre.) P.-H. Ledeboer.
- UNE ERREUR REGRETTABLE
- EN TÉLÉPHONIE
- Dans le courant de l’année 1879, on entendit parler à Paris des expériences publiques qu’un inventeur américain, Edison, venait de faire au chemin de fer de l’Ouest, avec son merveilleux appareil l’Electro-motographe.
- Tandis que les téléphones dérivés de l’invention de Graham Bell exigeaient, pour une bonne audition, d’être maintenus près de l’oreille, l’élec-tro-motographe parlait si haut et si fort que, de tous les points d’une vaste salle d’attente, on entendait distinctement un orateur placé à Mantes, malgré les bruits d’induction qui étaient notables. Un principe tout à fait nouveau et franchement original avait servi de point de départ à cet appareil. Le fil de platine actionnant un tympan de mica et frottant sur un petit cylindre de craie imprégnée de potasse donnait bien à la voix un ton un peu nasillard, mais on était en droit d’espérer que ce léger défaut ne tarderait pas à être corrigé, soit par l’inventeur lui-même, soit par un de ses nombreux représentants en France, il n’en a hélas! rien été.
- Profitant toutefois du bruit qui venait de se faire autour du nom d’Edison, on créa bientôt une société qui s’appela, je crois, Société du téléphone Edison et qui a depuis fusionné avec deux autres Sociétés créées antérieurement pour donner naissance à la Société Générale des Téléphones.
- En faisant des recherches sur l’histoire de la téléphonie en Amérique, nous venons de nous apercevoir que le seul téléphone, dit Edison, qui ait jamais été exploité à Paris, est dû à un électricien bien connu, M. Phelps, l’inventeur du télé-
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- graphe imprimeur le plus répandu encore aujourd’hui, de l’autre côté de l’Atlantique, et il nous a paru de toute justice de reproduire les dessins des patentes Phelps; cela n’a du reste qu’un intérêt purement scientifique, puisque M. Phelps n’a encore jamais pris en France de brevets de téléphonie, et qu’il serait trop tard maintenant.
- N’est-il pas curieux qu’une Société française ait eu l’idée d’exploiter un appareil américain, non breveté en France, et de se contenter de lui retirer son vrai nom Piielps pour le placer sous celui d’un autre inventeur si riche déjà de son propre fonds? Nous espérons qu’Edison a été absolument étranger à ce démarquage et nous ne voulons nullement l’incriminer, jusqu’à ce qu’il se soit expliqué sur un fait qu’il eut dû connaître.
- Comme preuve de ce que nous venons de dire, on trouvera plus loin la photogravure de la patente Phelps, et en regard, le fac-similé du catalogue de la Société Générale des Téléphones, où l’appareil Piielps est désigné sous le nom de Transmetteur Edison breveté S. G. D. G. La coupe de ce transmetteur diffère si peu sur la spécification américaine Phelps, d’une part et sur le catalogue français de l’autre, comme appareil Edison, qu’il est impossible de croire à une ressemblance fortuite, et que certainement l’un des dessins celui de la Société Générale des Téléphones, bien entendu, a été calqué sur l’autre.
- TRANSMETTEUR DE G.-M. PHELPS DE NEW-YORK
- Brevet américain n0% 214, 840, du 2y avril 1879 Demande du 6 décembre 1878
- « Mon invention se rapporte à la classe des transmetteurs pour téléphones parlants, dans laquelle l’énergie d’un courant électrique continu, provenant d’une pile locale, est transformée en courant ondulatoire par l’action des vibrations sonores de l’air sur une résistance variable, intercalée dans ledit circuit.
- « Mes perfectionnements consistent :
- « i° A fournir des moyens de réglage sans interrompre la continuité du circuit ;
- « 20 A disposer l’appareil de manière à transmettre les vibrations du diaphragme à la résistance variable, à l’aide d’un contact conique ou hémisphérique, qui ne dérangera pas sensiblement la vibration libre du diaphragme ;
- « 3° A relier le transmetteur à son support au moyen d'un bras mobile articulé, qui permettra un maniement plus facile.
- « Dans les dessins ci-joints, la figure 1 représente la vue en profil d’un transmetteur téléphonique, avec mes perfectionnements. La figure 2 est la coupe d’une portion du même transmetteur,
- montrant la construption et l’arrangement des dispositifs de détail. La figure 3 est une vue séparée en coupe des dispositifs transmetteurs. La figure 4 est une vue en élévation de l’appareil dépourvu de l’embouchure et du diaphragme. Les figures 5 et 6 sont des vues isolées de certains détails de l’appareil.
- « L’appareil transmetteur est renfermé dans une sorte de cuvette métallique, qui se trouve en A, (fig. 1, 2 et 4), sur l’embouchure de laquelle s’adapte une plaque ou disque D, en métal, qui forme diaphragme. Celui-ci est maintenu en position, à l’aide du couvercle B, qui est placé au-dessus et relié à la cuvette A par des vis ou autrement. Le couvercle B est de forme annulaire et porte une embouchure de trompette, en C, vissée sur l’ouverture circulaire dans son centre.
- « Le véritable appareil transmetteur est monté sur une vis métallique, en E, figures 2 et 3, qui s’emboîte dans un trou taraudé dans le fond de la cuvette A, à son centre, et fermé par un bouchon à vis, en V. La vis E porte une tête aplatie et circulaire en et, avec une portée tournée et (qu’on voit mieux dans la fig. 3), sur laquelle s’adapte une bague M, composée d’ebonite ou de toute autre matière isolante. Sur le plat de cette bague on fixe au moyen des vis («), un anneau métallique aplati, en N, de même diamètre, ou un peu plus grand. (Voir la fig. 2).
- « Le bord intérieur de l’anneau isolant M, s’avance sensiblement au-delà de la portée e,, sur laquelle il est fixé de manière à former une cavité cylindrique aplatie ayant un fond métallique e ides bords en matière isolante, destiné à recevoir un bouton de charbon, G, dont on voit une élévation (fig. 5) et une coupe (fig. 2 et 3).
- Ce bouton se compose, par préférence, de noir de fumée comprimé ; bien que d’autres formes de charbon, et même certaines compositions métalliques peuvent y être substituées avec d’assez bons résultats.
- * La pastille G se place légèrement entre deux plaques minces, en F et H, de platine ou d’autre métal inoxydable. La plaque F est reliée à la tête e de la vis E, et la plaque en H est collée sur une plaque circulaire isolante en I. La plaque H a une saillie h (fig. 2, 4 et 6) par laquelle elle est reliée électriquement à l’anneau métallique en N, à l’aide de la vis ». La plaqué isolante I porte à son centre une saillie hémisphérique ou conique K, dont le sommet s’appuie sur le centre du diaphragme D, qu’on voit mieux dans les figures 3 et 6.
- « L’avantage de cette forme particulière consiste en ce qu’elle utilise seulement les vibrations du centre du diaphragme, sans dérangement possible, etc., etc.
- « Te revendique comme mon invention :
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- G. M. PHELPS.
- Electric Sp.eaking Téléphonés.
- No. 214,840. Patented April 29- 1879.
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- NVi/trie-s^C.'' :
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- i° Dans uti Transmetteur Téléphonique, un bouton ou disque de charbon, ou son équivalent, et une plaque de platine ou d’un autre métal, tenu en contact au moyen de la pression, en combinaison avec un anneau métallique et avec un ou plusieurs ressorts de contact; l’ensemble doit être arrangé de manière à permettre le réglage de la pression normale sans interrompre le circuit électrique et composé comme il est décrit.
- « 20 Je revendique, dans un Transmetteur Téléphonique, un bouton, un disque de charbon ou son équivalent, et une plaque de platine, ou d’un autre
- métal, tenue en contact au moyen de la pression, en combinaison avec une saillie hémisphérique ou conique, dont le sommet s’appuie sur le centre de la plaque vibrante ou diaphragme, de manière à en recevoir le mouvement, comme il est décrit.
- * 3°Je revendique un Transmetteur Téléphonique relié à son support à l’aide d’un bras mobile articulé, tel qu’il est représenté, et dans le but qui a été décrit. »
- Si nous rapprochons de cette description le fac-similé des dessins publiés dans le catalogue de
- Fac-similé des gravures du Catalogue de la Société Générale des Téléphones Année 1881, pages 14 et i5
- TRANSMETTEUR EDISON, BREVETÉ S) G. D. G* TRANSMETTEUR EDISON COMPLET, FORME PUPITRE
- la Société Générale des Téléphones, année 1881, nous arrivons à cette conclusion formelle, que l’appareil vendu depuis cinq ans, sous le nom de poste téléphonique Edison breveté S. G. D. G, n’est, depuis la première jusqu’à la dernière vis, que l’appareil Phelps, qui n’a jamais été breveté en France. Le crochet de suspension du récepteur, formant commutateur, est aussi l’invention de Phelps, comme le démontre le fac-similé des autres patentes qu’on trouvera ci-après, sans qu’il soit besoin de donner la traduction des spécifications. Le récepteur Phelps, auquel on avait donné le nom de Pony Crown (petite couronne) sans nommer son véritable inventeur, est de même absolument reconnaissable. -
- C’est à Phelps qu’on doit, selon toute apparence, la forme pupitre du poste téléphonique. Cette forme était commode à plusieurs points de
- vue, elle permettait de dissimuler la bobine Ruhm-korff, de supporter au besoin un encrier et la sonnerie d’avertissement. Ce pupitre était surtout destiné à permettre d’écrire sous la dictée la parole transmise, l’usage aux Etats-Unis étant de remplacer les appareils Morse par des parleurs, dont on écrit immédiatement les signaux.
- Il n’y a rien d’improbable a ce que le pupitre de Phelps ait amené la forme similaire du transmetteur Crossley et de ses imitations dites : poste Ader, Edison transformé, etc., etc.
- On sait que M. Cochery, ministre des postes et télégraphes, en accordant une concession de cinq ans à la Société dite Société du téléphone Edison, a exigé une licence absolue et gratuite en faveur du ministère, de l’invention exploitée par cette Société. M. Cochery savait-il que l’appareil, dont on lui rétrocédait la libre disposition, n’était
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- G. M. PHELPS.
- Switches for Electric Speaking-Telephones. No. 222,201: Patented Dec. 2, 1879.
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- G. M.PHELPS.
- Magnéto-'Electric Speaking-Telephone. No. 218,684.. Patented Aug. 19, 1879.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en réalité que l’ensemble des appareils Phelps, non brevetés en France ? Il est permis d’en dou ter ! Ce serait certainement un point très intéressant à élucider.
- J. Brailsford Bright.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- LES NOUVELLES MACHINES SIEMENS. — Dans la
- séance du 25 novembre de l’Elektrotechnisches Verein, M. Von Hefner-Alteneck a prononcé un discours sur les nouvelles formes de machines dynamo-électriques de Siemens et Halske, après quoi une discussion intéressante s’est élevée entre M. Von Hefner et M. Paul Jordan, ingénieur de la Deutsche Edison Gesellschaft.
- Dans les nouvelles machines de Siemens et Halske — ditM. Von Hefner— on remarque tout d’abord que la forme des électro-aimants est changée. Au lieu des électro-aimants plats avec leurs pièces polaires plates et divisées, nous avons maintenant quatre branches de l’électro-aimant courtes et en forme de colonnes, dont deux sont placées de chaque côté de l’armature. La quantité de fer dans les pièces polaires est considérablement augmentée et consiste en une pièce compacte de fer. Les noyaux de fer des électroaimants , ne sont plus — comme jadis — en fer forgé, mais en fonte. Il est vrai que l’effet magnétique de la fonte est moindre que celui du fer doux, et que — en employant celle-là — les machines doivent avoir des dimensions plus fortes, — néanmoins les calculs ont prouvé qu’avec l’emploi de la fonte on réalise une économie. Dans les nouvelles machines on a réussi à améliorer les collecteurs, — ce point faible des dynamos. Dans les nouveaux collecteurs, on a supprimé la matière isolante, qui presque toujours était une grave imperfection, et l’air atmosphérique seul sert maintenant comme isolateur. Si — par suite d’un maniement maladroit, ou par une raison quelconque — des étincelles se forment sur ces collecteurs, les suites ne seront jamais aussi fâcheuses qu’avec les collecteurs avec isolants en mica ou en plâtre. Quand ces derniers présentent une grande quantité d’étincelles, et que quelques segments du collecteur sont fort attaqués, — le surveillant est généralement tout déconcerté, et dans la plupart des cas une réparation radicale, sinon un changement du collecteur devient nécessaire. Un avantage spécial du collecteur à air consiste en ce qu’on peut facilement et sans frais en changer les parties.
- M. Von Hefner décrit ensuite la construction des dynamos en usage jusqu’à présent, et indique
- spécialement les machines nouvelles de Siemens et Halske pour lampes à incandescence, avec double enroulement des électro-aimants.
- Selon M. Von Hefner, ces machines, que Siemens et Halske ont été les premiers à construire (*), auraient des avantages importants sur celles en dérivation simple. Il faut avouer pourtant que’les machines à double enroulement ne se régularisent parfaitement qu’avec une vitesse de rotation toujours constante.
- Après ce discours, M. Jordan prit la parole et dit que M. Von Hefner Alteneck avait fait valoir quelques avantages sérieux que les machines à double enroulement possèdent sur les machines à simple dérivation, de sorte qu’on pourrait avoir l’impression que les machines à double -enroulement l’emportent à tous les égards sur les machines en dérivation. M. Jordan soutient qu’une telle supériorité n’est nullement prouvée, mais qu’au contraire la question du mode de montage le plus convenable est encore pendante, ce qui du reste est tout naturel, vu la nouveauté relative de ces machines. Deux compagnies importantes, la société Edison et la société Weston n’emploient — même à présent — que les machines en dérivation.
- M. Von Hefner lui-même avait indiqué un défaut dans les machines à double enroulement ; c’est qu’elles ne donnent une’ différence de potentiel constante aux bornes qu’avec une vitesse de rotation toujours égale, et il avait remarqué que cette vitesse égale de rotation n’était que rarement atteinte dans la pratique, parce que quand une machine à vapeur, même la mieux construite, est soudainement déchargée par l’extinction d’un assez grand nombre de lampes, le nombre de tours varie considérablement.
- M. Jordan ajoute qu’avec une vitesse de rotation croissante, la tension dans une machine à double enroulement augmente de beaucoup plus que dans une machine en dérivation, et qu’ainsi des changements de vitesse dans celles-là raccourcissent de beaucoup plus la durée des lampes à incandescence. Mais une objection plus grave encore contre l’emploi des dynamos à double enroulement se trouve dans le fait que la régularisation automatique ne peut être atteinte dans la pratique même avec une vitesse de rotation constante, l’expérience ayant prouvé qu’on ne peut se passer, même dans ce cas, d’une régularisation manuelle dans la dérivation des électro-aimants. Comme les dynamos s'échauffent en travaillant, et qu’en conséquence la résistance dans les fils de
- p) En ce qui concerne la priorité d’invention des machines à double enroulement, nous renvoyons à l’article publié dans ce recueil par notre collaborateur Frank Geraldy, t. IX, p. 289.
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- l’électro-aimant est tellement changée que la ten- I sion diminue pendant la marche jusqu’à ce que réchauffement maximum (qui en général ne survient qu’après six heures d’action) soit atteint, et comme les dynamos de grandeur moyenne ne sont en action que pendant quatre à six heures par jour en viron, une régularisation manuelle est indispensable. Aussi quelques maisons font-elles construire à présent leurs dynamos à double enroulement avec un régulateur de résistance dans la dérivation. Une régularisation manuelle est donc indispensable pour les dynamos, puisqu’elle les rend indépendantes de toutes sortes de hasards, comme par exemple les irrégularités dans la vitesse de rotation, de réchauffement, etc. Dans les mains d’un employé judicieux c’est le meilleur moyen de garantir de dommages machines et lampes. Mais quand même une machine à double enroulement travaillerait dans les meilleures conditions, c’est-à-dire avec une vitesse de rotation constante et sans échauffement, elle ne serait pas parfaite. C’est qu’une machine à double enroulement ne peut être calculée qu’en supposant une certaine résistance dans le circuit extérieur ; mais cette résistance varie selon la longueur et la largeur du fil, selon le nombre de lampes allumées (c’est-à-dire selon le nombre d’ampères qui traversent le fil), et en conséquence si même on obtient une différence constante de potentiel aux bornes de la machine, cela n’empêchera pas que la tension aux pôles des lampes à incandescence puisse varier.
- Dans la séance suivante de YElektrotechnisches Verein, M. Yon Hefner-Alteneck reprend le sujet en disant que — selon son avis — la tension d’une machine à double enroulement avec une vitesse de rotation inégale ne varie pas plus fortement que celle d’une machine à dérivation, que la machine à double enroulement ne donne — il est vrai — qu’une différence constante de potentiel aux bornes de la machine, mais qu’on avait trouvé des moyens pour maintenir aussi une tension constante aux pôles des lampes, quand celles-ci se trouvent à une certaine distance de la machine. Il ajoute que les machines à double enroulement fonctionnent extrêmement bien disposées en dérivation.
- M. Jordan répond que — même si l’on laisse de côté toute question de la variabilité pltis ou moins grande dans la tension des deux machines, cette variabilité existe dans toutes les deux — et que la machine à double enroulement sans régulateur manuel n’offre point de moyen pour régler la tension. Il constate que les consommateurs se plaignent le plus souvent de la grande consommation de lampes dans les cas où le courant est fourni par une machine à double enroulement. Quand on allume ou éteint des lampes à incandescence, les variations dans la différence de potentiel aux bornes
- de la machine en dérivation sont plus petits qu’on ne croit généralement, — ce qu’on a démontré, par l’expérience suivante avec une machine Edison de deux cents lampes. Quand on éteignit la moitié des lampes, la tension augmenta de un à deux volts, — quand on continua l’extinction jusqu’à soixante-quinze pour cént, elle augmenta de quatre volts, — ce qui prouve que la machine en dérivation égale la machine à double enroulement pour une diminution du courant jusqu’à vingt-cinq pour cent. Mais il est bien rare dans la pratique qu’on laisse travailler une machine à moins de vingt-cinq pour cent de son rendement. Néanmoins on peut y arriver avec la machine en dérivation de Weston ('). Avec sa machine à deux cents lampes, M. Weston fait l’expérience favorite des machines à double enroulement en éteignant quatre-vingt-dix-neuf pour cent des lampes, sans obteuir une augmentation de tension de plus de un pour cent.
- Quant à l’observation de M. Von Hefner-Alte-neck, que les machines à double enroulement marchent bien disposées en dérivation, M. Jordan dit que la disposition en dérivation des machines à dérivation n’offre point de difficulté, ce qui est prouvé dans les différentes stations centrales système Edison, — entre autres la station de la Deutsche Edison Gesellschaft, à Berlin.
- UNE NOUVELLE SONNERIE ÉLECTRIQUE. — Il est
- important quelquefois de pouvoir différencier par l’oreille plusieurs sonnettes qui se trouvent l’une tout près de l’autre, et de -savoir de suite de quelle station vient l’appel. Cette différenciation peut être obtenue ou par des sonnettes de tons différents, ou par des sonnettes du même ton, mais variées quant au rythme. Comme la capacité de distinguer les sons n’est pas générale, la différenciation par des timbres de tons différents est limitée, et ne pourrait s’étendre dans la pratique au delà de trois tons différents. D’autre part la différenciation par le rythme offre l’avantage d’une variété bien plus grande.
- Cette différenciation rythmique peut être obtenue de deux manières. Ou l’on effectue de l’une des stations, par pression de la main, ou par un appareil automatique, une suite rythmique du ton d’une seule sonnette (comme dans la télégraphie avec l’appareil Morse), ou bien il y a un nombre de sonnettes égal au nombre de stations qui donnent des séries de tons dont chacune diffère de l’autre quant au rythme. Dans un certain sens la sonnerie électrique à action lente de Schaefer et Montanus se rattache à ce sujet (2).
- Dans la dernière séance de l’Elektrotechnisches Verein à Berlin, M. Von Hefner-Alteneck a mon-
- (1) Voir 1 ’Elcclrical Revient, le 29 novembre 1884.
- (2) La Lumière Electrique, vol. IX. page 407.
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- tré une forme nouvelle de ces sonneries construites par Siemens et Halske, qui se distingue par une grande simplicité de construction, et qui répond parfaitement à son but.
- La figure ci-jointe montre le principe de la construction. A est l’électro-aimant qui forme avec B Je marteau qui s’y trouve, la vis du contact C et le timbre D les parties principales d’une sonnerie trembleuse ordinaire.
- A l’armature B est attachée une tige métallique qui — à chaque mouvement de l’armature — fait tourner d’une dent la roue dentée F. Une seconde roue G est fixée concentriquement à F, de sorte qu’elle tourne avec elle. G est munie de différentes
- découpures et dents. La vis de pression H, qui est aussi fixée dans l’armature, est arrangée sur la périphérie de G de telle manière que l’amplitude de l’armatûre varie selon que H rencontre une découpure ou une dent de la roue G. Quand H rencontre une dent sur G, le marteau pendant l’oscillation de l’armature ne peut atteindre le timbre, et il ne s’ensuivra aucun coup de marteau sur le timbre; ce coup aura lieu aussitôt que le système aura tourné assez longtemps pour que la vis H rencontre une découpure, sur G. Puisque les oscillations de l’armature se succèdent avec une rapidité très grande, on peut, en variant le profil de la roue G, obtenir dans un temps assez court les rythmes les plus variés, comme par exemple : — .. — ou • — • • — • • — • etc.
- Avec la roue dessinée dans la figure la sonnette
- donnerait le signal----------------------. La roue G
- peut être changée sans aucune difficulté.
- . Dans la mêrtie séance, M. von Hefner-Alteneck a montré aussi un nouveau régulateur de vitesse, déjà publié par Siemens et Halske, pour des moteurs à vapeur, etc. ('). Cet appareil a un intérêt spécial pour l’emploi de machines dynamos, parce que, en l’employant, on peut facilement faire varier le nombre de tours d’une dynamo en action.
- Il a discuté aussi les différentes méthodes employées pour interrompre le circuit des dynamos sans nuire à la machine. En montrant un appareil construit dans ce but, il a fait mention de la méthode de Siemens, qui consiste en une multiplication des points de contact pour produire ainsi plusieurs étincelles faibles qui ne nuisent, pas aux points de , contact , au lieu d’une seule étincelle énergique. Il a mentionné entre autreà l’appareil d’interruption du docteur Frœlich, dans lequel le courant électrique est interrompu graduellement en passant à travers de l’eau qui coule d’un crible fin dans un vase intercalé dans le circuit.
- A la même séance, M. le professeur Foerster, directeur de l’Observatoire de Berlin, a parlé des tentatives relatives au temps universel et au choix d’un premï’er méridien commun à tous, dans leur rapport avec l’électricité. Il a dit que l’électricité était la seule base sur laquelle il était possible d’élever solidement ces tentatives, car, dit-il, l’électricité est l’unificatrice des temps.
- Des installations électriques deviendront nécessaires à la marine, à l’hydrographie, etc. Des signaux électriques remplaceront les globes qui, à présent, signalent le temps sur les côtes.
- Au Congrès de Washington, pour fixer le premier méridien, les seules nations européennes représentées étaient la France et l’Angleterre. L’Allemagne ne prenait part à la Conférence que dans l’auditoire. Dans le Congrès de Rome, qui avait précédé celui de Washington, la base scientifique pour l’acceptation du méridien de Greenwich avait été fondée, et à Washington on désirait sanctionner cette acceptation par un accord international. La,France déclara qu’elle accepterait le méridien de Greenwich à condition que l’Angleterre adopterait le système de mesure métrique, comme celui-ci a été fixé à Paris le 20 mai 1875. L’Angleterre a donné son assentiment à cette proposition, et nous aurons ainsi, enfin, dans le méridien de Greenwich, la base pour ce temps universel que Richelieu déjà, il y a maintenant plus de 200 ans, avait tant désiré.
- Du reste, en pratique, 65 p. 100 de tous les vaisseaux (et si l’on considère le tonnage, même 72 p. 100 de tous les vaisseaux) calculent selon le méridien de Greenwich. L’Allemagne fait venir de l’Angleterre 6 à 8000 cartes de l’amirauté par an, et il est probable que la France en emploie autant.
- (1) Elektrolechnische Zeitschrijt, n° 12, 1884.
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- Il serait superflu de mentionner l’importance énorme pour la navigation de l’acceptation universelle d’un seul et même premier méridien.
- Dr Miciiaelis.
- Berlin, 26 Déc. 1884.
- Angleterre
- LES CONDUCTEURS SOUTERRAINS. — L’opinion
- publique est tellement opposée aux conducteurs aériens pour la lumière électrique et pour le transport de la force, qu’àjmoinsj d’un changement, ceux-ci ne serontjpas admis dans la plupart des villes. Il va falloir les mettre sous terre comme les tuyaux du gaz.
- Tout,1e monde connaît ,1e système à deux conducteurs de ; M. Edison. La disposition que je
- vais décrire présenta plusieurs points de ressem. blance avec le système Edison, surtout parce que les conducteurs sont nus et supportés par des pièces isolées, fixées dans les parois d’une tranchée; celle-ci est ensuite remplie de cire de paraffine fondue, et fermée par un couvercle. Ces canalisations et leurs couvercles sont disposés de manière à augmenter la force de la ligne.
- Cette disposition a été imaginée par le colonel Webber C. B., du génie, et le colonel Sir Francis Bolion. La fig. 2 représente une section transversale d’une de leurs tranchées B. Les conducteurs A sont des bandes de cuivre séparées par des pièces isolantes C qui forment une espèce de cloison à travers la tranchée. L’espace entre ces cloisons est rempli de paraffine fondue et le couvercle D est ensuite posé et attaché avec des pinces E. Une ou plusieurs rainures étroites courent le long
- de la surface supérieure du bord des tranchées et une projection correspondante sur le bord du couvercle s’y emboîte. Le couvercle force la paraffine à entrer dans ces rainures de manière à former un joint imperméable.
- A des distances convenables, des regards sont disposés pour l’inspection ou le renouvellement desconducteurs. La figure 1 représente le pland’une de ces boîtes de jonction reliant deux tranchées de sorte que celles-ci peuvent former un angle quelconque. A cet effet la boîte est composée de deux nardes cylindriques F F' dont l’une F' entre dans F et elle est attachée à la tranchée C' par des boulons tandis que F est attachée à la tranchée C. Les lignes en pointillé montrent de quelle manière les tranchées peuvent former un angle en se séparant. A A' représentent les conducteurs en bandes de cuivre comme auparavant, C C sont les pièces isolées.
- Les conducteurs A A' sont pliés en rond dans les boîtes de jonction et fixés à -des bornes sur les
- planches I I. Ils sont aussi maintenus tendus dans les tranchées au moyen de tiges de tension isolées K K placées aux endroits où les conducteurs^sont
- pliés. Les boîtes s’élèvent jusqu’au niveau du pavé et sont protégées par un couvercle. .. .•
- Je puis ajouter que M. T. G. Turner a pris.un; brevet en Angleterre pour le placement de fils iso-. lés dans des tuyaux de plomb d’après le sys-.
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- ^ème Berthoud-Borel. M. Turner dispose les fils en une longue spirale autour d’un noyau central en tube de plomb perforé de trous. L’enveloppe extérieure est formée par un ruban de plomb plié autour des conducteurs et dont les bords sont soudés ensemble avec un alliage qui fond à une basse température. On peut également remplir le tube autour des conducteurs avec de la paraffine.
- les collecteurs a mercure. — Sir William Thomson et M. S. Z. de Ferranti ont réussi à appliquer le mercure comme un balai ou frotteur liquide pour recueillir les courants d’une dynamo Ferranti. Au lieu d’amener le courant des anneaux isolés du commutateur de leur machine à des frotteurs, ils forment chaque anneau d’un disque
- FI. G 3
- qui fait saillie tout autour. L’axe de l’armature étant horizontal, le bord du disque plonge à sa partie inférieure dans un vase ou anneau en forme d’U fixé dans un plan vertical. La partie inférieure de cet anneau est remplie de mercure qui fait contact avec le bord du disque. Au fur et à mesure que l’axe de l’armature tourne, le mercure se distribue uniformément tout autour de la circonférence de l’anneau fixe et forme un collecteur de toutes les parties de la circonférence du disque à l’anneau. Le courant est amené de ce dernier au circuit extérieur par des fils ordinaires.
- La figure 3 représente une section qui fera voir l’application du système. A représente une extrémité de l’axe creux d’une dynamo ; B fait partie du palier dans lequel il tourne ; C et D sont deux conducteurs isolés et concentriques passant au centre de l’axe A. Un disque C' est attaché à l’extrémité du conducteur C et un autre disque D' est attaché a l’extrémité du conducteur D. E E sont
- les anneaux en forme d’U englobant la circonfé' rence du disque. Ces anneaux sont en deux moitiés emboîtées ensemble en F. La partie centrale de chaque boulon affecte la forme d’un cylindre E' traversé par des tiges G sortant de l’extrémité du palier B de manière à supporter les anneaux en forme d’U et les tenir rigidement en place. Les parties tubulaires F' du boulon sont isolées des tiges G au moyen de bandes d’une matière isolante placées entre eux et au moyen de rondelles interposées entre les extrémités des tubes F' et les écraus H qui sont vissés aux tiges G.
- L’anneau duquel partent les disques C' ou D' est plus large que le disque et entouré d’une ou de plusieurs rainures qui correspondent avec d’autres formées dans les anneaux E E. Ces rainures empêchent le mercure de s’échapper des anneaux, surtout quand on réduit la vitesse de la machine. La partie inférieure de chaque anneau ou godet de mercure est évasée à son embouchure, de sorte que quand l’axe de la dynamo s’arrête, le mercure peut se rassembler dans le réservoir ainsi formé.
- I I sont des rondelles en matière isolante, interposées entre les lignes C' D'. J représente une pièce d’écartement métallique entre les rondelles. C2 D* sont des écrous vissés aux extrémités des conducteurs C et D, K K sont des barreaux conducteurs au moyen desquels les anneaux E E sont mis en communication électrique avec des bornes isolées L M. Ils sont reliés à des projections qui s’étendent de la partie cylindrique F' de l’un des boulons F. Il y a égalemeut des entonnoirs d’où le mercure peut être amené aux réservoirs E E.
- Cette disposition est maintenant appliquée à des machines Ferranti, et fonctionne bien. Malgré le brevet pris l’année dernière par Sir William Thomson et M. Ferranti, une disposition analogue a éré brevetée parle professeur G. Forbes, en t883. Le professeur Forbes avait l’intention de l’appliquer à une dynamo de sa propre invention qui consistait principalement, en un disque tournant en fer, monté sur un arbre et renfermé dans une masse de fer qui constituait les deux pôles d’un électro-aimant. Le disque en fer solide formait l’armature de la machine ayant d’un coté un pôle nord et de l’autre un pôle sud. Dans ces conditions le disque tournaat avait une différence de potentiels à son centre et à sa périphérie qui formaient les pôles de l’armature. Le courant traversant le disque du centre à la périphérie, ou vice versa, selon la direction du mouvement, était recueilli d’un côté par l’arbre du disque et de l’autre par un collecteur à mercure en contact avec le bord tournant du disque.
- LA LIGNE TÉLÉPHONIQUE DE BRIGHTON. ------ La
- célèbre ville d’eaux, Brighton, a été reliée au réseau téléphonique de Londres par une grande ligne
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- installée le long du chemin de fer London, Brlghton and South coast et partant du pont de Londres et le réseau central de l’United Téléphoné C°, dans l’Oxford Street, à Londres. On donne souvent à Brighton le nom de Londres-sur-Mer, et beaucoup de négociants de Londres y demeurent pendant toute l’année, tandis que d’autres y passent la saison d’été. Une ligne téléphonique qui les reliera avec leurs bureaux et leurs collègues dans la cité sera une acquisition précieuse.
- Cette ligne se compose de deux fils de fer du n° 7 1/2 Jauge de Birmingham , d’une résistance de 10 à 12 ohms par mille, formant un circuit métallique, et, afin de neutraliser les effets d’induction des fils télégraphiques environnants, on les fait tourner l’un autour de l’autre en quelques parties. Les appareils employés sont le transmetteur Blake et le téléphone Bell, et le système paraît fonctionner très bien. La ligne a une longueur d’environ 60 milles. Si l’expérience réussit, on reliera d’autres villes près de Londres par téléphone avec la capitale.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX.
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ ’
- Par B. Marinovitch
- A propos d’un nouveau compteur d’électricité
- A la dernière réunion de YElektrotechnisches Verein (Berlin), M. le Dr H. Aron a fait une longue conférence sur les compteurs d'électricité, conférence au cours de laquelle il a présenté deux appareils récemment combinés par lui. Dans une de ses chroniques (’), du mois de novembre 1884, le Dr Hugo Michaelis a déjà eu occasion de parler des compteurs d’électricité imaginés parle DrAron; nous croyons néanmoins qu’il n’est pas sans intérêt de revenir sur le même sujer et compléter par des dessins et des résultats d’expériences les renseignements que notre'correspondant nous a adressés à la première heure. En effet, étant donné le développement rapide de l’industrie électrique et ses applications de jour en jour plus nombreuses, la question d’un compteur d’électricité qui jouerait dans les distributions électriques le rôle que jouent les compteurs à gaz dans celles du gaz, est d’une importance extrême au point de vue pratique. Nous employons à dessein, et par analogie, le terme de compteur d’électricité, bien qu’en réalité il y ait
- lieu de diviser ces appareils en deux catégories bien distinctes.
- Ce dont il importe de se rendre compte dans un système de distribution d’électricité, c’est la quantité d’énergie électrique fournie à un consommateur pendant un temps donné. Or, cette énergie, qu’elle soit dépensée sous forme de lumière, de travail mécanique, de travail chimique ou autre, a toujours pour expression d’une façon absolument générale, le produit El en voltampères pendant l’unité de temps ; E étant la différence de potentiel aux bornes de l’appareil propre à utiliser le courant et I l’intensité de circulation, exprimées la première en volt et la deuxième en ampères. Il résulte de là, que pour une période de temps donnée
- l’énergie dépensée a pour expression /*EI dt. Si
- l’on s’astreint à fonctionner avec des différences
- FIG. I
- de potentiels constantes, E devient un facteur constant et l’énergie électrique a tout simplement
- pour mesure JI dt. De là deux classes de compteurs d’électricité bien tranchées : les uns enregistrent la quantité d’électricité qui s’écoule à travers une conduite dans un intervalle de temps considéré, les autres donnent la valeur de l’intégrale /EI^;les premiers peuvent être désignés
- sous le nom de coulomb-mètres, les deuxièmes sous celui de voltampère-mètres ou plus simplement de mesureurs d’énergie.
- (i) La Lumière électrique, tome XIV, p. 220.
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- M. le Dr H. Aron a construit et présenté un coulomb-mètre et un mesureur d’énergie basés sur les mêmes principes. Mais avant d’entrer dans le détail de ces appareils, nous suivrons l’auteur dans l’aperçu historique du sujet qu’il a placé à l’origine de sa conférence.
- Il existe un nombre considérable de coulomb-mètres. En première ligne se placent ceux qui sont basés sur les phénomènes électrolytiques; quand on fait passer le courant électrique à travers une masse d’eau acidulée, les quantités d’hydrogène et d’oxygène mis en liberté peuvent servir de mesure à la quantité d’électricité qui s’est écoulée.
- M. Edison a construit un compteur sur ce principe : le mélange détonant soulève une cloche jusqu’à une certaine hauteur à laquelle l’étincelle électrique met le feu au mélange : la cloche retombe alors par son propre poids. Le mouvement alternatif de montée et de descente de la cloche est utilisé à actionner un mouvement d’enregistreur.
- MM. Thompson et Ferranti, utilisant le même principe, se servent de deux chambres placées aux extrémités d’un balancier et dont l’une se remplit tandis que l’autre se vide. Le balancier prend ainsi un mouvement de va-et-vient qui commande le compteur. Ce compteur n’a d’ailleurs été appliqué que dans le cas de courants alternatifs.
- MM. Sprague et Edison ont eu également l’idée de faire usage des dépôts électro-chimiques pour actionner des compteurs électriques. La figure i représente un compteur de ce genre excessivement simple, composé de deux voltamètres de sulfate de cuivre Y V'. Les électrodes sont placées dans une dérivation du circuit principal réglée au moyen des bobines de résistance rr', de telle manière que l’intensité qui les traverse ne soit, en général, que la centième partie de l’intensité totale.
- La majeure partie du courant passe par le large conducteur en zigzags R ou bien dans la lampe située au-dessous des voltamètres, quand on craint que la température ne soit assez basse pour amener la congélation du liquide. L’usage de l’appareil est excessivement simple, le dépôt de cuivre étant proportionnel à l’intensité du courant et au temps employé à faire le dépôt : il suffit donc de connaître le rapport des intensités et de peser les électrodes.
- M. Edison a également combiné un compteur plus compliqué, mais qui paraît donner d’assez bons résultats.
- « Ce compteur se compose aussi de deux voltamètres ; mais ces voltamètres sont, cette fois, solidaires l’un de l’autre, car ils réagissent sur deux électrodes mobiles et suspendues aux extrémités du fléau d’une balance. Le courant, qui les traverse est dirigé d’une telle manière que ces électrodes jouent alternativement le rôle d’électrode soluble et d’électrode de réduction ; il en
- | résulte par conséquent un mouvement alternatif du fléau de la balance, pour un poids donné de métal déposé et ce mouvement peut réagir sur un compteur qui enregistre le nombre de fois que cette quantité de métal s’est trouvée réduite dans un temps donné, ce qui indique par conséquent la quantité d’électricité qui a été employée.
- Nous n’insisterons pas davantage sur le fonctionnement de cet appareil dont on trouvera une description détaillée dans La Lumière Electrique du 23 novembre 1884.
- Il y a lieu de mentionner ensuite toute une série
- FIG. 2
- d’appareils dans lesquels on a eu recours à des dispositions mécaniques pour mesurer les quantités d’électricité. A cette série appartiennent les moteurs électriques destinés à indiquer par le nombre de tours effectué dans un temps donné, la quantité d’électricité écoulée. Edison a breveté deux appareils de ce genre : l’un à mouvement oscillatoire, l’autre à mouvement rotatif. Dans ces compteurs le mouvement est fortement retardé au moyen de palettes qui se déplacent dans un liquide amortisseur. Le Dr Hopkinson a également imaginé un compteur qui rentre dans cette catégorie d’appareils. Cet instrument (fig. 2) consiste en une bobine à gros fil formant un solénoïde et dans laquelle passe le courant à mesurer. Le noyau de
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- fei de ce solénoïde tourne avec un axe sur lequel il est monté, sous l’influence d’un petit moteur dynamo-électrique placé à l'un des bouts de l’axe.
- Le noyau du solénoïde est en deux parties ; la partie inférieure est fixée à l’axe, tandis que la partie supérieure, mobile et fixée à un régulateur à boules peut glisser de haut en bas le long de l’axe suivant les variations de vitesse de l’axe.
- Un courant dérivé traverse la dynamo et son armature puis la portion fixe du noyau et passe par un contact à la partie mobile et au bâti de l’appareil.
- Quand la partie mobile est soulevée par suite d’un accroissement de vitesse, ce circuit est rompu et le courant dérivé passant par la dynamo est interrompu. Quand un courant à mesurer passe dans la bobine, les deux parties du noyau s’attirent.
- [fig. 3
- Cette action magnétique, qui est proportionnelle au carré de l’intensité du courant, tend à maintenir en contact les deux parties du noyau. D’autre part, la force centrifuge des boules du régulateur, qui est proportionnelle au carré de la vitesse de révolution, tend à rompre le circuit en soulevant la partie mobile du noyau. Pendant le fonctionnement, ces forces opposées se contrebalancent et il en résulte que le système prend une vitesse proportionnelle à l’intensité du courant qui traverse la bobine.
- Les révolutions de l’axe sont transmises par des rouages à des cadrans enregistreurs et donnent la mesure de la quantité de courant qui a passé.
- Nous n’insisterons pas plus longtemps sur les coulomb-mètres, les appareils basés sur les principes que nous venons d’énoncer étant susceptibles d’une infini té de modifications.
- Pour ce qui est des mesureurs d’énergie, Mar-
- cel Deprez ést, à notre connaissance, le premier qui ait nettement posé les conditions du problème dans une note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du i5 mars 1880 et en ait donné la solution dans une deuxième note présentée le 5 avril de la même année. Le mesureur d’énergie Marcel Deprez est un électrodynamomètre à deux circuits de résistance très différente qui se trouve représenté dans la figure 3 et décrit dans La Lumière Electrique du 27 mai 1882, En adjoignant à cet appareil, dans lequel les déviations de l’aiguille sont à chaque instant proportionnelles au produit El, un des totalisateurs
- zr/utt.....
- FIG. 4, ET 5
- imaginé par Marcel Deprez, on se trouve avoir un instrument de mesure qui permet de connaître la
- valeur de l’intégrale f El dt c’est-à-dire la quan-
- tité d’énergie dépensée dans l’intervalle de temps/.
- MM. C. Vernon BoyS, Ayrton et Perry, et plus récemment GisbertKapp (‘), ont construit des mesureurs d’énergie dans lesquels on retrouve le même principe avec quelques modifications de détail.
- MM. Siemens ont également imaginé un mesureur d’énergie qui figurait à l’Exposition de Vienne. Nous citons cet appareil à titre de mémoire ren-
- q La Lumière Electrique, t. XIII, p. 223.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- voyant ceux de nos lecteurs que le sujet intéresserait à l'appréciation qu’a donnée de cet instrument Marcel Deprez dans le numéro du 2 février 1884 de La Lumière Electrique.
- Nous allons maintenant décrire les appareils du Dr Aron.
- Dans toute horloge il convient de distinguer deux parties : le système moteur et le système régulateur. Le premier est généralement actionné par un poids et le second constitué par un pendule. Lorsqu’on modifie la longueur du pendule on modifie la durée des oscillations et par suite la
- FIG. 6
- marche de l’horloge ; mais la marche varie également avec la pesanteur. Ce fait fut observé pour la première fois en 1671 par Richter, à l’occasion d’un voyage que cet astronome fit à Cayenne. Il constata en arrivant sous les tropiques un retard de deux minutes dans la marche diurne d’une horloge à pendule qu’il avait emportée, retard qu’il attribua tout d’abord à des variations de température ; plus tard la même observation ayant été faite par d’autres voyageurs, ce fut Huyghens qui en donna la raison en remarquant que la pesanteur diminue à mesure qu’on s’éloigne du pôle vers l’équateur par suite de l’accroissement de la force centrifuge et de l’aplatissement de la terre.
- L’accélération, qui, chez nous, est de 981 centimètres, diminue de 5 centimètres quand on passe du pôle à l’équateur; une diminution de 3,5 centi-
- mètres doit être attribuée à la force centrifuge et une diminution de i,5 à la forme de la terre.
- M. Aron a eu l’idée de substituer à l’action de la pesanteur une action électromagnétique. Suppo» sons, en effet, qu’à la place de la lentille du pendule (fig. 4) on dispose un aimant, et au-dessous de cet aimant une bobine à travers laquelle on fera passer un courant électrique. Suivant la direction de ce dernier courant, le pendule se trouvera repoussé ou attiré, en sorte qu’il aura une marche accélérée ou retardée, et l’horloge accusera un écart avec une horloge normale, écart qui sera fonction de l’intensité du courant. M. Aron fait usage d’une bobine plate qui dépasse de part et d’autre l’excursion du pendule, et il l’installe de telle façon que l’action magnétique ne se modifie pas pendant toute l’oscillation du pendule, en sorte que le caractère de l’oscillation, et notamment le synchronisme, ne se trouve pas altéré. Si l’on suppose cette condition réalisée, on a pour la durée d’une oscillation avec un pendule ordinaire
- formule dans laquelle
- M représente le moment d'inertie par "rapport'à l’axe de rotation ;
- P représente le poids du pendule ;
- L représente la distance entre le centre de gravité et l’axe.
- Le nombre d’oscillations 11 dans le temps t se trouve être
- t 1 . / P 11 ~ f "" i y M
- Si avec le dispositif de la figure 4 on fait passer un courant d’intensité I dans la bobine, de façon à accélérer la marche du pendule, on a, en appelant A le moment magnétique de la lentille polarisée, et a une constante de l’appareil pour la nouvelle durée T' d’une oscillation :
- r = n y/
- M
- PL+aHI’
- et le nombre des oscillations N dans le même temps t devient
- U
- PL + a H I M
- >
- ou encore
- t ./PL / , aHI\j ÜV M (I+ PL/
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- ce qui donne en posant
- _a H
- C'PL
- la formule plus simple
- "«( + é)*
- Si nous supposons l’action électromagnétique petite relativement à celle de la pesanteur, nous
- aurons ~< 1 et nous pourrons développer l’expression en série
- ou en ne conservant que les termes de la première puissance
- N = »(.+ i)
- et finalement
- « I = 2 C (N — n)
- Si nous indiquons par Q le nombre de coulombs écoulés dans le temps t, nous pouvons écrire
- »I = Q
- en ayant soin de remarquer que, dans cette expression, I représente l'intensité exprimée en ampères, dans le cas seul où le pendule effectue 60 oscillations par minute, c’est-à-dire où n indique en même temps le nombre d’oscillations et le nombre de secondes; suivant que le nombre des oscillations du pendule par minute sera plus grand ou plus petit que 60, l’unité choisie devra être aussi plus grande ou plus petite que l’ampère. Dans ces conditions
- Q = 2 C (N - n)
- ce qui veut dire que la quantité d’électricité qui s’est écoulée à travers la bobine est proportionnelle à l’écart entre l’horloge constituant le coulomb-mètre et une horloge normale.
- Il est néanmoins indispensable de se rendre compte de l’erreur que l’on commet en négligeant les termes qui sont à des puissances supérieures à 1. Reprenons la formule :
- N ~n (^aC-8C*)’ cette formule peut s’écrire 2C(N — =
- ou encore
- *C(N-«) = q(._ ±)
- ce qui indique que pour des courants intenses les indications données sont trop faibles et l’erreur commise en négligeant le troisième terme de la
- série, est une fraction de Q égale àpour cent.
- Il est évident qu’on peut rendre cette erreur très petite en faisant C très grand, mais alors on voit, en se rapportant aux équations précédentes, que l’horloge coulomb-mètre accuserait un écart très faible, relativement à une horloge normale et l’influence des erreurs de lecture deviendrait plus fâcheuse que celle que l’on veut éviter.
- Voici d’ailleurs des chiffres qui permettent de juger de l’erreur qu’on introduit en négligeant le terme au carré. L’horloge construite par M. Aron avait un pendule faisant 80 oscillations par minute. Pour des intensités variant entre o et 24 ampères, l’écart pour un ampère pendant une heure, c’est-à-dire pour 3600 coulombs est de 10", étant
- égale à ^ de minute.
- Pour calculer C, il suffit de se servir de la formule approchée
- Q = 2 C (N — n)
- 36oo= 2 C 10
- l’erreur évaluée au prorata, des centaines devient I ne représente pas des ampères d’après l’observation faite plus haut; en désignant par 1 l’intensité en ampères, on a évidemment
- I — K i
- K étant la durée d’une oscillation du pendule exprimée en secondes; c’est-à-dire que l’erreur est de
- 100 K *
- ------pour cent.
- 720 y
- et dans le cas que nous considérons
- l’erreur devient
- 0,104 i pour cent
- et pour i — 24 ampères, l’erreur commise se trouve être de 2,5 0/0.
- L’appareil n’aurait aucune valeur pratique s’il n’y avait moyen de corriger cette erreur. En fait, l’erreur se corrige absolument lorsqu’on a soin d’employer un aimant excessivement bien trempé : l’influence du magnétisme temporaire qui se déve-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Joppe dans cet aimant par suite du voisinage de la bobine joue le rôle d’un terme de correction. Dans ces conditions, les résultats obtenus par le calcul et par l’observation sont très concordants comme on peut s’en convaincre eu examinant le tableau I.
- M. Aron recommande son appareil non seulement pour les usages pratiques, mais même comme instrument de laboratoire. Il en a fait construire plusieurs types. Les plus petits sont calculés pour
- 3o lampes et donnent pour ioo ampères-heures, un peu plus de deux heures d’avance; tout le courant passe par le fil de la bobine. Un autre type de 1000 lampes donne le même écart pour 3ooo ampères-heures que le précédent pour i ooo. En employant pour la bobine du fil excessivement fin on peut réaliser des instruments de mesure très sensible ; M. Aron en a construit un qui, pour 0,001 ampère donne 32" d’écart par genre; en adjoignant à l’horloge normale et à l’horloge coulomb-mètre
- TABLEAU I
- DATE INTE \i N S ITÉ L Horloge I Horloge normale DIFFÉRENCE Horloge 11 Coulomb-mètre DIFFÉRENCE D, D, — Dj Ampère- heures mesurés avec le coulomb- mètre Ampère- heures calculés par l'intensité et le temps normal
- 3x juillet. 9,26 g,10,24
- 23,2 3o' 3i' 36" 116" 11 ,b n,6
- 9,56 9,41,60
- 7 7 0 0,0 0,0
- ic,3 9,48,60
- i3,8 i3,8 48 49 3i 111 11.1 11,0
- 10,5i io,38,11
- m M 0 0,0 0,0
- ii,5 10,52,11
- 9,6 9,6 60 6l l6 96 9,6 9,6
- 12,5 11,53,27
- 2h, 15 2h, 14 79 I 0,1 0,0
- 2,20 2, 8,26
- 4.9 4.9 120 121 18 98 9,8 9.8
- 4,20 4. 9 44
- 6 6 0 0,0 0,0
- 4,26 4.i5,44
- 2.4 2,4 182 182 72 73 7,2 7,3
- • 7,28 soir 7,18,36
- 12 55 12 55 0 0,0 0,0
- 8,23 matin 8 i3,36
- icr août. 0,96 240 240 38 38 3,8 3,8
- 12,23 12,13,74
- 26 57 27 3 5o 53o 53,0 53,i
- Intensité mesurée avec un dynamomètre Siemens.
- ~ — — un gaJvanamètre à torsion de Siemens.
- Le pendule de l’horloge fait 80 oscillations par minute, donc i" = r-î- minute.
- oo
- Io" de difTérencè par heure correspondent à I ampcrc-hcurc.
- des appareils qui enregistrent leur marche, on trouve là un moyen très commode d’évaluer les quantités d’électricité.
- La figure 5 représente un mesureur d’énergie combiné dans le même ordre d’idées. La pièce polarisée formant lentille est ici remplacée par une bobine de fil fin placée en dérivation. Pour obtenir une-, action aussi énergique que dans l’appareil précédent, M. Aron a disposé de part et d’autre de la bobine à fil fin, les deux bobines à gros fil ; l’action des deux bobines s’ajoute et s’exerce dans le plan d’oscillation. Ici la marche du pendule est retardée. On corrige l’erreur relative au terme du
- deuxième degré en mettant dans la bobine du pendule une petite masse de fer. Le tableau II contient les résultats d’expériences faites avec cet appareil.
- La figure 6 représente un compteur différentiel excessivement simple. Les deux horloges sont placées côte à côte et actionnent par l’intermédiaire de brins de transmission, la première les cadrans divisés et la seconde les aiguilles indicatrices d’un mécanisme compteur; les cadrans ont des arcs creux à l’intérieur desquels tournent les aiguilles. Aussi longtemps que les horloges marchent d’accord, les positions relatives des aiguilles
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- et des cadrans du compteur ne varient pas, mais dès qu’un écart se produit les aiguilles se déplacent par rapport aux cadres et l’écart se lit sur le compteur.
- Avant de terminer cette revue, nous croyons de-
- voir reproduire textuellement la note suivante de M. Aron :
- t L’appareil dont je disais plus haut que j’en avais malheureusement entendu parler pour la première fois le jour de ma conférence et sur le-
- TABLEAU II
- DATE INTEN- SITÉ I FORCE électro- motrice K HORLOGE I Horloge normale DIFFÉRENCE D, HORLOGE II Compteur de Watts DIFFÉRENCE D s Dt— D2 en" MEGAWATTS mesurés avec le compîcui MEGAWATTS calculés d’après EL D, scc
- l oe
- 6,0 8,35, 6
- 24 octobre 22,1 IOO 3o' 28'5o" 110" 3,93 3,98
- 6,3o 9, 3,56
- IOO i5 l5 0 0,00 0.00
- 6,45 9,18,56
- 10,4 IOO 40 44- 1 79 2,82 2,81
- 7,3o st.if 10, 2,57
- i3h40 i3''40 O 0,00 o,co
- 9,10 matin 11,42,57
- 25 octobre 4,2* IOO 2 l5 2,i3,63.5 96.5 3,45 3,40
- 11,25 I,56,40.5
- 20 20 0 0,00 0 00
- 11,45 2,16,40.5
- 21,4 I 10 3o 28,43 I 17 4,18 4.24
- 12, 15 2,45, 3.5
- I 10 i5 i5 O 0,00 0,00
- I2,3o 3, 0, 3.5
- 2,35* 1 10 3 » 2,59 0.5 79 S 2,84 2, "9
- 3,3o 5,5g, 4
- 3o 3o 0 0,00 0.00
- 4.0 6.29, 4
- 22,2 go 3o 28,60 5 99.5- 3,55
- 4>3o 6,57,64.5
- ço 68 68 0 0,00 0,00
- 5,38 8, 5,64.5
- 7,8 91 60 59, 8 72 2,57 2,56
- 6,38 soir 9. 4.72.5
- 91 14 52 4.52 0 0,00 0,00
- 9,3o niat’n 11,56.72.5
- 26 octobre 21,8 5o 45 43,76 04 3,00 2,94
- 10, i5 12,40,68.5
- 5o 10 i5 0 0 00 0,00
- 10,3o 12,55,68,5
- 86 5o 1 3o 1,29,14 66 2,36 2,32
- 12,0 2,25, 2 5
- 42 - 41,49,76.5 8o3.5 28,70 28,63
- I.es intensités marquées d’une astérisque ont été mesurées avec un galvanomètre de torsion Siemens, Us autres avec un dynamomètre Siemens.
- Le pendule de l’horloge fait 80 oscillations par minute; donc l" = ^ minute.
- Une différence de 28" correspond à 1 Mégawatt (t million de Watts).
- quel je me proposais de revenir plus tard est un compteur de watts, de Ayrton et Perry, construit sur le même principe que le mien. Ces messieurs ont breveté l’idée de ces appareils en Angleterre en 1882 déjà, mais rien n’a été publié à ce sujet; Shoolbreed seul en a fait mention dans un rapport sur les instruments de mesure, lu à la Society of Telegraph Engineers and of Electricians, le
- 22 mars i883 et en a donné une théorie sommaire. Cette communication a été reproduite par un petit nombre de journaux et du reste l’appareil passa inaperçu, en sorte que son existence m’est restée inconnue jusque dans ces derniers temps; il semble également que les inventeurs ne sont pas arrivés en construisant l’appareil au but qu’ils se proposaient, attendu qu’ils n’ont jamais rien écrit
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- au sujet de la grandeur de l’écart, ainsi que du degré de proportionnalité, relativement à la quantité d’énergie à mesurer.
- L’esquisse que Shoolbreed donne de l’appareil permet d’ailleurs de se rendre compte pourquoi, du moins avec cette forme, aucun résultat n’a pu être atteint ; dans ce croquis, la bobine pour les ampères est placée derrière le pendule, la bobine pour les volts étant assujettie sur ce même pendule parallèlement à la première. Mais c’est là une action qui s’exerce dans des conditions très défavorables, puisque la force est dirigée presque normalement au plan d’oscillation ; l’effet utile est dû à une faible composante seulement, en sorte que les différences obtenues sont trop petites pour être pratiquement applicables, étant données les erreurs de marche et de lecture. Lorsque l’action est plus énergique, la force qui s’exerce d’un seul côté en dehors du plan d’oscillation fait accomplir au pendule une trajectoire elliptique d’une influence très fâcheuse sur la marche de l’horloge. Mais rien que par suite de ce fait que dans l’appareil le terme du second ordre n’a pas été corrigé, on doit ou utiliser des écarts trop petits ou arriver à une proportionnalité défectueuse.
- Mesure de potentiels explosifs dans différents milieux, par J.-B. Baille (>).
- Dans un précédent travail, l’auteur a exposé la mesure des potentiels des corps électrisés capables de fournir une étincelle de longueur déterminée dans l’air ordinaire, aux conditions ambiantes de température, de pression et d’humidité : il a en outre étudié l’influence de la courbure de l’électrode sur le potentiel explosif.
- Actuellement, M. Baille se propose d’étudier les variations de ce potentiel avec la température, la pression ou la nature du milieu traversé par l’étincelle.
- La méthode de mesure demeure la même, mais l’étincelle jaillit à l’intérieur d’un cylindre de laiton de om,io de diamètre et de om,2o de hauteur, hermétiquement fermé par deux barres planes métalliques et muni de glaces revêtues intérieurement d’un grillage métallique. Les électrodes étaient des sphères de om,o3 de diamètre, l’une fixe, isolée du bâti, que l’on électrisait, l’autre communiquant au sol et susceptible de se déplacer par une vis de rappel.
- La présence de l’enveloppe métallique augmente beaucoup la valeur du potentiel explosif correspondant à une distance fixée des boules, d’une part, parce qu’il est possible de dessécher l’air plus complètement à l’intérieur de l’enveloppe métallique, de l’autre par suite de l’influence électrique exercée sur les parois.
- Dans l’air pur, une même distance explosive, le v
- rapport-g du potentiel à la pression demeure sensiblement constant. M. Harris avait cru pouvoir affirmer que, pour une pression fixée à des températures variables, la variation du potentiel, observée avec une distance explosive fixée, n’était fonction que de la masse de gaz traversée, c’est-à-dire que le potentiel variait en raison inverse du binôme de dilatation. D’après M. Baille, la variation de potentiel est plus rapide que ne l’indiquerait cette loi. Le produit V (i -j- a -j-a)2 paraît sensiblement constant.
- Le tableau ci-joint se rapporte aux expériences faites avec différents gaz. Pour les gaz autres que l’air, la deuxième colonne indique le rapport du
- 0 AI R HYDROGÈNE GAZ d’éclairage CHLORE ACIDE chlorhydrique ACIDE carbonique
- o,o5 io,65 6,00 0,57 6,54 0,64 9,29 0,87 17,0 1,5q 1*7,7 1,66
- IO 20, 14 9-77 49 11,71 59 16,95 85 3.3,4 1,66 33,6 1,67
- i5 28,61 13,84 49 17,05 60 25,11 88 46.8 1,57 38.9 1,36
- 20 35,57 17,43 49 22,16 62 .-o,36 85 52, I 1,47 44, > 45,7 1,24
- 25 43,82 21,33 49 27, 12 Ô2 35,90 83 59,2 1,35 1 ,04
- 3o 49,28 24,61 28,54 5o 29,91 60 40 94 84 » u 46,3 o,94
- 35 57,08 » 33,57 59 46,30 81 » » 49,o 0,86
- 40 65,38 32,69 «* 37,9s 58 » » » 49,8 0,76
- 45 69,94 34.97 » 40,73 5q » • » 5o,4 0,72
- 5o 76,06 38,03 » 46,05 60 » » » »
- Pouvoir isolant ' 1 » o,5o * 0,59 • 0,85 • * » »
- potentiel explosif dans le gaz au potentiel explosif dans l’air à une même distance B. Pour certains gaz, le chlore par exemple, ce rapport est cons-^
- tant, quelle que soit la valeur de 8 et peut servir de mesure, au point isolant du gaz. Mais avec l’acide carbonique, ce résultat est très loin d’avoir été atteint, et il est. difficile d'attribuer un sens précis aux mesures.
- (!) Journal de Physique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- La transmission électrique de la force dans les mines, par M. le professeur W.-S. Schulz
- Dans son travail, l’auteur donne plusieurs ta-
- bleaux intéressants; l’un deux présente les résultats des transmissions électriques déjà réalisées dans les mines :
- NOM DE LA MINE PUISSANCE du moteur MACHINE actionnée LONGUEUR des conducteurs Electrique RENDEMENT Mécanique Total
- Chevaux Mètres Pour cent Pour cent Pour cent
- La Peronnière, près de Rive-de-Gier . . 37,1 Machine O O 10 5o 37 3o
- à touage
- Thibaut, près de Saint-Etienne S,o » 25o 45 38 25
- Btanzy 17 » 634 5i 3o
- Zankeroda 14.7 Locomotive 8g3 46,6 37,8 3o
- » 5 Ventilateur 780 5o 2Ô »
- Saint-Claude, près de Blanzy 8,10 900 » w *
- En se basant sur ces résultats, l’auteur compare les frais de la transmission électrique de la force avec ceux de la transmission au moyen de l’air comprimé et de l’eau appliqués aux foreuses et aux machines à extraire le charbon au moyen de locomotives, de machines à hisser à câble et à corde, et au moyen de ventilateurs. Il trouve ainsi
- que la première méthode est plus coûteuse que toutes les autres, excepté celle où l’on emploie l’air comprimé par la vapeur sans le refroidir, ainsi que les locomotives pour touage sur un plan. Le tableau suivant donne les frais comparatifs d’un transport de ce genre en fonctionnement.
- Pour la ventilation séparée d’une tranchée laté-
- TRANSPORT SOUTERRAIN PAR DES LOCOMOTIVES
- VAPEUR AIR COMPRIMÉ ÉLECTRICITÉ
- Mine de Dornan Mine de Cesson Système É^etan Système Mékarski Mine de Zankeroda
- Frais de première installation Intérêt, etc., par tonne-kilomètre Francs 40,000 Centimes 2,64 Francs 40,000 Centimes 0,9 Francs i6,25o Centimes 4 90 Francs 25,000 Centimes 5,02 Francs 20,000 Centimes 2,76
- Frais de transport 3,72 3,;6 7,36 8,41 6,80
- Total des frais Travail journalier Longueur de la ligne 6,36 Tonnes-kilom. 488 Mètres 2,320 4,°7 Tonncs-kilom. 1,421 Mètres 4,627 12,26 Tonnes-kilom. 106 Mètres 620 - 13,43 T onnes-Uilom. 159 Mètres 620 9,5b Tonnes-kilom. 235 Mètres 620
- Vitesse . . Poids de la machine Hauteur 2,3 Kilogrammes 4,400 Mètres 1,92 3,3 Kilogrammes 8,000 Mètres 2,1 1,5 Kilogrammes 2,700 Mètres 1,5 Kilogrammes 2,300 Mètres 1,55 2,6 Kilogrammes 1,600 Mètres 1,5
- Largeur 1,3o 1,6 n 1,10 , o,8
- raie pe la mine de Zankerode, on emploie un ventilateur de Schiele de 40 pouces qu’alimente une dynamo Siemens actionnée par un moteur à vapeur Dolgorouki; les frais sont de 2,0 centimes par 1 000 mètres cubes, ce qui revient à meilleur marché que. la transmission à l’air comprimé, excepté quand il faut faire une installation de com-
- pression spéciale pour le petit ventilateur. L’auteur conclut que les mines n’offrent aucun champ pour la transmission électrique, en dehors de quelques cas isolés et excepté pour le transport par locomotive sur un terrain plat où elle pourrait avantageusement remplacer la traction à corde et à câble.
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- FAITS DIVERS
- L * Annuaire du Bureau des Longitudes pour i885 vient d'être mis en vente. II contient pour la première fois un tableau relatif aux unités électriques, et à diverses quantités dont les électriciens font un coustant usage.
- On doit féliciter l'administration scientifique de l'Annuaire de cette innovation, et espérer que cette nouvelle partie sera mise au niveau de ses aînées, tant par la correction absolue des renseignements que par leur nombre et la précision des explications.
- La Compagnie du chemin de fer d'Orléans a, depuis plusieurs mois, fait établir à l'économat de Vitry, {un moteur électrique pour le service de ses caves.
- La machine à vapeur, placée à une distance de 180 mètres environ, commande un générateur électrique, type n°5, qui, à la vitesse de i ioo tours, donne un courant dont la tension ne dépasse pas 140 volts. Le moteur électrique placé dans la cave est du type n° 3 et développe un effort de 5o kilogrammètres. Avec ce dernier, on actionne une pompe rotative pour les transvasements et mélanges de vins, en même temps qu’un rince-bouteilles. On obtient ainsi une rapidité et une simplicité de manutention qui sont fort appréciées, sans avoir tous les ennuis inhérents à l'emploi du moteur ordinaire.
- Depuis six mois environ, M. Marinoni emploie l’électricité pour le service du pont roulant transbordeur de 20 mètres de longueur, 7 mètres de hauteur et 90 mètres de course, qui dessert son atelier à Paris. Cette installation a été faite par la Compagnie Electrique. Le treuil du chariot transbordeur est d’une force de ôoookilog. ; un moteur électrique élève les charges, tandis qu'un second moteur électrique sert à la translation du pont. La machino génératrice tourne à 1 100 tours, et produit un courant dont la force électromotrice ne dépasse pas 25o volts.
- Pour apprécier les avantages du nouveau système, il y a lieu de rappeler que le service du pont exigeait auparavant la présence de trois ou quatre manœuvres et entraînait des pertes de temps considérables. Avec l’électricité, les opérations sont devenues simples et rapides. Un rhéostat permet de modérer à volonté les vitesses d'ascension des pièces et de translation du pont. La mise en train et les arrêts, les changements de marche et de vitesse s’obtiennent au moyen de cordes surveillées par un homme de peine, qui suffit à tout et aide même aux manutentions.
- M. Tyndall a repris avec une nouvelle activité les fonctions de professeur et va donner, devant l’Institution Royale de Londres une série de quatre lectures sur les Sources de Vèlectricilè.
- Ces leçons, accompagnées de nombreuses expériences, seront données dans la première partie de janvier.
- Le nombre des demandes de brevets, en Angleterre, pendant l’année qui vient de s’écouler, s'élève à 17 110.
- Le comité d'organisation de l'Exposition d'Anvers a décidé de diviser l'éclairage en trois parties. L'une d'elles sera fournie par un seul système de lumière électrique; l'autre comprendra tous les différents systèmes du gaz, et la troi-
- sième enfin sera composée de toutes les applications de la lumière électrique à arc et à incandescence.
- Pendant la semaine du 6 au i3 décembre dernier, il a été formé aux Etats-Unis n nouvelles Sociétés électriques, avec un capital de 5950 000 francs.
- Des expériences ont démontré que les rails des chemins de fer sont parcourus par des courants électriques qui se dirigent généralement vers les centres d'un dérangement électrique et qui sont fortement influencés par le passage des trains, et surtout des trains express. Un rail en acier, à Rochester, dans l'Etat de New-York, était devenu un aimant permanent.
- Éclairage électrique
- M. Eiffel a imaginé une tour en fer forgé, de 3oo mètres de haut, destinée à porter des foyers à arc puissants, capables d'éclairer toute l’Exposition de 1889. En cas de besoin, une lumière à projection, placée au sommet de la tour, pourrait éclairer le paysage dans un rayon de 60 kilomètres.
- La Société Edison a fait jeudi dernier des expériences au grand Opéra, eu vue de l'éclairage du lustre au moyen de lampes à incandescence.
- La même Société est en train d'installer au Crédit foncier une centaine de lampes avec un moteur Gwynne, commandant la machine dynamo-électrique avec des cordes sans transmission.
- On a dernièrement installé à la Banque de France des lampes électriques Edison qui donnent toute satisfaction. Des chariots roulants d’éclairage ont été placés dans la salle des dépôts. On les déplace très facilement sans étincelles.
- L'éclairage électrique du Gagne-Petit avec des lampes à incandescence Edison a été inauguré avec succès lundi soir.
- A la suite de quelques expériences d'éclairape électrique fort réussies, entreprises par le conseil municipal deHawick, en Ecosse, il a été décidé d’éclairer la ville à la lumière électrique pendant une année à titre d'expérience. Les appareils, pour la première installation, avaient été fournis par MM. Anderson et Munro de Glasgow.
- Le Mechanical World, de Londres, dit que l'extension de l'électricité pour l'éclairage a été fort limitée pendant l'année 1884, et que les sommes dépensées en expérieuces pendant 2 ans et demi en Angleterre, s'élèvent déjà au chiffre respectable de 133275000 francs, tandis que les actions des entreprises électriques valent aujourd’hui 5 pour cent seulement de leur valeur nominale.
- L'administration de la police à Greenock s'occupe activement de l'installation de la lumière électrique. Deux machines Victoria, donnant chacune 100 ampères avec une
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- force électromotrice de 100 volts, seront en place sous peu, prêtes à fonctionner. La force électromotrice sera fournie par une chute d'eau. On commencera avec 25 foyers dans les rues, et on s'occupera ensuite de remplir les commandes des particuliers. Les conducteurs seront du type Berthoud-Borel.
- Une Société d’éclairage électrique s'était formée, il y a un ou deux ans, à Middlesborough, en Angleterre, pour fournir des lampes Brush aux fonderies et aciéries autour d'une station centrale, moyennant 625 fr. par an et par foyer. L'entreprise n'a cependant pas eu beaucoup de succès; le nombre des lampes placées ne dépasse pas 25, et l'affaire va maintenant passer entre les mains d'un syndicat composé des principaux consommateurs.
- L’installation des lampes à incandescence Swan à bord du paquebot le Norwiclt, appartenant à la Great Eastem O, fonctionne maintenant depuis 19 mois, et à l’exception des lampes brisées par accident, toutes les autres ont fourni un service quatre fois plus long que les 1 oco heures garanties. La dynamo peut, au besoin, marcher à une vitesse bien plus grande, et les ingénieurs se proposent d’installer des lampes dans la seconde cabine, le fumoir et dans la cabine du capitaine, qui seront toutes alimentées par la même dynamo.
- La ville de Waterbury en Connecticut est éclairée par 79 foyers à arc Thomson-Houston. L’installation a été faite par la Connecticut District Telegraph and Electric C°, qui possède également des réseaux télégraphiques à Meriden et à Bridgeport.
- Le conseil municipal de Glasgow semble être absolument opposé à toute installation générale de la lumière électrique sur son territoire. MM. Woodhouse et Rawson avaient demandé une concession il y a quelque temps, mais le conseil a refusé de l’accorder sous prétexte du danger que présenterait un grand nombre de fils aériens. Une autre maison, de Glasgow cette fois, a maintenant demandé de pouvoir placer des conducteurs de lumière électrique dans trois des principales rues, pour l'éclairage du bureau .central des postes, mais cette demande n’a pas eu un meilleur accueil que la première, la municipalité étant propriétaire de l’usine à gaz et par conséquent intéressée dans la question d'éclairage.
- Mardi dernier, la Compagnie des chemins de fer South Eastern, en Angleterre, a fait des expériences d'éclairage avec des lampes à incandescence, sur deux trains, entre Londres et Maidstone. Ces expériences ont parfaitement réussi.
- L’établissement de MM. Hunter et Morrisen, à Lanark, est maintenant entièrement éclairé à l’électricité avec 22 lampes à incandescence de 20 bougies chacune. Seize lampes fonctionnent toujours, et les autres six sont distribuées dans différentes parties du bâtiment. La dynamo est du type A de Gramme, capable d'alimenter 3o lampes à 20 bougies à une vitesse de 700 tours par minute. La force motrice est fournie par un moteur Tangye de 2 chevaux. Un foyer à arc Jamin de 2 900 bougies sert à éclairer le trottoir devant la maison.
- Les câbles pour la lumière électrique, à Auvei s. ser nt
- placés par la Compagnie Callcnder, établie à Londr es, Bruxelles et New-York.
- Les conducteurs principaux comprendront près de 70 milles de fil de cuivre fort. Chaque tranchée contiendra 5 câbles, dont les conducteurs sont composés de 19 fils n° 6, tordus ensemble, et fortement isolés.
- Un procès est engagé entre la Compagnie du gaz d’Anvers et l'administration communale, au sujet de la concession accordée à la Société générale d’électricité pour l’éclairage à la lumière électrique d’une partie des locaux et des dépendances de la future Exposition.
- Les journaux de Boston annoncent comme prochaine la fusion des intérêts des trois différentes Sociétés d’éclairage électrique de cette ville afin d’unir leurs forces pour combattre la Compagnie du gaz.
- Le secrétaire de l’International Electric C° qui a fait l’installation de la lumière électrique à Temesvar écrit au Daily-News de Londres au sujet de l’interruption qui s'est produite le 25 décembre dernier, que celle-ci n'était nullement causée par un défaut quelconque dans les appareils, mais uniquement par un manque d'eau pour les chaudières et condensateurs, par suite d'une chute de neige extraordinaire suivie d’un froid excessif. Toutes les précautions ont été prises pour empêcher la répétition d’un accident de ce genre et, depuis le icr novembre dernier, l'installation fonctionne sur un parcours de 40 milles, sans autre accident. Le rapport des experts conclut en faveur de l’adoption définitive de la lumière électrique, ce qui a été accepté par le conseil municipal.
- L’éclairage électrique de la Rambla à Barcelone, pendant les jours de la fête locale, au milieu du mois de décembre, a eu tant de succès que les autorités municipales songent sérieusement à l’aJopter d’une manière définitive.
- L’Au&tralasian Electric Light and Power O, vient de publier un rapport sur les installations faites dans les différentes parties de l’Australasie, comprenant également le travail fait par l'Australian Edison C°. La première Société a fait 32 installations, avec un total de 319 foyers à arc et 1 295 lampes à incandescence. Dix dê ces entreprises ont laissé une perte et 14 un bénéfice. L'Australian Edison O a fait 16 installations avec 60 foyers à arc et 2 i32 lampes à incaû-descence, principalement pour le compte des différentes Sociétés de mines.
- Tous les paquebots de la Old Company Line aux Etats-Unis ont successivement été pourvus de fa lumière électrique à Ncwport R. I. L’installation de chaque bateau comprend 6y5 lampes â incandescence Edison de 16 bougies. Le grand salon contient trois lustres de 16 foyers, et de chaque côté du grand escalier se trouvent 6 candélabres de 6 foyers. Le salon des dames et le fumoir sont éclairés avec des lustres de 4 lampes de 10 bougies; le vestibule au pied de l'escalier du grand salon contient 6 lampes. Les corridors sont éclairés par deux groupes de 3 lampes et 24 appliques portant chacune 2 lampes. Sur le pont des marchandises, il y a 3i foyers. Les dynamos, au nombre de quatre, sont également du système Edison et capables d’alimenter toutes les lampes à la fois. CeS machines sont actionnées par deux moteurs Armington et Sims, spécialement construits pour cet usage et pouvant donner 75 che-
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- vaux chacun. Le commutateur dans la chambre des dynamos a 18 circuits comprenant toute l’installation. En cas d’accident à un des circuits, un fil sur le commutateur fondra et mettra immédiatement le circuit dehors sans déranger les autres. Les feux d’avant et d’arrière se composent de 2 lampes de 32 bougies, dont une seule fonctionne à la fois; en cas d’accident à celle-ci, l’autre est immédiatement mise en circuit par une disposition automatique. L’installation de chaque navire a coûté 100 000 fr. environ.
- La New-York Ferry O vient de traiter avec l'United States Illuminating C° pour l’installation de 3o foyers à arc de 2 000 bougies chacun. Tout le travail préliminaire est presque terminé. Les dynamos seront placées près de l’usine de la Société dans la sixième rue à Brooklyn. L’installation fonctionnera déjà la semaine prochaine.
- La Swan Incandescent Electric Light C° de Boston, qui avait cessé ses opérations depuis quelques mois, va être transférée à Cleveland (Ohio), selon une convention intervenue avec la Brush Electric Light C° de cette dernière ville.
- Une Société locale vient d’être formée à Ithaca, dans î’Etat de New-York, pour l’éclairage électrique de la ville. On a adopté les systèmes Brush et Swan et le capital a été fixé à 25o 000 francs.
- Le conseil communal de la ville de Keokuk, en Iowa, a décidé d’accepter les propositions de la Badger Electric Light C° pour l’éclairage à l’électricité de la ville. Les travaux commenceront immédiatement. Une société locale d’éclairage électrique a également été formée à Pittsfield, en Massacbusets.
- A Evansville, en Indiana, la Compagnie du gaz a fusionné avec la Société de lumière électrique, et l’Association fournit les deux éclairages à ses clients.
- Télégraphie
- Le public, se plaint du papier des cartes télégraphiques qui, d’après ce qu’on dit, serait tellement gras qu’il devient difficile de s’en servir.
- Les recettes du département des télégraphes, en Angleterre, pendant les derniers 9 mois, accusent une diminution de i25ooo francs, contre la même période de l’année dernière, tandis qu’on avait prévu une augmentation de 1 375 000 francs pour toute l’année.
- Tous les matins à dix heures, le bureau télégraphique de Greenwich* en Angleterre, communique l’heure exacte à un certain nombre de stations locales. Ces dépêches sont transmises par les fils télégraphiques ordinaires, mais, comme il est important d’avoir ces fils entièrement libres* 'les appareils, à Londres, en sont détachés à une certaine heure. Tous les jours, à une heure, Greenwich donne également l’heure à un petit nombre de villes, comme Kendal et Newcastle, où on tire au même moment un coup de canon, ou bien à Deal, où on laisse tomber une boule du haut d’un màt;
- MM. Robert Napier et fils, à Govan, sont chargés de la construction d’un nouveau steamer de 860 tonnes et de 1 400 chevaux pour le compte de l’Eastern Extension Aus-tralasia and China Telegraph C°.
- Un grand nombre de lignes télégraphiques, dans les environs de Madras, ont été détruites par des inondations.
- Le fil télégraphique qui relie Merawi, dans le Soudan, a été coupé par les rebelles.
- La Gazette de Saint-Pétersbourg du 3i décembre dernier annonce qu’une avance extraordinaire de 100000 roubles a été faite au général Komaroff pour la construction d’une ligne télégraphique entre Askabad, Merv et Sarakhs.
- Les lignes télégraphiques en Espagne ont beaucoup souffert par suite du mauvais temps de la semaine dernière, et un grand nombre d’interruptions ont eu lieu à différents points du pays.
- Le gouvernement canadien n’étant pas disposé à établir un réseau télégraphique complet pour le compte de l’Etat, les journaux du pays proposent l’établissement d’un service téléphonique national exploité par l’Etat, comme c’est le cas pour le télégraphe en France et en Angleterre.
- La Baltimore and Ohio Telegraph C° vient de traiter pour la construction de plusieurs milliers de milles de lignes, qui commencera au printemps prochain. Deux grandes lignes seront construites, l’une de Boston à Saint-John N. B., en passant par la ligne du chemin de fer de Boston et Maine, l’autre allant de Boston à Montréal. On se servira de ces lignes pour les dépêches télégraphiques et téléphoniques. A Boston, les lignes seront reliées aux fils de New-York.
- Les bureaux du Sénat américain, à Washington, sont maintenant en communication électrique avec la salle des séances, de sorte que les membres peuvent immédiatement être avertis si leur présence est nécessaire.
- La ville de Philadelphie a envoyé une commission technique à Chicago pour y étudier le système de canalisation souterraine des fils électriques adopté par la Chicago Underground Electrical C°, dont l’électricien célèbre, le professeur E. Gray, est le président. Les travaux que la Société exécute en ce moment pour la ville de Chicago entraîneront une dépense de 750000 fr.
- Les employés de la Western Union Telegraph C°, à la Nouvelle-Orléans, ont formellement protesté contre la récente décision de la Compagnie au sujet de la suppression de la rétribution pour tout travail supplémentaire. Ils font observer que le prix des vivres a augmenté considérablement par suite de l’Exposition* qui, d’ailleurs, va amener un surcroît de travail dont la Compagnie bénéficiera aux dépens de ses employés.
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- Voici la liste des interruptions et réparations des principales lignes et câbles internationaux pendant le mois dernier :
- Interrompu
- Câble Pernatnbuco-Bahia. 24 novembre Ligne Saigon - Bangkok ( section de Pursat à
- Battambang)............24 —
- Câble Bakou-Krasnowodsk 28 octobre — Trinidad-Demerara. 9 décembre
- Depuis le 24 décembre dernier, la Commercial Cable C° a ouvert son service entre l’Angleterre et l’Amérique et a fixé le tarif pour ces câbles à 2 francs par mot. A partir de la même date, les Compagnies Anglo-American et Direct United States Cable ont abaissé de 2 fr. 5o à 2 fr. par mot le prix des dépêches par leurs lignes entre Londres ou Brest, d’une part, et New-York ou le Canada, de l’autre.
- Le réseau de la Commercial Cable C° comprend actuellement :
- i° Un câble reliant le Havre à Waterville dans la baie de Ballingskellig (Irlande);
- 20 Deux câbles transatlantiques reliant Waterville à Canso, Doverbay (Nouvelle-Ecosse) ;
- 3° Un câble reliant directement Canso à New-York, et un autre câble avec prolongation par ligne terrestre reliant Canso à Cap-Ann en Massachussets.
- De ces différentes lignes, le câble entre la Francè et l’Irlande n’est pas encore ouvert. Quant aux autres, nous ne savons pas s’ils sont tous en état de fonctionner.
- Le 28 novembre, à 11 heures du matin, le nouveau câble Saint-Vincent fut subitement interrompu, et les essais indiquaient que la rupture se trouvait à un point près de la terre, mais cependant à une assez grande profondeur. Le steamer le Kanguroo arrivait à Madère le i5 décembre et trouvait le défaut à un demi-nœud du point d’atterrissement du câble. La rupture avait évidemment été causée par l’ancre d’un navire, et sa résistance électrique était d’environ 10 à 12 unités.
- La Direct United States Cable C° annonce que, jusqu’a avis contraire, le prix pour la transmission des dépêches via Direct Cable, entre le Royaume-Uni et New-York ou le Canada, sera de 2 fr. par mot.
- Après le bombardement de Fou-Tchéou, les pirates de la rivière Min ont profité du désordre pour attaquer la station du câble de la Eastern Telegraph C°, près de l’embouchure du fleuve. Les employés de la Compagnie ont dû s’enfuir en laissant la station et les appareils entre les mains des pirates. L’amiral anglais, n’ayant aucun navire à sa disposition pour protéger la station, une canonnière française a été envoyée à la poursuite des pirates.
- Depuis le 20 décembre dernier, la taxe pour Maranham par les câbles de la Compagnie Western and Brazilian Submarine Telegraph est réduite à 11 fr. 12 1/2 centimes par mot à partir de Lisbonne.
- II résulte du rapport trimestriel établi par le Conseil de la Western Union Telegraph Company que du Ier juillet au 3o septembre 1884, les bénéfices nets se sont élevés à la somme de 1545529,17 dollars. Une somme de 4189190,57 dollar» restait à reporter à nouveau au ior octobre. Le Con-
- seil a décidé la distribution d’un dividende trimestriel de 1 1/2 p. 100, payable le 20 décembre dernier.
- Téléphonie
- Des expériences de téléphonie et de télégraphie simultanées, d’après le système Van Rysselberghe, ont eu lieu entre Rouen et le Havre le 2 janvier dernier. L’un des inconvénients de ce système, qui a été expérimenté entre Bruxelles et Anvers, ainsi que nous l’avons déjà dit, est qu’il entraîne une augmentation de 5o pour cent des piles à toutes les stations de la ligne; il comporte en outre l’emploi simultané de deux fils télégraphiques pour chaque communication téléphonique, et enfin il ne résout pas du tout le problème de la suppression de l’induction.
- Conformément aux conventions passées entre le ministre des Postes et Télégraphes et la Société générale des Téléphones, les abonnés du réseau téléphonique de Paris pourront prochainement expédier et recevoir leurs dépêches télégraphiques par le téléphone. A cet effet, on procède actuellement à l’établissement, dans le bureau télégraphique central de la rue de Grenelle-Saint-Germain, d’un service téléphonique qui fonctionnera de jour et de nuit.
- Les télégrammes échangés dans ces conditions, seront soumis à la taxe du tarif en vigueur; mais les abonnés qui voudront profiter de cette nouvelle mesure devront contracter un abonnement supplémentaire, dont le ministre a fixé le montant à la somme de 5o francs par an.
- Les procès téléphoniques en contrefaçon ne sont pas encore terminés en Angleterre, où l’United Téléphoné C° vient de faire saisir deux nouveaux appareils téléphoniques, la valve-teléphone et l’appareil Boult, qui tous les deux tombent sous les brevets de la Société.
- L’United Téléphoné C° de Londres vient de concourir à la formation d’une nouvelle Société qui, sous le titre de South of England Téléphoné Company, exploitera toutes les villes situées dans un rayon de 12 milles autour de Londres. Non seulement ces villes pourront communiquer entre elles, mais elles seront aussi reliées au réseau de la capitale.
- Des expériences téléphoniques à grande distance ont eu lieu, le 27 décembre dernier, entre la maison du président de la South of England Téléphoné O, à Londres, et le Grand-Hôtel, à Brighton. Les appareils étaient reliés par un circuit métallique en fil de fer ordinaire, suspendu sur des poteaux, mais au lieu d’aller parallèlement, un des fils tourne autour de l’autre en quatre portées. De cette manière, les fils sont à la même distance moyenne des fils télégraphiques, ce qui réduit l’induction de ceux-ci. On s’est servi des appareils Bell et Blake, qui ont fort bien fonctionné. Dans quelques jours, la ligne sera mise à la disposition du public.
- Voici la traduction de l’arrêté du ministre des travaux publics et des communications, en Hongrie, pour l’établissement des stations téléphoniques publiques, sur le territoire de Budapest et d’Ujpest :
- « Dans le désir de rendre accessible à tous les habitants de la capitale et d’Ujpest, les avantages d’un échange rapide des idées, et d'une prompte communication des nouvelles par l’emploi du téléphone, j’ai accordé à la Compagnie des téléphones de Budapest une concession pour
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- l’établissement de bureaux téléphoniques publics sur les territoires des villes de Budapest et d’Ujpest.
- « Ces bureaux publics devront être mis en communication avec le bureau central de la Compagnie des téléphones ; ils seront ouverts à toute personne pour la correspondance verbale avec les abonnés de la Compagnie, ainsi que pour la consignation de télégrammes intérieurs, rédigés en langue hongroise ou allemande.
- « Les taxes applicables pour ce service sont payables d’avance, et fixées aux chiffres ci-après :
- « a. Pour toute conversation d’une durée de io minutes au plus, 25 centimes.
- « b. Pour la transmission de tout télégramme déposé, un droit de 5o centimes, ou sur des taxes réglementaires, sans distinction du nombre des mots et de l’heure de la transmission.
- * Les «tâtions seront ouvertes au public, au moins de 8 heures du matin à io heures du soir.
- « Pour les signaler à l’attention, il sera affiché au-dessus de la porte d’entrée, un tableau portant l’indication : Bureau téléphonique public, et à côté de la porte un avis ainsi conçu : Ouvert de heures du matin, à heures du soir, pour la correspondance avec les abonnés de la Compagnie des téléphones, et pour la consignation des télégrammes en langue hongroise et allemande.
- « Budapest, le 10 novembre 1884. »
- Les journaux et revues scientifiques ont beaucoup parlé du microphone de Hipp, de Neuchâtel, dont les dispositions sont basées sur les mêmes principes que le microphone breveté, paraît-il, en i883, en faveur de MM. Mildé et d’Argy.
- Le microphone du constructeur suisse bien connu, va être expérimenté dans une houillère importante, à Mariemont, en Belgique, pour la transmission des signaux depuis le fond des galeries de la fosse jusqu’à l’ouverture du puits.
- Le réseau téléphonique d’Albany, la capitale de l’Etat de New-York, compte actuellement 1 200 abonnés ; il appartient à la Hudson River Téléphoné, qui possède plus de 5 000 abonnés, et occupe plus de 600 employés, dont 100 à Albany même. La Société a installé des câbles aériens pour diminuer le nombre des fils dans les rues.
- Sous la surveillance de l’inspecteur général des télégraphes, en Espagne, on vient d’établir une communication téléphonique entre le palais royal, à Madrid, et le Teatro Real de cette ville, permettant à la famille royale de suivre toute la représentation sans sortir du château.
- Une société locale vient d’être constituée au mois de septembre dernier à Padoue, pour l’exploitation du téléphone dans cette ville. Les travaux ont commencé les premiers jours de ce mois et la nouvelle Compagnie compte déjà plus de 100 abonnés futurs. Le prix de l'abonnement a été fixé à i5o francs par an, avec une réduction de 20 pour cent pour deux lignes. Une remise de 5o pour cent sera faite pour les abonnements du gouvernement et de la commune.
- La première ligne téléphonique du Japon vient d’être construite à Tokio.
- Le nombre des abonnés au téléphone dans la ville de Mexico s’élevait au Ier novembre dernier à 56o sur 25o,ooo habitants, ou à peu près la même proportion qu’à Bor-
- deaux, qui a 522 abonnés sur 216000 habitants. La Com-aenie Mexicaine a maintenant i58 abonnés à Guadala-jara.
- L’Inter-Continental Téléphoné Company, qui exploite une concession exclusive pour les téléphones au Venezuela, a établi des réseaux à Caracas, La Gayra, Valencia et Porto Cabello avec un total d’environ 5oo abonnés. Toutes ces 'filles sont reliées ensemble, et les bénéfices pour l’année i885 sont estimés à 10 pour cent du capital engagé.
- Le réseau téléphonique d’Atlanta, en Géorgie, compte aujourd’hui 55o abonnés, et on vient d’y installer une nouvelle table de communication sur le système Law, pour 1 200 fils.
- L’American Bell Téléphoné C° possède aujourd’hui 225 brevets téléphoniques, que ses experts sont constamment occupés à perfectionner. On cherche à combattre les effets d’induction, et de perfectionner les appareils existants de toutes les manières.
- L’Electrical Review de New-York annonce que l’American Bell Téléphoné C° s’est attaché M. Edison, qui doit s’occuper de trouver toute sorte de perfectionnements téléphoniques pour le compte de la Compagnie.
- Le réseau téléphonique de la ville de Norrkoping, en Suède, compte aujourd’hui 199 abonnés sur 27 3oo habitants. La longueur du fil employé atteint environ 118 kilomètres et le prix de l’abonnement est de 100 couronnes, ou environ 140 francs. Le réseau appartient à une Société locale, la Norrkopings Telefon Aktiebolag.
- Il paraît que l’église de M. Talmage, à Brooklyn, n’a pas été la première église reliée à un bureau central téléphonique, car depuis deux ans plusieurs églises, à Birmingham et Bradford, sont reliées aux réseaux téléphoniques de ces villes. L’église de Saint-Georges Square à Greenock, a été reliée déjà au mois de juin 1882, et depuis ce temps les abonnés de Greenock et même ceux de Glasgow, ont pu en tendre le sermon chez eux tous les dimanches.
- La Hudson River Téléphoné C° vient de traverser le fleuve Hudson avec plusieurs lignes téléphoniques placées sur des montagnes de chaque côté du fleuve à une distance de 2 800 pieds et à une hauteur de 1 524 pieds. Ces lignes sont destinées à établir une communication directe entre New-York et les réseaux de la Compagnie à Newburg, Albany, Troy et Saratoga.
- Le nouveau bureau central de la Compagnie des téléphones à Boston sera pourvu du dernier modèle de tables de communications, fabriqué par la Western Electric Manu-facturing Company. La grande salle sera éclairée le soir par des lampes à incandescence fournies par la Compagnie Weston. L’indicateur d’heure de M. Oram sera également installé à titre définitif dans le nouveau bureau.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, l3, quai Voltaire. — 53542
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- La Lumière
- Journal universel d’Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
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- S!
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout ’y
- 7* ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 17 JANVIER 1885 N° 3
- SOMMAIRE. — Sur l’aimantation artificielle de la magnétite; Antonio Pacinotti. — Les régulateurs électriques; G. Richard. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables aux voies ferrées; Marcel Deprez, Maurice Leblanc. — L’éclairage électrique d’un quartier d’Anvers; A.-H. Noaillon. — La fabrication des lampes à incandes-descence Cruto; Aug. Guerout. — La défense des ports au moyen de torpilles électriques; C.-C. Soulages. — Chronique de l’Etranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur la théorie de l’induction électrodynamique, par M. P. Duhem. — Essai sur le pouvoir refroidissant des gaz, par M. Ch. Rivière. — L’espace sombre dans les tubes de Geissler, par le Dr Puluj. — Les actions de la foudre sur le corps humain, par le Dr Heusner. — Faits divers.
- SUR L’AIMANTATION ARTIFICIELLE
- DE
- LA MAGNÉTITE
- Les recherches que je vais exposer se rapportent à l’aimantation artificielle de différentes espèces de magnétite ou oxyde de fer magnétique. J’y ai été conduit par cette idée que dans les petites machines magnéto-électriques destinées à être mues à la main, on devrait'* éviter d’employer à l’excitation des inducteurs une partie de l’énergie produite. On s’est bien servi dans ce but d’aimants permanents en acier, mais ces aimants, qui produisent un champ magnétique relativement faible, sont en outre très coûteux, et c’est pourquoi j'ai été amené à me demander si on ne pourrait pas employer dans la construction des aimants permanents la magnétite de l’île d’Elbe au lieu d’acier. De prime abord, en raison de la faiblesse ordinaire des aimants naturels, on pourrait croire qu’ils ne sont pas propres à cet usage. C’est dans l'espoir d’arriver à renforcer artificiellement leur magnétisme naturel que j’ai été conduit à faire quelques essais qui, à mon avis, méritent d’être continués et étendus.
- Un fait que j’ai déjà constaté, c’est qu’en plaçant une magnétite naturelle entre les pôles d’un fort électro-aimant, on peut intervertir ou changer d’une façon quelconque la direction de son aimantation permanente et obtenir dans la magnétite à
- grain fin des aimantations permanentes supérieures à celles que conservent quelques aciers trempés. Cela ne suffit pas pour affirmer d’une manière sûre qu’on puisse avec avantage employer la magnétite dans la construction des aimants permanents, mais peut faire espérer que la chose sera possible, au moins dans quelques cas.
- L’électro-aimant dont je me suis servi pour aimanter la magnétite et l’acier est formé de deux bobines composées chacune de 420 tours d’un fil de cuivre de 2,5mm de diamètre et dont les noyaux cylindriques ont 217““ de long et un diamètre de 84““. Ces noyaux sont vissés sur un prisme en fer. Le poids des deux bobines est de 19k,25o et celui du fer fixe de l’électro-aimant de 26 k,45o. Il y a en outre deux masses parallélipipédiques en fer dont chacune pèse 3k,65o et qu’on place sur les extrémités polaires des noyaux cylindriques pour pouvoir approcher le morceau de magnétite qu’il s’agit d’aimanter. Le courant employé était fourni par une petite machine à anneau que j’ai construite et qui était mise en mouvement par deux hommes. Cette machine donnait continuellement une intensité d’environ 7 ampères qui augmentait même de quelque peu, pendant un temps très court, lorsqu’on ouvrait, après l’avoir fermée, une communication entre les bornes de la machine en mouvement.
- Le premier essai a été fait le 20 du mois de novembre dernier sur un morceau de magnétite présentant une forme assez irrégulière, pesant 707 grammes, et mesurant sur sa plus grande Ion-
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- gueur à peu près un décimètre. L’axe de l’aimantation naturelle qui, dans ce morceau, coïncidait sensiblement avec sa plus grande longueur, a été placé dans le plan horizontal d’une boussole divisée en degrés, suivant la perpendiculaire au méridien magnétique passant par le centre de l’aiguille, La déviation qu’on obtenait ainsi en approchant la magnétite de l’aiguille de la boussole, était très petite, mais bien nette.
- De cette façon j’ai obtenu pour l’aimantation naturelle un seul degré lorsque l’extrémité la plus voisine de la magnétite se trouvait à une distance de 21 centimètres du centre de l’aiguille.
- Après avoir aimanté ce morceau irrégulier de magnétite, en le plaçant entre les armatures de l’électro-aimant, il produisait à la même distance de 21 centimètres une déviation de i5 degrés sur l’aiguille de la boussole. En plaçant de nouveau ce morceau entre les pôles de l’électro-aimant, mais en sens contraire, j'ai obtenu une aimantation permanente contraire qui à la même distance a donné une déviation de 12 degrés.
- Pour aimanter dans de bonnes conditions le morceau de magnétite, il est’ utile qu’il soit taillé de façon qu’il présente des surfaces planes lorsqu’on l’approche des armatures polaires. Cela explique pourquoi dans l’expérience suivante on a obtenu un meilleur résultat avec un morceau de magnétite ayant un volume et un poids plus petits que ceux du morceau précédent.
- Le morceau de magnétite le moins lourd avait été poli grossièrement sur les faces que j’ai approchées entre les armatures aimantantes, tandis que le morceau le plus lourd n’avait pas subi cette opération. Un morceau de magnétite qu’on a taillé presque en forme de parallélipipède droit, quoique encore irrégulier en quelques points de sa surface, et un peu effilé sous forme de cône dans une de ses directions, avait comme dimensions :
- Poids................................. 598 grammes.
- Longueur............................ 72mm.
- Epaisseur............................. 3olnm.
- Largeur à une de ses extrémités. . . 63mm environ.
- — à l’autre extrémité.......... 55mm —
- Le 21 novembre, j’ai trouvé dans ce morceau de magnétite un peu plus d’aimantation dans le sens de la largeur. Je l’ai aimanté dans le sens de sa longueur, en le plaçant entre les armatures de l’électro-aimant qui était traversé par le courant de la machine. Ayant porté l’axe de la partie en forme de cône sur la ligne passant par le centre de l’aiguille de la boussole, perpendiculairement au méridien, de. façon qu’il fût en regard de la boussole et eût son extrémité la plus étroite à une distance de 36 centimètres, j’ai obtenri une déviation de 2o°5. Cinq jours après, j’ai également obtenu à la même distance de 36 centimètres une déviation de 190.
- Pour établir une comparaison, bien que grossière, entre l’aimantation conservée par la magnétite et celle conservée par l’acier trempé, j’ai superposé l’une sur l’autre cinq petites plaques rectangulaires en acier ayant un poids de 583 grammes. Je les ai réunies ensemble au moyen de deux fils pesant 5 grammes et, une fois porté au rouge, le paquet a été trempé dans l’eau. Dans son ensemble, ce paquet constitue presque un parallélipipède droit ayant une longueur de 92mm, une épaisseur de i3 et une largeur de 63mm. Il a été aimanté le mieux possible au moyen du courant de la machine, pendant qu’il était serré entre les armatures de l’élec-tro-aimant. Approché de la boussole par l’extrémité nord, à la même distance de 36 centimètres qu’auparavant, ce paquet a donné une déviation de io°,5. J’ai ensuite délait les ligatures de fil defer et en examinant les déviations produites sur la boussole avec chacune des plaques à la même distance de 36 centimètres, j’ai obtenu successivement : pour la première plaque 8°, pour la seconde 3°, pour la troisième o°,5, pour la quatrième 20 et pour la cinquième 8°. Les cinq plaques, placées l’une sur l’autre, dans le même ordre, sans aucune ligature, m’ont donné une déviation de 9°,5. En les aimantant l’une après l’autre et en les replaçant successivement près de la boussole, à la distance indiquée, j’ai obtenu comme déviations : 90 de la première, 70,5 de la seconde, 70 de la troisième, 70 dé la quatrième, io° de la cinquième. Les cinq plaques replacées l’une sur l’autre dans le même ordre et liées à nouveau ont reconstitué le paquet, qui, à la même distance de 36 centimètres n’a produit qu’une déviation de ii°. J’ai défait tout de suite le paquet et j’ai obtenu pour la distance susdite : 8° pour la première plaque, 3°,5 pour la deuxième, 3° pour la troisième, 3° pour la quatrième, 90 pour la cinquième. Ayant encore une fois lié le paquet dans le même ordre, j’ai encore obtenu io°. Cinq jours plus tard, la déviation, pour la même distance du paquet, a été de io°.
- Comme le volume du minéral est d’environ 124 centimètres cubes, tandis que celui du paquet en plaques d’acier n’est que d’environ 65cm3, on pourrait croire que l’acier contient moins de magnétisme, uniquement parce que ses parties sont plus rapprochées. J’ai donc défait le paquet et j’ai interposé entre les plaques quatre planchettes ayant chacune 5mm d’épaisseur et formant un tout qui mesurait un volume de igi0"13. Ce nouveau paquet m’a donné comme déviation i2°,5.
- J’ai de nouveau aimanté les cinq plaques une à une en les superposant ensuite en oi'dre avec les petites planches intercalées, et une fois le paquet placé encore sur le parallèle magnétique à la distance de 36 centimètres du centre de la boussole, j’ai obtenu une déviation de i5°,5, tandis que tout à l’heure la magnétite produisait 190, tout en ayant
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- un plus faible volume et une plus petite longueur.
- J’ai cherché à renforcer quelques aimants naturels armés, de même que quelques aimants d’acier en fer à cheval en les aimantant contre les armatures de l’électro-aimant et en examinant ensuite les efforts nécessaires pour en détacher les armatures.
- Je dois à l’obligeance du professeur Acchiardi un aimant naturel armé qui, y compris ses armes en fer et sa monture en laiton, pèse 2 kil. 890. Pour mesurer facilement et avec approximation l’effort nécessaire pour détacher l’armature de ses pôles, jè me suis servi d’un dynamomètre à spirale permettant d’évaluer les quarts de kilogr. On plaçait l’aimant sur une petite table sur laquelle on le fixait et on tirait horizontalement sur l’armature avec le dynamomètre dont on lisait les indications. Par la force due à son magnétisme, cet aimant a retenu l’armature jusqu’à un effort de 5 kil. 5. Après avoir été aimanté sur l’électro-aimant, cet aimant a résisté jusqu’à un effort de 11 kil. Après cinq jours, il lui fallait 11 kil. 3, et ayant été de nouveau aimanté, il n’a lâché son armature que sous un effort de 12 kil. 5.
- Parmi les aimants en acier trempé que j’ai examinés ayant la forme de fer à cheval, celui qui se rapproche le plus comme masse de l’aimant naturel précédent, pèse 2 kil. 110 et est formé de trois lames en acier pliées l’une sur l’autre.
- L’aimantation qu’il possédait déjà n’était pas assez forte pour que l’armature pût porter le poids de l’aimant; l’armature se détachait sous un poids de 2 kilogrammes. Ayant placé cet aimant dans son sens sur les armatures de l’électro-aimant lorsqu’il était actionné par le courant de la machine, l’armature a été attirée plus fortement et a résisté jusqu’à un effort de 7 kilog.
- Je dois également à l’obligeance du prof. Fèlici, une magnétite munie d’armures et renfermée dans une boîte en laiton avec les extrémités polaires des armures en dehors. Elle pesait en tout, fer et laiton compris, 982 grammes. L’aimantation naturelle quelle possédait lui permettait de résister jusqu’à un effort de traction de 2 kilog., exercé sur son armature. Après l’avoir aimantée en plaçant les contacts en fer sur les armatures de l’électro-aimant elle est arrivée à retenir l’armature jusqu’à une traction de 5k,5 et quatre jours après jusqu’à 6 kilog.
- Un aimant en fer à cheval d’acier trempé pesant ik,352 et constitué de trois lames superposées l’une sur l’autre et vissées ensemble, après avoir été aimanté sur l’électro-aimant a attiré l’armature jusque sous un effort de 4 kilogr., et deux jours plus tard seulement jusqu’à 3k-25.
- Il existe cependant une qualité d’acier, probablement de l’acier de fusion, qui, une fois trempé, conserve une aimantation bien plus forte. J’ai eu, en
- effet, l’occasion d’avoir à examiner un aimant en fer à cheval formé d’une seule pièce d’acier, ayant un poids de ik,2i 5, qui faisait partie d’une petite machine d’induction destinée à l’usage médical, et appartenait à M. Mariano Pierucci.
- Cet aimant avait gardé depuis longtemps une telle force d’aimantation qu’il a résisté jusqu’à un effort de traction de 10 kilog. exercé sur l’armature, et placé dans le même sens sur l’électro-aimant, jusqu’à un effort de i2k’25.
- Le professeur Tassinari m’a prêté une magnétite armée, qui avec ses armures pèse ok,42i. Elle exerçait sur son armature jusqu’à un effort de ok’goo, et dès qu’elle a été placée avec ses contacts sur l’électro-aimant parcouru par le courant de la machine, elle a permis d atteindre 2k’ioo.
- Cette magnétite peut être facilement séparée de ses armatures. L’ayant démontée, j’ai trouvé comme poids de la magnétite seule ok>2^. Aimantée et présentée directement contre les armatures polaires de l’électro-aimant elle a résisté, une fois remontée, à un effort de traction de 3 kilog.
- Elle a été ensuite démontée à nouveau et replacée entre les armatures de l’électro-aimant,mais en sens contraire. Répétant l’aimantation inverse par trois fois de suite elle est arrivée à reproduire sur l’armature, au moyen de la monture, un effort de traction de 3 kilog. Etant restée presque toujours attachée à son armature et ayant été fermée plus exactement avec ses armures, elle a gagné en force attractive de telle sorte qu’après 9 jours l’armature s’est détachée sous un effort de 5 kilog. qui correspond à peu près à 18 fois le poids de la magnétite.
- Un petit aimant en fer à cheval d’acier trempé venant d’Angleterre et d’un poids de 7,2 grammes, aimanté sur le même électro-aimant, a attiré une petite armature jusqu’à 149 grammes et après cinq jours jusqu’à 168 grammes, c’est-à-dire jusqu’à 23 fois le poids de l’acier.
- Un petit aimant armé, d’ancienne construction, retenait sa petite armature, à cause du magnétisme qu’il conservait, jusqu’à résister à un effort de 254 grammes et après avoir été présenté dans son sens, par ses petits contacts en fer contre les armatures aimantantes de l’électro-aimant, attirait l’armature jusqu’à une traction double. J’ai séparé ensuite le petit aimant de ses armures et je l’ai aimanté dans son sens entre les armatures de l’électro-ai-mant. Son poids était d’environ 7 gr. 5.
- Ayant replacé cette petite pierre d’aimant dans sa monture, elle a attiré sa petite armature sous un effort qui atteignait 566 grammes; fixée à son armature, après cinq jours elle a résisté à un effort de traction d’environ 709 grammes. Six jours encore après, l’effort était de 759 grammes, c’est-à-dire plus de cent fois le poids de la magnétite.
- Reste à savoir si cette aimantation peut se con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- server pendant longtemps et s’il est possible d’aimanter de grosses masses de magnétite par l’influence d’électro-aimants bien plus forts.
- En somme les principaux résultats de ces recherches peuvent se résumer ainsi :
- La magnétite cristallisée ne possède pas de force coercitive sur le magnétisme. C’est une substance magnétique qu’on ne peut pas aimanter d’une manière permanente, peut-être en raison même de l’état de pureté connexe avec la forme cristalline. Même après avoir été serrés entre les pôles d’un fort électro-aimant, un petit cristal octaédrique de magnétite du Tyrol et un fragment de cristal de magnétite de Traversella n’ont gardé aucune trace sensible d’aimantation permanente. Il n’ont donné que des attractions sur l’aiguille aimantée.
- La magnétite granulaire, au contraire, qui sert à construire les aimants naturels avec armures, possède une force coercitive notable. Après avoir été placée entre les pôles opposés d’un fort électroaimant elle conserve d’une façon permanente une aimantation artificielle de beaucoup supérieure à l’aimantation naturelle dont elle est ordinairement douée. Cette aimantation est même supérieure à celle que, à poids égaux et à dimensions extérieures égales, conservent quelques aciers trempés.
- Plusieurs aimants naturels armés ont été notablement renforcés dans mes expériences en les exposant à l’influence d’un fort électro-aimant, et il semble que dans les petites machines magnéto-électriques qu’on fait mouvoir à bras d’homme, on puisse remplacer avec avantage les aimants permanents d’acier par des magnétites à grain fin, après les avoir aimantées artificiellement.
- Antonio Pacinotti.
- LES
- RÉGULATEURS ÉLECTRIQUES
- Nous avons déjà appelé dans ce journal (') l’attention des ingénieurs électriciens sur les principaux dispositifs proposés pour régulariser la marche des moteurs au moyen de l’électricité. Nous pensons que les électriciens exigent quelquefois, des machines à vapeur qui actionnent leurs dynamos, une régularité presque irréalisable et que l’on pourrait, toutes les fois qu’il ne s’agit que de la vitesse du moteur, s’approcher de cette régularité idéale tout autant par l’emploi de régulateurs purement mécaniques que par l’usage des régulateurs électriques. L’essentiel est, avant tout,
- (<) 24 mai 1884. Régulateurs de Carus, Wilson, Richardson, Westhingouse et Willians.
- de ne pas hésiter à faire le sacrifice d’un moteur rapide et plutôt trop puissant c’est-à-dire, comme nous l’avons fait remarquer dans nos précédents articles, relativement coûteux (2). Ces réserves faites, et nous rappelant que les véritables régula-
- teurs électriques, c’est-à-dire ceux pour lesquels l’action de l’électricité devient indispensable, sont ceux qui font varier la vitesse du moteur de ma-
- DÉTAIL DES CONTACTS
- nière à maintenir le courant constant, nous croyons intéressant de compléter les descriptions que nous avons données dans notre numéro du 24 mai dernier par celles de quelques régulateurs nouveaux fonctionnant par l’électricité.
- (2) 8 mars 1884 p. 431.
- Conducteur positif
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- ici
- D'ans le nouvel appareil de M. Willans, représenté par la figure i, dès que le courant qui passe dans l’électro-aimant régulateur G devient trop
- fort, son armature descend, malgré le ressort S, de façon à établir par X Y un contact entre F et D. Le courant passe alors du conducteur positif
- FIG..3. — RÉGULATEUR MIXTE WILLANS, HARTUELL^ET CROMPTON
- au conducteur négatif, ainsi que l’indique la figure, à travers le solénoïde inférieur À. L’armature M descend et fait remonter, par le distributeur P L,
- le piston K, qui ferme en partie la valve d’admission T.
- Ce mouvement entraîne en même temps l’extré-
- FIG* 4 ET 5. — ATTENUATEUR HYDRAULIQUE
- mité X du levier, de sorte que F reçoit, de G et de K, un mouvement différentiel qui s’arrête, avec la descente de K, dès que F se sépare de D.
- Lorsque le courant s’affaiblit en G, le ressort S soulève son armature, le contact s’établit en F C, le solénoïde B remonte M, et la valve T s’ouvre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Afin d’éviter les étincelles de ruptures, M. Wil-lans construit en réalité ses contacts avec des touches élastiques C et D, ainsi que l’indique la figure 2, de sorte qu’en temps normal les deux touches fassent contact avec F. Les actions de A et de B se neutralisent alors sur M, dont les vibrations
- FIG. 6. — RÉGULATEUR DIFFÉRENTIEL
- sont atténuées par le jeu de deux palettes W, appuyées sur la rondelle V par des ressorts N, et limitées par des taquets Q.
- Dans une autre disposition représentée par la figure 3, M. Willians, concurremment avec MM. Hartnell et-C rompt on, fait agir à la fois un
- régulateur mécanique ordinaire et un régulateur électrique.
- Le régulateur mécanique agit par la tige R sur
- FIG. 7. — RÉGULATEUR A COURROIE
- le tiroir de détente C2 du cylindre auxiliaire D dont le piston E actionne la valve régulatrice du moteur, mais il n’intervient que pour limiter la
- FIG. 8 ET 9,
- vitesse du moteur au delà d’un certain maximum au-dessous duquel la vitesse est réglée en fonction du courant par le jeu différentiel des deux solénoïdes A et Â2, dont les armatures B et B2 sont reliées par un levier à dash-pot ou amortisseur G' qui en atténue les vibrations. Le mouvement différentiel de ces solénoïdes agit directement sur le tiroir du petit cylindre D' glissant sur son piston fixe E', et qui déplace ainsi le tiroir principal du cylindre D dont la tige M actionne par conséquent le tiroir de détente C, à la manière d’un servomoteur (‘). Il en résulte qu’il correspond, à tout
- JAMIESON ET ALLEY
- déplacement des armatures B et B2, un déplacement fini et déterminé du piston E.
- L’antagonisme entre les armatures et leurs ressorts agit donc, pour maintenir la force électromotrice du courant sensiblement constante comme un régulateur astatique dont la sensibilité serait définie par la résistance de l’atténuateur G* départ et d’autre delà position moyenne des armatures.
- On peut remplacer l’atténuateur séparé G', par deux chambres D* et D3 (fig. 4 et 5), pleines d’eau sur laquelle le robinet D peut admettre ou échapper alternativement la vapeur, de façon à pousser à droite ou à gauche le piston G. Ce piston actionne, par M, la valve du cylindre régulateur et fait tour-
- (1) Voir la Revue générale des chemins de fer. Août 1882.
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- ner en même temps le robinet D. Ce robinet, qui reçoit la vapeur par V (fîg. 5), distribue l’eau par des ouvertures taillées en spirales comme celles du tiroir bien connu de Rider, a son débit commandé par le mouvement longitudinal que lui imprime un solénoïde fonction du courant aussi bien que par le mouvement de rotation de M. Lors donc que l’intensité du courant diminue, le solénoïde ouvre les orifices de D en le déplaçant suivant son axe, et l’eau poussée ainsi sur le piston de G par
- rem
- r
- FIG. 10 — LÉVY. — PYNAMOS ANTAGONISTES
- la vapeur fait tourner M, jusqu’à ce qu’il ait fait mouvoir le piston régulateur E (fig. 3) suffisamment pour ramener, par l’accélération du moteur, le courant à son intensité normale. En ce même point, l’arbre M ramène ainsi, par M', le robinet D en sa position neutre, maintenant le piston G dans sa position actuelle jusqu’à ce que le courant vienne à varier de nouveau. Les deux mouvements, longitudinal et rotatif, de D, combinés avec les ouvertures hélicoïdales de ses orifices, agissent ainsi comme un mécanisme différentiel.
- Dans le dispositif représenté par la figure 6, le solénoïde S actionne la tige M par l’intermédiaire de deux cylindres auxiliaires D et D'. L’un de ces
- cylindres, D', à modérateur très serré A', agit le-tement sur le levier l, tandis que D, dont le tiroir est actionné par un mouvement différentiel mm1, agit au contraire vivement sur ce levier, qui imprime aussi à la tige M un mouvement différentiel proportionnel au déplacement de l’armature du solénoïde S.
- La figure 7 représente une autre disposition de M. Willians, par laquelle la vitesse de la dynamo D,
- FIG. II. - LÉVY. — COMMUTATEUR
- commandée par la poulie P, est régularisée par l’action d’un solénoïde R, tendant plus ou moins sa courroie ou la faisant glisser sur fies poulies coniques.
- L’action de l’appareil de MM. Jamieson et Alley (fig. fi et 9), est fondée, comme celle du frein électrique d’Edison (') sur le principe du disque de cuivre d’Arago.
- Le disque de cuivre D, qui tourne entre les
- (*) Deprez et Japing * Transport de la force », p. 293.
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- pôles des électros régulateurs M, en éprouve une résistance qui augmente avec l’intensité du courant; il est mis en mouvement, à l’aide d’une poulie p, par l’arbre s, qui l’entraîne au moyen d’un ressort v, en même temps que le fourreau t, calé à rainure et languette par les vis K.
- En temps ordinaire, la résistance du disque est telle qu’elle équilibre exactement la tension du ressort v qui l’entraîne par conséquent comme s’il
- était calé sur l’arbre s. Le manchon t se trouve alors dans sa position moyenne indiquée sur la figure 9; ses roues l et T n'engrènent pas avec le pignon L qui reste immobile. Dès que la résistance du disque varie suffisamment dans un sens ou dans l’autre, l’une ou l’autre des roues, l ou V, fait tourner L de façon à abaisser ou à soulever par w le levier de distribution Q, à ralentir ou à accélérer la marche du moteur jusqu’à ce que le courant ait repris son intensité normale.
- X’
- vie. 12.
- M, LEVY. — LAMPES EN SÉRIE
- !
- LAMPES EN DERIVATION
- FIG. I4 — EDISON
- FIG. l5. — CALAGE DE ^EXCENTRIQUE
- M. Maurice Lévy fait au contraire appel (fig. 10) à l’action d’une dynamo B, dont l’inducteur et l’induit sont traversés par une dérivation R' du courant de la dynamo principale G, et qui se trouve accouplée à une machine magnéto-électrique de rotation contraire A, dont la bobine seule est traversée par une dérivation R de G. Les résistances R et R' sont graduées de façon qu’en temps ordinaire l’intensité des champs magnétiques des deux dynamos A et B soient égales, de sorte que leurs couples se neutralisent et que l’arbre x ne tourne pas. Si l’intensité du courant de G augmente, la
- dynamo B l’emporte sur la magnéto A et fait tourner x dans le sens voulu pour ralentir par t la marche du moteur; l’inverse a lieu si le courant diminue.
- On peut employer, au lieu des dynamos A et B, ainsi que l’indique la figure 11, un solénoïde B, fonction du courant et dont l’armature F fait osciller un commutateur circulaire p a q p autour d’un axe c. Les parties métalliques de ce commutateur sont indiquées par des hachures, les parties blanches sont isolantes. Dans l'axe C du commutateur, et mécaniquement indépendante de cet axe,
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- 10$
- se trouve une dynamo régulatrice dont les balais, I aux balais A a et Bp du commutateur, représentés en a et b, sont reliés en A et en B | En temps ordinaire, l’extrémité de l’armature p
- i -*îiÿ?r
- MG. l6. — COPLAND
- se trouve dans le plan i.i ; le courant traverse directement le commutateur suivant pq, sans passer
- par la dynamo. Quand le courant augmente, p vient en 2.2 et fait tourner le commutateur de gauche à droite de manière que p0 p0 vienne en la position pointillée p P, et a0 qn en a q. Le courant, obligé de suivre le trajet P p p B b, entre dans la dynamo par b, en sort par a, et quitte le commutateur par a K a' q.
- FIG. IC>. — COLLECTEUR
- Si le courant diminue, l’armature F s’abaisse en 3.3; le courant entre daus la dynamo par a, en sort par b suivant b B p q, et la fait tourner en sens contraire.
- La figure 12 représente un groupement de deux dynamo G et G' sur un même circuit de lampes l, et d’un régulateur R, disposés de façon à main-
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- tenir le courant constant, tout en ne faisant que très peu varier l’allure de la machine motrice de part et d’autre de sa vitesse de régime la plus économique. La dynamo G est traversée tout entière — inducteur et induit — par le courant, tandis qu’il ne traverse que l’armature de G', suivant B/', m', n', p', a, b, c, d, l, m, n, p, e, f, g, h. A. Une partie seulement du courant traverse, suivant A a' b' c' d' e' f g' B; les inducteurs a'b', c'd', e'f, g'bJ, de G'; le reste du courant passe directement au circuit utile, sur lequel se trouve le régulateur R, de manière que
- DÉTAIL DU DÉCLIC
- FIG. 19.
- chacune des lampes /, disposées en série, reçoive toujours le même courant, quelque soit leur nombre. Il suffit, pour cela,comme l’a démontré M. De-prez, de déterminer convenablement une fois pour toutes le rapport des vitesses des dynamos G et G' et de le maintenir sensiblement constant, ainsi que la vitesse du moteur.
- Si les lampes l sont montées en dérivation, il faut placer, comme l’indique la figure i3, la résistance R sur le circuit dérivé formé par les inducteurs de G', ou sur un circuit dérivé spécial.
- \
- Le mécanisme proposé par M. Copland n’est pas un régulateur proprement dit, sa fonction se borne à arrêter ou à ralentir considérablement la marche du moteur dès que sa vitesse dépasse une certaine limite.
- En temps ordinaire, le déclic D, engagé sous le taquet a, maintient, comme l’indiquent les figures 16 et 19, le manchon à frottement E' débrayé de l’arbre moteur e, de sorte que le pignon p ne tourne pas. Dès que la vitesse dépasse sa limite, le régulateur R fait, comme on le comprend d’après la figure 14, passer un courant dans l’électro E, qui, attirant A, fait basculer A A' autour de a et de a', de façon à l’amener (fig. i5) devant B, qui le repousse dans la position poin-tillée, en lâchant le déclic D t. L’embrayage E, libre de descendre, ferme alors par p p' la valve V
- FIG. 20. — RÉGULATEUR A MERCURE
- d’admission de vapeur, jusqu’à ce que le taquet t' vienne tout ramener à l’état normal.
- Le régulateur électrique d'Edison s’applique tout particulièrement aux moteurs à gaz (’).
- L’arbre de distribution C du moteur à gaz AB a a porte (fig. 14) un excentrique H (fig. i5) dont la tige fMN (fig. 17) promène sur le collecteur K (fig. 18) la pointe de contact b.
- Ce collecteur est formé d’une série de lames métalliques c, séparées par des feuilles de mica d, serrées par un boulon e, et reliées à des fils g.
- Les balais de la dynamo F, commandée par D E, sont reliés aux conducteurs principaux 1 et 2
- (’) Extrait de mon Traité des moteurs à Gaz, Dunod, Paris, 188S ; 1 vol. avec atlas de 70 planches.
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- (fig. 14) sur lesquels sont montées en dérivation les lampes y et le circuit régulateur 3-4. Le fil 3 aboutit à la borne h{ (fig. 17) du plateau isolé J et, de là, par 5, au bras N, dont la pointe ne touche pas le dos des lames cd. Le fil 4 se divise en un grand nombre de branchements (fig. 14) renfermant chacun un certain nombre de lampes régula-risatrices iii, et aboutissant aux bornes hh...
- L’excentrique H est orienté de façon qu’au moment de l’explosion, quand le moteur s’accélère, la pointe b occupe la position indiquée sur les figures 17 et 18. Cette pointe se trouve alors en-
- FIG 2 l • — RÉGULATEUR A ACTION DIRECTE
- traînée sous le coin f du ressort isolé L, de manière qu’elle appuie sur les lames c, introduise, dans le circuit 3-4, un nombre de lampes i d’autant plus considérable que la machine va plus vite, et dérive ainsi, du courant principal, un quantité d’électricité croissant avec l’accélération de la dynamo.
- Pendant les périodes de compression et d'échappement du moteur à gaz, c’est-à-dire pendant le second demi-tour de l’arbre C, la pointe b échappe la lame /, et tout le courant passe par le circuit principal 1-2.
- La vis m permet de faire glisser, par /K, le manchon G de l’excentrique H sur l’arbre C, et de varier ainsi son calage, le coulisseau s (fig. 17) fixé sur C, obligeant, par la coulisse t, le manchon G à tourner en même temps qu’il avance sur C.
- L’index o permet de -repérer facilement le calage le plus favorable à la régularité du moteur.
- Les figures 20 et 21 représentent deux autres dispositions du régulateur d'Edison, toujours d’après le même principe.
- Dans la disposition représentée par la figure 21, l’excentrique u calé sur l’arbre de distribution du moteur, ferme, au moment de l’explosion, la dérivation 3-4 des lampes de résistance i, par l’immersion de b dans le mercure q.
- Dans le dispositif de la figure 21, la tige b agit en introduisant, par la rupture du contact r, une résistance R, dans le circuit principal 1-2.
- Gustave Richard.
- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de 1er métropolitain de Paris
- Troisième article (Voir les numéros des 3 el 10 janvier 188S)
- THÉORIE DES MACHINES A EAU CHAUDE
- Le problème peut être énoncé ainsi :
- Etant donné un kilogramme d'eau chaude, à la température t, quel travail pourra-t-on lui faire fournir en admettant que la vapeur dégagée soit détendue jusqu' à ce qu'elle atteigne la pression atmosphérique, et qu'on 11e veuille pas que la température de l'eau s'abaisse au-dessous de tn degrés.
- Le travail qu’on pourra récupérer sera maximum si on fait passer ce corps par une série de changements d’états réversibles, èt en particulier si l’on opère de la manière suivante :
- i° On détend adiabatiquement l’eau chaude jusqu’à ce que sa température soit devenue Pendant ce temps, il y a production d’un certain poids de vapeur.
- 20 On sépare la vapeur de l’eau qui subsiste encore, et on détend adiabatiquement cette vapeur jusqu’à ce que sa température s’abaisse à ioo°, puis on la refoule dans l’atmosphère.
- Nous allons chercher d’abord quel sera le poids de vapeur fourni par 1 kilog.. d’eau passant de la température t à la température t0, en supposant t=z 2000 et t0 — i5o° centigrades.
- Nous nous servirons pour cela de la relation suivante, due à MM. Clausius et Rankine.
- Si on considère un mélange d’eau et de vapeur et que l’on désigne par :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ïo8
- x la quantité pondérable de vapeur du mélange; r la chaleur de vaporisation de l’eau à T degrés ;
- T la température absolue du mélange ; q la chaleur d’un kil. du liquide à la température T;
- r la chaleur de vaporisation d’un kil. de vapeur à la température T,
- On a la relation, lorsque le mélange est détendu ou comprimé adiabatiquement :
- Les fonctions qetr sont connues, on a en effet :
- gT =T—273 + 0,0002 [T—273]2 +o,o^ooo3 [TX273]3 rT = 606,S —0,695 [T—273]—0,00002 [T--273]2 — 0,0000003 [T — 273+
- Le poids de vapeur fourni par un kilog. d’eau passant de la température de 200° centigrades à la température de i5o° centigrades sera donc :
- 423 ,,473
- il — I ii
- T “J T
- I *273
- On a en effectuant les calculs :
- r=500,788
- on en tire x — 0,094, d’où :
- Un kilogramme d'eau chaude détendu adiabatiquement entre les deux températures de 200 et i5o degrés centigrades produira 94 grammes de vapeur.
- 20 Travail fourni pendant la période de production de vapeur.
- Ce travail est égal à la perte de chaleur du mélange, puisque nous avons supposé la détente adiabatique.
- La chaleur totale du mélange lorsqu’il est à la température T est évidemment égale à q? (1 —*x) —)— jcJ, en appelant J la chaleur de la vapeur, ou bien égale à qv\-x (J — q), or la quantité J — q qui représente l’excès de chaleur de 1 kil. de vapeur à la température T sur la chaleur d’un même poids d’eau à la même température, a reçu le nom de chaleur latente interne de la vapeur sattirée. Nous la désignerons par p.
- Le travail produit sera égal à
- Or on a
- Qm— 203 cal. 200 | 47433= i5i cal. 462 | p423 = 4S6 cal. 7 x = 0,094
- On en conclut que le travail effectué parla vapeur équivaudra à une perte de 8 calories 809, c’est-à-dire qu’il sera de 3j?>5 kgm.
- 3° Nous allons chercher maintenant le travail que fourniront ces 94 grammes de vapeur, lorsque nous les détendrons jusqu’à la température de ioo° centigrades. Nous suivrons la même méthode que ci-dessus.
- Exprimons d’abord le poids de vapeur qui subsistera à la fin de la détente. La formule de Clau-sius devient ici : i
- On en tire : ;v = 0,914.
- D’où il résulte qu’à la fin de la détente, nous aurons un mélange de 0,914 x 94 = 86 grammes de vapeur et de 94 — 86 — 8 grammes d’eau.
- La chaleur perdue pendant la détente sera o calorie 094 \qm — ^273 + p123 — 0,914 p373] d’après la même formule que plus haut.
- On a
- q.m = 100,5oo p,,3 =496,29
- 4" Mais après avoir fait travailler ce mélange, il faut le rejeter dans l’air, et pour cela dépenser un travail égal au volume final multiplié par la pression atmosphérique. Cherchons quel sera ce volume final :
- Remarquons tout de suite que l’eau demeurée à la température de i5o degrés centigrades reste dans la chaudière, le volume à considérer est donc celui occupé par les 86 grammes de vapeur et les 8 grammes d’eau qui ont été amenés à la pression atmosphérique.
- Le travail nécessaire pour refouler la vapeur dans l’air est équivalent à la quantité de chaleur Q qui disparaît lorsque la vapeur est engendrée (chaleur employée à créer l’espace où vient se loger la vapeur), ce dernier travail étant augmenté de celui qui serait nécessaire pour expulser la quantité d’eau transformée en vapeur. Si nous appelons s et <7 les volumes spécifiques de la va-
- ?473 — 7423 — ^ P423
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- peur et de l’eau, à la même température, p la pression, et v le volume spécifique du mélange
- v = .rs + (i — .y) <t
- A étant l’équivalent mécanique de la chaleur. D’ordinaire on désigne la quantité s — x par la lettre u, c’est une quantité bien définie, fonction de la température et dont les diverses valeurs se trouvent aujourd’hui réunies en tables.
- ~ 'L’expression v — xu -f- <r peut ainsi se calculer immédiatement.
- Dans le cas actuel, on a
- * = 0,9:4 u= 1,65 <7=0,001.
- On en conclut que le volume de vapeur à évacuer est de 142 litres. La pression atmosphérique étant de 10 334 kU- par m2, il faudra dépenser pour cela 1 467 kilogrammètres.
- En définitive, si nous résumons les calculs précédents, nous voyons que :
- Le travail que pourrait donner un kit. d'eau chaude à 200 degrés centigrades en fournissant de la vapeur jusqu'à ce -que sa température soit devenue 15o°, et cette vapeur étant elle-même détendue jusqu'à la pression atmosphérique est de 4 200 kilogrammètres.
- Ce résultat ne s’applique, bien entendu, qu’à une machine parfaite. Si l’on supposait que le cycle parcouru par la vapeur donnât Bo 0/0 du travail que pourrait fournir un cycle réversible, et que le rendement du mécanisme proprement dit fût aussi de 80 0/0, le travail utile ne serait plus que de 2 688 kilogrammètres.
- De nombreuses expériences faites sur les locomotives à eau chaude ont montré que ce chiffre était loin d’être atteint, et que dans la pratique on ne dépassait pas 1 5oo kilogrammètres.
- C’est que le cycle réalisé dans ces machines n’est pas réversible, puisque la vapeur est détendue brusquement avant d’arriver dans les cylindres, que le plus souvent ces derniers sont trop petits pour que la vapeur puisse y être amenée à la pression almosphérique...
- La différence que nous venons de constater montre que ces machines sont susceptibles d’être améliorées, surtout si on modifiait le cycle réalisé;
- Il faut remarquer encore que nous avons supposé que la température de l’eau ne pouvait pas s’abaisser au-dessous de i5o degrés centigrades. Cela est nécessaire en pratique, car, passé cette limite, il faudrait employer des cylindres démesurés pour produire le travail voulu.
- Cela tient à ce que Von n’envoie dans les cylindres que la vapeur émise par l’eau chaude ; si au lieu de cela, on y introduisait l’eau chaude elle-même, celle-ci pourrait être amenée à la température de 100 degrés ; et la température ne s’abaissant que d’une quantité insensible dans le réservoir, on pourrait lui demander du travail jusqu’à ce qu’il soit complètement vide.
- Il conviendrait de faire passer la vapeur d’échappement dans un récipient spécial où l’eau en suspension pût se déposer.
- Cette eau à la température de 100 degrés pourrait être réintroduite dans le réservoir lors d’une nouvelle mise en charge. De cette façon, le rendement général du système ne diminuerait pas, bien que la puissance d’emmagasinement des réservoirs fût augmentée.
- En faisant le calcul, on trouve qu’un kil. d’eau chaude détendu de 200° à ioo° donnerait 168 grammes de vapeur, et produirait un travail de 8 183 kilogrammètres.
- Le volume final du mélange de vapeur et d’eau serait de 278 litres, et son refoulement dans l’atmosphère exigerait 2864 kilogrammètres. Le travail théorique serait ainsi de 5 819 kilogrammètres, ce qui donnerait, en admettant que le rendement de la machine fût, comme plus haut, de 64 o/c» un travail disponible de 3 400 kilogrammètres.
- Il est donc permis de penser que la puissance d’emmagasinement des moteurs à eau chaude actuels pourrait être plus que doublée.
- Si nous comparons ce résultat à celui fourni par une locomotive ordinaire, nous trouvons que dans cette dernière il suffit d’i k. 40 de charbon pour produire un cheval-heure, la vaporisation étant d’environ 8 k. de vapeur par kilog. de charbon.
- Il en résulte qu’un k. d’approvisionnement représente à peu près 27 000 kilogrammètres au lieu des i 5oo que nous avons trouvés pour la machine sans foyer, dans ses conditions d’installation actuelles, ou des 8400 que l’on pourrait emmagasiner en s’y prenant comme nous l’avons dit.
- Il n’est malheureusement pas possible de songer à augmenter la puissance d’emmagasinement de son réservoir, car la pression croît très rapidement avec la température, et d’un autre côté les chaudières génératrices doivent toujours posséder un excès de pression notable sur celle qu’on veut développer dans les chaudières mobiles, si l’on veut que la mise en charge de ces dernières soit rapide. On serait immédiatement conduit à des difficultés de construction inextricables sans grand bénéfice pour la puissance d’emmagasinement.
- On pourrait songer à procéder différemment et à augmenter la puissance d’emmagasinement de l’eau en la mélangeant à un sel dont la solubilité décroîtrait rapidement avec la température et qui
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- en se déposant dégagerait une grande quantité de chaleur.
- Au chemins de fer de l’Est et de l’Ouest français, on a eu recours à un procédé analogue pour les bouillottes des voitures. Celles-ci remplies d’une solution d’acétate de soude étaient susceptibles de rester chaudes pendant bien plus longtemps. Mais l’emploi des dissolutions salines présente un inconvénient très grave, et qui consiste dans la grande lenteur avec laquelle s’opère la dissolution. Ainsi dans le cas actuel, la machine sans foyer peut être très rapidement mise en pression et cet avantage compense en partie l’inconvénient que nous venons de signaler. Si au contraire on la remplissait d’une solution saline, on pourrait peut-être quintupler sa puissance d’emmagasinement, mais on augmenterait dans une proporlÿm certainement beaucoup plus considérable la duree de sa mise en charge.
- 3° Machines à air comprimé
- Nous n’étudierons ici que les machines du système Mékarski, l’expérience ayant démontré que seules les machines de ce type étaient susceptibles de bien fonctionner.
- Pour ne citer qu’un seul fait, nous rappellerons que les machines à air comprimé, dont on a tenté l’essai, lors de l’ouverture du tunnel du Saint-Go-thard, pour la traction des trains, ont rendu de mauvais services. Malgré leur énorme tender (la capacité de la machine était de 7m3,6 et celle du tender de i8,n;1,i5), l’air comprimé à la pression de 12 atmosphères, suffisait à peine pour un parcours de 2200 mètres. Il fallait à ce point un arrêt où se trouvait installé un réservoir de 6om;i pour remonter la pression de façon à atteindre 4100 mètres; parvenu à cet endroit, second arrêt et second réservoir. On arrivait enfin à 55oo mètres, mais pour cela, il fallait 40 minutes de stationnement, et les trains ne pesaient guère que 5o tonnes.
- On a vu qu’avec la locomotive sans foyer, un kilogramme d’eau chaude ne pouvait fournir qu’une quantité de travail très médiocre : environ 1 5oo ki-logrammètres dans les machines existantes. Ce résultat tient à ce que l’organe de transformation doit être créé au fur à mesure, que ce phénomène absorbe plus de 600 calories par kil. de vapeur et que cette quantité de chaleur est inutilisée, puisqu’on la retrouve dans la vapeur d’échappement.
- Il n’en serait plus ainsi, si le fluide qui doit opé rer la transformation de chaleur en travail par sa détente préexistait : dans ce cas, la chaudière n’aurait qu’à lui restituer à chaque instant la quantité de chaleur absorbée par la détente.
- C’est ce qui se passe dans la machine à air comprimé de M. Mékarski.
- Mais pour se procurer cet organe de transformation, l’air comprimé, il faut dépenser une quantité de travail mécanique considérable, celle-ci seraminima lorsqu’on empêchera l’air de s’échauffer pendant la compression.
- En cet état, la chaleur interne de l’air n’est pas plus grande qu’avant la compression, mais il jouit de la propriété de faire apparaître cette chaleur interne sous forme de travail, lorsqu’on lui oppose une pression inférieure à la sienne, qui, dans la pratique, est la pression atmosphérique.
- L’énergie qu’il possède est demeurée la même, mais il y a eu création d’une différence de potentiels.
- Seulement, par le fait même de la transformation de la chaleur en travail, la température de l’air s’abaisse, et si l’on impose comme condition pratique de ne pas avoir d’abaissement de température au-dessous de la température ambiante, il est
- I \ i
- FIG. 17
- clair qu’on ne peut plus tirer parti de la chaleur interne du gaz.
- Pour lui faire produire du travail, il faut lui fournir une quantité de chaleur égale au travail qu’on veut produire.
- La machine Mékarski basée sur ce principe est donc une machine thermique dont la source de chaleur est la bouillotte, et dont le réfrigérant est l’atmosphère.
- Le rendement économique peut s’approcher plus ou moins de la limite maximum, fonction unique de la température du foyer et de la température ambiante.
- Comme en réalité l’air 11e suit pas un cycle fermé et qu’il se perd à chaque coup de piston le volume d’une cylindrée dans l’atmosphère, on doit chercher à tirer de l’air emmagasiné dans les réservoirs le travail le plus considérable possible. Ce travail est maximum pour le cycle suivant :
- i° L’on échauffe le gaz au contact de la source de chaleur à volume constant et pression croissante. •
- 20 On écarte toute source de chaleur ou réfri-
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- gérant, le gaz se dilate suivant une ligne adiabatique, et sa température s’abaisse jusqu’à la température ambiante, c’est-à-dire que l’on suit le cycle D B C (voir fig. 17).
- il est minimum, si l’on fait suivre au gaz, à partir de son état initial, une courbe isothermique.
- Dans le premier cas, le travail obtenu avec un poids déterminé d’aif est représenté par la surface BCD, dans le second par la surface ACD. Si l’on fournit de la chaleur suivant une loi arbitraire (en se conformant, bien entendu, aux conditions que nous nous sommes imposées), le travail sera représenté par la surface AMCD comprise entre les deux limites que nous venons d’indiquer.
- Or la loi suivant laquelle l’air comprimé reçoit la chaleur pendant les différentes phases de la distribution n’est pas connue avec précision. Nous ne chercherons donc pas à déterminer à priori la quantité de travail que pourrait développer un poids donné d’air comprimé à une pression déter • minée, et nous nous bornerons à signaler ce fait expérimental qu’un mètre cube d’air comprimé à 26 atmosphères donne un travail utilisable sur les pistons de 400 000 kilogrammètres.
- Or pour réchauffer cet air, il faut environ 100 litres d’eau, si bien qu’en résumé un kil. d’approvisionnement peut fournir 3 000 kilogrammètres.
- Ce résultat est loin d’approcher de ce que la théorie précédente aurait pu faire prévoir; il tient à ce que, pour réchauffer l’air, il n’y a qu’un moyen pratique qui consiste à lui faire traverser la masse d’eau chaude. Il se sature d’humidité et la quantité de chaleur absorbée par la vapeur ainsi développée est très considérable.
- L’emploi de la bouillotte d’eau 11’a donc pas fait gagner beaucoup en puissance emmagasinée les machines à air comprimé, mais il les a rendues susceptibles de fonctionner d’une façon satisfaisante. Auparavant, le froid produit pendant la détente congelait les huiles et occasionnait des grippages continuels.
- Au point de vue économique, ce système est inférieur au précédent. En effet, il ne faut pas oublier que d’après le principe de Carnot, le rendement d’une machine thermique ne dépend que des limites de température entre lesquelles elle fonctionne, et, que le choix de l’agent de transformation est indifférent.
- Ajouter de l’air comprimé à une machine à eau chaude 11’aurait pu avoir qu’un intérêt : augmenter la puissance emmagasinée sous un même poids ; or si 1 kil. d’approvisionnement\çontient 3 000 kilogrammètres au lieu de 1 5oo, il faut dire que la majeure partie de cet approvisionnement consiste en air comprimé qui occupe un volume énorme et exige des récipients très lourds, si bien qu’en pratique l’eau chaude à 200° peut emmagasiner plus
- de travail à poids égal, et à volume bien moindre.
- D’un autre côté, que de complications ! Il faut à poste fixe :
- i° Un générateur à vapeur pour alimenter les bouillottes et le compresseur d’air.
- 20 Un compresseur d’air.
- 3" Un réservoir pour emmagasiner l’air comprimé d’une manière continue.
- De plus chaque véhicule comporte :
- i° Une bouillotte renfermant de l'eau à 200°.
- 2° Un réservoir d’air comprimé.
- 3° Un mécanisme moteur.
- Que de transformations successives!
- Il est évident, à priori, que le travail utile développé ne pourra l’être qu’au prix d’un mauvais rendement.
- Cela ne doit pas nous empêcher de rendre justice aux qualités que possèdent les appareils Mé-lcarski qui font journellement un bon service à Nantes. Ce sont des appareils très bien étudiés et qui doivent opérer la traction dans des conditions encore plus économiques que les chevaux ou les petites locomotives à foyer.
- L’inventeur aura probablement été séduit par ce fait que l’air employé comme moteur possédait par lui-même cette élasticité que l’eau ne pouvait acquérir qu’en absorbant une grande quantité de chaleur latente.
- C’est ce que pensait aussi, sans doute, l’Anglais Warshopp qui proposait d’adapter aux locomotives une pompe de compression qui refoulerait de l’air à l’intérieur des chaudières. Il eut la même idée que M. Mékarski, et l’expérience qui fut faite de son système ne fournit aucun résultat, comme on devait s’y attendre, eu égard au principe de Carnot.
- Il faut dire encore qu’il y a quelques années, on songeait à l’emploi de l’air comprimé pour l’utilisation des forces naturelles. C’était en effet un mode de distribution susceptible d’être adopté du moment que le travail ne coûtait rien, et il y avait intérêt à le perfectionner. Mais nous ne pensons pas que, sauf des cas spéciaux, où l’arrivée de l’air est nécessaire à l’aérage, comme dans les travaux de mines ou la percée de tunnels comme ceux du Cenis ou du Saint-Gothard, on eût à hésiter entre l’emploi de l’air comprimé ou de l’électricité pour transporter le travail.
- Nous terminerons ce qui est relatif à l’emploi des machines à air comprimé par la description de l’une des plus puissantes qui aient jamais été construites (voir fig. 19).
- Elle repose sur le même principe que la machine Mékarski, a été étudiée par l’ingénieur écossais Robert Hardie et construite par Baldwin.
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- Essayée d’abord en octobre 1879, sur le chemin de fer aérien de New-York, elle fat bientôt abandonnée, mais on a recommencé à l’étudier en 1882
- à la suite des plaintes continuelles des habitants au sujet du bruit et de la saleté des locomotives employées dans la ville.
- FIG. 19. — LOCOMOTIVE A AIR COMPRIMÉ DU CHEMIN DE FER METROPOLITAIN DE NEW-YORK
- L’air comprimé est renfermé dans quatre réservoirs de omj9i de diamètre ; ils sont en tôle d’acier
- FIG. 2 0
- de i3m/m d’épaisseur, résistant à une tension de 52 k. 5 par millimètre carré. On les essaie à une pression de 56 k. par cent, carré ; la pression de l’air y atteint en service, 42 k. gr.
- L’air comprimé est refoulé dans les réservoirs par un compresseur qui absorbe un travail de 100 chevaux; ce compresseur remplit les réservoirs en une heure.
- En sortant des réservoirs, l’air comprimé passe par une valve réductrice, puis à travers une chaudière verticale de im,53 de hauteur et de om,8o de diamètre.
- La locomotive pèse environ 20 tonnes.
- En expérience, elle a remorqué, de Harlem à la Batterie, sur une longueur de i3 k. m., 4, un train de trois voitures en 37 minutes 1/2. La pression de l’air qui était à l’origine de 42 k. gr., n’était plus que de 10 k. 8, à la fin du parcours; la locomotive peut marcher seule avec une pression de 1 k. 75 dans les réservoirs, remorquer un train avec une pression de 5 k. 5o; marcher pendant iôkilomètres, et rester pendant toute une nuit sous une pression de 7 atmosphères.
- Ces essais ne paraissent pas avoir abouti définitivement.
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- 4° Des accumulateurs d'électricité
- L’expérience a démontré que l’on pouvait emmagasiner 3,boo kgm. par k. de poids brut dans les accumulateurs les mieux construits. Ce chiffre est d’ailleurs remarquable et supérieur à ce que donnent, à ce point de vue, l’eau chaude et l’air comprimé, d’autant plus qu’il n’est plus besoin ici de récipient lourd et coûteux. Mais l’emploi des accumulateurs nécessite les transformations suivantes :
- x° Production du travail moteur;
- 2° Transformation en électricité ;
- 3° Chargement des accumulateurs ;
- 4° Décharge des accumulateurs ;
- 5° Transformation de l’énergie électrique en travail.
- Un rendement médiocre est toujours la conséquence de nombreuses transformations. Néanmoins on peut obtenir avec eux un rendement meilleur qu’avec l’air comprimé.^
- MaisTem-ploi des accu -mulateurs présente en pratique un inconvénient capital, c’est la longueur de leur charge. Tandis qu’une locomotive à eau chaude ou à air comprimé peut se mettre en pression très rapidement si l’on dispose d’installations fixes suffisantes, il faut pour charger un accumulateur au moins autant de temps que pour le décharger, ce qui conduit à doubler le matériel de traction, ou à avoir recours à une manutention pénible et coûteuse.
- En effet, on a reconnu dans la pratique que pour les grands accumulateurs, il convient que le cou-
- rant de charge ne dépasse pas un demi-ampère par kg. Or il faut débiter en tout 18000 coulombs par kg. La durée de la charge d’un accumulateur doit donc être environ de io heures.
- On peut aller plus loin, il est vrai, et porter l’intensité du courant de charge jusqu’à 3 ampères, mais cela aux dépens du rendement et de la bonne conservation des accumulateurs.
- A part cela, les autres inconvénients relatifs au
- poids mort remorqué demeurent les mêmes qu’avec les autres systèmes. Le seul avantage qu’ils présentent, c’est la possibilité de récupérer une grande partie du travail opéré parla pesanteur le long des pentes, grâce à la réversibilité parfaite des machines magnéto ou dy-namo-électri-r ques.
- Une des pre mières locomotives électriques alimentées par des ac-cumulateurs, , est due , à M. Murchisson. On la voit représentée sur la figure 20.
- La locomotive de la figure 21, due à M. Dupuy, est employée à la blanchisserie du Breuil-en-Auge, près Lisieux, où elle sert au ramassage des toiles dans les prairies. Les accumulateurs du type Faure qui l’alimentent, sont renfermés dans un fourgon qui l’accompagne et tient lieu de tendeE Enfin la machine Gramme qu’elle renferme est non-seulement utilisée à déterminer la traction des wagonnets, mais aussi à actionner un dévidoir qui relève les toiles. Dans ces conditions spéciales, cette machine a rendu de bons services.
- On trouvera ci-joint une gravure (fig. 22) repré-
- FIG. 21. — LOCOMOTIVE ELECTRIQUE DE M. DUPUV
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- sentant le tramcar électriquequi a parcouru maintes fois les rues de Paris.
- Nous sommes les premiers à reconnaître la valeur scientifique de l’expérience ainsi réalisée, et l’intérêt qu’elle présente comme difficulté vaincue, mais au point de vue économique, elle ne saurait donner de bons résultats pour les raisons signalées plus haut.
- 5° De la transmission directe du travail par cable télo-dynamique
- On se souvient que les premières applications du transport de la force à distance furent réalisées par l’ingénieur français Hirn, à Bellegarde, au moyen d’un simple câble s’enroulant sur des poulies de grand diamètre, renfermées dans un même plan et marchant avec une très grande vitesse. Le procédé de transmission était des plus simples, d’un
- FIG* 2 2
- rendement très considérable, et c’est la solution qu’on devra toujours adopter lorsqu’il s’agira d’installations fixes et distantes de quelques centaines de mètres seulement.
- Il était rationnel d’appliquer le même principe à la traction des véhicules et c’est ce qui a été fait paUun*ingénieur italien, M. Agudio.
- Le câble n’exerce plus de traction directe sur le véhicule.$11 se’ldéplace par rapport à lui et se déroule avec’une très grande rapidité, 3o m. par seconde environ, sur une poulie de grand diamètre, solidaire _ du véhicule, et en détermine la rotation.
- Le mouvement de la poulie est ensuite transformé
- et est communiqué aux roues toueuses du locomoteur. Nous avons vu plus haut comment on se procurait le point d’appui.
- Une expérience de ce système faite à Dusino a parfaitement réussi. Mais la ligne était en alignement droit, et comme nous l’avons déjà dit, la transmission par câbles, même télodynamiques, perd tous ses avantages lorsqu’il faut franchir des courbes.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre.)
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- d’un quartier d’anvers
- C’est au printemps prochain que doit s’ouvrir l’Exposition d’Anvers, et l’état des constructions permet d’espérer qu’il n’y aura pas les longs retards qui jusqu’ici se sont toujours produits dans l’ouverture des expositions.
- La Belgique, voulant avoir aussi sa grande
- Ponts
- Bitume
- exhibition, ne pouvait mieux faire que de la placer dans la ville d’Anvers, un des ports les plus importants du Continent, et grand centre d’affaires, non seulement de la Belgique, mais encore de la France et de l’Allemagne, avec le monde entier. 11 est donc certain que les visiteurs ne manqueront pas.
- L’électricité, qui maintenant réclame la première place dans toutes les expositions, y sera largement représentée, et déjà plusieurs maisons ont proposé de faire l’éclairage complet.
- Une partie delà ville sera aussi éclairée par l’électricité, et actuellement on construit l’usine et l’on pose les conducteurs qui doivent distribuer la lumière dans tout un quartier.
- C’est la Compagnie générale d’Electricité belge, dontM. L. Nothomb est le directeur, qui fait cette installation.
- L’usine est située rue Loos, et sera pourvue de
- Pont
- FIG. a
- deux machines à vapeur compound, construites par la Société Cockerill, d’une force de quatre cents chevaux chacune.
- Le courant sera fourni par sept machines Gul-cher', pouvant donner chacune un courant de 800 ampères, avec une différence de potentiel aux bornes de 65 volts.
- Une force électromotrice aussi basse a nécessairement conduit à donner aux conducteurs une section énorme ; aussi ceux qui sont employés sont-ils composés de 19 fils de 48 dixièmes de millimètre formant une section de 345 millimètres carrés.
- L’installation comprend cinq circuits semblables
- ayant en moyenne une longueur d’un kilomètre. Les câbles, recouverts de gutta-percha, puis de rubans chattertonnés, sont placés sous terre, dans les rues, suivant une méthode qui me paraît bonne et qui mérite d’être souvent employée.
- Dans une tranchée profonde de soixante centimètres est placée une gouttière en forte tôle, dont le fond est couvert d’une couche de bitume (fig. 1). Sur ce bitume les cinq câbles d’aller sont étendus parallèlement ; au-dessus est placée une pièce de bois nommée pont, destinée à maintenir les câbles dans leur position, puis une nouvelle couche de bitume. Viennent ensuite les cinq câbles de retour, un nouveau pont, une couche de bitume et enfin une plaque de tôle formant couvercle. L’ensemble forme ainsi un seul bloc d’une grande solidité et très propre à assurer l’isolement et la conservation des câbles. Seulement, comme il ne serait pas facile de faire ultérieurement des prises de courant, on a soin de ménager des amorces de
- FIG. 3
- dérivation en face de chaque maison. Toute cette installation est faite avec beaucoup de soin par M. Malherbe, l’ingénieur de la Compagnie.
- Les cinq circuits, en sortant de l’usine, suivent la rue Loos et la rue Van Arteveld jusqu’à la rue de la Commune, où ils se séparent pour se répartir dans les rues Breydel, de la Station, Anneessens, Van Schoonhoven et l’avenue Keyser (fig. 2).
- La Compagnie générale d’Electricité a obtenu de la ville d’Anvers une autorisation pour dix ans, et quoique la Compagnie du Gaz prétende avoir le monopole de l’éclairage et intente un procès, la Municipalité n’a pas hésité à saisir l’occasion de faire juger si en accordant un privilège au Gaz on a pu engager l’avenir au point de rendre impossible l’application de tout système nouveau d’éclairage.
- La lumière sera fournie aux abonnés par des lampes à incandescence Siemens et des foyers Gulcher, consommant, les premières 1 ampère et les seconds 4 ampères et 5o volts.
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- La Compagnie fournit et fait à ses frais l’installation de tous les appareils, les abonnés n’ayant à supporter que les dépenses d’entretien et de consommation.
- La consommation sera d’abord réglée simplement d’après le nombre des lampes ; mais on se propose d’employer plus tard un compteur qui vient d’être inventé par M. Ferranti, et qui aurait pour principe l’action d’un courant fixe sur un courant mobile : le courant fixe étant formé par un solénoïde et le courant mobile par du mercure qui, dans sa rotation, entraînerait un disque de mica en relation avec un système indicateur.
- Cette première station d’éclairage comprendra environ 3 000 lampes qui pourront être allumées depuis le coucher du soleil jusqu’à minuit, et les travaux doivent en être terminés au mois d’avril prochain.
- Mais la Compagnie se propose d’en établir une seconde de 10000 lampes dans le quartier Sud-Ouest, où elle a déjà recueilli un grand nombre d’adhésions.
- Comme on le voit, la Compagnie générale d’Elec-tricité n’a pas cherché à résoudre les problèmes qui se posent lorsque l’on veut faire de la distribution. Elle a pris un courant de grande intensité avec des conducteurs de résistance sensiblement nulle, et elle place ses foyers en dérivation en ayant recours à l’emploi des rhéostats pour la régulation du courant. C’est évidemment une méthode simple, mais est-elle pratique au point de vue économique ? Certainement non. C’est là un moyen très coûteux qui peut être appliqué pour un centre restreint dans lequel les foyers sont bien groupés, mais qu’il serait impossible d’employer dans une distribution plus générale et d’une grande étendue.
- A.-H. Noaillon.
- LA FABRICATION
- DES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- CRUTO
- On connaît la lampe à incandescence de Cruto, qui avait vivement attiré l’attention à l’Exposition de Munich, et qui a été décrite dans ce recueil, tome IX, p. 461. D’après les mesures que nous avons rapportées, la dépense de ces lampes est de 25 volt-ampères par carcel, ce qui est peu, et ce bon rendement, ainsi que la qualité de leur charbon, ont engagé MM. Ch. Mildé et C8 à entreprendre leur fabrication, etTfs ont établi, dans ce but, un atelier spécial.
- Cette fabrication présente différentes phases que nous allons examiner successivement. Ce sont :
- La fabrication du filament;
- Le montage des filaments sur platine;
- Le soufflage et la mise en place du filament dans l’ampoule ;
- La raréfaction de l’air dans les lampes;
- La vérification des lampes terminées;
- Enfin le montage de la lampe.
- Fabrication du filament. — Les filaments de la plupart des lampes à incandescence sont obtenus par la carbonisation d’une matière orga-
- All'onge et son Support Coupe A.A
- nique, telle que fibre de bambou, fil de coton, papier, etc., ou produits par agglomération de charbon finement pulvérisé. Sans parler de la préparation même de la substance employée, sa carbonisation et sa cuisson exigent des fours, des creusets, des moules. En outre, le réglage de la résistance et du diamètre présente certaines difficultés. Avec le filament Cruto, qui s’obtient par dépôt du charbon sur un fil de platine à la Wollaston, l’emploi des fours, moules, etc., est supprimé et la résistance du filament pouvant être mesurée de temps en temps pendant la fabrication, se règle facilement.
- L’appareil où s’effectue le dépôt est une simple allonge en verre (fig. 1 et 2) remplie d’un hydrocarbure gazeux et dans laquelle est suspendu un fil de platine maintenu au rouge blanc par un cou-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rant électrique. Au contact du fil porté à une température élevée, le gaz hydrocarburé se décompose et le charbon se dépose uniformément sur le fil de platine, la couche de charbon participe alors à l’incandescence et détermine de nouveau la décomposition du gaz, de sorte que le dépôt se fait d’une façon continue.
- Le gaz employé est l’hydrogène bi-carboné
- WM-
- Supportef
- C2H4. On le fabrique dans de grands ballons avec un mélange de i/3 d’alcool ethylique et 2/3 d’acide sulfurique exempt de soufre.
- Avant d’entrer dans le gazomètre, ce gaz est lavé plusieurs fois, à l’eau simple, à l’eau de chaux et à l’acide sulfurique, afin de le débarrasser des divers corps qui sont entraînés : alcool, acide sulfurique, ou qui se forment en même temps que lui : éther, acide carbonique, sulfureux, etc. De plus, au sortir du gazomètre, on dessèche le gaz au moyen de chlorure de calcium et d’acide sulfurique de Nordhausen.
- Le fil de platine s’obtient par le procédé de Wol-laston. Un fil de ce métal est amené par tréfilage à une très faible grosseur, puis est recouvert d’argent. On tréfile de nouveau le fil composé et on amène finalement le diamètre total, argent com-, pris, au diamètre de — de millimètre. Le fil de platine, lui, n’a alors que 7^ de millimètre environ.
- Pour la fabrication du filament Cruto, on mesure la longueur du fil composé nécessaire au type de lampe que l’on désire, on le courbe en U, on en serre les extrémités dans les pinces du bouchon de l’allonge, puis on fait dissoudre l’argent dans un bain d’acide nitrique étendu d’eau. Alors on place le fil dans l’allonge ainsi qu’il a déjà été dit.
- Ces diverses opérations sont faites par des femmes et les mesures sont prises d’une façon pratique et avec une grande exactitude. Le fil est tendu et coupé sur une règle métallique divisée en millimètres ; puis il est soumis à un effort de traction qui lui donne la forme d’un fer à cheval. Le bain où plongent les fils pour la dissolution de l’argent est tenu constamment au même niveau, et, par un dispositif simple, le fil plonge toujours de la même quantité dans ce bain. Des points de repère permettent d’obtenir avec certitude une longueur de fil qui ne varie pas d’un demi-millimètre, ce qui suffit pour la pratique.
- Ainsi préparés et finis, les fils sont placés dans le gaz éthylène contenu dans les allonges. Celles-ci sont rangées sur de longues tables comme le montre la fig. 3.
- Les allonges sont placées verticalement et les griffes qui suspendent le fil de platine sont montées sur le bouchon de la partie supérieure de ces allonges. Ce bouchon porte en outre un tube pour le dégagement des gaz. (V. fig. 1 et 2).
- Le gaz est amené par la partie inférieure au moyen d’un tube de caoutchouc. Deux ressorts montés sur le collier qui supporte l’allonge maintiennent le bouchon en assurant une bonne fermeture par la compression de plusieurs feuilles épaisses de caoutchouc. Ces ressorts amènent en plus le courant au fil de platine, le crochet où s’accroche de chaque côté un des ressorts étant le bout de la tige sur laquelle est fixée la griffe qui suspend le fil de platine dans le gaz.
- Chaque allonge est placée en dérivation sur le circuit d’une machine Gramme avec un rhéostat hémicirculaire de 200 ohms divisé en fractions de 10 ohms, sauf pour les 3o derniers ohms qui sont formés par 2 divisions de 5 ohms, 5 de 2 ohms et 10 de 1 ohm.
- La résistance du filament est très élevée. Aussi, malgré la chute de potentiel de la machine, i5o volts, le courant qui passe est-il très faible. Mais, pour être encore plus maître de ce courant, un bras mobile permet d’établir une dérivation sur le filament au commencement de l’opération.
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- Les allonges sont rangées symétriquement des deux côtés de la table, de part et d’autre d’un fil central relié au pôle -f- de la machine. Le courant part de ce fil, traverse le rhéostat, passe dans l’allonge et revient à la borne — en traversant le commutateur représenté à droite de la figure. Les dérivations auxiliaires sont obtenues au moyen de 2 fils partant du pôle — de la machine et reliés à tous les bras de dérivation.
- Lorsqu’on suit les différences de résistance du fil pendant la marche de la fabrication et qu’on construit une courbe en relevant de io ohms en io ohms les grosseurs du filament, on remarque que la résistance du fil de platine diminue d’abord, puis peu après remonte rapidement, bien au-dessus de sa première valeur.
- Cela pourrait être dû à ce que le platine à un
- moment donné disparaîtrait pour ne laisser que du carbone ou bien à ce qu’il se formerait un carbure de platine qui diminuerait la grosseur du fil. Le fait n’a pas été élucidé.
- Ensuite, la résistance se remet à baisser et la courbe devient très régulière.
- Pour que la décomposition du gaz hydrogène carboné ne cesse pas de s’effectuer, il est nécessaire de maintenir le fil à une température élevée. Au commencement de l’opération, il faut pour cela un courant très faible. Le courant que peut donner la machine Gramme employée est réduit dès le principe à ce point au moyen du rhéostat qui est tout entier dans le circuit et de la dérivation auxiliaire. Puis, petit à petit, on enlève delà résistance au circuit de façon à conserver au filament toujours la même température. L’intensité du cou-
- Coupe
- rant qui traverse le fil augmente graduellement avec la grosseur de celui-ci.
- Un dispositif simple, dû à M. Thibaudeau et ndiqué à droite de la figure 3, permet de mesurer avec une approximation suffisante et très rapidement la résistance des filaments en fabrication et d’arrêter l’opération dès que la résistance voulue est obtenue.
- Un arrangement non indiqué sur la figure permet de faire la mesure toujours à la même température du filament.
- La résistance étalon de l’appareil de mesure, résistance que doit atteindre le filament d’un type de lampe en fabrication pour que l’aiguille du galvanomètre reste immobile, est établie une fois pour toutes. On n’a qu’à appuyer sur une des touches du commutateur, très ingénieux, placé au bout de la table (fig. 3), et on voit de suite par le mouvement de l’aiguille si le charbon qui correspond à la touche est fini ou non. C’est-à-dire, si sa
- résistance est égale ou non à celle que l’on veut obtenir.
- Sous l’influence du courant, ces fils fins et très flexibles au commencement de leur transformation obéissent à l’action magnétique de la terre. On doit les disposer dans un plan perpendiculaire à l’aiguille d’une boussole d’inclinaison placée dans le méridien magnétique.
- Le support de l’allonge est en conséquence à articulations, de façon à pouvoir placer celle-ci dans toutes les positions nécessaires.
- Mais outre cette action de la terre, il y a la répulsion entre deux courants parallèles et de sens contraire qui tend à écarter les deux moitiés du fil.
- Le fer à cheval s’arrondit et il serait disgracieux si, lorsque le filament commence à prendre de la consistance, on ne changeait le sens du courant au moyen d’un inverseur, représenté figure 3 à côté du pied de chaque allonge. Le fil tend alors à tourner sur lui-même pour obéir à l’action de la
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- terre, les deux branches se rapprochent et la forme du fer à cheval se régularise. Peu de temps après, on remet le courant dans sa première direction.
- Si on fait l’inversion trop tôt, le filament se tourne sur lui-même en forme de huit dont la boucle du haut serait ouverte, à cause des pinces d’attache, et à l’instant où les deux branches se touchent le courant trop fort coupe le fil à la partie supérieure.
- A l’aide d’un aimant, il est facile de faire mou-
- FIG. 4
- voir le filament de diverses façons, et, dans la pratique, on s’en sert pour rectifier les fils qui se seraient trouvés déformés dans les manipulations.
- Au point de vue chimique la réaction d’où résulte le dépôt de carbone est très complexe. Elle peut être modifiée par la présence dans le gaz d’aleools ou d’éthers, et dans ce cas il se produit de l’eau ; aussi prend-on soin d’éliminer ces corps par le lavage du gaz. Mais en ce qui concerne la décomposition du gaz pur on n’a d’autres données que les travaux de Berlhelot, qui n’ont pas complètement élucidé la question. Il est à remarquer
- que l’appareil qui sert à la fabrication des filaments pourrait être employé avec avantage pour l’étude de la décomposition du gaz hydrogène bi-carboné.
- Lorsque les dépôts successifs de carbone se font d’une façon uniforme, ils donnent un tout homogène et compact ; mais si pour une cause ou une autre, ils ne sont pas faits dans les mêmes
- FIG. 5
- conditions, le fil est comme composé de tubes s’emboîtant les uns dans les autres.
- Les filaments ne sont pas alors utilisables; quand on veut les employer, ils éclatent, comme s’ils s’effeuillaient, dès qu’on fait passer le courant. Ce cas ne se présente pas dans une fabrication courante.
- La fabrication d’un filament par le dépôt électrochimique de carbone exige en moyenne deux heures et demie.
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- I 2 I
- Montage du filament et soudure. — Les filaments obtenus lorsqu’ils ont tous la même longueur et la même résistance ont aussi la même
- grosseur. Des mesures directes répétées sur un grand nombre de filaments ont vérifié ce fait. C’est là un avantage sur les autres fabrications où ces
- FIG. t>
- trois valeurs : longueur, section et résistance, oscillent beaucoup en plus ou en moins, autour de celles que l’on veut obtenir. Cet avantage découle
- d’ailleurs du mode de fabrication qui, plus que tout autre, permet d’arriver à une grande régularité.
- c
- FIG. 7
- L’opération qui vient ensuite'consiste à fixer les filaments à l’extrémité des fils de platine qui doivent être soudés dans le verre de la lampe.
- Ces fils de platine sont tubés à un bout et les
- filaments sont montés et fixés dans ces tubes par un dépôt de carbone. C’est ce qu’on appelle la soudure.
- Pour cette opération on se sert de l’appareil re-
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- présenté figure 4. Le filament est placé dans une rainure en forme d’f} ; des pinces le maintiennent en place. Sur le même plan, mais isolées, d’autres pinces maintiennent les deux bouts de fils de platine tubés.
- C’est entre ces 4 pinces que le dépôt de carbone se fait. Le dispositif de l’appareil permet le passage du courant, de façon à ce que les deux parties à souder soient en tension. Le dépôt obtenu toujours par la décomposition de l’éthylène prend la forme d’un fuseau et englobe les extrémités du platine et du filament.
- Cette soudure est très bonne. Elle ne manque jamais. Elle est certainement préférable aux pâtes
- diverses employées, avec cuivrage même et au montage avec bouts de charbon creux.
- Le filament à souder est placé dans un circuit en dérivation sur une machine électrique avec un rhéostat ; on diminue la résistance au fur et à mesure que la soudure grossit et par suite ne se maintient pas au blanc. Un galvanomètre permet d’arrêter la soudure dès que le courant a atteint le maximum fixé.
- Ici le dépôt est obtenu très rapidement, la réaction chimique est moins complexe que dans la fabrication du filament, mais elle donne lieu à un dépôt de noir de fumée, intense et plus ou moins goudronneux.
- .+
- FIG. 8
- Soufflage et mise en place du filament dans l'ampoule. — Cette partie de la fabrication qui consiste à placer le charbon dans l’ampoule de verre, n’offre rien de particulier, et le procédé adopté diffère peu de celui que l’on emploie pour les autres lampes. Nous ne nous étendrons donc pas sur ce point.
- Raréfaction de l'air dans les lampes. — L’opération la plus délicate de la fabrication des lampes à incandescence est celle de la raréfaction de l’air. Elle se fait au moyen d’une série de pompes Spren-.gel (fig. 5 et 6) dont la disposition générale est bien connue.
- La branche A, dans laquelle se produit l’aspiration, porte à sa partie supérieure un renflement contenant un déshydratant énergique ; comme de l’acide sulfurique ou de l’acide phosphorique
- anhydre, et c’est sur un tube soudé à ce renflé-ment, qu’est montée la lampe dans laquelle on veut faire le vide. Lorsque le vide est fait, les gouttes de mercure, dans le tube, tombent avec un bruit sec.
- Le filament de la lampe à épuiser est placé, avec un rhéostat, en dérivation sur le circuit d’une machine électrique ; dès que le vide est suffisant, on fait passer un courant, faible d’abord : les gaz dilatés sont alors entraînés d’une façon plus sensible; quelquefois la goutte de mercure cesse de sonner en tombant. Le courant est peu à peu porté à l’intensité normale de la lampe. Et lorsque le mercure n’entraîne plus de bulles de gaz, d’une façon appréciable, on arrête le courant. Puis la lampe est fermée et essayée.
- La manœuvre des pompes Sprengel exige beaucoup de soins. Il faut, par exemple, que le mercure
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- soit sec, exempt d’impuretés, etc. Aussi est-il nécessaire de le nettoyer et de le sécher constamment.
- On se sert pour cela d’azotate de mercure et de lavages à l’acide sulfurique, et, avant de le faire entrer dans la circulation des pompes, on le fait passer dans une atmosphère desséchée au chlorure de calcium et dans un bain d’acide sulfurique.
- De plus, les lampes, avant d’être placées sur les pompes, sont desséchées par une circulation d’air complètement sec.
- Vérification des lampes terminées. — Les lampes terminées sont portées dans la salle d’essais.
- Elles y sont vérifiées au point de vue de leur intensité lumineuse et de leur dépense d’énergie.
- Le dispositif adopté permet ces mesures industriellement, c’est-à-dire rapidement et avec une approximation suffisante.
- La lampe à essayer B (fig. 7) est placée au milieu du banc photométrique. Elle est montée en dérivation avec une des lampes types qui garnissent le plateau tournant C. Entre deux, se trouve un écran à tache, à position fixe. On fait tourner le plateau jusqu’à ce que la tache disparaisse, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’on ait trouvé une lampe type de même.intensité que la lampe à essayer. On marque sur celle-ci le nombre d’ampères correspondant à la lampe
- Résistance
- Machine Gramme
- Accumulateurs
- type, on en remet une autre en place, et ainsi de suite.
- Du côté gauche de la lampe d’essai, même agencement, à part cependant que la lampe étalon qui vient se placer en tournant le plateau, vis-à-vis de la lampe d’essai, est mise en tension avec elle.
- De même, lorsque la tache de l’écran disparaît, on inscrit sur la lampe d’essai le nombre de volts correspondant à la lampe étalon qui donne une égale intensité lumineuse. Ce classement est très rapide et ne demande, de la part des opérateurs, qu’un peu de pratique à observer la tache.
- Lorsqu’il s’agit de mesures plus précises, la ta -che de l’écran Bunsen est vérifiée de chaque côté par la même personne, et des appareils de mesures, voltmètre et ampèremètre, sont mis en service. De plus, dans ce cas, les mesures photométriques sont reprises en se servant d’un photomètre à réflexion sur deux écrans. La différence de teinte des
- écrans, placés l’un à côté de l’autre, est alors plus commode à saisir. Ces deux méthodes, faciles à employer simultanément, se contrôlent réciproquement.
- Outre les essais photométriques et électriques des lampes, il y a encore les essais de durée en marche normale. La figure 8 représente l’installation adoptée pour ces essais, installation qui se trouve combinée avec celle de la soudure.
- Les lampes y sont mises en dérivation sur le circuit d’une machine et réglées chacune par un rhéostat, l’intensité du courant général étant, en outre, réglée par un rhéostat spécial. Un dispositif représenté à gauche de la figure permet, en outre, de relever souvent et sans interrompre le courant de la lampe la quantité d’énergie consommée par chacune d’elles.
- On peut, de cette façon, suivre les variations de résistance du filament lorsque la lampe est sur sa
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fin et la comparer avec l’intensité lumineuse. On obtient ainsi des chiffres qui font connaître les meilleures conditions de marche des lampes.
- Montage de la lampe. — Il n’y a rien à dire de particulier au sujet du montage des lampes Cruto. On a recherché les meilleures conditions : simplicité de montage et sécurité au point de vue des contacts. C’est là tout ce que l’on pouvait demander, et il est inutile d’en donner une description détaillée. Toutes les montures connues ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Celle qui a été adoptée ne présente rien qui la distingue beaucoup des autres, bien qu’elle puisse être rangée parmi les meilleures.
- Pour compléter cette description de détail, nous donnons dans la figure 9 l’ensemble de la disposition aes circuits de usine. Les sources de courant sont au nombre de 3 : 1 machine Gramme, 1 machine Siemens et des accumulateurs, et il est facile de suivre sur le schéma la distribution de leurs courants.
- On voit que tous les soins ont été donnés à l’installation par MM. Ch Milde fils et Cc, et nous espérons bientôt faire connaître les résultats obtenus avec ces lampes, qui sont intéressantes à plus d’un point de vue.
- Aug. Guerout.
- LA DÉFENSE DES PORTS ,
- AU MOYEN DE
- TORPILLES ÉLECTRIQUES
- A l’époque actuelle, où la plupart des puissances cherchent à étendre leurs possessions coloniales, la marine de guerre prend une importance de plus en plus considérable et l’électricité devient un des principaux auxiliaires de tous les armements.
- Nous avons bien des fois signalé les services rendus par les foyers électriques placés sur les vaisseaux ou dans les fortifications et, tout récemment encore, nous rendions compte des expériences, exécutées à Brest par ordre du Ministère de la marine française, pour la défense des passes. Mais les procédés électriques, tout en permettant d’éviter une surprise et en rendant possible, pendant la nuit, le tir des pièces de gros calibre employées pour protéger les côtes, fournissent encore 'des moyens de destruction capables d’anéantir en quelques instants les plus redoutables cuirassés.
- La torpille est un engin d’autant plus redoutable qu’avec les. perfectionnements électriques récents elle péut être conduite, pour ainsi dire comme par la main, sur le point où son explosion
- doit se produire; aussi lorsqu’un port ou quel-qu’éndroit accessible d’une côte sera maintenant pourvu d’un système complet de défense par les torpilles, les flottes ne parviendront pas à en forcer les passes.
- D’après le journal The Engineer, c’est en i585 que les premières mines flottantes furent employées au siège d’Anvers, par un ingénieur italien, qui parvint à faire sauter un pont sur l’Escaut ; les gouvernements se mirent alors de tous les côtés à étudier des méthodes d’attaque qui donnaient des résultats si surprenants à peu de frais et sans grands risques.
- Les mines fixes sous-marines et les torpilles lancées ont d’abord été en usage jusqu’au moment où le capitaine, Ballard de l’armée anglaise de l’Inde, eut proposé la construction de bateaux destinés à porter, à lancer et à diriger des torpilles au moyen d’un câble électrique relié à une base d’opération.
- Quelques années après la découverte du capitaine Ballard pour la manœuvre d’appareils explosibles, le colonel Lay, inventeur d’une torpille qui porte son nom, laquelle a été récemment décrite dans ce journal par notre collaborateur G. Richard, proposa une méthode à peu près semblable ; il a du reste construit et mis en œuvre un grand nombre de torpilles, surtout en Russie et aux Etats-Unis, et ses travaux ont démontré la possibilité de produire des bateaux torpilles mûs mécaniquement, tout en étant reliés à la base d’opération, au moyen d’un câble électrique.
- Les torpilles auto-mobiles et dirigeables ont présenté à l’origine de grandes difficultés pour trouver la force nécessaire à leur propulsion. Le colonel Lay employait le gaz acide carbonique dont la fabrication n’est pas commode, surtout sur un cuirassé où toute préparation de ce genre est, d’ailleurs, formellement interdite. L’emploi d’un gaz ou de l’air comprimé offre de sérieux inconvénients et n’est pas constamment pratique, aussi les engins construits de cette façon ne peuvent-ils être appliqués que dans une certaine mesure à la défense des ports, des côtes ou des stations de charbon.
- La torpille poisson (Whitehead) doit être lancée, de la base d’opération, dans une direction déterminée, son mécanisme dirigeant étant à l’avance disposé dans un sens précis, de façon à conduire l’appareil vers le but indiqué. Cette machine constitue certainement un engin remarquable de la plus grande puissance, mais il est impossible de l’employer avec précision dans une mer agitée, à travers un courant ou au moment des marées, et ce n’est que dans le voisinage du point à attaquer que l’on peut s’en servir avec quelque chance de succès.
- Comme il est presque toujours nécessaire d’opé-
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- LA DÉFENSE DES PORTS AU MOYEN DE TORPILLES ELECTRIQUE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- rer à distance, il faut avoir à sa disposition des engins à longue portée pouvant être manœuvres, à un instant quelconque de leur course, de la base même d'opération, de façon à atteindre sûrement le but et à amener l’explosion au moment le plus favorable à l’attaque; ces résultats ne peuvent être obtenus qu’avec des torpilles automotrices et dirigeables.
- Dans La Lumière Electrique du 20 décembre dernier, M. G. Richard a donné les détails techniques de la torpille de M. Williams, qui fonctionne, comme celle de Nordenfeldt, par des procédés entièrement électriques.
- M. J.-S. Williams a combiné en Amérique un système de torpilles, de bateaux torpilles et d’appareils de lancement, ainsi que les divers accessoires pour l’installation de la défense d’un port de mer, d’une baie, des côtes et des stations pour approvisionnement de charbon, et le dessin pittoresque ci-contre représente la vue d’ensemble d’un port dans lequel tous les travaux de défense ont été organisés suivant le nouveau système électrique.
- La ville s’étale aux pieds des derniers contre forts de collines que l’on aperçoit, dans le lointain, au dernier plan; le bassin du port vient ensuite, puis, en avant, l’on aperçoit la jetée à l’extrémité de laquelle s’élève un phare marquant le niveau de la passe et, de chaque côté, le prolongement des terres qui entourent le port proprement dit.
- Les divers points de la défense et leurs communications électriques sont indiqués schématiquement dans le dessin; sur une élévation* dans le fond à gauche, est figuré un moulin à vent ; c’est à l’intérieur de cette construction que se trouvent les machines dynamo destinées à fournir le courant électrique; les câbles conducteurs, représentés par des lignes pointillées, partent du point A et relient entre elles trois batteries flottantes B. B. B., mais le circuit, après être parvenu à la première de ces batteries, arrive à un ouvrage de terre situé à droite un peu en dehors de la passe, et, après avoir atteint la troisième batterie, il passe encore par une nouvelle station casematée pour venir compléter le circuit au point de départ. On aperçoit en outre, en C. C., deux bateaux torpilleurs qui concourent à la défense générale.
- Notre dessin représente, le moment où un cuirassé et d’autres navires ennemis essaient de forcer l’entrée du port pour aller bombarder la ville. Aussitôt, des divers points préparés pour la défense, comme nous venons de l’indiquer, des torpilles automotrices et dirigeables sont lancées et viennent converger sur les vaisseaux qu’il s’agit d’atteindre. Les lettres t indiquent les torpilles provenant des batteries fixes de terre, les lettres t' celles qui sont lancées par les trois batteries flot-
- tantes, et les lettres t" celles qu’envoient les bateaux torpilleurs. Au moyen de câbles électriques qui se dévident, ces diverses torpilles sont reliées à la base d’opération de chaque côté de la passe sur la terre; aux points B, pour les batteries flot tantes, et aux points C, pour les bateaux torpilleurs.
- Les bâtiments ennemis, dès qu’ils s’approchent du port, ne peuvent manquer de se trouver dans le cercle d’action de ces diverses batteries de torpilles automotrices et dirigeables; le rayon de ce cercle de destruction n’est du reste limité que par la longueur du câble qui se déroule, et cette longueur peut aller jusqu’à 2 1/2 kilomètres environ.
- Ce système constitue donc, comme on le voit, un moyen de défense formidable, puisqu’il permet de tenir constamment dans la main, au poste des opérations, le moyen de faire exploser les torpilles dans un rayon de deux mille cinq cents mètres. Ces progrès accomplis dans la science de la destruction sont tout-à-fait étonnants, car autrefois avec des engins fixes, contenant la même charge de matière explosible, on ne pouvait obtenir d’effe destructif que dans un rayon de quinze à seize mètres.
- Les torpilles automotrices lancées de la côte peuvent recevoir l’énergie électrique qui leur est nécessaire du circuit principal qui s’étend le long des rives et provient de la source primitive quel que soit l’éloignement de la section centrale ou de la base d’opérations.
- Le courant électrique peut être produit par une force naturelle quelconque, ou par le combustible, et transmis à travers le circuit principal, avec de hautes tensions, aux stations secondaires de la côte ou aux batteries flottantes sur lesquelles se trouvent des accumulateurs destinés à former une réserve d’énergie. Ces accumulateurs peuvent être disposés de telle sorte qu’ils soient toujours prêts à fournir de la force et à continuer à se charger tant qu’ils n’ont pas atteint la limite d’emma-sinage. Des interrupteurs sont placés dans le réseau des circuits dérivés pour mettre les réserves en dehors lorsqu’elles sont suffisantes ; un système spécial empêche aussi le courant de revenir des stations à la source, de même qu’on arrête, d’une façon automatique, le passage d’un excès de courant dans le circuit qui comprend les accumulateurs.
- Enfin, les circuits de décharge des stations de réserve peuvent être reliés à une ligne qui fournira le courant aux torpilleurs, aux torpilles ou aux vaisseaux de façon à éviter à ces derniers des retours dans le port.
- C.-C. Soulages.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITj.
- 127
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Angleterre
- LA LAMPE A ARC DE M. ROGERS. — M. Francis
- M. Rogers, 21, Finsbury Pavement, à Londres, vient d’imaginer une lampe à arc simple, peu coûteuse et très fixe. C’est une lampe à embrayage d’une construction nouvelle, en ce sens que l’em-
- FIG. I ET 2
- brayage fonctionne d’après le même principe que la règle parallèle du dessinateur.
- La figure 1 représente la disposition actuelle de la lampe. Le courant entre par la borne A, traverse la bobine B et arrive au charbon supérieur C, d’où il passe par le charbon inférieur D à la borne de sortie E.
- Par l’action du courant, le noyau en fer F entre dans le solénoïde, il entraîne la tige et le charbon supérieur C, et l’arc se trouve ainsi établi.
- .L’extrémité inférieure du noyau F (fig. 2) est de forme carrée et séparée en deux moitiés qui se tiennent par quatre anneaux métalliques H, H, deux en avant et deux en arrière. Quand le courant fait monter le noyau, la moitié mobile tombe et saisit la tige permanente, lui permettant, ainsi
- qu’au charbon supériêur, de monter avec le noyau. Au fur et à mesure que les charbons se consument, la résistance de l’arc augmente et le courant traversant le solénoïde devient moindre; le noyau en fer entre par conséquent dans ce dernier, la partie mobile G touche la plaque I, dégage la tige et permet au charbon supérieur de descendre un peu et d’abréger l’arc. La longueur normale de l’arc peut être réglée au moyen d’une vis à écrou J adaptée à l’extrémité inférieure du noyau.
- L’embrayage s’applique également aux lampes à dérivation; la moitié mobile du noyau G est, dans ce cas, actionnée par un solénoïde en fil fin qui agit comme un dérivateur pour l’arc, tandis que l’arc lui-même est formé en premier lieu par un solénoïde dans le circuit principal. La fixité et la simplicité de son fonctionnement rendent la lampe Rogers propre à des travaux spéciaux, comme les essais de couleurs et la photographie. L’embrayage peut facilement être adapté aux lampes à arc existantes.
- UN WAGON DE CHEMIN DE FER EN PLAQUÉ GALVANIQUE. — La Compagnie du chemin de fer South Eastern a introduit un nouveau modèle de wagon sur ses lignes. La voiture est faite en bois et acier argenté galvaniquement. Les parties métalliques sont principalement les panneaux, qui sont en acier, et les moulures, qui sont en cuivre. Le corps de la voiture est en fer et en bois. Les panneaux en acier, d’une épaisseur d’un dixième de pouce, sont attachés au moyen de vis à un cadre en bois qui, à son tour, est fixé au fer de la voiture. Le corps de la voiture a 32 pieds de long sur 8 de large; il est divisé en deux compartiments de première classe et deux de seconde, avec un coupé pour le conducteur. L’intérieur est très élégant et le métal est caché par des tapisseries, mais l’extérieur a l’air d’une voiture en argent. On a essayé le plaqué galvanique dans le but d’économiser les frais et le temps perdu à faire repeindre les voitures, une opération que les nombreux tunnels sur la ligne nécessitent assez fréquemment. On aurait pu se contenter du nickel au lieu de l’argent et faire encore une économie.
- LES CLEFS SANS ÉTINCELLES. — On a imaginé.
- plusieurs dispositions pour empêcher la destruction des surfaces de contact métallique dans les clefs et les commutateurs. Nous avons par exemple la clef de MM. Ayrton et Perry, dans laquelle une série de résistances croissantes sont introduites dans le circuit par l’ouverture de la clef, de façon à atténuer le courant peu à peu. M. Lancker, de Charlton, a imaginé un commutateur dans lequel deux tiges de charbon en contact, comme dans un microphone, forment généralement une dérivation à la clef et éloignent tout le courant après la sépa-
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- ration des surfaces de contact métallique de la clef. Cette action dérivative dure jusqu’à ce que ces surfaces soient tout à fait séparées, et tout danger de destruction par des étincelles cesse. Un nouveau mouvement du manche du commutateur sépare cependant les charbons également et rompt ainsi entièrement les circuits. Les pointes de charbon sont dentées de manière à épargner les surfaces métalliques.
- LA DÉPERDITION MAGNÉTIQUE. — M. R.-H.-M.
- Bosanquet, du collège de Saint-John à Oxford, a fait une série d’expériences très exactes sur un certain nombre d’aimants permanents, faits au mois de février dernier, du meilleur acier fondu afin de déterminer l’influence du temps sur leur puissance magnétique. Les résultats démontrent que, pendant sept mois, le moment magnétique diminue presque dans la proportion de 12 à 11. Il fait donc remarquer que ceux qui prétendent que les aimants permanents ne sont sujets qu’a des modifications insuffisantes de leur pouvoir magnétique feraient bien de soumettre leurs aimants à une longue série d’essais, comme il vient d’en faire et comme il se propose de continuer toujours. La perte de pouvoir pendant la période d’essai se présente, d’après le nombre de ses résultats, comme parfaitement graduelle et suivant une marche lente.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE AU MANSION-IIOUSE. —
- La Hammond Electric Light Company s’occupe beaucoup actuellement de l’installation de la lumière électrique à incandescence dans l’Egyptian Hall et dans le salon du Mansion-House, la demeure officielle du Lord-Maire de Londres. C’est dans ces appartements que se tiennent les banquets du maire, et la lumière électrique constituera un grand perfectionnement, tant au point de vue sanitaire qu’au point de vue de l’effet produit. La lumière à incandescence trouve son application surtout dans les appartements élégamment décorés. La moyenne des demeures de notre pays n’en a pas. D’autre part, un certain nombre de fabriques et d’usines, qui ont la vapeur à bon marché, l’ont adopté. Comme preuve à l’appui de ce que j’avance, je puis ajouter que le marquis de Bute vient de donner des ordres pour l’installation de près de 400 lampes de ce genre dans son nouveau château, Nount-Stuart, sur l’ile de Bute, en Ecosse. L’éclairage de la bourse des valeurs à Londres avec des lampes Woodhouse et Rawsen constitue une autre installation récente et importante.
- conférences. — Lord Rayleigh F.R.S., président de cette année de l’Association Britannique, et successeur de M. Clark Maxwell dans la chaire de physique expérimentale à Cambridge, vient de se démettre de cette dernière fonction et sera rem-
- placé par M. D.-D. Thompson. Le professeur sir William Thomson a refusé d’occuper ce poste malgré les instances de ses amis.
- M. C.-E. Spagnoletti, l’électricien de la Great Western Railway Company, a été nomntë président de la Society of Telegraph Engineers and Electri-cians pour l’année i885. M. Spagnoletti s’est fait remarquer par ses inventions, entre autres par l’aiguille Spagnoletti, employée pour les signaux de chemins de fer et par l’indicateur électrique d’incendie qui porte son nom.
- Le professeur Tyndall fait en ce nioment une série de conférences sur l’électricité adaptée à un auditoire de jeunes gens. Ces conférences ont lieu à la Royal Institution, Albemarle Street, à Londres, et sont suivies par un grand nombre d’enfants, qui évidemment apprécient le style clair et précis du conférencier. Le professeur Tyndall s’est dernièrement prononcé en faveur de fa continuation des expériences au phare de South Foreland pendant les mois d’hiver afin d’essayer la valeur relative des différentes lumières à cette saison de l’année, quand elles rendent les services les plus importants aux navigateurs.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitcii
- Sur la théorie de l’induction électrodynamique, par M. P. Duhem (’).
- « r. La loi intégrale de l’induction électrodynamique est donnée par le théorème de Neumann. Soit P le potentiel électrodynamiqilè de l’inducteur, sur l’induit, ce dernier étant traversé par un courant d’intensité égale à 1. La force électromotrice d’induction est donnée par la formule
- « Cette proposition a été rattachée par Helm-holtz et par Thomson à la loi de Joule, mais leurs démonstrations laissent à désirer au point de vue de la rigueur. La théorie du potentiel thermodynamique (2) en donne une démonstration rigoureuse, en montrant que le travail non compensé, qui est égal à la variation changée de signe du potentiel thermodynamique, est aussi égal au travail
- (t; Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 5 janvier i885.
- (2) Comptes rendus, séance du 22 décembre 1884.
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- mesuré par la chaleur dégagée d’après la loi de Joule.
- « 2. La loi élémentaire de l’induction n'est pas encore connue. Weber, Riemann, Clausius ont cherché à la découvrir en supposant que les phénomènes électrodynamiques peuvent s’expliquer par des actions mutuelles entre les charges électriques. Mais ces forces ne pouvant, en tout cas, être considérées que comme des forces fictives, l’hypothèse dont il s’agit ne peut être regardée comme nécessaire. Helmholtz suppose qu’il existe pour deux éléments de courant quelconques un potentiel électrodynamique de même forme que celui dont Neumann a démontré l’existence poulies courants fermés et uniformes, et il admet que la loi élémentaire des actions pondéromotrices et la loi élémentaire de l’induction se déduisent de ce potentiel de la même manière que les lois intégrales se déduisent du potentiel de Neumann.
- « La théorie du potentiel thermodynamique montre que, pour deux éléments de courant, il existe un potentiel. La partie de ce potentiel qui dépend des intensités ne diffère de la forme proposée par Helmholtz que par, un terme égal à
- W •: . R étant une fonction de la distance des
- as as
- deux éléments.
- « Si l’on veut que les deux phénomènes électrodynamiques s’expliquent par les actions mutuelles des particules électriques, la forme du potentiel dont dépendent ces actions se trouvera déterminée par la valeur du potentiel thermodynamique. On trouve donc ainsi la loi la plus générale que l’on puisse attribuer à ces actions électriques. On trouve aussi le résultat obtenu par M. Maurice Lévy. Si l’on veut que la loi soit indépendante de toute hypothèse sur la nature du courant, on voit que cette loi ne renferme pas d’auire fonction indéterminée que la fonction R. On trouve alors la loi proposée par M. Clausius. Si, au contraire, on adopte l’hypothèse de Weber, la loi renferme en
- outre deux fonctions indéterminées de r, ^>.
- d*r cl s ci s' ’
- « 3. La thermodynamique montre que l’on peut déduire les forces pondéromotrices de la valeur du potentiel conformément à la relation admise par Helmholtz. Ses forces ainsi obtenues diffèrent de celles que l’on obtiendrait en cherchant à expliquer les phénomènes électrodynamiques par des actions mutuelles de charges électriques. Cette explication doit donc être abandonnée.
- * Helmholtz a analysé les actions mutuelles de deux segments de conducteurs traversés par des courants uniformes. Il a trouvé, entre autres actions, des forces agissant entre les extrémités de
- ces segments : ces- forces sont indépendantes de la distance. De plus, la loi d’Helmholtz conduit à admettre l’existence de couples élémentaires. M. Bertrand a fait à ces résultats de judicieuses objections.
- « Nous avons analysé d’une manière complète les actions mutuelles de deux segments de conducteurs traversés par des courants dont l'intensité varie d'une manière continue d’un point à un autre, et par conséquent s’annule aux extrémités. Nous avons pu aisément démontrer :
- « i° Que toutes les forces indépendantes delà distance s’évanouissent ;
- « 20 Que toutes les actions qui dépendent de la distance ont une résultante nulle à l’infini ;
- « 3° Que les couples élémentaires se composent de façon à donner à l’extrémité de chaque élément de longueur du conducteur une force du même ordre que l’élément, et une force finie aux points où la forme du conducteur présente une singularité.
- « Ces conséquences montrent donc que les objections de M. Bertrand ne portent pas sur les courants ouverts tels que ceux que nous avons définis. Ces objections montrent simplement que l’hypothèse d’un courant dont l’intensité présenterait en certains points des discontinuités est une hypothèse inadmissible. Il n’y a rien dans cette dernière conclusion qui puisse étonner les physiciens.
- « 4. La thermodynamique permet de démontrer la relation admise par Helmholtz entre le potentiel élémentaire et la loi élémentaire de l’induction.
- « On voit, par ce court résumé, que la thermodynamique jette un jour nouveau sur la question si controversée des lois élémentaires de l’électro-dynamique. Elle résout cette question autant qu’il est possible de le faire dans l’état actuel de la physique; elle n’y laisse indéterminée que la forme de la fonction R. »
- Essai sur le pouvoir refroidissant des gaz, par M. Ch. Rivière (>).
- Ce travail avait pour but d’étudier le pouvoir refroidissant des gaz, dans des limites de pression et de température plus étendues que l’on ne l’avait fait jusqu’alors.
- La méthode qui a paru se prêter le mieux à ce genre de recherches consistait dans l’observation d’un fil échauffé par un courant électrique : quand ce fil a atteint sa température stationnaire, il perd par rayonnement et par contact avec le gaz une quantité de chaleur égale à celle que produit le passage du courant. La condition du milieu étant
- (!) Journal de Physique.
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- définie, le problème revient à la détermination simultanée de la température du fil et de la quantité de chaleur développée par le courant.
- La température du fil se déduit de la résistance électrique, et la quantité de chaleur est déterminée par la loi de Joule.
- Il a donc fallu étudier au préalable l’influence de la température sur la résistance des fils de platine qui ont été employés dans le cours de ces recherches. Cette étude a été faite avec soin sur un fil de platine enroulé autour du réservoir de porcelaine d’un pyromètre à air; puis ce fil a servi à son tour de thermomètre pour l’étude des autres fils destinés aux expériences sur le refroidissement
- Pour déterminer la résistance d’un fil métallique pendant le passage d’un courant destiné à l’échauffer, on cherchait, par une méthode d’opposition analogue à celle de Clarke, la différence de potentiel à ses deux extrémités ; on déterminait en même temps la différence de potentiel aux deux extrémités d’un fil de résistance connue, placé également dans le circuit, et assez gros pour ne pas s’échauffer sensiblement ; le rapport de ces deux différences servait de mesure à la résistance cherchée.
- Le calcul de la formule de Joule exigeait encore que l’on connût l’intensité du courant ; à cet effet une boussole de Weber était placée en dérivation sur le circuit^et l’on avait soin que les déviations fussent toujours assez faibles pour pouvoir être regardées comme proportionnelles à l’intensité du courant : on a, d’ailleurs, pris soin de vérifier cette proportionnalité.
- La figure r représente schématiquement la disposition générale des appareils. A est un grand flacon au milieu duquel sont tendus, l’un à la suite de l’autre, le fil principal et un fil plus court dont l’observation sert à éliminer le refroidissement qu’éprouve le premier à chacune de ses extrémités, par suite du contact avec les pinces d’attache. Ce flacon communique, par l’intermédiaire de tubes remplis d’acide phosphorique anhydre, avec des appareils à faire le vide. B est un long et gros fil de cuivre dont la résistance sert de terme de comparaison, et ces trois fils sont placés dans le circuit d’une pile C ; d'autres résistances intercalées servent à faire varier l’intensité du courant et, par suite, la température du fil.
- La boussole de Weber est attachée en dérivation avec points D E. La pile d’opposition K renferme dans son circuit, outre une résistance considérable de 5ooo ohms environ, une caisse de résistance G ; des conducteurs F', H permettent de relier les extrémités de cette caisse aux extrémités des fils placés dans le premier circuit. Un galvanomètre de Thomson,intercalé en H,permetdedeterminerlarésistance qu’on doit introduire en G pour que la différence de potentiel aux extrémités de G fasse exactement
- équilibre à la différence de potentiel aux extrémités du fil observé.
- REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES RESULTATS
- Une série d’observations faites à une pression déterminée P, donne, pour différents excès de température, la quantité de chaleur perdue par le fil soumis à l’expérience. Le résultat de chaque observation est indiqué, sur une feuille de papier quadrillé, par un point dont l’abscisse représente l’excès et l’ordonnée etla quantité de chaleur perdue. La ligne continue qui passe par tous ces points (fig.
- FIG* I
- 2) représente, pour la pression P,, la relation qui lie la quantité de chaleur à l’excès de température.
- Une série faite à une pression moindre P2 donnera une courbe dont les ordonnées seront, pour des abscisses égales, inférieures aux ordonnées de la courbe at.
- Enfin, une série faite dans le vide absolu donne une courbe A dont les coordonnées représentent les quantités de chaleur perdues dans le vide.
- Chacune de ces séries comprend une dizaine d’observations, quelquefois davantage, et, si l’on met à part quelques expéiiences faites dans l’hydrogène, qui ont présenté de singulières anomalies, les points correspondant à chaque série se trouvent distribués avec une grande régularité.
- En diminuant chacune des ordonnées B D de la
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- courbe a,, de l’ordonnée B C de la courbe A qui représente la chaleur perdue dans le vide ou chaleur rayonnée, on a une nouvelle courbe p, qui représente, pour la pression P4, la relation entre l'excès de température du fil et la chaleur que lui enlève le gaz.
- Une fois les courbes p construites, on conçoit que l’on puisse s’en servir pour en tracer d’autres représentant, pour un excès de température déterminé, la relation entre la pression du gaz et la chaleur qu'il enlève au fil. Ces dernières, que nous appellerons y, ont l’allure représentée par la figure 3. On traçait ainsi les courbes correspondant aux excès ioo°, 200°, 3oo°, et, pour qu’on pût facilement comparer leurs formes, on réduisait à la moitié les ordonnées de la courbe de 200°, au tiers celles de la courbe de 3oo°, etc. On traçait aussi une courbe relative à un excès de température très petit, la courbe d’excès i°, par exemple, dont on multipliait les ordonnées par 100, afin de les rendre comparables aux autres.
- Sur le flacon A coulent plusieurs jets d’eau froide, de sorte que les excès sont observés au-dessus d’une température toujours voisine de i5°; une petite correction permet de représenter par les courbes les quantités de chaleur qu’on eût déterminées si la température de l’enceinte avait été constamment maintenue à o°.
- I. — CHALEUR PERDUE DANS LE VIDE.
- Les quantités de chaleur perdues dans le vide absolu par un fil de platine ont été déduites de plusieurs séries d’observations faites sous des pressions très faibles, et en particulier d’une série très nombreuse et très régulière dans laquelle la pression, qui n’est plus mesurable à la jauge de Mac
- Leod, est certainement inférieure à ~ de millième de millimètre de mercure.
- II. — CHALEUR ENLEVÉE PAR LE GAZ.
- i° Influence de la pression. — Variation de cette influence avec la température. — Pour des pressions comprises entre 3oomm et 5omm l’influence de la pression peut, quelle que soit la température, être représentée par la formule de Dulong et Petit
- ~ n ph
- dans laquelle p représente la pression ; seulement la valeur o,i63 trouvée pour l’exposant b est beaucoup plus petite que le nombre 0,45 obtenu par Dulong et Petit.
- Au-dessous de 5omm, la chaleur enlevée par le gaz diminue avec la pression plus vite que ne
- l’indique la formule précédente et la chute devient, aux très basses pressions excessivement rapide. Aussi, même à ces pressions très faibles, le refroidissement dû aux gaz garde-t-il encore, vis-à-vis du rayonnement, une importance considérable : sous une pression de 200““, l’air sec enlève, à ioo° d’excès, 180 fois autant de chaleur que le rayonnement; il en enlève encore 12 fois autant à ommi, et il faut réduire la pression à omn,oo6 envi-
- FIG. 2
- ron pour que l’air n’enlève que la même quantité de chaleur que le rayonnement.
- Au-dessous de 5omm, l’influence de la pression n’est pas la même aux diverses températures, car les courbes y relatives aux divers excès, au lieu d’avoir des ordonnées proportionnelles et d’être toutes semblables entre elles, se disposent comme l’indique la figure 4.
- La variation de la quantité de chaleur enlevée sous les faibles pressions est plus rapide pour les températures basses que pour les températures élevées.
- 20 Influence de la température. — Variation
- FIG. 3
- de cette influence avec la pression. — Sous une pression déterminée, et quand on considère des excès de température de plus en plus grands, on trouve que la quantité de chaleur enlevée par le gaz croît d’abord plus rapidement que l’excès, ainsi que l’exprime la formule exponentielle de Dulong et Petit
- B
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- ^ans laquelle c est un nombre plus grand que l’unité.
- Mais, à partir d’une certaine température, le phénomène change d’allure, et la perte de chaleur augmente moins rapidement que l’excès ; les courbes p présentent un point d’inflexion, et ce point d’inflexion correspond à une température d’autant plus basse que la pression est plus faible. Pour des pressions inférieures à imm cette modification des courbes p semble même se produire dès leur origine. Par exemple, dans l'air, les différences successives des quantités de chaleur correspondant aux excès o°, ioo°, 200° ont été trouvées égales, pour diverses pressions, aux valeurs suivantes :
- PRESSIONS
- j OtüLQ 5mm 2 mm JIU1U oium,5 O’nm.l o,n,n,oi
- q,7.5o 8,900 7,600 5.920 3,900 1,200 143
- ii,35o 9,000 7,900 5,820 3,750 1, i5o 141
- 12,800 10,£00 8,400 5,690 3,55o 1,100 129
- i3,goo n,5oo 7.900 5,520 3,3oo 1 ,o5o 119 98
- II,000 7,450 5,220 3,o5o 1,000
- » 8,5oo 6,900 4.780 2.85o 950 89
- » » » 4,25o 2,700 950 74
- » » » » 2,450 1,000 *72
- “ U » 70
- Il était intéressant de comparer les résultats avec la formule
- ma(J {a‘— 1)
- obtenue dans des conditions toutes différentes par Dulong et Petit pour des excès inférieurs à 25o° et confirmée, au moins d’une manière approchée et
- F!o. 4
- pour les mêmes limites de température, par divers physiciens; la comparaison était donc, pour la mé'thode exposée ici, une sorte d’épreuve qui devait permettre de juger de sa valeur. Le tableau suivant donne le résultat de la comparaison ; on a pris a égal à 1,0077 et déterminé le coefficient m de telle sorte que la valeur calculée fût égale à la valeur observée pour l’excès i5o°.
- EXCÈS de température QUANTITÉS observées DE CHALEUR calculées
- o° O 0
- 5o 37 36,7
- IOO 92 90,7
- i5o 170 170
- 200 -79 286,2
- 250 442 456,8
- 3oo 690 707
- 400 i65o i6i3
- 5oo 3i5o 3565
- 600 5900 7768
- 700 lOOOO 16820
- 800 1 £950 36310
- 900 24050 78280
- IOOO 35ooo 168664
- On voit que la concordance est satisfaisante jusqu’à 400°. A partir de cette température, les nombres calculés croissent beaucoup trop rapidement, comme l’avaient déjà fait remarquer du reste plusieurs expérimentateurs.
- 3° Influence du diamètre du fil. — Les observations ont porté sur deux fils de platine, l’un de 1/10 de millimètre de diamètre, l’autre de 1/20 environ; ils étaient tendus horizontalement dans un flacon de om20 de diamètre; le corps soumis à l’expérience avait donc des dimensions négligeables à côté des dimensions de l’enceinte. Les deux fils ont donné les mêmes résultats généraux qui viennent d’ètre rapportés; mais la comparaison des valeurs absolues des quantités de chaleur perdues dans les mêmes conditions a donné lieu à une remarque importante. La surface du fil le plus fin
- était égale aux ^ environ de la surface du plus gros; c’est à peu près le même rapport qu’on a trouvé entre les quantités de chaleur rayonnées dans le vide, et aussi entre les quantités de chaleur enlevées par le gaz sous de très faibles pressions; mais sous des pressions supérieures à 5mtn ou iomm, on a trouvé sensiblement la même perte de chaleur pour les deux fils. Voici, par exemple, quelques valeurs obtenues pour le rapport de la chaleur enlevée par l’air au fil le plus fin à la chaleur enlevée au fil le plus gros :
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- Ainsi, au moins pour des fils très fins et placés horizontalement, le refroidissement par l’air ne serait pas proportionnel à la surface, mais serait relativement plus grand pour les fils de plus petit diamètre.
- 4° Influence de la nature du gaz. — On a choisi parmi les gaz faciles à obtenir purs, ceux qui différaient le plus par leurs propriétés physiques : l’acide sulfureux et l’hydrogène.
- Les résultats obtenus avec l’acide sulfureux dans treize séries d’observations, comprises entre les pressions de 3oomni et ommoo5, sont aussi réguliers qu’avec l’air, et se présentent avec les mêmes caractères généraux.
- L’hydrogène, au contraire, n’a donné de résultats dignes de confiance qu’à de basses températures ou bien sous de très faibles pressions; les fils de platine ont paru, aux températures élevées et sous de fortes pressions, éprouver des variations anormales de résistance.
- La comparaison des quantités de chaleur enlevées dans les mêmes conditions à un même fil par les trois gaz étudiés, a conduit à un résultat inattendu : sous les pressions ordinaires, le pouvoir refroidissant de l’acide sulfureux est exactement égal à la moitié du pouvoir refroidissant de l’air ; mais, au-dessous de imm ou 2mm, ce pouvoir refroidissant relatif augmente, et on l’a trouvé égal à 0,94 sous une pression de omiut. De même, le pouvoir refroidissant de l’hydrogène, qui est égal à 5,5 aux pressions ordinaires, diminue à partir de 5mm ou iomm; il a été trouvé égal à 1,02 sous la pression de om“o5. Ce dernier résultat a été obtenu par deux séries d’observations pendant lesquelles 011 a pris soin d’analyser les dernières portions de gaz enlevées du flacon par la trompe à mercure; on s’est assuré ainsi qu’il ne s’était produit aucune rentrée d'air, ce qui, du reste, était inadmissible avec un appareil capable de garder plusieurs jours un vide de quelques millièmes de millimètre.
- Sous des pressions très faibles, le pouvoir refroidissant d’un gaz serait donc indépendant de sa nature chimique.
- L’espace sombre dans les tubes de Geissler, par le docteur J. Puluj.
- On sait que M. Crookes a été conduit par ses recherches sur la matière rayonnante à admettre l’existence d’un quatrième état moléculaire qui serait celui d’une masse gazeuse arrivée à la dernière limite de raréfaction. Voici d’ailleurs comment l’auteur exposait, il y a quelque temps et ici même, ses idées sur cette question :
- Les recherches de la science moderne ont bien élargi et modifié nos idées sur la constitution des
- gaz. On considère maintenant les gaz comme composés d’un nombre presque infini de petites particules ou molécules, lesquelles sont sans cesse en mouvement et animées de vitesse de toutes grandeurs. Si nous retirons d’un vase clos unie grande partie de l’air qu’il contient, le nombre de molécules est diminué et la distance qu’une molécule peut franchir sans se heurter contre une autre s’accroît; la longueur moyenne de la course libre étant en raison inverse du nombre des molécules restantes, plus on retire de l’air, plus s’accroît la longueur moyenne qu’une molécu.e peut parcourir sans entrer en collision avec une autre ; ou, en d’autres termes, plus la longueur moyenne de la course libre augmente, plus les propriétés physiques du gaz se modifient.
- J’ai longtemps cru que le phénomène suivant que l’on observe dans les tubes de Geissler doit être en rapport avec la course libre moyenne des molécules. Quand on examine le pôle négatif pendant que le courant fermé par une bobine d’induction traverse un tube où on a fait le vide, on voit autour de ce pôle un espace sombre et on trouve que cet espace croît et décroît, selon que le vide est plus ou moins parfait, ou, ce qni revient au même, que la course libre moyenne des molécules augmente ou diminue. Si le vide est trop imparfait pour laisser beaucoup de liberté aux molécules avant qu’elles entrent en collision entre elles, le passage de l’électricité indique que l’espace sombre est réduit à des dimensions minimes. On voit donc que l’espace sombre représente la course libre moyenne du gaz rémanant, et il est tout à fait different dans les tubes où le vide est parfait et dans les tubes où le vide est fait incomplètement. Dans les tubes où le vide est le meilleur, les molécules de gaz qui restent peuvent les traverser presque sans collision; et comme les molécules venant du pôle négatif ont une vitesse énorme et accusent des propriétés nouvelles et caractéristiques, on'peut très bien se servir du terme matière radiante emprunté à Faraday.
- Passant ensuite en revue les propriétés caractéristiques de la matière radiante, M. Crookes termine ainsi :
- Dans l’étude de ce quatrième état de la matière, il semble que nous ayons saisi et soumis à notre pouvoir les petits atomes indivisibles qu’il y a de bonnes raisons de considérer comme formant la base physique de l’univers.
- Par quelques-unes de'ses propriétés, la matière radiante est aussi matérielle que le sable, tandis que par d’autres propriétés, elle présente presque le caractère d’une force de radiation (*).
- ('-) La Lumière Electrique, vol. I, p. 209.
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- î34
- M. le DrJ. Puluj, professeur à l’université de Vienne, s’élève vivement contre la théorie de M. W. Crookes (a). Selon M. Puluj, cette théorie se laisse scientifiquement discuter; elle n’est d’ail-Jeurs pas indispensable pour expliquer les phénomènes que l’on constate, phénomènes qui trouvent leur explication dans les lois physiques déjà existantes. Alors à quoi bon élargir le champ des hypothèses ?
- Le travail que nous avons sous les yeux est très considérable, aussi nous est-il impossible de suivre l’auteur pas à pas dans cette étude comme nous eussions désiré le faire. Nous nous bornerons à reproduire le chapitre qui se rapporte à l’espace sombre dans les tubes de Geissler, d’autant plus que cet extrait rapproché de celui qui vient d’être emprunté à M. W. Crookes, suffit à nettement caractériser les idées de M. J. Puluj et la divergence d’opinion qui existe entre lui et le savant anglais :
- Dans un tube de Geissler ordinaire, rempli d’air à une pression de o,5m/m environ, on aperçoit au pôle positif un faisceau de lumière rouge qui, formé de zones alternativement brillantes et obscures, occupe la presque totalité du tube; au pôle négatif une lueur bleue désignée sous le nom de lueur incandescente, et, entre les deux, un espace sombre sur lequel je me propose de revenir tout-à-l’heure.
- A mesure que le vide devient plus parfait les strates de la lumière positive disparaissent et la lueur incandescente toujours séparée de cette dernière par un espace sombre, s’étend à travers tout le tube. En observant de plus près la lueur incandescente on reconnaît très nettement à l’électrode un deuxième espace sombre séparé du premier par une large zone de lueur incandescente d’intensité décroissante. L’électrode elle-même est couverte par une zone jaune pulvériforme qui présente l’aspect de poudre d’or, et qui provient probablement de l’état d’incandescence de la couche extérieure d’oxyde ou du dépôt métallique qui se forme.
- Cet espace sombre connu depuis longtemps et dont on trouve chez H. Hittorf une description très précise, M. Crookes le considère comme « la course libre moyenne du gaz rémanant. Voici de quelle manière l’auteur cherche à justifier cette hypothèse :
- « On trouve que cet espace sombre devient plus grand ou plus petit à mesure que le degré du vide de l’air se modifie dans le même rapport que la course libre moyenne croît ou diminue de longueur. En même temps que les yeux de l’esprit nous apprennent que l’un de ces éléments devient plus grand, les yeux du corps nous font voir l’ac-
- croissement de l’autre ; or lorsque le vide est trop imparfait pour permettre un jeu aussi grand des molécules avant qu’elles se heurtent les unes contre les autres, le passage de l’électricité montre que l’espace sombre est réduit à des dimensions minimes. De ces faits il est naturel de conclure que l’espace sombre n’est autre chose que la course libre moyenne des molécules dans le gaz résiduel, hypothèse que l’expérience confirme d’ailleurs. »
- La façon dont raisonne M. Crookes est la suivante : A et B varient de la même manière lorsque C vient à varier, il faut donc que A soit égal à B. En adoptant ce mode raisonnement nous pourrions, par exemple, trouver que la pression dans un certain volume de gaz est égale au nombre des molécules qui constituent la masse gazeuse puisque les deux éléments décroissent dans le même rapport avec la course libre moyenne. Le défaut de ce raisonnement est trop facile à saisir, et M. Crookes a beau s’attacher à rendre « tangibles en les éclairant les lignes de pressions moléculaires » il n’en devient pas meilleur pour cela. L’espace sombre n’est pas la course libre moyenne, mais simplement un phénomène dépendant de cette dernière, phénomène qu’il sera facile de comprendre dès qu’on se sera rendu compte du caractère de la matière rayonnante.
- Il suffit de faire quelques expériences en prenant comme électrodes différents métaux, tels que le platine, le cuivre, l’argent, le zinc, pour pénétrer la nature des phénomènes caractérisés par l’espace sombre. Lorsqu’on emploie un courant d’induction donnant des étincelles de 6 centimètres de longueur environ, on reconnaît, au bout d’une demi-heure, déjà, que les parois du verre se sont recouvertes d’une couche du métal correspondant.
- Le dépôt métallique est le plus accusé dans le voisinage de l’électrode et s’étend aussi loin que la lueur incandescente.
- Si, dans le voisinage du pôle négatif, on place le tube entre les deux branches d’un aimant en fer à cheval, la lueur incandescente se resserre autour de l’électrode et le dépôt métallique s’effectue sur une étendue moins grande du tube de verre. En disposant de cette façon des plaques de verre vis à vis d’électrodes plates en platine, je pus obtenir de très beaux miroirs de platine.
- L’aluminium est, à ma connaissance, le seul métal qui, sur le verre, ne donne pas de miroir sensible et c’est pour cela qu’il est désigné comme peu volatil. Le dépôt faible qui se manifeste sur le verre, même lorsque l’on fait usage de ce dernier métal, dépôt qui ne peut être reconnu que par des phénomènes de phosphorence, comme nous aurons occasion de le voir plus loin, doit sans doute provenir de la présence d’autres métaux dont l’aluminium n’est pas absolument exempt.
- La raison de ce fait que les particules d’alumi-
- (2) Carl’s Rfperlorium, vol. XVII, p. 74.
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- nium n’adhèrent pas au verre me parait devoir être cherchée dans la constitution chimique de ces particules ou dans leur mode d’adhésion. Il n’en est pas moins vrai que des particules d’aluminium se trouvent arrachées et précipitées en avant ; elles se meuvent ainsi aussi longtemps qu’elles ne se rencontrent pas dans des conditions favorables pour s’attacher en un point de l’électrode positive ou de l’électrode négative. On ne saurait donc mettre en doute ce fait que, sous l’influence du courant électrique, des particules empruntées à la masse de l’électrode, sont mécaniquement (non par vaporisation) arrachées et repoussées normalement à la surface des électrodes avec une vitesse de translation relativement très grande. Ces particules sont chargées d’électricité statique négative, et, comme elles se déplacent, elles servent de véhicule à cette dernière et permettent de cette manière le passage du courant d’une électrode à l’autre. Que des particules gazeuses prennent également part à ce transport électrique, c’est ce dont il n’y a pas à douter.
- Ce flux de particules arrachées à l’électrode repousse le gaz en le chassant du voisinage de l’électrode, absolument de la même façon que dans la flamme d’un bec de gaz le jet de gaz, en s’échappant, chasse devant lui les particules d’air et produit un espace sombre dans le voisinage immédiat de l’orifice de sortie ; les molécules d’oxygène ne peuvent pénétrer qu’en très petit nombre dans cette région, qui s’étend d’autant plus que la vitesse d’écoulement du gaz est plus considérable.
- A la limite où les particules d’électrode entrent en collision avec les molécules du gaz, les premières sont, par suite d’impulsions qui s’exercent dans tous les sens, déviées suivant toutes les directions possibles de leur direction primordiale qui est rectiligne. Une diffusion matérielle prend naissance entre les particules d’électrode et de gaz en même temps que les premières se déposent sur les parois du verre. Comme, de plus, les particules d’électrode se meuvent avec une vitesse incomparablement plus grande que les particules gazeuses, et que la pression doit être également grande en tous les points du tube, leur nombre dans l’unité de volume devra être inférieur et chacun des espaces où les particules d’électrode et les molécules gazeuses ne se seront pas encore mélangées, paraîtra relativement sombre. A la limite où les particules métalliques et gazeuses entrent en collision, l’ébranlement des molécules matérielles et de leur enveloppe d’éther devra être grand, puisqu’une partie du mouvement progressif de la matière électrodigue rayonnante se transforme en mouvement atomique et mouvement de l’enveloppe d’éther ; c’est donc dans cette région que la chaleur et la phosphorescence seront les plus intenses pour
- aller en diminuant à mesure qu’on s’éloigne davantage de l’électrode.*
- Il est difficile de mettre en doute que l’on n’est pas autorisé à appliquer la loi d’Avogardo à l’espace sombre et au reste du tube.
- Dans l’espace sombre, la matière est animée d’un mouvement progressif; si ce mouvement se transformait en un mouvement calorifique uniforme dans toutes les directions, on aurait dans l’espace sombre la même pression que dans la lueur incandescente, mais une température bien plus élevée.
- A mesure que le vide devient plus parfait, la tension électrique nécessaire pour que la décharge se produise, ainsi que la vitesse des particules projetées est plus grande, et comme en plus de cela la résistance du gaz reverseur devient plus petite, l’espace sombre s’étend de plus en plus et sa limite disparaît pour un degré de vide de 0,03”/"* environ.
- M. Crookes alfirme que le gaz rémanent qui remplit l’espace sombre se trouve dans un quatrième état d’agrégation, et il lui donne le nom de matière radiante.
- D’après ma façon de juger, la matière qui occupe l’espace sombre est constituée par des particules d’électrode ^mécaniquement arrachées, qui sont statiquement chargées d’électricité négative et animées d’un mouvement progressif rectiligne d’une vitesse énorme.
- Pour ne laisser aucun doute sur le caractère de cette matière, je lui ai donné le nom de « matière électrodique radiante » afin de la distinguer de la lueur incandescente qui se compose d’un mélange de particules d’électrode et de gaz.
- Si l’on considère ces particules d’électrode comme des sphères infiniment petites qui se trouvent arrachées à la surface d’une grande sphère, on peut, d’après le calcul de Plana (*), admettre pour la densité moyenne de l’électricité sur les particules d’électrode le nombre 1,645, la densité de l’électrode étant prise pour unité.
- Il est également facile de démontrer par le calcul que l’espace sombre n’est pas identique à la course libre moyenne du gaz raréfié.
- A cet effet, j’ai effectué quelques expériences avec des tubes à air dans lesquels la pression était devenue très petite. La pression fut déterminée au moyen d’un manomètre que j’ai eu occasion de décrire dans un ouvrage antérieur : « Sur le frottement intérieur des vapeurs (2). » Cet appareil permet de comprimer sous un plus petit volume un certain volume de gaz dont la pression est à déterminer, et de mesurer en millimètres l’accroissement de
- (') Mémoires de l’Académie de Turin, 1845, 2e série vol. 7.
- (s) Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de Vienne 1878, vol. 78. Repertorium, vol. i5, p. 427.
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- pression qui en résulte. Cet accroissement de pression et le rapport des deux volumes donnent le moyen de calculer la pression du gaz raréfié. On pouvait de cette façon pousser les déterminations jusqu’à o,oimm. D’après les données de Régnault, la tension de la vapeur de mercure pour la température moyenne des enceintes habitées est supérieure à o,o3mm, et l’on pourrait par conséquent objecter qu’une pression aussi faible (o,oimm) serait impossible à atteindre puisque le vide s’effectue au moyen d’une pompe à mercure. Abstraction faite de ce que les données de Régnault ne peuvent, pour des températures basses, prétendre à un grand degré d’exactitude, l’objection que nous venons de signaler n’aurait, suivant l’avis de M. Stefan, de valeur que dans le cas où le mercure émettrait des vapeurs rapidement et remplirait en peu de temps les tubes de liaison et l’espace où on a fait le vide, ce qui, ici, n’est évidemment pas le cas.
- En attendant, il y a lieu de remarquer que le
- IL C
- manomètre ne saurait en aucune manière donner des indications de pression trop grandes. Le tube employé (voir la figure) portait en son milieu une électrode en zinc a de forme circulaire, laquelle était reliée au pôle négatif d’un courant d’induction; l’électrode en forme de pointe b communiquait avec le pôle positif.
- Les chiffres suivants représentent les moyennes de trois séries d’expériences ; p est la pression en millimètres et d l’espace sombre ac.
- P d pd
- 1,46 m. m. 2,5 m. m. 3,65o
- o,66 4,5 2,970
- o,5i 5,8 2,958
- 0,30 7,8 2,348
- 0,24 9,5 2,280
- 0,16 14,0 2,240
- 0,12 i5,5 1,860
- 0,09 19,5 1,755
- 0,06 22,0 1,320
- 0,02 ?
- Pour p —-0,09 m. m., le verre commence à devenir phosphorescent; pour p =0,06 m. m.. la phosphorescence est énergique; pour p — 0,02““ et un courant d’induction donnant des étincelles de 2 c. m. de longueur, elle commence à décroître, et enfin, pour p — 0,01 m. m., elle est très faible et visible seulement à l’extrémité du tube.
- Avec un vide estimé à la pression de o,oo5mm
- I dans une chambre complètement obscure on voit de temps en temps seulement une faible étincelle traverser le tube ; mais si, avec ce même degré de vide, on fait de l’électrode de droite le pôle négatif, la phosphorescence se manifeste de nouveau dans toute l’étendue du tube.
- La valeur du produit pd montre que d n’est pas inversement proportionné à la pression comme cela devrait être le cas pour la course libre moyenne.
- Si de plus on admet, d’après Stephan, que la course libre moyenne des molécules d’air est de 0,00007imm pour une pression de 76omm, cette course libre moyenne devrait être pour p — 0,06 de o,9mm, tandis que le tableau donne d— 22mm et pour des pressions supérieures les résultats sont encore moins favorables, puisque pour p — i,4Ômm on a d— 2,5mm au lieu de 0,04““.
- L’espace sombre n’est donc pas la course libre moyenne des molécules gazeuses mais simplement la distance moyenne comptée à partir de l’électrode jusqu’à laquelle les particules arrachées arrivent en suivant une trajectoire rectiligne avant de se précipiter dans le tourbillon des molécules de gaz qui viennent à leur rencontre et dont les impulsions les font dévier dans toutes les directions possibles. Mais cet espace n’est pas non plus la course libre moyenne des particules d’électrode; car nous ne pouvons admettre que les particules d’électrode ne se poussent pas les unes les autres dans l’espace sombre, de même qu’on ne saurait admettre que les molécules du gaz d’éclairage n’entrent pas en collision les unes avec les autres dans la région sombre de la flamme.
- Il convient de remarquer encore ici que la plus belle phosphorescence fut observée par moi à 0,04““ de pression, tandis que M. Crookes signale le fait comme se produisant à une pression 5o fois moindre, c’est-à-dire à 0,00076““ pression à laquelle. selon mes expériences, même des courants d’induction énergiques traversaient à peine. D’après ce qui est arrivé à ma connaissance des rapports publiés jusqu’à ce jour sur la matière radiante, M. Crookes a cherché à obtenir un vide très parfait en faisant absorber les dernières traces d’un gaz quelconque par un corps convenablement choisi. Mais l’expérience m’a appris qu’il est beaucoup plus facile de faire le vide avec une pompe bien sèche parce que les corps absorbants récèlent un très grande quantité de gaz qui, dans le vide, se*trouvent mis en liberté.
- Les métaux eux-mêmes renferment des proportions notables de gaz(') ce dont il est facile de se
- f1) D’après les expériences de Dumas, 80 c. m.3 d’aluminium chauffés dans le vide à une température où la porcelaine commence à fondre, donnent i5 c. m.3 d’acide carbo-
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- convaincre en prenant un tube à électrodes de platine et en poussant le vide assez loin pour qu’avec un courant assez faible le tube de verre présente un bel aspect phosphorescent. Si ensuite, on fait passer un courant énergique, l’électrode dégage en peu de secondes une telle quantité de gaz que la phosphorescence disparaît totalement et que le tube s’emplit d’une lumière blanchâtre. Pour débarrasser l’électrode des gaz qu’elle emprisonne, il est indispensable de faire passer pendant des heures entières sans interruption un courant d’induction énergique, tandis que la pompe aspire continuellement les gaz qui se dégagent.
- Si l’on veut, avec la pompe de Geissler atteindre un haut degré de vide, il faut avant tout munir le réservoir à mercure mobile d’un appareil de dessiccation, sans quoi le mercure absorbe la vapeur d’eau de l’air et la dégage dans le réservoir à faire le vide. Il faut donc, pour ne pas entraîner d’air, avoir soin de n’élever que lentement le réservoir à mercure. Pour qu’en outre aucune bulle d’air ne reste dans les canaux des robinets, il est nécessaire qu’après chaque coup de pompe l’air soit 2 à 3 fois rassemblé et chassé. Pour pousser le vide très loin et principalement lorsque les sections des tubes de liaison sont très étroites, il faut après chaque coup de pompe, attendre une minute environ, parce que l’air, très raréfié par suite de son frottement intérieur et extérieur contre les parois de verre, frottement encore notable, n’arrive que lentement dans le réservoir à faire le vide.
- L’Accumulateur régénérable, par M. Ch. V. Zenger
- La particularité de l’accumulateur régénérable consiste en ce que l’électrode qui forme le pôle positit du couple est enveloppée d’un corps halogène, c’est-à-dire de chlore, de brome ou d’iode, ces corps halogènes servant à dépolariser l’électrode et se combinant, quand le circuit est fermé, avec l’hydrogène qui se porte sur la cathode.
- J’ai fait usage du brome, à cause de son prix peu élevé et de sa fluidité, qui le rend préférable au chlore gazeux et à l’hydrate de chlore, très instable. L’iode, étant solide et très cher, est encore moins avantageux.
- Le brome se trouve au fond d’un vase poreux rempli de morceaux de charbon de cornue et fermé par un couvercle paraffiné muni d’un bouchon, pour y mettre le brome liquide, recouvert d’une couche de chlorure de fer.
- Le zinc est placé dans une solution diluée d’acide chlorhydrique 1 : 10, mélangé avec de la glycérine ordinaire, 5 à 10 0/0, si on veut réduire la résistance de la pile zinc-charbon-brome.
- nique et 88 c. m.3 d’hydrogène mesurés à 170 C, et sur une pression de 755 m. m. de mercure.
- Si, au contraire, par exemple pour les lignes télégraphiques, on a besoin (en opérant à circuit fermé) d’une résistance considérable, on prend une solution de chlorure de fer concentrée ou plus ou moins diluée. C’est ainsi qu’on obtient une pile hydro-électrique de i,ç5 volts et de o,5 à 5,2 ohms, donnant de là 3,g ampères à o,38 ampère.
- La constance de cette pile est très considérable, comme le montre le tableau ci-joint. L’élément galvanique une fois réduit au tiers de son intensité de courant, peut être régénéré par le courant d’une dynamo en peu de temps, à cause de la réduction très facile du brome. Le zinc une fois déposé sur la cathode et le brome sur l’anode, le courant met à peu près un an pour descendre au tiers de son intensité primitive. On n’a pas besoin de toucher à l’accumulateur dès qu’il est chargé ni même d’y mettre de l’eau, car l’hygroscopii i’.é du chlorure de zinc et de fer et de la glycérine empêchent des pertes considérables d’eau, et le diaphragme étant clos, aucune perte de brome n’est à craindre.
- C’est ainsi que l’accumulateur régénérable est pour ainsi dire éternel, les pertes étant minima,
- Tableau de l’intensité du courant de l’accumulateur régénérable
- Boussole Boussole
- cTElliot- d Elliot.
- Brothers Brothers
- 5 mars 1884 79° S 10 août 1884 . . . 75°o
- i5 — — 77.5 3o — — ... 75,o
- 3o — — 76,0 5 sept. — . . . 75,0
- 5 avril — . 76,5 i5 — — . . . 75.5
- i5 -- — 76,2 3o — — . . . 75,o
- 3o — - 76,5 5 oct. — ... 75.0
- S mai — 75,0 10 — — . . . 74,5
- i5 — • 75.5 25 - — . . . 75,o
- 3o — — 75,5 5 nov. — ... 73,5
- S juin — 76,0 i5 — — . . . 73,5
- i5 — — 76,0 3o — - . . . 73,o
- 3o — 70,0 ' 5 déc. — ... 72,0
- S juillet — 75,5 i5 — — ... 72,0
- 10 — — • 75,5 3o — — . . . 70,5
- 3o — — 76,0 3 janv. i885 . . . 69,5
- 5 août — 75,0 4 - - . . . 69,0
- On n’a pas touché l’accumulateur depuis son
- chargement, le 5 mars. Un grand modèle Callaud donne 6o° à la boussole, mais change rapidement d’intensité.
- Voici encore une autre série d’observations faites sur un accumulateur régénérable, du 5 mars 1884 au 5 janvier i885.
- On n’a pas touché à l’appareil, et on n’a pas remplacé l’eau évaporée.
- Fermeture par une boussole de Elliot Brothers, le 5 mars 1884 : a =79°.
- Callaud, grand modèle, employé au bureau central télégraphique : a = 6o°.
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- a a
- 19 mars 1884. . . . 75° 26 juin 1884. . . . 7)0
- 21 — 75 1er juillet — . . . . 7i
- 26 — — .... 74 7 — — . . . . 71,5
- 28 — 73,4 i3 — - . . . . 71,5
- 3i — — .... 72 21 — — . . . . 7i.5
- 2 avril — .... 72 28 — — . . . 71,5
- 4 — — . . . . 72 18 août — . . . . 71,5
- 9 — — .... 74 29 — — . . . . 71,5
- 22 — — .... 73 icr sept. — . . . . 71,5
- 28 — 73 iS — — .... 71,5
- ior mai — .... 73 18 — — . . . . 71,5
- 6 — — . . . . 72,5 27 — — . . . . 67,5
- 12 — — . . . . 72 2 octobre— .... 68,0
- 18 — — .... 72 14 nov. — .... 67
- 3i — — .... 71,5 29 — — .... 68,5
- 5 juin — . . . . 71,S S déc. — .... 68
- 3 — — .... 71,5 19 — — . . . . 68,5
- 16 — — .... 7i 3i — 68,5
- 23 — 7i 5 janvier i885.. . . 68,7
- Les sels ont cristallisé en partie, et il n’y reste que des traces de brome ; néanmoins, l’intensité du courant dépasse encore celle du Callaud de 47 o/o, et la résistance intérieure a changé sensiblement, mais la dépolarisation est encore presque complète.
- En chargeant la pile à l’aide d’une dynamo, on observe que la force électromotrice s’élève presque de io o/o, et je pense, que cela est dû à la décomposition de l’acide bromhydrique libre, qui donne naissance par une action électrolytique secondaire à de l’acide bromique, dont la différence thermodynamique constante avec l’hydrogène est plus grande que ne l’est celle du brome pur et de l’hydrogène. C’est ainsi que l’accumulateur peut donner 2,1 à 2,2 volts, et par la concentration des solutions du chlorure de fer, ou par l’acidulation à l’acide chlorhydrique, on peut faire varier la résistance de o,5 ohm à 5,3, selon l’usage auquel doit servir l’accumulateur.
- Mais il semblerait que l’élévation de la force électromotrice n’est pas due seulement à la formation de l’acide bromique, et qu’il y a encore une autre cause. Il est possible que le fer et le zinc, à l’état naissant, se comportent comme l’hydrogène et l’oxygène naissants, c’est-à-dire que la différence de potentiel devienne plus grande, et que ces deux causes produisent l’augmentation considérable de la force électromotrice de l’accumulateur après la charge.
- Je crois que la pile à brome et à chlorure de fer sera la pile de l’avenir ; elle a une grande durée, elle est meilleur marché que toute autre, et son application comme accumulateur produit une pile régénérable de grande durée.
- Construite comme j’ai indiqué, elle ne produit pas la moindre odeur désagréable, les pertes de brome étant impossibles à cause de la fermeture hydraulique.
- Le tableau montre que le courant, pendant des
- mois après la charge, peut être considéré comme aussi constant que les piles thermo-électriques, mais on connaît la difficulté d’éviter l’altération des alliages constituant la pile après un échauffement prolongé et d’obtenir une différence constante de température.
- C’est ainsi que la pile à brome se prête avantageusement aux expériences et à l’usage des cabinets de physique.
- Les actions de la foudre sur le corps humain, par le Dr Heusner.
- Dans une conférence faite devant la Société des médecins de Magdebourg, le Dr Heusner, de Barmen, a rendu compte d’un grand nombre d’observations très curieuses qu’il s’était trouvé à même de recueillir sur des personnes frappées par la foudre. Cette conférence a été publiée dans un des derniers numéros de l’Elektrotechnische Rundchau et nous ne croyons pas qu’il soit sans intérêt d’en dire ici quelques mots. Les accidents par suite de coups de foudre sont heureusement rares ; d’après un relevé statistique, le nombre des personnes frappées a été de 5ii seulement, pour tout le royaume de Prusse, pendant une période de 3 ans, s’étendant de 1854 à 1857; la majeure partie de ces cas échappent à l’investigation scientifique, aussi est-il toujours bon d’enregistrer les observations que les circonstances ont permis de faire.
- L’accident dont parle le Dr Heusner est extrêmement curieux, tant au point de vue du nombre des victimes que de la diversité des effets exercés sur chacune d’elles. Cet accident se produisit le i3 juillet de l’année passée, sur un champ de courses aux environs de Barmen. Le i3 juillet était un jour de courses, aussi malgré le mauvais temps et la menace d’un orage prochain, l’affluence était-elle considérable. Une toile tendue sur des pieux fichés en terre entourait le champ de courses, ^et comme cette barrière offrait un abri contre le vent et la pluie, le public avait profité de ce refuge et s’était disposé en rang le long de la toile. C’est dans ces conditions qu’un violent éclair se produisit tout-à-coup ; deux des pieux volèrent en éclats, un grand morceau de toile fut arraché, et vingt personnes tombèrent inanimées sur le sol.
- Parmi ces vingt personnes quatre furent tuées sur le coup ; les seize autres reprirent connaissance plus ou moins lentement; les unes au bout de quelques minutés, les autres au bout d’une heure seulement, mais presque toutes portaient des traces de l’accident dont elles venaient d’être victimes. D’après le témoignage des spectateurs qui s’étaient trouvés dans le voisinage immédiat du point où la foudre était tombée, les personnes frappées présentaient une pâleur cadavérique ; leurs extrémités étaient absolument glacées et l'expres-
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- sion peinte sur leur visage était celle de la terreur la plus grande.
- M. le Dr Heusner décrit spécialement l’état d’une des victimes les plus grièvement atteintes. C’était une femme, qui fut soignée à l’hôpital de la ville. Elle resta sujette pendant toute la journée qui suivit l’accident à des éblouissements continuels et se montra très abattue. Les membres supérieurs res tèrent durant plusieurs heures froids tandis qu’elle se plaignait de ressentir des douleurs dans tous les membres, mais surtout d’une façon continue dans la plante des pieds.
- L’accident avait également laissé des traces extérieures très caractéristiques. De l’oreille gauche à l’épaule s’étendait une marque de brûlure irrégulière, large comme la paume de la main, et au milieu de laquelle la peau était devenue, sur une grande épaisseur, semblable à du cuir.
- On pouvait également, sur d’autres parties du corps, constater des brûlures plus légères , des plaques rougeâtres. Sur la plante des pieds se trouvait une vingtaine de taches rondes, dont la grosseur variait entre celle d’une lentille et celle d’une pièce de cinquante centimes : au centre on remarquait un trou, et tout autour l’épiderme était arraché et en partie brûlé. Ces taches étaient principalement distribuées sur le bord des pieds et furent d’une guérison bien plus longue que les brûlures de la partie supérieure du corps. Elles rappelaient dans leur forme les traces que l’on obtient lorsqu’on perfore une carte par l’étincelle électrique.
- Ces lésions caractéristiques, qui pouvaient être constatées sur toutes les victimes, n’ont, à notre connaissance, encore été décrites nulle part.
- La partie du bas qui entoure le pied ainsi que les chaussures des personnes frappées présentaient également un grand nombre de trous (24 pour le moins). La même observation que précédemment se laissait faire ici encore, à savoir que la majeure partie de ces trous était placée sur le bord de la semelle ; les semelles elles-mêmes ne portaient que deux trous analogues à ceux que ferait une aiguille. Il est vraiment étonnant, remarque M. Heusner, que le fluide électrique, dont l’énergie est assez grande pour anéantir instantanément la vie, puisse s’écouler par des ouvertures aussi petites. Chez les personnes munies de chaussures à clous, on ne trouvait aucune perforation, les pointes métalliques ayant évidemment fait fonction de corps bon conducteur.
- Les traces que l’on découvrait en examinant les vêtements des victimes offraient chez toutes les personnes une grande analogie. Les vêtements sont perforés à l’endroit qui correspond à une lésion du corps, mais ce qu’il y a de singulier c’est que le diamètre des trous va toujours croissant à mesure qu’on se rapproche de l’épiderme. On remarquait, pat exemple, sur le vêtement extérieur, au
- point correspondant à une forte brûlure de la peau un trou d’un demi-centimètre de diamètre à peine ; la chemise au même endroit portait un trou large comme une pièce de cinq francs. Le chapeau d’un enfant présentait extérieurement plusieurs trous fins comme une aiguille ; à l’intérieur la doublure était complètement arrachée et en lambeaux. Ce dernier fait démontre que le coup n’est pas unique, mais qu’il arrive pour ainsi dire comme une gerbe enveloppante. L’élargissement des trous à mesure que l’on se rapproche du corps tient, selon l’auteur, à la mauvaise conductibilité de l’épiderme ; c’est cette résistance opposée par l’épiderme au passage du fluide qui est la cause de ces lésions terribles que l’on rencontre à la surface du corps. Chez presque toutes les personnes frappées, ces fortes brûlures servent de point de départ à des stries qui vont se répandre sur toutes les parties du corps ; ces stries qui plus tard se recouvrent d’une croûte dure, sont tantôt rectilignes, tantôt elles affectent la forme en zigzags par laquelle on a coutume de représenter dans les livres d’enseignement l’effluve électrique. Soumis à l’examen microscopique ces dernières lésions ne présentent aucun caractère particulier.
- Une fois l’épiderme traversé la foudre rencontre les substances internes humides qui constituent un très bon conducteur et peut sans grand danger suivre un chemin quelconque. C’est ce qui explique que les lésions externes les plus terribles, même à la tête, n’entraînent pas forcément des lésions internes dont la gravité soit à redouter. Dans l’accident dont s’occupe M. Heusner, cette théorie est pleinement justifiée : un enfant de 14 ans portait au milieu du front un peu au-dessous de la racine des cheveux, une brûlure épouvantable, mettant l’os à nu ; a commotion cérébrale avait été si violente que la mémoire des épisodes de la course qui avaient précédé l’accident s’était totalement effacée. Néanmoins le sujet en question finit par se rétablir complètement.
- En général il est avéré que les personnes frappées de la foudre perdent absolument le souvenir de ce qui s’est passé. La vitesse de la foudre est en effet tellement grande que l’évanouissement et souvent la mort se produisent avant que nos sens aient pu percevoir soit l’éclat lumineux soit le bruit qui accompagnent la décharge atmosphérique. Cependant, dans l’accident de Barmen, les personnes les moins grièvement atteintes gardent le souvenir de l’impression éprouvée : à l’une il avait semblé qu’on la déchirait en morceaux; une autre se souvenait d’avoir reçu comme un violent coup de massue sur la nuque et depuis ce jour chaque orage la mettait dans des transes épouvantables ; une troisième enfin comparait la sensation éprouvée à celle d’un énorme coup de marteau qui tomberait sur l’enclume sans rebondir.
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- FAITS DIVERS
- M. Jamin vient de publier, dans la Revue des Deux-Mondes, sous le titre Les Ballons, un article dans lequel il examine principalement les dernières expériences que nous avons décrites sur l'application de l'électricité à la navigation aérienne.
- Tout en rendant justice aux travaux qui ont été accomplis, le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences ne croit pas que les grandes sorties aériennes de l'Ecole aéronautique de Meudon aient produit dans l'art de la direction des ballons la révolution que quelques personnes avaient acclamée. Les services que l'électricité est appelée à rendre dans ces difficiles études sont réels, mais il faut se garder de les exagérer, surtout dans l'intérêt de l’électricité même.
- U Echo des Mines et de la Métallurgie décrit un nouvel appareil fort ingénieux pour la fabrication des fils d'acier. Il se compose d'un cylindre métallique de im37 de hauteur et de om7ô de diamètre, fermé à ses deux extrémités par des couvercles boulonnés et revêtus intérieurement d'un cylindre réfractaire. A la partie supérieure est ménagé un trou d’homme pour l'introduction du métal et du combustible; à la partie inférieure et latéralement, un second trou d’homme sert à l'introduction d'un mélange d'air et de gaz. Vis-à-vis de ce dernier, et perpendiculairement à l'axe du cylindre, se trouve fixée une filière horizontale, entourée d'une gaine à circulation d'eau et d'un manchon réfractaire. Le métal fondu s'écoule sans discontinuité par cette filière et se répand à travers des galets de section appropriés à la forme que l'on veut obtenir.
- On fabrique la gutta-percha artificielle au moyen du procédé suivant : 5o kilos de copal en poudre, additionnés de 8 à i5 kilos de soufre en fleur, sont chauffés entre 126 et i5o°C avec un poids double de térébenthine (ou bien avec 5o ou 60 litres de pétrole) et constamment agités jusqu'à dissolution complète. On ajoute 8 kilos de caséine dissoute dans l'ammoniaque faible additionné d'une petite quantité d'alcool et d'esprit de bois, et on laisse refroidir jusqu'à 38°G environ; la mixture est portée une seconde fois à la température de 126 à i5o° jusqu'au moment où elle présente l'aspect d'un liquide léger. On la fait ensuite bouillir avec une solution renfermant de 15 à 25 pour cent d'acide tannique (noix de galle ou cachou) et 5oo grammes d’ammoniaque. L'ébullition est maintenue pendant plusieurs heures; on laisse refroidir, on lave à l’eau froide et l'on pétrit ensuite dans l'eau chaude. On retire enfin le produit, on le sèche et on le livre au commerce.
- On nous signale une pile d'un nouveau type qu’il convient de ranger à côté de ceux dont nous avons déjà donné la nomenclature. Les Annales dû Photographie publient un extrait de la Central Blatt, pour la photographie, qui décrit un appareil attribué à M. Vincent Rialti, électricien italien. IL se compose d'un vase non-conducteur, rempli d'une solution de sulfate de cuivre et traversé par deux tubes de cuivre placés parallèlement à une certaine distance l’un de l'autre et servant de pôles. Dans l'un de ces cylindres circule un courant d’eau froide, et dans l'autre uu courant de vapeur. Le premier est attaqué, tandis qu'un poids égal à celui du métal dissous se dépose sur l'autre. Cet échange moléculaire produit un véritable courant voltaïque qui doit être faible, mais îa constante en doit être très
- grande. C'est la qualité principale qu'on lui reconnaît; ne pourrait-il servir d'étalon pour les mesures précises?
- MM. Courcelles et Elu ont fait exécuter il y a quelques jours des expériences de chanffage électrique des wagons de chemins de fer dans les conditions suivantes : La bouillotte ordinaire est remplacée par une boîte en fer-blanc dans laquelle sont disposées transversalement environ 36 paires de plaques de plomb. Chaque paire est traversée vers ses extrémités par deux fils de fer qui passent sur toute la longueur de la boîte et se raccordent aux deux bouts avec les conducteurs de cuivre par lesquels le courant entre et sort. Par suite du petit diamètre du fil de fer, il se produit une élévation de température qui se communique aux plaques et, par elles, à l'air contenu dans la boîte.
- Le courant employé pour ces expériences avait une force électromotrice de 55 volts et de 22 ampères, ce qui correspond à peu près à 120 kilogrammètres et pouvait chauffer 5 bouillottes. Il résulte de là qu'un wagon de quatre compartiments munis chacun d'une bouillotte électrique demande uue dépense de force électromotrice d’environ 100 kilogrammètres. Pour un train à dix voitures, ; il faut donc calculer un supplément de force motrice de i5 ^chevaux environ.
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- Le général de Tillo vient de terminer ses recherches sur l'intensité et la distribution du magnétisme terrestre en Russie. II a constaté que la variation séculaire de l'intensité est une fonction de la latitude et longitude de la localité, et il a dressé des tableaux montrant combien l'intensité horizontale varie annuellement avec la latitude et longitude. La variation annuelle de l'intensité totale est presque la même pour des latitudes de 35 à 80 degrés nord sur le méridien de 25° à l'est de Greenwich; mais elle diffère selon la longitude, en diminuant au fur et à mesure que la longitude augmente. Par exemple:
- Variations annuelles de Vintensitè totale:
- Longitude à l’est de Greenwich:
- Degrés
- i5-3o...................... — 0,00l5
- 30-45...................... — 0,0010
- 45-60...................... + 0,0005
- 60-75...................... + 0,0008
- Erreur probable. . + o,oop9
- Un inventeur de San Francisco a appliqué l’électricité à la fabrication du beurre de la manière suivante :
- On place le lait ou la crème dans un récipient isolé, et au moyen de deux électrodes qui plongent dans le liquide, on fait passer le courant électrique jusqu'à ce que les particules de beurre soient séparées. Avec le courant de la machine dynamo équivalant à celui de 40 éléments Daniel!, il faut 3 à 5 minutes pour traiter 45 litres de liquide.
- Au bout de ce temps, la masse solide se rassemble dans le haut du récipient et on écoule le liquide dilué en ouvrant uu robinet placé au bas de la cuve. Le produit ainsi obtenu doit ensuite être traité dans une baratte ou par un appareil analogue.
- Éclairage électrique
- La force motrice pour la lumière électrique dans les magasins du Gagne-Petit est fournie par une machine à vapeur
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- de ïoo chevaux, de la maison Boudier frères, de Rouen, alimentée par deux chaudières Collet. Les machines électriques, toutes du système Edison, sont au nombre de 4; il y a deux dynamos de 200 lampes et 2 dynamos de 100. Les premières sont destinées au service normal de l’éclairage; une des machines de 100 lampes est employée pendant la journée sur les lampes placées dans le sous-sol ; le soir elle fournit le courant aux lampes Cance ; la dernière machine est réservée en cas d’avarie à l’une des autres.
- L’éclairage comporte actuellement 400 lampes Edison et 10 foyers Cance, mais ce n’est là qu’une installation provisoire. On a jugé avec raison qu’il valait mieux commencer par placer les lampes indispensables et que l’expérience seule pouvait en indiquer le meilleur mode de répartition ; on s’est donc décidé à faire fonctionner l’éclairage pendant quelques mois dans ces conditions, peut-être insuffisantes; en été on placera des foyers partout où la pratique en aura démontré la nécessité. On pense monter à cette époque 3oo nouvelles lampes alimentées par deux nouvelles machines, une de 200 et une de 100 lampes.
- Ces 400 lampes Edison, provisoirement montées, remplacent un nombre égal de lampes à huile de 18 lignes et sont réparties sur 10 circuits distincts, qui éclairent respectivement les rez-de-chaussée, l’entresol, les quatre étages et les deux circuits du bâtiment. Les deux derniers circuits comprennent, l’un les lampes qui brûlent pendant la journée et l’autre celles qui sont placées dans l’escalier d’entrée sur la rue des Pyramides.
- Quant aux lampes Cance, elles se trouvent toutes en dérivation sur les bornes de la machine dynamo. Elles sont réparties de la façon suivante : 4 dans le vestibule d’entrée de l’avenue de l’Opéra, 2 dans la coupole qui termine ce vestibule et 2 dans chacune des deux cours latérales. Ces dernières sont placées l’une au-dessus de l’autre, de façon à éclairer simultanément le rez-de-chaussée et l’entresol. Nous devons ajouter que l’installation des foyers Cance et de leurs circuits a été faite par les ingénieurs de la Société Edison.
- La Compagnie électrique a organisé pour le service des ateliers du Louvre un générateur type n° 5 renforcé avec : i° un moteur n° 5 normal pour actionner des machines à coudre et les pompes qui servent à gonfler les ballons, et 2° un moteur n° 3 attelé à une pompe à air pour les communications pneumatiques.
- Dans la succursale de l’avenue Rapp, on a monté aussi un générateur et deux moteurs électriques pour commander des machines à coudre.
- Ces installations fonctionnent depuis plusieurs mois, et le fonctionnement des machines électriques ne laisse rien à désirer.
- La grande salle de la nouvelle Bourse des valeurs, à Londres, est éclairée avec 76 lampes à incandescence Woodhouse et Rawson, de 5o bougies montées sur des appliques en fer forgé placées à la cimaise. Une autre chambre dessous est éclairée avec 66 lampes à incandescence du même système, mais de 20 bougies suspendues au plafond. L’ancienne Bourse va également être éclairée à l’électricité.
- Les machines pour la lumière électrique de cette installation se composent de deux chaudières qui fourniront la vapeur à deux machines Willam à grande vitesse actionnant deux dynamos Elwel-Parker. Une troisième dynamo de réserve peut être actionnée par n’importe quelle machine. En cas de besoin, l’une des chaudières suffira pour l’alimentation des deux moteurs.
- La Compagnie d’huile de Pumpherston, près de Uphalt, a .décidé de faire installer la lumière électrique dans son usine. MM. Bennett et Ce, de Glasgow, ont été chargés de cette installation, et cinq foyers à arc ont déjà été placés. La dynamo se trouvera dans le hangar de la machine du ventilateur. Les lampes sont disposées sur des poteaux de 45 à 5o pieds de hauteur, et la longueur totale du circuit est de 700 mètres environ.
- Nous apprenons que M. Frederick H. Varley vient de construire une petite lampe à arc destinée à produire économiquement l’éclairage électrique des habitations particulières. Cette lampe, qui sera prochainement soumise à des essais publics, n’exigerait environ que 12 kilograramètres et donnerait une intensité lumineuse de 80 à 100 bougies.
- M. Goold, l’ingénieur électricien très connu à Manchester, a été chargé d’installer la lumière électrique à arc et à incandescence dans l’usine de MM. Sharp, Stewart et C°, à Manchester.
- On annonce que la maison Schuckert de Nuremberg vient de construire une voiture portant des appareils d’éclairage électrique destinés à être utilisés par l’armée allemande exclusivement. Le modèle ne pourra être fabriqué ou vendu à n’importe quel autre Etat.
- L’installation d’éclairage électrique faite par MM. Schuckert à titre d’expérience sur la place du Théâtre, à Metz, a fonctionné pour la première fois le Ier janvier dernier. La salle du théâtre, ainsi que le foyer, étaient également éclairés à l’électricité. Ces expériences sont faites aux frais de la maison Schuckert pour une durée de 6 semaines, et le résultat décidera de l’adoption définitive de l’éclairage électrique pour la ville entière.
- Il paraît que le sultan Abdul-Hamid s’occupe beaucoup d’électricité et qu’il a fait installer un laboratoire électrique dans son palais à Constantinople. On annonce la publication prochaine de plusieurs découvertes importantes faites par le sultan.
- Nous lisons dans le Mouvement industriel belge, à propos de l’éclairage de l’Exposition d’Anvers:
- Cette grande question de la lumière n’a pas été aisée à résoudre. Il s’agit, comme on sait, d’éclairer 114 324 mètres carrés, tant dans les halles que dans les jardins. Le comité spécial d’électricité qui fonctionne à Anvers s’est donné pour mission de mener ce travail difficile à bonne fin, et il a pleinement réussi. Le but qu’il s’est proposé d’atteindre, c’est de voir tous les constructeurs ainsi que tous les systèmes d’éclairage représentés à Anvers.
- II ne s’agit pas d’avoir à l’Exposition un seul système d’éclairage électrique, fût-il le meilleur; l’intérêt de l’Exposition en réclame le plus grand nombre possible. Il ne s’agit pas non plus d’accueillir la lumière électrique seule; il faut faire place à tous les genres d’éclairage. Dans ces conditions, l’exposition de l’éclairage deviendra vraiment une petite exposition dans la grande. On comprend tout l’intérêt d’une semblable exhibition pour tous ceux qui s’occupent d’éclairage, et on ne saurait trop engager les retardataires à s’adresser au comité exécutif à Anvers. II en est temps encore.
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- Le vaisseau de guerre le Trenton était le premier navire de la marine américaine éclairé à l'électricité avec 25o lampes à incandescence. Depuis, bien d'autres navires ont reçu des installations semblables, comme le Omaha, qui a 155 foyers; le Boston et Y Atlanta auront chacun 210 foyers, et le Chicago en contiendra 3oo.
- L'exposition de M. Edison à Boston contient 200 de ses lampes ordinaires et plusieurs grands foyers, à incandescence également, de 125 bougies qui ont déjà figuré à l'exposition de Philadelphie. Le premier soir, toutes ces lampes ont été brûlées, mais, depuis, elles ont parfaitement fonctionné.
- La Compagnie Brush a traité avec la ville de la Nouvelle-Orléans pour la fourniture pendant une année de m3 foyers électriques de 2 000 bougies chacun, qui doivent fonctionner tous les soirs, depuis le Ier janvier i885 jusqu’au 3i décembre de la même année. Le prix total s'élève à 80 097 fr, 80
- La ville de San-José, en Californie, est éclairée à l'électricité par le syètème des grandes tours, et il paraît que les oiseaux viennent continuellement se précipiter sur le fer de ces tours, aveuglés par l'éclat de la lumière électrique. En une seule soirée, on en a compté 48 de morts ou de blessés.
- La Royal Electric Light C°, de Canada, a été chargée de l’éclairage à l'électricité de la ville d'Ottowa, pour 3 années, avec option d'une prolongation de 5 ou 10 années de plus.
- Une station centrale de lumière électrique à arc et à incandescence va être installée prochainement à Bangor, dans l'Etat de Maine, par une Société locale nouvellement formée au capital de 25oooo fr. L'American Electric and Illumina-ting C° de Boston, a été chargée de fournir immédiatement les appareils et machines nécessaires pour une installation de cent foyers à arc ainsi que pour la lumière à incandescence.
- La Compagnie Sawyer-Man a installé un lustre magnifique dans le bâtiment de la Mutual Life Insurance C° à New-York. Les lampes sont en forme de lis et de différentes couleurs. Un globe assez grand et parfaitement blanc est suspendu en bas et contient un foyer de 5o bougies. Les autres lampes; au nombre de i3, ne sont que de 16 bougies. Le courant est amené à toutes les lampes par un fil n° 18 dans un cordon souple partant d'une petite applique sur le mur. Toute l’installation fonctionne admirablement.
- Télégraphie
- Notre confrère YElectrician, de Londres, contient la statistique suivante de l'état des communications télégraphiques dans les différents pays de l'Europe, arrêtée à l'année 1880-81, la dernière époque pour laquelle on a pu se procurer des documents officiels.
- Le 3i mars 1881, il y avait en Grande-Bretagne 4015 bureaux télégraphiques, et 1 423 gares de chemins de fer recevant des dépêches télégraphiques, soit un nombre total de 5438 bureaux, contre 2488 avant la reprise du système télégraphique par le Gouvernement, qui eut lieu le 29 janvier 1870, de sorte que le nombre des bureaux a été plus que
- doublé en 11 années. Au moment du transfert, le réseau télégraphique du pays comprenait 5 65i milles de lignes, avec 48999 milles de fils. En 1881, il y avait 26319 milles de lignes avec 121 o52 milles de fils. Le nombre de mots transmis pendant l’année prenant fin le 3i mars 1881 était de 327707 407, tandis que le travail exécuté pour le compte du Gouvernement représentait une somme de 486975 francs.
- Le nombre des employés des anciennes Compagnies était de 2514, dont 479 femmes, avec 1471 facteurs, tandis que le Gouvernement occupait en 1881 5 bu personnes, dont 1 536 étaient des femmes et 4 348 des facteurs.
- En Allemagne, comme en France, la télégraphie a toujours été entre les mains de l'Etat. Les dépêches du gouvernement allemand représentaient en 1880 une somme de 125 000 francs, tandis que les dépêches de la Prusse, pendant la même année en France, rapportaient 1 722683 fr.
- En Autriche, les lignes télégraphiques appartiennent à l'Etat, qui cependant a accordé certaines concessions aux chemins de fer, à la ville de Vienne, à des Compagnies locales et à plusieurs Sociétés de câbles.
- La reprise des télégraphes par l'Etat eut lieu en Hongrie en 1867. Il y avait alors 65o stations, 12 271 kilomètres de lignes, et 36 3ii kilomètres de fils. En 1881, les chiffres respectifs étaient 1 o83, 15 525 et 55 i3v.
- En Russie, les télégraphes sont également la propriété de l'Etat. Le tarif varie selon la distance. La première zone comprend la Russie en Europe, jusqu'au méridien d'Ekaté-rimbourg, la seconde comprend la Russie Asiatique, jusqu'au méridien de Strelinsk avec Turkestan, et la troisième s'étend de ce méridien jusqu'aux limites extrêmes de l'Empire. La première zone comprend une distance de 200 verstes, et la deuxième 1000 verstes. Deux agences télégraphiques jouissent d'une réduction de 5o pour cent du tarif ordinaire, et un journal de Moscou, Le Télégraphe de Moscou, a l’usage exclusif d'une ligne entre Saint-Pétersbourg et Moscou, tous les soirs, depuis 11 heures jusqu'à 4 heures du matin.
- Les télégraphes en Suisse sont administrés par l'Etat. En 1880, le réseau comprenait 6 555 kilomètres de lignes, avèc 16 017 kilomètres de fils. Les Compagnies de chemins de fer possédaient 328 kilomètres de lignes avec 2 825 kilomètres de fils. Le nombre total des bureaux était de 1 108, dont 932 fonctionnaient toute l'année, 73 seulement pendant l'été, et io3 appartenant aux Compagnies de chemins de fer. Les dépêches du Gouvernement sont payées d'après le tarif ordinaire, excepté celles qui ont trait au service télégraphique même.
- En Belgique, la télégraphie est entièrement entre les mains de l'Etat. Le Ier janvier 1881, le réseau comprenait 823 bureaux ouverts au public pour la transmission des dépêches, et 26 153 kilomètres de fils. Ces lignes comprennent 22 279 kilomètres de fils construits pour le service des chemins de fer, administrés par l'Etat, i883 kilomètres en poteaux le long des grandes routes, 601 kilomètres le long des voies d'eau, 1 i58 kilomètres de fils particuliers appartenant à des Compagnies de chemins de fer et attachés sur les poteaux de l'Etat, et enfin 232 kilomètres de fils souterrains.
- Au 3i décembre 1880, le personnel comprenait 1009 em_ ployés télégraphistes, 1 212 ouvriers et facteurs, soit 2221, en dehors de 2 162 employés des Postes et des chemins de fer qui collaborent au service télégraphique.
- Le réseau télégraphique des Pays-Bas appartient en partie à l'Etat et en partie à des Sociétés particulières. Au mois de décembre 1880, l'Etat avait 191 bureaux et les Compagnies 2o5. Aucune réduction n'est faite pour des dépêches de la Presse.
- Le nombre des bureaux télégraphiques en Suède sous l’administration du Gouvernement était à la fin de 1880, de 176, les chemins de fer de l'Etat en avait 187 et les chemins de fer particuliers 421.
- La longueur des lignes de l'Etat s'élevait à 8288 kilomè-
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- très avec 20 336 kilomètres de fils, les chemins de fer de l’Etat avaient 5i6 kilomètres de lignes et 5 406 kilomètres de fils, enfin les chemins de fer particuliers possédaient 2 716 kilomètres de lignes et 3 698 de fils.
- La Presse ne jouit d’aucun privilège.
- En Norvège, l’Etat a construit et possède toutes les lignes télégraphiques, d’une longueur de 5 3i3 milles anglais, dont 4634 milles appartiennent à l’administration des télégraphes et 681 aux chemins de fer de l’Etat..
- La longueur totale du fil est de 9726 milles. Une petite réduction est faite en faveur des dépêches de la Presse.
- A la fin de 1880, l’Etat danois avait 128 bureaux télégraphiques, en dehors de i5g autres sur les lignes des chemins de fer de l’Etat. Il y avait 476 milles géographiques de lignes, avec 1 261 milles de fils.
- En Portugal, le réseau télégraphique appartient à l’Etat, qui en 1880 avait environ g3o bureaux, avec 5329 milles de fil.
- En Roumanie, l’Etat possédait en 1880, 102 bureaux, avec 5 145 milles de fils.
- En Turquie, le Gouvernement exploite également le réseau télégraphique qui, en 1880, comprenait 471 bureaux, et 45072 kilomètres de fils.
- Comme il fallait s’y attendre, la crise commerciale en Angleterre a exercé une influence sérieuse sur les recettes du département des télégraphes pendant l’année qui vient de finir, et dont les trois premiers trimestres, au lieu de donner l’augmentation prévue de 1 325 000 fr., n’ont produit que i25ooo fr. de moins que ,la même période de l’année dernière. La réduction de tarif, proposée et promise, aura lieu néanmoins, et des travaux considérables ont été exécutés en vue de l’augmentation du trafic, qui en sera une conséquence certaine.
- La ligne de grande communication qui avait été commencée déjà en 1884, mais seulement complétée entre Glasgow et Carlisle, est maintenant terminée, de sorte que d’ici peu de temps la capitale sera reliée avec l’Ecosse par un réseau de 7 à 17 fils, comprenant les grands centres commerciaux des comtés de l’ouest. Un autre réseau aussi considérable, comprenant 10 fils en moyenne tout le long de la côte de l’est, reliant Londres avec Newcastle et les villes importantes intermédiaires. Toutes ces lignes ont été construites le long des grandes routes et sont absolument indépendantes des chemins de fer.H
- D’autres circuits ont été construits spécialement pour les localités suivantes : Newcastle, Liverpool, Leeds, Huis, Nottingham, Sheffield, Birmingham, Cardiff, Bristol, Port-smouth, Southampton, Margate, Rawsgate et Douvres. Tous ces circuits ont été pourvus du système Duplex. Les circuits rayonnants des villes importantes ont également été augmentés et perfectionnés. Un nouveau câble de 4 fils a été placé par le steamer de l’administration, le Monarch, jusqu’à Jersey, et un autre de 6 fils entre Lowestoft et la Hollande.
- Le steamer Kanguroo, appartenant à la Telegraph Construction and Maintenance C°, est parti de Londres samedi dernier, ayant à bord le câble qui servira à relier la station de Lloyd, sur îe rocher de Fastnet, avec le bureau du télégraphe du gouvernement à Crookshaven, dans le comté de Cork. La pose du câble s’effectuera aussi vite que le temps le permettra.
- Nous trouvons dans les journaux espagnols la preuve de l’insuffisance de l’outillage électrique de la Péninsule. Les lignes télégraphiques sont si rares en Andalousie, une des régions les plus peuplées, cependant, de tout le royaume, qu’un grand nombre de localités importantes sont restées
- privées de secours dans l’affreuse crise de tremblements de terre qui a éclaté le jour de la Noël 1884.
- Il est presque inutile d’ajouter qu’aucun des appareils que nous avons décrits pour l’enregistrement des commotions sismiques n’existe ni à Madrid, ni dans aucune grande ville, de sorte que l’on sera réduit à la comparaison de renseignements discordants, tant pour l’heure des secousses que pour la direction des chocs, leur nombre et leur durée. On sait que ces renseignements ne sont pas des objets de simple curiosité, mais qu’ils peuvent être utilisés à déterminer les lieux dans lesquels il est dangereux de bâtir et l’orientation qu’il faut donner aux constructions pour qu’elles aient le maximum de stabilité.
- Le correspondant du New-York Times, à Madrid, a dernièrement télégraphié à ce journal tout le texte du traité de commerce proposé entre les deux pays. La dépêche est arrivée en espagnol à New-York, où on l'a traduite et publiée immédiatement. La transmisson par le câble de cette communication a coûté pas moins de 20000 fr.
- Le prix du cuivre en Amérique, qui était de 18 sous par livre il y a deux ans, est aujourd’hui réduit à 12 sous par suite de la production abondante des mines de Montana et d’Arizona.
- La station télégraphique de Velez-Malaga a été entièrement détruite par les tremblements de terre récents. Bien que sérieusement blessé, l’employé de service réussit à rétablir la communication avec Madrid et à informer les autorités de l’accident.
- Les recettes de la grande Compagnie des Télégraphes du Nord se sont élevées, pendant le mois de décembre dernier, à la somme de 475000 fr. Depuis le Ier janvier jusqu’au 3i décembre 1884, la Société a encaissé la somme de 7 907 000 fr., contre 6 362 200 fr. en i883 et 6 o33 325 en 1882.
- Le nombre des dépêches transmises par la Cuba Submarine Telegraph C° pendant le mois de décembre dernier était de 3 001 et ont produit la somme de 62 5oo fr., contre 2 774 dépêches, rapportant 63 975 fr. pendant le même mois de l’année i883.
- Selon le correspondant américain du Morning News, M. Muirhead vient d’apporter des perfectionnements importants à son système de télégraphie Duplex, appliqué aux câbles Mackay-Bennett. Non seulement le rendement de la transmission est augmenté, mais encore le fonctionnement devient plus sûr et plus uniforme. Les délais de transmission sont réduits au minimum, et la Compagnie commerciale, en adoptant les moyens de télégraphie reconnus les plus perfectionnés, se montre décidée à faire à ses rivaux une concurrence acharnée. Comme le Dr Alex. Muirhead est revenu à Londres, nous espérons pouvoir faire connaître bientôt les détails complets de ce système à nos lecteurs.
- M. Muirhead s’occupe en Amérique, dans ce moment, des contrats, entre autres choses, pour la pose des fils souterrains, et la formation, dans ce but, d’une grande maison spéciale.
- Les journaux de New-York s’occupent en ce moment des résultats économiques et politiques de la baisse de prix pro-
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- duite par la mise en service des câbles de la Compagnie commerciale, organisée par MM.. Bennett-Mackay. On estime que, même si Ton admet que le bon marché n’est point appelé à amener un accroissement considérable dans le trafic, l’économie du tarif actuel s’élèverait à 5 millions de francs par an.
- Les tremblements de terre qui se sont déclarés en Espagne dans la nuit de Noël, et qui, depuis lors, ont persévéré avec une ténacité déplorable, ont mis en évidence l’extrême développement des relations que le système de télégraphie sous-marine permet actuellement entre les deux continents.
- Le New-York Herald publiait dans son numéro du 28 décembre, sur ces catastrophes, une dépêche télégraphique fort détaillée et un article beaucoup plus complet qne tout ce qui avait paru dans les journaux de Madrid, de Paris et de Londres.
- Selon le rapport du chef des pompiers de la ville de Brooklyn, la mise en terre du réseau télégraphique de son département entraînera une dépense de 1611 800 fr. Le rapport condamne la loi sur la télégraphie souterraine comme prématurée en estimant qu’il ne faut pas forcer le progrès, mais le laisser se développer librement et à son heure.
- À l’Exposition de Boston, le dépaitement des pompiers de la ville a exposé un générateur électromagnétique inventé vers 1860 pour fournir le courant nécessaire à donner le signal d’incendie sur les cloches des églises. L’appareil a fonctionné jusqu’en 1868 avec un moteur hydraulique. Il contient 16 paires d’aimants permanents, 8 paires de chaque côté attachées à des plaques métalliques aux deux extrémités et placées vis-à-vis l’une de l’autre avec des pôles opposés. L’armature affecte la forme d’une roue en bois dans laquelle se trouve un certain nombre de trous parallèles avec l’arc dans lesquels sont installées 24 bobines ou électro-aimants. Ceux-ci consistent en un noyau de fils de fer fins, d’un diamètre de 1 1/2 pouce, entourés de fil isolé n° 16,. Le diamètre des bobines est d’environ 4 pouces.
- Téléphonie
- Depuis le ier janvier, des cabines téléphoniques sont ouvertes au public dans certains bureaux télégraphiques, au moyen desquelles l’on peut, à tout moment et moyennant une légère rétribution, communiquer avec les abonnés du réseau. Ces cabines sont pour le moment au nombre de six; deux d’entre elles sont établies à la Bourse, où elles sont littéralement assiégées; les autres sont placées dans les bureaux de la rue des Halles, de la rue de Grenelle-Saint-Germain (ministère des postes et télégraphes), de la place de la Madeleine et du Grand-Hôtel. Le tarif des communications est fixé à 5o centimes par 5 minutes de conversation.
- Un reporter du Herald rend compte, dans un de ses derniers numéros, d’une visite qu’il a faite à un des principaux bureaux téléphoniques de New-York. Des plaintes avaient été formulées contre les jeunes filles employées à répondre aux abonnés, qui passaient une grande partie de leur temps en communications plus ou moins frivoles.
- Afin de mettre un terme à ces flirtationsy le directeur de l’établissement a fait construire un bureau spécial auquel
- aboutissaient des fils de dérivation, de manière à pouvoir entendre ce qui se passait. Depuis lors, les communications illicites ont entièrement cessé.
- La ville d’Augsbourg, eu Bavière, va être dotée d’un réseau téléphonique avec les appareils Bell et Blake, et un appel électromagnétique.
- Les communes de New-Isenburg, Spendlingen et Langen se sont opposées au passage de la ligne téléphonique entre Francfort et Mannheim. Les autorités locales ne veulent pas tolérer la ligne dans les rues principales de leur territoire. La question de savoir si l’administration peut se passer du consentement des autorités pour faire passer les ligues dans les rues n’ayant pas encore été décidée par les tribunaux en Allemagne, l’action des communes citées est d’un certain intérêt et amènera sans doute une solution définitive.
- Les différents établissements qui dépendent de l’administration municipale de la ville de Berlin sont reliés à un bureau central situé dans l’hôtel de ville, qui, à son tour, est en communication avec le réseau général. Pendant l’année 1884, le réseau municipal a servi à 30622 communications, ou en moyenne 100 par jour, car le bureau à l’hôtel de ville reste fermé les dimanches et jours de fêtes.
- La New-York and New-Jersey Téléphoné C° possède trois bureaux centraux importants à Brooklyn et à Williamsburg, avec un total de plus de 200 abonnés. Le bureau central de Brooklyn compte 1 2000 abonnés et la Compagnie s’est activement occupée de mettre son réseau sous terre. Une partie de ce travail a été faite par la Compagnie Callender qui a posé 6 câbles de 5o piles et de 800 pieds de long, ainsi que nous l’avons déjà dit. En dehors de ceux-ci, la Compagnie en a placé d’autres, fabriqués par la Western Electric C° de 5o conducteurs également et dont la plus longue a 2 3oo et la plus courte 700 pieds; un de ces câbles contient 100 fils. La Compagnie a ainsi mis les deux tiers de son réseau ou environ 200 milles de conducteurs sous terre. Ce travail a entraîné une dépense de 75000 fr. environ.
- La Guatemala Téléphoné C° vient d’être organisée à San-Francisco avec un capital de 125 000 fr., pour l’exploitation d’une concession téléphonique du gouvernement de Guatemala, dans l’Amérique centrale. La nouvelle Société a déjà 100 abonnés, pour lesquels les appareils nécessaires comprenant des instruments Bell et Blake ont déjà été envoyés de New-York. On espère pouvoir relier 200 abonnés au bureau central pendant l’année actuelle.
- La semaine dernière, le conseil municipal de Philadelphie a autorisé la Baxter Overland Téléphoné and Telegraph C* à pratiquer des tranchées dans certaines rues pour la pose de ses fils et conducteurs électriques. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la limite pour l’enlèvement des poteaux et fils aériens dans les rues a été reculée d’une année.
- Le Gérant : Dp C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, f3, quai Voltaire. — 53738
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- La
- Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- <«'• v
- directeur : D* CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7» ANNÉE (TOME XV)
- SAMEDI 24 JANVIER I88S
- N° 4
- SOMMAIRE. — Un nouveau mode d’application de la lumière à incandescence à la médecine et à la chirurgie ; Dr Stein. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (40 article); Marcel Deprez, Maurice Leblanc. — La crise téléphonique; Frank Geraldy. — Effluve et étincelle électriques photographiés directement sans objectif; G, Mareschal. — La question Phelps-Edison; J. Bourdin. — Chronique de l’étranger : Allemagne H. Michaelis. — Angleterre; J. Munro. — Autriche; J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinowitch : Sur la valeur actuelle des éléments magnétiques à l’observatoire du Parc Saint-Maur, par M. Th Moureaux. — Sur la conductibilité électrique des solutions alcooliques de quelques chlorures, par le D' Vicentini. — La force électromotrice de l’élément Daniell, par le D1, E. Kittler. — La fixation des lignes de force, par M. Scharfhausen, — Correspondance : Lettre de M. G. Colombo. — Lettre de M. Nothomb. — Faits divers.
- UN NOUVEAU MODE D’APPLICATION
- DE
- LA LUMIÈRE A INCANDESCENCE
- A I.A MÉDECINE ET A LA CHIRURGIE
- Depuis la mémorable Exposition Internationale de Paris où, pour la première fois, le monde civilisé fut admis à contempler les applications multiples dont est susceptible, dans ses formes variées, le courant électrique, nous pourrions enregistrer un grand nombre de tentations faites à l’effet d'introduire la lumière à incandescence dans la pratique médicale.
- M. G. Trouvé, le constructeur bien connu d'appareils électro-thérapeutiques, en imaginant le photophore frontal, fut un des premiers (*) à faire voir l’excellent parti qui pouvait être tiré, dans un grand nombre de diagnostics, des rayons lumineux émis par une petite lampe à incandescence; M. Trouvé avait, d’ailleurs, plusieurs années auparavant, cherché à arriver au même résultat par l’emploi d’un fil de platine porté à l’incandescence.
- Si l’appareil de M. Trouvé n’a pu prendre pied, comme il le méritait, dans les cabinets de con-
- 1. M. Trouvé publia pour la première fois le Photophore Hélot-Trouvé, en mars i883, dans une séance de l’Académie de Médecine de Paris ; au mois de janvier de la môme année M. Jirasco avait déjà présenté un rapport analogue à la clinique du professeur Mosetig de Moorhof, à Vienne.
- sultation des médecins, cela tient à ce que ce dernier avait recommandé, pour l’alimentation de la lampe à incandescence, l’emploi d’un accumulateur Planté ou d’une de ses grandes batteries à immersion bien connues ; ces éléments présentaient deux graves défauts : i° leur prix élevé; 20 et encore plus leur volume encombrant. Il y a également lieu de remarquer qit’un médecin, et principalement un chirurgien, n’a pas seulement besoin d’une petite batterie pour éclairer les cavités du corps, mais d’une batterie telle qu’elle lui fournisse un courant capable de porter à l’incandescence les fils et les couteaux de platine employés dans les opérations galvano-caustiques.
- C’est dans cet ordre d’idées que j’ai été amené à construire une double batterie qui satisfait à l’une et à l’autre condition : i° à l’éclairage des cavités du corps ; 20 aux opérations chirurgicales.
- Dans une batterie de ce genre il y a lieu de tenir compte de plusieurs points dont l’importance est bien moins grande dès qu’on- a affaire à une batterie à immersion ordinaire, destinée aux usages d’un laboratoire de physique. Il faut que la batterie soit facile à transporter avec son liquide ; le réglage du courant doit se faire commodément d’une seule main, en noyant graduellement les électrodes dans le liquide excitateur ; il faut que le même dispositif donne de forts courants de quantité pour les opérations au galvanocautère, ne fût-ce que pendant quelques instants et en même temps des courants de tension moins énergiques, mais constants, destinés à l’éclairage ; en dernier lieu il est indispensa-
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- ble que l’appareil soit de manipulation telle qu’il n’exige pas une pratique spéciale des engins électriques.
- On a essayé à l’origine de réaliser ces désiderata enayant recours à des commutateurs, c’esr-à-dire en faisant usage de dispositifs mécaniques permettant le groupement des éléments en série on en quantité, suivant les nécessités de la circonstance. Mais la pratique a démontré qu’il est impossible d’éviter les mauvais contacts, et qu’abandonnés aux soins de personnes peu familiarisées avec les manipulations électriques, les contacts des commutateurs avaient peu de chance de rester en bon état. Une batterie
- double, fournissant on même temps des courants de quantité et de tension n’a pas été construite jusqu’à ce jour. Le dispositif que je me propose de décrire doit combler cette lacune. Le volume occupé par la double batterie a été aussi réduit que possible, et par sa nature même l’appareil présente cet avantage que l’on peut, dans un grand nombre d’opérations, dans celles qui se rapportent, par exemple, aux cavités de l’arrière-bouche et du larynx, obtenir simultanément un éclairage intense et faire usage du galvanocautère.
- Afin de satisfaire aux conditions précitées, j’emploie une caisse fermée, dont le bord supérieur sert
- FIG. I F.T
- de support à une plaque sur laquelle viennent se fixer les électrodes. A l’intérieur de cette première caisse j’en ai placé une seconde, de hauteur moindre, que je désignerai sous le nom de récipient à liquide. Ce récipient à liquide reçoit dans, la caisse un guidage, en sorte qu’il se déplace de haut en bas et de bas en haut toujours parallèlement à lui-même sans qu’il y ait de dérangement à craindre. Les électrodes étant maintenues fixes, on fait varier la surface active des électrodes en soulevantle liquide au moyen d’un levier muni d’un petit cylindre, et sur lequel repose le récipient. Une crémaillère à cliquet empêche le récipient de retomber sous l’action de son propre poids. Ce dispositif permet de régler très sûrement, et en faisant usage d’une seule main, la surface active des électrodes, réglage qui est surtout très nécessaire avec les lampes à in-
- candescence, pour éviter que le filament de charbon ne vienne à se briser subitement. Il est également facile en soulevant et en abaissant de temps à autre le récipient pendant que l’on fait usage de la batterie, de chasser le gaz qui, par suite de la polarisation, s’accumule sur la surface des électrodes.
- La figure 1 représente une vue en perspective de cette double batterie; a, b sont les deux caisses dont l’une, destinée aux courants de tension, est cloisonnée, tandis que l’autre, destinée aux courants de quantité, ne porte pas de cloison. On aperçoit en cd les surfaces des plaques de caoutchouc durci qui soutiennent les électrodes ; xy est un levier à un seul bras, relié à la double tige ty qui porte en t un rouleau cylindrique (comparez : fig. 5) ; s est la crémaillère à rochet dont il a été
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- question plus haut, z le cliquet qui vient faire prise sur les dents. En g se trouve un bouton qui sert à dégager la crémaillère. La figure 2 montre en coupe l’appareil et la disposition des électrodes dans le cas d’un courant de quantité. La signification des lettres est la même que dans la figure 1. Les figures 1 et 2 représentent la batterie au repos, la figure 3 représente cette même batterie en activité. On peut bien voir sur cette figure comment fonctionne le système d’encliquetage lorsque le récipient est soulevé à mi-hauteur. La figure 4 montre une des caisses en caoutchouc durci pour le courant de tension; dans la caisse pour le courant de quantité, le cloisonnement fait défaut. La figure 5 est un plan du levier et de l’en-
- FIG. 3
- cliquetage. Ici fg est le levier extérieur tandis que le système des tiges hi est monté sur l’axe qui correspond à la rotation ty dans les figures de 1 à 3. La figure 6 représente le plan des deux batteries ; ab est celle qui donne le courant de quantité ; elle se compose de grandes plaques de charbon (de platine) et de zinc placées les unes près des autres; la batterie cd donne le courant de tension constitué par des cylindres de zinc et de petites plaques de platine ou de charbon très écartées les unes des autres. La figure 7 montre les deux caisses de batterie en place, tandis que la figure 8, en ab, fait voir la disposition des plaques de charbon et de zinc pour le courant de quantité, et en op le groupement en dérivation de ces plaques. La figure 9 indique la façon dont sont disposées les
- électrodes de charbon, (platine) et de zinc pour le courant de tension.
- Pour les médecins qui, fréquemment dans la pratique, ont besoin de transporter leurs batteries, l’appareil qui vient d’être décrit présente encore ce grand avantage que l’on peut, une fois le récipient à liquide baissé placer, dans le haut de la caisse en e' r' (fig. 2) un fermoir à coulisse er (fig. 1). Pour
- FIG. 4
- le transport on fait passer cette pièce à travers une fente latérale ménagée dans la caisse extérieure; le récipient à liquide est muni de rainures correspondantes dans lesquelles le fermoir vient se loger, formant ainsi joint étanche.
- L’emploi des parois même de la caisse pour faire le guidage aussi bien que celui d’un levier à un seul bras muni d’un rouleau pour la manœuvre du récipient à liquide, de même le dispositif qui consiste à réunir deux appareils à actions différentes et pouvant servir simultanément de façon à en for-
- mer [un ensemble hermétiquement clos, n’ont été jusqu’à ce jour ni appliqués ni même décrits nulle part.
- On a essayé d’utiliser la lumière électrique pour l’éclairage des divers organes intérieurs du corps humain, tels que l’oreille, le nez, l’arrière-bouche, le larynx, l’estomac, le canal de l’urèthre, la vessie, le rectum et le vagin. Si les appareils imaginés
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- dans ce but ne se sont pas conservés dans la pratique, au point de vue des diagnostics relatifs aux affections de la vessie et de l’estomac, quelque ingénieuse qu’ait été l’idée qui a présidé à leur invention, ces mêmes appareils ont été reconnus très propres à éclairer les autres organes qui viennent d’être cités.
- Pour les cavités de l’oreille, de la bouche et de
- FIG. 6
- la gorge ainsi que pour le rectum et le vagin, il suffit de tenir directement devant l’ouverture que l’on veut éclairer des lampes à incandescence munies de petits réflecteurs, tandis que pour éclairer le larynx on a imaginé des appareils spéciaux dont l’usage s’est généralisé et qui sont destinés à remplacer le réflecteur fréquemment employé que l’opérateur attache à son front. E11 première ligne il faut ici encore citer M. Trouvé qui, il y a plusieurs années déjà, au moyen de son polyscope portait au blanc incandescent des fils et des spi-
- FIG* 7
- raies de platine et les introduisait dans les cavités de l’arrière-bouche protégées par une capsule émaillée à laquelle était fixé un petit miroir, de telle sorte que la lumière se trouvait tomber sur le larynx.
- Nous devons au docteur Nitze, de Dresde, un perfectionnement apporté au système de M. Trouvé, perfectionnement basé sur une invention de
- M. Bruck, de Breslau. Le laryngoscope électrique est sans cesse refroidi par une circulation d’eau (fîg. i3 et 17) ; les fils de platine incandescents sont enfermés dans une capsule creuse à doubles parois entre lesquelles circule constamment un courant d’eau froide amené par des tubes de caoutchouc, ce qui a pour effet de maintenir l’appareil entier froid.
- L’invention des petites lampes que l’on a coutume d’employer en guise de bijoux, m’a suggéré l’idée, qui se présentait d’ailleurs naturellement à l’esprit, de substituer aux fils de platine des laryngoscopes les petites lampes à incandescence qui
- i Æ x k
- FIG. S
- se trouvent représentées dans la figure 10 (a. b etc).
- L’intensité lumineuse de ces lampes, permet, lorsqu’elles sont convenablement disposées, non seulement de distinguer aussi nettement que l’on peut le souhaiter l’image du larynx et de la trachée, mais encore de photographier ces derniers organes.
- Chez les personnes qui ont l’entrée du pharynx assez large il est possible de faire usage de lampes à incandescence plus grandes, et cela de la façon que se trouve représentée dans la figure 10 (ab). Lorsqu’on se sert de cette disposition on ne fixe plus la lampe comme le montrent les figures i3, 14 et 17 à la partie inférieure du laryngoscope,
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- mais bien à la partie supérieure de l’appareil. En a, b (fig. io) on voit un tube à double paroi formant réflecteur et qui est reliée d’une part à la conduite électrique fg, et d’autre part à la circulation d’eau d, c. Dans ce tube, se trouve une lampe à incandescence de forme ovale (fig. 11 a) et d’une puissance de io bougies.
- Lorsque l’appareil est introduit dans le gosier, la source lumineuse n’est éloignée que de 6 centimètres de l’objet qu’il s’agit d’éclairer, le larynx, par exemple; il résulte de là que les cordes vocales renvoient une quantité de lumière énorme sur le
- FIG. Q
- miroir et que l’on peut voir et photographier des altérations infiniment petites de la muqueuse altérations qui, autrefois échappaient d’une façon absolue à toute investigation. A ceci, il convient d’ajouter qu’il suffit d’employer exclusivement la petite batterie de la figure 17 et les dispositions que nous avons précédemment décrites et représentées pour obtenir, pendant un fonctionnement continu de 1/2 à 2 heures, la quantité de lumière eu question.
- On a déjà essayé à maintes reprises de reproduire photographiquement l’image du larynx que donne le laryngoscope. Ce fut en 1862 que je me livrai pour la première fois à des essais de ce genre, à Prague, en compagnie de mon regretté
- ami le professeur M. J. Czermacksi prématurément arraché à ses recherches scientifiques. Nous employâmes à cette époque, pour obtenir des photographies du larynx la lumière solaire réfléchie, et comme le professeur Czermack plaçait la chambre noire à une distance de i à 2 mètres du sujet à photographier nous obtînmes des photographies du larynx de 2 millimètres de diamètre.
- Longtemps après, (en 1874), je repris lesmêmes essais en recourant à la lumière solaire, mais avec une chambre photographique spécialement construite à cet effet (fig. 12). Les appareils qui me servaient à cette époque se trouvent décrits dans mon traité. « La lumière au service de la recherche scientifique ; » ce même ouvrage renferme des types photographiques reproduisant le larynx. Depuis, différents Laryngologues se sont occu-
- pés de la reproduction photographique de l’image du larynx ; en première ligne il faut citer M. le Dr Th. R. French de Brooklyn, qui a décrit dans le journal Laryngology, (n° 4, octobre i883), un laryngoscope photographique qui lui a permis de s’approcher davantage de la solution du problème, mais dans lequel il avait encore recours à la lumière solaire réfléchie. Les principaux perfectionnements apportés par French consistaient en ce qu’il rendait solidaire du laryngoscope une chambre obscure plus petite, mais encore trop grande; il tenait cette dernière à la main tandis qu’il introduisait dans le gosier du patient un gros fil soudé à l’objectif et portant le laryngoscope. Un condensateur jetait la lumière solaire sur un second réflecteur creux fixé au front de l'opérateur, et c’est seulement en quittant ce miroir que les rayons lumineux tombaient dans la gorge.
- A côté de la lumière solaire on a également
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- dans ces derniers temps, employé la lumière électrique à arc pour l’éclairage et la photographie du larynx ; au moyen de puissants réflecteurs et condensateurs, on jetait la lumière sur le miroir placé dans la gorge du sujet soumis à l’examen et l’on arrivait, avec un dispositif analogue à celui que nous avons représenté figure 12, à obtenir des reproductions photographiques. Il a paru l’an dernier en Angleterre une publication qui mérite d’étre signalée. Voice Song and Speech by Lennox Brown and Emil Behuke (London 1884), et qui renferme des reproductions photographiques d’a-
- près nature du larynx très remarquables. Les appareils qui ont servi à MM. L. Brown et E. Behuke se composaient : i° d’une lampe électrique de 10,000 bougies environ ; 20 d’une auge en verre à faces parallèles à travers laquelle on faisait passer les rayons concentrés de lumière électrique et que traversait continuellement un courant d’eau froide destiné à l’absorption des rayons calorifiques ; 3° d’un grand condensateur constitué par deux lentilles planes-convexes ; et 40 d’un miroir plan réfléchissant les rayons dans la cavité buccale du sujet soumis à l’expérience. Il y avait toujours pour
- F1C..
- ces reproductions plusieurs personnes, (2 médecins.
- 2 photographes, et un électricien); les résultats obtenus sont d’ailleurs des plus remarquables. Il n’en est pas moins vrai que toute cette manipulation fastidieuse au plus haut degré et très coûteuse ne saurait être appliquée que dans des cas excessivement rares. Nous rencontrons ici encore un autre inconvénient ; la source de lumière n’est pas reliée d’une façon invariable avec le laryngoscope en sorte que les rayons qu’elle émet ne sont ni réguliers ni toujours intenses dans le même plan, et d’autre part, à cause de la trop grande distance du foyer de l’objectif, l’image du larynx se produit toujours à une échelle relativement petite, (i,5 m. m. de diamètre environ.)
- 1 2
- Le problème que je me suis posé était donc le suivant : relier ensemble, en leur donnant des dimensions aussi réduites que possible, la chambre photographique, le laryngoscope et la source lumineuse, et je crois l’avoir résolu en employant l’appareil qui se trouve représenté dans la figure i3. A, B, C est un laryngoscope construit d’après le principe de Nitze, muni d’un foyer électrique et d’une circulation d’eau h l, et dont le manche est solidaire de la chambre obscure D ; cette chambre porte un petit objectif O de 5 m. m. d’ouverture et d’une distance focale de 40 m. m. Des déplacements excessivement faibles de l’objectif permettent de fixer une fois pour toutes pour la même personne sur le verre dépoli e de la chambre obs-
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- cure l’image du larynx (a) qui se produit sur le miroir A du laryngoscope. La petite lampe à incandescence m projette sa lumière intense sur le larynx. La lumière de la petite lampe de 2 à 5 bougies représentée figure 11, exerce, d’après la loi du carré de la distance, une action très^énergique, attendu qu’elle est placée à 6 c. ni. environ de
- l’objet que l’on se propose de photographier. Une petite caisse double R (fig. 14) qui contient deux plaques préparées au gélatino-bromure, très sensibles, vient remplacer la glace dépolie e une fois la mise au point terminée. A travers le manche du laryngoscope (S fig. 14) court un fil conducteur f g qui est interrompu en sorte que le cir-
- PfG. l3
- cuit peut être à volonté ouvert ou fermé au moyen du bouton de commande n.
- A l’intérieur de la chambre obscure, et cela du côté de la paroi antérieure (près de ï) est disposé
- un disque circulaire qui constitue un système de déclenchement électrique. Cet appareil se trouve représenté à une plus grande échelle dans les figures i5 et 16; il peut servir d’une façon générale
- FIG. 14
- dans la phôtographie des laboratoires scientifiques et a été imaginé et décrit par moi, il y a plusieurs années déjà. Le disque b tourne sous l’action d’un ressort autour du point central p ; ce disque porte en t une ouverture ronde. Ce truc passe rapidement devant l’ouverture intérieure pointillée s de l’objectif sitôt que l’armature r de l’électro-aimant c
- est attirée. A ce moment, le doigt i devient libre et le disque tourne avec une grande vitesse autour de son axe jusqu’à ce que le doigt i entre de nouveau en prise avec l’armature r, ce qui a lieu lorsque l’ouverture est revenue à son point de départ. Au moment où l'ouverture t passe devant l’ouverture s, il se produit un court instant d’exposi-
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- tiôn. Si la lumière est trop faible et que l’exposition doive durer iplus longtemps, il suffira d’appuyer pendant un temps plus long sur le bouton n(fig. 14) qui envoie le courant aussi bien dans la lampe que dans l'électro c placé en dérivation (fig. i5 et 16).
- FIG. l5 ET l6
- Tant qu’on presse sur le bouton n (fig. 14), t reste en regard de s attendu que le doigt m se trouve toujours en prise avec la saillie de l’armature, en n.
- FIG I 7
- Dès que l’on appuie sur. le bouton a (fig. 14), le circuit électrique est fermé, m s’allume et au même instant l’électro-aimant c (fig. i5) agit, rouvrant l’objectif, en sorte que la photographie du larynx se trouve prise automatiquement.
- Si la lumière est assez intense, il suffit d’appuyer un instant sur le bouton a. Si les plaques du gélatino-bromure ne sont pas assez sensibles, il faudra presser le bouton a pendant un temps plus long. Comme d’ailleurs la lumière électrique ne se produit qu’au moment où l’on ferme le circuit, il est absolument inutile, quand on travaille dans une pièce obscure, d’avoir recours à un système de fermeture de l’objectif; en effet, dès que la pression en n (fig. 14) cesse, la lumière électrique s’éteint en m (fig. 13) et par suite la photographie est interrompue.
- La figure 17 permet de se rendre compte de l’ensemble du dispositif. A représente la petite batterie ouverte, B cette même batterie fermée, en fonctionnement, et retirée avec le laryngoscope photo-électrique D ; a b sont les conducteurs pour le courant électrique; cd les tubes de circulation d eau froide; cette eau vient d’un petit réservoir C placé un peu au-dessus de l’appareil et circule tout le temps que durent les opérations à travers le système des tubes. La petite chambre obscure, que la figure 14 représente exactement et en vraie grandeur, a été laissée de côté dans la figure 17, afin de ne pas nuire à la clarté du dessin.
- En construisant cet appareil, je suis convaincu que j’ai résolu, de la façon la plus simple, par les procédés électriques, le problème de la photographie du larynx et que j’ai, abstraction faite de ce que ces représentations peuvent présenter de curieux, rendu service à la science pathologique; beaucoup d’affections du larynx se modifient, en effet, de jour en jour, et il est précieux de posséder un appareil permettant de suivre et de contrôler pas à pas ces modifications pathologiques.
- Dr Théodore Stein.
- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS [PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de ier métropolitain de Paris
- Quatrième article (Voiries numéros des 3,10cl 17janvier 1805)
- 6° De la transmission directe du travail par Vélectricité
- Avec ce procédé, noüs n’aVons plus de poids mort transporté polir l’approvisionnement, et,
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- quant à l’adhérence, l’électricité nécessaire pour la déterminer magnétiquement est toute prête.
- Rappelons d’abord les tentatives qui ont été faites iusqu’ici dans cette voie : En 1880, MM.
- FIG. 2 3
- Marcel Deprez et Bontemps combinèrent un petit chemin de fer postal pour le transport des dépêches. Le courant venant par l’un des rails monte
- par les roues d’un côté, et redescend par celles de l’autre ; dans son trajet il met en mouvement deux petites bobines qui entraînent les roues. Sur ce chariot moteur est disposée une boîte dans laquelle on peut placer les dépêches et même de petits colis.
- De la sorte un poids de 5 k. pouvait être remorqué à la vitesse de 12 km. à l’heure, l’électricité étant fournie par 6 éléments Bunsen ordinaires (voir fig. 23).
- A peu près à la même époque, MM. Siemens et Halske construisirent un petit chemin de fer du même genre. Leur moteur présentait cette particularité qu’il n’était qu’une réduction de leur type ordinaire de machine dynamo-électrique.
- Le premier chemin de fer électrique a été installé à l’Exposition de Berlin, en 1879. Il était établi sur un parterre de gazon où il n’y avait pas d’autre circulation. Il avait 3oo m. de longueur, l’écartement des rails était de 60 cent. Une petite locomotive représentée ci-contre remorquait trois wagonnets, contenant chacun six personnes. On avait adjoint aux deux rails formant la voie un rail central, par lequel le courant était envoyé de la machine primaire ; et les deux rails porteurs servaient à ramener le courant à cette machine.
- Cette première application a donné de bons résultats. En 1880, ce chemin de fer a été transporté à [l’Exposition de Bruxelles, puis à Dusseldorf, et enfin à Londres, au Palais de Cristal : il a continué à marcher parfaitement.
- Plus tard a été installé un véritable chemin de fer a Lichterfelde. Mise en service au mois de mai 1881, cette ligne a un développement de 2 600 mètres de longueur et côtoie la ligne du chemin de fer de Berlin à Francfort; elle la quitte au bout de
- quelques centaines de mètres et aboutit à l’école des cadets de Berlin.
- Il y a un service constant et normal de trains qui correspondent avec les trains de Berlin. Dans ce chemin de fer, comme il est installé sur le côté
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- d’une voie de chemin de fer ordinaire, et traverse des champs et des propriétés qui ne sont pas fréquentés, on a placé les rails au-dessus du sol, sur des traverses qui les isolent convenablement, sauf
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- FIG. 2b
- aux passages à niveau, au nombre de cinq ou six.
- Là les gamins s’amusent souvent à tirer des étin-
- celles entre les rails, et des chevaux ont reçu quelquefois des décharges électriques. Cela n’offrait pas grand inconvénient, étant donnée la faiblesse de la différence de potentiel établie, mais il n’en
- FIG 2/
- eût plus été de même autrement. Chaque voiture était automobile : elle portait une machine Siemens installée sous la caisse. Le mouvement de cette dernière était transmis aux roués au moyen
- FIG. 28. — LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE DE MM. CHRÉTIEN ET FEUX
- de courroies prenant leur contact sur un tambour extérieur à la roue.
- MM. Chrétien et Félix, exposèrent à Paris, en 1881, une locomotive électrique, destinée à la sucrerie de Sermaize. Cette machine avait un aspect
- . vraiment industriel, comme on pourra s’en convaincre à l’inspection de la figure 28.
- A la même exposition, un tramway électrique a fonctionné régulièrement pendant près de trois mois, a fait environ 4000 voyages, soit un
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- parcours de 2000 kilom., et transporté 86000 voyageurs. C’était une voiture prêtée par la Compagnie des Tramways-Nord. Elle avait 7m70 de long, 2m25 de large et 3m65 de haut (jusqu’aux balustrades) pesait à vide 5 5oo kilog. et en charge g 000 kilog. Elle était munie d’une machine dynamo-électrique placée horizontalement sous la caisse du tramway, entre les deux essieux. Son axe portait un pignon denté qui entraînait, par l’intermédiaire d’une
- chaîne de galle, une roue dentée calée sur l’un des essieux.
- Cette installation avait été faite par la maison Siemens, de même que celles de Berlin.
- Nous ne ferons que rappeler les intéressantes applications qui ont été faites récemment à Portrush, en Angleterre, et à Rochester, aux Etats-Unis, renvoyant le lecteur aux articles qui ont déjà paru à ce sujet dans La Lumière Electrique.
- FIG.
- Enfin une dernière installation a été faite au commencement de l’année 1884 par la maison Siemens entre Francfort et Offenbach. Les deux tuyaux à rainure sont suspendus (fig. 2g bis) à des isolateurs fixés sur des supports extérieurs en fonte. Les conducteurs, qui prennent leurs points d’appui sur des isolateurs ordinaires montés au sommet de ces mêmes supports, sont des câbles composés de fils de cuivre et d’acier. Ils servent en même temps à conduire le courant et à porter les tuyaux.
- La figure 2g ter représente un croisement. La disposition adoptée se comprend d’elle-même, et
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- nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir bientôt. Quant à l’usine électrique, elle comporte comme moteurs deux machines à vapeur accouplées (système Collmann) de la force de 240 chevaux. Leur arbre commun tourne à une vitesse de 60 tours par minute, et celui des machines électriques à une vitesse de 600 tours. Les générateurs de vapeur sont du système Ten-Brink, au nombre de 7.
- Il y a actuellement quatre machines dynamoélectriques à double enroulement, mais on a prévu assez de place pour pouvoir en ajouter quatre
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- autres. Elles sont montées sur des rails curseurs, ce qui permet de régler la tension des courroies au fur et à mesure que le besoin s’en fait sentir. Les machines électriques ont une hauteur de 2 mètres : le diamètre des anneaux est de ^45 centimètres environ et leur longueur de 70 centimètres. La tension électrique est de 600 volts et le rendement mécanique varie de 80 à 5oo/o, suivant la position des wagons.
- La longueur de la ligne est de 6,555 mètres. Généralement il y a quatre wagons en route, et deux machines dynamo servent à engendrer le courant. Si les wagons sont couplés deux à deux, on se sert de trois machines, une des machines demeurant toujours comme réserve. Toutes les dynamos sont groupées en quantité.
- Jusqu’à présent il s’agit de tramways et non de chemins de fer véritables. .
- FIG. 2C) bis. — WAGON AU DÉTART
- Or, au tunnel du Saint-Gothard, la ventilation est à peu près satisfaisante, à cause du nombre relativement faible des trains. Néanmoins on avait fait des installations pour l’emploi des machines à air comprimé, et si l'insuccès a fait revenir provisoirement aux locomotives ordinaires, on n’a pas moins cherché à trouver mieux pour le cas où le trafic viendrait à augmenter.
- On s’est adressé à l’électricité, dont l’emploi se trouve tout indiqué par la présence de nombreuses, chutes d’eau aux abords du tunnel, et la maison
- Siemens qui s’est chargée de l’étude, croit pouvoir garantir une puissance de 400 chevaux disponible à la jointe des roues motrices dans tout le parcours du tunnel, le rendement étant au moins de 5o 0/0 et la ligne ayant une longueur totale .de i5 kilom. Quant à la vitesse réalisée, elle pourrait être de 60 à 70 kilom. à l’heure.
- L’électricité serait amenée par une tringle de a5mui de diamètre, et le retour du courant se ferait par les rails. Enfin le matériel de traction se composerait de locomotives de 100 chevaux chacune,
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- Kl G. 2 0 ter
- disposition d’un crois h ment de voies
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- qui pourraient être attelées au train en nombre voulu (2, 3 ou 4) et seraient nianœuvréès par un seul mécanicien. Nous n’avons pas besoin d’insis-
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- FIG. 3o
- ter sur l’énorme complication que présenterait un pareil système. 4* 4 " 4 * ¥ *
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- Depuis, la municipalité de Vienne a décidé que l’exploitation du chemin de fer métropolitain actuellement en construction, serait faite au moyen de locomotives électriques, et c’est encore la maison Siemens qui est chargée d’étudier la question.
- Mais jusqu’à présent, aucun véritable train de chemin de fer n’a été remorqué électriquement. Cela ’ustifie l’étude qui va suivre.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre.)
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- CRISE TÉLÉPHONIQUE
- Une crise sérieuse sévit actuellement sur l’industrie, on le repète de tous côtés. Elle 11e nous est point particulière et s’étend sur plusieurs pays; toutefois il paraîtrait que la France est spécialement atteinte. Le fait a-t-il toute la gravité qu’on lui attribue? Je ne sais et ce n’est pas à nous de le rechercher ici ; toutefois je ne suis pas éloigné de croire qu’il est vrai en somme, et si, pénétrant dans le domaine des économistes, il m’est permis d’indiquer une des causes qui. ont pu l’amener, je proposerai la suivante qui tient à un phénomène général.
- Notre industrie vient de traverser une ère de brillante prospérité. Le point de départ de cette phase heureuse remonte à une époque' déjà assez éloignée, trente ou quarante ans peut-être. A cette époque, sous l’influence de causes diverses, notre industrie se constitua dans un état de progrès,
- elle prit le pas sur les autres et dut à cet effort une suite d’années prospères. Mais pendant ce temps les autres ne restaient point inactifs ; ceux qui s’installaient profitaient de tous les progrès réalisés, disposaient d’outillages de plus en plus perfectionnés; le jour est venu où l’ensemble de cette industrie a égalé, puis dépassé la nôtre. Il eût fallu à celle-ci, pour suivre le mouvement, une continuité d’efforts, une énergie de renouvellement incessant qui se rencontrent bien rarement : je dirai tout à l’heure quelles raisons en sont cause.
- Des phénomènes pareils se présentent d’une façon très frappante dans l’industrie scientifique et sont pour nous très intéressants à constater ; ils constituent une des formes du développement de la science appliquée. Ils ont même une beaucoup plus grande rapidité d’évolution, surtout lorsqu’il s’agit de l’application d’une découverte nouvelle, parce qu’alors la marche de la science est extrêmement rapide, et que d’un jour à l’autre son progrès inattendu vient tout renouveler.
- Une crise de ce genre me paraît se manifester dans l’industrie si récente de la téléphonie : il semble que les procédés mis en usage sont déjà arriérés et qu’un renouvellement s’impose.
- L’idée que j’émets peut, au premier aspect, paraître un peu surprenante; on se demande, en jetant un coup d’œil général, quelle grande découverte a ainsi depuis quelque temps bouleversé la téléphonie ; je demande que l’on prenne bien les mots au sens exact; d’abord les découvertes importantes en téléphonie ne manquent pas, mais surtout, je n’ai pas dit, science téléphonique, j’ai dit, industrie téléphonique, cela est différent. Quelle grande découverte est intervenue depuis vingt ans dans l’industrie de la fabrication des draps, ou de a soie, ou telle autre ? aucune peut-être, et néanmoins l’outillage a complètement changé ; une quantité de petits perfectionnements, de modifications de détail, sont venus qui ont simplifié les manœuvres, augmenté le rendement de l’ouvrier, diminué les frais généraux, réduit les loyers, eh sorte qu’un outillage qui était le progrès il y a quelques années, est ruineux aujourd’hui.
- Il serait long et minutieux de détailler tous les perfectionnements de ce genre intervenus dans la téléphonie depuis quelques années, ils ont été, chacun à son heure, décrits dans ce journal; les réunir et voir l’ensemble qu’ils forment est un travail que nous entreprendrons un de ces jours ; mais il n’est pas nécessaire de le faire pour voir sur quoi repose la prévision que j’indique ; elle s’appuie sur des symptômes très clairs.
- Il y a quelques années feu M. Lartigue, directeur de la Société générale des téléphones, fit à la Société de physique une communication au sujet du service téléphonique. Il dit dans ce document que le nombre des conversations s’accroît
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- dans une proportion beaucoup plus grande que le nombre des abonnés, par la raison que chaque abonné nouveau demande à converser, sinon avec tous, au moins avec plusieurs' des anciens, en sorte que le nombre des conversations serait, jusqu’à un certain point, proportionnel au carré du nombre des abonnés. Il concluait nettement de ce fait que les frais généraux de cette industrie particulière n’éprouvaient pas une diminution relative lorsque le nombre des affaires augmentait, ce qui a lieu dans toutes les industries.
- Je fus très frappé de cette révélation et j’en emportai l’idée qu'une industrie ainsi constituée ne pouvait prospérer, puisqu’elle ne pouvait s’étendre avec fruit. Son idéal devait nécessairement être non pas, comme il l’eût fallu, pour elle et pour le public, un nombre toujours croissant d’abonnés payant moins cher, mais un nombre de plus en plus restreint d’abonnés à des prix toujours croissants ; conditions inadmissibles ; et je restai persuadé que M. Lartigue avait exagéré les choses.
- Nous avons su depuis qu’il n’en était rien, le directeur était l’interprète fidèle des idées de la Société générale; au renouvellement de concession qui vient d’avoir lieu, elle n’a pas abaissé son prix; elle n’étend son réseau qu’avec une grande lenteur (400 abonnés nouveaux seulement dans l’année 1884),.il semble bien que son but est celui que nous disions : peu d’abonnés à haut prix. Peut-elle faire de bonnes affaires ainsi? c’est son affaire, mais ce qui est la nôtre, à nous public, comme à nous électriciens, c’est que de pareilles conditions d’industrie ne sauraient nous convenir.
- Nous n’entendons nullement, qu’on le remarque bien, mettre en doute les intentions de la Société, elle fait ce qu’elle peut, et ne demanderait certes pas mieux que de satisfaire tout le monde et elle-même ; si elle ne le fait pas, c’est parce qu’elle ne le peut pas, c’est que son outillage ne le lui permet pas. Il faut bien qu’il en soit ainsi puisque, fondée une des premières, elle est restée la plus chère de toutes (la Russie exceptée). Depuis, on a installé des services nombreux, tous moins cher; l’Etat français lui-même, et l’on sait s’il est généralement cher, demande au maximum 400 fr., au minimum i5o. A quoi cela tient-il? à l’outillage, à l’organisation, qui sont arriérés et défectueux : si l’on demande exactement par où, je pourrais bien signaler quelques points, par exemple, l’abus des bureaux secondaires, qui augmentent beaucoup les lenteurs et les frais généraux. Je n’essaierai pas de discuter point par point toute l’installation, c’est un grand travail, ce qui me suffit pour aujourd’hui, c’est de signaler le mal dans son ensemble.
- Quant au remède, il est évident, il faut sans hésiter porter une main ferme dans tout le système et le modifier, le transformer, suivant les nécessités nouvelles, suivant les conditions déjà obtenues ou
- signalées par d’autres. C’est ce que beaucoup d’in-* dustries eussent dû faire plus tôt. Je sais très bien que cela n’est pas facile. Pour renoncer à un outillage installé non sans recherches et sans efforts, pour changer une organisation compliquée, bouleverser les habitudes d’un personnel, il faut une dose d’énergie peu fréquente chez un homme seul; bien plus rare dans une Société, toujours moinls disposée à l’initiative.
- Il faut autre chose aussi, il faut une certaine prospérité; une industrie qui attend, pour se transformer, l’heure de la décadence, ne le peut plus ; là vitalité manque, les ressources font défaut ; c’est malheureusement le cas, paraît-il, pour quelques-uns de nos établissements industriels ; ce n’est pas, j’en suis très convaincu, celui de la Société générale, elle est jeune et vivante, elle est à même de voir la difficulté et de surmonter la crise; dans les cas semblables, il ne faut pas d’hésitation, il ne faut pas s’en prendre à ceux qui signalent la situation et leur en savoir mauvais gré, il faut le regarder en face et y apporter le remède nécessaire; c’est œuvre de sang-froid et d’intelligente énergie. C’est, ce me semble, ce que la Société générale doit faire; dans l’intérêt de la science et de l’industrie téléphoniques, on doit compter qu’elle le fera.
- Frank Geraldy.
- EFFLUVE ET ÉTINCELLE
- ÉLECTRIQUES
- PHOTOGRAPHIÉS DIRECTEMENT SANS OBJECTIF
- L’étude de la forme et de la couleur que présentent les décharges électriques suivant les différentes manières dont elles se produisent, a déjà tenté un certain nombre d’amateurs et de savants.
- Tout le monde connaît les remarquables travaux faits par le regretté Th. du Moncel sur l’étincelle d’induction. C’est au cours de ces études qu’il découvrit, en i853, le phénomène de l’effluve électrique qui a été depuis l’objet de recherches importantes de la part de plusieurs physiciens et chimistes, parmi lesquels il faut citer MM. A. Thénard, P. Hautefeuille et J. Chapuis. Il y a une vingtaine d’années, M. Bertin, qui était alors professeur à la Faculté de Strasbourg, et qui fut depuis maître de conférences et sous-directeur à l’École normale supérieure, avait dirigé ses recherches sur les décharges électriques produites par des appareils de haute tension, machines à plateau et bouteilles de Leyde. Il avait pensé avec raison que, à cause de sa rapidité et de sa complexité, une partie du phénomène devait échapper à l’œil de l’observateur et il avait eu l’idée de
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- photographier la décharge pour en étudier ensuite les formes plus à loisir. Nous avons eu l’occasion de voir dernièrement un cliché obtenu par lui à cette époque. Mais les procédés photographiques employés alors ne lui permirent probablement pas d’en obtenir d’autres aussi satisfaisants, et il avait renoncé à ce genre d’études, lorsque, l’an dernier, il eut l’occasion d’en parler à M. F. Ducretet, le constructeur bien connu, et il l’engagea à les reprendre en se servant des nouveaux procédés de photographie au gélatino-bromure. Malheureusement il est«mort avant que les expériences aient été commencées et il ne put voir la réalisation de ses projets. M. Ducretet n’abandonna pas l’idée, il construisit les appareils nécessaires et obtint les résultats que nous mettons anjour d’hui sous les yeux des lecteurs.
- FIG. 1
- Son appareil ne comporte pas d’objectif pho tographique. Il se compose d’une cage parallélipi-pédique en verre rouge AB CD qui vient reposer sur une table d’ébonite montée sur un pied (fig. i).
- Dans la face supérieure AB de la cage, ainsi que dans deux faces parallèles AD et BC, on a ménagé des ouvertures qui sont fermées par des bouchons en ébonite au milieu desquels glissent à frottement doux des tiges de cuivre HL N. Dans le pied de la table se trouve une crémaillère, aussi en cuivre, qui peut être manœuvrée de l’intérieur par un pignon; elle est en communication électrique avec une borne d’attache E ; la partie supérieure'de cette crémaillère qui vient déboucher dans la cage de verre, est filetée de manière qu’on peut y fixer soit un plateau métallique soit un plateau isolant. Les tiges HLN sont également file-
- tées et on peut terminer les extrémités qui sont l’intérieur de la cage par des boules, des pointes, des peignes, des plateaux en métal ou en matière isolante à volonté.
- FIG. 2
- En résumé, on a une boîte transparente, imperméable aux rayons photogéniques,(dans laquelle
- FIG. 3
- on peut amener l’électricité au moyen de quatre conducteurs, disposés deux à deux dans le prolongement l’un de l’autre, ou dans des positions perpendiculaires, et qu’on peut approcher ou éloi-
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- gner plus ou moins en les manœuvrant de l’extérieur.
- Cette disposition très simple répond à tous les besoins et permet, en plaçant une plaque sensible dans le voisinage des conducteurs, de photographier la décharge1 électrique directement et pour ainsi dire sous les yeux de l’opérateur.
- Comme source électrique, on fait usage d’une batterie de 6 éléments au bichromate de potasse, pouvant donner 10 volts et i5 ampères. Lè courant
- FIG. 4
- de cette batterie était transformé en courant de haute tension au moyen d’une forte bobine d’induction pouvant donner des étincelles de plus de om20 centimètres de'longueur. Seule, la décharge représentée par la figure 4 a été obtenue au moyen d’une machine de Hollz. Chaque expérience a duré moins d’une seconde.
- Les figures 2 et 3 représentent l’effluve qui se produisit dans les conditions suivantes. Le plateau P était métallique et relié au pôle négatif de la bobine d’induction. On y avait posé la plaque photographique, pellicule sensible en dessous et
- touchant, par conséquent, le plateau (c’est ce qui donne le cercle opaque du milieu); puis,1a plaque photographique avait été entièrement recouverte par une plaque mince d’ébonite au-dessus de laquelle s’en trouvait une seconde, supportée par de petites cales, de manière à ménager une couche d’air entre les deux. Enfin, sur cette seconde plaque d’ébonite était placée une autre plaque photographique, la pellicule sensible en dessus et directement en contact avec un plateau supérieur, égale-
- FIG. ?
- ment métallique, et relié, au pôle positif de la bobine par le conducteur L. L’inspection des figures 2 et 3 fait voir que l’effluve n’a pas la même forme aux deux pôles. On remarque au pôle positif une couronne opaque assez large, autour de laquelle se trouve une sorte d’auréole, composée d’une infinité de rayons très délicats, tandis qu’au pôle négatif, cette auréole semble n’avoir pu s’étendre. On constate du reste le même phénomène en considérant la figure 4 qui représente l’effluve obtenu au moyen d’une machine de Holtz, mais cette fois dans le sens horizontal. On avait placé la plaque
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- photographique sur le plateau P non conducteur ; la pellicule sensible se trouvant en dessus, on l’avait mise en contact avec les boules terminant les conducteurs H et N.
- On voit qu’ici encore l’effluve s’étale largement au pôle positif, tandis qu’au pôle négatif il est resserré et semble rentrer dans l’autre.
- Les boules conductrices étaient espacées de om,09 centimètres; une étincelle a jailli entre elles au moment où^l’on interrompait le courant.
- Dans la figure 5, on peut étudier plus facilement une étincelle obtenue à peu près avec la même disposition. Les boules H et N ne reposaient pas directement sur la pellicule sensible, mais sur deux petites feuilles d’étain collées aux extrémités de la plaque à om,i5 centimètres l’une de l’autre. En outre, la source employée n’était plus la machine de Holtz, mais la pile avec la bobine d’induction. On a obtenu deux étincelles presque parallèles. On voit qu’elles sont très complexes ; chacune d’elles semble formée de quatre cordons de différentes grosseurs s’enchevêtrant les uns dans les autres, et présentant des sinuosités différentes.
- En outre de ces deux étincelles, la plaque est sillonnée sur une largeur de om,09 centimètres par des lignes courbes allant d’un pôle à l’autre, et présentant de nombreuses ramifications.
- La figure 6 représente la décharge qui s’est produite dans les conditions suivantes. Le plateau P étant métallique et relié à l’un des pôles, on y a d’abord placé une plaque mince d’ébonite de la même dimension que la plaque photographique; puis celle-ci, la pellicule sensible en dessus; puis sur cètte pellicule on a amené au contact le conducteur supérieur L, terminé par une boule et relié à l’autre pôle de la bobine d’induction.
- On voit que malgré les deux diélectriques interposés (ébonite et verre), et malgré la non transparence de l’un d’eux, l’effluve qui s’est produit au-
- tour du platean P est assez nettement reproduit sur la plaque sensible par un cercle semblable à ceux qu’on observe dans les figures 2 et 3. On voit en outre qu’autour de la boule il s’est produit une infinité de ramifications dans tous les sens, et on suit la marche de l’étincelle qui a jailli entre la boule et le plateau, en contournant la plaque, dans deux directions situées dans le prolongement l’une de l’autre.
- Il est à remarquer qu’en dessous des deux traits principaux et nettement accusés que trace cette étincelle, on en voit deux autres très pâles, beaucoup plus larges, et ne présentant pas des sinuosités parallèles à celles des premiers.
- Les résultats de ces expériences sont très curieux.
- La position des plaques a été variée de 18 manières différentes, ainsi que la forme des conducteurs. Nous avons seulement parlé d e ceux qui nous ont paru présenter le plus d’intérêt. Malheureusement, malgré l’habileté du dessinateur et du graveur, il est impossible de rendre exactement tous les détails qu’on observe en examinant directement le cliché. Les épreuves sur papier qui ont été tirées, présentent elles-mêmes beaucoup moins de netteté que le cliché, car il y a certaines parties de l’épreuve sur verre qui ne viennent pas au ti-rage.
- Nous nous sommes contenté d’exposer les résultats obtenus sans en tirer aucune conclusion; mais il est à espérer que ces expériences, qui sont du reste des plus faciles à reproduire au moyen de l’appareil que nous avons décrit plus haut, seront répétées et discutées par les électriciens et qu’elles contribueront à nous faire connaître la nature du mystérieux agent, qui donnera son nom à notre siècle.
- G. Mareschal.
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- LA QUESTION PHELPS-EDISON
- Dans l’avant-dernier numéro de La Lumière Electrique, notre collaborateur Brailsford Bright a signalé à l’attention du monde savant un fait des plus étranges ; il a démontré de la façon la plus indéniable que le célèbre téléphone, exploité en F rance depuis 1880 sous le nom de téléphoné Edison était un appareil breveté en Amérique sous le nom d’un autre ingénieur très connu, M. Phelps. La société dite du téléphone Edison ne s’est même pas donné la peine d’en changer l’aspect : elle avait fait venir d’Amérique l’appareil Phelps, elle l’a démonté et fait reproduire exactement par certains constructeurs, se contentant de faire graver sur les nouveaux instruments Société du Téléphone Edison. Son successeur, la Société générale des téléphones, a continué les mêmes errements en fabricant et vendant le même appareil toujours sous le même nom d’Edison.
- J’avoue que je n’ai pas été un des moins étonnés en apprenant la mystification dont j’avais été tout le premier la dupe.
- Attribuer une pareille supercherie à Edison me répugnait tellement que je me mis à mon tour à faire des recherches dans les mille et un brevets américains signés Thomas Edison et, à force de chercher, j’ai trouvé une patente n° so3,oi6 demandée le 7 mars 1878 et qui contient une justification partielle et des aveux précieux qui ne sont guère de nature à améliorer le procès que la Société s’est imaginé de faire récemment à la plupart des constructeurs français de téléphone à microphone, procès dont nous avons justement raconté les péripéties, M. Brailsford Bright et moi, et dont nous avons suspendu la publication jusqu’à l’ouverture du rapport que préparent en ce moment les experts désignés par le tribunal.
- La Société générale des téléphones n’est pas sans avoir lu l’article de M. Braidsford Bright, et je suis certain qu’une rectification en faveur d’Edison eût été favorablement accueillie dans ce journal. La Société a préféré garder le silence et, puisqu’elle ne défend pas l’homme sur le nom duquel, faute de mieux, elle cherche à édifier un monopole, je crois de mon devoir de lui signaler le brevet cité plus haut, demandé le 27 mars 1878, c’est-à-dire postérieurement à l’invention du microphone Hugues.
- Edison y dit notamment :
- I find that the carbon heretofore employed in connection with a diaphragm is not adapted to use in the primary circuit of an induction coil because its résistance is too great, and the necessary rise and fall of tension is not produced.
- Voici la traduction de cet aveu dépouillé d’artifice :
- « Je trouve que le charbon employé jusqu'ici en connexion avec un diaphragme, n’est pas propre à être employé dans le circuit primaire d’une bobine d’induction à cause de sa grande résistance, d’où il résulte que la variation nécessaire de tension (') NE SE PRODUIT PAS. »
- Ce même brevet demandé le 7 mars 1878 contient en outre le dessin d’une véritable bobine Ruhmkorff, qu’Edison emploie et revendique pour la première fois au lieu et place de l’appareil décrit dans sonbrevet français de décembre 1877-janvier 1878. Tous les efforts de la Société des téléphones pour établir une confusion entre ces deux appareils deviennent d’une inutilité évidente et la raison du silence de la Société est tout-à-fait limpide. Elle ne pouvait produire en faveur d’Edison celte justification partielle, sans citer le brevet que nous venons de mentionner et sans ruiner, par conséquent, toute l’argumentation de ses prétentions juridiques par les aveux même d’Edison.
- La conclusion des articles que nous avons publiés le 8 août et le 2c septembre 1884 devient de plus en plus manifeste : il n’y a eu de téléphonie microphonique pratique que postérieurement à l’invention du professeur Hughes, et en s’inspirant de ses magnifiques expériences publiées dans l'Engineering, les Comptes-Rendus de l’Académie des sciences, etc., etc.
- J. Bourdin.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales Allemagne
- les bains électriques. — Dans le grand établissement de bains de la Commandanten-strasse, à Berlin, des bains électrothérapiques ont été établis depuis quelque temps. Grâce à une invitation du directeur médical de l’établissement, le Dr Berk-holz, plusieurs médecins ont eu dernièrement l’opportunité d’en faire la visite.
- Dans ces bains l’influence de l’électricité sur le corps humain est appliquée de la manière suivante : la baignoire dans laquelle se trouve le malade est reliée avec un des pôles du conducteur électrique, pendant que l’autre pôle est relié avec une barre de métal couverte d’une étoffe conductrice mouillée, et suspendue au-dessus de la baignoire de telle (*)
- (*) Le mot tension n’est évidemment paspris dans son sens actuel.
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- manière que le malade puisse la tenir entre ses mains.
- Par cet arrangement le courant traverse le corps entier du malade, en passant de la surface du corps, qui est en contact avec l’eau, aux mains — ou en sens inverse.
- Si l’on désire exposer quelque partie spéciale du corps à l’influence du courant électrique, les deux électrodes, qui consistent en grandes plaques de cuivre, sont suspendues dans la baignoire, mais isolées de ceüe-ci. Selon la position des électrodes, l’une ou l’autre partie du corps reçoit une portion des courants qui traversent l’eau.
- L’intensité du courant électrique est réglée suivant les conditions individuelles, et on emploie autant le courant faradique que le courant galvanique. La durée d’un bain est fixée à un quart d’heure à peu près.
- Des expériences variées ont prouvé que ce traitement est d’une grande influence sur les fonctions du corps. On a constaté d’excellents résultats, surtout dans des cas d’ischias obstiné, de tremor, de neurastemia cerebralis et spinalis, dans des rhumatismes chroniques, etc.
- DES SIGNAUX ACOUSTIQUES POUR DÉTERMINER LE COURS DES VAISSEAUX PAR UN TEMPS DE BROUILLARD.
- — Le prof. Weber a imaginé une méthode pour déter miner la direction d’où vient un son, afin de pouvoir s’orienter sur mer par un temps de brouillard. Ce problème, bien qu’il soit de la plus grande importance pour la navigation, semble ne pas avoir été résolu jusqu’ici. Pour réaliser son idée, le prof. Weber propose de faire sonner simultanément à l’aide d’un appareil électro-magnétique, deux signaux de différents tons à une certaine distance l’un de l’autre. La disposition qu’il propose est la suivante :
- Supposons que le long d’une côte O. E. se trouvent deux stations A. B., à une distance de 333 mètres l’une de l’autre. A ces deux stations on fait
- sonner de temps en temps et toujours simultanément (à l’aide d’un courant électrique) deux signaux. Supposons que les deux signaux varient d’une quinte, que le signal de A donne la note do et celui de B la note sol, alors à tous les points à l’ouest de la ligne N on entendra les deux signaux
- dans l’ordre do — sol, tandis qu’à tous les points à l’est de la ligne N. on entendra sol — do. Un vaisseau venant de O., qui côtoie le rivage, entendra le signal de B une seconde plus tard que celui de A. (puisque le son emploie une seconde tout juste pour traverser la distance de 333 mètres) et cela continuera jusqu’à ce que le vaisseau dépasse A. Ensuite l’intervalle de temps entre les deux signaux deviendra de plus en plus petit, et quand le vaisseau passera par la ligne N, les deux signaux sonneront simultanément, etc.
- Le professeur Weber ajoute que probablement on aura besoin dans la pratique de trois signaux simultanés (par exemple, do, sol et le do de l’octave) à des points équidistants, pour que la succession des tons soit mieux perçue. Il serait possibleaussi, d’après le professeur Weber, d’employer ce mode de signaux à bord des vaisseaux eux-mêmes, pour iaire parvenir à d’autres vaisseaux des avertissements de danger. Naturellement ceci ne serait possible que sur de très grands vaisseaux, sur lesquels on pourrait atteindre une distance de cinquante à cent mètres entre les sifflets, ce qui donnerait un tiers de seconde comme intervalle maximum de temps.
- Yu l’importance du problème que le professeur Weber a essayé de résoudre d’une manière si simple, des expériences pratiques basées sur sa méthode ne se feront probablement pas longtemps attendre.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE A LA GARE DE STRASBOURG. — Dans le numéro 52 de la Gazette centrale de Vadministration des travaux publics se trouve le tableau suivant des frais de l’éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg, d’après les recherches de la direction générale impériale des chemins de fer de l’Empire. La gazette ajoute : une comparaison des frais pour l’électricité avec ceux pour l’éclairage au gaz se trouve être très favorable à la première. Depuis le premier janvier jusqu’au 3i mars 1884, les frais pour l’éclairage électrique se sont élevés à 20 128 marks à peu près pour l’installation principale, et à 6 485 marks pour l’installation secondaire ; avec un éclairage au gaz ils auraient été à peu près 41 452 marks pour l’installation principale et 7 842 marks pour l’installation secondaire. L’administration des chemins de fer s’était décidée pour l’introduction de l’éclairage électrique dans la pensée qu’avec le gaz on ne parviendrait guère à obtenir une telle intensité de lumière dans toutes les parties de la gare, — ci-inclus les voies de côté, — mais elle avait cru devoir payer plus cher ce nouvel éclairage. Maintenant on trouve que non seulement l’éclairage nouveau permet une illumination beaucoup plus forte de la gare dans toutes ses parties, mais qu’aussi elle ne cause pas plus de frais que
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LAMPES DU 1er JANVIER 84 — 3l MARS '4- FRAIS PAR LAMPE
- NOM FRAIS Frais et par heure
- de l’installation d’installa- tion 4> E 0 -4> </> S M Nombre de chevaus absorbés Heures d’éclai- rage Heures de chevaux Entretien Intérêt et amortisse- ment Total Entretien Intérêt et amortisse- ment Total
- A. Nord. marks long. n. marks marks marks pfennings pfe nnings pfennings
- Lampes à arc . . 163234 60 800 I 59755 59755 8847,30 4897,03 13744j33 14,806 8,195 23,001
- Lampes à incand. 81527 174 A 23o C 16 10 1/8 l/i3 I43I94 211924 17774 i63ü2 1929,67 2002,86 io53,45 1392,06 2983,12 3395,22 1,357 0,945 0,741 0,657 2,098 1,602
- Total. . . 244761 9383i 12779,83 7342,84 20122,67
- B. Sud.
- Lampes à aie (courant alternatif). 32045 12. 35o 13/12 15426 16712 3897,40 961,37 4858,37 25,265 6.232 3i,497
- Lampes à incand. 20871 3 A 91 C l6 8 10 1/8 1/6 . i3 3857 2571 52706 482 161 4054 96,24 36,42 867,09 626,14 1625,89 2,495 1,417 1,645 1 ,o5g 1 ,o5g 1,059 3,554 2,476 2,704
- Total. . . 52916 1 21409 4897,15 i587,5i 6484,66
- ÉCLAIRAGE AU GAZ ÉQUIVALENT
- NOM
- de
- l’installation
- I. Nord.
- FRAIS d’installation
- marks
- i95440
- Nombre
- 1476
- Consommation par heure cbm de craz
- cbm
- O, l5
- DU 1**’ JANVIER 84 — 3t MARS 84 on aurait dépensé
- Heures
- d’éclai-
- rage
- 1756359
- cbm
- 2I32ÔO
- Entretien
- marks
- 35288,60
- Intérêt amortissement 13 °/o
- marks
- 5863,20
- Total
- marks
- 41451,80
- PRIX
- du gaz
- pfennings l6
- NOMBRE
- supposé des becs de gaz
- pour une lampe à arc
- en
- dehors
- dans
- les
- salles
- O* aj
- 5 EU L- 3
- II. Sud.
- 23280
- 272
- o, i5
- 285382
- 42807
- 7143,16
- 698,40
- 7841,56
- 16
- l’éclairage au gaz; — plus encore, — qu’en l’employant, on réalisera (si les résultats de l’année passée durent) une économie considérable.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- l’interrupteur cunyngiiame.— Dans une lettre récente j’ai fait allusion à l’interrupteur automatique de M. Cunynghame et à l’avantage qu’il présente sur les fils fusibles, parce qu’il n’est pas nécessaire de le remplacer chaque fois qu’il a fonctionné.
- La fig. 1 représente l’appareil tel qu’il est construit aujourd’hui par MM. Woodhouse et Rawson, fabricants d’appareils électriques, 11, Victoria Street, à Londres. Il se compose d’un électro-aimant E intercalé dans le circuit principal par les bornes T T'. Au-dessus de l’électro-aimant se trouve une armature A montée sur deux bras pi-votés à la base de l’aimant, de sorte que les bras et l’armature forment les trois côtés d’un rectangle avec l’armature en haut. Cette disposition permet à l’armature de se mouvoir dans un segment de cercle limité par les arrêts S S'. Deux arcs en métal B courbées vers le bas sont montés sur les bras de l’armature et plongent dans deux godets de mercure C. Le courant passe de la borne droite
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T' au godet de mercure d’arrière et de là par les arcs au godet de mercure d’avant, ensuite à l’électro-aimant et à la borne gauche T. Quand la force du courant augmente jusqu’à un certain point, l’armature A est attirée au-dessus des pôles de l’électro-aimant E, et le circuit est rompu parce que les arcs B sortent des godets de mercure C. Le courant étant ainsi interrompu, l’armature A tombe à gauche par son propre poids jusqu’au momen1,(où elle est arrêtée par la pointe S. La force du courant ayant été diminuée, on règle l’appareil de nouveau et faisant tourner l’armature à droite avec la main jusqu'à ce qu’elle touche l’autre pointe S'. Le contact estjrétabli avec le mercure, et l’électro-aimant est de nouveau en cir-
- FIG. I
- cuit. Le poids de l’armature sert dans cette disposition à maintenir le circuit fermé ou ouvert, mais à bord des vaisseaux on emploie un ressort de pression pour neutraliser le mouvement du navire.
- L’appareil est réglé pour fonctionner à une certaine intensité donnée du courant au moyen de l’arrêt à vis représenté en avant de l’armature. Cette vis règle le segment ou l’arc dans lequel l’armature peut se mouvoir en face de l’électro-ai-mant. Ainsi qu’il est indiqué sur l’appareil, il fonctionnera à une intensité de courant de 60 à ioo ampères.
- Les interrupteurs à feuille de mica de M. Hedges, pour, les lampes à incandescence, sont employés ici au lieu du plomb fusible d’Edison. On les construit généralement pour fondre à des intensités de 3o à 40 ampères et ils sont moins coûteux que
- les plombs. La fig. 2 représente ce petit appareil : il se compose d’un petit morceau de mica en feuille, de forme oblongue, couvert d’une petite bande de feuille d’étain et d’aluminium, maintenue par des anneaux métalliques ou des œillets qui correspondent à des trous dans le mica ; c’est par ces œillets que la lame est mise en circuit. La feuille est volatilisée par la chaleur du courant. Il y a plusieurs moyens d’intercaler ces feuilles dans le circuit par des vis et des bornes, et au moyen d’un commutateur spécial on peut remplacer la feuille de mica fondue par une autre tenue en réserve. Ceci peut se faire automatiquement ou bien à la main.
- Comme nouvelle intéressante à propos de l’éclairage électrique, je puis mentionner que les autorités sanitaires de Bristol, après avoir obtenu la permission du Parlement pour introduire la lumière électrique, ont adressé des circulaires aux propriétaires de la ville leur demandant s’ils désirent avoir la lumière électrique à raison de 6 centimes par heure, et dans l’affirmative combien de lampes il leur faudrait. S’il y a un nombre suffisant de de-
- FIG. I
- mandes, on croit que les autorités vont introduire la lumière électrique. On a également proposé de construire et d’éclairer électriquement des passages pour les piétons sous les rues, afin de retirer le trop-plein du trafic à la Banque d’Angleterre et au Man-sion-House à Londres, où il est difficile de traverser la rue à cause du grand nombre des voitures.
- l’exposition internationale des inventions. — On commence maintenant à louer des emplacements aux exposants et la réalisation de cette exposition n’est plus douteuse. La section de l’électricicé comprend les générateurs, les conducteurs, les appareils d’éclairage électrique, l’élec-trométallurgie, l’électrochimie, la distribution et l’utilisation de la force, les signaux électriques, les conducteurs de lumière électrique, les appareils électromédicaux, les méthodes électrolytiques pour l’extraction et la purification des métaux et les appareils électrothermiques. La photométrie est comprise dans la section du gaz.
- LA TÉLÉGRAPHIE POUR LA NAVIGATION. — On vient de prendre une nouvelle mesure importante dans l’intérêt des navigateurs sur nos côtes, en plaçant un câble entre la station de Lloyd sur le rocher de
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- Fastnet, près de Crookhaven et la côte de l’Irlande, une petite ligne terrestre reliera ce câble au bureau télégraphique de Crookhaven et mettra ainsi le rocher de Fastnet en communication avec les bureaux de l’agence Lloyd, à Londres. Comme un certain nombre de navires passent aujourd’hui au nord de l’Ecosse en venant de l’Amérique et se réfugient parfois, en cas de mauvais temps, dans le lac Eribol, l’agence du Lloyd a également proposé de faire installer une station télégraphique près de ce lac, afin d’obtenir les premières nouvelles des vaisseaux réfugiés là.
- une sonde magnétique. — Une application ingénieuse de l’aimant aux opérations des mines a récemment été faite à Edimbourg. En creusant un puits par forage on a trouvé nécessaire de relier le puits à une profondeur de 200 pieds avec un puits existant à 18 pieds 3 pouces de là, au moyen d’un passage souterrain. On creusa ce passage de l’ancien puits dans la direction où on pensait trouver le nouveau, mais on ne trouva pas celui-ci après avoir dépassé la distance entre les deux. En effet, le puits avait dévié de la verticale et il s’agissait maintenant de trouver sa position à la profondeur indiquée. M. Andrew Haddow, un ingénieur des mines, eut l’idée d’appliquer le magnétisme pour trouver la vraie position du trou. - Il se procura donc huit aimants droits qu’il plaça bout à bout de manière à en faire un long aimant et il les lia ensemble entre deux longues lattes en bois. On descendit alors cette tige magnétique dans le puits jusqu’à la profondeur du passage souterrain dans lequel on avait placé un compas magnétique. Le pôle sud de l’aimant était en bas, et le pôle nord en haut. Le pôle nord de l’aiguille magnétique se déplaça d’abord à l’ouest ensuite à l’est du zéro, ce qui prouvait que la tige était à l’ouest du compas. Un nouveau passage fut construit dans cette direction et M. Haddow trouva alors, en observant les déviations de l’aiguille à différents points et en les marquant sur un plan du terrain, l’endroit où passait la tig» magnétique et où se trouvait par conséquent la vraie position du puits.
- LA NOUVELLE COMPAGNIE DU CABLE TRANSATLANTIQUE. — Le succès de MM. Bennett et Mackay ou de la Commercial Cable C° a jusqu’ici été incontestable. On m’affirme que le quatrième jour après l’ouverture de leurs lignes ils n’avaient pas moins de 1 000 dépêches à transmettre, dont la grande majorité venait des Etats-Unis pour la Grande-Bretagne et l’Irlande. Le prix est de 1 shilling 8 pence (2 fr.) par mot, pour les dépêchés ordinaires, et les compagnies concurrentes ont également réduit leur tarif de 3 shillings à 1 et 8 pence par mot, mais la nouvelle Société a introduit une
- échelle variable de prix dépendant du nombre des dépêches transmises par an. Ainsi un client paie à raison de 2 francs par mot si ses dépêches pendant l’année n’atteignent pas un certain chiffre, et au fur et à mesure qu’elles dépassent ce chiffre le prix par mot est réduit d’après une échelle de prix fixe. L’arrangement est agréable pour les personnes qui ont souvent l’occasion de télégraphier en Amérique. Les dépêches de la presse sont expédiées à raison de 6 pence par mot.
- Les câbles fonctionnent nuit et jour et on assure que le système duplex double pratiquement la capacité des lignes. D’après les essais récents ce système augmente le nombre des dépêches pouvant être transmises par les câbles de 98 pour cent au delà du système ordinaire. Toutes les stations de la Compagnie sont très bien équipées et on a pris soin du comfort et des intérêts des employés sous le rapport des salaires comme des commodités. Le capital de la Compagnie étant comparativement faible (3o millions de francs, je crois), on devrait distribuer de jolis dividendes, pourvu qu’il n’arrive pas d’accident aux câbles.
- la nature de l’électricité. — Faraday et Clerk Maxwell ont donné de l’autorité à la théorie aujourd’hui si accréditée que l’électricité se comporte comme un liquide incompressible, que la charge électrique est un excès ou un manque dans le débit normal de ce fluide qui provoque une tension, et que l’attraction et la répulsion électriques peuvent s’expliquer par les tensions créées dans le fluide ou la gelée électrique, comme on le nomme parfois. Il y en a d’autres qui n’acceptent pas la théorie d’un -éther gélatineux et qui regardent comme plus probable l’hypothèse d’un éther gazéiforme; il est donc intéressant de constater, comme le prof. G. F. Fitzgerald l’a fait remarquer, que l’analogie généralement acceptée entre la chaleur et l’électricité est absolument fausse. Une certaine quantité de chaleur est couramment comparée à une certaine quantité d’électricité et le potentiel à la température, mais ceci n’est nullement exact, parce que le produit de la température par la quantité de chaleur n’a pas la nature de l’énergie. Le véritable analogue d’une quantité d'électricité est une quantité d’entropie. Un non-conducteur de l’électricité est également un non-conducteur de l’entropie, ou, en d’autres termes, un mauvais conducteur de la chaleur.
- Comme la quantité d’électricité est uniforme dans toutes les parties d’un circuit et comme il faut avoir une machine calorifique parfaite pour transporter l’entropie à une autre machine sans perte, il s’ensuit que les conducteurs doivent avoir la qualité des machines calorifiques parfaites. Le prof. Fitzgerald fait encore remarquer qu’on pourrait supposer une construction moléculaire gazéiforme
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de l’éther, les mouvements des molécules étant po • larisés par la différence de température de manière à mettre l’éther dans un état de tension qui expliquerait les phénomènes électrostatiques sans qu’aucune chaleur soit transportée. Le but du professeur Fitzgerald était d’empêcher le danger qu’il y aurait à supposer que la théorie de l’analogie entre les déplacements électriques et le mouvement d’un liquide incompressible soit la seule analogie possible.
- J. Munro.
- Autriche
- LES PROGRÈS DE L’ÉLECTRICITÉ EN AUTRICHE. —
- Depuis 14 mois le spectacle brillant que la Rotonde offrait à nos hôtes est passé. Beaucoup de mes compatriotes espéraient que les lumières éteintes dans le Prater s’allumeraient de suite, dans les différentes parties de l’empire; ce désir et cet espoir étaient naturellement surtout partagés par les électriciens. Les capitalistes autrichiens, les grandes institutions de crédit et les banques espéraient cependant aussi après l’Exposition d’électricité une ère d’entreprises électriques qui ouvrirait une nouvelle voie à l’énergie latente de notre monde industriel. Même les particuliers semblaient attendre l’heure où ils pourraient ajouter les actions de Sociétés solides d’électricité aux autres valeurs qui abondent dans notre pays. Une faible partie de toutes ces espérances a été réalisée, quelques concessions ont été accordées par les différents ministères pour des installations électriques ou seulement pour la formation de Sociétés, mais les premières n’avancent que lentement et les dernières concessions ne semblent avoir été demandées que dans le but de revendre plus tard et au moment opportun. Ce qui a été fait chez nous en électricité depuis l’Exposition n’est pas considérable, mais cependant beaucoup plus qu’on ne le croirait d’abord.
- Nos négociants et industriels doivent concentrer toutes leurs forces pour faire face à leurs responsabilités. Ce sont surtout les installations de lumière électrique et de transport de la force qui attirent l’attention. L’habitude a enlevé tout son intérêt à la télégraphie, et bien que celle-ci produise plus de bénéfices que toute autre branche de l’industrie électrique personne n’y fait attention ; on se tromperait cependant en supposant que les maisons Siemens et Halske, Teirich et Leopolder, B. Egger, etc., s’occupent de la fabrication et de signaux de chemins de fer exclusivement par habitude et pbur amour du vieux; au contraire, cette industrie est très profitable. Les besoins de l’Etat, des chemins de fer, des sociétés particulières de télégraphie garantissent des débouchés faciles et certains sans de grands dérangements.
- L’état de la téléphonie en Autriche est, triste. Le représentant de la Compagnie Bell dans notre pays fait saisir tous les téléphones construits ici. Le brevet de Bell est malheureusement, il faut le dire, toujours valable malgré les efforts faits depuis des années par nos industriels dans cette branche pour le faire annuler, et cette circonstance amène des anomalies dont je veux faire voir quelques-unes. Aucun téléphone ne peut être construit en Autriche, et si l’on désire avoir, par exemple, des téléphones Siemens, il faut les faire venir de Berlin. La Privât Telephon Gesellschaft, qui a le privilège du trafic télégraphique dans la ville de Vienne et dans un rayon de quelques kilomètres autour, a également obtenu la concession téléphonique pour Vienne, et la Société est forcée, sous peine de suicide, d’employer des constructeurs indigènes pour les appareils de ces abonnés, ceux-ci ne peuvent cependant pas être saisis parce qu’on fait une. distinction subtile, et la Société n’est pas censée vendre, mais seulement louer les instruments aux abonnés. Malheureusement, nos fabricants ne profitent pas de cette nuance, çe qui est d’autant plus regrettable que plusieurs d’entre eux, comme MM. Deckert et Homola, Creiza, etc., sont arrivés à faire des appareils excellents, grâce à notre acier de premier ordre. Le brevet autrichien n’est valable qu’à cause du brevet français, et c’est donc de votre pays que doit nous venir, je crois, la délivrance de ce joug.
- La maison Brückner, Ross et Ce s’occupe, entre autres de transmissions de force. M. Ross, qui a inauguré la première installation de ce genre ici en 1873 avec votre compatriote M. Fontaine, nous a également doté de l’éclairage électrique dans les théâtres de Brünn et de Prague, dans lesquels la lumière électrique fonctionne à merveille pour les Allemands comme pour les Czechs, avec une impartialité malheureusement trop rare chez nous.
- Pour revenir au transport de la force, nous pouvons dire qu’en toute probabilité, nous en verrons une application grandiose à Vienne. Le Dr Werner Siemens dont les projets de chemins de fer électriques n’ont pas pu être réalisés à Berlin, a trouvé un meilleur accueil à Vienne, et, bien que la maison Siemens et Halske d’ici ait retiré son projet il y a environ 3 mois, et que la réalisation du projet du célèbre électricien semble, indéfiniment reculée, ceci n’est vrai qu’en apparence ; en réalité le premier passage de la lettre par laquelle la maison retire son projet, indique l’intention de donner un grand développement à l’électricité appliquée au nouveau chemin de fer. La lettre en question est ainsi conçue :
- t Puisque les circonstances rendent probable, que le projet du chemiu de fer urbain, à vapeur, subira quelques modifications et sera, nous l’espérons, définitivement reconstitué sous peu, nous
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- croyons que notre projet devra, par les marnes raisons, subir une révision pour rétablir l’harmonie entre les deux. Nous ne pouvons nous empêcher de croire que dans ces circonstances, le conseil municipal jugera notre projet à un autre point de vue que si la construction d'un chemin de fer à vapeur avait été définitivement décidée *>.
- Le chemin de ter devait être aérien dans la partie du commencement, depuis l’entrée du Prater et au-dessus du canal du Danube; de ce point jusqu’au centre de la ville il serait souterrain; mais cette communication semble maintenant devoir se développer beaucoup, surtout en ce qui concerne l’accès au centre de la ville. En attendant, le chemin de fer électrique Mœdling-Vorderbrühl, construit par MM. Siemens et Halske pour la direction générale du chemin de fer du sud, fonctionne admirablement depuis le 6 avril de l’année dernière. La longueur est de 3 kilomètres, et la disposition est la même que celle du petit chemin de fer installé par les constructeurs à l’Exposition d’électricité de Paris, en 1881, depuis l’entrée des Champs-Elysées jusqu’au Palais de l’Industrie. Le système d’amener le courant par les boulons n’a pas été commode au commencement, et quelques difficultés se sont présentées, mais elles ont été vaincues par l’électricien du chemin de fer du sud, le Dr Dolinar, et depuis 9 mois le trafic marche —- comme les voitures elles-mêmes - sans bruit et très bien dans une des plus charmantes des vallées qui entourent Vienne.
- Le transport de la force triomphe aussi dans les mines ; de. même qu’à Blanzy, en France, on s’en sert heureusement souvent ici, soit pour le transport de l’eau ou du charbon, soit pour la ventilation.
- Quant à l’éclairage électrique, je ne pense pas qu’une seule des grandes villes en Europe soit aussi dépourvue que Vienne de grandes installations importantes de lumière électrique. On aurait cependant tort d’en conclure que la nouvelle lumière est peu appréciée en Autriche.
- A part les progrès satisfaisants qui ont été réalisés à Prague, Budapest, Trieste, Briinn et dans d’autres villes de l’empire, nous possédons à Te-mesvar, la première ville entièrement éclairée à l’électricité, et la lumière électrique s’implante chez nous au sommet des Alpes, comme dans les merveilleux souterrains que renferment nos montagnes. Dans la vallée du Rauris, près de Salzbourg, par exemple, une maison sur les Alpes a été pourvue de la lumière à incandescence parle propriétaire, qui a fait venir une dynamo du système Krottlinger, de Vienne. Il a acheté 14 lampes B d’Edison et a lui-même %onstruit la turbine, qui est actionnée par l’eau d’un glacier situé à une hauteur de 3 200 mètres, et depuis l’éclairage fonctionne à 2600 m. au-dessus du niveau de la mer.
- On sait que la célèbre fabrique d’armes de Steyr s’est également occupée d’électricité, et que son directeur général, M. Werndl, a même organisé une exposition d’électricité importante pendant l’été de 1884, mais l’état des entreprises électriques chez nous ne permet pas de donner tout le développement voulu à ce genre d’affaires, et la fabrication des machines et des lampes à arc et à incandescence, à Steyr, est actuellement réduite aux proportions les plus modestes.
- Pendant longtemps la lampe pour locomotives de Sedlaczek a également fonctionné à Steyr. Cet appareil, que les essais entre Paris et Dammartin ont fait connaître en France, était ici confié au conducteur de la locomotive. Le Ministère autrichien, le chemin de fer du Sud et les chemins de fer de l’Etat hongrois ont l’intention d’introduire cet éclairage sur leurs trains.
- Deux des souterrains, dans les Alpes, en Autriche, la Krausgrotte et la Adelsberger Grotte sont maintenant éclairés à l'électricité. Le nombre des visiteurs à cette dernière n’a jusqu’ici pas été considérable, mais la lumière électrique commence à devenir une grande attraction.
- A Prague et en Bohême l’électricien Krizik travaille constamment à la vulgarisation de la lumière électrique, et il a réussi à faire adopter la lumière à incandescence dans les bureaux de la Compagnie municipale du gaz et à éclairer l’extérieur avec des foyers à arc.
- Mais l’influence de cet homme remarquable se fait sentir dans tout le pays ; les mines de Kladno, les fabriques de sucre à Nimbourg, à Podébrad, etc.,et plusieurs magasins à Prague possèdent des installations importantes de son système, et malgré tout il trouve encore le temps pour perfectionner la construction de ses lampes. Les représentants de la maison Egger, Kremenetzky et C° travaillent beaucoup dans le “nord-ouest de la Bohème ; Siemens et Halske, comme Brückner, Ross et C°, ne sont pas limités et on trouve leurs installations partout.
- Le système Gulcher domine en Silésie et une nouvelle maison, Kremenetzky, Mayer et C°, fait également beaucoup d’affaires.
- En Hongrie, la maison Ganz et 'C° a peu de concurrents en dehors de l’International Electric C, qui éclaire la ville de Temesvar.
- Dans les théâtres qui ont été construits ou reconstruits, la lumière électrique est presque toujours installée. En dehors des deux théâtres déjà nommés, à Briinn et à Prague, le théâtre national de Budapest est également éclairé par le système Ganz. A Carlsbad, en Bohême, et à Fiume, en Hongrie, on construit de nouveaux théâtres qui seront éclairés à l’électricité.
- Quant à Vienne, il n’y existe pas d’installation de lumière électrique en dehors des 3 gares des che-
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- mins de fer, de quelques cafés, de deux magasins et de trois usines. Il est cependant certain que nous verrons sous peu des installations importantes. Une grande station centrale va être construite au milieu de la ville, et en plaçant des conducteurs de 600 milles de longueur, elle pourra fournir la lumière électrique à la cathédrale de Saint-Stephan, aux rues très peuplées de Sraben-Kohlmarkt, Tuch-lauben, etc. Une autre station centrale sera établie à une distance de 2 1/2 kilomètres de l’Opéra. Celui-ci fournira la lumière électrique aux bâtiments impériaux au Burgthéâtre, à l’Opéra, au nouveau château, etc. On parle beaucoup de ces installa-
- FIG. 1
- tions, qui seront exécutées par l’Imperial Gas Company, qui est également bien connue en France, mais on ignore avec quel système, et pour cette raison nous n’en parlerons plus aujourd’hui.
- L’installation à Temesvar dont nous avons parlé dans notre premier numéro de cette année est remarquable au point de vue des commutateurs, de la durée des lampes et d’autres détails importants ; je me permets donc de vous en donner la description, pour laquelleje me suis servi de gravures de la revue le Zeitschrift des Electrotechnischen Ve-reins, de Vienne.
- Lafig. 1 représente le commutateur destiné à faire fonctionner la deuxième des lampes disposées sur le même poteau et sous le même réflecteur dès que la première est éteinte.
- Un électro-aimant E à enroulement différentiel et dont l’une des^bobines n’a qu’une faible résis-
- tance est intercalé dans le circuit de la lampe qui fonctionne L2 l’autre bobine, d’une très haute résistance, est en dérivation sur la première et sur la lampe L2. Tant que la lampe La brûle bien, l’influence des deux bobines sur le noyau se neutralise, mais si la lampe L2 se dérange ou si on l’enlève, le noyau est aimanté par la bobine à haute résistance et le levier H est attiré par l’armature, son extrémité droite plonge dans le godet de mercure N, et le courant entrant en c passe par N, H, c et N à la deuxième lampe L, et sort en d. G représente un contre- poids qui règle l’attraction de l’électro-aimant E sur le levier qui peut basculer en C. Dès que la lampe La est réparée elle rentre en fonctions et la lampe de réserve Lt est mise hors du circuit.
- Cette disposition empêche les huit lampes reliées ensemble en dérivation de recevoir trop de courant, car à Temesvar chaque lampe re-
- FIG. 2
- çoit i,25 ampère. Si une lampe s’éteignait et s’il n’y avait pas de compensation, les autres recevraient environ 14 p. 100 de plus, mais ceci ne pourrait pas avoir de conséquences fâcheuses. Mais si deux des lampes ne fonctionnaient plus, la dérivation du courant, qui a lieu en x et en y (fig. 2), serait modifiée par suite de l’augmentation de résistance résultant de l’extinction des lampes ; un courant plus fort entre en x dans l’électro-aimant E et sort en y, le magnétisme provoqué par E, dans le noyau, fait descendre H dont l’extrémité plonge dans le godet de mercure N, et le courant passe maintenant aussi bien dans les lampes que dans la résistance R intercalée en N4. Cette résistance est mesurée de manière à donner aux autres lampes assez de courant pour les porter à une incandescence rouge foncé pour que l’employé puisse facilement trouver l’endroit où une extinction vient d’avoir lieu. C forme ici également le point d’appui sur lequel bascule le levier H, et G est le contrepoids régulateur. N représente l’autre godet de mercure. Quand l’employé aura trouvé les lampes éteintes, il se rendra, après les avoir remplacées,
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- au commutateur du groupe de lampes en question qui sont réparties sur plusieurs rues, et il doit relever l’armature H, mais ceci quelque temps, puisqu’il arrive que la résistance R soit intercalée à plusieurs reprises jusqu’à ce que le magnétisme rémanent disparaisse du noyau E. Heureusement pour Temesvar, ce commutateur fonctionne très rarement, car il arrive bien rarement que plus d’une lampe se dérange à la fois et celle-ci est alors immédiatement remplacée par celle d’à côté. Depuis le 12, toute l’installation a fonctionné sans interruption, à l’exception d’une nuit, quand l’eau a fait défaut dans les chaudières.
- Le curé de la ville, M. P. Braud, combat avec quelque succès les effets d’induction sur les lignes téléphoniques; mais nous aurons l’occasion de revenir sur le progrès de cette installation qui, pour le moment, fonctionne parfaitement bien.
- J. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitcii
- Sur la valeur actuelle des éléments magnétiques à l’observatoire du parc Saint-Maur, par M. Th. Moureaux (U.
- « Le bureau central météorologique a fait construire à l’observatoire du parc Saint-Maur, en 1882, un pavillon destiné spécialement aux observations magnétiques. Ce pavillon, situé au milieu d’un terrain boisé d’une contenance de. trois hectares, est élevé sur des caves voûtées où sont installées deux séries d’appareils de variations pour la déclinaison et pour les deux composantes de la force terrestre. Dans l’une des caves, les ap- * pareils sont disposés pour la déviation directe; on y fait des lectures toutes les trois heures. L’autre contient un enregistreur magnétique construit sur les indications de M. Mascart, et dans lequel les variations des trois éléments magnétiques s’inscrivent simultanément sur la même feuille de papier photographique. D’après les dispositions adoptées, imm d’ordonnée de la courbe vaut pour le déclinomètre i',3ç), pour le bifilaire 0,00048 H et pour la balance magnétique 0,00017 Z. Ces valeurs sont vérifiées régulièrement une fois par mois.
- « Le dépouillement des courbes est fait pour chaque heure du jour; les tableaux qui en résul-
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 12 janvier i885.
- lent permettent de suivre la variation horaire des éléments magnétiques. Les relevés des courbes sont ensuite transformés en valeurs absolues, par comparaison avec les observations directes faites de temps en temps sur un pilier construit en moellons et ciment, à quelque distance du pavillon. Afin de s’assurer que le pavillon et le pilier sont à l’abri de perturbations locales, on a répété les mêmes observations sur différents points du jardin; les appareils ont même été transportés au nord, à 1*"”, et au sud, à 2km du pilier, sur la ligne d’égale déclinaison qui passe par l’observatoire du parc, et l’on a pu constater la concordance parfaite des résultats obtenus dans ces différentes conditions.
- « L’appareil qui sert à déterminer la déclinaison en valeur absolue est un théodolite-boussole de MM. Brunner. Les pointes des barreaux sont rapportées à une double visée sur le paratonnerre de la mairie de Nogent-sur-Marne, distante de 3 700“, et dont l’azimuth, vérifié un grand nombre de fois et par différentes méthodes, est connu très exactement.
- * Le théodolite-boussole est muni de pièces accessoires qui permettent de déterminer le rapport de la composante horizontale H au moment magnétique M du barreau, au moyen des déviations produites par ce même barreau sur un autre aimant ; le produit H M est d’ailleurs donné par la durée des oscillations. Au lieu d’observer les déviations produites par le barreau à deux distances différentes, on peut se borner aux lectures relatives à la plus courte distance, si le terme de correction dont la recherche constitue la principale difficulté dans la méthode de Gauss a été déterminé préalablement pour chaque barreau, comme l’a indiqué M. Mascart (*) ; toutes les observations sont fréquemment répétées pour une seconde distance, à titre de contrôle.
- « L’inclinaison est obtenue à l’aide d’une petite boussole construite également par MM. Brunner. Les cercles ont environ om,o8 de diamètre, et la longueur de l’aiguille est seulement de 65mm. Le cercle vertical, mobile autour de son centre, entraîne dans son mouvement deux miroirs concaves disposés vers les extrémités d’un de ses diamètres. Pour faire un pointé, on amène ces miroirs derrière les extrémités de l’aiguille, de façon qu’en regardant au microscope on voie, en même temps, sur le prolongement l’une de l’autre, l’aiguille et son image réfléchie. Une détermination complète comporte nécessairement toutes les observations destinées à annuler les erreurs instrumentales. Cette boussole est si parfaite que les lectures avant et après les divers retournements de l’appareil ou de
- (t) Voir ^Comptes rendus, t. XCIX, p. 232. 1884.
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- l’aiguille et l’inversion des pôles ne diffèrent jamais de plus de quelques minutes.
- « Les coordonnées géographiques de l’observatoire du Parc Saint-Maur sont :
- Longitude.. o°9'i5" E. Latitude.. 48°48'34"
- « Les valeurs des éléments magnétiques au icr janvier i885, déduites de la moyenne des observations horaires du 3i décembre 1884 et du icr janvier i885, qui n’ont pas eu de perturbation, sont les suivantes :
- Déclinaison.................... i6°io'2
- Inclinaison.................... 65°i6'8
- Composition horizontale.......... 0,19440
- Composante verticale............ 0,42225
- Force totale..................... 0,46485
- Sur la conductibilité électrique des solutions alcooliques de quelques chlorures, par le Dr Gui-seppe Vicentini (*).
- * La conductibilité électrique des solutions aqueuses d’un grand nombre de sels, a donné lieu à des études approfondies, surtout depuis que, par l’emploi des courants alternatifs, l’on peut déterminer la résistance des électrolytes avec la même facilité et la même précision que pour les conducteurs métalliques.
- « La connaissance de la conductibilité électrique des sels dissous dans l’eau et celle des lois qui la gouvernent, est d’une réelle importance, au point de vue du grand nombre de déductions théoriques qu’on peut en tirer, soit dans le domaine des phénomènes électrolytiques, soit dans celui des hypothèses sur la constitution moléculaire des corps. Toutes les recherches qu’on a faites sur ce sujet ont déjà servi à établir clairement l’influence qu’exercent sur la conductibilité électrique des solutions aqueuses, la nature chimique des corps dissous, et d’autre part, le degré variable de concentration ainsi que les variations de température. M. Kohlrausch (*), en se basant sur ses expériences et sur celles d’autres physiciens, a démontré que pour les sels étudiés, une fois qu’on connaît les nombres de transport des ions pour des solutions déterminées de ces sels, on peut à priori calculer avec une grande précision la valeur de leur conductibilité.
- « La conductibilité électrique des solutions des sels dans l’alcool n’a encore été l’objet que d’u.i petit nombre de recherches. Je n’ai connaissance que d’une série d’expériences faites par M. Qu-
- el Mémoire présenté à la R. Académie des sciences de Turin.
- (2) F. Kohlrausch. — Wiedemann’s Annalen. Bd. VI, H. n° 2, 1879.
- glielmo (*) dans le but d’étudier la conductibilité des solutions de KOH dans l’alcool absolu, et de quelques autres séries d’expériences plus étendues, faites par MM. R. Lenz (2) et C. Stephan (3) sur des solutions de différents sels mélangés avec de l’eau et de l’alcool.
- «Je me suis donc proposé d’étudier la conductibilité électrique des solutions de plusieurs substances dans l’alcool absolu. Dans cette première note se trouvent exposés les résultats qui se rapportent à un certain nombre de chlorures. A cause du peu de solubilité de la plupart des sels, dans ce liquide, j’ai dû me limiter à des solutions très étendues. Cela ne diminue en rien l’intérêt que peuvent présenter les résultats obtenus, car l’on peut appliquer aux solutions étendues les lois générales qui régissent toute la catégorie des phénomènes qu’on doit étudier en même temps que la résistance des électrolytes.
- « On admet généralement que le pouvoir conducteur des solutions est dû aux corps qu’elles contiennent et que la conductibilité du dissolvant est nulle en comparaison de celle des solutions mêmes. Le passage du courant à travers celles-ci serait dû au phénomène de l’électrolyse des corps dissous, les ions servant à transporter l’électricité d’un point à l’autre du liquide. D’après cette façon de voir, la résistance que les électrolytes opposent au passage du courant est déterminée par le frottement que les ions ont à subir dans le milieu où ils se meuvent. C’est à-dire que ce frottement a lieu entre les molécules du dissolvant et celles du sel dissous. La conductibilité électrique d’une solution saline est donc intimement liée à la nature des ions qui se forment par l’effet de l’électrolyse ; elle dépend en outre du dissolvant, du corps dissous et du degré de concentration de la solution.
- « Pour un grand nombre de substances, on constate généralement que leurs solutions aqueuses atteignent un maximum de conductibilité correspondant à un certain degré déterminé de concentration qui varie avec chaque sel. On en déduit que l’augmentation graduelle de la conductibilité de l’électrolyte, due à ce que le nombre des ions qui prennent part au transport de l’électricité, va toujours en augmentant, se trouve être à un certain moment dépassée par l’augmentation rapide du frottement qu’ils rencontrent à cause d’une plus grande quantité de sel dissous. A première vue, l’on pour-
- l1) G. Guglielmo. — Sur l’emploi de l’électromètre dans la mesure de la résistance des liquides, etc. Comptes rendtis de la R. Académie des sciences de Turin. V, XVII, avril, 1882.
- (2) R. Lenz. — Mémoires de l’Ac. Imp. des sciences de Saint-Pétersbourg. Ser. VII, T. XXX, 1882.
- (3) C. Stephan. — Wiedemann’s Annalen. Bd. XVII, H., n° 12, 1882.
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- rait croire que pour des solutions salines corres pondantes dans des liquides différents, il doive exister des relations assez simples entre la conductibilité "électrique et la nature du dissolvant. D’autre part, si l’on considère que les dissolvants . peuvent agir d’une manière différente sur les substances dissoutes, soit en produisant une simple désagrégation des molécules, soit en se liant intimement avec celles-ci de manière à former des groupements moléculaires spéciaux plus ou moins compliqués, on en déduit déjà à priori qu’il sera difficile de vérifier une relation simple quelconque entre la conductibilité des solutions de différents sels, faites dans des conditions identiques, avec des dissolvants différents.
- « La condition la plus favorable pour une étude comparée de la conductibilité électrique des divers électrolytes est celle d’une grande dilution des solutions, parce que les recherches sont alors limitées à des liquides dont quelques propriétés physiques, telles que la densité et la fluidité, sont presque identiques. M. R. Lenz ('), en étudiant avec beaucoup de soin les solutions aqueuses très étendues d’un grand uombre de sels, a été amené à des conclusions qui sont assez générales. D’autre part, M. Bouty (2), en se limitant à des solutions très étendues, a été conduit tout récemment à constater des lois tr'ès simples et très importantes. r
- Les expériences dont il est question dans cette note se rapportent à 35 solutions dans l’alcool absolu de divers chlorures. On peut déjà en déduire quelques conclusions d’ordre général sur la conductibilité électrique des solutions alcooliques.
- « Dans cette étude, j’ai d’abord suivi la méthode de M. Kohlrausch, basée sur l’emploi du pont de Wheatstone, en me servant de courants alternatifs produits par une petite bobine d’induction avec noyau. Au lieu d’employer, comme d’habitude l’électrodynamomètre de M. Weber, j’ai eu recours à celui, plus simple et plus facile à manier, que M. Bellati (3) a proposé pour l’étude de faibles courants alternatifs. Le principe sur'lequel cet instrument repose, a été exposé par l’auteur dans ces termes :
- « Que l’on imagine l’aiguille d’un galvanomètre « à réflexion remplacée par un petit morceau de fil « de fer qui puisse osciller dans un plan horizon-« tal, et que, dans sa position d’équilibre, il se « place perpendiculairement au méridien magné-
- (1) R. Lenz. — Mémoires de l’Ac. Imp. des sciences de Saint-Pétersbourg. S. VII, T. XXVI, n° 3, 1878.
- (!) E. Bouty. — Paris, Académie des sciences. — Séances, 21 janv., ri fév., i3 mars 1884. Lumière électrique, vol. XI, p. 293-489. XII, 112-1S0, XIII, 97.
- (3) M. Bellati. — Comptes rendus du R. Institut de Venise, pour les sciences, etc. T. I, Sa. VII, février i883.
- « tique. Dans ces conditions, ce petit fil de fer ne « se trouve plus être influencé par le magnétisme « terrestre, et s’il est de bonne qualité et qu’il ait « été bien recuit, il 11e présentera aucune trace de « polarisation magnétique. Supposons ensuite que « le plan des spires du fil qui est enroulé sur le « cadre vienne former un angle de 45° avec le mé-« ridien magnétique et qu’on fasse passer un cou-« rant dans le fil de cuivre ; quelle qu’en soit la « direction il aimantera temporairement la petite « tige de fer et tendra à la disposer normalement « au plan des spires : de sorte que, même si les « courants sont alternatifs, la déviation du fil de « fer a toujours lieu dans le même sens comme « cela a lieu pour la bobine mobile d’un électro-« dynamomètre ordinaire.
- « La sensibilité de cet appareil provient de ce « qu’on a supprimé la bobine qui se trouve à l’in-« térieur des électrodynamomètres ordinaires, de « même que le système de suspension très com-« pliqué qui l’accompagne. Le rôle de la bobine « intérieure est, au contraire, rempli par la petite « tige en fer doux qu’on peut suspendre au moyen « d’un simple fil résistant suffisamment à la torsion, « ou d’un système bifilaire. La légèreté de toute « la partie mobile sert à rendre l’instrument assez « prompt et sensible. »
- <t Après, avoir essayé à plusieures reprises de construire, un appareil de ce. genre possédant toute la sensibilité qu’exigeait la nature de mes expériences,. j’ai trouvé commode de remplacer le système astatique d’un galvanomètre ordinaire de Nobili, par un petit faisceau de neuf fils de fer ayant un diamètre de 0,7 m. m. et une longueur de 35mm. Ces fils étaient en fer doux de très bonne qualité ; je les ai portés au rouge plusieurs fois, les laissant ensuite se refroidir très lentement. Ce faisceau est soutenu par un fil de cuivre très fin auquel j’ai attaché très solidement une petite aiguille aimantée. Le faisceau et l’aiguille sont tous les deux horizontaux et reposent dans des plans verticaux perpendiculaires l’un à l’autre. Tout, le système est supporté par un fil de cocon et la petite aiguille aimantée est destinée à maintenir constamment le faisceau en fils de fer dans un plan normal à celui du méridien magnétique. Il se trouve donc très éloigné du cadre, de manière à n’être pas influencé par les courants qui traversent le fil. Dans le plan vertical du faisceau en fil de fer se trouve en outre fixé un long index très léger et très mince qui sert à marquer les oscillations du système magnétique sur un cadran divisé en degrés. Le disque gradué est disposé sur le cadre de telle sorte que lorsque l’index marque 45°, le plan formé par l’index et le petit faisceau forme un angle de 45° avec la direction des spires du cadre. Pendant tout le temps que l’instrument , n’a pas été déplacé de sa position initiale, l’index
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- s’est maintenu à l’état de repos, constamment en face de 45°, indiquant ainsi que le système des fils de fer n’avait jamais été aimanté par les courants qu’on faisait passer à travers le fil de l’appareil.
- « La petite aiguille, destinée à maintenir le faisceau des fils dans une position fixe et déterminée ad hoc, était douée d’un moment magnétique si faible qu’il eût suffi de la moindre trace de magnétisme rémanent dans le petit faisceau en fils de fer doux, dans le cas où celui-ci aurait été soumis à l’action de courants trop intenses, pour vaincre l’action directrice exercée par la terre sur l’aiguille et pour changer ensuite la position d’équilibre du système, fait qui s’est présenté dans mes premiers essais lorsque je me suis servi de divers faisceaux.
- « Les courants que j’ai fait passer dans le fil de cuivre de cet électrodynamomètre très simple n’ont jamais produit de déviation supérieure à 3 ou 4 degrés. En me servant de l’appareil d’induction de M. du Bois Reymond, il m’a été facile d’éviter le danger de lancer dans l’électrodynamomètre des courants tiop forts. En effet, après avoir acquis une certaine pratique, je suis arrivé avec un peu de soin à ne jamais faire passer dans l’appareil des courants d’une intensité telle qu’il puisse rester la moindre trace d’aimantation dans le petit faisceau en fils de fer.
- « Dès que j’ai eu préparé cet électrodynamomètre si simple, j’en ai étudié la marche en l’employant à déterminer des résistances métalliques connues et de grandeurs différentes. Il s’est fort bien comporté en me donnant, dans les limites de sa propre sensibilité, des résultats toujours concordants entre eux et très exacts. Comme, dans la mesure des résistances, je me sers de la disposition du pont de Wheatstone, l’électrodynamomètre ne doit guère fonctionner que comme électrodynamoscope, car il doit m’indiquer le moment où le courant devient nul dans le rhéophore dans lequel il se trouve intercalé.
- « Deux des branches du quadrilatère de Wheatstone renfermaient' deux résistances parfaitement égales, chacune égale à 761,75 U. S., préparées par le Dr G. Guglielmo et déterminées avec beaucoup de soin.
- « Dans l’une des deux autres branches du pont se trouve intercalée la solution qu’il s’agit d’étudier, et dans la dernière branche la résistance variable fournie par un rhéostat de Siemens et constituée par une série complète de résistances allant de 0,1 à 5 000 U. S. Lorsque la résistance à mesurer vest supérieure à 5 000 U. S., je remplace une des résistances de 751.75 U. S. par une autre un peu plus petite.
- « Pour que le courant se réduise à zéro dans la branche qui renferme l’électrodynamomètre, je prends mes dispositions pour que les oscillations
- produites par deux des résistances du rhéostat qui comprennent la résistance inconnue, soient très petites et comprises entre o°6 et o°g.
- « Pour mesurer les déviations de l’index de l’é-lectrodynamomètre je me sers d’une loupe renfermée dans un tube muni de diaphragmes de manière à éviter toute erreur de parallaxe.
- « Les solutions alcooliques qu’il s’agit de soumettre à l’expérience sont contenues dans des tubes en U, tels que les a employés M. Kohlrausch, et j’en ai déterminé avec le plus grand soin la capacité de résistance, c’est-à-dire la résistance qu’ils présenteraient s’ils étaient remplis de mercure à o°.
- « Les électrodes dont je me suis servi étaient constituées par des disques en argent platiné qu’on introduisait dans le tube au moyen de bouchons de liège jusqu’à ce que leurs extrémités vinssent à coïncider avec des traits marqués à l’acide fîuor-hydrique, tout autour des deux branches ouvertes du tube. Comme l’a démontré M. Kohlrausch, la platination des électrodes sert à supprimer les dernières traces de polarisation, sans qu’il faille avoir recours à des électrodes d’une trop grande surface.
- « Pour déterminer la capacité de résistance des récipients employés, j’ai utilisé une solution de sulfate de zinc pur, dont j’ai déterminé très exactement la résistance spécifique. Dans ce but, j’ai pris un tube de verre d’une longueur de 60 c. m. et d’un diamètre d’environ 16 m. m. et je l’ai divisé en m. m. sur toute sa longueur au moyen de la machine à diviser. Je l’ai ensuite gradué avec du mercure de manière à connaître son diamètre en chaque point.
- « Le tube étant fermé à ses extrémités au moyen de bouchons en caoutchouc percés, on peut y faire, plonger deux électrodes en zinc amalgamé qui sont soudées à des tiges métalliques entourées d’un tube de verre. Le tube, rempli d’une solution étalon de sulfate de zinc, était placé dans un bain d’eau qu’on agitait continuellement et qu’on maintenait à une température constante.
- « J’ai ensuite déterminé avec des courants alternatifs la résistance R d’une colonne de liquide ayant une longueur l et une section s connues, et j’ai déduit la conductibilité k,
- de la solution de sulfate de zinc à diverses températures.
- « La conductibilité du sulfate de zinc étant connue, j’ai déterminé la capacité de résistance des récipients dont je me servais pour étudier les solutions alcooliques. A cet efïet, je mesurais la résistance que présentait une solution étalon qu’on y introduisait à une température déterminée, lors-
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- que les électrodes se trouvaient dans la position que j’ai indiquée plus haut.
- « Pour un tube (A), j’ai trouvé la capacité de résistance égale à
- 149,5X io-5 U. S.
- telle qu’elle résulte de la moyenne des trois déterminations suivantes :
- I49>4; 149.4; 149.7-
- « Pour un autre tube (B), j’ai trouvé comme capacité de résistance
- 768,5 Xio~7 U. S., comme moyenne des trois valeurs 769,4; 768,1; 767,7.
- « Ces résultats donnent une idée de l’approximation que j’ai pu obtenir avec l’emploi de l’élec-trodynamomètre décrit.
- c Pour démontrer que dans ces déterminations l’effet dû à la polarisation est absolument négligeable, je ferai remarquer que la valeur : 149,4 qui se rapporte à la première détermination effectuée pour le tube (A) a été obtenue en me servant d’électrodes en zinc amalgamé. Les deux autres valeurs : 149,4 et. 149,7 ont été obtenues en employant des électrodes en argent platiné.
- « Pour ces déterminations comme pour les suivantes, l’appareil d’induction a été tenu à distance considérable de l’électrodynamomètre, de manière à ne pas pouvoir agir par influence sur la petite aiguille magnétique de celui-ci.
- « Les solutions que j’ai soumises à l’expérience ont été faites avec de l’alcool absolu qui m’a été fourni par la maison Kahlbaum, de Berlin. Sa densité à 180 a été trouvée égale à 0,79175. Avec les tables de Mendelejeff, la densité de l’alcool absolu à 180 sferait exprimée par 0,79116.
- « Les sels, tous anhydres et très purs m’ont été fournis par la maison Trommsdorf d’Erfurt. J’indiquerai dans la suite comment j’ai procédé pour me servir de quelques-uns de ces sels, sans qu’ils soient préalablement dissous.
- « Faute de données précises sur la solubilité des divers sels dans l’alcool absolu, j’ai préparé des solutions offrant à la température ordinaire le maximum de concentration, en agitant très fréquemment l’alcool avec un excès de sel.
- « Dans la préparation des solutions, j’ai soin d’opérer le plus vite possible, de manière à ce que l’alcool et les sels hygroscopiques ne restent que peu de temps en contact avec l’air extérieur, auquel ils empruntent rapidement de la vapeur d’eau.
- « Les récipients dont ie me sers sont rigoureusement lavés à plusieurs îeprises, d’abord avec de
- l’eau et ensuite avec de l’alcool. On les sèche en les chauffant à une haute température et en faisant arriver dans leur intérieur un fort courant d’air.
- « Les électrodes sont également lavées et séchées avec soin pour chaque nouvelle solution.
- * Les sels que j’ai étudiés sont les suivants :
- LiC/; NHt Cl; CaCl2\ Mg C/3; Z«C/2; OaC/2; Cm Cl2.
- « Les solutions ont été analysées, en partie, d’après la méthode voltamétrique de Gay-Lussac, et en partie, d’après la méthode de M. Volhard ('), (pour les sels auxquels la première méthode n’est pas applicable).
- « Pour chaque sel, l’analyse a été limitée à la première solution, préparée comme il a été dit plus haut. Les solutions à un degré inférieur de concentration ont été préparées par des pesées. Dans l’opération des pesées, j’ai eu également soin de procéder de manière à ce que l’air atmosphérique ne puisse venir en contact avec les solutions sur une surface trop étendue et pour un temps trop long. Lorsqu’il s’agit d’analyser une solution, j’étire avec une lampe les deux bouts d’un tube de verre dans lequel j’aspire une quantité déterminée de cette solution. Cela fait, je soude rapidement une des extrémités étirées du tube. Je place ensuite le tube sur le plateau d’une balance dont j’établis l’équilibre au moyen d’une tare. Je chasse une partie de la solution que je recueille dans un vase pour précipités de M. Erlenmeyer. Je replace le tube sur la balance, et je rétablis l’équilibre au moyen de poids numérotés.
- « En répétant l’opération, je prépare trois portions de solutions, dont le poids reste exactement déterminé, et qui se trouvent ainsi prêtes pour l’analyse.
- * Pour préparer au contraire les solutions d’un degré inférieur de concentration, j’opère de la manière suivante.
- « Je prends un ballon vide et bouché, et je le place sur le plateau d’une balance avec un certain nombre de poids qui représentent à peu près la quantité de solution à préparer et j’établis l’équilibre au moyen d’une tare. Je verse rapidement dans le ballon une portion de la solution dont je connais déjà le contenu p à un tant pour cent de sel, et, pour rétablir l’équilibre dans la balance, j’ôte un certain nombre de poids P, qui correspond au poids de la solution que j’ai introduite dans le ballon.
- « J’ajoute ensuite la quantité d’alcool que j’estime nécessaire et je rétablis à nouveau l’équilibre en enlevant du plateau un autre nombre Pt de poids. Je prépare de telle sorte une quantité
- (') I. Volhard. J. Liebig's Aunalcn d:r Chcinie. Bd. CXC.
- S. 1.
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- P + P4 de solution contenant grammes de sel et dont la teneur en sel est donnée par
- « Je détermine la densité de chaque solution à une température d’environ 180. Je me sers à cet effet d’un tube Sprengel (*) qui présente intérieurement un volume de i3 c. m.3. La température à laquelle il reste rempli de la solution est obtenue au moyen d’un bain.
- « Dans la préparation de quelques solutions, le sel reste en partie suspendu dans l’alcool en le rendant trouble'. Dans ce cas, je filtre la solution en me servant d’un entonnoir à bords polis à l’émeri, que je recouvre1 d’une plaque de' vérre également polie, pour empêcher toute communi-
- cation entre l’alcool et l’air ambiant. J’introduis l’entonnoir bien au fond du ballon destiné à contenir la matière filtrée, en ayant eu soin de l’enrouler d’abord avec du coton. Je note ensuite quelles sont les solutions que j’ai filtrées.
- « La détermination des résistances se fait dans le vase B (capacité de résistance : 768,5 X io~10), à: cause de la très grande résistance des solutions alcooliques. Le vase doit toujours être maintenu dans un bain d’eau. Les bouchons de liège qui servent à le boucher et à travers lesquels passent les tiges des électrodes, protégées par des tubes de verre, entrent à frottement dans le tube, dont les bords sont enduits de cire fondue pour empêcher l’alcool de s’évaporer ou d’absorber de la vapeur d’eau. Pour éviter que la pression, à l’intérieur, augmente au fur et à mesuré que la température s’élève, je pratique chaque fois un trou
- dans la couche de cire et à travers le liège, en me servant d’une aiguille assez fine.
- « Le bain doit être assez grand pour ii’être pas influencé trop rapidement par les variations delà température ambiante. On agite continuellement l’eau au moyen d’un agitateur, et on lit souvent avec une lunette la température indiquée par un thermomètre divisé en cinquièmes' de degré et gradué aux deux températures de o° et ioo°. Pour les déterminations à la température ordinaire, la température varie à peine de quelques centièmes de degré; pour des températures plus élevées, la variation ne dépasse presque jamais un dixième de degré. A chaque détermination, je prends la moyenne des diverses températures qu’on a lues, et la valeur de la résistance des solutions pour chaque température est donnée par la moyenne de 4 ou 5'déterminations. Dans les cas très rares où la température varie de deux dixièmes de degré, je
- C1) H. Sprengel, Poggendorffs Annalen, B. CL, g 45g,
- 873.
- fais trois ou quatre déterminations correspondant à la période croissante de température, et le même nombre duns la période décroissante. Les observations à la température de zéro degré doivent se faire en mettant le vase de résistance dans un appareil qu’on entoure soigneusement de morceaux de glace dans lesquels on le laisse séjourner à peu près une demi-heure avant de commencer les observations. *
- Ici se placent plusieurs tableaux dans lesquels sont consignés les résultats de mesures faites avec le chlorure de lithium, d’ammoniaque, de calcium, de magnésium, de zinc, de cadmium et de cuivre ; limités par le cadre de nos revues, nous sommes forcés de les laisser de côté, et nous nous bornons à reproduire les conclusions de l’étude de M. Yicentini :
- « La figure représente graphiquement la conductibilité des solutions à la température de 180, en portant comme abscisses le nombre m de molécules, et comme ordonnées les conductibilités.
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- On a trois courbes distinctes pour les trois groupes :
- NH» Cl, Li ci — M/r C/2, Ca Cl2— CuCl2, CdCl2, Zn Ch
- « Au premier groupe correspond la conductibilité maxima.
- « Pour le chlorure d’ammonium, à cause de sa faible solubilité, j’ai étudié seulement trois solutions, qui donnent comme conductibilités des valeurs qui tombent sensiblement sur la courbe du chlorure de lithium. La courbe de ces deux sels alcalins s’éloigne singulièrement de celle des sels des deux autres groupes. D’après l’examen des courbes, il résulte que, pour m — o,5, tandis que la conductibilité du chlorure de calcium appartenant au 2e groupe est à peu près le double de celle du chlorure de zinc qui appartient au dernier groupe, la conductibilité du chlorure de lithium est presque huit fois plus grande que cette dernière.
- « Pour les deux sels les plus solubles dans l’alcool absolu (Li Cl, Cu C4), on obtient deux courbés très étendues.
- « Ces courbes démontrent que, pour un certain degré de concentration, on a un maximum de conductibilité qui, pour le chlorure de lithium, correspond à peu près km — 0,9 et, pour le chlorure de cuivre, k m = 2. Il résulte en outre évidemment de ces courbes que, même pour des solutions très étendues, la conductibilité ne croît pas proportionnellement au degré de concentration, mais d’une manière un peu plus lente. M. Lenz (‘) est également arrivé à une conclusion analogue en étudiant la résistance électrique des solutions aqueuses très étendues d’un grand nombre de sels.
- « J’ai construit les courbes à une plus grande échelle, et de celles-ci j’ai déduit les conductibilités
- correspondantes aux valeurs o, 1, o,5 de m. J’ai ensuite calculé les deux coefficients X et X' de l’équation
- fc,8=Xm — y m2.
- qui donne la conductibilité en fonction du nombre des molécules.
- « Le coefficient L c’est-à-dire la conductibilité moléculaire du corps dissous dans l’alcool, représente la limite à laquelle tend le rapport entre la conductibilité et le contenu moléculaire. Voici quelles sont les valeurs obtenues :
- X X io8 Y X io*
- NH4C1 . . . 170,2 484
- Li Cl . . . . 167,5 53o
- MgCl2. ...... 67,3 238
- Ca Cl2. • • 47,2 124
- Ou Cl2 . . . i5,o 20
- Cd Cl9 . . . Il,3 18
- Zq OI2 ... 6,4 w
- (>) R. Lenz, Mémoires de l’Académie imp. des sciences de Saint-Pétersbourg, S. VII, T. XXVI, n° 3, 1878.
- « Le coefficient V du chlorure de zinc se trouverait égal à zéro, ce qui est incertain. Ce sel ayant été étudié pour des solutions moins étendues que les autres, il en résulte que le principe de la courbe n’est pas bien défini.
- « Dans ces derniers temps, M. E. Bouty (') en étudiant la résistance des solutions aqueuses très étendues d’un grand nombre de sels neutres, est arrivé, en employant la méthode électrométrique, à conclure que ces solutions ont la même conductibilité lorsqu’elles contiennent, sous le même volume, un équivalent des différents sels. Ce fait ne se vérifie pas pour des solutions alcooliques, à cause du degré de dilution auquel on arrive.
- « L’influence de la température sur la conductibilité des solutions alcooliques est, de même que pour les solutions aqueuses, très grande, et diminue au fur et à mesure que la concentration décroît jusqu’à une certaine limite. La limite à laquelle tend le coefficient de température pour les solutions alcooliques est un peu plus petite que celle qu’on rencontre pour les solutions aqueuses. Ici, il faut également observer qu’au fur et à mesure que la conductibilité des solutions augmente, le coefficient de température correspondant augmente aussi; de sorte que, tandis que pour la solution 1 de chlorure de lithium (correspondante km — 2,89), le coefficient de température est 0,0263, pour la solution 9 il arrive seulement à o,oi65. Pour le chlorure de cuivre, le coefficient de température varie de o,o32i à o,oio5 (pour m — 6,64 et m — 0,110).
- « Pour les sept chlorures étudiés, les limites des coefficients respectifs de température varient entre des valeurs assez éloignées. Ayant tracé les courbes de ces coefficients en fonction de la concentration des solutions, on observe que pour les chlorures de zinc et de cadmium elles tendent sensiblement à une même valeur. La même chose se vérifie pour les chlorures de lithium et d’ammonium d'un côté, et pour les trois chlorures de magnésium, calcium et cuivre de l'autre.
- « Les résultats que j’ai obtenus ne donnent pas une relation entre la conductibilité des solutions aqueuses et celle des solutions alcooliques correspondantes. Il est facile de voir que l’ordre dans lequel sont groupés les différents chlorures que j’ai étudiés, par rapport à leur conductibilité, diffère de celui que suivraient ces chlorures s’ils étaient dissous dans l’eau.
- * Je ferai ici une comparaison entre les valeurs de X calculées pour les solutions aqueuses et pour les solutions alcooliques des différents sels, en faisant remarquer que les valeurs de X pour les solu-
- C) E. Bouty, Académie des sciences de Paris. — Séance du 21 janvier 1884, et La Lumière Electrique, vol. XI page 293.
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- ,78 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fions aqueuses ont été déduites pour les deux concentrations correspondantes à m rr i et m — o,5, et celles des solutions alcooliques pour m — o, i, m — o,c5.
- i Solutions aqueuses Solutions alcooliques
- N Ht Cl. . >, X 108 = 954 NH( Cl. . X X io8 = 170 2
- CaCla. . . — 7S0 LiCl. . . — 167.5
- MgCl2 . . — 7i9 HgCl2 . . - 67,3
- LiCI* *. . . 701 Ca Cl 2 . . — 47.2
- Zn Olg, . . — 681 Cu Cla - . — i5,o
- Cd Cl2 . . — 361 Cd Cla . . — ii,3
- Zn Cl2 . . 6,4
- « Les valeurs de X pour les solutions aqueuses, sont celles données par M. Kohlrausch (*), excepté pour le chlorure de zinc et le chlorure de cadmium. La valeur de X pour le chlorure de zinc est due à M. Lenz (2) ; celle correspondante au chlorure de cadmium est déduite des expériences de M. Gro-trian (3).
- « En examinant ces valeurs, on voit de suite que lès valeurs de la conductibilité des solutions alcooliques sont bien plus grandes que celles des solutions aqueuses correspondantes. Aux différents chlorures dissous dans l’eau, se rapportent des conductibilités moléculaires du même ordre de grandeur, tandis que pour les solutions alcooliques des mêmes sels ce fait ne se vérifie pas. Pour les solutions aqueuses, on ne rencontre pas une concordance entre la conductibilité moléculaire des deux chlorures de lithium et d’ammonium dissous dans l’alcool.
- * Tandis que pour les solutions alcooliques le chlorure de magnésium est plus conducteur que le chlorure de calcium, ipour les solutions aqueuses le contraire a lieu. Dans le groupe des métaux pesants, le chlorure de cadmium dissous dans l’eau se comporte d’une façon anormale en présentant une conductibilité très faible. Ce fait a conduit M. Grotrian (4) à étudier ce sel à part afin de constater l’influence que peut présenter la formule de constitution qu’on admet généralement pour ce sel. Dans l’alcool au contraire le chlorure de cadmium donne une conductibilité qui s’approche de celle du sel correspondant de cuivre. On trouve au contraire que c’est le chlorure de zinc qui fait exception en se montrant doué d’une conductibilité qui est la moitié de celle des deux autres sels.
- Le degré différent de solubilité dont jouissent les divers sels dans l’alcool absolu n’a aucun rapport évident avec la conductibilité moléculaire.
- (*) F. Kohlrausch. — Wiedemann’s Annalen, Bd. VI ; H. 2; S. i57; 187g.
- (*) F. Kohlrausch, loc. cit.
- (3) O. Grotrian. — Wiedemann’s Annalen, Bd. XVIII H. 2; S. 177; i883.
- (*) O. Grotrian, loc. cit.
- C’est ainsi qu’aux deux sels qui sont les plus Solubles dans l’alcool, tels que les chlorures de
- cuivre et celui de lithium correspondent des con-
- . —8
- ductibilités moléculaires exprimées par i5 X 10 ét 167 X 10 8.
- « Le chlorure de cuivre qui est bien plus soluble présente une conductibilité plus faible.
- « Les résultats obtenus dans mes expériences peuvent donc se résumer ainsi :
- « i° Les solutions des sels dans l’alcool étylique sont beaucoup plus résistantes que les solutions aqueuses correspondantes ;
- « 2° Pour les solutions aussi qui sont très étendues la conductibilité croît plus lentement que la concentration ;
- « 3° Pour les sels très solubles dans l’alcool la conductibilité atteint un maximum pour un degré déterminé de concentration ;
- « 40 Parmi les chlorures étudiés, les chlorures alcalins sont les plus conducteurs ; viennent ensuite les chlorures des terres alcalines qui ont une conductibilité bien plus faible, et en dernier lieu les chlorures des métaux lourds ;
- « 5° Pour des solutions très étendues, contenant un égal nombre de molécules de sel, les chlorures de lithium et d’ammonium ont à peu près une conductibilité égale ;
- « 6° La conductibilité des sels dans des solutions alcooliques n’est liée par aucune simple relation avec celle des solutions aqueuses correspondantes ;
- » 70 Les coefficients de température sont un peu inférieurs à ceux qui correspondent aux solutions aqueuses ; ils tendent vers des limites assez différentes qui cependant concordent pour quelques groupes ;
- « 8° Il n’existe aucun rapport simple entre la solubilité des sels dans l’alcool et la conductibilité de leurs solutions.
- « Lorsque j’aurai étendu mes recherches à un plus grand nombre de sels je pourrai avec plus de profit établir des comparaisons entre les différentes manières de se comporter des sels dissous dans l’eau et dans l’alcool. Je me limite pour le moment aux conclusions précédentes, parce que les déterminations que j’ai effectuées se rapportent à un groupe trop spécial de combinaisons pour qu’il soit possible d’en tirer des conséquences d’ordre plus général.
- '« Je tiens à remercier le professeur A. Naccari pour l’aide éclairée qu’il a bien voulu ine prêter dans le cours de ces expériences que j’ai faites dans le laboratoire qu’il dirige à l’Université de Turin. »
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- I79
- La force électromotrice de l’élément Daniell,
- par le Dr E. Kittler
- On rapporte presque toujours la force électromotrice d’un élément quelconque à celle de l’élément Daniell pris pour unité. Mais il est à remar quer que dans le choix de cet étalon empirique, la nature du liquide n’est pas la même pour tous les physiciens ; les uns font usage d’acide sulfurique étendu, les autres d’une solution de sulfate de zinc ou encore de solutions de sels faisant partie de la série des chlorures de zinc ; d’autre part on n’a pas jusque dans ces derniers temps tenu suffisamment compte de la variation de force électromotrice par suite des différences de concentration.
- On conçoit que dans ces conditions presque tous les travaux se trouvent rapportés à un étalon Daniell différent sans que jusqu’à présent on ait déterminé les relations exactes entre ces diverses unités. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’on signale cet inconvénient qui rend incomparables entre elles d’une façon rigoureuse les données également dignes de foi de divers physiciens.
- En écrivant ces lignes j’ai principalement en vue le traité de Fromme * sur les piles constantes » (’ ) dans lequel l’auteur a également soumis à une recherche très approfondie l’élément Daniell à sulfate de zinc: Fromme, dans ce travail, confirme le fait énoncé avant lui par Svanberg (* 2) à savoir que la force électromotrice de la combinaison
- Zn, Zn S04, Cu S04, Cu
- croît lorsque le degré de concentration de la solution de sulfate de zinc diminue, et diminue au contraire avec la teneur en sulfate de cuivre. Peu de temps avant le travail de Fromme, deux études (3) ont été publiées sur le même sujet, études dont les résultats s’écartent plus ou moins des précédentes.
- En particulier, les considérations théoriques des expériences pratiques de Baumgartner sur la contradiction immédiate avec toutes celles dirigées dans le même sens, vu qu’une augmentation de force électromotrice devrait se produire quand le degré de concentration du sulfate de cuivre diminue, tandis que l’expérience donne une constance absolue. D’après l’opinion de Fromme, ce fait se trouve très clairement expliqué parla méthode dont s’est servi Baumgartner, et il est impossible de mettre en doute aujourd’hui les propriétés réelles de l’élément. Z n S04.
- (4) Fromme. Ann. de Wiedemann., 187g, VIII; p. 326
- (2) Svanberg. Ann. de Pogg., 1848, LXXIII;p. 290.
- (3) F. Streintz, Carl’s Repert., 1879. XV ; p. 6. G. Baumgartner ibid. p. io5.
- Par contre les recherches effectuées jusqu’à ce jour avec l’élément Daniell.
- Z«, ll2 S04, Ch so4, c u
- sont loin d’être aussi complètes. Il est vrai qu’on sait depuis longtemps qu’un acide plus fort rehausse la force électromotrice; c’est un fait sur la constatation duquel Poggendorf(!), Svanberg (*) et Baumgartner (3) sont tous d’accord bien que J. Thomsen (4) ait trouvé dans son travail souvent cité sur « l’énergie chimique et la force électromotrice, » une force électromotrice plus élévée pour un acide plus faible. En revanche, on n’a pas encore bien déterminé la façon dont varie la tension libre dans l’élément Ha S04 lorsque, l’acide demeurant le même, le degré de concentration du sulfate de cuivre varie. On est porté à admettre qu’ici aussi la force électromotrice diminuera avec la concentration du sulfate de cuivre; et il semble même que, s’arrêtant à cette hypothèse, on ait laissé de côté les études expérimentales. En réalité les deux éléments ont une façon de se comporter toute différente.
- La force électromotrice d’un élément Daniell dépend de la tension libre qui prend naissance au point de contact des deux liquides, mais cette dernière affectera en général des valeurs diverses selon le degré de concentration de l’un ou l’autre liquide. Or, tandis que dans la combinaison Z n, Z n S04, C u S04, Cn on se trouve avoir deux sels qui dans leur solution à des concentrations différentes suivent une loi analogue à la loi des tensions deVolta(3), les liquides employés dans l’élément, Ha SO4 ne présentent pas cette propriété. C’est là un fait qui résulte d’un grand nombre d’expériences et qui demeure vrai que l’on admette une relation entre les différences de tension au point de contact des liquides et les forces chimiques des vibrations calorifiques qui s’y produisent ou non. Mais c’est précisément là le fait qui dans les deux combinaisons joue un rôle qui n’est pas sans importance. Soient Dt et —J— D3 les tensions libres dans deux éléments Daniell différents supposés ouverts et pour lesquels le liquide F qui entoure le zinc est le même, tandis q'’e le premier élément contient une solution concentrée de sulfate de cuivre V, et le second une solution étendue V2. On a alors :
- H-D, = Cu | V4 + Vj | F + F| Zn,
- + D2=Cu 1 V2 +V2 | F + F 1 Zn,
- (') Poggendorf. Ann. Pogg., 184S, LXX; p. 61.
- (2) Svanberg. Ann. Pogg., 1848, LXXIII; p. 290.
- (3) Baumgartner. Carl’s Repert., 1879, XV ; p. io5.
- (4) Thomsen. Ann. Wied., 1880. XL ; p. 246.
- (3) Wild. Ann. Pogg., 18S8, CIII ; p. 353.
- Kittler. Ann. Wied., 1881, XII; p. 572. Comptes rendus de^l’Acad. R. des sciences de Bavière., 18S1, p. n3.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 180
- et les deux éléments diffèrent, car la quantité :
- A=D,-D2 = Cu I V4+V, | F + F I V2 + V2 I Cu.
- Si maintenant F est une solution de sulfate de zinc, L sera la relation
- Vi\L + L\ V2=Vt | F2,
- et la différence D4 — D2 se laisse exprimer par:
- AL=D1-D2 = Cu|V1+V1|V2 + V2|Cu.
- On aura maintenant :
- D,^d2
- suivant que DL, c’est-à-dire la force électromotrice de la combinaison :
- Cu| V4+V, | V2 + V2|Cu
- et dans le sens précédent une quantité positive ou négative. L’observation directe donne pour la différence de potentiel :
- Cu I Vj-f-Vi | V2+V21 Cu
- une valeur positive, on a donc
- Di>D2
- la force électromotrice de l’élément :
- Zn, Zn S O.,, CuSOt, Cu
- diminue en même temps que le degré de concentration du sulfate de cuivre. Comme de plus la quantité
- V, | V2 = V, I L + L|V2
- est indépendante du degré de concentration de la solution — Zn SO,(, c’est-à-dire que
- V, | V2 = V, I Lj + L, | V2 = V1 | La + L* | Vs=....
- il en résulte que la diminution A,, de deux éléments pour deux solutions — Cu SO,t déterminées, V, et V2 et pour des solutions L d’une concentration quelconque, est la même.
- Ces conclusions cessent d’être vraies si on remplace la solution L par une solution d’acide sulfurique S. Dans ce cas, on a :
- D,-D2 = Cu I V,+Vj | S + S I V2 + V2 I Cu = As.
- V, | S + S I V2 n’est pas égal à V, | \2
- mais :
- v, I S4-S I v*=vt : Vt±«,_
- expression dans laquelle a est une fonction de la
- teneur en acide sulfurique hydraté. Il suit de là que la différence
- As = Dj — d2
- ne sera pas constante pour deux Daniell qui auront les mêmes solutions de sulfate de cuivre V,, V2, mais qu’elle variera avec le degré de concentration de l’acide sulfurique:
- Cette question ne peut être résolue que par des recherches spéciales relatives à chaque cas ; ce travail, qui n’est pas des plus aisés, fait l’objet de l’étude suivante :
- Dispositif des expériences.
- Pour la détermination des forces électromotrices, je fais usage, depuis plusieurs années, d’un élèctro-mètre à quadrants d’Edelmann, instrument qu’un grand nombre de mesures m’ont forcé de reconnaître comme excellent. Je renonçai cette fois à me servir d’une pile Zamboni que j’employais précédemment pour charger l’aiguille d’aluminium, les expériences ayant lieu en hiver, époque à laquelle les piles sèches ont fort à souffrir des mauvaises conditions de chauffage de notre laboratoire.
- Comme pile de charge, j’ai recours à une batterie à eau construite par M. le docteur Edelmann et composée de 180 éléments Volta : zinc, eau de puits, cuivre.
- L’eau se trouvait contenue dans des éprouvettes supportées par une plaque de verre et séparées les unes des autres par des bandes également en verre. La tension libre de cette pile se montre par le temps, après le montage, comme très constante, de telle sorte que la déviation de l’aiguille obtenue par une seule et même combinaison galvanique, donnait pendant plusieuis semaines une déviation presque identique à elle même.
- C’est grâce à cette circonstance que les mesures isolées, séparées souvent par des mois d'intervalle, ne présentent au maximum que des différences de 0,1 à 0,2 p. 100 et que la limite des erreurs d’observation ne dépasse jamais o,5 p. ioo.
- Je reconnus également comme très pratique l’emploi de siphons qui établissent la communication entre les liquides séparés. Ce sont des tubes en verre, larges de i centimètre environ, recourbés à angle droit et portant en leur milieu une ouverture destinée à l’introduction du liquide, et à chaque extrémité un tube excessivement mince, en sorte que les fluides ont un contact immédiat, mais par des surfaces de dimension restreinte.
- Pour chaque mesure, on eut soin de renouveler les liquides aussi bien que les siphons, manipulation toujours longue mais indispensable, du moment que l’on se propose d’obtenir le degré d’exactitude précité dans les résultats.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Les substances employées devaient être chimiquement pures : ce point fut de ma part l’objet d’épreuves particulières. Les solutions salines ou l’acide sulfurique étendu sont caractérisés par leur poids spécifique et en partie par leur teneur en sel ou acide évaluée au prorata des centaines. Comme nous possédons dans notre laboratoire un appareil à distiller, il était loisible d’apporter le soin, le plus grand soin, en ce qui concerne l’eau distillée appliquée à étendre les solutions Comme métaux, il y avait lieu de considérer le zinc et le cuivre. Le zinc, absolument exempt de plomb, d’arsenic, d'antimoine et d’autres impuretés, était coulé en bâtons ; pour l’amalgamer, on se servit d’acide sulfurique au même degré de concentration que celui dans lequel le zinc devait être plongé.
- 11 fut également assez facile d’obtenir des fils de cuivre chimiquement purs et très réguliers.
- L’ensemble et le dispositif général de l’expérience était, principalement à cause de l’emploi de la double clef de Beetz pour les circuits électriques ('), tellement commode qu’il suffisait de quelques secondes pour lire la position de repos de l’aiguille à l’électromètre, puis plonger simultanément les métaux et le siphon dans les liquides préparés, et finalement pour observer la déviation.
- Comme je n’avais, au commencement de mon travail, aucune donnée certaine au point de vue de l’influence de la température sur la force électromotrice de l’élément Daniell, il fallait que j’apporte un soin très grand à maintenir pour tojtes les observations, faites à des époques différentes, une température aussi uniforme que possible.
- L'élcment étalon»
- La combinaison qui servit comme limite à toutes les observations ultérieures mérite une attention spéciale. C’est un élément Daniell de la composition suivante :
- * Zinc amalgamé chimiquement pur dans de « l’acide sulfurique étendu d’un poids spécifique « égal à i,o/5, à i8°C, cuivre chimiquement pur « dans une solution concentrée de sulfate de cuivre « d’un poids spécifique compris entre 1,19° et « 1,20°. »
- On détermina fà l’électromètre avant, pendant et après chaque série d’expériences la tension libre au pôle zinc, puis l’élément était à chaque fois totalement renouvelé. J’aurais pu, comme je le remarquai à la fin de mon travail m’épargner en partie du moins cette peine ; l’élément étalon fut
- (*) Von Beetz, C. R. de l’Acad. R. des sciences de Bavière, 1880 ; p. 4S1, Ann. Wied. 1880, X ; p. 848.
- en effet trouvé constant même pour un temps relativement long.
- Le tableau suivant contient les résultats d’expériences destinées à rendre compte de la constance de l’élément. On détermina tout d’abord la déviation pour un élément fraîchement monté (él. normal), on laissa alors le siphon plusieurs heures dans les deux liquides, les métaux ne plongeant dans ces mêmes liquides qu’au moment de l’observation. En fin de compte les métaux plongeaient constamment dans les liquides et je notais de temps à autre la déviatioa de l’aiguille en notant naturellement à chaque fois aussi l’effet de l’élément normal.
- CARACTÈRE de l’élément DURÉE du montage EFFET en doubles millim. (2m de distance)
- Elément normal I.. Elément normal II. Elément normal lit Fraîchement monté. 63,2 63.1 63.2 él. normal 63,2 63.1 63.2
- Le siphon continuellement dans* les liquides, lesl métaux seulement] pendant l’observation. 1 heure. 2 — 3 — 63,2 63.1 63.2 63,1
- Siphon et métaux dans les liquides.. 4 heures. 5 — 6 — 63,2 63,0 63,0 63,0
- 20 — 62.7 63.1
- La force électromotrice ne s’était donc pas sensiblement modifiée au bout de 6 heures, et ce n’est que 20 heures après le montage que l’on pouvait constater une perte de 0,6 0/0. Des observations effectuées à d’autres époques donnèrent pour une durée de 24 heures des pertes variant entre o,5 et 0,8 0/0 : cependant pour les premières 6 à 8 heures on ne pouvait jamais constater de différence appréciable.
- Au cours de ces observations la température ne varia jamais de plus de 2 degrés.
- On se pose la question de savoir quelle est sur la force électromotrice • de cet élément étalon l’influence de différences de température plus grandes.
- J’effectuai à cet effet de nombreuses expériences. Un élément normal fut maintenu plusieurs heures durant à une température constante dans un bain d’eau ; on ne constata aucune variation de la tension libre bien que la combinaison restât montée. On éleva alors à une même température les fluides dans les récipients et dans le siphon et on les laissa se refroidir en observant de temps à autre la déviation de l’aiguille.
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- TEMPÉRATURE 1° DÉVIATION en doubles millimètres ÉLÉMENT NORMAL
- l8,3 63,8
- l8,3 » 63,8
- i8,3 U 63,8
- 24,0 63,8 »
- 23,5 63.8 »
- 22,5 63,8 63,8
- 21,8 63,7 »
- 21,0 63,8 w
- 20,5 63,8 »
- 18,3 63,7 »
- 18.3 63,8
- 17.5 » 63,8
- On voit donc que pour 6 1/2 degrés de différence de température, la tension libre ne se modifie pas sensiblement.
- Cette propriété place la combinaison qui nous occupe avant l’élément de Latimer Clark souvent employé en Angleterre, qui est d’une constance rare, mais possède un coefficient de température assez élevé. C’est d’ailleurs la un point sur lequel je me propose de revenir avec plus détail, me bornant à remarquer encore ici que
- i. Latimer Clark à i8° C.... =1,217 unités
- 1. Elément : Zinc, sulfate de [zinc concentré, sulfate de cuivre concentré, cuivre. . = 0,886 —
- TABLEAU I
- Solution concentrée de sulfate de cuivre. Poids spéc. 1,190 à 1,200 Température des liquides : 170 — 190 C
- CARACTÈRE de l’acide sulfurique FORCE ÉLECTROMOTRICE Elément normal = t Ont
- Observations isolées Moyenne
- i V A = 1,357 à 170 0,978 0,978 0,978 0,978 0,0 I/o
- % A = 1,266 à 19° 0,996 0,998 0,996 0,996
- 0,996 0,996 0,996 0,996 0,096 0,2
- 3: A = 1,222 à 160 i,oo3 i,oo3 i,oo3 1,002
- i,oo3 1 ,oo3 0,1
- 4 A = 1,186 à i6° 1.007 1,007 1,007 1,009
- 1,007 1,008 1,008 1,008 1,008 0,2
- 5 A = 1,i33 à i6° i,oo5 1,006 i,oo5 i,oo5
- i,oo5 i,oo5 i,oo5 1 ,oo5 0,1
- 6 A = 1,075 à 180 Elément normal 1,000
- 7 A = i,o5o à 160 0.997 0,997 0,997 0,998
- 0,997 o,997 0,1
- 8 A = i,o37 à 170 0,992 0,992 0,992 0,991
- 0,992 0,991 0,990 0,992
- 0,992 0,992 0,2
- 9 A = 1,007 à 190 0,981 0,980 0,979 0,975
- 0,976 0,978 0,976 0,979
- o,979 0,979 o,979 0,5
- 10 A = i,oo5i à 160 : 0,977 0,977 0,977 0,977
- 75o ccm H2 O 4- 75 ccm 0,977 0,977 0,976 0,978
- sol. H2 S04 p. spec. 0,978 0,977 0,2
- i,o5o
- 11 A = i,oo35 à 170 0,971 0,973 0,973 0,972
- 75o ccm Ha O + 5o ccm 0,972 0,972 0,972 0,2
- sol. H2 S04 p. spec. ,
- i,o5o
- 12 A = 1,0011 à 16* 0,965 0,965 0.966 0,966
- 75o ccm H2 O -(- 100 ccm 0,965 0,967 0,967 0,966
- sol. H2S04 p. spec. 0,967 0,967 0,966 0.966
- 1,007 0,967 0,966 0,965 0,965
- 0,966 0,966 0,966 0,2
- l3 1 Lit. H2 O + 20 gouttes 0,954 0,954 0,954 0,954 0,0
- sol. H2S04 p. spec.
- I ,250
- 14 , 1 Lit. H20 + 11 gouttes 0,952 0,952 o,q5i 0,952 0,1
- sol. H2 S04 p. spec. o.gSi
- i,25o
- 5 1 Lit. H2 O + 6 gouttes 0,948 0 947 0,948 0,948 0,1
- sol. H2 SOv p. spec. 0,948
- 1,250
- 16 1 Lit. H2 0 + 2 gouttes 0,938 0,988 0,938 0,938 0,0
- sol. H2 SO., p. spec.
- 1.250
- 17 1 Lit. H,0-|- 1 goutte 0,920 0,920 0,921 0,920 0,1
- sol. H2 SCK, n. spec.
- 1,075
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i83
- l’unité étant celle que j’ai choisie, en sorte que pour la température de x8° C., les trois éléments sont dans le rapport ;
- 886 : iooo : 1217.
- Sur la relation entre la force électromotrice de l'élément Daniell et le degré de concentration de l'acide sulfurique.
- Je formai avec de l’acide sulfurique hydraté pur d’un poids spécifique égal à 1,84 et de l’eau dis-
- tillée une série de solutions dont les unes, celles plus riches en acide sulfurique, sont caractérisées par leur poids spécifique, les autres par leur poids spécifique et le rapport du volume de l’eau à celui de la solution acide.
- Les observations se rapportent à des solutions très variées, depuis celles qui ont un poids spécifique de 1.357 jusqu’à celles dans lesquelles un litre d’eau renferme la goutte d’acide sulfurique d’un poids spécifique égal à 1.075. J’ai déjà fait remarquer que pour l’amalgame j’employais de l’acide sulfurique au même degré de concentration
- TABLEAU II
- Solution étendue de sulfate de cuivre. Poids spécifique : 1,062 à 17° (10 en poids Cu SO.v -f 100 en poids H2 O)
- FORCE ÉLECTROMOTRICE Elément normal = I
- l'acide sulfurique
- Observations isolées
- Moyenne
- o,99i 1,008 1 ,oi5 1,020 1,020 1,017 1,012 1,012 1,009 1 ,oo5 1,001 1,000 0,986 0,987 0,981 0,973 0,96s
- i,oi5
- 1,020
- A = x,i33 à 160
- 1,017
- 1,012
- I ,011
- 1,012
- 1,011
- ,o5o à 160
- A =
- I ,001
- 1,000
- :,ooo
- 1,000
- 1,000
- A = i,oo5i à 160 A = i,oo35 à 170 A = 1,0011 à 160 1 Lit. H20 +20 Gouttes
- (1.250)
- 1 Lit. H20 + 11 Gouttes
- (1.250)
- 1 Lit. H2 O -(- 0 Gouttes (i,25o;
- 1 Lit. H2 O -f 2 Gouttes
- (1.250)
- 1 Lit. H2 6 + 1 Goutte (1,075)
- que celui devant servir dans l’élément. Cela n’est évidemment possible que jusqu’à une certaine limite, à partir de laquelle l’acide n’est plus assez énergique pour débarrasser le zinc de la couche d’oxyde, et dans ce cas il faut avoir recours à une solution plus forte.
- Mais comme le zinc ainsi amalgamé doit se trouver en contact avec des acides faibles, il y a lieu de prendre garde que les traces d’acide qui restent sur le zinc ne viennent pas modifier le caractère de la solution. A cet effet, il est nécessaire de laver pendant assez longtemps le zinc dans la solution même qu’on se propose d’employer.
- C’est pour cette raison qu’il est impossible de voir comment le zinc amalgamé se comporte dans l’eau pure; on a beau, en effet, laver et même frotter le zinc, on n’arrive jamais à faire disparaître les dernières traces de l’acide qui a servi à l’amalgame et il est illusoire de s’attendre à des résultats constants.
- J’ai soumis à l’expérience des solutions bien plus étendues que la limite inférieure donnée précédemment, mais j’ai constaté que la solution 1 litre d’eau X 1 goutte d’acide sulfurique de poids spécifique = 1.075 était celle à laquelle il fallait s’arrêter pour avoir des résultats constants.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TABLEAU III
- Solution étendue de sulfate de cuivre. Poids" spécifique : 1,0046 à 180 (0,6 en poids Cu SO* 4- ioo|en poids H2 o)
- CARACTÈRE de l'acide sulfurique PORCS ÉLECTROMOTRICE Elément normal := 1 Observations isolées Moyenne
- I A =r 1,357 à 17° 1,022 1,019 1,019 1,019 1,020 o,3 %
- 2 A 1,266 à 190 1.027 1,027 1,027 i,o34 1,027 0,0
- 3 A = 1,222 à 160 1,032 i,o33 i,633 i,o33
- i,o34 0,2
- 4 A = 1,186 à 160 i,o38 1,039 1,039 1,039
- 1,039 1 ,o38 i,o38 1,039 1,039
- 1 ,o38 1.041 1,041 0,3
- 5 A = i,i33 à i6° 1,034 i,o33 i,o33 1,034
- i,o33 i,o3i i,o33 i,o33 o,3
- 6 A = 1,075 à 180 1,023 1,022 1,022 1,022
- 1,025 1,024 1,026 1,026
- 1,025 1,022 1,025 1,024
- 1,024 1,024 1,024 1,024
- 1,024 1,024 0,4
- 7 A = 1 ,o5o à 160 I ,020 1,021 1,020 1,020 0,1
- 8 A = 1,037 à 170 i,oi5 i,oi3 i ,oi3 1 ,oi3
- , 1,014 i,oi3 1,014 1,014
- x,oi5 1,014 0,2
- 9 A = 1,007 à I9° 0,999 1,001 o,999 1,000
- 1,001 1,000 1,000 0,999
- 0 999 0,999 0,998 0,989 0,999 0,3
- 10 A = i,oo5i à 160 0,989 0.989 0,989
- 0,989 0,989 0,975 0,976 0,989 0,0
- 11 A = 1,oo35 à 170 0,975 0,975 0,975- 0,1
- 12 A = 1,0011 à 160 0,966 0,967 0,966 0,966
- 0,966 0,965 0,965 O.ÇÔÔ 0,2
- i3 1 L. H2 O + 20 G. ( 1,25o) 0,944 0,944 0,944 0,944 0,0
- X L. H2 O -f 11 G. (i,25o) 0,935 0,935 0,935 0,934
- 0,934 0,933 0.933 0,931
- 0,933 0,933 0,934 0,4
- i5 I L. Ha O + 6 G (i,25o) 0,932 0.932 0,932 0.932 0,0
- 16 I L. H2 0 + 2 G. (i,25o) 0,920 0,920 0,920 0,920 0,0
- 17 X L. H2 O + 1 G. (1,075) 0,897 0,899 0,898 0,2
- TABLEAU IV
- Solution de sulfate de cuivre. Poids spécifique: i,ooi5 à 160 (0,2 en poids Cu S O* -f-100 en poids H20)
- CARACTÈRE de l'acide sulfurique FORCE ÉLECTROMOTRICE ElémentTnormal = 1 Observations isolées Moyenne 8m
- 1 A = 1,357 à I/°
- 2 A = 1,266 à 190 i,o37 ï,o38 1,037 1*°37 1,037 0, i »/o
- 3 A a 1,222 à 160 1,043 1,044 1*044 1*044 1,044 0,1
- 4 A = 1,186 à 160 1,048 1,048 1,049 *«049 1,049 0,1
- 5 A = 1,133 à 160 1,012 1,042 1,042 1,041 1,041 1,042 0,1
- 6 A = 1,075 .à 180 i,o33 1,034 i*o33 i,o33 0,1
- 7 A = i,o5o à 160 1,028 1,028 1,029 1,028 0,1
- 8 A = 1,037 à !7° 1,029 1*020 1,019 1,019 0,1
- 9 A = 1,007 à 190 1,004 1*004 1*004 i>oo5 i,oo5 1,004 0,1
- . 10 A = i,oo5i à 160 0,994 0.994 0,994 0,994 0,0
- n A — i,oo35 à 170 0,976 0,976 0,976 0,976 0,0
- 12 A sas 1,0011 à 180 0,965 0,965 0,966 0,965 0,965 0,965 0,1
- i3 1 L. HaO + 20 G. (i,25o) 0,938 0,936 0,936 0,937 0,2
- 14 1 L. H20 -f 11 G. (i,a5o' o,93i 0,931 0,931 0,0
- j5 1 L. H20 + 6G. (i,25o) 0,926 0,926 0,926 0,0
- 16 1 L. HsO + 2 G. (i,25o) 0,915 0,915 0,915 0,915 0,0
- 17 1 L. H20 4* 1 G. (1,075) mmm
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ i85
- Les chiffres du tableau I montrent comment se modifie la tension libre de l’élément Daniell lorsque la solution de sulfate de cuivre restant la même, le degré de concentration de l’acide sulfurique change. La solution constante de Cu S04 peut évidemment être prise à un degré de concentration quelconque. Nous avons d’abord fait usage d’une solution de sulfate de cuivre saturée.
- Ces observations, faites pour la plupart à des époques différentes, n’en sont pas moins très concordantes; dans la dernière colonne figurent, sous la rubrique S m, les écarts maximum dans les observations.
- Ce tableau donne lieu aux conclusions suivantes :
- La force électromotrice de l’élément Daniell dans lequel le cuivre est entouré par une solution concentrée de sulfate de cuivre, croît avec la teneur en acide sulfurique hydraté jusqu’à une certaine limite ; la valeur maxima fut observée pour un dégré de concentration de poids spécifiques 1,186 (en poids 25 o/o H2 S04 environ), tandis que l’emploi d’une solution de poids spécifique s 1,222 (3o 0/0 environ) donne déjà lieu à une diminution de la tension libre. Le maximum se trouve donc compris entre
- A = 1,19
- c’est-à-dire entre C 25 et 3o o[o
- Tant qu’on n’aura pas effectué des mesures dignes de foi sur les différences de potentiel
- Zinc | acide sulfurique et acide sulfurique | sulfate de cuivre et leurs variations selon la teneur en acide
- il est difficile de savoir d’où provient au juste l’accroissement de tension libre. Les données relatives à cette question sont si contradictoires qu’elles ne peuvent servir de point de repère pour a solution du problème. Quant à ce fait que la force électromotrice croît de moins en moins et tombe subitement pour des solutions plus énergiques, on peut l’expliquer parce que le zinc se dissout de plus en plus et qu’il se forme par suite de plus en plus de sulfate de zinc. Or, on sait que les éléments Daniell dont le zinc est entouré de Z«S04 ont une force électromotrice inférieure celle des éléments—H2SO,4.
- Fromme a une manière de voir analogue (') ; ce savant, dans ces recherches sur l’élément Grove, a observé un maximum de la force électromotrice dépendant de l’acide sulfurique, et il a trouve ce maximum à la même place (entre 25 et 3o 0/0 de H2 S04) que moi pour l’élément Daniell.
- (') Fromme. Ann. de Wiedemann, 1879, t. VIII, p. 842.
- On peut également conclure des expériences de Baumgartner (').
- 40 parties en vol. IIjSOj-J-ioo parties II20. . e=i,oô
- 80 — — +100 — e= 1,06
- 5o — — +100 — e—1,07
- 100 — — +100 — c=i,04
- que dans l’élément Daniell un acide plus concentré provoque un abaissement de la force électromotrice.
- Dans les tableaux qui suivent la solution concentrée de sulfate de cuivre remplacée par une solution plus ou moins étendue du même sel, tandis que les diverses solutions d’acide sulfurique sont les mêmes que dans le tableau I.
- Afin de pouvoir jeter un coup d’œil d’ensemble sur les expériences consignées dans les quatre tableaux précédents, le tableau Y renferme les forces électromotrices moyennes qui ont été trouvées dans toutes ces expériences.
- L’élément normal dont la force électromotrice est posée égale à 1, contient de l’acide sulfurique dont le poids spécifique est 1,075 à 180 C, et du sulfate de cuivre concentré.
- Comme limite inférieure de la force électromotrice de l’élément Daniell, je choisis la 16e rangée horizontale; les quatre combinaisons qui y figurent ont le même acide S16 (x. Litre -(- 2 gouttes d’acide sulfurique étendu d’un poids spéc. = 1,25), mais différent par la teneur % (V,, V2, V3, V4) en sulfate de cuivre.
- Je désigne dans l’ordre les tensions libres des quatre éléments considérés par
- J-hou ^nu ^ig,3 £*10,4
- le premier indice se rapportant par conséquent à l’acide et le deuxième à la solution de sulfate de cuivre. On a alors :
- Dis,i = Zn | sw + sm I v, + V, | Cu = 0,938 D
- diu,2 = 7-a j sw + si,i | V3 + V2 j Cu = 0,933 D
- Dio,:i = Zl1 | si.i + S10 | V3 + V3 | Cu = 0,920 D
- »i«,. = Z" | Sli; + Si(i | V4 + V4 | Cu = o,9i5 D
- Dans ces conditions, pour obtenir l’accroissement de force électromotrice correspondant à une plus grande énergie de l’acide, il suffira de retrancher dans l’ordre les valeurs précédentes d161, D Dm, D1(./l des nombres qui se trouvent dans la môme rangée verticale.
- Prenons, par exemple, la première rangée verticale, on a :
- 1*1,1 “ D.1,,,1 — 0,938 — 0,978 == 0,040 D
- D2,i — Dlü,t = 0,996 — 0,938 = o,o58 D
- Dj-,— — 0,918 — 0,938 = 0,010 D
- (') Baumgartner. Carl's Repert., 1879, t. XV, p. 209.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- et, pour la deuxième rangée verticale :
- Du —D16)2 = 0.991 —o,933 = o,oSB D D2,2 — D1(iii = 1,008 — 0,933 = 0,075 D etc.
- De cette façon, on obtient le tableau schématique suivant qui représente l’accroissement de la force électromotrice les millièmes étant pris pour unités.
- T A 13 L E A U V
- DEGRÉ DE CONCENTRATION
- de la solution de sulfate de cuivre {Parties en poids de sel
- 100 parties en poids d’eau)
- CARACTÈRE DE L’ACIDE SULFURIQUE — - —
- S conc. 10 100 0,6 : 100 0,2 : 100
- Vi V2 v,
- Si A = 1,357 à *7° 0,978 0,99' I ,020
- S2 A = 1,266 à 19° 0,996 1,008 1,027 i,o37
- s» A = 1,222 à 160 1 ,oo3 1 ,oi5 1.033 1,014
- Si A = 1,186 à 16° 1,008 1,020 1,039 1,049
- s5 A =- 1,1,33 à 16» ï ,000 1,017 1,033 1,042
- Se A = 1,075 à 18° 1,000 I ,OI I 1,024 1 ,o33
- S, A = i,o5o à 16° 0,997 1,006 I ,020 1,028
- Sa A = 1,037 à 170 0,992 1,000 1,014 ],0'9
- Sg A = 1,007 à 190 0,979 0,987 0,999 1.004
- S10 A = i,oo5i a 16° o,977 0,981 0,989 0,994
- Sj j A = 1,00.35 à 170 0.972 0,973 0.975 0.976
- S. 9 A = 1.0011 à 160 0,966 0,965 0,966 0,965
- Si, 1 I,. II20 q- 20 G. S. P. spéc. i,25o 0,954 0,951 0.944 0.937
- Su 1 L. IIoO + 11 G. S. P. spéc. i,25o 0,952 — 0,934 o,9?i
- S15 1 L. HiO -(- 6 G. S. P. spéc. 1 ,a5o 0,948 . 0,944 0.932 0,926
- S] n 1 L. 11,0 -j- 2 G. S. P. spéc. 1,220 0,938 0,933 0,920 0,915
- S,7 1 L. H,0 + 1 G. S. P. spéc. 1,075 0,920 ~
- On reconnaît que les conclusions tirées du tableau I sont encore vraies, même lorsqu’on rom-
- TABLEAU VI
- SULFATE DE CUIVRE
- ACIDE SULFURIQUE
- 1,222
- I , 1,33
- A == 1 oo5i A =• 1,oo35 A == 1,0011 20 gouttes 11 —
- place la solution concentrée de Cu SO., par une solution étendue quelconque.
- « La force électromotrice de l’élément Daniell » Z», H2 SO.,, C u SO,, Cu croit avec la teneur du « 0/0 de l’acide ; elle atteint un maximum qui se pro-« duit à la même place que la solution de sulfate de « cuivre soit concentrée ou étendue, à savoir pour « 25 à3o 0/0 d’acide sulfurique; puis la tension li-* bre diminue si la proportion d’acide augmente.
- « L’accroissement de force électromotrice ne se « produit cependant pas dans le même rapport « pour tous les degrés de concentration du CitSO .,. » On a en effet
- L, 1 —1*10,1 = 0,070 D
- 1*4,2 - ^10,2—0,087 D
- u'i,i — D1(VJ = 0,119 1*
- DVi — D1G,4 =0,134 D
- et
- U j g, 1: 1*4,1 = 1000:107? l*jii,2 : 1*4,2 = 1000:1093 1*10,3: 1*4,3 = 1000 : u3o diü.i : 1*4,3 — iooû : 1146
- « c’est-à-dire que l’accroissement est d’autant plus « important que l’on étend davantage la solution « C u SO,,, est-il maximum lorsque le cuivre plonge « dans l’eau pure. » Ceci ressort du tableau suivant sur : les forces électromotrices de la combinaison Zn, H2 SO.„ IL O, Cu, pour différentes solutions de SO,.lL
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- Si l’on désigne l’élément avec l’acide 16 et de l’eau distillée par D1(i0, l’élément avec S(i et HaO par D60, on calcule le rapport :
- Dio,o : Dü 0 = 1000 : 1231
- tandis que
- l)1Bi : D6t = 1000 : 1129 D163 : Dü;) = iooü : 1113 D183 : D(. 3 = 1000 : 1084 DJ(j, : D0, = moo : 1064
- L’observation de la différence de potentiel dans les combinaisons où le cuivre est entouré d’eau, doit se faire avec la plus grande précaution; sitôt qu’une trace d’acide sulfurique se mêle à l’eau, la force électromotrice tombe. Aussi, je crains que les chiffres donnés plus haut principalement pour les acides plus énergiques ne soient trop petits. La variation sensible que provoque l’addition d’une trace de Ha S0V, à l’eau distillée, a été également constatée par Fromme (’) à l’occasion d’une re-
- TABLEAU VII
- 10 r-. q 11 < 0 L J O II < CO q II < 8 Il < to 8 II <1 IO CO 8 II <1 8 II <1 0,2'S SB s-, £ Sô* S *250 1 litre II20 -f- 11 gouites 1 litre II20 + 6 gouttes 0 2 K 5 2 S» « CI "" -b C 2 pîo w 0 F- jj tL C
- S6 s. S8 s„ Sio S., s,2 - Su S, s Slf, Su
- 1,076 1,069 1 ,o58 1 ,o3g - I 019 I,00| 0,973 0,g56 0.944 O.Q07 0,874
- cherche relative à l’influence de la concentration sur la force électromotrice de l’élément Zn, H2 SOt, Cu. Fromme place un bâton de zinc dans de l’acide sulfurique étendu, un fil de cuivre dans de l’eau distillée, et relie les deux liquides par un siphon capillaire également rempli avec la solution acide étendue. La différence de potentiel pour cette combinaison qui, par rapport à l’unité choisie par Fromme, se trouve être
- Zn I 1I2S04 + H2S04 | II20 + H20 | Cu —1,09s
- tombe immédiatement à 1,016 dès qu’on ajoute une quantité infiniment petite d’eau à l’acide.
- La fixation, des lignes de force, par R. Scharfhausen (').
- Plusieurs méthodes ont été proposées pour fixei l'image des lignes de force. Nicklès produit le fantôme sur du papier ciré et fixe les lignes en promenant ensuite sur le papier un morceau de métal préalablement chauffé. M. Meyer se sert d’une plaque de verre recouverte d’une couche de vernis. Dans l’un et l’autre cas la matière qui est destinée [à fixer la limaille en se ramollissant, puis se durcissant par refroidissement.
- M. Stevens a proposé dans YElcctrician de faire usage de papier photographique préparé ; une fois les lignes de force produites sur ce papier on place le tout au soleil pendant quelques
- minutes : l’on obtient de cette manière des images négatives très nettes et très belles.
- Si l’on veut avoir de suite des épreuves positives, le procédé qui paraît le mieux se prêter à la circonstance est le procédé de Willis basé sur l’emploi de l’aniline. Voici en quoi il consiste : on fait dissoudre 1 partie de bichromate de potasse dans 10 parties d’eau et 10 parties d’acide phos-phorique (poids spécifique = 1,12); on laisse sur le bain ainsi formé et à la lumière d’une lampe, nager pendant une minute une feuille de papier que l’on fait sécher ensuite.
- C’est sur ce papier que l’on laisse les lignes de force se former (également à la lumière d’une lampe ou du moins à un endroit qui ne soit pas directement exposé à la lumière du jour), et on expose le tout à la lumière solaire pendant deux ou trois minutes. On aperçoit alors, une fois que l’on a secoué la limaille de fer, une image faible jaune sur un fond vert : pour développer cette image, on emploie une solution de 1 partie d’aniline dans 10 parties de benzine; on verse le liquide ainsi préparé sur le fond d’un récipient en tôle suffisamment grand et on fixe l’image sur le couvercle de ce même récipient dont la fermeture doit être aussi hermétique que possible.
- Les vapeurs d’aniline se déposant sur le papier et s’oxydant aux endroits restés jaunes, donnent des dessins bruns. Au bout de plusieurs heures d’exposition, on lave la feuille avec un peu de benzine pure pour enlever l’aniline en excès.
- C) Eicklrotcchnisc/ic Rundschau, octobre 1884.
- 0) Fromme. Ann. de H Ve./. 1881; XII, p. 418.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- Milan, i5 janvier [885, Monsieur le Directeur,
- Je viens de lire dans le n° 52 (dû 27 décembre dernier) de votre journal, une lettre signée de mon nom, qui rectifie deux prétendues erreurs dans mon article du n° 41 sur le système Gaulard et Gibbs. Or, je m’empresse de vous dire qu’on a surpris votre bonne foi. Je n’ai jamais écrit cette lettre et je proteste vivement contre cet abus inqualifiable que l’auteur inconnu de la lettre a voulu faire de mon nom. Je m’en plains d’autant plus vivement, que les erreurs signalées par la lettre n’existent pas du tont dans mon article du n° 41, comme vous pourrez vérifier vous-même.
- Veuillez agréer, etc.
- G. Colombo.
- Bruxelles, le 19 janvier i885-Monsieur le Directeur,
- Je lis dans votre numéro du samedi 17 courant, un article relatif à l’éclairage électrique d’un quartier d’Anvers.
- Permettez-moi de vous faire savoir que la bonne foi de votre correspondant a été surprise et que l’article en question contient des inexactitudes de faits d’une nature telle que je me vois obligé, dans l’intérêt de la vérité et au nom de la Société que je dirige, de vous prier de bien vouloir le rapporter entièrement.
- L’installation de l’usine centrale d’Anvers n’est pas achevée encore, et je comptais, lors de son achèvement, vous transmettre une description complète de toutes ses parties avec l’exposé des conditions spéciales du fonctionnement de cette entreprise.
- Ce travail est sur le point d’être terminé et dissipera, j’en suis certain, l’impression fâcheuse que n’a pas manqué de produire la relation inexacte et incomplète de votre correspondant.
- Vous recevrez très prochainement cette rectification et, en attendant, je vous prie d’insérer la présente lettre dans votre plus prochain numéro.
- Veuillez agréer, etc.
- L. Nothomr.
- FAITS DIVERS
- îl est question depuis quelques mois de créer à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures un cours d’électricité. Si l’on songe au développement des applications de cette science moderne, on a le droit d’être étonné qu’elle n’ait pas encore reçu dans un enseignement technique la place qu’elle mérite. On parle de plusieurs ingénieurs électriciens pour occuper la chaire future, et parmi les noms mis en avant, nous croyons -pouvoir citer ceux de M. Monuier, di. recteur du laboratoire de l’Association pour l’étude de l’électricité ; de notre sympathique confrère, M. Franck Ge-raldy, ancien ingénieur des ponts-et-chaussèes, et de M. Hospitalier, professeur à l’Ecole municipale de physique et de chimie.
- M. J.-L. Wray, le curateur du musée de Perak, a publié
- dans le journal de la Royal Asiatic Society un article très intéressant sur les arbres guttifères et sur les procédés dé-fectuenx employés fusqu’ici pour la récolte de la gutta-i percha, qui entraînent une perte énorme, car la plus grande partie reste dans l’écorce de i’arbre, qu’on laisse actuellement pourrir. On a essayé, il y a une quinzaine d’années, dans la Guyane angtaise, de bouillir l’écorce et d’en extraire le jus; mais la gutta se mélangeait avec les sèves de l’écorce et devenait d’une qualité très' inférieure. Depuis ce moment, rien n’a été fait, et il faut savoir gré à M. Wray d’avoir trouvé un procédé économique. Voici maintenant un extrait I de l’article de M. Wray que publie VElectrical Review de Londres :
- « J’ai été très frappé par la quantité minime de gutta produite même par des arbres très grands par les procédés actuels, et j’ai examiné l’écorce sèche afin de déterminer par des expériences la quantité de gutta restée dans l’écorce. Le 24 mai i883, je pratiquai à cet effet des incisions dans un ; arbre nouvellement abattu, d’où j’ai obtenu 12 onces de gutta. Deux ou trois jours après, je fis enlever une partie de l’écorce, et, le 29, je la coupai en bandes minces, que je fis bouillir dans l’eau pendant quelque temps, après quoi la gutta avait été déposée en une couche mince et irrégulière, pesant 3 1/2 pour cent du poids de l’écorcc humide.
- « Encouragé par le succès de cette expérience, je pesai ensuite un échantillon d’écorce, qui fut broyé et bouilli dans de l’eau. Au bout de quelques minutes, la gutta se transformait en flocons blancs indépendants, et en remuant, j’en fis une masse solide facile à enlever et à purifier par une nouvelle ébullition dans de l’eau pure. Un échantillon d’écorce humide donnait par ce procédé 5,3 pour cent de gutta blanche. Un autre échantillon d’écorce, pesé d’avance, fut coupé et séché au soleil, ensuite placé dans du chloroforme et remué fréquemment; après quelques heures, le iiqnidefut enlevé et s’évaporait. La production s’élevait à 5,7 pourcent du poids de l’écorce humide employée. Un morceau d’écorce humide, coupé en petits morceaux et complètement séché, perdait 5o pour cent de son poids par cette opération. «
- « Il résulte de ces expériences :
- « i°Que l’écorce humide contient 5,7 pour cent de son poids de gutta-percha et 11,4 pour cent quand on la laisse sécher;
- « Et 2° Qu’en broyant ou bouillant l’écorce, on peut en extraire presque toute la gutta qu’elle contient. Après avoir abattu l’arbre, j’en pris la mesure exacte et pesai des parties de l’écorce afin de pouvoir calculer le poids total de l’arbre jusqu’à la première branche; il pesait 53o livres étant humide. Le procédé qui vient d’être décrit peut donner 5,3 pour cent de ce poids en gutta, ou, en d’autres termes, on peut en obtenir 28 livres en plus des 12 onces qu’en en tire par le procédé ordinaire; pour chaque livre de gutta récoltée il y a donc maintenant 37 livres de perdues.
- «Dansle rapport deKew pour l’année 1881,le poids de la gutta exportée en 1876 de Malaca est estimé à 10 millions de livres. Il faut donc en conclure que pendant cette année seule on a perdu pas moins de 3oo millions de livres, ou, en fixant le prix à 3 fr. 12 par livre, une valeur de 937 1/2 mil lions de francs. Pour bien se rendre compte de l’importance du sujet, il faut se rappeler que la destruction en grand de ces arbres précieux continue toujours tous les ans sans trêve. Il est à remarquer que j’ai laissé de côté toute l’écorce de la partie supérieure du tronc qui est aussi riche en gutta que le reste, même les feuilles en contiennent une partie considérable.
- « Il reste à savoir si l’écorce peut être enlevée des arbres et transportée en Europe pour y être traitée comme je viens de l’indiquer ou de toute autre manière économique pour en faire un succès commercial. Cette question mérite toute l’attention des intéressés, car, en cas de succès, on pourra fournir la même quantité avec un nombre d’arbres 3o fois moindre qu’à présent. »
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- Le conseil d’administration de la Society of Arts annonce que des récompenses sous forme de médailles d’or seront décernées pour les objets les plus intéressants, dans certaines classes de l’Exposition des inventions. Une médaille sera donnée dans la section de l’électricité pour la meilleure disposition pour la distribution et l’utilisation de la force.
- On annonce que le congrès international d’électricité qui se réunira dans le courant de l’année actuelle s’occupera surtout de l’application des moteurs électriques aux trains de chemins de fer.
- D’après les journaux techniques de l’Amérique, l’Exposition d’électricité à Boston ne semble pas avoir beaucoup de succès, ce qui n’est pas bien étonnant, car le public commence à se fatiguer des expositions nombreuses, qui se suivent de trop près.
- Éclairage électrique
- Nous apprenons que les travaux considérables qui vont être prochainement commencés à la gare Saint-Lazare seront éclairés à la lumière électrique. Il est, de plus, fort probable que tous les nouveaux bâtiments seront munis des modèles les plus récents de lampes électriques et que le gaz sera relégué à la place qui lui convient dans une pareille installation.
- Samedi dernier a eu lieu l’inauguration de l’éclairage électrique installé au Musée Grévin par la Société Edison.
- La Société Edison vient d’installer 5o lampes à incandescence dans la poudrerie de Saint-Ponce, dans les Ardennes, et 200 lampes dans la fabrique de papier de MM. Outhenin-Chalandre, à Genesville (Doubs).
- Le bateau sous-marin de M. Toselli qui a été expérimenté dernièrement à Nice est éclairé à l’électricité et relié par téléphone au navire d’où il a été lancé.
- Un des plus anciens hôtels de Londres, le White Horse Celïar, qui vient d’être entièrement reconstruit, a été ouvert au public lundi deruier. A l’exception des chambres à coucher, tout rhôtel est éclairé à l’électricité avec des lampes à incandescence Edison disposées de différentes manières. Le courant est fourni par des dynamos Edison du dernier modèle, actionnées par deux machines à gaz Otto de 12 che-\aux. Toute l'installation, qui est en double, en cas d’accident, a été faite par MM. Verity et fils. Les lampes de la salle â manger sont toutes installées sur les tables.
- La commission municipale des égouts de Londres, de qui dépend l’usage de la lumière électrique dans les rues, a accepté la soumission de la Compagnie Hammond.
- Les lampes électriques doivent donc remplacer les becs de gaz dans le périmètre suivant : Mansion Ilouse et le Royal Exchange, puis les rues voisines de la Banque, Bar-tholomen Street, Old Broad Street et Lottsbury, Lombard Street, Bircineh Lane Bishopsgate Street, Within, Princess
- slreet, Trogmorton Street, T4ireadneedle Street et Grache-church Street.
- Le même jour, on a déposé, en vertu des dispositions de la loi nouvelle, une somme de 2500000 fr. pour demander la concession des lignes souterraines suivantes: in Mar-blearch Regent Circus, Oxford ei la Cité; 20 Ivings Cross, Charing Cross et Waterloo; 3° Chatham et la Cité. Il va sans dire que ces travaux et probablement ces exploitations fourniront un emploi avantageux à la lumière électrique aussi bien qu’au transport de la force à distance.
- L’éclairage électrique du Pavillon, à Brighton, a été inauguré officiellement samedi dernier, en présence de plus de 700 personnes. La lumière était très fixe et fonctionnait à la satisfaction générale.
- Le ministère de la marine en Angleterre a décidé de faire une série complète d’expériences à bord du navire le Co iossusy à Portsmouth, afin de déterminer le prix des différents illuminants, l’huile, le gaz et l’électricité, pour l’éclairage des navires. Ces essais nous paraissent inutiles, dit notre confrère YElectrician, de Londres, car il ne s’agit pas d’une question d’économie, mais bien de savoir quel est le meilleur éclairage en temps de guerre.
- A la réunion mensuelle des directeurs du port de Burnt-island, l’ingénieur M. Hendersen a proposé d’éclairer le port à la lumière électrique, pour laquelle une machine à gaz Crossley fournirait la force motrice. La proposition a été favorablement accueillie et renvoyée à une commission.
- Depuis deux ans, à peu près, le moulin de MM. Bowyer et Priestley, à Oppord-Cluny. Hunts, en Angleterre, est entièrement éclairé à la lumière électrique avec des lampes à incandescence. La dynamo est actionnée par la machine du moulin.
- Le paquebot le Tainui qui vient d’être construit pour la Shaw, Savill and Albion C° pour la navigation entre Londres et la Nouvelle-Zélande, a été pourvu d’une installation complète de lumière électrique comprenant 3oo lampes à incandescence.
- Il y a deux séries de machines Ferranti-Thompson, avec des excitatrices Siemens, dont chacune est capable d’alimenter i5o lampes de 20 bougies. Elles sont actionnées par un moteur de MM. Marshall et fils, de Gainsborough. Le système est divisé en 14 circuits principaux dont une partie est subdivisée au moyen de commutateurs auxiliaires placés dans différentes parties du navire.
- La Compagnie Gülcher a dernièrement installé 24 foyers à arc de 800 bougies, et deux de 2000 dans l’usine de MM. Ransome et Cu, à Chclsea. Le courant est fourni par une dynamo n° 5 du même système.
- La salle de spectacle du nouveau théâtre flamand, à Bruxelles, sera éclairée à la lumière électrique, d’après la décision du Conseil communal de la ville, qui s’est prononcé à l’unanimité dans ce sens, après avoir consulté le rapport de M. l’ingénieur Wybauw sur l’éclairage électrique des principaux théâtres de l’Europe, qu’il a eu mission dç visiter,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C’est surtout pour la sécurité contre l’incendie que (.cette décision a été prise, car il résulte de la statistique que le gaz est de 60 pour cent dans la cause des sinistres qui se produisent dans les théâtres.
- Dès à présent, on a décidé de construire une annexe spéciale pour y placer des machines et tout le matériel électrique. Cette annexe sera construite sur uue partie du Bassin du Commerce et coûtera environ 80000 fr., mais elle pourra servir en même temps de poste de police. On n’est pas encore fixé sur le choix du système dé lampe ou de dynamo qui sera adopté. De nombreuses soumissions ont été déposées, mais l’administratiou communale n'a pas encore pris une décision.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, la gare de Schaerbeck, près de Bruxelles, va être éclairée à l’électricité. Trois différentes Compagnies ont soumissionné pour cette entreprise : i° La Compagnie générale d’électricité, de Bruxelles, qui exploite les lampes et machines du système Giilcher (26000 fr.); 20 La Compagnie industrielle d’électricité, qui exploite la Lampe-Soleil et le système Schuckert (27ooofr.), et 3° une Société électriqne de Zurich, qui demande 56ooo fr.
- Ces chiffres comprennent l’installation et l’entretien pendant la première année. L’éclairage sera fait au moyen de régulateurs placés sur de grands poteaux, comme ceux déjà installés sur la Grande Place de Bruxelles.
- La Compagnie allemande Edison a installé la lumière électrique dans l’Aquarium de Berlin, qui est raainteuant éclairé par 6 foyers à arc et 3oo lampes à incandescence, dont une partie se trouve sous l’eau, afin de permettre aux visiteurs de mieux étudier les différentes espèces de poissons.
- La station centrale de lumière électrique à Berlin, que construit la Société des Stædtische Electricitætswerke, ne sera guère terminée avant le milieu de cette année, mais il paraît que le nombre des abonnés ne répond pas à l’attente des entrepreneurs. On attribue cet insuccès au prix trop élevé de la Compagnie et on s’attend à une réduction prochaine. La nouvelle station sera pourvue d’accumulateurs du système Eppstein, dont la Société a acquis le droit de fabrication et de vente.
- A la fin du mois de décembre dernier, les lampes à incandescence de Temesvar avaient fourni en moyenne 945 heures d’éclairage, environ :5 heures par jour. Dans le courant du mois de janvier, ces lampes seront mises hors de circuit automatiquement et remplacées par les lampes de réserve.
- L’éclairage électrique n’a pas fait beaucoup de chemin en Australie. A Melbourne, quelques essais d’éclairage ont été faits dans la rue princioale de la ville, mais sans beaucoup de succès et aucune installation importante n’a été faite. Quelques foyers fonctionnent dans les théâtres, mais plutôt à litre de réclame, car les propriétaires de ces établissements ne veulent pas payer la lumière électrique plus cher que le gaz.
- L’ünited States Electric Light C° a terminé la pose des conducteurs souterrains pour l’éclairage électrique de la rue F, à Washington, entre les 9e et 14e rues, et l’éclairage fonctionne déjà depuis quelque temps. Les négociants du
- quartier ont contribué aux frais très lourds de cette installation. Les lampes sont placées sur des poteaux de 10 pieds de hauteur très rapprochés et les piles sont disposées à l’intérieur et invisibles. La Compagnie se propose d’étendre l’installation à d’autres rues, et un certain nombre de négociants se sont déjà fait inscrire comme abonnés à l’éclairage électrique.
- L’imprimerie du ministère des finances, à Washington, va être éclairée à l’électricité avec I60 lampes à incandescence. L’installation doit être terminée vers la fin de ce mois.
- Les deux stations centrales de la Brush Electric Light Company, à New-York, alimentent 1 3oo foyers à arc, qui demandent 5o dynamos, une force motrice de 1 400 chevaux et 3oo milles de fil.
- Une Société locale à Jacksonville, Floride, vient d’installer le système Thomson-Houston, et, sous peu, la ville sera entièrement éclairée à l’électricité par ce système.
- La ville de Lancaster a renouvelé son contrat avec l’U-nited States Electric Light Company pour une année, pendant laquelle cette dernière Société fournira l’éclairage de la ville avec 120 foyeis à arc.
- La ville de San-Fraucisco sera probablement sous peu éclairée à l’électricité par le système Brush, le seul qui y fonctionne actuellement. La Compagnie Thomson-Houston éclaire les villes de Oakland, San José qt Sacramento également en Californie, et la Société a demandé des.conces-sions à Portland (Orégon) et à Los Angeles.
- La ville de Laconia dans la Nouvelle-Hampshire, va être éclairée à l’électricité à partir de la fin de ce mois par une Société locale. Les principaux négociants ont déjà souscrit des commandes pour plus de 100 foyers.
- Pendant plusieurs semaines, l’avenue Delaware, entre les rues de Market et Yine, à Philadelphie, est restée dans une obscurité complète pendant la nuit, la lumière électrique ayant fait défaut. Les conducteurs sont placés sous terre dans un câble, et il paraît que l’isolation était défectueuse. Le maire de la ville a fini par ordonner à la police d’allumer les lampes de gaz qui ont depuis fourni l’éclairage de l’avenue, eu attendant que le câble soit réparé ou remplacé par un autre.
- L’arbre de Noël des enfants du Président de la Compagnie Edison, à New-York, a été magnifiquement éclairé à la lumière électrique, avec 120 lampes à incandescence dans des globes de différentes couleurs. L’arbre, qui avait six pieds de hauteur, était mis en rotation au moyen d’une petite dynamo Edison, placée à côté, qui recevait uue partie du courant de la grande dynamo, installée dans le sous-sol pour l’éclairage électrique ordinaire de la maison. Les lampes étaient divisées en six groupes qui fonctionnaient tour à tour, au fur et à mesure que l’arbre passait devant une série de boutons qui faisaient contact avec uue bande de cuivre, en bas de l’arbre.
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- Le secrétaire de la Edison Company for Isolated Lighting écrit à notre confrère, VElectrician, de New-York, qu'il y a actuellement, aux Etats-Unis, 75000 lampes à incandescence fonctionnant dans des installations isolées et 34800 lampes alimentées par des stations centrales, ce qui donne un total de 109800 lampes, représentant 14000 chevaux. A New-York uue seule station Edison alimente i3ooo lampes, chez 600 consommateurs, et l'installation fonctionne maintenant depuis deux ans, jour et nuit.
- Nous avons déjà annoncé que le conseil municipal delà ville de New-York a décidé de faire installer la lumière électrique dans les hôpitaux et autres dépendances de l'administration sur l’ile de Ward, et qu’une somme de 75000 francs avait été votée dans ce but. Trois Sociétés d’éclairage électrique ont fait des offres au conseil : la Compagnie Edison, au prix de 67500 fr., la Compagnie Sawyer-Man pour 70390 fr. et la Compagnie Brush-Swan pour 68675 fr. L'adjudicataire aura à déposer une somme de 100000 fr. en garantie de la bonne exécution du travail, dont il aura l'entière responsabilité pendant six mois. Selon le cahier des charges, l'installation comprendra 876 foyers
- Les machines destinées à l'éclairage électrique des bâtiments du gouvernement, à Chicago, sont maintenant installées. II y en a deux, de 100 chevaux chacune, et l'une formera la réserve en cas d'accident à celle qui fonctionne. L’installation fonctionnera d’ici à peu de jours.
- Le palais de la Législature, à Albany, la capitale de l’Etat de New-York, est éclairé à l'électricité, avec 61 foyers à arc et 1 386 lampes à incandescence, distribuées dans tout le bâtiment.-Tous ces foyers sont alimentés par des dynamos puissantes, installées dans le sous-sol.
- L'EIectrical Review, de New-York, annonce qu'il vient de se former dans cette ville un syndicat composé principale ment de MM. Mackay, représentant la Postal Telegraph Company; A. Garrett, de la Baltimore and Ohio Telegraph Company; James Gordon Bennett et les porteurs d'obligations de la Baiilters and Merchants Téléphoné Company. Le syndicat possède un réseau télégraphique de 200000 milles de fil en pleine exploitation, représentant une valeur de i5o millions de francs, et compte lutter sérieusement contre la Western Union Company. Oa commencera par construire dos lignes entre Pittsbourg et Stenbenville. en Ohio, et du Montgomera, en Alabama, à la Nouvelle-Orléans, pour compléter le réseau.
- Télégraphie
- Le tableau suivant montre les réductions successives du prix des dépêches sur les câbles transatlantiques depuis la pose des premiers câbles :
- En 1866, 5oo fr. pour 20 mots ou moins.
- Depuis le i*r novembre 1867, 2?o fr. pour 20 mots ou moins.
- — ior décembre 1867. 125 fr. pour 10 —
- — ipr septembre 1868,84f 25 — —
- — ier juin 1869, 5o fr. — —
- — 10 août 1869, 37 fr. 5o — —
- — 12 décembre 1870, 75 fr. — —
- — ipr juillet 1881, 5o fr. — —
- — 1er mai 1872, 5 fr. par mot.
- — 1er mai 1875, 2 fr. 5o —
- — 24 déc. 188.1, 2 fr. —
- Selon la circulaire du i3 janvier, de l'administration des postes et télégraphes en Angleterre, le câble entre les Indes anglaises et Ceylan est interrompu.
- La Presse anglaise a fait entendre à différentes reprises des plaintes contre l'administration des télégraphes militaires, qui ne donne que de rares nouvelles de l'armée du général Wolseley. Le Times répond à ces plaintes en faisant remarquer que la ligne ouverte au public ne s'étend guère que du Caire aux premières cataractes, et que le télégraphe de campagne est établi spécialement pour les besoins de l'armée. Sauf de rares intervalles pendant lesquels les fils ont été coupés par les tribus insurgées, les lignes ont fonctionné d'une façon régulière. L’extrémité de la lit*ne militaire était, au milieu de janvier, à Kccrci, petite ville située sur le Nil, à 1 400 kilomètres à vol d’oiseau de l’embouchure par 180 lat. boréale. A cet endroit, le fleuve fait un coude et remonte brusquement vers le nord.
- L'armée de lord Wolseley prend alors uue roule raccourcie à travers le désert, et se dirige vers Metameh, petite ville située sur le Nil. par 160 de lat., et ne se trouvant plus qu'à cent cinquante kilomètres de Kartoum. Comme il est impossible d'entretenir une communication télégraphique par fil dans les régions sauvages infestées d'insurgés, lord Wolseley compte mainlenir ses communications télégraphiques avec Londres, à l'aide d’une ligne optique. Actuellement, les télégrammes de Corti arrivent journellement au War Office.
- Le rapport annuel de la Chambre de commerce de Gree-nock, qui vient d'étre publié, constate que la Chambre a, à plusieurs reprises, appelé l'attention du directeur des Télégraphes sur les délais sérieux dans la transmission des dépêches via Glasgow, et faisant ressortir la nécessité absolue d'une meilleure communication télégraphique avec le Midi. Le résultat de ces démarches a été une amélioration de la ligne directe avec Londres. Cependant la Chambre regrette de ne pas avoir obtenu satisfaction au sujet des lignes jusqu'à Liverpool, Dublin et Edimbourg, de sorte que Gree-nock n’a toujours que les deux voies de communications : Londres et Glasgow, et la demande d’une ligne à Liverpool a donc été renouvelée avec insistance.
- Le correspondant du Standard à Téhéran télégraphie à son journal que les ingénieurs russes s’occupent déjà de la construction de la ligne télégraphique entre Askabad et Merv, mais que le travail a été retardé par la neige qui est tombée eu abondance partout en Perse
- D’après le journal le Japan Mail, une dépêche envoyée de Yokohama à 3 h. 10 de l’après-midi est arrivée le même jour à 8 h. 27 du matin à Londres. La différence d’heure entre Londres et Yokohama est de q heures et 20 minutes, de sorte que la transmission de la dépêche n’a pris en réalité que 2 heures et 37 minutes. La réponse fut expédiée de Londres à 10 h. 43 du matin, et arrivait à Yokohama à 8 h. 40 du soir, ayant franchi la distance en 37 minutes, eu tenant compte de la différence d’heure.
- La réclamation des employés de la Western Union Telegraph C°, à la Nouvelle-Orléans, au sujet de la réduction proposée de leurs appointements a trouvé un accueil favo-
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- rable auprès des directeurs de la Société, qui ont renoncé à mettre leur plan à exécution. ^
- La municipalité de Lowel, en Massachusetts, a traité avec la District Telegraph O pour l’installation de 100 boîtes de signaux, moyennant 100 francs par boîte et par année. L’installation fonctionne depuis le ier janvier de cette année.
- Il est maintenant certain que le Congrès des Etats-Unis ne s’occupera pas pendant la présente session du projet de loi du sénateur Hill, au sujet de l’exploitation des télégraphes par le Gouvernement. Le Président de la Commission parlementaire sur les Postes a proposé au Gouvernement de traiter avec les différentes Compagnies télégraphiques pour un certain nombre d’années, mais la session est trop avancée pour qu’on puisse s’attendre à une législation quelconque sur ce sujet.
- La convention intervenue entre les Compagnies télégraphiques Bankers and Merchants et la Postal Telegraph, a été annullé d’un commun accord le 4 décembre dernier. Les recettes de la première Société n’étaient pas même suflisantes pour payer les intérêts aux porteurs d’obligations, et les employés de la Compagnie sont restés des mois sans toucher leurs appointements.
- Les instruments télégraphiques du réseau de la police à New-York ont si souvent été dérangés par suite d’un contact entre les fils télégraphiques et la lumière électrique que le chef de la police s’est adressé au Conseil municipal de la ville pour obtenir l’autorisation d’employer un système automatique quelconque pour la protection des fils télégraphiques. __________
- Téléphonie
- Voici le texte du décret autorisant la Société générale des Téléphones à établir des bureaux publics :
- Le Président de la République française,
- Vu l’art. 2 de la loi du 21 mars 1878:
- Vu la loi du 5 avril 1878;
- Sur le rapport du ministre des postes et des télégraphes, Décrète :
- Art. ior. — Toute personne peut, à partir du icr janvier i885, au moyen des cabines téléphoniques mises par l’Etat à la disposition du public, correspondre soit avec une autre personne placée dans une cabine téléphonique de la même ville, soit avec un abonné du réseau.
- La taxe à percevoir pour l’entrée dans les cabines publiques est fixée, par 5 minutes de conversation :
- A Paris, à 5o centimes;
- Dans toutes les autres localités de France, d’Algérie et de Tunisie, à 25 centimes.
- Art. 2. — Des communications téléphoniques à distance peuvent être mises à la disposition du public.
- Les lignes auxquelles est appliquée cette mesure sont indiquées par décision ministérielle.
- v La taxe à percevoir par 5 minutes de conversation de ville à ville est fixée :
- Pour toute distance inférieure à 100 kilomètres, à 1 franc
- Cette taxe peut être réduite à 5o centimes, lorsque les deux villes entre lesquelles l’échange des conversations par téléphone a lieu ont été classées, par décision du ministre des postes et télégraphes, comme faisant partie d’un seul et même groupe téléphonique.
- Les conditions dans lesquelles cette taxe est perçue, soit sur la personue qui demande la communication, soit par moitié sur chacune des deux personnes en correrpondance, et en général toutes les conditions d’exécution du service, sont déterminées par arrêtés du ministre des postes et des télégraphes.
- Fait à Paris, le 3i décembre 1884.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre des postes et télégraphes,
- Ad. Cochery.
- A partir du 16 janvier deux communications téléphoniques à longue distance ont été mises à la disposition du public entre Rouen et le Havre.
- Les conversations téléphoniques seront échangées par l’intermédiaire des fils télégraphiques reliant les deux villes, et ces fils seront utilisés simultanément pour le service télégraphique.
- La taxe est de 1 franc par 5 minutes de conversation.
- Dès aujourd’hui les communications peuvent avoir lieu entre les cabines téléphoniques publiques installées dans les salles d’attente de la Recette principale des postes et télégraphes de Rouen et du bureau central des postes et télégraphes du Havre.
- Des mesures sont prises pour que de semblables cabines soient ouvertes à très bref délai dans un certain nombre de bureaux succursales des deux villes.
- En outre, les abonnés des deux réseaux téléphoniques de Rouen et du Havre pourront correspondre entre eux par les mêmes communications à partir de leurs domiciles et aux mêmes conditions, dès que certaines modifications nécessaires, mais d’une exécution facile, auront été effectuées dans leurs postes particuliers.
- Voici quelques extraits des conditions d’abonnement au réseau téléphonique de Hanovre. Le prix de l’abonnement varie selon la distance du bureau central : jusqu’à 2 kilomètres, il est de 25o fr., chaque kilométré supplémentaire se paie à raison de 62,60 marks de plus. Un deuxième ou troisième appareil, installé dans la même maison ne donne droit à aucune réduction de frais. Les lignes sont aériennes.
- Les abonnés au téléphone, à Mayence, sont maintenant au nombre de 71, tandis qu’il n’y en avait que 39 à la fin de i883. ____________
- Le nombre total des abonnés au téléphone en Allemagne s’élevait à la fin de l’année 1884 à 10431. répartis sur 37 réseaux dans les différentes villes. Le nombre des dépêches télégraphiques transmises en Allemagne, pendant l’année dernière, a été de 16347058.
- La Wisconsin Téléphoné Company vient de faire construire une ligne téléphonique en cuivre entre Madison et Milwau-Kee : une distance de 88 milles. Les résultats sont excellents, et les abonnés des deux villes correspondent avec autant de facilité qu’en circuit local.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, |3, quai Voftdire, — 5392O
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électriaté [J ,
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7® ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 31 JANVIER 1885 N® 5
- SOMMAIRE. — Le compteur d’électricité de M. G. Lippmann; G. Maresclial. — Le laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne (3° article); P.-H. Ledeboer. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (5® article) ; Marcel Deprez, Maurice Leblanc. — Installation des fils téléphoniques dans les égouts de Paris; J. Bourdin.— Le téléphone à marteau; L. de Locht-Labye. — Chronique de l’Etranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et J. Krouchkoll : La conductibilité électrique de l’eau distillée dans le vide, par F. Ivohlrausch. — Sur la conductibilité électrique des solutions salines aqueuses très étendues par le Dr G. Vicentini. — Sur les éléments et piles au sélénium de Fritts. — Sur la résistance électrique des contacts microphoniques, par M. Bœckmann. — Bibliographie. — Correspondance : Lettre de M. A.-H. Noaitlon. — Faits divers.
- LE
- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ
- DE M. G. LIPPMANN
- M. G. Lippmann vient de faire construire un compteur d’électricité fondé, sur le même principe que le galvanomètre imaginé par lui et dont il a donné la théorie dans une note présentée à l’Académie des sciences, le 19 mai 1884.
- La Lumière Electrique a reproduit cette note et donné la description de l’appareil dans les numéros des 3i mai et 14 juin 1884.
- On a vu qu’il est basé sur l’emploi d’un conducteur mobile, constitué par du mercure que renferment un tube en U et une chambre parallélipi-pédique de très peu d’épaisseur, autour de laquelle on a formé un champ magnétique puissant au moyen d’un aimant permanent. La figure 1 rappelle cette disposition. La chambre à mercure abcd, a 3 centimètres de a en b et 4 millimètres de a en c; son épaisseur est de 3/io de millimètre. Le courant est amené au moyen de lames de platine, représentées en pointillé, et qui occupent, l’une la partie supérieure, l’autre la partie inférieure de la chambre. Lorsqu’on fait passer le courant, le mercure s’élève dans la branche A et
- s’abaisse dans la branche B. M. Lippmann a démontré que cette élévation du niveau du mercure dans l’une des branches, est proportionnelle à l’intensité du courant.
- Pour transformer cet ampèremètre en compteur d’électricité, il suffit de lui faire subir une petite modification. On comprend en effet que, si au lieu de laisser le tube A s’élever verticalement, on le recourbe à angle droit de manière à ce que son extrémité vienne au-dessus de la branche B, comme l’indique le pointillé (fig. 1), dès qu’on fera passer le courant dans l’appareil, on obtiendra un écoulement de mercure continu, d’autant plus rapide que le courant qui le provoque sera plus intense, et la quantité de mercure écoulée dans un temps donné sera proportionnelle au nombre de coulombs ayant traversé l’appareil
- Pour mesurer automatiquement cette quantité, on a adopté la disposition suivante (fig. 2). L’une des branches se trouve élargie et transformée en un réservoir B, assez large pour que le niveau B C reste sensiblement constant. Au lieu de recevoir directement dans le réservoir B le mercure s’échappant de la branche recourbée A, on le recueille dans un petit auget D. Ge petit auget se trouve fixé à l’extrémité d’une tige OH, pivotant en O de telle façon que, lorsqu’il est rempli de mercure, il fait osciller le système OHD vers la gauche et vient se déverser dans le réservoir. Mais, à ce mo-
- 1
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment un second auget E semblable et symétrique au premier, vient se présenter sous la branche A et reçoit le mercure à son tour. Lorsque ce second auget est rempli, l’autre s’étant vidé, le centre de gravité se trouve de nouveau déplacé, le
- système oscille du côté droit, l’auget E se déverse dans le réservoir, et ainsi de suite indéfiniment.
- Les oscillations ainsi obtenues à droite et à gauche sont limitées par une fourchette qui se trouve fixée sur la tige OH et qui agit sur un mouvement à ancre ordinaire, faisant mouvoir une minuterie. On voit cette disposition indiquée sur
- A
- la figure 3 où l’appareil est représenté en perspective tel qu’il a été construit par la maison Bré-guet.
- Le premier mobile du système, celui sur lequel agit directement l’ancre, porte l’aiguille des unités.
- Les trois autres mobiles portent aussi chacun une
- aiguille indiquant respectivement les dizaines, les centaines et les mille. Chaque division du cadran des unités correspond à une oscillation complète du système des augets, c’est-à-dire que chaque fois que l’un d’eux se déverse l’aiguille ne marque qu’une demi-division. Les augets contiennent chacun un centimètre cube ou environ i3 grammes de mercure et, dans ces conditions, chaque division marquée sur le cadran des unités correspond à i5o coulombs. Un ampère-heure est donc représenté sur cet appareil par 2 divisions 1/2 au cadran des centaines.
- L’appareil serait, il nous semble, plus pratique, si l’ampère-heure correspondait exactement à une division, par exemple, du cadran des centaines;
- FIG. 3
- ce résultat sera facile à obtenir, ce n’est qu’une question de réglage.
- De même que les compteurs à gaz, ce compteur d’électricité ne peut dépasser certaines limites suivant son mode de construction. Le premier modèle construit sur les indications de M. Lipp-mann ne peut guère être utilisé que pour un courant de 25 ampères au maximum. Mais pour atteindre des limites supérieures, il suffira d’augmenter la section de la chambre à mercure.
- On voit que cet appareil très ingénieux est le plus simple qui puisse être imaginé pour mesurer la quantité d’électricité dépensée sur un circuit. II contribuera certainement à hâter la solution du problème de l’éclairage domestique par l’électricité.
- G. Mareschal.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- k;5
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- 3e article. (Voir les numéros des 3 el 10 jan vier i885)
- MESURE DES FORCES ÉLECTROMOTRICES
- 28. Par l'électromètre à quadrants. — L’élec-tromètre étant réglé, il suffit de faire communiquer les deux secteurs opposés avec les pôles de la pile, la déviation est proportionnelle à la force électromotrice à mesurer.
- Dans le cas où les secteurs sont chargés par la pile de charge, on mettra un des pôles de la pile
- FIG. 28
- A étudier en communication avec l’aiguille, l’autre pôle étant à terre.
- On vérifie en outre avec l’électromètre les lois suivantes :
- Chute du potentiel dans un conducteur linéaire. — Cette chute est proportionnelle à la longueur.
- On prend une pile de 3 à 4 éléments Daniell, et un rhéocorde de 1 mètre de longueur. Ce rhéo-corde communique d’un côté avec la pile et de l’autre côté avec la terre; l’autre pôle de la pile est également à terre. En mettant l’aiguille de l’électro-mètre en communication avec un point quelconque du fil divisé, on constate que le potentiel est proportionnel à la longueur du fil, comptée de l’extrémité qui est à terre.
- Pile en tension. — En réunissant plusieurs éléments, les uns à la suite des autres, on constate que la force électromotrice totale est égale à la somme des forces électromotrices des éléments séparés.
- Pile en quantité. — En réunissant plusieurs éléments identiques par leur pôle de même nom,
- on forme une pile en quantité : on constate que la force électromotrice de cette pile est la même que celle d’un seul élément.
- On constate de même que les dimensions de l’élément n’ont aucune influence sur la force électromotrice.
- Chaîne de Volta. — On forme des éléments Volta, deux métaux différents qui plongent dans l’eau ordinaire ; on constate que la force électromotrice ne dépend pas des métaux intermédiaires, mais uniquement des métaux extrêmes.
- Prenons un élément Pt — Zn,et d’autre part deux éléments, l’un Pt — Fe et l’autre Fe — Zn; la somme des forces électromotrices des deux derniers sera justement égale à la force électromotrice du premier élément.
- Concentration des acides. — On constate que la force électromotrice d’un élément Pt— Zn ne varie pas sensiblement, lorsqu’on remplace l’eau par de l’eau acidulée par l’acide sulfurique..
- 29. Electromètre capillaire de M. Lippmant:. — On commence par s’assurer que l’électromètre fonctionne normalement, c’est-à-dire que les déplacements du ménisque de mercure sont rapides sous l’influence d’une faible force électromotrice
- T à ~ de voltj, et que le ménisque revient bien à
- son point de départ, lorsqu’on ferme l’électromètre sur lui-même. Il faut pour cela que le tube soit bien mouillé d’eau acidulée, ce que l’on obtient par quelques charges et décharges successives. Quelquefois lacolonne de mercure est coupée par des bulles d’air ; on les expulse en faisant couler du mercure par une pression convenable. Quelquefois, surtout après un repos de plusieurs mois, il se produit dans le tifbe capillaire de petits cristaux, qui empêchent tout mouvement du mercure, même sous l’influence de la plus forte pression, qu’on peut produire au-dessüs de la colonne de mercure. Voici ce que l’on peut faire dans ce cas. On exerce une certaine pression sur le mercure, et on met les pôles de l’électromètre en communication avec une pile de 1, 2 on 3 éléments Daniell, en établissant et rompant plusieurs fois de • suite la communication du tube capillaire avec le pôle négatif de la pile.
- Dans l’usage ordinaire, le tube capillaire doit toujours communiquer avec le pôle négatif, de manière à ce que le mercure monte dans le tube capillaire ; autrement, on ne pourait pas ramener le ménisque au zéro par la pression compensatrice, et on pourrait oxyder le mercure.
- Sensibilité. — On forme un circuit direct avec un Daniell et une boîte de résistance, de telle sorte
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que la résistance totale du circuit, y compris celle de la pile devienne 1 079 ohms ; dans ce cas, la différence de potentiel correspondant à 1 ohm, sera
- ~ de volt. On observe le déplacement du ménisque, ce déplacement est dans de bonnes conditions de 10 divisions.
- Une division correspond donc à de volt.
- Graduation, construction de la courbe. — Pour déterminer comment varie la pression compensatrice avec les différentes forces électromotrices, il suffit de prendre dans l’expérience précédente des différences de potentiel eonnues.
- La fig. 29 montre comment on attache les fils lorsqu’on emploie deux boîtes de résistances.
- En construisant la courbe, on constate que pour de faibles f. e. m, les pressions sont propor-
- FIG. 29
- tionnelles aux intensités; la courbe présente un maximum vers 0,9 de volt.
- Capacité de l'électromètre, isolément. — On peut chercher la capacité par la décharge à travers un galvanomètre à long fil. On charge avec un élément Daniell et on ramène le ménisque par la pression compensatrice, puis à l’aide d’une clef de décharge, on observe l’impulsion de l’aiguille du galvanomètre. On répète la même expérience avec
- un microfarad divisé. La capacité est d’environ ^
- de microfarad. Cette capacité ne varie pas sensiblement avec la charge ou avec la position du ménisque.
- L’isolement se trouve par la perte de charge. L’électromètre étant chargé, on décharge immédiatement; puis on charge de nouveau, et on décharge après n minutes; on trouve ainsi, pour la résistance à l’isolement, plusieurs megohms.
- Emploi de l'électromètre pour la f. é. m. des piles. — i° A l'aide de la courbe précédemment cous-truite, il suffit, pour prendre la f. é. m. d’une pile, de mettre le pôle négatif en communication avec le tube capillaire, tandis que l’autre pôle communique avec le godet inférieur.
- Lorsque la force électromotrice est supérieure à r',5, limite où, par la décomposition de l’eau, l’é
- lectromètre cesse de fonctionner, on met en opposition un ou plusieurs éléments Daniell, de manière à réduire la force électromotrice à moins d’un Daniell. Mais l’électromètre employé de cette façon est peu sensible; la sensibilité dépend, en effet, du degré d’approximation avec laquelle on peut évaluer la pression compensatrice. Cette approximation n’est que de^à peu près.
- 20 Par la réduction à zéro. — Voici une méthode qui permet de déterminer immédiatement la f. é. m. avec toute l’exactitude que comporte l’élec-
- tromètre, c’est-à-dire à 75^5 de volt près. On prend
- un Daniell étalon, très soigneusement monté et deux boîtes de résistance de 1 à iiooo Ohms. On, débouche dans la première boîte une résistance telle que la résistance totale du ciicuit devienne 10790 ohms; comme la résistance intérieure de la pile est ordinairement négligeable devant cette grande résistance, il suffit de déboucher 10790 dans la boîte. Si la résistance de la pile était de 10 ohms, par exemple, on déboucherait 10780 ohms pour avoir le total indiqué. Les électrodes de l’électromètre sont en communication avec les bornes de la deuxième boîte, dont toutes les fiches sont en place. S’il s’agit de mesurer la f. é. m. d’une pile, on l’intercale entre une des bornes de la deuxième boîte et l’électromètre et en opposition du courant principal.
- On débouche dans la deuxième boîte une résistance telle que l’électromètre reste au zéro, en rapportant les fiches ôtées de la deuxième dans la première. La résistance totale du circuit reste ainsi
- invariable et chaque ohm correspond à de volt.
- Si, par exemple, pour obtenir l’équilibre, On a été obligé de déboucher une résistance de 9320 ohms, on aura pour la f. è.m. de la pilé ov,g32. Lorsque la pile à mesurer a une f. é. m. supérieureà iv, on met dans le circuit principal, au lieu d’un élément Daniell, 2 ou 3 éléments. Dans ce cas, il faut multiplier le résultat par 2 ou par 3. L’emploi si commode de deux boîtes de résistances a été indiqué par M. Bouty.
- 3o. Mesures de la f. e. m. d'une pile par les décharges d'un condensateur. — Soient C la capacité d’un condensateur, E la différence de potentiel ou la f. é. m. aux bornes, on aura pour la quantité q d’électricité
- 9 = CE
- D’autre part, la décharge de cette quantité q d’électricité à travers un galvanomètre à long fil donnera à l’aiguille une impulsion, mesurée par l’angle S telle que
- 9 = k 2 sin * ou = k 3
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- '97
- si l’angle 3 est petit. On a donc
- q — CE = h 3
- et en répétant l’expérience avec une capacité et une différence de potentiel différentes
- d’où
- q'— G' E' = k V
- E' = E
- _C 3' C' 3
- Pour faire l’expérience, on emploie une clef de décharge, en attachant les fils comme sur la fîg. 3c.
- FIG. 3o
- On commence par graduer l’échelle à l’aide d’un élément Latimer Clark.
- Pour installer le galvanomètre, on place l’aimant directeur de telle façon qu’on obtienne le maximum de sensibilité et on remonte l’aimant légèrement pour assurer la stabilité du zéro de l’échelle. Dans
- FIG. 3o bis
- ces conditions, on doit obtenir avec un Daniel! et | de microfarad à peu près toute l’échelle.
- Pour une installation définitive, on peut s arranger de façon que chaque division de l’éch<;lle corresponde à une fraction décimale de volt. Prenons un microfarad et un Clark— iv,457; il est facile de disposer l’aimant directeur de telle façon que la décharge comprenne 145,7 X 2 — 291,4 divisions.
- Alors chaque division = ^ de volt : cette disposition évite les calculs. Lorsque la f. é.m. à mesurer est faible, on augmentera la capacité du condensateur. Il est bon de comparer avec l’étalon avant et après l’expérience. Cette méthode a le grand avantage, non seulement d’être très expé-
- ditive, mais encore de permettie les mesures ^ f. é. m. dans une échelle très étendue. En effet, lorsque le galvanomètre est pourvu d’un shunt à 'Ai, V99 et '/99g, on peut mesurer des f. é. m., depuis une fraction de volt, jusqu’à plusieurs centaines de volts par un simple jeu de fiches. Lorsque la f. é. m. dépasse celle pour laquelle l’image sort de l’échelle, on emploie le shunt correspondant et on multiplie par 10, 100, 1000, suivant le cas. L’emploi du shunt est tout à fait légitime dans ce cas. On démontre, en effet, que pour des courants instantanés, les quantités totales d’électricité qui traversent le galvanomètre et le shunt sont dans le même rapport que pour des courants continus.
- Méthode d'opposition partielle. — On peut encore employer le condensateur comme appareil de réduction à zéro. A cet effet on établit une différence de potentiel aux extrémités d’un fil de 2“ de long, et on cherche le point où la pile à essayer ne charge plus le condensateur. En répétant cette même expérience avec une autre pile, ôn trouve le rapport des f. é. m. des pilés en reprenant le rapport des longueurs du fil.
- 31. — Méthode d'opposition de Poggendorf et de Bosscha. — Cette méthode est une des plus sensibles. Il faut disposer d’une pile de 3 à 4 éléments Daniell ; ces éléments doivent être le plus constants possible, non seulement comme f. é. m., mais encore comme résistance intérieure
- FIG. 3l
- La fig.3i bis montre la manière d’attacher les fils. E est la pile à essayer et E' un nombre d’éléments Daniell, dont le f. é. m. est à peu près double de E. On dispose d’un galvanomètre très sensible à long fil, avec échelle de réflexion, et on ouvre des résistances dans les boîtes R et r de celle façon que l’image reste au zéro. On prend R = 5ooo ohms à peu près. Dans la 20 expérience on porte R à 10000 = R' et on prend de nouveau une résistance r' dans l’autre boîte - pour obtenir l’équilibre.
- R' —R
- On a alors „- = R, _ R +r _ r •
- Cette méthode s’applique facilement avec des éléments constants comme le Daniell par exemple ; mais lorsque l’élément dont on cherchelaFEM est
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- variable, la méthode demande certaines précautions. Il faut opérer très vite et ne laisser le courant fe**mé que pendant le temps strictement nécessaire pour effectuer la lecture du galvanomètre. Il faut répéter l’expérience plusieurs fois et procéder par approximations successives.
- La fig. 3i montre comment il tant attacher les
- iitilr.
- fig. 3i bis
- fils lorsqu’on veut faire cette expérience avec la boîte à pont.
- 32 Potentiomètre de Clark. — Une pile de 4 éléments Daniell envoie un courant dans un rhéos tat R et dans trois résistances linéaires , formées par un même fil de maillechort, dont les longueurs sont AB = om,9i4,BC=CD = im. On vérifie d’ailleurs directement au pont de Wheatstone que le fil est bien homogène et que les résistances sont proportionnelles aux longueurs. Deux éléments Latimer Clark de f.e.m. 2 X 1 M57 = 2 v,9i4 sont disposés en opposition à la pile, et un électromètre de Lippmann permet de constater l’équilibre. Dans ce cas la différence de potentiel entre A D est exactement 2 v,9i4 et comme le fil total a 2m,gi4 de longueur, chaque millimètre de fil correspond
- à de volt. Le rhéostat R sert à établir cet
- FIG. 32
- équilibre ou à le rétablir si pour une cause quelconque, l’électromètre était dérangé de zéro. Supposons qu’on ait à mesurer la f.é.m. d’un élément Leclanché dont la f.é.m. est comprise entre 1 et 2 ; on attachera un des pôles enD (en opposition avec celle de la pile) et on cherchera sur C B le point où le galvanomètre intercalé dans le circuit reste au
- zéro. La f.é.m. sera indiquée par 1 volt plus le nombre de millièmes indiqué par les millimètres sur
- C. B.
- Théoriquement on n’a pas besoin de ce galvanomètre, car si le galvanomètre n’est pas au zéro, l’électromètre ne resterait pas au zéro non plus ; mais les mesures deviennent plus rapides et la méthode est plus sensible.
- L’emploi de l’électromètre capillaire est très avantageux, car avec cet appareil les éléments étalons ne sont jamais en circuit fermé et ne peuvent se polariser.
- Avec la disposition indiquée, on lit directement en quelques secondes la force électromotrice d’un élément quelconque avec une approximation de
- —— de volt.
- 1000
- Pour observer le point d’équilibre on peut très bien remplacer le galvanomètre par un téléphone.
- 33. Emploi du téléphone dans les mesures électriques. — Dans presque toutes les méthodes de réduction à zéro, on peut substituer le téléphone aux galvanomètres et aux électromètres. Voici la disposition adoptée au laboratoire :
- AB est un rhéocorde formé d’un fil de maillechort, très résistant. On dispose en E 3 éléments Daniell bien constants et en E' deux autres identiques aux premiers. En R on intercale une résistance qui sert à augmenter celle du rhéocorde.
- Cela étant, et les communications étant établies comme sur la figure, on cherche le point silenéieux C. Pour cela il suffit de frotter légèrement le bout du fil qui vient du téléphone sur le fil du rhéocorde : on entend ainsi un bruit très distinct dans le téléphone; ce bruit s’évanouit lorsqu’on arrive au point d’équilibre. Puis on introduit la résistance r et on cherche de nouveau le point silencieux C'.
- fkï. 3 3
- Cu en déduit la résistance de l’unité de longueur du fil du rhéocorde par la formule
- 2 r
- Cette unité se trouve rapportée à celle de r.
- Pour la mesure des forces électromotrices, on supprime r et on remplace E' successivement par les
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- piles dont on veut mesurer la force électromotrice. Les rapports des longueurs du rhéocorde donnent le rapport des forces électromotrices des piles à essayer. Il faut s’assurer que la pile E n’a pas varié, ce que l’on fait en intervertissant les mesures.
- La résistance intérieure d'une pile se mesure par la substitution de la pile à mesurer à E ; en E' on metun élément Daniell. On cherche la position du point silencieux et on trouve le résistance intérieure par la formule
- P= (R+/«)-(R+L«)
- L longueur totale du rhéocorde.
- Ces méthodes ont l’avantage de n’exiger que des appareils très simples et peu coûteux. Si le fil du rhéocorde est bien homogène, on trouve des résultats très exacts.
- (A suivre.) P.-H. Ledeboer.
- ÉTUDE COMPARÉE
- Or, celle-ci peut se faire.de quatre manières dans le cas actuel, et seulement de quatre comme il est facile de le voir :
- i° Montage en dérivation. — Soit ab et cd, les deux voies parallèles dites montantes et descendantes.
- Deux conducteurs suivent chacune des voies et les véhicules se déplacent en entraînant avec eux deux contacts mobiles qui courent le long des conducteurs (fig. 3o). C’est le système adopté dans le tramway électrique qui figurait à l’exposition de 1881 ;
- 20 Montage en dérivation par opposition. — Il ne diffère du précédent que parce que les conducteurs des voies montantes et descendantes sont re-
- '' r» Machine pl
- DES
- FIG. 32
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de 1er métropolitain de Paris
- 5e article (Voir les numéros des 3, 10, 17 el 24 janvier i885)
- DU TRANSPORT DU COURANT
- Du moment qu’il s’agit de transporter le travail par l’électricité, la première question qui se pose est de savoir comment s’opérera la distribution de l’électricité,
- liés entre eux à l’extrémité opposée à la machine, et par le mode de liaison différent avec cette dernière. (Voirfig. 3i.)
- 3° Montage en tension. — Les conducteurs doivent alors former un réseau tel que celui qui est représenté fig. 32. Le courant suit le chemin mvrnm^v^v^r^m^. On voit qu’il traverse tout entier les machines qui se trouvent sur les diverses portions de la ligne.
- 40 Montage en tension par sections réduites. — Il a été imaginé par MM. Ayrton et Perry et appliqué dans le telphérage de M. Jenkin. La ligne unique est divisée en sections d’égale longueur (fig. 33) isolées l’une de l’autre. Elles sont réunies par des ponts mobiles : dans l’état normal, les
- M /'"'N
- izizi
- -X------------
- J/1
- fig. 33
- a
- "7 V
- ponts sont fermés et la ligne ne forme qu’un seul conducteur. Le train doit excéder la longueur d’une section ; lorsqu’it s’engage sur la ligne, la machine qui forme la tête passe toujours sur un pont; elle l’ouvre, alors le courant, au lieu de suivre la section, passe par le train et par la machine pour rejoindrela section suivante, et le train continuant à s’avancer, le dernier wagon referme le pont.
- Afin de juger ces divers systèmes, nous allons prendre un exemple particulier qui nous rendra la comparaison plus facile, et nous rechercherons quel
- est celui qui serait le plus avantageux au point de vue de l’économie du métal, en admettant bien entendu que dans tous les cas on se donnera la même limite pour la valeur du potentiel.
- Nous supposerons que nous sommes sur une voie indéfinie, en palier et en alignement, et que sur cette voie courent les uns derrière les autres, avec des vitesses égales et constantes n véhicules se suivant à de mêmes intervalles.
- Chacun de ces véhicules doit absorber une quantité de travail constante, pendant l’unité de temps que nous désignerons par Q.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous allons rechercher quelle sera dans chaque cas la perte de travail due à la résistance électrique de la conduite.
- i° Caa du montage en dérivation.
- Désignons par e et e' les valeurs du potentiel aux bornes du véhicule le plus éloigné de la génératrice, et par i l’intensité qui parcourt sa machine. Nous aurons :
- A mesure que ce véhicule s’avance, la différence de potentiels établie entre les deux points de contact avec la ligne augmente de plus en plus.
- Or il n’a besoin que d’une quantité de travail constante. Le conducteur devra intercaler dans la dérivation établie, une série de résistances auxiliaires au fur et à mesure qu’il s’approchera de la source, de manière à alimenter toujours sa machine avec un courant d’égale intensité.
- Il résulte de ceci que chaque dérivation débitera constamment la même intensité, grâce à un réglage fait à chaque instant.
- Appelons maintenant E„ E'n les valeurs du po-
- e„
- E'i'/w/ E
- fit
- Fig.
- tentiel aux points des conduites générales, entre lesquels est établie la nième dérivation à partir de la plus éloignée de la source, et considérons la différence de potentiels En — En _ i (fig1 34).
- Celle-ci doit être capable de faire circuler une intensité égale à (n—i)rdans une résistance r, en désignant ainsi la résistance de la portion de conduite générale comprise entre deux dérivations consécutives.
- On a donc :
- E =E + (n—ij ri
- n n — 1 ‘ v 7
- de même :
- E , = E -f- («—2) ri
- E „ = E „ + («-3) ri
- Ej — c + ri
- d’où en additionnant :
- Eu = e + ri |^i + 2 + 3+.....+ (n - I) |=e + ri VJlLzA)
- On aurait de même, si on considérait les valeurs des potentiels-
- E’, E' ,...
- n’ n — 1
- E' = e' — ri ILiîLui?
- donc
- E — E' = (e — e') + n (h — 1 )ri
- n n v '
- Nous avons vu que le travail utilisé par chaque véhicule était constant et égal ai (e — e'). S’il y a en tout n dérivations, le travail recueilli sera n i (e — e'), tandis que le travail rendu disponible aux bornes de la source sera
- n i [Et — E'J = n i [(e — e')+ n (« — 1) n]
- La perte de travail sera donc :
- T = i- (n — 1) r
- Il serait logique, si on adoptait ce système, de faire grossir le diamètre du conducteur, au fur et à mesure qu’on se rapprocherait de la source, de telle façon que par exemple, l’intensité de circulation par unité de section demeurât constante d’un bout à l’autre de la ligne.
- Mais alors, la section croissant comme l’intensité,
- il faudrait employer —- fois plus de métal.
- FIG. ?5
- Si nous reprenons l’égalité
- E = E + (n — 1) ri
- n n — 1 v '
- r, au lieu d’être une constante, est inversement proportionnel à (n — 1), on peut donc écrire r = , R étant la résistance de la dernière por
- n — 1
- tion de la conduite, d’où
- E = E . + Ri
- n n — 1
- d’oùenfin
- E = e + n k 1
- n
- E — E' = (e — t*) + 2 n R /
- n n ' '
- La perte de travail se réduit ici à T' = 2 R 11- P-
- Mais la quantité de métal nécessaire rendrait un pareil procédé impraticable.
- 2° Cas du montage en dérivation par opposition.
- Nous supposerons qu’il y a 2 n véhicules, n sur la voie montante,?? sur la voie descendante. Chaque
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- 20 i
- conducteur! nterpose des résistances de façon à ce que l’intensité qui traverse sa machine demeure constante (fig. 35).
- Procédons comme tout-à-l’heure, nous aurons :
- E, ='E, , f (2 11 — i) ri
- 2 n 2 n — 1
- E , = E 1)-|-(2« — a);-/
- 2 n — 1 2 n — 2 ' '
- E, , ,=Eo -{-(2il—p)ri
- 2 ti—p-fl 2 n—p 1 v 1
- E, = E -t- r i |‘(2 n — i )
- 2 il ,2 11 — p IA
- H- (2 >1—2)-f ... + (2M —«/]
- Ei., = Eï»-P + ?M4«-(/>+0]
- e;„=e;„.-1+'-/
- E', =E', +ri( i+2+o
- ’ 2» 2H — p
- + * • • + P\
- E' = E' + ri(Êl±dl
- 2 il 2 n — p 2
- D’autre part, on doit avoir t-^— Q, quantité constante; on en tire
- , Œ. e + t/n?____________
- a (r+p) — V 4«2(r-f/>)2 r+p
- Il faut évidemment prendre le signe —, puisque
- le terme —7-^—r donne l’intensité que fournirait la
- n(r+p)
- machine source, s’il n’y avait aucune contre-force électromotrice dans le circuit.
- Le travail utilisé sera égal à n Q, et le travail perdu égal à n (r + p) is, ou bien à
- (E 11 é) 1 (L — n — y/4n2(r +py2 r+p
- d’où enlin
- E„ -E' =4E, - E.; )-2 npri
- 2 » — p 2 n — p V 2 11 2 11 y
- ou si nous remplaçons E^n par sa valeur en fonction de E',
- E' = E' 4- ri n (211 - 1)
- 2 n 1 1
- On a
- E, — E' -E, — E' - n r i \2 p + 211 —i\
- Il s’ensuit que la différence de potentiel ira en décroissant constamment depuis le commencement jusqu’à la fin de la ligne (celle-ci comprenant les deux voies d’aller et de retour). Elle sera minima lorsqu’on aura p — in — 1, et aura pour valeur
- E, — E' — 3 n r i (2 n — 1 )
- 2 ü 1 x '
- En supposant qu’il faille partout développer un travail constant, le travail utilisé sera
- Ces conclusions s’adaptent aussi au cas du montage en tension de MM. Ayrton et Perry.
- Proposons-nous maintenant de comparer ces systèmes entre eux.
- Soit D la différence de potentiels établie aux bornes de la machine génératrice, r la résistance des brins de la conduite compris entre deux dériva tions consécutives.
- i° Montage en dérivation et dérivation par opposition, soit i l’intensité qui sera distribuée dans les deux cas à chacun des n véhicules, et d, et d2 les différences de potentiel utilisées, on aura :
- Pour le montage en dérivation :
- ^1) D = d, + n (n — 1) ri
- Pour le montage en dérivation par opposition :
- (2) D = ci-2 + ^ 11 (n — 1) r i
- 2 n i (E^ n — E' — 3 nri (2 n — i)j
- tandis que le travail rendu disponible par la machine sera :
- 2 n i (E 2 n — E'J
- Il en résulte que la perte sera
- () n- i3 r (2 n — 1)
- 3° Cas du montage en tension.
- Soit E la force électromotrice de la machine génératrice, celle-ci doit alimenter n véhicules.
- Soit r la résistance d’une des conduites entre deux voitures consécutives, p la résistance de chacune des machines motrices.
- La résistance totale de la ligne sera (r + p) n. Si e est la force électromotrice inverse développée par chaque véhicule, et i l’intensité du courant, on aura la relation
- " ('‘ 4 p) i + » c — E
- Le premier système est donc le plus avantageux ce qui se conçoit aisément, puisque dans le second chaque masse d’électricité parcourt toute la longueur de la ligne, ce qui n’est pas dans le premier.
- 2° Montage en tension.
- Faisons dans les formules relatives à ce dernier cas :
- E = L), t(>
- Nous en tirons :
- (3) L) =n 4, 4- L \/L>3 — 4 ni (r 4- p) i
- Or, en comparant les équations (1) et (3), il est facile de voir que si, laissant D constant, on augmente le nombre des dérivations, le rendement du système ira toujours en croissant si le montage est fait en tension ; il ira au contraire en diminuant, s’il est fait en dérivation.
- Il en est de même si l’on augmente la résistance r ou l’intensité i, d’où il résulte que, pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une dépense de métal donnée, c’est la distribution en tension qui permettra de transporter le plus de travail, et cela avec le meilleur rendement.
- SYSTÈME DE CONDUCTEURS A ADOPTER
- Il semble donc qu’il conviendrait d’adopter le système de conducteurs que nous avons appelé montage en tension.
- Mais on peut faire une objection à ce système de ce qu’il faut qu’il y ait normalement un véhicule compris dans chaque section, et que, si cela n’était pas toujours réalisé, il faudrait des appareils spéciaux pour rétablir la communication dès que celle-ci serait interrompue dans une section quelconque.
- Mais on. pourrait transformer cet inconvénient en avantage précieux.
- On comprend en effet que sur une ligne a grand trafic, il faudra installer des postes de block-système très voisins les uns des autres. Or, le sectionnement de la voie se trouve déjà tout fait, il n’y a plus qu’à le compléter.
- MM. Ayrton et Perry ont étudié une block-système qui s’adapte à leur mode de sectionnement. Leurs appareils ayant été décrits plusieurs fois, nous ne nous occuperons que de l’autre mode de sectionnement.
- DU ÜLOCK-SYSTÈME
- Ün appelle block-système une combinaison d’appareils qui permet de diviser une ligne, en sections telles que deux trains ne puissent jamais y être engagés à la fois. D’ordinaire on procède de la manière suivante.
- Un poste est installé en tète de chaque section.
- Chaque fois qu’un train a franchi un poste, si la section suivante est libre, l’homme du poste ferme un disque. En même temps, par un jeu d’appareil, il fait lever un signal au poste de tête de la section suivante qui annonce l’arrivée du train, et fait tomber le disque du poste de la section précédente ; de plus, il abaisse le signal qui annonçait l’arrivée du train à son poste.
- Ceci posé :
- Considérons trois postes consécutifs P 1J, P3 (fig. 36) et désignons par aa! b b' a, a[ a.,a,, les différentes portions de la conduite générale.
- Nous savons que a'b„ a\b., sont mis en relation d’une manière permanente.
- Supposons qu’un train T soit compris dans la relation I et que la section II soit libre.
- Pour que le courant puisse circuler, il faut nécessairement qu’une communication artificielle ait été établie entre les brins a, a[ et b] b[, par exemple, en a[b\.
- Mais il y a tout intérêt à utiliser aussi le brin l\ b '
- pour le transport de l’électricité, afin de diminue la résistance générale de la ligne. Une autre communication devra être aussi établie en a, bt. Donc :
- i° Chaque fois qu’une section sera libre, les deux portions de la conduite générale qu’elle comprend seront réunies ensemble à leurs deux extrémités.
- Or, si la section II est libre, le disque installé au poste P3 est ouvert, et le signal qui doit annoncer l’arrivée des trains au poste P4 est abaissé. Donc :
- 2° Toutes les fois que les deux portions de conduite générale d’une section seront reliées à leurs deux extrémités, le disque qui donne accès dans la section sera ouvert, et le signal qui annonce son blocage au poste suivant, sera abaissé.
- Et réciproquement :
- 3° Toutes les fois que les communications auxiliaires telles que a,bt, a'b' seront interrompues, le disque situé à l’entrée de la section correspondante sera fermé, et le signal situé à sa sortie, soulevé.
- Dans le cas actuel, lorsque le train T se présentera devant le poste P,, le chef de ce poste établira la communication a' b'. Par suite, la com-
- <4 *2
- Section JUt P2
- b\ 6j
- SectionlL P,
- TT
- z
- 6' b
- Section I P
- FIG. Jt)
- munication a b devra s’établir d’elle-mème, et le disque du poste P s’ouvrira en même temps que le signal d’avertissement du poste P, s’effacera.
- Puis, lorsque le train commencera à s’engager dans la deuxième section, le chef du poste P, supprimera la communication ct,bt. En même temps le disque qui protège cette deuxième section se fermera.
- La communication a\b\ devra aussi se supprimer d’elle-mème, et le signal d’avertissement du poste P2 se soulever.-
- Il s’agit en définitive de réaliser les deux conditions suivantes :
- i° L’établissement des communications a! b’, a’, b\... entraîne l’établissement des communications a b, a, b,...
- 2° La suppression des communications a b, at bt... entraîne la suppression des communications a’ b’, a\ b\...
- La communication entre les points a b ou a, br.. pourra s’effectuer au moyen d’un contact pouvant se déplacer verticalement et sollicité par un ressort R à venir s’appuyer sur deux demi-rondelles M et M'isolées l’une de l’autre. (Voir ci-contre l’appareil n° i).
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- La demi-rondelle M est en relation constante avec la. conduite a a', et l’autre avec la conduite -b b'ÿ par l’intérrnédiaire des tiges cc, d d qui sér-, vent en même temps de support à l’appareil.
- La partie mobile a (3 porte, une armature en fer si on vient à l’abaisser en agissant sur la poignée P, de façon à interrompre la communication entre a a' et b b', cette armature viendra s’appli-! quer contre un aimant permanent de Hughes A qui .la maintiendra abaissée malgré, l’effort antagoniste du ressort R.
- L’aimant' permanent peut être remplacé par un
- FIG, 37. — APPAREIL N® I DU BLOCK-SYSTtME
- électro-aimant installé entre b', et «L, cette portion étant, parcourue par un courant d’intensité constante).
- . Le fil enroulé sur les bobines de l’aimant est long et fin, et ses deux extrémités aboutissent aux. points a et b.
- De cette manière, à moins qu’une différence de potentiels élevée n’ait été établie entre les brins b b', et a a', le courant qui circulera autour de l’aimant sera trop faible pour que l’armature m n puisse se décoller.
- . Il en sera ainsi par exemple, lorsqu’un véhicule compris dans la section suivante établira une dérivation entre les brins a a' et b b'.
- . Mais si l’on vient à supprimer pendant un temps très court toute communication entre a[ et b', le
- courant tout entier devra traverser les bobinés d l’aimant Hughes, et l’armature m n se détachera.
- Gn peut ramener cette armature en contact en agissant sur la poignée P. Un tableau actionné par les mouvements de cette armature indique que la section suivante est bloquée ou libre, suivant que l’armature est en contact avec l’aimant ou ne l’est pas.
- Il faut encore que la suppréssion des communi-
- FIG. 38. — APPAREIL N° 2 DU BLOCK-SYSTÈME
- j cations a b, a^br.. entraîne la suppression des ! communications a' b', a\ b\...
- \ Nous installerons entre a! et b', a\ et b\... l’ap-! pareil n° 2 représenté ci-contre.
- Dans cet appareil, nous avons encore deux demi-j rondelles en relation permanente, l’une avec le : point a', l’autre avec le point b'. Une pièce a b peut mettre ces deux demi-rondelles en relation l’une avec l’autre. Celle-ci est munie d’une arma-i ture m n et actionnée par un double solénoïde E E, et par un ressort R.
- L’électro-aimant est recouvert d’un fil de gros ; diamètre, et reçoit tout le courant qui parcourt le : brin b b'.
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- LA lumière électrique
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- Il en résulte que toutes les fois que le brin b b' sera parcouru par un courant, si, en agissant sur la poignée P, on amène la pièce a (3 en contact avec les demi-rondelles M et M', ce contact se trouvera maintenu, et qu’il sera détruit dès que ce courant sera interrompu.
- Nos appareils étant disposés comme l’indique Je schéma ci-joint (fig. 39), supposons qu’il n’y ait aucun train engagé dans la section I, l’appareil n° 1 installé entre a et b établira la communication entre les brins a a! et b b', et le tableau qu’il commande indiquera que la section suivante est libre.
- L’appareil n° 2 installé entre a' et b' établira la
- FIG. 39. — MONTAGE DES APPAREILS DE BLOCK-SYSTEME
- communication entre a' et b', et le courant qui parcourt b b' maintiendra cette communication établie par suite de l’action qu’il exerce sur l’électro-ai-mant de cet appareil. Le tableau indiquera que la section précédente est libre.
- Un train vient-il à se présenter devant le poste n° 1, l’agent tire sur la poignée : la communication entre a et b est et demeure interrompue, grâce à l’aimant permanent. Le tableau du poste n° 1 indique que la section suivante est bloquée. Le brin b b' n’étant plus parcouru par le courant, la communication entre a' et b' se trouve aussi interrompue, par suite de l’action du ressort de l’appareil p° 2 du poste n° 2. En même temps le tableau du poste n° 2 indique que la section précédente est bloquée.
- Le train peut alors s’engager dans la section n° 1. Lorsqu’il arrive en présence du poste n° 2, l’agent tire la poignée de son appareil n° 1 et ou-
- vre ainsi la section n° 2, mais au moment où le train s’engage dans la section n° 2, il n’y a plus de dérivation établie entre les brins a a' et b b', autre que le fil de l’aimant Hughes de l’appareil n° 1 du poste n" 1. Celui-ci abandonne donc son armature. En même temps la irc section se trouve débloquée.
- Aussitôt le train engagé dans la 2e section, le chef du poste n° 2 tire la poignée de son appareil n° 2 et rétablit la communication entre les points a' et b'.
- Alors le tableau du poste n° 1 indique que la section suivante est libre, et celui du poste n° 2 que la section précédente est libre et la suivante bloquée.
- L’agent de chaque poste peut traduire les indications de ses tableaux en signaux sémaphoriques, comme cela se fait avec les appareils Tyer. Cette traduction peut encore être faite automatiquement, comme dans les appareils Tesse, Lartigue et Prudhomme. On pourrait enfin déterminer la manœuvre des appareils par le passage même du train.
- En pratique, il ne faudrait pas que le passage d’un train d’une section dans la suivante pût amener une variation brusque de la résistance générale du système.
- Cela déterminerait des extra-courants dangereux. Mais, pour les éviter, il suffirait d’aügmenter graduellement la résistance de la conduite b b', et de munir chaque appareil n° 1 d’un commutateur à résistances graduées, bien facile à imaginer et à réaliser.
- Nous venons de décrire le principe d’un block-système qui s’adapterait au mode de montage en tension que nous avons défini. C’est ce procédé, de même que celui de MM. Ayrton et Perry, qui permettrait de dépenser le moins de cuivre, et qui devrait s’appliquer dans tous les cas où il faudrait appliquer deux conducteurs spéciaux, l’un pour l’aller et l’autre pour le retour du courant, en particulier toutes les fois qu’il s’agira d’installer un tramway sur la voie publique. Il présente l’avantage, sur celui de MM. Ayrton et Perry, de laisser toute liberté dans la composition des trains et de n’exiger qu’un moindre nombre d’appareils spéciaux.
- Mais dans un chemin de fer, il nous semble préférable d’employer le montage en dérivation ordinaire, à cause de la présence des rails qui peuvent être utilisés comme conducteurs. O11 ne saurait, il est vrai, employer l’un d’eux comme conducteur d’aller et l’autre comme conducteur de retour, caria voie devrait être isolée d’une manière toute spéciale et ne pourrait être parcourue par le matériel ordinaire des Compagnies dont les roues solidaires des essieux établiraient une série de dérivations. De plus, il serait dangereux d’admettre sur la voie, à
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- portée des piétons et des agents, une différence de potentiels élevée. Cette même raison empêche d’adopter le système de montage en tension en se servant des rails.
- Ce qu’il nous faut faire, c’est installer un conducteur spécial en l’air, pour amener le courant.
- Celui-ci étant hors de portée, pourra être mis impunément à un potentiel élevé. Les rails serviront de conducteur de retour, ils seront toujours à un potentiel des plus médiocres, et le défaut d’isolation de la voie sera avantageux.
- Mais du moment qu’il faut établir une voie aérienne, une difficulté se présente, car il faut que
- la voiture qui voyage soit toujours en relation avec le conducteur.
- Dans ses premières installations, la maison Siemens avait établi la relation au moyen d’un chariot de contact qui glissait le long du conducteur formé d’un fil télégraphique. Cela n’avait pas assez de stabilité.
- Elle employa plus tard deux fils télégraphiques avec un petit chariot à quatre roues, mais il se déversait et déraillait souvent. Elle voulut superposer les deux fils et faire courir un chariot muni de deux roues prises entre les fils de fer, mais là encore, il n’y avait pas égalité de tension entre les deux fils : l’un s’allongeait plus que
- l’autre, sous l’influence de la température, et le chariot déraillait.
- Après avoir rencontré beaucoup de difficultés pour assurer le service du tramway de l’Exposition de 1881, on arriva enfin aune solution très satisfaisante (fig. 40 et 41).
- Le conducteur aérien consistait en un tube de laiton de 22mm de diamètre et d’un millimètre d’épaisseur; il était fendu à sa partie inférieure sur 7 à 8mm de largeur, suivant une génératrice. Dans ce tube circulait.un petit chariot cylindrique, en laiton également, d’un diamètre plus petit que le diamètre du tube. Ce cylindre portait deux petites tringles verticales qui passaient par la fente du tube. Ces tringles étaient reliées à leur partie inférieure par une entretoise, et portaient vers leur milieu une autre entretoise terminée à ses extrémités par deux
- douilles dans lesquelles pénétraient les deux tringles.
- Cette traverse portait à son tour l’axe d’un galet, et était rappelée contre la surface du tube par deux ressorts à boudin. Cette partie du tube se trouvait pour ainsi dire, laminée entre le cylindre intérieur qui glissait sur sa partie inférieure et le galet qui roulait dessous; de sorte que l'on avait un contact parfait de glissement à l’intérieur et de roulement à l’extérieur.
- Ce système de conducteur avant fourni d’excellents résultats pendant toute la durée de l’exploitation de ce tramway, on peut dite que la question est résolue de ce côté.
- Le passage des bifurcations peut s’opérer très facilement : les deux tubes venant se raccorder, ; il suffirait d’incliner le galet du côté où l’on
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- veut aller pour que l’olive centralé s’engageât d’elle-même dans le tube qu’elle doit parcourir.
- Quant à l’emploi des rails comme conducteurs de retour, il a donné d’excellents résultats à Lich-terfelde et en général toutes les fois que les rails étaient en saillie, leur surface demeurant constamment propre. Le contact s’opère de lui-même par l’intermédiaire des essieux et des roues.
- Il n’en est plus de même lorsque les rails sont installés én ornière, comme dans les tramways, la boue empêchant le contact de s’établir.
- • La question des conducteurs étant résolue, nous devrions naturellement nous occuper des machines primaires chargées de fournir le courant moteur. Mais nous remarquerons, qu’au point de vue technique, la question est résolue, car en accouplant un grand nombre de machines existantes, soit en quantité', soit en tension, on pourra toujours rendre disponible le travail nécessaire.
- Nous sommes convaincus, pour notre part, qu’il y aura tout avantage à substituer aux petites machines un nombre réduit de grosses machines. Mais nous n’aborderons pas cette question qui nous entraînerait trop loin. Les expériences qui' auront lieu prochainement entre Creil et Paris, et où l’on doit transporter une puissance d’au moins ioo chevaux, nous fixeront d’ailleurs sur ce point. Aussi passerons-nous immédiatement à l’étude des locomotives électriques.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre.)
- INSTALLATION
- DÏS
- FILS TÉLÉPHONIQUES
- DANS LES ÉGOUTS DE PARIS
- Lorsque la téléphonie fit son apparition en France, l’enthousiasme du public lettré fut considérable, un nouveau rêve des Mille et une Nuits devenait une réalité. Toutes les sociétés de phy sique-s’empressèrent de saluer la nouvelle venue, le nom de Graham Bell était dans toutes les bouches, on était à la première page d’un conte de fées.
- Le mauvais génie, celui qu’on a oublié d’inviter à la petite fête, ne devait pas tarder à montrer son œil louche et sa main crochue. Ce génie, particulier à la France, s’appelle Le Fisc; il commande une véritable armée d’employés assez mal payés en général et qui se consolent de leur pénible sort en inventant contre les inventeurs et leurs inventions une foule de petites taquineries, mesures pré-
- ventives et vexatoires, impôts multiples, etc., etc.; c’est toujours comme dans les contes de fées.
- L’immortel auteur de VEsprit des Bêtes, Alphonse Toussenel, me disait un jour : Je vous vois étonné de la façon dont les inventeurs sont accueillis par l’administration, mais cela a toujours été ainsi. Jadis même on les brûlait comme sorciers, aujourd’hui on se contente de les mettre
- d’abord à l’amende par un brevet, puis on fait tous ses efforts pour qu’ils se ruinent en expériences et après cela on attend patiemment que les quinze ans soient écoulés pour utiliser leurs idées, c’est un vol incontestable, mais ça vaut déjà mieux que le bûcher et vous auriez tort de vous plaindre.
- Je n’ai jamais mieux reconnu la vérité des paroles de mon vénérable ami, que depuis la naissance de la téléphonie.
- L’Etat a bien été obligé d’accorder des brevets de téléphones, mais en raison d’une disposition particulière de la loi, la communication prématurée faite à l’Académie des sciences, a fait tomber le brevet de Bell.
- A la suite de Bell, une foule d’inventeurs ont
- trouvé dés perfectionnements d’une importance considérable, organisé des systèmes de réseaux et d’appel qui ont rendu la téléphonie un instrument précieux de bien-être et d’activité dont l'humanité fera de plus en plus usage. Qu’a fait l’Etat pour' aider ce nouveau progrès? Il n’à même pas daigné garder la neutralité, il a allongé sa main... puis-' santé et lorsque quelques hommes d’initiativé
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- sont venus lui demander la permission d’organiser un service téléphonique à l’instar de ceux qui s’établissaient à l’étranger, il a commencé par leur im poser la renonciation en sa faveur à leurs droits de brevets, puis des redevances énormes; il a inscrit en outre dans les contrats de concession qu’il se réservait à chaque instant le droit de concurrence et même d’expropriation, et en échange de tous ces prélèvements bien suffisants déjà pour écraser une industrie naissante, il a accordé des
- concessions de cinq ans, laissant aux concessionnaires le soin d’obtenir de qui de droit la permission de placer leurs fils sur les toits des maisons.
- Il a fallu aux sociétés nouvelles un grand courage pour affronter les difficultés de toutes sortes qui ne pouvaient manquer de se produire dans un pays où la propriété est tellement divisée, qu’il a fallu, pour l'établissement des lignes aériennes, faire autant de traités de location qu’il y a eu de de poteaux téléphoniques.
- FIG. 3
- C’est au directeur de notre journal, M. le docteur j Herz, que revient l’honneur d’avoir fait poser, à Paris, le premier réseau téléphonique.
- La maison Postel-Vinay a été chargée de l’entreprise dont elle s’est fort remarquablement acquittée.
- Le dessin que nous publions représente le toit d’une maison parisienne sur lequel deux ouvriers installent un chevalet avec ses isolateurs; l’ouvrier du premier plan tient un cordeau qu’il tirera rapidement dès qu’il entendra le coup de sifflet du chef-poseur; un autre ouvrier, placé, sur le toit de la
- maison en face, fera la même manœuvre et les passants, étonnés, verront s’enlever un fil téléphonie que déposé quelques instants avant au milieu de la rue. Le chef-poseur a guetté, pour donner le signal, un instant favorable.
- C’est ainsi que, quelle que soit l’heure et malgré la circulation des piétons, des fiacres ou des omnibus, on est arrivé à poser sur les toits de Paris plusieurs milliers de kilomètres de lignes téléphoniques.
- Le fil choisi de préférence a été le fil d’acier de 2] millièmes de diamètre qu’on considérait alors
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- comme le moins dangereux pour les passants en cas de rupture et comme moins désagréable à voir que le fil de fer télégraphique ordinaire .de 4 millimètres.
- Aujourd’hui, s’il fallait pour Paris revenir à la téléphonie aérienne, on n’hésiterait pas à prendre les fils de cuivre phosphoreux de Montefiore ou les fils de bronze Mouchel dont La Lumière Electrique a mentionné les qualités de résistance et de conductibilité.
- Les récents perfectionnements de la'téléphonie, surtout en ce qui concerne les appels, permettraient d’employer des fils de cuivre d’un demUmiilimètro de diamètre et même des fils plus fins encore.
- Ces fils réunissent les conditions d’économie et de sécurité recherchées dans les installations des villes où les égouts sont rares ou infects.
- Tel n’est pas le cas de la ville de Paris, la mieux dotée du monde entier peut être sous ce rapport, grâce aux travaux du grand ingénieur défunt
- FIG 4
- M. Belgrand et de ses éminents collègues les Al-phand, Iss Huet, etc., etc.
- Les égouts de Paris sont devenus un lieu de promenade pour les étrangers ; on circule tantôt en wagon, tantôt en bateau, dans les principaux égouts, ceux qui sont situés dans les grandes voies parisiennes; les autres, quoique de dimension moirîdre, sont d’un accès facile pour des ouvriers bottés spécialement.
- Le développement du nombre des abonnés aux Téléphones avait rendu les propriétaires des maisons de Paris plus exigeants comme location, beau-
- coup demandaient 5oo francs annuellement et quelques-uns même mille francs pour un simple poteau fixé le long d’une cheminée, sans compter ceux qui exigeaient la résiliation de leur contrat à cause du bruit de harpe éolienne que produisaient les lignes.
- On avait bien essayé de donner satisfaction à ces derniers par l’emploi de sourdines spéciales.
- Le fil d’acier interrompu dans le voisinage de l’isolateur (fig. 1) était remplacé par une corde caoutchoutée et la jonction électrique était faite par un fil non tendu dit fil à ligature. Cette situation de-
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- — INSTALLATION dus FILS TELEPHONIQUES DANS LES EGOUTS DE PARIS
- FIG. 3
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- venait chaque jour plus pénible et en 1880, à la fusion des sociétés premières en une seule société qui porte encore aujourd’hui le nom de Société générale des téléphones, la ville de Paris, autorisée par le conseil municipal, ouvrit moyennant redevance ses égouts à la téléphonie comme elle les avait déjà ouverts à titre gracieux à la télégraphie.
- Elle loua pour quatre ans un espace de trente centimètres de large sur dix d’épaisseur à la voûte des égouts, ce qui permit à la Société d’y faire sceller des crochets triples, représentés figure 2, et qui permettent d’y accrocher cinquante et un câbles multiples à quatorze conducteurs chacun.
- La très faible distance, quelques millimètres à peine, qui sépare deux conducteurs différents, ne permit pas d’employer la terre comme fil de retour, et l’induction était telle que l’on entendait dans le téléphone une conversation transmise par un fil voisin avec une intensité équivalente à celle d’une conversation directe.
- . Les appels, les signaux télégraphiques produisaient également des bruits très intenses auxquels par analogie on donnait le nom de friture. On dut en conséquence employer pour chaque ligne deux conducteurs simples, et, par surcroît de précaution, on les tordait légèrement l’un sur l’autre en les recouvrant d’un guipage de coton de même couleur; sept couples de fils guipés de nuances différentes pour éviter le désordre furent recouverts d’un ruban goudronné et placés dans un même tube de plomb analogue aux conduites à gaz et étiré à nouveau après l’introduction des conducteurs.
- Ces câbles multiples à 14 fils servant seulement à faire 7 conducteurs recouverts de plomb ont un diamètre extérieur de 18 millimètres et une valeur marchande de un à deux francs le mètre courant selon le cours du cuivre, du plomb et de la gutta-percha ; leur longueur est d’environ quatre cents mètres, et ce n’est qu’à leur extrémité qu’on soude les petits câbles individuels à deux fils, également recouverts de plomb et allant chez chaque abonné soit en passant par le radier de la maison, soit au moyen d’une petite tranchée sous trottoir.
- Ces petits câbles ont ordinairement un diamètre de 8 millimètres, et coûtent de 25 à 5o centimes le mètre courant, selon les cours et selon la fabrique; les cahiers des charges de ces fournitures réclament une résistance électrique de 3o ohms par kilomètre et un isolement de 4,440 megohms.
- N Disons de suite que les perfectionnements de la téléphonie permettraient d’employer des fils beaucoup plus fins, par conséquent plus économiques et tellement moins encombrants qu’on peut déjà quadrupler et facilement quintupler le nombre des abonnés sans réclamer plus d'espace dans les égouts, comme l’exigent les ingénieurs de la ville.
- Tous ces progrès seraient assez faciles à réaliser sans le mauvais génie déjà nommé.
- Tous les Parisiens ont vu sur le bord d’une bouche d’égout dérouler un câble téléphonique; le câble est bobiné sur un tambour en tôle dont l’axe est porté par un chevalet pliant en fer forgé.
- Le câble est tiré par l’extrémité inférieure et posé autant que possible sur le trottoir de l’égout ; quand la partie nécessaire pour rejoindre le point de soudure est affalée, les ouvriers achèvent le déroulement en se portant dans la direction opposée ; on évite de cette façon les traînages qui fatigueraient l’enveloppe et pourraient même quelquefois la déchirer; ensuite les poseurs, montés sur de petites échelles ou s’appuyant sur les conduites d’eaux de la ville, passent en le tendant légèrement le câble sur les crochets scellés à l’avance.
- Cette opération est, on le voit, extrêmement simple et ne présente aucun des dangers de la pose aérienne.
- Notre dessin principal représente l’intérieur d’un grand égout pendant la pose d’un câble ; les gros tuyaux servent, l’un à la distribution des eaux de Seine destinées à l’arrosage, l’autre à celle des eaux de sources destinées à l’alimentation; le petit tuyau est celui de la poste pneumatique, le tuyau plus fin celui de la distribution atmosphérique de l’heure ; les groupes de câbles représentent l’un le réseau télégraphique, l’autre le réseau téléphonique; nous avons fait exécuter ce dessin d’après une photographie fcde Nadar, faite à la lumière électrique; nous avons conservé cet éclairage pour faciliter la vue des opérations, bien qu’ordinairement les ouvriers se contentent de leur lanterne d’égou-tier.
- Nadar n’est pas seulement l’habile photographe que chacun connaît, c’est aussi et surtout un précurseur, et Jules Verne ne pouvait mieux choisir, en en faisant, sous le nom de Michel Ardan, le héros de son Voyage à la lune.
- A l’époque où nous faisions ensemble de l’aéros-tation militaire, il voulait absolument que nous entreprissions à nous deux de refaire la carte d’état-major au moyen de photographies instantanées prises de la nacelle de son Géant. Encore un qui a lutté contre le monstre routinier, et je conseille à chacun de mes lecteurs, s’il a la chance de passer une soirée avec Nadar, de se faire raconter par lui l’histoire authentique de la découverte du verre, qui est un peu celle de toutes les inventions.
- Mais revenons à la téléphonie: Notre collaborateur Geraldy parlait, dans le dernier numéro du journal, de la crise téléphonique en France, et il en recherchait modestement la cause.
- Je crois qu’il la trouvera facilement s’il veut fouiller un peu l’histoire des agissements de la Société des Téléphones, qui a eu l’audace de monter une Compagnie au capital de vingt-cinq millions et
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- l'habileté de les faire verser presqu’entièrement à ses actionnaires, avant de leur avouer les conditions draconiennes de la tolérance quinquennale accordée par le ministre sous le nom de concession. La Société avait dépensé, au 3i décembre i883, plus de douze millions, rien qu’en brevets dont le ministre a exigé la nullité envers l’Etat, et en câbles, dont l’équivalent ne coûterait certes pas quinze cent mille francs. Aujourd’hui, le ministre lui fait en province une concurrence directe.
- Le conseil municipal, écœuré de voir Paris condamné à un prix d’abonnement au téléphone double ou triple de celui de certaines capitales européennes, refuse provisoirement à la Société générale des téléphones un renouvellement du bail des égouts, et d’une façon définitive toute concession qui aboutirait à un monopole de fait. Il n’en faut pas davantage je crois, pour produire une crise sur une industrie à peine acclimatée.
- Le fisc a criblé la Société de redevances. Le rachat par l’Etat est devenu impossible, car aucun ministre ne voudra se compromettre au point de faire payer douze millions au moins, parles contribuables, ce qui, à dire d’expert, n’atteindrait pas même aujourd’hui un million et demi.
- Les capitalistes hésitent un peu à créer de nouvelles Sociétés sur lesquelles le mauvais génie allongerait de suite sa main crochue.
- Malgré son état de possession, la situation de la Société n’est guère enviable; il se peut que ses administrateurs en sortent indemnes, mais le public actionnaires et le public abonnés n’ont nullement lieu d’ètre satisfaits, et l’ignorance de leurs véritables risques dans laquelle les ont laissés d’une part les fondateurs et de l’autre le ministre compétent, soulèvera très prochainement de justes plaintes, car nul n’a le pouvoir de repêcher dans les égouts les sommes follement dépensées.
- Il était si simple de laisser grandir en liberté une science nouvelle, laissant aux municipalités seules le soin de réglementer l’installation des réseaux dans les villes, et au ministre des voies et communications (travaux publics) la réglementation des lignes de jonction de ville à ville.
- L’état eût attendu, comme il l’a fait pour les tabacs et les allumettes, que la téléphonie ait dit son dernier mot, et c’eût été un grand bonheur pour tout le monde que ce dernier mot ne fût jamais dit.
- L’ingénieur des postes et télégraphes chargé du contrôle des réseaux téléphoniques est M. Caël, le promoteur de l’accroissement du prix de l’abonnement au Téléphone, encore n’a-t-on pas osé aller jusqu’au chiffre de i ooo francs que proposait cet ingénieur. M. Caël a succédé à M. Richard, aujourd’hui retraité et devenu, à la mort de M. Lartigue, administrateur délégué de la Société générale des Téléphones. On trouvera plus loin, dans les
- « faits divers j , la circulaire que ccite Société vient d’adresser à tous ses'abonnés et où elle leur rappelle que nul n’a le droit de se servir du téléphone que l’abonné lui-même ou les personnes demeurant avec lui. La circulaire ne dit pas si MM. les ingénieurs de la Société ont inventé un galvanomètre assez sensible pour indiquer que la personne qui appelle le central demeure ou ne demeure pas avec l’abonné, et si la conversation transmise est d’un usage véritablement personnel.
- Je recommande tout spécialement la lecture de cette circulaire ; je pense qu’après l’examen de ce monument de bêtise administrative, nul ne s’étonnera que la France, malgré le génie des savants et l’habileté exceptionnelle de ses constructeurs, soit encore an dernier rang de toutes les nations civilisées comme emploi de l’électricité.
- Notre ennemi, c’est notre maître,
- Je vous le dis en bon français. (Lafontaine.)
- f. Bourdin.
- le
- TÉLÉPHONE A MARTEAU
- (il AMMERTELE PHONE)
- DE M. L. DE LOC1IT-LADYE
- DE LIÈGE (BELGIQUE)
- Tandis que dans le téléphone Bell la parole est reproduite par les inflexions d’un disque très mince en fer ou en acier, dans mon appareil, c’est un bloc de bois, une pièce épaisse de verre, de métal, de caoutchouc durci, voire même de liège, qui émet les sons. Ces substances, telles qu’elles sont employées, sont inflexibles à cause de leur épaisseur; cette observation suffit pour montrer que le fonctionnement de ce téléphone diffère essentiellement de celui du téléphone Bell. L’inventeur américain avait même affirmé que la transmission de la parole était impossible par de pareils moyens. Le téléphone à marteau, substitué au téléphone Bell dans les postes téléphoniques, ne le cède à celui-ci ni pour la force, ni pour la clarté de la parole transmise. L’expérience peut en être faite à l’aide de l’appareil que j’ai mis à la disposition de la direction du journal.
- Le téléphone à matteau a été décrit et son fonctionnement expliqué par une conférence que j’ai faite à l’Association des ingénieurs de l’Ecole des Mines de Liège, et publiée dans la Revue universelle des Mines, tome XV, ec série.
- Nous reproduisons ce téléphone en plan et en coupe, figures i et 2.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Un aimant en fer à cheval CC porte à ses pôles deux petits noyaux en fer doux, sur lesquels sont enchâssées des bobines DD de fil de cuivre isolé. Une seule bobine est d’ailleurs suffisante, comme c’est le cas dans l’appareil qui a été adressé à la direction de La Lumière Electrique. L’aimant est fixé d’une manière invariable à un support AA de bois, qui sert de bâti à tout l’appareil. — En regard des pôles N.-S. de l’aimant, en contact avec l’un des pôles, et à une très faible distance de l’autre pôle portant la bobine, se trouve une armature nfs formée par un petit barreau épais et inflexible de fer doux ou d’acier aimanté. — Cette armature fait corps avec un levier fg rigide oscillant librement autour d’un axe fixe oo disposé sur un petit pilier pp en
- A
- i®! \
- FIG. 4 ET 5
- laiton ou en une autre matière. — Comme on le voit, l'armature-levier affecte la disposition du fléau rigide et inflexible d’une balance, et ne participe en rien de la nature d’un disque mince et flexible. Elle n’est reliée au support que par son axe/ fixe, et n’est rattachée à aucune membrane, disque ou pièce quelconque. Le levier est terminé du côté opposé à l’armature, par un petit marteau H en métal ou autre substance, fixé à l’extrémité d’une vis régulatrice Y.
- Dans sa position normale, ce marteau porte sur une pièce MM épaisse, rigide, inflexible, en bois, verre, métal, ardoise ou matière quelconque, mais qui, pour l’élégance et la facilité d’emploi de l’appareil, a. été faite cylindrique. Un pavillon acoustique KPPK est superposé à cette pièce.
- La position du levier-armature est déterminée par l’attraction magnétique des pôles de l’aimant; à cette force est opposée la réaction de l’obsta-
- cle fixe sur lequel s’appuie le marteau terminant le levier.
- A l’aide de la vis V qui porte le marteau, on peut facilement régler la distance entre l’une des extrémités de l’armature et le pôle de l’aimant portant la bobine, de manière à obtenir le maximum du rendement téléphonique.
- Dans l’un des appareils que j’ai expérimentés, la plaque rigide sur laquelle porte le marteau, était un bloc en bois de sapin non raboté sur la face intérieure. Ce bloc avait une épaisseur de onze millimètres. Il ne viendra à l’idée de personne de prétendre qu’une semblable pièce puisse se plier, s’infléchir sous l’action des ondes sonores.
- Le téléphone à marteau peut être employé dans la double fonction de transmetteur et de récepteur ou reproducteur de la parole. C’est en lui donnant successivement cette double fonction, que dans une expérience récente, faite avec les ingénieurs de l’administration des télégraphes belges, la conversation a été transmise sans le concours d’aucun transmetteur à pile, entre Anvers et Bruxelles, à travers une résistance de ligne représentant i32 kilomètres de fil télégraphique.
- Le fonctionnement de mon appareil comme transmetteur conduit à une conclusion remarquable au point de vue du fonctionnement des transmetteurs microphoniques et en particulier du pantéléphone, appareil de mon invention, qui a été fort apprécié à la dernière exposition d’électricité.
- Pour qu’un courant électrique puisse être engendré dans la bobine enveloppant le pôle de l’aimant, du téléphone à marteau employé comme transmetteur, sans le secours d’aucune batterie électrique, il faut, nécessairement, d’après les principes de Faraday sur l’induction magnéto-électrique, que Varmature magnétique exécute un mouvement mécanique dans le champ magnétique de l'aimant.
- Il résulte donc à l’évidence du fait expérimenta de la transmission de la parole à l’aide du téléphone à marteau, que l'émission de la parole devant le pavillon acoustique de l'appareil détermine des mouvements mécaniques du levier-armature, et cela malgré la force magnétique de l’aimant qui tend à maintenir le levier immobile.
- Or, si dans cet appareil, dont toutes les pièces sont relativement si peu mobiles, on peut par l'émission des sons, déterminer des mouvements du levier-armature, à plus forte raison doit-on admettre que dans la transmission par le pantéléphone, on met en mouvement la plaque essentiellement mobile, suspendue à l'Instar d'un pendule, et par conséquent, qu’il se produit, par l'émission de la parole, une série de ruptures du contact qui existait entre le charbon de la plaque mobile et le butoir fixe en platine de cet appareil.
- Cette conclusion irréfutable fait ressortir la diffé-
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- rence essentielle du pantéléphone et des transmetteurs Edison, dans lesquels la continuité du circuit est absolument nécessaire, d’après les assertions mêmes de l’inventeur.
- En effet, M. Edison s’exprime ainsi au début de la description de son brevet : « Je trouve qu'il n'est « pas possible d'ouvrir et de fermer les circuits « de ligne, dans des appareils pour transmettre la « voix humaine ; le circuit de la ligne doit être 4 toujours fermé, et la transmission être produite « par un accroissement ou une diminution de la « tension électrique résultant du plus ou moins de « résistance dans la ligne. »
- M. Johnson, assistant d’Edison, appelé comme témoin par l’United Téléphoné C°, dans le procès téléphonique d’Edimbourg, confirmait cette assertion d’Edison.
- « La plus grande difficulté, dit-il, que nous eû-« mes à résoudre, était de maintenir la continuité « du circuit, et les différentes modifications ont « été faites pour maintenir le contact par l’emploi « de ressorts de différentes formes, de poids et de « vis, et par d’autres dispositions, imaginées tou-« tes à l’effet de permettre au diaphragme d'exé-« cuter les vibrations voulues sans rompre le cir-« cuit. »
- Les lois bien connues de la mécanique, relatives aux mouvements des corps choqués font parfaitement comprendre le fonctionnement du téléphone à marteau :
- i° Il y a indépendance de mouvement entre le corps choquant et le corps choqué ;
- 2° Les mouvements des corps dépendent, en durée et en amplitude, de leur élasticité propre et des liaisons au système ;
- 3° Si deux corps en contact ont des mobilités différentes, tout choc appliqué au système déterminera des mouvements différents, c’est-à-dire un mouvement relatif de l’un des corps par rapport à l’autre et par conséquent la séparation momentanée des deux corps.
- Ün exemple particulier des mouvements différents produits par le choc se trouve dans l’expérience des billes d’ivoire de masses égales, suspendues à la suite l’une de l’autre sur une ligne horizontale. Lorsqu’on soulève la première pour la laisser retomber sur la deuxième boule, celle-ci ainsi que toutes les suivantes demeurent absolument immobiles et la dernière de la série est seule soulevée.
- C’est un fait analogue qui doit se produire dans la transmission du choc de l’onde sonore contre le diaphragme du téléphone à marteau ; celui-ci, comme les billes d’ivoire intermédiaires, demeure relativement immobile, et transmet, au travers de sa masse, le mouvement aü marteau qui termine le levier. De par ce mouvement, il y a rupture momentanée du contact entre les deux corps. L’armature s’écarte
- du pôle, et revient immédiatement par l’effet de l’attraction magnétique.
- C’est par une série de chocs du marteau contre l’obstacle fixe que j’explique aussi la reproduction des sons à la réception. Les courants électriques traversant les bobines déterminent des mouvements rapides d’écart du levier qui, revenant à sa position primitive, frappe une série de coups contre la paroi fixe.
- Ce qui confirme cette manière de voir, c’est que la reproduction du son n’est pas empêchée par l’interposition entre la paroi et le marteau, de matières sourdes, telles que du papier buvard en plusieurs épaisseurs, de la peau de gant, du drap et même du feutre.
- On ne pourrait prétendre que des inflexions de ces matières sans sonorité puissent produire du son.
- D’ailleurs, si à la plaque épaisse et rigide on substitue des disques flexibles en mica ou en métal, l’appareil ne fonctionne presque plus.
- Ce résultat de l’analyse du fonctionnement de mon téléphone à marteau in’a conduit à faire une étude approfondie de la théorie actuellement admise pour expliquer la transmission téléphonique des sons articulés.
- Comme on le sait, l’auteur de cette théorie est l’inventeur même du téléphone ; ce qu’on ignore généralement, c’est que le professeur de Boston Graham Bell avait commencé par édifier la théorie, et que son appareil merveilleux n’avait été réalisé par lui qu’en application de ses idées théoriques, et semblait en être la traduction fidèle. On ne saurait s’étonner dès lors que la théorie des courants continus et ondulatoires de Bell ait. été admise universellement et sans contradiction par le monde savant.
- La théorie nouvelle de la transmission des sons par des courants discontinus n’a été conçue par moi qu’à la suite de l’invention du téléphone à marteau, dont le fonctionnement ne pouvait être expliqué par la théorie de Bell. Ce mode de procéder à posteriori est sans contredit plus favorable à la découverte de la vérité.
- Les mouvements brusques du levier-armature déterminent l’émission sur la ligne d’une succession de courants électriques, d’une durée très faible, et ceux-ci se propageant dans les bobines du récepteur produisent à leur tour des mouvements brusques du levier-armature, suivis de chocs contre la paroi rigide.
- A l’appui de sa théorie, Bell avait dessiné une série de diagrammes dont il est aisé de faire la critique. Ces diagrammes sont, me paraît-il, en contradiction avec les faits observés, et ne peuvent donc être la représentation vraie des phénomènes. La théorie des courants ondulatoires de Bell est contredite par l’expérience et ne peut être
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- appliquée au fonctionnement de son propre appareil.
- Dans un prochain article, j’exposerai en détail l’analyse que j’ai faite du sujet. Je me contenterai actuellement de formuler mes conclusions.
- Bell a établi entre les sons articulés et les sons musicaux une distinction essentielle qui, d’après moi, n’est pas admissible. Il n’y a pas de différence de nature entre les différents sons ; tous sont dus à des vibrations qui se succèdent dans un corps sonore; la seule différence entre le son musical et le son articulé, c’est que pour le premier les vibrations composantes sont également distancées, tandis que les intervalles des vibrations composant les paroles sont tout à fait inégaux.
- Pour la transmission téléphonique de la parole, comme des autres sons, il ne faut pas, comme le prétendait Bell, qu’il y ait continuité du courant électrique sillonnant la ligne, courant dont les variations d’intensité soient le fac-similé des ondes sonores de l’air vibrant par l’émission des paroles ; il faut et il suffit, comme je le prouverai, que les courants électriques discontinus qui se succèdent sur la ligne soient en nombre égal avec celui des vibrations sonores, que leurs intensités soient proportionnelles à celles de ces vibrations, enfin que les intervalles entre les courants qui se succèdent soient parfaitement égaux à ceux qui sépa rent les vibrations sonores. A cette condition, la parole humaine dans toutes ses modulations et toute espèce de sons seront transmis, électriquement et parfaitement reproduits, si, à la station de réception, se trouve un appareil'téléphonique Bell ou un téléphone à marteau qui puisse être impressionné par des courants d’intensités différentes se succédant à intervalles précis.
- Léon de Lociit-Labye,
- Ingénieur honoraire des Mines.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales Angleterre
- LA SOCIETY OF TELEGRAPII ENGINEERS. — Le
- 22 janvier dernier, M. Spagnoletti, le nouveau président, a prononcé son discours d’inauguration devant les membres de cette société. Il a passé en reyue l’état actuel de la science électrique, en insistant plus particulièrement sur le progrès de l’éclairage électrique, de la téléphonie et de la spécialité avec laquelle il s’est identifié, c’est-à-dire des applications de l’électricité aux chemins de fer. Au sujet de ces dernières, il a donné quelques statistiques très intéressantes qui prouvent toute
- l’importance qu’il faut attacher aux signaux électriques et tous les avantages qu’on en a tirés et qu'on en tire tous les jours pour la protection de la vie et de la propriété des voyageurs.il a fait également remarquer combien la lumière électrique dans les wagons de chemins de fer serait commode pour les voyageurs qui pourraient lire ou chasser de toute autre manière l’ennui d’un long voyage. Personne n’a jusqu’ici présenté un système parfait pour l’éclairage des trains parce qu’il faudrait qu’on pût détacher ou ajouter une voiture quelconque au train sans provoquer une extinction temporaire pendant le changement. La combinaison d’une dynamo avec des accumulateurs semble jusqu’ici présenter la meilleure solution du problème. M. Spagnoletti a fait allusion à la méfiance des électriciens vis-à-vis des accumulateurs et il a dit, incidemment, qu’il en connaissait un (celui de M. Barnett peut-être) qui fonctionnait parfaitement depuis bien des mois sans donner signe de détérioration. Il considérait les accumulateurs comme des auxiliaires précieux pour l’éclairage électrique futur puisqu’ils jouent le même rôle que les réservoirs dans l’éclairage au gaz. M. Spagnoletti a également parlé des démarches faites pour obtenir des modifications de la loi sur l’éclairage électrique dans l’intérêt des ingénieurs et constructeurs, et il croit qu’une législation plus favorable amènerait un grand développement de l’éclairage électrique dans notre pays. Pour que les capitalistes engagent leurs capitaux dans des entreprises d’éclairage électrique, il faut qu’ils aient la probabilité de réaliser un bénéfice sérieux et, dans l’état actuel de la législation sur ce sujet, il y a peu d’espoir de le faire, tout bien considéré. Il y a cependant toute raison de croire que la recommandation du comité nommé pour discuter la question sera adoptée par la chambre de commerce et que les dispositions vexâtoires de la loi seront modifiées d’une manière satisfaisante.
- La réunion s’est également occupée du transport de la force au moyen de l’électricité et tout spécialement des travaux de M. Marcel Deprez dont M. Spagnoletti prévoit un grand développement dans l’avenir. Il a fait mention du système de telphérage introduit par le professeur Fleeming Jenkin et actuellement employé en petit. Ce système réussirait probablement dans les contrées minières pour le transport du charbon de la mine ou des scories des hauts fourneaux.
- En téléphonie les récentes concessions accordées par le directeur général des postes, feu M. Fawcett, ont déjà donné une nouvelle vie aux opérations des différentes compagnies et la grande ligne téléphonique à Brighton n’est probablement que la première de toute une série de lignes semblables dans tout le pays.
- Je puis'ajouter qu’aucune rétribution extraordi-
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- naire n’a jusqu’ici été demandée pour l’emploi de cette ligne et que tout abonné à Londres ou à Brighton, peut correspondre avec un abonné quelconque à Brighton ou à Londres, comme s’ils étaient dans la même ville. La construction de la ligne a cependant entraîné des frais considérables pour l’United Telephon C° qui s’est entendue avec la London, Brighton and South Coast Railway C° pour le droit de passage. On propose également de tenir certains bureaux téléphoniques dans la partie ouest de Londres à la disposition du public pendant toute la nuit, et nous pouvons nous attendre à avoir des bureaux publics où on pourra moyennant une faible rétribution, converser avec une personne dans une autre partie de la ville. En Amérique, il existe depuis longtemps déjà des bureaux de ce genre, mais ils n’ont pas encore été adoptés chez nous.
- Quant au progrès de la Society of Telegraph En-gineers, M. Spagnoletti prévoit le moment où un laboratoire sera mis à la disposition des étudiants et des membres de la Société, aussi bien que l’excellente bibliothèque qui lui a été léguée par sir Francis Ronalds. Cette bibliothèque s’augmente rapidement par des achats, des dons et des échanges de livres, de sorte qu’on aura bientôt besoin d’un local plus grand pour l’installer. Elle contient une série de spécifications de tous les brevets anglais ayant trait à l’électricité, ainsi qn’un grand nombre de livres et de brochures sur la science électrique. Plus de mille brevets ont été pris en Angleterre pendant l’année dernière pour des applications et procédés électriques, un chiffre qui n’a jamais été atteint jusqu’ici, et qui constitue environ 7 pour cent du nombre total des brevets de l’année dernière.
- M. Frost, le bibliothécaire de la Société, prépare en ce moment un catalogue classifié dé la littérature électrique d’après lequel tout étudiant pourra consulter des travaux sur des sujets spéciaux sans connaître les noms des auteurs. Ce catalogue augmentera de beaucoup la valeur de la bibliothèque Ronalds pour des recherches littéraires. Son usage n’est pas limité aux membres de la Société.
- LES COURANTS TERRESTRES AUX INDES.— M. E.-O.
- Walker a fait une conférence il y a quelque temps devant la Society of Telegraph Engineers dans laquelle il donnait les résultats d’un certain nombre d’observations sur les courants terrestres qui traversent les lignes télégraphiques aux Indes. Ces courants agissent principalement sur les lignes allant dans la direction de l’Est à l’Ouest, et M. Walker a maintenant pu les comparer avec les observations magnétiques faites à l’observatoire de Colaba, à Bombay. On trouve une harmonie frappante entre les deux classes de phénomènes.
- Les résultats magnétiques prouvent qu’au fur et à mesure que le soleil avance de l’Est vers l’Ouest la composante magnétique horizontale augmente. Le rapport dit textuellement : « On verra que la variation luni-solaire diurne ettypique delà composante horizontale a le même caractère pendant toute l’année, bien que sa portée soit la plus grande pendant l’hiver et la plus petite pendant l’été. Elle atteint son maximum environ trois heures avant midi et le minimum environ trois heures après midi; elle est presque nulle pendant quatre heures avant et après minuit. Ceci semble expliquer l’existence des courants observés par M. Walker de l’Est à l’Ouest avant midi et de l’Ouest à l’Est après midi. Les longues lignes allant de l’Est à l’Ouest sont plus influencées que les plus petites, et toutes ces lignes sont soumises à la même variation. Les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, même d’aussi loin que de la Sicile et de Java, influent sur les courants terrestres aux Indes quelquefois en renforçant les courants terrestres contraires et quelquefois par des renversements extraordinaires.
- LES LAMPES ÉLECTRIQUES POUR LA POLICE.— Les
- méfaits récents des dynamiteurs à Londres et plus particulièrement les attaques des ponts ont peut-être conduit la police de la rivière à essayer la valeur de la lampe incandescente et portative de M. Trouvé pour leurs rondes nocturnes sur la Tamise. Les bateaux de cette police sont généralement à rames et par conséquent ils ne conviennent pas pour des machines génératrices du courant, mais les avantages même de la petite lampe de Trouvé sur la lampe à huile ordinaire de la police était incontestable. A l’aide de réflecteurs coniques, la lumière électrique peut être dirigée facilement dans les coins obscurs des bords de la rivière et des ponts, et son éclat lui permet de pénétrer plus loin que la lampe ordinaire. La couleur de la lu mière électrique à incandescence l’empêche d’être absorbée aussi facilement que la lumière à arc par les brouillards de la rivière. A côté de son pouvoir de pénétration, la lumière électrique a d’autres avantages pour le service de la police et des pompiers. On peut s’en servir dans une maison où il y a une fuite de gaz, dans un dépôt de poudre ou dans une mine chargée de gaz inflammables sans crainte d’explosion, on peut' également l’employer dans une maison en feu au milieu de la vapeur et de l’eau des machines.
- M. Coada dernièrement imaginé une lampe électrique de sûreté dans laquelle il a été paré au danger des étincelles par la rupture du circuit ou par la destruction de la boule vide d’air dans une atmosphère explosive. La disposition adoptée consiste à couvrir le globe d’une deuxième enveloppe en verre et de remplir l’espace intermédiaire d’eau
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- et de gaz d’acide carbonique ’sous pression. La pression de ce liquide ferme le circuit électrique au moyen d’une clef actionnée par un disque flexible que le liquide vient toucher. Quand la pression est enlevée par suite de la destruction du globe extérieur, les contacts de la clef s’écartent au moyen d’un ressort en spirale, mais toute étincelle qui pourrait se produire entre les contacts est séparée de l’air extérieur,par un manchon hermétique en tube de caoutchouc qui couvre les deux contacts. Il n’y a aucun danger d’étincelles à d’autres points parce que les fils vont directement des électrodes de la pile à l’intérieur de la lampe.
- une exposition américaine.—On fait en ce moment des démarches pour avoir une exposition de machines et de produits américains à Londres, l’année prochaine, qui va également se signaler par une exposition coloniale à South-Kensington. L’exposition américaine comprendra un grand nombre d’industries caractéristiques comme, par exemple, le traitement des minerais d’or et d’argent, la préparation des fourrures, etc.
- Le travail électrique de l’Amérique sera également bien représenté : il y aura un chemin de fer aérien et électrique, et un bureau du câble transatlantique dans l’exposition même. Gelle-ci n’aura pas un caractère très universel et afin de rendre la visite amicale, plus complète, on prend des dispositions pour faire venir les Sociétés savantes américaines en Angleterre comme l’Association britannique est allée au Canada l’année dernière.
- T. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitcii et J. Krouciikoll
- La conductibilité électrique de l’eau distillée dans le vide, par F. Kohlrausch (»).
- La question de la conductibilité électrique de l’eauyest une de celles qui n’ont pas encore été complètement élucidées. J’ai pu déjà, en ayant recours à certaines mesures de précaution et en apportant un soin particulier à la préparation et la conservation du liquide, obtenir dans des expériences antérieures de l’eau dont la conductibilité à 22° ne représentait que les 72 billionièmes de celle du mercure (2). Mais, même au cas où cette valeur
- (') Comptes rendus de l’Académie de Berlin.
- (2) Comptes rendus de l’Académie royale des sciences de Munich. — Section de physique math. Vol. V (1875), p. a85. — Annales de Poggendorf (1876), vol. CLIX, p. 270.
- ou une valeur voisine trouvée pour diverses distillations, représenterait la limite inférieure que l’on peut atteindre, il était néanmoins impossible d’affirmer que c’est bien là la conductibilité réelle de l’eau, car il semble que l’on rencontre dans la préparation, par les procédés ordinaires, de l’eau absolument pure, des difficultés insurmontables.
- Il est à supposer qu’un des éléments perturbateurs est le rôle que joue l’air pendant la distillation. De même que l’on trouve dans l’eau de pluie des composés où entrent de l’azote, de l’hydrogène et de l’oxygène, tels que l’azotate d’ammoniaque par exemple, il est très possible que des traces de produits analogues prennent naissance également dans la distillation artificielle. Et si l’on veut rapporter à ces produits l’origine de la conductibilité précédemment mentionnée, il suffit d’admettre qu’il y en ait des quantités tellement infimes qu’elles échappent à toute investigation par les procédés chimiques.
- Il est également impossible d’affirmer à priori que la conductibilité est indépendante de l’absorption de l’air, ou du moins qu’elle n’est pas augmentée par cette dernière. J’ai déjà, à ce propos, appelé l’attention sur le fait que les électrolytes ne deviennent réellement conducteurs que par mélange, et il se peut très bien que l’adjonction d’un gaz, même non conducteur, ne soit pas sans influence. Pour éclaircir cette question, des recherches furent entreprises au moyen de la pompe à air, mais elles restèrent sans résultats, attendu que cette méthode introduisait d’autres sources d’erreur.
- En fait, on trouve que la distillation de l’air dans le vide conduit à une conductibilité encore bien plus faible que celle que. nous avons indiquée plus haut.
- Il est relativement facile de construire un appareil à distillation de ce genre analogue à l’appareil bien connu sous le nom de marteau d’eau. Un récipient en verre de iooà2ooc.m.3de capacité, destiné à servir de cornue, est relié par l’intermédiaire d’un tube en verre avec un récipient plus petit, placé en avant, à l'effet de déterminer la résistance du produit de la distillation, ce dernier récipient porte deux électrodes en platine platiné présentant chacune une surface active de 5 centimètres carrés environ. La capacité de résistance de ce dernier récipient pour divers degrés d’emplissage correspondant à une échelle gravée, fut déterminé au moyen d’une solution ammoniacale excessivement étendue de conductibilité préalablement définie. Les deux récipients avaient été ensuite soigneusement lavés.
- On fit passer alors, au moyen d’un ajutage encore ouvert, dans les deux récipients une quantité suffisante d’eau nouvelle, déjà très pure, on relia l’ajutage à la pompe à mercure et on laissa l’ébullilion se faire dans le vide ainsi obtenu.
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- lorsque l’ébullition eut complètement cessé, on laissa encore l’évaporation se prolonger pendant un quart d’heure en agitant constamment l’appareil à une température moyenne. La vapeur d’eau se trouvait absorbée par de l’acidc sulfurique refroidi. Afin de pouvoir agiter énergiquement l’appareil à distillation avec l’eau qu’il contenait la liaison avec la pompe à mercure avait été faite au moyen de tubes de verre longs recourbés, selon le procédé imaginé par Kundt. Finalement l’ajutage fut ôté et l’ouverture fermée à la lampe. M. Otto Wiegand, l’habile fabricant de verre de Wurzbourg, qui avait construit le double récipient employé voulut bien me prêter dans ces manipulations le précieux concours de son expérience.
- J’estimai le vide ainsi obtenu à o,oiram de pression d’air au maximum.
- L’appareil contient maintenant encore assez d’eau pour que celte eau, amenée dans le plus grand des récipients le remplisse aux trois quarts. En employant un bain chaud d’une température modérée variant entre 3o° et 45° et un bain froid entre o° et 8° (à cause de la chaleur de condensation, la congélation ne se produit pas) on fit passer les 6 à 8 c. m.3 nécessaires dans le récipient destiné à la mesure de la résistance. Cette opération durait, suivant les circonstances de 8 à i5 minutes.
- La capacité mercurielle des deux appareils employés ne comportait pour le remplissage normal que 0,00002 U. S. L’eau donnait néanmoins une résistance s’élevant jusqu’à 8ccooo US. — A cause du peu de sensibilité que présentent le dynamomètre et le téléphone dans ces conditions, on eut recours, pour la mesure, non pas à des courants alternatifs, mais à des impulsions produites par des courants d’une durée excessivement courte, et à un galvanomètre à oscillations rapides d’une sensibilité extrême que l’on intercalait dans le fond. Le courant était fourni par deux éléments Smée. Si l’on ne néglige aucune précaution, cette façon d’opérer permet de déterminer avec une exactitude largement suffisante les grandes résistances électrolytiques en jeu. Le courant est tellement faible qu’il faut plusieurs dixièmes de seconde pour que la polarisation devienne sensible. En faisant usage d’un nombre variable d’éléments, de courants convenablement dirigés et de différentes durées, il était possible d’obtenir une précision allant jusqu’à 1 ou 2 0/0. Il y a naturellement lieu d’apporter l’attention la plus grande au parfait isolement des clefs.
- On constate également dans le vide que le produit de la distillation n’accuse pas une résistance constante ; cette dernière décroît avec le temps. Cette diminution était même très notable dans l’un des deux récipients; ainsi la résistance, qui se trouvait être de 700000 U. S. cinq minutes après que la distillation eut été arrêtée, tombait au bout de dix mi
- nutes à 400C00U. S., au bout de 1 heure à 25oooo U. S., au bout de trois heures à go 000 U. S., et enfin au bout de i5 heures à 28 000 U. S., c’est-à-dire à la vingt cinquième partie de sa valeur primitive. L’accroissement de conductibilité à l’origine est presque uniforme. Sont-ce les parois de verre ou les électrodes de platine qui causent cette action, c’est ce qu'il m’est impossible de dire aujourd’hui. Dans le second récipient la résistance diminuait bien plus léntement.
- En tous cas, il fallait, sitôt la distillation terminée, se hâter de faire la mesure de la résistance en sorte que la température, que l’on se contentât de l’appréciation des sens ou que l’on eût recours à un bain, n’a jamais été qu’estimée.
- Huit distillations différentes donnèrent les conductibilités suivantes rapportées au mercure ; les chiffres qui précèdent indiquent la température et le nombre de minutes écoulé depuis la fin de la distillation.
- RÉCIPIENT l RÉCIPIENT II
- 20° 3min. 2g, 10— 12 16° 29
- 12° 2 — 25 — 18» 4 — 28
- 20° 3 — .32 — 20° 3 — 27
- 8° 3 — 2,5 — 20° 4 — 3i
- Quelles que fussent les conditions des expériences, les conductibilités trouvées sont, dans tous les cas, très voisines les unes des autres. Les chiffres les plus petits sont naturellement les plus significatifs, car on ne peut imaginer de cause rendant la conductibilité trop petite.
- Par suite du temps écoulé pendant et après la distillation, il y a lieu de considérer ces chiffres comme trop forts. Une appréciation impartiale des résultats conduirait à admettre, pour la conductibilité de l’eau à 180,
- 0,000 000 000 025, ou i j 40 milliards
- de celle du mercure, ce qui veut dire qu’un cordon de mercure qui ferait le tour de la terre, aurait la même résistance qu’un cordon d’eau de même diamètre et ayant 1 millimètre de largeur.
- Il résulte de là que la résistance d’un ohm se trouverait représentée par une couche d’eau de 1 millimètre carré de section' et d’une épaisseur de 26 millièmes de millimètre. « L’unité de résistance de l’eau », c’est-à-dire une colonne ayant une section de 1 m. m.2 et une hauteur de im m., compte presque 4,10'° ohms. Pour présenter la même résistance, un fil de cuivre dont la section serait de 1 m. m.2, devrait avoir une longueur de 24, ro8 kilomètres, c’est-à-dire égale au chemin parcouru par la lumière en 2,2 heures. Si l’on plonge à la surface d’une grande masse d’eau une électrode hémi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sphérique de im de diamètre, la résistance de pas* sage pourrait être évaluée à 12 000 ohms.
- Un corps d’une conductibilité aussi petite peut, dans un grand nombre d’applications de l’électricité dynamique, être considéré comme non conducteur.
- D’après ce qui précède, la distillation dans le vide a conduit à ce résultat très satisfaisant de donner pour l’eau, par un procédé plus simple que les procédés antérieurs, un pouvoir conducteur presque trois fois plus petit ou, comme on est autorisé à le dire, une eau au moins trois fois plus pure.
- Mais ici aussi on ne peut affirmer avec exactitude qu’une chose, à savoir que la conductibilité très petite trouvée représente encore une limite supérieure. __________
- Sur la conductibilité électrique des solutions
- salines aqueuses très étendues, par le docteur
- G. Vincentini (’)
- La question de la conductibilité électrique des solutions salines a été beaucoup étudiée, spécialement dans ces derniers temps, et les recherches faites avec un soin si grand par MM. Kohlrausch, Lenz et par plusieurs autres physiciens, ont conduit à des résultats très importants. En comparant la conductibilité de diverses solutions, qui renfermaient un égal nombre de molécules de sels de différentes natures, on a établi quelques lois qui relient la conductibilité électrique des corps à d’autres propriétés physiques.
- Tout le monde sait que la conductibilité des solutions est attribuée aux phénomènes électrolytiques dont les substances qu’elles renferment deviennent le siège. L’électrolyse des diverses solutions salines est en effet intimement liée au degré de conductibilité qu’elles possèdent. Cela est clairement prouvé par les déterminations que M. Kohlrausch a faites sur des sels et sur des solutions déterminées de ces mêmes sels pour lesquelles d’autres expérimentateurs avaient déjà établi le transport des ions. C’est au moyen de considérations théoriques sur ces deux phénomènes qu’il est Arrivé à établir la relation qui doit les relier; relation qu’il trouva confirmée par l’expérience en se servant de résultats obtenus par lui et de ceux de M. Hittorf sur le transport des ions.
- M. Kohlrausch a limité ses recherches aux solutions qui n’atteignaient pas une grande dilution. Or, s’il existe une relation générale entre la conductibilité des différents sels dissous dans l’eau et leurs propriétés chimiques ou physiques, elle doit se manifester spécialement pour les solutions très étendues. En effet, dans celles-ci l’électrolyse
- de chaque sel se fait dans les mêmes conditions et les ions auxquels elle donne naissance doivent se mouvoir dans des milieux doués de propriétés physiques presque identiques.
- M. Kohlrausch a été précédé par M. Lenz dans l’étude qu’il se proposait de faire sur les solutions très étendues. M. Lenz (*), en expérimentant sur un grand nombre de solutions de 3o différentes combinaisons chimiques, c’est-à-dire formées de différents acides et d’un grand nombre de sels de potasse, de soude et d’ammoniaque, est arrivé aux conclusions suivantes :
- « La conductibilité électrique des solutions d’un même sel, à des degrés de concentration différents, n’est pas proportionnelle à la quantité de sel dissous ; même pour les solutions qui sont très étendues la conductibilité augmente plus faiblement que la concentration.
- « La conductibilité électrique des solutions renfermant un égal nombre de molécules de différents sels (conductibilité équivalente) dépend de la nature des ions positifs qui se forment par l’effet de l’électrolyse, elle est modifiée par le frottement qu’ils rencontrent en se mouvant à travers la solution.
- « L’ion négatif n’exerce pas d’influence sur la conductibilité électrique, de sorte que :
- « Tous les sels d’un même radical possèdent une égale conductibilité équivalente, en admettant qu’ils donnent lieu au même ion positif.
- « Tout récemment, M. E. Bouty, dans diverses notes qu’il présenta à l’Académie des sciences de Paris, a publié les résultats auxquels l’ont conduit de nouvelles expériences sur des solutions salines aqueuses très étendues. Ces résultats sont remarquables. Dans une première note qu’il a présentée à l’Académie, dans la séance du 21 janvier de l’année dernière, M. Bouty, en énonçant les résultats obtenus dans un grand nombre de déterminations faites par lui à l’effet d’étudier la conductibilité électrique de solutions très étendues de plusieurs sels, s’exprimait dans ces termes :
- « Soient p le poids de sel contenu dans l’unité
- * de poids de la dissolution, e l’équivalent chi-« inique, c la conductibilité d’un cylindre liquide
- * de longueur et de section égales à l’unité. II y « a pour chaque sel une valeur pl dep au-dessous « de laquelle la conductibilité varie proportionnel-« lement au poids du sel dissous; si l’on compare 1 alors les conductibilités des divers sels entre « elles, on reconnaît qu’elles sont en raison in-« verse de l’équivalent et l’on peut écrire
- (1) Note présentée au R. Institut de Venise.
- (2) R. Lenz. Mémoires de l’Académie irnp. des sciences de Saint-Pétersbourg (série VII), vol. XXVI, n° 3.
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- « Le coefficient k est le même pour tous les sels « .neutres que fai étudiés.
- « Posons dans la formule (1) p~e, c’est-à-« dire considérons de dissolutions qui contiennent,
- « sous le même volume, un équivalent des diffé-« rents sels, c’est-à-dire le même nombre de mo-« lécules : la conductibilité c est la même pour « tous. La conductibilité moléculaire de tous les « sels neutres est la même.
- « Pour les sels qui cristallisaient anhydres, il « est en général facile d’atteindre un degré de « dilution tel que la loi se vérifie exactement 4 à 75^); mais, Pour les sels hydratés il failli drait aller bien au-dessous de ces limites, et les « nombres que je publie prouvent seulement que « leur conductibilité se rapproche de plus en plus « d’obéir à la loi à mesure que la dilution aug-« mente (*). »
- Dans une autre note que M. Bouty a également présentée à l’Académie des sciences de Paris dans la séance du 11 février 1884, recherchant l’influence de la température sur la conductibilité électrique des solutions très étendues, il s’exprime dans ces termes :
- « i° La conductibilité électrique d’un sel neutre en dissolution très étendue, croît proportionnellement à l’élévation de la température, d’après la formule
- Cl = Co (I -f- kl) (2)
- « 2° Le coefficient k est le même pour les sels neutres. »
- « Ce résultat était à priori assez vraisemblable. Mais les expériences actuelles tirent un intérêt particulier de la valeur numérique trouvée pour le coefficient k de variation de la conductibilité avec la température. »
- M. Grossmann a déduit des expériences de MM. Kohlrausch et Grotrian sur la conductibilité de divers chlorures et du sulfate de zinc en dissolution dans l’eau, et de celles de M. Grotrian, sur le frottement intérieur des mêmes dissolutions, une loi dont voici l’énoncé : « Le produit de la con-« ductibilité électrique par le frottement intérieur
- * est, pour un même sel, au même état de dilution, « indépendant de la température. » Pour les dilutions extrêmes que j’emploie cet énoncé devient : a Le produit de la conductibilité électrique d’une 1 dissolution saline par le frottement intérieur de « l’eau est indépendant de la température, ou, ce
- * qui revient au même: La conductibilité électrique « varie proportionnellement à la quantité d’eau qui
- * s’écoule dans un même temps à travers un même « tube capillaire aux diverses températures et sous « une même pression. »
- « Selon M. Poiseuille, cette quantité d’eau varie « proportionnellement au trinôme
- 1 + 0,o33ô793x/-f-o,0,000209936x t3 (3)
- « tandis que, d’après l’ensemble de mes expé-« riences, la conductibilité des dissolutions salines « étendues varie proportionnellement au binôme :
- 14- 0,033543.t (4
- « Les limites de températures des expériences * de Poiseuille et des miennes, sont très sensi-« blement les mêmes.
- « Il est impossible de ne pas être frappé de « l’identité presque absolue du coefficient du « terme en t dans les formules (3) et (4) ; mais la « formule de la conductibilité est plus simple : elle « n’admet pas de termes en t2. La moyenne des « meilleures expériences effectuées d’une part « entre 20 et 24°, d’autre part entre 20 et 44°, me t donne en effet
- de 20 à 24° k = o,034022 » 2° à 44° k = o,o33838
- « nombres identiques à. ^ près.Le frottement élec-
- « trolytique, auquel il faut attribuer la résistance « électrique, est donc un phénomène de même na-« ture, mais un peu plus simple que le frottemen « intérieur, tel qu’il est évalué par le moyen des « tubes capillaires. L’action de la paroi des tubes « doit en effet introduire des complications parti-a culières. » (2)
- Dans son premier travail, M. Bouty ne fait pas mention des résultats de M. Lenz que je viens de citer plus haut. A vrai dire, M. Lenz n’a pas atteint avec ses solutions le degré de dilution auquel est arrivé M. Bouty; mais pour l’acide chlorhydrique, par exemple, il a déjà obtenu des solutions contenant en poids une partie d’acide pour 3,ooo d’eau. Or , même dans ce cas, les expériences de Lenz sont contraires à la proportionnalité admise par M. Bouty, entre la conductibilité des solutions et leur contenu en sel.
- Dans une étude précédente que j’ai faite surla conductibilité électrique des solutions alcooliques, (2) j’ai eu occasion de constater que pour de solutions très étendues de quelques sels dans l’alcool absolu, la proportionnalité en question ne se vérifie pas. Quant à leur conductibilité, une influence aussi simple de la température a été bien loin de se vérifier, contrairement à ce que M. Bouty a trouvé pour les solutions aqueuses.
- Cette discordance entre les conclusions de
- (* 1) La Lumière Electrique, t. XI, p. 489.
- (2) G. Vicentini. Mémoires de la Royale Académie des sciences de Turin, Ser. II, T. XXXVI. Lumière Electrique,
- 1 t. XV, p. 172.
- (9 La Lumière Electrique, tome XI, p. 293.
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- M. Bouty, d’un côté, et celles de Lenz et les miennes, de l’autre, m’ont engagé à examiner quel était le degré d’approximation des lois établies par M. Bouty, d’autant plus qu’ayant été très satisfait de la méthode de mesure que j’ai employée, pour étudier les solutions alcooliques, j’espérais pouvoir l’appliquer avec le même succès aux solutions aqueuses. M. Bouty, dans ses notes, qui ne font que résumer les résultats de ses déterminations, n’en tre pas dans le détail de ses expériences. Il dit seulement qu’il a employé dans ses mesures une méthode électrométrique dérivée de celle de M. Lippmann.
- Je me suis servi dans la détermination des résistances de la méthode générale employée par M. Kohlrausch, c’es-à-dire que j’ai employé les courants alternatifs et un électrodynamomètre Bel-lati, un peu modifié, comme j’ai eu l’occasion de l’indiquer dans ma note citée sur la conductibilité des solutions alcooliques.
- Les solutions que j’ai étudiées ont été placées dans un vase de la forme de ceux dont s’est servi M. Kohlrausch. Sa capacité de résistance était de 0,00007685 U. S. Les électrodes employés étaient formés de deux grands disques en argent platiné. Pour pouvoir déterminer des résistances très grandes, dans le cas de solutions très étendues
- à 5^55)’ supérieure à 20000U. S, j’introduisais dans les deux branches du quadrilatère de Wheatstone deux résistances, formées l’une de 100, l’autre de plus de 700 U. S. Dans les deux autres branches du pont se trouvaient respectivement insérés le vase de résistance, renfermant la solution à étudier, et la résistance variable qui était un rhéostat Siemens, constitué par une série complète de bobines allant de 0,1. U. S. jusqu’à 5,000 U. S. Dans le mémoire cité, j’ai déjà mentionné le degré de précision et de sensibilité qu’on atteint avec cet électrodynamomètre Bellati modifié.
- Le récipient renfermant la solution était placé dans un bain d’eau qu’on agitait constamment. Les températures du bain étaient mesurées par un thermomètre divisé en cinquièmes de degré et dont on avait préalablement déterminé les points fixes. Il a été ensuite comparé avec un très bon thermomètre étalon. Pour avoir la température de zéro degré, je prenais une grande quantité de morceaux de glace que je plaçais tout autour du vase de résistance et que je maintenais ainsi pendant une demi-heure avant de commencer les déterminations.
- Les sels employés, provenant des maisons Trommsdorf, d’Erfurt, et de Kahlbaum, de Berlin, étaient tous très.purs. Les sels hydratés ont été rendus parfaitement anhydres et les autres ont été desséchés en les portant à une température convenable et en les maintenant pendant quelque temps sur de l’acide sulfurique avant de les employer.
- Les solutions de concentration maxima ont été préparées avec le plus grand soin par pesées; les autres ont été dérivées de celles-ci en ajoutant des quantités déterminées d’eau. Ce moyen de procéder ne pouvait causer aucune erreur sensible. Les sels que j’ai étudiés sont les suivants :
- NH,( Cl. K2 SO,„ KC/;
- P b (NO,)», kg2 SOs, kg NOa;
- C« S04, C,< Ch, Zn S04
- Les limites de dilution des solutions étudiées varient de à —L’eau dont je me suis servi
- pour faire les solutions a été distillée avec des appareils en verre et on la préparait toute fraîche pour chaque série de solutions. Tous les récipients employés, lavés d’abord avec de l’acide nitrique et ensuite à plusieurs reprises avec de l’eau ordinaire et de l’eau distillée, étaient toujours desséchés au moyen d’un courant d’air chaud. En somme, j’ai eu soin d’éloigner toute cause capable de rendre incertains les résultats des expériences. Pour les solutions étudiées à la température de 40°, j’ai fait d’abord bouillir l’eau distillée dans un récipient en verre afin d’éviter qu’en faisant chauffer ces solutions il n’y ait de l’air dissous qui puisse se dégager et se placer sous formé de petites boules au-dessous des électrodes.
- Je crois enfin utile de faire observer que les valeurs qui sont rapportées dans les tableaux suivants et qui donnent les résistances de chaque solution placée dans le vase de résistance dont j’ai fait mention, représentent la moyenne de 4 ou 5 déterminations qui étaient toujours très voisines les unes des autres.
- Résultats des expériences. — Dans les tableaux suivants je donne les résultats des déterminations faites sur les différentes solutions.
- Dans la seconde colonne, se trouve sous forme de fraction le degré de dilution d des solutions, ou, pour mieux dire, le rapport entre le poids du sel et la quantité d’eau dans laquelle il a été dissous.
- Dans la troisième colonne, sont rapportées les températures t auxquelles on a étudié les solutions. Dans la quatrième colonne, les résistances R en U. S. que les solutions renfermées dans le vase de résistance employé, opposaient. Dans la cinquième colonne, se trouve désigné par c, 109 la valeur de la conductibilité de ces solutions, rapportée à celle du mercure multipliée par io9 afin d’éviter l’emploi d’un nombre trop grand de zéros. Enfin, dans la dernière colonne, se trouve la conductibilité à 180, calculée pour les sels qui n’ont pas été étudiés à cette température, au moyen de la formule :
- (S)
- Cl =Co(l + «/ + p/2
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- No d / R C( !0U c-,„ IO”
- Chlorui *e dammon ium
- 1 i O45 U 0,00 19,88 33,41 40,37 342,8 210.5 162.5 144,3 224 365 474 533 35i
- 2 i ÎOÔU 0,00 20,42 41,09 649 392 269 118 196 286 186
- 3 I iÜ8o 0,00 20,52 4* >49 1122 676 461 68,5 114 167 108
- 4 3 240 0,00 20 65 4°,97 1872 1122 77i 41,0 68,5 99.7 64.7
- 5 1 6680 0,00 20,07 40,92 3739 2257 1531 20,5 34,0 50,2 32,5
- 6 ! 122yO 0,00 18,63 40,81 6757 4166 2687 11.4 18.5 28.6 18,2
- 7 ! I714O 0,00 19,76 40,75 8920 5393 36oo 8,61 21,3 13,7
- Sulfate de potasse
- 8 1 i i(5o 0,00 19 07 40,90 1214 747 493 63,3 io3,o i56,o 101,0
- 9 1 35oo 0,0 ) 18,75 40, tX) 3446 2133 1898 22,3 36 4 55,0 35.8
- 10 1 735o 0,00 17 81 39,52 6926 4263 2750 11,1 18,02 27,09 18, o5
- il T i356o 0,00 18,0\ 40,66 11640 7470 4710 6,60 10 29 10,32 10,28
- 12 î 17920 0.00 16,73 40,39 15290 9912 6109 5,026 7.734 12,60 7,934
- Chlorure de potassium
- i3 1 7 3 0,00 i?»3i 40,62 613 397 258 125.4 193,6 297.4 196,4
- N I i3.jo 0,00 18,11 41,04 1115 708 463 68, q 108,5 166,0 108,0
- 15 1 3520 0,00 16 45 40,17 2864 1887 1203 22,86 40.73 63,88 42,1
- 16. 7023 0,00 22,02 39,70 5667 3260 2307 13.56 23,5? 33,3i 21,6
- 17 i38o8 0,00 18,08 42,04 10545 6663 4184 7,288 11,54 18,37 11,52
- N» d l R C{ ioü <9 8 1°“
- Nilrc île de plom b
- 18 1 4022 0 17.99 25,93 5o33 4304 15,12 17,86
- 19 1 7880 18,11 26,00 95.17 80,89 8,075 9,-oi
- 20 1 12390 0,00 iM,o3 40,41 22730 14280 9246 3.380 5.380 8,3ii
- Sulfate d'argent
- 21 1 1870 0,00 18,02 07OO 2291 20,70 33,54
- 22 37*4 I8.O4 448O 17. i5
- 23 1 7976 *7,91 9149 8,40
- 24 1 14060 18,01 i543o 4,979
- Nitrate d'argent
- 25 164 0,00 18,07 ' 40,18 5125 3216 2161 i5,oo 23,90 35,56 23,88
- 26 1 6o58 0.00 18, i3 42.55 12590 l''OÔ 4980 6,10 9.81 15.43 9,79
- 1 10860 0,00 17'97 4-6 76 22250 138oo 8698 3,453 5.5 H 3,836 5,541
- 28 ? 1 2CJ20 0,00 18.10 42,95 26310 16190 10180 2,920 4.746 7.550 4,735
- Sulfate de cuivre
- 29 I 1953 18,o3 1720 44.66
- 3o \ 3939 18,ou 3o5q 25, 12
- 3i 1 6381 *7,99 4649 16,53
- 32 1 loi 14 17,98 0871 11,8
- 33 1 1 .>9 60 17,93 10126 7,585
- 34 1 2o.}3o 18,01 12290 6,222
- Chlorure de cuivre
- 35 ! 1 i3i 18,00 27, l3 78! ,43 645,0 98,3 119,1
- 35 î 2>4I 18,00 1527 5o,33
- 3; 2007 18,o3 2960 20,96
- 38 1 94-o 18,00 5375 *4,3o
- 39 1 1 5870 0 00 17.96 39,93 14490 88.33 55io 5,3o5 8,700 i3,95
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- N» d t R 6 IoU ois i°°
- Sut fale de zini
- 0
- 40 3/00 18,01 3o33 25,33
- 41 1 9370 17,96 70S1 10,90
- 42 I i65 10 •7,94 11276 6,8l5
- 43 1 24380 18,00 16100 4.772
- Avec les valeurs de cig, c’est-à-dire de la conductibilité à x8°, j’ai calculé la constante de la formule c = &jqui, d’après M. Bouty, sert à représenter la conductibilité des solutions très étendues en fonction de la teneur en sel. Voici les valeurs de k correspondant aux différents sels et à leurs diverses solutions.
- H d i.-
- NH , Cl 1 5-P 0 0102 C u SO, 1 39()0 0.00967
- 1 0 oio5 I 0,01018
- IOOU 20430
- 1080 0 oio85 0 u G/, I 1131 0,00748
- I 0 UI 12 1 2541 0,O08:jÛ
- 0080 0 0116 K Cl 1 Jïï 0,01057
- 12290 0 0 0 0
- — 0,0108
- 01256 i 3.jo
- 0
- 17140 ! 0*0110
- 3320
- K 2 SO[ 1 1160 0 0102 1 7023 o,on3
- -x 33uo 0 0109 i38o8 0,0118
- t 0 01155
- 7-’50 P b (NO'1)2 4022 0.01006
- 0 0121
- liibo 7880 o,oio5
- 1/920 0 01245 1 12 3 90 0,01102
- C11 SO; I 0 00695
- 193-1 A g NO;, TpTT 0,00986
- 0 • 8 -«J CO 0 üo5s 0,01008
- 6j8i 0 0 0 CO 1
- 10860 0,010:3
- loi l.| 0 00902 1
- d h d
- A^-NO;, l 2920 I 3007 I 942° I 15870 0,01039 0,00873 0,00905 0,00929 Z11 SO, I 370U 1 9570 1 i63oo I 24580 0,00758 0,00845 O.CO909 o.oogSo
- Danslafig. ci-contre, se trouvent représentées les courbes qui donnent les valeurs de k en fonction du degré de dilution des solutions. Les abscisses représentent le degré de dilution des solutions, les ordonnées les valeurs de k. Pour tous les différents sels, on constate au commencement une courbure assez prononcée dont la partie concave est tournée du côté de l’axe des abscisses. Ces courbes se transforment ensuite en lignes droites sans qu’aucune d’elles devienne parallèle à l’axe des abscisses; elles tendent toutes, au contraire, à s’éloigner de celui-ci. Ceci démontre d’une manière évidente que
- pour les solutions salines, même au-delà de -—— ’ r ’ 2 oooo
- la conductibilité ne peut jamais être représentée
- par une formule aussi simple que celle admise par
- M. Bouty.
- La valeur de k pour chaque sel est variable et va en augmentant au fur et à mesure qu'augmente le degré de dilution des solutions.
- Dans la construction graphique, j’ai pris comme abscisses le degré de dilution des solutions, parce qu’autrement, en se servant des valeurs de la quantité de sel dissous dans celles-ci, les derniers points des courbes se trouvent trop près les uns des autres. Si on augmente l’échelle, la figure prend des proportions énormes. Les courbes qu’on obtiendrait de cette façon, pour les valeurs de k, seraient naturellement bien différentes. On aurait d’abord presque des lignes droites, inclinées suivant l’axe des abscisses et qui se transformeraient pour les solutions très étendues en autant de courbes asymptotiques par rapport à l’axe des ordonnées.
- En examinant les valeurs ou pour mieux dire les courbes qui représentent la valeur de k en fonction de la dilution des solutions des différents sels, on constate un autre fait.
- Une fois admis que la valeur de k, pour une solution donnée, n’atteint pas, même pour de grandes dilutions, une valeur constante, il reste la question suivante : à égale dilution peut-on admettre que, pour des substances différentes, la valeur de k soit la même?
- Les expériences de M. Bouty ont été faites sur 8 sels de potassium, 2 d’ammonium, 2 d’argent et
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- i de plomb. Pour les raisons que j’indiquerai dans la suite, j’ai cru pouvoir limiter mes expériences à un nombre plus faible de sels.
- Les expériences de Lenz ont démontré, pour les sels qu’il a étudiés, que les ions négatifs n’exercent aucune influence sur la conductibilité des solutions très étendues des sels d’un même radical. De sorte que tous les sels d’ammonium, par exemple, devraient avoir la même conductibilité moléculaire, de même ceux de potassium et ainsi de suite.
- M. Kohlrausch a, d’autre part, démontré dans ces études sur la conductibilité des électrodes, que déjà pour les solutions très concentrées, relativement à celles dont il est question ici, la grandeur de la conductibilité moléculaire des sels d’ammonium s’approche de beaucoup de celle des sels de potassium.
- Des i3 sels étudiés par M. Bouty qui cristalli-
- sent anhydres, on pouvait donc prévoir que io ont leur conductibilité moléculaire égale. Ce sont les 8 sels de potassium et les 2 d’ammonium.
- C’est pour cela que je me suis limité à étudier seulement 2 sels de potassium et 1 d’ammonium parmi ceux que M. Bouty a soumis à l’expérience. D’après les résultats que j’ai obtenus et qui figurent dans le tableau précédent, de même que d’après les trois courbes qui représentent leur conductibilité moléculaire k, il résulte qu’en effet les différences des conductibilités moléculaires des sels
- NIL, Cl, k2SO.„ k Cl,
- sont relativement petites, sans être néanmoins tout à fait négligeables.
- Il reste à examiner comment la loi se vérifie pour les autres trois sels étudiés par M. Bouty, c’est-à-dire pour
- Ag NO;(. Ag,SOlt Pb(NO:l/2.
- D’après les tableaux et les courbes précédentes, il résulte que les valeurs de k qui se rapportent à ces sels s’éloignent notablement de celles données par mes expériences, pour les sels de potassium et d’ammonium.
- Les courbes qu’on obtient pour ces trois sels forment comme un groupe à part qui n’a rien de commun avec les courbes relatives aux sels d’argent et de plomb. Les deux groupes ne montrent aucune tendance à s'approcher l’un de l’autre.
- Comparons maintenant, par exemple, les conductibilités des solutions, en les prenant avec le degré de dilution de 1 à 12 000.
- Voici quelles sont les valeurs de k io:i.
- NfriCl .... 120b Pb (NO:1)2. . . 109IÎ
- Ka SO-, .... 1193 AgjSO.. . . . 1076
- K Cl.......... 1 iC>7 Ag NOj. . . . io35
- Si on veut admettre, comme approximation, que
- la quantité k pour un certain degré donné de dilution, ait pour les mêmes substances la même valeur il faut tenir compte de ce fait que chaque valeur peut différer de la valeur moyenne même de 10 0/0.
- Or, comme pour chaque valeur les erreurs d’observation doivent au moins être inférieurs à 1 0/0, il en résulte que ces divergences doivent être attribuées effectivement à la manière différente dont les diverses substances se comportent. Il est donc nécessaire de poursuivre ces expériences sur d’autres sels, afin de voir si la constance de la valeur de k, pour les diverses substances à égal degré de dilution, peut être admise en général, pour les sels qui cristallisent anhydres, entre les limites d’approximation indiquées.
- En examinant les courbes du tableau, on est porté théoriquement à croire que pour les solutions ayant un degré de dilution infini (c’est-à-dire pour l’eau pure), les valeurs de k coïncident pour
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- tous les sels, ce qui était bien facile à prévoir. Cependant le moyen de procéder pour atteindre cette valeur serait différent pour chaque sel. Il est bon, ici, de noter que les solutions de dilution maxima que j’ai étudiées ont atteint une conductibilité tellement petite qu'elle ne dépassait guère io fois celle de l’eau.
- Ceci prouverait que les résultats quej’ai atteints ont dépassé une limite au delà de laquelle ils devraient devenir incertains, lorsqu’on admet que la conductibilité de l’eau chimiquement pure est nulle, et que celle qu’on détermine expérimentalement est due aux faibles traces de substances étrangères, dont il est impossible de la débarrasser.
- Pour les sels qui ne cristallisent pas anhydres, M. Bouty croit qu’il est nécessaire de pousser la
- dilution au delà de la limite de-^5:Pour flue sa loi puisse se vérifier. Or, comme je n’ai pas reconnu cette loi rigoureuse pour les sels auxquels elle aurait déjà dû s’appliquer pour des solutions à
- il est évident que je ne me suis pas occupé des sels hydratés.
- Les sels que j’ai choisis sont le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc et le chlorure de cuivre. Ces trois sels étaient anhydres et très purs, et on les a naturellement pesés à l’état anhydre.
- Les résultats obtenus, de même que la courbe des valeurs de k pour ces trois sels, démontrent qu’ils s’éloignent bien plus que les autres sels de la loie établie par M. Bouty. Ayant poussé les dilutions jusqu’à j’ai trouvé que leur conductibilité moléculaire k est beaucoup plus petite que celle des autres sels étudiés. Cette différence se maintient constante même en augmentant la dilution.
- Dans une note que M. Bouty a présentée à l’Académie des sciences de Paris, le i3 mars 1884 0), il considère aussi le transport des ions des solutions des sels qu’il a étudiés. Il fait observer à cet effet que les sels qui obéissent à sa loi, sont ceux, qui présentent une électrolyse normale, c’est-à-dire ceux pour lesquels les nombres de transport des deuxAons sont égaux. Les sels hydratés sont ceux qui s’écartent le plus de ce mode d’électro-lyse ; mais- ils tendent à s’en approcher au fur et à mesure que le degré de dilution de leurs solutions augmente. Il s’appuie sur ce fait pour justifier les exceptions tout en maintenant sa loi et en l’étendant même au cas des sels hydratés en solutions très étendues.
- Cette hypothèse ne saurait être admise tant qu’on n’aura pas démontré que la loi de M. Bouty s’applique aux sels qui cristallisent anhydres.
- N’ayant.pas trouvé rigoureuse la première des lois établies par M. Bouty, j’ai voulu voir quel degré de précision on pouvait attribuer à la deuxième, c’est-à-dire à celle qui traite de l’influence de la température sur la conductibilité électrique des solutions aqueuses.
- On sait que pour une température quelcotlque la conductibilité électrique des solutions salines peu étendues, ne peut être exprimée que par une formule du second degré :
- Ci = c0 ( 1 + a/ +(W3)
- M. Bouty, au contraire, a trouvé que pour les solutions très étendues elle peut s’exprimer par l’équation linéaire :
- c = c„ (t + p 0
- et il affirme, en outre, comme j’ai déjà lait remarquer, que les moyennes des expériences faites entre o° et 240 et entre o° et 440 lui ont fourni deux valeurs de h presque identiques et qui ne diffèrent
- que de de leur valeur.
- J’avais déjà remarqué en étudiant les solutions alcooliques que ce fait était peu probable ; j’ai voulu tirer la question au clair. Tous les sels que j’ai étudiés aux trois températures, l'une de o° et les deux autres près de 20° et 40 degrés, m’ont constamment prouvé que le coefficient h, calculé entre o° et 20° est toujours beaucoup plus petit que celui calculé entre o° et 40°.
- La méthode que j’ai employée dans mes expériences, ne laissant aucune incertitude sur l’exactitude des résultats, il ne pouvait plus rester de doute que sur la précision des indications fournies par le thermomètre dont je me suis servi. Pour m’assurer de la chose, j’ai comparé avec le plus grand soin mon thermomètre avec un très bon étalon que je tenais de la maison Baudin, avec lequel j’ai réduit les points fixes de mon thermomètre. Je peux affirmer que les indications fournies étaient parfaitement d’accord avec celles du thermomètre étalon. Voici quels sont les nombres calculés d’après les expériences rapportées dans les tableaux précédents relativement à l’influence de la température sur la conductibilité électrique des solutions très étendues.
- Dans la première colonne du tableau se trouve le degré de dilution de s solutions ; dans la deuxième colonne la valeur de h calculée d’après la formule précédente de M. Bouty entre o° et 20° ; dans la troisième se trouve la même quantité calculée pour l’intervalle de température compris entre o° et 40°.
- Dans les deux colonnes qui suivent j’enregistre au contraire les coefficients a et (3 calculés d’après la formule 5 de M. Kohlrausch. Enfin dans la dernière colonne je donne la valeur de l’expression
- P) E. Bouty, Comptes rendus, t. XCVIII, p. io.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 2:5
- d h (o°—20°) II (o°—400) a P , A c ^18
- Chlorure d'ammon nun
- 1 54: o,o3i6 0,0341 0,0292 0,000122 0,0221
- 1 iobo 0,0324 0,0346 0,0302 0,000110 0,0221
- t 1180 0,0324 0,0347 0,0302 0,000109 0,0224
- 1 3240' o,o325 0,0349 o,o3oo 0,000121 0,0224
- 6080 0,0327 o,o353 o,o3o2 0,000104 0,0226
- 12290 o,o33û 0 o368 o,o3oo 0,000166 0,0233
- 17*40 o,o33i 0,0362 o,o3o2 0,000148 0 023i
- Sulfate de potasse
- 1 1160 0 o32g o,o358 0 0304 0,00^134 0,0223
- 33oo 0,0337 o,o365 o,o3i2 0,000134 0,0201
- 1 7 3:>o 0,0349 0,o383 0,0320 0,oooi56 0,0239
- 1 i35l>o 0 o3ii o,o363 0.0270 0,000227 0,023j
- 1 17920 o,o325 0,0374 0,0291 0,000200 0,0:38
- Chlorure de potassium
- 1 72T 0,û3i4 0, 0.0296 0,000103 0,0218
- 1 1 J40 o,o3i7 0,034.3 0,0296 0,0x1113 0,0220
- 1 3020 o,o3i5 0,0344 0.0295 0,000121 0,0222
- i 7023 o,o335 0,0367 0,0295 0,000181 0,0231
- i38o8 0,0322 o,o362 C,0293 0,oooi63 0,0235
- Xilrate d'argent
- I 2430 0,0329 0,0341 o,o3i9 0 000057 0.0:16
- I üo58 o,o335 o,o362 o,o3i5 C,000]12 0,0227
- 1 lo8() i o,o337 0,0364 0,0317 0,0001Il 0,0229
- I l 29 20 o,o3 |5 0 0.369 o,o328 0,00009.5 0,0228
- X il raie de plomb
- I 1 2 >1).» 0,03:3 0,0302 0,0.302 0,0(43147 0,023I
- Chlorure de cuivre (Gu Cl2)
- I 1 38oo o,o356 0,0408 0,0.336 0,000114 0,02.5 | j !
- l\ C
- ——qui représente le rapport de l’accroissement
- moyen de la conductibilité pour i° entre i8° et 2Ô° divisé par la conductibilité à i8° : valeur que M. Kohlrausch appelle coefficient de température.
- En examinant les valeurs du coefficient h entre o° et 20° d’un côté et entre o° et 40° de l’autre, on voit tout de suite que réellement, même pour des solutions très étendues, l’influence de la température sur la conductibilité électrique ne peut s’exprimer par une relation aussi simple, que celle donnée par M. Bouty. Il est nécessaire de recourir à une expression de la forme (5) et la valeur de p par rapport à celle, de a est plus grande que celle qu’on rencontre dans plusieurs autres lois physiques, qui s’expriment avec la même formule. Si on considère la valeur de a, c’est-à-dire le coefficient du terme qui dépend de la température (t) à la première puissance, on constate qu’elle oscille, pour tous les sels étudiés et leurs différentes solutions, autour de la valeur o,o3oo, de sorte qu’elle se rapproche de beaucoup du coefficient analogue (0,0336793) de la formule (3) de M. Poiseuille. Le coefficient |3 au contraire est plus petit que le coefficient correspondant de la même formule (3) mais tend à augmenter en s’approchant de celui-ci au fur et à mesure que la dilution des solutions augmente.
- \ Q
- Le coefficient de température — paraît aussi se conserver à peu près égal pour les différents sels, et sa valeur est approximativement celle du coefficient de résistance du frottement. Ainsi donc, tandis que la première partie de la loi de M. Bouty qui se rapporte à l’influence de la température sur la conductibilité électrique des solutions très étendues, est en contradiction avec les résultats donnés par mes expériences, la seconde partie, c’est-à-dire celle qui établit que le coefficient de température est égal pour tous les sels, se trouverait confirmée. Cependant comme cette deuxième partie de la loi a été énoncée par M. Bouty en se basant sur les déterminations qu’il a faites seulement avec huit sels, et que mes expériences ont été limitées à six de ces mêmes sels, il me semble qu’elle mérite d’être confirmée à nouveau.
- M. Grossmann (‘), comme l’a remarqué M. Bouty, avait déduit des expériences de MM. Kohlrausch et Grotrian, une conclusion que M. Bouty avait avec ses expériences, rendue plus générale, en l’appliquant aux solutions très étendues. Il est bon de noter que M. Grossmann a lui-même reconnu avoir été conduit à cette conclusion par un procédé de calcul qui n'est pas exact (2). Cependant, comme j’ai indiqué plus haut, mes expériences
- (') Grossmann, Annales de Wiedcmann, t. XVIIt, p. 10. (S) Gror imann, Annales de \\'iede>"ann, t. XIX, p. 544.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tendraient à confirmer du moins en partie la pro -position de M. Bouty.
- Voici en somme ce que mes expériences m’amènent à conclure :
- La conductibilité électrique des solutions salines aqueuses ne croît pas proportionnellement à leur concentration, même pour des solutions très étendues. Elle croît au contraire plus lentement que celle-ci.
- Les différents sels étudiés, également en solutions très étendues, et pour le même degré de dilution, ne montrent pas une conductibilité moléculaire égale.
- En représentant la conductibilité électrique d’une solution saline très étendue, à la température t par la formule
- C,=Cn (z+otî+p/2)
- la valeur de a se trouve être presque égale à celle du coefficient analogue qui donne la variation du coefficient de frottement de l’eau due à la température. Le coefficient p, beaucoup plus petit que le terme correspondant de la formule qui sert pour le coefficient de frottement, tend à augmenter avec la dilution des solutions.
- Ces recherches expérimentales ont été faites dans le laboratoire de physique de la Royale Université de Turin. M.
- Sur les éléments et piles au sélénium de F ritts par C.-E. Fritts, de New-York.
- Dans tous les éléments qui ont été construits jusqu’à ce jour et qui me sont connus, les deux points du sélénium où le courant entre et sort, ont été pratiquement dans le même état et dans la même condition électrique. De plus, les directions du courant et de la lumière se sont croisées, de sorte que les deux forces neutralisent mutuellement leurs effets sur le sélénium. Enfin le courant ne traverse pas seulement la couche supérieure qui est influencée par la lumière, mais aussi la partie en dessous qui n’est pas affectée par la lumière et qui, par conséquent, diminue l’effet de la lumière sur le sélénium à la surface.
- Sous tous ces rapports, mon modèle constitue un élément absolument différent de toutes les,méthodes antérieures d’employer le sélénium. En premier lieu, je dispose le sélénium en feuilles très minces et polarisées, de sorte que les surfaces opposées sont de propriétés électriques différentes. T’y arrive en fondant le sélénium sur une plaque métallique avec laquelle il formera une combinaison chimique, suffisante au moins pour faire adhérer le sélénium et établir une bonne communication électrique. L’autre surface du sélénium n’est pas reliée ou combinée de cette manière, mais laissée à l’état libre et par un simple contact ou
- une pression, on le couvre plus tard d’un conducteur.
- Pendant la fusion et la cristallisation, le sélénium est comprimé entre la plaque métallique sur laquelle il est fondu, et une autre plaque d’acier ou d’une autre matière qui ne se combinera pas. Par l’application et l’action simultanée de chaleur, pression, affinité chimique et cristallisation, il se forme une feuille de sélénium granulé, uniformément polarisée partout et dont les deux surfaces sont dans des phases opposées par rapport à sa disposition moléculaire. La plaque non adhérente est enlevée dès que l’élément s’est refroidi, et je couvre cette surface d’une -matière transparente et conductrice de l'électricité qui peut se composer d’une mince membrane de feuille d’or.
- On peut aussi se servir de platine, d’argent ou de toute autre matière convenable. Toute la surface du sélénium est donc couverte d’un bon conducteur électrique, tout en étant pratiquement exposée à la lumière qui traverse le conducteur. Mon élément étalon a une surface de 2 pouces sur 2 1/2
- I 5
- avec une épaisseur du sélénium de — à de pouce. Mais on peut naturellement donner la forme et les dimensions qu’on veut aux éléments. Un des grands avantages de cette disposition consiste dans le fait qu’elle me permet d’appliquer le courant et la lumière au sélénium dans le même plan ou dans la même direction générale au lieu de les appliquer transversalement l’un sur l’autre comme on l’a fait jusqu’ici, de sorte que je puis faire coïncider la direction et l’action des deux influences ou bien les faire agir sur des surfaces opposées du sélénium et les annuler selon l’effet qu’on désire obtenir.
- En vertu du procédé et de la disposition que je viens d’indiquer mes éléments possèdent un certain nombre de propriétés remarquables parmi lesquelles je citerai :
- i° Leur sensibilité à la lumière dépasse de beaucoup tout ce qu’on a obtenu jusqu’ici. L’élément le plus sensible qui a jamais été produit avant mes recherches était construit par le D1' Wer-ner Siemens, et sa conductibilité était 14,8 fois plus grande au soleil que dans l’obscurité. Dans le tableau A j’ai indiqué les résultats obtenus avec un certain nombre de mes éléments.
- On verra que j’ai produit un élément dont la conductibilité était 337,5 fois plus grande par un soleil voilé que dans l’obscurité. On comprendra peut-être mieux le changement de résistance énorme qu’indique le chiffre de 337,5 fois, en apprenant que 99,704 pour cent de la résistance ont disparu temporairement sous l’action combinée de la lumière et de l’électricité, de sorte qu’il restait moins de o,3 pour cent de la résistance primitive du sélénium dans l’obscurité.
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- TABLEAU A Sensibilité à la lumière
- ÉLÉMENT au sélénium' FORCE de la pile RÉSISTANCE dans l'obscurité RÉS1STANCF. au soleil PROPORTION
- N09 22 5 éléments 39,000 ohms 340 ohms 114 à 1
- 23» 5 — 14,000 170 — 82,3 à 1
- 242 5 — 648,000 — 2,400 270 à 1
- 25 5 — 180,000 — 930 — 196,5 à 1
- ’ 26 5 — i35,ooo — 710 — 190 à 1
- 107 5 - 118,000 — 740 — 159 à 1
- 108 5 — 200,000 — 900 222 à 1
- 122 5 — 56,ooo — 220 — 254,5 à 1
- 1291 5 200.000 — 940 — 212 à 1
- 137 5 . — 108,000 — 3ao — 337,5 à 1
- (*) Les éléments 23 et 129 appartiennent maintenant à M. le
- grofesseur W. Grÿlls Adams du Iting’s College. Le Dr Werner icinens a le n° 25 et le professeur Geo. F. Barker, de Philadelphie, le n° 26.
- (2) Le n° 24 a été mesuré avec un pont multiplicateur de 6 à I,
- Afin d’obtenir des résultats aussi élevés, les éléments doivent être protégés contre la lumière quand ils ne fonctionnent pas. La résistance est d’abord mesurée pendant que l’élément se trouve encore dans une obscurité complète. On l’expose ensuite au soleil et on le mesure de nouveau. Il faut également faire entrer le courant par l’électrode d’or, car l’élément est beaucoup moins sensible à la lumière quand celle-ci agit sur une surface du sélénium et quand le courant entre à la surface opposée. Quand ces deux influences, la lumière et le courant, agissent ensemble à travers l’or, leurs forces sont unies; et comme chaque atome du sélénium est affecté par la lumière à cause de l’épaisseur minime de la feuille* nous obtenons l’effet entier indiqué par les mesures.
- Les éléments sensibles à la lumière s’améliorent par un emploi journalier et leur sensibilité diminue si on les laisse de èôté sans s’en servir pendant un temps considérable, surtout si on les laisse se surchauffer. Il faut les garder au frais et souvent exposés à la lumière, même si on ne s’en sert pas.
- Méthode pour mesurer les éléments. — La sensibilité de ces éléments aux influences extérieures est si grande qu’il est nécessaire d’adopter un système spécial pour mesurer leur résistance, et de ne pas s’écarter de ce système, car toute modification de la méthode de mesure produit un résultat différent et on ne pourrait pas comparer les différentes mesures entre elles. La raison en sera donnée tout à l’heure.
- J’ai adopté la disposition du pont de Wheat-stone à côtés égaux, sans jamais employerdes multiplicateurs excepté pour quelques expériences. J’avais 5oo ohms de résistance dans chaque fil multiplicateur. Quand le pont est balancé, la moitié du courant traverse l’élément et agit sur le sélé-
- nium. Entre le pont et l’élément se trouve un commutateur, de sorte qu’on peut renverser le courant qui traverse l’élément sans modifier sa course à travers le pont. J’emploie un galvanomètre des tangentes de Bradley avec une bobine de 160 ohms de résistance. La pile Leclanché est seule employée pour les mesures de comparaison.
- 2. — L’espèce de pile qu’on emploie a un effet marqué sur la sensibilité à la lumière qui se trouve considérablement réduite ou entièrement annulée par l’emploi d’une pile au bichromate. Les mêmes ..éléments redeviennent extrêmement sensibles avec une pile Leclanché. Nous pourrions nous attendre à un changement de résistance dans un élément par suite du courant employé, mais il n’est pas facile à voir comment ou pourquoi cela influerait sur la sensibilité du sélénium à la lumière.
- Mais si une espèce de pile détruit sa sensibilité, ne serions-nous pas en droit de supposer qu’une autre espèce pourrait exercer l’effet contraire et l’augmenter? Bien que la pile Leclanché fonctionne bien, une autre pourrait fonctionner encore mieux et, par des qualités spéciales pour cet emploi, intensifier les effets des éléments au sélénium, et ainsi faire connaître d’autres propriétés jusqu’ici incon-nues. N’y a-t-il pas ici un champ favorable pour les expériences en essayant les différentes piles déjà connues ou même en inventant une nouvelle forme spécialement adaptée aux besoins des éléments au sélénium?
- Dans une communication à l’Association américaine pour l’avancement des sciences, à Minneapolis, j’ai déjà fait cette proposition, il y a un an. Je suis aujourd’hui en mesure de dire qus ma pile photo-électrique, que je vais décrire dans un instant, constitue un pas en avant vers la solution de cette question. Le courant de cette pile augmente la sensibilité des éléments pour la lumière et aussi pour le renversement du courant. Un élément dont la diminution de résistance à la lumière était de 83 à 1, avec la pile Leclanché, donnait une proportion de 120 à 1, mesurée avec ma pile. Elle semble augmenter la résistance de la pile dans l’obscurité et l’abaisser dans la lumière, mais le champ est encore ouvert à d’autres qui pourront trouver une pile donnant des résultats encore plus favorables.
- 3. — Les deux surfaces du sélénium se comportent d’une manière différente vis-à-vis des courants qui entrent par les conducteurs contigus. Une surface offre une plus grande résistance au courant que l’autre.
- J’utilise la première comme la surface d’anode, car j’ai trouvé que l’élément est plus sensible à la lumière quand le courant entre par cette surface qui, généralement, est celle couverte par l’or ou par tout autre conducteur transparent. Dans quelques éléments, cette propriété n’est que faiblement dé-
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- veloppée, mais une fois la résistance au courant de la surface d’anode a été 256 fois plus grande que celle présentée par la surface de cathode au même courant. Dans la plupart des cas, la proportion ne dépasse pas io fois. Le tableau B contient quelques résultats récents.
- TABLEAU B
- Sensibilité au renversement de la direction du courant.
- NUMÉRO de l’élément PILE RÉSIS- TANCE nnode d’or RÉSIS- TANCE cathode d’or PROPORTION
- 3/8 pouce carré n° 4. S éléments ohms 20,000 oh*“s 1,000 20 à 1
- — — 3. élément au sélénium. 6,5oo 4C0 16,2 à 1
- Elément-étalon n° i3 1 élément 9,000 800 n.2 à 1
- . — — n° 14 5 -- .u, O O i3o 18 à 1
- — - n° i5 5 — 210 22 à 1
- — — n° 27 5 — 6,900 740 l6 à 1
- — — n° 126 1 ' — S,ooo 33o i5 à 1
- La direction du courant est toujours indiquée en donnant la position de l’électrode d’or, par les termes anode d'or et cathode d'or, ces mesures ont été faites dans l’obscurité.
- 4. Sensibilité aux changements de force de la pile. — Mes éléments sont extrêmement sensibles à toute modification de la force ou du caractère du courant qui les traverse, ce qui se manifeste par un changement analogue de la résistance de l’élément. Je puis donc varier la résistance d’un de mes éléments de beaucoup, comme par exemple :
- (a) En changeant le potentiel ou la force élec-lectromotrice du courant qui traverse l’élément.
- (b) En changeant le groupement en quantité de la pile.|
- (c) En intercalant une résistance plus ou moins grande dans le circuit.
- (d) En divisant le courant par un ou plusieurs circuits d’un branchement en dérivation autour de l’élément.
- (e) En modifiant la résistance d’un quelconque de ces circuits ou de tous.
- J’ai, donné le nom d'élément L B à un élément dont la résistance augmente avec la force de la pile. Un élément M B est celui dont la résistance augmente au fur et à mesure que la force de la pile diminue.
- Cès modifications de résistance né sont pas causées par réchauffement du conducteur ou du sélénium, ainsi que le prouve l’exemple suivant. J'ai un élément dans lequel le sélénium a une surface d’environ 1/4 de pouce fondue sur un bloc en lai-
- ton d’une épaisseur d’un pouce. Cet élément mesurait avec 25 éléments Leçlanché40 000 ohms. En réduisant la pile à 5 éléments, la résistance tombait immédiatement à 3o et demeurait stationnaire, mais en reprenant les 25 éléments, elle revenait immédiatement à 40 000 ohms. Si ces résultats avaient été causés par un échauffement quelconque, la résistance aurait changé graduellement au fur et à mesure que la chaleur se communiquait au laiton, tandis que les résistances demeuraient absolument fixes. Bailleurs même la fusion du sélénium ne produirait pas un changement de ce genre.
- La propriété M. B ne change généralement pas la résistance de l’élément au delà de 10 fois, c’est-à-dire que la résistance avec un courant faible ne sera pas plus que dix fois aussi grande qu’avec un courant fort, mais j’ai développé sa propriété L B à un degré bien supérieur.
- Le tableau C contient quelques résultats récemment obtenus avec des éléments L B, dont l’un avait une résistance avec 25 éléments Léclanché, n 381 fois plus élevée qu’avec 8 éléments, et qui, après avoir été fixé à 123 ohms (et ensuite à 325 ohms, avec un seul élément), retournait à son premier chiffre de 1 400 000 ohms dès que le courant de 25 éléments était remis.
- TABLEAU C
- Sensibilité aux changements de la force des piles
- NUMÉRO DE l'ÉLEMKNT RÉSISTANCE avec 25 éléments RÉSISTANCE avec 5 éléments PROPORTION du changement
- 3/8 pouce carré n° 1.. — — n° 2.. 1/4 - n° 1.. 1/2 — n° 2.. 1/2 — n» 5.. — — n° 81. — n° 82. — - n" 83. , — — n° 119 ohms 40 000 13.000 1,400,000 500,000 3,5oo 68,000 9,000 17.300 25,600 ohms 3oo 40 123(1) 62 621 121 64 74 19 i,333 à 1 325 — 11,281 — 8,064 — 167 — 56i — 140 — 233 — 1.891 —
- Ces résultats ont été obtenus en modifiant la force du courant. On peut obtenir des résultats semblables en modifiant le courant qui traverse l’élément par l’une ou l’autre des méthodes décrites. Ces mesures ont été faites dans l’obscurité.
- 5. L'état double du sélénium. — Mes premiers éléments semblaient avoir deux états ou conditions. Dans l’une leur résistance est très faible, dans l’autre très élevée. Dans le premier cas ils ne sont généralement pas bien sensibles sous aucun rapport. J’élève donc la résistance en envoyant un courant
- (’) Cette mesure a été faite avec 8 éléments.
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- alternatif à travers lès éléments, et dans leur nouvelle condition ils deviennent de suite sensibles à la lumière, aux courants et à d’autres influences. Quelquefois ils retombent et il faut les relever de nouveau jusqu’à ce qu’ils restent sensibles, après avoir été soumis à ce traitement un certain nombre de fois. Rarement un élément reste insensible.
- Le traitement que je viens de décrire le relève alors pour un instant seulement. Quelques éléments ont été ainsi stimulés à plusieurs reprises et on a employé tous les moyens pour les rendre sensibles, mais sans succès; il faut alors les mettre de côté. Des centaines d’éléments ont été détruits au commencement de mes recherches et avant la découverte de ce dualisme et de la méthode de transformer un élément insensible. Maintenant, je n’en détruis aucun ; mais je m’attends à pouvoir toujours utiliser un élément d’une manière ou d’une autre.
- Le côté le plus remarquable de ce phénomène repose dans la grande différence de résistance des éléments dans les deux conditions. Dans l’état d’insensibilité, la résistance n’est peut-être que de quelques ohms ou même quelques centièmes d’ohm, tandis que, dans l’état de sensibilité, la résistance est celle d’un élément normal, c’est-à-dire de 5ooo à 200000 ohms, et souvent poussée jusqu’aux millions d’ohms. Le spectacle d’un peu de sélénium, qui, par quelques interruptions du courant qui le traverse, change la résistance d’une fraction d’ohm en un ou plusieurs millions d’ohms immédiatement, est des plus curieux. Quelle est la nature de la conductibilité ou de la résistance électrique et comment se fait-il qu’elle soit si subitement et si largement changée ?
- 6. Générateurs de courants radio-électriques.— Mes éléments peuvent être traités de manière à produire un courant par une simple exposition à la lumière ou à la chaleur. La lumière, par exemple, traverse l’or et agit sur sa jonction avec le sélénium en développant une force électromotrice qui produit un courant partant du métal derrière, et parcourant le circuit extérieur jusqu’à l’or en avant, de manière à former une pile sèche photométrique.
- Il est bon d’empêcher réchauffement par un élément d’eau d’alun ou par d’autres moyens bien connus.
- Le courant produit est de l’énergie radiale convertie directement et sans action chimique en énergie électrique et suivant la même direction que l’énergie radiale primitive, qui aussi continue sa route, mais à travers un autre milieu conducteur adapté à sa forme actuelle. Le courant est continu, constant et d’une force électromotrice considérable.
- On peut disposer un certain nombre d’éléments en dérivation ou en série, comme toute autre pile.
- Le courant paraît immédiatement dès que la lumière frappe l'élément, et il disparaît aussi subitement dès que la lumière cesse de tomber. En modifiant la lumière, on peut produire un courant téléphonique ou autre qui peut être utilisé avec un appareil convenable sans autre pile que l’élément au sélénium même. La force du courant varie selon la quantité de lumière et la surface éclairée.
- Je produis le courant non seulement par exposition à la lumière du soleil, mais aussi par le clair de lune et même par la lumière d’une lampe. Je me sers de ce courant pour différents travaux, entre autres pour mesurer la résistance d’autres éléments au sélénium avec le pont de Wheatstone ordinaire, pour la téléphonie, etc. Sans aucun doute on peut s’en servir comme de tous les autres courants de pile et je les considère comme la batterie la plus constante, commode et durable que je connaisse. Au point de vue commercial on pourrait le produire à très bon marché et son emploi n’entraîne aucune dépense, puisqu’on ne se sert ni de liquide, ni de produits chimiques, tout l’élément étant un métal solide avec un morceau de verre en avant pour le protéger contre l’humidité et la poussière. On peut le transporter aussi facilement qu’un électro-aimant et le relier en circuit aussi facilement dès qu’il le faut. Si on n’a pas immédiatement besoin du courant on peut l’emmagasiner au lieu de production dans des accumulateurs perfectionnés de mon invention ou le transmettre à distance par des conducteurs.
- 7. Les éléments parlants ou chantants.— Quand un courant électrique qui traverse un de mes éléments est rapidement interrompu, l’élément rend un son qui correspond à la note ayant le même nombre de vibrations par seconde que le nombre des interruptions du courant. La force de ce son semble être indépendante de la direction du courant à travers l’élément. Il se produit à la surface et le dos de l’élément ne rend aucun son. Un courant alternatif produit également un son qui correspond au nombre de changements de direction. Les expériences ont démontré que si l’élément est traversé par un courant téléphonique ondulatoire, il rendra la parole en tout autre son correspondant aux ondulations du courant et que l’élément parlera ou chantera de la même manière sans aucun courant si on l’éclaire seulement d’une manière convenablement variée pendant qu’il se trouve en circuit fermé.
- Mes expériences ont surtout porté sur les côtés du sujet qui promettaient des résultats immédiatement pratiques, et je n’ai pas poussé ces recherches très loin.
- Observations générales sur les propriétés des éléments.— D’après le nombre de qualités différentes que possèdent mes éléments, on pourrait conclure que les combinaisons de ces qualités produiraient
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- des éléments ayant toute variété d’actions. C’est en effet ce qui a lieu. En général, les éléments ne sont remarquables que sous un seul rapport. Par exemple, parce qu’un élément est très sensible à la lumière, il n’est peut-être pas remarquable à d’autres points de vue. Cependant, de fait, les éléments les plus sensibles à la lumière, sont des éléments MB.
- La sensibilité à la lumière est indépendante de la faculté de produire un courant par exposition à la lumière ; les meilleurs éléments générateurs ne sont pas fort sensibles, et quelques-uns des plus sensibles ne produisent presque pas de courant du tout. Les éléments générateurs sonr presque sans exception des éléments M B, et les meilleurs générateurs sont fortement polarisés et montrent un changement considérable de résistance, quand la direction du courant qui les traverse est renversé ; ce sont également des « éléments anodes » très prononcés, c’est-à-dire que la surface près de l’or offre une plus grande résistance à un courant de pile que l’autre surface du sélénium.
- Un courant de pile qui traverse un élément exposé à la lumière dans une direction, affaiblit la faculté de produire des courants, de même que réchauffement, à moins que l’élément ne soit disposé pour la production d’un courant par la chaleur.
- La sensibilité à la lumière est absolument indépendante de la sensibilité aux changements du courant. Cette dernière est indépendante de la sensibilité pour le renversement de la direction du courant.
- Constance de la résistance. — La constance remarquable de la résistance dans la lumière forme une qualité importante de mes éléments. En tenant compte des différences de température, des courants et de la lumière à différentes heures, la résistance d’un élément au soleil restera pratiquement constante pendant des mois de travail et d’expériences, bien que les traitements qu’il aura subis pendant ce temps aient fait varier la résistance dans l’obscurité jusqu’à de centaines de mille ohms, parfois en plus, parfois en moins jusqu’à ce qu’il soit mûri ou arrivé à la condition dans laquelle sa résistance deviént\constante.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, la sensibilité à la lumière augmente par un travail judicieux de l’élément. Cette augmentation de sensibilité ne se manifeste pas par une diminution de' résistance à la lumière, mais par une augmentation de résistance dans l’obscurité. Ce changement dans les éléments a lieu plus ou moins rapidement selon que le traitement qu’il reçoit, en retarde ou favorise le développement jusqu’à un point maximum, après quoi la résistance ' demeure pratiquement constante à la lumière comme dans l’obscurité, et l’élément est alors mûri ou fini. La résistance dans
- l’obscurité peut maintenant être 5o ou même ioo fois plus grande que quand l’élément construit; néanmoins une exposition à la lumière du soleil le ramène promptement à la même résistance qu’au commencement. Les différents traitements et même les accidents qui leur sont arrivés dans l’intervalle, ne semblent pas avoir dérangé sa disposition moléculaire sous l’action de la lumière, mais d’avoir dépensé leur énergie à modifier des positions que les molécules doivent prendre dans l’obscurité.
- Applications pratiques. — De temps en temps, on trouve beaucoup d’effets dont on ne peut pas toujours s’expliquer les raisons. Dans la pratique, j’ai pris l’habitude de déterminer les spécialités et les côtés faibles de chaque élément par dçs expériences en développant les premières et en évitant les derniers jusqu’au moment où l’élément fini prend un caractère défini et bien connu et s’adapte à certains travaux et à une certaine ligne de traitement de laquelle il! ne faut pas s’écarter, sous peine de la détruire temporairement. Par suite du temps et du travail dépensés à la fabrication en petit des éléments, aux réparations, etc., le prix de revient est nécessairement élevé. Mais, par une fabrication commerciale, tout ceci serait réduit systématiquement et le prix serait peu élevé. Je puis dire ici que je ne vends pas mes éléments.
- Les applications sont presque sans nçmbre et comprennent toutes les branches de la science électrique, surtout la télégraphie, la téléphonie et l’éclairage électrique, mais je ne veux pas les nommer. Je me permettrai, cependant, de parler de deux, à cause de leur intérêt scientifique général. La première est mon photomètre. On fait tomber la lumière sur un élément photo-électrique générateur de courant, et le courant produit traverse une bobine galvanométrique en circuit dont l’aiguille indique sur l’échelle l’intensité de la lumière. L’échelle peut être calibrée au moyen de bougies étalons et les déviations de l’aiguille donneront alors des lectures absolues, indiquant lé, nombre de bougies représentant la lumière essàyéel Ou bien le courant produit par cette lumière et celui produit par les bougies étalons peuvent être comparés d’une des manières ordinaires pour comparer deux lumières. En dernier lieu, l’élément est alternativement exposé aux deux lumières, afin de déterminer si l’aiguille donne exactement la même dé-viatoni pour la même lumière.
- Cette disposition laisse subsister l’ancienne difficulté de la photométrie, qui provient des différentes couleurs de différentes lumières.
- Je me propose d’y remédier de la manière suivante : comme on le sait, l’or transmet les rayons verts, l’argent, les bleus, etc., par conséquent un élément couvert d’or sera influencé par les rayons verts, un autre couvert d’argent par les rayons bleus, etc. Si l’on construit 3 éléments (ou tout
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- autre nombre), couverts de sorte que les trois ensemble seront influencés par toutes les couleurs, et si on les dispose autour et à des distances égales de la lumière à essayer, chaque élément produira un courant correspondant aux rayons colorés qui lui conviennent, et tous ensemble produiront un courant correspondant à tous les rayons émis par la lumière, quelles que soient les proportions des différentes couleurs. Les trois courants pourront agir sur la même aiguille, mais chacun doit avoir sa propre bobine, non seulement pour pouvoir joindre ou isoler leurs actions sur l’aiguille, mais aussi pour éviter les résistances des autres éléments. Il serait encore mieux si l’on pouvait trouver un conducteur électrique solide et transparent, assez épais pour un emploi pratique et qui, en même temps, transmettrait tous les rayons parfaitement, c’est-à-dire en laissant la lumière blanche passer sans la modifier. Je n’ai pas encore pratiquement essayé cette partie de mon système, mais elle me semble renfermer la promesse d’un remède contre l’inconvénient des couleurs qui, pendant si longtemps, a défié tous les efforts des savants.
- Régulateurs photo-électriques. — Mon régulateur se compose d’un élément générateur disposé en face d’une source lumineuse, une lampe électrique, par exemple, dont la lumière représente la force variable du courant qui l’alimente. Le courant produit dans l’élément par ce foyer traverse un appareil électromagnétique, au moyen duquel on produit un mouvement mécanique utilisé à changer des résistances, à actionner une soupape, à faire tourner des balais, etc. Un petit modèle de cet appareil a été construit et fonctionne bien et je le crois destiné à recevoir une grande application, comme le plus sensible, le plus simple et le plus parfait régulateur de courants, de lumières, de dynamos et moteurs, qu’ils soient grands ou petits.
- En résumé, je dirai que les recherches sur les propriétés physiques du sélénium offrent toujours une excellente occasion pour des découvertes importantes; mais la vérité m’obligea reconnaître que celui qui entreprendra ce travail le trouvera long et difficile. Ma propre expérience me permettrait d’indiquer un grand nombre d’expériences curieuses et des résultats encore plus curieux et instructifs, mais le temps me fait défaut pour donner une description plus complète de mes découvertes.
- Sur la résistance électrique des contacts microphoniques, par M. O. Boekmann (»).
- L’auteur s’est proposé d’étudier les questions suivantes :
- (l) Annales de Wiedentann, 1884, n» 12, p. 65i.
- i° Dans quel rapport est la résistance des contacts des charbons au repos à celle qui existe pendant que ces contacts sont en mouvement (par suite de la transmission téléphonique) en admettant que l’intensité du courant reste la même ?
- 20 La résistance primitive revient-elle après la cessation de l’état vibratoire ?
- 3° Comment cette résistance varie-t-elle à l’état de mouvement avec la pression initiale, l’intensité du courant et celle du son restant invariables?
- 40 De quelle manière varie cette résistance à l’état de mouvement avec l’intensité du courant qui traverse le microphone, la pression initiale et l’intensité du son restant invariables ?
- 5° La même résistance correspond-elle à la même intensité et reprend-elle sa valeur initiale lorsque l’intensité subit une diminution après avoir augmenté ?
- 6° Comment cette résistance dépend-elle de l’intensité du son, le courant et la pression initiale demeurant invariables ?
- 70 La résistance reprend-elle sa valeur initiale en même temps que l’intensité du son ?
- 8° Comment varie la résistance à l’état de mouvement avec la hauteur du son ?
- Pour étudier ces questions, l’auteur a eu soin de se placer dans les conditions réelles du fonctionnement du microphone. L’appareil dont il se sert est fort simple : au centre de la plaque métallique d’un téléphone, et perpendiculairement à cette plaque, est fixé avec de la cire à cacheter un charbon cylindrique de iomm de hauteur et 8mm de diamètre. En face de ce charbon et au-dessus de lui, sur la même ligne verticale, s’en trouve un autre maintenu par une vis micrométrique. A l’aide de celle-ci on peut établir le contact des deux charbons et faire varier la pression des charbons l’un contre l’autre. Ce deuxième charbon est aussi cylindrique, du même diamètre que le précédent, d’une hauteur de i5mmet son extrémité qui établit le contact est taillée en cône. Les charbons sont polis avec du papier d’émeri, condition nécessaire pour la régularité des résultats. Avec des charbons non polis la sensibilité de l’appareil, déjà très grande avec des charbons polis, s’accroît tellement, surtout quand la pression est faible, qu’on ne peut obtenir des résultats concordants que pendant la nuit car les moindres trépidations exercent leur influence et masquent les effets que l’on veut observer. Quand on emploie des chaînons non polis, la résistance ne reprend sa valeur initiale, après la cessation du’mouvement, que très lentement, tandis qu’elle y revient instantanément dans le cas des charbons polis. En outre, avec des charbons non polis la résistance est plus grande à l’état de mouvement qu’à l’état de repos, elle est au contraire plus faible avec des charbons polis. Les résultats, très concordants qu’on lira plus bas
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- ne s’appliquent donc rigoureusement qu’aux contacts formés par des charbons polis.
- Le charbon maintenu par la vis micrométrique restait en repos pendant qu’on mettait en vibration le charbon inférieur fixé à la plaque téléphonique. A cet effet on lançait un courant dans les spires du téléphone. Un interrupteur formé par un diapason vibrant pouvait interrompre ce courant à de très courts intervalles et provoquer ainsi la vibra tion de plaque. Pour faire varier le nombre des vibrations, on s’est servi de 3 diapasons différents, U£, Uta et Ut,. La résistance était mesurée par la méthode du pont de Wheatstone. Le courant qu’on lançait à travers le contact était celui d’un Daniell.
- I.— Influence de la pression initiale au contact.
- On fait varier la pression à l’aide de la vis micrométrique et on mesure le résistant avant de mettre l’appareil en vibration, pendant le mouvement vibratoire et immédiatement après la cessation de ce mouvement. Voici les résultats :
- diapason Ut,
- RES1STANGE en U. S. Avant le mouvement RÉSISTANCE en U. S. Pendant le mouvement RÉSISTANCE en U. S. Aptes le mouvement
- 13,697 I2.83i Mêmes nombres qu’a-
- 11,459 11,009 vaut le mouvement.
- 20,367 10,182
- 9,455 9,342
- 8,939 8,go3
- 8,587 8 570
- 8,33a 8,298
- 7,980 7,970
- 7.637 7,621
- On voit d’abord que la résistance diminue avec la pression de mouvement aussi bien qu’à l’état de repos, qu’à l’état de mouvement la résistance est plus faible qu’à l’état de repos et que cette diminution de résistance croît avec la pression.
- IL'— Influence de l'intensité du courant traversant le contact.
- On fait varier l’intensité du courant en intercalant des résistances dans le circuit principal et on mesure la résistance du contact comme précédemment. On trouve que, la pression et .a hauteur du son restant constantes, la résistance, soit à l’état de repos croît quand l’intensité du courant diminue, et que la résistance correspondant à l’état de repos reprend toujours sa valeur initiale après la cessation de l’état vibratoire.
- L’auteur a vérifié qu’à la même intensité du courant, la hauteur du son et la pression initiale restant invariables, correspond toujours la même résistance.
- III. — Influence de l'intensité du son.
- On intercale des résistances dans le circuit du courant qui excite l’électro-aimant produisant la vibration des diapasons. Comme le même courant passait dans le spirale du téléphone, il en résultait une diminution de la grandeur des oscillations de la plaque.
- La pression et l’intensité du courant qui traversait le contact restaient invariables. L’auteur a constaté que, dans ces conditions, la résistance du contact augmente, quand l’intensité du son diminue (*).
- A chaque intensité du son correspond une certaine résistance qui reprend toujours la même valeur quand l’intensité du son passe par les mêmes valeurs.
- Reste encore à voir l’influence de la hauteur du son sur la résistance en question, toutes les autres conditions restant invariables.
- L’auteur fit à cet effet l’expérience suivante : laissant fixes la pression, l’intensité du courant et l’intensité du son, il intercala successivement les 3 diapasons U^ U#a Ui . Il a constaté que la résistance du contact est indépendante de la hauteur du son.
- Dans toutes ces expériences, l’un des charbons seulement était en vibration. L’auteur remplaça la vis micrométrique par un téléphone vibrant auquel il fixa le charbon précédemment immobile. De cette manière, les deux charbons étaient mis en mouvement. L’auteur étudia la résistance du contact dans ces nouvelles conditions, et il trouva les mêmes résultats que dans les expériences décrites plus haut.
- K.
- BIBLIOGRAPHIE
- LE TRANSPORT DE LA PORCE PAR L’ÉLECTRICITÉ ET SES APPLICATIONS industrielles ; par Edouard Japing, ingénieur électricien, traduit par Ch. Baye avec notes et supplément par Marcel Deprez. Paris, Bernard Tignol, éditeur.
- L’ouvrage que nous nous proposons d’analyser ici est d’une forme assez singulière. Son titre, quoique assez long déjà ne l’est pas tout à fait encore
- (l) Remarquons que ces variations de résistance sont très faibles : ainsi en faisant varier la résistance de o à 200, la résistance varie de 10,471 U. S. à 10,598 U. S.
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- suffisamment, à notre avis, et les mots Recueil de noies mis en tête, diraient plus exactement ce que le livre renferme. Il ne contient guère, en effet, que des notes prises un peu partout dans les journaux français et étrangers, mais qui, bien querellées entre elles avec soin et complétées habilement par l’auteur, ne donnent pas à l’ouvrage une unité suffisante et un cachet personnel. Le nombre des chapitres est considérable ; depuis l’exposé des premières notions générales jusqu’aux théories des machines et leurs applications, tout y est exposé en détail. Les travaux de Frœlich, de Marcel De-prez sur la question, s’y trouvent presque en entier ; mais pourtant, malgré l’habileté de l’auteur à faire les soudures, les joints sont visibles en corde, et ceux qui se tiennent au courant de tout ce qui s’est publié et se publie, peuvent dire exactement la source où les documents tels quels ont été puisés. A dire vrai, c’est moins une critique que nous faisons qu’un fait que nous constatons. Réunir en un ouvrage les articles publiés à diverses époques dans différents recueils sur une question aussi importante que celle du transport de la force, est une œuvre dont futilité n’est pas discutable.
- Joindre entre eux ces éléments hétérogènes, et assurer les transitions, pour faire un tout intéressant est une besogne délicate qu’il n’est pas donné à tout le monde de bien faire, nous en sommes convaincu ; et, si nous insistons sur ce point, c’est que ce genre de travail a l'inconvénient de ne point apporter ni une théorie ni une disposition nouvelle qu’on puisse accepter ou discuter tout au moins.
- Le livre de M. Japing a de plus été traduit. M. Ch. Baye s’est trouvé en présence d’un texte allemand, qui déjà en grande partie était traduit du français, et, malgré sa connaissance approfondie de la langue allemande et du sujet traité, il n’a pu retrouver toute la clarté du texte primitif.
- Il n’en pouvait guère d’ailleurs être autrement. Après deux traductions successives, il est difficile qu’un article ne perde pas un peu de sa valeur, et c’est sans doute à ce motif qu’il faut attribuer les quelques obscurités qu’on rencontre dans l’ouvrage en question. Notamment nous lisons au bas de la page 58 : « Quand on emploie des machines « électriques comme moteurs générateurs de « force, o*i envoie dans leurs spires (c’est ce « qu’on appelle leur anneau) un courant (celui « d’une pile, par exemple), qui produit dans le « champ magnétique des effets d’induction et qui « enfin met en mouvement l’armature (l’anneau). * Cette rotation est un travail mécanique, dont la « grandeur par rapport à la force motrice employée « se mesure par un couple, etc...» Evidemment ces deux phrases ne sont pas suffisamment claires, et diffèrent trop de ce qu’elles étaient avant les deux
- traductions : « Lorsqu’oif lance un courant dans « un moteur électrique, les pièces fixes (inducteur) « et les pièces mobiles (anneau) deviennent le siège « d’actions réciproques qui, par suite de la dispo-« sition de l’appareil, se réduisent à un couple qui « est fonction de l’intensité du courant seulement « et qui est indépendant de l’état de mouvement « ou de repos de l’anneau. On peut mesurer ce « couple en, etc. »
- Nous pourrions encore citer plusieurs passages analogues, mais il est difficile de savoir quelle est la coupable des deux traductions. Il est dit, par exemple, page 5g, que M. Marcel Deprez a montré que dans une machine réceptrice « le travail * mécanique accompli pour chaque révolution, « est, pour chaque machine proportionnel à l'in-« tensité du courant, » alors que tout le monde sait que le fait est inexact et que M. Deprez n’a jamais ainsi énoncé sa loi. Plus loin encore, nous trouvons cette phrase incompréhensible : « La force motrice à employer (pour faire tourner « une machine) ne croît donc pas non plus dans la i proportion admise théoriquement; mais dans « les machines les mieux construites elle n'aug-« mente guère que proportionnellement à la puis. « sance un et démi du nombre de tours, comme T ont « prouvé les expériences de Tresca, Gramme, Frœlich, etc. » Personnellement nous ne savons pas exactement à quelles expériences il est fait allusion ici. De plus le mot force motrice est va. gue, et cela d’autant que M. Marcel Deprez a démontré expérimentalement, d’une manière irréfutable, que dans ces conditions le couple moteur était pratiquement indépendant du nombre de tours.
- Les choses étant ainsi, et le texte offrant, comme on le voit, une certaine ambiguïté, l’éditeur pria M. Marcel Deprez de vouloir bien ajouter quelques mots à l’ouvrage de M. Japing et de le compléter par la publication dçs documents postérieurs à l’époque où le livre fut écrit. L’autorisation de l’auteur existant, M. Deprez accepta, mais, par un sentiment de réserve facile à comprendre, il se borna seulement à reproduire les procès-verbaux des diverses commissions qui suivirent ses expériences, et, relatant les faits, il ne voulut y ajouter ni commentaires, ni appréciations personnelles. On voit, d’après cela, que le nouvel ouvrage est assez complet au point de vue des documents.
- Après une introduction relative au transport de la force en général, et des forces- naturelles propres à être transmises par l’électricité, on y trouvera les chapitres qui traitent des machines électriques, de la théorie de la transformation du courant en travail, et des considérations théoriques concernant le transport de la force à de grandes distances.
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- Une série de considérations sur les conducteurs et la propagation, la distribution du courant électrique suit ensuite, renfermant l’exposé et la reproduction des écrits de MM. Marcel Deprez, Frœcb-lich et Sprague.
- Quelques mots sur les transformateurs et accumulateurs sont à leur place, et enfin, précédant l’appendice de M. Deprez, l’exposé des applications industrielles déjà faites occupe les dernières pages du livre.
- A côté des observations que nous avons faites plus haut, il faut dire que toute cette partie de l’ouvrage a un mérite qui n’est pas sans importance : l’honnêteté. Le transport de la force par l’électricité est une science toute nouvelle qui a donné lieu à des polémiques très violentes.
- Les théories présentées ont été et sont encore l’objet de discussions opiniâtres, et il est difficile aujourd’hui même à un esprit sincère, de faire à chacun la part légitime qui lui revient. M. Japing a fait preuve d’une grande impartialité, et, ne faisant pas œuvre de polémiste, il a présenté les choses telles qu’elles sont, n’indiquant que par touches légères les idées qui lui sont personnelles. Il a pensé évidemment que la première qualité d’un livre scientifique était la véracité, et il s’est efforcé d’éviter toute idée de parti pris, laissant au lecteur le soin de juger et de se faire une opinion. Quant au défaut qui nous a frappé tout d’abord et que nous signalions en commençant, nous ne saurions d’ailleurs y insister plus qu’il ne convient. L’auteur, avant nous, s’était aperçu du point faible de son œuvre, et de lui-même il l’a montré dans sa préface. « Ce livre, dit-il, est un guidé qui mènera pas à pas le lecteur à travers les lois naturelles d’où sont sorties ces fécondes découvertes.
- « Nous avons cherché avant tout à conduire au but attrayant en suivant le chemin le plus facile, évitant autant que possible les définitions arides et les théories trop mathématiques. Le public spécial, les adeptes de cette nouvelle science remarqueront peut-être, dans cet ouvrage, quelque faiblesse, quelque manque d’homogénéité. L’auteur réclame toute leur indulgence en les priant de considérer que la-matière traitée est toute nouvelle et que son ouvrage a du moins le mérite d’être le premier dans lequel soit exposé ce difficile sujet. »
- Cette dernière déclaration est exacte, et nous le reconnaissons volontiers.
- REPERTORIUM DER MATI1EMATIK UND ELEKTRICITÆTS-LEHRE (Répertoire de mathématiques et d’électricité), par J. Kramer. —' Vienne. Hartleben 1884.
- Cet ouvrage, de 200 pages, peut être considéré comme divisé en deux parties. La partie mathématique, qui ne comprend que le cinquième du volume, est un aide-mémoire dans lequel on retrouve
- aisément les formules usitées dans les applications courantes. La partie électrique est une sorte de traité abrégé d’électricité. Enonçant les lois, reproduisant les principales formules, donnant, à l’occasion, une courte démonstration et rappelant enfin les phénomènes et les appareils par des figures compréhensibles sans texte, cette deuxième partie sera une abondante source de renseignements pour celui qui sait déjà et dont la mémoire seule a besoin d’être aidée.
- DIE MEHRFACHE TELEGRAPHIE AUF EINEM DRAIITE (La télégraphie
- multiple sur un seul fil), par A.-E. Granfeld. — Collection Hartleben. Vienne 188S.
- La maison Hartleben continue son intéressante publication de petits volumes sur l’électricité et ses applications. Celui que vient d’écrire M. Granfeld, et qui porte le n° c5 de la collection, est certainement un des meilleurs. Les systèmes de télégraphie multiple se divisent en deux groupes bien distincts : ceux qui reposent sur la direction et l’intensité des courants, et ceux qui sont basés sur la division du temps.
- Dans la première partie de son livre, l’auteur a traité des systèmes multiples reposant sur la direction et l’intensité des courants, et il l’a fait avec beaucoup de soin. Il a fait précéder cette partie d’une étude sur les conditions électriques et magnétiques des électro-aimants suivant les différents modes d’enroulement, et s’est appuyé sur cette étude préliminaire dans sa description des systèmes multiples. Cette partie est fort bien traitée.
- Dans la seconde, M. Granfeld décrit succinctement les principaux appareils reposant sur la division du temps, celui de Meyer, le perfectionnement Granfeld, les appareils Baudot et Schafler, et enfin celui de M. Lacour, basé sur sa roue phonique. Cette partie, quoiqu’elle se rapporte à des appareils dont la description a été souvent publiée avec grands détails, est également bien comprise, et termine heureusement le volume.
- vade-mecum fur ELEKTROTECiiNiKER Guide des Electriciens), par E. Rohrbeck. — Berlin, A. Seydel, i885.
- On a déjà vu paraître successivement plusieurs Carnets de VElectricien. Sans être complets, ces petits volumes avaient chacun leurs qualités et formaient des recueils utiles. Celui de M. Rohrbeck, écrit surtout au point de vue des renseignements utiles en Allemagne, a le mérite d’être très compact. Les documents qu’il contient se rapportent exclusivement à l’électricité, et on y trouvera beaucoup d’indications pratiques.
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- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- D'après la lettre de M. Nothomb, insérée dans le dernier numéro, les renseignements que je vous ai adressés sur l’éclairage électrique d’un quartier d’Anvers seraient inexacts ; cependant je n’ai rien inventé : Tous ces renseignements m’ont été donnés par une personne que f avais lieu de croire aussi bien informée que M. Nothomb lui-même.
- Il est regrettable qu’au lieu de préciser les inexactitudes, M. Nothomb se contente d’une simple négation et renvoie les rectifications à une époque ultérieure ; car j’aurais de grand cœur reconnu mon erreur.
- En attendant, je me demande quels sont les points qui ont pu offusquer si fort la Compagnie générale d’électricité.
- Seraient-ce les conditions d’abonnement? Certainement non, car ce que j’en ai dit est contenu dans les polices d’abonnement, dont je vous envoie un exemplaire.
- Seraient-ce la puissance des machines et le nombre des lampes? Je ne le crois pas, car en supposant une exagération, je n'ai pas dit que toute cette force fut nécessaire, actuellement, et il est tout naturel que dans une installation de cette importance, on pense à l’avenir.
- Est-ce que ce ne serait pas plutôt les 345mm carrés de section des conducteurs? Là cependant une rectification me semble plus difficile, et j’ai vérifié moi-même cette section sur les câbles posés dans les rues. Maintenant que là aussi on ait pensé à l’avenir, je serais heureux de l’apprendre.
- Agréez, etc. '
- A. Noaillôn,
- Nous ^insérons ci-dessous la reproduction de la police d’abonnement à laquelle il est fait allusion dans la lettre précédente :
- COMPAGNIE GÉNÉRALE D ’ ÉLECTRI CITÉ Société anonyme au capital de l 35o ooo fr.
- Siège social; i5, rue 7érèzo, Bruxelles
- Contrat d’éclairage
- Entre les soussignés,
- La Compagnie générale d’électricité, dont le siège est à Bruxelles, rue Zérézo, i5, représentée par son administrateur délégué, Monsieur L. Nothomb, agissant au nom et pour compte de ladite Société, faisant élection de domicile à Anvers, rue...., n°..... d’une part,
- Et M.., demeurant à Anvers, rue...., d’autre part, il a été convenu et réciproquement accepté ce qui suit:
- Art. 1e1'. — La Compagnie générale d’électricité s’engage à fournir au second nommé l’éclairage électrique de...., rue...., au moyen de*... lampes à incandescence... de... foyers à arc voltaïque.
- Si l’installation d’éclairage qui sera faite était reconnue Insuffisante ou défectueuse, la Compagnie générale d'électricité s’oblige à y apporter toutes les modifications nécessaires afin que l’éclairage électrique soit au moins aussi beau que celui du gaz et toujours satisfaisant.
- Art. 2. — L’installation d’éclairage électrique, comprenant : fils, câbles, commutateurs, coupe-circuits, bouchons de sécurité, supports et lampes, en un mot tout le matériel ordinaire de l’éclairage électrique sera fourni, placé et entretenu
- aux frais et par les soins de fa Compagnie générale d’élec-citè, qui en restera propriétaire. A cet effet, le second nommé permettra à l’agent de la Compagnie générale d’électricité de s’assurer du bon état de l’installation, chaque fois qu’elle le jugera nécessaire. Si apres la mise en service de l’éclairage un déplacement d’appareil ou modification était demandée par le second nommé, le matériel qui pourrait être nécessaire serait fourni par la Compagnie générale d’électricité aux conditions du contrat, mais la main-d’œuvre serait payée par le second nommé au prix du tarif de la Compagnie générale d’électricité.
- Le second nommé s’engage à ne faire, sous aucun prétexte, aucune modification à l’installation d’éclairage électrique qui sera faite chez lui, et à prévenir la Compagnie générale d’électricité de toute détérioration qui aurait pu se produire.
- Si le nombre de lampes était augmenté, l’éclairage supplémentaire serait payé par le second nommé et calculé sur la base du prix du présent contrat, soit quatre centimes par lampe et par heure.
- Les lampes et appareils cassés accidentellement seront remplacés par la Compagnie générale d’électricité aux frais du second nommé aux prix du tarif de la Compagnie.
- Art. 3. — Le second nommé s’engage à payer à la Compagnie générale d’électricité^ pendant toute la durée du présent contrat, pour prix de son éclairage électrique, une somme de...., par paiements mensuels du douzième de ladite somme.
- Chaque paiement afférent à l’éclairage d’un mois sera effectué dans la première quinzaine du mois suivant.
- La somme déterminée ci-dessus pour l’éclairage d’un an s’étend pour un éclairage équivalent au maximum, à une moyenne de .... heures lampe d’éclairage par an.
- La Compagnie générale d’électricité, ne faisant pas actuellement usage de compteur électrique pour constater la consommation de courant, s’en rapporte à la bonne foi de M...? qui s’engage à n’user de l’éclairage électrique que dans les conditions de son éclairage actuel, c’est-à-dire à éteindre les lampes dès qu’elles ne lui seront plus nécessaires, comme il le fait maintenant; de telle sorte que la moyenne du nombre d’heures d’éclairage électrique ne dépasse pas la moyenne du nombre d’heures de son éclairage actuel. La Compagnie générale d’électricité se réserve toutefois la faculté d’installer un compteur lorsqu’elle le jugera convenable. Dans ce cas, l’excédent des heures de consommation sera payé au prix fixé par le présent contrat.
- Pendant toute la durée du présent contrat, le second nommé sera à l’abri de toute augmentation de prix, mais il bénéficiera pour les termes à courir de toutes les réductions qui pourront être faites sur le taux' général des abonnements.
- Art. 4. — En cas de non paiement dans le délai fixé ou de refus de la part du second nommé de permettre la vérification de l’installation et des appareils électriques de son établissement, la Compagnie générale d’électricité pourra, sans porter préjudice à aucun de ses droits, cesser la fourniture de l’éclairage.
- Art. 5. — Sauf les empêchements provenant du fait de l’autorité communale et les cas de force majeure dûment constatés, le courant électrique nécessaire à l’éclairage sera fourni par la Compagnie générale d’électricité à partir du . ...,tous les jours, depuis le coucher du soleil jusqu’à ....
- Le présent contrat aura une durée de dix ans, qui prendront cours le ...., pour expirer le ....
- Fait en double à ....
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FAITS DIVERS
- Nous avons le plaisir d'annoncer que notre directeur, M. le Docteur Cornélius Herz. vient d'ctre nommé officier de l'instruction publique.
- Dans le sous-sol du restaurant Marguerie sont montés deux moteurs à gaz de deux chevaux chacun, qui peuvent être accouplés à volonté et commandent une transmission mécanique. Celle-ci actionne divers appareils, tels que rin-ceurs d'assiettes, pilons à bisques et à sauces, malaxeurs pour purées, moulins à café, etc.
- Les moteurs à gaz commandent aussi une machine électrique génératrice (type n° 5) à double enroulement, qui donne à la vitesse de i 200 tours un courant de 110 volts aux bornes.
- Les machines réceptrices électriques sont :
- i° Un moteur n° 3, dans les caves, à plus de 100 mètres de la génératrice; il sert à faire tourner un rince-bouteilles.
- 20 Un petit moteur n° 2 qui donne le mouvement à une brosse rotative pour parque,s, imaginée par M. Daguin. Des prises ds courant sont ménagées dans chacun des salons, sous les banquettes; il sulfit d’y greffer deux fils de dérivation qui aboutissent au moteur en passant par le manche de la brosse. Ces fils souples permettent de porter la brosse dans les coins de la pièce. L'appareil rend de réels services, car le nettoyage exigeait auparavant un nombreux personnel, à cause du peu de temps dont on dispose pour débarrasser les salons et les remettre en état de recevoir de nouveaux clients.
- L'installation mécanique et électrique a permis à M. Marguerie de réaliser des économies importantes sur la main-d'œuvre et aussi sur la casse de la vaisselle et des bouteilles. 11 ne reste plus maintenant qu'à profiter de la présence de l'électricité pour substituer au gaz des lampes à incandescence.
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- L'Exposition d'électricité que la Société internationale des électriciens organise dans les salles de l'Observatoire de Paris avec le bienveillant concours de M. l’amiral Mouchez, sera ouverte le dimanche i5 mars prochain.
- Le nombre et la quantité des demandes d'admission parvenues ou annoncées jusqu’à ce jour, assurent l’intérêt de cette Exposition, qui inaugurera la série des expositions spéciales préparatoires à celle de 1889.
- La Société désire faire savoir aux intéressés que les demandes d'admission seront reçues jusqu’au 10 février prochain, au siège de la Société, 3, rue Séguier, à Paris.
- Sir William Thomson a accepté les fonctions d'électricien-conseil aufirès des inventeurs réunis des systèmes de traction électrique en Amérique, à la condition de ne pas être obligé de quitter l'Angleterre. On a proposé de limiter les expériences pour chaque système à une seule journée, mais les résultats seraient, dans ce cas, d'une nature peu concluante, puisque la meilleure machine pourrait facilement, par suite d'un réglage défectueux, fonctionner le premier jour moins bien que la plus mauvaise.
- La commission anglaise, pour déterminer les mesures à prendre afin de diminuer les accidents des mines de charbon, s'est réunie à Londres, le 14 janvier, sous la présidence de M. Warrington, dans les bureaux de Victoria Street. Il a été, paraît-il, principalement question de l'emploi de la lumière électrique.
- On vient de recevoir* pour la première ibis, la statistique de tous les accidents causés par la foudre dans le cours de l'année dernière.
- Depuis longtemps 011 réunissait les documents des années précédentes et, d’après les calculs établis, on peut affirmer que la foudre a tué 4 609 personnes en France seulement, depuis que l’on a commencé à compter ses victimes. C'est près de cent par an, en moyenne, et c'est souvent davantage.
- Depuis quelques années, on avait pris soin, dans cette statistique, de distinguer les sexes, et l'on remarque que la foudre s’abat de préférence sur le sexe fort et respecte un peu plus le beau sexe. On a imaginé diverses causes à cette galanterie du tonnerre. Elle est due, sans doute, tout simplement à ce qu'il y a moins de femmes que d’hommes exposées dans les travaux des champs.
- On compte, depuis 1854, jusqu'à cette année, c'est-à-dire dans une période de trente ans, 2,222 hommes et 929 femmes, et encore ce sont là des individus tués net. Il y a environ autant de bïessés et cinq fois plus de personnes atteintes. Le nombre des morts par suite de blessures ou paralysies est relativement restreint.
- Les années où l'on compte le plus de victimes sont : 1874 (i;8 tués), 1878 ( 156), i83i (147), i883 (143).
- On a notamment observé que ce sont des années aux étés chauds et orageux, la plupart du temps remarquables par l'excellence de leurs vins.
- Il y a aussi des départements où il ne tonne presque jamais, et où les victimes de la foudre sont naturellement très rares. Il en est d'autres, au contraire, qui payent régulièrement leur tribut chaque année.
- Un des plus mémorables exemples des caprices de la foudre est celui dont le pasteur Butler fut témoin oculaire à Niverdon (Angleterre), le 27 juillet 1691. Dix moissonneurs s’étaient réfugiés sous une haie. La foudre éclata et tua raide quatre d’entre eux qui restèrent comme pétrifiés. L’un gardait entre ses doigts la prise de tabac qu'il allait aspirer. Un autre tenait sur ses genoux un petit chien foudroyé et lui offrait de la main droite un morceau de pain. Uu troisième était assis avec les yeux ouverts, regardant l’orage. La catastrophe avait été si subite que les visages n’avaient même pas eu le temps de prendre une expression douloureuse.
- Etonnez-vous donc, après cela, que les anciens, qui ignoraient l’électricité, aient qualifié de prodiges et mis, sans façon, sur le compte des dieux une foule de faits que nous expliquons facilement aujourd’hui par le jeu des forces de la nature.
- Il est assez curieux de voir que l’appareil qui a le plus grand succès et qui attire le plus de curieux à l’Exposition d’électricité de Boston, est le phonographe, qui n’a ab-so'ument rien d’électrique.
- Éclairage électrique
- Ou annonce que les becs de gaz de l'Hippodrome vont être remplacés par 800 lampes à incandescence du système Edison. L’inauguration du nouvel éclairage aura lieu à lu réouverture de l'établissement.
- A la suite îles essais du nouvel éclairage électrique de l’Opéra, on a dû modifier les premières dispositions. Les foyers Cance que l'on avait l'intention de placer à l’intérieur du lustre ont été supprimés, et l’on s'est contenté d'installer 120 lampes Edison de 16 bougies. L'effet ainsi ob*
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- tenu est très gracieux et la salle y gagne beaucoup de lumière.
- On sait que toutes les boutiques du passage des Panoramas et de ses vastes annexes communiquent entre elles par des galeries en sous-sols parfaitement aérées et très claires; il a paru à l’Agence générale d'électricité, qui a ses bureaux et son dépôt d’appareils dans une de ces galeries, qu’il serait facile d’installer chez elle-même, dans son sous-sol, une petite station qui fournirait de la lumière à ses voisins.
- Elle s’est mise rapidement à l’œuvre, et, depuis le 10 janvier, elle alimente par un câble en sous-sol une centaine de lampes Woodhouse de 14 bougies, à la grande satisfaction des premiers abonnés qui ont souscrit à ses conditions. Elle fait payer l’installation intérieure des fils et des lampes au prix très réduit de son tarif et fournit le courant nécessaire à l’éclairage à un prix calculé avec une augmentation de 5o 0/0 sur la consommation correspondante du gaz.
- Le consommateur retrouve largement cette dépense en excédant de lumière, sans compter le bien-être par la chaleur en moins, les dangers d’explosion écartés, les peintures et autres objets de valeur qui ne subissent plus aucune détérioration.
- On peut voir tous les jours dans le sous-sol de l’agence cette toute nouvelle installation qui ne manquera pas de trouver rapidement des imitateurs.
- La place était limitée, puisque la boutique du 7, galerie des Variétés, ne mesurait que 3 mètres de large sur 6m,5o de long.
- On a pourtant placé là une machine à gaz Otto de 4 chevaux : une courroie placée directement sur le volant de ce moteur actionne une dynamo d’un modèle construit spécialement pour la charge des accumulateurs; enfin une batterie de 21 accumulateurs du type Faure-Sellon-Volckmàr, sortant des ateliers de la rue de Courcelles, complète tout l’agencement.
- Le régime de charge est de 3o ampères, ce qui permet d’emmagasiner en 12 heures 36o ampères ;' le courant de sortie qui est pris sur les accumulateurs est distribué par des commutateurs placés sur un tableau indiquant le nom des abonnés, dans chaque installation un appel correspondant à chacun des clients permet d’envoyer le courant dans chaque circuit sitôt que la lumière est demandée.
- Nous citerons parmi les abonnés M. Stem, le graveur, auquel revient en grande partie l’initiative de ce premier essai de distribution à distance.
- Disons que cette petite station n’a été faite qu’en vue d’étudier un projet plus important pour démontrer au propriétaire qu’on peut faire, sans bruit ni trouble, une véritable usine, capable d’éclairer tous les locataires du passage, et au besoin le théâtre des Variétés, dont le directeur regrette encore la suppression, qui lui avait été imposée, de son moteur..
- Les expériences comparatives d’éclairage à bord du navire de guerre Le Colossus, à Portsmouth, ont commencé à 7 heures du matin, le i5 de ce mois. Le vaisseau est éclairé par le système de l’Anglo-American Brush C°, et les trois dynamos sont actionnées par des machines Bro-therhood d’environ i5 chevaux. L’installation, qui s’étend à toutes les parties du navire, est la plus complète qui ait jamais été faite dans un navire de guerre. La lumière à arc, qui est encore employée à bord de l’inflexible, a été entièrement écartée et on n’a installé que des lampes à incandescence de 10 à 20 bougies exclusivement. On croit que ces essais démontreront les avantages économiques de l’éclairage électrique; mais, en tout cas, la supériorité de l’éclairage électrique, au point de vue de la clarté et du comfort, est incontestable. Les expériences ont été continuées sans
- interruption, jour et nuit, jusqu’au 22 janvier. La vapeur était fournie par une chaudière à une pression de 60 livres et prise par les machines à une pression de 40 livres, la vitesse étant maintenue autant que possible à 38o tours par minute, qui suffisent pour représenter une force électromotrice de 80 volts aux bornes des dynamos. Depuis 7 heures du matin jusqu’à 6 heures du soir, une certaine partie du navire était éclairée par 139 lampes de 20 et 46 lampes de 10 bougies alimentées par une seule dynamo. Depuis 6 heures jusqu’à 11, on employait 191 lampes de 20 et 97 lampes de 10 bougies avec deux dynamos, tandis que le nombre des lampes, de 11 heures à 7, était le même que de 7 à 6 heures. On a constaté pendant la journée que chaque lampe de 20 bougies demandait une intensité de courant de 0,77 ampère, et celles de 10 bougies 0,40 ampère. La 'température, dans le compartiment des dynamos, était de 84 degrés.
- A l’occasion d’un bal récent, MM. Woodhouse et Ravvson ont installé la lumière électrique au Crown Hôtel, à East Grindstead. en Angleterre. L’intérieur était éclairé par des lampes à incandescence et l’extérieur, ainsi que la rue, par des foyers à arc. L’installation comprenait 2 mb* teurs Marshall de 7 chevaux, deux machines B urgin, 100 lampes à incandescence Woodhouse et Rawson et 2 foyers à arc Crompton de 3ooo bougies. Tout le travail a été terminé en trois jours, et les dynamos ne sont arrivées que dans la soirée avant le bal. Il a encore fallu construire un hangar pour les moteurs et les dynamos. Les lampes ont commencé à fonctionner à 4 heures de l’après-midi, le jour même éu bal, et tout a parfaitement marché jusqu’à 4 heures et demie du matin.
- La lumière électrique vient d’être installée au nouveau bassin de Cernotood, actuellement en construction à Govan. L’installation qui fonctionnera jusqu’à la fin des travaux se compose de cinq foyers à arc Crompton de 2000 bougies. Le travail sera maintenant continué nuit et jour.
- MM. Aider et C0 viennent de terminer la construction d’un paquebot sur le même modèle que le Kaïkoura, pour la New Zealand Shipping C°. Le salon des dames, les corridors, le fumoir, le grand salon et les cabines sont éclairés à la lumière électrique à incandescence, mais en cas d’accident, le navire est encore pourvu de lampes à huile sur le modèle le plus perfectionné.
- L’éclairage électrique de l’Hôtel des Postes, à Glasgow, n’ayant pas donné satisfaction, et le contrat de l’ancienne Compagnie étant expiré, on va maintenant essayer un autre système. Les nouveaux entrepreneurs ont fait des changements considérables à l’installation, tous les fils ont été placés sous les planchers, et un hangar spécial a été construit pour les machines.
- Le nouveau contrat a été fait pour 5 ans.
- Dans une féerie intitulée Les Quarante Voleurs, qui se joue actuellement à Nottingham, en Angleterre, chacun des quarante voleurs porte trois petites lampes à incandescence, l’une sur la lance, l’autre sur le casque et la troisième sur le bouclier, de sorte qu’il y a, à un moment donné, 129 lampes en fonction à la fois. Ces lampes sont alimentées par 376 éléments de pile qui demandent 20 litres de solution pour les charger. Chaque acteur porte une pile composée de 9 éléments au bichromate, dont trois sont utilisés pour chaque lampe. Les fils sont placés à l’inté-
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- rieur des costumes. Les charbons étant doubles pour chaque élément, il y a 376 zincs et 752 charbons en tout. Les 9 éléments mesurent 8 pouces par 2 1/2 et 4 pouces de hauteur, et afin de pouvoir allumer toutes les lampes, il faut faire r 640 communications. Ces lampes ont été fabriquées par la maison Opperman frères.
- La Simplex Electric Light C° vient d’installer la lumière électrique dans l’usine de MM. Trusen et Roby à Patricroft, près de Manchester. L’installation comprend un certain nombre de lampes à incandescence Millier, alimentées par une dynamo et par un petit moteur horizontal.
- Les mines de Tirpentwy sont maintenant éclairées à l’extérieur par la lumière électrique. L’installation fonctionne parfaitement bien, et plusieurs autres Sociétés minières du voisinage ont également l’intention d’adopter le nouve éclairage.
- L’administration de l’Exposition internationale au palais Alexandra, à Londres, a traité avec la Compagnie Gulcher pour l’éclairage du palais et du jardin à la lumière électrique à arc et à incandescence. L’installation sera une des plus considérables en Angleterre.
- Le théâtre de Monaco va être éclairé entièrement à la lumière électrique. On se servira d’un nouveau modèle de lampe à incandescence qui donnera, il paraît, de nouveaux effets scéniques de lumière colorée. Les conducteurs se composeront de six câbles souterrains.
- A l’occasion de l’Exposition internationale d’électricité de Munich, Son Exc. M. le baron de Perfall, Intendant général, a pris l’initiative d’une série d’expériences d’éclairage électrique sur une scène de théâtre provisoire en présence de tous les directeurs de théâtres allemands. Ces expériences ainsi que les nombreux essais qui, pendant neuf mois, ont été faits au théâtre de la capitale par la Société allemande Edison, ont démontré la sécurité que présente cet éclairage contre l’incendie, la fixité et la couleur agréable de la lumière, et les recherches du professeur Dr Pettenkofer, ont également prouvé l’amélioration extraordinaire de l’atmosphère par l’emploi de la lumière électrique au lieu du gaz, de sorte que la direction du théâtre Royal de la cour a chargé la Société allemande Edison de l’installation définitive de la lumière électrique dans les deux théâtres royaux.
- A l’exception de la nouvelle station centrale d’électricité que construit la Société Edison à Berlin, cette installation constitue juiqu’ici la plus importante application de la lumière électrique en Allemagne.
- Les machines génératrices se composent de 6 grands dynamos Edison dont 5 sont capables d’alimenter chacune 450 lampes de 16 bougies, et la sixième 25o de la même intensité lumineuse. Cette dernière est surtout destinée à l’éclairage dans la journée.
- Toutes ces machines sont actionnées par 3 moteurs à vapeur Compound à grande vitesse d’environ 35o chevaux spécialement construits pour l’éclairage électrique. La vapeur est fournie par 3 chaudières avec une surface de chauffe de 85 mè 1res carrés chacune. On pourra utiliser les charbons bavarois dans ces chaudières, tandis qu’on n’a pas pu s’en servir pour la fabrication du gaz.
- Comme il est nécessaire de pouvoir éteindre ou allumer des centaines de lampes dans les deux théâtres selon les besoins du service et sans entente préalable avec le person-
- nel des machines qui se trouve dans un bâtiment spécial derrière l’hôtel des Quatre-Saisons, il a fallu prendre les mêmes dispositions dans le compartiment des machines que dans une station centrale d’électricité. On y a installé des appareils qui permettent de modifier les machines comme les moteurs pendant la .marche, selon le courant dont on a besoin et sans la moindre influence sur la fixité de la lumière.
- Un certain nombre de différents appareils de contrôle optiques et acoustiques indique à toute heure le nombre de* lampes en fonction, le courant fourni par chaque machine, l’intensité lumineuse des lampes qui brûlent dans le théâtre ainsi que tous les défauts qui pourront se présentér dans les conducteurs, etc.
- Le courant passe dans 8 câbles, dont l’âme de cuivre a 3i5mm carré de section, ils sont d’abord couverts d’une couche isolante épaisse, ensuite entourés de plomb; au-dessus du plomb vient une couche de jute goudronné qui, à son tour, est couverte d’une armure en fer, et en dernier lieu vient une couche d’asphalte. Les câbles sont conduits sous terre à un mètre de profondeur, jusqu’au théâtre une distance de 280 mètres.
- Dans les théâtres, le courant parcourt un réseau de plus de 5o kilomètres pourvu de nombreux commutateurs et appareils de sûreté pour empêcher réchauffement des conducteurs. Le courant arrive enfin aux 2 5oo lampes Edison qui éclàirent les deux scènes et les salles de spectacles. Dans les deux théâtres il se trouve un grand nombre d’appareils de réglage qui permettent de grouper les lampes ensemble à volonté et d’en régler l’intensité lumineuse.
- Un rhéostat d’environ 20 kilomètres de fil de maillechort sert à régler le courant, de sorte qu’il n’arrive aux lampes que la quantité d’électricité nécessaire pour produire l’effet voulu.
- Dans le Théâtre de la Cour, le principal appareil de réglage est disposé sous la scène à côté du trou du souffleur* de sorte que l’employé chargé de son maniement peut toujours regarder la scène et observer l’effet produit. Cet appareil permet de régler l’éclairage des herses, des coulisses, du clair de lune, de la rampe et des lustres pour l’éclairage extraordinaire des fêtes; mais en dehors de celui-ci, il y a encore derrière chaque coulisse un appareil spécial qui permet de régler les lampes qui se trouvent en cet endroit.
- Les changements de couleur de la lumière ne se font pas comme auparavant sur quelques points seulement de la scène, mais dans toutes les lampes à la fois, et selon un nouveau système perfectionné et breveté par le mécanicien en chef, M. Lautenschlæger.
- L’éclairage à effet au moyen de foyers à arc, peut se faire directement par les conducteurs derrière chaque coulisse, de sorte qu’on n’a pas, comme jusqu’ici, besoin d’une installation de machines séparée dans ce but.
- Les travaux considérables et difficiles qui demandent des connaissances techniques et une expérience extraordinaire pour les nombreuses applications d’une installation de ce genre, ont été rendus encore plus difficiles et retardés par la circonstance qu’il ne fallait pas entraver le fonctionnement du théâtre royal.
- Nous pouvons encore mentionner que les théâtres de Briinn, de Prague et de Stuttgart, aussi bien que ceux delà Scala et de Manzoni, à Milan, sont entièrement éclairés par la lumière Edison, et que les travaux pour l’installation dé ce système dans les deux théâtres royaux de Berlin, sont déjà commencés.
- La salle des séances du Conseil municipal, à Berlin, a été pourvue de lampes à incandescence portatives, placées sur les tables et munies d’écrans verts. On a observé que les globes s’échauffaient tout autant que ceux des lampes à gaz et à pétrole. La lumière même fonctionnait parfaitement bien.
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- Dans quelques jours, l’installation de la lumière électrique dans les chantiers de l’Etat allemand, à Wilhelmshafen sera entièrement terminée et un essai général en sera fait avant la remise de l’installation à l’administration. Le vaisseau-école le Mars a également été pourvu de So lampes à incandescence.
- La direction du chemin de fer à Francfort a fait faire des expériences d’éclairage électrique des trains, entre Fulda et Elm. La dynamo marchait à 7S0 tours et donnait 80 volts et 12 ampères et se trouvait à un côté d’un wagon de marchandises couvert, elle était actionnée par l’axe d’une paire de roues, avec lequel elle communiquait par des courroies de transmission. Une pile de 20 accumulateurs servait à remédier aux irrégularités dans la production du courant, causées par les changements de vitesse du train. Ces accumulateurs ont été intercalés automatiquement dans le circuit, à chaque arrêt du train, ou dès que la vitesse descendait au-dessous de 3o kilomètres par heure. Les frais se sont élevés à 10 centimes par lampe et par heure, d’après ce qu’on dit.
- La semaine dernière les Bruxellois ont patiné sur le lac du Bois de la Cambre, qui était éclairé à l’électricité pour la circonstance, aux frais de la Compagnie des tramways à vapeur d’Ixelles.
- Une exposition des différents systèmes de lumière électrique et du gaz aura lieu cette année au palais du Midi, à Bruxelles.
- Le régiment de cuirassiers de l’impératrice de Russie et la garde particulière de l’empereur, ont installé dans le manège de Saint-Pétersbourg un arbre de Noël éclairé avec des lampes à incandescence Edison.
- La maison Ferrer, Collin et Ce, à Barcelone, a fait placer devant ses magasins d’horlogerie deux foyers à arc. L’installation a été faite par la Sociedad Espanola de Electri-cidad.
- Télégraphie
- Voici le texte du décret modifiant le service du réseau pneumatique de Paris :
- Le Président de la République française,
- Vu l’article 2 de la loi du 21 mars 1878,
- Vu les décrets des 2S janvier 1879, 22 mai 1880, 27 décembre 1881, 9 janvier et i5 novembre 1884,
- Sur le rapport du ministre des postes et télégraphes,
- Décrète :
- Art. icr. — A partir du i5 janvier i885, le service des télégrammes spèciaux échangés à l’intérieur de Paris par les tubes pneumatiques comportera, indépendamment des cartes-télégrammes et des télégrammes fermés, l’envoi de dépêches placées sous des enveloppes spéciales, timbrées d’avance, et mises à la disposition du public par les soins du ministère des postes et des télégraphes, au prix de 75 centimes.
- Le poids total de ces dépêches, y compris l’enveloppe, ne pourra excéder 7 grammes.
- Elles ne devront renfermer ni corps durs, ni valeurs quelconques.
- Les dépêches qui ne rempliraient pas les conditions indiquées au présent article seraient expédiées par la poste.
- Art. 2. — Sauf les modifications résultant de l’article précédent, les dispositions des décrets relatifs aux cartes-télégrammes et aux télégrammes fermés, seront applicables aux dépêches qui font l’objet du présent décret.
- Art. 3. — Le ministre des postes et des télégraphes est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lois.
- Fait Paris, le i3 janvier 188?.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République : l.e ministre des postes et des télégraphes,
- A. Cochery.
- Trois nouveaux bureaux viennent d’être ouverts à la télégraphie électrique officielle et privée à Kep, Muxuyers et Chu. Les taxes seront les mêmes que celles du Tonkin. Lesdits bureaux seraient affectés également au service postal.
- Le lieutenant d’infanterie Saillard a été désigné par le général Brière de l’Isle pour organiser des postes de télégraphie optique, qui servent exclusivement aux colonnes en marche.
- Cet officier a rempli la mission qui lui était confiée, et les stations déjà installées rendent les plus grands services.
- Malheureusement, les stations du télégraphe optique ne sont point assez nombreuses pour assurer partout le service. La faute en est au manque de matériel. Cette lacune va être comblée, et le Cachar, actuellement en route pour le Tonkin, prend à son bord tous les appareils nécessaires à l’installation de nouveaux postes.
- Le nombre des dépêches reçues à Leicester, en Angleterre, a augmenté de 19 000 pendant l’année i883, tandis que l’augmentation de l’année dernière sur i883, a été de 22000. Les appels au bureau central des téléphones en
- 1883 étaient de 45 148, et en 1884 de S7949. Au mois de décembre i883 les appels s’élevaient à3 53i; le même mois en
- 1884 en comptait 6 276, ou presque le double. Pendant les premiers quinze jours de cette année on a établi 4 297 communications. Le plus grand nombre eu une heure a été de 80, et en une journée 502, ou en moyenne 8 par abonné.
- Le câble entre Neu-Werk et l’ile d’ilelgolaud est interrompu.
- L’Eastern Telegraph C° vient de faire construire un steamer destiné à placer et à réparer les câbles de la Société. Le nouveau bateau a reçu le nom d’Electra et ressemble en tous points au steamer Magneta, qui fut lancé il y a un mois pour le service des câbles de l’Eastern Extension, Australasia and China Telegraph C°.
- En vue des avantages que présenterait une communication télégraphique entre l’Angleterre et les colonies anglaises de la côte d’ouest de l’Afrique, le gouvernement anglais se propose de demander au Parlement d’accorder une subvention pour la pose, le maintien et l’exploitation d’un câble télégraphique sous-marin entre Saint-Vincent (îles du cap Vert) et Bathurst, Sierra Leone, Accra, et de là à un endroit sur la côte à l’guest de la colonie Victoria, dans la baie d’Ambas, soit directement soit en touchant en route à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Lagos, ou bien à Lagos et à un autre point sur le Tigre. Le dernier délai pour la réception des soumissions a été fixé a jeudi, le 12 février. Celles-ci doivent être adressées au secrétaire du bureau central des Postes à Londres.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre. depuis le Ier avril 1884 jusqu’au 17 janvier i885, se sont élevées à 35 millions 1/2 de francs; l’année précédente, la même somme n’a été réalisée que le 19 janvier.
- Le nouveau câble reliant la station du Lloyd sur le rocher de Fastreet à la terre vient d’être posé, et à la date du i5 de ce mois, il ne restait qu’à établir la communication avec la ligne terrestre allant au bureau télégraphique de Crook-haven.
- Le prix des dépêches entre New-York et Boston est maintenant réduit à 5o centimes pour 10 mots, sans compter l’adresse et la signature, qui sont libres pour toutes les dépêches en Amérique comme en Angleterre, excepté sur les câbles. __________
- La Baltimore and Ohio Telegraph C° fait construire en ce moment une ligne en cuivre qui traverse les Etats de Kentucky et Tennessee. II paraît que les nègres grimpent sur les poteaux, dès que le fil est placé, pour le voler et en enlèvent parfois jusqu’à un mille à la fois. Rien de semblable n’a jamais eu lieu pour le fil de fer, et la Compagnie pense sérieusement à abandonner le fil de cuivre.
- Le système télégraphique au Canada est entre les mains de Sociétés particulières autorisées par le Parlement. La plus considérable de ces Compagnies est la Great North Western Company of Canada, qui fut formée par la fusion des anciennes Compagnies de Montreal et Dominion, et possède aujourd’hui 3i 673 milles de fil en fonction, avec 17042 poteaux. Le prix d’une dépêche de 10 mots (sans compter l’adresse et la signature), est de 'i fr. 25, avec un sou pour chaque mot en plus. On peut télégraphier à une distance de 1 3oo milles à ce prix. La taxe pour les dépêches de la presse est de 1 fr. 25 seulement pour 100 mots, et le nombre de mots reçus dans la ville de Toronto seule, pendant une année, s’est élevé à 10807668. La Canadian Mutual Telegraph possède également des lignes ainsi que le gouvernement même.
- Le système téléphonique fonctionne activement dans presque tontes les villes du Canada; rien qu’en Ottawa le réseau comprend plus de 100 milles de fil pour une population de 28 000 habitants.
- j Téléphonie
- Les abonnés du téléphone viennent de recevoir la circulaire suivante :
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES (Reseaux téléphoniques et Constructions électriques)
- Société anonyme au capital de 25 millions de francs .|l, rue Caumartin
- Paris, le 16 janvier i885.
- Monsieur,
- Ainsi que l’indique votre contrat d’abonnement, les correspondances téléphoniques ne peuvent avoir pour objet que les lisages personnels des abonnés.
- Le nouveau cahier des charges établi par M. le ministre des postes et des télégraphes et portant la date du 18 juillet 1884, confirme de nouveau cette obligation dans les termes suivants :
- « Art. 2. — Les communications ne pourront être de-« mandées et utilisées que par les signataires de l’abonne-« ment, leurs employés et les personnes demeurant avec « eux; elles devront être strictement limitées à l’usage par-« ticulier des abonnés, et utilisées seulement à partir de « leur domicile, toute communication faite au profit de tiers « non abonnés étant rigoureusement interdite. »
- « Il sera notamment interdit aux abonnés d’autoriser, « moyennant une rétribution quelconque, qui que ce soit à faire usage de leurs appareils, toute infraction à cette « règle pouvaut entraîner la résiliation du contrat d’abonne-« ment, avec dommages et intérêts, sans préjudice des * autres poursuites qui pourraient être intentées aux con-« trevenants. »
- En vous rappelant ces dispositions strictes et formelles auxquelles chaque abonné est tenu de se soumettre, et dont M. le ministre des postes et des télégraphes, par une lettre que nous venons de recevoir, nous rappelie l’application en termes formels; je ne saurais trop insister sur ce point, que si votre appareil était mis à la disposition de personnes autres que celles désignées à l’article 2 précité du cahier des charges, vous vous exposeriez à des poursuites et à l’interruption d’office de vos communications.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
- UAdministrateur délégué, Richard.
- L’United Téléphoné O vient d’ouvrir un bureau central à Devonport, au milieu de la ville. L’hôpital Albert, la station principale des pompiers, ainsi que le bureau central des Postes, seront reliés sous peu, et les abonnés pourront recevoir et envoyer leurs télégrammes par téléphone.
- La Lancashire et Cheshire Téléphoné O vient d’installer treize différents bureaux téléphoniques à Manchester, où le public pourra correspondre avec les abonués du réseau. La taxe est de 3 pence pour trois mioutes de conversation dans la ville même, et 6 pence pour le même espace de temps si l’abonné réside dans une autre ville. D’autres bureaux du même genre ont été installés à Liverpool, Preston, Black-burn, etc.
- 1 Le bureau central téléphonique de la National Téléphoné C° à Inverness, a été inauguré la semaine dernière avec environ 5o abonnés, comprenant les principales maisons de la ville et des faubourgs.
- Plusieurs villes environnantes, comme Nairn et Dingwall, seront prochainement reliées au réseau d’Inverness.
- Nous avons annoncé que les autorités locales de plusieurs villages sont opposées au passage, sur leur territoire, de la ligne téléphonique entre Francfort et Mannheim, et que l’affaire allait être portée devant les tribunaux. D’après nos renseignements, l’administration des Postes et Télégraphes a préféré modifier le tracé de la ligne en passant autour des communes en question.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Parie. ~ Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 54174
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 7 FÉVRIER 1885 N» 6
- SOMMAIRE. — L’Exposition d’électricité de Philadelphie; Aug. Guerout. — Sur les industries électriques; Frank Geraldy. — Les indicateurs de vitesse; G. Richard. — Le laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne (4° article); H. Ledeboer. — Chronique de l’étranger: Allemagne; Dr Michaelis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Dangers des générateurs mécaniques d’électricité; moyens de les éviter, par A. d’Arsonval. — Conductibilité électrique de l’eau contenant en dissolution de l’acide carbonique; Méthode pour mesurer la résistance des liquides soumis à de hautes pressions, par E. Pfeiffer. — La force électromotrice de l’élément Daniel!, par le Dr E. Kittler. — Les nouvelles lampes Fein.— Faits divers.
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- DE
- PHILADELPHIE
- Nous tenons, en commençant ce compte rendu, à rendre hommage et à adresser nos remerciements à notre directeur, M. le Dr Cornélius Herz, dont la libéralité a permis à six des collaborateurs de La Lumière Electrique de visiter l’Exposition d’électricité de Philadelphie et, se divisant ensuite en plusieurs groupes, de parcourir les principales villes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et des Antilles, pour y étudier les progrès de l’électricité appliquée.
- La publication des documents que nous avons recueillis comprendra deux parties. Dans la première, dont le présent article est le commencement, nous donnerons la description des principaux appareils exposés à Philadelphie. Dans la seconde, nous nous efforcerons de faire connaître, d’une façon aussi complète que possible, l'état actuel des applications de l’électricité en Amérique, dans ce pays où la télégraphie, la téléphonie et l’éclairage électrique ont fait de si rapides progrès comme applications industrielles.
- Projetée dès 1882, l’Exposition d’Electricité de Philadelphie avait été préparée de longue date.
- Les promoteurs de cette entreprise étaient les membres du Franklin Institute de Philadelphie. Leur projet fut approuvé par le gouvernement des Etats-Unis dès le commencement de l’année i883, et ils constituèrent un comité général de l’Exposition ainsi composé ;
- William D. Marks, directeur. Edwin J. Houston, électricien, Charles H. Banes, Président.
- William P. Tatham. Charles Bullock. Frederick Graff. Joseph E. Mitchell. Samuel Sartain. Washington Joncs.
- A. E. Outerbridgë, Jr, William D. Marks. Cyrus Chambers, Jr. Addison B. Burk.
- E. Alex. Scott.
- G. Morgan Eldridge. Levis S. Ware.
- Chas. J. Shain.
- C. Wesley Lyons. Edward Longstreth. Chas. E. Ronaldson. William Sellers. Frederick Fraley.
- John J. Weaver. Joseph M. Wilson. Colemann Sellers. Isaac Norris, Jr. Théodore D. Rand.
- J, Vaugan Merrick. Henry R. Heyl.
- William B. Cooper. Hugo Bilgram. Charles Faser.
- John Baird.
- Chas. M. Cresson. Horace ,W. Sellers. David Brooks. Henry Morton. Edwin J. Houston. William H. Thorne. Persifor Frazer. Enoch Lewis. William Helmc.
- C. Chabot.
- Pliny E. Chase. Hector Orr.
- Robert E. Rogers. Jules Viennot.
- Luigi d’Auria.
- S. R. Marshall.
- M. B. Snyder. Raphaël Éstrada.
- N. H. Edgerton. Coleman Sellers, Jr. Louis H. Spellier.
- William H. Wahl, secrétaire.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En outre, il fut formé plusieurs comités spéciaux, dont les présidents étaient les suivants :
- Finances.
- Frederick Fraley, Président.
- Emplacement. Charles Bullock, Président.
- Transport.
- Enoch Lewis, Président.
- Classification.
- Pliny E. Chase, Président.
- Bâtiments et machines. Frederick Graff, Président.
- Règlements et Statuts. Coleman Sellers, Président.
- Règlements des douanes. Charles Bullock,Président,
- Correspondance et publicité. William H. Wahl, Président.
- Pendant la dernière partie de Tannée i883, le Franklin Institute donna à son idée une publicité considérable et dès le mois de septembre de cette même année, l’avis suivant fut envoyé dans le monde entier :
- Exposition Internationale d’Electricité, de machines et appareils électriaues â Philadelphie, Pennsylvanie (Amérique du Nord).
- Le Président et les membres du Franklin Institute de l’Etat de Pennsylvanie ont l’honnenr de porter à la connaissance et à l’attention de toutes les personnes de l’univers entier qui s’intéressent à la propagation et à l’application de l’électrtcité, qu’une exposition internationale d’électricité, de machines et d’appareils électriques, aura lieu à Philadelphie.
- L’ouverture est fixée au 2 septembre 1884.
- La haute et éminente réputation dont jouit le Franklin Institute encouragera tous ceux qui sont animés des progrès de la science à apporter leur concours à l’intérêt spécial et au succès de cette exposition, organisée sous les auspices et patronage du Franklin Institute, et consacrée à augmenter l’importance scientifique et industrielle des branches qui s’y rattachent, qui se sont découvertes et développées si rapidement aux Etats-Unis. Le caractère international de cette exposition trouvera un grand appui dans le monde entier, et tous les amis du progrès des sciences et des arts y concourront certainement avec chaleur et enthousiasme.
- A cet effet, un projet de loi a été soumis au Congrès, à Washington, qui l’a voté à l’unanimité, et a été approuvé, promulgué et décrété par le Président de la République1 des Etats-Unis.
- mécaniques en 1884, dans la ville de Philadelphie, seront admis en franchise de tous droits de douane ou autres frais, et conformémeut aux règlements qui seront prescrits par le Secrétaire du Trésor, pourvu que les articles, en cas de retrait de l’exposition, pour eue vendus ou livrés à la consommation aux Etats-Unis, soient soumis aux droits de la douane, si ces articles y sont imposés à la date de leur importation.
- « 20 Dans le cas où les articles importés sous le bénéfice de la susdite loi seraient retirés de l’exposition pour être vendus ou livrés à la consommation, sans que les droits imposés eussent été acquittés, toutes les pénalités prescrites par la loi sur l’impôt seraient appliquées en toute rigueur, avec recours, s’il y a lieu, contre qui de droit. »
- Tous les efforts seront faits par le Franklin Institute, et rien ne sera épargné pour assurer une large et importante représentation aux progrès accomplis dans les pays étrangers, et les dispositions les plus libérales seront prises pour que les exposants européens et d’autres pays, aussi bien que les américains, soient traités sur un pied d’égalité absolue.
- L’électricité et ses applications attirent maintenant l’attention du monde entier, et les expositions simultanées des inventions les plus importantes de l’Europe et de l’Amérique ne peuvent manquer d’être instructives au plus haut degré.
- Tous les renseignements relatifs aux règles et mesures de l’exposition adoptées par le Franklin Institute, ainsi que ceux relatifs aux envois, transports, expéditions, réceptions, formalités en douane et enfin tous autres généralement quelconques qui pourraient être utiles et nécessaires aux exposants, devront être demandés directement au Secrétaire général, qui s’empressera de les transmettre dans le plus bref délai possible.
- Le Secrétaire général,
- William H. Wahl.
- Le Président du Franklin Institute,
- William P. Tatham.
- Tous renseignements, lettres, demandes, devront être adressés au Secrétariat général, Palais de l’Institutc, n° 15, S., 7th Street, Philadelphie.
- A la suite de cette invitation générale, d’autres publications suivirent, parmi lesquelles il faut citer comme les plus importantes, la loi votée par le congrès et le règlement général de l’exposition. Nous reproduisons ci-dessous ces deux documents :
- Exposé de la loi votée :
- « Le Franklin Institute de l’Etat de Pennsylvanie pour l’encouragement des arts mécaniques propose d’ouvrir une exposition internationale d’électricité, d’appareils et machines électriques, instruments, outils et généralement tout ce qui est nécessaire et utile aux progrès de la fabrication et aux recherches de la science. En conséquence, pour encourager par tous les moyens possibles le succès d’une semblable exposition, pour servir au progrès et à la propagation des connaissances scientifiques :
- « Le Sénat et la Chambre des députés, réunis en Congrès, ont voté :
- « i° Que tous les articles qui seront importés dans le but de figurer à l’exposition qui sera ouverte sous lesaus-pices et patronage du Fçanklin Institute de l’Etat de.Penn-sylvanie pour l’encouragement des sciences et des arts
- Loi votée par le Congrès et circulaire du ministre des finances des Etats-Unis.
- Bureau du Trésor.
- Washington, D. C., /4 novembre i8S3.
- Aux receveurs de la Douane et autres employés de ce Bureau :
- La loi suivante, approuvée le 26 février i883, est publiée pour servir d’information et de guide aux officiers de la douane :
- « Attendu que le Franklin Institute de l’Etat de PensyD vanie, pour l’avancement des arts mécaniques, se propose d’ouvrir une exposition d’appareils électriques, machines, outils, instruments, et aussi de tout ce qui
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- est necessaire aux progrès de la fabrication et aux recherches de la science en ce qui concerne l’électricité; et
- « Attendu qu’il importe de contribuer au succès d’une semblable exposition par tous les encouragemente possibles afin de la rendre utile à la propagation des connaissances scientifiques;
- « // a été décidé par le Sénat et la Chambre des Représentants assemblés en Congrès, que tous les articles importés spécialement pour être exhibés à l’exposition qui aura lieu en i883 ou 1884 dans la ville de Philadelphie, sous tes auspices du Franklin Institute de l’Etat de Pen-sylvanie pour l’avancement des arts mécaniques, seront admis en franchise de tous droits de douane, selon les règles que prescrira le Secrétaire du Trésor; pourvu que tous les articles qui seront vendus aux Etats-Unis ou retirés de l'exposition pour être livrés au commerce à quelque époque que ce soit après leur importation, soient soumis aux droits imposés aux articles de même nature par les lois du revenu à la date de leur importation ; et il est aussi résolu que dans le cas où des articles importés d’après les dispositions ci-dessus seraient vendus aux Etats-Unis, sans que les droits exigés par la loi aient été acquittés, toutes les pénalités prescrites par la loi du revenu seront appliquées et imposées à ces articles, avec recours contre les personnes qui se seraient rendues coupables de ces délits. »
- En conséquence de cette décision, les règlements suivants sont prescrits par les présentes :
- Des factures seront exigées, qui devront indiquer que l’envoi est destiné à cette exposition. Chaque expéditeur devra fournir ses factures en triple expédition, donnant la description des marchandises, de leur valeur et des marques et numéros qu’elles portent; il sera permis de réunir plusieurs factures dans une seule déclaration, qui devra être faite devant un officier consulaire des Etats-Unis et certifiée suivant la coutume. Une copie de cette facture devra être envoyée au collecteur des douanes du port de débarquement, une autre au collecteur des douanes de Philadelphie, et la dernière au consignataire ou agent de l’expéditeur.
- Les articles destinés à 1’expo.sition arrivant soit à l’un des ports de Boston, New-York, Baltimore, San-Francisco, Nouvelle-Orléans, ou à l’un des ports de la frontière canadienne, d’où les marchandises peuvent être expédiées et retransportées immédiatement, suivant la loi du 10 juin 1880, intitulée : « Loi ayant pour but de modifier les statuts relatifs à la transportation en transit d’objets tarifés », etc., etc. (S. S., 4,482), pourront être transportés en transit du port d’arrivée à Philadelphie.
- A leur arrivée à Philadelphie, soit par voie directe, soit par voie des ports nommés plus haut, avis sera donné par le consignataire au collecteur de la douane qui en prendra possession. Le permis d’entrepôt sera alors accordé, sécurité sera prise pour assurer le payement des droits; et lorsque les batiments de l’exposition auront été légalement constitués en entrepôt, les marchandises y seront transportées.
- Après que ces formalités auront été remplies, les emballages seront ouverts, examinés, et leur contenu évalué par des experts, qui constateront aussi les dommages qui auront pu être causés parle voyage. Cette évaluation sera faite dans le bâtiment de l’exposition, qui sera considéré comme succursale de la douane, après quoi l’entrée sera faite comme de coutume et l’enregistrement aura lieu.
- Pour reconnaître les articles, on collera sur chacun d’eux une étiquette portant le nom de l'expéditeur inscrit sur la facture, et le numéro d’entrée à l’entrepôt. Il y aura à l’exposition un magasinier payé par l’administration, et qui tiendra un registre par doit et avoir des articles reçus, inscrivant sur son livre, en regard des entrées, les
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- sorties au fur et à mesure qu’elles auront lieu. Les marchandises pourront être retirées pour être exportées pendant une période de trois ans, à dater du jour de l’importation, sans qu’il y ait â payer aucuns droits ou frais. Si les marchandises sont retirées pour être livrées au commerce, tous les droits devront en être acquittés. Si pendant l’espace de trois ans elles ne sont retirées, ni pour être vendues aux Etats-Unis, ni pour être réexportées, la vente pourra en être faite pour acquitter les droits. En cas de venteaux Etats-Unis avant trois ans, une déclaration de sortie sera accordée après payement des droits, qui seront fixés aux taux du tarif en vigueur à la date de l’importation. Si les marchandises ne sont retirées qu’un an après la date de leur importation, une taxe additionnelle de dix pour cent sera ajoutée aux droits primitivement imposés.
- Les instruments de précision qui réclameraient une vérification ou des préparations particulières pour leur agencement avant l’ouverture de l’exposition, pourront être remis au Franklin Institute sur des reçus signés par le Président de l’institute.
- La circulaire numéro 27, du 22 mars i883, sur les mêmes sujets, est abrogée par la présente.
- Chas, J. Folger.
- Secrétaire du Trésor*
- Règlement général de l’Exposition.
- i6 Le bâtiment situé à la 3ae rue et Lancaster Avenue sera ouvert pour la réception des machines et des articles destinés à l’exposition depuis le lundi, 11 août, jusqu’au samedi 3o août. Le mardi 2 septembre, à midi, l’exposition sera officiellement ouverte au public, et continuera à l’être journellement (les dimanches exceptés), de dix heures du matin à dix heures du soir, jusqu’au samedi, 10 octobre.
- 20 Chaque exposant sera requis de payer cinq dollars d’entrée, lesquels lui donneront droit à un billet d’admission pour toute la durée de l’exposition. Ce billet, qui ne sera pas transférable, sera au nom d’un seul des membres de la maison ou de la Compagnie qui exposera. Les autres membres des mêmes maisons ou sociétés pourront se procurer des billets d’entrée aux mêmes conditions. Pour les aides et les ouvriers absolument nécessaires à la mise en œuvre et aux soins des objets exposés, des billets d’entrée gratuits seront distribués; ils seront soumis aux règles établies par le comité ayant charge des billets et pourront être retirés s’ils sont employés pour un autre but que celui auquel ils sont destinés.
- L’espace occupé par les exposants, soit à niveau, contre la muraille, ou dans l’espace au-dessus des travées ou au-dessous du sol, sera soumis à une redevance qui devra être payée au reçu du permis et dont voici les termes:
- Tout espace de moins de 10 pieds carrés (*) . 2,00 dollars.
- Au-desssus de 10 jusqu’à ioopieds pieds carrés 0,20 (par pied carré).
- 100 pieds carrés. . 20,00 • — —
- 200 — 35,00 — —
- 3oo — * « 46,50 56,oo — —
- 400 — — —
- 5oo — • . 65,oo —
- 600 — 73,5o — —
- 700 81,00 — —
- 800 — 88,00 — —
- 900 — • . .... 94,5o — —
- 1 000 — • • 160,00 —
- Pour tout espace de plus de 1 000 pieds carrés. . 0,10 cents par pied carré*
- Le pied carré américain équivaut à 929 millimètres carrés et le dollar à 5 fr. environ.
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- Le prix par pied carré de fractions d’espace intermédiaire sera réglé suivant les proportions indiquées d’après la table ci-dessus.
- 3» Toutes les demandes d’emplacement devront être faites avant le 3o août. Le comité fournira à cet effet des formules imprimées. Les demandes seront prises en considération dans l’ordre de leur réception, et l’espace désigné aux exposants, mais qui ne serait pas occupé par eux le 3o août, pourra être accordé à d’autres exposants. Quand la nature des articles le permettra, les exposants sont priés de les étaler dans des vitrines.
- 40 Le comité devra être avisé de tous les objets déposés dans le bâtiment afin de pouvoir indiquer l’emplacement et l’espace qu’ils devront occuper. Le port de tous les articles envoyés par chemin de fer ou autrement doit être acquitté à l’avance, et la lettre d’envoi et le connaissement doivent être adressés au « Comité de l’exposition (Com-mittee on exhibition), Franklin Institute, Philadelphie, Pennsylvania, U. S. A. »
- 5® Les exposants ou leurs agents recevront du préposé à la réception des cartes en duplicata sur lesquelles ils inscriront la description de chaque article présenté pour l’exposition. Ces cartes seront contresignées au reçu des marchandises à l'exposition. L’une d’elles devra être attachée bien en vue à l’article qu’elle décrira. L exposant conservera l’autre carte, qui lui servira d’ordre pour le retrait, à la fermeture de l’exposition, de l’article spécifié.
- 6® Le comité se réserve le droit d’exclure du bâtiment de l’exposition tous les articles pouvant soulever des objections à cause de leur caractère dangereux ou malsain.
- 7® Aucun article ne pourra être retiré du bâtiment pendant la durée de l’exposition sans le consentement du comité.
- 8® Un détachement de police sera de service pendant la durée de l’exposition. Il y aura aussi des gardiens de nuit; mais tous les objets exposés seront aux risques de leurs propriétaires.
- 9® La force motrice demandée par les exposants leur sera fournie au prix de trois cents par cheval-vapeur et par heure; elle sera évaluée à soixante pieds carrés par minute de courroie si la courroie est simple, et quarante pieds carrés par minute si la courroie est double. La tension de la courroie sera laissée au jugemeet de l’ingénieur de service à l’exposition, dont la décision sera sans appel. Si les machines sont mises directement en mouvement par les appareils moteurs de l’exposant, la vapeur employée par lui sera marquée par un indicateur, et le prix en sera fixé par cheval-vapeur et par heure. On ne fera pas payer aux exposants la force motrice nécessaire à l’éclairage qui serait commandé par le superintendant de l’exposition.
- io° On ne permettra pas d’exhiber des enseignes de plus de 5oo pouces carrés, et ces enseignes ne pourront pas dépasser les articles en hauteur. La distribution de circulaires, cartes otÿ échantillons, ne sera permise dans le bâtiment que par'chaque exposant et à la place même qu’il occupera.
- 11® L’agencement et la distribution des conducteurs électriques dans toutes les parties du bâtiment seront entièrement sous la direction de l’électricien préposé à cet effet, qui décidera de la position et déterminera le caractère de l’isolation selon les règles établies par le comité.
- 12® Le comité n’offre aux exposants ni récompenses ni prix, mais il les remplacera par un rapport à l’Institute lequel sera rédigé par un comité d’examinateurs. Ce rapport sera aussi complet que le temps et les circonstances le permettront.
- Les exposants sont priés de donner, au moment de l’ouverture de l’exposition, une description détaillée des articles exposés par eux et de l’adresser au comité des examinateurs. Ces descriptions devront expliquer le mérite
- de l’article au point de vue de l’exposant, et il sera laissé à la disposition des examinateurs d’en faire usage dans leur rapport. Si cependant quelques-uns des exposants désirent que des experts examinent ou essayent les mérites distinctifs de leurs articles, ces essais seront entrepris par rinstitute dans les limites que le temps accordera, pourvu que les frais de matériel et d’instruments soient à la charge des exposants désirant ces expertises. Les comités spéciaux auxquels ces essais seront référés seront nommés par le comité des directeurs de l’Institute, moyennant l’approbation de la majorité de ceux qui auront réclamé l’essai, s'il s’agit d’une compétition.
- L’Institute se réserve la propriété de la copie originale de tous les rapports et le droit de première publication.
- L’Institute se réserve en outre le droit d’entreprendre tout travail scientifique relatif à l’exposition (non réclamé par les exposants), et qui dans son jugement tendrait à l’avancement de la science.
- Les examinateurs seront choisis par le comité des directeurs, et devront être des hommes connus pour leur intégrité, leur savoir et leur expérience dans la classe d'articles qui leur sera assignée; aucun examinateur ne pourra faire partie d*une classe dans laquelle il sera exposant ou intéressé de quelque manière que ce soit.
- La matinée, jusqu’à dix heures moins un quart, c’est-à-dire un quart d’heure avant l’ouverture de l’exposition, sera réservée aux examinateurs, qui ne seront accompagnés que par ceux qu’ils auront invités eux-mêmes à être présents.
- i3® Les exposants sont invités à attacher à leurs articles une description imprimée en anglais indiquant l’usage et le mode d’opération de l’objet exposé, dans le cas où l’employé chargé de donner les explications serait absent.
- TRANSPORT DES MARCHANDISES
- En réponse à une lettre écrite par le Comité du Transport, les compagnies suivantes de chemins de fer et de bateaux à vapeur ont consenti à retransporter en franchise, sur leurs lignes respectives, les marchandises destinées à l’exposition, qu’elles auront amenées à Philadelphie, et dont le port aura été payé; et elles renverront sans frais au port d’embarquement les articles qui, pour une cause quelconque, n’auront pas été vendus et dont le retour sera demandé. Les factures de transport acquittées et contresignées par un membre du comité général, désigné à cet effet, donneront droit à ce privilège.
- Noms des compagnies qui ont accepté cet arrangement :
- Pennsylvania Railroad Company (comprenant les lignes Philadelphia, Wilmington and Baltimore R. R. C®, West-Jersey R. R. C°, et Camden Atlantic R. R. C°).
- Philadelphia and Reading Railroad C°.
- Lehigh Valley Railroad C°.
- American Line Steamship C®, Liverpool-Philadelphia.
- Red Star Line Steamship C®, Anvers-New-York-Philadelphia.
- Clyde Coatwise and West India Steam Lines, to Char-leston, S. C.; Wilmington, N. C. ; Richmond and Norfolk, Va.; Washington, D. C.; and Alexandria, New-York, Boston, Providence and Fall River; Havana, Cuba, et les ports des Indes occidentales.
- Océan Steamship Company of Savannah’s Line, Savan-nah-Philadelphia.
- Boston and Philadelphia, Providence and Philadelphia^ Fall River and Philadelphia, Steamship Lines.
- Baltimore and Philadelphia Steainboat C° (Ericson Line).
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- DE L’ENTRÉE ET DE LA SORTIE DES MARCHANDISES EN DOUANE,
- Afin de faciliter avec le moins de difficulté et de perte de temps possible, l’entrée en franchise des marchandises destinées à l’exposition d’électricité et la réexportation ou la mise en.vente aux Etats-Unis à la clôture de l’exposition, les exposants voudront bien se conformer aux règles suivantes :
- 1° Chaque expéditeur est prié de faire sa facture en triple expédition et de la faire vérifier par un consul des États-Unis quand cette facture excédera une valeur de cent dollars; un agent peut réunir un nombre illimité de factures dans une seule déclaration.
- 20 Les factures doivent porter le nom de l’exposant, celui du consignataire, et mentionner le fait que ces marchandises sont destinées à cette exposition.
- 3° On devra indiquer la marque, le numéro et le contenu de chaque colis.
- 40 On indiquera aussi la valeur de chaque article vendable, avec un numéro particulier sur la facture pour le distinguer.
- 5° Chaque article devra porter une étiquette indiquant le nom de l’exposant et le numéro correspondant à celui de la facture. (Un espace en blanc sera laissé sur chaque étiquette pour le numéro d’ordre de la douane.)
- 6° La valeur portée sur la facture doit être le prix exact en gros au temps et lieu de l’expédition. Si le prix est coté trop haut, la marchandise sera soumise à une taxe proportionnelle; si au contraire le prix était fixé plus bas que la valeur réelle en gros, l’administration de la douane aurait le droit de l’augmenter en y ajoutant une amende en plus des droits réguliers.
- BREVETS D’INVENTION
- Effets causés par l’exposition d’inventions nouvelles sur les privilèges accordés aux brevetés par les lois des Etats-Unis :
- 10 Personne, excepté l’inventeur ou son représentant par acte écrit et enregistré, ne peut obtenir de brevet d’invention valide; conséquemment les exposants ne perdront pas leurs droits si leur invention a été patentée frauduleusement.
- 20 Personne ne peut obtenir de brevet d’invention valide pour une invention qui a été publiquement employée ou vendue aux Etats-Unis pendant plus de deux années avant la demande du brevet.
- 3° Le seul effet de l’exposition aux Etats-Unis peut avoir sur une invention étrangère, est que l’article exposé peut être par là considéré comme « mis en usage ou en vente » et que la période de deux années commence alors et se continue jusqu’à son expiration. Si pendant les deux années qui suivront l’exposition de son invention, l’inventeur fait la demande d’un brevet d’invention, ses droits ne peuvent en aucun cas souffrir du fait de l’exposition; et au contraire le fait même de cette exposition tend à établir pendant deux ans les droits de l’inventeur à un brevet, pourvu que ces droits lui soient légalement acquis.
- ASSURANCE
- Les exposants qui désireraient assurer leurs marchandises contre l’incendie, pendant la durée de l’exposition, pourront être joints sur leur demande, à une police générale qui aura été prise par l’administration de l’exposition. Dans ce cas les exposants indiqueront pour quel montant ils. veulent s’assurer, et devront payer la prime demandée par la Compagnie d’assurance.
- SOINS A DONNER AUX MARCHANDISES EXPOSÉES
- Les exposants qui ne pourraient être présents à l’exposition pourront autoriser le secrétaire du Franklin Insti-tute à confier leurs marchandises à une personne compétente qui les représentera à l’exposition, qui s’occupera de déballer les articles, de les mettre en place, de les tenir en bon ordre, de les réemballer, de les renvoyer à leur propriétaire ou d’en disposer suivant ses ordres à la clôture de l’exposition.
- Tout le soin possible sera exercé dans le choix des personnes qui auront la charge des articles exposés et dans la rémunération de leurs services; cependant le Franklin Institute n’accepte aucune responsabilité pour les pertes ou dommages que pourraient subir ces marchandises par quelque cause que ce soit.
- A la même époque on prépara une classification très complète par sections et par classes des appareils à exposer. Cette classification, fort étudiée, était faite de manière à ne laisser indécise la place d’aucune application directe ou indirecte de l’électricité. En voici le détail complet :
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- Section I
- PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- ire classe. — Appareils pour Vélectricité de haute ten* sion. (1) Machines électriques à frottement. •— Machines d’induction électrostatiques (Holtz, Tœpler-Holtz, etc.) — Electrophores. Jarres de Leyde et condensateurs. (2) Bobines d’induction. — Appareils hydro-électriques. Tubes de Geissler.
- 20 classe. —Appareils d'électricité voltaïque. Piles voltaïques (à un et deux liquides). Piles à différence de densité. Piles constantes. Piles à gaz. Piles sèches. Accessoires pour piles (éléments, couples, liquides excitateurs pour piles, vases poreux, jarres, bornes et attaches, dispositions pour maintenir les piles constantes, dispositions pour coupler les piles).
- 3e classe. —Appareils thermo-électriques. Piles thermoélectriques.
- 4e classe. — Appareils magnéto-électriques. Machines pour les mines. Exploseurs. Machines pour l’essai des circuits.
- 5e classe. — Machines dynamo et accessoires (à courants directs et alternatifs). Machines pour la lumière à arc. Machines pour la lumière à incandescence. Machines à galvanoplastie. Machines télégraphiques.
- Inducteurs. Arrangement et disposition du champ. Aimants montés en série. Aimants montés en dérivation. Aimants montés en série et en dérivation. Aimants montés en bobines multiples. Noyaux d’aimants, leur construction et ventilation. Forme et proportions des épanouissements polaires.
- Armatures. Construction des noyaux. Dispositions pour ventiler et refroidir les noyaux. Dispositions pourprévenir les courants d’induction dans les armatures. Isolation des noyaux. Disposition des bobines d’armature. Communication des bobines d’armature. Ventilation des bobines d’armature.
- Commutateurs. Dispositions des segments de commutateur. Isolation des segments. Dispositions pour éviter de fermer les commutateurs en court ci~ruit. Dispositions
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pour huiler les commutateurs automatiquement. Dispositions pour enlever les segments usés des commutateurs, pour éviter des étincelles aux commutateurs.
- Balais ou collecteurs. Construction. Dispositions pour régler la position des balais. Régulateurs automatiques électriques pour les balais. Régulateurs non automatiques pour les balais.
- Paliers de machines. Tourillons, boîtes, graisseurs. Dispositions pour empêcher réchauffement des arbres de couche.
- Dispositions spéciales pour machines dynamo, pour éteindre les lampes, pour changer le caractère du courant fourni par la machine, |pour empêcher le renversement de polarité, pour prévenir les effets dangereux des courts circuits dans la machine.
- 6° classe. — Moteurs mécaniques. Machines à vapeur, à gaz, à eau et à air.
- Section II
- CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- i« classe. —Fils télégraphiques. Poteaux, isolateurs, matériaux et outils employés.
- 2« classe. — Fils et câbles téléphoniques. Dispositions pour éviter les effets d’induction sur les fils téléphoniques. pour diminuer l’espace occupé par les fils téléphoniques. Construction des circuits téléphoniques. Matériaux et outils employés.
- 3» classe. — Circuits de lumière électrique. Dispositions pour la construction, l’entretien et l’isolation.
- 4* classe. — Canalisations souterraines pour les conducteurs électriques. Dispositions pour empêcher l’induction dans les conducteurs, pour placer les fils dans les conduites, pour les en enlever, pour pratiquer des embranchements sur les conduites. Chemin souterrain pour les conducteurs électriques.
- 5e classe. — Câbles sous-marins. Construction des câbles. Appareils pour poser les câbles.
- 6e classe. — Matières isolantes pour les conducteurs. Méthodes d’appliquer la matière isolante. Machine à tresser, Machines pour envelopper les fils. Appareils pour la fabrication des câbles.
- 7° classe, — Joints et communications électriques.
- Section III
- 1re classe. — Mesures de dimensions. Étalons et jauges.
- 2e classe. — Mesures de vitesse, de force et d’énergie. Compteurs de vitesse. Indicateurs de pression. Dynamomètres, absorption et transmission. Calorimètres.
- 3e classe. — Mesures électriques.
- Résistance. Bobines de résistance (rhéostats, shunts et ponts). — .
- Force électromotrice. Éléments étalons, électroscopes, électromètres.
- Courant. Galvanomètres et multiplicateurs, électrodynamomètres.
- Capacité. Condensateurs étalons. Balances d’induction.
- Galvanomètres commerciaux. Ohmmètres, voltmètres, ampèremètres, coulombmètres.
- Appareils accessoires. Clefs pour changement de polarité. Clefs pour signaux et décharges.
- 4« classe. —Mesures photométriques. (Photomètres, ombre, disque, dispersion) bougies étalons, lampes carcel. Bolomètres. I
- Section IV — A
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ. — APPAREILS DEMANDANT DES COURANTS ÉLECTRIQUES RELATIVEMENT FAIBLES
- ir* classe.— Télégraphes électriques. Systèmes de Morse, duplex, quadruplex, multiplex, harmonique, à aiguille. Système autographique, imprimeurs à relais, répétiteurs, commutateurs, interrupteurs, parafoudres, inverseurs.
- 2° classe. — Appareils pour la transmission électrique des sons, téléphones et microphones. Transmetteurs par variations de la résistance électrique. Transmetteurs microphoniques. Transmetteurs à poudre métallique. Contacts solides et liquides. Transmetteurs magnéto-électriques Transmetteurs électromagnétiques.Transmetteurs thermoélectriques. Transmetteurs électrostatiques.
- Récepteurs. Récepteurs microphoniques. Récepteurs électromagnétiques. Récepteurs électromotographiques. Récepteurs électrostatiques. Appareils pour stations centrales. Systèmes automatiques pour les communications téléphoniques. Sonneries d’appel électromagnétiques et signaux pour téléphones. Dispositions pour sauvegarder le secret des dépêches téléphoniques. Relais téléphoniques. Répétiteurs et transmetteurs. Protection contre la foudre et autres courants électriques dangereux.
- Photophones et radiophones.
- 3e classe. — Avertisseurs d’incendie et de voleurs.
- 4® classe. — Annonciateurs.
- 5e classe. — Horloges électriques et transmission de l’heure.
- Dispositions électriques pour remise à l’heure, pour mouvoir les aiguilles. Horloges régulateurs. Horloges sonnant les heures. Remontage des pendules. Signaux horaires électriques.
- 6° classe. — Appareils enregistreurs électriques. Chro-nographes, appareils pour compter et enregistrer les votes, les billets, les feuilles imprimées, le nombre de litres d’eau pompés, la température, la pression, l’eau de pluie, la vitesse des navires, la vitesse des trains de chemin de fer, les sondages, la vitesses des fleuves, etc.
- 78 classe. — Appareils à signaux électriques. Signaux pour chemins de fer, block-systèmes, signaux de chemin de fer automatiques et électriques, indicateurs de la ventilation, du niveau d’eau dans les chaudières, de la température, thermostats, sifflets électriques, autres signaux.
- 8e classe. — Appareils électromédicaux. Induction ou appareils de Faraday. Appareil pour pile voltaïque ou galvanique. Machine Tœpler-Holtz. Dispositions thermo-électriques. Electrodes médicales. Piles à chaîne. Appareils électrocaustiques ou galvanocaustiques. Aiguilles électrolytiques. Sondes et explorateurs électriques. Balances d’induction pour les explorations surgicales. v
- 90 classe. — Applications de l’électricité à l’art dentaire.
- ig8 classe. — Applications de l’électricité à la guerre. Torpilles. Signaux électriques pour l’artillerie. Dispositions pour tirer le canon par l’électricitc. Cibles électriques.
- ii° classe. — Applications de l’électricité aux mines.
- 12e classe. — Applications de l’électricité à la filature.
- i3e classe. — Pièges et filets électriques pour des animaux, pour des oiseaux et pour des poissons.
- 14» classe. — Application de l’électricité aux appareils pneumatiques.
- i5e classe. — Applications de l’électricité aux instruments de musique. Orgues électriques, etc.
- 16» classe. — Applications de l’électricité à l’écriture
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- et à l’impression. Plumes électriques. Machine à com poser.
- 17° classe. — Joujoux électriques.
- 18» classe, — Appareils électriques de prestidigitation.
- 19® classe, — Diverses applications des courants faibles.
- Section IV. — B
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ. — APPAREILS DEMANDANT DES COURANTS ÉLECTRIQUES RELATIVEMENT FORTS
- i*« classe. — Eclairage électrique. Lampes à arc et à incandescence.
- Arrangement et distribution des circuits.— Isolation des circuits. Dispositions de sûreté dans les circuits. Commutateurs. Dispositions pour suspendre les lampes. Chandeliers et supports pour foyers électriques.
- Lampes à arc électriques. Commutateurs pour lampes, automatiques et à main. Aimants directs et en dérivation dans les lampes. Pinces pour tenir les charbons. Dispositions pour prévenir la vibration des lampes. Porte-charbon. Dispositions pour assurer l’alignement convenable des charbons. Dispositions pour pouvoir mouvoir les globes, pour assurer la facilité de l’introduction des charbons. Coupe-circuit automatiques. Dispositions pour conserver la continuité des circuits. Lampes à double charbon. Lampes à charbons multiples. Bougies Jablochkoff. Cadres de lampes. Dispositions pour l’isolation des cadres. Globes pour lampes, leur construction et forme.
- Miroirs et réflecteurs peur lampes à arc.
- Charbons pour lampes à arc. Matériaux employés pour les charbons. Appareils à moudre pour les charbons. Presses hydrauliques employées pour la fabrication des charbons. Fourneaux pour cuire les charbons. Procédés pour la galvanoplastie des charbons.
- Lampes à incandescence. Filaments de charbon. Préparation de matériaux pour filaments. Substances employées pour les filaments.
- Préparation de filaments pour incandescence. Méthodes employées pour la carbonisation; pour assurer l’uniformité de résistance. Essai électrique des filaments.
- Fils conducteurs. Manière de les cimenter au filament, et de les fixer aux globes en verre.
- Globes en verre pour lampes à incandescence. Construction particulière. Manière de les vider, sceller et protéger contre toute perte. . .
- Phares. Lumières à éclat. Lumières fixes. Appareil pour enlever les lampes instantanément. Appareil diop-trique pour des installations de lumière électrique.
- Eclairage sous-marin.
- Application aux explorations sous-marines, aux pêcheries, etc.
- Illumination électrique des bouées.
- Feux d’avant pour locomotives.
- 2e classe. — Electrométallurgie. Procédés.
- Electrotypie. Copie et reproduction de monnaies, de médaillons, d’œuvres d’art, d’objets naturels, d’imprimés, de gravures, de musique.
- Electrogalvanoplastie. Dépôt électrique de métaux sur métaux, sur objets de céramique, sur tissus, etc.
- Matériaux, outils et machines employés dans l’électrométallurgie.
- Matières pour nettoyer et préparer. Acides, alcalis.
- Matières pour le moulage. La cire et sa composition, le plâtre, la stéarine, les alliages fusibles, la gutta-percha, la gélatine et sa composition.
- Matières pour déposition. Anodes. Sels métalliques em-
- ployés pour l’électrotypie* et la galvanoplastie. Alliages spécialement préparés pour recevoir les objets.
- Matières pour finir les produits électriquement couverts. Pour colorer les objets électriqnement dorés et argentés, cire de doreurs, couleurs or moulu, etc.
- Applications mécaniques et machines.
- Machines pour l’électrotypie.
- Produits finis.
- Electrotypes de gravures, musiques et autres matériaux employés pour frapper les monnaies, les médailles et ob jets d’art.
- Objets dorés et argentés électriquement, de toutes descriptions.
- Objets nickelés.
- Autres produits recouverts électriquement.
- 3® classe. — Autres applications de l'électrochimie. Procédés.
- Analyse électrolytique. Traitement des minerais métalliques et des compositions sur la balance métallurgique.
- Diverses applications à la technologie chimique.
- Appareils et machines.
- Produits finis de la chimie électrique.
- 4« classe. — Piles secondaires et accumulateurs. Différents électrodes en plaques. Préparations d’électrode. Méthode pour charger les piles.
- 5e classe. — Moteurs électriques. Transmissions de la force. Dispositions pour changer la vitesse, pour renverser le mouvement, pour augmenter la force. Chemins de fer électriques.
- 6e classe. — Freins électromagnétiques.
- 7e classe. — Diverses applications des courants forts.
- Section V
- PHYSIQUE TERRESTRE
- ire classe. — Electricité atmosphérique. Appareils pour mesurer le potentiel atmosphérique. Parafoudres (a) pour constructions (b) pour navires (e) pour réservoirs à huile et poudrières.
- 2a classe. — Magnétisme terrestre. Variétés d’aimants permanents. Aiguilles magnétiques et boussoles. Magné-tomètres, etc.
- 3e classe. — Appareils employés par les stations météorologiques du gouvernement.
- Section VI
- APPAREILS HISTORIQUES
- Force éleetromotrice élevée. Electricité voltaïque. Thermo-électricité. Electromagnétisme. Electricité dynamique. Télégraphes électriques. Moteurs électriques. Appareils d’éclairage électrique. Téléphones, microphones, radio-phones et photophoncs. Divers.
- Section VII
- ÉDUCATION ET BIBLIOGRAPHIE
- ire classe. — Appareils d’éducation.
- 2e classe. — Bibliographie.
- On vient de voir que, suivant l’exemple de ce qui avait été fait à Munich et à Vienne, on avait
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- décidé qu’il ne serait pas décerné de récompenses aux exposants, mais que, sur leur demande, leurs appareils pourraient être soumis à des essais.
- Dans ce but, on nomma une commission d’essais, présidée par un comité exécutif ainsi composé:
- M.-B. Snyder, Président.
- Wm-D. Marks,
- Carl Hering.
- Wm-P. Tatham.
- Ch.-H. Banes.
- La commission se divisa en vingt-neuf sections, de la manière suivante :
- I. — Machines dynamo-électriques pour l’éclairage.
- II. — Machines dynamo-électriques pour la galvanoplastie.
- III. — Machines dynamo-électriques pour différents
- buts.
- IV. — Moteurs dynamo-électriques et transport de
- la force.
- V. — Lampes à arc.
- VI. — Charbons pour les lampes à arc.
- VII. — Lampes à incandescence.
- VIII. — Mesures photométriques.
- IX. — Mesures dynamométriques.
- X. — Chaudières.
- XL — Machines à vapeur.
- XII. — Machines à gaz et autres moteurs primaires.
- XIII. — Appareils à forces électromotrices élevées :
- i° paratonnerres; 20 machines électrostatiques et bobines d’induction; 3° explo-seurs.
- XIV. — Appareils voltaïques : 1® piles et leurs acces-
- soires; 20 polarisation et piles secondaires.
- XV. — Electrométallurgie.
- XVI. — Appareils thermo-électriques et magnéto-électriques.
- XVII. — Conducteurs électriques : i° Fils et câbles télégraphiques et téléphoniques; 20 circuits pour l’éclairage et le transport de la force; 3° câbles sous-marins.
- XVIII. — Conducteurs souterrains.
- XIX. — Télégraphes électriques : i° systèmes Morse;
- 20 télégraphes imprimeurs ; 3U systèmes duplex, quadruplex, multiplex et harmonique.
- XX. — Téléphones, microphones et radiophones.
- XXI. — Annonces d’incendie et de voleurs.
- IXXII. — Signaux électriques et enregistreurs.
- XXIII. — Appareils électrothérapeutiques.
- XXIV. — Appareils électrodentaires.
- XXV. — Applications de l’électricité aux appareils mu-
- sicaux.
- XXVI. — Applications de-l’électricité aux effets artis-
- tiques et aux productions d’art.
- XXVII. — Applications de l’électricité à la guerre.
- XXVIII. — Instruments de précision.
- XXIX. — Appareils d’enseignement.
- D’autre part, la façon dont seraient faits les essais pour les machines dynamo-électriques et les lampes fut déterminée par un règlement que nous reproduisons in extenso :
- Les exposants de machines dynamo-électriques qui désirent que l’on fasse des essais quantitatifs de leurs ma-
- chines doivent en faire la demande formelle avant le 3 septembre 1884. Les exposants désirant que l’on fasse des essais de leurs machines dynamo-électriques peuvent obtenir ces essais en en faisant la demande formelle et en acceptant et remplissant les conditions du réglement suivant : Les essais auront un caractère quantitatif, et une fois commencés, ils ne seront pas interrompus, à moins d’une entente spéciale avec les examinateurs. On se réserve le droit de limiter le nombre des dynamos à essayer et en prenant en considération la date des demandes, de déterminer quelles dynamos seront essayées, si le temps ne permet pasde faire desessaiscompletsde touteslesmachines inscrites. Des essais comparatifs de concurrence ne seront faits que si deux ou plusieurs parties le demandent, et ces parties doivent, avant l’essai, tomber d’accord sur les points mis en compétition. Ces derniers peuvent se rapporter à toute espèce de travail auquel les dynamos sont destinées.
- Section I. — Conditions générales des essais
- Article premier. Bornes. — Les bornes de tous les différents circuits de la machine doivent être disposées de telle sorte que des connexions indépendantes puissent être faites convenablement.
- Art. 2. Intensité. — L’intensité du courant de la machine dans les conditions normales doit être indiquée d’une manière nette.
- Art. 3. — Différence de potentiel. — La différence de potentiel aux bornes de la machine, dans les conditions normales de marche, doit être indiquée d’une façon nette.
- Art. 4. Force en chevaux. — La force absorbée par la machine en marche normale doit être indiquée,
- Art. 5. Vitesse. — La vitesse normale de la machine et la vitesse maximum à laquelle on puisse la faire marcher doivent être indiquées avec précision.
- Art. 6. Résistance extérieure. — La résistance extérieure sur laquelle on se propose de faire marcher la machine dans les conditions normales, doit être indiquée.
- Art. 8. Bâtis. — Indiquer si le bâtis de la machine est compris dans le circuit.
- Art. 9. Poids de la machine. — Le poids total de la machine doit être donné.
- Art. 10. Spécifications. — Chaque exposant doit communiquer aux sections chargées des machines dynamoélectriques toutes les descriptions et tous les dessins nécessaires pour faciliter leur travail. Il peut aussi indiquer par écrit ce qu’il réclame comme avantages dans son appareil.
- Art. it. Inducteurs. — L’exposant est requis d’indiquer les points suivants concernant les inducteurs : i° laJorme et la grandeur du noyau, indiquées au moyen de dessins; 2° la nature du fer du noyau; 3° le poids du noyau; 4® le mode d’enroulement des inducteurs; 5° le diamètre ou numéro des fils nus et couverts, ainsi que leur longueur et leur poids; 6° si les inducteurs ont des enroulements différents, les détails précédents doivent être donnés pour chacun d’eux; 70 le poids total des inducteurs, fil et noyau compris; 8“ la nature, grandeur, forme et poids des pièces polaires ; y® si les détails concernant les pièces polaires ne peuvent pas être indiqués séparément, ils pourront l’être avec le noyau, auquel cas le fait devra être mentionné; 10® le poids total des inducteurs, pièces polaires et fils compris.
- Art. 12. Armatures et commutateurs ou collecteurs. — L’exposant est requis d’indiquer les points suivants concernant l’armature et le collecteur : 1® la nature et la substance du noyau; 2® la forme et la grandeur du noyau, indiquées au moyen d un dessin; 4“ le poids du noyau; 4® le diamètre ou numéro du fil employé, ainsi que son
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- poids et sa longueur; 5° le mode d’enroulement du fil sur le noyau, indiqué au moyen d’un dessin; 6° le poids total de l’armature; 70 un dessin du collecteur et des balais et de leurs connexions avec les fils, montrant le mode de collection des courants; 8° si les balais sont ajustés automatiquement au calage voulu, ou si le calage est sensiblement constant, donner les détails des dispositifs qui permettent d’arriver à ce résultat, avec des dessins détaillés de ces dispositifs.
- Art. i3. Dispositifs spéciaux en usage dans le fonctionnement des machines et des circuits. — L’exposant est requis d’indiquer les points suivants concernant ces dispositifs et les circuits : i° les particularités de la machine relatives à la prévention des étincelles et des fermetures en court circuit; 2® les dispositifs pour régler la vitesse, la constance de l’intensité ou la constance de la différence de potentiel; 3° les méthodes d’accouplement des machines dans l’alimentation des circuits; 4° les particularités de l’arrangement des circuits; 5® les moyens employés pour mettre hors circuit les lampes, moteurs, etc.; 6° les autres dispositifs employés pour faire fonctionner les installations avec sûreté, économie et efficacité.
- section 11. —Mesures.
- Art. 1. Coopération des sections. — Les diverses sections coopéreront aux mesures, de manière à déterminer simultanément l’énergie mécanique absorbée par la machine et l’énergie électrique rendue par elle. Les sections s’occupant des lampes mesureront le rendement des lampes en bougies par cheval électrique dans la lampe. Autant que possible les mesures des lampes et des machines seront aussi faites ensemble dans les conditions normales.
- Art. 2. Mesures dynamométriques. — La quantité d’énergie mécanique absorbée sera mesurée au moyen du dynamomètre ou autrement.
- Art. 3. Mesure de la vitesse. — La vitesse à laquelle marche la dynamo sera lue Simultanément avec lés autres mesures.
- Art. 4. Mesures de résistance et de température. — Les résistances et la température de la machine seront mesurées avant le commencement de l’essai et immédiatement après.
- Arl. 5. Unité de résistance.™ Toutes les résistances seront ramenées à la valeur de l’ohm légal.
- Art. 6. Mesure de la résistance extérieure. — On s’arrangera autant que possible pour faire fonctionner les machines sur une résistance extérieure composée de fils, les lampes, moteurs, etc., étant exclus du circuit, et la résistance de ce circuit extérieur sera déterminée avec exactitude par des mesures de.différence de potentiel aux bornes et d’intensité du courant. Elle sera aussi mesurée directement lorsque cela sera possible.
- Art. 7. Mesure de l’intensité. — On se propose de faire les mesures d’intensité, par l’une ou l’autre des méthodes suivantes ou par deux ou plusieurs d’entre elles simultanément : A. Au moyen d’un galvanomètre shunté, avec des résistances réglables dans le circuit du galvanomètre; son calibrage sera fait au moyen du voltamètre; B. Au moyen de la boussole des tangentes, graduée par le voltamètre ou par le calcul de la constante, d’après la mesure de la composante horizontale du magnétisme terrestre; G. Au moyen du voltamètre; D. Au moyen d’un calorimètre ; E. Au moyen d’un électrodynamomètre.
- La confiance relative à accorder aux déterminations de l’intensité par ces différentes méthodes, sera déterminée par les sections.
- Art. 8. Mesure de la différence de potentiel. — On se propose de mesurer la différence de potentiel par l’une ou l’autre des méthodes suivantes : A. Au moyen d’un galva-
- nomètre dans un circuit de haute résistance, relié directement aux points entre lesquels on veut déterminer la différence de potentiel. La graduation sera faite au moyen d’nn courant d’intensité connue passant dans un conducteur.de résistance connue ou avec une pile étalon de force électromotrice connue; B. Au moyen d’un condensateur et d’un élément étalon; G. Au moyen d’un calorimètre; D. Au moyen d’un électromètre.
- Art. g. Calculs. — Les calculs des chiffres obtenus dans les expériences donneront le rendement de la machine considérée comme moyen de conversion de l’énergie mécanique en énergie électrique, et aussi (en combinant les résultats des machines avec ceux des lampes), le rendement du système mesuré par la quantité de lumière produite par horse-power.
- Art. 10. Rapports. — Les rapports des observations et les calculs seront, sous les restrictions convenables, accessibles aux exposants.
- Note générale aux exposants. — Les exposants sont respectueusement requis de présenter les suggestions ou les critiques qui leur viendraient à l’esprit relativement aux essais proposés, et d’indiquer les précautions qu’ils croiraient nécessaires pour arriver â de meilleurs résultats.
- Le Comité de l’Exposition considéra aussi comme très important l’examen des machines motrices destinées à actionner les dynamos, d’autant plus que ceux de ces moteurs qui figuraient à l’exposition étaient pour la plupart spécialement adaptés à la mise en marche des macnines électriques. Il prépara donc pour l’essai des moteurs mécaniques un document analogue à celui qui avait été dressé pour les dynamos.
- Toutes les dispositions étaient ainsi prises pour l’organisation des mesures importantes.
- Un autre point sur lequel s’est portée l’attention du comité a été le danger d’accident ou d’incendie pouvant résulter d’une mauvaise installation des machines électriques ou des circuits. Pour parer à ce danger, on rédigea et mit en vigueur le règlement suivant.:
- Les règlements et instructions qui suivent ont été adoptés afin d’assurer la plus grande'Sécurité possible, aussi bien pour les marchandises que pour la vie des individus. G’est pourquoi tous les exposants sont instamment requis d’aider de tout leur pouvoir à leur mise en exécution.
- Règles
- i® Tout espace accordé aux exposants dans l’Exposition d’électricité de Philadelphie, doit être occupé conformément aux règlements et instructions du Comité, sur les installations électriques, et tous les exposants doivent faire acte de soumission à ces règlements avant que l’emplacement leur soit accordé;
- 20 Aucun circuit ne pourra être établi dans le bâtiment de l’Exposition sans que le plan complet et détaillé en ait été soumis au Comité et approuvé par lui;
- 3® Aucun changement ne sera fait dans les circuits sans le consentement du Comité;
- 4° Toute question se rapportant à l’installation des appareils électriques et qui ne tombera pas sous ces règles devra être soumise au Comité, qui décidera.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Circuits
- 5° Tous les circuits doivent être isolés et métalliques dans toute leur étendue, c’est-à-dire qu’on ne se servira pas de communications au sol;
- 6° Les conducteurs employés comme conducteurs principaux doivent avoir un poids par pied courant qui leur permette de supporter, sans s’échauder, le courant qui les traversera ;
- 7° Quand un fil fin est branché sur un gros conducteur et que le gros conducteur est traversé par un courant qui serait capable d’échauffer d’une façon dangereuse le conducteur lin s’il le traversait accidentellement, on devra placer dans ce dernier un appareil de sûreté afin d’interrompre automatiquement le courant dès qu’il y aurait danger; de semblables appareils de sûreté automatiques doivent être placés dans tous les circuits voisins des conducteurs pour la lumière électrique ou le transport de la force;
- 8° Tous les fils pour la lumière électrique ou le transport de la force doivent être isolés avec une substance incombustible approuvée;
- 9° Les fils de circuits exposés à l’humidité doivent avoir, outre leur isolant, un revêtement imperméable;
- io° Aucun fil paraffiné ou recouvert de cire ne doit être employé dans des endroits ou dans des conditions où il peut être exposé à une température élevée;
- ii° Quand la force électromotrice du courant dépasse 3oo volts, les différentes parties du circuit extérieur au générateur électrique doivent être éloignées les unes des autres d’au moins 8 pouces (om2o);
- 12° Les fils aériens ne doivent pas descendre de plus d’un pied au-dessous de leurs points d’attache;
- i3° Tous les circuits doivent être posés de manière qu’ils puissent être aisément et fréquemment inspectés par le Comité ;
- 140 Quand cela se peut, le conducteur positif ou conducteur de sortie doit être nettement marqué, de façon à le distinguer du négatif ou conducteur de retour;
- i5° Autant qu’il sera possible, on devra employer des fils continus. Là où des jonctions sont necessaires, elles doivent être faites de manière à assurer un contact bon et durable, et lesdites jonctions doivent ensuite être isolées;
- 160 Les fils appliqués le long des murs et plafonds doivent y être solidement fixés au moyen d’attaches isolantes convenables; en aucun cas on n’autorisera des boucles non tendues;
- 170 Quand les fils des circuits traversent les plafonds, parquets ou murs, ils doivent être renfermés dans un tube isolant incombustible;
- i8° Tous les circuits de lumière électrique et de transport de force seront essayés aussi souvent que le Comité l’ordonnera, pour voir s’il n’y a pas de contacts accidentels et si on trouve quelque défaut, le circuit sera mis hors service jusqu’à ce qu’il y ait été remédié;
- 190 Aucun circuit ne sera placé sous le sol à l’intérieur du batiment.
- 20° Tous les conducteurs souterrains employés comme tels doivent être placés en dehors du bâtiment principal, selon indications du Comité et tous les fils qui s’y rattachent doivent être munis d’appareils de sûreté.
- Systèmes d'éclairage électrique.
- 210 Les machines dynamo-électriques doivent, dans tous les cas, être parfaitement isolées du sol, et être entourées d’une balustrade de façon à empêcher le public d’en approcher de plus de 2 pieds.
- 220 Toutes les machines dynamo-électriques doivent être munies d’un dispositif pour empêcher leurs fils de bobines de s’échauffer d’une façon dangereuse lorsqu’on
- éteint une partie des lampes, et si ces dispositifs ne sont pas automatiques, une personne compétente doit être chargée de la machine pendant sa marche.
- 23° Les lampes électriques à arc doivent être munies d’un coupe circuit automatique, de telle sorte que la lampe soit exclue du circuit dès que le courant qui la traverse atteint une limite dangereuse.
- 240 Toutes les montures de lampes électriques à arc doivent être isolées et les lampes munies d’un interrupteur à main, de façon à les éteindre quand cela est nécessaire.
- 25° Toutes les lampes électriques à arc employées dans le bâtiment, doivent être protégées par un globe revêtu extérieurement d’un réseau métallique pour maintenir le globe en cas de bris» Les globes cassés ou fêlés doivent être promptement remplacés par d’autres en bon état; la partie inférieure des globes doit être fermée, de façon à prévenir la chute de particules de charbon ineandes-cen t.
- 26° Un dispositif convenable doit être placé sur toutes les lampes à arc, de manière à empêcher la chute du charbon inférieur dans le cas où il se trouverait détaché de son support.
- 270 Le Comité se réserve le droit d’adopter des mesures préventives spéciales dans tous les cas où la sûreté du public paraîtrait l’exiger.
- 28° Le Comité se réserve le droit de modifier ces règles dans les cas particuliers où l’on considérerait que les circonstances justifieraient ces modifications.
- 29° Dans tous les cas exigeant une solution immédiate, les exposants devront se conformer aux décisions de l’électricien jusqu’à ce que la question puisse être soumise au Comité.
- Le bâtiment destiné à contenir tous les appareils exposés était une construction en bois, édifiée en vue de l’exposition et située à l’angle de Lancaster Avenue et de la trente-deuxième rue. Cette dernière rue le séparait de l’ancienne gare du Pennsylvania Railroad à laquelle il était relié par un pont, et dans laquelle on avait établi une annexe de l’exposition.
- La gravure de la figure 1 donne une idée de l’ensemble de ces deux bâtiments.
- C’est là que l’exposition fut inaugurée le mardi 2 sept. 1884, par M. R. E. Pattison, gouverneur de l’Etat de Pennsylvania, après une adresse du maire de Philadelphie et un discours de M. W. P. Tatham, président du Franklin Institute. ^
- Mais si l’ouverture de l’exposition d’électricité eut lieu à la date fixée un an auparavant, elle se fît toutefois dans des galeries encore incomplètement garnies et au milieu d’installations non terminées. Ce lut seulement une quinzaine de jours après l’inauguration que l’on put considérer les exhibits comme étant au complet et que l’on put réellement juger de leur ensemble.
- Le plan de la ligure 2 donnera une idée de la disposition présentée par le rez-de-chaussée du bâtiment principal.
- En entrant par la porte située à l’angle de Lancaster Avenue et de la trente-deuxième rue, on se trouvait tout d’abord en face de l’exposition d’Edison, faisant corps avec celle de MM. Bergmann
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- FIG. I. — VUE EXTÉRIEURE DE l’ex POSITION DE PHILADELPHIE
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- et C° qui fabriquent, comme on sait, les montures de ses lampes. L’attention était attirée par un moulage galvanique de la main de l’inventeur, servant de monture à une lampe à incandescence. A côté se trouvait également son buste, dans lequel un sculpteur plus artiste qu’électricien l’avait représenté en train de tirer une étincelle entre deux
- fils nus partant des armatures d’une bouteille de Leyde. Les différents appareils d’Edison étaient groupés autour d’un immense cône garni de lampes à incandescence de couleurs variées et d’un effet plus massif qu’agréable à l’œil.
- Prenant ensuite l’allée de gauche, celle qui longeait la Lancaster Avenue, on rencontrait à gauche
- United States Electric Ci
- ,, Ordnance Departement U.S.Navy
- Detany . Te/egraph
- Edward Weston
- fxcelsm c: I
- Signal Office
- Bell Téléphoné Ci Western Electric Ci
- Thomson & Houston
- Elisha Gray
- Roosevelt
- Richter Electric UgthCi
- C/eve/and Electric MotorC
- Sectionii
- Brush Electric Ugth Ci
- Washburn and Moen
- Brush Electric Ugth Cii
- Bergmann a Ci
- Echelle
- toute une série de conducteurs d’Edison et de ses machines au repos, celles en fonctionnement, étant, comme beaucoup des dynamos en marche, dans la galerie générale des machines. Puis venaient des deux côtés de l’allée une partie des objets exposés par la United States Electric Light C° (Weston). A partir de ce point jusqu’à l’extrémité du bâtiment, l’exposition la plus intéressante était celle
- du journal YElectrical World qui imprimait un de ses numéros sur une presse mue par un moteur électrique.
- Une seconde voie, s’étendant également d’un bout à l’autre de la construction et faisant un angle aigu avec la première, permettait d’observer, à gauche, les expositions de Y Electrical Supply C° de New-York, de la Clay Commercial Téléphoné
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- ng. 3
- VUE INTÉRIEURE DE l’exposition DE PHILADELPHIE
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- C°, et de la Brush Electric Light G'0, à droite celles de la Richter Electric Light C°, de la People Téléphoné C° (Drawbaugh), de Y American Sec-tional Underground C°, de la Cleveland Electric Motor C°.
- L’allée suivante amenait aux expositions de la Standard Underground Cable C°, de la Mac Tighe
- Electric Light C°, de l'Acme Electric Illumina-ting C°, de M. Diehl, des appareils historiques de MM. Wallace et Farmer, etc.
- On se trouvait ensuite dans la grande nef de l’exposition marquée en son milieu par une fontaine et dont la gravure de la figure 3 donne une vue générale. De grands emplacements étaient réser-
- Zân Oepoete
- _ Perfect HatctierC
- Echelle
- vés au milieu de cette nef. Un d’eux, représentant le quart de l’espace total, était occupé entièrement par la Western Electric C°, et la Bell Téléphoné C°. En face se trouvaient les exhibits du département de la guerre et de la marine, et ceux de MM. W. Queen et C°.
- De l’autre côté de la fontaine on voyait groupées les expositions de M. Edouard Weston, de
- la Thomson and Houston Electric C°, de M. Elisha Gray, de M. Delany, du Signal Office et de M. E. Dolbear.
- L’autre grand côté de la nef était limité parla galerie des machines en fonctionnement. Parmi les systèmes représentés on remarquait ceux d’Edison, de YUnited States Electric Light C°, de la Brush Electric Light C°, de la Van de Poele
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- Electric Light C°, de la Bail Electric Manufac-turing C°, de la Western Electric C°, delà White House Mills Electric C° (Arago), de la Thomson and Houston Electric C°.
- Dans la voie longeant la trente-deuxième rue se trouvaient les installations de la Rhode Island Téléphoné Electric C°, de VAmerican District Télégraphe de la Telemeter C°, de YExcelsior Electric Light C°, de M. Spellier, et plusieurs autres moins importantes.
- Enfin l’allée située'parallèlement à la précédente à l’autre extrémité du bâtiment présentait, comme installations les plus intéressantes, celles de la Bernstein Electric Light Manufacturing C° (lampe de Boston), des Standard Electrical Works, dcYElectrical Specialty C° et une annexe de l’exposition de la Mac Tighe Electric Light and Manufacturing C°.
- Au-dessus et tout autour de la nef principale régnait une galerie dont la figure 4 donne le plan.
- Union Swicch S, Signa/ C?
- Machines et lampes Stanley
- ’n Electric ’C‘ CmsIniclmCI
- Wharton Svjitch C?
- Modèles
- de
- Brevets
- Bibliothèque
- Cette galerie, qui se prolongeait jusqu’à l’angle aigu du bâtiment, renfermait, à côté de quelques installations importantes, un grand nombre de petites expositions ; parmi les plus marquants de ces exhibits nous citerons ceux de MM. Partrick and Carter, de la Van l*: PoeleElectric Light C°, de la Vulcanite Fibre C°, de la Municipal Signal C°, de la Morse Underground Conduit C°, de la Continental Underground Cable C°, deY American Underground Electric Wire C°, les couveuses électriques de la Perfect Hatcher C° et les orgues électriques de M. Hilborne L. Roosevelt.
- De la galerie, on passait, par un pont jeté au-dessus de la trente-deuxième rue, dans i’annexe formée par une partie de l’ancienne gare du Pennsylvania Railroad et quelques hangars érigés autour. La figure 5 donne le plan de cette annexe.
- Dans l’intérieur de la gare même, on avait installé le restaurant, la safie de conférences, la bibliothèque et une salle où se trouvaient d’intéressants modèles d’appareils électriques exposés par le Patent Office.
- Dans les hangars extérieurs on remarquait les signaux électriques pour chemins de fer de Y Union
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- Switch and Signal C° et les machines dynamoélectriques et lampes Stanley exposées par la même Compagnie ; les conducteurs de la Cosrno; politan Underground Electric Light Telegraph and Téléphoné C° ; ceux de l'Union Electric Underground C° of Chicago ; le block-system de la Railway Cab Electric Signal C° ; celui de la Wharton Switch C° ; le petit chemin de fer électrique de M. Benson Bidwell ; les conducteurs de la National Electric Underground C° of New Jersey et une machine à briques munie d’un compteur électrique de MM. Chambers Bros and C°.
- Cette rapide énumération des principales installations suffit à montrer que l’Exposition d’électricité de Philadelphie était toute américaine. Le comité du Franklin Institute s’était proposé, comme on l’a vu par les documents publiés plus haut, d’ouvrir une exposition internationale, pouvant permettre aux Américains de juger chez eux de ce qui se fait sur le continent. Cette attente n’a pas été réalisée.
- A part les produits galvanoplastiques envoyés par MM. Ready, de Londres, et un certain nombre d’appareils achetés en France, en Angleterre et en Allemagne, par YElectrical Supply C°, et surtout par MM. J.-W. Queen and C0., les appareils européens n’étaient pas représentés et l’Exposition doit être considérée comme exclusivement américaine.
- Pour nous, ce manque d’exposants européens n’était pas un inconvénient, au contraire; il nous évitait de retrouver à Philadelphie tous les appareils déjà connus que nous avions vus aux expositions de Paris, de Munich et de Viennë, et nous permettait d’étudier plus facilement les traits caractéristiques de la construction américaine.
- Si on envisage maintenant l’Exposition d’électricité de Philadelphie au point de vue décoratif, il y a peu à dire. L’éclairage, produit non seulement par les lampes de chaque exposition particulière, mais encore par plus de cent régulateurs à arc suspendus à la voûte de la nef principale, était des plus brillants; les jets d’eau de la "fontaine, éclairés le soir par des faisceaux de lumière colorée, faisaient un effet fort agréable, mais l'ensemble du groupement des expositions ne présentait rien d’artistique. Evidemment on avait attaché peu d’importance au côté ornemental et on s’était plutôt préoccupé de placer le$ appareils de façon qu’ils pussent être facilement 'examinés.
- Dans les articles qui vont suivre, nous étudierons successivement les différentes classes de ces appareils, en suivant dans ses grandes lignes l’ordre de la classification générale que nous avons donnée plus haut.
- Aug. Guerout.
- SUR LES
- INDUSTRIES ÉLECTRIQUES
- Les considérations que j’ai présentées dernièrement au sujet de la crise téléphonique m’ont valu diverses communications, lettres, conversations, où l’on a pris parti très vivement pour ou contre l’opinion émise. Quelques-uns trouvaient que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes téléphoniques, d’autres au contraire, réclamaient que tout fût changé sans délai. Il est inutile de dire que l’une et l’autre de ces idées me paraissent exagérées ; en tout cas, il paraît certain que a question intéresse vivement.
- Rien n’est plus naturel, en effet, car c’est une des faces de la grande question des industries électriques, question déjà posée depuis quelques années, et qui tous les jours prend des proportions plus grandes. Elle nous intéresse tous et s’impose; il n’est pas permis, en effet, d’abandonner la science au moment où elle va quitter le laboratoire sans nous inquiéter un peu de la façon dont elle fera son chemin dans le monde. L’application est l’utilisation, le fruit de la théorie; l’industrie est la forme dernière de la découverte. Je n’ignore pas que le passage de l’une à l’autre de ces choses n’est pas seulement du ressort des hommes d’étude, il y faut d’autres agents ; mais j’estime que l’homme de science ne doit pas s’en désintéresser complètement, et que, de plus, le caractère scientifique de l’invention doit, sous peine d’erreurs et d’embarras graves, donner un tour particulier à l’industrie résultante.
- Puisque ces réflexions sont venues à propos de la Société des téléphones, nous la conserverons, si l’on veut, comme un exemple fort convenable.
- La Société générale des téléphones constitue, en effet, une entreprise sérieuse, assise sur une base scientifique solide, très digne de considération et d’étude. Nous la mettons complètement en dehors de la foule de Sociétés qui furent créées il y a quelques années et qui ont disparu comme font les bulles de savon lancées en l’air. On s’eri souvient, vers 1881-1882, une incroyable éclosion de Sociétés électriques se montra, en Angleterre surtout ; la moindre lampe, la pile la plus insignifiante devenaient le prétexte d’une Société à capital limité, mais très gros, avec force lords, amiraux, etc., dans les conseils d’administration. En ce temps là, nous avons poussé des cris d’alarme ; nous voyions bien clairement que tout cela était artificiel et allait tomber d’un jour à l’autre, et nous craignions que l’électricité 11e restât pour longtemps déconsidérée. L’écroulement eut lieu, en effet, mais la science n’en souffrit pas trop.
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- C’est que, au fond, tout le monde savait bien ce qui en était. On connaît ce jeu des enfants : on se passe de main en main un tison rougi; tant qu’il brille, petit bonhomme vit encore, mais celui dans les mains duquel le tison s’éteint a perdu. Pendant deux ans, les financiers et le public, d’un commun accord, jouèrent à petite, action vit encore; 011 se passait de main en main des morceaux de papier sans s’inquiéter de ce qui était écrit dessus. Le jeu fini, on ne rendit pas l’électricité trop responsable des pertes faites à son occasion.
- Néanmoins la crise fut assez rude ; des entreprises périrent qui auraient pu vivre, d’autres en emportèrent de graves blessures. Les vraiment sérieuses même en eurent quelques atteintes. Je range la Société générale des téléphones parmi celles-là. 11 faut bien le dire, elle n’est pas tout à fait exempte des caractères spéciaux du moment où elle est née. Elle eût dû être une industrie scientifique, elle a été d’abord une affaire. Ce n’est pas que je prétende écarter complètement ce côté des choses ; pour être une industrie, il faut être une affaire, cela est certain, il faut la collaboration du capital, sa rémunération, etc. Mais le lecteur entend bien ce que je veux dire ; il y a affaire et affaire ; il y a celle où l’on veut fonder une exploitation de longue durée, où l’on attend des capitaux engagés, une rémunération peut-être élevée* mais peut-être aussi lointaine, où l’on procède avec modération, s’installe avec prudence et maturité, comme les gens qui veulent faire feu qui dure. Ce sont les affaires industrielles. Et puis il y a les autres ; celles où il faut profiter vite, vendre vite son papier ; passer la main, ce sont les affaires de bourse. On ne peut le nier, la Société à son origine a penché passablement dans ce sens, elle avait aussi , heureusement sa bonne part de l’autre, c’est ce qui l’a maintenue et peut la sauver.
- Ce petit vice originel tient à bien des causes, mais surtout à une cause générale qui gêne toutes les affaires scientifiques. Aujourd’hui ceux qui disposent du capital, les financiers, ne savent pas le premier mot de la science : ils sentent par leur instinct d’hommes d’affaires que l’avenir, le présent même sont là, mais c’est tout ce qu’ils savent. Absolument hors d’état, sauf un très petit nombre d’exceptions, de distinguer la valeur réelle d’une découverte, ils se déterminent par d’autres considérations; ils ne se demandent pas si l’application sera fructueüse ; ils cherchent si l’affaire est vendable. De son côté, le public ne cherche nullement à s’éclairer; il ne lit aucun journal spécial, il voit quelques expériences d’apparence brillante, reçoit des prospectus flamboyants bourrés de gros chiffres et le voilà parti. L’exploitation, la durée, c’est le souci du petit nombre des gens spéciaux qui restent attachés à l’entreprise.
- Ce sont pourtant de bonnes affaires que les ap-
- plications scientifiques ; parmi toutes celles qui peuvent être entreprises, je n’hésite pas à affirmer que ce sont elles qui présentent le moins d’aléa. Elles sont discutables à fond, ne dépendent que d’elles-mêmes : leur objet, étant toujours d’une utilité précise, n’est pas soumis aux caprices de la mode ; peu de hasards extérieurs, seulement, il faut les étudier scientifiquement et les développer méthodiquement.
- C’est ce qui n’a pas eu lieu pour la plupart des Sociétés, et en particulier pour celle des téléphones. La prudence eût voulu qu’on se constituât tranquillement, d’abord sur des bases restreintes permettant des modifications fréquentes; il fallait ne pas trop embrasser, de peur de mal étreindre. Plusieurs Sociétés pouvaient coexister, non seulement sans inconvénient pour elles, mais à leur grand avantage; chacune recherchant le mieux de son côté, on se fût bientôt rencontré sur un terrain commun, celui de la pratique régulière et du bon marché. Alors l’heure de la fusion fût venue, la constitution d’une grande Société se fût naturellement justifiée, et celle-là sans difficulté eût pris possession du vaste terrain ainsi préparé.
- Ce n’est pas là ce qu’on a fait, l’affaire n’eût pas été assez brillante. Dès l’origine on a absorbé les concurrences et prétendu à un monopole, je ne dis pas légal, mais de fait. Dans les conditions où on s’installait, en effet, un monopole seul pouvait permettre à la Société de vivre, puisqu’elle ne repose pas sur la large base d’une exploitation toujours croissante à un prix toujours plus bas. Et en même temps qu’on commettait cette erreur, on commettait la faute contradictoire d’aCcepter une concession de très courte durée, qui obligeait la Société à remettre son existence en question à des époques très rapprochées.
- Ce ne sont pas là, je le répète, les conditions dans lesquelles doit s’installer une exploitation vraiment scientifique. Il lui faut la modération dans les débuts, l’expérimentation et la modification incessantes, le développement graduel, mais illimité, enfin la patience chez les participants qui doivent se considérer comme de véritables associés.
- Ces conditions demandent, pour se réaliser, un certain état d’esprit de la part des initiateurs comme de la part des associés définitifs ; on ne saurait faire à la Société des téléphones le reproche de ne les avoir pas rencontrées, elles sont rares, je l’ai dit tout à l’heure ; mais s’il n’y a pas là de sa faute, il n’y en a pas moins un danger. La constitution originelle a des vices fondamentaux ; il faut, si l’on peut, y remédier. Cela n’est certainement pas impossible, nous l’avons déjà dit. A côté de cette tendance fâcheuse, la Société a très utilement travaillé, elle travaille encore, et n’est pas sans faire des progrès dont on doit la féliciter; il faut que son excellent personnel spécial fasse pénétrer son esprit dans
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tout l’organisme, que l’on comprenne qu’un renouvellement graduel mais incessant du matériel, une poursuite énergique du perfectionnement et du bon marché doivent être les buts; en un mot, que la Société ne doit reculer devant aucune résolution pouvant étendre et simplifier son service : que la valeur de la Société et son avenir sont là ; c’est ainsi qu’elle deviendra vraiment une industrie électrique. Elle peut le faire, et elle le fera sans
- doute ; si elle ne le faisait pas.
- Frank Geraldy.
- les
- INDICATEURS DE VITESSE
- Les indicateurs de vitesse peuvent se diviser en deux classes suivant qu’ils expriment la vitesse directement, par l’action d’une force fonction de cette vitesse, ou qu’ils la mesurent indirectement, en la comparant à chaque instant à une vitesse uniforme et connue.
- C’est à cette dernière classe qu’appartiennent les chronographes et les cycloscopes dans lesquels la vitesse de comparaison est en général empruntée aux vibrations d’un diapason électrique ou acoustique. Mais la description de ces appareils plutôt scientifiques qu’industriels sortirait du cadre de cet article. Nous nous contenterons de renvoyer le lecteur aux monographies déjà publiées dans ce journal (’) et de décrire l’appareil tout à fait pratique de Sir Campbell et de M. Golden.
- Les principales actions utilisées pour les indicateurs directs sont : la force centrifuge développée par un régulateur à boules, par une pompe ou, par sa rotation même, à l’intérieur d’un liquide; la pression de l’air refoulé à travers un orifice constant ou variable avec la vitesse ou comprimé dans un réservoir en relation avec une colonne d’eau refoulée à travers un orifice au moyen d’une pompe mue par l’organe dont on veut connaître la vitesse; l’effort statique développé par la rotation d’un disque d’Arago (2)ou enfin l’intensité du courant engendré par une dynamo déterminée.
- L’électricité se présente comme le moyen de transmettre le plus efficacement à distance les indications de ces appareils : nous en verrons quelques exemples.
- L’idée toute naturelle d’appliquer le jeu des
- (') Von Beetz, vol. X, p. 3o3. Harward Biles, vol. VII, p. 37. Mercadier, vol. IV, p. 404. Liais, vol. X, p. 462.
- (5) Marcel Deprez, vol. III, p. 403.
- régulateurs à force centrifuge à l’actionnement des indicateurs de vitesse a été appliquée très souvent, mais sans songer à atténuer les vibrations de l’appareil de manière à empêcher l’aiguille indicatrice de danser et de donner ainsi, de l’uniformité moyenn e de la rotation du moteur, une idée complètement fausse. M. Hearson a évité cet inconvénient à l’aide d’une disposition fort simple et très ingénieuse représentée par les figures 1 à 5. La poulie p entraîne le régulateur R indirectement, par l’intermédiaire de deux volants de friction v et v', simplement justaposés au-dessus du moyeu de la poulie et tout autour de son axe a. Ces volants sont entraînés à la fois par leur frottement en f et /' et par celui que les chaînes c développent sur leur jante à mesure que la vitesse augmente, par l’effet de la force centrifuge. Les chaînes c sont calculées de façon à entraîner les volants avec une force légèrement supérieure à la résistance de l’air ; il en résulte qu’elles glissent sous l’influence des trépidations et des variations brusques et courtes de la vitesse, de manière que les volants tournent avec la vitesse moyenne de p. C’est donc cette vitesse moyenne qui se trouve indiquée par l’aiguille.
- Il suffit, si l’on veut faire indiquer par l’aiguille toutes les variations de la vitesse, de relier, ainsi que l’indique la figure 3, le volant v' à la poulie p par une goupille o; on doit alors, si le poids des chaînes est bien calculé, constater que la moyenne des indications instables coïncide avec celle que donne l’appareil lorsque la goupille o est enlevée. Le frottement des portées f doit être un peu supérieur à celui de l’axe a graissé par les bains d’huile h.
- Le tachymètre de Buss, représenté par les figures 6 et 7, est aussi fondé sur l’emploi d’un régulateur à force centrifuge.
- Ce régulateur, du type cosinus (*) est formé de deux bras a b, c d (fig. 7) que la force centrifuge fait pivoter autour de A malgré l’opposition du ressort B, de façon que leurs extrémités a et c viennent, lorsque la vitesse de E augmente, repousser la fourche C D de l’axe K.
- Les déplacements de cet axe sont amplifiés sur l’aiguille M par le train v. h. I. Ce train fait également tourner, par m n, le ventilateur/»., dont la résistance amortit la vibration de l’aiguille comme les volants de strophomètre de Hearson. On remarquera, comme détails de construction, la longue partie de la poulie E, et la faculté que possède l’appareil de s’orienter en tous sens autour des pivots F. et N. sans changer la position du centre de gravité du pendule. Cet appareil donne des résultats suffisamment exacts ; son très faible volume en rend l’emploi très commode.
- (') Pour la théorie de ce régulateur, voir Iiaukine, Le Manuel de fa machine à vapeur, traduction française, p. S91.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2$g
- Le tachymètre de MM. Schaeffer Budemberg (fig. 12 et i3), diffère de celui de Buss par l’emploi d’un anneau de Duvoir o, se redressant malgré les res-
- sorts T, et dont les déplacements transmis au manchon V par les bielles s sont amplifiés par X Y sur l’aiguille Z.
- , 2 ET J. — STROPHOM ETRE DE HEARSON. — Echelle I / 2
- L’appareil de Moscrop (fig. 8 à 11) enregistre sur une bande de papier T les variations de la vitesse du moteur qui fait tourner le régulateur G, dont les boules ont leurs écarts amplifiés sur T par le train V. U. H. N. L. R.
- La bande T reçoit du rouleau A un mouvement uniforme tel que A et son aiguille fassent un tour par heure ; ce mouvement lui est communiqué par un système d’horlogerie à poids n> et à pendule p, que le rochet r permet de remonter sans arrêter le
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- La lumière électrique
- iihô
- tambour D. Le papier T se déroule suivant E A D. Le tambour A porte trois séries de points I, évitant tout glissement du papier par leur prise dans les trous i, (fig. io), qui marquent les heures sur
- FIG. 4. — COUPE DU VOLANT V
- la bande T. On voit en s le ressort antagoniste du régulateur qui appuie constamment le levier N sur le collet du manchon H.
- Le marqueur M est représenté en détail par la figure i3. Quand la tige R le pousse suivant la flèche, le galet M roule sur T, en y marquant un trait avec l’aniline de P ; quand R revient en sens
- FIG. 5.
- PLAN
- contraire, le galet M, calé par B, glisse sans rouler sur le papier et nettoie son tranchant.
- Le galet M trace ainsi, de part et d’autre de la
- FIG. 6. — TÀCHYMÈTRE DE BUSS. — Kcliellc 1 ( \
- FIG. 7. — DÉTAIL DU REGULATEUR
- ligne de vitesse moyenne, une série de traits dont l’ensemble forme une bande noire caractéristique de la régularité du moteur.
- Les applications de cet appareil sont déjà très nombreuses; il donne des résultats d’une exactitude bien suffisante pour la pratique.
- L’appareil de Young a déjà été décrit dans ce journal (') ; nous nous contenterons d'indiquer, par les figures 14, i5 et 16,comment l’arbre D entraîne sans choc les boules A, solidaires du plateau C,
- (') 3o août 1884, p. 340.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 261
- MOSCROP
- mouvement de D et appuyés sur C par la force centrifuge.
- TO »
- FIG. 12 ET I 3.
- — SCHAEFPER'BUDEMBERG
- On peut utiliser, pour indiquer la vitesse, la dépression produite dans une colonne de li iuide par
- F G. l5 ET 10. «— JOUNO MÉCANISME D’ENTRAINEMENT
- FIG. 14. — JOUNG. — ENSEMBLE
- FIG. 10
- FIG. II. — DÉTAIL DU MARQUEUR
- FIG. 9
- une rotation rapide autour de son axe. L’applica-au moyen du frottement qu’exercent sur les bords tion de ce principe, indiqué pour la première fois de ce plateau les disques if, emportés par h dans le par M. Deprez en 1871, puis par Sir D, L. Salo-
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- 2Ô.2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- mons, Weir et Whitehouse en 1874, se retrouve I par les figures 17 et 18. Lorsque l’ensemble de dans l’appareil plus?récent d& Braun, représenté | l’appareil tourne autour de a, le liquide s abaisse
- FIG. 17 F.T iS. — 11RAUN
- dans ce tube et monte dans les tubes communi- I niveau de a sur l’échelle p, graduée par expérience, quants b b; la vitesse se lit par la projection du |. Cet appareil très simple est d’une lecture difficile.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 263
- La force centrifuge développée par la rotation I diquer sa vitesse en 'graduant convenablement les d’une pompe peut être également utilisée pour in- | dénivellations qu’elle provoque dans une colonne
- FIG. 21. — LAMRINET
- SWIFT
- d’eau. Tel est le principe de l’inducteur de vitesse I fuge e aspire l’eau en e' et la refoule en e, de aorte de Stroudley (fig. 19 et 20) dont la pompe centri- | que la différence de niveau des deux flotteurs / et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- f, amplifiée par la crémaillère k, indique en m la vitesse du moteur, et en o toute autre donnée correspondante, comme la vitesse en kilomètres par heure d’un train dont l’un des essieux commande l’appareil (4).
- L’indicateur de M. Lambinet repose sur le même principe, mais la pompe centrifuge R (fig. 21) alimentée par le niveau contant A, refoule son eau dans un vase clos V par un petit orifice r, de sorte que les variations de la pression de l’air en V sont suffisamment lentes pour ne pas faire danser l’aiguille du manomètre M qui les traduit en vitesse de la pompe. Le robinet à trois voies r permet de purger, comme en r', l’air de la pompe ou de vider, comme en r", le réservoir Y. Les détails de construction de cet appareil sont très bien étudiés pour empêcher toute fuite de l’air de Y en M.
- Dans l’appareil de Srvift, la pompe rotative B B (fig. 22 et 23) aspire, lorsqu’elle tourne dans le sens de la flèche, l’eau renfermée en H, pour la refouler dans le compartiment de G, séparé de celui de H par le joint mobile E; cette eau passe de G en H par le conduit étroit et résistant Une partie de cette eau passe par les trous i dans le réservoir d’air I, dont la chambre élastique M est chargée par un piston L à ressort amortisseur. Lorsque la pression dépasse une certaine limite, le robinet J se soulève sous l’action de l’eau admise en ; et laisse les deux compartiments communiquer librement par G H. Lorsque la rotation de B change de sens, c’est le réservoir I' qui entre en charge, de sorte que les manomètres mis en communication avec les réservoirs I et I' par les tubulures N indiquent à la fois le sens et la vitesse de la rotation de B.
- (A suivre.) Gustave- Richard.
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- ,1e article. (Voir les numéros des 3, 10 et 3i janvier i885)
- 34. Etude complète d'une pile à l'aide d'un condensateur. — La méthode (dans le genre de celles de Muirhead/Munro), consiste à prendre les différences de potentiel par la charge ou la décharge d’un ^condensateur ; elle a le grand avantage de fournir tous les éléments dont on peut avoir besoin pour juger delà valeur d’une pile, tels que f. é. m.,
- O Voir l’appareil analogue de Weir. Engineering, 12 février 1875, p. no,
- résistance intérieure, intensité du courant lorsque la pile travaille sur une résistance donnée, polarisation et dépolarisation.
- La même disposition suffit d’ailleurs pour toutes les mesures de piles qui peuvent se présenter, depuis les petits éléments Volta employés pour la charge des condensateurs, jusqu’aux piles d’un grand nombre d’éléments capables de fournir la lumière électrique pour des projections, et cela par un simple changement de clefs et de fiches.
- Voici la méthode telle qu’elle est installée au laboratoire :
- Un galvanomètre Thomson à grande résistance, pourvu d’une échelle transparente et d’un shunt est mis en communication avec un condensateur et
- VIG. 3.(.
- une clef de décharge. Un élément de Clark LC est installé à demeure pour contrôler avant et après chaque série de mesures, la graduation de l’échelle. Le galvanomètre est mis en communication avec un commutateur, de façon à pouvoir prendre à volonté, soit la charge, soit la décharge du condensateur.
- On commence par s’assurer qu’on obtient des déviations égales et de sens contraires dans ces deux cas, puis on procède à la graduation de l’échelle, comme cela a été indiquée au n° 3o. On peut encore mettre l’aimant directeur dans la position de la sensibilité maximum et dresser une table pour convertir les lectures de l’échelle en fractions de volt.
- Les piles à essayer sont attachées aux bornes d’une rosace, et une clef permet, comme cela est indiqué sur la figure, de prendre telle pile que l’on veut. On se sert d’une boîte de 10 à 0,01 ohm, car c’est cette limite qui comprend la résistance intérieure de tous les éléments ordinaires. Lorsque la pile est très puissante et capable, de chauffer les bobines de résistance, on emploie de gros fils dont la résistance a été déterminée avec soin,;
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- Voici la suite des expériences nécessaires pour déterminer les éléments d'une pile :
- i° Force électromotrice à circuit ouvert, par charge et décharge du condensateur. — On laisse finalement le condensateur chargé, soit S la déviation.
- 2° Résistance intérieure r. — On abaisse la clef A, mais seulement le temps strictement nécessaire pour faire la lecture de la déviation 8'. On a ouvert dans la boite B une résistance s voisine de celle de la pile. On trouve la résistance intérieure r par la formule
- __ of
- ô — o'
- 3° Intensité du courant. — En abaissant la clef A, on fait travailler la pile sur la résistance s qu’on a débouchée dans la boîte B. En prenant la force électromotrice e aux bornes, on aura
- .__c
- s
- Cette mesure, prise à des intervalles déterminés, montre si la pile est constante, ou de quelle manière l’intensité tombe.
- 40 Polarisation. - Ouvrant la clef A, et prenant la forcé électromotrice E' directement après, on doit trouver, si la pile ne s’est pas polarisée, la force électromotrice de début E. Ordinairement, on a E' < E, et la différence E — E' = e donné la force électromotrice de polarisation. Elle dépend du temps, c’est-à-dire du nombre de minutes que la pile a été fermée. Pour étudier cette force électromotrice de polarisation, on peut tracer une courbe, prenant pour abscisses le temps et pour ordonnées la f. é. m. On trouve que cette courbe tend à devenir parallèle à l’axe ox.
- 5° Dêpolarisation. — La pile, une fois, polarisée, abandonnée en circuit ouvert, se dépolarise plus ou moins rapidement suivant le dépolarisant employé. On peut encore tracer une courbe représentant cette dépolarisation. Il suffît de laisser la pile polarisée ouverte et de prendre à des intervalles égaux la f. é. m.
- Ces divers éléments permettent de suivre dans les détails le fonctionnement d’une pile. On voit ainsi que presque toutes les piles réputées constantes se polarisent.
- Dans certains cas, comme pour les piles Leclan-ché, la pile se polarise vite sur un circuit fermé, mais donne de bons résultats lorsque le courant e§t intermittent.
- Pour constater comment la pile se comporte dans ce cas, on intercale un interrupteur dans le circuit et on voit la marche de la force électromotrice pour un nombre donné de vibrations par seconde.
- 35. —; Mesure de l'intensité d'un courantt
- Cette expérience est faite pour évaluer l’intensité du même courant par deux méthodes différentes. L’intensité du courant est d’abord mesurée par la boussole des tangentes d’après la formule
- ou H —0,194 C. G. S., en centimètres.
- Il faut multiplier par 10 pour avoir l’intensité du courant en ampères.
- L’intensité de ce même courant est aussi mesurée par la formule i == e-, c’est-à-dire qu’on prend la différence de potentiel e aux bornes d’une résistance connue r. On mesure la différence de potentiel à l’aide d’un galvanomètre Deprez à réflexion, disposé de manière à donner un déviation de 100 divisions pour 1 volt. On doit trouver le même résultat dans les deux cas.
- Mesures par l'effet chimique. — Lois de Faraday. — On fait passer le courant par un voltamètre à gaz et deux cuves à décomposition, une à nitrate d’argent, l’autre à sulfate de cuivre.
- On mesure les volumes d’H et d’O dégagés, et on pèse les quantités d’Ag et de Cu déposées sur les cathodes.
- Les poids d’H et d’O se calculent par la formule
- VHP I,2Q3 76(1-1-a/l
- Y volume du gaz dans l’éprouvette.
- • Ii pression du gaz dans l’éprouvette en centimètres.
- D densité du gaz par rapport à l’air, i-f-af binôme de dilatation.
- t température.
- ’Si V est exprimé en centimètres cubes, on trouve p en milligrammes.
- Il faut que les nombres vérifient la relation suivante :
- pu P P P
- _ = La = rcn =
- 1 a 31.7 ios
- C’est la loi de Faraday.
- Pour faire cette expérience, on peut prendre indifféremment des anodes solubles ou insolubles. Dans le deuxième cas, il faut augmenter la force électromotrice de l'a pile.
- En rapprochant les nombres trouvés de l’intensité mesurée à la boussole des tangentes, on peut en déduire approximativement les équivalents électrochimiques de ces corps.
- On peut même essayer de déterminer la force électromotrice e de décomposition (ou de polarisation) de l’électrolyte. Prenons le sulfate de cuivre.
- On mesurera d’abord la force électromotrice e’
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- avec anode soluble, puis on remplacera cet anode de cuivre par un autre identique de forme, mais en platine, et on augmentera la pile jusqu’à ce qu’on obtienne exactement la même intensité de courant. On mesurera de nouveau la force électromotrice et aux bornes de l’électrolyte, et on aura
- e — e,—e'.
- Cette valeur de e peut se trouver d’après la chaleur de combinaison.
- On a en effet la formule
- 0,0434 le nombre de calories dégagées dans la combinaison, telles qu’on les trouve dans l’annuaire du bureau des longitudes, pour avoir la force électromotrice de décomposition en volts.
- Pour le nitrate d’argent, par exemple, on trouve tableau XXI,
- Azotate d’argent dissous A,gO+ Az O0 H = 5,2 et tableau X Àg+ O = 3,5
- C=1T7
- W z= e i t T=e q.
- où W exprime l’énergie du courant, e la force électromotrice, q la quantité totale d’électricité, celle qui correspond par exemple à la décomposition d’un équivalent en grammes.
- Or, si l’on adopte 425 pour équivalent mécanique
- FIG. 35
- ce qui donne pour la force électromotrice de décomposition du nitrate d’argent
- 0,0434 X 8,7 = ov,377.
- fig. 36
- de la chaleur en kilogrammètres, ce même équivalent dans le système C.G.S. sera
- J — 425 X 981 X 1000 X 100 ergs
- et C étant la chaleur de combinaison en grandes calories, pour un équivalent du corps, on aura
- De même pour le sulfate de cuivre :
- Tableau XXI sulfate + Cu O . . . . 9.2'
- — X Cu + O................... 19,2
- 28,4
- Donc, pour la décomposition du sulfate de cuivre
- 0,0434 X 28,4 = It,23.
- Or, q, la quantité d’électricité capable de libérer un équivalent d’un corps exprimé en grammes, est gôooo coulombs = 9600 unités C.G.S. car 1 coulomb 2= io-1 C.G.S.
- On trouverait e par la formule précédente en unités C.G.S. Pour avoir des volts, il suffit de diviser par io8, car iv 222 io8 unités, et on a finalement.
- e en volts =
- 981 X 425 x ior> 9600 x io*
- C =0,04340
- Il suffit donc de multiplier par cette constante
- La vérification se fait généralement assez bien. Pour certains sels métalliques, comme les sels de Mg, etc., la vérification ne se fait plus du tout, à cause de phénomènes chimiques particuliers, encore mal connus.
- 36. Lois de Joule (fig. 36). — Par la mesure simultanée de E et de I, ou encore de I et de R, on a d’après la formule
- W -= El / = I2R/.
- C nombres de calories.
- J équivalent mécanique de la chaleur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 367
- On évalue W en calories, en posant w = CJ = PR(.
- Pour faire l’expérience, on emploie le même dispositif que dans la mesure précédente.
- On observe d’un côté l’intensité du courant, la résistance du fil, et d’autre part la chaleur dégagée dans le calorimètre : on doit trouver ainsi le même nombre. En adoptant pour l’équivalent mécanique de la chaleur le nombre
- J = 425 X 981 X 1000 X 100 ergs
- il faut prendre pour R, le nombre de ohms multiplié X 109, et pour I, le nombre d’ampères multiplié X io-1.
- On vérifie en outre que la chaleur dégagée pendant le même temps est proportionnelle aux carrés des intensités des courants.
- Le fil du calorimètre est un fil de platine enroulé en spirale, et sans enveloppe.
- On s’arrange de façon à ce que l’augmentatio.i totale de chaleur, ne soit que de quelques degrés.
- 37. Etude des condensateurs. —• On établit, à l’aide d’une pile constante, une différence de potentiel aux extrémités d’un fil de maillechort de
- FIG. 37
- 2 mètres de long. Un curseur permet de prendre le contact à un point donné du fil. Un condensateur étalonné (microfarad divisé au dixième) et un galvanomètre à long fil, visé à l’aide d’une lunette et échelle de réflexion, complètent les appareils nécessaires aux expériences.
- On vérifie ainsi les lois suivantes :
- i° Pour un même condensateur la charge est proportionnelle à la différence du potentiel aux bornes.
- On peut arranger les fils de trois manières dif-rentes. On peut faire passer dans le galvanomètre ou bien le courant de décharge seul, ou le courant de charge seul, ou le courant de charge et de décharge. Il faut d’ailleurs que les indications soient identiques.
- En déplaçant la manette, on constate que l’angle de déviation est proportionnel à la longueur
- du fil de rhéocorde ù partir de l’origine du fil gradué, ce qui vérifie la loi.
- 20 Pour une même différence de potentiel, la charge est proportionnelle à la capacité du condensateur.
- En maintenant le point ab fixe, on fait varier la capacité du condensateur et on vérifie que les déviations sont proportionnelles à la capacité du condensateur.
- On étudie, en outre, les condensateurs pour ce qui concerne l’isolement et la charge résiduelle. On mesure l’isolement par la perte de charge au bout de n minutes (voir n° 22).
- Quant à la décharge résiduelle, on l’obtient en déchargeant le condensateur une deuxième fois ; on peut étudier comment cette charge résiduelle varie avec la différence de potentiel aux bornes.
- 38. Comparaison des condensateurs. — i° Par la méthode des décharges. On compare les condensateurs à l’aide d’une pile étalon; les capacités sont directement proportionnelles aux charges et par conséquent aux déviations du galvanomètre.
- 20 Parla méthode de Sauty. Les deux condensateurs à comparer sont disposés comme sur la figure 38. On arrange les résistances r et r' jusqu’à ce que le galvanomètre n’indique pas de déviation pour la charge ou pour la décharge. On compare
- FIG. 38
- ainsi à un microfarad divisé, un condensateur à feuilles d’étain construit au laboratoire. On a
- C___r '
- C' r
- fig. 38 bis
- 3° Méthode du pont. — On remplace les deux résistances que l’on compare ordinairement par les deux condensateurs (fig. 38 bis et ter).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Lors de l’ouverture ou de la fermeture du circuit de la pile, on n’aura pas de déviation dans le cas où la relation
- C _rj C'~r
- est satisfaite.
- Pour ces deux dernières méthodes, on se sert soit d’un rhéocorde, soit d’une boîte à pont. Les fig. 38 bis et ter se rapportent à la méthode n° 3;
- fiu. 38 ter
- dans la fig. 38 ter, on ouvre dans les bras de proportion une résistance fixe, et on fait varier la résistance du reste de la boîte.
- De ces deux méthodes, la dernière (3e) est de beaucoup la plus sensible.
- (A suivre.) P.-H. Ledeboer.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales Allemagne
- UN COUP DE FOUDRE EXTRAORDINAIRE. — Le prO-
- fesseur Léonard Weber a fait une communication sur un coup de foudre qui a été observé à Ribnitz (en Mecklembourg) le 3o août de l’année passée, pendant un orage violent, accompagné de phénomènes extraordinaires, mais qui n’ont pas été expliqués d’une manière satisfaisante.
- M. Rizze (un architecte qui a été témoin des phénomènes) en donne le récit suivant : « Hiermatin, à cinq heures trois quarts, pendant un orage violent accompagé de grêle, la vitre inférieure d’une fenêtre au premier étage d’une maison vis-à-vis de l’église principale fut soudainement cassée, et par l’ouverture un jet d'eau venant d'en bas s'élança au plafond et en détacha un grand morceau de plâtre, lequel en tombant, joint au jet d’eau, brisa une table à fumer qui se trouvait dessous. On enleva après trois seaux d’eau du plancher de la chambre;
- « A voir le trou dans la vitre, on le croirait fait par une balle de fusil, des fêlures radiales s’étendant dans tous les sens. La partie inférieure de la vitre est enfoncée par l’eau, mais il ne semble guère possible qu’un jet d’eau seul ait pu produire de telles fêlures. Quelques cigares, qui se trouvaient sur la table susdite, furent biûlés partiellement. Les habitants de la maison déclarent avoir aperçu un éclair et entendu le tonnerre simultanément un moment avant l’entrée du jet d’eau. »
- Ces déclarations ont été confirmées par quelques autres personnes.
- D’après des recherches faites par le professeur Weber, il est certain que les phénomènes observés ont été accompagnés de foudre, puisqu’on a trouvé ses traces caractéristiques. Toutefois, on n’a pas réussi à reconstruire la route suivie par la foudre. Pour expliquer le phénomène du jet d’eau, on avait émis l’hypothèse que la foudre, tombant sur la rue inondée, aurait, par une génération de vapeur soudaine, lancé en haut l’eau de la rue. Le professeur Weber ne croit pas que cette hypothèse suffise pour expliquer la quantité d’eau formant le jet et sa durée assez longue. Il croit que peut-être par répulsion électrique directe l’eau de la rue aurait été chassée sur la route de l’éclair, — ce qui ne s’accorderait guère, il est vrai, avec la déclaration des spectateurs d’avoir aperçu l’éclair quelques moments avant l’entrée du jet d’eau. M. Weber suggère une seconde explication, c’est que la foudre, en tombant par la fenêtre sur la rue, aurait causé la formation d’un tourbillon stationnaire d’air, autour de soi, avec un canal vide d’air dans l’intérieur, et que l’eau se serait précipitée avec une grande force dans ce vide comme dans un tuyau.
- Enfin il reste encore une troisième hypothèse , c’est que le jet d’eau n’aurait pas été la suite directe de la foudre, mais une forme spéciale — bien que nouvelle — d’une trombe. Il est connu que les trombes se présentent souvent en tourbillons utriformes ou coniques dans l’intérieur desquels se trouvent de grandes quantités d’eau. Si l’on considère qu’une telle outre peut descendre avec une énorme vitesse on pourrait admettre l’hypothèse, que la trombe — en tombant violemment sur la rue — avait subi une réflexion et s’était précipitée dans la fenêtre en forme de jet d’eau. Selon cette hypothèse l’éclair aurait tout simplement accompagné ou devancé la trombe.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ A L’OXYDATION
- rapide des vernis a l’iiuile. — MM. Müthel et Liitke, à Berlin, ont imaginé un procédé pour oxyder très vite, à l’aide de l’électricité, les huiles employées dans la fabrication des vernis. Des combinaisons oxydées de métalloïdes, qui — par une température élevée — perdent une partie de leur
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- oxygène, sont formées par l’influence de l’électricité. On trouve propres à ce but des mélanges de quantités équivalentes de chlore et de vapeur d’eau, d’acide sulfureux et d’air atmosphérique, oxygène ou acide hyponitrique, — d’azote avec de l’oxygène ou de la vapeur d’eau, — de protoxyde d’azote avec de l’air atmosphérique ou de l’oxygène.
- Un tel mélange de gaz est soumis pendant quelques temps, dans des appareils condensateurs, à une forte décharge électrique, produite par une dvnamo et un appareil d’induction. De .cette manière, 2 H Cl et O donneront naissance à Cl2 et H2 O, et S2 O, se formera par l’électrisation d’un mélange de S02 et d’air atmosphérique. Cette combinaison se résout facilement en 2SO3 et O, etc. L’huile de lin qu’on désire oxyder est chauffée dans un vase jusqu’à soixante ou quatre-vingts degrés, et alors on fait le vide. Ensuite le vase est mis en communication avec les appareils d’oxydation, à travers desquels le mélange des gaz s’écoule. Le gaz oxydé est aspiré en courants minces à travers l’huile de lin, et l’huile est fortement agitée à l’aide d’un agitateur. La décomposition des glycerides a Heu extrêmement vite. Les produits de décomposition sont régénérés ou brûlés. Le produit clair doit être lavé avec de l’eau ammoniacale.
- SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ ÉLECTRO - TECHNIQUE DE
- derlin. ;— Dans la dernière séance de la Société électro-technique, le 27 de ce mois, le président, M. le professeur Foerster a présenté deux lettres autographes de l’empereur Guillaume et du Prince impérial adressées à M. Stephan, ministre des postes, président honoraire de la Société, comme réponse à un rapport de la Société sur son activité pendant les cinq ans de son existence.
- Ce rapport constate — entre autres — qu’une commission de mineurs-experts a été convoquée officiellement pour l’examen des mesures préserva-tives contre le grisou, et qu’une autre commission a été chargée d’émettre, un avis sur la meilleure espèce de paratonnerres. Quant à cette dernière recherche, la Société propose de faire exécuter à ses propres frais des expériences nouvelles.
- M. le Dr Giese a fait un discours sur des observations de courants telluriques dans un circuit fermé, faites dans la station polaire allemande de Kingawa, et sur une nouvelle méthode de déterminer l’ohm qui s’y rattache.
- En 1882 on avait admis dans le programme de la troisième conférence polaire de Saint-Pétersbourg des observations sur les courants telluriques en connexion avec les observations magnétiques et les phénomènes de la lumière polaire.
- En conséquence l’expédition polaire, qui fut envoyée peu de temps après (et qui fut équipée par
- la maison Siemens et Halske, de Berlin) disposait de douze kilomètres d’un câble léger unifilaire, d’un galvanomètre à miroir électro-dynamique , d’un autre apériodique, et d’un troisième astatique, — et aussi des résistances et des éléments nécessaires.
- Parmi ses instructions relatives à l’emploi des appareils, etc., le Comité des courants terrestres recommandait d’enregistrer à des intervalles de temps plus ou moins longs, non seulement la position des appareils de variation mais aussi aux mêmes époques les courants telluriques. Il fallait coucher rectangulairement deux conducteurs orientés d’après le méridien magnétique. A cause de la congélation de la terre pendant l’hiver et de la configuration défavorable du fiord près de la station, — une installation de conducteurs terrestres n’était praticable ni sur eau, ni sur terre, et on se décida (janvier i883) à étaler le câble entier sur la glace du fiord en un grand circuit. Le circuit eut ainsi à peu près la forme d’une poire ayant sa pointe dans l’observatoire. La surface entourée était de 7.889 kilomètres carrés.
- Il était à supposer que des courants seraient induits dans le circuit par les variations de l’intensité.
- Appelons E la force électromotrice, F l’étendue du circuit, y l’intensité verticale et t le temps,
- » dy
- nous aurons alors l’equation E=:F^y. Donc, si
- on avait connu les variations de l’intensité verticale, on aurait pu calculer d’avance l’intensité des courants induits. Mais cela était impossible, parce que les appareils pour déterminer les variations verticales différaient beaucoup dans les résultats qu'ils enregistraient. C’étaient deux variomètres d’induction en fer d’après Lamont, et une balance Lloyd. Les premiers marquaient une variation dix fois plus grande que celle marquée par la balance. Eu égard à cette incertitude, on était obligé de se former une opinion sur les appareils de variation par les phénomènes produits dans le câble, au lieu de pouvoir calculer les courants par les données des variomètres.
- Quand il se trouvait que les courants dans le câble étaient en accord, selon la théorie de l’induction, avec un des trois appareils, on pouvait en conclure que ce variomètre donnait des indications justes. Grâce au câble on était en état de constater l’exactitude des données de la balance Lloyd, et ainsi on pouvait désormais considérer le câble avec un galvanomètre comme un nouvel appareil de variation pour l’intensité verticale, avec cette restriction seulement, qu’il n’enregistrait que la vitesse avec laquelle les valeurs de l’intensité changeaient, et non pas ces valeurs elles-mêmes. En prenant les trois intensités de courant, qu’on obtenait par estimation pour le temps entre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux lectures des appareils, on calculait l’intensité moyenne pour chaque demi-minute pendant la durée de l’observation et on comparait ensuite cette intensité avec les mouvements de la balance Lloyd selon la formule bi — A;j.. De b on peut calculer en degrés du galvanomètre l’intensité du courant qui régnerait dans le circuit si l’intensité verticale changeait avec une vitesse donnée. De l’autre côté ce changement de force électromotrice dans le câble est donné d’une manière absolue
- dy
- dans l’équation e — F Si l’on connaît encore
- la sensibilité du galvanomètre, on peut exprimer la valeur des résistances du circuit en ohms, c’est-à-dire tirer la valeur de l’ohm du facteur b.
- De tout ceci résulte une nouvelle méthode de déterminer l’ohm, qui se distingue de la méthode en usage jusqu’à présent en ce que les spirales à un grand nombre de tours sont remplacées par un circuit qui englobe une grande surface, et qui est bien plus facile à mesurer que la longueur des circonvolutions des spirales.
- Pour vérifier l’exactitude de cette méthode, on déterminait la constante b, puisqu’en toute autre chose les mesures s’accordaient avec celles employées dans les autres méthodes.
- On eut :
- Groupe I. — 1er et 3 mars i883.
- b -- — o,i865 ± 0,00147
- 1800 228
- 1894 141
- 1798 21S
- 1845 064
- Groupe II. — 21 et 29 mars i883
- II O CO O O !+ c ,00173 b = 0,0934 + 0 ,ooi3g
- q85 144 g36 096
- icx)6 i33 g56 i35
- 984 162 9S1 129
- 963 099 1044 141
- 981 io3 951 096
- ioo3 079 919 3o5
- 991 102 987 n3
- Les déviations des valeurs de b seraient à expliquer par les changements dans la sensibilité du galvanomètre, qui était placé dans une chambre où il était exposé à des dérangements fréquents. Comme on ne disposait pas d’une boussole des tangentes, on ne pouvait pas faire des mesures de courant absolues, et, pour cette raison, il n’a pas été possible de faire la détermination de l’oh'm.
- M. Giese ajoute qu’avec des arrangements convenables, cette méthode pour déterminer l’ohm devient indépendante de tout travail magnétique préliminaire. Si l’on fait passer le courant employé pour déterminer la sensibilité du galvanomètre à travers un simple anneau de métal placé autour de
- l’aimant de la balance Lloyd, et dont les dimensions géométriques peuvent être vérifiées — et qu’on détermine en même temps les déviations du galvanomètre dans la balance Lloyd, — alors 011 n’a besoin ni de l’intensité horizontale, ni de toute autre constante magnétique du lieu d’observation. Par les dimensions géométriques du grand circuit et de l’anneau du fil entourant la balance Lloyd, — par la constante b et la comparaison des effets d’un seul et même courant sur la balance Lloyd et sur le galvanomètre, — on peut calculer la résistance du circuit en ohms.
- Après ce discours M. le professeur Forster a donné à la Société l’aperçu suivant sur :
- QUELQUES 013SERVATI0NS DES COURANTS TELLURIQUES
- A. — Observations à des époques fixes :
- de décembre 1882, jusqu’à décembre 1884, le icr et i5 de chaque mois, de 5-7 heures du matin, consistant en galvanomètres et observations des enregistrements qui ont été employés à des intervalles de trente secondes.
- I. — Conducteur simple relié avec la terre :
- i° Berlin-Hambourg, deux lignes, une souterraine, une aérienne ;
- 20 Berlin-Thorn, une ligne souterraine;
- 3° Berlin-Halle, une ligne aérienne ;
- 4° Berlin-Dresde, une ligne souterraine ;
- 5° Strasbourg-Francfort, une ligne souterraine;
- 6° Le 6 octobre dans l’après-midi Cologne relié avec Aix-la-Chapelle, Metz, Barmen, Hanoyre.
- II. — Réseau sans communication avec la terre :
- 70 Berlin-Dresde-Berlin, souterrain jusqu’à novembre i883, de là :
- 8° Berlin-Chemnitz-Berlin, aérien ;
- g0 Berlin-Thorn-Dantzic-Stellin-Berlin, une ligne souterraine jusqu’au mois de février i883; ensuite une ligne aérienne outre la première.
- B. — Observations continues :
- I. — L’indicateur à suie fonctionne depuis le 14 février i883, c’est-à-dire à peu près deux ans, avec des interruptions très petites sur un câble souterrain Berlin-Dresde. Les documeuts recueillis jusqu’à à présent consistent en 5oo courbes d’un jour chacune; la longueur d’intervalle pour un jour est de 29omm, ce qui donne i/5mm par minute. La sensibilité d’annotation est de 3mm pour un Daniell.
- IL — L’appareil photographique fonctionne depuis ôctobre i883, mais il a été interrompu plusieurs fois. Les documents dont on dispose pour en tirer des résultats consistent en deux cents
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- courbes d’un jour chacune. La longueur moyenne d’une bande pour un jour est de 36omm, ce qui donne une longueur de 1/4“” par minute. La sensibilité est de 6mm pour un Daniell.
- L’observatoire Impérial à Wilhelmshafen a mis à la disposition des observateurs les notations continues des appareils de magnétisme terrestre pour la déclinaison et l’intensité horizontale pour les comparer avec ces courbes journalières. J’ai déjà fait une communication dans ce journal sur leur conformité fréquente et extraordinaire avec les notations des courants terrestres. Jusqu’à présent 3oo courbes ont été lues avec précision et réduites aux unités relatives.
- Dr H. Michaelis.
- Berlin, 3o janvier i885.
- Angleterre
- LE CHAUFFAGE AU MOYEN DE L’ÉLECTRICITÉ. —
- La question du chauffage des appartements et des wagons de chemin de fer au moyen du courant électrique, attire quelque peu l’attention en ce moment. Le public anglais commence à reconnaître que les voyages en chemin de fer pourraient se faire d’une manière bien plus commode qu’à présent, ou en d’autres termes qu’on pourrait fournir plus de lumière et que les voitures pourraient être agréablement chauffées et ventilées d’une , façon régulière, et non par intermittence. Tout bien considéré, il n’y a pas de raison pour qu’une personne ne soit pas aussi confortablement dans un wagon de chemin de fer que dans une maison, en dehors de la vibration qui pourrait cependant également être réduite à un minimum par une construction plus soignée des voitures. Le nombre des personnes qui se servent du chemin de fer journellement à Londres et dans les faubourgs, est très considérable et augmente tous les jours, puisqu’on a l’habitude de demeurer loin du quartier des affaires, dans l’un ou l’autre des faubourgs. Ajoutez encore à ceci les communications constantes de ville à ville et entre l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, et on verra qu’une grande partie de la population passe une bonne portion de sa vie en chemin de fer.
- Beaucoup de nos compartiments de 3° classe ont aujourd’hui des sièges rembourrés, et une bonne lumière qui permettrait aux voyageurs de lire sans se fatiguer les yeux, constitue peut-être le premier desideratum que la lampe électrique à incandescence est appelée à remplir. La question des frais n’est pas d’une grande importance pour les chemins de fer, parce que la locomotive peut fournir la force motrice, et l’éclat plus brillant de la lumière augmentera l’attrait des voitures et donnera envie de voyager.
- Le voyage en chemin de fer a jusqu’ici été un
- inconvénient pour les visiteurs et les touristes, tandis qu’il devait constituer un plaisir en lui-même. Les directeurs des chemins de fer commencent à comprendre qu’ils ont tout avantage à donner aux voyageurs une bonne lumière et autant de confort que possible.
- On parle en ce moment de chauffer les voitures par des tuyaux à vapeur ou à l’eau chaude, et l’introduction de la lumière électrique a fait penser à appliquer le courant aussi bien au chauffage qu’à l’éclairage des voitures. Plusieurs appareils de chauf-age au moyen de l’électricité ont été brevetés dans notre pays. M. Lane Fox a breveté une disposition électrique pour faire la cuisine, qui fut exposée à l’Exposition d’électricité au Cristal-Palace, en 1882. L’appareil se compose d’une petite chaudière cylindrique renfermée dans du plâtre et traversée par une bobine en fil de maillechort, chauffé par le passage du courant. M. Lane Fox a réussi à faire cuire des œufs et à faire du café très rapidement avec ce petit appareil. M. Oswald Rose, de Manchester, a également breveté une disposition semblable en 1882. Elle se compose d’un tube en fer, revêtu à l’extérieur avec de l’amiante. Un fil gros était enroulé en spirale autour de l’amiante, et la couche de fil était couverte d’une nouvelle couche d’amiante; ensuite venait encore une couche de fil, puis de l’amiante, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une bobine suffisante pour chauffer. Cette bobine était renfermée hermétiquement dans un deuxième tube en fer. On pouvait chauffer de l’eau avec cet appareil, en plaçant le liquide soit à l’intérieur du premier tube, soit à l’extérieur du second dans un réservoir quelconque ; la vapeur, ou l’eau chaude elle-même, était conduite dans des tuyaux pour servir au chauffage d’un bâtiment ou d’une chambre. On s’est également servi de charbon au lieu de fil pour produire la chaleur par le passage du courant.
- M. J.-S. Sellon, qui est'bien connu pour ses accumulateurs, a également imaginé un appareil de chauffage, qu’il a appliqué en petit pour des bassinoires et pour des couveuses artificielles, mais qui est susceptible d’une application plus étendue, surtout pour le chauffage de petits locaux, comme des chambres et des voitures de chemin de fer, en chauffant l’air extérieur, dès qu’il entre dans l’appartement. On pourrait également l’appliquer au chauffage des bouillottes des wagons, surtout quand celles-ci sont remplies d’acétate de soude, qui retient sa chaleur pendant si longtemps.
- La disposition de M. Sellon consiste à percer des trous dans des plaques en argile réfractaire ou en plombagine et à faire passer les fils dans cés trous. L’air circule dans les trous et s’échappe dans la chambre après avoir été chauffé par les fils rougis. Une disposition de ce genre peut être appliquée au ventilateur d’une chambre de manière à chauffer
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- l’air froid qui entre ou bien on pourrait en faire un calorifère dans la chambre.
- La [figure représente un calorifère de ce genre où A est un cadre pourvu d’un appel d’air froid en a et une issue pour l’air chaud en a2. L’entrée a peut ouvrir dans l’air extérieur et être munie d’une soupape a3 pour régler l’admission de l’air. Il y a également des bornes b auxquelles sont reliés les fils b3 qui parlent de la source d’électricité. Les plaques d’argile ou de plombagine reposent sur des supports a,t et sont percées de trous alignés
- c qui forment des passages pour l'air de l’entrée à la sortie.
- Dans chacun des trous c se trouve une bobine de fil d, et chaque bobine fait partie du circuit électrique, parce qu’elles sont toutes reliées en quantité. Les bobines sont chauffées par le passage du courant et servent à chauffer l’air qui passe de l’entrée à la sortie. La même disposition s’applique aux bouillottes pour les wagons de chemins de fer en la refermant dans une boîte métallique avec des trous pour permettre à l’air de circuler.
- On forme un ventilateur-chaulteur en adoptant le principe des plaques perforées de manière que l’air qui entre traverse les trous où il est chauffé par les bobines.
- M. Pfankuche a imaginé une disposition analogue pour des bouillottes dans laquelle les fils reposent
- I dans une couche de plâtre chauffée par eux. L’arrangement pour l’admission de l’air présente des avantages au point de vue de la ventilation, mais il reste à savoir si l’appareil chauffera les pieds aussi bien qu’un corps solide chauffé par le courant. L’idée de chauffer des boîtes métalliques remplies d’acétate de soude mérite d’être sérieusement essayée et donnera peut-être de bons résultats.
- une sonde magnétique. — Dans ma dernière lettre j’ai parlé du procédé qui a été essayé avec succès à Edimbourg pour déterminer la position d’un puits au moyen d’aimants.
- M. E.-F. Macgeorge a, depuis, fait connaître un autre procédé qu’il a utilisé dans les mines d’or de l’Australie pendant 1882, pour retrouver un puits perdu qui avait dévié d’une quarantaine de pieds à la profondeur où on l’a cherché et se trouvait par conséquent trop éloigné pour que les aimants ordinaires qu’on y plaçait puissent influencer le compas de la même manière que dans le cas que j’ai décrit. M. Macgeorge eut l’idée de faire descendre une petite bouteille de gélatine fondue dans le puits et délaisser se congeler la gélatine par le froid. Une aiguille de compas au fond de la bouteille fut ainsi gelée en pointant vers le nord, et en même temps la gélatine montrait à la surface l’inclinaions de la bouteille, [par rapport à la verticale. La position du puits fut déterminée à différentes profondeurs d’après ces deux éléments, et à une profondeur de 5oo pieds on trouvait qu’il avait dévié de 70 à 80 pieds.
- L’INSTALLATION A BORD DU PAQUEBOT LE'« TAINUI. »
- —J’ai, dernièrement, essayé l’installation électrique à bord du steamer le Tainui, qui a été construit par MM. Denny frères, de Dumbarton, pour le compte de MM. Shaw, Saville et C°. M. R. D. Smillie, l’électricien des constructeurs, a installé la lumière électrique selon les plans de M. le prof. Jamieson. L’installation a été bien faite et la résistance d’isolation de tous les conducteurs dans le navire s’élève à 49.280 ohms et, puisqu’il y a 3o6 lampes, cela équivaut à une isolation de i5 meghoms par lampe, ce qui est bien au-dessus de la moyenne. Les conducteurs en cuivre ont été choisis pour transporter 100 ampères par centimètre carré de surface de section. Des pièces fusibles sont placées dans tous les circuits, mais on n’a pas jugé nécessaire d’en placer à chaque lampe. Les principaux commutateurs sont du système de M. Smillie et construits de façon à empêcher les étincelles d’endommager les surfaces de contact. Les conducteurs sont installés sur le système d’un seul fil et renfermés dans des tuyaux de métal ou de bois ; aucune partie n’en est découverte.
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- Les globes en verre qui renferment les lampes dans les cabines sont rendus opaques en dedans et non au dehors, comme on l’a fait jusqu’ici, parce qu’on a trouvé que la poussière qui s’attachait aux inégalités de la surface extérieure était difficile à enlever et diminuait la clarté de la lampe. On emploie des lampes de 20 bougies, partout dans le navire; elles sont distribués dans la proportion d’une lampe de 20 bougies par 64 pieds carrés de plancher.
- Dans l’entrepont qui est parfois utilisé pour les émigrants, et parfois pour les marchandises, les supports des lampes sont construits de façon à pouvoir être facilement enlevés et replacés. Quand il y a des marchandises à l’entrepont, on les enlève et on les remplace par un couvercle protecteur ou une plaque. 11 y a également des lampes avec des cordons souples pour examiner la cargaison et les machines au besoin.
- Dans les vaisseaux d’émigrants, les hommes de garde ou la police ont l’habitude de faire des rondes pendant la nuit, et, par conséquent les circuits qui serveut à l’éclairage des corridors, aussi bien que des cabines des officiers et quelques autres endroits fonctionnent toute la nuit.
- Dans les cabines, la lampe est généralement placée près des hublots qui admettent la lumière et le commutateur se trouve à l’endroit le plus commode. Chaque passager de première ou de seconde classe peut éteindre sa lumière, le soir, quand il veut, une facilité qui sera appréciée par les passagers, puisqu’elle leur permet de lire au lit s’ils ne peuvent pas dormir. On peut accorder ce privilège aux passagers puisqu’il y a si peu de risques d’incendie, comparé aux lampes à huile. Quelques-unes des cabines sont séparées du corridor par des verres opaques, de sorte qu’une partie de la lumière sert à tous les deux. Le Tainui est un steamer d’environ 5 000 tonnes.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Kuouchkoll
- Dangers des générateurs mécaniques d’électricité; moyens de les éviter, P) par M. A. d’Ar-sonval (2).
- « L’emploi de plus en plus général des puissants générateurs électromagnétiques a causé plu-
- (') Mes expériences ont été faites au Collège de France en février et mars 1884. J’en ai communiqué les principaux résultats à la Société de Biologie le 20 décembre 1884.
- (2) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 26 janvier 1885.
- sieurs accidents, ayant quelquefois entraîné mort d’homme. Aussi cherche-t-on, en ce moment, à réglementer l’emploi de l’électricité et à déterminer expérimentalement la tension et l’intensité dangereuses en pratique.
- « Le problème ainsi posé est mal posé et n’est susceptible d’aucune solution, ainsi que la présente Communication a pour objet de le montrer. Et d’abord, ce n’est pas, en général, quand le courant électrique avait un régime permanent que se sont produits les accidents, mais bien au moment de la rupture ou de l’établissement du circuit électrique. Dans ces conditions, c’est le corps de l’expérimentateur qui rétablit la continuité du circuit rompu pendant un temps plus ou moins long. Il est facile de montrer que, à ce moment, les dangers que court l’opérateur ne dépendent nullement de la tension et de l'intensité du courant primitif, comme on le croit généralement, mais se trouvent sous la dépendance d’un facteur tout autre, qu’on 71e peut calculer par la seule connaissance de la tension et de l’intensité du courant primitif.
- « Tous les physiologistes savent, d’autre part, que l’énergie d’une excitation électrique dépend beaucoup moins de l’intensité du courant que de la rapidité de chute de potentiel et de la fréquence des excitations.
- « Cela posé, les propositions suivantes deviennent pour ainsi dire évidentes d’elles-mêmes.
- « Proposition I. — Une pile et une machine donnant dans un circuit rectiligne deux courants ayant même tension et même intensité n'offrent pas les mêmes dangers.
- « En effet, si l’on rompt le circuit en un point quelconque, en tenant dans chaque main un bout du fil non isolé, on constate que la pile donne à peine une secousse, tandis que la machine produit une excitation beaucoup plus considérable des systèmes nerveux et musculaire, excitation qui peut devenir foudroyante èn certains cas. Cette différence tient à ce que la pile, dans un circuit rectiligne, ne donne pas d'extra-courant, tandis que la machine, par le fait même de sa construction, en donne un dont la puissance varie avec la longueur et le mode d’enroulemenr de son circuit, et aussi avec la quantité de fer qui en forme la carcasse. Le danger réside donc uniquement dans la puissance de l’extra-courant, résultant de la self-induction du générateur d’électricité.
- « De ces considérations très simples, résultant de l’expérience, on déduit les propositions suivantes :
- « Proposition. II- — Deux machines donnant des courants ayant même intensité et même tension dans un circuit semblable peuvent être inégalement dangereuses; car leurs coefficients de self-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nduction et par conséquent leurs extra-courants peuvent être fort différents.
- « Proposition III. — Un même courant non dangereux dans un circuit peut l'être dans un autre. Il suffit, en effet, de donner au courant une self-induction, par un moyen quelconque (par l’interposition d’un électro-aimant, par exemple).
- « J’ai vérifié expérimentalement ces déductions de la théorie, en opérant sur des cobayes, au moyen d’une machine Gramme de laboratoire et d’accumulateurs. La tension des courants employés a varié seulement de 2 à 20 volts, et l’intensité de 1 à 3o ampères. Malgré la faiblesse des moyens employés, j’ai néanmoins réussi à tuer des cobayes. On voit par conséquent que, si l’on veut supprimer tout danger dans l’emploi de l’électricité, on arrive fatalement à cette conclusion ab surde qu’il faut supprimer l’électricité elle-même.
- « J’ai cherché un remède à cet état de choses. Voici un moyen qui s’est montré efficace dans tous les cas et qui constitue un procédé général de suppression des extra-courants.
- « Pour éviter tout danger, que faut-il en somme ? Uniquement empêcher que l’extra-courant puisse traverser le corps de l’expérimentateur. Nous savons, d’autre part, que la tension de l’extra-courant est infiniment plus grande que celle du courant primitif qui lui donne naissance.
- « Cela posé, je place en dérivation sur les bornes du générateur électrique une série de voltamètres à lames de plomb et à eau acidulée, en nombre suffisant pour que leur force électromotrice de polarisation soit supérieure à la force électromotrice maxima de la machine. Cette dérivation est absolument infranchissable pour le courant direct, mais il n’en est pas de même pour l’extra-courant qui la traverse facilement. Au moment de la rupture du circuit, l’extra-courant passe à travers les voltamètres, et le corps humain est absolument garanti.
- « C’est là une méthode générale très simple pour la. suppression des extra-courants. Elle est susceptible d’applications nombreuses, que j’ai déjà en partie réalisées, mais dont l’exposé ne peut trouver place dans cette courte Note. J’ai pris des voltamètres à lames de plomb, parce que ce sont ceux qui développent pratiquement la plus grande force électromotrice; j’en varie la disposition suivant les cas.
- « On voit que le procédé que je propose consiste dans l’établissement d’une dérivation, infranchissable pour le courant direct, ne créant par conséquent aucune perte de ce courant. Cette dérivation n’en est une que pour l’extra-courant. Elle joue le rôle d’une soupape de sûreté qui se soulève seulement et automatiquement pour une pression déterminée. »
- Conductibilité électrique de l’eau contenant en dissolution de l’acide carbonique ; méthode pour mesurer la résistance des liquides soumis à de hautes pressions, par Emmanuel Pfeiffer.
- Déjà Hittorf, dans ses travaux sur le déplacement des ions, avait exprimé l’opinion que dans l’avenir les relations électriques auront une importance décisive dans tous les cas où la constitution chimique des corps paraîtra douteuse. Depuis, cette idée de Hittorf a été vérifiée dans une série de questions ayant un caractère chimique.
- Les recherches de M. F. Kohlrausch sur la conductibilité électrique des dissolutions ammoniacales et la conclusion qu’il en a tirée relative au caractère chimique de ces combinaisons, que ces combinaisons ne sont pas de simples dissolutions de l’hydrate d’ammoniac dans l’eau, ont amené l’auteur a étudier au même point de vue la dissolution aqueuse de l’acide carbonique.
- Pour avoir des dissolutions riches en acide carbonique, il fallait nécessairement opérer sous de hautes pressions. A cet effet, l’auteur se sert d’un appareil Cailletet pour la liquéfaction des gaz, qui lui permet d’obtenir de fortes pressions. Il s’appuie sur les données de M. Wroblevsky relatives à la variation du coefficient de solubilité de l’acide carbonique dans l’eau sous de hautes pressions.
- M. Wroblevsky a dressé une table donnant la quantité d’acide carbonique dissoute dans 1 centimètre cube d’eau sous des pressions variant de 1 à 3o atmosphères, pour les températures de o° et i2°,43. L’auteur a construit la courbe représentant la relation entre la quantité de l’acide carbonique dissous et la pression. Il restait à déterminer la conductibilité de l’eau saturée d’acide carbonique sous différentes pressions.
- Pour faire ces mesures de résistance, l’auteur emploie la méthode des courants alternatifs imaginée par M. Kohlrausch pour mesurer la résistance des liquides. Les courants alternatifs sont produits par un inducteur sinussoïdal de Kohlrausch, dont l’aimant faisait 160 tours par seconde ; il avait donc une vitesse beaucoup plus grande que dans les expériences de M. Kohlrausch. L’intensité du courant est mesurée par un dynamomètre uni-filaire du même physicien, dont on observe la déviation à l’aide d’une lunette et d’une échelle placée à 3 mètres du miroir. La résistance est mesurée par la méthode du pont Wheatstone au moyen du grand pont de Siemens.
- L’auteur s’est assuré que cet appareil convient aux cas, comme le sien, où l’on emploie des courants alternatifs, en mesurant une résistance liquide d’abord avec un courant direct, puis avec des courants alternatifs : les deux résultats furent très concordants.
- Pour les dissolutions contenant peu d’acide carbonique et préparées sous la pression atmosphé-
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- rique, l’auteur se sert d’appareils analogues à ceux de M. Kohlrausch (‘).
- Pour les dissolutions qui nécessitaient l’emploi de hautes pressions, l’auteur s’est servi de l’appareil Cailletet un peu modifié en vue du but qu'il se proposait d’atteindre.
- La figure 3 représente cette disposition. L’écrou A du cylindre de fer dans lequel on mastique les tubes contenant les gaz à comprimer, avait un canal beaucoup plus large, de manière à pouvoir contenir des tubes ayant l’un icm.7 de diamètre extérieur, l’autre icm.6. La longueur totale des tubes était de 60 centimètres et la partie sortant de l’écrou avait 27 centimètres de longueur. La partie inférieure du tube descendait jusqu’au fond du cylindre de fer et se terminait par un rebord un peu plus épais b dans lequel on avait rodé la
- FIG. I
- partie terminale, dont le bout est effilé etfrecourbé, comme les extrémités des tubes de Caillllet.
- L’extrémité supérieure du tube C est demi-sphérique et présente en son milieu une petite ouverture laissant passer un fil de platine. Le bout inférieur de ce dernier est rivé à une plaque de platine platiné façonnée en demi-sphère, dont le bord s’applique partout à la paroi du verre, excepté l’endroit où l’électrode est fixée, pour laisser passer le liquide. Le bout supérieur du fil de platine est soudé à une calotte de laiton qui recouvre l’extrémité supérieure du tube. Cette calotte est mastiquée sur le verre avec de la cire à cacheter et se termine par une borne à laquelle on fixe l’un des fils mis en communication avec les pôles de la pile. L’autre fil (celui qui établit la communication avec la partie inférieure du liquide à étudier) est fixé sur le bloc de fer qui contient le mercure des-
- tiné à être refoulé dans le tube pour produire la compression. Sur la surface du mercure se trouvait un flotteur d formé d’une coupe de platine analogue à celle que portait l’électrode supérieure; à cette coupe était rivé un fil de platine dirigé vers le bas et dont l’extrémité inférieure était recourbée en cercle horizontal appliqué aussi étroitement que possible contre les parois du verre. Comme l’électrode elle-même frottait contre la paroi, elle ne pouvait pas être repoussée de côté pendant son mouvement ascendant produit par la compression, et elle gardait ainsi une position stable.
- Le flotteur en platine servait donc ainsi d’électrode inférieure. Au-dessus du flotteur se trouvait une colonne d’eau surmontée d’une colonne d’acide
- FIO, 2 ET 3
- carbonique gazeux (fig. 3). ' On ne faisait la mesure de résistance que lorsque, parla compression, l’absorption de l’acide carbonique était telle que l’électrode supérieure plongeait dans le liquide. On avait donné aux électrodes la forme de demi-spères afin qu’avec la section donnée des tubes elles pussent occuper la plus grande surface possible.
- Avec une telle surface .d’électrodes (elle était de 2c%9 pour le tube I et de 2^,7 pour le tube II) la polarisation, d’après les données de M. Kohlrausch (*) ne devait plus se faire sentir, même avec un nombre modéré de tours de l’inducteur. Pour s’en assurer, l’auteur a mesuré la résistance d’une dissolution d'acide acétique présentant le maximum de con
- (’*) Kohlrausch, Annales de Paggeud, vol. jubilaire 18^4, p. 3oi.
- (•) Annales de Wiedemann, n° 6, p. 6 et pl. I, 1879.
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- ductibilité ; ce liquide était introduit dans le tube I. La température et la distance entre les électrodes restant invariables, on a pu constater, par la diminution de la résistance avec l'augmentation du nombre de tours des aimants, que l’influence de la polarisation diminuait en même temps. A partir d’un certain nombre de tours les variations de la résistance restent dans les limites des erreurs d’expérience. Avec les grandes résistances que l’auteur avait à mesurer l’influence de la polarisation étart encore moins à craindre.
- Comme le manomètre de Bourdon fixé sur l’appareil de M. Cailletet n’était pas assez sensible, l’auteur l’a remplacé par un manomètre à air comprimé. A cet effet, le tube qui établit la communication de la pompe avec le manomètre est relié à un cylindre de fer creux, analogue à celui de l’appareil de M. Cailletet. Dans ce cylindre est mastiqué un tube de verre p assez large (analogue à la partie large du tube Cailletet), prolongé par deux tubes capillaires gradués en millimètres. Le prolongement inférieur n’est pas long, il plonge en même temps que la partie large, dans une éprouvette, pleine de mercure, reposant sur le fond du cylindre de fer. Le prolongement supérieur fermé au bout, avait une longueur totale de 6omm, dont 5o hors de l’écrou. Les parties capillaires étaient soigneusement calibrées et la partie large jaugée au mercure. Le tube contenait de l’air desséché, qu’on comprimait en même temps que le liquide enfermé dans l’appareil décrit plus haut. Toute cette modification revient donc à employer comme manomètre à air comprimé, le cylindre de. fer muni de son tube plein d’air, de l’appareil de M. Cailletet.
- On connaissait la capacité du tube ; quand l’appareil avait pris la température ambiante, on observait la température t0 et la hauteur barométrique b6 exprimée en atmosphères et -on pouvait ainsi en déduire la constante du manomètre
- _ h vn 1 + dt
- Cette quantité oscillait entre 2,729 et 2,788. Car pendant ces expériences, qui ont duré plus de six mois, on a été obligé de démonter plusieurs fois l’appareil pour le nettoyer.
- La partie du tube capillaire qui sortait de l’écrou B (fig. 2) était entourée d’un manchon plein d’eau afin ci’éviter les variations brusques de température. La pression, exprimée en atmosphères, sous laquelle se trouvait l’acide carbonique pendant la compression était donnée par la formule :
- P _ C (I + a /) _ ±P+ il ’ + e + d
- ~ v 76 ’
- où c est la constante manométrique indiquée plus haut, v et t le volume et la température de l’air comprimé, p la différence des niveaux du mercure
- dans le tube à liquide comprimé et dans le mano mètre, w la pression de la colonne d’eau réduite en hauteur de mercure, e la tension des vapeurs d’eau, d l’excès de la dépression capillaire dans le manomètre sur celle du tube à compression ; les quatres dernières grandeurs sont exprimées en centimètres. Les différences de niveau étaient relevées au cathétomètre.
- Pour maintenir la pression constante pendant qu’on mesurait la résistance, l’auteur se servait d’un robinet intermédiaire à l’aide duquel on pouvait interrompre la communication du tube, contenant le liquide comprimé, avec la pompe, après avoir fait la lecture du manomètre. De cette manière on évitait la perte de pression parles soupapes de la pompe.
- Afin de pouvoir appliquer les données de M. Wroblevsky il fallait autant que possible maintenir le tube, qui contenait la dissolution comprimée, successivement dans le voisinage deo° et de 12,43°. Pour réaliser une température de o°, le tube était entouré d’un manchon de verre, dans lequel on faisait arriver constamment un courant d’eau froide d’un réservoir placé plus haut et rempli d’un mélange d’eau et de glace fondante (3) ; cette eau s’écoulait dans un réservoir placé plus bas et on les changeait de place, quand l’un était vide et l’autre plein. Par un procédé analogue on maintenait la température du tube à i2°,43.
- L’eau qui servait à absorber l’acide carbonique était préalablement distillée et saturée d’air. Elle avait alors une conductibilité de 3.io—10 environ en prenant pour unité la conductibilité du mercure à o°. On l’avait saturée d’air afin de se trouver dans les conditions de M. Wroblewsky, ses nombres se rapportant à l’eau distillée saturée d’air.
- MARCHE DES EXPÉRIENCES.
- 1. Pour les dissolutions préparées sous la pression atmosphérique, l’auteur se sert d’un flacon bouché contenant deux éleetrodes. On le remplit d’eau pure et on le plonge dans un grand bain d’eau. On fait passer à travers l’eau du vase, un courant d’acide carbonique jusqu’à ce que la résistance reste constante. On enlève alors le tube qui amène le gaz, on bouche le flacon et l’on fait la mesure définitive.
- (9 L’auteur qui donne tant de détails sur son appareil et sur ses procédés opératoires ne dit pas comment il isolait le bain d’eau froide du cylindre de fer sur lequel il reposait (le fond du manchon qui entoure le tube dans l’appareil Cailletet est ordinairement vissé sur le cylindre de fer), ou bien comment il isolait l’électrode supérieure de l’eau du bain. Car il est évident que, sans ces précautions, le courant pouvait passer à travers le bain, ou bien le long de la surface du tube, qui devait être humide — si l’on suppose qu’une partie du tube était hors du bain. K.
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- Pour les dissolutions plus concentrées on s’est servi de deux tubes I et II dans lesquels on produisait la compression. Pour remplir le tube, on le maintient verticalement l’ouverture en haut, après avoir enlevé la partie terminale B, on verse une certaine quantité de mercure de manière que le volume restant vide soit à peu près égal au volume présumé de gaz; on verse par-dessus une quantité d’eau de i centimètre de hauteur et on y laisse tomber l’électrode inférieure. On fait passer dans l’eau un courant d’acide carbonique pour chasser l’air, on remplit du même gaz la partie B (en bouchant avec le doigt son extrémité effilée) et on l’introduit dans le tube; on renverse alors ce dernier en le maintenant bouché avec le doigt. Le mercure bouche alors le tube en bas. On en laisse sortir une certaine quantité et on introduit le tube dans l’appareil Cailletet.
- On commence alors la compression, Le tube est gradué en millimètres. Pour produire la saturation de l’eau l’auteur employait le procédé de M. Wroblewsky qui consiste à faire une série de compressions et de détentes rapides jusqu’à ce que le manomètre garde une position fixe. En même temps on observait le variation de la résistance : elle diminue avec l’augmentation de la quantité de gaz absorbé et, lorsque la saturation est complète, elle reste constante. L’état stationnaire atteint, on faisait toutes les mesures de température, de pression et de résistance. La pression et la température permettaient de calculer d’après les données de M. Wroblewsky la quantité d’acide carbonique dissoute. On observait en même temps la distance des deux électrodes. Pour faire comprendre les résultats résumés dans les tables qui vont suivre, l’auteur cite un exemple numérique tiré de ces expériences :
- « Après saturation complète le manomètre indique une pression de 13,711 atm., en faisant les réductions indiquées plus haut on trouve que la pression sous laquelle se trouve l’acide carbonique dans ces conditions est égale à i3,5g8 atm. La saturation était atteinte à la température de o,8o° ; la qualité d’acide carbonique dissoute, calculée d’après ces deux nombres, était de 19,95 c. c. dans 1 c. c. d’eau. La résistance en unités Siemens était 7,687; de là une conductibilité y = 09,1. On avait par des expériences préliminaires déterminé avec beaucoup de précision les variations de la conductibilité avec la température, celle-ci oscillant entre des limites voisines autour de o° (ou de 172,5°) afin de pouvoir faire la réduction à o° pour de petits intervalles. L’augmentation de la conductibilité correspondant à cette concentration est de 4.6 par degré, De sorte qu’à o° la conductibilité
- — 95,5. »
- Comme la présence des matières étrangères fait croître la conductibilité de l’eau, l’auteur fit quel-
- ques expériences préliminaires pour déterminer la conductibilité de son eau, afin d’être sûr que l’augmentation de conductibilité par l’absorption de l’acide carbonique est bien due à ce dernier. En prenant toutes les précautions possibles il parvint à obtenir une conductibilité qui ne variait qu’entre 5 et 6. On pouvait donc la considérer comme constante. Le mercure qui servait a la compression avait été lavé très soigneusement et tous les corps qui devaient se trouver en contact avec l’eau comprimée avaient préalablement séjourné pendant longtemps dans l’eau de la même provenance.
- L’eau attaque le verre même à des températures ordinaires. C’est donc là une cause de variation de conductibilité. Mais l’attaque est très lente, de sorte que son effet ne se fait pas sentir pendant la durée d’une expérience. Voici un exemple de la variation de conductibilité de l’eau pure avec le temps ; cette eau se trouvait dans l’un des tubes qui servaient à la compression :
- Immédiatement après le remplissage. . . 6,go
- Deux heures après..................... 7,34
- Quatre heures après................. g,55
- Le lendemain......................... 12.70
- Le lendemain au soir................. i5,oo
- On ne faisait l’expérience qu’avec de l’eau dont la conductibilité ne dépassait pas le minimum de 5-6.
- RÉSULTATS
- Les tableaux I et II donnent les résultats directs des expériences faites aux températures voisines de o° et de 12,5°. Dans ces tableaux P désigne la pression en atmosphères, T la température du moment, Q le volume, calculé d’après ces nombres, de l’acide carbonique (en centimètres cubes) dissous dans un centimètre cube d’eau. Ces volumes étant réduits à o° et à 1 atmosphère, T, est la température pendant la mesure de résistance (la moyenne des températures avant et après cette mesure) ; X indique la conductibilité électrique à cette température.
- Avec ces nombres on a réduit les différentes conductibilités aux températures exactes de o° et de 12,5° par la méthode indiquée plus haut. Les nombres réduits sont groupés dans les tableaux III et IV.
- Avec les nombres donnés par ces tableaux, l’auteur a tracé les deux courbes de la figure 1, qui représentent, pour les températures de o° et de 12,5°, la conductibilité de la dissolution en fonction de la quantité d’acide dissous. Les abscisses représentent le nombre de centimètres cubes d’acide absorbé par 1 centimètre d’eau, ces volumes étant évalués à o°.
- Avec ces deux courbes correspondant aux températures indiquées, l’auteur en construit une troisième pour 180, en admettant qu’entre o° et 180 la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- conductibilité croît proportionnellement à la température, ce qui se vérifie assez bien (v. tableau YI). Cette dernière courbe, tracée également sur la figure 1, a été calculée dans le but de pouvoir établir une comparaison entre ces nombres calculés et ceux de M. Kohlrausch, qui se rapportent à 180.
- TABLEAU I
- P T Q Ti X VASES
- 0,930 0 0,92 O 26,1 Flacon
- 0,933 0 o,g5 O 25,6
- o,g3o 0 1,00 1,67 O 27,8 —
- 0,930 0 O 32,4 32.0 —
- o,93o 0 1,67 O —
- 0,933 0 1,68 O 1 32,3 —
- 3.063 0,95 5,10 o.g5 52.8 54.8 Tube 1
- 3,4-36 0,95 5,82 0,98 —
- 4,336 0,90 7,3o 0,93 6o,5 —
- 4,858 0,90 8,17 0,90 62,6 * —
- 5,t62 0,95 9,46 0,91 69,4 —
- 6,374 0,95 io,55 0,94 72,9 —
- 7,759 0,90 12,55 0,92 77,9 —
- 7,988 1,00 0,85 12.85 0,98 79-0 Tube 11
- 8,398 13,44 0,80 0,89 79,3 l’ube I
- 8,888 0,90 14,09 83,8 —
- 9,4M 1 ,o5 14,76 1,08 85.1 Tube 11
- 10,243 o,85 i5,93 0,84 92,2 89,3 —
- 10,241 10,713 0,75 i5,g8 0 71 —
- 0,85 i6,53 0,81 94,6 96,1 —
- 11,871 0,80 17,95 0,78 —
- 12,152 0,85 18.29 0,81 96,2 —
- i3,5i6 0,85 19,87 0,89 104,8 --
- i3,5g8 0,80 19,95 0,78 0,85 99,i —
- i6,8g5 0,80 23,34 110,7
- TABLEAU II
- P T Q Ti X VASES
- 0,980 14,99 0,92 14,99 39.3 Flacon
- 8,g33 i3,88 0,95 l3,88 39,0 —
- o,g3o 12,35 1,00 12,35 39,3 —
- 0 930 14,20 1,67 14,20 49,3 —
- o,g3o u,58 1,67 n,58 44,8 —
- 0,g33 l3,65 1,68 i3,65 48,0 —
- 3,329 12,84 3,40 12 82 64,8 Tube I
- 4,054 12,58 4, l5 12,62 73,3 —
- 4,297 12,78 4,34 12,78 77,6 ---
- 6,264 12,47 6,35 12,47 92,7 —
- 6,866 12,60 6,73 12,5g 96,4 —
- 7 371 12,26 7,33 12,28 97,o —
- 7,739 12,38 7,64 12,35 102 8 __
- 8,855 12,76 8,44 12,76 103,2
- 9,484 12,68 9,09 12,71 110,2 —
- 10,219 12,49 9,79 12,52 1 i5,4 —
- 10,849 12,29 io,38 12,33 114,3 —
- 11,048 12,5o 10,46 12,54 121,5
- 14.6.32 12,38 i3,36 12,38 128,9 Tube 11
- 15,389 12,48 13,89 12,41 1.33.8 —
- 15,758 12,29 14,25 12,29 —
- 17,593 12,97 i5,o6 12,95 140,2 —
- 17,290 12,48 i5,17 12.48 1.36,5 —
- 17,816 12,28 i5,70 12,28 i36,6 —
- 18 502 12,87 15,72 12,88 140,8 —
- 20.801 12,24 17,75 12,23 143,5 —
- 23,200 12, IO 19,45 12,14 i52,S —
- 25,259 12,94 20, o3 13,91 i58,1 —
- TABLEAU III
- Q *0 Q *o
- 0,92 26,1 12,85 74,9
- o,g5 25,6 13,44 75,9
- i>o'o 27,8 14,09 80,0
- 1,67 32,4 14,76 80,3
- 1,67 32,0 i5,93 88,4
- 1,68 32,3 i5,g8 . 86,1
- 5,10 50.4 i6,53 9! ,0
- 5,82 52,2 17,95 92,5
- 7,3o 5" ,6 18,29 92,5
- 8,17 59,6 19,87 100,7
- 9,46 66,1 19,95 95,5
- io,55 69,2 23.34 106,8
- 12,55 74,o »
- TABLEAU IV
- *iV> <v> *12,5
- 0,92 36,6 37,5 9,09 109,4
- 0,95 9,79 11 s, 3
- 1,00 1,67 io,38 1 l5,o
- 46,9 10,46 121,3
- 1.67 46,1 i3,36 129,4
- 1,68 46,4 13,89 134.2
- 3,40 64,2 14,25 i36,3
- 4, i5 73,0 i5,o6 i38,2
- 4,34 77,0 i5.17 i36,6
- 6,35 02,8 15,70 137,6
- 6,73 96,1 15,72 17,75 139,1
- 7 » 33 97,7 M4,7
- 7,64 io3,3 19,45 154,2
- 8,44 102,3 20, o3 i56,2
- Sur la même figure 3, on a tracé une quatrième courbe qui montre la variation des accroissements de conductibilité entre o° et i2,5° — ces accroissements (coefficients de température) étant exprimés en parties de la conductibilité à 180.
- Voici les nombres qui ont servi à la construction de cette dernière courbe :
- TABLEAU V
- VOLUME d’acide carbon, dissous COEFFICIENT de température V 0 L U M E d’acide carbon. dlSSOUS COEFFICIENT de lemliérature
- 0,5 0,0197 8 0,0285
- I 0,0207 10 0,0283
- 2 0,0227 14 0,0274
- 4 0,0256 18 0,0269
- 6 0,0276 22 0,0246
- A o° on ne pouvait pas dépasser 24 volumes d’acide carbonique, par suite du dépôt sur l’électrode supérieure de l’hydrate solide de cet acide : C O2 -j- 8 H2 O. On sait que cet hydrate, découvert
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- par M. Wroblewsky, se forme, d’apres ce dernier, lorsqu’on produit une détente brusque après une compression de 25 à 3o atmosphères. Dans les conditions où se plaçait l’auteur, le platine platiné était tellement favorable à sa formation, que déjà à 20 atmosphères, et sans que le manomètre eût accusé une détente, on ne pouvait plus s’en débar-ser : dès que l’électrode supérieure touchait le liquide, elle s’enduisait de cet hydrate.
- CONCLUSION
- 1. La dissolution aqueuse d’acide carbonique appartient aux électrolytes qui conduisent le moins bien. La plus grande conductibilité qu’on ait pu atteindre est i5o, tandis que l’eau de puits possède une conductibilité de 400.
- 2. L’hypothèse, généralement admise, que l’eau contenant de l’acide carbonique est une dissolution dans ce lique de l’acide hypothétique C03H2 est inexacte ; car, en vertu de la proposition relative à l’indépendance du déplacement des ions (’) on peut, en partant de la conductibilité moléculaire des composants, calculer une limite inférieure vers laquelle doit tendre la conductibilité à mesure que la dilution croît. Pour ces composants, M. Kohl-rausch donne les nombres suivants :
- i (II2): «• io,ü = 166,000
- l- (C03): v. io10= 36,ooo (2)
- En additionnant ces deux valeurs on aurait i(H2C03):).. io'° = 202,ooo
- On aurait une valeur qui est plus que 1 600 fois la plus grande conductibilité observée.
- 3. O11 n’a pas constaté de variation de conductibilité avec la pression.
- 4. Il ne se passe rien de particulier dans la variation de la conductibilité avec la température (la quantité d’acide carbonique restant constante) au moment où la dissolution passe par le point critique de l’acide carbonique (3o°9). Cette conductibilité ne cesse pas de croître proportionnellement à la température, comme cela résulte du tableau ci-dessous :
- Il faut en conclure, d’après l’auteur, que l’eau acidulée avec de l’acide carbonique doit être considérée comme une combinaison chimique, et non pas comme un mélange d’acide carbonique liquide et d’eau.
- (!) Kohlrausch. — Annales de Wiedemann, vol. 6, p. 168. 1879.
- (2) Kohlraussch, loc. cit. p. 177, 1879. u désigne
- la vitesse du cation et v la vitesse de l’anion.
- TA'BLEAU VI
- Eau saturée d’acide carbonique à 3g,8°
- T X observée X calculée T X observée X calculée
- 34,9 40.2 39-7 17,2 26,9 26,9
- 28,8 35,3 34,3 11,6 23,1 23 2
- 22,4 3o,9 3o,4 0 i5,4 ï5,4
- 5. L’eau contenant de l’acide carbonique ne paraît pas avoir un maximum de conductibilité, ni avant la liquéfaction de l’acide ni après, car la quantité d’acide absorbéé n’augmente pas après la liquéfaction de l’acide.
- 6. Il y a une grande analogie entre les courbes représentant la conductibilité de la dissolution d’acide carbonique et celle des acides oxalique, tartrique et acétique.
- 7. On peut résumer tous ces points en disant qu’il résulte de l’étude de la conductibilité électrique de la dissolution aqueuse d’acide carbonique, que cette dernière est une combinaison ayant une constitution analogue à celle des acides oxalique, tartrique et acétique. — K.
- La force électromotrice de l’élément Daniell, par le D' E. Kittler (9
- Sur la relation entre la force électromotrice de
- l'élément Daniell et le degré de concentration
- de la solution de sulfate de cuivre.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur les résultats consignés dans le tableau V pour se convaincre que des changements d’état de la solution de sulfate de cuivre, la solution d’acide sulfurique restant la même, ont des conséquences toutes particulières.
- La rangée horizontale 4 renferme les valeurs numériques des forces électromotrices dans les quatre combinaisons :
- Dii dV2 ^ 3 dü
- pour lesquelles l’acide S4 est le même, le sulfate de cuivre différent.
- Comme
- DV < D',,2 < D4,3 < D Vl
- on reconnaît pour cette série que la différence de potentiel s’élève lorsque le degré de concentration du sulfate de cuivre diminue’; dans la douzième rangée horizontale, on trouve au contraire la relation :
- l)12,1=^ D122= D12,jt= D,2 ;
- (') Voir le numéro du 24 janvier iH85;
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- LA .LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- c’est-à-dire aucune variation par suite des différents degrés de concentration de CuSOv, et enfin la rangée 16 montre une diminution de la différence de potentiel à mesure que la solution est plus étendue :
- D)g,1 !> t)|G,2 DlG,3 Di0>4
- Le tableau suivant est destiné à donner une vue d’ensemble sur l’influence de l’état de concentration de la solution Cu SO,(; à cet effet, le premier terme de chaque rangée horizontale a été soustrait des chiffres suivants, dans leur ordre :
- D, 2 — D, t = 0,991 — 0,978 = o,oi3 D
- D, 3 — D, , — 1,020 — 0,978 = 0,042 D
- Dm - K =................................
- TABLEAU VIII
- SULFATE DE CUIVRE
- ACIDE SULFURIQUE conc. 10 : IOO 0,6:100 0,2: IOO
- V, V 2 Y 3 V4
- s, A = 1,357 0 + i3 + 42
- s2 A = 1,266 O -t- 12 4- 3i -f- 41
- S3 S'. A = 1.222 O + 12 + 3o + 41
- A = 1,186 0 + 12 + 3i + 4i
- s, A = 1.133 O -b 12 4- 28 + 37
- So A = 1,075 O + n + 24 -f- 33
- s7 A = 1 ,o5o O + <3 + 23 3i
- s8 A = 1,037 O 8 -j- 22 -b 27
- S9 A = 1,007 0 + 8 -j- 20 + 25
- Sio A =. i,oo5i 0 H- 4 4- 12 -b 17
- Su A = 1 ,oo35 0 + I + 2 + 4
- A = 1,0011 0 — I + 0 I
- S» 20 gouttes 0 — 3 —• 10 — 17
- Su Il 0 — 18 — 21
- SlG 6 — 0 — 4 — IÔ — 22
- 2 — 0 5 — 18 — 2-3
- * Si donc on fait usage d’acide plus énergique t la tension libre dans l’élément Daniell devient « d’autant plus grande que la solution de sulfate « de cuivre est plus étendue ; si au contraire on « emploie des acides très faibles la force électro-
- * motrice décroît avec un degré de dilution plus « grand. » Le passage d’un extrême à l’autre a lieu graduellement, c’est-à-dire que l’accroissement devient de plus en plus petit passe par zéro et prend une valeur négative. ,
- Le passage par zéro a lieu presque simultanément pour les quatre solutions de Cu SO(; en d’autres termes : « il existe un degré de concen-« tration de l’acide pour lequel un élément Daniell « donne la même tension, que le Cu SO ,( soit con-
- * centré ou étendu à un degré quelconque. »
- La solution d’acide sulfurique correspondante a un poids spécifique de 1,0011 à 160 et se compose
- de 750 cm3 de Ha O et de 100 cm3 de Ha S04 étendu, d’un poids spécifique égal à 1,007.
- Au-dessous de cette limite la force électromotrice diminue avec le degré de dilution d’autant plus vite que l’acide sulfurique se rapproche davantage de l’eau.
- Cette façon caractéristique de se comporter permet de supposer que dans la variation de la force électromotrice par suite de la concentration des liquides, il faut tenir compte non seulement des limites entre les métaux et les liquides, mais aussi des différences de potentiel qui prennent naissance au point de contact des deux liquides et dont l’influence ne peut être négligée.
- Ceci se laisse d'ailleurs directement démontrer en exprimant les chiffres qui figurent dans les tableaux VI et VIII par les différences de tension correspondantes. Considérons, par exemple, la quatrième rangée du tableau VI :
- D/1,1 — D,o.i =j Zn | S4 +S4 IV^VtlCuj
- —jzn|Slc+ SjclVi + V,|Cuj, d. i.
- D'i,t — Di6,i = Zd|S4 + S4 | V4 + V, |Sj(j+ Sig |Zn=o,07oD D.4 2— DiG,2==‘^n i®4 -b I Va-f- Va | S46 "b Sje I Zn=0,087 D D4,3 — D1Ci3=Zn|S4 + S4IV3 + V3 ISjg-t- S16 |Zn=o, 119D D',/, — Dig,4= Zu IS4+S4|V4 + V4I S18 + Sje |Zn=o, 134D
- Comme, dans ces quatre combinaisons, les premiers et les derniers termes sont identiques; il en résulte que la somme des deux termes moyens, à savoir :
- S..|V,+ YjlS.fi S»|V, + V,|S16 SilVs + VslSjo S4|V4+V*|Si,
- est une quantité variable avec le degré de concentration du sulfate de cuivre, ce qu’on écrit
- St|V + V|S16 = St|SI6±/(V) et d’une façon générale
- S«|V + V|S4=Sa|S*±/(V) (I)
- On a, de plus, en se reportant aux rangées horizontales 4, 12 et 16 du tableau VIII :
- D i/. —D 41 = CulV1-)-VflS 4 + S 4|V4-f-V4|Cu = + o,04iD D«l4 — Dj2 4 = Cu|V, +V)lSi2 bS)2|V4-t-V4| Cu = — o,coi D Dig,i — D1elt= CulVj + VjISjf, S j 01-f- V 41 Cu=— 0.023D
- c’est-à-dire
- v«lS + SlV4 = VnlVt±ç(S) il
- Mais si la différence
- ssiv-sjiv
- dépend de V, et si
- V„|S-V4|S
- dépend de S, il en résulte que les termes isolés S„iv, StlV, VÎIS, V4|S
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- et en général la différence de potentiel Hs SO, — Cu S 0/( sont sensiblement influencés par la teneur en acide hydraté ou en sulfate de cuivre, de telle façon que les variations totales de la force élec tromotrice de l’élément Daniell avec le degré de concentration se trouvent précisément caractérisées par les procès qui prennent naissance entre les fluides.
- Avant de tirer de ces faits d’autres conclusions, je dois mentionner encore une série d’expériences qui n’est pas sans intérêt au point de vue des propriétés particulières des éléments.
- Ces expériences sont relatives à la variation de la force électromotrice de l’élément Daniell avec le temps.
- Lorsqu’on veut obtenir des résultats uniformes en faisant usage d’acides relativement énergiques et de solutions de sulfate de cuivre étendues, il est indispensable d’observer l’effet aussi rapidement que possible et de changer à chaque nouvelle mesure les liquides et les siphons. En effet, tandis que les combinaisons à solution —Cu S04 saturée font preuve d’une grande constance, même longtemps après leur montage, dans les éléments préparés avec des solutions salines étendues, la tension libre diminue rapidement avec le temps.
- Il m’est impossible de reproduire ici toutes les expériences dirigées dans ce sens, aussi me bornerai-je à quelques séries caractéristiques ; je renvoie d’ailleurs pour ce qui concerne l’élément normal au paragraphe 2.
- I. Elément. S3 (1,222) et V± (concentré).
- Fraîchement monté.............. 1.002 D
- — —................ 1 ,oo3 D
- Après 20 minutes................ i,oo3 D
- — 60 — ............. 1 ooo D
- — 90 — ............. 1,000 D
- — 120 — ............. 1,002 D
- — 1S0 — 1,002 D
- Fraîchement monté.............. 1,002 D
- N. B. A cause du haut degré de concentration de l’acide, le zinc fuc renouvelé à chaque fois.
- II. Elément. S (1,0011) et V (concentré'.
- Fraîchement monté...............0,966 D
- — — ..............0,966 D
- Après 5 minutes.............. 0,968 D
- — 10 — ..............0,966 D
- — 20 — ..............0,966 D
- — 40 — .............. 0,968 D
- — 60 — ..............0,968 l>
- — 70 — ..............0,966 D
- — 80 — ..............0,966 D
- — 200 — ..............0,966 D
- III. Elément. S3 (1,222) et V3 (0,6 : 100).
- Fraîchement monté............... 1,034 D
- — — .............. 1,034 K
- Après 5 minutes.............. i,o33 D
- — 3o — .............. 1,017 D
- — 80 — .............. 1,017 fi
- IV. Elément. ,S'GV ,076) et Vÿ (0,6 : 100).
- Normal........................... 1,024 D
- Après 10 minutes................. 1,021 D
- — 20 — .............. 1,021 D
- — 3o — .............. 1,019 D
- — 90 — .............. 1,018 D
- — ico — .............. 1,014 1)
- — 160 — .............. 1,009 D
- — 200 — .............. 1 ,oo3 D.
- La diminution par suite du temps écoulé depuis le montage est d’autant plus rapide que la dilution du sulfate de cuivre est plus grande et l’acide plus énergique.
- Cette circonstance rapprochée des faits dont il a été précédemment question à savoir que : en premier lieu l’accroissement de tension libre provenant de la concentration de l’acide est d’autant plus important que la solution de sulfate de cuivre est plus étendue ; en second lieu si l’on fait usage d’acides qui ne soient pas trop faibles un élément à solution cuivrée étendue et même à eau donnera un effet supérieur à celui que possède une solution saturée, tend à faire croire que la différence de potentiel H2 S O,, | C u S O* serait, elle aussi, d’autant plus marquée que le sulfate de cuivre est plus étendu et la solution acide plus riche en acide sulfurique. Mais il semble qu’à la limite entre R2 S 04 et Cu S 0,t étendu des procès calorifiques prennent naissance qui devraient dans leur marche présenter des analogies avec la variation de la différence de potentiel H2 S O,J Cm S04.
- Lorsqu’on étend davantage une solution acide en y ajoutant de l’eau une certaine quantité de chaleur se trouve mise en liberté.
- Quand une solution de sulfate de cuivre est en présence d’une solution d’acide sulfurique il est très probable que la première abandonne une partie de son eau qui est employée à étendre davantage la seconde. Si cette perte d’eau est d’une part liée à une certaine dépense de chaleur, d’autre part la dilution de l’acide considéré produit de la chaleur et à chaque fois une quantité de chaleur supérieure à la chaleur dépensée. Mais la quantité de chaleur qui devient libre de cette façon doit être d’autant plus importante que la solution CîjSO,, se rapproche davantage de l’eau pure et que la solution acide est plus concentrée.
- Si l’on cherche à ramener à ces phénomènes calorifiques l’élévation de là tension libre, les faits observés dans l’élément Daniell trouvent une explication simple.
- Lorsque H2SOt et CuSO,t restent longtemps en contact, le passage d’une certaine quantité d’acide dans la solution cuivrée est inévitable. Mais alors la solution étendue de sulfate de cuivre acquiert un caractère acide et la source de chaleur originelle l’altère sensiblement ; il faudrait donc d’après l’hypothèse précédente que la force e. m. s’abaissât aussitôt : [prévision que l’expérience
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- confirme. La moindre trace d’acide sulfurique que l’on ajoute à l’eau ou à la solution C u S Ô4 étendue qui entoure le cuivre produit un abaissement rapide de la tension libre.
- Jusqu’à quel point ces conclusions se justifient, c’est sur quoi il est impossible de se prononcer avant d’avoir soumis à des mesures calorimétriques les actions calorifiques qui se produisent entre l’acide sulfurique et le sulfate de cuivre; cependant il est facile de se convaincre expérimentalement que le mélange de l’acide sulfurique et d’une solution étendue de sulfate de cuivre a pour effet d’élever la température. M.
- JLes nouvelles lampes Fein.
- M. E. Fein, dont le nom est bien connu de nos lecteurs, vient de construire deux nouvelles lampes à arc dans lesquelles la longueur de l’arc est réglée, soit par un solénoïde placé en dérivation, soit par l’action différentielle de deux solénoïdes combinés avec un mécanisme de roues satellites. M. Fein est d’avis qu’il est impossible d’obtenir pratiquement un réglage capable de donner une lumière absolument fixe sans avoir recours à un système de roues dentées, système qu’on a tort de considérer comme devant être rejeté à cause de la délicatesse des organes ; l’expérience nous montre, en effet, journellement des horloges qui, grossièrement construites et marchant dans des conditions très défavorables, n’en fonctionnent pas moins d’une façon très satisfaisante. Sans être aussi exclusif que M. Fein, nous pënsons un peu comme lui : on aurait évidemment tort de condamner à priori un système quelconque ; que la lampe se présente dans de bonnes conditions de fonctionnement, au point de vue de la fixité de la lumière et de sa durée, qu’elle soit de plus d’un prix abordable et que son entretien n’exige pas de précautions spéciales : voilà l’essentiel. Quel que soit le système de réglage, on peut, sans être grand prophète, prédire le succès de la lampe.
- La première lampe Fein, celle qui se règle par un solénoïde en dérivation, se trouve représentée dans la figure 1. Cette lampe fonctionne généralement avec un courant de 8 à 10 ampères et une différence de potentiel de 5o volts aux bornes. Ceci n’a d’ailleurs rien de fixe et varie avec l’enroulement des solénoïdes. Le porte-charbon supérieur K' est solidaire d’une tige dentée Z engrenant avec la roue dentée R, et commandant ainsi un groupe de roues satellites dans lesquelles se trouve la roue à frein B. Sous l’action de son poids et de celui des pièces qu’elle porte la tige Z est constamment sollicitée à descendre; elle est articulée à sa partie haute à un levier à deux branches H dont l’extrémité de droite fait corps avec le
- noyau du solénoïde dérivé S', et l’extrémité de gauche avec le frein F.
- Le porte-charbon inférieur K" s’assemble avec le noyau E d’un solénoïde à gros fil placé dans le circuit de la lampe ; à sa partie inférieure le noyau E est relié à un ressort à boudin dont l’action tend constamment à le faire monter.
- Le fonctionnement delà lampe est des plus aisés
- FIG. I
- à comprendre. Lorsqu’il ne passe aucun courant dans le solénoïde S' le frein F maintient la roue B au repos. Supposons les charbons écartés; au moment où on met la lampe en circuit tout le courant passe par S', le noyau e est attiré, la roue B et avec elle la tige Z devient libre et le charbon supérieur descend jusqu’à, entrer en contact avec le charbon inférieur. A ce moment le solénoïde S" s’anime, le porte-charbon inférieur s’abaisse et l’arc jaillit, mais en même temps le solénoïde dérivé à fil très résistant ne reçoit presque plus de courant,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- le frein F appuie sur B et K' est maintenu immobile.
- Les mêmes faits se produisent pendant le réglage. L’arc devenant trop long, l’action du ressort à boudin l’emporte sur celle du solénoïde S", le porte-charbon K" monte la quantité de courant qui traverse S' devenant en même temps plus grande la tige Z et avec elle le porte-charbon K' descend.
- Ces déplacements sont infiniment petits et la lumière est absolument fixe.
- La figure 2 représente la lampe à action différentielle. Le porte-charbon supérieur K' est ici aussi relié à la crémaillère Z que son poids sollicite constamment à descendre; cette crémaillère engrène avec la roue dentée R dont les déplacements angulaires se transmettent au moyen d’un équipage intermédiaire à la roue B faisant frein. Ce système de roues satellites est monté à l’intérieur du châssis G mobile autour des tourillons a a' de l’axe A de la roue R, axe qui tourne lui-même dans des coussinets L. Il suit de là que l’axe A a une
- double fonction : il sert d’axe de rotation à tout le système des roues dentées et en même temps à la roue R prise isolément.
- Le frein agit lorsque le châssis G venant à se déplacer de gauche à droite la roue B appuie sur la lame O qui s’attache par l’intermédiaire d’un ressort au levier H lequel est pourvu à son autre extrémité d’une vis de réglage S. Suivant les diverses positions que l’on fait occuper à cette vis le point où le frein attaque la roue B change de place, de telle façon que l’on peut modifier à volonté la longueur de l’arc.
- A l’intérieur du châssis G, à droite et à gauche de l’axe de symétrie, dans le plan de la figure, se trouvent disposés deux noyaux de fer doux en forme d’U et dont les branches plongent dans les creux des deux paires de solénoïdes E' et E".
- Le solénoïde de gauche E' dont l’enroulement est fait avec du gros fil, est dans le circuit principal, tandis que le solénoïde E" à fil très fin est monté en dérivation.
- Voici comment la lampe fonctionne :
- Lorsqu’on place la lampe en circuit, le solénoïde E' attire vivement son noyau en forme d’U, le châssis jse déplace de gauche à droite, vient appuyer la roue B contre le frein et immobilise le système des roues satellites, en sorte que, le mouvement se continuant, la crémaillère s’élève écartant ainsi les charbons et permettant à l’arc de se former. Avec l’usure des charbons, la résistance du circuit principal augmente le solénoïde en dérivation (E") se met à agir, le châssis se déplace de droite à gauche jusqu’au moment où la roue B échappant à l’action du frein les roues puissent tourner et la tige Z s’abaisser rapprochant ainsi l’un de l’autre les charbons. Les charbons se rapprochent ainsi jusqu’à ce que la résistance de l’arc soit devenue assez petite pour que le solénoïde à gros fil l’emporte de nouveau et vienne arrêter tout le système en forçant B à s’appuyer contre O.
- Il paraît que ce régulateur est d’une sensibilité très grande ; la roue à frein se déplace de quantités excessivement petites et la lumière obtenue est d’une fixité extrême.
- Les deux lampes qui viennent d’être décrites sont pourvues d’un commutateur automatique qui fonctionne lorsque pourune cause ou pour une autre la lampe est mise hors circuit. Ce commutateur se compose d’une double touche T qui, sous l’action du solénoïde dérivé, introduit dans le circuit une résistance W (fig. 1 et 2), exactement équivalente à celle de la lampe, en sorte que le reste des lampes placées dans le même circuit n’est troublé en aucune façon.
- Les détails qui précèdent sont empruntés au journal Centralblatt fiir Elektrotechnik (n° 1, i885).
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- FAITS DIVERS
- On vient de mettre à la disposition du public un certain nombre d’avertisseurs électriques, au moyen desquels on peut signaler sans retard les incendies aux postes de pompiers. Ce système fonctionne, on le sait, depuis lomptemps à New-York où il donne d’excellents résultats; il y est d’ailleurs plus complet qu’il ne le sera à Paris, puis-qu’aux Etats-Unis il permet d’annoncer non seulement les f eux, mais encore les accidents de toute sorte.
- Quoi qu’il en soit, la mesure adoptée par le Préfet est un progrès que nous sommes heureux d’enregistrer. Les avertisseurs sont renfermés dans une boîte vitrée; en cas d’incendie, il suffit de casser la glace et d’appuyer sur le bouton de l’appareil pour que la sonnerie du poste se mette en mouvement.
- Certaines personnes ont prétendu que ces avertisseurs serviraient surtout à faire de mauvaises plaisanteries et que les pompiers seraient souvent dérangés inutilement. Nous pensions qu’il n’en serait rien; l’événement leur a malheureusement donné raison, et l’avertisseur placé rue Saint -Sauveur, près de la rue Moniorgueil, a déjà été brisé par un malfaiteur. Mais ces faits ne peuvent se renouveler, car, sans parler des contraventions auxquelles s’exposent les délinquants, la population comprendra qu’elle a tout intérêt à n’employer ces appels que dans les cas de nécessité absolue.
- Les dix premiers appareils, installés à Paris depuis le 16 janvier, sont destinés à desservir la région voisine de la caserne Jean-Jacques Rousseau.
- La Sussex Portland Ciment C° a traité avec la Société de Telpherage en Angleterre pour la construction d’une ligne de son système. L’installation ne sera pas terminée avant le mois de juillet ou d’août prochain.
- Le Journal Officiel de Madrid a publié le" i3 janvier un décret royal sanctionnant le projet du ministre de l’intérieur au sujet d’une Exposition internationale de l’industrie et des beaux-arts qui aura lieu dans le Parc de Madrid l’année prochaine, et pour laquelle le gouvernement a promis son appui au comité d’organisation.
- Le Dr Siemens, de Berlin, vient d’offrir au gouvernement allemand un terrain à Charlottenbourg, près de Berlin, d’une valeur de 5oo 000 fr., pour la création d’une institution de sciences physiques.
- Nous lisons dans les Nouvelles que la reine de Belgique, émerveillée des progrès des applications de l’électricité, s’est mise, il y a quelque temps, à étudier sérieusement cette science. Sa Majesté s’est fait expliquer par le menu tous les phénomènes électriques et tous les instruments à l’aide desquels on est parvenu depuis quelque temps à transporter instantanément à distance la lumière, la force, le son et l’écriture.
- Les tribunaux des Etats-Unis viennent de décider deux procès importants au sujet de la priorité d’invention des piles secondaires, intentés par MM. Starr et Brush contre es brevets de MM. Sellon et Swan qui appartiennent à l’Electrical Power Storage C°. Les deux procès ont duré près de deux ans, mais les résultats du dernier appel sont I que la priorité d’invention a été accordée à MM. Sellon <
- et Swan contre Brush et Starr. En ce qui concerne les brevets de M. Brush, la décision est définitive, tandis que M. Starr a encore la possibilité d’interjeter appel de noti-
- veîtii
- L’observatoire de la marine à Washington vient de prendre des dispositions pour étendre le système des time-balls à Boston, Baltimore, Hampton Roads et, en dernier lieu, à la Nouvelle-Orléans. Ceci sera fait automatiquement au moyen d’une communication télégraphique avec les horloges de l’observatoire, ainsi que c’est déjà le cas avec le time-ball à New-York.
- Il paraît que le gouvernement de l’Etat de New-York s’occupe en ce moment de protéger les cataractes du Niagara contre toute transformation tendant à détruire son caractère pittoresque.
- Dans le courant de i885, un bill, à cet effet, doit être présenté par le gouverneur Cleveland, à la législature qui siège à Albany. Des négociations sont pendantes avec le gouverneur général du Canada, pour donner à cette convention le caractère international indispensable, puisque les chutes sont sur la frontière des deux Etats.
- Il est à espérer que la question sera résolue au mieux de tous les intérêts, et que l’on sauvegardera le point de vue artistique, tout en permettant aux applications industrielles d’utiliser la force du torrent dans la partie située au nord du New Suspension Bridge, partie dans laquelle les forces hydrauliques pourront être recueillies sans nuire au coup d'œil.
- Dans quelques jours, la Compagnie Daft aura fini la pose des rails pour son moteur électrique, sur Je pont de Brooklyn. Deux dynamos de 5o chevaux chacune, sont déjà en place. Les expériences seront faites entre 1 heure et S heures du matin, et en cas de succès, la Compagnie sera probablement chargée de la traction des voitures du tramway, pendant la nuit. D’autres expériences auront lieu le jour à des heures fixes, pour que le public puisse se rendre compte des résultats obtenus.
- Un chemin de fer électrique va être établi entre la gare de Long Island, près de New-York, et le Far Rocka-way.
- Éclairage électrique
- Lundi dernier, le lac du Cercle des patineurs au bois de Boulogne était éclairé à l’électricité dans la soirée, avec 10 foyers à arc.
- L’installation avait été faite par M. Jarriant, et fonctionnait parfaitement bien.
- L’explosion récente à la Chambre des Communes à Londres a entièrement détruit les appareils d’éclairage électrique. Les câbles ont été arrachés, et l’installation ne pourra fonctionner sans de grandes réparations.
- L’établissement de MM. Brown et Ce, à Londres, a dernièrement été pourvue d’une insta'lation de lumière électrique comprenant 5o lampes à incandescence Swan de 20 bougies, alimentées par une dynamo Gramme de 5o foyers.
- Les expériences comparatives d’éclairage que le ministère de la marine en Angleterre a fait faire à bord du na-
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- vire le Colossus, du iS au 22 janvier, vont Être continuées. Les résultats obtenus avec la lumière électrique sont très satisfaisants, mais on n’a pas pu déterminer exactement la quantité de charbon et d’huile qu’il a fallu pour faire marcher les dynamos.
- La Compagnie anglaise Jablochkoff, en liquidation, vient d’être réorganisée sous la dénomination de Jablochkoff and General Electricity C°, au capital de 5oo 000 fr., divisé en 200 actions de 2 Soo fr. La nouvelle Société se propose d’acquérir la partie du matériel et des affaires de l’ancienne Compagnie comprise dans un traité en date du 22 décembre dernier. L’ancienne Société consent à l’enregistrement de la nouvelle Compagnie, formalité exigée par la loi anglaise sur les Sociétés.
- La grande fabrique de laine de MM. Taylor et fils à Hud-dersfield, en Angleterre, est éclairée depuis près d’un an avec 200 lampes à incandescence, mais l’installation a été considérablement augmentée dernièrement par une grande dynamo Victoria de Brush capable d’alimenter de 7 à 800 lampes à incandescence, au besoin. II y en a aujourd’hui 400 distribuées dans les différents départements de l’usine. La dynamo est actionnée par les machines de l’usine et demande environ 40 chevaux. Il y a six circuits absolument indépendants l’un de l’autre.
- MM. Henry Bennett et C®, de Glasgow, ont été chargés de l’installation de la lumière électrique dans les chantiers de l’administration sur la Clyde. Le travail se poursuit activement et on a déjà installé 5 foyers à arc de 3 000 bougies, dont 2 sont placés sur des poteaux d’une hauteur de 5o pieds. La dynamo est actionnée par un moteur portatif de Roby, et le hangar des machines est éclairé par 5 lampes à incandescence Bernstein de 3o bougies, alimentées par une petite dynamo du système Grove.
- Vendredi et samedi, les 23 et 24 janvier l’Œuvre de la Presse bruxelloise avait organisé deux fêtes de nuit en faveur des ouvriers sans travail, sur le lac du bois de la Cambre, à Bruxelles. La lumière électrique a contribué pour une large part au succès de ces réunions. L’éclairage était féerique ; c’est la Compagnie belge et hollandaise qui avait installé quatorze foyers électriques du système Brush, alimentées par des accumulateurs Faure placés sur des chariots. L’installation ayant dû être terminée le premier soir en très peu de temps, on avait eu recours à tout le matériel d’accumulateurs qui est installé depuis quelque temps déjà sur les remorqueurs du tramway électrique de la rue de la Loi.
- L’usine de la Western Electric Manufacturing C®, à Anvers, est éclairée à la lumière électrique, avec 12 foyers à arc, alimentés par une dynamo construite par la Société.
- La lumière à incandescence, au moyen de lampes Swan, va prochainement être installée dans les bureaux et petits ateliers.
- Le 18 janvier, l’éclairage électrique des deux théâtres royaux à Munich a fonctionné pour la première fois avec beaucoup de succès.
- L’installation de la lumière électrique au château royal de Bucharest est maintenant terminée et fonctionne parfaitement. Un autre château du toi de Roumanie, celui de Linia, est également éclairé à l’électricité.
- La Compagnie Cruto, de Turin, n’a commencé ses opérations qu’au mois de mars 1884, mais néanmoins un nombre considérable d’installations a déjà été fait.
- Entre autres, la filature de M. Leumann, à Grugliasco, a été pourvue de 400 lampes, dont 200 de 16, i5o de 10 et 5o de 20 bougies. Ces foyers sont alimentés par une dynamo du système Thuty. La filature de MM. Radice et C®, à Carru, est également éclairée par 3oo lampes de 10 et de 16 bougies de ce système, alimentées par deux dynamos Schuckert.
- L’établissement du même genre de M. Sciaccaluga, à Rossiglione possède 100 lampes de 16 bougies, avec une dynamo Schuckert. Trois cents lampes de 10 et 16 bougies ont été installées dans la filature de MM. Arnaud et Vigo, à Grugliasco.
- En dehors de ces installations, qui ont été faites par M. Taddei, de Turin, le professeur Perosino, de la même ville, a placé 5o lampes de 10 bougies, et une dynamo Siemens, dans la fabrique de papier de M. Ugone, à Torre-Mondone, et 92 lampes, dont 80 de i5, et 12 de 20 bougies dans l'usine de M. Figari à Busalla. Ces lampes sont également alimentées par une dynamo Siemens.
- M. Cruto vient de construire deux nouveaux types de lampes pour l’éclairage des rues, l’un de 5o bougies et à un seul charbon, l’antre de 100 bougies à deux charbons. La première de ces lampes demande 5o volts et 2,3o ampères, la seconde 90 volts et 2,25 ampères.
- Les représentants d’un grand nombre d’entreprises d’éclairage électrique en Amérique, ont invité toutes les Compagnies de lumière électrique aux Etats-Unis et f i Canada à envoyer des délégués à un congrès qui aura lieu à New-York le 25 février prochain.
- La Compagnie de lumière électrique, à Worcester, en Rhode Island, qui dépend de l’American Electric C®, a maintenant 25o foyers en opération, et s’attend à en avoir 3oo dans quelques mois. Le système employé est celui de Thomson-Houston.
- La Municipal Electric Lighting C® fut organisée à Chicago, il y a moins d’une année et commença les affaires avec 1 iS foyers seulement. Les commandes sont venues si vite que la Compagnie a dû augmenter son capital et construire une nouvelle station centrale d’uue capacité de 600 foyers. La Société exploite le système Thomson-Houston.
- La New-York Steam Heating C® a offert au gouvernement de payer un loyer de 5oooo francs par an, pour chacun des sous-sols, dans l’hôtel de la Douane et des Postes, pour y installer ses machines. La Compagnie s’engage encore à chauffer et à éclairer ces bâtiments à l’électricité à ses propres frais. Le chauffage et l’éclairage coûtent près de 400000 francs par an, mais malgré les avantages que présente l’offre de la Compagnie, on croit généralement que le gouvernement tefusera.
- Les deux premiers étages des magasins de blanc de MM. Wechster et Abraham, à Brooklyn, vont être éclairés par 60 lampes Hochlsausen, alimentées par 5 dynamos installées dans les sous-sols de l’établissement.
- La Compagnie Brush, à la Nouvelle-Orléans, fut formée en 1881 sous la dénomination de la « Southwestern Brush
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- La lumière électrique
- Electric Light and Power C° », et commença ses opérations le ier février 1882, par l’installation de 40 foyers chez différents particuliers. Dans la môme année, la Compagnie traita avec les autorités du port pour l’éclairage électrique de la jetée et du port avec 100 foyers de 2 000 bougies chacun, demandant une force motrice de 2?o chevaux, installée dans une station centrale, rue Notre-Dame.
- En i883, la Société fit faire une nouvelle installation pour l’éclairage, à titre d’expérience et gratuit, de la Canal Street, depuis la rivière jusqu’à Clayboone Street, pendant sept semaines, avec 34 foyers de 2 000 bougies. Le Conseil municipal étant lié par son traité avec la Compagnie du gaz, ne put cependant accepter, l’installation, et ce n’est qu’une année plus tard, en 1884, qu’un nouveau traité avec la Compagnie du gaz permit à la ville d’adopter la lumière électrique à titre définitif, et même d’éclairer toute la rue jusqu’à Métairie Ridge. Le icr avril 1884, le nouvel éclairage fonctionnait en un seul circuit, de 8 milles.
- Plusieurs autres rues ont également été éclairées par la Société, et l’été dernier on s’est décidé à concentrer toutes les machines et la force motrice en un seul bâtiment et la toute première station centrale fut augmentée et réorganisée avec un dépense de 100,000 fr. La force motrice de toutes les machines atteint maintenant 85o chevaux, et la vapeur est produite dans 10 chaudières immenses de 1000 chevaux. Il y a 14 dynamos, et par une invention récente de M. Brush, chacune d’elles peut maintenant alimenter 65 foyers au lieu de 40. Les conducteurs en cuivre fort ont une longueur totale de 70 milles et l’augmentation qu’on se propose actuellement de faire y ajoutera encore 12 milles.
- Il y a aujourd’hui à la Nouvelle-Orléans 655 foyers à arc de 2000 bougies dont 450 sont payés par des particuliers et 206 servent à l’éclairage des voies publiques.
- La Brush Electric Light O vient de terminer l’installation de 5o lampes à incandescence Swan, dans le magasin de M. Costello, sur Broadway, à New-York.
- Ces lampes sont alimentées par une dynamo Brush.
- Les organisateurs de l’Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans ont signé les contrats suivants pour l’éclairage électrique des bâtiments et des jardins. La Compagnie Leavitt-Müller fournira 800 foyers à arc pour les principaux bâtiments ; la Brush Electric Light C° éclairera le pavillon de l’Etat et du Gouvernement avec 3oo foyers; 100 foyers à arc du système Jenney seront disposés en 5 tours en fer pour l’éclairage du jardin et de l’exposition des animaux. La Compagnie Thomson-Houston a 100 foyers à arc dans la galerie des machines. La salle de musique, l’exposition d’horticulture, la galerie d’art et les bureaux contiendront 4800 lampes à incandescence Edison. Chaque entrée principale sera éclairée par 6 lampes Leavitt-Müller. Il faudra une force motrice totale de 1 5oo chevaux pour l’éclairage électrique, et les frais se monteront à plus de 5oo 000 fr.
- Télégraphie
- Le congrès international de télégraphie qui devait se réunir à Berlin aü commencement de cette année, a été reculé jusqu’au 10 août prochain. Toutes les personnes qui oht. pris part à la réunion de Saint-Pétersbourg seront invitées officiellement au congrès.
- Il paraît que les autorités locales de Glasgow se sont émues de l’augmentation continuelle des fils aériens dans la ville, et qu’on fera immédiatement des démarchés pour
- forcer l’administration des postes et télégraphes, aussi bien que les Compagnies téléphoniques, à mettre tous leurs nouveaux fils sous terre. Des démarches analogues ont dernièrement été faites par les autorités locales de plusieurs villes en Angleterre.
- Le 23 janvier, le ministre de la guerre en Angleterre a donné des ordres pour l’envoi d’un détachement du bataillon télégraphique du génie, dans l’Afrique du sud. Le détachement se composera d’opérateurs et de constructeurs de lignes télégraphiques. Presque toute la force effective du bataillon se trouve maintenant en service actif, tant au Cap qu’en Egypte.
- La statistique de la télégraphie.en Allemagne, pour l’année 1883-84, vient d’être publiée et contient les renseignements suivants :
- Longueur des ligues télégraphiques aériennes . . 59,442 kil. Longueur des lignes télé-
- graphiques aériennes. . Longueur des câbles télé- 5,6i5
- graphiques 42 65,099
- Longueur du fil employé. Nombre des bureaux télé- 229,679
- graphiques Nombre d’appareils employés (Morse, Hughes, 9.792
- Téléphone)! 12,283
- Nombre des poteaux . . . Nombre des dépêches 928,800
- transmises 16,790,032
- Recettes totales.......... 18,810,011 marks.
- Les employés du télégraphe en Autriche doivent avoir 40 ans de service pour avoir droit à leur retraite, mais, à cause du caractère de leur travail, ils ont demandé au Parlement de réduire cette période de 40 à 3o années. En effet, pendant l’année dernière, il y a eu quatre cas d’aliénation mentale au bureau central des télégraphes à Vienne.
- Le i5 janvier dernier, la station télégraphique de Molina, en Murcie, a été ouverte pour la transmission des dépêches du public.
- Les lignes télégraphiques en Espagne, et surtout en Ga-licie, ont encore une fois été interrompues la semaine der nière par de violentes tourmentes de neige.
- Les ouvriers européens occupés à la construction de la ligne télégraphique à Rocburne, en Australie, ont été attaqués par des Chinois et forcés de tirer sur ces derniers, dont deux ont été gravement blessés.
- Il paraît que la pose des lignes télégraphiques en Chine ne se fait pas sans beaucoup de difficultés non seulement à cause du terrain, mais surtout à cause de la malveillance des habitants, contre laquelle les soldats du gouvernement chinois ne sont pas toujours capables de protéger ces entreprises. Au commencement de l’année dernière, la grande Compagnie des Télégraphes du Nord fit doubler le câble de Wladiwostock à Shanghaï, viâ Nagasaki, une distance de 1 5oo milles, et les entrepreneurs de ce travail ont perdu des sommes considérables, par suite des dégâts causés au câble par les Chinois, surtout sur la dernière section entre
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- Woosung et Gubylaff, où le câble repose en grande partie dans l’embouchure du lleuve [YangUe. Afin de garantir le câble contre lçs ancres des navires, on l’avait placé de sorte qu’il était à nu pendant la marée basse, et les pêcheurs chinois en ont profité pour s’emparer d’une partie de l’armure en fer et détruire le câble à différents endroits.
- La réparation fut très longue, et ce n’est qu’après trois mois de recherches qu’on arriva à trouver le défaut : on avait percé un trou dans la couverture de fer et endommagé l’âme en cuivre, tandis que les fils de fer avaient été enlevés sur une longueur de 20 pieds. La valeur du fil volé n’atteignait que 10 fr., mais les entrepreneurs ont dépensé plus de 5oooo fr. pour trouver et réparer le défaut. Pendant longtemps ces vols out continué; les Chinois enlevaient parfois avec leurs bateaux jusqu’à un demi-mille de câble à la fois, mais enfin on a pu mettre la main sur une bande de voleurs parfaitement organisée et habitant à 20 milles de Woosung, où ils avaient installé une usine pour la fabrication de clous, etc., avec les fils de fer du câble, qu’ils vendaient sans gêne dans d’autres villes chinoises. Le gouvernement chinois fait maintenant protéger le câble par de petites canonnières, et les vols sont devenus assez rares.
- Vers la fin de l’année dernière, la Société danoise fit placer un autre câble entre Nagasaki, au Japon, et Fusan, sur la côte de la Corée. Ce câble part d’un village au nord de Nagasaki et passe par deux îles appartenant aux Japonais jusqu’à Fusan, où il existe une colonie japonaise. La première de ces îles, Iki-Sima, est sans importance; la seconde, Tou-Sima (Sima signifie île), est plus grande, et ici le câble vient jusqu’à la petite ville Itsuhara, sur la côte ouest de l’île, d’où une ligne télégraphique terrestre part jusqu’à Komoda, de l’autre côté de l’île et en face de Fusan. La distance qui sépare les deux villages n’est que de 10 milles au plus, mais la pose de la ligne a été des plus difficiles, à cause du terrain accidenté.
- La ligne télégraphique militaire qui fut construite au com3 mencement de l’année dernière de Canton au Tonkin, une distance de 5 à 600 milles, n’offrait pas moins de difficultés. Au commencement, le travail n’avançait que très lentement, et au bout de trois semaines on n’avait construit que 100 milles jusqu’à la frontière de l’Annam. La colonne se composait de 25o soldats avec une cinquantaine d’ouvriers indigènes et un mandarin. Le travail se faisait sous la surveillance de trois Européens, dont l’un marchait en avant pour examiner le terrain, l’autre qui suivait déterminait remplacement des poteaux, et le troisième suivait la colonne. Pendant quelques centaines de milles, la ligne suit le Pearlriver, et ou avait la facilité de transporter les bagages, les provisions et le matériel par des bateaux, mais plus tard il fallait construire sur le versant des montagnes, et plusieurs fois il a fallu traverser le fleuve et des canaux avec des câbles. A Wouchou Fou, on installa une station télégraphique, et ici se trouve le terrain le plus difficile sur toute la ligne. Les montagnes descendent vers les fleuves par des pentes rapides, et il fallait placer les poteaux à une hauteur de 100 pieds; parfois il devenait nécessaire de descendre dans les ravines, pour remonter avec la ligne de l’autre côté; d’autres fois, on rencontrait des forêts immenses de bambou, et il fallait faire de la place pour le fil à coups de hache.
- Le câble français de Paris à New-York est toujours interrompu.
- Le système Duplex vient d’être appliqué au deuxième câble de la Commercial câble C°, et on espère pouvoir établir les communications avec le Havre d’ici très peu de temps.
- Le nouveau câble de Fastnet Rock est maintenant relié
- au bureau télégraphique* de Crookhaven, et tous les navires qui communiquent avec la station de Lloyd à Fastnet peuvent être signalés directement à leurs propriétaires.
- Le câble de la Direct United States Câble C°, entre l’Irlande et la Nouvelle-Ecosse, est interrompu à 33o nœuds environ de Torbay (Nouvelle-Ecosse), dans une eau peu profonde, de sorte qu’on espère le réparer facilement. Pendant l’interruption, la Compagnie, acceptera toujours les dépêches, qui seront transmises par l’Anglo-American Tele-graph C°.
- La Commercial Cable C° annonce que la ligne reliant Glasgow avec ses câbles est maintenant ouverte pour la transmission des dépêches aux Etats-Unis, au Canada, etc. Les bureaux de la Société, à Glasgow, sont installés au n° 67, Saint-Vincent Street.
- La Western Union Telegraph C° a dernièrement placé à Boston un câble souterrain de 60 conducteurs, d’une longueur de 8 milles. Le câble avait été commandé le 12 décembre dernier à la Kerite C°, et se trouvait déjà en place le 3o du même mois.
- L’un des avantages de ces câbles consiste à avoir un fil marqué dans chaque couche de conducteurs, de sorte qu’il est facile de reconnaître un certain fil à l’autre bout du câble par sa position relative au fil marqué.
- La Baltimore and Ohio Telegrah Company a commencé la nouvelle année avec une réduction considérable du prix des dépêches sur toutes ses lignes. Le prix de 2 fr. 5o pour 10 mots entre New-York et Chicago, et vice-versa, a été réduit à 75 centimes. Entre Philadelphie et Baltimore, et de Washington à Chicago, le prix a été fixé à 1 fr. pour 10 mots au lieu de 2 fr. 5o, et la même taxe s’applique aux dépêches de Chicago à Pittsbourg, Cleveland et Indianapo-lis. L’ancien tarif de 3 fr. à 3 fr. 5o entre Chicago et les villes dans l’Etat de Massachussett, Rhode-Island et Connecticut devient maintenant 1 fr. 25 pour 10 mots. Quant aux dépêches de nuit, il y aura un tarif uniforme de 75 centimes pour i5 mots sur toutes les lignes.
- La Société a augmenté son réseau de 28 000 milles pendant l’année dernière, et de nouvelles lignes seront bientôt terminées dans le Texas, la Louisiane et les autres Etats du Sud.
- Téléphonie
- Le nouveau réseau téléphonique de la National Téléphoné C°, à Inverness, compte maintenant 46 abonnés reliés au bureau central, comprenant des banquiers, des avocats, des négociants, plusieurs hôtels, etc. L’hôtel de ville, la préfecture de police et la station des pompiers sont également reliés et on a placé des fils entre le bureau de la police et les maisons habitées par les pompiers, pour qu’on puisse les appeler immédiatement, en cas de besoin. Quatre bureaux sont ouverts au public dans différentes parties de la ville et les abonnés ont demandé 200 communications le premier jour et 3oo et 460 les deuxième et troisième jours.
- La National Téléphoné C° va prochainement installer un réseau téléphonique à Johnstone, avec des communications jusqu’à Paisley et Glasgow. Les personnes qui ne sont pas abonnées paieront six pence pour une conversation de 3 minutes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, les deux Compagnies téléphoniques à Rome, l’Impre9a Romana deiTelefoni et la Società generale Italiana dei Telefoni ont dernièrement fusionné. Par suite d’une concurrence très vive, le prix de l’abonnement de la première Société était de 120 fr., tandis que la dernière ne demandait que 100 francs à ses clients. Le premier résultat de la fusion fut un essai de la part de la nouvelle Société de fixer l’abonnement à 180 fr. par an et de demander à chaque abonné une somme de ^5 fr., en garantie de l’appareil placé chez lui. Cette demande étant absolument contraire aux promesses faites à l’occasion de la fusion, les abonnés, au nombre de 3oo, ont tenu une réunion le 19 janvier dernier au Palazzo Poli. Un comité fut nommé pour protester officiellement et présenter la réclamation aux directeurs de la nouvelle Société, en cas d’insuccès porter l’affaire à la connaissance du ministre des travaux publics.
- La Chambre des représentants en Belgique, a été saisie par M. de Locht-Labye, d’une demande de concession pour l’établissement d’un réseau téléphonique à Liège et dans les communes environnantes. L’extension qu’a prise à Liège le réseau de la Compagnie Bell ne semble pas promettre un grand succès à la nouvelle entreprise, qui débutera probablement par une réduction considérable du prix de l’abonnement.
- Pendant la visite récente du roi d’Espagne à Grenade, une communication téléphonique avait été établie entre l’Hôtel-de-Ville, où le roi était descendu, l’Alhambra et la station centrale des télégraphes de la ville Le palais royal à Madrid a également été mis en communication télégraphique directe avec l’Alhambra.
- Le directeur du Teatro Real, à Madrid, a l’intention d’établir un service téléphonique entre l’Opéra et les cercles, les journaux et les habitations particulières. Les condi tions de l’abonnement à ce service seront publiées sous peu. ________
- Nous empruntons au journal le Patriote, de Bruxelles, les détails suivants qui donnent une bonne idée de la concurrence, en fait d’exploitation téléphonique en Belgique.
- Le Patriote a, dans sa correspondance liégeoise du 12 juin dernier, dit quelques mots de l’entreprise téléphonique dont M. l'ingénieur de Locht-Labye a jeté les bases à Liège. De nombreuses pétitions arrivent journellement à la Chambre des représentants pour appuyer la demande en concession de M. de Locht-Labye; nous croyons opportun' d’exposer le système très démocratique imaginé pour l’exploitation du réseau. Au lieu de la taxe élevée d’abonnement actuellement exigée par les sociétés existantes, .a taxe fixe annuelle ne serait que de So francs, donnant le droit de réponse à tout appel adressé par téléphone; les appels suivis de communication téléphonique seront taxés à charge de l’appelant à i5 centimes pour les 5oo premiers appels, à 10 centimes pour les 750 suivants, après quoi l’usagé de l’appareil sera gratuit; à ce taux, on n’atteindra que rarement, on ne pourra jamais dépasser la somme de 200 francs pour le consommateur; pour le public l’économie sera grande; en outre, la surtaxe kilométrique au delà d’un certain layon sera de moitié moindre que celle exigée actuellement, ce qui constituera un avantage considérable pour tous les abonnés des nombreuses et importantes communes de l’agglomération.
- Ce court exposé fait comprendre la faveur et la sympathie générale avec laquelle l’entreprise a été accueillie à Liège. Avant l’octroi de la concession, dès le mois de mai dernier,
- 23o personnes avaient déjà signé des listes d’adhésion comme abonnées, et de ce nombre plus de i5o avaient souscrit des actions dans la nouvelle Société.
- On sait que la loi du 11 juin i883 accorde au gouvernement le pouvoir de concéder à main ferme le réseau téléphonique. Ce mode de concession, a dit dans son exposé des motifs, M. Olin, l’auteur du projet de loi, l’emporte sur celui de l'adjudication publique « parce que dès le lendemain des enchères, une rivalité nouvelle peut surgir en vue d’améliorer les conditions faites au public. » « En réalité, a-t-il ajouté, l’appel à la concurrence devient en quelque sorte permanent. » La loi a donc consacré le principe de la concurrence.
- L’entreprise proposée par M. de Locht réunit-elle les conditions suffisantes pour pouvoir être admise ? — Nous en avons exposé les bases. Tous les pouvoirs publics consultés ont été unanimes pour l’appuyer.
- Dans sa séance du 11 août dernier, l’administration communale de Liège, officiellement consultée par M. le ministre, a émis à l’unanimité l’avis que l’octroi de la nouvelle concession sollicitée répondait à un intérêt public bieri défini. Tous les représentants de Liège, sauf un seul, paraît-il, qui a réservé son opinion, se sont prononcés en faveur de la demande de concession. La Chambre de commerce libre de l’arrondissement, et les plus importantes administrations communales de l’agglomération, ont adressé au ministre et à la Chambre des représentants des pétitions revêtues des signatures de l’unanimité de leurs membres.
- — Ajoutons que M. de Locht-Labye est demandeur en concession depuis mai 1880, et que c’est par respect de la loi qu’il n’a pas, comme ses concurrents, construit des réseaux et perçu des péages antérieurement à tout acte de concession. Vraiment la loi n’aurait été qu’une duperie, si dans ces conditions la concession sollicitée n’était pas octroyée. Comme l’écrivait, dans un remarquable, article sur la question, notre confrère de la Gazette de Liège, •< le ministre qui refuserait l’octroi d’une concession sollicitée par une société sérieuse certaine de réunir déjà 300 souscripteurs, sacrifierait à des intérêts privés le patrimoine de l’Etat. »
- En thèse générale, la concurrence doit être admise dans toutes les entreprises de travaux publics; c’est le seul moyen d’écarter le favoritisme et d’obtenir les conditions les plus avantageuses au public; dans ce cas particulier, le monopole de l’exploitation téléphonique par une concession à main ferme constituerait un scandale, une monstruosité légale.
- Le gouvernement a-t-il le droit de refuser au public les avantages d’une réduction de cent pour cent des taxes d’abonnement ? A-t-il le droit de repousser le seul moyen de vulgariser l’usage de cet admirable moyen de correspondance ?
- Nous avons la confiance que si M. Vandenpeereboom a, pour l’une ou l’autre raison, pu avoir quelque hésitation à se prononcer, il ne tardera plus à prendre en cette matière la seule décision compatible avec la justice et avec l’intérêt du public.
- Dimanche 11 de ce mois, un violent incendie a éclaté dans le bureau central de la Erie Téléphoné O, à Saint-Paul, Minnesota. Les dégâts sont estimés à 25o,ooo fr.
- Le nombre des abonnés au réseau téléphonique à Erie, en Pennsylvanie a augmenté pendant les derniers douze mois de 174 à 317. La population de la ville n’est que de 27000 âmes.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouilloi, 13, quai Voltaire. — 54346
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d*Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7'ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 14 FÉVRIER 1885 N° 7
- SOMMAIRE. — Sur la mesure des intensités des courants; prof. Dr E. Kittler. — Les indicateurs de vitesse (2e article); G. Richard. — La lumière électrique aux magasins de nouveautés « El Siglo, » à Barcelone; H.-V. Browne. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (6° article); Marcel Deprez, Maurice Leblanc. —Exposition d’électricité de Philadelphie : Production de l’électricité; appareils statiques, piles et accumulateurs; G. Duché. — Chronique de l’Etranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Sur un actionomètre au sélénium, par M. H. Morize. — Sur l’élasticité de quelques fils métalliques et leur conductibilité électrocalorifique, par le Dr J. Po’oni. — Expériences sur l’armature de Siemens en fera double T, par O. Feuerlin. — Sur les dimensions du pôle magnétique dans les différents systèmes d’unités, par M. Hertz. — Bibliographie. — Faits divers.
- SUR LA MESURE
- DES
- INTENSITÉS DES COURANTS
- La méthode pour la mesure des intensités, que je me propose de décrire dans ce qui suit, a été contrôlée par moi depuis deux ans et demi à l’aide de nombreux essais. Elle permet de mesurer les courants avec le même degré d’exactitude entre des limites très étendues, par exemple, depuis une fraction d’ampère jusqu'à des centaines d’ampères. Cette méthode a été employée avec succès pour l’essai des machines dynamo-électriques et des lampes aux expositions de Munich et de Vienne en, 1882 et i883, et aussi, comme le montre un mémoire d’un de mes élèves, (*) à la dernière exposition de Philadelphie.
- Le procédé a déjà été décrit dans le rapport officiel de l’exposition de Munich; M. le prof. Dorn en a d’autre part donné une description succincte dans l'Electrotechnische Zeitschrift (J), enfin le principe en a été indiqué plusieurs fois dans ce recueil (3).
- Depuis ces publications, j’ai apporté au mode
- 0) Cari HeriDg. The Electrician and Electrical Engi-neer, IV. p. 7. i885.
- (!) Electrotechnische Zeitschrift, IV. p. 404. 1884.
- (3) La Lumière Electrique. VII. p. 3q4- 1882. IX. p. 328. 1883. ' ' '
- opératoire de nombreuses modifications de détail, d’autre part le rapport de l’exposition de Munich est peu répandu ; c’est pourquoi que je permettrai de revenir d’une façon plus étendue sur ce sujet, étant d’ailleurs convaincu qu’un procédé permettant d’atteindre le but par des moyens relativement simples devra encore être souvent appliqué avec succès.
- La méthode repose sur le principe du shuntage d'un galvanomètre à miroir. Ce principe par lui-même n’est pas nouveau. On l’emploie depuis longtemps dans la télégraphie sous-marine et le professeur Hagenbach (*) l’a également utilisé pour des mesures faites sur des machines dynamoélectriques.
- Mais tandis que dans les essais des câbles, le shunt est variable et la branche qui contient le galvanomètre reste constante, pour la mesure des intensités, je laisse toujours au shunt la même valeur et fais varier suivant le besoin la résistance de l’autre branche. Il semblerait donc à première vue que le procédé consiste à mesurer une intensité i en déterminant la différence de potentiel e, aux extrémités d’une résistance connue r, parcourue par le courant i, de sorte que l’on ait
- ._ e
- r
- Ce procédé est en grande faveur depuis plusieurs
- (4) Hagenbach. Poçg. Ann. V. i58, p. 599, 1876.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- années, et d’après Frœlich (5), il a été employé pour la première fois en 1878 par Siemens et Halske, mais il suppose la connaissance de r, c’est-à-dire pour les courants très intenses, la connaissance d’une très faible résistance, et c’est précisément ce que j’évite par ma méthode.
- Le courant à mesurer se divise (fig. 1) entre un gros fil de cuivre de faible résistance (shunt) et un conducteur dans lequel sont intercalés le galvanomètre, un rhéostat à chevilles et un commutateur. Au moyen du rhéostat à chevilles, on modifie la résistance de ce conducteur, de façon que la déviation du galvanomètre ait une valeur convenable.
- Soient maintenant :
- s la résistance du shunt,
- w la résistance de l’autre branche sans le rhéostat,
- r la résistance variable du rhéostat.
- On détermine d’abord au moyen du voltamètre quelle est la déviation du galvanomètre, quand le courant en dehors de la bifurcation a une valeur I — ) ampère et que la branche du galvanomètre contient, outre sa propre résistance w, la résistance r prise dans le rhéostat, et égale par exemple à 2 U. S.
- Appelons a(. la déviation correspondante ; dans notre cas spécial (pour r = 2), nous l’écrirons a.,. Si l’on connaît, en outre, la résistance 2 w, on peut, en partant de 2 -\-w et de a2, calculer les déviations qui correspondraient au courant non bifurqué I ~ 1 ampère quand, au lieu d’avoir r ~ 2, on a r ~ 5, 1 o...., ou en général r U. S. Une fois que 1 on connaît les déviations correspondant à l’intensité 1, l’intensité inconnue correspondant à une déviation A est représentée par
- a,.
- Les dimensions de z doivent être choisies de telle sorte :
- i° Que le courant le plus fort que l’on ait à mesurer n’échauffe pas sensiblement le shunt z;
- 20 Que le plus faible courant que l’on ait à mesurer puisse être déterminé avec la précision indiquée.
- Ces deux conditions sont faciles à remplir. Une fois que l’on est fixé sur le diamètre de z (Voyez plus bas), on détermine par un essai préliminaire quelle longueur z doit avoir pour que le courant le plus faible que l’on à mesurer, par exemple 1 ampère, donne encore 10 à 12 centimètres de déviation. Cette dernière est lue sur le miroir du galva-
- nomètre à l’aide d’une échelle divisée et d’une lunette placées à une distance de 3 mètres du miroir. Le conducteur dans lequel est intercalé le galvanomètre est alors soudé avec soin aux extrémités de z, afin que les points de jonction ne puissent introduire aucune cause d’erreur dans les mesures.
- Je vais maintenant décrire d’abord les différentes opérations que comporte la méthode, et je m’étendrai ensuite sur les détails.
- I. — DÉTERMINATION DE LA DEVIATION a(. DU GALVANOMETRE A MIROIR QUI CORRESPOND AU COURANT
- NON BIFURQUÉ I ~ I, QUAND UNE RÉSISTANCE Y EST
- INTRODUITE DANS LE RHÉOSTAT.
- On relie les bornes a et b du shunt s (fig. 2) avec les pôles d’une pile B de faible résistance, et l’on intercale dans le circuit un ou plusieurs voltamètres V et un rhéostat W, destiné à faire varier l’intensité du courant principal. Cette intensité est déterminée d’après la quantité ni en milligrammes de métal déposé (argent ou cuivre), dans le temps t.
- On a, avec le voltamètre à cuivre
- t mc
- 1=------— amperes.
- 19 686/
- et avec le voltamètre à argent
- 1= — . ampères (*)
- 67,08! F v '
- La majeure partie du courant à mesurer I traverse le shunt z, tandis qu’une petite partie i de ce courant traverse le galvanomètre. Soit A la déviation moyenne que ce courant i produit dans le galvanomètre à miroir, c’est-à-dire la déviation qui correspond au courant total I. On a alors, pour I=i, une déviation du galvanomètre égale à
- A A.19,686t
- a= r = ~Ti— (o
- si on se sert du voltamètre à cuivre.
- Comme nous avons, dans cette opération, introduit dans le rhéostat la résistance r, nous affecterons 1a. déviation a de l’indice r, et nous l’écrirons a.r.
- La déviation moyenne A se détermine de la façon suivante : Au moment où t = o on ferme le courant principal; au bout d’une demi-minute, on observe la déviation a,, puis, une demi-minute après, la déviation a2 en changeant le sens du courant dans le galvanomètre, et ainsi de suite. Immédiatement avant d ouvrir le courant on observe une der-
- (’’) Kohlrauoch. Le il fade n der praktischen Physik. — 5» édi tion, p, 346. 1884.
- (8) Elektrotechnische Zeitschrift. V. p. 477, 1884.
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- nière déviation a2t. On obtient ainsi en t minutes 21 lectures, t d’un côté du zéro de l’échelle et t de l’autre. Si le courant a été à peu près constant pendant la durée de l’expérience, il suffit d’additionner d’une parties déviations de gauche, d’autre part celles de droite, de retrancher ces deux sommes l’une de l’autre (si l’échelle est divisée d’une façon continue), et de diviser par 2 Me nombre obtenu. On a ainsi la déviation moyenne A.
- Si on introduit cette valeur ———- dans
- 2 t
- l’équation (1), on a
- ar= ' ---^<*2) 9.843 divisions de l'échelle. (1 a)
- J’extrais, comme exemple, de mon registre d’expériences, les opérations suivantes :
- TEMPÉRATURE DU LABORATOIRE, 20° C
- U DÉVIATION U DÉVIATION
- 3 en centimètres 3 en centimètres
- " 'g
- C <u «1 «3 «1 #2
- O 62,48 18 37,39 62,42
- I 37,5o 62,47 19 37,39 62,42
- 2 37,5o 62,47 20 37,38 62,42
- 3 37.49 62,46 21 37.38 62.42
- 4 37.49 62,46 22 37,38 62.42
- 5 37,48 62,46 23 37,37 62 42
- 6 37,48 62,46 24 37,37 62.41
- 7 37.47 62,45 25 37,37 62,41
- 8 37.47 62,45 26 37,37 62,41
- 9 37,45 62,45 27 37,36 62,41
- IO 37 J 4^5 28 37,36 62,40
- 11 37,44 62,44 29 37,36 62,40
- 12 37,43 62,44 3o 37,36 62,40
- i3 37,42 62,44 3l 37,36 62,40
- •4 37.42 62,43 32 37,35 62,39
- i5 37,40 62.43 33 37,35 62,39
- 16 37,40 62,43 34 37,34 »
- 17 37,40 62,43
- La résistance r était dans ce cas égale à 2 U. S. La quantité de cuivre déposée était égale à 1037,5 milligrammes.
- On avait donc
- «2
- (2122,64— 1271,93) Cj,843 1037,5
- centimètres = 8cm,07i
- II. — CALCUL DES CpNSTANTES DU GALVANOMÈTRE POUR UNE VALEUR QUELCONQUE DE V, EN PARTANT DES EXPÉRIENCES PRECEDENTES DANS LESQUELLES
- r = 2 U. S. (fig. 3 a et 3 b).
- Le courant I — 1 se divise en
- I( passant par z et f, passant par ?,+)('
- w étant la résistance de la branche du galvanomètre quand le rhéostat est fermé en court circuit, et rt une résistance déterminée prise sur r.
- Pour r = r2, les intensités dans les deux branches entre lesquelles se divise le courant, seront
- I3 dans z et i2 dans r2-{-w
- FIG. I ET 2
- On a alors les relations suivantes
- 1 = Ii 4" h =.Ï2 + h 11:îl = r, w: z
- et 12 : z'2 = r2 + w: z
- d’où
- h — + iv + z
- ;2 ri+jv + z
- Mais les déviations ari et ar2 qui correspondent aux courants ii et i,, sont aussi entre elles dans le rapport : L ; on a, par suite
- Le galvanomètre est alors étalonné pour mesurer avec une grande exactitude des courants voisins de 1 ampère. Mais les instruments doivent servir dans des limites beaucoup plus étendues. On arrive à ce résultat de la façon la plus simple, au moyen du rhéostat r intercalé dans la branche du galvanomètre.
- JUl _ r2 + W + Z
- *r2 n+ '*’ + = w
- Si donc on connaît un % quelconque, a3 par exemple, et la résistance c: -J- w, on peut calculer sans autres déterminations un ar quelconque. La résistance z -|- w se mesure par les moyens ordinaires, et nous ferons remarquer ici, d’une façon
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- toute particulière, que Von n'a pas à mesurer la résistance, parfois très petite z, mais au contraire la somme de résistances z-\-w, qui comprend le galvanomètre et les fils conducteurs.
- La résistance z-\-w peut d’ailleurs être déterminée avec une exactitude suffisante, sans autres appareils, par une méthode d’approximation très commode. Pendant qu’un courant sensiblement constant I traverse le circuit non bifurqué, on observe au galvanomètre les déviations Ar) et Ar correspondant à l’introduction dans le rhéostat des résistances r, et r2. Comme le courant n’est pas toujours complètement constant, on élimine l’influence de ses variations en prolongeant pendant plus longtemps les observations. Si l’on considère maintenant que la substitution de la résistance r2 à la résistance rj ne change pas sensiblement la valeur
- K1G. 3 a
- FIG. 3 b
- de I, parce que z est petit relativement à et
- à r2-\-n>, on a
- __ z + w + r.j _
- A,-â «,-2 -z + w + r, ' (
- De C, r, et r2, on tire la valeur de Voici
- un exemple de cette opération :
- TEMPÉRATURE DU LABORATOIRE 20° C
- Déviation Ar Déviation Ar„
- (pourr = = 2 U.S.) (pour r = = 5 U.S.)
- - a2 ‘D at a2
- 65,65 34,35 40,93 59 07
- 65,64 34.3 ( 40,93 59,07
- 65,64 34,34 40,92 59,06
- Comme déviation moyenne A,-2(pourr=2 U.S.), on trouve i5,65 centimètres, et pour Ar& (r — 5 U.S.) 9,07 centimètres. Les résistances r étaient à la température de 20° C., ainsi que z-\-w, comme la boîte de résistance était étalonnée à 20° C, on
- peut, dans l’équation ci-dessus, introduire les valeurs de r2 et rB, et il vient
- 9,070 _ 2 + z + w l5,65o 5-t-z-f-ii'
- ou
- z+ 111 = 2,1.35 U.S. à 20°C.
- Une détermination directe de résistance effectuée à une autre époque avait donné pour la température de i7°5 une valeur de z-j-w de 2,ii5 U.S. En réduisant à 20°, on trouve 2,i36 U.S., ce qui concorde très bien avec la détermination précédente.
- Quand, au moyen de a2 et de z-j-iv, on a calculé les différents «r, on a différents moyens de se convaincre de l’exactitude de la méthode. On compare, par exemple, le a20 calculé avec la valeur que donnerait un étalonnage direct en introduisant dans le rhéostat la résistance 20, ou bien on calcule le rapport de deux a, comme a)0 : a30, et l’on voit si la méthode indirecte que nous venons de décrire donne le même rapport A10 : A20, et ainsi de suite. C’est la meilleure manière de s’assurer si les points de bifurcation a et b ne sont pas défectueux.
- III
- Jusqu’ici, nous n’avons pas tenu compte de l'influence des changements de température du laboratoire.
- a). Nous supposerons d’abord que le shunt z, le galvanomètre et les conducteurs w, et les bobines de résistance du rhéostat r sont tous en cuivre ayant le même coefficient de température k, et que z, r et w sont à la même température t, condition facile à réaliser.
- Il se pose maintenant la question de savoir comment -j.i varie, quand la température des trois résistances s'élève jusqu'à une nouvelle valeur T.
- Appelons ar la nouvelle constante.
- Nous laisserons encore le courant 1 se diviser en
- 1] passant par z et ii — r + 1 v
- et dans une seconde expérience en
- I2 passant par Z et i2 — R + W
- z, r et w sont les résistances à la température t et Z, R et W les résistances à la température T.
- On a alors
- 1 == Ii -f- /1 = -f-
- *1 : h T ii = z : z r + u>
- i 2 * 12 4-12=== Z1Z 4 - R -f- W
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2g3
- d’où
- h. — _ÎL — z + R + W £ h ~~ «t z + r + tv ’ Z ’
- mais on peut écrire avec une approximation suffisante
- Z + R + W =» (z + r + w) [i + k (T — <)]
- et aussi
- Z = ;[i +k(T-l)}
- et il s’ensuit que
- a, = aT (4)
- c’est-à-dire que les déviations pour l’unité de courant ne changent pas quand les températures de z, r et w varient dans le même rapport et que les coefficients de température des trois résistances sont les mêmes.
- b) Quand on n’a pas à sa disposition un rhéostat en fils de cuivre et que les bobines de résistance r sont comme d’ordinaire en maiilechort, le rapport entre s et r-\-w changera avec les variations de température.
- Si l’on désigne comme précédemment le coefficient de température du cuivre par k, celui du maiilechort par v, on a à introduire dans la formule ci-
- dessus pour j^= les valeurs
- Z + W + R = (5 + w) [1 + k (T — /)] + >- [1 + r (T - /)]
- et
- Z=z[i+Æ(T-/)]
- En effectuant la division, on aura approximaii-vement
- Si l’on admet pour k la valeur moyenne o,oo38 et pour v — ' 0,00037
- et que l’on désigne par la lettre q le quotient
- r+iïT+r'on a ^a formule approximative
- a, =aT [1 — o.oo343?(T—/)] (5 a)
- OU
- «T = a, [1 +0.00343 q (T — /;] (5b)
- c) Si z, r et w ne sont pas à la même température ou si l’on veut déterminer l'influence qu’aurait réchauffement du shunts par le courant, les équations fondamentales permettront d’établir des formules de correction aussi exactes que l’on voudra; mais nous ne nous étendrons pas sur ces cas, car les conditions supposées dans les paragraphes a et b sont faciles à remplir.
- IV. — Détails des opérations.
- a). Le voltamètre à cuivre. — On est généralement très prévenu contre l’emploi du voltamètre à cuivre, mais si l’on a soin de prendre les précautions prescrites dans cet article on aura bientôt une meilleure idée de la possibilité d’employer cet appareil. Je peux dire que j’ai fait moi-même, ou fait faire des centaines de déterminations au voltamètre à cuivre et que jamais je n’ai pu constater des irrégularités plus grandes que celles qui se produisent avec les autres procédés en usage.
- Dans un vase de verre cylindrique de 12 centimètres de hauteur et 10 centimètres de diamètre se trouve une solution de sulfate de cuivre complètement exempte de fer. Cette solution n’est pas concentrée afin d’éviter le dépôt mécanique de cristaux de sulfate de cuivre sur les électrodes. Il est bon de prendre un mélange composé de trois parties de solution saturée et deux parties d’eau distillée. Sur le bord du verre est suspendue une lame de cuivre recourbée à angle droit et ayant une surface (comptée d’un seul côté) de o,5 décimètres carrés plongeant dans le liquide. Une lame de platine, qu’il, est préférable de prendre un peu plus grande que la lame de cuivre, est suspendue à un support muni d’une borne pour les communications et peut être abaissée dans le liquide. L’introduction de la lame de platine dans la solution marque la fermeture du courant au temps t—o; on peut d’ailleurs avoir une clef spéciale.
- Avant de se servir de la lame de platine, on la maintient pendant quelque temps dans de l’acide azotique étendu bouillant, puis on la lave avec soin à l’eau distillée, on la dessèche entre des feuilles de papier à filtre, enfin on la passe dans la flamme non lumineuse d’un bec de Bunsen, onia laisse refroidir et on la pèse (* 7).
- Quand l’essai voltamétrique est terminé, on enlève rapidement la lame de -la solution, on la lave à l’eau distillée, on la sèche entre des feuilles de papier à filtre et on la pèse au bout de plusieurs heures. La quantité de cuivre déposé ne doit pas être inférieure à un gramme, afin que les erreurs de pesée ne puissent influencer le résultat.
- Un point important pour assurer la réussite de l’expérience est la densité dit courant. Je ne laisse pas passer par décimètre carré de l’électrode négative plus de 3 ampères, le plus souvent seulement 2,5 ampères. Le cuivre se dépose alors d’une manière parfaite. Uppenborn a fait une recommandation analogue (8) et nous rappellerons d'autre part l’étude d’Hammerl sur le voltamètre
- (") Ce sont les précautions que recommande dans son
- laboratoire le prof. Von Beetz.
- (8) Uppenborn, Kalcnier fur Electro’.echnikjr. I, Jahr-gang, 1884, p. 148.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 294
- à cuivre (9). Je, me sers souvent de deux électrodes de cuivre entre lesquelles se trouve la lame de platine. Le courant se divise et les deux faces du platine se recouvrent également de cuivre électrolytique.
- Il faut éviter de toucher avec les doigts les lames de platine, car le dépôt présente alors des taches.
- Le voltamètre à cuivre a sur celui à argent cet avantage qu’il est beaucoup plus facile à manier.
- On a souvent réclamé pour le voltamètre à argent cet avantage que l’argent ayant un équivalent beaucoup plus élevé que le cuivre, on obtient dans le même temps une plus grande quantité de métal déposé, mais d’autre part le voltamètre à cuivre permet une densité de courant notablement plus grande que celle que l’on peut atteindre avec le voltamètre à argent.
- Si dans la graduation d’un instrument, un voltamètre ne permet pas de maintenir la densité de courant dans les limites indiquées, on augmente la
- déjà dit, les lectures se font de demi-minute en demi-minute, et avec la plus grande précision possible, principalement quand le courant n’est pas aussi constant qu’on le désirerait.
- d). Le shunt z.
- Pour que le shunt 2 soit à la même température que r et w, il faut qu’il puisse être introduit dans le laboratoire sans troubler, par une action électromagnétique, le fonctionnement du galvanomètre. On y parvient par exemple avec l’arrangement indiqué dans la figure 4. Cette disposition présente l’avantage qu’il se produit une bifurcation du courant dans le shunt lui même. Les extrémités du gros fil de cuivre, aussi bien que celles du circuit du galvanomètre aboutissent à des trous pratiqués dans des blocs massifs en cuivre. Le contact doit être rendu sûr par soudure.
- Tout le système repose sur des taquets d’ébo-nite fixés sur un cadre en bois.
- Le galvanomètre employé dans mon laboratoire doit pouvoir servir, pour l’étude des lampes à incandescence et des machines dynamo-électriques, jusqu’à une intensité de 40 ampères. Dans ce but, j’ai donné au shunt r une longueur totale de 8 mètres, disposés de façon que les deux conducteurs aient chacun 4 mètres. Le diamètre du fil est de 6,6 millimètres. Comme formule approximative pour réchauffement des fils polis, tendus horizontalement, je me sers de l’équation
- FIG. 4
- dimension des électrodes ou bien on accouple en quantité plusieurs voltamètres.
- b) . La pile.
- J’emploie le plus souvent, pour l’essai vol-tamétrique, des accumulateurs ; par exemple, pour le voltamètre à deux lames de cuivre parallèles, je me sers de 4 accumulateurs de Schulze en groupes de deux en quantité. De grands éléments Daniell accouplés par groupes en quantité peuvent également être employés. Il suffit de ne pas donner aux éléments une intensité plus grande que celle qu’ils peuvent supporter sans se polariser-. Il est bon aussi d'introduire dans le circuit de la pile et du voltamètre, un rhéostat à manivelle, afin de pouvoir régler l’intensité du courant, de façon à avoir la densité voulue. On règle l’appareil par un essai préliminaire, fait à l’aide d’une lame de cuivre, ayapt même surface que la lame de platine.
- c) . Le temps t se détermine à l’aide d’une bonne montre à secondes, dont la régularité de marche a été préalablement vérifiée. Comme nous l’avons
- Haaimcrl, Silz. Ber. der Wiener Ahademie, 88 (2) j883.
- formule dans laquelle j’appelle
- A réchauffement en degrés centigrades,
- I l’intensité en ampères, r le demi-diamètre du fil.
- Dans notre cas, le maximum d’élévation de la température du fil du shunt 2 sera
- Ce faible échauffement est sans influence notable sur le résultat. D’ailleurs rien n’empêche de donner au fil une section encore plus grande. Si on admet un échauffement de i°, et cet échaufle-ment peut avoir lieu sans inconvénient, la formule d’approximation ci-dessus donne 9 à 10 millimètres comme diamètre du fil pour des courants allant jusqu’à 100 ampères (I2 = 5o).
- Pour des courants plus intenses, il est bon de prendre plusieurs fils parallèles accouplés en quantité. (10)
- (10) Dans le rapport officiel de l’exposition d’électricité de Munich en 1882, le professeur Dorn a donné pour! échauffe-
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- c). Comme rhéostat r, je me sers des deux boîtes de résistances à décades de la maison Siemens et Halske, réunies en série, et dont les bobines sont en fil de cuivre. Elles comprennent 10 X 1 et 10 X 10 U. S.
- Lorsque je fais r=o, la déviation obtenue pour un courant d’un ampère est de 17 centimètres (l’échelle étant à 3 mètres du miroir). Quand toutes les chevilles sont enlevées, de manière à donner une résistance de 110 U., S., un courant de40 ampères produit une déviation de 11 cent. 9. Si on voulait mesurer des courants dans des limites plus étendues que celles que j’ai indiquées il faudrait modifier en conséquence r ou 2 ou même n>. Pour 5, il suffit toujours de remplir cette condition que le courant maximum produise un échauffement négligeable. Cette condition peut toujours être remplie, car il n’y a pas d’inconvénient à ce que le conducteur z soit très gros.
- f) . Le commutateur placé dans le circuit du galvanomètre est à contact de mercure et est indis. pensable (incontestablement) pour les expériences avant tout pour éliminer les variations (survenant) dans la position du méridien magnétique. Il constitue en outre une clef de fermeture commode pour le circuit du galvanomètre et quand on le désire il peut ne resLer fermé que pendant la durée des lectures. On n’a ainsi à craindre aucun échauffement du circuit.
- g) , L'emploi d'un galvanomètre à miroir pour mesurer les intensités suppose naturellement qu’il soit installé dans un endroit où il n’y a aucune masse de fer en mouvement. Cette condition est facile à remplir dans un laboratoire de physique, mais il n’en est pas toujours de même dans un établissement électrotechnique. La méthode n’est donc pas destinée à l’usage industriel. Pour cela on a déjà toute une série d’instruments plus ou moins pratiques. On exige de ces instruments qu’ils soient étalonnés avec exactitude ; quant au degré de précision avec iequel on s’en servira, c’est une autre question. La méthode que je viens de décrire se recommande pour l’étalonnage de ces instruments de mesure.
- méat des fils de cuivre, une formule déduite des nombres trouvés par M. H.-F. Weber, sur la conductibilité extérieure. (Pogg. Ann., 146, 1872).
- L’échauffement de fils de cuivre polis, tendus horizontalement, est exprimé par la formule approximative
- dans laque'le I représente l’intensité en ampères, r le rayon du fil, h sa conductibilité spécifique rapportée à H g = 1.
- Les échauffements calculés à l’aide de cette formule sont trop élevés, d’après ce que je puis conclure d’un travail dans ce sens, comme ncé depuis longtemps, et non encore terminé.
- Les formules développées plus haut montrent que l’on choisit des galvanomètres à faible résistance. Ceux que nous recommandons de préférence pour notre méthode sont les galvanomètres munis d’un puissant amortisseur ou apériodiques.
- Prof. Dr E. Kittler.
- Darmstadt, janvier i885.
- LES
- INDICATEURS DE VITESSE
- Deuxième article ( Voir le numéro au Z janvier i885). '
- M. Beauchamp Tower, dont nous avons décrit la machine à vapeur sphérique, refoule directement l’air comprimé par la pompe C (fig. 24, 25 et 26) à travers la soupape I qui ferme le tube F avec une pression proportionnelle à celle du ressort K. Ce ressort R est solidaire des masses L qui tendent à se placer dans un plan horizontal d’autant plus que a tourne plus vite, de sorte que la pression de la soupape I est, ainsi que celle de Pair, comprimée au manomètre G, fonction de la vitesse de A. Afin d’atténuer les vibrations de K, les masses L entraînent dans leurs rotations deux enveloppes M (fig. 26), pleines d’huile,à l’intérieur desquelles se trouvent deux roues à palettes N, qui ne pivotent pas avec L autour de o, et dont le frottement oppose à ce pivotement une certaine résistance. De plus, l’air comprimé n’arrive en F que par une petite ouverture i. La pompe P sert à indiquer sur un autre manomètre le sens de la rotation de A.
- Cette indication est donnée d’une façon très ingénieuse par l’appareil de Schow (*). Le moteur dont on veut mesurer et définir la vitesse fait tourner un manchon muni d*une rainure en hélice a (fig. 27) et de deux gorges d et g. Lorsque la machine tourne à gauche, comme l’indique la flèche, le bouton du levier b, toujours sollicité par un ressort vers sa position moyenne, reste engagé dans la rainure g, de sorte que l’air comprimé en c passe par g' au manomètre de gauche. Dès que la machine tourne à droite, b s’engage dans la rainure a, qui l’amène en d où il se fixe, laissant l’air passer par d' au manomètre de droite. La compression de l’air a lieu, sous la conduite du moteur, par l’action du balancier A (fig. 28) sur les poches B aspirant par C et refoulant l’air par D, dans les réservoirs E, d’où il s’échappe en partie par un orifice F, étranglé de façon à maintenir en E et en c une pression fonction de la vitesse de A.
- (') Engineering, 26 déc. 1884.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’indicateur i distance de Budenberg repose I B (fig. 29), suivant le sens de la rotation, à tra ainsi sur l’emploi de ’air, refoulé ou aspiré par | vers les soupapes régulatrices CC, et qui déter
- FIG. 24. — BEAUCHAMP*TOWER
- vJ rz
- mine ainsi, dans les tubes D, une aspiration ou une pression fonction de la vitesse. Les tubes D sont en relation avec des manomètres O (fig. 3o) pourvus de compteurs F, marchant aussi par l’air
- comprimé, à l’aide d’un cylindre N, dont le piston K |fig. 3i) reçoit les pulsations de l’air renfermé dans la poche P (fig. 32) actionnée par le moteur.
- On peut remplacer l’action de l’air comprimé par celle de l’eau sous pression, pourvu qu’on atténue les variations de cette pression par une série de
- ressorts disposés en accumulateurs entre la pompe et les indicateurs, et remplaçant les chambres à air
- FIG. 27, — SCHOW
- des appareils mixtes de Swift et de Tower. Te est le principe de l’ingénieux appareil de M. H es-
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- tinghouse représenté par les ligures 33, 34, 35 et 36.
- Le principe de l’indicateur de M. Westinghouse
- FIG. 28. — SCHOW
- consiste à mettre en rapport avec le piston d’un indicateur Richards un tube dans lequel on refoule
- FIG. 29. — BUDENBERG
- de l’eau qui ne peut s’en échapper qu’à travers une soupape opposant à son écoulement une résistance d’autant plus grande que la vitesse est plus con-
- sidérable. Cette soupape est reliée directement au manchon d’un régulateur de Watt mis en mouvement par le moteur, de sorte que la résistance qu’elle oppose à l’écoulement de l’eau est sensiblement proportionnelle aux carres des vitesses, grâce au
- faible déplacement que la construction de l’appareil permet aux masses tournantes du régulateur, dont la distance du centre de gravité à l’axe de rotation varie très peu. — Le tambour de l’indicateur Richards, sur le piston duquel s’exerce également la pression de cette eau, est aussi mis en mouvement par le moteur; il en résulte que le crayon de cet indicateur trace sur son papier une courbe dont les ordonnées sont proportion-
- FIG. 3l
- nelles aux carrés des vitesses du moteur, et les abscisses aux nombres des tours.
- La grosse poulie C (fig. 33), est commandée par le moteur dont on veut mesurer la vitesse. Sur le même axe que la poulie C, est fixé un pignon D, qui engrène avec une roue E, montée sur un arbre dont l’autre extrémité porte un bouton F, actionnant deux pompes G et G' (fig. 35).
- Ces pompes puisent leur eau dans un réservoir A qui sert de base à l’appareil.
- La disposition des pistons à ressort de ces pompes, dont les tiges travaillent toujours par
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- àg8
- La lumière électrique
- compression, permet de les faire marcher à grande I au travers des clapets de refoulement t et vitesse. L’eau refoulée par les pompes passe ensuite | dans un conduit a, fermé d’un côté par une sou-
- FIG. 33. — WESTINGHOUSE
- pape de sûreté b qui sert à laisser échapper l’eau 1 tuyau vertical d, muni lui-même d’un troisième en excès, et débouchant, d’autre part, dans le | clapet de refoulement.
- Ce conduit d amène l’eau refoulée sous le piston I cumulateur à ressort H, vissé sur l’embase B. â diaphragme de caoutchouc d’un premier ac- | De ce premier accumulateur H, l’eau passe,*
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- en débordant, autour de sa soupape s' et par les conduits f (fig. 33) sous le piston d’un deuxième accumulateur I, semblable au premier, mais disposé horizontalement, et qui a spécialement pour objet de régler l’écoulement final de l’eau de manière à maintenir presque constante la distance des boules du régulateur à leur axe de rotation.
- En se soulevant sous la pression, ce piston laisse échapper l’eau autour de la tige cannelée de sa soupape g, vers le distributeur h.
- Les deux accumulateurs H et I, par lesquels l’eau doit passer avant d’arriver à ce distributeur, n’ont pas d’autre but que d’amortir par leur élasticité les pulsations des pompes, et d’amener l’eau
- fig. 35
- sur le distributeur h avec une pression aussi stable que si l’on avait interposé sur son parcours un matelas d’air d’un grand volume.
- Lorsque l’eau sous pression, au lieu d’être refoulée par des pompes, est fournie par une source à pression plus constante, par la chaudière par exemple, on peut se passer à la rigueur du premier accumulateur H, et faire arriver l’eau directement au distributeur A, par un conduit f (fig. 34) qui débouche sous la soupape g de l’accumulateur I.
- C’est sur le distributeur A que se trouve appuyée, comme sur un siège, la soupape A, qui doit opposer à l’écoulement final de l’eau refoulée par les pompes, c’est-à-dire à son retour dans le réser-
- voir d’aspiration A, une résistance proportionnelle aux carrés des vitesses.
- Pour cela, la tige / de cette soupape est pressée par le levier m (fig. 34) chargé par la tige o d’un
- FIG. 36. — WESTINGHOUSE (ENSEMBLE)
- régulateur à force centrifuge p, q, r, renfermé dans le tambour de la poulie C, et qui tourne avec elle. L’intensité de la pression que le régulateur exerce sur la soupape, pour une vitesse donnée, est réglée à volonté par le jeu des vis n n qui permettent de changer la puissance d’appui du levier m sur la tige de la soupape.
- Ainsi, dès que l’eau refoulée par les pompes ar-
- FIG. 37. — NAPOLI
- rive, après avoir franchi les deux accumulateurs, dans la chambre i, en avant du distributeur h, elle n’a plus d’autre issue vers sa source que par les canaux creusés dans la soupape k, de sorte qu’il s’établit, dans cette chambre, une pression hydrau-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- lique égale à la charge que la soupape k exerce, en vertu de la vitesse du moteur, sur la petite plaque d’acier qui ferme cette chambre à l’avant.
- Or, l’indicateur Richards, qui doit tracer la courbe des vitesses, est vissé (fig. 3q) dans un ajutage mis en rapport, par les conduits h' et h", avec la chambre i ; il indiquera donc des pressions proportionnelles aux carrés des vitesses. Cet indi-
- cateur occupe alors, dans l’ensemble de l’appareil, la position prise sur la figure 36 par un indicateur à cadran, et son tambour est mis en mouvement par la poulie P.
- L’appareil de M. Westinghouse, en apparence compliqué, est, en réalité* une fois bien réglé par l’expérience, d'un maniement sûr et très simple. Les pièces en sont facilement accessibles, et chacune
- S..... ................................ .......- . ....— ------ ........................-Y
- FXG 38 ET 39. — CAMPBELL ET GOLDEN
- d’elles considérée isolément est robuste et bien appropriée aux efforts qu’elle supporte.
- Le principe de l’indicateur de vitesse de M. Na-poli est le même que celui des régulateurs à liquide d’Allen et Deprez. Nous en donnons la description d’après l’inventeur lui-même.
- « Le principe de cet appareil est le suivant :
- « Un cadre très mobile ee (fig. 27) suspendu sur deux axes, porte à son intérieur un autre axe sur lequel sont fixées des ailettes ff.
- « Ces ailettes sont mises en mouvement par la série d’engrenages abcd, parmi lesquels bcd dépendent du cadre mobile, et la roue dentée a est en relation avec l’arbre de l’appareil dont on veut mesurer la vitesse. Si l’on maintient le cadre ee de manière à empêcher la rotation, le mouvement de la roue a aura simplement pour effet de faire tourner les ailettes, et l’action résistante de l’air agissant sur celles-ci se transmettra au cadre par l’intermédiaire des engrenages d c; mais si, au lieu
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- 3oi
- de fixer ainsi le cadre, on le rend solidaire d’un ressort g, ce dernier fera équilibre à la résistance créée par le mouvement des ailettes et se bandera d’autant plus que ce mouvement sera plus rapide.
- « En même temps, le cadre aura dévié de sa position primitive d’un angle d’autant plus grand que la vitesse sera plus forte.
- « Il suffit de mettre, sur le prolongement de l’axe
- de rotation du cadre, une aiguille mobile devant un cadran, pour avoir une indication immédiate de la vitesse de l’allure à laquelle on se tient.
- « Pour rendre cet instrument inscripteur, il suffit de fixer sur l’axe du cadre une poulie sur la-
- FIG. 4I
- quelle s’enroule un fil de soie conducteur d’un chariot porte crayon qui se déplacera sur une bande mue par un mouvement d’horlogerie; un ressort agissant sur le chariot tend d’une manière continuelle ce fil de soie. La graduation de cet appareil s’obtient par l’expérience. Il est facile de se rendre compte que les indications deviennent plus précises à mesure que la vitesse croît, à l’inverse de ce qui a lieu avec les appareils fondés sur la force centrifuge (*). »
- L’indicateur de vitesse de Sir Archibald Campbell et de M. W.-T. Golden repose sur le principe suivant (fig. 38 à 42). Un galet c, faisant écrou sur une vis b, actionnée par le moteur, reçoit, par son adhérence sur le cône a, mû par un mécanisme d’horlogerie, une rotation de même sens que celle de la vis b, le long de laquelle il se déplace jusqu’à ce qu’il ait acquis une vitesse égale à la sienne, de sorte que cette vitesse se trouve indiquée par la position d’équilibre de c sur b.
- Le mouvement d’horlogerie du cône a est remonté automatiquement par le moteur, au moyen
- FÎG. 42. — 8SLLON
- des poulies folle et fixe ij. Tant que la courroie k se trouve sur la poulie fixe, le long pignon q remonte par r le ressort du barillet s, mais, dès que ce remontage est terminé, l’écrou o, mobile sur la vis p sans pouvoir tourner avec elle, déplace, par la fourche a' mobile autour de u, le levier l m, de façon à faire passer la courroie k sur
- et u>' la vitesse angulaire de l’ailette; K étant une constante dépendant du nombre de dents des engrenages a, b, c, d, on a
- (1) b' = Kb.
- Désignons par m f le moment du couple de la résistance de l’air agissant sur les ailettes, et F la force de réaction appliquée au cadre suivant l’axe des roues c, b, à la distance p de l’axe de rotation du cadre, l’on a :
- P F —fm
- mais la résistance de l’axe au mouvemen’/des ailettes est
- (•) Voici d’ailleurs une démonstration mathématique de ce fait : Soient <0 la vitesse angulaire de l’arbre conducteur a,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la poulie folle et à arrêter le pignon q. A mesure que le barillets se déroule, il fait reculer par tu l’écrou o, de sorte qu’il ramène automatiquement la courroie k sur la poulie fixe, dès que l’action du ressort est épuisée.
- Les indications de cet appareil sont transmises à distance par l’électricité au moyen d’un certain nombre d’aiguilles y, actionnées par des électro-aimants x, et s’inclinant à droite ou à gauche, suivant le sens de la rotation du moteur, dès que le galet met leur fil e2 en circuit par son passage sur la table de contact d3. La poulie f, qui transmet le mouvement du moteur d à la vis b, porte à cet effet un train d’embrayage automatique d'g'. Actuellement, le mouvement se transmet directement de d à h par e2 ; mais, si la rotation de d change de sens, la vis i débraye par g le manchon d'd’avec e2, et l’embrayage avec e, de sorte que le mouvement se transmet de d à. h par e4e3 e. Le jeu du manchon d manœuvre en même temps un commutateur qui renverse la direction des courants dans les électros x et l’inclinaison des aiguilles.
- C'est également à l'électricité que M. Sellon a recours pour transmettre à distance les indications de son appareil fondé sur le principe bien connu du pont de Wheatstone. On reconnaît (fig. 42), en bt b2 b3 Z>„, les quatre bras de ce pont, dont les résistances bl et b2 varient suivant la position que le régulateur A impose au galet g sur le fil bt b2. Le galvanomètre du pont est remplacé par un solé-noïde f, dont l’aiguille indique la vitesse de A.
- Gustave Richard.
- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- AUX
- MAGASINS DE NOUVEAUTES « EL SIGLO »
- A BARCELONE
- Le 26 novembre dernier a été inaugurée à Barcelone une des installations d’éclairage électrique les
- une fonction du 2e degré de leur vitesse angulaire (voir Poncelet. Mécanique UidustrieUe), on a donc :
- (2) p F = (a ü>2 -f- (3 ti)' + y)1».
- Si <p est la force de tension du ressort, q le rayon d'attache du ressort et A l'angle qu’il décrit,
- q?=p F,
- où la force de tension cp est proportionnelle à l’angle de tension ; on peut donc écrire l’équation précédente, en tenant compte des équations (1) et (2)
- A c (a q- 11 ü> y),
- formule où l’on constate le fait énoncé plus haut.
- plus importantes et les plus réussies faites par la Sociedad espanola de Electricidad.
- Cette Société fut fondée il y a environ quatre ans, et elle a depuis fait de nombreuses installations non seulement à Barcelone, mais dans toute l’Espagne, ainsi que nous avons fréquemment eu l’occasion de le dire dans ce journal.
- La ville de Barcelone, toujours désireuse de s’associer aux progrès de toute sorte, a suivi et aidé le développement de la lumière de l’avenir avec beaucoup d’intérêt. Déjà beaucoup de fabriques et d’usines sont éclairées à l’électricité, ainsi que les promenades, les théâtres et les cafés.
- FIG. I
- El Siglo, un magasin de nouveautés sur le modèle du Louvre et du Bon Marché à Paris, occupe plus de 23o employés des deux sexes. Le local, qui consiste en un rez-de-chaussée avec des sous-sols, est situé sur la Rambla de los Estudios, l’une des plus belles promenades de la ville, et l’entrée en est brillamment illuminée, le soir, par deux foyers puissants placés sur des colonnes de plus de 6 mètres de haut.
- Le rez-de-chaussée, qui a 25 mètres de large et 75 de long sur 5 de hauteur, se compose de 2 vestibules, 2 passages et plusieurs grandes salles ; les sous-sols ont 4 mètres de hauteur et sont divisés en deux grandes salles. Les plafonds sont partout d’une couleur claire et agréable, et l’absence de colonnes et d’autres obstacles de ce genre facilite
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- la distribution de la lumière dans tout le local, presque sans aucune ombre.
- L’installation électrique est divisée en 3 circuits, numérotés de i à 3. Les numéros i et 2 comprennent chacun 12 lampes pour l’éclairage intérieur, le numéro 3 ne sert que pour les 3 foyers à l’extérieur, dont 2 sont placés sur la Rambla et 1 dans le jardin, derrière la maison.
- Ainsi qu’on le verra sur le plan, les lampes sont disposées de sorte qu’en cas d’accident à un circuit, les différentes salles seront suffisamment éclairées par les foyers de l’autre circuit. Afin de profiter du jour aussi longtemps que possible, les lampes placées dans les parties obscures du local
- et marquées d’un cercle double entrent seules en fonction, vers 4 heures de l’après-midi, avec une seule machine pour chaque circuit. Dès qu’il devient nécessaire on allume les autres lampes et la station centrale en est avertie par téléphone.
- Pour diminuer les risques d’accident, chaque lampe est munie d’un commutateur automatique système Xipra qui, dans certaines circonstances, met la lampe hors de circuit et la remplace par une résistance compensatrice sans déranger le fonctionnement des autres lampes.
- Le dessin de ce commutateur (fig. 1) ne montre que la partie de la lampe Gramme nécessaire pour en faire comprendre le fonctionnement. Les flèches
- ( Rej-ds-Chaussée >
- indiquent le passage du courant dans la lampe allumée.
- Quand le courant ne passe pas, le charbon positif S tombe par son propre poids et repose sur le chrrbon négatif L. Dès que le courant est introduit, l’électro-aimant E entre en action et attire l’armature A, le charbon négatif L descend et l’arc se forme naturellement entre les deux charbons. En cas d’interruption du courant qui passe dans les charbons l’électro-aimant E cesse de fonctionner et le ressort ramène l’armature A à sa position antérieure.
- Examinons maintenant comment ces deux mouvements de l’armature contrôlent le commutateur.
- En démontant les deux charbons de la lampe le levier du commutateur C est mis en contact avec la borne N au point marqué K, au moyen du ressort r. En remettant les charbons en place on
- verra que la faible pression du charbon supérieur S sur le charbon inférieur L réagit dans une certaine mesure contre la tension du ressort r et le levier C descend légèrement en rompant le contact avec la borne N. C’est ce qui a lieu en réalité, bien que cette interruption de contact ne soit pas absolument nécessaire.
- Supposons maintenant qu’un courant entre dans la lampe par la borne P et passe, dans la direction des flèches, du charbon supérieur à l’inférieur, il traverse la tige V, les bobines de l’électro-aimant E et va à la borne N et aux autres parties du circuit. Au moment même où le courant est établi l’armature est vivement attirée par l’électro-aimant et la séparation des charbons produit l’arc lumineux. Le levier C suit par son propre poids les mouvements de l’armature A et reste dans la position indiquée par la figure, tant que l’arc dure, mais dans le cas d’une extinction de celui-ci par suite
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- d’un accident aux charbons ou du, fonctionnement défectueux du mécanisme qui règle la descente du charbon positif, le circuit entre les deux charbons se trouvera naturellement interrompu. Dans ce cas l’action de l’électro-aimant étant nulle le ressort relève l’armature qui à son tour pousse le levier C en contact avec le point de sortie du courant. Celui-ci, qui ne peut plus passer par les charbons, prend le chemin plus court par P.M. R. C. K et N.
- Ces mouvements s’exécutent si rapidement que l’extinction d'une lampe seule est presque sans la moindre influence sur l’intensité régulière des autres foyers du circuit. La résistance électrique de la lampe éteinte ayant été remplacée par une résistance compensatrice R sous forme de fil ou de charbon, la résistance totale du circuit reste la même, et la réparation de la lampe défectueuse peut être faite quand on voudra.
- FIG- ->
- Pour mettre la lampe réparée en circuit, on fait descendre le charbon supérieur jusqu’à établir le contact avec le charbon inférieur; il passe alors une quantité de courant suffisante pour que l’électro-aimant E puisse exercer une faible attraction sur'son armature, et le circuit est rompu en K. Tout le courant passe alors immédiatement par les charbons, l’électro-aimant attire violemment l’armature et le levier du commutateur est rapidement libéré. L’arc électrique s’établit au même
- instant. Cette séparation, qui paraît composée de deux mouvements consécutifs, se fait avec une telle rapidité qu’il est presque impossible d’observer l’éclat d’une petite étincelle.
- Nos lecteurs comprendront toute l’importance d’un commutateur automatique de ce genre pour les lampes disposées en série comme celles de l’installation du Siglo, et, d’après ce qu’on nous dit, la disposition a eu beaucoup de succès et donné entière satisfaction dans toute l’Espagne.
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- Le courant est fourni par la station centrale de la Sociedad Espanola située dans les Huertas de San Beltran à une distance d’un kilomètre du magasin; chaque circuit a donc une longueur de 2 kilomètres et une résistance totale approximative de 3,8 ohms sans compter les fils d’intérieur et les lampes.
- Le courant est amené par un fort fil de cuivre isolé du n° 10, jauge de Birmingham, fabriqué par M. Glover de Manchester et suspendu sur des poteaux sur les toitures des maisons. A l’intérieur on s’est servi d’un fil de cuivre de 2mm de diamètre et d’une résistance de 5 ohms par kilomètre isolé
- FIG. 5
- avec du bitume et du coton. Il ne nous a pas été possible d’obtenir la résistance exacte de ces circuits, les ingénieurs de la Société n’ayant pas encore fait les mesures nécessaires.
- Les. 27 foyers disposés en série sont alimentés par 5 machines Gramme du type à 5 lumières dont chacune a une résistance intérieure de 3 ohms et marche à 1 5oo tours par minute. Les circuits 1 et 2 sont absolument indépendants l’un de l’autre, chacun d’eux comprend deux machines couplées en tension, enfin la cinquième machine alimente le circuit n° 3 des lampes à l’extérieur, une dernière machine sert de réserve en cas d’accident.
- Toutes ces dynamos sont actionnées au moyen d’une transmission par un moteur Corliss de 100
- chevaux, avec un volant d’un diamètre de 6,5 mètres marchant à 53 tours par minute, la force dépensée par machine étant de 7 chevaux pour les circuits 1 et 2 et de 4 pour le circuit n° 3, il y a en outre une perte d’un cheval pour la machine de réserve.
- La force électromotrice des circuits 1 et 2 mesurée aux bornes des machines avec un galvanomètre Deprez-d’Arsonval est de 600 volts, et l’intensité de courant dans chaque circuit est de i3 ampères. La force électromotrice du circuit n° 3 est probablement de i5o volts.
- L’installation se compose pour le moment exclusivement de lampes à arc du système Gramme-Nysten, mais d’une forme spéciale et modifiée (fig. 6) : on se propose cependant d’installer un système à incandescence dans certaines galeries basses de l’établissement qui sont aujourd’hui éclairées au gaz. Les lampes sont munies d’un grand réflecteur circulaire dont l’intérieur est peint en blanc et qui porte, au bord, des plaques de verre coloré d’une forme légèrement polygone pour adoucir l’éclat des foyers. La boîte métallique qui renfermait le mécanisme de ces lampes ayant souffert de la chaleur développée par l’arc, on l’a remplacée par une frange lourde en coton qui semble servir d’ornement bien que d’une forme assez disgracieuse.
- Ces lampes sont suspendues à 1 1/2 ou 2 mètres du plafond, elles ont une résistance de 3 ohms, le diamètre de l’arc mesure 2mm et, avec une force électromotrice de 42 volts, elles donnent une intensité lumineuse de 100 becs carcel. La force motrice est d’environ 45 chevaux par lampe.
- L’introduction de la lumière électrique dans les différents départements du Slglo a été d’un grand avantage pour le personnel très nombreux des employés. On remarque non seulement l’absence de chaleur, mais l’atmosphère viciée inséparable de l’éclairage au gaz n’existe plus, le public apprécie beaucoup cette amélioration et les galeries du magasin sont toujours très animées le soir. Les dames peuvent maintenant choisir les étoffes de couleur à la lumière, les couleurs bleues et vertes, qui se confondaient autrefois aux rayons jaunes du gaz, paraissent maintenant telles qu’elles sont en réalité.
- En résumé, il faut féliciter les propriétaires du Siglo d’avoir doté la ville de Barcelone d’un établissement aussi complet, ainsi que la Sociedad Espanola de Electricidad d’avoir si bien su tirer avantage des dispositions du local et de n’avoir épargné aucun sacrifice afin d’en faire un succès complet.
- II. V. Browne.
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- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- Étude spéciale du chemin de 1er métropolitain de Paris
- 6earticle Voir les numéros des 3,10, 17, 24 el 3i Janvier 188S
- LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES
- La ligne étant établie, et la puissance motrice rendue disponible, reste à étudier le moteur.
- Le mode d’exploitation suivi pour les chemins de fer ne s’accommoderait que difficilement de voitures automobiles. Il faut faire une machine aussi puissante que la locomotive à vapeur, c’est à-dire capable de développer au moins 5oo chevaux d’une manière continue.
- Or, de pareilles machines n’ont jamais été construites, par une raison simple, c’est qu’on n’avait pas d’occasion de les utiliser, et que l’expérience nécessaire eût coûté très cher.
- Mais la théorie nous permettra de voir facilement comment on peut arriver au résultat, en partant des données fournies par les machines existantes. On sait, en effet, que la puissance d’une machine d’un type déterminé croît plus vite que son poids, toutes choses égales d’ailleurs. En admettant la proportionnalité entre ce poids et cette puissance, on se trouve en possession d’une règle très simple qui peut être appliquée en toute sécurité.
- Or, dans la recherche du type à adopter pour une locomotive, il faut s’attacher par-dessus tout à développer une grande puissance sous un faible poids, sans quoi la remorque du moteur absorberait trop de travail.
- Un des types de machines connus qui répondent le mieux à cette condition a été réalisé en 1882 par l’un de nous, et c’est celui qui a conduit à la conception de la machine à deux anneaux expérimentée depuis aux ateliers du chemin de fer du Nord et à Grenoble.
- Ce type de machine avait déjà deux anneaux, mais les inducteurs ne comportaient que deux électro-aimants.
- Voici quelques données sur sa construction :
- Poids du fer de chaque anneau...... 3 k.
- — cuivre — — 3
- — fer — électro-aimant. 18
- — cuivre — —. 18
- — de chaque armature...... io
- Poids utile total .... 124 k.
- L’anneau tournant*a une vitesse linéaire de i5“ à la seconde ; cette machine a pu développer un courant de i5o ampères avec une force électromotrice de 60 volts. Elle absorbait donc un travail de 12 chevaux.
- Le poids utile n’était que de 10 k. par cheval environ.
- PREMIER TYPE DE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE.
- Nous avons déduit de cette machine un premier type de locomotive dont nous allons donner la description, et qui est représenté sur les figures 42 et 42 bis.
- Le moteur comporte deux anneaux, et les électro-aimants inducteurs sont disposés en couronnes. Dans l’expérience rapportée ci-dessus, la vitesse tangentielle étant de i5 m. à la seconde, le travail absorbé était de 12 chevaux.
- Or, dans une grosse machine, on peut sans inconvénient atteindre une vitesse de 25 m., et dans ces conditions, si l’on admet que la puissance d’une machine croisse comme son poids, c’est 20 chevaux que l’on pourrait développer pour un poids utile de 124 kil.
- Une machine de 5oo chevaux pèserait donc 3 100 kil. sans compter les accessoires ; elle comporterait 75 kil. de fer et autant de cuivre sur chacun de ses anneaux. Une pareille masse pourrait facilement se loger sur un anneau de 1 m. de diamètre comme nous l’avons représenté sur la figure.
- Ce diamètre ne peut pas être beaucoup augmenté, car la présence de la couronne des inducteurs rendrait la machine encombrante et ne permettrait pas de la loger facilement sur un truc.
- On ne saurait donc donner aux roues motrices de la machine la même vitesse angulaire qu’aux anneaux, à moins de les faire par trop petites ou de ne disposer que d’un faible effort au moment des démarrages.
- C’est pourquoi nous avons supposé cette vitesse angulaire réduite de moitié par un engrenage. Mais celui-ci ne saurait résister longtemps aux chocs de la voie s’ils lui étaient transmis directement, aussi lui faisons-nous commander un faux essieu, solidaire du châssis dont le mouvement de rotation est transmis aux roues motrices par un jeu de bielles.
- Enfin, l’adhérence de cette machine suffisante aux grandes vitesses ne le serait plus au moment des démarrages, nous avons supposé à titre d’exemple que l’on se servirait d’une crémaillère ; celle-ci n’étant pas continue et n’étant installée que sur les points difficiles de la voie, il faut que la roue qui s’engrène avec elle soit folle au moment
- La résistance totale du système était de o ohm, 12.
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- où s’opère le contact. (La vitesse étant toujours très réduite lorsqu'il a lieu, il n’en résultera aucun choc dangereux). Pour n’avoir à faire qu’un seul embrayage, il faut que les roues motrices puissent demeurer reliées au faux essieu intermédiaire, et pour cela que la roue dentée qui agit sur la crémaillère ait le même diamètre que ces roues. L’embrayage serait déterminé au moyen de manchons à griffes ordinaires et actionnés par deux électro-aimants où le mécanicien pourrait lancer un courant à volonté. Deux ressorts de rappel mettraient les manchons hors de prise, aussitôt le courant interrompu.
- Nous n’insisterons pas sur les propriétés électriques de cette machine, car elle est analogue à celles qui serviront aux prochaines expériences de transport de travail entre Creil et Paris, et qui seront bientôt décrites avec les plus grands détails.
- DEUXIÈME TYPE DE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE.
- On arriverait à un plus grand degré de simplicité, si l’on pouvait supprimer les engrenages et le faux essieu intermédiaire. Mais il faudrait,
- comme nous l’avons vu, que la vitesse angulaire de l’anneau fût la même que celle des roues motrices. Nous avons donc recherché s’il n’y aurait pas moyen de trouver une forme d’inducteurs qui nous permît d’augmenter le diamètre de l’induit sans que la machine devînt encombrante. C’est alors que nous avons conçu le type de machine dynamo-électrique suivant :
- DESCRIPTION DE LA MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE.
- Elle se compose d’un anneau de grand diamètre en fer, affectant la forme d’un tore et recouvert d’une série de bobines circulaires très minces accolées les unes contre les autres.
- Le fil de sortie de chacune de ces bobines est
- en relation avec le fil de sortie de la bobine suivante, et tous les deux communiquent avec l’une des touches d’un collecteur ordinaire.
- L’anneau recouvert de fil (voir fig. 43) repose sur un matelas de bois supporté lui-même par une roue intérieure. Cette roue est calée sur un axe dont est solidaire aussi le collecteur.
- L’inducteur de cette machine est formé par deux disques évidés en fer. Ces disques ont une largeur égale à l’épaisseur de l’anneau recouvert du conducteur. Ils portent de distance en distance des pièces saillantes en fer qui viennent embrasser l’anneau, comme on le voit sur les fig. 43 et 43 bis.
- Ces pièces affectent une forme plane et leur plan moyen passe par l’axe. Elles sont également distantes les unes des autres et sont en nombre pair.
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- Une roue solidaire d’une roue héliçoïdale (fig. 43) est folle sur l’axe. Une vis sans fin s’engrène avec cette roue héliçoïdale, et peut êire manœu-vrée au moyen d’une tige et d’une manivelle On peut ainsi faire tourner dans un sens ou dans l’autre la vis et, par suite, les deux roues dont nous venons de parler.
- L’une d’elles porte une série de balais en nombre pair. Les balais d’une même parité sont en relation
- avec une des bornes de la machine, et les autres avec la deuxième borne.
- On comprendra immédiatement le mode de fonctionnement de cette machine, en remarquant que le courant entrera par les balais d’ordre pair, par exemple, et sortira par les autres. Il déterminera dans l’anneau une série de points conséquents alternativement positifs et négatifs, correspondant à chaque entrée ou sortie du courant. Ces pôles
- FIG- .12 BIS
- magnétiques tendront à s.e rapprocher des pièces en fer qui viennent, de distance en distance, embrasser l’anneau.
- Au lieu de faire tourner l’anneau, 011 peut le rendre fixe et faire tourner les disques et les armatures. Il suffit, pour cela, de soutenir l’anneau extérieurement, au lieu de le soutenir intérieurement comme nous l’avons représenté sur les fig. 43 et 43 bis. Dans ce cas, le collecteur devient fixe et la-roue porteuse des balais est entraînée dans le mouvement des armatures. Les balais tournent donc d’une manière continue, mais les conducteurs qui amenaient et remmenaient le courant, doivent être
- remplacés par deux contacts circulaires munis de frotteurs.
- Pour faire varier l’effort et le sens de la rotation, il faut pouvoir donner un mouvement relatif à la roue RR par rapport aux armatures. On y arrivera facilement à l’aide du dispositif suivant (fig. 44).
- Les roues RR et HH, toujours folles sur l’axe GG ne sont plus directement solidaires l’une de l’autre. La roue TT est calée sur l’axe GG, tandis que la roue H H demeure folle sur lui. Elles sont munies sur leurs circonférences intérieures de dents d’engrenages sur lesquelles vient rouler un satellite
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- SS dont l’axe o, perpendiculaire à l’axe GG, est entraîné dans la rotation de ce dernier.
- Si la roue H H est fixe, la vitesse angulaire de rotation de la roue R R sera la moitié de celle de la roue TT. En effet, soit w cette dernière, w' celle de la roue HH, <o" celle du satellite SS, U" celle de la roue RR, enfin r et p les rayons des roues TT et SS; nous aurons, en supposant que les vitesses soient comptées positivement dans le sens de la flèche a p :
- o)'" r+p iù" =- w' r o>'" r—p — u> r
- ne;. |3
- d’où l’on tire
- /;/ 0>/ T <‘>
- (|) — ------‘
- o
- Au moyen d’un pignon et d’une roue dentée, nous pourrons communiquer à la roue qui porte les balais une vitesse angulaire égale à 2
- Voici un autre procédé qui nécessite moins d’engrenages (fig. 4S).
- Soit G l’axe de la machine; il porte une roue de rayon r calée sur lui, et une roue de rayon R qui est folle. Il en est de même pour l’axe fixe A.
- En O sont montées deux roues de mêmes diamètres r et R, mais les deux roues montées sur
- ce même axe sont solidaires l’une de l’autre..De plus, l’axe o est porté par un levier AB mobile autour du point A.
- Cherchons le rapport des vitesses des roues montées sur l’axe G. Appelons a> la vitesse de la la roue r mobile autour du point G, £2 celle de la roue R mobile autour du même point.
- <i>i la vitesse angulaire de la roue R mobile autour du point A,
- t»a — — de la roue r mobile autour du
- point A,
- — — commune des roues R et r mo-
- bile autour du point O,
- O — — du levier AB mobile autour du
- point A.
- Nous avons les relations suivantes :
- (0 T = 0>1 R,
- (*)| T =. ü>2 R — OR. m3 r = t»)a R — Or,
- Q R = - o>3 r,
- d’où l’on tire immédiatement
- Quand le levier AB sera fixe, la roue R montée sur l’axe G tournera avec la même vitesse angulaire que l’axe lui-même et dans le même sens. On pourra donc lui faire commander les balais. Il est évident de plus qu’en manoeuvrant le levier AB à la main, ou au moyen d’un mécanisme quelconque, on modifiera à volonté le calage des balais.
- Cette disposition sera souvent avantageuse; les seules parties mobiles sont des masses de fer qui ont peu à redouter les effets de la force centrifuge. Enfin, dans les locomotives, il y aura tout intérêt à diminuer autant que possible le poids de la machine, quitte à la faire parcourir par des courants de grande densité. Pour s’opposer à réchauffement des conducteurs, il n’y aura qu’à remplacer le noyau de l'induit par un tube creux que l’on fera parcourir par un courant d’eau continu, ce qui n’offrira aucune difficulté, puisque l’induit demeure fixe.
- La machine, telle que nous venons de la décrire, présente l’inconvénient commun à toutes les machines multipolaires, d’exiger un nombre de balais égal au nombre des pôles. Cet inconvénient est facile à éviter, au moyen des modes de montage suivants :
- Première solution. — Nous supposerons pour plus de simplicité que la machine n’ait que quatre pôles.
- D’après le mode de montage décrit plus haut, les différentes bobines seraient en relation avec les touches successives, complètement isolées les unes des autres d’un collecteur identique à celui des ma-
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- ou
- chines Gramme, et nous aurions quatre balais a p a' p' à go° les uns des autres.
- Dès lors, si nous mettions les balais a &' en relation avec l’une des bornes d’une machine génératrice, les balais p p' avec l’autre borne, l’anneau AA serait parcouru par une série de courants d’intensités égales et dont les sens sont indiqués par les flèches de la figure.
- Les touches <x et a' sont au même potentiel puisqu’elles sont en relation directe avec la même borne de la génératrice ; il en est de même pour les touches p p'.
- Considérons maintenant les deux bornes (x et g' diamétralement opposées et également distantes des
- bornes a et a'. Pouf aller de a en ;x ou de a' en ;x', le courant doit franchir le même nombre de bobines et subir dans les deux cas les effets de contre-forces électromotrices égales (les actions magnétiques sont les mêmes par raison de symétrie).
- Les deux touches >x et ;x' sont donc au même potentiel.
- Il en résulte que si nous relions, comme il est représenté sur la figure 46, chaque touche à la touche diamétralement opposée par un conducteur isolé et de résistance nulle, les extrémités de ces conducteurs étant au même potentiel, ceux-ci ne seront traversés par aucun courant.
- FIG. 4 3 bis
- Supprimons maintenant les balais a' et p', les touches a et a', p et p' se maintiendront toujours au même potentiel, grâce à la présence des conducteurs a a', p p' de même que deux touches diamétralement opposées, quelconques ;x et ;x'.
- La distribution du courant se fera donc de la même manière que tout à l’heure, alors que nous avions quatre balais et que toutes les touches du collecteur étaient complètement isolées les unes des autres.
- Si au lieu d’avoir à développçr quatre pôles on en avait 2 n, la même solution s’appliquerait, seulement les deux balais, au lieu de comprendre entre eux un angle égal à devraient comprendre un angle égal
- à ^. De plus chaque touche du collecteur, au lieu
- d’être reliée avec la touche séparée d’elle par un angle égal à r. (le sommet de l’angle étant au centre du collecteur), devrait être reliée avec toutes les touches qui, avec elle, formeraient les sommets d’un polygone régulier de n côtés inscrit dans le collecteur.
- Deuxième solution. - Supposons encore qu’il faille développer quatre pôles dans l’anneau. Il faudrait quatre balais à 90° les uns des au-fres. Nous pouvons imaginer que l’on fasse tourner chaque paire de balais sur un collecteur spécial. Ainsi les balais 1 et 2 tourneront sur le collecteur ab et les balais 3, 4 sur le collecteur a!b\
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- façon qu’un même balai puisse frotter à la fois ces deux collecteurs étant parallèles et se projetant l’un sur l’autre en A B (fig. 47.)
- Nous pouvons supposer que les deux touches de ces collecteurs qui correspondent à une même section de l’anneau soient reliées entre elles par un conducteur souple. De cette manière, il suffira de mettre les touches d’un seul collecteur en relation avec les fils d’entrée des sections consécutives.
- R
- Ces conducteurs souples sont représentés entre ab et a' b'.
- Maintenant, laissons le collecteur ab fixe, et faisons tourner l’autre de 1800, la souplesse des conducteurs le permettra. Mais les balais 1 et 3, 2 et 4, viendront se ranger sur une même ligne. Il n’y a qu’à rapprocher les deux collecteurs, de sur les deux, et la machine ne comportera plus qu’une seule paire de balais.
- On peut encore faire rentrer les deux collecteurs
- FIG. t b
- l’un dans l’autre, et les fondre en un collecteur unique constitué de la manière suivante :
- S’il y a n sections sur l’anneau, le collecteur aura 111 touches isolées les unes des autres. Numéro-tons-les 1, 2, 3, 4... Toutes les touches d’ordre impair seront en relation avec les sections de l’anneau. Mais la touche n° 1 sera, de plus, en relation avec la touche de rang n, la touche n° 3 aura la touche de rang n-\- 2 et ainsi de suite.
- Dès lors, si un balai appuie simultanément sur les touches 1 et 2, les choses se passent comme si l’on avait deux balais, dont l’un s’appuierait sur la touche n° 1 et l’autre sur la touche n° n.
- Si au lieu d’avoir 4 pôles à déterminer, on çn avait 2n, le nombre des touches du collecteur devrait être égal en nombre de sections de l’anneau multiplié par n. Seules les touches de rang 1 (»-|-i), {p.11 1)... seraient reliées avec les fils d’entrée des
- sections successives.
- FIG .10
- La touche n° 2 serait reliée à la touche de rang (u + i) — 11° 3 1=1 — (27/ -f-1)
- miv: .ivô'i^-
- Cette solution, un peu plus compliquée que la précédente, a l’avantage de ne permettre le développement d’aucun courant parasite dans les conducteurs qui relient entre elles les diverses touches du collecteur.
- Nous venons de voir qu’il fallait, avec cette solution, que les balais s’appuyassent sur plusieurs touches du collecteur à la fois.
- Voici deux moyens qui permettent d’arriver à ce résultat :
- i° On disposera les touches du collecteur en
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- hélice, la ligne de contact des balais étant une génératrice du cylindre ;
- 2° Installant sur le tour un collecteur ordinaire, on déplacera l’outil suivant une droite ne rencontrant pas l’axe du cylindre, mais faisant un certain angle avec lui. Le collecteur acquerra la forme d’un hyperboloïde de révolution, et il suffira de disposer les balais de manière que leurs lignes de contact soient dirigées suivant deux des génératrices rectilignes de l’hyperboloïde.
- Les solutions précédentes ont le défaut de diviser le nombre total des bobines que comporte l’anneau en autant de groupes qu’il y a de pôles, et tous ces groupes étant montés en quantité, de telles
- FIG. 48
- machines seraient peu propres à développer une forte tension. $
- Cet inconvénient peut être supprimé avec le mode de montage suivant (fig. 49).
- Nous supposerons toujours que l’on veut développer 4 pôles, et admettrons, pour simplifier la description, que l’anneau porte 12 sections.
- Nous désignerons les 6 premières par A, B, C, D, E, F, les autres par A' B' C' D' E' F'.
- Nous nous servirons d’un collecteur possédant également 12 touches, et désignerons les 6 premières par a, b, c,d,c, f, et les suivantes par a' b’ c' d'e' f.
- Les touches a et a', b et b', c et c', d et d', e et e', / et /', sont reliées entre elles par des conducteurs isolés les uns des autres. »
- Les touches a, b, c, d, e, f sont en relation avec les sections A, B, C, D, E, F par leurs fils d’entrée. Les fils de sortie des sections A' B' C' D' E' abou-
- tissent aux touches a' b' c' d'e'/'. Quant au fil de sortie de la section F', il communique directement avec le fil d’entrée de la section A.
- Les sections de l’anneau se trouvent reliées entre elles de la manière suivante :
- La sortie de A est reliée à l’entrée de A'
- B — B'
- - C - C'
- - U - D'
- E - E'
- -F - F'
- La sortie de A' à l’entrée de B — B' — C
- — C' D
- D' - E
- - E' - F
- — F' - A
- + ^
- Supposons maintenant que nous disposions sur le collecteur deux balais, situés à 90° l’un de l’autre, et qui s’appuient sur les touches b e te, par exemple.
- Si le courant entre par la touche b, il sortira par la touche e, après s’être bifurqué au début, suivant les directions b B et b b'. Chacune des moitiés du courant traversera successivement 6 sections.
- La marche du courant est d’ailleurs indiquée par des flèches sur la figure ci-jointe.
- Il résulte du sens de ces flèches que nous développerons 4 pôles conséquents dans l’anneau, que ces pôles seront alternativement positifs et négatifs, et que les balais seront toujours dans la direction de deux de ces pôles, puisque les touches b et c sont deux touches quelconques des touches abc de f situées à 90° l’une de l’autre.
- Faisons tourner maintenant nos balais de 90°, le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- courant entrera par la touche e et sortira par la touche b'.
- Mais la touche b’ communique seulement avec la touche b, les choses se passeront donc comme si on avait laissé les balais dans leur première position et interverti le sens du courant qui alimentait la machine. Ceci aurait eu pour conséquence d’intervertir le sens des pôles développés dans l’anneau, ceux-ci demeurant aux mêmes points de l’espace.
- Or, c’est bien ce résultat que doit amener une rotation de go° des balais ; la question est donc résolue.
- Supposons maintenant qu’il faille développer 2n pôles.
- Au lieu d’avoir deux groupes de sections A, B, C, D, E, F, A' B' C' D' E' F', nous en aurons n, à savoir :
- A[ Bi C! Dj Ej F,
- A y B2 C2 D* E2 F2
- An Bn G„ Dn En F„
- Dans ce cas, nous monterons en tension les sections Aj A2, A3 . . . An, Bt B2 Ba . . . Bn.........
- Fj F3 . . F , puis relierons :
- Le fil de sortie de A„ au fil d’entrée de B|
- — Bn — C{
- C„ B |
- - L)n - E,
- - E„ - F,
- - F» - A,
- Le collecteur contiendra n groupes de touches, savoir :
- l’i Ci di et j\ ct.2b2c2 tf2e2/2
- Cîn^ncn^t\enfn
- Seules, les touches des groupes ai b2 c, d1 e, f, seront en relation avec les fils d’entrée des sections Aj Bj C, D, E, F,. Mais les touches
- . . . a„, ... b, b2b3 J]f>ft . . . /„
- seront reliées entre elles par des conducteurs isolés.
- Enfin, nous emploierons toujours 2 balais, mais ceux-ci ne seront plus séparés que par un angle
- égal à J.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- {A suivre>)
- EXPOSITION D’ELECTRICITE DE PHILADELPHIE
- PRODUCTION DE L'ÉLECTRICITÉ
- APPAREILS POUR L’ÉLECTRICITÉ DE HAUTE TENSION
- Machines statiques, — condensateurs, appareils d’induction.
- Les machines statiques exposées à Philadelphie étaient en majeure partie des machines de Holtz importées par MM. J. W. Queen et C° et fabriquées par les constructeurs parisiens et allemands. Le même exposant avait également fait venir d’Allemagne des machines Topler et l’imitation de ces dernières, connue sous le nom de machine de
- FIG. I
- Woss. Tous ces appareils sont connus et nous n’aurions pas à nous arrêter sur cette classe si le catalogue n’y faisait rentrer deux appareils exposés par Edison.
- L’un consiste dans sa batterie de Leyde à lampes à incandescence. Ceux qui se sont servis des tubes Geissler, en les excitant par une machine de Holtz, ont pu observer que, dans certains cas, ces tubes se chargent comme de véritables bouteilles de Leyde et qu’en touchant leurs deux pôles, on reçoit une secousse quelquefois très désagréable. L’effet se produit notamment avec les tubes dans lesquels les électrodes (ou seulement une d’entre elles) sont entourées d’une boule de verre intérieure formant cloison. Ce fait connu a servi de point départ à M. Edison pour transformer sa lampe à incandescence en bouteille de Leyde, par l’addition d’une armature extérieure. En réunissant plusieurs lampes en batterie il a pu obtenir d’assez fortes décharges. La figure i montre l’aspect que présente ce dernier appareil.
- Le second appareil a vivement attiré l’attention à l’Exposition de Philadelphie. Edison l’avait cons-
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- truit, paraît-il, pour démontrer la conductibilité d’un vide très élevé. Il est représenté dans la figure 2 et se compose d’une lampe à incandescence de forme ordinaire à laquelle on a ajouté une petite lame de platine placée au milieu du filament et
- FIG» 0,
- mise en communication par un fil avec une borne extérieure. Le courant électrique d’une source quelconque, d’une pile par exemple, passe dans le filament et le porte à l’incandescence. Si alors on
- FIG. 3
- relie un galvanomètre ^sensible, d’une part, à la lame de platine, de l’autre au fil positif de la pile, son aiguille est déviée, ce qui semble montrer que l’air excessivement raréfié de la lampe s’est comporté comme un conducteur.
- Nous n’avons rien à dire des bobines d’induc-
- tion, tubes de Geissler, etc., compris dans cette classe. Ces appareils figuraient en grand nombre dans l’exposition de MM. Queen et C° qui avaient exposé entre autres plusieurs des grandes bobines de M. Carpentier; mais tous ces instruments ne sortaient pas des types connus.
- !• I ( j . 4
- APPAREILS D’ÉLECTRICITÉ VOLTAÏQUE
- Piles. — Les piles hydro-électriques étaient spécialement représentées à l’exposition d’électricité par celles qui servent au matériel de la télégraphie et de la téléphonie.
- FIG. 5
- Pour la télégraphie on emploie presque exclusivement des piles Daniell du type Callaud. Les figures 3, 4 et 5 donnent une idée des modèles les plus employés.
- Dans le type de la figure 3 l’électrode positive est formée par un simple fil tourné sur le fond du
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- oiô
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vase, dans les modèles des figures 4 et 5, on a cherché à augmenter la surface de cette électrode à l’aide de lames de cuivre diversement disposées.
- Dans les trois cas la masse de zinc est supportée par le bord du verre cylindrique et dans deux des modèles elle est découpée de façon à augmenter sa surface.
- Comme piles téléphoniques, les plus employées sont les piles Leclanché ; les modèles exposés, généralement, à plaques agglomérées, diffèrent peu des types français. Nous signalerons cependant un type de forme ovale dont le goulot est disposé de façon que l’on puisse fermer la pile avec un bouchon paraffiné.
- Accumulateurs. — Les accumulateurs ne paraissent pas jouir en Amérique d’une grande faveur, si
- FIG. 0
- l’on en juge par le peu d’importance de leur représentation à Philadelphie.
- C’est là un fait qui était d’autant plus frappant que l’on se rappelait la place considérable qu’ils avaient tenue à l’exposition de Paris. Il semblerait que les mécomptes résultant de certains essais en France pendant ces dernières années aient découragé le zèle inventif des américains. Aussi ne rencontre-t-on que quatre exposants de batteries secondaires, encore l’un d’eux, Jos-W. Queen se con-tentait-il de présenter au public un groupe d’éléments secondaires de Planté, qui arrivaient en droite ligne de la maison Bréguet, de Paris.
- Quant aux trois autres, les accumulateurs qu’ils exposaient ne présentaient aucun avantage spécial sur les types déjà connus. On sait que parmi les inconvénients reprochés aux. batteries, les principaux sont l’importance du poids mort, comparé à celui de la partie active, provenant de l’impossibilité d’obtenir une couche épaisse de peroxyde sur les feuilles de plomb, la longue durée de la charge qu’on ne peut opérer qu’à l’aide d’un courant de faible intensité sous peine de détruire l’adhérence du peroxyde, enfin la mise hors service trop rapide
- des appareils. Ce sont là autant de défauts auxquels il reste à trouver un remède pour arriver à une solution satisfaisante et réellement pratique.
- Mais les exposants de Philadelphie, négligeant de telles préoccupations, ont préféré adopter le dispositif ordinaire en se bornant à des modifications insignifiantes. Le même reproche s’applique à la C° Brush : son installation offrait au moins l’intérêt d’un système complet où le fonctionnement régulier des appareils est assuré par la combinaison de dispositifs accessoires.
- La batterie Brush se composait de 21 éléments remplis d’eau acidulée et contenant chacun 3 pla-
- CONDUCTEURS DE CHARGE
- + d
- COUPE CIRCUIT ;
- . MANIPULATEUR
- BATTERIE DE 22 ÉLÉMENTS
- LAMPES
- EU :
- FIG. 7
- ques de plomb qui représentaient pendant la charge, l’une, celle du milieu, l’électrode positive et les deux autres les électrodes négatives. Chacune d’elles est fondue de façon que l’une des faces soit munie d’une série de nervures très rapprochées donnant à la section verticale l’aspect d’un peigne. La surface se trouve être alors de 23 pouces carrés au lieu de 16 qui seraient la mesure du plan ayant même périmètre. L’électrode positive est formée d’une plaque d’épaisseur double et nervée des deux côtés. La disposition d’une auge contenant plusieurs éléments est représentée figure 6; chacune des plaques y est maintenue à une distance d’environ i5mm de la suivante au moyen de taquets en bois. Quant à la résistance elle est de 0,060 ohm pour chaque élément dont la force électromotrice est de 1 ,ç5 volt. La décharge d’une batterie complète peut alimenter pendant 5 à 6 heures 40 lampes Swan avec un courant d’une intensité totale de 52 ampères. Enregistrons encore, d’après le témoi-
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- gnage de l’exposant, le chiffre du rendement, qui serait de 80 à 85 o/o, et la durée de l’appareil qui n’aurait besoin de renouvellement qu’au bout de 6 mois d’usage.
- A. la simple inspection du schéma que nous donnons figure 7, on peut se rendre suffisamment compte du mode d’installation adopté en pratique. Les conducteurs de charge sont reliés à la machine dynamo.
- Celle-ci appar-tient au type Brush ordinaire, avec une modification cependant pour lui permettre de fournir un courant de 20 ampères au lieu des io qu’elle donne normalement. A cet effet, sont montés sur le collecteur deux disques qu’il suffit de déplacer pour grouper deux à deux, en quantité, les bobines de l’induit diamétralement opposéesetpour mettre les inducteurs en dérivation. On se trouve ainsi, par une simple manœuvre, diminuer de moitié la résis-* tance intérieure de la machine.
- Mais l’appareil désigné sous le nom de manipulateur est la partie la plus intéressante du système et la plus originale. Il a été combiné pour satisfaire aux conditions suivantes :
- i° Empêcher le renversement du courant pendant la charge, phénomène qui est à craindre dans le fcas d’ùne diminution accidentelle de la force électromotrice de la dynamo. Car, celle de la bat-
- FIG. 8
- terie ayant une valeur peu différente, puisque l’intensité du courant* de décharge doit être faible, comme nous l’avons dit plus haut, si par suite d’un ralentissement de la vitesse de la machine ou pour tout autre cause, sa force électromotrice venait à
- baisser au-dessous de celle de la batterie, cette dernière se déchargerait dans la dynamo.
- 2° Mesurer à l’aide d’un compteur automatique l’énergie électrique fournie aux éléments secondaires.
- 3° Restreindre le temps de décharge du courant secondaire à celui pendant lequel la différence de potentiel aux bornes reste constante, ce qui correspond à une frac-tion d’environ 25 p. ioo de l’énergie totale emmagasinée.
- La figure 9 est le schéma du manipulateur dont la disposition complète est représentée fig. 8.
- Le courant de la machine électrique traverse le circuit de l’élec-tro-aimant H et se rend aux 2 leviers A et B solidaires l’un de l’autre. Ceux-ci, dans leur mouvement d’oscillation, peuvent ve-borne m, soit de la
- de la
- nir au contact soit borne h.
- Dans le premier cas, le courant de la machine se rend directement à la borne de sortie M sans passer par la batterie. Dans le deuxième cas, au contraire, le courant partant de h se rend aux accumulateurs par b, les traverse pour revenir en m. C’est
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- cette position respective des différents organes de l’appareil que donne le schéma ; elle correspond à la charge et est réalisée automatiquement par le soulèvement des leviers au moyen de l’armature E de l’électro-aimant F traversé par le courant; en même temps, la tige n remonte et débraye le compteur qui enregistre le temps pendant la période de charge. Une dérivation correspondant à 6 éléments aboutit à la borne U et de là, grâce au contact T, traverse l’électro-aimant R. La force électromotrice
- FIG. 8
- de la batterie vient-elle à dépasser celle de la machine, l’armature de R est attirée et établit un contact qui ferme l’électro F sur lui-même. Dès lors, les leviers A et B retombent en rompant le circuit de charge en h. La même manœuvre s’opère automatiquement dans le cas où de mauvais contacts ou tout autre cause augmenteraient démesurément la résistance de la batterie.
- La .bobine P, placée en dérivation aux bornes de cette dernière, est alors traversée par le courant dont l’intensité fait fondre le coupe circuit t, et le fil r se trouvant rompu, l’armature de R, sous l’action d’un ressort, ferme en court circuit l’électro F.
- [A suivre.) G. Duché.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Angleterre
- le telphérage.— La Sussex Portland Cernent C° a traité avec la Compagnie de Telphérage pour la construction d’une ligne de telphérage à Glynde qui doit pouvoir transporter i5o tonnes d’argile par semaine. Ce sera la première application pratique du telphérage en Angleterre, la ligne qui existe déjà à Weston étant tout à fait expérimentale.
- Quelques observations récentes du professeur Fleeming Jenkin, sur ce sujet, auront sans doute de l’intérêt pour nos lecteurs :
- « Selon moi, dit-il, le trait caractéristique de ce nouvel agent (l’électricité) est la facilité avec laquelle l’énergie transmise peut être subdivisée. La vapeur nous force à employer l’énergie développée à un endroit près des lourdes chaudières, mais, avec l’électrité, il nous est aussi facile de fournir une force de 2 chevaux à 5o différents trains que de donner 100 chevaux à un seul train. En profitant de cette facilité de subdivision et en distribuant le poids des voitures sur une grande longueur de ligne dans un grand nombre de trains, je crois qu’il serait possible de construire une voie avec une base plus légère et moins coûteuse que la forme la plus légère de tramway à vapeur. J’ai d’abord choisi une ligne suspendue, parce que l’isolation était plus facile et ensuite parce que cette disposition présentait plusieurs autres avantages: personne ne pouvait toucher ou déranger les petits trains et en même temps j’écartais ainsi tout danger d’accidents aux personnes ou aux animaux par suite des courants puissants qu’il fallait employer ; enfin, il n’était pas nécessaire de construire des clôtures ou des ponts ni d’acheter du terrain. Si la voie devait être suspendue, il semblait désirable de n’avoir qu’un seul conducteur, comme pour la forme ordinaire de ce genre de tramways, et encore d’avoir des trains aussi longs que possible afin de réaliser l’idée de distribuer le poids sur la plus grande longueur possible. Telles sont les principales dispositions mécaniques de la nouvelle ligne de telphérage. Mais l’électricité n’a pas seulement fourni le moyen de distribuer l’énergie, elle a également donné de nouvelles et remarquables facilités pour diriger cette énergie par des dispositions automatiques. On peut fournir à chaque train exactement la même quantité de courant pour maintenir une certaine vitesse, que le train avance sur un plan ou qu'il monte ou descende; en outre, l’appareil est muni d’un frein qui présente une nouvelle garantie contre une vitesse excessive,
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- et enfin on a introduit un block-système pour maintenir une distance quelconque entre les trains. »
- Le système de telphérage de M. le professeur Jenkin, qui fut essayé à Weston (en Hertfordshire), a déjà été décrit dans ce journal. Le train à Weston pesait une tonne environ et marchait à une vitesse de 4 à 5 milles par heure. Selon le professeur Jenkin, on ne peut pas dépasser cette vitesse d’une manière considérable sur des lignes flexibles. Le block-système fonctionnait également, mais le frein automatique et le régulateur n’ont pas été appliqués. Depuis l’exposition publique de la ligne à Weston, le frein a été essayé sur une petite ligne construite à Erith avant d’être expédié dans l’Amérique du Sud. Le régulateur a été essayé avec succès plus tard, et maiiftenant la So ciété est prête à garantir à l’acheteur d’une ligne que celle-ci transportera un nombre donné de tonnes par jour d’une manière satisfaisante.
- Le régulateur centrifuge dont je viens de parler n’a probablement pas encore été décrit. Il fonctionne en rompant le circuit du moteur électrique dès que la vitesse devient excessive sans aucune production d’étincelles. Il est disposé de sorte que, quand un arbre fait, par exemple, 5oo tours par minute, les poids tournant s’écartent subitement à une distance considérable en éloignant les points de contact brusquement l’un de l’autre. En effet, les poids ne retombent pas de façon à rétablir le contact avant que la vitesse ne soit réduite sensiblement au-dessous de celle à laquelle les poids se sont écartés, par exemple, à 450 tours par minute, le contact est alors subitement rétabli et reste jusqu’à ce que la vitesse atteigne de nouveau 5oo tours. Cette disposition permet de varier la vitesse un peu, environ 10 p. 100 au-dessus et au-dessous de la vitesse moyenne des trains, mais une variation dans ces limites n’est d’aucune importance pratique. Chaque rupture du contact produit une étincelle accompagnée de chaleur, et comme ceci se reproduit souvent plusieurs fois par minute, les contacts métalliques seraient bientôt oxydés si l’on n’avait pris soin d’établir un contact de charbon supplémentaire. L’étincelle brûle le charbon, mais laisse intacts les principaux contacts métalliques. En effet, chaque fois que le régulateur fonctionne, il se produit pendant un instant un foyer à arc électrique. Après une heure de marche, les charbons ne donnent presque pas signe d’usure, mais il faut avoir soin de les examiner tous les jours au commencement du travail.
- Le frein automatique est simplement un frein centrifuge compact dans lequel des poids divergents pressent contre un bon frein et produisent le frottement-qui ralentit la marche. On pourrait supposer que le frottement causé par un appareil de ce genre serait trop faible pour exercer une in-
- fluence sur un train qui pèse une tonne au moins ; mais il suffit pour cela'd’une très petite résistance qui s’oppose à la rotation parce que l’arbre tourne à la vitesse de 2000 tours par minute. Une résistance équivalente à un poids de 6 livres au bout d’un bras de 6 pouces arrêtera le train.
- De plus, la grande vitesse agit favorablement d’une autre manière. Chaque livre de matière dans les poids divergents du régulateur tournant à une distance moyenne de 6 pouces de l’arbre exercera une pression centrifuge atteignant 680 livres. Un régulateur petit et léger suffira donc amplement comme frein.
- Si les tiges d’une ligne de telphérage sont assez fortes pour porter le train elles sont aussi assez grosses pour transporter un courant suffisant pour actionner, sans grande perte, beaucoup de trains à la fois sur une distance d’au moins 5 milles dans une direction quelconque de la roue hydraulique ou de la machine stationnaire qui produit le courant. Selon le prof. Jenkin on pourrait considérablement dépasser cette distance avec un trafic léger et il croit qu’on pourra sans inconvénient espacer les moteurs stationnaires de 10 en 10 milles, de sorte que chaque moteur actionnera pour 5 milles de chaque côté.
- Pour que les roues d’entraînement ne glissent pas sur les tiges en fer et afin de permettre à la locomotive de monter des inclinaisons plus rapides qu’une voiture de tramway à vapeur ne pourrait le faire, on a imaginé deux formes spéciales de roues ; l’expérience décidera quelle est la meilleure.
- Dans l’une de ces deux formes il y a deux roues d’entraînement en acier avec des arbres verticaux qui prennent la tige entre elles au moyen d’un ressort appliqué de manière à éviter tout frottement nuisible. Dans l’autre forme la locomotive adhère au moyen de son propre poids, mais les roues sont entourées d’anneaux en caoutchouc comme celles d’un tricycle ordinaire. Une locomotive pesant trois quintaux ne peut pas glisser sur la tige par un eflort de moins de 1 1/2 quintal, et un tel effort suffirait amplement pour des inclinaisons très rapides. Dans les deux formes il y a deux roues l’une avant l’autre.
- La ligne aérienne de telphérage semble bien adaptée pour des contrées nouvelles qui ne possèdent pas encore de routes, de chemins de fer ou de canaux et où le trafic n’exige pas encore leur construction. Elle grimpera des collines rapides et tournera des courbes, et s’adapte par conséquent à un terrain coupé. On peut aussi l’utiliser avantageusement si on ne veut pas déranger les travaux d’agriculture et pour aller jusqu’à la mer charger et décharger des navires ; enfin comme le fait remarquer le prof. Jenkin, le fait qu’on pourra actionner des machines sur le parcours de ces lignes en y attachant des conducteurs flexibles, peut entraîner
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- leur établissement, non seulement pour le trans port mais encore pour fournir la force pour creuser, semer et exécuter divers travaux d’agriculture.
- La Compagnie de telphérage possède certains brevets des professeurs Ayrton et Perry aussi bien que ceux du professeur Jenkin.
- RECHERCHES SUR LE MAGNÉTISME. — Le profeS-seur J.-A. Ewing de l’University College à Dundee, a dernièrement fait une communication intéressante à la Royale Society au sujet des effets magnétiques sur le fer et l’acier.
- Les expériences ont été faites avec des pièces de métal qui s’approchaient autant que possible, de condition d’aimantation uniforme.
- Le professeur a donné des courbes qui indiquent la manière dont se comportent le fer et l’acier à différentes températures et soumis à une première application d’une force magnétisante et aussi à des changements cycliques intérieurs de la force magnétisante comme l’enlèvement complet ou partiel, la réapplication ou le renversement. Ces courbes représentent la relation entre l’intensité de l’aimantation et la force magnétisante, et également entre cette force et l’induction magnétique. Elles montrent invariablement une certaine action statique que M. Ewing a nommé hystérésis; toute modification cyclique de la force magnétisante donne lieu à une boucle plus ou moins fermée dans la courbe. Ces boucles ont été observées par Warburg qui a également fait remarquer que la surface d’une boucle représente l’énergie dépensée à faire le cycle d’aimantation que la boucle décrit. M. Ewing donne des mesures absolues de l’éner gie dépensée de cette manière, et surtout de l’énergie perdue dans chaque renversement du magnétisme d’un morceau de fer ou d’acier. Ces mesures prouvent que, tandis que la perte d’énergie par le renversement du magnétisme est bien plus faible pour le fer doux que pour l’acier et le fer dur, elle est cependant tiès insignifiante même pour l’acier, de sorte que la plus grande partie de la chaleur développée dans les noyaux des électro-aimants, doit être provoquée par d’autres causes que cet état statique ou hystérésis et, en effet, elle est presque entièrement attribuable à l’induction de courants Foucault dans les noyaux.
- Ce résultat a une importance pratique pour réchauffement des noyaux de dynamos. Les électriciens ne sont pas d’accord sur la question de savoir si réchauffement de ces noyaux était causé par des courants Foucault induits ou par Y inertie du fer au changement de magnétisme. En faisant vibrer un morceau de fer doux pendant l’application de l’éloignement de la force magnétisante, on peut presq ue complètement supprimer l’hysteresie, et on trouve alors que le fer ne possède presque pas de rema-nence. Mais quand l’application et l’éloignement de la force magnétisante s’effectuent sans dérange-
- ments mécaniques, on trouve que la remanence du fer doux est même plus grande que celle de l’acier. On a trouvé dans quelques cas que g3 pour cent de tout le magnétisme induit d’un morceau de fer recuit restait après l’éloignement complet de la force magnétisante. On a fait remarquer qu’il n’y a pas de désaccord entre ce résultat et le fait bien connu que le noyau en fer court d’un électroaimant ne retient presque pas de magnétisme après l'interruption du courant dans l’aimant. Dans ce dernier cas, les extrémités de l’aimant même exercent après l’interruption du courant une force magnétisante renversée suffisante pour détruire presque entièrement le magnétisme résiduaire. Mais quand on l’essaie dans les conditions qui donnent une aimantation uniforme et en évitant l’influence démagnétisante des extrémités, le fer doux recuit possède plus de remanence que même l’acier le plus dur. Il a également été démontré que la tension diminue considérablement le remanence magnétique du fer.
- }. M UN II o
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Sur un actinomètre au sélénium, par M. H. Morize (’).
- « Rio-Janeiro, le 4 août 1884.
- « Cet instrument a pour but de mesurer l’intensité relative des rayons lumineux solaires aux différentes hauteurs sur l’horizon.
- « L’actinomètre au sélénium se compose d’un cylindre de sélénium préparé suivant le système employé par M. G. Bell: 38 disques de cuivre sont isolés les uns des autres par d’autres disques de mica. Ces derniers étant d’un moindre rayon, la ra,inure qu’ils laissent entre deux cuivres est remplie de sélénium, par le frottement d’un bâton de ce métalloïde. Ce cylindie convenablement chauffé, le sélénium prend un aspect grisâtre, et il est prêt à fonctionner. On relie, par des conducteurs, d’un côté les cuivres d’ordre pair, de l’autre ceux d’ordre impair. Par cette disposition, non seulement la résistance du sélénium est amoindrie, mais on peut encore accroître la sensibilité de l’appareil en augmentant le nombre des disques et celui des tranches de sélénium, tout en diminuant la résistance de ces dernières.
- « Le cylindre de sélénium est isolé, par des
- (1) Note présentée à l’Académie des sciences dans la ! séance du 2 février i885.
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- supports en verre, dans l’intérieur d’un manchon de cristal vide d’air, pour le préserver de l’influence perturbatrice de la chaleur obscure.
- « Le tout est placé sur un support assez élevé pour éviter les effets de la lumière réfléchie par les objets voisins. Dans le placement du manchon, on prend soin de le mettre de façon à rendre son axe parallèle à l’axe du monde ; de cette manière, à quelque heure de la journée que ce soit, les rayons lumineux tombent à peu près normalement sur le sélénium et en éclairent toujours la même portion. Par un léger mouvement dans le plan du méridien, on pourrait même amener chaque jour le cylindre dans une position telle, que les rayons lumineux lui fussent absolument normaux.
- « Si maintenant nous faisons passer un courant constant par cet appareil et un galvanomètre, ce dernier indiquera, par ses différentes déviations, toutes les variations de l’éclairage du sélénium.
- « Pour pouvoir comparer ces variations, il faut d’abord adopter une échelle : si nous supposons le sélénium dans l’obscurité complète, sa résistance sera la plus grande possible, et la déviation du galvanomètre, la moindre possible; à cette déviation, nous marquerons zéro ou obscurité absolue. Le plus grand effet que puisse produire la lumière serait d’annuler la résistance du sélénium; en retirant donc ce dernier du circuit, on obtiendra une déviation plus grande à laquelle on marquera ioo, ou lumière maximum. Divisant l’intervalle ainsi ob -tenu en ioo parties égales, on aura des degrés ac-tinométriques toujours comparables.
- « Dans la pratique, la pile à employer serait la pile Clamond. Pendant la détermination du point ioo et du zéro, la partie extérieure de la pile serait maintenue à zéro degré; en répétant l’opération à différentes températures extérieures, on. construirait une table pour ramener le degré actinométrique, obtenu à une température quelconque, à ce qu’il devrait être si la partie externe de la pile était à zéro ».
- Sur une relation entre l’élasticité de quelques
- fils métalliques et leur conductibilité électrocalorifique, par le Dr G. Poloni.
- ' M. le Dr G. Poloni a présenté au R. Institut Lombard une étude sur le rapport entre l’élasticité et la résistance électrique de quelques fils métalliques, étude dont nous croyons intéressant de reproduire ici un extrait.
- On a, écrit M. G. Poloni, déterminé depuis longtemps quelles sont les variations de résistance produites dans un fil métallique par une augmentation de température. Je me suis donc proposé de rechercher s’il existe des relations entre ces variations dues à la chaleur et celles produites dans un fil par des actions extérieures perturbatrices, telles que la traction et la torsion.
- Voyons d’abord s’il*existe quelque analogie entre les formules qui donnent la conductibilité électrique d’un fil métallique et celles qui se rapportent au module d’élasticité.
- La loi de Joule combinée avec celle d’Ohm donne comme quantité de chaleur q, développée par une quantité m d’électricité qui traverse un fil de longueur L et de section s, ayant entre ses extrémités une différence de potentiel V :
- q — C w V -, fie s’
- ke étant la conductibilité spécifique du fil,
- C une constante.
- D’autre part le travail W nécessaire pour produire dans le même fil un allongement /, en le tendant avec un poids P, est, d’après les lois bien connues de l’élasticité à la traction, égale à
- W = C'PZ=C'P2Lîi.
- mIj S
- E étant le module d’élasticité,
- C' une autre constante.
- On aura donc, pour la conductibilité spécifique:
- et pour le module d’élasticité :
- c’est-à-dire que, pour des fils d’égales dimensions, la conductibilité est inversement proportionnelle à la quantité de chaleur produite par une masse donnée d’électricité qui descend d’un certain niveau déterminé de potentiel. Le module d’élasticité est également inversement proportionnel au travail potentiel produit dans ces fils par un poids déterminé qui sert à le tendre. En d’autres termes, le module d’élasticité est inversement proportionnel à la quantité de chaleur qui est produite lorsque les fils reprennent leur longueur primitive par l’effet de leur élasticité.
- Toutefois, ces deux quantités ke et E n’ont pas les mêmes dimensions et ne présentent aucune analogie dans l’ordre de grandeur avec lequel elles se succèdent pour les différents métaux. En effet, suivant les données expérimentales de MM. Becquerel, Arndtsen, Mousson et Matthiessen (‘), les métaux suivants peuvent, au point de vue de la décroissance de la conductibilité spécifique, se classer dans l’ordre ci-après :
- (») Voir par exemple Wiedemann, Die Lehre von Elektriait set, vol. I. p. S02-S09, Braunsclnveig, 1882.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Argent, cuivre, aluminium, zinc, étain, fer, platine, plomb.
- r II résulte, au contraire, des résultats de M. Wertheim sur l’élasticité à la traction et de ceux du prof. Pisati, sur l’élasticité à la torsion, que les métaux peuvent, par rapport à la décroissance du module d’élasticité, se classer ainsi :
- Fer, platine, cuivre (? ), argent, or, aluminium, étain, plomb.
- La conductibilité spécifique ke, de même que les modules d’élasticité E décroissent dans tous les métaux (') avec l’augmentation de la température.
- Mais les décréments de la première sont sensiblement proportionnels aux augmentations de la température, tandis que les modules vont en diminuant plus rapidement. Et ici non plus on ne rencontre aucune analogie dans l’ordre de succession de décrément par rapport à la grandeur pour les différents métaux.
- (t) A vrai dire, M. Wertheim (voir les traités de Jamin, de Wüiner, etc.), en soumettant à l’expérience le fer, l’acier fondu, l’acier anglais, l’argent, le cuivre, le platine, l’or et le plomb a trouvé que, au fur et à mesure que la température augmente, les modules diminuent constamment pour les fils recuits en plomb, cuivre, platine et acier fondu. Ils augmentent jusqu’à ioo° et diminuent à partir de ce point pour les fils en argent, fer et acier anglais; tandis que pour l’or ils diminuent jusqu’à ioo° et ils augmentent à partir de ioo jusqu’à 200°. Au contraire, le prof. Pisati (Mémoire Sur l’élasticité des métaux à différentes températures. — Gazzetta Chimica italiana, Anno 1876-77, T. VI et VII en étudiant la traction dans le fer et dans l’acier de 20 à 3oo°, a trouvé que les modules d’élasticité diminuent continuellement lorsque la température augmente. En essayant de la même manière l’élasticité de torsion dans le fer et dans l’acier recuits, dans l’or et dans l’aluminium crus, dans l’argent, dans le cuivre, dans le laiton et dans le platine crus et recuits, il a trouvé que les modules de torsion diminuent également d’une façon constante. D’autre part, il est à noter que les résultats du prof. Pisati se rapportent à des fils qui avaient été réduits à i’état normal, c’est-à-dire qu’on avait successivement et à plusieurs reprises, chauffés et refroidis toujours dans les mêmes limites de température, de sorte que leur élasticité était continuellement en jeu. Ces corps avaient pour ainsi dire subi une gymnastique moléculaire, préparation qui paraît être presque indispensable pour qu’un corps placé dans des conditions physiques déterminées, puisse présenter toujours les mêmes phénomènes. Il faut croire qu’un fait analogue doit également se vérifier pour la résistance électrique des fils métalliques, quoiqu’on n’ait pas encore effectué des expériences précises à ce sujet.
- Lorsqu’on aura soumis ces fils à des courants électriques pendant une longue durée, il est probable qu’on ne rencontrera plus, du moins pour lés métaux purs, les mêmes discordances qui ont été constatées jusqu’à présent lorsqu’on les fait plusieurs fois chauffer et refroidir. Peut-être en se plaçant dans ces conditions, trouvera-t-on une véri ficaiion de l’hypothèse faite par M. Clausius, que la résistance des métaux à l’état pur est proportionnelle à leur température absolue. Le prof. Roiti a de même exprimé tout dernièrement l’idée que les fils de cuivre, pour présenter constamment la même résistance, ont comme besoin de s’habituer à être parcourus par une succession rapide de courants induits.
- En effet, si l’on pose l’égalité
- Jt = ho (1 -{- oc / )
- où ka et k désignent la] conductibilité du fil à o° et à t°, les métaux par rapport au coefficient a (en tenant compte des discordances entre les résultats des différents expérimentateurs, dues certainement à la différence d’état physique des fils soumis à l’expérience) pourraient se classer à peu près dans l’ordre suivant :
- Platine, or, aluminium (?), argent, cuivre, zinc, plomb, étain, fer.
- D’autre part, suivant la diminution effective a k„ de la conductibilité spécifique pour 1 degré, l’ordre serait celui-ci :
- Argent, cuivre, or, aluminium, zinc, platine, étain, fer, plomb.
- Posons maintenant
- E — Eo (1 — e t )
- et prenons pour E et E0 les modules d’élasticité à / et à o degrés, comme l’a fait le prof. Pisati dans la note précitée, le nombre e représente le coefficient moyen de décrément du module pour chaque degré de température dans le fil.
- Relativement à ce coefficient, les métaux se classeront ainsi :
- Platine, fer, or, cuivre, argent, aluminium.
- Et en se rapportant à la valeur du décrément moyen effectif e E0 du module pour chaque degré de température, l’ordre serait :
- Platine, fer, cuivre, or, argent, aluminium.
- Il semble donc résulter de ce qui précède qu’il n’existe aucune relation, du moins simple, entre la conductibilité et le module d’élasticité des fils métalliques, ni entre leurs variations au fur et à mesure que la température augmente uniformément dans tout le fil.
- Considérons maintenant les variations qui ont lieu dans la conductibilité du fil lorsqu’il s’échauffe en un point. Il y a deux ans (*) j’ai précisément étudié ces variations dans des fils d’argent, de cuivre, de platine, de fer pour câbles et de fer recuit et j’ai trouvé qu’elles étaient des simples fonctions linéaires de l’excès de température du point chauffé sur la température ambiante.
- De sorte qu’en désignant par t cet excès de température et par R0 la résistance du fil avant qu’il soit chauffé, la résistance R, lorsque le fil est chauffé en un seul point, devient :
- R — R0 + p I
- (!) Nouvelle méthode pour déterminer la conductibilité intérieure relative des métaux par la chaleur. Comptes rendus de l’Institut Lombard, i5 juin 1882 et Beiblætter de Wiede-mann, VII, i883, p. 34.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 323
- TABLEAU I
- FILS D d a p ke à 18° E à 20° £ M N
- cent. cent. mill.
- Argent io.5 0,0845 0,003211 0,01522 0,1657 100 1270 o,ooo5n 0,00008199 0,01419
- Cuivre 8,80 o, 1435 0,1035 0,0735 3714 2343 1956 95.77 1969 408 9030 1428
- Platine 21,5 2869 o5o3 0495 •3,79 3i3o 143 8564 1386
- Fer pour câbles. 7,80 4177 0822 0956 I6.46 4120 269 9098 i3o3
- Fer recuit. . . . » 0,1350 4532 1198 io3i 16,02 4û3o Mo> 290 enue. . . . 9744 0,00008927 1287 o,oi365
- « 0,00057
- S
- TABLEAU II
- POLONI ÀRNDTSEN MATTHIE3SEN
- FILS M ' "^ Ml ^ x -—^ -
- M M
- a N a N a N
- Argent 0,00 3211 0,00 5780 0,00 3414 0,00 6145 o,oo 3974 0,00 7154
- Cuivre 3714 6323 38i5 6496 3829 6520
- Platine , . 2869 6180 3272 7046 » M
- Fer pour câbles Fer recuit 4177 4532 6982 7574 4ï3o 6865 6200 8230
- Or » U - » 3947 8269
- Plomb » » 3968 6927 4207 7727
- Etain B » u U 4166 6846
- Zinc » » M » 40.38 6boi
- Aluminium » 1* 3523 4415 » »
- Moyenne . . 0,00 6568 Moyenne . . 0,00 6696 (t) Moyenne . . 0,00 7335
- (*) Excepté l’aluminium, qui seul s’écarte de tous les autres.
- TABLEAU III
- Valeurs de — (M = o,oooo 8927; N —otoi365)
- FILS POLONI * L V avec M i» avec N ARNDTSEN ko 4 avec M avec N MATTHIES- SEN ko avec M avec N
- mil!. mill. mill. mill. mill. mill.
- Argent ÎOO 0,1804 o,1595 IOO 0,1697 0.1595 100 0, m58 0,i5ç5
- Cuivre 95-77 1847 1786 98,69 1821 1855 99,95 1872 1866
- Platine •3,79 0524 0:187 14,55 0461 o5oo 10,5 » 0425
- Fer pour câbles. . I6.46 0961 I02Ô 14,83 0922 0973 * » m
- Fer recuit 16,02 O924 IO7O » » j» 14,2 0798 1004
- Or 0) B » » » w w 78,64 0921 1164
- Aluminium (2) . . . * V 33,76 i655 w 33,76 j> 1407
- E z
- («) Or cru......... 1316 0,000 349
- Aluminium cru. . Il57 0,000 972
- (2) La valeur de Uf est de Matthicssen; celle de a de Arndsten.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 324
- TABLEAU IV
- Pouvoirs émissifs relativement à l’argent
- poloni (')
- Absorption
- Emission
- Cuivre........
- Platine.........
- Fer pour câbles, Fer recuit . . . .
- Or.............
- Aluminium. . . .
- 0.9 —
- 1,6 —
- Moyenne.
- (*) Il y a lieu de remarquer que tous les fils étaient recouverts d'une couche d'argent dont il était difficile de déterminer l'épaisseur et l'état superficiel.
- Le coefficient p représente donc l’augmentation de résistance qui prend naissance dans la partie du fil qui se trouve à température variable d’un point à l’autre, pour i° d’excès de température du point directement chauffé, et est exprimé en longueur du fil essayé.
- Dans la note citée, j’ai démontré que ce coefficient p est lié au coefficient a, d’augmentation de résistance, au diamètre d du fil et aux coefficients de conductibilité kc (intérieure) et h (extérieure) dus à la chaleur, par la relation suivante :
- Les fils que j’ai soumis à l’expérience étaient recouverts d’une couche en argent, obtenue par voie d’électrolyse, de sorte que le coefficient h doit être considéré le même pour tous.
- En prenant pour le fil, à la température de 20°, la valeur absolue kc ~ o,i653, trouvée par M. L. Lorenz ('), la valeur absolue (C. G. S. i° centigr.) de h pour l’argent serait égale à 0,0007923.
- Reportons le coefficient p à des diamètres égaux et posons ;
- Désignons par :
- D le poids spécifique du métal,
- ke la conductibilité électrique du métal
- et comparons les valeurs de ce coefficient pour chacun des cinq fils métalliques étudiés avec le décrément moyen s E que le module d’élasticité E
- subit pour i° d’augmentation de température. On trouve les relations suivantes :
- --= constante = M, (2)
- tEXy t't
- -----7==î-.— = constante = N, . . . (3)
- d’où l’on tire :
- a >/D == constante = ^ (4)
- Le tableau I contient : le poids spécifique relatif D pour chacun des cinq métaux essayés; le coefficient déterminé a ; le coefficient ^ calculé avec les valeurs trouvées de p et de d-, les valeurs relatives de kc que j’ai déterminées directement à 180, dans mes études'précédentes; les valeurs du module d’élasticité de torsion à 20° pour fils recuits, tirées du mémoire cité du prof. Pisati; le décrément moyen e de ce module, depuis o° jusqu’à 200° ; enfin, les valeurs des constantes M et N.
- Le tableau II contient les valeurs de la constante ^ calculées avec les valeurs de a que j’ai déterminées à une époque antérieure et avec celles données par MM. Arndtsen et Matthiessen (*).
- Maintenant, en nous servant de la valeur moyenne de M et de N, calculons les valeurs de <j/ pour les fils métalliques dont on connaît les valeurs de a, de ke et de e E. Le tableau III renferme les valeurs de t|< calculées pour les cinq fils en question et démontre qu’elles diffèrent peu de celles contenues dans le tableau I. Le tableau III contient en outre les valeurs de <|< calculées avec les valeurs fournies par les expériences de MM. Arndtsen et
- (*) Wiedemann, loc. cil., p. 535.
- '(*) Wiedemann, loc. cil.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 325
- Matthiessen, en notant que les valeurs de eE pour l’or et pour l’aluminium se rapportent aux métaux crus.
- Pour un autre fil métallique pour lequel a4, D,, E,, e,, kt. hl ont la même signification que les lettres sans index, on peut encore employer les relations :
- e, E, y Ai c
- qui, combinées avec les équations (i) et (a) et admettant, comme cela a lieu généralement que
- le rapport -£• entre la conductibilité calorifique et
- électrique soit constante pour tous^, les fils à la même température, on obtient facilement la formule
- qui sert à déterminer le pouvoir émissif relatif des métaux (tableau IV).
- Il est très difficile de pouvoir comparer ces résultats sur le pouvoir émissif, avec ceux qui ont été obtenus directement par d’autres physiciéns, parce qu’il faudrait être sûr que la surface du métal est dans le même état. Les dernières colonnes du tableau IV résument les résultats de MM. La Pro-vostaye et Desains sur les pouvoirs d’émission et d’absorption des métaux par rapport à l’argent (’).
- Ces nombres ne sont pas en contradiction avec ceux des colonnes précédentes, quoiqu’il soit inutile d’observer qu’il n’est pas possible d’établir si les fils essayés par le prof. Pisati, dont il a donné les modules d’élasticité et leurs variations avec la température, ont été physiquement identiques à ceux essayés par MM. Arndtsen et Matthiessen. Je donne du reste les formules précédentes comme purement empiriques, et je les considère même comme un essai de formules à établir entre l’élasticité et la conductibilité des fils, sans prétendre y attacher une interprétation théorique quelconque.
- J’avais d’abord porté mon attention sur le rapport beaucoup pluâ simple qui m’avait paru
- pouvoir se maintenir constant pour tous les cinq fils dont il est question. Les valeurs de ce rapport peuvent être représentées ainsi :
- Argent. Cuivre. Platine. Fer pour câbles. Fer recuit.
- i3o5 1037 1172 1444 1554
- Les coefficients t|/ pour les autres métaux font
- (*) Voir Jamin, 1874, vol. II, p. 288, 297 et 302 et Wülncr, VOl. If, p. HO-2T/-228.
- défaut et on ne pourrait guère établir, même pour les métaux indiqués, qu’un simple contrôle incertain des pouvoirs émissifs relatifs, afin de voir s’il
- est permis d’admettre la formule jjrj — const.
- Cette formule donnerait au coefficient <J/ une signification mécanique très nette.
- En effet, en posant = R (résistance électrique
- spécifique) et pour le module d’élasticité de traction (proportionnel toujours à celui de torsion) :
- E zr C P X -f (fil de section = 1) on aurait
- (+ R) * c^-
- c’est-à-dire que les accroissements de résistance pour l'augmentation de 10 de la température en un point du fil sont inversement proportionnels aux allongements produits par un poids déterminé qui exercerait un effort de tension sur des fils de même longueur.
- En écrivant la formule précédente sous la forme
- et en prenant pour chaque fil une longueur L proportionnelle à sa résistance spécifique R on peut dire que : le coefficient est inversement proportionnel aux allongements produits par un poids déterminé tenseur dans des fils d'égale résistance électrique. Ces résultats doivent êtie considérés simplement comme approximatifs.
- Quoi qu’il en soit, je serais heureux si en donnant cet essai de formules empiriques entre la conductibilité et l’élasticité des fils, je pouvais amener quelque mathématicien à chercher quelle relation théorique existe entre ces deux propriétés. M.
- Expériences sur l’armature Siemens en fer à double T.
- M. Otto Feuerlin publie, dans l’un des derniers numéros de YElektrotechnische Zeitschrift (janvier i885), les résultats d’expériences nombreuses se rapportant à l’armature Siemens connue sous le nom de bobine à double T. Nous croyons intéressant de mentionner ici ces résultats. — Dans l’appareil expérimenté, là bobine avait une longueur de 7 centimètres avec un diamètre de 6,3 centimètres; l’enroulement était composé de 2 35o couches d’un fil de 0,18 millimètres d’épaisseur, et présentait une résistance totale de 180 ohms. Le champ magnétique était constitué par 6 aimants en fer à cheval de 12 centimètres de hauteur. La forme de cet appareil est trop connue pour que nous croyions utile d’en donner ici la description.
- L’appareil, dans les expériences dont nous nous
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- 3a&
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- occupons, servait de générateur de courant. Il était mis en mouvement par une petite machine Gramme, à laquelle une batterie de piles fournissait le courant. Comme il était difficile d’obtenir dans ces conditions une vitesse constante pendant toute la durée d’une expérience à cause du travail relativement considérable des piles et que, d’autre part, on ne pouvait songer à faire usage d’un compteur de tours ordinaire, étant données les faibles quantités de travail mises en jeu, on eût recours à un enregistrement automatique de la vitesse, grâce
- à l’appareil Morse. Tous les ioo tours l’appareil marquait un point. L’écartement de ces points permettait alors de calculer la vitesse à un instant quelconque.
- Pour déterminer l’intensité du courant, on employait un fil en maillechort de 6,5 mètres de longueur et de o,25 millimètres d’épaisseur présentant une résistance de 28 ohms et portant un poids suspendu en son milieu. Les déplacements de ce poids que l’on lisait avec une lunette et un micromètre sur une échelle donnaient un moyen de con-
- tfcfbS ite leu rotaZicris.
- naître l’intensité, l’appareil ayant été préalablement taré à l’aide de courants d’intensités déterminées.
- Enfin la force électromotrice et en général toutes les différences de potentiel furent mesurées par la méthode de l’électromètre à quadrants imaginé par M. Joubert (Comptes rendus, 1880, vol. 9i, P- IÔ1)-
- La figure 1 représente la variation de la force éjectromotrice pour un tour complet de la bobine à circuit ouvert, c’est-à-dire la résistance extérieure R étant infinie. Dans cette figure les courbes 1 et 2 représentent, la première les forces électromotrices et les vitesses directement mesurées;
- la vitesse était variable, comme on le voit, et oscillait au-dessus et au-dessous de 1000 tours par minute. En admettant la proportionnalité des forces électromotrices aux vitesses, ce qu’on est autorisé à faire comme le montre la figure 3, on construit au moyen des courbes 1 et 2 (fig. 1) la courbe 3 qui donne la variation de la force électromotrice pour une vitesse constante de 1000 tours. Les points o et ic correspondent aux points
- d’indifférence de la bobine; aux points ^ et ^ le
- grand axe du double T est perpendiculaire à la ligne des pôles.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Ces courbes font voir que la marche des impulsions positives et négatives est absolument identique; la force électromotrice croît d’abord très vite, pour arriver au maximum, puis s’abaisse plus lentement. On serait tenté au premier abord, fait remarquer M. O. Feuerlin, d’attribuer cette allure de la courbe à des variations de vitesse provenant de l’action plus ou moins énergique du champ magnétique sur la bobine, selon la position que cette dernière occupe. Mais des expériences spéciales entreprises à l’effet de connaître les variations de la vitesse pendant un tour, démontrent que le fait provient de causes purement électriques.
- Le rapport de la force électromotrice moyenne à la force électromotrice maxima est de i/3 environ et ce rapport semble demeurer constant pour
- des vitesse variant entre 5oo et i5oo tours par minute.
- En faisant la résistance extérieure successivement égale à 5000, 3 000, 2000, 1000, Soo et 200 ohms on obtenait les 7 courbes de la figure 2. Il est curieux, dit l’auteur, que les courbes de tension se modifient avec l’intensité du courant non seulement au point de vue de la valeur absolue mais encore au point de vue de la forme. La force électromotrice maxima pour R — co est à la force électromotrice correspondante pour R —200 dans le rapport de 5 à 1. D’ailleurs, à mesure que l’intensité du courant augmente, c’est-à-dire que la résistance extérieure diminue, la courbe affecte de plus en plus l’allure signalée par M. Frœlich (*). On constate égale-
- (*) Frœlich. Lehre vou der Elektricitæt und dem Magne-tlsmus, p. 277.
- ment un avancement de la phase dans le sens de la rotation,
- La figure 3 représente les variations de la force électromotrice moyenne E pour des vitesses V variant de o à 2,5oo tours par minute et diverses résistances totales comprises entre 5,000 et 208 ohms.
- Les courbes affectent l’allure de paraboles et peuvent être représentées par une expression de la forme
- E = \/aS + bV — a
- 1000
- îsoo
- 5000
- 2000
- 'FIG. 3
- E désignant la force électromotrice, V la vitesse et a ainsi que b des constantes qui sont elles-mêmes des fonctions de la résistance totale W. Ces fonctions se trouvent représentées graphiquement dans la figure 4, figure dans laquelle b est à une échelle 10 fois plus grande que -a. Les courbes en question montrent que a et b sont des fonctions compliquées de W ; si ces fonctions avaient été simples on aurait pu arriver à des formules commodes qui eussent permis de calculer E connaissant W et V.
- L’intensité moyenne du courant en fonction de la vitesse donne pour diverses résistances totales
- les courbes de la figure 5. L’intensité calculée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- concorde parfaitement avec l’intensité directement mesurée au moyen de l’appareil précédemment mentionné.
- Si l’on considère l’intensité J comme une fonc-
- 00 6000
- FIG. 4
- tion du rapport ) on voit (fig: 6) d’après les courbes I et II tracées pour W — 25o (limite infé-
- 2000
- 2500
- 1000
- FIO. 5
- rieure) et W=5oo qu’on obtient, 2,5oo tours étant la limite supérieure de vitesse, une série de courbes qui s’écartent de plus en plus de la courbe I ; mais comme d’autre part la partie utile de ces
- courbes devient de plus en plus petite (pour W~8oo toutes les courbes coïncident déjà) on peut, avec une erreur qui ne dépasse pas 5 o/o, admettre que la courbe I représente graphiquement
- la fonction J =f On trouve d’ailleurs pour
- équation de cette courbe
- équation qui donne J directement les constantes une fois déterminées pour l’appareil dont il s’agit.
- La figure 7 représente les courbes du magnétisme effectif (*) M tracées pour les vi-
- FIO. 6
- tesses de 5oo, 1 5oo et 2 5oo tours ; les intensités
- E
- sont portées en abscisses et les valeurs de en
- ordonnées, n étant le nombre des spires de l’armature. On voit que M diminue tandis que J et Y croissent.
- M. O. Feuerien signale en terminant le fait suivant : Si l’appareil tourne en circuit ouvert à une vitesse relativement faible (5oo tours par exemple) et qu’on le ferme tout à coup en court circuit sa vitesse est retardée ; si au contraire il tourne à 2,000 tours ou davantage en circuit ouvert et qu’on vienne à le fermer en court circuit, sa vitesse s’accélère subitement et cela jusqu’à 5o 0/0.
- Les courbes de la figure 8 rendent très nettement compte de ces phénomènes. Elles représen-
- (*) La Lumière Electrique, vol. IV, p. 17.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 029
- tent l’énergie mécanique dépensée à faire tourner la bobine pour différentes vitesses, et avec différentes résistances extérieures : en court circuit, à circuit ouvert et enfin pour R = 5oo et R= 2,100. Ces courbes n’ont pas le degré d’exactitude des
- Milli. -
- ampè. vs 140 1
- courbes précédentes, l’auteur ayant admis, faute de moyens de mesura exactes, que le travail mécanique dépensé était égal à l’énergie électrique dis-
- Volt Ampiri
- 3000
- 2000
- JriG. 8
- ponible. 11 n’en est pas moins vrai qu’elles montrent qu’au-dessous d’une certaine limite de vitesse le travail mécanique nécessaire pour faire tourner l’appareil ou l’effort résistant est le plus grand possible en court circuit (R — o), tandis qu’au-
- dessus de cette limite l’effort résistant en court circuit devient au contraire plus petit qu’avec toute autre résistance extérieure.
- M.
- Sur les dimensions du pôle magnétique dans les
- différents systèmes d’unités, par M. Hertz (>).
- L’auteur revient sur la discussion qui s’était •élevée il y a deux ans au sujet des dimensions du pôle magnétique. Dans le système électromagnétique on était d’accord, non seulement sur les dimensions du pôle magnétique, qui servait de point de départ, mais même sur les dimensions dérivées de l’unité de quantité d’électricité, tandis que dans le système électrostatique il pouvait y avoir un désaccord sur les dimensions du pôle magnétique. A côté du système électrostatique de Maxwell vint se placer celui de M. Clausius. il en résulta que beaucoup de physiciens pensèrent que le système électrostatique présentait des inconvénients que n’avait pas le système électromagnétique. L’auteur se propose de prouver que cette manière de voir était erronée et qu’aucun des deux systèmes en présence n’est pas plus avantageux que l’autre. Il propose un nouveau principe devant servir de point de départ pour établir les dimensions en question.
- Jusqu’à présent on partait des principes suivants :
- a) Le travail A nécessaire pour faire décrire à un pôle magnétique m un chemin fermé autour d’un courant constant, transportant une quantité d’electricité e pendant le temps/, est proportionnel à l’intensité m du pôle, à l’intensité S du courant,
- et il est indépendant de la forme du chemin parcouru. On a ainsi
- A = kl m j
- kl est une constante dont la grandeur et les dimensions dépendent du choix des unités. Maxwell trouve que le plus commode est de relier les grandeurs électriques et magnétiques de telle manière que cette constante soit un nombre abstrait (sans dimensions); on a alors d’après la notation connue
- (M) L«] M = M L2 T- 1
- b) Le moment d’un feuillet magnétique très petit (un point double magnétique) ml qui peut remplacer dans les calculs un petit courant circulaire est proportionnel à l’intensité du courante- ec à la surface f enfermée par son contour :
- d. Ami j les Je WieJemann, il0 1, p. 114, îiiai.
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- 33o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est une constante qui dépend des unités choisies. Si kt est un nombre abstrait, k2 ne l’est pas en général.
- M. Clausius trouve qu’en vertu de la théorie d’Ampère, il est nécessaire de rattacher les grandeurs électriques et magnétiques, de manière que k2 soit un nombre abstrait, on a alors
- (C) [w] =1X1 LT-1
- Il résulte des relations (M) et (C) que dans le système électromagnétique, où la grandeur fondamentale est [wi]=JMà LàT—I, les dimensions dérivées de l’unité de quantité d’électricité (pôle électrique), seront d’après (M) : Mï Là et d’après (C) : Ms Là et les résultats s’accordent.
- Mais dans le système électrostatique on part de l’unité de quantité d’électricité [e] = Ms L* T~ les dimensions dérivées de l’unité de pôle magnétique sont alors, d’après (M) : Ms Là et d’après (C) : M» LïT-3; les deux expressions sont donc en désaccord et c’est là le défaut qu’on reproche au système électrostatique.
- Les deux principes de l’auteur sont des antithèses des principes précédents. Il entend par courant magnétique constant un aimant annulaire formé par un fil qui, en des temps égaux, gagne ou perd des quantités de magnétisme égales. Pendant un temps suffisamment court, un tel courant peut être obtenu aussi intense que l’on veut et si on le rend assez faible, il peut durer aussi longtemps que l’on veut. Les forces électriques capables de produire un tel courant sont connues et il résulte des lois de l’électrodynamique les principes suivants :
- (a). — Le travail A nécessaire pour faire décrire une fois à une quantité d’électricité e (à un pôle électrique) une courbe formée autour d’un courant magnétique transportant pendant le temps t une quantité m de magnétisme, est proportionnel à la quantité e d’électricité (intensité du pôle), à l’intensité y du courant, et il est indépendant du chemin parcouru. En posant A — on pourra appliquer
- à C ce que l’on a dit de kt.
- Il peut être avantageux de prendre cette équation comme fondamentale, servant à relier les différentes grandeurs, en supposant que k est un nombre abstrait. On a alors la relation :
- CM') [»»] IX = ML- Ti
- identique d’ailleurs avec la relation (M).
- b) Un feuillet électrique (point électrique double) peut être remplacé dans les calculs par un petit courant magnétique circulaire dont le plan est perpendiculaire à l’axe du feuillet électrique, à condi-
- tion que le moment e 8 de ce feuillet soit proportionnel à l’intensité y du courant et à la surface renfermée par son contour. On peut donc poser
- eo = /t'.J7
- Théoriquement, on peut partir de cette équation en regardant ko comme nombre abstrait. On a alors
- (C') [e] =^[»i] LT—
- Il résulte de ces deux relations (M') (C') que dans le système électromagnétique, où
- [wi] = Ms LlT-1
- les dimensions dérivées de l’uniié de quantité d’électricité seront, d’après (M')
- Mi Lï
- et d’après (C')
- Mil! T~2
- On voit ainsi que dans le système magnétique des points de départs différents conduisent à des résultats différents, chose tout à fait inadmissible.
- Dans le système électrostatique, on a [<?]=m!lïT-1
- on en déduit les dimensions de l’unité de pôle magnétique, qui sont d’après (M')
- Mi Li
- et d’après (C')
- Mï Li
- On voit que le système électrostatique offre l’avantage que présentait précédemment le système électromagnétique.
- Pratiquement, il est plus avantageux de choisir les dimensions fournies par les relations (M) et (M'). Mais théoriquement, si l’on considère les phénomènes magnétiques comme produits par des masses électriques en mouvement, le système électrostatique, sous la forme (C), est préférable; car, dans cet ordre d’idées, elle exprime une liaison physique en même temps qu’une relation mathématique. Cependant, le mieux, d’après l’auteur, est de suivre le conseil de M. Helmholtz, et de choisir le système qu’il désigne sous le nom de système de Gauss. Dans ce système, l’unité de quantité d’électricité et l’unité de pôle sont définies séparément par les mêmes dimensions
- [e] = |>«] = Mï Là T-1
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- et on introduit des facteurs ayant des dimensions là où des grandeurs électriques se trouvent liées à des grandeurs magnétiques. K.
- BIBLIOGRAPHIE
- principes d’électrométrie, par H. Ponthière, professeur
- d’électricité appliquée et de métallurgie à l’Université de
- Louvain. — Louvain, Fonteyn, éditeur. — Paris, Gauthier-
- Villars, éditeur.
- Ce livre, qui nous arrive de Belgique, est particulièrement destiné aux élèves des écoles spéciales qui, possédant déjà des connaissances assez étendues sur la physique, se destinent plu^ particulièrement aux études électriques. Tout en étant un ouvrage d’enseignement, il peut rendre encore des services aux ingénieurs, à cause même du cachet pratique que l’auteur lui a imprimé. La première partie est consacrée à l’exposé des principes généraux, traite des grandeurs électriques et des lois qui les unissent et se termine par l’exposé des trois systèmes coordonnés d’unités électriques.
- La deuxième partie est purement descriptive. Elle est consacrée aux appareils de mesure, de s intensités, des forces électromotrices, des capacités électro-statiques, des résistances, etc. Les appareils et instruments n’y sont représentés, il est vrai, que par des croquis ; mais le principe de chacun d’eux étant clairement établi, ces croquis, bien que schématiques, suffisent largement à faire bien comprendre le fonctionnement.
- Ces chapitres sont très complets. Tous les appareils connus y figurent, et les notions que donne l’auteur sont réellement celles que possède un homme technique ayant pratiqué. La troisième partie de l’ouvrage est le complément de la seconde. Les instruments étant décrits, M. Ponthière y montre la manière de s’en servir, et sans avoir cependant à signaler quelque méthode réellement nouvelle, il donne avec leurs variantes toutes celles qui sont journellement employées. Enfin le livre se termine par h’étude du magnétisme et de l'électromagnétisme, et forme ainsi un corps de doctrine assez complet qui ne laisse aucune obscurité dans l’esprit.
- La simplicité d’exposition et la clarté des raisonnements sont les qualités principales de l’œuvre. Nous pourrions, à la vérité, reprocher l’emploi de certaines expressions surannées et antiscientifiques comme celles de « fluide électrique libre, » * Atomes impondérables du fluide » etc., qui se trouvent dans l’exposé des premiers principes généraux de la science électrique. Ces expressions, on le sait, peuvent, à certains esprits, donner des idées fausses ; mais pourtant ce défaut ne suffit pas à
- infirmer la valeur de l’ohvrage, que, somme toute, nous n’hésitons pas à recommander,
- l’année électrique ou Expose annuel des travaux scien-tifiques, des inventions et des principales applications de l'électricité à l’industrie et aux arts, par Ph. Delahaye. — Paris, Baudry et O, i885.
- Cet exposé, fait sur le type général des annuaires scientifiques, est entièrement emprunté par l’auteur à ses chroniques de l’année, revues et mises en ordre.
- l’électricité dans la maison, par E. Hospitalier. — Paris, G. Masson, i885.
- Ce volume d’étrennes, dû au même procédé que le précédent, n’est également qu’une compilation sans importance.
- almanacii annuaire de l’électrochimie et de l’électricité par Firmin Leclerc. Année i885, Paris.
- On ne comprend pas trop la distinction subtile établie dans le titre de cet ouvrage entre l’électrochimie et l’électricité, car, en somme, ce petit volume n’est qu’une liste d’adresses relatives aux différentes industries électriques, liste d’ailleurs à peu près semblable à celle qui se trouve dans l’annuaire plus complet de M. Révérend.
- LE MISURE ASSOLUTE MECCANICHE ELETTROSTATICHE ED ELET-
- TROMAGNETICHE CON APPLICAZIONI A VARI PROBLEME —
- Trattato elementare di Alessandro Serpieri. — Milan,
- Ifœpli, éditeur.
- Comme l’indique le titre, cet ouvrage est complètement analogue à celui que nous venons d’analyser plus haut. Un peu plus élémentaire, il est vrai, mais identique au fond. Comme il est destiné à faire suite au traité du potentiel ( * Il potenziale Elettrico nell' insegnamento elementore dell' Elettrostatica ») déjà paru'il est exclusivement consacré à l’étude de l’electrométrie.
- Les chapitres peu étendus, judicieusement classés, sont d’une lecture facile, même pour ceux qui n’ont qu’une connaissance superficielle de la langue italienne. Comme le livre de M. Ponthière, il renferme, après chaque théorie, des exemples numériques tirés d’expériences connues et qui tout en montrant aux éleves la manière de se servir des outils que l’auteur met entre leurs mains, leur donnent des chiffres certains, qui peuvent plus tard leur être d’une grande utilité. Le nom bien connu de M. Serpieri nous dispense de faire son éloge. Ses livres ont depuis longtemps pris parmi les ouvrages d’enseignement la place qu’ils méritent, et nous n’attendrons pas probablement longtemps la traduction française de ce dernier.
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- FAITS DIVERS
- Un grand nombre d’hommes de science, en Espagne, ont adressé une pétition au gouvernement, demandant l’établissement de stations sismographiques sur la côte de la Méditerranée. _______
- Le professeur Dolbear a fait des expériences pour se garantir contre le danger des courants de haute tension, en se couvrant les mains d’huile. Il augmentait ainsi la résistance de son corps de 12 000 à 20000 ohms. La paraffine produit le même effet. Avec des gants imprégnés d’huile, M. Dolbear croit qu’on pourrait toucher des fils transportant jusqu’à 80000 volts.
- Il paraît que le chemin de fer de New-York à New-Haven fait maintenant des expériences avec un nouvel appareil nommé le locophone, destiné à mettre tous les ingénieurs des trains en communication directe et immédiate avec le contrôleur pendant la marche. Tous les ingénieurs reçoivent la dépêche en même temps. Le circuit est formé par les rails.
- Le monument de Washington, qui vient d’être terminé dans la ville du même nom, a été mis à l’abri de la foudre par des dispositions toutes spéciales. L’extrême sommet se compose d’une pièce uuique en aluminium de grande dimension, à la base de laquelle quatre conducteurs en cuivre d’un fort diamètre vont rejoindre les quatre colonnes de l’ascenseur qui sont mises en communication électrique avec le puits de l’appareil.
- Pendant toute la durée de la construction, une communication analogue a été établie entre le point culminant des travaux et le sol pour protéger la vie des ouvriers ainsi que les parties terminées du monument.
- Pendant un passage de Swansea en Angleterre, à Philadelphie, le paquebot le British King a rencontré un orage électrique formidable. L’électricité dans l’atmosphère aveuglait l’équipage et les éclairs brillaient sur tout l'horizon.
- Parmi les événements scientifiques de l’année 1784 qui auraient pu mériter une célébration centenniale, nous devons citer la pose sur le Louvre d’un paratonnerre. Cet instrument de protection fut arboré sur l’édifice où l’académie des sciences tenait ses séances, à la sollicitation expresse du roi Louis XVI, qui était passionné pour l’adoption de la découverte de Franklin. C’est, en effet, grâce à son intervention personnelle que l’on avait déjà placé, quelques années auparavant, un paratonnerre sur le château de Bagatelle. C’est à l’académicien Leroy que sont dus les principaux rapports académiques qui ont décidé de la victoire de Franklin sur ses adversaires.
- Un commencement d’incendie s’est déclaré le 17 janvier dernier dans la grande fabrique de la Western Electric Ma-nufacturing C°j à Chicago. Le feu a commencé dans le sous-sol où se trouve le département des câbles; heureusement l’intervention rapide des pompiers l’a empêché de faire beaucoup de dégâts.
- Nous voyons, dans le Journal des Patentes, un brevet de M. E. Wetter, qui propose de construire les aimants et les contacts à l’aide d’un mélange fortement comprimé de pous-
- sière de fer et de résine. L’auteur espère ainsi diminuer l’énergie du magnétisme rémanent, mais il ne se propose pas évidemment d’augmenter la puissance magnétique.
- Éclairage électrique
- L’éclairage électrique au Crédit Foncier, à Paris, a été inauguré la semaine dernière. Ainsi que nous l’avons déjà dit, l’installation a été faite par la Société Edison, et comprend 100 lampes à incandescence.
- Les résultats obtenus avec les lampes Edison, récemment placées dans le lustre de l’Opéra, sont excellents. La preuve en est que la direction de ce théâtre a renoncé à se servir du gaz pour éclairer les travaux d’aménagement que l’on exécute dans la salle à l’occasion des bals masqués. Les machines électriques doivent donc marcher d’une façon à peu près continue depuis le commencement de la représentation du vendredi jusqu’au dimanche matin.
- La Société Edison vient d’exécuter au Havre l’installation de la lumière électrique sur le steamer le Labrador, de la Compagnie générale transatlantique. Les travaux ont été menés avec une grande activité, puisqu’ils n’ont été commencés que le lundi 19 janvier, et que le samedi 24 le paquebot partait pour New-York.
- La Société Edison a dernièrement terminé les installations suivantes : aux mines de Nœud, près de Béthune (Pas-de-Calais), 180 lampes; chez MM. Vauches et C°, à Saint-Sever, 25o lampes; chez M. Baboin, à Saint-Vallier, 200, et chez M. Glasco, à Fermonde, 100 lampes.
- Nous empruntons au Bulletin international des Téléphones la liste suivante des principales applications des lampes différentielles à arc Siemens existant en France au 3t décembre 1881 :
- Antuszewicz frères, filature de coton, à Troyes 28 lampes Blanchisserie et teinturerie de Tham, près Epi-
- nal........................................... 14 —
- Brault et Teisset, constructeurs, à Chartres . . i5 — Compagnie du chemin de fer du Nord, gare de
- Calais et autres.............................. 3o —
- Compagnie des Forges et Aciéries de la marine
- et des chemins de fer, à Boucan............... iS —
- Compagnie générale transatlantique, paquebot
- La Normandie.................................. 12 —
- V. Daix, ingénieur, à Saint-Quentin............. 14 —
- Eden-Théàtre, à Paris........................... 22 —
- Fonderies de la Méditerranée, à Marseille. . . i3
- Gillet et fils, teinturerie, à Lyon..............32 —
- Grandjean et Ce, filature de laine, à Saint-Souplet ..................................... 32
- Labbé et C®, électriciens, à Reims.............. 14 —
- J. Lacaze, opticien, à Toulouse................. i5 —
- Masurel frères, filature de laine, à Tourcoing. 22
- Michel et fils, soieries, à Lyon....... . . . 1 j
- E. Morel, filature de coton, à Fleury-sur-An-
- delle......................................... 12 —
- Saint frères, filature de lin, à Fiixécourt. ... 12 —
- Schneider et Ce, au Creusot..................... 74 —
- Société de la Providence, forges, à Hautmont. 22 —
- Société française des Papiers peints, à Bala-
- gny-sur-Thérain (Oise)........................ 14 —
- Varrall, Elwel et Middleton, constructeurs à Paris.......................................... 14 —
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- En outre des éclairages précédents, MM. Siemens frères ont exécuté 5o autres installations, comprenant ensemble 373 lampes à arc. Le nombre total des régulateurs fonctionnant en France est donc de 793.
- Nous apprenons que la Compagnie du chemin de fer de l’Est s’est décidée à essayer la lumière électrique pour l’éclairage des quais, salles d’attente et salles de départ et d’arrivée de la gare de Paris. L’insiallation, qui comprend 9 lampes à arc et une soixantaine de lampes à incandescence, est faite par MM. Siemens frères.
- D’un autre côté, la maison Breguet établit, à titre d’expérience, 20 régulateurs à arc dans les ateliers de la même Compagnie, à Epernay.
- Des expériences d’éclairage électrique ont dernièrement été faites dans le grand tunnel du Saint-Gothard, où elles ont parfaitement réussi. On a l’intention d’établir un certain nombre de lampes à incandescence tout le long de ce tunnel.
- Le navire VAquidaban, qui vient d’être construit en Angleterre pour le compte du gouvernement du Brésil, va être pourvu d’une installation de lumière électrique par les soins de MM. Crompton et Ce.
- Le développement des affaires de la maison Woodhouse et Rawson en Angleterre, a décidé ces messieurs à agrandir leur usine à Hammersmith, près de Londres, où ils occupent maintenant tout le vieux château de Cadby Hall.
- Le navire VAragon, de la marine espagnole, va êt-e pourvu d’un appareii photo-électrique.
- Il a été fait en tout 3i différentes installations particulières de la lumière électrique à Madrid, dont 5 dans des théâtres, 3 dans des cafés et le reste dans des fabriques et usines.
- L’éclairage électrique de la ville d’Aoste a été inauguré le icr janvier dernier. On se sert de lampes Cruto et de dynamos Thury.
- Le capital social de toutes les différentes sociétés qui exploitent le système Brush, aux Etats-Unis, s’élève à un total de i5o millions de francs.
- Il vient de se former à Chicago une nouvelle Société sous la dénomination de l’United States Electric Panorama C°, qui se propose de construire un panorama d’un nouveau genre, dans un bâtiment d’un diamètre de 160 pieds et de 240 pieds de hauteur. L’extérieur sera éclairé à la lumière électrique et les machines seront installées au même niveau que l’entrée, et dans le même bâtiment il y aura un globe d’un diamètre de 80 pieds, représentant la terre. Par une illusion optique, ce globe paraîtra suspendu dans l’air. Au sommet, un foyer électrique sera disposé de manière à représenter le soleil.
- La nouvelle gare du chemin de fer Chicago et Western ïudiana, à Chicago, va être éclairée avec 5o foyers à arc du
- Système de la Western Electric C°. Celte dernière Société a également commencé l’installation de 33o foyers au champ de courses de la West Side, à Chicago. Cette installation fonctionnera l’été prochain.
- La New England Weston Electric Light Company, fait monter sur tous les circuits de Boston ses grandes lampes nouvelles à incandescence de 125 bougies chacune. La lumière est très régulière et d’une qualité beaucoup plus agréable que celle des lampes à arc. On peut monter les petits types de 16 bougies sur les mêmes circuits que les grands.
- La Massachussctt Electric Power C° de Boston a construit une station centrale dans cette ville pour la distribution de l’électricité. La grande dynamo, du système Daft, marche à 768 tours; son maximum de force électromotrice est de 123 volts avec 3oo ampères. Le poids total est de 4 200 livres, l’armature seule pèse 450 livres. Cette machine en alimente neuf autres placées en dérivation et variant d’un demi-cheval jusqu’à 16.. Cinq de ces réceptrices fonctionnent régulièrement depuis le 25 novembre dernier, à. l’entière satisfaction des abonnés, qui sont absolument indépendants l’un de l’autre et se servent de la force à toute heure et aussi longtemps qu’ils le désirent.
- Télégraphie
- La commission qui a été nommée en Autriche afin d’examiner les réclamations des employés des télégraphes s’est réunie à Vienne le 25 janvier. Les réclamations portent surtout sur les points suivants : i’augmentaiion du personnel, qui d’ailleurs est décidée en principe, une meilleure ventilation et éclairage au bureau central à Vienne, un service moins difficile et enfin le droit à la retraite après 3oans de service, au lieu de 40, comme nous l’avons dit dans notre dernier numéro.
- Le système des télégraphes de la haute Egypte part de Dongola, qui se trouve à environ to kilomètres au-dessous de la troisième cataracte et à 1 600 kilomètres du Caire. De Dongola, la ligne suit le cours du fleuve jusqu’à Debbat, point d’où part la route des caravanes pour Khartoum. Cette route, à travers le désert, a un développement d’environ 400 kilomètres, mais la ligne télégraphique suit le fleuve de Debbat à Kork sur une longueur de 80 kilomètres.
- C’est là qu’a lieu la bifurcation. Une ligne remontant le fleuve jusqu’à Merawl, se rend à Berber à travers le désert de Bayada et possède un développement d’environ 3oo kilomètres, 40 de Kosti à Merawl et le reste à travers le désert. Il n’y a pas encore de ligne de Korte à Metameh, et les communications entre ces deux villes ont lieu avec le télégraphe optique, mais la .victoire d’Aboukba ayant livré le désert de Bayada à l’armée anglaise, il est probable qu’on ne tardera point à la construire sur une longueur de 25o kilomètres. Actuellement, le fil allant, comme nous venons de le dire, en premier lieu à Berber à travers le désert, et en second à Metameh, le long du fleuve, possède un développement de 5oo kilomètres dans cette section.
- Il est bon d’ajouter que Berber est la tête d’une ligne télégraphique qui se rend à Kassala, sur la mer Rouge. Les quatrième et cinquième cataractes se trouvent dans la partie du fleuve qui remonte vers le nord, et fait une boucle au nord de la ligne télégraphique de ICorte à Berber. La sixième cataracte se trouve environ à 60 kilomètres au-dessous de Metameh à Derrasa, et Derrasa à environ 5o kilomètres de Khartoum, Avant les événements, Khartoum était le point
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- de rencontre de deux lignes télégraphiques,, aujourd’hui dé truites toutes deux par les rebelles, et allant l’une vers l’Occident, à Obeid, dans le Darfour, et l’autre vers l’Orient, dans le Semaar. La première suivait les revers du Nil blanc, et la seconde celles du Nil bleu. Toutes deux marquaient donc le périmètre de la commune de Mérac, célèbre dans l’histoire de l’antiquité comme ayant été le siège de la première civilisation égyptienne.
- Le bureau international des administrations télégraphiques notifie le rétablissement du câble sous-marin du Brésil entre Bahia et Rio-Janeiro.
- Des dépêches à destination de l’Amérique du Sud, par voie de Lisbonne, peuvent de nouveau être expédiées par les câbles de la Compagnie Western.
- Le même bureau annonce la mise en activité au Tonkin des bureaux de Bac-Ninh, Dapeau-Phu, Hanoï, Hongoat Langhnang et Son-Tay.
- La Bankers and Merchants Telegraph Company va construire quatre nouvelles lignes, partant de New-York jusqu’à Hartford, qui seront mises en communication avec le réseau de la Commercial Cable Company.
- Depuis le icr janvier dernier, la Mexlcan Telegraph Company a fait une réduction de 25 pour cent sur le prix des dépêches entre le Mexique et les Etats-Unis, via Galveston, en Texas.
- Téléphonie
- Le ministre des postes et télégraphes vient de décider que la transmission des télégrammes par téléphone pouria être faite dans plusieurs villes, et notamment à Marseille. On s’occupe actuellement de l’installation des appareils nécessaires pour organiser ce service au bureau central du télégraphe de cette ville.
- Il a été décidé, en outre, que des cabines téléphoniques publiques seraient placées dans certains bureaux des postes et télégraphes de la ville.
- Les bureaux désignés sont : la recette principale des posa tes, le bureau télégraphique central, le bureau central de la Bourse et celui de la rue de la République.
- Depuis le 3 février, de nouvelles cabines téléphoniques, accessibles au public, ont été ajoutées à celles de la Bourse, du Grand-Hôtel, de la rue des Halles, du boulevard Males-herbes et de la rue de Grenelle, qui avaient été ouvertes J>ar le ministre des postes et télégraphes le icr janvier.
- Ces nouveaux bureaux téléphoniques, au nombre de g, sont les suivants :
- Place de la République; avenue de l’Opéra (Théâtre-Français); rue de Strasbourg (gare de l’Est); rue Littré (gare Montparnasse) ; boulevard Saint-Denis; rue Réaumur; avenue des Champs-Elysées: rue Guichard (Passy); avenue Marceau.
- La taxe des communications échangées par l’intermédiaire de ces cabines est fixée à 5o centimes par 5 minutes de conversation.
- Le conseil d’arrondissement de Saint-Denis vient d’émettre dans sa dernière session les vœux suivants
- Etablissement dyun réseau téléphonique entre VAdministration centrale et les mairies suburbaines.
- Le Conseil,
- Considérant que pour l’expédition des affaires municipales et administratives il serait très avantageux de mettre en communication les mairies suburbaines et les bureaux de l’administration centrale;
- Emet le vœu :
- Qu’un réseau téléphonique soit établi entre les services supérieurs de l’administration centrale et les mairies suburbaines.
- Etablissement d'un réseau téléphonique entre les mairies suburbaines et VAssistance publique.
- Le Conseil,
- Considérant que les malades ou blessés de la banlieue, qui sont présentés à un hôpital, sont exposés, faute de place disponible, à être transportés à un second hôpital, et quelquefois même à un troisième;
- Considérant qu’il y a là une situation douloureuse que l’humanité commande de faire cesser au plus tôt;
- Emet le vœu :
- Qu’un réseau téléphoniuue soit établi entre les mairies suburbaines et les services centraux de l’Assistance publique.
- Il faut espérer que le Gouvernement ne verra aucun inconvénient à donner satisfaction à ces vœux, dont l’utilité est incontestable : c’est le premier pas vers la construction d’un immense réseau téléphonique, embrassant Paris et tous ses environs.
- La ville de Gilnhausen, eu Allemagne, où naquit le célèbre inventeur du téléphone qui porte son nom, Phillip Reiss, vient de faire placer une statue en l’honneur de celui-ci.
- Le réseau téléphonique de Copenhague comprend aujourd’hui i goo kilomètres avec un nombre total de i io5 abonnés. Le prix de l’abonnement varie selon la distance du bureau central. Les abonnés, dans la ville même, payent 200 fr., ceux des faubourgs 235 fr., et en dehors de la ville le prix est de 25o à 325 fr.
- Les demandes d’emplacements dans la galerie des machines à l’Exposition universelle d’Anvers continuant d’affluer, le comité exécutif vient de décider une nouvelle extension des constructions.
- Le tableau ci-dessous résume des données statistiques officielles au sujet du progrès de la téléphonie dans différents pays pendant les années i883 et 1884. Pour la Belgique, on n’a cependant pas tenu compte des trois villes de Liège, Louvain et Mons.
- En Belgique, la progression a été de 19 pour cent en douze mois pour les cinq villes de Bruxelles, Anvers, Char-leroi, Gand et Verviers, exploitées par la Compagnie belge du téléphone Bell; de plus, la Compagnie possède 135 installations particulières desservant 201 postes téléphoniques. Les villes de Liège, Louvain et Mons, exploitées respectivement par la Compagnie liégeoise du Téléphone Bell, par M. Van Huile et par M. Cahen, comptent 622 abonnés.
- En Allemagne, c’est le gouvernement, comme on sait, qui
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- a en mains l'exploitation exclusive des communications téléphoniques dans tout l'Empire. Les statistiques pour Vannée i883 n'ont pas encore été publiées. A fin décembre 1882, 21 villes possédaient chacune un réseau téléphonique, et le nombre des abonnés s'élevait à 4245.
- Dans la ville de Berlin, on comptait, au 3o juin i883, 1 5oo abonnés.
- En Autriche, les téléphones sont exploités par la « Local Telegraph-Gesellschaft », qui n'a pas encore publié de statistiques complètes sur l’exploitation de ses réseaux en Autriche-Hongrie.
- A la tin du mois de décembre i883, huit villes seulement
- possédaient un réseau téléphonique (Vienne, Buda-Pesth, Trieste, Gratz, Lcmberg, jfrrakau, Brunn, Temesvar). Au 20 décembre 1884, Vienne comptait 708 abonnés.
- En Norwège, c'est l’International Bell Téléphoné qui a le monopole de la téléphonie. Au 3o juin i883, deux villes, Christiania et Drammen, possédaient, l'une 755 abonnés, et l'autre i5o.
- Au Danemark, la capitale Copenhague, comptait, à la tin de juin i883, 5i6 abonnés. C'est une Compagnie qui, sous le nom de Kjobenhavns Telefon Selskab, exploite la téléphonie dans ce pays.
- En Espagne, aucun réseau téléphonique n'existe encore.
- NOMBRE DE VILLES RELIEES
- Italie..........
- France .........
- Belgique........
- Grande-Bretagne
- 1.591 en i3
- mots
- Londres,
- Liverpool,
- Manchester,
- Southport,
- Blackburn,
- 785 — 12
- Suède . . Hollande Suisse. . Russie. .
- 895 — 12
- Une loi, récemment votée par les Cortès, réserve à. l'Etat le monopole de la téléphonie.
- Enfin, en Portugal, l'Edison Gower Bell Téléphoné Company avait, à la fin de décembre i883, installé le téléphone à Lisbonne avec 343 abonnés, et, à Porto, avec i83.
- On annonce l'émission de 20000 actions de préférence ou privilégiées, de 125 fr. chacune, de la South of England Téléphoné C°. Ainsi que nous l’avons déjà dit, cette Société a été formée par VUnited Téléphoné C° dans le but d’exploiter les concessions qui lui ont été accordées dans le midi de l'Angleterre.
- L'installation et l'exploitation des réseaux téléphoniques en Italie ont été laissées à l'initiative privée par le Gouvernement, qui accorde à cet effet des concessions spéciales. Pendant quelque temps, les obligations comme les droits de ces entrepreneurs vis-à-vis de l’Etat et des particuliers ont été très différents. Pour les rendre uniformes partout, le ministre de l'intérieur a élaboré un cahier des charges pour toutes les concessions de ce genre, qui a été signé par le Roi, le Ier juin i883. Nous empruntons au Zeitschrift fur Electrolechnik, les extraits suivants de ce document intéressant.
- i° Les conducteurs, ainsi que les appareils téléphoniques seront installés aux frais des entrepreneurs qui doivent s’assurer du consentement des propriétaires des maisons, etc., qui servent de points d’appui pour ces lignes.
- 20 Les poteaux, etc., doivent être placés de manière à n'offrir aucun danger au public, ni aucune chance d'interruption du réseau télégraphique de l'Etat ou des chemins de fer ; autant que possible, il faut éviter de croiser les fils téléphoniques avec ceux de l'Etat ou des chemins de fer, en tous cas les fils téléphoniques doivent toujours passer eu dessous des autres.
- 3° Les entrepreneurs sont responsables de tout dérange-
- ment et dommage causés par leurs conducteurs aux lignes télégraphiques.
- 40 Dans l'intérieur des villes, les fils téléphoniques doivent partout être à une distance d'au moins 4 mètres des lignes télégraphiques.
- En dehors des villes, la distance doit être de 20 mètres à moins d'empêchements sérieux, qui sont laissés à l'appréciation des employés de l'administration des télégraphes.
- Dans le cas que l'Etat ou l'administration des chemins de fer désirent construire une ligne télégraphique à un endroit où se trouve déjà une ligne téléphonique, les entrepreneurs sont obligés de déplacer cette dernière à leurs frais, de manière à se conformer aux dispositions de l’article 4.
- 5° La ligne téléphonique ne pourra être établie qu'avec le consentement de l'administration des télégraphes. Dans le cas contraire, l'entrepreneur sera puni d'une amende de 100 francs, et la ligne sera enlevée de suite.
- 6° Le gouvernement se réserve toujours le droit de modifier le réseau de la concession dans l'intérêt de la sécurité publique. Si les entrepreneurs ne se conforment pas immédiatement à ces changements, le travail sera exécuté par l'Etat aux frais des concessionnaires.
- 7° La concession de l'Etat est donnée aux risques des demandeurs.
- L'Etat n'accepte aucune responsabilité, ni pour la construction, ni pour l'entretien du réseau téléphonique. L'entrepreneur prend à sa charge toutes les indemnités à payer aux propriétaires pour la pose des poteaux, etc.
- 8° Le réseau qui relie les différents départements de l’Etat entre eux, doit être teuu absolument séparé du réseau général. Ces fils aboutiront dans un compartiment spécial au bureau central, et seront desservis par des employés du Gouvernement, aux frais des concessionnaires. Ces employés doivent cependant, au besoin, pouvoir établir la communication avec les autres abonnés du réseau.
- Q" Si plusieurs concessions ont été accordées pour la même ville, le gouvernement a le droit de demander aux
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- concessionnaires de relier les différents réseaux, de sorte que les abonnés de l'un pourront être mis en communication directe avec ceux des autres. Si les concessionnaires ne peuvent pas se mettre d’accord sur l.s conditions dans lesquelles se feront ces communications, celles-ci seront réglées par l'Etat.
- En tout cas la réunion de deux ou plusieurs réseaux ne pourra pas entraîner une augmentation du prix de l’abonnement.
- io° Tout abonné pourra mettre l’appareil placé chez lui à la disposition d’une tierce personne, à la condition cependant de ne pas s’en faire une source de revenu.
- ïi° Avec le consentement du Gouvernement, les concessionnaires pourront installer des bureaux publics reliés au bureau central.
- 12° L’exploitation des téléphones est soumise au contrôle du Gouvernement.
- Les employés du Gouvernement ont par conséquent toujours le droit de pénétrer dans les bureaux centraux et publics à l’effet de les examiner.
- i3° Avant de commencer son exploitation, le concessionnaire doit soumettre un règlement de service au Gouvernement, que celui ci pourra modifier à son gré, s’il y a lieu.
- 140 Le concessionnaire fixera le prix de l’abonnement dans les limites prescrites par le gouvernement. Il fixera lui-même la taxe pour les conversations dans les bureaux publics, qui cependant seront à la disposition gratuite des abonnés.
- Le prix de l’abonnement doit être le même pour tous les abonnés. Une augmentation de 20 0/0 peut cependant être faite pour ceux qui ont deux appareils sur la même ligne.
- Une réduction de £0 pour cent sera faite aux employés de l’Etat et de la commune, ainsi qu’aux établissements de charité. Le concessionnaire n’a pas le droit d’exclure quelqu’un du réseau ni de leur interdire l’emploi des bureaux publics.
- i5° Le concessionnaire paiera tous les ans au gouvernement une somme de i5 fr. pour chaque appareil placé chez uu abonné, 7 fr. pour chaque appareil d’un fonctionnaire du gouvernement, et au moins 100 fr. pour chaque bureau public. Le paiement de ces sommes comptera à partir du jour où l’appareil aura été placé et s’effectuera chaque trimestre.
- )6° Le concessionnaire doit tenir un registre indiquant les noms et les adresses, ainsi que les numéros d’ordre de tous les abonnés, avec indication de la date à laquelle ils ont été reliés au bureau central; un autre registre donne la date de l’ouverture des bureaux publics, et tous les deux seront toujours à la disposition des fonctionnaires de l’Etat chargés du contrôle.
- De plus, le concessionnaire fournira mensuellement à la direction des télégraphes une liste complète des modifications apportées au réseau.
- 170 Le concessionnaire déposera, pendant toute la durée de la concession et en garantie des redevances à payer au gouvernement et des amendes, etc., une somme de 3 000 fr. dans les villes de plus de 100 000 habitants et de 1 5oo fr. pour les villes plus petites.
- 180 La concession sera annulée si le réseau n’a pas été ouvert au public dans les premiers six mois, mais le concessionnaire peut obtenir une prolongation de six mois contre l’abandon d’un tiers de son cautionnement, après quoi les deux autres tiers appartiendront à l’Etat, aucune nouvelle prolongation ne pouvant être accordée.
- 19° La concession peut être provisoirement suspendue :
- a) Quand le télégraphe, pour une raison quelconque, ne pourra plus fonctionner, et pendant toute la durée d’une telle interruption.
- b) Quand le gouvernement le juge opportun pour le maintien de l’ordre public.
- Le gouvernement a également la faculté de prendre la
- direction provisoire du service pour le compte du concessionnaire.
- 20° La concession sera définitivement révoquée :
- a) En cas de faillite du concessionnaire.
- b) Si le concessionnaire n’a pas immédiatement fait exclure un abonné qui aurait mis son appareil à la disposition d’une tierce personne, moyennant une indemnité ou un prix fixe.
- c) Si le concessionnaire ou ses employés essaient, au moyen du téléphone, de surprendre les secrets des dépêches télégraphiques.
- d) Quand un abonné qui se sera rendu coupable du même crime n’aura pas été immédiatement exclu du réseau, et
- c) Si le concessionnaire ne remplit pas les conditions du cahier des charges, 15 jours au plus après l’échéance.
- Même si par des raisons particulières, on accorde un délai au concessionnaire pour le paiement des redevances, il sera toujours passible d’une amende de 100 francs.
- En cas de faillite, le cautionnement reste acquis au gouvernement.
- 21-220 La concession est soumise à toutes les modifications que la législation pourra y apporter, sans que l’Etat soit responsable vis-à-vis du concessionnaire ou de ses abonnés du préjudice qui pourra leur être causé de ce chef.
- Cependant, si la concession est révoquée définitivement ou à titre provisoire, l’Etat n’aura pas droit aux redevances stipulées pendant tout le temps que durera la suspension.
- 23° L’Etat se réserve le droit d’installer un réseau téléphonique pour son propre compte, ou d’accorder plusieurs concessions pour la même localité, sans que le nombre puisse dépasser 3, tant que les concessionnaires fournissent un service satisfaisant à la hauteur du progrès de la science.
- 24° La concession est accordée pour une période de 3 ans, et sera prolongée sans avis pour deux ans encore, à moins d’avis contraire de la part du Gouvernemeut 6 mois avant l’expiration.
- 25° Le Gouvernement peut à tout instant racheter les droits accordés par la concession, et acquérir le matériel du concessionnaire contre paiement de la valeur réelle de l’installation à dire d’expert.
- 26° Le concessionnaire devra insérer l’article précédent dans tous les contrats faits avec les abonnés et le porter à ,a connaissance de tous les intéressés.
- 27° La concession ne peut pas être cédée à une troi sième personne, sans le consentement du Gouvernement.
- 28° En cas de dispute sur le sens de ces articles, c’est l’interprétation du Gouvernement qui fera foi.
- Au 3i décembre dernier, il y avait en Suède 7 787 abonnés au téléphone, répartis sur 5i différents réseaux, dont les plus importants sont : Stockholm, avee 3 796 abonnés (2 sociétés) ; Gothembourg,738 (2 sociétés); Malmo, 355; Nork-joping, 208; Sundswalk. 180; Upoala, 139; Visty, ti3, et Orebro, 100. Les premiers réseaux ont été établis à Stockholm, Gothembourg et Malino par l’International Bell Téléphoné C°, d’Anvers, en 1881, mais à la fin de 1882 il n’y avait qu’un total de 1 £54 abonnés, de sorte qu’en deux années l’augmentation a été de 6 i83 abonnés.
- Le réseau téléphonique à San-Domingo sera entièrement construit avec du fil de cuivre, et 5o milles de ce fil ont déjà été expédiés de New-York, pour être posés immédiatement.
- Le Gérant : l)r C.-C. Soulages.
- Varie. — Imprimerie P. Mouillot, f 3, quai Voltaire. — 545Q3
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris f
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout '•y'-< ,
- 7«ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 21 FÉVRIER 1885 N° 8
- SOMMAIRE. — La colonne-soleil de M. J. Bourdais; Ch. Street. — Exposition d’électricité de Philadelphie. — Production de l’électricité : les machines dynamo-électriques; Aug. Guerout. — Eclairage électrique de la fabrique de scies Mongin aîné; J. Bourdin. — Phidol, nouveau régulateur économique pour la lumière électrique; E. Lacoine. — Sur lin télégraphe automatique avertisseur d’incendie; G. Ravaglia. — Le laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne (5° article); H. Ledeboqr. — Chronique de l’étranger : Allemagne; II. Michaelis. — Angleterre; J. Munro.
- — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Sur la détermination de l’ohm parla méthode de l’amortissement, par M. Mascart. — La force électromotrice de l’élément Daniell, par le DrE. Kittler.
- — Nouveaux galvanomètres de MM. Thomas et A. Gray. — Un relais pour appels téléphoniques. — Un nouveau galvanomètre, par M. Rosenthal. — Le commutateur de M. H. Schoentjes, par M. P. Samuel. — Bibliographie. — Faits divers.
- LA COLONNE-SOLEIL
- DE M. JULES BOURDAIS
- Dans une conférence faite à la Société des Ingénieurs Civils et à la Société centrale des Architectes, M. Bourdais, l’éminent architecte du palais du Trocadéro, a présenté le projet d’un phare électrique de 36o mètres de hauteur destiné à éclairer la ville de Paris.
- Ce projet comprend deux parties distinctes :
- i° La construction proprement dite de la colonne de 36o mètres de hauteur ;
- 2° L’étude du procédé d’éclairage.
- i° Construction proprement dite. — La première question que s’est posée M. Bourdais est celle-ci : Quelle est la' limite de hauteur à laquelle on peut élever un pylône de différents matériaux sans que ceux-ci s’écrasent sous leur propre poids ?
- Le poids d’une pyramide à base carrée est exprimée par l’équation :
- P-D,ia*
- dans laquelle D représente le côté de la base de la pyramide h, la hauteur et S la densité.
- La résistance est :
- d’où en remplaçant P par sa valeur :
- Si l’on prend pour valeur limite de R le g de la
- charge qui produit l’écrasement du fer et le ^ pour
- les différentes natures de pierre, on peut dresser le tableau suivant :
- DÉSIGNATION R ô H
- nùTres
- Porphyre. . . ' 2 470 OOO 2,870 ' 2 55o
- Fer 6000000 7,800 2 280
- Granit 800000 2,700 QOO
- Liais de Bagneux. . . 440000 2,400 540
- Roche de Saint-Nom. 23QOOO 2,0Û0 3oo
- Banc Royal 60000 1,700 IOO
- Vergelé 3oooo . 1 ,Soo ÔO
- Telles sont les limites pratiques auxquelles on peut élever une pyramide en différents matériaux.
- On voit que les Egyptiens qui se sont arrêtés à la limite de 142 mètres pour la grande pyramide de Chéops sont restés bien au dessous de ces chiffres.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si au lieu de la forme pyramidale, on emploie la forme prismatique, le poids de l’œuvre triplant pour une même base, les chiffres précédemment calculés doivent être réduits au tiers.
- Cette question si importante de la résistance à l’écrasement sous le poids propre des matériaux mis en œuvre n’est pas la seule qui entre enjeu; il convient d’examiner aussi quelle sera l’action du vent sur un pylône de différentes formes.
- Ce dernier point a été étudié par M. Bourdais, et cette étude l’a amené à une formule très simple donnant le côté du carré de la base du prisme ou de la pyramide en fonction de la hauteur et de la densité des matériaux employés.
- Si l’on considère un prisme à base carrée, pour que l’équilibre existe entre le poids du prisme et l'effort du vent, il faut que leur résultante passe en dedans de la base, mais cette condition n’est pas suffisante, car, à la limite, si la résultante passait sur l’arête, celle-ci serait écrasée et après déformation, le prisme se renverserait.
- M. Bourdais s’est imposé comme condition que la résultante passe à une distance de l’axe central, égale au quart de la largeur de la base. Dans cette
- 3
- position, les - de la section sont encore intéressés à la résistance générale.
- Le poids du prisme sera exprimé par :
- P = D2 h 3.
- Quel sera l’effort du vent ? Il résulte de nombreuses expériences faites sur la vitesse et la pression du vent que le vent appelé grand ouragan possède une vitesse de 5o mètres par seconde, et exerce sur un plan perpendiculaire à son action une pression de 3oo kilogrammes au mètre superficiel. On aura donc pour la pression du vent :
- V = 3ock h D
- Mais la condition imposée pour la position de la résultante est exprimée par la relation
- P _ 2 11
- V~"b"
- Oh aura donc, en remplaçant P et V par leurs valeurs :
- 2 h_D2 h 3
- D 3oo h D
- d’où Ton tire
- -La même formule est applicable à la pyramide à base carrée.
- Pour le tronc de pyramide, qui est la forme des obélisques, M. Bourdais est arrivé à la formule
- d=v/4
- dans laquelle k est un coefficient variant avec le rapport n de la largeur de la petite base avec la grande.
- Lorsque n = o, ce qui est le cas de la pyramide complète, la valeur de k est égale à 6oo. Cëtte valeur croît jusqu’à la valeur 692,30, pour
- d
- n — jj = 0,35
- puis le coefficient diminue en repassant par la valeur 600, précisément pour n — 1, c’est-à-dire pour le prisme.
- Au-delà on obtient des troncs de pyramides posés sur leur petite base; or, le coefficient k conti nue toujours à décroître, ce qui indique que plus la largeur de la base supérieure augmente, mieux l’équilibre est établi, pour une même largeur de base inférieure et une même hauteur données.
- La raison de ce phénomène tient à ce qu’avec l’élargissement de la base supérieure, le poids de l’œuvre augmente bien plus rapidement que l’effet du vent.
- Après avoir établi cette formule tout à fait générale, M. Bourdais l’a appliquée au calcul des dimensions des plus hautes pyramides connues.
- Le tableau suivant donne les résultats obtenus avec les dimensions de ces monuments.
- La densité S a été prise égale à 2,600.
- DÉSIGNATION h d D K D calculé
- m m m ni
- 2 obélisques décrits
- par Diodore de Sicile ...... 48,24 2,41 3,61 644 3,5i
- 2 obélisques de
- Numcoréus, fils de Sésostris. . . . 40,20 2,01 3,21 670 3,i8
- 2 obélisques de
- Smp.rtTîR. 35,37 1,80 3,00 673 2,98
- 1 obélisque de Nec-tanébis
- 32,16 i,63 2,81 676 2,88
- Obélisque de Cons-
- tance, porté à St-jean-de-Latran. . 32, i5 1,89 2,92 667 2,86
- Obélisque de Louq-
- sor 22 » i,5o 2.43 670 2,38
- La concordance remarquable entre les dimensions calculées par la formule de M. Bourdais et celles adoptées par les architectes ou ingénieurs égyptiens donne une sanction complète à cette formule et indique que le coefficient de 3ook au mètre superficiel doit inspirer toute sécurité, puis-qu’en l’appliquant à des pylônes qui ont défié mille et une tempêtes, il conduit à vérifier avec succès la mesure adoptée pour ces monuments par les savants artistes de l’antiquité.
- Après cette première série d’études, M. Bourdais
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- a cherché les conditions d’équilibre des solides évidés, en suivant la même méthode ; il est arrivé aux formules suivantes :
- Cas de Vanneau cylindrique :
- h
- e=i27 m
- „ 400 A2
- C_—g-
- Dans ces formules e est l’épaisseur moyenne supposée à priori, petite par rapport au diamètre D (cas le plus général dans les applications).
- h est la hauteur;
- 8 la densité ;
- C le cube total de l’ouvrage.
- Cas du cône évidé :
- On remarquera que pour une même hauteur l’épaisseur est en raison inverse du diamètre, d’où l’on peut conclure que quel que soit le diamètre choisi le cube total de l’ouvrage est constant.
- Ce cube est proportionnel au carré de la hauteur et en raison inverse de la densité des matériaux employés.
- Enfin, pour une même forme extérieure, c’est-à-dire un même rapport ~ et même nature de matériaux,
- l’épaisseur e sera constante, quelles que soient les dimensions absolues de l’ouvrage.
- Cas du tronc de cône évidé. — Ce cas ést le plus généralement appliqué, dans les cheminées d’usines par exemple. En procédant comme pour le tronc de pyramide, M. Bourdais est arrivé aux formules suivantes :
- Dans ces deux équations, les coefficients k et k' sont fonctions du rapport n entre la petite base et la grande.
- On trouve encore dans ce cas que le cube de l’ouvrage est constant pour une même hauteur, quel que soit le diamètre de la base choisie.
- La formule générale de ce cube est :
- C — i33 (2 -f* 1)“
- G
- La valeur de C est minima pour n — o ; c’est le cas du cône^ Elle croît indéfiniment avec n.
- L’application de cette formule permet de faire des comparaisons assez curieuses entre les prix des différentes natures de matériaux employés, bien entendu à des hauteurs telles que leur écrasement ne se produise pas sous leur propre poids.
- Supposons par exemple n = 1, c’est le cas du cylindre, et une hauteur de ioom. On pourra dresser le tableau suivant :
- DÉSIGNATION DENSITÉ CUDE TOTAL PRIX du mètre cube PRIX TOTAL
- înùtres cubes fr. fr.
- Pierre dure. 2 400 1 666 200 332 000
- Per 7800 5i3 5ooo 2 565ooo
- Chêne. . . . 900 4 444 200 888000
- Enfin, en dernière analyse, M. Bourdais a établi une comparaison entre le prix de revient de l’ouvrage, soit en employant le granit soit en employant le fer.
- L’emploi de ces deux matériaux différents découle de deux formes spéciales servant de point de départ.
- Les données du problème que s’est posé M. Bour« dais, sont :
- Le diamètre de la plateforme supérieure égale à 17“ ;
- La hauteur h = 3i6m,23, d’où A2 zn 100 000.
- Première forme: Pseudo cylindrique.
- d — i7m D = 2om n = jj =o,85
- d’où A' sa 36o. On en déduit P = 36000 tonnes.
- Ce poids correspond à un cube de 14000“ de granit.
- Le terrain occupé sera de 32q mètres carrés.
- Si l’on admet que le terrain vaut 1 000 fr. le mètre carré au centre de Paris et le granit 200 fr. le mètre cube, la dépense relative à ces deux éléments se totalisera ainsi :
- Terrain : 320m2 à 1000 fr........ 320 000
- Granit: I40001113 à 200 fr....... 2800000
- Total ........ 3 120 000
- Deuxième forme: Tronc de cône ù large base.
- d
- d = i7m D = i20“ 7j=a=u=o, 14
- d’où A'=i70. On en déduit P = 17 000 tonnes.
- Dans ce cas la solution en pierre n’est pas possible, parce que l’épaisseur donnée par le calcul ne serait plus en rapport avec l’énorme diamètre, il faut recourir au métal.
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- LA LÜMÎÈRË ÈLEÜflUQUË
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- Le terrain occupé sera n 5oom8, et la dépense se totalisera ainsi :
- Terrain: n5oom à i ooo fr...... uSooooo
- Fers: 17000 t. à 600 fr......... 10200000
- Total......... 21 700000
- Il ne faut pas oublier que, par hypothèse, la résultante ne doit pas dépasser la moitié du rayon, ce qui pour le métal n’est pas une condition absolument nécessaire.
- Aussi, pour diminuer autant que possible la dépense calculée plus haut et alin que la comparaison entre le granit et le fer soit absolument concluante, M. Bourdais admet pour ce dernier cas que par impossible la résultante passe sur l’arête extérieure elle-même. Le poids total se réduit alors de moitié, on a : Pz= 85oo tonnes.
- Enfin, en admettant que le tronc de cône est évidé d’un tiers on arrive à un poids de 5700 tonnes. Même dans ce cas très favorable à la légèreté de l’ouvrage et qui ne semble pas pouvoir être admis en pratique, la dépense totale s’élève encore à 14.920.000 k. On voit donc que sous le rapport économique il convient d’adopter la pierre de préférence au métal, et pour économiser le terrain la forme pseudo-cylindrique.
- De même que M. Bourdais a appliqué ses formules.des solides pleins à la vérification des dimensions données aux obélisques de même, les formules relatives aux solides évidés sont vérifiées d’une façon absolue pour les cheminées de très grande hauteur et en particulier pour la plus élevée de toutes, qui est celle de Saint-Rol-lox, près de Glascow, dont la hauteur est de i32m.
- 20 Avant-projet d'éclairage.
- L’appareil comprend trois parties :
- i° Un système de lampes à grande puissance distribuées en couronne;
- 20 Un réflecteur destiné à concentrer tous les rayons lumineux pour les répartir sur la surface à éclairer sans se disperser dans l’espace;
- 3° Un système de projecteurs avec réflecteurs locaux pour porter la lumière dans les parties qui pourraient rester dans l’ombre par l’insuffisance de la diffusion.
- i° Les lampes sont distribuées suivant un cercle formant le lieu focal d’une surface de révolution formée par le réflecteur : ce cercle aurait un diamètre de 12™ et une circonférence de 36m; on peut ainsi disposer 100 lampes de grande intensité, occupant chacune om36 de la circonférence focale. Chaque lampe, d’après l’estimation deM. Sé-billot, collaborateur de M. Bourdais, pour cette partie du projet, devra avoir une puissance de
- 20.000 carcels, ce qui donne un nombre total de 2.000.000 de carcels.
- 20 Le système de réflecteur a une grande importance au point de vue de la bonne utilisation de la lumière. D’après les lois de la physique, l’intensité de la lumière est inversement proportionnelle au carré des distances. C’est en raison de cette loi que beaucoup d’électriciens restent partisans de la division de la lumière, même pour l’éclairage public, et contestent la bonne utilisation des foyers lumineux placés à une grande hauteur.
- M. Sébillot établit qu’il y a là une erreur d’appréciation tenant à ce qu’il n’a pas été tenu compte de la puissance des foyers et du rapport nécessaire entre cette puissance et la hauteur à laquelle cette puissance doit être portée, éléments qui dépendent eux-mêmes de l’étendue de la surface à éclairer.
- D’ailleurs, un autre point sur lequel insiste M. Sébillot est le suivant : la loi du carré des distances cesse de s’appliquer si, à l’aide d’un réflecteur d’une courbure calculée, la lumière est en totalité repartie sur la surface que l’on se propose d’éclairer.
- En coupant la surface de révolution qui forme le réflecteur par un plan vertical, la section donne une courbe à deux branches ayant un foyer commun; chacune de ces courbes est tracée de manière à diriger les rayons lumineux les plus fortement réfléchis à la plus grande distance à éclairer.
- D’après M. Sébillot, on obtiendrait aussi d’une manière approchée la distribution égale de la lumière sur une surface donnée en traçant l’épure du réflecteur de telle sorte qu’une surface donnée du réflecteur corresponde à une surface de terrain déterminée en tenant compte de sa distance du foyer.
- 3° Indépendamment de ce réflecteur répartissant la lumière d’une manière générale sur la surface considérée, une couronne de véritables projecteurs à faisceaux parallèles est établie au-dessus du réflecteur. Ce système de projecteurs dont l’idée appartient à M. Bourdais, a pour objet de suppléer à l’insuffisance possible de la diffusion émanée du foyer général et cela dans tous les points où la disposition des édifices des reliefs du sol et l’orientation des rues rendraient nécessaire un supplément de lumière.
- Tel est dans son ensemble l’appareil d’éclairage projeté. On remarquera évidemment qu’il y a sur plusieurs points une incertitude forcée en raison de la nouveauté du problème, notamment sur l’intensité de la lumière diffuse sur l’importance relative à attribuer aux projecteurs et réflecteurs de quartiers dans l’ensemble de l’éclairage.
- Pour l'éclairage de la ville de Paris par un foyer unique, il faut considérer que la surface à éclairer est sensiblement un cercle de 11 kilomètres de diamètre, distance des portes de la Muette à Bagno-
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- le; en allant de l’Ouest à l’Est, et des portes Montmartre et d’Orléans du Nord au Sud, en prenant les Tuileries comme point central. La plus gran'de distance du foyer aux points à éclairer est ainsi de
- 5500™.
- Il n’existe encore en aucun point du monde un appareil suffisamment puissant pour permettre d’établir une comparaison avec le projet de MM. Bour-dais et Sébillot ; toutefois il existe en Amérique des précédents qui ne sont pas sans importance dans leurs résultats. Parmi ces exemples nous citerons l’éclairage de Madison Square et Union Square, à New-York, et l’éclairage de la ville de Denver, au Colorado.
- Madison-Square est une place plantée d’arbres ayant 3oo mètres de long sur 200 mètres de large; elle était éclairée autrefois par 3oo becs de gaz. Ils ont été remplacés par un groupe de 6 lampes Brush ayant chacune une puissance de 860 carcels, soit une puissance totale de 5 coo carcels.
- Les lampes sont placées à l’extrémité d’un mât de 35 mètres de hauteur.
- Le courant est fourni par une machine de 25 à 3o chevaux établie dans le sous-sol d’une maison de Broadway à environ 200"* de distance.
- M. Sébillot qui est allé étudier sur place les différents éclairages qui se font en Amérique à l’aide de foyers placés à de grandes hauteurs, déclare que l’éclairage est très satisfaisant
- par tous les temps. La lumière diffuse est parfaitement discernable derrière* les monuments qui décorent la place et les maisons d’angle; la lumière est portée jusqu’aux extrémités de la place et jusqu’à la 40 avenue, distante de 3oo mètres de la colonne.
- L’éclairage d’Union Square est identique au précédent.
- La ville de Denver au Colorado a fait une tentative plus audacieuse. On a cherché à éclairer la ville en tière au moyen de quatre foyers lumineux à peu près identiques à ceux de Madison-Square, de New-York, mais ici le résultat a été insuffisant.
- Les 4 groupes de foyers sont placés au sommet de 4 pylônes en fer de 90 mètres de hauteur. Les pylônes sont espacés d’environ
- 1 5oo mètres. M. Sébillot attribue les résultats médiocres obtenus à l’absence de réflecteurs naturels et avant tout au défaut de puissance des foyers en comparaison de l’ef-et cherché.
- P.our l’éclairage de la ville de Paris par un seul foyer MM. Bour-Jais et Sébillot estiment qu’il faut une intensité de 2 000 000 de carcels. La base quia servi aux calculs est que l’on puisse lire un imprimé aux points les plus éloignés du centre d’émission.
- Ce chiffre de
- 2 000 000 de carcels nous parait trop faible, surtout si l’on tient
- compte de l’obliquité des rayons, qui sont de i5° au boulevard des Capucines et de 3° 5 aux forti-
- LA COLONNE-SOLEIL DE M. JULES LOURD A JS
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fications. Le point le plus important à vérifier est celui relatif à la lumière diffuse. M. Sébillot paraît avoir fait des études très intéressantes à ce sujet. Néanmoins il ne sera possible de se prononcer d’une façon certaine qu’après expérience faite.
- Le projet dont nous donnons la gravure se compose d’un soubassement de 66 mètres de hauteur devant servir de musée permanent à l’électricité.
- Il développe en ses six étages une surface utile de 10000 mètres carrés, sa toiture forme terrasse et peut contenir plus de 2 000 personnes.
- Au pied, l’usine des moteurs nécessaires, de plus de 2000 mètres de surface, complément indispensable, du phare électrique du sommet. La frise couronnant le palais est décorée de statues de tous les savants français et étrangers qui ont fait progresser les études de l’électricité.
- Au-dessus, la colonne montant, non pas d’un seul jet, mais par étages destinés à donner de l’échelle au monument et à faire comprendre, par la petitesse relative de ses parties, la colossale dimension de son ensemble.
- Le chapiteau de 35m de diamètre offrira une plateforme pouvant contenir à la fois plus de 1000 spectateurs jouissant du coup d’œil féerique de tout Paris à vol d’oiseau. Dans chacun des anneaux de l’immense colonne, 16 chambres de 5m de hauteur et de i5m carrés chacune, en tout 80 chambres destinées à des traitements aéro-thérapiques réclamés par la science médicale ; l’air pur et à une faible pression pourra devenir, en plein Paris, une source de guérison pour ceux qui ne peuvent aller chercher au loin, dans les montagnes, cette médi cation particulière. Au centre de la colonne, un noyau absolument vide de 8m de diamètre destiné à toutes les expériences scientifiques désirables : chute des corps dans l’air, compression des gaz ou des vapeurs, pendule de Foucaut, etc.
- Au sommet, le phare électrique proprement dit, surmonté lui-même du Génie de la science, dont la tête est à 36om du sol.
- A l’intérieur, la série des ascenseurs nécessaires à tous les services.
- Comme construction : un noyau central en granit de i8m de diamètre moyen, tout autour une décoration métallique, carcasse enfer revêtue de cuivre. Le noyau central est calculé pour combattre l’action du vent, non seulement sur sa propre surface, mais encore sur celle de l’enveloppe décorative extérieure. Ce noyau central en granit pour défier l’œuvre dévastatrice du temps.
- La place que devrait occuper cette colonne-soleil serait théoriquement le centre géométrique de Paris, c’est-à-dire le Pont-Neuf ou la place Saint-Germain-l’Auxerrois; il faut donc s’en éloigner le moins possible. On pourrait la placer où était le
- pavillon central des Tuileries, ou bien encore sur le terrain des ruines de la Cour des Comptes.
- Le palais au pied de la tour serait dans ce cas le Palais des Arts Décoratifs.
- Telle est, dans son ensemble, l’étude de M. Bour-dais. Il appartenait à ce savant ingénieur de se faire le promoteur d’un projet aussi grandiose. Les sympathies et les encouragements des amis de la science ne lui feront pas défaut, et il y a tout lieu de penser que l’Etat tiendra à encourager, de son côté, une œuvre entreprise en l’honneur du centenaire de la Révolution française et dont l’heureux achèvement constituera une véritable manifestation nationale.
- Ch. Street,
- Ingénieur des Arts et Manufactures
- exposition D'Electricité de Philadelphie p
- PRODUCTION DE L'ÉLECTRICITÉ
- machines dynamo-électriques
- Les machines dynamo-électriques étaient très nombreuses à Philadelphie. Nous allons les passer en revue, prenant d’abord les machines de Brush, de Stanley et de Thomson-Houston, qui. rentrent, à notre sens, dans la classe des machines à courant redressé, puis celles très nombreuses qui dérivent du principe de Pacinotti et se rapprochent, les unes de la machine Gramme, les autres de la machine Siemens.
- Machine Brush
- La machine Brush a été décrite dans ce recueil en 1881 (2) d’une façon fort exacte par notre collaborateur Frank Geraldy; sa construction générale est bien connue, mais nous avons vu publier, dans divers journaux et traités, des descriptions tellement différentes de l’arrangement de ses circuits, qu’il nous paraît utile de revenir sur ce point.
- En ce qui concerne la construction, nous rappellerons seulement que les inducteurs présentent de chaque côté de l’armature annulaire deux épanouissements polaires, l’un nord et l’autre sud, occupant chacun environ | de la circonférence de
- l’anneau, et opposés à des pôles de même nom placés de l’autre côté de l’armature. Avec cette
- (’) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier. (2) La Lumière Electrique, vol. IV, p. 6.
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- disposition, la ligne neutre théorique se trouve dirigée suivant la verticale (*).
- L’anneau de la machine Brush porte généralement 8 ou 12 bobines équidistantes, mais, pour simplifier les choses, nous supposerons seulement 4 bobines placées à 90° les unes des autres, ainsi que le montre la figure 10. Quand une de ces bobines, A par exemple, passe entre deux pôles sud, la bobine diamétralement opposée A' passe entre deux pôles nord, et au moment où A et A' sont dans la position du maximum d’action, les bobines B et B' se trouvent dans la région neutre du champ magnétique.
- Les bobines opposées AA' sont reliées, intérieurement à l’anneau, de manière que leurs courants s’ajoutent, et il en est de même des bobines B et B' ; la machine se trouve ainsi composée de
- FIG. ÎO
- deux paires de bobines perpendiculaires l’une à l’autre. Les bouts libres des fils de la première paire AA' vont aux deux coquilles d’un commutateur N; les bouts libres de la seconde paire B B' aux coquilles d’un commutateur M calé à angle droit avec le premier. Sur chaque commutateur, les coquilles sont séparées de part et d’autre par
- un intervalle correspondant au i de la circonférence, c’est-à-dire que le rapport entre les parties métalliques des commutateurs et leurs parties isolantes est à peu près le même qu’entre l’étendue des épanouissements polaires et celles des espaces qui les séparent.
- Considérons maintenant seulement la paire de
- (’) En pratique, les réactions entre le magnétisme des pôles et celui de l’anneau déplacent cette ligne, mais il n’est pas nécessaire, pour l’étude des circuits, que nous tenions compte de ce déplacement, et dans ce qui suit nous supposerons la ligne neutre dans sa position théorique.
- bobines AA' et supposions que les balais FF' destinés à recueillir le courant n’appuient que sur le commutateur N ; on voit que, tant que les bobines AA' passeront encore entre les épanouissements polaires, les balais recueilleront sur N les courants de ces bobines. Mais quand les bobines AA' arriveront dans la verticale, c’est-à-dire dans la région neutre du champ magnétique, les balais, au lieu de frotter sur les coquilles, se trouveront sur les parties isolantes et ne seront plus en communication avec les bobines.
- Si nous passons ensuite à la paire de bobines B B' et au commutateur M, en supposant que les balais appuient seulement sur ce dernier, nous verrons se produire le même effet que pour la première paire : collection des courants tant que les bobines passent entre les épanouissements polaires, et exclusion des bobines au moment où elles traversent la région neutre, c’est-à-dire au moment où elles sont inactives.
- FIG. II ET 12
- Mais, dans la réalité, les balais frottent sur les deux commutateurs à la fois. Il en résulte qu’au moment où une des paires de bobines, B B' par exemple, cesse d’être en communication avec les balais, ceux-ci recueillent les courants de l’autre paire et par conséquent ne cessent jamais d'alimenter le circuit extérieur.- Pendant un certain temps, les balais se trouvent en outre en contact à la fois avec les coquilles métalliques des deux commutateurs et ils recueillent en quantité les courants des deux paires de bobines.
- En somme, on a dans la disposition que nous venons de décrire, une machine à commutateur double dans laquelle chaque paire de bobines se trouve exclue du circuit lorsqu’elle est inactive et où les les deux paires de bobines se trouvent accouplées en quantité lorsqu’elles concourent ensemble à la production du courant. Il va sans dire que le courant recueilli par les balais sert non seulement à alimenter le circuit extérieur, mais encore à exciter les inducteurs, comme cela a lieu dans toutes les machines dynamo-électriques, et comme l’indique la figure 10.
- Nous avons représenté schématiquement le dou-
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- ble commutateur MN. En réalité, les espaces isolants dans chaque commutateur simple sont remplis, à un petit intervalle près, par des projections métalliques émanant des coquilles de l’autre commutateur simple. De cette façon, la surface sur laquelle appuient les balais conserve toujours le même niveau. La disposition est représentée en perspective dans la figure n et en développement dans la figure 12 (').
- De cette machine simple à quatre bobines qui existe de fait dans la machine Brush, mais qui, croyons-nous, n’a jamais été construite séparément, il est facile maintenant de passer à la machine ordinaire à 8 bobines. Il suffit, en effet, d’intercaler sur l’anneau, entre les bobines AA', BB', deux autres paires de bobines CC', DD' (fig. i3) et de relier leurs fils libres à un second commuta-
- F1G. l3
- teur double OP muni de ses balais. L’ensemble formera deux machines simples, fonctionnant entre les mêmes inducteurs, et pour n’en faire qu’une machine, il n’y aura qu’à relier en série les deux paires de balais, les inducteurs et le circuit extérieur. Les communications seront alors représentées par le diagramme de la figure 14.
- Par le fait, la machine Brush à 8 bobines n’est pas autre chose que la réunion de deux machines à quatre bobines, montées sur le même anneau, mais ayant leurs paires de balais distinctes, et cette considération permet de passer aisément à la machine à 12 bobines représentée en perspective dans la figure i5. Cette dernière est la réunion de
- (*} Dans les premières machines Brush, chaque commutateur simple était composé de trois coquilles inégales, de sorte qu’au moment de l’exclusion d’une des paires de bobines un seul des balais portait sur la partie isolante. Cette disposition a été depuis remplacée d’une façon générale par celle que nous venons d’indiquer.
- 3 machines simples à 4 bobines, elle comporte, par suite, 3 paires de balais, comme le montre la figure; l’accouplement en série de ces trois machines simples, des inducteurs et du circuit extérieur est représenté par le diagramme de la figure 16.
- Si, au lieu de décomposer la machiue ainsi que nous venons de le faire, on en considère l’ensemble et on cherche comment le courant parcourt les différentes bobines à un moment donné, if est facile de s’en rendre compte à l’aide d’un diagramme très simple (fig. 17).
- Soient, pour une machine à 8 bobines, 1,1 et
- II, II les bobines de la première machine simple;
- III, III et IV,IV celles de la seconde machine simple; chaque commutateur simple est calé sur l’axe de façon que ses parties isolantes soient dans la ligne des balais quand la paire de bobines qui lui correspond est dans la ligne neutre. Nous pourrons donc représenter par une même ligne nn la
- ligne neutre et celle des balais; les parties isolantes des commutateurs seront représentées par les traits noirs 1,r 2,2, 3,3, et 4,4, enfin, mm sera la ligne du maximum d’action.
- Au moment figuré par le diagramme, les parties isolantes des commutateurs simples correspondant à la paire de bobines 1,1 sont sur la ligne des balais et la paire 1,1 est exclue du circuit, la paire II,II ayant les parties isolantes de son commutateur dans la ligne m m, les balais reposent sur la partie médiane de ses coquilles métalliques, elle est donc seule en communication avec eux ; quant aux deux paires 111,111 et IV,IV qui constituent la seconde machine simple, les parties isolantes de leurs commutateurs étant dans des positions intermédiaires entre nn et mm, les balais frottent sur les coquilles conductrices des deux commutateurs à la fois et les deux paires se trouvent en dérivation. Comme le système I, II est relié en tension avec le système III, IV, le courant traverse donc en série la paire II seule, et les deux paires III et IV accouplées en dérivation. Un instant après la bobine III a pris la place de la bobine I et se trouve hors circuit, la bobine IV est seule en relation avec ses balais
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- lî.toll
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- et les paires I et II sont accouplées en dérivation, le courant traverse en tension ces deux paires en quantité et la paire IV. On voit, en somme, qu’à un moment quelconque il y a toujours une bobine hors circuit et le courant traverse en série le circuit extérieur, les inducteurs, deux paires de bobines accouplées en quantité et une paire seule.
- L’avantage que l’on trouve à exclure constamment du circuit la paire de bobines qui passe dans la région neutre consiste en ce que, si elle restait dans le circuit, cette paire inactive offrirait au courant produit par les autres une voie dérivée et serait une cause de perte.
- Le principe général de la machine étant ainsi
- décrit, il nous reste njaintenant à dire quelques mots des derniers perfectionnements apportés par M. Brush à sa machine, et qui, à l'Exposition de Philadelphie, appelaient de nouveau l’attention sur cet appareil.
- On se rappelle que l’anneau des anciennes machines était tormé d’une seule masse de fer, percée de profondes rainures pour atténuer dans une certaine mesure les courants de Foucault. La fig. 19 représente cet anneau pour la machine à 12 bobines. Cette construction a été modifiée de façon à diviser encore plus le fer de l’anneau. Ainsi que le montre la figure 20, sur un anneau qui sert de base à la construction, on enroule un long ruban
- de tôle, épais de imm,5 et d’une largeur correspondant à l’épaisseur du noyau des bobines. Pendant l’enroulement, qui se fait dans une sotte de matrice, on intercale entre les spires du ruban de fer de petites lames de fer de même épaisseur, dépassant le ruban de part et d’autre et disposées de manière que leur ensemble forme les projections de l’anneau. Avec cette disposition, les spires sont tenues à distance l’une de l’autre par les lames intercalées, et celles-ci sont séparées l’une de l’autre par les spires elles-mêmes. Le tout est maintenu par des boulons isolés placés radiale-ment. Les bras qui relient le système à l’axe sont fixés à des projections de l’anneau central sur lequel a été fait l’enroulement.
- Les bobines sont enroulées de la même manière que sur l’ancien anneau.
- Cette armature présente très peu de magnétisme
- rémanent, ce qui évite des réactions magnétiques nuisibles et augmente ainsi la force électromotrice produite. En outre, cela permet d’accroître encore la force électromotrice en donnant à la machine une plus grande vitesse. Avec l’ancien anneau, la plus forte machine Brush alimentait 40 lampes à arc à 75o tours par minute, et donnait une force électromotrice de 2 000 volts environ. Avec la nouvelle armature, à la même vitesse on peut alimenter 5o lampes, et à une vitesse de 85o tours par minute, on alimente plus de 60 lampes avec une force électromotrice de 3ooo volts.
- Le courant de cette machine en marche normale est de 10 ampères, dans certains cas, par exemple pour la charge des accumulateurs, il est utile de pouvoir lui faire donner un courant de 20 ampères. Dans ce but, M. Brush a ajouté à sa machine deux commutateurs.
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- L’un d’eux, disposé sur l’axe, change en un accouplement en quantité l’accouplement en tension des bobines de chaque paire; l’autre placé sur le socle relie entre elles en dérivation les bobines des inducteurs. Ces deux changements suffisent pour porter le courant à 20 ampères, la force électromotrice est alors de 1 450 volts.
- Pour régler la puissance de la machine suivant le nombre de lampes en circuit, M. Brush se sert
- d’une résistance variable mise en dérivation sur le circuit des inducteurs et que représente la figure 18. Cette résistance est formée par 4 piles D D D D de plaques de charbon ; le courant y entre par la
- 1
- FIG. 17
- borne G, descend la première pile à gauche, remonte la seconde, descend la troisième, remonte la'quatrième et sort par la borne G'. Ces piles de charbon peuvent être plus ou moins pressées au moyen d’un levier qu’actionne un électro-aimant E placé dans le circuit principal. Si le courant devient trop fort, cet électro attire plus fortement
- son armature, les plaques de charbon se trouvant pressées deviennent plus conductrices et il passe plus de courant par la dérivation. L’intensité du champ magnétique inducteur diminue en conséquence. Quand le courant est trop faible, l’effet inverse se produit. Une pompe-amortisseur empêche les mouvements trop brusques de l’armature de l’électro, et on peut régler l’appareil en plaçant des poids sur le levier. Ce régulateur permet de faire varier le nombre des lampes en circuit depuis 10 jusqu’à 65.
- La Compagnie Brush avait exposé également une machine destinée à l’éclairage par incandescence et alimentant des lampes Swan. Dans cette
- FIG. iS
- machine, les inducteurs sont à double enroulement, de sorte qu’elle se règle d’elle-même, mais elle n’a pas été construite pour donner une différence constante de potentiel aux bornes. On a tenu compte de ce fait que, par suite de la disposition des conducteurs, la résistancé extérieure ne diminue pas tout à fait proportionnellement au nombre des lampes en circuit et, par suite, on a combiné les résistances des inducteurs, de façon que la force électromotrice augmente légèrement à mesure qu’on ajoute des lampes, mais seulement jusqu’à ce que les deux tiers du nombre total de lampes aient été mis en circuit.
- A partir de ce point, la différence de potentiel aux bornes reste constante. On avait aussi dans cette machine augmenté la masse de fer des inducteurs, et celle de l’anneau, et mis en dérivation les bobines des différentes paires.
- Ajoutons que la Société Brush avait également
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- exposé une autre machine de quantité destinée à la galvanoplastie. Dans cette machine, la résistance était considérablement réduite par l’emploi des conducteurs à grande section et par des groupements en quantité comme ceux indiqués plus haut. Un atelier de nickelage en travail actif permettait de juger des excellents résultats obtenus.
- Il a été fait peu de mesures exactes sur les machines Brush. La série de mesures la plus complète que nous connaissions est celle qui se rap-
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- La machine Stanley.
- A côté de la machine Brush se place tout naturellement la machine Stanley exposée par la Union Switch and Signal C°. Cette machine est en effet à la machine Brush élémentaire ce que la machine
- FIG. 21
- Siemens est à la machine Gramme. Les inducteurs sont absolument ceux de la machine Siemens.
- L’induit est un cylindre composé d’anneaux de fer isolés les uns des autres afin d’éviter les courants de Foucault. Sur ce cylindre sont enroulées deux bobines à angle droit dont les extrémités se ren-
- porte aux expériences faites par la Commission de l’Exposition de 1881. Elle a trait à trois machines, avec anneau de l’ancien système ; l’une alimentait 16 foyers, les deux autres 38 et 40 foyers. On trouvera ces mesures dans La Lumière Electrique, vol. VII, p. 484. Nous rappellerons seulement que les machines ont donné dans ces expériences de 45 à 52 carcels par cheval mécanique et que leur rendement mécanique total a été d’environ 85 %• Avec le nouveau système d’armature le rendement est, comme on l’a vu, notablement augmenté.
- FIr.. 20
- dent à un double commutateur identique en principe avec celui de la machine Brush. La figure 21 donne une idée de l’ensemble de cette armature et il est facile de voir sans autres développements que le fonctionnement en est le même que celui de la machine Brush à 4 bobines sur lequel nous nous sommes longuement étendu.
- En envisageant cette machine à un autre point de vue, on pourrait considérer son armature comme étant la réunion de deux armatures Siemens à double T croisées à angle droit, et l’on retomberait ainsi sur une disposition due à Sinsteden, que nous avous déjà eu occasion de décrire à propos de l’Exposition de Munich.
- La machine à vapeur qui mène cette dynamo est munie d’un régulateur de vitesse et l’enroulement est fait de manière à maintenir aux bornes une différence de potentiel constante.
- Aug. Guerout.
- [A suivre.)
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- ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE
- LA FABRIQUE DE SCIES
- MONGIN AÎNÉ
- L’usine dont nous donnons plus loin deux vues intérieures mérite absolument de fixer l’attention des ingénieurs à plus d’un point de vue, et quoiqu’elle n’ait d’électrique que son mode d’éclairage, nous sommes certains que nos lecteurs nous sauront gré de la description qui va suivre, car plus d’un pourra y puiser des renseignements précieux pour l’établissement d’usines destinées à toutes autres fabrications.
- La maison Mongin aîné, fondée en 1814, est la première en France qui substitua l’acier trempé au fer aciéré de Styrie dans la confection des lames de scie. L’importance de cette innovation n’échappera à personne, car tout le monde a plus ou moins .manié la scie et a été à même d’apprécier les avantages d’un instrument léger et n’exigeant pas un affûtage incessant.
- Les débuts furent modestes, le succès fut rapide ; dès 1820, le petit atelier de la rue Jean de-Beau-vais était transféré, pour cause d’agrandissement, rue Galande ; puis, en 1829, rue des Juifs.
- En i85o, MM. Charles et Edouard Mongin succédaient à leur père, et, en 1864, ils transportaient leur industrie rue Sedaine où ils employaient déjà une machine à vapeur de 5o chevaux.
- En 1882, M. Edouard Mongin, et M. Mayer, devenu son associé après avoir été depuis longtemps attaché à la maison, durent se décider à créer de toutes pièces une usine proportionnée aux besoins croissants de leur industrie. C’est dans ces conditions de prospérité exceptionnelle que naquit la splendide usine située aux numéros 34, 36, 38 et 40 de l’avenue Philippe-Auguste.
- La superficie occupée par l’ensemble des bâtiments est de 6000 mètres. Sur la façade, une élégante construction, longue de 55 mètres, du style Louis XIII, construite en pierre et briques, élevée sur caves, est occupée par les magasins et bureaux.
- On pénètre dans l’intérieur de l’usine par deux grilles qui donnent accès dans une cour de 43 mètres de longueur sur 10 mètres de largeur; à droite et à gauche, des annexes. Dans l’une a lieu la réception des matières ouvrées, l’autre est occupée par les écuries.
- Nous trouvons dans cette cour, et faisant face au bâtiment que nous venons de décrire, les ateliers.
- La façade est en briques apparentes jusqu’à la naissance des rampants des toits. Les pignons '
- sont formés de lambrequins en bois que la toiture surplombe, ce qui donne à cette façade un aspect très attrayant. Du reste, qu’on examine l’extérieur ou qu’on visite l’intérieur, on est obligé de reconnaître que MM. Mongin et Mayer ont agi autant en artistes qu’en ingénieurs.
- Les ateliers se composent : d’une nef principale de 19 mètres de largeur, de deux nefs latérales de 12 mètres, et de deux appentis de 6 mètres chacun ; la charpente est métallique, en fer et fonte, du système Pelonceau ; elle est très bien étudiée ; elle ne manque pas de légèreté, et son exécution ne laisse rien à désirer; son poids total est de 25oooo kilogrammes. L’éclairage diurne vient d’en haut; les parties basses et hautes des longs' pans des toits sont parquetées en sapin. Ces bois sont apparents et recouverts en zinc n° 14 ; le surplus est vitré et représente la moitié de la surface totale. Le sol est en béton; en un mot, toutes les conditions d’hygiène y sont réalisées.
- Traversons les ateliers et continuons la description de l’usine. Nous nous trouvons dans une cour qui sépare les ateliers des feux des autres bâtiments ; elle est de même dimension que celle que nous avons décrite. C’est dans cette cour que se trouve une installation aussi nouvelle qu’importante au point de vue du confort et de l’hygiène; le sujet est un peu délicat, nous voulons parler du tout à l'égout.
- Les cabinets d’aisances forment une construction particulière adossée aux murs des ateliers ; elle est en briques et bois apparents, élevée de 5 mètres, ventilée par la partie supérieure; elle est divisée en 14 compartiments. Les deux extrêmes sont réservés aux urinoirs, au nombre de six ; ils sont en faïence et sont puissamment arrosés. La partie centrale, longue de 10 mètres, est occupée par 12 cabinets d’aisances; les cloisons qui séparent chaque cabinet s’élèvent à 3 mètres du sol; la porte a im40 de hauteur; les parois sont entièrement revêtues en carreaux de faïence blanche ; le siège est en fonte ; sur le sol, une grille, également en fonte, permet aux liquides odorants de s’écouler. Toutes ces chutes sont branchées sur une conduite horizontale en poterie Doulton de 3o centimètres de diamètre; à son extrémité, un déversoir, haut de i5 centimètres, retient un niveau d’eau constant où les matières tombent et sont diluées par une circulation de 400000 litres par jour, provenant des eaux de condensation du moteur à vapeur. Une autre conduite, également à circulation d’eau et à niveau constant, couverte de grilles, passe devant les sièges et recueille les urines. A la suite des déversoirs, une chute de 2 mètres conduit les eaux dans une canalisation en Doulton de 5o mètres de longueur, ayant une pente de 5 centimètres par mètre. Cette canalisation va rejoindre l’égout de la ville, après avoir reçu dans son parcours de nombreux
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- branchements de 22 centimètres de diamètre qui lui déversent les eaux pluviales et celles du service de l’usine.
- Toute l’installation de cette partie de l’établisse-meet a été l’objet d’une étude attentive, et a été particulièrement soignée. Propreté et ventilation complètes, tels sont les deux termes qui, seuls, peuvent assurer la salubrité ; nous pouvons affirmer que le problème a été complètement résolu et que ces cabinets restent indemnes de toute mauvaise odeur.
- Tous les ingénieurs et tous les médecins qui ont vu de près les cloaques ordinaires des usines, casernes, etc., etc., ne peuvent que souhaiter que le gouvernement s'impose et impose à tous d’imiter l’exemple que MM. Mongin et Mayer ont donné par respect humain et pure philanthropie.
- La façade des ateliers des Feux forme sept pignons; elle est construite dans le même ordre que celle des ateliers principaux. Ces ateliers, par partie, prennent jour par les toits et sur la façade ; l’autre partie est complètement obscure. Cette obscurité est exigée par les travaux qui y sont exécutés. La charpente est métallique et supportée par des colonnes en fonte; sur chaque faîtage, deux cheminées, munies de volets à bascule, servent à aspirer les fumées et les gaz produits par les divers foyers qui y sont installés.
- Sous la cour des ateliers, un groupe de caves voûtées, ayant une longueur de 35 mètres sur 12 de largeur, construites en moëllons et briques, contiennent les approvisionnements des divers combustibles servant à l’alimentation des générateurs et des nombreux foyers de l’usine; un ascenseur à vapeur fait le service des caves aux ateliers des feux.
- Dans un établissement de la nature et de l’importance de celui-ci, une question capitale est celle de l’eau. En effet, en première ligne se placent les générateurs et le moteur, puis vient ensuite celle de la fabrication et, enfin, celle de l’hygiène. Ici, comme partout ailleurs, les propriétaires n’ont pas reculé devant un travail long et coûteux ; un forage a été pratiqué jusqu’à une profondeur de 75 mètres. Son diamètre est de 38 centimètres, et le volume d’eau que l’on en extrait par journée de travail de 10 heures s’élève à 5ooooo litres. Sur ce volume, 400000 litres sont employés à la condensation de la vapeur du moteur; les 100000 litres restant sont refoulés dans un réservoir d’une capacité de 5o mètres cubes qui alimente l’usine. Ce réservoir forme un parallélipipède ; il est en fer et élevé du sol de 4 mètres sur un beffroi également en fer; les colonnes sont formées de doubles montants en fer en I de 160 millimètres, assemblés et entretoisés; 4 poutrelles de 3oo millimètres de hauteur, compo-. sées d’âmes en tôle et de cornières rivées, forment l’encadrement sur les quatre côtés ; un plancher*
- composé de 9 solives en fer en I de 220 millimètres, assemblées avec équerres aux poutrelles, relie les colonnes; et, enfin, un contreventement en croisillon consolide le tout.
- L’eau étant nécessaire dans toutes les parties de l’établissement, une distribution y est établie. Elle se compose d’une maîtresse-conduite verticale de iûomm de diamètre partant du réservoir; arrivée sur le sol, elle se divise en trois autres conduites en fonte de 8omm de diamètre. Toutes ces conduites sont munies de valves, de façon à les isoler suivant les besoins ; elles se dirigent dans des directions opposées, de manière à alimenter le réseau de branchements en plomb qui distribue l’eau aux endroits utiles. La canalisation en fonte est, pour partie, installée dans des canivaux recouverts de plaques de fer strié ; enfin, l’autre partie est adossée aux murs des ateliers et fixée par des corbeaux à scellement.
- générateur. — Le générateur à vapeur est du système L. Dulac. Il est formé de deux parties verticales réunies par un corps horizontal. Celle de l’avant forme le vaporisateur et celle de l’arrière un bouilleur où a lieu l’alimentation.
- L’élément qui joue le principal rôle dans la chaudière de M. Dulac est le faisceau tubulaire formé de 178 tubes pendentifs fermés par le bas et faisant saillie dans le foyer, au-dessous de la plaque tubulaire.
- Ce tube, imaginé par M. Perkins et perfectionné par M. Field, sous le nom duquel il est connu, se trouve complété ici d’une façon heureuse par l’addition d’un collecteur de dépôts qui évite l’incrustation de ses parois. Il résulte de cette disposition que le tube n’est jamais exposé à rougir et à se percer, comme cela arrive aux tubes Field, une fois qu’ils sont incrustés dans leur partie inférieure.
- Le collecteur imaginé par M. L. Dulac consiste en une enveloppe en tôle mince, concentrique au petit tube, placée à la partie supérieure et au-dessus de la bague, qui relie le tube à la plaque tubulaire ; elle est terminée et maintenue au petit tube par un cône de jonction. C’est dans cet espace annulaire, que par un dispositif très simple, viennent s’accumuler les particules solides en suspension dans l’eau. Il est donc facile de les extraire lorsqu’on enlève le petit tube intérieur.
- Voici, aussi brièvement que possible, le fonctionnement du collecteur de M. Dulac : L’ébullition produite dans le tube qui plonge dans le foyer détermine un courant ascendant de vapeur qui passe dans le vide annulaire, entre la bague tournée de la plaque tubulaire et les ailettes qui supportent le petit tube central. A la partie supérieure du tube collecteur, il se produit au contraire un courant descendant d’une vitesse moindre, la surface étant beaucoup pluâ grande. Aussi dans le remous qui
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- existe à l’entrée du cône fixe de retenue, tandis qu’une partie de l’eau suit le centre du tube, les particules solides en suspension heurtent les parois de ce cône et tendent à descendre entre le collecteur et le tube central. Le clapet de retenue, en laiton très mince, a la forme de deux troncs de cône réunis par leur base ; son jeu le long du tube central est d’environ un centimètre et demi et les soubresauts de l’ébullition le maintiennent continuellement en mouvement, ainsi qu’en témoigne l’état du tube lorsqu’on le retire. Une fois descendus au-dessous de ce clapet, les dépôts boueux n’ont plus de tendance à remonter. Au-dessous du cône fixe de retenue, des petits trous sont percés et servent à évacuer la vapeur qui se forme dans l’espace annulaire qui, sans cette précaution, s’opposerait à la rentrée des dépôts.
- MM. Mongin et Mayer nous ont assuré avoir, après un an de marche, trouvé dans l’espace annulaire existant entre le tube central et le tube collecteur un dépôt pâteux formé de sels calcaires précipités. Nous ferons remarquer que pour le bon fonctionnement de cette chaudière, comme toutes celles du reste où les tubes Field sont appliqués, il faut que les sels en dissolution dans l’eau d’alimentation soient au préalable décomposés et rendus pulvérulents par l’addition de carbonate de soude.
- Dans cette chaudière, M. Dulac a cherché le plus possible l’utilisation théorique de la chaleur, sans excès d’air, et il y est parvenu en opérant la combinaison des éléments comburants et combustibles dans un milieu à haute température et par un mélange des gaz.
- L’air atmosphérique, admis par deux registres, contourne l’enveloppe du foyer et pénètre sous la grille par le cendrier. Les flammes et les gaz du foyer, après avoir enveloppé les tubes et s’y être dépouillés de la plus grande partie de leur chaleur, passent par un diaphragme qui les concentre sur les tubes.
- Ces gaz suivent le carneau établi au-dessous du corps horizontal, puis se rendent au réchaufïeur, dont ils lèchent les parois, et gagnent le carneau d’évacuation conduisant à la cheminée.
- Des constatations faites concernant le rendement, il résulte qu’avec 7 000 kilogrammes de coke on a consommé 5 600 kilogrammes d’eau, ce qui représente une vaporisation de 8 kilogrammes d’eau par kilogramme de combustible.
- Il nous reste à indiquer les dimensions principales de ce générateur :
- - Nombre de tubes.................. 178
- Longueur utile des tubes....... i»ioo
- .( des tubes.................. 36m2 85
- Surface de chauffe ] de la chaudière......... 14 »
- (du réchauffeur................ 9 5o
- Total....... 6om2 35
- Surface de la grille.........
- Surface de chauffe par mètre
- carré de grille............
- Vaporisation par heure . . . .
- Volumes
- Eau . . Vapeur
- im2 80
- 33m2 52 i,030 kilos.
- 6m3 485
- 3 782
- Total
- I0m3 267
- Volume d’eau par mètre carré de chauffe............................ om3i7o
- Dimensions extérieures du massif. .
- Hauteur. Longueur Largeur. ,
- Emplacement superficiel Timbre..............
- 21m? 12 7 kilos.
- 4mo5o 8 45o 2 5oo
- Moteur. — Le choix d’un type de machine à adopter, dans un établissement comme celui que nous décrivons, est un point capital. C’est une question préliminaire qui doit être résolue avant qu’il puisse être procédé à l’étude définitive du projet. La solution dépend à la fois de considérations générales indépendantes de l’usage industriel auquel la machine est destinée, et de considérations particulières en relation, au contraire, d’une manière plus ou moins intime avec cet usage, ainsi qu’avec les circonstances locales.
- Ni l’une ni l’autre de ces considérations ne sont assez impérieuses, ni en même temps assez concordantes, pour imposer absolument, dans chaque cas particulier, une solution unique. Deux ingénieurs n’arriveront certainement pas à la même solution pour les détails, ni même pour l’ensemble de la machine qu’ils pourront être amenés à pror poser. Cette diversité même des solutions est un motif de plus pour qu’il soit opportun d’examiner ici la question en termes généraux, en indiquant les divers points de vue qu’on est amené à étudier et dont on doit chercher, dans chaque cas particulier, à apprécier l’importance relative.
- Si l’on se place à un des points de vue les plus importants, celui de l’économie de combustible, et si c’est là la seule question dont on veuille d’abord se préoccuper, cela revient à dire que la machine doit satisfaire à la condition de faire le meilleur emploi possible de la vapeur.
- Pour atteindre ce but, il est tout à fait nécessaire, et il suffit presque de supposer remplies les trois conditions suivantes : une pression initiale élevée, une détente poussée très loin, et enfin, une condensation efficace.
- S’agit-il d'une machine de rotation : l’emploi des cylindres accouplés, constituant ce qu’on désigne sous le nom de machine Woolf, combiné avec l’emploi du balancier et du parallélogramme de Watt, constitue un excellent type employé dans beaucoup de grandes usines où l’on se préoccupe moins de la dépense de premier établissement et de la place occupée par la ma-
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- chine, que de l’économie de:combustible et de la régularité de la marche. On sacrifie même à cette dernière condition quelque chose sur l’effet utile, en abaissant un peu la pression initiale pour réduire les fuites de vapeur, et rendre plus facile l’entretien de ; la machine et de la chaudière ; de sorte que, les machines de Woolf, à balancier, et à moyenne pression, forment le type qui prévaut dans les grands établissements passant pour les mieux installés.
- r G’est ce dernier type que MM. Mongin et Mayer ont adopté et installé dans leur usine.
- Cette machine, du système Woolf-Compound a été construite dans les ateliers de M. Windsor, fils ainé, de Rouen.
- Le point principal, dans une machine de ce genre est l’appui de tourillonnement du balancier. Ici, pour conserver une certaine élégance, on a remplacé les chevalets ou les piles en maçonnerie, par un beffroi en fonte ; il est formé d’un entablement d’une seule pièce supporté par six colonnes, quatre de ces colonnes sont placées deux à deux dans le sens longitudinal et à chaque extrémité ; les deux autres sont directement au dessous des piliers des tourillons du balancier. Toutes ces colonnes reposent sur des semelles à coins en fonte, elles sont assemblées au massif, en meulières et ciment, de 4m,5o d’épaisseur par des boulons à clavette. Ce beffroi ainsi établi constitue un ensemble exempt de vibrations.
- Un escalier en fonte conduit à une galerie enveloppant le parallélogramme, et facilite le service de graissage de la partie haute de la machine.
- Cette machine est pourvue d’une détente, système Windsor et Hall, son fonctionnement à lieu par la pompe du condenseur qui fait le vide dans un cylindre vertical en bronze, et au-dessous d’un piston à lumières. La partie haute du cylindre est mise en communication avec la bâche du condenseur, le piston est relié au pendule par une tringle qui est assemblée librement à la tige du piston par une goupille qui se meut suivant les changements de vitesse dudit pendule dans une coulisse verticale, héliçoïdale ; par ce mouvement, les lumières du piston se découvrent et donnent passage à l’eau contenue dans la partie haute du cylindre ; le piston ainsi allégé, est appelé par le vide produit par la pompe du condenseur. C’est à ce moment que le mécanisme, attaché par deux tringles à la tige du piston, et au moyen d’un excentrique, monté sur une glissière caiée sur un angle, commande la distribution qui augmente ou diminue l’admission de la vapeur.
- Les tiges des pistons des pompes à air du condenseur, et de celle d'alimentation du générateur, sont attachées au balancier; quant à la pompe à eau, elle se trouve, à cause de la situation du puits
- complètement indépendante de la machine. Plus loin, nous donnerons sa description.
- Voici les données principales de cette machine :
- Diamètre du petit piston........................ om,38o
- — du grand piston......................... om,720
- Course du petit piston.......................... im,ooo
- — du grand piston......................... im,45o
- Nombre de tours............................. 40m
- Vitesse linéaire du petit piston................ im,33o
- — du grand piston.................. im,933
- Diamètre du volant............................. 6ln,ooo
- Poids du volant............................. 8000 kil.
- Force nominative développée sur les pistons.. 1S0 ch.-v.
- Pompe élévatoire. — L’altitude étant de 5om,i9 et l’eau ne se trouvant qu’à 19 mètres du sol, on se trouvait en présence de l’impossibilité de placer la pompe sur le sol.
- Pour obvier à cette impossibilité, on a foncé un puits mafonné de 1 400 de diamètre jusqu’à l’eau ; de cette manière, et en construisant une chambre à la naissance du forage, on y a installé la pompe; ce qui a permis de descendre dans ledit forage la colonne d’aspiration, point capital, afin d’éviter les mécomptes qui pourraient survenir par suite de l’abaissement de la nappe.
- Cette pompe est toute en fonte, elle est à piston plongeur ; l’aspiration est en fer, son diamètre est de i6omm, la colonne de refoulement est aussi en fer, elle a 25 mètres de hauteur et son diamètre est de i20mm; sur chacune de ces colonnes, une chapelle d’air est installée.
- Sur la colonne de refoulement, et à son arrivée au sous-sol, un branchement, muni d’une valve, conduit dans un réservoir le volume d’eau nécessaire à la condensation de la vapeur de la machine aspiré par la pompe à air.
- Sur le premier arbre de couche commandé par la machine, une poulie de 700““ de diamètre commande un arbre intermédiaire sur lequel un pignon commande une roue, à l’extrémité de l’arbre de la roue, un plateau équilibré, à tourillon, commande par une bielle la tige du piston du corps de pompe.
- Le volume d’eau montée par cette pompe est de 5o,coo litres à l’heure.
- Nous venons de donner dans le travail qui précède une étude de l’ensemble de l’usine, ainsi que celle du moteur et des principaux services qui ont trait à l’industrie. Nous allons maintenant parler de la répartition de la force et de l’organisation du travail.
- Disposition des ateliers- — Dans un établissement comme celui de MM. Mongin et Mayer, où l’on fabrique tous les genres de scies que les industries diverses emploient, il est nécessaire, pour être dans des conditions favorahles et économi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ques, que cet établissement forme une réunion d’ateliers divers et que chacun de ces ateliers soit pourvu des appareils, outils et personnel au moyen desquels les travaux de cette fabrication pourront être opérés avec économie, promptitude relative et précision.
- Les ateliers sont divisés comme suit :
- Scies circulaires,
- Scies droites,
- Scies rubans,
- Mécanique.
- Chacun de ces ateliers comprend la fabrication : i° Des scies circulaires pour le bois, les mé-
- FIG» i. — ATELIER DKS^PRESSES OU SE ^ FAIT LE REVENU DE l’aCIER
- taux, le sucre, l’ardoise, les fers à chaud, les bouts de rails, etc., etc. ;
- 2° Des scies droites pour machines à bois en grume, à madriers, à planches, à panneaux, à placages ; pour scieurs de long, charpentiers et bûcherons, à bûches, à refendre, à tenons, à araser, à chantourner; passe-partout, crans, égohines; pour métaux, os, ivoire, nacre, écaille, etc. ; pour la pierre; crans, passe-partout et autres objets divers.
- 3° Des scies-rubans pour le bois, les métaux, l’os, la corne, le sucre, l’albâtre ; couteaux-rubans pourries étoffes, seies à découper pour les mé-
- taux, la marqueterie, etc.; ressorts pour tourne-broche, irrigateurs, boîtes à musique, grosse horlogerie, moteurs, etc.; aciers laminés, en bandes, non trempés et trempés, noirs, polis et bleuis, pour toutes espèces de ressorts et lames destinés à diverses applications.
- 4° Des couteaux droits et circulaires pour machines à trancher les bois, pour machines à couper le papier, la peau, le liège, le caoutchouc, etc.; fers pour machines à raboter, à rainer, à languet-ler et à moulurer le bois; lames mâles et femelles pour tondeuses, racles pour l’impression, lames de docteur pour papeteries, lames de hache-paille,
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- lames de coupe-racines, lames de moissonneuses; couteaux à enduire pour peintres, couteaux et porte-lames pour bouchonniers ; feuilles, fendoirs et hachoirs pour bouchers et charcutiers ; couteaux à marée, molettes pour brunisseurs ; chapes, chaperons et boulons pour scies mécaniques; tourne à gauche pour donner la voie aux scies, anneaux pour raquettes et scies de long ; râpes pour betteraves, fécules, pommes et gutta-percha ; machines
- et étaux pour affûter les scies, découpoirs pour denter les scies, forges pour braser les scies-rubans; fraises pour rainer et moulurer le bois, fraises de toutes formes pour le cuir, l’os, les métaux, etc.
- Comme on le voit, par cette curieuse nomenclature, le travail de chacun de ces ateliers est bien déterminé; aussi est-on arrivé, grâce à la division du travail, à avoir un personnel spécial habitué
- FlU. 2.- ATELIER DES SCIES A RUBAN
- aux mêmes occupations et permettant ainsi d’accroître la production.
- Répartition de la force aux ateliers. — Nous avons dit précédemment que le moteur possédait une force nominale de i5o chevaux-vapeur. 120 sont transmis, au moyen d’une commande par 8 cordes-courroies en chanvre, à un premier arbre intermédiaire disposé dans un sous-sol et solidement installé sur des massifs en maçonnerie; cet arbre correspond dans une galerie creusée et bâtie dans le sol à une profondeur de 3m8o. Cette
- galerie est construite dans toute la traversée des ateliers et dans le sens de la largeur, il y existe des arbres qui sont commandés par des courroies venant de l’arbre intermédiaire que commande la machine.
- Chacun de ces arbres transmet aux arbres de couche, installés en élévation du sol de 3m7Ôo, la force nécessaire à chacun des ateliers.
- Les 25 chevaux restant disponibles sont réservés pour commander les trains de laminoirs. A cet effet, deux pignons calés sur l’arbre de la mani-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- velle de la machine transmettent, par deux roues de 3mooo de diamètre, la force à deux arbres de couche sur lesquels les commandes de laminoirs sont prises.
- Ici aussi, on n’a rien négligé pour que la transmission motrice soit installée dans des conditions de durée et de sécurité irréprochables. On aurait pu, évidemment, disposer ces commandes en élévation du sol; mais, il est bon de remarquer que les forces 40, 3o, 20 et 10 chevaux-vapeur à répartir demandaient des points d’appui exempts de vibrations; c’est pourquoi la disposition adoptée était préférable à toute autre. Elle avait aussi l’avantage de débarrasser complètement les ateliers de ces grandes courroies qui sont généralement dangereuses pour les services.
- Arbres de couche et transmissions intermédiaires. — Lorsqu’on se trouve en présence de grandes surfaces couvertes, dans lesquelles on doit installer des arbres de couche et des transmissions intermédiaires, on est obligé d’adapter les points d’appui de ces transmissions aux colonnes supportant la couverture ; mais, comme dans une charpente en fer le point principal que l’on vise est celui de la légèreté, on donne le plus d’écartement possible aux fermes ; celles-ci, ayant pour basé les colonnes, sont distancées entre elles de 6 mètres, distance beaucoup trop grande pour qu’on puisse s’en servir. C’est alors que MM. Mon-gin et Meyer ont établi une nouvelle charpente en fonte et fer, réservée aux transmissions.
- Cette charpente est élevée du sol de 3“76o, ainsi que nous l’avons déjà dit en parlant de la répartition de la force; elle est composée de colonnes en fonte, écartées de trois mètres, de forme cruciforme, surmontées de chapiteaux ronds supportant des consoles; des poutres en treillis de 3oomm de hauteur, pouvant porter une charge de 600 kilos par mètre courant, viennent s’assembler sur les colonnes; des contrefiches et des extraits relient les colonnes et les poutres entre elles. Cet ensemble forme une construction résistante et ne vibrant pas sous les efforts de torsion et de flexion qui lui sont imprimés par la traction des courroies et les chocs qui peuvent se produire dans le travail des machines.
- Pour que les arbres de couche soient à l’abri des dénivellenients, on les a installés sur les consoles des colonnes. A cet effet, on a, sur une surface bien dressée, fixé une cuvette en fonte légère portant à chaque extrémité un bossage sur lequel un palier vient s’assembler; de cette manière, charpente et arbre de couche sont solidaires et forment un tout d’une solidité à toute épreuve; les longueurs d’arbres viennent se rencontrer dans l’axe de chaque colonne et sont manchonnées entre les deux paliers; aussi, dans aucun cas, n’est-on obligé d’avoir recours aux poulies en deux
- pièces à moyeu spécial, lorsqu’on trouve un manchon à l’emplacement où l’on est forcé de placer une poulie.
- Les arbres intermédiaires reposent aux deux bouts sur des paliers fixés sur des cuvettes assemblées aux poutres en treillis. Tous ces arbres de couche et intermédiaires sont en acier, les paliers sont graisseurs, toutes les poulies sont en fonte et ont été calculées au maximum de légèreté, afin d’avoir le moins possible d’efforts négatifs1 absorbés par les transmissions.
- Outillage. — Parcourons un peu les ateliers et donnons un aperçu de l’outillage.
- Dans l’atelier des scies circulaires, nous rencontrons des machines d’un modèle tout spécial pour le rodage des disques. Ces machines peuvent rôder des scies depuis 6ocm jusqu’à 2moo de diamètre. Plus loin, nous trouvons les machines à cisailler, denter, polir, aléser, etc.
- Dans celui des scies droites, nous voyons fonctionner huit grandes meules de im5o à 2m20 de diamètre, ainsi que les machines à denter, cisailler, polir, percer, etc.
- Nous assistons, dans la partie où se fabriquent les scies-rubans, aux diverses manipulations que ces lames reçoivent ; nous les voyons polir, cisailler, limer, denter, planer; puis nous nous arrêtons au brasage, opération qui transforme la scie-ruban en scie sans fin.
- Nous passons à l’atelier de mécanique : le dessin que nous publions donne l’idée de l’ordre qui a présidé à la distribution de l’installation. Les tours sont placés sur une même ligne, les machines à raboter, à percer, à diviser, à fraiser, sont disposées avec méthode de manière à permettre à un seul ouvrier de conduire plusieurs machines à la fois.
- Nous comptons dans la nef principale dix laminoirs. Toutes les dimensions des cylindres y sont représentées, depuis om20o jusqu’à im3oo de table. Ces laminoirs sont construits et installés dans des conditions exceptionnelles.
- Nous voici maintenant dans les ateliers des feux. De nombreux foyers y sont allumés, des presses à chaud depuis 20omm jusqu’à 2moo de diamètre fonctionnent mécaniquement : c’est là que se fait le travail du recuit partiel, ce qu’en langage d’atelier on appelle le revenu; plus loin nous entrons dans une salle obscure : c’est ici qu’a lieu la trempe des scies.
- Les métallurgistes savent les difficultés qu’ils rencontrent lorsqu’ils ont à chauffer des pièces minces en acier. Ces difficultés deviennent presque des impossibilités lorsque ces pièces doivent être trempées. Dans la fabrique de MM. Mongin et Mayer, on est arrivé à une solution des plus satisfaisantes ; rien ne peut mieux en témoigner que les
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- dimensions extraordinaires des scies circulaires que cette maison livre au commerce. Leur diamètre atteint couramment un mètre quatre-vingts centimètres. Inutile d’ajouter que l’outillage est trop spécial pour être construit par d’autres que les chefs mêmes de la maison.
- Les fours devant lesquels nous sommes, et où ces pièces sont chauffées, sont d’un système particulier étudié au point de vue d’une utilisation complète des gaz combustibles. Toutes les pièces qui sont entrées dans leur construction ont été moulées sur les modèles établis sous les yeux, et par les soins du personnel technique de la maison.
- Dans l’un de ces fours on peut opérer le chauffage de pièces atteignant 3m5o en longueur et 2m en largeur. Un autre, réservé spécialement aux pièces longues, peut en recevoir de 5m de longueur sur om8o de largeur.
- Eclairage nocturne. — Dans les grands locaux, les usines, les ateliers, les manufactures, etc., partout où l’on travaille activement, l’électricité a sa place marquée, quand même elle reviendrait à un prix plus élevé que le gaz.
- La lumière électrique facilite beaucoup la surveillance des ouvriers et des machines, augmente la production du travail et permet d’exécuter, la nuit comme en plein jour, certains travaux de précision, certaines manœuvres d’ensemble.
- C’est devant ces causes prépondérantes que MM. Mongin et Mayer n’ont pas hésité à éclairer leurs ateliers à la lumière électrique et qu’ils en ont confié l’installation à la Compagnie Electrique.
- La surface représente 2 800 mètres carrés, elle est éclairée par 24 régulateurs Gramme, donnant un pouvoir éclairant de 3 000 carcels, et pour chaque ampe 125 carcels.
- Ces 24 régulateurs sont alimentés par 4 machines Gramme du type dit à 5 lumières n° 6, chacune de ces machines correspond à un circuit de 6 lampes groupées en tension.
- Les machines employées n’étant que pour cinq lumières on a pu les porter à six en augmentant la vitesse de 200 tours, ce qui donne pour leur vitesse normale 165o tours par minute. A cette vitesse on obtient treize ampères et trois cent cinquante volts.
- Les conducteurs sont en fils de cuivre de i5/iome“ de millimètre de diamètre; ils sont isolés par un ruban imprégné de gutta, recouvert de deux couches de coton et d’un enduit au blanc de zinc. La longueur totale des quatre circuits est de ig5o mètres.
- Les charbons entre lesquels jaillit l’arc voltaïque ont i4”m de diamètre; le crayon du haut est à mèche et correspond au pôle positif, celui du bas correspond au pôle négatif et. est homogène. Chaque lampe en consomme om,o7 par heure.
- Pour faciliter le remplacement des crayons, les
- lampes sont mobiles, elles sont suspendues par des cordes qui passent*sur des poulies à gorge, ce qui permet de les descendre et de les monter à volonté. Chacune de ces lampes possède un commutateur et un rhéostat qu’on aperçoit dans notre dessin sur la colonne correspondante à la lampe, on peut donc pour une cause quelconque, éteindre une lampe en plaçant le commutateur sur une résistance équivalente à la lampe et composée de fils de Maillechort, sans que pour cela le fonctionnement des lampes et l’intensité de la lumière en soient troublés.
- La force nécessaire pour commander les quatre machines dynamo est de 32 chevaux-vapeur, elle est prise sur deux arbres de couche commandés par le moteur ; sur l’un par courroie et sur l’autre par câble télodynanrique. Un embrayage fixé sur l’arbre intermédiaire de commande permet l’arrêt et la mise en marche des quatre machines à la fois.
- La vitesse des transmissions étant susceptible de varier avec la force qu’exige le travail des ateliers, on a intercalé dans chaque circuit un rhéostat de résistance variable permettant de ramener l’intensité lumineuse à sa valeur normale, quand elle tend à s’en écarter. Ces rhéostats servent aussi à équilibrer les circuits qui n’ont pas tous la même résistance par suite des différences de longueur.
- La superficie éclairée, comme nous l’avons dit plus haut, est de 28oom2, ce qui représente par lampe 1171112 et par carcel om2g92.
- La consommation en crayons est, pour chaque lampe, de 7 centimètres par heure, soit pour les vingt-quatre un peu moins de im58 à 2 fr. 25 le mètre courant, cela représente donc une dépense de 3 fr. 60. En se reportant à ce que nous avons dit pour la force électromotrice, les trente-cinq chevaux affectés aux dynamos, à raison de 7 centimes le cheval-heure, représentent 2 fr. q5 centimes, en dehors de l’amortissement, assez faible du reste, de l’installation; on voit que chez MM. Mongin et Mayer, les vingt-quatre foyers électriques coûtent en tout, crayons et force motrice, six francs cinq centimes par heure. La qualité de la lumière permet de juger le recuit par la couleur de l’acier aussi bien que dans le travail de jour, son intensité qui serait peut-être superflue dans une autre industrie facilite considérablement le travail des planeurs, attendu que le jeu de la lumière sur les stries soyeuses de l’acier, déjà en partie poli, peut seul indiquer rapidement le point où l’ouvrier doit donner le coup de marteau.
- Veut-on savoir maintenant combien coûterait la même quantité de lumière obtenue avec des becs de gaz dits papillons brûlant io5 litres à l’heure : il en faudrait trois mille, soit en tout trois cent quinze mètres cubes de gaz à l’heure, au prix actuel de 3o centimes, cela ferait 94 fr. 5o centimes, au lieu
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de 6 fr. 5 centimes qu’absorbe l’éclairage électrique.
- Les chiffres que nous venons de mentionner sont d’une vérification facile et donneront, je pense, à réfléchir aux détracteurs de l’électricité. La seule objection acceptable que nous attendons d’eux, c’est qu’on se contenterait avec le gaz d’un éclairage moindre, d’accord !
- Institutions ouvrières. — Il nous reste à parler maintenant des efforts que la maison Mongin et Mayer a faits dans le but d’améliorer le sort des ouvriers qu’elle occupe et dont le nombre varie entre deux cents et quatre cents.
- La participation y est pratiquée depuis longtemps. Dans l’enquête ouvrière faite par la Commission extra-parlementaire instituée par arrêté de M. le ministre de l’intérieur, en date du 20 mars i883, nous la voyons y occuper une des premières places. En i85o, une prime était accordée à tous les ouvriers qui faisaient la quinzaine complète. En 1864, un intérêt était distribué sur les bénéfices. Plus tard ce mode de participation était converti en intérêt sur la production; c’était assurément le meilleur moyen à mettre en pratique. Cette participation est basée sur la quantité de matières ouvrées sortant des ateliers, le taux est fixé par 100 kilogrammes et la répartition a lieu au prorata des salaires. Ces primes sont payées à l’ouvrier, à la condition de faire encore partie du personnel le jour où a lieu le payement qui s’effectue tous les trois mois.
- La maison possède également une caisse de secours contre la maladie, administrée par les ouvriers eux-mêmes ; MM. Mongin et Mayer y participent pour une large part.
- Ces derniers détails, étrangers d’ailleurs à l’électricité, prouvent cependant, une fois de plus, que les grandes intelligences sont aussi les grands cœurs.
- J. Bourdin.
- PHIDOL
- NOUVEAU RÉGULATEUR ÉCONOMIQUE POUR LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans tout réseau pour lumière électrique, on doit chercher à obtenir toujours la même intensité lumineuse dans chaque lampe, quel que soit le nombre de lampes en fonction, non seulement pour éviter des variations de lumière, mais aussi dans le cas de lampes à incandescence, pour ménager les lampes, pour ne pas abréger leur durée ou les brûler.
- On y parvient généralement par l’emploi de dy-
- namos spéciales et par l’usage dispendieux de conducteurs de gros diamètre.
- Supposons que nous ayons à notre disposition une de ces dynamos à double circuit, installée de façon à maintenir entre les bornes, ou mieux entre les bornes d’un distributeur voisin, une différence de potentiel constante, soit E cette force.
- Supposons aussi qu’à ce distributeur aboutissent plusieurs sections A, B, C, etc., comprenant des lampes de même modèle, et admettons, comme l’indique la figure, que l’une d’elles, A, soit placée loin du distributeur.
- Soit maintenant n le nombre de lampes de la section A, et e, i, p les constantes des lampes, p étant la résistance à chaud, y compris les rhéo-phores.
- Lorsque toutes les lampes de la section A seront en fonction, l’intensité nécessaire à leur marche normale sera ni, et par conséquent la ré-
- FIG. I
- sistance r des conducteurs principaux NM sera donnée par la formule
- et l’intensité du courant total dans ces conducteurs sera exprimée par I
- j___ . _ E ______ h E
- ~ 1U~ r . P.- 11 r + "p ~ n
- et par suite l’intensité du courant, dans une lampe, sera égale à
- Si on éteint à la fois toutes les lampes de la section A, celles des autres sections n’en souffriront pas, car la dynamo maintient toujours le même potentiel au distributeur. Il en serait de même pour la section A, si on éteint les lampes des autres sections.
- Mais les choses seront différentes pour les lampes de la section A, si l’on vient à éteindre plusieurs lampes de la même section, car la différence de potentiel, quoique restant constante au distributeur, variera en M.
- Supposons pour le moment qu’on laisse seulement allumée une lampe de cette section, l’intensité
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- du courant de cette lampe ne sera plus i, mais bien V, et l’on aura
- intensité plus forte que la normale et pouvant détériorer la lampe : pour que cela n’ait pas lieu, il faudrait que, dans l’équation (2), nr soit très petit par rapport à p, afin d’être négligeable, ce qui oblige par conséquent à faire r d’autant plus petit que n sera plus grand, et à employer des conducteurs de très gros diamètre.
- Posons donc :
- nr = a p
- a étant un nombre très petit, on aura par suite :
- mais on a aussi :
- d’où
- l étant la longueur du conducteur en mètres, d son diamètre en millimètres et a un coefficient dépendant du métal employé.
- Si donc on considère le cas où toutes les lampes de A s’allument ou s’éteignent à la fois, cas où on doit employer la formule (1), on aurait, en remplaçant r par sa valeur dans l’équation (5)
- a p
- a l
- I2
- æ —
- a l
- (4)
- (5)
- Et dans le cas où on veut pouvoir en laisser une seule allumée, cas où on doit employer la formule (4), on aurait
- D2==
- aln a p
- (7)
- et par suite, le rapport des sections des conducteurs employés dans ces deux cas, serait donné par
- D2 E — e
- p l = €.
- on peut donc mettre
- D* _ E—e i_ _ d2 e "a
- (s;
- Prenons un exemple : Soit, comme cela a lieu en pratique généralement
- a = o,o3
- E-e
- e
- on aurait pour rapport *des sections
- 20 100
- m = — • = 7 environ.
- 100 3
- Ainsi donc, il faudrait environ 7 fois plus de cuivre pour les conducteurs principaux, dans le cas où on voudrait rendre les lampes individuelles. Ceci arrivera toujours lorsque le groupe de lampes sera éloigné de la machine, chaque fois qu’on aura
- E>e(a + i) (9)
- ou, en bonne pratique, chaque fois qu’on aura D > 1 ,o3. c
- Nous allons voir maintenant qu’on peut cependant rendre les lampes individuelles, tout en conservant la résistance r, donnée par l’équation (1), mais il faut employer un régulateur spécial placé en M, régulateur qui procurera l’économie des conducteurs, et que, pour cette raison, nous avons appelé phidol (‘j.
- En effet, reprenons l’équation (2)
- E
- 1 ~ nr + p
- Nous avons vu que pour rendre i peu variable, il fallait faire nr très petit par rapport à p; mais, on peut faire mieux et rendre i invariable, quel que soit le nombre de lampes en fonction; pour cela, comme E et p sont déjà constants, il suffit de faire aussi nr constant.
- Soit donc
- nr=k
- k étant un nombre constant, on aura :
- __ k n
- par conséquent, si n varie, r doit varier proportionnellement. Si n diminue, r augmentera; nous devons donc pouvoir intercaler des résistances artificielles sur le conducteur principal.
- Soit donc r' la résistance invariable des conducteurs principaux NM, et r" la résistance variable artificielle que nous introduirons dans le circuit, on aura :
- r' + r"= -
- d’où
- r"—\~r> (i°)
- Exemple : Supposons qu’on ait 4 lampes dans la section A et que r' soit égal à i,5 ohm, on aura, si toutes les lampes sont allumées
- et
- 20
- 10Q
- (i) Du grec cpt5o>,o;, épargner.
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- m^is
- dqnc
- k —'4x i,S=6
- Ôn n’ajoute aucune résistance artificielle en M, mais si on éteint une lampe, il vient
- r‘
- 6
- 3
- ,5=0,S
- il faut donc introduire en M une résistance artificielle de o,5 ohm.
- Si on éteint une deuxième lampe, on aura
- r" — - —1,5= i,5 2 ’ ’
- enfin, si on laisse seulement une lampe allumée, on aura
- T — j 1,5—4,5
- Ainsi donc, pour rendre dans la section A, les lampes individuelles malgré leur distance de la machine,, et .sans augmenter le diamètre des conducteurs principaux, il faut, à chaque lampe qu’on éteint, introduire dans le circuit principal, une résistance calculée, de manière à maintenir nr constant. S’il y a beaucoup de lampes dans la section, on peut, au lieu d’agir sur chacune d’elles, les diviser en groupes individuels, que l’on allumera ou éteindra ensemble.
- Pour réaliser cette introduction de résistance artificielle, on fera usage d’un régulateur du genre de celui que. nous allons décrire pour 4 lampes ou 4 groupes de lampes.
- Les deux conducteurs principaux aboutiront aux bornes A' et B'. Entre A' et les lampes, on intercalera 3 résistances artificielles, par exemple en cylindres de graphite, de o,5 1 et 3 ohms. Quand toutes les lampes seront allumées, des chevilles mettront ces résistances en court circuit.
- Les rhéophores des 4 lampes a.b.c.d. aboutiront d’un côté à 4 barres de cuivre, que l’on pourra mettre en communication avec A' D' à l’aide de chevilles, et de l’autre côté au conducteur B'. Quand toutes les lampes sont allumées, toutes les chevilles sont en place. Si on veut éteindre une lampe b, par exemple, on enlève la cheville b' et celle de la résistance n° 1, ce qui introduit o,5 ohm dans le circuit principal. Si on éteint une deuxième lampe, on enlèvera aussi la cheville de la résistance n° 2, ce qui mettra 1,5 ohms en circuit. Enfin, si l’on éteint la troisième, on enlèvera la cheville n° 3, et on aura ainsi 4,5 ohm en circuit.
- Ce régulateur peut être fait de diverses manières, et on peut le rendre aussi automatique. En effet, il suffirait de placer entre les points A' et B', une
- dérivation suffisamment résistante pour ne pas altérer sensiblement le régime, et cette dérivation formant électro-aimant agirait de manière à introduire les résistances nécessaires dans le circuit, et en définitive, elle donnerait le moyen de maintenir en ce point une différence constante e de potentiel. Il y a déjà plusieurs appareils connus qui, convenablement modifiés, pourraient remplir ces conditions, mais jusqu’à présent on les faisait agir sur les dynamos, tandis que, dans ce cas, ils doivent agir en certains points du circuit principal.
- Ce nouveau régulateur, automatique ou non, permettra donc de faire, dans beaucoup de cas, une économie notable sur les conducteurs; il pourra aussi être employé pour l’éclairage à la pile ou avec des accumulateurs sur une section, lorsque la résistance de la pile ne sera pas négligeable.
- FIG. 2
- Alors, dans ce cas, r' représentera la résistance de la pile et celle des conducteurs principaux.
- Il est facile d’observer qu’avec l’emploi de ce phidol, l’énergie fournie par le générateur est toujours proportionnelle au nombre de lampes en fonction.
- Emile Lacoine.
- Constantinople, 4 février i885.
- SUR
- UN TÉLÉGRAPHE AUTOMATIQUE
- AVERTISSOUR D’iNCENDIE
- Les lecteurs de La Lumière Electrique se souviendront peut-être de mon système d’avertisseur d’incendie. D’après la description qui en a été donnée, on a pu voir comment le signal d’alarme est donné aussitôt qu’il survient une brusque augmentation de température due à un commencement (*)
- (*) La Lumière Electrique, t. X, p. 216 et 5o3.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 35g
- d’incendie ; une augmentation graduelle de la température provenant des cheminées, calorifères, fourneaux, etc., n’a aucune action sur l’appareil.
- Nous nous sommes proposé de rendre automatique en tous points ce système d’avertisseur et de faire en sorte que ce soit l’incendie lui-même qui transmette l’alarme au poste des pompiers. Ce signal aurait pu s’effectuer sur un tableau indicateur. C’est cette solution que nous avons indiquée dans l’article précité. Nous avons pensé depuis à appliquer le télégraphe à ce mode de si-
- icrre, terre
- FIG. I ET 2
- gnaux, ainsi qu’il est décrit dans le présent article.
- Chaque maison reliée au poste des pompiers sera pourvue de quelques-uns de mes avertisseurs communiquant tous avec un transmetteur (fig. 3 et 4) que nous décrirons plus tard. Ainsi qu’on le voit sur la figure 1, chaque transmetteur placé en b, c, d, e, f. est en dérivation sur un réseau principal, le retour se faisant par la terre. Au poste des pompiers on intercale dans le circuit un récepteur Morse et une pile. Un incendie se déclare-t-il, un des appareils avertisseurs (fig. 2) fait déclencher le mouvement d’horlogerie renfermé dans le transmetteur R, cela au moyen d’un courant électrique fourni par une pile locale. Le transmetteur envoie en moins de i5 secondes une dépêche écrite en
- caractères Morse indiquant le nom de la rue et le numéro de la maison où l’incendie a éclaté.
- Le transmetteur (fig. 3 et 4) qu’on aura soin de renfermer dans une boîte en bois ou en tôle, se compose d’un mouvement d’horlogerie à ressort et d’un électro-aimant.
- Le ressort à spirale placé à l’intérieur du tambour A se remonte avec une clef. La roue B solidaire du tambour A met en mouvement tout le système de roues d’engrenage (représenté en élévation et en plan) et par conséquent la roue C dans laquelle la
- force primitive du ressort se trouve réduite à de sa valeur. Il s’ensuit que la came N exercera
- FIG. 3 ET 4
- une très faible pression sur la lame G qui s’oppose à la mise en marche de tout le système. Il suffit donc qu’un faible courant électrique passe par le fil de l’électro-aimant D pour que la branche E soit attirée par l’armature F, ce qui provoque le déclenchement. En D viennent aboutir tous les avertisseurs h, h', h" (fig. 2). Donc si un incendie se déclare le déclenchement se produit instantanément et le tambour A se met en rotation. Ce tambour est en métal et sur lui vient s’enrouler une bande en papier sur laquelle sont découpés des lignes et des petits rectangles X, X les unes et les autres à une longueur correspondant à celle des points et des lignes de l’alphabet Morse. L’on voit qu’on peut, par ce système, découper sur la bande de papier une dépêche indiquant le rue et le numéro da la maison. Le ressort H (fig. 4) exerce une pression sur une des extrémités de l’axe du tambour A est relié à la terre au moyen du fil v. Sur un pied isolant en caoutchouc durci I se trouve fixé le ressort L dont la partie supérieure r vient presser sur le tambour A à l’endroit
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- où est découpée la dépêche, tandis qu’il communique par 5 avec le fil de ligne. Un incendie vient-il à éclater, toutes les entailles X, X, passeront devant la pointe r du ressort L et il s’établira un courant pendant des intervalles de temps plus ou moins longs selon la largeur des entailles ; par conséquent l’appareil récepteur installé au poste des pompiers recevra la dépêche transcrite en points et en lignes.
- La transmission de cette dépêche n’exige guère
- FIG. 5
- que douze secondes : c’est là le temps nécessaire pour une évolution du tambour A, après laquelle il est arrêté par un ressort t qui vient s’engager dans l’encastrement u. De cette façon le récepteur Morse se mettra en mouvement dès l’apparition d’un incendie.
- La transmission de la dépêche est annoncée par une sonnerie électrique. Toutefois, comme la dépêche. est expédiée en quelques secondes, il pourrait se faire que l’employé ne se trouvât pas prêt pour mettre le récepteur en mouvement. Il est donc nécessaire de faire en sorte que la réception de la dépêche s’effectue aussi d’une manière automatique. Voici comment l’on y parvient.
- Le courant qui aboutit au poste des pompiers, se bifurque, sur la table où se trouve le récepteur Morse, en a et d' (fig. i et 5). D’une part il va à ce même récepteur K (*) et d’autre part à l’appareil W.
- Le courant entre par a dans l’appareil W, et en traversant le fil de l’électro-aimant S, monte par la colonne b passe par la tige de l’armature c et par le contact de c et d et de d avec e, va par f à la terre. De cette façon S peut fonctionner, attire son armature et la tige d mobile en o est rendue libre et sollicitée par le ressort e vient tomber en d'. Le courant de la ligne se trouve donc interrompu et ne passera, par conséquent, plus que par le récepteur K. Mais comme d'vient s’appuyer contre le butoir n il en résulte que le circuit local est fermé. Le courant de ce circuit passe par l’électro-aimant T qui en attirant son armature, au moyen d’un système de levier m , m* met en mouvement le récepteur et la dépêche se trouve ainsi enregistrée automatiquement.
- Cet appareil a fonctionné plusieurs fois (* 2) et toujours avec le plus grand succès.
- G. Ravaglia.
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- 5e article. (Voir les numéros des 3, io et 3i janvier et du 7 jêvrier i885)
- 3g. Comparaison des capacités électrostatiques. — Pour comparer de faibles capacités comme celles qu’on emploie en électricité statique, sphères, bouteilles de Leyde, etc., on ne peut que difficilement employer les méthodes précédentes, car la charge, même avec un grand nombre d’éléments, n’est pas assez considérable pour produire une déviation au galvanomètre.Mais en chargeant le condensateur un grand nombre de fois par seconde et en le déchargeant chaque fois à travers un galvanomètre, on obtient un courant continu et constant; le galvanomètre indique une déviation parfaitement fixe. Pour une même différence de potentiel, l’intensité de ce courant est proportionnelle à la capacité du condensateur et peut servir à comparer les capacités.
- (*) Dans la figure 5 on n'a figuié ni l'aimant du récepteur Morse, ni le levier écrivant. L’étcctro T est auxiliaire et sert seulement au déclenchement du rouage.
- (2) Deux de ces expériences ont eu lieu à Ravenne devant un grand nombre de personnes compétentes, chez M. le comte Achille Rasponi, sénateur, et chez la princesse Cons' tance Ghika.
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- Voici le dispositif adopté au laboratoire : un trembleur T, actionné par une pile P, permet de charger le corps A un grand nombre de fois par seconde (ioo fois à 200 fois) et ce corps se décharge à travers le galvanomètre.
- E est la pile de charge d’une cinquantaine d’éléments Volta zinc-platine. L’eau de ces éléments est très légèrement acidulée et on s’assure de temps en temps que les éléments ne se polarisent pas.
- Dans certaines expériences où une grande exactitude est nécessaire, on remplace ces éléments de Volta par de petits éléments Daniell.
- Comme expérience, on commence par vérifier que la capacité d’une sphère est proportionnelle au rayon. Trois sphères, d’un diamètre de 5o, 25 et 10 centimètres, sont comparés à cet effet. Il faut tenir compte de la capacité des fils d’attache et faire deux expériences, d’abord avec la sphère, puis avec le fil isolé seul ; la différence donne la déviation due à la capacité de la sphère. Pour des
- / A \ .-^v ; i
- Î-K n .
- . 1: jf-. h
- : jSol Jsol
- l’influence des extrémités a été éliminée. La longueur, qui intervient d'ans la formule, est celle de la partie mobile du cylindre intérieur. On détermine cette longueur au cathétomètre. Quant aux rayons, on peut les déterminer soit au cathétomètre soit avec une machine à diviser. Ces mesures faites, il reste à bien régler la position des cylindres et à assurer que les axes coïncident. On y parvient à l’aide d’une petite sphère qu’on promène partout entre les deux surfaces: lorsque cette petite sphère, dont le diamètre est égal à la différence des rayons, peut glisser partout entre les deux surfaces, on y est sûr que ces surfaces sont parallèles. L’appareil, une fois réglé, constitue un excellent étalon de capacité.
- C’est ce condensateur qui sert de mesure pour déterminer la capacité des bouteilles de Leyde.
- 40. Capacité d'un condensateur en unités électromagnétiques. — On substitue le condensateur
- FIG. 4O
- capacités aussi petites, celle des fils est loin d’être négligeable ; elle atteint en effet l’ordre de grandeur de la capacité de la sphère.
- Puis on compare à la plus grande sphère, des corps dont la forme géométrique permet de calculer la capacité. Une des formes qui se prête facilement à ce calcul, et dont la réalisation pratique se fait très exactement, est le condensateur formé par deux cylindres concentriques.
- En négligeant l’effet des extrémités, on trouve pour la capacité
- alogncpp
- l longueur du cylindre intérieur, retr' les rayons.
- Pour se défaire pratiquement de l’influence des extrémités, on fait le cylindre extérieur plus long que le cylindre intérieur, ce dernier étant formé de deux parties. On enlève d’abord la partie supérieure du cylindre intérieur et on cherche la capacité. Puis on remet la partie enlevée et on cherche de nouveau la capacité. La différence est la capacité du cylindre qui correspond à la formule, car
- à la résistance à mesurer dans le pont de Wheat-stone; on emploie, à cet effet, le pont sous la forme de boîte, et on intercale un trembleur entre le condensateur et le point d’attache du pont. La pile se compose de quelques éléments Daniel! ou Leclanché. Lorsque l’équilibre est atteint, on a
- C
- 1 J_
- h El
- 1
- / 1 +
- ou approximativement
- C capacité du conducteur. n nombre de vibrations du trembleur.
- R/et l’ les résistances des branches du pont. g la résistance du galvanomètre (voir la figure théorique .
- Cette méthode est très exacte, car les résistances se déterminent avec une grande rigueur, et le seul terme qui intervient en dehors de ces résistances, est le nombre n de décharges par seconde. Pour déterminer ce nombre, on se sert d’un inscripteur
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- Marey, qui trace sur un cylindre tournant, autour de son axe, les vibrations de la lame. On fait tracer en même temps sur ce cylindre, et à côté du premier tracé, le battement d’une horloge électrique. On a ainsi tous les éléments pour compter très exactement le nombre de vibrations par seconde. Quant au galvanomètre on emploie un galvanomètre à long fil et très sensible. Lorsqu’on prend un condensateur de capacité de l’ordre de grandeur d’un microfarad, on ouvre dans les deux branches les résistances fixes de io et de i ooo ohms, la plus grande résistance étant du côté du condensateur.
- La figure 40 bis montre cette disposition. On ouvrira en l une résistance de 1 000 ohms, en V 10
- FIG. 40 bis
- ohms, et on ajustera R jusqu’à ce que l’équilibre soit obtenu. Dans ce cas, la formule devient
- On voit qu’on peut négliger le terme correctif sans que l’erreur relative dépasse un centième.
- 41. Rapport des unités électrostatiques et électromagnétiques. — Par une double mesure de capacité. La capacité en mesure électrostatique s’obtient par la comparaison, avec un corps de dimensions géométriques connu, comme cela a été indiqué au n° 3g. Elle a les dimensions d’une longueur.
- La capacité de ce même condensateur en unités électromagnétiques, s’obtient par la comparaison, avec une résistance connue en ohms. Dans ces déterminations on n’a pas à connaître le potentiel de la source, pourvu qu’elle reste constante, car ce potentiel s’élimine dans les calculs. En effet, soit» le nombre de décharges par seconde, Cm la capacité en mesure électromagnétique et V le poten-
- tiel, on aura dans le galvanomètre un courant d’âv tensité
- j=«Cm V= A3
- $ la déviation,
- et
- k constante du galvanomètre.
- Mais, d’autre part, si l’on établit un circuit direct avec la pile, le galvanomètre et une résistance r (il faut que cette dernière soit très grande), on aura
- -=k S'
- Tri’iiihlt'iii hisrrijiU'in-) Imi'ij
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- S»l / l'Snl )sal
- FIG. 4I
- en négligeant la résistance du galvanomètre et celle de la pile.
- Si
- i' = i
- on a
- 7lCmV=- et Cm~ ---
- r nr
- Si L est le rayon de la sphère qui représente la capacité électrostatique, on a
- ç.
- Cm
- = L tir
- Or, on a en général
- a étant le rapport des unités, donc
- et
- u2=L« r s = /»Lf
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Pour faire l’expérience, il suffit donc de mesurer
- L capacité électrostatique (en centimètres).
- n nombre de décharges par seconde.
- r résistance en ohms (mult. par io9).
- Si les deux déviations ne sont pas égales, on aura
- a=y/«Lr|-
- La figure ci-contre montre le dispositif de l’expérience. Le nombre n se trouve par l’inscripteur deMarey (voir n° 40). Quant à la iésistance r, elle est très considérable, et doit être mesurée par l’une des méthodes indiquées au n° 22. Nous employons à cet effet la résistance formée par un trait de graphite sur une plaque d’ébonite, ce qui donne d’assez bons résultats.
- Note. — Pour trouver exactement le rapport des unités par la comparaison des capacités, il serait préférable de mesurer la capacité du condensateur en mesures électromagnétiques par la méthode de Maxwell, indiquée au n° 40, et de chercher la capacité en mesure électrostatique par le calcul ou par la méthode exposée au n° 39. Si on a préféré au laboratoire la méthode exposée plus haut, c’est qu’elle donne lieu à un calcul plus simple et plus facile à saisir.
- (A suivre.) P.-H. Ledeboer.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- Pour aider à résoudre la question de l’origine de l’électricité atmosphérique et des orages, M. le docteur Linss, de Darmstadt, a fait une communication à la Gazette météorologique. Il croit pouvoir poser en fait que l’électricité des nuages pluvieux et orageux ne peut avoir une influence sur les instruments et donner lieu à des phénomènes de haute tension, que quand les deux parties principales des nuages — l’air et la vapeur d’eau — sont séparées, mais il faut encore savoir :
- i° Si l’électricité est engendrée pendant la descente des particules précipitées (par leur frottement contre l’air);
- 20 Si elle est engendrée par le procédé de condensation lui-même ;
- 3° Si déjà avant ce moment, dans le mélange d’air
- et de vapeur, les molécules de ces parties constituantes sont chargées d’électricités de noms contraires.
- Le dernier cas semble s’accorder le plus avec l’état présent de notre science électrique. Un frottement des particules précipitées avec l’air n’est guère probable, à cause de leurs enveloppes gazeuses, mais même si on était disposé à l’admettre, on arriverait à l’hypothèse 3, puisque l’électricité de frottement est identique au fond avec l’électricité de contact, et que les molécules d’air et de vapeur peuvent devenir électriques par contact tout aussi bien que les particules précipitées.
- La séparation des deux électricités par le procédé de précipitation lui-même, serait probablement une qualitas occulta du procédé de condensation, aussi bien que de l’électricité — dont l’existence serait encore à prouver. Il semble mieux d’expliquer l’électricité des nuages par le contact de corps hétérogènes.
- D’après notre théorie moderne sur les gaz, les molécules des gaz sont en mouvement continuel, et en conséquence elles rebondissent les unes sur les autres. Dans un mélange de gaz, où à chaque moment des chocs innombrables de molécules ont lieu, ces molécules deviennent par contact, électriques, positivement et négativement. Mais par le mélange intime des molécules hétérogènes, et puisque les quantités des deux électricités sont égales, le mélange de gaz paraît être non électrique. C’est par une séparation rapide des gaz seulement que l’électricité devient libre.
- Le docteur Linss, — pour prouver par une expérience son hypothèse, — propose de retirer rapidement par absorption une des parties constituantes à un mélange de gaz, — et il donne dans ce but les indications suivantes:
- Un vase isolé, en verre ou en métal (le premier devrait être couvert de feuilles d’étain), est rempli du corps absorbant (chlorure de calcium (!) ou fils de verre avec acide sulfurique concentré). Ce vase a deux ouvertures, par l’une desquelles passe un tuyau de verre isolé qui touche presque au fond du vase. Ce tuyau est relié par un tube élastique avec un gazomètre rempli d’air humide. Dans la seconde ouverture se trouve aussi un tuyau de verre, qui conduit à un second vase semblable à tous les égards au premier, allant presque au fond du vase. A l’embouchure de ce dernier tuyau il y a un fil mince de platine, qui est relié avec les parois du vase, et qui est rendu incandescent par l’action d’un petit élément galvanique placé dans le vase.
- (*) Le chlorure de calcium n’est guère propre à servir de corps absorbant pour l’air humide, comme le Dr Heischerl’a démontré dernièrement dans une note «L’hygromètre dans l’excitateur », surtout dans l’expérience proposée, où il s’agit d’une absorption rapide de vapeur d’eau, — l’asberte saturée d’acide sulfurique serait à recommander.
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- Par ce fil, l’électricité de l’air sec est transmise aux parois, de sorte que l’air sort non électrisé de la seconde ouverture. Si le vase est en verre, le corps absorbant aussi serait à relier avec les parois. Des mesures doivent être prises pour que l’isolation en laque du premier vase ne soit en communication qu’avec de l’air sec. Outre la qualité de l’isolation et la vitesse et la perfection de l’absorption, l'effet dépend du coefficient de dispersion à la surface des vases. Et puisque celui-ci est cinquante à cent fois plus considérable au grand air que dans des lieux clos, il serait désirable de poser des douilles étroites sur les vases, — ce qui empêcherait toute influence extérieure.
- Quand l’air humide aurait traversé pendant quel -que temps les vases, on ôterait les douilles, et on relierait les vases, ou ensemble ou séparément avec les quadrants d’un électromètre Thomson.
- Si des indications d’électricité de noms contraires se montrent aux surfaces des deux vases, on aurait naturellement à faire des expériences de contrôle, pour éliminer toute possibilité d’autres sources d’électricité.
- Le docteur Linss convient qu’un résultat affirmatif ne serait pas absolument concluant pour son hypothèse sur l’origine de l’électricité atmosphérique, puisqu’ici on pourrait aussi penser à une * qualité occulte » du procédé d’absorption.
- Il ajoute que :
- i° En faisant certaines hypothèses qui simplifient les choses, il serait facile de démontrer par le calcul qu’une excitation électrique très faible suffirait pour produire — par la formation et la descente d’un précipité — des effets considérables, puisque la surface entière des molécules de gaz est énorme.
- 2° Dans un mélange de plus de deux gaz, il n’existera généralement pas d’équilibre électrique, mais plutôt une interruption et une compensation continuelles — c’est-à-dire une espèce de courant électrique causé par les heurts innombrables des molécules.
- 38 Outre l’air humide, un mélange d’ammoniaque, d’hydrogène et oxygène, —où l’ammoniaque serait à absorber par du charbon, — peut être employé dans l’expérience.
- M. le docteur Hoppe, de Hambourg, qui a fait des études très spéciales sur l’origine de l’électricité atmosphérique, a exprimé des objections contre l’applicabilité de la théorie du contact aux chocs de gaz contre gaz, comme étant contre la force démonstrative de l’expérience proposée, à cause du frottement énergique contre des corps solides, auquel les gaz, aussi bien que les fluides absorbés sont soumis dans le vase.
- M. Linss, de son côté, en appelle à l’autorité du professeur Tait, qui a déjà communiqué une hypothèse semblable à la sienne à la Société Royale
- d’Edimbourg. Il ajoute que les électricités produites par frottement entre les liquides et les corps solides dans les vases ne peuvent pas avoir un effet pertu-bateur sur l’électromètre, puisque la somme de l’électricité est = o, et qu’ainsi l’état électrique des parois du vase n’est pas altéré.
- Pour éliminer l’influence du frottement du gaz contre les parois, les corps absorbants et les liquides condensés, le docteur Linss propose l’arrangement suivant :
- a) On fait passer à travers l’appareil, premièrement le gaz X seul et sans corps absorbant, ensuite en employant un corps absorbant saturé à des degrés différents avec le gaz Y, et l’on observe chaque fois la position de l’électromètre.
- b) On agit de la même manière avec le gaz Y.
- c) On fait passer à travers l’appareil les gaz X et Y mêlés dans des proportions variées, — premièrement sans, — et ensuite avec des corps absorbants, saturés à des degrés différents.
- Par une comparaison entre toutes les positions de l’électromètre observé, on serait alors en état de constater si l’influence présumée existe ou non. Le Dr Linss veut écarter presque toute l’influence du frottement du gaz non absorbé contre le corps absorbant en mettant la même quantité de ce corps dans les deux vases, de sorte que le frottement serait à peu près la même dans tous les deux.
- Le Dc Linss a fait, pendant l’année passée, quelques expériences sur la perte d’électricité d’un conducteur qui est exposé à l’air.
- Il tire la conclusion que la perte est minima en hiver, la maxima en été, plus forte le matin que le soir, plus grande dans les régions polaires que dans notre latitude. Il croit qu’on pourrait arriver à construire des lignes d’égale perte d’électricité qui aideraient beaucoup à l’étude de l’électricité atmosphérique.
- GÉNÉRATION PROBABLE D AMMONIUM PAR l’ÉLEC-
- trolyse. — Il est connu qu’on n’a pas pu réussir à produire l’ammonium à l’état libre, bien qu’on ne puisse douter de son existence, puisqu’il a été possible d’en produire des combinaisons avec des métaux. Par l’action du sel ammoniac sur l’amalgame de sodium, on obtient un amalgame d’ammonium, ainsi que par l’électrolyse du sel ammoniac, en employant une cathode de mercure. On p-ïut aussi obtenir des combinaisons’d’ammonium et bismuth. Mais ces alliages sont très éphémères et se décomposent facilement en métal, ammoniaque et hydrogène.
- Le professeur Marek vient de faire une description de quelques observations qu’il a faites à propos de la préparation du chlorure d’azote (une substance qui fait facilement explosion, avec grande violence, et connue sous le nom d'huile explosive de Dulong). Il a trouvé que, de temps en temps,
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- 365
- le développement d’ammoniaque et d’hydrogène cesse.
- Quand l’électrode de platine était chassée hors du vase par une suite trop rapide de détonations, elle paraissait — dix minutes après l’immersion — couverte d’une couche noirâtre et semblable à de la suie. Pendant l’observation de cette couche distinctement substantielle, elle disparut, comme une tache faite par l’haleine sur l’acier, en avançant vers l’intérieur. Pendant la disparition, l’odeur d’ammoniaque était distinctement perceptible. Le professeur Marek tire de là la conclusion qu’il s’agit ici de l’ammonium hypothétique, dont l’obtention serait possible de cette manière.
- On doit laisser à des expériences futures la confirmation de ce fait intéressant.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LES CONDUCTEURS POUR L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
- — Le prof. George Forbes fait en ce moment une série de Cantor Lectures devant la Society of Arts sur la distribution de l’électricité. La première conférence traitait des considérations d’économie et d’échauffement qui règlent les dimensions et la forme des conducteurs pour l’éclairage électrique, sujet qui a déjà été traité par M. Forbes dans une communication antérieure à .la Society of Tele-graph Engineers, dont j’ai parlé dans le temps. On se rappellera peut-être qu’il était démontré dans cette communication que les conducteurs doivent affecter la forme de lames minces, parce que cette disposition se prête le moins à une augmentation de température par le passage du courant. Le professeur a fait également remarquer que si la profondeur à laquelle le conducteur est enterré ne dépasse pas 2 pieds, la température à la surface du sol ne subira aucune modification. Ce n’est que la température du conducteur même qui augmente. Il croyait qu’une augmentation de la température du sol de io°C serait sans inconvénient pour les piétons, et il arrivait à la conclusion qu’une surface de section de 2,7 ou 3 pouces carrés constituait une dimension économique pour un conducteur en cuivre destiné à transporter une intensité moyenne de i ooo ampères.
- L’intensité maxima diffère cependant beaucoup de l’intensité moyenne. Supposons que «, représente le nombre d’heures de fonctionnement d’un quart de toutes les lampes, que n.À représente le nombre d’heures pour la moitié, n3 pour les trois quarts et pour toutes les lampes. La quantité moyenne peut alors être déduite de la quantité maxima en multipliant toutes ces fractions. Si la moitié des lampes fonctionne pendant les deux tiers
- du temps et si toutes les lampes brûlent pendant le reste du temps, nous aurons :
- a (la quantité moyenne)-=o,5 ou 1/2
- Par conséquent, au lieu de 2,7 pouces carrés, nous n’avons que 2,7 X o,5 =: 1,35 pouces carrés comme surface de section pour 1000 ampères.
- Le tableau suivant fera bien comprendre cette proportion :
- 4 , moyenne
- RAPPORT ENTRE L INTENSITE —---------
- maxima
- «1 »l «3 »! a
- 0 0 0 I I ,oc.o
- 0 I C) 1 0,7Q0
- I 2 2 I 0,744
- I I I I o,685
- 2 2 I I 0,604
- 0 2 0 I o,5oo
- Le prof. Forbes a mentionné un grand nombre de différentes formes de conducteurs souterrains exposés à l’Exposition de Philadelphie. Quelques-unes consistaient en tuiles perforées à travers lesquelles les câbles étaient tirés et cette disposition pourrait être utilisée pour des courants à faibles potentiels. D’autres consistaient en des caniveaux avec des plaques de verre perforées dans lesquelles passaient les fils. Le verre condense si facilement l’humidité sur sa surface et ces plaques prennent tant de place que le système ne semble pas être bien satisfaisant. Dans un autre système, des tiges en cuivre supportées sur des isolateurs en porcelaine étaient renfermées dans des tuyaux imperméables. Pour garantir ces isolateurs contre l’humidité, on proposait de faire traverser les tuyaux par un courant d’air chaud. La Compagnie Excel-sior avait installé un réseau de fils dans la Chestnut Street, à Philadelphie, dans un large caniveau, mais celui-ci avait été placé trop près des tuyaux du gaz et se chargeait par infiltration d’un mélange explosif de gaz et d’air qui finit par faire explosion.
- Le même accident est arrivé aux fils souterrains, à Londres, et je me souviens d’avoir assisté à une petite explosion de ce genre près de Telegraph Street, E. C.
- Le professeur Forbes a donné le dessin suivant du système adopté à Colchester (Essex) pour l’éclairage d’une partie de cette ville.
- W représente une section, du mur d’une maison avec l’entrée des conducteurs d’embranchement qui alimentent les lampes. Ces fils F sont renfermés dans des boîtes triangulaires en bois B (fig. 1), qui passent sous le pavé. Les conducteurs principaux S. C. C. S. sont placés dans une canalisation carrée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en bois, avec des supports isolés. Cette canalisation se trouve près de la soudure H du trottoir et à côté du ruisseau.
- La Compagnie Jablochkoff a, pendant longtemps, essayé, sur le Thames Embankment, un petit fil de 7/16, couvert de gutta et de rubans et enfoncé sous ferre dans des boîtes. Il semble avoir donné de bons résultats. Depuis 1880, la Compagnie
- FIG. I
- Brush a également employé des conducteurs souterrains à Londres, mais elle a eu beaucoup de difficultés, à ce qu’il paraît, parce qu’on avait placé les câbles dans les tuyaux sans les fixer et en les couvrant de sable ; en tirant les câbles à travers les
- FIG 3
- tuyaux, on les a complètement usés. La courbe suivante (fig. 2) montre comment la résistance d’isolation diminuait de mois en mois.
- l’açtion régulatrice des accumulateurs. — Une dynamo, mise en circuit avec des lampes électriques et une pile secondaire, peut être actionnée par une machine irrégulière, parce que les accumulateurs tendent à égaliser le courant.
- Cette action régulatrice est illustrée par l’équation suivante :
- Supposons que
- E, zr la force électromotrice de la dynamo ;
- E2 =: la force électromotrice de la pile secondaire;
- r, — la résistance intérieure de la dynamo; r2 — la résistance intérieure de la pile secondaire;
- r./~ la résistance des lampes en circuit.
- FIG. 3
- La dynamo, l’accumulateur et les lampes sont reliés comme l’indique la figure 3, entre les points A et B. Supposons maintenant que e, représente le potentiel au point A, et e2 le potentiel en B. Si nous supposons et plus grand que e2, nous pouvons exprimer le courant qui circule dans chacun des trois circuits en fonction de ces valeurs, puisque la somme de ces trois valeurs doit être égale à zéro. De ces résultats on peut déduire la valeur ex — e2.
- Nous avons
- Cl-e,= g-'i'-dlE.ür! n + r*
- A l’aide de cette formule, on trouve le courant qui traverse le circuit des lampes C3,
- 0 _ Ei ^2 + E27~t
- 3 r-iiri + rz)
- Si la résistance de l’accumulateur r2 est très petite, la valeur de C3 demeure constante, même quand la dynamo est actionnée irrégulièrement. Car si elle était zéro, l’équation deviendrait simplement, comme le professeur Forbes le fait remarquer,
- ce qui est indépendant de la dynamo. Pratiquement, c’est comme si la dynamo ne fonctionnait pas du tout et comme si les lampes étaient alimentées par une batterie d’une résistance infiniment petite.
- un foyer a arc pour la police. — D’après les instructions du chef de la police à Londres, on a continué les expériences pour déterminer la valeur
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de la lumière électrique appliquée au service de la police. Un petit bateau à vapeur a stationné, dans la soirée du 10 lévrier, sur la Tamise, en face du Parlement, à Westminster et tout près de l’hôpital Saint-Thomas. Ce bateau était muni d’une pile à chlorure d’argent et d’un foyer à arc d’une intensité lumineuse de 25o bougies, qui pouvait être dirigé dans n’importe quelle direction. Quand la lumière était envoyée sur la terrasse du speaker, en face de la Chambre des Communes, on pouvait dstinguer les traits des passants, de même qu’on s’apercevait, à une distance considérable, de l’approche d’un bateau sur le fleuve. Par un temps comparativement clair, comme nous l’avons eu dernièrement, la lumière à arc sera très utile pour la surveillance sur la Tamise.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Sur la détermination de l’ohm par la méthode de l’amortissement, par M. Mascart. ( q
- gère à l’induction, telle que le frottement de l’ait» donne une résistance proportionnelle à la vitesse
- dont le couple est C Cjj-
- « Si les déviations restent très petites, les équations du courant et du mouvement sont
- (0 L^+RI + Mg|=o,
- (2) K££+C7n + HM*=MGI-
- « Lorsque le circuit reste ouvert, le courant est nul et le phénomène est défini par l’équation
- T r A» , „ d X . «r tt
- Kd7+C5r + MH*=°-
- « Sauf le cas d’un mouvement apériodique qu’il n’y a pas lieu de considérer, si l’origine du temps correspond au passage de l’aimaut par sa position d’équilibre, l’angle d’écart est donné par une expression de la forme
- lo
- x = B e~ s° * sia yn t — B e To sia — t.
- to
- Le décrément logarithmique Àn et la durée t0 de l’oscillation peuvent être déterminés par expérience. On a d’ailleurs
- « La Conférence internationale des unités électriques, au moment de choisir la valeur de l’unité de résistance (ohm), s’est trouvée en présence de résultats, fournis d’ailleurs par les expérimentateurs les plus habiles, dont la concordance ne paraissait pas conforme à la précision des observations. A part quelques exceptions, on pouvait reconnaître que toutes les méthodes, sauf celle de l’amortissement, donnaient pout l’unité exprimée en colonne de mercure de imm(i de section une longueur supérieure à im,o6. La méthode d’amortissement, au contraire, a toujours fourni un nombre notablement plus faible.
- « J’ai cherché si l’interprétation plus complète de la théorie ne pouvait pas fournir l’explication de cette différence.
- « Considérons un aimant dont le moment d’inertie est K et le moment magnétique M, oscillant dans une bobine dont R est la résistance, L le coefficient de self-induction et G la constante gal-vanométrique moyenne dans la région occupée par l’aimant, le plan moyen de la bobine étant parallèle au méridien magnétique. Appelons H la composante horizontale du champ terrestre, I l’intensité du courant induit à l’époque t, x la déviation angulaire de l’aimant à partir de sa position d’équilibre, et supposons, en outre, qu’une cause étran-
- (')Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 5 février i885.
- 2 K
- H ]VI _,, 2 _ 2 , 2_ü!_±Ü_ tt
- -jj--».—*o + e,- ,« -Ti’
- T désignant la durée d’oscillation que l’on obtiendrait si toute cause d'amortissement était supprimée; représentant par <?0 l’expression \f 1 4- il en
- V it4
- résulte
- To = 9o T.
- « Lorsque le circuit est fermé et qu’on élimine le courant entre les équations (1) et (2), en posant'
- M2 G*
- “ 2ICR’
- on obtient l’équation différentielle linéaire du troisième ordre
- _ /a3 .V , d* x . t d x\ . d- x , .
- L(T71+2ê°'ST + M“'Z/j + RT7+ 2 (e° +
- + ”o) - °»
- «)
- dx d t
- dont l’intégrale est de la forme
- (3) x — AeP* + A' eP * + A" e$'" »
- les valeurs de p, pf et p" étant les racines de l’équa» tion
- (4) L(p3 +2SUP3 + «„ p) +R[pa + 2 (s0 f-a) P + «Ô]==0i
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Si l’on prend pour origine du temps l’époque à laquelle l’aimant passe par une élongation d’amplitude a, les constantes A, A' et A" seront déterminées par les conditions que, pour t — o, on ait
- dx T
- x—a, -jf-o et I=o.
- * La solution complète du problème présenterait de grandes difficultés, mais, en mettant à profit cette circonstance que le rapport est généralement très petit, on peut le traiter par la méthode suivante, que M. Tisserand a eu l’obligeance de m’indiquer.
- « L’une des racines de l’équation (4), qui est infinie lorsque le coefficient L est nul, a une valeur très grande, sensiblement égale à —Les deux
- autres racines sont imaginaires, et l’équation (3) devient
- R _R
- (5} x — A e~ + Ai e £ * siny(l—10)=A î U + Aj e x sin— (t l0),
- « Les constantes A, A, et t0 seront déterminées parles conditions initiales. On voit que le mouvement peut être considéré comme périodique, avec un décrément logarithmique X et une durée d’oscillation t, mais les oscillations s’effectuent autour d’une position variable avec le temps. Toutefois, la constante A est extrêmement petite et négligeable dans les expériences.
- « Les valeurs de p' et p" diffèrent très peu des racines de l’équation
- (6) a2 4- 2 (e0 + a) « -f- »l — o;
- on peut écrire
- p = « +r,
- et le terme de correction y est très petit.
- « L’équation (4) étant mise sous la forme
- L/(p) + R 9(p/ = o,
- si l’on y remplace p par u-\-y et qu’on la développe par la série de Taylor, en ne prenant que les premiers termes et remarquant que <p («) = o, il en résulte
- Lf(u) __ L î[ui + 2&au + „l r R 9' (u) 2 R « +£0 + «
- « Les racines de l’équation (6) sont
- u' |— — (e0 + “) + P V/— 1 ) u" — — (s0 + a) — P\/— I >
- « En posant
- (7)
- = a(e0 + a) 4^,
- P'=p(3|
- ”u) R’
- les valeurs de p' et p" deviennent
- p' = — (en + a + a') + (P + P'f \/— i >
- p" — — (e0 + a + a') — (p + P') I,
- « Quand on substitue ces valeurs dans l’équation (3), elle prend la forme (5) et l’on en déduit
- (8)
- = E0 4- a + «' = (60 + a)
- = eo + a 4- ~jp" (^0 + a)J . ï = P 4- P'-
- « La première de ces équations résout le problème, car on a
- 1 _2 K R a M2 G3 :
- ;[1+Tr(ï° + a)]’
- ou, en remplaçant s0 -f- « dans le terme de correction par sa valeur approchée de s, c’est-à-dire en
- négligeant le carré du rapport-^,
- M2 G2 2 It (£ — £„)
- ( +
- 2 L R
- Telle est en effet la formule donnée par Maxwell.
- « Lorsque l’amortissement est considérable, l’expérience ne permet pas de déterminer directement la durée t des oscillations, et l’on préfère en général la déduire de la durée t0 relative au circuit ouvert par la relation
- (9) E2 + r2 = e02+Y^ = «^,
- mais cette relation n’est pas rigoureuse.
- « En effet, les équations (7) et (8) donnent, au même degré d’approximation,
- ^e2 + -îr (p2-?)-
- £2 = (£0 4- a/2 4- ^ (s0 + *)2.
- Y24-e* = «:(n-^-“);
- par suite, en posant encore = 1 4- —
- 7C-
- <P _<Pn /. , La\
- £ - £0= * _ *2 = A _ M + L a£ = 90 A _ Xo \
- x To Ri \9 90/ R to \9 9o/
- 0 +
- avec
- Ps —1ll ~~ (s0 + a)2-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 36g
- « Enfin, si l’on remplace a, dans le terme de correction, par sa valeur approchée s — £0 et qu’on substitue dans l’expression de R, en remarquant que l’on a
- M H _ 7C“ _2
- TT ~Tâ— ^ V
- il vient
- r=m g^2 tp^_ H 2 T0 > ).n
- I +
- 2 L
- ---
- <p <Po R
- ou, en représentant par R, la valeur approchée de la résistance,
- R = R, z J =R, + Le.
- « La correction que l’on doit apporter au calcul approché de la résistance, pour tenir compte du coefficient de self-induction, est donc moitié moindre que celle que l’on fait d’habitude en admettant l’équation (9).
- « Cette correction ne suffit pas encore pour faire disparaître les divergences; une autre cause d’erreur semble plus importante.
- « En réalilé, les courants induits sont très énergiques et c’est même là une condition nécessaire pour que l’amortissement soit notable. Ces courants induits donnent au barreau, dans une direction transversale, une aimantation temporaire dont il est nécessaire de tenir compte.
- « L’intensité d’aimantation temporaire du barreau, perpendiculairement au méridien magnétique, est proportionnelle à l’action GI du courant et peut être représentée par AGI et, en appelant Y le volume de l’aimant, le moment magnétique correspondant est AGI Y. Cette aimantation ne modifie pas l’équation (1) relative à l’induction, mais l’action de la terre sur le barreau introduit dans l’équation (2) un couple HAGIV de signe contraire au couple MGI; le second membre de cette équation doit donc être remplacé par
- MGI — IIAGIV = M G l (1 — ~
- ï On posera, comme précédemment,
- a —
- M* G2(1 —
- H A V \ M /
- 2 K R
- et l’équation- finale deviendra
- « = ('-T)(,+T)-E'(,+ÿ
- IIA V\ M )’
- « Si on appelle I„ l’intensité moyenne d’aimantation principale de l’aimant, I, celle de la terre, et qu’on supppose l’expérience faite à la latitude de 45°, on a
- M==VI«.i
- par suite,
- ha v
- M
- 2 j/ 2
- T*!.
- A.
- « Or, l’intensité d’aimantation de la terre est d’environ 0,079 ou °>°8 en unités C. G. S, ; pour avoir une idée de l’ordre de grandeur de ce terme, on peut faire les hypothèses I„ = ico, A = 1, qui ne s’éloignent pas beaucoup des conditions expérimentales, et qui donnent
- « Les hypothèses initiales relatives à la petitesse des déviations et à la constance du coefficient G laissent encore un doute sur le degré d’exactitude du résultat; dans tous les cas, les deux corrections que je viens d’indiquer concordent pour faire augmenter la valeur de l’unité de résistance trouvée jusqu’à présent par la méthode d’amortissement. »
- La force électromotrice de l’élément Daniell, par le Dr E. Kittler (*)
- Sur le rapport de l'élément étalon à d'autres unités pratiques.
- L’élément étalon que j’ai choisi comme unité dans mes mesures a une force électromotrice sensiblement plus élevée que l’élément Daniell ordinaire dont les deux liquides sont séparés par un diaphragme poreux. Cette différence peut tout d’abord provenir de l’emploi d’un vase poreux, mais elle peut également résulter des propriétés différentes que présentent les métaux du commerce avec le zinc en bâton et le fil de cuivre chimiquement purs dont je me sers. Pour trancher nettement la question, je montai tout d’abord une série d’éléments dans lesquels je conservai les métaux de mon élément étalon; mais au lieu de relier par un siphon les deux liquides (Cu SO,( concentré, H2SOt étendu p. spéc.= 1,075) je les séparai par des cylindres poreux qui avaient séjourné pendant plusieurs jours dans de l’eau distillée et plusieurs heures avant l’expérience dans l’acide étendu. Après chaque observation les métaux furent retirés des liquides afin de prévenir les variations de force e. m. provenant des changements dans la surface des métaux. Pendant les premières minutes l’aiguille de l’électromètre accusait absolument la même déviation qu’avec l’élément étalon ; mais dès que le diaphragme était resté 20 minutes dans les liquides on constatait déjà un abaissement de 1 % de la force e. m.; cet abaissement devenait de i.5 % au bout de 2 heures et de 3 % au bout de 9 heures.
- Toutes choses égales d’ailleurs, l’élément éta-
- (9 Voir les numéros des 24 janvier et 7 février i885.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ion ne se modifie pas sensiblement dans le même temps en sorte que la tension libre plus petite de l’élément Daniell ordinaire doit être attribuée en partie à l’emploi du cylindre poreux.
- Dans une deuxième série d’expériences, le fil de cuivre chimiquement pur fut remplacé par un cylindre formé d’une lame de cuivre ; ce changement n’amena aucune variation sensible. Mais lorsque en dernier lieu un cylindre en zinc, soigneusement amalgamé, fut substitué au zinc chimiquement pur, la déviation à l’électromètre accusa une chute brusque de la force e. m. Si l’on remplace à nouveau le cylindre par le zinc pur, la force e. m. monte aussitôt de plusieurs centièmes. Ceci prouve bien que le zinc amalgamé ordinaire se comporte dans l’acide sulfurique étendu autrement que le zinc chimiquement pur; ce fait peut être attribué soit aux impuretés telles que le plomb, l’arsenic, l’antimoine, etc., soit à ce que le zinc en cylindre s’amalgame moins bien que le bâton de zinc d’une épaisseur de 4 mm. environ.
- La force électromotrice de l’élément Daniell ordinaire exprimée avec l’unité que j’ai choisie a été trouvée au maximum égale à o,g55 ; dans la majeure partie des cas, on obtient des chiffres variant entre 0,91 et 0,92.
- II. — En Angleterre, on emploie le plus souvent comme unité l’élément Latimer Clark qui donne une force électromotrice excessivement con stante. Cet élément a pour pôle positif du mercure pur couvert par une pâte que l’on obtient en faisant cuire du sulfate de mercure (H g2 S O J dans une solution concentrée de sulfate de zinc, et pour pôle négatif du zinc chimiquement pur amalgamé qui plonge dans le mélange. Le contact avec le mercure a lieu par un fil de platine.
- La force électromotrice de cet élément, mesurée à i5°5 C, est, selon Clark, de 1,457 volts, ou la mesure absolue de 1,457 X io8 cf gt s~2.
- Il suffit donc de connaître le rapport de mon élément étalon à celui de Clark pour transformer les nombres précédents en volts.
- A cet effet, je fabriquai plusieurs éléments d’après les indications de l’auteur (*), et les comparai :
- 1" Avec la combinaison que j’ai appelée « élément normal » :
- Zinc amalg. chimiquement pur dans H2 S Ov étendu de poiis spéc. = 1,075
- Cuivre chimiquement pur dans C u S O.., concentrée 1,057
- 2° Avec un élément Daniell :
- Zinc amalg. chimiquement pur dans ’Zn SOv concentré
- ' de poids spéc. = 1,463
- Cuivre chimiquement pur dans C u S O., concentré de poids spéc. e 1,097
- (>) Latimer Clark, Procedings of the Royal Society of London, vol. XX, p. 444-448,
- Déviations de l’aiguille à l’électromètre en doubles millimètres
- LATIMER CLAR|K ÉLÉMENT NORMAL DANIELL avec Zîi SO4
- l t t
- I- 77,7 18°
- 77,7 18 55,5 18»
- 77.7 18 63,8 l8° 56,6 18
- 77,6 18 3 56,6 18
- 77.6 18 3
- 77,6 18 3
- 77,6 18 3 63,8 18 56,5 17 9
- 77,6 18 3 56,6 .18
- 77,7 18 56,5 18
- 77,7 17 8
- II. 77,6 I” 8 63.9 18 56,6 18
- 77,6 17 8 56,5 18,1
- 77,6 17 7 56,5 18
- 77,6 17 7
- 77,6 17 7
- 77,6 18
- 77,7 18 3 63,8 17 9
- 77,6 18 4
- 77,7 18 3
- 77,6 18 3 63,8 18 56,5 18
- 77,6 18 3 56.5 18
- 56,5 18
- m. 77,7 18
- 77,7 18
- 77,6 18
- 77,7 18
- 77,7 18 63,9 18
- Moy. : 77,65 18“ 63,83' 180 56,53 180
- Les forces électromotrices de trois éléments sont donc dans le rapport :
- 1 217 : î 000 : 886
- pour la température 180 C.
- Mais, tandis que l’élement normal ne se modifie pas pour de petites variations de température, l’élément Clark, possède un coefficient de température assez élevé. Ce coefficient correspond par degré centigrade d’élévation de température, d’apiès Clark à une diminution de 0,06 0/0; d’après Helm-holtz (*), de 0,08 0/0; d’après mes propres observations également de 0,08 0/0.
- Il suit de là que la force électromotrice de l’élément L— Cl. mesurée à i5°,5 G est en unités de l’élément normal =: 1,219.
- Ceci permet de calculer la tension libre de l’élément normal qui se trouve être :
- 8 3_ J. —2
- I, iç5 VOltS = 1,195. 10 Cïg 'i S
- et celle de l'élément à solutions de sulfate de cuivre et de zinc concentrées :
- 1 » i —2
- I ,o5g volts 1,059. 10 Ci g S S
- C) Helmholtz. Thermodynamique des phénomènes chimiques, Ç. R, de l’Acad. des sciences de Berlin, 1882.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Pour les éléments Daniell ordinaires qui possèdent des solutions de sulfate de cuivre et d’acide sulfurique au même degré de concentration que l’élément normal, mais séparées par un cylindre poreux et dont en plus les électrodes sont constituées par des cylindres de zinc et de cuivre, on obtient, en prenant pour base les chiffres donnés plus haut, au maximum
- 1,14 volts
- dans la majorité des cas
- i,i3 à 1,10 volts et au-dessous.
- III. — A l’origne de cette étude, j’ai parlé des variations de la tension libre qui résultent, dans l’élément Daniell au sulfate de zinc, des différences dans le degré de concentration de la solution.
- Les résultats d’expériences consignés dans le tableau suivant serviront à confirmer ce qui a été énoncé à ce propos.
- Force électromotrice de la combinaison Zn, Zn SOv, Cu S04, Cu, en unités de l’élément normal.
- t= 180
- Sol. sulfate de z A = i,4< Sol. suif, cuivre V, ~ conc. inc concentré L >3 à 1907 Sol. suif, cuivre V2(A= 1,004) Sol. sulfate de 0, 5 en poids sulfc en poic Sulfate cuivre V-i = conc. zinc étendue L' ite de zinc + loo s HaO Suif. cuiv. étendu v2 (A = 1,004)
- Di D2 D'i d!,
- 0,886 0,865 0,932 0,910
- 0,886 o,865 0,931 0,909
- o,885 o,865 0,932 0,910
- o,885 o,865 0,932 o.,9io
- 0,885 » 0,931 0,910
- 0,885 » 0,931 >*
- 0,884 » 0,932 »
- 0 886 » » >»
- 0,886 » » »
- 0,886 » » »
- 0,886 » » »
- 0,886 D »
- 0,886 » »»
- 0,885 a »
- o,885 a
- 0.885 a >» »
- 0,886 » » »
- 0,885 a »
- 0,886 w «
- Moy.:o,886D 0,865 D 0,932 D 0,910 d
- D, = 0,886 D = 1,059 Volts.
- D2 = 0,865 D=i,o34 —
- D' =0,932 D = 1,114 —
- D'„ == 0,910 D = 1,087 —
- Dj — D2 = 0,02I D.
- D' — D'= 0,022 D.
- Si deux éléments D, et D2 ont la même solution
- — Zn S04, mais deux'solutions diversement étendues de sulfate de cuivre Vt et V2, l’élément D2 avec la solution diluée V2 aura une force électromotrice plus petite que la combinaison D, avec la solution concentrée V4. La différence
- D1-D2 = Cü I V2 + V2 | L + L I V, + Vi I Cu
- reste constante, quel que soit le degré de concentration de la solution de sulfate de zinc L, et l’on a
- Di — D2=D' —D'2 = .. . . =Cu I V2+V2 | Vi+Vi | Cu c’est-à-dire
- V2 I L + L I V,—V2 | L' + L' i V, = . . .=V* | V.
- Supposons, par exemple, que V, soit une solution concentrée de sulfate de cuivre, V2 une solution étendue de poids spécifique — 1,004, on a :
- Dj—D2=0,022 D
- quel que soit le degré de concentration du sulfate de zinc dans les deux éléments Dt et D2. Ce nombre concorde d’une façon satisfaisante avec la valeur que j’ai directement et indirectement trouvée dans une étude antérieure (*).
- Cu I V? + V2 I V1+V1 I Cu=o,023D
- I 1,1:6 SS I 0010. I
- Force électromotrice de l'élément Zinc, Acide sulfurique, Cuivre. —Je profitai des solutions diversement concentrées d’acide sulfurique que j’avais sous la main pour étudier simultanément l’influence de la concentration sur la tension libre dans la combinaison: zinc amalgamé, acide sulfurique, cuivre. Dans l’intervalle, j’avais reçu de l’af-finerie de Hambourg une deuxième espèce de cuivre chimiquement pur qui, dans une solution de Cu S04, c’est-à-dire appliqué à l’élément Daniell, donne les mêmes résultats que le cuivre précédemment mentionné, tandis qu’avec différents degrés de concentration de l’acide sulfurique il ne se comporte pas de la même manière que l’autre. Dans le tableau suivant se trouvent consignés les résultats généraux des expériences; les chiffres qui se rapportent au cuivre de Hambourg sont marqués d’une croix.
- La force électromotrice de la combinaison zinc amalgamé, eau, cuivre, ne put être déterminée; quelque soin que l’on prenne en lavant le zinc dans de l’eau distillée, il est impossible de faire disparaître les dernières traces de l’acide qui a servi à l’amalgame, en sorte que chaque nouvelle mesure donne une autre valeur.
- (*) Comptes rendus de l’Académie des sciences de Bavière, 1882, p. 9. — Annales de Wiedemann, 1882, XV, p. 3g6.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Comme il est facile de voir, en se référant au tableau qui suit, la force électromotrice croît avec la richesse en acide sulfurique d'abord vite,
- puis plus lentement, et atteint une valeur maxima qui, en général, se produit plus tôt que dans l’élément Daniell.
- CARACTÈRE de l’acide sulfurique OBSERVATIONS ISOLEES Klément normal = i JUOVENNE
- I A = 1,266 0,906 0,906 0,906 0 to6
- 2 A = 1,252 0,907 0,906 0,905 0.907 0,906 0,905 0,906
- 3 A = 1.186 0,907 0,907 0.905 0,904 0,904 0,9074-0.906-f 0,906
- 4 A = 1,133 0,914 0,911 0,911 Ort)I2 0.914 0,912 0 ç33f 0,9327 0,9307 0,933-i* O.Q12 ) 0,9331 S
- 5 A = 1,075 0,913 0,913 o,oi3 0,912 0,914 0.91.5 0.912 0,912 0,913 0,91.5 0,916 0,91.5 0,91.3 0,913 0,91.3 0,91.3 0,928 o,930 0,930 o, 933f 0,93of 0.932-f 0.914 \ 0,929 [ 0 9324 )
- 6 A = I,o5o 0,924 0,924 0,924 0,923 0,92.3 0,924 0,9244 0,923-f 0,924
- *7 A — 1,037 0,922 0,922 0,92140,92040,921 0,921 0.()2I
- 8 9 A = 1,007 A = 1,0035 0,917 0,920 0,919 0,919 0.917 0,919 0,91940,91940,919 0,919 0,915 0,915 0,913 0,9*9 0,914
- IO A == 1,002.5 0,908 0,907 0,906 0,907 0,906 0,907 0,898 0,899 0,899 0,899 0,898 0,897 0,897 0,907
- 1 I A -= 1,0011 0,898
- 12 1 litre II20 + 2oG H2SOv de poids spéc. 1,25 o,883 0,884 0,884 0,883 0.885 0,884 0 884
- 1.3 1 litre HaO + 10 G HoSO, de poids spéc. 1,25 0,871 0,870 0.871 0.869 0,871 0.870
- M 1 litre HaO + 5 G H,,SO,, de poids spéc. 1,25 o,863 0.863 0,865 0.865 0,864
- 1,5 1 litre HoO+ 1 GHoSO,, de poids spéc. 1,075 0,863 0,862 0,861 0,861 0,863 0,863 0,856 0,856 0,856 0,853 0.854 0,854 o,85i 0,854 0,853 o,85i 0,834 0,862
- 16 Dilution extrême XQ CO
- De plus, le maximum varie avec les différentes espèces de cuivre, circonstance qui permet de conclure à un changement de surface du cuivre dans les solutions acides plus énergiques.
- Si le poids spécifique de l’acide sulfuriqne est i,o5o, les deux espèces de cuivre donnent la différence de potentiel 0,924 D ; pour A =.1,075, l’ancien cuivre laisse reconnaître le maximum 0,929 D, mais en général 0,9140 seulement, tandis que le cuivre de Hambourg ne fournit la valeur maxima 0,933 D que pour l’acide dont le poids spécifique est i,i33. Avec des acides plus forts, on ne constate plus de différence dans la façon de se comporter des diverses espèces de fils de cuivre.
- Si l’on ajoute à la différence de potentiel :
- Zn | HaSOv-f II2S04 | Cu = a
- celle de la combinaison
- Ou | H2 SO; -frr H2 SO*. ] Ou SO-, -f* Ou SCO 1 Ou b
- il en résulte pour la force électromotrice de l’élément Daniell
- a+ b— Zn | It2 SOv + H, SOv | Cu SO.v 4- CuSO., 1 Cu
- Pour de l’acide sulfurique d’un poids spécifique
- égal à 1,075 et du sulfate de cuivre d’un poids spécifique égal à 1,004, on a
- a = 0,914!) b =0,109 D f1)
- En sorte que a-j- b — 1,028 D, tandis que l’observation directe donne 1,024 D. M.
- Nouveau galvanomètre à réflexion de grande sensibilité. — Nouvelles formes de galvanomètres astatigues, par MM. Thomas et Andrew Gray (‘9.
- La figure 1 représente l’élévation de l’instrument et la section horizontale des bobines. Deux paires de bobines cc cc sont disposées de manière que les axes de chaque paire sont parallèles et dans un même plan vertical. Chaque paire de bobines est supportée par un plateau vertical de laiton et les deux plateaux sont inclinés l’un sur l’autre d’un angle d’environ 1060, de sorte que les plans contenant les axes des bobines forment entre eux un angle de 74e environ. Deux aimants en fer à cheval mm,
- (9 Ce nombre est empruntés un travail antérieur : C. R. de i’Acad. des sciences de Bavière, 1882, p. 14; Ann. de Wied., 1882, XV, p. 399.
- (2) Procedings of the R. S., vol. XXXVI, p. 287, 1884,
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- faits avec du fil d’acier de imm de diamètre, sont réunis par une très légère lame d’aluminium et placés à une telle distance l’un de l’autre, que, étant suspendus, les deux branches de chacun des aimants entrent librement dans les canaux respectifs des deux bobines fixées sur le même plateau, et, lorsque tout le système est en équilibre et les bobines vides de courant, les deux branches de
- FIG. I
- chacun des aimants coïncident à peu près avec les axes de ces canaux. Les aimants ne sont pas plans, mais recourbés de façon à former à peu près des portions d’un cylindre vertical dont l’axe coïncide avec la direction du fil de suspension et auquel les axes des bobines sont tangents en leur milieu, approximativement aux points où se trouvent les pôles des aimants.
- On a donné aux aiguilles cette forme, afin d’éviter, autant que possible, qu’aux grandes dé-
- viations leurs extrémités ne viennent toucher les parois des canaux.
- Dans l’instrument dont l’auteur s’est servi dans ses expériences sur la résistance du verre, les aiguilles sont disposées de manière que leurs pôles de noms contraires sont en regard l’un de l’autre. Le système des aiguilles est suspendu à l’extrémité d’une vis p, laquelle passe dans un écrou n mobile entre deux pièces fixes. En faisant tourner l’écrou, on fait monter ou descendre la vis et en même temps tout l’équipage suspendu, sans tordre le fil.
- Les quatre bobines sont groupées en tension et ont une résistance totale de 80220 ohms. Elles contiennent 4928 m. de fil de cuivre n° 5o, formant 62939 tours, à peu près également partagés entre les quatre bobines. Lorsqu’un courant passe à travers les bobines, les pôles de l’un des aimants en fer à cheval sont attirés vers l’intérieur des bobines correspondantes, pendant que ceux de l’autre sont repoussés vers l’extérieur par les deux autres bobines. Il naît ainsi un couple tendant à faire
- tourner le système autour de l’axe de suspension. Un miroir, fixé sur une pièce verticale d’aluminium a, donne, à la manière ordinaire, une image réfléchie sur une échelle, ce qui permet de mesurer les déviations. Un aimant compensateur M est supporté par une colonne verticale fixée à la cage au-dessus des aiguilles ; cet aimant peut être placé dans différents azimuts à l’aide d’une vis tangentielle t. Les extrémités des fils des bobines sont reliées aux trois bornes TTj T.2, et l’instrument peut, par une disposition convenable, devenir différentiel. Ces bornes, ainsi que les fils de communication, sont isolés avec de l’ébonite.
- Ainsi disposé, l’instrument peut donner une déviation d’une division de i/2mm sur une échelle placée à une distance d’un peu plus de 1 mètre, avec le courant produit par un Daniell dans io'1 ohms. C’est là une sensibilité qu’on ne peut atteindre avec aucun des instruments astatiques les plus sensibles connus jusqu’à présent. En réglant convenablement les aiguilles, on peut atteindre un degré de sensibilité bien plus grand, mais alors la durée d’oscillation des aiguilles devient trop grande. La sensibilité de l’instrument est assez grande pour
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- que, dans beaucoup de cas, on puisse s’en servir, même avec une durée d’oscillation modérée.
- Dans leurs expériences sur la résistance du verre, les auteurs ont employé un instrument qui n’était pas disposé pour donner une très grande sensibilité, et à l’aide duquel on pouvait mesurer des résistances de io4 à io6 megohms en se servant d’une pile de 120 daniells. On peut employer avec cet instrument un amortisseur plongeant dans un liquide, et de cette manière diminuer la lenteur des observations.
- On peut donner à l’instrument une autre forme : les quatre bobines sont disposées symétriquement dans un même plan, et les deux aimants en fer à cheval sont supportés par une barre d’aluminium recourbée en S. Cette barre traverse le plateau qui supporte les bobines, de sorte que l’un des aimants pénètre dans les bobines qui lui correspondent d’un côté du plateau, et l’autre, de l’autre côté, comme c’est indiqué sur la figure 2. Les bobines sont réunies de manière que, lorsqu’elles sont traversées par un courant, les aimants sont, tous les deux en même temps, attirés vers l’intérieur ou repoussés vers l’extérieur des bobines.
- Cette dernière forme de l’instrument a l’avantage d’être plus facile à construire et le réglage des aimants par rappport aux canaux des bobines est aussi plus facile.
- L’avantage capital de l’instrument qu’on vient de décrire résulte de ce que, grâce à la disposition indiquée des aimants et des bobines, une grande partie des fils de ces dernières se trouve très près des pôles des aimants et dans une position très favorable à l’action électromagnétique. L’instrument ne présente pas de difficultés de construction et ne coûte pas plus cher qu’un instrument ordinaire. On pourrait même disposer horizontalement un seul aimant en fer à cheval, ou bien un aimant recourbé en S, et n’employer qu’une seule paire de bobines, et on aurait ainsi un instrument non asiatique fondé sur le même principe. Mais dans les instruments asiatiques il vaut mieux placer les aimants de façon à ce que les deux branches soient dans un même plan vertical.
- Si la ligne joignant les deux pôles de chaque aimant était verticale, le système serait parfaitement astatique dans un champ uniforme, car chaque aimant en particulier serait alors parfaitement astatique. Une paire d’aimants en fer à cheval peut ainsi être réglée de manière à former un système parfaitement astatique dans un champ uniforme et à conserver un zéro presque invariable, ce qui est très difficile à obtenir avec la disposition ordinaire des' aiguilles, surtout lorsqu’on se sert d’un aimant compensateur; car, dans ce cas, l’une des aiguilles s’aimante plus ou moins pendant que l’autre se désaimante, suivant la position de l’ai-mant compensateur.
- Dans le cas ordinaire de deux aiguilles parallèles ou presque parallèles l’intensité du courant est donnée par la formule
- désignant l’intensité du champ magnétique sur l’aiguille supérieure, F cette intensité sur l’aiguille inférieure, m le moment magnétique de l’aiguille supérieure, m' celui de l’aiguille inférieure, 0 la déviation des aiguilles, K une constante et C l’intensité du courant.
- On voit que de faibles variations de m et de n 1' affectent notablement la constante de l’instrument ordinaire.
- Cet inconvénient n’existe pas dans le cas d’aiguilles en fer à cheval disposées verticalement. L’aimant directeur ne les affecte pas de la même manière. L’intensité du courant est donnée par la formule
- C= K (I—I') sin 0;
- I et I' étant les intensités horizontales du champ aux extrémités supérieures et inférieures des aiguilles, K une constante dépendant des bobines, 0 l’angle de déviation et C l’intensité du courant.
- La sensibilité de l’instrument peut être augmentée à un degré voulu, il suffit d’éloigner l’aimant M des aiguilles (ou bien contrebalancer son action avec un petit aimant placé très près des aiguilles), afin de rendre la différence I—F suffisamment petite.
- On peut encore disposer les aimants de manière que leurs pôles de même nom soient en regard l’un de l’autre. Le système sera encore parfaitement astatique s’il est bien réglé. On peut dans ce cas se servir d’un aimant compensateur pour avoir un couple capable de ramener le système à sa position initiale. On pourrait placer l’aimant suivant une ligne horizontale perpendiculaire au front de l’instrument et passant par le fil de suspension.
- Dans certains cas on pourrait suspendre le système formé par les aiguilles dans un champ uniforme et fixer au système une petite aiguille faisant corps avec lui, mais de manière qu’elle ne soit presque pas influencée par les bobines. Cette aiguille donnerait au système une force directrice. L’équipage ne serait plus astatique, mais sa sensibilité serait encore grande par suite du grand bras de levier des aimants en fer à cheval.
- Si m désigne le moment magnétique de la petite aiguille, H l’intensité horizontale du magnétisme terrestre, k une constante dépendant des bobines, cp l’intensité du pôle de chacun des aimants en fer à cheval (en supposant tous les pôles d’égale intensité) et d la distance de ces pôles du fil de suspem sion, le couple de rotation produit par les bobines
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- s’exprimera, dans le cas de faibles déviations, par 4C k<?d, et le couple tendant à ramener le système vers sa position d’équilibre sera égal à m H 0, d’où
- c = m 0
- 4/iiy d’
- Seulement* dans cette disposition, on a l’inconvénient que toute variation de m ou de <p ou de deüx quantités à la fois affecte la constante de l’appareil (').
- On peut augmenter la sensibilité de l’instrument, quelle que soit d’ailleurs la disposition des aiguilles, en attachant le miroir à l’aide d’une suspension bifilaire, dont l’un des fils serait accroché à un point fixe, et l’âutre à un point convenable de l’équipage mobile.
- Les auteurs proposent encore une autre modification de l’instrument; à la place des aimants en fer à cheval on peut prendre deux aiguilles droites, reliées entre elles par une légère lame d’aluminium; on suspend le système à l’aide d’un seul fil de cocon de manière que les aiguilles soient dirigées verticalement et qu’elles aient leurs pôles de nom contraire en regard l’un de l’autre.
- Huit bobines sont disposées en deux groupes, 4 d’un côté du système suspendu et 4 de l’autre côté, de manière que chaque pôle d’aimant se trouve sur la ligne joignant les centres des deux bobines opposées.
- La figure 3 représente un distributeur de courant que les auteurs destinent aux galvanomètres de leur invention. Six pièces de laiton a, b, a’ b', c, d, c’. d'disposées autour d’une pièce p à l’intérieur d’un anneau externe r le tout fixé sur le pla-teâu d’ébonite, servant de base à l’instrument. Chacune des pièces a, b', etc., peut être mise en communication au moyen de fiches avec p, r ou les pièces adjacentes. L’anneau r est coupé des deux côtés de la pièce s, comme on le voit sur la figure, et chaque coupure peut être bouchée avec une fiche ; r, p et s portent des bornes.
- Les communications sont ainsi disposées : désignons les deux bobines d’un côté de la ligne médiane par les lettres a et p, celles de l’autre par X et 8. Supposons qü’un courant parcourt toutes les bobines, de manière que leurs effets s’ajoutent. Désignons par «„ la borne, correspondant à la bo-
- (’) Les auteurs proposent de fixer cette aiguille directrice de manière qu’elle puisse tourner autour d’un axe horizontal, perpendiculaire à sa longueur et autour d’un axe vertical; on pourrait ainsi, à l’aide de cette seule aiguille, régler la sensibilité et le zéro de l’instrument.
- On a observé que, grâce à la distance qui sépare les deux aimants de l’axe de suspension, une très petite valeur de I — I' suffit pour donner au système une force directrice assez grande pour écarter toute erreur notable provenant de la rigidité du fil.
- bine a, par laquelle le* courant entre, et <ta = celle par laquelle il sort, de même pour la bobine p, pt,
- t . . »
- et P/,. La piece a est en communication avec *a, a' avec v!a et de même les autres pièces avec les bornes correspondantes. La pièce centrale p est en communication avec la borne du milieu T3 fixée sur l’instrument, l’anneau r avec la borne T, et la pièce s avec la borne T3. On conçoit facilement comment on peut mettre les bobines en tension : il suffit de mettre au moyen d’une fiche la pièce p en communication avec a, a' avec b, b' avec c, c' avec d et d'avec r. Le courant entre parla borne du milieu, traverse toutes les bobines et sort par la borne en relation avec r. Dans ce cas la pièces communique généralement avec r de sorte que les
- FIG 3
- deux bornes latérales de l’instrument ne forment qu’une seule électrode. Yeut-on mettre les bobines en quantité, les bobines a et P d’un côté et de l’autre les bobines y et 8 et accoupler ensuite ces deux paires en tension, on met une fiche entre a et b et une entre ces deux pièces et p, on relie ensuite par des fiches les pièces a', b', c, d, enfin on réunit de la même manière c', d' et les deux avec r ou s.
- Pour rendre l’instrument différentiel, on réunit a à. r, a' à. b et b à p; s a d' (les coupures entre s et r restant ouvertes), d à c' et cà.p. Un courant entrant par l’une des bornes latérales et parcourant les bobines a et p tend, à faire dévier l’aiguille dans un sens, pendant qu’un courant allant de l’autre borne latérale et parcourant les bobines y S tend à produire une déviation contraire, ces deux courants sortent par la borne du milieu.
- K.
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- Un relais pour appels téléphoniques.
- En Allemagne, dans les bureaux téléphoniques, les communications se font de la façon suivante : L’abonné X appelle le bureau et demande la communication avec Y; si Y est libre, le bureau fait la jonction et c’est X qui appelle lui-même Y et qui, la conversation finie, donne le signal au bureau.
- bg
- U"6"~!r'yn.
- ;-I± CN
- FIG. I
- Ce mode de procéder présente l’inconvénient de nécessiter pour quelques abonnés seulement, très éloignés du bureau central, un nombre considérable de piles chez tous les autres abonnés, afin que
- FIG. 2
- l’appel puisse se faire entendre au cas où l’un de ces derniers voudrait entrer en communication avçc un abonné du premier groupe.
- M. W. Oesterreich propose dans l’Elektrotech-nische Zeitschrift (numéro de janvier i885) de remédier à cet inconvénient en recourant à l’emploi d’un relais, qui se trouve représenté figure i. Dans cette figure M est un électro-aimant à enroule-
- ment peu résistant. Le courant de l’abonné qui appelle arrive par Lt, traverse l’électro M et se rend par h, n, tn,r et L2 chez l’abonné appelé où il est trop faible pour faire fonctionner l’appel. Mais en même temps l’électro-aimant M a attiré son armature ; le ressort c, est venu s’appuyer sur la borne e en sorte que le circuit des piles de l’abonné qui appelle se trouve fermé à la terre en même temps que le système des piles locales B envoie par a, n, m, r et La son courant dans la ligne L2.
- Le réglage de l’appareil doit être fait avec soin. Il faut en effet que le ressort c entre en contact avec e avant que le contact soit interrompu entre ca et r, sans quoi le relais fonctionnerait comme un interrupteur automatique, et c’est seulementlorsque le contact e est établi que, l’intensité du courant augmentant dans la ligne Lt par suite de la. diminution de la résistance extérieure, l’électro M attire énergiquement son armature et vient fermer le contact a, n. Une fois bien réglé, l’appareil fonctionne, paraît-il, d’une façon très satisfaisante.
- La figure 2 représente l’installation complète du système dans un bureau central avec l’annonciateur K et le système de liaison N. La marche du courant se lit assez clairement sur la figure pour rendre toute explication superflue.
- M.
- Un nouveau galvanomètre, par J. Rosenthal (>).
- Tous les galvanomètres actuellement en usage, tels que les galvanomètres de Thomson, la boussole de Wiedemann, présentent le même inconvénient : !a disposition des spires est très défavorable, de sorte que, pour augmenter leur sensibilité, on est obligé d’augmenter considérablement le nombre des tours de fil, ce qui augmente la résistance de l’appareil. On est même souvent obligé d’accompagner un appareil devant servir à différentes expériences , d’une série de bobines pouvant être remplacées l’une’ par l’autre, suivant les besoins de l’expérience.
- Ainsi, la boussole de Wiedemann comporte toujours 3 paires de bobines : une paire pour des courants thermo-électriques, une autre pour courants hydro-électriques, et la troisième destinée aux expériences de physiologie. Par une nouvelle disposition des spires, l’auteur est arrivé à construire un appareil qui n’a qu’une résistance de 3o ohms et qui dépasse en sensibilité de beaucoup tous les instruments connus jusqu’à présent. L’appareil présente encore cet avantage de pouvoir servir pour des courants thermo-électriques et pour des expériences d’électro-physiologie. L’utilité de cette grande sensibilité apparaît surtout
- (-) Annales de Wiedemann., 1884, n° 12, p. 65i.
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- dans les méthodes de réduction à zéro, telles que les mesures de résistances à l’aide du pont de Wheatstone, les mesures de forces éiectromotrices par la méthode de compensation de Poggendorff. L’emploi de cet instrment est fort simple et son prix très modéré. Les figures i et 2 font comprendre la disposition de l’instrument. La figure 1 le représente dans son ensemble. Sur un pied de marbre f muni de 3 vis calantes e;f, g, s’élèvent
- 2 colonnes m et 11 qui supportent les plateaux i et k.
- Au plateau k est adapté l’amortisseur d, maintenu par une vis q, dont l’extrémité s'engage dans une rainure u (tig. 2). En a et en b sont des bornes mises en communication avec les extrémités des bobines.
- Entre i et k se trouve la cage mobile contenant le miroir; elle est formée de 2 demi-cylindres juxtaposés. Sur le plateau i est vissé le tube A contenant le fil de suspension ; ce tube est surmonté d’un
- treuil tournant dans sa monture, auquel s’accroche le fil.
- La disposition des parties essentielles de l’instrument est indiquée sur la figure 2. L’aiguille est un petit aimant en fer à cheval h; à ses extrémités polaires sont fixés deux appendices horizontaux recourbés x. et y. Ces appendices, découpés dans la même pièce que l'aimant, forment ses pôles, sur lesquels s’exerce directement l’action déviatrice des bobines. La distance entre ces pôles et les bobines étant la plus petite possible, l’action est la plus efficace possible. Les appendices polaires sont des arcs de cercle dont le centre se trouve sur l’axe de rotation. Ils traversent librement les canaux des deux bobines r et s. Chacune de ces bobines est formée de 200 tours d’un fil d’argent isolé, de omm,o5, enroulés sur des poulies d’ivoire.
- Ces dernières reposent dans des cavités creu-
- FIG. 2
- sées dans un support d’ivoire w, sur lequel sont fixées les bornes a et b. Ce support a la forme d’un parallélipipède et s’engage dans deux fentes longitudinales creusées dans l’amortisseur en cuivre.
- Il y est maintenu parle plateau de verre p lequel, à l’aide de trois petites vis e, est fixé à l’amortisseur et le ferme par le bas. L’amortisseur est un gros morceau de cuivre ayant la forme d’un cylindre creux.
- L’aimant supporte à sa partie supérieure le miroir d’argent s, et tous les deux sont suspendus au moyen d’un fil de cocon.
- On conçoit facilement la manière de monter l’appareil. Il faut placer l’amortisseur de manière que la fente dans laquelle s’engage le support des bobines, fasse un angle de 45° avec la ligne des pôles.
- Pour faciliter la manipulation du réglage on place sur le pied de marbre le miroir S qui réfléchit dans la direction de T tout l’intérieur de l’appareil.
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- Voici les dimensions de l’instrument :
- Hauteur totale................. 460 m. m.
- Hauteur du tube de suspension . . 255
- Hauteur de l’amortisseur........ 3g
- Diamètre extérieur de l’amortisseur 3g
- Diamètre de sa cavité............ 20
- Hauteur de l’aimant............. 27
- Poids de l’aimant avec le miroir. . 4 gr. 3
- Diamètre extérieur des bobines . . 12 m. m.
- Epaisseur des bobines........... 3
- Diamètre du canal............... 5
- Résistance des deux bobines. ... 3g ohms.
- L’auteur a exécuté une série de mesures de résistances pour s’assurer du degré d’approximation que l’instrument permet d’atteindre, et il a constaté qu’on pouvait apprécier des variations de o,oo5 pour cent. L’instrument est particulièrement commode pour des expériences d’électrophysiologie, où il peut rendre de réels services.
- Nous avons décrit plus haut un galvanomètre de M. Gray, qui est plus sensible que le précédent. K.
- Pour donner une idée de la sensibilité de l’instrument, l’auteur cite les données suivantes :
- i° Sans aimant compensateur (d’Hauy), une déviation de 0,1 m. m. vaut 54,10“10 amp., la distance de l’échelle au miroir étant 2m,7.
- 20 Avec un aimant compensateur et la même distance de l’échelle, une déviation de 0,1 m. m. vaut i2,io—11 amp.
- Le courant d’un couple thermo-électrique maille-chort-fer provenant d’une différence de témpéra-ture de io° C aux soudures et traversant 1 000 ohms, donne une déviation de 120 m. m., l’échelle étant à 2m,7 du miroir.
- L’auteur a vérifié la proportionnalité des petites déviations aux intensités. A cet effet, il place un galvanomètre dans une dérivation prise sur un fil de platine de im de longueur tendu en ligne droite. Le circuit principal est formé d’un élément Le-clanché, de 6600 U. S. et de ce fil de platine. En faisant varier sur le fil de platine la distance entre les deux points de la dérivation, on obtient des déviations du galvanomètre proportionnelles à ces distances. Voici les données que cite l’auteur :
- DISTANCE DES POINTS de la DÉRIVATION SUR LE RHÉOSTAT DÉVIATION SUR L’ÉCHELLE en MILLIMÈTRES
- 10 6,0 6,0 moyennes 6,00
- 20 i3,o 12,0 12,5o
- 3o 18,0 17,0 I7,5o
- 40 24,0 24,0 24,0
- 5o 2g, 5 3o,o 2g, 75
- 100 5g, 5 61,0 6o,25
- 200 118,0 122,0 184,0 120,00
- 3oo 176,0 180,00
- 400 240,0 245,0 242,58 3oo,5o
- 5oo 2g6,o 3o5 0
- 600 355,o 367,0 36i,oo
- 700 4i5,o 432,0 423,5o
- 800 476 0 495,0 485,5o
- ' La concordance est très suffisante, si l’on tient compte de l’imperfection de l’expérience.
- Les erreurs ne dépassent pas les limités des erreurs auxquelles on devait s’attendre, avec la disposition expérimentale que l’auteur avait choisie.
- Le commutateur de M. Henri Schœntjes, de Gand. par M. P. Samuel.
- M. Henri Schœntjes, à qui nous devons un excellent traité sur les unités électriques, se livre en
- FIG. I ET 2
- ce moment à des recherches fort curieuses sur les courants induits d’ordres supérieurs. Quand ces travaux seront terminés, nous en donnerons connaissance à nos lecteurs. Nous décrirons déjà le commutateur spécial que M. H. Schœntjes a imaginé pour ses expériences, et qui nous semble apte
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- à rendre des services dans d’autres circonstances encore.
- Les conditions à remplir par ce commutateur sont les suivantes :
- Etant donnés plusieurs circuits/ennés, introduire successivement dans chacun d’eux un téléphone de façon à ce qu’il n’y ait jamais rupture du circuit ni pendant, ni après la rupture du téléphone.
- On. peut se rendre compte par la ligure 2 de la manière dont ce résultat est obtenu :
- A et B sont deux bornes auxquelles l’un des circuits aboutit. Ce circuit est fermé dans le commutateur par les deux ressorts r et t’ qui pressent l’un sur l’autre. Si l’on vient à tourner la manette, le doigt D vient écarter le ressort r, et couper le circuit entre les deux ressorts. En même temps, un second doigt E également fixé à la manette, mais isolé du premier doigt, écarte légèrement le ressort V, assez peu pour que le contact avec r soit rompu, mais suffisamment pour qu’il y ait bon contact entre E et t'.
- Le doigt D est relié métalliquement à la tige centrale T au bout de laquelle tourne la manette.
- Le doigt E est relié à la bande de cuivre S par l’intermédiaire d’un frotteur.
- Le téléphone est attaché en S et en T, ce qui complète le circuit.
- Il y a à remarquer que les deux doigts D et E se trouvent déjà en dérivation sur les ressorts r et t' avant que ceux-ci soient séparés. On évite ainsi toute rupture du circuit.
- La figure 1 montre en plan ce commutateur disposé pour 6 circuits. A, B, sont les bornes des circuits et T, S, les bornes d’attache pour le téléphone.
- Cet appareil est fort commode à manier et il est à recommander pour toutes les expériences où il faut brusquement introduire dans un circuit fermé, à un moment donné, un téléphone, un galvanomètre, un voltamètre, ou n’importe quel instrument destiné à analyser le contact considéré.
- BIBLIOGRAPHIE
- TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DU TRAVAIL MÉCANIQUE. DÉTERMINATION des éléments de la transmission, par A. Hillairet, directeur des ateliers de la maison Bréguet. — Paris, Masson, éditeur.
- La brochure que notre collègue et ami A. Hillairet a fait paraître récemment sous ce titre est une œuvre sérieuse dans ' laquelle se révèle très
- nettement la tournure d’esprit de l’auteur. Le travail est essentiellement théorique. C’est un résumé des différentes recherches faites jusqu’ici sur le transport électrique de la force, résumé méthodique et original auquel on ne peut faire le reproche de banalité. A ce titre donc, l’opuscule de Hillairet mérite l’attention. Personnellement, nous ne partageons pas absolument toutes les idées qui y sont émises ; nous n’attachons pas à certains éléments l’importance que l’auteur leur concède; et sans vouloir rouvrir ici une discussion close depuis longtemps, nous signalerons seulement quelques points du désaccord entre nous. D’une façon générale d’abord, nous pensons que vu le nombre considérable d’éléments qui entrent en jeu dans les calculs relatifs aux machines dynamo-électriques, il y a lieu, lorsque la théorie et l’expérience semblent contradictoires, de donner raison à la dernière. Hillairet, au contraire, quoique cherchant avant tout le côté pratique des choses, ne cache pas sa préférence pour la première, et n’admet guère que comme à peu près des lois, qu’à notre avis, nous jugeons démontrées.
- Il ne s’agit là, comme nous le disions plus haut, que de différences de conceptions personnelles ; chacun suit naturellement les tendances de son esprit, et la discussion ne porte guère que sur la valeur relative de certains éléments. Partant de là, il va de soi que les jugements à porter sur les travaux des savants qui se sont consacrés à l’étude du transport de la force, diffèrent immédiatement. Sans contester, le mérite de chacun, sur des points différents, l’un verra de l’importance, l’autre n’en verra pas.
- Toutefois, il est une interprétation qu’on nous permettra de signaler comme n’étant pas rigoureusement exacte, et qu’on retrouve malheureusement dans bien des ouvrages. Page 26, il est dit: « Les expériences de M. Marcel Deprez prouveront « que les efforts mécaniques croissent proportion-« nellement aux intensités; » Il y a là une erreur, et cela n’est vrai que pour un champ magnétique saturé. M. Deprez n’a jamais affirmé que la proportionnalité entre les efforts et les intensités existât*
- A un effort donné correspond une intensité donnée, a été seulement l’énoncé de sa loi, et ses expériences n’ont pas prouvé autre chose. Ces réserves faites, nous n’hésitons pas à reconnaître les qualités du livre de Hillairet. Il est écrit par un ingénieur qui connaît le sujet qu’il traite, qui a consciencieusement étudié les travaux qu’il analyse, et qui, s’inspirant des idées qui lui sont propres, écrit pour être lu, sérieusement lu.
- P. Clemenceau.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FAITS DIVERS
- PROJET DE LOI RELATIF A L'ÉTABLISSEMENT, L’ENTRETIEN ET
- LE FONCTIONNEMENT DES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES, TÉLÉPHONIQUES OU AUTRES, PRÉSENTÉ PAR M. AD. COCIIERY,
- MINISTRE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES, A LA CHAMBRE
- DES DÉPUTÉS, LE 9 FÉVRIER DERNIER.
- Exposé des motifs.
- Messieurs,
- Le projet de loi qui vous est soumis, a pour but de réglementer une matière spéciale et se justifie par une évidente nécessité. Il convient dès lors d’en exposer brièvement le caractère et les motifs.
- I
- Pour le fonctionnement et l’exlension de son réseau électrique, devenu aujourd’hui l'un des organes essentiels de la vie nationale, l’Etat se trouve en contact quotidien avec les propriétés privées.
- Il est souvent indispensable, en effet, que les agents de l’administration prennent des points d’appui sur les constructions priVées et pénètrent même, au besoin, dans les propriétés pour y pratiquer des travaux de divers genres, en vue de l’étude préalable des lignes, de leur établissement, ou plus simplement encore de leur entretien.
- A défaut d’un texte formel ou de la jurisprudence qui y supplée, la nature des choses imposerait, on peut le dire, cette charge aux particuliers, car elle est la condition même de l’existence d’un grand service public et l’application de la règle posée par les lois du 24 pluviôse an VIII et du 16 septembre 1807 en matière de travaux d’utilité générale.
- Mais l’accès des propriétés privées, les travaux que l’administration y effectue, le règlement des dommages qui en dérivent peuvent donner naissance à certaines difficultés, dont le nombre s’accroît avec le développement constant des communications électriques.
- Cette situation a déterminé la présentation du projet de loi qui vous est soumis, et qu’une autre considératioa recommande d’ailleurs d’une façon plus pressante encore à l’examen des pouvoirs publics.
- Jusqu’à ces derniers temps, en effet, le droit de l’administration n’avait pas été sérieusement contesté.
- Ce droit, qu’elle a toujours exercé avec un extrême ménagement des intérêts individuels, elle le puisait dans la législation générale des travaux publics, et une jurisprudence constante l’avait toujours consacré dans son principe.
- C’est sous la garantie de cette jurisprudence que depuis l’origine jusqu’à ce jour, les lignes électriques (télégraphe ou téléphone) ont été installées sur toute l’étendue du territoire.
- Mais une hésitation s’est un instant produite et Ton a voulu contester, en discutant la compétence des tribunaux administratifs en ces matières, le caractère d’utilité publique de certaines opérations accessoires de l’administration des télégraphes.
- Il n’existe, d’ailleurs, aucune décision judiciaire qui ait définitivement jugé contre l’Etat une question de fond.
- La sécurité du service, la nécessité de pénétrer sans retard partout où le fonctionnement du réseau l’exige, imposent au Gouvernement le devoir de prévenir ces résistances et de faire cesser ces conflits.
- Une loi devient nécessaire, et le projet que nous allons analyser sommairement est d’une urgence incontestable. j
- II
- C’est dans l’article ior que se trouve la disposition essentielle et comme le fondement de la loi tout entière.
- Le caractère d’utilité publique est attribué à toutes les opérations de l’administration « pour l’établissement, l’entretien et le fonctionnement des lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres » et ce principe, qui ne comporte pas d’exception, échappe désormais aux variations de la jurisprudence.
- Rien, d’ailleurs, n’est plus conforme aux règles de notre droit. L’Etat a créé le réseau national, et il possède le monopole des transmissions électriques dans l’intérêt même du public, auquel il en assure l’usage (loi du 2 mai 1837). Comment refuser le caractère d’utilité publique aux opérations qui permettent le maintien et l’extension de ce réseau? Les fils téléphoniques ne peuvent en être considérés comme distincts. et comme faisant l’objet d’une appropriation privée, extérieure au réseau lui-même. Ils en sont le prolongement, et l’Etat s’en réserve la libre disposition avec le droit ûe les supprimer.
- Ainsi posé comme une règle absolue dans la matière qui nous occupe, ce principe comporte des conséquences très faciles à déduire, en vertu des lois du 28 pluviôse an VIII et du 16 septembre 1807. Le Conseil d’Etat (v. Dalloz, v° Télégraphe) les a toujours interprétées en ce sens « que les propriétés privées sont obligées de supporter les dommages qu’elles sont exposées à éprouver par suite de l’exécution des travaux publics, sauf recours en indemnité contre l’Etat par voie administrative ».
- III
- Les articles suivants (2 à 8) posent avec toute la précision nécessaire les règles de procédure et de compétence.
- L’article 2 prescrit aux préfets de prendre un arrêté pour l’exécution des travaux, et il est superflu d’ajouter que cet arrêté ne crée pas le droit de l'administration, mais précède seulement sa mise en œuvre.
- L’article 3 exige une notification collective par voie d’affiches, et, dans le cas où il s’agit de propriété close, une notification individuelle aux intéressés, vingt-quatre heures avant l’exécution. C’est là une garantie toute spéciale, qui concilie, dans la mesure la plus acceptable, l’urgence d’un service public qui ne souffre aucun retard, avec les droits de la propriété particulière.
- L’article 4 indique le droit de l’administration de pénétrer sur les points désignés dans l’arrêté préfectoral pour l’exécution des travaux qui y sont indiqués. Il formule nettement la conséquence du principe posé en l’article premier, et établit une règle positive qui ne livre place à aucune incertitude dans son application quotidienne.
- Les articles 5, 6 et 7 règlent la procédure et la compétence en piaticre d’indemnités. C’est la consécration de la pratique usuelle, et il ne pouvait d’ailleurs être en ce point introduit aucune innovation utile dans la loi spéciale qui fait l’objet de notre examen.
- L’article 8 et dernier abroge les dispositions antérieures d'ordre législatif ou réglementaire qui seraient opposées à la présente loi.
- Tel est, rapidement envisagé dans son ensemble et dans ses dispositions les plus importantes, le projet qui vous est soumis par le Gouvernement et qu’il vous propose d’adopter.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française,
- Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le garde des sceaux, ministre de la justice et des cu’tes et par le ministre des posées et des
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- télégraphes, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Art. Ier. — Les opérations relatives à l’établissement, à l’entretien et au fonctionnement des lignes télégraphiques, téléphoniques, appartenant à l’Etat, sont effectuées, à titre de travaux d’utilité publique, dans les conditions indiquées aux articles suivants.
- Art. 2. — Lorsqu’il sera besoin d’établir sur le sol, les murs, façades, toits, terrasses des propriétés privées, des édifices quelconques, ou d’établir sur ou sous le sol des chemins et de leurs dépendances, notamment dans les égouts, les appuis, les conduits destinés au service des lignes télégraphiques, téléphoniques et autres, un arrêté préfectoral prescrira les mesures nécessaires pour l’exécution de ces travaux.
- Art. 3. — Cet arrêté déterminera les travaux à effectuer; il sera notifié par voie d’affiches, et individuellement aux intéressés dans le cas où il s’agirait de propriétés closes; il sera exécutoire 24 heures après cette notification.
- Les dispositions de l’arrété préfectoral seront applicables de plein droit à toutes les opérations que comporteront l’établissement, l’entretien et la surveillance de la ligne, y compris l’élagage des arbres dont les branches gêneraient son fonctionnement, et sans qu’il soit besoin d’un nouvel arrêté.
- Art. 4. — Pour l’exécution des travaux désignés à l’arrêté, les propriétaires devront donner accès aux agents de l’administration, et n’apporter aucun obstacle à leurs opérations.
- Art. 5. — Les indemnités qui pourront être dues aux propriétaires, à titre de réparations de dommages matériels effectifs, seront, à défaut d’arrangement amiable, réglées par la juridiction administrative.
- S’il y a lieu à expertise, il y sera procédé par trois experts, ou, par un seul, si les parties y consentent.
- Ces experts seront désignés d’office par le Conseil de préfecture, à défaut par les parties de les avoir désignés d’accord dans le délai qui leur aura été. imparti à cet effet.
- Art. 6. — L’arrêté préfectoral, autorisant l’établissement ou l’entretien de lignes télégraphiques, téléphoniques, sera périmé de plein droit s’il n’est pas suivi d’un commencement d’exécution dans les six mois de sa date, ou daos les trois mois de sa notification.
- Art. 7. — L’action en indemnité des propriétaires ou autres ayants-droit, pour réparation des dommages résultant de travaux effectués dans les conditions prévues par la présente loi, sera prescrite par un laps de deux ans à compter de l’exécution des travaux.
- Art. 8. — Toutes les dispositions de lois, décrets et règlements antérieurs sont abrogées en ce qu’elles auraient de contraire à la présente loi.
- Pait à Paris, le 9 février 188S.
- Éclairage électrique
- On sait que parmi les paquebots loués par l’Etat pour le transport des troupes au Tonkin, se trouvent le Château -Yquem et le Châleau-Margaux, de la Compagnie bordelaise de navigation. Ces deux navires sont éclairés depuis plusieurs mois à l’électricité. Ils possèdent chacun environ 200 lampes incandescentes, posées par la maison Bréguct.
- La Société Electrique Edison vient de terminer les installations suivantes : La filature de Blainville a été pourvue de 400 lampes à incandescence; éo ont été installées chez MM. Tibaux Florin, à Roubaix, 200 chez M. Dineux, à Amiens, .200 chez M. David Iluot et le même nombre chez M. Groniet, à Amiens également.
- On a parlé, dans cœ derniers temps, de la création d’une nouvelle Compagnie qui doit établir sur la Seine un service de bateaux analogue à celui des Mouches et des Hirondelles. Les 32 bateaux destinés à cet usage, sont actuellement en construction; ils seront éclairés à la lumière électrique.
- Chacun d’eux renfermera 22 lampes incandescentes de 16 bougies, réparties dans tout le batiment, à l’exception du pont. La force motrice sera fournie par une petite machine à vapeur, d’un modèle spécial et de la force de S chevaux 1/2; la machine électrique est du type Gramme, modifié par M. Ilaffard; à la vitesse de g5o tours par minute, elle débite 18 ampères avec une force èlectromotrice de 110 volts.
- En outre des 22 lampes destinées à l’éclairage du bateau la machine alimentera les lanternes des signaux. Ces lanternes se composeront d’un puissant réflecteur devant lequel sera une lampe à incandescence ; de l’autre côté on placera une lampe à l’huile, de façon qu’en cas d’accident aux machines on puisse immédiatement se procurer de la lumière. L’installation est faite par la maison Breguet.
- M. Delahaye examine, dans la Revue Industrielle, la note récemment publiée par M. Bartet au sujet du prix de revient de l’éclairage électrique à l’Hôtel-de-Ville, qu’il fixe à 10 centimes environ par lampe et par heure, tandis que le gaz revient à 8 centimes 1/2 ou environ 20 pour cent moins cher que l’électricité, une différence qui provient en grande partie du prix élevé auquel est calculé le charbon, et ensuite de l’irrégularité du service à l’Hôtel-de-Ville, de sorte que la différence disparaîtrait presque entièrement dans des conditions normales d’exploitation.
- La statue de la Liberté, par Bartholdi, qui est destinée à servir de piédestal au grand phare électrique de New-York a été démontée en moins d'un mois, les feuilles de cuivre repoussé qui la composent sont numérotées, placées dans des caisses et envoyées de l’autre côté de l’Atlantique. Elles seront remontées l’une après l’autre, opération simple, mais longue qui demandera près d’un an. Le phare électrique sera placé dans l’intérieur du flambeau que la statue tient dans sa main droite, et qui, suivant l’artiste, est destiné à éclairer le monde.
- Le comité de l’exposition à Budapest est actuellement en pourparlers avec la maison Ganz et Cc pour l’éclairage élec. trique d’une partie de la Stefaniestrasse pendant la prochaine exposition. Il s’agirait de produire un effet extraordinaire, et, dans ce but, on se propose d’installer 48 foyers à arc de 800 bougies chaque sur une distance comparativement petite.
- L’emplacement de l’exposition d’hygiène à Berlin a été transformé en un jardin où se tiendront des concerts. Le soir, le jardin sera éclairé à la lumière électrique avec des lampes à arc et à incandescence. L’installation sera faite par la Berliner Elektrische Beleuchtungs Actien-Gesells-chaft, qui s’est réservé le droit de fournir la lumière électrique à des particuliers avec les mêmes machines qui serviront à l’éclairage du jardin.
- Le Deulsches Thealer, à Berlin, va être pourvu d’une installation d’éclairage électrique, de sorte qu’il y aura, l’hiver prochain, 4 théâtres à Berlin, éclairés à l’électricité : l’Opéra, la Comédie, le théâtre Kroll et le Deutsches Theater. Il est,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de plus, presque certain que le Variété-Theater, de Bug-genhagen recevra sous peu une installation du même genre.
- Le Conseil municipal de Newport, en Rhode Island, a dernièrement voté la suppression de la lumière électrique, mais les habitants ont protesté si énergiquement contre cette décision que le Conseil a dû annuler son vote.
- La lumière électrique à incandescence va être installée partout dans le nouveau Lyceum Theater à New-York, par la Edison Isolated Electric Light C°.
- Nous empruntons à 1 ’Electrical World, de New-York, les renseignements suivants au sujet du progrès de l’éclairage électrique à New-York.
- Quant aux lampes à incandescence Edison, la station centrale de cette Société alimentait :
- Lampes Commutateurs
- Le i« janvier i883 . . 3 056 229
- — 1884 . . 10 3i6 485
- — i885 . . 12 875 5go
- La station centrale d’Edison à New-York fournit aujourd’hui son maximum de courant, et plus de 100 demandes ont dû être refusées par la Compagnie. Malgré la réduction du prix du gaz, la Société n’a perdu que 4 clients.
- Le nombre des installations isolées a augmenté d’une manière encore plus remarquable, car, tandis qu’il n’y avait que 1 200 lampes fonctionnant dans ces installations au i«r janvier 1884, il y en avait plus de 6000 une année après et les fils étaient placés pour 10 400 de plus. Les installations les plus importantes de ce genre établies par la Compagnie Edison à New-York sont :
- Nombre de lampes
- L’hôtel Murray Nill..................... 900
- Théâtre Mac Kee Rankin.................. 600
- Musée Eden............................ .Soo
- Concert de Koster et Bidal.............. 258
- Ecuries du tramway de la 20 avenue . 200
- Cercle Carleton......................... 200
- Magasins de MM. Park et Tilford. . . 200
- College Columbia. . •.................. 280
- Bâtiments de la Gorman Mpg. Cy. . . 225
- La maison Dakota........................ 600
- Bien que ce dernier bâtiment ne renferme que 600 lampes en opération, les fils sont déjà placés pour 11 000. Depuis le icr janvier dernier, la Compagnie Edison a été chargée d’installer 1 800 lampes à la Bourse de Cotton et 1 5oo lampes dans l’hôtel Osborne.
- Le total des lampes installées par cette Société a donc été :
- Le i°p janvier 1884........... u 5i6 lampes.
- 1885.......... 18 875 —
- — — les fils placés pour. 29 275 —
- La Compagnie se propose de construire une nouvelle station Centrale en dehors du quartier des affaires, qui pourrait alimenter jusqu'à 40 000 lampes.
- L’United States Illuminating C° possède trois stations centrales, dont l’une de 3oo, l’autre de 600 et enfin la troisième de 1 200 chevaux. Au Ier janvier 1884, la première
- station alimentait 5oo lampes à incandescence, et à la même date de cette année il y en avait 2 000. Les installations isolées comprenaient, le ior janvier 1884, 1 200 lampes, et au ier janvier i885 il y en avait 5 100.
- L’augmentation des foyers à arc de la Compagnie est aussi considérable, et le nombre total dépasse aujourd’hui 1 000, dont 3oo sont affectés à l’éclairage des rues. Les circuits de la Société comprennent 240 milles.
- La Société Brush fournit 1 386 foyers à arc avec deux stations centrales. Il y a 5o circuits, dont le plus court a 4 85o pieds et le plus long 27 000 pieds de longueur. Elle fournit 347 foyers à l’éclairage des voies publiques.
- En tout il y a 647 foyers à arc installés dans les rues et distribués sur une longueur de 35 milles.
- Télégraphie
- Jusqu’à présent, les cartes-télégrammes, les télégrammes fermés et les enveloppes pour tubes pneumatiques n’ont pu circuler que dans l’intérieur de Paris. Il vient d’être décidé que ces objets de correspondances pourront aussi, à partir du i5 février courant, être expédiés en province et à l’étranger.
- Après la dernière levée des boîtes aux lettres pour les départs du soir, les personnes qui auraient encore des correspondances urgentes pour l’extérieur pourront jeter dans les boîtes à télégrammes des bureaux télégraphiques de la capitale les cartes-télégrammes ordinaires, les télégrammes fermés et les enveloppes pour tubes pneumatiques qu’elles auront revêtus de timbres-poste représentant la taxe postale.
- Ces objets seront transmis, par le réseau des tubes, jusqu’en dernière limite d’heure, à la gare de Paris qui dessert le lieu de destination.
- Voici, d’après le Journal télégraphique de Berne, la liste des principales communications internationales qui ont été rétablies pendant le mois dernier, ainsi que de celles qui restent actuellement interrompues :
- i° Rétablissements
- Interrompu Rétabli
- Câble Fao-Bushire. . . 21 novembre 1884 29 décembre 1884
- Ligne Saigon-Bangkok 2 janvier i885 3 janvier i885
- Câbles du golfe Per-
- sique............... 3 janvier i885 9 janvier i885
- Câble Bahia-Rio-de-Ja-
- neiro............... 5 janvier i885 i3 janvier i885
- 2° Interruptions
- Date de l’interruption
- Lignes égyptiennes entre Berber et
- Souakim............................ 2 septembre i883
- Lignes argentines entre Parana et
- Santa-Fé........................ 12 avril 1884
- Câble Neuwerk-Heligoland.............. 5 décembre 1884
- Câble Trinidad-Demerara............... 9 décembre i8S5
- Câble de l’ile de Ceylan........... 9 janvier i885
- Câble transatlantique français, entre
- Brest et Saint-Pierre........... 19 janvier i885
- Ligne indo-européenne entre Shiraz
- et Bushire...................... 21 janvier 1885
- Lignes terrestres de Costa-Rica. . . 23 janvier i885
- Sans être complètement interrompues les lignes terrestres entre Bogota et le Venezuela sont dans un mauvais état et ne fonctionnent que très irrégulièrement*
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- Les sommes payées pour des dépêches transatlantiques pendant l’année 1884 se sont élevées à 22 200 000 francs, contre 23 47S 000 francs en i883. Le tarif a été le même pendant les deux années, et la diminution en 1884 doit être attribuée au mauvais état des affaires commerciales pendant cette année.
- Le ministre de la guerre en Angleterre, a invité toutes les armées européennes à participer à l’Exposition des inventions pour y créer un département spécial de la télégraphie militaire. Un bâtiment sera construit à ICensington spécialement pour cet usage.
- Un lil télégraphique spécial a été installé entre le ministère de la guerre en Angleterre et les bureaux de l’Eastern Telegraph C", dans la cité de Londres, pour que les dépêches du théâtre de la guerre soient transmises au ministère sans aucune perte de temps.
- Depuis le 26 décembre dernier, le langage chiffré est interdit dans la correspondance privée échangée avec l’Annam et le Tonkin. Quant au langage convenu, il n’est admis que sous réserve de pouvoir réclamer, aussi bien à l’arrivée qu’au départ, la traduction du télégramme ou la production du vocabulaire.
- Un nouveau détachement du bataillon télégraphique du génie en Angleterre, a reçu l’ordre de se tenir prêt à partir pour Souakim. Le détachement comprendra 40 hommes avec 36 chevaux et quatre voitures télégraphiques. On emportera 5o milles de fil.
- Le câble de l’ile de Lundy est interrompu depuis trois semaines, et on n’a pas encore réussi à trouver le défaut.
- La Compagnie Mediterranean Extension a cédé à l’Eastern Telegraph la possession et l’exploitation de ses câbles, et, par suite, a cessé son trafic complètement.
- La Nouvelle Galles du Sud a adhéré à la convention internationale en se plaçant dans la 40 classe pour sa participation aux frais du bureau international. Le gouvernement britannique a notifié cette adhésion par voie diplomatique aux différents Etats contractants.
- Par suite de la révolution qui a éclaté dans les Etats-Unis de Colombie, les télégrammes à destination de ce pays sont susceptibles d’éprouver des retards et ne peuvent être acceptés qu’aux risques des expéditeurs,
- Les câbles entre Saint-Kitts et Antigua, et entre Saint-Vincent et Grenade, sont interrompus, de sorte qu’il n’y a actuellement aucune communication télégraphique avec les îles d’Antigua, Guadeloupe, Dominica, Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et Barbados.
- La grande Compagnie des télégraphes du Nord annonce qu’une station télégraphique vient d’être ouverte à Pakhoï, en Chine. Les recettes de la Compagnie se sont élevées,
- pendant le mois de janvier tlernier, à 502 000 francs, contre 484000 francs et 460000 francs pour le même mois, en 1884 et 1883.
- Le message annuel du maire de Brooklyn qui a été envoyé au Conseil municipal de cette ville la semaine dernière contient le passage suivant. La loi de la dernière session sur les conducteurs électriques souterrains a créé des embarras sérieux à la ville. A part quelques expériences avec des fils souterrains, faites par la Compagnie des téléphones, la nouvelle loi n’a pas eu d’autres effets que de priver la ville d’un service téléphonique gratuit, et d’empêcher l’extension du système des avertisseurs électriques d’incendie.
- La loi ne fournit aucune indication ou méthode, de nature à faciliter son exécution. Je suis absolument d’avis que la ville de Brooklyn devrait être exemptée des dispositions de la loi à moins que la législature en fasse une mesure pratique pendant la prochaine session.
- La Western Electric C° de Chicago a vendu pendant l’année dernière 4 246 milles de câbles Patterson, dont 1 56i étaient destinés à être placés sous terre, 2617 milles étaient du câble aérien et 68 milles du câble sous-marin. En i883, la vente des conducteurs de ce système n’était que de 2 006 milles et en 1882 de 1 400 milles seulement.
- Le département des télégraphes de Queensland a publié les statistiques suivantes. Les recettes pour l’année 1860 ont été de 23 450 francs, et en i883 de t 764 775 francs ; les dépenses se sont élevées pendant ces mêmes années à 41 290 et 1 907 22S francs, tandis qu’il y avait 201 employés en i883 et 17 seulement en 1861. Dans cette dernière année, on a transmis 6 189 dépêches, et en i883 1 018 35o.
- Le réseau comprenait en 1860 100 milles de lignes avec 161 milles de fil, tandis qu’il y avait en i883, 6 654 milles de lignes avec 10618 milles de fil. La téléphonie a été établie en 1880, et comprend aujourd’hui 4 réseaux avec 352 abonnés.
- La Pacific Mutual Telegraph C® a maintenant installé des bureaux dans 116 différentes villes du Texas. Un accord est intervenu entre cette Société, la Bankers and Merchants Telegraph C°, et la Compagnie Baltimore and Ohio, par suite duquel le prix des dépêches a été réduit de 25 pour cent. C’est la première concurrence que rencontre la Western Union Telegraph C®, dans le Texas. Les bureaux les plus importants de la nouvelle combinaison sont situés à Houston, Galveston, San Antonio, Sherman, Fort Worth et à Waco.
- Dans sa séance du 23 janvier dernier, le conseil municipal de Chicago a discuté le sujet des fils souterrains. L’électricien de la ville a fourni les renseignements suivants sur le travail fait par les différentes Compagnies à Chicago, qui s’élève à 718 milles, répartis comme suit :
- La Bankers Merchants Telegraph Company
- possède........................* . . . 400 milles
- La Postal Telegraph Compauy . .......... 180 —
- La Chicago Téléphoné Company ;........... 28 —
- Le chemin de fer Western Iudiana......... 5o —
- Le Télégraphe avertisseur d’incendie .... 40 —
- De plus, la Western Union Telegraph Company va prochainement placer 5oo milles, et la Baltimore and Ohio Telegraph Compauy 25o milles, ce qui portera le total des fils souterrains à Chicago à 1468 milles.
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- LA LÜMIÈRÈ ÊLÊCtRIQÜË
- Plusieurs membres influents du Parlement canadien font des efforts auprès du gouvernement de ce pays pour que celui-ci prenne en mains tout le système télégraphique soit par achat des lignes existantes, soit par la construction aux frais de l’Etat d’un système entièrement nouveau et indépendant, suivie d’une forte réduction de la taxe actuelle. On propose de fixer le prix à 5o centimes pour dix mots dans tout le pays. La valeur des actions des différentes Compagnies servira de base pour le prix d’achat, et, pour le moment, les actions des Compagnies télégraphiques de Montreal et Dominion sont cotées à 567 fr. 5o et 400 fr.
- Téléphonie
- On sait qu’en Belgique le bureau central de chacun des réseaux téléphoniques locaux concédés est relié par des fils spéciaux au bureau télégraphique principal de la localité, de telle sorte que les abonnés sont à même ds transmettre verbalement à ce dernier leurs télégrammes à destination de l'intérieur du pays et de l’étranger 5 il leur est également loisible de recevoir, par la même voie, les dépêches télégraphiques qui leur sont adressées.
- L’Etat ni les concessionnaires ne perçoivent aucune taxe supplémentaire pour ce service; une copie confirmative des télégrammes téléphonés aux abonnés est en outre envoyée à ceux-ci par la poste et sans frais.
- Le relevé des transmissions effectuées dans les deux sens pendant l’année 1884 prouve la grande utilité de cette innovation pour le public.
- Anvers. . . 26487 télégrammes téléphonés.
- Bruxelles . 35 286 —
- Liège . . . 29614 —
- Louvain. . 11 012 —
- Gand . . . 24 762 — depuis le 14 janvier
- Charleroi . 17 388 — Id.
- Verviers. . 11 238 — Id.
- Mons . . . 2960 — depuis le icr août.
- Ensemble. 158747
- Un nouveau fil téléphonique a été inauguré le 9 de ce mois par la National Téléphoné C°, entre Dundee et Perth une distance de 22 milles. Ce fil formera la première section d’une communication avec Glasgow, et probablement avec Edimbourg aussi. On a presque terminé une ligne jusqu’à Asbroth, d’où une autre sera construite par Brechin et Montrose jusqu’à Aberdeen.
- Les bénéfices de la Bell Téléphoné Company de Berlin sont estimés, pour l’année qui finira le 21 février, à 6 885 000 f., ce qui permettrait de distribuer un dividende de 18 pourcent du capital social.
- Le réseau téléphonique de Berlin va prochainement être étendu de maniéré à comprendre les villes de Charlotten-bourg, Rixdorf, Weissensee et Wcstend. La direction des postes, à Berlin, a invité les personnes qui désirent être reliées au réseau à se faire inscrire avant le icr mars prochain.
- Le ministère des travaux publics en Hongrie acceptera, jusqu’au 25 février, des soumissions pour la construction d’un réseau téléphonique à Esseg, en Hongrie.
- On construit en ce moment une communication téléphonique entre Hambourg et Lubeck. Trois fils sont placés le
- long de la grande route; on a évité la ligne du chemin de fer pour ne pas être gêné par des bruits d’induction.
- Le gouvernement russe a décidé d’établir et d’exploiter des réseaux téléphoniques, et de ne plus laisser les entreprises de ce genre à l’initiation privée. La première expérience officielle sera faite à Kieff. D’autres réseaux seront installés dans les villes où 5o abonnés se font inscrire, et paient pour 6 mois d’avance. Le prix de l’abonnement ne dépassera pas 25o roubles par 5o dans un rayon de 3 verstes du bureau central avec 5o roubles en plus pour chaque verste supplémentaire. Il va sans dire que le Gouvernement se réserve un contrôle absolu sur la téléphonie comme sur la télégraphie.
- La Great Southern Téléphoné O de la Nouvelle-Orléans, a construit un réseau de lignes reliant les principales plantations avec le bureau central, ce qui permettra aux planteurs de traiter directement avec les marchands de la Nouvelle Orléans.
- La Metropolitan Téléphoné Company de New-York a aujourd’hui 4 930 abonnés, qui payent 75o fr. par an, ce qui-n’est pas considéré comme exagéré. En effet, les avantages de pouvoir correspondre avec un si grand nombre de personnes sont précieux, et 750 fr., à New-York, ne représentent pas beaucoup plus que 3oo fr. à Paris. La Société a traité avec trois différentes entreprises pour la mise sous terre d’une partie de ses fils. La Western Electric Company place deux de ses câbles de 100 fils entre la 6e et 7e avenue et du bureau central au coin de la 6e avenue et de la 39° rue par la 6e avenue jusqu’à la 46e rue. Six câbles de 100 fils et un de 5o partent également du bureau central et sont compris dans le contrat de la Western Electric Company. Tous ces câbles sont renfermés dans des boîtes en bois imprégné de créosote. Le câble du système Brooks contient 3oo fils entourés de coton et placés dans un tuyau en fer qu’on remplit d’une espèce d’huile minérale au moyen d’une pompe. Le système Edison enfin est appliqué au bureau central situé au coin du Brodway et de la 2*0 rue. Un câble de 25o fils va jusqu’à la 6e avenue ; un autre, de 200 fils, va à la 4® avenue; deux autres de 100 et un de i5o fils complètent le système.
- Le bureau central d’Evansville, en Indiana, dessert aujourd’hui 600 abonnés, avec une moyenne de 4000 communications par jour.
- Le réseau téléphonique de la petite ville de Schenectady, dans l’Etat de New-York, ne compte que ii5 abonnés, dont 55 ont présenté une demande de réduction du prix de l’abonnement au directeur de la Compagnie. Celui-ci n’ayant pu donner suite à la réclamation, les 55 abonnés mécontents ont résilié leurs contrats avec la Société.
- La Cour suprême de Nébraska, siégeant à Omaha, vient de décider qu’une Compagnie de téléphones n’a pas le droit de refuser une ligne à une personne qui se déclare prête à accepter les conditions ordinairement imposées aux abonnés. La position d’une entreprise téléphonique se trouve ainsi assimilée à celle des Compagnies télégraphiques aux Etats-Unis.
- Le Gérant : D* C.-C. Soulages.
- paris. — Imprimerie P. Mouiller, i3, quai Voltaire* — *4^84
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité * 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout V ’è
- 7» ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 28 FÉVRIER 1885 N° 9
- SOMMAIRE. — Station centrale d’éclairage électrique de Milan ; G. Colombo. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Production de l’électricité: Machines dynamo-électriques (suite); Aug. Guerout. — La crise téléphonique; J. Bourdin. — L’éclairage électrique de quelques rues de la ville de Hanovre; Fr. Uppenborn. — Le laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne (6« article); P. H. Ledeboer. — L’éclairage électrique du Stock-Exchange de Londres ; W. de Fonvielle. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Allemagne; J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Contribution à la théorie du magnétisme, par Werner Siemens. — Sur la dépense d’énergie des différents systèmes de lampes à incandescence. — Sur la méthode d’amortissement pour la détermination de l’ohm, par lord Rayleigh — L’électricité appliquée aux exercices de tir. — Faits divers.
- STATION CENTRALE
- D’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE MILAN
- La Lumière Electrique du 12 janvier 1884, a annoncé l’inauguration de l’éclairage électrique du théâtre de la Scala de Milan, et donné quelques détails sur la Station centrale installée dans cette ville avec le système Edison, pour l’éclairage du quartier central de la ville par un réseau de conducteurs souterrains. Nous nous proposons maintenant, après dix-huit mois d’exploitation régulière, de décrire la station centrale de Milan, son matériel, son réseau, les résultats obtenus jusqu’à présent, et ceux qu’on peut espérer d’atteindre à l’avenir.
- Comme il a été dit dans le numéro cité de La Lumière Electrique, la construction de la station centrale de Milan a été décidée vers la moitié de 1882, par un comité qui s’était constitué pour faire des applications du système Edison en Italie, et qui se transforma plus tard en la Compagnie actuelle au capital de trois millions, portant le nom de Società generale italiana di elettricità sistema Edison, résidant à Milan.
- La Société, ayant acheté un immeuble situé dans la rue d&S.anta Radegonda, tout près du Dôme, qui contenait l’ancien théâtre du même nom, a
- procédé à la démolition du théâtre et à la construction de la nouvelle usine dès le mois d’octobre
- 1882. Les travaux ont été poussés si rapidement, que l’usine, avec les quatre premières machines était prête à fonctionner dans le mois de juin i883, les conducteurs souterrains ayant été placés sur la partie principale du réseau pendant l’hiver.
- Vers la fin de juin i883, la station a commencé à fonctionner régulièrement pendant le soir jusqu’à une heure après minuit avec une moyenne de 1 100 lampes, y compris le Théâtre Manzoni, qui a été éclairé dès le début de la station. En août
- 1883, le Conseil municipal de la ville ayant voté l’éclairage électrique du Théâtre de la Scala, on procéda immédiatement à l’installation de l’éclairage dans le théâtre, on ajouta deux machines aux quatre qui existaient déjà, et on commença en novembre i883 le service régulier jour et nuit, qui continue depuis cette époque sans interruption, avec une moyenne de lampes qui alla toujours croissant jusqu’au nombre actuel (fin décembre 1884), qui est, en chiffres ronds, de 5 5oo, équivalant à 4 700 lampes normales de 16 bougies.
- Ces détails historiques une fois exposés, nous passerons maintenant à la description de l’installation milanaise, en considérant successivement:
- L’usine de Sainte-Radegonde;
- Le réseau des conducteurs ;
- Les principales installations du réseau ;
- L’exploitation.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 086
- I
- USINE DE SAINTE-RADEGONDE
- L’usine de Sainte-Radegonde est illustrée parles figures 1, 2, 3 qui représentent les plans de deux étages du bâtiment et précisément des salles des machines et des chaudières, et la coupe transversale.
- Le bâtiment occupe un espace à peu près rectangulaire entre les rues parallèles de VAgnello et de Santa Radegonda. 11 est à trois étages et mesure 49m,3o en longueur, 14“,20 en largeur.
- Le rez-de-chaussée au plutôt le sous-sol, car le sol du rez-de-chaussée est à 2"“,60 au-dessous du niveau de la rue, est destiné aux machines. Le premier étage contient les chaudières, et le deuxième étage le magasin et le laboratoire. Cette disposition contraire à l’habitude, qui est de placer les chaudières au rez-de-chaussée, a été motivée par des considérations de stabilité, à cause de la grande vitesse des machines.
- Salle des machines. — La salle des machines occupe tout le rez-de-chaussée. Les machines sont disposées sur une seule ligne, faisant face à l’un des murs longitudinaux par leurs commutateurs ou collecteurs de courant, et à une ligne de colonnes en fonte qui s’étend sur toute la longueur de la salle, par leurs moteurs. Cette disposition est préférable à celle qu’on a adoptée dans la station de Pearl Street de New-York ou, faute d’espace, les machines font alternativement face par leurs collecteurs aux deux murs opposés delà salle.
- A présent il y a six machines (comme à New-York) reposant sur des massifs de maçonnerie reliés entre eux par des voûtes, ce qui laisse au-dessous du plancher l’espace nécessaire pour les tuyaux de conduite d’air et d’eau qui servent au refroidissement des armatures et des paliers. Comme il est démontré par le plan, où deux machines sont représentées en projection et les quatre autres machines par le contour de leur fondation, la salle offre encore une espace libre pour l’installation de quatre nouvelles machines, dont les fondations ont été dessinées en lignes pointillées ; ce qui fait en tout dix machines pour la station complète.
- Les machines actuellement installées sont toutes du type connu sous la dénomination de » Machine Edison C » dont voici les données :
- Courant maximum (à 110 volts)........ 900 ampères
- Force électromotrice aux bornes...... 110 à 120 volts
- Résistance de l’armature................. 0,0039 ohms
- Résistance des inducteurs............ 2, 28 —
- Diamètre de l’armature................... 2m,737
- Sa longueur.............................. im.63o
- Nombre des aimants inducteurs................ 12
- Ces machines, comme on sait, sont à moteur adhèrent, c’est-à dire, chaque machine dynamo-électrique a son moteur à vapeur tout à fait indépendant, dont l’arbre est le prolongement de l’axe de l’armature. La vitesse normale de l’armature et, par conséquent, de l’arbre de la machine à vapeur, est de 35o tours à la minute.
- Les machines motrices ne sont pas du même type. Il y en a deux du type Porter-Allen, avec distribution à quatre tiroirs, dont deux d’admission actionnés par le régulateur au moyen d’une coulisse, et deux d’échappement à course constante. Leur cylindre a 285mm de diamètre et 4o6mra de course. Les autres machines sont du type Arming-ton et Sims avec simple tiroir cylindrique à double admission, actionné directement par le régulateur au moyen d’un système de deux excentriques disposés l’un sur l’autre, par lesquels le régulateur, qui est monté sur l’arbre même de la machine, peut modifier la course et l’avance du tiroir. Elles ont un cylindre de 368mm de diamètre et 33o de course. Toutes ces machines peuvent développer, en fonctionnant à la pression maximum de 8 atmosphères, une force maximum de i3o à i5o chevaux, correspondant à la charge de 1 200 lampes de 16 bougies par dynamo. Elles reçoivent la vapeur au moyen d’une conduite générale installée sur la ligne des colonnes, qui est directement alimentée par des tuyaux verticaux descendant des chaudières. L’échappement de la vapeur et l’écoulement de l’eau de condensation des cylindres et de la conduite se font par une conduite souterraine qui débouche au pied d’un tube vertical dans l’intérieur delà cheminée, après avoir déposé l’eau de condensation dans un bac.
- Dans un local souterrain, à côté de la salle des machines, est installée une petite machine à vapeur qui actionne un ventilateur pour l'aération des armatures des dynamos; il y a aussi, dans le même local, une pompe à vapeur qui envoie un courant d’eau froide dans l’intérieur des paliers. Ces moyens de refroidissement ne sont nécessaires que lorsque les machines développent leur maximum de travail.
- Toutes les dynamos sont accouplées en quantité sur deux conducteurs principaux de 1 700 millimètres carrés de section, disposés sur la paroi vis à vis des collecteurs, aux balais desquels ils sont réunis par de grosses tresses flexibles de cuivre. L’attache aux conducteurs est faite au moyen d’un interrupteur à coins de cuivre. A côté de l’interrupteur sont placées aussi les attaches avec le circuit des régulateurs et avec le circuit intérieur d’essais. Les conducteurs principaux aboutissent aux coins opposés de la salle, aux conduites souterraines d’alimentation du réseau.
- Sur le côté opposé aux machines, on voit dans le plan les régulateurs du courant. Ils sont en nom-
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- bre égal à celui des machines et sont formés de 5o bobines pour chaque régulateur, accouplées de façon à intercaler dans le circuit inducteur de chaque dynamo une résistance variable de 1/18 d’ohm jusqu’à 7 1/2 ohms en tout. Le réglage est fait à la main, soit pour une seule dynamo, soit pour plusieurs ou pour toutes à la fois, au moyen d’un arbre commun qui commande un bras de contact, mobile sur chacun des six cadrans des régulateurs, ayant 57 touches, ou degrés de réglage, chacun. Deux indicateurs de force électromotrice à sonnerie d’alarme et deux voltmètres à cadran servent au personnel chargé de la manœuvre de réglage. On les règle à l’aide d’un voltmètre étalon, gradué au moyen d’une pile-étalon Daniell et d’un galvanomètre Thomson à réflection. De cette façon, le courant est toujours réglé immédiatement, quelles que soient les variations dans le débit du réseau, sans qu’il y ait la moindre oscillation de lumière chez les consommateurs, et sans besoin de communication ou d’avis entre la station et les différents points du réseau, même pour des points importants, tel que le théâtre de la Scala, où les lampes s’allument ou s’éteignent par centaines à la fois et instantanément, pour les effets de scène.
- Un circuit intérieur, dit à'essai, est disposé de façon à pouvoir être parcouru par le courant de chaque dynamo. Sur ce circuit sont intercalées 1 000 lampes, autant qu’on en fait porter à une machine à son maximum de travail en service normal. Ces 1 000 lampes sont réunies sur un tableau muni d’interrupteurs pour pouvoir les allumer par 5o à la fois, et servent aux manœuvres de changement et substitution de machines, à l’introduction d’une dynamo dans le circuit du réseau ou au débrayage d’une machine.
- A l’attache des deux conducteurs principaux avec les conducteurs d’alimentation du réseau sont intercalés les régulateurs d'alimentation (feeder-regulators) non figurés dans le plan. Leur but, comme nous l’expliquerons plus tard à propos du réseau, est d’égaliser la force électromotrice dans les différents points du réseau, pour assurer l’égalité d’intensité de la lumière chez tous les consommateurs.
- Au même endroit se trouvent les ampèremètres destinés à indiquer constamment l’intensité du courant qui passe dans le réseau, et par là le nombre des lampes qui sont allumées dans le quartier desservi par la station. Ces ampèremètres sont de Simples aiguilles déviées par le courant même qui passe dans les conducteurs principaux au-dessous d’eux, et peuvent indiquer jusqu’à 2 000 ampères avec une très petite erreur; ils sont vérifiés de temps en temps avec des lampes-étalon. Bien qu’il eût été très facile de munir ces ampèremètres d’appareils enregistreurs automatiques, et.
- qu’on le fasse peut-être plus tard, on se contente à présent de relever régulièrement l’indication des ampèremètres à chaque quart d’heure, autant pour régler le nombre des machines en mouvement, que pour enregistrer la marche du travail journalier. D’autres appareils, qu’il serait superflu d’indiquer en détail, servent à des observations diverses, telles que les variations de force électromotrice au bout des conducteurs d’alimentation du réseau, l’indication des terres sur l’un et sur l’autre pôle du réseau, la mesure de la force électromotrice correspondante, etc.
- Salle des chaudières. — Les chaudières sont installées au premier étage (voir le plan et la coupe transversale de l’usine). Il y en a à présent cinq, dont une isolée et quatre réunies par groupes, ou batteries, de deux chaudières chacun. Le système adopté est celui de la maison Babcock and Wil-cox de New-York et Glasgow, qui est du type Root heureusement perfectionné dans beaucoup de détails. Il va sans dire que le choix du système a été motivé par les circonstances locales, qui exigeaient des chaudières légères et peu encombrantes en comparaison de la force considérable qu’elles devaient développer, et d’un type inexplosible. Chaque chaudière se compose d’un faisceau de tubes inclinés, réuni aux deux extrémités à des réservoirs horizontaux en tôle d’acier, d’où la vapeur est puisée. L’extrémité intérieure des tubes est en communication avec un tambour, ou réservoir collecteur des boues, en fonte, à l’endroit où la fumée quitte la chaudière pour entrer dans le conduit général qui convoie les produits de la combustion à la cheminée. Voici les données principales pour chacune des cinq chaudières :
- Nombre des tubes........................ 96
- Nombre des réservoirs collecteurs....... 2
- Longueur des tubes . .-......................4mgo
- Longueur des réservoirs................. 5mo5
- Surface de grille....................... 4mii5o
- Surface de chauffe, à peu prés.......... i7om<ioo
- Force estimée en chevaux................ i6ocn
- Poids total de la chaudière.............. i9,520k
- Surface occupée........................... 20m<u6
- Les chaudières sont suspendues à des poutres en fer portées par des piliers en fer à T, qui eux-mèmes s’appuient sur le sommet des colonnes en fonte du rez-de-chaussée. Cette disposition particulière, qui a permis de reporter tout le poids des chaudières sur la fondation des colonnes et de ne faire porter aux voûtes en briques du plancher du premier étage, que le poids de la maçonnerie, se voit très bien sur le plan delà saile des chaudières. Dans le plan, on a indiqué le contour des maçonneries des cinq chaudières ; les autres contours, en lignes interrompues, indiquent la place des chaudières que l’on peut encore installer; pourtant,
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- comme cinq chaudières sont plus que suffisantes pour six dynamos en service courant, et que le nombre des dynamos au complet sera de dix, on aura encore besoin de trois ou quatre chaudières seulement, ce qui laisse une place libre pour un écono-misateur, dont l’installation présente les plus grandes facilités.
- Le service d’alimentation des chaudières est fait par cinq injecteurs Kœrting, dont deux puisent l’eau au fond d’un puits ordinaire et la versent dans des bacs situés à l’étage inférieur (voir le plan de la salle des machines et la coupe transversale). Il y a aussi deux pompes à vapeur à action directe, dont l’une sert ordinairement pour l’eau de refroi-
- ZTJL” -OP- -ispES
- dissement des paliers ; mais la tuyauterie est ainsi disposée, que l’on peut à volonté affecter l’une ou l’autre de ces pompes, ou les deux ensemble, au service de l’alimentation des chaudières.
- Les prises et la conduite de vapeur sont arran-
- gées de façon à pouvoir isoler complètement une machine quelconque des autres, pour les cas d’accidents et pour les réparations.
- La fumée des chaudières est envoyée dans un grand carneau qui aboutit à la cheminée. Celle-ci a
- 2™ de diamètre intérieur ; ce diamètre reste constant jusqu’au sommet, à 52m de hauteur au-dessus du pavé de la rue.
- Des appareils qu’on ne voit pas sur les dessins servent au montage et à la distribution du charbon. La qualité de charbon qu’on brûle est du Cardiff de première qualité, qui donne très peu de fumée au chargement des foyers, et presque pas pendant la combustion. Il n’y a pas d’appareils fumivores.
- Organisation du service de la station. — La direction du service est confiée à un électricien en chef, qui a sous ses ordres immédiats :
- Un ou deux ingénieurs, selon la saison, chargés de la surveillance des manœuvres ;
- Un chef mécanicien ;
- Un contre-maître électricien ;
- Un contre-maître mécanicien ;
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- Station Centrale d'Eclairage Electrique
- A STE RADEGONDE . _ MILAN
- COUPE TRANSVERSALE
- Echelle: 0m007 par mètre
- 333! ord
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- 3ço
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- Un contre-maître chauffeur ;
- Les ouvriers électriciens (aux commutateurs), mécaniciens (aux machines à vapeur) et chauffeurs .
- Le personnel est divisé par équipes pour le travail de jour et de nuit.
- Dans la bonne saison, le nombre des lampes allumées dans le quartier pendant les heures avancées de la nuit et pendant le jour, est seulement de un à deux cents. Dans l’hiver ce nombre croît et il y a des journées d’hiver, pendant lesquelles les lampes sont allumées par centaines dès l’aube, tandis que les cercles et certains restaurants restent allumés toute la nuit. Pour faire le service pendant les heures ou les lampes allumées ne sont que quelques centaines, on se sert d’une petite dynamo de 400 lampes, commandée par un moteur à vapeur (qui n’est pas figuré dans les dessins). Dès que les ampèremètres signalent un nombre de lampes qui s’approche de 400, on commence par mettre en mouvement une des grosses dynamos, en arrêtant la petite. On ajoute une seconde dynamo C lorsque les ampèremètres indiquent plus de 900 lampes normales (de 16 bougies) ; car, bien qu’on puisse faire marcher les dynamos C avec 1000 lampes et même davantage (avec la force électro-motrice de la station, qui est au maximum de 116 volts), on préfère ne pas les charger en service courant de plus de 900 ou g5o lampes. On procède de la même manière au fur et à mesure que le nombre des lampes allumées dans le quartier s’élève. On arrive ainsi jusqu’au maximum de quatre dynamos qu’on n’a pas eu l’occasion de dépasser jusqu’à présent ; les machines en plus restent en réserve, et même il y en a toujours une que l’on tient en mouvement à vide, à vitesse très réduite, afin de pouvoir l’accoupler à un moment donné en quelques instants. L’expérience a prouvé que l’introduction d’une nouvelle dynamo, ou la substitution d’une dynamo à une autre se fait très rapidement en quelques secondes, de sorte que, même un accident qui arrive à une machine, tel que la rupture ou réchauffement d’une pièce, n’a aucune influence fâcheuse sur la régularité du service.
- L’accroissement du nombre des lampes se fait très rapidement dès le crépuscule jusqu’à 7 ou 8 heures du soir.
- La même manœuvre se répète en sens inverse en ôtant les machines l’une après l’autre du circuit, lorsque, à une heure plus avancée, le nombre des lampes commence à décroître. Ordinairement une heure après la fermeture des théâtres, on peut mettre en marche la petite dynamo.
- La force électromotrice normale à la station est fixée par les indicateurs dont nous parlions tout à l’heure ; tandis que celle au bout des conducteurs d'alimentation est réglée au moyen des régulateurs d’alimentation selon les indications des ampèremè-
- tres. Ainsi le directeur de la station a complètement sous la main la marche de l’éclairage sur tous les points du réseau.
- Toutes les données relatives au fonctionnement de la station, ainsi que le nombre des lampes-heures, la consommation de houille et d’huile, etc. sont enregistrées journellement et résumées chaque mois pour les opérations de contrôle et d’administration.
- II
- RÉSEAU DES CONDUCTEURS
- Le réseau des conducteurs du quartier desserv maintenant par l’usine de Sainte-Radégonde est représenté dans la figure 4, tel qu’il était au ior janvier. Pendant que j’écris ces lignes, on travaille à poser les conducteurs sous le Cours Victor Emmanuel, jusqu’à une distance de 600 mètres de l’usine, avec branchement des deux côtés du cours; et on se réserve de le développer plus tard sur le côté de la place du Dôme opposé à celui qui se trouve maintenant à la limite du réseau actuel. Avec ces deux développements,l’usine de Sainte-Radegonde, qui est à présent tout à fait excentrique vis-à-vis du réseau, se trouvera sous peu dans une position absolument centrale, avec des rayons de 5oo à 600 mètres dans toutes les directions.
- La figure 4 est schématique; c’est-à-dire que pour mieux faire voir la composition du réseau, on a d’abord altéré les proportions entre la largeur des rues et les dimensions des groupes des maisons ; et tous les croisements des conducteurs ont été indiqués, comme on a l’habitude de le faire sur les croquis de circuits électriques, par des arcs de cercle. Pour avoir une juste idée des proportions vraies du quartier représenté par la figure, on doit se rappeler que l’espace occupé par la figure mesure 5oo sur 53o mètres ; et que les dimensions vraies de la Galerie Victor Emmanuel, par exemple, sont de 196™ de longueur et 14™ de largeur.
- Le réseau sur la figure se compose de lignes noires et de lignes pointillées ; les unes représentent les conducteurs d'alimentation (feeders), les autres les conducteurs de distribution (mains). Il y a aussi des carrés noirs, qui représentent les boîtes de jonction des conducteurs d’alimentation avec ceux de distribution ; et des carrés pointillés, représentant les boîtes de jonction des conducteurs de distribution entr’eux. Chaque ligne, continue ou pointillée, comprend deux conducteurs, c’est-à-dire les deux pôles ou les deux barres d’aller et retour, puisqu’il était impossible de les représenter séparés d’une façon distincte ; en un mot, chaque ligne figure un tube contenant les deux barres conductrices en cuivre, séparées par une composition isolante, selon le système bien connu de
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- •*)»
- M. Edison, qu’il est parfaitement inutile de décrire en détail. La composition du réseau et la manière de le calculer sont absolument différentes de la composition et du calcul d’une conduite quelconque d’eau, d’air ou de gaz.
- Pour l’eau, l’air ou le gaz, on part d’une certaine pression initiale (la pression dans les réservoirs ou dans le gazomètre) ; et on calcule la conduite de façon à perdre une fraction déterminée de la pression initiale aux points les plus éloignés du réseau.
- On a alors sur les différents points du réseau une pression qui est de plus en plus petite au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’origine de la conduite. La perte maximum de pression peut représenter une fraction considérable de la pression initiale, puisque on peut toujours proportionner le
- débit, soit de l’eau , soit du gaz, par des orifices appropriés, quelle que soit la pression, ou charge d’écoulement.
- Pour une conduite d’éclairage électrique, le problème est tout à fait différent. En admettant en principe qu’il convient d’employer pour le service
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- de l’éclairage sur tout un réseau des lampes du même type, c’est-à-dire demandant la même force électro-motrice pour donner leur intensité lumineuse normale, il est évident que les chutes de potentiel qu’on peut admettre entre les deux pôles en deux points quelconques du réseau ne doivent pas différer de beaucoup entr’elles, sans quoi on aurait des lampes qui auraient une intensité lumineuse trop différente selon leur position relativement à l’usine productrice du courant. Or, si l’on se rappelle que pour des lampes Edison normales de 16 bougies, une différence d’un volt dans la force électromotrice correspond, aux environs de l’intensité lumineuse normale, presque à une bougie, on comprendra aisément que la plus grande différence de force électromotrice disponible en deux points quelconques du réseau ne pourrait pas excéder sans inconvénient i 1/2, ou 2 pour 100. Il est donc nécessaire de calculer le réseau de façon que cette condition soit toujours remplie : ce qui exclut forcément l’application du système en usage pour les conduites d’eau et de gaz. On pourrait à la rigueur suppléer à une grande variation de la force électro-motrice disponible par l’emploi de lampes donnant la même intensité lumineuse avec des forces électromotrices différentes (c’est-à-dire ayant des résistances différentes) ; mais cela entraînerait une complication de service tout à fait inadmissible.
- Pour satisfaire à la condition énoncée, il faut diviser le réseau en deux parties : le réseau propre ment dit, entièrement fermé et isolé de l’usine ; et un faisceau de conducteurs d'alimentation, qui, partant de l’usine, portent le courant au réseau en des points convenablement choisis. Cela pourrait s’assimiler à une distribution d’eau par un réseau de canaux communiquant entr’eux, dans lesquels l’eau serait versée par des rigoles d’alimentation provenant de la source, de façon à établir un niveau égal en tous les points du réseau.
- Les conducteurs faisant partie du réseau fermé sont ceux qui longent les rues et servent directement à la distribution du courant chez les consommateurs ; ce sont ceux que la figure 4 représente en lignes pointillées. Ils sont reliés entr’eux par des boîtes de jonction où les joints sont faits par des coupe-circuits en plomb, calculés de façon à interrompre le passage du courant toutes les fois que le débit devient anormal et menace de chauffer les conducteurs au-delà de la limite admissible, à cause de contacts ou de terres qui peuvent éventuellement se produire.
- Les conducteurs d’alimentation partent tous de l’usine et sont reliés au réseau dans des boîtes de jonction du même genre que celles de distribution ; ce sont ceux représentés en lignes noires. Des regards, ménagés sur les boîtes de jonction des conduites de distribution et d’alimentation et affleurant le pavé de la rue, j permettent d’examiner de
- temps en temps l’état des joints, et faire différentes observations avec le galvanomètre.
- L’étude d’un réseau de ce genre peut se faire entièrement avec une pile et un galvanomètre dans le laboratoire. Il suffit de faire un réseau en pack-fong à une échelle déterminée, représentant le vrai réseau ; d’y faire passer le courant d’une pile par des fils d’alimentation se branchant en des points différents et ayant tous la même résistance : et enfin de déterminer par tâtonnements les points où il convient de faire les jonctions entre les fils d’alimentation et le réseau, pour que la différence de potentiels entre deux points quelconques du réseau ne dépasse pas le maximum admis. Seulement, comme il n’est pas possible qu’un réseau ainsi étudié ne subisse pas des changements dans la suite, à cause de nouveaux consommateurs qui demandent la lumière, il devient toujours nécessaire d’étudier par le calcul l’agrandissement du réseau : ce qui exige des calculs assez laborieux ayant pour but soit d’ajouter un ou plusieurs conducteurs d’alimentation, soit de déplacer les points où sont reliés au réseau les conducteurs existants.
- C’est de cette façon que le réseau actuel de la station centrale du réseau d’éclairage électrique de Milan, étudié d’abord dans le laboratoire pour un nombre restreint des lampes (3ooo environ) et ne s’étendant pas plus loin que le théâtre delà Scala (460“ de l’usine) a été agrandi plus tard par l’adjonction de deux conducteurs d’alimentation, le déplacement de quelques boîtes de jonction et le pro^ longement de tous les conducteurs de distribution, de manière à suffire à l’alimentation des 5 5oo lampes actuellement desservies, avec la possibilité d’en alimenter jusqu’à 7000 sans y faire aucun changement, jusqu’à une distance maximum, mesurée sur les conducteurs, de 63om, et en ligne droite de 480“.
- Comme on le voit sur la figure, les conducteurs de distribution sont disposés suivant toutes les rues du quartier desservi par la station, généralement sur les deux côtés de chaque rue. Us sont installés sous le pavé à une profondeur variable entre om6o et o“go. Les tubes qui composent le réseau de distribution sont du n°4, ayant deux barres en cuivre de 93 millimètres carrés de section chacune, longues de 6m. Les joints sont faits selon le système connu, par des arcs en cuivre dans des boîtes en fonte, que l’on remplit de composition isolante. Douze boîtes de jonction servent de pont pour relier tout le système des conducteurs de distribution ; ce sont celles indiquées par des carrés pointillés dans la figure 4.
- Les prises de courant pour les consommateurs sont faites au moyen de boîtes spéciales à T, dont on fait partir soit un tube plus petit (n°s 5, 6 ou 7), soit un câble sous plomb, qui entre chez le con-
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- sommateur et se subdivise ensuite dans les fils de distribution aux différents locaux éclairés.
- Les conducteurs d’alimentation suivent aussi les rues à la même profondeur, en allant se brancher à des points déterminés du réseau par le plus court chemin, au moyen de boîtes de jonction (elles sont au nombre de six, marquées par des carrés noirs) tout à fait pareilles à celles du réseau de distribution. Ce sont de gros tubes des n0’ i 1/2 et 2, ayant des barres de 58q et 443mm2 de section. Le plus court a une longueur de u8m; le plus long une longeur de 504“. Leur résistance est de 0,0101 à o,o3g3 ohm.
- Le degré d’isolement de tout le réseau souterrain, en joignant ensemble tous les conducteurs, est représenté par une résistance de 192 000 ohms.
- L’agrandissement du réseau entrepris depuis le ior janvier (non indiqué sur le plan) comprend deux lignes parallèles de conducteurs de distribution du n° 4, d’une longueur totale de 1 200™, posés sous les deux côtés du Cours Victor-Emmanuel, et trois conducteurs d’alimentation, dont deux se branchent sur le Cours, tandis que le troisième, déjà placé en décembre dernier, se branche à la limite du réseau actuel.
- La perte maximum pour laquelle les conducteurs ont été calculés est de 12 volts, quand toutes les lampes desservies par la station sont allumées. En y ajoutant la perte dans les installations chez les consommateurs, qui est calculée dans la mesure uniforme de 2 à 2 1/2 volts pour toutes les installations, on aune perte maximum de force électromotrice entre les dynamos et les lampes de 14 à 14 1/2 volts.
- Avec les grandes variations qui ont lieu dans la consommation du courant pendant le service et celles qui se produisent par l’adjonction de nouveaux consommateurs, la cessation ou la reprise des spectacles, etc., il ne serait pas possible de conserver une force électromotrice constante, ou variable seulement entre les limites indiquées, dans les différents points du réseau, sans avoir le moyen de régler la force électromotrice au bout des conducteurs d’alimentation par des appareils spéciaux installés à l’usine. Cela se fait par les régulateurs d'alimentation mentionnés dans les dernières lignes du paragraphe précédent (service de lastation). A l’aide des résistances connues des conducteurs d’alimentation et des fils indicateurs provenant des bouts de quelques conducteurs déterminés, on introduit à l’usine des résistances variables au moyen desdits régulateurs, de façon que la plus grande variation de la force électromotrice disponible en deux points quelconques du réseau ne dépasse jamais 2 volts : ce qui correspond à moins de 2 0/0 de la. force électromotrice moyenne, choisie dès le début comme étalon, qui est de 102 volts. Ainsi tous les consommateurs de la station d’éclairage
- électrique de Milan sont desservis par des lampes de 102 volts, ou pldtôt de 101 à io3 volts, considérées comme des limites qu’on ne dépasse jamais.
- Le théâtre de la Scala constituant le centre de consommation le plus important du réseau, comme on le verra au g III, il a été l’objet de précautions spéciales dans l’établissement du réseau. Malgré les doutes exprimés par quelques électriciens et par M. Edison même, on a réuni le théâtre de la Scala au réseau général, bien qu’il représente à lui seul 2 890 lampes (équivalentes à 2 58o lampes normales de 16 bougies) et que les spectacles n’aient lieu que dans les trois ou quatre premiers mois de l’année. Pourtant on s’est arrangé de façon à pouvoir à volonté lui envoyer le courant du réseau général, ou bien le séparer tout à fait comme s’il s’agissait d’une installation isolée. Jusqu’à présent il a été toujours relié au réseau général.
- Voici quelques données sur l’étendue du réseau tel qu’il est actuellement :
- Mètres,
- Longueur totale développée des tubes d’alimentation et de distribution............... 7/00
- Distance moyenne du centre de gravité de l’éclairage à l’usine de Sainte-Radegonde,
- mesurée sur les conducteurs.............. 440
- Distance de l’usine au centre du groupe principal des lampes (autour du théâtre de la Scala) mesurée sur les conducteurs. . . . 5oo Distance de l’usine à la lampe plus éloignée (à la Banca generale) mesurée sur les
- conducteurs.............................. 63o
- Distance de l’usine aux lampes les plus éloignées en ligne droite (Hôtel Continental et Cercle des Artistes) ou rayon maximum. 480
- III
- PRINCIPALES INSTALLATIONS DU RÉSEAU
- Le 1" janvier la station centrale d’éclairage de Milan comptait un total de 553o lampes, équivalant à 4745 lampes normales de 16 bougies ainsi réparties :
- I.ampes.
- Théâtre de la Scala...................... 2890
- Théâtre Manzoni. .......................... 391
- Hôtel Continental.......................... 476
- Cercles.................................... 335
- Cafés et restaurants....................... 725
- Banques................................... io3
- Magasins et appartements................... 610
- Total............. 553o
- L’installation la plus importante du réseau est celle
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- du théâtre de la Scala. Dans le numéro du 12 janvier 1884, la Lumière Electrique a publié déjà quelques détails sur l’éclairage de ce théâtre ; pourtant, comme l’éclairage n’a été complété que vers la fin de 1884, il ne sera pas sans intérêt de résumer ici toutes les données qui y sont relatives.
- Le théâtre de la Scala est, croyons-nous, le plus vaste théâtre d’opéra du monde, pour les dimensions de la salle et de la scène. En effet, la scène a 45m6o de profondeur sur 37“ de largeur; la largeur à la rampe est de i6m36. La salle est de 24m 80 X 22m avec une hauteur de i9m9o; il y a 194 loges distribuées en 5 étages, sans compter le paradis (loggione). Le théâtre de la Scala a été inauguré le 3 août 1778. Il n’est inférieur à d’autres grands théâtres d’opéra, tels que l’Opéra de Paris, de Vienne, etc., que par le développement des locaux de service, très restreints à la Scala, à cause du manque de place.
- Le problème, posé par la municipalité de la ville, d’éclairer la Scala complètement à l’incandescence, avec exclusion absolue du gaz, posé quand l’usine de Sainte-Radegonde avait à peine commencé à fonctionner, se présentait avec de grandes difficultés ; d’autant plus qu’on n’avait que cinq mois pour faire l’installation, ou du moins la partie la plus sérieuse de l’installation. Heureusement on venait alors de terminer l’installation du théâtre Man-zoni (théâtre de la Comédie), ce qui avait fourni l’occasion d’étudier sur une petite échelle tous les appareils d’éclairage pour la scène qu’on allait introduire sur une échelle presque décuplée à la Scala. Cela était assez heureux, puisqu’il 11’y avait pas à l’étranger d’installations semblables à imiter, le petit théâtre de Brünn ne pouvant fournir aucun élément applicable aux grandes proportions et aux grandes exigences de la Scala. On a dû inventer pièce par pièce tous les appareils mobiles pour l’éclairage de la scène, les régulateurs, les projecteurs et enfin toute la série d’appareils nécessaires à une scène si vaste, où l’on monte avec un luxe extraordinaire de personnel et de décors l’opéra et des grands ballets. Tous les anciens appareils à gaz ont été mis de côté, et on a tout refait, sauf quelques appareils secondaires et le lustre, auquel on a fait subir toutefois une modification radicale pour mieux utiliser la lumière.
- L’installation de la Scala a été montée à temps pour la saison de 1883-84, sauf le foyer et quelques locaux secondaires, éclairés plus tard. Voici les données les plus importantes sur cette installation.
- Le , nombre total des lampes montées dans le théâtre et ses annexes est de 2890 lampes de 32, 16, to et 8 bougies, équivalentes à 258o lampes normales de 16 bougies. Elles sont distribuées de la façon suivante :
- Lampes réglées :
- Lampes.
- Herses, portants, projecteurs, rampe. . . . 1091
- Grand lustre de la salle........................ 352
- Lampes non réglées :
- Eclairage supplémentaire de la salle pour
- soirées de gala. . . . ,................... 2.53
- Eclairage de la scène, pour bals masqués. . 240
- Salles de chaut et de danse, loges des artistes, ateliers des peintres, ateliers des tailleurs et autres locaux de service. . . . 494
- Loges, corridors, orchestre, foyer, café, vestibules, bureaux.......................... 460
- Total............. 2890
- Le réglage des lampes de la scène et du lustre est fait par 16 régulateurs à bobines de fil de fer galvanisé, avec interrupteurs, cadrans à 20 touches et mécanismes pour les manœuvrer séparément ou ensemble. On peut régler séparément chacune des 9 herses, les portants en 2 groupes de i5 chacun, la rampe en deux moitiés de 49 lampes chacune, etc. Il y a aussi de petits régulateurs portatifs pour les projecteurs de toute force.
- Les prises de courant sont au nombre de quatre, branchées sur le réseau.
- Le courant est fourni au théâtre, ainsi qu’à tous les consommateurs, nuit et jour. Cela est nécessaire non seulement pour les répétitions, mais aussi pour éclairer toute l’année des locaux de service. Le maximum des lampes qui peuvent être allumées petndant un spectacle de gala est de 2400 environ équivalentes à 2000 lampes normales de ib bougies. Le nombre total de lampes-heures dans une saison (carnaval et carême), répétitions comprises, s’élève en chiffres ronds à 900000.
- Il ne s’est pas produit'le plus petit accident ou la moindre interruption dans le service de l’éclairage électrique > de la Scala, depuis novembre i883, époque à laquelle on commença le service, jusqu’à présent.
- Une autre installation, bien plus petite, pour théâtre, est celle du théâtre Manzoni, dans lequel le gaz est aussi absolument exclus. Il y a 391 lampes montées, dont 184 pour la scène et ses annexes, et le reste pour la salle, le vestibule, les loges, le café, etc.
- On pourrait aussi mentionner comme une installation qui n’a, nous croyons, que peu d’exemples jusqu’à présent, l’éclairage électrique du Grand Hôtel Continental. Cet hôtel est entièrement éclairé à l’incandescence, avec complète exclusion du gaz, et même avec complète exclusion des bougies, puisque toutes les chambres de l’hôtel ont la lumière électrique. Le problème n’était pas très facile,
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- à cause de la nécessité de donner aux personnes qui logent à l’hôtel toutes les facilités pour se servir de la lampe électrique comme d’une bougie. On l’a résolu par des lampes portatives d’un modèle très simple, avec des boutons identiques à ceux des sonnettes électriques, pour allumer ou éteindre la lampe. Cette installation a 476 lampes montées, de 32 et 16 bougies pour les salles communes et de 10 bougies pour les chambres.
- On commence maintenant les travaux d’installation pour les consommateurs du Cours Victor Emmanuel, sur lequel on a déjà plus de 700 lampes engagées. On va aussi commencer l’installation de la lumière électrique dans un troisième théâtre, à côté de la Scala, l’ancien théâtre des Philodramatiques, entièrement renouvelé.
- A cause du monopole accordé pour longtemps encore à la Compagnie du Gaz (Union des gaz), il est impossible de songer à présent à étendre l’éclairage électrique aux rues et places du quartier dominé par l’usine de Sainte-Radegonde, bien que le public le désire. Au surplus le public y gagne toujours, puisque la Compagnie du gaz, à laquelle le contrat avec la ville assure un tarif de 36 centimes le mètre cube pour les particuliers et de a5 centimes pour l’éclairage public, s’est vue obligée, pour faire concurrence à la lumière électrique, à baisser son prix de 36 à s5 et même à 20 centimes le mètre cube pour les consommateurs compris dans le rayon d’action de Sainte-Radegonde, en exigeant un contrat de 3 ans, avec l’obligation d’exclure la lumière électrique. Mais, malgré le prix bien plus élevé de la lumière électrique, le nombre des consommateurs qui acceptent les conditions de la Compagnie du Gaz n’est pas très grand. C’est que la lumière électrique, pour toute application, sauf l’éclairage public, a des avantages que les consommateurs ont pu reconnaître, autant pour l’éçlairage des appartements que pour les théâtres, les cafés, les cercles, les magasins, etc., partout où l’on tient à ne pas vicier l’air, à conserver les décorations et les étoffes, à diminuer les chances d’incendie et à avoir une lumière tranquille, qui n’échauffe pas et ne fatigue pas les yeux.
- IV
- EXPLOITATION
- Au bout de deux ans après le commencement de travaux d’établissement et après seulement dix-huit mois d’exploitation d’une entreprise d’éclairage électrique, il est difficile de donner des appréciations positives sur les résultats obtenus et sur ceux qu’il sera possible d’obtenir par la suite, d’autant plus qu’il s’agit d’une entreprise qui n’est pas encore arrivée à ses proportions définitives;
- car on a dû, pour des raisons de prudence qu’il est facile d’imaginer, procéder très lentement au développement de l’exploitation. D’abord, il s’agissait de bien se reconnaître dans une exploitation tout à fait nouvelle, dont on ne pouvait et on ne peut encore citer qu’un seul exemple, celui de New-York, et encore, quand à Milan on entreprit de construire l’usine de Sainte-Radegonde, M. Edison, à New-York, venait à peine de mettre en mouvement les machines de l’usine de Pearl-Street. Il fallait former tout le personnel; voir, par une exploitation d’essai, en quelque sorte, si elle donnerait lieu à des difficultés imprévues, et apprendre les moyens de les surmonter; vaincre les hésitations des consommateurs de gaz, entraînés par le désir du progrès à adopter la lumière électrique, mais irrésolus et défiants, ne pouvant s’imaginer et se convaincre que la nouvelle usine pût leur fournir la lumière sans crainte d’interruptions ; il fallait donc la leur offrir à des conditions faciles et sous mille réserves, consentant à utiliser, tant bien que mal, les anciens appareils à gaz devenus à double usage, puisque tout le monde se refusait à faire des dépenses pour un but auquel on croyait si peu. Il fallait enfin voir par le fait si l’entreprise était viable; si la concurrence du gaz, qui était peu à redouter au prix assuré par le monopole, ne serait pas plus tard devenue invincible par les réductions de tarif que la Compagnie du gaz ne manquerait pas de faire en présence du développement de l’éclairage électrique.
- C’est pour ces raisons que, même au risque de perdre des occasions favorables, on a voulu procéder avec lenteur à ce développement; on débuta avec une seule machine en action; puis, quand le personnel commença à être formé, on étendit les installations chez les consommateurs peu à peu pendant que la confiance s’établissait dans ceux-ci en voyant que le service était régulier et continu. Ayant commencé l’exploitation en juin i883, on ne commença qu’en décembre le service pendant les 24 heures de la journée; et ce ne fut qu’à la fin de décembre, à l’ouverture de la saison du théâtre de la Scala, que l’on marcha avec 3 machines sur 5 alors disponibles, en ayant soin pendant tout l’hiver d’avoir toujours deux machines disponibles par crainte d’accidents. Mais l’expérience démontra qu’il n’y avait rien à craindre; le personnel se forma rapidement; les difficultés qu’on avait eues à New-York dès le commencement du service avec deux ou plusieurs machines marchant ensemble, ne se présentèrent pas; les consommateurs, une fois sûrs de la continuité du service, n’hésitèrent plus à demander la lumière électrique et à adopter des appareils plus aptes à la faire valoir ; et la concurrence de la Compagnie du gaz, bien que poussée énergiquement comme nous le disions tout à l’heure, au point de réduire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- le prix du gaz de plus de 40 % aux consommateurs situés dans le rayon de Sainte-Radegonde, ne fît pas beaucoup de mal, et n’empêcha pas la Société d’éclairage électrique de lui enlever une quantité de consommateurs qui représentaient, au Si décembre, plus de 200000 francs de revenu annuel.
- Au moment où nous écrivons, la capacité des six machines actuellement installées à Sainte-Radegonde est presque remplie, puisque en adoptant le principe d’avoir toujours une machiné de réserve même dans les moments de la plus grande consommation de lumière (ce qui n’arrive qu’en février) et en calculant à 1 000 lampes de 16 bougies la portée maximum d’une machine C, on ne pourrait faire servir l’usine telle qu’elle est à présent, pour plus de 5 000 lampes de 16 bougies, ou pour un nombre équivalent de lampes assorties de 32, 16, 10 et 8 bougies. Il faut donc, pour compléter autour de l’usine de Sainte-Radegonde le réseau, dont le réseau actuel ne présente que la moitié environ, ajouter de nouvelles machines. Or on a dit plus haut et ônle voit sur les figures 1, 2, quel’usine de Sainte-Radegonde peut encore contenir 4 machines avec leurs chaudières et accessoires : ce qui donnera un total de 10 machines, capables d’alimenter, sans compter la réserve, un nombre de lampes équivalent à g000 lampes de 16 bougies, soit à peu près 10000 à 11000 lampes assorties. Cela suffira certainement pour le réseau complet.
- Il est évident que les 4 dernières machines demanderont une dépense de première installation bien moindre que les 6 machines actuelles ; car le terrain, le bâtiment, et tous les accessoires de l’installation existent déjà. On n aura à compter que sur le coût pur et simple d’achat et de pose du matériel mécanique et des conducteurs souterrains. Mais pour ces derniers aussi il y aura une économie à réaliser. En effet, si on examine le réseau actuel (fig. 4), on voit très bien combien il est défavorable ;puisque la plus grande masse des consommateurs (théâtre de la Scala, cercles, cafés, Hôtel Continental) pour un total de 3700 lampes environ, se trouve groupé autour du théâtre de la Scala ; et le centre de gravité de ce groupe est placé à 5oom de distance (sur les conducteurs) de l’usine. Cela a eu pour conséquence un coût de conducteurs assez élevé. Les nouvelles parties du réseau qu’on va poser ne sont pas dans ces conditions défavorables, et du reste on continue toujours d'équilibrer le réseau actuel par l’adjonction de nouveaux consommateurs plus proches de l’usine, tels que ceux de la Galerie Victor Emmanuel, ajoutés dans le cours de 1884. On voit par cela que le complément du réseau se fera avec une dépense qui sera moins de moitié de celle que l’installation actuelle a coûté.
- Il était nécessaire d’exposer toutes ces con-
- sidérations pour démontrer que la première année d’exploitation de l’usine de Sainte-Radegonde ne peut pas représenter exactement les résultats qu’on aura déjà en i885 et encore plus ceux qu’on aura après installation complète. Or, si la première année d’exploitation non seulement a laissé le capital intact, mais a donné une marge pour les amortissements, bien que la concurrence du gaz ait été poussée jusqu’au maximum de réduction de son tarif, on peut être sûr que les années suivantes donneront des bénéfices.
- Il n’y a pas seulement la question de la diminution des frais de première installation, qui conduit à ce résultat, mais aussi l’économie toujours plus grande qu’on réalise daus l’exploitation. Quand on est entièrement occupé à lancer une entreprise, èt qu’il faut, coûte que coûte, réussir malgré les obstacles, on se préoccupe peu des détails ; mais une fois que l’entreprise marche, on a le loisir de travailler à l’amélioration économique de l’exploitation. Il n’est pas dans la nature de cet article d’entrer dans ces détails, et d’ailleurs il faut s’imposer des réserves dont on comprendra sans peine la nécessité ; mais il suffira de dire comme exemple, que la consommation de houille, qui était au début de o k 5o et même plus par lampe de 16 bougies et par heure, est maintenant descendue à o k. 35, et il y a lieu de la diminuer encore. Tous les autres facteurs des frais d’exploitation ont été diminués dans des proportions analogues.
- Il ne reste maintenant qu’à parler du système d’exploitation et des tarifs.
- Dès le début, on a jugé convenable d’adopter un système mixte, c’est-à-dire un tarif à forfait et un tarif à compteur. Cela dépend de la nature des consommateurs de l’usine de Milan. A New-York, la plus grande partie des consommateurs se compose de bureaux, magasins, banques, particuliers, etc, avec une consommation de lumière très variable pour chacun ; cela exige forcément un compteur. A Milan la plus grande consommation de lumière est faite dans les théâtres, cafés, cercles, etc. qui ont une durée d’éclairage déterminée et constante ; il y avait donc lieu à faire beaucoup de contrats à forfait, à tant par lampe et par an : ce qui a l’avantage d’une grande simplification dans l’exploitation et dans la comptabilité. Cela n’a pas empêché que pour certains magasins et surtout pour les particuliers (qui sont du reste les consommateurs les moins importants) il fût nécessaire d’employer le compteur. Celui qu’on emploie est le compteur Edison, qui a paru jusqu’à présent le compteur le plus exact et le plus sûr parmi ceux qu’ou a essayés.
- Quant au tarif même, on a adopté dès le commencement un système qui est le plus rationnel et le plus convenable pour une entreprise d’éclairage, surtout à ses débuts. Chaque lampe qu’on installe
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- chez un consommateur représente un capital immobilisé pour terrain, bâtiment, machines et conducteurs. Même en supposant que cette lampe ne soit allumée qu’une heure par an, il faut bien que l’installation soit faite pour donner la lumière à cette lampe aussi, puisqu’il peut arriver que toutes les lampes installées dans le réseau soient allumées en même temps. Cela est surtout vrai à Milan, parce que les lampes étant pour la plus grande partie installées dans des endroits destinés au public, il arrive réellement qu’à une certaine heure du soir, en hiver, la plus grande partie des lampes se trouve allumée. Chaque lampe qu’on installe doit donc payer l’intérêt et l’amortissement de la partie correspondante du capital immobilisé, qu’elle soit allumée pendant toute l’année ou pas du tout. Ceci constitue en conséquence une constante annuelle que chaque lampe doit payer, indépendamment de sa consommation.
- 11 n’y a alors qu’à établir le tarif de consommation, représentant les frais de houille, personnel, manutention et rechanges. Comme ces frais sont à peu près proportionnels au temps pendant lequel une lampe reste allumée, ce tarif se compose d’un tant par heure et par lampe, ou bien d’un tant par heure et par ampère consommé par la lampe.
- Si le contrat est à compteur, la consommation est payée sur l’indication du compteur, qui enregistre l’intensité du courant ou les ampères consommés. Si le contrat est à forfait, on calcule le total d’heures par an; seulement, pour mettre un frein à une con sommation de lumière supérieure à celle appréciée ou convenue, le consommateur doit payer à part le rechange des lampes. Jusqu’à présent, c’est cette forme de contrat qui prévaut ; mais pour les magasins et les particuliers, on préfère et on va appliquer sur une échelle plus étendue le système à compteur.
- Voici le tarif établi dès le début de l’exploitation et qui, l’expérience l’ayant démontré convenable, est encore intégralement maintenu actuellement; il est basé sur la lampe normale de 16 bougies :
- Constante annuelle pour la lampe normale de
- rO bougies.................... Fr. 35.00
- Tarif de consommation :
- Par ampère-heure.................. » o.o533
- Par lampe normale-heure........... » 0.04
- Pour les lampes de 100, 3a, 10 et 8 bougies, la constante et le tarif de consommation sont variés proportionnellement à l’intensité du courant que chacune d’elles dépense.
- Il est évident que ce tarif favorise les grands consommateurs, non pas ceux qui ont un grand nombre de lampes (ce qui est la base des tarifs de aveur des Compagnies d’eau et de gaz), mais ceux
- dont les lampes restent allumées pendant le plus grand nombre d’heures. Ainsi, par exemple, un consommateur dont les lampes brillent pendant 3 5oo heures par an (ce qui serait le cas des lampes pour l’éclairage des rues), payerait annuellement pour une lampe normale de 16 bougies (qui équivaut à 180 litres de gaz au moins) une somme de 175 fr.; ce qui revient par heure à :
- Lampe électrique de 16 bougies. Centimes 5.o Prix correspondant du mètre cube
- de gaz....................... » 27.8
- Cela démontre la possibilité et même la convenance d’appliquer la lumière électrique à l’éclairage public.
- Les cafés, restaurants, cercles, etc., ont une consommation moyenne de 2 700 à 2 800 heures, ce qui correspond à un tarif par heure de :
- Lampe électrique de 16 bougies. Centimes 5.25
- Prix correspondant du mètre cube de gaz................. » 29.2
- Les magasins fermant à 9 h. 1/2 — 10 heures du
- soir, et ayant une consommation moyenne de i 400 heures, payeraient par heure :
- Lampe électrique de 16 bougies. Centimes 6.5 Prix correspondant du mètre cube de gaz......................... » 36.1
- Ce prix du gaz est celui que le monopole accorde à la Compagnie du gaz à Milan, sans compter 2 centimes d’octroi municipal.
- Enfin, pour les particuliers, les bureaux qui ne restent pas ouverts le soir, si on calcule le coût de la lumière sur la base de 700 heures par an, le prix de tarif par heure serait de :
- Lampe électrique de 16 bougies. Centimes 9.0 Prix correspondant du mètre cube de gaz....................'. . . * 5u.o
- La lumière électrique est, en ce cas, plus chère que le gaz, même au prix assuré parle monopole, sauf dans les petites villes, où le gaz est payé, en Italie, 45 et même 5o centimes. C’est aussi le cas des théâtres ayant un nombre restreint de représentations par an; en Italie, par exemple, tous les grands théâtres d’opéra ont une saison de 40 à 60 représentations, sans excepter le théâtre de la Scala, qui en a soixante quand on supprime la saison d’automne.
- Ces chiffres suffiront pour donner une idée des conditions dans lesquelles une entreprise d’éclairage électrique à incandescence peut s'établir et lutter avec le gaz. Elles ne représentent certainement pas le dernier mot de l’éclairage électrique. On pourra, à l’avenir, nous en sommes sûrs, y faire des réductions qui permettront d’étendre da-
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- vantage cette grande application de l’électricité, qui en est encore à ses débuts puisqu’elle ne peut citer en ce moment que deux exploitations réellement sérieuses et entreprises sur une grande échelle : celles de New-York et de Milan.
- D’ailleurs, il faut bien compter sur l’avenir des systèmes proposés ou possibles pour vaincre le dernier obstacle existant au libre essor de l’éclairage électrique, c’est-à-dire le coût de la canalisation aussitôt qu’on voudrait dépasser de beaucoup les distances auxquelles on fait maintenant la distribution de la lumière à New-York et à Milan. Le coût de la canalisation n’est pas très grand quand le rayon d’action d’une usine électrique ne dépasse pas ces limites de distance. Ainsi, par exemple, à Milan, dans la partie du réseau que la fig. 4 représente, et qui est, comme nous l’avons observé, très défavorable comme groupement des lampes, le coût de la canalisation a été de presque 56 fr. par lampe; mais dans la nouvelle partie du réseau, dans laquelle les lampes se trouvent mieux réparties, la canalisation, qui est déjà étudiée, coûtera 40 francs par lampe. On peut donc considérer 48 francs comme coût moyen d’un réseau de 5oo à 600 mètres de rayon.
- Mais si on voulait aller à 750 ou 800 mètres, le coût de la canalisation serait à peu près double, et il serait quatre fois autant pour 1 000 à x 200 mètres de rayon; tandis qu’il' descendrait à 20-25 francs pour un rayon de 25o à 3oo mètres. Or, tant que la lumière électrique sera considérée comme un système d’éclairage de luxe et réservée par conséquent aux quartiers plus riches d’une ville, cette question ne sera pas un obstacle à son adoption, puisque une seule usine, ou un nombre très limité d’usines suffira, même pour une grande ville. Mais dès que cette lumière, pour ses précieuses propriétés, serait appelée à remplacer le gaz partout, on devrait résoudre avant tout le problème d’une canalisation à meilleur marché.
- Nous ne doutons pas qu’on réussisse à résoudre ce problème; nous en avons même indiqué une solution il y a quelques mois (4) ; mais certes elle n’est pas et ne sera pas la seule, et il y a plus d’une voie sur laquelle on peut chercher des moyens plus pratiques d’y arriver. Quoi que l’avenir nous réserve sur cette question, il y a déjà un point de gagné, il y a un fait dont l’importance prime toute autre question accessoire. Ce fait est le succès complet et pratique de l’éclairage public avec la lumière à incandescence et avec l’admirable système de distribution de M. Edison; c’est un succès qui est désormais assuré par une expérience de plus de deux ans à New-York, et de presque deux ans à Milan.
- G. Colombo.
- V1) La Lumière électrique, 1884, n° 41.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (*)
- PRODUCTION DE VÉLECTRICITÉ
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- La machine Thomson-Houston.
- La machine Thomson-Houston a été introduite dans l’industrie aux Etats-Unis en 1880. Nous en avons déjà donné une courte description dans La Lumière Electrique (vol. XII, p. 453), mais nous sommes aujourd’hui en mesure de la décrire plus en détail.
- La figure 22 en donne l’ensemble, les figures 23, et 24 en laissent voir les différentes parties. Les inducteurs, portés par un bâti extérieur FF qui sert également de support à l’axe de l’armature sont formés par deux cylindres creux I, I. A leurs extrémités internes ces cylindres ont la forme d’une calotte sphérique percée d’une ouverture de sorte que leur ensemble laisse pour l’armature un logement sphérique. A leurs extrémités extérieures les cylindres s’épanouissent en deux larges parties annulaires qui forment les plaques extrêmes de la machine. Ces plaques sont réunies entre elles par des barres de ferèèqui les relient magnétiquement et forment en outre une cage protectrice pour les fils inducteurs enroulés en C sur les cylindres.
- Le champ magnétique ainsi constitué étant sphérique est naturellement occupé par une armature également sphérique. Cette armature est formée seulement par trois bobines de fil enroulées sur un noyau de fer qui présente à peu près la forme d’un ellipsoïde de révolution. L’ellipsoïde est obtenu (fig. 25) à l’aide de deux plaques concaves SS fixées sur l’axe et entre les bords desquelles on interpose de légers ponts en fer d d. Sur ces ponts on enroule une certaine quantité de fil de fer oxydé et verni, sur le bord des plaques SS on insère des chevilles en bois sur JJ J J qui servent de guides pour l’enroulement des bobines. Les positions relatives de ces dernières, à 1200 l’une de l’autre, sont indiquées par la figure 26, dans laquelle chaque bobine est réduite à une simple spire. On voit que les trois fils entrants sont réunis ensemble en h tandis que les fils sortants vont aux trois segments égaux du commutateur.
- Pour l’enroulement pratique que représente la figure 27, le noyau est d’abord recouvert de papier épais, collé avec de la gomme laque, puis, commençant en h, on enroule de part et d’autre de
- 7.) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- l’axe la moitié de la première bobine; 011 fait tourner le noyau de 120°, et on enroule la moitié de la seconde bobine; à 120° de cette dernière, on enroule eusuite toute la troisième bobine, enfin on enroule la seconde moitié de la deuxième bobine, et celle de la première bobine aux points qui correspondent aux positions occupées par leurs premières moitiés. Les 3 fils entrants sont reliés entre eux en h, comme nous l’avons dit, et les fils sortants menés aux lames du commutateur. Aux points où les bobines se croisent entre elles, on les sépare par une matière isolante. On remarquera que là où les bobines se croisent, elles font une plus grande épaisseur que dans les autres parties. De là la forme ellipsoïdale que l’on a dû donner au noyau, afin que l’ensemble fût sphérique.
- Examinons maintenant le fonctionnement de la machine.
- Si nous nous reportons à la figure 26 qui donne le squelette de l’armature, nous re marquerons que les deux parties A et A' d’une même bobine, passant au même moment devant des pôles opposés sont le siège de courants qui s’ajoutent, et que l’on peut par conséquent considérer les trois bobines comme réduites à leurs trois moitiés A B C, et les représenter, comme nous l’avons fait dans la figure 28, par trois demi-circonférences à 120° l’une de l’autre, réunies en h et communiquant d’autre part avec les trois segments égaux du commutateur.
- Les balais étant placés aux extrémités d’uu même diamètre parallèle à la ligne d’action maximum, on voit que dans la position représentée par la figure 28, A se trouvera dans la ligne neutre, le segment correspondant ne sera pas touché par les balais, et la bobine sera exclue du circuit; en même temps B et C, qui passent sous des pôles opposés, fourniront leurs courants aux balais et seront reliées en tension entre elles. Quant au contraire A coïncidera avec la ligne du maximum, comme le montre la figure 29, B et C passeront sous le même pôle et un des balais touchera en même temps les deux coquilles du commutateur qui leur correspon-
- dent. A ce moment, B et C seront réunies en quantité entre elles et leur ensemble accouplé en tension avec A. Un instant après, l’armature ayant tourné dans le sens de la flèche, B se trouve exclue du circuit et A et C reliées ensemble en tension. A et B se trouvent ensuite un moment reliées en quantité avec C en tension, et ainsi de suite.
- On voit que chaque bobine se trouve toujours exclue du circuit au moment où elle traverse la région de moindre action, mais, avec la disposition simple que nous avons représentée, la mise hors circuit de chaque bobine commence lorsque celle-ci se trouve à 6o° de la ligne neutre, c’est-à-dire lorsqu’elle est encore le siège de courants qu’il serait important de recueillir. Pour y arriver, M. Thomson a d’abord coupé les segments de
- son commutateur, de façon qu’ils entrent l'un dans l’autre en escalier comme le montre la figure 3o, les deux lames enjambant l’une sur l’autre d’environ 35°. De cette façon, deux bobines voisines, B et C, par exemple (fig. 29), restent en dérivation pendant que l’armature parcourt un arc de 35°, et les courants produits en B pendant ce temps sont recueillis. Un autre avantage de cette disposition est que chaque balai arrive en relation avec une bobine au moment où elle commence à être active et ne quitte la voisine que quand elle est presque complètement inactivé; les étincelles d’extra-courant sont, par suite, considérablement diminuées.
- M. Thomson est arrivé ensuite au même résultat par un autre moyen en conservant le commutateur à segments coupés droits, mais remplaçant chaque balai par deux balais superposés reliés entre eux et faisant ensemble un angle d’environ 35°. La figure 31, dans laquelle les bobines sont représentées seulement par trois traits droits aboutissant aux segments du commutateur, donne une idée de ce dispositif.
- Dans cette figure, on a également placé la ligne neutre et la ligne de maximum dans leur position réelle. Dans la position représentée, il est facile de voir que cet arrangement maintient la bobine B
- FIG. 22
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- la Lumière électrique
- en relation avec les balais jusqu’au moment où elle arrive très près de la ligne neutre.
- M. Thomson se sert des balais pour régler la production de courant de la machine, il opère en en faisant varier le calage, et nous devons dire que ce système a été breveté par lui en Amérique, dès 1879. Il emploie pour le réglage deux procédés.
- >1G. 23
- ait dépassé la ligne neutre ; le courant de cette bobine est donc recueilli par le balai opposé à celui qui devrait le recueillir, et il se crée ainsi
- J
- J C.LATCUR
- FIG. 25
- une force contre-électromotrice qui diminue le courant total.
- Üe second procédé que l’inventeur désigne sous 1 e nom de réglage en arrière, est celui qu’il applique couramment à ses machines. Les balais font entre eux un angle de 6o° et sont, à l’état normal, dans la position représentée par la figure 33. Dans ce cas, l’espace occupé sur le- commuta-
- Le premier procédé, qu’il désigne sous le nom de réglage en avant, consiste simplement, lorsqu’on a besoin de diminuer la production de la machine, à faire avancer d’un seul bloc les deux paires de balais. Comme on le voit par la figure 32, dans laquelle les balais sont représentés dans cette position avancée, on prolonge ainsi le contact de chaque bobine avec les balais, jusqu’à ce qu’elle
- ET 24
- teur par une paire de balais, correspond également à un arc de 6o°, et la distance angulaire entre les deux paires de balais est par suite de part et d’autre de 120°, c’est-à-dire la longueur d’un seg-
- FIG. 26
- ment du commutateur. Il est facile de voir que dans cette disposition, chaque bobine ne sera plus exclue du circuit, mais que sa coquille de commutateur devra passer d’une paire de balais à l’autre, juste au moment où la bobine elle-même se trouve dans la ligne neutre, de sorte qu’il y a toujours deux bobines en dérivation accouplées en série avec la troisième. Voilà pour la marche normale de la machine, et son fonctionnement se comprend très bien jusque-là. Mais lorsqu’une diminution
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- de résistance du circuit extérieur nécessite une diminution de production du courant, le système employé par M. Thomson pour obtenir ce résultat, consiste à faire reculer les balais FF' en même temps que les balais EE' avancent d’une quantité trois fois moindre, comme cela est indiqué en pointillé dans la figure 33, et c’est là que nous nous trouvons quelque peu embarrassé pour nous rendre compte dé ce qui se passe. M. Thomson lui-même ne nous a pas paru fixé à ce sujet, et dans une note qu'il nous a remise sur sa machine, il se contente de dire :
- « La théorie de cette action est très complexe et digne d’étude. Elle implique la considération de l’action des bobines inductrices pour entretenir, à certains intervalles de temps momentanés, le courant dans le circuit extérieur. Elle implique l’étude des actions qu’exercent l’un sur l’autre les
- A.SJDür 9
- FIG. 27
- courants pulsatoires de l’armature, de leur effet sur le magnétisme du noyau de l’armature et de l’induction propre des bobines. Ce mode de réglage est très convenable pour les lampes à arc montées en série, il donne un courant remarquablement exempt de fluctuation. »
- Ce qu’il est facile de voir, c’est qu’une fois que les balais ont été écartés dans la position des lignes pointées, la distance angulaire entre les deux paires est de part et d’autre inférieure à 120° et, par conséquent, l’armature se trouve fermée en court circuit sur elle-même six fois par tour par une des coquilles du commutateur. A chacune de ces fermetures que nous avons facilement constatées sur les machines en marche, les bobines inductrices se trouvent seules en circuit avec les lampes et celles-ci devraient s’éteindre ou au moins être soumises à un soubresaut, mais il n’en est rien. Si nous avons bien compris M. Thomson, dans son idée, les inducteurs, soit par suite
- d’actions entre leurs spires, soit par une réaction provenant de l'armature, fourniraient pendant le court circuit un courant capable d’alimenter les lampes. Il appuie cette manière de voir par ce fait que quand les inducteurs sont excités séparément, la machine ne fonctionne plus.
- Il serait en tout cas intéressant de savoir ce qui
- FIG, 28
- se passe dans cette machine puisqu’elle donne des résultats assez pratiques pour avoir pris un grand développement en Amérique. Nous ne saurions trop engager M. Thomson à faire des expériences qui non-seulement lui livreraient le secret de sa machine, mais encore pourraient le mettre sur la voie d’actions électriques non encore observées.
- FIG. 2()
- Quoi qu’il en soit, l’organe au moyen duquel ce mouvement différentiel des balais est obtenu est représenté dans la figure 34. Le porte-balais B B est relié au porte-balais B' B' par un levier L oscillant autour d’un point fixe et dont les proportions sont telles que l’angle fait j par B B soit le tiers de celui fait par B' B'.
- Ce système des balais est mené par un électro-
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- aimant régulateur placé latéralement sur le bâti de la machine, comme le montre la figure 22. Cet aimant R (fig. 35) est fixé à un cadre U U à la partie inférieure duquel se trouve l’armature A. L’extrémité du noyau de [l’électro présente une forme
- paraboloïdale; ce noyau entre dans un trou dont les bords sont arrondis; les proportions sont telles que l’attraction est constante pour un cou-
- FIG. 3l
- rant donné quelle!que soit la position de l’armature, pourvu que cette position ne sorte pas des limites de son mouvement. L’armature se prolonge
- FIG. 32
- en un levier A' qui, par l’intermédiaire d’une tige l (fig. 34), fait fonctionner le système du porte-balais. Une pompe à glycérine S sert à amortir les mouvements du levier A'.
- Si l’aimant R était traversé directement par le
- courant principal, il fonctionnerait comme régulateur mais, ne serait pas assez sensible. Aussi fait-on passer le courant principal, non seulement dans R, mais encore dans un double solénoïde CC (fig. 36), dont les noyaux sont suspendus par un ressort S et qui, à l’état normal du courant, maintient fermé un contact o lequel établit un court circuit sur l’électro R; ce dernier reste donc inactif. Mais quand le courant devient trop intense, le solénoïde C C attire les noyaux ; le contact o
- FIG. 33
- se trouvant ouvert, le courant passe dans R et l’armature A fait mouvoir les balais en conséquence. Pour empêcher les étincelles en o, une résistance de charbon T est en dérivation sur ce contact et sur l’électro R. La figure 3v montre l’arrangement général des circuits de la machine.
- FIG. 34
- En pratique, les noyaux des solénoïdes CC sont en mouvement continu et effectuent la régulation du courant au fur et à mesure que les variations se produisent.
- Nous avons dit simplement du commutateur qu’il était composé de trois coquilles métalliques, embrassant chacune un arc de 120°; les figures 38=41 donnent les détails de sa construction; K, figures 38, 39 et 40, représente un des segments; il est monté sur un cadre F (fig. 3ç et 40) placé au-dessous de lui, au moyen des oreilles //; le cadre F est enfilé sur deux tiges rr (fig. 39), dont l’une
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- se termine à son extrémité par une borne destinée à recevoir un des fils de l’armature. Les tiges rr sont supportées par deux disques H H (fig. 41) montés sur l’axe de la machine, ces disques métalliques sont recouverts de plaques d’ébonite et les trous dans lesquels pénètrent les tiges rr sont également isolés intérieurement. Les segments sont aisément remplaçables et interchangeables. Les trois fils de
- FIG. 35
- armature passant par l’intérieur de l’axe sont reliés aux trois tiges munies de bornes.
- La machine Thomson fonctionne à des potentiels élevés et lorsqu’on veut mettre de l’huile sur le commutateur pour diminuer le frottement, 011 remarque que cette huile facilite le passage du cou-
- F1G. 36
- rant, sous forme d’étincelle, d’un pôle à l’autre. Pour empêcher cette production d’étincelles, M. Thomson a trouvé qu'il suffit d’insuffler de l’air dans une direction quelconque dans les fentes du commutateur et que cela permet d’atteindre jusqu’à une différence du potentiel de 2 5oo volts.
- La manière la plus simple d’appliquer les jets d’air est représentée par la figure 42 dans laquelle les deux ajutages B3 B3 sont placés en face de
- l’extrémité de chaque balai d’avant. Avec le calage donné aux balais, il se produit normalement aux
- FOI. 37
- fentes du commutateur une faible étincelle contre laquelle vient souffler le jet d’air, et, outre l’avan-
- tage signalé plus haut, cet air empêche l’étincelle d’agir d’une façon aussi corrosive sur les segments.
- FIG. 4
- Le dispositif adopté comme soufflerie fournit l’air d'une façon intermittente précisément à l’irs*
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- tant où les fentes passent sous l’extrémité des balais. Il consiste en un galet central D (fig. 43 et 44) monté sur l’axe X de la machine et mené par celui-ci au moyen d’une goupille qui entre dans une fente de D, de sorte que le galet n’est pas fixé à l’axe d’une façon rigide. Le galet D tourne dans une chambre oblongue réservée au milieu d’une pièce T qui est fixe, étant supportée, ainsi que le commutateur, par le bâti de la machine. Il divise ainsi la chambre eu deux espaces en forme de croissant comme le montre la figure. Mainte-
- nant ce galet D présente trois fentes radiales dans lesquelles jouent librement trois ailettes ou pistons P PP en ébonite.
- Pendant la révolution rapide du galet, ces trois pistons sont maintenus par la force centrifuge contre la paroi intérieure de la chambre oblongue et chassent l’air devant eux. Des ouvertures O, O,
- FIG. 43 ET 44
- sont ménagées dans la pièce T pour l’entrée de l’air et des tubes de dégagement allant jusqu’au commutateur correspondant aux ouvertures Z, Z. Les ouvertures extérieures sont couvertes de toile métallique pour empêcher l’entrée des poussières. Le galet D est calé sur l’axe de façon que le jet soit maximum au moment du passage des fentes sous les balais.
- Ajoutons, en terminant, que M. Thomson avait exposé un modèle théorique de sa machine et qu’il
- faisait fonctionner cet appareil comme moteur électrique.
- La machine dynamo Thomson, type M, pèse 3 5oo livres et elle peut alimenter 3q foyers de 9,6 ampères et 45 volts chacun.
- L’axe et le noyau de l’armature pèsent 275 livres; le plus grand diamètre du noyau est de 21 pouces; après l’enroulement, l’armature forme une sphère ayant un diamètre moyen de 23 pouces. Sa résistance moyenne est de 10 1/2 ohms, mesurée au repos; la résistance des inducteurs est pratiquement la même que celle de l’armature. Le diamètre du fil des inducteurs est de 0,128 pouce, celui de l’induit de 0,081 pouce. On fait cependant varier ces diamètres suivant l’intensité du courant et la force électromotrice demandées à la machine.
- Le tableau suivant donne les résultats obtenus par les aides de M. Thomson, en mesurant le travail absorbé par cette machine M, avec plus ou moins de lampes dans le circuit :
- Nombre de Jampcs
- Horse-power absorbés
- 34....................................... 2Ô,2
- 3o....................................... 23,8
- 25....................................... 21,3
- 20....................................... i8,3
- l5........................................ 16
- 10....................................... 13,2
- 5....................................... 10,1
- 1......................................... 6
- o (court circuit)......................... 6
- En pratique, bien que ces machines puissent fonctionner en court circuit, on ne leur donne pas à alimenter moins de i5 à 20 lampes. Des mesures approchées de la force électromotrice donnent 1600 volts aux bornes avec un courant de 9,6 ampères.
- (^4 suivre.) Aug. Guerout.
- LA CRISE TÉLÉPHONIQUE
- Au mois de juillet dernier, le public qui s’intéresse au sort de la téléphonie en France, et il est nombreux, se demandait anxieusement dans quelles conditions allait être renouvelée la concession de la Société Générale des Téléphones, que quelques-uns considèrent hardiment comme une sorte de monopole accordé gracieusement sous le manteau de la cheminée, tandis que d’autres plus sceptiques s’attendaient à voir le Gouvernement faire pour cette science nouvelle ce qu’il venait de faire quelques semaines avant pour la fabrication des allumettes, c’est-à-dire une mise en adjudication.
- Quant à la solution du rachat par l’Etat, nul n’y croyait, si ce n’est pourtant quelques gogos d’actionnaires, de ceux qui gardent précieusement en
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- portefeuille les titres de l’emprunt mexicain ou les actions des galions de Vigo.
- L’affaire en était là, quand tout à coup on vit surgir du ministère des postes et télégraphes un projet de loi qui, je l’espère du moins, étonna tout le monde.
- M. Cochery demandait à la Chambre le droit de renouveler la concession de la Société, sans monopole bien entendu, et priait en même temps l’Assemblée de lui interdire d’accorder à quiconque des concessions plus longues que cinq ans. Ce projet fut, comme tous les projets de loi, renvoyé à une commission parlementaire.
- J’ignore ce qui se passa dans le sein de la commission, et l’effet que produisit sur elle un projet où le ministre demandait la permission d’accorder des concessions à titre gracieux et priait en même temps qu’on lui défendît de les accorder pour plus de cinq ans.
- Un député de Paris, connu par ses courageuses revendications en faveur de l’industrie privée, craignant peut-être que ce délai obligatoire de cinq ans ne fût un obstacle à la création de toute nouvelle Société sérieuse, tandis que la possibilité du renouvellement devenait, entre les mains du ministre, un moyen de créer un monopole occulte à la Société existante, déposa un contre-projet où il réclamait la mise en adjudication, conformément aux lois qui régissent la matière et donnant la préférence aux postulants, qui, tout en payant le tribut à l’Etat, offriraient au public les conditions d’abonnement les plus économiques. Ce contre-projet fut renvoyé, je crois, à la commission. M. Cochery, appelé à s’expliquer, déclara que l’adjudication était, selon lui, une sorte de monopole dont il était l’ennemi, et jura ses grands dieux qu’il accorderait immédiatement des concessions rivales à tout Français présentant des garanties sérieuses. Devant tant de libéralisme, la commission dégagea très habilement sa part de responsabilité dans le projet ministériel, en déclarant que du moment que M. Cochery ne demandait pas d’argent au pays, il n’avait, à son corps défendant, qu’à se passer d’autorisation, comme il l’avait, du reste, déjà fait une première fois.
- Le bulletin mensuel du ministère des postes et télégraphes du 4 août 1884 enregistra la nouvelle décision ministérielle et les conditions auxquelles devaient satisfaire les aspirants à de nouvelles concessions, ainsi que les bases sur lesquelles le ministre effectuerait, si bon lui semblait, le rachat à un moment quelconque et sans être tenu d’en donner les motifs, il est certain qu’à moins d'avoir en poche une bonne promesse verbale du ministre, un capitaliste, et à plus forte raison un grand industriel, y regarderait à deux fois avant de profiter des intentions libérales de l’arrêté ministériel.
- Il y a dans la rédaction un point qui nous a paru
- d’une obscurité fâcheuse et de nature à paralyser toute tentative de concurrence à la Société en possession de la faveur du ministre actuel; nous voulons parler du mode d’évaluation du réseau en cas de rachat, ou plutôt des deux modes bien distincts d’évaluation laissés au choix du ministre.
- En effet, si nous comprenons bien l’article 24, le réseau pourra être racheté à dire d’experts, c’est-à-dire pour sa valeur réelle au moment du rachat si les experts sont des hommes vraiment compétents.
- D’un autre côté, si le ministre le préfère, le prix de rachat aura pour bases les chiffres de premier établissement ressortant des livres commerciaux de la Société, avec une dépréciation annuelle de 2 0/0, plus l’intérêt légal de ces 2 0/0, c’est-à-dire un infiniment petit du second ordre.
- Mais tout le monde sait qu’un câble en égout dure à peine 8 à 12 ans en moyenne, et que par conséquent 2 0/0 répété douze fois conserverait au câble une valeur nominale de 76 0/0 de son prix d’achat, alors que son âge réel exigerait son remplacement intégral.
- Ces deux bases d’estimation peuvent conduire à des chiffres dont l’un serait décuple de l’autre, et si le choix est à la volonté du ministre, il eût été plus simple de remplacer l’article 24 par cette simple phrase :
- * Le ministre pourra, quand il le voudra, racheter le matériel de toute compagnie de téléphones, pour le prix que bon lui semblera. »
- Nous commençons à comprendre pourquoi le petit bulletin bleu qui sert d’organe à la Société générale des téléphones s’entête à appeler M. Cochery le Justinien de la téléphonie; c’est évidemment que les décisions de M. le ministre ont un parfum byzantin qui caractérise bien le Bas-Empire.
- Un nouveau projet de loi vient de sortir du cabinet du ministre des postes et télégraphes ; nous l’avons publié sans commentaires dans notre dernier numéro ; qu’il nous soit permis de dire ici que ce projet est né dans des circonstances bien curieuses. La Société générale des téléphones absorbe en égout tout l’emplacement que la ville lui a loué, par des câbles beaucoup trop gros qu’elle fabrique elle-même. Le conseil municipal, maître des égouts de Paris, s’est aperçu récemment qu’autoriser la Société à conserver un pareil matériel en égout revenait à lui constituer un de ces monopoles de fait qui répugnent tant à M. Cochery, et que la conséquence du renouvellement du bail consenti il y a quatre ans à la Société, retirait aux Parisiens toutes chances de voir développer la téléphonie et tous moyens d’abaisser le prix d’abonnement par la libre concurrence. Le conseil a donc cru devoir ajourner sa décision au icr mai; grand émoi, comme bien vous pensez, à la Société générale des téléphones,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et ce ne peut être que sur les instances réitérées de ladite Société que M. Cochery s’est décidé à présenter le projet de loi dont nous venons de parler et qui, si la Chambre le vote, l’investira du droit dé réquisitionner les toits de toutes les maisons de France pour y planter des supports pour fils télégraphiques, téléphoniques ou autres, et incidemment tous les petits égouts, y compris ceux de Paris, bien entendu. Que pensent MM. les députés d’une mesure qui rappellera à la France les plus mauvais jours de l’année terrible; que dira le conseil dé la ville de Paris, très au courant aujourd’hui de tous les dessous de cartes? C’est ce qu’un avenir prochain nous apprendra. Les mots ou autres, qui reviennent à plusieurs reprises dans le projet, et le mot électricité, tombant par-ci par-là, trahissent suffisamment l’arrière-pensée de M. Cochery de faire main-basse sur toutes les affaires étrangères, jusqu’à présent, à son ministère et où l’électricité sera en jeu. A force de présider des expositions et dès congrès, M. Cochery s’est figuré être devenu le premier électricien de France, comme Latour d’Auvergne en était le premier grenadier.
- On lui a sans doute caché rhilaritè qui s’était emparée de: MM. les commissaires grands et petits de l’exposition de 1881 un matin qu’il leur fit deman der sérieusement si la quantité de fluide qui allait se développer au moment de la mise en marche ne constituerait pas un danger foudroyant; le pauvre Antoine Bréguet qui, en sa qualité de secrétaire, avait probablement ouvert le pli ministériel, en était consterné, il semblait en avoir subi le choc en retour.
- Si le ministère des postes et télégraphes doit devenir le ministère de l’électricité, qu’on mette à sa tête quelqu’électricien incontesté. Il serait surtout préférable de laisser, comme le font tous les gouvernements, l’électricité grandir en iiberté sans i’em-maillotter dans aucuns langes ministériels.
- J Bourdin.
- L'ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE QUELQUES
- RUES DE LA VILLE DE HANOVRE
- Nous avons déjà mentionné tome XII, page 29, es essais faits pour éclairer quelques rues nouvelles de la ville de Hanovre. Le premier arrangement n’ayant pas donné les résultats espérés, a cédé la "place à une installation nouvelle, due à V. le docteur Zeuner, représentant de la maison Siemens et Haiske.
- La partie éclairée de la ville est située du côté ce la « Georgstrasse, » une sorte de boulevard,
- qui est très fréquenté. Cette rue est mise en communication avec la cité, depuis trois ans, au moyen des rues : Slaendehaustrasse, Karmarsch-strasse et Grupenstrasse. Pour créer ces trois rues avec leurs deux cents maisons nouvelles il a fallu percer tout le quartier. Un plan de ces rues est donné par là figure 1.
- Les lampes électriques sont montées sur des candélabres en bois très simples munis d’une lyre. Elles sont placées alternativement aux deux côtés de la rue; elles sont au nombre de dix. Les
- lampes sont les régulateurs bien connus de M. Von Hefner-Alteneck réglées pour un courant continu de neuf ampères.
- L’usine électrique se trouve à Asterstrasse à côté de l’imprimerie de MM. Jaenecke frères, dont l’éclairage électrique a été décrit dans ces colonnes. L’usine électrique est une petite baraque construite en bois dans une cour. Elle contient une machine dynamo Siemens pour dix lampes, qui prend à peu près dix chevaux-vapeur. La machine dynamo est du modèle droit qui est maintenant fabriqué de préféreuce par MM. Siemens et Haiske.
- La nature des machines à cylindre exige quelques précautions quand il s’agit de les construire
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- FIG. 2 * — ECLAIRAGE ELECTRIQUE D UNE RUE DE HANOVRE
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- pour des tensions un peu élevées, parce que à l’extrémité du cylindre les différentes parties de fil se trouvent placées l’une sur l’autre. Pour éviter les accidents qui pourraient arriver aux armatures, MM. Siemens et Halske ont disposé des plaques en fibre vulcanisée pour séparer les différentes parties du fil.
- Le collecteur est encore de la vieille construction. Les balais sont mobiles et faciles à ajuster. Une locomobile de M. Gaut Smith, de Buckau, sert comme moteur.
- L’éclairage fait un très bel effet et attire beaucoup de monde. Il y a un grand contraste entre cet éclairage si clair et si gai et l’éclairage à gaz triste de la grande rue Georgstrasse où tous les dimanches une grande foule se trouve presque dans l’obscurité parce que les magasins et bazars sont fermés et ne contribuent pas à l’éclairage de la rue. Cet éclairage des trois rues, si petit qu’il soit, représente encore un progrès de la lumière électrique et ne sera pas sans succès.
- Fr. Uppenborn.
- LE LABORATOIRE
- D’ENSEIGNEMENT DE LA PHYSIQUE
- A LA SORBONNE
- 5e article. (Voir les numéros des 3, 10 et 3i janvier et des 7 et i\ jévrier i885)
- 42. — Energie et travail d'un courant électrique. — Un courant, fourni par un certain nombre d’éléments ou d’accumulateurs, est lancé dans un petit
- FIG. 42
- moteur électrique. Ce courant est mesuré 'à l’aide d’une boussole de tangentes et d’un galvanomètre Deprez. Ce dernier, avec échelle de réflexion, est employé comme volt-mètre. On mesure d’abord la résistance et la différence de potentiel e, aux bornes du moteur électrique en arrêt. On note en même temps l’intensité I0 du courant. Puis on met le moteur en marche et on observe la nouvelle intensité
- I < I0 et la différence de potentiel e' aux bornes e, — e' — e est la différence de potentiel correspondant au travail absorbé par le moteur.
- On observe, d’autre part, la vitesse du moteur et le travail absorbé par le frein Carpentier.
- On fait varier les conditions de cette expérience, ce qui montre que le travail produit est maximum, lorsqu’on a
- Lois de rendement. — Le rendement théorique qui a pour expression est égal à ^ lorsque
- On montre que pour augmenter ce rendement on est obligé de diminuer le travail. Ainsi, si l’on fait
- e_ __ 3 ü 4
- on doit trouver
- Le rendement pratique est bien inférieur à ces prévisions.
- On peut essayer de tenir compte du travail absorbé par le frottement en cherchant, pour une vi tesse donnée, la différence de potentiel e aux bornes. Pour avoir le travail absorbé lorsque le moteur travaille, il faudrait retrancher cette différence de potentiel de celle qu’on trouve dans les deux cas. Ces vérifications ne sont qu’approximatives.
- 48. Inductomètre de Weber. — Une bobine est mobile autour d’un axe qu’on peut rendre à volonté vertical et horizontal; une disposition permet de tourner la bobine d’un angle exactement égal à 1800; le plan des spires est disposé perpendiculairement au méridien magnétique.
- En tournant la bobine de 180° autour de l’axe i ertical, le magnétisme terrestre fait naître un cou. rant d’induction, tel que la quantité totale q d’électricité mise en liberté est
- 5 = -L 2 11s II
- où R est la résistance totale du circuit ; ns — la surface totale des spires ;
- H — la composante horizontale du magnétisme terrestre.
- Lorsque l’axe est horizontal et dans le plan du méridien magnétique, on a, V étant la composante verticale
- q=-^ 2 «sV.
- Pour observer les quantités d’électricité q et q'
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECTRICITÈ
- A°9
- on a relié la bobine avec un galvanomètre à réflexion, visé par une lunette. Les déviations étant petites, on a
- q = ko et q' —kV
- d’ou
- I étant l’angle,d’inclinaison.
- Lorsque les déviations sont très petites, on emploie la méthode des impulsions successives indiquée par Weber.
- 44. Détermination du coefficient de selfi induction. — Pour déterminer ce coefficient, on a adopté au laboratoire deux méthodes qui, bien que tout à fait distinctes quant au dispositif expérimental, reposent sur le même principe et conduisent à la même formule.
- (Voici le principe de ces méthodes :
- La bobine dont on cherche le coefficient de self-induction est mise en équilibre électrique avec une
- FIG. 44
- bobine de même résistance et sans self-induction, par une des méthodes suivantes :
- i° Par le pont de Wheatstone;
- 20 Par la mé'hode du galvanomètre différentiel.
- Dans l’un ou l’autre cas, on observe l’impulsion du galvanomètre, lors de la rupture du courant.
- Cette impulsion est due à la quantité f idt d’électricité qui provient de la self-induction de la bobine.
- Puis, par un fil dont la résistance r est une petite fraction de celle de la bobine, on détruit l’équilibre du pont, ou celui du galvanomètre différentiel. On obtient ainsi une déviation due au petit courant i' et on aura dans les deux cas l’équation
- f idt
- L = r
- La méthode revient donc à comparer une quantité d’électricitéÇidt, à un courant permanent i'.
- On peut faire cette comparaison de deux manières distinctes :
- i° On peut graduer le galvanomètre pour un courant de charge en microcoulombs, et pour un courant continu en micro-ampères.
- 20 Ou bien on peut déduire le rapport de ces valeurs par les constantes du galvanomètre.
- i° Pour graduer le galvanomètre pour un courant continu, on cherche à quelle fraction d’ampère, ou plutôt de micro-ampère correspond chaque division de l’échelle, ce . qui se fait facilement à l’aide d’un Daniell bien constant, d’une boîte de résistance et du shunt du galvanomètre.
- Pour les courants instantanés, on charge un microforad (ou une fraction de microfarad) avec une pile étalon (Latimer Clark ou Daniell) et on en déduit à combien de microcoulombs correspond chaque division de l’échelle. Il est à noter que l'exactitude de cette dernière détermination dépend surtout de l’étalonnage du condensateur, opération qui laisse ordinairement à désirer (’).
- Connaissant ainsi les valeurs absolues qui correspondent à l’impulsion et à la déviation observées, on trouve la valeur de-Len unités CGS (centimètres) X io9, si r est exprimé en ohms, car iohm = io9
- unités CGS. Les unités
- J’idt
- et i' n’interviennent
- que par leur rapport, qui est un temps.
- 20 Soit 3 l’impulsion de l’aiguille du galvanomètre
- due à une quantité d’électricité q = J’idt et a la déviation permanente due à un courant continu i', on peut déduire le rapport ^de la connaissance
- de 3 et de a et des deux constantes du galvanomètre, la durée T d’une oscillation et le décrément logarithmique X.
- On trouve par le calcul (voir 16) :
- d'où
- /
- idt
- !' a *2 e
- arc. tg
- r I ' — nre t<^' — i>
- L=r -= e 0 >. 2
- /-----TV
- yv
- Disposition de l'expérience par le pont de Wheatstone. — On prend le pont sous forme de boîte et on cherche la résistance de la bobine par la méthode ordinaire, ayant soin d’employer 5 à
- où Lest le coefficient de self-induction qu’on cherche.
- (') Voir Sclineeboli, Archives de Genùve, t. IX, p. 3^5, et Journal de Physique, t. III, p. 3og, 1884; différence de 2 à 4 0/0.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 410
- io éléments Daniell. L’équilibre obtenu, on maintient la clef du galvanomètre fermée et on ouvre celle de la pile, ce qui donne l’impulsion 8. Puis on change la résistance de la boîte d’une fraction
- de sa valeur à peu prèsj, de façon à obtenir
- une déviation permanente a voisine de 8.
- Le pont employé dans ces conditions étant extrêmement sensible, car pour ces expériences il faut un galvanomètre à long fil, le plus sensible possible, on trouve quelquefois de la difficulté à obtenir l’équilibre. Dans ce cas, on introduit à la
- Page 19 (n° 3) fin. — Lisez: « Au centre de gravité du triangle représentant la distribution du magnétisme ».
- Page ig(n°9). — Lisez: « On peut, en déterminant le moment d’inertie, déterminer le couple de torsion en valeur absolue ».
- Page 22 (n* 16). — Logarithme supérieur, lisez: « Logarithme népérien ».
- Page 24 (n° 16), au lieu de
- T, T* h
- 1 = — arc cos —
- it <<>
- lisez :
- T h
- 1 = - arc cos -
- Page,25^(n° 17). — Le dernier alinéa: Au lieu de faire
- , 1» \ l>
- -♦ MHH 1 mil lll - lu il Ml IIHMI •
- , • ••• 1 (
- —1T— -U* 11 i
- V If ~~
- place de la clef de l’infini un rhéocorde d’une résistance d’un ohm et on peut terminer le réglage avec cette résistance mobile. Ayant observé a et 8, on calcule L par une des méthodes précédemment décrites.
- Par le galvanomètre différentiel. — Le même galvanomètre qui sert pour l’expérience du pont peut convenir à condition qu’on puisse le rendre différentiel. Dans le cas du pont, les bobines étant disposées en tension, il suffit de changer l’arrangement des fils, et après avoir cherché la résif-
- FIG. 44 ter
- tance de la bobine par la méthode différentielle, on procèded’une manière identique que précédemment.
- L’erreur relative, dans ces expériences, dépend surtout de l’exactitude avec laquelle on peut évaluer les divisions de l’échelle.
- P.-H. Ledeboer.
- Pvar suite de retards dans la composition, l’auteur n’a pu corriger les épreuves de nos premiers articles, et il s’est glissé quelques erreurs, tant dans le texte que dans les figures.
- P ge 17 (n° 2). — Expérience sérieuse, lisez: « Expérience curieuse ».
- Hlll’U.v/ilf .... 1
- .im/n'ii'iiii'lri'
- j .;;a
- L
- FIG. 10
- varier ... se rapporte à la graduation des ampèremètres. Ce passage doit être rétabli comme il suit :
- « Au lieu de faire varier ainsi la résistance avec une force électromotrice constante, on aura, dans certains cas, avantage à garder la résistance constante avec une force électromotrice variable. La figure 10 montre comment il faut attacher les fils, lorsque, pour prendre les forces électromotrices on se sert de deux boîtes de résistances. Dans le circuit de l’ampère-mètre on intercale une pile, et en r on met'ure résistance bien connue.
- « On mesure la force électromotrice à l’aide de l'électro-rnètre capillaire, tel que cela est indiqué au'n0 29, et la formule
- ._ E r
- donne l’intensité du courant ».
- fig. 16
- Page 68. — La figure 16 se rapporte à la méthode de Foster pour la mesure des petites résistances. Voici le principe de cette méthode :
- La petite résistance est intercalée en x; on lit sur la règle la longueur lt qui correspond à l’équilibre du pont. Puis on remplace x par une bande de cuivre sans résistance, en reportant cette résistance x dans la position symétrique, à droite. On lit de nouveau la position d’équilibre /2, et on a
- x = (l2 — li)m
- m étant la résistance de l’unité de longueur du fil du pom.
- Pour mesurer cette résistance, on remplace au début de l’expérience, en x, une petite résistance bien connue, comme par exemple une colonne de mercure.
- Par cette méthode, on n’élimine pas les erreurs dues au contact, comme dans le pont double de Thomson.—P.-H.L.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DU
- STOCK-EXCHANGE DE LONDRES
- L’étranger qui se rend à Londres confond souvent des institutions qui n’ont aucun rapport. C’est
- ainsi que l’on donne le nom de Bourse au Royal lExchange, tandis que cette désignation devrait être réservée au « Stock-Exchange1 » véritable Bourse des Fonds publics, où s’effectuent toutes les transactions relatives aux valeurs cotées. Ce bâtiment, qui représente le principal centre financier des sociétés modernes, s’élève en face de la porte orientale de la Banque ; le public n’y est pas admis comme chez nous, de sorte que les opérations
- s’effectuent sans tumulte en présence du petit nombre d’agents ayant le droit d’y assister et naturel-lement d’y prendre part.
- Comme le développement des affaires le rendait insuffisant, on vient de l’agrandir considérablement à l’aide d’un second bâtiment construit dans le style de l’architecture italienne.
- Ce nouveau Stock-Exchange, auquel l’ancien servira d’annexe, se compose d’une vaste salle octogone surmontée d'un dôme de 21 mètres de diamètre, lequel est placé entre deux transepts.
- C’est un de ces transepts qui sert à mettre en
- communication directe les deux Stock-Exchange de manière à constituer le plus vaste ensemble qui soit mis à la disposition des finances dans aucun pays du monde. On sait du reste qu’aucun marché, ni d’Europe ni d’Amérique, ne peut lutter avec celui de Londres pour l’importance et la variété des transactions qui s’y accomplissent.
- C’est une panie de la grande salle du nouveau Stock-Exchange que nous avons représentée éclairée à la lumière électrique.
- Il s’y trouve 72 lampes à incandescence d’une puissance lumineuse de 5o bougies chacune, réunies
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par groupes de 8 sur des appliques en fer forgé que l’on a attachées au balcon de fer qui fait le tour de la rotonde.
- Ces lampes à incandescence, fabriquées avec montures, par MM. Woodhouse et Rawson, produisent un effet très gracieux et donnent une lumière parfaitement suffisante; grâce à leur élévation considérable, qui permet l’épanouissement de la clarté sur une vaste surface, la puissance lumineuse considérable dont on les a pourvues n’est pas gênante.
- ' Un certain nombre de lampes du même type mais de puissance appropriée au service qu’on leur demande ont été placées sous les arcades afin d’éclairer suffisamment toutes les parties dépendant de la grande salle, la lumière provenant des lampes du balcon ne pouvant atteindre ces arcades.
- Les salons de l’étage inférieur sont éclairés par soixante lampes dont le pouvoir n’est que de 20 candies.
- Mais MM. Woodhouse et Rawson vont étendre l’éclairage à toutes les parties de l’ancien Stock-Exchange, aux salons et aux bureaux qui y seront établis, maintenant que l’ouverture du nouveau rend de vastes espaces disponibles. Quand tous les travaux seront terminés, l’éclairage du Stock-Exchange comprendra la valeur de 65o lampes de 20 bougies.
- On a établi dans le sous-sol du nouveau Stock-Exchange, en prévision de l’adoption de l’éclairage électrique, deux salles de machines distinctes. Dans la première se trouvent les ventilateurs et les appareils pour le chauffage à l’aide de la vapeur. Les ventilateurs sont,conduits par deux machines horizontales de 16 chevaux chacune. La puissance de cette installation permet de juger des dimensions de l’édifice.
- L’autre salle des machines est déjà organisée de manière à pouvoir suffire aux 65o lampes, que l’on doit avoir bientôt à alimenter. Toutes les précautions ont été prises, pour que l’on n’ait rien à craindre et qu’aucun accident ne puisse jamais interrompre l’éclairage.
- . MM. Woodhouse et Rawson ont placé dans la salle deux machines Compound à haute vitesse et deux chaudières.
- Chacune de ces machines à vapeur, alimentée par une seule des chaudières, suffit pour faire le service de l’éclairage. Il y a aussi trois dynamos disposées de telle manière que chaque machine en conduit une, et que la seconde peut être menée à volonté par chacune des deux machines. Inutile de dire que les deux dynamos suffisent et au delà pour les 65o lampes.
- W. DE FON VIELLE.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Angleterre
- l’électrotypie au moyen d’une dynamo dans
- LE DÉPARTEMENT DE LA TOPOGRAPHIE DU GOUVERNEMENT. — Dans les bureaux des ingénieurs topographes du gouvernement de notre pays, on a l’habitude de graver les cartes sur des plaques de cuivre et d’en faire l’impression non pas sur ces plaques originales, mais sur des copies obtenues par voie de dépôt électrogalvanique. Ces plaques ont 1/8 pouce d’épaisseur et les types servant à les faire ont une épaisseur de 1/16 pouce.
- Les plaques qui servent à l’impression doivent être en cuivre fin d’une texture uniforme, sans grains, parce qu’il faut pouvoir graver dessus et imprimer toute modification ou addition, comme par exemple une nouvelle ligne de chemin de fer les plaques doivent également être d’une épaisseur uniforme afin de pouvoir passer dans les presses.
- Jusqu’ici ces plaques ont été en cuivre et déposées dans des bains avec un seul grand élément de Smee pour chaque bain, mais on a dernièrement fait des expériences avec une dynamo au lieu des éléments, à raison de l’économie et de quelques autres avantages pratiques que présente l’emploi des dynamos. Les expériences ont été commencées au mois d’août 1882, par M. W. El-more qui les a continuées jusqu’au mois de juillet i883, mais le cuivre qu’on obtenait de cette manière ne convenait pas à l’emploi que voulait en faire le département, car on ne pouvait graver dessus. Le directeur chargea ensuite le capitaine San-key, du Génie Royal, de continuer les expériences, que celui-ci vient de mener à bonne fin.
- Les expériences du capitaine Sankey ont été faites avec une dynamo Elmore aux bureaux du département, à Southampton. La surface moyenne dès plaques à produire est de 7 pieds carrés. Afin d’obtenir un dépôt uniforme on s’est servi de bains horizontaux. La plaque réceptrice ou la cathode est placée en dessous de l’anode parce que la disposition contraire n’a pas donné de bons résultats. La solution est maintenue en mouvement par un léger balancement des bains.
- Les besoins du service imposent deux conditions :
- i° La densité du courant doit être déterminée entre certaines limites;
- 20 Le courant doit être maintenu constant pendant l’opération du dépôt.
- L’intensité du courant des éléments Smee dans les bains, mesurée avecjl’ampèremètre du capitaine Cardew, varie de 23,4 à 26,4 ampères selon les
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- 4'^
- bains; et le dépôt de cuivre s’élève à i 1/2 livre par bain et par 24 heures. Le capitaine Sankey s’est donc décidé à employer un courant de 3o ampères.
- Pour assurer la régularité du courant, il s’est servi, pour actionner la dynamo, d’une machine Wil-lans, de grande vitesse et à 6 cylindres, munie du régulateur électrique de Willaus. Mais aucune de ces machines n’a donné de bons résultats, le régulateur étant extrêmement sensible et efficace.
- En essayant la meilleure manière de disposer les
- bains soit en dérivation, soit en tension, ou bien en une combinaison des deux, le capitaine Sankey a rencontré une difficulté pour le réglage du courant avec la disposition en dérivation aussi bien qu’avec l’arrangement combiné. Il a donc adopté la-disposition en tension, qui ne présentait pas cet inconvénient et un seul réglage suffit. La dynamo était primitivement arrangée pour un travail en dérivation, les bobines étant placées en dérivation, mais en les disposant en tension ou en tension et
- TABLEAU
- Expériences avec la dynamo Elmore.
- Armature : Diamètre, i pied 6 pouces 1/2. disposée en deux séries de ïo bobines en tension, les deux séries étant en dérivation. Résistance à froid — 0,0297 ohm. — Inducteurs : 20 bobines arrangées en tension. Résistance à froid — 0,684 ohm. Placées en dérivation avec le circuit.
- TOURS
- Ammelrede Cardcw, R = 1,000ohm Constante, 18,280
- Méthode de PoggendorfF
- Eléments
- opposés
- Résistance
- Eléments opposés
- 22,2
- La machine a marché en compound pour toutes les expériences, excepté le 110 33 pour lequel on a conservé la marche simple. — Une résistance additionnelle de o,85 a été placée dans le circuit des inducteurs.
- dérivation à la fois, on croyait pouvoir régler la force électromotrice à volonté.
- On trouva la force électromotrice nécessaire de la manière suivante :
- La résistance des bains fut mesurée avec un pont de Wheatstone à coulisse d’une construction spéciale, un réflecteur et un commutateur pour éviter la polarisation. On obtint unè résistance moyenne de 0,0087 ohm. Le pont en question pouvait mesurer de 0,001 ohm jusqu’à - ohm. La
- 7 j 1 *200 OOO
- force contre-électromotrice fut mesurée à l’aide d’un galvanomètre à réflexion et déterminée à o,oo5,
- à 0,016 volt. On s’est servi d’un élément Daniell étalon pour cette mesure.
- La force électromotrice du bain était donc :
- Ampères. Ohms. Volt. Volt.
- 3o X 0,0087 + 0,016 = 0,276
- Le nombre de bains nécessaires a été trouvé ainsi : La production de plaques en cuivre étant de 120 livres par semaine pour 44 heures de travail de la dynamo, la formule du capitaine Sankey nous donne :
- 3o X 1-4 *4
- X X
- 120
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-
- 4*4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’où
- X = 35
- ou le nombre de bains nécessaire.
- La force électro-motrice nécessaire pour tous les bains en tension était donc :
- 35 X 0,276 = 9,7 volts ou environ 10 volts.
- La dynamo a alors été modifiée de manière à donner une force électro-motrice de 10 volts et une intensité de 3o ampères en reliant les inducteurs en dérivation avec le circuit et en intercalant une résistance en bobines de fil de fer dans le circuit des inducteurs, au moyen de laquelle on pouvait maintenir le courant constant et approximativement la vitesse aussi, tandis- qu’on variait la résistance extérieure ou en d’autres termes le nombre des bains en circuit.
- Le tableau suivant donne un résumé des mesures de la dynamo faites par le capitaine Sankey. L’intensité du courant a été mesurée avec l’ampéremè-tre de Cardew, et la force électro-motrice par la méthode de Poggendorf, avec des éléments étalon Daniell à deux vases poreux avec des cylindres en zinc entre les vases pour précipiter tout le cuivre provenant de la solution de sulfate de cuivre qui pourrait traverser le vase poreux dans lequel il se trouve renfermé. La résistance a été mesurée avec un pont de Wheatstone, du modèle de l'administration des Postes et Télégraphes.
- Le solénoïde du régulateur Willans était enroulé pour une intensité de 3o ampères et placé en tension avec un bain expérimental et une résistance équivalant aux autres bains. Un ampèremètre de Cardew en circuit prouvait que le régulateur maintenait le courant absolument constant. On a laissé la première plaque dans le bain pendant 3i,75 heures, et le dépôt pesait 1076 grammes, ce qui correspond à une intensité de courant de 28,7 ampères, et l’ampèremètre indiquait 29,2 ampères. Le cuivre était d’une qualité excellente, et comme le capiteine Sankey le croyait plus fin que celui obtenu avec la pile Smée, il s’est décidé à essayer s’il était possible d’augmenter l’intensité du courant.
- Il a donc graduellement réduit les dimensions d’une plaque réceptrice ou cathode afin d’augmenter la densité du courant, et ajusté le régulateur de nouveau pour 3o,5 ampères.
- Le tableau I donne les résultats obtenus :
- Il paraît, d’après ces résultats, qu’on pourrait pousser l'intensité jusqu’à 5o ampères sans s’écarter sérieusement du but. Ces expériences ont prouvé que le cuivre produit par le courant de la dynamo était d’une qualité aussi bonne pour l’emploi spécial qu’on voulait en faire, que celui produit par le courant de la pile Smee, et on a fait
- des arrangements à Southampton pour l’adopter à titre définitif.
- Les expériences sur les plaques d’une surface de 5, 4 et 2,8 pieds carrés, ont été faites dans un bain vertical, et on a d’abord laissé la solution tranquille sans y toucher, mais elle devenait plus faible dans les couches supérieures, la résistance augmentait sans cependant affecter la régularité du courant jusqu’au moment où la soupape d’admission était tout à fait ouverte. L’air introduit dans le bain montait du fond en grosses bulles et égalisait bientôt la solution. Le capitaine Sankey espère donc pouvoir employer les bains verticaux pour les matrices, mais ils ne conviennent pas pour les copies, parce que le dépôt devient trop épais au fond.
- Les bons résultats obtenus avec les bains en tension constituent une partie importante du tra-
- TABLEAU II
- INTENSITÉ du courant traversant le bain SURFACE . de la plaque DENSITÉ du courant INTENSITÉ du courant pour une plaque de 2 pieds 4 p. sur 3 pieds 4 p. QUALITÉ du cuivre
- ampères 3o,5 j iids carrés . 5 amp. pur p. e. 6,1 ampères 47.0 Bonne
- 3o,5 4 7,6 58,5 Bonne
- 3o,5 28 10,0 77,o Bonne, mais un peu inégaie aux bords
- vail du capitaine Sankey, puisqu’ils permettent d’opérer le dépôt électrogalvanique avec des dynamos ordinaires donnant une force électromotrice et un courant ordinaire. Il n’ose cependant prétendre que la disposition en tension est toujours la meilleure, mais il se borne à un cas particulier dans lequel on demande du cuivre d’une certaine qualité, sans avoir besoin d’une grande quantité.
- Nous pouvons ajouter que les matrices sont composées de plusieurs feuilles coupées dont les bords sont soudés et rivés ensemble, elles servent plus tard au dépôt des copies. Quelquefois il est nécessaire de graver la plaque le long des jointures.
- l’expédition du Soudan. — Un détachement télégraphique complètement équipé même avec des ballons a été envoyé au Soudan par voie de Souakim. Les matériaux pour l’installation d’un fil télégraphique aérien sont complétés par des hélio-graphes et trois ballons dont nos troupes se scr-
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- viront pendant la campagne. Jusqu'ici notre génie militaire ne s'est servi des ballons que pour faire des essaie chez nous; mais le major Temple qui est chargé de ce service espère en tirer de grands avantages. Les ballons ont été construits à l’école du génie de Woolwich et les enveloppes ne sont ni en coton ni en soie, mais d’une étoffe particulière dont la composition reste un secret.
- L’hydrogène comprimé pour gonfler ces enveloppes est transporté dans de forts cylindres en fer pesant une demi-tonne chacun et ayant 12 pieds de long et 1 pied de diamètre. Ceux-ci forment une réserve en cas de besoin, car on va construire une usine à gaz au quartier général. Pour les premiers besoins on se servira de 100 cylindres de gaz plus légers et facilement transportés par les hommes. Ceux-ci serviront également pour les opérations sur le champ de bataille et seront remplis de nouveau au quartier général. Chaque cylindre a 9 pieds de long et contient 120 pieds cubes d’hydrogène. Un wagon portant une tonne de cylindres suffira pour le gonflement d’un ballon. Les nouveaux ballons ne perdent que très peu de gaz ; on en a gardé plusieurs à Chatham chargés pendant six jours sans aucune perte sensible. On a donc l’intention de les garder gonflés et prêts à servir pour l’armée à tout instant. On aura seulement des ballons captifs pour faire des reconnaissances, on a adapté des cordes de fil de fer ou de chanvre et une communication téléphonique entre la nacelle et la terre.
- Il est à regretter que ces ballons n’aient pas été utilisés plus tôt, puisqu’on aurait alors pu essayer de communiquer avec le général Gordon, dans Khartoum avec des héliographes et la marche en avant de l’expédition aurait peut-être été accélérée en conséquence. La distance entre Khartoum et Goubat sur le Nil où nos troupes sont arrivées le 19 janvier n’est pas de 100 milles, et à cette distance on peut utiliser les héliographes dans un climat comme celui-là. Nos troupes se sont établies à Goubat le 20 janvier six jours avant la prise de Khartoum, mais elles n’avaient aucun moyen de communiquer avec la ville et. aucune nouvelle des défenseurs depuis le 29 décembre. Le 24 janvier, sir C. Wilson s’est mis en route pour Khartoum dans un des steamers de Gordon, comme on le sait il y est arrivé 48 heures trop tard.
- Je ne parle pas de l’opération plus risquée d’entrer dans Khartoum en ballon, bien qu’on eût sans doute trouvé des personnes pour en faire l’essai. La nouvelle expédition qu’on organise sera accompagnée d’un steamer qui fournira de l’eau fraîche aux troupes. Le ministère de la marine a traité avec la Telegraph Construction and Maintenance C° pour le steamer Calabria de la Société qui restera à Souakim pour distiller l’eau salée. MM. Whirter, Roberts et C° y installent en ce mo-
- ment 10 appareils çapables de distiller 240000 litres par jour et les réservoirs des câbles du na vire seront transformés de manière à pouvoir contenir 600 000 litres d’eau distillée.
- J. Munro.
- Autriche
- Pour compléter les détails techniques de ma dernière correspondance (*) sur l’éclairage électrique de Temesvar, j’ajouterai que la bobine de haute résistance qui se trouve sur chaque poteau et qui est représentée par la figure 1 de l’article précédent, mesure 960 ohms, tandis que la résistance du commutateur des groupes (fig. 2 du meme article) n’est que de 600 ohms. Le courant de 10 ampères se divise de telle sorte que les lampes en reçoivent ehviron 94 pour cent, le commutateur des lampes prend 4 1/2 pour cent et le reste (1 1/2) va au commutateur des groupes. Le travail électrique est réparti de la manière suivante : 87,18 pour cent pour les lampes; 4,10 pour cent pour le commutateur des lampes ; 0,81 pour cent pour le commutateur des groupes et 7,91 pour cent pour la ligne.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, l’installation fonctionne d’une manière très satisfaisante ; la fixité de la lumière est surtout remarquable et provient de la marche extrêmement régulière de la machine à vapeur. Celle-ci fait exactement 100 tours par minute et doit sa régularité à son double tiroir et au bon équilibrage du volant. L’enregistreur de Moscrop, dont nous avons donné la description l’année dernière, sert à indiquer toute irrégularité dans la marche de la machine. A minuit l’intensité lumineuse des lampes est réduite de moitié c’est-à-dire à 8 bougies au moyen de résistances intercalées dans les électro-aimants.
- Les excellentes lampes du système Lane-Fox ont déjà fourni environ i5oo heures d’éclairage.
- 11 est impossible de se prononcer sur les résultats financiers de l’entreprise, car on ignore encore les frais de l’exploitation, mais il reste à savoir si la Compagnie Internationale Electrique accordera le prix de i,i5 kreuzer par lampe et par heure aux trois autres villes hongroises avec lesquelles elle est en pourparlers en ce moment pour l’éclairage électrique des rues. Nous avons déjà dit que les autorités de Temesvar offrent aujourd’hui 29000 florins pour les 731 lampes actuellement en fonction et qu’elles se sont obligées à payer trente nouvelles lampes à raison de 41,95 florins.
- Je puis aujourd’hui donner quelques détails plus précis au sujet d’une deuxième et même d’une troisième installation centrale en AuTiche. La deuxième installation comprend une station centrale au
- (•) La Lumière Electrique, t. XV, n° 4.
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- 4i6 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- centre de la ville devienne. Celle-ci sera construite dans une rue qui par sa situation a quelque analogie avec la rue du Mail, à Paris, d’où on fournira l’énergie électrique et surtout le courant pour la lumière électrique aux rues très peuplées de l’intérieur de la ville. La Naglergasse comprend une quantité de vieilles maisons.
- Dans l’ancien temps il y avait là une source thermale ce qui fît donner le nom de Neubad (nouveau bain) au quartier construit sur cet emplacement. Avec le temps ces bâtiments ont reçu une autre destination et les bains dont la nécessité se fait justement sentir dans l’intérieur de la ville n’existent plus. Maintenant l’électricité qui doit satisfaire à tant de différents besoins se trouvera réunie avec un établissement de bains moderne dont le confort pourra rivaliser avec celui du Hammam, à Paris. L’eau provenant d’un grand bassin de natation pour 5oo personnes sera utilisée pour la condensation de la vapeur des grandes machines motrices. On installera 4 moteurs à vapeur de i5o chevaux chacun de 8 dynamos de 800 lampes à incandescence chacune, 5 chaudières d’une surface de chauffe totale de 700 mètres carrés compléteront les machines de la station centrale.
- Les conducteurs iront de là sous les trottoirs dans toutes les directions jusqu’aux quartiers les plus peuplés de la ville intérieure où on placera de 12 à i5ooo lampes à incandescence de 16 bougies. Les fils seront bien isolés selon le système breveté par le concessionnaire M. Fischer. La station fonctionnera jour et nuit car l’établissement de bains comme un certain nombre de boutiques et de magasins dans l’intérieur de la ville demanderont la lumière pendant la journée aussi bien que le soir.
- L’originalité de la réunion de ces deux établissements ne constitue pas le seul trait caractéristique de cette installation car le flair du concessionnaire a trouvé une compensation pécuniaire considérable et très importante en réalisant deux besoins devenus urgents dans notre ville.
- Cette combinaison permettra peut-être de fournir la lumière électrique par heure et par lampe à un prix assez bas pour pouvoir lutter avantageusement avec le prix du gaz.
- Cette concurrence entre le gaz et l’électricité ne fera aucun tort à l’autre station centrale qui va se construire. L’Impérial Continental Gas Association qui jusqu’ici n’a produit que du gaz va maintenant essayer la production de l’électricité à Vienne. Les usines à gaz sont en effet les établissements désignés pour être les propagateurs de la lumière électrique.
- En effet, les ingénieurs du gaz ont été pendant longtemps les disciples les plus ardents de la lumière électrique, mais ils se sont bien gardé de tirer un parti pratique des connaissances acquises. Il est bien connu que- les recettes des usines à gaz ont
- augmenté de beaucoup depuis l’introduction de la lumière électrique, et les actionnaires du gaz n’étaient pas mécontents d’assister à cette lutte entre le petit David et le géant Goliath à cause de ce ré sultat. Mais peu à peu la question de l’éclairage électrique par des stations centrales s’est imposée. A un certain moment la nouvelle de la découverte d'Edison pour la distribution de la lumière électrique fît baisser les actions du gaz, mais depuis il a été démontré avec raison par des hommes comme MM. William et Werncr Siemens que le gaz et l’électricité ne sont nullement des frères ennemis; la pratique nous apprend que la lumière électrique et surtout l’éclat des foyers à arc augmente considérablement le besoin de clarté auquel les établis • sements de gaz ne peuvent satisfaire que par une vente plus considérable de leur produit. Le grand nombre des moteurs à gaz employés dans les installations électriques forment encore un lien entre les deux industries. Les établissements de gaz se sont ainsi peu à peu réconciliés avec le nouveau venu.
- L’importance des capitaux engagés dans ces entreprises et qui y sont restés pendant une longue exploitation presque sans concurrence a donné courage aux directeurs; l’influence acquise et la conscience d’être à la tête d’une grande entreprise technique et commerciale, toutes ces considérations ont amené le moment favorable pouf l’entrée de ces Sociétés dans la nouvelle voie. Mais toutes ces raisons étaientimpuissantesen face d’un des premiers principes fondamentaux de la sagesse commerciale, c’est-à-dire que quand on peut gagner beaucoup en vendant des marchandises inférieures, il est inutile de vendre de bonnes choses avec peu de bénéfice. Pour vaincre ces principes il fallait des motifs au-dessus de la sphère commerciale qu’il n’y a pas lieu de discuter ici. Le fait est que la grande Société du gaz anglaise ou continentale va installer une grande station centrale d’électricité à Vienne pour l’éclairage de plusieurs bâtiments appartenant à la cour impériale. Là encore 12000 lampes Edison seront alimentées d’un même endroit. Les 4000 premières lampes doivent fonctionner dans l’Opéra le ier novembre de cette année; 3000 lampes seront installées un peu plus tard dans le Hofburgtheater, une institution sur le modèle du Théâtre-Français; 5ooo lampes élaireront le nouveau château et ses dépendances.
- Tandis que la station centrale de la Naglergasse enverra le courant directement, il paraît qu’on se servira d’accumulateurs dans la station de la Gas association. Nous ne voulons pas répéter ici ce que notre collaborateur, M. Frank Géraldy, a déjà dit dans un article très complet au sujet des avantages et inconvénients des accumulateurs dans une station centrale, mais si les accumulateurs ne sont
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- pas excellents et, si le prix payé pour la lumière électrique n’est pas élevé, nous ne croyons pas devoir nous attendre à un résultat avantageux de l’application en grand des accumulateurs surtout après les récentes expériences en Amérique, àCol-chester et à Paris même, et d’après l’opinion exprimée par des gens comme Gordon, Edison et d’autres; d’autre part et dans l’intérêt de la science, nous sommes heureux de voir un essai en grand comme celui-ci se réaliser sous les auspices d’une Société aussi riche que la Gas Association. Dans notre petit cercle nous avons toujours plaidé en faveur d’un essai — en petit toutefois — et nous avons essayé de concilier les intérêts de l’entrepreneur et ceux de la science.
- Les accumulateurs seront chargés et toute l’exploitation aura lieu d’après le système Turettini. A un certain moment, tout le monde à Vienne parlait de ce système, néanmoins peu de personnes connaissent encore aujourd’hui le breveté. Nous allons donc en indiquer les traits principaux.
- Le brevet autrichien, pris à la date du ier mars 1884, dit, après quelques phrases d’introduction :
- « J’ai trouvé une disposition qui permet de * réaliser les avantages d’une haute tension sans « en avoir les inconvénients; cette nouvelle dis-« position permet de tirer parti des hautes ten-« sions en les fractionnant pour faire fonctionner « des lampes ou des moteurs électriques avec une « force électromotrice bien plus faible que celle « de la source d’électricité totale.
- « Mon invention consiste à intercaler dans le « circuit d’une dynamo à haute tension, des grou-« pes d'accumulateurs dont le nombre varie avec «. la diminution du potentiel que je désire utiliser « à un certain point et à prendre un courant divers « à chaque pôle de chaque groupe d’accumula-« teurs, de sorte que toutes les lampes ou moteurs « qui se trouvent dans le circuit dérivé (qui va » d’un pôle à un autre dans le même groupe) ne « sont soumis qu’à la différences de la force élec-« tromotrice qui correspond au groupe d’accumu-« lateurs duquel ils dépendent. »
- C’est là le fonds du brevet; l’application de [courants à haute tension avec des accumulateurs ne permet guère une autre rédaction et il est évident que ce système présente de grandes économies dans les lignes. Nous allons maintenant voir les résultats d’une application aussi considérable d’accumulateurs et nous aurons fait une des expériences les plus curieuses dans la science électrique.
- J. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par G. Makinovitch et M. Kkouchkoll
- Contributions à la théorie du magnétisme, par Werner Siemens (>).
- Le but de cet article est de montrer le rôle du milieu ambiant dans les phénomènes magnétiques et d’établir une théorie de ces phénomènes en tenant compte des propriétés de ce milieu. Jusqu’à présent, dans toutes les théories magnétiques, on partait du magnétisme permanent, de même que toutes les théories électriques étaient basées sur les phénomènes électrostatiques, connus avant les autres. Mais le magnétisme permanent n’est qu’un phénomène magnétique secondaire. C’est un résidu d’une aimantation beaucoup plus forte qui l’a précédé, dont les lois ne peuvent être déduites que de celles de l’électromagnétisme, car le magnétisme ne doit en général être considéré que comme un phénomène électrique. Le courant électrique est la seule source connue du magnétisme. Le magnétisme terrestre n’a, d’après l’auteur, d’autres causes que la rotation de l’électricité statique accumulée sur la surface de la terre, pendant la rotation de cette dernière autour de son axe. Les corps magnétiques doivent leur magnétisme au magnétisme terrestre ou, dans certains cas, à l’électricité directement.
- Sil’on part de la considération d’un corps pouvant être aimanté par le courant et qui perd son magnétisme dès que la cause de l’aimantation cesse, et si l’on admet avec Faraday que la propagation des actions magnétiques ne peut s’effectuer que de molécule à molécule, soit à l’intérieur du corps magnétique, soit à travers l’espace ambiant, il faudra aussi admettre que les deux actions, l’intérieure et l’extérieure, dépendent l’une .de l’autre. La quantité de magnétisme qu’un courant circulant autour d’une barre de fer peut développer dans cette dernière sera celle qui peut être fixée par la distribution magnétique allant des particules superficielles de magnétisme austral aux particules boréales, cette distribution suivant la direction des lignes de force de Faraday et formant un cercle fermé.
- , Si cette manière de voir était justifiée par l’expérience, on pourrait étendre au magnétisme, avec les modifications nécessaires, les lois de la transmission de molécule à molécule de la chaleur, de l’électricité et de la distribution électrostatique. On pourrait alors établir, « que l’intensité du magné-« tisme est la somme de toutes les forces magné-« Usantes divisée par la somme des résistances
- \*) Annales Je Wiedemann, n° 1, i885, p. g3.
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- « qui leur sont opposées. » Il devrait alors exister une autre loi ainsi formulée : « Dans une section « traversée par toutes les lignes de force,; la « somme des moments magnétiques de toutes « molécules magnétiques ainsi traversées est égale « à zéro. * Une telle section ne peut être menée que par la ligne neutre séparant, dans le corps magnétique, le magnétisme austral du magnétisme boréal, et alors la somme des moments magnétiques des molécules de fer ainsi coupées doit être égale à la somme des moments des molécules ou des éléments de l’espace interceptés en dehors du fer.
- En partant des idées d’Ampère sur le magnétisme, l’auteur arrive à cette conclusion que les corps magnétiques, comme le fer, opposant à la polarisation magnétique une résistance plus faible que les corps non magnétiques, ou bien que les premiers possèdent une conductibilité magnétique plus grande. Un anneau homogène, concentrique à un conducteur, ne peut produire aucune action à distance, car toutes les lignes de force restent à l’intérieur de l’anneau. Ce phénomène change dans un anneau ouvert. Comme la résistance à la distribution du fer n’est que dé celle de l’air, cela
- résultera des expériences décrites plus bas, il s’ensuit que dans un anneau interrompu, le magnétisme total doit être plus petit, à cause de la résistance de l’air qui remplit la coupure.
- Les lignes de force, qui réunissent les parties de l’anneau, doivent remplir, avec une intensité variable, tout l’espace qui l’entoure et produire le phénomène de l’attraction magnétique et celui du magnétisme libre.
- M. Siemens généralise la théorie d’Ampère, et l’étend à tous les corps de la nature : « Non seulement les corps magnétiques, mais tous les corps, ainsi que l’espace vide, sont remplis de courants circulaires de très petites dimensions, et les corps magnétiques ne diffèrent des corps non magnétiques, qu’en ce que dans les premiers, le nombre de ces courants circulaires, contenus dans l’unité de volume, est beaucoup plus grand que dans les derniers. »
- On pourra réduire tous les phénomènes magnétiques à la propriété du courant électrique d’exer-'cer une action directrice sur les solénoïdes moléculaires répandus dans tout l’espace, mais dans les corps magnétiques en nombre beaucoup plus grand.
- Grâce à cette action directrice, les axes des solénoïdes tendent à se placer perpendiculairement à la direction du courant et à former des cercles d’attraction concentriques.
- La grandeur de la rotation des axes dépend de
- (») W. Siemens. Siizungsberickt* dtr Berl. Acad., du a3 juin 1881, p. 7°k
- la grandeur de la force directrice ou magnétisante et du nombre de courants particulaires contenus dans l’unité de volume. L’auteur recommande de désigner cette relation numérique sous le nom de conductibilité magnétique ou celui de résistance à la distribution magnétique.
- Afin de remettre sa manière de voir à une épreuve expérimentale, l’auteur prend le cas d’un anneau de fer fermé entouré de fil isolé ou celui d’un tuyau de fer; dans ces deux cas, d’après les recherches de M. Kirchhofï, il n’y a pas d’action à distance si l’enroulement est uniforme.
- L’auteur a déduit ultérieurement des formules d’Ampère, l’expression suivante pour le moment magnétique d’un tuyau de fer parcouru par un courant suivant son axe :
- M = 4 u / s i.
- s étant l’épaisseur de la paroi, l la longueur du tuyau et i l’intensité du courant. L’exactitude de cette formule a été vérifiée par l’auteur expérimentalement.
- Si l’on entoure d’une spirale serrée un anneau de fer de section q et de rayon moyen p, la force magnétisante sera, d’après les considérations précédentes, proportionnelle à l’intensité du courant multipliée par le nombre de spires, chacune ayant approximativement la longueur de l’anneau 2 w p. La résistance qui s’oppose à cette force magnétisante est directement proportionnelle à la longueur de la barre courbée, c’est-à-dire à 2 tt p et inversement proportionnelle à la section et à la conductibilité magnétique du fer que l’on peut désigner par Le moment magnétique de l’anneau de fer sera, dans chacune de ses sections transversales :
- 2 p Tt
- ---— — t.q.ù const.
- 2 p m
- cette expression a une signification analogue à la précédente :
- M =3 i. I. s. const.
- Dans le but de rechercher si le magnétisme développé par une force magnétisante dans un barreau de fer ou dans un fer à cheval est inversement proportionnelle à la résistance totale du circuit magnétique, l’auteur fit l’expérience suivante : il fit préparer un fer à cheval avec une barre de fer de 2,omm d’épaisseur, deux fois recourbée à angle droit, Chacune des branches avait gomm de longueur et s ur chacune on avait enroulé une spirale de 35mm de longueur, formée de 126 à i3o tours de fil isolé de imm de diamètre. Le dos droit du fer à cheval était enroulé d’une bobine d’induction de 1 160 tours de fil de o,2mm d’épaisseur. Le fer à cheval pouvait être fermé sur lui-même à l’aide d’un mor-
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- Ceau de fer prismatique ayant la même section que lui. Les extrémités des branches sortaient des spirales les dépassant d’une longueur de 20““.
- A l’aide d’un commutateur convenable, on pouvait renverser le sens du courant qui parcourait les spfrales magnétisantes. L’intensité du courant était mesurée avant chaque renversement à l’aide d’un galvanomètre à torsion, ayant un grand nombre de tours de fil fin. Cet instrument donnait la différence de tension aux deux bornes de la spirale magnétisante. On pouvait faire varier l’intensité du courant, soit en intercalant des résistances, soit en
- le dérivant. Le courant développé dans la bobine d’induction au moment de l’inversion du courant magnétisant traversait les spires d’un galvanomètre à réflexion presque apériodique. L’impulsion de ce galvanomètre mesurait le double du moment magnétique produit dans le fer à cheval par l’action du courant. Si, après chaque variation d’intensité, on prenait la précaution de produire plusieurs inversions de courant avant d’effectuer la mesure, on trouvait toujours des résultats concordants, môme avec de grandes différences d’intensité.
- TABLEAU I
- BRANCHES DE 90*™ DE LONG
- INTENSITÉ
- du
- BRANCHES DE 70““ DE LONG
- Fermé sur lui-même
- Ouvert
- Fermé sur lui-même
- Ouvert
- ampères
- 1/100 amp.
- 1/100 amp.
- 800
- 3i3o
- 62S0
- ioSoo
- i55oo
- i835o
- 37000
- 1100
- Dans le tableau I, la première colonne représente les intensités du courant; les premières séries des deux colonnes suivantes donnent les impulsions et les deuxièmes séries les accroissements, déduits de ces nombres, du moment magnétique
- pour une augmentation d’intensité égale à d’ampère— la première de ces deux colonnes correspond au cas où l’aimant est fermé et la deuxième à celui où il est ouvert. Il résulte de ces nombres que dans le fer à cheval fermé le magnétisme croît au commencement plus vite que l’intensité du courant. Dans le cas où l’aimant est ouvert, le magnétisme pour un courant faible (o,o5 d’amp.) 11’est environ que
- î de celui qui se développe avec la même force magnétisante dans l’aimant fermé et pour un courant deux fois plus intense (0,1 d’amp.), il est g environ.
- Dans l’aimant ouvert, l’accroissement du magnétisme reste à peu près constant, c’est-à-dire qu’il est à peu près proportionnel à l’intensité du courant jusqu’à un certaine limite qu’on atteint sans échauffer trop les spires.
- M. Siemens fit couper les bouts des branches
- qui dépassaient les spirales d’une longueur des 2omm et refit les expériences.
- Les résultats de ces dernières expériences sont consignés dans les troisième et quatrième colonnes du tableau précédent (la signification des nombres dans ces colonnes est 'la même que dans les colonnes précédentes). On voit, d’après ces nombres, que par le raccourcissement des branches le magnétisme de l’aimant fermé s’accroît notablement, tandis que celui de l’aimant ouvert décroît dans une proportion encore plus grande, de sorte que pour o,o5 amp. le rapport précédent n’est plus que
- -et pour 0,1 amp., il n’est plus que Cette diminution considérable est évidemment due, non seulement à l’augmentation de la résistance à la distribution du milieu ambiant, par suite du raccourcissement des branches, mais encore à la diminution de la force magnétisante, car les spirales exerçaient une action magnétisante sur les parties actuellement coupées, En adaptant sur les extrémités polaires des branches coupées des bouts du même diamètre et de iomm de hauteur, afin d’obtenir une longueur de branches pour laquelle le ma-
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- gnétisme devînt double, l’auteur trouva les nombres suivants :
- TABLEAU II
- Courant de 0,1 d’ampère
- MAGNÉTISME ACCROISSE- MENT
- Sans allonges 1950
- i allonge de chaque côté . . . 2430 480
- 2 — — ... 289,5 46 5
- 3 — — . . . 333o 4.35
- 4 ... 3750 420
- 5 — — ... 4125 375
- On voit qu’avec cinq pièces additionnelles, la limite qu’on se proposait d’atteindre était dépassée ; la longueur de l’aimant était alors le double de la longueur initiale (tableau II). On voit que l’accroiss-ment du magnétisme diminue avec le nombre des pièces ajoutées, quoique ces dernières aient toutes la même longueur. Cela tient à ce que l’action des spirales est plus efficace sur les pièces voisines que sur les pièces éloignées. C’est encore par l’action des spirales sur les pièces additionnelles qu’on peut expliquer l’accroissement rapide du magnétisme. Dans tous les cas, ces expériences mettent en évidence ce fait que dans un électro-aimant non fermé le magnétisme développé par une force magnétisante est fonction de sa surface. Ce résultat a été confirmé par cette observation qu’en remplaçant les pièces additionnelles pleines par des tubes de fer à parois minces, de même longueur et de même diamètre, le renforcement du magnétisme
- restait à peu près le même. En bouchant le tube . avec un couvercle, on n’observait aucune différence si ce couvercle n’augmentait pas la longueur de l’aimant.
- Pour déterminer la résistance qu’oppose le- milieu ambiant non magnétique à l’aimantation du fer, il était nécessaire de comparer la résistance à la distribution de l’air ou du vide avec celle du fer. Ce rapport ne peut être constant, la résistance magnétique spécifique du fer variant avec l’inten'sité de l’aimantation.
- On sait, et cela résulte aussi des expériences précédentes, que dans l’électro-aimant fermé sur lui-même le magnétisme croît d’abord plus vite que l’intensité du courant. L’accroissement atteint bientôt un maximum et diminue ensuite lentement avec l’augmentation croissante de l’intensité du courant jusqu’à une valeur très faible. La position de maximum dépend de la nature du fer. Dans le fer doux, ce maximum est plus vite atteint que dans le fer plus dur avec les mêmes accroissements de la force magnétisante. Il n’est pas improbable que l’action, plus faible au début, de la force magnétisante ne soit due à ce que le fer n’est pas parfaitement doux. Pour s’en assurer, l’auteur fit préparer deux anneaux pareils, l’un en fer rond, aussi doux que possible, et l’autre en acier doux. Ils avaient 3ëmœ de diamètre intérieur et 5omm de diamètre exté-rieur, et étaient couverts uniformément de deux spirales, l’une intérieure, formée de 35o tours de fil de omm2 d’épaissenr, l’autre extérieure, formée de go tours de fil de o,75uira de diamètre. La dernière spirale servait à aimanter, la première servait comme bobine d’induction. Les résultats des expériences sont résumés dans le tableau III.
- TABLEAU III
- INTENSITÉ du courant IMPULSION ACCROISSE M. par 1/1000 amp. IMPULSION ACCROISSEM. par t/1000 amp. INTENSITÉ du courant IMPULSION ACCROISSEM. par 1/1000 amp. IMPULSION ACCROISSEM. par 1 /1000 amp.
- 0,001 3,2 3,2 .3,5 3,5 0, HJ) 1810 65 430 5,0
- 0,002 7 3,25 7,2 3,7 0, i5 4D20 54 760 6,6
- 0,004 i5 4 15 3,4 0,2 6880 47.2 l I 20 7,2
- 0,003 36 *•' - 29 .3,5 0,2.5 8640 35,2 1640 10,4
- 0,01 46 5 35 .3,0 0,3 Q900 25,2 2500 17,2
- 0,02 • 114 6.8 72 3,7 0,4 1 if 00 l6 4950 24.5
- u,u3 196 «,i I 12 4,0 o,5 J 24OO 9 7000 3o,5
- 0,04 3oo io,5 155 4,3 0 6 1315o 7,5 87.-0 17,5
- u,o5 410 i i 195 4,0 0,7 i375o 6 IOOOO 12,5
- 0,06 55o 4 . 245 5,0 o,H 14250 5 11000 10,0
- O 07 710 1() 290 4 5 o,9 14600 3,5 11900 9,0
- 0,0m 895 i8,5 .340 5,0 I ,00 i5ooo 4 i255o 6,5
- o,o85 loi 5 24 360 4,0 1,1* i5a5o 2,5 i3i5o 6,0
- 0,090 1160 29 38o 4,0 1.2 155oo 2,5 i36oo 4,5
- 0,095 405 5,0 1,5 i6i5o 2,1 i5ooo 4,6
- La première colonne de ce tableau représente les intensités du courant, la seconde, les impul-
- sions correspondantes du galvanomètre à réflexion, la troisième donne les accroissements du magné-
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- tisme correspondant à un accroissemeuî d’inten- I sité égale à 0,001 d’ampère. La quatrième et la cinquième colonnes donnent les mêmes valeurs pour l’anneau d’acier. 11 résulte de ces expériences que pour l’anneau de fer le maximum d’accroissement du magnétisme est atteint à 0,1 d’ampère, tandis qu’avec l’anneau d’acier doux ce maximum n’est atteint qu’à o,5 d’ampères, et que ce dernier maximum n’était que la moitié du premier. Comme à chaque mesure on avait soin de changer le sens du courant, le magnétisme rémanant ne pouvait pas influencer les mesures, mais le frottement intérieur qui s’oppose à la rotation des courants circulaires hypothétiques devait diminuer l’aimantation, celle-ci était donc plus faible que dans l’anneau de fer.
- Il paraît tout à fait probable d’après ce qu’on vient de dire que dans le fer parfaitement doux le maximum de l’effer serait atteint avec les courants les plus faibles. L’anomalie qu’on observe dans le fer serait donc due à une résistance provenant du frottement qui s’oppose à la rotation, les courants d’ampère. Cette résistance est d’autant plus sensible que les angles de rotation sont plus petits, le travail du frottement étant proportionnel à l'angle de rotation et non pas au moment magnétique produit par cette rotation.
- Le tableau IV donne les résultats qu’on ohtient quand au lieu d’un anneau de fer fermé sur lui-même on soumet à l’aimantation par des courants d’intensité croissante une barre de fer droite de même épaisseur et de même longueur que l’anneau.
- TABLEAU IV
- INTENSITÉ du courant . IMPUL- SION ACCROIS- SEMENT par I /1000 d’amp. INTENSITÉ du courant IMPUL- SION ACCROIS- SEMENT par 1 /1000 d’amp.
- 0 CK") I 12 12 o, 08 1160 16
- C,O02 22 10 0,09 1320 16
- 0,004 4-1 11 0,10 1480 16
- o.ooti 88 1 I 0,20 2900 14,2
- ofoi IOO 10.5 o,3o 4600 17
- 0,02 2.33 12, d 0,40 6240 16,4
- o,o3 365 13.2 0 5o 8000 17,6
- 0,04 524 15,9 0 60 9720 17,2
- o,o5 688 16,4 0,70 1 156o 18,4
- 0,06 844 15,6 0,80 13200 16.4
- 0,07 1000 15,6 I ,ÛÜ 16800 18
- La barre portait en son milieu une bobine d’induction, et toutes les deux furent introduites à l’intérieur d’une spirale magnétisante de longueur à peu près double. Dans l’évaluation des impulsions on avait tenu compte de l’action directe des spirales l’une sur l’autre. Les accroissements du magnétisme calculés pour i/iopo d’ampères accusent une faible augmentation avec l’augmentation
- de l’intensité. L’acçroissement maximum n’a pu être atteint sans échauffer outre mesure la spirale magnétisante.
- Si l’on admet que la matière non magnétique est aussi remplie de courants particulaires, comme la matière magnétique, il faudra admettre que pour la première il existe aussi un maximum d’aimantation comme pour les corps magnétiques.
- On devrait alors observer dans le cas de grands moments magnétiques d’un champ, comme dans le cas du fer une tendance vers un maximum d’aimantation.
- Pour examiner cette question de plus près, l’auteur fixe sur les extrémités polaires de l’aimant en fer à cheval deux appendices prismatiques de fer qu’on pouvait rapprocher de manière à les mettre très près l’un de l’autre. Les surfaces en regard étaient réduites à 1 cq. On mesurait l’accroissement du moment magnétique du système. Le tableau V en résume les résultats.
- Les pièces polaires étaient mises successivement à des distances de ommi, de imm et de 3mm5 l’un de l’autre. L’intensité du courant était poussée jusqu’à la plus grande valeur possible, celle de 6 amp. On voit dès la première colonne que dans le cas d’un aimant fermé sur lui-même le maximum de l’accroissement du magnétisme était atteint avec 0,2 d’amp, environ.
- Avec des pièces additionnelles placées très près l’une de l’autre, le maximum était toujours atteint pour la même intensité de 1 amp. environ, quelle que fut la distance entre les deux pièces. Du reste les accroissements ne pouvaient pas être en rapport avec la distance parallèle des surfaces des pièces, car l'effet naturel de leurs surfaces latérales se faisait d’autant plus sentir que les surfaces parallèles étaient plus éloignées l’une de l’autre. Le fait que dans tous les cas il y a eu un maximum d’accroissement provenait du grand moment de l’électro-aimant même qui, grâce à la faible résistance magnétique de tont le système, atteignait son maximum dès que l’intensité du courant était suffisante.
- Ces expériences, tout en indiquant une augmentation de la résistance à la distribution de la matière non magnétique, dans le cas de forts moments, n’ont cependant pas paru assez décisives. Pour ces expériences il faut employer des électro-aimants de faible longueur et ayant une grande section afin que la résistance magnétique du fer soit négligeable par rapport à celle du milieu ambiant.
- Mais ces expériences montrent que le maximum d’aimantation dans l’air n’est pas atteint plus tôt que dans le fer. Il en résulte, d’après l’auteur, que l’intensité d’un champ magnétique est limitée par le maximum de l’aimantation du fer et que la conductibilité magnétique de la matière non magnétique doit être considérée comme constante. Comme la
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- conductibilité magnétique du fer varie avec son état I raison de conductibilités magnétiques le fer à son magnétique, l’auteur prend pour terme de compa- I maximum d’aimantation.
- TABLEAU V
- INTENSITE du courant AIMANT FERMÉ SUR LUI-MEME LES POLES MUNIS DES PIÈCES PRISMATIQUES Distances de ces dernières
- Impulsion Accroissement par 1 /ioo amp. Impulsion 0,1mm Décroissement par i/ioo amp. Impulsion I mm Décroissement par I /100 amp. Impulsion 3,5mm Accroissement par i/ioo amp.
- , 2 3 4
- 0,11 219 19,9 80 7,2 49 4.4 37 3,4
- 0,21 720 So,i 193 11,3 107 5,8 78 4,1
- 0,53 1708 3o,9 620 i3,3 3i3 6,4 217 4,3
- 0,85 2124 i3,o 1020 12,5 524 6,6 362 4,5
- 1,06 2292 8,0 1276 12,2 680 7,4 400 4,7
- 2,12 2640 3,3 2028 7,1 1344 6,3 942 4,5
- 3,18 2760 1,1 2400 3,5 . 1908 5,3 i38o 4,1
- 4,24 2840 0,7 2620 2,1 2340 4,i 1820 4,2
- 5,3o 2870 o,5 2728 1,0 2576 2,2 2172 3,3
- 6,36 2930 0,4 2800 0,7 2700 1,2 2440 2,5
- Pour trouver le rapport entre la conductibilité magnétique du fer et celle de l’air, M. Siemens fit préparer deux plaques carrées de fer ayant chacune 8omm de côté et 4mm d’épaisseur ; ces plaques pouvaient se visser sur les pièces prismatiques que l’on adapte sur les extrémités polaires. Les plaques étant placées à 5mm l’une de l’autre et l’intensité du courant de 0,1 amp., elles renforçaient le magnétisme de la même quantité qu’un morceau de tôle de fer de imm de section reliant entre eux les deux pôles mobiles placés l’un de l’autre à la même distance de 5mm, après avoir enlevé préalablement les deux plaques. Il résulte de là que la conductibilité magnétique du fer à son maximum d’aimantation est 480 à 5oo, si l’on prend pour unité celle de l’air. On avait répété la même expérience avec de plus grandes distances entre les plaques, avec des fils de fer, des plaques de tôle et de petits barreaux de fer carrés et toutes ont donné les mêmes rapports numériques.
- On pouvait se demander si cette résistance magnétique de l’air qui est 5oo fois celui du fer, ne doit pas être attribuée à l’influence de l’oxygène de l’air, qui est magnétique. L’auteur, pour résoudre cette question, fit préparer deux plaques de fer de 8mm de diamètre réunies l’une à l’autre par l’intermédiaire d’un anneau de laiton, celui-ci étant soudé à chacune des plaques. Deux ouvertures pratiquées dans l’anneau de laiton permettaient soit de remplir l’intervalle entre les deux plaques de fer (la distance entre les plaques était de 5mm) d’un gaz quelconque, soit d’y faire le vide. Les plaques ainsi disposées étaient fixées sur les allonges de l’aimant décrit plus haut. On n’a constaté aucune dif-
- férence magnétique quand l’intervalle entre les plaques était rempli d’air, d’oxygène ou d’hydrogène, ou quand il était vide.
- L’auteur en conclut que les propriétés magnétiques de l’oxygène et de la matière non magnétique en général n’apparaissent que dans le cas de moments magnétiques très forts, et que pour les phénomènes qui se passent dans les corps non magnétiques les dimensions linéaires seules entrent en ligne de compte. Le fait que le vide transmet la distribution et les attractions magnétiques pourrait s’expliquer, d’après l’auteur, en rattachant l’idée d’ampères sur les courants particulaires aux idées du père Secchi et de M. Edlund sur les tourbillons d’éther qui rempliraient tout l’espace ; ces tourbillons produiraient les courants d’ampère et ils se raient plus intenses ou plus nombreux dans les corps magnétiques qu’ailleurs.
- L’expérience suivante a été faite pour prouver que l’espace rempli de matière non magnétique, ainsi que le vide peuvent être influencés par des Courants électriques, tout à fait comme le fer à son état de maximum d’aimantation, seulement l’effet est environ 5oo fois plus faible qu’avec le dernier métal.
- Deux bobines faites avec du fil de imm de diamètre ayant chacune 10 c. de longueur et 87“™ de diamètre intérieur sont placées à i3imm de distance l’une de l’autre, leurs axes étant parallèles.
- Les faces polaires de ces deux solénoïdes sont couvertes de plaques de fer, une seule plaque couvrant les deux faces voisines. Les parties des plaques entre les bobines sont couvertes de spirales d’induction. Deux boulons de laiton traversant les
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- plaques et les bobines suivant leurs axes servent à presser les premières contre les dernières. Les deux solénoïdes formaient ainsi avec les deux plaques un aimant en fer à cheval fermé sur lui-même, dont le moment magnétique pouvait être mesuré à l’aide des deux spirales d’induction qui couvraient les plaques de fer. Les mesures sont résumées dans le tableau VI. On voit d’après ce tableau que le phénomène se passe comme si les deux plaques
- étaient réunies par un cylindre de fer au lieu du cylindre de laiton. Dans une expérience l’auteur réalisa cette dernière condition : il réunit les deux plaques par un cylindre de fer de 4mm de diamètre ;
- sa section était ainsi ^ de celle des solénoïdes et
- il trouva que le moment magnétique était environ deux fois plus grand que dans le cas précédent, orsque l’intensité du courant était de 0,2 ampères.
- TABLEAU VI
- INTENSITÉ du courant SOLENOIDE SEUL SOLÉNOIDE disposé en fer à cheval ouvert SOLÉNOIDE disposé en fer à cheval fermé sur lui-même PLAQUES réunies avec des noyés de fer RAPPORTS des impulsions des deux dernières colonnes
- 0,01 Tnipuls. Acer. Impuls. 51 Acer. 5i lm puis. 55 Acer. 55 Impuls. 65 Acer. 65 1,18
- o,o5 270 55 295 61 38o 79 1,27
- 0,10 52 5.2 58o 62 640 68 1000 124 1,56
- 0,1 s 900 64 1020 76 1920 184 1,88
- 0,20 1236 67 1392 74 2864 189 2,06
- o,3o 1928 ?8 2160 77 4480 162 2,07
- 0,40 2616 69 2960 80 5850 137 i,97
- 0,50 25» 5,2 336o 76 3800 84 7200 i35 1,89
- o,7 5 525o 77 6075 9' 10250 122 1,68
- 1,00 7240 78 8400 9.3 12880 io5 i,53
- La sixième colonne du tableau donne les rapports des déviations dans les deux cas, et on voit que pour l’intensité de 0,2 ampère ce rapport est 2 environ. Ces rapports ne diffèrent pas beaucoup de l’unité dans le cas des courants très faibles, puis ils croissent, atteignent vite une valeur double et se mettent à décroître lentement. Cela tient à la nature du fer des armatures et de celui du cylindre : sa résistance magnétique est grande lorsque les courants sont ou très faibles ou très intenses.
- D’après M. Siemens, lorsqu’un courant parcourt un conducteur enroulé sur une barre de fer, il se développe dans cette dernière autant de magnétisme qu’il peut en être fixé par la somme des moments magnétiques des éléments d’air ou d’espace qui touchent sa surface. Comme preuve de cette proposition, il fait le raisonnement suivant :
- Considérons un cylindre de fer de longueur indéfinie, de rayon r sur lequel, en un endroit quelconque, loin de ses extrémités, est enroulée une spirale. Désignons par y le moment magnétique qu’un courant traversant la spirale peut développer dans l’unité de section prise à une distance quelconque x du milieu de la spirale, le moment magnétique de la section considérée sera Ktty. Ce moment diminue lorsque x croît, et si la théorie énoncée est exacte, il diminue d’une quantité qui peut être liée par le moment de la couche d’air en contact avec la surface extérieure de la partie cor-
- respondant à l’allongement dx. On a donc l’équation différentielle
- ou
- — nr* dy — 2nr. dx. y
- I d? !H
- .r
- .v—c
- C étant la longueur du chemin suivant lequel s’effectue l’intégration; on a donc :
- et pour des déplacements égaux sur des barres de diamètres différents, ir et 2p, on aura
- L—:lI=p : r
- .>‘1 Si
- Ces équations montrent que pour le même cylindre le rapport des moments magnétiques de deux sections, également éloignées l’une de l’autre, est constant sur toute la longueur d’une moitié du cylindre, de sorte que des déplacements égaux d’une bobine fourniraient des diminutions centésimales du moment magnétique égales partout. Ces équations montrent encore que pour des barres d’épaisseurs différentes et des déplacements égaux de
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- la bobine d’épreuve, les logarithmes des rapports des moments sont en raison inverse des diamètres des barres.
- En établissant l’équation différentielle on a admis que le moment de la couche d’air en contact avec la barre ne dépendait que du moment de l’unité de section de la barre au point considéré, ce qui voudrait dire que la résistance magnétique
- de tous les circuits magnétiques extérieurs est la même. En réalité l’effet de la distribution s’exerce entre chaque élément de surface d’une moitié de la barre et tous les points magnétiques opposés de l’autre moitié. La ' distribution dépend donc aussi de la distance au milieu de la barre. Cette cause d’erreur sera donc d’autant plus sensible que le déplacement se fera près du milieu de la barre.
- TABLEAU VII
- DISTANCE SEC1I0N 9min SECTION Gn>“> SECTION 3mm
- entre |„ _ ^ III - nm I^H — ~ h ^
- les milieux
- des Impulsion y Impulsion Y fm pulsion y
- bobines y X\ V y 1 y X\
- 90 4268 0,032 4054 0,057 290 0,112
- 100 3960 0 037 3558 0 052 222 0,116
- IIO 3640 o,o3S 3i6o o,o52 168 0, 121
- 120 336o o,o3S 2800 o,o59 i3o 0, III
- i3o 3ioo o,o38 2440 o,o53 100 0,114
- MO 2840 0,032 2160 o,o56 80 0,097
- i5o 2640 o,o38 1900 0,048 60 0,12S
- 160 2420 o,o37 1700 o,o58 » „
- 170 2220 0,028 1488 0,052 » „
- 180 2080 0,039 1320 o,o56 »
- 190 1900 o,o33 nôo o,o58 „
- 200 1760 0,040 1016 0,060
- 210 i6o5 0,040 884 c,o5g
- 220 146 5 o,o32 772 0,052 » „
- 23o i36o o,o33 684 o,o5i u
- 240 1260 o,o36 608 0,061 » *
- Moyenne. . . , . o,o35 „ o,o55 0,114
- Moyenne X épaisseur de la barre . o,io5 0, no • 0,115
- Les expériences précédentes justifient l’hypothèse de la non-existence du magnétisme libre : il n’y a que du magnétisme fixé et une force magnétisante ne peut produire dans les corps magnétiques plus de magnétisme qu’il n’en peut être fixé à l’intérieur de ces corps ainsi que dans le milieu ambiant, par l’effet de la distribution magnétique, sous forme de courbes fermées produisant dans chaque section le même moment magnétique. Cette conception est analogue à celle de la distribution électrique moléculaire, et les lois de cette dernière peuvent s’appliquer à la distribution magnétique ; à l’aide du coefficient 480 exprimant le rapport de la résistance magnétique du fer à celle de l’acier on pourrait déterminer l’influence de la masse et de la forme du fer sur l’intensité du champ magnétique qu’on désire créer. La formule
- a. été établie dans l’hypothèse d’un cylindre infiniment long, elle ne s’applique pas à un cylindre de longueur finie, à cause de l’influence des surfaces terminales.
- La distribution magnétique dans une barre de longueur finie, quand la force magnétisante agit d’une manière uniforme sur toutes les parties de la barre, perd complètement son caractère logarithmique et prend, comme l’a montré Van Rees, le caractère parabolique ou celui d’une chaînette.
- M. Siemens a disposé un barreau de i5omm de longueur et de 7,70““ de diamètre dans un tube de verre, d’une longueur à peu près double, dans lequel le barreau entrait à frottement doux. Le tube porte une spirale magnétisante, ayant un enroulement uniforme et le barreau peut se déplacer à l’intérieur du tube; on pouvait mesurer le moment magnétique de chaque section à l’aide d’une bobine d’induction enroulée sur le milieu du tube, en renversant le sens du courant.
- Le tableau suivant donne les moments magnétiques du barreau mesurés à distances variant de 20 à 7omm du milieu, dans le cas où l’aimantation partait du milieu et dans celui où elle s’effectuait d’une manière uniforme. Les intensités du courant étaient choisies de telle manière que l’extré-
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- mité du barreau eût à peu près la même aimantation dans les deux cas.
- DISTANCE X de la bobine secondaire du milieu du barreau IMPULSION r l'aimantation étant uniforme IMPULSION lorsque l'aimantation part du milieu
- 20iuui 287““ 463mul
- 3o 263 378
- 40 233 302
- 5o 195 229
- 60 145 160
- 70 87 92
- En calculant, d’après l’équation de la parabole
- les valeurs 2 p avec les nombres compris dans le deuxième colonne, on trouve pour ces valeurs les nombres :
- 23 i 22 I 22 1 23 I 23 | 22
- ' Si l’on calcule avec les nombres de la troisième colonne le quotient d’après la formule
- pour un déplacement constant de iomm de la bobine d’induction, on trouve les valeurs suivants :
- 1,25; 1,25; 1,32; 1,4; 1,4.
- On voit que ce quotient n’est pas constant comme dans le cas d’un barreau de longueur indéfinie, il croît à mesure qu’on s’approche de l’extrémité du barreaç, ce qui était à prévoir.
- Van Rees a trouvé que dans un aimant en forme de barreau prismatique les moments magnétiques des différentes sections décroissaient suivant une parabole de la même manière qu’un barreau de fer aimanté. Ceci, d’après M. Siemens, n’a lieu que dans les aimants auxquels on a donné pendant l’aimantation un moment uniforme sur toute leur longueur. Lorsque la force magnétisante cesse d’agir, les aimants moléculaires tendent à reprendre les positions qu’ils occupaient avant l’aimantation, il en résulte un état d’équilibre qui est le même que dans le fer aimanté.
- Dans un autre mémoire, l’auteur a développé l’idée que d’après la théorie d’Ampère les aimants moléculaires devraient être considérés, comme formés chacun des deux aimants élémentaires ou solénoïdes placés l’un en face de l’autre avec les pôles de nom contraire en regard. Ces deux aimants élémentaires tournent ensemble librement dans toutes les directions, sans éprouver aucune
- résistance, mais sous l’effet d’une force magnétisante extérieure chaque petit aimant tournerait par rapport à son voisin de manière à prendre tous les deux des positions semblables.
- D’après l’auteur, les idées développées plus haut conduiraient à étendre la théotie d’Ampère et à admettre que tout l’univers est rempli de so-lénoïdes moléculaires accouplés, ou bien de tourbillons d’éther, si l’on admet les idées de M. Edlund, et le nombre de ces tourbillons serait plus grand dans la matière magnétique que dans la matière non magnétique.
- Le moment magnétique produit par une force magnétisante serait non seulement un effet direct du courant, mais surtout le produit de l’action mutuelle des aimants élémentaires contribuant à leur rotation provoquée par le courant. L’auteur s’aperçoit d’une difficulté, que rencontre cette dernière hypothèse, celle d’expliquer le retour des aimants à l’état initial après la suppression de la force magnétisante, lorsqu’il n’y a pas de force coercitive, difficulté que l’auteur veut expliquer par un effet simultané de forces attractives et répulsives, qui produirait un état d’équilibre compatible avec les faits fournis par les expériences. K.
- Sur la dépense d’énergie des différents systèmes de lampes à incandescence.
- Le tableau suivant, que nous empruntons à la revue Zeitschrift für Electrotechnik (i5 février i885) est un résumé des certificats délivrés par la commission d’épreuves aux divers fabricants de lampes à incandescence dont les lampes figuraient à la dernière exposition d’électricité de Vienne. L’énergie électrique dépensée dans la lampe a été obtenue en mesurant l’électricité du courant et la différence de potentiel aux bornes du filament; le produit de ces deux quantités divisé par 736 donne le travail en chevaux.
- La revue allemande fait très justement remarquer que l’on ne doit prendre pour termes de comparaison que les essais qui ont été faits avec la différence de potentiel du régime normal, différence que les fabricants indiquent eux-mêmes. Si, en effet, on fonctionne avec des différences de potentiel supérieures à cette limite, on porte préjudice à la durée de la lampe; si, au contraire, on est en dessous de cette même limite, on diminue le pouvoir éclairant, et cela dans un rapport bien plus grand que la dépense de travail. Considérons, par exemple, une lampe du système Lane-Fox. Elle donne 16 bougies avec 0,962 ampères et 46 volts; le travail consommé est de 0,06 chevaux. Si l’intensité tombe à 0,847 ampères, l’intensité lumineuse n’est plus que de 8 bougies et la consommation en chevaux de 0,047. On voit donc que la dépense de
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- travail s’est abaissée de 22 0/0 seulement, tandis que l’intensité lumineuse a subi une diminution de 5o 0/0.
- Eu égard à ces considérations, le tableau suivant ne renferme que les résultats de mesures qui se rapportent à l’intensité lumineuse normale.
- TABLEAU COMPARATIF
- INTENSITÉ ‘ LUMINEUSE normale NOMBRE DE BOUGIES par cheval électrique NOM DE LA LAMPE
- 20 bougies. . . 261,0 148,0
- 10 bougies. . . 206,6 201 ,0
- 16 bougies . . .< 247,8 226,1 23i ,0 174,0 lg6,0 Swan.
- 210,2 Moyenne
- 10 bougies. . .j 20 bougies . . .< • 176,1 186,0 189, i 179,0 160,0 181,0 Millier (Hambourg).
- ( I 178,5 Moyenne
- 16 bougies. . .. 194.0 227,2 234,1 Gatehouse.
- ! 218,4 Moyenne
- 1 16 bougies. • 174,4 157,6 1 Cruto.
- 166,0 Moyenne |
- 1 20 bougies . . .< 189,0 148.8 189.2 152,6 149.2 148.9 147,5 I Siemens frères (Ch arlottenbourg)
- 160,7 Moyenne
- 16 bougiès. . .< 258.8 266.2 216,7 263.2 240,5 225,4 216.9 J Lane-Fox.
- 241,1 Moyenne
- Si, enfin, on considère les moyennes ainsi obtenues, on trouve :
- 166,0 boug. par cheval électrique pour la lampe Cruto.
- 160,7 — — — Siemens.
- 178,5 — — — — — Millier.
- 210,2 — — — — — Swan.
- 218,4 — — — — Gatehouse.
- 241,1 — — — — — Lane Fox.
- comparaison d’où il résulte que la lampe de Lane-Fox est celle dont le rendement est le plus élevé, tandis que la lampe Siemens a le rendement le plus bas. M.
- Sur la méthode d’amortissement pour la détermination de l’Ohm, par Lord Rayleigh.
- Lord Rayleigh exprime sa satisfaction au sujet de la correction que M. Wild a fait subir, sur une observation de M. Dorn, à son nombre, exprimant l’unité Siemens en ohms, de sorte qu’au lieu 0,9462 il prend le nombre corrigé o,943i5; de cette manière la différence entre le nombre de M. Wild et celui de Lord Rayleigh, 0,9415, se réduit au tiers de sa valeur primitive.
- Lord Rayleigh fait ensuite quelques observations relatives à la méthode d’amortissement.
- On admet dans la théorie de cette méthode que l’action de l’aimant est identique à celle d’un so-lénoïde parcouru par un courant constant, tandis qu’en réalité elle peut plutôt être comparée avec celle d’un solénoïde contenant un noyau de fer doux. L’auteur pense que l’introduction d’une grande masse de fer dans le multiplicateur exige beaucoup de précautions. Même en admettant que la plus grande partie de l’effet se trouve compensée par le changement de certaines grandeurs, telles que les coefficients d’induction, il peut encore en rester un faible résidu par suite de l’écart de l’aimantation du fer des lois simples. L’auteur sans vouloir affirmer qu’il en soit ainsi, pense que ceux qui emploient de la méthode d’amortissement devraient au moins prouver le contraire.
- En outre l’aimant est conducteur, et il n’est pas démontré que dans un aimant ayant 36mm de longueur et 12mm d’épaisseur oscillant à l’intérieur d’une bobine parcourue par un courant, il ne se forme pas de courants ayant une intensité sensible. Ces courants seraient probablement proportionnels aux élongations. Et cependant M. Wild a introduit dans ses formules de réduction des termes du même genre.
- M. Wild a été obligé d’introduire une correction de provenant du fer contenu dans le
- cuivre du fil du multiplicateur. On traite ordinairement cette influence perturbatrice comme si elle se réduisait à une force unique tendant à ramener l’aimant dans le plan de symétrie de la bobine. Ce
- (') Annales de Wiedcmann. n° 2, i885, p. 214.
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- point, d’après l’auteur mérite aussi un examen plus approfondi.
- L’auteur termine en disant qu’il présente ces observations uniquement, vu l’importance qu’il y a à trouver les causes de la divergence des résultats obtenus par les différents expérimentateurs, sans vouloir faire croire que ses ptopres expériences soient infaillibles. K.
- L’électricité appliquée aux exercices de tir.
- On remarquait à l’exposition de Turin, plusieurs systèmes de cibles à enregistrement électrique bre-
- vetés par MM. le capitaine P. Ceroni et le colonel G. Bregoli. Ces appareils présentent en général l’avantage d’un contrôle rapide et sûr et celui d’une économie notable dans les frais d’entretien. Les brevets portent sur trois systèmes différents :
- i° La cible à bascule (système Ceroni) dans la-
- quelle la cible est mise en mouvement par le choc du projectile et ferme ainsi un courant électrique qui envoie le signal au poste du tir ;
- 20 La cible à charnière (système Ceroni) basée sur le même principe, mais d’une construction un peu différente;
- 3° La cible à percussion (système Bregoli) dans laquelle la cible elle-même reste immobile, mais réagit sur un ou plusieurs pendules disposés derrière la cible et dont le déplacement produit la fermeture du circuit électrique.
- Enfin M. Bregoli a breveté une disposition qui repose sur le même principe et qui est destinée au tir de salon. C’est ce dernier appareil qui se trouve représenté dans la figure ci-jointe et que nous nous proposons de décrire ici.
- L’appareil se compose en principe d’une plaque rectangulaire a en acier trempé de 3 mm. d’épaisseur dont la face antérieure est divisée en neuf parties égales, chacun de ces rectangles étant muni à la face postérieure de la disposition représentée dans le détail de la figure. Cette disposition est constituée par un pendule ou butoir en laiton nickelé e avec languette en acier / et par un isolateur en os g servant de support à un contact platiné. L’un, des pôles de la pile communique par le support en fonte d et l’axe de rotation du pendule e avec la lame /, tandis que l’autre pôle est relié à la touche de l’isolateur g. Il est inutile d’ajouter que l’appareil devra être isolé du sol,
- La théorie de l’appareil est excessivement simple
- son fonctionnement utilisant la force vive
- du projectile au moment où il frappe la cible, force vive qui en général est perdue.
- Lorsque le projectile frappe la cible en un point quelconque l’impulsion reçue peut être décomposée en une série de forces parallèles passant par les différents points d’appui des pendules. II est évident que dans ce cas les réactions qui s’exercent sur les divers pendules étant en général différentes les unes des autres, les pendules en se déplaçant feront avec la normale des angles variables le pendule le plus voisin du point touché accusant le déplacement angulaire maximum. Quand on veut régler l’appareil pour une certaine distance de tir il suffit de considérer le cas le plus défavorable qui est celui où le projectile vient toucher la cible en un point également distant de deux pendules, c’est-à-dire sur la ligne qui sépare deux rectangles voisins et de caler les languettes f de telle façon que dans ce cas les pendùles correspondants ferment le circuit juste au moment où ils sont complètement à bout de course.
- M.
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- FAITS DIVERS
- Le gouvernement français ayant été mis en demeure de se désider au sujet de l’adoption du système Van Rysselberglie en France a refuse de donner suite aux piopositions qui lui ont été faites par l'inventeur.
- M. Monnier vient d’être désigné pour la chaire d'élec tricité à l'Ecole centrale. Il ne reste plus que les forma lités administratives à remplir pour que cette nomiuation soit définitive.
- Le journal télégraphique de Berne du 25 janvier publie le projet d'instruction suivant élaboré par trois des membres de la commission fédérale suisse de météorologie, et destiné à être répandu dans le public, pour obtenir les plus grandes garanties de sécurité dans la construction des paratonnerres. Ces messieurs ont présenté leur projet à la commission citée à la fin de novembre dernier, et nous pensons être agréable à nos lecteurs en le reproduisant :
- 1. Lorsqu'une décharge électrique a lieu entre un nuage , et le sol, cette décharge, qui se manifeste ordinairement sous la forme de l'éclair, paraît suivre le chemin qui offre le moins de résistance à son passage. C'est en s'appuyant sur ce fait d'observation qu'on explique le principal effet utile des paratonnerres.
- 2. Un paratonnerre est formé d'une ou de plusieurs tiges métalliques dominant le bâtiment à protéger et reliées entre elles et au sol par un système de conducteurs métalliques ; si le paratonnerre est bien construit, la résistance qu'il présente au passage de la décharge est inférieure à celle que présente toute autre partie du bâtiment.
- 3. On distingue les trois parties suivantes dans un paratonnerre : i° le système de Mges qui dominent le bâtiment; 20 le système de conducteurs qui descendent jusqu'au sol; 3° les communications des conducteurs avec le sol.
- 4. La tige du paratonnerre est en fer; la hauteur dépend de la nature et de la forme de l'édifice à protéger ainsi que du nombre des tiges qu'on se propose d'établir. On peut admettre qu’un édifice ordinaire dont la longueur de faîte ne dépasse pas i5 mètres peut être protégé par une tige de 5 mètres placée au milieu. Dans le cas où la longueur de faîte dépasse i5 mètres, on placera deux ou plusieurs tiges séparées les unes des autres par une distance qui ne dépasse pas 4 fois leur hauteur; toutefois, les deux tiges placées près des extrémités ne seront pas à une distance plus grande de ces extrémités que 1 1/2 fois leur hauteur. En général, lorsque les conditions architecturales ne s’y opposent pas, il y a avantage à augmenter le nombre des tiges plutôt que d'augmenter leur hauteur. Il importe de multiplier le nombre des tiges sur les maisons qui contiennent dans leur intérieur de grandes masses métalliques.
- 5. La tige doit être très solidement fixée sur la ramure du bâtiment; pour éviter l’infiltration d'eau de pluie qui pénètre par la base de la tige dans la poutraison qu’elle pburrit, on place près de cette base un cône en métal eu forme d’entonnoir retourné, soigneusement soudé à la tige.
- 6. La tige est terminée par une pointe en fer zinguée, or bien on visse par son extrémité une pointe en cuivre doré ou nickelé.] Cette pointe doit être épaisse, de forme co-
- nique ou pyramidale, l'angle de la pointe ne doit pas être trop aigu. Lorsqu'on fixe sur la tige une pointe d'un autre métal, l'extrémité de la tige doit être terminée par un pas de vis qui pénètre à fond dans l'intérieur du cône. On peut aussi faire appointir la tige de fer elle-même et river à 3o centimètres de son extrémité 3 à 5 pointes de fer de 20 centimètres de longueur environ s’écartant de la tige centrale; cette espèce d'aigrette sera fortement zinguôe.
- 7. Le conducteur établit une communication métallique continue entre la base de la tige et le sol. Le meilleur conducteur est le cuivre; on emploiera pour une seule tige deux fils de cuivre de 5mm de diamètre, ou bien on peut aussi employer deux fils de fer de 8mm de diamètre. Ces conducteurs descendront dans le sol après avoir suivi deux parties différentes du bâtiment. Lorsqu'on ne veut employer qu'un conducteur, on peut prendre un fil de cuivre de 8mm de diamètre environ ou une barre de fer de i2mra de diamètre (s'il s'agit de fer rond) ou d'un centimètre carré de section, s’il s'agit de fer en barres. Les chiffres indiqués ci-
- •dessus supposent que le cuivre des conducteurs a une conductibilité égale à 70 0/0 de celle du cuivre pur. Lorsqu’on forme un conducteur en fer avec des barres rivées, il faut que toutes les rivures soient recouvertes de soudure; l'emploi de lames de plomb entre les rivures est mauvais et ne doit en tout cas pas dispenser de recouvrir les joints avec de la soudure. Quel que soit le système adopté, il faut se rappeler qu'il est de la plus haute importance que le conducteur métallique soit continu. L'emploi de câbles métalliques en fil de cuivre ou en fil de fer n'est utile que lorsqu'on ne peut se procurer des conducteurs pleins rivés et soudés; le câble, dans ce cas, doit être d'une seule pièce. Les câbles en fil de laiton 11e doivent pas être employés.
- 8. Le conducteur doit être soigneusement relié à la tige, on peut le serrer entre deux écrous; le joint doit être couvert de soudure ; il ne faut dans aucun cas attacher un câble à la tige d'un paratonnerre au moyen d'une simple boucle.
- 9. Lorsqu'il y a plusieurs tiges sur le même bâtiment, elles sont reliées les unes aux autres par un conducteur de faîte auquel viendront s'attacher les conducteurs descendant au sol. Le nombre de ces derniers doit augmenter avec le nombre des pointes; on peut admettre la proportion suivante : pour 2 à 6 tiges, on emploiera 3 conducteurs tels que ceux employés au 5e; de 6 à 9 tiges, 4 conducteurs, et à partir de ce nombre on ajoutera un conducteur pour 3 tiges. Toutes les parties métalliques de la surface du bâtiment seront reliées aux conducteurs descendant dans le sol, ou éviter de faire passer ses descentes très près des fenêtres ou des balcons. Dans le cas où le bâtiment contient de grandes masses métalliques intérieures, on les reliera aux deux extrémités avec les conducteurs communiquant avec le sol. Près du sol, le conducteur sera protégé contre toute détérioration par un tube en fer ou par une enveloppe de bois s'élevant à deux mètres au-dessus du sol. Le conducteur sera fixé sur le toit et le long des murs au mo'ven de crochets en fer; il importe de ne pas le tendre fortement pendant la pose.
- 10. Le contact du réseau de conducteurs avec le sol est l’une des parties les plus importantes de l'installation d'un paratonnerre.
- Lorsqu’il existe à proximité du bâtiment une conduite importante et entièrement métallique d'eau ou de gaz, on attachera le conducteur du paratonnerre à cette conduite. Pour cela il faut enrouler le conducteur plusieurs fois autour des tuyaux, après avoir mis le métal à nu, et souder sur une grande étendue. On couvre ensuite la soudure de vernis ou de goudron.
- Lorsqu il n'y a pas de conduite d'eau ou de gaz, on peut
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- attacher le conducteur à la partie souterraine d’une pompe métallique, s’il en existe une dans le voisinage, à la condition que le tuyau d’ascension de la pompe plonge dans un puits qui ne soit pas cimenté. En l’absence de toute surface métallique en communication permanente avec un sol humide ou avec de l’eau, on établira une plaque de terre pour chaque conducteur. Cette plaque doit former une surface métallique aussi grande que possible en contact avec un sol humide. On peut réaliser une bonne plaque de terre au moyen d’une lame de 1 mètre carré de surface en tôle zin-guée si le conducteur est en fer, ou en cuivre rouge si le conducteur est en cuivre ; cette plaque sera enterrée à 2 mètres au moins du bâtiment, dans le terrain le plus constamment humide qu’on puisse trouver. Au lieu d’une plaque de tôle on peut employer un tuyau de conduite d’eau ayant 1 mètre carré de surface; les tuyaux de rebut conviennent bien pour cet usage. Le conducteur doit être soudé en plusieurs points avec la plaque, Un repère placé au-dessus du point où se trouve la plaque de terre, permettra de la retrouver facilement. On vérifiera tous les trois ans au moins si l’appareil est bien conservé. Lorsque le paratonnerre aura été frappé par la foudre, on examinera immédiatement s’il n’a pas souffert.
- Les journaux américains annoncent la mort de M. L.-G. Tillotson, le fondateur et chef d’une des plus importantes fabriques d’appareils et de fournitures électriques, de New-York.
- La distance parcourue par les voitures du chemin de fer électrique de Brighton pendant les six mois d’exploitation qui viennent de finir a été de i5 6oo milles. 200000 voyageurs ont été transportés et les frais de traction n’ont pas dépassé 20 centimes par mille.
- Nous lisons dans le journal médical le Praticien :
- Un ouvrier avait reçu un éclat métallique dans l’œil, il flottait dans le corps vitré et y avait déterminé de nombreuses opacités filamenteuses. M. Meyer fit une incision de quelques millimètres à la sclérotique et introduisit dans le corps vitré un gros fil de fer dont la partie hors de l’œil était entourée d’un fil de cuivre dans lequel passait le courant d’une pile. Ce fil de fer étant ainsi transformé en électro-aimant, attira le corps étranger et permit d’en faire l’extraction; de plus, les opacités du corps vitré disparurent instantanément et la vision se rétablit. Cet électroaimant ainsi improvisé était susceptible de soulever un petit trousseau de clefs.
- M. Gorecki ne croit pas qu’il faille se faire illusion sur la puissance réelle d’un électro-aimant employé à l’extraction d’un corps étranger de l’œil. C’est très bon si le corps étranger siège dans un liquide, humeur aqueuse ou corps vitré et s’il n’est accroché à aucune des membranes. En réalité, la force attractive d’un électro-aimant étant a, l’action qu’il exercera sur une masse m sera proportionnelle à cette masse, et représentée par ma. Si avec un aimant susceptible de soulever un trousseau de clefs de 200 gr. on cherche à attirer une paille de fer ne pesant qu’un milligramme, on ne développe que la deux cent millième partie de l’énergie que l’on développait dans le premier cas. C’est le faible poids des corps étrangers qui empêche les aimants ou les clectro-aimants d’avoir une influence suffisante sur eux, quelle que soit la puissance de ces aimants. Il ne faut donc compter sur leur efficacité que dans dee circonstances spéciales. Un gros morceau de fer sera au contraire susceptible d’être facilement entraîné.
- La Compagnie du chemin de fer souterrain de Londres a dernièrement adopté un appareil électrique qui, par une disposition très simple, fait paraître simultanément dans tous les compartiments le nom de la gare de laquelle le train s’approche.
- Le 27 janvier dernier, la Société électrotechnique de Berlin a célébré le cinquième anniversaire de sa formation En réponse à un rapport sur l’état actuel de la Société, adressé à l’empereur d’Allemagne et au prince royal le président d’honneur a reçu une lettre autographe de l’empereur félicitant les membres du succès de l’entreprise. La Société compte aujourd’hui 1606 membres, dont 3o3 demeurent à Berlin.
- La direction de la Compagnie des tramways à Berlin a l’intention de faire des essais de traction électrique, au moyen d’accumulateurs sur les lignes de Tegel, Pankow et Schœneberg. Ces expériences seront faites sous la direction de la maison G.-A. Plewe qui se servira des accumulateurs de l’Electrical Power Storage C°, de Londres.
- Selon la statistique publiée par le bureau des brevets en Allemagne, il a été fait l’année dernière 8607 demandes de brevets, dont 4 459 ont été accordées, tandis que 3984 brevets ont été déclarés nuis, à cause de non paiement des an nuités.
- Pour la classe XXI (Appareils électriques), il a été fait 256 demandes, et à la fin de l’année, il y avait un total de 11000 brevets en moyenne en Allemagne. Les recettes ont été de 1 3ooooo marks, contre 660000 marks dépensés, ce qui a donné lieu à un mouvement en faveur d’une réduction du prix des brevets.
- La réunion annuelle des membres du Franklin Institute de Philadelphie a eu lieu la semaine dernière. Le nombre des membres élus pendant l'année dernière s’élève à 5io, de sorte que le nombre total est aujourd’hui 2 o5o. L’administration a décidé d’organiser une nouvelle Exposition des arts, manufactures et sciences dans le local de la dernière Exposition d’électricité.
- M. Volk, l’électricien anglais qui a construit le chemin de fer électrique de Brighton, a demandé de faire partie du syndicat américain des inventeurs de moteurs électriques, qui va prochainement faire des expériences de traction électrique sur le chemin de fer aérien de la 2e avenue, à New-York.
- Les inventeurs de Chicago se sont réunis le 19 janvier dernier à l’hôtel Sherman House de cette ville pour délibérer sur les meilleurs moyens d’obtenir certaines modifications de la loi sur les brevets en Amérique. Un comité a été nommé à cet effet.
- Éclairage. électrique
- Une nouvelle application de l’électricité vient d’être faite par des officiers de l’Ecole Régimentaire de Versailles pendant les travaux de guerre opérés par le génie. Il s’agissait d’employer l’électricité pour éclairer les galeries des mines, et pour la mise en marche des ventilateurs. Les soldats travaillant dans les rameaux de tête portaient deux lampes ;à incandescence. L’experience a parfaitement réussi, les
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- lampes employées ont résisté aux secousses causées par des explosions de 5oo kilogrammes de poudre.
- Nous apprenons avec plaisir que. grâce à Pinitiative de la maison Bréguet. toutes les boutiques du Palais-Royal seront prochainement éclairées à la lumière électrique.
- L’anniversaire de la Société de gymnastique « l’Espérance, » à Grenoble, a été célébré par un banquet suivi d’expériences électriques organisées par M. Peyrard, professeur à l’Ecole professionnelle. Les ateliers de l’Ecole avaient été éclairés à la lumière électrique avec des lampes Edison et au-dessus de la porte principale un réflecteur projetait la clarté intense d’un foyer puissant à une distance considérable.
- Nous empruntons au journal le Réveil, de Grenoble, le récit suivant d’une visite à l’atelier de l’Ecole professionnelle de cette ville :
- Pour qu’un éclairage électrique par lampes à incandescence, comme celui qui existe aux ateliers, fonctionne bien, il est indispensable que le courant électrique soit d’une très grande régularité. Cette régularité eût été facilement obtenue en affectant la machine à vapeur seule au fonctionnement de toutes les machines-outils des ateliers, et la machine à gaz spécialement à celui de la machine dynamoélectrique productrice du courant. Il n’a pas été fait ainsi, par coquetterie de métier d’abord, et ensuite afin de montrer qu’il n’est pas nécessaire d’employer un moteur indépendant pour obtenir un éclairage électrique d’une grande fixité. Le problème a été résolu, — d’une part, par la confection, à Paris, d’une machine dynamo suivant des indications données i*ar M. le. directeur des ateliers et déduites des théories nouvelles de M. Marcel Deprcz, — d’autre part? par le mode de transmission du mouvement donné à la machine, mouvement régularisé au moyen de volants d’une puissance considérable.
- Cette transmission porte un mouvement d’embrayage qui m’a vivement intéressé. Il consiste eu deux manchons, l’un à friction, l’autre à dents, qu’une seule personne manœuvre avec la plus grande facilité, et qui permet de mettre en marche ou d’arrêter la machine dynamo sans influencer en aucune façon le mouvement des machines-outils. Ce manchon sort des ateliers de M. Bouvier, de Grenoble. Il est d’un fini qui ne laisse rien à désirer, et son exécution fait le plus grand honneur à la maison Bouvier.
- La rotation rapide, ainsi imprimée à la machine dynamo, crée un courant qui se dirige dans un rhéostat, ou régulateur de courant d’un nouveau système, construit par les élèves de l’école. De ce régulateur partent les fils de cuivre auxquels se branchent quarante lampes à incandescence, d’une puissance lumineuse de vingt bougies chacune.
- D’autres fils aboutissent à une série d’accumulateurs du type Faure Selton-Wolckmar, que l’on charge pendant le jour et qui envoient le courant qu’ils ont emmagasiné à vingt lampes à incandescence d’une intensité lumineuse de huit à dix bougies chacune.
- Les lampes à incandescence sont de plusieurs types différents et leur groupement aux fils électriques est fait suivant les exigences de chaque <type. J’ai remarqué des lampes Edison, Swan, Woodhouse, Nothomb, Gruto, etc.
- Enfournant une simple manivelle fixée au rhéostat, j’ai pu augmenter ou diminuer instantanément la lumière de toutes les lampes, les éteindre et les rallumer sans plus de difficultés qu’on n’en éprouve à faire tourner la clef d’un compteur à gaz; il y a mieux, j’ai pu éteindre ou rallumer plusieurs lampes à la fois sans que les autres aient été le moins du monde influencées. Dans toutes ces manœuvres,
- j’ai constaté que la force consommée par la machine dynamo est proportionnelle à l’intensité lumineuse.
- Si l’on compare la lumière électrique — avec sa belle couleur blanche, sa fixité, le peu de chaleur qu’elle dégage, la facilité avec laquelle on peut la régler à volonté — à la lumière du gaz, jaune, vacillante, chaude et d’odeur incommodante, on est vraiment étonné que les installations électriques, en France, ne soient pas plus nombreuses.
- Mais l’application de l’électricité à l’éclairage n’a pas été la seule préoccupation de l’intelligent organisateur des ateliers. J’ai, en effet, remarqué plusieurs autres machines électriques de différents systèmes, qui reçoivent le courant fourni par la grande machine dynamo. Ces petites machines sont destinées à donner le mouvement à des machines-outils, et, entre autres, à un tour à poterie que les élèves sont en train de construire et qui sera installé dans la salle de modelage. Ce sera une application de la belle découverte de M. Marcel Deprez sur la transmission de la force par l’électricité.
- La téléphonie électrique n’a pas nou plus été négligée. Trois postes téléphoniques vont être établis dans les trois cabinets du directeur, du sous-directeur et du directeur des ateliers. Les élèves y pourront observer une des applications les plus intéressantes de l’électricité. Les appareils sont dus à feu M. Frédéric Buisson qui, avant de mourir, a voulu consacrer par ce don généreux son dévouement à l’Ecole professionnelle et à la cause de l’enseignement populaire.
- La galvanoplastie viendra compléter la série des applications pratiques de l’électricité qui seront faites dans les ateliers.
- Il faut espérer que nous verrons bientôt la lumière électrique faire son apparition à Alger. En effet, la Compagnie Edison a fait à la municipalité de cette ville une proposition qui a été accueillie favorablement. Une commission a été nommée pour faire un rapport à ce sujet.
- La Société électrique Edison vient d’installer 60 lampes à incandescence dans la fabrique de couvertures de coton de MM. Roos frères, et 25 lampes dans l’usine de M. Ro semberg, à Saint-Claude.
- On annonce que l’installation delà lumière électrique dans les jardins de l’Exposition des inventions de Londres sera faite par MM. Siemens. Les salles à manger seront éclairées par la Compagnie Bernstein.
- MM. R.-E. Crompton et Ce font en ce moment des expériences d’éclairage électrique des feux flottants sous la surveillance du capitaine Hills, de la marine anglaise. L’installation de chaque navire comprend une dynamo Crompton-Bürgin, actionnée directement par un moteur Willans, et fournissant le courant pour 2 foyers à arc, puissants de 4000 bougies.
- A Evansville, en Indiana, la Société de lumière électrique a dernièrement fusionné avec la Compagnie du gaz et la nouvelle entreprise fournit les deux éclairages.
- La Pennsylvania Raiiroad C° a fait installer des accumulateurs Brush et des lampes Swan sur deux de ses trains entre New-York et Washington. L’éclairage de chaque voiture sera tout à fait indépendant et pourra fonctionner pendant i5 heures de suite.
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- Les lampes sont du type ordinaire de Crompton-Crable, placées dans de grosses lanternes, et la lumière sera distribuée dans toutes les directions sans aucun essai de concentration au moyen d'appareils dioptriques. Les machines sont installées sur le pont dans une petite guérite.
- MM. Cromplon et O ont installé la lumière électrique à bord du steamer cuirassé brésilien YAguidâban, Il y a 25o lampes à incandescence, alimentées par trois séries de dynamos Crompton, d'un nouveau modèle, actionnées par une machine Willans, à grande vitesse.
- La blanchisserie de l’Ecole de I-Iarrow est éclairée depuis quelque temps avec des régulateurs Serrin, alimentés par deux dynamos Gramme, du type A. Dernièrement, cette installation a été complètement remplacée par des lampes à incandescence, et une dynamo Crompton-Bürgin.
- Le tunnel sous la Mersey qui réunit les villes de Birken-head et Liverpool vient d’ètre officiellement inauguré, et sera prochainement éclairé à la lumière électrique à incandescence. Il est également question d’adopter la traction électrique pour les trains qui passeront par cette voie souterraine.
- Le vaisseau-école YExmouth, stationné sur la Tamise, près de Gray, en Essex, va être éclairé à l’électricité. Le travail commencera vers le milieu de ce mois.
- L'établissement de MM. Sutton et O, à Londres, est éclairé avec 12 foyers à arc Bowman, et 3o lampes à incandescence Swan, de 20 bougies. Le courant est fourni par une dynamo Gramme. _______________
- M. Howard, de Londres, a installé la lumière électrique à bord du nouveau yacht de M. Randall le Reiriever. Les salons, les cabines et le compartiment des machines sont pourvus de lampes à incandescence alimentées par une dynamo Crompton avec un moteur Tower. 11 y a également une lumière à projection de 3 000 bougies munie d’une lentille et plusieurs lampes portatives à incandescence.
- Mardi dernier, le’ Dr Bail, l’astronome du gouvernement anglais pour l’Irlande, ainsi que la commission des phares en Irlande se sont rendus à South Foreland pour examiner les phares provisoires qui y sont installés. Le brouillard survenu dans la soirée a permis aux visiteurs de faire des expériences intéressantes avec les différents foyers, et leur rapport ne sera pas sans influence sur la décision des autorités pour le choix entre l’huile, le gaz et l’électricité pour l’éclairage des phares.
- Un établissement de bains turcs qui vient d’ouvrir ses portes dans la Savoy-Street à Londres est éclairé entièrement à l’électricité avec 57 lampes à incandescence du système Woodhouse et Rawson de 10 et de 20 bougies. Le courant est fourni par une dynamo Elwell Parker, de 60 foyers, actionnée à une vitesse de 1 200 tours par minute, par une machine à gaz horizontale, système Clark de 4 chevaux. Bien que la dynamo suffise pour alimenter toutes les lampes, il y a également 26 accumulateurs, dont chacun donne 2i5 volts; on les charge le matin, et iis forment une éserve en cas d’accident à la dynamo. Le courant traverse les accumulateurs qui agissent comme des régulateurs, et donnent une fixité absolue à la lumière.
- Nous avons déjà dit il y a quelque temps que la Société of Arts, de Londres, avait fait installer des accumulateurs qui servaient principalement de régulateurs pour la dynamo mais à plusieurs occasions, ces accumulateurs ont fourni le courant pour toutes les lampes dans la salle des conférences pendant toute la soirée. Le conseil d’administration de la Société a été si satisfait du résultat obtenu, qu’il a donné l’ordre à l’Electrical Power Storage C° d’installer une série de ses nouveaux éléments à titre définitif.
- La Compagnie Brush vient de construire un foyer électrique remarquable pour la marine anglaise. C’est un foyer de 100000 bougies, destiné à être employé pendant les attaques de nuit’et pour la découverte des torpilles sous-marines. Il faut un moteur de 40 chevaux pour cette lampe, dont les charbons ont 2 pouces 1/2 d’épaisseur. L’intensité de la chaleur produite par l’arc est de 5ooooo degrés, et on estime qu’avec un réflecteur ordinaire on pourra projeter une lumière assez forte pour permettre de lire à une distance de i5 milles du foyer.
- En Belgique, un procès qui présente un très grand intérêt par suite des capitaux considérables qui y sont engagés, est pendant en ce moment entre la ville d'Anvers et la Compagnie continentale du gaz. Celle-ci conteste à l’Administration communale le droit de concéder à la Compagnie générale d’électricité l’éclairage des rues, en alléguant que par son contrat avec la ville elle a le monopole de l’éclairage. Le Collège soutient que le monopole se borne à celui de l’éclairage par le gaz et non pas aux différents perfectionnements qui pourraient être apportés ultérieurement par suite d’une nouvelle invention.
- Cette cause intéresse, au plus haut point, un grand nombre de municipalités qui ont traité avec la Compagnie continentale du gaz, et qui seraient très désireuses d’adopter l’éclairage électrique pour , leurs rues et leurs places publiques.
- MM. Calandri, Vigliuo et Bizzonie qui ont installé la lumière électrique au théâtre de Terni, dans le nord de l’Italie ont été chargés d’une installation semblable au cercle de la ville, et dans plusieurs des principaux magasins.
- La force motrice est fournie par les célèbres chutes d’eau à un kilomètre de distance de Terni.
- La ville de Philadelphie a traité à la date du 10 janvier dernier avec les Sociétés suivantes pour l’éclairage à l’électricité de certains quartiers de la ville : l’United States Electric Lighting C°, fournira 26 foyers à arc sur l’Avenue Delaware, à raison de 3 francs par soirée, et la Brush Electric Light C°, 17 foyers dans Poplar Street, 2 fr. 85 par soirée.
- Télégraphie
- A partir du icr janvier, la remise accordée aux receveurs des postes et télégraphes sur les recettes télégraphiques sera calculée à raison de 1 pour cent sur les premiers 10000 francs, 1/2 pour cent sur les 10 000 francs suivants, 1/4 pour cent sur les 3o 000 francs suivants, et 1/8 pour 100 sur les sommes au delà de 5oooo francs.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre, depuis le ïer avril 1884 au 21 janvier i885 ont été de
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- 37250000 fr., contre 37 i25ooo fr. du ior avril i883 au 2 février 1884.
- La Grande Compagnie des Télégraphes du Nord annonce qu’une nouvelle station télégraphique vient d’être ouverte à Pakhoï et que la Société accepte maintenant les dépêches pour cette destination, à raison de 12 fr. 5o par mot.
- L’Eastern Telegraph C° annonce que le câble de Zanzibar à Mozambique, appartenant à la South African C°, est interrompu. Les dépêches pour Mozambique, Delagoa, Durban et d’autres endroits dans l’Afrique ont été envoyées par le steamer télégraphique de la Compagnie.
- Le steamer Faraday qui est occupé avec la pose du câble Mackay-Bennett, entre Ballinskelligs et le Havre, a dû se réfugier dans le port de Berchaven, à cause du mauvais temps.
- Le nouveau câble entre Fastnet et Crookhaven qui ne fonctionnait que depuis quinze jours à peine vient d’être interrompu, par suite d’un violent orage.
- Le succès de la Mackay-Bennett. C°, à Glasgow, semble être très grand et forcera probablement les autres Compagnies de câbles à établir des bureaux à Glasgow aussi. Plusieurs dépêches ont été transmises de New-York en moins de i5 minutes. La Compagnie a loué une ligne du département des télégraphes et les dépêches vont de Glasgow à Liverpool, de là à Waterville et directement à New-York.
- Une communication télégraphique va prochainement être établie entre Assab, et le câble de Suez et Aden, appartenant à l’Eastern Telegraph C®.
- Quatre des câbles transatlantiques qui font partie du syndicat américain formé en opposition à la Commercial Cable C° sont maintenant interrompus, soit : les deux câbles de la Western Union Telegraph, le câble français, et enfin le Direct United States Cable. Le câble anglo-américain reste seul en fonctions. La réduction du prix des dépêches de 5o à 40 sous par mot a déjà entraîné une perte pour le syndicat qu’on évalue à 4290 000 francs par an, et une nouvelle baisse de prix de 5o centimes, dont il y est fortement question, à ce qu’il paraît, doublerait cette perte pour le syndicat.
- Le nombre des dépêches transmises par la Cuba Submarine Telegraph C°, pendant le mois de janvier, s’est élevé à 3 556 contre 3 291 pendant le même mois de l’année dernière.
- Selon la statistique officielle publiée par le directeur général des télégraphes en Italie, la longueur totale des lignes télégraphiques était en i883 de 28 5o6 kilomètres, avec 97 i36 kilomètres de fil ; ce qui représente une augmentation sur l’année précédente de 893 kilomètres de lignes, et de 3417 kilomètres de fil. Pendant l’année 1883, on a ouvert 147 nouveaux bureaux, dont le nombre total s’élevait à 2 737 avec 2 932 appareils. Le nombre des dépêches trans-
- mises était de 7 176523 ou 124302 de plus qu’en 1882. Les recettes se sont montées à 10 971 741 francs, contre 9 190 433 francs de dépenses, laissant un bénéfice net de 1 781 3o8 francs.
- Téléphonie
- La moyenne des communications téléphoniques dans les bureaux publics, à Paris, s’élève à 60 par jour.
- Un officier de l’armée belge, M. Debenski a inventé un nouveau récepteur téléphonique. On annonce que le cabinet belge a demandé aux gouvernements de la France et de l’Espagne de pouvoir faire des essais avec le nouvel appareil entre Madrid et Bruxelles.
- La Lancashire et Cheshire Téléphoné C° va ouvrir des bureaux téléphoniques au public à Stockport. Comme pour les autres bureaux de ce genre en Angleterre, le prix d’une conversation de 3 minutes est de 3 pence pour la ville même, et de 6 pence pour une communication avec une autre ville.
- En entrant, la personne qui désire parler laisse tomber le prix de la communication dans une boîte, et par une disposition automatique, lé bureau central peut s’assurer de la somme payée, et couper la communication au moment voulu.
- Tous les fils téléphoniques sur l’ile de State Island, près de New-York ont été coupés la semaine dernière. Par suite d’une réduction considérable des salaires de tous les employés de la Compagnie, ceux-ci ont quitté le service de la Société. Les auteurs de ce vandalisme sont restés inconnus.
- Pendant l’année dernière, le nombre des abonnés au téléphone à Kansas City a augmenté de 400 à 900. La Compagnie emploie des câbles de 100 fils pour faire entrer les lignes au bureau central. Ces câbles, dont le plus long n’a que 5oo mètres fonctionnent parfaitement bien. Le bureau central est desservi par 14 jeunes filles pendant la journée, et par deux employés du sexe masculin pendant la nuit. La Compagnie est également chargée du service des avertisseurs d’incendie de la ville.
- On annonce que le ministre de l’agriculture au Canada a prononcé la déchéance du brevet canadien de la Bell Téléphoné Company, parce que la Compagnie ou ses représentants ont importé des articles brevetés après l’expiration des douze premiers mois de la vie du brevet, parce que les articles brevetés n’ont pas été fabriqués au Canada selon les prescriptions de la loi dans les deux années qui suivent la date du brevet, et enfin parce que la Compagnie a refusé de donner ou de vendre la permission de se servir de l’invention aux personnes qui en offraient un prix raisonnable Cette décision ne sera cependant pas d’une grande importance pour la Compagnie, qui a déjà pris position au Canada, et qui y possède un réseau téléphonique dans presque toutes les villes importantes du pays.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Parie. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 54880
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité f f
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 7 MARS I88S N° 10
- SOMMAIRE. — Application de l’électricité à l’étude des formes vibratoires des corps solides et des liquides; C. Decharme. — Exposition d’électricité de Philadelphie. — Production de l’électricité : les machines dynamo-électriques (suite)-, Aug. Guerout. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (70 article) ; Marcel Deprez et Maurice Leblanc. — Exposition d’un mobilier de salle du trône éclairé par les Lampes-Soleil ; C.-C. Soulages. — Sur la pile à oxyde de cuivre; E. Van der Ven. — Sur quelques dispositions galvanométriques; A. d’Arsonval. — Chronique de l’étranger : Allemagne ; H. Michaelis. — Angleterre; J. Munro — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — A propos de l’attraction des solénoïdes sur leurs noyaux, par F. Krizik. — Influence de l’aimantation sur la conductibilité des liquides magnétiques, par F. Neesen. — Détermination de la constante de Verdet en valeur absolue, par L. Arons. — A propos de la force électromotrice de l’élément Daniell, par le Dr V. Pierre. — Note sur la constante de la rotation électromagnétique du plan de polarisation dans le sulfure de carbone, par Lord Rayleigh et Mmc Sidywick. — Correspondance : Lettre de M. A. Gravier. — Faits divers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ a l'étude des formes vibratoires des
- CORPS SOLIDES ET DES LIQUIDES
- L’étude des mouvements vibratoires des corps se présente sous différents points de vue : on peut se proposer, tantôt de trouver les relations mathématiques qui existent entre les formes ou les dimensions des corps et les nombres de vibrations qu’ils accomplissent ou la hauteur des sons qu’ils rendent dans des conditions déterminées ; tantôt de combiner ces mouvements pour en montrer les effets par des procédés optiques ; tantôt d’observer les formes mêmes que prennent les corps dans les mouvements vibratoires qu’on leur imprime. C’est sous ce dernier aspect que nous allons envisager la question. Notre but, est, en effet, de décrire les formes vibratoires des corps dans leurs subdivisions apparentes les plus délicates, les plus intimes, produites par les actions mécaniques auxquelles on les soumet.
- Pour déceler ces formes que j’appellerai élémentaires, j’emploie, comme auxiliaire, un liquide bien fluide auquel les vibrations des solides se communiquent et qui, eu égard à sa grande mobilité, traduit par les dispositions apparentes qu’il affecte, l’état dynamique des surfaces avec lesquelles il est en contact. Mais, en général, les effets produits par l’ébranlement du corps en expérience, dans les conditions ordinaires, sont si fugitifs que
- l’observateur n’a pas le temps de les examiner avec tout le soin qu’il voudrait apporter dans cette recherche délicate. Il faudrait, pour bien saisir ces apparences, que l’état vibratoire fût plus durable, tout en restant identique à lui-même.
- Pour réaliser cette continuité si désirable, on peut avoir recours à l’électricité qui se prête avec tant de souplesse à tous les rôles qu’on exige d’elle.
- Nous examinerons donc les différents moyens particuliers qu’on peut employer, suivant qu’on expérimente sur des plaques, sur des diapasons, sur des vases, etc.
- En premier lieu nous nous occuperons des formes vibratoires des plaques circulaires.
- I. — FORMES VIBRATOIRES DES PLAQUES CIRCULAIRES
- Parmi les moyens qu’on peut imiter pour faire vibrer d’une manière continue et régulière une plaque circulaire ou de forme quelconque, nous citerons ceux que M. Mercadier a décrits dans le but d’entretenir électriquement, soit les vibrations d’un diapason {Journal de physique, 1873, p. 35o), soit celles des lames d’acier {La Lumière Electrique, t. XII, p. 81,— 19 avril 1884). Mais quand il s’agit de plaques en laiton, ou en verre, ou en toute autre substance non magnétique, comme celles que nous avons à considérer ici, les dispositions doivent être changées. Voici celle à laquelle je me suis arrêté dans ces conditions spéciales.
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- La plaque en expérience P (fig. 1), choisie d’épaisseur uniforme, est percée à son centre d’une ouverture de om,oo6de diamètre et fixée en ce point, au moyen d’une vis de pression à large tête, sur un pied très lourd; de petites rondelles en cuir sont placées entre le verre et la vis ou le support. Sous cette plaque est collé un petit disque d en fer doux, au-dessous duquel se trouve un électroaimant (*). A ce disque est soudé un fil d’acier (ou de platine) d’environ om,oi de longueur; c’est le style interrupteur, contre lequel on amène une petite plaque p interruptrice en platine, mobile dans un écrou métallique e fixé à un support en ébonite, supporté parla garniture de l’électro-aimant.
- Cette petite plaque est en communication, par un fil conducteur partant de l’écrou, avec l’un des pôles d’une pile, tandis que l’autre pôle aboutit à l’électro-aimant, puis au disque de fer doux, par le moyen d’un fil fin/' roulé en hélice très flexible.
- FIG. 1. — Interrupteur électrique pour faire vibrer d’une manière continue les plateaux circulaires non magnétiques.
- L’électro-aimant peut recevoir deux déplace ments: l’un vertical, pour faire varier à volonté sa distance au plateau; l’autre horizontal, pour l’éloigner ou le rapprocher du centre, selon le diamètre des plaqués en expérience. Le premier mouvement s’obtient au moyen de trois vis calantes qui pénètrent dans un massif métallique m; le second est réalisé par une coulisse faite dans le large support de la plaque et dans laquelle glisse à frottement le socle de l’électro-aimant. Cette seconde partie de l’appareil peut d’ailleurs être indépendante de la première.
- Pour faire une expérience on amène la plaque interruptrice en contact avect le style d’acier. Le
- (>) Pour obtenir des effets énergiques, on peut employer un électro-aimant à deux branches, dont les pôles sont en regard des rondelles en fer doux, d’une seule pièce, collées sur le pourtour de la grande plaque, suivant un même rayon.
- courant électrique passe, l’électro-aimant devient aussitôt actif, le plateau est attiré ; mais, dans ce mouvement, le fil interrupteur s’abaisse, son contact cesse et le courant est interrompu, le plateau se relève par son élasticité, un nouveau contact a lieu, le courant se rétablit et ainsi de suite; le mouvement vibratoire se continue ainsi avec une amplitude qu’on règle, soit en faisant varier la dis-
- tance de l’électro à la rondelle de fer, soit en augmentant le nombre des éléments de la pile.
- On pourrait modifier ces dispositions de diverses manières ; employer, par exemple, un interrupteur à mercure ou l’interrupteur à ressort de M. Elisha Gray, décrit par M. du Moncel (Télé-
- FIG. 3
- bigurc acoustique* Réseaux liquides périphériques.
- phone, microphone et phonographe, p. 246, édition de 1878, et p. 289, édition de 1880).
- Quand le plateau est en acier, il est facile de concentrer l’action attractive en un point; il suffit, pour cela, de déterminer en pointe la surface polaire de l’électro-aimant. Mais avec des plateaux en laiton, en bronze, en verre, il n’en est plus de
- (l) Dans cette figure et les suivantes, jusqu’à 7, les contours des parties grises de b sont trop nets et devraient être fondus. Rédaction.
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- même; il faut donner à la substance magnétique qu’on fixe sur eux une certaine étendue, pour que la force magnétique qui s’y développe ait une énergie suffisante. Dans ces conditions, afin de concentrer dans le plus petit espace possible l’action attractive, il convient de substituer au disque une petite lame étroite, presque linéaire, disposée dans le sens du rayon. En ce cas, on fera agir un électro à
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- Figure acoustique* Réseaux liquides périphériques.
- deux branches dont les surfaces polaires seront également linéaires. On pourrait encore remplacer la rondelle de fer doux par un petit cône, dont la pointe serait en regard de celle de l’électro.
- Enfin, pour accroître encore l’énergie attractive,
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- Figure acoustique ] nodale concentrique.
- FIG. 5
- Réseaux liquides excentriques ier ordre.
- on pourrait disposer aux deux extrémités d’un même diamètre deux électros, simples ou doubles ; mais alors, comme les secteurs opposés vibrent simultanément en sens contraires (comme on le verra plus loin), il faudrait disposer les systèmes d’électros de manière que le courant agit sur l’un pendant qu’il laisserait l’autre inactif.
- En tous cas, pour la symétrie, on placera tou-j ours aux extrémités d’un même diamètre, deux
- rondelles égales, dont l’une aij moins subira l’atr traction.
- Ces dispositions prises, voici comment j’expéf-rience doit être conduite : ,1 ; ,
- Après avoir garni le pourtour du plateau (d’une légère bordure de cire à modeler, on le dispose horizontalement (à l’aide d’un niveau à. bulle circulaire), et on le recouvre complètement d’une mince
- Figure acoustique 1 nodale concentrique.
- FIG. ()
- Réseaux liquides excentriques Ier ordre.
- couche d’eau uniforme de om,ooi à om,oo3 d’épaisseur, suivant les effets que l’on veut produire.
- Au lieu d’attaquer le plateau par la tranche avec l’archet, comme dans les expériences ordinaires d’acoustique, on fait intervenir le courant électrique
- Figure acoustique 2 nodales concentriques.
- fui. 7
- . Réseaux liquides excentriques jer et 2e ordres.
- qui détermine sans secousse le mouvement vibratoire continu du plateau et du liquide ; on voit alors apparaître à la surface de celui-ci (selon les dispositions qui seront indiquées plus loin), 4, 6, 8, 10, etc., réseaux symétriques quadrillés, plus ou moins étendus, tantôt disposés sur le pourtour (réseaux périphériques), tantôt complètement détachés des bords (réseaux excentriques).
- En examinant attentivement ces réseaux, on les
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- trouve formés d’une multitude de stries curvilignes ou rectilignes, tantôt obliques, tantôt perpendiculaires entre elles, disposées, soit en bandes parallèles, soit en quadrillages réguliers d’un très bel effet.
- On sait que les figures acoustiques de Chladni, en répandant du sable fin sur les plaques vibrantes, représentent les lignes de repos, les nodales, tantôt rayonnantes, tantôt circulaires concentriques ; tandis que nos réseaux liquides figurent les portions en mouvement et correspondent aux ventres de vibrations. Les figures suivantes montrent cette correspondance entre les deux effets opposés, d’une part, pour les réseaux périphériques (fig. 2, 3 et 4), et d’autre part, pour les réseaux excentriques du
- Fie* 8 — Réseau excentrique et cannelures périphériques.
- A point d’attaque B point fixé sur la nodule.
- icr ordre (fig. 5 et 6), et du 2“ ordre (fig. 7). Les réseaux d’un même système ont pour limites infranchissables les nodales correspondantes. En empruntant à la photographie une comparaison qui peint bien lé phénomène, on peut dire que les systèmes de réseaux sont les positifs dont les systèmes correspondants de nodales sont les négatifs. Quant aux stries plus ou moins espacées et délicates qui composent ces réseaux, elles en sont les nodales élémentaires.
- Dans des recherches précédentes ('), j'ai indiqué les moyens de produire à volonté les réseaux de diverses sortes, j’ai démontré leur correspondance avec les figures acoustiques de (*)
- (*) Annales de chimie et de physique (187g), 5» série, t. XVII, p. 338.
- Chladni et j’ai déterminé les relations mathématiques qui existent entre les nombres de réseaux, les largeurs des stries et les nombres de vibrations des sons correspondants, pour des plateaux de diverses dimensions; je n’ai pas à m’occuper ici de ces résultats acquis. Dans l’étude actuelle, il s’agit spécialement de décrire les formes qu’affectent les surfaces vibrantes, lorsqu’on fait varier les conditions expérimentales dont elles dépendent.
- Remarquons d’abord que les réseaux périphériques, correspondant aux notes graves que rend un plateau, peuvent exister séparément, au nombre de 4, 6, 8 et 10; les plateaux épais ne donnent même que ceux-là, tandis que les réseaux excentriques, qui ne commencent à apparaître qu’avec les sons élevés, quand le plateau se partage en dix secteurs au moins, sont toujours accompagnés Je réseaux périphériques situés dans les mêmes secteurs; seulement ces derniers réseaux peuvent
- être considérablement réduits dans leur développement du côté du centre, quand ils sont nombreux.
- Les réseaux périphériques, lorsqu’ils sont seuls, tendent vers la forme demi-circulaire (fig. 2, 3, 4), tandis que les réseaux excentriques sont elliptiques (fig. 5, 6, 8), leurs grands axes étant perpendiculaires aux rayons du plateau et leurs centres de figures situés, pour chaque ordre, sur une même circonférence concentrique au plateau. Il peut y avoir deux ou trois rangs de réseaux excentriques entre les deux ou trois nodales concentriques (fig. 6 et 7).
- Tous les réseaux dont le développement est complet sont quadrillés. Pour tous les réseaux simultanés, périphériques et excentriques, les largeurs des stries sont les mêmes et leur structure paraît identique, ce qui n’a rien que de très naturel, puisque toutes les parties du plateau vibrent à l’unisson, du moins pour le son prédominant que l’on observe.
- Evolution des réseaux. — Abordons maintenant le sujet qui doit nous intéresser plus particulièrement dans cette étude des formes vibratoires élémentaires ;. nous voulons parler de Xévolution des stries liquides, c’est-à-dire des changements suc-
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- cessifs qu’éprouvent les premières rides de l’eau qui couvre la plaque, pour arriver par degrés à la configuration réticulaire finale.
- Les figures acoustiques de Savart, tout en gardant les traces des positions des nodales, ne pouvaient faire soupçonner, avons-nous dit, les formes vibratoires élémentaires des plaques. Le liquide, au contraire, en couche mince, reproduit avec une grande netteté les moindres plis de la plaque vi-
- FIG. 10. — Etat vibratoire d’un plateau partagé en 4 ou en 8 secteurs.
- brante et circonscrit parfaitement les contours des surfaces en mouvement, surtout celles qui se produisent sur les bords. Les plus fines stries, qui n’ont que des fractions de millimètre de largeur, sont dessinées sur l’eau avec une délicatesse extrême, ravissante.
- Chladni s’extasiait en regardant les co-'figira-
- fig. il et 12. — Développement de la circonférence d’un plateau vibrant partagé en 4 et en 8 secteurs.
- fions produites par le sable sur les plaques métalliques vibrantes, figures que personne, dit-il avec un certain orgueil, n’avait vues avant lui. S’il eût pu observer les délicates et incomparables rides de l’eau, de l’alcool ou du mercure, sur une plaque de verrè vibrante, il eût été bien autrement émerveillé.
- Ce qu’on ne peut rendre dans ce phénomène, ce qui échappe à toute description verbale ou graphique, c’est le mouvement particulier, le frémissement du liquide, ses évolutions pour arriver à la
- formation d’ondes croisées, quadrillées, qui d’abord n’occupent que le pourtour du plateau vibrant, puis s’élancent en pointes symétriques, en espèces de feuilles dont les extrémités délicates sont comme estompées; ces ondes qui envahissent presque entièrement la plaque, pour le son fondamental, s’élèvent sur les bords en vagues coniques au-dessus de la surface de niveau, ou même se détachent de la plaque en gouttelettes qui roulent vers le centre ou retombent au dehors.
- Un mode approprié de projection peut seul suppléer à l’observation directe du phénomène et le rendre visible à un nombreux auditoire.
- Essayons cependant de donner une idée de la forme générale de ces ondes si variées dans leurs évolutions, même pour un son unique, depuis l’origine de leur production jusqu’à leur évanouissement, après avoir passé et repassé par diverses phases et par un maximum.
- Nous supposons toujours que l’expérience se
- fig. l3, 14 et i5. — Coupes diamétrales de l’état vibratoire d’un plateau pour I, 2, 3 nodales concentriques.
- fait avec un plateau mince recouvert d’une couche d’eau de om,ooi à om,oo3 d’épaisseur.
- Attaquons le plateau en provoquant d’abord une très faible attraction électromagnétique, de manière à faire sortir doucement le son fondamental; aucune ride n’apparaît encore à la surface du liquide.
- En faisant croître l’action attractive, on voit naître, aux quatre points opposés,. des cannelures simples, le plus souvent sur un seul rang, occupant presque toute la circonférence du plateau; elles ont une longueur de plus de om,oi, sont dans la direction des rayons, toutes contiguës et d’une largeur d’environ om,oo2. En augmentant progressive-mént l’énergie attractive, sans toutefois changer la hauteur du son rendu, ces longues rides éprouvent une torsion sensible et paraissent animées d’un mouvement oscillatoire qui leur donne la forme d'ondes sinueuses en S de plus en plus
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- fermées (fig. 9). Puis on observe, dans les cannelures les plus voisines du centre de vibration, une segmentation en deux ou plusieurs autres cannelures, plus élevées que les premières. Ensuite on voit des stries parallèles entre elles, tantôt en lignes courbes assez régulières, tantôt en lignes si-
- F1G. Iü. — Réseau périphérique correspondant à la division d'un plateau circulaire en 4 secteurs vibrants.
- nueuses, puis en réseaux quadrillés, où l’on distingue encore les cannelures marginales, mais diminuées de longueur, plus ou moins tordues, et un quinconce d’ondes croisées, tantôt obliques, tantôt perpendiculaires entre elles, mais approchant d’autant plus de cette dernière disposition que le reseau formé est plus régulier, la largeur
- des stries demeurant constante, si le son n’a pas changé de hauteur.
- Les extrémités des réseaux ressemblent souvent à des feuilles lancéolées, d’une grande délicatesse ; ces espèces de vagues mourantes ne sont, en quelque sorte, que les ombres des stries du pourtour. Enfin, quand sous une action suffisamment énergique, les réseaux sont arrivés à leur complet développement, ils envahissent presque toute la surface du plateau.
- Si l’on poussait encore plus loin l’expérience, le liquide, énergiquement ébranlé, se détacherait en sphérules, dont les unes rouleraient vers le centre et d’autres sauteraient hors du plateau.
- Lorsque l’excitation électromagnétique a cessé, les réseaux repassent, en sens inverse, par les mêmes phases qu’ils avaient suivies dans leur développement.
- Après le son fondamental qui détermine la division du plateau en quatre secteurs vibrants, le son que l’on obtient le plus facilement ensuite et quelquefois même spontanément, sans qu’on ait besoin de fixer aucun point, est celui qui correspond à la division en six parties égales. Pour ce son et pour les suivants, leS^ mêmes évolutions de stries se présentent, mais elles sont de plus en plus difficiles à observer, à cause de la petitesse des cannelures. Mais en examinant attentivement la forme des réseaux complets, en chacun de ces cas, on y retrouve toujours la disposition qui a été facilement constatée pour le son fondamental.
- L’évolution des réseaux excentriques est encore plus difficile à saisir que celle des réseaux périphériques. Une action énergique y montre les stries perpendiculaires entre elles et les contours de chaque réseau assez nettement limités en cercle ou en ellipse, par des courbes sécantes entre elles et tournant leur convexité vers l’intérieur du réseau.
- Ces lignes forment, par leurs nombreuses intersections, une sorte de courbe-enveloppe (espèce de bourrelet produit par le refoulement des ondes émanant du centre du réseau) qui donne à l’ensemble une forme bien déterminée (fig. 8).
- Cause de la production des réseaux liquides. — Pour expliquer la production des quadrillages constitutifs des réseaux, nous admettons qu’ils sont la représentation fidèle des formes vibratoires des parties sous-jacentes du plateau. Dans cette manière de voir, qui nous semble la plus rationnelle en ce qu’elle rend parfaitement compte des résultats de l’observation, les stries figurent les nœuds de vibrations et peuvent même servir à déterminer les longueurs d’onde des sons correspondants.
- Il faut aussi remarquer que, dans un plateau comme dans les autres corps vibrants, les deux sortes de vibrations longitudinales et transversales coexis-
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- tent; seulement, les unes peuvent dominer ou effacer plus ou moins complètement les autres, suivant les conditions expérimentales.
- Représentation de l’état vibratoire d'un plateau circulaire. — Cherchons maintenant à nous représenter l’état vibratoire du plateau en expérience. Pour cela, supposons d’abord qu’il rende un son
- FIG. 17.— Réseau périphérique correspondant à 6 secteurs vibrants^1).
- fondamental, c’est-à-dire qu’il se divise en quatre secteurs symétriques, soient A le point d’attaque et B le point fixe (fig. io a). Le secteur i, supposé vibrant de haut en bas, communique aux secteurs voisins 2 et 4, un mouvement de bas en haut qui s’accomplit en même temps pour ces deux derniers, lesquels, à leur tour, communiquent simul-
- (1) Dans cette figure, le contour du réseau est trop nettement arrêté; il faut le supposer fondu. Rédaction.
- tanément le mouvement de haut en bas au secteur 3. Ces quatre portions du cercle vibrent d’ailleurs à l’unisson, puisqu’elles sont égales et que leurs mouvements sont corrélatifs, mais elles conservent leurs différences de phases. De même, quand le plateau se partage en 8 (fig. 10 b), le mouvement se transmet du secteur 1 aux secteurs 2 et 8 et de ceux-ci à 3 et à 7, puis à 4 et à 6 et de là à 5. Toutes ces portions vibrent à l’unisson.
- Indépendamment de ce mouvement général, chaque secteur se subdivise . (comme le ferait une corde) en secteurs élémentaires vibrants, ce qui rend compte des cannelures dirigées dans le sens des rayons et disposées d’abord au pourtour, puis s’étendant d’autant plus loin vers le centre que l’ébranlement a été plus fort.
- Mais on sait qu’un corps ne peut vibrer énergiquement dans un sens sans vibrer en même temps dans un sens perpendiculaire au premier; de là l’explication des stries concentriques simultanées.
- Les fig. 11 et 12 représentent le développement
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- de la circonférence d’un plateau partagé successivement en quatre et en huit secteurs.
- Quand la plaque vibre en produisant des réseaux détachés du bord et sur un ou plusieurs rangs, son plissement se fait alors d’une manière plus marquée suivant des circonférences concentriques à celles du disque.
- Les fig. i3, 14 et i5 montrent les coupes diamétrales de cet état vibratoire, pour une, deux ou trois nodales concentriques. Dans le tracé des lignes, on a dû nécessairement exagérer les ordonnées, afin de pouvoir rendre plus apparentes les sinuosités figuratives du mouvement.
- FIG. 19.— Réseau périphérique correspondant à 12 secteurs vibrants.
- En résumé, on peut dire que les deux systèmes de vibration coexistent toujours, mais que l’un des systèmes peut dominer l’autre ou même l’effacer, suivant le mode d’excitation et de fixation du plateau. Ainsi s’expliquent toutes les particularités du phénomène, en admettant que les réseaux liquides représentent les formes vibratoires sous-jacentes du plateau soumis à l’expérience.
- Emploi d'une poudre lourde et insoluble pour fixer les réseaux. — Par l’intervention de l’électricité, nous avons obtenu un premier résultat très désirable : la continuité du phénomène vibratoire et, par suite, la possibilité d’en observer facilement les effets.
- Mais, pour compléter cette étude, il faut encore que le phénomène s’inscrive en quelque sorte lui-
- même sur le lieu où il se produit. A cet effet, j’emploie le moyen suivant : je verse sur le plateau, de l’eau tenant en suspension du minium ou toute autre poudre lourde et insoluble dans ce liquide. Cette poudre se dépose promptement sur le plateau, reçoit le mouvement vibratoire des couches sous-jacentes et le traduit en affectant les formes des réseaux plus ou moins délicats et réguliers. En supprimant le courant électrique, et en abandonnant la plaque à ses propres vibrations qui s’éteignent bientôt, sans choc brusque, le minium se dispose en stries, en quadrillages, et conserve en projection les formes que le liquide affectait dans son état dynamique.
- Après avoir fait écouler doucement le liquide en inclinant légèrement le plateau et en s’aidant de papier spongieux faisant l’office de siphon, après avoir laissé évaporer le liquide, le minium sec reste assez adhérent à la plaque pour qu’on puisse se servir de celle-ci comme d’un cliché photographique. Les fig. 16, 17, 18, 19 ont été obtenues par ce procédé. Elles représentent d’après nature les dépôts réticulés des réseaux périphériques d’un même plateau divisé successivement en 4, 6, 8, 12 secteurs vibrants, et montrent le mode de transformation ou d’évolution des stries en réseaux. On voit, près du bord, des cannelures plus ou moins sinueuses qui s'allongent et se divisent ensuite; plus loin, de longues lignes onduleuses parallèles entre elles; ailleurs, des lignes qui se coupent, les unes perpendiculairement, d’autres obliquement, de manière à former des quinconces réguliers, composés de petits anneaux circulaires tangents, tantôt complètement fermés, tantôt plus ou moins ouverts.
- C. Deciiarme.
- EXPOSITION D'ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (’)
- PRODUCTION DK 1/ÉLECTRICITÉ
- MAC II INES DYNAM O-ÉLECTRIQUES
- La machine Edison
- Nous avons retrouvé à Philadelphie les types bien connus des machines Edison, — mais avec cette différence cependant — que la longueur démesurée des inducteurs avait été notablement réduite.
- La génératrice employée en i883, dans les expériences de la gare du Nord, par M. Marcel
- (M Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- Deprez, avait montré l’avantage des inducteurs courts. A son retour en Angleterre, le Dr Hop-kinson, qui avait assisté aux expériences du trans-poit de force, mit à profit ce qu’il avait vu pour transformer les machines de la Compagnie Edison de Londres. C’est de là, sans doute, que le perfectionnement a fait son chemin jusqu’en Amérique.
- Comme exemple des modifications qui ont été apportées, nous donnons dans la figure 48, le dessin du type Z, et dans la figure 46 celui du type H.
- Cette dernière machine occupe sur le sol un
- F.G. 45
- espace de im93 sur om83; sa hauteur est de im53. La poulie a une largeur de om3i et un diamètre de om35.
- K z L K C H
- Poids en kilogr. . . 2Q0 1 23o 2 500 3 3oo 3oooo 3 600
- Chevaux absorbés . 2,5 8 18 32 125 65
- Tours par minute. . Capacité en lampes 2 200 I 200 900 QOO 35o I 100
- de 16 bougies . . 17 60 25o 25o I 200 400
- Volts aux bornes. . Nombre d’électros 110 110 110 IIO IIO IIO
- inducteurs . . . . 2 0 6 6 12 6
- Le tableau ci-dessjis indique, d’ailleurs, les données des principaux types actuels des machines Edison.
- En dehors de ces appareils de dimensions moyennes, nous avons retrouvé à Philadelphie la grande machine Edison (fig. 47) aujourd’hui désignée par le surnom de « machine Jumbo », et dont le premier type avait figuré au palais de l’Industrie. Cette machine pèse 2o33o kilogrammes, comprenant :
- Pour l’armature et son arbre.... 4 445 kil.
- Pour les bâtis des coussinets. . . . 608
- Pour les inducteurs................ 14 970
- Pour les appuis et} zinc........... 307
- FIG. 46
- Le cuivre est ainsi réparti :
- Dans les barres de l’armature. . . 267 kil.
- Dans les disques.................. 612
- Dans les fils des bobines......... 680
- Dans cette machine, l’armature à barres (') est actionnée directement par une machine Porter-Allen dont tous les détails ont été donnés dans ce recueil, volume VII, p. 233. La figure 47, qui représente l’ensemble de la machine, montre que la pièce polaire supérieure des inducteurs est plus grosse que l’inférieure; elle correspond aussi à'ufl plus grand nombre d’électros. Cette disposition avait tout d’abord étonné et, dans la première 111a- (*)
- (*) Pour la description de cette armature, voir La Lumière Electrique, vol. V, p. 2,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chine’construite, on l’avait considérée comme le résultat d’un renforcement de champ magnétique que l’on n’avait pu faire qu’à la partie supérieure. La dis-'pôsition a . cependant été conservée dans les ma-‘chipes construites depuis et elle a été expliquée en
- disant que ce renforcement du pôle supérieur a pour but de tendre à soulever l’armature et de diminuer ainsi le frottement sur les paliers.
- D’après des expériences publiées par MM. Edison et Porter, cette grande machine, alimentant
- x 37$ lampes de 16 bougies, absorbe 168 chevaux, 4. Cela donne un rendement de 8,16 lampes par cheval indiqué. Le travail du circuit était de 147 chevaux, ce qui correspondait à 9,36 lampes par cheval. La
- truction, du type qui avait figuré au Palais de l’Industrie en 1881, et qui a été décrit dans La Lumière Electrique, vol. IV, p. 311. Ainsi que le montre la figure 55, les trois électro-aimants dis-
- FIG. 48 ET 49
- différence de potentiel était de 108 volts à l’armature'et 99 volts aux lampes.
- Machine Western
- Les machines. Weston exposées à Philadelphie différaient notablement, parleurs détails dé cons-
- fio. 5o
- tincts qui constituaient chaque branche de l’armature ont été remplacés par un seul à section ovale, de sorte que le système inducteur rappelle, par sa forme'générale, celui des machines Siemens, mais avec une construction beaucoup plus solide.
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- Chaque épanouissement polaire ne forme qu’une seule pièce avec les noyaux des deux électro-aimants qui lui correspondent. On a ainsi deux pièces qui, boulonnées dans les extrémités du bâti, forment un quadrilatère des plus robustes. Les supports de l’axe de l’armature font partie des
- Quant au mode d’enroulement, M. Weston Tint dique par le schéma de la figure 5o. Partant du point a, on suit d’abord les traits pleins, en faisant à chaque tour une boucle pour la liaison avec le collecteur, puis on complète le circuit suivant les traits pointillés. Il y a donc deux bobines dans chaque division de l’armature, et si l’on décom:
- FIO. 5 g
- épanouissements polaires; du côté de la poulie, il y en a deux, l’un inférieur, l’autre supérieur. A l’autre extrémité, l’arc supérieur est supprimé, afin de donner accès aux balais. Ceux-ci sont montés
- pose cet enroulement, on verra qu’il n’est autre que l’enroulement symétrique de la machine Siemens (fig. 5i). Quant à la disposition des bobines dans les divisions, elle peut varier; les figures 52,
- FIG. 5 2
- sur un disque que l’on peut tourner à l’aide d’un manche, afin de les placer au calage convenable. La construction de l’armature en ce qui concerne le noyau est suffisamment indiquée par les figures 48 et 49. Il est formé de disques isolés, enfilés sur l’axe et munis de dents qui forment des arêtes longitudinales, entre lesquelles s’enroule le fil. L’armature terminée présente l’aspect bien connu des armatures à cylindre.
- 53 èt 54 en représentent trois arrangements diff é-rents.
- Dans le premier (fig. 52) les bobines de la première série (trait plein de la figure 5o) sont recouvertes par celles de la deuxième série (trait pointillé de la fig. 5o).
- Avec cet enroulement, on superpose des portions de fil qui se trouvent à des potentiels très diffé-rents; c’est une disposition désavantageuse avee
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- laquelle l'armature peut être facilement endommagée, par suite d’étincelles se produisant entre les fils. On pare à cet inconvénient en enroulant côte à côte les bobines des deux séries (fig. 53), mais cet enroulement est difficile à faire, aussi a-t-on recours souvent à l'enroulement représenté par la fig. 54. Naturellement, dans la pratique, les bobines ne sont pas enroulées d’une façon continue, comme
- l’indique le schéma, mais chacune d’elles est enroulée séparément avec ses bouts libres et les fils libres des bobines sont reliés au collecteur, de manière à reproduire l’arrangement du schéma.
- Dans certains cas, pour des machines de haute tension, l’armature est composée de deux enroulements complètement séparés et distincts, indiqués par des traits blancs et noirs sur la figure 56.
- Les lames du collecteur sont reliées alternativement aux séries blanches et noires. De cette façon, il est impossible que les bobines se trouvent fermées en court circuit et qu’il y ait de communication entre deux lames adjacentes du collecteur.
- Les types des machines Weston sont assez nombreux; parmi eux, nous citerons d’abord les grandes machines désignées par le n° 8.
- L’une de ces machines, construite pour la lumière à arc, peut alimenter 5o foyers ; la différence de potentiel aux bornes est de 1 5oo volts.
- Le modèle 8 W. I. est construit pour alimenter 600 lampes à incandescence de 16 bougies, avec une différence de potentiel aux bornes de 120 vol:s. Enfin, une autre machine de même dimension alimente 5o grandes lampes à incandescence de 125 bougies. Cette machine, qui a un rendement de go 0/0, a pour résistance de son armature oohmg, la résistance des inducteurs, montés en dérivation, est de 700 ohms, la résistance extérieure est, en général, de 75 ohms.
- Le type construit pour alimenter 200 lampes à
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- incandescence a pour résistance de son armature oohm,oo9, la résistance des inducteurs est de 24 ohms, celle du circuit extérieur oohm,4. Nous^pouvons encore mentionner un modèle
- destiné à alimenter 170 lampes à incandescence de 16 bougies; mais, en raison de la plus grande extension de l’éclairage à arc, les types les plus cou-
- fig. 5"
- rants sont ceux de 5o, 40 et 20 foyers à arc. Ce dernier modèle, tournant à 900 tours par minute, absorbe 14 chevaux-vapeur et produitjun courant de 18 ampères. Les inducteurs sont [montés en dérivation.
- Ainsi que le montre la figure 55, les machines Weston sont montées sûr un banc à chariot qui offre toutes les commodités nécessaires pour le serrage des' courroies.
- Pour faire varier la production en raison de la demande, on se sert d’un régulateur automatique destiné à faire varier la résistance des inducteurs.
- Ce régulateur est formé par un rhéostat dont les touches sont disposées circulairement et dont les figures 59 et 60 représentent les parties antérieure et postérieure.
- Le bras de contact est mené par un appareil
- FIG. 5S
- spécial que contrôle un électro-aimant parcouru par le courant. La figure 57 donne le détail de cet appareil.
- La poulie D imprime un mouvement de va-et vient à deux cliquets P et P' placés au-dessus de deux roues à rochet R et R' montées sur l’axe du bras de contact i. Suivant que le courant est plus ou moins fort dans l’électro-aimant M, l’armature L est plus ou moins attirée et met en prise l’un ou l’autre des cliquets sur une des roues, de sorte que le bras de contact tourne dans le sens voulu pour introduire ou enlever des résistances, selon le besoin, dans le circuit des inducteurs.
- La figure 58 montre l’ensemble de l’appareil, qui comprend, outre les organes précédents, un
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- indicateur galvanoraétrique placé sur sa paroi antérieure.
- Machine de la Western Electric C°
- < ' ' f r
- Rappelant, dans sa construction générale, les machines Siemens et Weston, cet appareil ne présente guère de particularité à signaler que dans la modificàtion apportée au mode d’enroulement de l’armature. Cette dernière est toujours construite sur le principe général de l’armature Siemens, et,
- comme dans l’armature Weston, les bobines sont enroulées dans les rainures formées par les projections du noyau. Ces rainures contiennent chacune : en largeur, g épaisseurs de fil ; en profondeur, io; le nombre de spires de chaque bobine est donc de go.
- Ainsi que le montre la figure 61, l’armature comprend 16 bobines et par conséquent 32 divisions. Chaque bobine est enroulée dans trois divisions, de la façon suivante : commençant l'enroulement dans la division i, on enroule la première
- fig. 3q
- moitié du fil dans cette division et dans la division située à gauche de celle marquée 2, puis on enroule la seconde moitié dans 1 et dans la division située à droite de 2. De cette façon, d’un côté, toute la bobine est dans une même division; de l’autre, elle est répartie également entre deux divisions.
- On opère de même pour le reste de l’enroulement, comme l’indique la figure. Pour les liaisons, on relie à une même lame du collecteur le fil d’entrée de la bobine 1 et le fil de sortie de la bobine 3, le fil d’entrée de 3 et le fil de sortie de 5, et>ainsi de suite.
- . Nous ferons remarquer, d’ailleurs, que si cet enroulement donne lieu à un diagramme (flg. 61) différent de ceux que nous avons donné plus haut pour la machine Weston, il ne présente au fond
- FIG. Go
- aucune différence de principe avec l’enroulement Siemens.
- On a bien souvent varié ce que l’on pourrait appeler l’apparence extérieure de cet enroulement. Au fond, on ne s’est jamais écarté de ce principe.
- Machine Acmé
- Nous ne mentionnons cette machine (fig. 62) que pour mémoire. Sa construction bizarre laisse voir de suite qu’elle est peu faite pour donner de bons résultats. De chaque côté de l’axe de rotation sur lequel est montée une armature genre Siemens, 6 électro-aimants forment un pôle ayant la forme de deux espèces de croissants réunis par une masse de fer. Il semble que ce soit une ancienne machine Schuckert dans laquelle on aurait sup-
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- primé l’anneau plat pour le remplacer par une armature Siemens intérieure. Les proportions sont en tout cas défectueuses.
- Cette mauvaise construction n’a pas empêché de donner à cette machine le nom d’Acme qui n’est
- ÉTUDE COMPARÉE : r
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES
- FIG. 6l
- pas, comme on pourrait le penser, celui de l’inventeur. C’est un mot grec signifiant sommet, apogée, et qui tendrait à faire croire que la machine
- en question est le comble de la perfection. Il est à remarquer que les noms de ce genre sont généralement donnés aux appareils qui les justifient le moins.
- {À suivre.) Aug. Guerout.
- Étude spéciale du chemin de fer métropolitain de Paris
- 7e article {Voir les numéros des 3, io, 17, 24 et 3ijanvier et du 14 février i885)
- DÉTERMINATION DES ÉLÉMENTS DE CETTE MACHINE EN FONCTION DE SA PUISSANCE
- Nous partirons des données fournies par une expérience décrite dans La Lumière Electrique du 10 mai dernier, et supposerons que l’on adopte les relations suivantes entre les divers éléments de la machine que nous voulons étudier :
- i° La machine à 6 pôles; '
- 20 La distance de deux pôles consécutifs comptée sur la circonférence moyenne de l’anneau est égale à 3 fois le diamètre de la section de l’anneau. • • ...
- 3° L’épaisseur de la couche de fil enroulé sur l’anneau est égalé au quart du même diamètre.
- 40 La distance, de l’anneau recouvert de fil aux flasques extérieures est égale au rayon de la section de l’anneau.
- 5° Les armatures ont une épaisseur égale au quart de la distance de deux pôles consécutifs.
- 6° L’épaisseur des flasques extérieures est égale à la moitié de celle des armatures.
- Le poids d’une machine de ce genre dont la circonférence moyenne de l’anneau aurait 1 mètre de diamètre pourrait se décomposer ainsi;
- i° Anneau de fer......
- 2° Conducteur.........
- 3° Armatures et flasques .
- Soit pour le poids utile.
- Cherchons maintenant quelle serait la puissance de cette machine.
- Les propriétés de cette machine se rapprochant beaucoup de celles du solénoïde, nous admettrons que l’effort F varie, comme dans ceux-ci, suivant la puissance 2 de l’intensité I, qui traverse l’unité:de section du conducteur; on peut donc écrire
- F = A I2
- Nous avons constaté, sur un appareiFd’essai, qu’avec une intensité totale de 4 ampères 5, on portait 7 k. 6.
- Mais le conducteur enroulé n’avait qu’un milli-
- 370 k. 1
- 43o J approximativement 1,000 j
- 1,800 k.
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- mètre de diamètre, l’intensité de circulation était donc de 5,7 ampères, et l’on peut écrire :
- d’où l’on tire
- 7.6 = A [5,7] 2
- A = 0,23
- Nous pouvons calculer maintenant quelle eût été la grandeur de l'effort développé par le passage d’un courant ayant pour densité 1, 2, 3, 4 ampères, et nous trouvons :
- Pour 1 ampère — 2 —
- o k. 23o 0 k. 920
- 2 k. 070
- 3 k. 780 5 k. 750 8 k. 280
- portante : la proportionnalité de l’effort au poids ne peut exister qu’à la condition que le champ magnétique ait été parfaitement saturé dans l’expérience qui a servi de base à nos calculs. S’il n’en était pas ainsi, on sait que l’effet ne croîtrait plus suivant la troisième puissance des dimensions linéaires, mais suivant une puissance plus élevée. 11 en résulte que les nombres que nous avons trouvés doivent être considérés surtout comme une limite inférieure. On pourra donc s'en servir en toute sécurité dans la pratique, certain qu'on sera probablement au-dessous de la vérité, mais jamais au-dessus.
- LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE
- Chaque armature donnerait un effort égal à la moitié de ceux que nous venons d’inscrire, car dans notre appareil d’essai, deux pôles concouraient à porter le poids de 7 h. 6. Il en résulte que l’effort développé à la circonférence moyenne de l’anneau d’une machine ayant 6 pôles et dont la section de l’anneau aurait 5o m/m de diamètre, serait :
- Pour 1 ampère.............. o k 690
- — 2 — 2 k. 760
- — 3 — 6 k. 210
- — 4 — 11 k. 040
- — 5 — 17 k. 290
- — 6 — .......... . 24 k. 840
- L’anneau de cette machine aurait environ 3o c. de diamètre moyen et porterait 12 k. de fil de cuivre. Une machine semblable chez laquelle ce même diamètre atteindrait 1 mètre, pèserait 36 fois plus.
- D’après le théorème des similitudes, l’effet produit par le passage de courants de même densité produirait des efforts 36 fois plus grands, à savoir :
- Pour 1 ampère................... 24 k. 840
- — 2 —..................... 99 k. 36o
- — 3 —.................... 224 k. 000
- — 4 —.................... 397 k. 000
- — 5 —.....................621 k. 000
- — 6 — 894 k. 000
- Supposons maintenant qu’on communique à l’anneau une vitesse tangentielle de 25 mètres à la seconde, comptée sur sa circonférence moyenne, cette machine développera à la seconde :
- Pour 1 ampère............... 8 chevaux.
- — 2 — 33 —
- - — 3 — 75 —
- — 4 —* ................ i32 —
- — S — ................. 207 —
- — 6 — 298 —
- Nous devons faire ici une remarque très im-
- Le type de machine précédent pèserait :
- atnpôr
- 225k par chev. pour une densité normale de circulation de 1
- 54 — — — — 2
- 24 — — — — 3
- i3 — - - —4
- 8 - - - - 5
- 6 — — — — 6
- Ces poids sont relativement peu considérables et nous permettront de réaliser facilement une machine locomotive de grande puissance sous un faible poids et un petit volume.
- Voici le type auquel nous nous sommes arrêtés.
- Le grand diamètre de notre machine dynamoélectrique lui permet de tourner à de faibles vitesses angulaires ; nous en profiterons pour transmettre son mouvement aux roues porteuses à l’aide d’un simple accouplement par bielles et manivelles. On déterminera le diamètre des roues porteuses de la locomotive de telle manière que, lorsqu’elle marchera à sa vitesse normale, l’anneau de la machine dynamo-électrique ne tourne pas avec une vitesse tangentielle plus grande que 25 m. à la seconde.
- Supposons qu’on veuille faire une machine de 5oo chevaux, et qu’on accepte comme densité de circulation normale 5 ampères, quitte à s’opposer par un procédé artificiel à réchauffement de l’anneau. Le poids utile du moteur (anneau et armatures) sera de 5 000 k., soit 6 tonnes en nombres ronds, si l’on tient compte du poids de la roue qui porte l’anneau, du collecteur... Le véhicule proprement dit, y compris tous ses accessoires, pèsera environ 10 tonnes, soit 16 tonnes en tout.
- L’adhérence naturelle à cette machine, suffisante pour les trains de grande vitesse en pleine marche, ne le serait plus au moment des démarrages, ni lorsqu’on devrait gravir une rampe. Nous avons admis dans ce nouvel exemple qu’on demanderait le supplément nécessaire, soit i5 tonnes à une
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- paire de roues électromagnétiques. Chacune d’elles exigerait une dépense de 2 chevaux et demi.
- Supposons maintenant que la vitesse normale de cette machine soit de 5o kilom. à l’heure, ce qui correspond à une vitesse de 14 m. à la se conde. Le diamètre des roues porteuses devrait donc être à celui de la machine dynamo-électrique
- dans le rapport de ^ = o,56.
- D'un autre côté, le diamètre moyen de l’anneau de notre machine dynamo-électrique est égal à
- 1 m. X t m. \/3 = 1 m. 5o environ.
- V 1800 V
- Les roues porteuses devraient donc avoir 85 cent, de diamètre. Comme elles sont très faiblement chargées, et qu’il n’est pas besoin de donner une grande longueur aux manivelles, ce diamètre est admissible. En effet, il suffit de ne donner que i5o m/m de longueur aux manivelles pour que les bielles n’atteignent pas une vitesse plus grande que dans les locomotives ordinaires. Or, dans ces dernières, il est impossible de réduire cette longueur, car on diminuerait en même temps la course du piston.
- Au moment des démarrages, pour que la machine pût utiliser son adhérence, de 3o tonnes, il faudrait que l’effort tangentiel développé sur l’anneau fût de
- 3o uoo _ ,, ,
- —-— X o. 56 = 2 400 k.
- En raisonnant comme nous l’avons fait plus haut, l’on voit qu’il faudrait que l’anneau fût traversé par un courant de 6 ampères de densité environ.
- Or, une pareille intensité ne présenterait pas d’inconvénient, car elle ne devrait durer que pendant quelques secondes.
- Du rendement. — Dans la machine que nous venons de décrire, l’effort statique développé sur la circonférence moyenne de l’anneau coûterait au plus 2 kilogrammètres 5 par k. Cet effort étant déplacé avec une vitesse de 27 m. à la seconde, le rendement de la machine serait au moins égal au
- rapport ~ = o,q5.
- Le rendement du mécanisme de transmission serait supérieur à celui du mécanisme des locomotives, puisqu’il y a moins de pièces en mouvement, c’est-à-dire à 0,80.
- Le rapport du travail disponible à la jante des roues motrices à l’énergie électrique absorbée par la machine, sera ainsi supérieur à 76 0/0.
- Si le rendement de la machine génératrice était le même, le résultat serait de 62 0/0.
- TENSIONS NÉCESSAIRES
- Mais il faut encore tenir compte de la résistance de la ligne. Supposons que le tube qui amène le courant soit en fer, ce qui est possible, puisque le passage continuel des trains empêcherait l’oxydation de se produire, et qu’il ait une section totale de 3 centimètres carrés. Supposons de plus que la locomotive soit à 5o kilomètres de la machine génératrice, et voyons quelle devrait être la tension employée pour que le rendement général du système fût de 5o 0/0.
- Nous admettrons que le conducteur de retour, formé des rails et de la terre, a une résistance négligeable.
- La résistance du tube sera de 21 ohms. Or, on doit avoir
- en appelant T le travail fourni par la machine génératrice. Si le rendement définitif est de 5o 0/0, T sera égal à 1 oco chevaux, puisque la réceptrice doit développer 5oo chevaux. Nous arrivons ainsi à l’expression :
- 12 = xo, 12 x 75 X 1 oco
- d’où
- I =63 ampères.
- Quant à la valeur de la force électromotrice que devrait développer la machine génératrice, elle serait de 12 000 volts. Les expériences qui se préparent en ce moment montreront s’il est permis d’aller jusque-là.
- Supposons maintenant que le conducteur soit en cuivre rouge, sa résistance deviendra 7 fois moins grande, on pourra donc faire circuler une intensité 2,7 fois plus forte, et la force électromotrice de la génératrice ne devra plus être que de 4400 volts, nombre dont on s’est approché dans les expériences de Grenoble, et cela sans qu’aucun inconvénient en soit résulté.
- Il faudrait environ 2000 k. de cuivre par kilomètre. En admettant que le tube tout posé revienne à 5 fr. le kilog., ce serait une dépense à faire de ioooofr. par kilomètre.
- Mais si l’on suppose qu'il y ait cinq trains consécutifs régulièrement espacés, compris dans cette section, chacun d’eux recevant la même intensité I, on aura :
- [25+ 16 + 9 + 4+ 1] y I2 =9,81X5 oooX/Sxo, 12 d'où
- I = 245 ampères.
- La force électromotrice de la génératrice déviait être de 5 3oo volts.
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- Ainsi, sur une ligne où circulerait un nombre indéfini de trains, espacés les uns des autres de 10 kilomètres en moyenne, ce qui constituerait une ligne à très grand trafic, il suffirait d’installer au-dessus de la voie un conducteur en cuivre rouge de 3 cent, carrés de section, et de disposer un poste de machines génératrices tous les 100 kilomètres pour que le rendement général du système, c’est-à-dire le rapport du travail disponible à la jante des roues des locomotives au travail disponible sur l'axe de la machine, qui met en mouvement les génératrices, soit de 5o o/o.
- Dans le cas où l’on devrait commander les génératrices avec une machine fixe, on voit qu’un cheval disponible à la jante des roues des locomotives, exigerait une dépense de 2 k. de charbon par heure.
- Dans la locomotive ordinaire, pour obtenir le même résultat, on peut ne dépenser que 1 k. 75 si elle a une très grande surface de chauffe. Mais si l’on cherche le prix de revient du cheval-heure, disponible non plus à la jante des roues motrices, mais sur la barre d’attelage du tender, on trouvera que c’est, la traction électrique qui coûte le moins cher en charbon, à cause du poids mort bien moindre à transporter.
- Ce qui constituerait un avantage plus sérieux, c’est que le mécanicien libre de toute préoccupation, telle que la conduite de son feu ou l’alimentation de sa chaudière, pourrait consacrer toute son attention à la surveillance de la voie. La sécurité serait ainsi grandement augmentée.
- Nous avons admis qu’il faudrait dépenser environ 10000 fr. par kilomètre et pour chaque voie, pour l’installation du conducteur aérien. Or, il y a une remarque très importante à faire à ce sujet.
- Il est démontré que les wagons dont les roues sont chargées de 3 tonnes, peuvent circuler impunément aux plus grandes vitesses sur des rails en acier ne pesant pas plus de 27 k. au mètre courant. Mais il-n’en est plus de même pour les locomotives ordinaires, dont les roues portent jusqu’à 7 5oo k. De plus, ces machines prennent sous l’influence des pièces animées d’un mouvement alternatif, telles que les pistons et les bielles motrices, un mouvement de lacet plus ou moins prononcé, dont l’action sur les voies est désastreuse. On est ainsi obligé de leur donner une solidité exagérée, de multiplier les traverses... et de donner aux rails un poids qui s’élève sur certaines lignes jusqu’à 46 k. par mètre courant.
- La légèreté du moteur électrique et l’absence de mouvement de lacet, permettrait de conserver les voies primitives, et l’économie qui en résulterait compenserait largement la dépense occasionnée par l’installation du conducteur.
- TROISIEME PARTIE
- APPLICATION AU CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Une décision du conseil général de la Seine a décidé en principe la construction d’un chemin de fer souterrain devant desservir l’intérieur de Paris.
- Quoiqu’elle ait été l’objet de bien des critiques qu’il ne nous appartient pas de discuter, et qu’un chemin de fer aérien rencontre beaucoup de partisans, la nécessité d’un chemin de fer métropolitain n’en est pas moins évidente pour tout le monde.
- Nous allons nous trouver dans des conditions d’exploitation tout à fait nouvelles, ce qui doit exiger l’emploi de moyens nouveaux. De plus, la question étant encore à l’étude, le champ est complètement libre : la Compagnie qui se chargera de cette entreprise ne rencontrera aucun impedimentum résultant de la possession d’un matériel considérable qu’il faut utiliser, et sera naturellement conduite à adopter les procédés qui se prêteront le mieux au genre d’exploitation qu’elle devra effectuer, et seront les plus économiques.
- La recherche de ces moyens nous a paru chose utile, en même temps qu’elle présentait de l’intérêt au point de vue technique.
- La [division de cette étude spéciale se présente naturellement.
- En effet, dans toute entreprise de chemin de fer nous trouvons :
- i° Un service dit de la construction, qui doit établir la ligne en la faisant passer par les points à desservir. Il a à vaincre les difficultés provenant de la nature même du terrain, et le but qu’il doit atteindre, c’est de trouver entre deux points donnés quel est le chemin le plus court, économiquement parlant, c’est-à-dire, celui dont l’établissement sera le moins coûteux, tout en n’augmentant pas outre mesure les difficultés de traction provenant de la présence de rampes ou de courbes trop prononcées. Il arrive ainsi à dresser des plans qui con stituent Y avant-projet de la ligne.
- 20 Un service dit de l’exploitation, qui, la voie établie, en se basant sur les besoins du public et l’importance des transports à effectuer, détermine le nombre des trains, leur charge, leur vitesse moyenne..., en un mot procède à l'établissement des horaires. Il doit se préoccuper de tirer de la ligne son maximum de rendement, sans toutefois imposer des vitesses exagérées ou faire se succéder des trains à des intervalles trop rapprochés. Il doit aussi régler ses horaires de manière à ne pas créer de difficultés de traction, en faisant varier beaucoup
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- la puissance que les machines devront développer à chaque instant.
- 3° Un service dit du matériel et delà traction, qui est chargé de construire: i° le matériel nécessaire au transport, ce matériel devant s’adapter aussi bien que possible aux besoins de l’exploitation ; 20 le matériel « Machines » exigé par la remorque du matériel de transport, celui-ci devant avoir la puissance voulue pour remorquer les trains aux vitesses prescrites par le service de l’exploita-
- tion sur les voies établies par le service de la construction.
- Nous sommes donc conduits à examiner successivement dans le cas actuel :
- i° L’avant-projet de la construction;
- 20 L’établissement des horaires;
- 3U La question du matériel de transport ;
- 4° La question du matériel de traction.
- LliPiiunts dp IVt inélropoiiLjul .. Clicuûn»s«let'cr exista;ilti.
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- s,
- JAVEL ^
- Montparn,
- BILLANCOURT
- V/NCENNES
- CHARENTON MARNE R.
- BICETRE
- - IVRY
- FIG. 53. — PROJET DE CHEMIN DE FER METROPOLITAIN EN SOUTERRAIN
- C’est d’ailleurs sur ce dernier point que nous insisterons plus particulièrement, et si nous nous occupons du reste, c’est que cela nous est indispensable pour nous procurer les bases nécessaires à l’étude du matériel de traction.
- i° Examen de Vavant-projet de construction
- Augmenter la facilité des transports sans nuire à la facilité de circulation dans les rues, tel est le but que l’on poursuit en voulant établir de nouvelles
- voies dans un plan différent des voies existantes. Ce projet a déjà été réalisé à Londres et à New-York, et est en voie d’exécution à Berlin et à Vienne.
- A Londres, on a adopté la voie souterraine. Dans les autres villes, au contraire, on a adopté la voie aérienne.
- Depuis que la nécessité d’un pareil chemin de fer s’est manifestée à Paris, bien des projets ont été proposés. L’un des premiers est dû à M. l’ingénieur des ponts et chaussées Vauthier, et fut publié en mars 1872. Nous citerons encore ceux de MM. Louis Heuzé et Faliès, en date, l’un de 1878,
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- l'autre de 1880, et le projet de M. Chrétien en date de 1881.
- L’administration elle-même fit une étude de la question en 1878, d’après laquelle le Palais-Royal, transformé en gare centrale, était relié par des lignes souterraines avec les lignes des grandes compagnies.
- Nous signalerons encore deux projets, l’un en souterrain, qui a été déposé en décembre 1881 par.une société à l’appui d’une demande de soumission, l’autre qui comporte un chemin de fer aérien et est dû à un autre ingénieur des ponts et chaussées, M. Haag.
- Le premier consistait dans la création de cinq lignes :
- i* Ligne de Saint-Cloud aux chemins de Vin-cennes et raccordements ;
- 20 Des Halles au chemin de Ceinture (Rive droite) ;
- 3° De Montrouge au boulevard Jourdan ;
- 40 Du square Cluny au pont de l’Alma;
- 5° Du carrefour de l’Observatoire à la place de l’Etoile.
- Pour éviter des expropriations coûteuses, on a dû admettre des courbes de i5om de rayon, et pour ne pas abaisser par trop le plan des nouvelles voies au-dessous de celui des rues, il a fallu adopter sur plusieurs points des déclivités de 20m/mpar mètre.
- On pourra s’en rendre compte en examinant le profil en long de la ligne des Halles au chemin de fer de Ceinture qui est représenté sur la figure 2.
- On remarquera aussi que sur un parcours de 4,700 m., il n’y a que 200 m. de voie à ciel ouvert.
- Stations et ouvrages projetés........S7°“^t>€S ««.its 5T*«ouB?|;ST0ENtsi
- ' ° V...S. .EooutUtérilde975"'»d«loT>g,g
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- FIG. 54. «— PROFIL EN LONG DE LA LIGNE SOUTERRAINE, PROJETEE ENTRE LES HALLES ET SAINT-OUEN
- Cette proportion est à peu près constante sur toute la partie vraiment parisienne du projet.
- Enfin l’ensemble du réseau comporte 41 stations, sa longueur totale n’étant que de 38 kilomètres ; la distance moyenne de deux stations consécutives se trouve n’être que d’environ 900 mètres.
- De l’examen de cet avant-projet, il résulte donc que :
- i° La ligne serait presque toujours en souterrain ;
- 20 Elle comporterait des rampes de 20 m/m et des courbes d’un rayon de i5o m.
- 3° Les stations ne seraient distantes l’une de l’autre que de 900 m. en moyenne.
- M. Haag s’est inspiré de l’exemple donné à Berlin et à Vienne. Il repousse absolument un métropolitain souterrain, du moins pour le centre de Paris, et pense qu’il n’est pas possible de l’installer en viaduc sur les voies existantes. Suivant lui, la
- création du métropolitain devrait entraîner celle d’une nouvelle grande artère. Les voies, au nombre de quatre, seraient établies sur un viaduc en maçonnerie disposé au milieu d’un boulevard de 36 à 42 mètres de largeur, comme le sont aujourd’hui celles du chemin de fer de Vincennes à la sortie de la gâre de la Bastille. Quant aux lignes dont se compose ce projet, on les verra représentées sur le plan ci-joint.
- Il ne faut pas oublier qu’un tunnel à deux voies, ayant le gabarit normal, ne revient pas à plus de 5,ooo fr. le mètre courant. Or, à Paris, on doit estimer au moins à 1,000 fr. le mètre carré de terrain. Il y a là un argument bien fort en faveur du chemin de fer souterrain, qui n’aurait à faire aucune expropriation. Le projet de M. Chrétien se sert, il est vrai, des voies existantes, mais il n’admet que des constructions très légères, comme on pourra s’en rendre compte en examinant la figure 56, qui ne seraient peut-être pas compatibles avec un grand trafic.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 4S3
- Mais, que la voie soit souterraine ou aérienne, elle devra se développer à peu près parallèlement au plan des rues, et dans les deux cas les accidents du profil seront sensiblement les mêmes. C’est pourquoi, dans l’étude qui va suivre, nous prendrons souvent en considération le profil en long de la ligne souterraine de Saint-Ouen aux Halles qui constitue un document précis et qui sera pour nous comme un profil type. Il nous donnera une idée nette des obstacles à surmonter.
- Et, comme nous le verrons bientôt, le service de la traction sera plu? difficile, toutes choses égales d’ailleurs, en souterrain qu’à l’air libre. Raison de plus pour traiter la question comme si la voie devait être établie en souterrain continu.
- La question vient d’ailleurs d’être tranchée en faveur du chemin de fer souterrain. L’administration a adopté, au mois d’octobre dernier, un premier tracé, que l’on verra représenté sur la figure 55 bis. Comme on le verra, ce premier ré-
- «nSi Artère centrale
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- FIG. 55. — PROJET DE M. H'AG
- seau, destiné surtout à mettre en relation le centre de la ville et les quartiers d’affaires du 2e arrondissement avec la plaine Monceau et les grandes lignes de banlieue de l’Ouest et de Vincennes, n’est qu’une partie du projet représenté sur la figure 53.
- On ne sait pas encore si cette ligne suivra, entre l’Opéra et la Place de la République, les grands boulevards ou la rue du Quatre-Septembre, qui devrait être reliée à la rue Réaumur; mais tout porte à croire qu’on adoptera ce dernier tracé. En effet, il nous semble bien difficile d’exécuter d’aussi grands travaux sans intercepter toute circulation sur un assez long parcours, ce à quoi l’on ne sau-
- rait songer sur les grands boulevards. De plus, le profil de ces boulevards est absolument inégal. Pour ces raisons, nous pensons que les travaux d’installation de la voie seront plus faciles et moins chers si on lui fait suivre la rue du Quatre-Septembre.
- Dans la partie de cette rue actuellement ouverte, toutes les maisons sont neuves, construites dans de remarquables conditions de solidité, et auront beaucoup moins à souffrir des fouilles qu’on devra faire à leur pied que les vieilles maisons du boulevard. Enfin, cette prolongation de la rue du Quatre-Septembre n’est-elle pas reconnue, depuis
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- longtemps, nécessaire pour dégager les rues Montmartre, d’Aboukir et du quartier du Sentier, qui sont absolument impraticables à certaines heures de la journée ?
- Somme toute, ce premier réseau n’étant qu’une partie du grand réseau de la figure 53, et comme il est probable que ce dernier finira par être complètement exécuté dans l’avenir, car il répond bien aux
- besoins de la population parisienne, nous admettrons, dans l’étude générale qui va suivre, que c’est ce grand réseau que l’on se propose d’exécuter.
- 20 De rétablissement des horaires
- Le Métropolitain devra transporter des voyageurs et leurs bagages, et des marchandises.
- FIG 53 DIS
- Pour ce qui est des trains de voyageurs, ils devront être extrêmement multipliés et se succéder comme aujourd’hui le font les omnibus d’une même ligne. En effet, la durée du trajet sera relativement courte, et si les départs n’étaient pas des plus fréquents, un grand nombre de voyageurs pourraient trouver une économie de temps à se rendre d’un point' à un autre par tout autre genre de locomotion qu’ils auraient immédiatement à leur disposition. A Londres, les trains dans chaque direction se succèdent à deux minutes d’intervalle. Bien en-
- tendu, la fréquence de ces départs pourra varier selon les heures de la journée.
- Dans tous les cas, la distance entre deux stations consécutives quelconques devra être environ d’un kilomètre. Il sera donc tout naturel qu’un appareil de block-système soit établi dans chaque station, et que les trains se suivent à une distance moyenne de 900 mètres, ce qui donnerait un écart entre deux départs consécutifs de deux minutes, comme nous le verrons tout à l’heure.
- Au moment ou le service serait le plus actif,
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- quand un train partirait d’une station, le train sui- 1 débarquement des voyageurs seraient presque con-vant y arriverait, si bien que l’embarquement et le | tinus. Aux heures où il deviendrait moins actif, il
- FIG,
- >6
- serait naturel de doubler, de tripler l’intervalle des I tème permettrait d’opérer de cette manière, la plus trains. Le rapprochement des postes de block-sys- | simple de toutes. Quant à la vitesse, elle doit être
- FIG. 57. — VOITURE A COULOIR CENTRAL DU TYPE AMÉRICAIN
- aussi grande que possible, puisque l’on fait le sacrifice d’établir une voie spéciale. Néanmoins il est difficile d’atteindre une limite bien élevée sur.
- un profil aussi accidenté et avec des arrêts aussi fréquents.
- Nous ne pensons pas qu’on puisse dépasser le
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- résultat obtenu sur le chemin do fer. de ceinture entre Paris-SaintrLazare et Auteuil, où une distance de 9 kilomètres, qui comprend six stations intermédiaires, est franchie en 24 minutes.
- En comptant une minute pour chaque stationnement intermédiaire, on voit qu’on réalise une vitesse effective moyenne de 3o kilomètres à l’heure, et si l’on tient compte des temps perdus pourlesdé-marrages et les arrêts, que les trains doivent acquérir une vitesse supérieure à 40 kilomètres à l’heure entre deux stations consécutives.
- Nous devrons faire ici une remarque importante : les trains, comme nous l’avons vu, devront être si rapprochés les uns des autres qu’il sera nécessaire de les faire marcher à une vitesse presque constante; en effet, un ralentissement notable sur une rampe forte, ferait masser tous les trains les uns derrière les autres à des distances trop faibles.
- Le poids de chaque train ne devra pas être trop élevé, étant donné la fréquence des départs. On a proposé de les composer de la manière suivante :
- « On emploiera des voitures du système améri-« cain de i3m,5o de longueur, qui, reposant sur « deux châssis indépendants, supportés par quatre * roues chacun, pourront facilement passer dans « des courbes de i5o mètres de rayon.
- « Chaque train formé d’une voiture de irc classe, « de trois voitures de 2° classe et d’un fourgon, « pourra contenir 284 voyageurs, et aura un poids « brut d'environ 60 tonnes. »
- Nous adopterons ce chiffre pour ce qui va suivre.
- Pour ce qui est des marchandises, celles-ci se composeront : i° des bagages des voyageurs qui seront transportées dans les fourgons de chaque train ; i° des échanges entre Compagnies et de l'approvisionnement des Halles.
- Il faudra faire ainsi des trains de marchandises spéciaux. Ceux-ci ne pourront circuler que pendant la nuit à cause de la trop grande fréquence des trains de voyageurs pendant le jour. Quant à leur vitesse elle pourra être réduite, et leur poids augmenté, sans que cela puisse avoir lieu, cependant dans des limites fort étendues, si l’on veut que le même matériel qui servira pendant le jour à la traction des trains de voyageurs, puisse servir pendant la nuit à la traction des marchandises.
- 3° Du matériel de transport
- Nous avons dit que le matériel à voyageurs se composerait de grandes voitures à l’américaine avec couloir central et plate-forme aux deux extrémités (voirfig. 57). Ce type est très logique, car il permet de réserver, une entrée et une sortie distincte pour chaque wagon. Les voyageurs qui doivent des-
- cendre à une station se réuniront d’avance sur la plate-forme de sortie. Ceux qui monteront trouveront immédiatement un espace libre sur la plateforme d’entrée, et pourront se caser définitivement une fois le train en marche.
- Cette disposition permettra sans doute de diminuer beaucoup la longueur des arrêts, ce qui est d’une extrême importance.
- Or il faut prévoir que, dans un avenir rapproché, les besoins du public exigeront que, surtout le dimanche pour la banlieue, il y ait des voitures qui partent de l’intérieur de Paris directement pour les environs. Le matériel nécessaire sera fourni naturellement par les autres Compagnies qui y trouveront leur bénéfice.
- Nous ne faisons cette remarque, comme celle qu va suivre qu’au point de vue des nécessités de traction.
- Quant au matériel à marchandises, il se composera surtout de celui des autres Compagnies, c’est-à-dire de wagons pesant 5 tonnes, ayant une longueur de 7 mètres et pouvant porter 10 tonnes. Ce matériel est susceptible de franchir des courbes de i5o mètres.
- Marcel Deprez. Maurice Leblanc.
- (A suivre.)
- EXPOSITION
- D’UN MOBILIER DE SALLE DU TRONE
- ÉCLAIRÉ PAR
- LES LAMPES-SOLEIL
- En ce moment où les meetings anarchistes et les explosions par la dynamite viennent si souvent troubler la tranquillité de quelques unes des principales villes de l’Europe, l’exposition qui s’ouvrait tout dernièrement en plein faubourg Saint-Antoine, dans le quartier le plus populeux de Paris, aurait pu faire croire que nous avions tout d’un coup reculé de quelques siècles.
- Cependant la lumière électrique éclairant le vaste hall où se trouvaient les objets exposés, dissipait bientôt tous les doutes et l’on reconnaissait, qu’en plein dix-neuvième siècle, un roi avait voulu satisfaire la fantaisie de renouveler le mobilier de sa salle du trône.
- Frapper l’imagination des peuples a été, dès les temps les plus reculés, le système favori des souverains et, malgré les progrès accomplis il n’y a rien de nouveau sous le soleil, pas plus sous celu qui éclaire le monde que sous les rayons de la lampe électrique qui porte le même nom.
- Quoi qu’il en soit, le public parisien mis en goût de fêtes byzantines par les représentations de
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- S.VLLC DU TRÔNE DU ROI DE ROUMANIE ECLAIREE PAR LA LAMPE-SOLEl
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- Théodora au théâtre de la Porte Saint-Martin, a répondu avec empressement aux invitations lancées dans le monde select, par la maison Krieger, pour venir visiter ce mobilier de la salle du trône du roi de Roumanie.
- MM. A. Damon et C° ont entouré cette exhibition de tout l’apparât qui convenait à la circonstance ; les visiteurs, venant par la grande porte principale, étaient conduits à travers une série de galeries encombrées de meubles et de machines en mouvement où de loin en loin des lampes à huile donnaient une modeste clarté pour préparer la transition qui devait se produire lorsqu’on entrait dans la salle du trône resplendissante de dorures.
- L’installation électrique a été organisée par notre collaborateur M. Street, l’un des ingénieurs de la lampe-soleil, qui a employé de la façon la plus heureuse les beaux foyers dont nous avons déjà décrit, dans ce journal, quelques applications pour les éclairages de luxe, notamment à l’occasion des premières expériences tentées dans le salon mauresque de l’Hôtel Continental, au foyer de l’Opéra, dans certaines fêtes particulières, etc., etc.
- Plusieurs lampes habilement placées au-dessous d’un plafond factice surmontant les riches décorations de la salle projetaient sur tout l’ensemble une lumière chaude et calme qui donnait un aspect tout à fait grandiose à ce ruissellement de dorures.
- Le dessin ci-contre montre en perspective les diverses parties de la décoration exécutée par l’une des plus importantes maisons d’ameublement de Paris, maison qui a obtenu cette commande après un concours auquel de grands fabricants de Roumanie et d’Allemagne avaient aussi pris part. Le style un peu lourd de presque toute l’architecture a sans doute été imposé, mais tous les ornements en sont d’un goût exquis et leur exécution est des plus remarquables.
- En entrant, sur la droite,se trouve le dais royal, soutenu par deux lances de tournoi, et surélevé sur des gradins que recouvre un splendide tapis d’Orient; toutes les draperies sont en velours cramoisi à crépines d’or, comme les tentures qui ornent les parois des autres parties de la salle ; en face de l'entrée, une galerie, plus gracieuse de style que le reste de l’ornementation, abrite des epèces de crédences à colonnettes et à balustres, ce qui permet des jeux de lumière du plus séduisant effet.
- Le trône du roi Charles de Roumanie et celui de la souveraine placé côte à côte sous le grand dais qui forme le motif principal, sont massifs et exécutés en chêne doré comme toutes les autres boiseries, mais avec une accumulation étonnante de sculptures à très petits reliefs et des incrustations merveilleuses de cabochons, de rubis, de saphirs et d’onyx.
- Le Palais-Royal de Bucharest, qui n’est en somme qu’un monument très bourgeois, va posséder
- ainsi un ameublement des plus somptueux, non seulement dans la salle du trône, mais encore dans la plupart des salons de réception, où vont aussi être apportés des meubles provenant des mêmes fabriques françaises.
- Pour installer les lampes-soleil dans l’usine de la maison Krieger, la force motrice était facile à trouver puisque de puissants moteurs à vapeurs mettent en mouvement une innombrable quantité de machines-outils, telles que raboteuses, perceuses, tours, scies circulaires, scies à découper, etc., etc.; mais si la force était en abondance, la place pour une dynamo dans le sous-sol n’était pas commode à utiliser de façon à avoir un fonctionnement régulier. Le problème a pourtant été on ne peut plus heureusement résolu en plaçant dans un coin du sous-sol la dynamo sur un socle de maçonnerie et, en mettant sur sa poulie une courroie mue par la transmission générale ; la machine électrique employant alors la force qui était utilisée pour mettre en mouvement une raboteuse placée au-dessus sur le plancher de l’un des ateliers.
- Nous savons que le roi de Roumanie qui, d’après la petite exposition dont nous rendons compte aujourd’hui, semble affectionner les productions byzantines, est un des souverains qui se tient aussi au courant des progrès scientifiques modernes; déjà son château des environs de la capitale possède une installation d’éclairage électrique; le mobilier de la salle du trône qui va orner le palais de Bucharest sera encore éclairé par les nouveaux procédés puisque une installation complète de lampes à incandescence a été commandée ; mais nous doutons que les petits foyers, quelque multipliés qu’ils soient, puissent produire un éclairage aussi réussi que celui qui a été obtenu ici au moyen de la lampe-soleil.
- C.-C. Soulages.
- SUR
- LA PILE A OXYDE DE CUIVRE
- L’étude que j’ai publiée dans ce journal (t. XII, page 448), a donné matière à controverse à M. de Lalande. (T. XIII, page 77).
- « Lorsqu’on détermine, dit le savant inventeur, la force électromotrice E et la résistance y d’un élément quelconque, pour lequel ces deux grandeurs varient avec le régime (et l’on peut affirmer que cette variation a lieu d’une façon à peu près générale, sauf peut-être dans le cas de l’élément Daniell), on institue deux expériences dans lesquelles le couple travaille sur deux résistances extérieures différentes. Par des mesures d’intensité,
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- ou mieux, comme dans les expériences de M. van derVen, de différence de niveau entre deux points de la résistance extérieure, on obtient deux relations entre E et y.
- (> Mais si ces deux valeurs varient en passant d’un régime à un autre, les deux relations, ainsi établies, permettent seulement de trouver une sorte de valeur moyenne entre les états définis par les deux expériences. Ces valeurs moyennes permettent bien de calculer le travail de la pile sur une résistance extérieure comparable à celle des observations, mais ce n’est que par une véritable extrapolation assez incertaine que l’on appliquerait les constantes ainsi trouvées à un régime différent.
- « Mais il est une objection plus importante à faire à ces mesures, c’est qu’elles ont été prises sur un élément qui parait avoir été chargé dans des conditions tout à fait différentes des conditions normales que nous avons indiquées. Nous recommandons d’employer une solution de potasse caustique à 3o ou 40 0/0, et la solution employée par M. van der Yen ne renfermait que 23 0/0 de potasse. Cette condition a dû changer, dans une large mesure, les constantes de la pile, et notamment sa résistance et son débit total. »
- Lorsque le numéro du journal qui contenait la lettre de M. de Lalande parvint à mon adresse, j’étais parti en voyage pour quelques semaines, et ce n’est que pendant cette absence que j’ai pris connaissance de ce qui précède.
- J’ai dû alors me contenter de répondre ce qui suit (t. XIII, page 237) :
- « Le résultat de mes expériences, aussi bien que tout ce qui en a été déduit, ne doit être considéré comme valable que dans les cas où l'on se sert de la pile de M. de Lalande dans des circonstances conformes à celles dans lesquelles elle a travaillé pendant ces expériences, c’est-à-dire dans les cas où la résistance extérieure n’est pas plus de
- ^^ — 5 fois celle intérieure. Et, dans ce cas, la force électromotrice ne pourra différer notablement de 0.66 volt, ni la résistance intérieure de 0,075 ohm.
- « Aussi, quand M. de Lalande dit que mes expériences permettent bien de calculer le travail de la pile sur une résistance comparable à celie des observations, « mais que ce n’est que par une véri-« table extrapolation assez incertaine que l’on ap-« pliquerait les constantes ainsi trouvées à un ré-« gime différent », cette remarque ne peut avoir rapport qu’à ce que, selon moi, « il est évident « qu’on ne saurait se servir de la pile pour les buts « qui exigent une grande différence de potentiel « dans les différentes parties du circuit. »
- « Et, en effet, il se peut très bien que je n’aie pas eu le droit de faire cette conclusion, qui, après
- tout, ne fait que témoigner d’une trop grande confiance dans l’action dépolarisante de l’oxyde de cuivre, par laquelle la naissance d’un courant de polarisation d’une intensité variable avec le régime serait absolument empêchée.
- « Enfin, il me faut avouer que mes mesures ont été prises sur un élément qui a été chargé dans des conditions différentes de celles indiquées par M. de Lalande. Le fait est que j’ai bien mal compris M. de Lalande quand il recommande d’employer une solution de potasse à 3o ou 400/0. En voulant suivre son précepte, j’ai employé une solution de 900 grammes de potasse caustique dans 3 000 gr. d’eau, tandis qu’à présent il me paraît qu’il aurait fallu que les 900 grammes de potasse fissent partie de la solution de 3 000 grammes. De sorte que le degré de concentration a été d’environ 70/0 au-dessous de celui prescrit.
- I Je fais d’autant plus tôt amende honorable de cette méprise, qu’une restauration de mon laboratoire à Haarlem m’ôte l’occasion de la redresser immédiatement. Aussitôt que j’y serai de retour, j’espère faire de la pile de M. de Lalande l’objet d’un nouvel examen, dans lequel il sera tenu compte des conditions dans lesquelles l’inventeur lui-même a voulu qu’elle travaille. »
- Aussitôt que je fus rentré de voyage, j’ai repris, comme je l’avais promis, mes recherches sur l’élément.
- Cependant ces recherches ont eu une durée plus longue que je ne m’y étais attendu; une circonstance, qui est tout à l’avantage du couple, parce que cette longue durée est principalement due à ce que sa force électromotrice était presque constante pendant des semaines, même lorsque, pour des raisons qui paraîtront dans le cours de cette étude, j’avais substitué le travail continu au travail discontinu. Il arriva encore que, lorsque la dernière série de mes expériences fut terminée, des travaux d’une autre nature m’ont forcé de différer la rédaction des résultats pendant plus de deux mois.
- II va sans dire que j’ai pris soin de ne pas commettre une seconde fois la faute, qui a eu pour conséquence que, lors de mes premières expériences, la concentration de la solution alcaline a été de 7 0/0 au-dessous de la valeur que j’avais eu l’intention de donner à cette solution. Le présent élément contenait 900 grammes de potasse solide, sur 2 100 grammes d’eau et 900 grammes d’oxyde de cuivre.
- Dans les calculs, qui paraîtront dans cette étude, j’ai fixé à 0,075 ohm la résistance intérieure de l’élément. Cette valeur était la moyenne des résultats de mes expériences antérieures, et elle pouvait en être déduite avec bien plus d’exactitude que de celles dont je vais communiquer les résultats.
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- Car il résulte de l’équation
- que dans la méthode que j’ai suivie, cette exacti-titude augmente avec la différence de niveau r— entre deux points du circuit extérieur, qui pourtant doivent ne pas être séparés par une partie de ce circuit, dont la résistance l' est grande. Et on n’atteint ce double but que quand — comme cela était le cas dans mes expériences antérieures — l’intensité du courant est grande par suite de la faible résistance extérieure. Donc, comme ces nouvelles séries d’expériences ne sont faites que pour voir jusqu’à quel point avec une augmentation de la résistance extérieure et avec une diminution équivalente de l’intensité du courant, la force électromotrice de l’élément devient plus grande, la valeur de y, déduite de nos premières expériences, en résultera avec une plus grande exactitude que de celles qui font l’objet de mes présentes recherches.
- Ajoutons encore que dans cette étude, les notations sont les mêmes que celles dont je me suis servi dans la première. Ainsi, r et r2 représentent les 3ooièmes parties d’un fil de platine qu’il a fallu introduire dans le circuit, dans le cas où il s’agissait de comparer la force éléctromotrice de deux couples Bunsen, respectivement à la différence de niveau E des électrodes du couple examiné et à la force électromotrice D d’un couple Daniell. De ces données directes de l’expérience, la valeur E a été déduite au moyen de l’équation
- Première série.
- Résistance extérieure totale : / = 11,17 ohms. Durée du travail continu : 240 heures. Valeur initiale de E : 9,91 volts
- — finale de E = o,76 —
- . . 0,84
- — moyenne de 1 = ~ 0,075 amp.
- Deuxième série.
- Résistance extérieure totale : 7 = 2,o3 ohms. Durée du travail continu : 168 heures. Valeur initiale de E : 0,78 volts
- — finale de E = o,78 —
- — moyenne de 1= yqp—~ 0,87 anlp'
- Troisième série.
- Résistance extérieure totale : 7 = 0,978 ohms. Durée du travail continu : 912 heures. Valeur initiale de E=o',7i volts
- — finale de E = o,28 —
- — moyenne de E = o,45
- 0.71
- — initiale de 1 = 71------0,68 amp.
- <4-0,075 *
- — moyenne de 1 = ^0,075 = 0,43 —
- Si nous mettons en regard les résultats de ces trois séries et de celle publiée dans notre notice antérieure, il paraît que M. de Lalande avait parfaitement raison, lorsqu’il mettait en avant la variabilité de la force électromotrice de son élément avec le régime. En effet, nous avons trouvé successivement :
- Pour une intensité de 2,4 ampères. . E = o,66 volts.
- — — — 0,68 — . . E = 0,71 —
- — — — 0,37 — . . E = o,78 —
- — — — 0,075 — . . E = o,9i —
- Mais il paraît aussi qu’une force électromotrice de 8 à 9 volts ne correspond qu’à des intensités de courant, qui sont au dessous d’un demi-ampère; de sorte que pour faire brûler une lampe Edison — dont un foyer de i3 bougies exige une intensité de courant de 0,9 ampères — il faudra mettre en tension le nombre considérable d’éléments, qui, avec une force électromotrice de tout au plus 0,7 volts et par une résistance de 54 ohms, fournit un courant de la dite intensité.
- Pourtant ce résultat n'est pas le seul, ni même le plus important, que je veuille déduire de ces nouvelles recherches. Elles m’ont beaucoup appris sur le rapport qui, par un régime différent, existe entre la consommation réelle et la consommation théorique du zinc dans l’élément.
- Déjà pendant mes premières expériences, j’avais vu que la consommation réelle dépassait de beaucoup la consommation théorique. Alors cependant j’ai attribué cette circonstance à la discontinuité du travail; car je n'avais pas sorti la plaque de zinc de la solution alcaline pendant les heures que l’élément ne fonctionnait pas. Pendant ces périodes de repos, la formation de zincate allait tranquillement son train, et elle aura duré jusqu’à ce que la diminution de la quantité de potasse caustique en solution y mit fin.
- L’expérience suivante m’a prouvé que la dite formation est assez importante à la température ordinaire.
- Une petite plaque de zinc, qui avait été exposée sept jours à l’action d’une solution de potasse à 3o 0/0 perdit en ce temps huit grammes de son poids sur une surface immergée de 72 centimètres carrés. Lorsque quelques jours après, je pesai de nouveau cette plaque, j’ai constaté qu’elle n’avait plus rien perdu de son poids. Et quoique j’eusse amalgamé, il parut que la couche d’amalgame avait assez promptement disparu, surtout à la surface inférieure, qui était tournée vers l’oxyde de cuivre.
- Il suit de cette expérience que, toutes autres circonstances étant égales, la plaque de zinc dont nous nous sommes servi dans l’élément et dont la surface immergée était de 1440 centimètres carrés, peut avoir perdu 160 grammes, dont la consomma-
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- tion n’a pas contribué à la production d’énergie électrique.
- Voyons à présent ce que les trois nouvelles séries nous apprennent de la quantité de zinc aux dépens de laquelle l’énergie électrique a respectivement été obtenue.
- Première série.
- 0,075 ampères pendant 240 heures = 18 ampères en 1 heure.
- Comme la production d'un ampère pendant une heure, exige dans l’élément la consommation de i.23 grammes de zinc, la consommation théorique sera
- 18 X 1,23 grammes = 22,14 grammes.
- La plaque de zinc pesait
- Avant les expériences...... 2,325 grammes
- Après — ........ 2,207 —
- de sorte que la consommation réelle a été de 118 grammes, ou plus de cinq fois la consommation théorique.
- Deuxième série
- 0,37 ampères pendant 128 heures = 62,16 amp. en 1 heure. Consommation théorique : 62,16 x i ,23 gr.
- = 8o,5 gr. de zinc.
- Comme la plaque de zinc avait :
- Avant les expériences un poids de. . . 2,307 grammes.
- Après — — ... 2,034 5 —
- la consommation réelle a été de 272,5 grammes, c’est-à-dire qu’elle s’est élevée à plus de trois fois la consommation théorique.
- Troisième série
- 0,43 ampère pendant 912 heures - - 392,16 amp. en 1 heure. Consommation théorique : 392,16 X i,s3 gr.
- = 482,4 gr. de zinc.
- La plaque de zinc pesait :
- Avant les expériences.... 2,210 grammes.
- Après — ........ 1,732 —
- de sorte que la consommation réelle a été de 479 grammes, ou environ égale à la consommation théorique.
- En mettant en regard ces trois résultats, on voit que pour le régime suivi en dernier lieu l’énergie électrique a été obtenue de la manière la moins coûteuse, de sorte qu’au moyen d’un élément, monté de la manière indiquée, l’énergie chimique est d’autant moins parfaitement convertie en énergie électrique que le débit s’abaisse au-dessous de 0,67 ampère, pendant la période où la solution alcaline est encore assez concentrée pour favoriser la formation gratuite de zincate de potasse.
- L’expérience a prouvé à M. de Lalande (*) que le débit ne doit pas dépasser 1 ampère à 1 ampère 1/2 par décimètre carré de surface dépolarisante active, « si l’on ne veut que cette surface soit trop petite pour empêcher le développement d’un courant de polarisation notable. * Cette expérience indique une limite supérieure au débit, qui dépend des dimensions de l’élément, tandis que nos expériences indiquent la limite inférieure de l’intensité de courant, limite que, dans un élément de dimension quelconque, mais monté avec une solution alcaline de 3o 0/0, on ne saurait atteindre sans que la production de l’électricité se fasse d’une manière de plus en plus coûteuse.
- Il s’ensuit que, dans le cas où l’on se propose d’obtenir un courant plus faible, on fera bien de ne choisir la concentration de la solution alcaline de manière que cette concentration soit en rapport avec l’intensité de ce courant.
- Dr E. Van dër Ven.
- Haarem, 25 février i885.
- SUR QUELQUES
- DISPOSITIONS GALVANOMÉTRIQUES
- Dans les recherches sur la chaleur et l’électricité animales le physiologiste a besoin parfois d’avoir des galvanomètres d’une grande sensibilité. Il est bon en même temps que ces appareils soient d’une extrême simplicité pour que l’expérimentateur puisse les construire lui-même avec ies moyens dont on dispose dans un laboratoire de recherches.
- C’est le cas particulier où je me suis trouvé en 1875, alors que j’aidais Claude Bernard dans ses recherches sur la chaleur animale. Pour le cours d’électro-physiologie que je professe depuis trois ans au collège de France, j’ai dû également combiner différents appareils de démonstration que je confectionne moi-même au fur et à mesure de mes besoins.
- Avant de publier in extenso dans ce recueil mes leçons d’électro-physiologie, je crois utile de donner une description succincte de ces petits appareils que tout le monde peut réaliser sans difficultés.
- Voici d’abord deux appareils astatiques combinés en 1876 et qui m’ont servi à cette époque pour illustrer, comme disent les anglais, les leçons de mon vénéré maître. Les figures 1 et 2 représentent ces appareils.
- Un levier très léger 3 (une paille) portant un miroir 2 est suspendu à un fil de cocon 1. A une des extrémités de ce levier horizontal est fixée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une pointe d’aiguille 4 sur laquelle peut tourner un petit barreau aimanté 5 équilibré par le contrepoids 3. Les deux extrémités de ce barreau s’engagent dans deux solénoïdes 6 6' placés dans le
- FiG I
- méridien magnétique et enroulés convenablement. La terre oiiente le barreau 5 qui peut tourner sur le pivot 4, mais elle n’exerce aucune action directrice sur le levier 3 qui reste uniquement soumis à la force de torsion du fil 1, force qui peut être aussi faible qu’on le désire. On a ainsi un appareil d’une extrêm e sensibilité sur lequel l’aimant terrestre n’a
- FIG. 2
- Le second appareil (fîg. 2) ressemble extrêmement à un équipage astatique de Nobili; il en diffère néanmoins par la construction qui en fait
- 4 4
- FIG. 3
- un équipage astatique beaucoup plus fortement aimanté que celui de Nobili.
- Il se compose de deux petits aimants formés
- aucune action. C’est la transformation en galvanomètre du dispositif bien connu servant à démontrer que le magnétisme terrestre se réduit à un couple.
- d’un fil d’acier ou d’un ressort de montre recourbé en U. On a ainsi deux aimants en fer à cheval NS N'S'. Je les adosse de façon que l’ensemble forme deux aiguilles NS' N'S comme dans 1’équipagé
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 463
- de Nobili auquel je le substitue dans le galvanomètre ordinaire.
- On a ainsi un appareil beaucoup plus sensible que ce dernier.
- Les appareils que je vais décrire à présent, ont été montrés à mes leçons depuis 1882.
- Celui qui est dessiné (fig. 3) constitue une es-
- pèce de galvanomètre Thomson dans lequel j’ai supprimé le fil de cocon.
- On prend deux petites aiguilles à coudre (1, 2) que l’on colle au dos d’un miroir concave (3), on fait reposer ces aiguilles par leurs pointes sur une lame aimantée N disposée horizontalement, et on place le tout dans une bobine (44). On a ainsi un système fortement aimanté qui pivote autour des pointes d’aiguilles comme axe et qui est, par conséquent, extrêmement mobile. La construction en est, on le voit, des plus simples.
- La figure 4 représente un appareil polarisé du
- FIG. 6
- même genre, construit un peu différemment. On prend deux longues aiguilles à coudre qu’on recourbe à angle droit à leur grosse extrémité (1, 2), on les enfonce dans un bouchon de liège (3) et on les dresse verticalement, les pointes en bas, sur un aimant NS, en fer à cheval disposé verticalement.
- On donne au système un équilibre plus ou moins
- stable par un petit contrepoids (4). Les bouts recourbés des aiguilles pénètrent dans deux solénoï-des 5, 5'. Au-dessus de la traverse 3 on colle un miroir courbe (6) au-dessous d’un prisme réflecteur à angle droit (7), le tout est porté sur une planchette qu’on dresse verticalement. Cet appareil est extrêmement sensible.
- La figure 5 représente un appareil à solénoïdes analogue, mais couché horizontalement et non polarisé. Il se compose d’un fil d’acier aimanté recourbé en U (1) et suspendu par une de ses branches par un fil de cocon (2) portant un miroir (3) faisant corps avec l’aimant. Chaque bout de l’U aimanté est recourbé à angle droit horizontalement pour pouvoir pénétrer dans deux solénoïdes 4 et 5. Cet appareil est très faiblement dirigé et présente une grande sensibilité.
- La figure 6 représente un appareil vu en projection horizontale. Il se compose d’un fil d’acier aimanté NS, recourbé comme l’indique la figure. Les deux pôles pénètrent dans un solénoïde uni-nique (1). L’appareil est suspendu à un fil de cocon par la traverse (2) en liège portant en son milieu un crochet muni d’un miroir. J’ai imaginé n’autres dispositifs, mais ceux que je viens de décrire ont l’avantage de pouvoir être construits par tout le monde. Du fil d’acier, quelques aiguilles à coudre et des bobines de téléphone suffisent pour cela.
- Dr A. d’Arsonval.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- Analyse quantitative a l’aide de l’électro-lyse. — M. le professeur Classen, d’Aix-la-Chapelle, qui, depuis quelques années, s’est occupé de développer des méthodes électrolytiques pour l’analyse quantitative, a publié depuis peu plusieurs expériences nouvelles dans les comptes rendus de la « Deutsche chemische Gesellschaft ».
- Il trouve que les éléments de Meidinger, etc., qui donnent des courants constants pendant un temps assez long, ne sont pratiques que pour très peu de cas (par exemple pour la précipitation du cuivre, du bismuth ou du cadmium), parce que, même quand on emploie plusieurs éléments, l’intensité du courant est trop faible pour opérer la séparation quantitative de la plupart des métaux dans les solutions des sels doubles d’acide oxalique. C’est seulement pour l’électrolyse de ces métaux qui se séparent par un courant fort sous forme spongieuse , qu’il se sert de deux éléments Bunsen
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- montés en dérivation. Mais il n’est pas facile de produire par la combinaison de deux éléments Bunsen un courant qui corresponde à 1,5752 centimètres cubes de gaz détonant, 11 il est encore plus difficile de maintenir constant le courant pen dant douze à quatorze heures de suite. Un grand nombre de déterminations d’antimoine, ou plutôt sa séparation électrolytique de l’étain, ont donné ce résultat, qu’il vaut mieux réduire le courant de deux éléments Bunsen à environ 2 centimètres cubes de gaz détonant par minute par l’intercalation d’une simple résistance.
- M. Classen ne recommande pas l’emploi de piles thermo-électriques, parce que ces appareils ne donnent pas assez d’intensité, et que lorsqu’on les emploie souvent, elles cessent quelquefois de fonctionner. M. Classen s’est servi d’une machine magnéto-électrique de Siemens et Halske, qui est munie de l’appareil suivant pour produire des courants de toutes intensités :
- Sur l’axe de la bobine de la machine se trouve une poulie, correspondant à une seconde poulie sur un renvoi. Le renvoi porte cinq poulies combinées de 3o, 25, 20, i5 et 10 centimètres de diamètre, et correspond à un second renvoi avec des poulies de la même construction. Le renvoi est muni d’une poulie mobile et d’une poulie fixe pour le débrayage, et il est relié avec la transmission principale. Donc, selon qu’on prendra une poulie ou l’autre, le nombre de tours de la machine magnéto-électrique variera. La vitesse observée de la machine par cette disposition est de sept cents, cinq cents, trois cents, deux cents et cent tours par minute. Afin de pouvoir régulariser encore plus exactement l'intensité du courant, M. Classen intercale un régulateur avec des bobines de résistance et six contacts (rz 0.001, 0.02, 0.06, i.q5 et 3 ohms),de sorte qu’il est en état d’employer la machine pour toutes déterminations et réparations. L’effet de ce rhéostat résulte du tableau suivant :
- Ohms Atn-
- résistance pèles (')
- o 7,46
- 3 2,20
- O 4,62
- 3 i, 3o
- o i .q5
- 3 0,57
- O 0,54
- 3 0,0g
- o 0,28
- 3 0,02
- - Il employa une capsule mince de platine comme électrode négative, puisque les capsules en nickel
- (>) 1 ampère = 10436 centimètres cubes de gaz détonant par minute.
- plaqué de platine, en usage autrefois, n’ont pas été trouvées pratiques. Les capsules de platine doivent être parfaitement polies, car plusieurs métaux ne se séparent pas bien dans des capsules martelées. Si par exemple on se sert de capsules martelées pour la séparation du zinc des sels doubles d’acide oxalique, on obtient, après la dissolution du métal dans l’acide, une légère couche grise (probablement un alliage de zinc et platine) qui est difficile à éviter.
- M. Classen donne toute une série de séparations quantitatives électrolytiques exécutées par lui, dont l’exactitude est constatée par les preuves analytiques, mais dont la description aurait plus d’intérêt pour le chimiste que pour l’électricien.
- Toutefois, ces méthodes électrolytiques offrent un moyen simple et sûr d’exécuter des analyses quantitatives bien plus rapidement que par la voie ordinaire de l’analyse.
- M. Classen a l’intention d’employer pour ses expériences futures une dynamo munie d’un appareildans lequel le courant principal de la machine traverse une résistance artificielle avec beaucoup de subdivisions, et où la différence de potentiel aux bornes est rendue constante. Dans chaque subdivision il y a une certaine différence de potentiel constante, qui reste invariable, même quand un courant dérivé y est ajouté, pour alimenter une autre expérience avec une faible intensité de courant. De telles machines —qui ont déjà été construites plusieurs fois par Siemens et Halske pour l’électrolyse — donnent jusqu’à soixante ampères avec dix volts ; quarante ampères traversent la résistance, de sorte que vingt ampères restent pour les expériences électrolytiques. Avec cette disposition, il est possible de poursuivre un assez grand nombre d’expériences différentes, sans que l’une nuise à l’autre.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE d’üN TRAIN DE CHEMIN DE
- fer. — Depuis quelque temps déjà la direction des chemins de fer royaux à Francfort-sur-le-Mein a fait des expériences relatives à l’éclairage électrique des coupés : expériences qui ont été reprises sur une plus grande échelle ^entièrement, et (à ce qu’il semble) avec un succès parfait.
- On a choisi la ligne entre Fulda et Sachsenhau-sen, une distance de 106 kilomètres. Le train employé consiste en un wagon à bagages, deux wagons de première et de seconde classe, et un wagon de troisième classe. Le wagon à bagages sert à la réception d’une machine dynamo de la maison Mœhrig à Francfort, et de vingt-six accumulateurs. Sous les wagons au-dessous de la machine dynamo se trouvent des cônes tronqués correspondant à de seconds cônes tronqués attachés à un des axes du wagon. La forme des cônes tronqués ainsi que le diamètre des poulies sont choisis de manière à rendre constante la vitesse
- La première vitesse de la machine est avec La seconde —
- La troisième — —
- La quatrième —
- La cinquième - —
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 465
- de rotation de la dynamo quand le train a une vitesse de trente à soixante-dix kilomètres par heure. La transmission de la force aux machines dynamos et au régulateur (nécessaire par suite de la vitesse changeante du train) est effectuée par un louage alternatif et des poulies assorties. A l’aide d’un gyrotrope instantané le circuit dans lequel la machine dynamo est intercalée est rompu automatiquement aussitôt que le train s’arrête, ou qu’il va plus lentement que trente kilomètres par heure ; et dans ce moment, par le même appareil, les accumulateurs sont intercalés dans le circuit. Pendant que le train est en pleine course, la charge des accumulateurs est effectuée, les lampes étant intercalées ; de sorte que le courant de la dynamo passe à travers les accumulateurs aux lampes. Pendant le jour les lampes ne sont pas intercalées dans le circuit, et les accumulateurs sont chargés pendant là course.
- La charge entière sur le wagon par les appareils qui se trouvent dessous, protégés de toute poussière, etc., par une boite en bois, par la machine dynamo et les accumulateurs est de six cents kilogrammes. L’installation coûte à peu près 2 5oo marks. Il y a dans le train douze lampes à incandescence, dont deux se trouvent dans le wagon des machines, deux dans le wagon de troisième classe et huit dans les deux wagons de première et seconde classe. Mais les accumulateurs et les machines dynamos suffiraient à éclairer encore deux wagons.
- L’installation dans les coupés pour l’éclairage électrique coûte soixante-cinq à quatre-vingts marks par wagon. Les frais d’exploitation sont par lampe et par heure à peu près o,8 pfennigs. Dans les wagons d’essai l’éclairage électrique se trouva être très constant pour des vitesses variables du train, aussi bien que pendant les arrêts aux stations. C’est seulement en entrant et en sortant des stations qu’on s’apercevait d’un petit vacillement dans la lumière, causé par le changement entre l’aliment tation par la machine dynamo et par les accumulateurs.
- Pendant un service de six mois les accumulateurs n’ont rien perdu ni de leur capacité de charge ni de leur effet. Pendant un voyage d’essai ils ont servi — après une charge préliminaire de quatre heures — à alimenter les lampes pendant cinquante-cinq minutes ; — et après un arrêt du train de vingt-quatre heures ils donnaient encore un courant suffisant pour éclairer le train pendant une heure, — et le jour suivant pendant 4b minutes encore.
- L’installation entière se distingue en ce que toutes les régularisations, intercalations, etc. sont effectuées automatiquement par le mécanisme lui-même ; le conducteur du train n’ayant qu’à tourner une manivelle au moment où il part, pour mettre en marche tous les appareils.
- REPRÉSENTATION ACOUSTIQUE DE L’iNDUCTION DANS LES AIMANTS PAR LE MAGNÉTISME TERRESTRE.
- M. le docteur Schaper a démontré d’une manière très simple à son auditoire l’induction par le magnétisme terrestre dans les aimants, par l’intercalation de plusieurs téléphones dans un circuit dans lequel l’un est séparé des autres par des fils conducteurs assez longs.
- Si l’on interrompt d’une façon alternative le circuit, en glissant par exemple un ressort de contact sur une roue dentée ; et que l’on remue toujours le téléphone de façon que le pôle nord et le pôle austral soient alternativement en haut, — on entend à chaque mouvement un craquement dans tous les téléphones simultanément qui résulte de l’induction causée par le magnétisme terrestre dans l’aimant. Si l’on fait l’expérience avec la bobine d’induction seule, on n’entend qu’un craquement extrêmement faible, — dû dans ce cas à l’induction voltaïque du magnétisme terrestre sur la bobine. Au lieu d’employer un téléphone on peut faire les mouvements avec un aimant quelconque, qui doit être enroulé avec du fil isolé. Le degré de sensibilité du téléphone pour cette expérience peut être constaté si l’on approche peu à peu l’axe de rotation de l’aimant employé pour l’induction plus près de l’appareil d’inclinaison. M. Schaper s’occupe de construire un magnétomètre d’inclinaison d’après ces indications.
- H. Michaelis.
- Angleterre
- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ. — Au COUrS
- de sa deuxième Cantor Lecture, le professeur For-bes a insisté sur le petit nombre de grandes installations de distribution de l’électricité pour l’éclairage électrique exécutées d’après la loi de Sir William Thomson, pour la. détermination des dimensions les plus économiques à donner aux conducteurs. A New-York, par exemple, il existe une installation dans laquelle la perte d’énergie entre les cylindres des machines et les lampes s’élève à 52 pour cent. Quelques constructeurs ne suivent pas la loi afin d’éviter une chute de potentiel trop grande, mais le professeur Forbes est d’avis qu’aucune considération ne doit entraver l’application de la loi, et que les inconvénients provenant de la chute du potentiel doivent être évités par d’autres moyens.
- Les figures 1 à 5 représentent les différentes méthodes actuellement employées pour disposer les conducteurs. La première (i) est la disposition simple en série dans laquelle les lampes sont installées l’une après l’autre sur le fil. La deuxième (2) est la disposition simple en dérivation où les lampes
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sont reliées entre les deux conducteurs. La troisième (3) est une combinaison que M. Forbes nomme disposition en dérivation renversée. Le* conducteurs forment une boucle double avec qua-
- FIG. I
- tre bouts dont deux seulement sont reliés aux pôles de la dynamo.
- Boucle dérivée et ligne dérivée semblent être
- + + I +.T~
- FIG. 2
- des désignations commodes. Une autre disposition en dérivation est illustrée fig. 4, où un groupe de lampes est relié entre A et A' tandis que les
- 4 h $ T r
- <!> $ ' $ i |!1
- FIG. 3
- lampes isolées sont reliées ailleurs comme en B', par exemple.
- Une disposition en série est représentée fig. 5, + ~A
- A'
- FIG. 4
- où il y a un certain nombre de conducteurs 1,2,3,4, dont le premier est relié au pôle positif et le dernier au pôle négatif de la dynamo; les lampes
- *LÜ " 4 4 * M <1
- ‘ è 41
- -JHi M TTJ
- FIG. 5
- sont distribuées entre 1 et 2,2 et 3, 3 ’ et 4, etc.
- La disposition simple en série présente cet inconvénient sérieux qu’il faut employer un courant d’un potentiel élevé pour vaincre la résistance totale des lampes. De plus, l’extinction d’une seule lampe entraîne celle de toutes les autres, à moins
- d’une disposition automatique aux lampes. Pour ce système, il faut des lampes à faible résistance, mais si l’on diminue le filament pour réduire la résistance, l’effet de refroidissement des bornes devient plus marqué. Cet effet est très appréciable dans les lampes à gros filament comme celle de Bernstein.
- Les foyers à arc fonctionnent très bien en série, mais les dispositions 4 et 5 semblent convenir mieux pour les lampes à incandescence. Il faut une lampe à haute résistance pour ces systèmes et M. Swan a déclaré qu’il pourrait au besoin fabriquer une lampe de 20 bougies qui fonctionnerait avec un courant de 40c volts tout en durant aussi longtemps que celles actuellement employées.
- La chute de potentiel au fur et mesure qu’on s’éloigne de la dynamo, présente un inconvénient dans le système à dérivation. En supposant une chute de 4 volts qui peut être admise dans une installation ordinaire, M. Forbes prouve qu’avec un conducteur ayant une intensité ds 1000 ampères par 1 1/2 pouces carré de surface dé section, cette chute aurait lieu à une distance de 111,6 mètres de la station centrale. Le professeur Forbes s’oppose avec raison à la méthode qui consiste à intercaler des résistances dans les circuits des lampes de manière à avoir la plus haute résistance près de la dynamo et d’autres moins élevées plus loin, afin de réagir contre la diminution du potentiel dans les conducteurs. On a cru que le système à dérivation renversée égalisait le potentiel dans tout le circuit, mais le professeur Ayrton a démontré qu’avec des conducteurs d’une épaisseur uniforme le potentiel n’est pas constant à différents points si la consommation de lumière est plus grande dans une partie du circuit que dans une autre. M. Kapp a également prouvé que quand les conducteurs sont d’une épaisseur uniforme et les lampes distribuées également sur tout le circuit, le potentiel n’est pas le même partout et qu’il atteint son maximum aux deux extrémités. Le potentiel serait cependant le même partout si la résistance du conducteur était partout en proportion inverse du courant qui le traverse. Le professeur Forbes prouve cependant que la dérivation renversée ne remédie pas à cet inconvénient.
- Au sujet des installations de stations centrales pour l’éclairage d’un quartier le prof. Forbes est d’avis qu’il faut placer les conducteurs principaux d’après trois systèmes. L’une de celles-ci consiste en un grand câble massif qui se divise en fils d’embranchement au fur et à mesure qu’il s’éloigne de la station centrale. La deuxième série est une modification de la première et consiste en un certain nombre de câbles allant de la station centrale aux différentes localités où ils se divisent en fils d’embranchement. Un troisième sys-
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- JOURNAL UNIVERSEL £’ÉLECTRICITÉ
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- tème consiste à avoir un réseau de conducteurs isolés.
- Avant de lancer le courant dans un circuit, l’ingénieur doit tout d’abord s’assurer de la consommation d’électricité probable dans les différentes parties du quartier. Il reste encore à déterminer la consommation probable aux différentes heures de la journée et pendant les différentes saisons de l’année, par exemple pendant le jour le plus long ét le plus court, les équinoxes, etc. Les Compagnies de gaz pourraient probablement fournir ces renseignements qui permettraient à l’ingénieur de calculer les dimensions de ces conducteurs principaux selon la loi de sir William Thomson.
- Supposons qu’on adopte le premier système, N représente le nombre de lampes nécessaire, r la distance maxima d’une station quelconque, e la force électromotrice des lampes employées, p la variation admissible du potentiel fourni aux lampes. La quantité de cuivre dans les principaux conducteurs d’un quartier de dimensions déterminées correspond évidemment au nombre des lampes. Elle varie également selon la distance de la lampe la plus éloignée. Quand celle-ci augmente, l’augmentation des frais pour les conducteurs est proportionnelle à r2.
- D’autre part, plus la force électromotrice des lampes est élevée, moins il passe de courant, et
- M. Kapp a déterminé les frais à formule
- dans laquelle k est une quantité constante, r est donné en yards, e en volts et p représente la variation de pression permise. Il a trouvé que quand les lampes étaient distribuées également dans un quartier k — 1,2. Avec
- 11 = 60000 lampes r = 700 yards
- e — ioo volts
- p = 2 pour cent en plus ou en moins,
- les frais de l’installation s’élèveraient à 882000 livres sterling.
- Le calcul de M. Kapp n’est pas basé sur les dimensions économiques des conducteurs principaux, mais sur des dimensions qui ne feraient pas varier le potentiel au-delà des limites prescrites par la Chambre de Commerce. S’il s’était basé sur les dimensions économiques, il n’aurait pas fixé r à plus de 124 yards. Le prix auquel il estime son installation est très considérable, mais le prof. Forbes prouve qu’en employant des lampes à 400 volts au lieu de 100 volts on réduirait les frais à 55 125 livres ou une fraction seulement de l’autre chiffre. Le prof. Forbes croit cependant qu’un système de ce genre serait incompatible avec de bons principes d’économie, s’il s’étendait au delà de 124 yards.
- La chute de 4 volts du potentiel n’a pas nécessairement lieu entre la station et les lampes,
- mais entre la lampe la plus proche et la plus éloignée alimentées par la même série de conducteurs. M. Edison emploie ainsi de longs conducteurs principaux allant jusqu’à un certain point, où ils se divisent, pour alimenter un petit quartier, au moyen de boîtes de distribution.
- Pour illustrer cette seconde méthode de distribution, M. Forbes divise un quartier en trois zones d’une forme oblongue; la première zone centrale, d’une largeur de 2 X 124 — 248 yards est alimentée directement par la station ; la deuxième zone alimentée par des boites de distribution placées autour de la frontière intérieure de la Zone et à une distance de 124 yards de la station centrale. Cette zone intermédiaire, d’une largeur de 124 yards est entourée d’une troisième zone de la même largeur et alimentée par des boîtes de distribution placées à sa frontière intérieure et à 2 X 124= 248 yards de la station centrale. Une quatrième zone entourant la troisième et alimentée par la même station aurait ses boîtes de distribution à 3 X 124 = 372 yards de la station centrale. Ces boîtes sont alimentées au moyen de conducteurs principaux directement par la station centrale. Leur nombre est déterminé par la considération que la distance qui les sépare de la lampe la plus éloignée qu’elles alimentent doit dépasser 124 yards. Afin d’économiser du cuivre il faut toujours les placer plus près de la station centrale qu’aucune des lampes qu’elles alimentent. Les dimensions relatives des conducteurs dans les différentes parties de la zone qu’ils alimentent sont réglées par le fait qu’il faut employer autant de cuivre que si on avait des fils séparés pour chaque lampe.
- Les potentiels de ces boîtes de distribution doivent être maintenus constants par des résistances, ou par une dynamo spéciale pour chaque boîte ou bien par un régulateur électrique ou de toute autre manière.
- Les frais pour ce système de conducteurs sont loin d’être aussi considérables que pour le premier système. Jusqu’à la première boîte de distribution les conducteurs principaux contiennent deux fois autant de cuivre que le quartier qu’ils alimentent. Jusqu’à la deuxième boîte ils contiennent 4 fois autant de cuivre que l’espace alimenté. On verra donc la grande économie effectuée par ce système dans un grand quartier. .
- Le système d’un réseau de fils ressemble au deuxième avec tous les carrés reliés ensemble, les fils positifs aux positifs et les fils négatifs aux négatifs. Il possède cet avantage qu’en cas d’accident au conducteur principal le quartier ne serait pas laissé dans l’obscurité parce qu’il serait alimenté en partie par d’autres fils. Une difficulté se présente pour la détermination du meilleur emplacement des bâtis; mais il faudrait commencer par déterminer ce point aussi bien que les dimensions
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des conducteurs. La distance de 124 yards si souvent nommée, aussi bien que les dimensions les plus économiques des conducteurs et la variation de potentiel dépendent des circonstances locales.
- le télégraphe au Soudan. — La ligne télégraphique au Soudan a été réparée par nos troupes jusqu’à Merawid, et prolongée dans la direction de Hamdab, pour que la force qui avance vers Berber en ce moment puisse communiquer avec le quartier-général du général Wolseley à Korti. Autrefois, il y avait deux fils jusqu’à Khartoum, l’un pour les dépêches urgentes, l’autre pour le trafic local ; mais, depuis le printemps dernier, les indigènes ont détruit la ligne. Les poteaux en fer qu’on employait parce que le bois était rongé par la fourmi blanche ont été démontés par les indigènes et transformés en lances ; quelques rouleaux de fils ont été jetés dans la boue du Nil, où on les trouve à la marée basse ; même les isolateurs ont été utilisés pour faire des têtes de lances avec les petits crochets à l'intérieur. La .nouvelle ligne est construite avec des poteaux en bois fournis par les cheiks des villages au prix de 10 piastres on 2 f. 5o l’un.
- Le ministère de la marine a loué un nouveau steamer télégraphique le Kanguroo, appartenant à la Telegraph Construction et Maintenance Company, pour emmagasiner de l’eau dans ses réservoirs, qui tiendront à peu près 1 800000 litres.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- A propos de l’attraction des solénoïdes sur leurs noyaux, par Fr. Krizik (’).
- Beaucoup de physiciens se sont déjà occupés de recherches expérimentales sur l’attraction à laquelle est soumis un noyau de fer doux placé à l’intérieur d’un solénoïde.
- Il convient de citer principalement à ce sujet les travaux de Hankel, Dub, St-Loup, v. Waltenhofen, Cazin, Marianini, etc. Ces recherches ont d’ailleurs toujours eu pour objet de déterminer la façon dont varie l’attraction avec les dimensions du noyau de fer, l’intensité du courant et le nombre des spires formant l’enroulement du solénoïde.
- En construisant la lampe à arc système Piette et Krizik, syetème Pilsen, dont il a déjà été plus d’une
- (*) Zeitschrift für Elekirotechnik, iS janvier 188S, i5 février i885.
- fois question dans ce journal (s), M. Krizik s’est posé plus spécialement le problème suivant : déterminer expérimentalement s’il existe une forme de noyau pour laquelle l’effort d’attraction peut être rendu constant entre certaines limites. Il est intéressant de rapporter ici les résultats de ces expériences qui ont cet avantage de mettre bien en relief la raison d’être des noyaux coniques dont est pourvue la lampe qui vient d’être mentionnée.
- La figure 1 représente deux vues de l’appareil au moyen duquel ces expériences furent faites. Il se compose essentiellement d’une bobine a de i3,5
- centimètres de longueur mobile le long de deux glis sières verticales. Le noyau b soumis à l’expérience porte une courroie d qui passe par dessus la poulie placée au sommet de l’appareil et va s’attacher à un ressort à boudin c. Une vis micrométrique f permet de régler la tension de ce ressort. Sur l’axe de la poulie est fixée une aiguille qui se déplace le long d’un cadran divisé e.
- Voici comment on procède à une expérience. Le noyau plonge d’une certaine quantité dans le creux de la bobine ; on fait passer le courant et le noyau
- (2) La Lumière Electrique, tome. XI, p. 486, tome XIII, j p. 161.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 469
- s’abaisse davantage, forçant l’aiguille à se déplacer d’un angle qui correspond à n division de l’échelle comptées à partir du zéro occupé par l’aiguille avant le passage du courant. Pour avoir la traction qui s’exerce dans la position initiale on agit sur lavis micrométrique / de façon à accroître la tension du ressort c jusqu’à ce que l’aiguille soit revenue
- FIG. 2
- au zéro ; on rompt alors le courant et 01» charge le noyau de poids qui ramènent de nouveau l’index au zéro : ces poids représentent évidemment l’effort d’attraction qui s’exerce à l’ori-
- FIG. 3
- gine puisqu’ils font exactement équilibre à c<.l effort.
- Le courant était emprunté à une batterie de cinquante éléments thermo-électriques ; ce système de piles donnait un courant très constant, équivalant à celui de trois grands éléments Bunsen.
- Les premières expériences portèrent sur des noyaux cylindriques de même diamètre mais de différentes longueurs, variant entre 3o et 390 millimètres. Pour chacun de ces noyaux on déterminait
- le point où l’effort d’attraction atteignait sa valeur maxima. Les résultats obtenus sont représentés
- FIG. 4
- graphiquement parla courbe de lafig. 2 dans laquelle les longueurs du noyau sont prises comme abscis-
- F1G. 5
- ses et comme ordonnées les quantités dont s’est abaissé le noyau, c’est-à-dire la distance entre le bord
- si IB
- .2
- p ni
- 2 4 6 8 10 12 14 10 18 20 22 24
- Abaissement, en centimètres
- fig. o
- inférieur du noyau et le bord supérieur de la bobine. Cette courbe fait voir que plus le noyau est long et plus il faut que son bord inférieur soit proche du
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- 47°
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- bord inférieur de la bobine pour que l’attraction devienne maxima. Il est également facile de s’assurer que tant que le noyau est plus petit que la demi-longueur de la bobine le bord inférieur du noyau se trouve, dans le cas de l’attraction maxima, au-dessus du plan de partage de la bobine. Dès que la longueur du noyau dépasse la demi-longueur du solénoïde, le bord inférieur passe dans la région située au-dessous du plan de partage et pour des noyaux très longs, les deux bords inférieurs (noyau et bobine) tendent à se confondre. Ces bords s’approchent l’un de l’autre bien plus rapidement lorsqu’au lieu de noyaux cylindriques on fait usage de noyaux coniques : il résulte de là que la position du point d’attraction maxima dépend non seulement de la longueur du noyau mais aussi de sa forme.
- Il y a donc lieu de rechercher comment varie la courbe d’attraction avec la forme du noyau. La figure 3 représente les courbes d’attraction obtenues avec deux noyaux de longueurs égales, mais dont le premier a une forme cylindrique et le deuxième une forme conique. On a tracé ces courbes en prenant pour abscisses les abaissements du noyau, c’est-à-dire la quantité dont le noyau plonge à l’intérieur de la bobine et pour or données les efforts d’attraction exprimés en gram mes.
- On voit que la courbe fournie par le noyau conique est bien plus aplatie que l’autre. On modifie d’ailleurs cette courbe en limant par places le noyau en sorte que l’on peut par des changements convenables apportés à la forme de ce noyau baisser de plus en plus le point maximum et rendre la courbe, sur une portion de sa longueur aujmoins, parallèle à l’axe des abscisses.
- Après ces premiers essais, M. Krizik eut l’idée de soumettre à l’épreuve des noyaux assez longs composés de parties cylindriques et de parties coniques. Il parvint ainsi à trouver une combinaison qui lui donna une courbe d’attraction dont l’allure est tout l’opposé de celle que présentent les noyaux cylindriques (fig. 4). La courbe s’élève rapidement pour atteindre son point maximum après quoi elle s’abaisse doucement. La courbe de la figure 4 a été obtenue avec un noyau composé de trois parties ; la partie supérieure était constituée par un cylindre de no millimètres de longueur et de 20 millimètres d’épaisseur, puis venait uné partie conique de même longueur, la base supérieure ayant le même diamètre que le cyiindre (aomm) et là base inférieure un diamètre deux fois moindre (iomm); le noyau se terminait enfin par un cylindre de no millimètres de longueur sur 10 millimètres de diamètre. '
- Restait à voir dans quelles parties et comment il fallait modifier le noyau en question pour apla- ; tir la courbe, c’est-à-dire rapprocher le maximum f
- de l’axe des X. Une série de modifications furent alors entreprises par l’auteur, modifications qui fournirent successivement les courbes 5, 6, 7, 8 et g.
- Le point de départ étant toujours le noyau qui vient d’être décrit, on commença par limer la moitié inférieure du cylindre du bas, de façon à lui donner une épaisseur de g millimètres. On obtint alors la courbe de la figure 5 qui indique clairement que pour abaisser les points maxima, il faut enlever de la matière aux points correspondants du noyau. On réduisit le cylindre inférieur à huit millimètres d’épaisseur et on effila davantage la partie conique, de manière à ce que la petite base ne présentât plus que huit millimètres de diamètre également. Le noyau ainsi transformé fournit la courbe de la figure 6 dont le maximum est encore plus bas que dans les courbes précédentes et la décroissance plus lente. A partir de ce moment, il devenait facile de voir qu’il serait possible de rendre la
- FIG. 7
- courbe parallèle à l’arc de X sur une portion de sa longueur au moins.
- Ce parallélisme est très près d’être atteint dans la courbe de la figure 7 qui est celle d’un noyau différant du précédent en ce que la partie inférieure a été sur une hauteur de 55 millimètres rendue plus épaisse de 2 millimètres. On reconnaît deux maxi-ma dans la courbe. L’auteur remarque d’ailleurs qu’il a construit des noyaux sur lesquels ces deux maxima sont encore bien plus nettement accusés. Il suffit, pour faire disparaître le deuxième maximum de rendre le noyau cônique cylindrique sur une hauteur de 20 millimètres à partir de la base inférieure, en sorte qu’il présente sur cette hauteur un diamètre de 8 millimètres. On obtient dans ces conditions la courbe de la figure 8. Enfin, si l’on emploie un noyau commençant par une partie cylindrique et se terminant par une partie parabolique, on est conduit à la courbe représentée figure g, dans laquelle l’attraction est presque constante sur une longueur voisine de 14 centimètres.
- L’attraction n’est pas rigoureusement constante, mais elle peut pratiquement, entre les limites indiquées, être considérée comme telle, et c’est là, au
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- point de vue d’un grand nombre d’applications, un 1 avantage qui n’échappera à personne. Supposons, en effet, qu’il s’agisse de maintenir constante l’intensité du courant dans un circuit donné. Ce résultat s’obtiendra avec beaucoup de facilité et de pré-
- nu. s
- cision pourvu que l’on ait un solénoïde à attraction constante sur une partie de sa course, et qui, en se déplaçant dans un sens ou dans l’autre, introduise ou supprime des résistances dans le circuit. En
- effet, le solénoïde une fois réglé pour l’intensité que l’on se propose d’avoir, si, pour une raison ou pour une autre, l’intensité vient à varier, le noyau se déplace, introduisant ou supprimant des résistances
- jusqu’au moment où l’effort d’attraction auquel il est soumis reprenne sa valeur de régime c’est-à-dire que l’intensité ait été ramenée à sa valeur première. De même les lampes à arc dans lesquelles la régulation de l’arc est obtenue au moyen d’un solénoïde uni-
- que, se trouvent, dans les limites de l’attraction constante, réglées avec une précision très grande.
- « Il n’en est plus ainsi dans la régulation des « lampes différentielles, dit M. Krizik. Pour des « lampes de ce genre il n’est pas nécessaires que « les noyaux soient soumis à un effort d’attraction « constant, comme l’a prétendu M. Dietrich; ce-« pendant si l’on dispose de noyaux de ce genre « l’ajustage de la lampe devient notablement plus « simple qu’avec d’autres noyaux. Supposons que « les courbes de la figure 10 représentent les courue bes d’attraction des deux noyaux dans les solé-« noïdes d’une lampe différentielle système Piette-« Krizik, on peut à volonté approcher ou écarter « l’une de l’autre ces courbes par l’addition d’une « petite quantité de poids aux noyaux, car on ne « fait, en ajoutant ces poids, que déplacer les cour-
- * bes parallèlement à elles-mêmes. On pourra de « cette façon déterminer très facilement le rapport « des forces des deux solénoïdes nécessaire à la
- * régulation de l’arc.
- « Lorsqu’on ne dispose pas de noyaux jouissant
- * de la propriété qui vient d’être mentionnée, on « est contraint de se livrer à des essais préliminai-« res dans lesquels on lime les noyaux pour ren-« dre parrallèles les courbes d’attraction des deux « solénoïdes entre les limites nécessaires à la ré-« gulation, après quoi on les déplace l’une par « rapport à l’autre, en ajoutant des poids jusqu’à « ce que l’on ait atteint le rapport des forces que » nécessite la régulation de l’arc.
- « Ce qui vient d’être dit fait voir clairement pour-« quoi les noyaux cylindriques ne sont pas proie près à la régulation de l’arc dans une lampe « différentielle. On n’est, en effet, pas en état de « rendre parallèles l’une à l’autre les courbes « d’attraction des deux noyaux, d’où il résulte que « le rapport des forces est différent dans chaque « position, ce qui a pour conséquence une varia-« tion continue dans la longueur de l’arc. » — M.
- Influence de l’aimantation sur la conductibilité des liquides magnétiques; méthode pour mesurer la conductibilité des électrolytes, par F. Neesen (i).
- L’auteur s’est proposé de rechercher si l’aiman^ tation d’un liquide magnétique ne modifie pas sa conductibilité électrique.
- La méthode dont il se sert pour mesurer la résistance des liquides est la méthode du pont de Wheatstone. La figure 1 représente la disposition du pont : b et c sont deux tubes du même diamètre bouchés aux deux extrémités et remplis de sulfate de protoxyde de fer ; ils contiennent des électrodes de fer ou d’acier ; r est une résistance va-
- (') Annales de Viedemann, n" 11, 1884, p. 482.
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- riable ; e et f sont deux résistances égales ; en a e st une pile de 4 éléments Bunsen, en g une boussole d e Wiedemann. On introduit en r une résistance asse z grande pour que, le courant étant fermé en a, g n’accuse aucune déviation. D’après l’auteur, les forces électromotrices de polarisation étant opposées l’une à l’autre en b et en c, elles s’éliminent si elles sont égales; on pourra s’en assurer en observant que, le circuit étant ouvert en a, il n’y a pas de déviation en g.
- On conçoit facilement comment on mesure la résistance du liquide en b. 11 suffit, après avoir équi-
- libré le pont, de faire varier la distance entre les électrodes en b et de rétablir l’équilibre par une variation de résistance en r. Les deux variations seront évidemment égales.
- Si l’auteur avait pris des électrodes en fer pur il aurait complètement évité la polarisation, les électrodes de fer pur ne se polarisant pas dans une dissolution d’un sel de fer. Mais il y avait un autre inconvénient : l’une des électrodes se dissolvait pendant que le métal déposait sur l’autre électrode (dans les conditions où l’auteur s’est placé le moindre courant suffit pour produire la décomposition du sel) et en même temps il se dégageait du gaz sur les électrodes, ce qui pouvait produire des variations de résistance. Aussi l’auteur a-t-il été obligé d’employer d’autres électrodes afin d’éviter ce dégagement gazeux. Le galvanomètre était réglé de telle façon qu’avec une résistance de 1 000 U. S.
- dans chacune des branches b et c il donnât un déviation de 1/2 déviation de l’échelle quand on introduisait une U. S. dans l’une de ces branches.
- L’auteur a d’abord soumis sa méthode à une série d’essais et il résulte des données numériques qu’il cite et des observations dont il les accompagne que la méthode laissait à désirer. Le dégagement de gaz (l’auteur employait comme électrodes des aiguilles à tricoter dans une série d’expériences et des vis de fer à bois dans une autre) produisait des variations dans les indications du galvanomètre, ce qui affectait les nombres obtenus pour la résistance du liquide d’une manière très-notable. L’auteur prétend que les oscillations du galvanomètre (elles croissaient avec le temps) n'affectaient ses résultats que de 0,1 pour cent. Mais il nous semble résulter des nombres cités que cette erreur pouvait être beaucoup plus grande : ainsi il résulte d’une série d’expériences que la résistance d’une colonne de sulfate de fer (contenant 20 parties de sel pour 100 parties d’eau) ayant une longueur de ioomm et 1 imn'9 de diamètre a une résistance de 3o3,3 U. S. à 22° de température. Une autre série d’expériences donne pour la même colonne de liquide, dans les mêmes conditions, le nombre 294,9.
- Après avoir fait ces vérifications, l’auteur passe à la partie essentielle de son travail, à l’examen de l’influence de l’aimantation sur la conductibiiité. A cet effet il place le tube entre les larges armatures d’un fort électro-aimant qu’il excite alternativement pour observer si la position du galvanomètre du pont change sous l’effet de l’aimantation de l’élec-tro aimant.
- Dans la position équatoriale du tube c (l’axe du tube étant perpendiculaire aux lignes de force du champ) on n’a constaté aucune variation de résistance.
- Avec la position axiale du tube c (l’axe étant dirigé suivant la ligne des pôles) l’auteur a fait 9 séries d’expériences. Les 8 premières séries paraissent indiquer une légère influence de l’aimantation, la résistance du tube c paraît diminuer. Mais la neuvième série ne confirme pas les 8 premières, elle paraît même les contredire. L’auteur n’en conclut pas moins que lorsque les lignes magnétiques sont parallèles aux lignes de courant la conductibilité d’un liquide magnétique augmente par l’effet de l’aimantation.
- Quant à la contradiction de la neuvième série d’expériences, l’auteur l’explique par ce fait qu’étant effectuée après les autres séries, le liquide aurait pu devenir insensible.
- L’auteur pense qu’on peut expliquer cette augmentation de conductibilité soit par une altération du liquide, soit par une altération de la surface des électrodes qui diminuerait leur polarisation. — K.
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- Détermination de la constante de Verdet en valeur absolue, par L. Arons (>).
- On sait, d’après les recherches de Yerdet, que la rotation magnétique du plan de polarisation de la lumière, qui a subi une polarisation rectiligne est proportionnelle à la longueur de la couche traversée par la lumière et à l’intensité du champ magnétique évaluée dans la direction du rayon; elle dépend en outre de la nature de la substance traversée et de la longueur d’onde de la lumière.
- Si l’on veut exprimer cette rotation en valeur absolue, il faut choisir comme unité de rotation la rotation, exprimée en unités d’arc, que subit une lumière de longueur d’onde déterminée quand elle traverse, dans la direction des lignes de force, une couche, de longueur égale à l’unité, d’une substance déterminée dans un champ d’intensité égale à l’unité d’intensité.
- Maxwell (2) a résumé les deux propositions de Verdet relatives à la longueur de la couche et à l’intensité du champ en une seule, en disant que la rotation est proportionnelle à la différence des potentiels à l’entrée et à la sortie du rayon. De cette manière, on peut avoir l’unité absolue de la rotation pour une substance et une longueur d’ondes déterminées, en divisant la rotation observée, évaluée en unités d’arc, par cette différence de potentiel, exprimée en unités électromagnétiques absolues. Le quotient ainsi obtenu est ce qu’on appelle la constante de Verdet.
- Il est facile de calculer ta différence de potentiel entre deux points situés sur l’axe d’une bobine parcourue par un courant d’intensité J. Si les deux points sont à l’infini de part et d’autre de la bobine, mais situes sur l'axe, la différence de potentiel est égale à 4 rc J n,n étant le nombre des spires. Si les deux points se trouvent sur l’axe des deux côtés de la bobine, à des distances très grandes par rapport aux dimensions de celte dernière, la différence de potentiel diminue, mais d’une quantité très faible, et dans son expression entre la surface enveloppée par une spire. Inversement, si l’on connaît la constante de Verdet en valeur absolue, il suffira de mesurer la rotation que subit une lumière de longueur d’onde donnée, polarisée rectilignement, lorsqu’elle traverse un tube rempli d’une substance correspondante et entouré d’une spirale parcourue par un courant, pour avoir en valeur absolue l’intensité de ce courant.
- Si le tube est long par rapport aux dimensions de la bobine, l’intensité du courant sera donnée par la formule J = D 4 x w », ou D est la rotation en unités d’arc et <0 la constante en question. Maxwell eut l’idée d’employer cette méthode pour
- mesurer en valeur absolue des courants de grande intensité, et sur ces indications M. Gordon a mesuré la valeur de cette constante pour le sulfure de carbone. Il trouva pour cette valeur, exprimée en unités d’arc, le nombre i,5238i io~r’. pour la lumière verte du thallium (X = 5,34g 10-5). Si on réduit ce nombre à la longueur d’onde de la raie D à o°, on obtient, pour la rotation exprimée en minutes, le nombre 0,04235. M. Becquerel ayant mesuré la rotation sous l’action du magnétisme terrestre, a trouvé le nombre 0,0463. Entre ces deux nombres il y a une différence de g 0/0, et c’est ce fait qui amena l’auteur à entreprendre de nouvelles mesures de la constante de Verdet.
- Voici la méthode dont l’auteur s’est servi : à l’intérieur d’une bobine de gros fils, dont les dimensions sont connues exactement, on introduit un tube rempli d’eau distillée. La lumière polarisée traverse cette eau et un observateur mesure les rotations du plan de polarisation pendant qu’un autre observe la déviation d'un galvanomètre indiquant l’intensité du courant dans la bobine. Le galvanomètre se trouvait dans un circuit très résistant et c-e dernier était endéiivation sur le circuit principal de la bobine. Le circuit dérivé contenait un rhéostat. Comme la résistance de la bobine variait par suite de réchauffement, on la mesurait par la méthode de M. F. Kohlrauseh (') pour la mesure de faibles résistances et on refaisait cette mesure à de courts intervalles. On avait préalablement déterminé la résistance du galvanomètre et on avait calibré le rhéostat. On avait déterminé la constante du galvanomètre à l’aide du voltamètre à lames d’argent. Dans sa méthode on n’avait à mesurer en valeur absolue que les quatre quantités suivantes :
- i° Le temps pendant lequel l’argent se déposait dans le voltamètre ;
- 20 Le poids de l’argent déposé (l’équivalent électro-chimique de l’argent est connu) ;
- 3° La rotation en minutes
- 40 Le nombre des spires de la bobine.
- Les résistances n’entrent dans les calculs que par leurs rapports. La surface enfermée par une spire n’entre que dans le terme de correction pour la différence de potentiel; ce terme disparait presque complètement quand les dimensions de la bobine sont choisies d’une manière convenable.
- Le tube de cuivre contenant l’eau distillée avait 148e" de longueur; il était fermé à ses deux extrémités par des plaques planes de glace à faces parallèles. Pour éviter un trop grand échauffement de l’eau qu’il contenait, on l’avait entouré sur une longueur de 126e"1 d’un tube plus large de verre plein d’eau; ce dernier tube entrait exactement dans la bobine, qui avait 4i,6cm de longueur.
- (') Annales de Wiedemann, n° 2, i885, p. 161.
- (s) A Treatise on Eleclricity and Magnétisai, 2, p. m.
- (>) Koh'rauscb. Annales de Wiedemann, vol. 20. p. 76, i8R3.
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- La source lumineuse était la flamme d’un brûleur Bunsen dans laquelle on vaporisait du sodium métallique. Ce dernier était mis dans une petite cuiller de fer placée dans la partie inférieure de la flamme.
- La lumière, après avoir traversé le mcol polari-seur, tombait sur une plaque double de Savart qui faisait corps avec le nicol et de telle manière que les axes de la plaque faisaient avec la section principale de l’analyseur un angle de /}5°. La rotation de tout ce système formé par l’analyseur et la plaque double pouvait être mesurée par un cercle divisé en i/3 de degré.
- Si l’on place la plaque double de manière que ses axes soient parallèles et perpendiculaire au plan de vibration de la lumière sortant du tube, les franges d’interférence disparaissent, mais on les voit dans tout autre position du système analyseur. On observait la disparition des franges à l’aide d’une lunette, et la rotation de l’analyseur pouvait être évaluée à une minute près. Cependant l’observation des franges a paru difficile à l’auteur, par suite des variations de l’intensité de la lumière, aussi eut-il recours à une autre méthode. Dans cette dernière il emploie comme polariseur un prisme décrit par M. Cornu. La lumière sortant de ce prisme est polarisée dans deux plans inclinés l’un sur l’autre d’un angle très faible. Sous l’influence du courant ces deux plans subissent une rotation uniforme. Vues à travers un Nicol analyseur les deux moitiés du champ paraissent également éclairées, si le plan de vibration de l’analyseur est bissecteur de l’angle formé par les deux plans de vibration de la lumière sortant de l’eau.
- L’analyseur était un prisme de Nicol ordinaire et se trouvait fixé sur le même cercle que précédemment et les mesures se faisaient de la même manière.
- Nous ne suivrons pas l'auteur dans l’exposé de ces calculs qui ne sont que des applications de formules connues, ni dans les détails des dispositifs et des mesures électriques qui ne présentent rienjde nouveau. Nous donnerons seulement les résultats des expériences. L’auteur a exécuté cinq séries d’expériences et il a obtenu pour la valeur moyenne de la constante de Verdet
- O» = 0,01295'
- pour une température de 23°.
- Si l’on transforme cette expression en unités d’arc, la valeur de la constante de Verdet pour l’eau distillée à 23° et la lumière du sodium sera
- —f* _JL
- w =-0,3767. io cm 2sec1
- L’auteur compare ce nombre avec ceux de M. Gordon et de M. Becquerel, en tenant compte de la longueur d’onde de la lumière, de la réfrangibilité de la substance et de la température, et il
- trouve que celui de M. Gordon est de 2 0/0 plus petit que le sien, tandis que celui de M. Becquerel est de 7 0/0 plus grand.
- L’auteur considère son nombre comme exact à o,5 0/0 près; cette approximation est suffisante pour la pratique, si l’on voulait avoir recours à la méthode optique pour mesurer des courants intenses en valeur absolue. — K.
- A propos de la force électromotrice de l’élément Daniell, par M. le Dr V. Pierre.
- Nous avons eu occasion de publier dernièrement un travail très considérable du Dr Kittler sur la force électromotrice de l’élément Daniell. M. le Dr Pierre revient aujourd’hui sur le même sujet dans le journal Zeitschrift fiir Elektrotechnik et fait connaître les résultats de mesures effectuées il y a sept ans environ. On s’étonnera probablement de ce que ces recherches soient demeurées si longtemps secrètes ; l’auteur l’a compris et nous en donne lui-même la raison. Cette raison est que la méthode employée ne fournit pas de résultats aussi concordants que ceux que M. Pierre s’était promis d’obtenir ; il a fallu que des recherches récentes vinssent donner un regain d’actualité à la question pour engager l’auteur à livrer à la publicité ses travaux qui par ce fait seul qu’ils touchent à un point sur lequel on n’est pas encore complètement d’accord, sont intéressants à connaître.
- La méthode dont il fut fait usage est la suivante.
- On ferme d’abord en court circuit, puis sur une résistance de valeur connue un groupe d’éléments Daniell; on pèse chaque lame de cuivre avant et après ce qui fait connaître le poids total de cuivre déposé. On a alors tous les éléments de calcul permettant de déterminer de l’intensité dans chaque élément et par suite de sa force électromotrice.
- Les piles Daniell employées avaient un diaphragme poreux et une solution de sulfate de zinc pur, saturé à la température ordinaire, à la place de l’acide sulfurique étendu dont on se sert géné râlement. Les éléments Daniell, au sulfate de zinc seraient, selon l’auteur, les seuls à présenter une force électromotrice et une résistance intérieure, la température étant supposée invariable, vraiment constantes, en sorte que seuls ils permettent d’appliquer des méthodes où l’on mesure l’intensité et. la résistance pour en déduire par la loi d’Ohm la force électromotrice. Abstraction faite des variations de température, la seule influence dont il faille tenir compte au point de vue des modifications de l’intensité est le changement d’état du diaphragme poreux ; on élimine d’ailleurs cette cause d’erreur en ne maintenant le circuit fermé que pendant un temps très court.
- î1) Cornu, Journ. pliarm. chim. (4), 12, p. 345, 1870.
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- Sans entrer dans le détail même des expériences, nous nous bornerons à mentionner les résultats obtenus. L’expérience donna directement les chiffres suivants :
- QUANTITÉS TOTALES DE CUIVRE DÉPOSÉ EN MILLIGRAMMES
- EXPÉ- RIENCES SANS résistance DURÉE de la fermeture AVEC résistance DURÉE de la fermeture NOMBRE des éléments
- I 1878,70 min. 15 768.70 min. 20 3
- 2 1076,05 30 489,79 3o 2
- 3 723,40 20 490,50 518,45 3o 0
- 4 615,90 1946,70 i5 3o 2
- 5 5o 1949,20 115 2
- 6 1178,20 3o 5o8,5o 3o 2
- 7 1196,50 3o 593,10 35 2
- 8 1179,00 3o 59.3,10 35 2
- D’où l’on tire :
- EXPÉ- RIENCE QUANTITÉ en milii par n avec résistance DE CUIVRE grammes linute sans résistance TEMPÉRA- TURE en degrés centigrades RÉSISTANCE en unités Siemens NOMBRE des éléments
- I 41,749 12,812 20,70 3,6732 3
- 2 17,934 8, i63 23,00 3.0870 2
- 3 l8,o85 8,175 21 ,80 3,0735 2
- 4 20,53o 8,641 21,50 3,0701 2
- 5 19,467 8,474 21,25 3,o6-5 2
- 6 19,636 8,475 21,25 3,06)5 2
- 19-941 8,473 22,25 3,0785 2
- 8 I9,65o 8,473 22,25 3,0785 2
- Ces résultats donnent, en admettant que le rapport de l’ohm à l’unité Siemens soit de 106 : 100 et (d’après Kohlrausch) qu’une intensité de un ampère précipite 19,686 milligrammes de cuivre par minute, pour la force électromotrice D de l’élément Daniell exprimée en volts :
- Expérience 1 D = 1,0846 Observât
- — 2 D = i, io83
- — 3 D = 1,0986
- 4 D = 1,0997
- — 5 D = 1, io3o
- — 6 D = 1,0958
- — 7 D — 1,0867
- — 8 D = 1,0989
- Moyenne : = 1,0969 avec une erreur 8 probable dans le résultat moyen, 3 + 0,0027
- Il suit de là que la force électromotrice d’un élément Daniell au sulfate de zinc à 220 C, se trouverait être :
- D = 1,0969 + 0,0027 volts,
- tandis que Kittler a trouvé pour un élément à acide
- sulfurique étendu (densité 1,075), à la température de 180 C, la valeur
- D = 1,182 volts,
- et Waltenhofen, au contraire, d’après la méthode de Poggendorf, la valeur bien plus voisine
- D = 1,088 volts.
- M. le Dr Pierre a rencontré, comme nous disions plus haut, dans les déterminations isolées une erreur moyenne (+ 0,0075) bien plus considérable que celle qu’il s’attendait à avoir. En examinant de plus près les causes d’erreur que peut présenter la méthode, il en arrive à cette conclusion que la seule qui soit de nature à influencer les résultats d’une façon appréciable, est l’incertitude où l’on se trouve sur les températures vraies des différentes parties du circuit. — M.
- Note préliminaire sur la constante de la rotation électromagnétique du plan de polarisation de la lumière, dans le sulfure de carbone, par lord Rayleigh et Mme Sidywick. (*)
- Le tube rempli de sulfure de carbone se trouvait à l’intérieur d’une spirale de 3 684 spires. L’échauffement de la bobine gênait beaucoup : il se produisait des courants à l’intérieur du liquide. La rotation s’observait à l’aide d’un prisme de Nicol ou d’un prisme biréfringent. La bobine était entourée d’une autre bobine auxiliaire que traversait le courant d’un élément Leclanché. Elle servait à rétablir d’une manière plus exacte l’égalité des deux champs de l’appareil à pénombres.
- La lumière traversait le tube 3 fois et la rotation était de 9 à 190 pour la lumière du sodium, l’intensité du courant étant de 1/2 à 1 ampère.
- Après avoir fait la correction de température par la formule de M. Bichat, le double de la rotation était de 1124,1 à ii32 minutes pour la température moyenne de 180 et pour un courant d’intensité déterminée (1 amp. et 1/2 environ). En moyenne, cette double rotation déduite de i5 expériences était de 1128,4. Les quatre séries d’expériences suivantes ont donné 1127,4.
- On obtient, comme résultat final, pour la rotation correspondant à 180 et à une différence de potentiel égale à l’unité : 0,042002 minutes.
- M. H. Becquerel a trouvé pour o°, une rotation de 0,0468', ce qui donnerait, pour 180, 0,0452' ; ce nombre est de 7 0/0 plus grand. M. Gordon avait trouvé pour la lumière du thallium o,o5238', d’où l’on tire pour la lumière du sodium, d’après les formules de M. Becquerel et de Verdet, 0,04163' pour i3°, par suite 0,0413' à 180, c’est-à-dire un nombre de 2 0/0 plus faible.
- (i) Proc. Roy. Soc., 37. p. 146-148, 1884.
- . moyenne + o,oi23
- — 0,01i3
- — 0,0017
- — 0,0028
- - — 0,0060
- 4- 0,0011 c,oio3
- — 0,0019
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 22 février i885.
- Monsieur le Directeur.
- Permettez-moi de faire appel à vos sentiments de justice bien connus de tous pour vous demander l’insertion de la réclamation suivante, dans un prochain numéro de votre savant et estimé journal.
- Dans le numéro 19, du 10 mai 1884, M. Maurice Leblanc publiait une note sur la théorie des machines dynamo-électriques, et annonçait la description prochaine d’une machine étudiée pour un but spécial.
- Le 24 mai, dans le numéro 21, vous me faisiez l’honneur de publier ma revendication de l’idée, revendication qui était suivie d’une réponse de M. Leblanc reconnaissant loyalement la justesse de cette revendication.
- Mais voici maintenant que La Lumière Electrique, dans le numéro 7. du 14 février i885, donne, sous la sipnati re de MM. M. Deprez tt M. Lcl Jane, la description accom-
- pagnée de dessins, d’une machine, la machine annoncée le 10 mai 1884; basée sur le principe ou les données de ceile que M. Leblanc a reconnue comme mienne après vérilication de mes droits.
- Ces messieurs ont, occupés de tant d’autres choses importantes, oublié ce que M. Leblanc a écrit le 24 mai 1884, paee 3i8; sans cela, l’émission de mon nom serait inexplicable, étant donnée l’honorabilité de ces messieurs.
- La comparaison du dessin donné dans le numéro 7 du 14 février, page 3io» avec celui que j’ai l’honneur de vous fournir ne laissera aucun doute sur ma propriété.
- Je ne revendique rien de l’application spéciale que ces messieurs ont faite de ma machine; je leur en laisse tout le mérite, que je me plais à reconnaître ; je fais la meme observation sur le mérite de ces messieurs dans le savant groupement des diverses sections de la machine, et surtout dans l’habile montaee des balais, mais je tiens essenticlle--ment à ce que cette machine ne change pas de nom. Elle est et doit rester, pour tous, la machine Gravier.
- Dans le dessin ci-dessus, qui est une coupe faite suivant un plan perpendiculaire à l’axe de rotation, on voit un anneau Paccinoti-Gramme, composé d’un noyau en fer entouré de fil disposé en sections, comme on sait.
- Cet anneau possède un collecteur sur chaque lame duquel viennent se réunir le bout de sortie et le bout d’entrée de deux sections consécutives; il est muni d’autant de balais que l’on veut obtenir de pôles conséquents, mais ou peut les réduire à deux.
- Lorsqu’il est excité par un courant, cet anneau possède des champs magnétiques dont les lignes de force tendent à
- prendre le chemin le plus court à travers les armatures a, b, c, d fixes, extérieures.
- De cette tendance, il résulte, suivant la position des balais, rotation à droite, rotation à gauche ou arrêt.
- Rotation à gauche, si les balais occupent les positions 1, 2, 3, 4*
- Rotation à droite, si les balais occupent les positions 1', 2', 3', 4'.
- Arrêt, dans les positions t®, 2®, 3®, 4*.
- Cette machine sous la forme actuelle est en construction. Nous espérons, sous peu, vous demander, monsieur le directeur, l'hospitalité de votre très intéressant journal, pour en faire connaître les résultats que nous savons déjà très importants, par des essais préliminaires.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Gravier.
- FAITS DIVERS
- Au mois de juillet prochain, s’ouvrira au palais de l’Industrie une exposition des inventions brevetées en France, organisée par l'Association des inventeurs et artistes industriels, qui s'est entendue avec la direction de l’Exposition du travail pour prolonger au 3i mars prochain le délai pendant lequel les demandes d’adm ssion pourront être utilement présentées. 11 est donc indispensable d’adresser les demandes avant rette date à M. Brêval, commissaire général, 25, rue Bergère.
- Les travaux préliminaires de l’Exposition internationale de machines d’exploitation, machines-outils et accessoires pour la petite industrie, qui aura lieu à Kœnigsberg, du mois de mai au mois d’août de l’année courante, sont, à l'heure qu’il est, poussés avec ardeur. Non seulement les adhésions qui parviennent au comité sont fort nombreuses, mais encore les autorités, de concert avec les particuliers de la province, tant en Allemagne que dans les autres Etats du continent, travaillent de leur mieux à la réalisation des espérances liées à celte exposition.
- Tandis que dans l’Allemagne centrale et méridional les expositions se tuccèdent presque sans interruption, le Nord-Est enregistre la première entreprise de ce genre. On se propo.-e d’installer des ateliers modèles pour les divers métiers, afin de faire connaître les machines auxiliaires ei machines-outils et leurs avantages pour les artisans.
- La partie la plus intéressante de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans est l’exhibition par le gouvernement américain des modèles de brevets. On peut y voir les efforts faits par une série d’inventeurs pour arriver à un but déterminé. La locomotive occupe la première place, et plus de cent modèles, choisis parmi les plus sérieux, sont exposés à la Nouvelle-Orléans.
- La Société belge des Electriciens, qui vient de finir sa première aimée d’existence, compte aujourd’hui 216 membres fondateurs et 18 membres effectifs. En y ajoutant six nouvelles demandes d’admission, on arrive à un total de 240 membres.
- Le 2 février, Sir William Thomson a prononcé un discours pour l’inauguration des laboratoires du collège de l’Université de Bangor. Pour la première fois, un laboratoire entier a été consacré au magnétisme et est complète-
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- ment indépendant des laboratoires réservés à la physique et à la chimie. Il se trouve placé au second é»age de l’établissement.
- Le rapport annuel du département des pompiers, qui vient d’être présenté au conseil municipal de Birmingham, constate que la diminution du nombre des incendies dans celte ville doit être attribuée à l’introduction du téléphone. Le département a reçu beaucoup d’avis d’incendies par le bureau central des téléphones qui est relié avec le bureau central des pompiers.
- La traction électrique par le système Daft a été définitivement adoptée pour une partie du réseau des tramways à Baltimore. Deux dynamos seront actionnées par une machine de 75 chevaux, et la vitesse sera de 12 à i5 milles l’heure Le travail a été commencé le 9 février dernier, et on e«père pouvoir commencer l’exploitation vers le mdieu du mois de mars.
- Des expériences intéressantes de traction électrique des tramways auront lieu à l’Exposition d’Anvers. Deux voies d’écartement différent seront établies entre la gare de l’Est et les jardins de l’Exposition. La distance est de 3 kilomètres, sans rampes, avec des cou bes d’un rayon de 35 mètres.
- Le contact entre un fil de lumière électrique et un conducteur télégraphique a, dernièrement, causé un commencement d’incendie dans le bureau de la Western Union Telc-graph C°, à Evansville. Les dégâts se sont heureusement bornés à la destruction de quelques appareils.
- Le nombre total des brevets accordés aux Etats-Unis pendant l’année 1881 s’est é'evè à 1879g, dont 1 166 sont pour des inventions électriques. Ces brevets peuvent être clacsés comme suit :
- Télégraphie.
- Télégraphes autographiques........................... 3
- — automatiques................................. 7
- Avertisseurs d’incendie et télégraphe de quartier. 3©
- Appareils télégraphiques divers...................... 17
- Télégraphie multiple, duplex, quadruplex, etc ... 19
- Télégraphes imprimeurs............................... 32
- Télégraphie. Nouveaux systèmes....................... i3
- Avertisseurs.
- Annonciateurs, etc................................... 42
- Avertisseurs de voleurs, etc........................ 10
- Signaux de chemin de fer............................. 46
- Eclairage électrique.
- Lampes à arc........................................ 82
- — à incandescence............................... 40
- Supports pour lampes électriques..................... 20
- Appareils pour l’éclairage électrique, commutateurs, etc....................................... 3o
- Sources d'éleclricilé.
- Piles primaires voltaïques........................... 3i
- Dynamos et parties de celles-ci..................... 75
- Régulateurs pour dynamos............................ 22
- Piles secondaires.................................... 36
- Conducteurs.
- Câbles, conducteurs composés et leur fabrication. 41 Fils isolés......................................... 17
- Matières isolantes.
- Fils de ligne, fils composés, c’c................... i3
- Systèmes souterrains................................ St
- Construction.
- Accouplements, bornes, joints....................... 11
- Construction intérieure......................... 1
- Isolateurs pour poteaux............................. 18
- Supports et poteaux................................. 14
- Systèmes spéciaux pour l’utilisation de l’électricité.
- Horloges, régulateurs d’heure et distributeurs. . . 3o
- Distribution électrique et mètres................... 23
- Dispositions pour annuler l’induction............... 11
- Eclairage au gaz électrique....................... . 12
- Parafoudres, etc.................................... 19
- Transmissions de la force, moteurs et chemins de
- fer............................................... 45
- Electro-aimants..................................... 6
- Galvanomètres et appareils de mesures................ 5
- Tables de communications et accessoires............. i3
- Téléphonie.
- Transmetteurs....................................... 5t
- Récepteurs.......................................... 26
- Appareils téléphoniques divers................" . . 40
- Systèmes pour bureaux centraux...................... 18
- Signaux individuels.................................. 6
- Relais téléphoniques................................. 2
- Appareils de signaux téléphoniques.................. 22
- 'Péléphones mécaniques............................. 14
- Applications diverses............................... 89
- La moyenne des brevets électriques accordés a atteint 22 par semaine pendant 1884.
- Éclairage électrique
- La première locomotive munie de la lumière électrique a traversé le tunnel de Saint-Gothard la semaine dernière, et la Compagnie semble disposée à appliquer le système à tous ses trains, aussi bien que pour le tunnel même.
- Le département des aits et sciences au Musée de South Kensington, à Londres, va être éclairé par 100 lampes à incandescence alimentées par les accumulateurs de l’Electric Power Storage C°.
- Le nouvel asile en construction à Exeter va être éclairé à la lumière électrique. La ville désire traiter avec une Société d’éclairage électrique, pour cette installation, sur la base d’une redevance fixe et annuelle pendant sept années.
- La nouvelle installation de la lumière électrique au Mansion House, à Londres, a fonctionné pour la première fois jeudi dernier à l’occasion d’un grand banquet offert par le lord-maire.
- Notre confrère 1 ’Electrical Review, de Londres, nous apprend que la station centrale qui est en construction en ce
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- moment au Galerie de Grosvenor, prend des proportions beaucoup plus considérables qu’on ne l’avait pensé tout d’abord. La force motrice s’élèvera à 600 chevaux, tandis que les dynamos seront les plus grandes qui soient jamais sorties de l’usine de MM. Siemens frères. Un vaste sous-sol d’une superficie de 6 000 pieds carrés a été construit pour l’installation de ces machines. On se servira du système de distribution de MM. Gaulard et Gibbs, qui fournira le courant pour 5 000 lampes. Une installation provisoire fonctionne déjà dans le Bond Street, cù ?5o lampes sont alimentées par des accumulateurs à titre d’expérience, et les résultats ont été fort satisfaisants.
- Les expériences d’éclairage électrique par une station centrale qui ont été faites à Colchester, en Angleterre, depuis le icr juillet jusqu’au 3i décembre dernier, ont laissé une perte d’environ 45450 fr.
- Depuis quelques jours la Société Cruto, de Turin, fait des expériences avec un nouveau type de lampe électrique à incandescence dans le passage Geisser, à Turin. Malgré l’installation provisoire, et bien que le passage en question soit trop étroit pour des lampes aussi puissantes, ces expériences ont donné de très bons résultats. Il y a en tout 20 foyers, dont les quatre placés dans la rotonde sont de 100 bougies et les autres de 5o.
- Le conseil municipal de Turin a décidé d’éclairer les rues de Pô, Roma et Garibaldi avec la lumière électrique, par des lampes Edison, Siemens et Cruto. En attendant que le problème du transport de la force soit définitivement résolu, on utilisera les moteurs de MM. Gaulard et Gibbs qui servent aujourd’hui pour le chemin de fer de Superga.
- A l’occasion d’un bal donné parle cercle de l’Union Mercantile de Madrid le 14 de ce mois, les appartements ont été brillamment éclairés à la lumière éléctrique. L’installa-tion avait été faite par la Sociedad Matritense de Electri-cidad.
- La plaine de San Sébastian, près de Séville, sera éclairée pendant la foire annuelle avec la lumière électrique.
- Le maire de Barcelone a chargé l’ingénieur de la ville d’étudier sans perte de temps le meilleur moyen d’établir la lumière électrique sur la Rantbla, d’une manière permanente. Par des raisons d’économie, la force motrice sera fournie par des machines installées dans le parc, qui servent actuellement à pomper l’eau dans le réservoir. Ces machines sont d’une force d’environ bo chevaux.
- La Sociedad Anglo-Espanoia, de Barcelone, s’occupe en ce moment de l’installation de nouvelles machines plus fortes dans le but d’étendre leur système de lumière électrique dans la rue. La Société fournit les foyers à arc de' 1 000 bougies, à raison de 2 fr. 5o par soirée, et les lampes de 2 000 bougies, moyennant 3 fr. 5o.
- La Weiner Zeilung du 26 février, publie une résolution du conseil municipal de la ville de Vienne, accordant à M. Fischer une concession pour l’installation d’une station centrale d’éclairage électrique dans cette ville.
- Le 17 février dernier, l’éclairage électrique du théâtre de Brünn n’a pas pu fonctionner, par suite d’un accident arrivé aux fils conducteurs, et la représentation du soir n’a pas pu avoir lieu.
- La salle de billard, au café de Bradford, est munie Je lampes électriques à incandescence Swan, dont on a installé 6 de 20 bougies au-dessus de chaque table, tandis que d’autres sont fixées aux appareils du gaz contre le mur. La force motrice est fournie par une machine à vapeur de deux chevaux actionnant une dynamo Schuckert.
- La Compagnie Thomson-Houston de Chicago a, dernièrement, fait les installations suivantes: 25 foyers à Pontiac, dans l’Etat d’Illinois; 3o à Freeport et 6 à Fairbury. A Chicago même, la Compagnie a iinstallé 4 foyers dans le magasin de MM. Spaulding frères et 25 foyers ont été placés à Streater, en Illinois.
- L’United States Electric Lighting C° a installé 3 dynamos de 3oo foyers à incandescence chacune dans l’hôtel Monte-zuma à Las Vegas, et 1 200 lampes à incandescence dans le bâtiment de la Royal Insurance C° à Chicago. La Société a également installé 40 foyers à arc à Roch Island, et le même nombre à Windsor, au Canada; une installation complète, avec 3oo lampes à incandescence, a été faite à Ypsiianti, dans l'Etat de Michigan, et 25o lampes à Jackson. Deux maisons de commerce de Saint-Louis ont fait installer chacune i5o lampes, et une troisième 60 foyers à arc.
- Par suite d’une violente tourmente de neige, i5o des foyers électriques à Dayton, en Ohio, ont été gelés, de sorte qu’il était impossible de les descendre pour renouveler les charbons pendant 3 jours.
- L’électricien de la ville de Chicago qui était chargé de renseigner le conseil municipal de cette ville sur le coût probable de l’installation de la lumière électrique au nouvel hôtel de ville et dans les tunnels, a fortement recommandé l’adoption du système Edison pour ces installations. Le présidènt de la Compagnie Van Depoels croit qu’on pourrait éclairer la ville de Chicago à l’électricité à meilleur marché qu’au gaz, et que la ville réaliserait une économie de 5o 000 francs par au par le changement.
- Télégraphie
- Voici le texte officiel de la loi du 20 décembre 1884, concernant la répression des infractions à la convention internationale du 14 mars 1884, relative à la protection des câbles sous-marins :
- titke l01'
- Dispositions spèciales aux eaux non lert iloriales
- Art. 1e1'. — Les infractions à la convention internationale du 14 mars 1884, ayant pour objet d’assurer la protection des câbles sous-marins, qui seront commises par tout individu faisant partie de l’équipage d’un navire français, seront jugées par le tribunal correctionnel, soit de l’arrondissement où sera situé le port d’attache du bâtiment du délinquant, soit de l’arrondissement du premier port de France dans lequel sera conduit le bâtiment.
- Art. 2. — Les poursuites auront lieu à la diligence du ministère public, sans préjudice du droit des parties civiles.
- Art. 3. — Les procès-verbaux, dressés conformément à
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- l’article 18 de la convention du 14 mars 1887, ne seront point soumis à l’affirmation ; ils font foi jusqu’à inscription de faux.
- A défaut de procès-verbaux ou en cas d’insuffisance de ces actes, les infractions pourront être prouvées par témoins.
- Art. 4. — Sera puni d’une amende de 5 à 100 francs et d’un emprisonnement de 2 à io jours, quiconque se sera refusé à exhiber les pièces nécessaires pour rédiger les procès-verbaux prévus par l’article précédent.
- Art: 5. — Toute attaque, toute résistance avec violence et voies de fait envers les personnes ayant qualité, aux termes de l’article 10 de la convention du 14 mars 1884, à l’effet de dresser procès-verbal, dans l’exercice de leurs fonctions, sera, punie des peines appliquées à la rébellion, suivant les distinctions établies au code pénal.
- Art. 6. — Sera puni d’une amende de 16 à 3oo francs :
- i° Le capitaine d’un bâtiment qui, occupé à la réparation ou à la pose d’un câble sous-marin, n’observera pas les règles sur les signaux adoptés en vue de prévenir les abordages ;
- 20 Le capitaine ou patron de tout bâtiment qui, apercevant ou étant en mesure d’apercevoir ces signaux, ne se retirera pas ou ne se tiendra pas éloigné d’un mille nautique au moins du bâtiment occupé à la pose ou à la réparation d’un câble sous-marin;
- 3° Le capitaine ou le patron de tout bâtiment qui, voyant ou étant en mesure de voir les bouées destinées à indiquer la position des câbles, ne se tiendra pas éloigné de la ligne des bouées d’un quart de mille nautique au moins.
- Art. 7. — Sera puni d’une amende de 16 à 3oo francs, et puni d’un emprisonnement de un à cinq jours:
- i° Le capitaine ou patron de tout bâtiment qui aura jeté l’ancre à moins d’un quart de mille nautique d’un câble sous-marin, dont il est en mesure de connaître la position au moyen de lignes de bouées ou autrement, ou se sera amarré à une bouée destinée à indiquer la position du câble, sauf les cas de force majeure;
- 20 Le patroD de tout bâtiment de pêche qui ne tiendra pas ses engins ou filets à uu mille nautique au moins du bâtiment occupé à la pose ou a la réparation d’un câble sous-marin; toutefois, les bateaux de pêche qui aperçoivent ou sont en mesure d’apercevoir le bâtiment télégraphique portant les signaux adoptés auront, pour se conformer à l’avertissemeut, le délai nécessaire pour terminer l’opération en cours, sans que ce délai puisse dépasser 24 heures ;
- 3° Le patron de tout bateau de pêche qui ne tiendra pas ses engins ou filets à un quart de mihe nautique au moins de la ligne des bouées destinées à indiquer la position des câbles sous-marins.
- Art. 8. — Sera puni d’une amende de 16 à 3oo francs, et pourra être puni d’un emprisonnement de 6 jours à 2 mois :
- i° Quiconque, par négligence coupable et notamment dans les cas visés par les articles 6 et 7, aura rompu un câble sous-marin ou lui aura causé une détérioration qui pourrait avoir pour résultat d’interrompre ou d’entraver, en tout ou en partie, les communications télégraphiques;
- 20 Le capitaine de tout bâtiment qui, occupé à la pose ou à la réparation d’un câble sous-marin, sera cause, par l’inobservation des règles sur les signaux adoptés en vue de prévenir les abordages, de la rupture ou de la détérioration d’un câble commise par tout autre navire.
- Art. 9. — Sera puni d’une amende de 16 à 3oo francs et pourra être puni d’un emprisonnement de six jours à deux mois :
- i° Quiconque aura fabriqué, détenu hors de son domicile, mis en vente, embarqué ou fait embarquer des instruments ou engins servant exclusivement à couper ou à détruire des câbles sous-marins;
- 20 Quiconque aura fait usage des mêmes instruments ou engins.
- Art. 10. — Sera puni d’une amende de 3oo à 1 000 francs
- et d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans, quiconque aura volontairement rompu un câble sous marin ou lui aura causé une détérioration qui pourrait interrompre ou entraver, en tout ou en partie, les communications télégraphiques.
- Les mêmes peines seront prononcées contre les auteurs des tentatives des mêmes faits.
- Le coupable pourra, en outre, être mis sous la surveillance de la haute police pendant dix ans au plus, à partir du jour où il aura subi sa peine.
- Toutefois, ces dispositions ne s’appliquent pas aux personnes qui auraient été contraintes de rompre un câble sous-marin ou de lui causer une détérioration, par la nécessité actuelle de protéger leur vie ou d’assurer la sécurité de leur navire.
- TITRE H
- Dispositions spèciales aux eaux territoriales
- Art. n. — Les dispositions des articles 4, 6 à 10 ci-dcssus seront observées dans le cas où l’infraction aurait été commise dans nos eaux territoriales, par tout individu faisant partie de l’équipage d’un navire quelconque, français ou étranger, sans préjudice des dispositions de l’article 4 du décret du 27 décembre i85i.
- Art. 12. — Les infractions poursuivies aux termes de l’article précédent, seront jugées par le tribunal correctionnel soit du port d’attache du navire sur lequel est embarqué le délinquant, soit du premier port français où ce navire abordera, soit du lieu du délit.
- Art. i3. — Les infractions commises dans nos eaux territoriales seront établies par procès-verbaux et, à défaut de procès-verbaux, par témoins.
- Art. 14. — Les procès-verbaux prévus à l’article précédent seront dressés :
- Par les officiers commandant tous les navires de guerre français;
- Par tous officiers de police judiciaire ;
- Par tous officiers de police municipale assermentés;
- Par les autres fonctionnaires énumérés aux articles 10 du décret du 27 décembre i85i, 16 du décret du 9 janvier 1802.
- Toute attaque, toute résistance avec violences et voies de fait envers les agents ayant qualité, aux termes des dispositions ci-dessus, pour dresser procès-verbal, dans l’exercice de leurs fonctions, sera puniÊ des peines appliquées à la rébellion, suivant les distinctions établies au Code pénal.
- Art. i5. — Les procès-verbaux dressés par les officiers commandant les navires de guerre français ne sont point soumis à l’affirmation; ils font foi jusqu’à inscription de faux.
- Les procès verbaux dressés par tous autres agents ayant qualité à cet effet aux termes de l’article 14, ont la force probante et sont soumis aux formalités réglées par les lois spéciales, notamment les articles 10 et 11 du décret du 27 décembre i85i, 17 et 20 du décret du 9 janvier 1862,
- TITRE III
- Dispositions générales
- Art. 16. — Le délinquant, dans le cas de l’article 8, § 1*^ sera tenu, dans les vingt-quatre heures de son arrivée, de donner avis aux autorités locales du premier port où le navire sur lequel il est embarqué abordera, de la rupture ou de la détériorioration du câble sous-marin dont il serait rendu coupable.
- A défaut de déclaration, les peines encourues sont élevées jusqu’au double.
- Dans la cas de l’article 10, § 4, l’auteur de la rupture ou détérioration sera tenu, sous peine d’une amende de ib à 100 francs, de faire la déclaration ci-dessus.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Art. 17. — En cas Je récidive, le maximum des peines édictées ci-dessus sera prononcé ; ce maximum pourra être élevé jusqu’au double.
- II y a récidive:
- i° Pour les faits prévus par les articles 6, 7, 8 et g de la présente loi. lorsque, dans les deux années qui précèdent, il a été rendu contre le contrevenant un jugement définitif pour infraction aux disqositions desdits articles;
- 20 Pour les faits prévus par l’article 10, lorsque, à une époque quelconque, il a été rendu contre le délinquant un jugement définitif pour infraction aux dispositions de cet article.
- Art. 18.'— Seront déclarés responsables des amendes prononcées pour infraction à la présente loi et des condamnations civiles auxquelles ces infractions pourraient douner lieu, les armateurs des navires, qu’ils en soient ou non propriétaires, à raison des faits de l’équipage de ces navires.
- Les autres cas de responsabilité civile seront réglés conformément aux dispositions de l’article 1384 du Code civil.
- Art. 19. — En cas de conviction de plusieurs infractions prévues par la présente loi, la peine la plus forte sera seule prononcée.
- Art. 20. — L’article 463 du Code pénal est applicable aux condamnations prononcées pour infractions à la présente loi.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- Fait à Paris, etc.
- Mardi dernier, le steamer Faraday a terminé la pose du câble Mackay Bennett, au Havre, qui a été joint au câble souterrain.
- Le câble de Lundy Island, dont nous avons annoncé l’interruption, n’a pas encore été réparé, à cause du mauvais temps qui a rendu tout travail impossible.
- Le personnel de l’administration des télégraphes en Angleterre, va être augmenté de 1 200 à 1 3oo employés, en prévision de l’augmentation du trafic, qu’amènera l’introduction du nouveau tarif réduit.
- *»
- Le réseau pneumatique à Londres a dernièrement transmis 29801 dépêches en une seule journée, tandis que le nombre des télégrammes envoyés par les fils télégraphiques dans la même journée ne s’est élevé qu’à 26 162.
- La communication télégraphique a été rétablie avec les Indes anglaises, excepté avec Grenade et la Trinidad.
- Téléphonie
- L’administration de la Société générale des Téléphones a reçu de nombreuses réclamations au sujet de la disposition du transmetteur dans les nouvelles cabines téléphoniques. Eu effet, pour parler, on est obligé de se pencher au-dessus du pupitre, et, comme il est très rapproché de la muraille, les chapeaux se heurtent contre le fond de la cabine. La Société des Téléphones, pour faire droit à ces réclamations, a demandé à l’ingénieur Ader, inventeur du téléphone qui sert aujourd’hui de type, d’établir un modèle vertical de ses appareils. En outre, comme elle se trouve maintenant chargée de l’installation des postes dans les »
- cabines, elle donnera satisfaction au public en élevant davantage les appareils qui, de l’avis général, étaient placés un peu trop bas.
- C’est le i5 courant que s’est ouvert à Paris le service de l’envoi des dépêches télégraphiques par téléphone. Les abonnés de la Société peuvent expédier ou recevoir les télégrammes directement par l’intermédiaire du poste central à Paris, moyennant une cotisation supplémentaire de 5o fr. par an.
- La National Téléphoné C° se propose d’établir un réseau à Arlensbourg en communication avec Glasgow, pourvu qu’on puisse réunir uu nombre d’abonnés suffisant. Le prix de l’abonnement dans un rayon d’un mille du bureau central a été fixé à 25o francs par an.
- La communication avec Glasgow se paieïa à raison de 3oo francs par an, ou 60 centimes par trois minutes de conversation.
- La National Téléphoné CQ à Inverness avait placé la semaine dernière un fil reliant la salle de concert de la ville au bureau central téléphonique, afin de pouvoir transmettre le concert à plusieurs de ses abonnés. On a installé dans la salle deux transmetteurs Bîak ordinaires, montés sur des supports en laiton à une hauteur de six pieds, et les résultats ont été très satisfaisants.
- Le réseau téléphonique du gouvernement à Madrid commence à prendre une certaine importance, et on nous écrit que 100 postes téléphoniques sont déjà reliés au bureau central. A Barcelone également, le travail avance, mais plus lentement.
- Depuis le i” janvier dernier, l’administration des télégraphes en Autriche a admis le principe de l’admission illimitée des bons de réponse. En conséquence, les formulaires spéciaux des télégrammes de réponse dont il s’agit, émis par un bureau autrichien, peuvent dorénavant être utilisés auprès de tous les bureaux de cette administration.
- Des expériences téléphoniques avec le système Gillett ont eu lieu dernièrement entre Chicago et New-York. Les résultats n’ont pas été tout à fait satisfaisants, mais il a cependant été démontré encore une fois qu’il est possible de se faire entendre à 1000 milles de distance.
- Aux renseignements que nous avons déjà publiés au sujet des installations électriques au nouveau Palais de Justice à Bruxelles, nous pouvons ajouter que les bureaux du parquet, du procureur du roi et les cabinets des juges d’instruction sont munis d’appareils téléphoniques.
- Tous les transmetteurs placés dans les différentes salles du Palais sont reliés à un commutateur central placé dans le bureau central du télégraphe et destiné à mettre en communication les magistrats et les avocats. De plus, ceux-ci peuvent correspondre ayec les abonnés de Bruxelles et des faubourgs; ils pourront bientôt communiquer avec leurs collègues de Gand, d’Anvers, de Liège et de Verviers.
- La longueur totale des fils reliant l’ensemble des appareils électriques atteint 3oooo mètres et le nombre des piles Le-clanchè est de 600.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire* — 55oü4
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- Lumière
- Journal universel
- Électrique
- J Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- T ANNÉE (TOME XV)
- SAMEDI 14 MARS 1885
- N» I I
- SOMMAIRE. — La lampe Street et Maquaire; Frank Geraldy. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Production de l’électricité : Machines dynamo-électriques (suite)-, Aug. Guerout. — Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées (8e article); Marcel Deprez; Maurice Leblanc. — Télégraphe imprimeur de Baillebache; J. Bourdin. — La transmission électrique des signaux aux mines de Maries; A. Soubeyran. -- La transmission téléphonique de la parole par les courants électriques discontinus; L. de Locht-Labye. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Réclamation de priorité à propos du procédé d’annulation de l’extra-courant employé par M. D’ArsonvaI,par M. Daussin. — Sur les moyens d’annihiler ou d’atténuer les dangers de.l’extra-courant, par M. J. Raynaud. — Sur la formation de l’ozone, de l’eau oxygénée et de l’acide persulfurique dans l’électrolyse de l’acide sulfurique étendu, par M. Richarz.— A propos de dispositions galvanométriques récentes. — Polarisation des récepteurs téléphoniques, par J.-W. Giltay. — Une expérience sur la force d’attraction des électro-aimants, par le Dr A. Von Waltenhofen. — L’électrolyse appliquée à la justification des monnaies. — Bibliographie. — Correspondance : Lettres de MM. A. Daussin et E. Rau. — Faits divers.
- LA
- LAMPE STREET ET MAQUAIRE
- Enfin, voici une lampe électrique qui ne ressemble pas à tomes les autres. Décrire un régulateur est presque toujours une petite corvée; sans doute on trouve un point nouveau, un détail ingénieux, c’est pour cela qu’on signale et décrit l’appareil; mais pour arriver à ce point intéressant, on se voit obligé de repasser par la nomenclature des éternels organes, solénoïdes, rouages d’horlogerie, etc. Aujourd’hui, nous sortons de l’ornière, la lampe de MM. Street et Maquaire diffère par le principe comme par la disposition des systèmes conçus dans le même but.
- D’abord, première différence essentielle, toutes ou presque toutes les lampes connues n’empruntent au courant que le réglage du mouvement des charbons, le mouvement lui-même est dû à une cause qui n’est pas électrique; dans l’immense majorité des cas, c’est la pesanteur qui est la force motrice; je ne pourrais citer que la lampe de M. Tchikoleff {Lumière Electrique, vol. 2, p. i65), où le rapprochement et l’éloignement des charbons soient produits par le courant lui-même.
- La lampe Street et Maquaire procède de la même façon, mais le mouvement y est déterminé d’une façon particulièrement neuve et ingénieuse. Pour faire marcher les charbons sous l’influence du courant, il faut en définitive constituer un petit mo-
- teur électrique; c’est ce qu’avait fait M. Tchikoleff, qui empruntait simplement l’anneau Gramme.
- La lampe dont nous parlons est faite pour marcher spécialement avec des courants alternatifs; on sait que ceux-ci se prêtent médiocrement à mettre l’organe en mouvement. Par un détour curieux, c’est précisément en s’appuyant sur l’alternance même des courants que les inventeurs ont réalisé leur régulation.
- Ces messieurs, que nos lecteurs connaissent comme les ingénieurs de la lampe-soleil, ont été amenés en raison même de leurs fonctions à faire une étude particulière des courants alternatifs ; au cours de ces travaux, ils ont été amenés à considérer spécialement les vibrations que ces courants peuvent faire naître. On peut, en effet, en lançant un courant alternatif dans un électro-aimant mettre et maintenir en vibration une armature à ressort placée devant le noyau de l’électro. L’armature, le ressort, l’électro-aimant lui-même doivent être placés dans certaines conditions, Correspondant à la durée et à l’intensité des phases du courant; si ces conditions sont remplies, chaque fois que le courant passe par un maximum, l’armature est attirée; chaque fois que le courant s’annule pour changer de sens, l’armature abandonnée obéit au ressort et s’éloigne.
- MM. Street et Maquaire ont tiré de ce mouvement vibratoire un moteur très simple. Imaginons en effet que l’armature ainsi mise en vibration soit pourvue d’un doigt s’appuyant sur la denture d’une roue à rochet : à chacune de ses vibrations, elle
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- fera avancer la roue d’une dent et celle-ci prendra un mouvement de rotation continu. Seulement, on le conçoit, un pareil moteur sera quelque peu délicat; en effet, l’oscillation de la dent est très rapide, quelque chose comme 7 à 8000 vibrations par minute ; l’amplitude est par compensation très faible ; la roue à rochet doit donc avoir des dents excessivement fines, et il est difficile de maintenir le cliquet en bon contact avec elle; celui-ci saute des dents.
- Une autre idée ingénieuse vient corriger le défaut; faisons le cliquet et la roue tous deux en fer doux, qu’arrivera-t-il? Au moment où le cliquet, qui fait partie de l’armature vibrante, est attiré par l’électroaimant, il est aimanté; au moment où l’électroaimant l’abandonne et où il revient sous l’action de son ressort, il n’est plus aimanté, il s’ensuit que, dans son mouvement d’aller, il adhère à la roue; dans son mouvement de retour il n’adhère plus. Voici un moyen tout simple d’assurer le contact du cliquet sur les dents de la roue; ou plutôt, bien mieux, voici le moyen de supprimer complètement les dents; à quoi bon les dents, en effet, l’adhérence magnétique doit suffire ; et en effet elle suffit parfaitement, un appareil tel que celui dont je viens de décrire le principe fonctionne très régulièrement.
- Le moteur ainsi esquissé, voici comment MM. Street et Maquaire l’ont appliqué dans leur lampe. Comme nous faisons usage de courants alternatifs, les deux charbons s’useront également; il s’agit donc de les faire avancer tous deux l’un vers l’autre également et avec la rapidité convenable ; pour cela les deux porte-charbon G G' forment les écrous d’une vis à deux pas opposés O O'; la vis tournant, les deux écrous et les charbons qu’ils’portent, suivant le sens du mouvement, s’éloigneront ou se rapprocheront l’un de l’autre. Sur l’axe de cette double vis est fixé un disque de fer A; dans la réalité, il y en a deux, A et A', mais comme leurs actions coïncident, nous supposerons provisoirement qu’il n’y en a qu’un. Des deux côtés de ce disque et aux extrémités d’un même diamètre sont deux pièces de fer b, c, tangentes au disque et montées sur une petite lame de ressort e e. Devant les extrémités de ces deux pièces b, c sont disposés deux électro-aimants B B', CC'. Ces deux électro-aimants sont reliés tous deux au courant général, seulement l’un d’eux BB est placé sur le circuit éclairant lui-même, comme le montre le tracé MNP G' GQRB' BST; cet électro est garni d’un petit nombre de tours de gros fil; l’autre électro-aimant C C' est placé sur une dérivation prise aux bornes de la lampe en MNCC'QRB'BST; celui-ci est garni d’un grand nombre de tours de fil fin. Cette disposition est celle qu’on applique dans les lampes différentielles.
- Voici comment fonctionne l’appareil ainsi dis-
- posé : Supposons que les deux charbons se touchent; on envoie le courant; la résistance du circuit M'P Q ST est très faible, tout le courant s’y dirige, l’électro-aimant B B' est fortement animé ; la pièce de contact b, fortement aimantée, agit énergiquement sur le disque M et le fait tourner dans le sens de la flèche a. La vis suit le mouvement, les deux charbons s’écartent et l’arc jaillit. Le courant s’affaiblit en même temps dans l’électro B B', mais il augmente dans l’électro CC', la pièce c adhère de plus en plus fortement au disque A et tend à le faire tourner dans le sens de la flèche p ; pendant un certain temps il y a équilibre, puis les charbons s’écartent toujours par suite de la combustion; l’électro ce' prend décidément le dessus, la rotation dans le sens (3 se détermine et s’opère d’une façon continue, compensant à chaque instant l’usure des charbons et maintenant strictement le courant à la même intensité ; le système A' b' c, placé en bas de l’axe, répète le système supérieur et double son action.
- La marche de l’appareil est absolument régulière et des plus intéressantes à voir : le petit moteur A A' tourne d’un mouvement continu et doux, sans qu’on puisse bien voir ce qui le mène, la vibration des pièces tangentes étant très rapide ; parfois si, par suite de la non homogénéité des charbons, l’arc a eu tendance à s’allonger ou à se raccourcir d’une façon anormale, on voit le petit disque tantôt se hâter, tantôt au contraire se ralentir, quelquefois s’arrêter, marcher un instant en sens contraire, puis, ayant tout remis en ordre, reprendre sa marche régulière. La lumière est excellente, comme on le conçoit aisément; toute inégalité provenant du mécanisme a disparu.
- MM. Street et Maquaire ont pourvu leur lampe de dispositifs accessoires, prévoyant les diverses éventualités qui peuvent se présenter.
- D’abord, si les charbons viennent à se consumer complètement, l’un des porte-charbon G'| (figure 1 et 2) vient, dans son mouvement, toucher un contact g et fermer un court circuit qui exclut du courant la lampe hors d’état de fonctionner.
- D’autre part, la lampe peut s’éteindre par accident, tout le courant passant alors par le solé-noïde C c'; en même temps que le fonctionnement général serait troublé, celui-ci pourrait être détruit; le dispositif représenté figure 2 évite cet accident.
- Au moment où la lampe s’éteint, l’électro-aimant C, très fortement animé, attire l’armature h et fait basculer le levier H L; dans ce mouvement, la tige m vient toucher le contact n et crée ainsi une dérivation à travers la bobine V. Celle-ci a une résistance à peu près égale à celle qu’avait normalement l’arc, plutôt un peu plus. Elle remplit deux fonctions : d’une part elle maintient, en attirant l’armature /, le contact m n et se conserve son courant ; de l’autre elle soulage l’électro C du courant
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- en excès qui pourrait lui nuire ; il en conserve cependant assez pour agir et faire tourner le disque de façon à rapprocher les charbons ; lorsque ceux-ci viennent au contact, le circuit qu’ils forment n’ayant presque aucune résistance, le courant s’y précipite tout entier, abandonnant l’électro C et la
- FIG. I
- bobine V ; le levier HL, ramené par son ressort N, revient à sa position normale, tandis que l’électro B, animé à son tour, refait l’écart des charbons et rallume la lampe, qui reprend sa marche.
- Au lieu de placer ce dispositif dans la lampe même, les inventeurs préfèrent le placer à part; ils lui donnent alors la forme indiquée figure 3. Dans le fonctionnement normal le courant venant en P tra-
- verse un petit solénoïde A; celui-ci tient alors soulevée une fourche métallique placée au-dessus de deux godets de mercure m m'. Après avoir parcouru A le courant traverse la lampe, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, et s’en va par le circuit T S R. Si la lampe s’éteint, le courant a tendance à s’aflaiblir, le solénoïde A abandonne la fourche, qui tombe
- dans les godets m m' et les réunit en court circuit ; le courant venant de P trouve alors deux voies : l’une le conduit, comme précédemment, à la lampe, l’autre lui permet de passer à travers une bobine B, de résistance à peu près égale à celle qu’avait l’arc; il se partagera entre ces dérivations comme il vient d’être dit, la portion passant par la lampe permettra à l’électro C de rapprocher les charbons, l’autre
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- portion passant par B assurera le service dans le reste du circuit et évitera les accidents. Une fois les charbons en contact, la bobine A relèvera la fourche et la lampe rallumée reprendra sa marche. Ce système agira non seulement en cas d’accident, mais en cas d’extinction volontaire.
- Faire l’éloge du fonctionnement de cette lampe au moment où elle vient de naître, à l’heure où elle n’existe encore qu’à l’état d’appareil d’expérience, serait se hasarder sans doute, et nous savons qu’à ce point de vue pratique une expérience suffisam-
- FIG. 3
- ment prolongée peut seule permettre de se prononcer définitivement. Au reste, cette expérience ne tardera pas ; ce qu’on peut voir dès aujourd’hui c’est, avec l’invention remarquablement ingénieuse, la grande simplicité du nouvel appareil, simplicité qui nous assure une lampe robuste et peu coûteuse ; ce sont là des qualités très importantes dans un appareil de ce genre, et lorsqu’on les reconnaît dès l’origine d’un système, on peut se risquer à lui prédire un bel avenir.
- Frank Geraldy.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- PRODUCTION DE L'ÉLECTRICITÉ
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- La machine Van de Poele.
- M. Van de Poele avait exposé à Philadelphie plusieurs machines genre Gramme qui se distinguaient par un certain nombre de particularités de construction.
- Le type de ces machines est représenté par la figure 64.
- Les inducteurs, carrés et courts, présentent à l'armature deux épanouissements demi-circulaires
- FIG. 63
- qui constituent de vrais pôles et non des points conséquents. Les culasses de ces inducteurs sont réunies par deux plaques horizontales, l’une supérieure, l’autre inférieure. Cette dernière, plus épaisse, sert de support à la machine, et elle est venue de fonte avec des projections qui forment les paliers de l’axe.
- Les noyaux des inducteurs ne sont pas d’un seul bloc; ils sont formés chacun par huit plaques de fer doux de 3 centimètres d’épaisseur et distantes les unes des autres d’environ 1 centimètre. Cette disposition a pour but de réduire réchauffement des noyaux.
- Le cylindre de l’armature est construit également d’une façon spéciale : sur plusieurs anneaux de fer parallèles, dont tous les centres sont placés sur l’axe de la machine, sont rivées intérieurement et extérieurement des lames de fer se correspondant deux à deux. Chaque bobine est en outre enroulée juste au-dessus de deux lames correspondantes.
- (•) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- Comme les lames ne se touchent pas, cette disposition augmenterait, selon l’inventeur, la rapidité de désaimantation.
- Le procédé employé pour construire le collecteur mérite aussi d’être signalé. Il est d’abord fondu d’une seule pièce sous forme d’un cylindre épais en bronze muni d’une partie extérieure à quelque distance de chacune de ses bases. A l’aide d’une scie circulaire, on pratique dans ce cylindre autant de fentes longitudinales équidistantes que le
- collecteur doit avoir de lames, mais on a soin de ne faire venir les fentes que jusqu’à quelques millimètres des bases du cylindre, qui de cette façon forme eucore un tout. Pendant qu’il est en cet état, on introduit une matière isolante dans les fentes, puis on garnit chaque extrémité du cylindre de deux colliers revêtus de matière isolante et placés l’un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur. Ces colliers laissent dépasser extérieurement un peu de la partie refendue du cylindre, et il n’y a plus qu’à abat-
- FIC f>4
- ire cette partie saillante pour que toutes les lames soient électriquement séparées les unes des autres, bien que le tout constitue un ensemble solide.
- Les balais sont portés par un collier mobile (fig. 63) et peuvent être déplacés pour le réglage, soit à la main, soit par un régulateur placé sur la machine.
- M. Van de Poele a adopté pour ses machines de ce type différents arrangements qu’il utilise suivant les cas.
- Dans les unes, le courant est réglé par le mode d’enroulement; les autres sont munies d’un régu-
- lateur manuel ou automatique. Quelquefois il alimente les inducteurs de ses grandes machines par une excitatrice séparée.
- Un autre type de machine Van de Poele est construit avec un double collecteur (fig. 65). Chaque collecteur correspond à la moitié des sections de l’anneau. L’une des paires de balais alimente alors le circuit extérieur et l’autre les inducteurs, comme le montre le schéma de la figure 66.
- Dans un autre de ses modèles (fig. 67;, M. Van de Poele règle le courant des inducteurs au moyen d’un balai auxiliaire. Les inducteurs sont en rela-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUEI
- tion, d’une part, avec l’un des deux balais principaux de la machine, de l’autre avec le balai secondaire. Suivant la position de ce dernier, ils reçoivent plus ou moins de courant.
- Signalons enfin parmi les machines à lumière du même inventeur un dispositif qui a déjà été indiqué plusieurs fois chez nous, mais que nous n'avions pas encore vu appliquer.
- Il 'ést destiné à permettre de brûler sur le même circuit des lampes à arc et des lampes à incandescence. Il se compose d’une machine à double collecteur. Une des fractions de l’anneau enroulée avec du fil fin reçoit par les balais qui lui correspondent le courant du circuit général, qui comprend aussi les lampes à arc, la machine fonctionne alors comme moteur, mais en même temps l’autre fraction de l’anneau enroulée de gros fil produit un courant de quantité que l’on utilise
- FIG. 65
- pour alimenter des lampes à incandescence. Le schéma de la figure 68 indique l’arrangement général en même temps que la disposition donnée à la machine transformatrice.
- A part la forme spéciale que lui a donnée M. Van de Poele, cette disposition n’est d’ailleurs pas nouvelle en principe, elle a déjà été proposée par plusieurs personnes et l’indication la plus ancienne que nous ne connaissions remonte à 1874. Dans une note présentée à l’Académie des sciences le 23 novembre 1874 et intitulée : « Sur les nouveaux perfectionnements apportés aux machines magnéto-électriques », M. Gramme s’exprimait ainsi :
- « Pour terminer, je signalerai une petite machine dans laquelle l’anneau est formé de deux fils de diamètres différents et d’un double collecteur de courants. Cette machine a la propriété de convertir l’électricité de quantité provenant d’une pile ou d’une autre machine en électricité de tension, ce qui permet, par exemple, de faire de la télégraphie avec dèux éléments Bunsen.
- « Ce modèle est surtout applicable à la médecine et aux expériences scientifiques; je ferai connaître ultérieurement les résultats que j’ai obtenus dans différentes applications. »
- L’application était en sens inverse de celle que nous venons d’indiquer, mais le principe n’en était pas moins le même.
- M. Van de Poele exposait également une machine Lampes
- ----------—o-----O- - —O----0——O-----------
- FIG. 66
- à galvanoplastie construite surtout en vue de pouvoir être livrée à bas prix. La carcasse de cette machine, d’apparence cubique, est formée de deux masses de fonte dans lesquelles on a pratiqué un logement pour l’armature et sur lesquelles le fil inducteur est enroulé directement (fig. 69).
- Ajoutons que, considérées dans leur ensemble, les machines de M. Van de Poele se distinguent par une construction à la fois robuste et soignée, et que leurs applications sont nombreuses dans la région ouest des Etats-Unis.
- [
- Lampes
- O------o----o-——-0 0
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- J
- Machine Mac Tighe.
- Cette machine, dérivée de la machine Gramme, est représentée dans la figure 70. On voit qu’elle ne comporte que deux inducteurs plats verticaux, réunis par les pièces polaires, ce qui rend la machine très compacte.
- L’armature est construite d’une façon spéciale. Elle se compose d’une série d’anneaux plats en fer doux (fig. 71), portant une fente en un de leurs points.
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- Ces anneaux sont d’abord réunis sous forme de tambour, de manière qüe toutes leurs fentes se trouvent sur une même génératrice du cylindre. Par l’ouverture longitudinale ainsi formée, on introduit
- Incandescence
- jfivnmn imi wvv\\^~
- Lampes à arc
- Machine
- principale
- et On enfile sur l’anneau une série de bobines plates (fig. 72), qui constituent l’enroulement de l’armature. Les bobines une fois introduites, on
- Voici les données fournies par le constructeur sur une des machines de ce type :
- Largeur de la machine ................. iS pouces.
- Longueur............................... 20 —
- Hauteur................................ i5,5 —
- Poids.................................. 2S0 livres.
- Poids du fil des inducteurs ........... 62 —
- — de l’armature............... i5 —
- Résistance des inducteurs............... 1 ohm 6
- — de l’armature . ............ 1 ohm 6
- Diamètre de l’armature.................. 8 pouces.
- Nombre de tours par minute.............. 1S00
- Résistance extérieure avec un circuit de
- trois lampes à arc................... i5 ohms 2
- FIG. 70
- Différence de potentiel aux bornes de la
- machine . ......................... i85 volts.
- Intensité du courant....................... 10 amp.
- Energie utilisée dans les trois lampes ... 82 p, °/o.
- Travail absorbé............................ 3,1 h. power.
- Il résulte de ces chiffres que 66 0/0 du travail absorbé se trouve utilisé dans le circuit des lampes.
- FIG. t>f)
- Machine Richter.
- brouille les anneaux comme les disques d’un cadenas à lettres, de sorte qu’ils forment un cylindre continu (fig. 73). On réunit ensuite ce cylindre à l’axe par deux croix et des boulons qui traversent de part en part la série des anneaux.
- La figure 74 représente cette machine, qui se distingue par une forme spéciale, circulaire, semblant plutôt combinée pour l’œil que par suite de considérations scientifiques. Chacune des deux pièces polaires relie les deux pôles du même nom
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- de deux électro-aimants dont la culasse forme un demi-cercle. Les noyaux de chaque inducteur, venus de fonte avec leur culasse, sont percés de part en part de fentes destinées à la fois à faciliter la ventilation et à diminuer les courants de Foucault.
- Il faut remarquer que ces noyaux sont plus gros
- FIG. 71
- du côté de la culasse, de sorte qu’il y a plus de fil d’enroulé sur cette partie des inducteurs. On eût évidemment réalisé une économie utile en conservant aux inducteurs la même dimension dans toute leur longueur, et l’aspect extérieur seul de la machine en eût eu à souffrir.
- Quant à l’armature, elle est du type Gramme, avec des bobines bien séparées les unes des autres et opérant par leur révolution même une ventilation assez énergique.
- anneaux. On s’en rappellera certainement la disposition générale, et nous n’y reviendrions pas si une des machines de ce type exposées à Philadelphie ne présentait une curieuse disposition de circuits (fig. 21).
- L’une des armatures A de la machine alimente les lampes à arc, l’autre, B, les lampes à incandescence et les inducteurs de la machine, tous montés en dérivation sur B, mais les résistances sont réglées de façon que les deux systèmes A et B développent, en C et D, des forces électromotrices égales et de sens contraire, de sorte que chacun d’eux peut fonctionner indépendamment de l’autre
- FIG. 73 BT 73
- Machine Bail
- Nous avons déjà eu occasion de parler (*) de cette machine bizarre, que son inventeur avait appelée fort à tort unipolaire, parce qu’il avait enlevé un épanouissement polaire à chacun de ses deux
- v1) Voir La Lumière Electrique, vol. VIII, p. 342.
- FIG. 7+
- Cette disposition est plus ingénieuse que pratique, car, de fait, il est difficile de maintenir constamment l’équilibre nécessaire.
- Machine Hochausen
- Nous avons déjà décrit cette machine avec assez de détails {La Lumière Electrique, vol. XI, p. 547) pour ne pas avoir à revenir ici sur sa description. Nous nous bornerons à énumérer les divers types qui figuraient à l’Exposition de Philadelphie,
- La plus puissante de ces machines (n° 5), alimentait 25 lampes à arc. Un autre modèle (n° 4), destiné à la galvanoplastie, était indiqué comme pouvant déposer 5oo livres de cuivre par jour. Le même type (n° 4), construit pour fonctionner avec i5 lampes à arc, alimentait 11 lampes à arc et 24 lampes à incandescence.
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- Une machine spéciale (n° 2) faisait fonctionner une grande lampe à arc pour locomotive. Cette machine donne un courant de 20 ampères avec une différence de potentiel de 5o volts. Le n° 4, de i5 lampes à arc, donne 10 ampères et 750 volts.
- Incandescence
- Lampes i arc
- fig. 75
- Le n° 4, pour galvanoplastie, 2 5oo ampères et 2volts5. Sa résistance intérieure est o°hmooi. Le n°5 donne 10 ampères avec 1 25o volts.
- Machine de la Société Bernstein.
- La Bernstein Electric Ltght Manufacturing C° de Boston avait exposé deux types de sa machine destinés à alimenter des lampes à incandescence Bernstein. L’un d’eux était construit pour alimen-
- ter en série 70 lampes à incandescence de 40 bou gies, l’autre pour alimenter en dérivation 10 lampes de 70 bougies ou 20 lampes de 3o bougies. Quant à la construction de cette machine, nous ne la mentionnons que pour mémoire. Il suffit de jeter
- les yeux sur la figure 27 pour voir que cet appareil est une machine à anneau Schuckert établie dans de mauvaises conditions.
- La dissymétrie de la disposition est apparente au premier coup d’œil, et il n’y a aucune raison pour donner aux inducteurs supérieurs une longueur plus grande qu’aux inférieurs. Un pareil arrangement ne peut que rendre le champ magnétique inégal, ce qui est au détriment du bon fonctionnement de la machine.
- Machine Arago.
- Cette machine (fig. 28) avait déjà figuré, avec une disposition un peu différente, à l’Exposition de Paris en 1881. C’est une machine à inducteurs nombreux entre lesquels tourne un anneau de
- FIG. 77
- bobines plates rappelant assez celles de l’alternative Siemens. En 1881 il nous avait été impossible d’obtenir de renseignements précis sur la disposition électrique de l’appareil. A Philadelphie, la personne chargée du soin de la machine était presque aussi mystérieuse qu’à Paris. Nous avons pu cependant en obtenir quelques indications. Les inducteurs sont au nombre de 10 de chaque côté, les bobines induites sont au nombre de 12. Elles sont reliées entre elles dans le genre des bobines de l’anneau Gramme et communiquent aussi avec le collecteur, chaque liaison s’étendant à 5 lames du collecteur. Ces dernières sont au nombre de 60. Ces indications ne suffisent pas pour préciser d'une façon absolue le jeu de la machine, mais elles suffisent pour montrer que
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- LA LUMIÈRE ÊLECTRIQÜÈ
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- l’appareil repose sur le même principe que la machine Von Hefner Alteneck à courant continu décrite dans La Lumière Electrique, vol. III, p. 481.
- Le courant produit par cette machine est de i3 ampères avec 400 à 450 volts de différence de potentiel aux bornes.
- Machine Diehl.
- M. Diehl ï avait exposé plusieurs types de machines dans lesquelles il n’avait cherché qu’à introduire un moyen facile de régler l’intensité du champ inducteur. Un de ces types est représenté fig- 78-
- rifi 78
- Le procédé employé pour régler le champ consiste à rendre les inducteurs mobiles, de façon qu’on puisse, à l’aide d’un levier, les écarter de l’armature induite. Ce procédé ne peut s’appliquer avec avantage qu’à des machines relativement petites et il était d’ailleurs destiné surtout à régler le courant alimentant quelques moteurs de machines à coudre.
- Dans des conditions comme celles que M. Diehl avait reproduites à l’Exposition de Philadelphie, c’est-à-dire dans un atelier de machines à coudre où une faible force motrice actionnait une dynamo destinée à fournir le courant seulement à quelques petits moteurs électriques, ce mode de réglage pouvait être commode et pratique, mais il ne faudrait pas le pousser plus loin et vouloir l’appliquer sur une plus grande échelle.
- M. Diehl avait cependant construit sur ce même
- principe des machines genre Siemens d assez grandes dimensions. Nous n’avons pas juge utile, pour les raisons que nous venons de dire, d’en reproduire la disposition.
- Aug. Guerout.
- ÉTUDE COMPARÉE
- DES
- DIVERS PROCÉDÉS DE TRACTION
- APPLICABLES SUR LES VOIES FERRÉES 4
- Étude spéciale du chemin de fer métropolitain de Paris
- 8e article (Voir les numéros des 3, io, 17, 24 cl 3i janvier, du 14 février et du 7 mars 188S)
- DU MATÉRIEL DE TRACTION
- Il résulte de ce qui précède que la vitesse des trains devra être de 3o kilomètres à l’heure (démarrages et arrêts compris), et cela sur un profil comportant des rampes de 20m/m et des courbes de i5o mètres de rayon.
- IMPOSSIBILITÉ DE L’EMPLOI DES LOCOMOTIVES ORDINAIRES
- La nature de ce profil même serait une cause de bien grandes difficultés si le moteur employé devait créer à chaque instant la quantité de travail voulue, à cause des énormes variations de ce dernier.
- Mais nous avons vu qu’à New-York, sur les chemins de fer aériens, l’emploi des locomotives a donné lieu à des plaintes constamment répétées et leur usage se trouverait absolument prohibé par la continuité du souterrain. Celui-ci serait, en effet, bientôt rendu inhabitable par le dégagement des produits de la combustion. Si, au Métropolitain anglais, on a pu se servir de locomotives, cela tient à ce que les conditions d’installation sont bien différentes. La modicité relative du prix des terrains à Londres a permis à la Compagnie du Métropolitain d’acquérir le sol qu’elle occupe. Elle a pu établir ainsi la majeure partie de ses voies de tranchée, et son chemin de fer se rapproche davantage de notre chemin de fer de Ceinture que de ce que sera celui dont nous nous occupons.
- Et encore l’exploitation au moyen de locomotives, a-t-elle présenté d’énormes difficultés. Il a fallu faire des machines spéciales dont les chaudières renfermassent beaucoup d’eau, ce qui permet au mécanicien, chaque fois qu’il aborde un
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- tunnel* de desserrer son échappement et de fermer son cendrier. La combustion se trouve ainsi presque totalement arrêtée et la chaudière vit sur son propre fond. Néanmoins, cette solution n’a été acceptée que comme pis-aller, et tous ceux qui ont voyagé dans le Métropolitain anglais se plaignent de l’atmosphère humide et malsaine qu’on y respire.
- Dans le cas actuel, l’usage de la locomotive doit être rejeté à priori. Ce que nous avons dit plus haut, relativement à la nature accidentée du profil, montre d’ailleurs que cette machine se fût trouvée dans des conditions bien défavorables.
- En effet, si on applique la formule connue de résistance d’un train
- >-=0,0843 v + 2,34 —
- _p_
- 200
- où
- r représente la résistance à la traction par tonne exprimée en k. g.,
- V la vitesse enk. m. à l’heure.,
- P le poids total du train en tonnes,
- on trouve
- que la quantité de travail absorbée par la traction d’un train de 60 tonnes marchant à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure, en palier et en alignement, n’est que de 47 chevaux.
- Pour maintenir la même vitesse sur une rampe de 20m/m et en courbe de i5o mètres, il faudrait dépenser plus de 240 chevaux, pendant le même temps, et encore ne tenons-nous pas compte du poids de l’organe moteur.
- Autrement dit, la puissance qu’il faudra développer à chaque instant devra varier au moins dans le rapport de 1 à 5.
- Cette condition exigerait de la part d’une locomotive une élasticité presque inadmissible, et on serait forcé d’employer des machines tellement fortes que la plupart du temps elles ne seraient pas utilisées. Or, comme leur poids croît comme leur puissance, la traction ne pourrait se faire que dans des conditions économiques très défavorables.
- Il pourrait ne pas en être de même si le moteur emportait avec lui tout le travail nécessaire, rendu disponible à l’avance, et emmagasiné sous une forme quelconque : eau chaude, air comprimé, décomposition chimique dans un accumulateur.....
- On n’aurait plus en effet à transporter l’organe de transformation proprement dit, et l’on pourrait ne donner à l’organe moteur que le poids strictement nécessaire pour qu’il pût développer l’adhérence voulue pour la traction d’un train de 60 tonnes, quitte à recharger souvent son réservoir d’énergie.
- •f.
- -------------------.-------------------------------- vf
- I
- FAIBLESSE DU COEFFICIENT D'ADHÉRENCE . '4
- Mais il ne faut pas oublier que dans certaines portions du profil l’effort de traction pourra atteindre 1800 kilogrammes, que sous un tunnel le rail est constamment gras et que le coefficient d’adhé-
- rence n est guère supérieur a
- Déterminons de suite quel devrait être le poids du moteur, en supposant que sa résistance à la traction soit la même que celle du train.
- Soit P le poids du train en tonnes, p celui du moteur,
- f le coefficient d’adhérence par tonne, r la résistance par tonne.
- On doit avoir :
- d’où
- Pf= (P + P) r,
- P (f— r) = Pr,
- en faisant /= -jj? = 66 kil. pour une tonne,
- r — 3o kil. (résistance correspondant à une rampe de 2om/m et à une courbe de i5o mètres.)
- P = 6o tonnes, on en déduit : p — P sensiblement.
- Il s’ensuit, que dans les conditions spéciales où l’on se trouvera, le poids du moteur devra être égal à celui du train remorqué.
- Ce sont des conditions extrêmement désavantageuses et qui tiennent aux accidents du profil, à la continuité du tunnel et à la faiblesse du coefficient d’adhérence qui en résulte.
- Sur une ligne ordinaire à ciel ouvert, on adopte
- généralement comme coefficient d’adhérence il suffirait alors que le poids du moteur fût de 17 tonnes pour remorquer un train de 60 tonnes.
- AVANTAGES dfs moteurs indépendants des voitures
- Dans le cas actuel, on voit que le rendement du mécanisme moteur devrait être bien inférieur à 5o 0/0, puisque sa propre traction absorberait autant de travail que celle du train proprement dit.
- On pourrait éviter cet inconvénient en rendant chaque véhicule automoteur et profiter ainsi de l’adhérence du poids transporté lui-même. Cette solution serait à discuter si le Métropolitain ne devait pas servir à opérer des échanges entre Compagnies, et à transporter le matériel de ces dernières, mais il faudrait un matériel de traction spécial pour ce dernier. Dans ce cas, il n’y aurait pas de raison pour l’employer aussi à la traction des voitures du Métropolitain,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- La voiture automobile, dont l’idée est séduisante au premier abord, n’est donc pas à adopter, d’autant plus qu’au point de vue du rendement et de la facilité de conduite et d’entretien, il est préférable et plus économique de n’avoir qu’une seule grosse machine au lieu d’un grand nombre de petites.
- Cette idée de profiter du poids remorqué lui-même pour fournir l’adhérence nécessaire n’est d’ailleurs pas nouvelle. En Belgique, il existe des voitures non plus de tramway, mais de chemin de fer, comprenant sur le même châssis une locomotive, un fourgon à bagages et un compartiment à voyageurs de deux ou trois classes. Ce sont les voitures Belpaire.
- Mais la pratique n’a pas tardé à montrer que cette disposition présentait une foule d’inconvénients. On a d’abord fait en sorte que la machine toujours accolée au véhicule pût en être facilement séparée, en cas de réparation.
- Il n’y avait plus qu’un pas à faire pour arriver à la séparation complète du moteur et des véhicules, ce qui n’a pas tardé à être fait généralement. Seulement pour les trains légers, auxquels convenait la voiture Belpaire, on a adopté des voitures à couloir central reliées entre elles et à la locomotive. De la sorte, il suffit d’employer 2 agents pour le train, le conducteur étant toujours à même de venir relayer le mécanicien en cas de besoin. Or, c’était là la principale économie à laquelle avaient donné lieu les voitures Belpaire.
- Puisqu’il faut avoir un moteur distinct, et qu’on ne saurait lui donner le poids adhérent voulu sans se mettre dans des conditions d’exploitation fort onéreuses, il faudra recourir à un artifice quelconque qui permette de trouver le point d’appui nécessaire.
- RECHERCHE DU MODE DE TRACTION A ADOPTER
- Puisqu’on ne peut employer la locomotive ordinaire, que les accidents du profil ne permettent pas d’employer la traction par câble et que nous avons reconnu que les machines à eau chaude avaient tous les avantages des machines à air comprimé sans en avoir les inconvénients, nous n’au. rons à comparer que la machine à eau chaude et l’emploi de l’électricité, soit au moyen des accumulateurs, soit par transmission directe.
- i° Locomotive sans foyer. — Nous avons vu qu’on emmagasinait 1 5oo kgm. par litre d’eau chaude, voyons à quelles dimensions d’appareils nous serions conduits.
- Considérons par exemple la ligne des Halles au chemin de fer de ceinture rive droite, admettons un coefficient de 6 k. par tonne en palier et en ali-
- gnement, ce qui correspond à une vitesse de marche de 45 km. environ, d’après la formule rappelée plus haut, et supposons que celui-ci devienne nul sur les pentes, le train proprement dit pesant 60 tonnes.
- En allant des Halles à la Ceinture, nous trouvons que jusqu’au boulevard Rochechouard on monte de 25 m. 5o, ce qui nécessite un travail de 1 53oooo kgm. environ, de plus la traction de 60 tonnes sur un parcours de 3 925 m. coûterait 1413000 kgm., soit en nombres ronds 3oooooo kgm.
- De la Ceinture aux Halles, on ne monte que de i5 m. 5o, ce qui nécessite un travail de 930 000 kgm., de plus la traction en rampe ou en palier sur un parcours de 3 000 m. absorberait 1080000 kgm., soit un total de 2 000 000 kgm. environ.
- De sorte que pour l’aller et le retour il faudrait pouvoir développer 5000 000 kgm., ce qui reviendrait à avoir un approvisionnement de 3 3oo litres d’eau.
- La locomotive devrait au moins peser 60 tonnes pour avoir l’adhérence nécessaire. Si on ne se servait que de la gravité pour la déterminer, l’approvisionnement devrait être double, soit 6600 litres pour l’aller et retour. Une machine exposée par M. Franck en 1878 pesait environ 9 tonnes et pouvait contenir 1 800 litres d’eau chaude, mais le volume d’eau que peut transporter une machine croît bien plus vite que son poids. Le mouvement d’une locomotive ordinaire ne pèse guère que 3o tonnes, et sa chaudière i3 tonnes. En admettant que,le réservoir pèse 10 tonnes, on pourrait emmagasiner dans une locomotive sans foyer de 60 tonnes 20 m. cubes d’eau chaude.
- Une pareille machine pourrait faire 6 voyages aller et retour, mais quelle énorme masse remorquée pour rien !
- Avec une machine de 20 tonnes, on aurait assez d’approvisionnement pour un voyage aller et retour, ce dont un service d’exploitation pourrait se contenter à la rigueur, mais il faudrait nécessairement employer un des moyens signalés plus haut pour remédier à la faiblesse de i’adhérence. Celui que nous avons reconnu être le meilleur, l’attraction magnétique pourrait être employé. Il faudrait alors ou bien que chaque machine possédât un petit moteur spécial, un Brotherood par exemple, et une machine dynamo-électrique, ou bien qu’elle reçut le courant d’une source étrangère installée à poste fixe sur la voie, au moyen de deux conducteurs latéraux.
- Ce dernier procédé serait le plus logique, car il suffirait d’un seul moteur placé sur le point difficile pour assurer le passage de tous les trains.
- Nous ferons remarquer que l’emploi de la machine à eau chaude, s’il n’a pas les inconvénients de la locomotive à vapeur au point de vue de la respi-
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- à
- rabilité de l’air, n’en aurait pas moins le défaut de remplir le tunnel déjà assez humide par lui-même d’un brouillard qui ne laisserait pas d’être fort malsain.
- On se trouverait à peu près dans les mêmes conditions qu’à Londres, puisque les mécaniciens n’activent leur feu que pendant le parcours en tranchée.
- Le travail de la gravité sur les pentes devrait être complètement absorbé par l’action des freins. Il est notoire que sur tous les chemins de fer, les mécaniciens se sont toujours montrés rebelles àl’usage de la contre-vapeur, malgré l’injection d’eau opérée dans l’échappement suivant les données de M. Ricour, sauf en cas de danger. Cela tient à ce que les garnitures des pistons souffrent toujours quand la marche est renversée, et que les segments grippent.
- Or l’emploi de la contre-vapeur, dans le cas actuel, serait le seul moyen de récolter le travail fourni par la gravité (moyen imparfait d’ailleurs) et il présenterait ici les mêmes inconvénients qu’avec les locomotives, puisqu’il s’agit de phénomènes identiques.
- C’est une objection grave sur un profil aussi accidenté, et où le fait de gravir des pentes très raides coûtera tant de travail. Enfin, l’on n’a construit jusqu’ici que des machines sans foyer d’une faible puissance, et l’on rencontrera de graves difficultés lorsqu’il s’agira de faire des machines remorquant non plus des tramways, mais des trains de chemins de fer. On éprouvera en effet de grands inconvénients à augmenter le diamètre des réservoirs à cause de la forte épaisseur à donner aux tôles, et l'on ne saurait employer un grand nombre de petits réservoirs sans accroître par trop le poids mort de la machine.
- Il est vrai qu’on pourrait faire produire à une même quantité d’eau chaude un travail plus de deux fois plus grand; mais nous ne savons ]3as si le mode d’emploi que nous avons indiqué serait réalisable.
- 20 Accumulateurs électriques. — Si la même machine ne doit faire que deux voyages aller et retour consécutifs, elle pourra n’emporter avec elle qu’un nombre de kilogrammètres égal à
- £4 600 000 J p étant le poids de cette
- machine en tonnes.
- L’on peut emmagasiner 3 600 kilogrammètres dans un accumulateur pesant 1 kil. Mais les expériences faites au conservatoire des arts et métiers qui ont servi à déterminer ce nombre ont été faites avec des lampes à incandescence et non avec un moteur électrique. Si l’on admet que la contre-force électromotrice développée par ce moteur soit égale à la moitié de la force électromotrice des accumulateurs, ce qui permettrait d’obtenir la puissance voulue avec un moindre poids, chaque
- accumulateur ne pourrait rendre effectivement que la moitié de l’énergie emmagasinée en lui. On .1 devrait donc compter seulement 1 800 kilogrammètres par kil.
- Cherchons maintenant quel devrait être le poids d’une machine.
- La machine dynamo-électrique pèse n kil. par cheval, si p est le poids total de la locomotive en tonnes, elle devra peser :
- 0,011 X 240 j^i tonnes.
- Le travail à fournir sera 4600000^ 1J kilogrammètres. Le poids d’accumulateurs nécessaires sera donc de
- 4600000 I 1 4- i- I —r—!— tonnes.
- L 60J 1800000
- Si nous supposons enfin que le véhicule proprement dit pèse toujours 10 tonnes avec ses accessoires, nous arriverons à la relation suivante :
- .0+ f8 [. +£] + 0,0.. X240 [. + 4] d’où l’on tire p = 40 tonnes sensiblement.
- Quant au rendement, on a constaté que les accumulateurs emmagasinaient 660/0 environ du travail dépensé pour les charger. Le moteur de la locomotive ne rend que 5o 0/0 du travail emmagasiné, et enfin il n’y a plus que 80 0/0 de travail fourni par le moteur de disponible à la jante des roues motrices.
- Le rendement général du système ne serait donc que de 27 0/0, et cela en ne tenant pas compte du rendement de traction.
- Si le travail était fourni par une chute d’eau, cela n’aurait pas grande importance. Mais nous avons vu que l’emploi des accumulateurs entraînerait de graves inconvénients à cause de la durée de leur charge.
- 3° De la transmission directe du travail par Vélectricité. Nous nous trouvons dans des conditions très favorables à l’application de ce système : en effet, les distances à parcourir sont peu considérables, et la voie sera parcourue par des trains très fréquents, si bien que les installations spéciales que l’on devra faire seront utilisées de la meilleure manière possible. De plus, le tunnel étant continu, la pose du conducteur aérien sera très simplifiée, car il suffira de l’accrocher à la voûte.
- Dans ce cas, le poids de la locomotive électrique serait de i3 tonnes.
- Nous avons vu que dans les moments les plus difficiles la traction d’un train de 60 tonnes demanderait 240 chevaux; mais alors, le train allant en
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- sens inverse ne demanderait rien : au contraire, la ' gravité tendrait à l’entraîner, et pour empêcher sa vitesse de s’accroître démesurément, il devrait faire travailler sa machine comme génératrice. Aussi pourrons-nous assurer très largement le service en rendant disponible une puissance de 25o chevaux
- électriques dans chacune des sections comprises entre deux stations consécutives.
- Nous supposerons maintenant que l’on n’ait qu’un seul poste de machines génératrices et qu’il soit installé à Suresnes, et que le conducteur partant de là se bifurque de la manière suivante :
- Suresnes
- Saint-Cloud
- Madrid
- Neuilly
- Porte-Maillot
- Etoile
- Javel
- Vaugirard
- Montparnasse
- Observatoire
- Trocadéro Chain p-de-Màrs
- Gros-Caiilou Invalides Palais-Bourbon Boulevard Saint-Germain Boulevard Saint-Michel Jardin des Plantes
- Ternes
- Batignolles
- Gare Saint-Lazare Opéra
- Bourse Gare des Batignolles
- Hôtel des Postes Boulev. Sébastopol
- .Route d’Orléans (i) Montrouge
- Cluriy
- Boulev. Saint-Germain
- Bercy
- Bastille
- Temple Boulev. Saint-Denis
- Château-d’Eau Gare de l’Est
- Halles Boulevard Richard- Gare du Nord
- Lenoir Rochechouart
- Bastille Saint-Ouen
- La plus grande distance qu’aura à parcourir l’électricité ne dépassera pas 12 kilomètres.
- Admettons que le rendement ne doive jamais s’abaisser au-dessous de 5o 0/0 et que le potentiel de la conduite générale, à Suresnes, soit de 5 000 volts, tension qui ne saurait déterminer d’accidents, étant donné que le conducteur est hors de portée des voyageurs et des agents de la voie.
- La chute de potentiel le long de la voie devrait être de 12 0/0, comme nous l’avons déjà vu, soit de 600 volts. Au point le plus éloigné delà source d’électricité, la tension sera de 4400 volts. Pour qu’il y ait encore une puissance de 25o chevaux disponible, il devra parvenir en ce point un courant d’une intensité
- 25o X 75 Xg 4400
- = 42 ampères.
- La chute de potentiel le long de ce conducteur est égale au produit RI, donc
- RX42 = 6oo R= 16 ohms.
- On en conclut immédiatement que la tige de cuivre qui amènerait le courant en ce point le plus éloigné devrait avoir i3 millimètres carrés de section.
- On peut admettre que la section du conducteur croisse à mesure que l’on se rapproche des machines génératrices, proportionnellement au nombre ] des sections qu’on laisse derrière soi. Dans ces conditions, la plus forte section du conducteur ne serait que de 5cm2.
- On voit combien peu il faudrait dépenser de cuivre pour avoir un rendement toujours supérieur1 à 5o 0/0, si Ton accepte l’emploi d’une tension assez '
- élevée. Nous avons admis pourtant que les machines génératrices étaient installées à Suresnes, c’est-à-dire à l’une des extrémités du projet, mais c’est qu’on y trouvera un barrage de la Seine et une puissante chute d’eau qu’on pourra utiliser.
- Si l’on devait se servir de machines à vapeur pour actionner la génératrice, il serait préférable de les installer en un point plus central, du côté du Champ-de-Mars, par exemple, mais nous ne pensons pas que l’économie qu’on pourrait faire sur le prix du conducteur en ayant plusieurs postes de machines génératrices puisse prévaloir contre l’avantage qu’il y aurait à les avoir toutes réunies. L’installation d’un troisième conducteur de secours pouvant servir indifféremment à la voie montante et à la voie descendante, préviendrait contre toute interruption de service.
- D’après ce qui précède, c’est ce dernier procédé qui permettrait d’exploiter la ligne avec les machines les plus légères, celles-ci pouvant acquérir l’adhérence nécessaire par le moyen le plus simple. Il présente de plus l’avantage de récolter en grande partie le travail dû à la pesanteur le long des pentes. Ces deux dernières considérations permettent de prévoir que son rendement sera le meilleur.
- En effet, s’il faut une machine de i3 tonnes pour remorquer un train de 60 tonnes, le rendement de traction sera — 0,82. La machine rendant au
- minimum 5o 0/0 du travail dépensé, le rendement sera de 41 0/0. Autrement dit, on devrait brûler 2k3o de charbon par cheval utilisé et par heure, si le travail était fourni par une machine à vapeur ne dépensant que ik par heure et par cheval, ce que l’on peut demander à une machine fixe.
- Mais supposons que lorsqu’un train gravit une
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- rampe, un autre train la descende sur la voie parallèle. Si tous les deux marchent à la même vitesse, le travail absorbé par les résistances à la traction sera le même dans les deux cas.
- Si P est le poids de chacun de ces trains, V la vitesse de marche, i l’inclinaison de la rampe, T le travail absorbé par le premier train et tt celui absorbé par le second, on aura :
- T = P v i + P/0’),
- Tt = — P l’i -f- P/'(1')-
- Pour peu que la rampe i soit forte, le travail w deviendra négatif, il faudra donc renverser le sens du courant qui traverse la machine du train descendant. Celle-ci fonctionnera alors comme génératrice, et absorbera un travail P vi—Pf(v) dont 5o o/o au moins seront utilisés à remorquer le premier train.
- En définitive, pour assurer la marche de ces deux trains, il suffira de dépenser une quantité de
- travail PV^ + ^ Pf(v).
- Si nous prenons comme exemple la ligne de Saint-Ouen aux Halles, au lieu d’être obligé de dépenser 5oooooo kilogrammètres pour faire faire un voyage aller et retour à un train de 60 tonnes, nous n’aurons plus à fournir que :
- Pour la remonte des rampes de Saint-Ouen
- aux Halles............................ 465 000 kgm
- Pour la remonte des rampes des Halles à
- Saint-Ouen............................ Srt2 ooo —
- Pour vaincre les résistances à la traction, sur un parcours de 94 000 mètres à la vitesse de 40 kilomètres............. 3 384 000 —
- Total............ 4 431 000 --
- Ce serait une économie nette de 11 0/0.
- D’autre part, une machine sans foyer de 20 tonnes remorquant un train de 60 tonnes donnerait
- lieu à un rendement de traction de ^=75 0/0.
- Si nous admettons que les pertes par rayonnement de la chaudière soient négligeables, et que le mécanisme ait le même rendement que celui des locomotives ordinaires, nous arriverons à cette conclusion que par cheval utilisé et par heure, il faudra dépenser 2 k., 26 de charbon. Mais il faut développer une puissance plus forte de n 0/0, .on devra donc dépenser 2 k., 5 de charbon alors qu’on n’en dépenserait que 2 k., 3 en transmettant le travail électriquement.
- Et cependant nous nous sommes mis dans des conditions très favorables à la machine sans foyer puisque nous avons supposé qu’elle ne pèserait que 20 tonnes. Il faudrait la recharger après chaque voyage aller et retour, ce qui entraînerait une sujétion fort incommode pour l’exploitation, et conduirait à multiplier le nombre des machines.
- La locomotive électrique, au contraire, pourrait fonctionner d’une manière tout à fait continue, le personnel pouvant se relayer.
- CONCLUSION
- Dans cette étude, nous ne pouvions songer à faire un projet complet relativement au matériel de traction, ni un devis. Notre but était seulement de signaler les grandes difficultés que présenterait l’exploitation de ce chemin de fer, et de montrer dans quelle voie il fallait chercher la solution.
- Les rampes de 2o'“/m sont extrêmement rares sur les chemins de fer français et sur lès lignes à grand trafic, on ne dépasse pas iom/m, les courbes admises ne s’abaissent que bien rarement au-dessous de 5oo m.
- Enfin, c’est précisément là où l’on aurait besoin d’avoir un point d’appui énergique qui permît de gravir aisément les rampes que l’on doit rencontrer, que l’adhérence vient faire défaut par suite de la présence du souterrain.
- Pourrait-on diminuer ces obstacles? Nous ne le pensons pas. En effet, le prix des terrains à Paris obligera toujours le Métropolitain à suivre les rues en leur restant parallèle soit en dessus, soit en dessous de la chaussée. Tout projet comportera donc les mêmes rampes et les mêmes courbes s’il dessert les mêmes endroits.
- Nous avons recommandé l’emploi de l’adhérence électro-magnétique pour fournir le point d’appui nécessaire, ou, si elle devenait insuffisante, l’emploi d’une crémaillère. Cette solution sfimpose-rait encore si le chemin de fer devenait aérien. En effet, il serait de la plus grande importance de n’employer que des machines légères, afin de n’avoir pas besoin d’exagérer la solidité du viaduc, et par conséquent son prix de revient.
- Nous avons ensuite passé en revue la plupart, des procédés de traction qu’il est possible d’envisager; et nous avons été amenés à conclure que c’était la transmission directe du travail par l’électricité qui fournirait la solution la plus simple et la plus économique, tout en donnant toute satisfaction au point de vue de la salubrité du tunnel et de la sécurité de l’exploitation, en même temps nous avons défini le type de moteur qui se prêterait le mieux aux exigences du service.
- Enfin, fine faut pas oublier que le Métropolitain traversera la Seine auprès du barrage de Suresnes, il y a là une énorme puissance qui ne demande qu’à être utilisée, et pourrait l’être sans grands frais, puisque l’installation hydraulique est toute faite, et qu’il suffirait de monter sur la berge quelques turbines à siphon qui coûteraient probablement moins cher que les machines à vapeur
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- capables de développer le même travail. On aurait comme économie nette le prix du charbon qu’il faudrait briller, et seul l’emploi de l’électricité comporterait une semblable solution.
- Il est bien évident qu’avant d’arriver à la solution vraiment pratique, il faudra bien des tâtonnements, et que, comme dans toute entreprise nouvelle, on' se heurtera à des difficultés imprévues.
- Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les moyens généralement employés aujourd’hui sont absolument inapplicables, et qu’une locomotive ordinaire ne saurait s’engager sous ce long souterrain. Quel que soit donc le procédé que l’on adopte, on n’aura aucune expérience préliminaire faite dans des conditions analogues qui puisse servir de guide.
- Tout indique que l’électricité fournira la solution la plus avantageuse, et cependant nous n’avons pas parlé d’une foule de questions accessoires dont quelques-unes très importantes, telles que l’éclairage des voitures et du souterrain se trouveront immédiatement résolues de la manière la plus heureuse.
- Qu’on n’hésite donc pas à entrer courageuse ment dans cette voie, bien qu’il faille s’attendre à la frayer en partie, et qu’on n’oublie pas que si les quelques essais de traction électrique qui ont été faits à Paris et en Angleterre ont donné des résultats très satisfaisants, tous les autres systèmes de traction mécanique appliqués aux tramways, c’est-à-dire sur des voies à fortes rampes et courbes prononcées, comme celles que devra parcourir le Métropolitain, ont été généralement abandonnés et qu’on en est revenu à l’emploi des chevaux.
- Enfin, nous pensons avoir montré que, même en dehors du cas particulier que nous venons d’envisager, la traction électrique pourrait présenter des avantages sérieux sur l’emploi des locomotives ordinaires sur toutes les lignes en général, et cela d’autant plus que les lignes à grand trafic suivent toujours les grands cours d’eau.
- M. Deprez et M. Leblanc.
- Dans l’étude qui vient de paraître dans La Lumière électrique, nous nous sommes efforcés, M. Maurice Leblanc et moi, de mettre en relief le rôle considérable que l’électricité est appelée à jouer dans l’exploitation des chemins de fer en général, et nous pensons avoir prouvé que l’exploitation du chemin de fer métropolitain de Paris en particulier ne satisferait à toutes les exigences du public, de l’administration, tout en étant rémunérateur, que si l’on adoptait la traction électrique. Nous avons montré que l’électricité permettait mieux qu’aucun autre moyen de traction de faire des trains légers, nombreux, démarrant rapidement, s’arrêtant de
- même en satisfaisant aux' conditions de propreté, d’absence de bruit et de salubrité qui priment toutes les autres dans une ligne métropolitaine.
- Notre travail était déjà presque terminé lorsque j’eus l’occasion d’en parler à M. A. Sartiaux, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et sous-chef de l’exploitation de la Ce du Chemin de fer du Nord. J’avais à peine commencé à lui exposer les avantages tout spéciaux que présente l’électricité pour l’exploitation du futur Métropolitain, qu’ilm’in-terrompit en me montrant que, par une coïncidence remarquable il avait été amené déjà à conclure de ses études que l’on pourrait tirer des expériences du Bourget, de Grenoble et de Creil un grand parti pour résoudre les problèmes difficiles que soulève l’exploitation d’un chemin tracé dans des conditions exceptionnelles de courbes et de déclivités et sur lequel devront circuler des trains très nombreux.
- Entrant dans le détail de la question, il me montra le programme qu’il avait élaboré dans cet ordre d’idées et qui est à peu près le suivant :
- i° Prendre la force sur un conducteur dont la longueur pourrait atteindre 40 kilomètres, les machines génératrices étant à une des extrémités du conducteur et les réceptrices, au nombre de 3o environ, étant en un point quelconque des conducteurs;
- 20 Donner à la locomotive un poids faible de i5 à 20 tonnes sous un volume dont le gabarit ne dépasse pas celui des plus grandes voitures à voyageurs ;
- 3° Construire la locomotive de manière qu’elle puisse remorquer un poids brut de 100 tonnes environ à la vitesse (vitesse de pleine marche) de 40 kilomètres à l’heure sur de fortes déclivités moyennes de 20 millimètres et dans des courbes très raides dont le rayon moyen oscille entre 200, i5o et même 100 mètres ;
- 40 Utiliser l’électricité donnée par la machine génératrice, pour développer, par le magnétisme, une adhérence électro-magnétique qui compense le faible poids adhérent du moteur et lui permette de gravir, à une vitesse convenablement réduite de 10 à i5 kilomètres, des déclivités exceptionnelles de 5o, 60 et même 70““ avec la même charge à remorquer de 100 tonnes brutes ; •
- 5° Utiliser l’électricité donnée par la machine génératrice pour que la force du moteur, transmise électriquement à chaque véhicule du train, agisse, par une action directe, sur des freins puissants permettant de donner aux trains des arrêts pour ainsi dire instantanés et de modérer leur vitesse à la descente des pentes ;
- 6° Obtenir un démarrage très rapide, presque instantané ;
- 70 Accessoirement utiliser l’électricité afin d’ob-
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- tenir une quarantaine de becs dont 3 ou 4 puissants pour éclairer l’avant de la machine, l’arrière du train, et le reste, de la puissance de 1 carcel environ, pour éclairer l’intérieur des voitures remorquées par la locomotive électrique.
- Il me montra ensuite qu’il avait reconnu comme nous les services importants que l’emploi de l’électricité pouvait rendre et rendrait certainement à certains points de vue dans l’exploitation des chemins de fer ordinaires, tels que pour la manoeuvre à distance, les signaux, des aiguilles et des freins par l’emploi direct du courant sans l’intermédiaire de déclenchements plus ou moins délicats tels que ceux qui sont aujourd’hui en usage.
- Je dirai même à ce sujet que M. Sartiaux est le premier ingénieur qui ait affirmé nettement que la manoeuvre des signaux, des aiguilles, etc., qui se fait aujourd’hui à l’aide de transmissions mécaniques coûteuses, dont la longueur est très limitée, pourrait être avantageusement remplacée au moyen de la transmission électrique. Il a publié dans la Revue générale des Chemins de fer (janvier 1882) un article qui ne laisse aucun doute à cet égard.
- Marcel Deprez.
- TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR
- DE BAILLEHACHE
- EN SERVICE AU CRÉDIT LYONNAIS, A PARIS
- L’appareil de Baillehache diffère absolument des appareils Hughes ou Baudot, usités aujourd’hui dans l’administration, en ce qu’il n’exige pour ainsi dire aucun apprentissage.
- Or, pour certaines maisons de banque, comme le Crédit Lyonnais ou la Société Générale, qui ont un service de correspondance continuelle entre le siège social et de nombreuses agences auxiliaires répandues dans les divers quartiers de Paris, un appareil imprimeur aussi facile à manier que l’ancien télégraphe à cadran de Bréguet était une chose désirable.
- C’est à l’appareil de M. de Baillehache que les maisons que nous venons de citer ont donné la préférence, et le dessin ci-joint a été fait dans le bureau même du Crédit Lyonnais.
- Le poste comporte une grande rosace de concentration des fils ; son usage est trop connu en télégraphie pour que nous insistions sur sa description. Au-dessous de la rosace, on voit deux séries de neuf avertisseurs, de ceux qu’on appelle communément des petits lapins ; chacun d’eux correspond à une des agences.
- Au-dessous des avertisseurs se trouvent trois
- commutateurs suisses permettant de relier au moyen d’une cheville l’un quelconque des appareils avec le poste appelant. Le commutateur permet aussi de relier tous les postes à la fois à un même manipulateur réservé à cet usage. L’utilité de cette dernière disposition tient à ce que deux fois par jour, le poste central transmet aux agences les cours de la bourse, et on perdrait un temps précieux à faire à chaque agence cette longue communication.
- Ceux de nos lecteurs qui sont au courant de la pratique de la télégraphie ont déjà compris pourquoi il importait de réserver à la transmission simultanée un manipulateur à part : c’est que tous les postes étant mis en dérivation sur le même manipulateur, on est obligé d’employer une beaucoup plus puissante batterie pour cette opération spéciale. Cette batterie, placée dans les sous-sols, est de cent cinquante éléments Leclanché, qu’on renouvelle tous les trois mois.
- Les quatre récepteurs que l’on voit en batterie sur la table du poste central ont avec le télégraphe Bréguet une grande analogie d’aspect, et peuvent au besoin servir exactement de, la même façon ; l’addition élégante qu’y a faite M. de Baillehache est d’une extrême simplicité, et c’est là son grand mérite : à l’intérieur de l’appareil, l’axe de l’aiguille porte une roue des types, de telle sorte que lorsque l’aiguille est sur la lettre K par exemple, du cadran extérieur, le type K est au point inférieur de la roue.
- L’électro-aimant, au lieu d’actionner une seule palette de fer doux, comme dans l’appareil Bréguet, en actionne deux, une placée en avant de l’électro-aimant, l’autre derrière.
- La palette de devant est, comme celle de l’appareil Bréguet, chargée de l’échappement de l’axe de l’aiguille ; elle en diffère en ce qu’au lieu d’être en fer doux elle est en acier aimanté et au lieu d’envoyer des courants interrompus par le manipulateur, on envoie des courants alternés. Le jeu de la palette aimantée est donc en réalité le même que dans l’appareil Bréguet et l’axe tourne de la même façon; la deuxième palette, au contraire, est en fer doux e par conséquent reste attachéeàl’électro-aimanttout le temps que l’aiguille tourne par saccade.
- Le manipulateur de Baillehache diffère déjà comme nous venons de le voir, du manipulateur Bréguet en ce qu’il lance constamment le courant de la pile en l’alternant à chaque cran; il a encore cela de particulier que dès qu’on appuie la manette sur la lettre à désigner, le courant de la pile est coupé et tandis que la palette aimantée reste maintenant adhérente, la deuxième palette, celle en fer doux, se détache de l’électro-aimant et presse la bande de papier sur la roue des types encrée automatiquement comme une roulette Morse; le mouvement de translation du papier s’opère au moyen du déclen-
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- chement même de la deuxième palette et sous l’impulsion du mouvement général d’horlogerie; quand l’aiguille passe à la la roue des types porte une échancrure ne donnant pas d’impression, les mots sé trouvent ainsi naturellement espacés.
- Le grand mérite des installations de M. Baille-hàche a été d’utiliser sans apprentissage les employés des agences. Le nombre des dépêches à envoyer étant d’ailleurs assez restreint, les appareils ultra rapides de Hughes, de Meyer, de Baudot eussent été absolument superflus.
- La téléphonie, reconnue très suffisante par presque tous les banquiers pour les ordres de bourse, ne l’est, paraît-il, pas pour les comptes de chèques où une trace écrite d’un contrôle facile est considérée comme indispensable.
- J. Bourdin.
- LA
- TRANSMISSION ÉLECTRIQUE
- DES SIGNAUX
- AUX MINES DE M ARLES (PAS-DE-CALAIS)
- Les moyens de communication destinés à relier les divers points importants d’un puits de mine, doivent avant tout être simples, sûrs et à l’abri de tout dérangement.
- Ce n’est certainement point là le cas du système d’appel par simple tirage employé encore aujourd’hui presque partout; il consiste en une corde installée le long du puits et permettant d’ébranler à distance une cloche ; il réunit tous les inconvénients possibles : la corde peut casser, et c’est fréquent dans les puits très humides ; elle peut être gênée dans sa course par un obstacle imprévu ; elle peut être accrochée dans une fausse manœuvre, etc., et enfin rien dans ce système ne permet de vérifier que le signal a été bien transmis et compris.
- L’appel par tirage devient d’ailleurs d’autant plus défectueux que le puits est plus profond et ne présente en définitive dans tous les cas qu’une sécurité douteuse.
- Depuis longtemps, tous ces défauts avaient été reconnus par la Compagnie des mines de Maries, et elle avait été, par suite, amenée à chercher un tout autre système pour relier à la fois, à chaque puits, l’accrochage du fond à la recette du jour (moulinage) et au mécanicien de la machine d’extraction.
- La première idée fut d’installer des communications téléphoniques; mais il est évident que ce ne pouvait être là la solution d’un problème exigeant une transmission presque instantanée des signaux avec une manœuvre réduite à sa plus simple ex-
- pression, sans parler des inconvénients nombreux que peut présenter l’installation d’un microphone au fond d’un puits généralement humide.
- FIG. I
- Le système proposé avec succès par la maison Bréguet, et que nous décrivons plus loin, présente un réel intérêt par l’originalité de son application; en tout cas, les résultats qu’il a donnés ont été si
- satisfaisants, que l’essai tenté dès le mois de Juillet dernier sur un puits était généralisé sur les autres et qu’en décembre son installation était complète
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- partout. L’avantage caractéristique de cet appareil consiste dans la possibilité de transmettre d’un point donné A, poste de tête, à plusieurs autres points B, C, D etc., un certain nombre de signaux,la transmission se faisant automatiquement et de proche en proche d’un point au suivant.
- Le dernier poste récepteur est le poste de tête lui-même, qui peut ainsi vérifier si son signal a été fidèlement transmis.
- L’indication se fait par l’intermédiaire d’une aiguille qui se déplace sur un cadran (fig. 2); au moment même où elle a lieu, l’attention est éveillée par une sonnerie trembleuse qui entre en fonctionnement.
- L’appareil doit remplir trois conditions : i° Transmission d’un signal successivement d’un poste au suivant.
- 77X7777777?
- Retour
- i 0 olém.
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- Retour
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- Retour
- fig. r
- 2° Mise en marche de la sonnerie d’avertissement à chaque poste.
- 3° Remise à la croix de l’aiguille indicatrice de tous les cadrans, par le poste de tête, après la réception du signal.
- A cet eflet, il se compose essentiellement (fig. 1) :
- i° D’un électro-aimant e actionnant une palette p.
- Cette palette, qui peut osciller autour du point B, est armée à son extrémité d’une goupille H ; elle
- est rappelée par un ressort antagoniste r, et est limitée dans sa course rétrograde par une butée F. Elle porte, en outre, un ressort de contact c, qui vient, quand la palette est attirée, toucher l’extrémité de la vis Y.
- 20 D’un électro-aimant E, qui actionne de son côté un levier sautoir P dont le pivot est en A; un ressort antagoniste r commande ce levier.
- 3° D’une étoile à huit dents, montée sur le même axe qui porte l’aiguille du cadran indicateur.
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- Quand cette roue tourne dans le sens de la flèche, elle tend un ressort en spirale ss.
- 4° D’un cadran extérieur portant 8 secteurs dont l’un, marqué d’une croix, est la position de repos; les sept autres ont des indications conventionnelles.
- Ceci étant, supposons que, par un moyen quelconque, on envoie un courant dans l’électro e, la palette p va être attirée et la goupille H, butant contre l’extrémité d’une dent de la roue, va l’obliger à tourner d’une quantité égale au demi nter-valle de deux dents; mais le levier sautoir P, qui au repos occupait une position intermédiaire entre deux dents, a dû dans ce mouvement, franchir l’extrémité de l’une d’elles ; sous l’action du ressort r, il tend à venir occuper l’intervalle suivant et oblige l’étoile à tourner encore d’un demi intervalle,
- L’extrémité H de la palette P, qui à ce moment n’est plus attirée par son électro, franchit alors une dent et vient prendre une position identique à celle de tout à l’heure.
- Une nouvelle émission de courant reproduira les mêmes effets.
- La roue étoilée a donc, en définitive, tourné d’un intervalle, et par suite l’aiguille, qu’elle entraîne dans son mouvement, se sera déplacée le long d’un secteur du cadran.
- Ainsi, chaque émission de courant dans l’électro e fera avancer l’aiguille de i /8° de tour.
- On voit donc la possibilité de lui donner une position quelconque, et par conséquent de transmettre tel signal qu’on voudra.
- Le signal transmis et reçu, il s’agit de ramener l’aiguille à la croix. C’est le but de l’électro E; envoyons, en effet, un courant dans cet électro, le levier P sera attiré, déclenchera l’étoile, qui, sous l’eflort de détente du ressort, tournera en sens inverse de la flèche, jusqu’à ce qu’elle soit revenue à sa position primitive, qui correspond à la croix sur le cadran. Il reste à voir par quelle disposition électrique on peut réaliser ces effets; c’est ce qu’indique très clairement la fig. 3, qui représente le diagramme des circuits installés aux mines de Maries.
- Les signaux doivent pouvoir être transmis du fond du puits, à la recette du jour et au mécanicien qui dirige la machine à vapeur d’extraction.
- La transmission terminée, c’est le mécanicien qui est chargé de la remise à la croix.
- A cet effet, trois cadrans identiques sont installés, le premier en face du mécanicien, le deuxième en haut du puits, le troisième au fond.
- So'us les pieds du mécanicien se trouve une pédale K, et au fond du puits, à côté de l’accrochage, un bouton B. ’
- La pédale sert à la remise à la croix, le bouton à l’envoi des signaux.
- La pile est composée de 40 éléments Leclanché,
- disposés par batteries de 10, à savoir : 10 éléments par cadran pour transmettre les signaux et 10 pour les trois, pour la remise à la croix.
- Pressons une fois sur le bouton B, nous fermons le circuit de la pile L3 et envoyons un courant dans l’électro e2 du deuxième cadran ; la palette p2 est attirée et l’aiguille de l’indicateur du haut du puits se place sur « Holà ». Mais en même temps le contact c est venu toucher la vis V et a fermé le circuit de la pile L2, d’une part sur la sonnerie S2, de l’autre sur l’électro el du premier cadran chez le mécanicien, comme cela résulte du montage.
- Mais le courant envoyé dans l’électro et va produire les mêmes effets, c’est-à-dire placer l’aiguille de l’mdicateur n° 1 sur « Holà », faire sonner la trembleuse S, et envoyer à son tour le courant de la pile L4 dans l’électro e3 de l’indicateur placé au fond du puits, près du bouton d’appel B, origine de la transmission.
- L’aiguille du troisième indicateur va donc donner la même indication que les deux autres; ici il n’est plus besoin de sonnerie, la vérification se produisant presqu’à l’instant même où l’on presse sur le bouton.
- On n’a donc qu’à constater au fond du puits que le cadran enregistre bien le signal qu’on a voulu transmettre; c’est en même temps la preuve absolue qu’il a été également reçu par le haut du puits et le mécanicien.
- Ce dernier est alors chargé de la remise à la croix ; il lui suffit pour cela d’appuyer sur la pédale K; le courant de la pile L,( traverse alors les trois électro E, E2 E3 et déclenche les trois étoiles, qui ramènent chacune leur aiguille à la position de repos.
- Il est inutile d’ajouter qu’en pressant une fois, deux fois, trois fois, etc., sur le bouton, on transmettra le premier, le deuxième et le troisième signal, etc.
- Quelques mots en terminant sur les précautions dont on a entouré le montage des appareils.
- Aux recettes du fond, pour éviter les effets désastreux de l’humidité et les poussières, les cadrans et les piles ont été soigneusement enfermés dans des boîtes hermétiques fixées dans le mur.
- Quant aux fils conducteurs, ils ont été placés partout sous une même gaîne de plomb, à l’intérieur et à l’extérieur des puits; c’est précisément par cette gaîne métallique que se font les retours de courant et toutes les extrémités des fils, qui, sur la fig. 3 se terminent à « retour », sont en réalité soudées à cette gaîne. Il eût toutefois été préférable de faire le retour par un fil spécial. Dans la traversée des puits, qui ont 270 mètres et 220 mètres de profondeur, le câble sous plomb, solidement fixé le long de la maçonnerie, est placé sous bois rainé, afin que rien ne puisse l'accrocher.
- Faisons enfin remarquer qu’au lieu de trois ca-
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- drans, on peut en mettre un nombre quelconque se commandant tous successivement les uns les autres ; ce système de signaux peut être appliqué non seulement au service des mines, mais encore dans tous les cas où il y a nécessité de transmettre simultanément un signal en plusieurs points, avec vérification au point de départ.
- A. SOUUEYRAN,
- LA TRANSMISSION TÉLÉPHONIQUE
- UE
- LA PAROLE
- PAH DES COURANTS ÉLECTRIQUES DISCONTINUS
- L’analyse expérimentale du fonctionnement du téléphone à marteau. m’a conduit à faire une étude approfondie des phénomènes complexes de la transmission téléphonique des sons articulés, et je suis arrivé à la conclusion que je formulais dans un précédent article, à savoir: que la parole comme toutes les vibrations sonores, est transmise téléphoniquement par une série de courants électriques de durées très faibles, qui se succèdent sans continuité sur la ligne terminée par le récepteur téléphonique.
- Malgré le prestige exercé par le nom du savant professeur de Boston, et le crédit attaché à la théorie des courants ondulatoires par le mérite de son auteur, il ne me paraît pas possible qu’un lecteur éclairé et impartial puisse résister à la précision mathématique de mes raisonnements et à l’exactitude rigoureuse de mes déductions.
- Dans cette étude, je m’appuie exclusivement sur les applications connues de l’électricité et sur les principes élémentaires de la mécanique. Rien n’est donc sujet à controverse; rien ne peut être contredit; si par extraordinaire mes conclusions donnaient lieu à une critique ou à une objection, je serais heureux de l’entendre formuler. C’est sans préoccupation autre que d’arriver à la vérité, que i’ai poursuivi ce travail; j’accueillerai donc avec bonheur tous les moyens qui seront proposés pour atteindre ce but.
- Quelle est la signification précise de la théorie des courants ondulatoires?
- Voici comment je l’ai comprise : l’émission de la parole devant le disque flexible du téléphone Bell détermine des mouvements ondulatoires de cette membrane. Ces mouvements sont le fac-similé des ondes sonores de l’air, c’est-à-dire qu’ils ont des durées égales et des phases semblables ; les amplitudes seules diffèrent.
- Ces vibrations du diaphragme magnétique de-
- vant les pôles d’un ainiant engendrent dans les bobines de fil enroulées autour de l’aimant à proximité des pôles, des courants électriques continus, dont les variations progressives présentent un caractère identique à celui des ondes sonores de l’air et des inflexions du diaphragme qui en sont pour ainsi dire la continuation.
- Les courants électriques ont pour ce motif été dénommés par M. Bell, courants ondulatoires, par opposition à ceux qu’il appelle courants d’impulsion et courants intermittents, dont la production est soudaine et qui sont discontinus.
- Dans le téléphone récepteur, sous l’action des courants ondulatoires, le diaphragme flexible vibre en concordance absolue avec le diaphragme du transmetteur; les ondes sonores qui résultent de ce mouvement vibratoire concoident sous tous les rapports, à part l’intensité, avec les ondes sonores qui ont été l’origine du son transmis téléphoniquement.
- La théorie de M. Bell peut donc s’énoncer : la persistance du mouvement ondulatoire sans aucune altération de durée ni de forme dans toutes les phases successives de la transmission d’une vibration sonore.
- Cet énoncé de la théorie répond-il fidèlement à la conception de son auteur?
- Voici comment M. Bell s’exprime dans la description du brevet pris en Angleterre :
- « Dans cette disposition, l’effet résultant de la « vibration de l’aimant permanent est de créer des « vagues dans le courant électrique, par l’accrois-
- * sement et par le décroissement alternatifs de l’in-« tensité du courant. Cet accroissement et cette « décroissance ne se produisent pas avec la sou-i daineté caractéristique d’un courant d’impulsion, « mais sont proportionnels à l'accroissement et à « la décroissance de la densité de l'air, pendant « la vibration du corps sonore. »
- Dans le mémoire lu à la Société des ingénieurs t flégraphistes de Londres, M. Bell, parlant des courants ondulatoires, dit encore :
- « Pour peu qu’on étudie les figures n et 12 « (voir fig. 6, 7 et 8 ci-jointes), on reconnaît aisé-« ment que la transmission simultanée, par un » même fil, de sons de différentes forces et de dif-« férentes natures, ne peut, dans le cas qui nous « occupe actuellement, altérer le caractère des vi-« brations qui les ont provoqués, comme cela a lieu
- * avec les courants intermittents ou avec les cou-« rants d’impulsion; elle ne fait que changer la « forme des ondulations, et ce changement se pro-1 iluit de la même manière que dans le milieu aé-« r if orme, qui transmet à l'oreille la combinaison « des sons émis. »
- La pensée du professeur Bell reçoit d’ailleurs la même interprétation de la part des plus éminents spécialistes. Le professeur Fleeming Jenkin, no-
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- tamment, dans sa déposition devant la cour d’Edimbourg, s’exprime ainsi :
- * Le diaphragme reproduit un fac-similé des « ondes de l’air, que la voix a produites à l’extré-i mité transmettrice ; ce fac-similé est l’expression < de loin la plus propre à exprimer l’opération.
- « Qu’avait-il été fait avant l’invention de Bell ? » lui demande-t-on, et il répond :
- « On était parvenu à produire la note musicale, « c'est-à-dire le même nombre d'ondes par seconde, « mais la différence entre les sons musicaux et l’ar-
- * ticulation de la voix humaine, est que cette der-« nière dépend des ondes elles-mêmes et leur forme
- * particulière est reproduite par Bell et ceci est « obtenu à l'aide du téléphone. »
- L’interprétation que j’ai donnée de la pensée de M. Bell est donc exacte. Te poserai maintenant cette question :
- Sur quelle base scientifique est fondée cette théorie du professeur de Boston?
- Il serait difficile, sinon impossible de répondre.
- Elle n’est qu’une conception hardie, sortie de l’imagination de M. Bell. Pour la faire admettre, l’auteur a produit son téléphone dont le fonctionnement a émerveillé le monde savant ; les diagrammes qu’il a figurés ensuite, de l’analyse desquels il a cru pouvoir conclure à la vérité de ses explications, ont été admis sans discussion, et cependant, comme je le prouverai à l’instant, ils ne résistent pas à un examen raisonné.
- Si les idées théoriques de M. Bell étaient admissibles d’une manière générale, si on en faisait l’application dans les autres chapitres de la physique, il faudrait adopter la formule suivante :
- Un phénomène physique, pendant sa propagation à travers plusieurs milieux et par des agents différents, doit conserver tous ses caractères particuliers, sans altération de durée ni déformé.
- C’est la négation absolue de la loi de transformation et de réversibilité des phénomènes reconnue d’une manière générale en physique.
- Cette formule qui, appliquée aux différents chapitres de la physique et de la chimie constituerait une hérésie scientifique peut-elle être en téléphonie l'expression de la vérité ?
- Cette dérogation à une règle aussi générale serait pour le moins surprenante !
- J’ai tenu à montrer dès l’abord la conséquence scientifique de la théorie de M. Bell. La prétention que j’ai élevée de la combattre et de la démolir rie pourra plus dès lors paraître exorbitante.
- Je vais rencontrer la première assertion du savant américain. D’après M. Bell, si des courants électriques intermittents sont aptes à transmettre
- des sons musicaux isolés, ils ne peuvent en aucun cas permettre la transmission des sons composés donnant lieu dans l’air à des mouvements vibratoires complexes.
- Voici le simulacre de démonstration donné par M. Bell :
- L’exemple qu’il a choisi est celui de l’émission de deux sons formant une tierce majeure, c’est-à-dire que les sons composants sont constitués par des vibrations dont les nombres sont dans le rapport de 4 à 5 pendant le même temps.
- Ce sont deux diapasons interrupteurs intercalés dans le circuit d’une batterie voltaïque, qui donnent les nombres exacts de contacts correspondant à chaque note.
- Les courants électriques créés par l’émission isolée de chaque note et les courants résultant de leur émission simultanée sont représentés, d’après M. Bell, par les diagrammes i, 2 et 3.
- L’inspection de la ligne 3 prouverait, si le diagramme était exact, que les courants résultant de l’émission de la tierce majeure seraient presque continus et d’intensité constante. M. Bell en concluait, avec une apparence de raison, que si d’autres sons venaient se superposer aux deux premiers, la ligne électrique serait parcourue par un courant constant; il n’y aurait plus alors aucune manifestation perceptible aux appareils récepteurs.
- Au contraire, si chaque note émise [isolément fait parcourir la ligne par des courants ondulatoires non interrompus, comme les a définis M. Bell et ainsi qu’il les a figurés par les diagrammes 6 et 7, leur émission simultanée donnera lieu à la production d’un courant ondulatoire dont la variation dans le temps est figurée par le diagramme 8, de
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- forme nettement caractérisée. M. Bell concluait de l’analyse de ce diagramme 8 que les effets produits sur le récepteur téléphonique, étaient caractérisés d’une manière précise et devaient, pour ce ;motif, reproduire les vibrations sonores originelles.
- Ce résultat ne pouvant être obtenu avec des courants intermittents, tels qu’ils sont représentés par M. Bell en i, 2 et 3, les courants ondulatoires sont les seuls susceptibles, disait-il, de permettre la transmission téléphonique des sons articulés.
- L’argumentation de M. Bell serait péremptoire, si les diagrammes 1, 2 et 3 étaient la représentation vraie des phénomènes.
- S’il est impossible, en effet, d’expliquer la transmission de la parole par des courants électriques intermittents, et que des courants ondulatoires continus permettent au contraire l’explication du phéno mène, il n’est pas nécessaire de rechercher d’autre preuve.
- Mais si pour obtenir les diagrammes 1, 2 et 3, il a fallu recourir à des suppositions toutes gratuites, qui ne peuvent être réalisées dans la généralité des cas, et qui ne le sont pas même dans l’exemple posé, la démonstration perd toute sa valeur, et les conclusions tombent.
- Or, l’analyse de ces diagrammes tait voir clairement que, pour les tracer, il a fallu faire les trois suppositions suivantes :
- i° La première, c’est qu’un courant qui prend naissance acquiert instantanément son maximum d’intensité et qu’il peut finir aussi brusquement.
- Cette condition ne peut être réalisée dans la nature ; il y a toujours une période d’accroissement à la fermeture du courant, comme il y a une période décroissante à sa terminaison. Les diverses parties des diagrammes 1, 2 et 3 ne peuvent donc être limitées par des verticales, mais doivent l’être par des obliques, comme je l’indique dans le diagramme 4 qui est la modification de 3.
- 20 La deuxième supposition de M. Bell est qu’il n’y a qu'une seule batterie voltaïque pour les deux interrupteurs du courant. Mais on peut tout aussi raisonnablement supposer que chaque interrupteur ait à son service une batterie distincte ; dans cette disposition, lorsque les circuits sont fermés à la fois par les deux interrupteurs, les courants des deux batteries traversant la ligne, leurs intensi tés respectives s’ajouteront l’une à l’autre pour produire un effet double sur le récepteur.
- Le diagramme représentant l’état électrique de la ligne lors de l’émission de la tierce majeure, se
- trouvera représenté en 5 ; 11 n’est pas inopportun de faire remarquer l’analogie de ce diagramme avec le diagramme 8 des courants ondulatoires de Bell.
- 3° Enfin, M. Bell a supposé, en troisième lieu, que les durées des fermetures du circuit électrique étaient précisément égales à celles des périodes d’ouverture, pour chaque interrupteur donnant les notes de la tierce majeure. L’examen des diagrammes 1 et 2 ne laisse pas de doute à cet égard.
- Or cette supposition n’est certes pas réalisée dans l’exemple choisi par M. Bell. Les deux diapasons reliés à la ligne viennent dans chacune de leurs vibrations établir un contact brusque et soudain avec un butoir fixe relié au pôle de la pile. La durée du contact est incomparablement plus petite que celle de l’oscillation complète de l’interrupteur, période pendant laquelle il n’y a aucune production de courant.
- La représentation exacte de l’état électrique de la ligne par la production de cette série de courants presque instantanés, de très petites durées, sera figurée par les diagrammes 9 et 10 lorsque chacun des diapasons agit isolément, et en supposant deux batteries électriques, et les deux vibrateurs fonctionnant simultanément, on obtiendra le diagramme 11.
- L’examen de ce diagramme prouve que les courants se succèdent sans confusion sur la ligne, et que chacun peut produire isolément son effet à la réception. La transmission des sons composés résultera de la succession de ces effets sur un récepteur approprié.
- Nous voilà bien loin des conclusions déduites de l’analyse de ses diagrammes par M. Bell. La seule apparence de démonstration qu’il a donnée à l’appui de sa théorie ne résiste donc pas à une analyse élémentaire.
- Cette théorie résiste davantage à l’examen des faits connus ?
- M. Bell affirme que des courants intermittents sont inaptes à la transmission simultanée par une seule ligne électrique de plusieurs sons musicaux.
- Le télégraphe harmonique de M. Gray est la contradiction expérimentale complète de cette affirmation.
- Afin d’éviter toute discussion à ce sujet, je
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- crois utile de donner une description succincte de la disposition imaginée par cet ingénieux électricien.
- Le système de M. Elisha Gray permet de transmettre simultanément plusieurs dépêches par un même conducteur, en appliquant la propriété des sons de différentes hauteurs de se transmettre sans confusion aux différents appareils.
- Les transmetteurs comme les récepteurs sont constitués par des séries de vibrateurs. A la transmission, la vibration d’une lame est entretenue par le courant d’une pile locale. Si on abaisse le levier manipulateur Morse sur le contact de la pile de ligne, chaque oscillation de la lame vibrante produit un contact instantané avec un butoir, et un courant de très faible durée est lancé sur la ligne.
- Le récepteur consiste en un électro-aimant monté sur une caisse sonore. L’armature est constituée par une lame vibrante de diapason. Un curseur mobile peut occuper plusieurs positions dans une rainure creusée à l’extrémité de la lame, de manière à accorder le nombre de ses vibrations à la hauteur du son correspondant à la note fondamentale de la caisse sonore; c’est à la même note qu’est accordée la tige de l’électro-diapason transmetteur delà station en correspondance. Il résulte de cette disposition que les seuls courants produits par les oscillations de la lame vibrante à la station de départ pourront faire fonctionner d’une manière synchronique ce relais à Vexclusion des autres courants traversant simultanément la ligne et pouvant s'adresser à d'autres récepteurs, dont les caisses sonores amplifiero?it les sons.
- C’est ainsi que plusieurs dépêches auditives pourront être envoyées simultanément par le même fil à plusieurs appareils distincts. Qu’on imagine en effet aux deux stations en correspondance sept vibrateurs accordés à des notes différentes avec autant d'analyseurs ou récepteurs montés sur des caisses sonores ; si les sept clefs Morse sont abaissées à la fois, la ligne sera traversée simultanément par les sept séries de courants fermés et interrompus à des intervalles différents ; on pourrait croire de prime abord (c’est l’opinion de M. Bell contredite par la théorie et par l’expérience) qu’il va y avoir confusion dans les dépêches reçues; mais l'accord des diapasons vibrateurs et des diapasons analyseurs permet le triage de ces sept séries de courants, et chaque caisse résonnante ne renforçant que la note qui lui correspond, chaque t série de courants va trouver son appareil récepteur spécial.
- Et si, sans rien altérer ni modifier à la disposition de M. Gray pour les appareils transmetteurs et pour la ligne, on se borne à substituer à ses analyseurs ou récepteurs séparés, un téléphone Bell, ou un téléphone à marteau, toutes les notes distinctes seront rendues par ce seul appareil, sans mélange ni confusion.
- Or, cette disposition ne modifie pas la nature des courants qui sont intermittents et non ondulatoires.
- Comment ce fait expérimental du télégraphe harmonique de M. Gray n’a-t-il pas frappé l’auteur de la théorie des courants ondulatoires?
- Il est la démonstration péremptoire de l’erreur commise par M. Bell lorsqu’il affirmait que des courants intermittents discontinus sont inaptes à la transmission des sons composés.
- Et si, comme l’expérience et la théorie le prouvent, il en est autrement, si les sons musicaux émis simultanément peuvent être transmis électriquement par une série de courants se succédant sur la ligne, pourquoi la parole ne pourrait-elle être transmise par le même moyen ?
- Qu’est-ce donc que la parole?
- « Quelle que soit sa hauteur, la voix humaine, « dit M. Jamin (Cours de Physique, 3° édition, « acoustique, page 176), est, comme tous les « sons, composée d’une fondamentale et de ses « harmoniques. Ce qui la distingue de tous les
- * sons, ce sont les modifications que nous lui im-« primons à notre volonté et d’où résulte la pa-« rôle. La parole consiste d’abord dans l’émission 1 de sons qui ont des caractères differents, des « timbres particuliers, et qu’on nomme voyelles... « Le second élément de la parole humaine consiste « dans les consonnes, qui ne sont point des tons « persistants, mais des modes de commencer ou « de finir les voyelles par une sorte à'explosion,
- * c’est-à-dire par un mouvement de l’air compre-« nant au plus un très petit nombre de vibrations « de forme différente de celles de la voyelle qu’elles « modifient. Cette explosion précède le son mu-« sical de la voyelle et cesse aussitôt qu’il a « pris naissance dans ba, be, bi, ou bien elle le « termine par un mouvement final des lèvres dans 5 ab, at, ar. Outre ce rôle, quelques consonnes « ont la propriété de représenter une sorte de sif-« flement ou de frottement s, z, j, z, qui peuvent « se continuer indéfiniment sans émission de son « proprement dit, soit que la période correspon-« dante soit trop rapide pour impresssionner « l’oreille, comme dans les sifflantes, ou assez « lente pour qu’on puisse, comme dans les rou-
- * lantes, en saisir les pulsations individuelles... »
- Il résulte en particulier des analyses faites par M. Helmholtz que les voyelles ne sont rien autre chose qu'un timbre, un ensemble de notes simples caractéristiques, qui ont été appelées vocables.
- Elles ne dépendent en rien de la hauteur du son ni de la personne qui les émet.
- Les voyelles ou diphtongues Ou, O, A n’en exigent qu’une. Ce sont respectivement les notes/a2,
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- Les autres voyelles renferment au moins deux vocables.
- Ce sont par exemple :
- M E I Eu
- et sol-6 Jcij et si h fa3 et réc fa3 et ul%
- Il est indéniable, la théorie le prouve et le télégraphe harmonique de M. Gray le met en évidence, que des sons musicaux différents, émis simultanément, peuvent être transmis par des séries de courants électriques se succédant sur une même ligne électrique. Les vocables constituant les voyelles ne sont pas autre chose que des sons musicaux ; donc la possibilité de leur transmission par des courants discontinus est évidente.
- Quant aux consonnes, explosives, sifflantes ou roulantes, il ne viendra à l’idée de personne que, pour la transmission de ces vibrations sonores, des vagues, des ondulations électriques soient indispensables. — Que reste-t-il donc de l’argumentation de M. Bell?
- Je pourrais m’arrêter ici et ne pas m’étendre davantage sur le point de vue de la question qui concerne particulièrement l'électricité.
- Qu’il me soit cependant permis de citer rapidement quelques faits d’expérience qui contredisent formellement la théorie des courants ondulatoires de M. Bell.
- Plusieurs inductions successives n’altèrent pas la clarté de la parole transmise, et l’intercalation d’une bobine d’induction, même dans un très court circuit téléphonique, augmente au lieu de diminuer l’intensité du son. Or, l’intensité des courants induits dépend directement de la rapidité, de la soudaineté de la variation de l’état électrique dans le circuit primaire; il paraît donc évident qu’il faut que les courants téléphoniques aient des variations soudaines, et non des ondulations progressives, pour que les sons perçus par induction aient l’intensité que l’on trouve dans le téléphone.
- A l’appui de cette assertion, je citerai notamment le fait expérimental qui a été le point de départ des recherches et des travaux de mon compatriote M. Van Rysselberghe.
- Enlevez aux courants électriques produits par la manipulation de la clef Morse, ou par l’imprimeur Hughes, leur instantanéité de production ; au contact direct et brusque du manipulateur avec le butoir relié au pôle de la pile, substituez les contacts successifs avec une série de ressorts reliés au même pôle par des résistances graduellement décroissantes, de manière à graduer d'une manière progressive l’intensité du courant qui traverse 1 a ligne, vous arrivez à transformer le courant soudain primitif en un véritable courant ondulatoire.
- Quel sera le résultat de cette modification?
- C’est de diminuer considérablement, presque
- d’annihiler l’influence inductrice de ce courant sur les fils télégraphiques voisins, au point de la rendre imperceptible même au téléphone intercalé sur l’un ou l’autre de ces circuits.
- Ce fait suffirait à lui seul pour prouver que des courants ondulatoires, c’est-à-dire progressivement croissants et décroissants, traversant le circuit primaire d’une bobine d’induction, sont incapables d’engendrer, dans le circuit secondaire comprenant les téléphones, des courants induits assez énergiques pour reproduire les sons, tandis que des courants intermittents se produisant brusquement y engendreront nécessairement des courants de grande intensité.
- Je rappellerai, dans le même ordre d’idées, la transmission des sons articulés, que le Docteur Cornélius Herz réussissait à opérer par des condensateurs.
- Je pourrais insister également sur ce qui nous est connu des lois de la propagation d’un courant électrique dans un conducteur aérien, souterrain ou sous-marin; les différences qui se produisent dans chacun de ces cas, en temps et en forme pour la période variable de l’état électrique de la ligne parcourue par le courant, sont difficilement conciliables avec Y invariabilité de forme prescrite par la théorie de M. Bell aux ondulations des courants successifs. L’emploi d’un conducteur de nature quelconque n’altère cependant pas les qualités essentielles de la voix. L’intensité seule est modifiée; mais l’articulation qui dépend du nombre même et de l’intervalle des courants de propagation demeure parfaite, quelle que soit la composition du circuit.
- Tous ces faits, et il serait facile de multiplier les exemples, enlèvent toute va'eur scientifique à Yasserlion de M. Bell, à savoir que : Des courants ondulatoires qui soient le fac-similé des ondes sonores de l'air vibrant sont indispensables pour la transmission des sons articulés!
- J'ai démontré d’une, manière irréfutable que des courants d’une très faible durée, qui se succèdent à intervalles précis sur la ligne, conviennent parfaitement pour cette transmission.
- Le diagramme 12, dont le graveur a cependant trop rapproché les éléments, donne une représentation de la manière dont ces courants peuvent se succéder sans se confondre, pour la transmission de sons quelconques, musicaux, articulés ou autres.
- Les applications électriques connues, les circonstances mêmes de la transmission téléphonique, toutes les expériences relatives aux faits d’in-
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- duction sur les lignes télégraphiques, semblent démontrer que c’est par une succession de courants discontinus de très faibles durées, et non par des courants ondulatoires, que la parole est transmise.
- Il me reste, pour établir sans contestation possible la vérité de cette conclusion, à analyser le fonctionnement du téléphone au point de vue de la mécanique, et à prouver que les lois des mouvements des corps en contact sont inconciliables avec la théorie de l’électricien américain.
- 11 ne faut pas perdre de vue en effet que dans la succession des phénomènes de la transmission téléphonique, l’électricité n’apparaît que comme un agent intermédiaire et qu’à l’origine comme à la réception, il s’agit uniquement du mode de propagation des vibrations sonores. L’étude du fonctionnement du téléphone, au point de vue mécanique, a donc une importance capitale.
- L’origine du son est une série de mouvements alternatifs quelconques reproduits à des intervalles égaux et très rapprochés par l’ensemble des molécules d’un corps solide, liquide ou gazeux. (Voir Jamin, Cours de Physique, Acoustique, page i.)
- Un timbre qui résonne communique des soubresauts très vifs à une bille placée dans son intérieur. Les plaques qui résonnent impriment des mouvements à des grains de sable qu’on sème sur la surface.
- Nous voilà donc ramenés à l’étude des mouvements des corps et en particulier à l’étude du phénomène du choc de deux corps.
- Il y a choc entre deux corps qui se rencontrent, toutes les fois que les deux points par lesquels ils viennent d’abord se toucher ne sont pas animés d’avance de vitesses égales et parallèles. Le choc de deux corps est toujours accompagné d’une déformation momentanée ou durable de leurs surfaces, suivant que ces corps sont élastiques ou ne le sont pas. Dans le premier cas, la force vive du système après le choc reste ce qu’elle était avant; mais dans le cas contraire, il y a perte de force vive.
- La pression qui naîtra du contact de deux sphères de masses m et m' animées de vitesses v et v' suivant la ligne de leurs centres, aura pour premier effet de leur donner une vitesse commune
- m v H- m' v'
- H =-----.--->—
- m 4- m '
- Si les deux corps étaient dépourvus d’élasticité, le phénomène s’arrêterait là, le contact serait permanent et le mouvement se poursuivrait avec la nouvelle vitesse u. Mais si, comme c’est presque toujours le cas, les corps sont plus ou moins élastiques, aussitôt après que les 2 sphères auront acquis la vitesse commune, la pression qui continuera à s’exercer au contact, par l’effet de la réaction
- due à l’élasticité, sera de diminuer encore celle des vitesses qui a déjà diminué et d'augmenter encore l’autre; par conséquent, le contact ne pourra pas persister entre eux, il y aura séparation !
- Faisons l’application de ce principe au téléphone.
- L’onde sonore vient choquer une paroi solide un diaphragme flexible dans le téléphone Bell, un bloc épais et non flexible, dans le téléphone à marteau.
- Que résulte-t-il de ce choc?
- La mécanique répond : Communication à la paroi solide d’une portion de la vitesse du corps mobile, c’est-à-dire de l’air vibrant, et réflexion de celui-ci, c’est-à-dire séparation momentanée des deux corps.
- Dans le téléphone Bell, le diaphragme s’infléchira, fera un mouvement vers le pôle aimanté, et reviendra ensuite à sa position initiale.
- Quelle sera la durée de cette oscillation du diaphragme ?
- Le professeur Bell prétend que le mouvement du diaphragme aura une durée précisément égale à celle d’une vibration sonore de l'air. Discutons la valeur scientifique de cette opinion.
- Dans le phénomène de la communication de la vibration sonore de l’air à la paroi du téléphone, nous retrouvons les éléments du choc. L’air vibrant constitue un corps parfaitement.élastique, Le diaphragme n’est pas non plus dépourvu d’élasticité.
- Il était immobile relativement au premier corps. Le choc fait donc éprouver au corps choquant une perte de vitesse, puis une réflexion, la vitesse au retour étant diminuée de toute la quantité qui a été communiquée au corps solide, et qui n’a pas été restituée par le défaut d’élasticité complète de -celui-ci.
- Le corps solide choqué éprouve, par l’effet du choc, un ébranlement moléculaire qu’il transmet de proche en proche et un mouvement d’inflexion qui rapproche la partie centrale du diaphragme du pôle aimanté; mais immédiatement, de par son élasticité propre, il revient à sa position primitive, prêt à recevoir le choc de l’onde suivante.
- C’est de la composition, de la forme, de l’épaisseur, de l’étendue superficielle, du mode de liaison au support, c’est-à-dire, en un mot, du corps choqué même, et non du corps choquant, que dépendent les lois de son mouvement, et par conséquent la durée de l'oscillation du diaphragme n’a pas de relation directe avec celle de la vibration sonore de l’air; si l’on prend deux diaphragmes différents, la durée de leurs mouvements sera évidemment différente.
- Le fonctionnement du téléphone à marteau vient confirmer d’une manière lumineuse la vérité de ce raisonnement.
- Dans cet appareil, quels sont les éléments cqv stitutifs et leur liaison au support?
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- Une paroi épaisse en bois, ébonite, ou matière de peu de sonorité, que viennent frapper les ondes sonores de l’air; à sa face postérieure appuyant sur elle, un levier rigide dont les bras de levier peuvent être de longueur égale ou différente, longs ou courts, sans que l’articulation de la voix transmise par le téléphone subisse d’altération.
- Or si deux pendules de longueurs différentes viennent à être ébranlés par un choc, leurs oscillations s’exécutent dans des temps inversement proportionnels aux racines carrées de leurs longueurs respectives.
- L’articulation de la voix est indépendante de la longueur du levier, c’est-à-dire du pendule oscillant; donc elle ne dépend pas de la rapidité d'oscillation de ce levier.
- Donc le temps employé par le levier-armature à exécuter la vibration correspondant au choc d’une onde sonore est indépendant de la durée propre de cette vibration de l’air.
- Il ne lui est pas égal, comme M. Bell avait cru pouvoir l’affirmer, négligeant le point de vue mécanique, entraîné, fasciné par la beauté apparente de sa conception, l’uniformité du mouvement ondulatoire.
- Mais si la durée du mouvement du levier-armature n’a pas de rapport avec celle de la vibration sonore de l’air, la durée du courant électrique qui en résulte est également indépendante de celle de l’onde sonore; les phases présentées par les courants qui se succèdent sur la ligne ne sont pas identiques à celles de l’air vibrant; les intensités des courants électriques ne sont pas, à chaque instant, comme l’a dit M. Bell, proportionnelles à la densité de l’air vibrant.
- La théorie de M. Bell n'a plus de bases; elle est contredite par les principes élémentaires de la mécanique.
- Poursuivons l’étude du téléphone à marteau, et la lumière se fera complète sur les lois qui président à la transmission, à la propagation électrique et à la reproduction téléphonique des sons.
- Y a-t-il dans le téléphone à marteau une séparation momentanée des organes par l’effet du choc sonore ?
- L’expérience montre que cet appareil permet la transmission de la parole sans le secours d’aucune batterie électrique, par une simple liaison métallique avec un téléphone semblable ou un téléphone Bell employé comme récepteur. Le levier-armature exécute donc des mouvements d’oscillation en regard du pôle de l’aimant, lorsqu’on émet des sons devant la paroi solide sur laquelle il porte par l’une de ses extrémités.
- Les principes que nous avons rappelés plus haut établissent que, pour des corps élastiques, il y a indépendance de mouvement entre le corps choquant
- et le corps choqué ; la même indépendance existe entre le mouvement du corps qui sert d’intermédiaire à la transmission du choc et celui du levier-armature.
- Le phénomène physique des billes d’ivoire alignées, en contact l’une avec l’autre, qui, sous l’action d’un choc communiqué à la première de la série, demeurent toutes immobiles, sauf la dernière, qui est soulevée, rend parfaitement compte de ce qui se passe dans le téléphone. Il résulte de ce fait que, même dans le cas où les deux pièces en contact seraient de même nature, matière et forme, ayant la même mobilité, la pièce intermédiaire demeurerait, sous l’action du choc sonore* apparemment immobile, et l’armature seule prendrait un mouvement réel. Mais dans le téléphone, en outre, la nature des deux corps est différente, leurs modes de liaison au support sont différents. Pour le corps intermédiaire, toute inflexion est pratiquement impossible. La séparation des deux corps est évidente.
- Les chocs sonores communiqués à la paroi épaisse du téléphone à marteau produisent pour le levier-armature le même effet que les vibrations du timbre résonnant , sur la bille placée à l’intérieur, que les vibrations d'une plaque résonnante sur les grains de sable semés sur sa surface. Il y a une série de soubresauts, de séparations.
- Lorsqu’un marteleur veut enfoncer une pointe dans une cloison, au point correspondant derrière la cloison, il fait exercer par son aide une pression énergique à l’aide d’un tasseau ou d’une enclume. L’homme qui remplit cette fonction sait parfaitement que quelle que soit la réaction qu’il veut opposer, quelle que soit la grandeur de l'effort réellement exercé, l'effet de chaque coup de marteau est de déterminer un mouvement de l’enclume, une rupture de son contact avec la cloison.
- De même, lorsque l’onde sonore vient frapper la paroi de bois ou d’ébonite sur- laquelle porte comme une enclume l’extrémité du levier-armature, l’attraction magnétique de l’aimant du téléphone est impuissante à maintenir le contact. La séparation doit se produire.
- La vitesse communiquée à la pièce mobile par cette force d’une durée instantanée, est bientôt détruite par l’action continue de la force magnétique qui ramène l’armature à sa position initiale.
- Quant à la pièce intermédiaire, si même nous supposons qu’elle puisse exécuter un mouvement réel, comme elle n’a aucune liaison avec le marteau du levier, c’est sa propre élasticité qui la ramène à l’état primitif. Les réactions qui commandent aux mouvements des deux organes sont donc essentiellement différentes, et les mouvements qui en résultent doivent l’être aussi.
- II n’est pas possible d’opposer un argument scientifique à cette explication qui repose sur des
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- bases rigoureusement exactes. On peut nier, sans doute, mais la simple négation n’emporte pas la certitude.
- Toute l’étude expérimentale du téléphone à marteau concorde avec ces déductions théoriques. J’ai rappelé quelques expériences dans un article publié par La Lumière Electrique, le 31 janvier.
- Voici quelques faits démonstratifs :
- Lorsqu’on fixe l’armature à la paroi solide, l’appareil ne fonctionne plus.
- L’emploi de diaphragmes souples et flexibles diminue considérablement l’intensité du son transmis.
- Que l’on fixe l’armature à l’aimant, que l’on se borne même à établir le contact physique de cette armature, en interposant des matières dépourvues de magnétisme, on supprime le fonctionnement de l’appareil.
- D’autre part, la reproduction du son n’est pas altérée d’une manière sensible à la réception, lors-qu’entre la pièce solide et le marteau, on intercale des matières sourdes, comme du papier buvard, du drap, de la peau de gant molle du feutre.
- , Les sons énergiques émis par le téléphone ne peuvent certes être attribués aux inflexions de ces substances dépourvues de sonorité.
- Il faut, dans ces différents cas, pour qu’il puisse y avoir production de sons, qu’il y ait une série de chocs du marteau sur l’enclume, chocs dont l’interposition de ces matières sourdes ne puisse annihiler l’effet.
- Voici un dernier fait concluant : lorsque les courants téléphoniques qui traversent le téléphone sont assez énergiques, comme ceux donnés par la vibration d’une lame de ressort sur le support du pantéléphone, on sent parfaitement, en posant le doigt sur la paroi antérieure du téléphone, le frémissement du marteau qui vient choquer la pièce rigide.
- Je résume et je conclus :
- De l’analyse que je viens de faire du fonctionnement du téléphone à marteau résultent à l’évidence les conséquences suivantes : que par l’émission des sons, comme pour leur reproduction, le levier-armature exécute des mouvements réels] — que la durée de chacune de ses oscillations n’a pas de relation directe avec celle de la vibration sonore de l’air; -- que ces mouvements ne peuvent donc être le fac-similé des ondes sonores de l’air; — que les courants électriques engendrés par ces mouvements dépendant directement, quant à leur durée et à leur intensité, de la durée et de l’amplitude des mouvements de l’armature, ne peuvent avoir une duree ni des phases égales à celles des vibrations sonores de l’air; —que ces courants ne sont donc pas des courants ondulatoires répondant à la définition et aux explications de M. Bell ; — en un mot, que la théorie de M. Bell n’est pas applicable au fonctionnement du téléphone à marteau.
- J’ai, de plus, dans le cours de cet article, établi, contrairement à l’assertion de M. Bell, la possibilité de transmettre plusieurs sons émis simultanément par une série de courants intermittents de très petites durées. Le télégraphe harmonique de M. Gray m’a permis de prouver par l'expérience même la vérité de ma démonstration théorique.
- La conclusion ressort clairement de cette étude.
- L’analyse du sujet envisagé aux points de vue de la mécanique et de l’électricité fait voir que la transmission téléphonique des sons de toute nature, musicaux, simples ou composés quelconques, est produite par une série de courants discontinus qui se succèdent sur la ligne. Ces courants sont en nombre précisément égal à celui des vibrations sonores de l’air correspondant à chaque son pris isolément. Ils se succèdent à des intervalles précisément égaux à ceux qui séparent ces vibrations. Leur intensité est directement proportionnelle à celle des vibrations sonores.
- Telle est l’explication rationnelle des phénomènes téléphoniques, la seule vraie, parce que stule elle est en concordance avec les principes scientifiques et avec les résultats de l’expérience.
- La dérogation qu’avait supposée M. Bell, à la loi reconnue en physique, n’existe pas.
- La transmission téléphonique par l’électricité obéit à la loi générale de la réversibilité des phénomènes de la nature, qui après une série de transformations successives, dans lesquelles leurs caractères particuliers, leurs phases, peuvent être absolument modifiés, reparaissent avec toutes leurs qualités constitutives.
- Le son original est produit par une action mécanique ; dans sa propagation à travers l’air, puis les organes solides du téléphone, les mouvements mécaniques s’effectuent avec les qualités propres à chacun de ces milieux. Le mouvement mécanique se transforme ensuite partiellement en mouvement magnétique, électrique, de plusieurs natures, par une ou plusieurs inductions, pour redevenir magnétique et puis mécanique, avec des phases inverses dans le téléphone récepteur, à celles qu’il avait au transmetteur.
- Léon de Locut-Lauye.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Angleterre
- LA EORCE ÉLECTROMOTRICE CONSTANTE DANS LES
- circuits de lumière électrique. — Sir David Sa-lomons a dernièrement fait une communication à
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- la Society of Telegraph Engineers and Electri-cians qui contient des renseignements utiles au sujet de la meilleure manière de maintenir la force électromotrice constante dans des circuits de lu mière électrique. Ses observations s’appliquent aux installations de lampes à incandescence alimentées par des dynamos et des accumulateurs reliés en dérivation avec le circuit des lampes. Il est également entendu que les moteurs et dynamos suffisent amplement pour le travail nécessaire, et la résistance des fils d’embranchement doit être considé rée comme nulle, à moins d’une mention spéciale.
- L’auteur a démontré qu’en théorie une augmentation de résistance r dans un circuit de ce genre ne modifiera pas le courant C, s’il y a une augmentation proportionnelle de la force électromotrice e. En désignant la résistance primitive du circuit par R et la force électromotrice primitive par E, on a
- d’où
- e= C r.
- Par conséquent, la force électromotrice doit nécessairement être augmentée d’une valeur numérique égale à l’augmentation de la résistance en ohms multipliée par l’intensité primitive en ampères.
- De plus,
- c’est-à-dire que si la force électromotrice varie, l’augmentation de résistance doit être égale à C— 1 e ohms pour que le courant soit maintenu constant.
- Dans une installation ordinaire, les lampes sont généralement peu fixes (i) parce que la force motrice est irrégulière, ou en d’autres termes parce que la force électromotrice est variable; (2) parce que la résistance du circuit varie et que la dynamo ne peut fournir la force électromotrice nécessaire pour toutes les valeurs du courant utilisées, (3) par suite d’une combinaison de ces deux raisons. Si les équations e = Cr et r— C—1 e peuvent être maintenues, la lumière sera fixe.
- Dans la pratique, on se sert des dispositions suivantes pour maintenir la force électromotrice constante aux lampes. (1) on emploie un moteur à marche régulière, (2) on alimente les lampes exclusivement par des accumulateurs chargés, ou (3) on les alimente par des accumulateurs disposés en dérivation à travers le circuit des lampes, tout en laissant fonctionner la dynamo, (4) on dispose une force contre-électromotrice en dérivation, (5) on se sert de diîtéremes dispositions automatiques, magnétiques ou non.
- Les méthodes (3) et (4) ont été spécialement étudiées par Sir David Saîomons.
- En commençant par la méthode (3) l’auteur fait remarquer que les lampes de 100 volts sont aujourd'hui très souvent employées et demandent 5o éléments d’un accumulateur comme celui de l’Electri-cal Power Storage C°, dont chaque élément donne environ 2 volts, tandis que leur résistance totale
- s’élève à peu près à ^ohm.
- Il est généralement admis que le meilleur courant de charge, pour ne pas endommager les éléments doit avoir une force électromotrice dépassant de 10 pour cent celle des éléments chargés. Par conséquent, pour une installation de lampes de 100 volts, il faudrait 10 pour cent de plus, et on aura
- C=^ — 100 ampères. En effet, il passe, dans de
- telles conditions, environ 3o ampères avec la plupart des accumulateurs connus. Par conséquent, en tenant compte de la résistance des fils, communications, etc., ainsi que de quelques actions chimiques intérieures, la résistance sera o,3o ohm environ.
- En partant de ce fait et en admettant que l’installation soit îéglée de sorte que la force électromotrice moyenne soit égale à la vraie force électromotrice nécessaire pour faire fonctionner les lampes, on trouve que toute augmentation ou diminution de la force électromotrice causée par l’irrégularité du moteur doit être presque neutralisée pour que la fixité des lampes soit maintenue. Dans ces conditions une augmentation d’un pour cent de la force électromotrice entraînerait une augmentation d’intensité de 3 ampères dans le courant qui traverse les éléments et ainsi de suite dans la même proportion pour une augmentation quelconque de la force électromotrice.
- Dans les simples dynamos excitées en dérivation dont les balais exigent un grand décalage, la force électromotrice augmente avec une diminution d’intensité dans le circuit extérieur. Une diminution de vitesse de la dynamo peut donc amener une augmentation de la force électromotrice, comme d’autre part une augmentation de vitesse peut diminuer la force électromotrice.
- Mais si la résistance de l’accumulateur en dérivation est très faible comparée à celle du circuit des lampes, celles-ci resteront fixes, parce que l’augmentation du courant passe presque totalement par les accumulateurs quand la force électromotrice de la dynamo augmente. U s’ensuit qu’avec une dynamo de ce genre un accumulateur en dérivation fonctionnera comme un régulateur pour les lampes ,que la force électromotrice augmente ou diminue, les variations de vitesse n’étant que momentanées. Si l’augmentation de vitesse continuait, il y aurait augmentation générale de la force
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- électromotrice dans tout le circuit, c’est-à-dire que les variations rapides seraient annulées, mais une augmentation permanente et considérable de la force électromotrice amènerait une augmentation faible et permanente de la force électromotrice dans tout le circuit.
- Sir David Salomons conclut de ses expériences que si l’on désire rendre les lampes d’un circuit fixes au moyen d’accumulateurs en dérivation, il vaut mieux employer les dynamos qui demandent un grand décalage pour leurs balais, de sorte que la force électromotrice augmenterait au fur et à mesure que le courant diminuerait dans le circuit extérieur et vice versa. Par conséquent, des machines excitées par dérivation, ne demandant pratiquement aucun décalage pour les balais et donnant par conséquent une force électromotrice presque constante pour différentes valeurs du courant dans le circuit extérieur, ne conviennent pas aussi bien pour être employées avec des accumulateurs afin de rendre la lumière fixe, bien qu’on puisse en tirer de bons résultats pour charger les éléments. Une machine Siemens SSD10, par exemple pour 3oo lampes de 20 bougies, avec des balais demandant un décalage considérable, donnait une variation de 2 ampères avec accumulateurs, à cause de la marche irrégulière du moteur. En même temps, la variation du courant dans le circuit des lampes, causée par l’augmentation et ia diminution de la force électromotrice, était nulle. D’autre part, une dynamo Crompton de 14 unités, pour 25o lampes de 20 bougies avec des balais à faible décalage, donnait dans les mêmes conditions une variation de 2 à 3 ampères dans le courant, aux accumulateurs, et en même temps une variation d’un ampère dans le courant du circuit des lampes. Ce dernier type de dynamo n’a donc pas formé une combinaison aussi avantageuse avec les accumulateurs pour le réglage des lampes.
- Nous arrivons maintenant à la méthode (4) pour régler les lampes par un appareil quelconque ou une machine donnant une force contre-électromotrice égale à celle de l’accumulateur et ayant la même résistance que ce dernier. Ceci semble être une nouvelle méthode, et sir David Salomons la croit susceptible d’un développement considérable. Un moteur électrique, par exemple, fonctionnant en dérivation dans le circuit donnant une force contre-électromotrice constante et avec une armature très peu résistante, fixera la lumière d’une manière très effective avec une faible dépense d’énergie. Le principal avantage des éléments consiste dans le fait que la plus grande partie de l’énergie est emmagasinée chimiquement, tandis qu’elle se perd avec le régulateur. Cependant, sous beaucoup de rapports, la perte serait compensée par le résultat obtenu. Il est d’ailleurs à remarquer que, dans une usine ou ailleurs, un moteur élec-
- trique avec une charge invariable, en employant un courant puissant comparé au courant régulateur variable, fonctionnera très bien comme moteur régulateur sans aucune perte d’énergie sensible. Dans la plupart des cas où on emploie des moteurs en dérivation avec des lampes, on pourrait trouver moyen de se servir du moteur comme régulateur en même temps.
- On pourrait encore adopter la disposition suivante : supposons que la force contre-électromotrice du moteur régulateur varie proportionnellement aux variations de la force électromotrice dans le circuit des lampes on pourrait alors lui faire régler l’admission de la vapeur ou du gaz à une machine actionnant la dynamo et ainsi agir comme un régulateur électrique, d’un autre côté les variations du moteur pourraient modifier la vitesse de la dynamo directement sans influencer le moteur ou bien on pourrait intercaler des résistances variables dans le circuit des lampes et dans les inducteurs.
- Selon sir David Salomons, cette force contre-électromotrice pourrait être facilement intercalée dans le circuit en faisant actionner une dynamo régulatrice par le moteur en même temps que la génératrice. Si la vitesse de ce régulateur est très considérable et si la courroie de transmission est longue et peu tendue avec une poulie assez lourde pour agir comme volant le régulateur aura pratiquement une vitesse constante même si le moteur ne marche pas régulièrement, c’est-à-dire que la courroie glissera sur la poulie plutôt que de varier sa vitesse et l’énergie nécessaire pour l’actionner sera très peu considérable. Il serait trop coûteux d’obtenir une vitesse constante de la génératrice par cette méthode. En plaçant la dynamo régulatrice ainsi actionnée en dérivation comme un accumulateur elle donnera une force contre-électromotrice presque constante qui devait être rendue presque égale à la force électromotrice normale de l’installation. Il est évident que toute variation dépassant la force électromotrice normale dans le circuit principal sera neutralisée. L’énergie absorbée par le régulateur peut être déterminée approximativement de la manière suivante. Supposons que la machine soit une simple dynamo excitée en dérivation et actionnée par un moteur à gaz ; dans ce cas l’énergie nécessaire pour l’actionner par une marche régulière du moteur est égale à l’énergie absorbée à faire tourner l’armature pour la production du courant dérivé dans les inducteurs. Pour produire une force contre-électromotrice de 100 volts dans une installation de lampes de 100 volts à 20 bougies il faudrait une énergie de o,5 chevaux dans une machine bien construite. Par conséquent ceci constitue une perte constante tout le temps que le moteur fonctionne. Mainte-| nant quand un moteur à gaz fonctionne à son en-
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- tière capacité il marche très régulièrement et il n’y aura qu’un courant variable régulateur insignifiant traversant l’armature de la dynamo, par conséquent la perte d’énergie dans ces conditions ne sera pratiquement pas augmentée. Mais quand le moteur ne porte qu’une faible charge et quand la vitesse est irrégulière la perte d’énergie par suite du courant variable régulateur plus grand sera plus considérable, peut être o,5cheval, de sorte qu’avec peu de lampes l’énergie extraordinaire nécessaire pour régler la lumière sera d’environ i cheval. Ceci semble être une perte considérable, mais la difficulté d’obtenir une lumière fixe avec un moteur à gaz et un petit nombre de lampes serait vaincue, et plus il y aurait de lampes, moins il y aurait de perte jusqu’au point où la perte deviendrait insignifiante comparée à l’énergie totale nécessaire.
- Sir David Salomons a encore parlé d’une autre méthode pour régler les lampes qui consiste dans l’insertion d’une résistance variable dans le circuit dérivé de la dynamo, de façon à charger un-^ accumulateur à un degré quelconque depuis le courant produit à la force électromotrice maxima que permettra la disposition de la dynamo jusqu’à zéro. Cette méthode supprime la nécessité de modifier la vitesse et la perte d’énergie occasionnée, n’est pas considérable. Par ce moyen on peut en même temps alimenter le circuit des lampes et charger les éléments à un degré quelconque.
- Cependant, tant qu’une partie du courant entre dans les éléments, tout le courant dans le circuit extérieur est fourni par la dynamo, ce qui a lieu jusqu’à ce que le courant aux éléments devienne nul par suite de l’augmentation graduelle de la résistance dérivée; il en résulte un équilibre instable, et à un moment donné, le courant pour le circuit des lampes est pris moitié à la dynamo, moitié aux éléments. Cette proportion est gardée pour toutes 'les valeurs du courant dans les limites de l’installation. Si l’on introduit une résistance plus grande, la dynamo fonctionnera comme un moteur et cessera de produire du courant.
- Aucun compte n’a été tenu dans ces remarques de la résistance des fils entre la dynamo et l’accumulateur, ni de la variation de la résistance des éléments, ni d’une différence quelconque dans le rapport entre la résistance des éléments et celle de l’armature. En tenant compte de tous ces détails, on verra que la proportion exacte de décharge de la dynamo et des éléments sera un peu inégale, au lieu d’être exactement la moitié. Mais dans sa propre installation particulière, Sir David Salomons a trouvé, après avoir essayé beaucoup de dynamos et deux séries d’accumulateurs, que la division théorique est à très peu de chose près la même que dans la pratique; car les fils ont une très faible résistance, et les d3'namos fonctionnent bien avec les accumulateurs. Cette méthode pos-
- sède, entre plusieurs autres avantages, celui de ne pas endommager les éléments secondaires par une trop grande charge, ni de les charger rapidement.
- En résumé, le point d’équilibre instable une fois atteint, la dynamo et l’accumulateur fonctionnent par rapport au circuit des lampes à peu près comme deux batteries donnant la même force électromotrice et placées en dérivation. On a également constaté que, quand on emploie des dynamos demandant un grand décalage des balais, toute diminution de résistance dans le circuit extérieur produit le même effet qu’une augmentation de résistance dans le circuit dérivé, et tend à approcher le point d’équilibre instable, tandis qu’avec des dynamos qui ne demandent pratiquement aucun décalage des balais, le circuit extérieur peut être alimenté presque indéfiniment par la dynamo dans les limites de la machine, tandis que les accumulateurs sont chargés presqu’au même degré.
- Ces considérations font croire à Sir David Salomons qu’en employant des accumulateurs ou tout autre régulateur de force contre-électromotrice, on pourrait construire des dynamos beaucoup plus simples que celles dont on se sert actuellement, c’est-à-dire avec moins de bobines sur l’armature et moins de plaques au commutateur.
- un bateau électrique. — L’Electrical Power Storage C° vient d’installer sur un petit bateau un moteur électrique de Reckenzaum accouplé directement à l’arbre de l’hélice et un holophote électrique ou foyer à arc muni d’un réflecteur. Ce bateau sera utilisé par la police de la Tamise pour surveiller le fleuve la nuit. L’énergie électrique est fournie par une série de 5o accumulateurs d’un demi-cheval chacun rangés le long de l’axe du bateau et couverts par des planches. Le bateau a été essayé publiquement dans la soirée du 21 février dernier, près du pont de Westminster. Le courant fourni pouvait faire marcher le bateau pendant plusieurs heures. La marche rapide et sans bruit de l’embarcation et la faculté de pouvoir à tout instant allumer et éteindre le foyer à arc, et d’envoyer un rayon puissant d’un bord à l’autre du fleuve pour éclairer un coin obscur, sont autant d’avantages qui qualifient le bateau pour l’usage qu’on veut en faire.
- }. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouciikoll
- Réclamation de priorité, à propos du procédé d’annulation de l’extra-courant, employé par M. d’Arsonval pour éviter les dangers des gêné-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rateurs mécaniques d’électricité, par M. A. Daussin.
- « Fives-Lille, u février i885.
- « Je prie l’Académie de me permettre de lui exposer que le procédé d’annulation de l’extra-cou-rant qui lui a été soumis par M. d’Arsonval, le i5 janvier i885, a été imaginé par moi il y a plus de quinze ans. Je l’ai fait breveter le 25 mars 1869.
- « Voici l’historique de ce dispositif:. Je m’occupais, à cette époque, de perfectionner mon rappel à relais. Le fonctionnement de cet appareil, alors en service depuis peu au chemin de fer du Nord et à l’Etat-Belge, laissait à désirer, parce que l’extra-courant produit par la rupture du courant local oxydait les contacts de la palette et de la roue d'échappement.
- « Il s’agissait d’annuler l’extra-courant entre ces deux points. J’imaginai, dans ce but, une dérivation, formée par deux électrodes plongeant dans de Veau. Quand la palette touchait la roue d’échappement, la résistance ne laissait dériver qu’une très faible partie du courant actionnant l’électro-aimant placé dans le circuit. Quand la palette brisait le circuit, l’extra-courant passait par la dérivation. Le point faible de l’appareil était protégé.
- « L’application de ce voltamètre à des circuits d’une rupture dangereuse, ou simplement nuisible, se trouvait tout indiquée. Je n’ai pas manqué de la conseiller : elle est utilisée. M. Du Moncel m’a écrit à ce sujet le 2 avril 1878.
- « En appliquant pour la première fois cette disposition, je remarquai que la suppression de l’extra-courant était proportionnelle à la force électro-motrice de polarisation du voltamètre intercalé. En effet, l’étincelle de l’extra-courant reparaissait 'progressivement entre la palette et la roue d’échappement, au fur et à mesure que la nature du liquide se modifiait et que les électrodes s’altéraient sous l’action du passage de l’extra-cou-rant. (Je me servais d’électrodes en cuivre, plongées dans de l’eau pure.)
- « Il était évident que, puisque l’extra-courant ne passait plus complètement par le voltamètre, il n’y avait qu’à établir une deuxième dérivation avec voltamètre, au besoin une troisième, pour recueillir Vexcès du courant.
- « Il était aussi évident que, à l’aide de plusieurs dérivations munies de voltamètres de force électromotrice de polarisation différente, on pouvait opérer une espèce de triage de courants, le courant passant dans chaque dérivation étant proportionnel à la force électromotrice de polarisation de son voltamètre.
- « Je tiens à la disposition de l’Académie mon
- (') Lettre adressée à l’Académie, dans la séance du 2 mars i885.
- brevet du 25 mars 1869 et ma correspondance avec M. Du Moncel. »
- Sur les moyens d’annihiler ou d'atténuer les dangers de l’extra-courant dans les machines dynamo-électriques, en cas de rupture du circuit extérieur, par M. J. Raynaud (').
- « Dans l’une des dernières séances de l’Académie, M. d’Arsonval a indiqué comme moyen de préservation, contre les dangers de l’extra-courant de rupture dans les machines dynamo-électriques, l’intercalation d’une batterie de polarisation entre les pôles de la machine. Ne conviendrait-il pas d’essayer, dans le même but, l’un des dispositifs si simples fondés sur le principe de l’induction latérale de Faraday, et en usage dans la télégraphie sous le nom de paratonnerres, pour garantir les bobines des appareils contre l’électricité atmosphérique ? Il suffirait de relier aux pôles de la machine les bornes d’un instrument de ce genre, qui formerait ainsi une soupape de sûreté, ne livrant passage au courant qu’au moment où il devient dangereux. On choisirait, suivant les conditions, le paratonnerre à plaques et lame isolante (air, mica, gutta-percha, papier, etc.), ou à pointes, ou à plaques et pointes, etc.; soit même, dans certains cas, les paratonnerres à air raréfié ou à alcool.
- « Les expériences de MM. Warren de la Rue et Müller sur la décharge disruptive donneraient la plupart des éléments de la question : elles font connaître, en particulier, les distances explosives dans l’air aux pressions ordinaires, et entre des surfaces de formes diverses, pour des différences de potentiel variant de 25o à 12000 éléments à chlorure d’argent, dont la force électromotrice est ivoU,o3. »
- Sur la formation de l’ozone, de l’eau oxygénée et de l’acide persulfurique dans l’électrolyse de l’acide sulfurique étendu, par Fr. Richarz (>).
- L’auteur s’est proposé d’étudier l’influence de certaines conditious physiques sur la formation des corps indiqués dans le titre de son travail. Il constate, dès le début de ses expériences, que la quantité d’acide persulfurique qui prend naissance pendant des intervalles, croissant suivant une progression aiilhmétique, n’est pas proportionnelle au temps de passage du courant (le dosage de cet acide se faisant par la méthode des liqueurs titrées). Ainsi le tableau suivant donne les
- (9 Note présentée à l’Académie dans la séance du 2 mars 1885.
- (’) Annales de Wiedemann, n» 2, i885, p. i83.
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- quantités de cet acide pour des intervalles croissants :
- DURÉE de la fermeture du courant QUÀNTITÇ d’acide * persulfurique DIFFÉRENCE
- 1/4 d’heure 2, l3 2, i3
- 1/2 heure 6,55 4,42
- 3/4 d’heure 10,56 4,01
- 1 heure 14,94 4.38
- 1 heure 1/4 . . . 18 25 3,31
- L’auteur trouve, après plusieurs expériences, que la cause de ce fait réside dans l’électrode positive.
- Les électrodes sont en platine et il constate qu’en calcinant l’électrode positive avant chaque expérience, la quantité d’acide persulfurique reste à peu près la même pour un même intervalle de temps. Quant à la cause de cette altération de l’électrode positive, qui tend à diminuer la quantité d’acide persulfurique, l’auteur la cherche et croit la trouver dans le dégagement d’oxygène. Reste à savoir comment ce dégagement d’oxygène peut faire diminuer la quantité d’acide persulfurique.
- Réduction de l'acide persulfurique à l'électrode négative. — Ce phénomène a déjà été observé par M. Berthelot et M. Hoffmann. Ces auteurs indiquent que lorsque l’acide persulfurique ou l’eâu oxygénée arrivent en contact avec l’électrode négative, ils s’y réduisent en partie. Aussi, pour éviter cette réduction trouvent-ils avantageux d’entourer l’électrode positive d’un vase poreux. M. Richarz trouve que, dans ces conditions, sous l’influence du transport électrolytique de l’acide sulfurique et de l’endosmose électrique, il se produit des variations continuelles dans la concentration et dans la quantité du liquide du vase poreux, aussi se voit-il obligé de renoncer à cette manière d’isoler l’électrode positive.
- La réduction de l’acide persulfurique fait disparaître une quantité équivalente d’hydrogène, ce qui doit produire un déficit dans la qualité des produits électrolytiques. Pour mettre en évidence ce déficit on avait dans le circuit une boussole de tan-gente dont on avait déterminé la constante très soigneusement. On l’avait déterminée pour différentes déviations et on avait tenu compte de la longueur de l’aiguille; le voltamètre était plongé dans un bain d’eau chauffée à go°. Dans ces conditions, il ne se produisait que des traces d’ozone et d’acide persulfurique, en même temps, on évitait l’absorption du gaz tonnant par l’acide sulfurique étendu. Les différentes valeurs qu’on avait obtenues pour les constantes de la boussole étaient égales entre elles à 1/2 0/0 près.
- L’expérience suivante peut prouver la réduction
- de l’acide persulfurique par l’hydrogène naissant.. On soumet à l’électrolyse dans un voltamètre, entre deux lames de platine, de l’acide sulfurique contenant une quantité déterminée d’acide persulfurique. Le volume du liquide dans le vase est très faible (2o0m0), de sorte que l’absorption du gaz tonnant est très faible.
- L’intensité du courant reste constante pendant toute la durée de l’expérience.
- Cette dernière finie, on mesurait la quantité d’acide persulfurique par la méthode des liqueurs titrées et, de la diminution du titre, on pouvait déduire le nombre de centimètres cubes d’hydrogène qui était nécessaire à la réduction de l’acide disparu. Deux expériences ont donné les nombres suivants :
- Quantité de gaz tonnant, calculée d’après les déviations de la boussole.......................... 90,80e»
- Volume du gaz réellement dégagé, réduit à o° et
- à 760mm.......................................... 88,63
- Quantité d’hydrogène nécessaire à la réduction de l’acide persulfurique disparu.........., . . . . 1,68
- Total........................ 90,3i
- Dans une autre expérience où le contenu d’acide persulfurique était plus grand, on a trouvé les résultats suivants :
- Quantité de gaz mesurée.......................... 162,27»»
- Hydrogène disparu par la réduction de l’acide persulfurique..................................... 18,52
- Total.......................... 180,79»»
- Quantité de gaz calculé d’après la déviation de la boussole............................................. 178.63
- Si, pendant une expérience, il se forme des peroxydes, il faudra ajouter au volume du gaz dégagé celui qu’occuperait l’oxygène contenu dans le peroxyde. Mais il y aura toujours un déficit de gaz tonnant en comparaison avec la quantité déduite de la déviation de la boussole.
- On le voit d’après le tableau suivant, qui donne le résultat d’expériences pendant lesquelles l’intensité du courant restait invariable et sa durée était de 1/4 d’heure, — la même pour toutes les expériences.
- Le déficit peut tenir soit à la réduction de l’acide persulfurique, à l’électrode négative, soit à l’absorption du gaz tonnant. Ces deux influences perturbatrices diminuent si la température s’élève : la réduction de l’acide diminue alors parce qu’il se forme moins d’acide persulfurique. Il est à remarquer qu’un volume d’eau distillée, égal au volume d’acide sulfurique dilué (91,4e0), peut absorber à la même température (o°) et sous la pression normale, 1,8e0 d’hydrogène et 3,8C0d’oxygène. Dans les expériences suivantes, l’auteur cherchera
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans chaque cas particulier quelle est la cause prédominante du déficit.
- Les expériences précédentes montrent aussi que la formation du peroxyde dépend de la température. Il est aussi à remarquer que la quantité d’a-
- cide persulfurique diminue beaucoup plus vite que celle de l’ozone. »
- Influence de la durée du courant sur la'for malion du peroxyde. -- L’auteur cherche la fonction
- TEMPÉRATURE DU VOLTAMÈTRE I ro expérience 0° 20 expérience 3e expérience ENVIRON 20° 4e expérience ENVIRON ‘5 Ôtt 5e expérience ENVIRON 750 6e expérience
- Quantité de gaz dégagé en « 71,60 71,iS 71,46 77,47 89,22 89,89
- 1 dans l’ozone 0,10 0, Il 0, Il 0, 10 0,08 0,04
- Oxygéné dispo- l’acide persulfu-
- nible en et / riqiie 16,16 16,38 16,21 11.93 0,29 0,07
- Total 87,86 87,64 87,78 89,50 89,59 90,00
- Quantité de gaz tonnant calculée d’après 39,97 90,36
- ia déviation de la boussole <30.07 90,07 90,93 90,21
- Déficit 2, 11 2,43 2,29 1,4.3 0,77 0,21
- qui exprime la relation entre la quantité d’acide persulfurique contenu dans le liquide du voltamètre et la durée du courant.
- Pour y arriver, il fait les hypothèses suivantes : il admet que la quantité d'acide persulfurique formé pendant le temps dt est proportionnelle à la quantité d’acide sulfurique dans le voltamètie au temps t. Il admet, en outre, que la quantité d’acide persulfurique réduit au pôle négatif est proportionnelle à la quantité de cet acide contenue dans le voltamètre au moment considéré. L’accroissement du contenu d’acide persulfurique est la différence entre la quantité formée au pôle positif et la quantité réduite au pôle négatif. Soit S la quantité d’acide sulfurique initiale, Mj la quantité d’acide persulfurique formé jusqu’au temps t au pôle positif, et M2 la quantité de cet acide réduit pendant le même temps au pôle négatif, M la quantité d’acide persulfurique dans le voltamètre au temps t, p et q deux constantes positives.
- On aura
- (O
- (2)
- (3)
- d M dt
- dt ' £M*_ dt
- d M, dt
- PiS-Ml
- dt
- = ps — {p + q)M
- en posant p~\-q — n et pS = An, A et n étant deux constantes positives. En comptant le temps à partir du moment de la fermeture du circuit, où il n’y avait pas encore d’acide persulfurique, on trouve par l’intégration de l’équation (3)m==a (i—e~nl) Pour de petits intervalles de temps, on peut écrire M=And. M est donc proportionnel au temps. Pour de grands intervalles, il s’approche assympto-tiquement de A.. Le tableau suivant résume une série d’expériences faites dans le but de vérifier l’exactitude de cette formule. Les nombres sont des centimètres cubes.
- 1—- — ACCROISSEMENT
- QUANTITÉ de gaz tonnant OXYGÈNE DISPONIBLE DÉFICIT par 1/4 d'heure
- DURÉE DU PASSAGE déduite dans
- du courant de la déviation dans l’acide les produits de de l’acide
- de la en ozone persulfurique d’électrolyse la quantité persulfurîqüé du déficit
- boussole dissous d’ozone dissous
- 1/4 d’heure 197,11 0,61 33, <36 . 4,52 0,61 33,96 4,53
- a heures 1575 6,œ 199,0 91,0 0,77 23,6 12,4
- 4 heures 3i5o n ,3 3o8,4 279 0,66 i3,7 23 5
- 7 heures 5524 23,0 ?93,9 742 0,97 7,i 38,6
- 8 heures 63i3 62,2 406,9 906 0,8 + 3,2 40,8
- 9 heures. . . • 7103 3o,4 402,0 1073 I ,0 — 1,2 42,0 >
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- Le tableau suivant résume une série d’expériences faites avec une intensité de courant plus forte ; l'auteur avait pensé que de cette manière on pourra atteindre plus vite le contenu maximum d’acide persulfurique.
- Dans les deux séries d’expériences, les intensités des courants n’étaient pas absolument les mêmes dans chaque expérience, mais les oscillations ne dépassaient pas les erreurs d’observations.
- On voit que les expériences ne vérifient pas la
- QUANTITÉ de ga7. déduite ACCROISSEMENT
- OXYGÈNE DISPONIBLE DÉFICIT par 1/4 d’heure
- DURÉE DU TASSAGE de la ^ " dans
- du courant déviation dans l’ozone formé dans l’acide les produits d’acide persulfurique
- de la boussole persulfurique contenu dans le liquide d’électrolyse d’ozone du déficit
- 1/4 d'heure 90,02 0,11 16,25 2,28 0, 11 16,25 2,28
- f/i heure . . 1 !io, 06 0,33 32,57 4,33 0,22 16,32 2,05
- 1 heure 36i,9 0,9 60,2 n,8 0,28 i3,8 3,74
- 2 heures 722,2 1.9 109,6 31,5 0,25 12,3 4,93
- formule théorique. L’auteur explique ce fait par l’altération de l’électrode positive qui produit la diminution constatée dans la quantité d’acide persulfurique. Il en résulte que la quantité de cet acide formé n’est pas proportionnelle au temps de la fermeture du circuit.
- Quant à la formation de l’ozone, on constate que pendant le premier quart d’heure la quantité développée est, dans les deux séries d’expériences, inférieure à celle qui se forme pendant le quart d’heure suivant. Cela tient, d’après l’auteur, à ce qu’une partie de l’ozone reste dans le vase à décomposition au dessus du liquide et n’est pas atteint par l’iodure de potassium. Dans les quarts d’heure suivants, les quantités d’ozone formé restent à peu près égales.
- Influence de la densité du courant. —Si dans deux expériences de courte durée les intensités du courant sont, entre elles, dans le rapport de i/«, et les durées de la fermeture dans le rapport de n : i, de sorte que la quantité d’eau décomposée sera la même dans les deux expériences, les quantités de peroxyde formé seront, dans les deux expériences, comme si dans les deux cas l’intensité et la durée étaient les mêmes, et les densités en chaque point des électrodes (l’électrode positive seule intervient) se seraient accru de i/n. lien résulte que dans des expériences où les durées de passage du-courant sont courtes et égales entre elles-mêmes, et les intensités différentes, le quotient des quantités de peroxyde par les intensités seront, entre eux, comme les quantités de peroxyde qui se seraient formées, si avec des densités moyennes à l’électrode positive différentes, mais proportionnelles aux intensités correspondantes, et si lés intensités et les durées de passage étaient égales dans toutes les expériences.
- Le tableau suivant résume une série d’expé-
- riences de ce genre. La durée du courant était d’un quart d’heure. A partir de l’intensité produisant 22,43cc de gaz tonnant par quart d’heure, on s’est servi d’une boussole des tangentes plus sensible. Les trois dernières intensités étaient trop faibles pour mesurer la quantité d’acide persulfurique formée pendant un quart d’heure. Les nombres sont déduits d’expériences qui avaient duré une demi-heure, i heure et demie, 3 heures. Les nombres obtenus ont été ensuite divisés par 2, 6, 12.
- Volume» de gaz tonnant calculés daprè» la déviation Oxygène dis- ponible Oxygène dis- ponible dans Déficit dans les produits Quotient : III 1 111 + I IV
- l’ozone l’acide de l’élec- l
- de la produit persulfur. trolyse
- boussole cc dissous
- 1 n ni IV V VI
- 285 I . I 45,6 5,48 0,160 G, 167
- 197,1 136,4 0,61 34,00 4,52 0,173 0,181 0,180
- 0,26 24,70 3,32 0,189
- 90,02 0,11 16,25 2,28 0,181 0,189
- 51,36 22,43 0,04 8,58 i,38 0,167 0,174
- Quan- 2,32 0,36 0,104 0,109
- 11,23 tités qui 0.40 0,39 o,o35 —
- 7,25 ne sont o,o3 0,55 0,004 —
- 3,4^ pas me- o,oo36 0.47 0,001 —
- 1,80 surables 0,002 0,37 0,001
- Les nombres donnant les quantités d’ozone sont trop faibles pour la raison indiquée plus haut.
- La colonne IV du tableau précédent donne le déficit que présente la somme du gaz développé, plus la quantité d’oxygène disponible dans l’ozone ef dans le liquide, en comparaison avec la quantité de gaz tonnant calculée d’après la déviation de la boussole. Dans le cas de faibles intensités, ce déficit doit être attribué à l’absorption. Pour le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- prouver, l’auteur a fait les expériences résumées dans le tableau suivant:
- DURER du courant QUANTITÉ de gaz calculée d’après la déviation de la boussole GAZ développé, plus l’oxygène disponible dans l’acide persulfurique DÉFICIT ACCROIS- SEMENT du déficit
- 1/2 heure.. . . ) heure 1 heure 1/2.. . 6,87 cmc. i3i74 — 20,61 — 5,83 11,87 18,29 1,04 1,87 2,32 1,04 0,83 0,45
- Si le déficit provenait de la réduction de l’acide persulfurique, il devrait croître plus vite avec le temps, la quantité de cet acide allant en croissant.
- Mais il s’accroît lentement, comme on devait s’y attendre, si la cause du déficit est l’absorption du gaz par le liquide du voltamètre.
- L’auteur conclut de ces expériences que dans le cas de faibles intensités, le déficit tient surtout à l’absorption, tandis que dans le cas de fortes intensités, une bonne partie du déficit provient de la réduction de l’acide persulfurique.
- Influence de la concentration de l'acide. — Pour étudier l’influence de la concentration de l’acide sur la quantité de peroxyde formée, l’auteur fit une série d’expériences dans laquelle l’intensité et la durée du courant restaient invariables, mais la concentration du liquide variait seule. La quantité de gaz tonnant calculée d’après la déviation de la boussole était toujours gocc,55 (la durée du courant était de 1/4 d’heure). Le tableau suivant résume les expériences :
- QUANTITÉ de SH* O'V dans 100 parties d’acide O X V G DANS l’ozone ÈNE DISPOb DANS l’acide persulfurique dissous dans le liquide IBLI3 DANS l’eau oxygénée dissoute dans le liquide DÉFICIT dans les produits d'électrolyse
- 10,1 0,11 0.62 0 i,65
- 19,8 0,18 6,79 0 1.94
- 28,3 0,11 16,25 0 2,28
- 39,5 0,10 *22,01 O 2, 17
- 50,7 o,i5 18,76 0 1,84
- 60,0 0,06 4,80 . 2,54 i,65
- 69,4 o,o5 3,49 3,43 0,86
- 77-6 0 07 2,55 4.17 0,17
- 89,4 0,07 1,21 2,61 o,5i
- Le déficit est, d’après l’auteur, toujours dû soit à l’absorption, soit à la réduction de l’acide persulfurique ou de l'eau oxygénée. Son maximum coïncide à peu près avec le ;maximum de l’acide
- persulfurique pour la dissolution contenant de 3o à 40 pour cent d’acide pur. L’absorption du gaz tenant par les liquides très concentrés paraît plus faible que par des liquides étendus. .
- Les nombres donnant la quantité d’ozone développée ne sont pas sûrs. On peut seulement dire que pour des concentrations dépassant 60 0/0 la quantité d’ozone développée est plus faible qu’avec des concentrations inféiieures. L’acide persulfurique présente un maximum lorsque le liquide contient 40 0/0 d’acide sulfurique.
- L’eau oxygénée n’apparaît dans le voltamètre qu’à partir du moment où le liquide contient 60 0/0 d’acide sulfurique. La quantité d’eau oxygénée atteint son maximum lorsque le liquide contient 80 0/0 d’acide. Le rapport de la qnantité d’eau oxygénée à celle de l’acide persulfurique augmente avec la concentration. L’auteur constate que pour de fortes concentrations ses résultats sont conformes à ceux deM. Berthelot (‘). M. Ber-thelot (a) a trouvé que le rapport de la quantité d’eau oxygénée à celle de l’acide sulfurique tend vers le nombre 2, lorsque la durée du courant est longue, et que ce nombre n’est jamais dépassé. L’auteur constate que ses expériences le conduisent à des résultats analogues.
- L’auteur se propose d’étudier l’influence de la formation des peroxydes sur la variation de la force électromotrice de polarisation. — K.
- A propos de dispositions galvanométriques récentes.
- Au sujet des galvanomètres de M. J. Rosenthal et de MM. Thomas et Andrew Gray, dont la description a été publiée dernièrement dans ce recueil M. Henri Becquerel nous fait remarquer que ces instruments ne sont que des perfectionnements d’un instrument presque identique construit en i85o par son grand-pèré Antoine César Becquerel, qui y avait été tout naturellement conduit en cherchant à modifier la disposition de sa balance électromagnétique. Cet appareil a été décrit par M. Becquerel dans un Mémoire sur les effets électriques obtenus dans les tubercules, les racines et les fruits au moyen d'aiguilles de platine, lu dans la séance du 4 novembre i85o et publié dans les Mémoires de l’Académie des sciences, t. XXIII, p. 318. Nous reproduisons ci-dessous le passage de ce mémoire relatif à la description du galvanomètre.
- A. Ct.
- « En perfectionnant les appareils, en leur donnant plus de sensibilité, on parvient à observer
- (’) Berthelot* C. R. 90, p. 269, 1880. (2) L. c-,, p. 270.
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- des faits qui avaient échappé jusque-là à l’expérience. Depuis la découverte du multiplicateur, on a fait un grand nombre de tentatives pour accroître sa sensibilité. L’emploi des deux aiguilles, qui est dû à Nobili, est, sans doute, le plus grand perfectionnement qu’on ait fait, puisqu’il permet d’affaiblir à volonté l’action exercée par la terre sur le système de manière à ne lui laisser qu’une force directrice excessivement faible. M. du Bois-Raymond, en portant le nombre des circonvolutions du fil jusqu’à 25 ooo, a donné à l’appareil une sensibilité excessive qui lui a permis d’étudier avec succès le courant musculaire, et d’en découvrir les lois. M. Ruhmkorff, notre habile constructeur vient d’en construire un semblable pour l’Académie en n’employant que 20 000 circonvolutions, lequel ne laisse rien à désirer. Une comparaison rigoureuse n’ayant pu être faite entre les deux appareils, il n’a pas été possible de décider lequel des deux a une supériorité sur l’autre. Néanmoins quelques expériences analogues à celles que M. du Bois-Raymond a faites devant moi sur les contractions musculaires, et qui ont été répétées avec le nouvel appareil de Ruhmkorff me porteraient à donner la préférence à ce dernier.
- * A l’époque où je commençai mes recherches sur l’électricité des végétaux, je sentis le besoin d’un multiplicateur pouvant accuser des courants excessivement faibles. Je n’avais pas encore à ma disposition celui de M. Ruhmkorff avec lequel j’ai fait les expériences dont les résultats seront exposés ci-après ; j’en imaginai un autre, d’après un tout autre système, qui est destiné également à rendre de grands services, et dont je vais donner la description.
- « Dans les multiplicateurs, système Schweigger, le maximum de déviation de l’aiguille aimantée ne saurait dépasser go° puisque c’est la direction de la résultante des actions exercées sur une aiguille aimantée placée au-dessus ou au-dessous d’un circuit métallique rectiligne parcouru par un courant électrique, et placé dans le méridien magnétique. D’un autre côté chaque degré du cercle divisé qui sert à évaluer les déviations étant d’environ un demi-millimètre, il s’ensuit que le parcours de l’aiguille lorsqu’elle ne se dévie que d’un petit angle, de 3° ou 40 par exemple, n’est que de i,5 à 2 millimètres, ce qui n’est pas sans inconvénient lorsqu’il s’agit d’évaluer de très faibles forces. J’ai cherché s’il n’était pas possible de construire un appareil multiplicateur dont le circuit fût de 4 000 mètres, et dont les degrés qui mesurent les angles de déviation fussent 5 ou 10 fois plus grands, et en outre que le maximum de déviation ne fut pas limité à go° et dépendit de la force d’impulsion. J’y suis parvenu en m’appuyant sur le principe de la balance électromagnétique, dont je vais rappeler la construction.
- « On prend le fléau "d’une balance trébuchant à moins d’un milligramme, et à chacune des extrémités duquel on suspend au moyen d’une très petite tige métallique mobile un plateau en platine, d’un faible poids. Au-dessous et au centre de chacun des plateaux est fixé à un crochet un fil de soie portant un barreau aimanté.
- « Les deux barreaux, dont le pôle boréal est en bas, viennent se placer dans l’axe de deux hélices électromagnétiques, formées ,de tubes de verre autour desquels un fil de cuivre entouré de soie, est enroulé. Ces deux tubes sont fixés verticalement sur des tablettes en bois rendues mobiles au moyen de vis de rappel qui permettent de centrer les barreaux. Yient-on à faire passer un courant dans le fil d’une des hélices seulement, le barreau s’élèvera ou s’abaissera suivant la direction du courant. Si l’on fait communiquer les hélices de telle sorte que lorsque le courant circule, l’un des barreaux s’abaisse et l’autre s’élève, le fléau recevra alors une double action qui sera d’autant plus forte que la longueur sera plus grande. On conçoit qu’on puisse accuser par ce moyen la présence d’un faible courant. En ajoutant des poids dans le plateau le plus élevé, pour équilibrer la balance, le rapport des poids donne celui des intensités du courant.
- « En donnant une autre position aux hélices et aux barreaux ou aux aiguilles, on transforme la balance en un multiplicateur d’une grande sensibilité. Au lieu de placer les hélices dans une position verticale, on les met horizontalement et l’on substitue deux aiguilles aimantées aux deux barreaux, lesquelles sont fixées chacune perpendiculairement à l’une des extrémités d’une tige très mince de métal, que l’on suspend horizontalement par son milieu à un simple fil de cocon, pour lui donner une grande sensibilité. Les pôles des deux aiguilles étant placés inversement, on peut disposer le système de manière à -ne lui laisser qu’une force directrice excessivement faible, condition indispensable pour donner à l’appareil une très grande sensibilité.
- « Dans leur position naturelle d’équilibre, les deux aiguilles, auxquelles on donne la courbure d’un arc de la circonférence décrite par l’extrémité de la tige, pénètrent chacune jusqu’à leur point de jonction avec la tige horizontale dans l’intérieur d’une des hélices qui sont placées de chaque côté du bras de levier. Le courant est dirigé de telle manière que l’action qu’il exerce sur chaque aiguille chasse celle-ci hors de son hélice ; l’action se trouve ainsi doublée puisque chaque hélice chasse l’aiguille dans une direction opposée.
- « D’après la disposition que l’on a donnée aux hélices, l’angle de déviation doit dépendre de l’impulsion donnée par le courant à l’aiguille aimantée, attendu que celle-ci, à une certaine distance de
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- l'hélice, cesse d'èire influencée par le circuit électromagnétique.
- « A l’une des extrémités du levier horizontal est fixé un index qui parcourt un arc de cercle divisé.
- « Les deux hélices sont fixées, chacune, à une tige verticale mobile entrant avec frottement dans un cylindre de laiton creux, lequel peut être élevé ou abaissé à volonté. Elles peuvent, en outre, au moyen de charnières, être inclinées dans un sens ou dans un autre. On a ainsi tous les moyens nécessaires pour centrer les aiguilles aimantées, c’est-à-dire pour les placer dans la direction des axes des hélices. En jetant les yeux sur la figure annexée
- à ce mémoire, il sera facile de se rendre compte de l’agencement de toutes les parties de l’appareil ».
- AA' tige horizontale ayant une longueur de om284; a a' aiguilles aimantées ayant chacune une longueur de 60 millimètres ;
- H H' hélices en ivoire entourées chacune d’un fil de cuivre de 2 000 mètres de longueur; pp' pieds mobiles des hélices; c c' charnières des hélices ;
- C' cercle divisé portant une échelle arbitraire; i index ;
- / fil de cocon fixé par une de ses extrémités à la potence p;
- G cage de verre posée sur un socle adapté à
- une tige autour de laquelle il peut tourner, ce qui permet de placer les hélices dans la position la plus convenable relativement aux deux aiguilles aimantées ; vv'v" vis calantes.
- « Dès le principe, j’avais eu l’idée d’employer quatre hélices au lieu de deux, afin d’agir sur les quatre pôles à la fois. Dans ce cas, on s’arrangeait pour que les extrémités de chacune des aiguilles fussent placées à l’entrée des hélices; il y avait un inconvénient à cette disposition : la course du le-vjer horizontal était très limitée, puisque l’aiguille aimantée qui était attirée par l’hélice ne pouvait y entrer que d’une demi-longueur, c’est-à-dire de 3o millimètres. En n’employant seulement que deux hélices, l’aiguille pour de faibles courants parcourt 200 divisions de l’échelle.
- « On conçoit très bien qu’il soit possible de donner à cet appareil la plus grande sensibilité ; il faut poufcela: i° diminuer la force d’inertie de la tige qui porte les aiguilles aimantées, laquelle est nécessairement plus grande que dans le système Schweigger : on y parviendra en prenant un bras de levier très léger; 20 donner aux aiguilles la plus grande puissance magnétique possible; 3° placer deux petits barreaux aimantés ayant la même courbure que celle de la circonférence décrite par l’extrémité de la tige, à une distance telle de celles-ci, les pôles inverses en regard, que lorsqu’elles sont dans leur position d’équilibre, ils ne puissent exercer sur elle aucune action attractive appréciable.
- « L’appareil dont je viens de donner la description ne doit être considéré, je le répète, que comme
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- un électroscope auquel on peut donner la plus grande sensibilité. En comparant sa marche à celle d’un galvanomètre ordinaire de M. Gourjon, faisant partie du même circuit, et parcouru par un courant de faible intensité, j’ai obtenu les résultats suivants :
- Déviation par première impulsion
- Galvanomètre Gourjon. . 3“m 5 8 10
- Nouvel appareil...... i8mm 27,5 45 5o
- * Ces nombres indiquent que l’amplitude des déviations du galvanomètre Gourjon est cinq ou six fois moindre que celle des amplitudes des déviations de mon appareil, pour la même intensité de courant. La comparaison de ce dernier avec le galvanomètre nouvellement construit par M. Ruhm-korff, est à l’avantage de ce dernier. Il est à présumer cependant qu’avec des perfectionnements convenables, on obtiendra la même sensibilité ».
- Polarisation des récepteurs téléphoniques, par J.-W. Giltay (f).
- Si l’on place dans le circuit primaire d'un inducteur un microphone et une batterie électrique, et dans le circuit secondaire un condensateur, on entend dans ce dernier, quoique faiblement, quand on parle dans le voisinage du microphone; mais il faut dire que ce qu’on entend est inarticulé et qu’il est impossible de comprendre un mot. M. le Dr Herz et M. Dunand ont constaté, qu’il suffisait de polariser le condensateur, en introduisant dans le circuit secondaire quelques éléments de pile, pour que le condensateur parlât très distinctement. L’auteur a cherché à expliquer le rôle de cette pile de charge.
- Il montre d’abord par diverses expériences que cette pile renforce les tons du condensateur, ce qui résulte déjà de ce fait que l’attraction entre les deux armatures est proportionnelle au carré de la différence de potentiel. Si l’une des armatures communique avec la terre et que le potentiel de l’autre soit V, l’attraction sera :
- K = V2 const.
- d K
- = s V. const.
- a V
- L’auteur a voulu voir si, en envoyant au conducteur des charges téléphoniques plus intenses, on ne pourrait pas faire rendre au condensateur des sons articulés. Il place à cet effet dans le circuit primaire de l’inducteur un microphone Ader avec trois éléments Bunsen. Le condensateur rend des sons très intenses ; on peut bien entendre qu’on parle à la station éloignée, mais il est encore impossible de comprendre un mot.
- (') Med. d. k. Akad. van Weleusch. Afdeel. Natuurk. 2, deel 20, p. 78-101, 1884.
- L’auteur a conclu d’une observation simple que le condensateur non polarisé doit rendre tous les sons produits parle microphone d’une octave plus élevés, ce qu’il a confirmé ensuite expérimentalement. Il plaçait dans le circuit primaire un microphone Ader avec une pile Bunsen, et dans le circuit secondaire il introduisait un condensateur, une pile de 6 éléments Leclanché et un commutateur qui permettait d’introduire ces éléments dans le circuit ou de les supprimer; dans 'ce dernier cas, le condensateur n’était pas polarisé. L’expérience étant ainsi disposée, on jouait de la flûte devant le microphone.
- Celle-ci rendait le son la3 (le la normal), et on entendait très distinctement ce son dans le condensateur. Mais, dès qu’on supprimait la pile polarisante, le son devenait brusquement plus faible et d’une octave plus haut. On a pu constater le même fait avec des tuyaux fermés et avec une, clarinette. Si l’on se rappelle que, d’après M. Helm-holtz, les voyelles se distinguent les unes des autres par des notes caractéristiques bien définies, on comprend aisément que la cause qui rend le condensateur incompréhensible est bien l’élévation des tons d’une octave. En effet, si par exemple le microphone prononce la voyelle A, la note caractéristique de cette voyeile (sjb) deviendra dans le condensateur (sjb) , de sorte que le son rendu par ce dernier aura complètement perdu le caractère de la voyelle A. Comme les notes caractéristiques des voyelles O et A (si^)0 et (5^) sont exactement à la distance d’une octave l’une de l’autre, on peut s’attendre qu’un O prononcé devant le microphone sera rendu par le condensateur non polarisé comme un A. C’est en effet ce qui a été constaté. Ainsi, le mot « obrocodobro » prononcé devant le microphone a été entendu dans le condensateur « abracadabra ».
- L’auteur donne dans son mémoire une étude mathématique, due à M. Bosscha, des courbes représentant les mouvements du condensateur. S i a représente la charge téléphonique constante et
- b sin 2 7t i la charge variable, l’amplitude à chaque
- instant pourra être déduite de l’expression :
- K = a2-f- iab sin 2 7t ~ -f- ^ _ Èl. cos 2 w ——
- I 2 2 ^
- 2
- Le condensateur polarisé donnera ainsi, à côté de la note produite par le microphone de période T, la note à l’octave, comme harmonique supérieure. Ce résultat a été confirmé par l’expérience, lorsqu’on prenait comme pile de charge un, deux ou trois, au plus, éléments Leclanché. Si l’on fait, dans l’expression précédente a~ o, l’équation du
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- mouvement du condensateur non polarisé sera
- -- b2 b2 t
- Ki = — — — cos 2 h------
- 2 2 >_ rp
- 2
- ce qui est en accord complet avec l’expérience.
- L’auteur montre encore que l’aimant permanent du téléphone Bell joue exactement le même rôle que la pile chargeant le condensateur par rapport à ce dernier. Seulement, à cause du magnétisme rémanent, les résultats sont plus difficiles à obtenir avec le téléphone qu’avec le condensateur. Finalement, l’auteur décrit une expérience où le condensateur sert de transmetteur. On l’introduit dans un circuit avec dix éléments Bunsen, alors tout ce qu’on dit dans le condensateur est entendu dans le téléphone distinctement (2). Avec 36 petits éléments Faure, on pourrait faire une transmission téléphonique à l’aide de deux condensateurs seulement, l’un servant de transmetteur et l’autre de récepteur. K.
- Une expérience sur la force d’attraction des électro-aimants, par le Dr A. von Waltenho-fen (*).
- Au cours d’une série de recherches sur les meilleures conditions d’enroulement des électro-aimants, M. le Dr von Waltenhofen a été amené à étudier ce point particulier : l’influence de la continuité du noyau. Tout le monde sait, en effet, que lorsque, dans une machine dynamo-électrique par exemple, on veut utiliser les deux pôles des électro-aimants, on se trouve conduit à adopter la forme de l’électro-aimant en fer à cheval; dans ce cas, il est infiniment plus facile, au point de vue de la construction, de former l’électro-aimant de trois parties, deux noyaux droits bobinés de fil et une culasse transversale représentant la portion courbe du fer à cheval ; cela est beaucoup plus aisé à construire, et c’est ce qui se fait généralement. L’auteur s’est demandé si, en agissant ainsi, on n’affaiblissait pas le magnétisme des pièces polaires, ou si, en d’autres termes, toutes choses égales d’ailleurs, la même-dépense d’énergie ne donnerait pas un champ magnétique beaucoup plus intense avec un noyau formé d’une seule pièce qu’avec un noyau discontinu. Pour tirer au clair cette question, sur laquelle les constructeurs allemands ne paraissent pas être d’accord, M. le Dr Waltenhofen soumit à l’expérience deux électro-aimants, dont l’un, que nous désignerons par A, avait un noyau d’une seule pièce, et l’autre, B, un noyau composé de trois parties ; les électroaimants A et B étaient d’ailleurs absolument iden-
- (8) Cette expérience, ainsi que la suivante, avait déjà été faite également en 1880 par M. le Dr C. Herz, lors de ses recherches sur le condensateur parlant. — Rédaction.
- (1) Zeitschrift Jiir Elektrotechnik, i5 janvier i885.
- tiques, et les différentes pièces constituant le noyau de B se vissaient les unes dans les autres avec une précision très grande, de telle sorte que le contact entre les surfaces de partage pouvait être considéré comme aussi intime que possible.
- Ces électro-aimants étaient recourbés en forme de fer à cheval, et voici leurs dimensions : longueur totale du noyau comptée suivant l’axe = 26 centimètres; diamètre ru 1,48 centimètres; distance des parties droites rr 6 centimètres. Chaque électro portait 60 spires de fil de cuivre isolé réparties sur les deux portions rectilignes du fer à cheval.
- On trouva, avec un courant de 19 ampères (mesuré à l’ampèremètre Deprez-Carpentier), en chargeant graduellement les armatures de poids que l’on faisait croître très doucement jusqu’à produire l’arrachement de l’armature, les résultats suivants :
- Force d’attraction de A = 24 kilogr.
- — de B = 21 —
- L’expérience fut répétée plusieurs fois dans les mêmes conditions et donna les mêmes résultats.
- Il est évident que la différence de 3 kilogr. n’est pas très considérable, et l’auteur avoue qu’il s’attendait à en rencontrer une bien plus grande. Il y a cependant lieu de remarquer qu’en pratique on se trouve dans des conditions autrement mauvaises, l’ajustage des grosses pièces ne pouvant jamais être fait avec le soin que l’on apporte aux appareils de précision, la qualité du fer doux qui forme la culasse n’étant pas toujours la même que celle des noyaux enfin les dimensions transversales étant elles-mêmes souvent différentes. On peut donc s’attendre à rencontrer pratiquement des différences bien plus sensibles; mais la,question se complique des difficultés et du prix de revient de la construction, et une seule expérience ne suffit pas à faire voir de quel côté se trouve l’avantage. ' __________ M.
- Ii’électrolyse appliquée à la justification des monnaies
- Nous avons déjà eu occasion de signaler l’application ingénieuse, qui se fait couramment dans les établissements de monnaies de l’Inde, de l’élec-trolyse à la justification des pièces dont le poids excède, en plus ou en moins, la limite réglementaire (*). Nous trouvons aujourd’hui, dans le Journal de Dingler, des renseignements intéressants ayant trait au même sujet. Ces renseignements sont empruntés à un rapport de M. J. Muller (2) et concernent principalement la justification des pièces trop légères, ce qui est de beaucoup l’opération la
- (9 « Les récentes applications de l’électroiyse » ; Aug. Guerout. — La Lumière électrique, tome XII, p. i36.
- (2) Œsterreichische Zeitschrift für Bers undHüttenwesen., 1884, p. 438.
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- 5a3
- plus délicate, la justification des pièces trop lourdes pouvant être obtenue par des procédés mécaniques d’une précision très grande. Voici comment M. J. Muller s’exprime dans son rapport :
- « Le poids légal des pièces de un florin (2 fr. 47), blanchies et prêtes à recevoir l’empreinte, est de 12 gr. 345679; il fallait donc, pour les pièces légères, obtenir le poids en moins au moyen d’un dépôt électrolytique.
- Pour déterminer la limite inférieure à laquelle cette méthode est applicable (limite inférieure du poids des pièces), on se sert de la formule
- A- =s G (1 000 — /) : (1 000 — /')
- dans laquelle G représente le poids légal de la monnaie, f la teneur en métal précieux ou le taux de la monnaie prête à être livrée à la circulation, f le taux de la pièce que l’on va traiter. Pour des pièces de un florin, on a
- x = 12 _ 345679 (1000 — f) : (1 ocx) — /')
- et la formule donne, dans le cas par exemple où le taux de la plaque, dite noire, que l’on se propose de traiter est 898 millièmes, et le taux que doit présenter la monnaie achevée 0,900, pour x la valeur
- x = 12 gr. 1
- ce qui veut dire que les pièces qui ont un poids inférieur devront être complètement rejetées. Il convient en même temps de remarquer que le métal qui fait défaut devra être, non plus de l’alliage, mais de l’argent pur ; le dépôt électrolytique correspond ici à la couche d’argent pur des pièces après blanchiment. »
- Dans les essais dont parle M. J. Muller, le dépôt se faisait dans une cuvette contenant i5 gr. de chlorure d’argent dissous dans un litre de cyanure de potassium; le courant était fourni par deux éléments Leclanché et l’anode constituée par une lame d’argent. Après avoir bien dégraissé les monnaies, en les laissant séjourner dans le bain un temps plus ou moins long, suivant que l’écart entre leur poids et le poids à obtenir était lui-même plus ou moins considérable.
- Les résultats obtenus furent très satisfaisants. Le dépôt est très uniforme et paraît plus dense encore que celui obtenu par les procédés ordinaires du blanchiment; il y a donc tout lieu de supposer qu’il est aussi plus durable, ce qui est une considération qui a bien son importance. Il est inutile d’ajouter que l’opération du blanchiment disparaît complètement. Après qu’elles eurent reçu l’empreinte, les pièces présentèrent une apparence très belle ; la surface avait l’éclat de l’argent pur et se trouvait être bien plus brillante que celle des pièces fabriquées par les procédés ordinaires.
- Il est, d’ailleurs, aisé d’imaginer une machine
- permettant de faire le triage de pièces présentant la même différence de poids, ce qui donnerait alors au procédé une forme industrielle, les pièces devant par groupe, demeurer le même temps dans le bain où s’effectue le dépôt électrolytique. M.
- BIBLIOGRAPHIE
- TRAITÉ PRATIQUE D’ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE A L’EXPLOITATION
- des chemins de fer, par Georges Dumont. — Paris. —
- Bernard et O. — i885.
- Ce livre est destiné surtout à servir de guide aux employés des chemins de fer chargés du service des appareils électriques. Ils y trouveront beaucoup d’indications pratiques sur la construction et la pose des lignes télégraphiques, le montage et l’entretien des piles, la manœuvre des appareils télégraphiques et signaux divers, la recherche des dérangements dans les appareils, etc. A ce point de vue, il pourra leur être très utile. Mais nous devons les mettre en garde contre les notions théoriques placées en tête de l’ouvrage et dans lesquelles nous avons remarqué quelques erreurs. C’est ainsi que l’ouvrage débute par cette phrase : « L’électricité n’est qu’une simple forme de l’énergie....; elle apparaît dans certaines circonstances ;
- elle disparaît après avoir accompli un travail. »
- L’électricité, au contraire, n’est pas une forme de l’énergie, elle n’est qu’un intermédiaire servant à la transformation de l’énergie ; elle disparaît non pas quand elle a accompli un travail, mais quand cesse le travail qui la produit.
- Des erreurs de ce genre ne sont pas très graves dans un livre technique, mais on aimerait à ne pas les y rencontrer.
- die lehre von der ELEGTRiciTÆT (Traité d’Electricité), par Gustave Wiedemann. — 4e volume. — Braunschweig. — Friedrich Vieweg und Sohn, i885.
- L’éloge n’est plus à faire de ce magnifique ouvrage si précieux, non pas peut-être au point de vue didactique, mais surtout comme une sorte d’encyclopédie de l’électricité ; il y a, en effet, peu de recherches scientifiques qui n’y soient pas analysées ou au moins mentionnées.
- Le nouveau volume, qui n’est pas encore le dernier, contient l’étude complète de l’induction, et celle des propriétés électriques des gaz y est commencée. L’auteur y a introduit deux chapitres supplémentaires sur le téléphone et les machines magnéto et dynamo-électriques. On trouvera peut-être ces chapitres bien courts en raison de l’importance du sujet, mais il ne faut pas oublier que l’ouvrage est un traité écrit purement au point de vue scientifique et non un livre technique.
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- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l'honneur de vous faire connaître que le procédé d’annulation de l'extra-courant présenté à l’Académie des sciences par M. d’Arsonval, le 19 janvier i885, a été imaginé par moi il y a plus de quinze ans. Je l'ai fait breveter le 25 mars 1869.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Danssin.
- Bruxelles, le 9 mars ;885.
- Monsieur le Directeur,
- Par la présente, j'ai l’honneur de porter à votre connais-sonce que depuis le 26 février i885, les vastes usines de la « Société anonyme internationale de construction et d’entreprise de travaux publics, » directeur général M. Ernest Rolin, à Braine-le-Comte (Belgique), sont éclairés à la lumière électrique.
- Cet éclairage, installé par les soins du soussigné, comprend 12 foyers à arc, système Siemens et Halske de 9 ampères d'intensité de courant, et 3o lampes à incandescence du système des mêmes inventeurs, donnant chacune une intensité lumineuse de 16 bougies normales (unité allemande) ou deux carcels, avec une absorption d'énergie électrique de 60 volt-ampères.
- L'usine électrique comprend deux dynamos Siemens et Halske à courant direct avec commutateur nouveau système à isolement d'air entre les secteurs; chaque machine aliment 6 foyers à arc reliés en tension.
- Une troisième machine compound à potentiel fixe aux bornes, alimente les 3o lampes à incandescence.
- De nouveaux supports de lampes à incandescence placés par les chariots des machines-outils et pouvant occuper n'importe quelle position, par rapport aux pièces à façonner sur les outils, résolvent d'une façon toute nouvelle le problème de l'emploi des lampes à incandescence pour l'outillage des ateliers de construction mécanique.
- Veuillez agréer, etc.
- Edouard Rau.
- FAITS DIVERS
- On nous apprend, au moment demeure sous presse, que l’Exposition d’électricité qui devait s'ouvrir le 12 mars à l’Observatoire ne commencera que le 22 courantet sera close le 29. Les nombreuses demandes d'admission arrivées au dernier moment ont nécessité de nouveaux travaux qu'il eût été matériellement impossible de terminer pour le i5.
- Les cartes d'invitation mises à la disposition des membres de la Société internationale des électriciens porteront au verso le programme des conférences de chacune des huit soirées.
- Nous apprenons que le service public de la traction électrique des tramways, à Bruxelles, au moyen d'accumulateurs, a été inauguré à la fin de la semaine passée sur la ligne de la rue de la Loi. Il paraît que les expériences préliminaires ont donné entière satisfaction aux ingénieurs de la Compagnie belge et hollandaise d’électricité, au point de vue du bon fonctionnement des appareils. Il ne reste maintenant à déterminer que le rendement économique de l'installation, c'est-à-dire à étudier la question que certaines
- I personnes n'hésijent pas à considérer comme la plus importante.
- Le nouveau frein électrique de Wildmer a été essayé dernièrement à Cincinnati, sur le chemin de fer de Baltimore and Ohio, avec beaucoup de succès. On l'avait appliqué à un train de charbon, composé de 10 voitures pesant environ 11 tonnes chacune à vide. Le train chargé, marchant à une vitesse de 48 milles à l’heure sur une pente d’une inclinaison de 68 pieds par mille, a été arrêté en 37 1/2 secondes après l'application du frein.
- Les membres de la commission chargée d'examiner les différentes sections de l'Exposition d'électricité de Philadelphie ont presque terminé leurs travaux. Dix rapports sont déjà parvenus à l'administration de l'Institut de Franklin et vont être publiés prochainement comme supplément au Journal de l'Institut. Ils seront également publiés sous forme de brochures, vendues à raison de 5o centimes l'une.
- Les fils aériens disparaissent rapidement à Chicago, où les différentes entreprises électriques ont déjà placé 718 milles sous terre. On pense que, dans un an ou deux, il ne restera plus aucune trace du réseau aérien.
- La législature de l'Etat de Missouri a suivi l'exemple de celle de New-York, en obligeant les entreprises électriques à mettre leurs fils sous terre dans toutes les villes principales de l'Etat.
- La législature de l'Etat de Pennsylvanie est actuellement saisie d’un projet de loi ayant pour but de forcer les entreprises d'électricité à mettre leurs fils sous terre dans la ville de Philadelphie. Les autorités locales de cette ville ont voté des dispositions très sévères dans le même sens, qui cependant sont restées sans effet et n’ont pas même reçu un commencement d'exécution de la part des intéressés.
- Un inventeur de Philadelphie a imaginé une disposition électrique pour limiter les incendies dans les théâtres. Un petit modèle d'un théâtre muni de la nouvelle disposition a été exposé à Chicago par l’inventeur, qui a fait plusieurs expériences très intéressantes. Il met le feu à une ficelle et le rideau tombe; une trappe au-dessus de la scène s'ouvre et donne accès à une quantité d'eau, les portes de sortie s'ouvrent également et ta station des pompiers est avertie en même temps.
- Il ressort de l'analyse de l'académie des mines à Berlin que le minerai que l’on tire des mines de cuivre d'Angre-Peqnena contient 57,5 pour cent de cuivre. Nous pouvons donc nous attendre à une baisse de prix du cuivre qui facilitera l'extension des entrepri&es électriques.
- VAstronomie, le journal de M. Camille Flammarion, a publié une statistique bien faite pour effrayer les personnes qui ont peur de la foudre.
- De i835 à i883, la foudre a tué en France 4609 personnes, soit une moyenne annuelle d'environ 100 victimes.
- C'est en 1874 que l'on a compté le plus grand nombre de personnes tuées, 178. Viennent ensuite les années 1868, avec 168 victimes; 1880, avec 147; i883, avec 143, 1865, avec 140. Ces années ont eu des étés chauds ou orageux.
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- Par contre, les années les moins éprouvées en décès par la foudre sont : 1843, avec 48; i853, avec So; 1860, avecSi ; 1854, avec S2; i85i, avec 54.
- Au point de vue de la distribution des orages à la surface de la France, on remarque que ces phénomènes sont plus nombreux dans les pays montagneux que dans les plaines et que les coups de foudre ont frappé plus fréquemment les personnes vivant ou travaillant en plein air, les agiculteurs notamment. Les coups de foudre dans les villes sont beaucoup plus rares. Le département de la Seine n’est ni mieux ni plus mal partagé que les autres départements de plaines et cependant les coups de foudre sont très rares.
- Le nombre indiqué plus haut est celui des personnes tuées sur le coup; le nombre des blessés est à peu près le même, et celui des personnes atteintes, sans autre mal que l’émotion, serait cinq fois plus élevé.
- Les Sociétés d’assurances contre l’incendie en Suède ont établi le règlement suivant pour les installations d’éclairage électrique dans ce pays.
- I. Machines dynamos. — La dynamo ne doit pas être installée dans des usines ou locaux qui renferment des matières inflammables ou explosives. La machine doit être placée sur un bâti incombustible qui devra s’étendre au moins 3o centimètres au delà du commutateur. On pourra cependant placer une couche isolante en bois entre la machine et son socle.
- II. Conducteurs. — Il doit y avoir un nombre d’appareils de sûreté suffisant pour interrompre le courant si, par une raison quelconque, l’intensité devenait assez élevée pour chauffer les conducteurs à un point dangereux. La section transversale des conducteurs en cuivre doit être calculée pour les foyers à arc de sorte que l’intensité du courant ne dépasse pas 2 ampères par millimètre carré, et pour la lumière à incandescence il ne faut pas dépasser :
- 3 ampères par millimètre carré pour des intensités de 5o amp. 2,5 — — — 100 —
- 2 —- — — 3oo —
- et proportionnellement pour des intensités plus élevées.
- Quand les conducteurs sont en tout autre métal, les dimensions doivent être calculées d’après les propriétés de ce métal.
- Pour les lampes à arc, la distance entre les fils isolés traversés par des courants de différents potentiels doit être de 5o millimètres au moins par 120 volts de différence. Cette distance doit être augmentée de 25 millimètres pour chaque différence de 60 volts, mais 3oo millimètres suffiront dans tous les cas.
- Pour les lampes à incandescence, la distance entre les principaux conducteurs isolés doit être de 5o millimètres au moins.
- Entre les fils nus passant au-dessus des toits ou dans le voisinage des maisons, la distance doit être au moins cinq fois plus grande qu’entre les fils isolés avec un maximum de 600 millimètres.
- Partout où un fil passe au-dessus d’un autre, il faut avoir soin de les bien fixer de manière à les séparer, et ils doivent être isolés par une matière isolante et non inflammable.
- Partout où les fils sont exposés à une usure extraordinaire, U faut les protéger par d’autres moyens spéciaux.
- Les fils placés dans des tuyaux en fer ou dans les réverbères doivent être isolés avec plus de soin encore.
- Les tiges métalliques ou réverbères employés comme conducteurs doivent être isolés.
- Il n’est pas permis de se servir de la terre comme fil de retour. Les fils près de la dynamo doivent être munis d’un
- ou de plusieurs interrupteurs pour qu’on puisse immédiatement interrompre le courant.
- Les dispositions suivantes sont encore à observer pour les fils conducteurs.
- A l’intérieur des maisons, tous les fils doivent être soigneusement fixés et isolés, surtout dans les endroits humides. Toutes les communications doivent être soudées ou faites avec des bornes isolées.
- Les fils qui traversent les murs et les plafonds doivent être protégés par des tubes en ébonite ou en verre, et si deux fils doivent nécessairement traverser la même ouverture, ils doivent être renfermés dans un tube d’une matière isolante. '
- Quand il y aura une partie libre de quelques mètres à l’in térieur d’une maison, les fils devront être maintenus à une distance de 3o centimètres l’un de l’autre.
- Pour des lampes portatives, on pourra se servir de fils doubles et flexibles pourvu qu’ils soient bien isolés.
- A l’intérieur des maisons, on peut se servir de fils non suspendus sur des isolateurs dans les conditions déjà indiquées.
- III. Les lampes électriques. — (A) Les lampes à arc doivent être renfermées dans des globes en verre ou lanternes qui seront complètement fermées en bas. On ne pourra cependant employer les lampes à arc dans les locaux renfermant habituellement des matières inflammables ou explosibles.
- (B) Les lampes à incandescence peuvent être employées partout, pourvu qu’elles soient munies de globes en verre fort, ainsi que d’interrupteurs, partout où il y aura des matières explosibles, et où l’atmosphère peut devenir chargée de gaz.
- Éclairage électrique
- A l’occasion du premier bal de la saison donné au palais de l’Elysée, les salles de danse du rez-de-chaussée ont été éclairées par 400 lampes à incandescence, donnant chacune une intensité lumineuse de i5 bougies et alimentées par 10 batteries d’accumulateurs Faure-Sellen-Volckmar. Malheureusement on avait trop visé à l’économie, et les lampes n’étaient pas en assez grand nombre pour donner à la fête tout l’éclat qu’elle aurait dû avoir.
- La nouvelle Compagnie de bateaux-mouches sur la Seine va faire installer la lumière électrique à bord des 32 navires composant sa flottille. Chaque" bateau sera éclairé avec 22 lampes à incandescence de 16 bougies, alimentées par une dynamo Gramme modifiée, qui donnera une force électromotrice de 110 volts avec 18 am/ères à 950 tours par minute.
- L’installation de l’éclairage électrique au Mansion House, à Londres, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises comprend aujourd’hui 142 lampes à incandescence placées dans la salle Egyptienne, et 126 lampes dans le petit salon.
- Le courant est fourni par deux dynamos Fcrranti actionnées par deux machines à gaz Clark, de 12 chevaux chacune. Les machines se trouvent dans les sous-sols des bâtiments et tout le travail a été exécuté par la I-Iammond Electric Light and Power Supply C°.
- Les nouveaux bateaux torpilleurs de la marine anglaise vont être éclairés à la lumière électrique. L’installation en sera faite par MM. R.-E. Crompton et C«, de Chelmsford.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les organisateurs de l’Exposition des inventions, à Londres, viennent de traiter avec la maison Glover. de Manchester, pour la fourniture de tous les fils et câbles nécessaires pour l’éclairage électrique de cette exposition.
- Depuis une quinzaine, les bureaux du journal le Bradford Observer sont éclairés à la lumière électrique avec 76 lampes à incandescence Swan de 20 bougies suspendues au-dessus des places occupées par les compositeurs. La force motrice est fournie par une machine à gaz Otto, actionnant une dynamo Crompton-Bürgin. Les variations de vitesse dans la marche du moteur sont compensées par l’action d’un volant en acier solide, placé sur l’arbre de la dynamo. ___________
- On se propose d’éclairer la cathédrale de Canterbury à la lumière électrique, et on espère que l’installation pourra fonctionner d’ici quelques mois.
- La Telegraph Construction and Maintenance C° a été chargée d’installer la lumière électrique à la gare de Pad-dington, à Londres. La même Comoagnie a obtenu une concession pour l’éclairage à l’électricité de la paroisse de Saint-James, à Londres.
- Un des principaux avantages de la lumière électrique est de pouvoir augmenter notablement la quantité de courant lorsque le besoin s’en fait sentir, et cela sans que les frai s grandissent dans la proportion de l’accroissement du pouvoir lumineux. Au coutraire, avec le gaz, il est strictement proportionnel. Quelquefois l’augmentation de dépense qui résulte des circonstances atmospéhriques est beaucoup plus sérieuse qu'on ne le croit communément. Ainsi, le directeur d’une compagnie anglaise de Londres a écrit au Times une lettre d’où il résulte que la dépense normale de gaz étant de deux millions de mètres cubes par jour, il a suffi d’un brouillard survenu au commencement de février pour la porter à trois millions. Comme le mètre cube se paye à Londres 11 centimes, le supplément de dépense pour le public a été de 110 000 francs; il aurait été de Zoo 000 avec les prix de la Compagnie parisienne.
- La Berliner stædtischen Elektricitætswerke va prochainement commencer la pose des conducteurs du réseau dont le plan a été soumis à l’approbation de la police et du conseil municipal de Berlin. La construction du local pour les machines de la station centrale sur le Gensdarmen Markt avance rapidement et sera probablement terminée la semaine prochaine. Les fils sont placés dans presque toutes les maisons.
- La police riveraine sur le Weser a défendu l’emploi des foyers électriques sans globes sur le fleuve. Les steamers de la Compagnie Richoll étaient jusqu’ici les seuls munis de la lumière électrique; ceux-ci sont : les Deutschland, Sylt, Hanovre, Leda et Victoria.
- Le nombre total des lampes Edison en usage aux Etats-Unis est estimé à 109800, dont 34800 sont alimentées par des stations centrales, tandis que les 75000 autres sont placées dans des installations isolées.
- La Compagnie du chemin de fer de Pensylvanie poursuit depuis quelque temps dans ses ateliers de construction à
- Altoona, en Pensylvanie, des expériences d’éclairage électrique des voitures de ses trains. Les résultats obtenus ont été assez .satisfaisants pour décider la Compagnie à adopter cet éclairage pour tous les trains sur ses différentes lignes.
- Le gouvernement du Pérou vient de concéder à MM. G. Widlund et M. Llaguno le droit d’installer l’éclairage électrique dans toutes les villes de ce pays. La concession est accordée pour une période de vingt ans.
- La lumière électrique vient d’être installée dans la salle des séances du Parlement, au Cap. L’installation comprend 8 lustres, chacun de 12 lampes Edison de 16 bougies. Le courant est fourni par une dynamo Edison de i5o foyers, qui demande une force motrice de 19 chevaux. La dynamo est actionnée directement du volant d’un moteur à vapeur, au moyen d’une courroie en cuir et donne, à une vitesse de 900 tours par minute, les 110 volts nécessaires pour faire fonctionner les lampes. Le câble principal est placé sous terre, dans un tuyau en fer d’environ 125 mètres, et on a installé tous les fils en vue d’une extension prochaine de l’éclairage.
- Le gouvernement de Mysore a accordé à la Consolidated Electric C° le monopole, pendant 55 ans, de l’éclairage à l’électricité dans la province de Mysore. La concession doone le droit à la Société d’acheter des terrains pour la construction d’une usine et de passer avec ses fils au-dessus et au-dessous des voies publiques. Tous les appareils et accessoires pourront être importés en franchise de douane. Les principales villes comprises dans la concession sont : Bangalore, Mysore, Chitteldroog, Bednore et Seringapatam. A Mysore seulement quelques essais ont été faits jusqu’ici.
- La maison de M. F. Iilingworth, à Bradford, est éclairée avec des lampes à incandescence Swan de 20 bougies, dont on a installé trois dans la bibliothèque, cinq dans le salon et six dans la salle à manger. Ces lampes sont disposées sur les anciens appareils du gaz, et dans le vestibule se trouve un foyer à arc de 1 000 bougies. La dynamo est actionnée par une machine à gaz.
- De même que la lumière du soleil, les foyers à arc puissants exercent une influence sur la coloration de la peau humaine exposée à ses rayons à une courte distance. La lumière d’une lampe de 1 000 à 2 000 bougies produira un changement notable au bout d’une heure, tandis que les lampes de 10 000 à 20 000 bougies non seulement changent la couleur de la peau en bien moins de temps, mais produisent la même rougeur intense qu’une longue exposition au soleil de la figure et du cou. Il paraît même que l’effet de la lumière électrique est plus puissant sous ce rapport que celui du soleil, probablement parce que la première est plus riche en rayons chimiques que la dernière.
- Télégraphie
- Les dispositions relatives à l’exécution des manœuvres d’automne en i885, viennent de paraître au Journal militaire officiel.
- Une direction de télégraphie militaire et deux sections de première ligne seront mobilisées pour une période d’exercices électriques et optiques, et seront, de plus, chargées d’assurer le service télégraphique des quartiers généraux
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- des iM et 2® corps d'armée, pendant les manœuvres que ces deux corps doivent exécuter l'un contre l'autre.
- La durée de la réunion sera de 28 jours et concordera avec la période d'appel des réservistes.
- Le personnel de la direction et celui de l'une des sections seront réunis à Lille, l'autre section se réunira à Amiens; le personnel de la direction comprendra seulement un directeur ou un sous-directeur de télégraphie, un sous-chef de section adjoint et un télégraphiste secrétaire. Les sections auront l’effectif et le matériel qui leur sont affectés en temps de guerre.
- Les cavaliers télégraphistes de chacun des régiments des ior et 2® corps d'armée, seront exercés respectivement avec les sections télégraphiques mobilisées à Lille et à Amiens.
- Les cavaliers télégraphistes des 4e et 5e divisions de cavalerie qui prendront part aux manœuvres spèciales du camp de Châlons, seront réunis pour chaque division pendant la durée des manœuvres, afin d'être exercés au service télégraphique électrique et optique, sous la direction d'un fonctionnaire mobilisé du service de la télégraphie militaire. Ils seront, de plus, utilisés pour desservir lés communications des quartiers généraux.
- Les cavaliers télégraphistes des autres régions prenant part à des manœuvres de corps d'armée, de division ou de brigade pourront être mis, pendant la durée de ces manœuvres, à la disposition du directeur-ingénieur des télégraphes de la région, pour renforcer le service télégraphique de certains bureaux prenant une importance considérable par suite d'une certaine agglomération de troupes.
- Pendant les derniers dix ans, il a été formé daus l'Etat de New-York i38 sociétés télégraphiques et téléphoniques, avec un capital total dépassant 1 125 millions de francs. Il va sans dire qu'un grand nombre de ces entreprises n'ont jamais existé ailleurs que sur le papier.
- Des expériences intéressantes vont avoir lieu sur le câble qui relie Marseille avec l'Algérie, afin d'essayer la possibilité de communiquer d'un navire en pleine mer avec la terre, au moyen des câbles ordinaires, auxquels on ajoutera des fils d'embranchement, dont les bouts libres seront attachés à des bouées, de sorte qu'un navire muni d'une clef et d'une pile assez forte pourrait télégraphier au port.
- kilomètres, se répartissant ainsi entre les principaux pays • Allemagne, 273536 kil.; France, 241 138 kil. ; Angleterre, 225qg3 kil.; Russie, 179740 kil.; Autriche-Hongrie, 103625 kil.; Italie, 76045 kil.; Espagne, 46224 kil.; Belgique, 28911 kil.; Suisse, 16554 kil.
- Au point de vue de l'activité des transmissions, l'Angleterre vient en première ligne, avec 32 millions de télégram-mes;ensuite, la France en compte25 millions; l'Allemagne, 17 1/2 millions; la Russieg 1/2 millions; l'Autriche-Hongrie, 9 millions; l'Italie, 6 1/2 millions; la Belgique. 4 millions ; la Hollande, 3 millions, et la Suisse 2 1/2 millions.
- Voici, d'après le Journal télégraphique de Berne, la liste des principales communications télégraphiques qui ont subi des modifications pendant le mois dernier:
- Date
- de
- l’interruption
- Ligne indo-européenne entre
- Shiraz et Bushirc.........
- Ligne turco-heliénique de Ca-
- terina-Larissa............
- Ligne de Siam entre Puum-penh et Battambang .... Câble Gibraltar-Villa-Real . . Lignes terrestres de Costa-
- Rica......................
- Ligne de Téhéran à Bushire. Câble Saint-Kitts-Antigua . . Câble transatlantique direct. Lignes terrestres de Costa-
- Rica......................
- Câble Suez-Souakim...........
- Câble Zanzibar-Mozambique. Câble üibraltar-Carcavellos. Câble Souakim-Ferins .... Câble St-Vincent-Grenada. . Câble Ste-Croix-Trinidad . .
- 21 janv. i885
- 29 janv. i885
- 6 février i885 26 janv. i885
- 23 janv. i885 12 février i885 5 février i885 28 janv. i885
- 18 février i885 2ofévrier i885 Ier février i885
- 24 janv. i885 28 janv. i885 5 février i885 i3février 1880
- Date
- du
- rétablissement
- 29 janv. i885
- 3i janv. i885
- 7 février i885 9 février i885
- i3 février i885 13 février i885 18 février i885
- 18 février i885
- 19 février i885 21 février i885 24 février i885
- touj. interr.
- La communication par voie du Direct United States Cable a été rétablie avec les Etats-Unis, le Canada, etc., la réparation du câble principal étant terminée.
- On annonce que le directeur général des Postes et Télégraphes, en Angleterre, vient de mettre à l'étude un système de mandats télégraphiques.
- Le câble transatlantique de la Compagnie française vient d'être réparé.
- Le directeur général de la télégraphie en Angleterre a accordé à la South of England Téléphoné C° la permission officielle d'établir et d'exploiter des réseaux téléphoniques, pendant 27 ans, dans le territoire qui a été concédé à la nouvelle Société par l’United Téléphoné C°, c'est-à-dire dans les comtés de Northampton, Norfolk, Bedfort, Cambridge, Iluntingdon, Buckingham, Oxford, Berks, Suffolk, Sussex et dans les parties des comtés de Kent, Essex, Surrey et Hertford qui ne sont pas comprises dans le réseau de la Compagnie à Londres.
- Un nouveau détachement de i5 télégraphistes de campagne, ainsi qu’une section du bataillon télégraphique du génie en Angleterre, vont partir la semaine prochaine pour le théâtre delà guerre au Soudan.
- D'après les plus récentes statistiques, le réseau télégraphique européen atteint une longueur de plus de 1200000
- Le câble entre Sainte-Croix et la Trinidad est interrompu, et comme les câbles entre Saint Kitts et l’Antigua, entre Trinidad et Demerara, et entre Antigua et la Guadeloupe ne sont pas encore réparés, il n’y a actuellement aucune communication télégraphique avec l'Antigua, la Guadeloupe, la Martinique, Santa-Lucia, Saint-Vincent, etc.
- Les communications télégraphiques dans toute l'Espagne ont souvent été interrompues, par suite de violents orages pendant toute la dernière moitié du mois de février.
- Les expériences qui ont été faites dernièrement à Washington avec le câble souterrain du système Waring ont si bien réussi, qu'une commission a été nommée pour examiner plusieurs milles de ce câble, qui fonctionne depuis quelques mois déjà entre la Maison-Blanche, le Capitole et les différents ministères. Le rapport de la commission con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dut à l'extension du système et à l'achat du réseau existant par le gouvernement.
- Téléphonie
- Parmi les nombreux règlements relatifs à la téléphonie, mis en vigueur par le ministre des postes, il en est un qui provoque de nombreuses réclamations et cause beaucoup de mécontentements. C'est celui qui interdit à la Société des téléphones d'autoriser ses abonnés à communiquer gratuitement avec le réseau par des cabines installées dans les bureaux centraux. Un assez grand nombre d'abonnés avaient pris des arrangements basés sur cette faculté et la considéraient comme un droit: le ministre y ayant vu une concurrence possible à ses cabines payantes, a cru pouvoir user des droits que lui a réservés le cahier des charges pour y mettre fin; il a même refusé jusqu'ici d'accorder des abonnements pour communiquer par les cabines, comme il l’a fait en province; mais il est probable que devant l'impopularité de ses décisions, il ne tardera pas à changer d'avis, comme il a la bonne habitude de faire en pareil cas.
- Il y a maintenant 14 cabines publiques ouvertes à Paris * e nombre de communications fournies par elles la semaine dernière s'est élevé à 625 environ. Les deux plus fréquentées sont celles de la Bourse, et du Grand-Hôtel.
- Nous lisons dans 1 s Journal des Postes et Télégraphes :
- Une nouvelle expérience téléphonique à grande distance vient d'avoir lieu entre la gare de Troyesl et celle de Paris.
- La distance de Paris à Troyes par le réseau de la Compagnie de l’Est est de 166 kilomètres.
- Les expérimentateurs ont pu converser avec les personnes qui se trouvaient au bout du fil à Paris, sans perdre un mot de la conversation; ce qui permet d'affirmer que la question de la téléphonie à grande distance est à peu près résolue.
- Ce résultat est obtenu tout simplement par une légère modification apportée dans l'agencement des charbons du microphone par M. Dumont, inspecteur principal du mouvement.
- II est à remarquer que l'état de la ligne télégraphique influe beaucoup sur la qualité et la netteté des sons articulés.
- Ainsi tout dernièrement on avait placé sur le fil de Troyes à Yesoul, dont la longueur est de 2i5 kilomètres, c'est-à-dire 5o kilomètres de plus que n'est long celui de.Troyes à Paris, les mêmes appareils téléphoniques, et on a reconnu que les sons nous arrivaient avec plus de force de Vesoul à Troyes, que de Paris à Troyes, ce qui est une conséquence naturelle d'un isolement plus parfait du fil de ligne sur les poteaux dans la direction de Vesoul.
- On prépare, sur nos voies ferrées et dans nos gares, une nouvelle application du téléphone. Dans certaines gares, le téléphone fonctionne journellement pour les besoins du service, sans être étendu à la correspondance privée. Des essais vont être faits aux gares de Lyon et de Marseille pour mettre les téléphones à la disposition des voyageurs. Des appareils téléphoniques, reliés aux réseaux'de la Compagnie, seront installés par les, soins du ministère des postes et des télégraphes dans un local voisin de la télégraphie privée. Là, moyennant un tarif fixé pour un nombre de minutes déterminé, chaque voyageur de passage, partant ou arrivant, aura la facilité de correspondre avec un abonné.
- Les bureaux centraux de l’United Téléphoné Company à Londres ne fonctionnent que jusqu'à sept heures du soir depuis deux semaines; mais la Compagnie a continué le ser-
- ] vice dans quelques bureaux du West End, à titre d'expérience, pendant toute la nuit. Il est probable que cette mesure sera adoptée sous peu pour tout le réseau.
- Dans sa séauce dé la semaine dernière, le conseil communal d’Edimbourg a autorisé la National Téléphoné Company à placer des conducteurs souterrains dans certains quartiers de la ville moyennant une redevance de 12 centimes par yard. On annonce que la Société se propose de donner une extension considérable à son réseau souterrain à Edimbourg.
- La chambre de commerce à Hull a décidé de faire une démarche auprès du directeur général des postes et télégraphes afin d'obtenir une réduction dans le prix de l'abonnement au réseau téléphonique du gouvernement dans cette ville.
- Des expériences téléphoniques ont eu lieu la semaine dernière entre le bureau central des téléphones à Lime-riek et Cork, une distance de plus de 60 milles. On s’est servi du fil télégraphique ordinaire, et les résultats ont été fort satisfaisants.
- La Lancashire and Cheshire Téléphoné C°, a maintenant établi près de 3o réseaux différents avec un total de plus de 3 5oo abonnés. La Société a installé des bureaux publics dans presque toutes les villes importantes qu’elle exploite.
- Nous avons déjà annoncé que le directeur du Théâtre Royal de Madrid avait l’intention dé faire relier son théâtre par des lignes téléphoniques avec les maisons des particuliers qui désireraient entendre l'opéra chez eux. Le prix de cet abonnement vient d'être fixé par la direction à 5oo francs.
- Un salon sera disposé au milieu de la ville pour des auditions téléphoniques des représentations de l’Opéra.
- L’expérience des Sociétés téléphoniques aux Etats-Unis prouve qu’il est nécessaire de renouveler les réseaux aériens tous les cinq ans, ou en d’autres termes que les nouvelles inventions, les réparations et l’entretien entraînent des frais qui s’élèvent annuellement à 20 pour cent au moins du prix de l’installation entière. Dans les grandes villes les fils de fer s'usent très rapidement; la dépréciation des lignes en cuivre est bien moindre, malgré le prix de revient beaucoup plus élevé.
- D'après une statistique publiée par le commissaire, du bureau des brevets à Washington, le nombre des réseaux téléphoniques aux Etats-Unis, à la date du Ier janvier 1884, était de 906, avec 85896 milles de fils et 47 062 employés. Le total des abonnés s'élevait à 12362e.
- On annonce que la Compagnie Bell, du Canada, a l'inteh-tiou de contester la décision du ministre de l'agriculture déclarant la déchéance des brevets canadiens de la Société.
- Le Gérant : Dp C.-C. Soulages.
- Paris.— Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 55306
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7«ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 21 MARS 1885 N° 12
- SOMMAIRE. — L’éclairage électrique par la pile; Aug. Guerout. — De l’installation des lignes téléphoniques dans les usines; P. Samuel. — Exposition internationale d’électricité de Philadelphie. — Les conducteurs électriques; G. Duché.
- — Sur la consommation du zinc dans les piles à oxyde de cuivre; F. Delalande et G. Chaperon. —Nouveau galva-nomètre astatique; E. Menges. — Câble télégraphique aérien près d’Assouan; C.-C. Soulages. — Un mode de formation de la grêle; J. Luvini. — Correspondances spéciales: Angleterre; J. Munro. — Autriche; J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovi,tch et M. Krouchkoll. ~ Sur le parafoudre à polarisation, par M. A. d’Arsonval. — Etude des moyens employés pour prendre le potentiel de l’air, par M. II. Pellat. — Solution graphique des problèmes d’éclairage, par M. Léonhard Weber. — La mesure directe des intensités des forces électromotrices et des résistances au moyen de la boussole des tangentes, par M. Kessler. — Propriété thermo-électrique des alliages, par M. Battelli. — Bibliographie. — Procès de la Société générale des Téléphones.
- — Correspondance : Lettres de M. Mercadier, de M. Menges et de M. Leblanc. — Faits divers.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- PAR LES PILES
- Malgré la lenteur avec laquelle se ' développe, surtout chez nous, l’éclairage électrique, des pas importants ont été faits, principalement en vue de la distribution de la lumière électrique à domicile. Les résultats obtenus dans les stations centrales de New-York et de Milan, l’établissement à Vienne de deux stations du même genre, et l’activité avec laquelle on s’occupe de la question en Angleterre, font espérer que dans un délai relativement rapproché on pourra voir chez soi les becs de gaz remplacés par des lampes à incandescence.
- En attendant que ce résultat soit atteint, certaines personnes profitent de l’impatience du public pour lui faire croire à une solution actuelle du problème, répondant aussi bien et même mieux que la station centrale aux besoins des particuliers. Nous voulons parler de l’éclairage électrique par la pile.
- De temps en temps, les journaux quotidiens an-, noncent à grands fracas qu’un inventeur vient de faire une découverte appelée à révolutionner l’éclairage domestique : sa pile, qui fournira le courant
- presque sans dépense ni entretien, pourra alimenter des lampes électriques à un prix tellement bas que l’huile, le pétrole et le gaz lui-même seront forcés d’abandonner la place. D’ailleurs on peut voir le système fonctionner tous les soirs dans telle ou telle boutique du boulevard.
- Le public, alléché par cette réclame, va voir l’appareil; les uns le regardent comme une curiosité, et passent. Quelques autres, séduits par la fixité de la lumière des petites lampes à incandescence, ou même entraînés à l’idée de pouvoir dire : « Je m’éclaire à l’électricité, » se décident à devenir acheteurs.
- L’appareil une fois installé à domicile, tout va bien pendant deux ou trois jours. L’acheteur tient à montrer à son entourage qu’il a fait une bonne acquisition, il s’occupe, lui-même de la charge de la pile, suit avec un soin minutieux toutes les prescriptions de l’inventeur, et met tout son amour-propre à ce que le système fonctionne bien. Mais bientôt il se fatigue de ce métier de chimiste; l’entretien de la pile est confié à un ou une domestique quelconque, et alors la scène change. Le manque de soin et quelquefois des détériorations intentionnelles, provoquées par le désir de se débarrasser d’une corvée, ne tardent pas à mettre la pile hors d’état de fonctionner. On finit par la reléguer dans un coin en maugréant contre l’argent
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- dépensé et l’on s’en va répétant que l’électricité n’est bonne à rien.
- Nous avons vu ainsi défiler devant nous la pile portative régénérable, de M. X..., la nouvelle pile de l’ingénieur Y..., la batterie intensive du mécanicien Z..., la pile économique du chimiste W... et tant d’autres appareils qui ne diffèrent guère entre eux que par le nom.
- Nous ne les avons décrits ni les uns ni les autres parce que ce sont toujours des piles plus ou moins analogues aux types connus de Bunsen, Poggendorff, etc., et que des appareils de ce genre ne peuvent être mis pratiquement entre les mains de tout le monde. Ils n’ont d’ailleurs fonctionné d’une façon régulière que là où leur entretien a été confié à une personne ayant pour cela des aptitudes spéciales. La place d’une pile n’est pas dans la cuisine ou la cave d’un particulier, c’est un instrument de laboratoire. Son entretien est l’affaire d’un garçon de laboratoire et non celle de tout le monde.
- Pour cette raison même elle n’est pas pratique pour l’éclairage privé et n’offre aucun intérêt à ce point de vue.
- Mais ce n’est pas encore là la seule cause de non réussite des appareils merveilleux auxquels nous venons de faire allusion. La plupart du temps le nombre d’heures de fonctionnement annoncé n’est pas atteint et d’un autre côté le prix de revient indiqué est trop faible : On compte le renouvellement du liquide et on oublie l’usure du zinc ou vice versa, de sorte que le public se trouve de toute façon complètement désillusionné, quand il est trop tard.
- Que l’on se méfie donc de ces appareils qui fonctionnent toujours si bien dans la boutique du marchand, mais répondent ensuite si peu à ce qu’ils promettaient, et si l’on veut avoir l’éclairage électrique chez soi, que l’on ait la patience d’attendre l’établissement des stations centrales.
- Dans l’état actuel des choses l’éclairage électrique à domicile n’est possible que là où le nom bre de foyers allumés est assez grand pour que l’on puisse installer dans la maison même ou ses dépendances une machine dynamo-électrique et un moteur à gaz ou à vapeur. Dans ces conditions la lumière électrique reviendra cher, il est vrai, mais on en aura tous les avantages, unis à un fonctionnement régulier. Ce ne sera plus qu’une question de budget, et il est à croire que ceux auxquels leur position permettra ce luxe ne seront pas sans apprécier grandement l'es qualités d’une lumière fixe et ne dégageant qu'une faible quantité de chaleur.
- Aug. Guerout.
- DE L’INSTALLATION
- . DES
- LIGNES TÉLÉPHONIQUES
- DANS LES USINES
- Si la question de l’installation des lignes dans les villes a été l’objet de nombreuses études, par contre peu de travaux ont été publiés sur des modes spéciaux d’installation de lignes téléphoniques dans les usines. Cependant rien n’est plus commun que des usines possédant des dépendances à plusieurs kilomètres des bâtiments principaux; et l’on conçoit que tout système qui aurait pour but de diminuer la longueur des fils employés présenterait un grand intérêt au point de vue économique.
- C’est d’un semblable système que nous allons
- ï..-~; " ~______________i
- FIG. I
- nous océuper, ,et nous dirons tout de suite qu’il s’agit de l’emploi de relais polarisés pour pouvoir placer trois postes sur un même fil, sans qu’il en résulte des inconvénients pour le service.
- L’idée de se servir de relais polarisés dans ce but remonte aux premières années de la télégraphie, mais nous ne connaissons pas jusqu’ici de système rendant les 3 postes absolument indépendants et répondant aux diverses exigences d’une installation téléphonique dans une usine.
- MM. Grassi et Beux, à qui l’on doit un excellent relais polarisé, adopté par l’Etat, ont repris la question et ont montré qu’on arrivait à une indépendance complète en se servant d’une combinaison de deux relais, au poste qui se trouve au milieu de la ligne.
- Le relais de MM. Grassi et Beux qui figurait à Vienne dans l’exposition de la maison Bréguet, à été décrit en détail dans ces colonnes (*), nous .nous
- P) Tome XIII, n° 36, p. 383.
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- bornerons donc à reproduire les deux croquis qui accompagnaient l’article cité, et à en rappeler sommairement les particularités.
- Chaque poste étant forcément muni d’une pile spéciale pour appeler les autres postes, MM. Grassi et Beux ont imaginé de se servir de cette pile pour faire marcher la sonnerie. Le circuit de celle-ci, que le relais polarisé ferme lors d’un appel, constitue donc une dérivation locale prise sur la pile. Cette pile étant en général d’une puissance superflue pour une sonnerie locale, il devenait possible de prendre sur elle une seconde dérivation, et c’est cette seconde dérivation qui donne à l’appareil son caractère essentiel. En effet, elle sert à aimanter un morceau de fer doux, qui remplace l’aimant permanent qu’on rencontre dans presque tous les relais polarisés. Cette aimantation
- a lieu par la bobine C (fig. 2), et ne se produit que lors d’un appel. A' est le morceau de fer doux, qui tombe à droite ou à gauche suivant le sens du courant de ligne qui traverse l’électro A B.
- Il en résulte cet avantage fort appréciable que, quelle que soit l’intensité du courant lancé dans l’électro A B, on ne risque' jamais de faire changer la polarité du petit aimant inverseur, et l’on sait que cet accident se produit souvent sur les lignes un peu longues, pendant les orages et malgré les meilleurs paratonnerres.
- Un autre point à signaler, c’est qu’une fois le signal reçu, la sonnette sonne sans interruption jusqu’à ce qu’on soit venu à l’appareil. Mais ceci n’appartient pas en propre à l’appareil de MM. Grassi et Beux ; on peut le réaliser avec tous les relais. Nous n’en parlons qu’en vertu de son importance. En effet, dans certaines installations d’usines on n’a pas hésité à placer un second fil pour éviter l’inconvénient d’avoir constamment quelqu’un à proximité de la sonnerie afin de ne pas laisser passer un appel.
- Voyons maintenant les différentes manières de relier les postes de façon à ce que chacun puisse communiquer séparément avec les deux autres :
- Soient ABC les trois postes (fig. 3). Par la méthode ordinaire on posera 3 lignes AB, B C, C A. On installera à chaque poste un tableau indicateur
- B .
- FIO. 3
- à deux numéros pour savoir quel est le poste qui appelle, et un commutateur à deux directions permettant de placer le téléphone sur l’une ou l’autre ligne.
- Si les postes sont sensiblement en ligne droite, il y aura avantage à supprimer la ligne AC et à la remplacer par un second fil placé sur les lignes A B,
- FIG. 4
- B C (fig. 4) ; c’est ce cas que nous choisirons comme terme de comparaison.
- Au point de vue du service, ce système est parfait : chaque poste est entièrement indépendant; mais, au point de vue économique, il est défectueux, car il nécessite deux fils de A à C, alors qu’un seul peut suffire en se servant de relais polarisés.
- Il est à remarquer que c’est la ligne qui absorbe
- B <----- ----------------- Sonnerie Silence
- ----* ^ ----->- Silence -------> Sonnerie
- A B C
- FIG. 5
- en général la majeure partie des frais d’installation, et qu’il y a tout bénéfice à simplifier celle-ci, même si les appareils qu’on doit employer alors deviennent un peu plus compliqués.
- Voici du reste la dépense qu’entraîne un deuxième 61 :
- ic5 francs par kilomètre pour l’installation.
- 3y francs par an pour l’abonnement et l’entrc~ tien.
- Les appareils Grassi et Beux ont été étudiés trcs soigneusement au point de vue de la construction *
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- et l'on arrive à les livrer à un prix assez bas pour qu’il y ait déjà avantage à supprimer le second fil sur une ligne d’un kilomètre seulement. .Sans compter que la principale cause de dérangement d’une ligne consiste dans le mélange des fils, et qu’ainsi une ligne à un fil réclame bien moins de soins qu’une ligne à deux fils.
- Il est possible d’établir un service entre trois postes reliés par un seul fil, sans employer de relais polarisés. Au point de vue économique, ce système est le meilleur, mais l’économie est obtenue au détriment du service. Voici comment l’installation devrait être faite :
- Les trois postes seraient placés en « tension » sur la ligne. Pour la poste du milieu, il n’y a pas
- d’inconvénient dans cette disposition : à l’aide d’un commutateur, il peut appeler séparément les deux autres. Mais tout appel émanant d’un de ces derniers sera entendu dans les deux autres. On établit pour chacun un signal particulier, et le service peut marcher. Cependant ce système n’est pas admis dans la plupart des usines, à cause des pertes de temps qu’il entraîne. Ces pertes de temps proviennent :
- i° De ce que les signaux arrivent dans le poste non appelé; 2° de ce qu’il n’est guère possible d’appliquer des sonneries continues, et qu’il faut constamment quelqu’un à proximité de l’appareil.
- Nous allons donner maintenant deux manières
- différentes d’installer une ligne à trois postes à l’aide de relais polarisés.
- La première est en usage depuis longtemps, mais présente un défaut.
- L’autre est la méthode de MM. Grassi et Beux, dont nous parlions au commencement.
- Première disposition. — Dans cette disposition l’un des postes extrêmes, le poste A, par exemple (fig. 6), fait l’office de bureau central. Les postes B et C ne peuvent pas s’appeler directement; ils le font par l’intermédiaire du poste A, absolument comme dans les bureaux centraux des villes. B et C sachant que l’un a appelé l’autre, mettent leurs appareils sur la ligne et peuvent communiquer.
- Cette obligation de faire passer les appels par le bureauA rend cette disposition défectueuse à cause du temps qu’elle fait perdre.
- Le principe de son fonctionnement est le suivant :
- Soient trois relais polarisés en A, B et C (fig. 5)., suivant le sens du courant qui les traverse, la palette tombe à gauche ou à droite. On dispose donc
- ,de deux signaux à chaque poste. En A, la palette indiquera B ou C, suivant le sens du courant ; en B et C, il y aura fermeture du circuit d’une sonnerie dans un cas et silence dans l’autre, ainsi que la figure l’indique.
- La figure 6 donne le schéma du montage, ainsi qu’il est fait avec les appareils Grassi et Beux. Pour la clarté du dessin, nous avons indiqué des aimants permanents, bien que ceux-ci n’entrent pas en réalité dans ces appareils.
- On voit que, suivant que B ou C pressent sur le bouton d’appel B, le courant arrive en A dans un sens ou dans l’autre. L’aiguille du relais indique alors quel est le poste qui a appelé.
- Au poste A il y a, outre le bouton d’appel B, nn inverseur de courant I. En pressant sur le bouton B, le courant fera marcher la sonnerie au poste B (par exemple), sans déranger C. Pour appeler C. le poste A doit, avant de presser B, changer le sens du courant à l’aide de l’inverseur I.
- En pratique, on construit de petits inverseurs à cylindre, analogues à ceux qui existent dans les postes sémaphoriques Lartigue. Il suffit, pour
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- .Re-
- donner un signal, de presser sur le bouton de l’inverseur, sans devoir presser sur le bouton d’appel. Cela est obtenu à l’aide de communications intérieures spéciales dont la description nous entraînerait trop loin.
- Un commutateur C se trouve à chaque poste et sert à placer le téléphone sur la ligne.
- Sonnerie.
- Silence
- B
- —
- C
- Sonnerie , SHence
- FIG. 7
- On a indiqué en pointillé la position de repos du commutateur.
- Disposition de MM. Grassi et Beux. — Le principe de cette disposition est indiqué dans la figure 7. Au poste B, on établit une dérivation à la terre. Le relais est disposé de façon à couper à l’état de repos cette dérivation, et à ne la rétablir
- que sous l’influence de courants des sens des flèches inférieures.
- Dans ce cas on voit, ainsi que l’indiquent les flèches, qu’un courant dans le sens des flèches inférieures circulera dans la dérivation, dans un sens
- ou dans l'autre, suivant qu’il aura été émis par A ou par C. En plaçant un deuxième relais polarisé sur cette dérivation, on pourra donc savoir quel est le poste qui a appelé.
- Poste A
- Poste B
- Poste C
- De sorte qu’on obtient trois effets différents au poste B. Les courants dans le sens des flèches inférieures servent aux appels de A et C en B. Les courants de sens contraire servent aux appels entre les postes extrêmes et traversent le poste B pour faire marcher la sonnerie.
- La figure g indique le montage des trois postes : B sont les boutons d’appel, I les inverseurs, M les postes téléphoniques, C et C' les commutateurs.
- Au poste B les commutateurs sont à trois directions. Nous allons en donner la raison :
- Le poste A doit rester silencieux sous l’influence des courants du sens des flèches inférieures, qui émanent de C quand ce poste appelle le poste B. Pour appeler A, on se servira donc de courants du sens des flèches supérieures. Mais alors le poste A ne peut plus distinguer qui l’a attaqué.
- On y remédie ainsi : On reconnaît que A répon-
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- dra à l’appel toujours en pressant sur le bouton B. Si c’est C qui appelle, la réponse y parviendra directement, car la pile est disposée de façon à donner par exemple des courants de sens des flèches supérieures. Si c’est B qui appelle, la réponse y parviendra aussi, bien que A presse sur le bouton B, parce qu’au poste B on aura soin, dès que l’appel aura été lancé, de se placer sur le bouton du milieu du commutateur. On place ainsi la sonnerie directement sur la ligne, sans faire traverser au courant les deux relais. Une fois la réponse reçue, on se replace (en B) sur le troisième bouton du commutateur, sur lequel on s’était d’abord posé pour lancer l’appel.
- On opère de même pour le poste C'.
- Ces manœuvres semblent un peu compliquées à première vue, mais elles sont plus longues à décrire qu’à exécuter, et l’on finit par les faire machinalement.
- Plusieurs usines sont installées ainsi, et ce système y fonctionne très régulièrement. Nous signalerons particulièrement les papeteries de M. Fre-det, à Brignoud, qui possèdent une installation de ce genre extrêmement remarquable.
- Il nous reste à dire quelques mots de la disposition des relais. Celui qui est sur la ligne au poste B n’a pas la forme du relais représenté figure 2. Il est plat, de façon que la petite caisse qui le renferme puisse servir de socle au relais qui est sur la dérivation et qui est semblable au modèle de la figure 2. La disposition intérieure est donnée par la figure g.
- A B est l’électro de ligne; l ferme le circuit de la bobine C, dont l’armature m, reliée par la borne s au deuxième relais, peut établir une dérivation entre les deux bornes de ligne Lj et L2.
- L’idée de placer un deuxième relais sur une dérivation est fort heureuse. MM. Grassi et Beux s’en attribuent la priorité. Il serait difficile d’affirmer quelque chose à ce sujet, si ce n’est que personnellement nous ne l’avons vue décrite nulle part.
- Paul Samuel.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- LES CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- Une des particularités des villes américaines est l’aspect étrange que leur donne cet immense réseau de fils qui les couvre comme d’une toile d’arai-^gnée. Dans presque toutes les rues se dressent, de chaque côté, deux rangées de poteaux souvent à peine équarris. De l’un à l’autre courent de véritables chevelures de fils qui montent au sommet
- (P Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
- des maisons, descendent et se croisent en tous sens — En Europe, où l’on se préoccupe un,peu plus du coté esthétique, les conducteurs ont été relégués au fond, des égouts. Mais en Amérique, le seul souci étant d’arriver au résultat pratique et à son développement le plus rapide, on a cherché tout d’abord à simplifier le problème autant que possible.
- Nul doute, d’ailleurs, qu’il ne faille attribuer entre autres causes à la facilité de pose et à l’économie des lignes aériennes, l’essor prodigieux dans ce pays de toutes les applications de l’électricité, encore à l’état d’expériences sur notre continent. Cependant l’œuvre créée aujourd’hui et sa vitalité assurée, le temps est venu de remédier aux inconvénients de détail qu’on avait négligés au début. Aussi songe-t-on déjà à faire disparaître des grandes cités américaines l’encombrement des réseaux aériens, et prend on partout l’initiative de les enfouir sous le sol. Ceci explique l’importance de la représentation à l’Exposition de Philadelphie des deux systèmes aérien et souterrain, le premier par suite de son développement actuel, le second par suite de celui qu’il aura acquis demain.
- CONDUCTEURS SIMPLES.
- De nombreux spécimens Je conducteurs nus en fer, cuivre et bronze phosphoreux figuraient à l’Exposition, et, parmi ceux-ci certains échantillons étaient particulièrement intéressants comme témoins d’une fabrication très perfectionnée.
- La Washburn et Moen Manufacturing C°, de Worcester, Massachusetts, exposait entre autres le résultat d’une épreuve sur un fil de fer de 5mm de diamètre environ qui avait subi 19 torsions sur lui-même dans une longueur de i5':1“, indice d’une qualité de fer exceptionnelle (fig. 1).
- Chacun sait, en outre, l’avantage qui çxiste à
- pig. r
- obtenir le fil de fer sur un longueur d’un seul tenant aussi grande que possible.
- Le nombre des joints se trouve ainsi réduit et avec eux l’augmentation de résistance qui résulte de leurs imperfections. Mais les procédés actuels de fabrication, pour être économiques, ne permettent guère de dépasser 45 à 5o kilogrammes par botte de fil d’un seul morceau. La botte de fil de fer du numéro 6 de la jauge, soit 4mm5 environ de diamètre, qui était èxposée par la même Compagnie, et dont le poids atteignait 25o k., n’était qu’un véritable tour de force, mais témoigne de progrès précieux apportés à la fabrication et intéressants à signaler. Mentionnons, en passant, qu’en Améri-
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- é]ue il semble exister une tendance à augmenter la dimension des fils nus pour lignes aériennes. C’est ainsi que la Western-Union a adopté, en remplacement des numéros 6 et 8 de la jauge correspondant à un diamètre d’environ 3mm5 à 4mm, ceux du numéro 4 d’environ 5mm, d’ailleurs, les plus communément employés, sauf par les chemins de fer qui préfèrent les numéros g et 8 de. la jauge, à peu près 3mm de diamètre.
- Citons encore les beaux échantillons de fils de cuivre très finis de Y American Electrical Works C°, tréfilés aux usines de Providence et ceux de la Compagnie du Bronze phosphoreux, dont les qualités de ténacité et de haute conductibilité commencent à être appréciées.
- CONDUCTEURS SIMPLES ISOLÉS.
- Cette catégorie très nombreuse comprend les conducteurs formés d’une âme en métal protégée par un isolant quelconque, mais presque toujours à base de gomme élastique ou de gutta percha, préparée par des procédés spéciaux tenus secrets, et constituant autant de brevets différents où les inventeurs revendiquent les mêmes qualités de solidité, d’inaltérabilité et de haute isolation. La valeur de chacun d’eux ne pourrait guère être déterminée avec certitude, que par de sérieux essais, ou par une application de longue durée. Nous pouvons cependant mentionner : Les produits de la Clarke Insulated Wire Company , dont l’isolant est constitué de caoutchouc presque pur, recouvert d’une enveloppe de coton tressé, enduite d’une couche de peinture; l’isolant Okonile, d’une grande souplesse, et qui, d’après l’inventeur, peut supporter sans accident des variations de température depuis 20° F au-dessus de o, jusqu’à 25o et qui a été adopté par la Etre Alarm Company de New-York; Day's Kerite Isolation où l’inventeur s’est proposé de réduire au minimum l’emploi du soufre nécessaire à la vulcanisation du caoutchouc; — ayant remarqué que cette dernière, pour être complète, nécessitait une quantité de soufre qui pouvait à la longue attaquer le métal du conducteur, il en a réduit l’emploi à la proportion juste suffisante pour commencer une vulcanisation qui s’achève par l’exposition à l’air et au soleil.
- La couche protectrice d’une épaisseur variant de i/32 à 1 pouce suivant le diamètre du fil, conserve, paraît-il, son imperméabilité, même pendant un long séjour dans l’eau bouillante, et résiste à l’attaque des acides faibles et des alcalis concentrés.
- Enfin, un isolant d’une nature toute différente, et très en faveur aux Etats-Unis est le coton paraffiné; la protection ainsi obtenue peut dans un grand nombre de cas être très suffisante, et pré-
- sente sur les autres systèmes des avantages économiques tels, que son emploi s’est rapidement répandu. L'American Electrical Works C0 produit elle seule annuellement de 5o à 60 tonnes de fils ainsi isolés.
- CABLES AÉRIENS TÉLÉPHONIQUES ET TÉLÉGRAPHIQUES.
- Le réseau téléphonique et télégraphique s’étendant de jour en jour dans toutes les parties des
- FIO. 2
- Etats-Unis avec une rapidité que l’on ne peut soupçonner en Europe, on a été logiquement amené à chercher un remède à l’encombrement des fils sur les poteaux (certains à New-York en supportent plus de 3oo), encombrement qui rendait la pose de nouveaux circuits de plus en plus difficile. L’idée la plus simple était de grouper en un même
- FIG. 3
- câble un grand nombre de fils, et si l’on n’augmentait ainsi considérablement les effets pernicieux de l’induction, la solution serait complète, car, en en outre, les frais d’installation deviendraient beaucoup moins coûteux. Ces derniers avantages paraissent devoir prévaloir, car l’usage des câbles aériens tend à se généraliser, et à Philadelphie de nombreux dispositifs étaient exposés.
- Dans chacun des systèmes, en dehors de l’isolation parfaite des conducteurs les uns des autres, on s’est préoccupé de garantir l’ensemble complet du câble au moyen de garnitures extérieures imperméables lui permettant de résister aux influences atmosphériques. Ces mêmes câbles
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- peuvent être placés sur poteaux ou sous terre, mais, dans ce cas, dans des conduites étanches comme pour les conducteurs simples . isolés. La disposition des câbles télégraphiques et téléphoniques est d’ailleurs la même et les modèles ne varient que par le nombre et le diamètre des conducteurs. Nous nous bornerons à citer les trois types suivants :
- x° Câble téléphonique à 94 conducteurs de la Day'sKerite C°, représenté par la figure 2, composé de 5 couches de fils dont chacune contient un brin a portant une couverture spéciale qui lui permet de servir de repère, et de numéroter les autres fils. L’enveloppe extérieure est formée d’un ruban de toile goudronnée enroulé en hélice.
- Pour remédier aux effets de l’induction, entre chacune des cinq couches de fils est intercalée une feuille d’étain.
- A Chicago, 480 milles de ces câbles télégraphiques contenant de 79 à 4 conducteurs ont été placés.
- 20 Câble système Clarke. — Il est constitué d’une âme en fer qui a pour but de lui donner de la rigidité et qui est entouré d’une couche isolante. Autour se trouvent rangés les différents fils isolés dont l’ensemble est entouré d’une feuille d’étain ; par-dessus une couche d’isolant et enfin une enveloppe extérieure de toile peinte.
- 3° Câble de VAmerican Electrical Works (fig. 3). — Les différents fils sont réunis en un faisceau A qui est fortement serré dans une gaine de caoutchouc (3). Celle-ci est elle-même entourée d’un ruban de toile goudronnée (2), et enfin, le câble ainsi formé est protégé par une dernière enveloppe extérieure (1) formée d’un tissu tressé de coton finalement recouvert d’une couche de peinture. Chacun de ces conducteurs a est garni de deux enveloppes : l’une, de coton, l’autre c, d’isolant puis entouré d’un ruban d’étain anti-inducteur.
- Ce câble, formé de 5o conducteurs est en usage à la Compagnie métropole de New-York et Boston.
- Un quatrième système est celui de Paterson, quelquefois aussi employé pour ligne aérienne, mais plus généralement utilisé comme conducteur souterrain; aussi en réserverons-nous la description, que nous donnerons plus loin.
- POSE DES LIGNES AERIENNES
- Isolateurs — Conducteurs simples.
- La presque totalité des lignes aériennes en Amérique est posée sur poteaux à potence. Chaque poteau porte en croix et étagées, qn certain nombre de traverses horizontales en bois, où viennent
- se ranger les isolateurs. £)uant a ce3 derniers, les plus communément adoptés sont en verre, on pourrait presque dire à l’exclusion de tous autres. On se servait au début pour leur fabrication, de verre noir et opaque, mais on dut bientôt l’abandonner pour un motif assez curieux : les insectes
- FIG. 4
- venaient élire domicile dans la cavité obscure sous l’isolateur, y faisaient leur nid, et finissaient par l’obstruer de telle sorte qu’en temps humide de
- FIG. 5 FIG. 6
- fortes dérivations se trouvaient établies par cette voie. L’emploi du verre transparent a suffi comme remède souverain.
- Les figures 4 bis, 5, 6, 7 représentent différents modèles exposés. Leur mode de fixation sur les poteaux est le même; au moyen de la pièce de bois filetée (fig. 4) qui est fixée verticalement sur les
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- bras horizontaux de distance en distance et sur laquelle l’isolateur vient se visser (fig. 8).
- Les modèles 5 et 6 exposés pai The Chicago iso-latingC0, présentent sur le modèle 4 bis, certains
- FIG. 9
- avantages. Tandis que dans ce dernier, le conducteur touche l’isolateur sur toute la (périphérie de
- sa gorge dans les deux premiers, grâce aux évidements qui y sont pratiqués, le contact ne se fait
- qu’en six points. Les chances de dérivations se trouvent ainsi diminuées, et de plus, les parties creuses empêchent, en cas de pluie, l’eau de séjourner entre le fil et l’isolateur. Quand au prix, loin d’être supérieur, il est de moitié moins élevé, o fr. 20 au lieu de o fr. 40.
- Enfin, le Lock ivire insulator de M. Grory
- FIG. 12
- (fig. 7) est un récent et réel progrès. Le contact est réduit à son minimum, la pose du fil est beaucoup plus simple que sur les précédents, et par la suppression de l’enroulement des fils autour de l’isolateur, on réalise une économie qui, multipliée
- par le nombre de points d’attaches devient considérable.
- Mentionnons encore pour mémoire : les isolateurs de porcelaine moins employés et dont la figure g représente la forme la plus généralement adoptée, exposés par le Western Electric; le Knop Insulator de là Chicago insulating C°, formé de caoutchouc durci portant une vis encastrée pendant la fonte (fig. 10).
- 2
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- La lumière électrique
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- Câbles aériens.
- Les câbles téléphoniques et télégraphiques d’un poids assez considérable sont peu rigides et ne pourraient être posés directement sur des poteaux un peu espacés ; on a recours alors à l’aide d’un fil de fer de diamètre suffisant pour rester bien tendu, que l’on place comme une ligne ordinaire et auquel on vient suspendre le câble. On se contente souvent, pour opérer cette suspension, d’enrouler en longues spires un fil métallique autour de la ligne et du câble. C’est là un procédé primitif qui est avantageusement remplacé, au point de vue de la commodité et de l’économie, par un système de crochets fort simple, en usage auprès des Compagnies des téléphones de Boston, de Providence et Washington, et exposé par la Rhode Island téléphoné and Electric C°. Les figures 12 bis et i3 re-
- FIG. l3
- présentent deux modèles de ces agrafes en fer galvanisé qu’on dispose de distance en distance suivant le poids et la rigidité du câble.
- La figure 11 est le dessin d’un crochet adopté pour la suspension du câble Patterson.
- CONDUCTEURS SOUTERRAINS
- La pose souterraine des conducteurs électriques est une question tout à fait à l’ordre du jour en Amérique, et occupe justement le monde des ingénieurs électriciens.
- Les municipalités des grandes cités des Etats-Unis, New-York, Philadelphie, Chicago, etc., se sont émues de l’envahissement des rues par le réseau aérien, qui s’accroît journellement et de la défiguration qui en résulte pour les villes. Aussi ont-elles rendu il y a quelques mois un édit interdisant l’établissement de nouveaux circuits sur poteaux, ordonnant même la disparition de ceux déjà existants avant la fin de l’année i885. Quand on réfléchit quelque peu aux travaux énormes que néces-
- sitera l’exécution de ce nouvel arrêt, on se prend à douter qu’une telle œuvre puisse être accomplie en un si court délai ; surtout si l’on songe que l’installation des égouts est des plus primitives, et complètement inutilisable pour la pose du nombre énorme des fils à placer souterrainement.
- Quoi qu’il en soit, le principe est dès à présent admis, soutenu par l’administration, favorablement accueilli par l’opinion publique, et, dans ces conditions, le problème ne peut qu’être promptement résolu. Bien des solutions ont d’ailleurs été déjà proposées, certaines partiellement appliquées, et les nombreux systèmes exposés à Philadelphie témoignent de l’activité des. inventeurs qui trouvent là un nouveau champ d’une importance capitale.
- On peut classer les différents procédés présentés à l’exposition en deux catégories :
- La première renferme les conducteurs simples ou groupés en câbles qui, grâce à des dispositifs spéciaux et à une isolation particulière,* peuvent être placés directement en terre dans une sim-
- FIG. 14 FIG. l5
- pie tranchée. Dans tous les systèmes de cette première classe, le mode de protection du conducteur est obtenu par le moyen d’une gaîne métallique et le réseau, calculé pour un service donné, une fois établi n’est plus susceptible d’augmentation.
- La seconde, au contraire, comprend la construction de canalisations spéciales plus ou moins rationnelles destinées à recevoir toutes les lignes quelle qu’en soit la nature ou la destination.
- Itu CLASSE
- i° Patterson cable. — Le câble Patterson exposé par la Western Electric C° est constitué par une série de fils couverts chacun d’une ou de deux enveloppes de coton ou de jute, et placés à l’intérieur d’un tube de plomb, dont ils sont isolés par la paraffine qui remplit ce dernier. Cette paraffine, coulée liquide dans le tuyau, est en même temps soumise à une insufflation d’acide carbonique qui remplit la masse de globules microscopiques. Elle doit en outre être bien pure, exempte d’huile qui présenterait des traces d’acides ou d’alcalis. Le gaz employé provient de la calcination du bicarbonate de soude et est préalablement purifié.
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- L’aération répond à un double but :
- i° Les bulles invisibles de gaz disséminées dans toute la masse donnent à la paraffine une certaine élasticité ; de telle sorte que le retrait en refroidissant est compensé par l’expansion du gaz, et le noyau reste compact sans formation de fissures qui laisseraient l’eau pénétrer en cas de rnpture de l’enveloppe de plomb ;
- 2° Bien que la capacité statique de la paraffine soit déjà très faible par elle-même, la présence du
- gaz a pour résultat de la diminuer encore de i5 o/o. L’utilité pratique de cette réduction est de permettre l’emploi de conducteurs plus fins; caria charge statique est fonction de la résistance et de la capacité, et en rendant cette dernière plus faible, on peut augmenter l’autre sans inconvénient.
- Les figures 14 et i5 représentent les sections de deux câbles, le premier pour télégraphie, le second pour téléphone. L’enveloppe extérieure est raccordée tous les 75 à 100 pieds, et pendant la fabrication l’isolation est soumise à quatre épreuves, tandis que les joints sont essayés à une pression de
- plus de 100 kilogrammes par pied carré au moyen d’eau chaude.
- L’isolation est garantie par mille de 5oo mégohms pour câbles téléphoniques, pouvant contenir jusqu’à i5o conducteurs, et de 100 mégohms, pour câbles télégraphiques renfermant de 1 à 20 fils.
- Dans le but de combattre les effets de l’induction, on a adopté dans certains cas un dispositif qui consiste à placer au centre une masse métallique dont les deux extrémités sont mises en communication avec la terre ; ou si deux câbles sont placés parrallèlement on relie ensemble les deux bouts du fil central de chacun d’eux.
- Ces câbles sont fort employés, le plus généralement posés en terre, mais aussi quelquefois comme
- FIG 17
- ligne aérienne, et, dans ce dernier cas, la couverture de plomb est de moindre épaisseur ; il y a actuellement 2 600 milles de conducteurs de ce système en usage aux Etats-Unis.
- Comme il est nécessaire que les extrémités des cables soient le plus soigneusement possible protégées contre l’humidité, il est bon d’avoir recours à des dispositifs spéciaux. Parmi ceux-ci nous citerons les cloches et les boîtes terminales exposées par la Western Electric. La cloche s’applique au cas où le nombre des fils du câble ne dépasse pas 20. Elle est composée (fig. 16) de deux parties distinctes ; l’une en forme de cavité hémisphérique ’ vissée sur un ajustage que l’on soude sur le câble. L’autre formant couvercle vient s’appliquer au moyen d’écrous et porte un nombre de bornes, égal à celui des fils du câble. Ceux-ci sont dégagés
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- de l’enveloppe de plomb jusqu’à io'm au-dessous du couvercle et attachés chacun à leur borne ce qui permet ensuite d’établir les connexions qu’on désire.
- La fig. 17 représente une boîte terminale pour câbles de 5o conducteurs munie de parafoudre et pouvant être accrochée sur poteau ; ses dimensions sont de 75 centimètres de haut, 40 centimètres de large et i5 centimètres de profondeur.
- Le tableau suivant donne la longueur totale en milles des câbles fabriqués jusqu’ici par la Western Electric Company, ainsi que celle des fils qui s’y trouvent contenus. On y trouvera également la longueur totale des parties défectueuses qui ont dû être renouvelées ou réparées.
- LONGUEUR totale du câble CABLES défec- tueux LONGUEUR totale des fils FILS défec- tueux
- Câbles sous-marins. — souterrains. — aériens . . . 21.4 17,6 30.5 5,7 ' i,V 387,8 661,0 1,566,9 88,3 90,0
- Total. . . 69,5 7,5 2,615,7 178,3
- Câble téléphonique. — télégraphique 47.2 22.3 5,3 2,2 2,314,6 3oi, 1 166,8 ii,5
- Total. . . 69,5 7,5 2,615,7 178,3
- Les défauts se trouvaient ainsi répartis :
- LONGUEUR
- en milles en milles
- des câbles des fils
- Mauvaise isolation due à un rem-
- plissage insuffisant 1,8 n,7
- Détérioration faite en posant l'ar-
- mature 0,7 4.6
- Fils suspendus mal fixés 1,8 90,0
- Joints défaits pour avoir été mani-
- pulés pendant qu’ils étaient
- chauds 0,9 18,0
- Soudure poreuse 1,0 14,0
- Tube affaibli pour avoir été brûlé
- au joiut I ,0 25,0
- Causés inconnues 0,3 i5,o
- 7,5 178,3
- Les défauts des trois premières parties, formant près de 60 0/0 du total, ont été entièrement réparés. Les causes inconnues sont celles qui, pour un motif ou un autre, n’ont pas été soumises à l’examen. On est donc en droit de les attribuer aussi bien à des accidents extérieurs qu’à des défauts inhérents au câble.
- Standard Electric Cable. — .Dans ce nouveau système les fils, de nombre et de diamètre variables suivant les usages, sont recouverts d’une ou de
- FIG. l8 ET ig
- plusieurs couches de coton imbibé d’un isolant liquide extrait des résidus de la distillation du pé-
- FIG. 20 FIG. 21
- trole. L’ensemble des conducteurs est noyé ensuite dans une gaîne de plomb qui les entoure isolément.
- FIG. 22
- Les figures ci-jointes en représentent certains échantillons de formes différentes (figures 18, 19, 20, 21 et 22). Les avantages principaux revendiqués par l’inventeur sont : une grande flexibi-
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- lité, un repérage facile des divers fils qui constituent le câble au moyen de rainures ou de saillies longitudinales, et, par dessus tout, des propriétés anti-inductrices résultant de l’entourage total de chacun des conducteurs par une gaine métallique. On nous a cité comme preuve à l’appui une ligne de 5 conducteurs placée entre les usines de la Western Oil C°, sur l’Alleghany River, et la Chambre de commerce de Pittsburg, sur une distance de 9 milles, et dans laquelle un des fils servait à la trans. mission de dépêches au moyen d’un appareil Morse, sans que le fonctionnement des appareils téléphoniques reliés aux autres fils en fût le moins du monde influencé. Il existe, en outre, un réseau important de ce système à Washington reliant le Capitole, l’Executive Mansion, les départements
- t’IÜ. 23
- de l’Etat, de la Guerre et de la Marine. La fig. 23 représente le modèle adopté et montre la facilité avec laquelle on peut établir un branchement sans couper le câble ni toucher aux autres conducteurs.
- Ces câbles, fabriqués sur une longueur qui n’est limitée que pour la facilité du transport et de la pose, en général par tronçons d’un demi-mille, sont ensuite enroulés sur des tambours de bois ; ces derniers sont montés sur roues et traînés sur le parcours que doit suivre la ligne. Le câble en se déroulant vient reposer au fond de la tranchée qu’on a creusée de deux pieds de profondeur pour le recevoir. Grâce à cette manoéuvre dont la figure 24 donne une idée, on arrive à poser une longueur de plus de mille pieds par jour.
- La figure 25 représente les dispositifs adoptés pour relier deux tronçons consécutifs ou établir des branchements. Les fils dénudés sont réunis deux à deux recouverts de coton isolant puis entourés chacun d’un ruban de plomb, et enfin le joint est
- protégé par un bout de tuyau de fer soudé à ses deux extrémités.
- Il est certaines circonstances où l’emploi de ce système peut encore être avantageux. Dans les
- FIG. 24
- sous-sols ou dans certaines parties humides des constructions, l’inaltérabilité de son enveloppe
- &
- FIG. 2 5
- extérieure et les formes ingénieuses qui lui conservent une grande souplesse peuvent le faire préférer.
- (A suivre.) G. Duché.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SUR LA CONSOMMATION DU ZINC
- DANS
- LES PILES A OXYDE DE CUIVRE
- La consommation du zinc dans une pile électrique est un des éléments les plus importants de la dépense que nécessite le courant; l’absence d’un travail intérieur, à circuit ouvert, usant inutilement les produits, est donc une condition essentielle pour une pile à montage permanent destinée à fonctionner pendant un temps prolongé.
- La pile à oxyde de cuivre, que nous avons décrite dans ce journal (’), est une de celles qui présente cette propriété importante : les actions locales y sont supprimées à circuit ouvert et elle ne consomme les matières actives qu’en proportion du travail fourni. Ce fait, constaté par une pratique déjà assez longue et affirmé, à la suite d’expériences précises, par divers observateurs distingués, pourrait paraître en contradiction avec les expériences dont M. le Dr Van der Ven vient de publier les résultats {La Lumière Electrique, n° du 5 mars i885, page 458 et suivantes), si ces mesures devaient recevoir définitivement l’interprétation que leur attribue l’éminent physicien de Harlem.
- Sans contester le moins du monde ces mesures, nous examinerons le plus brièvement possible les conditions dans lesquelles elles ont pu être faites, et qui ne sont malheureusement pas définies d’une façon suffisante.
- M. le Dr Van der Ven cite d’abord une expérience préliminaire dans laquelle une plaque de zinc exposée pendant sept jours à l’action d’une solution de potasse à 3o 0/0 aurait perdu une partie notable de son poids ; mais il ne dit pas si la dissolution du zinc s’est effectuée avec ou sans dégagement d’hydrogène : les deux cas ont pu se présenter.
- i° Si le zinc amalgamé a été attaqué avec dégagement d’hydrogène, cela était dû certainement à une raison bien simple : il était de mauvaise qualité. Notre contradicteur ne paraît pas avoir expérimenté sur des zincs de diverses qualités, ce qui aurait été fort utile. De ce qu’un échantillon spécial de zinc ait été attaqué, on ne saurait induire avec justice que le zinc, d’une manière générale soit dissous par la potasse. Chacun sait, en effet, que la qualité du zinc destiné aux piles de longue durée doit être examinée avec soin, l’amalgamation ne le protégeant pas d’une façon certaine contre lés actions locales à circuit ouvert. La présence de petites quantités de plomb, d’arsenic ou d’autres impu-
- (1) C’est probablement par suite d’une erreur involontaire que M. le Dr Van der Ven l’attribue à l’un de nous seulement.
- retés joue un rôle considérable.'Nous avons eu entre les mains des échantillons de zinc qui étaient attaqués d’une façon continue, quelque bien amalgamés qu’ils fussent ; d’autres étaient plus ou moins attaquables et l’action ne se poursuivait pas jusqu’à dissolution complète. La plupart des zincs commerciaux laminés, surtout ceux qui n’ont pas une forte épaisseur, résistent d’une façon parfaite à l’action des alcalis.
- 20 L’attaque du zinc a pu se produire également sans dégagement d’hydrogène, dans des conditions particulières, et cela pouvait être prévu. L’oxygène nécessaire à l’oxydation du zinc peut être emprunté à l’air, au lieu de provenir de la décomposition de l’eau. Nous avons signalé cette action ; une lame de zinc plongée dans une solution alcaline s’oxyde et se dissout aux points voisins du niveau du liquide, ce qui peut amener assez rapidement la section complète de la lame. Ce phénomène se produit d’ailleurs d’une façon plus ou moins marquée dans toutes les autres piles. Nous avons indiqué comment nous supprimions ce grave inconvénient, en suspendant le zinc à une distance suffisante de la surface au moyen d’une tige ou d’une lame de laiton amalgamé. Nous avons même soin de recouvrir la surface d’une courbe de pétrole lourd. Si les lames de zinc étudiées par M. le Dr Van der Ven n’étaient recouvertes que d’une faible couche de liquide, cette action dissolvante a pu se produire sur toute leur surface et suffit pour expliquer les résultats qu’il a obtenus.
- L’une ou l’autre de ces raisons, ou toutes les deux ensemble, peuvent également expliquer l’usure anormale de zinc observée par M. le Dr Van der Ven dans les deux premières séries d’expériences qu’il cite, à moins de supposer qu’il ne se soit présenté de faux contacts. Remarquons néanmoins que la consommation inutile de métal ne paraît suivre aucune loi admissible en fonction du temps; elle est de ogr,4 par heure pour un débit de 0,075 ampères, de i«r,5 par heure pour un débit de 0,37 ampères et devient nulle pour un débit de 0,43 ampères. Cela paraît bien singulier; pour une variation
- de i à peine dans le débit (de 0,37 à 0,43 ampères),
- la consommation de zinc qui était théorique dans un cas, devient triple de celle indiquée par la théorie.
- « Nos expériences, conclut M. le DrVan der Ven, « indiquent la limite inférieure de l’intensité de <1 courant, limite que, dans un élément de dimen-« sion quelconque, mais monté avec une solution
- * alcaline de 3o 0/0, on ne saurait atteindre sans 1 que la production d’électricité se fasse d’une ma-
- * nière de plus en plus coûteuse. *
- Une conséquence immédiate de cette façon d’in-térpréter les résultats serait qu’en décomposant un élément de dimension quelconque, donnant un
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- ;JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- débit de o,43 ampères, en six petits couples, et le conducteur extérieur lui-même en six fils égaux, on obtiendrait un système où la même circulation électrique totale correspondrait à une dépense quintuple de la dépense primitive. En effet, chaque couple élémentaire aurait alors un débit de 0,071 ampères, très voisin de ce débit de 0,075 qui donne lieu, d’après M. Van derVen, à une dépense de cinq fois l’équivalent électro-chimique du courant. La simple juxtaposition des surfaces actives et des fils aurait ainsi sur les phénomènes une influence qu’il est aussi difficile d’admettre que d’expliquer.
- Nous sommes convaincus que M. le Dr Van der Ven s’assurera, pour la suite de ses expériences, que des phénomènes accessoires du genre de ceux que nous avons indiqués sont la seule cause de ces anomalies apparentes dans le rapport de la quantité d’électricité à la consommation du métal actif. Nous le remercions d’ailleurs de la loyauté et de la courtoisie qu’il a mises à reconnaître la justesse de nos observations sur son précédent travail.
- F. de Lalande et G. Chaperon.
- NOUVEAU
- GALVANOMÈTRE ASTATIQUE
- En combinant l’arrangement du galvanomètre figuré ci-contre, je me suis proposé d’obtenir un instrument d’une construction simple et commode, ayant une sensibilité assez grande pour pouvoir servir dans les expériences qui demandent la réduction à zéro (comme pour le pont de Wheat-stone), et cela avec une exactitude au moins égale à celle qu’on obtient dans les expériences courantes de laboratoire.
- Dans ces conditions, il me semble qu’un équipage astatique est de beaucoup préférable à une aiguille ordinaire rendue astatique au moyen d’un aimant permanent d’une action opposée à celle de la terre (aimant d’Hauy). Cette dernière disposition, souvent préférée à cause de la simplification du galvanomètre, est excellente lorsqu’on peut s’entourer de toutes les précautions nécessaires dans un laboratoire spécial. Il est clair cependant que les causes perturbatrices environnantes auront une action très forte sur une telle aiguille, tandis qu’un équipage astatique est bien moins influencé.
- La construction d’un équipage astatique présente quelques difficultés, et les variations dans les aimants dérèglent souvent les appareils.
- Pour éviter cet inconvénient, l’idée me vint de n’employer qu’un seul aimant, arrangé de façon à former à lui seul un équipage astatique, ce que j’ai
- obtenu avec un aimant courbé ainsi [ et suspendu comme l’indique la figure ci-contre, de manière à ce que les deux pôles soient verticalement l’un au-dessus de l’autre. La position des deux pôles sur une ligne verticale a aussi été employée par MM. Thomas et Andrew Gray (voir ce journal, p. 372). La disposition de ces messieurs ne m’était pas connue l’année dernière, lorsque j’ai fait construire mon appareil, qui en diffère du reste par la simplicité de la forme, de la suspension et de l’arrangement des bobines. Comme une partie notable de la longueur de l’aimant se trouve très près de l’axe de rotation et lui est parallèle, il en résulte un moment d’inertie relativement faible, eu égard à la force de l’aimant.
- Le réglage de l’équipage astatique est très sim-
- ple et s’obtient en faisant glisser plus ou moins l’aimant dans l’étrier qui le supporte.
- L’aimant est influencé par deux bobines verticales qui agissent latéralement. Cette disposition ne donne certes pas une attraction aussi forte du pôle magnétique que l’attraction axiale dans l’arrangement de M. J. Rosenthal (voyez ce journal, p. 376). L’action est néanmoins très suffisante, comme on le verra, et plus forte qu’on ne le croirait, peut-être parce que les bobines agissent par les deux bouts. La construction est très simple et symétrique par rapport à la position d’équilibre de l’aimant, dont les déviations sont par suite rigoureusement égales des deux côtés.
- On peut aisément enlever les bobines et les remplacer par d’autres appropriées à l’expérience qu’on veut faire, et j’ai l’intention de faire construire un appareil dans lequel trois paires de bo-
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- bines différentes seront placées sur un plateau mobile autour d’un axe concentrique avec l’axe de suspension de l’aiguille, de manière à pouvoir mettre en regard de l’aimant celle qui convient le mieux, pendant Vexpérience même.
- L’inconvénient de l’emploi de plusieurs bobines signalé par M. Rosenthal n’existe que lorsque le remplacement présente quelques difficultés, sinon il est certain qu’on obtiendra toujours de meilleurs résultats en se servant de bobines appropriées à chaque cas.
- Quant à la sensibilité de mon galvanomètre, je répète que je ne demandais pas des résultats extraordinaires. Il est certain qu’en construisant mon appareil d’une manière plus soignée, on obtiendrait une sensibilité bien glus grande ; tel qu’il est, l’appareil donne néanmoins déjà des résultats qui dépassent de beaucoup ce qu’on obtient dans d’autres instruments construits pour un usage analogue.
- J’ai comparé mon instrument au galvanomètre universel de Siemens, un instrument très bien construit, spécialement pour l’emploi des différentes méthodes de remise à zéro. Il a une résistance de 100 U. S., mon appareil n’a que o,5 U. S. à peu près. Malgré cette grande différence dans les résistances, j’obtiens encore une déviation qui atteint la moitié de celle du galvanomètre universel lorsque les appareils sont traversés par le même courant. A résistance égale, mon appareil sera donc de beaucoup plus sensible que l’autre.
- Je ferai remarquer encore que les, déviations de l’aimant de mon appareil sont indiquées sur un cadran divisé, comme dans le galvanomètre universel. Pour montrer mieux la disposition de l’aimant et des bobines, j’ai supposé dans la figure un instrument construit pour lire les déviations au moyen d’un miroir et d’une règle divisée, disposition qu’il faut employer évidemment lorsqu’on veut obtenir une grande sensibilité.
- C. L. R. E. Menges.
- La Haye.
- CABLE TÉLÉGRAPHIQUE AÉRIEN
- PRÈS D’ASSOUAN
- La guerre du Soudan a présenté depuis plusieurs mois les plus émouvantes péripéties, et les derniers événements de la prise de Kartoum par les tribus fanatisées du Mahdi ainsi que la mort de l’infortuné Gordon ont de nouveau excité l’attention générale ; mais c’est naturellement parmi les populations de la fière Angleterre que l’émotion causée par ces désastres a été le plus péniblement ressentie.
- Après le bombardement d’Alexandrie et la facile victoire de Tel-el-Kebir qui anéantissait la résistance d’Arabi, les anglais croyaient avoir facilement raison des soulèvements qui se sont produits sur les bords du Nil et de la mer Rouge, mais une marche triomphale à travers les déserts du Soudan devait offrir les plus grandes difficultés alors même que les masses ennemies n’eussent pas été composées de valeureux guerriers.
- Cependant les éléments si perfectionnés de l’armement moderne, les appareils que la science met aujourd’hui à la disposition des armées en campagne, ont été employés dans cette désastreuse expédition; les communications entre les diverses colonnes expéditionnaires ont été assurées télégraphiquement toutes les fois que cela était possible, la téléphonie a rendu aussi d’importants services et nous avons décrit, dans ces colonnes, deux applications de la lumière électrique qui ont donné des résultats vraiment merveilleux.
- La première a été faite sur les remparts de Souakim, la seconde dans le port de cette même ville, à bord du vaisseau YAlbacore, et toujours les surprises nocturnes ont pu ainsi être évitées, tandis que les troupes des assaillants, composées de soldats à peu près sauvages, s’enfuyaient terrifiées par les rayonnements électriques qu’ils considéraient comme des manifestations surnaturelles.
- Les travaux de chemin de fer entrepris à Souakim ont pu être continués la nuit grâce aux foyers électriques installés dans les chantiers, et les compagnies du service télégraphique militaire ont accompli un vrai tour de force en établissant un câble à travers le Nil au-dessus de la première cataracte, près d’Assouan.
- Le dessin pittoresque ci-contre représente une vue’d’ensemble de.la région si désolée où la ligne a été posée, sans supports d’une montagne à l’autre, de chaque côté du fleuve; dans le fond on aperçoit les massifs où se trouvent les plus riches carrières d’Assouan, la Syène d’autrefois, ces inépuisables mines de granit rose qui ont donné tant de chefs-d’œuvre à l’antique Egypte et qui se trouvent encore telles que les ouvriers les ont laissées il y a deux mille ans. D’immenses cimetières hors d’usage bordent ces chantiers de pierres abandonnés, une mosquée en ruine et la tombe d’un saint musulman, bâties l’une et l’autre sur les hauteurs voisines, dominent ces lieux funèbres.
- Au.pied des contreforts, sur la droite dil dessin, on aperçoit la ville d’Assouan dont la position est assez pittoresque. Baignée d’un côté par le Nil, elle est gardée de l’autre par une chaîne de rochers taillés carrément ; une aridité complète règne alentour ; le nom hiéroglyphique et copte de cette ville, était Souan dont les Grecs avaient fait Syène et qui s’est {conservé dans l’Ossuan ou Assuan des
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- Cable TELEGRAPHIQUE AÉRIEN AU DESSUS DELA PREMIERE CATARACTE DU NIL (ASSOUAN)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Arabes. Non loin de là entre la ville et la cataracte se trouve la fameuse île d’Eléphantine qui n’est plus qu’un roc nu ombragé seulement de quelques palmiers; les deux temples pharaoniques qui en faisaient la célébrité ont été démolis il y a une trentaine d’années pour construire à Assouan des casernes et des magasins. C’est à Assouan ou plutôt Syène dernière station des Romains dans l’Afrique méridionale, que fut exilé et mourut, à un âge très avancé, le poète Juvénal, sous le règne de l’empereur Adrien.
- En s’éloignant de la ville le paysage manque de variété, mais il ne manque pas de grandeur; les horizons sont vastes, on aperçoit deloin enloinle grand désert de l’Est qui s’étend jusqu’à la mer Rouge. Plus près du Nil, le granit avec ses formes abruptes et ses tons chauds, disparaît pour faire place au grès dont la teinte grisâtre est beaucoup plus froide et la coupe moins pittoresque. Des plaines vertes reposent parfois le regard de l’aridité du roc et dessables; des bois de palmiers inspirent même à distance un sentiment de bien-être par la fraîcheur qu’ils semblent répandre autour d’eux. Quel-’ ques villages. apparaissent çà et là, mais il vaut mieux les voir de loin que de près, attendu qu’ils respirent la misère la plus profonde. Des fellahs roussis par le soleil, puisent de l’eau du fleuve en s’accompagnant d’une cantilène mélancolique. Des femmes en chemise bleue sont accroupies comme des sphinx au seuil des chaumières ; des enfants nus jouent à leurs pieds et de grands vols d’oiseaux sauvages traversent de temps en temps les confins de l’immensité du désert.
- C’est dans la région que nous venons de décrire que le détachement anglais chargé du service spécial électrique a accompli le tour de force qui est probablement sans précédent dans l’histoire de la télégraphie de campagne, en plaçant, comme nous l’avons dit, un câble télégraphique au-dessus de la première cataracte du Nil et en prenant pour points d’appui les sommets les plus élevés de chaque côté du fleuve.
- Le câble employé est -composé de trois fils en acier de 2 millimètres de diamètre, l’aciér a été choisi parce qu’il possède une résistance à la traction supérieure à celle du fer, son emploi dans la construction des lignes permet d’augmenter la portée et par suite de diminuer et de supprimer même dans une certaine étendue les appuis et les isolateurs, ce qui était indispensable dans le cas qui nous occupe. On a pu obtenir dans la fabrication des aciers une grande résistance mécanique avec un degré de conductibilité se rapprochant de celle du fer au moyen d’opérations convenables de trempe et de recuit, la résistance à la rupture de ces fils peut arriver à atteindre 140, i5o et même 200 kilogrammes par millimètre carré.
- Dans ces conditions, de nombreuses expériences
- ont démontré que la conductibilité, aussi bien que toutes les autres propriétés physiques, sont des fonctions de la composition des aciers dans laquelle la manganèse et le silicium ont une action prédominante; les fils de câble de la célébré usine Carlswerk de la maison Fellen et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin acquièrent sans doute le haut degré de durcissement qui les caractérise au moyen de trempes spéciales ; l’écrouissage ne diminue pas sensiblement la conductibilité. Aussi l’on peut obtenir à volonté des fils très résistants à la rupture, sans altérer notablement la conductibilité, il suffit pour cela de donner la dureté par le carbone en éliminant soigneusement le silicium et le manganèse ; ou si l’on emploie des aciers doux, de laisser subsister en partie l’écrouissage dû à la filière.
- On peut avoir des fils d’acier fondu de toutes les résistances jusqu’à 200 kilogrammes par millimètre carré et ces fils ont leur limite d’élasticité très voisine de la résistance à la rupture, ce qui permet à la ligne de supporter la tension produite par l’abaissement de la température et de s'allonger de nouveau lorsque la chaleur se produit.
- Le câble placé à Assouan comprend comme nous l’avons déjà dit, trois fils d’acier de 2 millimètres de diamètre, la résistance mécanique de chacun de ces fils pouvant être estimée à i3o kilogrammes par millimètre carré ; on a choisi des fils de grande longueur d’un seul bout afin de supprimer autant que possible les soudures et par suite les points faibles dans le câble.
- Les sommets des montagnes situées de chaque côté du Nil, au niveau d’Assouan, ne sont pas excessivement élevés ; on a établi sur chacun d’eux de solides supports, comme l’indique la vue perspective; la distance qui sépare les deux points d’attache que l’on avait choisis est de 2 ioo mètres et les difficultés à vaincre pour fixer le câble à deux supports si éloignés au-dessus de la première catataracte du Nil, semblaient rendre la réalisation du travail à peu près impossible.
- On a d’abord immergé le câble, mais pas suivant la ligne des supports, car le Nil est inabordable à ce niveau à cause de la cataracte ; c’est alors en amont que l’on a opéré, puis, de chaque côté du fleuve, de£ hommes, en quantité suffisante, ont exercé une puissante traction aux extrémités, de façon à telever le câble et à l’amener dans la direction voulue, tandis que de chaque poteau d’attache, sur le sommet des montagnes, des efforts non moins puissants relevaient assez le câble pour le tenir au-dessus des plus hautes eaux du fleuve, l’ensemble de la ligne, entre ces deux montagnes qui enserrent le fleuve., formant alors une énorme courbe.
- C.-C. Soulages.
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- UN MODE
- DE
- FORMATION DE LA GRÊLE (*>
- 1. Principes qui servent de point de départ a la nouvelle théorie. — i° La température des liquides à l’état sphéroïdal est voisine de celle à laquelle ils peuvent bouillir sous la pression à laquelle ils sont soumis. Ainsi l’eau sphéroïdale sous la pression de cinq atmosphères, par exem-plé, a la température d’environ i5o° au-dessus dù zéro, et sous la pression d’un millimètre de mercure, celle d’environ 20° au-dessous de zéro; dans le vide elle se congèle d’elle-même dans le vase très chaud qui la contient; 20 lorsque la pression à laquelle le liquide sphéroïdal est soumis change, sa température change dans le même sens (augmentant ou diminuant), mais avec cette différence que, tandis que l’augmentation de température est lente par rapport à l’augmentation de pression, lorsque cette dernière diminue, la diminution correspondante de température a lieu si promptement que sur la simple considération de la température on peut juger de la valeur de la pression.
- En partant de ces faits, et considérant avec attention ce qui nous apparaît dans les nuages orageux, je suis arrivé à concevoir un mode possible de formation de la grêle. Je dis un mode possible, car il pourrait bien y en avoir d’autres; pourtant je pense qu’après un examen attentif de ce que je vais expliquer, les savants m’accorderont que, sinon toute les fois, du moins le plus souvent, la cause de la grêle est celle que je lui assigne.
- 2. Proposition fondamentale. — Lorsqu’une goutte d’eau suspendue dans l’air ou dans un nuage est frappée par la foudre, elle peut passer à l’état sphéroïdal, et si, pendant qu’elle se trouve dans cet état, il se fait le vide dans l’espace environnant, sa température pourra descendre si bas au-dessous de zéro, qu’elle se congèlera presque instantanément.
- 3. Les gouttes d’eau frappées par la foudre passent a l’état sphéroïdal. — L’existence de gouttes d’eau suspendues dans l’air ou dans les nuages orageux» ne peut pas se mettre en doute, et tout le monde conviendra que ces gouttes peuvent être frappées par la foudre et, en partie, réduites en vapeur. La partie non vaporisée passera instantanément à l’état sphéroïdal, comme dans nos expériences de cabinet.
- En effet, la décharge électrique ne passe pas
- (!) Cette étude a été publiée la première fois dans la Rivista Scient. InJustr. de l’ing. Guido Vimercati.
- dans l’intérieur des masses d’eau, elle en effleure seulement la surface, et par sa chaleur en fait vaporiser la première couche. Cette vérité a été démontrée d’une manière évidente et avec un très grand nombre d’expériences par Beccaria (’). Le mortier électrique de Beccaria n’est qu’une application de l’évaporation de l’eau ou de l’alcool, engendrée par une décharge électrique. De la même manière on donne raison de l’action du petit canon du P. François Marie Stella, qui, dans le pistolet de Yolta, substitue au gaz tonnant un peu de coton mouillé dans l’alcool ou dans l’éther (a).
- « Celui qui tient la main plongée dans l’eau au moment où l’on décharge sur sa surface une forte batterie, éprouve une concussion soudaine, laquelle diffère grandement de la commotion. Le coup, très prompt, que l’air et les vapeurs lancées font donner à l’eau, se communique à la face de la main plongée, qui est frappée de la même manière qu’un navire par le tremblement de terre (3). >
- Les expériences faites sur les lacs ou sur les fleuves par Jallabert, Monnier, Franklin et par Beccaria lui-même sur le Pô, sont une preuve du principe énoncé (4).
- Maintenant il est facile de concevoir que, si la foudre frappe une goutte d’eau qui ne soit pas trop petite, sa chaleur se consume presque entièrement dans la vaporisation superficielle de l’eau, et la température dans l’intérieur de la masse liquide, à cause de la très courte durée du phénomène, 11e changera pas sensiblement.' Cette masse liquide se trouvera momentanément dans la condition où se trouvent les liquides aux premiers instants où nous les mettons dans les vases métalliques incandescents, et elle se réduira, comme ces derniers, à l’état sphéroïdal. Si cette condition se maintenait pendant quelque temps, la température de l’eau s’élèverait jusqu’à près de la valeur correspondant à l’ébullition, mais, il est bien de le répéter, cela ne peut pas avoir lieu, car la décharge électrique ne dure qu’un instant.
- 4. Autour de la masse d’eau, réduite a l’état sphéroïdal par la foudre, se forme le vide. — * La vapeur (engendrée par la décharge) lance en
- (!) Eletlricismo artificielle, Turin, 1772, p. 247 à 263, dans l’article qui a pour titre : Delta scientilla rispetto alPac-qua e ad al tri licori.
- (-) Nuevà giornale d'Ilalia spettante alla scienza naturale Venezia, 1789-90, vol. I, p. 6. ’
- C’est une curieuse expérience que celle dans laquelle on met convenablement dans le pistolet deux boules de coton, une trempée dans l’éther et l’autre dans l’alcool. Au passage de la décharge électrique ou entend une détonation, et la boule trempée dans l’alcool est lancée hors du pistolet, enflammée.
- (3) Beccaria, lieu cité, p. 2S9.
- ('0 Id-, P- 25o.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- un instant l’air résistant loin de son court sentier, forme tout autour une espèce de vide, à travers lequel l’étincelle passe plus vite et plus unie », dit Beccaria (lieu cité) ; et après avoir décrit son mortier électrique il ajoute : « Ce sont des expériences amusantes, qui servent à l’explication de plusieurs effets merveilleux de la nature » parmi lesquels il cite : les liquides et les vases qui les contiennent lancés très fortement par la foudre, les souliers des personnes foudroyées déchirés et réduits en pièces à cause de l’humidité des pieds, laquelle passe très rapidement à l’état de vapeur, et même les habits humides réduits en chiffons, etc.
- Arago, dans sa mémorable notice sur le tonnerre (*) explique de la même manière que Beccaria la puissance de la foudre dans ses merveilleux effets de transport de masses très pesantes. « Se hasarderait-on beaucoup en supposant que le fluide élastique en question (capable de produire de tels effets) n’est autre que de la vapeur d’eau? La matière de la foudre fond, ou du moins fait passer subitement à l’état d’incandescence des fils métalliques d’une faible grosseur ; ne doit-on pas en conclure qu’elle rendra aussi subitement incandescents les minces filets d’eau qu’elle trouvera sur son passage? »
- La vapeur d’eau, à la très haute température à laquelle elle peut être portée par la foudre, chasse et lance à distance tout ce qui s’oppose à sa dilatation.
- Cela aura aussi lieu dans le cas de la goutte d’eau frappée par la foudre. Sa couche extérieure se vaporise, et la vapeur, lancée avec violence tout autour, agit comme un ressort, qui d’un côté comprime la goutte et de l’autre pousse l’air. Supposons la goutte entourée complètement et uniformément par le feu, l’air est chassé tout autour et éloigné de la goutte. Mais l’action du feu électrique ne dure qu’un instant, et à peine cesse-t-elle, le coussin de vapeur autour de la goutte perd presque instantanément sa force élastique; l’air retourne vers la goutte, mais avant qu’il n’y arrive, la goutte se trouve momentanément comme suspendue dans le vide.
- Cela a lieu pour chaque goutte ; mais la matière de la foudre n’est pas contrainte dans un espace aussi petit que celui occupé par une goutte; tandis qu’elle produit sur chaque goutte le phénomène décrit, elle frappe aussi et dilate l’air qui est autour à une distance, qui, dans les grandes décharges, peut être très considérable.
- L’effet qui s’ensuit de cette manière, sur une goutte, se combine avec l’effet produit simultanément sur les gouttes voisines, et il en résulte des actions et des mouvements très compliqués. Entre
- quelques-unes des gouttes, tout l’air pourra être chassé, et il n’y restera qu’un peu 3e vapeur surchauffée et à très grande tension, entre d’autres il se trouvera de la vapeur mêlée à l’air, lui aussi très chaud et très dilaté. Et comme le feu de la décharge peut frapper inégalement les différents côtés d’une goutte, et même se limiter à l’effleurer d’un côté, ainsi la résultante des actions que la goutte reçoit de la vapeur, qui se détend comme une des matières explosives les plus puissantes, peut la lancer avec une très grande violence dans l’espace. Il serait difficile de décrire l’embrouillement et l’agitation que cette cause produit dans un amas de gouttes d’eau frappées par la foudre.
- Beccaria (*) a décrit des résultats de cette espèce obtenus, artificiellement et en petit, avec des décharges produites sur la surface de la pâte tendre, de la glace et de la neige. Dans ce dernier cas la décharge disperse une quantité considérable de neige, fait un trou de la profondeur de deux pouces environ et presque aussi large que long, et en lance des morceaux à une distance plus grande que trois pouces.
- Aussitôt après la décharge, la température de la vapeur engendrée par le flux électrique et de l’air ambiant, à cause de la grande vitesse avec laquelle les gaz se refroidissent par irradiation, et du froid qui règne dans les régions environnantes, descend presque instantanément à zéro. La tension de la vapeur, de quelques centaines d’atmosphères, tombe d’un coup presque à rien, et pendant cette chute, les molécules de vapeur, à cause de la prompte diminution du volume de chacune d’elles et du volume total, n’exercent plus aucune pression sur les gouttes d’eau, de la même manière que la pierre qui tombe ne fait pas sentir son poids sur la main qui en suit le mouvement de descente.
- Pourtant on peut bien dire que les gouttes se trouvent momentanément comme suspendues dans le vide. Je dis en outre : la grandeur de l’espace, où la pression est nulle ou presque nulle, doit être considérable, d’après ce que nous pouvons en juger, vu l’énergie du feu céleste et l’intensité du son engendré par l’air qui s’y précipite pour le remplir. Nous arrivons à la même conclusion en considérant que Beccaria (lieu cité) a rendu sensible à une balance ordinaire le poids de l’eau vaporisée par une simpie décharge ae ses batteries. Maintenant, combien de fois ne sera-1-elle pas plus grande la masse d’eau vaporisée par la foudre ? Et quel volume sa vapeur occupera-t-elle à la très haute température à laquelle elle est portée ? De toutes ces considérations il résulte que l’air, autour des gouttes foudroyées, doit être lancé à grande distance, et en conséquence, malgré la
- (') Lien cité, p. 259.
- (*) Annuaire du B, des Long, de i838, p. 463.
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- grande vitesse avec laquelle il pénètre dans le vide, il faudra toujours une fraction sensible de seconde pour que l’espace en question soit rempli.
- 5. Les gouttes d’eau dans le vide se congèlent. — Ici c’est le cas de rappeler le iA principe du n. 1, et la cause de laquelle il dépend.
- On dit qu’un liquide est surchauffé, lorsque sa température est supérieure à celle à laquelle la tension maxima de ses vapeurs est égale à la pression exercée sur le liquide. A la cessation de la cause qui maintient le surchauffement, le liquide entre soudainement en ébullition et ordinairement avec une telle vivacité, qu’il produit une explosion. C’est de cette manière qu’arrivent les explosions dites fulminantes des machines à vapeur. La température du liquide qui fait ainsi explosion se réduit d’un saut à celle de son ébullition sous la pression à laquelle il est soumis.
- Nos gouttes d’eau foudroyées pendant la dé charge, comme j’ai déjà fait remarquer au n° 3, conservent la température qu’elles avaient auparavant, et qui peut être de quelques degrés au-dessus ou au-dessous du zéro. Portées subitement dans le vide, elles se trouvent dans la condition des liquides -surchauffés sans la cause qui maintient le surchauffement. Elles font explosion, pour ainsi dire, ou, mieux, une partie de leur masse se vaporise d’un coup aux dépens de la chaleur de l’autre partie, laquelle se refroidit jusqu’à la température de son ébullition dans le vide, et cette température, suivant le degré de raréfaction, peut descendre à un petit, ou même à un très grand nombre de degrés au-dessous de zéro. C’est de cette manière que les premiers noyaux de glace se forment, lesquels peuvent s’unir entre eux et engendrer toutes les formes de grêle, comme je le démontrerai.
- 6. La grêle sort du nuage dans toutes les
- directions. — Nous voyons souvent la grêle, même sous l’impulsion d’un vent assez fort, tomber dans des directions croisées. Lecoc, sur le Puy-de-Dôme, à 5o mètres du sommet de la montagne, a observé la grêle qui, sortant du nuage, était lancée dans toutes les directions. « Il semblait que chaque grêlon fût chassé par une répulsion électrique; les uns s’échappaient par-dessous, les autres en sortaient par-dessus. Enfin ils partaient dans tous les'sens... » (*).
- Ce que j’ai dit dans le sixième alinéa du n° 4 explique la cause de ce phénomène.
- 7. Causes du bruit des nuages orageux. — Comme on le voit, le passage de la foudre à travers un amas de gouttes d’eau tombantes peut produire leur congélation totale ou partielle, et les
- (‘) Faye, Annuaire de 1877, p. S47.
- lancer avec une violence très grande dans toutes les directions ; en conséquence elles peuvent s’entrechoquer, s’unir ou se disperser; et si plusieurs décharges ont lieu dans un court intervalle de temps dans un même amas de gouttes, cette agitation, qu’on ne peut en rien comparer à la danse de Volta, pourra continuer même pendant plusieurs minutes. En attendant, l’air, en se précipitant dans les vides autour des gouttes foudroyées, produit des coups et des sons différents, dont une partie s’incorpore avec le tonnerre, et une partie constitue le pétillement, le bruit, le fracas, que tout le monde connaît, des nuages orageux (:),.
- (.A suivre.) Jean Luvini.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Angleterre
- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ. — Dans k
- troisième et dernière de ses Cantor Lectures, le professeur G. Forbes a fait observer qu’en augmentant la force électromotrice dans les circuits de lumière électrique, on peut diminuer le courant nécessaire, et par conséquent aussi les dimensions des conducteurs.
- On pourrait charger des accumulateurs pendant
- la journée avec un courant de haute tension, et chaque appareil pourrait servir le soir à alimenter une installation. Cette disposition permettrait d’employer des moteurs et dynamos plus petits, que quand le courant est fourni directement aux lampes, et on effectuerait également une économie considérable de cuivre. Les ingénieurs électriciens feront donc bien de retenir ce fait, bien que les accumulateurs ne soient pas aujourd’hui arrivés à la perfection.
- Le système de MM. Gaulard et Gibbs, qu’on installe en ce moment aux galeries de Grosvenor
- (*) Dans une prochaine étude je ferai connaître encore une autre cause de ce bruit,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et à l’Exposition des Inventions à Londres, fournit un autre exemple d’un éclairage électrique avec des courants à potentiels élevés. En réalité, l’idée d’employer des bobines d’induction pour l’éclai-„rage électrique comme le font MM. Gaulard et Gibbs n’est pas neuve du tout, et elle a été brevetée en Angleterre, déjà, en 1857, par M. Harri-son. L’induction provoquée dans les fils téléphoniques, par la transmission des courants alternatifs, peut être annulée par l’emploi d’un circuit métallique.
- Parmi les différents systèmes pour disposer les lampes, le professeur Forbes a d’abord examiné celui représenté par la figure, où D est la dynamo et L L les lampes, dont il y a deux en série dans chaque dérivation. Cette disposition présente l’inconvénient que si l’une des deux lampes en série se casse, l’autre s’éteindra également, mais on y remédie par un autre fil entre chaque paire de lampes, comme l’indique la ligne en pointillé de la figure
- Ce système est employé pour l’éclairage des rues à Temesvar, en Hongrie, mais le professeur Forbes fait remarquer que bien qu’il convienne très bien pour une installation de ce genre, il serait inapplicable pour l’éclairage domestique en général, par la raison que si quelques lampes sont hors du circuit, les autres recevront trop de courant. 4-Cet inconvénient peut être évité par le système à trois fils du D1 Hopkinson, dont j’ai parlé dans une lettre antérieure. Dans ce système, deux dynamos fonctionnent en série, et deux conducteurs principaux sont reliés aux pôles extérieurs, tandis qu’un troisième communique avec un point intermédiaire entre les deux dynamos. Les lampes sont reliées entre les fils extérieurs et celui du milieu ou de compensation, on obtient ainsi une double force électromotrice, et le professeur Forbes dit qu’il serait possible d’employer, le premier conducteur principal et le fil compensateur pour alimenter des lampes à une distance de 124 yards; ensuite d’employer le deuxième conducteur à plus faible potentiel et le fil compensateur pour s’éloigner encore une fois de 124 yards de la dynamo. Ce système ne demanderait que trois quarts de la quantité de cuivre qu’il faut pour la disposition ordinaire en tension.
- En i883, M. Edison a breveté une manière de réduire l’épaisseur du fil compensateur en faisant passer les lampes, d’une paire de conducteurs à l’autre au moyen d’un commutateur. Ces commutateurs peuvent être mis à la disposition du clïènt même, ou être actionnés du bureau central ou bien automatiquement par le courant même. La combinaison de ces commutateurs avec le système à trois fils semble promettre une solution de la difficulté. Le professeur Forbes propose d’appliquer les commutateurs au simple système de dis-
- tribution à deux fils et de faire passer une installation particulière des fils de haute tension à ceux de faible tension ou vice versa.
- En finissant ces conférences aussi utiles qu’intéressantes, le professeur Forbes a fait remarquer qu’une des préoccupations principales des inventeurs d’appareils de lumière électrique était de diminuer les dimensions des conducteurs nécessaires à la distribution, et il a fait observer à ses auditeurs que si on pouvait employer des potentiels de 5 000 voltSi 011 pourrait alimenter un quartier de 5o 000 foyers avec un conducteur en cuivre d’une section d’un pouce carré.
- Le prof. Forbes a parlé de la sécurité du public avec des potentiels aussi élevés, rgais ce danger ne le préoccupe pas beaucoup, il l’a comparé à celui du gaz, une substance très explosive qui est amenée sous le pavé, dans presque toutes les maisons. Il croit parfaitement possible d’isoler les fils pour de si hautes tensions, de sorte qu’ils ne pourraient devenir dangereux que par des imprudences grossières, surtout si les conducteurs étaient essayés régulièrement.
- Tout cela est sans doute vrai, surtout au point de vue d’un électricien, mais il serait en même temps imprudent de négliger la méfiance du public vis-à vis des courants de haute tension qui existe réellement, et tant qu’il arrivera des accidents par des commotions électriques on ne peut s’attendre à voir disparaître la méfiance du public.
- C’est du public que les ingénieurs électriciens attendent de l’aide et une clientèle et ils ont justement mis en avant la plus grande sécurité de la lumière électrique comparée au gaz comme un des avantages de celle-ci. On a avancé tout ce qui pouvait plaider en faveur de la lumière électrique; la sécurité était un des avantages promis. Ce n’est cependant pas un bon argument en faveur de la lumière électrique de dire que puisque le public admet le gaz explosif dans les rues et dans les maisons, il n’aurait pas de raisons pour s’opposer aux courants de potentiels élevés. Deux non ne font pas un oui. De plus, le danger d’une fuite dè gaz n’arrive pas sans avertissement, l’odeur en trahit souvent la présence. Mais une personne quelconque n’a aucun moyende s’apercevoir d’une fuite d’électricité. En général, le choc même en donne la première indication, et le mal est fait. D’autre part, l’électricité s’échappe par un défaut d’où le gaz ne pourrait pas sortir en quantité dangereuse. C’est un agent bien plus subtil et insidieux qui demande à être traité avec le plus grand soin, même par ceux qui en ont l’habitude. Une seule erreur, dans un moment d’inattention, peut causer un malheur. Le public a un vague pressentiment de ce caractère capricieux et dangereux en apparence et ne se contentera pas d’arguments. Le préjugé doit être vaincu par des expériences
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- pratiques et les inventeurs feront bien de s’occuper tout spécialement de rendre l’éclairage électrique inoffensif et de convaincre le public de ce fait. L'économie de cuivre réalisée par l’emploi des courants de haute tension serait absorbée, du moins en partie, par la forte isolation nécessaire pour des courants de ce genre, un point que le conférencier semble aussi perdre de vue. Il faudrait trouver le moyen de réduire la quantité de cuivre nécessaire sans avoir recours aux potentiels assez élevés pour présenter des dangers pour la vie humaine.
- LA DURÉE DES LAMPES A INCANDESCENCE. — Les
- essais qui ont été faits à l’usine Edison, à Ivry, près de Paris, avec des lampes Edison de 16 bougies et ioo volts, ont démontré que la vie de celles-ci diminuait considérablement avec l’emploi d’une force électromotrice au-dessus de la tension normale. Ainsi, selon les chiffres de M. G. Foussat :
- Pour ioo volts, la vie moyenne des lampes était de ioooheures
- — 99 — — — — 1277 —
- — 98 — — _ — i6^5 —
- — 97 — — — — 2135 -
- — 96 — — — — 2/5t —
- — 95 — — — — 35g5 —
- D’autre part, avec une force électromotrice de :
- 100 volts la vie moyenne des lampes était de 1000 heures.
- 101 — — ' — — 785 —
- 102 — — — — (301 —
- i°3 — — - — 477 —
- 104 — — — — 37» —
- 105 — — — — 2d4 —
- A propos de ces résultats, les professeurs Ayr-
- ton et Perry ont dernièrement démontré que si p représente le prix d’une lampe en livres sterling, n le nombre d’heures d’éclairage qu’elle fournit par année,/(r) la vie de la lampe en heures et 0 (v) son intensité lumineuse en bougies, /(v) et 0(v) étant exprimés en fonctions de la différence de potentiel en volts, alors
- pxn
- 7»X0(>>)
- représente le coût par année et par bougie en ce qui concerne le renouvellement des lampes.
- De même, si H représente le coût d’un cheval électrique par an pour le nombre d’heures pendant lequel la force électrique est employée cp (v) le nombre de
- watts par bougies. Alors ^ -{- <p (v) représente le
- coût par an et par bougie, en ce qui concerne la production de l’énergie. Le total de ces deux sommes représente le coût par bougie et par an et la valeur de v qui détermine le minimum peut être trouvée graphiquement ou analytiquement. Pour les lampes Edison de 108 volts employées
- au Technical College, à Finsbury, à Londres, où 11 = 56o et H =r £ 5, la solution graphique du. problème donne pour la valeur minima du coût total v — 106. La courbe qui relie le total des frais annuels par bougie avec v est très plate en ce point, ce qui prouve qu’une variation jusqu’à 4 volts de la différence de potentiel des lampes n’entraînera qu’une augmentation de 5 0/0 des frais annuels.
- Les professeurs Ayrton et Perry ont trouvé que dans certains types de lampes à incandescence l’intensité minimum en bougies varie comme la différence de potentiel moins une constante.
- La pile Skrivanoff a été appliquée à l’éclairage domestique aussi bien qu'aux foyers électriques de la police. Les éléments sont placés dans de petites boîtes de 4 pouces sur 2 et 1, chaque élément ayant un diamètre d’un pouce. Deux ou plusieurs de ces boîtes alimentent une lampe à incandescence montée sur un pied portatif qui renferme la pile comme une lampe à huile ordinaire. Les avantages de cette pile pour l’éclairage domestique reposent sur sa propreté, ses petites dimensions et l’absence d'odeur, mais elle devient coûteuse si on n’a pas soin de convertir l’argent réduit en chlorure ('). On prétend que la pile peut alimenter une lampe à incandescence pendant 12 heures environ.
- J. Munro.
- Autriche
- Nous pouvons aujourd’hui compléter les renseignements donnés dernièrement au sujet de la combinaison d’une station centrale pour l’éclairage électrique et deux établissements de bains. Il n’est pas facile d’obtenir la concession pour une installation de ce genre, même dans un endroit où les conditions locales ne présentent pas autant de difficultés. Dans toute construction où il est nécessaire d’installer des chaudières à vapeur d’une force aussi considérable au centre d’une ville très peuplée, les autorités sont toujours difficiles. Les objections contre l’installation ne sont pas seulement fondées sur la considération de la sécurité publique, mais aussi sur des raisons sanitaires. La nécessité de dépaver les rues et les trottoirs pour la pose des conducteurs présente encore des inconvénients assez sérieux ; néanmoins le conseil municipal de la ville de Vienne n’a pas hésité à accorder, à la date du 24 février, la concession demandée pour la construction d’une station centrale dans laNaglergasse. Le projet a donc fait un grand pas en avant vers sa réalisation.
- (!) Cette chloruration, effectuée à l'aide de l’eau régale, ramène les vapeurs nuisibles et rend l’appareil aussi peu pratique que ses congénères pour l’éclairage domestique.
- Récif
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ï>d:
- La décision de la maison Siemens et Halske, de Vienne, de se charger de l’installation, est d’une importance presque aussi grande pour le succès de l'affaire. Cette résolution nécessitera une extension considérable des ateliers et de l’usine de cette maison à Vienne; car les dynamos, lampes, câbles, bref tous les accessoires d’une installation de ce genre doivent être fabriqués en Autriche.
- En attendant, la question des stations centrales a été traitée en détail par le professeur George Forbes dans ses Cantor-Lectures. Les conférences de ce savant ont également jeté quelque lumière sur l’installation de Colchester. Cette installation fonctionne avec des accumulateurs, ainsi qu’il a été dit dans le n° 25 de La Lumière électrique en 1884, et l’on sait que les résultats financiers n’ont pas été très favorables. Le nombre d’heures d’éclairage fourni par les lampes était peut-être insuffisant, le rendement et le prix des accumulateurs n’ont peut-être pas répondu à l’attente. Quoi qu’il en soit, le double du prix du gaz que les habitants de .Colchester devaient payer pour leur éclairage électrique était trop élevé, et la Société qui s’était chargée de l’installation a encore perdu 45 450 fr. dans un temps relativement court. Ces faits sont complètement en harmonie avec l’opinion de beaucoup de praticiens au sujet de l’emploi des accumulateurs dans des stations centrales, et un écrivain anglais très connu s’est dernièrement exprimé ainsi à ce sujet : -
- « Sans aucun doute les intérêts et la dépréciation sur une série d’accumulateurs assez considérable pour faire fonctionner une installation d’éclairage électrique jour et nuit, de façon à accumuler pendant la journée le courant fourni aux lampes pendant la soirée, dépassent de beaucoup les intérêts et la dépréciation sur une double installation de moteurs, chaudières et dynamos, »
- Dans son livre Practical Treatise on electric Lighting, le même auteur, M. J. E. H. Gordon, tient cependant à prouver l’impossibilité d’une installation centrale avec des générateurs secondaires. Nous n’aurions pas parlé de ces différences d’opinion et de ces faits si quelques expériences, qui ont été faites dernièrement à Vienne sur les installations centrales avec des accumulateurs, n’avaient pas donné lieu à une opinion plus favorable que celle que Gordon a exprimée au sujet du générateur de Gaulard et Gibbs.
- Les professeurs Colombo et Ferrini, ainsi que M. Gaulard lui-même, ont décrit dans ce journal les résultats des expériences faites avec ces générateurs à Turin et sur le chemin de fer métropolitain de Londres. Dans sa dernière conférence à la Société internationale des électriciens, M. Gaulard a montré le rapport entre le travail primaire et secondaire des accumulateurs et l’augmentation du rendement qu’on obtient jusqu’au moment où la ré
- sistance intérieure de l’appareîl par rapport à la résistance du circuit extérieur ne peut plus être né-gligée.
- Les expériences avec des appareils d’induction qui ont été faites par le représentant de la maison Ganz et C°, M. l’ingénieur Déri, ont/donné des résultats très encourageants pour les installations des générateurs secondaires ou des inducteurs. Il faut dire tout d’abord que c’est le faible rendement qui a toujours empêché l’application des appareils d’induction à l’éclairage électrique. MM. Hopkin-son, Forbes, et les membres du jury de Turin ont reconnu les progrès considérables vers un rendement satisfaisant réalisés par M. Gaulard. Mais M. Gaulard impose comme une condition nécessaire pour un système complet de distribution que l’énergie appliquée à la génératrice se règle automatiquement d’après l’énergie absorbée pour l’éclairage.
- Maintenant MM. Zipernowski et Déri ont obtenn de leur inducteur non seulement un rendement supérieur à tout ce qu’on a eu jusqu’ici, mais aussi des appareils d’un prix extraordinairement bon marché. Ces expériences ont démontré la possibilité de produire presque tout le courant nécessaire aux lampes en circuit, sans moyens mécaniques et sans perte d’énergie ; il a également été prouvé qu’on pourrait envoyer d’une station centrale des courants alternatifs de haute tension par des conducteurs minces pour les utiliser dans une installation d’éclairage quelconque, et qu’on pourrait même obtenir tout le courant nécessaire à un moment donné.
- Le fait de mettre des lampes placées en dérivation hors du circuit et l’augmentation de la résistance du circuit extérieur réagissent sur le pouvoir inductif des électro-aimants et diminuent ainsi la production de courant et la dépense d’énergie. Ce réglage, extrêmement délicat, forme un des traits caractéristiques du système Zipernowski-Déri, qui se distingue aussi par l’absence de tout régulateur mécanique et par la manière simple dont on a réalisé le principe de la distribution du courant des inducteurs secondaires par dérivation.
- Ces expériences ont été faites dans le Technolo-gisches Gewerbemuseum, une institution sur le modèle du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris, qui vient d’être fondée mais qui a su, à l’occasion de ces expériences, s’attirer l’attention du public, si nécessaire en Autriche pour toute nouvelle entreprise. Les départements de la métallurgie et de l’électricité se trouvent dans l’ancienne usine Sigl, qui autrefois jouait en Autriche le même rôle que celle de Brosig en Prusse; aujourd’hui le Gewerbemuseum, ainsi que l’usine de MM. Meyer et Kreme-netzky, se trouvent très à l’aise dans les locaux immenses de l’ancienne fabrique de machines et de locomotives.
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- Le moteur dont on s'est servi pour ces expériences a été construit dans l’usine Sigl et ressemble par son extérieur*et par sa marche à celui de MM. Armington et Sims, que nous avons vu à notre exposition d’électricité, et dont la Compagnie Edison se sert si souvent avec ses dynamos. Cette machine, qui fait 35o tours par minute, était placée, avec les dynamos et un appareil d’induction, à une distance de 3oo mètres des deux inducteurs secondaires, qui alimentaient chacun 202 petites lampes Swan demandant 1,2 ampères et 27 à 28 volts.
- La machine à vapeur a une force de 25 chevaux, dont il faut environ 10 pour faire tourner la dynamo à blanc. Celle-ci a une différence de potentiel aux bornes de 1 i5o volts. L'intensité dans le circuit primaire était de 12,5 ampères. Le courant primaire arrivait dans deux inducteurs qui n’avaient qu’une différence de potentiel maxima de 56 volts aux bornes ; il fallait donc intercaler les lampes Swan deux par deux en tension. L’intensité dans le circuit secondaire ou celle des lampes variait selon le nombre de celles-ci; pour 202 lampes elle était de 120 ampères. Il n’y a presque pas de perte d’énergie dans les transformations dans les inducteurs; comme M. le professeur Ferraris l’a fait pour les générateurs secondaires de Gaulard et Gibbs ('), nos inventeurs ont aussi voulu constater ce fait par des mesures calorimétriques.
- Les expériences de Vienne ont eu lieu en présence de l’archiduc Charles-Louis, frère de l’empereur et protecteur du Gewerbe verein, qui s’intéresse particulièrement au développement de l’industrie ; de l’archiduc Rainer, qui, dans sa qualité de curateur de l’Académie impériale des Sciences, suit également les progrès de l’électricité, ainsi que du grand-maître de la cour de l’empereur et le prince de Hohenlohe, qui a été émerveillé de la simplicité des dispositions : un inducteur pour 202 lampes ne pèse que 84 kilos.
- Les mouvements ont été vérifiés par les physiciens bien connus MM. Stefan et von Waltenho. fen. L’installation a été visitée par un grand nombre de membres de l’Electrotechnischer Verein de Vienne et par beaucoup d’ingénieurs, d’architectes et de propriétaires d’usines.
- La fabrication des lampes commence maintenant à prendre de l’importance en Autriche, et l’usine de MM. Kremenetsky et Mayer construit d’excellentes lampes du système Lane-Fox, qui a été décrit dans le n°9 de cette année de La Lumière Electrique.
- Sous la direction personnelle de l’inventeur, la maison Egger et C° construit des lampes Bernstein
- (*) Je viens à l’instant de recevoir un travail'du professeur Ferraris, intitulé : Riserc/ie teorichc e sperimentali sul generatorc secondario Gaulard e Gibbs, qui, sans doute, contiendra des renseignements intéressants sur plusieurs parties de ce système.
- qui, au commencement, ne fonctionnaient qu’avec des courants de haute tension, mais qui ont été modifiées par les fabricants de manière à pouvoir fonctionner même avec 0,8 ampères, et on les construit aujourd’hui pour une intensité quelconque.
- J. A. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouciikoll
- Sur le parafoudre à polarisation, par M. A. d’Arsonval (').
- « Dans ma Note du 26 janvier i885, après avoir montré la vraie cause des dangers présentés par les générateurs mécaniques d’électricité, j’ai décrit très sommairement le moyen d’éviter ces dangers. Cette description, bien que très claire pour les électriciens, a donné lieu, de la part de M. Daus-sin, à une réclamation de priorité qui me semble mal fondée. Le moyen indiqué par cet inventeur n’a qu’une analogie de forme (emploi d’une dérivation liquide) avec celui que je propose. Le principe et le fonctionnement en sont absolument différents.
- « En effet, pour supprimer l’étincelle d’extracourant dans son relais télégraphique, M. Daus-sin place en dérivation, sur le circuit de l’électro-aimant, une simple colonne d’eau dans laquelle trempent deux fils de cuivre. Il substitue à la résistance métallique, utilisée quelquefois à cet effet, un conducteur liquide, n’ayant pas de self-induction, ainsi que cela s’est fait bien antérieurement dans les appareils électro-médicaux, pour en graduer les secousses. Dans cette disposition, la dérivation fonctionne comme une dérivation. Elle est toujours traversée par une partie du courant de la pile, plus ou moins, suivant sa résistance.
- « Si M. Daussin diminuait graduellement sa résistance (en augmentant la surface des électrodes ou en employant plusieurs dérivations, comme il l’indique), la plus grande partie du courant passerait par cette dérivation, qui se comporte, en somme, comme une dérivation métallique.
- « Dans cette disposition, on perd inutilement une partie du courant et l’on affaiblit forcément le courant qui traverse l’électro-aimant. Dans ma disposition, au contraire, jamais le courant direct ne peut franchir la dérivation, quelque faible que soit la résistance. Cela tient à ce que cette dérivation développe, sous l’influence du courant, une
- P) Note présentée à l’Académie des sciences dans séance du 9 mars 188S.
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- force contre-électromotrice qui équilibre toujours celle de la source. Le courant direct se crée automatiquement une résistance infranchissable. Cela tient à ce que j’associe en tension, et en nombre suffisant, des électrodes capables de se polariser (plomb, platine, charbon, etc., plongeant dans l’eau acidulée), ce qui ne saurait avoir lieu avec des électrodes en cuivre et avec des dérivations multiples associées en quantité, comme l’indique M. Daussin.
- « En pratique, j’emploie une pile à auge dont les cloisons sont de simples lames de plomb emmaga sinant très peu, et dont une des faces est positive et l’autre négative. Cette auge est remplie d’eau acidulée et l’on donne aux cloisons une surface aussi grande qu’on le veut sans modifier l’effet, tout en diminuant indéfiniment la résistance de la dérivation pour un courant de tension supérieure à la tension de polarisation du para-foudre.
- En résumé :
- « i° Jamais le courant direct ne peut passer par la dérivation ;
- « 2° Cette dérivation est rendue aussi peu résistante, néanmoins, qu'on le désire.!
- « Telle est la double caractéristique de ma disposition.
- « J’ajouterai deux mots, relativement au moyen proposé par M. J. Raynaud pour atteindre le même but, et que ce savant a eu l’obligeance de me communiquer dernièrement. Je l’ài aussitôt expérimenté et voici ce que j’ai observé : Sur les bornes de ma machine de Gramme donnant 3o volts et 2 ampères, j’ai établi un paratonnerre composé de deux disques métalliques de om,io de diamètre et isolés l’un de l’autre par une simple couche de vernis à la gomme laque. Au moment de la rupture du courant, ni l’étincelle, ni la secousse n’ont été sensiblement modifiées. J’ai pensé que cela pouvait tenir à la faible capacité du condensateur. Je l’ai remplacé alors par le condensateur d’une bobine de Ruhmkorff, donnant om,i5 d’étincelle. Dans ces conditions, l'étincelle de rupture a été fortement diminuée, comme on devait s’y attendre; mais, chose curieuse, Y énergie de la secousse a été considérablement accrue, à tel point que j’ai pu foudroyer un cobaye après huit à dix ruptures de courant. Je reviendrai sur l’explication de ce phénomène inattendu. Pour le moment, je conclurai simplement que l’interposition en dérivation d’un condensateur sur les bornes d’une machine, diminue les chances de détérioration de la machine par l'extra-courant de rupture, mais le dispositif accroît au contraire considérablement les dangers pour l’homme.
- Étude des moyens employés pour prendre le
- potentiel de l’air. Force électromotrice de combustion, par M. H. Pellat
- « Nos recherches ont porté d’abord sur la rapidité avec laquelle les appareils employés pour prendre le potentiel d’une masse d’air obéissent à une variation de potentiel. A l’intérieur d’une pièce, une. grande feuille de métal isolée pouvait être mise au potentiel zéro (potentiel des conduites de gaz) ou au potentiel de ioo volts. On obtenait ainsi, à un moment voulu, une variation de potentiel de l’air ambiant. Les observations se faisaient avec un électromètre à quadrants (modèle de M. Mascart), dont les quadrants étaient au potentiel -J- 5o volts et — 5o volts et dont l’aiguille communiquait avec la prise de potentiel.
- « Nous avons reconnu ainsi que les appareils à écoulement d’eau mettent un temps assez long, à charger l’aiguille au potentiel de l’air. Ainsi, avec un débit de 8Ut d’eau en douze heures, il fallait six minutes environ, pour que l’électromètre accusât les ^ de la variation de potentiel produite ; avec
- un débit de i2i;t, il fallait cinq minutes pour que l’aiguille fût portée à peu près au potentièl de l’air.
- « La combustion d’une mèche en papier à filtre imprégnée d’azotate de plomb, très employée pour les électromètres portatifs, est un moyen encore moins rapide de prendre le potentiel de l’air. En outre, ces mèches incandescentes présentent un défaut capital, qui doit en faire rejeter l’emploi pour toute mesure précise : la combustion charge l’électromètre à un potentiel pouvant différer notablement (8 à io volts) de celui de l’air, et cette différence de potentiel est très variable pendant la durée d'une même combustion. En particulier, quand la partie incandescente descend au-dessous de la tige de laiton qui supporte la mèche, et forme une couronne incandescente autour de cette tige, le potentiel de l’électromètre peut être supérieur de plus de ioo volts à celui de l’air où se fait la combustion.
- « Ces expériences nous ont amené à essayer comme prise de potentiel une flamme de gaz brûlant à l'extrémité d’un bec métallique, isolé et relié à l’électromètre. Nous avons reconnu tout d’abord que cet appareil amenait presque instantanément l’aiguille de l’électromètre au potentiel de l’air, ou plus exactement que les variations de potentiel de l’air étaient accusées entièrement par l’aiguille dans le temps que celle-ci met à passer d’une position d’équilibre à l’autre.
- « Nous avons voulu étudier alors les forces élec-
- (’) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 9 mars i885.
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- tromotrices auxquelles nous pensions que la combustion du gaz pouvait donner naissance. Pour faire cette étude dans des conditions bien définies, le bec a été placé à l’intérieur d’un grand cylindre creux en métal, fermé en haut par une plaque de même métal, ne laissant que les ouvertures nécessaires pour le tirage. Nous appellerons cette enveloppe cylindrique Y inducteur. Voici les résultats :
- « L’appareil que nous venons de décrire se comporte exactement comme un élément de pile. Si l’on soude à l’inducteur et au bec métallique deux fils d’un même métal qui seront les deux pôles de l’élément, on constate entre eux une différence de potentiel constante dans l’état d’équilibre électrique et qui se rétablit rapidement dès qu’on vient à l’altérer: c’est la force électromotrice de l’élément. Ces éléments peuvent se mettre en opposition ou en tension avec une pile quelconque, tout comme un élément hydro-électrique. La force électromotrice se mesuie aisément par l’électro-mètre; elle dépend: i° de la nature du gaz qui brûle; 2° de la nature du métal qui constitue le bec ; 3° de la nature de la surface interne de l’inducteur.
- « Voici les nombres trouvés pour quelques éléments (*) :
- volts
- Gaz hydrogène, bec en laiton, inducteur en cuivre. . o,3o
- — — laiton, — zinc. . . o,S8
- — — zinc, — cuivre. . 0,09
- — — platine, — cuivre. . 0,45
- — — platine, — platine . 0,10
- Gaz d’éclairage, — platine, — platine . 0,94
- — — platine, — cuivre. . 1,72
- « Le pôle positif est au bec, le pôle négatif à l’inducteur.
- i Dans tous les cas, le gaz d’éclairage a donné des forces électromotrices beaucoup plus grandes que l’hydrogène.
- « La résistance de ces éléments a été mesurée par la durée de charge d’une bouteille de Leyde, en tenant compte de la déperdition due à la conductibilité du verre de la bouteille. On a trouvé, par exemple, u5ooo mégohms avec une flamme d’éclairage ayant environ omi3 de hauteur, brûlant dans un inducteur de omoi de diamètre, et de gaz avec un inducteur de 6cm 5, 69000 mégohms.
- ï Nous croyons que ces forces électromotrices de combustion n’ont pas encore été étudiées ni même signalées nettement. Etant d’un ordre de
- (') Il est bien évident que la moindre altération de la surface interne de l’inducteur ou de la surface du bec doit modifier la valeur de la force électromotrice. La difficulté d’avoir des surfaces métalliques bien nettes, malgré les soins que nous avons pris, ne nous permet de présenter ces nombres que comme une première approximation. Nous avons, tenu plus à montrer la régularité du phénomène que d’en chercher la valeur exacte dans le cas de métaux d’une netteté irréprochable.
- grandeur de 100 à 1000 fois supérieur à celui des forces électromotrices thermo-électriques développées dans une chaîne métallique, on ne peut les confondre avec celles-ci.
- « En résumé :
- « Une chaîne formée de métaux, de gaz incandescents et de gaz froids n’obéit pas à la série des tensions de Volta.
- « Une flamme courte de (omoi environ) à l’extrémité d’un bec métallique est le meilleur moyen de prendre le potentiel d’une masse d’air, la force électromotrice très faible s’éliminant dans les différences. »
- Solution graphique des problèmes d’éclairage, par M. Leonhard Weber.
- M. Leonhard Weber, dont nous avons déjà signalé les travaux photométriques (') s’est attaché, dans une étude récente (Elektrotechnische Zeitschrift, février 1875), à fournir aux praticiens un moyen commode de résoudre les divers problèmes qu’ils peuvent rencontrer dans les installations d’éclairage. L’auteur remarque tout d’abord que depuis l’exposition de Munich on prend des mesu-
- FIG. I
- res très précises sur l’intensité lumineuse émise par les lampes dans les différentes directions d’un plan horizontal ou vertical on trace ainsi des courbes qui permettent de se rendre exactement compte des effets d’éclairage obtenus ; il est vrai que la solution du problème ainsi envisagée demande des calculs plus ou moins pénibles. Mais ce contre quoi M. Weber s’élève, c’est la coutume que l’on a d’indiquer la clarté à obtenir par le nombre de bougies normales que le foyer devra donner; on ne définit rien du tout quand on dit d’une salle qu’elle devra être éclairée par un foyer de 5oo bougies par exemple. Combien plus rationnel il serait de prendre pour unité le mètre-bougie ou le mètre-car cel ; le mètre-bougie représenterait dans ce cas la quantité de lumière émise normalement par une bougie placée à un mètre de distance. Les divers problèmes se trouveraient alors très nettement dé-
- (') La Lumière Electrique, t. Xfl, p. 468.
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- finis ; dans le cas d’une salle de travail on s'imposerait la condition que chaque table reçut par exemple dix mètres-bougies ; dans le cas d’une galerie de tableaux il y aurait au contraire à s’occuper du nombre de mètres-bougies reçus par les parois verticales de la salle et ainsi de suite.
- Cette quantité de lumière reçue que l'auteur appelle clarté indiquée peut être déterminée soit directement au moyen de mesures photométriques, soit par le calcul si l’on connaît les intensités lumineuses de la lampe dans différentes directions et sa position par rapport à la surface pour laquelle on cherche à connaître la clarté indiquée. M. Weber expose tout d’abord la marche du calcul.
- Supposons un foyer placé en A (fig. i), et cherchons à évaluer la quantité de lumière reçue par une surface plane horizontale / ayant B pour centre. A rigoureusement prendre les choses, cette quantité varie d’un point à l’autre de /; mais si l’on considère une surface assez petite pour que ses dimensions soient négligeables à côté de celles de r (distance du foyer au centre de la surface) on pourra admettre que la quantité de lumière reçue par la surface élémentaire / est éga’e à la clarté indiquée au point B.
- Cette quantité, que nous désignerons par H, a pour expression
- H_Jcosj-
- r2
- i étant l’angle que fait la normale avec le rayon r, ou bien encore
- Un exemple fera bien comprendre l’usage'de ces formules.
- On a une lampe à incandescence dont l’intensité horizontale, pour une intensité donnée de courant, est de 32 bougies ; on connaît en même temps la courbe d’émission lumineuse (figure 2), c’est-à dire le coefficient de réduction pour chaque angle du rayon lumineux avec le plan horizontal; on a par exemple
- pour 22°5 45° 67°5 90»
- les coefficients 0,961 o,85o 0,707 0,810
- ce qui donne les valeurs suivantes de J :
- a = 22°5 45° 6705 900
- J = 3o,43 27,20 22,62 26,92
- On peut calculer la clarté indiquée en un point B ou la quantité de lumière reçue exprimée en mètres-bougies par une surface élémentaire, pla-
- expression dans laquelle J représente en bougies l’intensité lumineuse du foyer suivant la direction AB, et r la distance AB en mètres.
- Il est facile de s’assurer que H, dans cette formule, représentera des mètres-bougies. Si, en effet, nous faisons dans l’équation
- J = 1, r = 1 et a = nous trouvons pour H la valeur H = 1
- Or, dans ce cas, la quantité de lumière reçue est celle émise sous l’incidence normale par une bougie placée à un mètre de distance, c’est-à-dire par définition un mètre-bougie.
- Si nous désignons par x et par y les coordonnées du point A, B étant pris pour origine, nous avons
- Sin a = - , r2 = .v2 4-y*
- t 1
- l’expression précédente prend la forme
- cée au point B, dont les coordonnées, par rapport à A, sont
- y=om8o et* = om67
- On en déduit immédiatement
- d’où
- et
- ... . 0,80 ..
- Sin a = . =0,7667
- v 0,672 + c ,802
- à = 5o° environ.
- r'2 = 1,0889
- Si l’on se contente des quatre valeurs précédentes de a, on trouve par interpolation que pour un angle de 5o° l’intensité lumineuse de la lampe est de 26,2 bougies. On a ainsi tous les éléments nécessaires au calcul de H, dont la valeur est dans ce cas égale à
- „ _ 26,2x0,7667 1,0889
- H = 18,45 mètres-bougies.
- 11 =
- _________Jr__________
- (a-2 + yï) / *2 -I- yi
- ce qui veut dire que le point-B est dans les mêmes conditions que s’il recevait normalement la lumière
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- ?5KK:g!»:SKS!HSSiHS33i
- m---
- 4 ^ M ^ —
- FIG, J
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- de 18,45 bougies-étalons placées à 1 mètre de distance.
- Ce calcul n’a évidemment rien de difficile, mais il est pénible d’avoir à le recommencer fréquemment. M. Weber a tracé un tableau sur lequel la solution de tous les problèmes se lit immédiatement : c’est ce tableau qui se trouve représenté dans la figure 3.
- Imaginons un foyer de 100 bougies normales placé en A, et soit AX la trace sur le plan du tableau du plan horizontal passant par A, et A Y la normale élevée à ce plan par le même point A. Supposons maintenant que l’on déplace parallèlement à elle-même une surface élémentaire f, et qu’on lui fasse occuper toutes les positions de l’espace dans lesquelles elle reçoit de la source A la même quantité de lumière, il est évident que le lieu des points B (B étant le centre de la surface f) est une surface de révolution ayant la normale A Y pour axe.
- Il suffira, pour que cette surface soit définie, de connaître sa trace sur le plan vertical X A Y, qui est le plan du tableau. L’intensité lumineuse de A étant supposée constante dans toutes les directions et égale à 100 bougies, si dans la formule
- H = J' Sin g ?-2
- qui peut également s’écrire
- on donne une valeur quelconque à H, et qu’ensuite pour toutes les valeurs de a comprises entre o et 90°, on calcule les valeurs correspondantes de r, on obtiendra une série de courbes qui seront les lieux d’égale clarté indiquée, cette clarté étant, dans chaque cas, égale à la valeur choisie pour H.
- On trace plus facilement ces courbes en les rapportant à des coordonnées rectangulaires. Nous avons en effet
- H __ loo y (x* +r2)
- ou, en résolvant l’équation par rapport à *
- Il suffit, dans ce cas, de donner successivement à H les valeurs 20, 25, 3o, etc., et de calculer les valeurs de J correspondantes aux diverses valeurs de x pour obtenir les courbes tracées sur la figure. Chaque courbe porte un chiffre qui indique la valeur de H pour laquelle elle a été calculée.
- Ces courbes ainsi tracées à l’échelle permettent de résoudre rapidement tous les problèmes, comme il est facile de s’en assurer.
- Reprenons en effet le problème précédemment
- traité et imaginons que.l’on ait en A un foyer dont l’intensité, dans le plan horizontal, soit de 32 bougies et pour lequel on possède la courbe d’émission tracée à une échelle quelconque, à l’échelle de la figure 2, par exemple. On se propose de connaître la clarté indiquée en un point B dont les coordonnées sont x — 0,67 ; y — 0,80. On déterminera immédiatement, en portant ces longueurs à l’échelle suivant AX et A Y, le point B qui tombe sur la courbe 70. On reporte alors la courbe de la figure 2 sur du papier calque et on place cette courbe sur le tableau, de telle façon que le centre du cercle coïncide avec le point A et le rayon horizontal marqué 1,0 avec l’axe AX. Dans ces conditions, la portion de droite comprise entre le centre et la courbe suivant la direction AB représentera à l’échelle (le rayon étant pris pour unité) le facteur de réduction par lequel il faudra multiplier l’intensité horizontale pour avoir l'intensité dans la direction AB. Au cas que nous considérons, ce facteur se trouve égal à 0,86; on a alors évidemment pour la clarté que l’on cherche
- jj _ 70 X 32 x 0,86 100
- Il = 19,40 mètres-bougies.
- La différence que l’on remarque entre ce résultat et celui précédemment trouvé tient uniquement à ce que le facteur de réduction employé plus haut a été déterminé par interpolation et n’est, par conséquent, pas aussi exact que celui relevé sur la courbe même.
- Si le foyer considéré avait une intensité lumineuse égale dans toutes les directions et que cette intensité fût de n bougies normales, il faudrait uniquement multiplier par le rapport ^ le résultat
- directement lu sur le tableau pour connaître la clarté cherchée.
- On peut également déterminer, en faisant usage de cette construction graphique, la clarté indiquée pour un élément de surface, quand on connaît son inclinaison sur le plan horizontal et les coordonnées de son centre.
- Considérons, par exemple, l’élément C dont la position sur la figure est fixée par ses coordonnées et l’inclinaison par la pente de la ligne CD. Du point A nous abaisserons une perpendiculaire sur la droite CD. Il est évident que l’élément C est placé dans les mêmes conditions que s’il était horizontal et qu’il eût pour abscisse la longueur CD et pour ordonnée la longueur AD. On portera DC suivant AX, AD suivant A Y, et l’on sera ramené à l’un des problèmes précédents.
- Ces quelques exemples suffisent à faire voir de quelle commodité est l’usage du tableau représenté figure 3..
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- Sans insister sur les propriétés géométriques des courbes tracées sur cette figure, qui sont des courbes du sixième degré et qui affectent, lorsqu’on les complète, la forme de huit, nous nous bornerons à remarquer en terminant que toutes ces courbes présentent leur plus grande largeur dans le sens horizontal aux points d’intersection avec la droite AT. Cette droite fait avec l’horizon un angle de 35° i5' 52* ou, en d’autres termes, elle est inclinée d’un angle cp tel que l’on ait
- Ceci a de l’importance au point de vue pratique et permet de déterminer immédiatement la hauteur la plus avantageuse à donner à un foyer lorsque la distance latérale du point que l’on se propose d’éclairer est imposée.
- Supposons, en effet, que cette dernière distance soit om,8o ; on voit de suite, en se reportant à la figure 3, que l’ordonnée correspondante à l’abscisse o,8o est tangente à la courbe 6o en un point correspondant à la valeur de y -- 5,6.
- Il est facile de s’assurer que cette valeur de y est la plus avantageuse et qu’une valeur ou plus grande ou plus petite conduit à une clarté moindre que 6o mètres-bougies. M.
- La mesure directe des intensités, des forces électromotrices et des résistances au moyen de la
- boussole des tangentes, par J. Kessler (*).
- L’unité d’intensité adoptée par le congrès des électriciens réunis à Paris en 1881 peut être très simplement définie de la façon suivante : c’est l’intensité qui produit une déviation de 45° dans une boussole des tangentes de Weber qui n’a qu’une spire et dans laquelle on a fait le rayon de la spire
- égal à yp H étant la composante horizontale du magnétisme terrestre en centimètres-grammes.
- L’ampère étant égal à io~‘ unités C. G. S., il est évident qu’une boussole ainsi construite donnera une déviation de 45° pour un ampère pourvu que le nombre des tours du fil soit 10.
- M. J. Kessler s’est proposé de construire des boussoles applicables aux mesures industrielles, c’est-à-dire dans lesquelles on ne soit pas obligé de soumettre les lectures directes à un calcul de réduction compliqué, ce qui en même temps ne présente pas des dimensions exagérées. Il est en effet à remarquer que la condition précédente conduit pour un lieu où la composante horizontale du magnétisme terrestre est 0,209 (comme Vienne par exemple) à un diamètre de 60 centi-
- (9 Zeitschrift fiir Elektrotechnik, 3o janvier i885.j
- mètres environ: ce* qui n’est guère pratique. Nous croyons intéressant de résumer ici les principaux points de cette étude.
- Supposons que l’on déplace le centre de l’aiguille aimantée suivant la normale passant par le centre des spires la formule simple :
- ne pourra plus être employée, Il faudra avoir recours à la formule plus complexe :
- (R2-KW2
- C 2 RS 7t
- H tg a 11 4-?(R2- 4*2)
- l2 sin» a j (*2 + R'62 )
- formule qui donne l’intensité en unités absolues et dans laquelle x représente la distance o u en centimètres (fig. 1), M étant le centre de l’aiguille, R le rayon ool = oo3 en cm; c le nombre de spires
- FIG.* I
- (dans le cas de plusieurs spires, R est le rayon moyen) ; H la composante horizontale du magnétisme terrestre en centimètres-gramme et enfin l la longueur en centimètres de l’aiguille aimantée.
- Si l’on veut avoir des ampères, il faudra évidemment multiplier la formule par 10, ce qui donne pour c — ?i
- I2 sin2 a
- «R2 u “r + 2 (R2 “4 *2) R921 ampères
- Cette formule est certainement très compliquée. Mais l’auteur fait remarquer qu’il est toujours possible. par un choix judicieux des constantes R, x, 11 et l de réduire, pour un grand groupe de composantes horizontales H, la valeur de tout le facteur qui accompagne tga à 10, 0,1 ou 0,01.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si l’on fait tout d’abord, d’après le principe de Gaugain i
- la formule devient
- . 5ot/5 „
- j = —r1— R H tg a amperes 16 n n ° r
- ou, toute réduction effectuée
- . _ 112^426 r R tang a ampères.
- Dans ces conditions, il est facile, connaissant H pour un endroit déterminé, de combiner les valeurs de R et de n, de telle façon que l’intensité soit directement mesurée par la tangente de l’angle de déviation. L’auteur a construit deux de ses appareils pour H = 0,209 (Vienne), dans lesquels on a :
- n = S avec R = 10,77 centimètres n — 10 — R = 21,52 —
- Si l’on suppose dans le premier appareil n =5co, on a encore la formule simple
- i = 0,01 tang. a ampères
- avec une exactitude de o, 1 0/0.
- Il est à remarquer que dès que le nombre des spires devient considérable, la valeur de R devra être corrigée. Il faut, d’après M. Kohlrausch (*) prendre à h place de R
- b représentant la largeur et h la hauteur de la couche des spires. Dans les appareils de M. Kessler, ce terme de correction a été réduit à 0,1 0/0, le fil enroulé étant très fin.
- Ces 5oo spires de fil très fin font de l’appareil un voltmètre excessivement commode.
- Supposons, en effet, que l’on ait étalonné avec tout le soin nécessaire la résistance de ce . dernier enroulement et qu’on ait ajouté une résistance auxiliaire, de façon à former en tout 1 000 ohms entre les bornes de l’appareil. Pour un angle de déviation de q5°, on aura évidemment, d’après la loi de Ohm :
- E = 0,01 X 1000 = 10 volts.
- Il suffira donc de multiplier par 10 les tangentes des angles liés pour obtenir les différences de potentiel aux bornes de l’appareil.
- Si on ajoute une résistance de façon à former 10000 ohms, une déviation de 45° correspondra à 100 volts.
- Les figures 2 et3 représentent un galvanomètre de ce genre construit par l’auteur spécialement pour la composante horizontale de Vienne (H =0,2090). La figurer est une vue perspective de l’appareil ; la figure 3 montre la face postérieure du cadre
- FIG. 2
- galvanométrique. Un trépied à vis calantes porte une colonne de laiton mobile sur un pivot conique et ayant 14 cent, de hauteur ; le cercle divisé a 10 cent, de diamètre et l’aiguille, de 23 millimètres de longueur, est suspendue à un fil de cocon, ce qui rend la sensibilité de l’appareil très grande. Le support est percé de deux ouvertures dans lesquelles passent à frottement doux deux tiges en laiton de 9 cent, de longueur qui s'assemblent avec le
- F!C. 3
- cadre en bois composé de 4 sections sur lequel s’enroule le fil galvanométrique.
- Ces tiges mobiles dont on règle la position au moyen de vis de serrage, permettent de tenir compte
- (1) Leitfjden der praktischen Physik, 40 éd., p. 87.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de la variation de la composante horizontale du magnétisme terrestre, soit dans le même lieu, soit quand on passe d'un endroit à un autre.
- L’enroulement se compose de 5 spires d’un gros fil qui communique avec les bornes A A (fig. 3) et de 5oo spires d’un fil qui vient s’attacher aux bornes V Y.
- N est une shunt que l’on met à l’appareil quand il sert comme ampèremètre, en enfonçant une cheville en S, et enfin W et Z sur les résistances auxiliaires, qui montent à ioooo et i ooo ohms, la résistance de fil fin. Lorsqu’on place une cheville en s la résistance totale est de i ooo ohms (5oo spires plus z). Dans ces conditions on mesure facilement de i à 3o volts. En retirant la cheville s les mesures peuvent s’étendre de io à 3oo et même 5oo volts, avec une exactitude de o,i o/o.
- Enfin le shunt N permet de mesurer des intensités comprises entre i et 3o ampères. Sous shunt une déviation de 45° correspond en effet à i ampère c à d que l’on mesure ainsi des intensités variant de o, i à i ampère ; en mettant le shunt N la dixième partie du courant total passe seule à travers le gros fil.
- Il est superflu d’ajouter que l’appareil ainsi construit se prête aux mesures des résistances en appliquant la loi de Ohm.
- Nous ne reproduirons pas ici les résultats des nombreuses expériences que M. Kessler a effectuées avec l’appareil qui vient d’être décrit, résultats qui témoignent de la facilité avec laquelle se font les mesures, et nous nous bornerons à rappeler en terminant les indications que donne l’auteur relativement à la correction qu’entraîne une variation de H.
- Cette correction se fait sur l’appareil même, comme nous l’avons dit, en modifiant la distance du centre de l’aiguille au centre des spires galvano-métriques.
- L’appareil étant construit pour une valeur donnée de H, cette distance devra être augmentée lorsque la valeur de H diminue et inversement rendue plus petite lorsque la composante horizontale du magnétisme terrestre devient plus grande.
- Pour l’appareil en question, qui a été construit suivant le principe de Gougain,pour H — 0,20g, on peut dire qu’en général une variation de 1 0/0 dans la valeur de H (variation normale pour une période de 8 années) correspond à un déplacement du disque mobile un peu supérieur à 1 millimètre. Le tableau suivant indique d’ailleurs les différents écartements e pour un rayon de 10,77 centimètres.
- Budapesth........... e = 5,8 c. m. environ.
- Berlin............... e = 6,5 —
- Munich............... e = 5,6 —
- Paris................ e = 6,0 —
- Londres. . . . i . » . . e = 7,0 —»
- Ces derniers suffisent pour une approximation de 1 0/0dans les mesures, et l’ajustage se fait avec une grande facilité, grâce à la construction ingénieuse de l’appareil. M.
- Propriété thermo-électrique des alliages, par A. Battelli.
- L’auteur a préparé une série d’alliages aussi homogènes que possible, et il en fit des barres ayant chacune la forme d’un U renversé. Aux extrémités de ces barres sont soudés des fils de maillechort qui sont mis en communication avec un galvanomètre de résistance connue. Dans le circuit se trouve un rhéostat gradué. Les extrémités des barres plongeaient dans des bocaux de verre remplis d’huile. L’un des bocaux est chauffé. Des thermomètres plongeant dans l’huile indiquaient la température. A l’aide d’agitateurs, on rendait la température du bain uniforme. La force électromo-
- . E
- trice E est donnée par la formule i = ^, i étant
- l’intensité de courant fournie par le galvanomètre et R la résistance totale du circuit. En introduisant dans le circuit un élément Daniell, on pouvait exprimer les forces électromotrices thermo-électriques en fonction de celle du Daniell.
- Les forces électromotrices thermo électriques peuvent, comme on sait, être représentées par la formule
- E = a(/t—12) j b—- (6 + tî) j
- où b est le point neutre, et t2 les températures des soudures.
- Voici les tableaux des constantes correspondant aux différents alliages, les forces électromotrices étant calculées par rapport au plomb :
- 1° ALLIAGES DE BISMUTH ET D ANTIMOINE
- FORMULES DES ALLIAGES a b
- S b — 0,i833 — 166,86
- Sbm B/t . — 0x3,987 — 314,00
- Sbg Bit — 0,05417 — 430,00
- Sb., Bit — o,o38o — 446,00
- Sb2 Bit — o,ooo65 —2217,6
- SbL Bi, + 0,0470 + 11,00
- S(>, Bi, -j“ 0,2438 — 21,00
- B/f, + 0,2338 — 95,00
- Sl’t B/7 + 0.2320 — io5,oo
- S»! Bi, 4* 0, 1002 — 589,2
- SJ>t B/g.jj -j- 0, 1027 + 740,00
- Sbt Bf’10 4- 0,1118 4- 659 00
- B/ 4- 0,0578 — 524,96
- (') Ment, di Torino (3) 36, 1884.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2° ALLIAGES DE CADMIUM ET D’ÉTAIN
- formules des alliages a b
- s« + 0,006388 •+- 32,95
- S«,8 Cdi — 0,oo833 4- 26,0
- S«7 Ci2, — 0,00960 4- I'2
- Sn,t C2, — 0,0195 — 3,2
- S«2 Crf, — 0,0279 — 18,0
- Sn, Cd, — 0,0289 - 47.o
- — o,o36ii — 49.0
- Siq Cd,t — o,o366 62,0
- S», Cd6. — 0,0390 — 71.8
- Sn, Cdi,n — 0,04140 — 90.6
- Sn, Cdÿ — 0,0434 —ioi,3
- S«i Cd,0 — 0,04260 — 83,6
- 0,04241 — 80,8
- C d 0,0-420 — S7,i7
- 3° ALLIAGES DE PLOMB ET D’ÉTAIN
- FORMULES DES ALLIAGES a b
- Sn + 0,006388 — 32,96
- S»26 P bi 4- o,oo3i — 24.0
- S«9 P£», 4- 0,0020 — 3,8
- Sn4 Pi, 4- 0,00101 — 5i,o
- S»2 Pi»l 4- 0,000421 — 90,8
- Sn, Pi», 4- 0,00012 — 218,0
- Sn, Pb2 4- o,oooo5o — 462,2
- S», Pb6 — 0,000369 — 184,0
- Sn, Pi»6 — 0,001007 — 37 0
- Sn, P b-, — 0,ooo85 — 32,8
- Sn, Pi>,0 — 0,0000547 + 12,0
- 4° ALLIAGES D’ANTIMOINE ET DE CADMIUM
- FORMULES DES ALLIAGES a b
- Ctfyn S i», — o,o5362 — 98,2
- C S bi — 0,1628 — III
- S bi 0,2214 — 312
- C<2, S 2», — 0,4430 — 541
- C ds S b9 — 0,4261 — 559
- 5° ALLIAGES D’ANTIMOINE ET DE PLOMB
- FORMULES DES ALLIAGES a b
- s* + 0,10963 — 273,55
- Si>25 P*l- 4- 0,10884 — 102,00
- St, P 4- 0,04315 — 205,00
- Si», Pi», 2 4- 0,03224 — 264,00
- Si», P2»,r, 4- 0,015412 — 3i3,oo
- 'Si», Pi»20 » 4- 0,01984 — 359,00
- P b 4- 0,02764 — 365,3
- Il résulte de ces expériences que les courbes représentant les forces èlectromotrices des alliages en fonction des températures ne tombent pas entre
- les courbes correspondant aux métaux formant l’alliage; elles s’approchent davantage de la courbe de l’un des métaux.
- Quelquefois même elles coupent les courbes des métaux et suivent un chemin en dehors de ces dernières. K.
- BIBLIOGRAPHIE
- J.-A. berly’s universal electrical directory and adver-
- tiser (Annuaire universel électrique de Berly), 4e année.
- — W. Dawsons et Sons, Londres.
- Cet ouvrage, qui intéresse surtout les Anglais et les Américains, contient, malgré de nombreuses omissions, une quantité considérable d’adresses d’électriciens et de sociétés électriques de ces deux pays.
- Quant à la partie française et continentale, elle n’est que la reproduction partielle de l’annuaire français qui se publie à Paris sous un titre moins prétentieux.
- LES LAMPES ÉLECTRIQUES ET LEURS ACCESSOIRES, par le Dr Urbanitzky; traduction et appendice par G. Fournier. — Paris, Tignol, 1885.
- Nous avons, il y a quelques années, rendu compte de cet ouvrage lorsqu’il a paru en allemand, comme un des premiers volumes de la série publiée par M. Hartleben de Vienne, Nous dirons même en passant qu’un volume de ce genre sur les lampes électriques présentait plus d’intérêt au point de vue du lecteur allemand qu’à notre point de vue propre, car nous possédions dès cette époque plusieurs volumes consacrés aux machines et appareils d’éclairage électrique, qui répondaient absolument au même but.
- , Le traducteur a suivi pas à pas le texte original et le livre est resté ce qu’il était : une description des lampes électriques, se suivant d’üne façon peu ordonnée, mais pouvant fournir de bons renseignements. Le traducteur y a ajouté un petit appendice de dix pages sur la lampe à incandescence de M. Gérard, les lampes à air libre de M. Reynier, et sur le fonctionnement du régulateur Gramme.
- Que M. Fournier ajoute ces trois notices pour faire plaisir à ceux qu’elles concernent, très bien, mais il va peut-être un peu loin en affirmant dans sa préface que le régulateur Gramme est le meilleur des régulateurs existants. Ce régulateur est très bon; cela ne fait pas de doute, mais il y en a d’autres qui ne lui sont certainement pas inférieurs.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- PROCÈS
- DE LA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- Nous publions aujourd’hui, sans commentaires, les dires écrits de la Société générale des Téléphones; nous attendrons, pour analyser ce volumineux document, que les défendeurs nous aient communiqué leurs réponses écrites. Nous publierons ensuite, dès qu’il sera connu, le rapport des experts.
- Procès en contrefaçon
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- Contre la maison Bréguet, la Société Maichc et Ce, la Société Lenczewski et Ce, M. Journaux, M. de Locht-Labye, M. de Bail-lehache, M. Portevin fils, la Société du Gaz de Nice, la Société Mildé fils et Ce. M. Corneloup, M, Desruelles, M. Fonteniiles, M. d’Argy, M. Paul Bert et M, d’Arsonval.
- EXPERTISE
- Dire pour la Société générale des Téléphones
- § ier. — PRÉLIMINAIRES
- La Société générale des Téléphones est devenue, aux termes de divers actes reçus les 16 mai et 17 août 1880 et 16 novembre 1881 par Me Dufour et son collègue, notaires à Paris, propriétaire d’un brevet d’invention pris en France par M. Édison, le 19 décembre 1877, pour « des perfectionnements aux instruments destinés à contrôler par le son la transmission des courants électriques et la reproduction de sons correspondants au lointain », ainsi que du certificat d’addition annexé à ce brevet en date du i5 janvier 1878.
- Cette Société, qui a été constituée principalement dans le but d’exploiter cette invention d’Edison en créant des réseaux téléphoniques a vu bientôt surgir un grand nombre de contrefaçons. Recourant alors aux moyens que lui procurait la loi du 5 juillet 1884, elle a fait procéder à des saisies descriptives chez un certain nombre de constructeurs, et elle a assigné devant le tribunal civil de la Seine: la Société anonyme maison Bréguet, MM. Maiche et Cc, MM. Lenczewski et C°, M. Journaux, M. de Locht-Labye, M. de Baillehache, M. Portevin fils, la Société anonyme d’éclairage et de chauffage par le gaz de Nice, MM. Charles Mildé fils et C°, M. Corneloup, M. Desruelles, M. Fonteniiles, M. d’Argy, M. Paul Bert et M. d’Arsonval.
- Dans son audience du 8 août 1884, le tribunal civil de première instance du département de la Seine a rendu en l’audience publique de la 3e chambre un jugement dont nous extrayons le passage suivant :
- Le tribunal,
- « Et, avant faire droit au principal sur les diverses demandes dont s’agit, les joint provisoirement pour être procédé sur icelles à une commune instruction. Dit que trois experts qui seront convenus par les parties dans les trois jours de la signification du présent jugement, sinon par Potier, ingénieur en chef des mines, Périssé, ingénieur et Clérac, ingénieur des télégraphes, que le tribunal nomme d’office, serment par eux préalablement prêté devant le président de cette chambre, les brevet et certificat d’addition d’Edison sus-énoncés seront examinés à l’effet de dire s’ils
- sont valables ou au contraire s’ils sont nuis ou frappés de déchéance par suite d’antériorités ou de divulgation antérieure, et spécialement en ce qui touche le certificat d’addition s’il est nul comme ne se rattachant pas au brevet principal ; dit que les divers appareils saisis seront comparés avec ceux faisant l’objet des brevets pour en constater les ressemblances et dissemblances, et rechercher s’ils constituent des contrefaçons. Dit que les experts s’expliqueront et donneront leur avis sur les différents moyens invoqués par les parties. Les autorise, dans ce but et aux fins de la présente mission, à s’entourer de tous les renseignements qu’ils jugeront nécessaires pour, sur leur rapport fait et déposé, être par les parties requis et par le tribunal statué ce qu’il appartiendra... »
- En exécution de la mission qui leur avait été confiée par le tribunal, MM. les experts ci-dessus désignés, après avoir prêté serment devant le président du tribunal, ont convoqué les parties afin de recevoir verbalement leurs explications.
- M. Armengaud jeune, ingénieur-conseil, et M. Berthon, directeur de la construction et de l’exploitation de la Société générale des Téléphones, ont exposé devant MM. les experts les revendications que formulait la Société demanderesse en vertu du brevet Edison dont elle est propriétaire, et ils ont démontré que les appareils qui avaient été saisis étaient la contrefaçon du brevet Edison. Les défendeurs ont répondu par un certain nombre d’observations qui ont été réfutées verbalement.
- Après quatre séances d’expertise tenues les 12, 19, 24 décembre 1884 et 9 janvier 1885, MM. les experts ont demandé aux parties de préciser leurs revendications et leurs observations sous forme de dires écrits.
- C’est pour répondre à ce désir que nous venons, au nom de la Société générale des Téléphones, demanderesse, leur remettre le présent dire.
- S 2. — EXPOSÉ
- Pour présenter d’une façon claire et rationnelle, les arguments que la Société générale des Téléphones croit devoir soumettre à MM. les experts, à l’appui de la cause qu’elle soutient devant la justice, nous suivrons l’ordre qui est tout naturellement indiqué et qui, d’ailleurs, a été suivi dans les discussions pendant les quatre séances d’expertise.
- Nous analyserons d’abord le brevet Edison du 19 décembre 1877 et le certificat d’addition du i5 janvier 1878 annexé à ce brevet, dans le but de montrer les caractères distinctifs du téléphone Edison.
- Nous examinerons ensuite les appareils saisis, arguée de contrefaçon, et nous prouverons que ces appareils reproduisent les dispositions essentielles du téléphone Edison.
- Enfin, comme, au cours des discussions, les adversaires ont soulevé plusieurs objections tirées notamment de la prétendue insuffisance de la description du brevet Edison, de la non nouveauté de l’invention, et encore de la différence qui existerait entre les appareils saisis et le téléphone breveté par Edison, nous aurons également à réfuter ces objections.
- Tels sont les points que nous traiterons successivement dans ce dire, dont les conclusions se succédant dans l’ordre des questions soumises à MM. les experts par le Tribunal, établiront la légitimité des droits de la Société générale des Téléphones et le bien-fondé de ses revendications.
- g 3. — ANALYSE DU BREVET EDISON DU 19 DÉCEMBRE 1877 ET DU CERTIFICAT D’ADDITION DU iS JANVIER 1878
- L’invention brevetée par Edison le 19 décembre 1877 « appartient (comme l’expose la description) à cette classe d’instruments électriques dans lesquels le son devient un des éléments dans la transmission de la communication et le même son est produit à la station de réception, de sorte
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que des communications orales peuvent être transmises par l'électricité et clairement reconnues à la station de réception. »
- Dans sa description, Edison explique qu'il « fait usage des vibrations transmises à un diaphragme pour produire une augmentation et une diminution de la tension électrique sur la ligne avec une précision telle que les pulsations électriques ou ondes représenteront les ondes atmosphériques de son produites par l'articulation et l'aimant électrique à la station de réception, répondra aux ondes électriques, de manière à reproduire l'articulation en agissant sur une plaque ou diaphragme résonnant. »
- - Cette phrase que nous extrayons textuellement du brevet Edison, montre que le premier caractère de cette invention consiste dans la combinaison d'un transmetteur spécial et d’un récepteur à aimant (ou magnétique), le premier étant placé à la station de l'une des extrémités de la ligne, et le second étant disposé à l’autre extrémité de la ligne. Comme on le voit encore, ce transmetteur spécial comporte une membrane dont les vibrations augmentent ou diminuent la tension électrique sur la ligne, et l'action se transmet jusqu’au téléphone magnétique de la station de réception. Cette combinaison du transmetteur à pile avec le récepteur magnétique est très clairement expliquée par les figures i èt 2 du dessin annexé au brevet Edison, où l'on voit dans l'une le transmetteur et dans l'autre le récepteur; un fil de communication est établi entre les deux appareils, et une pile électrique fournit le courant qui doit circuler dans la bobine pour agir, comme le montre nettement la figure 2» dans la bobine entourant l'aimant du téléphone magnétique récepteur.
- La transmission de la parole de l'appareil parleur à pile à l'appareil magnétique qui constitue l'appareil d’audition, est le résultat des augmentations et diminutions de la résistance que rencontre le courant électrique par suite des vibrations de la membrane; c'est là un second caractère de l'invention d'Edison.
- Comme conséquence de cette disposition, le circuit offert au courant est toujours fermé; Edison en montre l'utilité dans le passage suivant de la description de son brevet :
- * Je trouve qu’il n'est pas pratique d'ouvrir et de fermer la ligne de circuit dans les instruments servant à transmettre la voix humaine. Le circuit à la ligne doit toujours être fermé et la transmission produite par une augmentation et une diminution de la tension électrique résultant de la résistance plus ou moins grande dans la ligne. »
- La continuité du circuit dans lequel est placé le transmetteur est donc au point de vue de la disposition générale, un troisième caractère distinctif du système Edison.
- Jusqu'ici, nous n'avons considéré que l'ensemble du système téléphonique imaginé par Edison, c'est-à-dire embrassant à la fois le transmetteur et le récepteur. En poursuivant l'étude du brevet, nous abordons l’organisme même du transmetteur qui est la partie fondamentale de l'invention de M. Edison.
- • On comprend en effet, par ce qui précède, que l'organe le plus important du transmetteur d'Edison doit être celui qui, subissant les vibrations de la membrane ou diaphragme, constitue ce que l'inventeur a appelé le régulateur de la tension électrique; cet appareil modifie la tension du courant et l'amplifie ou la diminue dans des conditions sans cesse variables, ce qui détermine son action sur la membrane du récepteur et la fait vibrer. La nature de ce régulateur de la tension électrique est spécifiée de la manière suivante dans la description du brevet :
- « Cette résistance peut être produite de différentes maniérés : j'en ai indiqué plusieurs qui seront nommées ci-après, mais je trouve que les plus délicates sont des mèches ou disques de fibres élastiques semi-conducteurs, tels que la soie avec matière intermédiaire conductrice ou semi-conductrice. Je donne à cette pièce le nom de régulateur de la tension électrique; il «st plus ou moins comprimé,
- suivant les vibrations du diaphragme ou tympan, et la tension du courant électrique augmente lorsqu'il est comprimé et diminue au fur et à mesure que les fibres se dilatent. *
- Plus loin, on lit :
- « Les filaments sont rendus semi-conducteurs en les frottant avec de la plombagine, un métal doux ou autre matière similaire, ou par un dépôt de métal sur sa surface, ou par des particules de matière conductrice ou partiellement conductrice y mélangée, la force de conduction variant avec la densité de la mèche de fibres. »
- On lit encore dans la description du brevet qu'on peut employer des ressorts armés de pointes en plombagine comprimée; et, dans la suite, Edison ajoute :
- « Comme la tension du régulateur, consistant en fibres ou en plombagine, augmente sa résistance énormément sous l’effet de légers changements de pression, il s'ensuit que la force des ondes électriques sera en proportion suivant que la voix de la personne qui parle est forte ou Faible. »
- Dans le certificat d'addition du i5 janvier 1878, M. Edison précise encore ce point en disant que « pour la préparation du régulateur de tension, il trouve que, dans certains cas, il est préférable de faire usage de noir de fumée mélangé avec de la plombagine amorphe pure et une très petite quantité de matière non-conductrice, telle que du caoutchouc dissous dans un dissolvant qui s’évaporisera entièrement. »
- Comme cela ressort des extraits qui précèdent, le régulateur de tension électrique est donc formé par une matière semi-conductrice de Vèlectricitè, et spécialement du charbon qui est interposé dans le circuit de la ligne téléphonique; c'est cette matière semi-conductrice, ce charbon, qui, par suite des vibrations de la membrane, détermine les variations de résistance du courant électrique.
- C'est pour mieux assurer cet effet que M. Edison a songé à régler le jeu du régulateur de tension électrique par rapport à la membrane vibrante au moyen d'une vis ou autrement.
- Comme le dit la description, cette vis est à ajustement et constitue un comprimeur variable pour régler la résistance du régulateur de tension dans le circuit électrique.
- Le régulateur de tension, organe fondamental du transmetteur Edison, et dans lequel le charbon entre comme élément constitutif, réunit donc trois conditions essentielles. Le corps interposé dans le circuit est solide, semi-conducteur de l'électricité et soumis à une pression élastique déterminée, c'est-à-dire qu'il tend à revenir à la pression initiale de repos.
- Enfin, un dernier caractère essentiel du téléphone Edison et sur lequel il convient d'appeler l'attention, réside dans la combinaison avec le transmetteur à pile d'une bobine d'induction intercalée dans le circuit de la pile électrique. Edison explique comme suit la disposition de cette bobine d'induction dans le certificat d'addition du i5 janvier 1878 :
- « La figure 24 représente le diaphragme 10, le régulateur de tension t avec sa vis d'ajustement et le circuit local contenant la batterie B passant dans une bobine à induction primaire 49*, et il y a une clef 5o dans le même circuit.
- « Une bobine à induction secondaire 5i est dans la ligne du circuit, et elle est influencée électriquement par le changement de tension dans le circuit local produit par les vibrations du diaphragme 10. »»
- Nous arrêtons ici l'analyse du brevet et du certificat d'addition. Les citations que nous y avons puisées suffisent pour résumer les caractères distinctifs de l'invention Edison, qui sont les suivants :
- i° La combinaison de deux appareils téléphoniques /, un à pile et à régulateur de tension et l'autre magnétique, réunis par un fil de ligne, le premier disposé à la station de l'expédition et constituant le parleur ou transmetteur, le second placé à la station de réception constituant l'appareil d'audition ou récepteur.
- 2° La combinaison d'une plaque vibrante et d'un corps
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- Solide, soumis à une pression élastique initiale et semi-conducteur de l’électricité, du charbon notamment, ces deux éléments étant disposés de manière que la plaque ou membrane puisse transmettre ses vibrations à certains organes conducteurs liés au charbon d’une façon permanente.
- 3° L’emploi d’une matière solide soumise à une pression élastique et semi-conductrice, et spécialement du charbon, comme corps interposé dans un circuit téléphonique pour déterminer les variations de résistance en rapport avec les vibrations de la membrane.
- 4° La circulation du courant électrique d’une pile par le ou les organes qui reçoivent les vibrations de la membrane et à travers le charbon qui est en liaison constante avec ses organes, ce courant électrique n’étant jamais interrompu par suite de la permanence des contacts.
- 5° La transmission de la parole provenant des variations de la tension du courant par suite des augmentations et diminutions de la résistance du circuit électrique sous l’influence des vibrations de la membrane agissant sur le régulateur de tension à charbon.
- 6° La combinaison avec l’appareil transmetteur à pile et à régulateur de tension d’une bobine d’induction intercalée dans le circuit électrique fourni par la pile, les courants secondaires engendrés dans cette bobine par les variations de la résistance que rencontre le courant de la pile ayant pour effet d’agir sur le récepteur magnétique.
- Tels sont, tant au point de vue de la disposition générale du système qu’au point de vue de ses organes constitutifs, les caractères essentiels et distinctifs du système de téléphone connu sous le nom de téléphone Edison, ainsi qu’il résulte du brevet du 19 décembre 1877 et du certificat d’addition du i5 janvier 1878.
- Nous rendrons encore plus tangible la structure générale de ce système téléphonique par les deux croquis suivants, qui le représentent avec ou sans bobine d’induction.
- i° Disposition avec bobine d’induction.
- M Membrane vibrante du parleur.
- C Substance semi-conductrice (charbon).
- A. Vis réglant la pression du charbon.
- B Bobine d’induction.
- P pile dont le courant passe par le charbon C et le circuit primaire de la bobine d’induction.
- R récepteur magnétique qui reçoit le courant secondaire de la bobine B.
- 20 Disposition sans bobine d’induction.
- M membrane vibrante du parleur.
- C substance semi-conductrice (charbon).
- A vis réglant la pression du charbon.
- P pile dont le courant passe par le charbon C et le circuit de la ligne.
- R récepteur magnétique qui reçoit le courant de la ligne.
- Ces deux diagrammes font nettement ressortir, dans toute sa simplicité, le combinaison essentielle qui est la caracté-
- ristique du système téléphonique Edison, et qu’on peut résumer ainsi : combinaison d’un transmetteur à pile et à charbon avec un récepteur magnétique, avec ou sans l’interposition d’une bobine d’induction.
- Ayant ainsi défini et caractérisé, tant dans son ensemble que dans ses parties, l’invention du téléphone Edison, nous allons maintenant examiner les systèmes de téléphones argués de contrefaçon.
- S 4. — EXAMEN DES APPAREILS SAISIS. — DÉMONSTRATION DE LA CONTREFAÇON.
- i° Téléphone Bréguet.
- Les appareils téléphoniques saisis ,à la maison Bréguet sont de deux types. Quels que soient les détails de construction, ces appareils se composent d’une membrane M en dessous de laquelle sont fixés des supports DD percés de trous qui servent à recevoir les extrémités de baguettes de charbon C par lesquelles passe le courant électrique ; celui-ci circule également dans le circuit primaire d’une bobine d’induction dont le circuit secondaire est dans la ligne téléphonique.
- Ces appareils téléphoniques reproduisent tous les caractères distinctifs du système Edison, savoir :
- i° Un transmetteur à charbon combiné avec un récepteur magnétique, formant l’appareil d’audition.
- 2° Une membrane vibrante et un régulateur de tension à charbon relié à la membrane d’une manière permanente.
- 3° Le charbon interposé dans le circuit de la pile soumis
- JI
- à une pression élastique initiale et subissant l’influence des vibrations de la membrane, ce qui produit les variations de résistance du courant.
- 4° Le circuit électrique toujours fermé.
- 5° Une bobine d’induction est intercalée dans le circuit de la pile.
- 2° Téléphone Maiche.
- Les appareils téléphoniques de Maiche sont de deux sortes : les premiers de ces appareils comportent un diaphragme vertical ou membrane M sur lequel est fixé un bloc en charbon C; contre celui-ci appuie par l’action de la pesanteur un bloc C de même matière; ce dernier bloc de charbon est appuyé contre le premier par l’action d’un contrepoids P dont la position est réglable sur la tige même du levier. Ce contrepoids détermine donc une pression élastique initiale entre les points de contact des charbons CC.
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- Sous l’influence des vibrations de la membrane M, les pressions entre les charbons CC' sont sans cesse modifiées; de là, les variations de résistance que rencontre le courant
- électrique lorsqu’il passe dans l’appareil. En outre, le courant qui passe entre les charbons circule également dans le circuit primaire d’une bobine d’induction dont le circuit secondaire est dans le circuit de la ligne téléphonique.
- Ce parleur de M. Maiche reproduit tous les caractères distinctifs du système Edison.
- Quant au second type d’appareil Maiche, sa membrane et les charbons qui y sont reliés d’une manière invariable sont disposés, quant au principe, comme les appareils Bréguet précités ; cet appareil présente également les caractères distinctifs du système Edison,
- 3° Téléphone Paul Bert et d’Arsonval.
- Le téléphone transmetteur de MM. Paul Bert et d’Arsonval saisi chez MM. Lenczewski et Cc est également un téléphone à pile comportant la combinaison d’une membrane vibrante avec des contacts de charbon soumis à une pression élastique initiale par lesquels passe le courant de la pile électrique. On y trouve aussi une bobine d’induction sur le trajet du courant de la pile. Enfin, cet appareil constituant le parleur est combiné avec un téléphone magnétique qui forme le récepteur.
- Cet appareil est donc également une contrefaçon du système Edison.
- 4° Téléphone Journaux.
- L’appareil Journaux est formé d’une planchette ou membrane en bois M contre laquelle sont fixés des charbons D ; contre ces charbons reliés à la membrane s’appuient des crayons de charbon CC par lesquels passe le courant électrique de la pile. Cet appareil comporte également une bobine d’induction, de sorte que le récepteur magnétique avec lequel on relie le transmetteur à pile reçoit les courants secondaires résultant des variations de tension du courant électrique de la pile. Le fonctionnement de cet appareil est identiquement le même que celui du téléphone Edison ; les crayons de charbon tendent à descendre par leur poids contre les charbons que porte la membrane ; c’est là ce qui constitue la pression électrique initiale. Il y a donc, natu-
- rellement, toujours contact entre ces charbons, et la pression aux points de contact varie en intensité sui\»nt l’importance et le sens des vibrations de la membrane; il en
- résulte des variations dans la résistance et la tension du courant électrique fourni par la pile.
- Ici encore, nous retrouvons les six caractères fondamentaux du système breveté par Edison.
- 5° Téléphone Locht-Labye.
- Le système de M. Locht-Labye, que ce dernier appelle
- Pantéléphone, se compose essentiellement d’une mince plaque de liège M suspendue par deux faibles lames de
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- ressort a à une boîte verticale B. Cette plaque de liège M porte, près de sa partie inférieure, une pastille de charbon C qui appuie sur un bras métallique A avec une pression élastique initiale. Le courant électrique d’une pile passe par la pastille de charbon, le bras A, et le circuit primaire d’une bobine d’induction qui est disposée dans la boîte de l’appareil.
- L’appareil téléphonique Locht-Labye reproduit également les points caractéristiques du système breveté par Edison, il en est la contrefaçon.
- 6® Téléphone de Baillehache.
- L’appareil Baillehache présente une grande ressemblance avec les appareils de Maiche et de Bréguet; des supports D D fixés à la membrane M sont percés de trous dans les-
- quels sont engagés les tourillons de charbons creux C, qui renferment intérieurement de petites masses dont l’intervention n’exclut pas la contrefaçon du principe Edison.
- 7° Téléphone Corneloup-Desruelles.
- Ce téléphone présente la plus grande ressemblance avec le téléphone de Maiche, et il comporte une bobine d’induction ; il n'y a pas lieu d'y insister autrement pour démontrer la contrefaçon.
- 8° Téléphone d’Argy.
- Le téléphone d’Argy se compose d’une membrane vibrante M à laquelle est fixé un cylindre de charbon C; ce charbon est entouré d’un tube de caoutchouc a qui se pro-
- longe pour recevoir un autre cylindre de charbon C' séparé du premier par de la grenaille de charbon b. Le courant électrique d’une pile traverse les cylindres C C', et le charbon en grenaille qu’ils comprennent entre eux. On comprend que cette grenaille détermine par son poids une certaine pression élastique initiale entre les deux charbons CC'; par suite des vibrations de la membrane sous l’influence de la parole, cette pression de la grenaille contre les charbons est sans cesse modifiée. Ce sont ces variations de pression qui augmentent ou diminuent la tension du courant électrique, et par suite influencent le récepteur magné-
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- tique du poste opposé, de sorte que la membrane de cet appareil reproduit les vibrations du transmetteur.
- Ce téléphone d’Argy reproduit les cinq premiers points caractéristiques du système Edison ; il ne diffère du système Edison, tel que nous l’avons présenté dans son ensemble, que par la suppression de la bobine d’induction. Mais, comme on l’a vu, la bobine d’induction n’est nullement indispensable pour le fonctionnement du téléphone à pile; et la meilleure preuve est que le téléphone d’Edison, établi d’après le brevet principal du 19 décembre 1877, ne comportait pas de bobine d’induction.
- Comme on le voit, tous les appareils saisis reproduisent les dispositions caractéristiques du transmetteur téléphonique Edison. Sans reprendre ici tous ces points un à un, nous insisterons surtout sur l’organe essentiel de tous ces appareils, c’est-à-dire le régulateur de tension électrique. Les adversaires ont essayé de soutenir que dans leurs appareils, le charbon se trouve dans des conditions autres que dans le téléphone Edison : quelques mots suffiront pour dissiper tout malentendu à cet égard.
- En expliquant la situation dans laquelle se trouve le charbon dans le téléphone Edison, nous avons dit que le charbon était soumis à une pression initiale, qu’en second lieu cette pression était modifiée par les vibrations de la membrane, et qu’enfin la pression était élastique. Par pression élastique, on entendra comme nous que le charbon revient sans cesse à sa condition initiale, au point de vue de la pression, de l’intimité du contact entre les surfaces et même de l’étendue de ces surfaces en contact, et cela aussitôt après l’extinction de chaque vibration ; en un mot, le charbon reprend sa position d’équilibre ou de repos.
- Les choses se passent ainsi dans tous les transmetteurs que nous venons d’étudier.
- Lorsque les charbons reposent ou appuient librement sur la membrane ou sur des supports solidaires de cette membrane, il y a pression initiale due à la pesanteur propre du ou des charbons. Sous l’influence de l’ébranlement vibratoire de la membrane, cette pression varie sans cesse. Enfin, la pression revient à sa valeur initiale chaque fois que la membrane reprend sa position normale ; la pression est donc élastique.
- On nous objectera peut-être que l’action de la pesanteur ne donne pas la pression élastique, et que, dans les transmetteurs à baguettes de charbon, celles-ci pèsent toujours de la même quantité sur leurs supports. A cela nous répondons que, si le poids reste constant, la répartition des efforts varie par suite des oscillations de la membrane et de la résistance qu’oppose l’inertie même des charbons quelque soit leur mode de suspension ; et à chaque point d’appui il se produit dans la pression exercée par le charbon des variations qui se combinent avec les variations d’étendue ou d’intensité des contacts pour faire naître dans la résistance opposée au courant électrique les modifications qui concordent avec les ondulations sonores à transmettre.
- Mais, nous le répétons, après chaque vibration, les circonstances de ce phénomène complexe se retrouvent à l’état normal ; l’équilibre est rétabli. Dans notre opinion, ce n’est qu’en vertu de cette élasticité de l’organisme de l’appareil qu’on peut expliquer comment le téléphone est apte à recommencer indéfiniment le rôle qu'il est appelé à jouer dans la transmission de la parole.
- Nous pensons que les explications qui précèdent ne laisseront subsister aucun doute dans l’esprit de MM. les experts sur la similitude complète qui existe entre les appareils saisis et le téléphone Edison, au point de vue du but, des principes, de la construction, du fonctionnement et des résultats.
- § 5. — RÉFUTATION DES OBJECTIONS DES DÉFENDEURS
- Au cours des séances d’expertise, nos adversaires ont fait valoir certaines objections. Nous pourrions ne pas les
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- discuter et attendre que nos adversaires les aient formulées dans le dire qu'ils remettront à MM. les experts. Mais, tenant compte des discussions qui ont eu lieu, nous réfuterons dès à présent les arguments de nos adversaires, tout en nous réservant de les discuter plus complètement s'il le faut dans la réplique que nécessiteront les dires de la défense.
- Ces objections peuvent, pour la clarté des débats, être groupées de la manière suivante :
- i°’Le brevet Edison serait frappé de nullité parce qu'il y a complexité d'invention dans ce brevet;
- 2° La description du brevet serait insuffisante;
- 3° L'idée d'établir un téléphone à pile avec du charbon constituant un régulateur de tension électrique ne serait pas brevetable parce qu'elle aurait été réalisée avant le brevet Edison;
- 4° L'invention d'Edison aurait été divulguée avant la demande du brevet français ;
- 5° Il y aurait lieu, selon nos adversaires, d'établir une distinction radicale entre le téléphone et le microphone, et, d'après eux, leurs appareils étant des microphones, se trouveraient par cela même à l'abri de toutes revendications appuyés sur le brevet Edison ;
- 6° Enfin, on prétendrait, et c'est M. Locht-Labye qui s'est fait l'organe de cette prétention, que le brevet français subirait le contre-coup du procès qui a eu lieu en Angleterre.
- Nous démontrerons successivement que ces diverses objections sont sans fondement.
- i° Prétendue complexité de Vinvention brevetée.
- Il nous suffira de rappeler à MM. les experts que les tribunaux ne sont pas compétents en celte matière et que c'est à l'administration seule qu'appartient, en vertu des articles 6 et 12 de la loi du 5 juillet 1844, Ie droit d'examiner à ce point de vue les demandes qui lui sont soumises, et de les rejeter si la complexité lui paraît exister. Tous les jurisconsultes sont d'accord sur ce point et de nombreux jugements rendus par nos tribunaux ont fixé la jurisprudence à cet égard. Il est absolument incontestable qu’un brevet d'invention, par cela seul qu'il a été délivré par l'administration, est légalement réputé l'avoir été conformément aux dispositions légales. Au surplus, les articles 3o et 32 qui précisent toutes les causes de nullité et de déchéance des brevets, sont absolument muets sur la complexité.
- Cet argument des défendeurs est à écarter. Ils n'y ont pas d'ailleurs sérieusement insisté.
- 20 Prétendue insuffisance de la description du brevet.
- Il faudrait vouloir ne pas lire le brevet Edison du 19 décembre 1877 et le certificat d'addition qui y est annexé, pour soutenir que M. Edison n’a pas décrit complètement son téléphone, tel que nous venons de le présenter
- L'analyse que nous avons faite au chapitre III du brevet et du certificat d'addition et les extraits que nous y avons puisés, répondent parfaitement à cette objection. MM. les experts, en se reportant d'ailleurs à ces descriptions, y trouveront très clairement spécifiés les six points que nous avons mis en relief comme caractérisant l'invention de M. Edison.
- 3° Le téléphone à pile et à charbon constituant un régulateur de tension électrique ne serait pas brevetable pour
- défaut de nouveauté.
- Les adversaires ont essayé de soutenir qu'antérieurement à Edison on avait songé à utiliser la propriété semi-conductrice du charbon pour constituer un régulateur de tension électrique pour téléphone à pile; on a signalé tout d'abord à MM. les experts les travaux de M. Clérac et de M. du Moncel.
- Tl est incontestable que M. Clérac a fait, vers i865, des recherches très intéressantes sur les différences de conductibilité qu'éprouvent les corps sous l'influence de la pression, et on connaît bien le rhéostat qu'il combina avec un tube renfermant de la plombagine dans lequel une électrode mobile, poussée par une vis, pouvait, en pressant plus ou moins sur la plombagine, faire varier la résistance de cette substance. Mais M. Clérac n'a jamais eu l'idée d'appliquer cette propriété de la plombagine pour la transmission delà parole. Nous n'avons pas à en donner, d'autre preuve que la déclaration de M. Clérac lui-même, l'un des experts commis par le tribunal. M. Clérac a nettement affirmé à la première réunion de l'expertise qu'il n'avait pas étudié, avant Edison, l'application du charbon à la téléphonie.
- M. du Moncel avait également porté ses études sur la conductibilité électrique des corps en contact, et notamment des corps médiocrement conducteurs. Si ce savant vivait encore, il n’hésiterait pas à s'associer à l'honorable M. Clérac pour déclarer que ses travaux ont été purement scientifiques et que les propriétés qu'il a pu observer sur les corps semi-conducteurs n'ont pas reçu d'application pratique. A défaut d'une déclaration verbale* nous pouvons consulter les ouvrages de M. du Moncel, relatifs à la téléphonie; si celui-ci y relate ses travaux sur la conductibilité électrique des corps, il ne conteste en aucune façon que c'est à Edison que revient l'honneur d’avoir, le premier, ap. pliqué le charbon, corps semi-conducteur de l'électricité, pour constituer un parleur téléphonique.
- On a encore parlé d'un essai qui aurait été tenté par Bell vers 1876 et dont il aurait fait mention incidemment dans son mémoire lu à la Société des ingénieurs télégraphies de Londres le 3i octobre 1877. Bell aurait fixé à une membrane vibrante une tige de platine dont la pointe plonge dans de l'eau, un courant électrique passant par la tige de platine et l’eau; il aurait, en outre, indiqué l'emploi d'une pointe en plombagine trempant dans de l'eau, de l'eau acidulée ou salée, ou du mercure.
- Il est bien évident que cette expérience, dont l’exactitude et la date sont moins que certaines, peut être suspectée avec raison et n’a absolument aucun rapport avec le téléphone Edison; car, même dans le cas où Bell aurait prévu l'emploi d'une pointe de plombagine, il est clair que les vibrations de la membrane ne déterminent pas de modifications dans la pression subie par le charbon ou dans sa structure moléculaire. Si Bell a pu, dans ses nombreux travaux, songer à faire intervenir le courant électrique d'une pile en combinaison avec une membrane vibrante, il ne s'est pas arrêté à cette idée, parce qu'il n’avait pas pensé à interposer dans le circuit ce corps semi-conducteur, le charbon, appuyé d'une part contre une plaque vibrante et de l'autre contre une partie fixe, pour que ce charbon subisse des variations de pression entre ses deux points d'appui.
- Nos adversaires nous sembleraient bien mal fondés à soulever a posteriori une antériorité que Bell lui-même n'a pas revendiquée à son profit. Le silence de Bell, n’exerçant aucune réclamation en Amérique contre les patentes de son compatriote Edison, doit faire comprendre qu'il reconnaissait lui-même que ce dernier avait dirigé ses recherches dans une autre voie que celle qu'il avait choisie pour réaliser un transmetteur de la parole par l'électricité.
- Nos adversaires ont également opposé comme antériorités les travaux anciens de Reiss et de Gray.
- On sait que l'appareil de Reiss consiste en une membrane métallique au-dessus de laquelle est fixée une pointe de platine, qui constitue avec le disque l’interrupteur du courant. Lorsqu’on fait vibrer la membrane en faisant résonner devant elle un instrument de musique, ces vibrations donnent lieu à une succession d'interruptions du courant électrique qui se traduisent à l'appareil récepteur par des vibrations sonores. Ainsi que tous les savants le reconnaissent avec nous, cet appareil ne peut en aucune façon être assimUé au téléphone Edison. En effet, il ne possède pas de
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- régulateur de tension à charbon, avec presssion élastique, et, en outre, le courant est sans cesse interrompu, à chaque vibration de la membrane, tandis qu’un caractère important du système Edison et sur lequel Edison insiste tout particulièrement dans son brevet, est que le circuit électrique doit être constamment fermé pour la transmission de la parole. Aussi l’appareil de Reiss n’a-t-il pu reoroduire que des sons musicaux ; dans l’état où l’a construit M. Reiss, il est absolument impropre à la transmission de la parole. En fait, il n’a jamais pu être utilisé dans ce but.
- Quant à l’appareil que Gray aurait imaginé vers 1874 et que les adversaires opposent également comme une antériorité au brevet Edison, il repose sur le même principe que l’appareil de Reiss, et il n’est capable de reproduire que certains sons musicaux et encore très imparfaitement. En effet, l’appareil de Gray comporte, comme le précédent, un interrupteur disposé de manière à produire des vibrations assez nombreuses pour émettre des sons. Dans tous les cas, l’appareil de Gray ne peut pas transmettre la parole et il n’est en aucune façon opposable au brevet Edison de 1877.
- Les adversaires ont encore opposé comme antériorité une certaine patente prise aux Etats-Unis au nom de Berliner et dont la demande a été déposée le 16 octobre 1877. Sans examiner l’invention dont cette patente a été l’objet, ii nous suffit de faire observer qu’elle n’a été délivrée que le i5 janvier 1878, c’est-à-dire postérieurement au brevet fra -çais Edison, et le jour même du dépôt de la demande du certificat d’addition Edison. C’est seulement aptès le i5 janvier que l’inveution Berliner pouvait être connue et constituer une antériorité Légalement opposable à l’invention d’Edison. Cette simple constatation de date réduit à néant tous les arguments qu'on essaie de puiser dans la patente Berliner.
- 40 Pi étendue divulgation de Vinvenlion d'Edison avant la demande du brevet français.
- La défense allègue que la découverte du téléphone Edison a été annoncée par M. Preece, ami de l’inventeur, daus une lecture faite à Plymouth, lors d’une réunion de la « British Association *>, avant le dépôt de la demande du brevet Edison en France. Divers journaux ont reproduit cette lecture : le premier d’entre eux serait le numéro du Ier septembre 1877 du Télégraphie Journal.
- La note sommaire que contient à ce sujet le Télégraphie Journal n’est accompagnée d’aucun dessin démonstratif; on ne peut y voir qu’une simple indication du principe d’après lequel1 Edison aurait combiné son téléphone, mais non pas une description réelle de cet appareil. Cette note dit simplement qu’Edison, partant du transmetteur électromusical de Reiss de 1860, a eu l’idée de remplacer la pointe de platine par un petit cylindre de plombagine.
- Or, l’invention d’Edison n’est pas bornée à cette substi-tion ni à une simple indication de principe. Ainsi que nous l’avons vu, Edison, tirant parti de la propriété des corps semi-conducteurs de l’électricité, étudiée par M. le comte du Monccl en i856, et appliquée par M. Clérac en i865pour obtenir des résistances variables, en a réalisé une application à la transmission de la parole en combinant le régulateur de tension à pression élastique, organe essentiel de son appareil transmetteur, et réalisé suivant les conditions que nous avons expliquées. La combinaison de ce régulateur de tension n’est nullement décrite dans la note de M. Preece, et c’est dans le brevet français du 19 décembre 1877 que cette invention apparaît en France pour la première fois.
- L’objection que tirent nos adversaires d’une prétendue divulgation de l’invention d’Edison est donc absolument sans fondement. D’ailleurs, l’un d’entre eux, dont la compétence en cette matière est incontestable, l'honorable M. d’Arsonval, a déclaré lui*même devant MM. les experts
- qu’après avoir étudié la notice de M. Preece, il avait bien entrepris des expériences, mais qu’il n’avait pas réussi à établir un appareil capable de transmettre la parole.
- On ne peut donc pas dire que l’invention d’Edison ait reçu antérieurement à la date du dépôt de la demande, une publicité suffisante pour pouvoir être exécutée. Eu conséquence, les articles 3o et 3i de la loi du 5 juillet 1844, ne sont pas aoplicables dans l'espèce.
- 5° Il y aurait une distinction à établir entre le microphone
- et le téléphone au point de vue de la transmission de la
- parole.
- On a,voulu soutenir devant MM. les experts que les appareils argués de contrefaçon ne sont pas des téléphones, mais bien des microphones, c’est-à-dire des appareils dérivant de l’invention de Hughes, d’ailleurs postérieure au brevet Edison. Par microphone, son auteur entendait un appareil amplificateur des sons, c’est-à-dire produisant à distance des sons élevés, alors que les sons ou bruits générateurs sont faibles.
- Quoique nous ne reculions pas devant une discussion scientifique, nous ferons observer que ce qui est surtout à considérer dans ce procès, c’est le côté pratique de la question, les résultats obtenus. En un mot, les théories doivent s’effacer devant les faits dans les débats que soulève une question de propriété industrielle. Toutefois, nous n’hésitons pas à dire quelques mots sur la comparaison du microphone et du téléphone, qui a soulevé tant de controverses entre Edison et Hughes et leurs partisans.
- Hughes prétendait, comme le font aujourd’hui les défendeurs pour les besoins de leur cause, que dans son appareil les charbons agissent dans des conditions différentes de celles qu’on rencontre dans le téléphone Edison. Il soutenait, notamment, que, tandis qu’il y a pression entre le charbon dans le téléphone Edison, il y a simple contact entre les charbons dans son appareil, qu’il appelle microphone.
- Rappelons que, dans le microphone de Hughes tel qu’il a été conçu primitivemenjt, les vibrations se transmettaient sans diaphragme et par l’air ambiant. Ce n’est qu’après avoir été présenté comme microphone, c’est-à-dire comme amplificateur de sons, que cet appareil fut proposé par différentes personnes pour être employé comme transmetteur téléphonique.
- D'une différence à l’origine dans la conception et dans le but des deux appareils, on a voulu déduire une différence dans leur nature et dans leur fonctionnement. Ce raisonnement est illogique, car, on perd de vue la ressemblance des deux instruments, à la fois dans leur organisme et dans l’application industrielle qu’on en fait.
- En effet, le téléphone et l’appareil dénommé faussement microphone comportent le même organe essentiel, savoir Un régulateur de tension électrique, composé de charbon substance semi-conductrice de l’électricité, ce charbon supportant une pression initiale élastique, en subissant les vibrations de la membrane devant laquelle on parle.
- Dans ces deux appareils qu’on cherche en vain à différencier, on trouve le charbon dans la même situation maintenu d’une part contre un organe fixe et subissant d’autre part les vibrations de la membrane. Dans l’un et dans l’autre, le charbon est dans une même condition de pression initiale élastique : pour l’appareil Edison, la pression initiale élastique est exercée au moyen de la vis d’ajustement; dans les appareils argués de contrefaçon, qu’on les appelle microphones, téléphones, pantéléphones, microtéléphones ou autrement, cette pression élastique existe; elle est le résultat de la pesanteur des charbons eux-mêmes de l’action d’un contrepoids ou de toute autre cause. ’
- Pour ces raisons, téléphone et microphone sont un seul et même système de transmetteur téléphonique et la confusion que l’on cherche à faire naître dans les esprits à leur
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- sujet en employant des dénominations différentes n’exclut en aucune façon l’idée de contrefaçon.
- 6° Le brevet français Edison serait invalidé par suite de la
- situation de la patente en Angleterre et du procès quia
- eu lieu dans ce pays.
- M. Locht-Labye a présenté ses observations à ce sujet dans un dire écrit, adressé à Messieurs les Experts. Nous y répondrons brièvement.
- M. Locht-Labye soutient que le brevet français Edison doit subir le sort de la patente prise en Angleterre antérieurement le 3o juillet 1877, et qu’en conséquence, les revendications qu’Edison a abandonnées en Angleterre n’ont plus aucune valeur en France. Notre contradicteur se trompe étrangement, car le brevet français ne peut en aucune façon être annulé dans quelques-unes de ses pàrties, par ce motif que les exigences spéciales de la loi anglaise ont pu obliger l’inventeur à renoncer à certaines de ses premières revendications.
- Tout d’abord, il convient de dire que si en Angleterre les revendications « daims » ont une importance exceptionnelle, parce qu’elles délimitcut l’étendue du privilège que demande le breveté, et qu’il ne pourra jamais étendre davantage, il en est- tout autrement en France. Notre loi, en effet, n’exige pas que l’inventeur précise son invention dans des revendications.
- En outre, la loi anglaise, qui est à cet endroit très rigoureuse, ne permet pas au patenté de revendiquer un seul point qui ne soit pas nouveau, ou encore un point qui n’ait pas été prévu dans la protection provisoire qui est le premier degré de la patente. Le patenté doit abandonner les revendications ainsi irrégulières, sous peine de voir invalider sa patente tout entière. Il n’en est pas de même en France. Alors même qu’une seule revendication se rapporterait à un point valablement breveté, le brevet n’en est pas moins valable, pour cette seule revendication, quoique susceptible de nullité pour tout le reste.
- Ces considérations suffisent pour montrer qu’on ne peut eu aucune façon, déduire de la situation de la patente anglaise celle du brevet français, parée que les lois dans ces pays sont toutes différentes.
- Voici, d’ailleurs, quel est exactement le résultat des procès qui ont eu lieu en Angleterre relativement au téléphone Edison.
- En 1882, un jugement rendu en Ecosse, à la suite d’une action en contrefaçon, reconnaissait la validité de la patente anglaise Edison, malgré les objections faites alors contre sa validité.
- Plus tard, une action semblable fut portée devant les tribunaux anglais. Les adversaires soulevèrent également des objections, et prétendirent, notamment, que les droits de M. Edison étaient mal établis en Angleterre, parce qu’il avait revendiqué l’appareil connu sous le nom de « phonographe », quoique cet appareil ne fût pas spécifié dans la protection provisoire. La Compagnie propriétaire de la patente anglaise Edison se trouva donc dans l’obligation d’abandonner par un « disclaimer » la revendication relative au phonographe; et le « disclaimer » fit accordé, malgré l’opposition que firent les tiers.
- Depuis cette époque, la patente anglaise Edison, débarrassée de l’irrégularité qu’on avait pu lui reprocher, est considérée comme absolument valable, et le téléphone transmetteur Edison est régulièrement patenté en Angleterre.
- D’ailleurs, M. Locht-Labye reconnaît lui-même qu’eu Angleterre, on a maintenu la revendication suivante :
- « Dans un instrument pour transmettre des impulsions électriques par le son, la combinaison avec un diaphragme ou tympan de régulateurs de tension électrique, ainsi qu’il a été décrit, pour varier la résistance du circuit fermé, comme il a été expliqué.
- Cette revendication résume très bien la disposition fonda-
- mentale du transmetteur téléphonique Edison, dl nous ne l’avons pas décrit autrement. m
- Il ressort de ce qui précède que le téléphone Edison est parfaitement patenté en Angleterre, et dans toute son intégrité. Quoique nous n’ayons pas à nous préoccuper en aucune façon de la situation de la pateute anglaise Edison* puisqu’elle ne peut pas influer sur la situation d* brevet français, nous devions, par respect pour la vérité et pour la propre édification de MM. les experts, faire connaître exactement quelle a été l’issue des procès intentés en Angleterre et d’en indiquer les résultats.
- § 6. — QUESTIONS SUBSIDIAIRES.
- En dehors des points que nous venons de traiter, nos contradicteurs ont encore cherché à opposer deux autres objections secondaires, comme s’ils voulaient suppléer par le nombre à la faiblesse de leurs arguments. Bour n’en laisser aucune sans réfutation, nous répondrons brièvement à ces deux objections dans ce chapitre spécial.
- rj D’après le jugement qui a ordonné l’expertise, MM. les experts ont encore à examiner si le certificat d’addition du i5 janvier 1878 se rattache au brevet principal du 9 décembre 1877. Cette question a été soulevée incidemment, au cours des plaidoiries devant Je tribunal, sans être discutée à fond par nos adversaires. Quoi qu’il en soit, puisque le tribunal désire connaître sur cette question l’opinion des experts, nous devons dire quelques mots sur le lien intime qui unit le certificat d’addition du i5 janvier 1878 au brevet principal.
- Il s’agit, en effet, dans ce certificat, du même appareil transmetteur téléphonique qui a fait l’objet du brevet principal. M. Edison, après avoir décrit les perfectionnements qu’il a apportés au régulateur de tension, explique comment il peut combiner l’appareil avec une bobine d’induction.
- C’est donc bien toujours ici la môme invention à laquelle Edison, conformément à l’article 16 de la loi du 5 juillet 1843, a pu très légitimement apporter des perfectionnements, changements ou additions. L’adjoncticn de la bobine d’induction rentre évidemment dans cette catégorie de modifications ou améliorations, que l’inventeur peut toujours faire subir à son invention première.
- Il est certes bien inutile que nous insistions sur cette objection. MM. les experts seront convaincus, à la simple lecture du certificat, qu’il vise le même but que le brevet principal, c’est-à-dire l’invention des téléphones à pile et à charbon.
- La validité du certificat d’addition n’est donc pas contestable.
- 20 Nos adversaires ont prétendu que la Société générale des Téléphones n’exploitait pas l’appareil Edison et que celui qu’elle employait n’était autre que l’appareil Phelps, décrit dans une patente américaine demandée le 6 décembre 1878 et délivrée le 29 avril 1879.
- Tout d’abord, si l’on compare l’appareil de Phelps avec le téléphone breveté par Edison, on constate qu’il n’en est qu’une variante, attendu qu’il reproduit tous les éléments caractéristiques du système Edison : le charbon, le dii-phragme avec lequel il est tenu en contact par une vis d’ajustement, en un mot l’organisme du régulateur de tension. La seule innovation de Phelps s’est bornée à des détails de construction, et notamment à la liaison du transmetteur à son support par un bras mobile articulé.
- Si Phelps s’était fait breveter eu France, ce qui n’est pas, il eût été tributaire du brevet Edison et n’aurait pu exploiter son appareil.
- En ce qui concerne la Société des Téléphones, elle a suivi, pour la forme à donner à ses appareils, l’exemple que lui donnait Edison, qui n’a jamais eu à s’inquiéter des dispositions de détail ou des transformations de formes que son système a pu recevoir en Amérique de la part de différents constructeurs.
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- D’ailleurs, la Société ne s’est pas arrêtée à ce type adopté par Edison; elle a elle-même transformé successivement le transmetteur Edison pour l’approprier aux besoins et aux commodités exigées dans la pratique; et c’est ainsi qu’elle a remplacé, peu à peu, le type primitif par le modèle connu sous le nom d’appareil Ader. Mais le transmetteur Edison, dans sa forme d’origine, a été et est encore en usage comme parleur dans les bureaux centraux de son réseau.
- En résumé, les appareils téléphoniques à charbon dont fait usage la Société des Téléphones, quels que soient leurs noms, leurs formes et leurs destinations particulières, ne sont autres que des modifications ou variantes dfun même appareil de principe, qui est le téléphone Edison. La So ciété des Téléphones n’a donc jamais cessé d’exploiter, conformément à la loi, le brevet qui est sa propriété et qu’elle défend contre les contrefacteurs.
- g 7. — CONCLUSIONS.
- A la suite des considérations exposées dans ce dire et les explications par lesquelles nous avons répondu aux objections soulevées par les défendeurs, et après avoir formulé les revendications que nous appuyons sur le brevet Edison du 19 décembre 1877 et son certificat d’addition du i5 janvier 1878, nous répondons de la manière suivante aux questions posées par le tribunal à MM. les experts.
- i° Le brevet Edison du 19 décembre 1877 et le certificat d’addition du i5 janvier 1878 sont valables; car ils satisfont à toutes les conditions de brevetabilité et de nouveauté exigées par les articles 2, 3o et 3i de la loi du 5 juillet 1844.
- 2° Les arguments tirés des antériorités invoquées par les défendeurs comme opposables à Ja validité desdits brevet et certificat d’addition, ainsi que le fait de divulgation antérieure à la demande du brevet, sont sans fondement et ne peuvent en aucune façon frapper de nullité le brevet Edison et son certificat d’addition.
- 3° Le certificat d’addition du i5 janvier 1878 se rattache au brevet principal du 19 décembre 1877; il est pris, conformément aux prescriptions de l’article 16 de la loi du 5 juillet 1844, et ne tombe pas sous l’application du dernier paragraphe de l’anicle 3o de ladite loi,
- 4° Tous les appareils saisis reproduisent les caractères distinctifs du système Edison, et ils en sont la contrefaçon.
- 5° Subsidiairement, les autres moyens invoqués par la défense et discutés dans ce dire sont à rejeter comme dénués de tout fondement.
- Paris, le 23 février i885.
- Pour la Société générale des Téléphones :
- J. E. Engrand. Armengaud jeune,
- Avoué de l instance Ingénieur conseil,
- au tribunal de la Seine,
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 9 mars i885.
- Monsieur le Directeur,
- Dans son article du 7 mars, M, Dccharme indique un moyen pour entretenir électriquement le mouvement de plaques de substances non magnétiques. Ce moyen consiste simplement à agir avec un électro-aimant, à la manière ordinaire, sur un morceau de fer fi-xé solidement en un point convenable du corps non magnétique.
- Je n’ai nullement l’intention de réclamer la priorité de :e procédé, dont je me suis servi souvent depuis 1873, et avec lequel j’ai entretenu le mouvement de lames de verre, et de diapasons faits avec des substances autres que le fer ou
- l’airain, de l’ctain par exemple : je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler, parce que les essais que je faisais ainsi ne m’ont pas encore conduit à des résultats quantitatifs assez précis.
- Mais je veux rappeler seulement que dans les anciens chronographes, tels que celui de Schultz, où l’on employait des diapasons entretenus par la méthode qu’avait indiquée Lissajous, au lieu d’agir avec l’électro-aimant directement, sur les branches du diapason, on agissait précisément sur un morceau de fer doux vissé sur ces branches : dans ces conditions, la substance même du diapason devient indifférente.
- Dans îes études que j’ai publiées sur les lames rectangulaires et dans celles que je termine en ce moment sur des plaques circulaires, je ne me suis servi que de fer ou d’acier, mais uniquement parce que mon but final est l’étude du téléphone, où l’on n’emploie jusqu’à présent que des diaphragmes en fer.
- E. Mercadier.
- La Haye, le 9 mars i885.
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro 10 de votre journal que je viens de recevoir, M. le Dr A. d’Arsonval publie plusieurs dispositifs galvanométriques, dont le but ne me semble pas très Clair
- La simplicité que M. d’Arsonval met en avant me semble bien moins grande que pour l’équipage de Nobili, car les aiguilles de M. d’Arsonval devront être courbées, même dans plusieurs plans différents, ce qu’on ne peut faire qu’à l’état recuit ; on doit donc les tremper après, ce qu certes n’est pas l’affaire « de tout le monde ».
- Quant à la sensibilité, je ne vois aucune raison pourquo la disposition (fig. 2) serait plus sensible que celle de Nobili, la longueur des aimants étant à peu près égale dans les deux dispositifs.
- Il serait intéressant aussi que M. d’Arsonval voulût bien expliquer comment il augmentera la sensibilité (et la simplicité) en remplaçant la suspension par un pivotage; d’ordinaire on prétend le contraire. Mais ce que je voudrais surtout faire remarquer, c’est que parmi les appareils « montrés à ses leçons depuis 1882 », il y a la figure 6 pour laquelle il doit y avoir certainement une erreur. Car il est clair que si le pôle N est attiré d’un côté de la bobine, le pôle S sera de même attiré de Vautre côté. Dans la position de la figure, l’appareil restera doncau repos, quelle que soit l’intensité du courant. Même en l’écartant de la position indiquée, on n’obtiendrait encore qu’une action différentielle très faible.
- Veuillez agréer, etc.
- C.-L.-R.-E. Menges.
- La remarqne de M. Menges, relativement à l’appareil de la figure 6, est parfaitement exacte, mais l’impossibilité du fonctionnement n’est qu’apparente et tient à un simple oubli de l’auteur de l’article. M. d’Arsonval a omis de dire que le solénoïde, représenté comme unique sur la figure, se compose en réalité de deux solénoïdes juxtaposés par leurs pôles de même nom, de sorte que les pôles N et S de l’équipage entrent dans des pôles semblables, et sont : l’un attiré, l’autre repoussé. En outre, l’appareil ivci’nt utilisé que pour de faibles amplitudes, les parties recourbées sont très courtes, Rédaction.
- Paris, le 7 mars i885.
- Monsieur le Directeur,
- Dans sa lettre du i3 mai 1884, insérée dans La Lumière Electrique, tome XII, page 3i8, M. Gravier revendiquait la priorité de l’invention d’une machine décrite à la page 11 de
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- • Il en est de même pour toutes les autres hélices.
- « Et, comme résultat, nous avons un courant rcCueiltable aux frotteursf'j*. Nous avons supposé que l’anneau tournait est fixe et que les frotteurs étaient fixes. Supposons le contraire : i’anneau est fixe et les frotteurs tournent Nous avons comme dans le premier cas, un courant continu dans le circuit secondaire.
- « Bien que le système soit, en lui-même complet, nous
- la brochure qu’il aurait publiée au moment de l’Exposition de 1881.
- Voici cette description :
- « Nous formons un anneau en fer : fil de fer, comme dans la bobine de Rumhkorff ou l’anneau de Gramme; tôle de fer enroulée comme le fil ou bien découpée avec la forme voulue et juxtaposée ou plus simplement en fer fondu.
- « Cet anneau est ensuite enveloppé d’une série d’hélices en cuivre disposées d’après les méthodes connues. Elles auront la résistance nécessaire pour utiliser au mieux un courant donné et le poids qui convient pour obtenir le plus grand effet magnétique sur la masse de fer de l’anneau.
- « S', à l’aide de deux frotteurs .//(fig. 12), nous faisons passer, dans le système, le courant d’une source exté rieure, nous aurons, cela est visible, un électro-aimant annulaire régulièrement constitué avec deux points conséquents A et B et une ligne neutre O O'.
- « Les deux frotteurs étant fixes, si nous faisons tourner le système, les deux points conséquents A et B et la ligne neutre seront fixes dans l’espace.
- « Si, au contraire, l’anneau est fixe et les frotteurs mobiles, nous aurons deux points conséquents A et B et une ligne neutre O O' lourna,,t autour du centre c.
- FIG. 12
- « Enveloppons maintenant cet électrô-aimant auuulaire d’une seconde série d’hélices en cuivre disposées, de la même façon, avec collecteurs et frotteurs placés de l’autre côté de l’anneau, mais les frotteurs sur un diamètre faisant un angle de 90° avec les premiers. Ce second circuit et les frotteurs/'J' sont indiqués en ponctué sur la figure 12.
- « Considérons une hélice secondaire pendant la rotation du système. Prenons-la après le passage de la résultante O O', à droite de celle-ci.
- « Puisque la résultante O O' est fixe dans l’espace, l’hélice considérée, évidemment s’éloigne de cette résultante lorsque l'auneau tourne dans le sens indiqué par la flèche.
- « De ce déplacement continu, il résulte que :
- FIG. i3
- profitons du bâtis, indispensable d’ailleurs, pour placer devant les pôles A et B une certaine masse de fer et obtenir ainsi la surexcitation de ces pôles. (Voyez fig. i3 et 14'.
- « La figure i3 convient lorsque l’anneau est mobile; la figure 14, au contraire, lorsque l’anneau est fixe.
- « Cet appareil est naturellement réversible, mais seulement dans le premier cas, c’est-à-dire lorsque l’anneau est mobile.
- « Si eu effet, nous envoyons un courant dans le circuit primaire, les frotteurs étant convenablement placés pour
- FIG.
- de O en B on a un courant induit,
- de B en O' — -- — •
- de O' en A — — .
- et de A en O — — — .
- « Continuant son mouvement, emportée par l’anneau, l’hélice considérée recommence les diverses phases que nous venuns de décrire.
- l’effet que nous nous proposons d’obtenir, l’anneau tournera pour arriver à la position d’équilibre stable devant la niasse de fer disposée comme surexcitcur.
- « Cela étaut, que va-t-il se passer dans le deuxième circuit ?
- « Evidemment, il n’y a aucun doute, il sera induit d’un courant qui sera la transformation du courant primaire.
- « Suivant que celui-ci sera formé de fil fin ou de fil gros par rapport au fil du circuit primaire, il fournira un courant dans lequel E ou I domineront dans le produit E I, nécessairement plus petit que le produit E I qui traverse le cir*
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- JOUkttÀL ÜÜiŸËÏksEL Ù'ÊLËCTRÎCïfÊ
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- cuit primaire, puisque celui-ci agit à la fois comme moteur et comme inducteur. »
- Je ferai d’abord remarquer qu’il s’agit non d’une machine dynamo-électrique, mais d’un transformateur d’électricité, et qu’il n’y a aucun rapport, quant à la fonction remplie et à la disposition des organes, entre l’appareil décrit ci-dessus, et celui représenté par la figure qui accompagne la dernière lettre de M. Gravier, et que nous reproduisons.
- Pour faire fonctionner ce transformateur, on peut maintenir l’anneau fixe et faire tourner les balais..ou, réciproquement, rendre les balais fixes et faire tourner l’anneau.
- M. Gravier avait pensé à déterminer le mouvement de rotation continu de l’anneau, en profitant de l’attraction qui devait se manifester entre ses points conséquents, et deux pièces polaires en fer doux situées dans leur voisinage.
- Aussi me suis-je empressé de reconnaître que M. Gravier avait eu avant moi l’idée que j’avais développée dans deux articles parus dans les numéros 18 et 19 de La Lumière Electrique (Année 1884).
- Mais, si l’on veut bien comparer les dessins reproduits ci-dessus, et non celui qui accompagne la dernière lettre de M. Gravier, à ceux de la machine que nous avons étudiée ensemble, M. Marcel Deprez et moi, j’espère que l’on reconnaîtra que notre machine constitue au moins une application faite dans un but tout différent, et à l’aide de procédés particuliers, d’un principe que M. Gravier n’avait songé à utiliser avant nous, que pour éviter d’avoir à faire tourner les balais de son transformateur d’électricité.
- Veuillez agréer, etc.
- M. Leblanc.
- FAITS DIVERS
- Plusieurs de nos confrères de la presse politique et notamment VEtoile belge ont démenti la nouvelle donnée par nous dans notre numéro du 28 février dernier au sujet de la rupture des négociations entre le gouvernement français etM. Van Rysselberghe. Nous sommes en mesure d’affirmer que la bonne foi de notre confrère a été surprise et nous maintenons la rigoureuse exactitude de nos renseignements.
- La Société internationale des Electriciens vient d’organiser, dans les salles de l’Observatoire de Paris, une exposition d’électricité qui promet d’être intéressante. Le monde officiel et la presse seront invités à l’inauguration, qui aura lieu le samedi 21 mars, à neuf heures et demie du soir. Pendant toute la durée de cette exposition, c’est-à-dire du 21 au 29 mars inclusivement, les portes seront ouvertes tous les jours de midi à six heures et de huit heures à onze heures du soir. L’entrée sera gratuite. Toutefois, on ne sera admis que sur la présentation de cartes spéciales délivrées par le président de la Société internationale des Electriciens, 3, rue Séguier, à Paris. Rien n’a été négligé pour donner à cette exposition un caractère sérieux et purement scienti-tifique. L’amiral Mouchez, d’accord avec le ministre de l’instruction publique, a offert une libérale hospitalité à la Société des Electriciens, qui supportera tous les frais de l’exposition. Une force motrice de près de 200 chevaux sera affectée au service de l’éclairage, qui comprendra tous les systèmes connus. La grande coupole méridienne sera en outre mise en mouvement par une installation de transport de force, et enfin tous les soirs il sera fait des conférences dont nous donnons d’autre part le programme.
- Voici des conférences qui seront faites à l’Observatoire de Paris pendant la durée de l’Exposition delà Société des électriciens .
- Dimanche soir, le 22 mars, à 9 heures, conférence pat Al. C. Wolf, de l’Institut, sur l’application de l’électricité aux observations astronomiques.
- Lundi soir, 23 mars, à 8 heures et demie. M. L. Maichc : La Téléphonie.
- — — à 9 heures et demie. M. E. EIsasser, sur
- l’induçtion téléphonique.
- Mardi soir, 24 mars, à 9 heures. M. de Méritons : Les phares électriques.
- Mercredi soir, 25 mars, à 8 heures et demie. M. P. Samuel :
- Accumulation et transformation de l’électricité voltaïque. Expériences de M. PlaDtè
- — —* à 9 heures et demie. M. Le Roux
- Applications de l’électricité à l’art militaire.
- Jeudi soir, 26 mars, à 9 heures. M. le Dr Boudet, de Paris Applications de l’électricité à la médecine.
- Vendredi soir, 27 mars, à 8 heures et demie. M. G. Lipp-
- mann : Appareils de mesures galvanométriques.
- — — 39 heures et demie. M. Jousselin :
- Application de l’électricité aux chemins de fer.
- Samedi soir, 28 mars, à 9 heures. M. G. Cabanellas : Le transport électrique en vue des distributions automatiques sous diverses formes de l’énergie. '
- Dimanche, le 29 mars, à 3 heures. M. le Dr Marié-Davy, de
- l’Institut : Applications de l’électricité à la prévision du temps.
- — — à 9 heures. M. E. Baudot. La Télé-
- graphie.
- Le Monileur Belge publie, à la suite d’un rapport au roi, un arrêté royal en vertu duquel il est institué un comité international chargé d’effectuer des essais sur les appareils servant à la production et à l’utilisation de la force électrique.
- Sont nommés membres de ce comité MM. Banneux, ingénieur en chef, inspecteur des télégraphes de l’Etat; Delarge, ingénieur en chef, directeur des télégraphes de l’Etat; Gérard (Eric), ingénieur, professeur à l’Institut électrotechnique Moutefiore de Liège ; Gody (Léon), capitaine-commandant d’artillerie, professeur à l’école militaire et à l’école de guerre; Melsens, membre de l’Académie royale des sciences à Bruxelles; Nothomb (L.), ingénieur électricien, à Bruxelles; Rousseau,professeur à l’université de Bruxelles; Somzée, ingénieur, membre de la Chambre des représentants, M. Rousseau remplira les fonctions de président de ce comité, et M. Gérard celles de secrétaire-rapporteur.
- Ce Comité sera complété par l'adjonction de spécialistes appartenant aux pays étrangers qui prendront part à l’Exposition d’Anvers.
- Le conseil d’administration de la Society of Arts annonce l’intention de la Société de convoquer un congrès pour discuter les lois sur les brevets actuellement en vigueur. La discussion portera sur la loi internationale des brevets, aussi bien que la nouvelle loi dernièrement votée par le Parlement anglais. Le congrès aura fieu pendant la durée de l’Exposition des inventions.
- Il vient de se former à Vienne une nouvelle Société sous la dénomination de Franklin Gesellschaft für Elecktrische Anlage pour les installations de transport de la force, de lumière électrique et de téléphonie. La Société débutera par la téléphouie, pour laquelle elle a déjà obtenu une concession.
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- MM. Edison, Bergmann et Batchelor viennent de former à New-York, une nouvelle Société, au caoital de 5 millions de francs, sous la dénomination de Railway Tele-graph and Téléphoné C®.
- Le but de la Société est d'appliquer l'électricité à la télégraphie et à la téléphonie en général et spécialement aux communications télégraphiques et téléphoniques entre deux ou plusieurs trains en marche, et entre les trains et les gares de la ligne.
- Éclairage électrique
- L'application de la lumière électrique faite au musée Grévin est peut-être une des installations qui démontrent le mieux les avantages de cette lumière au point de vue décoratif et la facilité avec laquelle elle se prête aux éclairages de toutes natures. Sans parler des salles dont les dimensions, les ormes et les ornementations sont fort différentes, les nombreux tableaux de ce musée représentent les scènes les plus diverses; on y trouve, comme on sait, des jardins, des salons d'apparfement, des ponts de navires, des paysages, des souterrains même, et il y avait une certaine difficulté à obtenir l’illusion dans des conditions aussi diverses; l'éclairage des dioramas, notamment, demandait de grandes précautions. Nous sommes heureux de constater que les ingénieurs de la Société électrique Edison ont parfaitement triomphé de ces obstacles: l’éclairage du musée est excellent et donne toute satisfaction aux visiteurs, qui, jusqu'à ce jour, avaient beaucoup à se plaindre de la grande élévation de température produite par le gaz.
- L'installation comporte 37? lampes incandescentes Edison de 8 et de 16 bougies, donnant ensemble une intensité totale de 4336 bougies, et deux lampes à arc Cance. Elles sont alimentées par une dynamo Edison de 3oo lampes A, mise en mouvement par une machine à vapeur de 5o chevaux fournie par la maison Lecouteux et Garnier ; la chaudière est un générateur inexplosible du système Collet.
- Les lampes sont réparties sur 10 circuits qui sont eux-mêmes subdivisés en services correspondant aux différentes salles; de cette manière, on peut allumer ou éteindre à volonté certains foyers, sans troubler le fonctionnement des autres. Les deux lampes Cance, placées à l’entrée sur le boulevard, constituent deux circuits ; elles sont en dérivation sur les bornes de la machine et leur intensité est réglée au moyen de résistances de maillechort.
- Voici la liste des principales installations industrielles d'éclairage par arc voltaïque faites en France par MM. Saut-ter, Lemonnier et Cc:
- Forges et Chantiers de la Méditerranée. Le
- Havre...................................... 74 lampes
- Forges et Chantiers de la Méditerranée. Marseille........................................ 34 —
- Société des anciens établissements Cail. Paris. 94 —
- Formes de radoub. Le Havre.................... 10
- J. Farcot, constructeur. Saint-Ouen............. 10
- Isaac Holden, tissage mécanique. Reims • . . . i3 —
- Jonathan Holden, tissage mécanique. Reims. . 10 —
- Ardoisières d'Angers............................ 16 —
- Marine. — Ateliers de Ruelle et de la Chaussade. 14 —
- Chantiers et ateliers delà Loire. Nantes. ... 18 —
- C° transatlantique. — Ateliers de Saint-Nazaire. 40 —
- Ce du Chemin de fer du Nord..................... 22 —
- L. Arbel, forges. Saint-Etienne................. 11 —
- Manufactures de Saint-Gobaiu.................... 14
- Le nombre total des lampes à arc voltaïque installées par MM. Sautter, Lemonnier et Cc, pour l'éclairage industriel avant le icr janvier i885 est supérieur à 1 100.
- Le café Oriente, à Barcelone, est maintenant éclairé à la lumière électrique à incandescence installée par la^Sociedad Espanola Electricidad. Le nouvel éclairage a beaucoup amélioré la température de cet établissement, que le gaz rendait presque insupportable.
- La Société Stædtische Elektricitæts-Werke à Berlin vient de soumettre au conseil municipal de cette ville un échantillon des câbles qu'elle se propose de placer pour la lumière électrique. Ce câble sera examiné sous peu par une commission composée des ingénieurs de toutes les administrations qui possèdent des canalisations souterraines, qui se prononceront sur les inconvénients que pourrait avoir le nouveau modèle pour les différents départements.
- Le nouveau théâtre de Carlsbad va être éclairé à la lumière électrique. L'installation sera faite par une maison de Vienne et la force motrice sera fournie par deux moteurs à gaz de 3o et un de 8 chevaux.
- Le règlement des entrées à l’Exposition d'Anvers vient d'être publié. Cette Exposition sera ouverte au public le 2 mai prochain et jours suivants : 2 francs, de 8 à 10 heures du matin; 1 franc, de xo heures du matin jusqu'à l'heure de la fermeture.
- Le Comité exécutif délivrera des cartes d'abonnement d'exposant et de circulation générale. Elles seront strictement personnelles.
- Le prix d'abonnement pour les cartes permanentes sera de 20 francs. Les exposants n'ont droit qu'à une seule carte permanente gratuite. Les cartes de circulation gratuites sont réservées aux personnes désignées dans le règle ment.
- La petite vil!e de Owensboro, dans l’Etat de Kentucky, est maintenant éclairée à la lumière électrique. '
- Il paraît que le temps rigoureux de la saison d'hiver a sérieusement empêché le fonctionnement régulier de la lumière électrique à Hell Gâte, près de l'entrée du port de New-York, où plutôt de la partie mécanique de cette installation. L'ascenseur, dontles employés se serventpour nettoyer les. lampes et renouveler les charbons a souvent été gelé, de manière à ne pouvoir ni monter ni descendre.
- La ville de Topeka, dans l'Etat de Kansas,possède depuis 2 ans une tour de i5o pieds de hauteur qui jusqu'ici n'a été qu’un ornement inutile, à cause du mauvais état des finances de la ville, qui n'a jamais permis d'installer les appareils nécessaires pour la lumière électrique. Une souscription privée a été organisée, et depuis quelque temps la lumière électrique fonctionne en haut de la tour à la grande satisfaction des habitants.
- Le Congrès composé des représentants de toutes les Sociétés d’éclairage électrique aux Etats-Unis et au Canada s'est réuni à Chicago le mercredi 25 février dernier. Plus de 100 personnes étaient présentes, et tous les systèmes étaient représentés, sauf celui d'Edison. Après la constitution du bureau, le programme des discussions a été arrêté comme suit : i° Eclairage à incandescence; 20 la manière de localiser et d'éviter des contacts avec les (Us téléphoniques et autres; 3° l’énergie et sa transformation en lumière; 4° globes et réflecteurs pour la lumière électrique; 5° la meilleure manière de relier les dynamos aux moteurs;
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- 6° L'éclairage électrique avec une force hydraulique ; 7° Prix de l'éclairage par année; 8° L'électricité appliquée aux moteurs; 90 Les conducteurs pour la lumière électrique ; io° L'influence du froid sur les armatures pendant le transport des machines; n° Isolation spéciale dans des endroits dangereux; 12° La meilleure disposition pour l'éclairage des rues; i3? L'expérience gagnée et les résultats obtenus avec les conducteurs souterrains.
- L’United States Electric Light O a été chargée de l'éclairage électrique du monument de Washington. La force motrice sera fournie par un moteur Westinghouso de e5 chevaux.
- Télégraphie
- Dans ces dernières années, on a essayé à diverses reprises d'employer les machines électriques à courant continu pour remplacer les piles dans le service des lignes télégraphiques. M. Schwendler dans l'Inde anglaise, la compagnie Western Union aux Etats-Unis, le département des télégraphes allemands à Berlin, ont exécuté à ce sujet des expériences fort intéressantes.
- Il n’est peut-être.pas inutile de rappeler que les premières recherches dirigées dans cette voie remontent à l'année 1868 et sont dues à M. Emile Bouchotte. A cette époque, l'administration centrale des télégraphes français autorisa le service de Metz à faire des essais sur une machine magnéto-électrique de la Compagnie l'Alliance, que M. E. Bouchotte mettait à sa disposition. Le moteur hydraulique du moulin des Onze-Tournants actionnait la machine électrique dont le courant était envoyé au poste central.
- L'expérience a duré alors plus de quatre mois et a motivé un rapport de M. Aubry, inspecteur du service, qui constatait les bons résultats obtenus. L'installation subsista jusqu'à la guerre de 1870 et fut détruite par les Allemands à la suite de l'occupation de Metz. L'invention de la machine Gramme à courant continu lit oublier la machine de l'Alliance, et les études de M. Bouchotte demeurèrent enfouies dans les archives du ministère des postes et télégraphes.
- On sait que, dans l'appareil télégraphique de Hughes, le mouvement des rouages est produit par la descente d'un poids. Une fois ce dernier arrivé à la partie inférieure de sa course, on est obligé de le remonter, ce qu'on fait au moyen d'une pédale. De là des pertes de temps et un surcroît de fatigue pour les employés.
- Aussi a-t-on pensé à appliquer l'électricité dans cette circonstance. M. Duplay, le constructeur bien connu, a été chargé de faire les essais préliminaires: il installe sur chaque appareil télégraphique un petit moteur électrique d'un modèle particulier imaginé par lui. Ce moteur est placé automatiquement sur le circuit d'une pile ou d'une machine dynamo au moment précis où le poids, a liai de descendre; il se met alors à tourner et détermine l'ascension du poids sans que l'employé ait la moindre manœuvre à faire.
- Le système que nous avons vu dans les ateliers deM. Duplay fonctionne d'une façon très satisfaisante, et il est probable qu'il sera sous peu adopté au bureau central des télégraphes de la rue de Grenelle.
- Pendant la nuit de samedi à dimanche de la semaine dernière, un ouragan violent, accompagné de fceige, a causé des dégâts très considérables en Ecosse. La communication télégraphique a été interrompue sur plusieurs points, et à Glasgow comme dans d’autres villes, un grand nombre de fils ont été cassés. Le réseau téléphonique d'Aberdeen a
- beaucoup souffert, les poteaux en fer ont été tordus, et les fils pendaient dans les rues. Les poteaux télégraphiques entre Aberdeen et Stonehaven ont été renversés, et toute communication était impossible pendant quelque temps.
- La ville de Madrid a été presque privée de toutes communications télégraphiques pendant la semaine dernière, des ouragans ayant détruit les lignes. Une nouvelle station télégraphique est ouverte au public à Rioseco.
- Le professeur Nigra, de Turin, vient de faire des expériences au ministère de la guerre en Italie, avec deux appareils de son invention, qui sont plus particulièrement destinés pour le génie militaire, les chemins de fer, etc. Le premier de ces appareils est une clef nommée par l'inventeur clef télégraphique magnéto-électrique, qui sert, comme la clef de Morse, à la transmission des dépêches; mais, au lieu de tirer le courant d'une pile, celui-ci est produit par le mouvement même de la clef qui agit sur une petite ma-' chine magnéto-électrique.
- L’autre appareil, nommé tèlèphonographe portatif, consiste en une boîte renfermant une sonnerie magnéto-électrique, une petite machine du même genre avec un téléphone Nigra et un appareil Morse. Au moyen de cet apparei on peut, à un point quelconque d’une ligne télégraphique, communiquer avec une des stations soit télégraphiquement, soit par téléphone, sans avoir besoin d'une pile. Les résultats des expériences ont été très satisfaisants.
- Voici quelques nouveaux renseignements au sujet du système de communication électrique entre les ateliers de chemins de fer et les trains en marche, imaginé par M. Phelps, et dont nous avons déjà parlé :
- Un fil de cuivre parfaitement isolé est établi sur la ligne, près de terre et entre les deux rails; il aboutit à chaque station extrême à un poste télégraphique. De son côté, le wagon porte une série de bobines voisines de ce fil et perpendiculaires à sa direction; elles sont formées de fil en cuivre enroulé sur de forts noyaux en fer et les extrémités de ce fil arrivent à un autre poste télégraphique placé sur la voiture.
- Il y a donc deux circuits électriques complètement différents sur le wagon et le long de la voie, mais, grâce à la proximité des bobines et du conducteur delà ligne, ils sont disposés de telle sorte qu'ils peuvent agir l'un sur l'autre par induction. Les signaux produits sur l'un d’eux se transmettent donc sur l'autre, où on les reçoit avec un appareil Morse.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, ce système a été essayé sur la ligne du chemin de fer de New-York à New-Haven avec les meilleurs résultats, entre deux stations éloignées de 25 kilomètres.
- La ville de Brooklyn contient plus de 10000 milles de fils télégraphiques et 3 000 milles de câbles aériens. La ville possède elle-même 190 milles appartenant au réseau des pompiers, et celui de la police est de 90 milles.
- La Bankers and Merchants Telegraph C°, de New-York, qui, depuis longtemps, luttait contre des embarras financiers très graves, au point que les employés sont restés pendant des mois sans toucher leurs appointements, vient d'être absorbée par la Postal Telegraph C°*
- Le journal Al-Moghreb Al-Aksa de Tanger annonce l'établissement prochain d'une communication télégraphique par câbles entre Tanger, Gibraltar et Tarifa;
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- Téléphonie
- Le Journal officiel du 24 février publie l’avis suivant:
- MINISTÈRE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- Des cabines téléphoniques publiques, permettant à toute personne de communiquer, soit avec les abonnés du réseau, soit avec toute personne placée dans une autre cabine, ont déjà été ouvertes à Paris dans les salles d’attente des bureaux de poste et de télégraphe suivants :
- Bourse. — Grand-Hôtel. —Boulevard Malhesherbes (près la Madeleine). — Rue de Grenelle (ministère des postes et télégraphes). — Rue des Halles. — Place de la République. — Avenue de l'Opéra (Théâtre Français). — Rue de Strasbourg (gare de l’Est). — Rue Littré (gare Montparnasse).— Boulevard Saint-Denis. — Rue Réaumur. — Avenue des Champs-Elysées. — Rue Guichard (Passy;. — Avenue Marceau.
- Il en a été ouvert de nouvelles le 25 février dernier dans les bureaux ci-après :
- Rue de Cléry. — Boulevard Saint-Germain, 104. — Boulevard de Clichy. — Place d’Eylau. — Avenue de la Grande-Armée. — Rue de Poissy. — Boulevard Montparnasse. — Rue des Batignolles. — Rue Gérando. — Rue du Vieux-Colombier.
- Le nombre des cabines actuellement en service se trouve donc porté à 25, et un avis ultérieur fera connaître l’ouverture de cabines téléphoniques dans un certain nombre de bureaux de poste et de télégraphe.
- Voici la liste des nouvelles cabines téléphoniques ouvertes au public depuis le 10 de ce mois dans les bureaux de poste suivants :
- Rue de Choiseul. — Rue des Haudriettes. — Boulevard Beaumarchais. — Rue Milton. — Rue de Provence. — Gare du Nord. — Boulevard Voltaire. — Rue de Citeaux. — Rue de Gallois. — Rue d’Allemagne, n° 3. — Rue d’Allemagne, n° 139. —• Rue d’Allemagne, n° 211. — Tribunal de commerce. — Luxembourg. — Boulevard Haussmann. — Boulevard Ornano. — Rue des Francs-Bourgeois. — Rue Bonaparte. — Boulevard Malesherbes.
- Il y a maintenant à Paris 35 cabines téléphoniques ouvertes au public. Pendant la semaine dernière elles ont servi à l’échange d’environ 1 000 communications. C'est toujours à la Bourse qu’on en demande le plus. Bientôt la Société générale des Téléphones ouvrira à son tour des cabines dans les 12 bureaux aux mêmes conditions que celles du-ministère des Postes.
- En province, les cabines réussissent moins bien : on nous a même cité des localités où les abonnés refusent de correspondre avec les cabines.
- Jusqu’ici, le service des transmissions télégraphiques par le téléphone est peu goûté à Paris. Il n’y a que 18 abonnés qui en font usage. Le nombre des dépêches tant expédiées que reçues n’atteint pas 100.
- On sait que certains postes de garde-côtes, en Angleterre, sont reliés par le téléphone aux ports les plus voisins. Ces communications rendent de grands services en permettant de signaler aux autorités les vaisseaux qui se trouvent en détresse, et l’on ne peut que désirer l’extension de ce service. C’est d’ailleurs le vœu que vient d’émettre la Chambre syndicale du port d’Aberdeen, à la suite d’un rapport du capitaine des pilotes, constatant que dans le courant de l’année dernière il avait pu sauver plusieurs navires, grâce aux avis donnés téléphoniquement par les postes de Cove et de Donmouth. Les frais de construction et d’entretien de
- ces lignes sont supportés par les Chambres syndicales, auxquelles le Board of Trade accorde des subventions.
- La liquidation de la Compagnie internationale des Télé-phones met en vente des appareils électriques de différentes natures provenant de ses ateliers, notamment :
- Manipulateurs Morse..................l'un, fr. 12 » .
- Récepteurs Morse........................ — i5o «
- Boussoles simples, boussoles à sonneries,
- depuis î 1 »
- Sonneries de tous modèles................ — 5 »
- Parafoudres.............................. — 4 »
- Commutateurs et interrupteurs............ — 2 5o
- Tableaux annonciateurs...........le numéro 10 »
- Récepteurs Bell en ébonite.............l’un 10 «
- Bobines d’induction pour postes téléphoniques. 4 5o
- Galvanomètres Deprez.................. depuis 80 »
- Pont de Wheatstone de 10000 ohms....... 200 -
- Condensateurs en mica de 1 microforad. .... 200 »
- Piles Thomson (système Daniel], à vase poreux)
- l’élément 3o »
- Piles Leclanché, à vase poreux. ... — 1 20
- Batteries Trouvé pour éclairage électrique, de
- 6 éléments à treuil.................. l’un 125
- Fils de cuivre nus et recouverts,
- Bobines de sonneries, timbres,
- Etc., etc.
- Un arrêté du ministre des chemins de fer, postes et télégraphes de Belgique, en date du 19 février, a fixé au 2 mars l’ouverture du service de la téléphonie entre les réseaux concédés de Bruxelles et de Gand, d’une part, de Liège et de Verviers, d’autre part. Les conversations pourront s’effectuer soit entre postes d’abonnés, soit entre bureaux téléphoniques publics et postes d’abonnés, sôitentre bureaux téléphoniques publics.Les mêmes taxes sont indistinctement applicables aux communications échangées au moyen des appareils des abonnés des réseaux locaux et à celles des personnes demandant à correspondre dans les bureaux publics.
- Ces taxes seront, pour *a période de jour, de 7 heures du matin à 9 heures du soir, de 1 fr. pour cinq minutes de conversation ou moins, et de 1 fr. 5o pour une conversation de plus de cinq minutes jusqu’à dix minutes. Pendant la nuit, elles seront portées respectivement à 2 et 3 fr.
- La durée effective d’une correspondance ne peut excéder dix minutes. A l’expiration de ce terme, la communication sera interrompue d’office; les correspondants qui n’auraient pas terminé dans ce délai ne pourront obtenir immédiatement une nouvelle communication que si les lignes ne doivent pas donner côurs à d’autres demandes en instance; dans le cas contraire, la nouvelle communication sera livrée à son rang dans l’ordre des demandes. En toute hypothèse, elle sera soumise de nouveau à l’application du tarif ci-dessus, comme s’il s’agissait d’une correspondance distincte.
- Les communications demandées à destination d’un bureau public ne sont établies que si, par une entente préalable entre les personnes intéressées, le correspondant est présent dans ce bureau. Cette entente peut se régler par les moyens ordinaires : lettre, télégramme, etc.
- L’Etat et les concessionnaires des réseaux locaux ne sont soumis à aucune responsabilité à raison du service de la correspondance à grande distance par voie téléphonique.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. MouiUot, i3, quai Voltaire. — 55448
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- La
- Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité i/'
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D1 CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XV) SAMEDI 28 MARS 188S N® 13
- SOMMAIRE. — Sur un procédé mnémotechnique pour se rappeler la direction des courants induits par un champ magnétique; Aug. Guerout. — Un mode de formation de la grêle (suite); J. Luvini. — Exposition électrique de Philadelphie : — Les conducteurs électriques; G. Duché. — Phidol automatique; E. Lacoine. —Commutateur pour poste téléphonique intermédiaire; Lassance. — La lumière électrique à Copenhague pendant le festival de Holberg; C.-C. Soulages. — Chronique de l’étranger : Allemagne; H. Michaelis.—Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en èiectricité, par B. Marinovitch et Krouchkoli. — Sur les différences électriques entre les liquides, par MM. Bichat et Blondlot. — Sur les galvanomètres à cadre curviligne, par M. Gaiffe. — A propos du service téléphonique dans les grandes villes, par C. Elsasser. — Recherches sur la force électromotrice produite par la diffusion dans les courants de marées, par T. Andrews. —Méthode pour mesurer la résistance des conducteurs échauffés par un courant, parM. A- Zillich. — Quelques observations sur la manière dont l’électricité se comporte dans l’air raréfié, par E. Edlund. — Relation entre le coefficient de l’effet Thomson et certaines propriétés des métaux, par M. S. Bidwell. — Mesure de la résistance intérieure des piles, par J. Birkner. — Altération de la résistance des fils métalliques par l’enroulement et le déroulement, par J. Kopps. — Procès de la Société générale des Téléphones. — Correspondance: Lettre de M. Bernstein et réponse de M. Guerout. — Faits divers.
- SUR UN PROCÉDÉ MNÉMOTECHNIQUE
- POUR SE RAPPELER LA DIRECTION.
- DES COURANTS INDUITS
- PAR UN CHAMP MAGNÉTIQUE
- Il est quelquefois difficile de se rappeler, lorsqu’on considère un conducteur se mouvant dans un champ magnétique, quel sera le sens du courant développé dans ce conducteur. M. le docteur J. A. Fleming vient de publier dans The Electri-cian un nouveau procédé mnémotechnique applicable à ce cas.
- « Les auteurs qui ont écrit sur l’électricité, dit-il, ont donné différentes règles pour se rappeler la direction du courant induit dans un conducteur qui se meut de manière à coupei des lignes de force et à faire varier la quantité d’induction magnétique développée dans le circuit. Ces règles reposent généralement sur quelque association d’idées avec les positions et mouvements de la natation, ou avec la direction des points cardinaux et le mouvement du soleil et de la terre, etc. Outre la difficulté qu’il y a à se rappeler les règles elles-mêmes, il faut un certain effort d’imagination pour les appliquer au cas d’une armature, d’une tige ou d’un fil, d’une boucle ou d’un disque, et de nombreuses années d’expériences m’ont montré que la règle que je vais indiquer est très utile
- pour économiser à la fois du temps et du travai de tête. >
- Le procédé mnémotechnique de M. Fleming consiste à se servir des doigts de la main droite pour représenter les trois principaux éléments à considérer : lç sens du mouvement du conducteur, la direction des lignes de force et le sens du courant dans le conducteur.
- Ainsi que l’indique la figure i, on place ses doigts de façon que le pouce soit perpendiculaire à l’index, et que le médius soit perpendiculaire au plan formé par le pouce et l’index. Les deux autres doigts ne servant pas à la méthode restent repliés.
- Si l’on considère comme directions des doigts celles qu’indiquent leurs extrémités (voir les flèches de la figure i), l’index représente alors la direction des lignes de force, le pouce, le sens du mouvement du conducteur et le médius représente à la fois le conducteur mobile et le sens du courant qui s’y trouve développé.
- Yeut-on maintenant connaître, par exemple, le sens du courant produit dans un conducteur qui se meut devant un pôle Nord d’aimant dans la direction GD (fig. 2), 011 disposera sa main comme nous venons de l’indiquer et on la supposera placée sur le pôle, ainsi que le représente la figure 2, de manière que le pouce soit dans la direction de GD et l’index dans celle des lignes de force (‘) ; la di-
- (*) Il est toujours bien entendu que le courant va du pôle + au pôle — et que les lignes de force sont toujours considérées comme partant d’un pôle nord.
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- rection du médias indiquera alors que le courant qui traverse le conducteur est dirigé de haut en bas.
- Si le sens du mouvement avait été inverse, la main eût dû être tournée de façon à avoir le dos, et non la paume, en contact avec l’aimant, et I in
- FIG. 1
- dex eût alors indiqué un courant marchant de bas en haut.
- Si le pôle avait été un pôle Sud au lieu d’être un pôle Nord, la main eût dû être placée non plus sur l’aimant mais en face de lui, et les indications obtenues eussent été inverses des deux précédentes.
- Enfin on voit que dans tous les cas, il est facile de trouver la position que l’on doit supposer à la main, et d’obtenir l’indication désirée.
- M. Fleming ajoute que lorsqu’on considère Iç cas
- FIG 2
- çi’un moteur et que, la direction du courant dans le conducteur étant donnée, il s’agisse de trouver le sens du mouvement que prendra ce conducteur sous l’influence du champ magnétique, il suffit de remplacer la main droite par la main gauche et d’ap* pliquer à celle-ci les mêmes conventions que pré-
- cédemment. Comme le mouvement que prend dans un champ magnétique un conducteur parcouru par un courant est inverse du mouvement qui, dans le même champ, produirait dans ce conducteur ce même courant, comme d’autre part la main gauche est inverse de la droite, il en résulte qu’en disposant les doigts de la main gauche comme cela a été indiqué pour la droite, et plaçant l’index dans la direction des lignes de force et le médius dans celle du courant du conducteur, le pouce indiquera la direction du mouvement.
- Maintenant ce procédé mnémotechnique est-il plus facile à retenir qu’un autre ? En anglais, peut-être. M. Fleming indique en effet une relation d’orthographe entre les mots qui désignent les trois doigts employés et ceux qui représentent les trois directions considérées : i° dans le mot fore finger (index),, doigt qui représente le sens des lignes de force, on retrouve la syllabe for qui est le commencement de force; 20 le pouce qui désigne la direction du mouvement se dit en anglais thumb, mot dans lequel se trouve un m, initiale du mot
- FIG. 3
- motion (mouvement) ; 3° dans le mot middle finger (médius) se trouve un i, initiale de induced, current (courant induit).
- En anglais donc, on dispose d’un moyen mécanique pour se rappeler la direction que représente chaque doigt; en français, ce moyen mécanique ne serait applicable qu’au médius. Chez nojjs, d’ailleurs, on n’a guère eu recours aux associations d’idées dont parle M. Fleming et qui reposent sur les mouvements de la natation, la marche du soleil, etc. Nous sommes habitués, dans l’étude de l’action des courants sur les aimants mobiles, à nous servir de l’hypothèse de la figurine d’Ampèfe, et ce procédé peut parfaitement être appliqué au cas considéré par le Dr Fleming.
- On pourra par exemple (fig. 3) supposer la figurine étendue sur le conducteur mobile, regardant les lignes de force vers lesquelles elle s’avance, et
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- tournée de façon que ces lignes la traversent de la main droite à la main gauche ; le sens du courant dans le conducteur sera alors dirigé des pieds à la tète. Dans l’exemple choisi, il sera descendant.
- Si le sens du mouvement était renversé, la figurine, pour satisfaire aux conditions indiquées, se trouverait debout, le courant serait montant. Avec un pôle sud, les positions seraient inverses.
- On peut aussi (fig. 4) supposer que la figurine est couchée sur une des lignes de force, celle-ci lui entrant par les pieds, et qu’elle regarde venir le conducteur mobile. Dans ce cas, le courant est dirigé de la main droite vers la main gauche de la figurine.
- Quant au cas des moteurs, le sens du mouvement sera facilement déduit des mêmes considérations.
- Ces deux dernières méthodes mnémotechniques
- Fit; 4
- sont des plus faciles à retenir si on les rapproche de la règle d’Ampère pour la déviation de l’aiguille aimantée par le courant, règle que tous les électriciens savent sur le bout du doigt. Dans les deux cas en effet, comme dans la règle d’Ampère, le courant ou la ligne de force entrent dans la figurine par les pieds ; de même que, dans cette règle, la figurine regarde l’aiguille aimantée, de même la figurine regarde le conducteur ou la ligne de force vers laquelle celui-ci se dirige ; enfin, de même que l’aiguille aimantée se dévie vers la gauche de la figurine, de même le courant ou la ligne de force sont dirigés de la main droite vers la gauche. L'analogie est donc complète et aide parfaitement la mémoire et l’on voit que ces deux moyens mnémotechniques répondront au même but que le procédé de M. Fleming.
- Il y a cependant un point dont il faut tenir compte. Nous voulons parler de la divergence qui existe dans la tournure d’esprit des individus. Telle ou telle conception présentée sous une forme particulière, ne sera pas comprise par certaines
- personnes qui la saisiront au contraire très aisément lorsqu’on la leur présentera sous une autre forme. Il en résulte que, même sans les points de repère mécaniques qu’il présente en anglais, le procédé mnémotechnique de M. Fleming, pourra se plier mieux que d’autres au genre d’esprit de certaines personnes et sera susceptible de leur rendre service. C’est à ce titre que nous l’avons fait connaître.
- Atjg. Gueroïjt.
- UN MODE
- DE
- FORMATION DE LÀ GRÊLE
- Deuxième article (Voir le numéro du 2 mars i885>,
- 8. Différentes formes de la grêle. — Dans cette agitation, et à la suite de nouveaux coups de foudre, des grêlons, déjà formés, peuvent se souder avec d’autres; quelques-uns, rencontrant des gouttes de pluie, se revêtiront d’une couche d’eau, qui peut se congeler à son tour ; d’autres enfin, s’entrechoquant, se briseront ; de sorte qu’il n’y aura aucune forme ou grandeur de grêlons de laquelle on ne puisse donner raison avec ces principes, surtout si l’on tient compte des différentes formes et qualités de glace auxquelles peut donner lieu la congélation de l’eau sphéroïdale.
- La congélation des gouttes peut aussi avoir lieu à des températures moins basses que celles auxquelles elles se congèleraient directement et immédiatement. Dufour (*) à propos de la congélation des liquides suspendus dans d’autres liquides, a démontré que, si une goutte d’eau du diamètre de 3 à 5 millimètres, à une température non supérieure à 6 ou 70 au-dessous de zéro, se trouve en contact avec une autre goutte semblable, déjà congelée et suspendue dans la même masse fluide, elle se congèle instantanément et donne lieu à une sphère de glace détachée et quelquefois adhérente par un point à l’autre. Si la température de la sphère liquide est de 3 à 40 au-dessous de zéro, son contact avec la sphère congelée en produit aussi la solidification, mais cette fois les deux sphères adhèrent l’une à l’autre sur une étendue plus ou moins grande, de sorte que, en faisant congeler de cette manière et successivement plusieurs gouttes d’eau autour d’un même noyau, on peut obtenir des morceaux de glace déformés très différentes, semblables à celles que parfois nous observons dans la grêle. Enfin,
- (1) Arc h. des Sc. phys., 1881, t. X, p. 3^6.
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- si la congélation des gouttes a lieu à la température de i à 2° au-dessous de zéro, chaque goutte s’étend autour du noyau de glace, au contact duquel elle se congèle, en l’entourant complètement ou presque complètement, et l’on obtient les formes de la grêle ordinaire.
- Ce sont des vérités expérimentales, qui ne contredisent nullement ma théorie, au contraire elles la complètent ; et j’admets très bien que la grêle, et particulièrement le grésil, peuvent quelquefois se former de la manière indiquée par Dufour (l) et par M. Faye (2).
- 9. Origine du froid dans les nuages orageux,
- TEMPÉRATURE ET DIMENSIONS DES GRÊLONS. —
- L’explication du froid capable de congeler l’eau dans les nuages orageux a toujours été l’écueil de toutes les théories de la grêle. Maintenant la considération des trombes, descendant des hautes régions de l’atmosphère avec des aiguilles de glace très froides (M. Faye), et quelques expériences très simples sur les liquides à l’état sphéroïdal ont fait évanouir toute difficulté.
- En se rappelant qu’avec les liquidés sphéroïdaux dans le vide en peut obtenir des températures très basses, et tenant compte de l’énergie extraordinaire de la foudre, on n’aura plus de difficulté à expliquer les températures très basses et les dimensions tout à fait extrordinaires observées dans quelques grêlons tombés du ciel.
- Dans mon mémoire sur l’électricité atmosphérique, où, en m’appuyant sur des résultats expérimentaux, je ferai connaître une des principales causes de l’électricité de l’air, et particulièrement des nuages orageux, et la manière dont, même après les plus fortes décharges, l’électricité se reproduit très promptement dans le nuage, je reviendrai sur le phénomène de la grêle, et j’expliquerai des particularités qui ont besoin de la nouvelle théorie de l’origine de l’électricité pour être comprises.
- 10. Question de priorité. — Voilà donc la grêle formée par le feu céleste, et en voici une théorie qui a pour base des expériences relatives à l’état sphéroïdal, conformément au présage de Poey (de la Havane) qui, dans sa note sur la foudre globulaire (3) dit : « Ne pourrait-on pas rapprocher également la formation de la grêle dans les nuages orageux des expériences si surprenantes
- de M. Boutigny.....?...Je ne doute point qu’une
- nouvelle théorie de la grêle, fondée sur l’état sphéroïdal de la matière, ne prenne rang parmi celles de Volta et d’autres physiciens ». Boutigny, à propos de cette note de Poey, dans la quatrième édition
- ') Lieu cité.
- () Ann. 1877, p. 540 et suiv.
- (9 Comptes rendus, t. XL, p. n83.
- de ses Etudes, s’exprime ainsi qu’il suit : « Dans la première édition de cet ouvrage j’àVais émis l’opinion que la grêle pouvait bien avoir l’origine que M. A. Poey lui assigne; mais cette théorie ne se formulait pas nettement dans mon esprit, et je l’ai abandonnée. Je dois ajouter que mes doutes ne sont pas encore entièrement dissipés ».
- Le présage de Poey était un rêve sans fondement. Dans l’état des connaissances de ce temps il était impossible de formuler une théorie de la grêle appuyée sur l’état sphéroïdal.
- 11 Possibilité de produire artificiellement la grêle. — Si la cause, ou du moins une des causes de la grêle est celle que j’ai décrite, il doit être possible de reproduire artificiellement ce météore dans des expériences de cabinet. Il suffira de lancer sur des gouttes d’eau suspendues dans l’air un jet de feu très intense, instantané, et d’observer si quelques-unes présentent le phénomène qu’on en attend. Il ne faudra pas, dans ce but, employer des sources de chaleur qui ne soient pas électriques, car l’action du feu doit être très prompte et très énergique. Et même avec des décharges électriques les plus puissantes, on ne peut pas s’attendre à obtenir facilement la congélation des gouttes. Il est bien possible que les différents coups de foudre, sur un amas de gouttes d’eau produisent des effets différents; car ces effets peuvent dépendre des dimensions et de la température des gouttes, de leur distance, du degré d’humidité et de la température de l’air environnant, de l’intensilé de la décharge électrique, de l’espèce d’électricité des gouttes et de l’air, et peut-être encore d’autres causes que nous ignorons complètement. L’intensité de la décharge est probablement la cause qui a sur le phénomène la plus grande influence.
- 12. Mes tentatives et une expérience qu’il serait utile de faire. — J’ai fait passer de fortes décharges électriques sur des gouttes d’eau très petites, lancées dans l’air par la fontaine de Héron, et sur d’autres tombant d’un entonnoir à orifice très petit, mais inutilement, comme on pouvait bien s’attendre (').
- (') Dans l’expérience avec les gouttes tombant d’un orifice, si la distance du corps électrisé a’est pas assez grande, il se manifeste le phénomène connu et déjà décrit par Musschembroek dans ses Instilutiones physicœ (1748), p. 216), de la transformation des gouttes en jet continu. Si l’orifice est très étroit, en mettant le corps électrisé en dessous, et hors de la verticale passant par l’orifice, à une distance convenable, le jet, en forme de fil très mince, se courbe, ayant sa concavité tournée en bas dans le premier trait, en haut dans la partie qui est au-dessous du corps électrisé, et il se replie encore une fois dans la suite, de sorte qu’il présente deux points d’inflexion. Le fil d’eau est soumis à l’influence, de deux forces, l’électricité et la pesanteur, et le
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- J’ai même essayé de répéter les expériences de Beccaria avec des décharges à travers l’eau et le vin dans des tubes de verre; mais les condensateurs dont je disposais étaient trop faibles. Dans les expériences de Beccaria les tubes se cassaient et l’eau se vaporisait en partie, et, en employant le vin, il a trouvé les fils de fer qui conduisaient l’électricitc dans le tube, chargés d’une humeur un peu tenace semblable à un voile de moutarde. Ce fait aurait-il quelques relations avec la congélation du vin frappé par la foudre, dont je parle dans le numéro suivant? Franklin, en répétant les expériences de Beccaria, qu’il appelle un de nos plus habiles électriciens (’), soumit de l’encre à la même expérience. La décharge cassa, comme à l’ordinaire, le tube, et l’expérimentateur fut émerveillé de ne trouver aucune tache sur le papier blanc qui était au-dessous. Beccaria assigna, pour cause de ce fait, l’évaporation totale de l’encre.
- La seule expérience qu’il me semble qu’on pourrait utilement essayer est la suivante : faire une interruption dans le conducteur d’un paratonnerre, et, pendant un orage, lancer dans cette interruption, par un moyen quelconque, des gouttes, des fils, des couches d’eau, et même y placer de l’eau dans un vase coïbent, et observer ce qui arrive à chaque décharge électrique (2).
- i3. Cas de congélation naturelle de liquides frappés par la foudre. •— Sénèque (* *) décrit un grand nombre d’efFets de la foudre, et dans les chapitres 31, 52 et 53 il dit clairement que la foudre fait congeler le vin, tandis qu’elle fait fondre le fer et le bronze (vinum gelât, ferrurn et aes fun-dit), et que le vin reste immobile dans le récipient cassé (stat, fracto dolio, vinum).
- Pour l’intelligence de ces faits, il est bon de rappeler que les Romains avaient l’habitude de conserver les vins généreux dans des récipients en terre, sur les galetas, où ils étaient plus facilement exposés aux coups de foudre qui, quelquefois, doivent avoir cassé [le récipient et fait congeler le vin, précisément de la manière que je viens d’expliquer. Et ce fait se serait observé plus d’une fois, car on croyait communément que le vin, con-
- phénomène pourrait très bien servir dans les écoles à faire comprendre l’effet que produisent les planètes sur les orbites des comètes qui passent dans leur voisinage.
- (') Œu >res, traduction de Barbeu du Bourg, vol. Jor, p. a3o.
- (*) On recommande vivement à tous ceux qui auront l’occasion d’observer les effets de la foudre aussitôt qu’elle est tombée, d’examiner tout de suite les liquides (et plus particulièrement ceux qui sont renfermés dans des vases coïbents) qui ont pu se trouver sur le passage de la décharge, et de vérifier s’ils se présentent pas quelque partie solidifiée, ou du moins si leur température n’a pas subi une diminution.
- (') Nat. Quœst., lib. 2.
- gelé parla foudre et réduit ensuite à l’état liquide, rendait étourdis ou fous ceux qui le buvaient (illud mirum, quod vinum, fulmine gelatum, cum ad priorem habitum redit, potum aut cxanimat, aut dementes facit).
- Est-ce un récit de faits ou de préjugés? L’exactitude de Sénèque dans la description d’un très grand nombre des effets de la foudre , dont la réalité a été confirmée par les observateurs modernes, semble une garantie de la vérité du fait exposé; et la théorie que je viens de développer nous montre la probabilité du phénomène et le mode de sa production.
- Un autre fait plus important se trouve décrit par Chaptal dans la 3mo édition de ses Eléments de Chimie (2). Voici comment il le rapporte : « Le 29 octobre 1786 il tomba quatre pouces d’eau à Montpellier; un violent coup de tonnerre, qu’on entendit vers les quatre heures du soir, et qui éclata très bas, décida une chute de grêle épouvantable; un droguiste, qui était occupé dans sa cave à remédier ou à prévenir les dégâts occasionnés par la trailssudation de l’eau à travers le mur, fut très étonné en voyant que tout à coup l’eau qui suintait sur la muraille tombait en glaçons ; il appela plusieurs voisins pour partager sa surprise; je fus visiter ce lieu un quart d’heure après, et je trouvai dix livres de glace amoncelées au pied du mur. Je m’assurai qu’elle n’avait pas pu passer à travers le mur, qui ne laissait apercevoir aucune lézarde, et était partout dans le meilleur état. La même cause qui décida la formation de la grêle dans l’atmosphère agit-elle également dans cette cave? Je consigne un fait et m’interdis toute conjecture. »
- Ce fait, dit Caréna, qui le rapporte dans le Ca-lendario georgico pour 1827, p. 12, semble prouver qu’une décharge électrique prompte et violente peut déterminer la congélation instantanée de l’eau même en grandes masses.
- On trouve une autre relation du même événement dans le Rapport sur l'essai du paragrc-lage (‘) de Saint-Martin et Lacoste ; ils l’ont appris du docteur Gouvert, qui l’a entendu raconter par Chaptal; la voici : « M. Chaptal cite un fait qu’il a constaté personnellement... Pendant une pluie d’orage, au milieu du mois d’août (ici il y a un changement de date), un négociant épicier de Montpellier était dans sa cave à détourner l’eau qui sourdait à travers les lézardes de la muraille; il vit subitement cette eau se convertir en glace sous l'influence d'un violent coup de tonnerre qui ébranla la maison ».
- Dans leur rapport, Saint-Martin et Lacoste font
- (a) Paris, 1796, t. I, p. i38. (') Chambéry, 1825.
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- suivre ce récit d’un autre du même genre et non moins important. « On nous a rapporté pareillement, disent-ils, que des voyageurs, ayant vu, pendant une ondée, le tonnerre tomber à une petite distance devant eux, trouvèrent dans lé point où l’explosion s’était portée, un creux rempli d’eau, dont la surface était gelée. »
- 14. Conversion des gouttes d’eau en grêle,
- OBTENUE ARTIFICIELLEMENT. — Chaptal, (2) après
- avoir exposé ses idées sur la formation die la grêle, ajoute : « Les expériences de Quinquet ont confirmé cette théorie ». Kant, dans sa Géographie physique (3), dit plus explicitement : « Quinquet enfin, par le moyen de l’électricité, a changé réellement des gouttes d’eau en grêle, et ces expériences ont été répétées avec succès en Allemagne ».
- Malgré les recherches les plus suivies je n’ai pas réussi à me procurer la description, ni autres indications des expériences de Quinquet. Tout ce que j’ai trouvé de cet auteur c’est le titre de deux notes dans le Magasin Encyclopédique de Millin dans es volumes correspondant aux années 1797 et 1802.
- L’auteur, qui aurait répété avec succès en Allemagne les expériences de Quinquet, est Seiferheld à Dillingen, dont les expériences sont citées dans 2ac partie du t. VI du Gotha Magasin, 1790, p. 189 (4) et décrites dans le t. VII, 2d0 partie, p. 45 du même journal (1791). Seiferheld faisait ses expériences avec une bouteille dé Leyde (Kleis-lische Flasche), dont une armure étaitmise en communication avec le conducteur d’une machine électrique en action continue, et dont les décharges se succédaient à de courts intervalles de temps à tra-une goutte d’eau. Il observa qu’après quelques décharges la goutte devenait aussi blanche que du lait (Milchfarbe) ; mais en considérant mieux la chose, il reconnut que vraiment la goutte était gelée (Milch-Eis). Ayant répété plusieurs fois l’expérience, il trouva toujours le même résultat. Il n’est pas dit quelle était la température à laquelle on a fait cés expériences ; mais elle devait être très basse, car dans une expérience préliminaire Seiferheld déclare que l’ambiant était à i3° R. sous le zéro.
- Quinquet aurait fait ses expériences quelques années avant 1790.
- Jean Lu vin r. * (*)
- (2) Vol. cité, p. 137.
- (3) Traduction italienne, Milan, 1807 à 1811, vol. VI p. 114 et ii5.
- (*) Magazin für das Neueste aus der PhysH; und Ala-turgeschichte, de Lichtemberg, continué par Jean Henry Voigt.
- Ce Magasin de Gotha doit être bien rare; pour en avoir
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- LES CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- Câblé^ Delany. — L’efficacité des tuyaiix de plomb comme gaine protectrice est depuis longtemps recounùe, et, en France, les câbles de
- FIG. 26
- MM. Berthoud-Borel jouissent d’une juste faveur. Le principal écueil est dans les soins minutieux
- FIG. 27
- qu’on doit prendre avant et pendant la pose pour éviter des accidents fréquents.
- f) ;
- km?
- Tout ploiement en boucle ou |sous un angle un peu aigu est susceptible de déterminer la rup-
- ture de l’isolant entre le conducteur'et le tuyau de plomb, et d’établir un contact entre ceux-ci. C’est un remède à cet inconvénient qu’a cherché M. Delany et qui l’a amené à une très ingénieuse modification.
- une copie de quelques articles, j’ai dû recourir à la bonté de M. Pertsch, surintendant de la bibliothèque ducale de Gotha, auquel je témoigne ici toute ma reconnaissance.
- (9 Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- L’isolation entre les conducteurs et l’enveloppe métallique est constituée par des disques de porcelaine qui forment un chapelet dont tous les grains se touchent, l’espace resté libre dans le tuyau étant ensuite rempli de bitume.
- Les figures 26, 27, 28, 29 représentent certaines formes données à ces sortes de boutons.
- On voit qu’ils sont faits en sorte que leur con-
- FIG. 2(; bis
- tact établi au centre forme rotule et leur permet un léger déplacement angulaire l’un par rapport à l’autre : si l’on vient à ployer le tube qui les contient, la distance entre les fils et ce dernier n’ett reste pas moins toujours maintenue. Les disques sont percés d’un nombre de trous correspondant à celui des fils, qü’on enfile sans isolation préalable.
- Enfin, un dernier dispositif de câbles sous plomb qui figuraient à l’Exposition de Philadelphie est celui que représente la figure 29 bis. Chacun des fils C, en plus de l’isolation qui le pro-
- 0
- FIG. JO
- tège, est recouvert d’une gaine de plomb P, et l’ensemble des conducteurs formant le câble est entouré d’une enveloppe de coton tresse, le tout étant ensuite enfermé dans nn tube de plomb.
- Système Brooks- — Le procédé de M. Brooks n’est pas nouveau. La Lumière Electrique a eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises et de
- signaler le succès d’expériences auxquelles il a été soumis depuis déjà plusieurs années. Nous rappelons simplement que les conducteurs entourés de jute sont réunis en câbles et introduits dans des tuyaux de fer qu’on maintient remplis de pétrole au moyen d’un réservoir placé en un
- FIG. 3l
- point du réseau. Afin de prévenir l’oxydation des tuyaux de fer, on les place dans des caisses en bois de dimension suffisante, pour qu’ils y soient ensuite complètement entourés de poix. Les avantages préconisés par M. Brooks sont une isolation parfaite et inaltérable, une basse capacité électrostatique et enfin la suppression de l’induction permettant de grouper ensemble les fils traversés par les plus forts courants avec ceux qui servent aux transmissions téléphoniques. Cette dernière affir-
- FIG. 3i
- mation nous paraît quelque peu empreinte d’exagération, bien que le réseau du « Pennsylvania Rail-road », soit formé d’un tube renfermant 18 circuits Morse et 17 lignes téléphoniques. Sur le parcours des conducteurs sont disposés des appareils dont la figure 3o représente un spécimen, et qui servent à la liaison des câbles bout à bout.
- La figure 3i représente une boîte de cônnexion pour desservir les maisons environnantes.. B B sont
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les couvercles des ouvertures par lesquelles on vient établir l’attache des fils du branchement.
- Un autre dispositif plus simple est celui de la .figure 32.
- Le prix d’installation d’un câble dans un tuyau de 2 pouces i/2 de diamètre, placé lui-même dans une caisse de bois avec les boîtes de l’accord et les appareils de connexion, ne dépasse pas, y com-
- Sî-
- Ceisseenbois h fc de 5"Je long § v
- Goudron____ytj
- Tubes en fer-
- FIG. 33
- pris les frais de tranchée et de repavage des rues, 20 dollars par mille et par conducteur.
- Une des plus importantes applications du système Brooks est celle de Philadelphie, qui comprend déjà plusieurs milles de conduites. L’une d’elles, celle sous la 3me rue, entre Chestnut et Walnut Street, renferme seule 3^3 conducteurs.
- FIG. 3)
- 2" CLASSE. — ÉTABLISSEMENT DES RÉSEAUX SOUTERRAINS INDÉPENDANTS.
- La solution d’un pareil problème, pour être complète, doit remplir certaines conditions assez complexes. En dehors d’une protection efficace que doit offrir une bonne canalisation aux conducteurs qui y seront enfermés, il faut encore que la pose
- de ceux ci soit facile, que leur surveillance puisse être assurée et qu’en cas d’accident leur réparation soit possible.
- Enfin, l’indépendance de chacun des fils doit pouvoir être assez réalisée pour qu’on puisse agrandir ou modifier une partie de leur réseau sans déplacer les autres.
- Parmi les nombreux systèmes qui figuraient à Philadelphie, un certain nombre ne répondait nullement à ces multiples conditions. Les inventeurs ne semblaient s’être préoccupés que de trouver un procédé plus ou moins simple de mettre pêle-mêle les
- ^Wjîp
- HÜiüÜli
- fils à l’abri de l’action destructive du terrain. — D’autres au contraire, par des dispositions souvent ingénieuses, mais quelquefois compliquées, ont cherché à se rapprocher du desideratum.
- Dans les pages suivantes, nous nous bornerons à un exposé succinct des différentes solutions proposées, les deux premières étant, comme on peut en juger à une simple inspection, tout à fait imparfaites.
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- National Underground Electric C°. — C’est une caisse de bois où sont disposés des tubes de fer de 5 mètres de longueur s’engageant dans des dés en pierre artificielle placés à intervalles réguliers. Les fils électriques isolés sont introduits dans les tubes et la caisse, complètement remplie de brai, est ensuite fermée au moyen d’un couvercle cloué (fig. 33).
- Union Electric Underground C°. — Les conducteurs électriques d’éclairage,; de téléphonie ou de télégraphie sont introduits ensemble dans un
- FIG. ?7
- tuyau cylindrique ordinaire analogue à ceux employés pour les conduites d’eau ou de gaz et fabriqués avec un alliage inoxydable de zinc et d’étain. Son diamètre est d’environ 25 centimètres, son épaisseur de 3 millimètres, et il peut contenir i 700 fils. Quant au prix, il ne dépasse pas 40 francs le mètre. De chaque côté de la conduite générale en sont placées deux autres parallèles de section moindre (5o millim. de diamètre) et qui sont destinées aux fils de courte longueur. Les raccords des tronçons successifs des tuyaux se font au moyen de joints dont la figure 3q donne le détail, et qui en même temps servent à la distribution des maisons le long du parcours. Leur but est de remédier à la nécessité de pratiquer des ouvertures dans la conduite principale. L’inventeur a en
- outre adopté une isolation particulière pour chaque conducteur. Elle n’est pas constituée par une matière isolante qui adhère à l’âme métallique, mais est formée d’un petit tube mince de gomme vulcanisée, fabriqué indépendamment, et où l’on vient ensuite enfoncer le fil au moyen d’une machine construite ad hoc. En outre, pour remédier aux effets de l'induction, l’enveloppe isolante est exté-
- FIG. 38
- rieurement recouverte d’un dépôt galvanique de cuivre.
- Système W. Hendley. — Le dispositif adopté par M. Hendley consiste essentiellement en un conduit de forme demi-cylindrique terminé à sa partie la plus basse par un tuyau de petit diamètre G formant rigole pour recevoir et conduire à de petits réservoirs l’eau qui aurait pu pénétrer ou se condenser à l’intérieur de la canalisation.
- Cette eau est ensuite extraite et rejetée comme dans les conduites de gaz. Chaque tronçon s’em-
- FIG. 39
- boite dans le suivant au moyen du joint représenté sur la figure 35, et porte à certaines places des ajutages K, donnant passage aux conducteurs qui doivent desservir les maisons avoisinantes.
- De distance en distance viennent se boulonner des arbres D, fabriqués en verre ou autre matière isolante, et dont les bras B servent à la suspension des fils comme le représente la coupe transversale (fig. 36). Aux intersections des deux con-
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- la lumière électrique
- duites, la forme de ces montants subit une modification convenable (fig. 37) qui permet d’opérer le croisement des fils.
- Enfin, le dessus de la conduite est fermé par un couvercle A, en forme de toit qui vient s’y emboîter et qu’il suffit de retirer en cas de réparation nécessaire à l’intérieur. Toutes ces pièces peuvent être faites en fonte, terre cuite, ou verre, mais l’inventeur préconise cette dernière matière pour la fabrication de la partie demi-cylindrique, avec couverture en fonte pour mieux résister au poids et aux chocs de la chaussée susjacente.
- Comme il est nécessaire de maintenir les fils électriques’dans une atmosphère aussi sèche que
- FIG. 40
- possible, un ventilateur G (fig. 37) établit continuellement dans la canalisation un courant d’air sec.
- Pour pouvoir opérer la pose d’un nouveau conducteur ou le remplacement d’un ancien, on a disposé à hauteur de chaque arbre de suspension un trou d’homme montant jusqu’à la surface de la rue et fermé par un couvercle. En outre, un système ingénieux de petits chariots permet d’amener le fil d’un arbre à l’autre.
- On pourra donc le tendre ainsi de proche en proche sur toute la longueur de la conduite en l’accrochant à la main, à la place qui lui est destinée sur chacun des petits poteaux le long de la route.
- Continental Underground Cable C°. — Ce
- système proposé comme solution du problème dans toute sa généralité comprend la construction d’une canalisation où peuvent venir prendre place tous les conducteurs électriques à quelque usage qu’ils soient destinés, et quelles que soient les Compagnies différentes auxquelles ils appartiennent.
- Les canaux construits en blocs d’asphalte ont une section de dimensions différentes suivant l’importance du réseau (fig. 38, 39, 40, 41). Tous les 4 pieds sont montés à l’intérieur des cadres de fonte (fig. 43) portant des traverses horizontales qui servent de support à des gouttières en tôle
- FIG. 41
- galvanisée (fig. 44). Celles-ci placées à la suite les unes des autres forment autant de conduits demi-cylindriques de 40““ de profondeur où viennent se loger les divers conducteurs. La pose de ces derniers s’opère par traction au moyen de chariots mus, soit par un treuil à corde comme dans les figures 39 et 40, soit par l’électricité, comme il est représenté figure 41.
- L’écartement des rails dans l’un et l’autre cas est de i5 centimètres environ. Les branchements pour la distribution le long de la route se font au moyen d’ajutages K, figures 40 et 41, qui servent en même temps à introduire le moteur dans la canalisation. Les figures 43 et 44 montrent le mode d’assemblage des gouttières avec les cadres de fonte
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- qu’on doit mettre en communication avec la terre pour remédier aux effets de l’induction. La figure 38 représente le plus petit modèle, mesurant 4 pouces 1/2 de haut sur n de large, d’une capacité de 400 conducteurs. La section figure 3g, 9 pouces sur 17, est celle du modèle pour 1 600 conducteurs, comme la section 40, 11 pouces sur 18. Les figures 41 et 42 sont celles des canalisations pour 7 200 conducteurs ; elles ne diffèrent que par la disposition des traverses et sont construites spécialement pour le service de plusieurs compagnies. Dans l’une, chaque étage porte une voie séparée ;
- FIG. 43
- dans l’autre, au contraire, le même chariot sert à la pose de toutes les lignes.
- Le mode de pose par traction adopté dans ce système et dans le précédent est, croyons-nous, assez défectueux. Lorsque le conducteur est d’une certaine longueur, l’effort pour vaincre les frottements peut atteindre une valeur élevée, surtout si, comme dans ce cas, les fils sont placés pêle-mêle dans une même gouttière. Il ne peut y avoir que de sérieux inconvénients, au double point de vue de la solidité et de l’isolation, à soumettre ainsi les conducteurs à une forte tension longitudinale.
- American Sectional Electric Underground C°, — Ce système se compose d’un conduit en fonte dont la figure 45 représente une section trans-
- versale. Il est divisé dans le sens de l’axe en 4 compartiments dont les deux du milieu, en b b, servent à la pose des conducteurs à lumière; les deux autres, a a étant réservés aux circuits téléphoniques et télégraphiques. Chacune des sections longitudinales est cloisonnée par étages au moyen de grilles articulées (c) qui reposent de chaque côté sur de petits taquets. C’est sur ces grilles que sont disposés les conducteurs. La pose de ce canal se fait sous terre au milieu des rues en ménageant des bouches de place en place. Une application importante en a été faite à Philadelphie, dans Chestnut-Street, avec embranchements desservant les 10e, n° et 140 rues. La conduite
- FIG. 4*5
- générale a une section mesurant 26cm de haut sur .89 de large et peut contenir 3000 conducteurs; le poids en est de i5o k. par mètre courant, les conduites secondaires des rues 10e, n° et 14e sont de dimensions moindres i5cm de haut sur 25 de large et peuvent renfermer 1 200 fils. Il existe un autre modèle plus petit encore dont 7 milles ont été placés à Chicago et où 5oo conducteurs peuvent prendre place.
- Cosmopolitan Underground C°. — La conduite générale de forme demi-cylindrique est fabriquée en terre cuite et composée de 4 parties emboîtées entre elles et reposant sur une plaque de fondation de même matière. A l’intérieur, de distance en distance, sont fixés perpendiculairement à l’axe du canal des cadres de fer qui supportent des disques de verre percés de trous de diamètres différents suivant les fils qui les traversent.
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- Ces derniers sont maintenus tendus entre deux cloisons consécutives au moyen de petits taquets qui lès pincent en venant buter contre lés disques.
- Des trous d’homme sont ménagés où il est nécessaire et des conduites latérales sont branchées sur la canalisation principale pour assurer la distribution sur le parcours. Grâce à ce système les fils, espacés les uns des autres peuvent être posés à nu sans revêtement isolant, à condition que les
- FIG. 44
- conduites soient toujours traversées par un courant d’air sec envoyé par un ventilateur.
- Le coût en est d’environ i dollar par pied.
- Woodward's Patent Curb Conduit, — La canalisation est formée de caisses en fonte ou en toute autre matière placées comme l’indique la figure 46, de telle sorte que leur partie supérieure affleure au niveau du trottoir. Chacune des caisses est reliée à la suivante au moyen d’un joint com-
- (OJ
- FIG. 45
- pensateur des dilatations et des contractions (fig. 47). A l’intérieur sont disposés une série de montants destinés à porter les fils. Ceux-ci sont introduits par le dessus du conduit que l’on ferme ensuite en rabattant et boulonnant le couvercle. Cette disposition rend facile la substitution ou la pose de nouveau conducteurs. Quant à la distribution sur le parcours elle est assurée au moyen d’ajutages latéraux, d’où partent les branche-
- ments qu’on désire établir. Les figures 4g et 5o indiquent en plan les deux méthodes* auxquelles on a recours pour tourner les coins du trottoir suivant qu’une partie des fils doit ou non traverser la rue. Dans le cas de passage de l’autre côté de
- F G .4 (i
- la chaussée, comme il faut abaisser la conduite au même niveau, on emploie le dispositif dont la figure 48 est une coupe verticale. Les fils qui occu-
- ic 47
- pent la portion supérieure sont dirigés vers le bas et maintenus au moyen des petites bornes N.
- Ce système présente certains avantages réels à
- JC JC X.Û
- FIG. 48
- signaler. Les conducteurs n’y sont pas posés par traction, et chacun reste indépendant des autres. L’intérieur de la canalisation est toujours accessible sans qu'on ait à pratiquer de tranchées que les règlements de police défendent en hiver par les temps de neige ou de glace. Enfin les connexions à établir pour le service des maisons sur le par-
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- cours se font directement en n’ayant qu’à déplacer le dallage du trottoir.
- The Electric Tube Ca. — Il nous reste à parler dû procédé de canalisation souterraine adoptée par la Compagnie Edison pour ses distributions de lumière. Si nous avons renvoyé à la fin cette description, c’est qu’elle nous a paru mériter des dé-
- FIG. 49
- tails plus complets, par l’importance et les qualités d’un système judicieusement étudié et approprié aux conditions spéciales du problème.
- La Lumière Electrique a déjà publié une étude de M. du Moncel (') sur ce sujet : mais depuis, des
- progrès récents ont été réalisés et des dispositifs nouveaux aujourd’hui adoptés figuraient à l’exposition de Philadelphie.
- Dans toutes les distributions de quelque importance l’ancien système de 2 conducteurs a été remplacé par celui des conducteurs multiples, généralement au nombre de 3. Comme nous nous
- proposons d’exposer dans les pages suivante l’installation de ce dernier système, il nous semble utile de rappeler en quelques mots les avantages précieux que M. Edison a réalisés par son invention.
- Considérons le cas simple où toutes les lampes au nombre de N sont placées en dérivation aux extrémités de deux conducteurs de longueur d et partant des bornes c et c' de la machine (fig. 51). Pour calculer la section à donner aux deux conducteurs on se fixera d’avance la quantité rnaxima d’énergie perdue sous forme' de chaleur dans la ligne et
- qu’on évalue à ^ de celle qui est consommée dans
- les lampes. On fait en général p — 10.
- p étant la résistance spécifique du métal employé, S la section cherchée, et L la résistance d’une lampe, celle de la ligne sera
- _2 d p L
- r "S"P ïôô N
- d’où l’on tire
- „ 200 _ T , XT ,
- (n-n-'Ji-
- FIG. 52
- représentant par a le ternie constant. Si au lieu de disposer toutes les lampes en dérivation on les avait groupées par paires de 2 en tension, on voit que la résistance totale des lampes eut été
- îL_4L'
- _r£ "n
- 2
- et par suite la nouvelle section des conducteurs serait devenue
- (>) La Lumière Electrique, n°
- S' — - S. I
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On aurait ainsi réalisé sur le poids des conduc-teurs une économie des mais une pareille disposition supprimant l’indépendance complète des lampes ne saurait être admise. C’est pour remédier à cet inconvénient capital que M. Edison imagina l’ingénieux dispositif dont nous donnons le schéma ci-joint (fig. 52). Deux dynamos de même force électromotrice E sont disposées de telle sorte que la borne c' de l’une soit reliée directement à la borne c, de l’autre. Quant aux lampes elles sont
- divisées en deux groupes de — associés en tension
- et le point de jonction D est joint aux bornes c' et c,. La simple inspection de la figure montre que dans ces condition, bien que les lampes soient montées deux à deux en série, leur indépendance reste sauvegardée. Si en effet le nombre des lampes allumées dans les deux groupes est égal, le conducteur central tendra à être traversé par deux courants de sens inverse, et de même intensité. Vient-on au contraire à modifier le régime des lampes, n’en laissant allumées que n par exemple, dans le premier groupe et n' dans le second, n' étant plus petit que n, le conducteur central sera parcouru
- FIG. 53
- par un courant d’intensité n— n'. En adoptant une section égale pour les 3 conducteurs, l’économie réalisée sur le poids du métal employé sera
- 2 S d 8
- Ce procédé peut être généralisé, et l’on pourrait se proposer de l’appliquer en mettant en série un plus grand nombre de lampes. Soit n le nombre des lampes en série, celui des conducteurs sera
- La section de chacun d’eux devra alors être
- La section totale oa la somme des sections de chaque conducteur sera
- ï=M-±is
- « a
- L’économie obtenue devient
- n + 1
- Il faudrait cependant se garder de croire qu’il y ait avantage à multiplier sans limite le nombre des
- FIG 54
- conducteurs : en effet, la section de chacun d’eux doit être
- Le courant qui le traverse sera, i étant l’intensité de régime d’une lampe
- — = 1 11
- et la densité du courant, c’est-à-dire l’intensité par unité de section
- (7 ad \a/ a
- fig. 55
- La valeur de à est, comme on le voit, proportionnelle au nombre des conducteurs et inversement proportionnelle à la distance. Or, la densité de courant a une limite pratique que l’on ne peut dépasser sous peine d’une élévation de température qui compromettrait la qualité de l’isolant. Il çn résulte que, pour une longueur donnée de la
- FIG. 56
- ligne principale, il y aura un nombre maximum de conducteurs qu’on ne pourra dépasser.
- Les calculs que nous avons indiqués ne servent que pour déterminer les sections des conduites principales, dites feeders, qui réunissent directement les différentes prises de courant du réseau à l’usine centrale.
- Aucune lampe ne se trouve branchée sur les feeders 1
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- On choisit arbitrairement la section uniforme des conduites qui partent des prises et alimentent les lampes. Ces conduites sillonnent les rues en tous sens et s’entrecroisent de manière à former comme les mailles d’un vaste filet. On détermine expérimentalement, sur une réduction à petite
- FIG. 57
- échelle du réseau projeté, la position exacte des prises de courant.
- Il faut que ces dernières soient disposées de telle sorte que, dans le cas le plus défavorable, c’est-à-dire en supposant toutes les lampes allumées, il n’y ait pas un écart de plus de 2 volts entre la différence de potentiel aux bornes des lampes les plus rapprochées des prises, et de celle des lampes qui en sont le plus éloignées.
- FIG. ÎS
- On a reconnu, en effet, qu’une divergence de 2 volts ne produisait pas, d’une lampe à l’autre, une différence appréciable dans l’éclat et qu’une variation de 2 volts ne compromettait pas sensiblement la durée des lampes.
- Le cas de l’allumage total est tout à fait exceptionnel. Il ne se présente que fort rarement, de
- sorte qu’en pratique la perte moyenne est inférieure à 2 volts.
- Cette remarque s’applique également aux feeders calculés pour un courant maximum qui n’est presque jamais atteint.
- Il s’ensuit qu’en évaluant la perte d’énergie à 10 0/0 pour les feeders et à 2 0/0 pour les conduites ordinaires on prendrait un chiffre trop élevé.
- Soit, en effet, n la moyenne des lampes allu-
- F1G. 5ç)
- mées, la résistance réduite de ces n lampes est — •
- En désignant toujours par i le courant d’une lampe en marche normale, l’énergie dispersée dans les foyers lumineux sera
- - - (n i)2 = - L11 P
- n- n K ' O-
- r étant la résistance des conducteurs, l’énergie qu’ils absorbent est -rw2?2. La perte pourcent p' sera donnée par
- p' r 112 i'2 r n
- 100 Lui- ~~ L '
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On a calculé r pour une perte maxima de p 0/0 , N étant le nombre total des lampes installées
- P L r~ 100 ' N
- on a donc
- La perte moyenne réelle est égale à la perte maxima calculée, multipliée par p.
- FIG. 60
- Il va sans dire que l’on ne tient pas compte dans les calculs des pertes qui peuvent être dues à des fuites.
- Système à trois conducteurs. — Le système de canalisation se compose essentiellement de tuyaux de fer renfermant chacun 3 conducteurs isolés les uns des autres et de la paroi du tube au moyen d’un isolant extrêmement visqueux, presque solide à froid qui remplit l’espace libre intérieur.
- La longueur de chaque tuyau est d’environ 20 pieds. Pour maintenir l’écartement nécessaire entre chacune des 3 barres de cuivre et les empêcher de toucher l’enveloppe métallique, on adopte actuellement le moyen suivant, breveté par M. Edison en avril 84, et représenté fig. 53.
- Chacune des barres A, B, C est entourée sépa-
- ment d’une corde qui est enroulée en longues spires, puis, ainsi garnies, elles sont réunies en un faisceau qu’on maintient serré au moyen d’une quatrième corde d.
- On a soin que les hélices des 4 cordes s’emboi-tent sans se croiser, de façon que l’épaisseur de la corde détermine celle de l’isolation. L’ensemble ainsi formé est introduit dans le tube de fer et doit dépasser aux deux extrémités d’une longueur de 2 à 3 pouces. Pour remplir le tuyau de la matière isolante, on visse à l’un de ses bouts une allonge de 2 pieds de long environ, terminée
- FIG. 6l
- par un robinet qui est mis en communication avec le réservoir à isolant. Celui-ci est introduit chaud et liquide ; ii se solidifie en refroidissant, mais en même temps il y a contraction et le rôle de l’allonge.est de fournir la quantité d’isolant additionnelle pour maintenir le remplissage complet. Le tube refroidi, on débarrasse les bouts libres des conducteurs qu’on excentre légèrement en dehors, et le tronçon de ligne ainsi préparé peut être placé en terre.
- Pour réunir deux tronçons consécutifs on établit la connexion de chaque barre de cuivre avec la suivante au moyen de la pièce représentée (fig. 54). Ce n’est autre chose qu’une corde tressée en fil de cuivre dont la flexibilité laisse libre la dilatation et qui porte soudés deux ajutages a où viennent s’engager les extrémités des deux conducteurs à
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5ç3
- relier. Afin de protéger ce triple joint on l’enferme dans une boîte de fonte dont nous donnons un modèle (fig. 5?). Pour cela, avant de faire la connexion des tiges, on a eu soin d’adapter à l’extrémité du tuyau de fer, une rotule de fonte creuse en deux parties (fig. 58) que l’on serre au moyen de brides et de boulons ; on place alors le tout dans la moitié inférieure B de la boîte posée horizontalement dans le fond de la tranchée, les deux rotules viennent se loger dans les cavités correspondantes. Tout déplacement longitudinal est empêché par les saillies b qui s’engagent dans les mortaises pratiquées à cet effet dans la boîte. Au contraire les deux tubes ainsi racccordés peu-
- no. b 2
- vent recevoir un très légér déplacement angulaire qui est limité par des butées, afin d’empêcher dans tous les cas le contact de joints contre la boîte. Le couvercle A est ensuite boulonné sur B et la boîte ainsi close est remplie de compound liquide par les ouvertures c qu’on bouche ensuite à l’aide des deux tampons filetés.
- Remarquons qu’un même modèle de boîte peut servir à la jonction de tubes de sections différentes ; il suffit, en effet d’y adapter des rotules ayant le même diamètre extérieur, mais dont les brides sont de dimensions appropriées.
- La flexibilité de toute la canalisation obtenue à l’aide des joints, est nécessaire pour assurer une pose rapide dans les rues où les conduites
- d’eau, de gaz, etc., présentent autant d’obstacles qu’il faut éviter. Dans le cas de coudes prononcés le raccordement se fait au moyen de boîtes d’un modèle spécial comme l’indiquent les figures 5ç, 6o et 6i. La figure 62 représente la disposition qui permet d’établir un branchement sur la conduite générale. Grâce à une modification des pièces de connexion dont la figure 56 donne le détail, l’opération est des plus simples.
- La construction des feeders est identique à celle des conducteurs ordinaires avec cette seule différence que les tubes renferment outre les tiges métalliques un nombre égal de petits fils. Ceux-ci sont reliés au point de jonction des feeders avec le réseau de distribution, et aboutissent à la station centrale ; leur rôle est de permettre à la station la mesure de la différence du potentiel entre les pôles de la distribution.
- Le matériel fabriqué à l’usine de l’Electric Tube C°, comprend pour le système à 3 conducteurs 21 numéros de conducteurs, de sections variant de-
- FIG. 63
- puis 253mm carrés jusqu’à 14; 5 numéros de.tubes en fer de diamètre différents compris entre 60 et 25mm; 10 modèles de boîtes, 8 de rotules, et 43 pièces de connexion.
- Le prix de pose est d’environ fr. o,55 par pied à New-York; les tranchées.doivent avoir 1 pied 1/2 de large et de 2 à 2,5 de profondeur.
- Les frais de terrassement et de réparation de la chaussée sont, en général comptées aux taux suivant :
- Pavage ord. 1 fr. 25 par pied de long de la tranchée. Cailloutage 1 fr. 00 — —
- Macadam. . 1 fr. à 1 fr. 25 —
- Dans les échantillons exposés par l’Electric Tube C° figurent le modèle d’un nouveau système de canalisation souterraine pour conducteurs télégraphiques ou téléphoniques. Ce n’est autre chose que l’adaptation à ce cas particulier des procédés que nous avons décrits ci-dessus en détail. Les fils protégés par une couche de coton isolant, sont réunis en bottes de section hexagonale qu’on enroule de corde, puis placés à l’intérieur de tubes de fer qu’on remplit d’isolant. Les tubes
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- sont raccordes au moyen de boîtes dont la figure 63 montre la section. Chaque fil traverse à la sortie du tube deux planchettes de bois a et b percées d’un nombre de trous égal à celui des fils et répartis en hexagones. Mais avant de relier les conducteurs deux à deux on les recourber à angle droit afin de changer méthodiquement leur position relative dans les tubes en faisant les connexions alternativement à droite et à gauche. Cette disposition a pour but de remédier aux effets de l’induction.
- La boîte de connexion est remplie d’isolant après fermeture. Outre le modèle figure 63 construit pour contenir 37 fils, une autre boîte était exposée pour joints de tuyaux renfermant 217 conducteurs. Un dispositif spécial permettait en outre de prendre les branchements nécessaires au service des maisons avoisinantes.
- La Téléphoné C°, de New-York, entreprend la pose d’environ 1 mille de ce système au moyen de tubes contenant de 61 à 307 conducteurs représentant une ligne de plus de 3oo kilomètres.
- SY STÈMlî DE CANALISAI "ION A 3 C ONDUCTEU K S
- SECTION TUBES ÉLECTRIQUES MATÉRIEL COMPLET DI A MÊTRE
- de chaque COURANT ^ ~~ --- - intérieur
- NUMÉROS conducteur maximum Poids Prix en francs par mètre Puids Prix en francs par mètre du
- des tubes en en en kilos en kilos tuyau de lcr
- millimètres ampères par mètre par mètre en
- carrés courant Ordinaires Feedcrs courant Ordinaires Fccders m illimetrcs
- k IV. fr. k fr. fr.
- 5oo 254 620 i3,8oo 48,50 49,50 i6,3oo 53.80 54,80
- 40U 203 540 12,450 40,60 41.60 M.9'0 46,00 47, co f. 5in,m
- 3oo i52 450 11,3oo 32,50 3.3,5o i3,75o 37 3o 38,3o
- 2S0 127 4OO 8,3oo 26,80 27,80 io,75o 3i ,00 32,00
- 180 92 325 7,600 21,5o 22,5o 10,000 25,3o 26,3o 33“'"
- 168 85 315 7,400 20,50 21,5o 9,85o 24,40 25,40
- 144 73 285 t>. 100 17,10 18,10 7,900 20,10 21,10
- i33 67 270 5.q5o 16,3o i7,3o 7,800 19,30 20,3o j
- n5 58 25o 5,8oo 14,80 i5,8o 7,600 17,80 18,80 |
- io5 53 240 5,65o 14,00 i5,oo 7,5oo 17,00 18,00 31 in tu
- qo 45 220 5,5oo 12,80 i3,8o 7,35o l5,5o 16,5o 1
- 80 41 200 5,35o 12,00 i3,00 7,200 14,50 i5,5o
- 67 34 180 5,200 11,00 12,00 7,000 i3,8o 14,80
- 56 29 i65 3L85o 8,90 9,90 5,700 11,40 12,40
- 48 24 i5o 3,700 8.20 9,20 5,55o 10,70 11,70 2 5nim
- 4i 21 135 3,55o 7,60 8,60 5,400 10,20 11,20
- 32 16 120 2,500 6,10 7,10 4,35o 8,75 9.7s
- 27 14 110 2,500 5,6o 6,fco . 4,35o 8,25 9,25
- Comme complément de l’analyse que nous venons de faire des procédés de canalisation à trois conducteurs d’Edison, il nous a paru intéressant de donner un aperçu du prix de revient. Ces quelques chiffres réunis ci-dessus permettront d’apprécier la valeur économique de ce système, dont les qualités pratiques sont déjà éprouvées dans les nombreuses installations qui existent aux Etats-Unis.
- Nous rappellerons, pour l’intelligence du tablean, qu’on désigne par tubes électriques les tubes de fer contenant les trois conducteurs de cuivre. Sous la rubrique matériel complet sont compris les tubes, les boîtes de jonction, les pièces de joints etJ’isolant.
- Enfin, une réduction de i5 0/0 doit être faite sur les prix marqués.
- G. Duciié.
- PHIDOL AUTOMATIQUE
- ' Dans un des numéros précédents, j’ai fait connaître un nouveau régulateur destiné à maintenir constante l’intensité lumineuse des lampes d’une section, quelque soit le nombre de lampes en fonction; je faisais observer qu’on pouvait rendre ce phidol automatique à l’aide d’une dérivation placée en A'B', mais cette dérivation aurait constitué une perte d’énergie, même avec toutes les lampes éteintes, et, de plus, il faut un appareil de réglage assez délicat.
- Depuis, j’ai imaginé une autre disposition qui me paraît préférable, elle ne nécessite pas l’emploi d’une dérivation, et de plus, elle permet de connaître le nombre de lampes en fonction.
- Supposons encore quatre lampes, ou quatre groupes de lampes; je place sur chaque circuit,
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- comme l’indique la figure, un électro-aimant à faible résistance, lequel est parcouru par le courant qui alimente la lampe correspondante. Devant ces électro-aimants rangés en ligne droite, passe une petite chaîne de Gall, ou une corde de soie, fixée en o, cette chaîne s’enroule sur une grande poulie P et est terminée par un poids tenseur W. Du côté des électros, cette chaîne s’appuie sur des petites poulies p et les armatures a, p, y, o des électros sont situées de l’autre côté de la chaîne.
- La poulie P porte, fixée sur son axe, un levier à deux bras EA'c. La partie supérieure de ce levier frotte dans ses mouvements sur des contacts I, If, III, IV, V, entre lesquels sont intercalés les résistances artificielles o,5 — i et 3 que nous avons reconnues nécessaires dans l’article précédent.
- La partie inférieure du levier marque, sur un cadran divisé, le nombre de lampes en fonction.
- Supposons maintenant le cas représenté par la
- p Ap bp y P o
- Lampes
- figure ci-contre, où les lampes b et d sont éteintes parce qu’on a enlevé les chevilles b' et d'. Les armatures p et S ont été relâches, le poids W a fait tourner le levier de deux divisions et il est dans la position 2. III. indiquant qu’il n’y a plus que deux lampes en fonction, et en ayant introduit o,5 -f 1 =; i,5 ohms dans le circuit.
- Si on éteint toutes les lampes, toutes les armatures sont relâchées, le levier prend la position o. V. tout le circuit est isolé, puisqu’il n’y a plus de chevilles en a' et c'.
- Si au contraire toutes les lampes sont allumées, toutes les armatures sont attirées, le levier est dans la position 4.1. et il n’y a aucune résistance artificielle dans le circuit.
- A l’aide de cette disposition d’armatures agissant sur une chaîne tendue, on obtient le résultat voulu, quelle que soit la lampe qui soit éteinte ou allumée la première.
- Constantinople, 3 mars i885.
- Emile Lacoine.
- COMMUTATEUR
- POUR POSTE TÉLÉPHONIQUE INTERMÉDIAIRE
- La « Bell Téléphoné Mfg C° » construit, pour les postes intermédiaires de la téléphonie privée,
- des commutateurs assez semblables à celui du torpilleur de M. Smith (') et dont le prix est relativement élevé.
- Le but visé est de permettre à un poste téléphonique de se mettre en communication à volonté avec l’un quelconque des deux postes voisins, le même mouvement du commutateur mettant l’autre sur sonnerie ; de les relier directement en assurant le secret de leur conversation, tout en n’empêchant
- -rL
- E
- FIG. 2]
- pas l’envoi, au poste intermédiaire d’un signal indiquant que la communication peut être coupée; enfin, d’isoler la ligne dans les deux directions pour les essais.
- Le dispositif représenté figures 1 et 2, beaucoup plus simple que celui des switches de la Compa-
- ()) La Lumière Electrique, 8 septembre i883, p. 43.
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- La lumière électrique
- gnie, me paraît résoudre tout aussi bien le problème.
- D est une manette en bois pivotant sur la tablette isolante E et dont les extrémités amincies, sont munies par-dessous de lames de cuivre d formant ressort ; ces lames sont destinées à réunir d’une part les contacts ab, ac, cb en relation avec les deux lignes et le téléphone M du poste ; d’autre part les contacts as et es correspondant aux lignes ’ et à une sonnerie supplémentaire S. Une surélévation H empêche la longue branche de la manette de rencontrer les contacts qui ne doivent être touchés que par son autre extrémité.
- La simple inspection de la figure i montre que si l’on met, par exemple, les contacts a et b en relation, c’est-à-dire le poste A sur téléphone, les eontacts c et s seront réunis du même coup, ce qui aura pour effet de mettre le poste C sur sonnerie d’appel. On voit encore que lorsque les postes A et C sont réunis directement, le poste intermédiaire est complètement hors du circuit et ne peut surprendre la '.conversation ; mais que,
- . celle-ci étant terminée, il peut en être averti par le jeu des indicateurs A et C. Enfin la position de la manette dans cette même figure correspond à l’isolement des deux lignes.
- Bruxelles, 25 février i885.
- Lassance.
- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A COPENHAGUE
- PENDANT LL' FESTIVAL ’OE HOL1IEIÎG
- Il ne peut plus y avoir de fête populaire sans le concours de la lumière électrique, et les héros des centenaires que l’on a célébrés dans ces derniers temps, soit en Europe, soit en Amérique, seraient étrangement surpris, s’ils pouvaient jouir de leur gloire et contempler ces apothéoses, au milieu des rayonnements électriques. Le dessin pittoresque ci-contre représente l’épisode principal de la grande fête commémorative donnée en l’honneur du bi-centenaire de Ludwig Holberg le célèbre poète comique et historien danois né en 1684 à Bergen et mort à Copenhague le 28 janvier 1754.
- Jusqu’à lui, il n’y avait pas de théâtre national en Danemark, des troupes françaises et allemandes exploitaient seules les quelques théâtres des principales villes des états Scandinaves.
- Holberg était fils d’un colonel et fut élevé par l’évêque Munthe, son parent, il fit ses études à Bergen et à Oxford, puis voyagea beaucoup en France et en Italie surtout : il s’occupa d’études
- historiques et publia plus tard un poème héroï-comique intitulé Pedér Paars dans lequel il raillait avec esprit quelques-uns de ses contemporains, piètres imitateurs de Virgile et d’Homère. Ses satires lui auraient attiré des désagréments sérieux sans l’intervention du roi Frédéric IV qui, comme Louis XIV, savait protéger les génies qui l’entouraient, comptant avec raison rehausser ainsi l’éclat de son règne.
- Holberg est certainement un remarquable poète comique et il a eu une influence capitale sur le développement intellectuel de son pays, aussi l’a-t-on surnommé, à diverses reprises, le Shakespeare du Danemark, le Voltaire du nord, le Molière • Scandinave; mais, quoique touchant par certains côtés à ces trois grands créateurs de la littérature moderne, il n’arrive à égaler complètement le génie d’aucun d’eux.
- Quoi qu’il en soit, la société actuelle du Danemark, qui se distingue par une tournure d’esprit facilement tournée vers l’ironie railleuse, montre bien toute l’influence que peut exercer un puissant génie sur des générations successives.
- Le bi-centenaire du poète Holberg qui vient d’être célébré, était donc une fête tout à fait nationale à Copenhague; aussi les réjouissances, qui ont duré plusieurs jours, avaient-elles attiré dans la capitale une foule immense.
- Le programme était du reste des plus attrayants : d’abord cantate à l’Université en présence du roi et de sa suite, éloge du poète ; puis cérémonie du couronnement et représentation de gala au théâtre Royal dont notre dessin montre, la façade sur la gauche : naturellement le spectacle était composé d’œuvres choisies de l’auteur fêté et, ce qui avait un attrait tout particulier pour les spectateurs, c’est que l’acteur qui s’est acquis une célébrité spéciale dans les pièces d’Holberg, quoique septuagénaire aujourd’hui, a de nouveau interprété l’un de ses rôles à succès dans Den Stundeslœse (l’homme nerveux).
- Le spectacle fini, les curieux massés en foule sur la grande place du Théâtre, malgré la pluie qui ne cessait de tomber, ont pu assister à une retraite aux flambeaux exécutée par les étudiants et les artistes qui promenaient leurs torches fumeuses sous les faisceaux scintillants de puissants régulateurs placés dans la loggia du théâtre et au sommet de l’une des principales maisons de la place.
- Ce même jour, des manifestations non moins enthousiastes se produisaient dans d’autres parties de la ville et surtout dans les trois autres théâtres où l’on représentait aussi des pièces du répertoire Holbergien.
- Le second jour, les fêtes ont eu lieu à Sorœ-Collège, où un train spécial a conduit la famille royale et une foule d’invités. Là, nouvelle série de cantates, de discours et d’éloges, puis intéres-
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE A COPENHAGUE PENDANT LE FESTIVAL DE HOLBERG
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- santé visite au tombeau du poète dans l’antique église de Sorœ ; le soir les élèves du collège donnaient une représentation de Jean de France, puis une procession avec des torches et un bal à la lumière électrique terminaient cette seconde journée non moins intéressante que la première.
- Pendant deux jours encore, on a représenté sur les diverses scènes des pièces à succès, pendant que les foyers électriques projetaient au dehors des torrents de lumière ; Den politiske Kandes-tœber, pièce dans le genre du Bourgeois gentilhomme, jouée au Théâtre royal a été le grand événement du festival, enfin la.Mascarade et Ulysse d'Ithaque autres pièces admirablement interprétées par des artistes d’élite ont servi à célébrer dignement la mémoire de Holberg cet enfant du Danemark qui a su s’approprier par moment le grand génie dramatique anglais, mais qui, par son esprit finement railleur, peut être rapproché des meilleurs comiques français.
- C.-C. Soulages.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- RÉGULATEUR A MAIN POUR LA LUMIERE ÉLECTRIQUE EMPLOYÉE A LA PROJECTION .DES SPECTRES
- — Dans le journal de Chimie appliquée, M. le Dr Walter fait une comiiiunication sur un appareil à l’aide duquel on peut, sans aucune difficulté, rendre incandescentes des substances diverses pour les observations d’analyse spectrale.
- On sait que, pour de telles démonstrations, on se sert de la lampe de Dubosq (*). L’introduction des substances dans la cavité de la pointe de charbon inférieure positive n’est pas facile à opérer quand l’arc de lumière est développé; la lumière éblouissante porte atteinte à l’exactitude de l’expérimentateur, et souvent met durement à l’épreuve la patience d’un auditoire. Le Dr Walter a construit l’appareil — dont nous donnons le dessin ci-joint
- — comme régulateur à main seulement, puisque la démonstration des spectres ne demande que peu de temps. Le disque B, en cuivre jaune, forme la partie principale de l’appareil; il a un diamètre de 50m/m et une épaisseur de i5ra/m- A sa circonférence il est muni d’un nombre de trous dans la direction des rayon?, avec pas de vis dans lesquels
- (!) On emploie aussi à Paris, depuis plusieurs années, un appareil dû à M. Boudreaux et dont le principe est analogue à celui que décrit notre correspondant. (Réd.) i
- les bâtons de charbon (ayant une. épaisseur de gm/m à peu près) sont vissés de telle manière qu’ils ressortent à peu près de 5om/m. Avant d’être mis en place, les bâtons doivent être saturés des solutions de sels métalliques différents, et puis séchés; un seul bâton n’est pas imprégné, pour qu’on puisse l’employer pour montrer le spectre ordinaire du charbon. Le plan du disque B fait un angle droit avec le plan du miroir de l’appareil de projection, et ne cache guère plus de lumière qu’un seul bâton de charbon. Pour retenir B dans la position voulue, l’axe de B porte le disque A, dont le contour est ondulé. En tournant l’axe, le ressort C glisse d’une ondulation à l’autre, et permet un mouvement en avant ou en arrière. Sur le disque A les symboles des éléments sont gravés dans un ordre correspondant à l’ordre dans lequel les bâ-
- tons de charbon sont arrangés. Le disque A reste en dehors de l’appareil de projection, de sorte que chaque élément peut être facilement trouvé.
- Le pôle opposé peut consister ou en un disque analogue, ou en un. bâton de charbon, lequel — comme on le voit dans le dessin ci-joint — peut être déplacé verticalement. Les deux colonnes M et E sont creuses et l’on attache à leur plaque supérieure une spirale en fil de cuivre, dont l’autre bout est attaché aux plaques inférieures V et W; ou bien on remplace la spirale par un ressort glissant.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE COMME AGENT CHIMIQUE. — Il est bien connu, depuis longtemps, que la lumière électrique peut effectuer des changements chimiques, qui auparavant n’avaient été produits que par les rayons du soleil. Entre autres la photographie fait une application, de ce fait, et il est très probable que dans l’obtention de plusieurs combinaisons chimiques, dont les réactions se produisent sous l’influence des rayons de lumière, le soleil peut être remplacé par la lumière électrique.
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- Sgg
- C’est un fait, observé plus d’une fois, que beaucoup de réactions, pour lesquelles on avait toujours cru la chaleur nécessaire, ne se produisent que par l’influence de la lumière sans aucune chaleur. Par exemple M. J. Schramm, de Lemberg, a examiné dans ces derniers temps l’influence de la lumière sur la marche des réactions chimiques qui s’opèrent quand le brome est introduit dans des substances aromatiques. Il a trouvé que de certaines réactions s’opèrent très vite à la lumière, et même proportionnellement à l’intensité de lumière. Ces réactions s’opéraient aussi à la chaleur, mais les produits qui en furent le résultat n’étaient pas, à beaucoup près, aussi purs que ceux que l’on obtient par l’action de la lumière. De sorte qu’on doit considérer l’effet de la chaleur comme succédané seulement de l’effet de la lumière. Quelle est la qualité de ces rayons? Est-ce que les rayons chimiques sont actifs sous l’influence de la lumière, ou bien est-ce qu’on doit faire une distinction entre les rayons ordinaires et les rayons polarisés (puisque la lumière réfléchie contient, comme on sait, des rayons polarisés) relativement à leur effet? Voilà des questions qui ne peuvent être résolues que par des expériences directes. En poursuivant ces expériences, peut-être qu’une perspective — lointaine il est vrai — d’une application bien curieuse à l’industrie comme agent chimique s’ouvrira à la lumière électrique.
- En petit, un pharmacien, a obtenu de bons résultats en employant la lumière électrique à arc de la manière suivante : Pour l’obtention de la teinture de perchlorure de fer, ce remède fameux que, sous le nom de « tinctura aurea » un général russe avait produit, dès 1725, par un long procédé alchimique, et que la cour de Russie, dans ce temps, estimait hautement comme une espèce de panacée, on a besoin des rayons directs du soleil. La lumière opère le blanchiment du mélange, qui est composé de Fe, Cl;l, éther et alcool. Et ce blanchiment fut accompli à merveille, quand la bouteille fut suspendue en dehors du globe d’un foyer à arc. Une autre bouteille, remplie d’un mélange similaire et exposée à la lumière diffuse du jour, ne fut pas sensiblement altérée.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE A BERLIN. — La glande
- station de la Société « Stædtische-Elektricitæts-YVerke », située Markgrafen-Strasse, 110 44, est près d’être achevée.
- Cette semaine même on commence à placer les machines et chaudières. La maçonnerie du soubassement, qui s’étend beaucoup au-dessous des fondations des bâtiments voisins, et qui entre dans la nappe d’eau, a été un travail de grande difficulté, et ce n’est que grâce à la température extrêmement favorable de cet hiver, que son achèvement dans le temps fixé a été possible. Il est hors
- de doute que la sta'tion sera en état d’exécuter, dans le temps fixé par contrat, l’éclairage électrique du Théatre-Royal.
- Pour le second district, qui embrassera la Frie-drichstadt, on vient de commencer l’érection du bâtiment des machines sur un terrain situé Wil-helm-Strasse, 46-49. Probablement on y commencera l’exploitation avec la force entière (900H. P.), puisque les abonnements se multiplient de jour en jour dans ce district.
- Dans une grande maison de banque dans la Voss-Strasse une installation de plus de cinq cents lampes à incandescence est en fonctionnement. Un de nos plus grands hôtels sera bientôt éclairé de même, ainsi que les nouvelles Halles, dans la Zimmer-Strasse. Les modèles des câbles à employer ont déjà été soumis aux autorités municipales.
- Suivant une proposition du ministre de l’instruction publique, M. de Gossler, les salles, am phithéâtres, etc., de l’Université de Berlin, vont recevoir l’éclairage électrique. C’est un changement auquel Sa Majesté l’empereur Guillaume porte un intérêt spécial, et qui sera d’un avantage énorme pour ce bâtiment qui contient des couloirs étroits et sombres, et de petits amphithéâtres bien différents des nouveaux palais de science, comme, par exemple, l’Ecole polytechnique, à Charlottenburg.
- Dans la bibliothèque Royale, on est également occuper à installer l’éclairage électrique. Le salon de lecture, qui, jusqu’ici a été fermé chaque jour à trois ou quatre heures de l’après-midi, restera désormais ouvert aux lecteurs pendant la soirée. L’éclairage nouveau s’étendra au vestibule et à l’escalier. La maison Siemens et Halske est chargée de l’installation, pour laquelle un moteur à gaz sera placé dans la cave.
- Deux procès, que M. Edison avait intentés contre deux maisons de Berlin, ont été décidés dans ces derniers jours en faveur d’Edison. Il s’agissait de savoir si les lampes Swan pouvaient être fabriquées, importées, installées, vendues, ou même employées sans la permission de la « Deutsche Edison Gesellschaft», possesseur des brevets d’Edison.
- L’un des procès était contre la maison Naglo frères, laquelle, comme représentant la Sivan-Eleciric-Light-Company avait fait des installations importantes de lampes Swan; l’autre procès était dirigé contre M. R. Eisenmann, dont la fabrique était éclairée par des lampes Swan. Le tribunal a condamné MM. Naglo frères à discontinuer la vente et l’emploi de leurs lampes Swan, et il a été défendu à M. Eisenmann de se servir de son installation.
- Toutefois, les deux maisons n’ont pas été condamnées à payer d’indemnité, le tribunal n’ayant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- reconnu aucune mauvaise intention dans l’infraction du brevet.
- H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LA ROTATION ÉLECTROMAGNÉTIQUE DE LA LUMIÈRE
- dans le bisulfure de carbone. — Lord Rayleigh vient de communiquer à la Royal Society les résultats de ses dernières expériences sur la constante de la rotation électromagnétique de la lumière dans le bisulfure de carbone. Le courant dans l’électro-aimant a été mesuré .dans ces expériences en comparant la différence de potentiel produite par le courant traversant une résistance connue avec celle d’un élément étalon Clark.
- Tantôt on a fait passer la lumière une fois à travers le bisulfure et tantôt trois fois. Les lectures ont été faites avec un prisme à double réfraction au lieu de l’analyseur ordinaire formé d’un prisme de Nicol, une substitution que Lord Rayleigh trouve avantageuse. Il a constaté par i5 séries d’observations que la rotation de la lumière du sodium dans le bisulfure de carbone à 18 degrés C correspondant à une différence de potentiel égale à une l’unité C. G. S. s’élève à 0,042o3 minute.
- Ce résultat à été obtenu en faisant passer la lumière 2 fois à travers le tube. Quand la lumière ne traversait qu’une fois on obtenait le chiffre de 0,04198 minute par trois observations. En dernier lieu sept observations ont donné la valeur 0,04202 minute et comme on avait pris des précautions extraordinaires, Lord Rayleigh considère ce chiffre comme le plus exact.
- éclairage des balances. — En pesant avec des balances délicates il est parfois nécessaire d’employer une lumière artificielle, mais on préfère alors une lumière réfléchie à cause de réchauffement produit par des lampes ordinaires dans une chambre. En employant une lampe à incandescence placée dans un réservoir en verre rempli d’eau sa chaleur est cependant absorbée et on peut approcher la lampe de la balance sans aucun effet nuisible pourvu que l’eau froide puisse circuler dans le vase, de façon à enlever la chaleur dégagée par la lampe. Cette disposition a dernièrement été essayée au bureau des étalons pendant la comparaison de deux poids étalons d’un kilogramme et l’action de la balance n’a subi aucune influence sensible, l’erreur probable des résultats n’étant que de cf,oo5 milligrammes. La lampe était alimentée par une petite batterie primaire.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchicoll
- Sur les différences électriques entre les liquides et sur le rôle de l’air dans la mesure électro-métrique de ces différences, par MM. E. Bichat et R. Blondlot. (9
- « En appliquant aux phénomènes électrocapillaires les principes de la conservation de l’électricité et de la conservation de l’énergie, M. Lippmann a établi deux équations distinctes, relatives aux propriétés de la surface de contact entre le mercure et un électrolyte. M. Helmholtz a fait remarquer (’) qu’il ressort de l’une de ces équations que si, par une polarisation convenable, on a amené la constante capillaire de la surface de contact à avoir sa valeur maxima, le mercure et l’électrolyte sont au même potentiel (3).
- « Nous allons montrer qu’on peut fonder sur cette proposition une méthode pour mesurer la différence électrique entre deux liquides.
- « Supposons d’abord qu’il s’agisse de mesurer la différence électrique entre le mercure et un électrolyte, en l’absence de toute polarisation. Il suffit de remplacer dans un électromètre capillaire l’eau acidulée par l’électrolyte proposé, puis de chercher par tâtonnement la force électromotrice qu’il faut intercaler entre les bornes de l’instrument pour obtenir le maximum d’ascension du ménisque dans le tube capillaire. A ce moment, d’après la proposition de M. Helmholtz, la différence électrique au ménisque est nulle; la force électromotrice intercalée, étant la quantité dont il a fallu modifier la différence électrique entre le mercure et l’électrolyte pour l’amener de sa valeur normale à la valeur zéro, est précisément égale à cette valeur normale.
- « En appliquant ce procédé, on arrivera à connaître les différences électriques entre le mercure et les divers électrolytes.
- « Soit maintenant à mesurer la différence électrique entre deux électrolytes L et L', On forme la pile suivante : un premier vase contient du mercure, et au-dessus l’électrolyte L; un second vase contient également du mercure, et au-dessus l’électrolyte L'. Les deux vases sont réunis par un siphon rempli de l’un ou de l’autre des liquides et muni d’un diaphragme. La force électromotrice de
- (') Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 16 mars 188S.
- (2) Monatsberichle der Berliner Akademie vom 3 novem-ber 1881.
- (3) M. Garbe est arrivé récemment à la même conclusion par un raisonnement analogue à celui de M. Helmholtz (voir Comptes rendus, t. XCIX, p. 123; 1884).
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- cette pile est égale à la somme des différences : mercure | L, L | L', U | mercure. La première et la troisième de ces différences ayant été obtenues par le procédé précédemment indiqué, il suffira de les retrancher de la force électromotrice de la pile, mesurée par les méthodes ordinaires, pour obtenir la différence cherchée L | L'.
- « Nous avons appliqué cette méthode à un certain nombre de liquides; pour d’autres nous avons dû y renoncer, parce que, dans l’électromètre construit avec ces derniers liquides, il arrivait, soit que le ménisque n’était pas mobile, soit que l’élec-trolyse se produisait avant que le maximum fût atteint.
- « Les mesures des différences électriques entre les divers électrolytes, effectuées par la méthode que nous venons de décrire, offrent un intérêt particulier en ce que l'air n'y joue aucun rôle. Maxwell a fait remarquer que, dans tous les procédés électrométriques analogues à ceux de Volta, il est probable que l’on n’obtient pas les différences réelles, à cause de la présence de l’air; ce que l’on mesure par ces procédés est la somme algébrique de trois différences électriques : l’une d’elles est la différence vraie entre les corps en expérience, les deux autres sont les différences entre l’air et chacun des deux corps. C’est ainsi que la méthode que nous avons employée nous-mêmes précédemment, pour mesurer les différences électriques entre les liquides (*), donne ces différences compliquées de l’effet présumé de l’air. La comparaison des nombres obtenus par la méthode que nous décrivons aujourd’hui et de ceux de la première méthode permet, comme nous allons le faire voir, d’affirmer que l’effet de l’air existe réellement.
- « En effet, si l’on mesure les différences électriques entre deux liquides donnés, successivement par les deux méthodes, on obtient des nombres complètement différents. Le désaccord entre les nombres fournis par les deux méthodes peut aller même jusqu’au changement de signe, comme le montrent les deux exemples suivants :
- « La différence électrique entre l’eau acidulée par l’acide sulfurique (au ff) et une dissolution de sulfate de soude (au ff), mesurée par l’ancienne méthode, donne -j-o°, 129, et par la nouvelle—o°, 20; de même, pour la différence électrique entre la même dissolution de sulfate de soude et une dissolution de potasse (au ^), l’ancienne méthode donne — o°, i38 et la nouvelle -j-o°, 475.
- « Etant donnée la régularité parfaite avec laquelle se font les déterminations dans chacune des deux méthodes, cette divergence ne peut s’expli-
- (') Voir Comptes rendus, t. XC, p. 1202 et 1293 ; Journal de Physique, ae série, t. II, p. 533, et même recueil, décembre 1883.
- quer que par ce fait que, entre l'air et un liquide» il existe une différence électrique, dont la valeur varie d'un liquide à l'autre. La prévision de Maxwell se trouve ainsi justifiée.
- « La méthode que nous avons déduite de la proposition de M. Helmholtz est jusqu’ici la seule qui permette d’obtenir les différences électriques vraies entre deux liquides.
- Sur les galvanomètres à cadre curviligne, par M. A. Gaiffe (i).
- « Dans la séance du 26 septembre 1881, j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie un galvanomètre médical, divisé en milliampères, dans lequel, en donnant au cadre multiplicateur la forme elliptique, on obtenait jusqu’au 35e degré du cercle environ, de chaque côté du zéro de l’échelle, des déviations de l’aiguille proportionnelles aux intensités des courants.
- « Dans la note qui accompagnait cet instrument, j’annonçais qu’une autre forme de cadre promettait des résultats meilleurs.
- « La possibilité de modifier la marche des galvanomètres par la forme des cadres étant démontrée, il était permis de poursuivre la construction empirique de courbes dont l’action sur l’aiguille, pour des courants de plus en plus intenses, augmentât comme l’action directrice de la terre.
- « Plusieurs dispositions, fondées sur l’adoption de courbes différentes, ont été essayées et sont également bonnes. Celle à laquelle je me suis arrêté donne des cadres multiplicateurs qui ont peu de hauteur, et qui sont bien appropriés aux appareils que je construis.
- « Leur fil, enroulé dans des rainures, forme au-dessous et au-dessus de l’aiguille, dans des plans parallèles à son plan d’oscillation, deux figures qui rappellent deux caustiques de réflexion, se regardant par leurs concavités et ayant leurs cornes voisines de l’axe de rotation de l’aiguille. En raison de la forme de ces courbes, déterminées empiriquement, l’axe magnétique de l’aiguille, quelle que soit sa direction, coupe toujours à peu près sous le même angle la partie du cadre qui l’avoisine; la proximité du fil et de l’aiguille, et, par suite, leur action réciproque, augmentent en même temps que l’action du couple terrestre, lorsque l’aiguille s’éloigne du méridien.
- « Par ces combinaisons, j’arrive à faire que, pour des courants d’intensité-croissant en progression arithmétique, l’aiguille ait ses points d’équilibre équidistants sur les deux côtés de l’échelle jusque vers le 70° degré du cercle. »
- (9 Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 16 mars i885.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A propos du service téléphonique dans les grandes villes, par C. Elsasser.
- M. C. Elsasser, dont le nom est bien connu de nos lecteurs, publie dans les deux derniers numéros de 1 'Elektrotechnische Zeitschrift (janvier et février i885), une étude générale sur les services téléphoniques que nous ne voulons pas laisser passer sous silence. Le travail dont il s’agit est, en elfet, intéressant à plus d’un titre, d’abord parce qu’il résume les principaux procédés employés jusqu’à ce jour pour vaincre les difficultés que présente toute installation téléphonique (nous entendons par là évidemment l’installation d’un réseau) et ensuite parce qu’il renferme quelques solutions originales tendant à améliorer les conditions du service. C’est, en somme, un aperçu d’ensemble qui
- a cet avantage de faire tenir dans un cadre restreint le principe des diverses solutions données au problème. et qui permet à l’esprit, en évitant de le noyer dans des détails de construction, de porter un jugement sur la valeur de chacune de ces solutions.
- Tout le monde sait que le service, dans les bureaux centraux, peut être fait de deux façons différentes.
- Dans le premier cas l’abonné X, qui désire s’entretenir avec Y, appelle le bureau; l’employé à son tour appelle Y, et cela seulement lorsque Y a répondu que la jonction est faite.
- Dans le second cas, l’abonné X appelle le bureau, où l’employé constate seulement si la ligne de Y est libre et opère immédiatement la jonction; dans ce cas X appelle lui-même Y.
- Dans l’im et l’autre cas, il appartient à X de donner au bureau le signal de la fin de la conversation. Une première difficulté se présente ici, celle
- de différencier le signal d’origine de c^lui de la fin d’une communication.
- En Amétique, dans les premiers temps de la téléphonie, chaque ligne qui venait aboutir au bureau avait son appel (annunciators) ; mais à côté de ces indicateurs il existait un certain nombre d’appels particuliers {clearing ont relais) destinés à indiquer la fin des conversations. En même temps qu’on faisait la jonction de deux abonnés, on mettait hors circuit les indicateurs et on intercalait dans la ligne un de ces derniers appels. Ce système évite évidemment les confusions, mais il augmente sen-
- FIG. 2 ET 3
- siblement les frais de première installation, car il faut, pour bien faire, prévoir autant d’appels de fin de communication que de communications possibles, c’est-à-dire ^ dans le cas de n abonnés.
- On a également cherché à employer le même appareil en différenciant tout simplement le signal, en le répétait par exemple plusieurs fois pour indiquer que la conversation a pris fin. Ce procédé n’est pas sans inconvénient; dans tous les cas, il occasionne un grand bruit dans le bureau; mais il est surtout l’origine de confusions dans le système où les abonnés s’appellent eux-mêmes (système ap-
- • 4J~’ ï,‘"
- Klli. ,|.
- pliqué en Allemagne); il peut fort bien ai river en effet, la jonction étant faite, que l’abonné qui a demandé la communication ait à répéter l’appel qu’il adresse à son interlocuteur; la plaque de l’indicateur tombe alors au bureau; l’employé comprend que la conversation est terminée et rompt la jonction. Dans ce cas, il ne manque jamais de se produire un échange d’aménités entre l’abonné et l’employé, et le rétablissement de la jonction représente une perte de temps considérable.
- M. C. Elsasser remarque très justement qu’on écarterait toute chance de confusion en employant
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- comme appels dans les bureaux, des appareils à électro-aimants polarisés. Il suffirait que l’abonné eût à son poste deux boutons d’appel, l’un envoyant dans la ligne des courants positifs, par exemple, faisant fonctionner les appareils du bureau, et l’autre des courants négatifs destinés à appeler l’abonné placé à l’autre extrémité de la ligne. Comme il est d’ailleurs à souhaiter que les postes des abonnés soient aussi simples que possible et de manipulation aisée, logique pour ainsi dire, de façon à éviter des fausses manœuvres, et que la présence de deux boutons constitue une chance d’erreur, l’auteur propose le dispositif représenté figure i.
- Ce dispositif est applicable aux appareils employés en Allemagne et suppose que les appels du bureau répondent sur des courants positifs. L’abonné appuie sur le bouton b et envoie un courantpo-sitif, décroche son téléphone pour indiquer la communication qu’il désire et, en ce faisant, il met le pôle
- -|- de la pile B à la terre, de sorte que tant que le téléphone est décroché, le bouton b' envoie des courants négatifs dans la ligne. Pour indiquer au bureau que la communication est terminée, il faut accrocher le téléphone et appuyer sur le bouton b. Comme il peut arriver que, dans la précipitation où se font les échanges, l’abonné oublie d’appuyer sur le bouton b et se borne, une fois la conversation finie, à accrocher le téléphone, il sera prudent d’avoir recours à la disposition représentée figure 2.
- Le crochet de suspension est terminé par une pièce mobile N qui, lorqu’on décroche le téléphone, passe devant le taquet i, sans exercer sur lui aucune pression, et qui, au contraire, lorsqu’on accroche le téléphone, ferme le contact g h. Pour être certain qu’au moment où se produit ce contact le pôle négatif de la pile locale est à la terre, on peut mettre un second ressort gl avec un butoir //,, comme l’indique la figure 3. O11 peut également adopter le dispositif de la figure 4, dans laquelle le pôle est constamment à la terre, excepté lorsqu’on appuie sur le bouton pour envoyer un courant positif dans la ligne.
- Si l'on rendait la pièce N rigide on enverrait un courant positif dans le bureau en décrochant et en accrochant le téléphone ; le bouton ne servirait plus qu’à appeler l’abonné. Peut-être est-il préférable de laisser aux abonnés quelque latitude pour appeler le bureau.
- On peut dans les bureaux avoir des indicateurs fonctionnant en sens inverse suivant le sens du courant. Une plaque par exemple qui s’abat devant un guichet lorsque le courant est positif et rentre au repos, c’est-à-dire disparaît lorsque le courant est négatif. Dans ce cas il faudra évidemment appeler le bureau et l’abonné avec des courants de même sens. M. Elsasser indique alors l’emploi de la disposition représentée figure 5. Il est facile de s’assurer que dans ces conditions quelle que soit la position du téléphone on envoie toujours un courant positif dans la ligne lorsqu’on appuie sur le bouton d’appel. C’est seulement en accrochant le téléphone que l’on envoie un courant négatif.
- Lorsque c’est le bureau même qui appelle les
- .101 \ II
- 51-100)
- U51-200Kl0H5O)L|51
- Terre
- WÈm¥/?
- abonnés il est facile d’imaginer une combinaison analogue aux précédentes où le bouton d’appel disparaît complètement ; dans ce cas il n’y aurait pas d’erreur possible l’abonné n’ayant qu’à ôter son téléphone à parler et à le remettre en place. Le poste se trouverait réduit à son expression la plus simple.
- Après avoir ainsi examiné les simplifications qu’on pourrait introduire dans l’installation des postes individuels, l’auteur passe en revue les conditions du service dans les bureaux. Ici ce qu’il faut rechercher c’est moins la simplicité des appareils que la simplicité du service même, c’est-à-dire la possibilité d’opérer rapidement les jonctions et les disjonctions. Bien que les modes de liaison employés diffèrent par les détails de construction le principe est le même pour tous. Chaque ligne d’abonné comporte en général un annonciateur et un commutateur. Au repos les lignes sont mises à la terre ; en enfonçant une cheville dans le trou du commutateur on rompt la liaison avec la terre et on met la ligne en communication soit avec un téléphone du bureau soit avec une autre ligne d’abonné, les liaisons se font comme on sait au moyen de cordons métalliques souples.
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- bo\
- Tant que le nombre des abonnés ne dépasse pas ioo, on peut grouper toutes les lignes sur un espace assez restreint (tableaux) permettant de faire directement la liaison d’un commutateur à l’autre. Dans le cas de 200 abonnés la figure 6 montre une disposition adoptée en Allemagne. Les liaisons entre les abonnés portant les numéros de 1 à 100 et de 101 à 200 se font directement sur les tableaux I, II; III et IV. Mais chaque ligne avant d’arriver à son annonciateur, passe par un commutateur placé à côté du groupe auquel cette ligne n’appartient pas. Il y a donc en tout 400 commutateurs. Pour les liaisons entre abonnés faisant partie de groupes différents, l’employé devra évidemment s'informer si la ligne demandée n’est pas déjà occupée. Dans le cas d’un nombre aussi restreint d’abonnés une bonne disposition des tableaux permet d’exercer facilement ce contrôle.
- Lorsque le nombre des abonnés déviant plus considérable les installations se compliquent. La figure 7 représente un type d’installation dans le cas de 800 abonnés (Voir La Lumière Electrique, tome XIV, p. 18). Cette installation comporte quatre tableaux de 200 abonnés chacun. Chaque ligne avant d’arriver au tableau qui lui est propre passe par un commutateur faisant partie d’un des trois autres tableaux, puis elle communique avec quatre touches qui, par la ligne 1 par exemple portent les indices Ces touches ont pour objet de permettre facilement à l’employé de se rendre compte si la liguie demandée n’est pas déjà prise ailleurs. Il suffit en effet que la ligne soit utilisée sur l’un quelconque des trois autres tableaux pour qu’en abaissant la touche correspondante comme numéro d’ordre à la ligne demandée le galvanos-cope G n’accuse aucune déviation. Il est inutile
- r- 11 111 iv
- (1-200) ' ( 201-400 ) ( 40l-600) (601 8001
- J 20r
- JH , r
- Terre i“l
- d’ajouter que la pile B doit être choisie assez faible pour qu’elle ne puisse faire fonctionner aucun des appareils en circuit.
- La figure 8 représente un autre dispositif réalisant le même objet et plus économique au point de vue des frais de première installation. Il est en effet à remarquer que dans le cas de 8oo abonnés la disposition précédente comporte 8oo annonciateurs, 3200 commutateurs, 3 200 touches et 1200 liaisons de tableaux à tableaux; ce sont là des frais considérables rachetés, il est vrai, par une grande facilité dans le service et une notable économie de temps. Dans la disposition de la figure 8 en face de chaque commutateur « se trouve une douille métallique m, qui sert en même temps de guide à la cheville terminant les cordons souples. Au repos ces diverses douilles m sont isolées des commutateurs placés en regard mais elles communiquent électriquement entre elles par la ligne l. Dans ces conditions lorsqu’on enfonce une cheville on relie
- en même temps une des extrémités du conducteur l avec la ligne en prise ; il suffit dès lors de faire communiquer une des autres douilles m avec un des pôles d’une batterie dont l’autre pôle est à la terre pour avoir un circuit fermé. Un téléphone
- K1G S
- placé dans ce circuit rendra au moment où l’on touche la douille m un son caractéristique indiquant que la ligne est en service. Ce bruit sera évidemment entendu par les abonnés qui communiquent au moment de l’essai, mais c’est là un désavantage largement compensé par la suppression
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- du grand nombre de contacts mobiles toujours plus ou moins sujets à se détériorer.
- Il est à remarquer que dans ces installations à communications multiples en même temps que l’on fait la jonction de deux lignes qui n’appartiennent pas au même tableau, on met hors du circuit l’annonciateur de l’abonné appelé ce qui est très avantageux au point de vue des confusions qui peuvent se produire. Quand les deux lignes font partie du même tableau on a recours pour obtenir cette mise hors circuit de l’un des annonciateurs à un artifice spécial qui en Allemagne est le suivant : Les ouvertures qui servent de logement aux chevilles ont une garniture métallique reliée par un conducteur de faible résistance à l’origine de l’enroulement des électro-aimants dans les annonciateurs ; les chevilles placées aux extrémités d’un même cordon souple sont, d’autre part, différentes; l’une est entièrement métallique: l’autre est terminée par une portion en matière isolante, portion qui vient se loger dans la douille. C’est cette dernière qu’on enfonce dans le commutateur de l’abonné qui appelle ; en sorte qu’ici on relie tout simplement la ligne avec le cordon souple, tandis que dans le commutateur de l’abonné appelé on relie en même temps la fin de l’enroulement des électro-aimants et l’origine de ce même enroulement avec le cordon souple : l’électro se trouve alors en dérivation sur une résistance à peu près nulle et peut être consi déré comme mis hors du circuit.
- Théoriquement il y a avantage à réunir à un bureau central unique tous les abonnés d’un même réseau,quel que soit leur nombre; pratiquement les difficultés proviennent surtout de l’embarras où l’on se trouve quand il s’agit de faire entrer dans un seul bureau un nombre considérable de lignes. Si l’on en excepte Paris auquel son réseau souterrain d’égouts fournit des conditions exceptionnellement avantageuses, les difficultés se rencontrent dans l’emploi des lignes aériennes aussi bien que dans celui des lignes souterraines. Dans les lignes aériennes on est en effet limité par l’isolement relatif des lignes en même temps que par la résistance des supports ; dans les lignes souterraines on est conduit à une fouille perpétuelle des voies publiques ce qui est une source d’ennuis et de frais. M. Elsasser remarque cependant que les bureaux intermédiaires offrent au point de vue du service des inconvénients tellement graves qu’on doit les rejeter en principe, et il s’occupe spécialement des moyens permettant de relier à un seul bureau tous les abonnés d’une même ville. Les solutions proposés jusqu’à ce jour sont de deux natures et consistent à employer des câbles composés de plusieurs fils isolés et ensuite à relier plusieurs abonnés par un même fil.
- L’auteur pense qu’on trouverait une solution avantageuse en combinant l’emploi des câbles
- souterrains et des -fils isolés aériens, et cela de la façon suivante. La société ferait l’acquisition d’un certain nombre de locaux convenablement choisis autour du bureau central et ces locaux seraient reliés au bureau par des câbles souterrains d’une façon permanente ; on relierait ensuite au réseau à peu de frais et sans être obligé de fouiller les rues, par des lignes aériennes, les nouveaux abonnés. Les frais de première installation se trouveraient évidemment augmentés dans une assez forte mesure mais en revanche l’exploitation serait plus facile et se ferait dans des conditions de prix bien meilleures. L’auteur pense également qu’il n’y aurait pas grand inconvénient à placer dans certains cas plusieurs abonnés sur le même fil, à condition bien entendu de prévoir un système d’avertisseur permettant à l’abonné de savoir à chaque instant si sa ligne est prise ou non.
- On peut, dans ce cas, organiser le service de deux façons différentes : relier les abonnés chacun par un fil, en un même point, d’un conducteur unique se rendant au bureau central, ou bien placer les abonnés les uns derrière les autres en série sur un même fil.
- Dans le premier cas il faudra prévoir un système de commutation au point de branchement, soit par commutateur ordinaire à cheville manœuvré par un employé spécial, sur la demande du bureau ou des abonnés, soit des appareils qui seront ma-nœuvrés électriquement du bureau même.
- Il existe des appareils de ce genre (Connoly et Mac Tighe, Leduc et Bartelous. Exposition de 1B81, H. T. Cedergreenet L. M. Ericsson. Exposition de Vienne i883) très ingénieux à coup sûr, mais qui n’ont pas encore été pratiquement éprouvés. La présence d’un employé est évidemment une garantie de bon fonctionnement mais constitue une dépense ; on rentre en quelque sorte dans le bureau intermédiaire qu’on cherche à éviter.
- Le second système qui consiste à placer les abonnés en série, a donné'lieu à des solutions également ingénieuses. Nous avons déjà eu occasion de signaler dans ce même journal les dispositifs imaginés par MM. Elsasser et Zetsche(‘), aussi n’insisterons-nous pas sur ce point ; nous nous bornerons à remarquer qu’aucune de ces dispositions n’a été encore pratiquement appliquée.
- Toutes les considérations précédentes amènent l’auteur à conclure que les difficultés résultant de l'accroissement du nombre des abonnés trouvent leur solution dans l’emploi des tables de communication multiples, dans la combinaison des câbles souterrains et des fils aériens, et enfin dans l’usage d’un même fil desservant plusieurs abonnés. Quand le nombre de ces abonnés desservis
- (D La Lumière Electrique, tome X, p. 556.
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- par un seul fil ne serait que de deux en moyenne, le nombre total des abonnés se trouverait en fait doublé. M.
- Recherches sur la force électromotrice produite par la diffusion dans les courants des marées, par T. Andrews.
- Si l’on examine la composition de l’eau dans un courant de marée pendant la diffusion entre l’eau salée et l’eau douce, on trouve une grande différence dans les proportions de différents sels con-
- tenus dans l’eau suivant qu’elle est prise à la surface ou au fond du courant.
- Cette différence, à certains moments de la marée varie du simple au double, elle est même quelquefois beaucoup plus grande, quelquefois elle est plus faible suivant les fluctuations de la marée.
- Ce fait sert de base aux recherches que fauteur a entreprises dans le but de trouver quelques données quantitatives sur la valeur de la force électromotrice qui peut résulter de la diffusion.
- On sait, dit l’auteur, que l’on peut obtenir un
- MÉTAUX FORCES électromotrices maxima en volts FORCES ÉLEC Minima TRO MOTRICES Moyennes VARIATIONS DE du couple penc Temps LA RÉSISTANCE ant lesôhcures Résistances de .ohms
- Barre laminée de fer forgé (polie') 0,09s 0,009 0,054
- h m
- . Barre martelée de fer forgé o,o36 O.OO4 0,017 0 O 243
- 0 l5 102
- Acier doux de Bessemer (poli) 0.064 0,002 0,024 0 3o 5i
- 0 40 32
- Acier dur de Bessemer (poli1! 0,135 0,0^5 0. I i0 I 0 25
- 1 i5 20
- Acier doux de Siemens-Martin 0, ii5 0,0 o,o.38 I 3o 17
- I 45 17
- Acier dur de Siemens-Martin O CO d o,oi 3 0,066 2 0 l6
- 0 i5 i5
- Acier fondu doux (poli) 0, 120 0,001 0 026 2 3o 14
- 2 45 l3
- Acier fondu dur (poli) 0,087 0,002 0,047 3 0 i3
- ' 3 3o i3
- Fonte n° i (polie! 0,76 0,0 0,027 4 0 12
- 4 3o 12
- Fonte n° 2 (polie) 0,043 0,001 0,009 5 0 12
- 5 3o 12
- Fonte n° 1 (brute) , 0,076 0,018 o,o35 6 0 12
- Fer forgé couvert d’oxyde magnétique bleu. . . . 0,009 0,017 0,028
- courant, si à l’aide d’une barre ou d’une lame métallique, on met en communication deux solutions différentes en contact, dont l’une peut agir sur le métal pendant que l’autre agit peu ou point.
- Ce courant dure tant que par l’effet de la dif fusion la composition des solutions n’est pas devenue identique, après quoi le courant est souvent renversé par suite de l’inégale action primitive des deux solutions sur le métal.
- Nous ferons remarquer que pour avoir un courant dans ces conditions, il n’est pas besoin que le métal soit attaqué par l’une des solutions. La diffusion seule suffit pour produire un courant, le métal peut rester intact.
- Les métaux que l’auteur emploie dans ses recherches sont choisis, de manière à donner aux résultats une certaine valeur pratique. Il prend différentes espèces de fer, d’acier ou de fonte.
- Les deux solutions entre lesquelles s’effectuait la diffusion étaient de l’eau de mer et de l’eau distillée. Les électrodes étaient formées de barres faites avec ces métaux, dont la composition chimique était bien déterminée préalablement.
- Pour faire les expériences, l’auteur s’arrange de manière que l’effet de la diffusion, les forces électromotrices, etc., s’approchent de ceux qu'on obtient pendant une période de six heures de marée. A cet effet, une boîte solide de bois est divisée en deux compartiments contenant chacun l’un des liquides. Les deux compartiments sont séparés en bas par une cloison en peau de chamois, ce qui permet d’obtenir une diffusion continue entre les deux liquides.
- Deux barres faites de la même pièce (ayant exactement la même composition), bien polies, ayant toutes les deux le même diamètre, plongent de la même
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- longueur l’une dans l’un des compartiments, l’autre dans l’autre, et elles sont mises en communication avec un galvanomètre. Pendant une période de ôheures, on lit régulièrement, à l’aide d’une lunette, les déviations du galvanomètre. La différence de niveau qui s’établit, par suite de la plus grande densité de l’eau de mer contribue à la diffusion; on s’approche ainsi des pressions exercées dans les fleuves par le courant de marée.
- Afin de pouvoir tirer une application pratique de ces expériences, l’auteur faisait des observations de force électromotrice et de résistance, régulièrement à des intervalles de 2 minutes et demie pendant 6 heures, qui est la période d’une marée. De cette manière, on peut avoir une approximation des effets produits par la diffusion alternative entre l’eau salée et l’eau douce pendant les variations alternatives de la marée.
- L’auteur se servait de deux galvanomètres, l’un à grande résistance donnait la force électromotrice du couple, l’autre, à résistance plus faible servait à mesurer la résistance de ce couple.
- Afin d’éviter la polarisation dans les mesures de résistance, l’auteur les effectue dans une série d’expériences faites à part, en intervertissant rapidement le sens du courant envoyé dans le couple et en observant la première impulsion du galvanomètre.
- Les résultats relatifs aux forces électromotrices observées pendant la diffusion, sont résumés dans un tableau trop long pour que nous le reproduisions entièrement. Nous détacherons de ce tableau les valeurs maxima, les valeurs minima et les moyennes pour la période de six heures que durait chaque expérience. Nous y ajoutons le tableau donnant les variations de la résistance du couple pendant la durée d’une expérience.
- En général, le métal plongé dans l’eau de mer est positif, tandis que celui qui est plongé dans l’eau distillée est négatif, excepté le fer couvert d’oxyde magnétique bleu : avec ce métal, la barre qui plonge dans l’eau de mer reste négative pendant toute la durée de l’expérience. Avec l’acier doux de Bessemer, l’acier fondu doux et avec la fonte polie on a constaté un renversement du courant au bout de 3 h. et demie environ.
- Le maximum de force électromotrice a été observé au bout de i5 minutes d’immersion.
- L’auteur termine en faisant remarquer, que des conditions analogues à celles qu’il a réalisées dans ses expériences existent dans tous les bras de mer et dans les rivières où il se produit une diffusion entre l’eau salée et l’eau douce. Il y a donc là une source d’énergie électrique. Il fait encore observer que la force électromotrice peut être beaucoup plus grande si, au lieu de prendre le même métal, on prend pour électrodes des métaux de nature différente. K.
- Méthode pour mesurer directement la résistance des conducteurs échauffés par le passage d’un courant électrique, par A. Zillich (').
- La méthode que nous allons décrire a principalement pour objet de rendre commode la détermination de la résistance à chaud des lampes à incandescence; elle présente en effet comme on va voir, une simplicité très grande.
- Imaginons que sur une boussole des tangentes de Weber on ait placé de part et d’autre ou du même côté de l’aiguille deux circuits en dérivation et disposés de telle façon que leurs actions sur l’aiguille soient contraires. Le premier de ces circuits a une résistance faible W, et se compose de n, spires (généralement on fait n, = 1) ; le deuxième est formé par contre d’un assez grand nombre de spires n.2 (n2 étant compris entre 10 et 5o) et présente une résistance notable W2.
- Pour procéder à une mesure on intercale dans le premier circuit la résistance inconnue x et dans le second un rhéostat. On lance un courant dans l’appareil et on ajoute ensuite à la résistance W2 une résistance W0 telle que l’aiguille reste au zéro.
- Il est facile de s’assurer que dans ces conditions la résistance x est donnée par une formule très simple.
- Si en effet nous désignons par et i2 les intensités dans chacun des circuits considérés, par
- et r% les rayons moyens des spires dans les deux systèmes et enfin par h la composante horizontale du magnétisme terrestre il est évident que pour un rapport quelconque des résistances les courants il et i2 tendront à produire des déviations a et (3 telles que
- ou en posant
- 2 71 111
- 2 H 112
- 11 = c 1 1 g a »2 = r 2 Tg fi
- Mais, comme on a choisi les résistances de telle façon que les angles a et P soient égaux, on a la rotation
- ÎL _ El.
- 1-2 C.2'
- Si, d’autre paît, on applique aux circuits dérivés la loi de Kirchhoff, on peut écrire
- * 1 — ”'0 + W-l
- i-2 W, + .V
- (!j Zeitschrift fiir Eleklrolechnik, iS mars HS85.
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- • • -j;
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- d’où
- M’n + «'a _ gj
- Wi+x c2
- et finalement
- a = ~ >»'o + 7 n’z—Wi
- Ci <i
- Si l’on néglige la quantité wt qui est très petite, comparée à jv0 et w.2 et'que de plus on pose les constantes
- C !) _ 1
- — = p. (x n>2~ k
- ci
- on obtient la formule très simple
- .V = (J. w0+ k.
- D’après les équations précédentes, 011 a
- et comme on a fait dans l’appareil ni <w2; r2<rt, il en résulte que [/. est plus petit que un; y. est en
- général compris entre ~ et Il suit de là que la
- résistance à mesurer n’est jamais qu’une fraction de la résistance additionnelle ; les erreurs commises sur l’évaluation de cette dernière résistance n’influent donc que dans une mesure très faible sur le résultat même. Il y a également lieu de remarquer que le rhéostat est parcouru par un courant d’intensité faible, en sorte que l’on a le droit de négliger les variations de résistance provenant de ’échauffement des fils de ce dernier appareil.
- Si l’on voulait qu’il y eût équilibre entre les deux actions tendant à faire dévier l’aiguille, alors qu’aucune résistance n’est intercalée dans le premier circuit, ainsi que dans le second, il faudrait dans l’équation précédente que, pour x—o, on eût wa—o, c’est-à-dire que la condition
- — — »>i = o,
- ci •
- fut satisfaite : en d’autres termes, il faudrait faire _ _ r.2111
- J>’2 11 n ;/2-
- Condition facile à remplir pour des courants faibles, mais non pour des courants forts. En effet on ne peut dans tous les cas faire r, très différent de r2 ; or des nécessités de construction obligent à donner au fil du deuxième circuit un diamètre plus petit qu’à celui du premier; il suit de là qu’à l’état de fepos, l’action du premier circuit sera prédominante, il peut même se faire que pour une faible valeur de x, on soit amené à ajouter des résistances dans le premier circuit, et alors l’intensité dans le deuxième circuit dépasserait la limite imposée par
- la conservation de l’appareil. Si donc la condition précédemment exprimée n’est pas satisfaite, les résistances ne pourront jamais dépasser une certaine limite inférieure.
- C’est là d’ailleurs un inconvénient sans importance, attendu que cette limite inférieure est généralement assez basse.
- On trouve ainsi pour un appareil, dans lequel on a
- ?;, = 1 «2 = 2o
- (/!=;»« d2 — 2mm
- D1=om3 D2 = om,25
- d étant le diamètre du fil, et D le diamètre moyen des circuits, comme valeur inférieure de x
- -vmin. = I* n'i — »’i =o,oo3o573 ohm.
- M. A. Zillich indique ensuite plusieurs méthodes pour calculer les constantes |x et k.
- On peut tout d’abord mesurer les rayons et déterminer le nombre de spires, et calculer u par la formule
- Mais comme il est en général difficile de mesurer les rayons avec précision la valeur de n ainsi ob-nue ne sera qu’approchée.
- On peut encore déterminer les constantes c2, cit po'ur chaque circuit d’après les méthodes connues, et leur rapport donnera la valeur cherchée.
- Voici un procédé plus exact. Dans chacun des circuits dérivés, on place un électrolyte et une résistance variable ; on amène alors l’aiguille au zéro et le rapport des poids G,, G2 des corps libérés dans le temps t donne le rapport des constantes cn c3. On a en effet en appelant g le poids libéré dans l’unité de temps par un courant d’intensité égale à 1
- Gi = gi\t G2=giït
- Comme le rapport des intensités entre seul dans le calcul, on n’a pas besoin de se préoccuper de la constance de la force électromotrice et l’on peut prendre t assez grand pour que l’erreur commise sur la détermination de G, et de G2 soit négligeable.
- On peut enfin intercaler successivement dans le premier circuit une série de résistances connues w\, jp", w"', etc. et déterminer à chaque fois la valeur de la résistance »/, jr>'', jv"', etc., qu’il faut ajouter au deuxième circuit pour amener l’aiguille au zéro.
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- On a alors une série d’équations
- w\ = pw', +ft —»'l w" +/J —»>’l
- w" — V- W* + &— W1
- qui permettent, par la méthode des moindres carrés, de trouver les valeurs les plus probables de {a et de k — wx.
- Remarquons, en terminant, que si la condition
- est satisfaite, on a
- V.K’2=Wi
- et la valeur de x est encore plus simple, puisque
- X= (A«’o
- Dans ce cas, on peut mesurer des résistances excessivement faibles.
- L’auteur fait d’ailleurs très justement remarquer que le procédé est applicable à toute espèce de galvanomètres, à condition d’avoir recours à une action différentielle.
- M.
- Quelques observations sur la manière dont l’électricité se comporte dans l’air raréfié, par
- E. Edlund (*).
- L’auteur constate d’abord que des observations récentes sur le passage de l’électricité à travers les gaz raréfiés, ont conduit à cette conclusion que la conductibilité d’un gaz croît avec son degré de raréfaction jusqu’à une certaine limite et que cette limite de raréfaction dépassée, la conductibilité commence à décroître, de sorte que, finalement, si l’on continue l’épuisement du gaz, on doit arriver à un vide absolu non conducteur. Ces observations ont été généralement faites avec des appareils en verre dans lesquels étaient soudées deux électrodes de platine ou d’un autre métal, et où l’on raréfiait l’air par un moyen quelconque : on observait ainsi le passage de l’électricité à travers les gaz raréfiés. Mais l’auteur trouve que si l’on examine de près toutes les expériences faites à ce sujet à des époques différentes, on s’aperçoit qu’elles ne justifient nullement les conclusions qu’on en a tirées, qu’au contraire tout tend à prouver que la conductibilité croît d’une manière continue jusqu’à la dernière limite du vide que l’on puisse atteindre et par conséquent le vide absolu est bon conducteur de l’électricité. Le passage de l’électricité à travers un gaz raréfié ne dépend pas seulement de
- la conductibilité du gaz, mais il dépend encore dans une mesure considérable de la facilité, plus ou moins grande, avec laquelle l’électricité passe des électrodes métalliques aux gaz ou inversement.
- Il y a une résistance qui se présente au passage de l’électricité de l’électrode à la couche gazeuse en contact avec elle. D’après l’auteur, toutes les expériences montrent que cette résistance croît avec la raréfaction pendant que la résistance du gaz décroît d’une manière continue. Cette idée a déjà été développée par l’auteur antérieurement (*).
- La résistance que l’électricité rencontre au passage des électrodes au gaz ou inversement n’est pas une résistance dans le sens ordinaire du mot, elle provient d’une force électromotrice opposée à celle du courant. Des observations directes, faites par l’auteur, lui ont montré que cette force électromotrice opposée augmentait avec l’épuisement du gaz et par suite la résistance qu’elle oppose au passage de l’électricité croît en même temps. Cette force électromotrice n’est autre que celle dont l’auteur a montré la présence dans l’arc voltaïque et dans l’étincelle électrique (*).
- Comme la question de la conductibilité du vide est importante, non seulement en elle-même, mais encore à cause de son importance pour l’explication de certains phénomènes cosmiques, l’auteur a fait une série de nouvelles expériences qui font l’objet de son travail et que nous allons exposer.
- On sait que l’étincelle d’une bobine de Ruhm-korff ne peut pas traverser l’intervalle même très petit, qui sépare les deux électrodes soudées dans un tube de verre, si l’air du tube est suffisamment raréfié. Mais il suffit de diminuer le degré de raréfaction pour que l’étincelle puisse passer facilement d’une électrode à l’autre. La question est de savoir si c’est la résistance de l’air raréfié qui empêche le gaz de passer, ou bien la résistance qui existe au passage de l’électrode dans l’air.
- L’auteur pense qu’on pourrait résoudre cette question si à l’aide d’une force électromotrice qu ne dépasserait pas celle de la bobine de Ruhni-korff on pouvait produire un courant à l’intérieur du tube sans l’intervention des électrodes. A cet effet il fait les expériences suivantes :
- Première expérience. — Dans un tube de verre de 3oomm de longueur et de i6mm de diamètre extérieur, fermé à l’un de ses bouts, effilé à l’autre, on soude, près du bout fermé, deux électrodes de platine, dont les extrémités, à l’intérieur du tube se trouvent à une distance dé 3mm l’une de l’autre. D’autre part, sur la surface extérieure de la paroi du tube on colle deux bandes annulaires d’étain, entourant complètement le tube et séparées l’une
- (i) Philos, mag., vol. iq, i885; p. 12S.
- (') Annales de Wiedemann, vol. XV, p. 514. (2) Bull. d. Acad., Suède, 1867-1868.
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- de l’autre par un intervalle égal environ au quart de la longueur du tube, le même intervalle sépare la bande voisine des électrodes des extrémités extérieures de ces dernières. L’extrémité effilée du tube est mise en communication avec une pompe à mercure et on peut ainsi faire varier la pression de l’air dans le tube. Les pôles de la bobine de Ruhmkorfï sont mis en communication alternativement avec les électrodes de platine ou avec les bandes d’étain. Dans ce dernier cas le courant ne peut pas traverser le verre, mais les bandes se chargent, pendant l’ouverture ou la fermeture du courant, l’une d’électricité positive et l’autre d’électricité négative, et ces charges disparaissent immédiatement pour faire place à des charges de noms contraires. Ces charges et décharges successives à l’extérieur du tube induisent, dès que la raréfaction est suffisante, des courants à l’intérieur qui se manifestent par une lueur. Les expériences se faisaient dans l’obscurité.
- Voici les résultats de la première expérience :
- Pression dans le tube
- en
- millimètres
- 53i Chaque interruption du courant induit produit
- une étincelle entre les électrodes, mais on n’observe aucune décharge dans le tube entre les feuilles d’étain.
- 355 Même résultat.
- 3i6 Même résultat; les étincelles entre les élec-
- trodes sont plus brillantes.
- 166 \ Aucune décharge entre les feuilles d’étain, > mais les étincelles entre les.électrodes sont
- j très brillantes.
- 1 La lueur entre les feuilles d’étain devient vi-
- sible et l’étincelle entre les électrodes devient encore plus brillante.
- 0,12 La lueur entre les feuilles d’étain est plus intense; tout le tube s’illumine quand le courant passe entre les électrodes.
- 0,017 Approximativement le même résultat.
- 0,004 Le courant passe encore d’une électrode k l’autre, mais avec un éclat d’étincelle plus faible ; lueur intense entre les bandes d’étain.
- o,ooo36 L’étincelle entre les électrodes apparaît rarement, mais la lueur entre les bandes est visible tout le temps et elle est très intense.
- Il résulte de ces expériences que la lueur qui accompagne les charges et les décharges des bandes d’étain, n’apparaît que lorsque la pression de l’air est très faible — au-dessous de imm. La constance de la force électromotrice induite dépend de l’augmentation du pouvoir conducteur de l’air à mesure que sa raréfaction croît, jusqu’à la limite qu’on peut atteindre avec la pompe à mercure. D’autre part, on constate que le courant passe beaucoup plus facilement d’une électrode à l’autre lorsque la pression de l’air est d’une atmosphère,
- que lorsqu’elle n’est que de o“‘“oo4, A cette pression la résistance est déjà assez grande pour affaiblir notablement le courant, mais à une pression encore inférieure à celle de ommooo36, le courant ne passe que rarement, quoique la distance entre les électrodes ne soit que de 3mm. La résistance au passage, sous cette pression, est évidemment supérieure que sous une pression plus forte. L’auteur pense qu’on ne peut expliquer ce fait qu’en admettant l’existence d’un obstacle au passage de l’électricité de l’électrode dans l’air, tandis que la résistance propre de l’air diminue à mesure que sa raréfaction augmente.
- Deuxième expérience. — On se sert du même tube, seulement les bandes d’étain sont plus larges que dans l’expérience précédente. Les résultats sont presque identiques aux précédents.
- Troisième expérience.— L’auteur repioduit les expériences précédentes avec un tube recourbé en anneau. Les deux électrodes de platine sont fixées aux extrémités d’un même diamètre. Le tube porte comme précédemment des bandes d’étain. Quand on le met en communication avec la bobine, l’air étant raréfié, le courant passe d’une électrode à l’autre à travers les deux moitiés du tube, de sorte que tout le tube paraît illuminé. Lorsque la raréfaction est poussée au dernier degré, le courant cesse de passer d’une électrode à l’autre, mais si à ce moment on met les bandes d’étain en communication avec les pôles de la bobine, on voit apparaître la lueur qui accompagne les courants induits dans le tube.
- Quatrième expérience. — On emploie le même tube de verre que dans les deux premières expériences. On y raréfie l’air jusqu’à ce que le courant de la bobine ne puisse plus traverser l’intervalle entre les deux électrodes. On ferme alors le tube hermétiquement, on enlève la pompe et on porte le tube dans le voisinage d’un conducteur faiblement chargé à l’aide d’une machine électrique ordinaire. Si l’on fait exécuter au tube des mouvements de va-et-vient rapides en l’approchant et en l’éloignant du conducteur, on voit apparaître à l’intérieur du tube une lumière intense, mais il reste sombre tant qu’il est au repos ou s’il décrit une circonférence autour du conducteur. Ceci montre clairement que la lumière était produite à l’intérieur du tube par des courants induits. En effet, pendant la rotation du conducteur il n’y a pas de courants induits, par suite il n’y avait pas de lumière. On augmente la pression dans le tube jusqu’à 35omm. Le courant de la bobine produit une étincelle entre les électrodes; mais le déplacement ' du tube par rapport au conducteur ne provoque aucune lueur. Dans cette expérience le tube ne portait pas de bandes d’étain
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- et les extrémités des électrodes à l’extérieur du tube étaient couvertes de matière isolante.
- Des expériences analogues ont été faites avec le tube recourbé en anneau et elles ont donné tes mêmes résultats.
- Cinquième expérience. — Dans un tube, analogue à celui qui a servi dans l’expérience précédente, on raréfie l’air jusqu’à ce que le courant ne puisse plus passer d’une électrode à l’autre. On frotte avec un coussin convenable une moitié du tube, immédiatement le tube s’illumine, l’électricité contenue dans le tube étant mise en mouvement par celle qui est produite à l’extérieur par le frottement. La lueur ne se produit pas si la pression de l’air dans le tube est grande. La même expérience a été répétée avec le tube recourbé en anneau et elle a fourni les mêmes résultats. Il suffisait de frotter le quart de la longueur du tube pour que tout le tube s’illuminât.
- Ces expériences montrent, d’après l’auteur, que l’accroissement de la résistance au passage du courant induit d’une électrode à l’autre, que l’on observe à partir d’une certaine limite de raréfaction, n’est pas dû à l’accroissement de la résistance propre du gaz, mais à l’augmentation de la résistance qui existe au passage de l’électricité de l’électrode dans le gaz. C’est cette dernière résistance qui croît avec le degré de raréfaction et finit par devenir si grande qu’elle s’oppose complètement au passage du courant.
- Il n’y a aucune raison experimentale pour supposer que le vide est isolant. Puisque la conductibilité du gaz croît avec l’épuisement, il est plus naturel d’admettre que le vide absolu est bon conducteur de l’électricité. K.
- Relation entre le coefficient de l’effet Thomson et certaines autres propriétés des métaux, par S. Bidwell p).
- La grandeur et la direction de l’effet Thomson (transport de chaleur par [le courant) dépend d’un coefficient qui est toujours le même pour le même métal, mais varie d’un métal à l’autre. M. Everett, dans son livre « Unités et constantes physiques * donne un tableau des valeurs thermo-électriques d’un certain nombre de métaux prises par rapport au plomb. Ce tableau est basé sur le diagramme thermo-électrique de M. Tait, et les valeurs sont données sous la forme de t -j- p, où (3 est proportionnel à la tangente de l’inclinaison de la ligne, représentant le métal dans le diagramme de Tait, et par suite au coefficient de l'effet Thomson.
- La chaleur modifiant d’une manière si considé-
- rable toutes les propriétés physiques des métaux, l’auteur a pensé qu’il pouvait exister une certaine liaison entre ces propriétés et l’effet Thomson. On trouve d’abord qu’en général, le coefficient de l’effet Thomson est positif pour les métaux ayant une grande résistance spécifique électrique et une grande chaleur spécifique, et il est négatif pour les métaux ayant un grand coefficient de dilatation. L’auteur part de ces faits pour rechercher si le coefficient de l’effet Thomson n’est pas une fonction définie de la résistance électrique spécifique, de la chaleur spécifique et du coefficient de dilatation. L’auteur fait beaucoup d’efforts pour trouver une formule empirique pouvant représenter le coefficient de l’effet Thomson en fonction des grandeurs mentionnées et choisit comme meilleure la formule
- . , , , . , . /coeffic. de dilatA2
- (chai. spécif.) x (résist. specif.) X io6 — I---------- 1
- à laquelle les valeurs de ces coefficients paraissent être proportionnelles.
- Mais cette formule représente très mal le coefficient de l’effet Thomson. Nous détachons du tableau des valeurs numériques des différents coefficients qui ont servi à l’auteur pour calculer sa formule, les coefficients de l’effet Thomson observés pour les différents métaux et les valeurs de ces coefficients calculées avec la formule empirique de l’auteur. Nous y ajoutons encore les nombres obtenus en divisant les nombres calculés par 2400.
- MÉTAUX COEFFICIENT de l’effet Thomson observé NOMBRES fournis par la formule NOMBRES de la colonne précédente divisés par 2400
- N / 5,12 12320 5, i3 <
- Fe 4.87 9918 4. l3
- Pci 3,59 7086 2,g5
- Pi (doux) I. IO 2309 0,96
- — (écroui) 0,75 » »
- Mg- 0,95 1384 0,58
- P b » — 604 — 0,25
- kl — 0.39 1942 0,81
- S n — 0,55 — 868 — 0,36
- C u — 0,95 — 1137 — 0,47
- Au — 1,02 1172 — 0,49
- Ag- —r 1,50 — 2246 — 0,94
- Z u — 2,40 — 2355 — 0,-98
- C d — 4.29 — 4958 — 2,07
- Malgré l’insuccès de sa formule, l’auteur pense cependant que le coefficient de l’effet Thomson, pour un métal donné, dépend surtout, sinon entièrement, de la chaleur spécifique, de la résistance spécifique et du coefficient de dilatation du métal. K.
- (i) Proc., R. S., vol. 37,'> 25.
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- ÔI2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Mesure de la résistance intérieure des piles, par J. Birkner.
- M. J. Birkner (’) propose l’emploi de la méthode suivante pour déterminer la résistance intérieure d’une pile.
- Soient (fig.'i) E la force électromotrice de l’élément, W la résistance intérieure que l’on veut connaître, J l’intensité totale, J3 l’intensité dans le circuit BHFC, dont la résistance, y compris celle du galvanomètre, est égale à G, et enfin J, l’intensité dans le circuit B C, dont la résistance est prise égale à 5-, n étant un nombre entier.
- On a évidemment, si l’on considère le circuit ABGCE
- e=wj + gj2 (i)
- et la position de l’aiguille galvanométrique est déterminée d’après l’intensité J2.
- Si maintenant on rompt le circuit dérivé BC (J,)
- et qu’on ajoute des résistances dans le circuit BHFC, jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre soit revenue à sa position primitive, on aura ramené l’intensité à être J2 dans tout le circuit ; on peut,dans ce cas écrire, en appelant R la résistance additionnelle
- e = wj2 + gj2 + rj2 (2)
- la force électromotrice étant supposée constante. La combinaison des équations (i) et (2) donne
- WJ + GJ2 = WJ2+GJ2+RJ2 (3)
- ou encore
- W = R-j-^r (4)
- J “Ja
- Or, on a, en se reportant à la figure
- et comme la résistance de la dérivation BC est la nènIe partie de celle de BHFC
- G
- h==! = L (6)
- h G n
- d’où finalement
- La résistance de l’élément est donc la nèmc partie de la résistance additionnelle.
- L’auteur fait remarquer que cette méthode n’est qu’un cas particulier de la méthode générale indiquée par W. Thomson. La formule, d’après la méthode de Thomson est, comme l’on sait
- w = s
- R-p
- P + G
- S représentant la résistance du shunt et p la résistance réduite du rhéostat. Il suffit, dans cette formule, de disposer des éléments variables de façon
- n
- à faire p = o et S = - pour retrouver la formule précédente
- W = -n
- M.
- Altération de la résistance électrique des fils métalliques produite par l’enroulement et le déroulement; par James Kopps.
- L’auteur, ayant à faire une bobine de résistance, a été frappé par la différence de résistance que présentait le fil avant et après son enroulement ; cette différence ne paraissait être ni constante ni proportionnelle à la longueur du fil employé et semblait dépendre de la tension avec laquelle le fil avait été enroulé sur la poulie. Certaines bobines accusaient après l’enroulement des changements de résistance très considérables ; le même phénomène se présentait lorsqu’on les déroulait et qu’on les enroulait ensuite avec une moindre tension. Le diamètre de la bobine paraissait aussi avoir une grande influence sur la production de ces changements de résistance. Une grande partie de ces altérations paraissait être temporaire.
- Les différences, comme on a déjà fait remarquer, n’étaient pas constantes; elles n’étaient même pas toujours du même signe; tantôt on observait une augmentation de résistance, tantôt une diminution.
- Des renseignements que l’auteur avait recueillis au sujet du phénomène en question, il résultait que des phénomènes analogues avaient été observés par M. Silvanus Thompson et M. Latimer Clark. Mais le phénomène n’ayant pas été étudié, l’auteur a entrepris une série d’expériences.
- Les fils sont enroulés sur un tambour en ébo-nite, ils sont logés dans les creux d’une hélice tracée sur ce dernier. Ce tambour est fixé au sommet d’un plan incliné sur lequel se meut un chariot L’iine des extrémités du fil soumis à l’essai est fixé au chariot qui sert à tendre le fil.
- En faisant varier la charge du chariot ou l’angle du plan incliné, on peut faire varier la tension
- (i) Zeitschrift fur Eleklrolechnik, 28 février i885.
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- du (il. A l’aide d'un treuil placé au-dessous du tambour on peut faire tourner ce dernier. En le faisant tourner dans un sens, le fil s’enroule et le chariot est amené au sommet du plan. En déroulant le treuil, le chariot descend le plan incliné et déroule le fil. Le fil métallique soumis à l’essai forme l’une des branches d’un pont de Wheatstone ; on mesure sa résistance lorsqu’il est enroulé et ensuite quand il est déroulé. Ces opérations sont répétées plusieurs fois, chacune dure environ 6 minutes.
- Comme une forte tension exercée sur le fil aurait pu modifier sa résistance, le plan était très peu incliné de manière à éviter toute déformation qu’aurait pu produire la traction.
- La température du laboratoire était bien réglée tous les soirs deux heures avant les expériences de telle manière que pendant toute la durée des expériences elle était restée invariable à 1/2 degré près. Les fils de plomb présentent une propriété remarquable : ordinairement l’enroulement produit une diminution de résistance et le déroulement une augmentation ; mais si l’on soumet le même fil à un certain nombre d’enroulements et de déroulements successifs, on constate qu’à partir d’un certain nombre de couples d’opérations l’enroulement et le déroulement provoquent tous les deux un accroissement de résistance. On observe encore une tendance très remarquable à reprendre sa résistance primitive.
- Il est à remarquer qu’en général, quelle que soit la nature du fil, l’enroulement produit un effet moindre que le déroulement. Les effets produits par ces deux opérations sont en général des signes contraires ; quelquefois on remarque un renversement de signes.
- Une augmentation de résistance par déroulement et une diminution par enroulement s’observe avec des fils de plomb, de cuivre, de maillechort, d’aluminium et de magnésium; de même avec des fils de fer doux pendant les premières opérations, après lesquelles les signes changent complètement.
- Une augmentation de résistance est constatée d’une manière presque invariable avec les fils de zinc après un enroulement, de même qu’après un déroulement; seulement l’effet produit par l’enroulement varie de^ à ^de celui du déroulement.
- La différence entre les deux effets de l’enroulement et du déroulement, ou si l’on veut l’amplitude des variations de résistance est le plus grand dans le cas du magnésium et la plus petite avec l’aluminium.
- L’amplitude des différences dans le cas du maillechort écroui n’est pas grande après plusieurs séries d’opérations. S’il est recuit, on constate de grands accroissements de résistance après chaque repos du fil ; mais les résultats des dernières sé-
- ries d'expériences s’approchent d.i ceux du lil écroui, ce qui prouve que le fil s’écrouit par les enroulements et déroulements successifs.
- L’auteur avait mesuré avec beaucoup de soins la longueur des fils avant et après les expériences, et il a tenu compte de ces variations de longueur et de section.
- Après avoir fait ces corrections, il restait encore des changements de résistances qu’on a résumés dans le tableau suivant :
- MÉTAUX VALEURS pour 100 de l'accroissement de la résistance initiale VALEURS pour IOO de la variation totale observée
- Fer Plomb Cuivre Zinc Aluminium Maillechort (recuit) . . Magnésium n° 2. . . . 2,3 0/0 1,27 1,18 —1,42 1,23 —2,16 0,77 — 2,206 0,054 ~ 0,171 1,549 81,64 0/0 2,91 57,58 — 60,7 23,6 — 42,4 4I,i5 — 72,01 11,89 — 21,6
- Si l’on considère les résultats obtenus avec le maillechort recuit, qui ont une importance spéciale, les bobines de résistances étant faites avec ce métal, on trouve que l’augmentation totale est de 0,454 pour cent ; il faut en déduire 4 % provenant de l’accroissement de longueur et la diminution de section ; il ne reste que 0,054 %? ou 11,54 % de la résistance totale observée, comme effet dû aux enroulements et déroulements successifs.
- Les résultats sont très curieux lorsque le fil de maillechort est écroui. Dans ce cas, la longueur du fil diminue, et si l’on fait la correction de longueur, on trouve que la résistance devrait accuser une diminution Je 0,284 %; mais la diminution observée n’a été que de o,o36 %, ou bien de 0,248 °/0 moins que ne l’indique la correction.
- L’auteur cite des données qui lui ont été fournies par une fabrique de câbles de Milan, d’après lesquelles la conductibilité spécifique des conducteurs de cuivre diminue dans certains cas de 1 1/2 pour cent pendant la fabrication. Si ces conducteurs sont mis dans des tubes de plomb, leur résistance diminue quelquefois de 2 %• Ces variations sont en grande partie permanentes.
- L’auteur veut expliquer ces variations de résistance par une déformation due à un effet de torsion. Les différentes manipulations auxquelles les fils sont soumis pendant la fabrication auraient laissé dans les fils une certaine torsion résiduelle, et lorsqu’on les enroule sur les bobines, ce résidu augmente ou diminue, donnant ainsi une variation de résistance.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- PROCÈS
- DE LA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- On nous communique une partie des réponses faites aux dires de la Société générale des téléphones par les défendeurs. Avant de publier ces réponses nous donnons aujourd’hui une copie entière du brevet français d’Édison, afin d’éviter à ceux de nos lecteurs que ce procès intéresse, une démarche onéreuse au dépôt des brevets, l’usage si pratique des spécifications publiées à la manière anglaise ou américaine n’étant pas appelé à être imité prochainement par l’administration routinière que l’Europe est censée nous envier.
- Brevet n® 121687, en date du 19 décembre 1877.
- A M. Edison, pour des perfectionnements aux instruments
- destinés à contrôler par le son la transmission des courants électriques et la reproduction de sons correspondants
- au lointain.
- PI. IV, fïg. 1 à 17.
- Cette invention a rapport à cette classe d’instruments électriques dans lesquels le son devient un des éléments dans la transmission de la communication, et le même son est produit à la station de réception, de sorte que des communications orales peuvent être transmises par l’électricité et clairement reconnues à la station de réception.
- Des notes musicales peuvent également être transmises; mais mon invention actuelle est spécialement propre à transmettre et à recevoir des communications orales.
- Lorsqu’on transmet des notes musicales, les notes respectives ont chacune une période définie pour chaque vibration, d’où il y a une réponse à la station de réception provenant des notes qui vibrent en mesure avec les pulsations transmises; mais quand on parle, il y a peu de changement dans le ton musical, mais beaucoup dans la modulation et inflexion de la voix.
- Suivant ma présente invention, je fais usage des vibrations transmises à un diaphragme ou tympan en parlant dans une caisse résonnante, pour produire une augmentation et une diminution de la tension électrique sur la ligne avec une précision telle, que les pulsations électriques ou ondes représenteront les ondes atmosphériques de son produites par l’articulation, et l’aimant électrique à la station de réception, répondra aux ondes électriques, de manière à reproduire l’articulation en agissant sur une plaque ou diaphragme résonnant.
- Les instruments suivant une forme complète sont représentés dans les fig. 1 et 2.
- Fig. 1, coupe de l’instrument de transmission.
- Fig. 2, coupe de l’instrument de réception.
- L’embouchure ou caisse de résonance a affecte la grandeur et la forme voulues pour qu’on puisse parler dans cet instrument; il est percé sur une face ou côté, et est armé d’tjn ou de plusieurs diaphragmes b, contre lesquels les ondes du son de la voix humaine agissent, et ces ondes et le mouvement que reçoit le diaphragme sont les moyens qui produisent une augmentation et une diminution de la tension électrique sur la ligne par les organes ci-après décrits, de sorte que la batterie B, reliée avec la ligne l, transmettra un courant plus ou moins intense à l’aimant élctrique éloigné m, fig, 2, et augmentera ou diminuera le magnétisme des fers
- doux, et, en ce faisant, agira sur une plaqu^résonnante cet développera un son correspondant à l’articulation faite à la station de transmission.
- Les traits caractéristiques ainsi décrits régnent dans toute mon invention; mais, pour leur mise en pratique, plusieurs modifications utiles et importantes ont été faites, que je décrirai actuellement.
- Pour plus de commodité, l’instrument dans lequel on parle, fig. 1, est pourvu d’uue poignée a' et de conducteurs flexibles allant à la batterie et à la ligne respectivement, de sorte qu’il puisse être manipulé et porté à la bouche, et, de la même manière, il est préférable de placer l’instrument d’audition, fig. 2, dans une poignée amovible b', de façon qu’il puisse être placé, avec la plaque c, contre i’oreille; ceci rapproche le son des organes de l’ouïe, et le contact de la plaque de résonance avec l’oreille augmente la netteté du son et empêche toutes vibrations, fausses ou prolongées, de la plaque.
- Dans quelques-unes des modifications, j’ai représenté l’instrument parlant comme étant fixe et l’instrument d’audition sous forme de tube résonnant fixe; ces dispositions seront variées pour s’accommoder aux personnes ou aux emplacements.
- Le premier trait caractéristique spécial, qui exige une considération séparée, est le tube résonnant pour la voix ; j’ai éprouvé une grande difficulté à produire le son des consonnes à sifflement, telles que le s : ceci parait résulter du fait que le son est défléchi du haut en bas de son émission de la bouche et qu’il n’agit pas distinctement sur le diaphragme.
- En adaptant dans le tube résonnant un rebord au-dessous de l’embouchure sur laquelle ces sons sont reçus, les vibrations sont transmises au tube résonnant ou bien défléchies au diaphragme.
- Je trouve qu’il est préférable de faire usage d’un trou à la partie inférieure de l’embouchure, contre les bords duquel sont dirigées les ondes du son voyageant de haut en bas. Le même effet sera produit en plaçant un rebord de vibration dans la partie inférieure de l’embouchure, ou bien l’ouverture dans la boîte résonnante peut être contractée à environ 12 millimètres de diamètre.
- Le point suivant à considérer est le caractère du diaphragme dans l’instrument parlant. J’ai essayé plusieurs matières, telles que les métaux, la corne, le parchemin, la cellulose, l’ivoire, etc.; mais presque toutes ces matières produisent une vibration prolongée ou secondaire, due à leur nature résonnante, d’où il résulte que l’articulation est défective et que les vibrations du son se confondent.
- Après de longs essais, je trouve que le mica est presque entièrement exempt d’action résonnante : il en résulte qu’il répondra avec la plus grande précision aux vibrations du son ; comme cette matière est de nature laminée, elle peut être employée de toute épaisseur voulue; lorsqu’elle est assujettie par ses bords, elle répond avec la plus grande précision aux vibrations du son et ne demande pas à être tendue; de plus, les changements de température et de conditions atmosphériques n’exercent que peu ou point d’effet nuisible sur le diaphragme ou tympan en mica.
- Je trouve qu’il n’est pas pratique d’ouvrir et de fermer la ligne de circuit dans les instruments servant à transmettre la voix humaine. Le circuit à la ligne doit toujours être fermé et la transmission produite par une augmentation et une diminution de la tension électrique résultant de la résistance plus ou moins grande dans la ligne.
- Cette résistance peut être produite de différentes maniérés : j’en ai indiqué plusieurs qui seront nommées ci-après, mais je trouve que les plus délicates sont des mèches ou disques de fibres élastiques semi-conducteurs, tels que la soie avec matière intermédiaire conductrice ou semi-conductrice. Je donne à cette pièce le nom de régulateur de la tension électrique; il est plus ou moins comprimé, suivant les vibrations du diaphragme ou tympan, et la ten-
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- sion du courant électrique augmente lorsqu’il est comprimé et diminue au fur et à mesure que les libres se dilatent.
- Les filaments sont placés dans un petit galet f, entre le ressort fin du diaphragme u, fig. g, et le comprimeur variable v, ajustable, par une vis ou autrement, dans le circuit électrique en cet endroit; ou bien ils peuvent être placés à l’intérieur d’une cavité dans ledit comprimeur v, comme dans la figure i, où se trouve une pièce centrale délicate w en liège, attachée au diaphragme b par une feuille de platine x en contact avec les filaments,
- Dans toutes les dispositions, le circuit télégraphique à l’endroit du diaphragme est établi par une mince bande de platine ou matière similaire, se projetant au centre et provenant de la liaison avec la ligne ou la batterie.
- Lés filaments sont rendus semi-conducteurs en les frottant avec de la plombagine, un métal doux ou autre matière similaire, ou par un dépôt de métal sur sa surface, ou par des particules de matière conductrice ou partiellement conductrice y mélangée, la force de conduction variant avec la densité de la mèche de fibres.
- Le ressort fin u, fig. 9, sur le diaphragme en mica b, est facilement assujetti par de la soudure introduite dans de petits trous percés dans le mica.
- A la figure 3, le régulateur de tension est fait avec de l’eau ou autre fluide électrolytique semi-conducteur, dans un godet/. Les fils à la batterie sont conduits aux électrodes ou points conducteurs 2 et 3 de ce godet, qui sont vis-à-vis des points 4 et 5, sur le diaphragme b.
- Le godet est ajustable pour varier la distance entre les électrodes, et l’augmentation et la diminution de la tension résultent des distances variantes entre les électrodes mobilisées par les vibrations du diaphragme.
- S’il y a plusieurs électrodes vis-à-vis l’une de l’autre et isolées, sauf à leurs extrémités, et que le circuit soit dirigé de l’une à l’autre, de sorte que le courant passe dans toutes les électrodes successivement, l’augmentation et la diminution de la tension électrique sera favorisée, parce que la plus petite vibration d’une série d’électrodes est multipliée par le nombre de places où le circuit métallique est interrompu ou varié.
- Dans l’instrument de réception ou d’audition, la plaque résonnante c doit consister en du fer étamé portant sur les bords de la caisse, et l’aimant doit être ajustable en l’en approchant ou l’écartant, et être monté d’une manière libre par des languettes fendues.
- Cette plaque répondra aux pulsations électriques par l’attraction des fers doux aimantés, et le son qui en résulte sera sensible à l’ouïe quand la plaque sera placée en proximité de ou contre l’oreille.
- Si la plaque est écartée de l’aimant par un ressort léger ou par l’effet de son propre poids, l’instrument peut être employé pour appeler en faisant usagé d’une clef ou aiguille à la station de transmission pour ouvrir et fermer le circuit et ainsi mobiliser la plaque pour produire un son élevé.
- Dans certains cas, je fais usage d’une résistance variable résultant d’une intimité plus ou moins grande de la surface de contact, comme cela résulterait d’un disque recouvert de plombagine ou autre matière semi-conducteur, de sorte que la proximité ou étendue de la surface en contact produira l’augmentation et la diminution de la tension, les organes respectifs étant en circuit télégraphique.
- Je fais également usage quelquefois d’un circuit d’évitement dans la ligne ou d’un circuit d’embranchement à la terre, dans lequel est placé un électro-aimant pour neutraliser toute charge ou décharge statique dans la ligne; je perfore quelquefois le diaphragme et je place une bande de matière élastique en travers dudit diaphragme, sur le trou, et sur cette matière je place une feuille métallique, de sorte qu’elle répond à des vibrations très faibles ; dans certains cas, deux ou un plus grand nombre de diaphragmes sont établis sur des parois différentes de la boîte résonnante,
- chacun avec son régulateur de tension, ces diaphragmes ayant tous les mêmes grandeurs, caractères ou tensions, ou bien des grandeurs, caractères ou tensions différents, de manière à répondre aux sons ou conditions acoustiques variants.
- Les différents régulateurs de tension étant dans le circuit électrique, ceci produira une plus grande augmentation et diminution de tension pour les longues lignes, vu que les diaphragmes agissent simultanément sur les régulateurs de tension.
- Dans certains cas, il est préférable de donner à l’embouchure de l’instrument parlant une grandeur ou évasement suffisant pour recevoir toutes les vibrations sonores, qu’elles proviennent de la bouche, du nez ou de la gorge.
- On peut faire usage de plusieurs pointes de contact en platine contiguës au diaphragme, qui agissent pour augmenter ou diminuer la surface de contact, suivant l’amplitude de vibration du diaphragme, et unè goutte de liquide, telle que de l’huile ou de la glycérine, entre le point de contact et le diaphragme servira à maintenir un circuit fermé; mais le mouvement du diaphragme produit l’augmentation et la diminution de tension.
- Le régulateur de tension, confectionné de fibres et de matières conductrices ou semi-conductrices, peut-être sec ou humecté avec un liquide.
- Je puis enregistrer les sons produits par la voix humaine, ou autrement, en enregistrant les mouvements du diaphragme sur du papier, et alors le papier peut être employé dans un instrument pour reproduire les sons sur un diaphragme délicat en lui imprimant une vibration semblable à celle donnée en premier lieu par la voix.
- h, figure 4, transmetteur à dépressions, le diaphragme ayant une pointe à lame de couteau.
- i’, papier qui a été en premier lieu passé dans une machine pour y produire ou élever une surélévation en forme de V, 6.
- Le mouvement du diaphragme de h, lorsque le tambour se meut, déprime la pointe à lame de couteau l' et produit la surélévation à des profondeurs différentes, suivant l’amplitude de vibration du diaphragme.
- Ainsi ces dépressions représentent avec précision tous les tons et inflexions variants de la voix humaine ; après y avoir formé ces dépressions, le papier est passé dans un second appareil n, figure 5, presque semblable à h.
- Un ressort q a un rebord en lame de couteau qui porte sur le rebord surélevé 6, le ressort étant relié à un diaphragme délicat 10 par une ficelle ou paille.
- Le pli surélevé reproduit dans le ressort q le mouvement de la pointe à dépression, et, soit par action directe, soit par les Vibrations d’une ficelle, conduit le même mouvement au diaphragme de h et reproduit les premiers sons ; si ces sons doivent être transmis sur une ligne télégraphique, le diaphragme 10, figure 6, est pourvu du disque en liège w et du régulateur filamenteux de tension t susdécrit, pour produire l’augmentation et la diminution de la tension électrique sur la ligne.
- Les sons peuvent être enregistrés à l’encre, comme cela est représenté figure 7. Le diaphragme de h actionne une plume alimentaire automatique très flexible o' et produit une ligne large ou étroite, suivant l’amplitude de vibration du diaphragme.
- L’encre ou le fluide employé doit sécher rapidement, et la bande peut être passée, à un moment quelconque après, dans l’instrument indiqué à la figure 8, au-dessous du bras 12, ayant une ou des pointes portant iur le papier.
- Ce bras est relié avec un diaphragme résonnant, et les marques faites par l’encre produisent plus ou moins de frottement^ suivant la largeur et la quantité d’encre déposée, et ceci fera vibrer le diaphragme de n et reproduira les vibrations du diaphragme de h.
- Une modification évidente serait de revêtir le papier d’une substance qui engendrerait beaucoup de frottement
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- ou même on pourrait faire usage de papier rugueux non collé, et une ficelle, armée d’une pointe polie assez plate, polirait la surface du papier plus ou moins, suivant la vibration du diaphragme, et les différences dans la surface du papier produiraient une réponse dans le diaphragme récepteur. .
- Je dispose quelquefois la batterie par rapport avec l’instrument transmetteur, comme cela est indiqué à la figure io.
- A, chambre de résonnance, à l’extrémité de laquelle se trouve le diaphragme 10, et, à chaque côté de ce diaphragme, il y a des ressorts c2, c3, armés de pointes en plombagine comprimée, préférablement mélangée avec du caoutchouc; mais ou peut faire usage d’une substance quelconque, qui n’est pas sujette à une décomposition rapide, ou bien on peut faire usage du régulateur susmentionné de tension à filaments élastiques.
- Ces pointes se font face l’une à l’autre sur des côtés opposés du diaphragme et lont contact avec la feuille de platine sous forme de disque attachée au diaphragme.
- Le ressort c' passe dans un trou ou petite fente pratiquée dans la paroi de la chambre A.
- rf2, d3, batteries principales. .
- La batterie <f* a du zinc à la ligne ou le ressort c3; lorsque es ressorts c2, c3, sont ajustés pour faire contact avec le diaphragme également, aucun courant ne passe à la ligne; mais quand le diaphragme est mis en vibration, son mouvement sur un côté, soit c2, produit une plus grande pression sur la plombagine de ce ressort et une diminution de la pression sur la plombagine en cs, d’où l’équilibre des batteries c2, c3, sera détruit.
- c3, ayant l’avantage, enverra un courant négatif à la ligne ; ors du retour du diaphragme, les courants des batteries se neutraliseront de nouveau. La vibration du diaphragme sur l’autre côté renverse la pression, et la batterie a3 transmettra un courant positif à la ligne.
- Comme la tension du régulateur, consistant en fibres ou en plombagine, augmente sa résistance énormément sous l’effet de légers changements de pression, il s’ensuit que la force des ondes électriques sera en proportion suivant que la voix de la personne qui parle est forte ou faible.
- Figure u, ressort de contact, qui peut être adapté adjacent au diaphragme sur un ou deux côtés de cet organe.
- e3, ressort en forme de U, attaché à la vis e'», qui est ajusté en avant et en arrière par l’écrou e8.
- . e6, pilier qui tient cette vis.
- r, pièce de caoutchouc souple ou une substance équivalente placée entre les bras du ressort e3.
- e", fil métallique ou bande qui sert à lier les bras solidement contre le caoutchouc r, de manière à empêcher que les bras agissent comme un diapason qui transmettrait des vibrations harmonieuses dont on n’a que faire.
- r2, pointe de contact en plombagine.
- Le but du ressort en forme .de U et du caoutchouc est de présenter une pointe pour contact semi-rigide, de manière à empêcher un rebord et permettre un léger fléchissement quand la plombagine est comprimée par le diaphragme.
- A la figure 3, le diaphragme de l’instrument récepteur est vibré par une bande de. papier préparé chimiquement, qui est en mouvement, les pulsations de l’électricité passant sur la ligne et produisant plus ou moins de frottement entre e papier et un bras sur le diaphragme.
- La boîte résonnante ou chambre n est armée d’un diaphragme, comme il a été dit, et un bras A2 est relié à ce diaphragme; à son extrémité externe, il y a une vis d’ajustement A3 qui presse sur un ressort de platine A4 qui est attaché à ce bras, et ce ressort porte sur la bande de papier qui passe sur le tambour A8.
- Le papier est mobilisé lentement en tournant le tambour A8 et les ondes d’électricité, venant sur la ligne, passen.
- dans le bras A2 au ressort A* à face de platine; de là, par le papier à la terre.
- Si un courant négatif passe dans la direction opposée, toute friction entre la plaque de platine et le papier cesse presque immédiatement, et le diaphragme de la boîte résonnante n reprend sa position normale.
- Quand le courant positif passe dans la même direction, le frottement normal du papier est augmenté et la surface chimique, agissant sur le bras à ressort de platine, sert à donner un mouvement d’avance au diaphragme de la boîte résonnante : ainsi la force mécanique, appliquée pour faire mouvoir le papier ou surface chimique, agit avec le courant électrique pour produire la vibration du diaphragme de la boîte résonnante, et ces vibrations correspondront avec celles du diaphragme b, produites en parlant dans le tube a.
- Le principe de cette méthode d’obtenir un mouvement par la décomposition électrochimique est que,, lorsqu’une surface en mouvement est en contact avec une substance qui fléchit légèrement, il y a tendance à mouvoir cette dernière par et avec la première.
- Si les circonstances du contact sont variées, l’adhésion des surfaces sera suffisante pour que la surface en mouvement fasse mouvoir la surface susceptible de fléchir, ou bien de faire glisser plus librement la surface à flexion, et, par l’effet de son ressort, la faire voyager dans le sens opposé à celui de la surface en mouvement.
- Le passage de l’électricité à la surface en contact changera l’adhésion de frottement, l’augmentant plus ou moins, suivant les substances employées.
- En équilibrant les forces mécaniques de sorte que, quand les surfaces en contact ne sont pas électrifiées, la surface en mouvement entraîne la surface à flexion et que, quand elle est électrifiée, la surface à flexion glisse en arrière par-dessus la surface en mouvement ou vice versa, un mouvement mécanique est obtenu qui dépend de la condition électrique des surfaces en contact.
- Lorsqu’il est nécessaire d’obtenir une articulation très parfaite, et quand nn ton très élevé n’est pas essentiel, je fais usage d’une modification indiquée fig. 12 de la disposition pour comprimer et dilater la mèche de fibres conduc-teurs, laquelle modification consiste à placer entre le diaphragme 10 et les fibres b une languette vibrante 21 en acier aimanté d’une manière permanente, et à la disposer pour agir de la même manière sur le régulateur de tension l, comme si elle était le diaphragme.
- Je remplace le liège sur le diaphragme par une mince armature de fer 22, qui est à proximité très rapprochée de la languette aimantée, laquelle languette est assujettie à une extrémité comme un tube acoustique.
- En cette position, le'diaphragme peut se mouvoir librement, et son rapprochement et écartement de la languette aimantée contraint ladite languette de suivre ses mouvements par l’attraction magnétique, et ainsi la languette est contrainte de faire ce que le diaphragme faisait préalablement en variant la tension de l’électricité sur la ligne.
- Une modification de l’instrument magnétique de réception consiste en une plaque de fer munie de l’ouverture d’un tube résonnant et assujettie par un support central, laissant sa circonférence externe libre pour vibrer quand le métal est attiré par les pôles de l’électro-aimant, lesquels se présentent, bien entendu, sur chaque côté de son centre; mais il est préférable de placer le support légèrement en dehors du centre, parce que quelques portions de la plaque seront alors en ton pour chaque son.
- Une plaque soutenue excentriquement, et libre sur ses bords quand elle est placée dans le porte-voix, répond avantageusement aux tons de la voix; le circuit avec cette plaque est complété par un ou plusieurs régulateurs de tension placés autour de ses bords.
- J’ai découvert que la vulcanite ou caoutchouc durci produit des ondes de froid et de chaleur sur sa surface par l’effet du plus petit mouvement; dans certains cas, j’en fais
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- P AK M. EDISON
- Fiff. 1
- Fig. 2
- Fin. H.
- Fig. 20
- (»
- X&
- Fig. 3.
- Fig. 21.
- Fi9. 22,
- Fig. 1ff.
- Fig. 27.
- Fig 7
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- usage comme diaphragme de la caisse résonnante i, fig. i3; je place une pile thermo-électrique h* eh très gfande proximité de ce caoutchouc, de sorte que la vibration du diaphragme 10, qui produit les changements de température, établira des courants d’électricité dans la pile, et ceux-ci, passant sur la ligne / et actionnant un électro-aimant très délicat et un diaphragme, reproduiront les sons qui agissent sur le diaphragme de caoutchouc.
- En pratique, je combine avec l’appareil parlant ou téléphonique des timbres avertisseurs, de telle manière que si le téléphone n’est pas employé, la ligne est reportée sur le timbre par un commutateur qui agit également sur les timbres comme un avertissement.
- Je fais remarquer, en ce qui regarde ces timbres, que l’aimant qui actionne le timbre est fait avec une très grande résistance en faisant usage de fil en melchior dans la bobine, et ainsi empêche une consommation trop rapide de puissance.
- On peut actionner un très grand nombre de fils téléphoniques avec une seule batterie quand on fait usage de ces timbres.
- La méthode que j’emploie pour revêtir des substances non conductrices avec des substances métalliques est la réduction à l’état métallique de métal de leurs sels, en les exposant aux vapeurs provenant d’un phosphure humide d’un métal tel que le phosphure de calcium ou en plaçant la soie, par exemple, dans un tube scellé pourvu d’électrodes métalliques, et en volatilisant les électrodes par le passage d’étincelles électriques; ces métaux volatilisés se déposent sur la soie et la recouvrent.
- Quand un son très élevé est demandé, comme dans des ateliers, le tympan de l’instrument récepteur peut être établi pour contrôler une soupape atmosphérique d’un réservoir dans lequel de l’air est emmagasiné sous une pression réglée ; l’air qu’on laissera échapper agira avec une grande force sur un diaphragme local.
- Ce diaphragme, pour en obtenir des sons clairs, doit être pourvu d’un registre pour amortir les vibrations prolongées; il peut être étouffé par le contact des doigts ou par une corde légèrement tendue en travers du diaphragme, ou par une vis pourvue d’une pointe de caoutchouc qui appuie dessus.
- Pour répéter d’un circuit dans un autre, je fais usage, avec le diaphragme récepteur, d’un régulateur élastique à tension (fig. t), en sus de l’électro-aimant, et je relie le relais ou le second circuit avec ce régulateur, de sorte que des ondes reçues de la station éloignée contraignent l’aimant de faire vibrer le diaphragme, et ceci, actionnant le régulateur à tension, transmet les ondes dans le second circuit, et elles sont reçues à l’autre extrémité par un électro-aimant et un diaphragme.
- Dans certains cas, j’enregistre les sons par les mouvements du diaphragme, faisant usage, à cet effet, d’une bande de papier avancée régulièrement entre deux rouleaux 25 et 2b, comme dans les figures 14 et i5, et il y a un fil lisse ou un fil de métal doux et fin, 3o, entre le papier et le rouleau supérieur 25, et qui se meut avec ce dernier.
- Le diaphragme 10 de la boîte résonnante h est relié par une tige délicate 28 avec ce fil textile ou métallique, aussi près du contact des deux rouleaux que possible, une fourche ou œil étant établi pour le passage du fil, d’ou il résulte que des déflexions ou plis sont faits dans le fil textile où métallique juste avant qu’il soit encastré dans le papier par la pression des rouleaux; ceci peut être employé pour reproduire les sons en faisant vibrer un diaphragme résonnant par les ondulations de la gorge faites par le fil ou corde.
- En plaçant le régulateur filamenteux à tension daus une petite bande de caoutchouc, il est rendu plus élastique, et les fibres peuvent se dilater sous l’action de la chaleur du courant sans changer la tension électrique.
- Dans les cas où l’on introduit une bande de caoutchouc durci on une corde de soie, ou autre matière, revêtue de plombagine ou d’une feuille métallique entre le diaphragme et un support rigide, la dilatation et la contraction dues au passage des courants électriques produiront un mouvement sur le diaphragme correspondant au diaphragme produisant les pulsations électriques.
- Dans certains cas, le diaphragme doit pouvoir vibrer sans être amorti par le contact d’une substance stationnaire quelconque; à cette fin, je place sur le diaphragme ou tympan 10 (fig. 17), un petit cylindre /7 en caoutchouc durci ou matière non conductrice, à l’intérieur duquel se trouve le régulateur fibreux de tension /, portant sur une lamelle de platine reliée à un pôle de la batterie, et à l’intérieur de ce cylindre t1 il y a un disque J10 en fer ou autre métal affolé, mais poussé vers le régulateur à tension par un ressort /8 et un chapeau vissé /9, et l’autre conducteur électrique est relié avec ledit ressort.
- L’inertie du disque de métal produit plus ou moins de compression du régulateur de tension pendant la vibration du diaphragme, d'où il résulte que les pulsations électriques sont transmises sur la ligne en harmonie avec les vibrations; on produit presque le même effet en reliant le disque tiQ à un ressort de flexion Z11, qui se projette en travers du diaphragme d’un rebord à l’autre, comme cela se voit figure ib.
- Cette construction d’un organe à régler la tension convient spécialement aux grands diaphragmes; dans certains cas. je fais usage d’un diaphragme de caoutchouc souple immédiatement en contact avec le diaphragme transmetteur ou récepteur, de manière à empêcher toute vibration prolongée ou fausse et rendre le son plus clair et exempt de tons prolongés.
- Je revendique :
- i° Dans un instrument servant à transmettre les impulsions électriques par le son, un diaphragme ou tympan de mica;
- 2° Dans un instrument servant à transmettre les impulsions électriques par le son, la combinaison, avec un diaphragme ou tympan, d’un régulateur de tension électrique pour varier la résistance dans un circuit fermé;
- 3° La combinaison, dans un instrument électrique actionné par le son d’un diaphragme ou tympan, d’un conducteur et d’un régulateur de tension électrique composé de fibres élastiques et d’une matière conductrice de l’électricité;
- 4° La combinaison,' avec le diaphragme et le conducteur électrique, d’un disque en liège et d’un régulateur de tension ;
- 5° Dafis un télégraphe actionné par le son, la transmission et la reproduction de la voix humaine, en augmentant et diminuant la résistance du circuit;
- 6° La combinaison,* avec un diaphragme ou tympan, de fluide électrolytique et d’électrodes, les derniers étant appelés à vibrer par le diaphragme et variant la résistance dans le circuit électrique;
- 70 Dans un instrument pour transmettre les sons par l’électricité, une caisse résonnante ayant une ouverture ou bord contre lequel les sons sympathiques ou cousonnants agissent;
- 8° L,a combinaison, avec le diaphragme ou tympan et le régulateur de tension électrique, d’une vis à ajustement ou comprimeur, variable pour régler la résistance du régulateur de tension dans le circuit électrique ;
- 90 La combinaison avec le diaphragme, dans un instrument à télégraphie parlant, d’une surface mouvante et d'un mécanisme à enregistrement actionnés par le diaphragme ou tympan ;
- io° La combinaison, avec un diaphragme ou tympan récepteur dans un télégraphe actionné par le son, d’une surface mouvante, d’une pointe ou plume et d’une liaison de cette dernière au diaphragme;
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- ii° La combinaison, dans un instrument pour recevoir les sons électriquement* d'un électro-aimant et d'une p'aque d'armature ;
- 12° La combinaison, dans le circuit électrique, de deux ou un plus grand nombre de tympans, d’une boîte résonnante et d'un ou plusieurs organes servant à clore le circuit pour chaque tympan;
- . 113° La combinaison, avec le diaphragme, d'une caisse résonnante, d'organes établissant le circuit des deux côtés du diaphragme et d'une batterie ;
- 140 Dans un instrument télégraphique actionné par le son, une boîte ou caisse résonnante, un diaphragme et des organes flexibles pour établir le circuit, d'où il résulte que l'instrument est rendu portable et peut être porté à la bouche lorsqu'on parle ;
- i5° Dans un instrument télégraphique actionné par le son, un électro-aimant et une plaque résonnante ou diaphragme pourvu d’une poignée et de conducteurs flexibles;
- 160 L'instrument récepteur, consistant en un électro-aimant, une caisse et une plaque métallique affolée, disposé et actionné comme il a été décrit pour annoncer ou pour recevoir le message;
- 170 Dans un appareil télégraphique actionné par le son, une ou plusieurs pointes de contact en matière susceptible de fléchir, qui produisent une augmentation et une diminution de la tension proportionnelle à la pression exercée par le diaphragme;
- 180 Dans un appareil télégraphique actionné par le son. un instrument récepteur pourvu d'uue surface résonnante, conjointement avec une surface à frottement mobilisée par une force motrice et agissant conjointement avec le courant électrique pour vibrer ce récepteur résonnant et produire des tçns correspondants à ceux produits à l'appareil trans» metteur;
- 19° La combinaison, avec une pile thermo-électrique, d'un diaphragme en vulcanite ou caoutchouc durci;
- 26° La méthode spécifiée pour inscrire les ondulations du diaphragme ou matière susceptible de fléchir, et la reproduction des sons par l'action de cette matière sur un diaphragme pour communiquer à cette pièce des vibrations semblables aux vibrations originales;
- 2i° La combinaison, avec le diaphragme et le régulateur de tension, d'une languette aimantée et d'une plaque de fer sur le diaphragme ;
- 220 Conjointement avec le diaphragme actionné par le son, un électro-aimant, une valve et une chambre contenant de l'air ou des gaz comprimés pour reproduire les sons sur un ton plus élevé;
- 23° La méthode ci-dessus spécifiée pour préparer les fibres pour les régulateurs de tension électrique à l'aide de matières conductrices ou semi-conductrices associées intimement avec ces fibres;
- 24e Dans un instrument pour recevoir télégraphiquement les sons, une plaque affolée à ses rebords et soutenue sur un pilier ou montant.
- Certificat en date du i5 janvier 1878.
- PI. IV, fig. 18 à 29.
- Pour la préparation du régulateur de tension, je trouve que, dans certains cas, il est préférable de faire usage de noir de fumée mélangé avec de la plombagine amorphe pure et une très petite quantité de matière non conductrice, telle que du caoutchouc, dissous dans un dissolvant qui s'évapo-risera entièrement
- A la figure 18, j'ai représenté le diaphragme 10 comme étant perforé, une bande de matière élastique 40 étant placée en travers du diaphragme et des trous y percés; sur cette matière élastique il y a une pièce de métal très mince : ceci répondra à de très faibles vibrations.
- A la figure 19, j'ai représenté le circuit comme passant
- dans les diaphragmes 10, les régulateurs de tension / et une batterie sèche Duluc D P B à la terre.
- Cette batterie est composée d'environ trois cents paires de disques en papier, revêtus d'argent et d'oxyde noir de manganèse.
- Figure 20, disposition mentionnée dans le brevet pour intensifier le son.
- 10, diaphragme mis en vibration par le son.
- 42, valve commandée par ce diaphragme.
- 43, réservoir contenant de l'air sous une pression donnée.
- b, diaphragme contre lequel vient agir l'air qu'on laisse
- échapper de la valve.
- /, régulateur de tension pour transmettre les pulsations électriques, ou bien une caisse acoustique résonnante peut être adaptée dans ce même emplacement.
- Plusieurs faits curieux et utiles ont été développés, par mes recherches de longue durée, dans la transmission et la reproduction du son, parmi lesquels on peut mentionne!* qu'un diaphragme de cuivre ou de mica, ou autre matière flexible contenant du cuivre, agira avec le fer doux d'un électro-aimant polarisé pour transmettre ou pour recevoir.
- Si un diaphragme, armé d'un bouton métallique, se trouve à proximité suffisante du fer doux d'un aimant permanent, figure 21, pour que les vibrations du diaphragme produites par le son fassent frapper le bouton contre le fer doux, une pulsation électrique correspondante sera engendrée dans une bobine établie autour de l'aimant, et ces pulsations agiront dans un aimant électrique à l'instrument éloigné par l’effet du dérangement moléculaire.
- Si le diaphragme 10 est armé à son centre d'un tube mince, comme on le voit figure 5, et que ce tube se projette dans une bobine établie autour d'un des pôles d'un aimant 48, le courant engendré dans la bobine par la vibration du diaphragme et du tube sera beaucoup plus grand que celu lésultant d'une armature plate sur le diaphragme ou du diaphragme lui-même.
- L'aimant 48 peut être polarisé par une bobine, un circuit local et une batterie.
- Si un des pôles de l'aimant permanent figure 23, est relié avec la plaque c de sorte que cette dernière soit polarisée par induction, le courant engendré dans la bobine autour d'un des pôles dudit aimant est intensifié.
- Dans ce cas, je pratique une gorge ou entaille dans l'extrémité du pôle à bobine et j'insère dans cette entaille un petit morceau de caoutchouc souple ou de tube qui sert à amortir les vibrations du diaphragme et empêche qu'il ne se produise des vibrations fausses ou harmoniques lorsqu'on parle.
- La figure 24 représente le diaphragme 10, le régulateur de tension t avec sa vis d'ajustement et le circuit local contenant la batterie B passant dans une bobine à induction primaire 49, et il y a une clef 5o dans le même circuit.
- Une bobine à induction secondaire 5i est dans la ligne du circuit, et elle est influencée électriquement par le changement de tension dans le circuit local produit par les vibrations du diaphragme 10.
- La bobine secondaire doit se faire quelquefois avec plusieurs couches de fil métallique fin pour engendrer un courant d’une haute tension, afin de surmonter l'effet inductif venant des fils de la ligne adjacents l'un à l'autre.
- Je place l’instrument récepteur à la station éloignée entre la bobine d’induction et la terre comme en R, et je fais usage d'un éleca'o-aimant EM avec armature polarisée pour frapper un timbre ; ceci répondra lorsque la clef 5o, dans le circuit local à la station éloignée, est ouverte ou fermée.
- Figure 25, une bobine similaire à induction 49 et un circuit local sont représentés; mais le régulateur de tension est confectionné avec une feuille de platine très mince sur la surface de deux tubes de caoutchouc souple, dont J'un sur le diaphragme et l'autre sur la vis d'ajustement ; un évitement et un rhéostat en R' servent à prolonger le magnétisme dans la bobine d'induction, et ainsi à assurer une
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- augmentation et une diminution graduelles de la tension électrique dans la ligne, au lieu d’une cessation de ces effets lorsque les surfaces de platine s’éloignent, et au diaphragme récepteur c l’augmentation et la diminution de la tension, électrique, dans la ligne et sa bobine, actionnent l’aimant permanent pour produire les vibrations du diaphragme c, et en reliant un évitement autour de la bobine et en y établissant la batterie secondaire S B, composée de plaques métalliques dans de l’eau acidulée, l’action est rendue plus informe et le son plus distinct.
- Lorsque le diaphragme est disposé, comme figure 9, pour actionner un ressort 56 par l’intervention d’une pièce de caoutchouc souple, ledit ressort 56 produit une augmentation et une diminution de la tension électrique; en employant une rangée de résistances 57 à languettes à ressort adjacentes à 56, plus les vibrations du diaphragme seront amples, plus les connexions du circuit électrique seront directes, et moins il y aura de résistance, parce que le circuit passera le long du ressort au lieu de passer dans toutes les bobines à résistance.
- Lorsqu’il se trouve un disque résineux ou électrophore 58 immédiatement en face de chaque diaphragme 10, Comme figure 10, et que les connexions de la ligne sont faites au diaphragme et qué les connexions de la terre sont faites à ces disques électrophores 58, le diaphragme répond à l’un et à l’autre, soit en parlant, soit en écoutant
- Lorsque plusieurs fils de ligne sont à proximité l’un de Fautre, le fil employé pour le télégraphe acoustique ou parlant est influencé par induction, et des sons faux sont produits.
- Je surmonte cette tendance en plaçant un ou plusieurs électro-aimants 60 dans le circuit des lignes adjacentes et en amenant les fers doux opposés de 60 à une distance telle de 5q, qu’une certaine action magnétique sera engendrée dans 5g par induction dans le sens opposé aux courants inductifs de la ou des lignes adjacentes.
- En ajustant la distance entre ces aimants, quand le télégraphe parlant n’est pas employé jusqu’à ce qu’il n’y ait pas de son au diaphragme résultant des courants d’induction; alors ces courants sont neutralisés, qu’ils soient forts ou faibles, et ne produisent pas de sons faux- quand on fait usage du télégraphe parlant.
- Je fais également usage de doubles bobines de fil métallique dans le même but, dont une dans le fil acoustique et l’autre dans le fil devant être compensé.
- Figure 29, disposition commode pour l’enregistreur du son ou phonographe, consistant en un cylindre 61, autour duquel est creusée une entaille spirale recouverte d’une feuille d’étain très mince.
- Ce cylindre est tourné régulièrement par un mouvement d’horlogerie, et, en même temps, mobilisé dans le sens de sa longueur à l'aide d’un pas de vis taillé sur son arbre, de sorte que la pointe l, produisant des dépressions et actionnée par le diaphragme 10 de A, sera toujours en ligne avec cette entaille ou gorge, d’où il résulte que les vibrations de ce diaphragme seront inscrites ou enregistrées sous forme de dépressions faites dans la feuille métallique recouvrant l’entaille, et que les mêmes sons seront reproduits par la pointe /2 de l’instrument 11, où on les écoute donnant au diaphragme n les mouvements qui résultent des dépressions de la feuille métallique se mouvant en contact avec cette feuille. Rien n’empêche de faire usage, dans le même but, d’une feuille plate adaptée sur une plaque plate.
- Je revendique :
- i° La combinaison avec le diaphragme transmetteur et le diaphragme récepteur de la pile sèche, figure 19;
- 2° La combinaison, dans un instrument téléphonique, d’un diaphragme de fer et d’un aimant dont une extrémité est attachée à l’aimant ;
- 3° La combinaison, avec le circuit électrique et un diaphragme, d’une bobine d’induction et d’un aimant ;
- 4° La combinaison, avec la bobine d’induction diaphragme
- et de circuit local, d’une clef dans ledit cirauit et d’un timbre ou sonnerie à la station éloignée;
- 5° La combinaison, avec un diaphragme, de rhéostats ou résistances dans la ligne ou circuit local, et de moyens de diminuer ces résistances proportionnellement au mouvement du diaphragme ;
- 6° La combinaison, avec un circuit électrique contenant des instruments servant à reproduire les sons, d’un ou de plusieurs électro-aimants et d’un ou de plusieurs aimants compensateurs pour neutraliser l’efTet inductif des fils télégraphiques adjacents.
- CORRESPONDANCE
- Francfort-sur-le-Mcin, 20 mars i885.
- Monsieur le Directeur,
- Le dernier numéro de La Lumière Electrique contient une courte note critiquant la constructiou de la machine dynamo-électrique exposée à Philadelphie par la Bernstein Electric Light Manufacturing C° 0/ Boston.
- Comme cette machine a été construite d’après mes plans, je vous demanderai la permission d’expliquer à vos lecteurs les points qui justifient sa construction.
- Il n’y a rien de particulièrement nouveau dans la construc-
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- tion de l’armature annulaire, qui n’est pas seulement employée par Schuckert, mais encore par JIrush et un grand nombre d’autres constructeurs de machines.
- Mais cette armature n’est pas placée « dans de mauvaises conditions », ainsi que le dit votre collaborateur; elle est au contraire disposée dans un champ magnétique parfaitement convenable au fonctionnement de la machine, et c’est ce que je vais expliquer.
- Il est reconnu par tous ceux qui soqÇ familiers avec le le fonctionnement des dynamos qu’il est utile de concentrer le magnétisme autant que possible sur deux points opposés de l’armature, en le faisant décroître graduellement des deux côtés. Cette disposition du champ produit un rendement élevé et empêche les étincelles aux balais.
- Maintenant dans la disposition ordinaire des inducteurs avec de longues pièces polaires (fig. 1), le champ a son intensité maximum aux extrémités des pièces polaires en a et b et est presque uniforme entre elles. Mais dans l’arrangement que j’emploie, le champ se présente sous l’aspect de la figure 2 ; il est très intense au milieu des pièces polaires et décroît graduellement vers leurs extrémités. Je maintiens que cette disposition est meilleure que l’ancienne et, outre les avantages mentionnés, elle présepte encore celui-ci, fort important dans la pratique, que lorsque l’intensité du courant varie, les balais n’ont pas besoin d’être déplacés.
- A côté de la disposition électrique, la solidité mécanique est un point très important. En particulier, l’armature doit pouvoir tourner sans que l’axe vibre aucunement. La disposition des aimants dans ma machine permet de faire l’axe
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- de l'armature beaucoup plus court que dans les autres machines à anneau et les inducteurs inférieurs ont été faits plus courts que les supérieurs pour permettre d’approcher les paliers de la base de la machine.
- Je demanderai la permission de profiter de cette occasion pour faire une remarque relative à ma lampe que vous avez eu l’obligeance de mentionner dans votre rapport sur l’Exposition de .Vienne,
- La lampe à charbon creux exposée à Vienne était alors complètement nouvelle, et comme il était plus facile de faire des tubes de grand diamètre, les premières lampes ont été faites pour une grande puissance lumineuse et un courant intense. Mais on semble croire maintenant que les lampes de ce système ne peuvent être construites que pour des courants intenses. 11 n’en est rien, nous avons fait de petits tubes du même genre et nous fournissons des lampes de ce type consommant de 5 ampères à 0,7 ampère, les premières étant surtout employées pour l’éclairage des rues.
- Veuillez agréer, etc.
- Alex. Bernstein.
- Nous répondrons quelques mots à cette lettre de M. Bernstein.
- D’abord elle nous montre que nous avons eu raison de dire que l’anneau de sa machine était du type désigné communément sous Je nom d’anneau Schuckert; lui, au contraire, va trop loin en disant que cette forme d’anneau a été aussi employée par Brush : l’armature Brush n’a de commun que la forme avec l’anneau Gramme-Schuckert; elle en diffère complètement en principe.
- En second lieu, nous n’avons pas dit que dans la machine Bernstein « l’armature était placée dans de mauvaises conditions », et nous n’avons pas critiqué la disposition des pièces polaires; les travaux de MM. Silvânus Thompson et Mordey ont montré en effet que dans les machines à anneau plat les pièces polaires doivent être courtes, et la disposition adoptée par M. Bernstein s’accorde parfaitement avec leurs résultats.
- Ce que nous avons dit, c’est que la machine en question était « une machine à anneau Schuckert établie dans de mauvaises conditions », et la suite du texte montre que ce que nous entendions critiquer était la construction des inducteurs.
- Il est bon certainement que les inducteurs d’une machine soient suffisamment longs, mais il y a à cette longueur une limite qui nous semble dépassée dans les inducteurs supérieurs. D’autre part, le champ magnétique doit être régulier, et nous ne croyons pas que deux électro-aimants de longueur inégale puissent produire un pôle conséquent ayant un champ magnétique régulier. Il y aurait eu, selon nous, à gagner à raccourcir les conducteurs supérieurs, pour allonger un peu les inférieurs; quant à la stabilité des paliers, elle eût été facilement obtenue en les renforçant légèrement.
- D’ailleurs si notre note a été si courte, M. Bernstein n’a qu’à s’en prendre à ceux qui le représentaient à Philadelphie.
- Après nous avoir donné quelques indications très succinctes, ces messieurs nous avaient promis de nous envoyer une note sur l’exposition de leur Société. Cette note eût certainement contenu les détails que nous donne aujourd’hui M. Bernstein, et nous le9 eussions insérés avec plaisir. Mais n’ayant pas reçu le document promis, nous n’avons pu le faire.
- A. G.
- FAITS DIVERS
- Le prince de Galles a fixé la date de l’ouverture de l’Exposition des inventeurs, dont il est le président, au 4 mai prochain.
- Le gouvernement russe vient de commander à Paris deux ballons allongés, en soie, alla de faire des essais de direction électrique des ballons. Le gouvernement italien a également commandé deux bâtions de soie, munis de téléphones, etc.
- Il parait probable que la récente décision du ministre de l’agriculture du Canada, au sujet des brevets de la Compagnie Bell, sera soumise aux tribunaux et que l’affaire sera plaidée au mois de mai prochain.
- La Van Dcr-oeic Electric Manufacturing a été chargée d’installer un chemin de fer électrique d’une longueur de dix milles, dans les rues de Kansas City.
- Éclairage électrique
- L’éclairage électrique installé à bord de VOcéanien, et qui vient d’être définitivement adopté par les Messageries maritimes pour tous les paquebots, a reçu la consécration de la commission chargée d’en constater le fonctionnement. Dès à présent le succès est certain, grâce à l’étude préalable qui a été faite de chaque partie de la disposition, perfectionnée par les plus récents systèmes.
- Sur le pont inférieur et à bâbord de la chambre des machines, un compartiment mesurant 4 mètres de long, sur 2,4 de large esr réservé pour l’emplacement des machines électriques. Celles-ci se composent de deux moteurs à grande vitesse, système Mégy, actionnant chacun une dynamo Gramme de i5o à 200 lampes.
- Le courant induit de ces dynamos est conduit aux lampes par des fils de cuivre, et il retourne des lampes au pôle négatif des machines par la coque même du navire. Les fils de cuivre sont recouverts d’une enveloppe qui les isole complètement des parties métalliques extérieures; ils sont en outre protégés par des tubes en laiton dans les chambres des machines, tunnel et endroits analogues. Les joints entre les branches et les fils principaux sont alors protégés par une petite boîte en bronze en forme de T.
- Un tableau de distribution, situé dans la chambre même des machines électriques, sert à répartir la lumière, suivant le besoin dans telle partie du navire qu’il convient. Cette répartition se fait au moyen de commutateurs à manette. Sur le même tableau sont adaptés deux appareils servant, l’un à mesurer la force électromotrice des machines, l’autre l’intensité du courant. Ce sont le voltmètre et Vammètre.
- Le courant est conduit à bâbord et à tribord par deux gros fils, dits fils principaux, et sur lesquels sont greffés tous les autres fils secondaires servant à l’éclairage de tout le navire, sauf, cependant, pour la chaufferie, la chambre des machines et le tunnel. En effet, vu le besoin fréquent d’éclairer ces parties obscures, les fils qui les desservent partent directement du tableau de distribution.
- Les branches secondaires sont réunies à leur fil principal au moyen d’un petit appareil appelé coupe-circuit.
- Le coupe-circuit consiste tout simplement en une lame de plomb, reposant, par l’une de ses extrémités, sur le fil principal, et, par l’autre, sur le fil secondaire, le tout dans une espèce de boîte circulaire. Cette lame est ensuite maintenue dans sa position par une partie en bois faisant fonction de couvercle.
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- LÀ LUMIERE ELECTRIQUE
- Chaque coupe-circuit commande un groupe d’environ 12 à iS lampes, et sa présence est de première utilité dans l’éclairage. En effet, tant que le courant traversant le fil retournera au pôle négatif par la coque, tout sera dans l’état normal. Mais qu’il se produise, par exemple, un contact entre le fil amenant le courant et la coque, ou bien avec tout autre partie, fil ou monture reliés à celle-ci, un court-circuit venant à se produire, la résistance augmentera, et le plomb sera fondu. Il sera alors facile, tout le groupe s’éteignant, de trouver le coupe-circuit avarié, et au moyen de tâtonnements, on arrivera sans peine à découvrir la partie défectueuse du circuit.
- Un interrupteur permet , d’éteindre chacune des lampes à volonté, sauf celles commandées du tableau, chaufferie, etc. Il existe en outre des interrupteurs de groupe qui permettent d’éteindre tout un groupe de lampes situées sur un même circuit. Tels sont ceux qui commandent le grand salon, les cales, les troisièmes et les fanaux. Un grand nombre de prises de courant [est placé sur le pont supérieur, ce qui permet d’éclater d’une manière parfaite, soit avec des lampes fixes, soit avec des lampes portatives, toute cette partie du navire.
- Les fanaux de position sont desservis chacun par un fil spécial et le fanal de misaine possédant deux lampes reçoit aussi le courant par deux circuits, venant l’un de bâbord, l’autre de tribord. Ils sont tous les trois disposés de façon à pouvoir remplacer rapidement, en cas d’accident, les lampes électriques par les lampes à pétrole et au besoin par des bougies.
- Les lampes étant très fragiles, on a cru devoir les protéger, soit par des tulipes dans les salons, ornement plutôt que protection, soit par des globes en verre, soit par un entourage en vitre comme dans les cabines. Les lampes de la chaufferie, des machines, des cales, sont garanties par un grillage en fils de cuivre, en plus du globe que certaines d’entre elles possèdent déjà.
- Le nombre des lampes est d’environ 3oo: 3o environ servent à l’éclairage des machines, tunnel et chaufferie; 40 éclairent les salons de ire classe et de musique; 20 desservent les cales ; 90 pour les cabines. Le reste est convenablement réparti dans la batterie, les postes, la cuisine, la passerelle et les descentes.
- L’installation de cet éclairage fait le plus grand honneur à la maison Davin, maison bien connue à Marseille, où elle compte 45 ans d’existence et qui, avec la collaboration de M. Sauvaire, son chef électricien, est parvenue à doter le plus beau steamer de notre port d’un éclairage vraiment digne de lui. De plus, un certain nombre de communications téléphoniques et une grande installation de sonneries électriques à l’usage des passagers et des officiers du bord ont été établies avec un égal succès par la même maison.
- M. Desrameaux a inventé une nouvelle trompe à mercure, qui paraît surtout convenir aux constructeurs de lampes à incandescence. L’appareil repose sur un principe fort simple et se compose d’un cylindre horizontal très mobile, autour duquel se trouve enroulé un tube en cuivre, en verre ou en caoutchouc rempli de mercure, et relié au récipient dans lequel on doit faire le vide. Quand le cylindre est mis en mouvement, le mercure se déplace en laissant le vide derrière lui. Comme le volume de la chambre barométrique ainsi formée peut être fort coiisidérable, on obtient rapidement un vide presque absolu.
- On sait que le gouvernement belge s’est décidé à mettre en adjudication l’éclairage électrique de la gare de Schaer-beck, une des stations les plus importantes du réseau des chemins de fer de l’Etat.
- Quatre Compagnies ont pris part à cette adjudication :
- La Société zurichoise des téléphones de Zurich;
- La Compagnie belge et hollandaise, d’électricité de Bruxelles;
- La Compagnie générale d’électricité de Bruxelles; ,
- Et la Compagnie industrielle d’électricité de Bruxelles.
- Voici de quelle façon les soumissions devaient être dressées d’après le cahier des charges, rédigé par les ingénieurs de l’administration des chemins de fer de l’Etat, chargés spécialement du service de l'éclairage.
- II fallait indiquer :
- i° Le système des lampes à arc et des régulateurs;
- 20 Le prix par foyer-heure;
- 3° Le nombre de foyers;
- ’4° La dépense totale par heure;
- 5° Le montant du devis.
- La Société zurichoise a demandé par foyer-heure :
- Pendant les 35oo premières heures...........Fr, 0,42
- — les 5oo heures suivantes. . *..........o,36
- — le surplus.............................0,02
- en employant 3o foyers de 90 carcels chacun, soit une dé pense par heure de 12 fr. 60 et une dépense totale de no coo fr.
- La Compagnie belge et hollandaise de Bruxelles a présenté deux projets, en faisant usage :
- Dans le 1er Cas, de i3 foyers Brush de 100 carcels.
- Dans le 2e cas, de 12 — de 100 —
- Et demandant dans les deux hypothèses :
- Pendant les 35oo premières heures, fr. o,6o par foy.^heure.
- — les 5oo heures suivantes . • . o,5o —
- — le surplus ............ 0,40 r—
- Soit dans le premier cas une dépense par heure.deyf, 80 et au total de 60000 fr., soit dans le second cas une dépense par heure de 7 fr. 20 et au total de 58 900 fr.
- La Compagnie générale d'électricité de Bruxelles n’a pas spécifié le genre de foyer à arc qu’elle emploiera; elle en a proposé huit de 110 carcels, avec un prix par foyer-heure ,
- Pour les 35oo premières heures de..........Fr. 0,68
- — les 5oo heures suivantes de...............o,5o
- — le surplus................................0,45
- Ce qui fait une dépense totale par heure de 5 fr. 44 et le montant du devis s’élève à 60000 fr.
- Enfin, la Compagnie industrielle d'électricité de Bruxelles a présenté, comme système de foyers, les lampes Piette et Krizig, soit i3 de ceU'es-ci, d’une intensité moyenne de 56 carcels, avec un prix par foyer-heure ;
- Pour les 35oo premières heures de..........Fr. 0,485
- — les 5oo heures suivantes de...............0,475
- — le surplus.................... ...........0,46
- Soit une dépense totale par licu. e Je 6 fr, 3o et le montant du devis s’élevant à 28740 fr.
- Ces différentes propositions peuvent se résumer comme suit :
- NOMS DES COMPAGNIES NOMBRE de carcels DEPENSE totale par heure MONTANT dit devis
- Société industrielle d'Electricité. 728 fr. 6 3o fr. 28740
- Compagnie belge et hollandaise, 2e projet. 1200 7 20 58goo
- Idem, lér projet i3oo 7 80 60000
- Compagnie générale d’Electricité 880 5 44 60000
- Société zurichoise 2700 12 60 110000
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- C’est la Compagnie générale d’électricité qui a été déclarée adjudicataire de cet important travail. Les dynamos et les foyers seront du système Gülcher.
- La lumière électrique a été installée dans la fabrique d’armes de M. Pieper, à Liège, où une machine dynamo de Schuckert, de Nuremberg, actionnée par nne transmission de l’arbre du moteur de l’établissement, produit le courant nécessaire pour faire marcher g lampes à arc placées en tension. Cinq de ces lampes sont du système Pilsen, les quatre autres sont des lampes Pieper fils, d’un système très simple et très heureux. La force électromotrice est de 600 volts et l’intensité de 8 ampères, les lampes donnent 100 carcels, la dynamo prend 9 chevaux et tourne à 900 tours.
- Une petite machine Gramme actionne i5 lampes Edison A, placées à l’étage supérieur. Elle prend 2 chevaux.
- M. Pieper fils a construit une dynamo Compound qui fait marcher 2 lampes à arc de son système; elle prend 3 chevaux et tourne à 2 100 tours.
- Enfin, une dynamo Schuckert est utilisée pour le nicke-lage.
- MM. Pieper sont tellement satisfaits de l’éclairage électrique, qu’ils l’ont appliqué à leur habitation. contiguë à l’établissement.
- La lumière électrique va prochainement être installée au théâtre de la Princesse, à Madrid,
- La Compagnie du gaz qui fournit l’éclairage des rues à Barcelone a offert à la municipalité de cette ville d’introduire un nouveau système d’éclairage au gaz sur tout le parcours de la Rambla, qui donnerait beaucoup plus de lumière à ce boulevard. Le Conseil municipal a accepté l’offre pour une partie du boulevard en question, tandis qu’il fait installer la lumière électrique dans une autre partie, un jury composé de personnes compétentes choisira entre les deux systèmes celui qui sera adopté définitivement.
- Télégraphie
- La statistique qui vient d’être publiée par le directeur général des télégraphes en Angleterre, prouve que le service télégraphique laisse une perte à l’Etat. En effet, depuis la reprise de la télégraphie par l’Etat en 1870, jusqu’au 3i mars 1884, le département a encaissé une somme totale de 460943300 francs, tandis que les dépenses se chiffrent par 461 435 725 francs, laissant une perte de 492 425 francs.
- La Compagnie Brazilian Submarine a adressé à ses actionnaires une circulaire pour leur faire connaître les projets que, d’accord avec les Compagnies Eastern et Telegrapb Construction and Maintenance, elle propose pour l’établissement d’un nouveau câble transatlantique passant par les Açores, Ce projet comprend la pose, dans un délai de six mois, saus aucune subvention ou garantie de revenu, d’uu câble sous-marin entre l’ile de Madère et les îles de San-Miguel et Fayal, et l’exécution dans des périodes de temps déterminées de la prolongation de cette ligne, d’un côté jusqu’à la côte occidentale de l’Amérique du Nord, soit par Terre-Neuve, Saint-Pierre-Miquelon ou la Nouvelle-Ecosse, soit par les Bermudes et, de l’autre, aux Indes occidentales et à Panama.
- Il ressort du rapport annuel du directeur général des télégraphes du gouvernement japonais, que le nombre des dépêches transmises par le département s’est élevé à 2 836221, dont 2 773 644 ont été rédigées en japonais et 62577 en
- d’autres langues. Les dépêches locales en langues étrangères étaient au nombre de 30423 et les dépêches interna* tionales de 32 154. Comparé à l’année précédente, il y a eu une augmentation de trafic de Si 934 dépêches. Le total des dépêches transmises depuis l’inauguration du service il y a 9 ans, a été de 14245938. On a construit l’année dernière 494 milles de lignes avec 1 774 milles de fils; 16 nouveaux bureaux ont été ouverts au public. Pendant l’année précédente l’augmentation du réseau n’a été que de 370 milles de lignes avec 1 406 milles dé fils.
- La communication télégraphique a été établie avec le Paraguay, dans l’Amérique du Sud.
- Le câble télégraphique entre l’Inde et le Ceylon a été réparé, ainsi que celui de Trinidad à Demerara, de sorte que la communication télégraphique est rétablie avec la Guyane anglaise.
- Le steamer télégraphique le Chillern est arrivé à Soua-kim, ayant à son bord le câble de Souakim-Triitat, mais on attendra les ordres du commandant en chef avant de commencer la pose.
- L’Association africaine va envoyer des appareils télégraphiques au Congo pour établir des communications entre les différentes stations sur le fleuve.
- L’électricien du département du Wheatstone, à New-York, a trouvé moyen de faire fonctionner un système quadruplex sur les lignes desservies par les appareils Wheatstone en utilisant le côté neutre pour les appareils Morse. Jusqu’ici les lignes ont fonctionné avec le système duplex. Les essais ont donné des résultats satisfaisants.
- La Central and South American Telegraph C“ a annoncé aux autorités de la Mexique de San Salvador et de Nicaragua, que les points d’atterrissement de ses câbles seront protégés pendant la rébellion par des escouades de gardiens. Le gouvernement américain a télégraphié à son représentant à Guatemala d’avoir à informer les autorités de ce pays de l’intention de son gouvernement de rendre l’Etat de Guatemala responsable de tout dommage causé aux câbles ou aux intérêts américains.
- Les câbles placés par la Compagnie Collender pour l’éclairage électrique d’un quartier de la ville d’Anvers, présentent des dérivations à la terre, et malgré les recherches, on n’est pas parvenu à localiser les défauts, de sorte qu’on sera peut-être obligé de retirer tous les câbles déjà posés.
- Téléphonie
- Un abonné de la Compagnie des téléphones nous raconte une. mésaventure qui lui est arrivée récemment.
- Une de ses connaissances lui demanda la permission de demander par téléphone des renseignements à une agence commerciale.
- Ayant reçu l’autorisation, ce personnage demanda des renseignements sur son propre compte, lesquels furent donnés mauvais» C’est sur cette circonstance qu’est basé un procès, qui va se plaider, et dans lequel on demande une indemnité à la dite agence,
- L’abonné craint* qu’à la suite de ce procès, il ne soit at-
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- taqué lui-même par la Compagnie, pour avoir mis son téléphone à la disposition d’une tierce personne.
- Le Bulletin international des Téléphones annonce l’ouverture d’une ligne téléphonique entre Elbeuf et Rouen, et d’une autre entre Elbeuf et Louviers.
- Le tableau suivant contient l’état de la téléphonie en Hollande au 3i décembre 1884, d’après des renseignements que nous devons à l’obligeance de la Nederlandsche Bell Téléphoné Maatschappy d’Amsterdam, de laquelle dépendent tous les autres réseaux du pays.
- VILLES NOMBRE DE Reliés S ABONNES à relier PRIX de l’abonne- ment KILOMÈ- TRES de ligne
- Amsterdam 1104 43 florins 118 i33o
- Rotterdam 56i 4 120 698
- Arnhem 122 l 120 170
- La Haye 178 25 120 2^7
- Groeningue 74 » 120 111
- Utrecht Q2 7 120 95
- Haarlem • 58 » 120 6q
- Dordrecht 7<> 2 . 120 58
- Le mercredi 8 avril i885 il sera procédé, à la Bourse de Commerce de Bruxelles, à l’adjudication publique de la concession cîe l’établissement et de l’exploitation d’un réseau téléphonique dans la ville de Namur et les communes environnantes.
- Ce nouveau réseau sera relié téléphoniquement aux autres villes de la Belgique; l’avis d’adjudication contient en effet cette clause, que les postes des abonnés devront être capables de transmettre la parole à une distance de 200 kilomètres, à travers les lignes aériennes en fil de fer de 4 millimètres et d’après le système Yan Rysselberghe, pour l’échange simultané des dépêches télégraphiques et des correspondances téléphoniques.
- Le Bulletin officiel de la province de Barcelone publie à la date du 5 février un avis de la commission chargée de l’installation du réseau téléphonique à Barcelone demandant des offres pour la fourniture du mobilier et des accessoires du bureau central téléphonique qui va être construit dans cette ville. Les soumissions doivent être adressées à l’administration des télégraphes dans les 3o jours qui suivent la date de l’avis.
- Le service téléphonique à Madrid augmente considérablement et, à la date du ior mars, il y avait déjà 80 postes reliés au bureau central, comprenant les pompiers, les ambulances, la mairie, la préfecture de police, le collège de San-Ildefonso et le Teatro Espanol. Les auditions téléphoniques de l’Opéra ont donné de très bons résultats et pas une seule note n’a été perdue de toute la représentation. A partir du Ier juillet prochain, lè prix de l’abonnement, établi à 600 fr., sera réduit à 400 fr.
- La semaine dernière, le commissaire des brevets à Washington, a rendu sa décision dans le procès téléphonique de Bell contre MM. Gray, Mac Donough, Voelker et d’autres. La priorité d’invention a été accordée à Bell sur tous les points importants.
- Tout le monde connaît les inconvénients que présentent les lignes souterraines au point de vue de la transmission du courant électrique. Leur construction même nuit à la clarté des communications et les recherches des ingénieurs n’ont pas encore pu supprimer les effets de l’induction et de la charge électro-statique. M. le docteur Jacques, électricien de la Compagnie Bell, a étudié récemment le fonctionnement du téléphone sur les lignes souterraines, et il est arrivé aux conclusions suivantes : Le téléphone fonctionne d’une façon satisfaisante tant que le produit de la capacité électrostatique de la ligne exprimée en microfarads par la résistance de la ligne en ohms est inférieur à 18000. Lorsque ce produit varie de 18000 à 3ocoo, la transmission devient de moins en moins distincte et ne peut plus être suivie que par des personnes particulièrement habituées à l’usage du téléphone; lorsqu’il atteint plus de 3o 000, il n’est plus possible de comprendre.
- Ces résultats mettent en évidence le«* difficultés techniques que l’on rencontre lorsqu’on cherche à supprimer les fils aériens dans les transmissions téléphoniques. Mais dans la pratique il y a encore d’autres obstacles, et la dépense occasionnée par la construction des réseaux souterrains suffit à elle seule pour y faire renoncer, en ce moment du moins. C’est ce qui vient d’arriver à Boston, par exemple, où l’on a essayé plusieurs systèmes différents. Les expériences et les calculs relatifs aux prix d’installation des lignes ont fait reconnaître que l’établissement sous le sol des conducteurs électriques augmenterait outre mesure le prix des abonnements.
- On s’est également occupé de cette question à Berlin. Les supports des lignes aériennes sont excessivement chargés (100 à i5o fils) et ne peuvent en recevoir de nouvelles; on avait songé à employer des câbles souterrains placés dans des tuyaux en fer, mais on y a renoncé en raison des frais considérables qui en seraient résulté, et l’on compte faire usage de câbles aériens à 15 ou 20 conducteurs isolés.
- Jusqu’à ce jour, Paris est donc la seule ville où l’emploi d’un réseau souterrain ait donné de bons résultats. Mais aussi il faut reconnaître que notre système d’égouts se trouve dans une situation toute particulière pour recevoir les fils conducteurs. Placées au sommet des voûtes, les lignes ne ressentent pas les effets qui se produisent sur les câbles souterrains, et l’on peut les comparer à des lignes aériennes, construites dans d’excellentes conditions et mises à l'abri des influences atmosphériques, telles que les pluies, les; orages, les tempêtes, etc.
- Cependant, Comme if n’existe pas d’autre ville qui possède une pareille canalisation, cette solution n’est applicable qu’à Paris. On est donc obligé de chercher un procédé général pour la construction des lignes électriques : MM. Fortin Hermann vient de proposer à ce sujet le système suivant :
- Le conducteur métallique est introduit dans de petits cylindres eu bois, se touchant tous et formant chapelet; le tout est ensuite enfermé dans un tuyau en plomb. Ce mode de construction permet de placer la ligne indifféremment dans l’eau, dans la terre ou à l’air libre, tout en conservant autour des fils une couche d’air qui constitue le meilleur diélectrique connu et place le câble dans les mêmes conditions qu’un fil aérien. M. Hermann pense avoir ainsi résolu le double problème d’avoir une ligne qui soit à la fois dans l’air et à l’abri des influences atmosphériques. Il est cependant à craindre que cette simple disposition ne suffise pas à annuler les effets de l’induction et de la charge électrostatique; les expériences, que l’on dit devoir être prochaines, nous éclaireront à ce sujet.
- Le Gérant : Dp C.-C. Soulages, Paris.— Imprimerie P. Mouillor, t3, quai Voltaire. — 55448
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- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME XV
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- Accumulateur Brush............................... 3i6
- — à l'Exposition de Philadelphie........... 3i6
- — régénérable.— Zenger.................... 137
- Actinomètre au sélénium. — IL Morize.............. 320
- Aérostation militaire au Soudan.................... 414
- Aimantation artificielle de la magnétite. — A. P.1-
- cinotti......................................... 97
- Air raréfié (Electricité dans 1"). — Edlund........ 603
- Ammonium obtenu par l’électrolyse. — Marck. . . 364
- Analyse quantitative au moyen de l’électrolyse. —
- Classen. .................................... . • 463
- Armature Siètnens en fer à double T. — Otto
- Feuerlin...................................... 325
- Attraction des solénoïdes sur leurs noyaux. —
- Krizik .................... 468
- — (Force d’) des électro-aimants. — Wallen-
- hofen................................ 5i2
- Avertisseur d’incendie automatique Ravaglia . . . 538
- B
- Bains électriques..................................... i63
- Bateau électrique.................................. 5i3
- Bibliographie :
- — Annuaire universel électrique de Berly. . . 562
- Aimée électrique. — Pli. Delahaye........ 33i
- — Almanach-Annuaire de l’électrochimie et de
- l’électricité. — Leclerc............. 331
- — L’éleciricité dans la maison. — Hospitalier 33t
- — Guide des électriciens. — Rohrbeck............. 234
- Lampes électriques et leurs accessoires. —
- Di Urbantzky......................... 562
- — Répertoire de mathématiques et d’éiectri-
- cité. — K ramer...................... 234
- — Le misure assolute meccaniche electrosta-tiche ed elsctromagnetiche con application! a varii problemi— Serpieri.... 33i
- — Traité d’électricité. — Ci. Wiedemann. . . . 5s3
- Bibliographie : B
- — Traité pratique d’électricité appliquée à l’ex-ploilation des chemins de fer. — G. Dumont .............................................. 523
- — Télégraphie multiple sur un seul fil. —
- üranfetd............................. 234
- — Principes d’électrométrie. — H. Ponthierc.. 33i Transport de la force par l’électricité et ses
- applications industrielles. — E. Japing 232 — Transmission électrique du travail mécanique. — Détermination des éléments de la transmission. — Hillairet......... 379
- c
- Câbles télégraphiques de la Day’s Kerite C°.......... £36
- — Brooks....................................... 583
- — Delany....................................... 582
- — Système Clark ............................... 536
- de l’American Electrical Works............ 536
- — Patterson.................................... 538
- — aériens près d'Assouan. — C.-C. Soulages. 544
- — transatlantiques de la Commercial Cable C° 31-167
- Chauffage électrique. — Sellon . . .................. 271
- Chemin de fer électrique. — Reckenzaum.............. 3i
- — métropolitain. —M. Deprez. — M. Leblanc 452-490
- — Sarliaux..................................... 497
- Chronique de l’étranger :
- — Allemagne. — H. Michaelis 78, i63, 268,
- 363, 463 et £98
- — Angleterre. — J. Munro. 3o, 8t, 127, i65,
- 214, 271, 318. 365, 412, 465, 5io, 549 et 600. — Autriche. — J. Kareis. . . . . 168, 415 et 55i
- Cible à enregistrement électrique. — Bregoli .... 427
- Clef sans étincelles. — Laneker.................. 127
- Colonne-soleil J. Bourdais. — Ch. Street......... 337
- Collecteurs a mercure W. Thomson. — Fcrranti . 82
- Commutateur Schœntjes. — P. Samuel............... 378
- — téléphonique Lasanne..................... 5g5
- Compagnie nouvelle des téléphones à Londres. . . 32
- Compteur d’électricité Aron...................... 83
- — Deprez........................ ......... 85
- — Hopkinson................................. 83
- — Lippmann. — G. Mareschal.................. 193
- — Sprague et Edison...........................83
- p.625 - vue 629/640
-
-
-
- Ô2Ô
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Conductibilité galvanique des amalgames. —
- Weber......................... . . . 35
- — des solutions alcooliques de quelques chlo-
- rures. — Vincentini................ 172
- — de Peau distillée dans le vide. — Kohlrausch 21b
- — des solutions salines aqueuses, — Vincentini 218 de Peau contenant en dissolution de Pacide
- carbonique. — Pfeiffer............... 274
- — des liquides magnétiques. —Neesen .... 471
- — des électrolytes. —Neesen............... 471
- Conducteur souterrain de la National Underground O......................................... 585
- — Union EL Underground C°. ................. 585
- — de Hendley........................... 585
- — de la Continental Underground C°. 586
- — de PAmerican Sectional C°..............- 587
- — de la Cosmopolitan Underground C°. . . . 587
- — de Woodward............................ 588
- — de PElectric Tube C°. — Edison......... 58ç
- Conducteurs pour Péclairage électrique. — G.
- Fortes........................... 365
- électriques. — G. Duché.............. 534
- — souterrains. — Webber.................... 81
- Conférence électrique............................. 128
- Constante de Verdet. — Détermination en valeur
- absolue. — Arons................. 4^3
- —' de la rotation électromagnétique du plan
- de polarisation de la lumière dans le sulfure de carbone. — Rayleigh et
- MmQ Sidyxvick.................... 475
- Correspondance (Voyez Lettre).
- Courants terrestres aux Indes. — Walker........... 2ï5
- — (Mesures des intensités des). — E. Kittler. 289
- — Induits (Procédé mnémotechnique pour se
- rappeler leur sens).............. 577
- Grise téléphonique. — F. Geraldy . . .'T......... i58
- D
- Dangers des générateurs mécaniques d'électricité.
- — d’Arsonval.................... 273-553
- — de Pextra-courant. — Daussin .......... 5i3
- — — Raynaud............ 5iq
- Déperdition magnétique. — Bosanquct.............. 128
- Détermination de Pohm par la méthode de l'amortissement. — Mascart . 367
- — — — Rayleigh. 426
- — la valeur absolue de la constante de Verdet,
- — Arons..................................... 473
- Distribution de l’électricité. — Fortes ...... 465-549
- E
- Eclairage électrique de Temesvar . 34, 170 et 415
- — à Berlin................................... 599
- — d’un quartier d’Anvers. — Noaillon......... 116
- — de Mansion Ilouse.......................... 128
- — appliqué à la médecine et à la chirurgie.
- — Stein .... *....................... ia5
- — de la gare de Strasbourg................... 164
- — du paquebot le Tainui...................... 272
- — des magasins de nouveautés « El Siglo ». à
- Barcelone. — Brown................... 30 2
- — de la fabrique de scies Mongin. — J. Bour-
- din ................................... 348
- de la Tamise......................... 366 l
- Pages
- Eclairage électrique de la ville de Hanovre. —
- Uppenborn............................... 406
- — du Stock Exchange de Londres. — TU. de
- Fonvielle............................. 411
- — à la lampe-soleil d’un mobilier de la salle du
- trône. — C.-C. Soulages................. 456
- — d’un train de chemin de fer................ 464
- — des balances.................................. 6a
- par les piles. — A. Guerout............... 529
- — (Station centrale d’) de Milan. — Colombo . 385
- Effet Thomson. — 5. Bidwdl.......................... 611
- Electricité eu Autriche................ 168, 415 et 551
- — Sa nature. — Fitz-Gera/d.......................... 167
- et les bulles de savon. — ReinoU............. 3o
- — atmosphérique. — Linss..................... 363
- appliquée à l’oxydation des vernis à l’huile.
- Muthel et Luthe.......................... 268
- — appliquée à l’étude des formes vibratoires
- des corps solides et liquides. — De-
- charme .................................. 433
- Electrique (différence) entre les légendes. -- Bichat
- et Blondlot............................. 600
- Elasticité des fils métalliques et leur conductibilité
- électrocalorifique. — Poloni....................... 32!
- Eléments au sélénium. — Fritts......................... 226
- Electrotypie au moyen d’une dynamo. — Sankey . 412
- Electrolyse (Analyse quantitative au moyen de 1’).
- — Classen............................... 4^3
- de l’acide sulfurique. — Richarz.......... 514
- — appliquée à la fabrication des monnaies. —
- J. Muller................................ 522
- Erreur téléphonique. — /. Bright........................ 72
- Espace sombre dans les tubes Geissler. — Puliij. . 153
- Etincelle et effluve électrique. -- G. Mareschal. . . i5ç
- Exposition internationale des inventions............... 166
- — américaine.................................... 216
- d’électricité de Philadelphie. — Aug. Guerout ............. 241, 342, 3g8. 440 et 4^4
- — d’électricité de Philadelphie. — G. Duché.
- 314-534
- Extra-courant: (Annulation des dangers de 1’). —
- — — d’Arsonval . 273-553
- — — A. Daussin . . . 5i3
- — — J. Raynaud . . . 514
- F
- Faits divers :
- Aérostation électrique......................... 140
- Aimants en poussière et résine................. 332
- Avertisseurs d'incendie à Birmingham............. 477
- — à Boston................... 144
- — à Paris.................... 284
- Brevets en Allemagne........................... 429
- — en Amérique............................. 429
- — en Angleterre........................ 92-573
- aux Etats-Unis..................... 477-621
- Câbles souterrains à Boston...................... 287
- — à Washington......................... 527
- Câbles sous-marins à l’Exposition de Bustuu. . . 47
- (Convention internationale concernant
- les)................................ 478
- — de la Commercial Cable C°. 95, 287 et 482
- de I’Eastern Telegraph C°.............. 239
- — Mackay-Bennett............ 144, 432 et 480
- entre Bahia et Rio de Janeiro. 334
- — entre Lloyd et Crooksehaven 143, 240 et 287
- — entre Tanger, Gibraltar et Tarifa. . . . 5^5
- p.626 - vue 630/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 627”"
- Pages
- Câbles sous-marins entre Saint-Vincent, Sierra
- Leone et Victoria................... 23g
- — aux Açores........................ 623
- — entre San-Salvador et Nicaragua. . . . 623
- Câbles sous-marins (Interruption des)
- — entre Bakou et Krasnowodsk........ 95-382
- — Fao et Bushire...................... 382
- — Gibraltar et Villa Real............. 527
- — — Gibraltar et Carcaveilas..... S27
- — — Indes anglaises et Ceylan. 191, 382
- 623
- — — Irlande et Nouvelle Ecosse. . . 287
- — New-York et Helgoland.. . 239-382
- — — Paris et New-York.......... 287
- — — Pernambuco et Bahia........ 9."
- • — — St-Vincent et Grenade. 95, 383, 527
- — — Saint-Kitts et Antigua.. . . 383-527
- — — Sainte-Croix et Trinidad..... Z21
- — — Souakim et Ferins.......... 527
- — — Suez et Souakim.................. 527
- — — Trinidad et Demerara...... g5-382
- — — Zanzibar et Mozambique. . 432-527
- — de la Brazilian Submarine Cable C°. . . 47
- — de l’île de Lundy.................. 383-480
- — du Transatlantique Direct.............. 527
- Centenaire du paratonnerre.. . ................... 332
- Chauffage électrique des wagons................... 140
- Chemin de fer électrique de Brighton. 45, 428 et 429
- — de Berlin.............................. 429
- — de Bruxelles......................... 524
- — à l’Exposition d’Anvers. . . . ..... 477
- — entre la gare de Long Island et le Far
- Rockaway............................ 284
- — à Kansas City.......................... 621
- Chutes du Niagara................................. 284
- Conférences à l’Exposition d’électricité de l’Observatoire........................................... 573
- Congrès international d’électricité............... 189
- Cours de M. Tyndall................................ 92
- — d’électricité à l’Ecole des arts et manu-
- factures............................ 188
- Dangers des courants de haute tension........... 332
- Eclairage électrique à Alger...................... 480
- — à Amiens............................... 38i
- — à Anvers. .......................... 93-623
- — à Aoste................................ 333
- — en Australie........................ 93-190
- — à Barcelone................93, 478 et 623
- — à Bangalore........................... 526.
- à Bednove.............................. 526
- — à Berlin............................... 574
- — à Bradford............................ 526
- — à Brighton............................. 189
- — à Boston...................46, 93 et 333
- — à Burnt Island......................... 189
- — à Caboul............................... 461
- — au Cap................................. 526
- — à Chicago.......................... 191-478
- — à Chitteldroog......................... 526
- — à Cleveland............................ 94
- — à Constantinople....................... 141
- — à Dayton............................. 478
- — à Detroit............................. 46
- — aux Etats-Unis......................... 191
- — à Evansville...................... 94-430
- — à Fairbury........................... 478
- — ti Freeport........................... 478
- à Glasgow............................... 93
- — à G'reenock........................... 92
- — à Hawick.............................. 92
- — il Ith.aca............................. 9t
- Pages
- Eclairage électrique à Jacksonville........... 190
- — à Kéokuk............................. 94
- — à Laconia. . 190
- — à Lancaster......................... 190
- à Las Vegas......................... 478
- à Londres.................. . 46. 92 et 189
- — à Melbourne......................... 190
- — à Metz....................;........ 141
- à Middlesborough..................... 92
- — à Mysore............................ 526
- à Newport........................... 382
- à New-York....................... 94*382
- — à la Nouvelle-Orléans............... 142
- — à Ottawa............................ 142
- — à Owensboro......................... 574
- — au Pérou............................. 526
- — à Philadelphie.................. 190-431
- — à Pontiac........................... 478
- — à Port-Huron......................... 46
- — à Roch-Island....................... 478
- — à Roubaix......................... 381
- — à Saint-Louis....................... 478
- — à Saint-Sever....................... 332
- — à Saint-Vallier..................... 332
- — à San-Francisco..................... 190
- — à San-José.......................... 142
- à Seringapatam....................... 526
- — à Seville........................... 478
- à Temesvar....................... 93-190
- à Topeka........................... 574
- — à Turin............................. 478
- — à Vienne. .......................... 478
- — à Waterbury...................... 93-190
- — à Windsor (Canada).................. 478
- à Ypsffànti......................... 478
- — à bord des vaisseaux :
- de l’Aquidaban................... 333-431
- — de VAragon........................... 333
- du Château-Mar gaux................... 38i
- — du Château-Yquem..................... 38i
- du Colossus............. 189, a3“ et 284
- de VExmoulh......................... 431
- — de 1 ’ Inflexible....... .......... 237
- — du Labrador.......................... 332
- — du Mars.J.......................... 239
- — du Norwich............................ g3
- — du Retriever....................... 431
- — du Tainui......................... 189
- — du Trenton........................... 242
- — de VOcéanien......................... 621
- — des bateaux torpilleurs anglais...... 525
- — du bateau sous-marin Toselli......... 189
- des bateaux-mouches pour la navigation
- de la Seine.................. 38i-525
- — des steamers de la Compagnie Richoll. 526
- — — de l’Old Company Line aux
- Etats-Unis............ g3
- — Brush aux Etats-Unis. .'............. 333
- — Edison aux Etats-Unis................ 526
- Sautter, Lemonnier et C‘‘............. 574
- Siemens en France..................... 332
- — de l’aquarium de Berlin.............. 190
- — de l’arbre de Noël des enfànts du pré-
- sident de l’Edison C°............ 190
- — de l’arbre de Noël au manège militaire
- de Saint-Pétersbourg . .......... 239
- —- de l’asile d’Exeter................. 477
- — de l’atelier de l’Ecole professionnelle de
- Grenoble......................... 43o
- —. des ateliers du Louvre............... 141
- — de la Banque de France............... 92
- p.627 - vue 631/640
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Pages
- Eclairage électrique du bassin de Cernotood. . . 237
- — de la blanchisserie de l’Ecole de Har-
- row............................... 431
- du bois de la Cambre à Bruxelles.. 239 285
- — de la Bourse à Londres.. :.............. 141
- — des boutiques du Palais-Royal........... 43o
- — des bureaux du journal le Bradford Ob-
- server............................ 526
- — du café Oriente à Barcelone............. 574
- — de la cathédrale de Canterbury.......... 526
- — du Cercle des patineurs au bois de Bou-
- logne. .............................. 284
- — du Cercle de l’Union Mercantile de
- Madrid.............................. 478
- — de la Chambre des Communes de Lon-
- dres................................ 284
- — des chantiers de la Clyde............... 285
- — du château royal de Bucharest.......... 285
- — de la clinique des femmes à Berlin.... 45
- — du Crédit Foncier................. 92 332
- — du Crown Hôtel........................ 207
- — de la distillerie Jouanne, à Par..-..... 45
- — de l’établissement de bains turcs à Lon-
- dres............................... 43i
- — de l’établissement Brown and C°, à
- Londres............................. 284
- de l’établissement Duff et Rowntree, à
- Londres............................. 46
- — de l’établissement Hunter et Morrisen,
- à Lanark............................. g3
- — de l’établissement Sutton an J C°, à
- Londres............................. 284
- — de l’Exposition d’Anvers.......... 92-141
- — — de Budapest.. ..... 38i
- — de Boston................... 46
- — — d’hygiène à Berlin. . . 38i
- — — des inventions de Lon-
- dres........... 430-526
- — — Internationale de Lon-
- dres................ 238
- — — Internationale de la
- Nouvelle-Orléans. . 286
- — — Internationale à Paris
- en 1889.............. 92
- — de la fabrique de laines Taylor....... 285
- — — de papier deMac Ugone 285
- — — de couvertures de coton
- Roos................ 43o
- — des feux flottants..................... 43o
- — de la filature Leumann................ 285
- Sciaccaluga............... 285
- — — de Blainville............... 38i
- — du Gagne-Petit.................... 92-140
- — de la gare de Chicago................ 333
- — — de l’Est................... 333
- __ - de Main-Neckar, à Darms-
- tadt...................... 45
- — de Paddington, de Londres 5c6
- — Schaerbeck, à Bruxelles. . . 190
- — Saint-Lazare................. 189
- — de Schaerbeck, en Belgique 622
- de l’Hippodrome.......................... 236
- des hôpitaux de New-York............... 191
- de l’Hôtel de la Douane et des postes
- à New-York.......................... 285
- de l’Hôtel des Postes à Glasgow....... 237
- de l’Hôtel-de-Ville. — Prix de revient. 381 de l’Imprimerie du ministère des finances, à Washington....................... ioo
- de la librairie Clark, à Boston........... 46
- des magasins du Bon-Marché. ... 45 l
- Eclairage électrique de blanc Wechster et Abraham, à Brooklyn.................................. 285
- — — Costello, à New-York .... 286
- — — Ferrer, Collin et C°, à Bar-
- celone .................... 239
- — de la maison Illingworth, à Bradford . 526
- — de la Mansion-House, à Londres . 477-525
- — des mines de charbon en Angleterre . . 236
- — — de Tirpentwy................... 238
- — — de Nœud........................ 332
- —- du musée de South Kensington, à Londres ........................................ 477
- — — Grévin..................... 189-574
- — de la Mutual Insurance Life C°, à New-
- York ............................... 142
- — du moulin de M. Bowger et Priestley . 189
- — du palais de l’Elysée.................. 525
- — -- de la Législature, à Albaoy . 191
- —- du Panorama de Chicago................. 333
- — du passage des Panoramas.............. 2.37
- — du Peterhouse College, à Cambrigde . 46
- — du phare élcetrique de Hell-Gate. . . . 574
- — — de New-York................ 381
- — de South Foreland.............. 43i
- — du pont de Charing-Cross, à Londres. 46
- — de la poudrerie de Saint-Ponce........ '.89
- — de la Rambla, à Barcelone .............. 93
- de la salle des séances du conseil municipal, à Berlin..................... 2.38
- — du Parlement, au Cap .... 526
- — des conférences de la Society
- of Arts, de Londres . . . 43i
- — du théâtre de Brunn................. 478
- — de Bruxelles................... 189
- — — de Carlsbad.................... 574
- du Deutsches Theater, à Berlin ......................... 38i
- — — Lyceum Theater, à New-
- York ...................... 382
- — — de Monaco...................... 238
- — — de Nottingham................... . 237
- — — de l’Opéra. ... 92, 2,36 et 332
- — — Royal de Munich 45, 238 et 285
- — — de Terni..................... 43 c
- — — des Variétés. — De Buggen-
- hagen................. 382
- — — de la Princesse, à Madrid. . 623
- — des trains de chemin de fer en Alle-
- magne ..................... 239
- — — en Angleterre................... 93
- — — en Pensylvanie............ 43o-5;e>
- — — souterrains à Londres .... 429
- — du tunnel de la M.rsey.............. 431
- — — du Saint-Gothard........ 333-477
- — de l’usine d’huile de Pumpherston . . 141
- — — Ransome et C°, Chelsea . . '. 189
- — — Rosemberg, à Saint-Claude . 43o
- — Scharp, Stewart and C°, à
- Manchester.................. tu
- — — Trosen et Roby................ 2.38
- — de la Western Electric Mantt-
- facturing C°. ,............ 280
- — de Pieper, à Liège............. 623
- du White-Horse...................... 18g
- militaire en Allemagne.............. 141
- — en France...................... 429
- — pour la marine en Angleterre 431
- son action colorante sur la peau .... 526
- — et le gaz........................... 526
- — et les Sociétés d’assurance contre l’in-
- cendie en Suède..................... 525
- p.628 - vue 632/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Pages
- Eclairage électrique (Congrès d’) à Chicago. . . . S74
- — — à New-York..................... 285
- — (Procès) en Belgique................... <|3i
- — (Société d’, United States Electric Ligh-
- ting C°................. 46-91
- — — Jablochkoff and General Elec-
- tricity C°................ 285
- — — de Boston....................... 93
- — Compagnie Brush, à la Nouvelle-Orléans ...................... 285
- — — Cruto, de Turin............ 285-478
- — — Municipal Electric Lighting,
- de Chicago................ 285
- — — Svvan Incandescent Electric
- Light C°................... 94
- — — de Worcester................... 285
- Electricité atmosphérique.......... 236, 332 et 524
- — au restaurant Marguerie................ 236
- — appliquée à l’extraction d’éclats métal-
- liques dans l’œil................... 429
- — développée par les courroies des ma-
- chines .............................. 44
- Exposition d’Anvers............ 92, 33q, 573 et 574
- — Edison, à Boston........................ 142
- — d’électricité de Boston................. 189
- -- — de l’Observatoire de Paris.
- 236, 524 et 57.3
- — d’éclairage électrique et à gaz, à Bruxel-
- les ................................ 239
- internationale de l’Industrie et des
- Beaux-Arts, à Madrid . . 284
- — des machines d’exploitation
- de Kœnigsberg............. 479
- — — des inventions............. 189-621
- — des inventions brevetées en France. . . 476
- — de la Nouvelle-Orléans............... 45-476
- — de Philadelphie......................... 524
- Fabrication électrique du beurre................... 140
- Fils aériens et souterrains à Chicago.............. 514
- — — dans l’Etat de Missouri . . 524
- — — à Philadelphie................. 524
- Franklin Insiitute, de Pniladelph:e................ 429
- Foudre. Statistique de ses victimes................ 524
- Frein électrique de Wildmer........................ 524 '
- Gutta-Percha artificielle.......................... 140
- — Sa production . 188
- Horlogerie électrique............................... 44
- Inauguration des laboratoires du collège de l’université de Bangor........................... 476
- Industrie électrotechnique en Allemagne............. 44
- Incendies dans les théâtres. — Dispositif électrique
- pour les limites............................. 524
- Incendie électrique à Evansville................... 477
- Institution des sciences physiques, à Charlotten-
- berg.......................................... 284
- Lampe. — H. Varley................................. 141
- Locophone. . . .................................... 332
- Magnétisme terrestre en Russie..................... 140
- Métallurgie........................................ 140
- Microphone de Hipp................................. 96
- Mort de M. Ternaut.................................. 44
- — de M. Tillolson......................... 429
- Moteurs électriques............................... 45
- — — de la Compagnie du chemin
- de fer d’Orléans........... 92
- — — l)aft, à Brooklyn.............. 284
- — — de M. Marinoni..................... 92
- Nomination du D1 llerz au grade d’oflicier de l’in-
- — struction publique.................. 236
- — de M. Monnier à la chaire d’électricité, à
- l’Ecole Centrale..................... 428
- Pages
- Paratonnerres en Suisse.......................... 42R
- Phonographe à l’Exposition de Boston............. 236
- Pile Rialti................................... 14
- Prix du Cuivre................................... 52a
- Procès électrique en Amérique . . ............... 284
- Projet de M. Ad. Cochery, ministre des postes et
- télégraphes.................................. 38o
- Réseau pneumatique à Paris................. 239 382
- — — à Londres..................... 48
- Sociétés électriques aux Etats-Unis............... 92
- Société électrotechnique de Berlin............ . 429
- — belge des électriciens................. 476
- Station centrale d’électricité à Berlin. 44, 190 et 526
- — à Bangor............................... 142
- — à Boston............................... 333
- — Brush Electric Light C°, de New-York 190
- — de Colchester.......................... 478
- — Galerie de Grosvenor................... 477
- — à Livcrpool............................. 46
- — à Madrid................................ 46
- — à Vienne .............................. 45
- Stations sismographiques en Espagne.............. 332
- Syndicat de New-York............................. 191
- Télégraphie en Allemagne......................... 2P6
- — en Amérique............................. 94
- — en Angleterre....................... 47-480
- — en Australie........................... 286
- en Autriche........................ 286-333
- — à Brooklyn........................ 383-575
- — au Canada................ 94, 240 et 384
- — à Chicago............................ 47-94
- — en Chine........................... 286-383
- — au Congo............................... 628
- — à Chu.................................. 239
- — en Colombie............................ 383
- en Egypte.............................. 333
- — eu EspagiK............... 47,94 et 143
- — en France.......................... 38o-43i
- à Glascow.............................. 286
- à Greenwich......................... 94-191
- — au Havre................................ 47
- — en Italie.............................. 432
- — à Kep.................................. «39
- — à Lowel................................ 192
- — à Leicester............................ 23g
- à Marseille............................. 47
- à Molina............................ 286
- — à Muxagers............................. 239
- — à New-York............... 192, 527 et 623
- — aux Nouvelles-Galles du Sud............ 383
- à la Nouvelle-Orléans............... 94-192
- à North-Adélaïde........................ 47
- — à Paris................................. 46
- — à Pakhoï........................... 383-432
- — à Philadelphie.......................... 48
- — à Queensland.......................... 383
- — à Stuttgard............................ 47 .
- — au Texas............................... 383
- au Tonkin.......................... 239-383
- — à Velez-Malaga......................... 143
- — à Washington............................ 94
- — au Congrès des Etats-Unis ....... 192
- — de Berlin........................ 286
- — en pleine mer au moyen des bouées té-
- légraphiques ...................... 527
- — et machines électriques............... 575
- — militaire dans l’Afrique du Sud........ 286
- — — en Espagne............... 47
- — — en Egypte . . . 191, 383 et 527
- — - à l’Exposition des Inven-
- tions.................... 383
- p.629 - vue 633/640
-
-
-
- 63o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Télégraphie militaire en France................ 526
- — (Société de) Bankers and Merchants et
- le Postal Telegraph C°.
- 192, 334 et 575
- — — Mediterrean Extension C°. . 383
- — — Western Electric O, de Chi-
- cago .................... 383
- — — Western Union Telegraph C° 48
- Télégraphique (Appareil; Hughes...............
- — (Clef) magnéto-électrique Nigra .... 575
- (Rapidité de transmission)....... 191
- — (Tarif) des dépêches entre New-York
- et Boston. 240
- — — de la Baltimore and Ohio Te-
- legraph C°. 287
- — de la Mexican Telegraph C°. 334
- — — pour Maranham......... 95
- — — transatlantiques.... 95-191
- — Statistique............ 142, 383, 527 et 623
- — Système Muirhead.................. 143
- Télégraphiques. — Bouées entre Marseille et l’Algérie ......................................... 527
- — Cartes................ 94
- Télégraphiques (Communications) entre Assab et,le
- câble de Suez et Aden. . 4J2
- — — entre les ateliers de chemins
- de fer et les trains en
- marche.................... 575
- — — entre le ministère de la
- guerre et les bureaux de l’Eastern Telegraph C°. . 383
- — (Fils souterrains) à Brooklyn....... 144
- — — à Chicago.................... 383
- — (Lignes) entre Askabad et Merv .... 191
- — entre Kentucky et Tennessee 240
- — — en Espagne.................... 94
- — — à Madras..................... 94
- — — en Russie.................... 94
- — — au Soudan..................... 94
- — (.Interruption de lignes) entre Berber-
- Souakim............. 382
- — — entre Caterina-Larissa .... 527
- — — de Costa-Rica........... 527-382
- — — en Ecosse.................... 575
- en Espagne............. 527
- — — à Madrid....................
- — — entre Parana et Santa-Fé . . 382
- — - entre Pnumpenh et Battam-
- bang................. 527
- — — entre Saigon-Bangkok.... g5
- — — entre Shiraz et Bushire. . 527-382
- — — entre Téhéran et Bushire 527-382
- — (Mandats)........................ 527
- — (Recettes) en Angleterre. 94, 143,
- 240 et q3i
- — — de la Compagnie des Télé-
- graphes du Nord..... 143
- — du Cuba Submarine Tele -
- graph C°........ 143-432
- — — de la Western Union Tele-
- graph C°. . .............. 95
- Téléphonie à Aberdeen........................ 576
- — à Albany.......................... 9^
- — en Allemagne..................... 192
- — en Amérique....................... 48
- — en Angleterre.................... 5q6
- — à Atlanta......................... 96
- — à Augsbourg...................... 144
- en Autriche...................... 480
- — à Barcelone...................... ^24
- — en Belgique............. 288, 38q et 576
- Pages
- Téléphonie à Berlin......................... 144-384
- — à Boston........................... 96
- — à Bruxelles........................... 480
- à Cheshire.......................... 528
- — à Chicago............................. 480
- — à Copenhague.......................... 334
- à Devonport............................ 240
- à Edimbourg ... :................... 528
- — à Erié................................ 288
- — à Evansville.......................... 884
- — en France............................. 38o
- — à Gilnhausen.......................... 334
- — à Grangemouth.......................... 48
- à Grenade.............................. 288
- — au Hanovre............................ 192
- — en Hollande........................... 624
- — en Hongrie......................... 95-384
- à Ilull................................ 523
- à Inverness . . ...... 240, 287 et 480
- — en Italie............................ 335
- au Japon. . ............................ 96
- — à Jonhston............................ 287
- — à Kansas-City......................... 432
- — à Kieff............................... 384
- — en Lancashire......................... 528
- — à Liège............................ 48-288
- — à Londres............................. 528
- — à Madrid........ 48, 96, 288 480 et 624
- à Mayence.............................. 192
- — à Manchester.......................... 240
- — à Mexico............................... 96
- — à Namur............................... 624
- à Nebraska............................. 884
- — à New-York......... 48, 144, 384 et 480
- à Norrkoping............................ 96
- — à la Nouvelle-Orléans................. 384
- — à Omaha............................... 884
- — à Paris. 48, 144, 192, 240, 334, 432,
- 528 et 576
- — à Padoue............................... 96
- — en Pensylvauie........................ 288
- — à Philadelphie....................... 144
- — à Rome................................ 288
- — à San-Domingo......................... 336
- — à Schenecady................ ..... 384
- — à Stockport........................... 432
- — à State-Island....................... 432
- — en Suède.............................. 336
- — au Venezuela........................... 96
- — à Zurich............................. 48
- — à l’Exposition de Boston........ 48
- — dans les églises....................... 96
- — dans les gares de chemins de fer ... . 528
- — au Théâtre Bijou de Boston...... 48
- — — Royal de Madrid.............. 528
- — cl télégraphie simultanées à Paris ... 55
- — — en France................... 33q
- — — entre Rouen et le Havre. 95-192
- Téléphonique (Procès )................... 95-624
- — (Tarif) des conversations............. 334
- — (Récepteur Debenski).................. 432
- — (Statistique) européenne............. 33.|
- Téléphoniques (Cabines) à Paris. 48, 144, 192,
- 240, 334, 480 et 576 (Lignes) entre Arlensbourg et Glasgow 480
- — entre Chicago et New-York. 480
- — entre Dundee et Perth.... 38q
- — entre Elbeuf et Louviers. . . 624
- — entre Francfort et Mannheim
- 144-240
- — entre Hambourg et Lubeck . 384
- p.630 - vue 634/640
-
-
-
- •ç* fx>
- JO URNA L UNI VE RS EL ÏVÈLE C T RI CI TÈ
- 631
- Pages
- Téléphoniques (Lignes) entre Londres etBrighton cp
- — — entre Madison et Mihvaukec 192
- — entre Londres et Cork. . . . 5:«
- — à Paris.................. 334
- — — entre Troyes et Paris............ 528
- — — souterraines............. 622
- — (Réseaux) en Angleterre........... 527
- aériens aux Etats-Unis. . . . 528
- — (Recettes) de la Bell Téléphoné C0, de
- Berlin .......................... 38-|
- — (Sociétés) : American Bell Téléphoné
- C®................... 96
- — — Baxter Overland Téléphoné
- and Telegraph O . . . . 144
- — — Compagnie internationale des
- Téléphones.......... 676
- Guatemala Téléphoné C°. . . 144
- — Générale des Téléphones.
- 192, 240, 480 et 523
- — — Hudson River Téléphoné C°. 96
- — - New-York and New-Jersey
- Téléphoné C°........ 144
- — — South of England Téléphoné
- C°.................. 335
- Téléphonographe portatif Nigra. ................ 5q5
- Time-balls aux Etats-Unis....................... 284
- 7 rompe à mercure............................... 622
- Unités électriques.............................. 92
- Force électromotrice de l’élément Daniell. — Hitler .
- 179, 279 et 369
- — — Dv Pierre . . 474
- de combustion. — Pellal ................... 55q
- — constante dans les circuits de lumière élec-
- trique. — Salomons..................... 5io
- Force d’attraction des électro-aimants. — Walten-
- hofen........................................... 522
- Formation de l’ozone, de l’eau oxygénée et de l’acide persulfurique dans l’électrolyse de l'acide
- sulfurique. — Richarz........................... 514
- Foudre. — Son action sur le corps humain. — Heus-
- 11er............................................ i38
- — (Coup de) extraordinaire................... 268
- G
- Galvanomètre à réflexion. — Thomas et Andrew
- Gray................................... 372
- astatique............................... ' 274
- — Meyer................................ 543
- Rosenthal................................. 876
- d’Arsonval................................ 461
- Becquerel. ............................. 518
- Gaiffe.................................... 601
- Grêle : Son mode de formation. — Jean Luvini 547-579
- H
- Hydrodiapasons. — C. Decharme................ 10
- 1
- Indicateurs de vitesse Beauchamp-Tower .... 295
- — Budenberg.......................... 296
- — Braun.............................. 262
- — Buss..........*....................... 258
- Pages
- Indicateurs de vitesse Campbell et Golden . . . 3oi
- — Hearson ... . ,....................258
- Lambinet.... 264
- Moscrop.............................. 259
- Napoli................................. 3oo
- Richard............................ 258-295
- — Schœffer-Budenberg..................... 25q
- Schow................................. 295
- — Sellon................................. 302
- — Swift................................. 264
- Stroudlcy.............................. 263
- — Westinghouse........................... 297
- Young.................................. 260
- Induction éiectrodynamique.— Duhem............. 128
- — dans les aimants par le magnétisme ter-
- restre : Démonstration par le téléphone.
- — Schaper.......................... 465
- Industries électriques. —* F. Geraldy............ 256
- Interrupteur Cuningham........................... i65
- L
- Laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne. — Ledcboer ... 16, 66, 195, 264. 060 et 408
- Lampes à incandescence Cruto : Leur fabrication.
- Aug. Guerout............... 117
- — — Leur dépense d’énergie.......... 425
- — Leur durée. — Ayrton et Perry. 551
- — à arc — Rogers............................. 127
- électrique de sûreté. — Coad............ 2i5
- — Fein........................................ 282
- Street et Maquaire. — F, Geraldy........ 481
- Lettre de M. Daussin sur le procédé de M. d’Arsonval pour l’annulation de l’extra-courant 524 de M. Rau sur l’éclairage électrique des
- usines de Braine-le-Comte......... 024
- de M. Decharme sur un orage............ 44
- de M. Jarriant sur les adjudications. .... 44
- — de M. Colombo sur le système Gaulard et
- Gibbs............................. x88
- — de M. Nothomb sur l’cclairage d’Anvers . . 188
- — de M. Noaillon........................... 235
- Lettre de M. Gravier sur sa machine dynamo .... 476
- — de M. Mercadier sur les expériences de
- M. Decharme............................ 571
- — de M. Menges sur les dispositions galvano-
- métriques de M. d’Arsonval....... 571
- — de M. Leblanc en réponse à M. Gravier
- sur sa machine dynamo............. 571
- de M. Bernstein sur sa machine........ 620
- Lignes de force. Leur fixation. — Scharfhausen. . . 187
- — téléphoniques de Brighton. ^........... 82
- — _ dans les usines.—P. Samuel 53o
- Locomotive électrique Dupuy.................... 114
- — — Deprez-Leblanc............ 307-447
- ~ — Marchisson................ 114
- Lumière électrique. Son action chimique. . . . 598
- M
- ....................... 4Ü9
- ........................ 469
- ....................... 488
- ....................... 342
- ........................ 490
- ........................ 440
- ........................ 438
- Machine Arago.
- — Acmé . . .
- Bail .... — Brush . . .
- — DiehL . . .
- — Edison. . .
- — Hochausen
- p.631 - vue 635/640
-
-
-
- mm®.?'*'-.
- : (
- ?2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Machine Mac-Tighe................................... 486
- — Mekarski................................. ‘ 110
- ~ Richter .................................... 487
- • — Siemens................................. 78
- — Slan'ey............................ ..... 847
- Bernstein................................... 489
- Thomson-Houston..........................- 3q8
- — Van de Poele........................... 484
- — de la Western Electric O............. 446
- — Deprez-Leblanc.............................. 3o8
- Machines dynamo à l’Exposition de Philadelphie.
- 342, 898, 440 et 484
- — statiques à PExposition de Philadelphie. . . 314
- Magnétisme Ewing...................................... 320
- — (Théorie du) Siemens. ................... 417
- Magnétiques (Valeur des éléments) à Pobservatoire
- du parc Saint*Maur................................ 171
- Marées (Force électromotrice dans les). —'Andrews 685 Mesure de potentiels explosifs dans différents milieux. — Baille................................... 90
- — des intensités des courants. — Kittler . . . 289
- — de la conductibilité des électrolytes. — Nee-
- sen................................ 471
- — directe des intensités, des forces électromo-
- trices et des résistances au moyen de la boussole des tangentes. — Kessler. . .
- — ‘de la résistance des conducteurs échauffés.
- Zillich............................ 607
- o
- Pages
- Hélais pour appels téléphoniques. — Œslerreich . . 376
- — Grassi et Beux............................ 53o
- Résistance électrique des fils en maillechort. —
- Ange Uni.................................. 41
- — des conducteurs échauffés. — Zillich. . . . 607
- — des contacts microphoniques. — Bœkmann 23i
- — des fils (variations produites par l’enroule*
- ment)................................. 612
- — intérieure des piles. — Birkner........... 612
- Revue des travaux récents en électricité. — B. Ma•
- rinovitch............. 32, 83, 128 et 171
- — des travaux récents en électricité. — B. Ma-
- rinovitch et KronchkolL 216, 273, 320.
- 367, 417, 468, 5i3 et 553-ÔOO
- Rotation électromagnétique de la lumière. —
- Rayleigh........................................ . 600
- s
- Signaux acoustiques pour la navigation. — Weber. 164
- — électriques dans les mines. — Soubeyran . 5oo
- Sonneries électriques Siemens et Halske.............. 79
- Sonde magnétique Haddow............................. 167
- —- Mncgeorge.................................... 272
- Society of Telegraph Engineers ..................... 214
- — électrotechnique de Berlin . ........... 269
- Station centrale d’éclairage électrique de Milan. —
- Colombo. . 385'
- — — — à Vienne . . 415
- 1
- Onde lumineuse (Forme de la surface de P). — j/f Cornu................................ 49
- p
- Phidolou régulateur de lumière électrique. — Lacoine
- 356-594
- Photomètre à diffusion. — Crova.................... 33
- Pile voltaïque (Théorie). — Duhem.................. 32
- — voltaïque à PExposition de Philadelphie . . 3i5
- — .au sélénium. — Fritts...................... 226
- — à oxyde de cuivre. — Van der Ven......... 488
- — — De Lalande et Chaperon 542
- — Skrivanoff...................................... 55i
- Polarisation des récepteurs téléphoniques. — Gil-
- tay............................................... 521
- Pôle magnétique. - Hertz............•.............. 329
- Potentiel thermodynamique. — Duhem..................... 32
- Pouvoir refroidissant des gaz. —Rivière.............. 129
- Procès de la Société générale des Téléphones . 560-614
- — Edison, Swan et Berliss......................... 599
- R
- Régulateur pour projections spectrales. — Waller 598 Régulateurs électriques. — G. Richard. . . . 100
- — Copland................................. 106
- — Edison................................... 106
- — Jamieson et Alley........................ io3
- — Hartnell et Crompton..................... 102
- — Lévy..................................... 104
- — Lacoine.................................. 356
- — Willans.................................. 101
- T
- Télégraphie électrique en Turquie. — Lacoine . . 25-53
- — pour la navigation........................ 166
- — militaire au Soudan.................... 414-468
- Télégraphe imprimeur de Baillehache. — J. Bourdin 498
- — automatique avertisseur d’incendie. — Ra-
- vaglia................................ 358
- Téléphone Phelps-Edison.......................... 72-163
- — à marteau de Locht-Labye.............. 2ïi*5o3
- Téléphonique (Crise). —J. Bourdin...............
- — (Crise). — F. Geraldy .................
- — (Erreur). —J. Bright . . ..............
- — (Commutateur). — Lassena...............
- (Service). — Elsasser..................
- Téléphoniques (Installation des fils) dans les égouts de Paris. — Bourdin.............................
- — (Lignes) dans les usines. — P. Samuel. . .
- Telphérage en Angleterre. —Jenkin............... 3i8
- Thermo-électrique (Propriété) des alliages. —
- Battelli....................................
- Terminologie électrique. — Aug. Gueroul......... 52
- Torpilles électriques. — C.-C. Soulages......... 124
- Traction (Divers procédés de) M. Deprez. — M. Le- ,
- blanc......... 4, 58, 107, i52, 199, 307, 447 et
- Traité Clerk-Maxwell. — F. Geraldy..............
- Transmission électrique des signaux dans les mines. — Soubeyran..............................
- — téléphonique de la parole par les courants
- électriques discontinus de Locht-Labye 5o3
- 404
- i58
- 72
- 535
- 602
- 206
- 53o
- 561
- 490
- 00
- w
- Wagon en plaqué galvanique
- 127
- p.632 - vue 636/640
-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- A
- Acmé. — Machine dynamo............................. 446
- American-Electrical Works (Câbles de 1’). . . 536
- Andrews.— Force éîectromotrice dans les marées. 6o5
- American Sectional C°. — Conducteurs souterrains ......................................... 5 87
- Angelini. — Résistance électrique des fils en maille-
- chort....................................... 41
- Arago. — Machine dynamo......................... 489
- Aron. — Compteur d’électricité................... 83
- Arons. — Détermination en valeur abso’ue de la constante deVerdet................................ 4/3
- Arsonval fd’). — Dangers des générateurs mécaniques d’électricité.............................. 2“3-5f3
- *— Dispositions galvanomélriques........... 461
- Ayrton et Perry. — Durée des lampes à incandescence........................................... 551
- B
- Baille (J.-B.). — Mesure des potentiels explosifs
- dans différents milieux.......................... qo
- Baillehache (de). — Télégraphe imprimeur............ 498
- Bail. — Machine dynamo.............................. 488
- Battelli. — Propriété thermo-électrique des alliages. 56i Beauchamp-Tower. — Indicateur de vitesse. . . 295
- Becquerel. — Galvanomètre........................... 5i8
- Berly. — Annuaire universel électrique.............. 56e
- Bernstein Electric Light Manufacturing C°.
- — Machine dynamo............................ 489-620
- Bichat et Blondlot. — Différences électriques entre
- les liquides................................... 600
- Bidweil. — Effets Thomson-Bidweil................... 611
- Birkner. -• Résistance intérieure des piles......... 612
- Bœkemann. — Résistance électrique des contacts
- microphoniques ............................... 231
- Bosanquet. — Déperdition magnétipue................. 128
- Bourdais. — Colonne-soleil.......................... 337
- Bourdin. — La question Phelps-Edison................ i63
- — Installation des fils téléphoniques dans les
- égouts de Paris....................... 206
- — Eclairage électrique de la fabrique de scies
- Mongiu................................ 348
- Pages
- Bourdin. — Télégraphe imprimeur de Baillehache. 498
- Braun. — Indicateur de vitesse................... 258
- Bregoli. — Cible à enregistrement électrique. . . . 427
- Bright(J.). — Une erreur regrettable en téléphonie. 72
- Broocks. — Conducteurs souterrains................. 583
- Browne — La lumière électrique aux magasins de
- nouveautés « El Siglo », à Barcelone......... 302
- Brush. — Accumulateur . . ....................... 3i6
- — Machiue dyuamo............................... 342
- Budenberg. — Indicateur de vitesse................. 296
- Buss. — Indicateur de vitesse.................... 258
- c
- Campbell et Golden. — Indicateur de vitesse. . . 3oi Clarke. — Système de câbles télégraphiques .... 536
- Classen. — Analyse quantitative au moyen de l’élec-
- trolyse..................................... 463
- Coad. — Lampe électrique de sûreté.............. 2i5
- Colombo. — Lettre sur le système Gaulard et G:bbs. 188 — Station centrale d’éclairage électrique de
- Milan............................. 385
- Continental C°. — Conducteurs souterrains....... 586
- Copland. — Régulateur................\............ 106
- Cornu. — Sur la forme de la surface de Tonde lumineuse............................................. 49
- Cosmopolitan C°. -- Conducteurs souterrains. . . 587
- Crova. — Piiotomètrc à diffusion................. 33
- Cuningham. — Interrupteur....................... 105
- D
- Daussin. — Annulation do Tcxtra-courant pour en
- éviter les dangers.................... 513
- — Lettre sur le procéJé d’Arsonva! pour l’annulation de Tcxtra-courant........................ 624
- Day’ 3 Ksr ite C° (Câbles téléphoniques delà). . . . 53o
- Decharme. — Hydrodiapasons........................... 10
- — Lettre sur un orage..........................., 44
- — Application de l’électricité à l’étude de formes vibratoires des corps solides et
- liquides................................ q33
- Delahaye (Ph.). — Année électrique.................. 331
- Delany. — Câbles...................................... 582
- p.633 - vue 637/640
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- *»<E5.
- 634
- Pages
- Deprez. — Compteur d’électricité....................... 85
- Deprez (M.), Leblanc (M.). — Divers procédés de
- traction. 4, 58, 107, i52, 199, 3o7, 447 et 490
- — Locomotive électrique....................... 307-448
- Machine dynamo......................... 308-447
- — Chemin de fer métropolitain................. 452-490
- Diehl. — Machine dynamo.............................. 490
- Duché (G.). — Exposition d’électricité de Philadelphie .................................. 314, 534 et 582
- Duhem. — Potentiel thermo-dynamique et théorie
- de la pile voltaïque.................... 32
- — Théorie de l’induction électro-dynamique. 128 Dumont. — Traité pratique d’électricité appliquée à
- l’exploitation des chemins de fer................. 523
- Dupuy. — Locomotive électrique........................ 114
- E
- Edison. — Régulateur.............................. 106
- — Machine dynamo.............................. 440
- — • Conducteurs souterrains................. 589
- Edlund. — Décharges dans l’air raréfié............ 609
- Electric Tube C°. — Conducteurs souterrains . . . 589
- Elsasser. — Service téléphonique. '............. 602
- Ewing. — Magnétisme............................. 320
- F
- Fein. — Nouvelles lampes............................... 282
- Feuerlin (Otto). — Expériences sur l’armature Siemens en fer à double T............................. 325
- Fitzgerald. — Nature de l’électricité................ 167
- Fonvielle (W. de). — Eclairage électrique du Stock-
- Exchange de Londres ............................... 4>i
- Forbes. — Conducteurs pour l’éclairage électrique. 365
- — Distribution de l’électricité................ 465-649
- Fritts. — Eléments et piles au sélénium.............. 226
- G
- Gaiffe. — Galvanomètre.............................. 601
- Geraldy (F.). — Traité Clerk-Maxwell................. i3
- — Les industries électriques................. 256
- — 6?îse téléphonique......................... i58
- — Lampe Street et Maquaire................... 481
- Giltay. — Polarisation des récepteurs téléphoniques. 518 Granfeld. — La télégraphie multiple sur un seul fil. 234
- Grassi et Beux. — Relais téléphoniques.............. 53o
- Gravier. — Lettre sur sa machine dynamo........... 476
- Gray (Thomas et Andrew). — Galvanomètres à
- réflexion et asiatiques......................... 372
- Fabrication des lampes à incandescence
- Cruto.................................. il?
- Exposition de Philadelphie. 241, 342, 398 et 440
- L’éclairage électrique par les piles....... 529
- Procédé mnémotechnique pour retrouver le
- sens des courants induits.............. 677
- Pages
- H
- Haddow. — Sonde magnétique.......................... 167
- Hartnell et Grompton. — Régulateur.................. 102
- Hearson. — Indicateur de vitesse.................... 268
- Hendley. — Conducteurs souterrains.................. 585
- Hertz. — Dimension du pôle magnétique dans les
- différents systèmes d’unités.................... 329
- Heusner. — Les actions de la foudre sur le corps
- humain.......................................... i38
- Hillairet. — Transmission électrique du travail mécanique. — Détermination des éléments de la
- transmission.................................... 379
- Hochausen. — Machine dynamo......................... 488
- Hopkinson. — Compteur d’électricité......... 83
- Hospitalier. — L’électricité dans la maison ... . 33i
- J
- Jamieson et Alley. — Régulateur........................ io3
- Japing. — Transport de la force par l’électricité et
- ses applications industrielles...................... 232
- Jarriant. — Lettre sur les adjudications dans le département de la Loire................................ 44
- Jenkin. — Telpherage en Angleterre....................... 3i8
- K
- Kareis (J.). — Chronique de l’étranger. — Autriche.
- 168, 415 et 55i
- Kessler.— Mesure directe des intensités, des forces
- électromotrices et des résistances au moyen de
- la boussole des tangentes........................... <5g
- Kittler. — Force électromotrice de l’élément Daniell.
- 179, 279 et 369
- — Mesure de l’intensité des courants................ 289
- Kohlrausch. — Conductibilité électrique de l’eau
- distillée dans le vide............................. 216
- Kopps. — Variations produites dans la résistance
- des fils par l’enroulement.......................... 612
- Krampr. — Répertoire de mathématiques et d’électricité............................................. 234
- Krouchkoll. — Revue des travaux récents en électricité. . 216, 273, 320, 367, 417, 468, 5i3, 553 et 600
- L
- Lacoine. — Télégraphie électrique en Turquie. . 25-53
- — Phidol ou régulateur de lumière électrique.
- 356-594
- Lalande (de) et G. Chaperon. — Consommation
- du zinc dans les piles à oxyde de cuivre........ .642
- Lamblnet. — Indicateur de vitesse................... 264
- Laneker. — Clef sans étincelles....................... 127
- Lassana. — Commutateur téléphonique................... 5g5
- Leblanc (M.). — Lettre en réponse à M. Gravier
- sur sa machine dynamo............................. 571
- Leclerc (F.). — Almanach annuaire de l’électrochimie
- et de l’électricité............................. 33
- p.634 - vue 638/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- y«p"r ;
- 635
- Pages
- Ledeboer. — Laboratoire d’enseignement de la physique à la Sorbonne. . . 16, 66, 195, 264, 36o et 408
- Levy. — Régulateur ............................... 104
- Linss. — Electricité atmosphérique................ 363
- Lippmann. — Compteur d’électricité................ 193
- Locht-Labye (de).— Téléphone à marteau. . . 2ii-5o3
- — Transmission téléphonique de la parole par
- des courants électriques discontinus . . 5o3
- Luvini (Jean). — Mode de formation de la grêle. 647-579
- M
- Mac Georges. — Sonde magnétique...................... 272
- Mac Tighe. — Machine dynamo.......................... 486
- Mareschal. — Effluve et étincelle électriques pho.
- tographiées............................ 169
- — Compteur d'électricité G. Lipmann.............. 193
- Marck. — Production de l'ammonium par l'êlectro-
- lyse............................................. 36q
- Marinovitch (B.). — Revue des travaux récents eu électricité . 32, 83, 128, 171, 216, 273, 320, 367.
- 417, 468, 5i3, 553 et 600
- Mascart. — Détermination de l'ohm par la méthode
- de l’amortissement........................... 367
- Mekarski. — Machine à air comprimé................ 110
- Monges. — Galvanomètre astatique.................., 543
- — Lettre sur les dispositions galvanométriques
- de M. d’Arsonval...................... 571
- Mercadier. — Lettre sur les expériences de M. De-
- charme ............................... 571
- Michaelis (H.). — Chronique de l’étranger : Allemagne. ... 78, i63, 268, 363, q63 et 5g8
- Morize. - Actinomètre au sélénium.................... 320
- Moscrop. — Indicateur de vitesse..................... 269
- Moureaux. — Eléments magnétiques à l’observatoire du parc Saiut-Maur............................. 171
- Muller (J.) — Electrolyse appliquée à la justification
- des monnaies......................... 522
- Munro (J.). — Chronique de l’étranger : Angleterre.
- 3o, 81, 127, i65, 214, 271, 3i8, 365, 413, 465, 5io,
- 549 et 600
- Murchisson. — Locomotive électrique.................. 114
- Muthel et Luthe. — Application de l’électricité à
- l’oxydation des vernis à l’huile................ 268
- N
- Napoli, — Indicateur de vitesse.......................... 3oo
- National C°. — Conducteurs souterrains................... 585
- Neesen. — Mesure de la conductibilité des électrolytes ................................................... 471
- Influence de l’aimantation sur la conductibilité des liquides magnétiques............... 471
- Noaillon. — Eclairage électrique d'Anvers . . . Ii6-a35
- Nothomb. — Lettre sur l’éclairage d’Anvers .... 188
- o
- Oesterreich. — Relais pour appels téléphoniques . 376
- Pages
- P
- Pacinotti. — Aimantation artificielle de la magnétite 97 Patterson. — Câbles télégraphiques ......... 538
- Pellat. — Moyens employés pour prendre le potentiel de l’air. — Force électromotrice de combustion........................................... 554
- Pfeiffer. — Conductibilité électrique de l’eau contenant en dissolution de l’acide carbonique.......... 274
- Phelps. — Téléphone.................................. 72-163
- Pierre (Dr V.). — Force électromotrice de l’élément
- Daniell........................................... 474
- Poloni. — Rapport entre l’électricité de quelques fils métalliques et leur conductibilité électrocalorifique ............................................ 321
- Ponthière. — Principes d’électrométrie................ 331
- Pujul. — L’espace sombre dans les tubes de Geiss-
- ler............................................ i33
- Rau. — Lettre sur l’éclairage électrique des usines
- de Braine-le-Comte. -,........................... 524
- Ravaglia. — Télégraphe automatique avertisseur
- d’incendie........................................ 358
- Rayleigh. — Détermination de l’ohm par la méthode
- d’amortissement,........................ 426
- . — Rotation électromagnétique de la lumière . 600
- Rayleigh et Mmo Sidywick. — Constante de la rotation électromagnétique du plan de polarisation de la lumière dans le sulfure de carbone. . 475
- Raynaud. — Annulation des dangers de l’extra-cou-
- rant dans les dynamos.......................... 514
- Reckenzaum. — Chemin de fer électrique............ 3i
- Reinold. — L’électricité et les bulles de savon. . . 3o
- Richard (G.). — Régulateurs électriques............. 100
- — Indicateurs de vitesse....................... 258
- Richarz. — Formation de l’ozone, de l’eau oxygénée et de l’acide persulfurique dans l’électrolyse de
- de l’acide sulfurique.......................... 514
- Richter. — Machine dynamo........................... 487
- Rivière. — Pouvoir refroidissant des gaz'......... 129
- . Rogers. — Lampe à arc........................... 127
- Rohrbeck. — Guide des électriciens.................. 234
- Rosenthal. — Galvanomètre........................... 376
- s
- Schramm. — Action chimique de la lumière électrique ....................................... 598
- Salomons. — Force électromotrice constante dans
- les circuits de lumière électrique............ 5io
- Samuel (P.). — Commutateur Schœntjes. 378
- — Installation de ligues téléphoniques dans
- les usines. . . /................... 53o
- Sartiaux. — Chemin de fer métropolitain ...... 457
- Sankey. — Electrotypie au moyen d’une dynamo. . 412
- Schaper. — Représentation acoustique de l'induction dans les aimants par le magnétisme terrestre. 465 Scharfhausen. — Fixation désalignés de force. . . 187
- Schœfer-Budenberg. — Indicateur de vitesse. . . 259
- Schœntjes. — Commutateur.......................... 3?8
- p.635 - vue 639/640
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- î|#'636
- Pages
- Schow. — Indicateur de vitesse.................... 2q5
- Sellon. — Chauffage électrique.................... 271
- — Indicateur de vitesse................... 302
- Serpieri. — Le misure assolute meccaniclie électro-statiche ed electromagnetiche con applicazioni a
- vari problerai................................ 331
- Siemens. — Machine................................... 7°
- — et Halske. — Sonnerie électrique. . . 79
- Skrivanoff. — Pile................................ 551
- Soubeyran. —Transmission électrique des signaux
- dans les mines................................. . 5oo
- Soulages (C.-C.). — Défense des ports par les torpilles électriques.................................. 124
- — Eclairage électrique à la lampe-soleil d’un
- mobilier de salle du trône........... 466
- — Câble télégraphique aérien près d’Assouan. 544
- Sprague et Edison. — Compteur d’électricité ... 83
- Stanley. — Machine dynamo.......................... 847
- Stein. — Application de la lumière à incandescence
- à la médecine et à la chirurgie............... 14S
- Street. — Colonne-soleil Bourdais................. 337
- — et Maquaire. — Lampe...................... 481
- Stroudley. — Indicateur de vitesse................. . 263
- Swift. — Indicateur de vitesse...................... 264
- T
- Thomson et Ferranti. — Les collecteurs à mer-
- cure.................................. 82
- Thomson-Houston. — Machine dynamo....... 898
- U
- Uppenborn. — Eclairage électrique de quelques
- ru-s de la ville de Hanovre......... 406
- Urbanitzky. — Les lampes électriques et leurs accès-soires............................ 562
- V
- Van de Poele. — Machine dynamo...................... 484
- Van der Ven. — Sur la pile à oxyde de cuivre. . . 458
- Pages
- Vincentini (G.). — Conductibilité électrique des solutions alcooliques de quelques chlo-
- rures ................................. 172
- Conductibilité électrique des solutions salines aqueuses très étendues. ...... 218
- w
- Walker. — Courants terrestres aux Indes............. 2i5
- Waltenhofen (Dr A. von). — Force d’attraction
- des électro-aimants............................. 522
- Walter. — Régulateur pour projections spectrales. 598 Weber. — Conductibilité galvanique des amalgames ............................................... 35
- — Conducteurs souterrains........................ 81
- — Solution graphique des problèmes d’éclairage............................................ 555
- — Signaux acoustiques pour la navigation. . . 164
- Woodward. — Conducteurs souterrains. ............... 588
- Westinghouse. — Indicateur de vitesse............... 297
- Weston. — Machine dynamo............................ 442
- Western Electric C° (Machine dynamo de la). . . 446
- Wiedemann. — Traité d’électricité . ................ 523
- Willans. — Régulateur............................... 101
- Y
- Young. — Indicateur de vitesse................ 260
- Z
- Zenger. — Accumulateur régénérable.............. ï37
- Zillich. — Résistance des conducteurs échauffés . . 607
- i-.utîs — iMi-.ii i\ molmu.ot. 13. ^uai voltaire
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